La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ _
- ABONNEMENTS
- Paris. Un an.......... 20 fr. » Départements. Un an. 25 Ir. »
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- TRENTE-SIXIÈME ANNÉE
- 1908
- PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C% EDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- 7 DÉCEMBRE 1907.
- 36° ANNÉE. — N° 1802.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- NOUVELLE MITRAILLEUSE AUTOMATIQUE
- Une nouvelle mitrailleuse automatique avec tré- I bien des points de vue. Pendant que certains tra-pied léger vient d’être construite par les ingénieurs | vaillent à la recherche des solutions des problèmes
- Fig. 1. — L’équipe de la mitrailleuse automatique. — Déchargement des divers organes.
- Vickers et Maxim, qui, avec elle, ont mis à la dispo- I pacifistes, d’autres, avec une ardeur encore plus sition de l’armée anglaise un engin remarquable à | grande, s’ingénient à trouver des instruments de 36e année. — U*' semestre. 1
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- NOUVELLE MITRAILLEUSE
- guerre toujours plus perfectionnés. Tandis que diplomates, philosophes et économistes conléren-cient pour préparer la paix universelle, certains constructeurs, avec des militaires comme collaborateurs, créent des canons de plus en plus puissants et des engins meurtriers toujours plus terribles. Quels . sont ceux qui nous épargneront les guerres et rendront impossibles les conflits entre nations? Les avis sont très différents sur ce point. D’aucuns, amisdupara-doxe, professent que les fabricants d’appareils destructeurs et les inventeurs de produits détonants nouveaux sont les réels et seuls artisans de la paix internationale. L’antique adage, Si vis puce ni paru hélium, semble en tout cas, pour le moment du moins, et encore pour longtemps sans doute, ne pas devoir perdre le moindre de ses droits.
- La nouvelle mitrailleuse Maxim est un instrument très redoutable et particulièrement perfectionné, comme le démontrera la description qui va en être faite plus loin.
- L’idée de couvrir une armée ennemie d’une nappe de plomb n’est pas récente.
- Dès les débuts de l’artillerie, on pensa à créer un appareil qui lancerait, dans le temps le plus court possible, comme une pluie de balles sur les troupes ennemies.
- Mais c’est seulement au xixe siècle, aux États-Unis, pendant les guerre de Sécession, que la première mitrailleuse apparut.
- L’armée française, au déluU de la
- Il en existe de systèmes divers, dont les principaux sont ceux de MM. llotchkiss, Vickers-Maxim, Nor-denfeldt et Coll ; ils sont employés surtout en Suisse, en France, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon et en Allemagne. Lors de l’occupation de Casablanca et au moment des combats qui suivirent le débarquement, en ces derniers temps, de nos troupes au Maroc, nous avons eu l’occasion d’employer les mitrailleuses automatiques et d’en expérimenter les effets meurtriers.
- Certains pays confient ces pièces à tir rapide à des escadrons de cavalerie ; d’autres les donnent à des compagnies d’infanterie montée ; d’autres enfin, comme l’Allemagne par exemple, les adjoignent à des détachements de chasseurs ou d’infanterie appelés à faire des reconnaissances et
- guerre de 1870-71, se servit des mitrailleuses Relfye qui firent beaucoup parler d’elles. Ces engins comportaient 25 canons d’acier, disposés en faisceau quadrangulaire et enveloppés dans un fourreau en bron/e. Ces pièces, qui avaient l’aspect extérieur d’un canon de campagne, lançaient des balles pesant plus de 60 grammes chacune; elles se chargeaient par une culasse mobile, où l’on introduisait des boîtes contenant 25 cartouches.
- La culasse du « canon à balles » se manœuvrait au moyen d’une manivelle permettant l’ouverture et la fermeture ; la charge était introduite d’un seul coup et le tir était très rapide. Grâce à une manivelle spéciale, il était facile de déplacer la mitrailleuse sur son affût et d’obtenir un tir fauchant.
- Il y a quelques années, après divers essais de canons-revolvers et de mitrailleuses, on est arrivé à créer les mitrailleuses automatiques, origines du type dont nous allons parler.
- destinés à prendre part à des actions rapides.
- La mitrailleuse automatique du nouveau système Vickers et Maxim, qui nous occupe aujourd’hui, se compose du canon proprement dit et de; son aff'ût. Ces deux objets ont été soigneusement étudiés et l’on est arrivé, nous pouvons le dire, à un résultat surprenant. Cet engin très délicat, absolument léger, est d’une merveilleuse précision; c’est un véritable jouet — dangereux s’il en fût —; qui pèse avec son affût 31 kg. 200, c’est-à-dire 18 kg. de moins que la plus légère des mitrailleuses construites jusqu’à ce jour.
- Trois hommes, comme le montre notre première gravure, sont employés au transport et à la manœuvre de cette pièce ; ils portent sur eux un harnachement spécial, fait de courroies et de bretelles de cuir ainsi que de coussins amortisseurs sur lesquels reposent,les pièces portées.
- Le premier de ces soldats porte le canon; le
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- second, le trépied; le troisième, un sac qui contient les munitions consistant en bandes de cartouches. Gomme dans la chanson de Marlborough chacun porte quelque chose. Tous trois, ils ont des ceinturons montés avec des cartouchières et des sacs contenant les ciels, les outils nécessaires au montage, et une culasse de rechange.
- La nouvelle mitrailleuse fonctionne automatiquement ; elle est alimentée par une bande de cartouches. Le tir est commandé à volonté par une pression exercée sur le levier de détente placé à l’arrière. Grâce à des dispositions spéciales, on peut tirer soit des coups visés, soit des coups de mitraille, dits de tir automatique, jusqu’à concurrence de 500 et 600 à la minute.
- Le trépied ou affût, qui ne pèse que 15 kg. 400, est composé de 5 branches en tuhes d’acier et d'un pivot mobile recevant la pièce. Chacune des branches se termine, à l’une de scs extrémités, par un patin plat, empêchant l’enfoncement dans le sol. La lige de recul est munie d’une sellette sur laquelle prend place le chef de pièce qui pointe et dirige le tir. Une tige avec manivelle permet de donner au canon l’inclinaison qui convient. Le pivot, sur lequel le canon s’assemble avec son affût, est articulé.
- L’alimentation de la mitrailleuse automatique se fait au moyen de bandes flexibles en toile forte ou carton-cuir, sur lesquelles sont montées les cartouches. Lorsque la pièce a été pointée, le mécanisme fonctionne et les cartouches sont amenées automati-
- quement devant la chambre de charge. La rapidité du tir est considérable, puisque la mitrailleuse peut, pendant un quart d’heure, lancer, si le tir n’est pas interrompu, près de 6500 balles, véritable grêle de plomb.
- Il est facile de s’expliquer la grande tendance à réchauffement qui se manifeste en présence d’un pareil travail ; pour y obvier la mitrailleuse est munie d’un manchon refroidisseur hydraulique, à grande surface réfrigérante, exécuté en tube d’acier mince ondulé, ce qui donne une grande résistance à la flexion.
- Toutes les pièces du canon ainsi que ses accessoires sont en acier ; on a supprimé partout le bronze qui existait encore dans la plupart des mitrailleuses de modèles moins récents. C’est ainsi que le bloc tourillon, le couvercle d’extrémité, la barre de détente et la boîte latérale sont tous entièrement en acier.
- La mise en batterie et le pointage peuvent se faire avec une grande vitesse ; les trois hommes de l’équipe ont tous une fonction et un rôle bien défini. Avec une équipe bien expérimentée, ce tout petit canon, qui sans son affût ne pèse pas 18 kg., peut causer de terribles ravages et, lançant une véritable pluie de balles, peut en quelques minutes tuer plusieurs centaines d’hommes. On demeure stupéfait, devant ce petit engin, à l’idée qu’un objet d’aussi faible importance peut engendrer à lui seul tant de misères et de douleurs. Will Darvillé.
- CONSTRUCTION D’UN PHARE EN CIMENT ARMÉ A 100 KM EN MER
- Sous la même latitude que La Rochelle et à environ 105 kilomètres en mer, se trouve un plateau rocheux appelé « Ro-chebonne » qui constitue un terrible danger pour les navires nombreux qui fréquentent cette région du Golfe de Gascogne. Ce récif, dont les hautes pointes atteignent un niveau inférieur seulement de 4 mètres au niveau des basses mers,, a la direction générale de la côte vendéenne et la forme des îles peu éloignées du littoral (Ré, 01éron,Yeu) qui marquent l’emplacement d’un ancien rivage. Le plateau de Rochebonne est environ de 50 mètres plus élevé que les fonds avoisinants; sa longueur est de 12 kilomètres pour une largeur moyenne de 5 kilomètres. Au moment où la marée venant du large
- monte vers la côte, elle se heurte violemment à ce gigantesque barrage et, pour peu que le vent souffle, la présence de cet écueil transforme une houle ordinaire en tempête furieuse. Longtemps, ce haut plateau de l’Atlantique fut signalé aux navigateurs par un bateau-phare qui subissait le sort peu enviable de rester ancré, au moyen d’appareils énormes, dans le voisinage de cet écueil dont il avait la garde. Tous les six mois, le ponton revenait au port de La Rochelle après avoir cédé sa place de désolation et de solitude à une embarcation semblable; un autre équipage allait vivre à son tour cette existence sauvage, devant le spectacle éternellement composé des mêmes éléments presque toujours déchaînés, et dans une embarcation relati-
- .d’Yeu
- Sobles d'O/onno
- OCEAN
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- Fig. 1. — Position du plateau de Rochebonne.
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- 4 :.. := PHARE EN CIMENT ARME
- Fig. 2. — Poste de télégraphie sans fil à La Rochelle et la « Léonie-Reynaud », le bateau-balisour.
- vement légère où la vie n’était souvent possible qu’à la condition de marcher à quatre pattes ou même de ne se déplacer qu’en rampant afin d’éviter d’être jeté brutalement le long des cloisons par le roulis !
- L’administration des Ponts et Chaussées avait songé, il y a quarante ans environ, à la construction d’un phare sur le récif même, mais aux essais tentés on se rendit compte que le travail aurait peu de chances d’aboutir. En 1897 seulement, après les perfectionnements réalisés dans l’art des constructions à la mer (ciment armé), un projet fut mis en voie d’exécution et, depuis cette époque, on a travaillé hardiment à l’établissement d’une plaie-forme en ciment sur laquelle le phare doit être édifié. Entre temps, au bateau-phare « Le Rochebonne » étaient substituées trois bouées lumineuses qui ne demandent qu’un entretien relativement simple. Chaque bouée est munie d’un réservoir à gaz spécial qui alimente la lanterne à combustion permanente et ce réservoir est porté à sa pression normale tous les vingt ou trente jours (selon l’état de la mer) par un bateau-baliseur qui contient des cuves remplies du gaz combustible sous pression. Mais un des anciens bateaux-phares demeure à proximité de la roche pendant la durée du travail des cimentiers, c’est-à-dire pendant les cinq meilleurs mois de l’année. Deux scaphandriers plongent toutes les fois que la houle leur permet de travailler et ils disposent le ciment à prise rapide qui leur est apporté par des gabares venant de La Rochelle. Aujourd’hui, après dix ans de travail, on a réussi à couvrir un point haut du plateau par un massif artificiel circulaire d’un diamètre de 20 mètres et dont la hauteur au-dessous du niveau des plus basses mers est de 4,30 m. ; le profil de l’ouvrage est indiqué par la figure 5.
- Les difficultés qui ont nécessité un temps aussi considérable pour l’établissement de ce massif, proviennent de l’état de la mer dans cette région et de l’impossibilité d’avoir recours à un grand nombre de travailleurs. « Même lorsque la mer semble très calme, disent les scaphandriers, il arrive qu’à la profondeur où nous travaillons, le ressac (la houle)
- nous roule, menace de nous entraîner et nous somnies alors obligés de cesser le travail ; par des années mauvaises nous n’avons pu employer que quelques jours à l’avancement effectif de l’ouvrage. Et, au début de chaque campagne nouvelle, nous trouvons le massif recouvert d’herbes marines touffues, longues et solidement enracinées, qu’il faut commencer par arracher avec minutie pour que le ciment nouveau fasse bien prise avec celui de l’année précédente ; même lorsque nous cessons le travail pendant une semaine, il faut employer plusieurs heures et quelquefois une journée entière pour rendre au massif la netteté indispensable à la bonne prise du ciment. »
- Mais ces vaillants efforts viennent enfin d’être couronnés par un succès définitif; la plate-forme gigantesque est établie grâce au zèle de deux scaphandriers bretons extrêmement habiles et surtout grâce à l’intelligence et au dévouement deM. le sous-ingénieur Perraud qui, pour conduire les travaux et encourager les rudes travailleurs, n’a jamais reculé devant les plus violentes tempêtes.
- Sur celte plate-forme, l’administration a décidé de placer un caisson en ciment armé qui, d’un seul coup, donnerait la possibilité de construire le phare complètement hors de l’eau. On conçoit la hardiesse du travail puisqu’il s’agit d’abord d’établir à terre un caisson d’un diamètre de 16,80 m. et d’une hauteur de 9,30 m., puis de transporter ce caisson à plus de 100 kilomètres en mer et de l’immerger exactement sur la plate-forme actuellement terminée. C’est à M. l’ingénieur Lombard qu’est revenu l’honneur d’exécuter une telle œuvre. Il a établi lui-même son projet jusque dans les moindres détails; tout a été prévu, calculé et aujourd’hui le magnifique caisson attend, dans une cale de La Palliée, le moment où un beau temps fixe permettra
- ig. 3. — M, Plate-lorme actuellement construite. — G, Caisson en ciment armé. — T, Treuil électrique du transporteur. — B, Bras du transporteur « T.emperlé ». — c, Chambre de travail. —
- il' Trous d'homme. — h, Tuyau de la pompe d’épuisement. — k, Conduit de la pompe. — D, Ceinture de béton.
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- l’audacieuse opération du transport et de l’immersion.
- Le caisson se compose d’une carcasse cylindrique de ciment armé divisée en 4 secteurs égaux qui sont partagés chacun en 56 compartiments par les 1ers de l’assemblage. Le tout est contrevenlé par des poutres en ciment armé qui s’entre-croisent rcclan-gulairement en s’entretoisant avec 4 montants verticaux.
- Au centre se trouve un montant contreventé spécialement et qui est destiné à supporter les plates-formes sur lesquelles on établira un treuil à transporteur et une pompe d’épuisement. La partie inférieure du caisson est fermée au moyen d’un plafond en ciment armé et, sous ce plafond, se trouve une vaste chambre de travail haute de 1,40 m. à laquelle on peut accéder par deux trous d’homme t' et *
- Pour mener ce caisson à son emplacement voici comment on va procéder : des flotteurs en tôle ayant la forme d’un anneau cylindrique creux entourent déjà le caisson dont ils sont séparés par des fourrures en bois. La liaison de ces divers éléments s’est faite au moyen de bras métalliques. Ce dispositif, naturellement établi d’après des calculs soigneusement vérifiés, soutiendra le caisson qui sera remorqué jusqu’à l’emplacement du massif de ciment; un avant-bec et un arrière-bec ajoutés au caisson assureront la direction et faciliteront le remorquage, qui sera fait par une mer absolument calme au début du prochain printemps. L’immersion suivra aussitôt et s’obtiendra par la rupture des bras qui retiennent les flotteurs annulaires. Une fois la mise en place effectuée, les scaphandriers iront répandre du ciment dans la chambre de travail C, et au fur et à mesure qu’ils rempliront cet espace, une pompe épuisera l’eau et la rejettera par une vanne. Dès que la chambre C sera comblée, on pourra travailler à l’air libre et en toute sécurité, car le caisson sera fortement ancré sur le bloc artificiel M par l’immense patte C. Un treuil électrique, porté par une plateforme, actionnera un transporteur Temperlé dont les bras iront chercher le ciment dans des gabares
- L cjhejje_ à io5 KHom.
- Latitude 46° îo'1
- (La Rochelle)
- ILMbuixt/':
- Fig. 5. — Plateau de Rochebonne. — a, b, c, bouées lumineuses. P, emplacement du phare projeté.
- Fig. 4. — Le bateau-phare le « Rochebonne » et son antenne.
- placées à proximité, pour approvisionner les travailleurs.
- Le remplissage du caisson ira très vite dès qu’on ne devra plus avoir recours aux scaphandriers. Sur le caisson on montera un tour également en ciment armé et le feu sera placé au sommet de celte tour. Le système employé sera celui des bouées lumineuses, de puissants réservoirs de gaz spécial seront disposés dans la tour et, environ tous les mois, le bateau-baliseur viendra compléter l’approvisionnement des réservoirs (bien que ces derniers aient généralement assez de capacité pour nourrir le signal lumineux pendant deux mois).
- Le projet comporte aussi une ceinture de protection qui consiste en un élargissement du bloc artificiel de la base et du caisson. Une masse considérable de béton serait ainsi répandue autour de l’ouvrage proprement dit pour le mettre complètement et pour des siècles à l’abri des coups furieux que l’Océan du large ne manquera pas de lui prodiguer. On se rend compte de la science et de la persévérance qu’il faut pour mener à bien une entreprise aussi hardie; la commission internationale des phares suit avec anxiété le développement progressif de ce travail gigantesque qui s’ajoutera à l’admirable série des entreprises glorieuses de nos ingénieurs, et personne ne manquera d’applaudir à cette œuvre audacieuse que le génie des hommes établit en plein domaine du plus puissant des éléments, pour écarter les navigateurs de ce seuil de la mort qu’une triste ironie fit nommer Rochebonne.
- Récemment, le ministre des Travaux publics a décidé d’établir la communication par télégraphie sans fil entre le chantier de Rochebonne et La Rochelle. M. le lieutenant du génie Rrenot a été chargé de l’établissement des deux postes qui ont pu entrer en correspondance au mois de septembre dernier. La communication a été assez irrégulière à cause de la faible hauteur de mâture du « Rochebonne » et des variations d’orientation de l’antenne horizontale portée par le ponton ; mais M. Rrenot fait remplacer actuellement ce dispositif provisoire, qui se déplace au gré des vents et des courants, par un poste plus sérieux qui permettra l’échange normal de télégrammes au moment où le caisson sera transporté sur le bloc artificiel. . Girardault.
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- LA MENTHE POIVREE BASILIQUEE
- La cuUure île la menthe poivrée, dans le Midi de la France, a une certaine importance en raison de l’essence que l’on en retire par distillation et que tout le monde
- A B
- Fig. 1. — Menthe poivrée. — A. Pied normal. —B. Pied basilique.
- connaît. Les plantations sont malheureusement atteintes souvent d’une maladie qui, ainsi que M. Charahot l’a montré, provoque la formation d’une essence de moindre qualité que celle des pieds normaux. Les modifications de forme de la plante ont été bien étudiées par M. Marin Molliard1. Les pieds attaqués prennent une allure spéciale qui les fait ressembler à du basilic, d’où le nom de « menthes basiliquées » qu’on leur donne dans le pays. Ils ne portent jamais de fleurs, même à l’état d’ébauches (ce qui est assez rare, car les parasites font souvent disparaître seulement une partie de la fleur, par exemple les étamines ou le pistil), les tiges sont le siège d’une rami-
- fication répétée et se terminent par un grand nombre de petites feuilles pressées les unes contre les autres. Les grandes feuilles île la base des rameaux sont très différentes des feuilles ordinaires ; elles sont nettement péliolées et leurs nervures sont pennées.
- Les auteurs de tout le mal sont de petits êtres à peine visibles à l’œil nu, que l’on voit s’agiter entre les feuilles : ce sont des Acariens à long abdomen, appartenant au genre « Eriophyes ». Ils envahissent les rameaux dès qu’ils sont sur le point de sortir de terre ; les feuilles les plus externes sont les moins modifiées; elles sont rapidement abandonnées par les Eriophyes qui se localisent toujours vers l’extrémité des bourgeons. Très nombreux dans les rameaux basiliqués jusque vers le mois de juillet, les parasites disparaissent peu à peu et on ne les rencontre que vers le mois d’août dans les rameaux qu’ils ont transformés. Ils hivernent évidemment dans la terre, près de la souche ou ;’i sa surface même, car un pied une fois modifié réapparaît tous les ans avec la même transformation. On connaît des modifications analogues à celles de la menthe basili-quée chez d’autres labiées ; elles sont dues à d’autres espècesd’« Eriophyes », mais en différant à peine.
- Le fait est intéressant à noter : dans les espèces voisines de plantes, appartenant à une famille très homogène, on observe des cas de parasitisme aboutissant à des modifications comparables de l’hôte et dus à des parasites très voisins les uns des autres. Et on est aussi amené à regarder des différentes espèces d’ « Eriophyes » comme résultant d’adaptations à des conditions physiologiques très peu différentes. On ne connaît aucun.remède pratique contre l’attaque des Eriophyes : on se trouve actuellement amené à abandonner la culture de la menthe poivrée dans les champs où les pieds basiliqués deviennent trop nombreux. Henri Coupin.
- L’EXPOSITION DÉCENNALE DE L’AUTOMOBILE
- D’une visite minutieuse des stands du Grand Palais se dégage l’impression que nous sommes arrivés à la période de tassement, où les innovations sensationnelles manquent et où les diverses marques échangent tout au plus entre elles leurs systèmes; les rajeunissements des châssis consistent en perfectionnements de détail ou dans l’adoption d’un autre mode d’embrayage, d’allumage ou de transmission, déjà employé depuis longtemps et parfaitement 1 Roure-Bertrand, Bull, scient, ind., 2e série, n° 2, 1905.
- connu. Passer en revue ces transformations est donc inutile ; il est préférable de dégager, si possible, l’orientation générale des constructeurs.
- Moteurs. — Les châssis monocylindriques se font rares; en revanche, les 4-cylindres de moins de 15 chevaux sont nombreux. Le moteur à un ou deux cylindres semble réservé à la voiturette bon marché; dès que la puissance atteint 10-12 chevaux, on rencontre des 4-cylindres. La maison de Dion-Bouton expose un châssis de ce type extrêmement
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- EXPOSITION DE L’AUTOMOBILE
- curieux par l’ingéniosité déployée dans le montage. Le moteur est coupé dans ses parties essentielles, cylindre, carburateur, admission, échappement, graissage, etc. TUn moteur électrique, placé sous la vitrine, actionne l’arbre par courroie et l’on peut suivre et surprendre sur le vif tous les mystères de la physiologie automobile (fig. 2, nos 1 et 2). On a exposé un certain nombre de moteurs dont les 4 cylindres sont fondus d’un bloc; parmi ces derniers, il convient de citer le moteur du châssis Cail-Borderel, où les cylindres et leurs chambres d’eau, ainsi que les tuyauteries d’admission et d’échappement, sont fondus ensemble. Il y a peu de maisons qui n’aient exposé au moins un modèle de G cylindres ; on en trouve plus de 70 modèles au Salon. Les maisons Renault, Delaunay-Bellcville, Lorraine-
- naire des 6-cylindres, dont les avantages classiques sont : le silence, l’équilibrage, la facilité de mise en marche et de réglage (fig. 1, n° 2). À signaler un 5-cylindres chez Panhard et Levassor.
- Carburateur. — Les carburateurs dits automatiques ou semi-automatiques se généralisent. Ils sont basés, comme toujours, sur le réglage d’arrivée d’air par la dépression à l’intérieur de la canalisation, dépression qui agit, soit sur une membrane, soit sur un dispositif quelconque en relation avec l’orifice de l’air supplémentaire. La tendance à remarquer est celle qui consiste à réchauffer le carburateur soit par l’eau, soit par l’échappement. Le carburateur est placé ainsi dans des conditions invariables et
- Diétrich, Mildé-Gaillardet, etc., ont établi des types extrêmement différents, où tous les groupements des cylindres sont utilisés : par un, par deux et par trois. Le moteur Mildé est formé de 6 cylindres identiques boulonnés sur un carter d’aluminium qui contient un arbre coudé maintenu par un palier entre chaque cylindre. C’est là un principe de construction qui exige un travail d’ajustage assez délicat, mais qui assure une solidité très nécessaire, quand il s’agit d’un moteur donnant 60 chevaux au frein (fig. 1, n° 5). La maison Renault utilise le groupement des cylindres par deux, et la société Lorraine expose un 6-cylindres faisant 45 chevaux seulement, où les cylindres (80-120) sont fondus par trois et où, par exception, rallumage est à bougies. Ce petit moteur peut donner aisément 20 chevaux et possède la souplesse ordi-
- g. 1. — 1. Suspension Miklé-Gaillardel. — 2. G-cylindrcs LoiTaine-Diéü'icli. — 3. (>-cy]in-dres Mildé-Gaillardet.
- son débit ne subit pas le contre-coup des variations atmosphériques, avantage précieux pour le tourisme en montagne.
- Embrayage et transmission. — L’embrayage métallique est le plus fréquent. Il se réalise par serrage d’un seul plateau entre deux autres solidaires (type de Dion-Bouton) ou par le serrage d’un grand nombre de disques groupés en deux séries qu’on amène doucement au contact. Quant à la transmission, il faut signaler le progrès du type à cardan.•
- Les grands protagonistes de cette méthode sont les maisons de Dion-Bouton et Renault. La première a vulgarisé le type suivant : un cardan longitudinal commande le différentiel et deux cardans transversaux vissent les roues dans leurs fusées creuses. La seconde possède un seul cardan longitudinal qui agit sur le différentiel.
- Le système à cardan a sur la chaîne f avantage de faciliter l’accès des voitures et de permettre rétablissement de carrosseries plus confortables pour la ville (ceci, par suite de l’absence du pignon
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- moteur de chaînes). Aussi pour les châssis de 10 à 30 chevaux, destinés au service de ville, le type à cardan gagne-t-il du terrain. A ce sujet, la maison Mildé a établi, au milieu même de son stand, deux appareils très intéressants qui mettent en évidence, à la fois, l’un des défauts des transmissions ordinaires à cardan et le dispositif qui y remédie. Ce défaut consiste dans l’influence des cahots, qui amènent, ( par la flexion des ressorts et la rotation de la jambe de force reliant le pont arrière au châssis, un patincmeht des.roues arrière. Le système Mildé, fondé sur une sorte de parallélogramme, articulé, maintient la jambe de force rigoureusement
- d’un certain nombre d’organes inutiles (fig. 2, n° 4). La grande couronne du différentiel est attaquée ad libitum par l’un quelconque des pignons qui sont enfilés et fixés sur l’arbre principal. Une seule came en bronze, qui est assez analogue à une portion de vis hélicoïdale, interrompue par plusieurs paliers, produit, par sa rotation autour d’un axe, le débrayage de chaque pignon et l’embrayage du suivant. La rotation de la came est obtenue par la simple manœuvre du levier des vitesses. Quant au coulissage sur l’arbre moteur du train de pignons, il est dû aux parties hélicoïdales de la came elle-même. On voit que les trois vitesses sont en prise
- 2. Moteur de Dion en coupe (vu en bout). — 3. Changements de vitesse Sizaire et Naudin.— 4. Pont arrière Sizaire et Naudin.
- horizontale1 dans ses déplacements et empêche donc le glissement des roues et toutes ses conséquences (fig. 1, n°'l). ' '
- . Boîte des vitesses. ,— Il n’y a malheureusement rien de bien neuf à ! signaler, r pour l’appareil de changement de vitesses. C’est là lé seul point faible de l’automobile en 1907; les appareils existants procèdent tous du même principe à un, deux ou trois trains balladeurs. Or, la durée des meilleures boîtes est encore trop courte, leur fonctionnement devient bien vite bruyant et la souplesse de la transmission, son rendement à la jante sont faibles. Dans cet ordre d’idées, il est intéressant de signaler le pont arrière Sizaire et Naudin, qui est original et que les constructeurs ont débarrassé cette année
- directe, condition essentielle d’un rendement élevé et que le tout est relativement simple.
- • Allumage. — L’allumage par rupteurs subit un recul sensible en faveur de l’allumage à bougies, plus simple, plus silencieux et qui ne demande aucun réglage délicat. >
- ~ Mise en marche automatique. — Les divers appareils de mise en marche automatique qu’on trouve cette année ne sont pas nouveaux quant à leur principe. Mais leur emploi se généralise de plus en plus, les moteurs Renault, Panhard, Lorraine-Diétrich, etc., sont prévus pour recevoir un appareil de ce genre. A côté des mises en marche automatiques, il faut citer les démarreurs, qui ont un rôle différent. Le démarreur Berliet, par
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- exemple, fondé, comme les précédents appareils, sur l’emploi de l’air comprimé, permet de mettre en marche non seulement le moteur, mais la voiture. C’est ainsi qu’il est d’un secours puissant pour
- répandre et qui est adopté en particulier sur les châssis Panhard et Levassor, est le freinage par le moteur. Il consiste à faire fonctionner ce dernier comme pompe pneumatique, en coupant les gaz et
- Fig. 3. — L’allée centrale de l’Exposition.
- monter les côtes, sans passer à la vitesse inférieure; l’action du démarreur peut correspondre à un accroissement de puissance d’une dizaine de chevaux, pendant quelques minutes.
- Freins. — Un procédé de freinage, qui tend à se
- en décalant la levée des soupapes. Les pistons aspirent de l’air et le compriment ; on obtient ainsi un freinage qui peut se prolonger sans amener aucun échauffement et qui laisse intacts les freins à main.
- Nous bornerons là cette revue sommaire des
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- caractéristiques générales de l’automobile. On voit que, si rien d’absolument neuf ne s'est produit dans la construction, l’année 1907 n’a pas moins contribué que les précédentes à préciser le sens de l'effort qui reste à faire et à rendre plus rares certains dispositifs que l’expérience condamne de plus en plus.
- Nous allons consacrer la seconde partie de cette étude à l’examen rapide de quelques moteurs originaux.
- Moteurs rotatifs Burlat. — La nécessité de refroidir les cylindres entraîne dans un moteur la présence d’une double enveloppe, d’une pompe, d’un radiateur et d'une tuyauterie. Le moteur Hurlât se passe parfaitement de tous ces organes; son refroidissement est assuré par sa rotation propre, qui équivaut à un déplacement de 50 m. par seconde.
- Le principe du moteur Burlat repose sur le théorème classique de Lahire : l’hypocy-cloïde engendrée par un point d’un cercle roulant à l’intérieur d’un cercle de rayon double est un diamètre. Cette propriété a été utilisée déjà pour la transformation rigoureuse du mouvement alternatif en mouvement circulaire. On peut se rendre compte sur la figure (fig. 4) que le moteur possède deux axes principaux de rotation, Y pour le vilebrequin, C pour la masse des cylindres. Le schéma indique suffisamment les dispositions générales. Quatre cylindres en fonte, qui ont deux à deux le môme axe, sont boulonnés sur un carter unique, en acier. Les pistons des cylindres d’un même groupe sont réunis ensemble par une bielle rigide, percée en son milieu d’un trou, dans lequel tourillonne un maneton du vilebrequin, qui a ainsi deux manetons seulement. Dans la première position, le piston 1 est au début du temps moteur, 2 au milieu de ce meme temps, 5 et 4 sont plus avancés. En ce moment, 2 fait effort vers la gauche et produit un couple de centre V qui tend : 1° à faire tourner le vilebrequin;.2° à faire tourner la bielle 1-5, qui lui est fixée par son assemblage avec le maneton supérieur. Le résultat de ce travail est la figure suivante : 2 est presque à fond de course et 1 au milieu du temps moteur. Le vilebrequin a tourné d’un quart de tour et les cylindres d’un huitième seulement. Dans la figure suivante, 2 est au début de l’échappement, 1 aux deux tiers du temps moteur, le vilebrequin a fait un demi-tour et le moteur un quart de tour. Pratiquement, le moteur tourne à 1150 tours et le vilebrequin à 2500. Les propriétés de ce moteur sont :
- 1° Suppression du refroidissement par l’eau;
- 2° Suppression des efforts latéraux de la bielle, qui reste constamment centrée sur l’axe du cylindre;
- 5° Simplification de l’allumage ; chaque cylindre passe exactement devant une sorte de disrupteur fixe;
- 4° L’admission se fait par le carter, où les gaz arrivent par un tambour annulaire, système adopté également pour l'échappement et le graissage. Le guidage des soupapes s’effectue au moyen d’un lacet parcouru par un coulisseau à levier qui accompagne chaque cylindre (fig. 5, n° 2).
- Moteurs légers. — Le Salon actuel marque un grand effort dans la voie du moteur léger applicable à l’aviation ou à la navigation automobile; signalons les aéromoleurs Farcot à refroidissement par l’air; le moteur Antoinette (fig. 5, n° 1) connu de nos lecteurs, et le type à 46 cylindres, produit 400-420 IL P., pèse 450 kg. ; la propriété la plus remarquable de ce moteur est la facilité de la mise en marche en avant ou en arrière, grâce à une disposition spéciale dés cames.
- Les moteurs à deux temps. — Le cycle à quatre temps exige un nombre de cylindres supérieur ou égal à quatre, si l’on veut obtenir la continuité de l’effort moteur. Encore ce nombre n’est-il pas entièrement suffisant, puisqu’il laisse-subsister un point mort et que cet inconvénient n’est réellement aboli que dans les moteurs à 6 cylindres, avec manetons calés de 420 en 420 degrés. C’est surtout dans les moteurs monocylindriques que la présence d’un seul temps moteur sur quatre, soit un demi-tour de l’arbre sur deux révolutions complètes, paraît nettement insuffisante. On y remédie, toujours imparfaitement, par un équilibrage mécanique et une disposition spéciale des manivelles. Le moteur à deux temps, déjà à l’étude depuis plusieurs années, a pour but d’améliorer le rendement organique des moteurs à explosion et leur équilibrage ; il condense les opérations ordinaires dans la durée nécessaire à une révolution, en sorte que, si le rendement thermique était égal à celui des moteurs à quatre temps, la puissance à alésage égal serait doublée, car il y aurait, pour un môme nombre de tours, deux fois plus de temps moteurs.
- Le moteur Tony-Hubert Peugeot, représenté ici (fig. 5, n°5), est du type à deux temps. Il comprend essentiellement : un cylindre ordinaire, avec deux arrivées latérales, obturées ou découvertes par un piston percé de fenêtres et en forme de cloche. Une bielle passe au travers d’un collier qui tourillonne dans une pièce solidaire d’une plaque, laquelle obture complètement le fond du cylindre et le sépare du carter situé en dessous. Le va-et-vient de la bielle produit le déplacement alternatif horizontal de cette plaque, et maintient l’étanchéité du cylindre,. L’arrivée des gaz se fait du côté gauche de la figure, où le carburateur est représenté schématiquement ; l’échappement s’opère du côté droit. Le piston, outre ses fenêtres, qui maintiennent une com-
- Fig. 4. — Fcmclioimemenl du moteur Burlat.
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- raunication constante entre l’arrivée des gaz et le dessous de la cloche, fonctionne à la façon d’un tiroir de machine à vapeur. Les recouvrements d’admission et d’échappement sont disposés de manière à procurer une certaine avance à l’échappement, avance qui est ici indispensable. Le mécanisme du fonctionnement est le suivant. Supposons le piston au milieu de sa course de bas en haut, pendant la période d’échappement, et considérons la partie supérieure du cylindre. L’échappement a commencé avant la fin du temps précédent, il se continue pendant que le piston remonte; mais, quand celui-ci était à fond de course, l’admission au-dessus du piston était possible par le côté gauche ; il est donc entré des gaz frais dans le haut du cylindre, pendant quelesgaz brûlés s’échappaient par la droite.
- Cette admission a duré plus tard que la fermeture d’échappement, d’après la position des recouvrements. En sorte que, lorsque le piston sera parvenu en haut, après avoir coupé tout seul l’admission qui se continue, il est vrai, sous la cloche, à travers les fenôLres, il aura comprimé : 1° ce qui restait de gaz brûlés, 2° ce qu’il est entré de gaz frais. Notons qu’à ce moment, le dessous de la cloche ne renferme que des gaz frais et communique librement avec l’arrivée. L’explosion se produit alors. Le piston
- sion, a pour effet : 1° de fermer l’admission d'air (qui est commandée par une soupape automatique extrêmement légère); 2" d’envoyer une partie des gaz frais dans la partie supérieure, dès que le piston est assez descendu. Les mêmes phénomènes se produiront ainsi indéfiniment.
- Le point principal à retenir est, en somme, le mélange des gaz frais et des gaz brûlés. Cemélangaest retardé et limité, d’ailleurs, par la disposition du piston, qui rejette les gaz frais vers la "gauche, pendant que les gaz brûlés se précipitent vers la droite. Le rendement pratique de ce moteur est satisfaisant, puisqu’il donne une puissance dont le rapport à celle d’un monocylindrique ordinaire de même alésage est supérieur à 5/2. Avec trois • moteurs de ce type on a la même douceur et la même régularité qu’avec 6 cylindres ordinaires.
- Citons encore, dans un ordre assez voisin, les moteurs Duplex Boudreaux-Yerdet, le moteur René Legros, déjà connus de nos lecteurs.
- Les voilures mixtes. — On désigne ainsi les voitures automobiles où la puissance mécanique fournie par la combustion de l’essence dans un moteur du type connu est transformée en énergie électrique, plus facile à utiliser et qui supprime cct organe barbare qu’est le changement de vitesse. C’est là le
- Fig. 5.— 1. Moteur Antoinette.— 2. Moteur Burlat.— 5. Moteur à 2 temps Peugeot Tony-Ilubert.
- redescend et les phénomènes vont se succéder, au-dessus de la cloche, dans l’ordre suivant : 1° échappement à droite, 2° début de l’admission à gauche. En dessous, la compression qui résulté de l’explo-
- principe déjà ancien de la Mercédès électrique (fig. 6, n° 2). La voiture G. E. M. (fig. 6, n° 1), par contre, est une véritable synthèse de ces deux organes distincts, le moteur et la dynamo, synthèse
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- opérée par un intermédiaire, la batterie d’accumulateurs.
- Le groupe est constitué de la façon suivante. Un moteur ordinaire à essence, 4 cylindres, est attelé à un induit calé sur l’arbre vilebrequin, et tournant avec l’arbre, à l’intérieur d’une couronne inductrice à 8 pôles fixée au châssis. Le courant obtenu est recueilli par 6 balais. La batterie d’accu-
- jeu. Parcouru par un courant de décharge de la batterie, qui tend en effet à se décharger dans le circuit de la dynamo, par suite de l’abaissement du voltage, ce régulateur ouvre l’admission en grand, le moteur accélère, et la dynamo vient à son aide, en fonctionnant comme moteur, sous l’action de la batterie. La côte est franchie, la batterie s’est déchargée; le moteur soulagé tend à emballer et à charger la batterie par conséquent, puisque le vol-
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- mulateurs comprend 24 éléments Tudor en série, pouvant donner 25 ampères pendant 45 minutes sous 150 volts et disposée sous le siège. L’embrayage est magnétique; il s’opère par friction d’un plateau en fer saisi entre deux couronnes aimantées par le courant qu’on leur envoie et qui sont fixées, l’une au vilebrequin, l’autre à la transmission. L’appareil sert, à volonté, d’embrayage ou de frein. Le fonctionnement est le suivant. En palier, la dynamo tournant à une certaine vitesse déterminée une fois pour toutes, produit, par une dérivation, juste le courant nécessaire au fonctionnement du moteur, de l’éclairage et de l’excitation. Nous supposons que la batterie soit chargée à refus. S’il se présente une côte, le moteur tend à ralentir, le voltage à baisser; alors un régulateur électrique d’admission entre en
- l'if?, fi.
- 2. Voiture Mercedes électrique.
- tage de la dynamo s’élève, alors le courant de charge agit sur le régulateur d’admission qu’il referme peu à peu jusqu’à ce que la dynamo ait restitué à la batterie l’énergie qu’elle en avait reçue. La voiture G. E. M. est donc une voiture à récupérateur et à régulateur électriques. À vrai dire, elle bénéficie des avantages suivants : une prise directe, unique; embrayage progressif ; suppression des engrenages ; vitesse uniforme ; souplqgse parfaite du moteur à explosion ainsi utilisé. Cette souplesse repose entièrement sur le régulateur électrique d’admission, dont le rôle est donc capital. Un enroulement compound, shunt et série, permet d’obtenir ce résultat; mais il faut reconnaître que, avec les 6 cylindres actuels, la souplesse des moteurs a été tellement accrue que les avantages de la G. E. M. en sont un peu diminués.
- Nous bornerons là l’exposé des modèles originaux et nous réserverons pour un prochain article l’examen de cette branche neuve et encore un peu hésitante de l’automohilisme qu’est le poids lourd.
- Étienne Taris.
- l)NE MISSION FORESTIÈRE EN AFRIQUE OCCIDENTALE
- Notre vaste domaine de l’Afrique occidentale renferme des richesses forestières que l’on serait tenté de qualifier d’inépuisables. La superficie de l’immense forêt vierge de la Côte d’ivoire que divers voyageurs ont traversée, notamment Binger, Marchand, Monteil, IIos-tains et d’Ollone, Thomann, a été évaluée à 60 000 km2. Mais si considérables que soient ces réserves, elles sont déjà fortement entamées par les feux de brousse et par la cognée des nomades pasteurs; tous les commandants
- de cercle sont unanimes à relater les ravages déjà dus à ces deux causes de destruction. L’exploitation intensive et irrationnelle des forêts a eu, comme l’on sait, dans certaines régions de l’Europe, et notamment en France, des conséquences désastreuses. La leçon doit servir et il importe qu’en Afrique, un capital d’une aussi grande valeur ne soit pas, à son tour, imprudemment gaspillé.
- L’attention du pouvoir central s’est heureusement portée sur ce point et, sur l’initiative de M. Leygues,
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- LA RICHESSE MINERALE IL Y A CENT ANS ======= 13
- alors ministre des colonies, une mission d’études forestières fut constituée par un arrêté ministériel en date du 10 octobre 1906. La direction en a été confiée à M. Yuil-let, ingénieur agronome, chef du service de l’agriculture du Haut-Sénégal et Niger. Il est accompagné de WM. Lasaulce, inspecteur adjoint des forêts, et d’Arbousier, administrateur adjoint.
- Le programme de celte mission a été tracé par le gouverneur général de l’Afrique occidentale d’après les indications du service généi'al de l’agriculture que dirige M. Yves Henry.
- Son but essentiel est de rechercher les moyens propres à enrayer la déforestation des régions centrales de nos possessions et à arrêter l’avancement progressif du régime désertique vers le Sud.
- Quelques questions particulières très intéressantes devront être examinées en même temps que les problèmes généraux relatifs au déboisement. 11 suffit de citer le déboisement des rives du Sénégal, si préjudiciable au maintien des berges et à la régularité de son cours, et celui des environs des villes importantes de la colonie.
- Mais tandis que la mission de M. Auguste Chevalier a eu pour objet de faire un inventaire botanique des essences que contiennent les forêts de nos possessions de l’Ouest africain, la mission de M. Yuillet a un programme d’ordre presque exclusivement adminis-
- tratif. Cependant ce programme a été sagement élargi. Il prescrit de se documenter sur l’aire de dispersion de chaque espèce, sur ses facultés végétatives, sur ses procédés rationnels d’exploitation.
- Partie de Dakar le 51 mars, pour se rendre à Conakry, la mission a entrepris l’étude des rivières du Sud et particulièrement du Rio Nuncz. Puis elle a procédé à la prospection forestière du Foula-Djallon en explorant le Ouossou, le Labé, le Dinguiray ; elle a descendu le Tin-kisso jusqu’à Siguiri d’où elle s’est rendue à Bamako.
- Elle passera une partie de la saison des pluies à Kouli-koro, puis ira parcourir le Sahel jusqu’à Tombouctou.
- L’hivernage étant terminé, la mission redescendra à Koulikoro et commencera l’étude de la zone forestière proprement dite en passant par Kankan, Kissidigou, Beyla, Séguéla. Elle visitera les hautes vallées du Ban-dama, puis gagnera le littoral par l’Indénié et l’Allié, et fera la prospection des vallées de tous les principaux fleuves de la Côte d’ivoire : Bia, Comoé, Agnéby, Ban-dama, Sassandra, Cavally.
- Après un séjour en France durant lequel elle mettra ses travaux en ordre et en fera connaître les résultats, il restera à la mission, pour achever de remplir son programme, à entreprendre, dans une nouvelle campagne, l’étude du Dahomey et des bassins du Sénégal, de la Gambie et de la Casamance. ’ G. Regelsperger.
- LA RICHESSE MINÉRALE IL Y A CENT ANS
- Chacun sait vaguement que la richesse minérale est une richesse éphémère (bien qu’on n’en tienne souvent pas assez compte en pratique dans les évaluations), et l’on n’ignore pas d’ordinaire que les exploitations de cette richesse se déplacent avec le temps, qu’une région minière devient ensuite une région pauvre en mines; ou parfois l’inverse avec les découvertes techniques et les progrès industriels. Mais à quel point cette transformation est rapide et avec quelle intensité elle s’effectue, c’est ce dont on est singulièrement frappé lorsqu’on se trouve faire un examen rétrospectif, comme celui qui est facile pour l’année 1807, comparée à l’année actuelle. En effet, en 1807, un ingénieur clés mines français, Héron de Yillefosse, se trouva, par suite de l’occupation française en Allemagne (pays minier très anciennement mis en valeur) et par la création du royaume de Westphalie, amené à composer une étude d’ensemble sur les conditions générales de l’exploitation minière dans le monde, et publia peu après un tableau fidèle de l’industrie minérale à cette époque ; il suffira de puiser dans son travail quelques indications d’ensemble pour que le contraste annoncé saute aux yeux des moins compétents en matière d’exploitation minière actuelle1.
- Si l’on considère, par exemple, l’évaluation des produits minéraux extraits par les divers pays, indépendamment de leur nature, on voit que ce produit brut annuel était alors estimé (prix sur la mine) à environ 1 milliard de francs pour l’ensemble du monde, alors qu’il est aujourd’hui au moins 13 ou 14 fois supérieur. En tête de cette production venait — même avant l’Amérique du Sud (Pérou, Chili, etc.) et ses 213 millions de métaux précieux — la Grande-Bretagne arrivant à 235 mil-
- 1 De la richesse minérale, Paris, 1810. Nous donnons, comme comparaison, aux Informations, la production minérale actuelle.
- lions, dont 150 pour la houille: puis la France (sans le Piémont et les Etals d’Italie, mais avec la Belgique, la Ruhr et la Sarre) atteignant 146 millions; le Mexique avec 156 millions d’argent; 54 millions pour la Russie; 52 pour l’Autriche; 37 pour la Suède; 55 pour l’Allemagne; 27 pour le Brésil; 13 pour l’Espagne et 10 pour les États-Unis. Dans ce milliard de produits, le fer et la fonte entraient pour 500 millions, l’argent pour 200, la houille pour 130, l’or seulement pour 60 (contre 2 milliards aujourd’hui). II peut et doit y avoir des lacunes dans ce tableau, établi à une époque où les moyens d’information sur les pays lointains étaient difficiles. II n’en ressort pas moins qu’en 1807 l’Europe fournissait, sur 1 milliard de combustibles et minerais, quelque 600 millions, et l’Amérique le reste : cette dernière à peu près exclusivement sous la forme de métaux précieux1, ou d’un peu de cuivre. L’Europe n’avait pas seulement le monopole presque complet des combustibles ; elle fournissait également des minerais de toute sorte, qui semblent aujourd’hui lui faire défaut parce que leur exploitation à meilleur compte dans d’autres régions plus neuves n’a pas permis à ses vieilles mines de soutenir la concurrence.
- Par exemple, sur 19 000 tonnes de minerais de cuivre (contre quelque 7 milliards donnant environ 700 000 tonnes de métal aujourd’hui), la Grande-Bretagne en fournissait 10 000, la Russie 3400, l’Autriche 3000, la Suède 1100, l’Allemagne 1000 et le Chili seul intervenait pour un chiffre inconnu dans la production extraeuropéenne. Le minerai d’étain figure comme fourni : 3000 tonnes par la Grande-Bretagne, 125 par la Saxe et 100 par la Bohême. La Grande-Bretagne fournit encore 250 000 tonnes de fer en barres, fonte, etc. ; la France
- 1 La Russie et la Hongrie, en Europe, donnaient 16 millions d’or.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- proprement dite 50 000 (avec ses dépendances d’alors, 225 000); la Suède et la Russie chacune 75 000 tonnes et l’Autriche 50 000 contre 24 000 aux États-Unis (qui en donnent aujourd’hui 50 millions de tonnes, ou 1000 fois plus). Enfin, sans prolonger cette énumération, les 15 millions de tonnes de houille que produisait alors le monde, venaient : 7,5 millions de la Grande-Bretagne, 5 millions de la France (inclus la Belgique, Sarrebruck et la Ruhr), 5 millions de toute l’Allemagne et seulement 50 000 tonnes des Etats-Unis. Aujourd’hui le monde a dépassé 900 millions de tonnes de combustible (dont les Etats-Unis à eux seuls fournissent plus du tiers, 519 millions, contre 259 millions en Grande-Bretagne, 122 millions en Allemagne et seulement 55 en France). Parmi les régions.françaises productrices de houille, en dehors de celles qui sont retournées à la Belgique et à l’Allemagne, on comptait en 1807 : le Nord (Anzin) pour 500 000 tonnes, la Loire (Saint-Etienne, Rive-dc-Gier) pour un chiffre égal, et Litlry, dans le Calvados, pour 50 000 tonnes. Le bassin de Mons en produisait déjà 2 250 000, la région de Liège 455 000, la Ruhr 200 000 et la Sarre 75 000. L’usage de la houille passait alors pour trois fois plus répandu en Angleterre qu’en France.
- Parmi les substances secondaires, on lirait exclusivement du Pérou le platine que nous fournit seul l’Oural; d’Angleterre le graphite qui vient maintenant, pour la plus grande part, de Ceylan; du Brésil les diamants dont l’Afrique australe a le monopole; de Saxe et de Bohème le cobalt qui nous vient de Nouvelle-Calédonie. L’Amérique du Sud était le producteur d’or presque exclusif, comme le Mexique d’argent. Le zinc figurait en tout pour 5500 tonnes de minerais (Belgique et Silésie) tandis qu’on monte aujourd’hui à 1 000 000 tonnes. Enfin il était à peine question du nickel, du manganèse, et pas du tout du pétrole, des phosphates, de l’aluminium, du tungstène, etc.
- Il est particulièrement curieux de voir ce que l’on pensait il y a un siècle des Etats-Unis, devenus de beaucoup le plus grand pays minier du monde. Inutile de dire qu’aucun des Etats de l’ouest, les plus riches en minerais, n’entrait en ligne de compte. On savait, sans en tirer parti, qu’il existait des morceaux de cuivre natif au sud du Lac Supérieur, où se sont développées plus
- lard les plus importantes et les plus profondes mines de cuivre du monde. On exploitait une petite mine de plomb en Virginie; on avait rencontré çà et là quelques minerais d’argent. Enfin les seules mines qu’on eût mises un peu en valeur étaient les mines de houille de Virginie et Pensylvanie sur une échelle bien modeste, et un peu le fer dans le Connecticut, le New-Jersey, le Maryland. 11 y avait : en Pensylvanie, 18 hauts fourneaux et 57 forges; dans le Maryland, 11 hauts fourneaux. Au total, dans les Etats-Unis, 80 hauts fourneaux étaient en activité. Des tentatives pour exploiter le cuivre avaient abouti à des échecs et l’on se contentait d’indiquer sur les cartes des minerais divers abondants du coté du Mississipi. On n’en était donc pas même au point où nous en sommes pour ces contrées riches en houille ou en fer, du sud de la Chine, du Tanganyika, etc., où se dresseront peut-être les Pittsburg et les Sheffield de l’avenir.
- Le pays le plus riche en mines de l’Europe, l’Espagne, était également dans un abandon à peu près complet: 9000 tonnes de fer, 1500 tonnes de minerais de’plomb et 1250 tonnes de minerai de mercure (Almaden) représentant au total quelque 15 millions de francs de minerais.
- En France proprement dit, les principales mines étaient : pour l’argent, Allcmonl (Isère) ; pour le plomb, Poullaouen et lluelgoat (Finistère), l'esey ^mont Blanc), Villefort (Lozère), Sainte-Marie et Lacroix (Ilaut-Rhin); pour.le cuivre, Ghessy (Rhône) et Baigory (Basses-Pyrénées). 11 y avait 000 hauts fourneaux en activité.
- Je donne, pour terminer, les prix courants des principaux métaux au point de traitement en 1807 en comparant avec les prix actuels : argent, 225 francs le kilogramme en 1807 contre 108 en 1907 ; mercure, 0000 fr. la tonne contre 0700; plomb, 040 contre 550; cuivre, 4000 contre 2500; étain, 5400 contre 4500; fer en barres, 400 contre 170; cobalt oxydé, 1280 contre 2500; zinc, 900 contre G50 ; houille, 10 contre 12 ou 15. — On peut observer que le prix de la houille estimé en francs est resté à peu près le même, ce qui équivaut à une baisse effective; la plupart des grands métaux, le fer, l’argent, le cuivre, le plomb et le zinc, ont baissé dans des proportions variables, souvent très notables.
- P. Sallioiî.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance publique annuelle du 2 décembre 1907. — Présidence de M. Chauveau.
- Monsieur le Président ouvre la séance par un discours dans lequel, suivant la tradition, il adresse un hommage aux divers membres de l’Académie décédés dans l’année et résume l’œuvre de chacun d’eux.
- « M. Marcel Bertrand, abordant en géomètre de race l’étude des cartes géologiques de la Suisse, reconnut l’impossibilité d’expliquer certaines superpositions anormales.
- « Rapprochantlatectonique des Alpes de celle du bassin houiller franco-belge, en 1884, par une véritable intuition de génie, il proposa, pour le célèbre accident connu sous le nom de double pli de Claris, une explication d’une grande hardiesse, où se trouvait en germe la conception des charriages lointains, destinée à s’imposer 20 ans plus tard avec une force irrésistible, dans les belles généralisations de l’illustre Édouard Suess, l’auteur de La face de la Terre. Ensuite il dirigea son attention vers la Provence, dont personne avant lui n’avait bien compris la
- structure, étonnamment disloquée sous l’apparence uniforme de la topographie.
- « M. Moissan avait été frappé de bonne heure par les succès que Henri Sainte-Claire Deville avait obtenus en s’adonnant à la Chimie physique, c’est-à-dire à l’étude de l’influence exercée par les actions physiques sur la constitution chimique des corps minéraux. Pour leur communiquer leur summum d’activité il imagina de nouveaux et particulièrement puissants moyens et il en obtint la production artificielle du diamant. Auparavant, il avait tiré, de l’acide fluorhydrique, le fluor à l’état libre.
- « Berthelot n’avait tout d’abord cherché et obtenu que des synthèses partielles, en combinant les acides gras et la glycérine tirés de l’organisme animal lui-même. Mais très rapidement il arrive aux synthèses totales, en forçant à s’unir directement les éléments simples, carbone, oxygène, hydrogène et azote, qui entrent dans la constitution des matières organiques. La grandeur des résultats obtenus
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- égale la simplicité des moyens qu’il y emploie. Et alors on ne compte plus les riches acquisitions de la synthèse organique intégrale : les acides gras, la glycérine, les alcools, les carbures d’hydrogène, les sucres....
- « De Lavoisier à Régnault, nombreuses déjà et très importantes avaient été les déterminations de mesures calorimétriques. Mais c’est Berthelot qui eut l’idée d’en faire la codification, au prolit de la nouvelle Science, la Thermochimie, qui allait servir de hase à la Mécanique chimique. Jusqu’alors l'affinité, ou la force qu’on suppose intervenir dans les combinaisons chimiques pour les produire ou les modifier, ne nous apparaissait que comme mie vague entité, tout à fait indéterminée. A cette entité, Berthelot réussit à donner un corps, en montrant que la puissance des forces d’affinité se mesure aux quantités de chaleur, c’est-à-dire d’énergie, qui se libèrent ou s’absorbent dans les réactions chimiques provoquées par ces forces. »
- Puis le Président résume les travaux du colonel Laus-sédat et prononce l’éloge de M. Maurice Lœwy.
- « En 1880, Lœwy donna de nouvelles méthodes pour déterminer la constante de l’aberration et celle de la réfraction.
- (( Un autre progrès avait auparavant été introduit, par un très important travail de Lœwy, dans la détermination de la latitude du lieu d’observation et des coordonnées absolues des étoiles.
- « Son étude récente des erreurs auxquelles donne lieu la mesure des divisions ' des cercles marque aussi un progrès et permet d’obtenir plus de précision que les méthodes anciennes, en y consacrant quatre ou cinq fois moins de temps. »
- Les correspondants disparus dans l’année sont : M. Trépied, directeur de l’Observatoire d’Alger, IL C. Yogel, le savant spectroscopisle de Potsdam, M. Oudemans, d’Ulreeht, géographe, M. Crova, de Montpellier, physicien, le célèbre chimiste russe Mendéléef, le minéralogiste Cari Klein, de Berlin, le chirurgien Hergott, de Nancy.
- Lecture est ensuite donnée de la liste des prix dans l’ordre suivant :
- Géométrie. — Prix Francœur : M. Emile Lemoine. — Prix Bordin : MM. F. Enriques, de Bologne, et F. Severi, de Padoue. — Prix Vaillant : Le prix est réparti inégalement entre MM. Jacques lladamard, Arthur lvorn, Giuseppe Lauricella, Tommaso Boggio. — Une mention extrêmement honorable est décernée au Mémoire n° 7.
- Mécanique. — Prix Montyon : M. Cuènot. — Une mention exceptionnellement honorable est accordée à M. Petot.—Prix Poncelet : Le prix est décerné à feuM. le Colonel Renard, pour l’ensemble de ses recherches mathématiques et expérimentales sur la Mécanique et pour sa part dans l’état actuel de l’Aéronautique.
- Navigation. — Prix extraordinaire de la marine : Les deux tiers du prix sont attribués à M. Gayde, ingénieur en chef de lr0 classe du Génie maritime; et un tiers du prix à feu M. J. Estôve, mécanicien de la marine.
- Astronomie. —Pi’ix Lalande :M. Th. Lewis, astronome à l’Observatoire de Greenwich. — Pi’ix Yalz : M. Giaco-bini. — Prix G. de Pontécoulant : M. Gaillot.
- Géographie. — Prix Gay : Le prix est décerné à M. le Dr Jean Charcot pour les importants résultats obtenus par son expédition dans les régions polaires antarctiques. — Prix Tchihatchef : Partagé entre M. Jacques de Morgan et le Capitaine Paul Crépin-Bourdier de Beauregard.
- Physique. — Prix Hébert : M. Lucien Poincaré pour son ouvrage sur la physique moderne. — Prix Hughes :
- M. P. Langevin. — Prix Gaston Planté : M. Mathias. — Prix La Gaze : M. Paul Yillard. —Prix Kastner-Boursault : M. Pierre Weiss.
- Chimie. — Prix Jecker : Le prix est partagé entre : M. Biaise; M. Marcel Delépine; M. Ilamonel. — Prix Cahours : Partagé entre MM. Gain, Mailhe, Guillemard.— Prix Montyon (arts insalubres) : M. Bonneville, Minéralogie et géologie. — Grand Prix des sciences physiques: M. E.-À. Martel. — Prix Delessc : M. J.Teall.
- Botanique. — Prix Desinazières : M. le général E.-G. Paris. — Prix Montagne : M. Fernand Guéguen. — Prix de Coincy : M. F. Gagnepain. — Prix Thore : M. Bainier.
- — Prix de La Fons Mélicocq : M. C. llouard.
- Anatomie et zoologie. — Prix Savigny : M. Charles
- Àlluaud.
- Médecine et chirurgie. — Prix Montyon : Trois prix sont décernés à : M. J. llennequin; M. C. Levadili ; M. Maurice Yillaret. — Trois mentions sont accordées à : MM. À. Thiroux et d’Anfreville ; MM. Nicolle et Mesnil ; M. René Gaultier. — Des citations sont accordées à : M. Gustave Martin; M. Georges Pécaud; MM. Pierre Breteau et Paul Woog; M. A. Desmoulière; M. Guiscz.
- — Prix Barbier : MM. J. Guiart et L. Grimbert. — Prix Bréant : Prix annuel : MM. Vaillard et Dopter; M. J. Ferran. — Prix Godard : M. le Dr Victor Nicaise. — Prix du baron Larrey : Le prix est décerné à M. G.-H. Lemoine. — Prix Bellion : MM. A. Chanlemesse et F. Borel.
- — Prix Môge : MM. J. Castaigne et. F. Rathery. — Prix Chaussier : M. le D1' A. Lacassagne.
- Physiologie. — Prix Montyon : Partagé entre M. Maurice Nicloux et M. Denis Brocq-Rousseu. — Prix Philipeaux : M. H. Bierry. — Prix Lallemand : Partagé entre M. E. Régis et M. Etienne Ralraud. — Prix Pourat : M. Gaston Sellière. — Prix La Gaze : Feu M. Laulanié.
- Statistique. — Prix Montyon : M. Lucien Mardi. — Une mention très honorable est accordée à M. J.-A. Fleury et à M. le médecin-major Conor.
- Histoire des sciences. — Prix Binoux : Partagé entre M. Gino Loria etM. le Dr F. Brunet, médecin de ire classe de la marine. — Une mention honorable est accordée à M. F. de Mély.
- Prix généraux. — Médaille Lavoisier (médaille d’or) : M. Adolf von Baeyer, correspondant de l’Académie. — Médailles Berthelot : MM. Biaise, Marcel Delépine, llamo-net, lauréats du prix Jecker. — Prix Trémont : M. Charles Frémont. — Prix Gegner : M. J.-H. Fabre. — Prix Lannelongue : Les arrérages de la fondation sont répartis entre Mmes Béclard, Cusco, Ruck. — Prix Wilde : Partagé entre M. Charles Nordmann et M. Jean Brunhes. — Prix Sainlour : Partagé entre M. Gonnessiat et M. de Séguier.
- — Prix Petit d’Ormoy (Sciences mathématiques) : M. Pierre Duhem, correspondant de l’Académie. — Prix Petit d’Ormoy (Sciences naturelles) : M. Jules Kunckel d’Herculais. — Prix Pierson-Perrin : M. A. Colton. — Prix Laplace (les Œuvres de Laplace) : M. Daum (Léon), sorti premier de l’École polytechnique. — Prix Félix Rivot : Partagé entre MM. Daum (Léon) et Painvin (Georges-rJean) et MM. Cambournac (Louis-Eugène) et Galatoire Malégarie (Charlcs-Marie-Joseph).
- M. le Secrétaire perpétuel Darboux lit ensuite une notice historique sur Antoine d’Abbadie, ses débuts dans la vie, son premier voyage au Brésil et ses aventures en Éthiopie, de 1838 à 1848. M. d’Abbadie découvrit, la source du Nil Bleu. Il est l’inventeur d’un théodolite essentiellement transportable. Cu. de Yilledeuil.
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- J. LAFFARGUE
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- Un nouveau deuil frappe La Nature. Après son fondateur Gaston Tissandier, après Albert Tissandier, trop tôt enlevés à l’œuvre utile qu’ils y poursuivaient si fraternellement, voici que leur plus dévoué et plus fidèle collaborateur disparaît à son tour, plus prématurément encore, à 43 ans !
- Notre excellent collègue J. Laffargue vient de nous quitter le 26 novembre, soudainement emporté par une congestion, dans un élat de santé qui, depuis quelque temps, préoccupait son entourage ; de formelles instances l’avaient résigné, au début de cette année, à restreindre quelque peu la part de labeur, si considérable, qu’il assumait dans notre commune entente à La Nature. Plusieurs mois de repos avaient déjà produit un salutaire effet et, ces jours derniers encore, il nous avait paru dispos et alerte en nous remettant son dernier article sur la « Bascule à curseur », qu’il corrigeait la veille meme de sa mort. Illusion trompeuse, hélas !
- Car nous voici privés subitement du concours expérimenté, du labeur infatigable, des connaissances spéciales consommées qui, depuis dix-neuf années, n’avaient pas défailli un seul jour; Laffargue ignorait le repos et le congé ; pas une épreuve hebdomadaire de notre publication n’était affranchie de ses scrupuleuses et savantes corrections, et il avait fallu de véritables ordres médicaux pour le faire renoncer à ses excès habituels de travail en faveur de sa chère revue.
- Depuis 1888, depuis qu’il avait été choisi comme secrétaire de la rédaction de La Nature (puis comme co-directeur en 1905), celle-ci avait l’heureux privilège de ses innombrables études et notes descriptives, toujours claires et exactement documentées, dans le domaine immense de l’électricité et de ses applications. En cette science, Laffargue fut un très distingué technicien, comme en font foi ses travaux et états de services. Né le 1er juillet 1864 et sorti le premier de l’école de physique et de chimie, où il avait été le disciple d’Hospitalier, il eut, en 1890, l’initiative de créer (pour la fédération des mécaniciens) des cours d’électricité pratique qui furent assidûment suivis à la mairie du IVe arrondissement.
- Devant l’utilité et la vogue de cet enseignement, la Ville de Paris n’hésita pas à le transformer pour son compte en un cours public qui demeura attribué à son fondateur : avec la ponctualité si consciencieuse qui était un des beaux côtés de son caractère, jamais Laffargue ne fît défaut à ses nombreux auditeurs qui, le 26 novembre, accoururent vainement à sa leçon du soir.
- Sa notoriété comme ingénieur électricien lui avait fait confier aussi et successivement la direction de l’usine municipale d’électricité des Halles, le contrôle des Sociétés d’électricité de la Ville de Paris, la fonction de secrétaire général de la Fédération des mécaniciens-électri-ciens, et, en 1898, une mission en Allemagne d’où il rapporta, en 1899, un important ouvrage (en collaboration avec M. Bos) sur la Distribution de l'énergie électrique en Allemagne (1899); la croix de la Légion d’honneur récompensa son inlassable et bienfaisante activité, le 24 juin 1900, en Sorbonne, à une fête annuelle de cette Association des mécaniciens électriciens, qui partageait avec La Nature tout son temps et tous ses soins. Après G. Tissandier il a continué pour , nos lecteurs la série des Recettes et procédés utiles; et il laisse enfin un ouvrage fondamental, le Manuel pratique du monteur électricien, condensant en 1000 pages tout ce que requièrent les applications de l’électricité ; de février 1893 à 1907, dix éditions n’ont pas épuisé le succès toujours grandissant de ce livre capital.
- On y trouve toutes les qualités de méthode, de précision et d’érudition qui nous étaient si chères et si précieuses, et où nos collaborateurs rencontraient toujours le guide sûr et le conseil éclairé, indispensables à leurs rédactions. Comme nous, ils ne se rappelleront jamais sans tristesse et sans regret le souvenir et la coopération de ce laborieux savant, modeste autant qu’utile, arraché par un sort cruel à une famille dont ce trop bref hommage ne saurait adoucir la douleur !
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. — N° 1803. =
- 14 DÉCEMBRE 1907.
- LE MINOTAURE TYPHÉE
- Ce n’est pas du monstre de la légende qu’il s’agit, mais d’un humble insecte, auquel le public ne fait guère attention, bien qu’il soit d’une taille assez forte, mais que connaissent bien les collectionneurs de Coléoptères. Il est intéressant, en effet, en ce que le mâle est pourvu en avant d’un trident, une sorte de fourche à trois branches, tandis que la femelle n’en possède pas. On le trouve dans les lieux découverts et sablonneux, surtout ceux où pâturent les moutons. A l’automne notamment, il s’y creuse de vastes terriers, faciles à reconnaitre à la taupinée qui en garnit l’entrée. En les bouleversant, on peut se rendre compte qu’ils sont formés d’un puits vertical, du calibre du doigt; à l’intérieur il y a un Minotaure, — tantôt un mâle, tantôt une femelle, — et, au-dessus du reclus, une colonne de crottin de mouton pouvant à peu près remplir le creux de la main. Ce sont là des victuailles dont le Coléoptère se régale ; il les a amenées là en les faisant rouler sur le sol — les déjections des moutons se prêtent à ce charroi — et en les faisant tomber dans son puits.
- Mais ce sont là demeures et provisions provisoires ; le peu de largeur du puits l’atteste. Bientôt les Mi-notaures vont s’atteler à un travail autrement pénible. Aux approches de décembre, ils se creusent des demeures ayant plus d’un mètre de profondeur et dont les parois sont capitonnées de crottin de mouton émietté, matelas éminemment bien disposé pour protéger du froid extérieur. C’est là, en effet, que le Minotaure passe l’hiver, à demi engourdi ou, de temps à autre, grignotant ses provisions.
- Au printemps, les choses changent. L’activité est revenue. Les femelles sortent d’abord de leur torpeur et commencent à forer un puits destiné à leur progéniture, puits, où, d’ailleurs, les mâles ne tardent pas à les rejoindre pour coopérer avec elles au bien-être de leur future famille. Ce sont des ménages 3G° année. — 1er semestre.
- accomplis ; dans chaque trou, il y a une femelle et un mâle qui demeurent unis pendant toute leur existence — d’ailleurs courte. Le travail qu’ils arrivent à faire est vraiment gigantesque, car ils creusent dans la terre des puits de mine de 1 m. à 1 m. 50 de profondeur, dont tout le fond est garni d’une énorme saucisse faite avec du crottin de mouton réduit en miettes. C’est tout au fond, au-dessous des vivres, dans le sable même, que se trouve l’œuf, d’où naîtra la larve. Celle-ci trouvera ainsi, — grâce à la profondeur du trou, — une réserve de vivres pas trop désséchée du soleil. « Les exploiteurs de crottin, dit J.-II. Fabre1, auquel nous devons l’histoire du Minotaure, s’adressent tous à des matériaux récents, doués ou pleins de leurs vertus sapides et plastiques. A ce système de boulangerie, le Minotaure fait une étrange exception : il lui faut du vieux, du sec, de l’aride. Jamais on ne le voit cueillir des pilules d’émission toute récente. Il les veut boucanées par une longue exposition aux rayons du soleil. Mais, pour convenir au ver, le mets raccorni doit longtemps se mijoter, se bonifier dans un milieu saturé d’humidité. Au grossier pain de foin succède ainsi la brioche. Comme laboratoire du manger des fils s’impose donc une officine très profonde, où la sécheresse de l’été jamais ne pénètre, si longtemps qu’elle se prolonge. Là s’assouplissent, là prennent saveur des aridités qu’aucun autre membre de la corporation stercoraire ne s’avise d’utiliser, faute d’un atelier de ramollissement.Le Minotaure en ale monopole, et, pour bien s’acquitter de sa mission, il a l’instinct des sondages énormes. La nature des victuailles a fait du bouvier à trident un puisatier hors ligne ; un dur croûton a décidé de ses talents. » Quelle part revient au père et à la mère dans le travail du forage et dans celui d’approvisionnement? Pour le savoir, J.-H. Fabre a obligé des Minotaures . 1 Souvenirs entomologiques, 10e série.
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- 18 ..LE MlNOTAllRE TYPHEE
- à travailler dans un long tube de verre où, de place en place, des lucarnes permettaient de voir ce qui se passait à l’intérieur. On constate de la sorte que la mère est toujours en avant, à la place d’honneur, dans la cuvette d’attaque. Seule, de son chaperon, elle laboure; seule, de la herse de scs bras dentés, elle gratte et fouit, non relayée par son compagnon. Le père est toujours en arrière, fort occupé, lui aussi, mais d’une autre besogne. Sa fonction est de véhiculer au dehors les terres abattues et de faire place nette à mesure que la pionnière approfondit.
- Son travail de manœuvre n’est pas petite affaire. On peut en juger par la taupinière qu’il élève dans les champs. C’est un volumineux monceau de bouchons de terre, de cylindres mesurant la plupart un pouce de longueur.
- La confection de ces agglomérés de terreau est curieuse. La mère fouille.
- Le père, à quelque distance, attend que le monceau de gravats commence à gêner la travailleuse. Il s’approche alors. Par petites brassées, il attire devers lui et se fait glisser sous le ventre les terres remuées qui, plastiques, s’agglomèrent en pelote sous le foulage des pattes d’arrière. L’insecte, maintenant, se retourne au-dessous de la charge. Le trident — dont le rôle ainsi s’explique — enfoncé dans le paquet, ainsi qu’une fourche dans la botte de foin que l’on met en grenier, les pattes anterieures, à larges bras dentelés, retenant le fardeau, l’empêchent* de s’émietter, il pousse de toute son énergie. Parvenu à quelque distance de l’orifice, il laisse là sa motte, qui, moulée dans le canal, reste en place, immobile. Il revient au fond, non en se laissant précipiter d’une chute brutale, mais, peu à peu, de façon prudente, à l’aide des échelons qui lui ont servi pour monter. Une seconde pelote est hissée, qui s’adjoint à la première et fait corps avec elle. Une troisième suit. Enfin, d’un dernier effort, il expulse le tout en un bouchon qui va rejoindre les autres sur les flancs de la tau-pinée.
- Un mois se passe environ à ce travail de terras-
- sier. Puis, le mâle change de métier : il se fait approvisionneur de vivres, tandis que la femelle demeure au fond du trou. Il se rend dans la campagne et recherche une boulette déjà desséchée. Il s’achemine vers l’embouchure du nid, soit à reculons en l’entraînant avec les pattes antérieures, soit de façon directe en la faisant rouler à légers coups de chaperon. Arrivé au bord de l’orifice, il entre, enlaçant des pattes la pilule, qu’il a soin d’introduire par un bout, car elle est ovale. Parvenu à une certaine distance du fond, il lui suffit d’obliquer légèrement la pièce pour que celle-ci, en raison de l’excès d’ampleur de son grand axe, trouve appui par ses deux extrémités contre la paroi du canal. Ainsi s’obtient une sorte de plancher temporaire apte à recevoir la charge de deux à trois pilules. Le tout est l’atelier où va travailler le père, sans dérangement pour la mère, occupée elle-même en dessous. C’est le moulin d’où va descendre la semoule destinée à la confection des gâteaux.
- La femelle, en effet, n’emmagasine pas les vivres tels quels. C’est une boulangère qui cueille les débris autour d’elle, les subdivise, les affine. Virant d’ici, virant de là, elle tapote la matière avec le battoir de ses bras aplatis ; elle la dispose par couches, comprimées après l’aide d’un piétinement sur place. Rendue ferme et compacte, la masse deviendra dè meilleure conservation : elle est énorme, car elle comprend les éléments de près de 300 boulettes!
- Finalement, le mâle, épuisé d’efforts, quitte le logis et va mourir à l’écart, en plein air. De son côté, la mère ne se laisse pas détourner de son ménage. Sa vie durant, elle ne sort de chez elle, pétrissant ses pains cylindriques, les peuplant d’un œuf, les surveillant jusqu’à l’exode — fait extrêmement rare chez les Coléoptères. Lorsque viennent les liesses de l’automne, elle remonte enfin à la surface, accompagnée des jeunes, qui se dispersent à leur guise pour festoyer aux lieux fréquentés par des moutons. Alors, n’ayant plus rien à faire, la dévouée périt. E fmita la comedia! Henri Coupin.
- Eu bas : la femelle; au milieu : le mâle.
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- LES CATARACTES DE L’IGUAZU
- Aux eoniins du Brésil et de la République Argentine, les cataractes de l’Iguazu sont parmi les plus belles du monde. Elles l’emportent sur les cataractes du Niagara, mais elles sont surpassées par les Victoria-Falls du Zambèze, où le lleuve, large de 1771 m., tombe tout d’une pièce d’une hauteur de 128 m., à peu près deux fois et demie celle du Niagara1.
- Les cataractes du Niagara sont divisées en deux chutes par l’île de la Chèvre; le bras oriental ou américain, large de 522 m., se précipite de 50 m. de haut; le bras occidental ou canadien présente une courbe qui se développe sur 915 m. et sa hauteur est de 48 m. Les cataractes de l’Iguazu paraissent, sous le rapport de l’étendue, les premières du monde; leur maximum de chute est de 60 à 70 m., et leur développement d’environ 4 kilomètres2.
- L’Iguassu ou lguazu (d’un nom indien, qui veut dire grandes eaux) est un affluent de gauche du Parana. II a sa source dans l’État de Parana, l’un des plus méridionaux de la Confédération brésilienne; il sort de la Sierra do Mar, ou chaîne maritime, qui est une partie de la chaîne côtière formant, tout près de la mer, le talus du grand plateau intérieur, passe à Curitiba, incline vers le Sud, puis prend la direction de l’Ouest en séparant les Etats de Parana et de Santa Catharina. Sa vallée étroite sépare le grand massif du Brésil et les plateaux du Sud. Le cours de la rivière est formé d’une série de biefs sans pente, pareils à des lagunes, avec des rapides pour passer de l’un à l’autre.
- L’Iguazu est déjà assez près de son confluent avee le Parana, quand il sert de frontière entre le Brésil (État de Parana) et la République Argentine. Puis il rencontre à angle droit le fleuve Parana et c’est au moment où il va y confondre ses eaux qu’il forme ses grandes cataractes. De l’autre côté du fleuve est le Paraguay.
- A six lieues du confluent, le lit de l’Iguazu subit une dépression subite de 60 a 70 m., en même temps que la rivière se divise en deux bras, laissant entre eux un îlot verdoyant. La rive brésilienne est escarpée et haute de 80 à 90 m. ; le bras qui est de ce côté tombe brusquement dans le gouffre, en décrivant une courbe en fer à cheval. Le bras argentin se développe autour de Pilot en amphithéâtre et se termine par un grand saut de 70 m. après lequel les deux bras se rejoignant vont se jeter dans le Parana.
- 1 La Nature, 2e semeslre 1905, p. 119.
- 2 En Afrique, le commandant Lenfant a bien reconnu aussi, en 1903, dans le cours du Mayo-Kabi, par lequel peut se faire la jonction entre la Bénoué et le Logonc, l’existence d’une formidable cataracte qui, à la suite de plusieurs cascades, tombe aussi de 60 mètres, mais sa largeur ne peut pas être comparée à celle des chutes que nous venons de citei\
- De la rive brésilienne, comme d’un belvédère, on voit dans son ensemble le spectacle. Le contraste avec le Niagara est frappant. Tandis que celui-ci se précipite en deux énormes masses d’eau, l’Iguazu se fractionne en un grand nombre de cascades, grandes et petites, qui tombent avec fracas de tous côtés sur toute l’étendue d’un vaste amphithéâtre de rochers. On en a compté 265.
- Ces cascades présentent tous les aspects et toutes les variétés imaginables, comme toutes les dimensions. Pour la plupart des groupes qu’elles forment, on trouve une hauteur moyenne de chute qui n’est pas inférieure à 50 m. De ces eaux écumantes s’élève un formidable grondement de tonnerre qui, par un bon vent, peut s’entendre à plus de 50 km. Les promontoires surplombant, continuellement arrosés, se couvrent d’une végétation luxuriante et donnent asile à des milliers d’oiseaux et particulièrement à des perroquets.
- Des chutes aussi considérables renferment, on le comprend, d’énormes réserves de force; on estime qu’elles peuvent donner une force de 14 millions de chevaux. Aussi le gouvernement argentin s’est-il préoccupé de soustraire cette merveille aux empiétements de l’industrie qui, déjà aux États-Unis, menace de détruire toute la beauté du Niagara. M. Thays, directeur des promenades publiques de la République Argentine, a été chargé én 1902 par le président Roca d’étudier sur place le projet d’un grand Parc national d’une étendue de 20 000 à 25 000 heclares, qui serait créé à l’instar du Yellowstone Park des États-Unis et dans lequel serait enclavée la partie argentine des cataractes de l’Iguazu. Le Brésil semble disposé, lui aussi, à sauvegarder ce qu’il possède de ces merveilles naturelles.
- Peu d’Européens ont été voir, jusqu’à présent, les cataractes de l’Iguazu, mais on peut prévoir qu’un jour viendra où elles seront un but d’excursion aussi fréquenté que le sont aujourd’hui les chutes du Niagara. Actuellement, c’est par l’Argentine qu’elles sont abordables, mais le Brésil se préoccupe aussi d’en rendre l’accès possible de son côté.
- De Buenos-Aires on se rend à l’Iguazu en six jours en remontant le Parana. On passe devant Rosario, dont une entreprise française construit le port au centre du pays du blé ; on côtoie à gauche les plaines fertiles de Santa-Fé, à droite les provinces d’Entre-Rios et de Corrientes que leur situation entre les deux fleuves Parana et Uruguay a fait appeler la Mésopotamie argentine. On atteint la ville de Corrientes puis, contournant au Sud le Paraguay, on longe, sur la droite, le territoire des Missions où les ruines des églises et des couvents fondés par les Jésuites apparaissent au milieu de la végétation luxuriante et sauvage de la forêt vierge. On,débar que à l’embouchure de l’Iguazu à Port-Poujade, petit
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- ACCÉLÉRATION DES TRAVERSÉES MARITIMES
- port dont le nom est celui d’un Basque français qui se livre à cet endroit à l’abatage des arbres dont on fait des radeaux pour descendre le Parana. De Port-Poujade, on atteint les cataractes en quelques heures de cheval.
- Du côté du Brésil, il n’est pas facile actuellement
- française des chemins de 1er brésiliens avait reçu la concession, dans l’Etat de Parana, de la ligne de Paranagua, sur la côte, à Curiliba (111 kilomètres), ligne exploitée depuis 1885 et continuée depuis jusqu’à Lapa. Un embranchement, partant de Sao Francisco, rejoindra cette ligne qui sera prolongée
- Los cataractes de l’Iguazu.
- de parvenir jusqu’aux chutes. Les soldats des postes méridionaux sont à peu près seuls à pénétrer jusque-là ainsi que les Indiens sauvages. Mais on peut espérer que dans peu d’années on pourra atteindre en chemin de fer les chutes même.
- D’abord ce site doit être relié directement à la côte de l’Atlantique. Déià, en 1879, la Compagnie
- jusqu’aux chutes, en suivant la vallée de l’Iguazu.
- Une autre ligne, coupant celle-ci, à Porto de Uniao, mettra les cataractes de l’Iguazu en communication, au Nord-Est, avec Sao Paulo et Bio de Janeiro, au Sud avec l’Uruguay et Montevideo. Cette ligne est déjà très avancée et le plan du réseau entier est approuvé. Gustave Regelsperger.
- L’ACCÉLÉRATION DES TRAVERSÉES MARITIMES
- Dans celle remarquable publication de statistique graphique qu’est l’Album publié, depuis de longues années, par le savant économiste M. Cheysson, on a donné à plusieurs reprises des tableaux, rendant manifeste l’influence des progrès de la navigation maritime. On voit dans ces graphiques (dont nous mettons quelques-uns sous les yeux du lecteur) la côte de l’Amérique du Nord se rapprocher peu à peu de la côte française : rapprochement qu’on peut dire réel, puisque les deux rivages de l’Atlantique, qui étaient à 734 heures de distance en 1830, ne sont plus qu’à 162 heures en 1900.
- Il est une autre façon pittoresque et éloquente de traduire cette révolution dans les transports maritimes : c’est de montrer, accomplissant simultanément une même traversée, les divers types de navires qui se sont succédé depuis près d’un siècle. C’est une sorte de course
- au clocher à travers l’Atlantique, puisque nous prenons comme champ de cette expérience l’immense nappe d’eau comprise entre l’entrée du Havre, le phare de la Ilève, d’une part, et, d’autre part, New-York et la monumentale statue de Bartholdi. Nous supposons un spectateur, muni de bons yeux, et voyant les choses de haut, contemplant l’Atlantique à l’instant où arrive, devant la Liberté éclairant le monde, le paquebot le plus rapide de notre époque, parti du Havre en même temps que les vapeurs construits à diverses époques antérieures; il les a semés sur sa route, comme disent les coureurs en langage de. sport, .ces différents bateaux se trouvant d’autant plus en arrière et en retard, qu’ils sont dotés d’une machinerie plus modeste ou moins effective, Nous faisons naviguer à la même époque des navires remontant à des périodes bien éloignées, dont beaucoup ont disparu ; et
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- Fi<r. i,— Du Havre à New-York : les transatlantiques les plus célèbres.
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- 22 ===== ACCÉLÉRATION DES TRAVERSÉES MARITIMES
- nous sommes lout à fait jour avec les deux Cunarders qui ont été déciàts ici.
- Nous n’avons guère besoin de dire que ce sont eux qui tiennent la tête de ce peloton de navires. Ils sont établis pour donner une allure de 24 à 25 nœuds, ou de 25 milles, comme on voudra; et il est vraisemblable qu’ils fourniront régulièrement cette vitesse. Comme on compte une distance de 5870 km entre les deux points extrêmes que nous avons choisis pour le départ et l'arrivée de cette course; et que, d’autre part, 25 nœuds correspondent à environ 46 km à l’heure, le Lusitania ou le Mauretania seraient arrivés à l’entrée du port de New-York au bout de moins de 128 heures. C’est le moment où est prise la vue schématique que nous donnons. Si nous suivons le tracé représentant la piste à couvrir par les différents navires, quels sont ceux que nous allons y retrouver successivement, peinant et s’efforçant de toute leur machinerie
- rière son concurrent, car on l’a vu marcher à des allures presque comparables. Quant au Provence, il serait à 5200 km à peu près de la côte de France. Et malgré tout, malgré notamment cette exiguïté de nos ports, qui ne peuvent pas recevoir des paquebots gigantesques comme ceux que nous avons rencontrés jusqu’ici à la surface de l’Atlantique, le drapeau français n’est point mal représenté.
- Mais voici, à la toucher, un transatlantique anglais qui remonte pourtant à déjà bien des années, le Lucania, qui, avec son frère le Campania, avait été lancé en 4895, et qui dès cette époque avait étonné le monde, même les gens du métier en donnant une allure de 22 nœuds en service.
- Maintenant les concurrents s’échelonnent davantage ; ils remontent, en effet, aune époque de plus en plus lointaine, où les progrès ne se faisaient pas si vite que main-
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- A.MÉRIQUE
- ^ Calais FRANCE
- .SPAGNE,
- Distance
- O CEA N
- :RANCE
- centrale
- - 4» -
- Distance = 9200 A7A
- .FRANCE
- O CEA N
- DU SUD
- 'ESPAGNE,
- Distance^ = ]}GOO_KO__
- Buenos-
- ATLANTIQUE L
- Fig. 2. — L’abréviation de certaines traversées.
- pour atteindre le but? Les premiers seront comme de juste les plus modernes, ceux dont était fière encore hier l’Allemagne, ceux que l’on considérait comme les géants de la mer et les nouveaux « lévriers de l’Océan », pour reprendre une expression appliquée jadis à d’autres. Voici d’abord le fameux Kaiser Wilhelm II : il n’est pas très loin du but,-car nous supposons qu’il jouit de tous ses moyens dans ce concours d’un nouveau genre, et il a donné plusieurs fois une allure de 24 nœuds. 11 a déjà franchi 5680 km et suit par conséquent les Cunarders à 190 km de distance peut-être. Nous répétons d’ailleurs que, si les circonstances étaient un peu difficiles, il se trouverait beaucoup plus distancé. Un peu plus loin sur la ligne du parcours, viennent successivement le Deutsch-land, puis le Kaiser Wilhelm der Grosse et le Provence ; nous leur attribuons là les places qu’ils prendraient s’ils fournissaient les allures qui leur sont propres le plus généralement. Le premier aurait franchi une distance de près de 5450 km; le deuxième de ces beaux navires serait sans doute de quelque dizaine de kilomètres der-
- tenant. Nous apercevons VUmhria, qui a eu son heure de gloire comme tant d’autres ; comme il ne donne qu’une vitesse de 19 nœuds, il est considérablement distancé par les beaux marcheurs que nous avons rencontrés. Il n’a pas fait encore 4500 km, alors que le Lusitania entre dans le port de New-York ! Nous avons supposé également en ligne le Normandie, transatlantique français qui ne circule plus maintenant sur la ligne de New-York, mais qui a compté à un moment parmi les plus beaux navires de la Compagnie Transatlantique. Et naturellement aussi le Champagne, qui est plus récent et présente des dimensions plus grandes : c’est ce dernier qui suit de plus près YUmbria, ayant fait 4000 km à son allure ordinaire de 17 nœuds; celle du Normandie n’est que de 15 nœuds environ, et il est de quelque 500 kilomètres en retard.
- Nous n’avions pas la possibilité de mettre en ligne la série complète des divers paquebots s’étant fait remarquer à une époque quelconque dans la traversée d’Europe en Amérique. Aussi négligeons-nous une bonne partie d’entre
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- FABRICATION DE LA LEVURE ...:. ...23
- ceux qui avaient pourtant marqué un progrès dans les étapes successives de cette navigation maritime. Mais nous ne pouvions manquer de montrer combien le fameux Great Easiern, la création du génial Brunei, aurait encore bien tenu sa place dans celte course au clocher à travers l’Atlantique. Avec son double dispositif propulseur, une machinerie comparable à celles que l’on mettait à bord des transatlantiques de 1880, il arrivait à donner 14 noeuds et demi; et nous l’apercevons ici suivant de très près le Normandie. On va pouvoir juger du progrès que constituait la création de ce Gréai Easiern : le Per-sia, qui datait de la même époque, se montre dans notre concours à 550 km et plus en retard sur le Gréai Easiern.
- Où serait le représentant de 1840, presque les débuts pratiques de la navigation transatlantique : il pouvait marcher tout au plus à 8,8 nœuds ! Et par conséquent, au moment où le Lusitania atteindrait le but du voyage, ce Brilannia serait à peine à 2400 km de la côte française : autrement dit, il n’aurait pas fait, et de beaucoup, la moitié du voyage!
- Quel est enfin ce dernier traînard? (car nous n’avons pas fait représenter le Great Western de 1838, création de Brunei lui aussi, et qui se trouverait au même point que le Brilannia, en naviguant à la même allure). C’est le Savannah, le premier bateau en réalité qui ait effec-tué avec le secours de la vapeur la traversée de l’Atlantique ; c’était tout uniment un voilier doté d’aubes mues par une machine à vapeur, et qui pouvaient du reste se démonter. Dans les meilleures conditions du voyage d’Amérique en Europe, il ne marcha jamais à plus de 5 nœuds, et nous nous montrons fort libéral en supposant qu’il serait capable (s’il reprenait ses droits à l’existence et à la navigation) de tenir cette allure pendant les 128 heures que durera une traversée du Lusitania. Toujours est-il que, même dans ces conditions, il serait à moins de 1200 km de la cote française; tandis que l’admirable transatlantique de 1907 serait sur le point de pénétrer dans le port de New-York.
- 11 est vrai que le Savannah avait été mis en service en 1819; et, depuis ces 88 ans, la technique a fait d’étranges progrès ! Daniel Bellet.
- FABRICATION DE LA LEVURE
- Fig. 1. — Germination de l'orge mouillée dans les tambours. (Maltage pneumatique.)
- Le ferment nécessaire à la panification est un champignon microscopique, le Saccharomyces cere-visiæ ou levure de bière qui se reproduit par bourgeonnement dans les jus sucrés (fig. 5). Sa préparation industrielle ne remonte pas, en France, au delà de trente-cinq ans. Peu de temps après la guerre de 1870-71, le baron de Springer, qui la pratiquait depuis longtemps dans, sa fabrique de Reindorf (Autriche), l’introduisit dans notre pays. Il établit à Maisons-Alfort (Seine) une importante usine qui se développa considérablement et traite quotidiennement aujourd’hui 80000 kilogrammes de grains.
- Comme matière première de fabrication, on emploie l’orge, le seigle et le maïs, qu’à leur arrivée, on commence d’abord par nettoyer à l’aide de divers appareils spéciaux : brosses métalliques, trieurs et séparateurs. Après s’être débarrassés des poussières et autres substances étrangères, les grains passent sous des meules avec blutoirs qui les réduisent en farine. D’un autre côté, dans les sous-sols, se pratique le maltage ou germination de l’orge. Cette opération développe dans le grain, la diastase, qui transforme l’amidon en matière sucrée fermentescible, et, pour qu’elle s’accomplisse bien, il faut une humidité suffisante, une chaleur tempérée et une, aération assez forte qui favorisera l’absorption.
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- de l’oxygène pendant toute la durée de la germination.' Le malteur réalise ces trois conditions en faisant préalablement tremper les grains dans des cuves mquilloires, puis en les étalant en couches sur le plancher cimenté des caves dites germoirs où l’on s’efforce dé conserver une température constante de 12° à 14°.
- Ce mode de germination, exigeant un vaste emplacement et une main-d’œuvre compliquée, n’est en outre possible qu’une partie de l’année car, si l’on malte par temps trop chauds, les moisissures se développent abondamment. On remédie souvent aux
- percées de trous. Ces sortes de canaux, fermés à une extrémité par la base même du cylindre, communiquent de l’autre avec une prise d’air. À l’avant de l’appareil, se trouve un faux fond plein qui empêche l’air d’entrer dans l’intérieur du tambour. Un tuyau, percé de trous et dirigé suivant l’axe de ce dernier, vient heurter, sur le devant, contre le faux-fond et se relie sur le derrière, avec un tuyau de sortie de l’air. Un autre conduit, raccordé à une ouverture pratiquée au centre du fond d’avant du cylindre, s’embranche avec deux canalisations commandées par des valves et servant l’une à l’introduction de
- Fig. 2. — Récolte de la levure dans les cuves de fermentation.
- inconvénients que présente cette méthode en s’adressant au maltage pneumatique essayé successivement par Làcombre et Persac, Marbaud, le Dr Baude de Contrexéville, Puvrez de Lille, Saladin et surtout Galland qui le mit définitivement au point. Le procédé, très simple en principe, consiste à faire circuler à travers les grains, de l’air tantôt humide, tantôt sec, tantôt froid ou chaud, suivant les circonstances atmosphériques et les phases de la fabrication. Dans le système Galland, on verse l’orge mouillée dans ; des tambours constitués par des cylindres en tôle à double enveloppe (fig. 1). L’espace entre les deux feuillets métalliques forme chambre à air. La paroi externe est pleine tandis que la paroi interne porte six cannelures demi-cylindriques
- l’air humide et l’autre à l’introduction de l’air sec.
- L’air humide ou sec arrive, sous une certaine pression, entre le fond et le faux-fond, puis se répand entre les deux enveloppes. Il pénètre ensuite à l’intérieur du tambour par les trous des six cannelures et en sort par le tuyau central, après avoir traversé la masse en germination. Le brassage du grain s’effectue par la rotation du tambour autour de son axe géométrique. A cet effet, l’appareil repose sur quatre galets et porte, à une extrémité, une couronne dentée qui l’embrasse complètement et qui engrène sur une vis sans fin. Un levier permet la mise en marche ou l’arrêt du cylindre dont la révolution complète se ; fait en quarante minutes. Un trou d’homme, fermé par une porte, sert au remplissage,
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- à la vidange et un perron en facilite l’accès au chef malteur qui peut ainsi surveiller la germination. Au bout de 8 à 9 jours, l’embryon de l’orge a développé des radicelles et dans le grain s’est produit la diaslase.
- Il faut alors arrêter l’opération, car la jeune plante continuerait à se développer, en s’assimilant en pure perte une partie des matériaux qu’elle a maintenant pour mission de transformer. C’est le moment de sortir l’orge des germoirs et de procéder à sa dessiccation dans les tour ailles, vastes pièces rectangulaires en maçonnerie mesurant de 7 à 10 mètres de chaque côté et 12 à 15 mètres de hauteur. À leur partie inférieure, ces étuves comprennent un foyer et, au-dessus, des toiles métalliques sur lesquelles l’orge étalée en couches de 10 centimètres se dessèche progressivement. Enfin le bâtiment se termine par une courte cheminée droite destinée à évacuer la vapeur d’eau produite au cours du touraillage.
- Une fois la dessiccation achevée, on passe la masse au crible. Les radicelles se brisent, se séparent aisément du grain qu’on moud alors dans des concasseurs à cylindres unis qui le broyent sans le pulvériser.
- Le malt, ainsi tou-raillé, nettoyé, concassé et additionné d’eau, va servir à préparer les moûts ou jus sucrés. On saccharifie, grâce à lui, dans des cuviers ma-cérateurs à double fond chauffés à la vapeur et pourvus d’agitateurs mécaniques, un mélange en proportions à peu près égales de farine d’orge, de seigle et de maïs. Dès qu’on juge la saccharification complète, on coule la bouillie pâteuse dans de grands bacs en cuivre à double fond dits rafraîchissoirs où elle se refroidit à 20°.
- De là, le moût réfrigéré se rend dans une salle spéciale où on le distribue entre diverses cuves d’une contenance de 10000 hectolitres chacune. On entretient, dans ces pièces, une température constante en été comme en hiver, condition nécessaire à la bonne marche de l’opération. Puis on met les cuves en train par l’adjonction d’un levain de farines déniait et de seigle convenablement préparé auquel on ajoute une partie de vinasse épuisée ou drèche liquide provenant d’une fermentation ultérieure. La température des moûts au départ atteint 25° et, à aucun moment, elle ne doit dépasser 50°. La constance de ces limites thermométriques, les soins apportés à la préparation
- des grains, les proportions exactes des mélanges et l’extrême propreté des appareils contribuent à donner au ferment la vitalité nécessaire.
- À diverses reprises et jusqu’à ce que la fermentation s’achève, on recueille la levure à la surface du liquide bouillonnant (fig. 2). A l’aide d’une raclette l’ouvrier fait écouler la mousse à travers une ouverture, ménagée à l’un des angles de chaque cuve et qu’on peut déboucher ou obturer au moyen d’une vanne.
- La levure est ensuite tamisée pour la séparer de la drèche et des parties mucilagineuses qui l’accompagnent, et comprimée dans des filtres-presses d’où les ouvriers la retirent sous forme de tourteaux épais (fig. 5).
- Enfin, au moyen de la machine à briquettes, on débite cette levure tassée en paquets de un kilo, un-demi kilo, un quart de kilo, soigneusement emballés dans deux papiers (papier parcheminé et papier plus résistant) et on la livre ainsi aux boulangers et aux pâtissiers.
- D’autre part, une fois la fermentation achevée, on descend le moût dans des réservoirs collecteurs situés dans les caves d’où de puissantes pompes l’amènent dans des appareils à distiller. On soumet les produits de cette distillation, c’est-à-dire les flegmes, à une première épuration, puis à une rectification et on recueille cet alcool rectifié dans des bacs en attendant vente.
- ^ Quant à la drèche ou vinasse épuisée sortant des appareils de distillation, on l’envoie dans une grande cuve (munie d’un malaxeur en mouvement continuel afin d’empêcher les grains de se déposer au fond) et on la distribue encore tiède aux nourrisseurs ou bien on la dirige dans de grands réservoirs en bois et on la met ensuite en sacs qu’on laisse se ressuyer (fig. 4). Après quoi, on l’expédie en vrac ou en fûts!. La drèche qui contient la plupart des éléments azotés du grain, plus une certaine quantité de dex-trine et d’amidon, constitue, en effet, un aliment des plus nourrissants pour le bétail : elle convient aussi bien à la vache laitière qu’à la bête de trait ou à l’animal mis à l’engrais.
- Enfin l’acide carbonique qui se dégage des cuves de fermentation est liquéfié et il constitue un sous-produit encore important des fabriques de levure.
- Jacques Boyer.
- Hg. 5.
- Microphotographie de levure de bière (Saccharotnyces cerevisiæ). Grossissement : 220 D.
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- LES SALICHES ET LES DÉNÉS (ETHNOGRAPHIE AMÉRICAINE)
- On tend, dans la majorité du public français, à ne voir dans l’ethnographie qu’une science ennuyeuse, chargée de décrire tour à tour les diverses sociétés, plus ou moins sauvages, qui existent aux divers points de notre planète. Et comme, pour le lecteur superficiel, rien ne se ressemble plus que la description de telles sociétés, ce travail paraît aussi rebutant que les diagnoses employées par les naturalistes; on s’imagine que ces sciences ont pour seule fin l’établissement de catalogues, peut-être monumentaux, mais qu’il faut se garder d’ouvrir.
- La vérité est tout autre et ce qu’on prend pour une fin est seulement un moyen,
- — le moyen de mieux pénétrer la nature, ici des lois biologiques, là des lois sociales, de les suivre aussi loin que possible dans leurs modalités, à travers toutes les réalisations de forme. Prise ainsi, la description est nonmoins attrayante et non moins nécessaire dans la science des sociétés que dans celle des espèces vivantes.
- De là l’intérêt de cette enquête universelle, entreprise depuis plusieurs années, pour faire l’histoire naturelle des civilisations inférieures, et qu’il faut se hâter d’achever, avant que l’européanisation à marche foudroyante n’ait nivelé toutes les différences, — enquête d’ailleurs très inégale, puisqu’elle résulte du labeur parallèle des nations et non de leur travail concerté. Parmi elles, les unes — et la France y brille, — en sont encore à ce qu’il faut bien appeler la période préscientifique de l’enquête, et ne produisent que des travaux d’amateurs peu encouragés ; d’autres, au contraire, ont de véritables corps organisés de gens de science, travaillant qui sur le terrain, qui dans des Musées centraux, et cette heureuse méthode a surtout donné les meilleurs résultats en. Amérique, Déjà, en effet, la science américaine a pu produire toute une série de travaux, le plus bel ensemble ethnologique réalisé, qui fournit de solides matériaux tout
- prêts pour une synthèse prochaine, et déjà aussi, en attendant ce travail ultime, des synthèses partielles s’effectuent et permettent d’entrevoir quelques-unes de ces grandes lois, dont nous faisions mention tout à l’heure. Par exemple, un récent livre du bon travailleur anglo-canadien, M. C. Hill-Tout, consacré à une partie des indigènes du Nord-Amérique anglais1, nous ramène au captivant problème, capital pour les sciences sociales, du rapport qui lie une société donnée au milieu physique où elle se réalise. Ce rapport et la façon dont il se manifeste sont en effet des plus nets dans les deux grands groupes que décrit cet
- ethnographe -— tsg&f les Saliches et les
- Dénés — et dont nous allons d’a--é près lui esquisser
- les principaux v| traits.
- Tout d’abord, ' • '$* puisqu’il s’agit ici
- 'f de milieu physi-
- ' que, c’est-à-dire
- -"s au sens large du
- * y milieu géographi-
- que, il faut ca-ySA ractériser briève-
- ment celui-ci. Ce territoire est extrêmement considérable, puisqu’il comprend plus de la moitié du Canada et s’étend des rivages de la baie d’Hudson jusqu’au Pacifique. Il se divise d’ailleurs en deux parties fort différentes, séparées par les Montagnes Rocheuses : à l’est, une plaine sans fin, pour ainsi dire de niveau, région de rochers et de marécages; avec des lacs superficiels, où la seule ressource est la chasse des animaux à fourrures, et qui n’assure à ses tribus nomades qu’une précaire existence ; à l’ouest, au contraire, le système montagneux présente un beaucoup plus vif intérêt pour la vie humaine, et les relations des premiers voyageurs s’accordent à nous le montrer le siège d’une civilisation aujourd’hui bien déchue. On la retrouve toutefois encore fort bien caractérisée dans ce qu’on pourrait appeler la vie alimentaire des indigènes, qui a pour centre la pêche du saumon et qui retentit sur tout le reste de la vie sociale.
- 1 North British America Native Tribes, Londres, Long-maris, 1907.
- Fig. 1. — Femme saliche type, avec berceau saliche.
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- Le saumon est en effet le produit caractéristique des eaux de la Colombie anglaise. On ne le trouve assurément nulle part aussi nombreux que sur la cote Nord du Pacifique, et, ce n’est d’ailleurs un secret pour personne que la plupart des saumons des marchés d’Angleterre proviennent de cette région. Les indigènes ont naturellement mis à profit cette admirable richesse naturelle, et bien qu’ils se nourrissent aussi de divers autres poissons, de gibier et de quelques produits végétaux, c’est du saumon par-dessus tout qu’ils font la base de leur régime; sans d’ailleurs borner là ses usages, ils l’utilisent également pour l’huile d’éclairage et pour la graisse qu’ils en extraient et qui ont valu à l’animal le surnom de poisson-chandelle. Parmi les cinq espèces de saumon qui, chaque année, au moment du frai, fréquentent dans les rivières de la Colombie anglaise, c’est celle dite Sukai (le poisson des poissons) qui est la plus importante ; elle fournit pour presque toute l’année à la nourriture des indigènes. La période de pêche dure environ deux mois et comporte l’utilisation d’un matériel que décrit M. Hill-Tout et qui est assez développé. Mais ce sont là des détails ingrats, trop techniques, rebelles au résumé, et sur lesquels nous n’insisterons pas.
- Ce qui est plus intéressant à constater et ce que nous devons signaler ici, c’est que ce retour périodique, annuel, du même épisode de pêche au saumon, marque le rhythme d’une modification également périodique, annuelle, dans la répartition des habitants sur le territoire et aussi dans le type de leurs habitations. On peut constater, en effet, que, parmi ces populations, l’habitation oscille en quelque sorte entre deux types extrêmes qui sont représentés à peu près par nos deux figures 2 et 5. L’une, la tente de peau, est la demeure d’été, habitée par une seule famille, comme celle que montre notre figure 3 empruntée au livre de M. Hill-Tout. L’autre
- (fig. 2) est au contraire une grande maison rectangulaire, faite de planches et où loge un nombre parfois considérable d’hôtes : il n’est pas rare qu’on en rencontre d’une quinzaine de mètres de largeur sur une centaine de longueur, et l’auteur que nous citons en signale une de trois cent cinquante mètres ; d’ailleurs chacun des petits groupes, qui l’été habite sous sa tente propre, conserve une certaine individualité dans la grande maison, ayant, par exemple, sa place particulière marquée par une lampe. Toutefois il est certain que la vie n’est pas complètement comparable dans les deux cas ; et, par exemple, dans la grande maison, l’autorité des chefs est beaucoup plus forte que dans les petites, où l’indépendance du groupe est plus nette.
- Il faut ajouter d’ailleurs qu’à côté de ces deux types extrêmes de l’habitation il en existe aussi quelques autres, non pas à proprement parler intermédiaires, mais plus spécialement adaptés à des fins spéciales, maison des femmes, maison du culte, maison de pêche, etc. Mais cette diversité, si elle complique un peu les choses, ne masque pas cette espèce de polarisation que nous venons de signaler. Celle-ci, dans ce qu’elle a de plus général, est comparable à celle qu’on a relevée chez les Eskimos et dont nous avons entretenu autrefois nos lecteurs (n° 1761, 23 février 1907, p. 206). Chez ceux-ci,en effet, comme chez nos Canadiens, toute la vie sociale est animée d’un rhythme annuel, qui apparaît en rapport avec la chasse du phoque, dont le rôle économique est équivalent au rôle du saumon en Colombie anglaise; la répartition territoriale des habitants change suivant qu’on est en période de chasse ou qu’on en est sorti, et, parallèlement à cette répartition, on voit aussi changer l’habitation, le droit, car la propriété collective prédomine pendant une période, tandis qu’elle se subordonne pendant l’autre, la vie religieuse elle-même, puisque toute soninten-
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- LES SALICHES ET LES DÉNÉS
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- site se reporte sur un seul des moments du rhythme aux dépens de l’autre. Encore que M. G. llill-Tout soit souvent fort sommaire, il nous semble qu’à travers son exposé on peut apercevoir des faits analogues dans le cas des peuples qui nous occupent maintenant : ainsi, pour ne parler que de la vie religieuse, elle nous paraît, comme chez les Eskimos, plus intense dans la grande que dans la petite maison, et, à côté d’autres détails trop longs pour les mentionner ici, on a de cette hypothèse un signe concret dans le fait que le totem des différents groupes — c’est-à-dire, très en gros, l’espèce de blason sacré qui affirme et crée la parenté entre toutes les personnes qui portent le même — est assez régulièrement représenté sur la grande maison et manque sur la petite. Si l’on s’en tient à un tel rapprochement et à la très sommaire description que nous venons d’esquisser, il semble d’abord que peu de faits soient plus favorables à la thèse générale des anthropogéographes en ce qu’elle a de plus simpliste, savoir que les conditions du milieu physique expliquent suffisamment les réalisations sociales. Il semble, en effet, très clair que la vie sociale des Eskimos ou des Saliches soit directement conditionnée par les nécessités de la pêche du saumon ou de la chasse du phoque, c’est-à-dire en dernière analyse par des faits de latitude, de climat, d'hydrographie, etc., en un mot par des causes géographiques. Mais, s’il serait enfantin de nier en bloc une telle thèse, il ne faut pas non plus l’accepter de cette façon. 11 est clair aussi, en effet, tout d’abord qu’une si étroite obéissance à l’impulsion physique du milieu est liée à un développement assez faible de civilisation ; des peuples possédant une technique plus abondante et plus variée, un commerce ou une
- industrie assez évolués, etc., non seulement n’y seraient pas soumis, mais ne soupçonneraient même pas ces entraves, et, dans le cas de la Colombie anglaise, il est certain que les fourrures, les forêts de thuya, les richesses du sol ne rendent pas impossibles de telles hypothèses ; ceci montre par conséquent qu’on se fait déjà une plus juste idée de l’action du milieu lorsqu’on ajoute à celui-ci comme correctif un certain état de civilisation, c’est-à-dire un facteur purement social.
- D’autre part, s’il faut en croire les spécialistes en l’étude des sociétés, et leur analyse est trop pénétrante pour que nous puissions hésiter, ces faits économiques — pêche du saumon, chasse du phoque — seraient beaucoup moins la cause du rhythme social à période annuel que son occasion prochaine. L’activité des sociétés tendrait naturellement à se manifester d’une façon rhythmique, et secondairement ce rhythme —purement social dans son principe — s’accorderait, s’accommoderait à tel ou tel rhythme dominant dans la nature environnante.
- Avant de terminer cet article, on nous permettra d’en profiter pour donner quelques précisions au sujet des deux groupes qui en font l’objet, et ce d’après le livre de M. llill-Tout. Pour indiquer d’abord leur place dans les tribus de l’Amérique anglaise du Nord, rappelons la classification générale de celles-ci d’après notre auteur. Il les répartit en 10 nations qui sont :
- 1. Beolhuk.
- 2. Ilaïda.
- 3. Tsimshean.
- A. Kwakiutl-nooLka. 5. Algonquins.
- G. Iroquois.
- 7. Eskimos ou Innuit.
- 8. Kooteney.
- 9. Déné (Atliapascans).
- 10. Saliches.
- Au point de vue du type ethnique, ces deux der-
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- 30 ' ' =— CHRONIQUE — ACADÉMIE DES SCIENCES
- niers groupes sont la plupart du temps franchement américains, mais ils présentent souvent d’indéniables traits mongoloïdes, sans qu’on sache d’ailleurs rien sur leurs origines et surtout sans qu’ils puissent servir à résoudre le problème toujours posé de celles des Américains. Ce sont des hommes d’une honnêteté en général très grande, travailleurs et doux, répugnant beaucoup à la guerre. Ajoutons que ce sont à peu près les seuls peuples non civilisés où la civilisation ait pénétré sans meurtres, ceci grâce à l’administration intelligente de ces grandes compagnies commerciales qui furent longtemps concessionnaires d’immenses territoires, dans le Nord
- de l’Amérique, pour l’exploitation des fourrures.
- M. C. Hill-Tout estime que les Saliches de la Colombie anglaise sont actuellement au nombre d’environ 12000, et les Déné de 15 à 10000. Cette population est d’ailleurs en forte diminution sur ce qu’elle était au moment de l’arrivée, des blancs, temps où le total pouvait s’en élever à 125 000 âmes. Malgré cette baisse effrayante — accélérée par les progrès de l’alcoolisme, — y a-t-il pour ces peuples un espoir de relèvement? C’est ce qu’il est impossible de dire, quoiqu’ils manifestent les plus sérieux mérites et une grande facilité d’adaptation à nos mœurs — trop grande parfois. Marcel Blot.
- CHRONIQUE
- Les rhums de la Jamaïque. — On distingue, au point de vue commercial, deux catégories de rhums de la Jamaïque : les rhums ordinaires (common clean) et les rhums aromatisés ou rhums allemands (flavoured or (jerman rhums). Les premiers sont obtenus par la fermentation de mélasses, des écumes provenant de la cuisson des cannes à sucre et des eaux de lavage des chaudières. Les écumes sont soumises à la fermentation acide avant leur emploi; il en est de même des eaux de lavage qui renferment alors une grande quantité d’acides organiques : acétique, propionique, butyrique, lactique. La fermentation alcoolique des mélasses se produit par la levure contenue dans les cannes à sucre; elle dure cinq ou six jours. Pour fabriquer les rhums de la deuxième catégorie, on ajoute à ces matières premières ce que l’on appelle l'acide ou Y arôme. L’acide est le résultat de la fermentation du jus de la canne à sucre rendu acide par le contact des pulpes broyées; l’arome est obtenu par un procédé analogue, en ajoutant de temps en temps- des
- écumes et des eaux de lavage des chaudières au jus en fermentation. Un chimiste anglais, M. Williams, ayant reçu quelques échantillons de divers rhums fabriqués à la Jamaïque et dont l’authenticité n’était pas douteuse, les
- a soumis à l’analyse de façon à en fixer les caractéristi-
- ques, qu’il nous parait intéressant de faire connaître à
- nos lecteurs : Rhums Rhums
- ordinaires. aromatisés.
- Alcool pour 100 en volume . . 79,1 77,5
- Matière solide dans 100 c. c. . 0,45 0,51
- Acide total pour 100 lit. d’alcool. . 78,5 102,5
- Acides volatils 61,0 95,5
- Éthers comptés en acétate d’éthvle 566,5 768,5
- Alcools supérieurs comptés en alcool amylique 98,5 107
- Furfurol 4,5 5,2
- Aldéhydes ......... 15,5 20,7
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 décembre 1907.
- Fossiles végétaux. — M. Zeiller présente un échantillon de fossiles végétaux intéressant à cause de son mode de conservation des formes. C’est un cône de lcpi-dodendron trouvé dans un nodule de phosphate par M. Laurent, ingénieur, qui exploite des phosphates dans l’Ariège. Les différents organes sont libres les uns par rapport aux autres ; d’autre part, ce cône appartient à un type dont on ne possédait que deux ou trois échantillons.
- Le granité dans la cheminée diamantifère de Beers. — M. Michel Lévy présente une Note de M. De Launay sur la découverte du granité dans la mine de Beers au Cap. Dès 1897, l’auteur avait annoncé que les travaux, alors à 400 mètres de profondeur, dans les quartzites, atteindraient assez prochainement un soubassement granitique, vers 600 m. de profondeur. Les derniers renseignements apprennent, en effet, que l’on a rencontré le granité à 641 m. et que, depuis ce moment, on a foncé dans le granité plus de 200 m. Ces faits achèvent de prouver l’origine infra-granitique du diamant; ils permettent aussi de mesurer la force de projection de l’érupLivité. Dans sa Note de 1897, M. De Launay admettant que l’éruption avait traversé les terrains encaissants
- Présidence de M. Chauveau.
- et remonté, d’une hauteur à peu près équivalente, les fragments de granité pris aux parois, avait estimé que le transport vertical était de 170 m. En réalité, il a été de 200 m. environ.
- Pathogénie du glaucome. — M. Lannelongue communique une étude de M. A. Terson sur la pathogénie de la maladie des yeux connue sous le nom de glaucome. Dans le glaucome chronique, les malades sont souvent atteints d’hypertension artérielle qui, aidée de facteurs toxiques et névropathiques, joue un rôle dans l’hypertension de Tœil; Dans le glaucome aigu, M. A. Terson pense qu’il s’agit d’un œdème aigu, affection non inflammatoire.
- Les substances du gui. — M. A. Gautier expose que M. Tanret fils vient de retirer du gui une substance présentant des propriétés identiques à celles de l’inosite racémique que MM. Tanret père et Maquenne ont préparée par une voie toute différente.
- La vie latente des graines. — M. Maquenne présente une Note de M. Demoussy relative à l’influence considérable que l’état hygrométrique de l’air exerce sur
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- MACHINE A ÉCRIRE PNEUMATIQUE . //= 31
- la conservation ou la disparition de la faculté germinative chez les graines vivantes. Dans une atmosphère humide certaines espèces périssent rapidement tandis qu’elles restent longtemps inaltérées dans une atmosphère relativement sèche. Il y a donc avantage, en pratique, à maintenir les graines de semence dans des milieux aussi secs que possible.
- Hybride de paon et de poule cochinchinoise. — M. Edmond Perrier présente une Note de MM. Pays-Mellier et Trouessart sur deux oiseaux qui sont des hybrides de paon et de poule cochinchinoise. Ces deux oiseaux sont deux mâles, l’un est marron clair, l’autre brun./Ils ressemblent à des paons; toutefois les pennes caudales ne sont pas disposées de manière à leur permettre de faire la roue. De plus, ils n’ont jamais fait entendre le cri caractéristique du paon.
- Les dissolvants du phosphore. — M. Lemoine présente une Note de M. À. Colson établissant que le phosphore rouge ne peut théoriquement se dissoudre dans un dissolvant du phosphore blanc. M. A. Colson a repris l’étude
- de la solubilité du phosphore rouge dans l’essence dè térébenthine donnée par Schrœtler comme dissolvant propre aux deux variétés de phosphore. En réalité le phosphore rouge n’est altéré ni par l’essence ni par ses polymères si l’on opère à l’abri de l’air. .
- L’acido-résistance du bacille de la tuberculose. — Le bacille de la tuberculose possède comme caractère spécifique la propriété de fixer certaines matières colorantes qu’il retient ensuite énergiquement. Sa coloration ne disparaît pas sous l’action des acides étendus, tel que l’acide azotique dilué, tandis que la plupart des microbes.' colorés par le même procédé deviennent incolores par cej traitement. Cette propriété avait été longtemps considérée comme propre aux matières grasses ou cireuses qui enveloppent le bacille, mais il a été démontré que le microorganisme tout enlierpossédait cette spécificité. MM. Moussu et Goupil, en employant le chlore, ont vu disparaître progressivement la résistance à la décoloration, mais celte disparition s’accompagne de modifications des propriétés biologiques du microbe. Cn. de Villeueuil.
- UNE MACHINE A ÉCRIRE PNEUMATIQUE
- L’emploi de l’air comprimé comme source de force motrice, et surtout pour la commande des machines-outils, prend une extension de plus en plus grande; les installations d e postes pneumatiques établies, pendant ces dernières années, pour le transport rapide des lettres et colis, les machines-outils à air comprimé, sont bien faites pour démontrer les avantages qu’on peut retirer de cet agent.
- La machine à écrire pneumatique, que nous avons eu l’occasion de voir fonctionner à l’Exposition d’inventions des petites industries, à Berlin, constitue une application fort originale de l’air comprimé. On sait qu’il a été fait, dans ces derniers temps, diverses tentatives pour actionner les machines à écrire par une force mécanique, afin de faciliter la lâche du dactylographe, que le jeu du clavier non seulement fatigue fort sérieusement, mais expose à un détraquement graduel du système nerveux. La
- solution imaginée par M. Soblik, l’inventeur de la machine pneumatique, nous semble être plus pratique que les dispositifs électriques indiqués par d’autres
- constructeurs.
- Le clavier de cette machine originale, représenté à la fig. 1,: comporte plusieurs séries superposées de boutons, disposés dans le couvercle d’une boite rectangulaire et pourvus de petites ouvertures. Chacune de ces ouvertures est reliée, par un tube étroit donnant passage à l’air, au centre de la machine, où se place la roue typographique. La périphérie de cette dernière consiste en un certain nombre de timbres-caractères, disposés radialement et qui, en sautant en dehors de la roue, viennent imprimer le caraclère qu’ils représentent — perpendiculairement à la surface du papier — aussitôt que le timbre est déclanché par l’intermédiaire de l’air comprimé. Il suffit, en effet, de toucher très légère-
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- ment le bouton correspondant pour que des membranes d’une extrême sensibilité actionnent le timbre-caractère. La netteté des impressions est réglée à volonté en modifiant au moyen d’un levier spécial la largeur du tube à air. Ce léger contact du doigt est suffisant pour produire un grand nombre de copies-charbon, les timbres-caractères étant actionnés par la force pneumatique avec un effort toujours égal. En appuyant légèrement sur des boutons spéciaux, on ramène le traîneau au commencement de sa course et l’on modifie les interlignes.
- Une propriété très importante, distinguant cette machine à écrire de toutes les autres, et qui contribuera dans une grande mesure à en augmenter la puissance, c’est qu’on peut imprimer plusieurs lettres à la fois, par la pression simultanée des boutons correspondants; l’ordre d’impression est toujours identique à l’ordre alphabétique des lettres en question. Avec un peu de pratique, on peut ainsi produire, par une seule pression des' doigts, non pas un caractère unique mais des syllabes, voire même des mots entiers, pourvu que l’ordre des lettres soit l’ordre alphabétique.
- L’encrage des caractères s’elïèctue au moyen d’un dispositif breveté, analogue à celui qui entre dans la construction des presses-typographiques. On change l’encre à tout moment voulu sans être forcé de nettoyer les caractères et sans le moindre risque de salir le papier par un excès d’encre.
- Un autre avantage est la facilité avec laquelle le clavier s’échange à tout moment contre le clavier correspondant à l’un quelconque des systèmes de machines à écrire en usage; on échange également les caractères individuels en 6 secondes à peu près. L’absence de leviers ou de ressorts pour produire le
- contact des caractères avec le papier réduit évidemment le risque de détraquement.
- L’air comprimé donnant à la roue typographique le mouvement de rotation nécessaire est engendré par un électromoteur minuscule consommant 3 à 4 centimes de courant pour une journée de huit heures. L’énergie électrique peut cependant être remplacée par la force hydraulique des distributions d’eau ou par toule autre forme d’énergie. La force motrice nécessaire est en effet si minime qu’on la
- fournit même en soufflant légèrement à travers la tuyauterie de la machine.
- Comme les ca-ractères, loin de frapper le rouleau, comme dans le cas d’une machine à écrire ordinaire, viennent appuyer doucement contre ce dernier, la machine ne produit, par son fonctionnement, aucun bruit appréciable. Son poids n’est que d’environ 7 kg; ses dimensions sont de 30 x 25 X 15 cm. L’écriture est immédiatement visible. La machine pneumatique peut être combinée avec un multiplicateur automatique, produisant un patron perforé dans une bande de papier visible à la partie inférieure de la figure 2, pendant que la roue typographique de la machine fait son impression ordinaire. Une fois l’inscription terminée, on recouvre le clavier du patron, qui la reproduira automatiquement dans le même ordre et avec la même netteté. Par ce procédé, qui évidemment assure une sérieuse économie de temps, on peut même produire un certain nombre de copies-charbon simultanées. Ce qui distingue ces reproductions automatiques, c’est leur identité absolue avec une inscription originale. Dr Alfred Gradenwitz.
- Le Gérant : 1\ JIasson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rué de Fleuras, 9.
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- LA NATURE. — N° 1804.
- 21 DÉCEMBRE 1907.
- UN GEYSER A L’EAU DE SAVON
- Il ne s’agit pas, comme le titre de l’article pourrait le faire supposer, d’un jouet d’enfant, mais d’un véritable geyser de la Nouvelle-Zélande au jaillissement de 50 mètres de haut. Seulement l’ingéniosité des Barnums y a introduit une variante qui aurait peut-être étonné Tyndall.
- On connaît assez la théorie classique du phénomène, telle que l’a exposée autrefois le savant anglais. Chaque couche d’eau d’un geyser se trouve habituellement, vu sa pression, à une température inférieure à celle de l’ébullition ; il suffit donc qu’un dégagement de gaz ou de vapeur vienne à la soulever de deux mètres pour qu’une brusque vaporisation, résultant de cette diminution de pression, amène une sorte d’explosion et le jaillissement momentané qui fait l’attrait pittoresque du phénomène. C’est ce déplacement que, dans le cas présent, on provoque à volonté en jetant du savon dans le geyser, dont l’eau, à l’état normal, se tient à environ 4 mètres au-dessous de la surface.
- Il doit se produire alors une émulsion savonneuse qui déplace l’équilibre, comme lorsqu’en renversant une bouteille de bière, on détermine le jaillissement prolongé du liquide.
- L’expérience n’est pas absolument* nouvelle; car au Yellowstone Parle Américain, on a dû l’interdire comme disloquant les conduits naturels internes. En Nouvelle-Zélande, elle se fait de la manière suivante.
- A l’état ordinaire, ce geyser, situé à Wairoa, est recouvert d’un couvercle d’un mètre de diamètre. Deux hommes soulèvent ce couvercle; puis
- on jette dans l’eau environ 1 kg de savon en petits morceaux.
- Quand le visiteur est de qualité, on lui laisse la satisfaction de faire cette opération lui-même comme s’il donnait à manger aux carpes de Fontainebleau.
- On entend bientôt un mugissement. Au bout de 5 ou 6 minutes, il se répand une odeur de lessive ; la mousse commence à sortir du trou; l’eau saute
- deux fois à 5 mètres, retombe et s’élance de nouveau à 50 mètres pendantune vingtaine de minutes ; après quoi, le jet diminue graduellement.
- On peut rappeler, à ce propos, que tous les phénomènes d’intermittences dans les jaillissements d’eaux souterraines sont de même susceptibles d’être pro-* voqués, réglés, modifiés à volonté. Dans les sources à acide carbonique, par exemple, où ils sont fréquents, il suffit d’agir, au moyen d’un réservoir caché, sur l’accumulation de l’acide carbonique.
- En général, on cherche plutôt à régulariser le débit en évitant ces brusques coups de bélier qui désorganisent vite les conduites souterraines naturelles ou artificielles. Mais, quand on veut amuser les visiteurs, au lieu de mettre des tuyaux peu à peu rétrécis vers l’orifice qui tranquillisent le débit, il suffit d’introduire, au contraire, dans ceux-ci, une cloche, un élargissement; et on pourrait aisément citer telle grande station thermale, où l’on obtient ainsi un jaillissement journalier vers l’heure de l’après-midi où il est commode aux baigneurs d’aller le voir en promenade après leur repas. A. Latour.
- Le geyser de Wairoa (Nouvelle-Zélande).
- 36e année. — T*1' semestre.
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- UN CAS DE PÉNÉTRATION DES CORPS SOLIDES
- Fig. 1. — Les deux voitures vues de lace.
- La catastrophe survenue le 26 octobre dernier à la gare de West-Hampstead devait causer dans la région londonnienne une émotion d’autant plus durable que la ligne où elle se produisit dépend du Metropolitan Railway qui transporte chaque jour une multitude de voyageurs.
- Comme aucun accident mortel ne s’était produit depuis la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur, le public avait fini par croire à la parfaite sécurité du réseau. La désillusion fut cruelle. La mort instantanée de trois voyageurs et les blessures graves infligées à douze autres passagers, transformèrent l’accident en une véritable catastrophe.
- A 7 h. 35 du matin, un train ouvrier partait de la gare de Baker-Street (le centre de Londres) dans la direction de Willesden. Un quart d’heure plus tard, un épais brouillard l’obligeait de s’arrêter en gare de West-Hampstead. L’obscurité était si profonde qu’on ne distinguait pas les objets à deux mètres de distance.
- Les employés du train causaient avec le personnel de la gare, quand un fracas épouvantable retentit, d’autant plus sinistre qu’il se produisait sans qu’un bruit précurseur (roulement de wagons, grincement de roues ou sifflet) eût troublé la quiétude des assistants.
- Que s’était-il passé? Un autre train-ouvrier, parti de Baker-Street à 7 h. 45, avait surgi silencieusement de la muraille de brouillard, et, avec une vitesse de 50 kilomètres à l’heure, s’était jeté sur le
- wagoii de queue ' du premier train. La violence du choc avait été telle que les deux wagons s’étaient « télescopés ». Selon le mot d’un témoin oculaire, que corroborent sinistrement nos Photogr aphies, les deux voitures avaient agi « comme les deux compartiments d’une boîte d’allumettes suédoi-
- Fig. 2. — Les mêmes vues de trois quarts,
- SCS )).
- Les trois passagers tués, et la plupart des blessés, se trouvaient assis à l’arrière du wagon de queue. On ne peut songer sans frémir à l’effroyable hécatombe qui eût ensanglanté West-Hampstead Station, si le choc se
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- APPAREIL ENREGISTREUR POUR L’ANALYSE DES GAZ......: 35
- fût produit entre deux trains ouvriers lancés du centre de Londres vers la banlieue. A celle heure matinale, les trains déversent dans la Cité des foules immenses, entassées dans leurs voitures, tandis que les deux trains sinistrés étaient aux trois quarts vides.
- Nous avons suffisamment indiqué que le brouillard portait la responsabilité de la catastrophe. Il convient d’ajouter que le conducteur du second train s’aperçut de la présence du premier alors qu’il lui restait une distance de 9 mètres environ à franchir. 11 fit jouer son frein, mais le brouillard avait rendu les rails si gluants que le train continua sa marche.
- L’enquête a révélé d’autres faits. 11 paraît prouvé (pie les fogmen (employés chargés spécialement de la surveillance des voies parles temps de brouillard) ne furent pas exempts de négligence, et que les pétards n’avaient pas été placés à des intervalles assez rapprochés.
- On croit aussi que les signaux ne fonctionnèrent pas d’une façon normale. Un signal inan affirma
- couvrir le premier train. Or, quand il reporta son regard vers les signaux, il constata qu’ils indiquaient line clear (ouvert).
- Il put prouver que les signaux (dont il était chargé depuis huit ans) s’étaient déjà dérangés une fois en juillet. Mais il n’avait pas cru devoir signaler le fait à ses supérieurs, l’irrégularité ne s’étant pas reproduite. Il se contenta d’en parler à des camarades.
- En outre, il reconnut que le grand nombre des trains dont il avait à surveiller le passage (290 en huit heures) lui causait des énervements passagers. Mais il affirma que le signal « ouvert » n’avait duré que 30 secondes, et qu’il l’avait remplacé aussitôt par le signal « danger ». Cette demi-minute devait suffire à causer la mort de trois hommes.
- Celte catastrophe perd beaucoup de son importance si l’on songe que le Metropolitan llailway transporte 100 000 000 de passagers par année, et qu’il en a transporté trois milliards depuis sa fondation sans avoir jamais causé, jusqu’au 26 octobre, la mort
- J. Durand.
- APPAREIL ENREGISTREUR POUR L’ANALYSE DES GAZ DE LA COMBUSTION
- La conduite des appareils de chauffe, dans une installation industrielle de quelque importance, est un problème des plus délicats.
- Le but à atteindre est de tirer du charbon employé à la combustion la quantité maxima de chaleur qu’il est susceptible de fournir, et de l’employer tout entière à échauffer l’eau des chaudières.
- La combustion est une réaction chimique où l,e carbone et les carbures d’hydrogène renfermés par la houille s’unissent à l’oxygène de l’air; le carbone donne, avec l’oxygène en léger excès, de l’acide carbonique et produit 8000 calories; les carbures d’hydrogène donnent de l’acide carbonique et de l’eau.
- Mais si l’oxygène est en quantité insuffisante par rapport au charbon, la combustion ne donne plus que de l’oxyde de carbone et de l’eau avec production de 3030 calories par kilogramme de carbone.
- 11 y a donc intérêt de premier ordre, pour éviter de regrettables gaspillages de charbon, à assurer une combustion complète et à introduire un léger excès d’oxygène dans le foyer. Mais il faut également éviter avec soin un excès d’air dans le foyer : l’air, en
- effet, est un mélange de 20 pour 100 d’oxygène et de 80 pour 100 d’azote; ce dernier gaz inerte est échauffé inutilement durant la combustion et entraîne avec lui, dans la cheminée, de notables quantités de chaleur ; de plus, si l’air arrive froid sur le combustible, il en abaisse brusquement la température et la combustion complète devient momentanément impossible. Il y a, à nouveau, production d’oxyde de carbone.
- C’est au chauffeur qu’il appartient de rendre les conditions de la combustion le plus favorables possible, en réglant convenablement la charge du foyer, la durée d’ouverture des portes, le nombre de charges par heure, etc., et il n’a d’autre guide qu’une sorte d’instinct créé par une longue expérience. Quelle que soit son habileté professionnelle, les résultats obtenus ne peuvent être que fort éloignés de la combustion théorique et peu satisfaisants au point de vue économique. Le seul moyen d’améliorer rationnellement les conditions de la combustion est de créer un moyen de contrôle continu.
- On conçoit que l’analyse des gaz d’échappement puisse
- Fig. 1. — Schéma de l’appareil.
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- LE GYROPLANE BRÉGUET =
- fournir à ce point de vue des indications précieuses; si l’oxyde de carbone y apparaît, c’est que la combustion a été incomplète; si l’oxygène et l’azote y dominent, c’est qu’il y a eu excès d’air; en tout cas la teneur en acide carbonique y est d’autant plus élevée que la combustion a été meilleure.^
- M. llallwachs a imaginé un fort ingénieux et curieux appareil, qui mesure et enregistre automatiquement et d’une façon continue, la teneur en acide carbonique des gaz s’échappant du foyer ; cet appareil est constamment sous les yeux du chauffeur, il lui permet ainsi de reconnaître instantanément toute faute, ou toute perte; et fournit en même temps un moyen précieux de contrôle sur la conduite des feux. C’est un vrai chimiste automatique. Le principe en est le suivant : au moyen d’une dérivation sur les conduits d’échappement on prélève une certaine, quantité de gaz, qui est ensuite ramenée exactement à un volume fixe sous pression atmosphérique ; ce volume de gaz est ensuite repoussé dans un flacon rempli de potasse où l’acide carbonique est absorbé; les
- autres gaz se rendent sous une cloche
- Fis'. 2.
- mobile qu’ils soulèvent plus ou moins, selon que la teneur en acide carbonique était plus ou moins faible. Cette cloche est reliée à un style inscripteur qui se déplace verticalement devant un cylindre enregistreur, mû d’un mouvement de rotation uniforme autour de son axe, au moyen d’un système d’horlogerie.
- Les variations de teneur en acide carbonique sont donc enregistrées sur ce cylindre par une courbe dont la lecture est des plus faciles.
- Voyons comment l’inventeur a réussi à rendre automatiques la prise et l’analyse des gaz.
- Les extrémités 1 et 2 du double robinet 3, 4, 5 sont reliées par des conduites en plomb à deux ouvertures pratiquées, en deux points suffisamment- distants, sur la conduite d’échappement. La différence de pression entre ces deux points suffit à assurer un courant dérivé de gaz brûlés à travers la conduite 1, 2, 3; aux points 4 et 5 est branché un tube en verre E par où les gaz pourront être amenés à l’appareil analyseur ; ce tube E se recourbe en e et pénètre dans un autre tube de verre vertical, terminé par une chambre graduée F, et sur lequel se branche en /'le siphon G ; le tube F plonge dans un réservoir R; il communique, à sa partie supérieure, par un tube II, avec le flacon à potasse I. La prise et le refoulement automatiques du gaz dans l’analyseur seront assurés par le simple jeu du siphon A, B, C, D.
- Supposons, en effet, les tubes E et F remplis de gaz brûlés ; l’eau qui tombe goutte à goutte du robinet a dans le tube A, remplit peu à peu le réservoir C; en chasse l’air dans le réservoir R ; l’eau de R comprimée monte dans le tube F, intercepte en e la communication avec la conduite de gaz, et refoule dans l’atmosphère, par le siphon G, une partie des gaz contenus dans F ; puis l’eau parvient en /'; elle intercepte alors la communication avec le siphon G et emprisonne, dans la chambre F, un volume fixe de gaz à une pression sensiblement égale à la pression atmosphérique. L’eau continue à s’écouler du robinet a dans le siphon ; le niveau continue donc à monter à la fois dans les tubes B et F ; les gaz sont donc refoulés dans le flacon à potasse 1, où l’acide carbonique est absorbé ; les gaz restant s’échappent et se rendent sous la cloche-plongeur K, dont les mouvements sont transmis au stylet M et s’enregistrent comme nous l’avons dit sur le cylindre N.
- Remarquons que le sommet du tube 11 est à un niveau inférieur à celui du sommet du tube B ; le refoulement est donc complètement terminé avant que l’eau ne soit parvenue dans l’ampoule qui sépare la branche montante B de la branche descendante 1).
- Mais, lorsque l’eau est parvenue à ce niveau, elle redescend dans le tube 1) et le siphon se désamorce. Aussitôt la pression tombe dans tout l’appareil, l’eau redescend à son niveau primitif dans le tube F, en découvrant l’orifice e du tube E, et provoquant un appel des gaz brûlés; en môme temps le résidu gazeux de l’analyse est évacué dans l’atmosphère par la conduite R.
- Puis le siphon A B C D se remplit à nouveau, une nouvelle analyse recommence, et ainsi de suite ; on règle le nombre d’analyses par heure en réglant la vitesse d’écoulement de l’eau en a ; on peut ainsi faire plus de 30 analyses à l’heure, dont les résultats sont automatiquement enregistrés et dont la précision va jusqu’à 1/10 pour 100 de la teneur en acide carbonique.
- Cet appareil peu encombrant et peu compliqué, déjà en usage dans un certain nombre de grandes usines, permet de réaliser de considérables économies de charbon; les résultats de la conduite du feu étant graphiquement inscrits, le zèle du chauffeur est constamment en éveil et, guidé par ce contrôle continu, il arrive rapidement à des résultats que même des années d’expérience ne lui auraient pas permis d’obtenir. A. Troller.
- L’appareil enregistreur.
- LE GYROPLANE BRÉGUET
- Au moment même où les aéroplanes commencent, de tous côtés, des séries d’expériences couronnées de succès, il est intéressant de rappeler que le problème du plus lourd que l’air peut être solutionné ds plusieurs autres manières. Les hélicoptères et les orthoptères n’ont pas encore dit leur dernier mot, et si les lois qui régissent ces derniers groupes d’appa-
- reils semblent plus ardues à trouver, ceux qui les cherchent n’en ont que plus de mérite.
- Le Gyroplane tient à la fois de l’hélicoptère et de l’aéroplane puisqu’il est constitué par des hélices auxquelles il demande à la fois la sustentation et la propulsion aidées cependant par des plans horizontaux. Il est l’œuvre de M. Louis Bréguet et a été
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- LE GYROPLANE BRÉGUET
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- construit sous la direction de l’inventeur par MM. Charles Richet et Jacques Bréguet.
- En principe, l’appareil se compose d’une sorte de bâti en forme de croix de Saint-André dont la partie centrale est occupée par un moteur de 50 chevaux. Un système giratoire est disposé à chaque extrémité
- remplir le planeur simple. D’autre part, l’hélicoptère satisfait aux deux conditions énoncées; mais on est obligé de reconnaître que les qualités aérodynamiques des appareils appartenant à cette catégorie sont nettement inférieures à celles des aéroplanes tandis que leur construction conduit à des poids élevés.
- Fig'. 1. — Le gyroplane sortant de son garage.
- des quatre bras du bâti; il est fait de huit ailes légèrement inclinées; l’appareil comporte donc 52 ailes présentant une surface totale de 26 m2. En ordre de marche, il pèse 578 kg.
- Etudiant de près la question du [plus lourd que
- Pour M. Louis Bréguet la solution rationnelle est intermédiaire ; aussi les ailes de son appareil remplissent-elles l’office d’ailes planantes étudiées et construites comme de véritables aéroplanes biplans. La sustentation est alors obtenue par la réaction ver-
- Fig. 2. — Le gyroplane prêl pour un essai.
- l’air, M. Louis Bréguet a eu l’impression que l’aéroplane automobile n’était capable de résoudre que d’une façon dangereuse le problème actuellement posé par un si grand nombre de chercheurs. Le mieux serait évidemment d’établir un appareil dans lequel la sustentation serait rendue indépendantedela vitesse de translation et de l’inclinaison, condition que ne peut
- ticale sur l’air de ces aéroplanes tournants, et, en orientant convenablement les axes de ces ailes, on réalise la propulsion. Pour cela, il est indispensable que les surfaces planantes soient souples, lès incidences se réglant alors automatiquement quand la réaction aérienne équilibre les actions des joints élastiques des nervures sur lesquelles s’appuient les
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- surfaces. De plus, eu raison de la grande masse et de la construction spéciale des parties tournantes, des effets gyroscopiques prennent naissance pendant la rotation et réagissent contre toute cause qui pourrait troubler l’équilibre de l’appareil et en ralentir l’effet.
- En plus de .ces ailes mobiles, le Gyroplane est encore pourvu d’ailes fixes qui concourent à la sustentation pendant la marche mais dont la présence a pour but principal d’augmenter la stabilité. Passons maintenant à la description générale de l’appareil.
- Le châssis principal A, fait en tubes d’acier, est une cage verticale rectangulaire occupée par le moteur et dans laquelle prend place le pilote. Ces tubes sont entretoisés en fil d’acier qui rendent la cageabsolumentindéformable. La croixde Saint-André est constituée par quatre solides fermes D, en tubes d’acier entretoisées verticalement par d’autres tubes et maintenues rigoureusement en place par une série de
- Fig. 5. — Lo moteur du gyroplane.
- fils d’acier E disposés comme l’indique notre figure. Les plans mobiles sont fixés à chacune des extrémités de ces quatre bras ; ils tournent en sens inverse deux à deux afin d’équilibrer les réactions aérodynamiques et les efforts mécaniques. Le système tournant est également formé de deux tubes d’acier superposés dans les mêmes conditions que les bras D. Chacun de ces assemblages, mobile autour de l’axe que supporte l’extrémité du bras, forme la carcasse principale de deux surfaces rectangulaires superposées, une série de nervures en tôles embouties montées sur le tube principal' constituant les génératrices. Ces nervures sont mobiles sur le tube radial et les liens élastiques qui les relient à ce tube permettent un certain déplacement, de sorte que les plans sont doués d’une grande souplesse et le réglage des incidences se fait automatiquement lorsque la réaction sur l’air équilibre la somme des couples dus à la pesanteur des surfaces et à l’élasticité des liens.
- Chacun des axes autour desquels tournent les plans est entouré d’une couronne dentée J engrenant
- avec un pignon conique K que commande le moteur par l’intermédiaire d’arbres à la cardan et de trains d’engrenages coniques M. Enfin la couronne dentée est rendue solidaire des ailes par une série de rayons en fils d’acier qui servent à l’entrainement. Ces couronnes reposent sur une série de galets de roulement portés par une boite circulaire fixée au bâti et dont le principal rôle est d’empêcher le plan de la couronne de se déplacer par rapport à celui de la boîte et d’assurer ainsi un engrènement toujours partait des deux roues coniques.
- Afin de réaliser une stabilité parfaite, l’appareil a été pourvu de plans verticaux et de deux plans horizontaux tout à fait semblables aux grands plans des aéroplanes cellulaires et qui sont placés au-dessus du centre de gravité de l’ensemble. Les deux grandes ailes de, chaque plan horizontal forment un léger angle'avec l’horizontale à partir de leur point d’attache avec le bâti central et cela afin d’augmenter la stabilité latérale. Ces plans, qui concourent d’abord à la stabilité du gyroplane, servent en outre à la sustentation, et, en cas d’arrêt du moteur, ils permettraient un atterrissage normal en évitant la chute. Le tissu employé dans la construction de ces plans est le même que celui des ailes des hélices ; il est encore fixé sur des nervures appartenant à un tube central unique par l’intermédiaire de joints élastiques ; chaque surface est donc mobile sur son tube support et peut ainsi prendre une certaine inclinaison suivant les effets de la réaction de l’air.
- A l’avant et à l’arrière de l’appareil sont placés des gouvernails horizontaux P qui permettent le déplacement dans toutes les directions et en même temps de corriger les défauts d’équilibre. Enfin une hélice verticale, disposée au-dessus du moteur, concourt, avec les systèmes de plans tournants convenablement orientés à réaliser la translation du système. Mais cette hélice n’est pas indispensable et dans son nouvel appareil, actuellement en construction, M. Bréguet la supprimera.
- Ajoutons, afin de faire mieux comprendre le mécanisme de la propulsion, que les axes des systèmes tournants, solidaires de l’appareil, sont légèrement inclinés vers l’avant. La réaction de l’air sur les ailes tournantes donnera donc une composante horizontale qui aura pour effet de communiquer à l’appareil une certaine vitesse de translation dans le sens où cette composante agit. Pour augmenter ou réduire lavitesse de translation, on modifiera au moyen des gouvernails l’inclinaison de tout l’appareil; et par suite la valeur de la composante horizontale.
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- L’appareil repose sur quatre roues munies de pneumatiques ; chacune d’elles est montée à l’extrémité des arbres par l’intermédiaire d’un amortisseur pneumatique d’une facture spéciale. La roue est supportée par un bras articulé fixé en un point du bâti, et, dans le sens vertical, elle peut effectuer une course de 1,mètre environ. Lorsqu’elle arrive au contact du sol, au moment de l’atterrissage, le bras articulé transmet son mouvement, au moyen d’une double bielle, à une tige verticale terminée par un piston coulissant à l’intérieur d’un corps de pompe fixé à l’un des montants du bâti. La montée du piston comprime de l’air dans ce corps de pompe et l’atterrissage s’effectue très doucement.
- Les systèmes tournants à la périphérie mesurent 8,05 m. de diamètre et chacune des 32 ailes a 2,20 m. de longueur, 0,37 m. de largeur, et 1,50 m. de rayon de courbure. La surface totale des quatre systèmes tournants est donc de 26 mètres carrés. Pour obtenir une force ascensionnelle totale de 600 à 620 kg, les hélices doivent tourner à raison de 88 tours par minute, résultat que l’on peut obtenir avec un moteur développant 4-4 chevaux. Le moteur qui équipe cet appareil est un moteur Antoinette de 50 chevaux.
- En s’inspirant des travaux si approfondis du colonel Renard sur les appareils du genre hélicoptère, M. Bréguet a pu améliorer les qualités de ces appareils et prendre à leur principe tout ce qu’il contient de pratique, c’est-à-dire la possibilité d’obtenir la sustentation indépendante de la translation et, par conséquent, compatible avec l’immobilité absolue. De plus, le gyroplane, en se déplaçant dans l’atmosphère, profitera des avantages que les plans fixes donnent à la sustentation et ses qualités deviendront celles des meilleurs aéroplanes. La combinaison de l’hélicoptère et de l’aéroplane a d’ailleurs été proposée dans une très intéressante étude du vicomte Decazes et réalisée par un appareil qu’il appelait hélicoplane étudié en collaboration, croyons-nous, avec M. Georges Besançon. Le gyroplane est surtout caractérisé par sa construction spéciale entièrement en acier qui a permis d’obtenir une très grande légèreté.
- Les premiers essais auxquels fut soumis le gyroplane eurent lieu le 24 août, et les résultats en lurent communiqués à l’Académie des Sciences par MM. Lippmann et Garriel. Cependant ils avaient révélé quelques imperfections mécaniques appelant des. modifications de détails dans la construction des embrayages.
- Le 20 septembre eut lieu une nouvelle expérience. Dès la mise en route du moteur l’appareil quitta instantanément le sol et s’éleva franchement à 1,50 m. de hauteur. Des hommes tenaient des cordes fixées aux quatre extrémités de l’appareil pour l’empêcher de s’élever au delà, et aussi afin d’éviter tout déplacement latéral intempestif. Au bout d’une minute, l’expérience prit fin, une avarie étant survenue à l’un des systèmes tournants. Cet
- incident porte déjà une conséquence intéressante, puisque, même avec trois systèmes sustentateurs seulement, l’appareil n’est pas tombé; il est descendu doucement à terre sans aucune avarie. Le gyroplane, avec ses accessoires, pesait 492 kg sans compter 5 kg d’essence, 13 kg. d’eau de refroidissement et 68 kg représentant le poids du pilote. Le moteur, à 8 cylindres, pesait nu, environ 90 kg, mais avec ses réducteurs de vitesse, ses embrayages et tous ses accessoires en ordre de marche, le poids en était environ 200 kg, soit 4,45 kg par cheval utile.
- Ce n’est donc pas à un allègement très notable
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- 1. Élévation de l’appareil. — 2. Plan de l’appareil.
- 5. L’appareil vu de face.
- du système moteur qu’est dû le succès du gyroplane, mais bien à sa construction très étudiée qui a permis l’emploi de systèmes tournants à grandes dimensions et de qualités aérodynamiques supérieures à tout ce qui a été fait jusqu’ici dans ce sens. Le gyroplane est en effet l’appareil qui, malgré sa faible surface (26 mètres carrés pour 578 kg), a, par cheval dépensé, soulevé le poids le plus élevé, plus de 13 kg, la charge par mètre carré de surface était de près de 23 kg par cheval.
- Cette nouvelle solution du problème du plus lourd que l’air est très intéressante. Gyroplanes et planeurs hélicoptères nous réservent sans doute bien des surprises; l’avenir seul décidera quel est, de tous ces systèmes, celui qui parviendra à se rendre le plus utile. Lucien Fournier.
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- Fig. 1. — Les étapes de la sculpture d’un cheval de bois.
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- Les origines du jeu sont encore jusqu’ici un problème presque neuf, et, lorsqu’on a cité quelques rares travaux, comme ceux de Groos sur les Jeux des hommes et sur les Jeux des animaux, de W.-E. Roth, sur les Jeux, sports et amusements, ou encore, quoiqu’il ait déjà des rapports plus lointains avec le sujet, l’admirable travail de Yrjo Ilirn sur les Origines de l'art, il semble bien qu’on ait épuisé l’essentiel de la littérature publiée jusqu’aujourd’hui dans ce sens1. Si l’on excepte naturellement des monographies de détail, d’ailleurs moins nombreuses qu’on ne pourrait le croire, des articles d’inégale valeur, disséminés un peu partout, et des manuels de vulgarisation facile, le travail scientifique est encore plus restreint, et se réduit à très peu près à l’ouvrage de notre distingué collaborateur M. H. R. D’Allemagne, cette Histoire des jouets, qui fut jadis présentée à nos lecteurs ici même et qui est le catalogue raisonné d’une admirable collection2.
- Voilà pourquoi nous trouvons dès l’abord bien de l’obscurité dans l’origine de la vieille et célèbre industrie nurem-bergeoise! De quand date son début? Vaine question. On sait qu’elle est ancienne et c’est à peu près tout.
- 1 Les deux travaux de Groos ont été publiés à Iéna, Fischer, 1899, 1907, 2 vol. in-8°; celui de Roth dans le North Queensland Ethnography Bulletin, Brisbane, Home Secre-tary’s department, 1902. 1 vol. in-folio; celui de Ilirn, à Londres et New-York, Macmillan, 1900, in-8°. Un peut y ajouter le volumineux mémoire de Stewart Culin sur les Jeux des Indiens de l’Amérique du Nord publié dans le 24e
- Par exemple, au milieu du xvne siècle, la réputation de ses produits est attestée par ce curieux passage de la correspondance de Colbert, citée dans l’ouvrage de M. D’Allemagne, mentionné plus haut: « Je vous conjure, dit-il par lettre du 18 août 1602 à son frère Charles Colbert, intendant en Alsace, je vous conjure de vous souvenir de ces petits armements, comme pièces d’artillerie, figures d’hommes et de chevaux, que je vous ay prié de faire faire par les maistres les plus industrieux d’Augsbourg et de
- Nuremberg, pour servir au divertissement de Mgr le Dauphin. A quoy il me semble que l’on pourroit ajouter une petite attaque de place d’une jolie invention et qui fust bien exécutée, dont M. de Louvat, qui se rendra bientôt à Phi-lipsbourg, et mon cousin pourraient prendre le soin.... »
- M. D’Allemagne nous apprend également qu’au xvme siècle viennent de Germanie « ménages, fermes, bergeries, bonshommes et animaux taillés », et qu’aujourd’hui encore, Mannheim fait plus spécialement les figurines, Nuremberg, Roda ch, Sonnenberg, Neustadtle jouet de carton, le Tyrol les poupées à ressorts, animaux et voitures en bois blanc sculpté, tandis que les poupées de cire, plus soignées, viennent plus
- annual report of the bureau o américain ethnology (1902-1903) ; ce travail, des plus remarquables, est toutefois beaucoup plus un immense répertoire de faits dans un domaine précis qu’un essai sur le jeu, aussi ne le mentionnons-nous pas sur le meme plan que les précédents.
- 2 Henry-René d’Allemagne. Histoire des jouets. Hachette, Paris, 1902. 1 vol. in-4°, 316 p.
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- particulièrement de Grande-Bretagne, de Londres ou de Birmingham. Un peu plus loin, dans le même ouvrage, nous voyons, à propos des soldats de plomb de Nuremberg, que cette industrie purement allemande apparaît brusquement dans cette ville au xvme siècle, à la suite des succès militaires du grand Frédéric, que l'ingéniosité du fabricant Georges Thilpert (mort en 1794) s’était exercé à représenter à cheval ainsi que son état-major et que les principaux uniformes de son armée, idée qui obtint un
- à 250000 francs. » A la même époque, le même pays de Sonnenberg était également un centre de fabrication pour les chevaux en carton moulé.
- Et aujourd’hui encore, comme. au temps du grand roi, Nuremberg est resté le centre de la fabrication mécanique du jouet, inondant l’Europe des produits de ses énormes manufactures. Quand nous disons le centre, d’ailleurs, il faut l'entendre surtout au point de vue commercial, comme l’endroit où se traitent les plus grosses affaires, car au point de vue industriel, cette même répartition géographique des divers modèles, que signalait déjà en 1826 l’écrivain du Bon Génie, n’a fait que s’accentuer et se différencier davantage. Ainsi, tandis que la fabrication des soldats de plomb ou de fer-blanc estampé reste la spécialité de la vieillotte cité
- succès remarquable pour son époque, enrichit son auteur et fut naturellement continuée.
- Un peu plus lard, sous la Restauration, la vogue des jouets allemands n’est pas moindre, au contraire ! et
- des Maîtres chanteurs, dans les villages de Thuringc, on fabrique uniquement la poupée, dans la Saxe méridionale les jouets de bois, chevaux à bascule, mobiliers de poupées.
- Mais, ainsi tracée à grands traits,
- c’est encore M. H. R. D’Allemagne qui nous apprend, par un extrait du Bon Génie de 1826, journal spécialement rédigé pour les enfants (et que nous n’avons pu trouver à la Bibliothèque nationale), que c’est en Allemagne, comme un siècle et demi auparavant, et comme presque un siècle plus tard, qu’il fallait chercher les grandes manufactures de tous les petits objets qui arrivaient périodiquement au moment des étrennes.
- « C’est de la Forêt-Noire, dit leBon Génie del826, dans le petit pays de Sonnenberg, dans les environs de Nuremberg, d’Ulm, de Stuttgart, qu’il faut visiter, au milieu de la campagne, des bois et des montagnes, ces ateliers de peintres, de sculpteurs et de mouleurs en carton qui nous envoient toute cette infinité de jouets. C’est surtout en hiver que l’on trouve des familles entières occupées à la confection des joujoux appelés joujoux d’Allemagne.
- « Ce pays exporte annuellement 16000 quintaux de jouets de toutes sortes, dont la valeur est estimée
- cette répartition ne rend que très mal la réalité des choses : en fait, la division est encore extrême à l’intérieur de ces quelques grands groupes, puisque chaque village s’y spécialise par un produit, et chaque famille elle-même, dans chaque village, par un produit ou par une façon quelconque. Il s’établit ainsi par région, par village, par famille, de véritables monopoles de fait, qui sont bien curieux au point de vue économique, et même une sorte de droit extrêmement sommaire ne manque à l’occasion de s’affirmer pour le maintien de ces monopoles, sous la forme de rixes individuelles, interfamiliales, ou de village à village, dans le cas
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- d’usurpation d’une technique ou d’un produit par des concurrents. Quoique nous ne possédions à vrai dire aucun document positif à ce sujet, nous croyons que des recherches un peu actives feraient aisément découvrir — étant donné le caractère des éléments sociaux considérés, des phénomènes de droit encore plus positifs, des chartes locales octroyant ou contresignant des privilèges, des actes d’association pour l’exploitation d’un procédé, des ligues contre les imitateurs, etc.
- Des phénomènes périodiques de ce genre sont constants d’ailleurs dans toutes les formes d’industrie.
- Et cela serait d’autant plus compréhensible que quelques chiffres feront comprendre l’importance économique de ces travaux qui nous semblent si peu de choses quand nous en tenons en main les résultats : dans un village ordinaire comme celui de Seift'en, 1400 habitants — tous ceux du village — vivent uniquement de leur travail du jouet de bois, leur spécialité étant les animaux de bergerie, les arches de Noé, telle famille faisant les vaches, telle autre le cheval, ou la chèvre, ou le personnage, et chaque famille vend directement scs produits à des commissionnaires en jouets qui viennent en tournées périodiques de Grünhainichen et d’Olbernhau acheter les pièces séparées, dont ils composent ensuite des arches suivant les demandes de la mode. L’esprit de particularisme et de spécialisation à outrance est ici visiblement nuisible aux habitants de Seifïen; il semble, en effet, qu’ils devraient supprimer ces courtiers et les remplacer par des unions locales ayant sur les grands marchés des représentants attitrés; ils préfèrent laisser gagner 50 pour 100 aux commissionnaires et se'contenter d’un gain familial quolidien de 3 mnrks, c’cst-à-dire à peu près
- 4 francs, pour des familles de 6 à 7 personnes !
- Dans la technique proprement dite, la fabrication des bergeries est assez simple, mais ne manque pas d’ingéniosité, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par nos photographies, qui ont été prises à peu près toutes dans ce village de Seiffen. Notre ligure 2 montre les premières opérations : un ouvrier, dont c’est la seule occupation, débite en petites tranches, suivant les rayons d’un cercle, une roue ou couronne
- de bois blanc qui lui a été livrée toute faite et qui est destinée à faire des animaux d’un seul type; on voit, en effet, sur notre ligure 3 que ces roues sont chacune tournées suivant un profil déterminé, bique, pointer, cheval, cerf, etc. Ensuite de ce premier travail, la pièce, grossièrement délimitée, passe par toute une série de mains, qui, par des étapes comme celles de nos figures 1 et 5, l’amènent peu à peu au degré de finissement nécessaire. C’est en somme très simple, au moins en principe, la seule complication étant la longue série des travailleurs spécialistes accomplissant chacun leur tâche déterminée.
- Mentionnons aussi en quelques mots les intéressants phénomènes auxquels donne lieu la fabrication des roues. Celles-ci ne sont plus, comme les étapes suivantes, le produit d’un travail individuel ou familial. Les fabricants de roues forment entre eux des associations, quasi secrètes (ileî’/endrc/m}’), rigoureusement spécialisées dans la production d’un type particulier et travaillant pour des groupes déterminés de familles. Ainsi, dans ces milieux où la production est encore en général à son stade purement familial, on voit cependant déjà apparaître une organisation d’ordre plus évolué, fondée sur l’association inter-familiale. • Joseph Delsaux.
- Fig. 5. — La vache de bois, étapes de sa sculpture.
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- GIGANTESQUE LOCOMOTIVE AMÉRICAINE
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- La plus grande locomotive qui soit au monde, vient d’ètre construite en Amérique, pour les besoins des trains de marchandises de la Compagnie « Erie Railroad ». Cette colossale machine n’est pas seulement remarquable par l’importance de ses dimensions; elle s’impose aussi à notre attention à cause de sa force, car c’est — comme on le verra — la plus puissante locomotive de l’univers.
- Par la puissance et les dimensions de ce « freight cngine », tous les records antérieurs sont battus. La locomotive du « Baltimore and Ohio Railroad », construite il y a environ trois ans et qui eut tant de succès, en 1905, à l’Exposition de Saint-Louis, est aujourd’hui bien distancée; c’était pourtant une superbe machine compound, la première du type Mallet articulé fabriquée en Amérique, qui entraînait des poids énormes sur des rampes très accentuées.
- Ce puissant engin était porté par deux séries de six roues accouplées, il pesait 155 tonnes. Depuis sa mise en service, le Créât Northern Railway des Etats-Unis ayant reconnu l’utilité de cette machine, en fil construire deux d’un type à peu près semblable, mais encore plus fortes, pour servir à remorquer des trains de marchandises sur des lignes à fortes rampes.
- La gigantesque locomotive de l’Erie Railroad est destinée, comme scs précurseurs du même genre, à monter des trains de marchandises sur les rampes accentuées, encore plus prononcées sur le territoire de cette compagnie que partout ailleurs, et particulièrement difficiles à gravir à cause de leur longueur, puisqu’elles se développent sur des parcours très grands. Sur la ligne de Susquehanna au golfe Summit, par exemple, une de ces pentes atteint un développement de près de 15 kilomètres; pour la gravir il fallait ajouter deux, et souvent trois locomotives de renfort à la machine du train, et encore la pénible besogne se faisait-elle avec toutes sortes de difficultés.
- C’est pour éviter ces difficultés ainsi que les ennuis de la manoeuvre, et pour supprimer les pertes de temps, qui en découlaient, que l’Erie Railroad a commandé aux ateliers de l’American Locomotive Company la formidable machine, que nous allons décrire, qui, par ses dimensions et la puissance de ses organes, est bien établie pour produire, sans effort, la besogne de quatre fortes locomotives. La nouvelle machine, actuellement en service, va servir de type à deux autres semblables, qui, comme elle, pourront traîner, sur terrain plat, un convoi de 10000 tonnes à la vitesse de 16 kilomètres à l’heure. Ces robustes locomotives seront capables, dans les plus fortes rampes de l’Amérique du Nord, de fournir la besogne de quatre à cinq fortes machines. Elles pourront chacune remorquer facilement un train composé de 250 wagons ou plates-formes, chargés de métaux, minerais et charbons, et allongeant la
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- longue et interminable théorie de ces véhicules de marchandises.
- La nouvelle locomotive de l’Erie mesure près de 27 mètres de longueur totale. Elle pèse avec son tender, 265 tonnes en chiffres ronds, c’est-à-dire le double des plus lourdes locomotives européennes et 110 tonnes de plus que la formidable machine exposée à Saint-Louis. Cette machine est du système compound articulé de l’Ingénieur Mallet; elle se compose, comme le montre notre illustration, de deux machines alimentées par une môme chaudière. L’ensemble est monté sur un chariot que traînent seize roues divisées en deux groupes de chacun huit roues accouplées, disposées de telle manière que le poids de la machine et de la chaudière est également réparti.
- La chaudière est montée sur la partie fixe ou chariot principal de la locomotive, où se trouvent également les cylindres à haute pression. Le chariot de lete ou avant-train est articulé ; sur la partie basse, formant plate-forme en saillie, sont montés les cylindres à basse pression. Quand la locomotive s’engage dans une courbe, les articulations placées entre les deux chariots permettent à l’avant de la machine de tourner à droite ou à gauche, de façon à épouser la courbe, sans la moindre difficulté, de telle sorte que cette locomotive, malgré sa grande longueur, peut travailler sur des courbes à petit rayon tout comme une machine de moindre dimension.
- Pour fournir la vapeur nécessaire au fonctionne-
- ment d’une aussi grande machine, il faut un puissant bouilleur; aussi la chaudière, dans laquelle un homme tiendrait facilement debout, mesure2,75 m. de diamètre. Elle a près de 12 mètres de longueur, et pèse 52 tonnes : mais, avec les 20000 litres d’eau qu’elle contient, son poids est porté à 72 tonnes. La surface totale de chauffe atteint 570 mètres carrés. Les tubes intérieurs, au nombre de 404, ont 60 millimètres de diamètre et 7 mètres de longueur.
- Cette chaudière est, sans contredit, la plus grande qui ait été fabriquée pour une locomotive. Le foyer mesure 5,40 m. de longueur et près de 5,20 m. de largeur; la surface du cendrier est de 100 pieds carrés. Quant au tender, il atteind de fort respectables proportions ; il pèse à lui seul 81 tonnes, sans compter les approvisionnements qu’il porte. Ces derniers consistent en 55 000 litres d’eau et 15 000 kg de charbon, boisson et pain noir nécessaires à l’alimentation du monstre, pendant un voyage ordinaire. Le tender est supporté par huit roues réparties, quatre par quatre, en deux groupes.
- Il n’est pas possible d’entrer dans le détail des divers organes de la machine; ils n’ont, d’ailleurs, rien de particulier. Cette locomotive est remarquable par son poids, ses dimensions et la puissance de l’effort qu’elle peut produire, puisque sa force de traction en terrain plat lui permettrait d’entraîner un convoi de marchandises de 2 kilomètres de longueur. WiIjL Darvillé.
- LA RÉFORME MILITAIRE EN CHINE
- Les événements qui se précipitent depuis un demi-siècle dans l’Extrême-Orient, et notamment les guerres sino-japonaise, et russo-japonaise, contraignent lentement, mais avec sûreté, la Chine à se transformer dans le sens de la civilisation moderne. Tout un ensemble de décrets impériaux tendent depuis quelque temps à introduire des réformes et à préparer le régime constitutionnel.
- Parmi ces décrets, le plus important est celui qui concerne ce qu’on appelle les soldais mandchous des bannières. Nous croyons intéressant de donner à ce sujet quelques renseignements d’après une fort bonne étude récemment parue dans le Bulletin du Comité de l’Asie française. Quelques mots d’histoire sont d’abord nécessaires.
- La dynastie mandchoue actuelle est de création récente en Chine. Elle remonte au milieu du xvue siècle. À ce moment, Mandchous et Chinois vivaient en bonne intelligence, les premiers cantonnés dans le Nord de l’Empire, les seconds sous la dynastie chinoise des Ming.
- A la suite d’une immense révolte (1644), l’empereur Ming appela à son aide une armée mandchoue, qui franchit la grande muraille, entra à Pékin, et là, le précédent empereur s’étant pendu de désespoir, mit un des siens sur le trône, fondant la dynastie encore régnante des Tsing.
- Pour maintenir leur pouvoir sur l’Empire, les empe-
- reurs mandchous disséminèrent des garnisons dans les principales villes, l’ensemble de ces troupes formant une armée appartenant en propre à la dynastie des envahisseurs et désignée sous le nom des huit bannières. Ces soldats, qui occupent encore 22 grandes villes et qui sont presque exclusivement mandchous, ont une solde élevée, des privilèges pour eux et leurs familles, sont soustraits à toute juridiction civile, exempts d’impôts. Ils représentent un contingent d’environ 500 000 hommes.
- Comme dans tous les pays où 1’organisation Sociale est fondée sur la domination d’une caste militaire, ces soldats des bannières sont naturellement l’objet du mécontentement et de la haine de la population soumise. Une des principales manifestations du réveil récent de l’esprit national du bas peuple chinois a été par conséquent une recrudescence de ces sentiments et il en est résulté une violente campagne et un mouvement profond d’opposition et de désaffection contre la dynastie.
- Après diverses mesures qui tendaient à éluder les questions. plutôt qu’à les résoudre, la Cour impériale s’est décidée à donner satisfaction dans une large mesure à ses sujets, et c’est ce qu’elle a fait par un décret du 27 septembre, qui sera une date dans l’histoire chinoise. Au terme de ce décret, qui ne restera pas lettre morte et qui a déjà reçu des commencements d’exécution, les soldats des bannières doivent désormais gagner leur vie par leur travail; il leur sera distribué des terres, tandis
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- que leur solde sera suspendue ; ils deviennent justiciables des tribunaux ordinaires et assimilés en tout aux Chinois. Ce décret se termine par ces mots, qui en indiquent nettement la tendance : « De cette façon, il faut espérer que Chinois et Mandchous seront bientôt complètement fusionnés et que toutes distinctions entre eux seront supprimées. »
- IJn autre décret, consécutif à celui des soldats de bannières, se termine de son côté par ces mots où il est fait allusion à toute la série des mesures précédentes : « Tout ceci a pour but de mettre rapidement le peuple chinois en état d’avoir une Chambre des députés, car le
- grand désir de la Cour est d’introduire dans le pays le régime parlementaire ».
- Si grand vague qu’il y ait évidemment dans ces phrases et quoiqu’on ne sache pas encore si l’on exécutera pleinement le décret sur les soldais des bannières, celui-ci marque néanmoins une date capitale dans l’évolution historique de la Chine. Il annonce la fin de la séculaire domination mandchoue sur l’élément proprement chinois et l’avènement très prochain de la Chine à une civilisation moderne. Le fait peut avoir, aura sans nul doute, pour l’Extrème-Orient, et pour la civilisation générale elle-même, des conséquences incalculables. 11. Monin.
- LES ANCÊTRES DE LAMARCK
- L’un des fils de Lamarck, interrogé sur la famille de son père par Cuvier, qui préparait l’éloge qu’une mort soudaine l’empêcha de prononcer, s’excusait de ne pouvoir répondre convenablement aux désirs obligeants du secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences. Lamarck avait brûlé sa généalogie sous la Révolution et ses enfants n’avaient jamais su rien de bien net du passé de leur maison.
- Ils ignoraient, ce que bien d’autres ont ignoré comme eux, qu’une enquête sur les litres et privilèges, prolongée pendant les dernières années du xvn° siècle, a jadis accumulé entre les mains des agents de la Couronne un amas énorme de documents généalogiques et que ces dossiers, encore augmentés depuis, sont venus former à Paris, sous la direction des d’Hozier, le célèbre Cabinet des titres.
- Cuvier, autorisé par les Lamarck (c’était la règle alors) aurait pu compulser les copies authentiques de leurs papiers de famille et l’auteur de ces lignes a retrouvé et consulté à son aise tout ce qu’il a voulu de ce précieux assemblage de matériaux biographiques, le cabinet étant aujourd’hui libéralement ouvert à tous les chercheurs au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale.
- L’examen de ces papiers nous apprend d’abord que le nom de Monet, qui est le nom de famille de Lamarck, a été largement disséminé en France et jusque dans plusieurs pays voisins. Il y a eu des Monet en Bigorre et à Paris, en Vermandois, en Boulonnais, en Calaisis. On en retrouve d’autres en Espagne et dans les états de la maison de Savoie.
- Toutefois la plus ancienne de ces branches est établie dès la première moitié du xvie siècle, aux environs de Tarbes. C’est celle d’où est directement issu notre grand naturaliste.
- Dans cette partie du Bigorre vivait alors Laurent de Monet, époux de Marie de Cassagnès, dont le fils aîné,
- Étienne, s’unissait, par contrat du 15 août 1543, à Marguerite de Sacaze.
- L’aîné des enfants issus de ce mariage, Pierre de Monet, écuyer, seigneur d’Àsté, « guidon aux gendarmes de la compagnie du roi de Navarre », épousait par contrat du 15 mai 15G3 Jeanne de Caussade. C’est lui qui a acheté en 1592 la terre de Saint-Martin en Bigorre, dont son frère aîné Etienne, deuxième du nom, a transmis le titre à sa branche, tandis que le cadet Joseph héritait de celui d’Asté qu’avait d’abord porté leur père. Et c’est Etienne 11, qualifié de seigneur et parfois môme de baron
- de Saint-Martin, qui a acquis par son mariage (17 mai 1612) avec Marie de La Marque-Ponlacq, fille « de noble Guillaume de la Marque, seigneur de Brelanihe et autres terres et de demoiselle Claude de Parron, son épouse », ce titre de la Marque devenu Lamarck par une altéra lion relative m e n t récente et peut-être voulue et que devait illustrer à jamais le rénovateur des sciences naturelles.
- E li e n n e II sert comme a servi son père, et le Roi « désireux de recognoistre les bons, fidelles et agréables services que le sieur de Saint-Martin de Bigorre lui a ci-devant rendus et rend journellement », lui accorde par brevet du 3 juin 1621, donné au camp devant Saint-Jean-d’Angely, une pension annuelle de 2000 1.
- Son testament anticipé, rédigé l’année suivante, renferme une clause montrant qu’il est dès lors propriétaire, par la mort de ses beaux parents, de la maison de Lamarque « ensemble la dixme de l’abbaye dudit lieu ».
- Étienne II eut une grande famille et c’est le dernier de ses fils, Philippe, venu au monde le 25 mars 1628, qui a fondé la maison des Monet-Lamarque de Picardie en 1656. Possédé de cet esprit d’aventure que nous retrouverons à diverses reprises dans sa descendance et chez notre Lamarck lui-même, Philippe était sorti de son pays fort jeune et en bas âge, comme il l’a
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- déclaré lui-mème, « pour prendre le party des armes ».
- Il était devenu capitaine-major au régiment d’Aboville sous le nom de Philippe de la Marque et quand il s’esl marié, en juin 1056, il ignorait le véritable nom de sa famille et le prénom même de son père qu’il croyait s’appeler La Marque et il a désigné sa mère dans son contrat sous son deuxième nom de Pontacq déformé en Ponlaigne. C’est seulement douze ans plus tard que, mieux instruit des « titres et enseignemens de sa maison », il a fait rectifier par déclaration notariée cet état civil inexact.
- L’union qu’il avait contractée au château de Mirau-mont était un mariage militaire qui le faisait gendre du chevalier Alexandre de Fécamp, seigneur dudit lieu, Austruille, Houillères, Morancourt, Formantel, etc., lieutenant-colonel au régiment d’infanterie de Monsieur le maréchal de llocquincourt en garnison àPéronne, et veuf de dame Eléonore de Planquin.
- Philippe est passé au fameux régiment de llambures dès 1G88; il a fait la campagne de Hollande, puis celle de Franche-Comté et, après la paix de Nimèguc, on lui a donné l’ordre de Saint-Lazare et le gouvernement de la ville et citadelle de Diuan qu’il a gardé jusqu’en 1G90.11 s’est alors fixé au Petit-Bazentin, entre Péronne et Ba-paume, où, huit ans plus lard, il a marié son aîné, nommé comme lui Philippe, « chevalier, seigneur de Saint-Martin, de Bazentin, grand et petit, Hamel et du fief de lloche-cocq, ancien capitaine au régiment de Feuquières » avec Madeleine, « fille de feu messirc Henry de Lyonne, comte de Servan..., maréchal des camps et armées du Roy et de dame Françoise de Salvois, sa veuve » (1er mai 1648). Il venait d’ètre maintenu et gardé en qualité de noble et d’écuyer (13 septembre 1697) et l’on peut voir ses armes, assez compliquées, décrites tout au long à la page 93 de Y Armorial de Picardie, à la Bibliothèque nationale.
- Le premier des Philippe de Monet est mort en 1708 à Page de 80 ans/laissant Philippe H déjà père de plusieurs enfants; Philippe-Jacques, l’aîné (né le 16 février 1702) qui fut lieutenant au régiment de Conti-Infanterie, Charles-Alexandre, titulaire du fief de Hamel, Henriette, Magdeleine, Françoise, etc.
- Philippe-Jacques épousait à vingt-cinq ans (4 juin 1727) Marie-Françoise de Fontaines, un peu plus âgée que lui; fille de Charles de Fontaines, chevalier, seigneur de Chuignolles,
- Villiers, liasse et autres terres et de dame Marie-Thérèse de Partenay1. Notre Lamarck fut le onzième enfant issu de cette alliance.
- Les deux aînés de cette génération avaient l’un quinze et l’autre quatorze ans, lorsqu’il est tardivement venu au monde le 1er août 1744 (sa mère avait 44 ans) et l’on comprend quelle action énergique devait exercer sur ce jeune cerveau, préparé par une longue hérédité à la vocation militaire, l’exemple de ces grands frères partant l’un après l’autre pour les armées du Roi. Comme leur père, comme leur grand-père, comme deux bisaïeuls, comme deux trisaïeuls et d’autres encore ils devenaient soldats tour à tour et lui, voué au séminaire, dès sa naissance pour ainsi dire (on lui avait choisi pour parrain un chanoine de Péronne), comme deux de ses sœurs étaient toutes jeunes destinées au couvent, souffrait cruellement de celte contrainte, en poursuivant le cours de ses études au pensionnat des jésuites de Saint-Acheul.
- On sait comment, au lendemain de la mort de son père, l’enfant de dix-sept ans s’échappait, comme autrefois Philippe son bisaïeul pour gagner l’armée du maréchal de Broglie où il se conduisait en héros à la journée de Yillingsliauscn (16 juillet 1762). Ces faits sont bien connus et je ne m’y arrête que pour l'approcher de l’équipée pittoresque qui conduit notre jeune guerrier aux rives de la Lippe cette fugue non moins extraordinaire qui avait marqué cent vingt ans plus tôt les débuts de la vie agitée de son arrière-grand-père; curieux exemple d’un atavisnie bien spécial, qui s’est reproduit non moins accentué chez son fils André le marin.
- Celte intéressante constatation n’est pas la seule que permette de faire cette généalogie de l’illustre naturaliste. 11 ressort nettement, en effet, de l’analyse des éléments ethniques qui se sont combinés chez Lamarck, quelque chose de bien remarquable. Le Béarnais primitif s’est, en effet, successivement mélangé de Normand et de Dauphinois, et de sa mère il a reçu le meilleur sang de la vieille Picardie. Il tient à la montagne par les Monet pyrénéens et les Lionne subalpins, il tient à la mer par les Fécamp et les Saint-Valéry d’où sortent les Fontaines, il tient à la plaine par tous les autres, Picards, Flamands et Gascons, et l’on peut dire qu’il nous apparaît dans ce milieu familial, comme une véritable synthèse du génie national.
- E.-T. Hamy (de l’Institut).
- CHRONIQUE
- L’automobile inodore. — On reproche bien des choses à l’automobile, sa vitesse d’abord, dangereuse quand elle est excessive, le nuage de poussière que soulèvent ses roues, le bruit saccadé de son moteur, la fumée malodorante, enfin, qu’elle projette trop souvent dans son sillage. De ces quatre inconvénients principaux, es trois premiers peuvent être diminués dans une certaine mesure, mais rien n’empêche de supprimer radicalement le quatrième. Tout d’abord, comme la fumée doit son odeur désagréable à ce seul fait qu’elle est composée des produits de l’oxydation complexe des corps gras employés à la lubrification des divers organes moteurs, il est certain qu’en surveillant et en réglant le graissage,
- 1 La mère de Lamarck, née à Chuignolles le 9 février 1700, descendait, à ce que l’on assure, par une suite de vingt-sept générations, de Robert 1er, roi de France. C’est du moins ce qui résulterait d’un tableau généalogique imprimé sur cinq
- on empêche la production de cette fumée. Les ordonnances de police en vigueur sont d’ailleurs conçues en partant de ce principe, puisqu’elles rendent le conducteur responsable des fumées de sa voiture. Mais le plus habile chauffeur peut, à un moment donné, envoyer malencontreusement trop d’huile aux graisseurs; aussi l’attention des spécialistes s’est-elle portée sur la découverte des moyens propres à préparer une huile ne dégageant pendant sa combustion aucune odeur désagréable. Une curieuse solution de ce problème est donnée par MM. Kornfeld et llaenflein qui ajoutent simplement à l’huile de graissage employée certaines substances ayant un point d’ébullition moins élevé et brûlant avec une odeur suppor-
- grandes feuilles doubles qui a été communique à mou collègue, le professeur Joubin, secrétaire du comité du monument de Lamarck, par M. Lenncl de la Farclle, d’Abbeville, petit-neveu de Lamarck.
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- table. Il en résulte que celte odeur, se manifestant avant celle de l’huile, peut arriver à la masquer, si elle est assez intense. Il faut que le produit choisi ait un point d’ébullition assez élevé pour que son odeur persiste encore quand celle de l’huile commence à se dégager.
- Partant de cette donnée théorique, voici le mélange que les auteurs proposent : à 250 parties en poids d’huile de graissage ayant un point d’ébullition égala + 250 environ, on ajoute 20 parties en poids d’essence de mir-bane (nitrobenzoi, C6Il5AzOâ) ayant un point d’ébullition égal à 205-215, puis 10 parties en poids du produit commercial connu sous le nom d’huile de lerpine (C10H1S0) dont le point d’ébullition est 210-218 et enfin 5 parties en poidsd’aldéhyde salicylique (CG1P, 011, C110) ayant un point d’ébullition égal à + 100. Toutes ces substances
- forment, par leur mélange dans les proportions indiquées, un composé dont le point d’ébullition est inférieur à celui de l’huile de graissage, mais n’en est cependant pas assez éloigné pour que son action se manifeste trop tôt.
- Bien entendu, il est possible d’employer beaucoup d’autres substances odorantes et il est même théoriquement possible de prévoir la fabrication d’huiles donnant en brûlant des odeurs suaves. Reste à savoir cependant quel sera le prix de revient de ces mélanges; reste à les choisir aussi de façon que leur combustion ne produise aucune dégradation sur les pièces métalliques avec lesquelles elles seront mises en contact. Ce sont là d’ailleurs de pures questions de pratique aisément solubles, maintenant que la solution générale du problème est donnée. Francis Marre.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 décembre 1907. — Présidence de M. Chauveau.
- La vitesse de la lumière. — M. le général Bassot dépose un Mémoire de MM. Simonin et Priin renfermant les résultats de détermination de la vitesse de la lumière d’après des expériences de MM. Perrotin et Prim. Ces expériences fournissent le nombre 299 901 km ± 84 km par seconde.
- Les traumatismes et la tuberculose. — M. Lannclongue rappelle qu’il a établi en 1899, que, contrairement à une opinion admise, la tuberculose n’est pas susceptible de localisation au point qui a été le siège d’un traumatisme. MM. Ilodet et Jeambrau, par de nouvelles expériences, ayant pour objet de réaliser des conditions analogues à celles qui se présentent pour l’homme, confirment le fait en question. Ils ont introduit des cultures peu virulentes de bacilles tuberculeux dans les voies digestives de jeunes lapins, ensuite ils ont traumatisé très violemment une des jointures du genou chez chaque animal. Jamais ils n’ont obtenu de lésions tuberculeuses localisées au genou et cependant les animaux sont morts en présentant des lésion0 des poumons ou d’autres viscères. Ce fait a une grande importance, car il fournit des indications utilisables dans certains cas d’accidents de travail.
- Apparition d’espèces végétales nouvelles. — M. G. Bonnier résume les nouvelles observations faites par M. Bla-ringhem sur le si curieux mécanisme de la création subite des espèces. L’auteur a observé, dans le Pas-de-Calais, une colonie de coquelicots offrant des changements et des déformations, qui montraient que ces plantes sont en voie de mutation et qu’elles donnent naissance brusquement à diverses espèces élémentaires. 11 s’agit d’un phénomène analogue à celui qu’ont révélé les célèbres expériences de M. de Yries, c’est-à-dire l’apparition brusque de nouvelles espèces par mutation. M. Bonnier remet un mémoire de l’auteur où sont décrites les apparitions brusques de nouvelles espèces (de maïs, par exemple), à la suite de blessures faites sur les plantes dont elles proviennent.
- Machine à produire le froid. — M. d’Àrsonval présente une Note de MM. l’abbé Audiffren et Singrun sur une machine à produire le froid. Cet appareil, quoique basé sur la compression, repose sur un principe mécanique tout à fait nouveau. Les inventeurs ont supprimé le presse-étoupes qui, dans le compresseur, s’oppose à l’échappement des gaz, en recourant à un dispositif
- absolument particulier. Leur machine réalise une augmentation de rendement considérable.
- Les bacilles tuberculeux soumis à l’action du chlore. — M. d’Arsonval présente un travail de MM. Moussu et Goupil sur les bacilles tuberculeux préalablement soumis à l’action du chlore. Si, après avoir neutralisé leur acidité, 011 injecte ces bacilles sous la peau d’un animal, on voit qu’ils sont résorbés avec la plus grande facilité. Ils ne provoquent jamais de lésions comparables à celles que détermine l’injection des bacilles ordinaires tués par n’importe quel procédé. Cette résorption s’accompagne même chez les animaux sains d’une réaction fébrile immédiate proportionnée à la dose injectée mais de nature différente à celle provoquée par la tuberculine. Il reste à déterminer si ces résultats peuvent être utilisés pour la vaccination.
- Un nouveau compas. — M. le commandant Guyou présente une Note de M. L. Dunoyer sur un compas électrique magnétique pour blockhaus cuirassés et sous-marins. Dans les blockhaus on a du renoncer à employer les aiguilles aimantées pour indiquer le cap magnétique du navire, à cause des actions perturbatrices trop grandes qu’exerce le blockhaus sur ces aiguilles. Dans les sous-marins, les roses de compas donnent de même des indications fausses. Dans le nouvel appareil, un récepteur insensible aux perturbations est placé dans le blockhaus; un transmetteur fondé sur l’induction que produit le champ magnétique terrestre dans un circuit tournant avec rapidité, envoie des indications au récepteur. Ce transmetteur est placé en un point du navire où les actions perturbatrices peuvent être rendues négligeables. Grâce à ce compas électro-magnétique, un quart d’heure après l’appareillage, le commandant du navire peut connaître le cap magnétique quel que soit l’état du ciel, tandis que la méthode de compensation des compas actuels demande au moins une demi-journée de manœuvre délicate sur rade.
- Élections. — M. Jungfleisch est désigné en lre ligne au choix du ministre pour la chaire de chimie organique du Collège de France laissée vacante par la mort de M. BertheloL; M. Bouveault est désigné en 2e ligne. M. Bigourdan est présenté en lre ligne pour la direction de l’Observatoire de Paris et M. Baillaud en 2e ligne.
- Cu. DE VlLLEDEUlL.
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- ECHANGE DE BONS PROCÉDÉS
- Fi". 1.
- Depuis deux ou trois siècles, l’Angleterre fournit à l’immigration américaine de si nombreux contingents que les Etats-Unis ont jugé le moment venu de rendre 1 a pareille aux Iles Britanniques.., en leur expédiant toute une colonie de rongeurs arboricoles.
- Si j’ose forger une expression de circonstance, il s’agit ici à' émigrants-de-luxe, destinés à égayer les grands parcs de Londres et des principales villes du royaume. Mais ceci requiert une explication.
- Quand une municipalité prévoyante se préoccupa de ménager de vastes emplacements pour les futures générations de New-Yorkais, et alors que la future « Ville-Empire » ne s’étendait encore qu’à la hau-leur de la cinquantième rue, on fit l’acquisition, au centre môme de l’ile de Manhattan, d’un vaste terrain qui avait échappé aux entreprises des real eslate agents, lisez : des spéculateurs en terrains.
- Dans les taillis qui recouvraient cette partie de l’île, plusieurs espèces indigènes avaient trouvé refuge, notamment l’écureuil argenté qui, un peu plus gros que notre Sciurus Commuais, a pour habitat tout le versant américain et canadien de l’Atlantique de la région tempérée.
- Quand le Central Parle fut constitué, la municipalité décréta l’extermination de tous les mammifères qui avaient élu domicile dans ces parages. Les lapins et les renards furent sacrifiés sans-pitié. Mais, déjà, les gracieux écureuils s’étaient conquis de puissantes amitiés parmi les familles des quartiers limitrophes qui s’amusaient chaque dimanche à leur venir distribuer des peanuts, et autres friandises.
- Et une pétition monstre implora pour les jolis
- rongeurs le droit à la vie.
- La requête fut exaucée, avec cetfe seule restriction, que les gardes seraient autorisés à décimer périodiquement la joyeuse bande de sciuridés, si ses qualités prolifiques devenaient une menace pour les jeunes pousses des arbres.
- SfeÉÉiT,
- Cecontrat, dont il faut admirer l’esprit humanitaire, a eu les plus heureux résultats. Quand les hasards des voyages vous amèneront sur les rives de Manhattan, ne craignez pas de sacrifier quelques heures à une flânerie sous les ombrages du Central-Park, ou encore le long des allées du magnifique parc de Brooklyn.
- Vous serez charmés de constater l’intimité des relations qui existent entre les promeneurs et les écureuils argentés, qui remplacent dans ces jardins, et avec avantage, les impudents moineaux de nos parcs parisiens. Prenez place sur un banc solitaire, et vous ne tarderez pas à voir descendre de la cime des arbres des bandes d’écureuils que votre attitude passive encouragera aux plus étonnantes familiarités. Se laissant glisser jusqu’au sol, ils s’arrêteront à quelques pas de vous, guettant un geste prometteur.
- Que votre main disparaisse dans les profondeurs
- de votre poche, et le plus gourmand de la bande, persuadé que vos doigts sont à la recherche de quelque friandise, osera sauter sur le banc avant de tenter l’escalade de votre personne !
- L’an dernier, les autorités new-yorkaises jugèrent
- que le moment était venu de procéder à une hécatombe parmi les quémandeurs de noisettes, devenus trop nombreux. Mais Londres intervint à temps, demandant que les écureuils superfluous lui fussent expédiés par le premier steamer.
- Ce qui fut fait. Hébergés tout d’abord dans le Zoological Garden, les jolis émigrants étaient bientôt autorisés, pour la grande joie des promeneurs grands et petits, à étendre le champ de leurs ébats jusque dans Regent’s Park.
- Nous sera-t-il permis de proférer le vœu suivant? Pourquoi notre municipalité n’imiterait-elle pas l’exemple du County Council? Quelques douzaines d’écureuils argentés—si prompts à s’apprivoiser — ne contribueraient-elles pas à augmenter le charme de nos promenades parisiennes? Nos édiles nous sauront gré d’attirer leur attention sur une question qui, n’ayant rien à voir à la politique, serait assurée de rallier maintes adhésions. Y. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleuras, 9.
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- LA NATURE. — N° 1805.
- LES FOURMIS MYCOPHAGES
- Dans noire dernier article : les Plantes myrmé-cophiles1 nous rappelions, incidemment, les curieuses observations d’Àlf. Moller2 sur les fourmis considérées comme cultivateurs et consommateurs de champignons.
- Nous pensons, avec W. Schimper, qu’il y a là un fait, très caractérisé, d’adaptation réciproque entre des organismes très différents et qu’il vaut la peine de le développer quelque ‘ peu, dans la série d’esquisses que nous avons entreprise sur la symbiose entre végétaux et animaux.
- La découverte du cas qui nous occupe est due au génie d’observation d’Alf. Moller, naturaliste qui réunit, à un degré très rare, une admirable sagacité à un sens critique sévère. Ces observations ont été résumées par W. Schimper avec la rigueur scientifique qui le caractérise, dans son magistral ouvrage, auquel nous avons déjà tant emprunté3.
- Déjà, Belt avait constaté la présence des « parasol ants » à environ 800 mètres de leur nid, rapportant leur butin, alors qu’elles avaient, à proximité, des plantes qui semblaient utilisables. Àlf. Moller prouva que ces fourmis recherchent ou négligent tour à tour les mêmes espèces de plantes, choix qui
- 1 iN0 1795, 5 octobre 1907.
- 2 Ai.f. Moller, Die Pilzgârlen diriger sudbrusilianischer Amcisen (Bolan. Mitllieil. aus den Tropcn. llel't VI). Iena, 1893.
- 3 A. F. W. Schimper. Pflanzen Géographie. Leipzig, 1898, trad. angl. de W. R. Fischer.
- 36e année. — Ie1' scmcitrc.
- 28 DÉCEMBRE 1907.
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- ÊlBlBUOlMtpt
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- Nid d'Alla discigera mis à découvert.
- ne paraît pouvoir s’expliquer qu’en admettant qu’il ^ipo^ se rapporte à la préparation d’un certain mélange ou au remplacement de certains éléments d’un mélange devenu inserviable. Non seulement des feuilles, mais aussi des Heurs, fruits et graines, en entier ou par fragments, sont ainsi recueillis.
- Que devient ce butin? Alf. Moller va nous le dire.
- Il a pu observer directement tout le détail des manœuvres du petit peuple.
- Les fragments de feuilles apportés ne servent que dans une faible mesure à couvrir lesnids(fig.6).La plupart sont coupés de nouveau par les fourmis et pétris par leurs pieds et par leurs mandibules, de façon que presque toutes les cellules sont écrasées.
- Ainsi préparés, les petits monceaux informes sont convertis en une masse grossière, poreuse, spongieuse, qui remplit l’intérieur du nid et forme le Jardin de Champignons (fig. 2).
- Les petits monceaux, d’abord de couleur verte, deviennent ensuite d’un noir bleuâtre et finalement brun-jaunâtre.
- Ils sont traversés de toutes parts et reliés entre eux par des fils ténus de mycélium. En y regardant de plus près on peut aussi apercevoir d’innombrables petits corps blancs qui jaillissent latéralement des fils de mycélium ; ils ont reçu de Moller le nom de Kohlrabi-clumps (fig. 3 et 4) ; ils consistent en une agglomération de courtes branches dont l’extrémité globuleuse, renflée, est très riche en protoplasma ; ils constituent la principale, sinon la seule nourriture des fourmis dont il s'agit et représentent une structure nou-
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- LES FOURMIS MYCOPHAGES
- velle qui apparaît comme le résultat de la sélection artificielle exercée par elles1.
- Le détail de l'aménagement, de l’entretien et de l’utilisation par les fourmis de leurs « fungus gardens » est extrêmement curieux. Les femelles ouvrières veillent avec soin à écarter de leurs cul-
- inconnues, un grand chapeau « sporifère » du type Agaric pur, émanant du mycélium, s’élève et couronne, parfois, le sommet du nid de fourmis (fig. 5), ce qui constitue un trait d’autant plus frappant que les champignons à grand chapeau sont rares dans les forêts tropicales, où la végétation
- Fig. 2. — Un jardin de champignons préparé en trois jours sur une assiette par les fourmis poilues (Apterosligma) en captivité.
- Grandeur naturelle.
- tures tout organisme élrangcr, de façon que, sans aucun trouble, les petites masses de débris végétaux agglomérés puissent être utilisées, à l’état pur; en même temps d’autres fourmis rongent les fils s.ub-aériens et empêchent ainsi la formation d’un très riche mycélium, dont la croissance luxuriante
- Fig. 3. — « Kohlrabi-clumps » du Rosîtes gongglophora, le champignon de l’espèce d'Alla du Sud brésilien. Grossi loO l'ois.
- occasionnerait non seulement le rapide exhaussement du substratum, mais aussi la cessation de la production des « Kohlrabi ». Cette évolution se produit dès que les fourmis viennent à quitter le nid.
- Les champignons, en général, restent dans les conditions purement végétatives qui viennent d’être exposées. Cependant, sous l’inlluence de conditions 1 ScilIMHill (toc. ril.).
- correspond à la saison des pluies (rains-foresls). De pareilles découvertes ont permis à Alf. Millier de déterminer exactement le genre du champignon et de le décrire comme espèce nouvelle du genre Bozites : R. gongglophora Moll. 11 a réussi, de plus, par des cultures, dans des solutions nutritives,
- Fig. -L — « Koblrabi-clumps » du champignon d’iiuc fourmi bossue du Sud brésilien (Cijphomgrmex slrigaius). Grossi 270 fois.
- à provoquer la formation de « Kohlrabi » identiques à ceux des jardins de champignons et qui furent mangés par les fourmis avec autant d’avidité, ce qui prouvait bien que ces structures spéciales ne sont nullement des galles, mais un produit de culture comparable aux Kohlrabi.
- Les quatre espèces de fourmis du genre Alla, qui existent auprès de"Blumenau, cultivent la même
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- espèce de champignons, qu'on ne trouve jamais en dehors des nids de fourmis1.
- Mais les espèces du genre Alla ne sont pas les seules qui cultivent les champignons. De petites fourmis très poilues, du genre Aplerosligma, des fourmis bossues, du genre Cyphomyrmex, ont aussi des jardins de champignons et les champignons cultivés par celles-ci produisent aussi des « Kohlrabi »,
- rendements ne montrent pas de localisation stricte dans leur arrangement sur les hyphes, et aucune fixité dans leurs dimensions, jusqu’à ceux des fourmis du genre Alla qui constituent le produit le plus complètement adapté, en passant par des intermédiaires tels que ceux du Cyphomyrmex strigatus (fig. 4).
- Les champignons des jardins des fourmis poilues
- mais d’une structure un peu différente, et, après le départ des fourmis, il se forme également un mycélium sub-aérien, luxuriant, mais sans conidics.
- Les « Kohlrabi-clunips » des différentes espèces de fourmis sont hautement instructifs, en ce qu'ils représentent des structures qui ont subsisté à différentes phases de l'évolution sélective2.
- On peut suivre la gradation de ces structures, dans leur adaptation au rôle de nourrisscurs de fourmis, depuis les Kohlrabi de deux petites fourmis poilues (Aplerosligma pïlosum et J. Môlleri), ou les
- 1 SciIIlIPEIl (loc. cil.). — 2 ScilIMPEIl (loc. cil.).
- et des fourmis bossues, diffèrent spécifiquement les uns des autres, aussi bien que de ceux des espèces d'Alla, mais les différentes espèces de chaque genre de fourmi cultivent la même espèce de champignon. Malheureusement la forme la plus élevée, sporifère, du mycélium des nids des fourmis poilues et des fourmis bossues, n’a pas été observée, de sorte que le rang systématique du champignon associé n’a pas été jusqu’ici déterminé d’une façon précise, mais il appartient, sans doute, aux Basidiomycètcs et probablement aux Agaricinées.
- E. Gadjïceau.
- «•
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- LA TELEGRAPHIE SANS FIL DANS NOTRE MARINE DE GUERRE
- Nouveaux et importants résultats
- L’emploi de la Télégraphie sans lil appliqué à la marine militaire, vient d’entrer chez nous dans une phase nouvelle avec des résultats si intéressants qu’ils doivent être consignés ici.
- L’admirable invention de Branly, a certes, dès les premiers moments de son application, beaucoup simplifié la question si importante des communications entre bâtiments.
- Avec elle un signal est instantanément transmis à toutes les unités d’une force navale. Plus de ces lenteurs dues au maniement des pavillons, à la fumée qui les cache, au calme plat qui les empêche de se déferler. Plus d’erreurs provenant de l’extinction d’un fanal dans un signal de nuit, et, surtout, précieux avantage, possibilité de communiquer par temps de brume.
- La période inévitable des tâtonnements fut assez longue. L’ingénieur italien Marconi, élevait, pour autoriser l’usage de ses instruments, des prétentions pécuniaires devant lesquelles le ministère de la Marine recula.
- Il paraissait d’ailleurs assez pénible d’avoir à payer fort cher un progrès dont le principe était dû, après tout, à la science française dans la personne d’un de ses représentants les plus modestes et les plus désintéressés. On fit alors appel à des concours qui ne manquèrent pas. Nombre d’officiers de marine et d’autres armes, des ingénieurs constructeurs se mirent à l’œuvre et établirent des appareils dont un certain nombre furent installés à bord de nos bâtiments des Escadres du Nord et de la Méditerranée.
- Tout aussitôt l’ère des progrès commença. Elle n’est pas encore close, comme on le pense bien ; cependant les améliorations qui ont été déjà apportées au service des communications maritimes sont considérables.
- C’est ainsi que la distance à laquelle les bâtiments communiquent aisément au large a passé des 12 ou 15 milles du début à 120 et 150 milles (28 à 280 kilomètres!.
- Fia'. !..— Installation de l’antenne de T. S. F. à bord d’un cuirassé anglais.
- Actuellement tous nos navires, jusques et y compris un certain nombre de contre-torpilleurs, possèdent des appareils émetteurs et récepteurs d’ondes hertziennes.
- La cabine où se fait la manipulation des appareils est installée sur le pont. Après maints essais, on avait adopté pour les antennes une disposition en forme de T très ouvert dont les deux branches supérieures aboutissent au sommet des deux mâls, la branche inférieure étant amenée à la cabine de manipulation.
- Pour donner à l’antenne ainsi établie une longueur
- très supérieure à celle que permettrait le simple écartement des mâts, on forme chacune des branches de ce T de 4 fils maintenus à distance suffisante les uns des autres par des croisillons en bois.
- Dans la cabine installée sur le pont se trouvent les appareils d’émission parmi lesquels deux bobines de grandeur différente permettant, de produire des étincelles, et par conséquent d’émettre des ondes de dimensions plus ou moins considérables, suivant la portée à laquelle on désire atteindre.
- C’est de ces bobines qu’émanent avec un crépitement, dont le bruit très caractéristique ressemble à la décharge d’un pistolet Flaubert, les étincelles à très haute tension qui vont faire irradier
- de l’antenne les ondes hertziennes. L’énergie électrique nécessaire est empruntée au circuit du bâtiment dont le courant continu est transformé par un moteur alternateur. Ces courants alternatifs sont transformés eux-mêmes par la bobine en courants à haute tension qui sont seuls capables de fournir les énormes étincelles nécessaires.
- Le personnel employé à la manipulation de ces appareils délicats est recruté dans la spécialité des matelots torpilleurs, à qui incombe également, à bord de nos bâtiments, le soin de tout le matériel se rapportant à l’électricité.
- Les hommes choisis pour ce service spécial reçoivent à Brest et Toulon, où sont installés à terre deux postes importants de T. S.F., une instruction complémentaire,
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- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL ......-.. = 53
- sanctionnée par un examen, après lequel ils sont versés sur les divers bâtiments.
- A bord d’un cuirassé on embarque 4 télégraphistes sans fil, un chef titulaire, un chef suppléant et 2 aides.
- Il est vraisemblable que ce service prenant tous les jours une extension et une importance plus considérables, et par conséquent exigeant un personnel plus nombreux et plus instruit, on sera amené à créer une véritable école, d’où sortiront les spécialistes de cette nouvelle profession.
- L’usage de la T. S. F. appliquée à la marine militaire, dont je m’occuperai seulement aujourd’hui, vient de faire un nouveau et décisif progrès.
- A la suite d’une conférence internationale qui s’est réunie à Berlin en 1900 pour régler le mode d’emploi de la T. S. F., on s’est préoccupé à Paris de jeter les bases de l’organisation publique de ce service en France.
- Le ministère des Postes a été chargé de l’établissement des Grandes Stations à établir sur les côtes : la guerre, du réseau des forts et points stratégiques; la marine, de toutes les stations secondaires du littoral et naturellement des bâtiments de guerre.
- La marine s’est aussitôt mise à l’œuvre.
- Le ministre confia à une Commission composée du contre-amiral Gas-chord, du capitaine du génie Ferrié, des lieuteoants de vaisseau Colin,
- Jeauce et Tissot, le soin de centraliser les résultats obtenus, de coordonner les efforts qui se sont produits de divers côtés et enfin chercher à réaliser de nouveaux progrès.
- Les études auxquelles se livra la Commission aboutirent rapidement, et toute une série d’appareils nouveaux ont été construits à l’établissement central de la Télégraphie militaire sous la surveillance de la Commission, et d’après les devis dressés par le capitaine Ferrié. Ces instruments ont été sans retard installés à bord de 4 bâtiments de type différent de notre Escadre de la Méditerranée. Ce sont les cuirassés République, Jauréguiberry, Gaulois et le croiseur cuirassé Jules Ferry.
- Ces appareils appartiennent donc en propre à la marine et les immenses progrès réalisés en en faisant usage sont dus uniquement à la compétence scientifique et aux patientes études de ses officiers et du capitaine Ferrié. 11 n’est que de bonne justice de le proclamer.
- 11 ne m’est pas possible de décrire ici en détail les appareils dont la possession assure à la France une avance très marquée dans ce domaine si important.
- Je puis dire cependant qu’ils sont basés sur le système de production des ondes qui s’appelle l’émission indirecte.
- Avec l’émission directe, employée dans les débuts de la
- Télégraphie sans fil, l’effet de l’étincelle électrique se produisait directement dans un circuit formé par l’antenne et la terre (lig. 3, n° 1). 11 en résultait des ondes dont il était difficile, sinon impossible de fixer exactement le caractère et la longueur, ce qui rendait illusoire toute recherche de syntonisation. Avec l’émission indirecte (fig. 3, n° 2), la première onde, provoquée directement par l’étincelle, se produit dans un circuit métallique complet. Une partie de ce circuit comprend un self-inducteur, à petite distance duquel on place un second self-inducteur communiquant d’une part avec l’antenne, d’autre part avec la terre.
- 11 est très aisé, en faisant varier convenablement les éléments du premier circuit, d’obtenir des ondes de la longueur exactement déterminée, ce qu’on appelle des oiules pures. Ces ondes se reproduiront identiquement par induction dans le second circuit.
- Les expériences commencées en octobre viennent de se terminer. Elles ont porté sur deux points, la portée et la syntonisation, et ont donné des résultats inespérés.
- La distance à laquelle on était arrivé à communiquer avec sûreté entre bâtiments à la mer, antérieurement aux essais qui nous occupent, était de 120 à 150 milles ou 240 à 300 kilomètres environ.
- Avec les instruments de la Commission, les résultats obtenus pour la portée sont les suivants :
- La communication entre bâtiments n’a pas cessé d’ètre parfaite entre la rade des Salins d’Hyères et le port d’Alger, soit à une distance de 800 kilomètres. Entre autres, tous les télégrammes sans fil émis par le République et le Jules Ferry des Salins, d’Alger, de Calvi, d’Ajaccio et du Golfe Juan, près de Cannes, ont été enregistrés par la station installée à terre à la pointe du Raz de Luis, à l’extrémité du Cap Finistère (Bretagne^, à des distances de 900 à 1400 kilomètres dont 700 kilomètres de terre comprenant l’importante barrière des Pyrénées.
- Ces mêmes messages ont tous été reçus au poste de la Tour Eiffel.
- Enfin le Gloire, mouillé devant Casablanca, a enregistré les télégrammes émis par le République à Alger.
- Il est intéressant, pour se rendre compte de l’excellence des appareils nouveaux, de les comparer à ceux que fournissent à la plupart des marines étrangères les Sociétés qui en font commerce, Marconi et Telefunken.
- Un poste complet de ces instruments étrangers coûte 40 000 francs. R emploie une puissance de 3 kilowatts 1/2. La portée garantie est de 500 kilomètres sans aucune interposition de terre. Le poste français coûte moitié du prix ci-dessus, il donne les résultats que j’ai énoncés plus haut en employant une puissance de 3 kilowatts seulement.
- Cabine où se l'ail la manipulation des appareils de T. S. F. à bord d’un navire de guerre français.
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- LES POIDS LOURDS ET LES MOTEURS
- La syntonisation est le procédé par lequel on cherche à remédier au seul grave défaut qu’ait présenté jusqu’ici remploi des ondes hertziennes pour les communications.
- Ce défaut réside dans la diffusion des ondes qui vont porter tout autour du point d’émission et inscrire dans tous les récepteurs placés à la ronde, le message destiné à une seule oreille. Il y avait là un manque de discrétion si fâcheux, que la télégraphie sans fil en était de ce fait réduite au rôle trop modeste d’un instrument de temps
- Terre
- Fis. 3.
- de paix. Encore fallait-il, même dans ce cas, qu’aucune onde antagoniste, lancée d’un autre point en même temps que la première, ne vînt contrarier sa propagation et produire dans les récepteurs un affreux embrouillamini.
- Ce problème de la syntonisation, passionnément étudié et non encore résolu, jusqu’ici, les appareils français en donnent cette fois une solution qui paraît définitive.
- Cette certitude découle du fait suivant :
- Les 4 bâtiments se sont placés en pleine mer dans les positions et aux distances indiquées dans la figure ci-dessous.
- À communiquait avec A' en employant la puissance minitna, soit 100 watts. B, de son côté, envoyait à B' des communications répétées en usant de la puissance maximum, soit 5000 watts. La ligne AA', longue de 100 milles
- ou 180 kilomètres, République Gaulois -n,élait dislante de
- la ligne B B' que de 18 kilomètres.
- On était convenu que les envois de message entre A et A' et entre B et B' se feraient si-3 mullanément.
- En dépit de ces circonstances choisies panni les plus défavorables, aucun brouillage ne s’est produit, aucune dépêche envoyée par A à A' n’a été surprise par
- B ou B' et inversement. En un mot la syntonisation a été parfaite.
- Voici exactement où en est, dans notre marine militaire, l’emploi de la T. S. F. Sur ce point, comme pour la navigation sous-marine, on peut affirmer que la France marche en tête du progrès. Elle le doit au labeur infatigable et discret, au dévouement et au savoir de son corps d’officiers de marine. Sauvaire Jourdan.
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- milles
- B'
- Jauréguiberry JulesFerry
- LES POIDS LOURDS ET LES MOTEURS DE L’EXPOSITION DES INVALIDES
- Les automobiles industrielles, à qui l’on a donné le nom abrégé de poids lourds, ont pris, ces dernières années, un remarquable développement et semblent ai voir devant elles un bel avenir. Il est donc intéressant d’examiner l’état actuel de cette jeune industrie; nous y serons aidés par la récente Exposition de l’Automobile qui lui avait consacré la moitiédes vastes constructions de l’Esplanade des Invalides.
- Les automobiles utilitaires se divisent en deux classes distinctes : l’une, affectée au transport des personnes dans les villes ou dans les campagnes; l’autre, destinée uniquement au transport des marchandises. Encore existe-t-il, en certains pays, à Madagascar notamment, des châssis qui font le service des marchandises, concurremment avec celui des voyageurs, au moyen de carrosseries amovibles.
- Omnibus automobiles. — Les problèmes qui se
- présentent, dans le transport des voyageurs, sont essentiellement différents, suivant qu’il s’agit des grandes agglomérations ou de services de ville à ville. La Compagnie des omnibus parisiens, qui a mis en service des autobus pesant 7 tonnes en charge, ne pourrait pas desservir, avec ce même matériel, une ligne de banlieue, où les voyages à vide sont fréquents. Les gros châssis, à 30 places et plus, ne conviennent qu’aux transports urbains, parce que le nombre des places occupées est toujours suffisant pour couvrir les frais d’entretien. Tels sont les types Brillié (autobus parisien), Àriès (services-à l’étranger), de Dion-Bouton (autobus de Londres).
- Quant aux services de ville à ville, les réseaux de ce genre sont nombreux, mais il y en a fort peu qui aient prospéré ou même survécu. Pourtant, il en existe un exemple, à peu près unique du reste,
- Coupe du frein Saurcr.
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- et puissamment servi par la richesse économique des pays qu’il exploile; c’est la Compagnie des Messageries automobiles du Havre, qui possède des lignes régulièrement desservies depuis plus de 4 ans. Le résultat de celte longue expérience est l’omnibus léger de l)ion-Bouton, à 8 ou 10 places, qui abaisse le prix du kilomètre-bandage à 7 centimes, soit 14 francs par jour, à raison de 200 kilomètres. Bandages et entretien, ce sont là deux pierres d’achoppement de toutes les tentatives analogues et c’est pourquoi l’on a été conduit, par des expériences malheureuses et répétées, à constater qu’en fait d’omnibus automobiles, les poids lourds sont toujours trop lourds.
- Les camions. — Le camion Saurer représente le type actuel du camion industriel; il est muni
- x Le frein moteur consiste dans la substitution d’un temps d’aspiration au temps d’explosion, dans chaque cylindre. Les 4 pistons aspirent ainsi et compriment de l’air, tant que la substitution est maintenue. Pour la réaliser, on fait saillir de nouvelles cames logées dans l’intérieur des cames ordinaires. Les organes utilisés sont : M, manette de frein sur le volant Y; la manette M agit, à travers la barre de direction B, sur la tige T, mobile à l’intérieur de l’arbre à cames À et susceptible de coulisser dans
- de deux dispositifs fort remarqués.
- L’un est la mise en marche à l’air comprimé, adoptée par de grandes marques françaises, l’autre est le frein moteur, déjà connu. Le succès en est tel, on les rencontrera cette année sur tant de châssis, qu’il convient d’en jj^onner une description sommaire. La mise en marche automatique s’opère au moyen d’un distributeur en forme de barillet D (fig. 1), lequel est commandé par l’arbre moteur au moyen d’un pignon d’angle et tourne autour d’un axe vertical supporté par une crapaudine Cr. Le distributeur est ainsi en relation, successivement, avec chacun des quatre .cylindres, et son calage est tel que, à l’arrêt du moteur, il communique avec le cylindre qui en est au 5e temps du cycle, c’est-à-dire au temps moteur. Au moment de repartir, au moyen d’une commande à portée de la main du mécanicien, celui-ci soulève la soupape S ; Pair, comprimé dans un réservoir ad hoc, pénètre dans le distributeur, et, de là, dans le cylindre approprié ; la pression de l’air fait descendre le piston et le moteur se met en marche.
- son logement, à la façon d’un pislon dans un cylindre. Ce coulissage fait saillir les bossages des nouvelles cames, à la surface des anciennes cames C. L’ensemble est porté par les roulements à billes ordinaires R R R.
- Châssis à 6 roues. — Signalons le camion à 6 roues, du capitaine Lindeker construit chez Lor-raine-Diétrich (fig. 2, n° 5). Ce châssis possède les particularités suivantes : 1° équilibrage parfait du tablier, par une suspension sur ressorts-balanciers très ingénieux; 2° braquage simultané des roues extrêmes, d’où diminution de moitié du rayon de courbure minimum ; 3° essieu moteur au milieu.
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- La nécessité des camions à 6 roues est un sujet à controverses, dans lesquelles nous ne pouvons entrer ici; cependant, il est facile de rapprocher cette question de celle de l’usure des bandages et de la charge limite à imposer à ces derniers, ainsi que des problèmes de voirie qu’a soulevés l’automobile.
- La vapeur. — La maison Purrey, de Bordeaux, champion incontesté de la vapeur, exposait des
- dans un moteur actionnant uniquement l’essieu qui
- quelconque, dont il remplace l’essieu de devant. Les avantages de ce système sont : la possibilité de conserver la forme des voitures de livraison, d’utiliser meme le matériel ancien; au point de vue mécanique, la concentration des organes sur l’avant-train, qui est ainsi moteur et directeur, facilite la
- véhicules à bandages en fer, qui ont subi l’épreuve de longs services et qui ont figuré aux manœuvres dernières du 18e Corps. Le générateur Purrey brûle du coke ordinaire et c’est là ce qui constitue l’intérêt du système, lequel semble convenir surtout aux gros charrois de matériaux pesants (construction, métallurgie, service des ports, etc.) (fig. 2, n° 1).
- C’est en vue de faciliter l’utilisation des méthodes nouvelles par le commerce que la maison Latil a créé son avant-train moteur (fig. 4, n° 4). Il consiste
- direction, simplifie les transmissions, en supprimant les pignons d’angle, permet enfin d’utiliser toute la puissance du moteur même dans un démarrage en courbe. En somme, l’avant-train Latil possède une mobilité analogue à celle du cheval, dont il occupe la place. Cette considération peut être d’un grand poids pour les services de livraison ou dans les grandes villes et dans les applications militaires.
- La maison la Buire, de Lyon, a construit pour
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- a.
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- l’Administration des postes, une voiture fourgon (fig. 4, n° 2). Ce matériel remplacera prochainement les petits fourgons électriques, en usage depuis quelques années.
- L’automobilisme agricole. —C’est la plus neuve et la plus originale de toutes les branches de l’industrie automobile. Son programme est le suivant : Pouvoir à la fois : 1° sur la roule, remorquer des voitures à diverses allures;
- 2° dans les champs, exécuter toutes les façons courantes de la culture : labour, semailles, hersage, moisson, etc. ; 5° à. la ferme, fournir la force motrice.
- Le tracteur Turgan (fig. 4, n° 1) comprend un châssis monté sur trois roues, également motrices toutes les trois, et pourvu d’un moteur de 50 chevaux. Le poids total est de 5 tonnes; les roues sont larges de plus de 0,20 m.; celles d’avant sont aussi directrices et reçoivent leur mouvement par l’intermédiaire d’une couronne dentée, commandée
- peut labourer 4 hectares à 18 cm, en terrain moyen, en 10 heures (charrue à 4 socs). Il peut aussi, dans le même temps, moissonner 15 hectares, en remorquant 5 moissonneuses-lieuses. La consommation est d’environ 12 à 14 litres à l’heure. La présence d’une poulie fixe à l’avant permet l’utilisation du
- 5. Omnibus 6 places de Dion-Boulon,
- 4. Voilure Lal.il.
- par les pignons droits d’une transmission à cardans; la roue d’arrière est commandée par chaînes. Le moteur, à 4 cylindres (150-155), donne sa puissance normale à 850 tours. Il y a 5 vitesses avant et 5 arrière; le radiateur est calculé pour permettre un long travail à petite vitesse.
- L’efficacité de ce tracteur serait la suivante : il
- tracteur comme locomobile.
- Des expériences récentes ont prouvé que ces engins étaient maniables, rapides, faciles à remorquer sur route ; nul doute qu’ils ne soient extrêmement intéressants pour les exploitations agricoles importantes, dans les conditions actuelles de rareté de la main-d’œuvre. Les moteurs. — Une bonne partie de la surface de l’Annexe des Invalides était; occupée cette année par des expositions de motéurs. Parmi ceux-ci, un grand nombre n’avaient avec l’automobilisme qu’une parenté éloignée, quoique réelle ; nous ne nous en occuperons pas.
- La maison Renault exposait un moteur d’aéroplane, de 45 chevaux environ et un remarquable groupe marin avec changement de marche.
- Signalons l’emploi des moteurs d’automobile pour actionner d’autres machines que des voitures. Ainsi le groupe-pompe de Dion-Bouton. Best formé d’un moteur monocylindrique ordinaire, accouplé à la pompe au moyen d’un engrenage’ démulliplicaleur.
- Le moteur est refroidi par un thermo-siphon, dont le réservoir est traversé par le tuyau de refoulement. Les applications de ce système très léger
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- peuvent être nombreuses dans l’irrigation, l'assèchement et l’horticulture. Un moteur de 8 chevaux refoule ainsi 70 m5 à l’heure à 7 m. d’élévation.
- Roues. — La roue est un organe trop important, surtout dans les poids lourds, pour ne pas mériter qu’on s’y arrête. Nous examinerons, à ce sujet, la roue Soûlas des autobus parisiens.
- Une roue ordinaire, composée de rais, tenus par leur assemblage avec le moyeu et la jante, finit toujours par prendre du jeu. Il faut alors raccourcir le bandage en fer, ce qui resserre les assemblages, mais diminue la hauteur de la roue, sans préjudice de l’immobilisation prolongée du véhicule. La roue Soûlas obvie à ces deux inconvénients par les modes de fixation des rais au moyeu et à la jante. La première est opérée (fig. 3) par l’intermédiaire de pièces B, dites mailles, entre lesquelles viennent s’engager les extrémités À des rais. L’ensemble est ensuite saisi entre les deux plateaux du moyeu, réunis par des boulons de serrage qui passent dans les mailles. Les pattes G des rais ne sont pas en contact avec le moyeu, mais simplement avec les épaulements H des mailles d’assemblage. La fixation des rais à la jante s’opère au moyen d’un manchon E, entré sur le rai et fileté. D’autre part, une plaque C, fixée sur la jante par deux boulons, reçoit l’about K du manchon, dans un logement où il est maintenu sans serrage. Celui-ci est produit par l’écrou D, qui appuie plus ou moins vigoureusement son embase contre la plaque et tend à écarter le rai de la jante.
- Pour faire disparaître le jeu, il suffit de procéder au serrage méthodique des écrous.
- L’industrie du pneumatique était représentée aux Invalides par le pneu Palmer, dont la fabrication se fait suivant des procédés très originaux. On sait que le support du caoutchouc, dans un pneu ordinaire, est formé d’une toile robuste, à qui est confié le soin de résister à l’effort moteur tout entier. Les inconvénients des toiles sont de deux sortes. Elles peuvent difficilement épouser la forme qui conviendrait à assurer le maximum de résistance, forme assez délicate, puisque c’est une portion de tore. En second lieu, elles sont exposées à pourrir, par suite de l’humidité. Le pneu Palmer est formé par deux couches d’une corde spéciale, noyées dans le caoutchouc extérieur. La figure 3 permet de saisir le détail de la disposition des couches, placées par une machine réglée pour une tension uniforme. L’ensemble est maintenu par un système original de grillés en acier. La corde est constituée par des fils toronnés dans du caoutchouc, afin de les mettre complètement à l’abri de l’humidité. Les cordes sont donc imputrescibles. Quand le pneu est usé jusqu’à une certaine couche de caoutchouc rouge, qui sert de repère, l’enveloppe est renvoyée à l’usine où elle est remise à neuf, par un rechapage qui lui rend son aspect primitif. Telles étaient les principales curiosités qu’offrait au visiteur le Salon de 1907, le dernier peut-être des Salons annuels de l’Automobile.
- Étienne Taris.
- L’INDUSTRIE DES ALLUMETTES AU JAPON
- La fabrication des allumettes est parmi les grandes industries chimiques récemment introduites au Japon, une de celles qui ont fait le plus de progrès en ces dernières années. Actuellement, elle occupe plus de 130 000 personnes et consomme A millions et demi de stères de bois; ce qui représente, comme le remarque un statisticien japonais, 32 millions de poteaux télégraphiques! Soixante fabriques travaillent pour l’exportation et 149 pour la consommation intérieure ; il est fortement question de fondre la plupart des sociétés productrices en un trust qui réglera le marché extérieur; aussi, comme la loi japonaise n’autorise aucune centralisation, aucun monopole autre que ceux de l’Etat, un projet de loi a-t-il été soumis récemment, à cet effet, à la Chambre des Représentants.
- La fabrication des allumettes offre ceci de curieux au Japon, comme la fabrication des biscuits et des gâteaux secs en Angleterre, que le pays ne produit pas la plupart des matières premières qui lui sont nécessaires et que la majeure partie des produits fabriqués sont exportés. Il s’ensuit que le bénéfice réalisé dans cette industrie représente en presque totalité la rémunération du travail et de l’ingéniosité que les Japonais ont incorporés dans le produit fabriqué.
- Le bois est presque totalement importé ; sa valeur, plus les 7 500 000 francs d’autres matières premières importées ne représentent pas moins de 20-pour 100 du
- montant des exportations ; c’est depuis peu seulement qu’on s’est mis à fabriquer le phosphore et à exploiter les riches soufrières du pays. Aujourd’hui, les allumettes japonaises inondent littéralement tous les pays d’Extrême-Orient. Les exportations s’élèvent à 26 250 000 francs; les principaux clients sont :1a Chine (pour 14125 000 francs, Hong-Kong (pour G 500 000 francs), Singapour, les Indes anglaises et la Corée.
- Le développement de l’industrie des allumettes s’est heurté pendant longtemps au Japon à des coutumes religieuses qu’il est intéressant de signaler, car elles sont encore très vivaces dans tout le pays et notamment dans la province d’Izumo, foyer de l’ancien culte shintoïste sur lequel le bouddhisme n’est venu que se greffer.
- Tous les jours, au crépuscule, dans chaque famille, les lampes consacrées aux dieux et aux ancêtres sont allumées. Sous peine de sacrilège, ces lampes ne doivent brider que de l’huile végétale la plus pure (tomoshi-abura) et ne doivent être allumées qu’avec le feu le plus pur, « le feu sacré qui vit caché au fond de toute chose ». L’usage du pétrole est souvent considéré comme hérétique; quelques familles pauvres l’emploient cependant; de même, les allumettes étrangères sont sacrilèges, car il s’y trouve du phosphore qui provient «des os d’animaux morts ». Aussi brûle-t-on presque toujours de l’huile de colza dans les lampes sacrées et emploie-t-on encore pour les allumer le briquet de nos ancêtres. Dans plus
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- PHOTOGRAPHIE DES COULEURS ......- ......: 59
- d’une famille qui affiche des manières européennes et qui s’éclaire à l’électricité, on conserve précieusement, caché en quelque coffret, la petite hoîte qui renferme les objets sacrés servant à l’allumage des lampes ; ce sont : le hi-uchi-ishi (la pierre à leu, le silex), le hokuchi (l’amadou lait de mousse desséchée), le hi-uchi-gane (le métal à feu, l’acier) et cinq tsukegi (brindilles de pin résineux).
- Dans la plupart des provinces, cependant, les fabricants
- ont réussi à faire adopter les allumettes indigènes pour l’allumage des lampes sacrées en les déclarant propres à cet usage. A cet effet, la boîte porte une inscription qui en informe le consommateur. Comme on peut le penser, ces boîtes d’allumettes restent de véritables petites merveilles d’art, et l’inscription qu’elles portent est tout un poème quand les allumettes sont destinées à la province d’Izumo.
- E. Lemaire.
- PHOTOGRAPHIE DES COULEURS - TRAITEMENT DES PLAQUES AUTOCHROMES
- L’apparition des plaques autochromes, reproduisant après une seule pose toutes les couleurs du modèle, a été accueillie avec enthousiasme par les amateurs photographes. La simplicité des manipulations est telle qu’il est presque impossible de ne pas réussir dès le premier essai ; aussi avons-nous déjà vu défiler sur l’écran de projection des diverses sociétés de photographie un très grand nombre de clichés des mieux réussis. De l’avis unanime des opérateurs un seul point est embarrassant : c’est la question du temps de pose. D’après les indications qui ont été données par MM. Lumière, le développement doit être de 150 secondes dans un bain déterminé : ces limites étroites nécessitent un temps de pose exact pour que les résultats soient parfaits. Or, on ne dispose pas d’un moyen précis pour l’apprécier, ce n’est que par l’habitude qu’on peut arriver à se rendre compte du temps qu’il faut poser. On a bien essayé de donner une relation entre les plaques ordinaires et les autochromes, mais nous ne pensons pas qu’il soit possible de trouver un coefficient exact à cause de la grande différence des conditions dans lesquelles on se trouve par suite de la sensibilité des autochromes aux différentes radiations. Les opérateurs les plus compétents sont très peu d’accord à ce sujet puisque les uns indiquent le coefficient 15, d’autres 40 et quelques-uns 60. On sait, du reste, qu’en photographie ordinaire, et en dépit de nombreuses tables savamment établies ou d’actinomèlres très perfectionnés, la question du temps de pose reste toujours fort délicate ; mais comme on peut surveiller la venue de l’image à la lanterne rouge ou verte, on a la ressource de remédier, jusqu’à un certain point, à la sous-exposition et à la surexposition, surtout à cette dernière, en apportant au bain de développement des modifications appropriées. On a donc pensé qu’il fallait chercher à opérer de même pour les plaques aulochromes, et MM. Lumière eux-mêmes ont indiqué les moyens de corriger par le développement l’incertitude de la pose.
- Trois moyens peuvent être employés : la durée du séjour de la plaque dans le bain de développement, la température de celui-ci et sa teneur en alcali. Pour la sous-exposition, on pourra prolonger le séjour dans le bain jusqu’à 5 minutes, élever la température à 18 ou 20°, augmenter d’un tiers la proportion d’ammoniaque indiquée dans la première instruction1. Pour la surexposition,
- 1 Bain normal :
- A) Alcool.......................100 cm5
- Acide pyrogallique............... 5 gr.
- B) Eau............................ 85 cm3
- Bromure de potassium............. 3 gr.
- Ammoniaque à 22° Baume ... 15 cm3
- Pour l’usage 10 cm3 de chaque dans 100 cm3 d’eau.
- au contraire, on pourra abréger le séjour dans le bain à 1 minute, abaisser la température à 15° et diluer l’ammoniaque avec 3 fois son volume d’eau.
- Par ces moyens les écarts de temps de pose sont très bien corrigés; mais, dira-t-on, comment savoir s’il y a erreur de pose puisqu’on ne. suit pas la venue de l’image? 11 est certain que dans ce cas on ne pourra opérer que par comparaison, quand on aura à développer une série de plaques faites dans les mêmes conditions; c’est la première qui guidera pour les autres. Cependant d’habiles opérateurs nous affirment qu’après une minute d’immersion de la plaque, sa sensibilité aux diverses radiations est assez diminuée pour qu’ils puissent examiner rapidement, par réflexion, à la lumière rouge ou verte, si l’image est suffisante.
- Mais voici un autre procédé qui donne sous ce rapport toute satisfaction.. Il a été indiqué par M. Simmen et il est basé sur l’emploi du bain de diamidophénol, produit qu enlève à la plaque une grande partie de sa sensibilité aux radiations colorées, après une minute d’immersion; on peut alors surveiller la venue de l’image, sans abuser cependant de la permission, à la lumière de la lanterne et de préférence par réflexion; le développement peut se prolonger jusqu’à 15 ou 20 minutes sans inconvénient.
- Le bain employé est celui qui a été indiqué déjà par M. 11. Reeb pour le traitement des plaques ordinaires. On prend 80 cm3 d’eau et 10 gr. de sulfite de soude anhydre ; après dissolution on y ajoute 20 cm3 d’eau acidulée au 1/10 avec de l’acide sulfurique. C’est la solution A,
- On prépare ensuite la solution suivante :
- Eau...................................100 cm3
- Sulfite de soude anhydre ...... 3 gr.
- Bromure de potassium à 10 pour 100 . 3 cm3
- Diamidophénol................... 1 gr. ;
- Solution A ci-dessus.................. 10 cm3
- On peut dans cette formule remplacer la solution A par 4 cm3 de bisulfite de soude liquide du commerce, mais on est plus sûr de la composition du bisulfite qui se forme au moyen de la formule que nous indiquons ; les deux procédés donnent des résultats identiques.
- On est donc arrivé à pouvoir traiter les plaques autochromes à peu près de la même façon que les autres, l’essentiel est de commencer, dans tous les cas, le développement pendant au moins une minute dans l’obscurité complète, et dans la suite d’agir avec prudence pour surveiller la venue de l’image. Pour que le résultat final soit satisfaisant, il faut que celle-ci soit complètement formée et bien visible quand on examine la plaque par réflexion; il est mutile de la sortir de la cuvette pour cet examen. G. M.
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- LA CITÉ ENCHANTÉE DE CUENCA (ESPAGNE)
- Presque tous les pays de la terre possèdent des sites privilégiés où la nature paraît avoir voulu, dans un moment de caprice, sculpter les roc-lies de telles formes et façons que, plutôt qu’à un pliéno-
- /. H"
- mène naturel, elles ressemblent aux fantaisies d’un rêve d’artiste.
- Tous ces pays savent la grande valeur scientilique et économique que ces merveilles représentent ; pour ce motif elles sont gardées et aménagées de manière que les excursionnistes puissent les visiter. En meme temps ces nations font connaître aux étrangers, au moyen de publications, scicn-
- Un des plus extraordinaires est sans contredit celui qu’on nomme « Ciudad Eneantada » à Cuenca. J’en avais eu connaissance par de petites notes de M. Daniel Cortazar dans son Mémoire géologique sur la province de ce nom et par quelques mauvaises gravures publiées; convaincu ainsi qu’il devait se rencontrer là une véritable merveille géologique, je fis route vers Cuenca.
- Le peu d’importance que les habitants de la ville attachaient à ce que je voulais voir, le peu de personnes qui connaissaient ce dont je les entretenais et les dificultés pour trouver un guide me firent craindre d’abord de m’être trompé.
- A Yaldccabras enfin, un tout petit
- Fig. 1.
- Les arcades.
- tifiques ou pittoresques, les curiosités de leur pays.
- Rien de semblable ne se manifeste en Espagne, pays cependant si riche en grandes beautés naturelles, pour la plupart inconnues même des habitants des contrées où elles se trouvent ; dans certains cas, il est vrai, cela est devenu un avantage qui a assuré la conservation des sites.
- village près duquel se trouve la « Ciudad Eneantada », je trouvai un guide : un berger, qui, me dit-on, était né et avait toujours vécu dans le pays. Il se montra stupéfait que je fusse venu de si loin rien que pour visiter « quatre rochers de formes capricieuses », quoique, ajoutait-il, « un autre étranger fût aussi allé les visiter deux années avant ».
- Au bout d’une demi-heure de montée par une pente roide, nous arrivâmes à un joli plateau, où j’aperçus tout de suite de grands monolithes de pierre, de diverses formes. Je courus de tous côtés dans l’embarras du choix des points de vue pour de jolis clichés; mais le guide me cria d’attendre, car ce que nous voyions n’était rien comparé à ce que nous devions trouver plus loin.
- En effet, au fur et à mesure que nous avancions sur le plateau, le bois commençait à devenir plus
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- LA CITÉ ENCHANTÉE DE CUENCA (ESPAGNE)
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- épais, les rochers prenaient des formes fantastiques et devenaient plus hauts, tantôt s’étendant comme une muraille qui ne nous laissait plus avancer, tantôt surplombant nos tôles, tantôt s’ouvrant devant nous en une large rue ou place, au centre de laquelle s’élevaient de gigantesques monolithes; plus loin, les ponts de colossales arcades se montraient par-dessus les sapins.
- Pendant trois heures le ravissement de ces paysages continua, trois heures de lièvre, avec un soleil splendide qui me faisait regretter de n’avoir pas une centaine de clichés à impressionner au lieu de 12.
- Dans ce court délai, il m’a été impossible de tout voir, une journée entière n’y suffirait pas.
- Sans un guide je n’aurais vrai-
- en plusieurs directions. Aussi, quelques blocs plus ou moins colossaux se laissèrent délimiter par des lentes très étroites à l’origine, mais que les eaux ne lardèrent point à élargir progressivement. Or, comme les couches supérieures élaient plus dures que les. inférieures, elles furent moins atta-
- quées, et c’est pourquoi tous les blocs présentent la forme de champignons géants. Pour la môme raison, c’est dans les strates les moins résistantes que s’ouvrirent les ponts naturels et les débris de galeries souterraines. Au surplus je ne m’attarderai pas à une plus ample description, les clichés ci-joints parlant
- ment pas su me tirer d’un pareil labyrinthe: nulle part il n’y a de points de repère pour pouvoir s’orienter, l’uniformité que présentent tous les accidents des rochers mettrait dans l’embarras le plus expert excursionniste. Comment s’est produit un pareil phénomène^? C’est la seule action de l’eau, poursuivie pendant des siècles et des siècles, qui a été l’architecte de la « Ciudad Encantada ».
- Les couches du sol erétacique ont conservé leur position horizontale, telle que les a déposées la sédimentation. Ces couches furent ensuite, par des effets de rétraction, de dessiccation
- fendillées
- 1 II importe de faire remarquer l’analogie frappante, la similitude absolue entre la « cité enchantée », que nous révèle notre correspondant de Barcelone, et le classique Montpellier-le-Vieux français, découvert dans l’Aveyron, sur le Causse Noir, en 1883, par MM. de Barbcyrac et Louis de Malafosse. Seule la roche diffère, crétacée au lieu de dolomie sableuse. Mais le processus de l’eau courante, qui a
- Fig. 2. — Les Champignons.
- mieux que je ne saurais le faire1. N. FontySagué.
- affouillé et emporté les assises tendres en faisant saillir les portions plus dures, est identiquement le même, selon une véritable loi d’érosion qu’on a trop longtemps méconnue et qui s’est appliquée aussi au Bois de Païolive (Ardèche), à Mourcze (Hérault), au Torcal (Andalousie), etc. (Yoy. De Malafosse, La Nature, n° 608, 24 janvier 1885, cl Martel, Les Cévcnncs, chap. vu).
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- CHRONIQUE
- Consommation de l’alcool. — Les villes de France où l’on boil le plus d’alcool sont Rouen, Caen, Cherbourg, Le Havre et Boulogne-sur-Mer. La quantité consommée varie en moyenne de 15 à 10 litres par tète. A Paris, en 1900, on a absorbé environ 150 000 hectolitres de spiritueux et 14 000 de vermouts et vins de liqueurs.
- Toulon, qui a une population beaucoup plus faible, s’inscrit pour 5500 hectolitres de spiritueux et 010 de vermouts et apéritifs de toutes sortes. C’est peut-être à Marseille que la variété de la consommation est la plus grande. On y boit 900 000 hectolitres de vins, 40 000 de bières, 25 000 d’alcools, 5000 de vins de liqueurs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- La séance est levée en signe de deuil par suite de la mort de M. Jansscn.
- LE BASSIN FERR1FÈRE DE BRIEY (MEURTHE-ET-MOSELLE)
- A l’heure où la sidérurgie se développe avec une énorme rapidité, où la production de fonte, pour ne citer qu’un seul de ses produits, a une production mondiale passant d’à peine un million de tonnes en 1815 à 15 millions en 1870, à 40 en 1900 et à 02 en 1900, on comprend toute l’importance que doit avoir pour un pays la possession de gisements puissants de minerais de fer.
- Et quand on voit par les statistiques de 1900 qu’im-médiatement après les gisements du Lac Supérieur aux États-Unis avec leur production de 59 millions de tonnes de minerai vient le gisement lorrain avec 28 millions et demi de tonnes, on doit se féliciter dans notre pays que l’utilisation des minerais phosphoreux pour la fabrication de l’acier ne fût pas connue en 1871 au moment du découpage de notre frontière et que, môme indépendamment de cette question si importante, la connaissance du gîte lorrain ne fût pas alors aussi complète qu’elle l’est aujourd’hui.
- Le gisement de minerai lorrain, tel qu’il se présente en l’état actuel des zones concédées, et qui contient partout des minerais propres à la fabrication des fontes Thomas, s’étend sur la France, la Lorraine annexée, le Luxembourg et la Belgique. A vrai dire, la partie belge n’a aucune importance, ni par sa superficie, ni par la quantité de minerai extraite qui se tient aux environs de 70 000 tonnes annuelles. Au contraire, la Lorraine annexée, qui a 45 000 hectares du gisement, a donné, toujours en 1906, 14 millions de tonnes d’un minerai que l’on traite sur place ou que l’on envoie plus au loin dans les districts de la Sarre et de la Westphalie. Le Luxembourg, avec 5600 hectares, produit 7 millions et quart de tonnes consommées dans le pays, ou ailleurs, en Belgique et en France principalement. Enfin la partie française ( 61 000 hectares de terrains concédés), avec une extraction analogue, alimente les hauts fourneaux de Meurthe-et-Moselle, département qui produit actuellement 80 pour 100 de la fonte française et exporte en Haute-Marne, dans le Nord, le Pas-de-Calais, et en Belgique.
- Si la France n!a pas encore le premier rang dans la production du minerai de fer lorrain, le jour n est pas éloigné où, par suite de l’épuisement rapide du minerai luxembourgeois, par la préférence que les métallurgistes allemands donnent à un minerai plus riche, notre gisement où, à part quelques hectares situés dans la Meuse, tout est en Meurthe-et-Mosélle, prendra la tète de l’extraction lorraine : nous devrons cette situation au bassin le plus récemment découvert, celui de Briev.
- Le bassin lorrain peut se diviser en France en trois régions bien'distinctes. Au Sud, le bassin de Nancy, très nettement séparé du reste du gisement, a été ancienne-
- ment exploité, mais ne fut repris seulement d’une façon sérieuse qu’à partir de 1857. Dès 1870, 8000 hectares y étaient concédés. Le minerai y est plutôt siliceux et pauvre; on en extrait environ 1700 000 tonnes par an, et l’extraction tend plutôt à baisser.
- Tout au Nord, touchant les parties belge et luxembourgeoise, le bassin de Longwy donne, lui aussi surtout, du minerai siliceux, assez riche, mais que les maîtres de forges du pays doivent additionner de minerai calcarcux luxembourgeois pour obtenir un lit de fusion convenable au fourneau. Ce fut ce besoin de minerai calcaire qui incita les industriels français à rechercher, entre Nancy et Longwy, du côté de Moyeuvre où on connaissait un tel minerai riche, le complément nécessaire à leurs usines et c’est de ce besoin que naquit, en 1880, la campagne de recherches qui fit plus que doubler l’étendue reconnue du gisement français.
- On exécuta, alors, en se plaçant près de Moyeuvre, une série de sondages qui trouvèrent les couches exploitables du bassin de l’Orne à llomécourt, Auboué, Mou-tiers, Jarny,l)roitaumont(1882-1885). Alamême époque, des sondages plus au Nord dans la région de Trieux ne donnèrent pas de bons résultats, par suite de maladresse dans les reconnaissances et il fallut attendre dix ans pour que de nouveaux chercheurs, reprenant cette région prématurément abandonnée, découvrissent en 1894-90 le prolongement de la région précédente jusqu’à celle de Longwy, le long de la frontière. En continuant vers l’Ouest, du côté de Mairy, Landres, Pienne, Baron-court, on reconnut par sondages de 200 à 250 m. une nouvelle zone très riche, souvent appelée bassin de Landres et qui est aujourd’hui le siège d’une grande activité.
- Tout cet ensemble de. découvertes (bassins de l’Orne, de Trieux, de Landres) constitue lé bassin plus général deBriey, entre les deux vallées del’Orne et de la Crusne : plus de 50 000 hectares y furent concédés de 1885 à 1902, qui, joints aux 18 000 du bassin de Nancy et aux 15 000 de celui de Longwy, forment la zone française aujourd’hui lotie, de superficie notablement supérieure à tout le reste du bassin lorrain.
- Bien que découvert le dernier, le bassin de Briey a déjà pris le premier rang dans la production française. En 1906, alors que le bassin de Nancy ne donnait que 1 700 000 tonnes, celui de Longwy que 2150 000, on extrayait, dans celui de Briey, 5100 000 tonnes : quatre mines seules étaient pourtant en marche normale, quatre en périodes de traçages et de préparation, les autres en fonçage. Cette rapide croissance était due à la qualité des minerais, riches en fer et en calcaire, s’associant par-
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- LE BASSIN FERRIFÈRE DE BRJEY r~ 63
- failemenl aux minerais siliceux dans les fourneaux de Longwy ou de Nancy.
- La formation ferrugineuse lorraine appartient, comme on le sait, au loarcien ; elle est comprise entre deux niveaux très caractéristiques, des marnes micacées bajo-cicnncs au toit, des marnes vertes gréseuses etpyrileuses au mur. On y distingue plusieurs couches qui, en allant du mur au toit, sont dénommées couches verte, noire, hruue, grise, jaune, rouge,.et calcaires ferrugineux; mais toutes ne sont pas partout exploitables, et dans la région de llriey, et plus particulièrement dans celle de Landres, on ne pourra travailler que dans la couche grise : il est vrai qu’elle se présente dans des conditions tout à fait favorables, puisqu’elle' atteint fréquemment G et 8 m. d’épaisseur avec des teneurs en fer variant de 56 à 42.
- Au contraire des bassins de Nancy et de Longwy où toute l'extraction se fait à ciel ouvert ou par galeries débouchant à liane de coteau, il a fallu, dans le bassin de llriey, creuser des puits pour arriver à la formation ferrugineuse. La profondeur nécessaire pour atteindre cette formation croît au fur et à mesure qu’on s’avance vers l’Ouest et, pour exploiter la couche grise, il faut creuser 70 m. à Joeuf, 120 m. à llomécourt (Haut des Tapes), 140 à Àuboué, 220 à Landres, 240 à 250 vers Baroncourl.
- La mise en exploitation du bassin de Briey ne se lit pas d’ailleurs sans difficultés : la principale provint des eaux rencontrées dans le fonçage des puits. Le premier puits, commencé par la Société de Vezin-Aulvoyc à llomécourt (Fond de la Noue), fut abandonné en 1886 devant une venue d’eau de 3 à 4 mètres cubes par minute ; le puits de Joeuf, de l’usine de Wendcl, commencé en 1891, subit un sort semblable en arrivant sur la formation ferrugineuse; une seconde tentative des de Wendel au Grand Fond réussit parce qu'on n’eut que des venues d’eau insignifiantes; à la même époque, le puits d’Homécourt, repris avec des moyens plus puissants d’exhaure, était conduit à bonne fin. En 1897, Auboué était foncé par congélation, tandis que, non loin de là, le puits de Mou-tiers, creusé par les moyens ordinaires, ne donnait qu’une venue d’eau insignifiante.
- Les procédés se perfectionnant, le creusement des puits dans le bassin de Landres se fit sans grandes difficultés; à Landres et à Tucquegnieux, on eut des venues d’eau de 3 à 4 mètres cubes à la minute; à Pienne, à Saney, Joudreville et Amermont, au contraire, l’exhaure ne dépassa pas un mètre cube ; outre les puits précédents, des puits sont aujourd’hui en fonçage à la Mourière, à Jarny, à Valleroy, à Droitaumont, à Murville et à Saint-Pierremont. Le bassin de Briey est donc loin d’ètre arrivé à sa production courante, les quatre premières mines dans la vallée de l’Orne seules ayant atteint la période normale d’exploitation.
- Si les eaux gênaient pendant le fonçage, il fallait aussi envisager les moyens de les extraire pendant qu’on ex-traierait le minerai : des mines comme Landres et Tucquegnieux, qui ne sont encore qu’en traçage, ont des venues d’eau de 4 à 5 m3 par minute ; d’autres mines, pour n’avoir pas eu d’eau dans leur fonçage de puits, ne sont rien moins qu’assurées de ne pas en avoir plus tard: il faut donc s’outiller puissamment au fond pour l’ex-haure et l’on voit ainsi, dans toutes les mines, des installations prévues pour 15 à 25 m3 par minute. On a d’ailleurs eu des venues d’eau de 20 m3 à la mine de l’Orne en Lorraine annexée, line seconde difficulté pour la mise en valeur du bassin de Briey était le manque de personnel ouvrier. La Meurthe-et-Moselle s’est développée très rapi-
- dement, tant au point de vue minier qu’au point de vue métallurgique. La population autochtone ne pouvait suffire à fournir les ouvriers nécessaires et il ne fallait pas songer à faire venir des ouvriers de France où les ressources sont si limitées, ou des pays voisins qui, se développant eux-mêmes, faisaient appel à l’immigration. De là, le nombre considérable d’ouvriers italiens qui, dans le bassin de Briey, ne constituent pas moins des 80 pour 100 de 5 à 6000 ouvriers employés aux mines.
- La création de nouveaux centres industriels, comme le
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- Fig. 1. — Carie du bassin de Briey.
- sont des mines, dans un pays où l'agriculture seule flo-rissait auparavant, nécessitait aussi la construction de nombreuses cités ouvrières pour assurer le logement du personnel; de vraies petites villes se sont établies aux alentours des puits de mine, et ce n’a pas été une des moindres dépenses d’installation des mines. 11 fallait aussi que lets mines nouvelles puissent expédier facilement leurs produits : les puits de la vallée de l'Orne, J œuf, llomécourt, Moutiers, Auboué, Droitaumont, Jarny se relient aux usines consommatrices ou aux voies ferrées existantes de llomécourt et Briey à Conflans. Les autres mines au contraire, trop loin des anciennes voies, ont obligé à la construction de trois nouvelles lignes : celle de Briey à Au-dun-le-Roman sur laquelle se raccordent Saint-Pierre-mont, Sancy, Tucquegnieux : celle de Baroncourt à Audun-le-Roman qui desservira Amermont, Jondreville, Pienne, Landres, la Mourière et Murville et celle d’Audun-le-Roman à Villerupt qui permet aux minerais de Briey d’aller se faire traiter aux usines de la région de Longwy, lignes à la construction desquelles ont contribué les industriels par des subventions importantes et ouvertes à l’exploitation en décembre 1907.
- Ces lignes paraissent dès maintenant insuffisantes et on
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- LE BASSIN FERR1FERE DE BR1EY r—.................-... 1 v":.—
- çais de Meuvthe-el-Mosclle, du Nord, du Pas-de-Calais
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- étudie une ligne transversale qui, partant de Mancieulles sur la ligne Bricy-Audun, couperait à Landres celle Au-dun-Baroncourt, irait rejoindre à Pierrepont celle de Longuyon à Audun et Thionville, et permettrait la mise en exploitation de concessions encore trop éloignées des voies précédentes.
- Des mines actuellement en exploitation de la région de l’Orne, la plus productive est la mine d’Ilomécourt avec une extraction de 1 050 000 tonnes en 190G, suivie de près par Auboué avec 910 000, de loin par Moutiers (485 000) et Jœuf (52 000.) Des mines de l’autre région, Landres, Picnno et Tucqucgnieux, ont donné environ 110 000 tonnes chacune; Sancy n’a extrait que 5000 tonnes. En 1907, l’extraction paraît devoir s’accroître beaucoup; Landres, Pienne et Tucquegnieux produiront chacune de 250 à 500 000 tonnes; Sancy arrivera à 150000 environ ; dans la vallée de l’Orne, Auboué dépassera le million, llomécourt, Jœuf et Moutiers auront aussi une extraction plus forte. L’augmentation totale de production sera d’environ un million de tonnes.
- Le développement de la production ne se ralentira pas dans les années prochaines : en 1908, les fonçages de Joudreville et d’Amermont étant terminés, une extraction modérée sera faite dans ces deux mines. Landres,
- Pienne et Tucquegnieux, qui doivent alimenter surtout respectivement les usines de Miche-ville, à Villerupt, de Jarville (près Nancy) et de Mont-Saint-Martin, près Longwj', verront encore leur extraction s’accroître.
- Dans les années suivantes, d’autres puits seront terminés comme ceux de Jarny qui doit alimenter les usines de liœscli et Horde en Westphalie, de Murville qui enverra du minerai à l’usine d’Anmctz-la-Paix en Lorraine annexée, de Saint-Picrremont où les usines de Rothe-Erde près d’Esch et d’Aix-la-Chapelle ont une participation importante. En outre, le Creusot commence le fonçage de Droitaumont ; les usines de Châtillon-Commentry Ncuves-Maisons et de Pompey, unies à la Compagnie de Mokta-el-Uadid, entament le puits de la Mourière.
- Si l’on considère qu’à cause des frais d’installation considérables nécessités par la mise en exploitation d’un siège (creusement de puits, installations au jour, maisons ouvrières, etc.), et qui ne s’élèveront pas à moins de 10 millions pour beaucoup, à cause des frais d’exhaure très élevés dans de nombreuses mines du bassin de Briey, il faudra, pour arriver à un prix de revient convenable, extraire beaucoup par chaque siège, et qu’en raison de cela toutes les usines nouvelles s’outillent pour arriver à 4000 tonnes de production journalière, on voit que la marge de développement de l’extraction est large et que le bassin de Briey est appelé à doubler ou à tripler son extraction d’ici peu.
- Mais où sera consommé ce minerai ? Assurément une grande partie sera utilisée dans les hauts fourneaux fran-
- et du Centre actuellement existants ou à construire, mais, à cause même de la forte extraction nécessaire à beaucoup de mines pour fonctionner économiquement, il faudra aller chercher au dehors des consommateurs. Trois régions sont tout indiquées pour l’exportation du minerai : la Belgique, l’Allemagne et l’Angleterre.
- La Belgique, qui a une grande industrie sidérurgique, n’a pour ainsi dire pas de minerai : elle importe d’Espagne, du Luxembourg et déjà de France : la part de celte dernière ne peut que s’augmenter, les minerais de Briey sont plus riches que ceux du Luxembourg et des tarifs de transport intelligemment combinés permettront aux minerais briotins d’accroître leur importance en Belgique. D’ailleurs, il faut dire que plusieurs usines métallurgiques belges ont des participations dans des exploitations du bassin : c’est le cas d’Ougrée-Mari-haye, de Couillet, des usines Cockerill.
- En Allemagne, trois régions sont à considérer : la Westphalie, le district de la Sarreet la Lorraine annexée.
- En Westphalie, on consomme les minerais de Suède, les minerais espagnols, ceux de Lorraine annexée et de Luxembourg; mais la môme raison que pour la Belgique fera préférer les minerais français de Briey aux autres minerais lorrains. C’est ce qu’ont compris des industriels allemands et l’émotion qu’ont soulevée en France les ventes plus ou moins déguisées de concessions de minerai de fer, comme celles de Murville et de Jarny, est trop récente pour que nous nous appesantissions dessus. Le district métallurgique de la Sarre est dans une situation semblable et ses industriels ont obéi aux mêmes considérations en venant apporter des capitaux pour la mise en valeur de concessions françaises. Quant au district métallurgique lorrain annexé, il conservera ses mines voisines; car, s’il a avec elles un rendement plus faible, il a au moins le minerai à meilleur prix, puisqu’il ne supporte presque aucun frais de transport.
- Pour ce qui est de l’Angleterre, la question de l’utilisation dans les hauts fourneaux anglais des minerais briotins est moins avancée. Mais il paraît certain qu’avec des prix de transport peu élevés jusqu’à Anvers où à Dunkerque et des frets aux cours actuels pourtant assez hauts, le minerai français à 58-40 pour 100 de fer pourra concurrencer les minerais espagnols ou suédois dont l’Angleterre fait une importation considérable, ses mines étant insuffisantes pour satisfaire sa sidérurgie.
- P. Nicou,
- Ingénieur au Corps des Mines.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus,. 9.
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- LA NATURE- — N° 1806.
- 4 JANVIER 1908.
- LES APPROVISIONNEMENTS D’UN TRANSATLANTIQUE
- On a eu beau perfectionner les machines des grands navires modernes, comme la vitesse ne s’obtient qu’avec une débauche véritable de puissance motrice, il faut linalement fournir à ces machines des montagnes de combustible, si l’on veut se déplacer à grande allure. Comme, d’autre part, la population de ce qu’on a appelé justement une ville ilotlante équivaut à celle d’une petite ville, cl que la
- Ilots d’huile de graissage pour assurer le bon fonctionnement de tous les organes tournant, glissant, frottant d’une manière ou d’une autre. Au moment du départ, les soutes doivent contenir 3500 tonnes de combustible ; cela représente modestement 235 environ de ces wagons de 14 à 15 tonnes de chargement que l’on commence de voir circuler régulièrement sur nos voies ferrées françaises. Un semblable
- L’arrivée dos approvisionnements du transatlantique.
- rapidité de marche du bateau n’empêche point la traversée de durer souvent cinq à six jours : il faut pourvoir à l’alimentation de toutes ces bouches ; et le grand air de la mer aiguise l’appétit.
- Nous possédons à ce double égard des chiffres complets sur les approvisionnements qu’emporte à chacun de ses voyages le paquebot la Provence, qui n’est pas sans doute comparable aux bateaux anglais dont nous avons parlé ici, mais qui n’en a pas moins 190 mètres et demi de long; et nous avons pensé faire saisir au lecteur l’énormité de ces approvisionnements. , .
- En ce qui concerne la machinerie propulsive, nous ne parlerons que du charbon, bien qu’il faille des
- 36e année. — -Ie1’ semestre.
- train, à supposer que l’on fit circuler simultanément tous ces véhicules, aurait une longueur d’au moins 1900 mètres, autrement dit 10 fois la longueur même du bateau qu’il s’agit d’approvisionner. On comprend qu’il faut un certain temps pour charger dans les soutes du bateau une pareille masse de combustible! Et pourtant il suffira ensuite de six journées à peu près, pour brûler cet approvisionnement : il est vrai dans les quatre-vingts foyers qu’ali- v fv mentent sans cesse les chaufïeurs.
- Nous faisions allusion tout à l’heure à l’appétit des passagers : il n’est pas moins dévorant que celui de ces chaudières. C’est qu’il faut songer aussi que les voyageurs de première sont, ou du moins peu-
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- 66 ===== APPROVISIONNEMENTS D’UN TRANSATLANTIQUE
- vent être (quand tout est au complet) au nombre de 400 ; la seconde classe est à même d’héberger et de loger 204 personnes, et la troisième 900. Et il va de soi que les deux premières catégories sont plantureusement nourries, avec un luxe aussi grand que celui des meilleurs hôtels de la terre ferme. Le navire comprend enfin un état-major traité comme les passagers de première ou de deuxième classe, et un personnel aussi varié que nombreux : 135 chauffeurs, 70 soutiers, 27 graisseurs, 45 matelots ou timoniers, 90 garçons, 6 femmes de chambre, 11 cuisiniers ou aides-cuisiniers, 4 boulangers, 2 bouchers, etc.
- On pense combien cette population de près de 2000 âmes a de besoins matériels à satisfaire, pour une période de six jours.
- La farine constitue la base de l’alimentation, non seulement sous la forme du pain, mais encore des mille et un gâteaux indispensables pour les desserts et pour le thé journalier. Généralement, on en emportera quelque 10000 kg; et pour livrer cette farine, il faudrait faire venir au moins deux de ces énormes chariots à deux et trois chevaux qui approvisionnent les boulangers, tout particulièrement à Paris. Après le pain, la viande, c’est l’ordre logique; mais il faut dire ici les viandes. Un véritable troupeau, comprenant 15 bœufs, 13 moutons et 5 porcs, est embarqué : ce sont les animaux vivants qu’on tue au fur et à mesure des besoins. Il est pittoresque de les voir embarquer, le navire semblant s’apprêter à devenir une bergérie flottante. Mais il est nécessaire, en outre, d’amener le long du navire, sur le quai, 2 wagons environ de viande de boucherie, qui sera déposée tout de suite dans les chambres frigorifiques du bord; on a besoin en effet, pour les premiers repas de la traversée, de 200 rognons, 150 langues de bœuf, 550 carrés de côtelettes, 280 gigots, 52 têtes de veaux, 250 pieds de veaux, et la charcuterie complète ce chargement avec 550 pieds de porcs, 50 jambonneaux, 12 petits barils de foie gras, 500 kg de charcuterie diverse.
- La ferme n’était pas complète : on avait les bestiaux, il y manquait les volailles, et l’on en apporte abord 2000 pièces, dont 450 poulets, 400 pigeons, 100 lapins, 250 canards, 50 oies et 40 dindes. On n’oublie pas non plus le gibier, représenté par 700 cailles, 350 perdreaux, 160 grouses et 150 faisans. Si l’on voulait transporter tout cela dans ces grands paniers rectangulaires des marchands de volailles, il faudrait au moins une soixantaine de ces paniers, qui s’accumuleront sur le quai en attendant leur embarquement.
- Comme de juste, l’équipage n’a pas tout à fait le même menu que les passagers; et c’est surtout pour lui qu’on embarque une vingtaine de barils de lard salé, à peu près le chargement d’un wagon.
- Le poisson doit figurer dans le menu, et l’on n’a pas encore songé (pour toutes sortes de causes) à le pêcher en route. On en emporte au moins 3000 kg à l'état frais; puis 150 homards, 400 douzaines
- d’huîtres, 25 kg de crevettes, des harengs saurs pour la nourriture du vulgaire, et des poissons fumés autres pour les tables mieux servies ; si bien que l’approvisionnement en marée nécessite le chargement complet d’un de ces wagons que nous voyons circuler dans les trains de vitesse, et qui apportent le poisson et les coquillages à Paris.
- Les approvisionnements en légumes rappellent, en plus modeste, les arrivages que l’on voit, le soir ou la nuit, gagner les Halles centrales de Paris. Le commissaire du bord doit en effet se procurer à temps plus de 10000 kg de pommes de terre, aliment qui s’impose autant sur la table des premières que dans les postes de l’équipage ; ce sont ensuite quelque 600 kg de carottes, 500 d’oignons, autant de navets, près de 600 de choux-fleurs; l’approvisionnement de haricots représente un poids assez respectable d’un quart de tonne. On mangera durant la traversée 600 artichauts, 500 choux, 250 bottes de poireaux, 500 bottes de radis ! La salade est particulièrement appréciée à la table, ou plutôt aux diverses tables du bord, et l’on embarque modestement 2500 laitues, 600chicorées, 400 esca-roles, 600 romaines. Tout cela réuni ne pourrait certainement pas être transporté par 16 ou 17 de ces voitures de maraîchers qui fréquentent les Halles de Paris. Mais ce ne sont là que des légumes frais; et il faut s’approvisionner encore d’au moins 4000 kg de légumes secs divers. Avec les 2500 kg de macaroni, de nouilles, de pâtes, qui sont également nécessaires pour satisfaire les affamés du bord, on fait à peu près le chargement d’un de ces wagons fermés qui transportent normalement les marchandises sujettes à s’avarier.
- Toutes ces denrées ne sont pas fragiles; mais il n’en est pas de même des 25000 œufs qui doivent prendre place dans les soutes à approvisiopne-ments, dans les garde-manger du bateau. Cela représente une douzaine de ces grandes boîtes en bois blanc que l’on voit chez les marchands des environs des Halles centrales de Paris, et il faudra bien un gros camion pour les apporter. Arrivent maintenant des voitures de marchands de beurre et fromage : ils ont à livrer 1000kg de beurre fin, autant de beurré salé, une tonne également de fromages divers, et aussi une tonne de saindoux. Quatre voitures sont certainém^nt nécessaires à assurer ce transport. Les voici qui s’éloignent pour faire place à un wagon chargé de près de 37 000 boîtes de conserves. Un autre contient 4000kg de sucre, destiné, tant à la pâtisserie et entremets, qu’à sucrer le café, le chocolat, le thé ; pour préparer ceux-ci, on doit embarquer 200 kg de thé, 100 kg de café, 560 kg de chocolat, que nous avons renoncé à faire figurer à côté du navire en partance. Mais ce que nous ne pouvons pas oublier, ce sont les fruits divers, fruits frais, fruits secs, fruits confits : 6000 oranges, 4000 poires, autant de pommes, 15000 kg de fruits secs, 200 pots de confitures, 100 pots de miel ou de marmelade, des flacons
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- EVOLUTION DE LA CHRONOMÉTRIE DE MARINE r-=r-. 67
- innombrables de fruits au jus. En voilà de quoi composer le chargement de 5 à 6 wagons.
- Et si nous passons au liquide, après le solide, nous aurons à énumérer 2220 bouteilles de vin ordinaire, 25000 litres de vin pour l’équipage, 500 de vins de marque, bordeaux ou bourgogne, 1500 bouteilles et autant de demi-bouteilles de champagne, 2000 bouteilles et 1500 demi-bouteilles de bière, 200 bouteilles de vin de liqueurs, 000 de liqueurs et de cognac, 1800 bouteilles et 1500 demi-bouteilles d’eau minérale, 1000 de limonade. Nous passons sous silence les centaines de litres d’huile ou de vinaigre qui sont indispensables pour les assaisonnements, et notamment pour ces milliers de salades dont nous avons parlé. Pour amener à quai la cave du grand transatlantique, il faudra au moins 0 à 10 de ces voitures de livrai-
- sons à 2 chevaux qu’on voit circuler dans Paris, pour satisfaire aux commandes de la clientèle.
- Avant de finir, nous citerons enfin le lait appelé à tant d’usages divers, et qui tiendrait à grand’peine dans un de ces immenses wagons réservoirs qu’on voit circuler sur les voies ferrées pour le transport des vins et alcools.
- Quelle cohue, quel encombrement si tous ces approvisionnements devaient arriver simultanément sur le quai, comme nous avons essayé de le faire figurer, pour être embarqués dans les flancs du puissant navire ! En fait, on doit procéder méthodiquement; et ce n’est pas unedes moindres tâches du commissaire du bord, que de présider à l’embarquement graduel de tout ce qui doit assurer l’alimentation des habitants de cette véritable ville flottante.
- Henry Hougeois.
- L’ÉVOLUTION DE LA CHRONOMÉTRIE DE MARINE
- Tout évolue, ici-bas. Les choses qui, il y a un demi-siècle, auraient paru le plus invraisemblables nous semblent aujourd’hui toutes naturelles et nous nous demandons comment nos ancêtres ont bien pu se passer du chemin de fer, du télégraphe, du téléphone et d’un tas d’autres commodités qui nous sont maintenant absolument indispensables.
- Pour avoir été un peu lente; l’évolution de la chronométrie de précision n’en est pas moins remarquable.
- Elle est en tout cas moins connue du grand public et il n’est pas sans intérêt d’en indiquer les grandes lignes.
- La chronométrie de précision est essentiellement représentée par le chronomètre de marine dont la perfection de la fabrication se présente comme merveilleuse. Tout le monde connaît la forme du chronomètre de marine moderne, représenté par la figure.. 1. Suspendu à la cardan dans une boîte d’acajou, de 180 mm de côté, voici ses dimensions. Le diamètre du tambour-enveloppe mesure sur la lunette du cadran 150 mm. Le diamètre propre du mouvement est de 120 mm.
- Son épaisseur totale dans le tambour est de 74 mm. Le poids sans la suspension est de 2 kg. Et l’ensemble dans la boîte, tel que le montre la figure, pèse 4 kg 100. Le chronomètre de marine d’autrefois — il y a seulement 150 ans — était tout à fait différent. Si vous voulez en voir des échantillons, transportez - vous au Conservatoire des Arts et Mé-' tiers et vous serez stupéfaits de constater que les chronomètres de marine de Berthoud, — de ce Berthoud que deux Comités viennent de glorifier récemment, — étaient des mécaniques nécessitant pour leur manipulation la présence de deux hommes robustes.
- Je dois à la grande obligeance de M. Paul Ditisheim, l’éminent chrono-m étrier de la Chaux-de-Fonds, la communication des deux photographies qui ont servi à établir les figures 2 et 3 représentant deux de ces chronomètres du passé. La figure 2 montre, d’après Berthoud lui-même, son horloge marine n° 8 qui fut expérimentée de 1768 à 1772 sur Ylsis et le Flore. Cette horloge permit de ’ déterminer la longitude de Ténériffe, par deux observations espacées de 144 jours, à 1/8 de degré près.
- La figure 5 représente l’horloge marine n° 12 de Berthoud. On voit' que le système est à poids. Le diamètre du mouvement est de 165 mm et sa hau-
- Fig. 1. — Le chronomètre de marine du présent.
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- 68 - "-= ÉVOLUTION DE LA CHRONOMÉTRIE DE MARINE
- leur de -440 mm. Le poids en est de 25 kg. Avec la boîte extérieure il atteint 55 kg. On voit qu’un chronomètre de marine n’était alors guère portatif1.
- Fig. 2. — Le chronomètre de marine du passé. L’horloge n” 8 de Berthoud.
- Les principes qui avaient guidé Berthoud dans la construction de ses horloges marines, et qu’il a exposés tout au long dans un gros ouvrage in-quarto, ne sont pas ceux qui ont prévalu dans la construction après ses premiers essais.
- De l’aveu unanime les vrais principes de la chronométrie ont été posés par Pierre Le Roy, « le plus illustre des horlogers français », dit avec raison le savant M. Rambal, de Genève, et auquel personne n’a songé encore à rendre un hommage mérité. C’est en effet Pierre Le Roy qui découvrit les conditions d’isochronisme du spiral, la compensation et l’échappement libre qui soustrait les organes réglants à l’action directe de la force motrice2.
- En Angleterre Harrison réalisa de son côté l’ceu-
- 1 Berthoud a cependant construit des horloges moins volu-
- - mineuses, à ressorts, mais il avait une prédilection marquée pour l’horloge à poids. 1
- 2 Malgré ces avantages, le chronomètre publié par Pierre Le Roy en 1776, de formai très réduit, ne l'ut pas adopté par la Marine, les imperfections de détails dans l’application des principes nouveaux n’ayant pas permis à l’appareil de marcher avec une précision suffisamment constante, ainsi que cela résulte du jugement de l’Académie des Sciences. Ce fut Berthoud qui devint l’horloger de la Marine. Cela n’enlève du reste rien à la gloire de Pierre Le Roy dont le chrono-
- vre que Berthoud et Le Roy avaient entreprise en France.
- Après ces trois artistes, les perfectionnements de la construction se suivirent rapidement. Miidge Arnold, Earnshaw en particulier firent laire de grands progrès à la fabrication.
- Lorsque le chronomètre de marine eut atteint sa forme délinitive les efforts des constructeurs se portèrent sur la compensation des effets de la température. L’Anglais Dent, ayant constaté qu’un balancier compensateur ordinaire laisse subsister une petite erreur, qui se manifeste par un « retard aux extrêmes », fut le premier qui essaya de compenser cette erreur par un système auxiliaire de compensation. •
- Depuis lors de nombreux essais ont été faits dans ce sens et certains balanciers de chronomètres sont
- devenus de véritables échafaudages de pièces dont les actions concordantes ou discordantes ont donné des résultats plus ou moins pratiques.
- Un progrès considérable est celui qui a été réalisé ces années dernières par l’introduction dans la construction des balanciers de l’acier au nickel dont les propriétés ont été si remarquablement mises en lumière au point de vue chronométrique par M.
- C.-E. Guillaume.
- L’acier au nickel a permis de réaliser beaucoup mieux qu’aupa-ravant la compensation auxiliaire au moyen de balanciers simples.
- On sait que les chronomètres de marine emploient comme échappement un système très délicat, l’échappement à détente. On aurait pu croire que, en possession d’état depuis de longues, années, l’échappement à détente — qu’on emploie également quelquefois dans les
- montres de précision — ne serait pas détrôné, ou du moins ne le serait pas avant longtemps.
- Fig. 5. — Le mouvement de l'horloge n° 12 de Berthoud.
- mètre est maintenant reproduit dans le Catalogue du Conservatoire (Fascicule III. Géométrie, Astronomie et Instruments de Mesure).
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- EVOLUTION DE LA CHRONOMETRIE DE MARINE
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- Pourtant il est précisément en ce moment en train de voir sa réputation sérieusement menacée par le vulgaire et robuste échappement à ancre qui règne déjà souverainement dans la chronométrie civile.
- Au cours de ces dernières années P échappement à ancre a fourni des performances véritablement extraordinaires. M. Paul Ditisheim, en 1902 et 1905, a employé cinq montres à ancre à la détermination de la différence de longitude de Paris à Neufehâtel. L’erreur moyenne des résultats obtenus paraît être certainement inférieure à deux dixièmes de seconde. Si l’on compare résultat à celui enregistré par Bréguet, au commencement du siècle dernier, avec un chronomètre de marine dont la variation n’avait pas été de plus d’une minute en six mois, — perfection inconnue avant lui — on se rend compte que le chronomètre de petit format, à peine plus gros qu’une montre ordinaire, a maintenant l’avenir devant lui.
- Ce chronomètre porte le nom de montre de bord ou de montre de torpilleur (deck-watclî, torpedo-boat-wa(ch). Notre ligure 4 permet de le comparer aux pièces dont nous venons de parler. Elle représente une des pièces exécutées par M. Ditisheim et qui ont l’an dernier remporté un magnifique succès à Washington, devançant les chronomètres à suspension des meilleurs constructeurs américains.
- Le diamètre extérieur de la boîte n’est que de 60 mm, son épaisseur de 17 mm 6 et le poids total de 215 grammes.
- J’ai relevé dans le graphique de la figure 5, d’après le Rapport du Surintendant de T Observatoire naval des ÉtatSrUnis pour l’année finissant au 50 juin 1906, les marches moyennes diurnes de la première montre de torpilleur classée et celles correspondantes du premier chronomètre neuf à suspension, sorti des
- 1 11 n’est pas inutile de faire remarquer que les signes portés sur le graphique n’ont pas d’importance. Les marches journalières sont données par comparaison entre l’heure de la pièce observée et l’heure de l’observatoire. La qualité de la
- Fig. i.
- Le chronomètre de marine de l’avenir
- ateliers du constructeur Bliss. Les épreuves pour les deux séries de pièces sont absolument identiques. Elles ont duré du 10 janvier au 11 juin 1906 et ont été résumées semaine par semaine. Les températures sont indiquées en degrés Fahrenheit au-dessous de chaque ordonnée pour chacune des 20 semaines.
- La simple inspection de ce graphique est suggestive.
- On voit immédiatement que les marches de la montre de torpilleur (torpedo-hoat-watch) sont beaucoup plus serrées que celles du chronomètre à suspension.
- Les marches de celui-ci sont comprises entre deux lignes droites embrassant plus de 2 secondes (0,07 et 2,17) tandis que celles de la montre se tiennent entre deux lignes à peine espacées d’une demi-seconde (1,98 et 1,27)l.
- . Si l’on se reporte aux températures d’expérimentation on ne peut manquer d’être frappé de la régularité de l’allure de la montre tandis que la marche du chronomètre présente une' série de soubresauts sans aucun rapport avec les variations de température.
- Dans la partie droite du graphique, qui représente les marches à la température ambiante, la montre s’est également mieux conduite que le chronomètre. La marche est restée parfaite pendant six semaines
- consécutives. Il
- trxi/. <£r.,
- Fig. 5. — Marches du premier chronomètre de marine M, et de la première montre de torpilleur T au concours de Washington en 1S0G : 20 semaines d’observation du 10 janvier au 11 juin.
- faut noter que, pendant les 11 semaines d’exposition à la température ambiante, l’orientation des pièces a changé chaque semaine passant successivement aux quatre points cardinaux.
- Si l’on tient compte de ce fait que la montre, dont nous venons d’analyser sommairement la marche, ne constitue pas une exception et que six de ses pareilles ont obtenu des numéros de classement inférieurs2 au premier chronomètre neuf américain classé, on
- pièce observée dépend donc uniquement des écarts entre elles des diverses heures consécutives relevées.
- 2 Je dis inférieurs, car les nombres de classement augmentent à mesure que la valeur des pièces diminue.
- Températures en degrés Fahrenheit
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- 70 , :i LES POUDRES B
- reconnaîtra que la montre de torpilleur a maintenant fait ses preuves et que c’est de son côté que nos chronométriers doivent désormais tourner leurs regards, leurs efforts et leurs espoirs.
- Plusieurs paraissent d’ailleurs avoir pris résolument leur parti de cette situation.
- Le Rapport du Surintendant de l’Observatoire naval américain nous montre, en effet, qu’à côté de M. Paul Ditisheim dont neuf des montres ont été acquises par le Gouvernement américain, M. Paul Nardin, du Locle, a eu également 5 pièces classées, et notre compatriote Louis Leroy deux. La maison Pateck Philippe, de Genève, fermait la marche dans ce tournoi qui fut particulièrement brillant.
- Ces constructeurs sont parfaitement pénétrés de cette vérité exprimée récemment par M. Lebeuf, le très dévoué directeur de l’Observatoire de Besançon, auquel la chronométrie bisontine doit tant —- à savoir que « le chronomètre de poche, de torpilleur ou de bord fera chaque année une concurrence plus vive à son aîné le chronomètre de marine dont la période de grande production paraît à son déclin )). Ils suivent le conseil que leur donne le distingué savant dans cette phrase qui peint la situation : « L’avenir semble appartenir à l’horlogerie de petit format, facilement portative; c’est à l’artiste avisé d’en tenir compte dans ses travaux ».
- L. Reveuciiox.
- LES POUDRES B
- L’explosion du Iéna, la double enquête parlementaire chargée d’en rechercher les causes, et dont les travaux viennent d’être publiés in extenso par le Journal officiel, ont attiré sur nos poudres militaires l’attention générale. Il est malheureusement assez difficile de s’orienter au milieu des assertions contradictoires, des affirmations sans preuves, des exposés incomplets, qui abondent dans les dépositions des divers témoins entendus par les Commissions d’enquête. Le public se trouve aujourd’hui initié à la question des poudres de guerre, par les extraits que les divers journaux ont donnés de ces débats; mais le choix n’en a pas toujours été dicté par des considérations purement scientifiques et bien souvent ces publications ont plutôt pour résultat d’égarer l’opinion que de là guider.
- M. Moureu, professeur à l’École supérieure de pharmacie, vient de publier une remarquable mise au point de cette délicate question. Nous allons examiner avec lui le mode de fabrication et d’essai de nos poudres B. Rappelons d’abord l’article paru dans La Nature (n° 1780, .6 juillet 1907) et relatif à l’influence de la température sur la conservation des poudres B; nous n’aurons rien à ajouter sur ce point.
- Les poudres sans fumée, dites poudres B, actuellement en usage dans l’armée et la marine, sont constituées par du coton-poudre gélatinisé au moyen d’un mélange d’alcool et d’éther, et additionné d’alcool amylique qui en favorise la conservation. On fabrique d’abord le coton-poudre dans deux usines spéciales, au Moulin Blanc et à Angoulême. De là, il est réparti entre les quatre usines de Sevran-Livry, Ripault, Saint-Médard et Pont-de-Buis, où il sera soumis au traitement convenable pour en faire de la poudre B.
- Le coton-poudre ou fulmi-coton, s’oblient en traitant le coton par l’acide azotique, additionné d’acide sulfurique et lavant ensuite à fond le produit obtenu.
- Quels que soient les soins apportés à cette fabrication, les nitrocelluloses ainsi obtenues sont toujours instables et se décomposent à toutes températures en donnant de l’acide carbonique, de l’oxyde de carbone, de l’azote, du protoxyde d’azote, du bioxyde d’azote, du méthane et de l’hydrogène. C’est là, il faut le retenir, une véritable fonction normale du coton-poudre, une loi chimique inéluctable. Du reste, de ces produits de décomposition, trois seulement sont nuisibles à la conservation des .approvisionnements : les acides azoteux, azotique et le bioxyde d’azote; ce dernier, au contact de l’air, donnera à son tour des acides azoteux et azotique ; ces acides
- attaquent progressivement la matière organique, les réactions s’accélèrent et la masse entre en décomposition nitreuse. Il importe donc d’avoir dans la substance des éléments capables de fixer ces corps acides, si dangereux. Dans les cotons-poudres conservés en approvisionnement à l’état humide et attendant d’être utilisés à la confection des poudres, on a l’habitude de laisser une faible proportion de carbonate de chaux, chargé de remplir ce rôle neutralisant.
- Il est de première nécessité, avant d’employer le fulmi-coton, de pouvoir déterminer quelle est sa stabilité. En France, deux épreuves sont en usage : dans l’épreuve à’Abel, 1,3 gr. de coton-poudre, renfermant de 1,2 à 1,3 pour 100 d’humidité, est placé dans un tube à essai; au-dessus de lui est suspendu dans ce tube un papier à l’iodure de potassium amidonné, imprégné sur une moitié de sa longueur d’une solution aqueuse de glycérine. On chauffe au bain-marie à 65°,5; les produits nitreux de décomposition bleuiront la partie non glycérinée du papier et feront apparaître une ligne brune de démarcation entre les deux moitiés du papier; le temps qui s’écoule entre le moment où l’on met le tube dans le bain et celui où apparaît cette ligne brune peut être considéré comme une mesure de la stabilité de la poudre. En France, on exige pour les cotons-poudres employés à la confection des poudres B, un minimum de 20 minutes. Cette réaction très sensible, peut être malheureusement masquée par des traces infinitésimales d’une matière étrangère et l’essai n’est plus probant; L’épreuve dite à 110°, moins délicate, donne des résultats plus sûrs. On chauffe à 108°,5 2,5 gr. de coton-poudre à 1 ou 2 pour 100 d’humidité jusqu’à rougissement d’un papier sec de tournesol bleu.
- Le coton-poudre, envoyé aux fabriques de poudre B, renferme 30 pour 100 d’eau; cette masse assure la sécurité des transports. On élimine cette eau en la déplaçant au moyen d’alcool à 95°, dans des turbines spéciales. Puis le coton-poudre desséché est introduit dans des pétrins mécaniques, additionné de la quantité voulue du dissolvant alcool, éther, et d’un peu d’alcool amylique, ensuite malaxé, et enfin comprimé et découpé en brins de dimensions appropriées au but réservé à l’explosif. On élimine l’excès' de dissolvant dans une étuve à 55°.
- Les poudres B sont instables ; ce fait, mis en lumière par l’explosion du Léna, n’a rien de surprenant et a été connu de tous temps par les praticiens. Ce qui importe,
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- = LA PANTHÈRE DANS LA
- c’est de connaître les conditions qui peuvent accentuer ou diminuer cette instabilité, c’est surtout de savoir au bout de combien de temps une poudre, conservée dans des conditions déterminées, peut devenir dangereuse. On conçoit fort bien qu’il faille des années d’expériences continues pour arriver à un tel résultat, et sur ce point, la France, qui a précédé de beaucoup les autres nations dans l’étude et l’adoption des poudres nitrées, a une avance indiscutable de plusieurs années.
- La température joue un rôle capital dans la conservation des poudres B. Nous ne reviendrons pas sur ce sujet traité dans l’article précité.
- Comment retarder leur décomposition lente, mais continue? Les produits nitreux qui se dégagent du fulmi-coton restent incorporés à la poudre, masse compacte, et v jouent un rôle plus néfaste encore que dans le cas du coton-poudre seul. Aussi laisse-t-on toujours dans les poudres, pour neutraliser ces produits, quelques centièmes de dissolvant résiduel; l’alcool amylique se volatilisant moins vite que l’alcool éthylique, c’est cette raison qui l’a fait incorporer au mélange dissolvant. L’expérience du reste a prouvé que ce choix était parfaitement justifié.
- Il importe essentiellement de pouvoir déterminer à tout moment le degré de stabilité d’une poudre B en approvisionnement. C’est l’objet de l’essai Vieille ou essai à 110°. Dans un tube de verre, on met 10 gr. de poudre, qu’on entoure d’une feuille de papier sec de tournesol bleu. Le tube, hermétiquement fermé, est chauffé à
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- 108°,5 jusqu’à rougissement du papier. Cet essai a duré un certain nombre d’heures. On abandonne alors la poudre quelque temps à l’air; puis on la soumet à un nouveau chauffage à 108°,5 avec un nouveau papier de tournesol qui rougit encore au bout d’un certain nombre d’heures, et ainsi de suite ; on fait une série d’essais que l’on arrête lorsque la durée du dernier chauffage est inférieure à une heure. On additionne les durées de ces épreuves et l’on obtient un chiffre qui constitue la résistance de la poudre a 110°. Cet élément n’a, en apparence, aucun intérêt pratique. Mais une longue suite d’expériences a prouvé qu’une heure de résistance à 110° correspond à 1 jour de résistance à 75°, à 1 mois à 40°.
- On a donc un moyen relativement précis d’apprécier la durée qu’il faut attribuer à la conservation probable d’une poudre en service. En affectant encore d’un coefficient de sécurité les résultats déduits des épreuves ci-dessus, on voit que l’on peut arriver à fixer la durée de service des poudres B, avec la quasi certitude d’éviter tout accident.
- Citons, pour terminer, la conclusion de M. Moureu sur les poudres B : « Nous estimons qu’aucune autre poudre, française ou étrangère, ne présente à l’heure actuelle pareils quartiers de noblesse. Loin de nous, certes, la pensée que rien ne peut surpasser les poudres actuelles à l’alcool amylique. Malheureusement, si les expériences, faites jusqu’à ce jour, peuvent faire concevoir l’espoir de faire mieux, elles sont encore trop peu avancées pour permettre des conclusions certaines. »
- LA PANTHÈRE DANS LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE
- Il existe entre le léopard et la panthère une si grande ressemblance, que les zoologistes modernes .n’ont pu encore établir les caractères spécifiques distinguant ces
- 1 Le mot grec est pardalis qui ordinairement signifie léopard. Mais comme Pline applique à,la panthère presque tout ce qu’Aristote raconte du léopard, nous emploierons
- animaux dans lesquels les uns voient des espèces différentes, les autres de simples variétés1. Oppien2 les divisait en deux espèces : l’une grande, l’autre plus petite mais non moins vigoureuse. Les deux sont semblables de indistinctement le mot léopard et celui de panthère. — 2 OrriANi. De Yenalione. Lib. III.
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- forme et brillantes des mêmes beautés. Elles ont le corps allongé, les cuisses charnues, les oreilles petites, des yeux étincelants d’un vert doré.
- Leur pelage, fauve clair, est parsemé de roses formées, chacune, d’une tache cèntrale rougeâtre, entourée soit d’un filet noir, soit de quelques points de même couleur disposés en cercle. Le ventre et le museau sont d’un blanc pur; la démarche est souple. Elles ne diffèrent entre elles que par la queue plus longue chez les petites panthères que chez les grandes. Cette distinction se trouve justifiée par le nombre de 28 vertèbres dont se compose la queue de la petite panthère, tandis que celle de la grande n’en possède que 22.
- Le léopard est d’une férocité extrême et sa fureur ne connaît point de bornes. La perfidie de ses attaques, l’agilité avec laquelle il grimpe aux arbres en rendent la chasse plus dangereuse que celle du lion.
- Pour expliquer une nature si malfaisante et si cruelle, on racontait que le léopard naît toujours le cou entouré d’un serpent qui le mord et se nourrit de sa chair, mais sans le faire périr1. Ce félin est si prompt à la course, qu’en le voyant bondir on croirait le voir voler à travers les airs. Le prophète Habacuc, voulant donner une idée de la vitesse 1 Eldemitu. Hist. des anim. Du léopard. —2 Habacuc, I, 8.
- des chevaux chaldéens, dit qu’ils sont plus rapides que les léopards2. Son genre de vie étant plutôt nocturne, c’est à la faveur des ténèbres que la panthère rôde autour des habitations pour chercher sa proie. Elle se nourrit d’antilopes, de daims, de chèvres, de brebis et fait aux singes, qu’elle poursuit de branche en branche, une guerre acharnée.
- D’après Ilorapollon, la panthère est l’image de l’homme qui cache sa malice pour n'être point connu des autres hommes3. De son côté, Pline raconte que tous les quadrupèdes sont attirés par l’odeur qu’elle exhale, mais effrayés par l’aspect farouche de sa tête, aussi a-t-elle soin de la cacher pour mieux pouvoir les saisir4. Si l’on en croit Démétrius le naturaliste, malgré sa férocité, la panthère serait quelquefois capable de reconnaissance. Il raconte qu’un certain Phileus rencontra à l’improviste une panthère couchée au milieu du chemin. Pris de frayeur, il voulut s’enfuir, mais l’animal se roulant autour de lui, le tira doucement par ses vêtements et le conduisit au bord d’une fosse où étaient tombés ses petits. Comprenant ce qu’on lui voulait, il retira les petits de la fosse et la panthère, bondissant de joie et d’allégresse, le reconduisit au delà du désert sans lui faire — 3 IIorapollon. Liv. II, 84. — 4 Hist. nat. Liv. VIII, 23, 1.
- Fig. 3. — Prêtre couvert d’une nébride en peau de panthère.
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- = LA PANTHERE DANS LA CIVILISATION EGYPTIENNE
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- Fig. .1.
- Médaille d’Adrien.
- aucun mal1. Ce félin redoutable habite, aujourd’hui, les forêts de l’Afrique ; il est surtout commun en Abyssinie, dans le Sennaar et le Kor-dofan. Dans l’antiquité, il fréquentait les mêmes régions où il était plus répandu que de nos jours. Fréquemment amené en Égypte, les monuments anciens de ce pays nous en offrent de nombreuses reproductions. On le nommait abi. Voici une peinture thébaine représentant un habitant de Méroé porteur d’une branche d’ébène moucheté, l’un des produits imposés par les Pharaons, et tenant en laisse un magnifique léopard apprivoisé (fig. 0). Un commentaire de ce curieux tableau nous est fourni par le passage de Sfrabon où il raconte que l’Ethiopie méridionale nourrit des léopards d’une force prodigieuse, et qu’on le chasse à Méroé, île où poussent le palmier, le perséa, l’ébénier 2.
- Les Éthiopiens avaient plusieurs manières de le prendre.
- Dès le matin, se rendant par bandes à proximité des endroits où il y avait de l’eau, ils se plaçaient en observation sur les arbres. Lorsque, exténués de soif, alourdis par la chaleur, presque incapables de se mouvoir, les panthères et d’autres animaux féroces venaient se désaltérer, les chasseurs descendaient de leurs cachettes et les massacraient à coups de bâtons durcis au feu, avec des pierres ou avec des flèches. Suppléant, le plus souvent, à la force par la ruse, ils étaient rarement dé-
- Fig. 6.
- Léopard apprivoisé conduit
- par un Éthiopien. (Peinture thébaine.
- Fig. 5.
- Médaille de Faustine.
- sons, mais beaucoup plus petites et au milieu desquelles on dressait un tronc de chêne auquel était suspendu un chien dont une courroie serrait fortement les jambes. La douleur lui faisait pousser des hurlements aigus qui ne tardaient pas à attirer la panthère du fond des bois. Celle-ci, sans méfiance, s’élançait sur J a proie et tombait au fond du gouffre 4.
- Prise en bas âge, la panthère s’apprivoise facilement, elle est douce, patiente, aime à être caressée. La peau de léopard, très recherchée de nos jours, ne l’était pas moins dans l’antiquité ; d’après Strabon, les Maurusii et tous les peuples compris sous la dénomination de Libyens MA A s’en servaient en guise de manteaux et de couvertures8.
- En raison de son utilité, les Pharaons l’imposaient, comme tribut, aux peuplades du sud de l’Égypte, aussi n’est-il point rare de voir des dépouilles de ces animaux avec des monceaux des plumes d’autruches, par de noirs Ethiopiens
- (fig- 7).
- Au temple de Deïr-el-Bahari, entre autres produits du pays de Pount, figure un las de nébrides au-dessus desquelles une inscription nous apprend que ce sont des « peaux de panthères en très grand nombre ». -
- Un tableau lliébain nous montre un atelier de tanneur où des ouvriers travaillent des peaux de panthères et les
- vorés, quelque robustes que fussent les fauves 5.
- Un autre moyen moins dangereux consistait à creuser, comme pour le lion, des fosses dissimulées par des buis-
- 1 Pline. Hist. nat., liv. VIII, 21, 6. — 2 St'rabon. Liv. XVII, ch. n. — 3 Diodoke de Sicile. Liv. III, ch. xxiv.
- P- Hippolyte-Boussac dë]
- apprêtent avec le soin spécial que comporte leur destination future; on y voit nettement indiquées diverses opérations (fig. 2).
- 4 Oppiani. De Venatione, lib. IV. — 5 Strabon. Liv. XVII, chap. ni. .
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- 74 LA PANTHERE DANS LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE
- Pour débarrasser les peaux des corps étrangers, capables de nuire à l’absorption du tanin, on les mettait d’abord à tremper dans un vase d’eau, contenant probablement une solution d’alun. L’ouvrier debout, dans le bas du tableau à droite, est en train de les retirer du liquide pour les exposer à l’air et les faire sécher. Une fois bien égouttées, le second individu, placé derrière le premier, les a étendues sur une planche où, avec un couteau arrondi, il les frotte, cherchant à égaliser le grain, faire disparaître les chairs restées adhérentes. A la suite d’un second lavage, les cuirs, déposés dans le tanin, y restaient de deux à trois mois environ. En les sortant des fosses, on les soumettait au battage afin de leur donner la souplesse, l’élasticité convenables.
- C’est à ce travail que se livre l’ouvrier assis à droite, dans le haut du tableau. Armé d’un pilon, formé d’une tige à crans et d’une demi-sphère en pierre ou en métal, il l’agite dans le récipient où sont les cuirs à fouler.
- Enfin le quatrième personnage nous est présenté faisant subir aux peaux leur dernier apprêt avant d’être livrées au commerce. L’une d’elles, entièrement parachevée, est étendue au milieu de la composition.
- On employait ces peaux à des usages multiples.
- Les unes servaient à recouvrir des boucliers.
- D’autres,‘posées sur la tête des chevaux du roi, constituaient, en même temps qu’une élégante parure, un préservatif contre les ardeurs du soleil.
- Nous voyons encore la peau de panthère portée par les prêtres (fig. 3) comme vêtement sacré et par le pharaon lui-même.
- Dans les scènes religieuses, ces diverses nébrides sont traitées par les peintres, de façons très variées. Tantôt ils les ont stylisées, formant les roses d’une tache rouge entourée de points noirs disposés avec une symétrie parfaite; quelquefois, au contraire, leur exécution ferait plutôt songer à nos modernes impressionnistes.
- Dans les grandes panégyries, le roi brûlant des aromates à la face des dieux, le grand-prêtre conduisant la théorie sacrée et les hiérophantes portant la barque du soleil sont généralement parés de nébrides constellées d’étoiles d’or.
- Joignant à la splendeur de sa robe, à la grâce féline de
- ses mouvements, une nature perfide et cruelle, la panthère ne pouvait manquer, par ces contrastes, d’attirer l’attention de l’homme; les Grecs lui attribuèrent une origine surnaturelle et en firent la compagne de Dionysos, père de la joie et de la volupté.
- Ces animaux, aujourd’hui d’une férocité extrême, étaient jadis des femmes charmantes, couronnées de pampres et de fleurs, buvant à longs traits la liqueur de Bacchus et, vouées à son culte, célébrant joyeusement ses fêtes triennales. C’est pour venger le Fils du Tonnerre1 d’un outrage qu’il reçut de Penthée, lequel, méconnaissant sa nature divine, le voulait faire charger de chaînes, qu’elles supplièrent le dieu de métamorphoser l’impie en taureau et elles-mêmes en bêtes cruelles armées d’ongles terribles, afin de pouvoir le déchirer. Bacchus exauça leurs vœux et, changeant ses nourrices en panthères, celles-ci mirent Penthée en pièces sur les montagnes. Ne doutant nullement de la véracité de ce récit, les anciens croyaient la panthère passionnée pour le vin et racontent de quelle manière les chasseurs de la Libye tiraient parti du penchant de cet animal pour s’en emparer. Après avoir choisi, dans un terrain vaste et aride, une source peu abondante, dont l’eau coulait goutte à goutte et semblait séjourner sur le sable, ils allaient, pendant la nuit, y mêler du vin excellent et se couchaient, non loin de là, enveloppés de peaux de chèvres. Lorsque, au lever de l’aurore, les panthères venaient se désaltérer, attirées par l’odeur du vin, elles en buvaient avec avidité. Un moment après on les voyait bondir, courant les unes après les autres, comme des jeunes filles formant un chœur de danse. Peu à peu, leur démarche se faisant plus pesante, elles ne tardaient pas à tomber vaincues par le sommeil et devenaient ainsi, facilement, la proie des chasseurs2.
- Indépendamment de ces fables, inventées sur la panthère, Aristote, de son côté, raconte que lorsque ce carnassier a, par hasard, avalé le poison appelé « la mort aux panthères », il cherche à se guérir en absorbant des
- 1 Nom que l’on donne parfois à Bacchus, comme étant, fils de Jupiter, le maître de la foudre. — 2 Oppiani. De Verni tione. Lib. IV.
- P- Hippoly te -Boussac ciel-
- Fig. 7. — Nègre porteur de tributs. Peinture tirée d’un tombeau de la xviii” dynastie.
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- LA PANTHERE DANS LA CIVILISATION EGYPTIENNE
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- excréments humains, remède qui, au contraire, tue le lion. Connaissant cette particularité, les chasseurs suspendent à un arbre ces excréments, renfermés dans un vase, pour attirer l’animal et l’empêcher de s’en aller plus loin; celui-ci, en effet, saute après le vase espérant l’atteindre et ne tarde pas à mourir à la peine1.
- Dans la religion pharaonique, la panthère n’avait point, à proprement parler, un caractère sacré, mais nous la trouvons en rapport direct avec Osiris, personnification du soleil défunt.
- « Pur écoutant la panthère » était le nom de la dix-huitième porte de l’Amenti; et au chapitre cxlv du Livre des Morts, faisant sans doute allusion à la né-bride de l’officiant : « 11 y a pour moi une griffe de panthère2 », s’écrie le défunt.
- Dans les mythes de l’Asie, le léopard joue un rôle analogue, mais plus accusé, ayant plusieurs des caractères du lion considéré comme soleil caché; quelquefois même il se confond avec lui5.
- Une tapisserie, inspirée d’une scène antique et remontant à peine au vu6 siècle de notre ère, nous montre, substitués au lion, deux léopards affrontrés et divers symboles empruntés aux doctrines de Zoroastre; l’aigle, le pyrée (autel du feu), le hom, arbre sacré des Chal-déens, etc., le tout interprété dans le style persan (fig. 1). Enfin, en Grèce, nous voyons la panthère consacrée à une divinité que les Grecs assimilèrent à Osiris, c’est-à-dire Dionysos4 qu’elle accompagne dans ses marches triomphales, épouvantant les pirates, les mettant en fuite.
- Une idée superstitieuse était, semble-t-il, attachée à la peau de panthère, car on la rencontre faisant office de talisman. Dans sa prise d’Ilion, Sophocle raconte que la dépouille d’une panthère fut placée devant la porte d’Anténor pour montrer que sa demeure devait être respectée5. Si l’on en croit Athénée, seize panthères apprivoisées figuraient dans le cortège triomphal organisé à Alexandrie par Ptolémée Philométor6, et dans l’Inde, ces animaux faisaient partie des processions solennelles qui avaient lieu les jours de grande fête7.
- 1 Aristote. Hist. des anim. Liv. IX, ch. vu, § 3. — 2 Ch. cxlv, 1. 19-63. — û Gubernatis. Mythologie zoologique, trad. franc., t. II, p. 168. — 4 Voir plus haut.
- — 5 Strabon. Liv. XIII, ch. i, 53.
- Fig. 9. — Collier d’or. (Peinture thébnine.)
- Les artistes de la vallée du Nil ont traité ce félin d’une manière tout à fait remarquable. Les beaux léopards sculptés en bas-reliefs au temple de Deïr-el-Bahari, peuvent, sans contredit, être considérés comme ce qui a été produit de plus parfait dans ce genre de travail.
- Par sa forme et la couleur bigarrée de sa robe, la panthère se prête à mille combinaisons ornementales dont les Égyptiens surent tirer un grand parti.
- En orfèvrerie, ils nous ont laissé des têtes de panthères, habilement ciselées, servant d’agrafe aux néhrides d’apparat ou de fermoir à de riches colliers (fig. 9). Des vases d’or, aux anses faites de deux léopards dressés sur leurs pieds de derrière, constituent des œuvres d’art d’une élégance rare (fig. 8). Quelques tapisseries coptes nous offrent également la panthère dans des poses variées, mais ce ne sont que de grossières interprétations rappelant, d’une manière très . imparfaite, les belles images qui nous furent léguées par la période pharaonique.
- Des médailles romaines frappées en Égypte, les unes sous le règne d’Adrien, les autres au temps de Faustine jeune, portent un léopard en effigie. Les premières (fig. 4) montrent ce félin passant à droite, la tête tournée en sens inverse; sur les secondes, il est représenté allant à gauche, la tête vue de face; un vase est placé devant luis (fig. 5).
- A Rome, un sénatus-consulte défendait d’apporter en Italie des panthères d’Afrique. Cn. Anfidius, tribun du peuple, le fit casser par l’Assemblée et il permit d’en importer pour les jeux de l’amphithéâtre. Scaurus fut le premier qui, à l’occasion de son édilité, en fit paraître 150 dans le cirque, Pompée en montra 410 et Auguste 4209.
- Le léopard tient une grande place dans notre moyen âge durant lequel il a, surtout dans le blason, joué un rôle considérable ; seul ou agencé avec d’autres figures héraldiques, on le rencontre fréquemment dans les armoiries.
- P. Hippolyte Boussàc.
- 6 Banquet des savants. — 7 Strabon. Liv. XV, ch. i, 69. — 8 Zoëga. Numi Ægyptii, p. 112, n° 138, L I A, lab. VI, p. 229, n° 62, L K F, tab. 16. — 9 Pline. Hist. nat. Liv. VIII, 24, 1.
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- Il n’est point nécessaire d’ètre très versé en géographie pour connaître ce nom de Key West : c’est une « voie » indiquée couramment dans les transmissions télégraphiques sous-marines, c’est un îlot, appartenant politiquement aux Etats-Unis, mais tout à fait au large de leur littoral. Reclus a qualifié pittoresquement Key West de gardienne des passages qui font communiquer l’Océan et le Golfe du Mexique; les Américains y ont fondé une ville considérable, créé des défenses militaires, cet écueil étant un lieu d’escale tout indiqué, et se trouvant relié par un cahle sous-marin à La Havane, avec laquelle il entretient des relations suivies. Ce nom de Key West est la transformation, en une désignation anglaise qui n’est point une traduction, du nom espagnol « Cayo Hueso », Caye ou récif de l’Os. Les cayes sont extrêmement nombreuses dans cette mer, entre la Floride méridionale et les parages de Cuba, et la côte Orientale de Floride se prolonge jusqu’aux Tortugas et aux Marquesas par une chaîne de cayes de l’effet le plus caractéristique sur la carte. Ce sont des formations corallifères sur lesquelles nous ne saurions insister, mais qui offrent cet intérêt de se développer en une courbe immense, sur une longueur de 250 kilomètres environ et une largeur de 25, tantôt émergeant, tantôt préparant des atterrissements sur lesquels la profondeur d’eau n’est généralement pas grande, ainsi que nous allons
- le voir. On dirait que la nature a voulu jeter un pont, une digue, entre la Floride et les Antilles, en se trompant un peu sur la direction, et en laissant son œuvre inachevée. C’est-pourquoi les Américains ont eu l’idée de profiter de cette subslruction et de la compléter, tout au moins jusqu’à Key West, en établissant une voie ferrée que nous pouvons appeler marine, et qui aura cet avantage d’abréger dans des proportions considérables la traversée de Cuba, et même de toutes les Antilles, aux Etats-Unis. On sait les efforts que ceux-ci font actuellement pour s’infiltrer dansles Antilles; il est certain aussi que çe chemin de fer, une fois en exploitation, facilitera les relations de la Confédération avec ce territoire de Panama visé par leurs ambitions.
- Il existait déjà en Flo^ ride une ligne ferrée qui était tout indiquée pour se prolonger de cette manière, le Florida East Coast Railway, qui est pour ainsi dire la propriété personnelle de M. Flagler, un des potentats de la grande compagnie pétrolifère Standard Oil Co. Les travaux du prolongement de cette ligne ferrée sont exécutés par la Compagnie elle-même, sans recourir à des entrepreneurs, et avec un personnel de 5000 ouvriers. Les plans de cet audacieux ouvrage ont été dressés par M. Meredilh, qui appartient lui-même à la Compagnie. Notons tout de suite que ce chemin de fer est déjà fort avancé, et qu’avant peu sans doute, en dépit
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- Fig. 2. — Tracé du nouveau chemin de fer.
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- LE CHEMIN DE FER DE KEY WEST
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- des interruptions que présente encore le viaduc sur certains points difficiles, des services de bacs relieront les tronçons en exploitation, et permettront aux voyageurs de gagner Key West presque entièrement sans quitter leur wagon.
- Partant de Miami, ancienne station terminus de la voie.de 1er, la nouvelle ligne suit d’abord le littoral à très faible distance, à travers une sorte de lagune salée comprise entre ce littoral et les premières cayes qui émergent parallèlement. Ensuite, on se trouvait dans une sorte de marécage présentant trop peu de profondeur pour le travail à la drague, et où pourtant ce n’était pas à la brouette qu’on pouvait apporter et accumuler les terres destinées au remblai. Puis on aborde alors la série des cayes que doit relier le chemin de fer : tantôt il faut franchir une très faible distance sur laquelle un pont suffit, tantôt il faut recourir à des sortes de digues, quand la profondeur d’eau est particulièrement faible, et que la vague n’est pas à craindre ; tantôt enfin il faut créer un viaduc véritable et d’un développement plus ou moins
- i
- canal de Bahia Honda. Nous pouvons dire quelques mots de l’exécution des travaux, qui est assez spéciale, et par suite intéressante.
- Les terrassements mêmes sont très difficiles dans l’établissement de cette ligne, par suite de la nature des terrains qu’on rencontre. Bans les marais de la côte, on a dû construire sur place des dragues, qu’on ne pouvait amener toutes montées par suite de l’insuffisance de la profondeur d’eau; on leur avait creusé une première « souille », où le montage à (lot s’est fait, et d’où elles ont ensuite avancé pour exécuter leur besogne de creusement : deux dragues marchaient simultanément et relevaient les terres de part et d’autre de l’emplacement de la voie
- considérable, là où la mer offre une certaine pro-
- fondeur, et où, par suite, elle est susceptible de battre assez violemment le pied de la voie. Bien entendu la ligne se trouve aussi sur la terre ferme, dans la traversée des îlots, et parfois on peut, de ce chef, l’établir sur plusieurs kilomètres de longueur de remblais. Approximativement, sur un développement total de 250 kilomètres, 420 seront au-dessus ou au milieu de l’eau de la mer. Pour les viaducs proprement dits, faits d’une série d’arches en béton armé, ils représentent une longueur totale et fort respectable de 9500 mètres : on en rencontrera un de 3200 mètres entre Long Key et Conch Key, puis un de 2220 mètres dans ce qu’on appelle le Knight’s Key Channcl; un de 2380 mètres dans le canal de Moser Key, et un dernier, encore considérable (étant donnée sa situation), traversera le
- Fig. 5. — Drague au travail dans les marais du littoral.
- future, pour y déverser les matériaux excavés et les accumuler en un remblai formant plate-forme. La difficulté fut augmentée de ce fait que l’on se heurta inopinément à un banc rocheux, par-dessus lequel on dut faire passer les dragues au moyen d’une sorte de caisson flottant. Aux environs de Miami même, sur bien des points des marécages ou des lagunes, on a été obligé d’accumuler d’abord, dans une tranchée creusée sous l’eau pour enlever les vases trop fluides, une masse de pierres, de sable, destinés à former une base résistante au corps du remblai. C’est ce qu’on a été forcé de faire tout particulièrement dans le Jewish Creek, qui sépare Key Largo de la terre ferme. Dans l’intérieur même de cet îlot de Key Largo, on est venu se heurter à un lac qu’on n’avait pas suffisamment étudié à l’avance, et dont le fond était formé d’une couche énorme de tourbe : durant 15 mois, il a fallu maintenir des dragues au travail dans ce lac pour y mettre à nu un bon sous-sol. Naturellement, quand des obstacles de ce genre se présentaient sur une faible longueur, on recourait à des ponts; et aux environs de Key Largo précisément, par-dessus le Tavernier Creek par exemple, on a élabli des ponts métalliques tournants, dont la volée mobile est destinée à laisser passer librement les bateaux de plaisance, les bateaux pêcheurs et les embarcations des chercheurs d’éponges qui fréquentent les chenaux.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES — JANSSEN
- Les viaducs à arches dont nous avons parlé sont faits de béton armé d’acier ; on n’a pas été obligé de descendre à plus de 3 mètres de profondeur, pour trouver une fondation solide dans le massif des roches corallifères.
- On établissait tout simplement une enceinte étanche, qu’on épuisait et où l’on excavait à sec; puis on coulait du béton pour former un lit de béton de 1 mètre d’épaisseur. C’est par là-dessus qu’on a édifié les piles et les arches, qui ont une ouverture de 15 mètres. Les moules destinés au coulage et à la- prise du béton étaient amenés, tout construits et flottant, des îlots ou des chantiers voisins. La clef de voûte des arches est à 8,50 m. au-dessus du niveau moyen de la basse mer. Nous donnons, d’après Scientific American, des vues qui renseignent sur les travaux.
- Nous ne dirons pas grand’chose des digues ; certaines, comme entre Bahia Honda et Key West, sont construites au moyen d’appareils spéciaux qui fonctionnent comme les titans des digues en blocs artificiels : c’est-à-dire qu'ils prennent latéralement les matériaux pour les déposer ensuite, et les accumuler là où doit s’élever la digue. Notons en outre que, dans certaines parties marécageuses, on a établi des palées en charpente qui servaient à supporter les tuyaux de déversement des dragues :: de la sorte, les matières draguées s’écoulaient et s’accumulaient sur l’emplacement même de la voie, en noyant les palées
- de charpente. La voie se trouvera partout à une hauteur de 9,30 m. au-dessus du niveau de la mer; on considère que cela sera suffisant pour préserver matériel roulant et voyageurs des atteintes de la vague. l)’une manière générale, la prolondeur d’eau ne dépasse guère 2 mètres, bien qu’en certains endroits elle atteigne 9 mètres ; parfois elle n’est plus que de quelques centimètres.
- Les travaux vont vite ; et pourtant on doit apporter de loin, par bateau, non seulement tous les matériaux employés, mais encore l’eau même dont on fait usage. On emploie simultanément 9 bateaux à roues, 5 remorqueurs à hélice et une centaine de chalands, une dizaine d’excavateurs, plus d’une douzaine de dragues, etc.
- Quand la ligne sera mise en service, il existera alors un établissement maritime remarquable que la Compagnie du chemin de fer prépare à Key West. La surface d’eau utilisable y sera de 70 hectares; une grande gare maritime y sera installée, et de magnifiques magasins ; la profondeur d’eau du port sera sur certaines parties de 12 mètres; les appontements pourront recevoir simultanément 40 bateaux de 120 mètres. Et comme, d’autre part, un ferry boat transportera les véhicules de chemins de fer de Key West à La Havane, les communications pourront prendre une activité qui transformera les relations entre les Antilles et le territoire américain.
- Daniel Bellet.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 3 décembre 1907.
- L’ancien cours (le l’Ailier. — M. de Lapparent résume une Note de M. Glangeaud sur l’ancien cours de l’Ailier. Près de Moulins, à 70 mètres au-dessous du lit de la rivière, le calcaire aquitanien est raviné par des sables qui ont dù être déposés à l’époque miocène par une rivière précurseur de l’Ailier. La faune de ces sables est celle du gisement célèbre de Sansan (Gers). La position de ces sables, comparée à celle du gisement du même âge des environs de Clermont, accuserait, au dire de l’auteur, pour l’Ailier miocène, une pente cinq fois plus forte que celle de la rivière actuelle.
- - Présidence de M. Chauveau.
- Décès. — M. le Président constate que l’Académie est frappée presque simultanément de deux pertes très grandes : M. Janssen est mort. C’est une grande figure qui disparaît. Il était le doyen d’âge de l’Académie et le plus anciennement élu. La seconde perte éprouvée par l’Académie est celle de son illustre associé étranger Lord Kelvin.
- Élection. — Il est procédé à l’élection d’un correspondant de la section de géographie et navigation en remplacement de M. Bienaymé. Sir Georges Darwin est élu par 44 voix sur 45. C11. de Villedeuil.
- JANSSEN
- L’astronome Janssen, mort à 83 ans le 23 décembre 1907, était le doyen et le plus ancien membre de l’Académie des sciences, où il avait succédé, en 1873, à Laugier.
- Nous l'avons surtout connu, dans ces dernières années, comme un robuste et vénérable vieillard à grande barbe blanche, à couronne de cheveux blancs épars, qu’un peintre religieux eût volontiers pris pour modèle d’un « Dieu le Père » ; mais il avait eu auparavant une existence très active, et même plus mouvementée qu’on ne le croit d’ha-
- bitude nécessaire pour observer les astres. Né le 22 février 1824, il avait commencé par étudier la peinture; il passa ensuite aux sciences et débuta dans sa carrière voyageuse par une mission en 1857 au Pérou pour effectuer des observations relatives à la détermination de l’équateur magnétique. Dans la suite, il fut de la plupart des expéditions plus ou moins lointaines, où l’astronomie se trouvait en jeu : Santorin, en 1867, lors de l’éruption volcanique que devait également étudier Fouqué ; les Açores en 1867, pour des études magnétiques et
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- topographiques; l’Inde Anglaise en 1868 pour une éclipse de soleil; Oran en 1870, pendant le siège de Paris qu’il quitta, à cet effet, en ballon, et encore l’Inde en 1871 pour d’autres éclipses; le Japon en 1874 pour le passage de Vénus ; le S:am la même année pour une éclipse; Oran en 1882 et les Carolines en 1883 pour des phénomènes analogues. Il s’était fait une spécialité de l’étude du soleil, qu’il avait d’abord commencée, suivant la méthode classique, pendant ses éclipses, puis appris à continuer en dehors même de celles-ci et à laquelle il contribua à appliquer la photographie ; quelques-uns de ses travaux les plus importants ont porté sur les protubérances, sur l’atmosphère coronale, sur la spectroscopie solaire.
- C’est ainsi qu’il avait été amené à reconnaître la nécessité d’éliminer le plus possible l’intervention des raies spectrales ja
- (oxygène, etc.) dues à l’interposition de l’atmosphère terrestre, en faisant ses observations à des altitudes élevées.
- La création de l’observatoire astronomique du Mont-Blanc en 1891-95, un peu au-dessus de celui que M. Vallot venait de construire à ses frais,
- pour y faire des observations météorologiques, a été la conséquence de cette idée ; et les ascensions, où il se faisait hardiment monter en chaise à porteur, ont contribué à lui valoir une publicité que ses mémoires sur le spectre de la vapeur d’eau, sur les raies telluriques du soleil, ou sur la constitution des taches solaires, n’auraient pas obtenue à eux seuls. Une idée du même genre le conduisit à utiliser la tour Eiffel pour diverses observations scientifiques. Depuis 1876, il était directeur d’un observatoire d’astronomie physique qui fut d’abord fondé rue Labat aux frais du gouvernement, puis transféré en 1877 à Meudon.
- C’était un homme d’action à la manière anglaise, ne s’enfermant pas dans son laboratoire, mais payant de sa personne et répandant ses idées par ses ;n. écrits, par ses conférences.
- Sa physionomie était très connue et sa réputation très étendue.
- Il était commandeur de la Légion d’honneur et membre du Bureau des longitudes, où il était entré presque en même temps qu’à l’Institut.
- UN TRAINEAU AUTOMOBILE
- Le véhicule que représente notre figure 1, est le traîneau qui a servi aux essais de son inventeur, un ingénieur augsbourgeois du nom de Holzhauer. Celui-ci, ayant pu s’assurer des résultats peu satisfaisants obtenus avec les traîneaux automobiles construits jusqu’ici, s’est inspiré du système de propulsion appliqué par les major de Parseval et comte de Zeppelin à leurs ballons dirigeables, système que ce dernier a également fait servir à la locomotion de quelques canots qu’il fait circuler sur le lac de Constance et à l’établissement duquel M. Holzhauer a contribué.
- L’appareil propulseur de notre traîneau se compose d’un moteur ordinaire à.essence, établi de la même façon que ceux des voitures automobiles, d’une hélice aérienne à quatre branches placée à
- Carrière du véhicule et d’une vis d’Archimède disposée à ras du sol. Le moteur à deux cylindres, d’une force de deux chevaux et demi, a suffi au constructeur pour obtenir, en plaine, une vitesse de 55 km à l’heure. L’hélice, qui fait marcher le traîneau en plaine ou dans des montées à faible inclinaison, est remplacée par la vis d’Archimède pour gravir les pentes raides ; à l’encontre des roues à
- Avant-train du traîneau.
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- fortes dents dont on avait imaginé de munir les premiers traîneaux automobiles, dont on a lait l’essai et qui creusaient un profond sillon dans le sol, la vis se borne, pour obtenir une marche bien suffisante, à mordre faiblement la neige durcie, ou, si celle-ci est trop molle, le sol qu’elle recouvre, en ne laissant après elle qu’une légère égratignure et n’endommageant par conséquent pas les routes.
- Les quatre branches de l’hélice se composent, chacune, de deux feuilles d’aluminium garnies d’une bande d’acier, et l’inventeur leur a donné la forme de cuillères, « alin, dit-il, qu’elles saisissent mieux l’air ».
- La direction du traîneau est obtenue au moyen
- aux patins par quatre traverses obliques, tandis que la traverse qui, dans la ligure 2, relie les bouts intérieurs des patins est remplacée par une crémaillère en arc de cercle, sur laquelle agit une roue dentée, que le chauffeur met en mouvement au moyen du volant et d’un engrenage conique.
- Le traîneau d’essai, que nous voyons dans la ligure 1, se compose dans sa majeure partie de pièces de fer et de fonte, les coussinets dans lesquels tournent les arbres sont en bronze plein; dans le modèle définitif, l’inventeur se propose de remplacer la fonte et le fer par de l’acier, et le bronze par des coussinets en billes : il pourra ainsi réduire le poids de son véhicule à 200 kg et obtenir une
- d’une paire de patins qui se trouve à l’avant. Dans le modèle, que nous voyons ici, chacun d’eux est relié à un des coins de devant par un montant dont la partie supérieure tourne dans un collet de bronze; un levier articulé, actionné par un volant analogue à celui des voitures automobiles et agissant sur la barre qui relie lés patins à l’intérieur, leur fait prendre la direction voulue par le chauffeur.
- L’inventeur a toutefois imaginé un autre mécanisme pour la direction de son traîneau, et il l’appliquera sans doute à son modèle définitif, parce qu’il lui semble permettre de s’inscrire avec plus de précision dans toutes les courbes, de faire les virages les plus difficiles. Cet appareil, représenté dans notre figure 1, se compose d’un pivot fixé au milieu de l’avant et portant à sa base un collet se rattachant
- vitesse encore supérieure aux 55 kilomètres qu’il a déjà atteints.
- Dans son projet primitif, M. Holzhauer avait placé l’hélice à l’avant, afin de pouvoir doter son traîneau d’une caisse de coupé permettant à ses voyageurs de jouir de l’abri le plus complet; mais le courant d’air était tel que le siège du chauffeur était intenable, et il a ainsi été obligé de lui donner la disposition actuelle. Il n’en établira pas moins une caisse de voiture fermée derrière le siège du conducteur; mais afin d’éviter qu’elle ne coupe l’air à l’hélice, il lui donnera la forme d’un trapèze à sa coupe en travers.
- \ H. Caspary.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. — N° 1807.
- 11 JANVIER 1908.
- LE SYSTÈME PHOTOTÉLÉGRAPHIQUE BERJONNEAU
- Loin d’imiter le I)1' Korn, qui pâlit pendant plusieurs années sur l’appareil que nous connaissons,
- M. Berjonneau, inventeur oeeasionnel, s’attela au problème de la photolélégraphie dès qu’il eut pris connaissance comme vous et moi, des expériences sensationnelles que le professeur allemand avait effectuées sur le circuit téléphonique de Paris à Lyon.
- D’autre part, l’inventeur avoue ingénument que ses connaissances en électricité sont loin d’être approfondies. On est donc en droit de se demander, au premier abord, comment il est parvenu à concevoir un appareil donnant des résultats sérieux. Tout inventeur procède, en général, par intuition, par tâtonnements; il est donc inutile de chercher les comment et les pourquoi qui peuvent venir à l’esprit de ceux auxquels il se confie. Nous sommes en présence d’un appareil phototélégraphique qui fonctionne, en chambre c’est vrai, mais enfin qui remplit le but en vue duquel il a été conçu. Étu-dions-le purement et simplement.
- Sa première qualité est d’être très petit et très simple ; il ne rappelle en rien les organes extrêmement compliqués que le professeur Korn met en jeu. C’est vous dire que le sélénium n’est pour rien dans la transmission des images. Tout d’abord, il n’existe qu’un appareil unique, alternativement transmetteur et récepteur; il suffit de tourner une manette à trois branches pour que les organes qui ont servi à la transmission soient aptes à enregistrer
- 1 Voir les articles précédemment consacrés à l’appareil Korn (n° 1754, du 5 janvier 1907) et à l’appareil Belin
- 36e année. — 1er semestre.
- l’image que le poste correspondant veut transmettre. Voilà déjà une excellente référence. Puis la relation entre les deux postes est établie par un fil de ligne unique. C’est la première fois qu’une telle hardiesse est réalisée ; elle permet donc l’utilisation
- de l’appareil, non plus sur les circuits téléphoniques, mais sur toutes les lignes télégraphiques, quelle que soit leur longueur, ajouterons-nous, car il suffit que le courant arrive à destination avec assez d’intensité pour actionner un relais pour que l’appareil fonctionne. Enfin ce courant est un simple courant de pile qui conserve la même valeur pendant toute la durée de la transmission, absolument comme les courants utilisés par les appareils télégraphiques. Le système Berjonneau semble donc présenter sur les appareils pho to télégraphiques actuels ,, beaucoup d’avan-
- a entrainement f-
- lages qui peuvent se résumer en quelques mots : il se plie à toutes les exigences.
- Tous les organes de commande, relais et électro-aimants, sont rassemblés dans une boîte en bois, qui se fixe au mur et est surmontée d’une autre boîte plus petite dans l’intérieur de laquelle se meut le cylindre mobile, transmetteur ou récepteur. Devant le cylindre est placé l’objectif, constitué par une lentille qui entre en action au moment de’ la réception.
- Pour effectuer la transmission d’une image, on recouvre le cylindre d’un cliché d’imprimerie pris sur cette image. Ce serait là un inconvénient réel
- (n° 1759, du 9 février 1907) dont nous décrirons prochainement le perfectionnement.
- Fig. 1. — Appareil photographique Berjonueau.
- Terre
- Fig. 2. — Schéma du système photolélégrapliique Berjonneau.
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- 82 =z^-----SYSTÈME PHOTOTÉLÉGRAPHIQUE BERJONNEAU
- d’êire obligé de confectionner d’abord une photogravure si l’inventeur ne nous promettait la construction d’un matériel spécial léger et facilement transportable capable de prendre place dans une valise avec le photo télégraphe ! Le cylindre G (schéma fig. 2) est monté sur un axe D qu’il peut parcourir en tournant sur lui-même au moyen d’un système spécial placé à l’une de ses extrémités. Une pointe de platine P, entourée d’une substance isolante, appuie constamment sur ce cliché. Lorsqu’on met l’appareil en marche, le courant d’une pile locale, amené par la masse, est recueilli sur le cliché par la tige de platine et le ressort R l’envoie sur la ligne. Ce mode de transmission est à rapprocher de celui du télaatograveur Carbonnelle décrit ici môme dans notre numéro 1788 du 51 août dernier.
- On sait que les clichés d’imprimerie obtenus par la photogravure sont constitués par un groupement de points, plus ou moins rapprochés les uns des autres, pour figurer les parties sombres et les parties claires de la photographie. Les courants recueillis par la pointe de platine, au moment de son passage sur lés points, sont donc toujours de même longueur, mais les émissions seront d’autant plus rapprochées que ccs points le seront eux-mêmes; de sorte que les envois de .courants, très inégalement espacés, dépendront du groupement du pointillé sur la photogravure ; mais, dans tous les cas, ces courants auront constamment la même valeur.
- Au poste récepteur le cylindre, entouré d’une feuille de papier sensible, tourne et progresse à la même vitesse que celui du poste transmetteur grâce à un système de synchronisme dans le détail duquel nous ne pouvons entrer. Le cylindre est enfermé dans une chambre noire et il est susceptible, pendant son mouvement de rotation, de présenter successivement tous les points de sa surface devant une très faible ouverture circulaire S, placée au foyer d’une leutille T devant laquelle est disposée une source lumineuse.
- Le courant de la ligne arrive directement dans un relais E U et se rend ensuite à la terre. L’armature de ce relais étant attirée prend alors le courant d’une pile locale P et le dirige par l’intermédiaire d’autres organes dans un électro-aimant récepteur K d’où il fait ensuite retour à la pile. L’armature de cet électro-aimant étant attirée, ouvre, à l’aide du disque M qui la termine, le petit trou S au passage de la lumière ; celle-ci frappe le papier comme une pointe parce que la durée du contact étant très brève, le ressort de l’armature rappelle celle-ci aussitôt à sa position de repos qui est celle correspondant à la fermeture du trou S. La même manœuvre s’effectuant à chaque émission de courant, le pointillé du cliché se trouve reproduit avec une netteté parfaite sur le papier photographique. Les parties appelées à fournir une teinte
- sombre subiront les effets, les piqûres delà lumière à des intervalles de temps très rapprochés tandis que dans les parties claires la lumière n’agira qu’à des intervalles de temps beaucoup plus longs. Les appareils marchant en synchronisme parfait, chaque piqûre de lumière correspondra à un point du cliché et l’ensemble reconstituera parfaitement le document photographique original.
- Il est bon d’ajouter que la mise en marche du poste récepteur n’exige aucunement la présence d’un opérateur. Lorsque le transmetteur veut envoyer l’image dont le cliché est enroulé sur le cylindre, il pousse vers la gauche un petit doigt disposé à la base de l’appareil ; cette simple manœuvre met son moteur en marche ; en même temps il a envoyé un courant sur la ligne. Ce premier courant actionne un électro-aimant spécial, utilisé ensuite pour d’autres fonctions, dont l’armature porte une petite lige, laquelle, en changeant de position, produit l’embrayage du moteur. Les deux moteurs partent donc en même temps et la transmission et la réception s’effectuent ensuite automatiquement.
- Le synchronisme a été imité des systèmes analogues employés en télégraphie. Au poste transmetteur le cliché ne recouvre Je cylindre que sur les 19/20 de sa surface totale ; il reste donc une bande longitudinale inutilisée pour la transmission de l'image.
- D’autre part, le cylindre récepteur est commandé de telle façon qu’il effectue 100 rotations pendant que celui de transmission n’en fait que 99. Or, le dispositif mécanique entrant en aclion pour la réalisation du synchronisme est tel que, lorsque le cylindre récepteur a fait 19/20 de tour, c’est-à-dire, en somme, lorsque le cliché en entier est passé devant la pointe de platine, ce cylindre s’arrête automatiquement et il attend, pour repartir, que le; cylindre transmetteur, qui n’a alors effectué que les 99/100 de sa course, ait également effectué 19/20. de tour. L’écart maximum entre les cylindres n’atteint que le 1/100 de la périphérie du cliché et les deux cylindres repartent toujours ensemble à chaque tour.
- Le système Berjonneau peut également se prêter à la transmission de dessins ou même de l’écriture pourvu qu’ils soient tracés à l’aide d’une encre isolante sur un papier conducteur ou avec une encre conductrice sur un papier isolant. On obtiendrait à l’arrivée la reproduction photographique de ces dessins ou de l’écriture.
- Nous avons vu fonctionner cet appareil chez l’inventeur. Il fonctionne parfaitement, et pourtant il est construit avec des matériaux d’occasion; la transmission n’est pas encore rapide, mais s’améliorera avec un appareil bien construit.
- Nous verrons peut-être un jour la phototélégraphie prendre dans le journalisme une place analogue à celle qu’y a conquise la télégraphie.
- Lucien Fournier.
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- L’HEURE
- A LA TOUR EIFFEL
- La vieille majesté d’acier qui se dresse toujours imposante au Champ de Mars n’avait été consacrée qu’accessoiremenl à la science : la météorologie seule s’en était servie régulièremenl. Il a fallu attendre quinze années, la veille du jour où sa mort devait être décidée, pour qu’elle devint utile à autre chose : à la télégraphie sans ûl qui vient de s’en emparer pour lui faire jouer un rôle mondial de toute première importance et la rendre, de ce fait, intangible. Puis voici qu’un inventeur russe, M. llourko, ingénieur aux chemins de fer Nicolas, s’est avisé d’en faire une gigantesque pendule. Les Parisiens sauront gré à l’inventeur de celte application essentiellement pratique qui permettra à chacun de connaître l’heure, pendant la nuit, de tous les quartiers de la capitale.
- Ap rès avoir séjourné durant la période des essais, au-dessus de la plate-forme du deuxième étage de la tour, les panneaux indicatifs de l’heure vont être transportés au-dessous du troisième étage, et, d’ici peu, les quatre faces du colosse recevront chacune un dispositif analogue. Les appareils de commande restent au deuxième étage, des câbles les reliant aux groupes de lampes portés par chacun des panneaux. L’ensemble de l’installation comprend donc deux parties distinctes : d’une part, les appareils distributeurs du courant, horloge et relais, et, d’autre part, un certain nombre de circuits de lampes dont le groupement constitue les chiffres.
- Une horloge très petite et d’une marche irréprochable règle les départs du courant électrique. Elle comporte un commutateur à godets de mercure et un conlacteur, par l’intermédiaire duquel s’effectue l’envoi des courants. Ces courants sont de très courte durée et se propagent à travers les circuits locaux pour actionner les relais au commencement de chaque minute. Le commutateur a été combiné de telle sorte que l’étincelle de rupture se produise, non entre les pointes et les surfaces de mercure, mais entre deux petits charbons montés sur le même levier que les pointes de platine. L’inventeur a oblenu ce résultat en réalisant, à des intervalles de temps très rapprochés, deux ruptures diffe-
- Fi- 1.
- Vue d’ensemble des relais.
- rentes : l’une dans le commutateur et l’autre entre les charbons. La surface du métal peut, ainsi, être conservée dans un état de propreté parfaite.
- Celte horloge ne comporte pas de cadran. Un axe spécial, faisant un tour en dix minutes, commande un groupe de rouages, avec les démultiplications nécessaires, qu’actionnent trois axes métalliques parfaitement isolés électriquement de leurs supports. Ces trois axes correspondent : le premier au deuxième chiffre des minutes, le deuxième au premier chiffre des minutes et le troisième au chiffre des heures. Chacun de ces axes, chargé de distribuer le courant aux relais, est armé d’aiguilles métalliques qui l’entourent hélicoïdalement jusqu’à concurrence d’un tour complet. Les deux axes extrêmes comportent chacun dix aiguilles, tandis que celui du premier chiffre des minutes n’en a que six, notre manière de compter les heures n’étant pas encore soumise au système décimal. Déplus, une couronne métallique de faible épaisseur est encore calée à l’extrémité de chaque axe. Cet ensemble, axes, aiguilles et couronne, forme donc un système électriquement isolé du reste de l’installation.
- Sous chacun de ces groupes une rangée d’augets métalliques longs et étroits,, contenant du mercure, est disposée de telle sorte que l’extrémité libre de chacune des aiguilles vienne plonger dans le métal de l’auget placé au-dessous. Ces augets sont reliés électriquement à des relais dont nous parlerons plus loin et auxquels ils envoient, à tour de rôle, leg courants émis par l’intermédiaire du contacteur. La couronne métallique plonge constamment dans un auget semblable aux précédents; mais celui-ci est relié par un fil conducteur avec le commutateur de l’horloge. Tout courant lancé par le contacteur est donc dirigé dans le relais approprié par Tinter-
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- 84 = L’HEURE A LA
- médiaire de ce dernier auget, de la couronne, de l’axe, d’une aiguille et du mercure de l’auget dans lequel plonge celte aiguille. Le passage des aiguilles dans leur bain de mercure est d’assez longue durée et le courant est lancé au moment où cette aiguille occupe la position verticale; on obtient, dans ces conditions, un contact absolument parlait et on évite également l’étincelle de rupture puisque, au moment où l’aiguille pénètre dans le bain comme à l’instant où elle le quitte, il ne passe aucun courant.
- Au changement du premier chiffre des minutes — des dizaines de minutes, hasarderons-nous — le courant, qui passe d’abord dans l’axe du premier chiffre des minutes, se bifurque dans le voisin pour actionner le relais qui opérera le changement de chiffre sur le panneau; de même, au changement des heures, le courant est encore dirigé dans le
- Fiy. 2. — L’horloge el l’axe de
- troisième axe, afin d’actionner le relais voulu. Ainsi à 6 heures du soir, l’axe des heures aura amené sa septième aiguille (les aiguilles sont numérotées à partir de zéro) dans l’auget correspondant, celui des dizaines de minutes, son aiguille zéro dans le premier auget et celui des minutes, également, l’aiguille zéro dans le premier auget. Le courant lancé par l’horloge sera distribué dans les trois axes simultanément pour agir sur les trois relais correspondants.
- Les relais sont donc rassemblés en trois groupes affectés, ainsi que les axes, à la commande, directe cette fois, des trois panneaux : heures, dizaines de minutes et minutes. Un relais est formé d’un électro-aimant ordinaire pourvu d’une armature attirée par le passage du courant. Cette armature actionne un levier spécial auquel l’inventeur a donné le nom de grenouille à cause de sa forme et qui porte un certain nombre de charbons semblables à ceux dont on se sert dans les lampes à arc. Sous
- TOUR EIFFEL . :::=
- chaque charbon est placé un godet à mercure et, au moment du passage du courant dans le relais, tous les charbons plongent en même temps dans leurs godets respectifs. Comme ce courant de commande est de très courte durée, l’abaissement de l’armature est maintenu pendant le temps nécessaire — et qui varie selon le groupe auquel appartient le relais — à l’aide d’un endanchement mécanique pourvu d’une tige reliée au système enelancheur du relais suivant, de telle sorte que, lorsque le courant actionnera ce relais, l’armature du précédent sera déclanchée et les charbons quitteront leurs godets à mercure à l’instant précis où les autres effectuent leur plongée. Un contrepoids maintient constamment relevée l’armature des relais au repos.
- Le nombre des godets à mercure, et par conséquent des charbons de chaque relais, est de six au maximum : un des godets est affecté à l’arrivée du
- e du système distributeur à aiguilles.
- courant de lumière et les autres à la répartition de ce courant dans chacun des groupes entrant dans la constitution du chiffré correspondant. Voyons donc comment sont disposés les groupes de lampes pour représenter les dix chiffres alternativement.
- Étant donnée la grande hauteur à laquelle sont placés ces chiffres, il était indispensable, pour les rendre lisibles à une distance maximum, d’observer certaines lois optiques que l’expérience seule a permis de découvrir. Eu plaçant les lampes trop près les unes des autres, on n’obtiendrait à l’éloignement qu’un amas informe de points lumineux parfaitement illisibles pour un observateur même placé en un point rapproché. Pour se détacher bien nettement sur le fond noir du ciel dans lequel est noyée la tour, ces lampes, étant fixées à plus de 250 mètres de hauteur, doivent être éloignées de un mètre environ les unes des autres. Dans ces conditions/chaque panneau mesure 4 mètres de largeur et 10 mètres de hauteur. Il entre 310 lampes dans
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- L’HEURE A LA TOUR EIFFEL
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- Fig. 5. — Un groupe de quatre relais..
- la constitution d’un panneau et, ainsi que l’on pourra s’en rendre compte prochainement chaque soir, l’ensemble comprend trois panneaux : l’un étant affecté à la reproduction 9
- des heures, et les fj4 6/|6 6/
- deux autres aux deux chiffres des minutes.
- Un panneau comporte donc un certain nombre de groupes de lampes qui s’allument en même temps. La plupart de ces groupes entrent dans la constitution de plusieurs chiffres, ainsi que le montre notre figure schématique. Le groupe 1, par exemple, servira à former une partie du 0, du 2, du 6, du 8 et
- i !4 . 'yJ ^ i2/1 13'^ U-n L
- U "I 2. O r ÜJ ‘O f O
- Fig. 4. — Sclidiim dus groupes de cii'cuils onlranl. dans la i'onnalion de. chaque cliilï
- du 9, tandis que le groupe 15 n’est utilisé que pour la partie centrale du chiffre 8. On peut ainsi se rendre compte du nombre de charbons que comporte l’armature
- C
- de chaque relais : celle du relais actionnant le zéro aura quatre charbons distributeurs de courant d’éclairage, plus un charbon d’entrée du courant. La grenouille du relais affecté au chiffre 7 ne comportera que trois charbons et trois
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- 86 ====== APPAREIL ÉLECTRIQUE DE MISE EN MARCHE
- godets : un d’entrée et deux de * neaux au-dessous de la troisième
- sortie actionnant les groupes 9 o *7 b J e / / : *4 plate-forme de la Tour Eiffel, aménager
- et 14. : .* b * / }/ \ une passerelle spéciale qui permette
- Dans ces conditions, il arrive ma 6 t a aux ouvriers de remplacer les lampes
- qu’un certain nombre de godets Va <*** / r / ; a sur les panneaux et c’est là, on
- appartenant à des relais différents 2 * îî * « Jf 0 0 én A c » /s l’imagine aisément, un travail d’une
- sont branchés sur le même circuit, Cl d J o* * f •***£ ta 9 » V *« certaine envergure.
- ainsi les relais des chiffres 0, o, 5, fi De plus il faut prévoir des ruptu-
- 6, 8 et 9 ont chacun un godet SP* s?** : res de fils : tous les circuits sont dou-
- commandant le groupe de lampes rp *v 4 \ • % • blés afin de parer instantanément
- numéroté 2 sur notre dessin. S ,*** •! «.♦* 0 "! aux accidents de ce genre toujours
- L’installation générale est donc V B B< m b u m o *• s a e a e!Jî possibles.
- des plus simples, le nombre de : • ♦ ’ « * B " * Le public, éminemment frondeur,
- groupes de lampes affecté à la repro- V E] » * " * n’admettrait pas, en effet, qu’on
- duction des chiffres étant beaucoup ♦ *** ♦ A B • ,♦* , 5 .4-*' lui montrât une heure amputée d’une
- moins grand que s’il s’agissait de lîCtB* a m B fïB H 11 B U O B portion de chiffre, même pendant un
- constituer les lettres de l’alphabet. b ig. 0. — bchcnia d cnseniDle dos circuits sur un panneau. instant.
- La difficulté est plutôt d’ordre pra- • il préfère, ce bon public, ne
- tique; il faut, eu effet, pour installer ces pan- | rien voir du tout! René Doncièhe.s.
- UN APPAREIL ÉLECTRIQUE DE MISE EN MARCHE
- Il a pour but de mettre en marche les moteurs à vapeur de toutes dimensions, les moteurs à pétrole, les grands alternateurs, dont la mise en mouvement sans un accessoire de ce genre est difficile et pénible. C’est du reste à cette application particulière, mais non unique,' que se rapporte la photographie que nous reproduisons ici, et qui nous a été communiquée par les constructeurs, Felten und Guilleaume Lahmeyerwerkc Actien Gesellschaft, de Francfort-sur-le-Mein.
- D’une manière générale, on a renoncé à la mise en marche à hras des gros moteurs; il en résulte une dépense supplémentaire, mais on n’est plus obligé de recourir à une demi-douzaine d’hommes pour effectuer cette manœuvre. A la rigueur, on peut, en manœuvrant habilement la soupape d’arrêt, amener le volant dans une position où l’admission de la vapeur donnera le mouvement initial; mais alors même, le petit engin de mise en marche accusera son utilité en cas de réparation et de rotation lente. Le plus ordinairement, cet appareil auxiliaire se présente sous la forme d’un petit moteur à vapeur très simple, commandant un pignon qui engrène avec des dents disposées à l’intérieur de la jante du volant; ce pignon est du res Le commandé dans de telles conditions, par l’intermédiaire d’une vis sans fin, que, aussitôt que le moteur principal acquiert, sous l’action de la vapeur lui arrivant, une vitesse supérieure à celle du pignon, ce dernier désengrène automatiquement et l’arrivée de vapeur est coupée automatiquement, au petit appareil auxiliaire.
- 'Étant donné qu’on dispose si souvent aujourd’hui de courant électrique, les constructeurs ont pensé qu’il serait utile de combiner un dispositif analogue où le mouvement serait assuré par un moteur élec-
- trique. Ces appareils commandent toujours, par un engrenage de réduction, un pignon qui vient à son tour engrener dans la crémaillère dentée de l’intérieur du volant, et aussitôt que le gros moteur, alternateur ou autre, marche plus vite que le pignon, celui-ci se désengrène et le courant est automatiquement coupé. Par suite, quand le mécanicien veut obtenir la mise en marche, il a seulement à agir sur la poignée du contrôleur électrique; ce contrôleur peut être disposé où l’on veut, à une certaine distance par conséquent de la machine à mettre en mouvement. Il va de soi que cet appareil auxiliaire est susceptible d’assurer la mise en marche d’un moteur à pétrole; mais alors il faut lui donner plus de puissance que dans le cas d’une machine à vapeur, puisque son rôle est de faire exécuter au piston le premier appel de gaz, la compression, etc.
- Pour les installations où l’effort sur les dentures est relativement faible, la transmission du mouvement du moteur électrique au pignon est faite par chaîne.
- Le dispositif de l’appareil est le suivant : en même temps que l’on abaisse le levier destiné à envoyer le courant électrique dans le moteur, on fait mouvoir une crémaillère par l’intermédiaire d’un pignon que porte ce levier. Or la crémaillère est reliée, par un fort ressort spiral que l’on aperçoit sur notre figure, à un autre levier articulé au centre d’une roue dentée que fait mouvoir le moteur électrique ; ce deuxième levier porte, en outre, un pignon engrenant avec cette roue; ainsi, en abaissant le levier de mise en marche, on provoque la rotation du pignon, en même temps qu’on l’abaisse et qu’on l’amène en prise avec le volant denté de la machine, ce qui produit la mise en marche. Puis, au fur et à mesure' que le moteur électrique augmente la vitesse du
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- OCCLUSION DES GAZ RÉSIDUELS
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- pignon, celui-ci,entraîné dans le sens de relation du volant, se déplace et, à un moment déterminé, vient couper le courant électrique. Le moteur auxiliaire a terminé son rôle; il s’arrête et reste en repos jusqu’à la nouvelle mise en marche.
- dispositif horizontal, et non plus vertical, que nous présentons installé le long d’un gros alternateur. Avec la commande par chaîne, on donne une vitesse de rotation de 6 mètres par minute au volant; tandis que, avec l’autre genre de commande, la vitesse
- Le moteur de mise en marche et le volant dénié.
- Celte disposition générale et ingénieuse se trouve dans les divers appareils de ce genre que construisent les ateliers Felten Guilleaume; les détails varient quelque peu. Quand la pression sur les dentures doit être très élevée, on recourt à une vis sans fin pour la transmission ; c’est le cas pour le
- est moitié plus faible ; on peut du reste recourir à des moteurs continus ou alternatifs.
- Ces dispositifs sont très intéressants au point de vue mécanique, et ils montrent de très sérieuses qualités pratiques.
- D. Bellet.
- OCCLUSION DES GAZ RÉSIDUELS PAR LES PAROIS DES TUBES A VIDE :
- On a remarqué que les parois de verre de tubes à vide, soumis à des usages plus ou moins prolongés, s’obscurcissent immédiatement par le chauffage, par suite de la présence d’une quantité de petites bulles de gaz visibles au microscope, occluses dans les parois et atteignant un centième de millimètre de diamètre. En attaquant ces mêmes parois par l’acide fluorhydrique, qui dissout peu à peu le verre, jusqu’à dispari lion des bulles et en mesurant leur épaisseur avant et après l’opération, on constate que ces bulles constituent une épaisseur de 122 millièmes de millimètre sur la paroi interne du verre, ce qui prouverait que les particules gazeuses ont pénétré dans le verre jusqu’à cette profondeur. On a troûvé par centi-
- mètre carré jusqu’à 625 000 bulles, ce qui correspondrait à une quantité de 0,05 cm3 de gaz occlus dans le tube, calculé à la pression atmosphérique. En examinant au spectroscopc, au moyen d’un dispositif spécial, le gaz dégagé du verre, on le trouve constitué principalement par de l’hydrogène, dû sans doute à l’éleclrolyse de la; vapeur d’eau. En faisant des expériences analogues avec, de l’hélium, c’est-à-dire en faisant pénétrer à plusieurs reprises ce gaz dans un tube soumis au vide, on obtient des phénomènes semblables à ceux signalés ci-dessus pour l’hydrogène. L’occlusion paraît due à la projection mécanique du gaz dans le verre et non à quelque combinaison chimique. A. II.
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- LES PYRAMIDES DE VALLAURIA (HAUTES-ALPES)
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- a loi du 21 avril 1906, sur la protection des sites et monuments naturels, loi due à l’initiative et à la persévérance de M. Beauquier, député du Doubs et président de la Société pour la protection des paysages de France, commence à produire d’heureux effets. Nous aurons l’occasion d’en reparler (ce que l’abondance des matières nous a empêchés de faire jusqu’ici). Plusieurs des commissions départementales instituées par cette loi se sont déjà réunies et ont pris un certain nombre de salutaires mesures. Celle des Côtes-du-Nord a obtenu la première application de la loi par le classement de l’île de Bréhat, qui se trouve ainsi à l’abri désormais de toute tentative d’exploitation et de vandalisme anti-artistique. Pour aujourd’hui nous nous bornerons à noter que la commission des Hautes-Alpes s’étant intéressée à la préservation des colonnes coiffées de Vallauria, le conservateur des eaux et forêts de Gap, M. Billeeard, a fait connaître que depuis longtemps son administration a pris ce soin.
- Fig. 1.
- A Vallauria.
- Nous saisissons cette occasion d’attirer l’attention sur ce phénomène naturel trop peu connu du public et même des savants; il n’a guère été figuré, en effet, que dans la publication officielle de MM. Demontzey et Küss sur le reboisement (non mise dans le commerce), dans le nouveau traité de géologie de E. Haug et dans quelques revues touristiques. Les excellents Guides (Dauphiné 1905) et dictionnaire Joanne n’en disent rien, pas plus que les « si Les et monuments » du Touring Club.
- Sur la rive droite de la Durance, à une vingtaine de kilomètres de Gap (par la vallée de la Luye), il existe, en effet, en amont de Remollon, deux spécimens des plus accomplis de ce phénomène d’érosion, si remarquable et si connu sous le nom de cheminées des fées ou pyramides de terre. Ils sont beaucoup plus frappants que leurs similaires de Saint-Gervais (Haute-Savoie), de Molines-en-Queyras (Hautes-Alpes), de la vallée des Saints, à Boudes (Puy-de-Dôme) . Comme ceux-ci, et comme les Erd-Pyramiden du Finsterbach (Botzen, Tirol), de Fielis (Carniole), d’Useigne (val d’IIérens, Valais suisse), de Jagnaous (Kohistan, v. La Nature, 26 avril 1884), et les colonnes à chapiteaux du Rio-Grande, ils sont formés dans des conglomérats (entièrement glaciaires, paraît-il; ailleurs c’est dans des brèches volcaniques) par les eaux de ruissellement ou eaux sauvages qui ont creusé une infinité de rigoles au sein
- Fig. 2. — (Vue d’ensemble). Les pyramides de Vallauria (en juillet 1901).
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- LES PYRAMIDES DE VALLAUR1A 89
- de ce terrain friable; tandis que, par places, les plus grosses des pierres, incorporées dans ces sortes de poudingues, résistaient à l’entraînement, demeuraient en saillie sur leur support peu à peu évidé, s’y dressaient comme des chapeaux (pareils aux fameuses tables des placiers) et ont fini par protéger contre l’attaque des orages les piliers de plus en plus amincis (jusqu’à chute finale) en obélisques chaperonnés.
- Des deux groupes voisins de Remollon, le premier, le moins important, est sur le flanc droit du ravin de Trente-Pas, entre les villages de Ruisset et d'Espinasses, vers 800 m. d’altitude, à 150 m. au-dessus de la Durance; M. David Martin, qui m’y a conduit en 1904, a trouvé que, depuis sa dernière visite, remontant seulement à quelques années, la plupart des colonnes avaient perdu leurs chapiteaux et une grande partie de leur hauteur (fig. 4). Cette observation précise, due à un naturaliste aussi consciencieux que compétent, éLablit nettement avec
- Fig. 3. — Colonne coiffée à Vallaum.
- quelle rapidité se dégradent naturellement les pyramides de terre. Déjà même les colonnes coiffées de Molines ont été réduites de cinq à une.
- Le second groupe, de beaucoup plus important, est dispersé sur les deux flancs du ravin de Yal-lauria au N.-E. du village de Théus, entre Espi-nasses et Uemollon (Voir carte au 100 000e du ministère de l’Intérieur, feuille de Tallard, XX1Y, 31). Objet des travaux considérables (douze barrages d’écoulement, retenues des terres, empierrements de lits de torrents) et des soins spéciaux de M. Bille-card, le ravin de Yallauria (800 à 1100 m. d’altitude) présente un des plus curieux speclacles que l’on puisse contempler (on compte environ 200 ai- ] guilles, dont un quart sont encore coiffées) ; surtout J vers le cirque terminal, où les innombrables Demoi- \ selles de Yallauria, alignées en farandoles ou grou- ; pées en quadrilles autour d’une sorte de salle de bal, semblent figées par la sorcellerie en pleine
- Fig. 4. — Pyramides de (erre du ravin de Trente-Pas. (État très dégradé en juillet 1901. ) • "
- danse fantastique brusquement pétrifiée. De Remol-lon c’est une aisée et saisissante promenade de 3 à 4 heures (beaucoup plus longue pour les artistes, les photographes et les géologues). Notre figure 1 avec un personnage montre la taille colossale d’une des grandes colonnes, et il y en a beaucoup d’aussi puissantes. C’est un des curieux sites de la France et il est heureux que sa conservation soit assurée !
- A l’angle droit de notre figure 6 on aperçoit nettement sur son support de conglomérat un énorme bloc des plus instructifs ; il montre à l’évidence de quelle façon procèdent les eaux de ruissellement pour façonner ces étonnants clochetons de cathédrales! À cause de la taille du bloc il ne s’est pas formé là une véritable aiguille; mais la masse du poudingue a été creusée de plusieurs cannelures verticales rappelant un gros faisceau de licteur. On
- Fig. 5. — Le ravin de Yallauria.
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- LES COLLOÏDES
- y trouve la preuve que les pyramides sont d’aulant plus minces et élancées que leurs chapeaux étaient plus petits. Quand ceux-ci atteignent de fortes dimensions l’érosion, toujours plus intense d’un côté que de l’autre, finit par les faire pencher, basculer, chavirer; ils s’éboulent au pied de leur support qui ne tarde pas alors cà se dissocier complètement.
- La vallée de la Durance présente d’autres exemples de cheminées des Fées : demoiselles du Sauze ou d’Orbaunc, près Pontis (Basses-Alpes), du ravin de Merle à Presles-Puy-Saint-Yincent, tout près de Briançon, etc., mais moins remarquables.
- D’ailleurs toutes les Alpes en sont remplies. — En Asie Mineure, entre Erdschics à l’est, le Kyssyl-Irmak, au nord, la Tus-Gol à l’ouest et le Hassan-Dag au sud,
- se trouve un endroit remarquable à ce point de vue. Sur un solde tuf, ce sont des blocs de lave qui ont facilité la formation des obélisques coiffés. Et même beaucoup de ces rochers ont été creusés; ils servent encore d’habitations tro-glodytiques.
- Enfin M. Gün-ther rapproche des cheminées des Fées les accidents connus, dans les Andes, à la surface des glaciers, sous le nom de Nieves Pénitentes ou Büsserschnee. E.-A. Martel.
- LES COLLOÏDES
- Depuis quelques années, l’attention du monde scientifique est attirée par des expériences dévoilant un nouvel état de la matière, affecté de propriétés très particulières d’ordre physique, chimique et biologique, et qu’on appelle Vëtnt colloïdal. Cette étude doit un renouveau d’actualité aux décolorations de pierres précieuses, dont on a, depuis peu, fait grand bruit.
- On a donné pendant longtemps le nom de colloïdes à des corps gélatineux, non cristallisai)les, restant indéfiniment incorporés à l’eau ou à un autre liquide, sans qu’on pût pour cela considérer le mélange comme une dissolution. Les colloïdes ne traversent pas, en effet, les parois perméables à pores suffisamment fins, et cette propriété était mise à profit pour leur préparation.
- Le physicien anglais Graham fut donc conduit à considérer les colloïdes comme de véritables suspensions, dans les liquides, de corpuscules solides invisibles au microscope, suspensions analogues aux émulsions. Ces hypothèses se trouvèrent vérifiées par la suite, quand apparut en physique Vultramicroscope de Siedentopf et Szigmondy.
- On sait que cet appareil consiste essentiellement dans un microscope ordinaire pointé sur un objet transparent, éclairé latéralement par un faisceau lumineux extrêmement puissant. Si l’objet est parfaitement limpide, aucun rayon lumineux ne pénétrant dans l’objectif, le champ du microscope reste obscur. Mais, que quelque particule' solide se trouve interposée sur le passage de faisceau, des phénomènes de diffraction se produisent autour du corpuscule, grâce auxquels certains rayons se trouvent renvoyés dans le microscope. On aperçoit alors sur le fond noir un point brillant indiquant l’existence du petit obstacle. Quand un grand nombre de grains de ce genre se trouvent réunis dans le champ de l’appareil, l’observateur en reçoit une impression très comparable à celle
- que donne le ciel étoilé. Tel est l’aspect d’un colloïde à l’ultramicroscope.
- On a, dès lors, donné le nom de colloïdes à des suspem-sions dans l’eau, non seulement de gélatine, d’amidon, de gommes, mais encore de métaux (or, argent, mercure, chrome), de sels métalliques (sulfures, ferrocya-nures), etc. Autrement dit, on ne voit pas d’obstacle actuellement à ce que tout corps insoluble dans un liquide puisse y être introduit à l’état de colloïde. On conçoit dès lors pour tous les corps un véritable état colluïdal, et l’intérêt de cette généralisation vient de ce que tous les corps connus à cet état jouissent de propriétés communes, indépendantes de la nature du milieu et des corps en suspension. Nous sommes en présence d’un état physique nouveau.
- Comment obtient-on les colloïdes? Le plus souvent par des procédés chimiques fort variables, et qui ont l’inconvénient de donner toujours des colloïdes impurs, les granules ayant la propriété d’absorber en partie les corps avec lesquels ils se trouvent en contact, sans qu’on les en puisse complètement séparer. Bredig, en revanche, a donné une méthode physique générale pour la préparation des métaux colloïdaux. Il fait jaillir l’arc électrique entre deux pôles formés du métal même qu’on vent transformer, au sein de l’eau distillée. Les particules très ténues, entraînées surtout du pôle positif par l’étincelle, restent en suspension dans l’eau: on peut, selon le régime du courant, obtenir ainsi des colloïdes à grains de diverses grosseurs.
- Ces grosseurs ont pu, dans beaucoup de cas, être calculées approximativement. Les dimensions qu’on connaît varient habituellement entre 1/10 000° et 1/100 000° de millimètre. Mais il semble exister d’autres colloïdes dont les granules ont un diamètre plus petit encore et qui
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- BERNARDIN DE SAINT-PIERRE AU MUSÉUM : —— 91
- atteint le diamètre calculé théoriquement pour les molécules (14 millionièmes de millimètre pour la molécule d’hydrogène). Ces granules sont animés de mouvements réguliers et incessants, qui paraissent très rapides au grossissement du microscope (1000 lois environ), mais dont la vitesse ne dépasse pas en réalité 1 à 2 cm par minute. C’est le mouvement brownien, dont la cause est encore inconnue, et qui a fait croire à l’existence du mouvement perpétuel, et, par suite, à la faillite du principe de la conservation de l’énergie.
- Le nombre des granules a été également déterminé approximativement; on sait, par exemple, qu’une solution colloïdale d’or à 5 milligrammes pour 100 cm3, soit à 1 pour 20 000, contient environ un milliard de granules par millimètre cube, soit un trillion par centimètre cube. On ne s’étonnera donc plus que, malgré la petite dimension de ces particules, la surface totale de contact des granules avec le liquide soit, dans cette solution, de 025 m2 par centimètre cube. Ce résultat est de la plus haute importance. 11 explique les actions catalytiques particulièrement énergiques des colloïdes.
- En effet, tout liquide contenant un sel dissous forme, au contact d’une paroi solide, une couche extrêmement mince (de l’ordre de 1/100 000“ de millimètre) de solution beaucoup plus concentrée et plus apte par suite à réagir. C’est donc au contact des parois que les phénomènes chimiques auront le plus d’intensité.
- En introduisant un colloïde dans une solution, on fait intervenir une surface de paroi solide énorme, et on augmente considérablement la capacité de réaction du milieu. Ce phénomène est complètement analogue aux phénomènes catalytiques dus à la présence de la mousse de platine par exemple, ou du nickel réduit. C’est ainsi que les colloïdes décomposent avec rapidité l’eau oxygénée et qu’ils causent, comme l’a montré Victor Henri, des réactions identiques à celles des diastases oxydantes ; ces actions sont, de même que pour ces oxydases, arrêtées par les toxines. Ainsi a-t-on remarqué que l’argent colloïdal est pour ainsi dire paralysé par l’acide cyanhydrique. On a donc été amené à croire que les ferments solubles ou diastases, sécrétés par certains microorga-nismes, sont à l’état colloïdal et n’agissent que parce qu’ils se trouvent à cet état. C’est une nouvelle généralisation d’un puissant intérêt. Ajoutons que beaucoup de liquides de l’organisme sont, on l’a constaté, des solutions colloïdales et que, probablement, cette propriété est commune à tous. Il faut rapprocher de ces phénomènes le fait que l’argent colloïdal est employé comme antiseptique non toxique. C’est-à-dire que, quoique microbicide, il présente l’avantage de ne pas corroder les cellules, ni détruire les tissus.
- Les granules colloïdaux sont caractérisés encore par une charge électrique, positive ou négative selon la na-
- ture du colloïde1. Cette charge, qui est d’un signe uniforme pour tous les granules d’un môme colloïde, provoque entre eux des l'épuisions qui les empêchent de se précipiter en flocons. Sa disparition a pour effet de faire cesser fa suspension, en permettant aux granules de se grouper. Ce résultat est obtenu, soit en ajoutant à un colloïde d’un signe donné une quantité convenable d’un colloïde de signe contraire, soit, pour les colloïdes positifs, en les faisant traverser par les rayons (3 du radium, dont la charge négative neutralise celle des granules (V. Henri).
- Les granules colloïdaux, en diffractant la lumière, donnent aux solutions qui les contiennent des colorations variées dépendant de la nature chimique des grains et plus encore de scs dimensions. Ce phénomène se retrouve dans les colloïdes en solution solide, c’est-à-dire les suspensions dans un solide transparent de grains opaques visibles seulement à l’ultramicroscope. Nous en citerons comme exemple le sel gemme coloré naturellement en bleu par du sodium colloïdal, les pierres précieuses et les perles dont les teintes diverses proviennent des métaux colloïdaux dispersés dans la masse. On peut faire varier ces colorations par de simples pressions, qui, rapprochant les granules les uns des autres, les incitent à se grouper, augmentant ainsi la grosseur moyenne. Le sel gemme bleuté devient de la sorte violet. Une élévation de température, suivie de refroidissement, en facilitant le déplacement des granules, produit le même effet. De même, l’action des rayons du radium, signalée dès longtemps déjà par Curie et par Ramsay, peut sans doute accomplir des changements de teinte par suite de la décharge des granules, plus aptes ensuite à se réunir.
- On voit, par ce bref aperçu, que l’élude des colloïdes, quoique encore à ses débuts, semble devoir être extrêmement riche en découvertes et féconde en applications.
- Considérée au point de vue physique, elle fait apparaître des phénomènes optiques nouveaux, précise les relalions de contact des solides et des liquides, et étend le domaine de nos connaissances sur la constitution intime de la matière ; au point de vue chimique, elle explique nombre d’actions catalytiques et en fait naître d’autres; au point de vue biologique, elle acquiert une valeur capitale qu’on ne peut encore limiter, et tous les phénomènes vitaux semblent s’y rattacher.
- Développée à l’origine en Angleterre, puis en Allemagne, cette élude occupe depuis quelques années un petit nombre de savants français, à qui sont dus la plupart des progrès qu’elle a faits depuis lors. Ils croient que l’imporfanee des propriétés colloïdales est beaucoup plus grande qu’elle ne le paraît encore aujourd’hui, et qu’un jour les colloïdes constitueront, dans les sciences physiques, un des chapitres les plus fondamentaux, en même temps que, dans les sciences appliquées, un des moyens d’aclion les plus puissants. A. Dëtœup.
- BERNARDIN DE SAINT-PIERRE AU MUSÉUM
- On efit profondément étonné les professeurs du Muséum de l’an III en leur annonçant que le personnage qu’ils avaient si lestement éconduit, avec la connivence de Lakanal, aurait un jour sa statue presque colossale à deux pas de la salle de leurs délibérations. Or M. de Saint-Pierre vient de s’installer en face de la maison de Daubenton, le premier, dans l’ordre des temps, des directeurs decc Muséum
- qui a brutalement remplacé jadis le jardin dont l’intendant de Louis XVI tirait 12 000 livres de rente. Cette fois, si peu avenant qu’il soit, on ne l’évincera plus !
- Bernardin de Saint-Pierre avait depuis longtemps son monument au Havre, en compagnie de Casimir Delavigne, né comme lui dans le grand port normand.
- 1 Linder et Piéton.
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- 92 ....= BERNARDIN DE SAINT-PIERRE AU MUSEUM
- David (d’Angers) les avait associés dans un imposant décor et l’excentrique Châtillon, critiquant cette glorification déjà lointaine, n’avait pas rencontré d’échos. Les années s’accumulaient sur les bronzes verdis et, seule, la piété de la veuve du grand sculpteur avait troublé la solitude des deux littérateurs havrais1.
- Et voici que la fantaisie d’un auditeur fidèle dos cours du Jardin des Plantes, exhume Bernardin et l’impose au Muséum qui n’en avait que faire!
- Je n’apprendrai rien à personne en répétant ici, après tant d’autres, que, si Bernardin occupe une place à part dans l’histoire des lettres françaises, entre Jean-Jacques Rousseau et Chateaubriand et s’il a doté d’un chef-d’œuvre notre littérature nationale, son rôle dans les sciences naturelles a été absolument nul et aurait pu devenir néfaste. Sa statue n’est donc guère à sa place dans l’établissement au centre duquel on l’a récemment érigée, et où Buffon et Daubenton, Lamarck et Geoffroy Saint-Hilaire attendent encore leurs monuments.
- Comme pour justifier le choix de l’emplacement, l’architecte a gravé en tête des titres du philosophe, amant de la nature, à la glorification duquel celle statue est consacrée, celui d'intendant du Jardin des Plantes. Louis XVI avait en effet signé en sa faveur, le 1er juillet 1792, un brevet d'intendant du Jardin royal et des Cabinets d'histoire naturelle dont la minute est conservée aux Archives nationales (F. 17.1227). Le roi, investissait lui-même de ses nouvelles fonctions le littérateur que lui présentait le ministre Terrier-Monciel ; il l’assurait qu’il avait lu ses ouvrages : Ils sont d'un honnête homme, ajoutait-il, et j’ai cru nommer en vous un digne successeur de Buffon !
- Le pauvre roi avait du lire, comme tout le monde, Paul et Virginie dont la renommée était universelle. S'il avait bien connu les Éludes de la nature, j’aime à croire qu’il se serait abstenu d’évoquer le nom de Buffon, en installant dans le posté, grandi et honoré par lui, un homme de lettres dont l’œuvre était comme un défi porté à l’expérience et à l’observation. Buffon et ses disciples et collaborateurs étaient avant tout des observateurs, des expérimentateurs. Bernardin contemplait et rêvait et, dans ses méditations solitaires, il avait imaginé un système du monde qui n’avait rien de commun avec celui que l’on démontrait dans ces lieux où depuis un peu plus de deux mois s’élève sa statue. Les causes finales, à quelque niaiserie qu’elles pussent conduire, en étaient le fondement et il trouvait aux phénomènes les plus redoulables de la nature une raison d’être tirée du bonheur de l’humanité. Les bêtes les plus féroces ou les plus insupportables à l’homme avaient leur utilité à ses yeux.
- Disciple et admirateur de Rousseau, il lui avait
- 1 On les moulait récemment pour le musée David, à Angers.
- 2 L’une des entreprises qu’il réalisa, en effet, pendant son court séjour au Jardin du Roi, fut de faire lancer en pleine mer des bouteilles contenant une formule; l’une d’elles ainsi projetée par Brard à la hauteur des Açores revint à la côte ne France, signalant pour la première fois le courant
- emprunté bien des doctrines et bien des formules, mais il n’avaittiré aucun profit de cette connaissance des plantes à laquelle le grand Jussieu lui-même rendait hommage chez le philosophe genevois, et ses études, malgré leur prétention scientifique, étaient aussi pauvres en botanique qu’en zoologie ou en minéralogie. Il avait toutefois des idées justes sur certains points qu’il avait éclaircis par des expériences personnelles et il n’est pas indifférent pour sa mémoire de signaler en passant les études spéciales qui font de Bernardin une sorte de fondateur de l'océanographie2.
- Son administration débuta mal. Bernardin, que la reconnaissance n’a jamais beaucoup gêné, répondit à la politesse du Roi en provoquant l’enlèvement des fleurs de lis de l’écusson de France, au-dessus de la porte du jardin.
- Les professeurs attendaient avec anxiété quelque autre abus d’autorité, qui assurerait la réalisation des idées absurdes préconisées tout récemment par le nouvel administrateur. Ils avaient lu les projets d'Élysée que Bernardin rêvait de faire dans l’île de la Grande-Jatte tout encombrée de symboles, d’allégories, d’emblèmes et d’étiquettes prétentieuses et ridicules X Fort heureusement, le nouvel intendant renonça-pour l’instant à réaliser toutes ces belles choses. A peine installé dans l’appartement de Buffon, il s’étudia à calmer les susceptibilités qu’avait éveillées une nomination inattendue, traitant avec égard les anciens de la maison et manifestant une grande bienveillance au petit personnel.
- Il se rendait compte par lui-même du fonctionnement de chaque service, et ses rapports au ministre, conservés aux Archives nationales, lui font assurément honneur. J’en ai tiré, il y a douze ans, une description très exacte et fort intéressante de l’état du Jardin du Roi, au moment de sa transformation par la Convention nationale.
- On doit savoir particulièrement gré à Bernardin d’avoir repris et développé les projets de Buffon d’amener au jardin la ménagerie royale de Versailles.
- La gestion de Bernardin a duré du 1er juillet 1792 au 7 août 1795, c’est-à-dire treize mois et une semaine, dont un peu plus d’un mois à titre d’intérim. Il se retira chez l’imprimeur Didot, son ami et futur beau-père et gagna peu après Essonnes où, pendant son administration, il avait commencé la construction d’une maison dans une île de la rivière.
- Il existe aux Archives nationales un volumineux dossier formé des innombrables pétitions dont il a assailli la Convention pour être indemnisé de ses frais d’installation et de la suppression de sa place. Le voilà bien dédommagé aujourd’hui, grâce au bon M. Po-tron, de sa déconvenue de l’an III! g ip jja
- de rinsl.il.ut.
- marin si souvent étudié depuis lors par la même méthode.
- 3 Voici, par exemple, l’étiquette destinée au fraisier du Chili : j’étais inconnu à l'Europe; mais en telle année, un tel, né en tel lieu, m'a transporté des hautes montagnes du Chili; et maintenant je porte des fleurs et des fruits dans l'heureux climat de la France.
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- LE BOUMERANG
- Personne n’ignore ce qu’on entend par un boume-rang. C’est une lame de bois, formée de deux branches, à angle généralement arrondi, situées dans deux plans différents et dont les bouts sont souvent aussi
- Fig. 1. — Indigène australien lançant le boumerang. 1" temps.
- arrondis. Des deux faces de l’instrument l’une est plate, l’autre légèrement convexe. Dans le vol c’est toujours cette dernière qui est tournée en haut.
- Le boumerang est surtout employé par les Australiens (fig. 1 et 2). Ils le font toujours d’une seule pièce, grâce à la forme spéciale des arbres de leur pays. Ils s’en servent volontiers, pour chasser ou pour se défendre contre l’ennemi. Néanmoins l’on se trompe en pensant qu’ils attachent une grande importance au fait bien connu, qu’une fois lancé, le boumerang peut revenir dans la main, à son point de départ. Ils constatent simplement ce phénomène et transforment en un jouet, qui les amuse, l’instrument qui allait leur servir comme une arme. Les Européens intelligents ont pris modèle sur leurs frères de l’autre continent et voilà pourquoi aujourd’hui ils répandent, comme un véritable sport nouveau, la théorie et la pratique de l’art du lancement du boumerang. Pour lancer celui-ci, il faut le prendre de la main droite, la convexité de la courbe tournée
- vers le lanceur, puis le projeter en avant avec force, presque dans le plan horizontal, en visant à une faible hauteur, comme si on voulait atteindre au front un homme qui se trouverait placé à une vingtaine de mètres. Le point capital est d’imprimer en même temps à la lame un mouvement de rotation, autour d’un axe vertical ou légèrement incliné à droite.
- Le boumerang, ainsi lancé, lile à une trentaine de mètres, en décrivant une courbe voisine d’un demi-cercle à droite et revient à son point de départ en décrivant une autre courbe par la gauche. Selon la plus ou moins grande habileté du lanceur, il peut opérer dans l’air deux et même trois courbes élégantes, avant de retomber, et se comporte alors connue un cerf-volant, dont on aurait lâché la corde et qui, en planant, redescendrait jusqu’à terre. Au reste, jamais les boumerangs ne font un trajet identique, chacun a son vol particulier, pour ainsi dire,
- Fig. 2. — Indigène australien lançant le boumerang. 2“ temps.
- et qui" varie également selon la vigueur et l’adresse de celui qui manie l’instrument.
- Sans tenir compte de la pesanteur, à quelles forces est soumis un tel corps après sa propulsion dans l’espace? Il est soumis : 1° à la force de projection
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- LE BOUMERANG
- en avant fournie par les muscles du lanceur ; 2° à la force de rotation produite par la forme spéciale, en hélice, de l’instrument; 5° à la résistance de l’air.
- La première force, qui est uniformément retardée, atteint son maximum d’intensité dans les premières secondes du lancement et tend à porter le boume-rangen avant; la seconde, la force de rotation, agit à la façon d’une véritable hélice et tend à soulever le boumerang (comme dans les jouets à hélice) et en meme temps à le ramener à son point de départ comme elle le fait dans un cerceau que l’on projette en avant après lui avoir imprimé le mouvement de rotation en sens inverse.
- Quant à la résistance de l’air, elle ne peut naturellement agir que sur l’un des côtés de l’instrument, le côté convexe, et c’est pourquoi le plan de rotation arrive à se tourner nettement vers la gauche.
- M. Max Buchner, dans un intéressant article *, se montre un partisan très résolu de l’adoption du boumerang en tant que sport européen. Il vante bien haut les avantages, que présente un tel exercice au point de vue de la culture physique. Comme nous allons le voir plus loin, il recommande de fabriquer soi-même son jouet, si j’ose ainsi m’exprimer. C’est aussi ce que conseille un Français,
- M. B. Descamps, dansunc petite note toute récente2.
- : Déjà en 1869, dans les Poggendorffs Annalen, on parle de la théorie du mouvement des boumerangs M. G. T. Walker en fît faire pour son usage personnel il y a quatorze ans, et aujourd’hui on peut en trouver en Allemagne et en France dans les principaux magasins de jouets.
- C’est dans ces établissements que vinrent faire leurs premières emplettes M. Buchner et M. Frey, son concurrent dans le sport du boumerang. Ils
- 1 Vov. Globus, n«« des 20 el 27 juillet 1905.
- 2 Yoy. Cosmos, n° du 25 mai 1907.
- Fig. 5.
- Dillérenls genres de boumerangs.
- labriqués à Berlin.
- , durent rapidement renoncer à un pareil mode d’acquisition. La préparation de la lame réclamait un temps très long et le plus souvent celle-ci était courbée outre mesure par les procédés de l’industrie; de plus le boumerang n’offrait pas une solidité suffisante, se brisait dès les premières épreuves du lancement, ou subissait l’in-iluence néfaste de la chaleur et de l’humidité. MM. Buchner et Frey songèrent alors à confectionner eux-mêmes leurs instruments. Ils ne purent fabriquer que deux boumerangs d’une seule lame; les quatre autres ont été obtenus par la jonction de deux morceaux de bois et l’un de ces instruments (voy. lig. 5, n°6), est parvenu, en un lancement, à parcourir sa trajectoire en 17 secondes, exactement mesurées par l’auteur.
- Aujourd’hui l’expérience a démontré d’une manière probante que ce dernier mode d’exécution est le meilleur, le seul qui assure une solidité inaltérable à l’instrument; les deux morceaux de bois sont tout simplement joints au moyen de la colle. La forme, une fois donnée, se conserve parfaitement, et il est de même aisé de parer à l’action de l’humidité, qui pourrait encore changer la structure de la lame.
- En explorant plus activement la terre d’Australie, on y trouvera les diverses formes de boumerangs, depuis la lame presque droite, longue et à peine ondulée (fig. 5, n° 5), jusqu’aux variétés, à angle droit (nos 5, 4 et 7), etc. Les peuples Sandé (Niam-Niam, certains Massai, Fan, etc.) et leurs congénères de l’Afrique centrale ont modifié leur primitif couteau, et s’en servent comme d’une arme de jet. C’est le Iroumbache (lig. 3, n° 1). Dans l’Inde les singa (fig. 5, nQ 2) rappellent aussi le boumerang (peuplades Khonds de l’Orissa).
- Le boumerang a été même connu dans l’ancienne Egypte et on peut en voir les spécimens au Musée du Louvre.
- J. Deiviker.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 3o décembre 1907. -
- Infraction aux règles du système métrique. — Le Bureau des longitudes rappelle, au sujet des pièces en nickel de 0fr,25 dont la frappe a été autorisée, que, d’après les règles du système mélrique, les unités décimales employées comme mesures pratiques no doivent comporter que leur double et leur moitié. En créant une pièce de 0fr,25 on a donc enfreint une règle précise. 11 importe d’abandonner un pareil procédé, car le système métrique rencontre des ennemis déterminés et il ne faut pas justifier ' cette assertion parfois émise par eux que le système mélrique n’est môme pas adopté en France. Une Commission est chargée de présenter un rapport sur la question.
- Les travaux du Bureau international des poids et mesures.-— M. le Président expose qu’il a présidé les quatre séances de la conférence générale des poids et mesures, les 15, 17, 19 et 22 octobre. Le kilogramme-étalon a été trouvé équivalent à un poids d’eau distillée à la température du maximum de densité, dont le volume est 1^5,000027, ldl"3,000028 et ld“3,000029, soit ld:nS,000028. L’erreur commise sur l’appréciation de l’arête du cube est de 0dm,000009, soit 1/1000000 de la quantité mesurée.
- Le raisonnement des abeilles. — M. G. Bonnier communique le résultat d’expériences mettant en évidence le raisonnement collectif des abeilles. Si l’on oblige des abeilles à recueillir sur des Heurs du miel au lieu du liquide sucré normal, la colonie reconnaît aussitôt le changement de substance sucrée. Le signal de guerre est donné et l’on voit une grande quantité d’abeilles se précipiter, vers l’endroit où était le miel, à la recherche d’une ruche qui n’existe pas. Dans une autre
- Séance du 6 janvier 1908. — Présidence
- Dépêches météorologiques d’Islande. — M. Bouquet de la Grye dépose, au nom de la Section de géographie et de navigation, un rapport démontrant l’utilité pour le Bureau central météorologique, de recevoir quotidiennement des dépêches d’Islande indiquant la situation météorologique de ce pays. Actuellement, faute d’un crédit budgétaire, on emploie en France les données des publications anglaises. De là un retard de 24 heures très préjudiciable pour l’établissement des prévisions. La section conclut au renvoi de l’affaire au ministre de l’Instruction publique.
- Les mouvements du sol en France. — M. Bouquet de la Grye présente une Note de M. Charles Lallemand relative aux mouvements de déplacement du sol en France. Ces mouvements sont lents. La précision que l’on peut atteindre dans les recherches de ce genre n’est pas suffisante pour qu’on puisse arriver actuellement à un résul-tat. Il est nécessaire que les expériences soient renouvelées trois fois par siècle.
- Action des bacilles tuberculeux modifiés par le chlore. — M. d’Arsonval présente une Note dans laquelle MM. Moussu et Goupil décrivent les elïets éloignés de l’injection de bacilles tuberculeux chlorés dans l’organisme. Use produit d’abord, en cas d’injections répétées, une accoutumance. On voit alors la réaction thermique du sujet diminuer d’intensité malgré l’augmentation des doses. La réaction générale chez le chien, par exemple, devient nulle. A l’autopsie, on ne constate jamais de
- Présidence de M. Becquerel.
- expérience, l’auteur met les abeilles en rapport avec un morceau de sucre et cela à proximité d’un bassin. Les insectes ne peuvent entamer le morceaif de sucre à l’aide de leurs mandibules. On voit alors un va-et-vient s’organiser entre le bassin et le morceau de sucre. De l’eau est ainsi apportée sur le sucre de manière à former un sirop que les abeilles peuvent ensuite transporter à la ruche. D’après d’autres expériences de l’auteur, une abeille isolée ne montre aucune intelligence, mais la collectivité est capable de raisonnement.
- L’ostréiculture en France. — S. A. le prince de Monaco présente deux feuilles d’une carte ostréicole de la France dressée par MM. Joubin et Guérin. Une région, s’étendant de la Loire au goulet Fromentine, est très riche, l’autre est très pauvre. La côte comprise entre la Loire et la Gironde doit sa richesse en mollusques à la présence des îles. Les parties du littoral qui ne sont pas abritées sont très pauvres. Les gisemenls de la baie de Bourgneuf ne seront conservés qu’en prescrivant de temps en temps l’interdiction absolue de la pêche.
- Le thé des colonies françaises. — M. Munlz présente une Note de M. Dyboxvski sur les thés récoltés dans les colonies françaises. D’après des analyses, le thé de l’Indo-Chine est d’excellente qualité. Il est bien préférable à celui de Ceylan parce qu’il contient une proportion moitié de tanin. On sait que si ce dernier thé est parfois mal supporté par les estomacs délicats, c’est en raison de la quantité de tanin qu’il renferme. Déjà actuellement l’Indo-Chine exporte 500 000 kg de thé par an. Des essais de culture faits à Madagascar ont démontré la possibilité d’y produire également celte denrée.
- de M. Chauveau, puis de M. Becquerel.
- lésions tuberculeuses. Les animaux accoutumés, soumis à des injections virulentes, donnent des résultats différents selon que l’injection virulente est pratiquée aussitôt après l’injection de bacilles chlorés ou selon qu’elle est pratiquée au bout d’un certain temps. Dans le premier cas, les animaux sont sensibilisés; dans le second cas, ils présentent une augmentation de résistance qui pourrait faire croire à une vaccination véritable. Mais il serait prématuré de formuler cette opinion.
- La coloration des gâmmes. — M. d’Arsonval résume ensuite une Note de M. Bordas sur les pierres précieuses. Il montre que la coloration jaune de la topaze n’existait pas à l’origine, car cette coloration disparaît si l’on soumet la gemme à une température de 500° pendant quelques heures. La coloration jaune est produite dans le corindon par la radioactivité du sol. Quant au corindon vert, ou émeraude d’Orient, ce peut n’être autre chose que du saphir bleu qui a subi pareillement l’effet de la radioactivité. Sous l’influence de celle-ci il s’est produit dans la gemme une coloration jaune qui a fait virer le saphir au vert. La belle émeraude d’Orient est rare parce qu’il se produit le plus souvent un excès de jaune qui donne à la gemme une teinte vert chou. On peut d’ailleurs faire disparaître l’excès de jaune en chauffant avec précaution le corindon ainsi coloré de façon à obtenir5 la teinte voulue. L’auteur ajoute que, contrairement à l’opinion reçue, les rayons p du radium sont sans action sur la coloration du corindon. Cu. de Villedeuil.
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- FOSSILES D’AMÉRIQUE : LE TRICERATOPS
- Un a expliqué autrefois dans celte même revue (.Animaux fossiles d'Amérique, n° 1753, 29 décem-bre1906, p. 65) l’intérêt tout particulier quis’altache aux animaux fossiles américains.
- On nous saura donc gré de signaler ici ce très beau squelette, complet, du Triceralops, dont le montage vient récemment d’être effectué au National Muséum de New-York. L’animal — un géant de 8 mètres de longueur! — a été indiqué à sa place
- un peu à la façon dont le descendant d’une grande lignée, plein de stigmates de dégénérescence et de mégalomanie, prolonge la gloire de ses ancêtres.
- Cette mort, sinistre et grandiose, des espèces, des genres, des ordres animaux, par des formes gigantesques et pourtant si faibles qu’elles semblent d’avance marquées par le destin, n’est pas moins mystérieuse ni moins étonnante pour le philosophe que celles des grandes familles humaines. C’est
- Nouveau Triceralops du Musée de New-York.
- et décrit, dans l’article auquel nous faisions allusion, mais nous n’avions pu le figurer par l’image. Nous sommes heureux de pouvoir réparer cette lacune. Nos lecteurs pourront d’ailleurs compléter de visu cette connaissance, car il existe au Muséum de Paris une bonne reconstitution du même type.
- Rappelons brièvement que le iriceratops, caractérisé par une tête énorme qui n’a pas moins de 2 mèlrcs de longueur, ornée des trois cornes d’aspect étrange qui lui ont valu son nom (ireis, trois, keras, cornes), est un des types les plus tardifs et les plus différenciés de ces dinosauriens, qui ont été la splendeur vivante du monde jurassique, et qu’il les a prolongés en quelque sorte, jusque dans la période crétacée, —
- comme une dernière et superbe protestation du passé au milieu du présent, d’autant plus superbe qu’elle doit être plus inutile. On a pu penser d’ailleurs que ces disparitions, si tragiques, sont nécessitées par la sagesse supérieure de la vie, et qu’il ne faut pas les regretter, car, comme le dit M. Gaudry: « Les dinosauriens des temps secondaires ont disparu pour luire place aux vertébrés à sang chaud, moins beaux, mais plus parfaits, le règne du beau a succédé au règne du grand.
- Marcel Blot.
- Le Gérant : P. 'Masson.
- Paris; — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- LA NATURE. — N° 1808.
- 18 JANVIER 1908.
- LA FABRICATION DES APÉRITIFS
- Il est inutile de rappeler ici quelle place — malheureuse! — l'apéritif occupe dans l’existence de
- simplement décrire la préparation de ces drogues que le docteur Laborde a surnommées des « poisons publics de choix ! »
- Nous commencerons par l'absinthe. Il en existe trois types principaux : la supérieure (65° à 72° d’alcool) ; Xordinaire (50° à 60°), et la commune (40° à 50°) ; mais, de toutes laçons, les plantes servant de base à leur préparation sont l’armoise ou grande absinthe, la petite absinthe, l’anis, la mélisse et l’hysope, et, parfois, l’angélique, la menthe, le benjoin, la coriandre, et autres herbes aromatiques. Après macération pendant vingt-quatre heures dans l’alcool, on distille lentement dans des alambics chaudes à la vapeur (fig. 1). On recueille, d’une part, les flegmes qui coulent au
- Fig. 1. — Alambics pour la distillation de l’absinthe.
- Fig. 2. — Concassage et broyage de l’écorce de quinquina.
- Fig. 3. — Foudres servant à emmagasiner les vins destinés à la préparation des apéritifs au quinquina.
- beaucoup de nos contemporains. Les hygiénistes ont signalé maintes fois les funestes effets des absinthes, vermouths, amers, bitters, quinquinas et autres mixtures sur l’organisme humain. Aussi nous abandonnons aux médecins le côté physiologique de la question, et nous voulons 36e année. — t"' semestre.
- commencement et à la fin de la distillation (absinthes communes et ordinaires), et, d’autre pari, l’alcoolat
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- FABRICATION DES APERITIFS
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- parfumé titrant de 65° à 72° (absinthe supérieure). Pour colorer l’alcoolat, on laisse en contact avec lui, durant une douzaine d’heures à la température de 00° environ, des feuilles de mélisse, d’hysope et de petite absinthe. On élève ensuite la température à 90° et on soutire à froid. Quant aux absinthes ordinaires et communes, on les colore simplement avec du safran, de l’indigo et du caramel.
- Au sortir des appareils distillatoires, l’absinthe subit le blanchiment, manipulation qui consiste à lui incorporer certaines substances destinées à la rendre opalescente quand on l’additionnera d’eau. L’extrait servant d’ordinaire à cet usage s’obtient, en laissant digérer, durant quinze jours, 1 kg de résiné de gaïac pulvérisée dans 20 litres d’alcool à 95°. On ajoute 2 litres de cet extrait pour 1000 litres de liqueur. Certains fabricants aiment mieux employer l’essence de badiane à raison de 500 grammes par 1000 litres ou, dans une proportion moitié moindre, de la réglisse en poudre qui donne du moelleux à l’absinthe. De là, on dirige cette dernière dans des foudres où on l’abandonne 2 et 5 ans afin qu’elle se clarifie et se bonifie. On a essayé également divers moyens tels que l’oxydation par l’ozone ou l’air comprimé, l’exposition à la lumière solaire ou électrique pour la vieillir artificiellement et éviter ainsi l’immobilisation de capitaux. Mais aucune de ces pratiques ne s’est généralisée.
- Gomme autre procédé de fabrication de l’absinthe, il faut noter sa préparation par addition directe d’essences, mode d’obtention aussi simple qu’économique et expéditif. 11 suffit d’ajouter ces mélanges d’essences à de l’alcool plus ou moins fort, plus ou moins mauvais, pour avoir immédiatement une... médiocre absinthe. Quant à la méthode par infusion et macération des plantes aromatiques séchées et pulvérisées, nous la signalerons seulement pour mémoire puisqu’elle est plutôt domestique qu’industrielle.
- Les bitters ont une composition touffue et va-yiable. On les obtient par macération d’absinthe, de calamus, de gentiane, de galanga, d’iris, d’angélique, de santal, d’écorces d’oranges amères, de quinquina, d’angusture et de cardamome dans du genièvre, puis on ajoute du sucre au macéré. Les amers se préparent d’une façon à peu près identique, mais avec du quinquina, de l’écorce d’oranges amères, du cala-înus, du citron, du cardamome, du columbo et de l’aloès.
- Les vermouths se fabriquent généralement en laissant infuser, dans du vin blanc, de l’absinthe, de l’aunée, de la reine des prés, de la gentiane, de la muscade, de l’angélique, du calamus, de l’écorce d’oranges amères, de l’angusture, de la petite centaurée et de la cannelle. Entre autres substances toxiques pour l’organisme, ces apéritifs renferment deux produits convulsivants, l’aldéhyde salicylique et l’acide cyanhydrique aussi dangereux que l’essence d’absinthe.
- Le vermouth de Turin a une composition un peu différente. On le fait avec des raisins de Corinthe, de la cannelle et des fleurs de jasmin, qu’on met macérer dans des marcs et dans de l’alcool étendu et sucré. On soutire la liqueur au bout de quelque temps de contact, et on la colle après filtrage.
- Pour la préparation des apéritifs dits quinqu inas, on prend d’ordinaire des vins de liqueurs et on y fait macérer de l’écorce de quinquina. Ces vins proviennent d’Espagne ou des départements français de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales ; on les tire de raisins qu’on laisse se dessécher soit sur pied, soit sur des claies de paille étendues au soleil. Souvent même, afin de réaliser plus de bénéfices, les trafiquants se contentent d’ajouter du sucre au moût en fermentation et d’arrêter celle-ci avant que tout le sucre soit transformé en alcool. En tout cas, le vin de liqueur nécessaire à la fabrication des apéritifs au quinquina doit titrer 15 pour 100 d’alcool.
- Au fur et à mesure de leur arrivée dans les entrepôts de l’usine, ces vins s’emmagasinent dans d’immenses foudres, en attendant les différents traitements qu’ils vont subir : collages ou soutirages, macération de quinquinas, pasteurisation et filtrages. Les transvasements s’opèrent à l’aide de pompes aspirantes, montées sur un chariot et actionnées mécaniquement (fig. 5). Puis, pour que les vins se conservent bien, on prive de leur vitalité lés germes nuisibles qu’ils renferment en les soumettant, pendant quelques moments, dans un pasteuri-sateur à des températures variant de 55ü à 70°. l)e là, on les dirige vers les cuves d’infusion dans lesquelles on les laisse macérer avec le quinquina.
- D’autre part, comme le montre une de nos photographies (fig. 2), celte précieuse écorce arrive, chez les producteurs d’apéritifs, dans des surons ou balles en peaux de buffles. On les monte au grenier et on met les petites brindilles de bois qu’ils contiennent dans l’entonnoir du broyeur qui les pulvérise. Cette poudre, introduite ensuite dans des cuves, y séjourne durant un mois. Après ce laps de temps, on soutire le vin qui a pris l’amerture nécessaire. On le passe alors sur des filtres-presses pour le débarrasser des matières solides qu’il tient en suspension. Des pompes le refoulent enfin vers l’atelier d’embouteillage.
- Généralement les bouteilles d’apéritifs sont remplies et bouchées mécaniquement. Puis, mises par groupe dans des paniers en fer, on les roule sur des chariots jusqu’à l’endroit du capsulage. Des ouvrières recouvrent alors le bouchon et la partie supérieure du goulot d’une petite coiffe découpée à l’emporte-pièce dans une mince feuille d’étain, tandis que des hommes saisissent les flacons ainsi encapuchonnés et les emboutissent à l’aide d’une machine spéciale. Grâce à cet appareil, un ouvrier capsule plusieurs milliers de bouteilles par jour. Dès ce moment, les fioles se trouvent prêtes pour leur ultime toilette, le
- Jacques Boyeii.
- collage des étiquettes.
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- UTILISATION DES ORDURES MÉNAGÈRES
- Le problème de l'utitisaiioii des ordures ménagères est un de ceux qui préoccupent le plus les hygiénistes. Les municipalités cherchent depuis longtemps un moyen de se débarrasser des détritus de toutes sortes, qui encombrent le matin les trottoirs de nos rues.
- Bien des solutions ont été proposées, sans jamais donner une entière satisfaction. Les gadoues contiennent une grande quantité de matières fertilisantes, qui trouvent un emploi efficace tout indiqué en agriculture. Mais la fermentation des matières se produit avec un dégagement de gaz d’odeur fétide, ce qui en interdit l’utilisation aux environs des lieux habités.
- En outre, cette fermentation se fait très vite et vingt-quatre heures après leur enlèvement les ordures ménagères deviennent des loyers d’infection.
- Aussi, malgré leur richesse en azote et en phosphore, on a été amené à incinérer les gadoues | pour s’en débarrasser; on a bien essayé de récupérer la matière ainsi perdue sous forme de force motrice produite par la chaleur de la combustion, mais la puissance calorique des gadoues est trop faible pour qu’on y trouve un réel avantage.
- Sans entrer dans le détail des divers procédés d’incinération en usage dans certaines villes, comme New-York, Port-Ontario, Edimbourg, Londres, Berlin, Bruxelles, etc., où des installations dispendieuses de fours ont été organisées, nous pouvons dire que les résultats n’ont pas été satisfaisants. C’est un progrès sur l’épandage, mais cet expédient soulève encore bien des critiques. En effet, les gaz, qui s’échappent des cheminées des fours ont des odeurs extrêmement désagréables. Enfin on supprime une source d’engrais organiques très précieux pour les
- agriculteurs. Beste le procédé de broyage; c’est celui que nous voulons décrire, et nous nous appuierons pour cela sur la visite que nous avons faite ces temps derniers à l’usine de Yitry-sur-Seine, ou la Société des engrais organiques traite, depuis quelques semaines, les ordures ménagères de quatre arrondissements de la ville de Paris, au moyen d’un nouveau broyeur qui nous a paru résoudre très heureusement le problème des gadoues.
- L’appareil, dont nous donnons ci-joint le dessin, se compose d’un moulin en fonte, sur l’axe duquel sont montées des tiges métalliques, terminées par des marteaux mobiles articulés. La matière est introduite par un entonnoir latéral, elle se trouve instantanément soumise à l’action des marteaux mobiles, qui, tournant à une vitesse de 1400 à 1600 tours à la minute, réduisent en poussière tous les corps quels qu’ils soient. A cette action mécanique vient s’ajouter un effet chimique, dûau violent courant d’air produit par la rotation des marteaux articulés, c’est l’oxydation des matières broyées. Ce malaxeur, dû à MM. Weidknecht et Schœller, peut avoir un débit de vingt à trente tonnes à l’heure. Les matières à broyer sont amenées le malin à l’usine par les charrettes qui les ont enlevées dans les rues; le déchargement se fait dans une fosse longitudinale. Le fond de cette fosse est situé à une profondeur de 2 mètres environ, il est constitué par un chemin roulant sur lequel les gadoues sont sommairement étalées par des manoeuvres. Du chemin roulant, les ordures passent au moyen d’un élévateur sur un transbordeur destiné à les conduire dans la chambre des broyeurs. Au-dessus et à côté de chaque appareil, se tient un ouvrier qui pousse les matières dans l’entonnoir du broyeur, et enlève à la main les
- Fig. 1. — Un des broyeurs monté à l’usine de Vitry.
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- = L’EVOLUTION DU DROIT MINIER
- objets qui, bien que réduits en poussière, ne pourraient que diminuer la proportion des matières fertilisantes. C’est ainsi que nous avons pu voir s’amonceler dans un terrain vague en dehors de l’usine un monceau de vieilles marmites en fonte émaillée, de verres et de vaisselle cassés et... un buste de Voltaire en plâtre !
- Le poudro —c’est ainsi que la Société des Engrais organiques a baptisé le résultat du broyage — tombe sur un chemin roulant qui, par le moyen d’un élévateur, le conduit dans un vaste tamis cylindrique animé d’un mouvement de rotation; ce tamis ne laisse passer qu’un terreau noirâtre dont l’analyse nous a donné le résultat suivant :
- Azote............. 9,00 vol.
- Acide pliosphorique. 11,00 —
- Potasse........... 3,30 —
- Si nous comparons ce
- produit aux fumiers d’étable et d’écurie dont les compositions sont respectivement :
- Azote..............
- Acide pliosphorique.
- Potasse............
- nous pouvons dire que le produit des ordures ménagères ainsi broyées est un engrais org inique, dont la teneur en éléments fertilisants est deux fois supérieure à celle des fumiers d’étable et d’écurie.
- Si l’on tient compte qu’un millier d’habitants donne environ 60 kg de gadoues par jour, et que le broyage fait perdre 25 pour 100 de son poids à la matière, on peut se faire une idée de quelles ressources se privent les villes où l’incinération est pratiquée.
- Une question se pose aussitôt, c’est celle de l’odeur
- Fig.
- dégagée par le poudro. Nous avons dit au début que la matière était soumise à une oxydation pendant son broyage; si, d’autre part, nous rappelons l’opinion du docteur llanriot, membre de l’Académie de Médecine et du conseil d’hygiène publique du département de la Seine, qui dit : « Le broyage désodorise la gadoue d’autant mieux qu’il est plus parfait », nous aurons l’explication de l’absence absolue d’odeur du produit que nous avons vu.
- Le fait que nous avons nous-même constaté sur des poudros de fabrication, remontant respectivement à 2, 10, 20 et 30 jours, a d’ailleurs été relaté officiellement dans un rapport fait par les ingénieurs de la ville de Paris, chargés de surveiller les expériences du broyeur en question. On a vu plus haut combien il serait illogique de brûler complètement les gadoues telles qu’elles sortent de nos boîtes à ordures, mais ce serait une erreur aussi grave d’essayer d’utiliser toutes les gadoues comme engrais. Si, dans cet article,nous avons préconisé le broyage, c’est qu’il donne sur 100 tonnes de matières brutes: 80 p. 100 de poudre, constituant un très bon engrais. et 20 p. 100 de déchets dont le pouvoir calorifique, égal à 2587 calories, est suffisant pour être utilisé. Des observations consignées dans le court exposé, nous croyons pouvoir conclure que la question des gadoues est entrée dans une voie nouvelle, que le procédé employé à l’usine de Vitry laisse bien loin en arrière les appareils de broyage primitifs en usage jusqu’à aujourd’hui, et qu’enfin le nouvel engrais le poudro rendra aux agriculteurs de très appréciables services. E. T.
- Broyeur Weidknecht-Scliœller.
- L’ÉVOLUTION DU DROIT MINIER
- Tous les principes du droit sont (quoiqu’il puisse sembler y avoir quelque hérésie à l’énoncer) des principes de circonstance, variables avec les conditions sociales et économiques qui les ont fait établir. Mais il en est peu pour lesquels ce caractère contingent s’accuse plus et entraîne plus de divergences, plus de discussions, que ceux par lesquels on a prétendu définir et assurer la propriété
- spéciale de la richesse minérale. Cela apparaît bien à une époque, comme celle-ci, où le problème se pose devant l’opinion publique française, tant pour la révision de la loi minière dans la métropole que pour l’établissement de nouveaux codes miniers, déterminés par des circonstances et des besoins différents, dans nos colonies, et où les opinions les plus hasardeuses sur ce sujet délicat s’exprimen
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- de tous côtés. Aussi peut-il être utile d’exposer rapidement ces principes du droit minier dans leur naturelle évolution historique. Je vais essayer de le faire, non pas à la façon d’un jurisconsulte qui se contente, et doit se contenter, d’interpréter les textes existants, mais, dans l’esprit de ce recueil, en praticien et en technicien étudiant la mise en valeur de la richesse minérale comme une question industrielle à résoudre pour le plus grand avantage de la communauté*. Une difficulté analogue, qui se présente depuis peu de temps pour la « houille blanche », et dont on n’a pas encore trouvé la solution pratique, paralyse souvent de telle manière l’essor des entreprises, que cet exemple peut, en quelque sorte, servir de leçon pour ceux qui voudraient soit faire rentrer la propriété minière dans le droit commun en la rattachant au sol, soit la confisquer au profit (apparent) de l’Etat, toujours si mal outillé pour exploiter et surtout pour créer une exploitation par lui-même : la nationaliser ou socialiser.
- Les deux particularités les plus typiques de la richesse minérale sont : d’une part, le fait que c’est, au moment où la communauté intervient pour en régler la propriété, une richesse nouvelle qui se crée (res nullius) et, d’autre part, que cette richesse est destinée à disparaître rapidement, au lieu de se renouveler comme celle tirée d’un champ ou d’une industrie, qu’elle se détruit. Elle a un caractère essentiellement éphémère. Richesse nouvelle, la propriété de la mine n’appartient à aucun titre au propriétaire de la superficie qui l’ignorait, qui ne songeait pas, qui n’avait jamais, qui n’aurait jamais songé à l’utiliser (à moins de jouer lui-même le rôle d’inventeur), qui ne s’en était pas assuré la disposition, comme il l’avait fait pour son champ, par un travail antérieur. Le principe, dit de l'accession, qui rattache la propriété de la mine à celle du sol est logiquement le moins défendable de tous. Pratiquement, il a tous les inconvénients possibles dès que le sol est un peu divisé, en empêchant la constitution d’une mine importante, nécessaire pour la bonne extraction des minerais. 11 n’a pu se conserver que parallèlement à la grande propriété terrienne à caractère féodal (et non sans dommages) dans cette Angleterre qui a tellement usurpé sa réputation d’esprit pratique et, par ricochet, aux États-Unis2, ou encore en Russie. Le propriétaire du sol, dont nous n’aurons plus à nous occuper dans la suite, ne saurait intervenir, par un compromis empirique, que pour ces sortes de richesses minérales qui font partie du sol (et non du sous-sol) comme les pierres de taille, les sables, les matériaux d’empierrement et encore en réduisant cette exception au strict minimum, sans entrer dans le fouillis inextricable où se sont jetés nos législateurs français de 1810 et même de 1880 avec leur distinction baroque de minerais de fer exploitables à ciel ouvert qu’une grosse erreur géologique a fait en partie qualifier de minerais d’alluvions.' En dehors de cela, il faut indemniser le propriétaire du sol, comme toutes les fois qu’un intérêt général force à passer par-dessus le droit commun pour l’exproprier, en lui assurant une compensation à cette gêne dans une large indemnité. Mais, cette indemnité donnée, l’État et
- 1 Pour la Législation des mines en France et à l'Étranger, il existe un ouvrage classique et parfait : celui de M. Aguil-lon, inspecteur général des Mines (Paris, Béranger, Encyclopédie Léchalas), auquel je ne puis que renvoyer.
- 2 Sous la réserve des « public lands », ou terrains non appropriés encore par des particuliers, qui constituaient à l’origine la presque totalité des territoires situés hors des treize États de 1776.
- l’inventeur (ou exploitant présumé) restent seuls en présence l’un de l’autre et ce sont leurs rapports que les Codes miniers divers ont eu pour but de régler.
- Nous voyons, dès lors, en présence deux individus, dont les véritables intérêts, lorsqu’ils sont bien compris, sont beaucoup plus concordants que contradictoires : 1° l’inventeur qu’il faut encourager et dont l’Etat, quoique ayant pour lui « la raison du plus fort », doit respecter la propriété une fois acquise s’il veut retrouver plus tard d’autres initiatives semblables; 2° la communauté, dont l’intérêt peut se modifier dans la forme avec le temps, mais doit toujours viser à l’utilisation aussi complète que possible d’une richesse précaire et susceptible d’être pour jamais annihilée par une erreur dans l’exploitation. Leurs relations varient avec les conditions sociales, techniques, économiques, géographiques et géologiques; il ne saurait donc y avoir là que des cas d’espèces, pour lesquels on doit établir empiriquement une règle stable, une règle immuable dans les cas auxquels elle a été appliquée (sans quoi nulle industrie ne serait viable), mais pour lesquels ces mesures ne sauraient réaliser la rectilignité, l’uniformité, l’égalité universelle, la pérennité chères à l’esprit latin. La loi minière doit, en raison de son empirisme, présenter, avec le temps, une évolution, qui est commune à toutes les lois, mais moins sensible ailleurs quand il s’agit de besoins à peu près éternels de l’humanité; et c’est cette évolution que je voudrais ici synthétiser.
- Historiquement, cela me paraît se résumer en trois phases principales, qui coexistent simultanément sous nos yeux dans des pays plus ou moins ouverts à la civilisation.
- 1° La première phase est celle des prospecteurs et des aventuriers. Dans un pays vierge et où la propriété individuelle du sol n’est pas encore définie comme c’est le cas dans certaines parties de nos colonies, des pionniers découvrent des richesses superficielles — par exemple (et à peu près uniquement) des placers aurifères —, grattent rapidement cette surface et s’en vont. Il faut les encourager à accourir et simplifier leurs rapports.
- 11 est alors logique de donner cette sorte de richesse minérale superficielle au premier occupant1 (qui n’attendrait pas d’ailleurs la permission de l’Etat pour s’en emparer), et de définir cette surface, comme un champ, par un carré superficiel puisqu’il n’est pas question de travail profond. Ni l’Etat, pouvoir lointain et abstrait, ni le propriétaire de la surface inexistant, n’ont rien à voir. En même temps, la propriété étant liée à un travail personnel et momentané, du moment que ce travail cesse, il doit y avoir déchéance. Un mineur enrichi rentre chez lui, ou, paresseux, s’abstient ; un autre le remplace.
- Quand la richesse minérale est trouvée à fleur de sol dans un pays dont la propriété est déjà divisée, cette phase peut être accompagnée ou suivie d’une période également primitive, où la richesse minérale souterraine est comme un accessoire de la propriété du champ. Cette accession ne saurait se défendre que lorsque le propriétaire, par sa fortune et son instruction, est seul, dans le pays, susceptible d’organiser une vaste entreprise ; elle se combine alors avec la seconde phase à laquelle nous passons.
- 2° Cette seconde phase, qui correspond à ce que sont
- 1 En France, les lettres patentes de Charles YI (1413) assuraient encore la liberté de recherches et d’exploitation par toute personne et en tout terrain. De meme à l’origine du droit minier allemand, espagnol et italien.
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- sous nos yeux, dans les colonies, les grandes Compagnies à chartes, est celle qui a existé, dans bien des pays (en fait ou en droit), jusqu’au xixe siècle. Éprouvant le besoin de mettre de l’ordre dans le chaos des prospections, l’État, agissant comme propriétaire de cette richesse domaniale, les mines, en attribue le monopole, à temps ou à perpétuité, à un individu ou à un groupe d’individus. De Henri II à Louis XIII, quelques seigneurs ont obtenu ainsi certains droits perpétuels sur les mines de France, qu’il serait piquant de voir aujourd’hui revendiquer par leurs héritiers.
- 3° Enfin, dans la dernière phase, qui, pour l’Europe, a commencé au xix° siècle, l’État prend un rôle de plus en plus important et actif : non plus, dans la fiction légale, à titre de propriétaire, mais comme représentant et gérant d’intérêts complexes et enchevêtrés, comme défenseur de tous les tiers, comme dépositaire présumé de toutes les connaissances antérieurement acquises sur les gisements, et tombées dans le domaine public. Que cet État soit autocratique, parlementaire ou socialiste, peu importe. En même temps, le caractère de l’inventeur se transforme du tout au tout et, suivant les cas, dans deux sens opposés qui doivent entraîner des conséquences divergentes.
- Tantôt il s’agit d’un sondage ou d’un puits, hardiment, témérairement fondés sur une théorie scientifique, où des sommes considérables sont risquées pour aller sciemment chercher une richesse souterraine. Il y a alors invention au premier chef et nécessité d’attribuer pratiquement un droit à cet inventeur si l’on veut qu’il se présente : un droit qu’il faut cependant délimiter pour ne pas laisser accaparer tout un gisement (qui peut être immense) par un seul chercheur à la suite d’un sondage heureux, pour ne pas favoriser outre mesure, en leur attribuant un bénéfice disproportionné avec l’effort accompli, certains spécialistes des sondages à grande vitesse.
- Tantôt, au contraire, exceptionnellement (et souvent dans une phase postérieure aux recherches hardies dont je viens de parler), la part de l’hypothèse est réduite au minimum ; une grande richesse minérale se trouve maintenant reconnue, presque sans aléa et pour une très vaste région, comme cela se produit aujourd’hui pour les minerais de fer de Briev en Meurthe-et-Moselle (depuis la campagne de sondages de 1894-1896), pour les phosphates sud-algériens (depuis la mise en valeur du Dyr et de fiafsa), pour certaines couches de houille, etc. Cette richesse existe, tout le monde le sait, ou le suppose avec infiniment de vraisemblance par une simple raison de continuité; et pourtant elle n’appartient encore à personne aux termes de notre loi écrite ; en bonne logique, elle appartient à la communauté, qui doit pouvoir en disposer à son gré au mieux de ses intérêts (par une véritable domanialité), l’adjuger, si on le trouve bon (ce qui est très discutable), au plus offrant. Aucun intérêt général ne s’y oppose; il ne peut plus s’agir de décourager un inventeur qui n’existe pas ou un capitaliste entreprenant, puisque, dans une affaire à peu près sûre, ce capitaliste est légion.
- Dans le cas contraire indiqué tout d’abord et qui est le plus fréquent, celui où une découverte est encore nécessaire, l’intérêt de l’État est de la provoquer, de la faciliter, de l’accélérer. Il ne s’agit pas seulement, pour lui, d’arracher à la terre la valeur représentée par le minerai brut, mais aussi d’assurer à toutes les industries corollaires de transport, d’élaboration, etc,., le bénéfice que comporte l’utilisation de ce minerai.
- J’ajouterai que cet intérêt paraît comporter l’extraction la plus rapide, en môme temps que la plus complète possible. Ce point, il est vrai, a été discuté; on s’est souvent préoccupé d’assurer, en « bon père de famille » des ressources pour l’avenir des industries nationales en restreignant la production. Mais les méthodes industrielles et les besoins qui. en résultent se modifient aujourd’hui tellement vite que ces prévisions à trop longue échéance ont dû céder le pas devant la méthode intensive anglo-saxonne. Pour accélérer la découverte, l’Etat n’a qu’à encourager l’inventeur (ce mot étant entendu dans un sens très large) : celui qui est assez audacieux pour risquer sa fortune et son temps dans cette loterie à si rares numéros gagnants que constituent toute recherche de mine, toute exploration du sous-sol par puits ou sondages, toute tentative pour exploiter un de ces filons visibles à la surface et connus, mais dont l’histoire, faite d’échecs et de ruines successives ou d’abandons après épuisement présumé, n’a rien d’encourageant pour les gens sages. Il doit également attribuer aux concessions une taille suffisante pour la bonne exploitation sans exagérer outre mesure leurs dimensions, afin de ne pas inciter le propriétaire à en laisser une partie de côté par économie ou par dédain quand il possède à côté un minerai plus avantageux.
- L’exploitation une fois commencée, la propriété minière ayant été constituée (comme elle doit l’être pour une utilisation rationnelle) à titre perpétuel, le mieux sera pour l’Etat de réduire son rôle au minimum et de rentrer autant que possible dans le droit commun. Il n’a plus qu’à surveiller l’industrie des mines, comme toute autre, pour protéger les ouvriers. On a pu lui attribuer également jadis un rôle dans la direction des travaux. Ce côté de la question, qui pouvait avoir son importance il y a un siècle quand l’éducation technique était peu répandue et qui l’a encore dans des pays neufs, ne saurait intervenir dans nos pays où l’industriel, à la condition qu’on lui assure la propriété perpétuelle de sa mine (et non pas seulement sa ferme), a d’ordinaire le même intérêt que l’Etat à exploiter le mieux et le plus complètement possible et est généralement en mesure de le faire.
- Pour la même raison, la clause de déchéance pour abandon des travaux, — qui existait dans la première phase de prospection, qui philosophiquement peut toujours se soutenir pour une propriété de nature aussi spéciale, et dont, en effet, on entend souvent parler comme d’une mesure nécessaire même dans la période où nous nous plaçons —, tombe généralement en désuétude ; elle ne saurait être employée qu’avec beaucoup de ménagements et dans des cas si exceptionnels qu’il est peut-être plus prudent (en continuant à n’envisager que les principes et non la loi écrite) de ne pas en attribuer le pouvoir arbitraire à l’État. Le propriétaire d’une mine a, en principe, intérêt à l’exploiter : aucun monopole ne pouvant aujourd’hui s’établir pour des substances aussi banales que la houille, le fer, etc..., et, par conséquent, l’exploitant n’étant pas maître d’accroître notablement son prix de vente par une réduction dans la production. S’il ne travaille pas sur sa concession, c’est presque toujours qu’elle est inexploitable pour le moment, très rarement parce qu’il préfère concentrer son extraction sur un autre point au lieu de diviser ses efforts : la production ne pouvant être doublée sans dépasser les besoins de la consommation et surcharger le marché. Dans les deux cas, il paraît presque toujours le meilleur juge et, seuls, des intérêts tout à fait locaux peuvent se trouver lésés par une mesure d’intérêt général. L. De Launay.
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- LA MARINE MILITAIRE DES ÉTATS-UNIS
- Une puissante escadre américaine a quitté, le 16 décembre dernier, [lampion Roads sur l’Atlanti-quë, pour se rendre à San Francisco sur le Paci-lique. Cet événement aura peut-être des conséquences très sérieuses. C’est, en tout cas, une croisière historique que fait cette Hotte; car, depuis le voyage de l’escadre russe de la Baltique, aucune Hotte n’a entrepris semblable expédition. Le moment est bien venu de jeter un coup d’œil rapide non seulement sur l’armada commandée par l’amiral Evans, mais sur la marine tout entière des Etats-Unis.
- La marine de l'Amérique du Nord est de création plutôt récente. Après la guerre de Sécession, la Hotte militaire, qui pourtant avait joué un rôle
- elle obligea cette nation à se créer une marine puissante et à faire, pour arriver à constituer une flotte sérieuse, les plus grands sacrifices. Depuis cette époque, chaque année, les budgets de la marine sont allés en augmentant, si bien que la grande république américaine est aujourd’hui, après l’Angleterre, le pays du monde qui dépense annuellement le plus pour sa marine de guerre. Le budget maritime des États-Unis dépasse actuellement 550 millions de francs.
- La marine américaine est partagée en deux flottes de forces très inégales, celle de l’Atlantique et celle du Pacifique. La première a, jusqu’à présent, été de beaucoup la plus puissante; elle comprend, en effet, la majeure partie des bâtiments de guerre,
- Fig'. 1. — Navires dans les bassins de Hamplon Roads.
- important, fut délaissée par le gouvernement, à tel point que la marine de guerre, en. 1888, ne comprenait qu’une flottille insignifiante composée de quelques garde-côtes, Sept-croiseurs protégés, plus un certain nombre de navires sans importance. C’était maigre; le budget maritime, d’ailleurs, s’élevait à cette époque, à 106 millions de francs seulement.
- L’extension des marines sud-américaines tira de leur torpeur les États-Unis, qui, pour faire respecter les doctrines de Monroë et aussi peut-être en prévision d’une guerre avec l’Espagne, augmentèrent résolument leur marine militaire. De 1892 à 1897, le budget maritime passa de 168 millionsà 300 millions de francs ; pendant cette période, les arsenaux de l’État et l’industrie privée construisirent, pour la flotte de guerre, 6 cuirassés dont 5 de plus de 10000 tonnes, 2 croiseurs cuirassés, 6 croiseurs d’escadre et une grande quantité de navires de toutes catégories.
- La conquête des Philippines donna une nouvelle importance aux États-Unis dans l’océan Pacifique;
- répartis entre 4 escadres et 8 divisions. Quant aux forces du Pacifique, elles sont organisées entre 6 divisions formant 3 escadres. Lorsque l’amiral Evans arrivera à San Francisco, toute cette organisation sera modifiée probablement et les bâtiments qu’il commande recevront des affectations qui changeront l’état actuel.
- Les cuirassés, d’après les types de leur construction et la puissance de leurs canons, se divisent en deux classes. Il en existe actuellement 22 de première classe et 6 de deuxième classe; cinq autres de première classe sont en chantier. Les croiseurs, au nombre de 25, se répartissent en trois classes; avant peu, les 7 navires de celte catégorie, actuellement en cours de construction, viendront renforcer les diverses escadres auxquelles ils sont affectés.
- Cuirassés et croiseurs en service, qui tous portent le nom d’un des États, représentent un tonnage total dépassant 500000 tonneaux; mais, lorsque les bâtiments en chantier seront achevés, le déplace-
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- 104 ,... = LA MARINE MILITAIRE DES ÉTATS-UNIS
- ment total des grands navires atteindra exactement 641637 tonneaux.
- Le type le plus parfait des cuirassés de première classe de la marine américaine, c’est le Connecticut, qui déplace 16 200 tonnes et marche avec une vitesse de 19 nœuds. Ce navire, qui fut lancé en 1903, peut porter dans ses soutes 2200 tonnes de charbon, c’est-à-dire un approvisionnement suffisant pour faire 7000 milles à raison de 11 nœuds. L’équipage se compose de 750 hommes; quant à l’artillerie, elle comprend 4 canons de 12 pouces1, 8 canons de 8 pouces, 12 canons à tir rapide de 3 pouces, 26 pièces de moindres dimensions et
- anglais, actuellement en service ou en cours d’achèvement.
- L’artillerie surtout des futurs cuirassés américains demande une description. Delaware, si nos renseignements sont exacts, portera 10 canons de 12 pouces et 18 pièces de 5 pouces. Ces derniers lanceront des projectiles de 52 kg, qui, avec une vitesse de 950 m. à la seconde, pourront traverser, à une distance de 2700 m., une plaque d’acier Krupp de 12 cm. Ces canons et des lance-torpilles d’un modèle spécial auront pour but de lutter contre les torpilleurs et les sous-marins.
- Les croiseurs américains sont de plusieurs types;
- ;! -».
- Fig. 2. — Le Louisiane
- 4 tubes lance-torpillés submergés. C’est sur ce puissant navire que l’amiral Evans a arboré son pavillon pour la croisière du Pacifique.
- La marine américaine compte actuellement, parmi ses cuirassés, six vaisseaux du type Connecticut. Ce sont les plus puissantes forteresses flottantes des États-Unis; mais elles ne détiendront pas longtemps le record de la puissance et de la force, car les Américains ne tarderont pas à avoir, eux aussi, leur Dreadnought. Deux cuirassés de 20000 et de 22 000 tonneaux sont en construction ; ils s’appelleront très probablement Delaware et Utah. Les Américains du Nord font grand bruit autour de ces nouvelles unités, qu’ils considèrent déjà comme devant être beaucoup supérieures à tous vaisseaux de guerre
- 1 Le pouee est de 0m,025.
- î
- chargeant ses munitions.
- ils déplacent de 9500 à 14500 tonneaux et sont tantôt cuirassés, tantôt simplement protégés. Leur vitesse moyenne est de 22 nœuds. L’approvisionnement de charbon varie entre 1500 et 2000 tonnes. Quant à l’artillerie et aux cuirasses, elles sont, l’une et les autres, très particulièrement soignées.
- Il y a, dans la marine des États-Unis, deux catégories de navires qui méritent une mention spéciale, en raison des très grands services qu’ils peuvent rendre', en temps de guerre, comme éclaireurs d’escadres. Nous voulons parler des « semi-protected cruisers » et des « scouts », qui, rapides et légers, peuvent être utilisés à l’éclairage à grande distance, servir à communiquer avec la terre, donner la chasse à un groupe de torpilleurs, et poursuivre un paquebot ou un cargo-boat. Ce sont des corsaires, d’excellents et d’actifs francs-tireurs des mers.
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- Le type de « scout » le plus récent est le Salem, qui, avec ses 1600 chevaux de force, peut faire 24 nœuds, fournir une course d’une belle durée puisqu’il peut
- et puissamment armés et toute une série de canonnières et de navires d'espèces diverses. Il ne faut pas oublier non plus 7 sous-marins de 120 tonneaux et 2 de 75 tonneaux, et nous aurons donné un inventaire, à peu près exact, de la marine militaire des Etats-Unis. Quant à la flotte de réserve, il n’y a pas lieu d’en parler; elle n’existe en quelque sorte pas, car nous sommes ici en présence d’une marine neuve, qui n’a en réserve que des vaisseaux d’une valeur militaire à peu près nulle.
- La défense des côtes relève directement du ministère de la guerre; une campagne est activement menée pour qu’elle soit reliée à la marine. Les services de cette administration sont fort importants ; car, depuis 1896, les côtes de l’Atlantique surtout et aussi celles du Pacifique
- Fis. 3.
- - Le vaisseau amiral Connecticut de la flotte du Pacifique.
- emporter 1250 tonnes de charbon, et répondre à des attaques sérieuses avec sa batterie de 12 canons de 5 pouces. Deux lance-torpilles submergés permettent à ce croiseur rapide, de 140 m. de longueur et de 3750 tonneaux, de tenir en respect torpilleurs et sous-marins.
- Pour compléter l’énumération de la flotte. nord-américaine, il nous faut constater la présence de 16 destroyers et contre-torpilleurs de catégories diverses, jaugeant en moyenne 430 tonneaux et marchant avec une vitesse de 28 nœuds environ. Il y a également 30 torpilleurs de plusieurs types et de dimensions très différentes; leur tonnage varie entre 70 et 350 tonneaux et la rapidité de leur course va de 20 à 30 nœuds. A ces navires, il convient d’ajouter 4 monitors de 3000 tonneaux fortement cuirassés
- Fig. I. — Le Virginia se préparant pour son voyage (lu Pacifique.
- ont été sérieusement fortifiées et puissamment armées, en tenant largement compte des données nouvelles de l’artillerie moderne. Les forts, batteries et redoutes ont été construits pour assurer (contre les flottes ennemies) la protection des grands
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- centres maritimes et la navigation de cabotage dans les eaux américaines, « Inland water route ».
- L’armement des batteries, l’entretien des fortifications, les défenses sous-marines et tous les travaux de protection du littoral sont répartis entre 21 districts côtiers, qui s’appellent « shore departments ». Quant aux points d’appui principaux de la lïotte, ils se trouvent à Portsmouth, Boston, Newport, New-York, League Island, Hampton Roads-Norfolk, Puget Sound et Marc Island (San Francisco); les points d’appui secondaires sont New London, Charleston, Keywest, Pensacola, Guatanamo (Cuba), San Juan (Porto Rico), et Cavité aux Philippines. Depuis quelques années, les différents ports ont été transformés et leur outillage a été particulièrement perfectionné et augmenté. L’amiral Endicott, chef du « Bureau of yards and docks », le grand maître des ports et arsenaux, a indiqué, dans son dernier rapport, une série importante d’ouvrages à exécuter pour modifier certains docks et bassins, afin que les nouveaux cuirassés de 22 000 tonnes puissent y recevoir une large hospitalité.
- L’artillerie des escadres rivalise de zèle avec celle des défenses côtières. Il résulte des données précises que nous avons obtenues, que la marine de guerre possède, répartis sur ses divers vaisseaux, 116 canons de gros calibre, 752 pièces de force moyenne, et un grand nombre de pièces d’artillerie légère dont la- quantité est difficile à calculer. Mais le nombre, la puissance et la valeur des canons ne sont rien sans des artilleurs habiles et des pointeurs adroits. L’oncle Sam l’a bien compris. Aussi, depuis 1900, des exercices de tir ont été faits à bord des navires de guerre afin de développer les qualités militaires des canonniers marins ; les meilleurs résultats ont été obtenus, puisqu’il y a sept ans, à peine 50 pour 100 des coups faisaient mouche à 4400 m., alors que, l’an dernier, plus de douze batteries flottantes ont alhint 95 et même 100 pour 100 à 6000 et même 7000 mètres.
- Le recensement, fait en 1907, des effectifs de la marine des États-Unis, accusait 42 950 hommes — officiers de tous grades, sous-officiers et matelots, — auxquels il faut ajouter 10 272 officiers et hommes de troupes, désignés sous le nom de « marines » et qui constituent l’armée maritime, compagnies de débarquement, infanterie de marine, etc., etc.
- Les équipages de la flotte sont composés de 80 pour 100 d’hommes nés américains, 11 pour 100 de citoyens naturalisés et 9 pour 100 d’étrangers. Ces diverses catégories sont recrutées exclusivement par enrôlements volontaires ; ils sont acceptés pour des périodes renouvelables de 4 ans en qualité de : first class seaman, de 18 à 35 ans; second class seaman, de 18 à 30 ans; landsman, de 18 à 25 ans. Les deux premières catégories sont composées des matelots de profession; la troisième ne comprend que des hommes étrangers aux choses de la navigation.
- Les mécaniciens, divisés en deux classes, sont
- pris parmi les ouvriers des industries métallurgiques et mécaniques.
- Des préoccupations nouvelles viennent d’obliger le gouvernement des Etats-Unis à apporter dans son organisation navale une transformation sérieuse. Il va leur falloir maintenant entretenir sur le Pacifique une flotte plus grande; car, tant que le canal de Panama n’aura pas ouvert à la navigation une route moins longue entre New-York et San Francisco, il est particulièrement difficile, long et coûteux, de faire passer une escadre de l’Atlantique au Pacifique.
- L’armada américaine, en route pour le Pacifique sous les ordres de l’amiral Evans, avec ses 300 000 chevaux de force et ses 12 000 hommes d’équipage, pourrait parcourir les 16 000 milles marins, ou 29 600 km, en 70 jours environ; mais, comme il faut relâcher pour ravitailler le charbon nécessaire, l’escadre ne franchira la Golden Gale qu’au bout de 115 jours de navigation. Le ravitaillement du charbon est une grave question, c’est la grosse difficulté pour une expédition maritime de cette durée; car, marchant avec une vitesse de J 0 noeuds seulement, les divers navires consommeront 180 000 tonnes de charbon. Or, comme leurs soutes, pleines au départ, ne peuvent emporter que 60 000 tonnes en tout, ce qui, d’ailleurs, est déjà fort respectable, il a fallu assurer le ravitaillement en cours déroute de 120000 tonnes. Pour donner une idée de ce que cette promenade militaire d’un océan à l’autre va coûter, il suffit de dire que le prix du charbon, y compris le fret pour le transport, peut être évalué à 10 millions de francs.
- Les États-Unis font, comme nous venons de le voir, de grands sacrifices pour leur marine de guerre; ils ont toutes sortes de bons motifs pour agir ainsi. N’ont-ils pas aussi une importante marine marchande à protéger? L’ensemble de la flotte commerciale représente 4 241 559 tonneaux, dont 1 519 050 tonneaux sont attribués à la navigation sur les grands lacs ; il reste donc 2 722 539 tonneaux pour la navigation maritime.
- Au lendemain du départ de la puissante escadre de l’amiral Evans, nous avons voulu, dans cet article, donner une idée de la puissance navale de la grande république nord-américaine, et marquer quelques traits caractéristiques de la marine des États-Unis. La concentration des forces navales de l’oncle Sam dans l’Atlantique appartient maintenant au passé. Dans quelques mois, plusiéurs escadres battant le pavillon rayé blanc et rouge avec étoiles sur fond d’azur — stars and stripes — évolueront dans les eaux du Pacifique. Dans un avenir peu lointain, le percement du canal de Panama permettra aux navires de guerre de passer rapidement d’un océan dans l’autre; nous verrons peut-être alors ce travail gigantesque, conçu dans un esprit de paix et de concorde, non plus favoriser les relations commerciales entre nations, mais devenir un terrible instrument de guerre et de destruction. Will Darvillé.
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- CHRONIQUE
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- Toxicité des sels de chrome, d’aluminium et de magnésium. — Les sels de chrome, d’aluminium et de magnésium, administrés en injections sous-cutanées, n’exercent pour ainsi dire aucune influence sur les mammifères et sur les grenouilles quand ils leur sont disti’ibués à petites doses ne dépassant pas 160 milligrammes par kg d’animal; mais l'effet de ces mêmes métaux n’avait pas été expérimenté sur les autres types d’animaux et sur les autres genres d’organismes. M. À. Hébert a cherché récemment à compléter ces notions. Agissant d’abord sur les poissons, il a mis ces animaux à vivre dans des solutions à teneurs croissantes de sulfate de chrome, de sulfate d’aluminium et de sulfate de magnésium. Tandis que ce dernier corps ne semble produire aucun effet, le sulfate de chrome amène rapidementla mort des poissons, en solution à 1 /4 pour 1000 et le sulfate d’aluminium provoque le même effet en solution à 1 pour 1000. Diflérents types de végétaux : blé, pois, colza, mis à croître dans des solutions renfermant du sulfate de chrome
- ou du sulfate d’aluminium, ont dépéri à partir des teneurs de 2 grammes par litre, tandis qu’ils s’acclimataient parfaitement dans les solutions de sulfate de magnésium. Enfin, opérant sur diverses sortes de champignons ou de ferments, l’auteur a constaté que le développement de VAspergillus niger n’était aucunement entravé par les sels essayés et que le sulfate de chrome seul, aux concentrations supérieures à 1 pour 1000, arrêtait la fermentation alcoolique. Quant aux ferments solubles, tels que la diastase et l’émulsine, leur action, non modifiée par le sulfate de magnésium, est nettement gênée par le sulfate de chrome et par le sulfate-d’aluminium, même à 1/4 pour 1000. Ces actions toxiques du sulfate de chrome et du sulfate d’aluminium sont dues presque entièrement, surtout pour le dernier sel, à l’acidité de leurs solutions qui est extrêmement élevée. Il paraît y avoir dans ces recherches des notions dont la science ou l’industrie pourraient peut-être tirer parti, et, à ce titre, il était intéressant de les signaler.
- LE TÉLÉ-STÉRÉOGRAPHE ÉDOUARD BELIN
- Le nouvel appareil imaginé par M. Edouard Belin, ainsi que celui de M. Berjonneau que nous avons récemment décrit, remplit un double but : la transmission à distance des images photographiques et celle de l’écriture; mais les moyens employés par M. Belin diffèrent*de ceux que nous connaissons
- Fi". 1. — La gamme dns loin Ins.
- déjà. Le problème revêt donc une troisième forme donnant également d’excellents résultats.
- L’appareil actuellement construit est un modèle de démonstration; les deux postes transmetteur et récepteur sont placés sur une même table et commandés par un moteur unique; la question du synchronisme, réalisée en principe, n’intervient donc pas dans le fonctionnement général.
- , La transmission télé-stéréographique repose sur
- l’emploi d’un cliché photographique de l’épreuve à reproduire tiré à la gélatine bichromatée; ce cliché
- L L’
- Fig. 2.
- Schéma lias postas transmetteur cl récepteur •la t.é 16 - s I é !'ô o g-1';»]) h .
- présente donc des creux et des reliefs correspondant : les premiers aux parties claires de l’image et les seconds aux parties sombres. Plus les noirs sont intenses, plus les reliefs seront accentués; et plus les 1 blancs seront nets, plus les creux seront prononcés. Les hauteurs intermédiaires correspondent aux demi-teintes de la photographie. Le cliché est enroulé sur un cylindre tournant devant une pointe de saphir appartenant à un style solidaire d’un levier articulé à son extrémité supérieure ; l’autre extrémité de ce levier porte une molette capable de parcourir un rhéostat formé de vingt lames d’argent isolées au mica (fig. 5) et dont la longueur totale est de 5,5 milli-
- Fig. 5. — Le rhéostat du poste transmetteur.
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- TÉLÉ-STÉRÉOGRAPHE EDOUARD BEL1N
- mètres seulement. Ainsi que le montre la photographie de cet appareil, chaque lame est reliée à une barre connectée avec une boîte de résistances contenant vingt bobines ; l’une d’elles, que l’on supprime pour effectuer des expériences sur les circuits téléphoniques de l’Etat, ligure la ligne en temps normal. Les autres, au nombre de 19, sont calculées de telle sorte que le courant qui les traverse décroisse régulièrement au fur et à mesure qu’elles sont intercalées sur le circuit.
- Etant donné le mouvement hélicoïdal du cylindre, le style explore toute la surface de l’épreuve en relief suivant une ligne également hélicoïdale, chacune des spires de cette ligne étant distante de sa voisine de 1/6 de millimètre seulement. Enfin la surface du cylindre a été déterminée de manière à recevoir une épreuve photographique de la dimension 13x18.
- Il devient dès lors facile d’étudier le fonctionnement de l’appareil transmetteur. Le cylindre étant mis en rotation, les reliefs et les creux du cliché impriment au stylet une série de mouvements de va-et-vient plus ou moins prononcés que le levier amplifie. La molette parcourt alors le rhéostat, introduisant sur la ligne une ou plusieurs bobines de résistance qui diminuent d’autant l’intensité du courant émis.
- On comprend aisément que si la pointe tombe dans un creux maximum, la molette se placera à l’origine du rhéostat et le courant sera dirigé sur la ligne avec sa valeur totale ; tandis qu’une partie de ce même courant sera absorbée par les résistances lorsque la pointe aura gravi un relief très accentué, la presque totalité du rhéostat faisant partie du circuit. Entre ces deux limites le courant suivra une gamme d’intensités variables correspondant aux variations de hauteur des reliefs et de profondeur des creux.
- Le poste récepteur comprend un oscillographe Blondel qui est chargé de traduire les courants de ligne en oscillation, d’un petit miroir placé entre les
- lilll
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- F. iff. L
- électros de l’appareil. Le cylindre récepteur, de mêmes dimensions que celui du transmetteur, est également animé d’un mouvement absolument identique; il est entouré d’un papier sensibilisé sur lequel s’enregistre l’image transmise. La boîte dans laquelle il est placé est percée d’une ouverture circulaire de 1/6 de millimètre de diamètre que le papier vient efileurer ; on peut presque dire que ce trou est au contact du papier. Une lampe Nernst, munie d’un condensateur, envoie ses rayons sur le miroir de l’oscillographe qui les dirige sur l’ouverture de la boîte réceptrice à travers un écran transparent mobile appelé gamme de couleurs (tig. I )
- et une lentille calculée de telle sorte que le miroir et le trou pratiqué dans la boîte du cylindre soient deux foyers conjugués.
- Les variations de courant de la ligne impriment au miroir de l’oscillographe des déviations successives très rapides et toujours proportionnelles aux intensités de courant. Le faisceau lumineux obéit à ces oscillations et son intensité, qui est maximum dans l’axe principal, parcourt la lentille du centre au bord.
- Mais la pellicule sensible, étant constamment placée au foyer de la lentille, reçoit en permanence la totalité du faisceau lumineux et, si une gamme de teintes n’était interposée sur le passage de ce faisceau le papier ou la pellicule recevrait constamment 1a même lumière; toute reproduction serait alors impossible.
- La gamme de teintes est un écran nuancé on noir ; lorsque le faisceau lumineux réfléchi tombe au centre de la lentille, il traverse l’écran sans aucune extinction et l’impression lumineuse est maximum ; on obtient donc un noir photographiqùc, mais si le faisceau tombe au bord de la lentille, l’opacité absolue de la gamme produit une extinction complète et l’on obtient un blanc sur le papier sensible.
- Pour toutes les positions intermédiaires du faisceau une extinction convenable par la gamme de
- Ensemble dos appareils télé-stéréographiques Édouard Delhi.
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- TÉLÉ-STÉRÉOGRAPHE ÉDOUARD BEL!N
- teintes produit l’effet photographique voulu et la série complète de ces extinctions, totales, partielles ou nulles, donne une image absolument conforme à celle qui a servi à faire le cliché transmetteur.
- Le système Edouard Belin présente, en outre, certaines particularités intéressantes à signaler. C’est ainsi que le trou percé dans la boîte du récepteur doit se trouver, ainsi que nous l’avons observé, aussi près que possible de la préparation sensible. S’il n’en était pas ainsi, la lumière très intense en ce point donnerait lieu à des phénomènes de diffraction ayant pour conséquence le recouvrement partiel des lignes.
- D’après le dispositif admis, la reproduction se lait pour ainsi dire par contact, comme on tire une épreuve ordinaire au châssis. D’autre part les cylindres transmetteur et récepteur peuvent également être de dimensions différentes.
- En admettant que celui de réception fût quatre fois plus grand que celui de transmission, sa vitesse de rotation et son pas de vis étant multipliés dans la même proportion,. on obtiendra alors une épreuve quatre fois plus grande que l’original.
- Utilisé pour la reproduction à distance de documents au trait : écriture ou dessins, le télé-stéréo-graphe subit quelques modifications. Le levier du poste transmetteur, la roulette, le rhéostat et les bobines disparaissent pour être remplacés par un interrupteur de précision commandé par les reliefs du document, tandis que, au poste récepteur, la gamme de teintes est remplacée par un diaphragme percé d’une fente très étroite. Le transmetteur laisse alors passer du courant à chaque relief seulement, et à la réception la lumière traverse le diaphragme en
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- permanence, elle n’est déviée qu’à l’arrivée du courant.
- On obtient dans ce cas un trait blanc sur fond noir : en inversant le dispositif, le résultat serait un trait noir sur fond blanc.
- La durée de la transmission par le système Belin peut se trouver limitée par l’inertie mécanique de certains organes et par la charge de la ligne. Au laboratoire d’essais, en donnant au moteur sa plus
- grande vitesse, une épreuve 13 X18, formée d’environ 850000 points, a été transmise en 30 minutes ; cette durée pourrait cependant êlre ramenée à 15 minutes en modifiant en conséquence la roue tangente commandée par l’arbre du moteur.
- L’inertie mécanique apporte, ainsi que nous l’avons remarqué, un obstacle à la vitesse de transmission et aussi à la netteté de l’image, surtout lorsque leclichéprésente, sous la pointe de saphir, un creux très prononcé faisant immédiatement suite à un relief accentué. De plus, la molette du levier passant d’une lame à l’autre du rhéostat, le faisceau lumineux se déplace brusquement sur la gamme de teintes et les régions correspondantes de l’épreuve passent sans transition d’une tonalité à la suivante.
- Une teinte fondue prend alors l’aspect, peu apparent, d’une série de teintes plates décroissantes, mais l’effet n’en est cependant pas négligeable. Pour obvier à ces inconvénients, M. Belin se propose de substituer aux levier et rhéostat du poste transmetteur, un microphone sur la membrane duquel agissent les reliefs et les creux du cliché original. Le microphone est d’une conception spéciale et les
- Fig. 5. — Photographie transmise par l’appareil Édouard Belin sur un .circuit téléphonique de 1700 km.
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- premières expériences auxquelles il a été soumis auraient été tout à l'ait concluantes.
- Nos lecteurs connaissent maintenant les trois systèmes de phototélégraphie à la mise au point desquels chaque inventeur travaille en ce moment. Les résultats qu’a obtenus M. Edouard Belin sur un circuit de 1700 kilomètres, par Dijon, Lyon,
- Clermont-Ferrand, Bordeaux, Angoulème, Paris, ont été d’autant plus surprenants qu’il s’agissait de transmettre non un portrait, mais un paysage, celui précisément que représente notre photographie. Le jeune savant nancéen n’est certainement pas bien loin de la solution définitive.
- Lucien Fournier.
- UN PETIT MOTEUR ÉCONOMIQUE
- Les moteurs à faible puissance mis à la disposition de certaines petites industries et des besoins de la vie domestique n’existent que là où l’on peut disposer d’une canalisation d’électricité. Le moteur à gaz ou à pétrole, et même le moteur à air comprimé placé sur une canalisation, sont plus délicats à conduire, d’une installation plus compliquée et d’un prix plus élevé; ils développent du reste une puissance généralement supérieure au travail qu’on aurait à leur demander.
- La petite turbine imaginée par M. J. Molénat qui a été très remarquée au dernier concours des jouets, n’avait d'abord d’autre but que d'amuser les enfants en les instruisant et en leur donnant le goût des choses industrielles; mais elle est susceptible de recevoir quelques applications pratiques très économiques quand on n’a besoin que d’une faible force et quand on dispose d’eau sous pression, comme c’est le cas dans la plupart des villes.
- Sa construction très originale et très simple permet de l’obtenir à un prix des plus modiques (qui n’atteint même pas 4 francs 1) Elle se compose d’une roue enfermée dans un carter et comprenant un très grand nombre de petits augets sur lesquels un ajutage, formé d’un tube aplati, amène l’eau sous pression. Le montage des augets ne nécessite aucune soudure et constitue la partie caractéristique de cette turbine : un cercle de métal (cuivre ou fer-blanc) porte des rainures dans lesquelles viennent s’engager, par leur extrémité inférieure, des lamelles de même métal, assez minces pour conserve r une certaine élasticité. Quand toutes les lamelles sont en place, on les couche les unes sur les autres, de façon qu’il n’y ait entre elles que l’espace qui sépare les rainures où elles sont encastrées; on les maintient dans cette position avec deux disques métalliques portant un rebord contre lequel vient
- buter leur extrémité supérieure, et les augets se trouvent ainsi constitués sans aucune soudure.
- L’ajutage est fixé sur le carter, un peu sur le coté, son extrémité aplatie vient toucher les lamelles et l’autre extrémité est reliée par un tube de caoutchouc à une conduite d’eau. Grâce à la disposition des augets qui, par suite de l’élasticité des lamelles dont ils sont formés passent aussi près que posssible de l’orifice de l’ajutage, la force vive de l’eau est utilisée dans de très bonnes conditions.
- Avec une pression de 3 ou 4 kg, qui est celle qu’on a dans un grand nombre d’immeubles parisiens, on obtient 2500 tours à la minute et le volume d’eau dépensé est 500 litres à l’heure, soit environ 0 fr. 10 pour Paris. Nous avons pu, en accouplant cette turbine avec une petite dynamo, allumer en même temps deux lampes de 4 volts montées en dérivation ; on obtiendrait mieux certainement avec une multiplication convenablement choisie et une dynamo fabriquée spécialement ; mais une installation de ce genre, faite en vue d’un éclairage continu, serait fort peu économique. L’emploi de ce petit moteur nous paraît surtout indiqué partout où l’on fait une assez grande consommation d’eau et où la force du jet qui s’échappe du robinet est plutôt gênante, puisque le plus souvent on la modère au moyen d’un brise-jet. On pourrait donc intercaler cette turbine sur la canalisation et employer l’eau à la sortie; on utiliserait ainsi une force qui est toujours perdue et on lui ferait produire du travail soit en chargeant des accumulateurs, soit en faisant mouvoir de petits appareils tels que des ventilateurs, agitateurs, etc. Dans les laboratoires de photographie, de chimie ou de pharmacie, une disposition de ce genre nous paraît pouvoir rendre des services d’autant plus précieux qu’ils seraient gratuits. G. Chalmarès.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du j3 janvier 1908. —
- La fillralion des eaux salines sur le sable. — M. Thoulet adresse une Noie relative à la filtration de l’eau de mer sur le sable. O11 admet que, dans ces conditions, le sable jouit de la propriété d’arrêter les sels de l’eau de mer. M. Thoulet a filtré de l’eau de mer sur une colonne de sable quartzeux de 0,40 m. de hauteur enfermée dans un tube. L’eau recueillie ne présentait pas de variation de densité. Ainsi, les puits situés à proximité de la mer et qui donnent de l’eau douce, ne sont pas alimentés par des infiltrations d’eau de mer. De même les puits d’eau douce que des voyageurs ont découverts dans les atols. Ces derniers puits sont plutôt des cavilés qui se remplissent d’eaü de pluie.
- L’épuration des eaux d'égout. — MM. Müntz et Laine ont continué leurs études sur l’épuration des eaux d’égout par des lits de tourbe. En donnant à la colonne de tourbe, dans laquelle les microbes nitrificatcurs se développent abondamment, une hauteur de 1,60 m., ils ont obtenu une épuration si parfaite des eaux les plus souillées, qu’il n’y reste plus de trace d’ammoniaque. Cette action est si rapide que 1 m2 de surface peut traiter 4 m3 par jour, alors que les lits d’escarbilles 11e peuvent recevoir qu’un demi-mètre cube à 1 mètre cube. Avant le filtrage, l’eau contient 5 000 000 de microbes; après le passage sur la tourbe on n’en trouve plus que 300, c’est-à-dire 10 000 fois moins. L’élimination est donc aussi complète que dans les champs d’épandage; de plus le rendement, à surface égale, est 520 fois plus considérable avec la tourbe. Même lorsque les eaux sont chargées de quantités exceptionnelles de matières résiduaires, on obtient encoi'e une épuration parfaite. Les lits bactériens de tourbe
- Présidence de M. Becquerel.
- ont donc, à ce point de vue, une efficacité extraordinaire.
- La graisse des vins. — M. Müntz présente une Note de MM. Kayser et Manceau sur une maladie des vins connue sous le nom de graisse. Ils en montrent la complexité. La maladie peut être provoquée par des ferments spécifiques plutôt anaérobies appartenant à deux groupes bien distincts. Certains aérobies des vins paraissent y contribuer d’une façon indirecte.
- Le rôle physiologique des excitants. — M. A. Gautier présente une Note de MM. Chevalier et Alquier relative au rapport existant entre les phénomènes dépendant de l’introduction des excitants dans Poi’ganisme et la quantité de travail que peut fuurnir le sujet. Les excitants peuvent-ils permettre de produire une plus grande somme de travail sans épuisement de l’organisme ? Dans une première série d’expériences comparatives sur le cheval qui a reçu une alimentation normale et le cheval qui a consommé de la kola, les auteurs ont noté que la kola permet au cheval de parcourir, dans un temps donné, une distance plus grande que la distance parcourue avec un régime normal. De même la kola permet à l’animal de développer, dans un temps plus court, un nombre donné de kilogrammètres. Mais, si l’on examine les animaux, on constate qu’avec la kola il y a eu toujours une plus grande dépense d’éléments d’ordre physiologique. La kola rend disponible une partie des réserves de l’organisme. Celte constatation coïncide avec l’observation faite parM. A. Gautier sur les excitants nerveux. Ceux-ci permettent de mettre en puissance une certaine quantité d’éléments empruntés à l’organisme. L’alcool agit de môme. C11. de Yilledeuil.
- LES CADENAS DE DEHLI
- Si l’objet que nous présentons aux lecteurs de La Nature n’était qu’un bibelot, il mériterait déjà de retenir leur attention. Mais il s’agit d’un article d’un usage répandu dans tout le Nord et le Centre de l’Inde; et l’on jugera que sa description peut intéresser à la fois l’ethnographe et le mécanicien.
- Ce fut dans un bazar de Jaipour que j’en lis l’acquisition, il y a dix ou douze ans; mais la marque du fabricant fixe son origine : Dehli, l’ancienne capitale de l’Empire Mogole. De fait, cette ville fut longtemps renommée pour le travail de ses armuriers et de ses serruriers d’art, avant que la concurrence européenne ne réussît à ruiner les artisans indigènes.
- Décrivons sommairement le cadenas, dont l’aspect extérieur, aussi lourd que mastoc, fait contraste avec la forme élégante de sa clé. Il porte sur la face trois initiales qui doivent être celles du revendeur, ou entrepositaire. Le nom du fabricant, Mohammed llasen, est gravé sur la tranche inférieure. Enfin, l’anse porte les noms de deux villes, dont Dehli.
- Présentez l’objet à un profane, et le voilà fort embarrassé. Car c’est en vain qu’il tourne et retourne le cadenas dans tous les sens à la recherche
- du trou ou de la fissure où la clé doit être introduite. Il sent bien qu’il y a un secret, mais il se casse les ongles à vouloir soulever ou écarter telle ou telle autre lame; et il faut, en fin de compte, qu’il... donne sa langue au chat.
- Venons donc à son aide en lui indiquant que, sur la tranche verticale gauche, existe une lame qui fait glissière, et qu’il peut aisément faire jouer en la poussant de has en haut en se servant de la pointe de la clé. Ce faisant, il dégage une « tête de clou » sur laquelle il n’a qu’à exercer une légère pression pour que la lame qui forme la tranche inférieure (la base du cadenas) s’ouvre sous l’action d’un ressort en tournant sur sa charnière.
- La clé est formée de deux tronçons dont l’un se visse dans l’autre. Saisissez entre deux doigts le tronçon supérieur (l’anneau) et vissez-en la vis dans le trou circulaire que la lame de la base vient de mettre à jour. Nouvelle surprise ! Au septième demi-tour, un ressort caché projettera violemment de bas en haut la lamelle qui porte les trois initiales, et vous laissera enfin apercevoir le trou de serrure que vous désespériez de découvrir.
- Il ne reste plus qu’à introduire la clé et à lui faire
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- LES CADENAS DE DEHL1
- accomplir un quart de cercle ; le crochet se dégage du pêne et l’anse peut tourner librement autour de sa charnière. Montre en main, l’opération entière ne
- Fig. 1. Lo cadenas el sa clé. — Fig. 2. Première opération ; la lamelle découvre un premier ressort secret. — Fig. 5. Ouverture do deuxième lamelle. — Fig. 4. La clé dévissée. — Fig. 5. Mise à jour du trou de la serrure. — Fig. G. — Le cadenas ouvert.
- prend pas moins de trente-deux secondes, et je parle ici d’une personne déjà familiarisée avec le maniement de l’instrument.
- Le cadenas que nous venons de décrire est loin d’être le plus compliqué de ceux qu’il nous a été
- donné d’examiner aux Indes. Son prix est du reste fort modique, il est de cinquante à soixante centimes pièce, si nous avons bonne mémoire. Ce détail est un indice précieux ; £ il nous montre à quel taux
- douloureusement bas la main-d’œuvre indigène est rétribuée aux Indes ; il contribue à nous expliquer pourquoi la vaste péninsule est hors d’état de supporter une année de sécheresse ou une récolte insuffisante.
- Ce cadenas de bronze (fabriqué entièrement à la main) est l’œuvre d’un artisan qui, sans occuper le haut de l’échelle, parmi les castes industrielles, n’en appartient pas moins à l’élite ouvrière de la population, par ce seul lait qu’il « travaille le métal ».
- Seul, le sonar, ou bijoutier, a sur lui un droit de préséance, ce qu’il doit à la noblesse du métal précieux qu’il manipule. Mais le fabricant de cadenas de bronze se garderait bien de traiter sur un pied d’égalité le lohar, ou forgeron, qui fabrique des chaudrons de fonte, et encore moins le ghisâra, ou coutelier.
- Ce dernier, qui n’est pas de race aryenne, promène de village en village son atelier ambulant. Mais, si habile qu’il soit dans son art de tremper l’acier, il ne lui viendra jamais à l’idée de toucher de ses mains impures au cuivre et au bronze qu’emploie le fabricant de cadenas.
- Mais le moyen d’économiser sur les quelques an-nas, que lui rapporte la vente de l’objet, quand il a payé sa matière première? Et comment s’étonner qu’une année de disette bouleverse la situation économique de la région où elle sévit, quand on constate le profit infime qu’un ouvrier d’art tire de son travail ? V. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
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- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- UNE « FERME A CROCODILES »
- J’allais commettre l’imprudence de dire qu’il s’agissait ici d’un établissement unique. Mais je me suis souvenu à temps qu’il existe de par le monde des « fermes » tout aussi étranges que celle de Hot-Springs. Telles, les « fermes à loups » qui se sont multipliées dans la région des Montagnes Rocheuses depuis que l’augmentation des primes, payées par tète de fauve dans de nombreux districts du Far-West, permet à d’ingénieux Yankees de gagner largement leur vie en élevant des loups.
- Il est vrai que le môme animal leur rapporte deux ou trois fois le montant de la prime, puisque, dans tel État, les autorités ne demandent qu’à voir la tête du loup abattu, tandis que les pattes seront une preuve suffisante dans les États limitrophes !
- L’industrie dont nous allons parler n’a pas la même origine : la sienne est, si j’ose dire, plus
- Fig. c2. Le Repus.
- élégante. C’est que, depuis quelques années, il est devenu de mode, parmi les riches Américaines, de posséder un jeune alligator qu’on laisse errer en liberté dans le yard (jardinet) ou dans la serre, quand on ne lui ouvre pas l’accès des appartements. J’ai vu de ces petits sauriens dans des ateliers d’artistes new-yorkais. Et je sais une lady-journaliste qui en élève une paire dans son cabinet de travail. Comme la croissance de ces reptiles est très lente (à quinze ans, ils n’ont encore que 0 m. 60 de long), on peut les maintenir des années dans leur rôle de « bêtes de salon », quitte à les revendre au marchand quand l’âge les a rendus aussi encombrants que dangereux, pour les remplacer par des individus de taille et d’humeur plus acceptables.
- Quand M. II. Campbell créa sa lerme de Ilot-Springs, aux environs de la station thermale qui attire chaque année dans cette région de l’Arkansas des milliers de malades, il n’avait pas pour unique
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- FERME A CROCODILES
- objet de donner satislaetion à cette étrange mode. Les statistiques du Bureau des pêcheries (Fish Commission) établissaient qu’en l’espace de dix années (1890 à 1900), trois millions d’alligators avaient été mis à mort dans le seul Etat de la Floride.
- Ce massacre ne pouvait qu’encourager M. Campbell dans son projet, car le cuir d’alligator commençait à être recherché par l’industrie au moment où il devenait plus rare. À leur tour, les dents du monstre, transformées en breloques par les bijoutiers amé ricains, étaient l’objet d’une vogue
- grandissante.
- couver leurs œufs. Les désavantages du système furent reconnus à la longue. Pendant l’incubation, d’une durée très variable selon l’état de la température, les mères se montraient agressives et féroces, attaquant les employés qui pénétraient dans leur enclos.
- Maintenant, les œufs sont enlevés des nids aussitôt que pondus et placés au nombre de 45 dans une couveuse inventée par M. Campbell. On les recouvre d’une couche de paille que l’on a soin de mouiller chaque jour. Une température de 80° F. est maintenue dans l'appareil jusqu’à l’éclosion. 11 est rare qu’un œuf manque avec le couvage artificiel, tandis que le couvage naturel amenait bien des mécomptes.
- Les nouveau-nés sont nourris pendant deux ou trois semaines avec de la viande de bœuf hachée, qui leur est distribuée cinq fois par jour. Les adultes ne font qu’un repas par jour : le menu, composé exclusivement de viande de boucherie reconnue insalubre par les services sanitaires des grands abattoirs delà région, n’est varié que grâce à l’intervention des touristes qui s’amusent à lancer dans les enclos des poules et des canards adiclé'j aux lormier.» de Hot-Springs.
- H.ilœi--ii(iU'' d<- roiisl.ikr ipic lYn-treprhe lui cuiintiméc de Minè^.
- M. UaUipbtdl, qui U avait ail début qu’une cinquantaine d’élèves, parqués dans une étroite vallée, en possède maintenant plus d’un millier, sans que soient compris dans ce nombre les centaines d’alligators nés dans l’établissement, qui sont livrés ou expédiés chaque mois à la clientèle. La ferme, qui compte actuellement cinq hectares de superficie, s’étend sur les deux rives d’un ruisseau très encaissé, dont le cours offre une série de petits lacs et de mares qui constituent autant de bassins d’élevage.
- Les adultes, capturés dans les bayous de la Floride et de l’Arkansas par M. Campbell ou par des chasseurs à ses gages, sont parqués par catégories •selon leur taille. La sélection est plus méticuleuse à l’égard des jeunes individus qui, dès leurs premiers pas hors du nid ou de la couveuse artificielle, font preuve d’humeur batailleuse.
- Pendant longtemps, M. Campbell laissa les mères
- Fig'. 5. — Le lobogan.
- On pourra se faire une idée des bénéfices réalisés par M. Campbell en apprenant qu’il achète, à raison de 20 francs la douzaine, les œufs de crocodiles que lui apportent les nègres de la campagne et qu’il vend les alligators deux semaines après leur naissance à raison de 20 francs pièce. Un adulte, long de 0 m. 60 à 0 m. 75, vaut de 600 à 1000 francs. Un individu, long de 5 mètres, comme « Vieux Joseph » qui est la gloire de la ferme, vaudrait pour un harnum une centaine de mille francs si M. Campbell consentait à se défaire d’un pensionnaire qui lui attire tant de visiteurs... et de commandes!
- Une des attractions de la ferme de Hot-Springs est
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- L’OXYGENITE
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- olîerle par quatre alligators longs de 2 m. 50 à 3 mètres que leurs gardiens ont habitués à grimper au sommet d’une plate-forme d’où ils se laissent glisser sur un lobogau dont la base repose au milieu d’une mare.
- D’une complication inouïe pour la matière cérébrale d’un sau-rien, cette performance de music-hall obtient auprès des visiteurs le succès qu’elle mérite.
- La livraison des alligators demandés par les ménageries et par les simples amateurs n’est pas
- l’unique ressource de la ferme. 11 est devenu de mode, parmi les commerçants des États-Unis, d’exposer à la vitrine de leurs magasins des crocodiles d’assez grande taille, chargés d’attirer l’attention du passant.
- Le Trust du Tabac a même imaginé de distribuer à ses entrepositaires, dans les villes importantes,
- Fi"'. 4. — La couveuse.
- des alligators qui, réclame vivante, portent le nom de la marque peint sur leur carapace.
- À noter une curieuse innovation appliquée à la ferme de llot-Springs. Pendant les six mois de la
- saison froide, les alligators de l’Arkansas s’enfouissent dans la vase des bayous et attendent, en un état de léthargie, le retour de la saison chaude. Pour combattre cet instinct, M. Campbell élève la température des bassins par une distribution d’eau chaude. Trompés par une tiédeur artificielle, les crocodiles ne songent plus, à chercher un refuge où passer l’hivernage. Ils flottent, engourdis, à la surface de l’eau, et c’est même la meilleure saison pour exécuter les commandes, car les monstres se laissent alors manier sans résistance. V. FoituiN.
- L’OXYGENITE
- La préparation de l’oxygène par le chlorate de potasse ou le bioxyde de manganèse n’est pas à la portée de tout le monde ; aussi depuis longtemps déjà s’est-on efforcé de trouver un moyen pratique de mettre ce gaz tout fabriqué à la disposition des consommateurs, soit pour les usages médicaux, soit pour la production de la lumière ou de la chaleur. On trouve dans le commerce des tubes où il est comprimé à 120 atmosphères, et on l’obtient avec une grande facilité au moyen de l’oxy-lithe qui le dégage par simple immersion dans l’eau (Y. n° 1507, p. 305).
- 11 semble donc qu’on soit largement pourvu des moyens de se procurer facilement de l’oxygène et cependant son emploi n’est pas encore aussi répandu qu’il devrait l’être, probablement parce qu’on a reconnu à ces différents moyens de productions certains inconvénients qui les empêchent de se généraliser.
- L’oxygénile, nouvelle substance préparée par les procédés imaginés par M. Georges Jau-bert qui est aussi le créateur de l’oxylithe, semble devoir répondre à toutes les objections : elle se transporte sans précaution spéciale, car elle n’est pas explosible et ne
- craint pas l’humidité ; eniin elle est d’un prix relativement peu élevé. Elle est préparée par l’éleclrolyse et se présente sous forme de sable tin : elle jouit de la propriété remarquable de libérer par incinération à l’air libre, ou en vase clos, tout l’oxygène qu’elle contient, soit environ 280 à 300 litres par kilogramme.
- L’oxygénite est constituée par du perchlorale de potasse additionné de quantités infimes d’une matière combustible (charbon de bois) et d’un oxyde catalytique (oxyde de manganèse, de fer, etc.).
- Bien qu’étant combustible on ne parvient pas à l’allumer avec une allumette ; il est indispensable pour y arriver de porter un point de la masse à une température très élevée, la combustion se propage alors d’elle-même lentement sans flamme et la masse s’incinère comme de l’amadou en produisant de l’oxygène pur mélangé à des traces de gaz carbonique. Pratiquement l’allumage se fait au moyen d’une pincée d’une poudre spéciale posée sur la masse et qui s’allume facilement avec une allumette. Par combustion l’oxygénite donne Ta réaction KC104 — K Cl+20*.
- Le résidu, qui représente environ 60 pour 4 00 de
- Fig. 1.
- Générateur d’oxygène Elgé pour lanternes à projections.
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- L’OXYGENITE
- poids de la matière employée, est donc constitué par du chlorure de potassium pur, ne contenant plus trace dé perchlorale, mêlé aux oxydes mentionnés plus haut. Cette scorie friable constitue par conséquent un excellent engi'ais. Elle pourrait, si les frais de transport ne s’y opposaient, être retournée à l’usine pour y être rechargée d’une nouvelle quantité d’oxygène ; le chlorure de potassium resservirait ainsi indéfiniment comme une éponge qui absorberait l’oxygène au lieu de production et la restituerait au lieu où il est consommé. C’est une application élégante de ce qu’on a appelé Y électrolyse secondaire.
- En effet, au lieu de préparer sur place l’oxygène par électrolyse directe de l’eau, on utilise une série d’opérations éleclroly-tiques qui ont eu lieu dans un pays de montagnes où les chutes d’eau donnent le kilowatt à bas prix. Là on a préparé le perchlorate de potasse en fixant sur du chlorure de potassium l’oxygène naissan t provenant de l’électro-lyse de l’eau. C’est une sorte d’emballage qui permet de transporter l’oxygène là où on en a besoin dans des conditions assez avantageuses, puisque une quantité de mal ièi e pesant 5500 grammes produit 11>00 litres de gaz, tandis que les récipients qui renferment la même quantité de gaz comprimé représentent un emballage de 15 à 20 kilogrammes.
- La combustion de l’oxygénite ne présente aucun danger; la thermochimie indique, en effet, que la décomposition du chlorate de potassium est exothermique et dégage 11 calories, elle peut par suite donner lieu à de brusques surproductions impossibles à prévoir; celle du perchlorate, au contraire, est endothermique et absorbe 7.5 calories pour s’effectuer : c’est donc un corps absolument sûr.
- Sa conservation est indéfinie surtout dans un endroit sec et en boîtes fermées ; cepéndant pour le transport il craint si peu l’action de l’air, même humide, qu’on l’expédie par 100 kilogrammes dans des fûts en bois.
- La préparation de l’oxygène au moyen de l’oxygénite est très simple, mais a nécessité cependant la construction d’appareils spéciaux.
- Celui que fait construire M. Gaumont, pour l’emploi du chalumeau dans les lanternes à projections, se compose (fig. 1) d’un réservoir A à l’intérieur duquel se trouve
- un tube B descendant à peu de distance du fond et percé de trous à sa partie inférieure : il renferme de la pierre ponce imbibée d’eau jusqu’à moitié environ de sa hauteur ; dans l’intérieur de ce tube et au-dessus de cette pierre ponce on place un panier en tôle perforée C contenant la poudre d’oxygénite. Après l’avoir allumée avec la poudre spéciale dont nous avons parlé, on ferme le tout au moyen du couvercle II maintenu en place par l’étrier à vis qu’on voit à la partie supérieure de l’appareil et qu’on manœuvre avec la clé D. L’oxygène se dégage peu à peu, traverse la pierre ponce où il s’épure et passe dans le réservoir A où il se comprime ; la pression est toujours de beaucoup inférieure à la résistance du réservoir qui est à 20 kg et est, du reste, muni d’une soupape de sûrelé par surcroît de précautions. On prend l’oxygène au moyen d’un tube de caoutchouc fixé au détendeur B.
- Pour les usages industriels, si l’on a be--oin d’une plus grande quantité de gaz on emploie des appareils séparés qui tiennent une plus grande place et se font en differentes tailles suivant les besoins. On voit à droite (fig. 2) le générateur dans lequel on met dii'ectement le panier renfermant l’oxygénite ; à côté est le laveur réfrigérant et enfin le réservoir muni du manomètre, de la soupape de sûreté et de la tubulure de sortie fermée par un robinet.
- Le prix de revient varie suivant la quantité de produit qu’on achète en une seule fois. On peut pour établir un prix moyen se baser sur le prix de 100 francs les 100 kg d’oxy-génitc ; comme 1 kg dégage 285 litres d’oxygène, il faut 5,500 kg pour obtenir un mètre cube, ce qui fait 5,50 fr. ; mais la valeur du sous-produit peut réduire ce prix à 5 francs. En achetant déplus petites quantités à la lois le prix est naturellement plus élevé, mais dans la plupart des cas cette question n’a pas une grande importance.
- Les appareils sont d’une manœuvre peu compliquée et l’emploi de l’oxygénite permettra d’avoir de l’oxygène en tout beu pour le chalumeau à haute température qui sert au découpage des pièces d’acier, pour les soudures autogènes et enfin pour les postes de cinématographe qui n’ont manqué souvent, pour pénétrer dans certaines contrées, que d’un moyen commode et sans danger d’employer la lampe oxhydrique. 6. Ciialmarès.
- Fig. 2. — Générateur pour l’emploi industriel de l’oxygène préparé par l’oxygénite.
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- DOCKS DE RELEVAGE POUR SOUS-MARINS
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- Les naufrages du Farfadet et du Lutin ont fait éclore dans le public une infinité d’inventions destinées à assurer soit la sécurité des sous-marins, soit leur sauvetage en cas d’accident. Insuffisamment documentées pour la plupart sur les conditions très spéciales et délicates du problème, ces propositions auront été presque toutes inutiles : la sécurité des sous-marins doit être obtenue par la perfection du matériel qui y est employé et par le choix d’équipages d’élite; quant à leur sauvetage, on ne saurait compter l’opérer que par des moyens simples, tel que l’air comprimé dont nous parlions récemment ici même, ou mieux encore le hissage jusqu’à la surface par un dock approprié.
- On sait que le Farfadet et le Lutin (ainsi, du reste, que les deux sous-marins anglais Al et As naufragés en
- d’un plancher sur lequel peut être échouée la coque à caréner, et de caissons disposés de part et d’autre, destinés à être remplis ou vidés suivant que l’on veut faire enfoncer ou émerger le dock ; mais ici le plancher du milieu est mobile, les caissons sont réunis par des fermes destinées à leur donner de la rigidité, et à leur partie supérieure sont installés de puissants appareils de hissage mus par l’électricité ; dans un des caissons latéraux se trouvent une chaudière et une dynamo à vapeur qui fournissent l’énergie électrique destinée au hissage.
- Pour relever un sous-marin coulé, on enlèverait le plancher mobile, on immergerait le dock jusqu’aux deux tiers de sa hauteur environ, et, au moyen des appareils de hissage, on soulèverait la coque tout en vidant les caissons du dock; lorsque la coque serait près de la surface, on
- Oberelbe; bateau-dock allemand construit pour le relevage des sous-marins.
- 190-4 et 1905) ont été relevés par le moyen de docks supportant des chaînes passées sous leur coque : le dock ayant été immergé et les chaînes raidies, en vidant les compartiments du dock on produisait une force ascensionnelle qui soulevait le sous-marin, il ne restait plus qu’à remorquer l’ensemble dans un bassin, à échouer le sous-marin, à retirer le dock et à vider le bassin pour pouvoir pénétrer dans le bateau naufragé.
- De ces opérations, la plus longue était le passage des chaînes sous la coque du sous-marin : on s’en affranchira, dans l’avenir, grâce à des boucles disposées à demeure pour pouvoir servir de points fixes pour le hissage. C’est là un grand progrès, maison a voulu faire mieux et combiner des docks spécialement organisés en vue du sauvetage des sous-marins. L’un d’eux vient d’être lancé en Allemagne et s’appelle YOberelbe ; l’autre est en construction en France.
- Tous deux se composent, comme les docks ordinaires,
- ferait glisser le plancher mobile en dessous, on l’assujettirait et on achèverait de vider le dock pour mettre le sous-marin complètement à sec : on peut compter que l’opération dans ces conditions serait assez rapide, beaucoup plus rapide en tout cas qu’avec le système employé jusqu’ici.
- Ajoutons que, pour permettre de remorquer plus aisément le dock sur les lieux de l’accident, on lui met une proue et une poupe en tôlerie qui en même temps concourent à la solidité de l’ensemble. La longueur totale de YObereïbe est de 70 mètres, celle du dock français de 80 mètres; le premier peut soulever 500 tonnes, le second 900 tonnes (ce chiffre élevé a été choisi à cause du déplacement croissant des nouveaux sous-marins mis en chantiers dans notre pays). Enfin, le dock de sauvetage peut servir aux carénages réguliers des sous-marins. Il est même à croire, et à espérer, que ce sera là son usage principal. H. Bernav.
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- LA JONCTION COMMERCIALE DU CONGO ET DU CHARI
- Lorsque du Gabon, origine de notre colonie du Congo, l’expansion française se fut portée vers le Haut-Congo et ses grands affluents, Sanga, Ouban-gui, nos progrès ne devaient pas s’arrêter là. Il entrait dans le programme de la politique coloniale de la France d’atteindre le Tchad où devait s'effectuer la jonction de nos possessions de TAlgérie-Tunisie, du Soudan et du Congo. Cette mer intérieure, qui était alors le point de mire des nations rivales en Afrique,
- France, Angleterre,
- Allemagne, leur apparaissait comme susceptible de devenir le centre du commerce africain. Ce fut la mission Emile Gentil qui, ayant remonté l’Ouban-gui, parvint la première, en 1897, du bassin français du Congo au Tchad par le Gribingui, affluent du Chari.
- Mais le bassin du Chari était alors exposé aux perpétuelles menaces du chef de bandes musulman Rabah, qui ravageait son territoire et l’on put se demander si ce pays dévasté pourrait jamais fournir à la colonie les avantages commerciaux qu’elle en attendait. Le lac Tchad, immense nappe d’eau envahie par la végétation et
- Tchad offrent, par elles-mêmes, une valeur économique qu’on ne saurait plus leur contester aujourd’hui.
- Le vaste bassin fluvial du Chari est, jusqu’au 9° parallèle, un riche terrain d’élevage pour les animaux domestiques, bœufs et chevaux. Les habitants le pratiquent avec succès et il rapporterait
- davantage encore par l’introduction de méthodes euro-
- en voie d’assèchement, où les chaloupes à vapeur de la flottille du Chari osaient à peine s’aventurer, n’était pas la mer intérieure rêvée et le mirage du Tchad fut le thème sur lequel s’exercèrent, dans la presse, les censeurs de notre politique coloniale. C’étaient des exagérations manifestes et M. Gentil le premier en eut vite fait raison.
- La vérité est que le territoire français du Tchad a, dans l’ensemble de nos possessions africaines, une importance capitale. Il est le nœud des routes unissant la Méditerranée, la Guinée, le Congo et le Nil. En outre, toutes les contrées situées au sud du
- peennes.
- Ou trouve des chevaux à peu près dans tout le bassin du Chari, aussi bien du côté du Toubouri que chez les Saras, entre Laï et Fort-Archambault, et chez les Lakas. Quant aux bœufs, ils sont partout nombreux, comme tous les voyageurs s’accordent à le constater. Le Baguirmi, qui possédait de nombreux bestiaux avant les incursions de Rabah, a déjà reconstitué, pour une bonne part, ses richesses d’autrefois. Toutes les tribus voisines et du Chari et du Logone élèvent des bœufs, et entre autres les Lakas. M. le commandant Moll signale une fort belle race de bœufs chez les Moundans, dans Fig. 1. le bassin du Mayo-
- Kabbi. Les populations insulaires de l’est du Tchad, particulièrement les Kouris, élèvent aussi des bœufs et des chevaux, ce qui leur vaut d’ailleurs d’être exposés aux razzias des Ouadaïens.
- Ce bétail du Chari peut acquérir pour nous une valeur commerciale considérable. Il se trouve que notre moyen et bas Congo manquent précisément de cette richesse indispensable au bien-être de l’indigène comme de l’Européen. Le nègre est un gros mangeur ; s’il n’est pas difficile sur la qualité, il lui faut la quantité, et faute d’autre nourriture carnée, il se rejette sur l’éléphant et l’hippopotame. Quant
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- LA JONCTION COMMERCIALE DU CONGO ET DU CHARI
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- aux Européens, dont le nombre s’accroît au Congo, il leur faut aussi être approvisionnés en viande. On est donc amené par la force des choses, comme le faisait remarquer M. le lieutenant Lancrenon dans une conférence récente, à importer du bétail au Congo, et un terrain d’élevage peut trouver dans notre colonie équatoriale un débouché inépuisable pour ses produits ; ce pays d’élevage ce sera, dit-il, le territoire du Tchad. De son coté, M. le commandant Moll signale le pays des Moundans comme pouvant devenir une région d’élevage susceptible d’ali- ! menter la llaute-Sanga et le Congo.
- On comprend dès lors tout l’intérêt qui s’attache
- zel, la rivière Ouahme que MM. lluot et Bernard avaient, en 1900, identifié avec le Bahr Sara, aujourd’hui considéré comme la branche principale du Chari. Après avoir franchi l’Ouahme, la mission aborda le haut massif granitique des Tari dont la traversée est pénible et pénétra bientôt dans le pays des Lakas.
- Les Lakas sont une race superbe, forte et laborieuse dont on pourra sans doute un jour mettre à profil les qualités. Us possèdent des chevaux et des bœufs, mais pour pouvoir tirer parti de leurs produits d’élevage, il faudra d’abord mettre fin aux déprédations des Foulbé de Ngaoundéré qui exercent
- à la recherche des voies pouvant mettre le plus commodément en communication, au point de vue commercial, le bassin du Congo et celui du Chari. Cette question a préoccupé tous les voyageurs qui ont coopéré à l’expansion du Congo vers le Nord, mais ce sont surtout de récentes explorations qui, à cet égard, ont apporté des résultats décisifs.
- En 1901, M. le capitaine Lœller, dont le rapport, écrit en 1905, vient d’être récemment publié, a cherché une voie de pénétration du Congo au Chari et au Tchad, non par l’Oubangui, qu’avait suivi M. Gentil, mais par la Sanga qu’avait remontée M. Clozel en 1894.
- Parti du poste de Carnot, cet officier atteignit à Gouikora, point extrême où était parvenu M. Clo-
- chez eux des razzias périodiques. Les Lakas sont aussi agriculteurs et ils habitent des cases à cloison circulaire formée d’une forte natte et surmontées d’un toit de paille tressée conique ou hémisphérique; quand ils veulent changer de résidence, ils se mettent à plusieurs pour transporter ce toit à travers la brousse ou les rivières. L’une des excellentes photographies que nous devons à l’obligeance du lieutenant Lancrenon nous montre cette curieuse scène de déménagement. Les Lakas, voyant des pillards dans tout étranger, accueillirent avec méfiance la mission du capitaine Lœller et attaquèrent son campement; mais une sévère leçon, qui leur fut infligée par les miliciens, opéra un brusque changement dans leurs dispositions.
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- 120 : .- LA JONCTION COMMERCIALE DU CONGO ET DU CHAR1
- La mission reconnut le Ba Ria, puis le Ba Bo, tributaires du Chari, et gagna ce fleuve à Kouno en traversant le pays des Saras, ayant mis quarante-cinq jours à accomplir les 850 kilomètres qui, dans cet itinéraire, séparent Carnot du Chari.
- Dans une seconde partie de son voyage, le capitaine Lœfler étudia la route du Chari au bassin de la Bénoué par le Logone et le Toubouri, et reconnut le premier qu’à une certaine époque de l’année, la voie du Toubouri-Kabbi met le lac Tchad en communication directe avec la mer ; c’est cette même route dont le commandant Lenfant a fait, en 1905, une étude approfondie et dont il a déterminé très nettement les conditions d’utilisation.
- Un incident intéressant à relever marqua cette partie du voyage du capitaine Lœller. Ayant passé le Chari à Mandjafa, il atteignit le Logone àMouskoun, dans le pays des Massa. Ces indigènes habitent de curieuses cases faites d’argile et de paille, qui ont la forme d’un obus dressé sur son culot, et chacun d’eux possède, à côté de sa case d’habitation, une autre case servant d’étable pour deux ou trois bœufs ainsi qu’un local de débarras pour les outils et matériaux. Yoilà donc une tribu du Chari qui possède un bon nombre de bœufs et ce qui arriva ensuite le montre encore.
- Les Massa ayant, au moment de la traversée du Logone, attaqué le détachement de miliciens de la mission, celui-ci mit, par sa fusillade, les assaillants en fuite et il leur donnait la chasse quand, avisant un troupeau d’environ 300 bœufs, conduit seulement par quelques cavaliers, il s’en empara sans coup férir, le poussa devant lui jusqu’au Logone et, grâce à l’appui de la colonne, lui fit passer le fleuve sous les yeux des Massa, stupéfaits de cette audace. Et voilà les 300 bœufs qui, désormais, firent partie de la colonne et marchèrent avec elle pendant trois mois de route jusqu’à son retour dans la Haute-Sanga.
- Parvenue au Mayo Kabbi, la mission revint à Carnot en suivant la frontière du Cameroun en territoire, tantôt allemand, tantôt français. Le troupeau, malgré la longueur du trajet, arriva à Carnot sans encombre. ,
- Le capitaine Lœfler avait fait une très importante reconnaissance géographique du pays, mais son iti-
- néraire de Carnot au Chari n’offrait pas toutes les commodités que l’on peut désirer pour une roule commerciale. De nouvelles recherches furent laites quelques années plus tard par le lieutenant Lan-crenon.
- Les Sociétés concessionnaires de la Haute-Sanga, poussées par la nécessité, achetaient à des prix exorbitants des bœufs et des chevaux importés du Cameroun par les commerçants haoussas de Carnot.
- Voulant s’affranchir de ce coûteux intermédiaire, M. Walsin Laurent, directeur de la Compagnie de la Kadéi Sanga, demanda à M. le commissaire général Gentil d’envoyer une mission pour rechercher une route de caravanes praticable entre la Uaute-Sanga et le Moyen-Logone. C’est dans ces conditions que fut organisée la mission confiée au lieutenant d’artillerie coloniale Lancrenon.
- Son départ n’ayant pu être organisé à Carnot, c’est de Koundé qu’il partit le 25 juillet 1905, ayant pour objectif Laï, sur le Moyen-Logone. Les renseignements du capitaine Lœller ayant signalé la Mam-béré comme un affluent du Logone, c’est cette rivière que le lieutenant Lancrenon chercha à atteindre. Parvenu auprès de la Mambéré, il en suivit la rive droite, franchit le Lim, autre affluent du Logone, et arriva au mont Boumbabal, magnifique observatoire du haut duquel il aperçut le confluent delà Mambéré et du Logone. Le 18 et le 19 août, la mission passa le Logone à Baïbokonn pour accomplir ensuite les seize dures journées de marche qui devaient l’amener jusqu’à Laï. Mais comme la mission Lœfler, elle fut attaquée en pays laka et il lui fallut aussi repousser les agresseurs par les armes.
- Le lieutenant Lancrenon dépeint, lui aussi, les Lakas comme des agriculteurs et des éleveurs de bestiaux, malheureusement en butte aux incursions des Foulbé.
- Ayant traversé, au prix de grandes difficultés, un territoire inondé, la mission repassa, le 4 septembre, le Logone à Baïguigmi pour arriver le soir même à Laï, ayant mis quarante et un jours pour accomplir 650 kilomètres depuis Koundé.
- Le lieutenant Lancrenon fut chargé alors de ramener ses tirailleurs et porteurs à Carnot et de revenir ensuite à Baïbokonn, sur le Logone. Reprenant
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- LA JONCTION COMMERCIALE DU CONGO ET DU CHAR] .121
- son précédent itinéraire jusqu’au point où, à l’aller, il avait franchi le Lim, il coupa ensuite au plus court, suivant en partie l’itinéraire de retour du capitaine Lœiler en 1901; mais dans la région montagneuse, improprement désignée sous le nom de Mont Dé, il eut à subir les attaques d’une tribu belliqueuse de race baya, de laquelle il ne put obtenir ni guide, ni vivres. Enfin, ayant franchi l’Ouahme à Douala, la mission arriva à Carnot par la rive droite de la Mambéré.
- De Carnot, il s’agissait de regagner le Logone à Baïbokonn. La mission suivit jusqu’au delà du massif des Tari le premier itinéraire du capitaine Lœ-11er.
- Mais les indigènes qui se cantonnent dans les rochers du Mont Karé ne voulurent pas fournir de guide à la mission qui eut la plus grande peine à uécouvrir les passages praticables à travers ce chaos de montagnes. Parvenu enfin dans la plaine au delà delà Nana Yan guère, le lieutenant Lancrenon découvrit la Penndé que des renseignements lui permirent d’identifier avec le Bandoul ou Logone oriental. Après la Penndé, nouvelle chaîne de montagnes, dans le pays des M’Boum, au delà duquel la mission atteignit le mont Boumbabal et Baïbokonn.
- Des trois itinéraires suivis par le lieutenant Lancrenon, ce dernier peut être regardé comme impraticable, si ce n’est pour des piétons; le second, par Bouala, pourra être utilisé lorsque le pays sera pacifié ; seul le premier itinéraire, par Koundé, quoique plus long, est actuellement utilisable, en empruntant la belle voie navigable du Logone.
- Le Logone, qui avait été remonté jusqu’à Laï par le lieutenant Kielfer en 1900, puis de Laï à Baïbokonn par le sergent Coquel envoyé au devant du lieutenant Lancrenon, a été descendu dans cette dernière partie de son cours par la mission de délimitation Congo-Cameroun, dirigée par le commandant Moll, qui a constaté que le Logone est navigable à peu près toute l’année à partir de Baïbokonn.
- Ce fut la voie que la mission Moll Utilisa pour ses transports.
- Le contact établi par l’exploration Lancrenon entre la Sanga et le Moyen-Logone ne devait pas se
- rompre, car, par deux fois, le sergent Sagnes a conduit, de Laï à Carnot, par le premier itinéraire du lieutenant Lancrenon, un important troupeau de bœufs et de chevaux, démontrant ainsi par une expérience décisive que le commerce des bestiaux pouvait s’établir pratiquement par cette voie.
- Depuis l’exploration du lieutenant Lancrenon, une autre mission, envoyée par la Société de géographie, celle du commandant Lenfant, a complété l’étude delà région Chari-Sanga.
- L’un des résultats les plus importants de cette exploration a été la reconnaissance complète par le capitaine Périquet, puis par le chef de la mission, de la rivière Penndé, dont le lieutenant Lancrenon avait coupé le cours supérieur.
- L’hypothèse que celui-ci avait émise à son sujet se trouve donc vérifiée.
- La Penndé n’est autre que le Bandoul ou Logone oriental qui se jette dans le Logone en amont de Laï.
- Navigable depuisle village de Bé-Yolmien, la Penndé présente jusqu’à son confluent un parcours de 300 kilomètres sans le moindre récif.
- La route qui suit la Penndé paraît être la plus facile de toutes celles qui relient la Sanga au Logone ; elle ne présente qu’en deux points très courts des passages accidentés.
- La mission Lenfant a d’ailleurs fait une nouvelle et intéressante expérience de ravitaillement des territoires de la Sanga en emmenant de Laï 450 têtes de béLail et une cinquantaine de chevaux, qui sont arrivés à leur destination dans le meilleur état de prospérité.
- Des Baguirmiens et des Foulbé accompagnaient la colonne, étant désireux de connaître cette route et de pouvoir l’utiliser.
- Le problème de la mise en communication des bassins du Congo et du Chari par une voie commerciale, semble donc auj ourd’hui résolu.
- Les efforts et l’énergie des explorateurs qui se sont succédé dans ces régions, leurs études et leurs reconnaissances, ont préparé la solution définitive, que la mission Lenfant a eu le mérite de donner.
- G. PlEGELSFERGETi.
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- LA SYNTHÈSE DU DIAMANT
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- La synthèse du diamant est, depuis quelque temps, d’actualité pour des raisons qui sont, en grande partie, extra-scientifiques. C’est à vrai dire un sujet qui revient constamment sur le tapis, et on ne saurait s’en étonner, l’opération qui consisterait à transformer un morceau de charbon en diamant étant évidemment une des plus tentantes que puisse rêver un chimiste. Innombrables sont ceux qui ont essayé cette synthèse par les procédés les plus divers; et beaucoup d’entre eux ont annoncé à diverses reprises avoir réussi. Mais l’opération n’est pas facile ; et, tandis qu’on fabrique aujourd’hui couramment des rubis ou des saphirs par la méthode précédemment décrite ici (1710, 5 mars 1906), on en est encore, pour le diamant, aux cristaux microscopiques et sans valeur commerciale, bien que du plus haut intérêt scientifique, obtenus en 1895 par Moissan. Voici, sauf découvertes nouvelles toujours possibles en pareille matière, l’état actuel de la question.
- Quand on veut réaliser artificiellement la synthèse d’un minéral naturel, c’est-à-dire la reconstitution dans le laboratoire d’un cristal que nous fournit la nature, il faut commencer par examiner les- conditions dans lesquelles s’est opérée la réaction de métallurgie naturelle que nous prétendons reproduire en petit; c’est uniquement en s’inspirant des procédés de la nature que l’on peut espérer arriver à l’imiter. Dans le cas du diamant, on arrive ainsi, par l’examen des gisements, à la conclusion intéressante que la cristallisation a du s’opérer dans deux réactions tout à fait différentes et indépendantes l’une de l’autre qui, par des voies diverses, ont réalisé le même précieux minéral1. L’une de ces réactions est celle qui a dû avoir lieu dans les gisements diamantifères du Cap, les principaux gisements du monde et actuellement à peu près les seuls exploités; cette réaction, de caractère basique, à dissolvant métallique, est celle qui a également donné des diamants microscopiques dans les fers natifs de Canon Diabolo (Arizona), dans certains aciers, et c’est celle que Moissan a reproduite. Mais l’examen des gisements diamantifères du Brésil, de l’Inde, etc., laisse supposer l’intervention de réactions toutes différentes, en milieu acide, avec intervention de chlorures et d’acide borique, que l’on peut espérer reproduire un jour, mais qui n’ont jamais été imitées jusqu’ici. Un caractère commun à ces deux groupes de réactions paraît être l’intervention d’une très forte pression en présence d’un très grand volume de dissolvant; et c’est là ce qui en rend l’imitation si difficile dans nos laboratoires. Il paraît également y avoir eu prise en masse par un brusque refroidissement ressemblant à un phénomène de sursaturation. Mais, bien que Moissan ait employé dans ses expériences une haute température, ce n’est pas par la température très élevée que l’on peut espérer reproduire le diamant. Sa cristallisation naturelle, ainsi que la plupart des formations minéralogiques, paraît, au moins
- dans le cas des diamants du Brésil et de l’Inde, s’être faite à une température relativement basse.
- On a bien des fois essayé d’obtenir du diamant par la seule température; les expériences ont été tout à fait négatives. En élevant la température au delà de 2000 degrés dans le four électrique, on n’obtient que du graphite et jamais du diamant, quel que soit le dissolvant essayé pour le charbon de sucre (c’est-à-dire charbon particulièrement pur) : l’argent, le fer, l’aluminium, le glucinium, le chrome, etc. Porté à ces hautes températures, le diamant naturel se recouvre d’une croûte de graphite ou se transforme en graphite (comme il le fait dans l’arc électrique).
- Le procédé Moissan consiste à faire passer le carbone de l’état solide à l’état de fusion par l’intervention de la pression, tandis que, sans cette pression, le carbone se volatilise directement.Pour réaliser celte pression on utilise la brusque dilatation de la fonte qui se solidifie. On dis-soud d’abord du carbone dans du fer que l’on porte au four électrique à une température voisine de 5000 degrés. Puis on refroidit brusquement le creuset en le plongeant dans un milieu à basse température : soit de l’eau, soit de la limaille de fer, soit du plomb fondu, soit du mercure. Le carbone, ainsi comprimé dans son dissolvant métallique, passe de la densité 2 à celle de 5,5 et cristallise en diamant. Les conditions de refroidissement variables modifient les diamants obtenus. On isole ensuite ces diamants de la fonte par un traitement compliqué et prolongé aux acides chlorhydrique, sulfurique, enfin (pour dissoudre le graphite) à l’acide azotique fumant avec chlorate de potasse, et l’on obtient ainsi des diamants microscopiques, avec les crapauds et cupules des diamants naturels, sur la nature desquels un chimiste nommé Combes a, en 1905, émis des doutes, dans un article retentissant au Moniteur de Quesneville, déclarant que c’était simplement du siliciure de carbone, mais dont la véritable nature ne semble pas douteuse après toutes les expériences confirmatives que l’on apu faire. Ces expériences délicates n’ont eu, depuis plus de quinze ans, aucune suite industrielle, et Moissan ne les considérait pas comme pouvant en avoir. Mais il reste évidemment possible d’employer, dans la méthode Moissan, des dissolvants différents avec d’autres artifices pour accroître la pression; on peut encore songer à agglomérer par fusion de la poussière de diamant comme on le fait pour le rubis; et il est également possible que, sans température bien élevée, seulement vers 400 ou 500 degrés, on réussisse un jour la synthèse pratique au moyen d’un artifice quelconque, en utilisant à très haute pression, dans un récipient très volumineux, l’acide carbonique liquide, les carbonates alcalins, les hydrocarbures ou les composés du bore et du fluor, dont on croit apercevoir l’influence dans tous les cas où la gangue du diamant, au lieu d’être une péridotite basique comme au Cap, paraît avoir été un quartz de pegmatite. L. D. L.
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- LES POIDS LOURDS DANS L’ARMÉE
- Depuis plusieurs années déjà les voitures automobiles légères sont employées dans toutes les armées européennes pendant les grandes manœuvres; les
- 1 Voir L. De Launay. Les diamants du Cap, Paris, Bau-dry, 1897.
- guerres récentes ont montré, en effet, que le rayon d’action du cheval n’est pas suffisant pour les états-majors généraux, car l’accroissement considérable des effectifs en présence a eu pour conséquence l’étendue du front de la bataille sur des distances
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- LES POIDS LOURDS DANS L’ARMÉE
- énormes. Pendant la guerre russo-japonaise, prototype, pourrions-nous dire, des guerres futures, les armées en présence furent disséminées sur 70, 75, et même 80 kilomètres (Moukden). Le général en chef, obligé de suivre toutes les péripéties de l’action, a à sa disposition, il est vrai, le télégraphe et le téléphone; mais sa présence peut être nécessaire à un moment donné sur un point quelconque du front de la bataille; pour s’y transporter aussi rapidement qu’il est nécessaire, les voitures automobiles seules donnent entière satisfaction. Dès 1905, l’Allemagne a réglementé cet emploi à raison de 6 voitures par quatre corps d’armée, A pour le ministre de la guerre et 18 pour la direction des manœuvres.
- D’autre part, il apparaît également indispensable de mettre des voitures légères à traction mécanique à la disposition de l’armée pour effectuer le transport rapide de peu d’hommes ayant une mission spéciale à remplir, comme, par exemple, la destruction à la mélinite de travaux quelconques.
- L’utilité de l’automobile ordinaire n’est donc plus à démontrer; d’ailleurs il n’est aucune nation qui, actuellement, en soit encore à se poser le problème; toutes ont pourvu à cette nécessité.
- La mise en service des poids lourds est plus longue à recevoir une solution. La responsabilité de ce retard n’incombe aucunement aux organisateurs de la défense nationale, rapidement convaincus des immenses avantages que les camions, les fourgons automobiles, aussi bien que les trains routiers, présentent sur la traction animale. Si l’emploi de ces nouvelles unités a été différé, cela tient uniquement à la manière de se comporter de ces auxiliaires dont la tenue, au début, n’était pas des plus correctes. Il est indispensable, en effet, que l’armée puisse compter d’une manière absolue sur tous ses transports. Quelles complications, quels désordres, n’entraîneraient-ils pas si, au moment où ils doivent constituer un convoi, la plupart d’entre eux se refusaient à tout déplacement.
- Actuellement, cette perspective n’est plus à redouter ; on peut être assuré que tous les véhicules sortant des ateliers de construction française, sont taillés pour effectuer un service régulier, exempt, ou à peu près, de pannes, à la condition toutefois que les conducteurs militaires n’imitent pas leurs confrères civils qui, aux grandes manœuvres de cette année, et dans un but que l’on devine, sont parvenus à accomplir des raids vraiment excessifs à
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- des vitesses de 50 kilomètres à l’heure. Cela ne peut être toléré. Qui veut aller loin ménage sa monture, dit la bonne vieille sagesse des nations, ne l’oublions pas. « Qui sait, disait le lieutenant Cirardault au cours d’une remarquable conférence faite pendant le récent salon de l’Automobile aux élèves-officiers du génie, qui sait combien d’heures, les mécaniciens des constructeurs ont passées chaque nuit pour remettre en état un matériel qu’un surmenage prolongé avait certainement fatigué outre mesure! »
- Sans entrer dans les détails qui n’intéresseraient que médiocrement nos lecteurs, étudions rapidement quels avantages les divers services d’une armée en campagne peuvent retirer de la traction mécanique.
- Les relations entre les services d’arrière, qui assurent les échanges entre l’armée et le territoire national, peuvent être effectuées très aisément par l’automobilisme; les voitures n’étant pas destinées à atteindre la zone des combattants n’ont jamais à traverser de ter rains labourés et les camions affectés
- à ce service pourraient recevoir une charge utile de 8 tonnes. De même le transport des outils : pelles, pioches, dontl’ar-rivée au moment voulu sur le front des troupes peut avoir une importance considérable, bénéficierait dans une largo mesure de la traction mécanique. On pourrait également tenter l’essai de locomotives routières pour creuser, avec des défonceuses, des abris que les hommes rendraient ensuite très facilement utilisables : d’ailleurs celte expérience a été faite avec succès par les Anglais pendant la guerre du Transvaal. Enfin le service télégraphique est un de ceux qui sont appelés à tirer le plus grand bénéfice de l’emploi des véhicules automobiles. Les vitesses actuellement réalisées, en ce qui concerne la pose des fils, ne dépasse pas 4 kilomètres à l’heure; or, il est incontestable que la mise en service de motocyclettes ou tricycles spéciaux apporterait un meilleur rendement. Les réparations de lignes seraient également bien plus rapides, car les télégraphistes, emportant les outils nécessaires, se rendraient en quelques minutes sur les points de rupture. Dans l’armée autrichienne les télégraphistes utilisent des motocyclettes pourvues d’une troisième roue latérale et d’un deuxième siège sur lequel prend place le sapeur chargé de la pose de la ligne; la bobine, contenant 2 kilomètres de fils, est placée devant lui et, sans descendre de son siège, il jette son fil. On utilise dans la construction des lignes, autant de véhicules qu’il y a d’unités de
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- à Besancon.
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- LES POIDS LOURDS DANS L'ARMÉE
- 2 kilomètres à parcourir et les opérations s’effectuent avec une extrême rapidité.
- Actuellement, dans l’Intendance, les éléments constitutifs des parcs et convois se décomposent ainsi : un convoi administratif à quatre sections 6650 m., une boulangerie de campagne 600 m., un convoi de boulangerie 1000 m., un parc de bétail 100 m., en tout 8350 m. de longueur de convoi dont l’écoulement ne peut se faire qu’en lh53m.
- En remplaçant la traction hippomobile par la traction automobile représentée par des camions de 6 à 7 tonnes et circulant à la vitesse très raisonnable de 12 à 15 kilomètres à l’heure, on aboutirait à des résultats vraiment surprenants. La lon-
- Ici, nous devons ouvrir une parenthèse, car deux concurrents automobiles sont aux prises : les camions et les trains sur route. En 1902, le colonel Layriz, de l’armée bavaroise, concluait en faveur de l’emploi des trains routiers. Ces derniers, en effet, bénéficient sur les transports ordinaires de l’avantage d’une très grande capacité et d’une diminution de personnel. Aux récentes manœuvres françaises, trois trains Renard furent soumis aux plus précises expériences. Deux de ces trains devaient assurer un service quotidien et le troisième être prêt à toute réquisition. Le locomoteur, équipé avec un moteur de 75 chevaux, était suivi de trois voitures de remorque de 5500 kg chacune de charge utile. Le service
- Fig. 2. — Un camion de Dion-Boulon aux manœuvres du Sud-Ouesl.
- gueur de la colonne pourrait être six fois moindre alors que le nombre des véhicules serait réduit au tiers. Le capitaine allemand Stavenhagen estime que la traction automobile permettrait de réaliser, dans les services de l’intendance, une réduction de 50 pour 100 sur le personnel et de 87 pour 100 sur le nombre des voitures. Si à ces avantages nous ajoutons ceux résultant de la vitesse, évaluée à environ k fois celle des convois hippomobiles, et de l’augmentation du rayon d’action qui mettra à la disposition du commandant de corps d’armée une bande de territoire non encombrée de véhicules pour exécuter certaines manœuvres s’il le désire, nous verrons que le service de l’intendance, plus encore peut-être que tous lès autres, est appelé à retirer des avantages considérables de l’emploi du nouveau mode de traction.
- de ces trains commença le 2 septembre et prit fin le 15 au soir sans qu’aucune irrégularité ait pu être relevée. Le centre des approvisionnements étant Besançon, les trains y prenaient des sacs d’avoine, des pains de munition, du sucre, du café, etc., et les transportaient chaque jour sur un point différent où avait lieu le contact avec les voitures régimentaires. Ce service était d’autant plus pénible que les itinéraires comportaient fréquemment l’emploi de chemins vicinaux en plus ou moins mauvais état. Certains essais effectués haut-le-pied furent même tout à fait significatifs : un commissaire avant demandé ce qu’il adviendrait si l’un des locomoteurs avait une panne grave, on tenta aussitôt l’expérience. Ce locomoteur, supposé hors d’usage, fut détaché de son train et les trois remorques ajoutées au train en service. La manœuvre fut effectuée en 20 minutes
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- et le nouveau train, comprenant donc une rame de six véhicules à charge complète, soit 18 tonnes de charge utile, acheva le parcours à la vitesse de 8 kilomètres à l’heure bien que le terrain présentât en certains points des rampes de 8 et 9 pour 100. 11 était donc établi que, grâce au système démultiplicateur, on peut, en divisant la vitesse par 2, multiplier la charge dans la môme proportion. La marche normale de ces trains varia entre 12 et 14 kilomètres à l’heure : au cours de cette campagne ils accomplirent un parcours journalier de 90 kilomètres environ, et, certains jours, jusqu’à 120 et 150 kilomètres. Celte expérience a donc été
- vitesse, ici, n’est pas nécessaire. 11 est vrai que l’emploi des fourgons automobiles aurait pour conséquence de réduire considérablement le nombre des voitures. Les trains régimentaires automobiles permettraient également d’augmenter la distance entre eux et la colonne; de plus il deviendrait facile de soulager chaque homme du poids des eiïèts de rechange et de remplacer ce poids par des cartouches.
- En résumé, on voit que, quels que soient les services, l’emploi d’unités automobiles entraînerait une diminution dans la longueur des convois, une accélération dans leur marche et une plus grande liberté d’action des troupes de première ligne débarrassées
- tout à fait significative.
- 11 est inutile d’insister , croyons-nous, sur les bienfaits de l’automobilisme en ce qui concerne le service de san té qui comporte l’évacuation des blessés et doit se faire le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions de confort entre le lieu du combat et les stations de chemin de fer les plus rap-
- WÊËÈÊÊÊÊSiÊmm
- Fig'. 4. — Train Renard aux manœuvres du 7° corps.
- prochées. Le capitaine Pagiiano, de l’armée italienne, admet pour les ambulances automobiles une capacité supérieure de la moitié à celle des voitures actuelles. Ces autos devront être équipées, dit-il, avec un moteur de 12 chevaux, marcher à la vitesse de 10 à 14 kilomètres à l’heure et être pourvues des derniers perfectionnements en ce qui concerne la suspension. Des installations radiographiques pourraient être également aménagées afin de venir en aide aux médecins. En 1906, une voiture de ce genre fut présentée au Ministre de la Guerre et elle donna, paraît-il, d’excellents résultats.
- En ce qui concerne les trains de combat,, c’est-à-dire les convois destinés à amener les vivres et les munitions sur les lieux de consommation, l’automobilisme semble perdre son principal avantage, car la
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- Fig. 5. — Un convoi à Angoulême.
- des convois qui actuellement doivent les suivre à des distances trop rapprochées.
- Il nous reste à envisager l’intervention de l’automobilisme dans la guerre de siège et la défense des places. En France, la solution de l’armement des batteries a été obtenue par l’établissement des chemins de fer à voie étroite de 0m,60; celte solution peut être considérée comme excellente. Au Portugal la mobilité de l’armement a été organisée à l’aide de trains routiers à tracteur Eugène Brillié par le colonel du Bocage. Le train complet pèse 26 tonnes et le tracteur, véritable camion portant une charge utile de 5300 kg., remorque un train de quatre obusiers sur des rampes atteignant 7,50 pour 100. Le colonel bavarois Layriz a également envisagé l’emploi de locomotives routières comme machines stationnaires servant à amener en batterie les pièces les plus lourdes.
- En dehors des camions, des fourgons, des trains routiers, les constructeurs, les inventeurs plutôt, n’ont pas hésité à combiner de nouveaux engins destinés à obtenir l’extrême mobilité de l’artillerie
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- qui est l’un des facteurs les plus importants du succès. La mitrailleuse automobile est née aussitôt après la guerre russo-japonaise qui avait confirmé les qualités redoutables de cette vieille machine qu’est la mitrailleuse. À Liao-Yang un bataillon de 800 Japonais ne fut-il pas fauché en quelques secondes par une section de mitrailleuses auxquelles les Japonais avaient donné le nom si expressif d’ « arrosoir du diable » ! 20 hommes seulement restèrent debout, l'ous de terreurs! Incontestablement, ces appareils, montés sur des châssis automobiles, sont appelés à ellèctuer une besogne effroyable; aussi voyons-nous la plupart des armées européennes mettre à l’étude différents modèles de mitrailleuses automobiles.
- L’organisation d’un service automobile militaire s’impose donc d’une manière absolue. D’ailleurs cette organisation est un fait accompli en ce qui concerne la voiture d’état-major; mais on ne peut songer, sans engager des dépenses énormes, à transformer d’un seul coup l’ensemble du matériel. La seule solution pratique réside, croyons-nous avec le
- lieutenant Girardault, dans l’achat de véhicules destinés au service permanent et qui serviront à l’instruction des hommes ; une somme de 100 000 francs a été inscrite au budget de 1907 dans ce but, grâce à l’inLervention de M. Humbert, député. Ce service étant assuré, il suffirait alors, pour parer à toutes les éventualités, de procéder à un recensement des véhicules privés dont les caractéristiques conviendraient à cet emploi particulier, et qui deviendraient alors mobilisables.
- Personne, actuellement, ne songe plus à contester le rôle pratique des poids lourds dans les différents services de l’armée, et, certes, dans les guerres futures, les troupes les mieux ravitaillées bénéficieront là d’un avantage énorme sur l’adversaire. En même temps les hommes, sûrs de n’êlre pas séparés des convois, de recevoir à temps les vivres et les munitions, puiseront dans cette certitude une confiance en eux-mêmes qui leur fait défaut lorsqu’ils so sentent presque abandonnés. Cette influence morale est, de l’avis des gens compétents, le plus important facteur du succès. René Doxcièkes.
- SYSTÈME PHOTOTÉLÉGRAPHIQUE SENLECQ-TIVAL
- Le sensationnel procédé photo télégraphique du docteur Korn révélé, l’an dernier, au grand public, a donné comme un coup de fouet à tous les inventeurs qui, depuis de longues années,s’acharnaient au passionnant problème delà transmission des images. Nous avons vu se ré vêler presque simultanément le procédé Carbonnelle, le procédé Berjon-neau; Belin, dont le télégrapho-scope était connu avant la découverte de Korn, apporte à sa méthode de notables perfectionnements. (Voy. nÜS 1807 et 1808.)
- Un autre inventeur distingué,
- M. Senlecq d’Ar-dres, connu pour ses recherches sur la vision à distance, vient d’imaginer en collaboration avec M. Tival un ingénieux appareil pour la transmission des images photographiques.
- Leur méthode repose sur des principes tout différents de ceux qu’ont appliqués les inventeurs que nous venons de nommer. Elle présente, dès l’abord,
- un précieux avantage, celui d’exiger une durée de transmission de quelques secondes seulement, au lieu des 30 minutes nécessaires aux autres procédés. Elle ne comporte pas, comme la méthode Berjonneau,
- la confection d’un cliché métallique, opération qui nous paraît nécessairement délicate et longue.
- Pour la transmission, MM. Senlecq et Tival se servent de photographies à la gélatine bichromatée et substituent au charbon une poudre métallique dont ils conservent le secret. Les variations de teinte du photogramme sont dues à des variations dans l’épaisseur de la couche de cette poudre.
- Les inventeurs ont eu l’idée d’utiliser les variations de conductibilité électrique que présentent les diverses parties d’une plaque ainsi préparée. Rappelons que le procédé de l’ingénieur américain Amstutz connu dès 1894, et le procédé Belin décrit dans notre précédent numéro reposent égale-
- Ligne tj:
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- Fig. 1. — Transmetteur. — A, Cylindre porteur de la photographie à la gélatine métallisée, et animé d’un mouvement hélicoïdal. — B, Stylet lixe explorateur do l’image. — C, Cylindre porteur du ruban d’acier dans lequel se l'orme l’image magnétique, mû d’un mouvement hélicoïdal. — D, Électro-aimant enregistreur de l’image magnétique. — D', Électro reproducteur.
- Fig. 2. — Télectroseope récepteur. — A, Galvanomètre à corde. — B, Miroir concave. — C, Lampe de Nernst. D, Lentille biconcave. — II, Écran de projection. — P, Disque distribuant synchroniquement les rayons lumineux à intensité variable. — 1", Disque vu de l’ace, accomplissant un tour entier en 1/10° de seconde. — Y, Écran « clair-obscur ». — V', Schéma agrandi de l’écran « clair-obscur ».
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- CHRONIQUE — ACADÉMIE DES SCIENCES ====== 127
- ment sur l’emploi de photogrammes à la gélatine bichromatée; mais ces deux procédés utilisent les variations de relief de là plaque et non les variations de conductibilité électrique.
- Dans l’appareil Senlecq-Tival, un courant électrique, produit par une source constante, traverse successivement tous les points de la plaque photographique. Les variations de résistance, dues aux épaisseurs inégales de la couche métallique en ces divers points, provoquent des üuctuations du courant électrique ; et ces üuctuations modifient le magnétisme d’un électro-aimant entre les pôles duquel glisse un ruban d’acier.
- L’idée qui a fait naître ce dispositif est fort ingénieuse; on sait qu’un ruban d’acier, se déplaçant devant un électro-aimant dont l’aimantation est variable, conserve d’une manière durable, sur toute sa longueur, l’impression des variations magnétiques du transmetteur. Si l’on déplace à nouveau, devant un autre électro-aimant, ce.fil ou ruban magnétiquement impressionné, on reproduira dans cet électro les modifications électriques originaires. On retrouve ce dispositif dans le télégraphone de Poulsen, remarquable appareil que nous avons décrit en son temps et dont l’inventeur s’est depuis illustré dans la télégraphie sans fil. (Voy. n° 1733, 11 août 1900.)
- MM. Senlecq et Tival forment donc sur le ruban une image magnétique qui leur sert d’intermédiaire pour la transmission. C’est, nous semble-t-il, l’emploi de celte transmission en deux temps qui leur permet de diminuer dans de notables proportions la lenteur jusqu’ici inhérente à tous les procédés photolélégraphiques.
- Une dynamo unipolaire sertà alimenter le deuxième électro-aimant, l’éleclro-aimant transmetteur.
- La réception se fait au moyen d’un appareil imaginé par M. Senlecq, et qui lui a servi pour ses expériences de vision à distance. Un galvano-
- mètre à corde, instrument extrêmement sensible, est impressionné par les variations de courant que produit au poste transmetteur, comme nous venons de l’expliquer, le déplacement du ruban aimanté devant l’éleclro-aimant. Il actionne, par l’intermédiaire d’un levier amplificateur de variations, une lamelle en verre mince ou pellicule, de 1 millimètre de hauteur, sur laquelle on a obtenu microphotogra-phiquement une surface ombrée du noir au clair, présentant toutes les variations de teinte depuis l’opacité complète jusqu’à la transparence. Une lampe Nernst envoie ses rayons à travers celte lamelle.
- On comprend que la lamelle obéissant aux variations du galvanomètre, se relevant ou s’abaissant suivant les cas, se laisse traverser par la lumière de la source fixe, en un point dont la position dépend de l’intensité du courant à travers le galvanomètre; ainsi, suivant la valeur de cette intensité, le rayon lumineux traversera une région plus ou moins transparente de la lamelle. Les rayons lumineux sont distribués sur l’écran II au moyen du disque P sur lequel sont percés une série de trous disposés suivant une spirale. Ce disque tourne avec la môme vitesse que le cylindre A du poste transmetteur.
- Et l’on pourra ainsi impressionner une plaque photographique et reproduire l’image originale. Bien plus, étant donnée la rapidité de la transmission, on pourra en recevant sur un écran les rayons qui traversent la lamelle, apercevoir directement, sans le retour à l’épreuve photographique, non pas sans doute toute l’image transmise, mais successivement ses diverses parties. L’appareil Senlecq et Tival marque donc une étape sur la route qui nous mène lentement à la solution d’un problème étudié passionnément depuis l’apparition de la télégraphie électrique : réaliser la vision à distance, en utilisant le fil électrique comme une sorte de nerf optique d’im mense longueur. A. Dessol.
- CHRONIQUE
- Le phosphore dans les végétaux. — D’après une récente communication de M. G. André à l’Académie de médecine, la fixation du phosphore dans les végétaux, qui intéresse non seulement l’industrie agricole, mais aussi (par assimilation entre les cellules végétales et animales) la pharmacie, se ferait de la manière suivante. Le phosphore introduit dans le végétal à l’étal minéral, entrerait en réaction avec les composés azotés d’origine albumi-
- noïde, qu’il trouve à sa portée. Par suite, le poids de l’acide phosphorique ne commence pas à croître dès le début de la germination, mais seulement au moment où la plante prend au sol de l’azote. 11 y aurait simultanéité entre les deux fixations d’azote et de phosphore; le phosphore minéral entrant immédiatement en réaction avec les albuminoïdes naissants pour donner naissance à des nucléo-albumines et à des lécilhines.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 janvier 1908. — Présidence de M. Becquerel.
- Un mammifère inconnu. — M. A. Gaudry adresse un Travail de MM. Neuville et Maurice de Rothschild sur la dent si curieuse que ces explorateurs ont découverte à Addis-Ababa en Abyssinie. Le mammifère dont provient la dent existe sans doute encore ou il a disparu depuis peu. 11 doit être voisin des proboscidiens.
- Morphologie du bacille de la tuberculose. — M. Ar-loing rappelle que les hygiénistes et les biologistes sont d’accord sur les dangers de la propagation de la tuberculose du bovidé à l’homme, par l’alimentation ; mais il n’y a' pas entente sur le point de savoir si les bacilles de la tuberculose de l’homme, des bovidés, des
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- 128.....------: ARROSEUSE-BALAYEUSE ÉLECTROMOBILE
- oiseaux, des poissons appartiennent à des groupes très distincts ou à de simples variétés d’une môme espèce. M. Arloing, qui penchait pour la dernière opinion, a effectué de longues recherches pour la vérilier. Il est parvenu à modifier artificiellement la forme du bacille de l’homme et du bœuf dans des limites très étendues. Les formes géantes ramifiées et renflées ne sont pas l’apanage des vieilles cultures des bacilles de mammifères ; elles peuvent, sous l’influence de la température et de la pression, se trouver dans des cultures renouvelées régulièrement. Il faut élever la température et porter la pression à 2,5 atm. Dans ces conditions, les bacilles des mammifères présentent quelques-uns des aspects des bacilles aviaires et des bacilles des vertébrés à sang froid.
- Géologie du Tonkin. — M. Zeiller présente un Travail
- de M. Lanlenois, ingénieur en chef des mines, qui a utilisé pour des recherches géologiques les travaux de fouilles qu’a comportés le tracé de deux lignes de chemin de fer au Tonkin.
- Coloration du verre par les rayons solaires. — M. Lippinann présente un morceau de verre qui, exposé pendant fort longtemps aux rayons du soleil, a pris une coloration foncée. Ce sont les rayons ultra-violets qui ont déterminé cette coloration.
- La cause d’une épizootie algérienne. — M. Laveran résume un Travail de MM. Soulié et Roig sur la cause d’une épizootie qui a sévi aux environs d’Alger. Les auteurs ont trouvé que la maladie était due à des piroplasmes qui présentaient des rapports avec ceux de la lièvre rodbésienne. Cu. de Milledeujl.
- UNE ARROSEUSE-BALAYEUSE ÉLECTROMOBILE
- Une électromobile d’un nouveau genre, traversant depuis quelques semaines les rues de lïerlin, a été beaucoup remarquée dernièrement, tant par le public, qu’intriguait cet étrange véhicule, que par les ingénieurs, qui y voyaient un important progrès de l’hygiène municipale. C’est unearroseusc-balayeuse combinée, à propulsion électrique, servant à rincer et à arroser le pavé, tout en le nettoyant de sa boue et de sa poussière, et à le dessécher immédiatement après, lui rendant par là la sécurité voulue.
- Ces qualités seront appréciées surtout dans les villes qui, comme Berlin, comprennent de nombreuses rues asphaltées, rendues glissantes par le procédé d’arrosage ordinaire. Le principal avantage, présenté par cette nouvelle méthode de nettoyage municipal, est le fait que la balayeuse électromobile ne soulève aucune poussière ; d’autre part, la combinaison, en une seule machine, de tant de fonctions différentes, constitue, à n’en pas douter, un sérieux avantage d’ordre économique. La consommation d’eau est, à son tour, réduite, dans de fortes proportions, n’étant que de 1 litre par mètre carré de surface asphaltée, quantité utilisée jusqu’à la dernière goutte par la nouvelle machine.
- Cette arroseuse-balayeuse, inventée et construite par MM. Hentschel et Cie, a été équipée électriquement par la maison Goltfried Hagën. Le courant électrique est fourni aux deux moteurs de
- 4 chevaux entraînant les roues d’avant, par une batterie de 40 accumulateurs, donnant une différence de potentiel de 104 volts. En dehors de son frein électrique, la voiture possède un frein à main.
- La machine décrite en dessus s’adapte d’une façon remarquable aux exigences du trafic même le plus
- dense, dans les rues les plus fréquentées, telles que la Friedrich-strasse. Elleestde 3 mètres plus courte que celles à traction chevaline; la facilité de direction est telle que * la voiture peut virer sur une roue arrière pres-que immobile, aussitôt qu’on agit légèrement sur le volant. Le frein électrique est d’un fonctionnement éiecu'omobiie. instantané, même
- dans le cas des
- vitesses les plus grandes; les roues à bandes de fçr sont arrêtées immédiatement sans le moindre glissement ou choc. En raison de l’uniformité de son fonctionnement et du volume considérable du réservoir à eau, ainsi que de la grande vitesse des courses à vide, on s’attend à réaliser un rendement deux fois plus grand que dans le cas des voitures à traction chevaline. La consommation d’énergie s’est trouvée être même plus basse que les calculs ne le faisaient prévoir ; le rendement de la batterie est plus grand en proportion, chaque charge suffisant à un service de quinze heures. D1 Alfred Gradenwitz.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Flcurus, 9.
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- LA NATURE. — N° 1810.
- 1" FEVRIER 1908.
- LES PECHERIES DES CÔTES DU SÉNÉGAL
- Les cotes de notre Colonie du Sénégal s’étendent de N’Diago, situé à 16 kilomètres environ au Nord de Saint-Louis à la frontière de la Guinée portugaise, avec une enclave formée par la Colonie anglaise de Gambie.
- Sans songer à pouvoir indiquer ici, d’une façon complète, les résultats que nous avons obtenus dans le cours
- n’existe, pour ainsi dire pas et, comme le peu qui en a été fait, l’a été uniquement au point de vue de la
- côtière ou au long cours,
- navigation
- Fig. 1-
- Plage de Port-Étienne. \ZO~i
- les fonds, à partir de 5 ou 6 mètres, sont presque complètement inconnus.
- Au point de vue plus spécial de la pêche, trois régions côtières sont plus
- Fig. 2. — Un ancien fort.
- de notre dernière mission au Sénégal1, nous pensons pouvoir, dans cette courte étude, donner cependant une idée suffisamment exacte de l’avenir industriel que nous croyons réservé aux Pêcheries, dans leur sens le plus général, de cette Colonie.
- Fig. 4.
- Flottille de bateaux de pèche.
- Côtes. — L’hydrographie des côtes du Sénégal
- 1 Yoy. A. Gkuvel et A. Bouyat, Les Pêcheries de la côte occidentale d'Afrique (côte saharienne). Challamel, éditeur, Paris, 1906.
- 36e année. — 1er semestre.
- Fig. 5.— Port-Étienne.
- particulièrement intéressantes : c’est d’abord la région comprise entre N’Diago et la pointe des Almadies, puis celle comprise entre la pointe des Almadies et le Cap Rouge et enfin, celle désignée, généralement, au Sénégal, sous le nom de « petite côte » et qui s’étend, environ, du Cap Rouge à la pointe Sangourar, à l’embouchure de la Rivière Saloum.
- La première région est la continuation exacte, au point de vue des fonds, de la côte mauritanienne que nous avons étudiée ailleurs1, c’est-à-dire que les 1 Voir A. fincvEL, Les Pêcheries des côtes du Sénégal et
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- 130 t== LES PÊCHERIES DES
- fonds sont constitués par du sable coquillier jaunâtre, plus ou moins fin, recouvert, en certains points, comme aux environs de l’embouchure du Sénégal, par exemple, par une couche de vase verdâtre d’épaisseur variable.
- 11 y a bien, en face de Saint-Louis, quelques plâtriers rocheux; mais, leur forme môme fait qu’ils ne constituent pas un obstacle sérieux au chalutage, surtout avec les engins à plateaux d’un usage si courant aujourd’hui.
- Il n’en est plus de même, quand on se rapproche des Almadies où les pointes de roches éruptives commencent à faire leur apparition et sont désastreuses pour les filets.
- La région comprise entre les Almadies et le Cap Rouge est, d’une façon générale, formée de sable coquillier plus ou moins grossier; mais la région côtière des environs des Almadies, du Cap Vert et du Cap Manuel est dangereuse, il faut travailler au large pour éviter les nombreuses têtes de roches. 11 existe de plus dans la grande baie, ainsi délimitée, quelques bancs comme le banc de Bel-Air et celui de Rufisque, qu’il faut soigneusement repérer si l’on veut éviter des accidents graves.
- Enfin la petite côte est la plus dangereuse pour les engins, car elle renferme de nombreuses roches, non indiquées sur les cartes, mais que chaluts et dragues trouvent avec trop de facilité. Cependant depuis la station de Joal, jusqu’à l’embouchure du Saloum, les fonds sont surtout constitués par du sable plus ou moins vasard, riche en pleuronectes de diverses espèces.
- Le reste de la côte, fort mal connu hydrographi-quement, est rempli de hauts fonds de sables, de bancs de roches, beaucoup plus nombreux qu’ils ne sont indiqués sur les cartes et qui rendraient le chalutage particulièrement aléatoire.
- Ru reste, les fonds nettement praticables aux engins sont suffisamment étendus pour qu’on n’aille pas s’exposer à de gros mécomptes en se lançant dans l’inconnu.
- Poissons. — Les nombreuses espèces de poissons que l’on rencontre sur les côtes du Sénégal et qui rappellent beaucoup celles de la côte mauritanienne, sont loin d’être toutes utilisables au point de vue industriel. Un grand nombre cependant peuvent se prêter à des préparations variées et fort intéressantes pour l’avenir économique de la Colonie.
- Nous ne ferons qu’indiquer, ici, les plus importantes.
- Parmi les poissons de surface citons tout d’abord : la thonnine de la Méditerranée (Thynnus thunnina C. V.) qui donne un produit blanc et ferme, qui peut être mis en comparaison avec notre plus beau thon de France.
- Les sardines sont représentées par trois espèces : Clupeasenegalensis C. N., Cl. eba C. Y. et Cl. au-rita C. Y., qui est la sardinelle de la Méditerranée.
- des Rivières du Sud (sous presse). Cliallamel, éditeur, Paris.
- COTES DU SÉNÉGAL :..................... -
- Enfin, nous avons rapporLé de nombreux échantillons de l’Anchois de la Méditerranée (Engraulis encrasicholus L.).
- Laissant de côté les formes vulgaires, comme les Cybiurn, les Caraux, etc., nous n’avons pas besoin d’insister, pensons-nous, pour montrer tout l’intérêt que présente sur ces côtes, le très grand nombre de thons, de sardines et d’anchois pour l’alimentation d’une industrie locale, nouvelle, celle des conserves qui va bientôt faire son apparition au Sénégal.
- Sur les fonds de roche, on trouve aussi des formes fort intéressantes et qui salées, et séchées ou fumées, trouveront, dans la colonie même et les colonies voisines, surtout quand les grandes voies ferrées seront terminées, un écoulement, pour ainsi dire illimité, si l'on veut bien prendre certaines mesures que nous indiquons ailleurs.
- Ces espèces sont surtout les grands serrans (Ser-ramts œnans Geofï’., S. goreensis C. Y., etc., les Deutex (D. vulgaris C. Y., D. fdosus C. Y., etc.), les sciænes (Sciœna aquila L.) dont quelques-unes atteignent le poids de 45 à 50 kg., etc.
- Les fonds de sable plus ou moins vasards sont l’habitat de prédilection des pleuronectes, qui sont représentées par cinq espèces au moins du genre ISolea (S. vulgaris Queniel, S. lascaris Rino, S. trioophlhalmus Rlecker, S. hexophthahnus Beu-net, 6’. senegalensis K., etc.), par une très belle espèce voisine des précédentes et d’une bonne valeur comestible (Synaplura punctatissima Peters) qui se trouve presque toujours associée à une forme curieuse et aussi très appréciée, c’est le Cynoglossus goreensis Steinid.
- Quelques-unes de ces espèces atteignent des tailles considérables, et l’industrie des conserves trouverait là un élément de premier ordre.
- Sur ces mêmes fonds vivent en bandes presque innombrables les mulets ou muges de diverses espèces (Mugil cephalus L., M. auratus Rino, M. grandisquammis C. Y., etc., ainsi que de très nombreux échantillons d’une espèce tout particulièrement excellente, le bar tacheté (Labrax (Moroue) punctatus Blot).
- Une espèce qui fréquente aussi les fonds de sable vasard et se tient pendant la saison sèche à l’embouchure des fleuves qu’il remonte, parfois très loin, dès qu’arrive la saison des pluies, c’est le Poly-nemus quadrifilis C. Y., beau et excellent poisson, d’un blanc argenté, voisin des sciænes et qui, comme elles, peut atteindre, parfois, des poids considérables.
- Ce poisson, bien connu de tous les Sénégalais sous le nom de « capitaine », donne après salaison et séchage appropriés, un produit d’une blancheur extrême, ne jaunissant jamais et dont nous avons rapporté des échantillons, préparés en mars dernier sur la « petite côte » et qui sont encore en parfait état de conservation au Jardin Colonial de Nogent où ils ont figuré à l’Exposition.
- L’avenir de ce poisson spécial, qui vit en grandes
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- TRACTJON MECANIQUE SUR LES CANAUX
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- quantités dans les eaux de la Colonie, est certainement plus considérable qu’il n’est possible d’en préjuger dès maintenant.
- Crustacés. — Parmi les crustacés industriellement intéressants, qui se rencontrent dans la colonie, nous citerons seulement à côté de quelques Pœneus et Palemou de belles tailles et qui se pêchent parfois en grand nombre dans les eaux douces, saumâtres le plus généralement et salées, une forme extrêmement importante par son abondance et sa dispersion, car c’est la même qui remonte jusqu’au nord du Cap Blanc, c’est une magnifique langouste (Panu-lirus réglas Br. Cap.) verte avec des bandes jaunâtres. Cette espece, dont nombre de Parisiens ont pu apprécier les qualités, après avoir pu l’examiner en parfait état de vie, à Paris même, peut rivaliser, comme valeur comestible avec les meilleures langoustes de nos côtes. Elle supporte, admirablement, le voyage en bateaux-viviers spéciaux et les eaux plus froides de nos mers ne semblent pas lui déplaire.
- Ces langoustes se rencontrent, depuis Saint-Louis, jusque sur la côte de Guinée et probablement au delà, partout où se trouvent des roches, éruptives ou sédimentaires, peu importe, dans lesquelles elles . vivent et se cachent.
- Mollusques. — Parmi les mollusques nous citerons seulement, comme pouvant devenir intéressante, l’huître de palétuvier qui semble se rapporter à l’espèce Ostroea parasilica de Gmelin, dont la culture rationnelle pourra, probablement, tirer des résultats pratiques au bout de quelques années.
- Cette énumération, très restreinte, mais déjà longue cependant pour ce cadre, montre quelles ressources commerciales et industrielles importantes renferment les eaux de notre belle colonie du Sénégal et le résultat économique qu’on en pourra tirer le jour où on voudra les exploiter méthodiquement.
- La haute administration de l’Afrique occidentale française, à la tête de laquelle se trouvait M. le Gouverneur général Roume, a déjà fait beaucoup (à la
- baie du Lévrier, par exemple, où elle a créé de toutes pièces un centre commercial et industriel (.Port-Étienne) qui prend de jour en jour plus d’importance), pour développer l’industrie des pêcheries.
- Elle fera plus encore, on peut en être assuré, à mesure que les capitaux français se porteront vers ces régions. Mais il faut également que la Métropole lui vienne en aide, c’est son intérêt comme celui de la Colonie, c’est aussi l’intérêt absolu de nos inscrits maritimes, de nos pêcheurs qui subissent, depuis quelques années, la crise que tout le monde connaît et à laquelle beaucoup de hautes personnalités cherchent à trouver un remède.
- Ce remède, il se trouve, probablement, en partie du moins, dans le développement aussi rapide que possible de nos pêcheries coloniales, les plus rapprochées, tout d’abord.
- L’Afrique occidentale, à huit jours seulement de Bordeaux, doit, grâce à ses énormes richesses ichtyologiques, être une des premières à se développer, à ce point de vue particulier.
- Pour cela, il faudra que les questions d’armement, de douanes, de marques, etc., qui sont soulevées par l’installation d’industries de pêche en Mauritanie et au Sénégal, soient résolues dans le sens le plus large. II faut que les produits pêchés par bateaux français, avec l’armement régulier et transportés par bateaux français, puissent entrer en franchise dans la métropole, sous quelque forme qu’ils soient présentés, à la condition, bien entendu, que tous les produits employés pour leur fabrication soient d’origine française.
- La loi a voulu, avec raison, protéger les produits nationaux, contre la concurrence étrangère, mais il ne faudrait pas pousser trop loin les choses et, en frappant les produits préparés aux colonies au moyen d'éléments uniquement français, favoriser, au contraire, les industriels étrangers, au détriment de nos inscrits maritimes et de nos fabricants français.
- A. Gruvel.
- TRACTION MECANIQUE SUR LES CANAUX
- Depuis plusieurs années, des essais sont poursuivis en France, en Belgique, en Allemagne, aux Etats-Unis, pour substituer à la traction animale sur les canaux, un mode de propulsion mécanique. C’est un problème des plus ardus ; car il faut réaliser un matériel simple et extrêmement économique et, en même temps, d’un fonctionnement très sûr. Les solutions proposées peuvent se classer en 5 catégories suivant que l’effort de halage prend son point d’appui sur l’eau, sur le fond ou sur la berge.
- Systèmes prenant un point d’appui sur l’eau :
- Bateaux-porteurs. — Les bateaux porteurs employés sur certaines lignes de navigation ne sont que des copies, à échelle réduite, de vaisseaux de navigation maritime.
- Une partie seulement de leur intérieur peut recevoir des marchandises; l’autre est réservée à des machines qui actionnent leur propulseur, en général une hélice.
- La grande difficulté est de construire des bateaux de
- dimensions assez restreintes pour franchir les écluses des canaux et dans lesquels la machinerie ne tienne pas une place trop importante.
- Signalons les porteurs à vapeur de l’Etat de New-York, les porteurs de la Marne au Rhin et ceux de l’Oise et des canaux du Nord. Tous présentent une même caractéristique ; grande puissance de machine et grand affinement de forme.
- 11 faut, pour traîner ces bateaux, des machines de 50 chevaux et plus, tandis qu’on n’attelle que deux chevaux très ordinaires sur la corde de halage d’une péniche.
- L’augmentation de vitesse de marche ne paraît pas en rapport avec le sacrifice consenti sur le tonnage ni avec l’excès de force employée. Des bateaux de formes bien moins fines, tels que les flûtes et loues des canaux du centre de la France chargés à 170 ou 200 tonnes et traînés par deux chevaux peuvent lutter de vitesse avec
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- 132 ======= TRACTION MECANIQUE SUR LES CANAUX
- ces porteurs. Ils arrivent même à les dépasser sur certains canaux présentant de nombreuses écluses.
- Les moteurs à pétrole ouvrent aujourd’hui un champ nouveau : car ils sont bien plus légers et bien moins encombrants que ceux à vapeur.
- Des essais ont été tentés dans ce sens depuis 1897, et des bateaux munis de ces moteurs ont circulé et circulent encore sur les canaux hollandais.
- En outre, de nombreux essais ont été faits dans le but de transformer des bateaux ordinaires en bateaux à hélice; ils ont donné des résultats intéressants.
- On a imaginé de relier par une chaîne de Galle une hélice portée par le safran du gouvernail avec une dynamo fixée sur la mèche du même gouvernail. En 1893, un ingénieur allemand, M. Büsser, proposa un système analogue au précédent, mais dans lequel le moteur électrique et son hélice étaient placés dans une sorte de barque qu’on pouvait accoupler au gros bateau. Un peu plus tard, M. Galliot, ingénieur des Ponts et Chaussées, fit des essais du même genre. Son système consistait en un petit bateau propulseur, très étroit et très profond, qui renfermait une dynamo dont l’arbre se prolongeait en dehors et se terminait par une hélice.
- Des expériences furent faites à Paris d’abord, au moyen d’accumulateurs portés par le bateau ; à Dijon ensuite, au moyen d’une ligne de transport d’électricité établie sur la berge du canal et sur laquelle on prenait l’énergie au moyen de longs fils flexibles.
- Mais ce système présente deux inconvénients: d’abord, le passage dans les écluses devient, pour les grands bateaux, très difficile, pour ne pas dire impossible. En second lieu, l’hélice est fort mal placée, au point de vue de son rendement, derrière le fond carré et sans aucune forme des bateaux ordinaires. Le résultat, obtenu presque constamment, est qu’au moment où le bateau a pris sa vitesse, l’eau ne peut plus arriver facilement à l’appel de l’hélice et que celle-ci aspire de l’air. Cet effet ne se produit pas tant que le bateau n’est pas lancé; il est d’autant plus sensible que la vitesse obtenue est plus grande et que le bateau a plus d’enfoncement dans le canal. On le diminue et on arrive presque à l’annuler en repoussant le propulseur en arrière ; mais alors le propulseur ne peut plus se rabattre sur le fond du bateau sans le déborder et le passage dans les écluses n’est plus possible.
- Cependant, en donnant à l’arrière des formes équivalentes à celles des avants, on a constaté qu’elles étaient largement suffisantes pour que l’hélice ait un rendement convenable à l’allure des bateaux de canaux.
- Deux bateaux, ainsi modifiés et équipés, ont fait, pendant
- quelque temps, le voyage des forges de Saint-Dizier aux mines du Nord. Alors que des bateaux ordinaires mettaient un mois pour effectuer le voyage, ceux dont je viens de parler n’employaient que 12 jours.
- Systèmes prenant un point d’appui sur le fond du canal.
- Nous nous contenterons seulement de rappeler le système bien connu et fort employé du louage. Il s’opère par machines à vapeur. Il est quelquefois électrique, comme dans l’originale solution de M. Galliot, où l’énergie nécessaire est empruntée aux chutes d’eau dans les biefs.
- Procédés qui prennent leur point d’appui sur la berge :
- La recherche des procédés de halage qui prennent leur point cl’appui sur la berge est de beaucoup le champ qui a été le plus travaillé dans ces dernières années.
- Les locomotives routières avec ou sans rails, les câbles marcheurs, les haleurs suspendus roulant sur câbles ou sur rails aériens ont fait l’objet d’études et même d’essais
- sérieux, et, si aucune de ces solutions n’a encore reçu la consécration définitive de la pratique, elles n’en ont pas moins fort avancé l’état de la question et montré les voies dans lesquelles on peut s’engager.
- Le système de câbles marcheurs ou halage funiculaire doit être mis tout à fait à part.
- 11 est déjà ancien et a été longuement décrit dans un oüvrage publié en 1894 par M. M. Lévy et M. Pa-vie ; il consiste à établir un câble sans fin dont un brin passe sur une berge, et l’autre sur la rive opposée et auquel on communique, par une machine, un mouvement continu. Les bateaux montants s’attachent à l’un des brins, ceux descendants à l’autre brin, et le mouvement du câble est ainsi transmis aux bateaux en marche.
- Examinons maintenant les procédés pour lesquels les chevaux de halage sont remplacés par des engins mécaniques circulant sur la berge.
- Le premier système qui paraisse avoir fonctionné en grand est celui de M. Larmanjat. Il consiste en locomotives à vapeur circulant sur le chemin de halage où elles sont guidées par un rail saillant sur la chaussée. Ce rail ne sert guère que de guidage ; l’adhérence est obtenue par de larges roues portant sur le chemin. La jante a jusqu’à 0,25 m. de large pour des roues d’environ 1 mètre de diamètre.
- Deux installations ont été réalisées en France, l’une sur le canal de Bourgogne, l’autre sur les canaux de Neu-fossé et d’Aire ; toutes deux ont été abandonnées.
- L’idée a été reprise plus tard, en France par M. Galliot, en Allemagne par MM. Siemens et Halske, mais en remplaçant la vapeur par l’électricité.
- Fig. 1. — Tracteur électrique sur les canaux du Nord.
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- TRACTION MÉCANIQUE SUR LES CANAUX ,zr=r 133
- Le système préconisé par M. Galliot et destiné à haler des bateaux isolés n’emploie aucune voie spéciale. Ces haleurs roulent à même sur le chemin de halage ; le système de MM. Siemens et llalske, qui doit être, au contraire, assez puissant pour remorquer de lourds convois, est pourvu d’une voie de fer.
- Le premier système a été breveté par MM. Denèfle et Cie et est aujourd’hui exploité sous leurs noms sur une partie des canaux d’Aire et de la Deule.
- Il comporte une ligne réparlissant, le long du chemin * de halage, le courant électrique continu à 550 volts fourni par quatre usines génératrices alimentant chacune un secteur de 13 kilomètres. Cette installation ne donne pas entière satisfaction, elle est un peu onéreuse ; aussi projette-t-on une usine centrale unique à l'ont-à-Yen-din ; on produira là du courant triphasé à 26 000 volts et on l’enverra à des sous-stations contenant des moteurs générateurs.
- Des trolleys à chariot roulent sur les fils et amènent, par de longs câbles flexibles, le courant aux appareils de halage. Ceux-ci consistent en tricycles dits « chevaux électriques», pourvus d’un moteur actionnant leur essieu d’arrière. La roue d’avant est simplement directrice ; la dynamo est placée entre elle et l’essieu moteur à une telle distance que la roue directrice n’est chargée que du poids juste suffisant pour assurer la régularité de la marche. La majeure partie du poids total de l’appareil repose sur l’essieu moteur afin d’augmenter l’adhérence. A l’arrière du tricycle se trouve une cabine abritant le mécanicien ou conducteur et les appareils de commande, tant pour la direction que pour l’admission du courant.
- Ces tricycles pesant environ 2800 kg remorquent facilement deux bateaux de 300 tonnes ; le fonctionnement paraît donc satisfaisant. Cependant la Cie Électrique du Nord lui reproche plusieurs défauts. Le rendement du système de réduction de vitesse pourrait être meilleur.
- Le conducteur ne peut apporter une attention suffisante à la marche des bateaux: il est trop absorbé par la direction de son tricycle.
- Enfin la marche des tricycles est considérablement ralentie par le mauvais temps.
- Ce sont ces raisons qui ont conduit à l’adoption d’un nouveau tracteur sur rails, comportant deux essieux moteurs distants l’un de l’autre de 1,70 m. Chacun d’eux est actionné par un moteur électrique à courant continu d’une puissance de 20 chevaux. Une cabine centrale abrite le conducteur et renferme les appareils de manœuvre. A chaque extrémité de cette cabine se trouve un crochet pour l’amarrage de la corde servant à haler les bateaux.
- La mise en marche s’obtient à l’aide d’un controller permettant de marcher, dans chaque sens, avec un ou deux moteurs et de grouper ces moteurs soit en tension, soit en quantité. On intercale dans le circuit des résistances, ce qui permet de démarrer à une allure très lente.
- Nous noierons les expériences faites sur le canal de Bourgogne par M. Galliot. Les tracteurs utilisés par la Cie llavre-Paris-Lyon-Méditerranée contiennent des moteurs à essence; le prix de revient du halage, dans ces conditions, est à peu près le même que celui du halage par chevaux : pour le rendre sensiblement inférieur à ce dernier, M. Galliot cherche actuellement s’il ne serait pas possible de n’utiliser l’essence que pour le démarrage, la traction se faisant ensuite par l’emploi d’un pétrole lourd coûtant bien moins cher.
- Nous arrivons maintenant au système dit américain et réalisé au canal Érié, d’après l’invention deM.Wood. Il comporte un tracteur monorail à adhérence proportionnelle à l’effort de traction.
- La voie est double, elle est composée de deux rails en double té, surélevés et portés par des supports communs espacés de 7,50 m. — Chaque rail est réservé à l’une des deux directions soit montante, soit descendante. Cette double voie, dont la largeur totale est del mètre et dont le point le plus haut se trouve à 1,35 m. au-dessus du sol, occupe un très petit espace et c’est là naturellement un de ses grands avantages sur les autres systèmes.
- Au canal Érié elle a été placée à 4,80 m. de l’arête de la berge, afin de permettre le maintien temporaire du
- Fig. 2. — Le tracteur électrique à adhérence proportionnelle.
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- halage par chevaux. Le tracteur, construit par la General Electric Company de Schenectady, est remarquablement compact et puissant. Il mesure 4 m. de longueur, 70 cm de largeur et sa hauteur au-dessus du rail est de 1,05 m. Sa puissance, variant de 84 à 100 chevaux, est fournie par deux moteurs placés au-dessus du rail et attaquant par doubles engrenages des galets de 45 cm de diamètre. Pour assurer la stabilité et l’adhérence, deux galets in-' férieurs mobiles, fixés à deux solides bras d’acier venus d’une seule coulée avec le châssis du tracteur, sont serrés vers le haut par un système de ressorts et de leviers dont la pression peut être réglée soit à la main par boulons, soit automatiquement par le câble de touage lui-même.
- Enfin, au-dessus del’appareil est fixé un trolley prenant contact avec la ligne positive. Le retour du courant se fait par la voie.
- 45 IIP et est capable de fournir momentanément 55 IIP.
- Le moteur attaque par pignon une roue satellite qui engrène sur deux roues dentées calées directement sur les roues motrices. Celles-ci, dont le diamètre est d’environ 52 centimètres, roulent sur le plat supérieur de la poutre-guide, tandis que sous la même poutre agissent des galets presseurs qui fournissent un supplément d’adhérence, au moment du démarrage; ils sont montés dans des coulisses exactement dressées. Deux ressorts, visibles sous les galets, sont ajustés légèrement pour amener ces derniers au contact de la poutre, sans pression parasite et dès qu’un effort de traction est appliqué au câble de remorque ; c’est alors seulement que la pression s’exerce, par l’intermédiaire d’un levier dont le grand bras présente un crochet d’attelage, qui peut d’ailleurs être posé à différents points afin de faire varier l’intensité de la pression d’adhérence, suivant le degré d’hu-
- Fig. 5. — Vue latérale et élévation du tracteur électrique à adhérence proportionnelle.
- Des essais ont été effectués avec ce système en 1905, pour voir s’il pouvait se prêter à un service avantageux sur les canaux européens ou sur les canaux américains de dimensions moyennes, d’exploitation bien moins intensive que le canal Érié; ces essais ont montré qu’il y avait lieu d’étudier de nouveaux types de tracteurs et de voie, basés cependant sur le même principe que les anciens.
- L’infrastructure a été étudiée soitpourune voie unique, soit pour deux voies séparées posées une sur chaque berge ou pour double voie sur une même berge.
- Des piliers verticaux en treillis, espacés de 6,55 m., supportent la voie par une console, présentant une saillie horizontale de 50 cm. Le pied de ces piliers est posé dans un pilot en tôle d’acier, à pointe de béton, foncé dans la berge à l’eau injectée sous pression.
- La voie proprement dite est constituée par une poutrelle de 250 millimètres de hauteur en doublé .té à larges bourrelets et présentant deux saillies-guides.
- Matériel roulant. — Le tracteur, fort peu encombrant (voir dessins) et dont le centre de gravité se trouve sous la poutre-guide de la voie, a une puissance normale de
- midité de la voie. Le petit bras du levier, qui tend à se relever dès qu’une pesée quelconque est exercée sur le grand, comprime le ressort d’autant plus énergiquement que la pesée est plus forte.
- Enfin pour transmettre la pression à l’autre levier, maintenu au contact par le ressort de réglage, on dispose au centre de l’appareil un levier égalisateur.
- Le tracteur du modèle 50 HP n’a que 1,50 m. de longueur, 50 centimètres de largeur et 1,425 m. de hauteur.
- Le tracteur d’un poids si faible (inférieur à 5 tonnes), qu’il est nécessaire de créer un supplément d’adhérence qu’on obtient à l’aide des galets dont nous avons parlé, est cependant capable d’exercer un effort de traction d’une tonne à la vitesse de 7,200 km et de près de 5 tonnes à des vitesses moindres. A grande vitesse, il ne demande à la ligne que 21,84 kw, soit avec un rendement net de plus de 86 pour 100, dont la moyenne, voisine de 75 pour 100, reste très élevée et est sensiblement la même que celle d’un moteur de tramway.
- Au point de vue du démarrage, le système de tracteur
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- que nous venons de décrire présente incontestablement de grands avantages de souplesse et de douceur de traction du fait de l’élasticité donnée à la remorque par les ressorts antagonistes des leviers d’attelage, et par le serrage graduel réalisé.
- Ce même système progresse, en Amérique, à raison de 0 à 7 km à l’heure ; en France, par suite d’un mouillage normal de 2,20 m., par suite aussi des habitudes de la batellerie, ces vitesses doivent être ramenées à 4500 m. au maximum. Mais il suffit, pour réduire ainsi la vitesse de translation, de modifier légèrement le rapport des engrenages. Grâce à cette seule modification, on pourrait réaliser pratiquement un tracteur à adhérence proportionnelle, s’adaptant parfaitement à nos canaux. 11 ne consommerait que 1 à 5 watts par tonne remorquée pour des trains de 2 à 4 bateaux chargés, avec des vitesses de 5 à 4,5 kilomètres.
- Dans cette application du système aux canaux français on pourrait évidemment réduire les proportions de la voie, puisque les eflorts à vaincre au démarrage seraient notablement moindres.
- Cette voie, même non modifiée, coûte d’ailleurs moins cher qu’une voie bi-rail pour tracteur à adhérence simple; on compte 60 tonnes par kilomètre de voie simple du nouveau type et son prix, pose comprise, est de 16000 fr. au kilomètre. Celui de la voie bi-rail, non compris aiguillages, signaux, terrain,est actuellement de 18000 francs.
- Quant au matériel roulant, son poids est de quatre à six fois plus faible dans le système américain que dans le système européen. Le coût d’entretien des deux appareils dont le dernier a une structure relativement fort compliquée, n’est pas comparable, et leurs prix d’achat diffèrent de 50 pour 100.
- Ces avantages ne sont pas les seuls à l’actif du nouveau système.
- Il se prête d’une manière particulièrement favorable à la traction électrique sur tout canal dont les voies de halage sont ou trop encombrées ou trop étroites. Cela lient à ce qu’en canal courant, la voie simple se pose sur la berge et laisse le chemin de halage absolument libre; elle forme une sorte de parapet dont la hauteur au-dessus du plan supérieur de la chaussée reste en tout cas
- inférieure à 40 centimètres. Mais où la supériorité du système américain, déjà incontestable, devient encore plus évidente, c’est au passage des points difficiles, notamment des ouvrages d’art et des tunnels de section réduite.
- En tunnel, la voie bi-rail exige la création d’un encorbellement très coûteux et occupe une section d’au moins 4 mètres carrés ; tandis que la structure de la voie américaine occupe à peine trois quarts de mètre carré et sa fixation à la paroi est des plus simples. Si, de plus, il s’agit d’installer la traction électrique sous un tunnel déjà construit, la pose du système américain ne demande aucune modification du gabarit du tunnel ou des embarcations, et résout le problème général d’une façon très élégante.
- Signalons encore la facilité avec laquelle il se prêterait
- au franchissement de lagunes ou de lacs peu profonds ; on le poserait tout simplement sur pilotis.
- Malgré tous les avantages du système américain sur ceux expérimentés en Allemagne au canal de Tellow et en France sur les canaux du Nord, MM. Clarke et Gérard n’ont pas vu accepter leur invention dans ces deux pays. Les ingénieurs, chai'gés des services de navigation intérieure de la région du Nord, très satisfaits de leur modèle, l’ont définitivement accepté et n’ont pas cru devoir tenter de nouvelles et laborieuses expériences avec celui qu’on leur présentait ; il est vrai qu’ils sont pressés par le temps et que les nombreuses industries de ce réseau si actif attendent impatiemment la nouvelle voie qui leur permettra d’amener leurs produits à Paris, à raison de 50 kilomètres par jour, ce qui constitue déjà un sérieux et fort appréciable progrès. E. Drpouilly.
- BIBLIOTHEQUES PUBLIQUES AMERICAINES
- Les bibliothèques ont pris aux États-Unis un développement tout à fait extraordinaire; et, depuis une vingtaine d’années, les Américains se sont ardemment préoccupés de toutes les questions qui s’y rapportent. En cette matière, ils avaient tout à créer ; ils ont apporté là leur esprit essentiellement pratique; et, avec le concours de publications spéciales et l’aide d’une grande association de bibliothécaires américains, ils sont arrivés à des solutions fort intéressantes que nous allons résumer.
- En 1820 on ne comptait, sur le territoire de l’Union, qu’une vingtaine de bibliothèques publiques ; à l’heure actuelle, le total en dépasse certainement 12000 à 15 000, puisque les dernières statistiques complètes (datant de 1896) en accusaient un peu plus de 11000, avec un chiffre formidable de 80 millions de volumes. Dans cet ensemble, il existait 4000 établissements possédant au moins
- 1000 volumes individuellement, et fournissant ensemble un total respectable de 55 millions d’ouvrages. Nombre de ces bibliothèques prêtent à domicile, et le mouvement de ces prêts si avantageux est énorme.
- Les bibliothèques américaines sont remarquables à la fois par la formation technique de leur personnel, et par leur organisation matérielle.
- Il existe à New-York une école d’État qui est une Ecole de Bibliothécaires : « Library School ». Les étudiants doivent avoir une culture générale pour y entrer, et ils suivent deux années de cours. Il y a un baccalauréat, à la fin des cours; plus tard, on peut arriver au grade de maître après quatre années d’exercice et une soutenance de thèse; enfin le doctorat est conféré à ceux qui ont rendu des services particuliers. Il y a d’autres écoles du même genre dans quelques universités, et aussi des écoles pour
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- les bibliothécaires d’établissements plus spécialement destinés aux enfants.
- Au point de vue de l’organisation matérielle, les bibliothèques sont des plus intéressantes. Leur extérieur est habituellement très luxueux. L’intérieur répond à l’extérieur, et l’on peut citer à cet égard la Bibliothèque de Boston, la « Boston Public Library ». Les trois façades sont richement décorées. Le mobilier est élégant et confortable. Chose bien curieuse et qui renverse les idées des clients et des bibliothécaires français : au centre du bâtiment, est une cour à arcades avec fontaine au milieu, qui ressemble à un patio espagnol. Et les lecteurs
- de tous les ouvrages dans un seul magasin, nous sommes en présence du système des stacks. Le long des murs, dans le sens de la longueur du bâtiment, on place deux corps de bibliothèques qui, comme ceux dont nous allons parler, n’ont pas plus de 2,‘20 m. de haut, pour que tous les livres soient à la portée de la main; ils comportent sept ou huit rayons, profonds de 20 cm et longs de 90. (On en réunit deux superposés pour les plus grands volumes.) Entre les deux corps principaux de bibliothèques, on dispose cinq corps identiques à double face formant, en réalité, avec les deux premiers, douze rangées, entre lesquelles sont ménagés six cou-
- Les étages superposés d’un magasin à livres.
- : Fig. 1. —
- peuvent s’y transporter pour lire au frais ! Parallèlement à la grande salle de lecture sont ce qu’on peut appeler les magasins, les stacks : nous allons expliquer dans un instant à quoi correspond ce mot. L’immense hall où sont les rayons est partagé en six étages superposés. Les livres sont apportés des rayons à la salle où on les remet au public, par l’intermédiaire de petites voies ferrées que nous décrirons plus loin en détail.
- Il existe aux États-Unis, pour la distribution des bibliothèques, deux modes d’installation qui ont chacun leurs partisans et leurs avantages. La construction est généralement rectangulaire, et une moitié est réservée au magasin, au stack ; ce mot sert aussi à désigner les casiers où se placent les volumes. Si l’on pratique l’emmagasinement compact
- loirs de 0,75 m. Un couloir transversal est aménagé en bout. Dans ces conditions, on arrive à loger de 9500 à 12 000 volumes sur une surface ne dépassant pas 40 mètres. La salle étant supposée avoir une grande hauteur, quand tous les rayons sont occupés, on établit un second plancher juste au-dessus des stacks, et l’on y monte une nouvelle série de bibliothèques semblable à la première; et ainsi de suite.
- L’autre système suivi aux États-Unis est très différent. On y a recours parce que bien des gens reprochent à cette agglomération des livres, en masse très dense, des dangers particuliers en cas de feu ; d’autre part, avec la combinaison que nous avons décrite, et à l’opposé des tendances qui se manifestent de plus en plus aux États-Unis, le lecteur ne
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- peut avoir libre accès des rayons. Or les lecteurs que l’on admet à la consultation directe, sont ceux qui font des recherches, et qui doivent compulser succes-
- salles spéciales, ayant comme annexe leur magasin, qu’il y a de sections principales dans la bibliothèque. La bibliothèque Newberg, à Chicago, est un exemple
- Fig. 2. — Vue générale des installations mécaniques de transport des livres.
- sivement un grand nombre de volumes; il faut bien qu’ils puissent s’installer au moins sommairement pour prendre des notes à côté du livre ouvert. Cela est impossible dans les étroits couloirs des stacks. Et la solution consiste à installer autant de
- parfait de cette combinaison, qui est dite système Poole, du nom de son inventeur. Il est évident que cette méthode est beaucoup plus coûteuse que l’autre, et qu’il est impossible le plus souvent de l’appliquer dans sa plénitude. Et c’est pour cela que
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- fréquemment l’on a adopté une solution mitigée recourant aux deux systèmes.
- Examinons maintenant les moyens mécaniques grâce auxquels les ouvrages sont transportés depuis les stacks jusqu’au bureau du bibliothécaire qui les remet au lecteur ; moyens grâce auxquels on réalise une notable accélération du service, tout en diminuant' le personnel. On recourt au transport mécanique, soit à l’aide de câbles transporteurs actionnés électriquement, soit, le plus souvent, au moyen de petites voies ferrées sur lesquelles roulent de minuscules wagonnets recevant, l’ouvrage demandé.
- Les systèmes employés diffèrent quelque peu suivant les circonstances; mais le principe est toujours le même, et il nous suffira de décrire, d’après notre confrère Scientiftc American, les combinaisons adoptées pour la Bibliothèque publique de Boston, et pour la salle de lecture de Congrès.
- Les six étages des stacks sont traversés par des voies ferrées sur lesquelles peuvent être entraînés des wagonnets, au moyen d’une pince qui les fixe sur un câble sans fin continuellement en mouvement. De plus, les différents points de ces stacks sont également desservis par des tubes pneumatiques, rappelant ceux qui sont posés sous terre à Paris pour les messages dits pneumatiques; si bien que, quand les bibliothécaires reçoivent une feuille de demande, ils insèrent ce papier dans une boîte cylindrique qui arrive rapidement, avec son contenu, à l’employé de tel stack. Celui-ci retire la boîte, prend connaissance du papier, et va chercher le volume dans le rayon indiqué. Il le place alors dans un wagonnet,
- serre la pince d’entraînement, et le petit convoi se met en marche sous l’action du câble, tandis que la feuille de demande est renvoyée à la salle de distribution des livres par un tube pneumatique de retour. Quant au wagonnet, s’il provient d’un étage
- de stack se trouvant au même niveau que cette salle de distribution, il suit la petite voie ferrée et arrive au bureau. Si ce n’est pas le cas, la voie vient aboutir à un élévateur qui reçoit automatiquer ment le volume, et l’amène égaler ment à la salle de distribution. Les livres sont retournés aux stacks par la même méthode, au moyen de voies ferrées ou d’élévateurs où le mouvement se fait en sens opposé, et grâce naturellement aux brins de retour des câbles d’entraînement.
- Notons que chaque boîte qui arrive à l’extrémité du parcours, derrière le bureau de distribution des livres au public, est chassée hors du tube par l’air comprimé : elle est projetée dans un récipient spécial
- où l’on pourra la prendre; mais elle heurte dans ce mouvement une sonnerie qu’elle fait vibrer, et l’employé ad hoc est prévenu qu’on lui envoie une feuille de demande.
- Si nous examinons de plus près le transport des livres, nous voyons que chaque étage de stacks est effectivement parcouru par une double voie ferrée de 20 cm d’écartement ; les deux voies son t exactement placées l’une au-dessus de l’autre, ce qui diminue considérablement la place occupée ; elles sont établies sur de petits supports en fer fixés dans le plancher. C’est la voie supérieure qui donne passage aux convois et wagonnets se rendant du bureau de distribution aux stacks, pour le renvoi des ou-
- Fig. 5. — Une rangée de stacks.
- Fig. I. — Dispositifs mécaniques de transport des livres. — 1. Wagonnet sur sa table de transfert. — 2. Poste récepteur des feuilles de demandes de livres.
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- LA QUESTION DES LAPINS EN AUSTRALIE
- vrages; quand un wagonnet arrive près de la fin de son parcours, la pince de fixation sur le câble d’entraînement est automatiquement ouverte. 11 n’avance donc plus qu’en raison de sa vitesse acquise, qui s’amortit peu à peu ; et finalement, il vient s’arrêter sur la table dite « de transfert », qui est équilibrée au moyen de contrepoids, et peut prendre un mouvement vertical. En effet, elle s’abaisse avec sa charge, et cela automatiquement, jusqu’au niveau de la voie de circulation inférieure; et au moment où elle s’arrête, le wagonnet est à même de suivre, quand besoin sera, une sorte d’aiguillage qui l’amènera sur la voie principale du bas. On comprend donc que, une fois un convoi de retour arrivé de la sorte, l’employé des stacks peut charger un nouvel ouvrage dans le wagonnet : il pousse ensuite celui-ci, qui file sur l’aiguillage et atteint la voie principale inférieure. À cet instant précis, un dispositif automatique force sa pince d’entraînement à se refermer sur le cable, et il commence son voyage à destination du bureau de distribution.
- Les divers élévateurs viennent passer derrière le bureau de distribution ; des ouvertures ménagées dans le mur permettent aux agents de faire sortir chaque wagonnet chargé, pendant le court temps d’arrêt périodique que subit l’élévateur, et il ne reste plus qu’à prendre le livre pour le laire passer à la personne qui l’a demandé. Le renvoi s’ellêcluera en sens inverse suivant les mêmes principes. Dans les sous-sols de la Bibliothèque se trouve une petite usine de force motrice, où des moteurs électriques assurent le déplacement continu des câbles, des wagons sur les petites voies ferrées, et le mouvement des élévateurs.
- La salle de lecture du Congrès, à Washington, possède également un remarquable matériel de transport mécanique, particulièrement utile, puisque cette salle n’est pas à moins de 800 mètres de distance des magasins. Le transport se fait par une sorte de chemin à câble entièrement logé dans un • souterrain, et aboutissant à chaque extrémité, d’une part dans la salle de lecture, d’autre part dans la bibliothèque proprement dite, à ce qu’on peut appeler une station de chargement et de déchargement des livres. Chargement et déchargement se font automatiquement; une sorte de berceau portant nn livre, ou destiné à en recevoir un, est composé de barres métalliques recourbées formant comme des doigts, et ne se rejoignant que par leur châssis de base.
- Si donc le berceau chargé rencontre sur sa route un appareil de déchargement combiné de façon inverse, les doigts de ce dernier se glisseront entre les doigts de l’autre, en soulevant le livre, qui demeurera sur l’appareil de déchargement, tandis que le transporteur continuera sa route. Pour le chargement, les choses se passent en sens inverse : le livre à confier au transporteur est déposé par avance sur des doigts métalliques, que traversera le berceau d’un mouvement de bas en haut; il soulèvera le livre en s’en chargeant, pour l’emporter ensuite.
- Nous avons ainsi décrit deux types de transporteurs mécaniques bien différents, mais qui rendent de précieux services, et qu’il serait désirable de voir utiliser dans nos grandes bibliothèques françaises. Daniel Bellet.
- LA QUESTION DES LAPINS1 EN AUSTRALIE
- L’Australie s’était peuplée lentement lorsque la découverte de l’or en 1851 amena un afflux d’immigrants considérable; entre 1850 et 1855 la population passa de 265000 à 642000. Avec la richesse s’introduisit le goût du luxe. Il n’y a pas de vie luxueuse pour un anglo-saxon sans le plaisir de la chasse; on ne chassait jusque-là que le kanguroo et le cygne noir ; on voulut avoir du gibier européen. C’est pourquoi des amateurs eurent l’idée d’importer des lapins et des moineaux, animaux choisis en raison de leur multiplication rapide. Plusieurs sociétés d’acclimatation se fondèrent. En 1862 M. Austin introduisit un couple de lapins. On les compte aujourd’hui par milliards.
- Nul alors ne se douta du danger, à l’exception peut-être du comte de Castelnau, consul de France à Melbourne, qui fit à ce sujet une communication à
- 1 II ne faut pas confondre le lapin européen (fig. 2), malheureusement introduit en Australie, avec le lapin indigène, le rabbit Bandicoot (fig. 1), qui n’est pas un véritable lapin et qui est absolument inoffensif.
- la Société royale en 1862. Encore ne parlait-il que des moineaux.
- Jusqu’en 1876 tout marche dans la perfection ; les lapins restaient localisés dans les districts déserts. Mais les progrès de l’élevage et sa marche progressive vers l’ouest mirent alors en présence le mouton et le lapin, l’animal producteur et l’animal destructeur. Le lapin a perdu de sa taille en Australie, mais sa voracité a augmenté. En outre il s’est adapté aux conditions d’existence que lui imposait le milieu local ; traverser une rivière à la nage ne l’embarrasse point et il n’hésite pas à grimper sur les arbres pour dévorer l’écorce ou les feuilles. En certains districts il est presque devenu un animal arboricole. On comprend facilement quelles ruines il cause. Cinq lapins consomment autant d’herbe qu’un mouton. Partout où ils sont établis, les pâturages sont rasés et pelés, et les arbres, dépouillés de leur écorce jusqu’à 1 mètre de hauteur, ne tardent pas à mourir. Les troupeaux périssent d’inanition.
- On estime qu’entre 1876 et-1885, l’Australie a
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- LA QUESTION DES LAPINS EN AUSTRALIE
- perdu, du fait des lapins, un milliard de francs.
- Dès 1878 la lutte fut engagée contre les lapins. Une loi les proclama animaux nuisibles et une prime, qui monta jusqu’à 1,25 fr. par tête en certaines régions, fut allouée pour leur destruction. En 10 ans, de 1878 à 1888, les gouvernements australiens ont dépensé de ce chef la somme énorme de 29 440075 francs. Ce moyen étant insuffisant, d’autres furent employés concurremment : pièges fixes, pièges mobiles, pièges à rabattement, poisons phosphores, chiens dressés, incendie des forêts et des prairies. On vit même naître une industrie nouvelle, celle des rabbitters, ouvriers nomades parcourant le pays et se livrant, moyennant rétribution de la part des propriétaires, à la destruction méthodique des terriers. D’énormes massacres furent effectués : sur certaines stations (fermes d’élevage) un million de lapins, 1250 000 même périrent1. La situation n’en fut pas sensiblement modifiée. Seules les riches exploitations pouvaient suffire à de pareilles dépensés ; les petites stations continuèrent de succom-
- 1 L. ViGounoux, L'évolution sociale en Australie, Paris. Colin, 1901, p. 518. — En Nouvelle-Galles, en une seule année, on a tué 25 millions de lapins (Pieiuœ Leroy-Beaulieu, Les Nouvelles sociétés anglo-saxonnes, 2° éd., Paris, Colin, 1901, p. 87).
- ber l’une après l’autre dans une lutte inégale.
- La Nouvelle-Galles du Sud, principale région d’élevage de l’Australie, était naturellement la colonie la plus éprouvée. Aussi s'attacha-t-elle à perfectionner les moyens de lutte. Le parlement néo-gallois vota en 1885 une loi importante. Une direction spéciale pour la destruction des lapins fut créée au Ministère des Mines et de l’agriculture; la direction du bétail fut déchargée de ce service dont elle ne pouvait s’occuper qu’accessoirement. Tout l’intérieur du pays fut partagé en rabbil-dislricts, dont chacun était surveillé par un inspecteur spécial. Le gouvernement cessa de payer des primes, mais il prit à sa charge une partie des frais de destruction. En trois ans (1884-1886) il dépensa ainsi 11 millions pour la protection de 205 propriétés.
- A la même époque, des rabbit-boards, syndicats de propriétaires pouvant lever dans un district des taxes spéciales pour la destruction des lapins, furent créés au Queensland.
- Malgré tout aucun résultat décisif ne put être obtenu et il fallut chercher quelque méthode nouvelle. L’ilon. F. Abigail, ministre des mines et de l’agriculture dans le cabinet de Sir Henry Parlces, eut alors l’idée de convier l’Europe ou pour mieux dire le monde tout entier à coopérer à la recherche d’un procédé véritablement efficace. Dans ce but il fit paraître, le 51 août 1886, une note qui fut reproduite parla presse des deux Mondes. Une récompense de 25000 livres sterling (625000 francs) élait promise à celui qui débarrasserait le pays du fléau des lapins; mais il devait essayer et démontrer la valeur de son procédé à ses frais et obtenir, après des expériences concluantes, l’approbation d’une commis-
- Fig. 1. — Le lapin australien indigène (Bandicoot).
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- Fig. 2. — Le lapin australien d'origine européenne.
- sion inlercoloniale; en outre le système employé devait être inoffensif pour les animaux domestiques. Pasteur, ayant eu connaissance de la note de M. F. Abigail, résolut de concourir. Ses études sur les maladies microbiennes des animaux de ferme (charbon, péripneumonie, choléra des poules) le préparaient à envisager le problème sous un aspect tout nouveau et à suggérer une solution originale. Pour lui les poisons ordinaires étaient de toute évidence insuffisants, en raison du nombre des animaux à détruire. Comment espérer les atteindre tous ? Et, si l’on en négligeait, ne fût-ce qu’un petit nombre, ne pulluleraient-ils pas bientôt à nouveau, grâce à leurs facultés prolifiques? Ce qu’il fallait c’était atteindre la race aux sources mêmes de la vie, en lui communiquant une maladie contagieuse qui, inoculée à quelques animaux et se communiquant de proche en proche, accomplirait d’elle-même son œuvre de mort. Or précisément le choléra des poules, qu’il avait longuement étudié, était communicable aux lapins'sans avoir d’action sur les autres animaux domestiques . La solution au problème posé semblait donc trouvée : il suffisait d’arroser, én de nombreux points, les environs des terriers avec du liquide microbien. La contagion se répandrait d’elle-même.
- Savant consciencieux jusqu’au scrupule, Pasteur1 expérimenta longuement son idée dans son laboratoire. Toujours if constata non seulement que les lapins, dont la nourriture avait été infectée par le liquide virulent, mouraient dans les 24 heures,
- 1 Sur tout ce qui concerne l’intervention de Pasteur et les travaux de la mission qu’il envoya en Australie, voir l’intéressante thèse du Dr Adrien Loir, La microbiologie en Australie. Paris. Steinheil; 1893.
- mais encore que les animaux mis en contact avec les malades succombaient eux-mêmes à la contagion, sans avoir rien mangé. D’autres animaux, chiens, moutons, porcs, etc., introduits dans les cages, restaient indemnes; seules les poules étaient, avec les lapins, sujettes à la maladie.
- D’autres expériences, plus démonstratives encore, furent effectuées à Reims, dans un terrain, appartenant à Mme veuve Pommery et mis gracieusement à la disposition de Pasteur. Ce terrain était infesté de lapins; on en évaluait le nombre à plus d’un million. Au bout de peu de temps, de nombreux cadavres jonchaient le sol ; la plupart des animaux devaient d’ailleurs, suivant leur habitude, être allés mourir dans leurs terriers. On ne revit plus de lapins.
- A la suite de ces expériences concluantes, Pasteur se mit en rapport avec Sir Daniel Cooper, agent-général à Londres de la Nouvelle-Galles du Sud. Une mission fut envoyée en Australie pour faire sur place l’essai du procédé. Elle était composée des docteurs Adrien Loir, neveu et collaborateur de Pasteur, Ger-mont et Hinds. Elle s’embarqua à Naples pour Sydney le 27 février 1888.
- Contrairement à ce qu’ils pouvaient et devaient attendre, les membres de la mission Pasteur furent assez froidement accueillis. C’est que la politique s’était immiscée dans la question des lapins et que des intérêts particuliers étaient, en cette matière, entrés en lutte avec l’intérêt général. Les squatters (grands éleveurs de l’intérieur) demandaient l’abrogation de la loi de 1883. Ils ne voulaient plus de l’aide pécuniaire de l’État, toujours parcimonieusement et irrégulièrement accordée; par contre ils
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- LA QUESTION DES LAPINS EN AUSTRALIE
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- réclamaient le rétablissement du système des primes, qui donnait lieu à toutes sortes de spéculations lucratives, et surtout la diminution du loyer des terres qu’ils tenaient de la Couronne (Crown lands).
- La destruction des lapins n’était plus pour eux un but, pas même un moyen; c’était tout au plus un prétexte. Moins que cela même pour certains, pour qui les lapins étaient momentanément des alliés précieux dans leur réclamation au Gouvernement. On croira difficilement — et pourtant le fait est exact et a été officiellement constaté — que quelques éleveurs introduisirent eux-mêmes les lapins sur une partie, soigneusement enclose d’ailleurs, de leur domaine, afin de pouvoir se plaindre et, en invoquant leur ruine imminente, arracher à l’État la diminution de loyer qui leur tenait à cœur.
- Dans celte disposition d’esprit les squatters suscitèrent toutes sortes d’obstacles aux envoyés de Pas-leur. Leur influence fit retirer à M. F. Abigail, promoteur et protecteur de la Mission, la haute direction du Rabbit Service, qui fut enlevé au Ministère des Mines et de l’Agriculture et rattaché au Ministère des Terres. Ils firent aussi voter une loi (20 mars 1888) interdisant l’importation de tout microbe en Australie et réussirent à faire entrer dans la Commission intercoloniale des personnes professionnellement hostiles au procédé Pasteur, comme le Président de l’Association de l’élevage de la volaille et le principal importateur des barrières en fil de fer employées contre l’invasion des lapins. Enfin ils obtinrent en 1888 la diminution de loyer demandée.
- Pourquoi dès lors s’acharner contre les lapins, dont la disparition eût fait de nouveau hausser le prix des terres? On songerait à celte question quand la diminution, si difficilement conquise, serait entrée dans les habitudes administratives et devenue définitive.
- La mission fut installée dans une île de la rade de Sydney, Rodd Island. On mit à sa disposition un laboratoire, couvert d’une cloche en toile métallique de 35 mètres sur 28. On craignait que les microbes ne s’échappassent et n’envahissent le Continent ! Là les docteurs Loir, Germont et Ilinds reprirent avec succès les expériences de Pasteur. Mais ils ne purent pas obtenir d’aller se livrer à une expérimentation directe dans l’intérieur du pays. Le gouvernement, pour justifier cette défense, invoquait le danger de communiquer une maladie microbienne aux animaux domestiques, particulièrement à la volaille. C’est également en s’appuyant sur ces craintes que, quinze mois après, en 1889, la Commission intercoloniale émit un avis défavorable à l’adoption du procédé Pasteur. La mission dut revenir en Europe.
- Au reste les squatters ne profilèrent pas longtemps de leur victoire. En 1891, un ministère, plus démocratique que celui de Sir Henry Parkes, revint sur la faveur accordée aux grands détenteurs de
- terre et rétablit les prix de location d’avant 1888.
- Pendant quelques années on se préoccupa beaucoup moins des lapins qu’on n’avait fait jusque-là-D’où venait ce changement d’attitude? La cause en était la série de sécheresses que subit l’Australie entre 1891 et 1903, particulièrement entre 1897 et 1905. Or, en temps de sécheresses, les lapins se développent peu; ils périssent même par millions; d’autre part l’élevage lui-même subit un recul ; de nombreux moutons périssent et les affaires se ralentissent. De là vient que le fléau des lapins attire alors beaucoup moins l’attention que pendant les périodes prospères. Pourtant les Australiens ne sont pas restés inactifs; ils ont profité de ces douze années, pendant lesquelles les lapins ont fait peu de progrès pour protéger, contre leur invasion éventuelle, les districts et les domaines non encore infestés. Le procédé communément employé consiste à entourer les régions que l’on veut défendre de barrières en treillage de fer, profondément enfoncées dans le sol (30 centimètres). Le gouvernement dé la Nouvelle-Galles en a fait construire 1130 km., formant une ligne ininterrompue et revenant à 900 francs le kilomètre. Les particuliers, de leur côté, ont établi 22 000 km. de barrières. Plus récemment le Queensland a établi entre la Nouvelle-Galles et lui, une frontière de fer de 3400 kilomètres. Des résultats appréciables ont été obtenus par ce moyen, malheureusement assez coûteux.
- On ne s’est pas contenté en Australie de combattre ou, pour mieux dire, d’arrêter l’invasion des lapins, on a songé à utiliser la chair de ces animaux. On a commencé à les congeler et à les exporter en Angleterre où ils se vendent 1 franc à 1,25 fr. pièce. En 1905, l’exportation des carcasses et aussi des peaux de lapins a atteint le chiffre de 17 millions de francs. Les bénéfices que l’Australie retire de ce commerce nouveau ne sont qu’une maigre compensation aux pertes subies.
- Depuis que des pluies abondantes ont ramené, à partir de 1904, la prospérité sur le Continent austral, la question de la destruction des lapins est revenue à l’ordre du jour. Le gouvernement de la Nouvelle-Galles s’est de nouveau adressé à l’Institut Pasteur et, en 1906, le Dr Danisz s’est rendu à Sydney. Un laboratoire a été mis à sa disposition à Broughton island, près de Newcastle. Il y a poursuivi des expériences intéressantes, dont on ne peut encore préjuger les conséquences pratiques. Malheureusement il est en butte à l’hostilité du Labour party, qui s’obstine à défendre les quelques milliers de rabbitters qui vivent sur les stations1.
- Quelles que soient pour l’avenir les espérances qu’une fois de plus conçoivent les Australiens, le fléau des lapins (rabbit pest) est encore à l’heure actuelle le principal obstacle à l’extension de l’art pastoral dans les districts maigres de l’intérieur australien. Paul Privât Deschanel.
- 1 Biard d’àunet, L'aurore australe. Paris. Plon, 1907, p. 283-286.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 janvier 1908. —-
- Epizootie bovine d'Algérie. — M. Laveran présente un nouveau travail de MM. Soulié et Hoig sur une épizootie bovine qui exerce, depuis quelque temps, ses ravages en Algérie, notamment dans la plaine de la Mitidja. Les auteurs ont déjà montré que cette maladie est occasionnée par la présence d’un certain piroplasme dans le sang des bovidés ; ils décrivent aujourd’hui les symptômes. Ils distinguent la forme subaiguë, la forme aiguë et la forme chronique. Dans la forme subaiguë la mort survient le 4° jour. La seconde forme évolue en 8 jours ; elle peut se terminer par la guérison. L’épizootie fait quelques victimes au printemps, atteint son entier développement en été, décroît en automne et disparaît en hiver.
- Le greffe des cartilages. — M. Dastre présente un travail de M. Judet relatif à l’aptitude des tissus articulaires à la greffe. 11 a expérimenté sur le lapin, le chat, le chien. Après avoir réséqué la moelle fémorale (cartilage doublé d’une faible couche d’os) il l’a ensuite reposée et suturée à son lieu d’origine. Le fragment se ressoude à l’os sous-jacent : il y a greffe vraie, greffe histologique persistant sans changement au bout de plus de G mois.
- La greffe de la trochlée (articulation de la tète inférieure de l’humérus) ostéo-cartilagineuse réussit également lorsqu’au fragment réséqué on substitue un fragment identique provenant d’un animal delà même portée. M. Judet, dans une expérience croisée, a pratiqué avec succès, par greffe, l’échange de deux trochlées ostéo-cartilagineuses d’dge différent. Le cartilage conserve son aptitude .à la greffe même lorsqu’il a été séparé pendant plusieurs heures et déposé soit dans du sérum physiologique de llayem, soit simplement dans une compresse sèche asep-
- Présidence de M. Becquerel.
- tique. L’auteur a conservé une trochlée fémorale de chien mise de suite, après résection aseptique, dans de l’eau salée isotonique-slérilisée maintenue à 0°. Au bout de G jours il a suturé ce fragment dans le genou d’un chien. La greffe n’a pas eu lieu. Le cartilage s’est comporté comme un corps étranger résorbable. Mais l’auteur, après avoir réséqué la surface cartilagineuse totale du fémur l’a remise en place et a obtenu la greffe. Il a réussi la même opération avec les surfaces articulaires du genou. M. Judet conclut: l°quele cartilage articulaire complètement séparé est susceptible de se greffer si on le réimplante à son lieu d’oi’igine ; 2° qu’il est possible de répa rer une perle de substance du cartilage articulaire par une opération plastique faite avec du cartilage provenant soit du même animal, soit d’un animal de même espèce. Il y a là un phénomène analogue à celui des greffes dermo-épidermiques d’Ollier-Thorsch dont l’usage est fréquent en chirurgie.
- L’utilisation de de la farine denestlé. —M. Guignai d présente une Note de MM. Goris et Grêlé sur la pulpe connue sous le nom de farine de nestlé. Celte pulpe provient du fruit d’un arbre très commun sur la côte occidentale d’Afrique. Le travail des auteurs présente un intérêt industriel, car cette matière première qui ne renferme pas d’amidon contient une très grande proportion de sucre (50 pour 100). C’est la substance la plus riche en saccharose parmi les végétaux. Les quantités de sucre, d’acide phosphorique et de matières grasses qu’elle contient permettent de concevoir son emploi fréquent dans l’alimentation et expliquent pourquoi les, nègres la recherchent. Sa teneur élevée en sucre peut même faire penser à des usages industriels. Ch. de Yilledeuil.
- LA MACHINE A ÉCRIRE “ MIGNON ”
- L’usage des machines à écrire s’est tellement répandu aujourd’hui qu’on en trouve meme chez les particuliers, ce qui est fort heureux pour les amis de certains d’entre eux à écriture illisible. Si le prix de la plupart des machines est resté assez élevé (500 francs et au-dessus), le fait est dû à leur complication qui nécessite une construction d’une grande précision; cette complication provient de ce que, en général, elles sont combinées de façon qu’on puisse écrire très rapidement, plus rapidement qu’avec l’écriture ordinaire, ce qui est indispensable dans certains cas. Mais, pour beaucoup de personnes, la rapidité est secondaire; ce qu’on recherche surtout c’est la netteté de l’écriture, la facilité de lecture et aussi une fatigue moindre de la main.
- Aussi a-t-on créé des machines moins compliquées, avec lesquelles une personne exercée atteint une vitesse plus grande que celle.de l’écriture ordinaire, mais qui ont surtout le très appréciable avantage de coûter deux ou trois fois moins cher que les autres. Quelques-unes de ces machines ont déjà été signalées ici, notamment la Dactyle déjà très ancienne qui s’est assez rapidement répandue pour prouver
- que la voie indiquée par elle était bonne à suivre.
- La « Mignon » que représentent nos gravures est, comme mécanisme, ce que nous avons vu de plus simple jusqu’à ce jour et elle différé complètement, comme maniement, de ce qui a été déjà fait, car elle ne comporte pas de clavier. La main droite frappe sur une touche unique U (fig. 1) pour imprimer les lettres, chiffres ou signes ; une autre touche, placée à côté, donne l’espace entre les mots. Le choix de la lettre à imprimer se fait avec la main gauche qui tient un petit stylet A Suspepdu à Une potence 1) et dont l’extrémité inférieure vient effleurer un tableau T portant, rangés comme les pions d’un damier, les signes, chiffres ou lettres. Dès que le stylet A est au-dessus du signe choisi, on frappe la touche U et il s’imprime.
- Chose curieuse, dont nous avons pu en faire nous-même l’expérience, la main gauche, au bout de très peu de temps, va beaucoup- plus vite que la main droite qui n’a cependant qu’à frapper toujours au même point. Il est à remarquer que la main gauche obéit simplement à la pensée sans avoir aucun travail à effectuer puisque le stylet évolue dans l’espace sans
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- MACHINE A ÉCRIRE “ MIGNON ”
- aucun frottement. Le mécanisme est facile à comprendre. Tous les caractères d’impression sont rangés ligne par ligne suivant les génératrices d’un petit cylindre C qu’on voit à droite au-dessus du papier (fîg. 1) : il peut avancer ou reculer dans le sens de l’axe sur lequel il est monté ; en même temps il peut
- d’interseclion; le cylindre G a décrit exactement le même chemin et la lettre correspondante se trouve à ce moment juste au-dessus du papier : en appuyant sur la pédale U on l’imprime.
- L’encrage n’a rien de spécial, il se fait au moyen d’un ruban chargé d’encre d’aniline, comme dans beaucoup d’autres machines. Ce qu’il y a de remarquable c’est la facilité avec laquelle on peut changer de type de caractère : gothique, romain, italique, grec, russe, etc., se substituent les uns aux autres en deux ou trois minutes. 11 suffit, en effet, de changer le tableau T pour le remplacer par un autre portant les caractères du type choisi et de changer en même temps le cylindre C. C’est un grand avantage qui permet d’intercaler dans une lettre des caractères plus gros, ou italiques pour attirer l’attention sur certains passages intéressants.
- En dehors de son prix peu élevé, cette nouvelle machine
- Fig. 1. — Machine à écrire Mignon” vue de l’arrière.
- tourner autour de son axe.
- Ces deux mouvements lui sont donnés par le stylet A que manœuvre la main gauche. On voit en effet (fîg. 2) que cette tige est reliée à un levier L qui correspond à un manchon M sur lequel est monté l’axe en question. Ce manchon, situé à l’extrémité d’un pied articulé B, peut se déplacer en avant ou en arrière. Il résulte de là que tout déplacement de A suivant une colonne verticale du tableau T aura pour effet de déplacer le cylindre C de quantité égale dans le même sens.
- D’autre part tout déplacement de A dans le sens latéral aura pour effet de faire entrer ou sortir le levier L dans le manchon M; or la partie qui se trouve dans ce manchon est une crémaillère qui engrène avec un pignon correspondant à l’axe du cylindre, celui-ci tournera donc à droite ou à gauche suivant les déplacements du stylet A.
- Celui-ci, pour arriver au-dessus de l’un des signes du tableau T, décrit dans l’espace deux coordonnées, l’une verticale, l’autre horizontale et s’arrête au point
- à écrire présente donc certains avantages très appréciables qu’on ne rencontre pas toujours dans d’autres et elle mérite, par son mécanisme simple et ingénieux, d’attirer l’attention.
- G. Chalmarès.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. — N° 1811
- LA RESISTANCE DE L’AIR
- 8 FÉVRIER I90§4?
- L’air, ce iluide dans lequel nous vivons constamment plongés et dont les diverses propriétés interviennent dans toutes les circonstances de notre existence, reste encore pour nous sur bien des points un élément mystérieux. On sait combien tardivement sa nature, sa composition exacte nous ont été révélées. Aujourd’hui, après les découvertes de MM. 11a-leigh et Ramsay, sa composition chimique, on peut l’admettre, nous est parfaitement connue ; mais sur ses propriétés mécaniques, nous sommes encore fort ignorants.
- La résistance que l’air oppose au mouvement des corps est un des éléments qu’il nous serait le plus indispensable de connaître en notre siècle de vitesse; les trains sur voie ferrée, les automobiles, les ballons dirigeables, les appareils d’aviation, les hydroplanes soulèvent à chaque instant des problèmes dont la solution dépend de la connaissance exacte des lois de la résistance de l’air.
- Dans la construction des bâtiments, et surtout de ces audacieuses constructions métalliques qui atteignent des hauteurs fantastiques, l’effort dû aux masses d’air entraînées par le vent est un élément des plus importants. En balistique, la résistance de l’air joue un rôle essentiel.
- On sait, et depuis fort longtemps, que la résistance de l’air sur un corps varie avec la vitesse de ce corps : c’est là une donnée d’expérience courante. Mais les lois de variation de cette vitesse sont encore inconnues et l’on doit constater, non sans surprise, que les expériences sur ce sujet si important sont fort rares ; on se contente, dans les calculs que nous venons d’énumérer, d’hypothèses vraisemblables 36e année. — îer semestre.
- Fig. 1. — L’appareil pour mesurer la résistance de l’air.
- peut-être, mais qui ne s’appuient en réalité sur aucune donnée exacte.
- M. Eiffel a cherché à combler celte lacune. Pendant trois ans, il a poursuivi avec un soin scrupuleux une laborieuse série d’expériences sur des corps de toutes formes animés de diverses vitesses. Il a utilisé un laboratoire qui se prêtait particulièrement à des travaux de ce genre; nous voulons parler de la tour Eiffel.
- Le principe des expériences est fort simple : laisser tomber d’une certaine hauteur le corps étudié et chercher à déterminer à chaque moment de sa chute la résistance opposée par l’air à son mouvement. Les vitesses que l’on peut ainsi réaliser sont comprises entre 15 mètres et 40 mètres par seconde. Ce sont précisément celles qui intéressent les véhicules rapides et les édifices soumis à l’ëffort du vent. Les résultats établis par M. Eiffel seront donc d’un grand intérêt pratique. L’appareil qu’il a imaginé pour ces expériences est fort ingénieux et sa disposition intéressera certainement nos lecteurs. Il consiste en une masse très pesante, offrant à l’air une résistance négligeable et entraînant dans sa chute la surface sur laquelle on veut déterminer l’action de la résistance de l’air. Cette surface est placée en avant du mobile pesant et réunie à celui-ci par des ressorts. Si l’air n’exerçait aucune résistance sur la surface en question, ces ressorts ne subiraient pendant la chute aucune déformation. Mais, sous l’effort de la résistance de l’air, ils se tendent et leur tension permet précisément de calculer la valeur de cette résistance.
- Imaginez donc que l’appareil soit muni d’un dis-
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- 146 . ::... — LA RÉSISTANCE DE L’AIR
- positif enregistreur, inscrivant à chaque moment de la chute l’espace parcouru et la tension du ressort ; il suffira après l’expérience de lire le diagramme tracé par le style de l’enregistreur pour y trouver tous les éléments nécessaires au calcul de la résistance de l’air sur la surface étudiée.
- L’appareil, abandonné du second étage de la tour, glisse le long d’un cable vertical et tombe à peu près comme en chute libre ; pour arrêter cette chute en évitant de briser l’instrument, à une hauteur de 21 mètres au-dessus du sol, le câble aug--r- mente de diamètre et détermine, par l’intermédiaire de puissants ressorts Ra agissant sur ce renflement, un freinage qui ralentit jusqu’à l’annuler la vitesse du mobile.
- On voit sur la figure 2, en S la surface expérimentée, en r les ressorts tarés qui la ré-unissent au corps de la masse pesante qui provoque la chute. Ces ressorts sont fixés par leur partie inférieure ; leur partie supérieure où s’attache la surface S est donc mobile et se déplace verticalement, suivant la plus ou moins grande valeur de l’effort exercé par l’air. Ce déplacement permet donc d’évaluer la résistance de l’air, et c’est lui que l’on va enregistrer.
- Dans ce but, un diapason d faisant 100 vibrations par seconde, mis en mouvement au début de la chute et solidaire delà partie mobile du ressort, est muni d’un style qui peut se déplacer le long d’une génératrice d’un cylindre vertical C porté par le bâti de l’appareil.
- Ce cylindre, recouvert d’un papier noirci à la fumée, tourne avec une vitesse proportionnelle à la vitesse de chute; ce point essentiel dans la méthode de M. Eiffel est réalisé de la façon suivante.
- Un galet G, muni de fines dentelures, roule le long du câble sur lequel il est énergiquement pressé* Son mouvement, nécessairement proportionnel à la vi-
- tesse de chute, se transmet par une tige et une vis sans fin au cylindre enregistreur.
- D’autre part, les vibrations du diapason inscrivent,
- La tour Eiffel et le câble destiné à guider la chute.
- Fig. 5,
- BiüiiiiimH
- sur le cylindre, le temps écoulé depuis l’origine de la chute et, ainsi, le style inscrit, pour chaque position de l’appareil de chute, à la fois la tension des ressorts et le temps.
- La courbe du diagramme est formée d’une sorte de fine sinusoïde enroulée sur le cylindre; chaque point de cette courbe correspond à une position déterminée de l’appareil de chute le long du câble; le moment où l’appareil a occupé cette position est donné par le nombre des sinuosités qui le séparent de l’origine de la courbe, la tension des ressorts à ce moment est indiquée par l’ordonnée de la ligne médiane de la sinusoïde; les abscisses de la courbe étant proportionnelles aux espaces parcourus dans la chute, on peut en déduire la vitesse à l’instant considéré et l’on a, sur la feuille de papier noirci, tous les éléments nécessaires à un calcul précis.
- On n’a opéré, bien entendu, que par des temps calmes et sans vent; on était assuré de la tranquillité de l’air lorsqu’une série de 5 rubans de soie longs de 1 à 2 mètres et attachés en différents points de la tour, restaient immobiles.
- M, Eiffel a expérimenté avec diverses formes de sur-
- Fig. 4. — Dispositif pour mesurer la résistance de l'air sur des plans inclinés.
- faces : il s’est servi de surfaces planes, rectangulaires, carrées, circulaires, pleines ou découpées à jour ; il a étudié aussi des groupes de surfaces planes superposées, des surfaces hémisphériques concaves
- Fig. 2.
- Schéma de l’appareil.
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- —-... = LE PÉTROLE DE
- et convexes, des sphères, des cônes, des plans inclinés sur la direction du mouvement.
- Ses résultats principaux sont les suivants : dans les limites de ses expériences, c’est-à-dire pour des vitesses comprises entre i8 et 40 mètres par seconde, la résistance de l’air est très sensiblement proportionnelle au carré de la vitesse ; dans le cas de surfaces planes, tombant ou'restant normales à la direction de la chute, le coefficient de proportionnalité est compris entre 0,07 et»0,08, à la température de 12° et à la pression de 760 millimètres de mercure; en réalité, l’exposant de la vitesse n’est pas exactement 2; pour les plaques, il paraît croître d’une façon continue en passant par 2 pour la vitesse de 33 mètres à la seconde; mais il reste toujours très voisin de 2.
- M. Eiffel a observé que la pression de l’air par unité de surface sur des plaques augmente avec leur surface et leur périmètre.
- Il a remarqué que deux plaques superposées ont l’une sur l’autre une inlluence très considérable et que la résistance totale de l’air sur leur ensemble peut même devenir inférieure à celle qui s’exerce sur une de ces plaques isolée.
- La résistance de l’air par unité de surface est très réduite pour les surfaces terminées par une pointe,
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- elle s’accroît au contraire pour les surfaces concaves.
- Le cas des plans inclinés sur la direction de la chute est particulièrement intéressant par ses applications possibles aux cerfs-volants, aéroplanes, et aussi à l’établissement des toitures. Mais l’élude expérimentale en présente des difficultés très sérieuses. Les divers observateurs qui, avant M. Eiffel, avaient étudié cette question, ont obtenu des résultats extrêmement différents les uns des autres ; ce manque de concordance laisse planer des doutes très graves sur leur conclusion.
- M. Eiffel a employé un dispositif spécial (fig. 4) pour ce cas particulier ; les plans inclinés, sur lesquels il mesure la résistance de l’air, sont fixés symétriquement aux deux extrémités d’une barre métallique qui viendra prendre dans l’appareil la place occupée par la surface S dans la figure 2. Grâce à cette disposition symétrique, l’auteur a pu éliminer les principales causes d’erreur suceptibles de vicier des expériences. Après étude approfondie, il est parvenu à une formule d’une exlrême simplicité. Si le plan est incliné sur l’horizontale, d’un angle compris entre 0° et 30", la pression qu’il subit est proportionnelle à cet angle; au-dessus de 30° la pression reste la même, quelle que soit l’inclinaison du plan.
- A. Trolleu.
- LE PÉTROLE DE LA MER NOIRE
- La richesse en pétrole de la région Caucasique est depuis longtemps connue et il est inutile de rappeler l’importance de l’industrie pétrolifère à Bakou sur la mer Caspienne. On sait moins que du pétrole a été rencontré à diverses reprises en plusieurs autres points sur les deux flancs de la même chaîne, et
- qu’il a pu quel- ( ,
- quefois y être exploité avec activité, par exemple à Gros-nyi un peu au N. E. de Wladi-kawkas, sur le versant nord de la chaîne, Au nord de Bakou, sur la Caspienne, les recherches remontent actuellement avec succès vers le Nord, à Bere-kei, etc. Sur le versant sud, des suintements ont été reconnus à Tiflis, lvoutais, etc. Mais c’ést surtout la région de la mer Noire qui, depuis longtemps, a attiré les chercheurs parallèlement à l’autre extrémité de la chaîne sur la Caspienne. On a fait d’innombrables essais, généralement assez malheureux, dans le Kouban, la presqu’île de Taman qui aboutit au détroit d’Iénikalé et la presqu’île de lvertch qui en forme le prolongement en Crimée.
- Dans bien des cas, il est probable qu’on s’est, comme cela arrivait souvent autrefois, arrêté trop tôt dans les sondages; et, dans la région de Kerlch, notamment, s’il est bien vraisemblable qu’il n’existe pas de niveau fructueux au-dessus de 500 mètres, rien ne prouve qu’il n’y
- en ait pas un au-dessous. Des recherches récentes viennent de rappeler l’attention sur celte région du littoral N. E. de la mer Noire, entre Anapa, près Novorossiisk et Touapsé, un peu plus à l’Est; un ingénieur russe, M. Wind, y a reconnu, en deux points, des sources pétrolifères qui, d’après les premiers résultats obtenus, semblent avoir de l’avenir.
- Ces deux points d’Anapa et de Touapsé contiennent des indices pétrolifères visibles à la superficie.
- Dans la région d’Anapa, il existe des couches d’argile noire naphtifère, et des couches de sable imprégné de naphte, à faible profondeur (40 mètres) ; ce bassin sd prolonge au Nord-Ouest le long des rives de la mer Noire jusqu’à la presqu’île de Taman et au Nord du dé-
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- LE PETROLE DE LA MER NOIRE
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- troit de Kertch; des travaux, sont actuellement entrepris à Souworovo-Tcherkesskoe, à 25 kilom. au Nord d’Anapa ; à 8 kilomètres de là, au bord de la mer, se trouvent les gisements de Blagovechenskoe.
- La deuxième région comprend les gisements de Maïkop entre Maikop et Touapsé, plus riches que les précédents. Nous trouvons ici des sources de naphte qui sourdent en mille points à la surface du sol.
- La présence du naphte dans cette région avait été constatée depuis longtemps. Les premiers aborigènes du
- JCiïomètpes
- O 20 £o 6o 8o
- Fig. 2.
- Carlo de la région d’Anapa, Tumau, Kerlcli el du Kouban.
- pays, les Tcherkesses, en exploitaient les sources, pour en tirer une sorte de goudron, naphte durci à l’air, qu’ils employaient au graissage de leurs essieux.
- Les Cosaques ensuite utilisèrent également le pétrole de ces régions ; ils creusèrent des puits, embryons d’exploitation industrielle ; et firent même le commerce du naphte.
- Le naphte, qui s’échappe des sources naturelles, durcit et forme des coulées puissantes de bitume qui couvrent les parois des ravins, les flancs des montagnes.
- Les noms des sites témoignent de cette richesse en indices pétrolifères : Montagne d’asphalte, Montagne de cire (gisement d’argile imprégné d’ozokérite), lac de naphte, etc.
- Signalons que l’une des premières explorations scientifiques de cette région est due à un Français, Coquand, qui, dès 1877, en donna une description sommaire, mais exacte, dans le « Bulletin de la Société géologique de France ».
- M. Wind vient d’en faire une exploration géologique approfondie ; grâce à de nombreux forages, il a pu évaluer l’étendue et la richesse du gisement, et ainsi préparer la voie aux industriels. >
- La longueur de ce gisement est de 23 à 50 kilomètres ; la largeur n’a pu être encore déterminée. Il y a sans doute plusieurs couches de naphte superposées, dont la profondeur ne serait que d’une centaine de mètres ou, par endroits, de 200 mètres. .
- D’après M. Wind, l’épaisseur des couches de sable naphtifère, ou d’argile sablonneuse imprégnée de naphte atteint parfois plusieurs mètres. Les calcaires et argiles imprégnés de coquillages, restes de poissons, et autres débris organiques, auxquels on a parfois attribué la formation géologique du naphte, se rencontrent sur des épaisseurs qui peuvent mesurer des centaines de mètres.
- M. Wind estime à 1850 mètres l’épaisseur totale de tout l’étage naphtifère.
- Ce bassin n’est qu’à 70 kilomètres de la mer Noire, dans une région, il est vrai, fort difficile d’accès : très montagneuse et couverte de forêts impénétrables ; mais un chemin de fer y sera sans doute construit d’ici peu ; on en établit actuellement le projet; d’autre part, le port de Touapsé, aujourd’hui envoie d’agrandissement, constitue un débouché précieux.
- La vogue qu’ont actuellement, dans tous les pays, les recherches de pétrole, en Roumanie, en Galicie, aux Etats-Unis, etc., a appelé sur ce côté également l’attention des chercheurs. Deux sociétés, l’une russe, l’autre française, viennent d’entreprendre des forages aux environs de Maikop.
- Plusieurs puits ont été mis en forage à partir du printemps de l’année courante (1907), et, quoiqu’ils n’aient pas encore atteint les couches profondes dont on attend les meilleurs résultats, le naphte a déjà été rencontré à des profondeurs différentes. Malheureusement, il paraît qu’ici encore on commet les fautes si souvent répétées ailleurs et qui ont compromis dans les commencements bien des gisements : la disposition des trous de forage trop près des sources naturelles du pétrole, à l’affleurement des couches naphtifères, c’est-à-dire dans des conditions les moins favorables pour une exploitation assurée et durable. — Néanmoins un des puits, situé entre les villages Neftianoe et Schirvanskoe, rencontra, à la profondeur de 00 mètres seulement, une couche abondante de naphte léger (0,864), qui donna naissance à une fontaine jaillissante, à jet intermittent; cette fontaine fonctionne depuis deux mois en déversant le naphte 8 fois dans les vingt-
- syouapse
- Fig. 3. — Carte de la région de Maïkop.
- quatre heures; son débit moyen dépasse 16 000 kilogrammes par jour. Ce n’est pas encore le succès définitif, vu surtout la profondeur relativement minime du. puits et le petit diamètre du trou de forage (10 centimètres), mais c’est un bon présage pour l’avenir et qui ne manquera pas de raviver le courage et les espérances des premiers pionniers sérieux de l’industrie du pétrole dans cette région naphtifère, si vieille et si nouvelle en même
- temP.s- ; A; S. Yemmolôff,
- Correspondant' de l'Institut,
- Ancien ministre de' l'Agriculture dè Russie.
- Kertch
- . (h) Soiivojiozt)ol
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- LES CHEVAUX DES ILES SHETLAND
- À l’extrême nord de l’Angleterre, les Shetland et 60°52' de latitude N., constituent un groupe de cent îles, dont la plus importante, Mainland, mesure 84 kilomètres de long : elle occupe à elle seule les trois quarts de la superficie < l’archipel.
- Toutes ces terres sont étrangement déchi quetées par des fjords profonds appelé:
- « voes », et ce découpage est tel qu’aucun point n’est éloigné de l’eau de plus de cinq kilomètres. Mais il faut bien se garder d’assimiler le terme fjord, employé topographiquement, au même vocable s’adressant aux paysages norvégiens. Ici, rien de grandiose, quant à l’encadrement de la nappe liquide, car une autre caractéristique de ce territoire, après le morcellement, est son extrême simplicité dans le relief. Primaire par sa constitution, ce sol n’est accidenté qu’en ondulations très douces, de collines arrondies dont l’altitude varie de 150 à 250 mètres généralement (le point culminant est à 450 m. dans le N.-W. de l’archipel), et dessinant ainsi des paysages composés d’un peu compliqué entre-croisement de lignes très simples. Tantôt les côtes sont formées par les faibles pentes venant mourir dans la mer, tantôt ce sont des parois à pic, vraies coupures arrêtant tout à coup ces pentes, et formant ainsi des falaises de 80 à 150 mètres de hauteur verticale : on y distingue alors nettement les strates presque horizontales du terrain.
- Dans leur ensemble, ces paysages présentent une sévérité qui est encore accentuée par l’absence -totale de végétation arborescente : aucun arbre, aucun arbuste dont la silhouette vienne rompre cette grande monotonie. Des bruyères, des herbes et des mousses,
- entre
- ‘ " Fig. 1. — Un poney des Shetland.
- recouvrent seules ce sol, dont une grande étendue est occupée par d’importantes tourbières.
- C’est, on le voit, une contrée peu attrayante, du moins pour les touristes amateurs de beaux sites.... Aussi ne doit-on pas s’étonner qu’elle ne soit guère fréquentée que par ceux qu’y amène leur industrie, leur intérêt propre. Pêche'et élevage, tels sont les motifs d’activité commerciale.
- Mais les questions de pêche au hareng, ne doivent pas nous retenir ici. En parlant de ces îles que j’ai visitées dans le courant de l’été 1906, je ne veux ajouter à la description ci-dessus que quelques détails se ratlachant intimement aux conditions de ce territoire ; il s’agit des fameux petits chevaux de Shetland, dont la race tend à dépérir,paraît-il, etqu’il est intéressant de décrire, tels qu’on les rencontre dans ce pays sauvage, où leur allure s’harmonise si bien.
- Hardis et farouches, et augmentant encore cet aspect sauvage par leur robe généralement grise ou noire, dont le pelage long et hirsute se hérisse aux grands vents du large, ces animaux ont à subir de rudes vicissitudes. Non pas tant à cause des variations mêmes de la température, car au point de vue climatolo-
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- LES VIEUX BILLETS DE BANQUE
- giquo les extrêmes n’ont rien d’excessif (chiffres annuels: Max. -J- 12°,7, min. -b 3,5, moy.-f-7°,2). Ce climat, essentiellement marin, est rendu cependant très sévère par les vents et les rafales qui y
- ces conditions une tendance*vers l’augmentation de la taille, par suite peut-être du climat plus favorable; du sol plus fertile où les poneys sont transplantés. D’autre part, un millionnaire américain, le colonel Trexler, a organisé en Pensyl-vanie un haras de poneys shetlan-dais et il espère les meilleurs résultats des conditions dans lesquelles il laissera vivre ses pensionnaires au milieu d’un vaste territoire du massif de Lehigh-hill, sans abri aucun et sans aucun soin non plus.
- Il serait à désirer pour l’avenir de cette race chevaline, si vraiment elle dépérit dans son pays d’origine, que ces essais réussissent pleinement.
- En attendant, ces petits chevaux
- Fig. 5. — Un haras de poneys des Shetland.
- font rage fréquemment et auxquels la faune et la flore, constamment exposées sans aucun abri naturel, ont dû s’adapter de façon appropriée. Aussi la race chevaline, capable de résister à ces conditions, est vraiment très robuste.
- Ces animaux vivent jusqu’à un âge très avancé, à moins qu’ils ne succombent prématurément en chutant au bord des grandes falaises à pic que nous avons vues plus haut....
- La moyenne de leur vie est de trente à quarante années. Un écrivain ancien aurait cité le cas d’un de ces poneys âgé de cent ans', il est prudent de n’accorder qu’une très faible créance à cette assertion!...
- Malgré leur très petite taille, qui varie de 0ra,75 à lm,20 ou lm,30, ces petites bêtes sont très fortes et on les emploie utilement aux travaux des mines. Comme animaux de luxe, ces poneys sont tout indiqués pour les cavaliers en herbe ou les équipages enfantins, et, en réalité, les demandes justifient les efforts faits pour conserver la race, même si l’on envisage seulement le côté purement commercial. Mais réussira-t-on à maintenir intégralement cette race en dehors de son pays d’origine? En Angleterre, on essaie l’élevage en grand dans des haras appropriés ; il semble jusqu’à présent se manifester dans
- ** d!Vr,f*r' ^ V &
- Fig. 4. — Les grandes falaises.
- méritaient de retenir notre attention, car ils ne sont certes pas la moindre curiosité des Shetland lorsque l’on voit leurs silhouettes étranges et hérissées passer au travers des mornes paysages de ces îles mélancoliques. Lucien Rcdaux.
- LES VIEUX BILLETS DE BANQUE
- Que deviennent les vieux billets de banque trop usés pour être maintenus en service?
- Il faut évidemment les détruire avec soin, de façon qu’ils ne soient plus jamais utilisables.
- La Banque de l’Empire allemand possède, à cet effet, une installation spéciale, et opère avec de minutieuses précautions : elle utilise un moulin broyeur dans lequel les papiers sont projetés contre une grille constituée par des
- barreaux en acier à arêtes vives, et sont ensuite broyés contre ces barreaux par des batteurs tournant à grande vitesse.
- On obtient de cette façon ..une pulpe sèche de papier broyé très fin.
- Cette pulpe tombe dans une trémie au fond de laquelle se trouve une vis d’Archimède qui l’entraîne au dehors et la déverse directement dans des sacs.
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- Fig. 1. — Un pont en béton armé (Béja-Tunisie).
- LE BÉTON ARMÉ ACTUEL — SES PRINCIPES ET SES RESSOURCES
- Si on laisse de côté le bois, article à production limitée, la grande construction ne dispose que de deux matériaux : la pierre et le fer.
- . La construction en pierre a seule un long passé : sous les influences combinées du développement des communications, du progrès de l’industrie et du renchérissement de la main-d’œuvre, le type primitif, maçonnerie de pierres de taille posées sans mortier, a lentement évolué jusqu’à la forme moderne essentiellement industrielle du béton de ciment comprimé, celle qui, presque partout, fournit actuellement au plus bas prix l’unité de résistance. La maçonnerie de toute catégorie, formée de morceaux juxtaposés, dépourvue par conséquent de résistance à l’arrachement, doit s’employer en massifs dont les formes soient telles qu’ils ne subissent que des efforts de compression, à savoir : le pylône et la voûte. Dans les ouvrages dont la forme rend inévitables certains efforts d’extension, comme les murs de réservoirs et la plupart des ouvrages à la mer, l’emploi de la maçonnerie donne lieu à de continuels et innom-
- brables accidents. Le fer, produit récent d’une industrie perfectionnée, possède une résistance spécifique environ vingt fois plus grande que celle de la pierre et qui, déplus, résiste à l’arrachement comme à l’écrasement. En raison, d’ailleurs, de la grandeur meme de sa résistance, le fer s’emploie normalement en prismes ou barres de très petite section : les barres comprimées, exposées à flamber, doivent elrecnlretoi-sées, d’où emploi de la forme en treillis, tant dans les poutres que dans les pylônes. Malgré ce correctif, beaucoup d’accidents se produisent par flambage,
- surtout dans les ouvrages en cours d’exécution. La barre tendue n’ayant pas besoin de contreven-tement, la forme la plus avantageuse de l’élément métallique n’est pas le treillis de barres rigides, mais bien le faisceau de câbles flexibles.
- Dans l’état actuel de l’industrie, le problème capital de la construction, à savoir, l’établissement des ponts de très grande portée, a sa solution la plus économique dans la combinaison du câble métallique et du pylône en maçonnerie (pont suspendu). On réalise ainsi la division du travail
- Fig. 2. — Loggia en béton armé à Gênes.
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- 152 . LE BÉTON ARMÉ ACTUEL
- entre le fer tendu et la pierre comprimée. Dans cette combinaison, les deux matériaux, bien qu’associés, restent séparés et n’ont que le minimum de points de contact. On peut aussi les associer en les réunissant intimement, et c’est là la définition du béton armé.
- Mais tandis que le principe du pont suspendu ne se prête qu’à une combinaison unique, celui du béton armé représente, à proprement parler, une infinité de combinaisons différentes, à cause des innombrables éléments arbitraires que comporte le mélange des deux matériaux.
- On peut loger le fer entièrement dans le béton (bétons armés proprement dits), ou inversement le béton dans le fer (béions frellés), et encore réaliser
- Comparée à une barre comprimée dans la charpente métallique ordinaire, la barre enrobée a l’avantage de ne pouvoir flamber, car le béton s’y oppose moyennant une fatigue insignifiante pour lui-même.
- La seconde manière d’employer une armature contre un effort de compression est de l’orienter transversalement à cet effort : le fer s’oppose alors, par l’adhérence, au gonflement transversal du béton, comme la résistance du béton est mise en jeu avant celle du métal et que le gonflement linéaire en travers n’est guère que le quart du raccourcissement en long, cette armature indirecte est plus économique que la précédente pourvu que l’on dispose de l’ancrage nécessaire à l’adhérence.
- Fig. 3. — Construction d’une conduite forcée pour l’usine hydro-électrique de Champs.
- de diverses manières une pénétration incomplète de l’un dans l’autre.
- Lorsque le fer est logé dans le béton, le rôle le plus fréquent de l’armature est de supporter exclusivement les efforts d’extension. Les pièces métalliques, quelles que soient les formes et les dimensions de leurs sections, doivent alors être orientées en chaque point de leur trajet, au moins approximativement, dans la direction des efforts locaux de plus grande extension. Mais on peut aussi utiliser l’armature pour la résistance à la compression, et cela peut se faire de deux manières très différentes.
- Celle à laquelle on pense tout d’abord est d’orienter les fers dans la direction des efforts locaux de plus grande compression. C’est l'armature directe.
- On peut, enfin, combiner les armatures directe et indirecte contre la compression (Iiennebique). Dans l’intervalle de deux armatures transversales consécutives, les fers longitudinaux s’opposent au gonflement par leur résistance à l’extension.
- On voit par ce qui précède quelle variété de combinaisons comporte le principe du béton armé, du seul fait du mode d’action qu’on impose à l’armature. Mais les éléments les plus nombreux de différenciation des systèmes de béton armé se rencontrent dans les variantes qu’admet la mise en œuvre des matériaux.
- Le béton est généralement comprimé pendant sa mise en place, soit avec des pilons à main ou actionnés mécaniquement, soit par cylindrage, soit même
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- LE BÉTON ARMÉ ACTUEL
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- par la force centrifuge quand il s’agit de tuyaux (llenneljique).Mais on peut aussi obtenir l’adhérence avec le fer en coulant simplement le béton fabriqué très fluide. On peut alors utiliser le ciment prompt, dont l’emploi n’est généralement pas compatible avec la compression avant prise.
- Un principe très fécond de variantes dans la mise en œuvre, est le moulage préalable, à l’usine, de tout ou partie des éléments d’une construction (K. Coignel).
- Un autre principe important est l’utilisation de ces éléments, moulés d’avance, comme support des parties à poser ensuite, que celles-ci soient également moulées d’avance ou confectionnées sur place.
- armatures de façon qu’elles forment une charpente se soutenant par ses propres moyens avant l’emploi du béton (Donna). Quant à la forme des armatures, je signalerai comme principes de variantes l’emploi systématique de fers profilés (totalement ou partiellement enrobés), de fils métalliques, de métal déployé.
- La variété des combinaisons que contient en germe le principe du béton armé est actuellement loin d'être épuisée, et l’on en voit fréquemment apparaître de nouvelles. Il est juste de constater qu’elles sont dues, pour la plupart, comme l’ont été les premiers essais du béton armé et ses plus importants progrès, à des constructeurs français.
- Salle de casino tout entière en béton armé.
- Fig. 4. —
- Un exemple récent et très curieux de ces combinaisons est le pont de Belvidèfe (Etats-Unis) : on a édifié d’abord un arc composé de voussoirs armés, mais creux, ouverts par le haut et sur leurs faces de contact, qui ont été posés en porte-à-faux en partant des culées et soutenues par de légers câbles jusqu’au moment du clavage; alors le vide continu des voussoirs a été rempli de béton où l’on a introduit de nouvelles armatures (Strauss). On remarquera que le rouleau de voussoirs creux constitue en réalité le cintre de la voûte. C’est aussi un principe très fécond, en matière de béton armé, que l’incorporation à la construction définitive, des travaux préparatoires.
- Un parti analogue au précédent à l'égard du fer est le montage systématique de tout ou partie des
- Cette extrême souplesse, due au grand nombre d’éléments arbitraires que comporte la conception du béton armé et qui lui permet de s’adapter aux besoins les plus divers, constitue son principal avantage sur les deux modes de construction, moins complexes, mais moins riches, qui l’ont précédé. A cet avantage capital s’en joignent d’autres qu’il n’est pas sans intérêt de préciser :
- Solidarité entre les parties d’une construction, obtenue sans dépense supplémentaire, par le prolongement des fers de l’une dans 1 autre;
- Résistance aux agents extérieurs : humidité, gelée, feu, émanations corrosives, variations de température, le fer étant couvert et le béton cousu ;
- Résistance à tous les genres d’efforts intérieurs,
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- 154 . =r LE BÉTON ARMÉ ACTUEL
- réglée à volonté, en chaque point, sans excès de matière ;
- Pas de rupture brusque;
- Résistance aux effets dynamiques par la masse, qui manque aux charpentes métalliques, et par la ténacité, qui manque aux maçonneries ;
- Facilités de bardage et de mise en œuvre, duc à la division des matériaux ;
- Sécurité croissante avec l’âge de la construction.
- En regard de ces avantages, il est utile de noter les inconvénients du béton armé.
- Le principal est la longue durée nécessaire au durcissement complet du ciment, à cause de sa proportion plus grande que dans la maçonnerie. Pour ce motif, les constructions en béton armé possèdent leur minimum de sécurité pendant la période d’exécution; elles ont donné lieu, pendant cette période, à d’un peu plus nombreux accidents que les ouvrages en pierre ou en fer. En revanche, ceux-ci périssent assez souvent en service après avoir satisfait aux épreuves initiales, fait sans exemple pour un ouvrage en béton armé.
- Un second inconvénient, qui n’existe que pour une partie des systèmes de béton armé, est la sujétion assez minutieuse qu’implique l’implantation des armatures et le pilonage du béton.
- Enfin, l’inconvénient réel qui se fera sentir le plus longtemps et qui cause le plus de préjudice au développement du béton armé, du moins en Europe, c’est son infériorité esthétique, due surtout à la nouveauté des formes que comportent les nouveaux modes de construction, puis à l’impossibilité de mettre en évidence les fers enrobés.
- Ces inconvénients n’empêchent pas le nombre et l’importance des applications du béton armé de suivre, d’année en année, une progression plus que géométrique.
- Dans plusieurs catégories de constructions, telles que les bâtiments industriels (et plus généralement les bâtiments non habités), les cuves de réservoirs, les aqueducs découverts, les dalots, les conduites forcées de grand diamètre, les estacades et encorbellements, les ponts et passerelles par-dessus les chemins de fer, les ponts industriels et ruraux, les pilotis, les caissons de fondation, les murs de soutènement, le béton armé est d’ores et déjà préféré, le plus souvent, à la maçonnerie ou à la charpente métallique. Il en est de même de certaines parties des bâtiments d’habitation : les planchers, certains escaliers, les citernes, les fosses d'aisance ; et aussi de certaines parties des ouvrages d’art : plaques de fon-
- dation sur terrains compressibles, platelages de ponts métalliques ou en maçonnerie (Séjourné). Dans la construction intégrale des ponts, l’emploi du béton armé a été tardif, mais ses progrès sont tellement accélérés depuis quatre ou cinq ans, qu’on doit prévoir son triomphe sur les anciens procédés dans un délai de deux ou trois ans au plus, du moins poulies portées inférieures à cent mètres.
- Parmi les applications encore en retard, mais appelées au plus grand avenir, je signalerai les phares (un seul construit à Nicolaiew), les tunnels construits en galerie (un seul exemple à Meudon), les grands murs de réservoirs (aucun exemple), les écluses, formes de radoub et autres grands ouvrages des ports — tous genres de travaux où le béton armé présente sur les systèmes anciens un immense avantage de sécurité'et de durée, et enfin le bâtiment d’habitation.
- La lenteur des premiers progrès en matière de travaux publics tient à la difficulté de mettre en mouvement les grandes administrations, puissamment centralisées, qui détiennent ces travaux dans toute l’Eùrope continentale : aussi avons-nous été devancés, sur ce point, par l’Angleterre et les Etats-Unis; mais nous avons pris depuis de brillantes revanches (travaux llarel, travaux de la Ville de Paris, des Compagnies d'Orléans, de l’Ouest et de l’Est, ponts de Châtelleraull, Decize et surtout Pyrimont).
- Quant à la maison d’habitation, la difficulté est d’un autre ordre. Le mur en béton armé, avec l’épaisseur stricte que veut la résistance, n’assure pas la protection contre les intempéries; suffisamment matelassé, il coûte plus que le mur en pierre. Mais ce n’est là que le petit côté de la question. Le fait capital c’est la liberté nouvelle et prodigieuse donnée à l’architecte pour la réalisation de tous les désirs, de tous les rêves du propriétaire. La souplesse du béton armé, supprimant toute subordination entre les parties du bâtiment (correspondance des murs d’un étage à l’autre, des plafonds dans un même étage, limitation des porte-à-faux, etc.), permet de tout oser sans risque ni frais. Une nouvelle architecture doit donc naître, dont le caractère sera une extrême fantaisie ; l’enfantement de cette révolution demande quelque temps et surtout quelques hommes d’une certaine envergure1. Ch. Rabut,
- Professeur à l’École nationale des Ponts et Chaussées.
- 1 Nous devons les photographies qui illustrent cet article à l’obligeance de la maison Henncbique.
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- LES RUINES DE JERASA
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- L’art grec a laissé, dans le bassin du Jourdain et dans beaucoup de parties de la Syrie, des restes grandioses qui sont au nombre des plus beaux spécimens d’architecture que l’on puisse voir. Depuis que Seetzen en 1806 et Burckhardt, de 1810 à 1812, ont reconnu et identifié les anciennes cités grecques, les études de divers autres voyageurs ont jeté une vive lumière sur leur histoire et des descriptions précises de leurs ruines ont été données : H. Kiepert en a dressé des cartes; le D' George Adam Smith, dans son Hislorical Geograplty of llte Holy Land, a retracé l’histoire de l’extension des Grecs dans ces contrées; plus récemment, en 1905, les deux voyageurs américains William Libbey et Franklin E. Hoskins1 ont apporté aussi une importante contribution à la connaissance de ces magnifiques colonies grecques dont l’une des plus belles, sans contredit, est celle de Jerasa, au lieu appelé aujourd’hui Dje-rach.
- L’immigration grecque se répandit en Syrie après la conquête d’Alexandre le Grand. L’existence de dynasties grecques à Antioche et en Egypte encouragea ce mouvement. Après avoir englobé les vieilles cités philistines et phéniciennes, les Grecs s’étendirent au delà du Jourdain, tantôt en occupant d’anciennes localités, comme Damas et d’autres, tantôt en en construisant de nouvelles, comme Hippos et Jerasa. Lorsque les Macchabées eurent établi leur domination à l’est et à l’ouest du Jourdain, ils enlevèrent aux cités grecques leur liberté, qui, au contraire, leur fut rendue par les Romains quand ils vinrent en Syrie avec Pompée.
- Les Romains étendirent leur pouvoir sans rien changer dans la vie et les prérogatives des cités grecques. La domination romaine contribua donc à accroître dans une large mesure leur indépendance. L’existence du Décapole, dont Jerasa était l’une des villes, témoigne bien que ces villes jouissaient, vis-à-vis de Rome, d’une quasi-indépendance. Le Décapole était une ligue de cités grecques, formée, à l’est et à l’ouest du Jourdain, en vue de résister aux diverses influences sémitiques.
- Jerasa, dont les ruines imposantes attestent l’ancienne magnificence, fut certainement l’une des plus belles villes du Décapole. Située à l’est du Jourdain, au nord de la haute vallée du Jabbok, sur la route de Damas à Jérusalem, cette ville prit surtout de l’importance dans les temps qui avoisinèrent le Christianisme et fut, à l’époque romaine, l’une des plus florissantes delà région transjor-danique. Ses ruines superbes ne sont surpassées que par
- 1 The Jordan Valley and Tetra. New-York and London, 1905, 2 vol. in-8. Nous avons précédemment parlé de Petra, à laquelle MM. Libbey et Hoskins consacrent d’importantes descriptions, dans La Nature du 3 août 1907.
- celles de Palmyre pour l’étendue et l’importance, et par celles de Baalbek pour la beauté de l’architecture, et encore l’emportent-elles peut-être à certains égards sur l’une et sur l’autre. Jerasa est, sans contredit, le modèle le plus parfait des anciennes cités grecques. On ne sait pas au juste quand elle fut détruite, mais ce fut probablement au moment des invasions musulmanes. Des tremblements de terre ont contribué aussià la ruiner. Un géographe arabe décrit Jerasa comme étant une ville déserte au commencement du xme siècle. Depuis que Jerasa a été abandonnée elle est restée ce qu’elle était alors, c’est-à-dire il y a sept siècles et peut-être douze.
- C’est dans la petite vallée de l’Ouadi ed Dair, dans un site entouré de collines, et des deux côtés du ruisseau, que les Grecs construisirent cette cité. Elle fut entourée d’un mur ayant la forme d’un triangle d’environ 4800 m.
- de tour, qui gravissait les flancs des collines et franchissait deux fois le ruisseau. Les portes du nord, du sud, de l’est et de l’ouest s’ouvraient sur les routes qui mettaient Jerasa en communication avec les autres cités grecques.
- La rue principale était dirigée à peu près du nord au sud. Elle était absolument droite et d’une longueur d’environ mille yards, soit d’un peu plus de 914 mètres. Du côté nord, une des portes de la ville y donnait accès. Cette rue était bordée de magnifiques colonnades et aboutissait, au sud, au Peribolos ou Forum. Il n’y avait par endroits qu’un seul rang de colonnes de l’un ou de l’autre côté, mais sur la plus grande partie du parcours il y en avait deux. Aux ponts où les autres rues croisaient l’artère principale, étaient élevées des constructions qui semblaient avoir couvert une partie de la chaussée.
- Le Propylée, vers le milieu de la rue, formait un ensemble architectural d’une merveilleuse beauté. Les bases de toutes les colonnes, au nombre d’un millier, qui bordaient cette rue, sont encore toutes en place, et les anciens pavages romains ont subsisté d’une extrémité à l’autre, recouverts en beaucoup de points par les débris de pierres. Environ trois à quatre cents colonnes sont encore debout, entières ou en fragments; une centaine de sections d’architrave unissent encore les colonnes ; le reste est demeuré à terre où il est tombé, il y a de cela peut-être un millier d’années. Sur quelques colonnes, on remarque nettement les effets produits par les tremblements de terre. Les pierres se sont trouvées disjointes par les secousses et quelques-unes d’entre elles, s’écartant de l’axe général de la colonne, ont glissé latéralement et dépassent de l’un de leurs bords la pierre qu est au-dessous.
- Le Peribolos ou Forum, où vient finir au sud cette
- Jnéâtre
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- Fig. 1. — Les ruines de Jerasa, d’après II. Kiepert
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- LES RUINES DE JERASA
- magnifique voie, mesure 120 pas de diamètre ; tout autour sont encore dressées 58 colonnes d’ordre ionique, réunies par leurs entablements. On observe qu’à certains endroits, le Peribolos était joint par des colonnades à d’autres constructions.
- En un point plus élevé que le Peribolos, sur un tertre rocheux se voient encore, supportées par des fondations massives, les ruines d’un grand temple qui, par sa superbe position, dominait toute la ville. Les murs de ce temple ont un peu plus de 2,25 m. d’épaisseur. L’intérieur formait une pièce dont les dimensions dépassaient 21 mètres de longueur sur une quinzaine de mètres de largeur. Quand ce temple était entouré de rangées de colonnes massives, il devait présenter un aspect splendide.
- A l’ouest du temple du Peribolos était un grand théâtre, placé contre le mur d’enceinte de la ville, où l’on comptait vingt-huit rangées de sièges et où pouvaient prendre
- être pas leurs pareilles dans toute la Syrie. L’intérieur, malheureusement en ruines, est plus petit que celui du temple du Soleil à Baalbek ; mais, avec son portique et ses nombreuses colonnes, l’ensemble forme un monument plus vaste. On constate facilement encore que les parois des murs étaient revêtues à l’intérieur de plaques de métal ou de matériaux plus riches que la pierre vulgaire du pays.
- Au nord du temple existe un second théâtre qui n’était à proprement parler qu’un simple amphithéâtre, destiné aux combats d’hommes et d’animaux. Ses rangées de sièges, ses vomitoires voûtés, ses loges pour les animaux sauvages, sa large arène, ainsi que ses alignements de colonnes, bordant la seconde rue transversale, en font un intéressant reste de l’ancienne cité.
- De l’autre côté de la rue principale, on voit un énorme entassement de ruines, que l’on a dit être les restes de
- Fig. 2. — Le Peribolos, vu du Sud.
- place cinq mille spectateurs. C’est sans contredit l’un des théâtres les plus beaux et les mieux conservés que l’on puisse voir dans toutes les cités transjordaniques.
- La rue principale est coupée à angle droit en un de ses points par une autre voie qui, vers l’est, conduit à un pont jeté sur le ruisseau; ce pont, formé d’arches massives, subsiste encore. La jonction des deux rues était couronnée par une construction que l’on appelait le Tétra-pylœum.
- En arrière du magnifique ensemble de colonnes du Propylée, à l’ouest de la rue principale, se trouvait un grand temple qui est certainement l’un des plus imposants monuments de Jerasa. Sa longueur était de près de vingt-sept mètres et sa largeur de vingt. Il était entouré de grandes colonnes et comprenait une vaste plate-forme, avec une colonnade tout autour. Le portique du temple était formé, comme celui de Baalbek, par une plate-forme élevée à laquelle on accédait par des marches larges comme l’édifice lui-même. Beaucoup des colonnes du temple sont restées en place ; elles sont si belles qu’elles n?ont peut-
- bains ou d’une sorte de caravansérail. Quelques-unes des pièces formées de murs cyclopéens sont encore en assez bon état, mais les ornements extérieurs des porches, les arcades, les niches, les colonnes ont disparu.
- En sortant de la ville par la porté du sud, on rencontré les restes massifs d’une naumachie, édifice qui servait à donner des représentations de batailles navales. Il comprenait un bassin de plus de 200 mètres de long sur près de 100 mètres de large, et dont la profondeur devait être, alors qu’il n’était pas, comme aujourd’hui, rempli de débris, de quatre mètres et demi. Ce bassin était entièrement entouré d’un bâtiment circulaire qui contenait au moins quatre rangs de sièges de pierre pouvant donner facilement place à quatre mille spectateurs; ce nombre était peut-être plus 'élevé encore, car il pouvait y avoir d’autres rangées de sièges. L’eau du ruisseau était amenée dans ce bassin par un conduit souterrain.
- Au sud de la Naumachie, on voit encore de très beaux restes d’un arc de triomphe, dont la largeur est de vingt-cinq mètres et la hauteur, depuis le seuil jusqu’à la clé de
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- LES RUINES DE JERASA
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- voûte de l’arceau, de près de neuf mètres. Mais le nombre I Au voisinage de l’arc de triomphe et de la Naumachie considérable de pierres taillées et de sculptures, qui sont | était un ancien champ de sépulture. Les collines et les
- Fig. 5. — Lu temple du Soleil.
- amoncelées auprès du monument, montre qu’il avait un I rochers contiennent des centaines de tombes et un grand développement plus grandiose encore. On remarque que J nombre de sarcophages en basalte noir jonchent les champs.
- des feuilles de lotus sont sculptées à la hase de chaque colonne, ce qui peut indiquer que l’artiste s’est inspiré de l’architecture égyptienne.
- C’est un caractère frappant dans toutes les cités grecques que ce rapprochement entre les nécropoles et les lieux de réunion et de plaisir. Gustave Regelsperger.
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- AUTOMOBILE=TRAÎNEAU POUR LE PÔLE SUD
- Les applications les plus diverses sont, chaque jour, données aux automobiles; les voitures et les camions autonjoleurs ont reçu, en Europe et en Amérique, les destinations les plus variées; la locomotion sur routes, d’année en année, prend plus d’extension et les types, si nombreux, de véhicules de toutes sortes sont employés aux usages les plus divers.
- Les automobiles parcourent aujourd’hui les sables brûlants des déserts africains ; les peuples encore barbares disputent ces véhicules aux nations civilisées. Les automobiles, s’ils servent en grand nombre au transport des habitants dans les grandes villes, sont aussi employés dans les expéditions lointaines ; l’explorateur Claude Ànet, par exemple, a utilisé, pour son voyage en Perse, une voiture munie d’un moteur spécial, et, dans quelques mois, le lieutenant Shaclde-ton se servira, pour l’expédition qu’il va faire au
- L’automobile-trameau du lieutenant Sliacklcton.
- mettre des traîneaux et leurs chiens, des engins ou appareils quelconques ; on y peut aussi installer des banquettes pour le transport du personnel.
- Le rôle de cette voiture sera de desservir les divers postes de l’exploration, de les relier entre eux et de leur porter le matériel et le personnel dont ils pourront avoir besoin. Comme les parcours sont susceptibles d’être longs, deux réservoirs métalliques contiendront l’essence nécessaire à un voyage de 500 milles anglais ou 490 kilomètres. Des pneumatiques de rechange pourront être emportés à chaque voyage et disposés sur les flancs de la voiture, dont l’arrière est calculé pour porter environ 2000 kilogrammes de marchandises ou de matériel.
- Il ne faut examiner ici que les traits spéciaux de cet automobile antarctique et décrire seulement les points qui, le différenciant de ses congénères, en font un véritable traîneau. Regardons les quatre roues. Ce sont des roues de canons avec moyeux métalliques. Les deux d’arrière sont munies de lamelles de fer, qui, dans leur envinble. rniMillient un antidérapant supérieur. Les roues de devant sont tout à fait particulières. Des tiges métalliques,
- Pôle Sud, d’un traîneau aulomobile d’un modèle particulier.
- L’auto destiné au Pôle Sud ne pouvait ressembler aux autres véhicules de son espèce; sa destination spéciale réclamait pour lui des dispositions particulières. La fabrication de ce traîneau-automobile a été confiée à des constructeurs spécialistes, (( the New Arrol-Johnston Car Company » ; nous devons à leur obligeance des renseignements très précis sur l’automobile, que l’expédition antarctique anglaise compte utiliser avec succès et profit.
- Le véhicule en question pourra être employé, tantôt comme voiture et alors il roulera sur ses quatre roues, tantôt comme traîneau et, dans celte fonction, il glissera sur des patins spéciaux adaptés aux roues de devant.
- Le moteur, d’une force de 15 chevaux, est placé sur l’avant du châssis, entre les deux roues de devant. Un écran métallique, surmonté d’une glace encadrée, protège les voyageurs. Ces derniers prendront place sur une banquette, où un conducteur et son compagnon peuvent s’asseoir à l’aise. L’arrière de la voiture est réservé aux objets à transporter; on y peut
- fixées d’un bout aux moyeux des roues, sont munies, à l’autre extrémité, de plates-bandes en acier ; c’est sur ces dernières que viennent se boulonner les patins.
- Chacun des patins en acier mesure près de 4 mètres de longueur ; il est fait d’une plaque de 25 centimètres de largeur, recourbée des deux bouts. Les roues viennent se monter sur les patins à un endroit fixe, juste dans le milieu, sur un dispositif, préparé ad hoc. Cette assise forme un arc de cercle de façon à épouser la forme circulaire des roues ; elle est butée, avant et arrière, par des équerres rivées à la fois sur la plaque et. sur l’assise. Les tiges amarrant le patin sur le moyeu de la roue sont fixées sur l’assise au moyen de boulons en acier ; ces tiges, terminées par des plates-bandes, sont au nombre de quatre, deux sur la face extérieure et deux sur la face intérieure de la roue.
- Un serpentin et des tuyaux circulent sous la plateforme et sous la partie arrière, pour réchauffer les pieds du conducteur et des voyageurs. Cette canalisation traverse un récipient métallique, où il est possible, suivant les besoins des explorateurs,
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- ACADÉMIE DES SCIENCES — V « INSECTARIUM » ===== 159
- de faire fondre une certaine quantité de neige.
- Les autres parties de la voiture n’ont rien de bien particulier. Il faut signaler cependant un dispositif qui entoure le moteur sous son enveloppe et qui a pour objet d’empêchér la détérioration du moteur par la gelée. Les organes de la machine demandent
- ici un soin encore plus délicat que partout ailleurs. Les rigueurs du climat antarctique ne sont pas faites pour leur être favorables, bien au contraire, et les pannes sont certes plus désagréables dans les déserts de glace que sur les routes des pays civilisés.
- Will Dakvillé.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 février 1908. — Présidence de M. Chauveau.
- Un minéral nouveau. — M. Lacroix décrit un nouveau minéral provenant d’une île du golfe de Guinée. C’est un fluorure de sodium cristallisé qui constitue l’élément essentiel dans des syénites népliélitiques. On peut suivre la trace des minéralisaleurs ayant présidé à la formation de la roche.
- Découverte de gisements calcaires au Dahomey. — M. Lacroix présente ensuite une Note de M. Hubert qui a signalé l’existence de niveaux calcaires dans les gneiss du Dahomey. Ces gisements calcaires sont intéressants au point de vue minéralogique parce qu’on y rencontre le péridot et le pyroxène. Ils sont également intéressants au point de vue pratique dans un pays où, par suite de la nature des roches, les éléments calcaires sont rares.
- Nouveau four électrique. — MM. Louis Clerc et Adolphe Minet donnent la description d’un four électrique qu’ils ont construit en utilisant les deux observations suivantes qui leur sont personnelles. Si l’on fait jaillir un arc dans une cavité ménagée au centre d’une masse réfractaire telle que la magnésie, on peut, avec une force électromotrice de 50 volts par exemple, accroître la longueur de l’arc en prenant des intensités variant suivant une certaine puissance de la section de la cavité. Enfin, lorsque l’arc est bien réglé, on peut y introduire un creuset de matière conductrice ou non, sans que l’arc s’éteigne, ni que ses constantes électriques soient sensiblement modifiées. Le volume du creuset est égal environ au tiers du volume de la cavité. Avec des puissances de 1 à 2 kilowatts, 20 à 40 ampères, 50 volts, on peut effectuer les
- recherches de laboratoire sur toute l’échelle des températures et traiter de 2 à 40 gr. de substance suivant la densité de la substance.
- Géologie du Maroc. — M. Müntz présente un travail de M. Louis Gentil sur les terres fertiles du Maroc occidental. Ces terres s’étendent sur une zone de plusieurs centaines de kilomètres à proximité de l’Atlantique. Elles sont noires ou rouges; elles contiennent une grande quantité d’éléments fertilisants, sont perméables et ont une épaisseur considérable. Mais ce qui active leurs propriétés culturales et ce qui peut permettre d’en faire un jour une des régions les plus fertiles du monde, c’est l’abondance des eaux de l’Atlas pour servir à l’arrosage et la fréquence des pluies alternant avec des journées de soleil. La hauteur d’eau annuellement atteint 0,500 m., d’après les observations de la station météorologique que M. Gentil a installée à Mazagan. On admet que ces terres proviennent de la poussière accumulée par le vent ou encore qu’elles ne sont autre chose que des dépôts de fonds de •marécages. D’après M. Gentil elles résultent de la décalcification de grès tertiaires développés tout le long de la côte Atlantique du Maroc, c’est-à-dire de la désagrégation de ces grès dont le ciment calcaire est constamment dissous par les eaux pluviales et se trouve entraîné dans une nappe souterraine qui se déverse dans les eaux de l’Océan. 11 en résulte un enrichissement continuel du sol où se concentrent les éléments phosphatés et potassiques ainsi que les substances humiques fournies par les plantes herbacées vivant à la surface. Ch. de Yilledeuil.
- L’ « INSECTARIUM
- Le Jardin zoologique d’Amsterdam, Nalura Ar-lis Magislra, comme il s’intitule, possède une galerie unique en son genre et que devraient bien imiter tous les établissements similaires. La galerie en question est un Insectarium, c’est-à-dire une collection d’insectes vivants, qui, sous cette forme, sont singulièrement plus intéressants que piqués dans des boîtes de collections ; elle est placée sous la haute direction du directeur du jardin, M. Ker-bert, et confiée à M. Polak, instituteur à Amsterdam. Celui -ci en a tiré un parti étonnant et une visite à sa galerie est au moins aussi intéressante qu’une promenade dans la maison des cerfs, des ours, des éléphants et même des singes, non seulement pour les naturalistes, mais aussi pour le grand public.
- Les cages où sont renfermés les insectes sont des boîtes en verre reposant sur des caisses en zinc. A
- » D’AMSTERDAM
- leur intérieur, il y a du sable, des pierres, de la mousse, des plantes enracinées dans des pots ou simplement plongées par la partie inférieure dans un vase d’Cau. La disposition, naturellement, varie d’une espèce à l’autre, et exige, pour être bien faite, une connaissance approfondie des mœurs des insectes. Elle demande, sinon de grands frais d’achats de victuailles, du moins de grands soins ; car il faut, à de nombreuses reprises, visiter les cages, enlever les feuilles fanées et en remettre de fraîches. Aux uns, il faut donner de l’eau pour se désaltérer, aux autres de la nourriture animale, à d’autres un peu de liquide sucré à lécher.
- Pour que la « leçon de choses » soit complète, au-dessus de chaque cage, il y a un petit cadre où sont étalées les mêmes espèces — mortes alors — et à divers états de développement. De cette façon,
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- V « INSECTARIUM »
- si, par exemple, la cage renferme des chenilles, on voit à quels papillons ils donneront plus tard naissance, et, réciproquement, en voyant un papillon agiter ses ailes, on peut se reporter à la ligure qu’il avait à* l’état de chenille. Enfin un guide, fort bien illustré par la photographie, donne aux visiteurs tous les détails susceptibles de les intéresser.
- L’Insectarium d’Amsterdam renferme surtout des papillons de nuit, ceci pour deux raisons : d’abord parce qu’en Hollande ils sont dans la proportion de 95 pour 100, ensuite parce qu’ils sont d’une nature assez calme et risquent moins que les turbulents papillons de jour d’aller s’érailler les ailes sur les
- mées dans un cocon, comme celle du ver à soie.
- Les coléoptères sont aussi assez bien représentés dans les cages de l’Insectarium. À côté de l’inévitable Hanneton ordinaire, on y voit le curieux Hanneton foulon, tout de marbrures revêtu ; le Carabe doré, auquel il faut de nombreuses victuailles d’autres insectes ; le Calosome scycophante, qui — tel un farfadet— ne reste jamais au repos; les Nécrophores, auxquels il faut des cadavres de rats ; le Lucane cerf-volant, aux mandibules énormes, qui fait la joie des enfants; le « Rhinocéros », qui, tel son homonyme un peu plus volumineux, a une corne sur le nez ; le Cétoine, qui promène sur les
- L’insuclarium d’Amsterdam.
- vitres. Bien que leurs teintes fussent toujours un peu ternes, il y en a de fort jolis et je vous certifié qu’il y a peu d’animaux aussi impressionnants qu’une collection de Sphinx tête de mort, d'Actias luna ou de grandes Saturnias. Les papillons de jour complètent la collection pour le plus grand plaisir des yeux, étalant leurs tons pastels, leurs teintes zurées, leurs reflets chatoyants, leur éclat nacré. Tous ces papillons n’ont, malheureusement, qu’une vie éphémère et meurent rapidement; aussi les voit-on dans les cages, surtout à l’état de chenilles et celles-ci sont parfois admirables, surtout lorsqu’elles sont comme enchâssées de rubis ou serties de turquoises. Il n’est pas jusque sous la forme de chrysalides que ces bestioles n’aient de l’intérêt, qu’elles soient attachées librement à un fil comme celle de la Piéride du chou ou qu’elles soient enfer-
- fleurs son éclat métallique. Puis vient la phalange des Longicornes, depuis l’impressionnant Cerambyx jusqu’à l’Aromie à odeur de musc. Mais celui qui détient le record de la curiosité est le cocujo, coléoptère lumineux qui brille d’un éclat tel que sa phosporescence est visible même en plein jour.
- Parmi les autres insectes, citons encore les Phasmes, semblables à des « bâtons qui marchent » : des Sauterelles et des Criquets, peu difficiles à se procurer ; des Mantes dans l’attitude de la prière, des Taupes-grillons, des Blattes, des Mouches diverses et enfin, des Fourmi-lions, qui restent tapis dans leurs entonnoirs et projettent du sable sur les fourmis que leur donnent les visiteurs. Henri Codpin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Pari». _ Imprimerie Lahure, rue de Fieurus, 9.
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- LA NATURE. - N° 1812.
- LES MŒURS DE L’AYE-AYE
- 15 FÉVRIER 1908.
- Quoique les lecteurs de La Nature connaissent bien le Chirornys Madagascariensis ou Age-Age dont la dépouille, rapportée par Sonnerat en 1781, a été la ' seule connue en Europe jusqu’en 1860, je ne crois pas sans intérêt de leur communiquer la lettre ci-dessous qui montre la curiosité qu’avait suscitée cet animal dès sa découverte et la conscience avec laquelle les moeurs de ce lémurien ont été étudiées. Cette lettre lut adressée à Owen en 1859 par l’ilon. 11. Sandwith, gouverneur de l’île Maurice :
- « Après beaucoup de difficultés, j’ai pu enfin obtenir un bel Aye-Aye mâle, adulte et bien portant; actuellement il vit en s’amusant dans une grande cage que j’ai lait construire à son intention. Et j’ai maintenant plusieurs questions à vous poser. Le désirez-vous mort ou vivant? 11 sera naturellement beaucoup plus facile de vous envoyer son cadavre si cela peut vous suffire, et, dans ce cas, comment dois-je le conserver? Si vous le voulez vivant, faites-le-moi savoir sans retard, car il me semble dangereux de vous l’expédier s’il doit vous parvenir pendant la saison froide. J’observe, en effet, qu’il est sensible au froid et qu’il aime à se couvrir d’un morceau de flanelle quoique le thermomètre atteigne souvent 90° Faren-heit à l’ombre. C’est un animal très intéressant et, après l’avoir observé de près, j’ai des notions très exactes de ses habitudes. En le recevant de Madagascar, j’avais été averti qu’il se nourrissait de bananes, aussi lui en ai-je donné comme aliments, mais j’ai aussi essayé d’autres fruits. J’ai ainsi découvert qu’il aimait les dattes, ce qui est une importante constatation, précieuse surtout si je dois vous l’envoyer vivant en Europe. Néanmoins, j’ai pensé que ces fortes incisives de rongeur, aussi puissantes que celles d’un jeune castor, étaient destinées à un autre but qu’à celui de lacérer les parois de sa cage pour s’échapper,. seul usage qu’il semble en faire maintenant, en outre de mâcher des fruits tendres. Cet animal présente encore d’autres particularités ; de grandes
- 36e aimée. — 1er semestre.
- Fig. 1. — Tôle d’Aye-Aye.
- oreilles nues dirigées en avant paraissant plutôt deî^ tinées à l’oflênsive qu’à la défensive; le second doigNtôj des mains qui ressemble à une monstruosité, il est long et mince, d’un diamètre moitié moindre que celui des autres doigts et a l’aspect d’un lil de fer souple. A part sa tête et ce doigt, F Aye-Aye ressemble à un lémur.
- « Comme chaque nuit il avait rongé les côtés en bois de sa cage que j’avais peu à peu garnie intérieurement de fer-blanc, il me vint à l’idée d’attacher quelques bâtons le long des parois afin qu’il pût s’exercer dessus à la place. Il faut dire qu’auparavant j’avais mis dans sa cage quelques branches pour lui permettre de grimper, tandis que les autres étaient, de simples bouts de bois destinés à couvrir les planches de la cage que seules jusqu’ici il attaquait. Or, par hasard, il se trouva que les bouts de bois les plus récemment mis en place étaient transpercés dans toutes les directions par une grosse et destructive larve appelée ici Moutouh. Au coucher du soleil,
- F Aye-Aye rampa hors de sa couverture, bâilla, s’étira et s’installa sur^ga branche où il se meut avec agilité et grâce, mais en aucun cas aussi rapidement qu’un écureuil. Peu à peu, il s’approcha d’un des bâtons vermoulus qu’il se mit à examiner avec attention, et tendant les oreilles en avant et appliquant son nez sur l’écorce, il ausculta rapidement la surface avec son curieux doigt, comme un Pic le fait
- d’un arbre avec son
- Fig. 2. — Chirornys madagascariunsis
- bec, mais avec beaucoup moins de bruit, de temps en temps introduisant son doigt effilé dans les trous des vers, comme un chirurgien le ferait avec un stylet. Enfin, notre Aye-Aye arriva à une partie de la branche qui rendit un , son intéressant, car il commença à la déchirer avec ses dents puissantes. Il la dépouilla rapidement de son écorce, entama le bois et mit à jour le nid d’une larve qu’il enleva promptement de sa retraite avec son doigt mince et qu’il
- 1 D’après une lettre de 1859.
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- LE SORT FUTUR DES TERRES HABITÉES
- mange avec délices. Je surveillais celte manière de faire avec le plus grand intérêt et j’ai été très frappé de la merveilleuse adaptation de cet animal à ses conditions biologiques, en particulier son ouïe si remarquable qu’elle lui permet de distinguer les différents sons émis par le bois sur lequel il frappe, son odorat si fin qu’il l’aide dans ses recherches, la précision et la sécurité de ses allées et venues sur les plus petites branches auxquelles il s’accroche de ses quatre mains, la force de ses dents incisives qui peuvent déchirer le bois et enfin ce doigt si différent de ceux de tous les autres animaux et dont il se sert alternativement comme d’un pleximètre, d’un stylet ou d’une cuillère.
- « Mais j’avais encore une autre particularité à ap-
- Main d'Aye-Ave.
- prendre. Je lui avais donné de l’eau à boire dans une soucoupe, il étendit la main et y trempa un doigt qu’il ramena aussitôt obliquement dans sa bouche, et il répéta ce mouvement avec une telle rapidité que l’eau semblait couler dans sa bouche. Au bout de peu de temps, il se mit à lapper comme un chat, mais je crois que la première manière est celle qu’il emploie pour se procurer l’eau contenue dans les profondes anfractuosités des arbres.
- « On m’a raconté que l’Àye-Àye était un objet de
- vénération à Madagascar et
- que, si un indigène venait à en toucher un, il était sûr de mourir dans l’année : d’où la difficulté de se procurer ces animaux. Mais je suis parvenu à vaincre ce scrupule en promettant une récompense de 10 livres. » G. G.
- LE SORT FUTUR DES TERRES HABITÉES
- Sous son apparente immuabilité, comme on sait, l’écorce terrestre est toujours en mouvement. Se refroidissant par l’effet du rayonnement et se contractant plus que le noyau fluide sous-jacent, elle se déforme sans cesse pour garder le contact avec lui. En même temps et comme conséquence de ces déformations, la masse d’eau qui entoure le globe se déplace, les continents, peu à peu, prenant la place des mers, et inversement. Pour le passé, la géologie nous conte l’histoire de ces changements successifs. Mais comment prévoir l’avenir ? Comment déceler, dans notre sol, d’apparence si stable, l’existence de ces mouvements d’une trompeuse lenteur? Un moyen existe, signalé dès 1867 par l’Association géodésique européenne, mais resté jusqu’alors sans grande application. C’est la répétition, à longs intervalles, de nivellements de précision traversant les territoires à étudier. A,la suite d’un vœu émis par le Congrès géographique international de 1881, l’Autriche-Hongrie, en 1885, fit, mais sans résultat, réitérer, aux environs d’Agram, le nivellement de la zone bouleversée par le grand tremblement de terre de 1880. En France, à trente années d’intervalle, deux nivellements généraux du territoire avaient été exécutés ; le premier, vers 1860, par Bourdalouë ; le second, de 1884 à 1892.
- La comparaison (fig. 2) fit ressortir des discor-dances progressivement croissantes, depuis l’origine commune de Marseille jusqu’à Lille et Brest, où elles atteignent près d’un mètre. Un instant, on crut y voir l’indice d’un mouvement de bascule du sol autour d’un axe longeant les Pyrénées ; mais, dans ces écarts, je réussis à montrer l’effet d’une accumulation de petites erreurs systématiques, insoupçonnées,
- de l’opération de Bourdalouë l. 11 n’y avait rien, dès lors, à en déduire, quant aux mouvements possibles du sol. Le Japon eut plus de succès. Après le grand tremblement de terre de Nô-Bi, en 1891, la répétition des nivellements antérieurs à la catastrophe mit nettement en évidence des affaissements de 4 décimètres entourant, d’après la traduction graphique approchée que j’en ai pu faire (fig.' 1 ), une zone triangulaire de 25 kilomètres de côté, elle-même soulevée de 6 à 8 décimètres 2.
- Ces écarts dépassent de beaucoup l’erreur possible (environ -5 centimètres) des opérations. La réalité n’en est donc pas douteuse.
- 1 Sur Vuniformité du niveau moyen des mers, C. 11. de l’Académie des sciences, 16 juin 1890.
- 2 Chose curieuse, les plus fortes secousses ont eu lieu, non dans la zone soulevée, cjui a été relativement épargnée, mais tout autour,/dans la région déprimée.
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- ryyypi Z°ne de maximum- d'intensité Courbes decùnatriquas
- du tremblement de terre. [ ÿ affaissement ou
- un Zone' ct'affîiisseTnen-t'. ecehazissemerut ciu^soL.
- I I Zona de soulèvement. ______Lignas nivelees.
- Fig. 1. — Mouvements du~sol à la suite du tremblement de terre de 1891 dans la région de Nô-Bi (Japon).
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- LE SORT FUTUR DES TERRES HABITÉES 163
- En somme, jusqu’ici, très peu de faits précis ont été observés. Avec le prodigieux développement, depuis un quart de siècle, des nivellements de précision dans tous les pays civilisés1, les conditions, chaque jour, deviennent plus favorables et déjà, pour l’avenir, on peut entrevoir la possibilité de résultats plus probants. Mais dans quel délai? Et avec quel degré d’exactitude?
- C’est ce que, pour répondre à une question soulevée, en 1905, par le Congrès géologique international de Vienne et, en 1904, par l’Association internationale des Académies, je me suis proposé d’examiner. Deux nivellements d’un même itinéraire, exécutés à des époques éloignées, accusant entre eux des discordances, a-t-on, de ce seul fait, le droit de conclure à des mouvements du sol dans l’intervalle? Certes non. Plusieurs conditions, pour cela, doivent, au préalable, se trouver remplies. Outre une parfaite identité des points communs aux deux nivellements, — ce qui exclut les repères placés sur des ouvrages peu stables — il faut d’abord une suffisante immuabilité de la surface de comparaison — le niveau moyen d’une mer, en général — à laquelle sont rapportées les deux opérations. Et déjà cette première condition n’est pas facile à réaliser. Ainsi, le niveau moyen annuel de l’Océan à Brest, depuis un demi-siècle (fig. 5), oscille entre deux limites distantes d’un décimètre. Pareille observa-
- tion serait à faire pour le niveau moyen de la Méditerranée, à Marseille.
- 1 A la lin de 1906, leur longueur totale atteignait 275 000 kilomètres dans le monde entier.
- En second lieu, les écarts constatés entre les deux altitudes — l’ancienne et la nouvelle, — d’un même repère, doivent excéder notablement l’erreur
- possible de ces mêmes écarts, c’est-à-dire la résultante des diverses erreurs, accidentelles et systématiques, dont ils peuvent être affectés. Ces erreurs, le plus souvent, sont très faibles, car les nivellements modernes atteignent une invraisemblable précision.
- Les nouveaux cheminements du nivellement général, par exemple, ayant fait le tour de la France et revenant au point de départ, après un parcours total de 5900 kilomètres, on a pu, sans autres corrections que celles dues aux variations de longueur des mires et à l’aplatissement de la Terre, retrouver, à 5 centimètres près, l’altitude initiale.
- Eh bien, même en supposant partout d’aussi minimes taux d’erreurs1, j’ai calcule2 que, de ce chef, pour un col,
- 1 0mu\8 par kilomètre, pour l’erreur accidentelle probable; 0mm,15 par kilomètre pour l’erreur systématique probable; 0ram,015 par mètre, pour l’erreur probable des mires.
- 2 Sur la mesure des mouvements généraux du sol au moyen de nivellements répétés à de longs intervalles. C. R., de l’Académie des sciences, séance du 13 janvier 1908.
- ANGLETERRE
- ♦ALLEMAGNE
- ESPAGNE
- =MEE1 TERRA NE En
- Fig. 2. — Comparaison des résultats du nivellement Bourdalouë et du nouveau Nivellement général de la France.--------------------Ligne de nivellement de Bourdalouë.
- ------------- Courbes d’égales discordances entre les altitudes Bourdalouë et les
- altitudes ortliométriques des mêmes points, d’après le nouveau nivellement, général. Les cotes inscrites sur les courbes expriment, en centimètre, les corrections à faire subir aux altitudes Bourdalouë pour obtenir les nouvelles altitudes des mêmes points.
- Fig. 3. — Variations du niveau moyen annuel de l’Océan à Brest, 1851 à 1906, l'apporté au zéro normal du Nivellement général de la France. (Ce niveau coïncide à très peu près avec le niveau moyen de Méditerranée à Marseille.)
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- LE BALLON DIRIGEABLE KLUYTMANS DE MARÇAY
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- haut de 100 à 2000 mètres, distant de 100 à 500 kilomètres de la mer, l’écart entre les cotes anciennes et nouvelles pourrait être erroné de 1 à 2 décimètres suivant le cas !
- Ces chiffres sont relativement élevés !
- Pour les réduire, il faudrait, soit perfectionner encore les méthodes et les instruments actuels de nivellement, chose sans grande utilité, les erreurs qui restent à combattre ayant leur source dans l’atmosphère même ; soit répéter un plus grand nombre de fois, et dans des conditions variées, les opérations, solution ruineuse, car, pour une exactitude double, il faudrait une réitération et, partant, une dépense quadruple. En un cas comme dans l’autre d’ailleurs, le gain final serait mince, vu l’impossibilité d’augmenter après coup la précision des anciens nivellements à comparer avec les nouveaux.
- Bref, malgré son exactitude, le procédé en question ne permet guère de déceler des mouvements du sol de moins de 1 décimètre d’amplitude.
- Dès lors, pour apprécier la stabilité de son sol, il suffirait que chaque pays, deux ou trois fois par siècle, fît répéter le nivellement de lignes franchissant les montagnes dé son territoire et aboutissant aux mers voisines.
- 11 pourrait de la sorte, un jour, pronostiquer, — à lointaine échéance, il est vrai — la submersion possible ou l’assèchement d’un port, l’exhaussement d’une montagne, l’affaissement d’un bassin ou le changement probable du cours d’une rivière, toutes questions d’un haut intérêt pour la science et pour l’avenir économique du pays.
- Çn. Lallemand,
- Membre du bureau des Longitudes, Directeur du Nivellement général de la France
- LE BALLON DIRIGEABLE KLUYTMANS DE MARÇAY
- Malgré les brillants résultats obtenus par nos dirigeables modernes, les techniciens nous présentent constamment de nouvelles solutions qu’il est impos-
- table, qui ne donne lieu à des différences d’appréciation quant à l’emplacement des plans mis en œuvre. Enlin, et c’est sur ce dernier sujet que les techniciens
- Fig. i. — Le dirigeable Kluyùnans de Mareay à la Galerie des Machines.
- sible de ne pas signaler, surtout lorsque des expériences préliminaires semblent en affirmer l’exactitude. Les vitesses réalisées jusqu’ici, déjà intéressantes, peuvent sans aucun doute être dépassées, et, en vue de battre les records, comme on dit en langue sportive, on s’attaque à l’enveloppe, à l’hélice, à la nacelle, pour les transformer en vue d’augmenter le rendement des uns, diminuer la résistance qu’offrent les autres à l’avancement. Il n’est pas jusqu’à l’empennage lui-même, dont l’utilité demeure indiscu-
- se livrent actuellement la bataille : enveloppe souple ou rigidel Ces questions ne recevront une réponse satisfaisante qu’à la suite de très nombreuses expériences pratiques, en pleine atmosphère, les partisans des ballons souples — ce sujet de discorde pris entre les autres — étant d’avis qu’une rigidité suffisante peut être réalisée avec l’étoffe, tandis que pour leurs adversaires la carcasse entièrement métallique serait de rigueur.
- Nous n’effleurerons même pas la discussion qui se
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- LE BALLON DIRIGEABLE KLUYTMANS DE MARÇAY ;.......... 165
- poursuit, très passionnante vous pouvez le croire, entre les représentants les plus autorisés des deux
- Fi”. 2. — La partie centrale du dirigeable d'expériences.
- clans. Observons, cependant, que la rigidité gagne du terrain et sans aller jusqu’à admettre comme modèle des ballons de l’avenir le type Zeppelin, dont la rigidité a été portée à l’absolu, il semble qu’une solution moins « rigide » pourrait être excellente et rallier tous les suffrages.
- C’est d’ailleurs l’avis de M. Kluytmans qui vient de construire un ballon d’expériences très nouveau, sans pour cela être basé sur des théories révolutionnaires. .
- Les premiers essais, effectués, il est vrai, à l’intérieur de la Galerie des Machines, c’est-à-dire dans Une atmosphère absolument calme, ont été des plus intéressants : le petit ballon, dont l’hélice était actionnée par un moteur de 1 cheval 1/2 seulement, ayant effectué sept fois le tour de son domicile provisoire en atteignant parfois une vitesse égale à 60 km. à l’heure. ;
- Cet heureux début a encouragé les inventeurs qui se sont décidés à construire un ballon de 2500 mètres cubes d’après ce premier modèle, avec, cependant, certaines retouches que l’expérience a rendues nécessaires. L’enveloppe est formée de deux parties distinctes, de deux ballons cylindriques placés l’un devant l’autre, «celui de l’avant étant terminé par une pointe et celui de l’arrière par une demi-sphère. La longueur totale de l’ensemble, espace libre entre les deux ballons compris, est de 45 m. et le diamètre de 8 ni. Un tube d’acier entoure horizontalement
- les deux enveloppes et leur sert de soutien par les ralingues qui s’y rattachent de chaque côté. Voilà donc, d’ores et déjà, une première condition de rigidité obtenue.
- Le tube d’acier n’existait pas sur le ballon d’expérience construit uniquement en vue de l’étude du rendement de l’hélice.
- L’emploi de deux récipients à gaz pourrait présenter des inconvénients parce que l’égalité de pression à l’intérieur serait très difficilement réalisable. On a écarté tout danger de ce fait en réunissant les extrémités en présence de chaque ballon par quatre tubes de 7 cm de diamètre, auxquels il a fallu donner une forme spéciale ainsi que nous le verrons plus loin; ils suffisent à rétablir l’équilibre de la force ascensionnelle. Ces tubes, métalliques, entourent deux cercles d’aluminium formant le fond, la base plutôt, de chacun des deux récipients à gaz. Il existe donc, entre les deux ballons, un espace libre, ménagé en vue du logement de l’hélice. Celle-ci est montée sur un arbre réunissant les deux tôles opposées et placé dans la direction axiale du ballon ; elle agit, à peu de chose près, sur le centre de résistance du ballon et se trouve placée dans les conditions les plus favorables pour donner son maximum d’effort. Nécessairement cette hélice est d’une construction spéciale ; ses deux ailes sont montées à l’extrémité de bras rigides qui les portent hors de l’espace vide encaissé entré les tôbs de fond
- Fig. 3. — La nacelle et le moteur.
- des enveloppes; elles exercent leur action sur une couronne d’air égale à leur longueur, 2 m. environ,
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- LE BALLON DIRIGEABLE KLUYTMANS DE MARÇAY
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- qui entoure les ballons. L’hélice fait partie intégrante du dirigeable et la poussée produite par sa rotation attaque directement la masse à mouvoir ; elle assure en même temps la stabilité de l’ensemble puisque l’effort de propulsion s’exerce suivant l’axe longitudinal. Enfin elle produit, le long du ballon, des courants tangentiels qui n’effleurent jamais l’enveloppe; ils l’entourent simplement et n’exercent sur l’étoffe, ainsi qu’on pourrait le craindre, aucune résistance. Le principe sur lequel repose la construction de cette hélice est totalement différent des deux principes généraux et opposés que représentent Patrie et la Viile-de-Paris : petite hélice animée d’une grande vitesse et grande hélice tournant lentement; ici, au contraire, nous sommes en présence d’une hélice petite et animée d’un mouvement lent, 5000 tours à la minute au maximum.
- Dans ces conditions, les tubesdontnôus avons parlé précédemment forment unè boucle suffisamment allongée pour éviter le contact des ailes de l’hélice en marche. De l’extrémité supérieure de chacun d’eux partent encore des tirants réunis à l’avant et à l’arrière du dirigeable et qui tendent à augmenter la rigidité de l’ensemble.
- La commande de l’hélice se fait par l’intermédiaire d’un vilebrequin ménagé à l’extrémité de son arbre et relié au moteur par une bielle. Un cercle métallique intermédiaire sert de support à cet arbre, de sorte que, en réalité, la partie centrale du dirigeable comprend deux vides : l’un destiné au logement de l’hélice et l’autre à sa commande. Enfin des cercles extrêmes descendent verticalement ‘quatre tubes, deux de chaque côté, qui sont fixés à la nacelle. Cette liaison rigide entre la partie centrale du ballon et la nacelle a pour but de rendre la partie active de l’aéronat parfaitement solidaire de la partie mécanique.
- Passons maintenant à l'étude des plans : Partisan de l’empennage, M. Kluytmans ne juge cependant 'pas utile le plan stabilisateur vertical à l’arrière de d’enveloppe qui pourrait contrarier l’action de ,1’hélice. En effet, ce plan étant rigide et constamment orienté dans l’axe du ballon, nuit à la direction dans le sens horizontal, direction donnée par le gouvernail vertical qui, lui, est mobile. Lorsque ce dernier fait un angle quelconque avec l’axe du dirigeable, le stabilisateur fixe demeure dans la direction de cet axe; sa présence, pendant les mouvements tournants, n’a donc d’autre effet que de retarder l’action du gouvernail. C’est pourquoi l’inventeur se contente d’ajouter à la partie hémisphérique terminant le ballon à l’arrière un plan horizontal qui, peut-être, sera prolongé tout autour du ballon suivant le tube constituant la poutre 'armée et sur une largeur à déterminer.
- ! Un plan rectangulaire, fait d’étoffe maintenue par une tubulure métallique, est ensuite disposé sous le ballon : ce plan, semblable à celui de Patrie, est appelé à assurer, avec le précédent, la stabilité du système; il est soutenu par des cordages souples
- rattachés aux ralingues. Sous ce plan horizontal en est placé un autre, triangulaire et vertical, qui se termine par le gouvernail vertical.
- Ainsi que nous l’avons observé au cours de cette étude, l’inventeur a su concevoir des dispositifs inédits qui font de ce dirigeable un navire aérien d’une facture très spéciale, originale même. La nacelle est également établie d’après un principe scientifiquement discuté. Une des causes principales de la perte de Patrie, affirme M. Kluytmans, réside dans le peu de longueur de sa nacelle ; les hommes qui retenaient le ballon étaient massés en quatre points seulement, aux quatre angles de la nacelle, trop rapprochés les uns des autres; dès qu’une équipe a lâché prise, il devenait impossible aux autres de maintenir le ballon. Avec une nacelle d’une très grande longueur, la distribution de la force ascensionnelle s’effectue sur un grand nombre de points ; elle est normalement distribuée et la rigidité de l’ensemble est assurée, aussi bien au moment de la mise en marche que pendant les évolutions, par la suppression du tangage. La nacelle du dirigeable Kluytmans de Marçay mesure 40 m. de longueur ; elle est équipée avec un moteur de 70 chevaux qui communiquera à l’hélice une vitesse de 500 tours. De plus, comme il est reconnu que les dirigeables n’ont que faire de la grande quantité de lest qu’ils emportent, M. Kluytmans a résolu de remplacer ce poids mort par un moteur léger de secours, capable d’actionner deux autres hélices placées de chaque côté de la nacelle, mais au-dessus, entre elle et le grand plan horizontal.
- Le dirigeable est complété par les appareils ordinaires : panneau de déchirure à la partie supérieure des enveloppes, soupape automatique tout à fait à l’arrière, ballonnet compensateur gonflé par le ventilateur. De plus, un sifflet avertisseur fonctionne dès que la pression à l’intérieur des enveloppes atteint une limite un peu supérieure à la normale. Enfin, dans le but de réaliser immédiatement l’équilibre dans la force ascensionnelle des deux ballons, équilibre qui pourrait être momentanément rompu et occasionnerait du tangage avant qu’il ait pu se rétablir par l’intermédiaire des quatre tubes de soudure, on a pourvu la nacelle d’un contrepoids capable de se déplacer automatiquement de l’arrière à l’avant ou vice versa, afin d’empêcher celle-ci de s’incliner dans un sens ou dans l’autre.
- Le dirigeable Kluytmans de Marçay se présente donc, comme une solution nouvelle du problème du plus léger que l’air; il n’est basé sur aucune théorie inédite, mais les moyens employés par les inventeurs paraissent quelque peu anormaux et choquent notre esprit prévenu par une construction moins tourmentée représentée par Patrie. Ne nous laissons pas aller à une critique par influence; la solution définitive de la navigation aérienne par les ballons est peut-être très différente de ce que nous la supposons. Soyons simplement reconnaissants aux chercheurs qui travaillent à l’élucider. Lucien Fournier.
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- Prévenons avant tout le lecteur que nous limitons notre étude aux autochtones qui habitent actuellement le territoire des Etats-Unis. Nous avons souligné à dessein cet adverbe, car des milliers d’indiens, nés sur ce territoire, se sont fixés depuis soit au Canada, soit au Mexique.
- En 1903, date du dernier recensement, les Indiens des Etats-Unis étaient au nombre de 263 233‘, y compris les sangs-mêlés. Ce chiffre doit être inférieur d’un bon tiers à la réalité, car de nombreux Indiens,
- indienne, diminution qui ne sera qu’apparente. En effet, l’acte du Congrès du 16 juin 1906, qui autorisait les habitants de l’Oklahoma et du Territoire Indien à former un Etat, a mis fin à l’autonomie des cinq grandes tribus, celles des Choctaws, des Chickasaws, des Cherokees, des Creeks et des Sémi-noles, qui, formant dans leur ensemble une population de 76 886 âmes (90 685 en comprenant dans ce chiffre les Indiens de l’Oklahoma), vivaient en communauté (tribal government) et renonçaient,
- Fiiç. 1. — Campement d’été d’indiens demi-civiliscs.
- qui ont abandonné depuis plusieurs générations la vie nomade, tout en continuant à se marier entre eux, sont classés par les recensements dans la catégorie des native-born, des individus nés Américains.
- A New-York et à Brooklyn, j’eus l’occasion d’entrer en relations avec plusieurs groupes ou colonies formées par ces Indiens américanisés. L’un d’eux était alors collaborateur attitré du Brooklyn-Eagle, un des principaux quotidiens des Etats-Unis. D’autres posaient dans les ateliers d’artistes. Je ne crois pas que M. Eastman, le fameux écrivain, soit porté sur les recensements comme Peau-Rouge, bien qu’il soit de pure race.
- Il est probable que le prochain recensement accusera une notable diminution de la population
- en échange de nombreux privilèges, au droit de vote et au droit de propriété individuelle.
- En novembre 1906, à la Convention tenue à Guthrie, les délégués des « Cinq Nations civilisées » renonçaient solennellement à ces antiques privilèges et acceptaient d’entrer de plain-pied dans le giron de la patrie américaine, de devenir de simples citoyens, à l’égal des blancs,leurs conquérants devenus leurs compatriotes. Ces cent mille Peaux-Rouges seront donc considérés comme des native-born à partir de 1908, quand les deux anciens territories seront officiellement érigés en un seul.Etat.
- Cet événement nous offre l’occasion d’examiner la situation générale des races indiennes aux Etats-Unis. On peut les diviser en trois catégories : les
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- LES DERNIERS PEAUX-ROUGES
- Indiens civilisés, qui, formant le petit nombre, envoient leurs enfants aux écoles publiques, vivent à la façon des blancs, et semblent s’efforcer de faire oublier leur origine; les Indiens demi-civilisés qui viennent de renoncer au régime de la tribu ; et enfin les plus nombreux, et aussi les plus intéressants au point de vue ethnographique : les Indiens internés sur les territoires plus ou moins vastes (réservations) constitués dans plusieurs Etats de la région des Rocheuses, où ils vivent à peu près à la façon de leurs ancêtres, sous la tutelle et sous la protection du Gouvernement fédéral.
- croire qu’il s’habillait à la dernière mode quand il partait en expédition journalistique.
- Ces Indiens civilisés forment de petites colonies éparses sur tout le territoire de la République. Ils se livrent en général à l’agriculture. Eli 1900, on comptait 19 910 homesteads (fermes inaliénables) dont les titulaires étaient des familles indiennes. Mais ce chiffre ne comprend pas les Indiens devenus fermiers sans recourir au partage des terres domaniales. D'autres Indiens vivent honorablement du métier de guides, se chargeant à forfait de faire abattre un grizzli ou lin cougouar au nemrod new-yorkais que
- Fig. 2. — Clieyennes faisant fonction de gendarmes.
- Nous avons déjà parlé de la première catégorie en constatant que ces Indiens s’efforcent de conquérir noblement leur place au soleil. Ils ont prouvé l’âdap-tabilité de leur race dans les branches les plus variées de l’activité humaine, dans l’art militaire avec plusieurs officiers supérieurs (dont un général), dans la" littérature, dans l’art, au théâtre. La Nàture parlait récemment du transport du Montauk-Theater. Ce nom est celui d’une tribu dont les survivants habitent encore un district de Long-Islànd, à quelques lieues de Brooklyn. Ils parlent la langue de Skakespeare... plus purement que vous et moi, bien qu?ils se servent encore entre eux du dialecte de leurs ancêtres. C’est un de ces « Peaux-Rouges » que je connus au Brooklyn-Eagle. Et je vous prie de
- l’amour des grandes chasses attire dans les Montagnes Rocheuses.
- Ç est parmi les demi-civilisés que nous rencontrons les quelques millionnaires qu’ait produits la race indienne, au Pays des Dollars. Comme type de cette catégorie, nous ne saurions mieux faire que de présenter au lecteur le grand chef des Comanches, ce fameux Quanah Parker, dont le Président Roosevelt fut l’hôte l’an dernier, quand il se rendit au Kansas pour chasser au loup.
- Combien de scalps de blancs ornèrent-ils la ceinture ou le tepee (tente) de Quanah pendant sa jeunesse? Le vieux chef, devenu le loyal ami des ennemis de sa race, n’aime pas à remuer ces sanglants souvenirs. Qu’il suffise ici de retracer à grands
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- Fig. 3. — Une famille d'indiens agriculleurs.
- traits son passé. Fils et petit-fils de farouches guerriers morts en défendant leur territoire contre les envahisseurs, Quanali se réfugia dans les montagnes de Wichita avec une poignée de braves. Il acquit bientôt la réputation d’un chef aussi habile à l’art de la guerre qu’à celui de la diplomatie, et sa
- renommée grandissante groupa peu à peu autour de lui les bandes éparses de la tribu des Comanches.
- D’une intelligence supérieure, il comprit l’inanité de la lutte, et, pendant qu’il en était encore temps, il traita de puissance à puissance avec le Gouvernement fédéral. En échange de sa soumission, celui-ci
- Fig. -f. — Peaux-Rouges en. costume de guerre.— A droite, un agent fédéral.
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- lui reconnaissait par traité la possession de vastes territoires que l’avisé capitaine avait choisis dans une région fertile et bien arrosée, alors que tant de tribus avaient accepté, dans des circonstances analogues, des terrains arides et sans valeur, où leurs descendants meurent actuellement de faim.
- Quanah prit à son service des émigrants de race blanche qui enseignèrent l’agriculture à ses Comanches. La réserve fournit depuis quinze ans d’abondantes récoltes de céréales, et les prairies naturelles qu’elle comprend nourrissent des milliers de boeufs et de chevaux. Ceux-ci, réputés pour leur endurance et leur vitesse, sont très recherchés par les fermiers et éleveurs du Kansas.
- Le chef des Comanches s’est fait construire une fort belle maison, qui ne contient pas moins de trente-deux pièces, et comporte deux étages. Rien n’y manque, pas même la lumière électrique ! Dans un milieu aussi moderne, Quanah persiste à s’habiller à la façon de ses ancêtres,avec les mocassins et le blanket traditionnels. Mais qu’on lui annonce la visite d’un blanc, et il revêt en son honneur un complet dont la coupe subirait victorieusement le jugement d’un dandy parisien.
- Présentons plus sommairement un autre type d’Indien millionnaire. Michel Pablo est le chef de la tribu des Têtes-Plates (Flaiheads), cantonnée dans le nord-ouest du Montana. Ce Pablo possédait encore ces jours-ci un troupeau de 600 bisons que le Gouvernement fédéral offrit d’acheter à raison de575fr. par tête. Le rusé Peau-Rouge eut raison de marchander, puisque le Gouvernement Canadien se mit bientôt sur les rangs en offrant 1750 francs. L’affaire fut conclue. Rabattus par une petite armée de cowboys et d’indiens, les derniers bisons américains passaient la frontière.
- Et le chef des Têtes-Plates recevait de l’agent du Canada, sous forme de chèque, la jolie somme d’un million.
- Les Indiens de cette catégorie sont loin d’être à plaindre. Ils ont gardé le droit de vivre, à peu de chose près, à la façon de leurs ancêtres, et le joug des conquérants se fait paternel, à leur égard. Ceux d’entre eux qui consentent à payer des impôts jouissent de droits électoraux, à l’égal des blancs. Et l’accès des grandes écoles est ouvert à leurs enfants. Depuis une vingtaine d’années, il ne s’est pas produit de soulèvements parmi eux. Cependant, ils n’hésitent pas, le cas échéant, à repousser par la force les empiétements de leurs voisins de race blanche, quitte à en appeler plus tard à la protection du Great Father, lisez : du Gouvernement fédéral.
- La troisième catégorie nous met en présence des irrédentistes, concentrés dans des réservations dont la possession leur fut reconnue par traité, mais où ils sont prisonniers, en réalité. Il nous est impossible ici d’étudier en détail cette catégorie d’indiens, car les règlements qui régissent ces Réserves sont aussi variés que leur étendue. Certaines sont plus grandes que le plus vaste de nos départements. Au contraire,
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- dans la Californie, nous ne trouvons pas moins de 25 réserves (avec 15 577 Indiens) formant une superficie totale de 641 milles carrés.
- La situation est très embrouillée. Ici, les traités obligent VOncle Sam à distribuer chaque moi?, chaque trimestre ou chaque année, tant de bœufs, tant de blankets (couvertures de laine), tant de sacs de maïs. Là, il n’a promis aux Indiens que le droit de chasse. Ailleurs, il leur permet de sortir de la Réserve pendant une certaine saison pour chasser au wapiti dans telle chaîne de montagnes, tandis que les règlements d’un autre territoire s’opposeront à ces exodes périodiques.
- Les réservations ont ceci de commun qu’elles sont toutes gouvernées par des Indian agents qui, dans quelque Etat qu’elles soient situées, ne relèvent que de Washington. Aussi, ces fonctionnaires fédéraux ont-ils souvent maille à partir avec les autorités locales, toujours prêtes à empiéter sur les droits des Indiens.
- Les moindres réservations possèdent leur école, où maîtres et maîtresses sont de race blanche. Il faut rendre cette justice au Gouvernement Américain qu’il ne recule devant aucune dépense pour répandre l’instruction parmi les enfants des vaincus et assurer le bien-être de tous les Peaux-Rouges qu’il a pris, de gré ou de force, sous sa protection. Malheureusement, les intermédiaires ne sont pas tous à la hauteur de leur mission. Argent, rations, vêtements, se trompent trop souvent de route... ou de poche. Quand la hache de guerre est déterrée, quand les internés se barbouillent le corps de leur war-paint (tatouage de guerre), c’est qu’ils sont poussés au désespoir par la malhonnêteté de leur agent, ou par sa pusillanimité devant les agissements des cowboys et des éleveurs.
- Ces soulèvements sont fréquents. L’automne dernier, les Cheyennes prirent les armes et massacrèrent plusieurs colons. En novembre 1906, les Utes (important rameau de la race des Sioux) furent poussés à la révolte par la faim. Ils sortirent en masse de leur réserve dans l’intention de se joindre aux Cheyennes du Montana, qui s’agitaient déjà, et de mettre le pays à feu et à sang.
- Fermiers et mineurs coururent se mettre à l’abri dans les forts. Des troupes furent rapidement mobilisées. Les 6e et 10e régiments de cavalerie (ce dernier composé exclusivement de nègres) réussirent à barrer la route aux rebelles. Après de longues négociations fort habilement conduites pour les Utes par leurs deux chefs « Robe-de-Femme » et « Cheval-Américain », des colosses hauts de deux mètres, les officiers promirent au nom de leur gouvernement que la tribu serait nourrie tout l’hiver aux frais de l’Etat, et qu’elle entrerait en possession de nouveaux hunling-grounds plus giboyeux.
- Les autochtones américains ont trouvé de puissants protecteurs parmi l’élite de leurs vainqueurs. Une ligue, dont l’influence est considérable, s’est fondée à Boston pour défendre leurs intérêts. Et de
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- riches philanthropes ont fondé des universités où les meilleurs élèves des écoles des Réserves viennent parfaire leurs études, avec le consentement de leurs parents, et sans que ceux-ci aient à débourser un centime. Le Carlisle Institute, dans l’Etat de Pen-sylvanie, est le plus ancien et le plus important de ces établissements. L’école reçoit un millier d’indiens des deux sexes. L’enseignement est plutôt pratique que classique, et les élèves en sortent avec la connaissance parfaite d’un métier qu’ils auront eux-mêmes choisi : forgerons, serruriers, mécaniciens, charpentiers, agriculteurs, etc. Les jeunes filles sont initiées aux arts féminins.
- Le Carlisle Institute vise surtout à produire des instituteurs et des institutrices. Mais les sujets qui montrent des dispositions pour les arts supérieurs, ou encore pour la médecine, sont incorporés plus tard dans les écoles spéciales des grandes villes de l’Est.
- Le Sherman Industrial Institute est une autre université indienne fondée à Riverside (Californie) en faveur des jeunes Indiens de l’Ouest. Ils y sont au
- nombre de 600 garçons et filles. Le baseball team (club sportif) de l’école jouit d’une grande réputation dans toute l’étendue de la République : il a vaincu au jeu national les meilleures équipes blanches.
- Les élèves sont plus spécialement exercés aux travaux agricoles. Une direction intelligente s'efforce de leur rappeler qu’ils peuvent et doivent être fiers de leur race. Ainsi, la musique de l’établissement ne jouequede vieilles mélodies indiennes,ingénieusement orchestrées par un professeur. Les jeunes filles apprennent à tresser ces merveilleuses corbeilles indiennes si recherchées par les collectionneurs. Et, les dimanches et jours de fête, garçons et filles dépouillent la livrée à l’européenne pour revêtir leurs costumes nationaux et s’amuser à tirer de l’arc, ou à exécuter des danses indiennes.
- Ce système, imaginé par M. Harwood Hall, directeur de Sherman Institute, est tout à l’honneur d’un vaillant et modeste éducateur qui a consacré trente ans de sa vie à réconcilier avec la civilisation et ses exigences les Indiens de Californie. Y. Forbin.
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- Les récents progrès de la spéléologie et ses nouvelles méthodes d’investigation ont amené la création de plusieurs branches nouvelles de l’histoire naturelle qui prennent de jour en jour plus d’importance, et sont sans aucun doute destinées à donner plus de précision à certains points des théories générales relatives à l’évolution des êtres.
- Cette histoire naturelle particulière née en Autriche et en Amérique au déclin du xvme siècle, s’est particulièrement développée durant ces dernières années, en France, en Italie, en Belgique et en Autriche.
- De même qu’il existe une faune spéciale aux cavernes, nous y rencontrons une flore bien moins indépendante de la lumière, mais dont quelques
- classes sont largement représentées. Étude qui fut pour nous l’objet de maintes recherches depuis de
- longues années.
- Il faut arriver à la fin du xvme siècle à Scopoli (1772), pour trouver la première allusion aux végétaux souterrains : « La végétation souterraine , dit-il, prend la forme des Litophites et des Coraux du fond de la mer, mais ces formes inconstantes s e transforment à l’infini. » Les observations de cet auteur furent reprises et confirmées par Schmidt (1773), Schaeffer (1777), Hum-boldt (1793), Po-korny (1853) et Cazin (1859), etc.
- L’origine de la flore des cavernes peut être proxime ou éloignée. Le premier cas est de beaucoup le plus fréquent. Les germes des espèces sont
- Fig. 1. — Série des transformations du Lentinus ligrinus Bull. a. Type normal. — b. Coupe d’un échantillon normal montrant les lames à la face inférieure. Echantillons des cavernes. — c. Lames passant en surface. — d. Atrophie du chapeau.— e. Stipe très allongé portant un chapeau infundibuliforme, renfermant lés lames à l’intérieur. — /'. Développement exagéré du stipe. Echantillons de la grotte d’Adelsberg (Autriche).
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- amenés, par le vent, les fragments de bois, les chauves-souris, ou môme par les eaux souterraines. Il ne faut pas oublier non plus l’apport des spores de champignons par les pieds des visiteurs, pour les cavités fréquentées par les touristes.
- Ce qui est curieux, c’est l’extension énorme que l’humidité communique, dans les abîmes largement ouverts, aux plantes amies de l’ombre. On trouve là, sinon des espèces nouvelles, du moins des formes présentant des modifications dignes d’intérêt.
- Mais le facteur le plus important à considérer est la lumière. Sous ce rapport, la flore générale des cavernes peut se diviser en quatre zones :
- 1° zone des ouvertures et de la surface ; 2° zone des parois ; riches en végétaux même Phanérogames; 3° zone du fond des gouffres à l’obscurité partielle; où ne se rencontrent plus que des Cryptogames inférieurs ;
- A0 zone des galeries à l’obscurité totale et ne renfermant que des Algues ét des Champignons.
- Les exigences des espèces cavernicoles par rapport à la lumière sont très diverses. On sait que les radiations lumineuses sont d’ordinaire indispensables au verdissement des plantes. Cependant nous avons rencontré des Fougères (Po-lypodium vulgare L., grotte de la Fendeille,
- Tarn), des Phanérogames (Potentilla, grottes de Lozère), des Nostoccacées (gouffre de Padirac, Lot), à l’obscurité et pourvus de Chlorophylle.
- Il existe donc des plantes vertes adaptées à la vie sans lumière et nous trouvons pour les cavernes le même phénomène que pour l’Océan où l’on rencontra, lors des expéditions du « Plankton » et de la « Pola » en 1890, une algue verte : Halosphœra viridis, entre 1000 et 2000 mètres de profondeur;
- or, on sait qu’après 150 mètres les rayons lumineux sont absorbés. Hamann s’est même demandé s’il n’existerait pas, dans certaines cavernes, une variété de lumière non perceptible à nos sens, en un mot des espèces de rayons X.
- Si l’on examine la flore des cavernes et des avens de nos grands causses, la végétation subit une décroissance dans l’ordre de la classification à mesure que l’on pénètre plus profondément; depuis les Phanérogames, jusqu’aux Cryptogames cellulaires. Toutes les grandes classes sont représentées.
- Les différences biologiques qui existent avec leurs milieux habituels de développement, impriment sur les êtres souterrains leurs marques indélébiles.
- Les espèces supérieures (Phanérogames) éprouvent des variations morphologiques dues à l’étiolement : Allongement des tiges et des feuilles, ces dernières devenant panachées et présentant une oblitération des dents et une réduction des poils. Les fleurs, souvent décolorées, sont rarement fertiles. Les variations anatomiques correspondantes sont intermédiaires entre celles des végétaux aquatiques et celles observées chez les végétaux des régions polaires.
- Les Fougères présentent des bifurcations de leurs feuilles ou frondes, dues aux traumatismes produisant des ruptures, suivies de l’allongement rapide et exagéré des fragments ainsi séparés. La figure 3 montre des échantillons ainsi déformés provenant du gouffre de Padirac (Lot).
- Les Mousses présentent un grand nombre de formes dues aux conditions de milieux et de nombreuses variations anatomiques correspondantes. Leurs feuilles donnent naissance à de petites bou-
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- lures (propagules) qui tombant sur le sol germent et reproduisent la mousse. Ce fait rare dans les conditions ordinaires devient ici la règle, et remplace la reproduction due au développement de la spore comparable à la graine des végétaux supérieurs.
- Mais le plus intéressant c’est l’étude des champignons développés à l’obscurité totale. À mesure que l’on descend plus profondément dans les galeries humides, la déformation augmente. Les chapeaux perdent leur couleur et prennent la forme de coraux. La surface produisant les spores ou hyménium s’altère et devient stérile et les espèces ne sont bientôt plus représentées que par des mycéliums monstrueux, formés de nombreux filaments enchevêtrés, où ne subsistent aucun organe de reproduction.
- Parfois, ces lacis de filament deviennent noirs, durs, de la grosseur d’un gros lacet et peuvent présenter des phénomènes de phosphorescence.
- (Rhyzomorpha).
- Lorsque la forme du champignon rappelle celle du type, le chapeau est très réduit tandis que le pied s’allonge démesurément. Des courbures s’observent sur ces stipes allongés atteignant jusqu’à 22 centimètres de long (Coprinus). Sur les échantillons pendant de la voûte, le chapeau se dirige d’abord vers le sol. Lorsqu’il approche de son épanouissement, le pied se redresse peu à peu et en se recourbant place le chapeau dans une situation telle, que le sommet organique est dirigé vers la voûte et les lames regardent le sol. On rencontre ainsi des touffes de Coprinus, d’Agarics ou d’Hypholoma comme ceux représentés par la figure 2 formant de gracieuses girandoles, par suite de la courbure du pied.
- La résistance du slipe est tellement faible que les
- courants d’air peuvent en changer la direction.
- L’hyménium formé par les basides, produisant les spores destinées au maintien de l’espèce, se développe sur les lames situées sur la partie supérieure du chapeau et non à la face inférieure comme cela s’observe normalement. Dans les espèces où les basides sont toujours renfermées dans des tubes (Polyporées), elles peuvent ici se développer sur le parenchyme séparant ces derniers, ou sur les tubes
- eux-mêmes isolés par disparition du tissu intermédiaire, dans lequel ils sont habi tuellement enfoncés. Dans ce cas particulier, on obtient un terme de passage des Polyporées aux Hydnéeschez lesquelles l’hymé-nium est réparti à la surface de pointes allongées.
- Tantôt ces basides demeurent stériles, tantôt elles produisent des spores déformées. Un grand nombre de Champignons tant Ascomycètes (Hy-pocrea, Verticil-liurn) que Basi-diomyeètes (Cre-pidotus mollis Schaeff. ; Poly-porus nombreux; Lenzites, Tra-metes), produisent soit dans leurs tubes, soit à la surface du chapeau, ou même sur lés filaments végétatifs (mycélium) lorsque le chapeau n’existe pas, des organes appelés conidies. CesConidies, destinées à la multiplication de l’espèce, donnant des individus ayant tous les caractères de la plante. mère, sont produites par des filaments spéciaux, ou résultent de la transformation de la baside demeurée stérile.
- On peut ainsi, sur une même espèce, trouver tous les termes de passage de la baside normale à la forme conidienne. Nous avons même rencontré dans les Trametes des basides normales ; à côté d’autres transformées en conidies, toutes deux occupant le même tube. Enfin, dans les milieux chargés de
- — Frondes de Scolopendrium officinale L. présentant des bifurcations. Gouffre de Padirac (Loi).
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- FABRICATION MECANIQUE DES ALLUME-FEU
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- vapeur d’eau, basides et conidies peuvent faire retour à la vie végétative et se transformer en filaments stériles.
- En résumé si l’on considère l’action du milieu dans l’effet produit sur l’ensemble des organes d’un champignon déterminé, on constate les modifications suivantes : lü allongement du stipe; 2° altération de la couleur; 3° déformation du chapeau; 4° disparition de la faculté sporifère; 5° perte de l’appareil sporifère; 6° production de conidies.
- Le temps est le principal agent transformateur.
- L’examen de la figure 1 montrera toutes les phases par lesquelles peuvent passer une même espèce considérée.
- L’obscurité partielle ou continuelle, l’humidité,
- la température basse et variable, sont, ainsi que la pauvreté du substratum en matière nutritive, les principaux facteurs biologiques auxquels on peut attribuer les polymorphismes notamment l’altération dans les facultés reproductrices. Citons notamment l’altération ou la perte de la faculté sporifère rencontrée chez tous les Cryptogames cellulaires. Les organes de reproduction (spores) s’y trouvant remplacés par ceux de multiplication variant suivant les types.
- Ce n’est donc pas à l’obscurité seule, mais à l'ensemble des conditions de milieu constituant, la station cavernicole que doivent être attribuées toutes les anomalies observées. JjUqm<s Maiieu
- Docteur ès sciences.
- LA FABRICATION MÉCANIQUE DES ALLUME-FEU
- La préparation de l’allume-feu donne lieu à une industrie spéciale, ou tout au moins à une branche de l’industrie des bûcherons. Elle emploie des troncs d’arbres ou de grosses branches, ou encore de vieux hois de démolition, qui fournissent une matière, première moins coûteuse; ou enfin les déchets des chantiers de bois.
- En tout cas, le plus ordinairement,- le refendage des blocs de bois se fait à la hachette, ce qui donne des bûchettes assez irrégulières, et n’assure qu’une production lente et par suite coûteuse. Il est vrai que de nombreuses œuvres d’assistance par le travail font fabriquer ces bûchettes allume-feu par les malheureux qu’elles assistent, et la main-d’œuvre n’est payée alors qu’un prix modeste.
- Mais il est évidemment avantageux de substituer, ici comme ailleurs, le travail mécanique au travail à la main; et nous signalons à ce sujet une machine très ingénieuse combinée par des constructeurs anglais de Leicester, MM. Ilill et Herbert, pour débiter avec une régularité parfaite et une rapidité surprenante les blocs de bois destinés à donner des allume-feu, et lors même que ce sont de
- vieux bois renfermant des clous, des boulons, des morceaux de fer.
- La machine est du type vertical ; son encombrement
- est faible ; elle est Commandée par courroie, et l’arbre qui actionne le couteau est muni d’un volant lourd et bien équilibré. On voit comment les blocs de bois à fendre sont présentés à la machine; ils sont entraînés par deux rouleaux à surface dentée, solidarisés par une sorte de bielle réglable suivant l’épaisseur des blocs à traiter, et commandés par une autre bielle dont le mouvement dépend de celui de l’arbre principal de commande de la machine. On peut faire coulisser l’extrémité de cette dernière bielle dans une coulisse ménagée sur le plateau qui termine l’arbre principal, et, par suite, la vitesse de rotation des rouleaux est activée ou au contraire modérée ; en conséquence, l’épaisseur des allume-feu sera grande ou faible,, puisque le bois filera plus ou moins vite entre deux mouvements d’abaissement des couteaux.
- Les rouleaux sont susceptibles de prendre un déplacement vertical l’un par rapport à l’autre, sous l’action,
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- ACADÉMIE DES SCIENCES — CAMIONS AUTOMOBILES
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- de la manette placée au-dessus d’eux : c’est-à-dire qu’on les rapproche ou les éloigne de manière à ménager exactement la hauteur convenable pour le passage des blocs de bois. Ceux-ci sont du reste maintenus latéralement par d’autres rouleaux, verticaux. Le débit du bois se fait au moyen de deux couteaux placés à 90° l’un par rapport à l’autre ; le mécanisme est constitué de telle sorte qu’ils ne sont point poussés dans leur mouvement de descente, mais bien tirés vers le bas par la bielle motrice : d’où l’avantage précieux de faire travailler cette dernière à la traction et non à la compression ; le métal de la bielle se trouve ainsi dans les meilleures conditions de travail. Le bloc de bois est sectionné d’abord, et d’un coup sec, diago-
- nalement dans une direction, tandis qu’il passe sous le premier couteau ; piuis dans la direction opposée, lorsqu’il vient à passer sous le deuxième couteau. La vitesse de l’appareil est telle qu’il peut donner jusqu’à 200 coups à la minute. La machine comporte latéralement un couteau supplémentaire, destiné à refendre au préalable les blocs de bois qui seraient trop gros, trop larges, pour pénétrer dans la conduite qui les amène sous les couteaux.
- Quand un couteau vient à heurter un corps dur, immédiatement une cheville, faite d’une matière peu résistante, se brise : la machine est débrayée. Tout l’instrument est ingénieux et robuste, et il est susceptible de rendre des services fort appréciables. D. Lebois.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du io février 1908. — Présidence de M. Becquerel.
- Maladie des feuilles du caféier. — M. Guignard présente une Note de M. Vuillemin, professeur à Nancy, relative à l’origine des étoiles irrégulières signalées sur l’enduit fuligineux des feuilles de caféier et de citronnier atteintes de fremagine. Ces taches résultent de la combinaison de deux champignons différents associés, comme l’algue et le champignon qui constitue le lichen.
- Radioactivité communiquée aux métaux. — M. Wolf présente une Note de M. Nodon sur un procédé qui communique la propriété radioactive aux métaux en soumettant une lame de métal à l’action des rayons d’un arc électrique, à la condition que la lame soit placée dans un champ électrostatique puissant.
- Les ombres volantes et la scintillation. — M. Wolf présente ensuite une Note du bénédictin d’Aoste,dom José, sur les ombres volantes, qui s’observent pendant les éclipses de soleil lorsque l’on reçoit l’image du soleil sur écran. On voit alors que celle-ci est parcourue par des bandes noires parallèles. Le phénomène se produit pareillement lorsque le soleil, au lieu d’être caché par la lune, se couche derrière une montagne éloignée. Vénus et Sirius donnent aussi des ombres volantes dans le cas considéré. Il y aurait donc une relation entre le phénomène des ombres volantes et la scintillation. Le spectre des étoiles est en effet sillonné de bandes obscures d’autant plus pressées que la scintillation est plus active. Les ombres volantes sont d’autant plus accusées que la scintillation est plus intense.; .
- Le poison du bacille de Koch. — M. A. Gautier résume un travail de MM. Auclair et Paris sur les effets d’un poison extrait du protoplasma du bacille de Koch. Ce protoplasma présente deux substances solubles, l’une dans l’eau, une autre dans l’éther et une troisième insoluble. Pour isoler celte dernière substance, on lave d’abord la matière protoplasmique avec de l’eau puis de l’éther. On traite alors cette matière par de l’acide acétique qui la dissout, puis on la reprend en la précipitant par l’eau. Le résidu obteriu a été essayé sur des animaux. Une injection hypodermique à la dose de 1/4 de milligramme suffit pour tuer un cobaye de 000 gr. Mais elle agit comme un poison à longue échéance déterminant des lésions pulmonaires. Ainsi la tuberculose peut être considérée comme une intoxication.
- Le passage de Mercure. — M. Bigourdan communique une Note de M. Lecomte, de Bruxelles, sur les observations du passage de Mercure à l’Observatoire de celte ville. Le temps a été favorable; l’écart sur l’appréciation de l’instant des contacts atteint 15 à 10 secondes. Quelques observateurs ont aperçu des points brillants sur la planète ; enfin elle a paru d’une teinte plus foncée que celle du centre des taches solaires.
- Purification de la gélatine. — M. Dastre présente une Note de M. des Bancels indiquant un procédé d’épuration de la gélatine par dissolution dans l’alcool ou l’acétone en ajoutant à ces liquides une solution aqueuse de certains sels. Ch. DE VlLLEDEUlL.
- CAMIONS AUTOMOBILES AU MAROC
- Le ministre de la Guerre vient d’envoyer au Maroc un convoi de 5 camions automobiles de même type et dont le rôle sera d’assurer le ravitaillement des troupes opérant dans la région d’Oujda.
- Chaque véhicule du convoi est constitué par un châssis capable de porter 4 tonnes de charge utile; mais, étant donné les difficultés qu’on est exposé à rencontrer sur les routes marocaines, l’administration militaire a prévu des chargements variant d’une à trois tonnes. En réalité, il n’existe pas de routes proprement dites autour d’Oujda, mais seulement de larges pistes dont l’état laisse souvent à désirer.
- Aussi les camions ont été munis de larges roues d’acier dont les bandages atteignent 21 centimètres
- pour les roues arrière qui ont environ les 2/5 de la charge totale à porter. Il ne fallait d’ailleurs pas songer à munir les roues de bandages en caoutchouc, car le caoutchouc vulcanisé ne peut résister sous les climats très chauds.
- Le châssis est très robuste et l’on n’a pas craint de se contenter d’un faible rendement, c’est-à-dire d’exagérer le poids mort de la voiture par rapport à la charge transportée pour obtenir une solidité certaine.
- On connaît assez peu le moteur Bretin employé sur ces camions et qui présente cependant des particularités assez originales. Il comporte 5 cylindres ayant 145 millimètres d’alésage pour 145 milli-
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- CAMIONS AUTOMOBILES
- mètres de course; mais bien que les cylindres soient moins allongés que dans la plupart des moteurs actuels, la compression est toujours forte et la détente peutêtre très longue. Ces conditions de bon rendement sont réalisées en admettant dans chaque cylindre une quantité variable de gaz frais qui peut même devenir très faible. Ce résultat est obtenu en de'pla-
- 50 HP pour une vitesse de rotation de 900 tours. Cette force est suffisante pour faire gravir à chaque voiture chargée de 4 tonnes des rampes atteignant jusqu’à 12 pour 100. Ainsi, on peut aflirmer qu’avec des camions chargés à 5 tonnes, toutes les routes en bon état seraient gravies, mais il est impossible de prévoir les conditions démarché de ces véhicules sur des terrains plus ou moins résistants et les princi-
- Fig. 1. — L’un des camions automobiles envoyés au Maroc.
- çant longitudinalement l’arbre des cames d’admission; ces cames sont taillées en rampe et permettent, au moment de l’aspiration, le remplissage plus ou moins grand du cylindre. De cette façon, la puissance du moteur varie pour un même nombre de tours : autrement dit, le moteur est très souple.
- Or la souplesse est une qualité précieuse dans une région accidentée où les rampes sont nombreuses et très raides. 11 faut également noter que ce moteur constitue un frein assez efficace dans les descentes, si le chauffeur a le soin de fermer l’aspiration.
- Le refroidissement des cylindres se fait sans radiateur; on évite ainsi des organes relativement délicats (radiateur et ventilateur) ; l’eau se trouve portée à l’ébullition, de sorte que le moteur plonge en partie dans un réservoir d’eau bouillante, ce qui suffit à le refroidir.
- L’inconvénient de ce système de refroidissement est la disparition de l’eau sous forme de vapeur, et l’on peut craindre de manquer d’eau dans une région marocaine où le ravitaillement en eau constitue une des principales difficultés. Les camions devront consommer eux-mêmes une partie de l’eau qu’ils porteront aux troupes (au plus 1/2 litre par kilomètre).
- La puissance développée par le moteur est de
- paux incidents à craindre seront les enfoncements des roues dans le sol. On a pris la précaution de munir chaque véhicule d’un cric et de moyens d’attaches permettant à un deuxième véhicule d’intervenir pour tirer le premier d’un mauvais pas. Malheureusement, la manœuvre qui consiste à emballer le moteur et à l’embrayer ensuite sur la voiture pour sortir celle-ci d’une ornière est une manœuvre très nuisible aux organes de transmission. Si l’état des chemins oblige les chauffeurs à l’employer souvent, les pannes seront nombreuses bien que le matériel soit très robuste. Dans une guerre européenne, nous n’aurions pas à redouter d’ennuis aussi fréquents.
- Les conducteurs et mécaniciens du convoi qui est le premier convoi automobile homogène de notre armée sont des artilleurs de la lre Compagnie d’ouvriers de Yincennes (capitaine Gentil); le commandement du convoi a été confié au capitaine Borschneck du 1er régiment du génie. Nous souhaitons une bonne campagne au personnel et au matériel du convoi automobile des troupes d’occupation d’Oujda. XX...
- ‘ • Le Gérant : P. Masson. i
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 2, — Le moteur Brelin.
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- LA NATURE. — N° 1813.
- 22 FÉVRIER 1908.
- LE PHARE DE FASTENET
- Les lies Britanniques détiennent le record mondial de l’importance des frontières maritimes par rapport à la superficie totale du pays. L’ensemble de la longueur doscôtesdu Royaume-Uni atteint le chiffre offi-
- réclame un grand nombre de phares, d’autant plus que la navigation maritime — cabotage et long cours — y est partout très active, et qu’elle demande, la nuit, à être protégée contre tous les dangers
- Fig. 1. — L 'ancienne tour de Faslenet et le nouveau phare pendant sa construction.
- ciel de 9392.miiles anglais ou, en mesures françaises, 15111 kilomètres, qui se répartissent comme suit: 3860 kilomètres pour l’Angleterre, 7230 kilomètres pour l’Ecosse, et 4031 kilomètres pour l’Irlande. Faite tantôt de falaises, tantôt de dunes, présentant de belles plages sablées, mais souvent des rochers et des récifs nombreux, une pareille longueur de côtes 36° année. —-1er semestre.
- qui menacent les navires aux abords de la terre.
- Sur les côtes écossaises, le mouvement des vaisseaux est moins grand que sur celles des deux autres pays ; on y compte cependant un phare en moyenne par 54 kilomètres. En Irlande, pays placé sur la voie directe des grandes communications maritimes entre l’Europe et l’Amérique, on estime qu’une lumière
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- LE PHARE DE FASTENET
- par 42 kilomètres brille dans la nuit et projette ses rayons au large pour indiquer au navigateur sa route vers l’Océan ou lui signaler un danger à éviter. L’Angleterre, centre de navigation internationale le plus actif du monde entier, compte une moyenne de deux phares par 32 kilomètres de côtes.
- Sur la totalité du parcours des côtes britanniques, les îles de Man et de Wight comprises ainsi que les îles Normandes, il existe en tout 256 phares de premier ordre, sans compter les petites lumières et
- Fig. "2. •
- Le montage d’une pierre au
- est la dernière terre que saluent les navires en route pour l’Amérique.C’est aussi la première qu’ils voient au retour. 11 a, à ce titre, une grande importance,
- d’autant plus que son phare est un poste de signaux, d’où sont annoncés le passage des navires ayant traversé l’Atlantique et l’arrivée prochaine des grands paquebots.
- Une de nos illustrations montre deux phares sur un haut rocher ; ce sont l’ancien et le
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- Fig. 5. — Escalier à la base du massif rocheux.
- signaux secondaires qui contribuent, avec les autres, à empêcher quantités de naufrages et à assurer, pendant les nuits, la sécurité des côtes.
- Il y aurait beaucoup de détails curieux à donner sur ces divers établissements qui dépendent de la très remarquable organisation dont le siège est à Trinity-Ilouse, à Londres ; il faut nous contenter, aujourd’hui, de ne parler que d’un seul de ces phares, celui qui vient d’être reconstruit à Fastenet, à la pointe sud-est de l’Irlande.
- Le rocher de Fastenet est situé en pleine mer, comme une sentinelle avancée placée par l’Europe, sur la route du Nouveau Monde. Ce groupe d’îlots rocheux
- nouveau « light-houses », édifiés, à soixante années de distance', sur le massif rocheux du grand Fastenet, en pleine mer. Ces deux types sont intéressants à plus d’un point de vue : ils furent faits, l’un et l’autre, dans des conditions particulièrement dangereuses et au milieu des plus grandes difficultés ; mais les modes employés pour la construction de l’un et de l’autre marquent deux époques bien différentes. Le second phare, que notre gravure montre au moment de son achèvement, constitue un progrès réel sur le second ; son édification, faute de moyens d’action suffisants, eût été impossible en 1848, époque à laquelle fut ouvert le chantier du premier phare.
- L’érection de l’ancien phare demanda presque six années et coûta 476000 francs environ ; il s’agissait d’une tour en fonte de fer, haute de 30 mètres, qui, placée sur le sommet du rocher, projetait au large, toutes les deux minutes, un rayon d’une puis-
- sance éclairante de 3800 bougies.
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- LE PfiARE DE FASTENET ...... " = 179
- Cette tour métallique ne tarda pas à être reeonnue d’une solidité insuffisante ; elle avait à lutter contre une force formidable. Le massif rocheux de Faste-net reçoit,en cfl‘et,le choc des immenses vagues produites parles fortes tempêtes de l’Atlantique, vagues qui passaient souvent par-dessus la lanterne de l’ancien phare, quoique celle-ci fût à près de 60 mètres au-dessus du niveau normal des eaux. Le phare était constamment miné par l’Océan en furie, qui, à chaque tempête, enlevait des blocs entiers de rocher, compromettant ainsi la solidité de l’éditice. Il fallait, à tous moments, faire des réparations importantes et coûteuses.
- La nouvelle tour, toute en maçonnerie, forme un monolithe des plus compacts. Elle est construite de telle manière que, si son équilibre devait être compromis, la tour tomberait tout d’un bloc, d’un seul morceau ; car les diverses pièces sont rendues absolument solidaires les unes des autres. La partie inférieure est bâtie, jusqu’à 16mètres de hauteur, avec des blocs de granit encastrés les uns dans les autres et fortement cimentés; les assises reposent sur la partie la plus dure du rocher et les maçonneries des fondations se confondent et se mêlent avec les blocs naturels du massif.
- Au-dessus de cette partie, pleine et massive, qui mesure près de 20 mètres de diamètre, se trouve une autre section, également construite en granit, avec des murs de 7 mètres d’épaisseur, qui s’élèvent jusqu’au bandeau où repose la lanterne, c’est-à-dire à 54 mètres de hauteur.
- Les pierres employées ont toutes été fournies par les carrières granitiques du Cornwall. Les 2074 blocs forment un tout pesant 4500 tonnes ; ils furent apportés, ainsi que tous les matériaux nécessaires et le personnel du chantier, par un vapeur spécialement construit pour cet usage. Ce navire, qui rendit de sérieux services, ne coûta pas moins de 250000 fr. 11 ne pouvait aborder contre le rocher et devait s’arrêter à 40 mètres de l’ilot. Le transbordement des pierres, dont certaines atteignaient 3000 kg, était une opération extrêmement difficile; elle se faisait au moyen d’un appareil de levage spécial dont le navire était muni.
- Cette grue soulevait les blocs jusqu’à une certaine hauteur ; un transporteur aérien les véhiculait alors mécaniquement jusqu’au pied du rocher; puis une chèvre tournante, que l’on déplaçait au fur et à mesure que l’ouvrage s’élevait, prenait les blocs, les montait sur le chantier et les déposait aussi près que possible du lieu d’emploi. La manutention se faisait ensuite au moyen de moufles, de crics et de vérins,.
- Peu de phares sont, à l’intérieur, aussi bien aménagés que le nouveau phare de Fastenet. En raison de sa situation et à cause de la fréquence des tempêtes à cet endroit, il est quelquefois impossible d’y aborder, pour le ravitailler, pendant plusieurs semaines: aussi a-t-on disposé l’intérieur de la tour pour que les trois gardiens qui l’habitent aient autant de
- confort que possible, et qu’ils puissent y conserver des vivres pour quatre mois.
- Dans les parties inférieures, il a été installé une citerne à deux compartiments d’une capacité totale de 15 mètres cubes. A partir de la porte d’entrée, qui se trouve à 20 mètres au-dessus des plus hautes eaux, la tour se divise en six étages, dont les quatre premiers sont réservés aux magasins à vivres, aux dépôts d’huile et à la cage dans laquelle fonctionne le contrepoids du mécanisme qui fait tourner la lanterne rotative. Les cinquième et sixième étages sont réservés aux salles et chambres à coucher des gardiens.
- Ces différents locaux superposés sont tous desservis par un escalier métallique à spirale, qui s’élève depuis l’entrée jusqu’à la lanterne. La porte du phare, à laquelle on accède par des marches taillées dans le roc, se ferme au moyen d’un épais vantail en bronze qui forme joint étanche sur un cadre de même métal ; toutes les fenêtres sont munies de fermetures semblables, assez solides pour résister aux plus fortes tempêtes et essuyer les plus puissantes vagues et coups de mer. Ces fenêtres sont nombreuses; car tous les locaux, salles, magasins, etc., sont éclairés et ventilés au moyen de ces ouvertures, qu’il serait imprudent de ne pas fermer au moment des tempêtes.
- Une coupole métallique, avec ses vitrages, couronne l’édifice; cette lanterne contient une lampe dont les divers brûleurs ont chacun la puissance de 1200 bougies. Les rayons projetés sont d’un blanc brillant, assez semblable à ceux des projecteurs électriques des bateaux de guerre; leur puissance d’éclairage est calculée à 750000 bougies. Le rayon est unique; il se produit toutes les 5 secondes et sa durée est de 5 vingt-cinquièmes de seconde. Entre la coupole et les appartements, se trouvent, dans une sorte d’entresol, un atelier et la salle où sont installés les appareils d’horlogerie et le mécanisme.
- Cette importante construction a duré environ quatre années et la dépense totale s’est élevée à 2100000fr. Temps et dépenses, l’un et l’autre, s’expliquent parfaitement par les grandes difficultés de l’opération et les interruptions fréquentes du chantier, où il n’était possible de travailler que lorsque la tempête et l’état de la mer le permettaient.
- Le phare de Fastenet est un joyau nouveau dont s’enrichit la fortune de Trinity-Ilouse, cette institution qui, depuis deux cent cinquante années, n’a pas cessé un seul instant de travailler à assurer la sécurité des côtes des Iles Britanniques. La direction des phares britanniques s’est attachée avec un soin vigilant à créer le plus grand nombre de phares. Qualité et quantité sont les deux mots d’ordre de l’institution qui veille avec attention à ce que son outillage soit toujours de plus en plus perfectionné. Le remplacement de l’ancienne tour de Fastenet par un phare moderne en est une preuve ajoutée à beaucoup d’autres.
- Wnx. Darvillé. ;
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- L’INCINÉRATION DES IMMONDICES DANS LES VILLES
- Les questions d’assainissement et d’hygiène dans les villes sont à l’ordre du jour et l’une des plus intéressantes est sans contredit l’enlèvement et la destruction des or-
- Fig. 1. — Système Ilorsiall avec chargement automatique (Leeds).
- dures ménagères. Dans les cités importantes, c’est un service public de première nécessité ; il en est de même pour les boues et poussières qui contiennent aussi des matières organiques putrescibles.
- La composition des gadoues est très variable suivant les villes, les quartiers et les saisons ; elles renferment une grande quantité de matières azotées qui les ont fait apprécier par l’agriculture ; mais l’emploi de plus en plus recommandé des engrais chimiques, dont l’épandage est rapide et facile, a tenté les agriculteurs de préférence aux gadoues. D’autre part, l’hygiène qui pi’éoccupc même les populations rurales, leur fait écarter les dépôts d’immondices qui s’accumulaient dans les fermes, au détriment de la santé de leurs habitants. On a donc été amené à les incinérer.
- Le procédé de l’incinération a pris naissance en Angleterre, puis il s’est développé en Allemagne, en Belgique, et en Russie : il ne s’est implanté en France que difficilement; actuellement des projets sont à l’étude
- Fig. 2.— Système Ilorsiall simple.— Coupes de cellules (ISruxelles).
- pour l’incinération des ordures à Lyon, au Havre et pour l’incinération des boues préalablement desséchées de l’Usine d’Asnières.
- A côté des avantages d’assainissement, cette méthode peut donner lieu à une utilisation industrielle des plus
- ( intéressantes, grâce à la chaleur produite par la combustion de ces matières. Les ordures ménagères sont J en effet, dans la plupart des cas, autocomburantes et constituent ainsi un combustible, de qualité inférieure il est vrai, mais dont le prix est en revanche absolument nul.
- Les premiers fours créés n’avaient d’autre objectif que la destruction rapide de matières dont la présence prolongée à l’air libre entraîne de graves dangers pour l’hygiène publique; on s’aperçut cependant que les ordures pouvaient constituer un véritable combustible. Aussi les constructeurs s’ingénièrent, à la suite d’expériences, à construire des appareils pour utiliser le pouvoir calorifique de ces détritus.
- Cette utilisation présenta néanmoins des difficultés, insoupçonnées au début, qui firent renoncer à un grand nombre d’appareils, de résultats insuffisants. Actuellement le modèle universellement admis pour une bonne utilisation est celui des cellules, ou foyers séparés chargés alternativement.
- Par suite de la densité faible des ordures on est obligé, pour éviter des dimensions de fours considérables et pour avoir une combustion active, d’amonceler les matières sur une certaine épaisseur au-dessus des grilles et d’employer un tirage forcé à haute pression, pour assurer la pénétration de l’air au sein de la masse hétérogène,
- Fig. 3. — Système Doit. — Coupe cFuiie cellule (Wiesbaden).
- dont une grande partie est réfractaire à toute combustion. Pour obtenir un plus grand effet utile et assurer la combustion complète, on chauffe au préalable l’air à la température la plus élevée possible, en évitant, bien entendu, de gêner la circulation des gaz. 11 faut aussi éviter les rentrées d’air froid lors du chargement des fours, de l’entretien des feux et de l’escarbillage et réduire les pertes par rayonnement.
- La question de la main-d’œuvre est aussi capitale, car il est facile de comprendre que, comparativement aux combustibles ordinaires, les ordures doivent exiger plus de manutention, étant donné leur grand volume. Il faut réduire ces frais de main-d’œuvre dans une grande proportion, de même que, par hygiène, il faut mettre le personnel à l’abri du contact des matières rapidement putrescibles.
- Le système qui a servi de point de départ à tous les autres, et qui depuis le début s’est d’ailleurs perfectionné, est le système anglais Ilorsfall, installé partout en Angleterre et dans ses colonies, à Hambourg en 1896, à Zu-
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- L’INCINÉRATION DES IMMONDICES DANS LES VILLES 181
- rich en 4904, à Bruxelles en 4 904, à Saint-Pétersbourg, en construction à Varsovie, en projet à Lyon, au Havre et à Asnières.
- L’appareil llorsfall est constitué par une chaudière niultitubulaire spéciale, pour chauffage par gaz chauds; le foyer indépendant est formé de plusieurs cellules avec grilles. Jusque-là tout est simple, la complication intervient avec le chargement mécanique automatique, le tirage forcé et tous les à côtés ou services accessoires qui ne sauraient être négligés.
- pluie d’eau dans une toui'elle, on les déverse entre les concasseurs, puis dans des tambours trieurs qui permettent de les classer suivant leur grosseur ; un collecteur retient les poussières de concassage Le tirage forcé est obtenu par un ventilateur commandé automatiquement par la porte d’escarbillage de la cellule correspondante; la combustion se divise en deux parties : celle des matières placées sur la grille et celle des gaz mélangés d’oxygène insufflé dans la chambre de
- Les ordures arrivant à l’usine sont à cet effet déversées au moyen de ponts roulants qui soulèvent la caisse des voitures et elles sont amenées dans des caisses de chargement disposées au fond de fosses dans le hall même des cellules.
- La caisse de chargement a la forme d’un tronc de pyramide, le fond est formé de portes à charnières qui sont commandées par les tringles de suspension.
- La caisse pleine, amenée à l’aplomb d’une cellule, soulève par son poids la porte de fermeture au moyen d’une trémie spéciale et de bielles et la déplace latéralement ; en continuant le mouvement descendant, la charge complète tombe sur la grille où l’étend régulièrement le chauffeur; le mouvement ascensionnel remet tout en place : le tout a duré
- Fig. S. — Déchargement des caisses des voitures (Zurich).
- Fig. 4.
- Système Herbctz. •— Vue des fours (Brünn).
- combustion. L’air injecté est chauffé préalablement en traversant des boîtes latérales en fonte à parois inclinées sur les côtés intérieurs des cellules et en contact avee les mâchefers incandescents. Ces boîtes contiennent un peu d’eau, qui, entraînée par le courant d’air, renforce l’effet du tirage forcé.
- L’inconvénient du tirage forcé est l’entraînement de poussières au sortir de la cheminée, on y remédie en plaçant à la sortie des chaudières un collecteur de poussières.
- Le système Herbetz, employé en Allemagne, n’est qu’une variante du système Horsfall; il est employé à Brünn, à Fiume, à Kiel, etc., et il est projeté à Francfort.
- Le système du Dr Clémens Doit, au contraire, est tout à fait spécial, il est
- quelques secondes. Les caisses fermées sont d’ailleurs en dépôt sur un plancher d’attente, ce qui donne un emmagasinement en vase clos et. évite le contact des ouvriers.
- L’incinération de la charge d’une cellule dure environ deux heures, son poids est d’une tonne.
- Quand tout est consumé, le chauffeur ouvre la porte d’escarbillage, décrasse sa cellule et fait tomber les escarbilles qui sont enlevées par des wagonnets-bennes spéciaux et conduites à un atelier spécial de broyage et de criblage. Après avoir été refroidies et éteintes sous une
- employé à Wiesbaden.
- Dans ce système la grille est supprimée et la cellule produit la combustion suivant un principe tout différent ; c’est en résumé un petit haut fourneau qui occupe par conséquent moins d’emplacement que les cellules des autres systèmes.
- A Wiesbaden, les cellules sont placées près des chaudières, ce qui évite ainsi les chaleurs perdues par un long trajet; chaque cellule brûle 48 tonnes par jour.
- La combustion des immondices peut produire dans les générateurs multitubulaires de la vapeur à 40 atmo-
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- L’INCINÉRATION DES IMMONDICES DANS LES VILLES
- sphères et constituer une source permanente d’énergie à laquelle les villes peuvent recourir utilement. Celte force peut être employée à produire l’électricité pour l’éclairage, le transport de force ou la traction. Des difficultés peuvent évidemment se présenter quand
- Fig. 6.
- Système Horsfalt (Zurich).
- Coupe du bâtiment des chaudières et de ta station électrique.
- la société de traction produit elle-même son courant.
- Dans ce cas, comme lorsqu’il n’y a pas de traction électrique, on peut commander des pompes de distribution d’eau, en plus bien entendu de la force nécessaire aux ponts roulants, aux ventilateurs, etc., de l’usine même d’incinération.
- Quelquefois, surtout en Angleterre, à Manchester notamment, on utilise la vapeur produite pour un établissement de bains, quelquefois aussi pour le pompage des eaux d’égouts comme à Salisbury, à Lu-ton, etc.
- On peut combiner une installation électrique d’éclairage pour l’hiver, et l’été, pour utiliser l’excédent de force dont on disposera, une fabrication de glace.
- Pour les petites villes qui possèdent une installation de gaz avec une petite station centrale, on peut avoir la combinaison suivante: la distribution d’eau sera faite par les moteurs à gaz ou les moteurs électriques indistinctement; pendant l’été elle sera conduite électriquement, la force étant fournie principalement par l’usine d’incinération au lieu que, pendant l’hiver, la distribution d’eau sera conduite par les moteurs à gaz pendant la journée seulement.
- Nous citerons comme exemple concret l’usine de Kiel en service depuis décembre 1900; elle produit de la vapeur qui sert à exploiter une fabrique de poudrette et à produire l’énergie électrique nécessaire aux deux usines.
- Kiel a 170000 habitants dans 0059 immeubles.; chaque
- immeuble possède un récipient à ordures qui est transporté à l’usine 2 fois à 4 fois par semaine. Chaque caisse pèse vide 17 kg, elle a une capacité de 110 litres, soit 47 kg de gadoues, et est munie d’un couvercle.
- La voiture d’enlèvement en prend 44 par voyage et fait 5 voyages par jour; ce qui donne en tout une production de 500 litres d’immondices par habitant.
- Les récipients sont laissés à la disposition du service d’enlèvement à toute heure du jour, à moins que le propriétaire n’assure ce service: dans le premier cas la taxe est de 15 à 45 francs par an.
- Une fois vidés à l’usine, les récipients sont nettoyés, brossés mécaniquement et rechargés sur les voitures.
- Le déchargement et le nettoyage exigent 5 ouvriers et 8 ouvrières.
- Le four est analogue à celui de Brünn ; il a 18 cellules de 0,90n'2 de grille groupées par 6.
- Chaque groupe traite 58 tonnes par jour, chauffe une chaudière à tubes d’eau de 200m2 de surface de chauffe.
- La vapeur produite est à 8 kg et elle alimente une machine à vapeur de 100 chevaux qui commande un ventilateur pour les fours et une dynamo pour l’éclairage.
- Cet exemple qu’on pourrait facilement multiplier prouve que, dans tous les cas, l’incinération est une source de profits en meme temps qu’une mesure excellente de salubrité.
- Le procédé peut d’ailleurs être appliqué à toutes sortes de détritus tels que les boues, une fois qu’elles ont été
- «________„ desséchées.
- Dans cette question d’utilité publique, la France est certaine-
- Broyage
- ment un des pays les plus en retard ; espérons que les projets à l’étude aboutiront et profileront, bien entendu, de tous les essais faits par les étrangers.
- Eugîîne-ïï. Weiss, Ingénieur des Arts et Manufactures
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- LA PROTECTION DES PAYSAGES
- Le 21 avril 1906 est la date d’une loi française « organisant la protection des sites et monuments naturels de caractère artistique ». Cette loi est due à l’initiative première (18 mars 1901) de M. Beau-quier, député du Doubs, aux efforts persévérants de la Société pour la protection des paysages de France et aux concours ultérieurs de diverses autres personnalités et associations (Touring-Club, Club alpin français, Amis des monuments, Société populaire des beaux-arts). Le Parlement n’a pas mis moins de cinq ans à la faire aboutir, car les espèces de servitudes que ses divers projets tendaient à établir « mettaient en échec des droits privés difficiles à concilier avec l’intérêt général, qui commande de conserver intactes ces beautés, qui ont été répandues sur notre pays par la nature et par l’art». (VI. G. Ley-gues, Chambre des députés, 4 mars 1902.)
- En six articles, ladite loi (applicable à l’Algérie) constitue dans chaque département une Commission de 11 membres, pour dresser la liste des propriétés foncières à conserver ; elle prescrit d’inviter les propriétaires des immeubles désignés à ne les modifier en rien sans autorisation; faute de prendre cet engagement, les propriétaires peuvent être expropriés en vertu de la loi du 3 mai 1841, c’est-à-dire en échange d'une indemnité à payer parle département ou la commune. La difficulté d’application de cet article est double : d’abord il y a peu de chances d’obtenir à l’amiable l’établissement de la servitude requise, parce qu’une fois qu’elle a été consentie, le moindre changement peut entraîner une amende de 100 à 3000 francs et qu’olle constitue en somme un sacrifice, une gêne sans aucune compensation; en second lieu, la poursuite de l’expropriation
- sera bien rare de la part de communes et même de départements, qui sont toujours à court d’argent pour des travaux d’utilité publique autrement sérieux (voirie, écoles, hospices, adductions d’eau, déplacement de cimetières, etc.).
- Il n’en est pas moins louable et excellent d’avoir posé le principe de la protection légale de nos beautés naturelles (pratiqué depuis si longtemps aux parcs nationaux d’Amérique, en Allemagne1, etc.); et déjà quelques essais d’application ont été tentés (notamment à l’ile de Bréhat, Côtes-du-Nord, classée par arrêté du 13 juillet 1907).
- Aussi bien, toute critique de la loi de 1906 serait injuste et l’objet de ces lignes est tout autre.
- 11 faut rappeler, en effet, que ce nouveau texte législatif visait surtout, d’après les exposés des motifs et les discussions, « les mutilations exercées par le vandalisme industriel... la dégradation et la suppression des beautés naturelles..., les réclames les plus vulgaires déshonorant les plus nobles paysages »2.
- C’est principalement contre les entreprises de la houille blanche que le bouclier est levé, et j’ai montré jadis, ici même (n° 1677,15 juillet 1905), l’embarras de choisir, en ce cas spécial, entre les revendications de l’esthétique et les exigences du progrès scientifique luttant pour l’amélioration de
- 1 II existe en Bavière une ligue dite Heimatschutz. Dès 1803 Bamberg faisait un parc populaire d’une propriété privée. En 1841 et 1852 des lois bavaroises protégèrent spécialement les arbres et les forêts. En Saxe, un funiculaire a été interdit. En Prusse, une loi de 1903 a réglementé les affiches-annonces, etc. (D’après Nature-An 6 juin 1907.)
- 2 Un autre projet de loi spécial, contre les abus de Vaffiche-réclame, vient d’être déposé par M. Beauquier à la Chambre des Députés le 28 janvier.
- Fig. 1. — L’usine électrique de Bournillon.
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- la vie humaine ! Précisément, à propos d’une usine projetée alors près de l’admirable site de Bournillon (Isère), je demandais qu’une entente intervînt pour choisir l’emplacement dans le point le moins pittoresque. Ce vœu paraît avoir été réalisé, car notre gravure (fig. 1) montre l’usine placée bien à l’aval de la grandiose sortie de Bournillon qu’il s’agissait de ne point défigurer : le plus beau point du paysage a donc été sauvegardé. D’ailleurs le comité de l’Isère vient de proposer le classement des belles gorges de la Bourne ; il est fâcheux seulement qu’il ait omis d’y comprendre de fort belles grottes : Bournillon précisément, Gournier, Favot, Goule-Blanche, etc.
- Il faut avouer qu’en bien des localités, il n’y aurait guère lieu de s’arrêter à l’objection tirée de ce que des utilisations de force motrice ou des captages d’eau gâteront le pittoresque du site. Certes, je ne suis point suspect de favoriser les travaux publics au détriment des paysages, car j’ai publiquement déploré en son temps1 la désastreuse précipitation avec laquelle la route de la Nouvelle Corniche, par exemple, a si irrémédiablement saccagé la belle côte de l’Estérel, en y multipliant les tranchées ou murs de soutènement, qu’un tracé plus mûrement étudié eût pu atténuer (au grand profit même de la sécurité des automobilistes, qui s’acharnent d’ailleurs à la parcourir trop vite pour apprécier toute la splendeur dû pays).
- C’est ainsi, entre autres cas, que, si on réalise jamais le projet si salutaire de captage2 de Fontaine-l’Évêque à Sorps (Var), pour l’alimentation de Marseille et Toulon en bonne eau potable, il n’y aura point lieu de verser des larmes sur la suppression de la petite cascade de sortie de cette source : car, sincèrement et malgré sa réputation dans toute la Provence, l’endroit lui-même n’est nullement un spectacle de premier ordre ; c’est son cadre surtout qui est beau à contempler : la large vallée du Yerdon avec les montagnes de Moustiers au fond, et la sauvage entrée des Gorges ou Barres de Baudinard. Pourvu qu’on n’édifie pas à Sorps de trop importants bâtiments et pourvu que les falaises de Baudinard soient respectées par les conduites d’eau, il y aura lieu de passer outre aux.doléances qu’exhaleront les paysagistes. Les droits impérieux de l’hygiène publique priment tous les autres.
- Un ennemi plus dangereux peut-être que l’industrie, ennemi non prévu par la loi et ses prodromes, est précisément le tourisme, par la fièvre de pénétration à outrance, par le fâcheux entraînement à construire des routes partout, même en des lieux inabordables, fièvre et entraînement qui en arrivent, si l’on considère posément les choses, à abîmer la France. Certes il est hautement recommandable et généreux de vulgariser la connaissance d’un pareil pays et de faciliter les accès de ses plus grandioses beautés : cela le fait aimer davantage en généralisant
- 1 Tour de France, 1er avril 1905.
- 2 V. Annales cle Vhydraulique agricole, fascicule 53, 1905 (paru en décembre 1907).
- Gorges du Tarn. Avant la route.
- Fig. 2. Falaise de la Malène. — Fig. 3. Grotte de la Momie Fig. 4. Les Étroits.
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- Gorges du Tarn. — Depuis la route.
- Fig. 5. Falaise de la Malène.
- Fig. 6. Grotte de la Momie. — Fig. 7. Les Étroits.
- l’enthousiasme qu’elles suscitent chez leurs admirateurs. Mais ces sortes d’entreprises (avec leur cortège de tranchées, remblais, soutènements, ouvertures de carrières, abatages d’arbres, etc.), ne commencent-elles pas à verser dans les plus fâcheux excès et à mériter aussi l’application de mesures analogues à celles de la loi du 21 avril 1906?
- C’est la photographie et le paysage eux-mêmes qui vont nous répondre péremptoirement : et, parmi les sites des plus ravissants de notre France, les Gorges du Tarn.
- On a mis plus de vingt ans à y construire une roule nationale que, pour ma part et depuis 1883, j’ai toujours combattue sans succès d’ailleurs. Je ne reviendrai pas sur cette dispute.
- Le résultat atteint, maintenant que la route vient d’êlre achevée (1907), est plus éloquent que toute discussion. Je mets ici, face à face, quelques vues de la partie centrale des gorges, avant la route et après la route (mai 1906). Comparez les deux séries :
- Figures 2 et 5. Entre Hauterive et la Malène la belle falaise de la rive droite a perdu ses arbres ; un long soutènement balafre tout l’escarpement ; et les saillies des anciens encorbellements gisent, débris pitoyables, en talus de blancs moellons !
- Figures 3 et 6. A l’entrée du détroit, devant la grotte de la Momie, un cône d’éboulis encombre la grève et a détruit de la verdure : de 80 mètres de haut les terrassiers de la roule se sont ainsi débarrassés des matériaux qui les gênaient. Est-ce, oui ou non, une atteinte au paysage?
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- Figures 4 et 7. Même procédé au beau milieu des Etroits, où la sortie du défilé est masquée maintenant par une pyramide de cailloux brisés.
- Figures 8 et 9. Après la sortie des Etroits,, la roche trouée de l’Escayou était un des plus jolis intermèdes de cette exquise descente en bateau que furent jadis (et que ne seront plus !) les infortunées gorges du Tarn. Pour son malheur, le tracé choisi la rencontra et la trouva trop peu large pour passer dessus : faible embarras ! Un coup de mine la fit sauter, . envoya son élégant tablier rouler dans la rivière et ne laissa plus subsister que le moignon estropié de la figure 9. Un aisé détour du tracé eût préservé ce joli caprice de la nature, et aurait évité sans doute le soutènement qui fait suite, avec le chaos de débris qui gît au pied.
- J’ignore quelles furent les exécuteurs de ces
- caire, à cause de sa fissuration naturelle, à cause du régime (révélé depuis peu d’années) de son hydrologie souterraine, à cause des poches d’eau et rivières intérieures qu’il contient, est une roche des plus dangereuses pour les ingénieurs. Maint tunnel de chemin de fer l’a surabondamment démontré. Il y a quelques semaines seulement une catastrophe, résultant de travaux conduits dans des roches calcaires disloquées, aux crevasses aquifères remplies par les pluies d’automne, aux infiltrations libérées par les explosions de mines, a tué quinze hommes dans les gorges du Loup à Bramafan (20 novembre 1907). Il est facile, certes, et peu charitable surtout, de faire ressortir, après ce coup terrible, l’imprudence quia fait construire en cette due une route qui jamais n’aurait dû être décidée. Mais il est opportun de rappeler que l’éboulement meurtrier d’Amalfi,
- hautes œuvres, ce qui m’évite des personnalités. Sur leurs procédés d’ailleurs le silence est la plus puissante des critiques; et l’on ne saurait rien ajouter à la condamnation prononcée contre eux par l’objectif photographique.
- Voilà ce qu’on a fait aux gorges du Tarn, malgré les circulaires des ministres des Travaux publics, de l’Agriculture et de l’Intérieur en date des 25 septembre, 22 octobre et 29 octobre 1904, prescrivant aux ingénieurs et aux préfets de faire « respecter les beautés naturelles » dans l’accomplissement des travaux publics. Continuera-t-on à permettre ailleurs, par exemple dans les dues de Provence, plus extraordinaires encore, la perpétration de ces abus!
- Si le respect des paysages, inobservé par ceux-là mêmes qui s’efforcent de le vulgariser, n’est pas un argument suffisant, un aulre plus grave doit entrer en ligne : c’est en général dans les pays calcaires que l’on recherche le plus la pénétration parmi les étroits défilés, au flanc de murailles verticales qui font les plus sensationnels tableaux. Or le cal-
- (Italie) ,1e 2 décembre 1899, a eu de même pour cause des travaux de port s’attaquant au pied d’une falaise fissurée et soumise aux infiltrations, etc.Le 1 “'janvier on signalait de la Speziaque la grotte de lord Byron, à Porto-Venere, menaçait de s’écrouler et qu’on était obligé de la faire sauter. Il est permis aussi de recourir à la comparaison photographique pouf prévoir le sort réservé au recoin jadis si étrange des gorges du Loup, dénommé Cascade de Courmes,! colonne d’eau tombant du sommet des falaises dans le vide des encorbellements excavés par sa plus grande puissance d’antan. Primitivement, un étroit sentier de piétons (fig. 10, antérieure à 1895) avait labouré au minimum la panse effroyablement surplombante de la muraille. Depuis, le moderne restaurant-bar est venu s’installer, sur des arcades de maçonnerie (fig. 11), au creux même de l’excavation naturelle ; et l’on projette, je crois, un pont de fer pourporter ici la route des gorgesdu Loup. Ceci aussi est donc de l’industrie, moins utile, semble-t-il, que la récupération de l’énergie perdue des torrents.
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- De par son titre, cette revue se croit le droit de défendre la Nature; elle a le devoir d’en concilier le respect, autant que cela se peut faire, avec lès applications les plus profitables de la science.
- térèt de la protection des sites. Envers les abus désolants que l’expansion outrée de la viabilité multiplie au nom des purs et simples promeneurs, des précautions analogues s’imposent nécessairement !
- 11 ne saurait se trouver aucun esprit sain pour prétendre que le tourisme, la distraction des excursionnistes ou des caravanes en vacances, doive bénéficier de franchises, de tolérances, d’aisances que l’on veut enlever aux plus utiles usines, organisatrices de travail et productrices de forces ou de denrées ! Qui donc oserait soutenir qu’une chaussée boulevard, une route de plaisance, conserve le droit d’être plus inconsidérément établie qu’uneaplage ou un barrage destiné à répartir économiquement à toute une province l’eau, la lumière, l’énergie? Un tel langage ne peut que valoir, à celui
- Fig. 10. — Cascade do Courines (1895).
- . C’est pourquoi je renouvelle, envers qui de droit, le vœu que je formulais en 1905, pour la création d’un comité consultatif officiel (des Travaux Publics, de l’Agriculture et des Beaux-Arts réunis) ehargé d’examiner les projets d’industrie et de tourisme, quant à la sauvegarde des sites, — d’indiquer les modifications ou interdictions désirables, — et de mettre d’accord les intérêts en conflit. Les commissions départementales de la loi de 1906 lui prépareraient très commodément la besogne si l’on rendait leur avis obligatoire; elles joueraient alors le même rôle que les commissions départementales d’hygiène vis-à-vis du conseil supérieur d’hygiène publique. Ainsi l’on actionnerait efficacement un indispensable contrepoids vis-à-vis des initiatives trop prime-sautières, souvent désastreuses par conséquent, des niveleurs de chaussées, entrepreneurs de tourisme et autres pourfendeurs de paysages.
- A l’égard des usines hydrauliques déjà, un projet de loi sur les cours d’eau non navigables prévoit (art. 6 et 13), et toujours sur la proposition de M. Beauquier, des réserves à leur imposer dans l’in-
- Fig. 11. — Cascade de Courmes, actuelle.
- qui ose le proférer, la lapidation de la part des syndicats en mal de routes. Mais les sincères amis des beautés naturelles méconnaîtront-ils qu'un acte inqualifiable, comme la destruction de la roche trouée de l’Escayou, légitime tous les anathèmes et exige de prévoyantes représailles? E.-A. Martel,
- Membre du comité technique^du Touring-Club.
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- UNE NOUVELLE ROUE A JANTE SINUSOÏDALE
- Récemment, un inventeur de New-York, M. Bern-hard Beskow, a imaginé un nouveau type de roue, fort curieuse comme construction, et qui pourrait bien avoir certains des avantages que réclame pour elle son auteur, et que signalait notre confrère Scien-tific American.
- M. Beskow a voulu créer une roue qui ne présente à sa périphérie qu’une surface, une jante absolument unie, et qui pourtant donne un effort de traction considérable, c’est-à-dire une adhérence précieuse avec le sol; il estime arriver au résultat poursuivi, en construisant une roue dont la jante est courbée latéralement : ce mot va s’expliquer par l’examen des figures que nous reproduisons ici et par les quelques indications que nous allons fournir. On peut dire que chaque roue (qui est du type plein, ou du moins à toile pleine) est double : elle est formée de deux éléments analogues boulonnés sur un moyeu commun.
- En dépit de l’illusion qu’on pourrait avoir d’abord, en examinant une de ces roues normalement à l’essieu, et, par suite, suivant son plan de symétrie, le bandage en est relativement étroit, et la surface de ce bandage, en tous ses points, est parallèle à l’essieu ; d’autre part, quand on regarde la roue suivant cet essieu, on constate que sa périphérie forme un cercle parfait. Si on examine cette roue bizarre suivant son plan de rotation, en se remettant dans une position perpendiculaire à l’essieu, on voit que le pourtour de chacune des demi-roues se courbe dans un sens opposé à la courbure de l’autre. Et quand une de ces roues roule sur le sol, comme conséquence naturelle, elle y tracera une courbe sinusoïdale. Quatre roues étant montées à l’arrière d’un véhicule de façon convenable, on verra se dessiner derrière ce véhicule quatre traces sinusoïdales, mais dont les courbures se disposeront de façon symétrique. La disposition contraire des courbures des roues, qui donne cette symétrie dans les tracés, empêche le véhicule de se déplacer d’un côté vers l’autre de la voie suivie.
- 11 ne faut pas croire que la construction d’une roue de ce genre soit fort compliquée. Chaque roue
- est composée de deux plaques elliptiques en tôle d’acier que l’on courbe suivant leur axe le plus petit ; on les assemble du reste en croix, c’est-à-dire de façon que le petit axe de l’une soit perpendiculaire au petit axe de l’autre. L’inventeur affirme que des roues ainsi constituées présentent une remarquable résistance avec une légèreté très précieuse, et qu’aucune tendance à la distorsion ne s’y manifeste, pas plus qu’aucun effort latéral sur l’axe.
- Il est bien certain que cette disposition semble pouvoir assurer une partie des résultats avantageux que M. Beskow réclame pour son invention. On comprend qu’une jante qui décrit constamment une courbe à la surface du sol, et qui, par suite, l’attaque toujours obliquement, doit donner au vélii-culece qu’on peut appeler une bonne « prise » sur cette surface ; il y a là de quoi prévenir fort effectivement le dérapage, le glissement des jantes et bandages à la surface des rues glissantes, des mauvais pavages. Et on a pu dire pittoresquement que les roues dont il s’agit permettent au moteur de la voiture de prendre appui sur la surface de roulement comme des patins, toujours disposés obliquement sur la glace, permettent au patineur d’avancer. On sait que pour assurer une bonne prise sur le sol, une bonne adhérence aux grosses voitures et aux locomotives routières, on munit souvent leurs jantes de nervures soit normales, soit obliques au plan de la roué; mais ces nervures contribuent fortement à détériorer la surface des voies empruntées, pour peu que l’on veuille marcher vite, et elles s’usent assez vite ou se chargent de boue : dans ce dernier cas, leur effet est complètement annihilé.
- Il va de soi que les roues sinusoïdales ne sont pas susceptibles de creuser sur les routes ces profondes ornières qui nécessitent un entretien constant, gênent tant la circulation des véhicules, et imposent des efforts pénibles aux attelages, si elles ne sont pas réparées fréquemment : il est pratiquement impossible que les roues sinusoïdales d’une voiture viennent repasser sur les tracés d’une voiture précédente. Les zigzags produits par le roulement des roues se répartissent sur presque toute la surface de la voie,
- La roue à jante sinusoïdale. — 1. Uuatre roues montées sur un même essieu. — 2. Vue explicative de la construction des roues.
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- UNE FERME A NANDOUS ET A CASOARS :.. =: 189
- qui est roulée et égalisée pour ainsi dire. On a constaté également que ces roues enfoncent moins dans la boue, le sable, que des roues ordinaires, et exercent un effort de traction plus considérable dans le terrain le plus meuble. Enfin, il paraît assez logique d’admettre que, quand elles rencontrent un obstacle, elles ont tendance à le tourner au lieu de le franchir, ce qui a pour effet d’imposer au moteur un à-coup considérable. L’inventeur a fait construire et fonctionner un chariot modèle muni de ses roues, et il s’en est trouvé très satisfait pour
- les transports dans les plus mauvais terrains.
- À noter d’ailleurs que les roues en question peuvent être actionnées par chaîne, au moyen d’un arbre à joints universels, ou encore par des engrenages d’angle leur permettant de s’adapter aux inégalités du sol. Leur inconvénient certain est de ne pas avoir jolie apparence pour quiconque regarde « par bout » le véhicule qu’elles supportent ; mais elles mériteraient peut-être d’être essayées sur une grande échelle pour des poids lourds, l’esthétique perdant un peu ses droits en la matière. Henry Bougeois.
- UNE FERME A NANDOUS ET A CASOARS
- Depuis plus d’un demi-siècle, le naturaliste Isidore Geoffroy Saint-llilaire a préconisé l’introduction en Europe des Nandous et des Casoars. L’acclimatation de ces oiseaux lui paraissait devoir réussir d’autant mieux qu’ils habitaient des régions peu différentes des nôtres, sous le rapport des conditions climatériques. Les expériences, exécutées au cours de ces dernières années, justifient pleinement la manière de voir du grand savant.
- Les Nandous surtout sont maintenant domestiqués et se reproduisent non seulement dans les jardins zoologiques d’Allemagne, d’Angleterre, de France, de Belgique ou de Hollande, mais aussi chez des amateurs. En particulier, on a tenté cet élevage dans les départements de la Haute-Garonne, du Maine-et-Loire, de la Vienne, de l’Indre-et-Loire, du Calvados, de l’Eure-et-Loir, de l’Orne, du Pas-de-Calais et de la Seine-et-Marne. Partout l’entreprise a été couronnée de succès. Nandous et Casoars supportent facilement l’hiver sous le ciel de notre pays; ils le passent en plein air ou dans de primitifs abris dont la photographie ci-contre, prise dans une propriété située à Melun, donne l’idée (fig. 1).
- Les Nandous américains (Rhea americana), les seuls qu’on élève en France d’une manière suivie, tout en appartenant comme les Autruches à l’ordre
- des Brévipennes, se distinguent de ces oiseaux par divers caractères. Le bec des premiers est plus long
- que celui des seconds; leurs pattes, plus hautes et plus grêles, se terminent par trois doigts au lieu de deux; leur tête et leur cou sont moins dénudés et leurs ailes, quoique impropres au vol, un peu moins rudimentaires. Le plumage des Nandous adultes présente aussi des colorations moins tranchées que celui des Autruches : du fauve, du brun et du gris au lieu de blanc pur et de noir foncé.
- En définitive, la livrée des Nandous rappelle plutôt l’aspect extérieur des Emeus.
- Dans la ferme de Melun, les Nandous vivent dans des parquets de 20 mètres de côtés, entourés d’un simple grillage de 1,20 m. de hauteur. Toutefois il serait préférable de mettre à leur disposition de vastes pâturages clos. On pourrait ainsi les élever au milieu de moutons, de chevaux, de bœufs et autres bestiaux avec lesquels ils se familiariseraient très bien; leur entretien coûterait alors fort peu, car lâchés dans une prairie non seulement ils n’arrachent pas l’herbe à la façon de l’oie, mais ils mangent beaucoup de plantes dédaignées des autres animaux et ils détruisent, en outre, une foule d’insectes nuisibles.
- Indépendamment de la verdure, dont ils se repaissent à leur aise, on donne, chaque jour, aux Nan-
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- UNE FERME A NANDOUS ET A CASOARS
- dous domestiqués, un repas composé de pommes de terre, de betteraves ou de carottes coupées et de son.
- Un Nandou américain est adulte à trois ans. 11 mesure 1,30 m. environ du bout du bec à l’extrémité des plumes floconneuses qui remplacent la queue. Sa tète est d’un brun noirâtre et son cou, d’un gris cendré, prend, selon E. Oustalet, des tons de plus en plus foncés du côté de la base où commencé une coloration noirâtre qui s’étend entre les épaules tandis que la région avoisinant le bec, le tour des yeux et les oreilles a une couleur de chair Le reste du dos et les ailes sont d’un gris ardoisé; la gorge, d’un blanc sale dans sa partie supérieure, tire au noir inférieurement ; les tarses, complètement dénudés et garnis de larges écailles sur leur face antérieure, présentent un aspect général grisâtre. Enfin le mâle adulte porte un double croissant noir contrastant assez fortement avec la nuance blanchâtre de l’abdomen.
- En France, la ponte commence vers mars ou avril.
- Comme le montre une de nos illustrations fc'-su (iig. 2), le mâle construit son nid en pratiquant, sous bois de préférence, une légère excavation
- Fig. 2. — Nandou mâle en tram de couver.
- dans le sol,; il la tapisse grossièrement de branchages, d’un peu de mousse, de feuilles et de quelques plumes.
- Polygame, le Nandou peut féconder de 3 à 7 1 nielles. Ces dernières dent autour du nid e son bec et son cou, le mâ mène les œufs sous lui. Il en couve parfois une vingtaine et s’installe dessus Fl°- ~~
- dès qu’il en a 3 ou 4. Mais, afin d’éviler les éclosions successives, le garçon de ferme marque 2 ou 3 œufs et retire les autres, au fur et à mesure que le mâle les place sous lui. Lorsque la réserve atteint une douzaine d’œufs, le gardien les remet dans le nid, après y avoir apposé un signe distinctif,
- avec
- à la place de ceux qu’il y avait précédemment laissés ; puis, tous les deux ou trois jours, il enlève ceux récemment pondus et, de la sorte, l’éclosion s’opère avec régularité. Chaque femelle pond annuellement de 25 à 50 œufs en deux fois : mars-avril et juillet-août. Le mâle couve seul et pendant les 34 à 40 jours de l’incubation, il jeûne et ne se lève pas de son nid. Dans sa ferme de Melun, M. l)e-breuil a également essayé d’une couveuse artificielle; mais, pour réussir à élever les sujets obtenus par celte méthode, il faut beaucoup de soins. Les jeunes Nandous poussent rapidement et résistent bien aux variations du climat français. Ils aiment les œufs durs, les morceaux de pain, le son et la verdure hachée qu’on leur distribue quotidiennement. Le mâle s’acquitte admirablement de son rôle de nourrice, il couche tôt sa progéniture et la lève tard, tandis qu’on doit écarter de lui la femelle, qui le distrairait de ses fonctions, s’approprierait sans vergogne les aliments de ses petits et parfois même tuerait ces derniers. La chair des Nandous d’un an, quoique certainement moins délicate que celle d’une poularde du Mans ou d’un canard de Rouen, pourrait entrer dans l’alimentai ion française ; nul doute d’ailleurs qu’un régime approprié ne l’améliore beaucoup. D’autre part, les œufs de Nanous, qui pèsent de 700 à grammes et sont très fins, offriraient une grande ressource pour les paysans. Un seul de ces œufs équivaut donc à 12 ou 15 œufs de poules! Mais dans la ferme de Melun, on élève surtout les Nandous pour leurs plumes. Les oiseaux étant familiers on les dépouille aisément (lig. 1) et, sanslesdépa-rer, on enlève à chacun d’eux de 300 à 400 grammes de plumes. Cette récolte se fait vers le mois d’août.
- Nid de casoar.
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- : ACADÉMIE DES SCIENCES —
- Les plumes de Nandous, appelées dans le commerce parisien « plumes de Vautour », servent principalement à confectionner des plumeaux. On fabrique aussi, en cousant ensemble les plumes du ventre, des tapis élégants et d’une douceur remarquable. Les longues plumes, moitié blanches et noires, se vendent en petits paquets et s’emploient pour la parure sous le nom de « gerbes indiennes ». Les petites plumes blanches ou rousses, molles et lloconneuses, s’utilisent comme garnitures de manteaux ou pour faire des boas et des manchons d’une assez grande valeur. D’ailleurs, les plumes de Nandous ont considérablement augmenté de prix en ces temps derniers. Alors qu’il y a quelques années elles valaient 15 à 22 francs le kilogramme de tout-venant, elles coûtent aujourd’hui jusqu’à 120 francs le kilogramme.
- MACHINE A BADIGEONNER r_191
- Dans les parquets, un Nandou mangé par jour, en été, une moyenne de 0,450 kg de son et autant de pommes de terre accompagnées de salade, détritus de cuisine, verdures diverses et, en hiver, 0,550 kg de betteraves coupées et 0,200 kg de son, plus un peu de verdure. L’élevage du Nandou peut donc donner des bénéfices appréciables.
- Quant aux Casoars, ils couvent pendant une soixantaine de jours, mais leurs œufs sont verts parsemés de points gris foncé, au. lieu d’être blancs comme ceux des Nandous. Ainsi que ces derniers, les mâles construisent leur nid (fig.'5) en pratiquant une excavation près d’un buisson et ils la tapissent de branches mortes, de paille, d’un peu de;mousse et de feuillages. D’ailleurs, à la ferme de Melun, qn en est encore dans la période d’essais pour ce qui concerne leur multiplication rationnelle. Jacques Boyer.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 février 1908.
- Présidence de M. Becquerel.
- Matériaux du fond du golfe de Gascogne. — M. Thou-letexpose qu’ayant examiné delà vase ramenée du golfe de Gascogne, à une profondeur de 500 mètres, il en a séparé des matériaux grenus d’une densité supérieure à 2,8. Après en avoir extrait au moyen de l’aimant les substances qui contiennent du fer, il a trouvé de petits cristaux très réfringents, incolores, transparents, inattaquables par les acides, propriétés analogues à celles du diamant.
- Les variations de la taille. — M. Lannelongue résume un travail de M. Robinson, qui démontre par des considérations anatomiques que la taille de l’homme s’allonge et se raccourcit dans la même journée. Ces variations sont dues au mode d’insertion des ligaments qui maintiennent les vertèbres. La pesanteur, la marche ou la station prolongée produisent un raccourcissement de 0,05 m. environ. M. Robinson, sur les corps d’individus morts récemment, a pu vérifier des variations oscillant entre 2 et 5 centimètres. L’abbé de Fontenu avait donc raison, il y a 200 ans, lorsqu’il disait que la taille diminue pendant la veille et augmente pendant la nuit.
- La lutte contre la maladie du sommeil. — M. Bouvier analyse un travail de M. Rouhaud sur les conditions du développement de la glossina jialpalis qui propage la maladie du sommeil. L’auteur a réussi à élever ces mouches en se servant pour cela de tubes à essais fermés par une mousseline* Elles pondent des larves relativement très grosses. Aussi sont-elles très voraces. De deux on deux jours on portait à l’orifice du tube une souris. La mouche se gorgeait de sang au point d’augmenter beaucoup de volume. La ponte a lieu tous les 8 ou 9 jours pendant trois mois. Chaque mouche donne donc 10 larves environ, puis meurt. Cette larve s’enfonce dans la terre et, au bout de quelques heures, se transforme en pupe. 11 faut ensuite aux pupes 55 à 55 jours pour laisser échapper l’insecte parfait. La ponte a lieu dans les endroits ombreux de température voisine à 25°. Le refroidissement, même jusqu’à 0°, produit des effets insensibles sur les pupes, mais l’élévation de la température et l’eau leur sont funestes. Il convient de débroussailler les environs de Brazzaville qui présentent des gîtes favorables. Ch. de Villedeuil.
- UNE MACHINE A BADIGEONNER
- On a inventé, pour des travaux très importants, des machines à badigeonner. Ce sont, en' général, de volumineux appareils que l’on emploie, par exemple, pour répandre le goudron sur les chaussées, et même pour projeter un liquide contre les parois des tunnels. Dans ces derniers cas, les machines sont montées sur des plates-formes de wagons et actionnées électriquement. Les tunnels du métropolitain de New-York sont tenus dans un état de propreté absolue avec ces appareils.
- Dans les maisons d'habitation, les locaux industriels, les fermes, on utilise encore, pour approprier les plafonds et les murs, l’antique pinceau dont l’emploi est aussi incommode que malpropre.
- Ne pourrait-on faire mieux?
- Rien n’était plus simple : imaginer une sorte de pulvérisateur universel, applicable aussi bien à l’intérieur des constructions que dans les plantations pour les arrosages antiseptiques. Cet appareil vient d’être construit.
- La machine à badigeonner Fie comporte un corps de pompe que l’on place dans un seau ou un récipient quelconque monté ou non sur un chariot, et auquel s’ajuste le tuyau de la lance. Le liquide, le badigeon, est versé dans le seau.
- L’appareil se termine, à la Fjn
- base, par un panier d’aspiration a La machine composé d’un tamis b enchâssé “ badigeonner « Fix » entre deux pièces à emboîtement (coupe), reliées par un écrou. Ce tamis livre passage au I liquide, et, comme les mailles sont très serrées,
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- MACHINE A BADIGEONNER
- tout corps étranger se voit refuser l’entrée de l’appareil.
- Sur le panier d’aspiration est vissé un tube d entouré d’un ressort spirale e,
- La partie supérieure de ce tube forme piston creux comprenant une soupape à billes ^; la course de cette bille est limitée par une tige transversale h.
- Ce piston pénètre dans un corps de pompe k terminé également à sa partie supérieure par une autre soupape à billes, cette dernière étant encore arrêtée dans ses déplacc-
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- ments verticaux par une tige transversale o.
- Au-dessus de ce corps de pompe est disposée la tubulure d’écoulement s qui reçoit la canalisation de caoutchouc terminée par la lance à pulvérisateur.
- Enfin, surmontant le tout, un cylindre de plus grand diamètre t, pourvu d’une poignée de manœuvre, remplit les fonctions de réservoir d’air comprimé.
- Plaçons notre appareil dans un seau contenant du lait de chaux, du goudron, une décoction de tabac, peu importe, suivant l’usage auquel le liquide est destiné.
- En appuyant
- sur la poignée, le cylindre k descend et le piston agit comme s’il était poussé vers le haut ; l’air contenu dans ce corps de pompe est alors chassé dans le cylindre t par la soupape m.
- Pendant ce temps, la bille g du piston n’a pas bougé et aucune parcelle de liquide n’a pu pénétrer dans le tube d.
- Sous l’action du ressort spirale e, lorsqu’on cesse d’appuyer sur la poignée, le corps de pompe k remonte et une dépression se produit à l’intérieur; mais l’air du tube i ne peut rentrer, la bille n obturant la soupape. Alors la bille g se soulève et le liquide se précipite dans le corps de la pompe.
- Fig. 2. — La machine « Fix » en service.
- A la descente suivante le liquide est poussé, dans les mêmes conditions que l’air précédemment, dans le tube t et il finit, après quelques coups de pompe, par atteindre un niveau à peu près fixe déterminé par la pression de l’air dans le haut de ce même cylindre t.
- Si, à ce moment, on ouvre l’ouverlure s, le liquide pénétrera par l’espace annulaire, compris entre le manchon d’accouplement des deux tubes et la soupape m n o, dans le tuyau puis la lance et
- jaillira en pluie à la hauteur voulue, remplissant tout à fait, sur un mur, le rôle d’un pinceau. Avec , cette difié-rence que l’opération sera bien plus régulière et bien plus efficace, le brouillard liquide pénétrant dans tous les coins, dans les plus petits interstices.
- Un tel appareil ne peut fonctionner dans de bonnes conditions que si le liquide est constamment agité, afin de ne pas lui laisser la possibilité de déposer.
- Pour obtenir ce résultat on a fixé, à la base du corps de pompe k, une sorte de cage, métallique!/ qui, de même que son support, obéit à l’action exercée
- sur la poignée, de telle sorte que le liquide contenu dans le récipient est constamment agité.
- De plus, à partir du moment où ce même liquide est introduit dans le corps de pompe k, il. est encore chassé violemment dans le cylindre t par une tubulure centrale qui l’oblige à remettre en mouvement la masse liquide précédemment admise.
- Ainsi donc, le liquide à injecter n’est jamais laissé en repos et l’on n’a 'a redouter aucun engorgement des organes. ' Lucien Fournier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuke, rue de Fleurus, S.
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- LA NATURE. — N" 1814.
- 29 FÉVRIER 1908.
- PEUT-ON BLANCHIR LES NÈGRES ?
- La question prèle à des plaisanteries d’un goût douteux, et quelque peu vieillot, que nous nous promettons bien d’éviter. Mais il est incontestable qu’elle a préoccupé dès longtemps des esprits fort sérieux, surtout aux Etats-Unis, où les préjugés de
- que le cerveau de la race rivale, et moins riche en matière grise et en matière blanche.
- Mais le conducteur d’un tramway hésiterait à jeter en bas de son véhicule un passager dont l’épiderme aurait subi un blanchiment appréciable. Même si
- Fig. 1. — Le blanchiment d’un nègre au moyen' des rayons X.
- couleur ont donné naissance à une crise sociale dont personne ne pourrait prédire le dénoûment.
- On ne saurait nier que la solution du Color Pro-blem serait en bonne voie s’il devenait possible de « blanchir les nègres». Certes, il resterait à décrépir leurs cheveux, et surtout à ajouter quelques cellules nerveuses à leur cerveau, notoirement moins pesant 36e année. — ter semestre.
- les cheveux et les traits ébranlaient sa première impression, il n’oserait pas traiter le suspect avec cette brutalité qui, dans les États de Sud, est de mise envers les noirs, quel que soit leur rang social ou leur degré d’éducation.
- Un vieux docteur de Philadelphie croit avoir trouvé ce grand secret. On sait que les rayons X jouissent
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- de la propriété de détruire la matière colorante de la peau. Se basant sur un phénomène dûment constaté, le praticien se livra à une série d’expériences qui, commencées voici bientôt sept ans, lui donnèrent assez de résultats pour qu’il ne craignît pas d’ouvrir un institiite, ou clinique, où la clientèle ne tarda pas à aftluer.
- Tout d’abord, il ne s’était pas spécialisé dans le bleaching des nègres j il accueillait les patients souffrant de « taches de vin » et autres colorations anormales. Mais les résultats obtenus avec un nègre adulte dont il avait réussi à décolorer sensiblement le visage, après une trentaine de séances, lui révélaient sa véritable vocation : sa clinique devenait le point de mire, le suprême espoir de tout nègre (et cette catégorie est nombreuse) ambitieux de se distinguer de ses congénères en exhibant une pâleur de bonne compagnie !
- N’assumons pas la responsabilité de déclarer que l’inventeur possède le secret de décolorer les nègres : il l’affirme, certes, mais sans apporter à l’appui de ses prétentions les ^
- conclusions d’experts j
- dont la sincérité serait j
- au-dessus de tout soupçon. Et nous devons nous méfier en principe de ces certificats de docteurs, ou soi-disant tels, dont la publicité sait j,
- tirer le meilleur parti.
- Mais des témoins dignes de foi affirment qu’ils assistèrent, dans le cabinet du praticien, à une longue suite d’expériences, et qu’ils virent de leurs yeux s’opérer la lente décoloration de plusieurs nègres. Dès la dixième séance d’exposition aux rayons X, le teint très foncé d’Africains pur sang — de nègues nouer es, comme dirait un paysan de la Martinique — tournait déjà au marron clair. ' En prolongeant le traitement, le docteur obtenait chez ses patients une teinte olivâtre. Avec certains sujets, il aurait même obtenu la matité- qui caractérise le créole de pure race blanche. Enfin, en multipliant les expositions jusqu’à la limite permise par la force du sujet, il serait parvenu à décolorer complètement la peau par places, et à substituer au brun foncé une teinte que les témoins définissent par ces mots : un blanc maladif.
- Comme nous le disions plus haut, cette question
- de la décoloration des nègres a de lointains et nombreux antécédents. Aux Antilles, tout charlatan qui connaît son métier amasse rapidement une grosse fortune en vendant aux nègres, qui peuvent y mettre le prix, des onguents au pouvoir magique qui ne leur laisseront rien à envier aux blancs, quant à la teinte de l’épiderme. Ces marchands d’orviétan ont toujours pour compagnon — et pour compère — un nègre albinos prêt à jurer sous serment qu’il doit sa pâleur à l’emploi de la merveilleuse pommade. Il est à peine besoin d’ajouter que ces bienfaiteurs de la race noire ne prolongent pas leur séjour dans la ville où ils purent écouler leurs petits pots de vaseline.
- 1 Mais la crédulité de | ces pauvres gens est à
- j ce point profonde que
- j la duperie est vite ou-
- | bliée, et que le premier
- ! charlatan qui vient leur
- | promettre de les « ren-
- ! dre blancs » ou de dé-
- | crépir leurs cheveux,
- est accueilli comme un sauveur.
- On croit généralement que les nègres ont leur propre idéal de beauté physique, qu’ils préfèrent leur idéal au nôtre, et que rien ne leur semble plus laid qu’une peau blanche et qu’une chevelure lisse. J’ai eu lieu de remarquer qu’en effet, l’observation s’applique à toutes les populations noires qui ne sont jamais entrées en contact avec la race blanche.
- Dans ce cas, un individu tirera vanité de son maximum de coloration, qui, réellement, sera un indice de la pureté de sa race. A ses yeux, un compatriote au teint plus ou moins éclairci apparaîtra comme un malade, comme un dégénéré.
- Mais que le contact se produise entre les deux races, et voilà l’idéal à terre. Le « nègre-noir », qui se vantaitd’êlre le plus foncé des enfants des hommes, constatera le brutal évanouissement de son prestige, et s’entendra traiter de «nègre-diable », d ehoungah, de mangeur de chaire humaine par ses concitoyens désabusés. Le nègre pâle, lui, prendra sa revanche. Et, pour peu qu’un peignage assidu allonge de quelques centimètres sa tignasse laineuse, il se hasardera bienr-tôt à proclamer qu’il compte un blanc parmi ses ancêtres !
- V. Forbin.
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- Les efforts persévérants et fort bien dirigés de la Société d’énergie électrique du littoral méditerra-
- propre et de dimensions réduites, remplacera la machine à vapeur, bruyante, salissante et encombrante.
- Fig'. 1. — La prise d’eau et l’uvaut-caiial (Etiage de la Durance).
- néen ont doté la Provence du réseau électrique le plus riche et le mieux compris de la France entière. Utilisant le caractère torrentueux des cours d’eau de cette région favorisée, cette Société a adjoint à ses usines à vapeur du littoral un grand nombre d’usines hydroélectriques qui répandent partout, sous une forme à la fois commode et économique, la lumière et la force motrice. Aussi l’époque ne sem-ble-t-cllc plus éloignée où la pratique petite lampe à incandescence sera la seule employée en Provence et où dans tous les ateliers le moteur électrique silencieux,
- Notre figure 2 donne un croquis géographique de l’emplacement des usines de ce remarquable réseau,
- dont la dernière venue, l’usine hydro -électrique de La Brillanne ( liasses - Alpes ), débitant sous une tension de 50 000 volts des courants triphasés d’une puissance totale de 10500 kilowatts, mérite de retenir l’attention.
- Etablie sur la Durance dont elle utilise les eaux, l’usine de La Brillanne est destinée à envoyer son courant à Arles et à Marseille (75 kilomètres). Son action, dans toute la région arlésienne, sera particulièrement bienfaisante, le courant qu’elle fournira
- ITALIE
- Ven ta von,
- MesèJa
- La)T/né(
- la Brillanne,
- Lejverdon
- ® Arles
- Entraigues
- MARSEILLE
- Toulon
- (S) Usines électriques eu vapeur.
- M Usines .7u/dro - éZectriques construites .
- O —t>---------„ ------ ,r ----- eu prcrjeù.
- Fig. 2.
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- devant être employé par la Société le Sud électrique qui dessert plus de 200 communes des départements du Gard, de l’Hérault et du Vaucluse. C’est l’ensemble des dispositifs qui font de La Brillanne
- une des usines les mieux réussies de la France que nous allons étudier au cours de cet article.
- La Durance est une rivière à courant rapide dont le lit, dans sa descente vers la mer, s’abaisse environ de 4 mètres par kilomètre. Pour utiliser l’énergie disponible dans les eaux, il fallait créer, aux environs de l’emplacement choisi pour l’usine, une chute artificielle. Les ingénieurs hydrauliciens de la Société des grands travaux de Marseille, chargée de l’opération, décidèrent de dériver la Durance sur un parcours d’environ 7 kilomètres et de créer à La Brillanne une chambre d’eau surplombant le lit naturel de la rivière et donnant, toutes pertes de charges déduites, une chute nette de 25,50 m. En admettant un débit moyen de 50 m3, on obtenait ainsi la force de 14000 chevaux demandée à l’usine.
- L’exécution du canal de dérivation, des réservoirs de décantation et de la chambre d’eau constitue un travail des plus importants. Etablie à un coude de la rivière, au pied d’une falaise rocheuse (fig. 1 et 3), à 1500 mètres en amont du pont d’Oraison (fig. 1), la prise d’eau proprement dite se compose de 4 énormes portes de 10 mètres de largeur limitées à des piliers de maçonnerie de ciment et dont le seuil arasé à 1,50 m. au-dessous de l’étiage de la Durance assure une rentrée d’eau suffisante à toutes les époques de l’année. D’énormes vannes manœuvrées du haut d’une passerelle appuyée sur les piliers limitent l’introduction des graviers dans l’avant-canal qui fait immédiatement suite aux perluis de prise. Cet avant-canal de 670 mètres de long est lui-même une partie importante de la dérivation : il forme dans sa première partie une immense chambre à gravier qui sera continuellement maintenue à la profondeur voulue par un appareil dragueur. Limité du côté de la falaise par un solide mur dé soutènement, il s’appuie du côté
- de la rivière à une digue submersible dans laquelle on a ménagé, au moyen de barrages à poutrelles, deux prises d’eau de secours et un déversoir dont la cote a élé soigneusement calculée pour assurer une bonne régulation des eaux.
- L’ouvrage de garde, qui fait immédiatement suite à l’avant-canal, est constitué par 4 voûtes parallèles de 5 mètres de large et 5,25 m. de haut dont l’ouverture est réglable au moyen de fortes vannes en fer. C’est l'a que commence le canal proprement dit. Malgré la faible pente de 0,35 m. par kilomètre, les eaux y circulent avec une vitesse de 2 mètres par seconde et sa largeur est de 10 mètres avec 5 mètres de profondeur. Il emprunte d’abord le lit majeur de la Durance entre deux digues submersibles, puis repasse sur la rive droite où il traverse le remblai de la ligne de Marseille à Grenoble sous un pont biais en maçonnerie et la falaise rocheuse sous deux tunnels accolés de 50 mètres de longueur. Il se continue pendant 2 kilomètres tantôt en déblai profond, tantôt entre deux chaussées jusqu’au ravin du Lauzon où il s’épanouit dans un vaste réservoir de 40 000 m3 de capacité servant de bassin de décantation. De ce réservoir, il reprend sa course en traversant le ravin sur un pont canal en ciment armé pour arriver 4 kilomètres plus loin à la chambre d’eau de La Brillanne où les eaux achèvent de se
- Fig. 4. — La ligne de transport de force.
- décanter en abandonnant boues, graviers et brindilles entraînées dans leur course. Cette chambre d’eau est, bien entendu, munie des vannes de fond et appareils nécessaires à l’évacuation des dépôls et
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- d’un déversoir régulateur débouchant dans un canal à pente rapide qui aboutit lui-même au canal de fuite de rusine.
- A travers 5 grosses conduites en acier de 2,70 m. de diamètre, les eaux se précipitent en trombe dans les turbines qui actionnent les alternateurs : quatre de ces puissantes machines sont destinées à donner le courant de consommation, la cinquième étant considérée comme un appareil de rechange.
- Une sixième conduite plus faible de 1,20 ni. seulement de diamètre conduit l’eau à une série de turbines actionnant les excitatrices et quelques machines accessoires dont nous parlerons plus loin. De Tusine, les eaux regagnent paresseusement le lit de la Durance, à 1000 mètres environ en amont du confluent du Largue, par un canal à faible pente prolongé jusqu’au thalweg par un chenal creusé dans les graviers. Sur tout son parcours, le canal de dérivation rencontre de nombreux chemins dont il a fallu assurer la traversée au moyen de ponceaux en ciment armé. Notre figure 5 est une vue prise entre l’usine et la chambre d’eau, au-dessus du canal qui relie le déversoir régulateur
- Passons *à la partie électro-mécanique de Tusine qui n’est pas moins remarquable. Les 5 énormes alternateurs, de 5500 chevaux chacun, sont accouplés directement sur des turbines à axe horizontal du type
- Fig'. 6. — Passage d’une ligne de transport de force au-dessus d’une route.
- au canal de fuite. On y voit quelques-uns des ponceaux mentionnés et, à gauche, Tune dts 5 grosses conduites de 2,70 m. dediamèlre et celle de 1,20 m. Au-dessus, le mur limitant la chambre d’eau.
- Fig. 5. •— Travaux accessoires du canal.
- A gauche, les conduites d’eau. — En haut, le mur de la chambre d’eau.
- Francis tournant à 250 tours par minute. L’arrivée de l’eau dans ces gigantesques engins de 5 mètres de diamèLre est double, chaque dérivation prise sur la conduite actionnant une couronne de la turbine, tandis que l’évacuation de l’eau, après son travail sur les aubes, se fait par une tubulure unique. Des dispositifs spéciaux assurent un graissage rationnel et des servo-moteurs, actionnés par l’huile sous pression, règlent la vitesse de rotation. Les alternateurs, bobinés pour une tension de 7500 volts avec une fréquence de 25 périodes par seconde, sont du type courant à induit fixe et inducteur tournant (fig. 7).
- L’électricité produite à 7500 volts dans les gros alternateurs n’est pas appropriée à un transport à grande distance comme celui de La Brillanne à Marseille et Arles (75 à 80 kilomètres). Il faut modifier la nature du courant en élevant le plus possible la tension : les ingénieurs se sont arrêtés au chiffre formidable de 50 000 volts qui constitue un record pour l’Europe. On peut se faire une idée du luxe de précautions qu’il a fallu prendre pour l’isolement de pareils courants, en considérant que nos lampes à incandescence fonctionnent sous un régime de 110 à 120 volts et que sur nos tramways la tension n’est pas supérieure à 550 ou 600 volts. Les dangers sont tels que Ton a eu soin de séparer les machines productrices du courant et les transformateurs destinés à porter le courant de 7500 à 50000 volts. Ces appareils ont été placés dans un bâtiment spécial au rez-de-chaussée duquel ils sont rassemblés par groupes de 5 correspondant chacun à un alternateur. Chacun de ces groupes est bien isolé dans une chambrette en béton pour localiser les chances d’incendie. Enfin, ces transformateurs sont noyés dans l’huile et sont munis d’un appareil à refroidissement par circulation d’eau. A l’étage supérieur sont tous
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- CHRONIQUE
- les appareils de manœuvre avec les interrupteurs à bain d’huile. Enfin, le courant produit a été amené à la forme choisie pour le transport de force. Des fils de la grosseur d’un doigt, appuyés sur d’immenses pylônes en fer, vont le conduire à destination. La photographie (fig. -4) que nous donnons de ligne de transport montre, au sommet des pylônes, les 5 fils spéciaux réservés au courant à 50 000 volts, et, en dessous, les li-
- semhlées au ciment dePorllandet essayées pour supporter sans court-circuit des tensions de 120000 volts. Ainsi conduit, le courant arrive à des postes de transformation spéciaux où, avec toutes les précautions d’isolement nécessaires, on le recueille et on réduit sa tension manière à lui rendre une forme pratiquement utilisable.
- Telles sont, résumées en quelques mots, les dispositions de l’usine de La Brillannc
- ug. 7. — Bâtiment des machines. •— Coupe montrant une turbine et son alternateur : en bas, la conduite d’amenée de l’eau ; au-dessus, la turbine et l'alternateur; dans le liant, un pont roulant.
- gués à 13 500 volts pour les centres plus rapprochés. Les isolateurs qui supportent la ligne à 50 000 volts pèsent 8 kg chacun et ont 30 centimètres de hauteur. Ils sont constitués par 3 cloches en porcelaine as-
- appelée au plus grand succès. Souhaitons en terminant qu’elles soient reproduites en beaucoup de points de notre beau pays de France.
- P. G.
- CHRONIQUE
- La destruction des creusets en platine. —
- Bien que le platine soit inoxydable et inattaquable par les acides non mélangés, le maniement des creusets en platine dans lesquels on, fait des fusions ignées, des calcinations ou des combuslions à haute température exige de très grandes précautions. Bien que ces précautions fussent prises, les chimistes observaient néanmoins de temps à autre des destructions inexplicables. M. Geibel vient d’en trouver les causés et fournit à ce sujet des explications très détaillées dans la Zeitschrift fur angewanclte Chemie. On sait que la flamme d’un brûleur, un bec Bunsen par exemple, renferme toujours des gaz dissociés, mais non encore brûlés, de l’hydrogène en particulier qui diffuse avec la plus grande
- facilité à travers le platine chauffé. Si on a placé, à l’inj-térieur du creuset, un corps réductible par l’hydrogène à la température à laquelle on chauffe, cette réduction a lieu et si elle fournit un corps capable d’attaquer le platine, cette attaque a lieu également. C’est ce qui arrive par exemple avec le pyrophosphate de magnésium (dosage des phosphates) qui, par réduction, donne du phosphore allant attaquer les parties les moins chaudes du creuset. Comme la combustion de l’hydrogène est achevée en dehors de la flamme, il suffit de placer le fond du creuset à deux centimètres au-dessus du cône extérieur de celle-ci pour éviter ces accidents. Si on n’obtient pas ainsi une température suffisamment élevée, il faut recourir au four électrique à résistance. E. L.
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- LES INSECTES ET LES FLEURS
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- Les rapports des fleurs avec les insectes, en ce qui concerne la fécondation, ont fait l’objet de travaux de tout premier ordre, au premier rang desquels il faut citer ceux de Darwin. Une littérature assez nombreuse existe aujourd’hui sur le sujet. W. Schimper l’a abordé et récemment M. Jean Massart, professeur à l’Université de Bruxelles1, a publié un résumé substantiel de nos connaissances à cet égard.
- Enfin, les récents travaux de M. Plateau, basés sur des expériences prudemment conduites, méritent la plus sérieuse considération.
- Nous croyons qu’avant d’aborder certains côtés particulièrement intéressants, il est utile d’entretenir nos lecteurs des généralités.
- On sait que, même dans le cas où la fleur possède les deux sexes (cas le plus fréquent), F autofécondation est parfois impossible, soit par suite de la situation réciproque des organes, soit parce que ceux-ci ne sont pas aptes à fonctionner au même moment. En pareils cas, la fécondation croisée peut seule assurer la reproduction, et Darwin a été jusqu’à ériger en doctrine que le but de la nature est ainsi mieux atteint, car
- Fig. 2. — Aristoloche Clématite visitée
- par le Billion de Saint-Marc (liilrio Mara).
- Fig. 3. — Véronique Teucriette sur laquelle plane le Syrplie à croissant (Syrphus seneleticus).
- Fig. 1. — Fleurs du Dompte-Venin visitées par la Yolucelle transparente (Vohicclla pellucens L.)
- elle aurait, d’après le savant naturaliste, horreur de l’autofécondation perpétuelle.
- Les insectes sont les agents principaux préposés au croisement des fleurs entre elles. Dans leurs visites intéressées, ils frôlent les organes reproducteurs et transportent ainsi, d’un individu à un autre, le pollen sur le stigmate.
- Il en résulte une série d’adaptations créées par la sélection naturelle, adaptations qui sont avantageuses, à la fois, pour les insectes et pour les plantes. Celles-ci facilitent à ceux-là l’entrée de la fleur et l’accès au nectar par des procédés qui dépassent souvent en perfection les rouages que le génie de l’homme a pu adapter aux mécanismes les plus ingénieux. Elles s’assurent ainsi les bienfaits de la pollination croisée.
- Les insectes, de leur côté, en se spécialisant à certaines espèces végétales dont ils ont acquis la pratique habituelle par une longue sélection, évitent des tâtonnements, des tentatives décevantes pour la pénétration et le chemin à parcourir, souvent très variable, suivant les plantes visitées.
- De plus, comme le fait remarquer M. Massart, si les fleurs recevaient indifféremment tous les insectes qui
- 1 J. Massart. Les collections étliologiques’au Jardin botanique de l’Etat (B. du J. b. de l’État, à Bruxelles), v. I, fasc. 5, juil. 1904.
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- passent, les stigmates seraient bientôt encombrés des pollens les plus hétérogènes et la fécondation serait compromise. Il y a donc avantage réciproque dans celte symbiose entre des êtres organisés qui paraissent si éloignés les uns des autres dans l’échelle de la nature, du moins telle que nous croyons l’apercevoir. Quelques détails seront peut-être bien accueillis. Les Heurs, pour s’assurer une clientèle, doivent,
- avant tout, se faire remarquer de leurs visiteurs : de là deux modes principaux d’affichage : par l’odeur ou par la couleur.
- D’après M. Massart, les papillons de nuit sont guidés vers la fleur par une odeur pénétrante et il est remarquable que les espèces ainsi fécondées ont généralement les fleurs blanches1 2. Au contraire, chez les espèces fécondées par les papillons diurnes, la corolle ou le calice, quelquefois les bractées seules, revêtent des couleurs très éclatantes.
- Un exemple très curieux est cité par M. Massart; il est à la portée de tous : deux Coquelourdes sont très répandues autour de nous; l’une (Lychnis diurna) seraitpollinée, d’après lui, par des papillons de jour : elle a les fleurs d’un rouge vif, inodores; l’autre (Lychnis vesperlina) serait pollinée par des papillons nocturnes : ses fleurs sont blanches et répandent une odeur suave, le soir seulement.
- Fig. 4. — Le Grand-Orclns papillon île Darwin (Habenaria chloraniha), pol-line par le Grand paon de mul (Saturnia Pyri).
- Fig. 5. — Le Spliinx-moineau butinant sur un Pétunia (Moro-Sphinx).
- On a cru longtemps que l’éclat des corolles jouait ici un rôle prépondérant et que la vue guidait davantage l’insecte, vers la fleur, que l’odorat. Les naturalistes les plus éminents, depuis Ch. K. Sprengel, Darwin, Hermann, Müller, etc., ont partagé cette opinion. Elle fut combattue, dès 1879, par M. G. Bonnier, et, récemment, les expériences de M. Plateau ont mis en évidence l’importance de l’odorat chez les insectes. D’après cet observateur, les insectes seraient attirés vers les fleurs, non pas par la couleur, mais par Y odeur*.
- 1 L’Habenaria chlorantha, orchidée indigène (Fig. 4) fécondée par les Papillons nocturnes, présente ces deux caractères.
- 2 Voy. n° 1790 du 14 septembre 1907. Variétés : les insectes et la couleur des fleurs.
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- Trois classes d’insectes jouent un rôle important dans la nature comme agents pollinateurs : les Diptères (mouches), les Hyménoptères (abeilles) et les Lépidoptères (papillons). Ces trois groupes d’insectes sont présents partout où il y a des fleurs et, partout, ils ont causé, par sélection naturelle, d’évidentes adaptations. C’est ainsi qu’on peut distinguer, dans l’ordre croissant de spécialisation, des fleurs à Diptères, des fleurs à Hyménoptères et des fleurs à Lépidoptères.
- Fleurs à Diptères. — Généralement, ces insectes, assez peu intelligents, ne visitent que les fleurs dont le nectar est très accessible. Quelques-unes de ces fleurs sont plus strictement spécialisées vis-à-vis d’un groupe déterminé d’insectes de cet ordre. Ainsi les fleurs du Dompte-venin (Cynanchum Vincetoxi-cum) ne peuvent être visitées utilement que par de grands Diptères parce que ceux-là seuls ont la force nécessaire pour détacher et emporler les masses polliniques dont la position, chez les Asclépiadées, rappelle celle des Orchidées(fig. d).
- londément caché, un insecte intelligent; et à long rostre. Les abeilles arrivent à se reconnaître dans les arcanes de la corolle des Papilionacées. On les voit voltiger en essaims autour des Melilots (Meli-lotus officinales, arvensis, alba (fig. 7). Mais les bourdons, plus gros, sont seuls capables de faire fléchir par leur poids la lèvre inférieure de certaines
- Fig. 7.
- Un groupe d’abeilles autour du Melilot.
- Fig. 8. — Le Bourdon commun pénétrant dans la fleur du Muflier.
- Au contraire, les fleurs de l’Aristoloche Clématite (.Aristolochia Clematitis) ne peuvent fournir un abri qu’à de très petits Diptères vu l’exiguïté du tube du périanthe, enroulé en cornet au sommet (fig. 2). Son congénère l’Aristoloche argenté (A. argyro-neura) n’attire que les mouches à viande. Notre jolie Véronique Teucriette (Veronica Teucrium) n’est guère fréquentée que par des Syrphides qu’on voit presque toujours planer devant elle (fig. 5).
- Fleurs à Hyménoptères. — Il faut, pour pénétrer dans ces fleurs dont le nectar est souvent pro-
- Personées sur laquelle ils viennent se poser, comme la Gueule-de-Loup ou Muflier (Antirrliinum majus). Ce fléchissement leur permet de s’introduire dans la gorge de la fleur (fig. 8). La Symphorine à grappes (Symphoricarpos racemosa), Caprifoliacée souvent cultivée pour ses'jolies baies blanches, est surtout fréquentée par les Guêpes.
- Fleurs à Lépidoptères. — Ce sont celles qui présentent les adaptations les plus admirables, les plus compliquées, en particulier les Orchidées. Ici le nectar est encore plus éloigné de la gorge de la
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- Fig. 0. — Fleur à papillons (long éperon) (Viola calcarata).
- corolle, mais le canal étroit qui y aboutit, souvent prolongé en un long éperon, est disposé de telle sorte que le papillon posé sur la Heur (fig. 4), ou même en volant au-devant d’elle à la façon des sphinx (fig. 5), peut y enfoncer aisément sa longue trompe.
- Certains faits, dûment constatés par des observateurs tels que Hermann Müller et W. Schimper1, rendent encore plus frappantes ces adaptations.
- Ainsi les Apidées, excepté les bourdons, diminuent rapidement en nombre à mesure qu’on s’élève dans les montagnes, tandis qu’au contraire les Papillons augmentent avec l’altitude. Or, les Heurs adaptées aux Hyménoptères subissent la même diminution et celles adaptées aux Lépidoptères présentent un accroissement analogue. Ces dernières atteignent, dans les Alpes, d’après Loew, 55 espèces et seulement 56 dans les plaines de Westphalie.
- Il y a plus : certains genres, entre autres le genre Viola, section des pensées sauvages, nous montrent des formes à long éperon dans la montagne ( Viola calcarata) et des formes à court éperon dans la plaine (Viola tricolor type). Les premières sont des fleurs à papillons, les secondes sont des Heurs à abeilles (fig. 9 et 10).
- Les insectes, en butinant les fleurs, ne poursuivent pas le but altruiste d’opérer leur fécondation croisée, mais bien celui d’y trouver un avantage déterminé. Il s’ensuit que la fleur doit, pour être pollinée par eux, présenter ses organes sexuels de manière que l’insecte dans son parcours ne puisse éviter de les frôler.
- Quels sont donc les avantages offerts par la fleur à ses visiteurs?
- Le plus important est, sans contredit, de leur offrir de la nourriture : soit du pollen, soit du nectar. Certaines fleurs, telles que le Pavot d’Orient (Papa-ver orientale) ou la Rose rugueuse (Rosa rngosa) produisent une quantité considérable de pollen, vu leurs nombreuses étamines, mais elles ne sécrètent pas de nectar. Elles sont visitées par les abeilles, dont les pattes sont munies de corbeilles spéciales pour recueillir et emporter le pollen. Mais le nectar qui, transformé en miel, constitue leur aliment de réserve, est l’objet, de leur part, d’une recherche plus ardente et beaucoup plus difficile. Il est sécrété par des organes spéciaux : les nectaires. Nous nous y arrêterons quelques instants.
- 1 W. Schimper Pflanzengëographie, Irait, angl. W. Fischer, p. 127.
- Les nectaires ne peuvent, d’après Bonnier1, être définis absolument, ni par leur structure anatomique, ni par leur situation sur la plante, ni même par la production de nectar à leur surface, car il y a un grand nombre de nectaires qui n’émettent jamais de nectar. Ce sont, en somme, des accumulations de sucres logées dans des tissus voisins de la surface et dont le rôle physiologique n’est pas la production du nectar, mais bien de mettre à la disposition de certaines parties de* la plante et particulièrement de l’ovaire au moment de son évolution, des réserves importantes de matière sucrée. Le nectar n’est que le trop-plein de ces réserves qui s’écoule, à certaines périodes de l’évolution, et dont les insectes profitent alors.
- Le plus souvent, c’est à la base du pistil qu’on trouve les nectaires, mais ils peuvent naître aux dépens de tous les organes floraux. Les pétales, les étamines, le réceptacle, les carpelles eux-mêmes peuvent être le siège de nectaires. Dans la Capucine (Tropæolum majus), le nectar s’accumule dans la cavité de l’éperon du sépale supérieur (fig. 11). Il y a aussi des nectaires extra-floraux à la base des cotylédons (Ricin), à la base du limbe des feuilles, vers le haut du pétiole (Cerisier), sur les stipules (Yesce) ou sur les bractées (Plumbago).
- Ainsi que nous venons de le dire, dans la grande majorité des cas, les nectaires sont situés au voisinage du pistil, vers la base de l’ovaire. Jusqu’au moment de la fécondation la quantité de sucre accumulée dans les nectaires augmente ; après la fécondation, pendant la formation du fruit, au contraire elle diminue. Il y a donc bien là une réserve placée à proximité de l’ovaire et employée pour la formation du fruit.
- Pendant la période d’attente, surtout quand l’atmosphère est humide, le trop-plein de la matière sucrée s’écoule au dehors par les nombreux stomates du nectaire, sous forme de gouttelettes; c’est le nectar. Dès que la fécondation a eu lieu, cette sécrétion diminue et les sucres du tissu nectarifère émigrent vers le jeune fruit.
- En dehors des aliments, dont nous venons de parler, les fleurs offrent à leurs visiteurs des avantages d’ordres différents. Par exemple, un abri chaud. Les grandes fleurs de Magnolia ou d’Arum, qui dégagent beaucoup de chaleur, pour leur respiration, servent d’asile à certains Coléoptères et à de petits Diptères qui s’y chauffent et s’y mettent à l’abri des intempéries.
- Les amas résineux, formés
- 1 G. Bonnier et Leci.erc du Sablon ; Cours de Botanique, 1901-1906, p. 566 et suiv.
- Fig. 10. — Fleur à abeilles (court éperon) (Viola tricolor).
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- par les fleurs mâles avortées d’une Euphorbiacée exotique (Dalechampia Roezlii), sont utilisés par un Hyménoptère, pollinateur de cette espèce, pour la construction de son nid. Enfin l’ovaire des Figuiers et des Yuccas sert de crèche aux insectes qui les fécondent en y déposant leurs œufs.
- Le professeur Henslow, dans une Note, toute récente, sur le sujet qui nous occupe1, nous dit qu’un naturaliste anglais, Charles Kingsley, fut souvent frappé de ce fait que la nature semble, parfois, offrir les apparences d’une sorte d’a humour ».
- De pareils traits sont signalés d’une façon fort amusante par M. Jean Massart, lorsqu’il nous retrace les stratagèmes employés par certaines plantes. D’après lui, la Parnassie des marais (Parnassia palustris) trompe les insectes par les écailles necta-riformes des pétales qui semblent contenir un nectar abondant, alors qu’en réalité, elles n en sécrètent pas une gouttelette. De petits Diptères se laissent duper et visitent activement les fleurs de celte charmante Droséracée; ils n’y trouvent rien, mais le croisement ne s’en opère pas moins. La Pasiflore violette (Passif!,ora violacea), avec ses grandes fleurs brillamment colorées, semble aussi promettre aux visiteurs un riche butin de nectar; or, ces fleurs n’en sécrètent pas. Les insectes se font prendre entre les soies raides qui bordent les pétales, y demeurent prisonniers et la fleur se fait polliner par les Colibris qui viennent manger les insectes capturés.
- De même, à côté des fleurs,
- 1 Rev. Prof. G. Henslow. On some îemarkable adaptations ot“ plants lo insects. Journ. of the Royal hortic. Soc. vol. XXXII, p. 102.
- qui offrent aux insectes une crèche pour la ponte et pour l’éducation des larves, il en est qui leur tendent de véritables pièges. Certaines plantes à grandes fleurs, comme une espèce d’Àristoloche (À. grandiflora), dégagent une forte odeur de viande en putréfaction. Cette odeur attire certaines mouches qui pénètrent dans la fleur pour y pondre; constatant que celle-ci ne renferme pas de viande corrompue, elles veulent s’en aller, mais les poils raides qui garnissent le tube du périanthe et qui fléchissaient sous leur effort, lors de l’entrée, leur opposent, pour la sortie, un obstacle infranchissable. Les voilà donc prisonnières; heureusement pour elles, l’intérêt de la plante semble l’inciter à la clémence. Les fleurs de cette Aristoloche sont fortement « protéro-gynes1 » : dès que les étamines se sont ouvertes, les poils se flétrissent et les mouches, couvertes de pollen, s’échappent pour aller se faire tromper par une autre fleur à laquelle elles portent, en même temps, le pollen delà première. Et le tour est joué! (fig. 6).
- De pareils détails semblent humoristiques et ce-nendantils sont rigoureusement exacts. A travers les péripéties curieuses que présentent les rapports des fleurs et des insectes, tels que nous avons essayé d’en présenter un aperçu succinct, on distingue nettement les traits d’une symbiose, dans laquelle des organismes très différents sont arrivés, par une sélection naturelle accumulée, à s’adapter les uns aux autres.
- E. Gadeceau.
- 11. — Coupe longitudinale d’une Heur de Capucine, montrant le nectar accumulé dans l’éperon.
- 1 De proteros, auparavant et gynos, femme, dont les organes femelles se développent avant les organes mâles.
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- Le caoutchouc est plus que jamais à l’ordre du jour par suite des emplois de plus en plus nombreux que l’on en fait actuellement et un grand nombre de chimistes recherchent les modifications qu’il subit sous des influences plus ou moins diverses.
- On a constaté notamment que la vulcanisation, c’est-à-dire la combinaison du caoutchouc avec une certaine quantité de soufre, s’effectuait mieux à haute pression qu’à basse pression au point de vue de la durée de l’opération, de la teneur en soufre et de l’élasticité. C’est ainsi que la vulcanisation, sous une pression de 4 atmosphères, exige 40 minutes, alors qu’il suffit de 20 minutes en opérant sous une pression de 15 atmosphères. L’élasticité se trouve augmentée, mais par contre, ce mode de vulcanisation présente l’inconvénient de fournir une matière plus facilement oxydable. Ces différences
- tiennent vraisemblablement à une . dépolymérisation, c’est-à-dire à une simplification de la molécule du caoutchouc sous la pression de 15 atmosphères.
- D’autre part, on sait que le caoutchouc commercial est souvent mélangé de produits artificiels, principalement d’huiles sulfurées obtenues par l’action du chlorure de soufre à froid ou du soufre en fleur à température élevée. On a étudié les modifications des propriétés du caoutchouc, pour une addition de 10 parties de matière artificielle à .100 parties de caoutchouc, le mélange ayant été vulcanisé par 5 pour 100 de soufre sous une pression de 4 atmosphères pendant une heure. On a constaté que cette addition n’altère pas toujours les propriétés du caoutchouc et que, pour certaines espèces de caoutchouc, elle peut au contraire en augmenter la résistance et l’élasticité, et en diminuer la rapidité d’oxydation.
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- PROJECTIONS AUTOMATIQUES
- Depuis quelques années, la publicité fait de plus en plus usage de la lanterne à projection pour retenir l’attention du public sur les boulevards et dans les carrefours des grandes villes en lui montrant des portraits de personnages célèbres ou les paysages des contrées les plus pittoresques du monde et en ayant soin d’intercaler habilement des réclames de produits quelconques. Afin de réduire les frais (jue nécessite une installation de ce genre, on a pensé à employer des appareils automatiques qui permettent de supprimer la lanterniste. Le système construit dans ce but par M. Massiot-Radiguet, successeur de M. Molteni, est particulièrement intéressant par son mécanisme. La lanterne proprement dite est cylindrique et porte, comme d’habitude, le système optique A (tig. 2) et une lampe électrique à arc L, munie de son régulateur. Pour faire passer successivement derrière l’objectif les clichés à projeter, on les a disposés sur les parois d’une boîte polygonale à 10 ou 20 côtés présentant sur chaque paroi un cadre évidé C destiné à recevoir le cliché de format 8 1/2 x 10, s’il y en a dix et de format 4 1/2x6 s’il y en a vingt. Le fond de cette boîte est un plateau circulaire P qui est solidaire, au moyen de colonnes S, d’un second plateau identique P' situé plus bas.
- Sous ce plateau et dans le socle de l’appareil se trouve un moteur électrique M, qui, au moyen d’une transmission et d’engrenages réducteurs de vitesse, communique à une roue R un mouvement de rotation continu, à raison de 1 tour par minute. Cette roue est formée de deux disques verticaux (lig. 1) R et R' accolés l’un à l’autre et portant de larges
- échancrures en chi-
- Fig. 1. — Détail de l'échappement.
- A. Axe supportant les plateaux. — E, R. Roues d'échappement.
- buter les dents d’un disque horizontal E solidaire de l’axe A, qui est sollicité par un ressort constamment remonté par le moteur ; mais cet axe ne peut
- obéir au ressort et tourner d’une petite quantité à la fois, un dixième de tour par exemple, que quand la dent E en prise avec le disque R arrive, par suite de la rotation continue de celui-ci, à se trouver en face d’une échancrure ; elle échappe alors, mais pour rencontrer aussitôt le disque R', d’où elle échappera un peu plus tard et, celte fois, pour rencontrer de nouveau le
- 2. — Lunlenie automatique de projection. —. A Système optique. — L. Lanterne électrique. — DP'. Plateaux supportant les clichés C. — M. Moteur électrique. — R. Échappement.
- disque R et ainsi de suite : c’est à peu près le mouvement de lechappement à ancre d’une horloge. On comprend dès lors que l’axe supportant le plateau P' et par suite tout l’ensemble P qui en est solidaire, les clichés viennent se présenter successivement, en face de l’objectif et y restent tout le temps qu’une dent du disque E met à passer d’une échancrure à l’autre ; ce temps dépend de la vitesse de la roue R R' qui peut être réglée comme on le désire. Le nombre des dents du disque E est égal au nombre des clichés qui garnissent le plateau P, de sorte que l’axe fasse 1/10 de tour, à chaque échappement, s’il y a dix clichés et 1/20 s’il y en a vingt.
- Ces appareils se placent dans des kiosques ou dans des magasins après la fermeture du soir et y sont abandonnés à eux-mêmes pendant plusieurs heures ; un seul employé suffit pour en surveiller un certain nombre et voir si le fonctionnement de la lampe se fait régulièrement et, au besoin, remplacer la série de clichés par d’autres. La publicité par les projections devient ainsi assez économique ; aussi les appareils de ce genre, en service à Paris et dans les grandes villes, sont-il assez nombreux. G. Chalmarès.
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- LA QUESTION
- Depuis le début de notre ère, où il n’était connu que des peuples d’Extrême Orient, les usages du camphre ont évolué à tel point que nul n’y voudrait maintenant reconnaître le parfum favori des Japonais et des Chinois.
- Longtemps il resta sans autre usage, et quand on lui en trouva un, ce fut, comme il arrive à tous les produits complexes, un emploi thérapeutique. Raspail pensa en faire la panacée universelle et si, après une faveur passagère, sa théorie lit définitivement faillite, la pharmacie a gardé le camphre comme un de ses moyens d’action les plus puissants. 11 est resté la hase d’un grand nombre de ses préparations, où il joue le plus souvent le rôle d’analgésique1, alors qu’on pourrait utiliser également son énergique pouvoir antiseptique.
- Mais ces applications ne constituaient pour la fabrication du camphre qu’un mince débouché ; et son emploi fort restreint dans les vernis et les laques, dans maints artifices de pyrotechnie n’en faisaient pas un produit de grande consommation, lorsque, vers 1880, s’ouvrit brusquement pour lui l’ère des applications véritablement industrielles. Au premier rang de ces usages nouveaux, il faut placer l’invention du celluloïd et des poudres pyroxylées. On l’incorpore à ces dernières, en proportion variable, pour réduire leur vitesse de combustion, ou, comme on dit, pour les rendre moins brisantes. La grande consommation de camphre que font les poudres de guerre s’est jointe à la notable diminution de la production Japonaise, pendant la récente guerre en Mandchourie, pour élever le prix du camphre à un niveau dont il ne s’était ’amais approché que de très loin (12 fr. le kilogramme).
- Quant au celluloïd, c’est, comme on sait, un mélange de coton-poudre, ou cellulose nilrée, avec le camphre; on obtient ainsi cette masse translucide, facile à colorer, plastique à chaud, dure et élastique à froid, extrêmement combustible, dont on ne compte plus les emplois.
- Citons seulement pour mémoire :
- 1° Les objets élastiques, ballons, billes de billards, diabolos; les plaques flexibles, vitres pliables pour automobiles, films ou pellicules photographiques, etc.
- 2° Les imitations d’écaillc, peignes, épingles translucides, etc. ; de linge empesé, où l’on trouve 50 pour 100 environ de celluloïd; d’émail pour affiches exposées aux intempéries; les fleurs artificielles. Il faut noter pourtant que, dans certaines de ces applications, le celluloïd, trop facilement combustible, tend à être remplacé par la caséine comprimée. Mais, depuis peu de temps, le développement intensif du cinématographe a donné un essor nouveau à l’industrie des pellicules photographiques.
- Aussi la demande de camphre a-t-elle subi, depuis ces trente dernières années, un accroissement ininterrompu. Quelle fut l’ofï'rc?
- Le camphre est un produit naturel. On le rencontre dans un grand nombre de plantes de nos pays, le roma-ï’in, la lavande, et d’autres arbustes de la famille des labiées ; mais il ne se trouve en assez grande quantité pour être exploitable que dans le laurus camphora, grand arbre toujours vert, au port de tilleul, dont les principaux centres de.plantation sont les îles du Japon, surtout Formose. Des tentatives de culture ont été faites également aux Indes, en Amérique, à Alger môme; mais les produits obtenus ne peuvent faire concurrence au camphre japonais.
- Le camphre se trouve surtout localisé à l’état d’oléo-
- 1 Alcool camphré, pommade camphrée, etc.
- DU CAMPHRE
- résine, c’est-à-dire de combinaison d’une huile, et d’une résine qui est le camphre proprement dit, en des cellules sécrébrices isolées du bois, en sorte qu’il est nécessaire de couper l’arbre pour en extraire le camphre, aucune exsudation ne se produisant, lorsqu’on l’entaille, comme il se fait par exemple, pour les pins maritimes. La richesse en résine du camphrier est fonction de l’àge de l’arbre, et cinquante ans sont nécessaires pour que la production puisse être rémunératrice. Dans la réalité, on ne pratique que l’abatage des arbres ayant atteint au moins cent cinquante ans. Un camphrier de deux cents ans fournit environ 10 kg de camphre raffiné. C’est cette longue attente de la récolte qui a toujours rendu hésitants les essais de plantation et fait depuis longlemps le monde entier tributaire du très grand producteur de camphre qu’est le Japon, maître de Formose.
- L’extraction se fait suivant un principe unique. Le camphrier abattu est haché en copeaux, puis distillé à la vapeur d’eau qui entraîne de l’huile de camphre et du camphre. Le liquide entraîné passe sur une plaque percée de petits trous, que l’huile traverse, tandis que le camphre solide se dépose. Le produit brut est ensuite envoyé en Europe pour y être raffiné *.
- C’est ce procédé qu’appliquaient autrefois de façon toute primitive les Chinois à Formose, partant en caravanes, munis d’alambics portatifs, coupant les plus beaux arbres au hasard des rencontres, et détruisant peu à peu sans scrupule les plus belles forêts. Dès qu’en 1895, la Chine eut donné au Japon l’île de Formose en rançon de guerre, une exploitation plus rationnelle fut entreprise. Jusqu’en 1899, on se contenta d’exercer un sé\ère contrôle : en 1900, le principe du monopole de l’État fut posé; en 1905, il reçut sa réglementation définitive. On interdit d’utiliser comme bois de chauffage les jeunes camphriers encore improductifs. Tout fabricant autorisé dut remettre au gouvernement le camphre brut et l’huile de ce camphre contre une indemnité fixée d’avance. Le gouvernement Japonais devenait le maître du marché.
- En même temps, le procédé d’extraction fut perfectionné. Le bois fut soumis à l’action d’un courant de vapeur d’eau surchauffée, qui enlève jusqu’aux fnoindres traces de camphre ; on reçut les produits de la distillation dans un condensateur à double fond et à courant d’eau froide. Presque tout ce camphre est envoyé à Hambourg où on le raffine. Ce raffinage consiste dans une simple volatilisation du camphre dans des matras de terre, en présence de chaux et de limaille de fer.
- Ainsi préparé, le camphre a un prix de revient minimum de 5fr,15 le kilogramme. 11 coule, en effet, en moyenne 4rr,13 au gouvernement japonais; si l’on ajoute 1 franc pour le bénéfice des intermédiaires, les frais de transfert, le raffinage étant mis à part, on voit que le prix de 5rr,15 ne pourrait être abaissé sans perte pour le Japon. Et c’est sur ce prix qu’est basée l’exploitation des brevets, en vue de l’obtention du camphre artificiel.
- On conçoit, en effet, d’après ce qui précède, que d’une part, l’accroissement de la consommation, d’autre part, le monopole de la fabrication, surélèvent le prix du camphre naturel au-dessus de sa limite inférieure. Mais à l’intérêt de l’y ramener, s’ajoute celui — non moindre
- 1 L’huile de camphre est, elle aussi, utilisée; on en extrait le safrol, qu’on transforme en pipéronal, qui, mélangé à la vanilline, fournit un parfum artificiel d’un fréquent emploi : l’héliotropine.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- — de remplacer uu produit essentiellement étranger par un produit national. Il suffit de savoir que le point de départ, le minprai du camphre artificiel, est l’essence de térébenthine que fournissent, en très grande quantité, les pins maritimes des Landes.
- Mais le problème de la synthèse industrielle ne fut réellement possible que lorsque fut connue la constitution chimique intime du camphre, c’est-à-dire sa structure moléculaire. A coté des préparations d’ordre purement scientifique, et à prix de revient élevé, des procédés vraiment pratiques ont alors vu le jour.
- Pour faire comprendre ces différentes synthèses, rappelons qu’on exploite à Bornéo un produit particulier, le camphre de Bornéo ou hornéol, dont l’oxydation fournil le camphre ordinaire. Or ce hornéol peut être obtenu au moyen de l’essence de térébenthine. La fixation de l’acide chlorhydrique sur l’essence de térébenthine produit, en effet, un corps bien cristallisé appelé chlorhydrate de pinône, qui, par une sorte de saponification, restitue de l’acide chlorhydrique et du hornéol, dont l’oxydation donnera le camphre.
- Dans le procédé Béhal, par exemple, on oxyde le hornéol obtenu en chauffant sous pression, de 24 à
- ACADÉMIE DI
- Séance du 24 février 1908. —
- Le trypanosome de la maladie du sommeil. — M. Lavcran résume des recherches effectuées par M. Rou-baud dans son laboratoire de Brazzaville sur les conditions de transmission de la maladie du sommeil. Certains auteurs affirment que le trypanosome subit dans le tube digestif des glossines une évolution, avant de remonter dans la trompe d’où il passe dans le corps des individus piqués, alors qu’au contraire d’autres croient que la mouche intervient uniquement comme agent transporteur du trypanosome. D’après M. Roubaud, la vérité est au milieu des deux opinions. Si l’on introduit, en cifet, des trypanosomes dans la trompe d’une glossine, ils s’y attachent et y subissent des transformations analogues à celles que l’on observe dans les cultures.
- La vitesse des radiations lumineuses. — M. Poincaré résume un travail de M. Nordmann, sur la vitesse des différentes radiations lumineuses. On admet que celte vitesse est la môme pour toutes les radiations dans le vide, alors que l’on sait qu’elle est, dans les substances réfringentes, plus grande pour les rayons rouges que pour les rayons violets. Àrago avait remarqué que s’il en était de même dans le vide, le maximum et le minimum d’éclat devaient arriver, pour les radiations rouges émises par les étoiles variables, plus vite pour les rayons rouges que pour les rayons violets. Mais Arago ne put déceler la différence. M. Nordmann, reprenant l’expérience dans des conditions meilleures, avec un photomètre muni d’écrans colorés, a pu constater, au contraire, sur l’étoile Algol un retard des rayons violets sur les rayons rouges, de 10 minutes. Pour l’étoile X Taureau le retard est trois fois plus considérable. Le retard devant être proportionnel à la dislance dé la terre, on est conduit à conclure que la distance de X Taureau à la terre est trois fois plus considérable que celle d’Algol. De plus, en parlant de la valeur de la parallaxe admise pour Algol, on conclut encore que la lumière met 180 ans pour arriver de X Taureau tandis qu’elle n’en met que 60 pour arriver d’Algol.
- Dédoublement de l’yttrium. — M. Haller rappelle que,
- 36 heures, un mélange de chlorhydrate de pinène, acide acétique crislallisable et acétate de plomb sec.
- , Quels que soient les détails de préparation, on obtient toujours un produit identique au camphre naturel, dont il ne diffère que par son manque d’action sur la lumière polarisée. Et ce camphre synthétique peut remplacer, dans ses multiples usages, le camphre du Japon, sur lequel il a même souvent l'avantage d’une plus grande pureté. Les prix de revient de ces divers procédés, quoique certainement inférieurs à celui du camphre naturel, ne sont pas encore déterminés avec une grande précision. Ils varient, semble-t-il, entre 3f,',50 et 4fr,50.
- On a d’ailleurs récemment reconnu que la production du camphre dans le camphrier était l’œuvre d’un ferment oxydant agissant sur les résines contenues dans cet arbre. Cette action est, il est vrai, très lente ; mais il n’est pas impossible qu’avec des conditions encore à déterminer, on n’arrive, par un ensemencement rationnel de l’essence de térébenthine, au moyen de cette oxydase, à la transformer directement en camphre, ce qui permettrait de lancer sur le marché Européen le camphre à des prix tellement réduits qu’ils en exclueraicnt à jamais celui d’Extrômc Orient. A. Detœuf.
- S SCIENCES
- Présidence de M. Becquerel.
- dans la séance du 4 novembre dernier, M. Urbain a annoncé qu’il était parvenu à dédoubler l’yttrium en deux substances auxquelles il a donné le nom de néoyttrium et de lutetium. De son côté, M. Auer a annoncé en décembre qu’il avait dédoublé l’yttrium en deux substances dont il a indiqué les poids atomiques. M. Urbain poursuivant ses expériences a déterminé le poids atomique du lutetium et du néoyttrium. Les deux séries de nombres sont assez voisines pour que l’on ait le droit d’admettre que les corps isolés par M. Auer ne sont autres choses que le néoyltrium et le lutetium.
- Les gaz des eaux minérales. -- M. A. Gautier expose que MM. Moureu et Bicquard ont entrepris de rechercher quelles quantités de gaz rares les sources minérales déversaient dans l’atmosphère. La source de Plombières, pour un débit total de 17 520 litres de gaz en 24 heures, dégage 350 litre? de gaz rares dont 44 d’hélium. La source romaine de Maizières, pour un débit gazeux total de 1166 litres, dégage 274 litres d’hélium. Le problème se pose de savoir quelle est la source de ces gaz rares. Viennent-ils des abîmes souterrains en fusion ouseforment-ils dans la croûte terrestre? Une expérience de M. A. Gautier fournit une réponse. En chauffant du granité à la température de 600 à 700°, M. A. Gautier a toujours obtenu de l’argon et de l’hélium. Une partie au moins des gaz rares des sources doit avoir cette origine.
- La transformation de l’amidon en glucose. — M. Daslre présente une Note de M. Bierry sur la transformation de l’amidon en sucre dans la digestion. Le suc pancréatique seul ne transforme pas l’amidon en sucre; il donne le maltose. En ajoutant in vitro une solution d’acide chlorhydrique, on arrive au glucose. Ainsi s’explique le fait que par l’intervention du suc gastrique dans le tube digestif la transformation de l’amidon est poussée jusqu’au glucose.
- Élection. — M. Baillaud, directeur de l’Observatoire de Paris, est élu membre de la section d’astronomie, en remplacement de M. Lœvy. Ch. de Villedeuil.
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- UNE NOUVELLE * MACHINE-MARCHANTE »
- L’inventeur de cette walking-machine, M. Wright, résidait au Transvaal quand éclata la guerre, dont il suivit en observateur les principales opérations. Un lait attira en particulier son attention : les artilleurs ne réussissaient qu’au prix d’efforts inouïs à mettre leurs gros canons en batterie, dès qu’ils avaient à les hisser au sommet des kopjes. Il chercha alors à combiner un engin susceptible de circuler avec un poids lourd dans ces terrains difficiles et, à force de perfectionnements successifs, il finit par produire la machine que nous allons examiner brièvement.
- Son principal objet est donc de tramer des pièces de gros calibres à une vitesse relativement considérable, et cela à travers les terrains les plus accidentés. Voici, d’après un témoin qui assista aux essais définitifs, à Long-Valley, aux abords du camp d’Al-
- elle semble ramper. Cet effet est dû aux détails de construction que notre photographie expose nettement.
- Ses huit roues sont comme enveloppées dans deux bandes sans fin qui sont munies sur leur surlace externe de 52 feel, ou pieds. Quand on aperçoit la machine de loin, on ne distingue pas les roues; et, positivement, elle semble portée en avant par les bandes rampantes, par les bandes chenilles, selon l’expression des soldats. La force motrice est fournie par une machine à combustion interne qui développe l’équivalent de 400 chevaux-vapeur. Le secret de 1 inventeur consisterait, paraît-il, en une disposition qui transmet la force des pistons aux roues motrices, avec beaucoup moins de perte que dans les locomotives, locomobiles et automobiles.
- L’engin pèse trente tonnes. Une de ses particula-
- L’automobile-marchante, en expériences au camp d’Aldershot.
- dershot, quels seraient les principaux exploits accomplis par la machine : 1° Elle aurait atteint le sommet d’une colline dont la pente était trop rapide pour les autres systèmes de locomobiles, et cela en traînant des fourgons pesamment chargés ; 2° Elle aurait suivi à grande vitesse la crête d’une colline où toute autre machine eût versé ; 5° Elle aurait traversé un fossé large de deux mètres, et, dans un autre fossé à peine plus large qu’elle n’est longue, elle aurait pu virer sans difficulté; 4° Malgré son énorme poids, elle pourrait tourner brusquement sur elle-même, en se servant d’une de ses roues comme de pivot.
- Nous l’avons suffisamment indiqué plus haut : le Gouvernement Britannique s’est efforcé d’entourer du plus profond mystère l’existence même de la walking-machine. C’est dire que les soldats d’Àl-dershot n’ont pu épier que de loin les essais. Us en virent assez, cependant, pour trouver à l’engin un sobriquet fort expressif : ils l’appellent entre eux le Caterpillar nnmber one, ou la chenille n° 1.
- Réellement, la machine en marche, et surtout vue à distance, a tout l’air d’une gigantesque chenille :
- rités est que le démarrage se fait instantanément et sans bruit. Même en marchant à toute vitesse, il ne produit pas de sons perceptibles en dehors d’un rayon peu étendu. Cette qualité ne serait pas un facteur négligeable aux yeux des hommes de guerre.
- Nous avons malheureusement peu de détails à ajouter à cette description trop sommaire, sinon que son maniement exige deux conducteurs, l’un pour les leviers de mise en marche et d’arrêt, l’autre pour l’appareil de direction. Ces deux hommes éprouvent la sensation que procure un steamer sur une mer agitée, avec tangage et roulis.
- Ajoutons que M. Wright et son père ont dépensé le plus clair de leur fortune à construire cette machine. A l’heure où nous rédigeons cette notice, on nous affirme que le War Office l’aurait acquise, avec tous les brevets y afférant et qu’il se proposerait de commander de nouveaux modèles destinés à l’armée d’Égypte et à celle des Indes. G. Durand.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. - N“ 1815.
- 7 MARS 1908
- UN SOUS-MARIN POUR LA PÊCHE AUX ÉPONGES
- La pêche aux éponges se pratique en plusieurs points du globe, et notamment le long d’une partie des côtes de la Tunisie, au large de Sfax, sur les bancs qui entourent les îles Kerkenah.
- Depuis quelques années seulement, les scaphandriers ont remplacé en partie les plongeurs libres qui, lestés d’un fort caillou, s’en vont, par des fonds souvent considérables, cueillir le précieux zoophyte au grand dam de leurs poumons et de leur santé qui ne résiste pas longtemps à ce rude métier.
- Le scaphandre offre pour cette cueillette des avantages évidents. Il a le tort de coûter cher, de nécessiter un outillage également dispendieux et assez compliqué, raisons prohibitives pour les pauvres
- de la Seyne, l’ingénieur des constructions navales Rimbaud, est terminé et vient de faire à Toulon ses essais de résistance à la pression qui ont été très satisfaisants.
- Le sous-marin de l’abbé Raoul, dont le rôle est tout pacifique, est infiniment moins compliqué et moins volumineux que ses grands frères militaires.
- Son déplacement en eau salée est de 8660 kg seulement. Sa flottabilité de 600 kg.
- Il a 5 mètres de long sur 1,60 m. de diamètre et est aménagé pour porter deux hommes. Sa forme générale est cylindrique avec extrémités sphériques. Une seule ouverture, surmontée d’un kiosque, donne accès dans l’intérieur. Cette ouverture se
- diables parmi lesquels se recrutent le plus généralement les pêcheurs d’éponges.
- Un vicaire général du diocèse de Carthage, l’abbé Raoul, que cette industrie intéresse et qui l’a étudiée à fond, eut, il y a quelques années, l’idée que les progrès accomplis dans l’art de naviguer sous l’eau trouveraient peut-être une application pratique dans le domaine de la pêche aux éponges.
- Il construisit même, si je ne me trompe, avec des moyens rudimentaires, une sorte de sous-marin dont le fonctionnement, pour imparfait qu’il fût, l’ancra plus fortement dans son espoir et une Société d’études formée. à Rizerte sous ses auspices confia récemment à la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée le soin de construire un véritable sous-marin approprié au but spécial de la pêche aux éponges. L’engin en question, établi sur les plans du distingué directeur des Chantiers 36e année. — 1er semestre.
- ferme hermétiquement par un opercule qui se manœuvre également de l’intérieur et de l’extérieur.
- Une main courante en acier permet de se tenir' sur la carapace du bâtiment lorsqu’elle est émergée.
- Les moyens d’immersion du sous-marin pêcheur sont constitués par 3 caisses à eau d’une contenance totale de 560 litres. Deux de ces water-ballasts contiennent à eux seuls 500 litres et servent à annuler la plus forte partie de la flottabilité. Ils se remplissent directement à la mer et se vident\ lorsque besoin est, au moyen d’une pompe qui se manœuvre à la main.
- La troisième caisse, contenant seulement 60 litres, est placée au centre. Elle se remplit comme les autres et se vide au moyen de l’air comprimé que fournissent deux réservoirs où cet air est renfermé sous 150 kg de pression. C’est en manœuvrant convenablement ce troisième water-ballast qu’on
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- SOUS-MARIN POUR LA PECHE AUX EPONGES
- obtient les petits mouvements d’immersion ou d’émersion du sous-marin. Un poids de sécurité, morceau de plomb de 650 kg, fixé sous le bâtiment, peut être déclanché de l’intérieur en cas de nécessité, ce qui provoque une émersion rapide.
- La propulsion du bâtiment se fait au moyen de deux avirons en acier pareils à ceux qu’avait adoptés l’ingénieur Goubet pour ses petits sous-marins. Ces avirons sont munis d’une pelle à charnières qui ne s’ouvre que lorsqu’on fait effort dans le sens de la marche et se referme quand l’effort se • produit en sens inverse. 7^6 ^
- Ces avirons traversent la coque dans un joint sphérique étanche, analogue à celui des tubes lance-torpilles placés au-dessous de la flottaison des grands navires.
- L’abbé Raoul a fait adapter sous la quille de son bâtiment une roue, sur laquelle il compte que le sous-marin roulera sous l’effort de ses avirons, lorsqu’il reposera sur les fonds plats et formés de sable dur qui composent' le sol dans les parages où il exercera la pêche.
- On peut, en elïet, par le jeu de la caisse à eau centrale
- de sécurité.
- rendre presque nulle la pression du bâtiment sur le fond et, dans ces conditions, le roulement peut se produire sous l’effort des avirons. Ce sous-marin qui, bien entendu, n’a pas de moteur aura ainsi cependant son mode
- Fig. 2. — Coupe transversale.
- 1,. Appareil pour ouvrir et fermer le capot ; 2, Capot de descente ; 5, Caisse à eau latérale; -4, Caisse à eau centrale; 5, Réservoirs d’air comprimé ; 6, Avirons; 7, Joints sphériques; 8, Plomb
- était muni de cette roulette qui, assure-t-il, fonctionnait très bien.
- Les moyens de pêche consistent uniquement en une tige qui sort de l’avant du sous-marin à travers un joint sphérique permettant de lui imprimer de l’intérieur des mouvements variés. Cette tige porte à son extrémité une pince coupante qui cueille l’éponge, la maintient entre ses branches et va, sous l’impulsion du pêcheur qui dirige de l’intérieur ses mouvements, la déposer dans une sorte de panier suspendu au-dessus d’elle à une. corne en tôle qui forme comme le beaupré du sous-marin.
- Le fond de la mer, sur lequel la cueillette doit s’opérer, est éclairé par un groupe de lampes électriques et un réflecteur suspendus sous la corne en question. Les pêcheurs explorent le fond à travers un hublot percé dans la partie avant du sous-marin et à portée duquel se trouve placée la poignée de manœuvre du bras mobile.
- La lumière est fournie aux lampes extérieures, comme aussi à celles qui éclairentl’intérieur du navire, par une petite batterie d’accumulateurs. Un téléphone met en communication, s’ils le désirent, les deux hommes qui forment l’équipage, avec la surface de la mer.
- Une boule de plomb, suspendue à l’extrémité d’un fil d’acier, peut être descendue sur le fond ou remontée au moyen d’un treuil placé à l’intérieur du navire. Ce plomb joue ainsi le rôle d’ancre.
- On voit que l’engin conçu par l’abbé Raoul et exécuté par les Chantiers de la Seyne se présente comme vrai-
- Fig
- — Coupc longitudinale du sous-marin.
- 1, Capot de descente ; 2, Réservoir d’air comprimé*, 3, Caisse à eau centrale; 4, Caisse à eau latérale; 5, Pompe, 6, Plomb de sûreté 7, Déclanchement du plomb de sûreté; 8, Roue; 9, Bras mobile; 10, Treuil de manœuvre du plomb de mouillage;
- 11, Lampes électriques; 12, Pince pour prendre les éponges; 13, Panier; 14, Bras; 15, Plomb de mouillage.
- de propulsion spécial. On espère, par ce procédé, échapper à la nécessité de quitter le fond et, par conséquent, d’user de l’air comprimé toutes les fois qu’il faudra changer de place pour chercher les éponges. Le premier sous-marin de l’abbé Raoul
- ment pratique et susceptible de rendre de très bons services. Attendons-nous à voir d’autres applications de cette idée intéressante.
- Sauvaire Jourdan,
- Capitaine de fiégatc de réserve.
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- Les tableaux indicateurs des horaires récemment installés dans deux des principales gares de Londres (Liverpool Street Station et Victoria Station) seront justement appréciés par les voyageurs qui pourront désormais s’orienter eux-mêmes dans le service si compliqué d’une gare centrale. Les employés de chemins de fer, également, y gagneront un allègement de leur travail.
- L’inventeur ingénieux de ces dispositifs, M. J. llowell, inspecteur des horaires d’une des grandes compagnies de chemins de fer anglaises, avait eu l’occasion d’observer les inconvénients de l’ancien système, aussi s’ingéniait-il depuis des années à y remédier.
- Comme le fait voir la figure 1, l’indicateur d’horaires de Victoria Station se compose d’un certain nombre de colonnes verticales : chacune comprend de nombreux panneaux indicateurs des noms de stations. Les informations relatives aux trains de banlieue se trouvent du côté gauche ; la moitié droite du tableau est réservée aux indications concernant les trains à long parcours. Chaque colonne verticale est surmontée d’un cadran, marquant d’une façon très visible l’heure de départ. La pancarte disposée en dessous indique le numéro de la plate-forme ; les sections de colonne donnent les noms des stations auxquelles le train s’arrête.
- Ces indications sont imprimées sur des rouleaux
- dont la rotation (par un mécanisme analogue à celui des timbres dateurs) permet de mettre en évidence les renseignements à communiquer au public. Chacun des rouleaux à stations renferme cinq noms différents. L’aiguille indiquant le départ se déplace par le simple jeu d’un petit bouton ; pour rendre visible le nom d’une station, il suffit de tourner une aiguille disposée latéralement. Les slalions « brûlées » par le train doivent évidemment être omises. Des pancartes spéciales, portant des indications relatives aux grands express continentaux et à des Irains spéciaux, soq,t insérées dans des coulisses réservées ad hoc.
- L’indicateur représenté ci-dessus est long de 7,2 m., sur 3 m. de haut; étant divisé en dix-huit colonnes verticales à 20 panneaux chacune, il permet de signaler un total de 1800 noms. Comme cependant 738 pancartes de stations suffisent aux exigences du service ordinaire, il reste une réserve très large pour le surcroît de service survenant pendant les vacances et aux fêtes dites « de banque » (bank holidays).
- Ces tableaux remplacent, à eux seuls, tout un système d’horaires de chemins de fer ; ils se lisent aisément, ils permettent aux voyageurs, embarrassés par les indicateurs ordinaires, de s’orienter, sans s’adresser aux employés de gare; les moindres modifications de l’horaire peuvent s’y indiquer sans peine.
- D1' Alfred Gradenwitz.
- LAIT VÉGÉTAL ARTIFICIEL
- Un savant japonais, M. T. Karajama, vient d’imaginer un procédé qui permet de fabriquer, avec la graine d’une légu-mineuse, le haricot de Soja, un liquide dont les propriétés sont tout à fait comparables à celles du lait et qui, à l’éfat condensé, a l’avantage de se conserver assez longtemps. Ce lait végétal serait par suite très précieux dans les pays tropicaux, d’autant plus qu’il peut être fabriqué à très bas prix. Le haricot de Soja (soya ou pois chinois) entre dans l’alimentation des populations chinoises pour - une très grande part. Pour préparer le lait, les haricots sont ramollis par un séjour dans l’eau, écrasés et mis à bouillir. Le liquide, séparé des téguments et des parties non émulsionnées, a l’apparence du lait de vache; sa
- composition quantitative en est toutefois assez différente : il contient 92,5 pour 100 d’eau, 5,02 pour 100 de matières albuminoïdes; 2,13 pour 100 de matières grasses; 1,88 pour 100 de matières amylacées ou sucrées; 0,41 de matières minérales et 0,03 pour 100 de débris ccllu-. laires (en majeure partie cellulose). À ce liquide M. Karajama ajoute : du sucre, un peu de phosphate de potassium (surtout pour prévenir la coagulation des matières albuminoïdes lors de l’ébullition) et il concentre le liquide par ébullition jusqu’à ce qu’il ait la consistance du lait.condensé. Ce lait végétal condensé est plus jaune que celui-ci et il conserve quelque peu l’arome particulier du soja. Il s’emploie comme le lait condensé. E. L. *
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- BARRIERES AUTOMATIQUES POUR PASSAGE A NIVEAU
- On sait quels obstacles constituent pour la circulation les passages à niveau. Ils sont non seulement gênants, mais périlleux. Encore sur le trajet des grandes voies, ce danger est-il atténué par les barrières, si souvent maudites des automobilistes et cyclistes et que des employés spéciaux viennent fermer au moment voulu. Sur les petites lignes locales, trop peu fortunées pour pouvoir entretenir des gardes-barrières, on a supprimé tout simplement les barrières. Aussi les accidents sont-ils fréquents, la nuit surtout.
- Sur le chemin de fer suisse Montreux-Berne-Ober-land, on a imaginé un système fort ingénieux de barrières automatiques pour passage à niveau. Les trains à leur approche font abaisser la barrière, une simple perche, noire et blanche, en travers de la route ; en même temps, deux lanternes s’allument de part et d’autre du passage et une sonnerie est mise en mouvement; les passants sont ainsi prévenus du prochain passage du train et de la fermeture de la route.
- Ce dispositif fonctionne électriquement; il s’applique donc surtout aux chemins de fer et aux tramways électriques ; mais il peut être utilisé aussi pour des chemins de fer à vapeur, si l’on dispose d’une distribution électrique à proximité de la voie.
- Les deux perches qui font office de barrière
- Les organes tle commande de la barrière et la cabane qui les contient.
- Terre
- Fig. 2. — Schéma do l’installation électrique d’une barrière automatique. — F II, lils de ligne; T, archet de prise du courant du tramway ; M, moteur ; II, lampes de signal; G, sonnette avertisseuse.
- A, perche servant de barrière; M, moteur électrique; P, pignon porté par l’axe du moteur; H, roue dentée et son tambour; C, contrepoids de la perche; II, levier d’attache du câble ; S, poulie ; Q, ressort-frein.
- peuvent osciller autour d’un axe horizontal ; en temps normal, elles se dressent verticalement; au moment | du passage d’un train, un moteur électrique joue le rôle de garde-barrière et abaisse la perche. Tous les organes nécessaires à cette manœuvre sont renfermés dans la petite cabane en bois que l’on aperçoit sur la figure 1.
- On conçoit fort bien comment un pareil système doit fonctionner. À l’approche du train, son archet de prise de courant T (fig. 2) met en communication le fil de la ligne F avec le fil auxiliaire 11 relié au moteur M, aux lampes B servant de signaux et à la sonnerie d’alarme G.
- Le moteur 31 va donc commencer à tourner ; on utilisera ce mouvement de rotation pour enrouler un câble qui va, d’autre part, passer sur une poulie fixée au contrepoids qui maintient la barrière dressée ; le contrepoids se relèvera et la barrière s’abaissera.
- On voit le détail des appareils sur la figure 1. La perche A, munie du contrepoids C, pivote autour de l’axe 0. D’autre part, le moteur M, installé en haut d’un support fait d’une poutre en fer profilé, est muni d’un pignon P, engrenant avec la roue dentée R. Un côté du moyeu de cette roue se termine en tambour conique avec gorge en spirale destinée à l’enroulement d’un câble; l’ensemble est monté sur un axe fixe fileté, la roue peut donc se déplacer sur cet axe, tout comme un écrou sur sa tige. A l’extrémité H de l’axe fixe est un levier auquel s’amarre une des extrémités du câble de manœuvre du contrepoids. Ce câble passe sur la poulie S et vient s’enrouler sur la gorge en spirale creusée dans le tambour. Quand le moteur tourne, la roue dentée et son tambour se rapprochent de l’extrémité H de l’axe fixe, et le câble s’enroule
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- MÉVENTE, CONSERVATION ET COLORATION DES ŒUFS : 213
- sur le tambour ; puis le train ayant passé, le cou- La deuxième barrière est une simple perche à rant s’interrompt ; la roue R, sous l’effort du contre- contrepoids manœuvrée en même temps que la pre-
- poids, se déplace à nouveau vers la droite, mais pour empêcher les chocs; elle vient s’appuyer contre le ressort frein. Q qui empêche les emballements.
- mière par une transmission funiculaire. Un moteur de 1/10 de cheval suffit à cette intéressante manœuvre. À. T.
- LA MÉVENTE, LA CONSERVATION ET LA COLORATION DES ŒUFS
- ]1 s’est trouvé récemment, dans les resserres des Halles centrales, cinq millions d’œufs attendant le bon vouloir du consommateur parisien. Le fait ne s’était encore jamais produit ; on en donne les raisons suivantes : les œufs français qui, autrefois, allaient en Angleterre, restent chez nous, parce que nos voisins ont trouvé, chez les Danois, des œufs moins fins que les nôtres sans doute, mais mieux conservés et à meilleur prix ; le Parisien s’est aussi un peu lassé de payer très cher des œufs pour lesquels aucune garantie sérieuse de bonne conservation n’est donnée; enfin, pendant cet hiver, les poules u’ont guère cessé de pondre et les Parisiens qui ont quelque accointance avec des campagnards ont pu facilement se procurer des œufs frais.
- La conservation des œufs est d’ailleurs assez facile : comme l’altération de l’œuf frais est presque toujours due à la porosité de la coquille, il suffit de rendre cette coquille imperméable aussitôt que l’œuf a été pondu. On y arrive aisément en enduisant l’œuf d’une couche continue, passée aupinceau, de cire, de graisse,, ou de beurre fondus ; d’une solution aqueuse de silicate de soude ; d’un lait de chaux (qui se transforme ultérieurement en carbonate), d’un gâchis clair de plâtre (qui fait prise ensuite). On peut aussi employer un vernis, du collodion. Pratiquement, on obtient les meilleurs résultats, d’après nos expériences, avec la .paraffine fondue appliquée au pin-
- ceau. La paraffine, qui est un carbure saturé inaltérable, ne subit ultérieurement aucune modification ou rancissement, et n’apporte aucune odeur spéciale à l’œuf; elle se solidifie immédiatement et son emploi n’oblige pas à attendre, comme dans les cas de la solidification du silicate de soude, la prise du plâtre ou de la carbonatation de la chaux.
- On conserve d’autant mieux les œufs qu’ils sont mieux soustraits à l’action de l’air, dont l’oxygène produit la fermentation putride (immersion dans la cendre, le son, la sciure de bois, le charbon de bois pulvérisé, etc.) et que la température de conservation est plug basse. C’est par la seule réfrigération, entre — 1 et + 1 degré, que sont conservés, au Danemark/les œufs destinés à ^exportation.
- Quoique la couleur de la coquille n’affecte en rien la qualité de l’œuf, les Anglais payent volontiers une plus-value pour obtenir des. œufs de coloration brune. A vrai dire, les œufs bruns ont, en général, une saveur plus fine que les blancs, mais cette différence de saveur ne peut être appréciée que si les œufs sont absolument frais et si le dégustateur est un buveur d’eau, un teetotaler et un non smoker comme il y en a tant parmi la bourgeoisie anglaise. D’après le Journal of the Board of Agriculture ces œufs bruns ne sont pondus en grande proportion que par certaines races qui toutes appartiennent sans exception aux variétés couveuses. A. Gilciijust.
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- LE LINOLEUM
- Bien que le premier brevet relatif à la fabrication du linoléum ait été pris en 1865, cette industrie ne s’est développée vraiment que depuis quelques années. De l’Angleterre, son pays d’origine, elle s’est répandue d’abord aux États-Unis, puis en Allemagne où, annuellement, on fabrique et consomme pour plus de 50 millions de marks de linoléum. En France, cette industrie est loin d’être aussi prospère qu’au moment de ses débuts : des quelques douze usines qui fabriquaient le linoléum (et la toile cirée) autrefois, il n’en reste plus que quatre aujourd’hui; encore les sociétés propriétaires sont-elles presque toutes des filiales de sociétés étrangères et exploitent-elles des procédés anglais. Pourtant, un droit protecteur très fort, que nos fabricants trouvent d’ail-leursnnsuffisant, frappe le linoléum étranger à son entrée en France. Cet insuccès de nos fabricants doit être attribué, croyons-nous, à ce que, en France, le linoléum est encore considéré comme un article de luxe. Nos fabricants ont, il est vrai, contribué à entretenir cette erreur dans le public en ne produisant guère que des articles très beaux et par suite très chers. Comme ces articles sont très peu demandés, ils ne peuvent être faits par grandes quantités à la fois et le fabricant ne peut pas profiter de toute l’économie de main-d’œuvre que l’emploi généralisé des procédés mécaniques lui permettrait de réaliser. La fabrication reste par suite coûteuse, et l’article étant vendu en réalité plus cher qu’il ne vaut, sa vente se restreint davantage. La situation financière est d’ailleurs la même pour celles des usines étrangères qui procèdent comme les nôtres.
- Il est fort regrettable qu’il en soit ainsi, car les différentes sortes de linoléums, même peu artistiques, possèdent des qualités précieuses qui font du linoléum un tissu d’ameublement de premier ordre, parfaitement accessible aux petites bourses et qu’il serait désireux de voir employer dans les intérieurs les plus modestes. En Allemagne, on est entré dans cette voie : il ne se construit pas d’école, d’hôpital, d’établissement public quelconque, sans que les planchers ne soient recouverts de linoléum; on le trouve aussi dans un grand nombre de bureaux, d’ateliers, -de magasins et, quand on prévoit son emploi, en bâtissant les édifices, maisons de rapport ou autres, on construit les planchers d’une manière spéciale pour le recevoir. A cet effet, on recourt à un matériau, qui est presque inconnu en France, Yestrichgips ou plâtre-ciment. L’estrichgips est un plâtre qui est cuit à très haute température (525-575°) dans des fours analogues à ceux dans lesquels on cuit le ciment ou les briques et poteries. Il se gâche avec très peu d’eau, comme le ciment Portland, fait prise lentement comme lui, (en vingt-quatre heures environ) et acquiert une dureté qui est très peu inférieure à la sienne.
- Un pareil plancher d’.eslrichgips, bien sec, et
- recouvert de linoléum, est beaucoup plus propre, plus con for labié, plus hygiénique et bien plus économique qu’un parquet en bois. De plus, il possède toutes les propriétés d’un plancher en ciment (étanchéité, assourdissement des bruits, impénétrabilité à la vermine) ; il présente les avantages et les apparences d’un beau tapis bien épais sans en avoir les inconvénients, ainsi qu’on le verra plus loin. Quant à l’entretien, il est facile, expéditif et peu coûteux : il consiste”uniquement en des lavages à l’éponge avec de l’eau tiède qui, de temps à autre, est employée légèrement savonneuse.
- En Allemagne, les usines qui fabriquent le linoléum sont des établissements très importants, qui, pour la plupart, à l’inverse des usines françaises et anglaises, pratiquent largement le système de la porte ouverte et ne craignent pas de donner, sur leurs procédés, tous les renseignements qui leur sont demandés. L’une de ces usines, la Linoléum Fabrik, de Maximiliansau-am-Rhein, a bien voulu nous donner quelques-uns des renseignements qui suivent.
- Constitution du linoléum et de la toile cirée. — Les différentes sortes de linoléums sont toutes constituées par une couche plus ou moins épaisse d’une pâte dite de linoléum, appliquée à chaud et par pression, sur un canevas en juté. Le nom de linoléum rappelle qne le constituant essentiel de cette pâte est à base d’huile de lin (linum, lin; oleum, huile) ; c’est la linoxyne, produit de composition et de constitution chimiques, encore incertaines, qui a la consistance et la plupart des propriétés du caoutchouc et que l’on obtient en oxydant l’huile de lin par des procédés spéciaux que nous exposerons plus loin. On prépare la pâle en triturant et mélangeant intimement dans un malaxeur : la linoxyne, du liège finement pulvérisé et différentes gommes ou résines comme le copal, la résine dam-mar et la résine fossile de kauri provenant de la Nouvelle-Zélande; ces derniers corps ont surtout pour effet d’augmenter le pouvoir agglutinant de la masse, pouvoir sur lequel repose la possibilité de la mettre en œuvre par des moyens très divers. Les proportions des trois ingrédients et la nature des résines varient quelque peu avec la destination et la sorte de linoléum qu’on veut fabriquer. La pâte est diversement colorée par addition de pigments minéraux pendant le malaxage. Ces couleurs sont généralement des produits naturels comme les ocres; on emploie très peu les pigments artificiels (jaune de chrome, outremer, etc.) ; quant aux couleurs d’aniline, elles sont absolument proscrites comme trop fugitives et incapables de résister aux traitements que subit le linoléum en cours de traitement et d’usage. La couleur blanche ne peut être obtenue qu’en substituant la sciure de bois à une partie du liège pulvérisé.
- La toile cirée pour la fabrication de laquelle on
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- emploie aussi l’huile de lin diffère du linoléum en ce que plusieurs couches d’huile de lin, partiellement oxydée et tenant en suspension des pigments minéraux, comme le kaolin, sont appliquées successivement et après dessiccation de la couche précédente sur un canevas à larges mailles. De cette façon, l’huile remplit les mailles et forme sur une des faces un enduit qui est ensuite poli par ponçage et reçoit, après impression ou non d’un dessin, un vernis protecteur.
- L’invention de la toile cirée est plus ancienne que celle du linoléum; elle remonte à î804. On raconte qu’un peintre décorateur, dont la spécialité était de peindre des parquets à l’huile, ayant été frappé des difficultés que présentaient l’exécution et le séchage de ses enduits, imagina, pour obtenir le même effet décoratif, de les peindre sur une toile préparée qui, ensuite, était posée sur le parquet comme un tapis.
- Quoique la toile cirée ait précédé le linoléum, les deux industries se sont développées parallèlement en se perfectionnant sans se confondre. Pourtant, le linoléum a envahi peu à peu le domaine de la toile cirée et aussi celui des cuirs naturels et artificiels, car certaines sortes remplacent la toile cirée pour la couverture des tables et des bureaux et d’autres remplacent le cuir et le drap pour le recouvrage des sièges et la confection des tentures et des lambris.
- Préparation de la linoxyne. — La linoxyne se prépare soit par le procédé Walton, l’inventeur du linoléum, soit par le procédé Taylor. Dans les deux cas cependant, l’huile de lin, qui doit être choisie de première qualité, subit une purification par repos et traitement à l’acide sulfurique (pour la débarrasser des débris végétaux qu’elle peut renfermer) et une cuisson avec des siccatifs. Aux Etats-Unis, cette cuisson se fait dans de grandes marmites
- (lîg. 3) disposées sur des roues de telle façon que chacune puisse être transportée, isolément et très vite, dans un local fermé, dans le cas où le feu viendrait à s’y mettre. On veille avec soin d’ailleurs à ce que, pour conserver ses bonnes qualités, l’huile ne houille point et, par suite, en moussant, ne vienne à déborder.
- Dans le procédé Walton, celte huile cuite est transformée en linoxyne dans de grands bâtiments dits d’oxydation. Ce sont des sortes de hangars clos, dont la charpente aujourd’hui est toute en fer, et qui sont disposés de telle sorte que des solives parallèles soient placées à la partie supérieure; à chaque solive pendent plusieurs lés de 0,90 m. de forte mousseline. A l’aide d’un treuil roulant, on fait couler l’huile cuite, une ou deux fois par jour et successivement sur chaque bande de mousseline. L’huile, en ruisselant jusqu’en bas en nappe mince, s’oxyde peu à peu au contact de l’air et s’épaissit. Les quantités versées sont calculées de manière que toute l’huile soit oxydée et solidifiée et ne vienne pas s’égoutter à la partie inférieure. Ces hangars sont parcourus par de l’air chauffé au moyen de canalisations de vapeur; ils sont largement éclairés par les murs et le toit qui sont vitrés. En effet, la lumière solaire et la chaleur favorisent et hâtent l’oxydation. Selon la température du hangar, qui
- peut varier de 30 à 75°, le temps qui s’écoule
- avant que l’épaisseur d’huile solidifiée sur la mousseline n’ait atteint 3 centimètres, varie entre quatre semaines et cinq mois. On s’arrête à cette épaisseur parce qu’au delà, la mousseline se déchirerait sous le poids. On obtient une linoxyne d’autant meilleure que la formation de ces skins (peaux) a été plus lente. Comme l’oxydation s’accompagne de la production de gaz et vapeurs toxiques et d’une odeur repoussante (acides carbonique, formique, acé-
- Fig. 1. — Séchoir pour linoléum de la Linoléum Fabrik, de Maximiliansau-am-Rhein.
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- Fif>-. 2. — Atelier de cuisson de l’huile de lin, de la Linoléum Fabrik, de Maximiliansau-ain-Iïlieiu.
- tique, etc.), toutes les manœuvres se font de l’extérieur. Les skins sont débarrassées de leur linoxyne dans une machine spéciale qui, en outre, transforme celle-ci en pâte par déchiquetage et malaxage.
- Dans le procédé Taylor, on ne produit pas de skins, mais du premier coup une pâte visqueuse de consistance gélatineuse en soumettant l’huile simultanément à l’action de l’air comprimé chaud qu’on y fait barboter et de siccatifs énergiques. La transformation se fait en quelques heures,'douze au plus. La linoxyne ainsi obtenue n’est pas si bien absorbée par le liège pulvérisé que celle donnée par le procédé Walton et le linoléum qu’elle fournit ne résiste pas non plus aussi bien au frottement.
- Préparation de la pâte de linoléum. — Cette pâte ou cément s’obtient par un malaxage à chaud, dans des machines spéciales, des divers ingrédients cités plus haut préalablement pulvérisés ou déchiquetés.
- Fabrication des différents linoléums. — Aux débuts de la fabrication du linoléum, on ne produisait guère qu’un tissu de couleur uniforme. Il était obtenu très simplement au moyen d’une machine ayant beaucoup d’analogie avec celle qui fabrique le papier et dont l’usage est encore très répandu. Dans cette machine, la pâte de linoléum, chaude et visqueuse, est étalée sur un support en jute, et pressée énergiquement entre des rouleaux disposés par paires entre lesquels elle passe; en même temps qu’elle circule, elle est séchée, refroidie et calandrée, de sorte que le linoléum fini vient enrouler sur un cylindre à l’extrémité de la machine. Il ne reste plus ensuite qu’à le laisser sécher et durcir pen-
- dant quelques jours d’abord dans des séchoirs où les bandes sont déroulées et suspendues (fig. 1), puis en magasin. Après quoi, on affranchit les bords et on enroule les bandes en interposant un papier de soie entre deux épaisseurs.
- Pour obtenir des effets décoratifs, on ne tarda pas à fabriquer le linoléum imprimé: pour l’impression, il suffit de faire passer le linoléum uni, préparé comme il vient d’êLre dit, dans une véritable machine à imprimer en plusieurs couleurs; mais le linoléum imprimé a un grand défaut : le dessin n’étant que superficiel finit par disparaître à l’usage à certaines places, alors que d’autres restent indemnes : l’effet est des plus fâcheux. La réimpression que pratiquent certaines fabriques pour leurs clients n’est qu’un mauvais palliatif.
- Ces considérations conduisirent Wallon à l’invention du linoléum press-inlaid. Dans ce procédé, on découpe des losanges, des carrés ou des motifs pleins quelconques dans des linoléums uniformes de différentes couleurs et de même épaisseur, puis on les assemble côte à côte en une sorte de mosaïque sur un canevas en jute de manière, à former un dessin déterminé. Quand un mètre carré de surface a* été ainsi préparé à la main, il passe sous une presse hydraulique qui, par une compression énergique et un réchauffement simultanés, produit l’accollement de toutes les parties contiguës et leur fixation sur le canevas. La bande qu’on fabrique ainsi est donc faite d’une façon discontinue, mètre par mètre. C’est ce genre de linoléum qui, en France, est dénommé à tort linoléum incrusté.
- Walton a perfectionné sa machine de telle sorte que toutes les opérations d’assemblage qui se faisaient autrefois à la main se font aujourd’hui mécaniquement (fig. 4). Les différents éléments sont
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- découpés à l’emporte-pièce et assemblés automatiquement, pour chaque dessin, par un moyen analogue à celui qu’on emploie pour les métiers à tisser et pour les pianos mécaniques, celui des bandes de cartons perforés.
- M. Walton a installé en 1904, à Greenwich, près de Londres, une machine de ce type qui pèse 600 tonnes et qui a coulé plus de 50 millions de francs. Cette machine occupe en plan 80 sur 60 m. ; elle a 18 mètres de hauteur et est desservie par sept étages. Les ingrédients de la pâte de linoléum entrent par une extrémité, le linoléum inlaid sort par l’autre. Cette machine, qui consomme 1000 chevaux-vapeur, peut produire près de 3 millions de mètres carrés de linoléum par an ! Une particularité de cette ma-
- pbtenir par ce procédé sont très limités ; on a donc cherché autre chose. On a trouvé d’abord les linoléums jaspe', moire et granité, puis le linoléum à effets de tapis.
- Dans les quatre cas, au lieu d’employer du linoléum découpé à l’emporte-pièce, on recourt à la pâte de linoléum réduite à l’état de fragments, plus ou moins fins selon l'effet à obtenir, et formant une sorte de semoule. Pour fabriquer le linoléum granité, on fait un mélange de trois semoules de différentes couleurs qu’on dépose sur le canevas en jute d’une machine à linoléum uni et qui est traitée par la machine à peu près de même façon. Pour obtenir le moiré, on opère de même, sauf que, dans une pâte de couleur uniforme, on introduit des bande-
- Fig. 4. — Machine à lonctionnement continu servant à fabriquer le linoléum press-inlaid (dénommé linoléum incrusté).
- chine c’est que la pâte passe en plusieurs points de son parcours près d’électro-aimants qui en retirent tous les petits morceaux de fer qui, éventuellement, pourraient y avoir pénétré en cours de fabrication.
- Le linoléum inlaid fabriqué de cette façon a évidemment 1’âvafftage de présenter, malgré l’usure, un dessin qui est toujours le même, puisqu’il est formé dans toute l’épaisseur du tissu. Ce linoléum a un inconvénient cependant, c’est que le dessin est à arêtes forcément vives et ressemble plus ou moins à un carrelage de cuisine ou de vestibule (strait line tile linoléum, linoléum à carreaux en ligne droite) ou à un parquetage en bois ; la compacité de la masse, produite par les pressions successives auxquelles elle a été soumise, rend sa surface unie et brillante, et contribue à augmenter la ressemblance. Cette ressemblance n’est pas toujours désirable; en tout cas, les effets décoratifs qu’on peut
- lettes d'autres couleurs qui se déforment et s’étirent plus ou moins dans le sens de la longueur au passage entre les rouleaux.
- Le linoléum à effets de tapis a d’abord été fait à la main. Pour cela, on plaçait derrière le rouleau en confection une sorte de cadre qui recouvrait environ un mètre carré du canevas ; par-dessus, on plaçait un poncif en tôle présentant des évidements à rebords inférieurs dans lesquels on introduisait une semoule d’une seule couleur qui était légèrement damée à la main; on enlevait le poncif et on le remplaçait par un autre correspondant à une autre couleur, on opérait de même et ainsi de suite; quand lé canevas de jute était entièrement recouvert, on faisait avancer le tout d’un mètre de façon à amener la partie faite sous la presse qui produisait l’assemblage. L’impossibilité, dans ces conditions, d’obtenir des dessins à arêtes et angles vifs
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- et de donner une grande compacité à la masse, d’ailleurs inégalement déposée, fait que l’aspect du linoléum ressemble beaucoup à celui d’un tapis de' laine. Une machine pouvant faire ce travail a été imaginée aux usines de linoléum de Stagnes, près de Londres.
- Le korkment (abréviation de kork, liège et de zement, cément), pâte cémentée à base de liège, est une spécialité allemande; c’est un linoléum très épais, sans canevas, très élastique, conduisant très mal le son et la chaleur; ce linoléum, qui ne résisterait pas très longtemps à l’usure, s’interpose entre le plancher et un linoléum mince et compact qui, lui, conduit mieux la chaleur et le son, mais résiste bien au frottement et ne garde pas l’empreinte des pieds de meubles. Ce double recouvrement est tout indiqué pour les navires modernes, construits tout en fer, où le linoléum est déjà d’un usage courant d’ailleurs depuis plusieurs années.
- Le linoléum Lincrustaest extrêmement compact; il est imprimé en creux à la machine et ressemble
- au cuir repoussé qu’il remplace parfaitement dans la confection des lambris. Le korkfih (de kork, liège et de ftlz, feutre, feulre à base de liège) est aussi une spécialité allemande. C’est un tissu compact mais mat et ressemblant à un drap épais. Ce linoléum qui se lait généralement uni remplace les tentures pour le recouvrement des murs. La pose de ces deux sortes de linoléums doit être faite avec soin par des spécialistes pour que les différentes pièces, placées côte à côte, restent jointives en tout temps.
- A l’étranger, on a également cette préoccupation pour le linoléum employé comme tapis. À l’inverse de ce qui se fait chez nous, il est posé, non pas provisoirement sous forme de carpette, mais définitivement et sur toute la surface du parquet. Pour cela, les bords sont simplement fixés au moyen d’une colle spéciale; là encore, pour obtenir de bons résultats, il faut que le travail soit fait par des spécialistes. Ewta* Lmuus,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- L’ORIGINE DU PÉTROLE1
- Il est en géologie, comme dans toutes les sciences naturelles, bien des questions obscures, devant lesquelles la prudence scientifique devrait se récuser en avouant son ignorance, et qui ne semblent momentanément résolues aux esprits affirmatifs que par une généralisation hardie où il entre beaucoup de mode. Telle est l’origine du pétrole. Décomposition de matières organiques (animales ou végétales) ou produit éruptif de fumerolles, on discute toujours entre ces deux hypothèses principales avec la même vivacité, sans que les arguments, entassés de part et d’autre, soient jamais décisifs. Cependant l’industrie des huiles minérales a pris une extension considérable et intéresse à peu près tout le monde. Aussi entend-on souvent demander : « Qu’est-ce que le pétrole; d’où vient-il ; où le trouve-t-on ; quand et comment s’est-il formé? Se renouvelle-t-il encore ou les réserves en sont-elles inépuisables ? » Voici, en l’état actuel de nos connaissances, les faits positifs résultant de l’expérience qui peuvent permettre, sinon de trancher la question, tout au moins de la circonscrire et de la préciser. Je vais commencer par ceux dont je crois qu’il est impossible de tirer une conclusion formelle : composition chimique et synthèse, présence de fossiles, répartition géographique ou géologique ; je terminerai par ceux qui fournissent des arguments sérieux contre l’une ou l’autre des deux théories, organique ou éruptive.
- Composition chimique. — D’abord, qu’est-ce que le pétrole? Chimiquement, la réponse n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire, et elle l’est d’autant moins qu’il existe, suivant les gisements, des pétroles extrêmement différents par leur composition, confondus sous le même nom. Par exemple, les pétroles de Pensylvanie contiennent à peu près tous les carbures saturés ou forméni-
- 1 II vient de paraître sur le pétrole un ouvrage excellent que l’on pourra consulter pour le détail des faits discutés ici : L.-C. Tassart, Exploitation du Pétrole. (Dunod et Pi-nat, 1908.)
- ques, homologues supérieurs du méthane ou gaz des marais, de formule générale CnII2ll + 2, depuis le butane jusqu’au pentatricondine, avec quelques carbures non saturés, plus récemment reconnus par Mabery, y compris des termes GnIi2u de la série éthylénique (gaz oléfiant ou bicarbure d’hydrogène), souvient regardés comme propres aux pétroles cîuCaucase, et des carbures cycliques C“H2n ~2. Les pétroles du Caucase sont, au contraire, formés en grande partie par des carbures non saturés,-naphténiques ou cyclopolyméthyléniques. Les très nombreuses tentatives que l’on a faites pour asseoir sur ces analyses chimiques une théorie géologique du pétrole paraissent à laisser de côté. Il serait, notamment, tout à fait inexact d’établir une différence d’origine entre les pétroles non saturés du type caucasique, considérés comme d’origine volcanique parce qu’on n’a pas encore pu les reproduire en partant de corps organisés, et les carbures saturés du type pensylvanien, réputés d’origine sédimentaire par la majeure partie des géologues américains et, en effet, reproduits par C. Engler en distillant des huiles animales. La chaîne est continue des uns aux autres en passant par les pétroles intermédiaires des Carpathes. L’expérience négative pour la synthèse des carbures non saturés ne prouve rien; et, je viens de remarquer que, dans le pétrole pensylvanien, entraient accessoirement des carbures du type caucasique. Les parties de ce pétrole américain distillant à de hautes températures contiennent même probablement des carbures encore moins riches en hydrogène qui se détruisent par la décomposition.
- D’autre part, dans les très intéressantes expériences de MM. Sabatier et Senderens, en faisant réagir vers 200°, sur du nickel réduit, de l’acétylène et de l’hydrogène, ou de l’acétylène seul, on obtient toute une série de liquides hydro-carburés qui peuvent, en variant légèrement les ’ conditions de l’expérience, ressembler : soit à du pétrole américain quand l’hvdro-gène est en grand excès; soit à du pétrole caucasique quand l’acétylène est presque seul; soit enfin à des pé-
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- Iroles de Galicie et de Roumanie dans les cas intermédiaires.
- Chimiquement, on doit donc se borner à dire que des hydrocarbures analogues aux pétroles (et probablement à tous les pétroles) peuvent être produits par deux voies opposées, entre lesquelles la chimie seule ne permet pas de choisir; soit : 1° par réaction à chaud de la vapeur d’eau sur des carbures alcalins (Rerthelot, 1860), ou suides carbures métalliques pouvant, avec des métaux différents, donner acétylène, méthane, éthylène, etc. (Moissan, 1892), ou par la méthode Sabatier (1906); soit : 2° par la distillation en vase clos de matières organiques putréfiées (Cahours, 1875; C. Engler, etc.), avec cette seule restriction sans grande importance théorique que les produits obtenus par cette seconde méthode sont jusqu’ici un peu moins complets. La température de 200 à 500° au plus nécessitée par les expériences de chimie minérale ne doit pas de son côté être considérée comme une objection. Gela correspond au polymorphisme bien connu des hydro-carbures, qui existent : d’une part, dans toute la série organisée et qui, d’autre part, sont constamment produits par les fumerolles volcaniques, où leur combustion donne de l’acide carbonique, ou même par la seule distillation des roches cristallines, qui en renferment toujours de faibles traces (Armand Gautier).
- Dans les gisements naturels d’hydrocarbures, les pétroles sont, vers les affleurements, associés, à la fois avec des asphaltes (produits alourdis et oxydés), et avec des gaz naturels (produits de densité moindre). De même, la série des combustibles minéraux, dont l’origine végétale n’est guère discutée, va depuis le carbone pur ou le carbure très déshydrogéné et très dés-oxydé (graphite, anthracite) jusqu’à des types encore ligneux à forte teneur en hydrogène et en oxygène, en passant par des charbons bitumineux. Origine organique ou minérale, la chimie ne nous apprend donc qu’une chose, c’est que les deux théories contradictoires sont également admissibles. Dans l’hypothèse organique, la chimie ne tranche pas non plus entre les animaux et les végétaux; la putréfaction des vases donne certainement des hydrocarbures, comme suffirait à le prouver le gaz des marais, et la décomposition des végétaux par les bactéries (théorie Cli. Morrey) peut, même dans les profondeurs océaniques et sous de fortes pressions, réaliser des produits semblables. C’est donc, non à des expériences de laboratoire, mais à des études sur le terrain et à la pratique des champs pétrolifères qu’il faut recourir pour résoudre le problème.
- Présence d’organismes. — Dans cette étude sur le terrain, il est cl’abord un ordre d’observations qui semblent fort tentantes et que nous allons néanmoins commencer aussi par éliminer; ce sont celles qui consistent à chercher, dans le pétrole même ou dans les terrains encaissants, les résidus des êtres organisés ayant pu lui donner naissance, comme on procède pour la houille. Mais ici encore nous nous heurtons à des résultats négatifs, sans que, de cette négation non plus, on puisse rien conclure. Les observations, où l’on avait cru retrouver dans le pétrole les restes de ses organismes producteurs, sont, les unes sans valeur et les autres purement ridicules, comme lorsqu'on a considéré comme venant des nappes pétrolifères californiennes des insectes tombés dans les baquets de pétrole, ou encore lorsqu’on a prétendu faire provenir le pétrole de mollusques fossiles, dans les cavités desquels il s’était emmagasiné mécaniquement, comme il pouvait le faire à côté dans une pore ou une géode quelconque des mêmes strates. Il en est de
- même de la relation que l’on a parfois supposée entre le pétrole et la houille de Pensvlvanie, simplement d’après leur vague rapprochement géographique, sans remarquer que leur zone d’extension différait et que le pétrole, situé sous la houille, ne pouvait venir de sa distillation. D’autre part, on ne saurait invoquer, contre l’origine organique du pétrole, l’absence de ces restes, puisque le pétrole suppose évidemment une distillation très complète, très lentement accomplie pendant des périodes très longues et où ces restes ont dù disparaître et, en outre, puisque le pétrole, à peu près partout où nous le rencontrons, sinon partout, a subi un déplacement et n’est plus dans sa strate originelle.
- Répartition géographique. — Passons maintenant à la répartition géographique, géologique et tectonique des bassins pétrolifères; ce n’est pas là non plus, on va le voir, ce qui nous donnera le moyen de conclure.
- Géographiquement, on a quelquefois voulu établir une concordance entre les régions pétrolifères et les régions encore agitées par des secousses sismiques, afin de montrer que le pétrole avait été amené, ou était encore amené, de la profondeur à la suite des accidents internes dont les séismes sont un épisode. Mais, si cela est vrai pour les régions de pétrole comprises dans les terrains tertiaires, comme la Galicie, la Roumanie, le Caucase, l’Inde, la Birmanie, Java, le Japon ou la Californie, simplement parce que les régions de terrains tertiaires en général (et, en particulier, de terrains tertiaires plissés) concordent grossièrement avec les dernières zones disloquées de l’écorce où se sont concentrés surtout les séismes, cela est faux pour les plus grands bassins pétrolifères des Etats-Unis, pour toute la zone des Appalaches, depuis la Pensylvanie ou l’Ohio, jusqu’à la Louisiane et au Texas, pour le Kansas, pour le Colorado, pour le Canada, pour le Nord de la Russie, elc. : en résumé, pour toutes les régions où le pétrole, probablement d’àge plus ancien, se trouve emmagasiné dans des couches primaires, faisant elles-mêmes partie de voussoirs plus anciennement consolidés du globe.
- Répartition géologique. — L’âge géologique des terrains pétrolifères est, lui aussi, fort peu instructif; car il existe du pétrole dans tous les terrains possibles depuis l’archéen, ou même les roches cristallines, jusqu’aux formations presque contemporaines. C’est d’une façon toute empirique ou très vaguement hypothétique que, dans la théorie organique, on considère tel ou tel terrain comme ayant été, dès l’origine, pétrolifère. Nous allons d’ailleurs voir que le pétrole, essentiellement mobile, n’appartient pas, comme la houille, à la formation où on le rencontre, mais s’y est introduit postérieurement par distillation ou jaillissement, à la faveur de ses gaz, ou encore par capillarité; en sorte que, sur une même verticale, il peut exister dans toutes les strates d’àge quelconque, en superposition normale ou renversée, dont la structure physique et le porosité, sous un toit imperméable, ont permis son emmagasine-ment.
- Si l’on voulait établir une corrélation des venues pétrolifères avec les grandes phases de dislocation, auxquelles ont immédiatement succédé les phases principales de concentration lagunaire fies premières propres à une venue éruptive, les secondes à une fermentation organique), il faudrait aussitôt remarquer que la principale de ces phases en Europe, celle qu’on nomme hercynienne (carbonifère et permienne), est très pauvre en hydrocarbures liquides ; ce que l’on reste libre, il est vrai, d’expliquer par des
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- conditions spéciales à cette époque, ayant favorisé, pour la décomposition des organismes, la forme houille alors prédominante.
- Le rapport des pétroles avec les dislocations tectoniques, avec les chaînes de plissement, et surtout avec telle partie de ces chaînes, comme avec telle ou telle allure des plis, est, lui aussi, mal démontré ; et ce qu’il peut y avoir de vrai dans certaines observations pratiques à cet égard doit peut-être s’expliquer par les lois hydrostatiques de la circulation du pétrole, tout à fait indépendamment de son origine. Il y a du pétrole le long de certaines chaînes plissées comme le Caucase, les Carpathes, les Apennins, les chaînes Biimanes, le Japon, les chaînes Californiennes; mais il y en a aussi, et bien plus, dans le bassin Appalachien qui, pour la majeure partie, est une région des moins plissées. Le rapprochement avec les monts Appalaches, que l’on a invoqué pour expliquer cette anomalie, est si vague qu’il n’est peut-être pas un point sur la terre qui ne se trouve de même à une semblable proximité de quelque chaîne plus ou moins ancienne. Les terrains pétrolifères du Kansas sont remarquablement plats; ceux du Texas et de la Louisiane sont faillés, mais peu plissés. De même, le pétrole est sur la courbure externe des Carpathes, où les fractures ont dù se trouver élargies par la dilatation et non à l’intérieur comprimé de la chaîne ; mais on le trouve en Galicie, dans un alignement droit, et, en Roumanie, en un point où la torsion a mis en contact des terrains redressés. Dans le Caucase, il est sur les deux versants, etc. Les plis anticlinaux sont plus favorables aux recherches que les synclinaux ; mais il y a de nombreuses exceptions. Souvent des dislocations semblent utiles; mais il arrive qu’elles manquent absolument, etc.
- Régime des nappes pétrolifères. — Ce qu’il faut surtout retenir dans cet ordre d’idées, et ce qui, pratiquement, est essentiel, c’est que le pétrole se comporte comme une eau sous pression, avec tendance constante à profiter de tous les orifices pour s’élever, parfois avec un jaillissement qui épuise plus vite ses réservoirs internes. Les gaz qu’il renferme d’ordinaire en sont la cause essentielle. Sa recherche est donc assimilable à celle des nappes aquifères, le mot nappes étant entendu avec toutes les restrictions qui semblent aujourd’hui nécessaires; c’est-à-dire qu’il n’y a pas nappe proprement dite, mais réseau de fissures plus ou moins serré, de telle sorte qu’un puits productif peut être juxtaposé à plusieurs puits stériles et que la proportion des puits stériles dans les régions les plus prospères ést, en moyenne, d’un tiers. Il s’agit de tomber sur ces fractures pour réussir. Le pétrole vient toujours d’en bas; et, lorsqu’il y a, sur un même point, plusieurs couches poreuses superposées, dans lesquelles le pétrole a pu s’emmagasiner sous un toit imperméable de schistes qui le retenait, le même sondage recoupe successivement plusieurs niveaux pétrolifères. Quand on ne distingue pas par où le pétrole a pu passer d’une nappe à l’autre, il faut se rappeler avec quelle facilité on le voit, aux affleurements, monter d’un terrain argileux, dans lequel on n’aperçoit aucune fissure.
- On peut ajouter que, presque partout, on a observé une tendance moyenne à l’enrichissement des niveaux pétrolifères à mesure que l’on faisait les sondages plus profonds : peut-être en partie parce que les niveaux supérieurs, d’où provenaient les suintements au jour, par lesquels les recherches avaient été provoquées, s’étaient trouvés de leur fait même épuisés. Souvent, en même
- temps, les pétroles plus profonds, moins évaporés, étaient de densité plus faible. Si cela était indéfiniment vrai, il faudrait évidemment en conclure que le pétrole a une origine profonde et éruptive, ayant donné lieu à des sortes de filons-couches; mais cette conclusion, sans doute inexacte, serait, en tout cas, au moins prématurée dans l’état actuel de nos connaissances ; car on n’est jamais descendu assez profondément pour être en di’oit d’énoncer le fait sous une forme aussi formelle. C’est de la suite des recherches pétrolifères en profondeur que nous viendront, espérons-le, plus tard les notions véritablement précises sur l’origine de ce corps. Il faut noter aussitôt (ce qui semble, jusqu’à un certain point, en contradiction avec la remarque précédente) que les niveaux pétrolifères s’épuisent tous très vite et qu’on n’a jamais remarqué qu’un niveau épuisé se soit rempli de nouveau postérieurement. Il en résulte la tiès grande vraisemblance que le pétrole, quelle que soit son origine, n’est pas de formation contemporaine, mais de formation ancienne et, par conséquent, que sa venue ne continue pas, que ses gisements ne se renouvellent pas; ce qui, pratiquement, est d’une importance extrême. On peut encore observer que l’on n’a jamais trouvé de pétrole en relation avec un phénomène éruptif actuel, bien que les volcans dégagent des fumerolles hydrocarburées. Les volcans de bouc, que l’on a quelquefois regardés comme éruptifs, n’ont absolument rien de volcanique que l’apparence ; ce sont de simples dégagements de gaz soulevant un peu de boue liquide. Et, sur la plus grande partie des gisements pétrolifères, on ne constate ni trace d’aucun phénomène volcanique, ni même une roche éruptive plus ou moins ancienne.
- Un fait, qui paraît avoir une importance capitale pour la genèse du pétrole, est la relation presque constante qui existe entre le pétrole, et le sel marin ou le gypse : les niveaux de pétrole, d’eau salée et de sulfate de chaux étant (quoi qu’on en ait dit) superposés dans un ordre variable. On peut ajouter la présence, dans de nombreux pétroles, du soufre qui y a été laissé par la réduction des sulfates. Comme il est aujourd’hui universellement admis que le sel marin et le gypse des terrains géolo-logiques sont un résultat d’évaporations soit! Jagunaires, soit désertiques; et comme il n’est plus, je crois, un géologue qui soutienne encore leur origine éruptive, il en résulte l’argument, à mon avis, le plus fort de tous pour l’origine sédimentaire du pétrole. Nous supposerions volontiers que ce corps a été produit par la putréfaction en vase clos de matières organiques dans un bain de saumure peu à peu concentré : cette saumure ayant pu contribuer à l’accumulation même des organismes (en même temps qu’à leur mode de décomposition), par la mort brusque des êtres vivants amenés accidentellement en ce point. Il faut cependant remarquer que, si l’on admet ainsi l’origine organique du pétrole, lorsqu’on le trouve sur un même point dans des terrains très différents allant, comme dans le bassin des Appalaches et son prolongement nord, depuis le précambrien jusqu’au carbonifère, son origine a des chances pour se trouver à la base de la formation, puisqu’il manifeste une force ascensionnelle. L’idée que les conditions favorables à son dépôt se sont renouvelées là pendant tant de périodes successives est, quoique possible, peu vraisemblable. Le pétrole du Canada, et probablement de la Pensylvanie et de l’Ohio, devrait donc venir de l’archéen; ce qui me paraît être une objection sérieuse à la théorie organique, et ce qui interdit encore, comme je l’annonçais en commençant, de conclure. L. D. L.
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- LES TRACTEURS AUTOMOBILES AGRICOLES
- Fi". 1. — Le tracteur automobile l'ilter au travail.
- Depuis plusieurs années, on se préoccupe beaucoup d’appliquer l’automobilisme à l’agriculture.
- Le ministère de l’agriculture instituait en 1904 à Toulon, en 1905 à Bordeaux, des concours spéciaux qui ouvraient un champ libre à l’initiative des constructeurs de machines automobiles agricoles.
- Si, de même que toutes les expériences de début, celles organisées en 1904 n’ont pas donné de résultats pratiques bien définis, celles de 1905, grâce aux perfectionnements apportés, tant dans la forme des roues que dans la construction du radiateur, permirent de constater que Ton pouvait entreprendre avec les tracteurs automobiles des travaux de labourage parfaits.
- Malheureusement le prix de revient de ces travaux était excessivement élevé, la consommation d’essence atteignant plus de 9 litres par heure.
- En octobre 1907, la Société d’agriculture de Meaux organisa à Chelles des essais d’automobiles agricoles.
- Trois maisons importantes de constructeurs avaient répondu à l’appel de la Société.
- Les appareils expérimentés peuvent se diviser en 2 catégories bien distinctes :
- 1° Tracteurs automobiles.
- 2° Treuils aulomobiles.
- Les automobiles de la première division fonctionnent comme « tracteurs directs », c’est-à-dire qu’ils tirent directement l’instrument de culture, ainsi que le ferait un cheval. Les moteurs de la seconde actionnent la charrue ou tout autre instrument aratoire au moyen d’un treuil à double tambour, sur lequel vient s’enrouler et se dérouler un câble passant sur une poulie fixée à l’extrémité du champ.
- Les tracteurs directs, présentés par deux importantes maisons de construction de machines et moteurs agricoles, se sont remarquablement comportés en tant qu’attelages, c’est-à-dire que leur marche était d’une grande régularité. Il n’en a pas été entièrement de même en ce qui regarde les résultats pratiques, et cela pour une raison bien simple, c’est que la résistance des instruments aratoires mis à la disposition de certains concurrents n’étaient
- Fig. 2. — Moteur universel actionnant un scariiiealeur.
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- 222 .. LES TRACTEURS AUTOMOBILES AGRICOLES
- nullement proportionnée à la puissance des moteurs.
- On put en effet constater à Chelles que le tracteur Pilter, d’une force de 18 chevaux, produisait avec une charrue à 5 disques, construite spécialement, un travail de labourage irréprochable, alors que le tracteur « Moteur universel », d’une force de 50 chevaux, n’obtenait aucun résultat avec les poly-socs ordinaires qui lui étaient attelés.
- On doit donc de ces essais conclure, que les tracteurs automobiles ne peuvent rendre d’appréciables services que si les instruments qu’ils doivent conduire sont construits dans des conditions de forme et de solidité déterminées, tant par la nature du terrain que par la puissance du moteur.
- Afin de donner à nos lecteurs tous les renseignements susceptibles de leur permettre de se faire une opinion personnelle sur l’emploi pratique et rému-
- Ce moteur, de même que le précédent, est à 5 roues, mais à l’encontre de ce dernier elles sont toutes trois motrices. Le châssis est monté sur ressorts; il porte un moteur à 4 cylindres de 150 millimètres d’alésage et marche à une vitesse de 850 tours à la minute.
- D’après les chiffres fournis par les fabricants eux-mêmes, ce tracteur pourrait labourer à 18 cem-timètres de profondeur 4 hectares en dix heures avec une dépense moyenne de 12 à 14 litres d’essence par heure. Celte même dépense serait nécessaire pour le remorquage de deux à trois moissonneuses-lieuses, convenablement échelonnées, cette disposition permettant d’ailleurs de moissonner 15 hectares par journée de dix heures de travail.
- On voit par ces chiffres combien sont sensibles les améliorations apportées par les constructeurs aux types présentés aux concours de Toulon et de Bor-
- Fig. ô. — Tracleur CasLeliu actionnant jiar câble une charrue à siège.
- nérateur des tracteurs automobiles, nous pensons utile de leur soumettre les détails et chiffres suivants :
- Le tracteur à pétrole Pilter est monté sur 5 roues ; celle d’avant directrice, celles d’arrière motrices; les mouvements d’engrenages et de chaînes sont actionnés par un moteur horizontal à deux cylindres.
- Fonctionnant comme automobile routière on peut prétendre avec ce moteur à une vitesse moyenne de 6 kilomètres à l’heure. Utilisé comme attelage, on doit labourer 1 hectare de composition normale à 0,15 m. de profondeur en 5h53m, la consommation ne dépensant pas 25ll/4 d’essence; couper à la moissonneuse-lieuse un hectare de céréales en lh 18m avec 10Ç80 de combustible; enfin, employé comme machine motrice fixe, ce tracteur permet d’obtenir d’un hache-paille la coupe de 1000 kg de paille à 9 millimètres de longueur en 47 minutes, avec une dépense d’essence de 3',50.
- Avec le moteur universel, grâce à sa puissance, on est à même de produire un travail plus rapide, et relativement économique.
- deaux, surtout en ce qui a trait à l’économie du travail.
- Il nous reste maintenant à dire quelques mots du « treuil automobile Castelin ».
- Si le treuil Castelin est connu depuis longtemps par tous ceux qu’intéresse la question de l’application de l’automobile à l’agriculture, il n’en est pas moins vrai que les types expérimentés à Chelles présentaient de sérieux avantages sur les premiers soumis.
- Le tracteur Castelin, d’une force de 10 chevaux, est caractérisé par le fait que sous le siège sont disposés deux treuils dont l’un est utilisé pour le câble de retour. Il est construit sur 4 roues, les deux d’avant sont d’un diamètre de 1 mètre et sont motrices, alors que celles d’arrière assurent la direction de la machine.
- Afin d’éviter que le tracteur ne se déplace sous l’effet de la résistance qu’oppose le sol à la pénétration du soc, l’appareil est muni d’une béquille terminée par une bêche en acier de 1 mètre de longueur. Lorsque l’automobile est mise en position de
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- travail celte béquille touche à terre, et, sous l’effort de la traction, s’enfonce jusqu’à 0,50 m. de profondeur.
- La régularité du travail varie avec la rigidité du câble de traction et l’habileté de l’homme chargé de la manœuvre et de la direction de l’instrument aratoire.
- Le labourage au treuil automobile présente sur le labourage à la vapeur de réels avantages.
- Le tracteur automobile, en effet, est d’un déplacement facile. Sur route il occasionne moins de trépidations qu’une locomobile; au travail il ne demande qu’un volume relativement faible de combustible, alors que la machine à vapeur exige une quantité considérable d’eau et de charbon dont le coût de transport est généralement élevé.
- Ce qui rend particulièrement intéressant l’emploi
- des tracteurs automobiles agricoles, c’est non seulement leur utilisation en temps que tracteurs directs, mais aussi le rôle qu’ils peuvent jouer à la ferme comme moteurs fixes, pour actionner des instruments mécaniques d’intérieur : batteuses, moulins, pompes, hache-paille, coupe-racines, broyeurs, etc. Enfin rappelons qu’ils peuvent aussi servir au transport des denrées, des engrais et des produits agricoles.
- De tout ce qui précède on peut conclure que, si l’automobile agricole ne doit pas être considérée comme devant remplacer dans un temps plus ou moins rapproché le tracteur animal, du moins est-on en droit de constater que, dans des circonstances déterminées, son emploi peut rendre de réels services aux agriculteurs et cela dans des conditions de travail relativement économiques. Paul Messier,
- Ingénieur agricole.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i mars 1908. —
- La solidification de Lliélium. — M. Becquerel annonce qu’il a reçu la nouvelle que le seul gaz non encore liquéfié vient d’être liquéfié et solidifié. L’expérience a été faite par M. Kamerling Ones, de Leyde. L’hélium a d’abord été amené à une pression de 100 atmosphères, puis soumis au froid produit par l’hydrogène liquide.
- Les engins grèlifuges. — Sur la demande du Ministre de l’Agriculture, M. Violle a procédé à une étude des engins proposés pour écarter la grêle. Les conclusions de son travail sont les suivantes : d’après les nombreuses expériences qu’il a effectuées partieufièrement à l’aide d’engins enlevés par des ballons, l’action que peut exercer sur un nuage orageux une détonation isolée est faible. Les tirs en masse ne produisent que des effets capricieux, ce qui veut dire que trop souvent ces tirs sont insuffisants. Dans un orage violent à allure cyclonique les efforts incohérents d’artilleurs bénévoles, surpris et malmenés par l’ouragan, sont fatalement voués à l’impuissance. Il semble, au contraire, possible de lutter avec succès contre un orage à marche lente attaqué méthodiquement en avant de la région à protéger, et de le combattre sur cette région même par un tir bien conduit. Un contrôle rapide et exact des orages, sur certains champs d’expériences ainsi organisées, fournirait sans doute, avec de bonnes statistiques, les meilleurs arguments sur la question toujours pendante de l’efficacité des engins grèlifuges.
- Photographie donnant le relief et la variabilité d’aspect. — M. Lippmann observe que l’épreuve photographique ordinaire a les propriétés d’un dessin fait à la main. La vision, au contraire, donne les objets en vraie grandeur, avec leur relief et leur aspect changeant si l’observateur s’éloigne ou s’approche. Une épreuve photographique présentant ces propriétés peut-elle être obtenue? M. Lippmann a résolu le problème au moyen d’une plaque photographique dont la couche sensible est préparée de manière à offrir une multitude de petites surfaces convexes formant autant de lentilles. La surface ainsi préparée est comparable à l’œil composé des insectes.
- Mode de transmission d’une maladie parasitaire. — M. Laveran présente une Note de M. Nicolle relative au mode de transmission d’une maladie parasitaire connue
- Présidence de M. Becquerel.
- en Tunisie sous le nom de kala azar. L’auteur a constaté que cette maladie était inoculable au chien et il émet l’opinion que le chien sert à la dissémination de la maladie. Il pense qu’il est fort possible que la maladie soit transmise par les puces qui vivent sur les chiens malades.
- Faune et fore permiennes à Madagascar. — M. A. Gau-dry présente une Note de M. Boule sur l’existence d’une flore et d’une faune permiennes à Madagascar. Plusieurs fois il a été question à l’Académie des magnifiques fossiles de Madagascar. Ces fossiles appartiennent au secondaire et au quaternaire; M. Grandidier a fait des découvertes célèbres en ce qui concerne ces derniers. Mais on ne connaissait pas de terrains primaires à Madagascar. M. Boule, quand i! a dressé la carte géologique de l’ile, a montré que ce grand pays était partagé en bandes étendues du Nord au Sud et il a figuré, sur la carte, une bande intercalée entre les terrains secondaires et les terrains cristallophylliens. Il pressait depuis longtemps les nombreux explorateurs qui se sont rendus à Madagascar de fouiller cette bande formée de grès et de schistes. Le capitaine Colcanap, aidé par le capitaine Contet, avec d’assistance de 40 tirailleurs, opère en ce moment des fouilles pour satisfaire à la demande de M. Boule. 11 vient de trouver de npmbreux reptiles en un bel état de conservation. M. Boule décrit l’un d’eux. Ces reptiles se l’apportent certainement à ceux du permien découverts dans plusieurs pays. On a trouvé en même temps une feuille de glossopteris. M, Zeiller a reconnu le glossopteris inclica permien de l’Inde et de l'Afrique australe. La découverte du permien à Madagascar est un argument en faveur de l’existence aux temps primaires d’un continent s’étendant de l’Afrique australe à l’Inde. Elle a une autre conséquence, c’est l’existence probable à Madagascar de la houille qui y avait été vainement cherchée jusqu’à ce jour. Ainsi que le remarque M. Boule, il est probable qu’au-dessous du permien on trouvera la houille, déjà rencontrée dans l’Afrique australe.
- Propriétés de l'arc voltaïque. — M. Lippmann présente une Note de M. Minet, sur les propriétés de l’arc voltaïque jaillissant dans une enceinte limitée. Cette étude comporte l’examen d’un grand nombre de facteurs.
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- 224 :.... — CLASSEUR DE MONNAIES
- Dans le cas simple d’un arc jaillissant entre deux électrodes de charbon, dans une cavité en forme de cylindre, creusée dans un bloc de magnésie, l’auteur donne des formules qui permettent de déterminer a priori toutes les grandeurs physiques en fonction du diamètre de l’enceinte.
- L’insecte des chênes-lièges. — M. Bouvier présente une Note de M. Lesne, relative à l’insecte qui ravage les
- chênes-lièges du département de Constantine. 11 s’agit d’une chenille qui creuse dans le bois des arbres une galerie dirigée obliquement, de bas en haut. La chenille ne forme pas de cocon en Algérie. Elle effectue sa métamorphose dans le bois de la galerie. Pour combattre cette chenille l’auteur recommande d’employer le sulfure de carbone s’il est démontré que ce produit ne nuit pas à la végétation. Cn. pe Vjluîpeuil.
- CLASSEUR DE MONNAIES
- Un inventeur norvégien, M. Bjarne Cranner, a fait breveter en France un appareil qui doit singulièrement faciliter la tâche des caissiers des grands établissements financiers et de toutes personnes appelées à manier journellement des quantités de numéraire.
- Brièvement décrit, le classeur de monnaies consiste en un con-duitinclinélelong duquel les pièces, versées à pleines poignées par un orifice qui forme entonnoir, sont entraînées par leurproprepoids, en roulant latéralement. Pendant leur descente, elles rencontrent des orifices de hauteurs différentes qu’elles choisissent selon leurs propres dimensions, et s’engagent dans un chemin qui les fait aboutir à celle des corbeilles réservée à leur catégorie.
- La figure ci-jointe suffira d’ailleurs, avec quelques mots d’explication, à faire comprendre le fonctionnement de l’appareil.
- On y aperçoit fort bien le chemin de roulement, supporté par une colonne centrale qui repose sur un socle. C’est dans la paroi extérieure que sont pratiquées les ouvertures, faites de telle sorte que les entailles supérieures aient une faible hauteur et ne laissent passer que les petites pièces. Leur hauteur augmente vers le bas de la colonne, conformément au diamètre des pièces.
- Celles-ci sont reçues dans des récipients dont les uns reposent sur le socle, tandis que les autres sont suspendus à la colonne ou accrochés au chemin de
- roulement. Le nombre des corbeilles, ainsi que la dimension des entailles, peuvent être modifiés selon le système monétaire propre au pays.
- Comme le montre notre dessin, le chemin de
- roulement, très large à sa partie supérieure, commence à se rétrécir dès qu’il atteint la colonne. En ce même point, il reçoit une forte inclinaison vers l’extérieur. Ajoutons qu’à l’intérieur de la colonne est disposé un fond en plan très incliné, qui se raccorde à la partie inclinée du chemin de roulement. Dans la colonne, des chevilles plantées transversalement servent à faire basculer les pièces pendant leur chute par la collerette.
- Versées à poignées, les monnaies atteignent le plan incliné où elles glissent vers l’extérieur ; elles ne tardent pas à prendre alors un mouvement de roulement en appuyant leur bord à la paroi. La force centrifuge les oblige aussitôt à se redresser, et elles continuent de descendre sur le chemin jusqu’à ce qu’elles soient éjectées par les entailles.
- Nous avons eu l’occasion de voir fonctionner cet ingénieux appareil dans un établissement de la rue de Grammont. Nul doute qu’il ne soit accueilli avec empressement par les maisons où se manient de grandes quantités d’espèces métalliques.
- V. Forbin. .
- Le Gérant : P. Masson.
- Le classeur de monnaies de M. Bjarne Cranner.
- Paris. — Imprimerie Lahuhe, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. - N° 1816.
- 14 MARS 1908.
- LA PROTECTION DES AIGRETTES EN AFRIQUE
- Parmi les espèces naturelles menacées d’extinction, il en est beaucoup pour lesquelles le principal agent de destruction est l’homme. De ce nombre est l’aigrette, ce gracieux oiseau que la fantaisie de la mode a fait rechercher pour ses élégantes plumes et qui, traqué dans ses principales stations par des chasseurs professionnels, risquait de disparaître entièrement dans un avenir prochain s’il n’avait trouvé des défenseurs. La chasse aux aigrettes a été interdite par M. Merlaud-Ponty, gouverneur
- de noces; ce sont ces dernières que l’on connaît dans le commerce sous le nom de « plumes d’aigrette ».
- On connaît deux espèces principales d’aigrettes, qui toutes deux vivent en Afrique, l’aigrette blanche (ardea alba) et l’aigrette garzette (ardea garzetla). La première dépasse à l’âge adulte 1 mètre de long tandis que la seconde n’atteint que 55 centimètres. L’aigrette blanche a le bec jaune et les pieds noirs, l’aigrette garzette le bec noir et les pieds d’un noir verdâtre. Les plumes dorsales raides des aigrettes blanches dépassent légèrement la queue, tandis que, chez les garzettes, elles restent toujours plus petites. Chez ces dernières, elles s’arrondissent de façon à former une sorte de lyre ou de crosse d’évêque, d’où le nom de « crosses » qu’on leur donne dans le commerce ; elles atteignent souvent un prix plus
- Fig. 1. — Groupe de petites aigrettes à la Guyane (d’après des documents communiqués par M. Geay).
- du Haut-Sénégal et Niger, sur tout le territoire de cette colonie, pendant une durée de deux ans, à compter du 1er janvier 1908.
- C’est là une excellente mesure et l’on pourrait souhaiter que des dispositions semblables soient prises sur tous les points où l’on constate une diminution du nombre des aigrettes, et,
- d’une façon générale, que ce système de protection soit étendu plus résolument qu’on ne l’a fait jusqu’à ce jour à toutes les espèces dont l’imprévoyance humaine est en voie d’amener la disparition plus ou moins prochaine.
- Les aigrettes sont des échassiers assez voisins des hérons avec lesquels ils entrent dans la riche famille des Ardéidés. Les caractères qui les différencient des hérons sont de minime importance; elles ont des formes plus sveltes que ceux-ci, le bec est plus mince, les pattes sont plus dénudées. Mais les aigrettes se distinguent surtout par leur livrée blanche, par leurs huppes occipitales et par les touffes de longues plumes raides, à barbes décomposées, qui se développent et s’allongent, au plumage 36e année. — -1er semestre.
- Fig. 2. — Aigrettes : à gauche, Petite aigrette (Ardea candidissima) ; à droite, Grande aigrette
- (Ardea leuce).
- élevé encore que celles des aigrettes blanches.
- Les deux espèces ont un régime et des mœurs semblables. Elles recherchent le voisinage des cours d’eau, des lacs et des marais qui leur fournissent le poisson dont elles font leur nourriture. Les aigrettes mangent aussi de petits reptiles, des grenouilles, des insectes aquatiques, des mollusques.
- L’aigrette blanche habite l’Europe méridionale, diverses parties du nord et de l’ouest de l’Afrique, l’Asie Mineure et la Syrie, l’Asie méridionale et tropicale, l’Amérique du Nord et du centre. L’aigrette garzette a à peu près le même domaine que l’aigrette blanche, mais il est plus étendu. En Amérique, on trouve fréquemment, soit Y ardea leuce remplaçant Yardea alba, soit Yardea candidissima. Partout où
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- 226 - LA.PROTECTION DES AIGRETTES EN AFRIQUE
- ces espèces ont été autrefois abondantes, elles ont diminué en nombre ou ont presque disparu, victimes des chasseurs industriels. C’est ce qui s’est produit dans l’Amérique du Nord, où les aigrettes étaient jadis nombreuses dans la vallée du Mississipi, la Géorgie, l’Àlabama, les marécages de la Floride, les grands lacs. L’Afrique, dont nous voulons spécialement parler, nous offre un spectacle semblable.
- Les aigrettes, qui étaient assez abondantes en Algérie au moment de la conquête, sont devenues très rares aujourd’hui. M. J. Forest, qui s’était beaucoup occupé de la protection des oiseaux à parure, attribue leur disparition à l’extension de la culture européenne et à la manie destructive des colons qui généralement ne respectent aucun oiseau, utile ou non. En Tunisie, par suite de persécutions trop acharnées, ces oiseaux ne se rencontrent plus qu’à l’état sporadique, comme l’ont constaté le naturaliste allemand Kœnig et, après lui, M. Loustalet. Les observations du 1)‘ Lenz, de llohlfs, de M. de Fou-cauld établissent l’existence des aigrettes à l'intérieur du Maroc dans les régions arrosées et jusqu’aux fleuves Niger at Sénégal. M. Forest indique les différents points du Maroc où l’on trouve la garzette, et il en signale notamment au sud de Larache, dans les dunes et sur les étangs qui s’étendent jusqu’à l’embouchure du Sehou.
- Les aigrettes se trouvent accidentellement dans la Cyrénaïque et la Tripolitaine. Elles sont plus communes en Egypte. L’aigrette blanche est répandue surtout, dit M. Magaud d’Aubusson (Les échassiers d'Éc/ypte), dans la Basse-Égypte et au Fayoum; on en voit de grandes bandes au lac Mariout. L’aigrette garzette est plus commune encore dans tout le bassin du Nil; le lac Menzaleh fournit un appoint considérable à la production de la crosse.
- L’aigrette blanche est très commune dans toutes les rivières de l’Afrique occidentale, dit le D1 Maclaud (Mammifères et oiseaux de l'Afrique occidentale). On la voit perchée sur une branche de palétuvier, attendant le passage d’un poisson; le soir, elle se réfugie sur les grands arbres de la rive. L’aigrette garzette, dit le même explorateur, est rare dans toute la basse Guinée ; on la trouve sur le Tinkisso, le Bafing, la Haute-Gambie et la Casamance.
- M. Fernand Foureau (Documents scientifiques de la mission saharienne) signale l’aigrette blanche au Bornou, aux alentours du Tchad et sur les bords du bas et du haut Chari. Les aigrettes et les marabouts, dit M. Auguste Chevalier, vivent par bandes nombreuses vers le bas Chari.
- Les deux espèces d’aigrettes sont répandues dans la province d’Angola, principalement à Benguella. Elles se trouvent auprès de tous les grands lacs de l’Afrique centrale et tropicale. Le D1 Paul Pogge, traversant les forêts vierges à l’ouest du Kassaï, a trouvé de nombreuses aigrettes au fleuve Lulua. llolub a rencontré la garzette en bandes d’environ dix individus dans les prairies marécageuses du liarts-River et du Molopo. La garzette est séden-
- taire à Zanzibar et à Madagascar ; on la retrouve en Abyssinie.
- Le D1' Decorse, dont on a eu à déplorer la mort récente au retour d’une seconde mission pour l’étude de l’élevage de l’autruche1 et de la réglementation de la chasse des oiseaux à parure, a parcouru le Sahel, la région de Tombouctou, la boucle du Niger, recherchant l’aigrette dans ses divers lieux d’habitat et étudiant ses conditions d’existence, et il avait proposé d’interdire complètement la chasse de cet oiseau pendant deux années consécutives, puis de restreindre ensuite le droit de le chasser, enfin de créer des réserves. C’est à la suite de cette mission qu’a été pris l’arrêté de M. le gouverneur Merlaud-Ponty.
- En même temps que la chasse de l’aigrette est interdite pendant deux années sur tout le territoire du Haut-Sénégal et du Niger, la détention, la circulation et la vente des plumes d’aigrettes et crosses provenant de cette colonie sont interdites aussi à partir de la même date. Quant au commerce des plumes provenant des établissements d’élevage des aigrettes domestiques, il sera pratiqué à l’aide de laissez-passer spéciaux.
- Le complément indispensable de cette mesure consistera à encourager l’élevage et la domestication des aigrettes, comme on se propose de le faire pour l’autruche ; ce sera le moyen le plus efficace d’assurer la. conservation et la multiplication de l’espèce. Sa disparition priverait l’industrie française d’un produit très apprécié et dont le prix est élevé. Le prix du kilogramme atteint 5000 francs pour certaines qualités qu’utilisent les joailliers pour monter des brillants.
- Déjà, en 1895, M. J.Forest avait fait adopter par le Congrès international de zoologie de Leyde, un vœu en faveur de mesures de sauvegarde et de la domestication des aigrettes.
- A cette époque, une expérience pratiquée à Tunis avait déjà établi irréfutablement que l’élevage des aigrettes était assez facile et. très rémunérateur. La reproduction en captivité amena un accroissement rapide des troupeaux. La vaste volière qui les contenait fut peuplée au début, en 1895, avec les aigrettes sauvages capturées; en 1896, elle renfermait 587 aigrettes. Au dire de l’éleveur tunisien, le revenu que donne un oiseau par an est d’environ 55 francs. M. J. Forest croyait même à la possibilité d’un élevage en domesticité libre, comme pour les pigeons, par-exemple.
- Il est facile d’assurer économiquement l’existence des aigrettes en captivité. A Tunis, on les a nourries avec des viandes d’équarrissage (chevaux, mulets, ânes) .et on évaluait à 5 francs la nourriture d’un oiseau par an. La reproduction en volière se fait régulièrement, mais on doit tenir compte de ce qu’il faut donner un certain espace à ces animaux très querelleurs, quoique sociables. Les petits, âgés de trois semaines, n’ont plus besoin d’être alimentés 1 La Nature, 26 janvier 1907.
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- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL DANS LA MARINE DE COMMERCE = 227
- par leurs parents et, dès la première année, ils sont en état de se reproduire.
- Il semble donc que la domestication des aigrettes, blanche et garzette, puisse être facilement et avantageusement entreprise. 11 existe en Afrique beaucoup de régions où cet élevage pourrait être pratiqué
- dans des conditions favorables. On a cité, notamment, en Algérie, les lacs de Fezzara et de Misser-ghin; en Afrique occidentale, les régions marécageuses, comme le lac de Guier au Sénégal ou les marigots qui avoisinent Tombouctou.
- G U STAVE liEGELSl'KKGEIS.
- LES APPLICATIONS DE LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- DANS LA MARINE DE COMMERCE
- Tout autant qu’à la marine de guerre, la télégraphie sans fil est susceptible de rendre service à la marine marchande.
- Aux innombrables vapeurs de charge qui sillonnent les mers du globe, elle fournira, grâce aux stations côtières qui sont ou seront prochainement installées, un moyen vraiment pratique de demander et recevoir des renseignements utiles à leur négoce ou à leur navigation.
- Les sémaphores et le code international des signaux leur permettent bien actuellement de communiquer avec la terre, mais il leur faut pour cela se déranger de leur route, stopper devant le sémaphore, perdre du temps en un mot, et par suite de l’argent.
- Mais c’est surtout pour les grands paquebots à voyageurs que la télégraphie sans fil est devenue un auxiliaire précieux.
- Grâce aux puissantes stations terrestres que la société Marconi a établies en Angleterre au Pold’hu et au cap God sur la côte Orientale des États-Unis, la flotte des paquebots de toutes nationalités qui circulent entre l’ancien monde et le nouveau se trouve constamment en relations avec la terre, et la foule toujours plus considérable des voyageurs qu’elle transporte est tenue non seulement au courant des événements mondiaux qui peuvent les intéresser, mais aussi est mise à même de recevoir, pendant une partie impor-
- tante de la traversée, des renseignements sur la marche de leurs affaires ou des nouvelles de leur home.
- Les Compagnies de navigation transatlantiques sont tributaires pour ce service nouveau de la compagnie Marconi qui, possédant, comme je l’ai déjà dit, les deux stations terrestres extra-puissantes du cap God et du Pold’hu, a encore la propriété de tous les appareils récepteurs et émetteurs de télégraphie sans fil installés à bord des paquebots.
- Ces appareils sont installés dans une cabine secrète soustraite à toutes les curiosités et à toutes les investigations, en dehors de celles qui se rapportent à la discipline ou à la sûreté du navire.
- Deux employés de la société Marconi y ont seuls accès pour la manipulation des appareils. Ce sont eux qui reçoivent les dépêches émanant des stations terrestres et qui se tiennent à la disposition du commandant et des passagers du bord pour envoyer leurs télégrammes, lorsque les circonstances le permettent.
- La plupart des paquebots, qui font la navette entre New-York et l’Europe étant munis des appareils de télégraphie sans fil, leurs commandants en usent, comme bien on le pense, pour se communiquer réciproquement et à de grandes distances des nouvelles de leur traversée. Ils échangent également
- Mardi 7 Janvier 1908
- Télégrammes reçus par le poste extra-puissant de longue distance
- DE POLDHU (ANGLETERRE)
- DISTANCE DE POLDHU : 1180 MILLES
- Couronnement du iioi de Suède
- Stockolm
- Le lloi de Suède a refusé la cérémonie du Couronnement, jugeant qu'elle était superflue et surannée.
- La Présidence des Etats-Unis <
- New-York
- Le Gouverneur Johnson aspire à la Présidence ;jl espère vivre assez longtemps pour ' voir le pavillon américain flotter sur les villes de Montréal et d’Ottawa. . ,
- Le Journal’anglais “TheTimes”
- Londres
- On mande que le Journal de Londres “ The Times " a été acheté par un grand propriétaire de journaux autre que M. llarms-worth
- Grève aux Etats-Unis
- Indianapolis
- Le gouverneur de l’Etat del’Indiana a fait proclamer la loi martiale et mobiliser douze compagnies de la Garde Nationale, pour supprimer les émeutes provoquées par la grève des employés de tramways.
- Funérailles
- de M. Guyot-Dessaigne
- Clermont-Ferrand
- L'Evêque de Clermont-Ferrand a refusé, au dernier moment, d'accorler la permission de célébrer la grand’messc à l’occasion des fuuérailles de M. Guyot-Dessaigne, ancien Ministre de la Justice.
- ’ Le Froid
- Londres
- Hier a été la journée la plus froide qu’il y ait eu depuis vingt ans. Cematin le verglas s’est rompu et le dégel est général.
- Les télé*
- . légrammes reçus joar la télégraphie sans JU à longue distance sont transmis par l'Agence lîeuter et VAssociated'Press. Tous les navires munis des appareils de longue distance reçoivent donc indistinctement les mêmes dépêches.
- Fig. 1. — La page des Dernières nouvelles publiée chaque jour de la traversée Havre-New-York à bord des paquebots de la Compagnie générale transatlantique.
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- 228 z=r—. TÉLÉGRAPHIE SANS FIL DANS LA MARINE DE COMMERCE
- de très utiles renseignements sur les circonstances atmosphériques, ce qui leur permet de reconnaître à tous moments la position et la marche des dépressions et de manoeuvrer pour éviter la grosse mer qu’elles soulèvent.
- Mais l’échange constant de ces télégrammes apporte un trouble sérieux à la réception et à l’enregistrement des ondes émises par les postes terrestres. lia donc fallu, pour assurer le bon fonctionnement de ce service, établir des conventions qui permissent à ces messagères d’arriver sûrement à leur destination.
- En vertu de ces conventions, admises par les Compagnies de navigation transatlantiques, toutes les conversations particulières entre paquebots, doivent être suspendues, chaque jour, à deux reprises et pendant 2 heures chaque fois.
- A ce moment les deux stations du cap Cod et de Pold’hu envoient des nouvelles qui ont été jugées intéressantes1. Ces dépêches sont enregistrées par les appareils des bâtiments qui sont toujours à portée de l’une ou l’autre de ces stations et celles qui sont d’intérêt général sont portées à la connaissance des passagers, qui sont ainsi tenus jour par jour au courant des dernières nouvelles et peuvent combler les longues heures de loisir de la traversée en discutant, en connaissance de cause, sur les affaires marocaines, le cours de la rente, ou la dernière pièce de M. d’Annunzio.
- La plupart des compagnies se contentent de communiquer les dépêches reçues à bord par un simple bulletin.
- 1 Ces heures de silence, consacrées à l’envoi des radiolélé-grammes par les stations terrestres, sont fixées naturellement par rapport au méridien de Greenwich. C'est à 10 heures du matin et à 8 heures du soir de cet observatoire que l’émission commence.
- Il en est, comme notre grande Compagnie transatlantique, qui remettent gratuitement chaque jour à tous les passagers de première et de deuxième classe une luxueuse brochure, dont la page du milieu, imprimée à bord, contient les radiolélégrammes qui viennent d’être reçus.
- Les grands paquebots de la Compagnie générale transatlantique, que je prends comme types de ces installations ultra-modernes, ont à bord deux séries d’appareils appartenant à la société Marconi. Les premiers, dits appareils de grande distance, sont
- uniquement des instruments de réception, capables d’enregistrer jusqu’à près de 3000 kilomètres des côtes les ra-diotélégrammes expédiés de terre. Les autres sont à la fois émetteurs et récepteurs, et permettent au paquebot d’échanger des télégram-mes avec les postes côtiers, dans un rayon de 500 kilomètres environ.
- Ces mêmes appareils servent, bien entendu, quand on est au large, à communiquer autant qu’on le veut avec les paquebots munis eux-mêmes d’appareils et qui se trouvent dans un cercle de 500kilomètresde rayon.
- La télégraphie sans fil est à la disposition des passagers qui peuvent à tout moment de la traversée recevoir des dépêches et, lorsque le navire se trouve dans la zone utile des appareils de petite distance, en envoyer. La taxe à payer varie de 21 francs à 7fr. 60 pour douze mots, suivant le poste côlier qui devra recevoir les télégrammes.
- Il faut croire que cette facilité a été du goût des voyageurs transatlantiques, puisque rien qu’à bord des six paquebots de notre Compagnie française, le nombre des dépêches échangées entre la terre et les bâtiments ou entre bâtiments a passé de 5300 en 1904 à 19 500 en 1907.
- Fig. 2. — Pont d’un vapeur, montrant l'installation et la cabine de manipulation des appareils de T. S. F.
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- INFLUENCE DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE SUR LA VÉGÉTÂT]ON r= 229
- La société Marconi' a installé un grand nombre de postes côtiers en Angleterre, au Canada, en Belgique, en Italie, en Egypte et dans la République Argentine. Jusqu’à présent, ces postes ne recevaient que les radiotélégrammes envoyés par des appareils de la Société. D’autre part, les postes installés par d’autres sociétés ou par les gouvernements ne recevaient pas de messages Hertziens de la société Marconi. Il y avait là une cause de mauvaise utilisation de la télégraphie sans fil à laquelle le Congrès de Berlin, dont j’ai déjà parlé dans un précédent article, a remédié en décrétant que tous les postes côtiers devaient désormais être à même de recevoir les messages quels que fussent les appareils qui les auraient émis.
- H reste à faire exécuter cette décision, ce qui, sans doute, n’ira pas sans quelques difficultés.
- Le Gouvernement américain, qui marche volontiers en tête du progrès, a établi sur ses côtes quatre-vingts postes qui transmettent sans frais les messages de service aux bâtiments de commerce munis des appareils de télégraphie sans fil. L’usage de ce procédé est d’ailleurs si répandu dans la marine marchande américaine
- qu’on trouve des installations de télégraphie sans fil à bord même des chalands qui, groupés en nombre énorme, et formant des convois qui ont jusqu’à 5 ou 4 km de long, s’en vont de port en port le long des côtes sous la conduite de puissants remorqueurs.
- Les mauvais temps, fréquents dans ces parages, désorganisent souvent ces convois et il arrive que les remorques ayant cassé, un ou plusieurs chalands
- partent dans la nuit à la dérive.
- Les deux hommes qui les montent ont alors la ressource précieuse de faire savoir à leurs chefs de file, parla télégraphie sans fil, la situation dans laquelle ils s,e trouvent et le point vers lequel doivent se diriger les secours.
- Assurément les services que cette merveilleuse invention est susceptible de rendre à la marine de commerce ne sont encore qu’esquissés ; mais il est facile de prévoir l’importance qu’ils prendront dans un avenir prochain.
- On peut prévoir aussi la disparition du monopole de fait qu’a su se créer la Cie Marconi. L’émulation qui en naîtra sera, sans doute, la source de nouveaux et rapides progrès. Sauvaire Jourdan,
- Capitaine de frégate de réserve.
- Fig. 3. — La station radiotélégraphique de grande puissance installée au Pold’hu (Cap Land’s End, Angleterre) par la société Marconi.
- C’est cette station qui envoie les dépêches journalières aux paquebots faisant roule entre JNew-York et l’Europe.
- INFLUENCE DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE SUR LA VÉGÉTATION
- Des observations récentes, et fort curieuses, ont été faites sur un mode d’action très curieux de l’électricité sur la végétation et analogue à celui du spectre solaire.
- Il y a quelque temps, les cultivateurs qui exploitent les terres de la presqu’île de Penmarc’h (Finistère) réclamaient, par une énergique pétition, la suppression du phare d’Eckmühl, un des plus beaux des côtes de France.
- La culture de la pomme de terre constitue la seule ressource agricole de cette région. Or, depuis l'établissement du phare d’Eckmühl, les récoltes diminuent, paraît-il, d’année en année.
- Il y a là un phénomène que la science peut parfaitement expliquer. On sait que la fonction chlorophyllienne s’accomplit sous l’influence des rayons solaires. Or le feu
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- LES NOUVEAUX AUTOBUS PARISIENS
- électrique du phare d’Eckmiihl est d’une intensité considérable, et l’arc voltaïque, riche en rayons violets. On sait aussi que cette fonction chlorophyllienne, une des plus importantes qui se manifestent dans la végétation, s’accomplit sous l’influence de ces rayons violets. Aussi, dans ces cultures de pommes de terre de la presqu’île de Penmarc’h, la feuille « travaille » jour et nuit. Sous l’influence de la lumière électrique, le phénomène de transformation qui préside à la fonction chlorophyllienne ne subit aucun arrêt, la formation de la chlorophylle est exaltée. La feuille, élaborant sans cesse, épuise la plante et son système radiculaire, auxquels elle impose le même double travail, d’où diminution considérable dans les récoltes du précieux tubercule.
- Les résultats resteraient-ils les mêmes si les plantes ne subissaient l’influence des rayons violets que par intermittence et avec moins d’intensité? Les expériences les plus récentes paraissent démontrer que l’application de la lumière électrique à la végétation peut donner des résultats positifs et très avantageux, pourvu que cette application soit faite avec discernement.
- Un ingénieur anglais, M. Thivaite, faisait connaître dernièrement à une société d’horticulture les résultats de différentes expériences, notamment celles qui ont été faites au Jardin botanique de Londres et qui ont déter-
- miné l’action de la lumière électrique dans la croissance des végétaux. M. Thivaite, étudiant l’utilisation commerciale de ces résultats, estime que les frais nécessités par l’emploi de la lumière électrique ne sauraient dépasser beaucoup la dépense qu’entraîne ordinairement le chauffage d’une serre. De plus, l’emploi de lampes à arc peut permettre aux plantes de se passer indéfiniment de la lumière du soleil. M. Newman et le professeur Lematroïv, qui se sont livrés aussi à de nombreuses expériences, ont obtenu, à l’aide de la lumière électrique, des résultats très remarquables au point de vue de l’augmentation du produit des récoltes. Pour les fraises, ils ont noté une plus-value de 36 à 37 pour 100; pour les concombres, 17 pour 100; les pommes de terre 50 pour 100; les betteraves 35 pour 100, avec un accroissement notable de la teneur en sucre. Sur une culture d’avoine, ils ont obtenu un excédent de récolte de plus de 40 pour 100; sur une culture de seigle 19,5 pour 100. Les produits des plantes ainsi traitées ont donné toute satisfaction, à tous les points de vue (qualité, quantité, densité, richesse en éléments nutritifs, etc.).
- Les observations que nous venons de relater prouvent que l’emploi de l’électricité, en agriculture, est une nouvelle et importante conquête de la science sur les éléments naturels. Henri Blin.
- «SA»
- LES NOUVEAUX AUTOBUS PARISIENS
- Les transports en commun, à Paris, sont aujourd’hui en voie d’évolution rapide. Le mot révolution serait même plus juste. On sait, en effet, qu’en 1910 expire la concession actuelle de la Compagnie générale des omnibus; et qu’à cette époque prendra naissance un régime tout nouveau.
- Les tarifs seront abaissés, et la traction animale, la seule connue à Paris voici seulement trois ans, aujourd’hui encore dominante, sera rigoureusement proscrite. Quel sera le concessionnaire de ce nouveau mode de transports? Il est impossible de le prévoir. Les futurs concurrents se livrent à de nombreux essais, iis perfectionnent et expérimentent différents modèles qui seront soumis d’ici peu à l’épreuve d’un concours. La Compagnie générale des omnibus est évidemment fort bien placée pour préparer dès maintenant un matériel d’omnibus automobiles. Depuis
- trois ans déjà, elle exploite un nombre chaque jour croissant d’autobus; d’un modèle il est vrai, lourd, disgracieux, coûteux et déjà condamné. Mais la Compagnie, à leur maniement, a acquis du matériel
- automobile une expérience précieuse qui doit lui permettre d’élaborer des types donnant au public toute garantie de sécurité, de rapidité et de confort.
- Nous voyons, en effet, depuis quelques jours en circulation, des voitures toutes nouvelles ; c’est d’abord la voiture à caisse anglaise; d’une carrosserie plus élégante que les anciens autobus, elle est caractérisée par son impériale où les bancs sont placés dans le sens de la largeur de la voiture, et non plus de la longueur. Pour les voyageurs curieux des paysages parisiens, cette disposition est à coup sûr plus agréable. L’impériale est découverte; la voiture y gagne un peu de légèreté et de stabilité
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- par l’abaissement de son centre de gravité; mais, les jours de pluie, les voyageurs de ressources modestes maudiront la Compagnie.
- Quant au châssis, c’est le châssis des autobus actuels, avec son moteur à alcool carburé.
- La Compagnie des omnibus expérimente également une voiture d’un type tout dilîérent, établie sur les plans de la voilure pé-troléo-électrique G. E. M. si remarquée au dernier Salon de l’automobile.
- Nous renvoyons nos lecteurs à la description qui en a été faite dans notre numéro 1802 du 7 septembre 1907.
- Ils y verront que la voiture G. E.
- M. comporte un moteur à explosion, actionnant une dynamo productrice de courant électrique, le courant est envoyé à une batterie d’accumulateurs qui sert en quelque sorte de réservoir régularisateur, où l’on puise à volonté l’énergie électrique pour la distribuer aux moteurs actionnant les essieux. Ce dispositif offre de précieux avantages : pendant les arrêts, les con-
- trôles, les ralentissements si fréquents dans un service de transports automobiles urbains, l’énergie superflue du moteur n’est pas perdue : elle est employée à charger les accumulateurs, qui la restituent en pleine marche, lorsque se présente une résistance supplémentaire. Il y a là une source
- d’économies importantes. D’autre part, la douceur du changement de vitesse électrique sera appréciée des voyageurs secoués sans ménagement par les autobus actuels.
- Il est encore d’autres types à l’étude à la Compagnie des omnibus; notamment, nous a-t-on dit, un type de voiture légère. Mais la question est trop peu avancée pour qu’il y ait lieu d’en parler aujourd’hui. Constatons seulement que l’on travaille activement, et que, grâce à ces efforts, nous pouvons espérer pour 1910 un matériel de transports en commun enfin digne de Paris et de notre époque.
- A. Thoixer.
- LES ABÎMES SANS FOND
- Les récentes explorations souterraines ont démontré que les abîmes naturels ne sont nullement sans fond, comme l’affirmaient les terreurs populaires : 400 à 500 mètres paraissent être les creux les plus grands révélés par les sondages à la corde, sinon atteints par les visiteurs ; car on n’a pas encore dépassé 520 mètres dans ces sortes de descentes.
- Cependant l’abîme sans fond est une réalité dont nous allons citer plusieurs exemples ; mais l’expression n’est vraie que pour désigner l’absence ou plutôt la disparition du fond primitif de ces sortes de cavités.
- Notre figure 2 montre le dispositif assez curieux qui est alors réalisé : sur un plateau s’ouvre un orifice horizontal, dont l’aspect atteste l’ancien rôle absorbant vis-à-vis des eaux pluviales et torrentielles qui jadis s’y engouffraient. Si l’on regarde par l’orifice on voit que c’est un tube ouvert par le bas et permettant de regarder, comme à travers une colossale lunette, le fond ou la pente d’une vallée toute proche.
- Voici ce qui est survenu. Selon la loi universelle du creusement des thalwegs et de l’abaissement du niveau des eaux courantes, le torrent autrefois englouti dans l’abîme a été détourné vers une dépression voisine qu’il a contribué à approfondir par érosion : au. cours des âges géologiques cet approfondissement a abouti à l’excavation d’une réelle vallée; en certains endroits le hasard a pu faire que la partie inférieure de l’abîme (ainsi que les grottes auxquelles il aboutissait et qui ont dû concourir au façonnement, à l’amorce tout au moins de la vallée) a été emportée par l’érosion des flancs ou du fond du thalweg; tandis que sa partie supérieure restait intacte dans une assise compacte de rocher demeurée en encorbellement. Mais ces abîmes, décapités par le pied, s’il est permis d’accoler ces deux mots, sont rares, parce qu’en général l’érosion a plus régulièrement procédé de haut en bas dans l’enlèvement successif des assises; c’est seulement quand des tourbillons ou remous latéraùx sè sont exercés sous des strates inférieures plus tendres
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- LES ABIMES SANS FOND
- (comme : on le voit si fréquemment dans tous les canons ou gorges calcaires) que le porte-à-faux d’un étage plus solide s’est établi. Et encore faut-il que ce porte-à-faux n’ait pas une ampleur telle que l’écroulement s’en soit fatalement suivi. Tout ceci explique, en outre, pourquoi les abîmes sans
- 2 mètres de diamètre, une roche de 6 mètres d’épaisseur1.
- Puis, dans le Jura, M. Fournier a rencontré, sur le plateau qui domine la grotte des Planches d’Arbois, au bord même de l’escarpement, un gouffre extrêmement bizarre ; à une douzaine de mètres
- Pig. 1.— Abîmes sans fond. Trou du Grand Duc à Furl'ooz (Belgique).
- fond sont toujours très proches d’un précipice, du rebord abrupt d’un plateau, comme la figure 1 le fait suffisamment comprendre.
- C’est M. Décombaz qui paraît avoir signalé le
- Cavités
- Fig. 2. — Coupe du gouffre des Planches.
- premier abîme sans fond de ce genre, le scialet de la Roche Percée près de Choranche dans la vallée de la Bourne (Isère) : il forme, à l’extérieur, un vaste entonnoir de 15 à 18 mètres de diamètre (altitude 755 mètres); profond de 35 mètres, il n’est pas obstrué au fond ; à 22 mètres de profondeur, il se coude et traverse, en tunnel bien rond, de 1,50 m. à
- de profondeur on s’arrête sur une espèce de corniche formée par un gros bloc rocheux et l’on se trouve en présence d’un orifice béant, au-dessous duquel on aperçoit la vallée à 200 mètres environ encontre-bas : l’impression est réellement saisissante. Ce gouffre est creusé dans un banc de calcaire
- Trou et crête du Platary
- ’a/>> 1565 T1 _
- 800 T>
- Fig. 3. — Coupe du trou de Platary
- bathonien qui surplombe et qu’il transperce de part en part (fig. 2).
- Il est vraisemblable d’admettre qu’à une époque où l’érosion du cirque était moins avancée, le gouffre saris fond donnait accès dans la galerie souterraine au fond de laquelle circulait la rivière, aujourd’hui devenue superficielle par suite drefïondre-
- 1 Spelunca, mémoire 22, t. III, 1899, p. 370.
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- ; —: .........................— LES ABIMES
- ments successifs et de recul progressif de la résurgence vers l’amont. Le nom de reculées, appliqué à ces vallées terminées par une résurgence, est donc à la fois très expressif et très exact : la vallée s’est formée d'aval en amoni et son creusement a commencé en grande partie de bas en haut. Voilà des notions qui, il y a quelques années, auraient paru bien paradoxales, mais que les observations faites dans les régions calcaires les plus diverses viennent vérifier de plus en plus chaque jour1.
- Depuis j’ai reconnu moi-même plusieurs spécimens de ce phénomène spécial.
- Le plus remarquable est celui que représentent les fig.J> et 4. C’est le trou du Platary au sommet de la crête la plus orientale du Yercors, au-dessus de Clelles (Isère) : vers 1565 mètres d’altitude, un orifice horizontal de 7 mètres sur 5 de diamètre s’ouvre brusquement comme la gueule d’un abîme normal, ce qu’il a dû être autrefois ; on y voit nettement la diaclase (même légèrement faillée avec 0,20 m. environ de rejet) qui a servi de direction à un creusement vertical incliné de l’ouest à l’est; c’est un admirable témoin des anciennes absorptions d’eau du plateau du Droget aujourd’hui creusé par le vallon de Chichilianne; le fond en a été recoupé, démoli par les immenses érosions du vaste bassin du Trièves, à l’Est, profond de 700 à 1000 mètres, sur lequel s’ouvre l’orifice inférieur actuel de l’ancien gouffre par une superbe arcade ogivale haute de 8 mètres (fig. 4); les hélices d’érosion que l’on remarque à l’intérieur ne laissent aucun doute sur
- Fig. 4.— Trou du Platary, à Clelles (Isère).
- SANS FOND ::.-... : :.: . . — 233
- Fig. 5. — Puits creusé dans la craie à Étrelat.
- son ancien rôle d’engouffroir; la stratification est d’ailleurs inclinée vers l’est, vers le Trièves que l’on aperçoit vertigineusement bas à travers ce grandiose monocle, tronçon d’abîme hors de service depuis combien d’âges? Du chemin de fer, entre les stations de Clelles et du Percy, sur la ligne de Grenoble à Veynes, on l’aperçoit à 700 mètres en l’air comme un trou d’épingle au sommet de l’escarpement calcaire, et c’est de la fenêtre même d’un wagon que je l’ai découvert au passage!
- Je citerai encore en Belgique, dans la falaise calcaire de Furfooz, le trou du Grand Duc, où l’on peut descendre pour contempler les méandres de la Lesse, mais en se retenant aux buissons pour ne pas y être précipité de 75 mètres de haut dans la rivière (fig. 1). Aux falaises crétacées d’Étretat, à côté même de la grande porte d’aval, il y a un autre témoin d’abîme incomplètement détruit, mais dont Vanneau supérieur subsistant ne tardera sans doute pas à s’effondrer (fig. 5). Il est fort curieux à voir, soit d’en haut (à droite en montant à la Chambre des Demoiselles), soit d’en bas avant la grotte du Trou à l’Homme. Enfin le tunnel naturel d’Ouplizi-Tsiké dans les grès de Gori (Transcaucasie) rentre, avec plus d’étendue, dans la même catégorie d’accidents hydro-géologiques2. E.-A. Martel.
- 1 Spelunca, mémoii’e 40, t. Y, 1905, p. 402.
- 2 Voy. n° 1637, du 8 octobre 1904.
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- LA MOSAÏQUE DE FRÉJUS
- Nous reproduisons ci-dessous la photographie d’une belle mosaïque de l’époque gallo-romaine, récemment découverte à Fréjus par M. Pelloux-Ger-vais, de la Société archéologique de Provence, qui a bien voulu nous la communiquer.
- L’emplacement où cette mosaïque a été trouvée, dit le Clos de la Tour, avait déjà donné précédom-
- jus n’a pas une moindre valeur d’art. Les deux coqs combattant qui se font face, au-dessus del’urneet sous la palme, le taureau, le lion, la biche et la panthère sont traités avec une sûreté de dessin et une vivacité de couleur, qui attestent sinon la main même, du moins la direction d’un maître. Les encadrements de trois couleurs (noir, blanc, brun Van Pyek) et le
- ment plusieurs objets pleins d’intérêt : des inscriptions, notamment deux intailles, l’une sur opale, l’autre sur cornaline, et surtout (en 1887) un bronze charmant représentant la déesse Minerve, le gor-gonmm sur là poitrine,' la lance à la main gauche, une sorte de patère à la main droite : le buste et la tête d’un charmant modelé, le beau travail de l’égide et des plis droits de la tunique, rapprochent beaucoup le type de cette jolie statuette de celui de la Pallas en marbre du Louvre. La mosaïque de Fré-
- fond (dont un seul angle est mis à jour jusqu’ici) sont également d’une belle composition, en dépit d’une certaine froideur d’aspect.
- Une particularité assez curieuse à signaler est l’emploi assez abondant dans cette mosaïque de tons verts, notamment dans la palme et les plumes de coq. La matière qui a servi à obtenir cette couleur, assez rare dans l’ancienne mosaïque, semble bien provenir des environs de Fréjus où elle est encore en exploitation.. Joseph Delsaux.
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- LE PONT DE PYRIMONT
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- Nous avons eu fréquemment l’occasion de signaler, dans cette revue, de nombreuses applications du ciment armé; montrons une fois de plus, par l’exemple pittoresque du pont de Pyrimont, que le mariage intime du ciment et du 1er se prêle à l’édification de monuments d’apparence très légère, et cependant d’une solidité à toute épreuve,
- Pyrimont est situé sur la ligne du chemin de fer de Culoz à Genève, à peu près à égale distance entre Bellegarde et Seyssel. Ces deux points étant séparés par une distance de 18 kilomètres, une tra-
- ayant 7,60 m. de flèche; un demi-arc sur la rive droite complète l’ouvrage. La construction commença par les deux culées et les fondations à air libre de la première pile. Ces derniers travaux révélèrent un lit de gravier d’une épaisseur considérable qui nécessita un approfondissement des fouilles en même temps que leur élargissement. Les fondations furent encore renforcées par un grillage supplémentaire en rails.
- Il importait, en effet, de rendre le déchaussement impossible malgré la sinuosité du fleuve
- Fig. 1. — Le ])ont[de Pyrimont.
- versée du Rhône à Pyrimont avait été jugée indispensable dès 1885; mais on différait d’année en année la construction de ce pont devant des difficultés d’ordre à la fois technique et financier. Il semblait, à première vue, qu’il était indispensable de recourir à un système de pont suspendu ; après enquête, on résolut d’admettre les spécialistes du béton armé au concours qui fut ouvert en 1905. Le projet présenté par M. S. de Mollins, ingénieur de M. Hennebique, fut accepté et le marché passé à la Société « La Grenobloise » qui s’engagea à exécuter l’ouvrage au prix de 180 000 francs.
- Le pont est jeté au-dessus du Rhône à 51 mètres de hauteur sur une longueur de 200 mètres. Il est formé de trois arcs de 51,50 m. d’ouverture libre,
- qui rejette les courants contre la paroi à pic de la rive droite.
- Les autres piles furent construites à l’aide de caissons pneumatiques protégés contre la violence du courant par une enceinte de pieuxetdepalplanches. La fondation de la pile n° 2 dut encore être poussée à 10 mètres au-dessous de l’étiage au lieu de 4 mètres prévus dans le projet, pour la même raison que précédemment. A cette profondeur, on insuffla trois tonnes de lait de ciment dans le gravier afin d’augmenter l’empattement de la fondation. Les piles sont faites en maçonnerie de moellons parce qu’il était nécessaire d’avoir le plus grand poids possible, pendant le montage, pour résister à la violence du courant.
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- 236 := LE PONT DE PYRIMONT
- Le cinlrage des arcs, à 51 mètres de hauteur, a été établi suivant deux types différents. Les travées sur berge et sur lit peu profond étaient constituées par des montants rapprochés posés sur semelles ou sur pilotis, tandis que la travée en eau profonde ne se prêtait pas à ce procédé. L’arc fut alors porté par deux pylônes, divisant en trois parties l’ouverture comprise entre les deux piles, surmontées de fermes très rigides. Pendant les crues du Rhône, les oscillations de ce cintre élevé n’ont jamais dépassé une amplitude de 5 millimètres. Observons que dans aucune des parties du cintre, le bois n’a travaillé à plus de 50 kg par centimètre carré, grâce à la légèreté relative de l’ouvrage : dans les ponts en ciment armé, en efïet, le cintre cesse de travailler presque aussitôt après l’achèvement des arcs, la prise du ciment étant plus rapide que celles des mortiers de maçonnerie.
- Les arcs mesurent 1 mètre sur 0,40 m. à la naissance et 0,60 m. sur 0,40 m. à la clé; leur flèche est de 7,60 m. ; ils sont reliés entre eux par un con-treventement constitué par un hourdis de 0,15 m. et supportent le tablier par des co-lonnettes. Ce tablier a été établi de façon à présenter une résistance suffisante pour le passage d’un seul chariot de 6 tonnes ou un poids statique d’environ 200 kg par mètre carré.
- La largeur totale du pont n’est, en effet, que de 5,74 m. comprenant deux trottoirs de 0,77 m. et une voie charretière de 2,20 m.
- Un pont construit dans ces conditions ne permettrait pas à deux véhicules venant en sens contraire de s’y rencontrer; il faudrait donc que l’un des deux attendît le passage de l’autre avant de s’y engager à son tour. Pour obvier à l’inconvénient qui résulterait de l’unique voie charretière, on a recouru à des élargissements au-dessus de chaque pile afin de permettre le croisement des voitures. À chacun de ces points, sur une longueur de 10 mètres, la chaussée est large de 4,50 m. et la largeur totale du pont atteint 5,24 m. Ces élargissements sont constitués par la déviation d’une poutre de rive portant sur deux consoles solidement amarrées à la ceinture des poutres qui couronne les piles. Ces encorbellements, sortes de balcons, communiquent
- à l’ensemble de l’ouvrage un aspect très pittoresque. Ce système, déjà appliqué en d’autres circonstances, peut surtout rendre des services sur les chemins de fer de montagne en évitant la réfection totale d’un ouvrage d’art, celle du tablier seul étant une solution économique et en même temps très élégante.
- Le béton employé dans la construction des arcs a été dosé à raison de 500 à 550 kg par mètre cube et la construction a commencé à chaque naissance simultanément afin d’éviter les poussées inégales sur les piles et les déformations de cintres ; elle n’a présenté aucune difficulté. Par contre, le coulage du tablier supérieur ne pouvait s’exécuter sur toute la
- longueur du pont en même temps : on a commencé par la travée de la rive gauche, la travée n° 1, et il a fallu charger l’arc n° 2 pour paralyser un tassement de 5 millimètres à la clé de l’arc n° 1 et aussi afin d’empêcher la maçonnerie du parement nord de la première pile de travailler à plus de 10 kg par centimètre carré par suite de la charge inégale des deux travées voisines.
- Les épreuves provisoires ont été effectuées les 25 et 24 mai 1907 et les épreuves définitives entreprises ensuite sous la direction de M. Rabut, ingénieur en chef des ponts et chaussées, ont donné des résultats très satisfaisants.
- La dépense totale s’est élevée à 212 200 francs au lieu des 180 000 francs prévus, à cause des travaux supplémentaires (puits de mines dans les piles exigés par le génie militaire) et des difficultés exceptionnelles rencontrées dans les fondations de deux des piles. Cette dépense porte le prix de revient par mètre carré de surface de chaussée à 287 francs.
- Il est intéressant de remarquer que le projet en ciment armé a été choisi par la Commission interdépartementale comme présentant le plus de garanties et offrant une économie, même sur un pont suspendu à deux voies. Ce système, en effet, assure très aisément la circulation des véhicules dans les deux sens grâce à l’ingénieux dispositif de croisement des voitures représenté par les encorbellements au droit de deux des piles.
- Lucien Fournier.
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- LA MOTOCYCLETTE MODERNE
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- Nous avons suivi tous les ans les transformations de la motocyclette qui, de môme que la bicyclette, a traversé une période de tâtonnements avant d’arriver à la formule qui semble aujourd’hui définitive. Partie du principe de la bicyclette à moteur, avec le petit moteur sur le guidon, première forme adoptée par Werner, elle s’est égarée bien vite dans les grosses machines de 60 et 80 kilogrammes avec moteurs de 3, 4 chevaux et plus jusqu’à en devenir absurdes; et maintenant, assagie, elle redevient ce qu’elle devait être : une machine pour cycliste désirant faire beaucoup de chemin sans se fatiguer, une machine de tourisme.
- Pour cela, il faut qu’elle soit légère et que son mécanisme ne soit pas compliqué. Légère, nous l’avons maintes fois répété ici, mais il ne faut pas aller trop loin dans cetle voie, et entre 35 et 40 kilogrammes, on peut arriver à réunir toutes les conditions de solidité et de puissance
- paraisse pas encore réglée définitivement. Il y a pour chaque mode d’allumage des avantages et des inconvénients, mais nous serions plutôt partisan de la magnéto.
- Il est vrai qu’elle peut se déranger et que dans ce cas il n’y a rien à faire par soi-même, il faut
- Fig. 2. — La mototourislc Magnat et Debon avec transmission par chaîne munie d’un amortisseur P.
- voulues pour le but poursuivi. D’un mécanisme simple, c’est-à-dire qu’on puisse entretenir en bon état sur route, en changeant à l’occasion une pièce usée ou faussée.
- Le moteur de 1 cheval et demi à 2 chevaux avec la soupape d’admission automatique, celle d’échappement seule commandée; refroidissement à ailettes, sièges de soupapes et bougie facilement accessibles, trembleur et came d’allumage facilement réglables. Quant à la source d’électricité, magnéto ou accumulateur, c’est la seule chose qui, pour le moment, ne
- Fig. 1. — Molosacoche avec magnéto. L’axe E de l’induit est directement en prise avec le volant dont le tour est lilelé (F).
- l’intervention de l’usine; mais les modèles qui sont aujourd’hui en service sont bien étudiés, et construits de telle sorte qu’un tel accident est très peu probable.
- L’accumulateur est-il plus sûr? l’avantage qu’il a sur la magnéto, c’est qu’il est plus facile à remplacer et qu’on peut même avoir dans son sac une pile sèche de secours ; mais il demande un entretien assujettissant, on est toujours préoccupé de savoir si on arrivera à temps à une station de charge, où souvent on ne trouve qu’un électricien d’occasion qui l’abîme en le rechargeant. On peut aussi avoir un dérangement dans la bobine d’induction et là il n’y a rien à faire qu’à en acheter une autre, mais ceci est excessivement rare; enfin il y a toute une canalisation de fils qui donne lieu parfois à des pannes dont on ne découvre pas toujours facilement la cause. Nous reconnaissons cependant que c’est encore le mode d’allumage le plus généralement adopté, mais c’est probablement parce qu’il est moins cher; tous les constructeurs peuvent adapter l’un ou l’autre à leur machine et la magnéto donne lieu à un supplément d’une centaine de francs. Certains d’entre eux qui jusqu’à présent n’avaient qu’un modèle exclusif
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- avec accumulateurs sont venus à la magnéto, tout en conservant leur ancien modèle pour les bourses moins bien garnies.
- La moto-sacoche, met en vente cette année un nouveau modèle très bien compris muni d’une magnéto construite spécialement (fig. 1). Celle-ci est placée au-dessus du volant qui porte un filet F directement en prise avec l’axe E de l’induit, c’est ce qu’on peut trouver de plus simple comme mode de transmission; on supprime ainsi les engrenages multiples, chaîne ou pignons, qui sont toujours une complication, et un graissage à surveiller.
- L’avance et le retard à l’allumage sont obtenus par une disposition toute particulière à cette magnéto qui permet de les obtenir par un simple déplacement de l’induit dans le sens de son axe; c’est encore une grande simplification puisqu’on n’a à régler ni came, ni ressort de contact. Les autres organes sont restés les mêmes que dans les modèles précédents. Toutes les commandes sont sur le guidon, bien à portée de la main, ce qui rendla conduite de cette machine d’une facilité telle qu’on peut la confier aux dames sans crainte d’accident; un modèle à cadre spécial est fait à leur intention. La transmission entre le moteur et la roue arrière se fait touj ours par courroie torse munie d’un tendeur. Cette question de la transmission pour la motocyclette en général n’est pas non plus définitive et nous voyons les constructeurs employer des systèmes divers auxquels ils reconnaissent des avantages que souvent ils donnent comme prépondérants. Pourles uns c’est la courroie torse, pour d’autres la trapézoïdale, et enfin la courroie plate. En vérité, toutes ces courroies ont du bon si on sait bien les employer et, d’une façon générale, la courroie aura encore la préférence pendant longtemps à cause de la souplesse qu’elle donne, par suite de ses glissements au moment des démarrages notamment. Cette qualité est aussi un défaut si la faculté de glissement s’exagère, c’est pourquoi les tendeurs réglables ont été reconnus très utiles et sont adaptés aux bonnes machines. Quelques constructeurs se sont attachés cependant à remplacer ce mode de transmission par un autre
- qui permette d’utiliser intégralement toute la puissance du moteur. Tel est le cas de MM. Magnat et l)ebon qui ont adopté à leur Moto-touriste (lîg. 2) une transmission par chaîne; le moteur a seulement une puissance de 1 cheval et quart et on peut monter les cotes d’une moyenne de 10 pour 100 sans pédaler. Pour conserver à ce système les avantages spéciaux à la courroie, on a eu recours à un amortisseur très simple. Le grand pignon qui reçoit la chaîne venant du moteur est relié à la roue arrière de la moto, roue motrice non pas directement, mais par l’intermédiaire d’un plateau P, en libre, qui est monté à frottement; les deux surfaces sont appliquées l’une sur l’autre par des ressorts réglables. On obtient ainsi au démarrage un léger glissement qui suffit pour donner toute la souplesse nécessaire. La machine est munie de l’allumage par magnéto et
- son poids est de 55 kg environ.
- Comme nous l’avons dit plus haut, l’allumage par accumulateur restera longtemps encore l’apanage des machines qui s’adressent au plus grand nombre parce qu’elles sont d’un prix plus abordable.
- De ce type est la Bicyclette à moteur Alcyon (fig. 5) ; elle réunit un grand nombre de qualités qui doivent attirer tout particulièrement l’attention. On voit qu’elle a été étudiée par des praticiens qui se rendent compte par eux-mêmes des desiderata de ceux qui pratiquent et ne se contentent pas de faire de la théorie en chambre.
- Dans cet ordre d’idées nous signalerons le réservoir amovible. Bien qu’on dise qu’un motocycliste digne de ce nom ne doit jamais mettre sa machine au chemin de fer, bien que le constructeur affirme toujours que le mécanisme est indéréglable, on est bien forcé de convenir qu’il y a encore bien des cas où il faut en passer par là. Or l’essence est absolument interdite, et avec raison, dans les fourgons à bagages. Le plus souvent, faute d’avoir un bidon sous la main, il faut vider son réservoir sur la route, ce qui a le double inconvénient de vous faire perdre votre argent et surtout de vous laisser à sec quand vous débarquez ; car on ne trouve pas à acheter de ressemé dans toutes les localités desservies par le chemin de fer et on peut avoir pris
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- ceiai-ci dans le but d’éviter un mauvais chemin ou un pays peu intéressant. L’Alcyon a donc prévu le cas en disposant la partie P du réservoir, qui contient 4 litres d’essence, de telle sorte qu’on peut l’enlever très facilement en dévissant le tube de raccord au carburateur et deux écrous qui le maintiennent au cadre; l’autre partie 11, qui contient l’huile, reste en place et on emporte sous son bras son réservoir plein, tout près à être remis en place en quelques instants à la descente du train.
- Une autre particularité de cette machine c’est la courroie plate qui offrirait, paraît-il, plus d’adhérence ; nous ne l’avons pas essayée, mais un point qui nous paraît important c’est que le tendeur I peut se
- manœuvrer facilement de la selle au moyen de la manette M ; cela peut être très appréciable au moment d’un démarrage en cote et nous ne nous sommes jamais expliqué la raison qui fait que dans bien d’autres machines qui ont des tendeurs de courroie, on s’arrange de façon qu’ils soient difficilement accessibles quand on est en selle. Le moteur fait un cheval et demi, ce qui est très suffisant pour assurer une moyenne de 20 à 25 kilomètres à l’heure. La motocyclette légère ne doit pas être une machine de course, une telle moyenne est largement suffisante pour le tourisme et, comme nous l’avons toujours dit, c’est là qu’est son avenir.
- G. Chalmarès.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 mars 1908. —
- Conditions d'évolution de la tuberculose. — MM. Lan-nelongue, Acliard et Gaillard ont résumé dans un petit volume, présenté à l’Académie, leurs recherches expérimentales depuis longtemps poursuivies en commun, sur l’évolution de la tuberculose. La virulence du germe n’est pas le facteur le plus important de la tuberculose, ce rôle appartient à la résistance du sujet. Or, si la clinique ne permet pas de déterminer avec précision les conditions qui affaiblissent ou fortifient cette résistance individuelle, l’expérimentation sur l’animal peut fournir des données en permettant d’isoler les modes d’actions. L’influence dos traumatismes, du climat, de la température, de l’inhalation des poussières, de l’intoxication alcoolique, du régime alimentaire sont étudiés. Enfin les auteurs indiquent qu’ils ont cherché un sérum rendant l’organisme résistant à la tuberculose; les résultats qu’ils ont obtenus ont été tellement satisfaisants que ce sérum a été essayé sur l’homme.
- La vitalité des graines. — M. Bonnier présente une Note de MM. Brocq, Rousseu et Gain relative à la conservation du pouvoir germinatif des graines. On a prétendu que des grains de blé trouvés dans les sépultures égyptiennes pouvaient germer actuellement. Les auteurs ont étudié des graines pharaoniques envoyées par M. Maspero ayant une antiquité de 5000 à 2000 ans, des graines trouvées dans des tombeaux d’incas par le capitaine Berthon, dont quelques-unes dataient de 500 ans. Aucune graine 11e peut germer au bout d’un temps qui ne dépasse pas un
- Présidence de M. Becquerel.
- siècle. Mais elles conservent plus longtemps — jusqu’à 200 ans pour certaines d’entre elles — certaines diastases, ces ferments solubles qui jouent un rôle dans la germination. Ainsi se trouve pareillement détruite la légende du blé des momies ou du blé de Pompéi.
- Préparation de l'amtjlose. — M. Maquenne présente une Note de M'110 Gatin-Gruzewska dans laquelle l’auteur annonce avoir pu séparer par un moyen simple l’amylose de l’amylopectine qui, d’après les recherches de MM. Ma -quennc et Roux,constitue l’amidon naturel. L’amylopectine qui n’avait pas encore été isolée à l’état pur forme les enveloppes du grain d’amidon; elle est insoluble dans l’eau, donne l’empois à l’ébullition et se colore seulement en bleu violacé clair par l’iode. C’est à elle que l’empois d’amidon doit sa viscosité et c’est elle qui renferme comme en un véritable sac l’amylose soluble.
- Amélioration des explosifs. — M. Vieille présente une Note de M. Dautriche, ingénieur des poudres et salpêtres, relative à l’éfïet de l’addition de petites quantités de sels alcalins aux explosifs. L’auteur emploie les sels de soude et de potasse. Une proportion de 5 pour 100 suffit pour empêcher la combustion àl’air libre des produits combustibles de l’explosion. Cette propriété a de nombreuses applications militâmes ou minières. Elle permet de supprimer les lueurs qui apparaissent à l’extrémité des armes à feu ét lors de l’ouverture des culasses de canon. Elle accroît la sécurité d’emploi des explosifs dans les mines
- Cil. DE VlLLEUEUlL.
- gnsouleuses.
- LE « DICTOGRAPHE »
- M. K.-M. Turner, l’inventeur de ce nouvel appareil, semble lui avoir choisi un nom trop modeste. Assurément, sa principale application consiste à. dicter des lettres. Mais il se prête à d’autres usages non moins intéressants. .
- Le dictographe n’ayant pas encore été breveté dans tous les pays d’Europe, l’inventeur garde le secret sur certaines dispositions.
- Brièvement exposée, voici la théorie de l’appareil. Une pierre lancée dans un bassin produit à la surface de l’eau une série d’ondes concentriques qui
- s’éteignent en çides imperceptibles. C’est un phénomène analogue qui produit le son. Or, le dictographe capte ces « rides de l’air » et les renforce au point de leur donner plus d’intensité que n’en possédaient les ondes qui leur donnèrent naissance.
- L’appareil transmetteur est de dimensions médiocres : c’est une boîte longue de 0,275 m., haute de 0,10 m., large de 0,15 m. Extérieurement, elle ne présente que deux ouvertures, dont l’une, recouverte d’un disque à orifices, est la voie d’accès du
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- LE « DICTOGRAPHE »
- son vers un microphone d’une extrême sensibilité, dont la construction reste le secret de l’inventeur, tandis que l’autre, en forme de pavillon, apporte du poste récepteur la voix de la personne qui parle.
- Pressant successivement deux boutons de la boîte, il entrait en communication avec son caissier, et, simultanément, avec son comptable; puis il conviait un troisième employé à prendre part à la délibération. Enfin, il faisait à un seul des trois une confidence que les deux autres, pas plus d’ailleurs que les personnes présentes dans la pièce, près du dictographe, ne pouvaient surprendre.
- M. Conried, directeur du « Metropolitan Opera-House », à New-York, a eu l’étrenne de l’invention.
- Grâce au dictographe placé derrière la rampe, et invisible pour les spectateurs, il peut — sans sortir de ses appartements — se rendre compte de tout ce qui se chante et se passe en scène. Il lui arriva de réprimander un chanteur subalterne qui avait « raté son entrée » d’une fraction de minute :
- Enfin, il paraîtrait que l’administration d’une prison new-yorkaise a fait disposer un dictographe dans la muraille séparant deux cachots.
- L’appareil épie non seulement les conversations et les monologues, mais aussi les mots d’aveu que peuvent arracher les cauchemars.
- '"onu ~ . ISF**”* , ' n
- En somme, sans connaître le dispositif intime de cet appareil, on voit qu’il s’agit d’un de ces instruments téléphoniques dits haut-parleurs, dont nous avons déjà à plusieurs reprises signalé certains types.
- Dans les expériences publiques faites par M. Turner, le dictographe avait été placé sur la table du rédacteur en chef, tandis que son récepteur était posé dans une pièce éloignée, où se tenait une sténographe. Se plaçant à 8 ou 10 m. de l’appareil, et en lui tournant le dos, M. Turner demanda, d’une voix si basse que les personnes présentes l’entendaient à peine :
- « Mademoiselle, voulez-vous prendre cette lettre pour la maison X, de Cincinnati? »
- Une voix claironnante articula aussitôt par l’ouverture conique de la boîte : « Yes, Sir. AU ready. » Gardant la même distance, de la même voix à peine perceptible et tournant toujours le dos à l’appareil, M. Turner dicta sa lettre. Puis :
- « Youlez-vous bien me répéter ce que j’ai dicté? » Et la lettre, si j’ose dire, rebroussa chemin, mot à mot, mais avec une intensité de son extraordinaire. Les assistants répétèrent l’expérience, et ils purent constater que le plus léger 'murmure parvenait à l’oreille de la sténographe.
- M. Turner a aussi fait causer entre elles douze personnes enfermées dans douze chambres distantes.
- Fig. 2. — Dispositif intérieur de l’appareil.
- Grâce à l’appareil de M. Turner, voilà les murailles pourvues de vigilantes oreilles ! Y. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE.
- N* 1817.
- 21 MARS 1908.
- LES TERRAINS SALÉS ET LE SALT-BUSH EN AUSTRALIE
- Il existe en Algérie et en Tunisie d’assez nombreux lacs, plus ou moins salés, connus sous le nom de sebkhas, de cholts, de zahrez; certains sont très étendus, comme les cholts du Sud algérien et tunisien (cholts Melghir, Djerid, etc.). On se préoccupe à juste titre de l’utilisation de ces surfaces, actuellement improductives. Il y a une trentaine d’années, le colonel Roudaire avait songé à transformer en mer intérieure le Djerid et le Melghir. Un pareil projet, d’ailleurs très discuté, ne peut être d’une réalisation facile et rapide et aujourd’hui les idées sont surtout tournées vers le dessèchement des lacs et des marécages salins1.
- En théorie le problème est simple. Il suffit de barrer les oueds qui alimentent ces lacs en obligeant l’eau à se répandre sur des terres qui l’absorberont facilement ; il faut en outre faire des plantations d’arbres, dont les racines pomperont et dont le feuillage évaporera peu à peu l’humidité du sol. Mais c’est ici que
- Continent austral, en effet, ressemble beaucoup à l’Algérie et à la Tunisie par le sol, par le climat et par les productions agricoles ou pastorales.
- L’Australie est un territoire énorme, s’étendant du 11° au 59° lat. S., sur 5200 kilomètres (5800 de l’E. à l’W.) et couvrant une superficie de
- Fig. 1.— Champ de Salt-bush cultivé. Ferme expérimentale de Coolabah (Nouvelle-Galles du Sud).
- Fig. 2. — Salt-bush fauché pour en faire du foin.
- Fig. 3. — Salt-bush poussant sur les rives, désséchées en été, d’un marécage salé.
- commencent les difficultés.'Quelles essences employer pour ces plantations? On a essayé, sans grand succès, les eucalyptus. La plupart des arbres périssent rapidement dans les terrains salés.
- Peut-être l’exemple de ce qui existe en Australie pourra-t-il être, instructif. Une grande partie du
- 1 Des projets de dessèchement sont à l’étude pour le lac Fezzara, près de Bône, et pour le lac Sedjoumi en Tunisie.
- 36e année. — 1er semestre.
- 7 651 971 kilomètres carrés, égale aux trois quarts de l’Europe. Une cordillère suit du N. au S. la côte de l’océan Pacifique sous le nom général de Dividing Range et détermine ainsi deux régions distinctes : la côte, qui rappelle le Tell algérien, et l’immense plaine intérieure, à peine arrosée par des creeks1 irréguliers (Murray, Murrumbidgee, Lachlan, Dar-ling), et qui fait songer aux Hauts-Plateaux et au Sahara par ses pâturages à moutons, ses déserts pierreux ou sablonneux et ses dépressions salines. Celles-ci sont très nombreuses, particulièrement dans l’Australie méridionale. Le lac Torrens mesure 209 kilomètres de long sur 52 kilomètres de large; le lac Gairdner est long de 161 kilomètres et large de 64; les lacs Eyre et Amadeus sont plus vastes encore ; mais l’indécision de leurs rives et leurs
- 1 Les creeks australiens ont le même régime que les oueds du nord de l’Afrique.
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- LES TERRAINS SALÉS ET LES SALT-BUSH EN AUSTRALIE
- perpétuelles variations rendent impossible l’évaluation exacte de leur surface. Bien d’autres lacs ou marécages salés existent encore dans d’autres parties du pays : lacs Frome, Gregory, Austin, Moore, Barlee, Lefroy, etc1. Ces lacs sont situés en général à une faible altitude (lac Gairdner, 112 mètres), ce qui explique qu’ils soient alimentés par l’écoulement de quelques creeks intermittents. Quant au lac Eyre, il occupe le fond d’une dépression très accusée, étant à 11,60 m. au-dessous du niveau de la mer du Sud. Aussi a-t-on songé un moment, tout comme pour les chotts algériens et tunisiens, à le transformer en une mer intérieure : projet auquel il n’a pas été donné suite. Ces étendues d’eau, réduites en été à des plaines de boue crevassée, recouvertes d’une croûte étincelante de sel, ne sont que les restes des immenses mers qui, aux époques triasique, crétacée et tertiaire, ont occupé le territoire actuel de l’Australie intérieure. On trouve encore aujourd’hui, en Nouvelle-Galles d u Sud, en Australie méridionale et en Australie occidentale, de vastes surfaces de terrains, auxquels la sécheresse du climat n’a pas permis de se dessaler. On en évalue la superficie au moins au double de celle de la France.
- Ces plaines salines seraient inutilisables si la nature n’y avait fait pousser tout un groupe de plantes halophiles, connues en Australie sous le nom générique de salt-bushes. Le salt-bush n’est pas, comme on le croit assez volontiers en Europe, une plante
- 1 Sur l’utilisation de l’eau salée du lac Lefroy pour les mines d’or de Coolgardie (Australie occidentale) et sur les grands travaux d’adduction d’eau pour cette ville, Voy. Paul Privat-Deschanel. La question de l’eau à Coolgardie. Géographie. 15 juillet 1906, p. 1,5-18.
- b
- sel
- déterminée; c’est un groupe de plantes, appartenant à des genres divers, mais-rapprochées par une adaptation commune à la vie sur un sol plus ou moins salé. On en trouve sur les sables du rivage, mais plus encore dans les solitudes de l’intérieur. Le salt-bush présente trois variétés : le type rampant, le type dressé et le type arbustif. Nous en avons parcouru d’interminables prairies dans la plaine du Darling. On les reconnaît de loin, au milieu de la végétation terne et jaunâtre de l’Australie
- intérieure, grâce à leur fraîche co-loration vert-bleu, due à de minuscules fra ments de déposés sur les feuilles.
- Le salt-bush rend aux éleveurs australiens d’incalculables services. 11 existe bien, il est vrai, quelques espèces vénéneuses ou tout au moins nuisibles Enchyloena io-mentosa 11. Br., Anisacantha nm-ricata Moq1 ; mais ces espèces sont en petit nombre et étroitement localisées. La plupart constituent, au contraire, une nourriture excellente pour tous les herbivores, particulièrement pour les moutons. Le salt-bush sert
- Fig. 4. — Atriplex nummularia.
- sur pied, soit à être fauché et à donner du foin.
- La principale
- caractéristique — et la principale utilité du salt-bush — est son incroyable résistance à la sécheresse. La somme de chaleur qu’il peut supporter sans se dessécherest inimaginable2. Pendant les étés les plus torrides, au cours des sécheresses les plus prolongées, même sur les dunes de sable brûlant,
- 1 Les différentes espèces des genres Scleroloena et Che-nolea sont aussi considérées comme dangereuses ou tout au moins comme indigestes pour le bétail. On nous a assuré que des moutons étaient morts après en avoir trop mangé.
- 2 Les étés sont très chauds dans l’intérieur de l’Australie. A Bourke, centre de la région d’élevage du mouton mérinos, on a observé 51°.
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- il vit, alors que toutes les autres plantes ont péri. Cette faculté de résistance lient aux propriétés hygrométriques du sel; le salt-bush absorbe à la fois l’humidité du sol et celle de l’atmosphère. On peut dire sans exagération qu’il a sauvé la vie à des millions de moutons. Sans lui, le centre australien, où l’élevage prospère, serait inutilisé et sans valeur.
- Les différentes espèces, groupées sous le nom générique de saH-bushes, sont très nombreuses. Rien qu’en Nouvelle-Galles, on en compte 15 genres, renfermant 86 espèces. Nous allons indiquer les principales, celles qui sont à la fois les plus répandues et les plus utiles.
- Le genre4tripla:1 est représenté par 16 espèces. LM. nummularia Lindl. (Round-leaved salt-bush, cabbage bush) est un grand arbrisseau variant de 2 à 5 mètres et atteignant parfois 4,50 m. Les herbivores mangent avec avidité ses tiges succulentes et ses feuilles ; ses jeunes pousses font un assez bon légume. LM. semi-baccala R. Br. (Half-berried salt-bush) est une plante vivace, étalée, très bran-chiée, avec des tiges herbacées s’étendant souvent sur un cercle de 1,20 m. de diamètre et même davantage. Les éleveurs du Lachlan et du Darling le prisent particulièrement pour l’engraissement de leurs animaux. LM. vesicaria lier. {Bladder salt-bush) se présente sous la forme d’un arbuste droit et touffu ne dépassant guère 0,60 m. de hauteur. Les jeunes pousses et les feuilles sont mangéès par les colons comme un succédané des épinards.
- Le genre Kochia compte 14 espèces. Le I(. aphylla R. Rr. (colton-bush) tire son nom local de ce que, aux époques de sécheresse, il se forme sur ses feuilles des boules d’une substance cotonneuse, dues sans doute à quelque insecte. C’est un arbrisseau touffu à branches droites, haut de 50 centimètres à un mètre. Comme le précédent, il est tout particulièrement apprécié. Le K. pyramidata Benth. (grey-bush) lui ressemble beaucoup ; sa taille est de 90 centimètres à 1,20 m.
- Le genre Rhagodia renferme 7 espèces. Le R. has-lata JR. Br. (salt-bush) est une plante touffue de 90 centimètres de hauteur. Le R. parabolica R. Br. (.old man salt-bush) mérite une mention à part parce qu’il pousse près des marécages, sur un sol très salé. C’est un arbuste droit de 1,50 m. à 3 mètres. En raison de sa taille il ne peut guère servir qu’au gros bétail. Malheureusement les lapins sauvages mangent son écorce et les sauterelles ses feuilles. Aussi est-il peu abondant.
- On peut encore citer le genre Chenopodium, représenté par une seule espèce, le C. antripli-cinum F. v. M. (antriplex-like goosefoot), plante vivace, touffue à la base seulement et dont les différentes tiges atteignent 30 centimètres.
- Tous les salt-bushes ont beaucoup de graines mûrissant en général en été et en automne; celles de Vatriplex nummularia mûrissent à toutes les
- 1 Certains Atriplex sont connus en France, où on les désigne sous le nom d’arroches.
- époques de l’année. Les herbivores, et particulièrement les moutons, sont très friands de ces plantes; ils s’engraissent et se fortifient en en mangeant. Les éleveurs assurent même que le bétail nourri au salt-bush résiste particulièrement aux maladies. Il nous a été impossible, on le comprend, de vérifier cette opinion, que nous nous bornons à rapporter.
- Voici l’analyse de deux espèces de salt-bushes faites à Sydney par Mr. W. A. Dixon, F. C. S.
- Huile..........
- Carbo-hydrates . Albuminoïdes . Fibres ligneuses Cendres....
- Partie ligneuse. . Partie mangeable1
- Atriplex Kochia
- niummularia pvrainidala
- 2,08 ' 2,14
- 42,85 32,63
- 16,45 19,94
- 7,24 8,04
- 51,28 57,25
- 100,00 100,00
- 10,00 57,0(0
- 90,00 63,00
- 100,00 100,00
- Pourquoi n’essaierait-on pas, en Algérie et en Tunisie, le salt-bush australien, qui conviendrait très bien à leur sol et à leur climat? Ces pays, au reste, possèdent déjà quelques espèces de ces plantes. C’est le guetaff des indigènes, qui couvre de vastes étendues dans le Sud-tunisien et qui correspond au genre atriplex. On en trouve beaucoup près de Sfax, le long des oueds et au bord des Sebkhas; les animaux domestiques, et particulièrement les chèvres, le mangent volontiers. La seule question, encore indécise, est de savoir si le guetaff pourrait s’accommoder des terrains très salés, résultant par exemple du dessèchement des sebkhas et des chotts. Nous ne le croyons pas ; car Vatriplex australien ne pousse que dans les terrains légèrement salins2. 11 faudrait donc essayer d’autres genres, notamment le genre Rhagodia, qui supporte une grande quantité de sel. Nous recommanderions particulièrement des essais faits avec le Rhagodia parabolica qui pousse en Australie au bord des marécages les plus salés. Il faudrait en faire venir des graines. Les Rhagodia d’ailleurs se cultivent bien ; nous en avons vu des cultures prospères à la ferme expérimentale de Coo-labah (Nlle-Galles). Cultivés, ils poussent même avec une vigueur toute particulière ; le Rhagodia hastata atteint ainsi 1,50 m. à 2 mètres, au lieu de 90 centimètres, comme lorsqu’il croît à l’état sauvage. Peut-être, avec les Rhagodia, pourrait-on utiliser de vastes espaces aujourd’hui sans valeur et transformer les Sebkhas en pâturages. Nous nous contentons de suggérer ces idées en nous appuyant sur l’exemple de l’Australie et sur les services qu’y rend le salt-bush. Paul Privat-Deschanee.
- 1 On remarquera la 1res forte proportion des substances mangeables.
- 2 Nous sommes informés que les espèces que l’on cherche à propager aux environs de Sfax sont Y Atriplex simila-ceatum et VA. septocarpum. (renseignement communiqué par M. .1. R. Chandon, d’Épernay). Il sera intéressant de voir les résultats de cet essai.
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- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE DE MUNSTER A LA SCHLUCHT
- Nous avons parlé en son temps1 de la ligne électrique Retourneraer-Schlucht, avec embranchement au Hohneck, qui fait suite à celle à vapeur de Gé-rardmer à Retournemer. La sectionMünster-Schlucht nouvellement construite répond à deux besoins différents; elle établit d’abord une communication permanente ^ntre Münster, Stossweier, Ampfersbach et Schmetzwasen, en restant en exploitation pendant toute l’année. L’autre tronçon de Münster à la Schlucht ne fonctionne que pendant l’été, étant exclusivement affecté au transport des touristes.
- A l’intérieur de la ville de Münster, dont le chemin de fer suit la voie principale, on a utilisé des rails à gorge, tandis que partout ailleurs ils sont à boudin et reposent sur des traverses en hêtre goudronné. Le système à crémaillère est le même que celui qui a été adopté sur les lignes de la Jungfrau, du Vésuve, etc. ; la crémaillère, faite de tronçons de 3,5 m. de longueur, est fixée à des supports en fer qui la soutiennent à 8,5 mm. au-dessus du niveau supérieur des rails et chacune des deux roues exerce un effort total de 3500 kg. sur les dents. Cette cré-
- Fig. 1. — Vue intérieure de l’usine électrique de Münster.
- Le chemin de fer à voie de 1 m. de largeur est à adhérence et à crémaillère, sa longueur maximum est de 10,8 km. et la rampe, dans la partie à adhérence, ne dépasse pas 5,5 pour 100 tandis qu’elle atteint 22 pour 100 à la crémaillère. Cette dernière portion est comprise entre deux sections à adhérence : la première, de Münster à l’Altenberg, a 6,2 km. de longueur; la crémaillère fait suite sur 2,78 km. et la deuxième à 1,8 km. seulement. Les plus faibles rayons de la ligne sont de 35 m. dans la partie à adhérence et de 80 m. dans celle à crémaillère. Ajoutons encore que la gare de Münster est placée à 382 m. d’altitude et celle de la Schlucht à 1137 m.
- 1 Yoj. n° 1681, du 12 août 1905.
- maillère appartient à un système spécial inventé.par M. Strub; l’entrée des wagons se fait par une partie mobile autour d’un point fixé à 2,50 m. de l’origine. Lorsque la voiture se présente, l’entrée en prise de la roue dentée avec la crémaillère s’effectue en forçant sur la partie mobile de cette dernière, de sorte que les pignons entrent presque toujours normalement. Des semelles spéciales fixent la crémaillère à la traverse en son milieu ; elles ont été légèrement recourbées sur les traverses dans le sens de la rampe pour éviter le tassement de la voie. Sept massifs de béton, de 2 m. de longueur èt de 1 m. de largeur, sont disséminés dans l'infrastructure de la partie en crémaillère, afin d’éviter le cheminement
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- CHEMIN DE FER ELECTRIQUE DE MUNSTER A LA SCHLUCHT = 245
- de la voie. L’infrastructure a été effectuée sous la direction de MM. Antoine et Brossier, ingénieurs. L’usine génératrice du courant a été élevée à
- 7000 volts founissent en même temps du courant pour l’éclairage de Münster et des environs. Les chaudières marchent à 12 atmosphères; elles ont
- Fig. 2. — La \oie à l'Altenberg.
- Münster. Elle renferme deux machines à vapeur horizontales compound accouplées chacune par une courroie avec un alternateur de 200 kw. à 50 périodes. Ces machines à courant triphasé de
- une surface de chauffe de 82 m. carrés et sont pourvues de surchauffeurs de vapeur et d’économiseurs Green. Enfin, à côté de l’usine sont installés les ateliers de réparation et la remise pour les
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- 246 = CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE DE MUNSTER A LA SCHLUCHT
- wagons. La station transformatrice est située à 0 km. du point de départ, elle comprend deux groupes d’une puissance totale de 200 kw. transformant le courant triphasé en courant continu à 750 volts. Parallèlement aux machines à courant continu de ces groupes se trouve une batterie tampon de 590 éléments et d’une capacité de 296 ampères-heures.
- Le conducteur est formé de deux fils de ligne en cuivre de 9 millimètres de diamètre et le retour du courant se fait par les rails dont les tronçons sont soigneusement réunis électriquement par des pièces de contact, chaque voiture automotrice
- contrôleur prévu pour la marche en série ou en parallèle, pour la marche avant ou arrière et pour le freinage électrique ; des verrouillages empêchent toute fausse manœuvre.
- Les appareils nécessaires : un ampèremètre pour les moteurs à adhérence et un autre pour ceux de la crémaillère, un voltmètre commun pour chaque système moteur, un déclancheur automatique à maxima et les coupe-circuits sont placés sur chaque plate-forme. Le parafoudre est installé sur le toit. Enfin le chauffage et l’éclairage des voitures sont assurés également par le courant électrique.
- La Société du chemin de fer électrique de Miinster
- Fig. 3. — Entrée d’une voiture en crémaillère.
- est porteuse de deux archets utilisés pour la prise du courant.
- Les voitures automotrices sont à quatre essieux, chacun d’eux étant équipé avec un moteur d’une puissance normale de 85 chevaux; deux moteurs sont affectés à la crémaillère et les deux autres à l’adhérence. Ce dispositif nouveau a été exécuté par la Société d’électricité Alioth ; il permet d’utiliser le même matériel roulant sur les lignes semblables à celle-ci, qui sont à crémaillère et à adhérence. Dans ces conditions, lorsque la voiture roule sur la section à adhérence les moteurs de la crémaillère restent au repos; tandis que sur la section à crémaillère les quatre moteurs sont en action, ceux à crémaillère avec double réduction. Les quatre moteurs sont commandés par un seul
- à la Schlucht s’est surtout préoccupée d’appliquer à ses voitures un système de freinage absolument efficace, précaution indispensable, étant données les fortes rampes gravies par les trains. Chaque voiture motrice est donc équipée tout d’abord avec un frein mécanique à main agissant sur huit sabots, un frein électrique de court circuit et un frein dit de crémaillère agissant sur l’arbre des deux moteurs de la crémaillère. De plus, un frein automatique, entrant en fonction dès que la vitesse sur la crémaillère devient supérieure à 10 km. à l’heure, exerce son action sur la roue de la crémaillère de chaque boggie. Ces freins peuvent être manœuvres de la plate-forme avant et de celle arrière. En dehors du système de freinage, chaque voiture motrice possède encore certains appareils de sécurité. C’est ainsi que
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- LA MOMIE DE SAINT ZJG ~ 247
- des crochets sont suspendus sous les boggies et enserrent le champignon de la crémaillère afin d’empêcher la voiture de dérailler. Déplus, entre le mécanisme et les moteurs de la crémaillère sont installés des accouplements à lamelles destinés à amortir les arrêts trop brusques en cas de court circuit; ils permettent également un freinage normal. On voit que toutes les précautions ont été prises en vue d’assurer, en cas d’accident, l’arrêt complet des voitures surtout dans la partie à crémaillère.
- Chaque train comprend une voiture automotrice à laquelle s’ajoute ou non une remorque suivant les besoins. Ces voitures sont à une seule classe ; on y pénètre par des entrées latérales; Les sièges sont à bas-
- cule afin de rendre possible l’utilisation partielle ou totale de la place disponible pour le transport des bagages et des marchandises. La capacité maximum d’un train est de 72 voyageurs et la vitesse normale est de 17 km. à l’heure sur le parcours à adhéi*ence et de 7,5 km. seulement sur celui à crémaillère. La durée totale du trajet est d’environ une heure. Une voiture automotrice pèse 23 000 kg: elle peut transporter un poids maximum de 2500 kg. et la remorque, en charge, pèse 6500 kg. Le poids total maximum d’un train complet avec remorque est donc de 32 tonnes. Cette voie ferrée est la seule qui traverse la chaîne des Vosges entre la France et l’Allemagne. Lucien Fournier.
- LA MOMIE DE SAINT ZIG
- Sinzig est une petite ville du cercle d’Ahrweiler, dans la présidence de Coblentz, assise sur la rive droite de l’Ahr, à deux kilomètres de l’embouchure de ce cours d’eau dans le Rhin. C’est un ancien caslrum romain, qui a servi, dit-on, plus tard de résidence à plusieurs rois des Francs. On y voit de vieilles murailles et une belle église romane du xiu° siècle, fraîchement restaurée où, non loin d’un tableau d’un maître de l’école de Cologne, on montre au visiteur, s’il insiste pour le voir, un corps humain desséché dont l’histoire ne saurait être indifférente à un Parisien de nos jours.
- La légende locale assure que celte espèce de momie, assez bien conservée, fut le corps d’un personnage, mort en odeur de sainteté, et que la population dénomme der heilige Vogt, le saint Bailli. On l’aurait exhumé d’un ancien cimetière de la ville, il y a environ 250 ans et il était présenté à la vénération des fidèles de Sinzig avant la Révolution, enfermé dans une sorte de bière en bois noir munie d’une serrure. Le saint personnage avait les mains croisées sur la poitrine, tenant un bouquet de filigrane ; un bandeau bleu chamarré d’argent et des bas de coton complétaient sa parure.
- Or voici que les soldats de la République paraissent sur le Rhin et que, bientôt après, surgissent à leur tour ces commissaires des arts, ainsi qu’on les appelait, qu’une interprétation inique du droit du vainqueur autorisait à dépouiller officiellement l’ennemi au profit de nos musées. L’un des commissaires pour l’Allemagne, un certain lveil, passe à Sinzig au cours de sa tournée vers la fin de l’an V. Il se souvient que les organisateurs du Musée des Antiques, Rarthélemy et Millin, ont signalé parmi les lacunes de leur collection l’absence d’une momie dont ils ne possèdent qu’un fort médiocre spécimen. Keil signale aussitôt la pièce qu’il a découverte et Millin, croyant qu’il est question à'une vraie momie d’Égypte, en réclame bien vite l’expédition à Paris. Keil requiert une charrette attelée de trois chevaux ; on y charge la boîte funèbre et, de brigade en brigade, chasseurs à cheval ou gendarmes escortent le saint Bailli par Bruxelles, Mons et Valenciennes, Cambrai, Péronne et Roye jusqu’à la capitale où le macabre cortège parvient à la fin de fructidor an V.
- Tout le long de cette route, les conducteurs ont montré pour de l’argent le bonhomme dont ils avaient la garde. Ils ont pris pour un nom d’homme, comme le singe de La Fontaine, le nom de la ville, à laquelle on arrachait si inutilement la pauvre relique, qu’une bonne politique
- eût conseillé de ne pas enlever au culte des indigènes. Et ils ont présenté aux badauds, qui se pressaient autour du chariot, le vieux corps momifié pour celui d’un saint Zig par eux ramené d’Allemagne.
- Qui fut bien surpris, quand on lui présenta l’envoi du sieur Keil, ce fut le bon Millin qui, au lieu d’une momie égyptienne qu’il convoitait, recevait un corps desséché assez semblable à ceux des caveaux de Toulouse !
- « Ce morceau peut être curieux comme histoire naturelle, écrivait-il tout aussitôt à ses collègues du Jardin des Plantes ; nous nous empressons de vous le transmettre avec les papiers qui nous ont été remis par les conducteurs. » C’était la série des réquisitions des escortes. Et il ajoutait : « Vous voudrez bien remettre 6 francs que nous avons payés pour boire )).
- Le Muséum paya et la nouvelle venue fut installée dans le bâtiment de l’anatomie comparée. Le bruit s’était répandu de la venue du saint personnage rhénan ; tout Paris lui rendit visite. Or, par ce temps d’émancipation religieuse où d’un trait de plume on supprimait la hiérarchie céleste, sans-culottes du faubourg Victor et citoyens de la rue Denis se pressaient autour de la boîte noire où était empaqueté Zig. Et tous ces braves gens de s’interpeller : « As-tu vu ce bon Zig? En voilà un zig », etc., etc.
- C’est ainsi, que pendant ses dix-sept ans d’exhibition au Muséum, le bailli de Sinzig a enrichi notre langue verte d’une expression pittoresque qu’elle n’a plus laissé perdre, tout en ayant complètement oublié son origine. Ce terme de Zig, ignoré des écrivains du xvm° siècle, et notamment de Leroux, auteur d’un curieux livre sur la langue comique, est familier à tous les philologues spéciaux de la période moderne. Francisque Michel, Monselet, Delvau, Lorédan Larchey, Rigaud, lui ont fait un sort dans leurs dictionnaires, en l’encadrant de commentaires plus ou moins heureux. Celui-ci le rapproche de l’italien Zigno qui veut dire petit lézard ! Celui-là y voit une allusion aux Zigzags des. camarades de bouteille du lundi soir ! Mon étymologie me semble bien plus acceptable, et, en dépit des ingéniosités d’un Francisque Michel ou d’un Delvau, je me complais dans l’hypothèse que ce sont nos chasseurs à cheval de l’armée du Rhin de l’an V, qui ont enrichi tout à la fois la langue et l’hagiographie, en faisant de cet heilige Vogl qu’ils nous amenaient de Sinzig, le saint Zig dont les Parisiens ont enlevé l’auréole. E.-T. Hamv,
- tic Tluslilul.
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- LE GUÉPARD DANS L’ÉGYPTE ANCIENNE
- Type de transition entre les félins et les canidés, le guépard (fig. 1) ou léopard de chasse tient du chat et du chien, particularité qui lui a valu, de la part des naturalistes, le nom de cynailurus, chien-chat. Il tient du chat par la tête, sa longue queue et son pelage ; du chien, par tout le reste du corps.
- Gomme celui-ci, il est haut sur ses jambes, et ses pieds possèdent des griffes si peu rétractiles, qu’elles sont toujours abaissées et s’émoussent par le frottement contre le sol.
- D’une nature moins féroce que celle des félins, le guépard s’apprivoise sans difficulté, mais la vue du sang l’excite et le rend fort redoutable.
- On en distingue deux espèces : le guépard à crinière, felis jubata, et le guépard moucheté, felis guttuta. Le premier habite Sumatra et les parties méridionales de l’Asie centrale ; le guépard moucheté, originaire d’Afrique, se rencontre dans les steppes du bassin du Nil, au Sud du 17e degré de lat. nord, dans le Kor-dofan, au Cap, au Sénégal, etc. Sa robe, d’un fauve clair ou orangé, est parsemée de taches rondes et noires dans sa partie supérieure; en dessous, elle est quelquefois d’un blanc pur ou légèrement marquée de brun, le bout de la queue est blanc. Les anciens Égyptiens le nommaient hasou.
- De leur temps, il était sans doute beaucoup plus répandu dans le nord de l’Égypte que de nos jours, puisque pour le distinguer de la vraie panthère, très abondante dans le Midi, ils l’appelaient aussi abi-ha, panthère du Nord.
- Dans 1 Inde et en Perse, où l’on se sert du guépard pour chasser l’antilope, on le dresse à peu près de la même manière que le faucon, par le jeûne et en le maintenant dans l’obscurité au moyen d’un cha-
- peron de cuir dont on couvre ses yeux. Les veneurs persans le portent en croupe (fig. 2), et, dès qu’ils ont aperçu une proie, ils la font remarquer au féroce animal qui se débat et se dégage vivement pour se lancer à sa poursuite. Les chasseurs Hindous conduisent le guépard à la chasse, placé sur un petit chariot traîné par des zébus (fig. ?»). Quand on a découvert un troupeau d’antilopes, on cherche à l’approcher le plus possible et, dès qu’on est à portée, le chasseur déchaperonne le guépard et lui montre le gibier. Sans bruit, il descend du chariot, rampe à travers les herbes et, bondissant comme une flèche, il saute à la gorge de l’antilope avant que celle-ci ait eu le temps de prendre la fuite ; il la renverse, la mord à la nuque, et boit avec avidité le sang chaud et fumant. S’il manque sa proie, il est rare qu’il la poursuive bien loin ; le léopardier le remet aussitôt à la laisse en lui présentant un leurre comme pour le faucon. Si, au contraire, il saisit sa victime, de grandes précautions et beaucoup de ruse sont indispensables pour la lui ravir sans l’irriter.
- Le guépard est pour les chasseurs asiatiques un si précieux auxiliaire que le shah de Perse én fait venir d’Arabie; dans les Indes orientales, où il est fort estimé, quelques princes Hindous en entretiennent des meutes, et jadis les chefs mongols emmenaient parfois un millier de ces animaux dans leurs grandes chasses1.
- Si, jusqu’à ce jour, je n’ai rencontré sur les monuments pharaoniques aucune scène permettant
- 1 Revue des Sciences appliquées, bulletin de la Société Zoologiquc d’Acclimatation, année 1891, 1er semestre, p. 777. La lutte de l'homme contre les animaux, par P. Amédée Pichot.
- PHippofyte-Bo'ussac del-
- Fig. 1. — Le Guépard (Peinture de Beni-Ilassan.
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- LE GUÉPARD DANS L’ÉGYPTE ANCIENNE — 249
- d’avancer que les anciens Egyptiens se servaient du guépard à la chasse, je puis affirmer qu’ils en recevaient, tout domestiqués, du pays de Pount.
- Au temple de Deïr-el-Bahari, nous voyons figurés deux guépards magnifiques, dont la couleur a malheureusement disparu; mais, comme sculpture, ils sont, peut-on dire, magistralement traités. Elégants d’allure, ils ont la tète petite, les jambes élancées, fines et nerveuses, une queue abondante qui descend avec souplesse et traîne sur le sol. Leur cou est entouré d’un large collier auquel est attachée l’amorce d’une corde servant à les conduire. L’inscription placée au-dessus nous dit que ce sont « deux panthères du Nord vivantes » (fig. 4).
- Les artistes pharaoniques nous ont également laissé une fort belle image stylisée du guépard. D’un ton fauve moucheté de noir, haut sur ses jambes, un
- cou de proportion démesurée, le corps d’une extrême finesse, un mufle révélant de puissantes mâchoires, une longue queue aux poils hérissés ; cette peinture évoque non seulement l’idée d’un animal très dangereux, mais elle constitue un motif ornemental d’un grand caractère (fig. 5) L
- Après avoir subi quelques manipulations, indiquées en détail dans un tableau théhain, la peau du guépard était diversement utilisée et souvent même substituée à celle de la panthère. Les officiants s’en paraient dans les cérémonies religieuses comme vêtement sacré ; nous la voyons protégeant l’encolure des chevaux de Pharaon, elle servait aussi à recouvrir les boucliers, et à une infinité d’autres usages.
- 1 Comparez cette image avec la planche 43, cijnaüurus jubula, dans Monograph of ike f'elidæ by D. Elliot.
- P- Hippolyte-Boussac. clef
- Fig. 4. — Bas-relief du temple de Deïr-el-Bahari.
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- SCIES EN FER SANS DENTS POUR LE COUPAGE DES ACIERS
- Lors des premières croisades, les Francs trouvèrent la chasse au guépard pratiquée en Syrie; elle fut introduite en Europe vers 1413 par un marquis d’Este qui rapporta un de ces félins de l’ile de Chypre. Depuis cette époque, pendant toute la seconde moitié du xive siècle, il y eut toujours, à la cour de Ferrare, un certain nombre de guépards dont la réputation arriva bientôt en France, et,
- Fig. 5.
- Peinture de Beui-Hussun
- (D’après Champollion.
- vers 1476, Louis XI écrivit à Hercule Ie1 d'Este de
- lui envoyer un de ces « lié-pards » dont il avait entendu parler. Louis Xll se servait de guépards pour prendre les chevreuils et François Ier en avait de deux espèces pour chasser le lièvre.
- On vit des guépards à la cour de France jusqu’au temps d’Henri IV, ceux qui, sans doute, furent apportés de Florence par Marie de Médicis.
- EMPLOI DE SCIES EN FER SANS DENTS
- pour le coupage des aciers durs.
- D’ordinaire, c’est avec des outils en acier que l’on coupe le fer; rien n’est plus facile cependant que de faire l’inverse : une scie circulaire en fer, môme sans dents, coupe parfaitement les aciers les plus durs ; il suffit pour cela qu’elle tourne vite.
- Ce procédé curieux est connu depuis fort longtemps : on rapporte que les Chinois s’en servaient autrefois, et s’en servent encore aujourd’hui, pour couper les pierres précieuses les plus dures, et en particulier, le diamant. 11 n’y a à cela rien d’invraisemblable, car on réussit d’autant mieux à couper une substance qu’elle est plus dure ; c’est ainsi que MM. Darier et Colladon, etudiant le procédé en 1824, ont pu couper le cristal de roche et l’agate en donnant au bord du disque de fér une vitesse tangen-tielle de 00 mètres par seconde.
- Le premier essai d’application du procédé qui ait été fait d’une façon certaine ne remonte cependant qu’à 1825. Un ébéniste américain, du nom de Barnes, voulait réparer une lame de scie à bois ; ayant entendu dire que les shakers de la Nouvelle-Angleterre coupaient le fer en se servant d’un tour à bois, il monta sur le tour dont il disposait un morceau de tôle à peu près circulaire qu’il avait découpé dans un vieux tuyau de poêle ; voulant l’arrondir pour en faire une scie circulaire, il le fit tourner rapidement et en approcha une lime ordinaire à métaux. Quel ne fut pas son étonnement de voir la lime se couper entre ses mains avec la plus grande facilité; en même temps, se produisaient un magnifique feu d’artifices d’étincelles et un bruit considérable. En opérant sur la lame de scie à bois qu’il voulait réparer, il put la couper et y tracer des dents nouvelles avec la plus grande facilité.
- Depuis 1825, les applications du procédé qui ont été faites dans l’industrie sont restées plutôt isolées; c’est ainsi qu’on ne l’a utilisé, et — on ne l’utilise encore—que dans quelques halles de laminage pour le coupage de lon-
- gueur des poutrelles, rails et fers profilés venant d’èlre laminés. C’est depuis trois ou quatre ans seulement que le procédé est employé d’une façon courante. Il sert à couper les plaques de blindage harveyées et les nouveaux aciers durs, dits à grande vitesse de coupe, qui servent au travail rapide des métaux sur les tours et raboteuses.
- Les outils à coupe rapide ne se détrempant pas, même par un échauffement considérable, permettent de travailler les métaux avec une très grande vitesse et par conséquent d’obtenir une plus grande production d’une même machinè-outil. Ces outils sont faits avec un acier extrêmement dur et assez fragile qu’aucun autre métal ne peut entamer dans les conditions ordinaires; il a fallu cependant pouvoir couper les barres dans lesquelles ces outils sont pris; on y est arrivé par l’emploi de la roue en fer sans dents. Remarquons, en passant, que ces barres d’acier ne peuvent être coupées à froid sans courir le risque de présenter des tapures aux extrémités avoisinant la coupure; à l’atelier, l’ouvrier les coupe donc à chaud quand il veut façonner un burin. Cette manière de faire est impraticable dans les aciéries où se fabriquent les barres, car là il faut en couper un très grand nombre, rapidement, proprement et très exactement; c’est donc dans les aciéries qu’on a recours à la scie en fer.
- Pour les plaques harveyées, le problème était un peu différent. On sait que, pour qu’une plaque de blindage résiste à l’action des projectiles, il faut qu’elle ait à la fois une très grande dureté de surface, pour s’opposer à la pénétration du projectile, et une très faible fragilité, de façon que le choc ait plutôt pour effet de la déformer en y produisant une bosse que de la fendre. Ces deux conditions sont assez contradictoires ; car, dans les aciers de blindage, la dureté est associée à une grande fragilité ; comme il suffit cependant que seule la partie avoisinant la surface extérieure. soit dure, on a tourné la difficulté
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- SCIES EN FER SANS DENTS POUR LE COUPAGE DES ACIERS = 251
- en ayant recours d’abord au procédé des plaques compounds, ensuite au procédé llarvey. Les plaques compounds ne donnaient qu’une solution incomplète du problème, car elles étaient formées de deux plaques superposées, l’une en acier doux, l’autre en acier dur, pouvant être travaillées séparément, mais qui, nécessairement, présentaient une solution de continuité diminuant la résistance totale.
- Dans le procédé Harvey, la plaque est faite d’une seule pièce d’acier doux qui est carburée par cémentation sur une de ses faces seulement par les procédés ordinaires ; ia carburation étant progressive, quand on trempe la face carburée, en la refroidissant brusquement avec un jet d’eau, on produit une trempe et une dureté qui, elles aussi, vont progressivement en s’atténuant depuis la face extérieure où elle est très grande (celle du verre) jusque vers le milieu de l’épaisseur où elle est nulle.
- Ces plaques, qui sont parfaites en ce qui concerne la résistance aux projectiles, sont d’un travail extrêmement difficile, précisément à cause de leur non-homogénéité. Avant la trempe, on leur donnait grosso modo les dimensions finales aux raboteuses et aux planeuses, puis, après trempe, on les finissait aux mêmes outils pour la partie non trempée, puis à la meule d’émeri pour la partie trempée.
- Les plaques trempées par les procédés Krupp ou Charpy présentent également cette absence d’homogénéité et ces difficultés de travail.
- Nous avons rapporté ici même 1 comment, tout récemment, le coupage de ces plaques avait été résolu par l’emploi de l’oxygène; actuellement encore cependant, aux aciéries de llomstead (États-Unis) et aux établissements Krupp, en ' Allemagne, on coupe les plaques de blindage aux dimensions finales, et en une seule fois, en employant la scie en fer. La scie a deux mètres de diamètre; son bord périphérique a une vitesse tangenticlle de 100 mètres par seconde. L’entaille s’approfondit de 50 millimètres par minute pour une plaque de 150 millimètres d’épaisseur. Le spectacle du coupage d’une plaque harveyée ne manque pas de beauté : l’ouvrier disparaît dans un tourbillon d’étincelles jaillissant à plusieurs mètres autour de lui; en même temps, se produit un bruit formidable et particulier qui ne peut être comparé à aucun autre. Aux établissements du Creusol, où le procédé est employé pour couper de longueur les poutrelles qui viennent d’èlre laminées, le spectacle est déjà assez imposant et ceux qui visitent l’établissement ne manquent pas de le remarquer.
- Les avis sont très partagés pour expliquer par quel phénomène une substance relativement tendre, comme le fer, peut entamer aussi facilement une substance aussi dure que l’acier, et d’autres substances plus dures encore. L’observation des faits n’a pas jeté beaucoup de lumière sur la question, car elle est fort gênée par la grande vitesse de rotation, par la projection des étincelles et par le bruit assourdissant qui accompagnent l’opération. Il semble bien qu’il n’y ait pas contact entre la scie et l’acier, mais ce n’est là peut-être qu’une illusion d’optique. Trois.faits sont certains : le coupage consomme un travail considérable (il faut pousser la pièce contre la scie avec une très grande force), la scie fonctionne sans s’échauffer sensiblement et le coupage se fait d’autant mieux que le corps coupé est plus dur. Pour les autres faits observés, il y a contradiction : les uns prétendent que la scie coupe mieux quand elle est neuve et quand elle est un peu
- 1 Yoy. n° 1705 ; voy. aussi sur la même question le n° 1788.
- ébréchée sur son bord par une dentelure grossière ; d’autres qu’elle ne coupe franchement que si elle a déjà servi et s’est incrustée de particules détachées de l’acier; d’après eux, un bord lisse conviendrait parfaitement.
- L’opinion la plus répandue est que la scie agit par percussion, à la façon d’un marteau. L’explication laisse un peu à désirer en ce sens qu’ici l’action est continue et non intermittente; elle est cependant vraisemblable. Les inégalités de la scie, arrivant à grande vitesse, arracheraient des particules du métal dur et fragile, fournissant une voie nette 'et régulière; avec un métal plus mou, ne se brisant pas et se laissant déchirer, il y aurait, au contraire, formation de bavures et augmentation du travail consommé comme si la substance coupée adhérait à la scie. Le liséré de la scie porte d’ailleurs les colorations irisées, caractéristiques du recuit, qui prouvent que l’acier a été porté à une haute température. Cette température est même assez élevée pour que certaines particules d’acier brûlent dans l’air; c’est leur combustion qui produit le magnifique feu d’artifices dont nous avons parlé; on les retrouve dans la sciure, composée en majeure partie de paillettes métalliques inaltérées, sous la forme de grains d’oxvde de fer ayant passé par la fusion. L’hypothèse d’une action percutante est partiellement confirmée par les faits que vient de rapporter M. W. llarbord. Pour résoudre la question, cet expérimentateur a eu recours à l’observation microscopique employée depuis quelques années en métallurgie pour étudier la constitution des métaux et des alliages.
- La scie qu’il a observée présentait, par suite de l’usage qui en avait été fait, un bourrelet sur tout son bord périphérique. Ce bourrelet, qui donnait à ce bord une épaisseur double de celle du disque au centre, était resté parfaitement doux et se laissait facilement entamer par la lime. Un grossissement de 1000 diamètres ne permit pas d’y révéler la moindre trace d’oxyde de fer ou d’acier dur provenant des barres coupées.
- L’examen microscopique d’une barre entaillée montra, au contraire, que la structure de l’acier s’était profondément modifiée et que le métal avait été porté à une température voisine de son point de fusion. La modification était en même temps d’ordre chimique, car le métal était fortement enchevêtré de particules d’oxyde de fer ayant passé par la fusion et provenant de la combustion du métal par l’oxygène de l’air. Mais l’élévation de température qui explique ces transformations est très localisée, car les modifications observées n’intéressent qu’une profondeur de 1/4 à 1/6 de millimètre dans le métal. Dès lors, l’action de la scie n’a plus rien de mystérieux puisque, restant relativement froide, elle agit sur un métal qui est presque fondu et par conséquent très mou et facile à entamer. Mais il reste encore à trouver la cause de cette élévation de température?
- Les effets produits par la percussion et par les corps animés d’une grande vitesse n’ont rien qui doive nous étonner : ils sont très différents de ceux qu’on observe à faible vitesse. U’est ainsi que les corps les plus mous semblent prendre de la dureté dès qu’ils sont animés d’une grande vitesse : une balle de plomb traverse une lame de verre, beaucoup plus, dur que le plomb, sans se déformer et en y découpant un trou à bords très nets; de même, on peut traverser une planche de chêne en tirant sur elle avec une balle de suif.
- E. Lemaire,
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- LA PHOTOGRAPHIE INTÉGRALE
- La photographie n’a donné pendant longtemps de la nature qu’une image exacte, mais dépourvue de tout relief. L’image photographique n’est que la projection sur un plan de l’objet représenté, et la notion des distances, des profondeurs et des reliefs, nous est donnée seulement par la grandeur relative des objets, par la forme et l’intensité des ombres propres et portées. C’est fort insuffisant ; car nos yeux ont, pour se rendre compte du relief des choses dans l’observation directe de la nature, d’autres moyens plus puissants.
- Le meilleur nous vient de la vision binoculaire. Les deux yeux observant de deux points de vue un peu différents, aperçoivent un même objet sous deux aspects légèrement distincts, certaines parties cachées à l’un apparaissent à l’autre, et inversement; les contours apparents ne sont pas parfaitement identiques ; cela suffit à nous donner une impression de relief.
- Quand l’objet est assez proche, la différence des deux aspects s’exagère et le relief devient plus net; en même temps, les yeux sont forcés de converger vers le point visé, de loucher, et l’effort musculaire nécessaire pour obtenir cette convergence des yeux nous est encore une mesure de la distance qui nous sépare de ses différents points. Enfin, chaque œil isolément — car, en fermant un œil, on garde, plus faible il est vrai, la sensation du relief, — est susceptible d'accommoder, c’est-à-dire de donner à son cristallin une courbure arbitraire, de façon à former de l’objet, quelle qu’en soit la distance, une image au point sur la rétine. Ce nouvel effort musculaire, aide encore, d’une façon pour ainsi dire subconsciente, à juger de l’éloignement des objets.
- De ces trois critériums de la distance et de la forme, le premier est le plus important ; il est même apte à nous fournir, indépendamment des autres, l’impression cherchée ; et c’est cette propriété qu’on utilisa dès l’origine dans le stéréoscope classique. Quoique, dans l’observation des images stéréoscopiques, l’accommodation et la convergence soient souvent différentes de ce qu’elles sont dans la vision directe, la superposition des impressions données par les deux photographies suffit à nous rendre presque parfaitement le relief des choses.
- Le stéréoscope présente deux inconvénients; il exige deux photographies de dimensions nécessairement réduites, qu’il faut observer dans une position relative inverse de celle où on les a prises ; de plus, l’appareil est relativement compliqué et gênant.
- Depuis plusieurs années des solutions plus pratiques ont été cherchées. M. Estanave a fourni un procédé fort simple, et très commode pour l’obtention du relief par l’observation directe sans interposition d’appareil, d’une image photographique unique.
- Formons de deux images stéréoscopiques ordinaires a, b, (fig. 1), c’est-à-dire de deux vues d’un même objet prises de deux points distants l’un de l’autre, comme les yeux, de 6 centimètres environ, deux projections sur un même écran A de verre dépoli. Pour cela, nous les écarterons l’une de l’autre, nous les éclairerons fortement par transparence, et, au moyen de deux lentilles o et o' distantes également de 6 cm, nous tâcherons de former deux images superposées. Si celles-ci étaient identiques, nous pourrions obtenir la superposition complète ; comme elles diffèrent un peu, l’aspect sera flou. Mais interposons, entre les photographies et l’écran, très près de celui-ci, un réseau à traits opaques, c’est-à-dire une lame marquée
- de traits parallèles de 1/5 de millimètre de largeur envi-i'on alternativement opaques et transparents. Ce réseau est obtenu en réduisant photographiquement un réseau plus grand tracé avec soin : a ne fournira plus sur l’écran qu’une image discontinue ; b une image analogue. On peut régler la distance du réseau, comme le montre la figure, de façon que ces deux images viennent se placer sur l’écran, sans se superposer. "De l’autre côté de l’écran un second réseau, identique au premier, est fixé bien symétriquement. Si nous plaçons maintenant les deux yeux respectivement aux points P et P' symétriques de 0 et 0' par rapport à l’écran, le premier verra évidemment seulement l’image envoyée par 0', le deuxième l’image envoyée par 0. Les yeux retrouveront donc sur l’écran les deux images qu’ils auraient vues directement dans la nature. Fixons photographiquement l’image sur l’écran et celui-ci constitue alors une plaque unique qui regardée par transparence fournit l’impression de relief. Les résultats, que nous avons pu voir, sont excellents. Une modification intéressante du procédé permet d’utiliser le même principe pour l’obtention d’images changeantes. M. Estanave vient en effet de faire remarquer qu’en plaçant en a ai b deux images tout à fait différentes, l’œil se déplaçant de P en ly voit alternativement l’une et l’autre, puis, continuant un mouvement de translation, retrouve la première, puis la seconde et ainsi de suite indéfiniment. La publicité utilisera certainement d’ici peu cette curieuse application.
- Malgré le grand progrès qu’apporta la jolie découverte de M. Estanave, la reproduction intégrale de l’impression visuelle que nous donne directement la nature restait un mystérieux problème.
- Le grand physicien qu’est M. Lippmann s’est attaché tout récemment à le résoudre ; il en a trouvé une solution tout à fait générale et d’une rare élégance, qu’il vient de communiquer au monde savant.
- La question était celle-ci : inventer une image telle que chaque œil, l’observant, fût contraint de l’apercevoir sous l’aspect sous lequel il verrait l’objet, en l’observant directement. La solution est la suivante :
- M. Lippmann emploie une plaque formée de petits globules de collodion, ou d’un corps réfringent quelconque, placés jointivement de façon à couvrir toute une surface, qui d’ailleurs peut être ou n’être pas plane. Ces globules ont environ 1/5 de millimètre de diamètre ; leur face antérieure a la forme d’une calotte sphérique. Les rayons lumineux venant d’une direction déterminée et pénétrant à travers cette surface viennent converger en un point qu’on appelle le foyer de cette direction. Quand on fait varier celle-ci, les divers foyers obtenus se trouvent situés sur une toute petite sphère : on donne aux globules une paroi postérieure telle qu’elle coïncide avec cette petite sphère, dite sphère focale. Tout point M de la nature, étant situé à une distance du globule .énorme vis-à-vis du diamètre de celui-ci1, envoie sur lui des rayons très sensiblement parallèles qui viennent donc converger en un point m de la sphère focale. Ainsi se formera sur cette sphère l’image, au point, de tous les objets placés devant la plaque. 11 suffira de recouvrir cefte paroi postérieure d’une couche sensible pour obtenir, comme dans une chambre noire minuscule, une image photographique
- 1 A 20 cm la distance est 20x10x5 = 1000 fois le diamètre.
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- nette de l’extérieur. Cette image négative pourra, si on le désire, être développée positivement.
- Fixons cette image et éclairons-la fortement. Comme le point m est l’image de M (fig. 2), de même, en vertu du retour inverse des rayons, si m devient l’objet, M en sera l’image. Ainsi tous les rayons issus du point m formeront un petit faisceau conique dont le sommet sera en M et dont la paroi antérieure du globule, formant lentille, sera la base.
- Ce point m ne pourra donc être aperçu que si l’œil de l’observateur se trouve sur ce faisceau, c’est-à-dire sur la droite Mm. Le point M formera dans chaque globule une image, mais l’œil placé en 0 n’apercevra qu’une seule de ces images, l’image m située sur la droite OM. De même il n’apercevra que l’image m'd’un autre point M' quelconque et, de tout objet, il apercevra ainsi une image rigoureusement symétrique de ce qu’il apercevrait en le regardant directement. Si l’œil se déplace devant la plaque, l’image vue se modifiera et restera constamment identique à ce qu’il verrait au même moment dans la vision directe.
- E
- Ecran
- Fig. 1. — Ecran stéréoscopique.
- Ainsi l’œil choisit bien nécessairement, comme on le voulait, l’image qu’il doit voir. S’il s’écarte, le champ se restreint et l’image grandit; s’il approche, l’échelle de l’image se réduit et le champ augmente ; s’il se déplace latéralement, il aperçoit du paysage des points nouveaux, parfois même une région entièrement nouvelle (fig. 3).
- Ceci n’exige, remarquons-le, aucun appareil, ni chambre noire, ni objectif, ni mise au point : il suffit de découvrir la plaque devant le paysage pour l’impressionner ; ni astigmatisme, ni aberration, ni déformation de quelque ordre qu’elle soit ne sont à craindre. L’image est renversée, mais une simple rotation de 180° la remet dans la même position que l’objet.
- Le relief est conservé, car chacun des deux yeux aperçoit l’image avec l’aspect sous lequel il verrait l’objet en le regardant directement. La sensation est la même que dans la vision 'directe, et cela quelle que soit la position relative des deux yeux. Que les points m, m' de la photographie correspondant à un même point de l’objet pour chacun des deux yeux soient différents, il n’est pas de plus d’importance que dans le stéréoscope ordinaire, où deux images différentes nous fournissent une impression unique. On peut dire d’ailleurs qu’en réalité on observe, à travers la photographie, le paysage même situé derrière l’observateur et devenu ici, image virtuelle.
- On'voit qu’on a pour ainsi dire fait pénétrer tout entière lapartie de l’univers placée devantla plaque, avec ses dis-
- tances relatives, ses aspects variés, avec toutes les sensations que nos yeux peuvent en tirer dans le gâteau de cellules qui la recouvre. La beauté d’une telle découverte n’échappera à personne.
- Quelques différences pourtant séparent de la vision directe la vision photographique ainsi obtenue. Le fait
- Fig. 2.
- La plaque stéréoscopique de M. Lippmann.
- qu’on observe, non plus un objet réel, mais une image virtuelle, c’est-à-dire que l’on reçoit dans l’iris, non de la lumière divergente, mais de la convergente, exige une accommodation spéciale, pour laquelle l’œil n’a pas reçu d’éducation. De même, les deux yeux, regardant le même point M situé derrière eux, auront des directions en réalité divergentes, et loucheront vers l’extérieur, ce que n’exige jamais la vision directe. En cela, la solution n’est pas celle qu’exige la reproduction rigoureuse de l’impression de relief; mais il est facile de faire disparaître cet incon-
- vénient. Il suffit de placer devant la 1re photographie (négative), éclairée par transparence, une deuxième plaque identique ; on voit facilement alors que celle-ci donnera une photographie positive telle, que l’œil apercevra maintenant directement une image toujours placée en M, mais redevenue réelle. L’accommodation et la convergence seront rétablies dans leurs valeurs primitives.
- Il n’est nullement indispensable que les plaques soient planes, la forme delà plaque n’intervenant nullement dans
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- l’aspect obtenu. En particulier on pourra faire des plaques concaves permettant de voir un même objet de face, de trois quarts, ou de profil, ce que ne pourrait donner une plaque plane. Qu’on photographie négativement une statue, par exemple, au moyen d’un cylindre à cellules l’entourant complètement, puis positivement, au moyen d’un second cylindre concentrique au premier, la dernière image jouera absolument, et sans nouvelle restriction, pour l’observateur, le rôle de la statue. On en retrouvera tous les aspects, tous les contours, on en aura fait une copie qui vaudra mieux que tous les moulages.
- On conçoit que la réalisation de cette idée est fort difficile. 11 faut obtenir une couche de collodion ou de celluloïd d’épaisseur bien constante, et parfaitement déterminée, gaufrée sur chaque face, de façon à. créer les pe'its globules photographiques; il faut séparer les globules voisins au moyen d’un enduit opaque, pour empêcher les rayons fort obliques de pénétrer d’une chambre dans l’autre et d’y causer des perturbations. M.Lippmann a réalisé cet enduit au moyen d’encre de Chine, l’èncre
- ordinaire se diluant dans le collodion. Il faut enfin que les photographies microscopiques obtenues possèdent une netteté relative suffisante, c’est-à-dire que lesdétails qu’on doit pouvoir observer s’y trouvent distincts : c’est sur ce point surtout qu’ont porté jusqu’ici les recherches de M. Lippmann.
- Les premiers essais ont été réalisés avec un gaufrage fort rudimentaire sur la face antérieure, la paroi postérieure ayant été laissée plane. Les résultats obtenus ont été très satisfaisants. M. Lippmann a remplacé, dans une autre expérience, le collodion par de petits globules de verre sphériques de 0,nm,22, rangés sur une plaque photographique ordinaire, elle a réussi également dans la mesure où elle permettait qu’on l’espéràt ; le remarquable expérimentateur qu’est M. Lippmann, après avoir triomphé des difficultés énormes que présentait la mise au point de son procédé de la photographie des couleurs, ne peut manquer de donner de ce nouveau problème, déjà théoriquement résolu, une solution pratique définitive.
- A. Detoeüf.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 mars 1908. —
- La pièce de 0fl',25. — M. Violle lit le rapport de la commission chargée d’étudier la question de la frappe d’une pièce de 0fr,25 en nickel. La commission conclut qu’il est de la plus haute importance que l’on ne s’écarte pas de la règle fondamentale du système métrique d’après laquelle chaque unité doit avoir son double et sa moitié. Pour la monnaie les unités sont le franc, le décime et le centime. Il ne doit donc exister en dehors de ces unités que le double franc et le demi-franc, le double décime et le demi-décime. En conséquence, la pièce de 0fr,25 doit disparaître et être remplacée par la pièce de 0r,',20.
- L’absorption des radiations par les tissus. — M. Bouchard présente une Note de M. Guilleminot relative à l’absorption des radiations par les tissus. Cette absorption varie avec la nature des tissus. De plus, pour un même tissu, des épaisseurs égales, mais situées à des profondeurs différentes, retiennent des quantités inégales de radiations. Ainsi une couche de tissu musculaire de 0,01 m. absorbe 42 pour 100 des radiations, une couche de 0,02 m. absorbe 61 pour 100 et une couche de 0,03 m. 71 pour 100. On voit donc que la première épaisseur de 0,01 m. absorbe 42 pour 100 des rayons incidents, la deuxième épaisseur 33 pour 100 et la troisième épaisseur 25 pour 100. Il est donc évident que les rayons se laissent de moins en moins absorber.
- Dissymétrie de la face humaine. — M. Lippmann présente une Note de M. Liebreich signalant la dissymétrie de la face humaine. L’auteur expose que cette dissymétrie doit être considérée comme un fait général; elle résulte pour lui de l’examen d’un nombre très considérable de crânes. La proportion des crânes dissymétriques est de 29 sur 30. Il s’agit d’une déformation spéciale à l’homme et qui tient à l’incurvation de la colonne vertébrale. Sous l’effet de cette incurvation l’enfant,dans la première partie de sa vie, repose sur le côté gauche, d’où dépression de ce côté.
- Le diagnostic et le pronostic de la tuberculose. — M. Arloing expose que l’infection tuberculeuse expérimen-
- Présidence de M. Becquerel.
- taie se traduit le plus souvent par des lésions palpables, mais qu’elle produit aussi des altérations microscopiques que l’examen des surfaces des organes ne révèle pas. Parfois aussi elle ne détermine que la simple présence de bacilles dans les parenchymes viscéraux. Cependant quelles que soient les suites de l’infection, à un moment donné, tous les inoculés réagissent positivement à la tuberculination, à la séroagglutination, à l’ophtalmo-réaction ; autrement dit, l’infection tuberculeuse peut être révélée par des moyens expérimentaux sans qu’elle soit caractérisée par des lésions palpables. Ces remarques sont applicables à l’homme. Les moyens expérimentaux de diagnostiques sont donc plus sensibles qu’on ne l’admet généralement et, à raison de leur sensibilité, ils peuvent dénoncer des infections latentes susceptibles de guérir ou de disparaître. Il serait donc important qu’on pût instaurer des procédés de pronostic permettant de connaître l’avenir probable d’une infection tuberculeuse.
- La transformation des minéraux. — M. Wallerant communique une Note de M. Jacques de Lapparent, relative à la transformation des cristaux dans les roches éruptives. Il expose les résultats de son étude des porphy-roïdes des Ardennes.
- L'atmosphère de Mars. — M. Deslandres présente une Note de M. Lowel, directeur d’un observatoire situé aux États-Unis. Cet observatoire est un observatoire d’altitude situé dans une région désertique, c’est-à-dire dans des conditions très favorables pour les recherches spectroscopiques. L’auteur a pu reconnaître une raie dans la vapeur d’eau dans le spectre de la planète. La question est controversée. Dans le présent cas, il paraît difficile d’attribuer le fait à la vapeur d’eau à l’atmosphère terrestre, car la lune visible dans le même moment, et à une altitude moins élevée sur l’horizon, ne donnait pas la raie dans son spectre.
- Election. — M. Cosseratest désigné en première ligne au ministre de l’instruction publique pour la place de directeur de l’observatoire de Toulouse, en remplacement de M. Baillaud nommé à Paris. M. Fabry est désigné en seconde ligne. Ch. de Yilledeuil.
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- CHRONIQUE
- Découverte d’un filon. — C’est grâce à un concours de circonstances des plus curieuses qu’a pris naissance la dernière en date de ces gold-fevers qui éclatent périodiquement dans le Far-West. Trois ouvriers, attachés à la gare de Hazen (Nevada), en partaient le 25 février pour réparer la voie, en uii point situé à 15 kilomètres de la localité. Une tempête de neige interrompait leur tra-vail et les contraignait à chercher un ahri. Sous la .rage du blizzard, ils perdaient leur chemin et erraient à l’aventure dans les montagnes pendant vingt-quatre heures. Ils ne devaient pas regretter leurs tribulations : en cherchant leur route, ils découvraient une veine de quarlz aurifère d’une richesse exceptionnelle, épaisse de
- trois pouces. Et, sans perdre de temps à remplacer les traverses, objet de leur mission, ils s’empressaient de prendre possession des terrains entourant la veine et de remplir les formalités d’usage. Comme ils fêtaient leur trouvaille dans un cabaret de Hazen, la nouvelle se répandit dans la petite ville, qui perdit en quelques heures les neuf dixièmes de sa population ; les fonctionnaires eux-mêmes abandonnèrent leurs postes pour courir au galop vers les nouveaux champs aurifères et planter les quatre poteaux, qu’exige la loi, aux coins d’une parcelle de terrain, dans le voisinage de la veine. Ainsi naissent (et meurent!) les mushroom-cities, ou villes champignons, du Far-West.
- L’ART CAPILLAIRE CHEZ LES CHINOIS
- L'information qui prête à l’Impératrice Douairière Tzu-Ilsi l’intention d’interdire à ses sujets le port de la natte, rencontre maints incrédules parmi les Européens initiés aux moeurs des Célestes. En supposant qu’elle ait formé réellement ce pro-jet, il est peu probable qu’elle en poursuive avec succès la réalisation. Pierre le Grand commença son oeuvre de civilisation en contraignant les Moscovites à raser leurs barbes de patriarches. Mais un Chinois préfère là mort à la perte de sa natte, même si l’on fait miroiter à ses yeux cette flatteuse perspective... que l’ablation de sa chevelure lui vaudra une plus grande ressemblance avec les sujets du Mikado !
- Nous ne pouvons pas imaginer un Chinois sans sa natte, et nous oublions volontiers que cet usage ne fut introduit en Chine qu’il y a cinq ou six siècles. Son origine est expliquée de diverses façons. La théorie la plus généralement admise est que cette mode fut introduite en Chine par les conquérants mandchoux. Ils eurent même recours à un curieux stratagème pour la faire adopter : un édit fît défense aux criminels de porter leurs cheveux tressés. Ainsi, la natte devint, si j’ose dire, comme un « casier judiciaire blanc ».
- C’est la partie de son individu que le Chinois soigne avec le plus grand soin. Si pauvre qu’il soit, il saura économiser sur son maigre salaire pour rémunérer le perruquier au moins une fois par
- quinzaine. Dans les faubourgs des grandes villes comme Shanghaï, Amoy, Pékin, vous verrez à chaque carrefour la boutique, ou plutôt l’étal, de
- l’artiste capillaire, qui exerce en plein vent son métier compliqué.
- L’opération est longue, parce que multiple. Il commence par raser le front, les tempes et la nuque du client, en se servant d’un outil primitif qui a tout l’air d’un vieux morceau de ferraille. L’usage du savon lui est inconnu : il le remplace par de l’eau tiède. Le même outil lui sert à faire tomber les rares poils du menton et des lèvres. Il consacre alors son attention aux cils, qu’il râcle ou épile, stupide procédé qui explique pourquoi les cas d’ophtalmie sont si fréquents en Chine.
- Une trousse spéciale lui permet maintenant d’aborder les oreilles, qu’il nettoie en leurs moindres replis. Et ce n’est qu’après ces longs préliminaires qu’il entame le gros de la besogne, peignant les cheveux avec un peigne de bois, les enduisant d’une huile qui n’est odoriférante que pour des narines chinoises, s’attardant à l’élaboration de la natle, qu’il tresse avec un ruban dont la couleur fut indiquée par le client.
- C’est que cet usage national comporte toute une étiquette, réglée minutieusement. Par exemple, la mort d’un proche parent oblige le Chinois à se passer des services du perruquier pendant trois lunes. Durant cette période, il ne devra ni peigner sa
- Fig. 1.
- Jeûné étudiant chinois utilisant sa natte... géométriquement.
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- L'ART CAPILLAIRE CHEZ LES CHINOIS
- natte, ni raser son front et sa nuque. Plus tard, il tressera ses cheveux avec une tresse de cordelette blanche qui ne descendra pas plus bas que la moitié delà natte. À la longue, la tresse blanche sera remplacée par une bleue. Mais, qu’il se marie, ou qu’il marie un de ses fils, et il demandera au perruquier de tresser sa natte avec une cordelette rouge, la couleur qui marque la joie.
- Je n’ai parlé que des coiffeurs achalandés par le bas peuple. Mais les villes chinoises comptent d’innombrables boutiques meublées parfois avec un grand luxe, où les Célestes des classes aisées fréquentent. Les gens riches ont à leur solde des valets qui n’ont d’autre mission que de soigner
- brusques qui faisaient tournoyer sa longue natte dans le cou des convives, voire dans leur assiette. Le Consul finit par se fâcher, et le boy eut à choisir entre deux alternatives : nouer sa natte, ou reprendre son ancien poste de marmiton. Il choisit une troisième issue : la pendaison.
- Un Chinois commettrait une faute impardonnable s’il rendait ou recevait une visite sans laisser sa queue pendre de toute sa longueur sur le dos. Un jeune fonctionnaire, ancien attaché à une ambassade d’Europe, avait pris l’habitude de se rendre en bicyclette à son bureau. Par mesure de précaution, il logeait le bout de sa natte dans une poche. Or, il commit l’oubli de se présenter en cette tenue devant
- la natte du maître. Cette même étiquette inlerdit à un vulgaire coolie de porter sa natte allongée : il doit la porter enroulée sur le sommet du crâne, ou nouée sous le chapeau. Ce simple détail marque un abîme social. On a vu des Chinois tombés dans la misère qui se suicidaient parce que le patron qui les employait voulait les obliger à nouer leur natte ! Ils étaient prêts à supporter philosophiquement toutes les humiliations, sauf celle-là !
- Aussi, comme les domestiques ont le droit de porter la natte allongée, voit-on de nombreux ouvriers abandonner un métier lucratif pour se mettre en service, afin d’acquérir un privilège qui est le summum de leur ambition. Yoici l’occasion de conter un trait de mœurs qui m’a paru typique. , ' .
- Le Consul des Etats-Unis à Amoy avait à son service un jeune Chinois d’humeur turbulente. Quand il servait à table, il avait de ces mouvements
- Fig. i.
- Le tressage de la natte. Fig. S.
- En sortant de chez le coiffeur, les élégants vont exhiber leur natte sur les promenades.
- son chel, un mandarin entiché des vieilles coutumes. Et ce fut la cause de sa disgrâce : il avait gravement offensé son supérieur en ne laissant pas flotter librement sa natte en son auguste présence !
- Couper la natte d’un Chinois est un crime abominable que la loi punit de mort. Souvenez-vous qu’un Chinois privé de cet ornement est considéré comme un criminel, et que personne n’acceptera de le fréquenter ou de l’employer. Aussi, le premier soin d’un prisonnier libéré est-il de se procurer une fausse natte : elle vaudra à ses yeux toutes les amnisties du monde. Et les quelques Chinois qui, de retour d’Europe ou d’Amérique, sacrifient leur natte à leur amour du progrès, sont de véritables héros : pour la grande majorité de leurs compatriotes, ils ne sont plus que des échappés du bagne. Y. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. - N° 1818.
- 28 MARS 1908
- Le Tarsius Speclrum, qui a pour habitat les grandes Iles de la Sonde (Java et Sumatra), est bien le plus curieux des mammifères lémuriens. Ce petit être, qui atteint rarement la taille d’un rat commun, semble fournir un argument de plus aux partisans de la théorie qui veut que la faune des îles malaises, plus abondante proportionnellement que partout ailleurs, fut des premières à se spécialiser.
- Parce que le tarsier spectre a l’apparence chétive et malingre, gardons-nous de voir en lui une espèce inférieure, condamnée à disparaître avant peu !
- Il s’est adapté admirablement à son milieu; il.est magnifiquement armé pour le struggle for iife, armé pour la défensive comme pour l’oü'ensive.
- Voyez sa tète, sa pauvre face qu’il est de trouver tesque, et qui lui a valu, d’ailleurs, son surnom scientifique. Les yeux, d’une grandeur démesurée, au point qu’ils paraissent occuper à eux seuls la moitié de la face, dénoncent énergiquement ses habitudes nocturnes. Comment une parcelle de lumière pourrait-elle se perdre avec de pareils récepteurs ! Il n’est point dç ténèbres pour cette étrange créature. Croyez bien que, si sa vue ne lui suffisait pas pour courir le long des hautes branches à la chasse des insectes, la nature prévoyante eût garni son museau de longs poils semblables aux moustaches de tant de mammifères nocturnes ou semi-nocturnes.
- Ses oreilles, elles aussi, d’une envergure démesurée, doivent être capables de percevoir les moindres bruits, et de les analyser, condition indispensable à la survivance d’une espèce de mœurs craintives, en ces forêts de Malaisie où la vie animale abonde. Si le tarsier s’épouvantait de tous les bruits, il se hasarderait rarement loin de son trou aérien, et éprouve-36° année. — tcr semestre.
- rait de grosses difficultés à s’assurer une alimentation régulière.
- Par contre, le sens de l’odorat paraît être très faible, ainsi que l’indiquent les narines, petites et dépourvues de mobilité. Les sens de la vue et de l’ouïe se sont développés à l’extrême, aux dépens de l’odorat. Et quel besoin le tarsier aurait-il de ce troisième sens, puisqu’il n’est pas fructivore?
- La longueur des membres postérieurs nous dit qu’il est capable de sauter de branche en branche
- avec agilité, et la forme des mains précise qu’il le fait avec sûreté. Nerveux et déliés, les cinq doigts sont terminés par des spatules qui doivent faciliter singulièrement leur prise sur les branches.
- Notre photographie, prise à Batavia, et qui nous montre un tarsier en captivité, nous initie assez nettement à un curieux détail de construction qui rappellera aux lecteurs de La Nature la remarquable description publiée récemment sur l’aye-aye de Madagascar, dans ces colonnes.
- Deux des cinq doigts sont armés de longues griffes que le tarsier utilise pour soulever ou écarter l’écorce des vieux troncs et en déloger les insectes dont il fait sa nourriture. Ce détail prouve que les ancêtres du petit lémurien furent spécialisés de bonne heure. Quand on connaîtra mieux la faune fossile des Iles de la Sonde, il faudra rechercher si les tarsiers qui en faisaient partie possédaient déjà des doigts ungui-fères.
- Les mœurs du tarsier spectre sont peu connues, ce qui est le cas de tant d’animaux à la fois nocturnes et arboricoles.C’est par le plus grand des hasards qu’on peut les capturer vivants: quand, par exemple, la hache du bûcheron s’attaque à un arbre où le tarsier s’accommoda un gîte. Après quelques coups
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- de cognée, le pauvre être se décide à évacuer son trou pour gagner les hautes branches. Mais la grande lumière l’aveugle, et il tombe à terre, étourdi.
- Rarement, on a pu l’étudier dans nos jardins zoologiques d’Europe: loin du climat chaud et humide
- de son île natale, il ne tarde pas à mourir. Cependant, il s’apprivoise facilement, et sait reconnaître les attentions de son maître en poussant des petits cris perçants.
- V. Forbin.
- LES MATIÈRES TOXIQUES ET LES VÉGÉTAUX
- L’agriculture devient de plus en plus une industrie scientifique ; de toutes parts, des facteurs nouveaux la viennent profondément transformer : modification de méthode, une succession savante de cultures nouvelles combinée avec l’emploi des matières fertilisantes évite la jachère, permet de faire rendre au sol trois et quatre fois plus qu’il ne rendait autrefois ; —modifications de moyens, on réduit chaque apnée davantage une main-d’œuvre chère et de conduite difficile avec des machines toujours plus perfectionnées; — modification profonde des choses naturelles « vivantes », qui sémblaient par cela même devoir échapper à l’influence humaine : les espèces cultivées ont presque perdu tout point commun avec la souche ancestrale ; on compte des centaines de variétés de blés ; et on ne sait, au juste, de quelle espèce végétale elles proviennent ; une betterave fourragère pèse cent fois plus que la beta vulgaris des côtes de la Méditerranée. Ainsi, pour augmenter, développer les qualités propres à tel climat ou à tel usage, on a dû savamment et longuement mettre en œuvre un grand nombre de moyens divers. Nous voudrions grouper ici quelques faits relatifs à l’emploi des produits chimiques toxiques au moyen desquels on améliore un certain nombre de cultures en détruisant leurs parasites.
- Les végétaux inférieurs, tant par la facilité de leur culture au laboratoire que par leur plasticité et la possibilité d’obtenir en peu de temps un grand nombre de générations successives, se prêtent particulièrement à l’expérimentation.
- Raulin essaya, naguère, de « cultiver » un végétal microscopique : Yaspergillus niger, dans des liquides de compositions différentes, pour étudier l’influence qu’avaient les différents produits essayés, sur la croissance de la plante. Il lui suffit, pour arrêter complètement le développement, de transvaser le liquide dans une cuvette d’argent. Pourtant l’analyse chimique ne révélait aucune trace de métal dissous ; mais, le végétal surpassant en sensibilité le réactif, il avait suffi d’une quantité impondérable, « indécelable » du métal, pour arrêter toute vie.
- Depuis on a signalé des faits analogues dans les laboratoires d’essais de graines. Celles-ci — dont on veut éprouver le pouvoir germinatif — sont enfoncées dans du sable mouillé, puis, mises à l’étuve : si l’on se sert d’eau ayant été distillée dans un alambic de cuivre, la quantité infinitésimale de métal dissous suffit à tuer un certain nombre de germes et, par conséquent, à fausser le résultat de l’essai.
- Comme c’est le cas maintenant pour beaucoup de faits trouvés au laboratoire, les applications industrielles ont suivi de très près la découverte scientifique. Ainsi, Mil-liardet, ayant reconnu que les spores d’été du Pereno-spora viticola, champignon parasite des feuilles de vigne et cause du « mildew », étaient tuées par l’immersion dans des solutions de chaux à -0 *0-0-ïï de sulfate de fer à TôTôôô et de sulfate de cuivre à iuoo4eooo, on employa immédiatement des pulvérisations de bouillies cupriques, où, pour mieux assurer l’adhérence aux feuilles, le sulfate
- de cuivre est associé au lait de chaux (bouillie bordelaise), au carbonate de soude (bouillie bourguignonne), ou à la mélasse (bouillie sucrée,M. Perret). L’emploi de ces mixtures, comme aussi de mélanges analogues à base d’acétate de cuivre (Verdet), d’arséniate de cuivre (formule Gaillot), de sulfate cupro-ammoniacal (eau célestej, est maintenant généralisé partout, pour le traitement des vignes atteintes du mildew et du black-rot. Mentionnons aussi l’emploi du soufre en pulvérisations contre le champignon causant aux vignes la maladie de l’oïdium.
- Des travaux considérables dont l’ensemble a constitué une science nouvelle, la bactériologie, il est résulté les très importantes applications de toute la série des produits dits « antiseptiques ». Ce sont là encore des poisons, tuant les végétaux inférieurs, les « microbes » ou en empêchant le développement et la prolifération. De très faibles doses, soit de produits chimiques minéraux : chlorure mercurique, anhydride sulfureux et sulfites, acide borique, chlore, soit de produits organiques: phénol, formol, acide salicylique, créosote, suffisent à détruire les bactéries, ferments et moisissures, dont le développement nuirait à la santé humaine ou à la conservation de matières altérables.
- Nous venons d’examiner les applications de la toxicité absolue des poisons de végétaux. On a aussi, dans ces dernières années, mis à profit les très intéressantes propriétés, créées de toutes pièces au laboratoire, de toxicité relative ; nous voulons parler de l’emploi en distillerie de levures « acclimatées ».
- On sait qu’il existe un grand nombre d’espèces différentes de levures alcooliques ; selon que les moûts sucrés sont ensemencés de l’une ou de l’autre, un même liquide fermentescible donnera des produits fermentés très différents, de teneur variable en alcool, glycérine, diverses matières volatiles constituant le « bouquet ». La culture, la sélection des levures de grands crus a été l’objet de nombreux travaux scientifiques (Marx, Jacquemin, Rayer) et est l’objet d’une véritable industrie (en 1900, le seul établissement de M. Jacquemin fournissait des levures à plus de 20 000 viticulteurs). Mais il préexiste, dans les moûts sucrés bruts, diflérentes races de levure dont certaines, plus vivaces que la race sélectionnée, gêneraient le développement de cette dernière, au grand dam de la perfection du résultat à obtenir. D’où nécessité de stériliser le moût avant ensemencement, ce qui est une opération gênante et coûteuse.
- Effront a heureusement résolu le problème en « acclimatant » la levure préalablement sélectionnée à certains antiseptiques : les fluorures, l’aldéhyde formique. Des cultures successives, dans des liquides de plus en plus riches en fluorure d’ammonium, lui ont permis d’obtenir des levures se développant parfaitement dans un moût fluoré à 3 gr. par litre, tandis qu’il suffit d’une quantité cinquante fois moindre du même produit dans un même bouillon de culture pour empoisonner toute autre espèce non « mithridatisée ». Ainsi, il suffit d’additionner le moût
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- de distillerie d’une quantité .convenable de fluorure, .puis de l’ensemencer avec quelques spores de la race de levure choisie et entraînée pour l’usage que l’on en veut faire; elles seules se développent et se multiplient, à l’exclusion de toutes les autres, infiniment plus nombreuses, d’ordinaire plus vivaces. Et le produit fermenté a la composition exacte que l’on désirait obtenir. '
- Dans les végétaux supérieurs, encore que l’état de la question, pour les raisons plus haut mentionnées, soit beaucoup moins avancé, on utilise aussi les propriétés toxiques de certains produits.
- Dans les régions tropicales, l’entretien des voies ferrées que la surabondance de vie, l’exubérance des végétations rendaient très onéreux,.vient tout récemment d’être assuré par un traitement arsenical. M. John A. Ilarman rapporte que la direction du chemin de fer de Guaÿaquil à Quito, après essais concluants, a décidé l’adoption, pour la mise en état de ses voies, d’arrosages par volumes égaux de solutions aqueuses de nitrate de soude (17 pour 100) et d’acide arsénieux (20 pour 1000). On peut pulvériser simultanément les liquides ou les mélanger au moment de l’emploi. Un wagon spécialement aménagé permet d’arroser une largeur de 10 m. avec une vitesse de 5 km. à l’heure et un débit de 0,1 1. par m2. Il suffit de renouveler l’arrosage, d’abord chaque trimestre, puis chaque semestre. On conçoit que l’opération soit moins coûteuse que des fauchages ou sai'clages, et elle est beaucoup plus parfaite ; si les premiers arrosages tuent les végétaux, les suivants empêchent toute végétation.
- On emploie, beaucoup en agriculture des pulvérisations de sulfate de cuivre à 5 pour 100 ou mieux de sulfate de fer beaucoup plus économique (15 pour 100) pour la
- destruction des ravenelles et des sanves dans les champs de céréales. Il suffit d’un seul arrosage pour qu’il ne reste rien, quelques jours après, des mauvaises herbes, auparavant aussi et même plus nombreuses que la plante cultivée ; celle-ci ne souffre en rien du traitement. On voit toute l’économie, la simplicité, l’élégance d’une telle méthode culturale, en comparaison des binages ou sarclages, fussent-ils (ce qui n’est pas toujours possible) faits mécaniquement. C’est un exemple d’utilisation de la toxicité relative chez les végétaux supérieurs. Le fait est à rapprocher de l’exemple du même ordre sur lequel j’ai insisté déjà: l’action différente des fluorures sur les levures acclimatées d’une"part, et de l’autre, sur les levures et ferments naturels. Quoique s’appliquant exclusivement à des végétaux rudimentaires, le fait ne perd rien de sa valeur généralisée ; je dirai volontiers : au contraire. 11 est logique, il est dans l’oi'dre naturel des choses que l’on se soit d’abord essayé à modifier ainsi l’être monocellulaire excellemment plastique qu’est la levure, tant par sa faculté d’accommodement à des circonstances variées, qu’à cause de la possibilité de fixer et d’augmenter les modifications ainsi acquises, par un grand nombre de générations successives obtenues en peu de temps. On y a réussi. Je crois qu’il conviendrait maintenant de chercher à résoudre un problème semblable qui, s’il apparaît évidemment bien plus complexe et difficile, offre, a priori, les mêmes possibilités de réussite.
- Ne pourrait-on, par une application nouvelle de la même idée, acclimater par exemple une espèce de betterave industrielle à certains toxiques qui détruiraient autour d’elle toutes les mauvaises herbes non acclimatées? L’essai serait intéressant à tenter. Henri Rousset.
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- Vers la fin du xviue siècle, Barberi, de Modène, imagina les orgues automatiques quelepeuple appela, par corruption ou par jeu de mots, des orgues de barbarie. Un peu plus tard, ces instruments et leurs diminutifs, connus sous le nom de serinettes ou merlines parce qu’ils servaient à apprendre des airs aux oiseaux, acquirent une grande vogue dans toute l’Europe et aujourd’hui même, bien que leur succès ait beaucoup baissé, on construit encore dans le département des Vosges, à Mirecourt ainsi qu’aux environs de Neufchâteau et d’Épinal, ces machines hurlantes que de pauvres diables traînent dans les campagnes ou les petites villes. En tournant une manivelle, ils mettent en mouvement un cylindre muni de pointes en cuivre, plus ou moins allongées qui lèvent les touches d’un clavier. A ces dernières, correspond un mécanisme de soupapes actionnant une série de jeux dont les tuyaux résonnent sous l’action d’une soufflerie et peuvent reproduire par conséquent n’importe quel air. Un déplacement longitudinal de l’axe du cylindre à pointes commandant les touches métalliques inaugure une nouvelle série de notes et constitue le passage d’une mélodie à une autre. Malheureusement, la musique qu’elles jouent chatouille plus ou moins... désagréablement les oreilles des auditeurs. En outre, une dizaine de morceaux composent le répertoire des orgues de Barbarie les plus perfectionnées.
- Aussi pour remédier aux défauts de ces instruments forains, MM. Limonaire ont imaginé les orchestrophones qui imitent dans la perfection le jeu d’un orchestre complet et dont le programme varie à l’infini, puisque chaque morceau est transcrit sur des cartons perforés se pliant en forme de livres peu embarrassants et que l’on change à volonté.
- Les perforations plus ou moins longues des cartons présentent un temps d’arrêt plus ou moins important sur une note et ont la valeur d’une ronde, d’une blanche, d’une noire, d’une croche, etc. Un moteur ou un volant imprime un mouvement régulier au carton perforé ; des touches placées comme des espèces de peignes pénètrent dans les trous de la bande et, grâce à une ingénieuse combinaison, elles ouvrent un petit clapet qui introduit de l’air dans un soufflet pneumatique. Celui-ci commande une soupape du grand sommier et laisse passer le vent dans les conduits qu’actionne chaque note des divers jeux de l’orchestrophone. Il suffit donc qu’une ou plusieurs touches pénètrent à propos dans les perforations du carton pour produire un effet musical d’autant plus agréable qu’il aura été combiné avec plus de goût par l’artiste compositeur, chargé d’interpréter l’œuvre à reproduire. En définitive, les orchestrophones constituent de véritables orches-
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- très aptes à jouer automatiquement aussi bien la musique classique que celle de chant, d’opéra et de danse.
- Mais avant de sortir des ateliers Limonaire, un modèle quelconque d’orchestrophone, destiné soit aux établissements forains, soit à des salles de concert ou de chorégraphie, soit à des appartements d’amateurs, exige la collaboration de plus de cent spécialistes habiles. Il faut des musiciens expérimentés, puis des menuisiers, des ébénistes,, des peaussiers, des ajusteurs, des tourneurs sur bois et sur métaux, des sculpteurs, sans compter des doreurs, des décorateurs et des accordeurs. En outre, les bois employés à la confection des tuyaux d'orgue doivent être très secs et d’une essence choisie. On recherche sur-toutle sapin d’Autriche à cause de sa sonorité. Pour les construire, on coupe deux petits blocs de bois dur exactement, d’après les mesures établies sur un plan rigoureux indiquant les dif-férentes grosseurs mathématiques des tuyaux par rapport à la longueur de la note à donner.
- On prend ensuite deux planches de sapin sectionnées à la largeur de ces deux petits blocs et à la longueur demandée ; on èn enduit une de colle forte et l’on pose un morceau de bois à chaque extrémité. On étend également de la colle sur l’autre planchette et on la juxtapose sur les deux petits blocs déjà soudés entre eux, ce qui les maintient bien parallèlement; on colle, de plus, une latte de chaque côté. On a réalisé de la sorte un tuyau carré qu’on fend en biais à une certaine hauteur pour former une ouverture par laquelle le vent viendra se couper sur le biseau. Enfin, on perce le bloc d’un trou pour y adapter un conduit dit « pied ».
- Des mains des menuisiers, lés tuyaux passent dans celles d’un véritable artiste qui, à leur partie infé-
- rieure taillée en sifflet, exécute le minutieux travail de l’embouchage, devant donner à chaque tuyau sa tonalité (fig. 2). On comprend combien une telle opération exige de soins, d’oreille et d’habitude.
- Entrons maintenant dans la salle des soufflets où d’adroits ouvriers collent les garnitures de peau souple sur les carcasses en bois que d’autres de leurs collègues viennent de terminer. La soufflerie ne forme certes pas la partie la moins délicate de la fabrication, puisqu’elle est pour l’orchestrophone ce que les poumons sont pour le chanteur. Plus loin
- des hommes con-feetionnent les sommiers qui supporteront les tuyaux de l’orgue et leur distribueront le vent. Ces espèces de per-siennes par où s’engouffre l’ha-leine puissante des soufflets se divisent en grands et petits sommiers, ces derniers reliés au mécanisme propulseur (fig. 1). Dans des pièces voisines, on construit les accessoires d’orchestre : tambours, xylophones, triangles, etc., qui tous donnent lieu à un dispositif spécial d’un automatisme rigoureux réglé sur la marche de l’orgue. Puis à côté, on sculpte des statuettes en plein bois.
- Grâce à des mécanismes appropriés, ces minuscules personnages peints, dorés et charmants, vont figurer dans les niches adroitement ménagées sur la façade des orgues. Tantôt ce sont des bergères Louis XV qui dansent; tantôt de pimpants toréadors qui saluent; d’autres fois des chefs d’orchestre qui battent la mesure d’une façon impeccable ou des musiciens qui jouent des cymbales et autres instruments avec une incomparable maestria.
- Quant à la devanture des orchestrophones, elle atteint souvent des dimensions imposantes (fig. A). De hardis motifs où la fantaisie des sculpteurs se donne libre carrière, encadrent de délicieux panneaux dans lesquels méditent de graves violonistes ou rient à
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- Fig. 2. — Atelier d’omboucliage et de vernissage des tuyaux.
- >. — Perforage des carions, effectué par des femmes sur des machines spéciales
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- belles dents des muses échevelées au minois lutin.
- Mais la plus grande originalité des orchestro-phones réside dans ce fait qu’ils peuvent exécuter automatiquement des morceaux spécialement écrits
- droits indiqués en couleur au moyen de machines spéciales à pédales (fig. 3). . '
- Voilà enfin les cartons perforés prêts à servir. Il n’y aura plus qu’à les placer sur une tablette en
- pour eux par des compositeurs de talent. L’orchestration une fois terminée, la musique passe aux mains d’artistes qui en notent graphiquement la transposition mécanique sur de très fortes feuilles de papier. Des machines ajourent ensuite celles-ci afin qu’elles servent de poncifs pour dessiner, au moyen d’une couleur quelconque, toutes les perforations à effectuer sur des cartons pliants et résistants, connus aujourd’hui de tout le monde. Ces cartons ainsi marqués parviennent à l’atelier de perforation où des ouvrières découpent tous les en-
- regard des toùches du clavier pour que la boîte mécanique les entraîne quand on actionnera le volant ou qu’on mettra en marche le moteur. L’instrument commencera alors l’exécution de son morceau.
- On fabrique actuellement de nombreux modèles d’orchestrophones qui, par la composition et la variété de leurs jeux, se rapprochent de tous les timbres de l’orchestre et imitent de façon parfaite les parties de clarinettes, barytons, llùtes, pistons, saxophones, violoncelles, violons et trombones.
- Jacques Boyer.
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- LES TRAVAUX DE LA PLACE DE LA CITÉ
- Malgré les nombreuses difficultés à surmonter pour réaliser le passage de la ligne n° 4 du chemin de fer Métropolitain sous les deux bras de la Seine et l’îlé de la Cité, de la place du Châtelet (rive droite) au boulevard Saint-Germain (rive gauche), grâce aux multiples précautions prises, les accidents ont-été très rares, et ces gigantesques travaux ont pu être conduits sans coûter trop de vies hu-
- maines, ce qui malheureusement ne se produit pas toujours dans ces circonstances ou les ouvriers sont fréquemment exposés à des dangers multiples. Cependant, les travaux en cours d’achèvement souà la place de la Cité ont été marqués par un accident très regrettable, survenu tout dernièrement et dans lequel 5 ouvriers ont péri; les constatations n’ont pas permis d’en définir les causes immédiatement,
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- elles n’apparaissaient pas très nettement, mais elles sont maintenant connues et expliquées et leur intérêt est tel que nous croyons devoir leur consacrer quelques lignes dans le présent article. Si elles peuvent servir d’enseignement dans les travaux futurs, elles démontreront aussi qu’il y a des prévisions bien difficiles à établir et que, malgré les précautions et les mesures les plus attentives prises, il y a toujours à se méfier de la fatalité contre laquelle on est désarmé.
- Sous la place de la Cité où se tient le marché aux Fleurs, était prévu l’établissement d’une station souterraine. Devant reposer dans un sol imprégné d’eau elle ne pouvait être ni constituée ni construite comme les stations ordinaires, aussi a-t-on eu recours à l’emploi de caissons foncés verticalement.
- Cette station « La Cité » a exactement la même constitution que celle de la place Saint-Michel qui a fait l’objet d’un précédent article (n° 1751 du 15 décembre 1906); les caractéristiques de l’une s’appliquent donc à l’autre ; aussi, pour éviter une répétition, prions-nous nos lecteurs de bien vouloir se reporter à ce numéro. Rappelons simplement que cette station en courbe de 600 mètres de rayon (fig. 6) est composée de trois caissons formant un ensemble de 118 mètres de longueur et disposés de la façon suivante : au centre un caisson de 66 mètres de longueur contenant la station proprement dite avec ses quais et sa double voie et à chaque extrémité un puits elliptique destinés à relier la station au souterrain et à contenir les moyens d’accès aux quais d’embarquement : escaliers et ascenseurs. Comparée à sa voisine de la place Saint-Michel la station « La Cité » présente cette différence qu’elle est beaucoup plus profondément enfoncée sous terre puisque ses quais se trouveront placés à plus de 19 m. au-dessous du sol tandis que ceux de la place Saint-Michel ne sont qu’à 15 m. environ;
- de plus, l’espace ne faisant pas défaut au Marché aux Fleurs on a pu se dispenser de prendre les mesures reconnues nécessaires à la place Saint-Michel pour s’opposer au mouvement des terres et par conséquent à l’effondrement des maisons riveraines et qui avaient consisté en l’édification de deux murs de béton parallèles, surmontant le caisson central de la station sur ses deux faces longitudinales, et élevés au fur et à mesure de sa descente.
- Au lieu de se redresser verticalement sur ses côtés pour soutenir ce mur inexistant ici, les tôles de l’enveloppe extérieure du grand caisson médian épousent donc la formé arrondie de la station.
- Caisson central et püits d’extrémité de la station « La Cité » sont actuellement arrivés à fond de fouille, c’est-à-dire à 24 mètres au-dessous du sol pour l’un et à 26,45 m. pour les deux autres. La différence d’altitude des couteaux de ces caissons qui est ici de 2,45 m., alors qu’elle n’est que de 2,15 m. à la place Saint*
- Fig. 1. — Vue de la Place de lu Cité pendant la période active des travaux..
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- Fig. 2. — Coupc suivant son grand axe d’un puits elliptique d'extrémité de la station « Cité '».
- Michel, s’explique par la nécessité de créer de place en place, sur le tracé du passage sous la Seine, quelques points bas dans lesquels les eaux de condensation ou d’infiltration seraient recueillies pour être de là évacuées au dehors ; ces caissons elliptiques pouvaient être, en effet, mis à profit dans leur partie inférieure pour l’établissement de puisards de grande capacité et facilement accessibles, aussi n’a-t-on pas négligé d’augmenter légèrement à cet effet leur hauteur indispensable qui devait correspondre à la distance existant entre la partie inférieure du caisson central et le niveau de la chaussée.
- En raison de la présence de la nappe aquifère, ces trois caissons ont été foncés, au moyen de l’air comprimé, dans des conditions analogues à celles décrites au cours de l’article précité ; rendus solidaires avant leur fonçage, sans compter qu’on augmentait les difficultés du montage, on obtenait en outre une masse difficilement et dangereusement maniable, aussi ont-ils été foncés isolément et pourvus des dispositions propres à établir entre eux, et après leur descente, les relations indispensables pour assurer la continuité du tunnel.
- L’opération qui suit celle du fonçage est donc celle du raccordement qui a été résolue d’une façon fort ingé-
- nieuse par M. Chagnaud, l’entrepreneur de ces travaux, aussi bien pour les caissons. foncés en Seine que pour ceux des stations et à laquelle nous consacrerons très prochainement un article.
- Le grand caisson central, disparu entièrement sous les terres, présente sur les 66 mètres de sa longueur une section transversale dont la forme et les dimensions sont reproduites sur la figure 9; à chacune de ses extrémités pour s’opposer à l’envahissement de la cavité interne par l’eau pendant le fonçage, il est obturé par une cloison dite masque ou bouchon constituée par 7 poutres verticales à treillis de 2 m. de largeur soutenant un platelage étanche en tôle, démontable dans la partie correspondant exactement au vide de la station proprement dite en vue du joint à opérer ultérieurement.
- Cette masse imposante à foncer ne pèse pas moins de 12000 tonnes, poids dans lequel l’acier n’entre que pour 1160 tonnes, l’excédent étant fourni par le béton coulé entre l’enveloppe de la station et celle du caisson qui l’enserre. (Il n’est peut-être pas inutile de remarquer qu’à la place Saint-Michel le poids du caisson central analogue à celui-ci s’est trouvé augmenté, du fait de la présence des deux murs latéraux de soutènement,
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- Fig. 5.. — Coups suivant son petit axe du puits elliptique d’extrémité (côté Seine) de la station « Place Saint-Michel ».
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- POYET
- Fig. 4. — Coupe suivant son petit axe (sens du tracé) du puits elliplique d extrémité (côté rue Danton) de la station « Place Saint-Micliel ».
- de plus de 1600 tonnes). C’est au cours du fonçage de cet ouvrage de dimensions peu communes que s’est produit l’accident auquel nous avons fait allusion au début de cet article.
- Les deux puits d’extrémités, d’une structure absolument identique, présentent une section intérieure elliptique dont le grand axe mesure 26 m. et le petit axe, dirigé dans le sens du tracé, 18,50 m. Devant reposer à plus de 26 m. au-dessus de la Place de la Cité, leurs parois étanches sont, sur près de 20 mètres de leur hauteur (19,45 m. exactement), constituées par un double cuvelage en acier laissant un intervalle de 2 m. sur les trois quarts de sa hauteur et de 1,50 m. sur l’autre quart, le plus élevé, occupé par des poutres verticales à treillis et bourré de béton. Tout comme le caisson central, ils présentent à leur partie inférieure une chambre de travail.
- Cette chambre de travail, de 1,80 m. de hauteur, est desservie par 5 cheminées et séparée par une cloison disposée suivant le grand axe du puits qui divise le] front de taille en deux chantiers
- distincts; ceci pour remédier au défaut d’inégalité de résistance du sol et pour régulariser par conséquent la descente du caisson. Pour permettre leur fonçage, et lorsque celui-ci a été effectué, l’anneau continu ainsi formé a été surmonté d’un couronnement en maçonnerie de 5,50 m. de hauteur qui supporte un plancher métallique très résistant obturant complètement l’ouvrage et sur lequel la chaussée sera rétablie, (fig. 2 et plan fig. 8). Ce plancher métallique sera recouvert d’une couche de 0,25 de béton de gravillon sur lequel on appliquera une chape en ciment dont la pente permettra aux eaux de s’écouler hors œuvre et l’espace de 0,70 m. à 0,80 m., qui séparera alors la partie supérieure de l’ouvrage du niveau de la chaussée, sera occupé par du remblai, la chaussée et ses fondations. Le poids total de chacun de ces caissons elliptiques est de 7000 tonnes dans lequel le métal'ne figure que pour 690 tonnes.
- Qu’il nous soit permis à celte occasion de signaler certains détails omis dans notre précédent article et qui concernent les puits elliptiques d’extrémité de la station « Place Saint-Michel ».
- Celui situé du côté de la Seine a reçu des dispositions propres à
- Fis- 5-
- Demi-élévation, dans le sens de son grand axe, d’un puits elliptique d’extrémité de la station « Cité », montrant le masque de raccordement, côté station, ouvert.
- Demi-élévation, dans le sens de son grand axe, du puits elliptique d’extrémité sud de la station « Saint-Michel », montrant le masque de raccordement, côté souterrain, ouvert.
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- rendre possible la pénétration, par son travers, de la ligne de Sceaux et Limours dans le cas où le prolon-
- gement éventuel jusqu’à la gare du quai d’Orsay de cette ligne serait décidé; devant reposer à 22,60 m. au-dessous de la Place, son double blindage de 2 m. d’écartement (1,50 m. à la partie supérieure) s’élève sur 20 m. de hauteur et reçoit directement le plancher métallique supérieur, dont le poids atteint 250 tonnes à lui seul, sans l’intermédiaire d’un couronnement de maçonnerie comme dans les cas précédents (fig. o). Un peu renforcé en vue du travail exceptionnel auquel on le destine, le poids du métal qui entre dans sa composition est de 800 tonnes environ. Tout autre est le puits elliptique situé à l’extrémité de cette station du côté de la rue Danton (fig. 4) ; il doit prendre assise à plus de 21 m. au-dessous du niveau du sol, mais son double cuvelage d’acier, qui laisse un intervalle fixe de 1,50 m. à sa base comme à sa partie supérieure, ne s’élève que sur 15,20 m. et ne dépasse guère 500 tonnes ; il supporte un couronnement de maçonnerie de 4 m. de hauteur sur lequel repose le plancher métallique supérieur.
- Il reste donc le moins important des quatre ouvrages de ce genre compris dans les travaux de la traversée de la Seine.
- Ces "puits elliptiques, tous construits par les établissements Cail, doivent, nous l’avons dit, servir de raccordement entre la station et le souterrain ; ils sont donc pourvus, face à la station, d’une courte amorce de même section qu’elle et face au souterrain d’une seconde amorce de même section que ce dernier (fig. 5).
- Pour éviter l’envahissement de la cavité intérieure par les eaux au cours du fonçage, ces amorces sont
- pourvues, tout comme le caisson central, d’un « bouchon » métallique étanche et démontable dans la partie correspondant au gabarit du tunnel, ceci pour permettre d’assurer la continuité de ce dernier après confection du « joint ».
- À la place de la Cité, comme à la place Saint-Michel d’ailleurs, le fonçage des trois caissons doit mettre les amorces de même section que la station en présence des cloisons d’extrémité de celle-ci ; un espace de 1,50 m. non déblayé les sépare cependant. Cet intervalle a été réservé à dessein pour obvier aux irrégularités qui pourraient se produire pendant la descente et éviter toute chance de choc ou de rencontre, c’est lui qui constitue en somme le joint à raccorder pour lequel on fera usage de procédés curieux que nous décrivons ultérieurement. Quant aux amorces côté souterrain, l’une servira de point de départ au bouclier monté dans le puits elliptique sud pour la construction du tunnel sous la caserne de la Cité, l’autre, appartenant au puits elliptique nord, le plus voisin de la Seine, sera directement raccordée avec l’extrémité du troisième caisson foncé dans le grand bras du fleuve, pour le logement duquel le mur de quai, on s’en souvient, a été entamé. Le fonçage des caissons s’est fait tout d’abord à l’air libre et on a continué ainsi tant qu’il a été possible de le faire ; dès que les couteaux sont arrivés à neuf mètres environ au-dessous du sol, les eaux delà nappe sont apparues, et aussitôt qu’elles sont devenues gênantes
- on les a épuisées avec des pompes et c’est lorsque ce procédé n’a plus suffi qu’on a commencé l’usage
- HOTEL
- DIEU
- Rue
- Pf Notre-Dame
- CASERNE
- Aube
- TRIBUNAL DE COMMERCE
- Fig. 6. — Plan de la Place de la Cité et de la station métropolitaine de ce nom.
- Sol 36.rrû
- Couches alternées-de calcaire friable et de calcaire
- tiveatfc- de- 4a-nappe—£7? £0--
- Caisson elliptique
- côté caserne
- de fa Cité
- Caisson centra! de 661 de long, contenant la stac^ proprement dite de la "C
- Bouclier
- en cours de
- montage
- cote du couteau avant v descente j
- ____iç/.___après____
- fin de fonçage (fe?)
- Fig. 7. — Coupe longitudinale
- du caisson central et du caisson elliptique d’extrémité (côté caserne) de la station « La Cité » montrant de quelle façon s’est produit l’accident du 24 décembre 1907.
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- de l’air comprime pour ne plus l’abandonner jusqu’à la lin de la descente. D’une façon générale le moment où l’air comprimé est devenu indispensable a été variable et il a changé avec la nature du sol, l’affluence des eaux et l’imperméabilité des couches.
- Le sol rencontré sous la place de la Cité, au-dessous d’une épaisseur de remblais de 7 mètres environ, était constitué par des couches superposées et alternées de calcaires friables et de calcaires sublithographiques très durs et c’est à cette circonstance qu’on doit l’accident survenu dernièrement aux cinq ouvriers occupés au glaisage en vue d’une course de descente du grand caisson central.
- On sait comment les ouvriers tu-bistes s’y prennent pour faire descendre la masse, le caisson qu’ils ont à foncer jusqu’à une cote déterminée ; ils creusent un sillon périphérique de 0,40 m. de profondeur à l’intérieur de la chambre de travail et sous les couteaux du caisson, d’abord d’un côté pour que celui-ci descende de ce côté-là, puis ils procèdent à la même opération de l’autre côté. À celte condition on obtient une descente régulière, sans à-coups et pour éviter que l’air comprimé ne s’échappe, ne produise des « renards », ils
- songent ensuite au déblai du noyau central. Le mécanisme du fonçage est donc le suivant : descente
- Fig. 9. — Coupe transversale du caisson central de la station « La Cité
- s’empressent de combler les vides qui peuvent se produire sous les couteaux avec de la terre glaise ; ils
- Fig. 8. — Vue en plan d’un puits elliptique d’extrémité de la station « La Cité ».
- du caisson par son propre poids grâce au chemin qui lui est préparé à sa base et par petites courses de 0,40 m. environ, celles-ci se produisant alternativement à une extrémité et à l’autre de l’ouvrage. Le puits elliptique situé du côté de la caserne de la Cité était foncé lorsqu’on a entrepris le fonçage du caisson central ; or l’épaisseur de 1,50 m. de terrain non déblayé, comprise entre les deux ouvrages, a subi des compressions et des décompressions du fait du mouvement particulier de descente du grand caisson médian. Les couches de calcaires friables se sont bien prêtées à cette élasticité, mais les couches de calcaires sublithographiques, en raison de leur dureté, ont transmis exactement l’eflort auquel on les soumettait et ont agi à la façon d’un bélier, entre autres sur le « bouchon » de l’amorce côté station du puits elliptique en question, à tel point que celle-ci menaçant de s’enfoncer a dû être butonnée. Au jour de l’accident il restait encore environ trois mètres de hauteur de déblais à enlever pour amener le grand caisson central à son fond de fouille et une course venait de se produire à son extrémité côté Seine, c’est dire qu’à son autre extré-
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- 268 ===== UNE ROMAINE A PESER LES LOCOMOTIVES
- mité, les terrains extérieurs se trouvaient comprimés à la base de l’ouvrage. Cinq ouvriers s’occupaient à creuser une rigole à cette dernière extrémité pour préparer le deuxième mouvement de la descente ; la malchance a voulu qu’ils tombassent en présence d’une couche friable qui s’était excavée, l’air comprimé s’est fait aussitôt un passage par cette ouverture et, se combinant à l’elfort de la couche supérieure de calcaire dure compressée, a donné le coup de grâce au « masque » du puits elliptique qui se trouvait presque en regard et qui a cédé par la base : les cinq pauvres ouvriers se sont trouvés ainsi entraînés dans ce tourbillon, ont été laminés entre les couteaux du grand caisson et le sol d’abord, puis ont été rejetés dans le caisson elliptique après avoir passé par la fissure du masque éventré qui s’est produite à près de 0,90 m. en contre-bas de la situation qu’ils occupaient dans le caisson central. La figure 7 représente assez exactement les différentes phases de ce déplorable accident. La puissance du choc a été telle que le bouclier en cours du montage, à l’intérieur du
- puits elliptique sud, a pivoté de quelques degrés sur lui-même. On a dit que ces ouvriers avaient été retrouvés portant à la tête une blessure telle qu’elle pouvait laisser supposer que la boîte crânienne avait éclaté ; il n’y a rien d'étonnant à cela et si on songe à ces poissons, qui, retirés des grandes profondeurs, éclatent en arrivant au jour, on pourra s’expliquer qu’il en arrive autant à un individu qui passe sans transition d’un milieu où l’air est comprimé à 1,2 k., à un autre où il n’est soumis qu’à la pression atmosphérique. Pouvait-on prévoir cet accident, peut-on dire qu’il y a eu descente défectueuse du caisson central ? nous ne le croyons pas ; prévenu, tout au plus, aurait-on pu diminuer la longueur des courses dans sa descente pour diminuer les oscillations de l’ouvrage et par conséquent atténuer la pression qu’il communiquait aux terrains extérieurs; et encore aurait-on pu éviter ce regrettable accident? La fatalité, voilà, à notre avis, le véritable coupable en cette circonstance pénible.
- E. de Loyselles.
- UNE ROMAINE A PESER LES LOCOMOTIVES
- Cet engin permet de constater le poids qui repose sur chaque roue, ou plus exactement le poids que chaque roue fait supporter au rail.
- On doit savoir l’importance que cette constatation du poids par roue peut avoir, étant donné ce qui a été écrit ici au sujet du poids par essieu, par paire de roues, des engins modernes.
- Ce peson a été établi avec une échelle en tonnes anglaises de 1016 kg et en quintaux anglais, par les constructeurs Leeds ; mais rien ne serait plus facile que de substituer sur l’échelle du peson une graduation en mesures métriques.
- Comme on le voit dans la figure d’ensemble et dans les dessins explicatifs que nous donnons de l’appareil, il consiste essentiellement en une sorte de console métal-
- Fig. 1. — Vue générale de la romaine à locomotives.
- Samuel Denison and Son, de
- R
- Fig. 2.— Coupe antéropostérieure de l’appareil.
- lique faite d’acier tondu, et qui porte un levier destiné à transmettre au peson le poids de la roue
- et de la charge qu’elle supporte elle-même. Cette console a la forme d’un Y et les extrémités de ses deux bras viennent reposer sur le rail : on les y amène une fois la locomotive arrêtée là où l’on veut faire la pesée, et respectivement de chaque côté du point où la roue est en contact avec le rail. Les deux bras sont maintenus en place par des goupilles. Si nous considérons le levier
- dont nous avons parlé, nous voyons qu’il est muni de trois couteaux : deux de ces couteaux viennent porter sur des surfaces
- ménagées ad hoc dans la console, tandis que le troisième se trouve
- disposé au milieu de l’appareil, et par suite sous la roue, à l’aplomb du point où elle repose sur le rail;
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- les deux premiers leviers vont former les points d’appui de l’instrument de pesage.
- Si l’on vient à visser, à enfoncer les vis qui se trouvent dans les bras de la console, comme conséquence, le levier peut être relevé jusqu’à ce que le poids de la roue (et de sa charge, naturellement) soit entièrement supporté par le couteau médian.
- En examinant d’un peu près les figures que nous
- donnons, on comprendra ce qui se passe et le fonctionnement de cette curieuse balance.
- L’appareil est bien compris. Il peut peser jusqu’à une charge de 10 tonnes anglaises, et des roues atteignant un diamètre de 1,80 m.
- Le peson en lui-même ne présente rien de bien particulier. Ajoutons que cette romaine peut être essayée à vide, de manière à être vérifiée.
- P. de M.
- LE TIR AU CANON EN CHAMBRE
- L’exercice du tir au canon suppose communément la libre disposition de vastes polygones. On ne se représente guère, en effet, les artilleurs mettant à l’épreuve le matériel de siège ou celui de campagne dans de vulgaires salles d’études.
- Et cependant aujourd’hui, les canonniers disposent réellement d’un moyen pratique d’apprendre à se servir de leur arme, sans avoir pour cela besoin de gagner un champ de manœuvre étendu.
- Dans une chambre de dimensions moyennes, tout officier peut s’entraîner, ni plus ni moins que sur le terrain, à commander une batterie et s’exercer à en régler le tir. Il lui suffit pour cela de disposer de « l’appareil pour les exercices du réglage de tir en chambre » récemment imaginé par un officier distingué, M. le lieutenant d’artillerie Le Masne.
- Rien n’est plus sérieux, et, nous l’allons voir, rien n’est plus simple.
- Le dispositif de M. le lieutenant Le Masne a pour objet de donner une représentation exacte de ce qui se passe sur le terrain en campagne.
- En telle circonstance, une batterie, installée en un poste quelconque, est appelée à envoyer ses projectiles sur un point déterminé, plus ou moins lointain, occupé par un ennemi visible ou dissimulé derrière un abri.
- Pour accomplir cette tâche, diverses conditions doivent être réalisées. Il faut que le chef de batterie détermine la distance le séparant du but à atteindre, qu’il fixe l’instant précis où devra exploser le projectile, qu’il règle aussi avec exactitude l’angle sous lequel il faudra effectuer le tir pour en obtenir le maximum d’effet utile.
- Pour répondre à ces multiples nécessités, M. Le Masne procède de la manière suivante. Sur une toile de fond, il dessine un paysage panoramique à une échelle telle qu’il donne, pour un observateur placé à cinq mètres de distance, la même impression que donnerait dans la réalité
- le même paysage vu à une distance de cinq mille mètres.
- En avant de cette toile, et à intervalles convenables, sont disposées des bandes de carton représentant les
- mouvements du terrain étagés sur des plans dilf éren ts, le plus rapproché étant vu comme s’il se trouvait à mille mètres de l’observateur et les autres étant répartis à des distances intermédiaires en tre un et cinq kilomètres.
- Le paysage ainsi formé représente l’ensemble des positions sur lesquelles, suivant les nécessités du combat, le commandant de la batterie devra envoyer ses projectiles.
- Dans l’appareil de M. Le Masne, fort ingénieusement, les pièces dont les diverses manœuvres sont ordonnées par le chef de batterie placé, ainsi que nous l’avons dit, à cinq mètres en avant du tableau, sont montées sur un équipage disposé sur un cadre qui surmonte la toile de fond et les bandes de terrain figurant le champ de bataille.
- Cet équipage et le cadre sont dissimulés au spectateur par un rideau.
- Un canonnier, placé en arrière de la toile de fond, exécute les ordres donnés pour le tir par le chef de batterie.
- Chacun des canons constituant la batterie est représenté par une sorte de petit-chariot à potence susceptible d’être déplacé suivant deux directions, latéralement le long d’une règle graduée de façon à se voir amené en regard de chacun des points constituant le paysage, et d’arrière en avant, de manière à surmonter exactement, suivant les besoins, les divers plans du terrain constituant le champ de bataille.
- Ces multiples mouvements sont réglés en étendue par le commandement.
- Pour représenter les projectiles, M. Le Masne a adopté une disposition fort ingénieuse. Chacun des chariots à potence figurant les pièces d’artillerie est pourvu d’une
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- gorge sur laquelle passe un fil supportant à son extrémité une petite bille;
- Ce fil, maintenu au repos par un arrêt, peut être libéré par une simple pression sur un levier, et, dans ce cas,( se trouve entraîné par le poids de la bille dont la chute est d’ailleurs limitée de manière à s’arrêter à distance convenable au-dessus le but visé, marquant ainsi le point d’éclatement du projectile.
- Le réglage de ce dernier point s’opère par le canonnier placé en arrière du tableau, d’après les indications fournies par l’officier commandant, au moyen d’un système de règles graduées disposées sur le cadre supportant l’équipage où sont installées les pièces de la batterie figurée.
- On voit, dès lors, le fonctionnement du système.
- L’officier, placé à cinq mètres en avant du panorama, choisit un but dans le paysage qu’il a sous les yeux, Cela fait, il évalue la distance à laquelle se trouve ce but, détermine son angle de site, c’est-à-dire l’angle formé par l’horizontale et la droite menée de l’objectif à son œil, et, ces données arrêtées, commande la manœuvre.
- A cet effet, il donne le point de pointage en le choisissant de préférence sur la toile de fond qui, pour lui, représente l’horizon. Puis il indique l’échelonnement des pièces composant la batterie, c’est-à-dire l’écartement qu’elles doivent garder entre elles, puis l’angle de site et enfin la distance.
- A chacun de ces commandements, le canonnier exécute l’ordre reçu, amenant d’abord la batterie à la hauteur du but choisi et qu’il voit par transparence sur la toile peinte, puis réglant la longueur du fil qui pourra être entraîné par la bille de façon que le projectile éclate à hauteur convenable et enfin avançant ou reculant le chariot-potence de quantités correspondantes aux distances indiquées.
- Si les évaluations de l’officier ont été justes, au commandement de feu, quand le canonnier met la bille en liberté en appuyant sur le levier spécial, la bille vient s’arrêter exactement au-dessus du but choisi. Sinon, elle tombe en avant ou en arrière. Dans le premier cas, le coup est court et long dans le second. 11 n’y a plus alors qu’à rectifier le tir, exactement comme si l’on se trouvait sur le terrain.
- Mais, ce n’est pas tout. Pour rappeler davantage les
- conditions même des tirs de guerre, M. Le Masne a imaginé un petit dispositif dont l’objet est d’apprendre à l’officier commandant de batterie à régler son tir sur un but invisible, comme peut l’être par exemple une batterie ennemie dissimulée derrière un pli de terrain et dont la présence ne se signale que par les lueurs fugitives de l’explosion à chaque coup tiré.
- A cet effet, en arrière de la toile de fond, M. Le Masne dispose un clavier dont les touches commandent de petites tiges surmontées d’un boulon de cristal. Si l’on appuie sur une touche, la tige s’élève et apparaît un instant, à l’un des divers plans du paysage. Ici encore, l’officier doit évaluer rapidement les diverses données lui permettant d’effectuer un tir utile et régler ses ordres en conséquence.
- Ainsi que l’on en peut juger par la description que nous venons d’en faire, l’appareil de M. le lieutenant Le Masne pour les exercices de réglage de tir en chambre
- est aussi simple que pratique et permet réellement à l’officier d’artillerie d’apprendre, en dehors du polygone, à régler un tir au canon.
- C’est là un résultat d’un très vif intérêt. Les exercices réels de tir, en effet, sont toujours forcément limités. La possibilité d’en exécuter des simulacres avec toutes les particularités que l’on peut rencontrer dans la pratique de la guerre constitue donc un avantage précieux.
- Aussi bien, les autorités militaires n’ont point manqué de le reconnaître, et, d’ores et déjà, en divers corps de troupe, notamment aux 7e -et 10e régiments d’artillerie, l’appareil de M. Le Masne est utilisé pour l’instruction des lieutenants et pour celle des officiers de la réserve et de l’armée territoriale, dans les périodes en dehors des écoles à feu. De même, la Société du tir au canon de Paris l’a expérimenté avec succès.
- Ce sont là de premiers essais. Nul doute qu’ils ne se généralisent rapidement. Au prix actuel des obus et de la poudre avec ou sans fumée, on ne saurait, en effet, trop apprécier tout dispositif capable de permettre aux artilleurs d’acquérir, sans dépense, les premiers éléments des connaissances de leur arme, éléments qu’ils compléteront ensuite utilement parles tirs de polygone et les tirs réels. Dr Georges Vitoux.-
- [Fig. 2. — Appareil pour les exercices de réglage de tir en chambre. Vue antérieure.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance du 25 mars 1908 paraîtra dans le prochain numéro.
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- REPORTAGE PHOTOGRAPHIQUE
- Le mot « sensationalisme » trouvera-t-il grâce devant notre Académie Française quand l’heure sera venue d’examiner ses droits à la naturalisation? Il serait difficile de lui trouver un équivalent, surtout pour désigner cette tendance à l’exagération qui pousse une partie — disons une infime minorité — de la presse quotidienne de tous pays à grossir les nouvelles qui sont déjà des plus impressionnantes:
- Qu’une émeute éclate sur un point quelconque dû territoire, et il y a fort à parier qu’un reporter zélé ajoute un zéro à la droite du nombre des blessés. Les chiffres ronds ont leur beauté aux yeux de ce multiplicateur.
- Qu’un krach trouble un marché financier à l’étranger, et notre homme se sentira humilié si les chiffres, tels qu’ils lui parvinrent par télégramme, ne parlent que d’une dizaine de millions. Et, là encore, il croira accomplir son devoir, et très petitement, en ajoutant un zéro au sinistre bilan.
- Les Américains, qui s’y connaissent en bluff, ont inventé une expression pour désigner cette école de journalisme qui fleurit plus encore chez eux que dans notre vieille Europe : ils l’appellent la yellow press, la presse jaune.
- La photographie ayant victorieusement envahi les publications quotidiennes, les virtuoses de la plaque sensible furent requis de « se mettre au pas ». D’ailleurs, leur propre intérêt leur commandait de ne se point laisser dépasser par leurs camarades, les reporters « littéraires », en cette course à la grosse nouvelle. Leurs instantanés devenaient fades, par comparaison.
- Puisque le reporter littéraire demandait à une plume de bonne composition de « corser » le fait-divers, le reporter photographique devait trouver le
- \ *’ ' T__-
- ( .."h -
- Fig. 1. — Une montagne de neige telle que la vit un reporter photographique, et telle qu’elle était en réalité.
- moyen de tirer de son objectif les exagérations requises par la . nouvelle: école. Le moyen, nous allons voir •qu’il'finit par le découvrir. Mais je laisse à plus expèrfcque moi le; soin d’expliquer un «truc» dont je nepuis.qu’exposer lés résultats.
- • Le pretoiér-éssui —t. et ce'début fut un coup de maître T— prit! place l’hiver; dernier. Cerlain matin de janvier! les cinq/cent mille lecteurs d’un grand quotidien de New-York purent lire en première page
- une charge à fond contre la municipalité, dirigée plus spécialement contre le service de la voirie.
- On y lisait que les chefs de cette administration publique étaient des incapables et des gredins, qu’ils laissaient la ville dans un état de malpropreté indigne de la « Cité-Empire» ; que, notamment, la neige s’accumulait en montagnes si hautes que les plus beaux quartiers faisaient songer aux solitudes arctiques et que les rues les plus aristocratiques devenaient impassables.
- De fait, l’article encadrait une photographie qui constituait à elle seule une charge accablante : la municipalité n’avait plus qu’à démissionner en bloc! Cet « instantané » montrait en effet une véritable montagne de neige — des tonnes de neige ! — qui dressait sa masse menaçante à l’entrée d’un parc très fréquenté par les New-Yorkais.
- Et les pères de famille frémirent d’horreur: la montagne pouvait engloutir des enfants sous une soudaine avalanche !
- Le lendemain, nouvelle attaque, non moins violente, Cette fois, polémiste et photographe s’en prenaient aux déblais accumulés, dans une des voies les plus passantes, par la compagnie concessionnaire du service des eaux; ces déblais formaient des tas « presque aussi hauts que des maisons ! » Les passants
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- REPORTAGE PHOTOGRAPHIQUE
- couraient le risque d’être écrasés par les énormes quartiers de roche maintenus en équilibre par une Providence attentive !
- L’émotion lut à son comble. Dès l’après-midi, une foule qui grossissait de minute en minute se pressait dans la rue indiquée. De montagnes de roches, point. En réalité des tas de déblais encombraient bien la chaussée défoncée, près des tuyaux de fonte du service hydraulique ; mais il s’agissait de monticules de deux à trois mètres de hauteur, tels qu’on en voit dans toutes les rues en réparation, sous toutes les latitudes.
- Et le public en conclut que les édiles new-yorkais,
- l’énigme : le trop fantaisiste reporter photographique avait énormément exagéré son premier plan tout en respectant la lointaine perspective.
- Cette leçon eût dû porter ses fruits ! ÏI n’en fut rien. Et voici ce qu’on pouvait lire quelques jours plus tard dans le même journal, sous des en-tête dont la teneur vous eût fait passer la chair de poule: une famille de touristes, en excursion dans les Adi-rondacks, s’était égarée dans les profondeurs d’une grotte où elle avait succombé aux tortures de la faim ! Cette fois encore, le sensationnel article encadrait une photographie où l’on avait l’horreur d’apercevoir l’entrée de la grotte fatale.
- L, ÆJf*.. ^5'“iSâlsÊmitÆEÉÊB^BBOBBBIlÊOÊlÊSmÊltÊmKBÊlmÊnnwnÊKmÊÊÊm
- Fig. 2. — En comparant cette « entrée de grotte » à la crevasse désignée par un passant, dans le cartouche, on se rendra compte de la supercherie.
- pris de remords tardifs, ou impressionnés par la campagne de presse, avaient fait enlever hâtivement la « montagne » dont la photographie publiée le matin même gardait, pour l’enseignement des générations futures, l’impérissable souvenir.
- Or, les édiles avaient eu recours à un autre moyen pour conjurer le péril. A malin, malin et demi. Sur leur requête, la meilleure maison de New-York, celle des frères Brown, avait pris discrètement des instantanés de la fameuse montagne de neige et de sa rivale, la montagne de déblais. Qui fut, si j’ose dire, le dindon de la farce? Le yellow journal qui venait de créer Cette nouvelle école de reportage.
- Une gazette rivale publiait bientôt, en regard les unes des autres, les photographies vraies et les photographies truquées; et l’on eut alors le mot de
- Par dilettantisme, Messieurs Brown frères se mirent à la recherche de la cavité dont l’exploration venait de causer la mort d’une aussi intéressante famille. Leur enquête ne les mena pas loin: dans un faubourg de New-York, à dix mètres de l’atelier d’un reporter photographique attaché au journal en question. Large de douze à quinze... millimètres, l’entrée de cette grotte insondable faisait tout bonnement partie d’une fente produite par la gelée dans un mur de maçonnerie de construction récente !
- Méfiez-vous des reporters photographiques d’Amérique, de ceux-là seulement!
- CLAUDE ÂLBARET.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE- - N* 1819.
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- LES CIBLES AUTOMATIQUES
- 4 AVRIL 1908.
- On a signalé jadis ici Ma cible électrique Chevalier, qui avait été mise en essai dans une des grandes maisons .d’armurerie de Paris : fort ingénieusement combinée, elle était plus spécialement destinée aux armateurs de tir. Mais on se préoccupe de plus en plus d’introduire des appareils de ce genre à la place du classique marqueur, dans la pratique des tirs régimentaires; et, dans un des derniers numéros
- La cible George A. Peters.
- 1. La commande d’écartement des plateaux.
- 2. La cible inclinée pour montrer les marteaux.
- de constater par lui-même l’eiiieacité de son tir, les erreurs qu’il commet, etc. Avec les cibles automatiques ou électriques, comme on les appelle aussi, le tireur peut contrôler son tir immédiatement et personnellement, le personnel du champ de tir étant d’ailleurs limité au minimum.
- Nous ne reviendrons pas sur la cible Chevalier ; son automatisme est réalisé par des ressorts. La
- de la Revue du Cercle Militaire, le lieutenant Paulhiac attirait l’attention des techniciens sur les cibles automatiques en général, et les services qu’elles peuvent rendre.
- Par suite de la réduction du temps passé sous les drapeaux, il estime qu’il faut abandonner les moyens surannés d’instruction, pour adopter de nouvelles méthodes susceptibles de donner rapidement l’instruction en supprimant tout travail inutile. Dans les tirs à longue distance, l’idéal, pour activer les progrès, serait de mettre chaque homme à même
- » Yoy. n° 1577, du 15 août 1905 36e année. — 1er semestre.
- cible du capitaine belge Bremer est également fort intéressante. L’appareil se compose de deux cibles reliées par un câble électrique, auquel le courant est fourni par une batterie de piles, pouvant desservir plusieurs cibles (la force électro-motrice suffisante varie avec la distance, et doit être seulement de 12 volts pour une double longueur de câble de 600 mètres). La première cible est au but, et la seconde auprès du tireur; elle affecte la même forme, porte les mêmes divisions que la première, et montre au tireur l’endroit où le projectile a touché le but. Celui-ci est constitué de métal, dans de telles conditions que les balles s’y pulvérisent en y arrivant, sans qu’on ait à renouveler la surface d’impact. Cette cible-but est du reste composée de plusieurs segments, et une balle, en frappant l’un d’eux, le fait pivoter : dans ce mouvement temporaire, le segment actionne un contact électrique, qui enregistre pour ainsi dire le coup reçu, met en action un indicateur électrique dans la portion correspondante de la cible enregistreuse disposée près du tireur. Bien entendu, cet indicateur ne reproduit qu’à une échelle réduite les segments de la cible-but. En pressant sur un bouton qui coupe le courant, on en fait disparaître le disque indiquant le point d’impact. On a combiné un appareil de ce
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- genre pour les tirs militaires collectifs exécutés sur un grand nombre de silhouettes : alors, à la place de la cible-indicateur, on dispose d’un récepteur métallique, qui marque, sur des bandes de papier se déroulant à une vitesse convenable, le nombre d’empreintes laissées par les balles, le chiffre des touchés.
- Tout le dispositif peut se transporter et s’installer aisément à des distances variables: le cable peut s’enrouler sur une bobine; la batterie de piles et les cibles ne sont pas réellement encombrantes.
- Nous signalerons une autre cible automatique dont le fonctionnement est assez différent, et dont l’ingéniosité est très grande. Elle a été inventée par le colonel George À. Peters, de Toronto. Cette cible a été soumise à de nombreux essais à Bisley, en Angleterre. Elle se fait en plusieurs dimensions, suivant la distance à laquelle on veut tirer : on lui donne un diamètre de 1,80 m. pour les tirs de quelque 500 m., et seulement 1,60 m. pour les tirs à moins de 200 m. Le tableau répétiteur et enregistreur se présente sous la forme d’une petite cible de 0,50 m. environ de diamètre, qu’on installe à côté du tireur.
- La cible proprement dite est constituée par une plaque d’acier massive, de 12 millimètres d’épaisseur, portée sur quatre bras articulés dont les mouvements sont solidaires, et qui permettent de faire mouvoir la plaque dans un plan parallèle à elle-même, suivant la position d’un levier de commande qui se relie par des leviers intermédiaires aux bras articulés ; nous verrons pourquoi l’on s’est réservé cette possibilité. Bien entendu, le tout est monté sur une base faite d’une charpente massive en bois, formant une fondation solide à la cible, et empêchant qu’elle ne puisse se renverser sous le choc des projectiles. La plaque d’impact des balles est en réalité composée de trois plaques d’acier au chrome, si bien que les projectiles ne peuvent guère affecter la cible. Gomme on peut le voir dans la coupe transversale d’avant en arrière que nous donnons de l’appareil, en arrière de la cible proprement dite se dresse une sorte de châssis fait d’une plaque d’acier doux de 6 millimètres seulement, et qui n’a pour rôle que de servir de support aux marteaux enregistrant les points d’impact des balles. Notons que ces marteaux sont au nombre de 61, ou de 173, suivant qu’il s’agit d’une grande cible ou d’une petite. Cette plaque arrière, dont nous venons de parler, est percée d’une série d’ouvertures rectangulaires, qui donnent chacune passage à la partie inférieure et recourbée d’un marteau.
- Dans une des ligures accompagnant ces lignes, on voitla forme toute particulière du marteau, la queue dont il est muni, et qui fait contrepoids à sa tête, tout en contribuant à le maintenir en place ; le pivot autour duquel il peut tourner, suivant un arc de cercle, porte dans un crochet métallique fourni par la matière même de la plaque à logements rectangulaires. Les marteaux sont en somme pris presque entièrement entre la plaque formant cible et la plaque de support ; et si un choc vient ébranler la
- cible, plus ou moins directement en face de la tête de l’un d’eux, normalement au contact de celte cible, cette tête est rejetée en arrière. Il est aisé de comprendre que la course du marteau aura besoin d’être d’autant moins longue que, par l’action du levier dont nous avons parlé, la plaque cible sera amenée plus près de l’autre plaque, dite de support.
- On doit comprendre maintenant ce qui se passe quand un projectile vient frapper une partie quelconque de la cible : le choc rejettera forcément en arrière au moins un des marteaux, et, dans ce mouvement, il viendra porter sur une pièce de contact convenablement disposée dans une plaque de bois, qui garnit la plaque métallique de support de tous les marteaux. Comme conséquence, un circuit sera fermé, tout à fait comme dans les sonneries d’appartements à annonciateur; et un voyant, correspondant au marteau déplacé, apparaîtra dans la cible annonciatrice qui est en face du tireur, et dans une position identique à celle du marteau. Il va de soi que la manœuvre d’un bouton permettra d’effacer cet « annoncé », de faire disparaître le voyant. D’ailleurs, le plus ordinairement, le choc d’une balle ne se contentera pas de mettre en jeu un seul marteau ; plusieurs se relèveront dans tout le rayon du choc, et plusieurs annonciateurs indiqueront dans la cible indicatrice un cercle dont le centre correspondra au point d’impact que le tireur a besoin de connaître.
- Détail intéressant, la forme des marteaux a été spécialement étudiée : quand ils sont arrêtés dans leur mouvement par la plaque qui les supporte, leur centre de gravité est très en avant de leur point de pivotement ; et, par suite, ils retombent immédiatement dans leur position d’attente, en faisant cesser le contact qui a suffi pour envoyer le courant. Autre détail curieux à signaler : il faut insister sur la possibilité que l’on a de faire avancer ou reculer la cible proprement dite, par rapport à la plaque de support des marteaux. Cela permet de proportionner la course des marteaux au choc indirect qu’ils sont exposés à recevoir, d’après la distance du tir, le poids des balles, leur vitesse; c’est ainsi que, poulie tir avec fusil de guerre anglais, à 200 yards (180 m.), les choses sont disposées de manière que le côté inférieur du marteau fasse un angle de 50° avec la surface de la plaque de support. Il faut que le marteau parcoure sûrement la course qui l’amènera au toucher des contacts électriques ménagés dans le tableau arrière, et il ne faut pas que son choc soit violent. Il va de soi que, pour des charges réduites ou des tirs plus longs, il faut rapprocher la plaque cible de la plaque arrière, et relever par suite les marteaux. Assurément ces cibles doivent être employées de plus en plus ; car, en dehors même des questions de dépenses et de lenteur des signaux faits par les marqueurs, ces derniers commettent souvent des erreurs, qui sont matériellement impossibles avec des appareils automatiques du genre de ceux que nous venons d’étudier rapidement. Daniel Bellet.
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- On a pu voir à la belle saison dernière, sur les chapeaux de nos élégantes, de verts panaches d’un
- I. Sertuluires sur une coquille Saint-Jacques. — 2. Un fragment de rameau grossi montrant les polypes épanouis ou rétractés. —
- 5. Un tentacule ^rès grossi montrant les capsules urticantes et leur filament. — 4. Une toull'e. de Serlulaires préparée pour le commerce (Mousse marine).
- aspect à la fois gracieux et inédit. Ces mêmes parures, quelquefois aussi, piquées dans les cheveux ou épinglées au corsage, seules ou associées à des Heurs, 1 servent encore d’élégante garniture pour les vases de fleurs. Ce produit nouveau, et, comme on voit, à plusieurs fins, est, dans le commerce, connu sous le nom de « mousses marines ».
- Si l’on examine de près ces productions de la mer (1) on les voit formées de tiges en zigzag ; à chaque articulation se détache une petite branche qui, dans une espèce, se subdivise en un grand nombre de petits rameaux très fins disposés en éventail. Dans une autre espèce appelée « mousse corail » les petits rameaux naissent sur les branches comme les barbes
- d’une plume. A cette seule inspection toute personne non prévenue croit avoir affaire à une plante et tout semble indiquer qu’elle doit avoir raison ; le nom même de « mousses marines », donné à ces productions, est fait encore pour égarer l’opinion. Les personnes qui ont vu ces ornements seront donc bien étonnées d’apprendre qu’ils appartiennent non pas au monde végétal, mais au règne animal. Quand
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- elles reviendront de leur surprise, elles se souviendront qu’il existe, en effet, des animaux, dont l’aspect
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- est tellement semblable à des plantes qu’on leur a donné il y a longtemps le nom de Zoophytes ; on eroyait alors, et le grand Linné iui-même, qu’ils participaient delà plante et de l’animal; le corail bien connu de tout le monde n’est d’ailleurs que le squelette interne de semblables animaux. Nos « mousses marines » sont très proches parentes du corail, elles appartiennent aussi à ce groupe des Zoophytes, aux Cœlentérés, comme l’on dit maintenant, et, dans les savants traités de Zoologie, on les désigne d’une façon plus précise sous le nom d’Hydroïdes.
- Examinons maintenant au microscope un des lins rameaux que nous avons signalés plus haut, nous verrons qu’il montre une série de petites loges dont la disposition varie avec les espèces. Dans l’une des espèces employées les logettes plus ou moins immergées dans le rameau sont situées de part et d’autre, elles sont alternes, un peu espacées et ont un orifice muni de deux dents (2). Dans la « mousse corail », les logettes pressées les unes contre les autres sont disposées en une rangée sur l’une des faces du rameau ; leur bord est plan et arrondi. Si l’on observe ces Hydroïdes non pas désséchés, mais dans un peu d’eau de mer, lorsqu’on vient de les pécher ou peu de temps après, on voit sortir de chaque logette un petit animal de forme cylindrique, muni à son extrémité d’un cercle de petits bras ou tentacules qui entourent un mamelon conique au sommet duquel s’ouvre la bouche (2, dans le bas de la figure) ; on appelle ce petit organisme un polype ou encore un hydranthe à cause de sa ressemblance avec une Heur; tous ces polypes sont creux intérieurement ; leurs cavités communiquent toutes entre elles par un tube de substance vivante qui s’étend dans la tige et dans toutes ses ramifications ; la paroi de ce canal et celle des hydranthes, sont formées de deux couches de cellules ; les cellules périphériques ont sécrété le squelette externe chitineux plus ou moins résistant qui enveloppe l’ensemble. On a ainsi affaire à un groupement d’individus, à une multitude de petits organismes réunis en une colonie. Leur animalité n’est d’ailleurs pas douteuse malgré les apparences : touchons, à l’aide d’une pointe fine, ces hydranthes, immédiatement ils se rétractent dans leur loge, où ils sont à l’abri des injures; lorsque le danger est écarté ils s’épanouissent de nouveau, exécutent des mouvements d’ensemble ou déplacent leurs tentacules. Qu’un petit crustacé, un infusoire ou tout autre animal microscopique vienne en nageant au contact d’un de ces tentacules, comme il en est représenté un isolé (5), instantanément il se produit une décharge de petits filaments urticants qui pénètrent la proie comme autant de stylets acérés et empoisonnés. Celle-ci est paralysée, réduite à l’impuissance, saisie par les autres tentacules, portée à la bouche, puis avalée ; toutes les cavités digestives étant en communication, tous les individus de la colonie profitent de l’aubaine d’un seul.
- Les Hydroïdes, pour être employés dans l’ornementation, doivent subir certaines préparations qui sont
- d’ailleurs fort simples. Si on les desséchait purement et simplement, ils perdraient leurs formes élégantes et gracieuses et seraient si fragiles qu’ils s’effriteraient et tomberaient en menus fragments au moindre contact. Dans l’industrie on commence par les décolorer à l’aide d’un bain acide faible et Lapide oxalique donne de bons résultats. Ensuite on les immerge dans une solution de glucose ou d’eau additionnée de glycérine; en outre ce bain renferme les substances nécessaires à leur coloration ; on emploie à cet effet les couleurs d’aniline avec lesquelles on peut avoir toute la gamme des teintes. Après égouttage et séchage les colonies d’Hydroïdes ainsi traitées retiennent une petite quantité de glucose ou de glycérine et grâce à ces substances hygrométriques, qui les entretiennent dans un faible degré d’humidité, elles conservent leur solidité et leur souplesse.
- Les mousses marines utilisées appartiennent à deux espèces d’Hydroïdes de la famille des Sertu-laires : la Sertulaire cyprès de mer (Serlularia cupressina), répandue dans l’Atlantique et la Manche et surtout sa variété argentée (S. argentea) (4) commune dans la mer du Nord; leurs ramifications sont en éventail ; l’autre espèce est la Sertulaire faucille(Hydrallmaniafalcata) qui fournit la mousse corail avec ses branches pennées. Elles tapissent le fond des mers à des profondeurs en général faibles de 20 à 30 mètres et les pêcheurs les récoltent dans leurs chaluts. L’époque où elles sont le plus abondantes s’étend aux mois de décembre et janvier. Elles proviennent surtout de l’embouchure de la Tamise et des côtes de la mer du Nord ; le grand port de Hambourg, dont le commerce est si considérable, est aussi un entrepôt de ces productions marines1. Ce commerce est une source de bénéfices pour les pauvres habitants des côtes dont le dur métier est si peu rémunérateur. Et, à ce propos, je signalerai une touchante anecdote. Dans un petit port de l’embouchure de la Tamise qui approvisionne une maison s’occupant de la préparation de ces animaux marins, les pêcheurs voyant les demandes cesser par suite de la diminution de l’emploi de ces « mousses marines » envoyèrent une adresse à la reine d’Angleterre pour la prier de vouloir bien « commander » à la mode l’usage de ces ornements dont la vente était leur gagne-pain.
- Nos côtes peuvent fournir aussi une ample provision de Sertulaires ; les pêcheurs du Tréport, par exemple, en retirent de grandes quantités de leurs filets et j’ai pu voir à Saint-Vaast, sur la côte Nord-Est du Cotentin, dans les mois d’avril et mai, après une tempête, les mares de marées comblées par les Sertulaires arrachées au fond par les vagues,, puis rejetées sur le littoral, preuve de l’abondance de ces animaux dans ces parages. Il suffirait donc que nos
- 1 Les renseignements sur la préparation technique et sur les lieux d’approvisionnement m’ont été obligeamment communiqués par M. Juvcn père, à qui j’adresse tous mes remerciements. Il fut un des premiers, il y a quelque vingt ans, à s’occuper de l’utilisation de ces llydroïdes.
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- marins fussent prévenus de la valeur marchande de ces « herbes », comme ils les appellent, pour qu’ils les recueillent avec soin et en tirent profit.
- Mais on pourrait encore utiliser d’autres espèces, par exemple la Sertulaire operculée, si ténue qu’on l’a appelée « cheveu de mer », et aussi les Antennu-
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- laires avec leurs rameaux délicats disposés en plusieurs cercles autour de la tige ; la « Queue de faisan» (Aglaophenia myriophyllum), qui ressemble à une plume allongée, serait aussi un beau motif ornemental. Armand Billard,
- Docteur ès sciences.
- L’AÉRONEF MALÉCOT
- Lorsque l’occasion s’est présentée, pour nous, de parler d’un appareil de navigation aérienne, nous avons dû constater, presque chaque fois, que les inventeurs, loin de se mettre d’accord, exposent les uns à la suite des autres des théories souvent opposées. Ne soyons pas surpris de cette a incohérence » ; on en retrouve toujours quelques traces lorsqu’un problème inédit se présente à la science. Chacun le résout à sa façon, en appuyant sa manière de voir d’une argumentation parfaitement admissible. Et il arrive que le résultat déduit de deux conceptions diverses est identique. Cela prouve tout simplement que ces solutions ne sont pas définitives ; tout au plus peut-on leur accorder la faveur de les considérer comme approximatives, en laissant une marge suffisante à l’approximation. D’ailleurs, tous les progrès récents ne représentent que des solutions de ce genre.
- A plus forte raison pour ce qui concerne la navigation aérienne, qui vient de naître, ne pouvons-nous considérer les engins actuels que comme des embryons dont, d’ici une vingtaine d’années, peut-être moins, il ne restera plus trace. Et, puisque nous nous sommes imposé jusqu’ici l’obligation de présenter à nos lecteurs les idées de chaque novateur, nous ne nous départirons pas de ce principe. D’autant plus que l’aéronef Malécot procède d’idées totalement différentes de celles que professent les plus éminents inventeurs de machines aériennes. Pour asseoir sa théorie, M. Malécot commence par démolir celle de ses concurrents, ce qui est de bonne guerre. Nous ne saurions lui en vouloir, les résultats qu’il a obtenus l’an dernier lui étant tout à fait favorables.
- Un ballon dirigeable est avant tout un ballon ; il est donc la victime des avantages que lui confère cet état. Il enlève un moteur, mais le principe phy-
- sique qui le fait s’élever l’empêchera toujours d’atteindre une vitesse suffisante pour remonter un vent moyen, et sa vitesse par rapport au sol s’en trouve toujours diminuée, souvent annulée. Le moteur, qui, par sa consommation d’essence, produit un délestage automatique et continu, n’est pas fait non plus pour favoriser l’équilibre. De plus, il est encore impossible de maintenir d’une manière stable les centres de résistance, de traction et de gravité sur une même verticale, et il résulte de celte impossibilité un tangage de plus en plus prononcé au fur et à mesure que la vitesse augmente. Cette dernière difficulté n’a-t-elle pas fait dire au colonel Renard, en effet, que « les ballons dirigeables ont une vitesse critique pour laquelle leur coefficient de stabilité longitudinale s’annule et au-des- . sus de laquelle ce eoeffi-négatif1 ». Le colonel constate également que cette vitesse critique, relativement faible, est bien inférieure à celle qui serait nécessaire pour rendre les ballons pratiquement dirigeables et à celle qu’il serait possible d’obtenir avec les moteurs actuels. D’où cette conclusion : « Il faut construire des carènes stables ou bien renoncer aux ballons dirigeables ». Voilà pour les ballons !
- On ne s’est pas heurté, dans la construction des machines volantes, à des difficultés matérielles insurmontables et ces appareils n’exigent pas des moteurs plus puissants que ceux qu’ils sont capables d’enlever; mais on n’est pas parvenu à assurer leur équilibre et leur stabilité de route dans l’air. L’aéroplane, qui dérive du cerf-volant, ne s’est encore comporté que comme tel et il lui reste à résoudre la stabilité de sustentation, l’équilibre, la stabilité
- 1 Académie des sciences, 6 juin 1904.
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- de route, la direction, l’habitabilité, les conditions de départ et d’atterrissage. Il ne se maintient dans l’air que s’il est presque horizontal et animé d’une grande vitesse; l’aviateur est donc constamment exposé à une chute. À defaut de l’instinct qui permet à l’oiseau de se soustraire aux dangers qu’il rencontre sur sa route et qu’aucune mécanique ne saurait remplacer, il semble bien évident que les inconvénients dont est encore entourée la navigation aérienne par le plus lourd que l’air ne peuvent disparaître que si on donne à la machine volante un point d’appui permanent sur l’air. Ce point d’appui lui manquera toujours tant qu’il ne sera pas plus léger que l’air.
- Par ces raisonnements successifs, M. Malécot en est arrivé à conclure que la pesanteur est l’ennemi
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- s’adjoint une nacelle dite de lestage. L’aéroplane tient la première place dans le système. Il comprend une poutre armée de 20 m. de longueur, construite en bambous assemblés au moyen de raccords métalliques qui servent en même temps de points d’attache aux tirants d’acier formant tendeurs, lesquels assurent à la construction une grande rigidité. Les plans constituant l’aéroplane sont faits de vingt petites voiles chevauchant en partie les unes sur les autres ; ce sont des rectangles de 6 m. carrés de surface maintenus rigides par une armature de bambous. La partie avant de ces plans est seule rigide; l’arrière demeure souple et la section du plan, en ce point, devient concave sous l’action de l’air.
- Le châssis est fixé sous la poutre, en son milieu. Il a reçu un moteur Buchet de 24/50 chevaux, ac-
- Fig. 2. L’aéronef Malécol.
- (Schéma.)
- commun des deux écoles en présence : les ballons sont trop légers et les machines volantes trop lourdes! Faisons donc des ballons plus lourds que l’air et des machines volantes plus légères ! Au premier abord les deux systèmes, qui impliquent le mariage des deux écoles, paraissent semblables ; il y a cependant entre eux un écart considérable. Le ballon plus lourd que l’air a donné naissance aux appareils mixtes ; mais ce système n’a pas sa raison d’être, puisque le point d’appui sur l’air se trouve supprimé.
- Le ballon n’est employé que comme partie allégeante et l’ensemble est plus lourd que l’air. On retrouve donc, dans ces appareils, tous les inconvénients du plus lourd, auxquels vient s’ajouter l’encombrement du ballon. D’ailleurs les expériences de M. Roze et du Santos-Dumont XVI les ont condamnés.
- Que reste-t-il? L’appareil d’aviation plus léger que l’air. C’est celui-là que M. Malécot a construit l’an dernier et qui lui a permis de se rendre compte exactement de la valeur de sa théorie. Prochainement, nous verrons le nouveau modèle évoluer au-dessus du champ de manœuvres d’Issy-les-Mouli-naux, en compagnie, espérons-le du moins, de tous les autres systèmes qu’il combat.
- L’aéronef Malécot est donc formé de deux parties essentielles : un aéroplane et un ballon, auxquels
- B. ballon. b, ballonnet. 1)1)', poutre de l’aéroplane. PF', poulies.
- E, nacelle.
- Il, hélice.
- G, gouvernail. N, nacelle de lestage.
- CC', câble.
- Donnant une hélice en acier de 5,20m. de diamètre, tournant à raison de 550 tours par minute. Le mécanicien, confortablement installé, a sous la main tous les leviers et volants de manœuvre et le pilote se place derrière lui. Ajoutons encore que le moteur est pourvu d’un double allumage par magnéto et par bobine agissant l’un et l’autre sur quatre bougies différentes.
- Un ballon n’est qu’une bouée, a dit Nadar, c’est à ce rôle peu honorable que M. Malécot l’emploie. Son volume a été calculé dé façon à annihiler entièrement le poids de l’appareil d’aviation, c’est-à-dire à le rendre plus léger que l’air et à lui permettre de trouver dans cet élément un point d’appui immédiat nécessaire à son équilibre et à sa direction. Il est de forme cylindro-conique, mesure 57 m. de longueur, 7,50 m. de diamètre au maître-couple et cube 1054 m. Afin de conserver à cette bouée une force ascensionnelle constante, elle a été pourvue d’un ballonnet, longue poche ventrale dans laquelle un ventilateur envoie de l’air en permanence. Pendant l’ascension, l’équilibre entre la masse gazeuse et l’atmosphère s’établit automatiquement sans perte de gaz ; car ces derniers ne trouvant pas d’issue immédiate pour s’échapper pendant la dilatation, compriment le ballonnet qui, alors, rejette à l’extérieur son trop-plein d’air. La soupape du gaz 'et
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- celle de l’air ne s’ouvrent pas, en effet, pour la même pression.
- Jusqu’ici l’aéronef Malécot ressemble assez à un dirigeable ordinaire plus léger que l’air ; mais son inventeur a voulu faire mieux. C’est-à-dire que sa conception spéciale lui a suggéré l’emploi d’un dispositif inédit qui fait l’originalité du système et sa valeur. Ce dispositif est représenté pratiquement par la nacelle de lestage. Comme son nom l’indique elle sert à lester l’appareil, à le rendre plus lourd que l’air, soit en prenant des passagers, soit en se chargeant d’un poids utile, ou, mieux encore, en embarquant l’un et l’autre, le poids pouvant être représenté par des explosifs. Supposons l’aéronei sorti de son hangar. Abandonné à lui-même, le ballon s’élève, entraînant le planeur et toute la partie mécanique; mais il ne tarde pas à être maintenu au sol par le poids de la nacelle de lestage à laquelle il est rattaché par un double cable mobile. Dans cette position il est maintenu horizontalement. Le câble passe sur deux poulies à gorge situées à égale distance du milieu de la poutre armée. Le pilote peut agir sur ce câble par l’intermédiaire d’un treuil et faire varier à volonté les longueurs de câble C et C' (fig. 2) afin de communiquer à l’engin, en l’inclinant sur l’horizontale, un mouvement montant ou descendant. On se rend compte, en effet, qu’en agissant sur le treuil de manière à lâcher du câble
- Fig. 5. — L’aéronef prenant son vol.
- C, on en prend en C', de sorte que la longueur C-t-C' étant constante, le système s’élèvera vers l’avant et s’abaissera à l’arrière. La nacelle de lestage devant se trouver sur la tangente horizontale à l’ellipse ayant PP' comme foyers et la longueur constante CCT comme somme des rayons vecteurs, il en résulte que la direction du système est toujours invariable par rapport à la verticale, ce qui assure la fixité d’inclinaison de l’appareil.
- Le lancement de l’aéronef est très simple. Abandonné à lui-même en plein air, le ballon tire sur les câbles de la nacelle de lestage, mais ne peut s’élever. Dès que le pilote agit sur le treuil pour donner du câble vers l’avant, la pointe du ballon s’élève entraînant le planeur qui fait alors un certain angle avec l’horizontale. Si à ce moment on met l’hélice en marche, l’appareil est propulsé, la réaction de l’air s’exerce contre les plans et l’aéroplane enlève la seconde nacelle avec une très grande douceur. L’ensemble est donc réellement plus lourd que l’air. Pour arrêter l’ascension, le pilote diminue l’incidence des plans en donnant du câble à l’arrière jusqu’à ce que la composante soit suffisante pour le maintenir en équilibre dans l’atmosphère. La descente s’opère de différentes laçons suivant l’altitude : en inclinant le système vers l’avant on descendra en glissade et si on désire conserver le même angle
- Fig. 4. — L’aéronef Malécot, en plein vol.
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- 280 . =--:.—.._=r. L’AERONEF MALECOT =
- d’attaque, il suffira de diminuer la vitesse de l’hélice. Au moment de l’atterrissage, l’appareil est ramené dans la position horizontale, puis l’hélice est arrêtée. L’élévation, le planement, la descente, s’effectuent donc uniquement par le planeur qui est la seule partie active de l’appareil. La direction dans le plan horizontal est obtenue par un simple gouvernail vertical placé à l’arrière de la poutre armée.
- Remarquons, et ccci est très original, que l’appareil n’a nullement besoin de son propulseur pour s’élever ; il suffit de le présenter face au vent et de l’incliner jusqu’à ce que la composante, frappant sous les plans, soit suffisante pour faire quitter le sol à la nacelle de lestage. Il se comporte alors comme un cerf-volant. Et si le pilote diminue l’angle d’attaque des plans jusqu’à ce que les forces combinées de l’action de l’air contre les plans et de la pesanteur donnent la résultante nécessaire, le système avancera, même contre le vent.
- Ainsi que nous venons de le voir, l’aéronef Malécot procède d’une théorie absolument neuve et inédite. L’aéroplane étant plus léger que l’air devient très maniable tandis que le ballon, sollicité par deux forces constamment opposées, se trouve en équilibre parfait dans l’atmosphère et sa stabilité est absolue. Le planeur trouve son point d’appui dans l’air par le ballon, tandis que celui-ci trouve le sien dans la nacelle de lestage et se comporte comme un ballon captif.
- Ce curieux engin fut expérimenté en septembre dernier au-dessus du champ de manœuvres du 4e hussards près de Meaux. Chaque essai convainquit les assistants que l’on se trouvait en face d’une belle machine volante, bien stable, bien souple et d’une manœuvre très simple. L’appareil enleva successivement 40, 60, 80 et 100 kg de surcharge. Le 17 septembre, la nacelle de lestage fut surchargée de 120 kg; malgré ce poids énorme, l’aéronef évolua pendant deux heures, atterrit quatre fois et repartit
- dans des conditions excellentes. Le 23 septembre eut lieu une nouvelle sortie; mais, par suite d’un malentendu, deux hommes ne lâchèrent pas à temps le guide-rope d’arrière; un vent violent d’Est fit tourner l’appareil autour de ce pivot malencontreusement improvisé et le jeta contre un arbre. Il se produisit une déchirure qui mit brutalement' fin à la première et belle campagne de l’aéronef.
- Quel avenir est réservé à ce système de machine volante? Le fait d’emporter une surcharge de 120 kg que l’on peut jeter par-dessus bord, au moment voulu, sans que l’équilibre de l’appareil en soit détruit, laisse le champ libre aux exploits futurs d’un groupe d’engins établis d’après ce principe. Imaginez que les 120 kg soient représentés par des explosifs et que, à la faveur de la nuit, une flottille ainsi constituée parte en campagne au-dessus d’une armée ennemie. Les ravages causés par cette artillerie bien moderne, seraient tels que l’on peut admettre comme l’évidence même la facile destruction d’ouvrages de défense, de l’artillerie, voire des états-majors. Avec un moteur d’une grande puissance, affirme M. Malécot, la nacelle de lestage pourrait contenir jusqu’à 500 kg d’explosifs. De quelle utilité deviendraient alors les engins actuels en présence de ce nouvel élément de combat invisible et terrifiant dont il serait presque impossible de prévoir et d’éviter les attaques?
- L’aéronef Malécot est certainement l’un des plus intéressants appareils de navigation aérienne qui aient été conçus jusqu’à ce jour. Ses premières expériences, couronnées chaque fois d’un beau succès, permettent d’entrevoir, sans optimisme exagéré, non seulement l’entrée en service d’une flottille aérienne militaire, mais aussi l’avènement de véritables aérobus présentant toute la sécurité désirable.
- Lucien Fournier.
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- CADRAN LUMINEUX
- C’est un simple jouet, mais intéressant par ses proportions et curieux aussi par les circonstances oîi on l’a réalisé. Il y a quelques semaines, Philadelphie a été le théâtre de fêtes splendides, données en l’honneur de la Elles Organisalionof America, qui célébrait solennellement, dans la ville des Quakers, l’anniversaire de sa fondation.
- Cette Association compte aux États-Unis et au Canada plusieurs millions de membres. Son nom (elgr en islandais, elg en suédois) est le terme employé par les Américains pour désigner le wapiti, que leurs ancêtres, les premiers colons de la Nouvelle-Angleterre, confondirent tout d’abord avec l’élan de Scandinavie.
- Notons en passant que la prospérité de l’association a entraîné une conséquence que déploreront tous les naturalistes : en empruntant son nom au plus majestueux de nos cervidés actuels, elle le vouait à une extermination que les lois sont impuissantes à arrêter.
- En effet, les membres de l’Association croient devoir porter en breloque une dent de wapiti, qui leur sert au besoin de signe de reconnaissance, quand ils voyagent. Il y a vingt ou trente ans, quand d’innombrables bandes de ces grands cerfs erraient encore dans le bassin du Missouri, l’usage n’avait en soi rien de blâmable. Et la breloque réglementaire ne coûtait alors que quelques cenls.
- Maintenant elle vaut plus que son poids d’or; et
- les derniers wapitis, réfugiés dans les Montagnes Rocheuses, sont poursuivis implacablement par les « chasseurs de dents ».
- Ceux-ci forment de véritables associations qui mettent en coupe réglée les réserves où les pauvres bêtes sont insuffisamment protégées par les gardes-forestiers.
- Quand les lois locales leur interdirent d’abattre les elks à coup de fusil, ils tournent la difficulté en recourant à. un procédé qui, par sa férocité même, devrait provoquer un châtiment implacable.
- Ils rabattent une bande de wapitis dans une vallée déserte, capturent les animaux au lasso, et, les réduisant à l’impuissance, leur arrachent les dents....
- La fête dont il est ici question se déroula dans Broad-Street, la rue centrale de Philadelphie. Des statues de wapitis s’échelonnaient sur les trottoirs, jusqu’au City-Hall. Le soir, après la parade (cavalcade) à laquelle participèrent 4000 personnes, revêtues de costumes historiques, ce fut, dans Broad-Street, une véritable orgie de lumière électrique. Douze mille lampes incandescentes avaient été accumulées dans un espace restreint.
- L’horloge lumineuse fut l’un des clous de la fête de nuit. Aussi haute qu’une maison de dix étages, elle était constituée par des lampes électriques disposées sur des fils invisibles. Les aiguilles du cadran — deux lignes de feu — étaient, comme on l’aura deviné, reliées électriquement à un régulateur installé non loin de là. V. Forbin.
- L’horloge lumineuse de Philadelphie.
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- LES ERREURS DE LA CARTE DE FRANCE
- Une récente instruction (29 novembre 1907) du ministre de in guerre rappelle et précise les conditions dans lesquelles les officiers de toutes armes pourront être admis à participer, en 1908, à la révision de la carte de France.
- Nous saisissons cette occasion d’analyser le cahier n° 25 du service géographique de l’armée, paru en 1900, sur les erreurs de la carie de France, publication officielle spéciale au Service géographique de l’Armée, mais peu connue du public parce qu’elle n’est pas mise dans
- « Presque toujours les critiques faites à la carte visent quelques points de détail,, quelques cotes erronées, quelques fragments figurés de terrain mal compris et mal rendu. Lorsque ces critiques parviennent au Service géographique de l’Armée, il en prend note, et, lors des révisions périodiques sur le terrain, il fait examiner le hien-fondé des observations qui lui ont été présentées; il en tient compte dans la mesure du possible et de l’utilité, sans engager de discussion.
- « De toutes les exigences, les plus difficiles à contenter
- Ancienne feuille de Briançon.
- Fig. 1. -
- le commerce. Les passages que nous en reproduisons montreront combien ont été irréfléchies la plupart du temps, — fondées quelquefois, — toujours difficiles à éviter, les critiques adressées à cette grande œuvre du 80 000e appelée communément carte de l’État-major; il ne faut pas oublier que, si les travaux cartographiques de certains pays (mieux pourvus de subsides sous ce rapport) l’ont surpassée, ce monument national reste le premier qu’on ait entrepris et terminé1 2. La publication de ce fascicule a été motivée par celle d’un travail de M. F. Arnaud, de Barcelonnette, qui, entre autres rectifications pour sa région; demandait la correction de 106 noms sur 755 et en ajoutait 1960!
- Voici quelques réponses du général Berthaut :
- 1 Voy. Général Berthaut, La Carte de France, 1750-1898;
- 2 vol. in-4°.
- sont celles des touristes et surtout des alpinistes. Certes, le tourisme est intéressant, peut-être toutefois à un degré moindre que les travaux publics et l’industrie. Et, fâcheuse circonstance, ce qui l’occupe le plus, ce sont précisément les régions difficiles des hautes montagnes, inconnues à l’époque des levés de la carte de France, parce qu’alors le tourisme n’était pas inventé.
- « En dehors de notre carte tactique générale, qui est suffisante à l’échelle du 80 000°, et préférable sous sa forme actuelle à une carte en courbes, nous procédons à des levés au 10 000e et au 20 000° à grand rayon autour des places fortes et des camps retranchés.
- « Nous possédons dès à présent la topographie détaillée des Alpes au 20 000e, en courbes de niveau, aussi correctes que possible, sur toute l’étendue de la frontière, depuis le camp retranché d’Albertville compris, c’est-à-dire depuis les hauteurs de la rive droite de l’Isère et de
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- l’Arly, jusqu’à la Méditerranée. Les levés s’étendent sur une largeur variant de 25 à 50 kilomètres en général. Les figures 3 et 4 (pl. XX111 et XXIV du fasc. 25) montrent les divergences entre les anciennes minutes (en cartes) du 80 000e et le figuré d’un plan directeur ramenés tous deux au 50 000e.
- « Aujourd’hui nous n’en sommes plus à reviser. Il s’agit de produire la carte. »
- Or quand même on disposerait de plusieurs centaines de mille francs par an, il faudrait plus d’un siècle pour refaire la carte entière au 50 000e. En attendant, le 80 000° actuel reste la seule ressource. « 11 ne peut donc être condamné », selon l’expression de M. Maurice Paillon1.
- CARTE DE FRANCE — : 283
- justifiées, s’élevaient de tous côtés. Enfin, le Service géographique prit le parti qu’on aurait dû prendre dès le début : celui de procéder lui-même, méthodiquement, aux révisions et d’y consacrer un personnel spécial. »
- « Depuis 1891, l’unité de la révision est la brigade, composée de huit officiers choisis avec soin, détachés de corps de troupe, sous la conduite d’un capitaine chef de brigade, lequel est lui-même un ancien reviseur ayant pratiqué ce genre de travail avec succès pendant plusieurs années. La brigade s’installe pour le temps nécessaire sur le terrain d’une feuille. Chaque officier est chargé, pour sa part, d’un huitième de cette feuille.
- « Les documents adressés par les services publics au
- Fig. 2. — Nouvelle feuille de Briançon.
- « Quant à l’opération de la révision, dit le fascicule 25, elle est fort délicate; elle demande une grande habitude, beaucoup de vigueur, d’expérience et de jugement. Il est souvent plus difficile de modifier un document topographique ancien et d’y adapter des tracés et des détails nouveaux, que de lever un terrain de toutes pièces. »
- A la fin de 1885, toutes les feuilles, sauf la Corse, avaient été revisées au moins une fois par le corps d’armée ou les préfectures (quelques feuilles 2 ou 3 fois). De 1883 à 1889, on soumit toutes les feuilles à une nouvelle révision, par 40 à 60 chaque année. « C’était beaucoup trop pour que le travail pût être bien fait ; mais on tenait à opérer rapidement. La carte, en somme, devenait de plus en plus mauvaise; des plaintes, trop
- 1 Voy. préface de l’ouvrage de F. àknaüd, l’Ubaye et le Haut-Ver don, in-8°, 206 p., chez l’auteur, à Barcelonnette, 1906.
- Service géographique, sont remis aux brigades qui n’en tiennent compte qu’après vérification sur le terrain même, lis contribuent donc bien à la révision. En réalité, la carte primitive était généralement très bonne, excellente pour son époque; si elle est devenue insuffisante pour les détails de la haute montagne, c’est parce que jadis on n’attachait pas à ceux-ci la même importance qu’aujourd’hui.
- « Mais pendant trente ans, des rectifications.aussi défectueuses que possible y ont été pratiquées, d’après les documents médiocres et imprécis transmis par les administrations départementales et non contrôlés sur le terrain. Ensuite, pendant seize ans, on a tenté de substituer à ces révisions notoirement mauvaises un travail inégal et insuffisant, dirigé par les bureaux topographiques des corps d’armée. Les officiers envoyés sur le terrain par ces bureaux, souvent mal préparés, mal outillés,
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- sans conseils, sans instruments, avaient pour mission de incorrectes, hors d’état de débrouiller ce qui était juste mettre la carte au courant, c’est-à-dire d’y porter sur- de ce qui ne l’était pas. Il eût fallu pour cette besogne
- Fig. 5. — Vallée de la Blanche. Plan directeur réduit au 50 000.
- tout des additions de chemins. Ils se trouvaient en présence d’une topographie déjà faussée par des retouches
- une expérience . qui leur manquait, et leurs additions, malgré la meilleure volonté, ne faisaient qu’augmenter
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- la confusion et greffer de nouvelles erreurs sur celles déjà commises. » De telle sorte que trop souvent les révisions
- 1° « A faire disparaître les additions erronées, les tracés incorrects et souvent même complètement faux qui y ont
- Fig. 4. — Vallée de la Blanche, en courbes au 50000*.
- multiples n’ont amené que des superpositions d’erreurs. La révision actuelle s’applique avant tout :
- été portés, notamment les routes et chemins qui n’ont jamais existé qu’à l’état de projet et se sont trouvés gravés
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- à l'avance alors que leur tracé était abandonné ou tellement changé qu’il n’a plus conservé aucun rapport avec celui de la carte.
- 2° « A mettre la carte au courant de toutes les dispositions actuelles; chemins de fer, routes^ chemins, constructions, bois, ponts, etc... ;
- 5° « En ce qui concerne le figuré du relief, à signaler les parties où la représentation du terrain en hachures est défectueuse, eu égard à la généralisation que comporte l’échelle ; à signaler aussi les erreurs de cotes d’altitude qui paraissent évidentes, et qui peuvent surtout provenir de fautes de copie et de fautes de gravure. » Les figures 1 et 2 (pl. XI et XU du fascicule) reproduites ici (comme les lig. 3 et 4) avec la gracieuse autorisation du général Berthaut, directeur du Service géographique de l’Armée, font sauter aux yeux les résultats de ces nouveaux errements de rectification. Elles sont tirées de la feuille de Briançon. Là on disposait du plan directeur de Briançon. L’examen comparé de ce morceau (l’ancien et le nouveau) montre « la progression suivie dans la représentation delà haute montagne. On retrouve sur le figuré dérivant des levés exacts la plupart des accidents représentés par l’ancienne topographie. Ils sont mis à leur juste valeur, mais par cela même souvent moins visibles. Le topographe de la carte d’État-Major avait une tendance manifeste à exagérer, pour faire resssortir dans son travail une quantité de détails que la courbe exacte, réduite, simplifie d’elle-même. Il y ajoutait un parti pris de faire saillir toutes les crêtes, pour les rendre plus visibles. »
- « La feuille de Briançon n’a pu encore être refaite entièrement, dans le nouveau style, parce que ces travaux de gravure sont fort dispendieux, et que l’économie oblige à les échelonner. — L’exécution cartographique primitive, dessin et gravure, revenait dans la haute montagne, à 1000 francs le décimètre carré, soit 40000 francs pour une feuille pleine ».
- « Il y a quelques années, la feuille d’Épinal avait été l’objet d’elfaçures et de reprises à la suite d’une révision. Le graveur chargé des effaçures s’était trouvé dans l’obligation d’enlever, pour une rectification quelconque, les mots Source de la Meurthe,k rétablir ensuite. Le graveur chargé de la reprise, après avoir porté le tracé nouveau qui avait donné lieu à l’clfaçure, refit les hachures et rétablit le nom; mais il se trompa et écrivit Source de la Meuse! Cette faute grossière passa inaperçue à toutes les vérifications, et ce ne fut qu’au moment du tirage, ou peut-être même après un tirage déjà eflectué, qu’on la découvrit. Ce genre de faute peut être très préjudiciable à la carte, et pourtant il est de même ordre qu’une coquille typographique à laquelle on n’attache aucune importance dans le cours d’un texte. »
- « En somme, le Service Géographique est loin de nier les imperfections, les défauts, les fautes et les erreurs de la carte de France ; mais il les explique, il les excuse même suivant leur genre et leur origine, et il s'efforce, en tout cas, de les faire disparaître. Si les défectuosités sont encore nombreuses, elles le sont beaucoup moins depuis que la révision fonctionne d’une façon normale et méthodique ; lentement, il est vrai, mais avec la seule vitesse que permettent les ressources en personnel et en argent. »
- Sur l’orthographe des noms et la fantaisie qu’on leur a reprochée le fascicule 25 expose que rien n’est plus délicat que les questions de toponymie, ou loponomastique.
- Les dénominations du cadastre sont souvent en désaccord avec celle de la Marine, des Ponts et Chaussées,
- ou des Forêts. Les noms fournis par les habitants et surtout la prononciation dont ils les affectent diffèrent toujours d’inextricable manière. Certains mots patois sont intraduisibles et représentent bien souvent des définitions plutôt que des noms proprement dits. 11 faut ajouter encore que, dans certains pays, les fermes, chalets, mas, burons, bastides, chanyenl de noms en changeant de propriétaires, et que, pour une même maison, le fait a pu se reproduire plusieurs fois en un demi-siècle, c’est-à-dire à peu près à chaque révision !
- « Henri Yallot, dans une récente brochure sur la nouvelle carte de France au 50000e et ses rapports avec la haute montagne, dit : « Les alpinistes, fort difficiles à contenter en matière de nomenclature, ne seront satisfaits que quand ils l’auront remaniée et complétée pour leur usage particulier ». Dans son excellent manuel de topographie alpine le même auteur ajoute : « On ne doit pas oublier que les noms de lieux s’altèrent, se transforment, émigrent même avec le temps ».
- Une des erreurs relevées par M. Arnaud dans son travail est une critique très juste et très fondée :
- « Les cotes d’altitude elles-mêmes viennent ajouter « leur inexactitude à toute cette fantaisie; ainsi la cabane « forestière du Plan-Bas porte la cote 2285, au lieu de « 1815 qui est sa véritable altitude. »
- « Il y a là une véritable faute; non pas seulement une erreur de copie ou de gravure, mais une faute grave d’observation et de calcul, imputable à l’officier qui a levé cette partie. » Il suffit d’avoir un tant soit peu pratiqué la montagne pour savoir par expérience, quelle attention soutenue, fatigante, est nécessaire pour y réaliser un bon travail topographique : la défaillance y est de temps à autre inévitable; l’admirable c’est qu’elle ne soit pas plus fréquente. Il serait injuste « de dénigrer la carte de France. Beaucoup d’officiers, et surtout de jeunes officiers, ne sont que trop disposés à la trouver défectueuse plutôt que d’avouer qu’ils n’en ont pas une pratique suffisante et qu’ils ne savent pas s’en servir. »
- Après la publication du fascicule 25, M. F. Arnaud, a poursuivi sa discussion1 et demandé notamment les perfectionnements suivants :
- 1° « Choisir les topographes’ parmi les enfants du pays, connaissant les patois locaux. » Très juste et très désirable, mais c’est toute la question du recrutement régional, qui n’est pas encore admis en France et qui, pour l’avancement des officiers, présenterait bien des inconvénients.
- 2° « Distinguer les ton’ents pérennes des temporaires et indiquer toutes les sources. » Le Comité d’Etudes scientifiques du Ministère de l’agriculture tente, en ce moment, de dresser un inventaire de ce genre : il s’est révélé comme une entreprise colossale, que de longues années et de lourdes dépenses ne suffiront pas à accomplir. 11 faut avoir participé aux recherches d’eaux potables qui, actuellement, embarrassent toutes les communes, pour savoir quelle immense tâche serait pour un topographe la relève et la mention des sources. Qu’on lui demande seulement de bien indiquer celles qu’il rencontrera.
- 3° « Publication et mise en vente des levés de précision aux 10000 et 20000°. »
- Il faut avoir vu et manipulé ces fameux plans-directeurs (ce qui n’est pas permis à tout le monde) pour se rendre compte que par le nombre de leurs feuilles et leur étendue encombrante, la vente n’en serait nullement rémunératrice, restant bornée aux quelques douzaines
- 1 Réponse aux Erreurs de la carte de France, in-8°,"43 p., chez l’auteur, à Barcelonnette, 1907.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- d’alpinistes qui sauraient, dans les régions montagneuses, s’en servir avec profit. Et cela, sans parler de l’inconvénient tactique qu’il y aurait, quoi qu’on puisse dire, à livrer à tout acheteur des feuilles de frontières ou des environs de places fortes.
- D’ailleurs comme l’on nous menace d’un laps de 1200 ans (au taux ridicule du crédit actuel de 25000 francs par an) pour l’exécution du nouveau 50000°, combien faudrait-il donc pour un 20 000° ?
- Certes les travaux de précision de MM. J. et II. Yallot et P. Helbronner sont des modèles et des merveilles : mais ces hommes de grand savoir, de haute initiative et d’énergie consommée peuvent adjoindre à leurs qualités de travailleurs deux inappréciables éléments de réussite : leurs loisirs et leur fortune, c’est-à-dire le temps et les ressources financières; or, c’est là ce qu’on n’octroie point aux grandes entreprises nationales, quand on leur demande, très illogiquement, comme à la carte au 50 000°, d'aller vile avec des fonds insuffisants ! Sait-on que, de 1891 à 1908 il a paru une des 22 feuilles (celle de Cha-monix) qui doivent composer la carte du Mont-Blanc de MM. J. et 11. Vallot au 20000°*. Si l’on exigeait pareil degré de perfection d’un 20000° ou seulement d’un
- Çg'DxS
- ACADÉMIE D
- Séance du î3 mars 1908. —
- Absorption de la lumière aux basses températures. — M. Poincaré présente une Note de MM. Jean Becquerel et Kamerlingh Ohnes sur l’absorption de la lumière sous l’influence des phénomènes magnéto-électriques, aux basses températures de liquéfaction et de solidification de l’hydrogène (— 259° Cent, ou 14° absolus). Les expériences ont été pratiquées dans le laboratoire cryo-gène de Leyde. Parmi les phénomènes nouveaux qu’elles ont révélés, on peut citer l’existence d’un maximum d’absorption pour chaque bande spectrale.
- Peintures préhistoriques. — M. Giard présente une Note de M. René Jeannel sur la découverte dans la grotte de Portel (Àriège) de peintures paléolithiques représentant l’homme et des animaux. Cette nouvelle caverne renferme 40 peintures dont deux représentent des profils d’hommes en pied. Ces deux spécimens sont uniques, les 58 autres peintures représentent principalement des chevaux, des bisons, des sangliers et même deux rennes.
- L’aldéhyde des boissons fermentées. — M. Maquenne présente une Note de M. Trillat relative à l’origine de l’aldéhyde que l’on rencontre très souvent dans les boissons fermentées. Il a reconnu que ce composé n’est pas, comme on le croit généralement, un produit normal de la fermentation, mais un produit secondaire résultant de l’oxydation de l’alcool sous l’influence de l’oxygène de l’air. En conséquence, on évite absolument la production de l’aldéhyde en maintenant les moûts à l’abri de l’oxygène, par exemple, dans un courant de gaz inerte comme l’acide carbonique ou l’oxygène.
- La matière colorante du sang des invertébrés. —
- M. Dastre dépoge une Note de M. Dhéré relative à la matière colorante des invertébrés. Cette matière colorante
- Séance du 3o mars 1908. —
- Propagation d’ondes sismiques. — • M. Bigourdan dépose une Note relative à l’enregistrement d’ondes sis-
- 1 Yoy. H. Vallot, p. 203 du tome YI (1905) des Annales de iObservatoire du Mont-Blanc, de J. Vallot.
- 50000° national, on arriverait à des durées de réalisation dont les chiffres rappelleraient la dislance de la terreaux lointaines étoiles. 11 est irréalisable de faire rapide, bon et économique !
- 4° Aussi un dernier vœu de M. Arnaud, doit-il être appuyé sans réserves, « attribuer budgétairement un million pendant 30 ans à la carte au 50 000° pour hâter son achèvement ». C’est le seul moyen de parvenir à une œuvre homogène, adéquate aux besoins de son époque et qui ne présente point, dans 50 ans, un début suranné (peut-être hors d’usage), une suite incohérente, et un avenir tout à fait compromis.
- Il y a, en France, nombre d’établissements ou institutions d’ordre purement distrayant ou sportif (on ne saurait les désigner ici) qui, sous couleur d’art ou d’encouragements divers, consomment bien des fois cette somme sans nul sérieux.avantage public!
- Les beaux antécédents du Service géographique de l’Armée et de la cartographie française peuvent revendiquer hautement le droit d’employer, de plus utile et patriotique manière, ce seul et unique million, dont, pour eux, nous demandons le crédit! Il faut qu’on le leur accorde! E.-A. Martel.
- SCIENCES
- Présidence de M. Becquerel.
- est bleue, et non point rouge comme chez les vertébrés : c’est l’oxyhémocyanine. Celte substance abandonne aux tissus l’oxvgène puisé dans l’air; c’est une matière albuminoïde qui contient du cuivre au lieu de renfermer du fer. On n’avait pu jusqu’à ce jour l’obtenir à l’état de pureté. M. Dhéré indique un procédé commode pour l’extraire du sang de l’escargot; on l’obtient, par ce procédé, à l’état cristallisé.
- Les gaz des minéraux. — M. d’Arsonval présente une Note dé M. Bordas donnant la description d’une méthode inventée en vue de permettre d’extraire les gaz des minéraux. Avec les procédés actuels, celle extraction est très difficile, car il s’agit de ne pas introduire d’air ni de transvaser les gaz, soit qu’ils proviennent d’occlusions, soit qu’ils proviennent de combinaison. M. Bordas a pu ainsi reconnaître la présence de l’hélium dans un minéral que l’on rencontre au Japon, la Naegite.
- La photographie des vibrations de la voix. — M. d’Arsonval résume ensuite une Note de M. Marage relative à un appareil qui permet de photographier, de développer et de fixer immédiatement les vibrations d’une membrane de caoutchouc décelées par un petit miroir plan fixé à sa surface. Le papier est entraîné par une paire de laminoirs qu’actionne un petit, moteur. Après avoir été impressionné, il passe dans un bain de fixation, puis dans un bain de développement. On arrive ainsi à dissocier non seulement les parties constitutives d’une phrase, mais les sons des mots. Les tracés caractéristiques des voyelles et des consonnes apparaissent. Cet appareil permettra aux professeurs de chant de montrer à leurs élèves leurs voix et de leur faire suivre les progrès accomplis.
- Présidence de M. Becquerel.
- miques, par le sismographe de l’Observatoire de Paris, le 26 mars dernier. La phase initiale s’est manifestée à 23h 25“ 20s. Le phénomène est en rapport avec un tremblement de terre qui s’est produit à Mexico. L’onde a mis
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- 288 ..NÉCROLOGIE
- 10 minutes pour gagner Paris; sa vitesse a donc été de 900 km à la minute.
- Signal horaire international. — M. Bouquet de la Grye dépose une Note signalant l’extrême avantage que présenterait, pour la navigation et les opérations géographiques, l’émission journalière d’un signal horaire qui serait perceptible dans toutes les régions de la terre et qui, par suite, apporterait dans toutes ces régions l’heure du méridien initial. La solution du problème des longitudes en mer serait désormais assurée parce que la marche du chronomètre qui doit donner l’heure du méridien initial pourrait être suivie jour par jour. D’après une opinion autorisée, il suffirait d’accroître la puissance des appareils de la tour Eiffel pour que l’onde qui serait émise fût perceptible sur la Méditerranée et sur l’Atlantique. M. Bouquet de la Grye estime qu’une installation sur le pic de Ténériffe permettrait d’émettre des ondes qui parcourraient la moitié de chaque hémisphère. M. Poincaré estime que, dans l’état actuel de la science, ce desideratum n’est pas impossible à atteindre. L’Académie nomme une commission pour étudier la question.
- Dédoublement de glucosides. — MM. Bourquelot et lierissey rappellent qu’ils ont démontré que les glucosides étaient dédoublables par le ferment désigné sous le nom d’émulsine. Ils indiquent un nouveau glucoside auquel cette loi s’applique; c’est l’arbutine qui s’extrait des feuilles de busserole. Elle se dédouble en glucose et en hydroquinone.
- Dosage de la vapeur de mercure dans l’air. — En vue d’applications thérapeutiques du mercure sous forme de respiration de vapeurs mercurielles, comme aussi en vue de constater la présence du mercure dans l’atmo-
- sphère des ateliers de certaines industries, M. Albert Meyer est arrivé à introduire dans l’air des quantités de vapeur variant de 1/4 000 000 à 1/1500. Ainsi l’air peut contenir 0,82 gr. de mercure par mètre cube. Ces nombres ne s’accordent pas avec les résultats des expériences des physiciens sur la tension de la vapeur de mercure. L’auteur a dû imaginer un procédé de dosage de la vapeur de mercure. Il s’est servi d’un réactif extrêmement sensible qui, à la dose de 1/10000, donne une couleur violet très foncée et qui, à la dose de 1/4000000, donne encore une couleur violacée perceptible.
- Affinité du bacille tuberculeux pour la lécithine. — M. Calmette et ses élèves MM. Massol et Breton ont constaté que la tuberculine et plus encore les bacilles vivants fixent, avec avidité, la lécithine et que le sérum d’homme ou d’animal tuberculeux contient de la lécithine, tandis que le sérum des nouveau-nés et des bovidés indemnes n’en renferme jamais. Il paraît y avoir une liaison étroite entre l’infection tuberculeuse et la mise en liberté de la lécithine dans le sang. Cette liaison apparaît lorsque l’on mélange le sérum avec des globules rouges lavés et du venin de cobaye. Si le sérum provient d’un sujet sain les globules ne se dissolvent pas; si, au contraire, le sérum provient d’un tuberculeux ils se dissolvent. Lorsque l’on sature de lécithine l’avidité de la tuberculine pour cetle matière, on trouve que la tuberculine lécilhinée, quoique toujours très toxique, ne réagit plus à l’ophtalmo-réaction chez les sujets tuberculeux. L’affinité des bacilles pour la lécithine explique peut-être les accidents si caractéristiques de la méningite tuberculeuse et aussi cette particularité que la tuberculine est toxique pour les animaux sains lorsqu’on l’introduit dans le cerveau, tandis que sous la peau elle est inoffensive. Ch. de Villedeüil.
- NÉCROLOGIE
- Félix Régnault. — Le 29 mars La Nature a perdu l’un de ses meilleurs et de ses plus anciens collaborateurs, Félix Régnault, de Toulouse, emporté dans toute la force de l’àge, par une congestion pulmonaire contractée à la grotte du Portel, dont nous annoncions la découverte dans nos dernières Informations (p. 150 dun° 1818). Depuis 35 ans, Régnault s’était voué, avec autant d’énergie que de savoir, à l’exploration paléontologique et préhistorique des cavernes Pyrénéennes et il était devenu en la matière un véritable maître. Il y consacrait toutes les trop faibles ressources et les restreints loisirs de sa profession de libraire-éditeur. On retrouvera particulièrement au n°631 (4 juillet 1885) de La Nature l’exposé remarquable de sa sensationnelle découverte (1884) des oubliettes de Gargas, étroit puits vertical de 20 mètres, qui lui livra le premier squelette complet d’une hyène quaternaire et d’innombrables squelettes entiers d’animaux de cette époque. D’ailleurs, Gargas l’occupa toujours de 1873 à 1907; en 1892, il y retrouva et put rétablir l’ancienne jonction entre la grotte supérieure et l’inférieure, fait capital pour l’hydro-géologie ancienne ; en 1906, il y découvrait les curieuses mains peintes en rouge ou noir qui constituent une si singulière énigme préhistorique. Même avant M. Piette, il avait, dès 1876, heureusement fouillé le Mas d’Azil. Puis, avec M. L. Jammes, il avait entrepris le déblaiement des puits fossilifères de Tibiran, Peyreignes, etc., près Gargas.
- A la Tourasse (Haute-Garonne), il avait recueilli les
- abondants restes d’une industrie qui, comme l’Asylien de Piette, semblait constituer une transition du paléolithique au néolithique. Il avait récolté aussi, dans les environs de Saint-Gaudens, des ossements du Dryopilhecus Fontani, ce grand singe anthropomorphe tertiaire si important pour les doctrinesdel’évolution. Enfin, en 1902, il trouvait à Marsoulas, près Salies-de-Salat (Haute-Garonne), la première grotte à peintures préhistoriques de la région pyrénéenne française, ce qui provoqua, la recherche et la découverte de plusieurs autres cavernes ornées sur le versant nord de ces montagnes. Avec la générosité vraiment française qui l’empêcha toujours de tirer tout profit et avantage personnel de ses travaux, Régnault a fait don aux collections publiques et au muséum de Paris des principaux produits de ses fouilles. Ses publications ont été faites dans les comptes rendus de l’A. F. A. S., la Société d’histoire naturelle de Toulouse, la Revue de Comminges, etc. Ceux qui l’ont connu perdent un ami rare, d’une singulière élévation d’esprit et d’une surêté de relations qui se rencontre trop peu souvent. Il faut reconnaître et regretter en lui un de ces beaux caractères, qui ne se préoccupent pas d’acquérir la notoriété, mais qui réussissent à la mériter dignement par l’importance et le désintéressement de leur œuvre.
- E.-A. Martel.
- Le Gérant : P. Masson.
- . Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE.
- N”
- 1820.
- 11 AVRIL 1908
- LA CHASSE DU LAMANTIN EN AFRIQUE OCCIDENTALE
- Depuis de longues années déjà, les voyageurs ont signalé l’existence du Lamantin dans les estuaires des lleuves de l’Afrique occidentale, des bouches du Sénégal à celles du Congo. Schweinfurth l’avait rencontré dans les affluents du Haut-Nil et, plus récemment, sa présence a été reconnue dans les eaux du Tchad. Aujourd’hui, son aire de dispersion s’est considérablement restreinte devant la chasse acharnée que lui font les indigènes et, s’il n’est pas encore très rare dans les lacs qui bordent le Niger en aval de Tombouctou, il a presque complètement disparu des grandes rivières du littoral, où il était encore commun vers le milieu du siècle dernier.
- Les anciens naturalistes ont décrit le lamantin d’Afrique sous le nom de Manalus1 et l’ont classé dans Tordre des Siréniens : ils en ont fait deux espèces, le lamantin du Sénégal _ - '**•*.- •'
- (.Manatus sene- : . ,
- galensis Desm.) et celui du Congo (.Manatus Vogeli Owen). Mais la découverte de nombreuses formes intermédiaires nous donne à penser que les différences qui ont été signalées entre ces deux espèces ne sont que des varia- Fig. 1. — Capture d’un
- tions dues à Tin- (Cliché de M. d’ideville.
- fluence des milieux dulcaquicole ou saumâtre dans lesquels elles vivent.
- Quoi qu’il en soit, le lamantin de l’Afrique occidentale est un animal de grande taille qui atteint 3 mètres de longueur et dont le poids dépasse souvent 250 kilogrammes ; son corps fusiforme se termine à la partie postérieure par un large gouvernail, tandis que ses membres antérieurs s’étalent en puissantes nageoires. Sa peau, d’une nuance brun clair, est parsemée de poils rudes ; à un âge avancé, toute la surface du corps est parfois recouverte d’une véritable carapace formée de coquillages marins.
- Le lamantin, maintes fois décrit par les naturalistes, est très mal représenté dans les Musées d’histoire naturelle : notre Muséum n’en possède qu’un exemplaire en assez mauvais état; cette rareté est due à la presque impossibilité d’amener l’animal vivant dans nos pays2, et aussi à la difficulté d’en
- 1 Le nom générique de Tricheçus a été récemment substitué à celui de Manatus.
- 2 Le chef du poste télégraphique de Goundam avait récemment
- 36® année. — 1er semestre.
- préparer la peau sur place beaucoup plus qu’à la difficulté de se capturer.
- Les populations riveraines du Sénégal et du Niger prêtent à cet étrange animal certaines propriétés magiques. Les Mandé le considèrent comme le « totem » de leur famille; les Ma-ndé sont les fils du lamantin (mot à mot Ma, lamantin, ndé ou ndiri, fils). Non seulement il leur est interdit de mettre à mort ce parent aquatique, mais le seul contact de sa peau les expose à contracter de cruelles maladies dont la plus bénigne est la lèpre.
- Pour les Ouolof du Sénégal, le lamantin est la victime d’un sombre drame. Bien longtemps avant l’arrivée des blancs dans le pays, un vieux magicien maure de la rive droite du fleuve avait amené par ses maléfices le chef peulh de Boundou-Aëré à lui
- donner en ma-- ••• riage sa fille
- Aéba. Malgré ses larmes, la jeune fille ne put éviter son triste sort et dut quitter le toit paternel pour aller vivre sous les tentes de son vieil époux. Une nuit cependant, elle réussit à s’enfuir du campement maure et se jeta résolument dans le fleuve pour rejoindre les siens.
- Mais le magicien veillait, et la fugitive fut bientôt ramenée sur la berge : malgré sa jeunesse et sa beauté, le cruel vieillard lui coupa les deux mains et, après lui avoir lié les pieds, la fit jeter à la rivière.
- Dieu prit en pitié la malheureuse victime et lui conserva la vie dans la profondeur des eaux : c’est elle que les pêcheurs rencontrent parfois dans les criques silencieuses, le buste entièrement sorti de l’eau; le temps n’a pas changé ses traits : elle a gardé le front bombé, la peau claire, les grands yeux humides et surtout les seins arrondis des filles des pasteurs....
- Cette légende, que racontent les « griots » sur les rives du Sénégal et de la Gambie, n’est pas sans analogie avec l’antique fable des Sirènes.
- Malgré cette interprétation touchante de ses formes extérieures, et sa parenté totémique avec la plus importante famille nègre de l’Afrique occidentale, le
- capturé un jeune lamantin qu’il réussissait à alimenter avec du lait de vache. Une nuit, l’animal étant sorti de son bassin fut tué par les hyènes.
- 19
- lamantin sur le Niger. — Mission Desplagnes).
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- 290 .....L’ACIDE CARBONIQUE LIQUIDE COMME DISSOLVANT
- lamantin est considéré comme un gibier de choix, tant à cause de l’abondance que de l’excellente qualité de sa chair. Les Somono du Niger et les pêcheurs diola de la Basse-Casamance lui font une guerre de tous les instants. Sa chasse ou plutôt sa pêche, qui n’offre d’ailleurs aucun danger, se pratique à l’aide d’un solide harpon1, dont le fer barbelé est monté à frottement dur sur une longue hampe de bambou; une cordelette, en fibres de palmier, longue de 10 à 12 m., est fixée d’un côté au fer du harpon et de l’autre au milieu de la hampe.
- Quand le pêcheur, couché sur l’avant de sa pirogue, a aperçu, à la lueur de sa torche de paille, le lamantin endormi au fond de l’eau, il lui porte un violent coup de harpon. L’animal blessé fait un bond terrible qui démonte l’arme : il fuit à toute vitesse, emportant dans sa chair le fer barbelé et la corde qui y est attachée; mais il entraîne également la hampe de bambou, qui flotte à la surface et qui trahit sa retraite.
- Si le harpon a été manié par une main habile, le mammifère marin ne tarde pas à succomber à la perte de son sang; sinon il est achevé à coups de lance.
- L’énorme corps est amené à la berge et immédiatement partagé entre les chasseurs : c’est pourquoi il est presque impossible d’acheter l’animal complet. Les chasseurs entendent
- bien d’ailleurs se réserver certaines parties du corps pour en faire des charmes : on sait, en effet, que les ongles du lamantin sont souverains contre la gale, et les Diola n’ignorent pas que la peau de la nageoire caudale fait tomber la pluie à volonté : ces superstitions sont, à n’en pas douter, des phénomènes de magie sympathique faciles à expliquer par l’aspect squameux de la peau et par l’habitat aquatique de l’animal.
- Le lamantin se fait de jour en jour plus rare et l’on peut prévoir sa prochaine disparition. Le gouvernement s’en est ému et a compris ce singulier mammifère dans la liste des animaux dont la chasse doit être réglementée. Malheureusement l’homme n’est pas le seul ennemi du lamantin : le requin, dans les lagunes saumâtres et le crocodile dans les eaux douces n’hésitent pas à l’attaquer et réussissent à s’en rendre maîtres. Ce fait, que les pêcheurs diola de M’iomp nous ont maintes fois raconté, nous a été confirmé par l’examen d’un squelette de lamantin envoyé du Niger au Muséum d’IIistoire naturelle par M. le lieutenant Desplagnes; à n’en pas douter l’énorme animal avait eu la nageoire gauche entièrement coupée au niveau de l’humérus et la cicatrisation de l’os montre que le lamantin avait survécu longtemps à cette terrible blessure, que seul un crocodile de grande taille pouvait avoir occasionnée. Dr Maclauü.
- Fig. 2.
- Harpon démonlalile des pêcheurs du Niger.
- EMPLOI DE L’ACIDE CARBONIQUE LIQUIDE COMME DISSOLVANT
- L’étude de la solubilité dans l’acide carbonique liquide de divers corps, solides et liquides, minéraux et organiques, a été faite il y a déjà quelque temps par M. Buchner et l’a conduit à distinguer dans cette solubilité trois cas essentiels: 1° il y a miscibilité complète, à l’état liquide, du corps considéré avec l’acide carbonique; c’est le cas de l’acide acétique, de l’alcool ordinaire, de l’éther, du sulfure de carbone, du camphre, de l’acétylène, de la benzine, de l’amylène, du pentane; 2° il existe une solution saturée critique de la substance dans le liquide carbonique, comme dans le cas de la naphtaline, del’iodo-forme, du bornéol, des acides phtalique et succinique anhydres, de l’urée et de presque toutes les substances minérales, les gaz exceptés; 3° il y a solubilité limitée des liquides, comme pour les acides propylique et butylique, le bromoforme, pour lesquels la solubilité croît avec la
- 1 Ce harpon diffère de celui des Esquimaux de la terre de Baffln en ce qu’il n’est pas muni de vessie remplie d’air, destinée à en augmenter la flottabilité.
- température, le thymol, la nitrobenzine, pour lesquels la solubilité réciproque diminuequand la température s’élève. Les substances volatiles, à l’exception de l’alcool et de l’eau, paraissent donc solubles en toutes proportions dans l’acide carbonique liquide; au contraire, les substances peu ou point volatiles sont en général presque insolubles. Suivant le point de fusion, la substance solide peut rester en présence de la solution dans l’acide carbonique, ou bien former une seconde couche liquide. Le premier cas se produit en général pour les combinaisons fondant au-dessus de 60°. Par l’ensemble de ses propriétés, le gaz carbonique liquide se différencie fortement des autres gaz liquéfiés, comme l’acide sulfureux et l’ammoniaque qui dissolvent facilement les sels minéraux, ou comme les acides chlorhydrique, hromhydrique, iodhydrique, suif hydrique dans lesquels beaucoup de corps organiques sont facilement solubles. Il se rapproche, au contraire, du cyanogène liquide qui ne dissout, lui aussi, que très peu de corps. A. il.
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- CHAUDIÈRE DE LOCOMOTIVE (SYSTÈME BROTAN)
- Une chaudière de locomotive du type classique se compose d’un foyer de forme parallélépipédique à la partie inférieure duquel se trouve une grille sur laquelle on brûle le combustible destiné à la vaporisation de l’eau de la chaudière. Ce foyer en cuivre, tout au moins en Europe, est entouré d’une boîte à feu qui en épouse à peu près la forme, en laissant, toutefois, sur son pourtour des lames d’eau de largeur sulfisante pour permettre la circulation de l’eau de la chaudière. Cette boîte à feu en acier doux se raccorde par sa partie avant, au moyen de tôles embouties, avec le corps cylindrique de la chaudière, lequel renferme le faisceau tubulaire.
- Les parois du foyer et de la boîte à feu qui sont planes et qui, par suite, ne présentent qu’une faible
- rieur de la boîte à fumée placée à l’avant du corps cylindrique et, de là, dans la cheminée où vient également aboutir le tuyau d’échappement de vapeur des cylindres moteurs, qui active et régularise la combustion du charbon sur la grille du foyer.
- Sous l’influence de ces gaz chauds en contact direct avec les parois du foyer et par le passage de ceux-ci dans les tubes qui constituent le faisceau tubulaire du corps cylindrique, l’eau de la chaudière est vaporisée à une pression déterminée à l’avance et qui ne peut être dépassée grâce aux soupapes de sûreté disposées dans ce but à la partie supérieure de la chaudière, le plus généralement dans le voisinage de la boîte à feu.
- Jusque vers 1885, la pression de la vapeur dans
- résistance à la pression de la vapeur, sont rendues indéformables au moyen de barrettes filetées, appelées enlretoises, très rapprochées et qui les relient l’une à l’autre. Quant à la plaque avant du foyer dont l’épaisseur est plus grande, elle est rendue indéformable par les tubes contenus dans le corps cylindrique qui, faisant fonction d’entretoises, la relient à la plaque avant de ce même corps cylindrique. Le ciel du foyer est lui-même rendu indéformable, soit par des poutrelles reportant la pression sur les parois latérales du foyer, soit par des tirants reliant ce ciel du foyer avec le berceau formant la partie supérieure de la boîte à feu. La plaque arrière du foyer et de la boîte à feu sont percées d’une ouverture par laquelle on charge le combustible sur la grille.
- Le foyer est muni d’une voûte en briques qui a pour but de brasser dans ce foyer les produits de la combustion qui se rendent ensuite dans le faisceau tubulaire du corps cylindrique pour aboutir à l’inlé-
- les chaudières ne dépassait guère 10 kg; mais, à partir de cette époque, cette pression a été notablement augmentée et le timbre de 16 kg se rencontre aujourd’hui dans nombre de locomotives, tant françaises qu’étrangères. C’est, du reste, grâce à cette augmentation de la pression de la vapeur, jointe à une meilleure utilisation de la vapeur par le fonctionnement compound, qu’il a été possible d’accroître notablement, dans ces derniers temps, la quantité de travail produite par le kilogramme de vapeur, et, par suite, la puissance des locomotives. Mais cet avantage incontestable n’a pas été sans entraîner pour la chaudière des inconvénients sérieux dont nous allons dire un mot.
- Tant que les pressions dans la chaudière n’ont pas dépassé 10 kg environ, les plaques tubulaires de foyer pouvaient durer de 25 à 30 ans. Aujourd’hui avec les pressions actuelles, par suite des dilatations et des compressions alternatives du-'faisceau tubu-
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- 292 CHAUDIÈRE DE LOCOMOTIVE (SYSTÈME BROTAN)
- laire, il se produit rapidement des ruptures entre les trous des tubes et des criques importantes aux angles des plaques tubulaires, de telle sorte qu’au bout de trois ou quatre ans, ces plaques tubulaires doivent être remplacées. De plus, les plaques de côté du foyer, surtout dans le voisinage des voûtes en briques, se détériorent rapidement et les entretoises qui relient les plaques de loyer avec celles de la boîte à feu, sous l’influence de l’inégale dilatation des deux parois, se trouvent soumises à des efforts de flexion et se déforment ; les trous filetés dans les parois du foyer s’agrandissent en produisant des fuites qui entraînent le remplacement des entretoises. 11 est également bon d’ajouter que la résistance de
- au bout de deux ans, l’épaisseur des tôles qui était primitivement de 18 mm se trouvant réduite à 5 mm près de la grille. Les enlretoises complètement rongées jouaient dans leurs trous. Les mêmes effets se sont reproduits en remplaçant les tôles de cuivre du foyer par des tôles de fer ou d’acier.
- On conçoit donc qu’en présence d’inconvénients aussi graves et qui ne sont pas sans entraîner des dépenses d’entretien considérables, et en présence également des avantages dus à l’emploi des hautes pressions dans les chaudières et de l’emploi du fonctionnement compound, on ait cherché depuis longtemps déjà à supprimer les tôles dé cuivre du foyer et les entretoises, causes primordiales de ces
- Fig. 2. — Chaudière Brotan avec collecteur sur la boîte à feu.
- ces entretoises en cuivre s’abaisse notablement à mesure que la température augmente et, par conséquent, la pression. Dans ces derniers temps, on a remplacé ces entretoises en cuivre par des entretoises formées d’un alliage spécial ou ayant des formes plus rationnelles, mais les résultats obtenus n’ont que très imparfaitement résolu le problème.
- Une autre cause de dégradation du foyer, plus importante encore, est celle résultant de l’emploi de combustibles sulfureux ou d’eaux d’alimentation mauvaises. Le cuivre du foyer est attaqué et les têtes d’entretoises, à l’intérieur du foyer, sont complètement rongées dans un délai très court. Ainsi, sur certaines sections des chemins de fer de l’État Autrichien où on brûle des lignites très sulfureux, l’usure des parois du foyer atteint 1 mm et 1 mm 1 /2 par mois. Des foyers en cuivre ont dû être remplacés
- dégradations et de ces augmentations de dépenses.
- Parmi les chaudières qui ont pour but de parer à ces inconvénients, nous citerons celle étudiée par M. Brotan, ingénieur principal aux chemins de fer de l’État Autrichien.
- La partie inférieure du foyer (fig. 3) est formée d’un tube en acier moulé d’environ 0,15 m, de largeur relié à la partie inférieure du corps cylindrique par des tubes en cuivre. Du tube en acier moulé, formant le cadre du foyer, partent verticalement, à droite et à gauche, des tubes d’acier sans soudure de 90 mm de diamètre et de 5 mm d’épaisseur. Ces tubes latéraux jointifs forment les parois latérales du foyer. A leur partie supérieure, afin de former le berceau de ce foyer, ces tubes s’infléchissent pour aboutir dans un collecteur cylindrique supérieur s’étendant sur toute la longueur de la chaudière et
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- CHAUDIÈRE DE LOCOMOTIVE (SYSTÈME BROTAN) 1 ; 293
- relié au corps cylindrique, auquel rien n’est changé, par des cuissards. La partie arrière du foyer est également munie partiellement de tubes verticaux et, dans les endroits où ces tubes laissent un vide, celui-ci est rempli par des briques réfractaires.
- Le corps cylindrique de la chaudière qui, comme nous venons de le dire, est entièrement semblable à celui des chaudières ordinaires, est terminé à ses deux extrémités par des plaques tubulaires et complètement garni de tubes à fumée. Le niveau de l’eau de la chaudière atteint l’axe du collecteur supérieur.
- Dans ces conditions, sous l’action de la chaleur résultant des produits de la combustion, une circu-
- la chaudière Brotan fait disparaître les principales causes de détérioration du foyer que nous avons signalées plus haut. Elle supprime les surfaces planes du foyer, les entretoises ou les tirants du ciel du foyer, causes fréquentes de ruptures et d’entartrage. Elle supprime, sur les faces exposées au feu, les rivures et les joints de tôle pouvant être rongées par le feu. Avec la chaudière Brotan on peut obtenir une circulation d’eau active, ce qui n’est pas sans avantage au point de vue du rendement et de la suppression des incrustations. Il est possible d’atteindre des pressions élevées avec le minimum de danger d’explosion. Son nettoyage et son détartrage
- Fig. 5. — Chaudière Brotan avec collecteur sur toute la longueur de la chaudière.
- lation active de l’eau s’établit du corps cylindrique vers le tube formant le cadre du foyer et de ce tube vers le collecteur supérieur, puis enfin, de celui-ci vers le corps cylindrique par les cuissards formant la liaison entre le collecteur supérieur et le corps cylindrique. Des ouvertures ménagées dans le cadre du foyer, et à tous les endroits où cela est nécessaire, permettent le nettoyage et le détartrage des tubes d’eau. Une enveloppe en tôle de 10 à 15 mm d’épaisseur entoure tout le faisceau tubulaire du foyer (fig. 1).
- La figure 2 montre une chaudière du même système, mais où le collecteur supérieur, au lieu de régner sur toute la longueur de la chaudière, est raccordé à la partie supérieure de la plaque tubulaire dont la surface a été agrandie dans ce but.
- Comme .on le voit, d’après cette brève description,
- sont faciles. Enfin, d’après les renseignements fournis, à égalité de surface de grille et de surface de chauffe, elle ne pèse pas plus que la chaudière ordinaire et son prix est un peu moindre.
- La chaudière Brotan a été appliquée, pour, la première fois, en 1901, à une locomotive à marchandises de l’État Autrichien, brûlant des lignites très sulfureux. Après un service très dur de plus de trois années, aucun tube d’eau n’avait été remplacé et le foyer était en parfait état. Aucune corrosion ni déformation des tubes n’avait été remarquée dans le voisinage de la grille. En présence de ces heureux résultats, les chemins de fer de l’Etat Autrichien ont appliqué ce type de chaudière à un certain nombre de locomotives, soit à marchandises, soit à grande vitesse.
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- Différentes autres administrations de chemins de fer sont entrées dans la même voie. Nous citerons parmi celles-ci : les chemins de fer de l’État Hongrois, Moscou-Kazan, les chemins de fer Prussiens, les chemins de fer Fédéraux Suisses, le Gothard, le Sud-Est Russe et les compagnies des chemins de fer français du P.-L.-M. et du Midi.
- Que peut-on conclure de tout ce qui précède. La chaudière tubulaire deStephenson qui, pendant près de quatre-vingts ans, a pu faire face à toutes les exigences grâce à son élasticité et à sa simplicité, pourra-t-elle dans l’avenir satisfaire aux nouvelles exigences d’un service de plus en plus dur, aux accroissements de pression si utiles au point de vue de l’utilisation de la vapeur avec le fonctionnement compound, ou devra-t-elle céder la place à un nouveau type de chaudière, peut-être moins avantageux à certains points de vue, mais se prêtant mieux à ces accroissements de pression, à une vaporisation plus intense et, par suite, à son accroissement de puissance.
- La chaudière de locomotive est à l’heure actuelle
- à un tournant de son histoire et il serait téméraire de préciser quelle sera la solution à laquelle on s’arrêtera dans l’avenir. Nous ne pouvons donc, pour le moment, qu’indiquer les opinions qui semblent prévaloir actuellement.
- Un certain nombre d’ingénieurs prétendent que, au moyen des foyers débordants dont l’emploi se généralise de plus en plus et qui permettent l’élargissement des lames d’eau, tout en améliorant la circulation de l’eau autour du foyer et facilitent également l’usage d’entretoises plus longues, soumises à des flexions moindres et, par conséquent, moins sujettes aux ruptures, il sera possible de prolonger pendant longtemps encore l’existence de la chaudière classique de Stephenson.
- D’autre part, en se basant sur la généralisation de l’emploi de la vapeur surchauffée tant à l’ordre du jour à l’heure actuelle, d’autres ingénieurs assurent que des pressions maximum de 12 kg seront amplement suffisantes et qu’alors encore on pourra retarder cette évolution. s
- R. Bonnin.
- CHRONIQUE
- L’électricité dans le vol des oiseaux. — M. Ar-
- mengaud jeune a observé que le vol plané des oiseaux ne peut s’expliquer par les lois de la mécanique générale. Reprenant une théorie due à un ingénieur autrichien, M. Suchanek, il pense que l’électricité pourrait bien constituer une des causes de l’acte physiologique du vol ; autour d’un corps se mouvant dans l’air, il se produit une couche adhérente qui l’accompagne dans ses déplacements, et qui s’électrise par frottement. Si le corps est un bon diélectrique, ce qui est le cas pour les enveloppes de ballons, et le duvet du corps des oiseaux, il se produira des phénomènes de condensation électrique qui donneront lieu à des attractions et à des répulsions dont le résultat peut être d’augmenter le pouvoir sustentateur de l’air. Certains exemples tirés de la pratique des ascensions en ballons libres viendraient à l’appui de cette thèse : ainsi, il est arrivé quelquefois qu’un ballon, après une descente rapide due à l’ouverture de la soupape, s’arrête à quelques centaines de mètres du sol, puis remonte sans qu’on jette de lest. M. Armengaud estime
- insuffisante l’explication qui consiste à dire que le gaz s’est échauffé par frottement, d’où dilatation et augmentation de force ascensionnelle, et il croit à l’effet d’un phénomène électrique.
- Ce qu’on peut tirer d’eau d’une mine. — Les
- compagnies minières américaines exploitant l’anthracite ont constamment à lutter contre l’envahissement des eaux souterraines ; et le service des mines a calculé la quantité d’eau qu’elles doivent, dans leur ensemble, élever au niveau du sol : elle correspond à un volume énorme de plus de 2 millions de litres à la minute, ce qui fait bien près de 1100 milliards de litres par an. Et encore ne tient-on compte, dans ce calcul, que des mines où l’eau est enlevée au moyen de pompes, et non des mines où l’élévation de l’eau se fait au moyen de bennes. Il faudrait bien ajouter de ce chef 45 milliards de litres au moins. On arrive à cette conclusion approximative, mais suffisamment exacte, que, pour chaque tonne d’anthracite, il faut élever à la surface 15 tonnes d’eau. Et parfois le débit est double.
- L’ARBRE ET SES ENNEMIS
- Anciennement, les versants montagneux, les collines, les plaines de France étaient, en majeure partie, couverts de forêts. Sachant par expérience qu’une contrée sans arbre est un pays sans eau, et qu’un pays sans eau est fatalement voué à la stérilité, nos ascendants avaient divinisé l’arbre et la source auxquels ils rendaient un culte tout particulier.
- Sans exalter à ce point les bienfaits de la parure végétale, le Saharien, en présence de l’étranger, ne manque pas de s’écrier : « Es-tu donc abandonné d’Allah, ou maboul à tel point qu’ayant chez toi des
- arbres et de l’eau tu viens affronter les régions désertiques » ? Ce qui n’empêche pas le nomade, fanatique et insouciant, de brûler la forêt, pendant son séjour dans le Tell, espérant, mais en vain, augmenter l’étendue de son pâturage.
- Du reste, dans les Alpes, le Jura, les Vosges ou les Pyrénées, les choses ne se passent pas autrement. Au commencement du xvne siècle, les provinces Basques étaient encore couvertes de futaies et d’innombrables bouquets de chênes. Le Béarn, la Bigorre, la Gascogne, le Languedoc, le Roussillon étalaient
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- L’ARBRE ET SES ENNEMIS : 295
- sans lacune, pour ainsi dire, leur magnificence forestière de l’Atlantique à la Méditerranée.
- Pour fournir à la Marine les matériaux destinés à la construction des vaisseaux, l’exploitation forestière commença sous Richelieu. A. partir de cemoment jusque vers le milieu du xixe siècle, l’Etat veilla assez activement à la conservation des forêts, sans pouvoir toutefois, empêcher les incendies clandestins.
- Lorsque le métal fut substitué à la matière ligneuse, les communes, — prétextant que le bois devenait inutile aux constructions navales, — formulèrent des revendications nombreuses, espérant s’approprier les terrains boisés et les exploiter à leur bénéfice.
- L’Etat, fort heureusement, ne céda pas. Néanmoins, depuis quelques années, la parcimonie des
- soit en ce moment l’objet d’une tentative d’acquisition en vue de coupes blanches », écrivait naguère M. Pierre Baudin.
- Dans les seuls départements del’Est, 125000 hectares de bois auraient été rasés, pendant ces dernières années, d’apres M. Robert de Souza. Est-il besoin de faire ressortir combien ces sortes d’entreprises, ruineuses pour nous, sont au contraire profitables aux Allemands? Par ce moyen pratique et lucratif, nos voisins ménagent leurs réserves et détruisent méthodiquement, sous l’égide de nos lois, les massifs forestiers qui, en cas de conflagration, pourraient gêner leurs mouvements stratégiques.
- Tout récemment, — da-ns un discours très documenté prononcé à la Chambre, au nom du groupe parlementaire formé en vue de la défense forestière et
- Fig. 1. — Vue de la région orientale du Massif de Nèoubieille (Iîautes-Pyrénées). (Phot. de M. Émile Belloc.)
- crédits consacrés au reboisement, l’insuffisance des moyens législatifs destinés à combattre l’exploitation à outrance des forêts particulières, et surtout l’extraordinaire indulgence des magistrats envers les délinquants, ont gravement compromis nos richesses forestières.
- Les Belges, les Allemands, plus positifs que nous, défendent leurs foréi s avec une extrême rigueur, tandis qu’à l’aide de syndicats financiers et de sociétés puissantes d’exploitation, ils ravagent notre domaine forestier, coupant les arbres au pied sur la souche, c’est-à-dire à « blanc estoc »b « Il n’y a plus en France une forêt de quelque importance qui ne
- 1 On a pris l'habitude regrettable de prononcer, et même d’écrire éto ou étoc pour estoc (s et c fortement prononcés). Estoc veut dire « souche, tronc d’arbre ». Ce nom vient de l’allemand stock, « bâton, épée étroite, etc. ». — Couper un arbre à Blanc-être ou à blanc-estoc, c’est-à-dire « à fleur de erre », est un terme fort ancien et très usité, sous cette forme, dans l’exploitation forestière et l’industrie des bois.
- pastorale, — M. Deléglise a prouvé, une fois de plus, la nécessité de mettre notre patrimoine forestier hors d’atteinte des souillures de l’étranger. La réponse éloquente de M. le Ministre de l’Agriculture confirma pleinement le danger. « La question de la conservation de nos forêts est des plus graves, dit excellemment M. Ruau, elle intéresse à la fois l’économie politique même de ce pays, en même temps que la sécurité et la santé publique »....
- Mais, si attristante que puisse être la vue de l’étranger dévastant nos richesses territoriales, il est non moins fâcheux de constater combien l’esprit de nos populations rurales et montagnardes est encore rebelle à l’idée de conservation de l’arbre et de la forêt. Loin de les protéger, l’indigène les dégrade. En conduisant par milliers ses moutons dans des pâturages épuisés, il facilite la dénudation du sol et prépare ainsi des catastrophes autrement redoutables que celles occasionnées par les intempéries. Quelques
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- Fig. 2 et 3.
- Vues prises (août 1907) sur la route de Monlauban à Juzet, canton de Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne).
- faits, brièvement énumérés, en fourniront la preuve démonstrative.
- Au centre d’un admirable site pyrénéen (fig. 1), situé au pied du versant oriental de Nèoubieille (Hautes-Pyrénées), on distingue une large croupe rocheuse, partiellement boisée. Un dépôt morainique, ancien, recouvre le granité en place formant l’ossature de cette arête, longitudinale par rapport à la direction générale de la vallée. Les deux lacs qu’elle sépare doivent leur origine à l'effondrement du sol.
- Des masses éparses de conifères tapissent les penchants montagneux d’alentours. Caractéristique intéressante à signaler : cette antique forêt, déchue de sa splendeur passée, profile encore ses verdures sombres jusqu’aux environs de 2500 mètres d’altitude, fait d’élévation exceptionnelle.
- Le meilleur moyen défavoriser le reboisement de cette superbe région, serait de la mettre en défens pendant quelques années. En effet, la neige n’a pas encore disparu que déjà chèvres et moutons sont prêts à brouter les tiges naissantes des pins, dont les extrémités, tendres et succulentes, émergent imprudemment entre les rochers. Mais il n’y faut point songer : cette propriété étant communale, il est fort probable que la municipalité serait plutôt disposée à l’aliéner qu’à la restaurer.
- Maintes fois, j’ai constaté, de visu, combien dans certains cas l’action de l’homme était néfaste ! Le berger, par exemple, détruira sans vergogne les plus vénérables géants des forêts pour alimenter son foyer, tandis qu’autour de lui le bois mort jonche le sol. Yeut-il faire provision de « bois gras » destiné à éclairer son misérable gourbi ? Sa cognée mutilera sans remords un arbre séculaire, abandonné le lendemain pour une autre victime.
- S’agit-il de confectionner quelque grossier ustensile de ménage, ou bien simplement un collier rustique servant à suspendre la cloche au cou d’un bélier conducteur?Le baliveau le plus droit, le plus sain, sera sacrifié sans scrupule. Malheureusement l’arbre abattu, nul autre ne le remplacera, toute nouvelle pousse étant impitoyablement tondue par le troupeau.
- Bûcherons, charbonniers, voire même les chasseurs imprudents qui allument parfois l’incendie, personne n’a l’air de se douter que l’arbre régénérateur des sources est un auxiliaire indispensable à la conservation du sol.
- De tous les côtés pourrissent des troncs de sapins gigantesques, abandonnés le long des halliers ou des sentiers forestiers, par des exploitants jugeant trop dispendieux, après l'abatage, de les faire enlever.
- Ces actes de barbarie, dignes des peuples sauvages, se renouvellent sans cesse d’un bout à l’autre des massifs montagneux, sans que personne s’en inquiète nullement.
- Voulons-nous diriger nos investigations vers les basses vallées, en plein pays civilisé! Le vandalisme apparaîtra encore plus écœurant. Un coup d’œil, jeté rapidement sur les plantations de nos
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- voies publiques, fixera les idées sur ce point.
- Ici un fort bel arbre troué de part en part, à l’aide d’une grosse tarière, bourré de chaux vive ou de poudre de mine, dépérit à vue d’œil. Là — débris lamentables d’une allée magnifique, — une rangée de platanes sycomores quasi centenaires (fig. 5), ceinturés de coups de hache, est vouée à la mort. Plus loin, décortiqué par le feu (fig. 5) qu’une main criminelle à sa base alluma, un autre arbre succombera bientôt à ses blessures. Sur la même route, un tilleul écorché vif (fig. 2), profilant sa silhouette squelettique vers les nues, semble implorer la protection des cieux. Autre part, c’est une longue allée de châtaigniers bordant la route Nationale, dont les arbres splendides, violemment heurtés par les chars, sont outrageusement martyrisés.
- Terminons cette brève et fort incomplète énumération, en citant un dernier fait, inédit comme les précédents.
- Réduit à sa plus simple expression par des mutilations successives, et, pour ainsi dire à l’état de moignon, l’arbre tordu représenté figure 6, offre néanmoins une particularité très curieuse.
- La Nature a publié dernièrement (n° 1780, 6 juillet 1907), un article de M. le professeur Jean Brunhes consacré au sens de torsion des arbres. Au cours de cette intéressante étude, l’auteur cite un ensemble de faits observés par M. Yan den Broeck, desquels il résulte que les arbres tournent presque sans exception, « en sens inverse des aiguilles d’une montre... », c’est-à-dire « dans le sens sinistrorsum ».
- Dans le cas présent, on remarquera — contrairement aux observations générales du savant géologue belge, — que la circonvolution en hélice, décrite par le tronc de chêne figuré ci-dessus, est conforme à la marche des corps célestes marquant les heures. Autrement dit celui-ci est tordu dans le sens de la marche des aiguilles d’une montre; — il tourne donc dans le sens dextrorsum. Rapprochée des faits analogues déjà observés par M. E.-A. Martel, cette constatation peut avoir sa valeur.
- En présence des mutilations stupides signalées plus haut, on pourrait croire que la répression s’impose comme une impérieuse nécessité. Détrompons-nous. « Ces arbres gênent les riverains, leurs racines entravent les labours, leur feuillage est préjudiciable aux récoltes », au dire d’un garde que j’interrogeais. L’examen de notre gravure (fig. 4), suffira amplement pour démontrer l’inanité d’une telle affirmation1. « Du reste, ajouta-t-il, verbaliser serait vouloir mettre la population contre nous ; la contravention n’aurait probablement pas de suite, et, si le délinquant était protégé, je risquerais ma place. »
- 1 Cet exemple est typique en ce sens que l'arbre du chemin (celui de gauche) a été odieusement mutilé, tandis que celui de droite, planté dans la propriété même du riverain, est absolument indemne. Remarquons, en outre, que la plupart de ces arbres, idiotement saccagés sans aucun profit pour l’auteur, bordent des propriétés remplies d’arbres.
- Fig. 4 et 5.
- Vues prises (août 1907) sur la roule de Monlauban à .luzet, canton de Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne).
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- Il y a des choses que l’on n’invente pas : savez-vous ce qui a été imaginé de plus ingénieux, jusqu’ici, pour réprimer ces actes de sauvagerie dignes du plus pur crétinisme? C’est d'abandonner aux cantonniers le bois mort provenant des routes et chemins qu'ils sont chargés d'entretenir! Cette élégante solution paraît être le meilleur moyen, en clïêt, d’empêcher ces beaux arbres de mourir... de vieillesse.
- Conclusions. -traies, un petit coin de terre privilégiée où la déforestation avait étéassez discrète,
- Jusqu’à ces temps derniers. La cause initiale de cette espèce d’immunité est généralement peu connue.
- Contrairement à toutes les lois naturelles, le Pays d’Aran, berceau de notre grand fleuve pyrénéen — la ronne — forme une enclave espagnole en plein territoire français. Une barrière de hauts reliefs, infranchissable durant huit à neuf mois de l’année, prive les Aranais de toute communication directe avec l’Espagne.
- Le Val d’Aran n’a des voies carrossables que vers la France. Gêné par cela même dans ses échanges internationaux, ce pays est obligé de consommer sur place ses propres produits. Ces conditions défavorables ont évidemment contribué, pour une large part, à la conservation de la couver-Fure arboricole; mais, avant tout, c’est Yabsence de minerai de fer exploitable qui a mis le domaine forestier Aranais hors d’atteinte des anciens exploitants des forges dites « à la Catalane », auxquels les contrées voisines doivent l’anéantissement de leurs forêls. Malheureusement, ce beau tapis végétal, si utile cà la régularisation du débit de la Garonne et à la préservation de son bassin tout entier, se trouve présentement fort menacé; certaines municipalités
- Aranaises ayant déjà amodié une partie de leurs forêts et des usines de pâte à papier étant en voie de construction.
- A cela nous ne pouvons rien ou presque rien : les Espagnols sont maîtres chez eux. Cependant, étant donnée la position géographique, exceptionnelle, du Val d’Aran, en frappant les matières d’origine ligneuse, de droits prohibitifs à leur entrée sur le sol français, on atténuerait, dans une large mesure, les effets désastreux de ces déboisements.
- Quant aux actes de vandalisme relatés dans cet article, rien de plus facile que de les réprimer; il suffirait de rendre les communes pécunière-menl responsables envers l'Étal ou les particuliers, des dommages causés par malveillance, ou dans un but d'intérêt personnel, aux plantations, aux bois ou aux forêls dépendant de leur territoire1.
- Mais voudra-t-on recourir à cette mesure générale, — exempte par cela même de toute espèce de froissement individuel,^— simple, pratique et de nature à assurer infailliblement la police forestière, sans qu’il en coûte un centime aux finances de l’État?
- La déforestation est une calamité : c’est elle qui engendre les terres désertiques. Espérons que les efforts des hommes dévoués qui la combattent, seront moins stériles que le sol de notre belle France le jour où son dernier arbre sera déraciné.
- Émile Belloc,
- Président honoraire de la Société d’Aquiculture de France.
- Membre du Syndicat de la Presse agricole.
- 1 Ce vœu, — qu’en qualité de délégué du Club Alpin Français, je proposais au Congrès de la Fédération régionaliste de France, tenu à Paris le 16 et le 17 janvier 1908, sous la présidence de MM. les députés Charles Banquier, de Gailhard-Bancel et Louis Marin, ce dernier étant président de l’Association, — fut voté par l’assemblée à l’unanimité.
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- LA BATAILLE CONTRE LE GRISOU
- En dépit de tous les progrès scientifiques et de toutes les précautions prises, il se produit encore trop souvent dans les mines de ces terribles coups de feu, que l’on attribuait autrefois uniquement au grisou et dans lesquels on a reconnu plus récemment le rôle important joué par l’inflammation instantanée des poussières. Pour comprendre cette désolante répétition de sinistres que l’homme semble impuissant à éviter, et dont les plus considérables de beaucoup, ceux de Courrières en France, de Mononglia aux Etats-Unis, viennent précisément de se produire alors qu’on se croyait le mieux armé par les progrès scientifiques, il faut se représenter comment s’engage la bataille contre ces terribles adversaires.
- Le grisou est, on le sait, un mélange d’hydrocarbures •complexes, parmi lesquels domine de beaucoup (85 à 95 pour 100) le méthane, ou formène. Son mélange avec l’air donne un produit qui peut commencer à être explosif dès que la teneur en hydrogène protocarboné dépasse G pour 100. Or il semble bien que la formation de ce gaz soit un corollaire presque nécessaire de la décomposition qui a transformé les matières végétales en houille; et, si certains charbons n’en contiennent plus, c’est surtout que leur gaz a eu le temps de se dégager, tandis qu’il s’est accumulé exceptionnellement dans d’autres parties au point de rendre la houille elle-même explosive. Une première conséquence de cette idée est que, plus les travaux de mine deviennent profonds, plus on moyenne, on a de chances d’y rencontrer du grisou; et une seconde, c’est que certaines accumulations, de proportions tout à fait extraordinaires, sont bien difficiles, parfois même impossibles à prévoir : il peut s’en présenter dans toutes les poches ou fissures, non seulement de la houille, mais même de son toit stérile ou plus rarement de son mur (base de la couche), dans les vieux travaux, qui n’avaient pas paru grisouteux pendant leur exploitation, etc.
- L’un des dangers du grisou vient de la pression considérable sous laquelle il est parfois emmagasiné dans le combustible, pression qui amène son brusque dégagement avec une violence irrésistible. Dans la plupart des mines grisouteuses, on peut admettre que chaque tonne de houille dégage 20 m3 de gaz, lesquels, introduits dans 520 m5 d’air, donnent un produit explosif capable de détruire tout un vaste quartier de mine. Certaines houilles vont beaucoup plus loin. On a trouvé, à Anzin, 59 m3 ; à Ronchamp, 15 à 56. Les pressions, qui ont toujours une tendance à s’accroître en allant de la surface libre vers l’intérieur du charbon, peuvent atteindre 15 à 16 atmosphères et sont souvent de 5 à 10.
- La bataille contre le grisou, ne pouvant avoir pour but de le supprimer, tend à le rendre inoffensif : 1° en le drainant d’avance par un « traçage » préalable et le noyant dans un courant d’air suffisant pour que la teneur explosive ne soit pas atteinte; 2° en supprimant toutes les chances d’inflammation, tous les feux quelconques pouvant provenir de lampes à feu nu, de coups de mine, d’étincelles électriques. Mais, avant de montrer comment on procède, il faut remarquer que les chances de succès sont toutes différentes lorsqu’on est dans le cas simple de grisou se dégageant avec continuité en proportions à peu près régulières et constantes ou, au contraire, dans celui d’une brusque invasion, provenant d’un « sac de grisou », d’un soufflard, d’une zone de charbon peu différente des autres par son aspect, mais où l’on a vu la proportion de grisou monter à 150 m3 par tonne. On est à peu près
- arrivé, en France, par une exploitation attentive, à supprimer les premiers genres d’accident; on reste presque autant qu’aulrefois à la merci des seconds.
- J’ajoute que les poussières charbonneuses, contre lesquelles on use des mêmes moyens de défense, en y ajoutant quelques précautions spéciales, comme l’arrosage, présentent un danger analogue à celui du grisou: leur mélange avec l’air à raison de 111 grammes par mètre cube donnant assez de calories pour porter les gaz à 2579°. Il se produit alors une onde enflammée, moins rapide que celle du grisou (1 mètre par seconde au lieu de plusieurs milliers) mais causant des effets destructifs et asphyxiants analogues.
- Quelle est au juste la part relative de ces poussières et du grisou dans les grands sinistres, c’est une question sur laquelle les opinions ont été singulièrement retournées dans ces derniers temps1? Actuellement certains mineurs considéreraient presque le grisou comme inoffensif sans les poussières. Il se manifeste là une évolution analogue à celle qui s’est produite en médecine où, après avoir attribué toutes les maladies aux microbes, puis à leurs toxines, on arrive à dire que les microbes pathogènes pullulent constamment en nous et ne deviennent nuisibles que lorsque certaines conditions de diathèse se trouvent réalisées. Le grisou, c’est le microbe; les poussières sont la diathèse. Quoiqu’il en soit, l’utilité de lutter contre le grisou paraît bien démontrée par ce simple fait que, de 1891 à 1906, depuis le moment où l’on a organisé cette lutte en France, toutes les autres conditions d’exploitation étant restées en gros les mêmes, les accidents de ce genre avaient à peu près totalement disparu et ce n’est pas une raison parce qu’il s’est produit depuis lors un seul sinistre, de proportions il est vrai colossales, celui de Courrières, pour se laisser aller au découragement.
- Revenons au grisou. J’ai dit qu’on cherchait à le faire dégager d’avance pour en rencontrer moins au moment de l’abatage. Le malheur est que, lorsque la houille n’est pas fissurée, le grisou s’en dégage fort lentement ; la tension du gaz, qu’on peut mesurer, ne baisse qu’avec une extrême lenteur, et une ou deux galeries, percées d’avance dans un massif de charbon, sont tout à fait insuffisantes pour en débarrasser. On est donc amené à préparer un traçage à mailles très serrées, ou à fissurer le charbon par divers procédés, dont le plus hardi consiste à y employer, dans certaines conditions spéciales, des explosifs.
- Puis vient l’aérage. On se propose de ne jamais laisser la proportion de méthane dépasser 1 pour 100 et même 1/2 pour 100 dans le retour d’air général. Cela exige naturellement l’envoi dans la mine d’un volume d’air considérable, au moyen de ventilateurs que l’on perfectionne chaque jour. Et surtout cela nécessite que ce volume d’air soit effectivement utilisé en circulant absolument dans tous les chantiers sans exception aucune, avec une surveillance constante exercée au moyen des grisoumètres que l’on possède aujourd’hui : la lampe Chesneau par exemple, qui permet de reconnaître immédiatement et facilement une teneur en grisou de 1/4 pour 100. En même temps, on s’attache à ne laisser aucun vide ancien, aucun de ces vieux travaux, où le drainage du grisou et son accumulation peuvent continuer à se faire longtemps encore après l’exploitation terminée, le gaz suintant des parois stériles du « toit » et du « mur ». C’est une des raisons principales pour employer
- 1 Yoy. n° 1778, du 22 juin 1907.
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- le remblayage à l’eau très parfait (au moyen d’un jet de
- boue pénétrant dans tous les vides) dont l’usage commence à se répandre.
- Tour les lampes, chacun connaît la découverte faite par Davy. La lampe Davy, insuffisamment sûre, est aujourd’hui abandonnée; on l’a remplacée par d’autres modèles plus parfaits, dont le seul inconvénient pratique est d’éclairer fort mal les chantiers. Mais, bien plus que le modèle de lampe choisi, le bon entretien des lampes, et, par conséquent, leur surveillance constante.sont à envisager. Le mineur a, en outre, besoin d’ètre garanti contre cette
- imprudence naturelle à quiconque joue avec le danger et contre la tentation d’ouvrir sa lampe, ou d’apporter des allumettes en cachette pour se procurer du feu. Quant à la question très grave des explosifs, elle a été à peu près résolue par l’emploi des explosifs, dits « de sûreté », ou anligrisouteux », qui, sans donner la sécurité absolue, sur laquelle on avait d’abord compté, ont néanmoins réalisé un progrès considérable. Évidemment un procédé où l’on supprimerait complètement l’emploi d’explosifs (air comprimé, etc.) donnerait une solution plus radicale.
- P. Sallioh.
- POMPE A INCENDIE AUTOMOBILE
- Les sapeurs-pompiers de Paris ont été pourvus, pompe centrifuge multicellulaire à haute pression ; récemment, de pompes à incendie dans lesquelles elle peut être accouplée directement avec l’arbre
- Fig. 1. —^ Les essais dans la cour de la caserne de la rue Carpeaux, à Paris.
- la propulsion du véhicule et l’entraînement de la pompe sont faits par un moteur d’automobile.
- Sur un châssis de camion automobile de la force de 60 chevaux, sont installés une pompe centrifuge cellulaire, trois dévidoirs et une carrosserie à quinze places avec coffres pour l’outillage et les accessoires, lances, raccord, clés, etc.
- Le moteur est à quatre cylindres verticaux de 150 mm d’alésage et 150 de course; il est placé à l’avant du châssis et commande, par un embrayage, un changement de vitesse et de marche et les roues arrière par deux chaînes.
- À la suite du changement de vitesse, est placée la
- prolongé du moteur, par la manœuvre convenable du seul levier de commande du changement de vitesse; à ce moment, ce levier est amené à une quatrième position, qui rend indépendante la transmission aux roues motrices, et met l’axé du moteur en prise directe avec l’arbre de la pompe centrifuge. 11 n’y a donc là aucune perte de puissance par des organes intermédiaires inutiles.
- La pompe centrifuge peut lancer deux mille litres à la minute, soit 120 mètres cubes à l'heure, à la hauteur de 50 mètres; notre figure 1 la montre actionnant six lances, qui doivent être maintenues verticales chacune par deux pompiers, tellement est
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- L’AGE DU P1THECANTHROPUS
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- grande la poussée de l’eau : dans cette photographie prise dans la cour de la caserne Carpeaux, à Paris, on remarque la pluie formée par la grande quantité d’eau projetée, qui couvre d’un voile épais tout le côté droit des bâtiments.
- Ce précieux engin de sauvetage lait en route plate 42 kilomètres à l’heure et monte les plus fortes côtes à la vitesse de 10 à 12 kilomètres; en outre la mise en marche du moteur, le départ du véhicule et l’embrayage de la pompe se font instantanément.
- Les anciennes pompes à vapeur nécessitaient Vattelage des chevaux, le transport à la vitesse de 15 kilomètres au maximum, la mise en pression de la chaudière; la pompe automobile actuelle démarre instantanément, elle effectue la route à une vitesse moyenne de 50 kilomètres à l’heure et est prête à pomper dès qu’elle est arrêtée sur le lieu du sinistre.
- Il y a donc un grand progrès qui se traduit par beaucoup de temps gagné, temps précieux s’il en fut jamais, ainsi que par une puissance de débit et de projection beaucoup plus grandes qu’avec les pompes à vapeur encore en service actuellement à Paris. La construction des pompes à incendie Delahaye-Farcot est faite d’une façon robuste et des essais très sévères ont précédé leur réception par notre corps de sapeurs-pompiers; elle transporte avec elle 800 mètres de tuyaux, 9 lances, 3 échelles, des raccords et des courbes de raccordement et de division, un ventilateur, des casques respiratoires,, de l’oxygène, des cordages, des torches à acétylène et même un Bottin avec plan de Paris par arrondissement !
- La grande supériorité des auto-pompes sur les pompes à vapeur traînées par des chevaux est une nouvelle victoire du moteur d’automobiles.
- René Chamcly.
- Fig. 2. — La pompe automobile allant au leu.
- L’AGE DU PITHECANTHROPUS
- Quand on parle de l’âge d’un fossile, il est bien entendu qu’il s’agit de l’âge géologique. Or, les restes du célèbre Pilhecanthropus erectus, cet être intermédiaire, par ses caractères, entre l’homme et les singes anthropoïdes, découvert en 1891, et décrit à son heure dans noire revue (voir n° 1274, du30 octobre 1897), n’avait pas en somme d’âge, nettement prouvé.
- Le médecin hollandais Eugène Dubois qui découvrit ces restes entre les villages de Trinil et de Klilae, dans le
- centre de Pile de Java, sur la rive gauche du Benga-wan ou Solo, et qui a donné lâ coupe du gisement,
- les. plaçait, avec réserves, dans les couches tout à fait supérieures de la période tertiaire (Pliocène supérieur) ou à la hase du Quaternaire. Mais cette estimation restait provisoire pour la plupart des savants.
- Il est hors de propos de résumer ici la controverse qui s’est élevée autour des ossements du Pi-thecanthropus qui . étaient au nombre de quatre : partie supé-
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- rieure du crâne (calotte crânienne), un fémur et deux dents.
- On sait que les savants se partagèrent en trois groupes. Les uns prétendaient que les ossements étaient humains et qu’ils rappelaient ceux des hommes quaternaires du type Néanderthal-Spy ; d’autres, au contraire, tenaient pour les caractères simiesques de ces fossiles et les déclaraient appartenir à un anthropoïde dans le genre du Gibbon, mais beaucoup plus grand; enfin, un troisième groupe, les éclec-tiques, déclaraient que si le fémur était presque humain, le crâne et les dents présentaient des caractères intermédiaires entre les formes des races les plus inférieures de l’homme et celles des anthropoïdes tels que le Gibbon et le Chimpanzé.
- Ce sont les éclectiques qui l’ont- emporté, et aujourd’hui on admet généralement le caractère « intermédiaire » du Pithecanthropus ; il reste seulement, cette hypothèse une fois admise, à connaître le rôle exact de cet être vivant dans la série organisée, à établir ses rapports précis, d’âge aussi bien que de structure, avec les Anthropoïdes et avec l’homme.
- On pouvait espérer la solution de cette question de deux manières, soit en découvrant de nouveaux restes, qui pourraient compléter les données déjà existantes ; soit en déterminant plus exactement le niveau géologique où on a trouvé les ossements, déjà connus et si bien étudiés.
- Or, ni M. Klaatsch, qui a fouillé aux environs de Trinil en 1906, ni Mme Selenka, veuve du zoologiste bien connu par ses travaux sur l’embryologie des singes, qui est partie vers la même époque pour Java avec mission spéciale de chercher des nouveaux restes du Pithecanthropus, n’ont pu en trouver aucune autre trace.
- . Nous n’avons donc rien, jusqu’à présent, du côté Paléontologie. Mais du côté géologique nous avons un fait nouveau. M. Wilhelm Volz, de Breslau, qui vient d’étudier spécialement les volcans de Sumatra et de Java, a consacré plusieurs journées de recher-
- ches dans la région de Trinil, et croit avoir déterminé l’âge de la couche des cendres et de tufs volcaniques dans laquelle le D1' E. Dubois avait trouvé le Pilhe-canthropus.
- C’est d’après son mémoire1, dont nous reproduisons ici les figures, qu’on peut tracer le tableau suivant du gisement (voyez la carte figure 2).
- La vallée du Bengawan, entre Trinil et Klitac
- (un peu à l’ouest de Ngawi), est dominée par le volcan éteint de Wilis et par celui, presque éteint,de Lawou-Koukou-san (5265 m.). La coulée de lave de ces deux volcans est relativement peu étendue, mais la ceinture de cendres et de tufs volcaniques qui s’étale à leur pied est considérable, et c’est dans l’épaisseur de cette couche que la rivière Bengawan et son affluent de droite, le Madiun, se sont creusé des lits très profonds (figures 1 et 2). L’énorme amas de cendres et les tufs en question reposent, en stratification dis-
- cordante, sur les brèches, les marnes et les calcaires que le savant géologue de Leyde, le professeur Martin, rapporte à la période tertiaire, notamment au Pliocène inférieur. Cet amas est formé surtout de cendres andésitiques
- contenant des fragments de ponce et ne présentant pas de disposition en couches très nette. C’est dans la partie inférieure de celte masse poreuse, épaisse de 20 à 25 mètres et qui repose immédiatement sur une couche d’argile noirâtre, que furent trouvés les restes du Pithecantropus. Leur emplacement est d’ailleurs indiqué par une sorte de stèle ou de borne (voy. le cartouche de la fig. 2, S) portant l’inscription reproduite sur la figure 3 et dont le sens ne peut être compris que par les initiés.
- Un peu plus à l’est, la coupe du terrain a révélé à M. Yolz l’existence, dans l’épaisseur même de la masse de cendres et de tufs, d’une couche d’argile analogue, ce qui indiquerait l’alternance des dépôts fluviaux et volcaniques. Quant à l’âge de ces couches,
- 1 Neues Jarhbuch fur Minéralogie, etc. Festband (Volume du Centenaire), 1907, p. 256.
- [fj [II] | Tertiaire. fcffH Lave. Cendres et tufs.
- Fig. 2. — Carte géologique du volcan Lawou-Koukousan et de ses environs (d’après Verbeek, 1896). Echelle, 1: 1250000». (Trinil est à 5 km au Nord de Paron, au point T.) — Cartouche à gauche: Situation du gisement, 1 : 100000°. — S, Stèle indicatrice. — P, Emplacement où fut trouvé le Pithecanthropus.
- P. e.
- 175 m.
- <—# O. N. O.
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- Fig. 3.
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- toute la question se réduit à la détermination de l’époque des éruptions du volcan Koukousan-Lawou, qui a fourni les cendres et les tufs en question. Or, il semble ressortir de l'élude de ce volcan et de sa comparaison avec des dizaines de volcans analogues, qu’avait observés M. Volz, tant à Java qu’à Sumatra, étude dans les détails desquels on ne peut entrer ici1, que son activité a dû commencer tout au plus au début de l’époque quaternaire, et n’a dû cesser qu’au début de l’époque actuelle; elle battait son plein, si l’on ose s’exprimer ainsi, pendant le quaternaire moyen et c’est probablement de cet âge que datent les restes de Pithecanthropus.
- D’ailleurs, la faune contemporaine de ces ossements confirme, jusqu’à un certain point, cette déduction. Sauf deux espèces, une sorte d’éléphant, le Stégodon, et une sorte de bœuf-antilope, le Lep-
- lobos (exceptions dont il faut pourtant tenir compte), tous les ossements, trouvés en compagnie de ceux du Pithecanthropus, appartiennent à des animaux vivant encore actuellement, soit à Java même, soit dans les îles voisines. En outre, depuis longtemps, des paléontologistes connus, comme Dames, L’hlig et Frech, ont signalé l’analogie de cette faune avec celle des couches de Narbadda dans l’Inde et qui sont quaternaires.
- L’importance paléonlologique de la découverte du D1' E. Dubois n’est pas diminuée par cette détermination. Mais le Pithecanthropus, si la notion d’âge actuellement acquise est exacte, ne saurait plus être, comme on l’avait admis un peu vite, l’ancêtre de l’homme quaternaire. Il devient son contemporain et son parent : un « homme manqué », comme on a proposé de le délinir. J. Deniker.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 avril 1908. — Présidence de M. Becquerel.
- La perception du relief. — M. A. Chauveau expose que l’épreuve photographique d’un paysage provoque sur les rétines la formation d’une image qui est la reproduction rigoureuse de celle qu’y produirait directement le paysage. Cette épreuve joue le rôle d’une sorte de relai optique. L’image recueillie par chaque rétine jouit donc nécessairement des mêmes propriétés de reversion et d’extériorisation que l’image fournie par le paysage. D’où il résulte que la reproduction photographique doit pouvoir donner la sensation du relief et de la profondeur. Mais, pour cela, il est nécessaire que la convergence des axes optiques soit reportée au delà de l’épreuve. On provoque ainsi la dissociation des deux images rétiniennes, ce qui permet à leurs détails de s’extérioriser sur des plans plus ou moins éloignés. La sensation du relief se produit dès lors avec tous les procédés qui peuvent amener la dissociation. Ainsi, l’interposition d’une loupe entre l’œil et l’épreuve, au moment où l’œil ne voit qu’une image plane, donne immédiatement, en relief vigoureux, tous les détails contenus dans le champ de lentille. L’examen d’une photographie ordinaire à l’aide d’un seul œil ne tarde jamais à faire apparaître en relief les objets représentés sur l’épreuve. Et cette sensation, lorsqu’elle a été obtenue, ne peut plus céder la place à la sensation d’une image plane. Mais il est encore plus avantageux d’opérer la disjonction par la translation volontaire de la convergence des axes optiques au delà de la surface de la photographie. Les deux images, rendues indépendantes l’une de l’autre, peuvent se gêner; mais leur coexistence rend toujours plus intense la sensation du relief et de la profondeur.
- Le spectre de l’hydrogène et du fer. — MM. Hemsa-lech et de Watteville adressent une Note dans laquelle ils annoncent que le spectre de la flamme de l’hydrogène
- 1 Les principaux arguments sont tirés de la nature des roches composant le volcan (Pyroxène et Andésite) et de sa position isolée, tandis que les volcans plus anciens sont toujours groupés en chaînes ou en massifs.
- examinée dans certaines conditions fait apparaître le spectre du fer tel qu’on l’observe dans l’étoile a Cygne.
- La coagulation du sang. — M. Bouchard présente un travail sur la coagulation du sang dans les tubes capillaires. Les expériences sont nombreuses sur ce sujet; elles ont conduit à admettre que la coagulation du sang est plus rapide lorsqu’il est renfermé dans des tubes capillaires. On reçoit le sang dans des tubes capillaires gradués très frêles qui peuvent se segmenter aisément en anneaux. On note l’instant de l’introduction du sang en A, celui où il est arrivé à une division n de telle sorte que l’on peut en déduire aisément l’instant de l’arrivée à toute division intermédiaire. Si à un moment donné on arrête l’entrée du sang, puisque l’on sépare les segments successifs de A vers n jusqu’à ce que deux segments soient réunis par un filet rouge, on peut admettre que l’on a saisi l’instant où la coagulation commençait. Mais si l’on continue à séparer les segments, on voit qu’en réalité une colonne liquide succède à la colonne solide, puis vient une colonne solide et ainsi de suite. Le tube se fractionne donc en éléments alternativement solides et liquides.
- Découverte d’un minéral. —M. Lacroix annonce qu’il a découvert un nouveau minéral, la planchéite. C’est une substance bleue qui est un silicate de cuivre. M. Lacroix a trouvé ce corps parmi des échantillons de dioptase provenant du Congo. Le dioptase est lui-même un hydrosilicate de cuivre que l’on rencontre en cristaux transparents vert émeraude du plus bel effet.
- Utilisation des levures de bière. — M. Maquenne expose que M. Efl'ront a reconnu que la levure, tuée par un excès d’alcali, donne une diastase particulière que l’auteur appelle amidase et qui a la propriété de dédoubler les aminoacides en ammoniaques et acides gras, l’asparagine par exemple, en acide carbonique, acide pro-pionique et ammoniaque. Au point de vue pratique cette observation est fort importante, car elle permet d’utiliser
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- LA TRAVERSÉE FUNICULAIRE DU LAC MICHIGAN
- les vinasses de distilleries à la fabrication industrielle des sels ammoniacaux et en conséquence d’éviter la pollution des eaux des rivières par suite du rejet des vinasses qui sont des matières très putrescibles.
- Gouvernail horizontal. — M. Deslandres résume une Note de M. le commandant Boutliaux sur le gouvernail horizontal, dont cet officier est l’inventeur et qui est maintenant appliqué aux dirigeables français. Ce gouvernail supprime le lest. Le lest emporté est le pétrole, que le moteur consomme. En cas d’urgence on jetle du pétrole. Le gouvernail horizontal a permis à un ballon de descendre d’une hauteur de 1-400 mètres sans jeter du gaz. Le champ d’action de l’appareil, c’est-à-dire l’espace que le ballon peut franchir sans toucher terre pour se réapprovisionner en lest, est triplé.
- La température des sources. — M. À. Gaudry présente une Note de M. E.-À. Martel surles variations de la température de la source de la Sainte-Baume dans l’Estérel (Var),
- qui marquait 15°,5 C. à la fin d’octobre 1007, après un mois d’abondantes pluies tièdes, alors qu’en hiver et au printemps l’auteur l’avait toujours trouvée à 10°,5C. Ces observations confirment la fausseté de l’ancien dogme (que l’on professe encore) de la constance de température des sources, et cela môme parmi les roches cristallines et détritiques telles que les clapiers porphyriques de l’Estérel. L’élude des oscillations de température des sources est donc indispensable, pour l’hygiène publique, dans tous les terrains puisque les écarts de température des sources sont proportionnels à la facilité de leur contamination par les infiltrations. , .
- Le spectre de l’arc électrique. — M. Deslandres présente ensuite une Note de MM. Fabry et Buisson relative au spectre de l’arc électrique. Les auteurs ont découvert dans ce spectre deux petites régions qui donnent le spectre de l’étincelle d’induction.
- Gu. DE VlLLEDKUlL.
- LA TRAVERSEE FUNICULAIRE DU LAC MICHIGAN
- Les travaux de construction d’un souterrain traversant le fond du lac Michigan et destiné à la distribution d’eau de la ville de Chicago, ont nécessité l’installation d’un
- ment étudiée en vue de leur assurer une stabilité aussi grande que possible et qui leur permette de résister aux rafales même les plus violentes. Le funiculaire proprement
- dispositif fort original pour assurer le transport des matériaux et des ouvriers.
- On connaît les chemins de fer funiculaires, employés dans les mines depuis des temps immémoriaux pour transporter les minerais ou le charbon : rien ne s’opposait évidemment à utiliser des chemins de fer analogues pour la manutention des matériaux de construction dans des cas où (comme dans celui du lac Michigan, où les tempêtes si fréquentes rendent une navigation régulière impossible) les autres moyens de transport font défaut.
- Le funiculaire desservant les travaux de construction du tunnel a été construit par George W. Jackson, à Chicago. Il traverse le lac sur une distance totale de 2200 mètres, aboutissant à un bâtiment construit en dessus de l’entrée du tunnel.
- Le funiculaire est supporté à une hauteur moyenne de 10,5 mètres au-dessus du niveau du lac, par 24 tours d’acier à 4 pieds disposées à des distances approximatives de 90 mètres. Il dispense de se servir de bateaux pour l’apport des matériaux ou le transport des ouvriers. La construction des tours supportant les câbles a été spéciale-
- dit consiste en un double câble de roulement (de 5, 4 cm de diamètre) et un double câble tracteur (de 2,2 cm), disposés de part et d’autre des tours. Les deux côtés sont réservés aux deux directions de transport respectivement.
- Les cabines en acier servant au transport des matières ont une capacité de 10 pieds cubes chacune; elles sont suspendues à un truck à deux roues à rainures (roulant en tandem sur le câble), muni d’une pince automatique qui agit sur le câble tracteur. Ce dernier est animé d’une vitesse normale de 90 mètres par minute. Dans les conditions normales du service, une cinquantaine de ces cabines peuvent se trouver simultanément sur le funiculaire à des distances, l’une de l’autre, de 90 mètres.
- Le funiculaire est actionné par un moteur à courant alternatif de 25 chevaux, tournant à la vitesse de 600 tours par minute. pp Alfred Guadenwitz.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiüre, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. — N° 1821.
- 18 AVRIL 1908
- LE BASSIN D’ESSAI DES CARÈNES DE LA MARINE FRANÇAISE
- Le plus important des problèmes qu’ait à résoudre le constructeur d’un bâtiment consiste à trouver, à figurer, sur le plan dont les cotes seront ensuite mises en œuvre, les formes que devra présenter la ' partie immergée du navire : formes suivant lesquelles les filets d’eau glisseront sur la carène en présentant à la marche de la coque la résistance minimum.
- La vitesse du bâtiment dépendra de la plus ou moins grande perfection de cet élément que l’on appelle les lignes d’eau; et, quel que soit le mode de propulsion qui lui sera appliqué, quelle que soit la carrière qii’il doive fournir, qu’il soit destiné à arborer le pavillon de guerre ou à transporter voyageurs et marchandises, il risquera fort d’être mis rapidement au rebut s’il ne pos-
- Ces éludes s’opèrent dans un bassin où des modèles de bâtiments, dont les formes sont facilement modifiables, sont soumis à dès essais divers qui permettent de se rendre compte de la valeur de leurs lignes d’eau et d’adopter celles qui apparaissent comme les meilleures. Ces études permettent également de déterminer la puissance de la machine dont il convient de munir un navire de lignes d’eau connues pour obtenir une vitesse donnée.
- C’est en Angleterre, en 1871, à la suite d’expériences concluantes exécutées par le savant physicien Froude, que fut construit le premier bassin d’essai pour les carènes des navires.
- Peu après, l’ingénieur français des constructions navales, Risbec, utilisa un des bassins de radoub du port de
- sède pas celte qualité nécessaire avant toutes les autres : une bonne marche découlant des bonnes ligiles d’eau qui auront été adoptées par l’auteur de ses plans.
- Or, jusqu’à la fin du siècle dernier, on ne connaissait d’autres méthodes que l’empirisme pour l’établissement de ces lignes d’eau,; d’où dépend une bonne forme de carène. S’inspirant des dessins soigneusement conservés de'bâtiments reconnus bons'marcheurs, les constructeurs s’ingéniaient à reproduire les lignes d’eau de ces navires? en les adaptant aux données générales de ceux dont la construction leur était confiée.
- C’était Une affaire d’expérience.
- Il n’en va plus ainsi aujourd’hui et l’établissement des plans pour ce qui concerne la partie immergée ' d’un navire est précédé d’étudès qui permettent de déterminer exactement, sinon mathématiquement, les meilleures formes qu’il convient de donner à sa carène.
- 36° aimée. — 1er semestre.
- Brest pour y étudier les formes des carènes. Cette installation, un peu rudimentaire, rendit pourtant de grands services, et a amené en dernier lieu la construction du bassin d’essai actuel.
- Après la France et l’Angleterre, les autres nations maritimes, utilisant l’expérience acquise dans cet ordre d’idées, se donnèrent des bassins d’essai.
- L’Italie, l’Allemagne, la Russie, les États-Unis firent des installations officielles pour le compte de leur marine de guerre ; en Hollande, en Angleterre et en Allemagne l’industrie privée construisit également des bassins d’expériences.
- Le nouveau bassin d’essai français des carènes, qui a remplacé l’installation trop archaïque de Brest, a été inauguré en juillet 1906. Il est situé à Paris même. C’est un long bâtiment de 225 mètres, ayant la forme d’un vaste hangar fermé construit sur la face interne
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- doit être reproduite exactement dans la paraffine du modèle et qui figure sur le plan placé sous ses yeux. Par une série de transmissions appropriées, les mouvements du bras du pantographe se communiquent à deux couteaux qui sont, de la sorte, guidés par le pantographe lui-même et entaillent la paraffine suivant la forme de la ligne d’eau.
- Celles-ci, une fois repérées et tracées dans la paraffine, il ne reste qu’à enlever, au couteau à la main, l’excès de matière et on obtient une reproduction exacte, à échelle réduite, de la coque que l’on veut étudier.
- Aux bords du bassin courent des rails sur lesquels circule un chariot qui porte une plate-forme. Sur cette plateforme sont installées deux séries d’appareils enregistreurs.
- du talus des fortifications de la ville, à Crenelle.
- Le bassin proprement dit a une longueur de IfiO mètres avec 10 mètres de largeur au niveau de l’eau et 4 mètres de profondeur.
- Il a été rempli une fois pour toutes d’eau de la Seine. Cette eau n’est jamais renouvelée : ce qui, à première vue, paraît devoir amener un croupissement nauséabond. Il n’en est rien. A mesure que les impuretés apparaissent à la surface, elles sont soigneusement et immédiatement enlevées, de telle sorte que le volume d’eau considérable renfermé dans le bassin est amené pratiquement et par sélection à un état de stérilisation et de pureté presque parfait et très important pour la bonne marche des travaux.
- Fig. 2. — Les Modèles en paraffine.
- Le modèle visible à la gauche de la gravure représente la coque des futurs cuirassés de 18 000 tonnes (type Danton).
- En avant du bassin sont placés une sorte de cale sèche pour le nettoyage et les réparations des chariots dont je parlerai tout à l’heure, et des ateliers où se font les travaux divers d’installation et de réparations et où se confectionnent les modèles des navires à expérimenter. Ces modèles reproduisent exactement les formes des coques qu’on veut étudier. Ils sont à peu près uniformément de 5 mètres de long pour les bâtiments ordinaires, de 4 mètres pour les sous-marins. Ils sont moulés en paraffine, matière qui a une apparence de savon transparent et qui se travaille avec facilité. Quand le moulage est terminé, le modèle à l’état brut est amené à ses formes et dimensions exactes par une machine à tailler que montre notre gravure.
- Cette machine très ingénieuse fonctionne de la façon suivante. Un opérateur suit, avec une pointe fixée à l’extrémité du bras d’un pantographe, le dessin de la ligne d’eau qui
- Les premiers servent à mesurer la résistance des coques, les seconds à étudier les hélices.
- Sous la plate-forme on attache le modèle en paraffine du navire dont on veut essayer les lignes d’eau. Puis la plate-forme, actionnée par 4 moteurs électriques placés à chacun de ses coins, se met en marche sur ses rails à la vitesse qu’on veut lui donner.
- Le principe théorique sur lequel est basée la mise en œuvre de l’outillage que je viens de décrire succinctement a été énoncé sous forme de loi par Newton d’abord, puis dans un ordre d’idées plus pratique par l’ingénieur français Reech, directeur de l’Ecole d’Application du génie maritime en 1870, et aussi par l’ingénieur anglais Froude qui ignorait les travaux de Reech.
- Cette loi, dégagée de son appareil trop mathématique, peut être énoncée de la façon suivante :
- « Quand deux navires semblables ont des vitesses pro-
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- portionnelles aux racines carrées de leurs dimensions linéaires homologues, la résistance que leur offre l’eau est proportionnelle aux cubes de ces mêmes dimensions, c’est-à-dire aux déplacements des deux navires. »
- C’est la loi dite de similitude.
- Ceci exposé, il n’est pas nécessaire d’entrer dans le détail compliqué des opérations qui s’exécutent pour comprendre comment on pourra déduire des résistances offertes par le modèle mû à la vitesse que l’on veut atteindre, la résistance qu’il faudra vaincre avec le bâtiment réel.
- Cet élément une fois déterminé, on trouvera aisément, par l’application d’une formule connue, la force en chevaux nécessaire pour obtenir la vitesse désirée.
- l’entraîne dans la course du chariot : le second sommet B est fixé sur un ressort à boudin U dont l’autre extrémité est soudée sur le châssis du chariot. C’est au moyen de ce ressort qui se comprime ou se détend suivant la résistance1 du modèle, et qui finit par l’équilibrer, que se mesure la résistance. On utilise dans ce but un cylindre enregistreur sur lequel les déplacements du point B s'inscrivent automatiquement après qu’un renvoi de mouvements les a suffisamment amplifiés. Les vitesses exactes du modèle, dont la connaissance à chaque moment de l’expérience est également indispensable, sont enregistrées sur le même cylindre où s’inscrivent, d’une part, les battements d’une pendule à secondes; d’autre part, les distances parcourues par le chariot.
- Fig. 5. — Le bassin d’essai des carènes de la marine française cl la plaie-forme mobile qui parle les appareils de mercure.
- Je néglige volontairement, pour ne pas donner une tournure trop technique à cette simple exposition, les calculs secondaires auxquels doivent se livrer les opérateurs, et qui ont pour but de rentrer plus complètement dans la réalité des faits. C’est ainsi qu’on devra tenir compte, pour déterminer exactement la force des machines, des différences que présentent les frottements de la carène en paraffine et de la carène du vrai navire, qui sera en métal recouvert de peinture. C’est ainsi encore qu’on fera subir aux résultats obtenus, les modifications imposées par la différence des densités de l’eau douce où se sont faites les expériences et de l’eau de mer où le bâtiment réel aura à évoluer.
- Quant à la façon dont on obtient la valeur des résistances du modèle, il est facile de l’imaginer. C’est par l’emploi d’un simple dynamomètre ou triangle métallique ABC articulé dont l’un des sommets est boulonné sur le modèle et
- Les hélices sont aussi essayées au moyen de modèles réduits à l’échelle adoptée et auxquels s’applique la loi de similitude.
- L’hélice que l’on veut étudier est fixée sur un arbre suspendu sous la plate-forme de façon à pouvoir être amenée à une immersion correspondant au tirant d’eau réel.
- Un système de poulies et de pignons d’angles actionnés par la plate-forme elle-même donnent à l’hélice une vitesse de rotation connue.
- En tournant, l’hélice opère sur le châssis une traction en avant dont l’importance s’inscrit sur un cylindre enregistreur. On déduit de la courbe ainsi tracée la poussée et le recul de l’hélice.
- Tels sont, dans leurs grandes lignes, les moyens mis en œuvre au bassin d’expérience des carènes de la marine pour déterminer, aussi exactement que possible, les élé-
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- 308 ===== MACHINE A DÉBITER LES PAVÉS DE BOIS
- ments les plus importants des coques de nos navires. On se rend compte, par la simple description que je viens d’en faire, des services que peut rendre un pareil établissement. Sous l’habile et compétente direction de l’Ingénieur principal des Constructions navales Petit-homme, assisté d’une équipe d’ouvriers qui sont aussi des savants, ces services ont été considérables et il n’y a
- pas de doute que leur importance ira toujours croissant.
- Le bassin d’essai n’est pas d’ailleurs exclusivement réservé aux études des navires de guerre. La marine de
- J-Cylindre enregistreur
- commerce peut également, moyennant le paiement des frais, y faire expérimenter les carènes de ses bâtiments.
- C’est ainsi qu’en ce mo-
- Pis. 4. -
- ment, en même temps que les modèles en paraffine du futur cuirassé Danton, des croiseurs cuirassés Edgar Quinet, Marseillaise, et du sous-marin Émeraude, on peut voir flotter sur l’eau du bassin d’expériences le modèle du grand paquebot dont la Compagnie générale Transatlantique prépare la construction à Saint-Nazaire. Sauvaire Jourdan,
- Capitaine île frèg;U<; de réserve.
- Schéma du dispositif employé pour mesurer la résistance du modèle eu paraffine.
- MACHINE A DÉBITER LES PAVÉS DE BOIS
- Cette machine inventée par M. Jossc, directeur de l’usine municipale du quai de Javel, peut fabriquer 240000 pavés en bois par journée de 10 heures. Véritable merveille de mécanique aux organes ingénieusement combinés, elle remplace avec avantage les anciens procédés de sciage, puisque sa puissance de production est considérable, tout en économisant le bois et la main-d’œuvre.
- Lors des premières applications du pavage en bois dans les rues de Paris, le tronçonnage s’exécutait au moyen de scies circulaires ou à ruban : chaque madrier était posé sur le chariot annexé à l’outil et découpé en pavés de hauteur voulue. Puis, par suite de l’extension prise par ce mode de revêtement des voies de
- la Capitale, on installa, dans la fabrique municipale,
- 3 tronçonneuses à 4 et 5 lames, débitant 4 à 5 pavés à la fois. Chacun de ces instruments se composait, en principe, d’un châssis oscillant dont l’arbre infé-
- rieur portait 4 ou.5 lames qui, dans leur mouvement de va-et-vient, sectionnaient le madrier qu’un ouvrier leur présentait. Mais, en 1900, cet outillage
- devint encore insuffisant et il fallut songer à de nouvelles installations.
- Remarquons effectivement que le fonctionnement d’une usine, d’où il sort 25000000 de pavés par an, ne saurait être régulier à moins d’avoir en magasin des approvisionnements considérables.
- L’abatage des arbres en forêt s’effectue à certaines époques, les pluies entravent parfois les expéditions, le grand nombre des fournisseurs empêche la régularité des arrivages; en sorte que la fabrication se trouve parfois arrêtée durant plusieurs semaines afin d’opérer le déchargement des 20 à 30 wagons qui arrivent chaque jour. En outre, les sorties de pavés se font seulement durant la belle saison, ainsi que les rentrées des vieux pavés provenant des relèvements bout à
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- MACHINE A DEBITER LES PAVES DE BOIS
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- bout. L’ébarbage ou le recépage de ces derniers s’opère, d’autre part, en hiver, sans compter que l’importance des plans de campagne varie naturellement d’une année sur l’autre.
- M. Josse étudia donc la création d’une machine répondant à ces desiderata et capable surtout de parer aux à-coups presque inévitables en l’espèce. Telle fut l’origine de la tronçonneuse à 17 lames occupant à elle seule un emplacement de 50 mètres de long. Les photographies ci-jointes représentent les différents aspects de l’appareil. Un premier trans-
- des Haches, portent des roues dentées autour desquelles s’enroule une chaîne sans fin munie de galets de guidage et de râteaux K à 16 dents ayant pour mission, comme nous l’avons déjà dit, de s’emparer du madrier et de le conduire vers les scies.
- Un ressort L, adapté à chaque dent du râteau, maintient, sur la table, d’abord le madrier, puis le pavé. Des ressorts à roulettes s’opposent, d’autre part, au soulèvement des pavés lorsque les dents abandonnent la position verticale pour se relever. Enfin, à chaque râteau on a adjoint deux petits balais en rotin qui dirigent les déchets vers deux orifices ménagés pour leur évacuation, de part et d’autre de la table.
- Les madriers ainsi poussés parviennent donc jusqu'à Y appareil de sciage P qui comporte 17 lames de 0,65 m. de diamètre axées sur 5 arbres disposés en quinconce, comme le montre nettement la figure 1. On a adopté la division en 5 groupes afin d’éviter les
- Fig'. 2. Fig.
- porteur, composé de deux Haches courbes entre troisées A formant cadre, élève les madriers jusqu’à la table de sciage (fig. 4).
- À chacune des extrémités du cadre, qui s’appuie d’une part sur le sol et de l’autre sur le pilier B, est axé un arbre portant des roues dentées C'. Deux chaînes sans fin E, munies de taquets en équerre, s’enroulent sur ces dernières et reposent à la montée sur les galets D que portent les Haches à leur partie supérieure; Afin de forcer les madriers à se présenter perpendiculairement aux scies, deux têtes F, dont une se termine par un ressort, sont placées de chaque côté de l’élévateur; elles servent au guidage de ces pièces de bois que des wagonnets amènent à pied d’œuvre et que deux ouvriers posent un à un sur la chaîne du transporteur (fig. 2).
- Arrivés à la hauteur de la table horizontale, les madriers sont immédiatement saisis par les râteaux d’un entraîneur constitué également par deux Haches entretoisées réalisant un cadre horizontal terminé par un arbre à chaque bout ; l’un de ceux-ci tourne dans les coussinets des paliers H, l’autre repose librement dans les encoches des chaises I. En outre, deux arbres JJ', axés vers les extrémités
- — Transporteur élevant les madriers jusqu'aux scies.
- 3. — Tablier mobile pour l’évacuation des pavés.
- ondulations qui se seraient produites inévitablement avec un arbre unique, à diamètre naturellement limité par celui des lames tournant à l’énorme vitesse de 2000 tours. D’autre part, on ne pouvait songer à interposer un ou deux paliers, vu le faible écartement des lames entre elles et la présence des plateaux de serrage. M. Josse s’arrêta donc au dispositif suivant. Il monta chaque groupe de scies sur un arbre séparé comprenant deux poulies de commandes et reposant sur 2 coussinets à rotules, ce qui permettait un centrage automatique. Des traverses métalliques scellées dans la maçonnerie supportaient les coussinets eux-mêmes.
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- MACHINE A DÉBITER LES PAVÉS DE BOIS
- Le renvoi P', commandé par une dynamo, se trouve dans le sous-sol. Sur cet organe, sont calées 6 poulies qui actionnent celles des 3 arbres des lames et, comme il est monté sur glissières, on peut le déplacer dans le sens vertical pour tendre ou détendre les courroies. La manœuvre s’exécute du rez-de-chaussée au moyen d’une manivelle dont les pignons dentés s’engrènent avec les glissières.
- La table d’où émergent les lames de scies se compose d’un ensemble de plaques de fonte charniérées qui se rabattent quand le système est en place. On graisse directement les coussinets et, pour dissoudre la résine qui s’attache aux lames, lorsqu’on débite des bois de pin, on a installé auprès du bâti de la tronçonneuse un réservoir à pétrole d’une vingtaine jje litres ; une pompe permet de faire la pression dans trois petites canalisations en cuivre
- ment, perdent l’équilibre, cülbutent et glissent jusqu’aux trois tables mobiles du transporteur (Tévacuation, où ils arrivent retournés sur leur face de sciage (fig. 3).
- Autour des tables mobiles se tiennent huit ouvriers qui enlèvent les pavés et les jettent dans des wagons citernes. Une fois pleins, ceux-ci sont roulés, sur un réseau de voies Decauville, jusqu’à l’atelier de créosotage, puis dans le dépôt où on les empile en attendant leur mise en service.
- La dynamo U qui actionne le système de sciage est de 140 chevaux. Placée dans le sous-sol, ses deux poulies attaquent directement par courroie le renvoi P'; son démarrage s’obtient au moyen d’un rhéostat à liquide W. Un petit tableau avec ampèremètre et disjoncteur à minima complète l’installation souterraine. En outre, un tableau, disposé
- Coupe longitudinale de la
- tronçonneuse
- Josse.
- munies de trois robinets et qui, parlant du récipient, seramifient en 34 petits tubes distributeurs d’huile. De temps en temps, durant la marche de la tronçonneuse, le mécanicien ouvre les trois robinets et le jet de pétrole, giclant sur chaque face des lames, dissout les substances résineuses.
- On s’explique aisément, après cette description, le fonctiônnement de’ l'appareil5 de sciage.'Les deux prémiers groupes de lames découpent chacun une chute et quatre pavés, puis à son tour le troisième groupe de 7 lames sectionne la partie centrale du madrier. Ensuite les pavés, toujours poussés par les dents du râteau et maintenus par les ressorts, s’engagent sous les roulettes où ils demeurent jusqu’à l’arrivée de la série suivante qui les amène au culbuteur. Cet organe comprend deux séries de plans inclinés en tôle forte, reposant sur un bâti en cornière et divisés en seize goulottes par des cloisons verticales. Les pavés, au fur et à mesure de leur avance-
- sur la galerie de service, comporte deux interrupteurs avec coupe-circuit, un ampèremètre, un voltmètre ainsi que les appareils de commande de la dynamo de 4 chevaux Y qui fait mouvoir les transporteurs. Enfin un pont roulant avec treuil sert aux manœuvres d’enlèvement et de repose des lames pour l’affûtage.
- Justifions, pour terminer, les chiffres donnés plus haut. La tronçonneuse Josse débite, en marche normale et sans aucun arrêt, 25 madriers à la minute. Chaque madrier fournissant 16 pavés, la production théorique de la machine est donc par j ournée de 10 h. : 25 X16 X 60 X10 = 240 000 pavés.
- Il faut compter, dans la pratique, avec les arrêts, les repos des ouvriers, etc., et tabler naturellement sur un rendement inférieur. Mais ce n’en est pas moins un admirable outil puisque, avec elle, 20 ouvriers suffisent pour assurer le débitage quotidien d’une colossale montagne de bois. Jacques Boyer.
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- L’UTILISATION INDUSTRIELLE DE L’AZOTE ATMOSPHÉRIQUE
- Il y a quelques années, un illustre savant anglais, sir W. Crookes, dans une conférence retentissante, signalait comme le plus urgent des problèmes posés à la chimie moderne, celui de la fixation de l'azote atmosphérique et il montrait qu’à sa solution était lié l’avenir même de l’humanité; l’échec des chimistes, prophétisait-il, nous condamnerait, dans un avenir relativement proche, à une période d’effroyables famines.
- L’azote est en effet nécessaire à l’alimentation de l’homme comme de toutes espèces vivantes à la sur-
- absorbent directement l’azote de l’air, pour le transformer en matières albuminoïdes. Mais ces phénomènes n’interviennent que pour une faible part dans la circulation de l’azote organique.
- Prenons le cas de l’homme. Il se nourrit, surtout, des produits du sol et de la chair des animaux domestiques. Ceux-ci étant presque uniquement herbivores, c’est en définitive, de la terre seule qu’il tire sa subsistance, et c’est à elle qu’il emprunte l’azote organique qui lui est nécessaire. C’est à dessein que nous employons le mot emprunter ; car,
- La salle des (ours électriques à l’usine de Notodden. — Vue d’un Tour en construction.
- Fig. 1.
- face du globe, exception faite peut-être pour certains microbes, il constitue l’élément essentiel des matières albuminoïdes, ces composés complexes qui forment, la chair des animaux et la substance des végétaux. Les animaux’, pour se le procurer, se nourrissent de végétaux,,ou se dévorent les uns les autres. Les plantes le tirent des nitrates du sol, terme final de la putréfaction des matières organiques de toute origine. Bref, l’azote des corps vivants semble décrire, d’une espèce à l’autre, comme un cycle continu où l’azote gazeux de l’atmosphère n’est pas admis. Il est vrai que l’élec-^ tricité atmosphérique crée quelque peu de nitrates ; 11, est vrai aussi que les plantes de la famille des légumineuses, sous l’influence d’un utile microbe,
- sous peine de la voir s’épuiser rapidement, il faut rendre à la terre cet élément, aussi indispensable à la croissance des végétaux qu’au développement des animaux. Tout le monde sait que c’est là le rôle des engrais ; on sait aussi que le principal des engrais employés par la culture est le fumier de ferme, mélanges de débris organiques, d’origine animale ou végétale. Mais l’on conçoit aisément que le fumier ne rende pas au sol tout l’azote qui lui a été enlevé; il suffit pour s’en convaincre de songer à tous les déchets azotés perdus dans les agglomérations urbaines, sous forme d’ordures ménagères, de vidanges, etc. Si l’on réfléchit en même temps, à l’accroissement énorme de la population humaine au cours du xixe siècle, à l’impossibilité d’accroître
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- 312 UTILISATION INDUSTRIELLE DE L’AZOTE ATMOSPHERIQUE ^
- sans limite l’étendue des surfaces cultivées, au moins dans les pays civilisés actuels, on imaginera aisément que le stock disponible de matières azotées comestibles puisse devenir insuffisant pour les besoins d’une humanité trop nombreuse. 11 est vrai que l’on a remédié partiellement à l’insuffisance des engrais naturels, par l’emploi d’engrais chimiques : Nitrate de soude du Chili, ou sulfate d’ammoniaque. Ces deux corps se transforment dans le sol en nitrate de chaux que les plantes assimilent directement.
- La culture en fait une consommation énorme et chaque année croissante; mais le sulfate d’ammoniaque, sous-produit de la distillation de la houille, n’a qu’une production limitée; quant au nitrate, les seuls gisements actuellement connus sont ceux du Chili ; et l’exploitation intensive en fait prévoir l’épuisement au plus tard dans 50 ans.
- Qu’adviendra-t-il donc de nous ou de nos descendants d’ici une cinquantaine d’années?On entrevoit les calamités qui menacent une population trop dense vivant sur un sol épuisé; ajoutons-y la disparition des importantes industries à qui l’azote, sous forme de nitrate, est nécessaire : industries des explosifs, de l’acide sulfurique, des matières colorantes, etc.
- Aussi le cri d’alarme poussé par sir Crookes parut-il pleinement justifié au monde savant tout entier; le remède qu’il avait indiqué parut également le seul efficace : recourir à l’azote atmosphérique. Le problème n’était pas d’une solution aisée; l’azote atmosphérique, on le sait, est un gaz rebelle à toute combinaison chimique; c’est cet élément subtil qu’il fallait cependant fixer et faire entrer à volonté dans le cycle des réactions vitales. De nom-
- breux savants y ont consacré d’importants travaux, et mis à notre disposition plusieurs procédés pour solutionner la question. Nous citerons les noms de Schlœsing, Miinz, Rayleigh, Mosciki, Franck, Caro, Birkeland, etc. Parmi les méthodes préconisées par eux, deux sont aujourd’hui dans le domaine industriel, et déjà l’on exploite l’atmosphère terrestre comme un véritable gisement minier; gisement inépuisable, car le poids d’azote qu’il contient équivaut à celui de 450000 cubes, mesurant chacun
- 1 kilomètre de côté.
- La première de ces méthodes, due à MM. Franck et Caro, sort à peine de la période des essais de laboratoire ; néanmoins elle dispose actuellement, à Piano d’Orte, en Italie, d’une usine de 8500 chevaux. Prochainement, elle sera appliquée dans une usine française en construction à Notre-Dame de Briançon et dans un certain nombre d’usines projetées aux États-Unis et en Allemagne.
- Elle consiste à fixer directement l’azote atmosphérique sur du carbure de calcium chaulfé à 1000 ou 1100°. On obtient ainsi un corps nommé cyanamide calcique ou chaux-azole directement utilisable par l’agriculture. L’azote employé doit être à peu près pur ; on l’obtient exempt d’oxygène en le séparant, par distillations fractionnées, de l’air au préalable liquéfié.
- La deuxième méthode, due aux savants norvégiens Birkeland et Eyde, est fondée sur la propriété de l’azote de se combiner à l’oxygène de l’air dans la ilamme de l’arc électrique ; il se produit ainsi un mélange d’oxyde nitrique et de corps nitreux, qui, oxydés, puis fixés par la chaux, donnent du nitrate de chaux, excellent engrais, d’un pouvoir fertilisant supérieur à celui des nitrates du Chili.
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- Le procédé Birkeland et Eyde, après avoir exigé plusieurs années de mise au point, est aujourd’hui en pleine exploitation industrielle; il a suscité des entreprises audacieuses, grandioses même, dont l’importance justifie un examen un peu plus détaillé. Il est actuellement appliqué dans l’usine construite à Nolodden, en Norvège, par une Société française, la Société Norvégienne de l’azote; cet établissement utilise l’énergie de la chute d’eau de Svaelgfos et dispose ainsi de la puissance con-sidérable de 54000 chevaux.
- Une aulre usine est en construction pour la même Société, non loin deNotodden; elle utilisera les chutes formidables de Rjukan, dont la dénivellation atteint 556 mètres, et le débit minimum 45 mètres cubes à la seconde (à peu près le débit de la Seine, à l’étia-ge) ; la puissance obtenue sera de 250 000 chevaux.
- On se rendra mieux compte de l’énormité de ce chiffre, si l’on se souvient que l’une des plus puissantes hydroélectriques de France, celle de la Brillanne, ne compte que 14000 chevaux.
- L’usine de Rjukan sera le plus puissant établissement hydroélectrique du monde entier. Cette industrie toute nouvelle de l’azote semble emprunter, aux régions qui l’ont vue naître, un caractère élrange et mystérieux qui la distingue nettement de nos industries habituelles. L’usine de Notodden, telle que la décrit le savant chimiste M. Schlôsing, fait songer à une création de Jules Verne; dissimulée au milieu de forêts majestueuses, dans une région déserte, elle ne groupe autour d’elles que quelques rares habitations qui suffisent à son peu nombreux personnel. Aucune animation dans celte minuscule agglomération; quanta l’usine elle-
- même, à part la salle des fours électriques, elle est silencieuse et comme endormie ; presque pas de machines en mouvement et très peu d’arrivages de matières premières : l’établissement ne met en œuvre que des éléments invisibles ; l’air et l’électricité. De cette usine où pour ainsi dire rien ne pénètre, il sort cependant chaque année 20 000 tonnes de produits visibles et tangibles.
- L’ensemble de l’installation comporte en réalité
- deux usines distinctes : l’usine hydro - électrique et l’usine chimique. La première est audacieusement installée sur le flanc abrupt d’un ravin profond; la hauteur de la chute utilisée est de 46,50 m., le débit de 52 mètres cubes. L’eau du torrent est amenée par un canal de dérivation dans un bassin taillé dans le roc et situé juste au-dessus des bâtiments. De là, par des conduites forcées, elle se précipite sur les roues des turbines. Celles-ci mettent en mouvement des alternateurs qui produisent l’énergie électrique sous forme de courant alternatif triphasé à 10000 volts; elle est transportée par 18 câbles de 120 millimètres carrés de section, à 7 km. de là, à l’usine chimique dont elle alimente les fours (fig. 4).
- C’est dans ces fours que l’air aspiré par de puissants ventilateurs est soumis à l’action de l’arc électrique ; grâce à la température très élevée qui s’y développe, l’oxygène réagit sur l’azote, pour former une assez faible proportion d’oxyde azotique AzO.
- Pour accroître l’action de la décharge, il fallait donner à l’arc chauffant la plus grande surface possible. MM. Birkeland et Eyde ont, dans ce but, imaginé un dispositif fort ingénieux tirant parti de la dévia-
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- tion 4e l’arc électrique par un aimant. Les deux électives sont placées entre les bornes d’un puissant électro^imanf, excité par du courant continu ; l’arc constitue un conducteur extensible qui se déplace et se déforme rapidement dans le champ magnétique ; à peine formé, il est attiré dans une direction perpendiculaire aux lignes de force ; il s’allonge, sa résistance augmente, puis atteint une valeur telle que le courant cesse de prendre ce chemin détourné et qu’un nouvel arc se reforme sur les pointes des électrodes. Grâce à ces déplacements successifs et rapides, ôn obtient, en courant alternatif, une flamme ayant l’aspect d’un disque lumineux de 1,50 m. de diamètre (fig. 7). 11 y a intérêt à augmenter le nombre des oscillations du courant alternatif afin d’avoir une flamme bien homogène dans tout le disque; on y parvient en intercalant, dans le circuit de l’arc
- électrique, une puissante bobine de self-induction, suivant le principe appliqué dans les arcs oscillants de la télégraphie sans fil (fig. 5).
- Les électrodes sont des
- tubes en cuivre continuellement refroidis par un courant d’eau intérieur, afin d’éviter une détérioration par la chaleur (fig. 7).
- Le four est constitué par une enveloppe çgfractaire, enveloppant le disque de feu dont il épouse-la forme; dans la maçonnerie sont ménagés des canaux pour la circulation des gaz (fig. 8).
- À la température de l’arc électrique qui.,est d’environ 3000°, l’oxyde azotique est extrêmement instable; il importe donc de le soustraire aussitôt formé à l’action destructrice de la chaleur. D’après M. Schlœsing, c’est l’air en excès qui a pour mission de refroidir la portion des gaz ayant pris part à la combinaison. Le brassage énergique, auquel les gaz sont soumis à l’intérieur du four, entraîne un mélange rapide des veines chaudes et froides, et amène le refroidissement brusque des parties surchauffées. On règle l’injection de l’air,
- de façon qu’à la sortie du four les gaz soient à 600°. Chaque four consomme de 500 à 600 kilowatts, et la production peut être évaluée à 580 tonnes d’acide azotique AzO3 H par kilowatt-an.
- Le mélange d’air et d’oxyde azotique sortant du four est dirigé dans des appareils de réfrigération spéciaux d’où il sort à 40° environ. Il passe ensuite
- dans de grandes tours, dites d’oxydation, où s’achève le refroidissement, en même temps que l’oxyde azotique AzO, s’y transforme au détriment de l’oxygène‘de l’air en peroxyde AzO2. Viennent ensuite les appareils d’absorption : les gaz nitriques y rencontrent de la vapeur d’eau, qui les transforme en acide azotique AzO3H; l’opération s’exécute suivant une marche méthodique, dans une série de tours en granit remplies de morceaux de quartz, sur lesquels tombe en pluie le liquide que les gaz doivent saturer d’acide; l’acide étendu qui tombe à la partie inférieure d’une tour est repris par un monte-jus, et envoyé à la tour précédente où il rencontre un gaz plus riche en produits nitriques, et ainsi de suite; l’acide se concentre progressivement, tandis que les gaz sortant de la dernière tour ne renferment plus que très peu de composés azotés. L’épuisement définitif s’effectue dans une tour en bois, où circule un lait de chaux et enfin dans une dernière tour contenant de la chaux vivé.
- Cette dernière opération donne un mélange de nitrite et de nitrate de chaux, où domine le nitrite ; on décompose ce mélange avec de l’acide nitrique provenant des tours d’absorplion ; le gaz nitreux résultant de cette réaction est remis en circulation dans les tours, tandis que l’on obtient le nitrate de chaux, produit définitif. Quant à l’acide des tours, il va dissoudre du calcaire pour donner, lui aussi,du nitrate de chaux que l’on concentre par la chaleur et que l’on fait cristalliser pour le livrer au Commerce.
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- Ces tours d’absorption forment un imposant Feilitzen, sont nettement supérieurs à ceux du nitrate
- ensemble de bâtiments; elles atteignent la hauteur de soude du Chili. 11 faut se souvenir en effet, que,
- respectable de 20 mètres, et dominent toutes les autres constructions; elles donnent à l’usine sa physionomie caractéristique dont on peut se rendre compte sur notre ligure 4.
- Remarquons que l’on peut aisément obtenir d’autres corps utiles que le nitrate de chaux; en remplaçant le lait de chaux des tours en bois, par du car--bonate de soude, on obtient du nitrate de soude, et du nitrite de soude; celui-ci, extrait par cristallisation, trouve dans les industries de matières colorantes un large débouché.
- On peut entrevoir aussi la fabrication de l’acide azotique pur, qui, comme on le sait, a de très nombreux usages industriels.
- Mais le produit principal reste le nitrate de chaux, engrais dès aujourd’hui très apprécié de l’agriculture; son mode d’emploi est le même que celui du nitrate du Chili; ses effets, d’après les expériences de M. Grandeau, de M. de
- quelle que soit la façon dont l’azote soit offert aux plantes, c’est toujours à l’état de nitrate de chaux qu’il est absorbé.
- Il ne peut donc être qu’avantageux de l’employer directement sous cette forme définitive.
- Les usines de Norvège produisent dès maintenant plus de
- 20000 tonnes de nitrate de
- chaux; bientôt elles en fourni-
- ront près de 150000 tonnes; sans doute ce sera peu de chose encore à côté du nitrate du
- Chili et du sulfate dont la vente annuelle atteint respectivement 1 500 000 tonnes, et 845 000 tonnes. Mais pour une industrie qui compte à peine quatre années d’existence ce résultat est des plus remarquables.
- La rapidité avec laquelle cette production aura été réalisée suffit à nous prouver, que, désormais, la matière azotée ne peut faire défaut à l’humanité et que nulle famine n’est, de ce chef, à redouter. À. Trolceu.
- >. 8,. — Coupe schématique d'un four. A. Chambre de l’arc électrique.
- B. Canaux de circulation de l’air.
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- LA MISSION DU HAUT LOGONE
- La Mission du Haut Logone, dirigée par le commandant Leniant, vient de rentrer en France après dix-huit mois de séjour dans le Haut-Congo et dans la région du Cliari. Par l’ample moisson de documents qu’elle rapporte, par la révélation qu’elle nous fait de territoires jusqu’ici inconnus et inexplorés, par les résultats économiques et scientifiques qu’elle nous offre, elle est un nouveau titre de gloire pour son chef, déjà connu par ses belles explorations du Niger
- l’étude géographique détaillée des territoires de la haute Sangha qu’elle avait déjà commencée au début du voyage en septembre 1906.
- Voici, succinctement exposés, les résultats obtenus après ces longs mois de roule dans la brousse africaine.
- Le commandant Lenfant se proposa d’abord de remonter la Nana jusqu’à sa source. Cette rivière, grossie à Carnot de la Mambéré, prend le nom de Sangha à partir de sa confluence avec le Ivadéi et constitue le plus important affluent de la rive droile du Congo après l’Oubanghi. Connue jusqu’à Carnot, elle n’avait jamais été exactement relevée en amont de ce dernier point. Le 5 janvier 1907, le commandant Lenfant atteignait la source de la Nana, après quatre jours de marche en plein désert, dans une des régions les plus sauvages qui soit au monde.
- et par la découverte qu’il lit en
- 1905 de la grande route fluviale du Tchad par la Bénoué, le Mayo Kabi et le Logone. Cette fois-ci le commandant Lenfant se proposait de reconnaître les territoires compris entre le Logone et le Bahr Sara, ces deux grands fleuves, tous deux affluents duChari, dontl’hin-terland n’était jusqu’ici figuré sur les caries que par une large tache blanche. C’est dire que sa mission devait être autre chose qu’un raid sportif. Puissamment outillé aux points de vue astronomique et ge'odésique, secondé d’ailleurs par un des membres les plus remarquables du Service géographique de l’armée, le capitaine Périquet, par un docteur de l’armée coloniale, M. Kérandel, et par quatre sous-officiers, il a fait œuvre de savant autant que de soldat.
- Partie de France le 25 août 1906, la Mission du Haut Logone arrivait à Carnot au commencement de décembre. Elle se trouvait là à pied d’œuvre pour commencer la grande exploration qu’elle se proposait de mener à bien. Pendant huit mois, de. décembre
- 1906 à juillet 1907, elle parcourut les pays du haut et moyen Logone, de la haute et moyenne Ouam. De rélour dans la Sangha, elle se consacra durant les mois d’août, septembre, octobre et novembre à
- Fig. 1. Rives de la Penndc. — Fig. 2. La Mambéré.
- Cette exploration l’avait conduit en plein massit montagneux, au sein de ce bouleversement granitique des Monts Yadé qui est véritablement le nœud hydrographique du centre africain. A une petite journée de marche des sources de la Nana, le commandant Lenfant trouvait en effet les sources de l’Ouam qui, après une large courbe vers le nord-est, se jette plus tard dans le Chari. Le mouvement orographique de Yadé est à l’altitude moyenne de 1200 mètres; mais, en certains endroits, il atteint 1300 et 1400 mètres. Des énormes masses granitiques habitées par les sauvages Bayas du Nord qui creusent leurs repaires dans les flancs mêmes de la montagne, s’échappent toutes les rivières qui répandent la vie dans d’immenses régions, parmi d’innom-
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- LA MISSION DU HAUT LOGONE .... —. _t-.-:= 317
- Fig. 3. — L’Ouam à hauteur des rapides.
- brables races et de fertiles contrées. Vers le nord c’est la Nana-Sangha ; vers l’ouest, c’est le Lom qui se jette dans l’Atlantique; vers l’est, c’est l’Ouam; vers le nord, ce sont la Mbéré ou Logone, la Penndé, la Nana Barya qui toutes trois se déversent dans le Tchad.
- Parmi les rivières qui découlent du nœud orographique de Yadé pour se déverser dans le bassin du Tchad, une surtout attira l’attention de la mission.
- La Mbéré ou Logone était connue. En ces dernières années notamment, les belles .explorations du capitaine Loffler et du lieutenant Lancrenon l’avaient complètement mise à jour. La rivière que les ancien-
- nes cartes dénommaient Logone oriental restait totalement inconnue. Le commandant Lenfant chargea le capitaine Périquet d’en faire la reconnaissance complète, depuis sa source jusqu’à sa confluence avec le Logone. La mission put ainsi établir que le Logone oriental n’était autre que la Penndé, rivière traversée autrefois par le lieutenant Lancrenon à 50 km environ de sa source et qui n’avait pas encore été identifiée.
- La Penndé prend sa source en plein Mont Yadé sous le nom de Nioye. Pendant la première partie de son cours, elle est une rivière torrentueuse. Mais en aval des monts Simbal, contrefort des monts Yadé, elle devient parfaitement navigable jusqu’au
- Fig'. 4.
- Arrivée de porteurs dans un village de la Haute'Sanga.
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- Logone, c’est-à-dire pendant plus de 500 km de parcours. Elle est alors une belle rivière, aux rives basses, au lit sablonneux, coulant majestueuse dans une plaine fertile et très peuplée.
- Il est difficile de voir au Congo un pays plus riant et plus riche. Les habitants sont des M’haïs, forte race de géants vêtus d’une simple peau de chèvre. Ils cultivent le miel et possèdent de superbes moutons et même des chevaux. Dans la campagne défilent les troupeaux d’antilopes, desbuhals, des bœufs sauvages. L’éléphant existe en assez grand nombre.
- Fig. 5. — Croquis approximatif des pays explorés par la mission.
- Après avoir étudié la Penndé et en avoir relevé le cours dans son entier, le commandant Lenfant décida la reconnaissance du Bahr Sara depuis son confluent avec le Chari jusqu’à sa source dans les Monts Yadé, tout en continuant à relever l'hinterland de cette rivière du côté de la Penndé. Le Bahr Sara n’était connu que fragmentairement. En 1894, M. Clozel l’avait atteint après avoir franchi la ligne de partage des eaux entre le Bénoué et le Congo. De 1895 à 1898, l’administrateur Perdrizet, connu par les beaux voyages qu’il a effectués et par la conscience qu’il a apportée à ses travaux, avait exploré la rivière jusqu’au 16° de longitude. Aucun relevé d’ensemble n’en existait. Très vite le Bahr Sara
- devient impraticable à la navigation. En effet, un peu en amont de son confluent avec la Fala, on se trouve en présence d’une suite de rapides imposants. Le maréchal des logis Bougon, membre de la mission, put franchir en baleinière, mais au prix des plus grands sacrifices, les vingt-quatre premiers rapides.
- Cette région est infestée par la mouche tsé-tsé qui y a fait des ravages redoutables. Cette circonstance seule suffirait à condamner cette route. De plus les populations de la haute Ouam sont encore très rebelles. C’est dans cette région que le capitaine Périquet, le sergent de Montmort et le maréchal des logis Delacroix furent arrêtés un moment par la sauvage tribu des M’bakas dont ils durent subir onze attaques en cinq jours et qui leur opposèrent une farouche résistance.
- Arrivée presque au terme de l’exploration de l’Ouam, la mission eut la douleur de perdre un de ses membres, le jeune sergent de Montmort, qui succombait à Bouala d’un accès de fièvre pernicieuse que lui avaient valu les grands travaux accomplis et les fatigues supportées en cours de route.
- L’effort de la mission s’était jusqu’alors porté sur un bloc de terrain nettement déterminé, que limitaient au sud le parallèle des Monts Yadé, à l’est le Bahr Sara, à l’ouest le Logone, au nord la ligne Laï-Fort-Archambault. Le deuxième bloc de terrain que se proposait d’étudier le commandant Lenfant comprenait les territoires de la Haute-Sangha. La mission avait déjà reconnu la Nana. A peine de retour dans le Sangha, elle entreprit donc le relevé .de la région de la Lobay à l’est et de la région de la Mambéré à l’ouest.
- La Lobay ne fut étudiée que jusqu'à son confluent avec la Mbaéré, affluent de sa rive droite qui baigne dans sa plus grande partie le pays des Yanghérés. Sur la rive droite de la Sangha, tout le pays compris entre le Mambéré au nord et la Kadéï au sud fut parcouru. C’est une région très irriguée, fréquemment coupée de vallées profondes ; le terrain est mamelonné, accidenté. Le sol est constitué par un humus fertile d’où surgit par taches immenses la grande forêt vierge où abondent le caoutchouc et les arbres à latex. A ce point de vue, c’est une des provinces les plus riches du Congo. Malheureusement, la tsé-tsé y existe en plusieurs endroits et les indigènes sont complètement privés de viande. C’est une des causes de l’affaiblissement de la race et l’une des raisons de l’anthropophagie persistante de ces peuples Bayas pour qui l’usage de la viande est une primordiale condition d’existence.
- C’est dans le but de remédier à cet état de chose que le commandant Lenfant résolut de tenter un essai de ravitaillement en bétail des territoires de la Sangha par le Tchad. Le commandant Lenfant constitua donc à Laï un troupeau de quatre cents bœufs et une cavalerie de cinquante chevaux qu’il conduisit à Carnot en suivant constamment la Penndé, puis en traversant le massif de Yadé, puis
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- enfin en longeant la rive gauche delà Nana. Le troupeau ne subit en cours de route aucune perte. Outre l’intérêt que présente la Penndé au point de vue géographique, cette rivière offre donc de grands avantages au point de vue économique, comme route commerciale entre des régions jusqu’ici fermées l’une à l’autre.
- A part le bétail qui constitue la richesse la plus grande des territoires du moyen Logone, la mission a prospecté dans le bassin de la Penndé des régions qui semblent destinées à un grand avenir économique. A partir du 7e degré de latitude, vers le sud, on trouve du caoutchouc et de l’ivoire en assez grande quantité. Le karité, le kapok et plus au nord les plumes d’autruche constituent également des exploitations possibles, grâce au prix relativement
- minime de la tonne de transport par la voieBénoué-Tchad.
- Le commandant Lenfant nous rapporte une étude complète de vastes régions qu’il y avait le plus grand intérêt à connaître. La carte de la mission, appuyée sur un réseau serré de positions astronomiques, observées et calculées par le capitaine Périquet, constitue un document de premier ordre. Au point de vue pratique, on peut considérer comme résolue la question des communications entre Logone et San-gha, grâce à la route de la Penndé et à l’essai qui en a été tenté. Ce sont des résultats importants. Nous déplorons seulement avec le commandant Lenfant qu’un des siens soit resté là-bas sur la terre d’Afrique, victime de son devoir et de son dévouement au pays. Maurice Reclus.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i3 avril 1908. — Présidence de M. Becquerel.
- Le bouton d’Orient. — M. Laveran présente une Note de M. Nicolle sur le parasite du bouton d’Orient, aussi appelé bouton de Biskra, bouton de Gafsa ou encore bouton d’Alep, selon les localités. Il s’agit d’une sorte de furoncle qui est causé par un parasite. Ce parasite ne paraît pas différer, si l’on s’en rapporte à la forme, du parasite du Kalaazar déjà étudié par l’auteur.
- Propriété du phosphore. — M. Lemoine présente une Note de M. Golson qui, sous le nom de Semicatalyse, décrit une série de phénomènes d’oxydation que l’on peut déterminer à l’aide du phosphore. Il obtient, à toutes les températures, des dérivés de la térébenthine et de la benzine. Cet effet du phosphore rappelle les phénomènes de catalyse si importants aujourd’hui, mais avec cette différence capitale que le phosphore s’altère en même temps que les carbures.
- Géographie et géologie du Maroc. — S. A. le prince Roland Bonaparte présente une carte au 1/250 000 de la région montagneuse qui s’étend au Sud de Marakech. L’auteur de cette carte est M. Louis Gentil, qui y a porté ses itinéraires dans le haut Atlas marocain fort peu connu. M. Gentil a indiqué également les conditions géologiques des terrains qu’il a parcourus.
- Le fonctionnement du cardia. — M. Lannelongue résume un Travail de M. Robinson sur le cardia. Le cardia a pour limite en haut l’anneau du diaphragme, en bas une valvule. Il n’existe donc pas de portion sous-phrénique de l’œsophage. Celui-ci se termine au niveau du diaphragme par une dilatation appelée ampoule phrénique. Cette ampoule, de même que l’antre du cardia prennent, dans quelques cas, un développement excessif, de telle sorte qu’une sonde œsophagienne peut s’y égarer et donner l’illusion d’une dilatation pathologique.M. Robinson attire l’attention sur la différence morphologique entre l’estomac vide et l’estomac plein. Dans ce dernier cas l’ampoule phrénique se dilate, l’estomac devient vertical, l’échancrure du cardia est plus profonde et la valvule proéminente. Chez les jeunes enfants cette valvule est même insuffisante, car ils régurgitent souvent. Le cardia se ferme par le concours de plusieurs agents : contraction des muscles en fer à cheval, projection de la valvule, torsion spéciale du cardia. Le diaphragme sert à l’ouverture. La réplétion de l’estomac attire le diaphragme, rétrécit la base du thorax et allonge la taille. La viduité de l’estomac produit l’effet inverse. Le hoquet tenace, une toux rebelle, et même la mort subite sont quelquefois causés par des lésions du cardia. Cn. de Yilledeuil.
- L’AURORE BORÉALE DU 26 MARS
- Sans être absolument rares en France, les aurores boréales visibles à notre latitude méritent de retenir notre attention, et il est intéressant de les enregistrer.
- L’un de ces beaux phénomènes s’est manifesté dans la soirée du 26 mars dernier, à Donville (Manche) d’où je l’ai observé (juste la même latitude que Paris). Mon attention fut attirée ce soir-là vers 8 heures par une clarté insolite venant du Nord, vers lequel je n’étais d’ailleurs pas tourné; je sortais d’une pièce assez éclairée pourtant, et si je donne ce détail, c’èst pour montrer jusqu’à quel point un reflet venait manifestement de cette région.
- Le ciel couchant étant alors encombré de nuées opaques il semblait vraiment qu’un assez fort crépuscule illuminât la voûte céleste au Nord, alors presque sereine.
- En effet, un arc lumineux, surbaissé de quelques 45° d’étendue, se montrait franchement, devant lequel des bandes nuageuses se projetaient vivement en noir ; mais cet arc était surmonté de deux rayons verticaux moins évidents comme clarté, s’élevant à une hauteur d’environ 20°. Puis ils disparurent presque brusquement, bientôt remplacés par d’autres, se situant d’ailleurs de façon quelconque, toujours en jets verticaux. Comme toujours le sommet
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- AURORE BORÉALE DU 26 MARS
- de l’arc auroral se trouvait au Nord magnétique.
- Les rayons verticaux étaient pour la plupart assez faibles et certains ne se voyaient vraiment — mais alors donnant l’apparence d’une sorte de peigne redressé — qu’à l’aide du procédé de la vision oblique. Pour la plupart de courte durée, ils ne montraient pas ces sortes de pulsations, d’ondulations qui semblent agiter la lueur comme sous l’influence d’un souffle puissant, particularités très fréquentes dans les aurores, pareilles à un mouvement de translation dans le lieu des plaques lumineuses; fait que j’avais également constaté pendant les quelques phénomènes que j’ai eu
- une grande richesse de couleurs, et l’on peut dire qu’en règle générale plus les mouvements de lumière sont rapides plus les couleurs sont abondantes et changent vite1. »
- Vers 9 heures du soir l’aurore s’atténuait beaucoup, et n’a pas tardé à disparaître. Le dessin que j’en donne ici, et qui, je me hâte de l’ajouter, a dû être forcé dans ses contrastes pour supporter une bonne reproduction, représente l’aspect ' caractéristique du phénomène.
- D’après la Gazette astronomique d'Anvers, celte aurore a été observée également en Hollande, à Westernieland, mais elle semble n’avoir commencé
- L’aurore boréale du 26 mars 1908.
- l’occasion d’observer dans les mêmes conditions.
- L’aurore du 26 mars m’a paru essentiellement calme, et ses seules transformations provenaient d’extinctions sur place et de réapparitions voisines. Certains des plus hauts rayons, et des plus lumineux en même temps, ont manifesté pour un instant une nuance rougeâtre, vers leur sommet, les parties basses et l’arc lui-même ayant une tonalité jaune verdâtre très pâle. D’une manière comme d’une autre ces colorations étaient débiles, et ce fait se trouve en parfaite conformité avec ce que rapporte M. J. Westman, le savant météorologiste suédois dans son beau travail sur ces phénomènes intéressants : « Les aurores immobiles présentent généralement, dit-il, une couleur jaune pâle faiblement nuancée de vert... c’est surtout, lorsque la lumière présente des mouvements vifs que l’on constate
- que plus tard à 9 heures. Là, on a noté les pulsations lumineuses dans les rayons, et un déplacement de l’arc a eu lieu vers l’Ouest. Enfin, les instruments magnétiques de l’Observatoire du Parc Saint-Maur ont enregistré une perturbation du 26 mars au soir jusqu’au 28 à minuit.
- Je noterai également, en vue de la correspondance de ces sortes de phénomènes avec ceux de la surface solaire, fait remarqué nombre de fois, que dans le cas actuel l’astre du jour ne montrait aucune tache de quelque importance. Lucien Rumux.
- 1 Mission scientifique pour la mesure d’un arc de méridien au Spitzberg, 1899-1902. Mission suédoise, tome IT, VIII® section : aurores boréales. , .
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. — N° 1822.
- 25 AVRIL 1908.
- LE BETON ARMÉ ET LA DÉFENSE DES CÔTES
- Le procédé semble heureux. Et, sans vouloir préjuger absolument de la durée que pourront avoir ces travaux, il est intéressant de faire connaître les
- pente de terrain sur laquelle on les établit; le poids du revêtement exige qu’on aille chercher une fondation solide, sous peine de voir des crevasses se produire, et la moindre fissure peut être une porte d’enlrée pour l’eau, qui poursuivra rapidement son travail de désagrégation. Des exemples célèbres en Hollande, et les résultats de la grande tempête de mars 1906, sont venus montrer que le déplacement d’une ou deux pierres de la maçonnerie suffira à entraîner bien vite sa destruction totale. Nous n’avons pas besoin d’insister sur ce que la nature monolithique d’un revêtement en béton armé le met à même de lutter au mieux
- - MiUelussuge cl drainage des talus avant pose du béton.
- conditions dans lesquelles s’effectuent les revêtements de dunes, l’établissement de digues de défense, de talus de protection le long des côtes, au moyen du béton armé.
- Il ne manque pas de points où l’on a eu recours à des revêtements en maçonnerie classique, pour arrêter
- Fig. 2.
- Confection des gradins.
- Talus terminé.
- les empiétements de la mer : comme par exemple le long des côtes basses de file de Ré. Mais ces talus et digues ne résistent pas toujours aux assauts des tempêtes ; ils nécessitent une garniture en argile de la 36e année. — ter semestre.
- contre les effets d’une désagrégation locale. Comme dans tous les travaux en béton armé, il ne faut point procéder au petit bonheur; et seuls des spécialistes peuvent indiquer les conditions pratiques les meilleures pour associer le métal et le béton, et pour les mettre à même de donner les meilleurs effets. Or, jusqu’à présent, le système de digues et de revêtements en béton armé qui nous semble avoir le mieux réussi dans ces travaux à la mer, c’est le système de Murait, que M. Huysman a étudié de très près dans les Annales des Travaux publics de Belgique, après l’avoir examiné sur place dans la province de Zélande, où on le met maintenant largement à contribution. Le procédé de Murait
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- 322 ===== LE BETON ARME ET LA DEFENSE DES COTES
- s’applique sous deux formes un peu différentes, mais le principe est toujours le même : on a tenu à laisser se produire les dilatations, les contractions causées par la gelée, par le choc des lames, etc., sans que cela entraîne de fissures dans le revêtement; et, pour y arriver, on forme bien un tout indissoluble, mais les armatures des différentes parties constitutives sont indépendantes.
- On fera, par exemple, un revêtement en dalles plates armées : elles sont relativement de faible surface, mais on vient couler autour d’elles, et partiellement par-dessus, des encadrements, également en béton armé, qui s’enfoncent davantage dans le sol, et les maintiennent au moyen d’un certain recouvrement.
- Les dalles sont isolées les unes des autres, elles peuvent jouer sous leur cadre, et un ouvrage construit de la sorte résiste admirablement à tous les agents extérieurs ou intérieurs; on en a déjà vu subir victorieusement les plus terribles périodes de tempêtes.
- Le plus généralement, les talus recouverts de revêtements du système de Murait sont à gradins, ce qui a un avantage considérable au point de vue de l’atténuation graduelle de la violence de la lame. On en trouve des applications bien caractéristiques aux environs de Brouwershaven, dans la province de Zélande, ou près de Zierickzee, chef-lieu de l’Ile de Schouwen. Ici encore, les éléments constitutifs sont indépendants, n’étant construits que successivement.
- Ce sont également des dalles que l’on construit et établit les premières, à la surface du talus de terre, de roche ou de sable, pour les enserrer ensuite et les maintenir sous des encadrements; mais les dalles sont à profil supérieur en gradins, comme nous l’avons dit, et leurs dimensions sont généralement plus grandes ; on leur donne comme longueur toute la hauteur du talus. Elles forment, une fois terminées, comme des bandes normales à la crête du talus. On commence par limiter la bande, sur le terrain, par deux grosses poutres parallèles en bois, qui présentent des gradins : cela ressemble aux deux montants d’un escalier droit à marches très basses; c’est sur les redans de ces gradins, que l’on disposera les couvercles des moules de bois qui serviront à couler les marches, les gradins successifs des dalles. On a naturellement dressé grossièrement le sol; et, s’il est particulièrement mobile, comme dans le cas de dunes, on étend de la paille à sa surface, soit pour éviter que les pieds des ouvriers défoncent trop ce talus, soit pour que la mer montante ne le fasse pas s’effondrer plus ou moins partiellement. Les poutres à gradins étant maintenues en place au moyen de crochets de fer s’enfonçant dans le sol, on pique en terre, entre elles, une série de pieux de chêne en quinconce, dont la tête dépasse le sol de 0,25 m. à peu près; c’est sur cette tête que l’on établit l’armature métallique, constituée généralement au moyen de ce métal déployé
- dont il a été souvent question ici. On fixe alors sur les poutres, trànsversalement à elles, des lattes qui forment contre-marphes et, par suite, .parois ,de moulage des marches de béton; on coule le béto;n, que l’on recouvre de couvercles de bois complétant' le moule. Des tiges métalliques sont prévues sur les gradins des poutres, pour permettre la fixation de tous ces éléments de moulage au moyen d’écrous. Naturellement, on pilonne le béton avant fermeture du moule; on peut se servir d’eau de mer et de sable de mer pour la préparation du béton, dont le dosage varie suivant que les massifs sont destinés ou non à être souvent battus par la mer.
- Quand les dalles ont bien fait prise, on prépare les encadrements. Pour cela, on enlève les poutres à gradins, on creuse un fossé à la place qu’elles occupaient ; puis on les renverse et les dispose sur les gradins de deux dalles voisines, de manière qu’elles se fassent face, et forment un moule où l’on pourra couler une poutre inclinée de béton armé donnant l’encadrement voulu ; l’armature est disposée partiellement dans le petit fossé dont nous avons indiqué le creusement. C’est ainsi que finaler ment on obtient ces talus à gradins d’un aspect particulier, que représentent deux de nos gravures (fig. 2 et 5).
- Tout en nous limitant à des indications bien rapides, nous ne pouvons manquer de noter que, en Hollande, où les talus en maçonnerie de basalte reviennent en moyenne à 12, 15, 20 fr. et plus, les revêtements de béton armé suivant ce système ne coûtent que 7 fr. à peu près au mètre carré. Sans doute, la pierre coûte moins cher ailleurs que dans les Pays-Bas ; mais le métal déployé se vend également meilleur marché.
- Nous disions en commençant que ces applications du béton armé se multipliaient un peu partout ; et actuellement on en fait usage dans des travaux fort intéressants exécutés sous les ordres de M. l’Ingénieur en Chef Cléry, qui a bien voulu nous donner des documents à ce sujet. Dans la baie de l’Aiguillon, en face de l’ïle de Ré, la mer se livre à un travail d’érosion qui devenait inquiétant : les dunes s’étendant sur la rive droite du Lay, de la pointe d’Arcay au village de la Tranche, le long du Pertuis Breton, sont attaquées sur plus de 10 km de long. Et, à la ferme de la Belle Henriette particulièrement, où les dunes sont peu élevées, la mer a rongé les terres sur 40 mètres de profondeur et un développement considérable, en menaçant de rompre la digue naturelle sablonneuse qui protège 4000 hectares de terrains desséchés. On a d’abord essayé d’immobiliser la dune au moyen d’enrochements formant revêtement à pierres perdues ; mais les pierres ont été enlevées par la mer; ou plus exactement la mer a passé entre elles pour enlever le sable de la dune. Et c’est pour cela qu’on s’est mis à protéger la dune avec un revêtement s’étendant sur plus de 600 m. de long, et fait de plaques de ciment armé. On peut espérer, en raison des précédents dont nous avons
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- LE VIEILLISSEMENT HATIF DES VINS :—..:.'.-.... 323
- parlé, que ce revêtement répondra bien au résultat poursuivi; cela ne veut pas dire que, particulièrement sur cette partie de la côte de Vendée, la mer ne s’attaquera pas plus loin à la dune; mais il faut
- espérer du moins qu’on possède maintenant, sous cette forme, un procédé technique commode et relativement peu coûteux, pour s’opposer à ses ravages. Henry Bougeois.
- LE VIEILLISSEMENT HÂTIF DES VINS
- Chacun sait que les vins récemment fabriqués possèdent en général une saveur astringente, acide, qui se modifie profondément avec le temps. — Le « vin nouveau », non exempt de propriétés laxatives, est très instable et ne peut être considéré que comme un produit intermédiaire entre le pur jus de raisin et le vin achevé.
- Les lois qui conditionnent la transformation du vin jeune en vin vieux sont restées longtemps inconnues. Ce que l’on savait, c’est que le facteur Temps y jouait un grand rôle; d’où, probablement, l’appellation de vin vieux donnée par opposition à celle de vin jeune par laquelle on désignait le produit récent de la fermentation du jus de raisin.
- Aujourd’hui, grâce aux travaux de Boussingault, Ber,-llielot, et surtout de l'asteur, le phénomène du vieillissement des vins, tout en n’étant pas encore complètement élucidé, est déjà en partie expliqué par cette remarque scientifiquement observée que la température et Y oxygène de l’air sont les agents essentiels de cette transformation.
- Le vin est un mélange d’un très grand nombre de produits, les uns existant normalement dans le grain de raisin et persistant, après la fermentation, comme le tartre, la matière colorante, etc., les autres, formés pendant la fermentation, aux dépens des éléments constitutifs du jus de raisin soumis à l’influence des ferments, notamment du mycoderma vini, comme l’alcool, l’acide acétique, etc.
- De tous ces produits, trop nombreux pour être énumérés avec intérêt, dans un article de vulgarisation, il en est quelques-uns dont la présence influe d’une façon spéciale sur le bouquet, sur cette résultante provenant à la fois de la saveur et du parfum : ce sont les alcools, les acides, le bitartrate de potasse et le tanin.
- Or, ces éléments sont ceux dont la répartition est le plus profondément modifiée par le fait du vieillissement.
- Sous l’influence de l’oxygène de l’air, agissant à la température normale, le tanin s’oxyde et se dépose, en entraînant avec lui l’excès du bitartrate de potasse, ce qui diminue l’astringence et l’acidité du mélange.
- Les alcools réagissant sur les acides libres, les éthéri-fient, et ce phénomène de Y éthérification est un de ceux qui concourent le plus efficacement à la production du « bouquet ». C’est surtout à ces deux réactions : précipitation du tanin (avec entraînement du bitartrate de potasse) et éthérification, que les vins vieux doivent leur saveur particulière.
- Ces réactions ne sont pas indéfinies; le mélange tend vers un équilibre qu’il atteint, plus ou moins rapidement, selon la température et la quantité d’oxygène en action.
- D’une façon générale, un vin est achevé au bout de huit à dix ans.
- On comprend l’intérêt que pouvait présenter l’étude du vieillissement hâtif du vin. — A qualité égale, la résolution de ce problème constituerait pour le viniculteur une source très sérieuse de bénéfices et pour le consommateur, un moyen de se procurer des vins jeunes ayant les qualités de goût et de stabilité des vins vieux, à des prix
- plus abordables que ne le sont généralement les vins bonifiés par un long séjour en cave.
- M. Cassisa, œnologue sicilien, s’inspirant de ces faits constants :
- 1° Qu’un vin ne contient jamais d’oxygène à l’étal libre (Berlhelot, Pasteur);
- 2° Qu’en vase clos, le vin nouveau ne vieillit pas ;
- 3° Que la température accélère le vieillissement, en a conclu qu’en augmentant la quantité d’oxygène en même temps qu’on élèverait la température, on pourrait hâter le vieillissement des vins dans des proportions très appréciables.
- 11 a donc imaginé l’appareil suivant qui, ainsi qu’on ya le voir, est de la plus grande simplicité.
- Le vin à vieillir est contenu dans un fût F ; il est chauffé par un serpentin de vapeur v. L’oxygène venant
- Oxygène
- Coupe schématique de l’appareil Cassisa.
- d’une bonbonne pénètre dans le fût par l’axe creux b et par le cadre c fixé sur l’axe, tous deux percés de trous. Le cadre et l’axe sont animés d’un mouvement de rotation de manière à répartir dans le liquide, aussi uniformément que possible, la chaleur et l’oxygène.
- Aroilà tout l’appareil.
- Des essais faits en Italie par ordre du Gouvernement, dans la Regia Cantina Sperimentale de Yelletri, ont donné des résultats très encourageants. Les plus remarquables furent obtenus avec du vermout et des vins de Marsala qui, en deux heures, avaient acquis tout le parfum et les propriétés organoleptiques caractéristiques des bons vermouts et vins de Marsala du commerce, préparés et vieillis par les procédés habituels.
- Il serait peut-être intéressant pour les viniculteurs français de s’intéresser aux essais de M. Cassisa dont l’appareil appelé par lui Ossigénos et breveté, semble appelé, si les modifications rapides qu’il détermine dans les vins sont durables, à rendre à l’industrie œnologique de très réels et très nouveaux services. G. Loucueux.
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- UNE DISPOSITION NOUVELLE DES CALES DE NAVIRES
- On a dit souvent, et avec raison, qu’un navire en métal n’est pas autre chose qu’une poutre métallique; à part, bien entendu, les formes extérieures, cela rappelle les premiers ponts métalliques à parois pleines. D’ailleurs, ainsi que le dit M. Croneau dans son Aide-Mémoire sur la « Construction du navire », cette poutre peut se trouver, par le jeu des lames, tantôt reposer sur deux appuis situés à ses extrémités, tantôt au contraire sur un seul appui, placé vers le milieu de sa longueur. Il faut donc renforcer cette poutre dans des conditions particulières de sécurité ; et, dès que le navire présente une certaine dimension, on recourt à une subdivision de la cavité intérieure, au moyen de ponts qui forment des soutiens horizontaux; de barrots (sortes de petites poutres transversales à l’axe du navire), qui supportent ces ponts; de cloisons verticales, normales aux plans des ponts; et enfin d’épontilles soutenant ceux-ci comme des colonnes soutiennent les plan-
- gaisons homogènes, et les décharger avec toute aisance. Ceux que n’effraient point les détails techniques, pourront trouver cette évolution exposée dans la communication fort intéressante faite en 1907 par M. Foster Iving, au Congrès d’architecture navale, à Bordeaux.
- Nous avons une ambition plus modeste, et nous voudrions nous contenter de montrer quelques types bien caractéristiques de navires où les dispositions nouvelles ont été adoptées. Pour quiconque du reste s’est promené dans les cales et entreponts d’un bateau du type classique, pour qui a vu ces cales et le vide intérieur en général partagés en une série de compartiments de hauteur assez faible, où la circulation, surtout la manutention et l’arrimage des marchandises sont gênés de façon déplorable par la présence des épontilles, les dessins que nous donnons seront éloquents. Les navires que le lecteur va visiter avec nous sont du genre trunk,
- CARGAISON
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- iiiüsii
- chers d’une maison. Sans parler des doubles fonds et doubles coques, tout cet ensemble constitue une armature intérieure des plus résistantes, pour la poutre creuse qu’est le navire.
- Il est des techniciens, et non des moindres, qui considèrent ce renforcement comme exagéré, même pour les navires à passagers, où la sécurité s’impose particulièrement; et c’est sur quoi insistait récemment M. Francis Elgar devant l’Institution anglaise « of Civil Engineers » : d’accord avec Sir William White, il rappelait que la construction du Great Eastern était beaucoup plus légère que celle de nos transatlantiques modernes, bien qu’on ne disposât pas pour lui des métaux si résistants que nous avons maintenant à notre service. L’illustre Brunei avait préféré procéder au renforcement plutôt vers les parois de la poutre.
- Or, c’est précisément dans cette voie que se fait l’évolution actuelle de la construction des bateaux de charge; et cela dans le but de faire des navires de dimensions croissantes, offrant toute solidité, mais en même temps donnant les plus grandes facilités pour charger rapidement et en vrac des car-
- comme on les appelle, ou encore du genre self trimming : le premier mot, qui signifie littéralement coffre, fait comprendre l’existence de cette sorte de caisse d’un seul tenant qui constitue l’intérieur de la cale; tandis que le mot de self trimming, qui signifie « arrimage automatique », s’applique à un navire dont les cales, ou les parois des cales, sont disposées de telle manière que la cargaison que l’on charge par les panneaux, vient s’arrimer d’elle-même et occuper tout l’espace libre de la cale, qui est ici aussi, le plus ordinairement d’un seul tenant.
- A la vérité, les trunks et les self trimmings ont été employés principalement d’abord sur les Grands Lacs américains, où les cargaisons en vrac constituent la règle pour ainsi dire. Et nous citerons comme un des précurseurs en la matière, ce bateau, Y Augus-ius B. Wolvin, dont il a été parlé souvent pour la rapidité avec laquelle il peut faire son plein chargement ; cette rapidité provient et de ses appareils de manutention, et de ses innombrables panneaux, répartis sur toute la longueur du bateau, et de la disposition de sa cale. A son bord, comme sur les
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- '..1 . = DISPOSITION NOUVELLE
- autres navires du même genre, on a installé la machinerie à l’arrière, ce qui n’oblige pas à partager la cale en deux parties. Le Wolwin n’a pas, du reste, moins de 170 m. de long au total, pour une
- DES CALES DE NAVIRES —- 325
- qui complètent ceux du double-fond ordinaire, et qui facilitent l’équilibrage du navire pour les meilleures conditions de navigabilité.
- De plus, on remarquera que, si les épontilles
- Fig. 2. — Vue d’une, cale nouvelle avec cuiller de déchargement descendue.
- largeur du 1/10. En section, la cale présente l’aspect d’une trémie, et l’on comprend que du minerai, du blé déversé par les panneaux, vont remplir toute cette capacité.
- Suivant son axe longitudinal, cette trémie a 120 m. de long, pour une largeur au sommet de 13,10 m. et de 7,30 m. au fond.
- Les bennes automatiques à cuiller double pourront descendre dans la cale sur ses divers points, parles panneaux, et y ramasser tout le minerai, par exemple; un simple balayage suffit finalement pour recueillir le peu qui en peut rester au pied des parois inclinées. Autre détail fort important : entre la coque extérieure et la paroi de la trémie, il y a des compartiments supplémentaires à lest d’eau,
- manquent totalement, des arcs métalliques suffisamment rapprochés supportent le pont unique, et relient solidement les deux flancs du navire.
- A bord de YEl-bert Garry, qui a été construit pour le même genre de trafic, et suivant les mêmes idées, nous trouvons une cale qui diffère un peu de celle du Wol-vin ; en ce sens que ses parois présentent d’abord une inclinaison dans leur partie supérieure, pour faciliter la descente des minerais, des charbons tombant par les panneaux; mais ensuite les parois sont verticales, et leur raccordement avec le fond de la cale se fait suivant une courbe bien étudiée, et assurant une bien meilleure prise des bennes de déchargement. Quant aux poutres
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- métalliques supportant le pont, ce sont des poutres droites qui viennent porter sur des consoles. On retrouve les compartiments latéraux de water ballast, qui peuvent contenir 8500 tonnes d’eau, et l’immense poutre creuse que constitue le Garry n’a pas moins de 175 m. de long, dont la plus grande partie est consacrée à la cale.
- Ces navires si curieux, on pourrait dire si révolutionnaires par rapport aux errements classiques, sont répandus dans les diverses marines; nous en trouvons sous pavillon norvégien, de 7000 tonnes de portée en lourd, et pour lesquels on a pu con-
- DES CALES DE NAVIRES =======
- celui d’un trunk steamer qui vient à peine d’être mis en service, pour le compte d’une maison norvégienne, après avoir été lancé sur les chantiers Ropner, de Stockton on Tees. Les dimensions du bateau sont de 115 m. de long pour 15,90 m. de large et 7,62 m. de creux; il peut porter un chargement en lourd de 7600 tonnes, et cela dans une cale unique, où nous trouvons cette fois des murailles droites, et qui s’étend sur une longueur de 78 mètres.
- La machinerie ainsi que les logements occupent l’arrière, le milieu du pont étant occupé par une
- Fig. 4. — La cale du Wolvin.
- stater particulièrement les mouvements de rappel très doux qui se font, grâce au lest liquide disposé en abord et à bonne hauteur au-dessus des fonds. Yoici, d’autre part, des bateaux.comme le Malden ou le Everett, qui n’ont que 120 m. de long, mais pour lesquels on a trouvé un avantage considérable à cette disposition de la cale, commode pour les cargaisons variées ordinaires, et inappréciable réellement pour les chargements en vrac, blé, charbon, minerai, etc. On n’a pas hésité à adopter ici la disposition permettant le self trimming, car cela assure normalement une diminution énorme des frais de chargement ou de déchargement.
- Le dernier exemple que nous voulions citer est
- passerelle de navigation. La cale est desservie par deux panneaux qui ont chacun un peu plus de 50 m. de long pour 8,5 m. de large. Les quelques épontilles métalliques qui subsistent ne sont qu’en très petit nombre. Elles ne peuvent être gênantes pour l’arrimage ou le chargement, pas plus que pour le déchargement, et leur rôle est surtout de fournir un appui à des cloisons mobiles qu’on installe parfois quand on veut répartir l’ensemble de la cale en quelques grands compartiments contenant chacun une espèce de cargaison différente. Ce type de navire possède, lui aussi, des compartiments latéraux à water ballast, qui sont disposés entre la coque et la paroi de la cale. Daniel Bellet.
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- LA FORTERESSE DU CHABERTON
- On a relaté au n° 1794 (12 octobre 1907, Informations) l’escalade en automobile, par deux officiers italiens, de la route qui monte au sommet du Chaberton (3155 m.) avec 72 virages sur 17 km et des pentes de 22 pour 100. Les, photographies, que nous avons pu nous procurer de cette importante position stratégique italienne, nous fournissent
- des millions à le fortifier. On prétend que, lors des traités de 1800 qui cédèrent Nice et la Savoie à la France, on aurait pu acquérir en même temps le Chaberton, parce que les pâturages de ces pentes appartenaient à des bergers français ! Mais le gouvernement d’alors n’en aurait point, dit-on, prévu la future importance! Quoi qu’il en soit, il existe là,
- 5 10 Kiiom
- Carte du Cliaberton d'après le 50 000' italien et le 80000' lrançais rectifié.
- I------
- O
- Fig. l. —
- l’occasion de rappeler au juste ce qu’elle est et tout l’intérêt qu’elle présente.
- La montagne du Chaberton est une énorme pyramide de roches calcaires, dressée jusqu’à 5155 m. en l’air sur le côté ouest de la route d’Oulx (station du chemin de fer du Mont-Cenis) au col du mont Genèvre (1860 m., débouchant sur Briançon). Son» sommet domine toutes les cimes et toutes les fortifications, sans exception, de Briançon, dont la gare (1204 m.) n’çst qu’à 12 km 500 de distance. Aussi les Italiens ont-ils employé des années et dépensé
- aujourd’hui, un ensemble d’ouvrages fortifiés des plus formidables, qui sont à peine achevés et dont les Italiens sont justement fiers. Les travaux comportent plusieurs parties différentes.
- C’est d’abord la route qui, sur les revers orientaux, part de Fenils (entre Oulx et Cesana Torinese) et s’élève par le Yal Marina et le ravin du Clos des Morts jusqu’au col du Chaberton ou du Charnier à 2670 m. ; de là, sur le flanc Nord-Ouest de la pyramide, elle monte en roides lacets jusqu’au sommet, avec deux graves défauts : le premier est d’être
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- LA FORTERESSE DE CHABERTON
- tournée vers la frontière française et par conséquent exposée à des atteintes de ce côté ; le second d’avoir
- gées la double batterie de la fontaine des Chamois, puis celles du Porton et du Portail (à 2800 m.).
- Sur le sommet même la cime, assez longue, a été partiellement rasée : par un travail des plus curieux on a pratiqué, par-derrière, à même la roche, une plate-forme, devant .. . laquelle on a laissé subsister, du côté
- France, un pan vertical de la muraille naturelle ; ce pan a été percé d’ouvertures pour servir d’embrasures aux canons et ceux-ci sont logés (et abrités derrière les murs) dans plusieurs tourelles (4 ou 6?) et coupoles avec un mécanisme très compliqué.
- Enfin pour le service du fort, pour son ravitaillement en provisions et munitions et même pour l’ascension du matériel de construction et d’arlil-
- Fig. 2. — Le Chaherion (côté nord-ouest).
- été pratiquée sur une pente d’éboulis de calcaires schisteux, où les avalanches et les glissements de pierres compromettent sa solidité : chaque année des tronçons entiers doivent en être refaits, au prix de considérables difficultés. Notre figure 4 donne une idée de ce qu’est la construction d’une route alpine militaire.
- En second lieu toute une collection de batteries, redoutes, baraquements, casernes hérissent les pointes et se dissimulent dans le creux de la mon-
- Fig. 4. — Construction d’une route militaire.
- tagne entière, colossal affût à plusieurs gradins de bouches à feu. Sur l’arête Sud notamment, qui monte tout droit de Clavières au sommet sont éta-
- Fig. 3. — Côté sud.
- lerie on a établi, du sommet du mont au bas de la vallée de la Doire, un câble transporteur pareil à ceux dont l’usage est répandu maintenant dans les forts de montagnes. Ils épargnent d’énormes frais de main-d’œuvre et de réparations aux chaussées. Celui du Châberton a été établi par la maison Ceretto et Toufeni de Milan sur les plans des ingénieurs militaires. Il part du haut du village de Cesane vers 1545 m. et mesure environ 4 km dè longueur pour une différence de niveau de 1785 m. Il est partagé en 5 sections par deux postes intermédiaires ou relais de tension de trois câbles d’acier qui composent le système de va-et-vient. La première section qui arrive à 1830 m. (avec 485 m. de dénivellation) comporte onze pylônes de bois (écartés de 400 m. au maxi-
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- LA FORTERESSE DE CHABERTON .......329
- Fig. 5. — Le Ciiabert-on, côté nord-est.
- Fig. 6. — CAble transporteur.
- mum) à galets roulants pour le glissement des câbles. Dans la seconde section, il y a un écart de 1450 m. et de 700 m. de dénivellation sans autre support
- intermédiaire que deux pylônes voisins du deuxième relais. La troisième section est dans le vide sur 2250 m. pour 600 de différence de niveau. Et la
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- 330 ========= L’EUROPE PRÉHISTORIQUE
- recette supérieure du câble est à 5130 m. L’inclinaison moyenne est de 50 pour 100, et atteint au maximum 100 pour 100 (45°).
- Quel progrès depuis le temps (peu lointain cependant) où l’on s’extasiait (en août 1896) sur l’ascen-
- sion du Chaberton par deux régiments d’infanterie italienne !
- La carte et les figures ci-jointes tiennent lieu de tous autres détails, que des considérations stratégiques empêchent de faire connaître, À. Stkryal.
- L’EUROPE PRÉHISTORIQUE
- La préhistoire possède, comme documents, non pas des souvenirs transmis à la mémoire des hommes, mais les produits matériels de leur activité, tantôt les traces du remaniement que leur présence fait subir à un territoire pour l’habiter, tantôt les objets usuels, armes, outils, etc., dont s’accompagne toute présence humaine, et, quelquefois, ces deux témoignages réunis. Il est inutile de dire combien de tels objets sont moins sûrs, moins précis, que des renseignements écrits, fussent-ils légendaires; mais, d’autre part, on ne saurait a priori leur refuser toute valeur. Maniés avec une prudence extrême, ils doivent donner des résultats appréciables : il faudra seulement se défier de deux défauts aussi fâcheux, d’un côté l’attachement trop étroit à la localité observée, de l’autre la démangeaison d’étendre trop vite à l’universel des conclusions locales; en préhistoire comme en histoire, le juste sentiment de la subordination des faits et celui de la perspective sont également nécessaires. Pourtant, comme toute science tend — et doit tendre — aux vues d’ensemble, il est intéressant de chercher ce que, dès à présent, la préhistoire comporte d’enseignement général. A vrai dire, on recommande quelquefois d’attendre pour de tels exposés que la science soit faite dans les détails, et d’avoir tous les matériaux prêts, avant de songer à une synthèse, et il est certain que si ces conditions sont nécessaires, la préhistoire n’y satisfait pas. Mais, sans doute, aucune science n’y satisfait, et, d’ailleurs, les chercheurs ne travaillent pas en réalité sur des détails isolés, ils les pensent comme des parties d’un schéma d’ensemble, plus ou moins explicite, plus ou moins précis, mais qui existe, au moins comme hypothèse à vérifier. Dès lors, tout ce qu’on peut demander à une vue générale d’une science, c’est d’être conforme à l’état actuel des connaissances acquises, de former un cadre plutôt qu’un tableau, et de ne pas se présenter comme éternelle, mais comme provisoire. Lorsqu’une telle vue est celle d’un homme qui, par des recherches concrètes, s’est prouvé autre chose qu’un rêveur, et qui a surtout voulu montrer quels sont les problèmes posés et quelles solutions y apparaissent, elle mérite d’être considérée. Tel est le cas, par exemple, d’un récent travail1, publié par M. Sophus Müller, l’éminent archéologue et préhistorien du Musée national de Copenhague, et où se trouve exposé à grands traits un système d’ensemble de la préhistoire européenne.
- Selon M. Müller, un grand fait initial domine toutes les destinées de l’homme en Europe : il n’y apparaît pas comme autochtone. Établi d’abord dans les régions méridionales, peu à peu il s’étend vers le nord, rythmant sa marche sur celle des glaces et les suivant dans leur recul. Ainsi cet homme d’Europe, colonisant lentement un territoire énorme, primitivement inhabitable, se montre d’abord partout avec l’attirail d'une civilisation très basse; ce sont évidemment des éléments humains qui se trou-
- 1 Sophus Müller. L'Europe préhistorique, trad. Philippot, Paris. J. Lamarre. 1007.
- vaient en bordure des groupements existants, des éléments pauvres et inférieurs, qui ont déferlé sur l’Europe; leur civilisation était le pâle reflet d’une civilisation plus haute, sur les confins de laquelle ils se trouvaient et dont le centre doit être cherché ailleurs.
- De ces prémisses posées, M. Müller retrouve les conséquences à toutes les époques de la préhistoire européenne. L’évolution générale de celle-ci est l’histoire des rapports entre une civilisation centrale, connue ou non, et celle des zones périphériques, de plus en plus distantes, que cette civilisation centrale influence diversement. — Il est bien entendu d’ailleurs que celle-ci ne reste pas forcément localisée toujours au même endroit de la terre, que plusieurs centres de civilisation peuvent exister simultanément ou successivement, et que les rapports de leurs actions réciproques ne sont pas sans compliquer beaucoup la simplicité du schéma général.
- On est frappé d’abord de ce que les plus anciens outils trouvés dans l’Europe du Sud, bien qu’ils présentent des traits locaux, sont d’un type en somme universel, reconnu dans l’Afrique septentrionale et orientale, dans l’Asie intérieure, dans l’Inde, etc., et, si l’on songe à la non habitabilité primitive de l’Europe, ses premières civilisations apparaissent comme un petit quartier excentrique d’un vaste domaine. De quelle région centrale, de quel cœur de civilisation, la vie affluait-elle vers cette zone frontière? « Il est au moins très tentant de supposer, dit M. Müller, que le large courant civilisateur venu des pays orientaux, et qui ne cessa de féconder l’Europe dans toute la partie ancienne de l’époque actuelle, jusqu’à son dernier apport, le christianisme, roulait déjà dans le même sens à ces époques plus reculées où apparaissent les premiers objets portant la marque de l’homme. C’est sans doute de l’Orient que venait la première civilisation que nous rencontrions dans le petit domaine européen. » Nous essaierons tout à l’heure de préciser ce que l’on peut entendre par ce mot un peu vague : l’Orient. Voici d’abord le mécanisme interne de la préhistoire européenne.
- Le premier centre qui s’y manifeste (en l’état du moins des investigations actuelles) est la France méridionale, où l’époque chelléenne montre une population assez avancée, favorisée par un climat chaud, et dont la culture se retrouve, mais comme appauvrie, dans l’Angleterre méridionale, la Belgique, et sur une bande de terrains qui, traversant l’Allemagne, aboutissent à la Russie méridionale, toutes ces régions formant la zone périphérique de cette civilisation première. Le paléolithique moyen (solutréen), montre en somme des faits analogues, mais avec un perfectionnement appréciable de la technique, des commencements très nets d’activité artistique dans la région centrale (Brassempouy, Menton) ; déjà d’ailleurs, des trouvailles analogues, faites à Malte, dans le futur domaine hellénique, en Égypte, en Espagne, montrent ces civilisations paléolithiques d’Europe en rapport avec l’Afrique du Nord, et peut-être, dit M. Müller, avec cet Orient, que nous aurons à définir. Puis, mal-
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- L'EUROPE PRÉHISTORIQUE = 331
- gré la dernière extension des glaces, la même histoire reste vraie du paléolithique récent : les cavernes de la France méridionale, avec leurs armes de jet en corne de renne et en os, leurs gravures sur corne, ivoire et pierre, leurs peintures, attestent la prééminence maintenue de cette région, la moins frappée par les mauvaises conditions climatériques. Un fait nouveau cependant commence à apparaître : l’Italie prend une avance sur la civilisation plus occidentale, et M. Müller croit pouvoir admettre qu’elle a eu son premier âge de pierre néolithique en même temps que la France avait son dernier âge paléolithique. Ainsi un nouveau centre de civilisation se forme, remplaçant l’ancien, toujours, comme celui-ci, d’ailleurs, sous la dépendance d’une influence extérieure commune, car, « dès les temps les plus reculés, l’Orient a été la source lointaine et le Midi la source prochaine de la civilisation du reste de l’Europe. » En effet, « c’était la nature qui avait fait de la France un centre de civilisation dès l’époque paléolithique ; et c’est encore la nature qui donna à l’Italie son évolution rapide et particulière. Les différences principales que nous apercevons entre les civilisations et qui persistent plus tard dans les temps anciens, ont leurs causes profondes dans l’état du milieu physique pendant et après la période glaciaire ».
- Comme au paléolithique, de semblables différences de civilisation se marquent pendant l’ancien âge de pierre néolithique. Il offre, dans toute l’Europe moyenne et septentrionale, deux grandes nouveautés, la hache, et les amas de coquilles, surtout célèbres en Danemark; en même temps, la flèche succède au javelot, le vase d’argile apparaît, le chien est domestiqué. Mais, si ce stade est général, il diffère d’aspect et d’époque, du Nord au Midi : cette civilisation n’arrive au Nord que tardivement et sous une forme abrégée; seulement, dans les régions où elle arrive en dernier, en Scandinavie par exemple, elle garde plus longtemps certains éléments, les développe au maximum, et y présente exagéré, plus durable, l’état réalisé d’une façon plus éphémère au Midi, là où les influences extérieures agissaient plus rapidement et précipitaient la succession des stades. Ce serait d’ailleurs une caractéristique des zones périphériques de réaliser plus largement les éléments tardifs qu’elles reçoivent d’une civilisation centrale.
- Faits comparables aussi dans l’Europe du Sud, au récent âge de pierre. L’ornementation des vases d’argile conduit directement vers une influence orientale : ces dessins réguliers, formés par la combinaison du point et de la ligne, sont ceux de l’Égypte primitive, des plus anciennes trouvailles cypriotes, et on les recueillera plus tard dispersés à travers l’Espagne, l’Italie, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, la Scandinavie. De même, la hache polie, qui apparaît, débute en Italie, en Grèce, par des représentants en matériaux étrangers au pays ou très rares, importés sans doute avec le procédé de polissage, et témoignant aussi d’une influence extra-européenne. Pour M. Müller, l’étude des premières domestications animales, celle des céréales, donneraient des indications analogues, et il suggère que, sous cette impulsion de l’Est, les hommes d’Europe, jadis chasseurs et pêcheurs nomades, sont devenus des agriculteurs et des éleveurs ; ils n’habitent plus en général des grottes, mais des huttes à demi souterraines, rondes ou ovales, à toits de branchages et de roseaux, avec entrée en plan incliné ou couloir, huttes rassemblées en villages, et dont le type se trouve en Italie, en France, en Belgique, puis plus tard dans les régions septentrionales et en Danemark. C’est aussi l’épo-
- que des sépultures individuelles, la fosse simple et petite, creusée dans la terre pour un seul cadavre, qui s’y repose les jambes repliées, entouré d’objets personnels : ce même mode de sépulture est le plus ancien connu en Egypte, et il ne paraît pas non plus qu’il soit né en Europe. Enfin, à grands traits, la marche de la civilisation pendant le récent âge de la pierre pourrait se concevoir ainsi : d’abord une impulsion venue d’Orient (et continuant sans cesse à agir) ; le Sud de l’Europe la reçoit en premier lieu; et ce mouvement, de là, se propage dans les temps qui suivent. Tandis que ce récent âge de la pierre s’épanouissait dans le Sud, l’ancienne période n’était pas encore terminée dans le Nord, et la nouvelle civilisation ne devait s’y développer que beaucoup plus tard — notamment, par une floraison tardive, mais très riche, dans le groupe Scandinave. Et en même temps, au Sud-Est de l’Europe, il y a tout un grand domaine où la même période est mal représentée, la Grèce continentale et les îles, les côtes de l’Italie méridionale : elle y fut en réalité très maigre, parce que, dit M. Müller, l’évolution s’y fil plus vite, de même qu’elle fut très riche dans le Nord parce qu’elle se prolongea beaucoup plus.
- On peut apercevoir maintenant les idées directrices de M. Müller et leur originalité : il admet, contre M. Monlélius, le caractère tardif des stades de civilisation septentrionaux; contre M. Penka, il croit que le Nord n’est pas un centre de civilisation, mais une zone périphérique, un réceptacle ; contre M. Salomon Reinach, il croit à la dépendance de l’Europe vis-à-vis de l’Orient. Par-dessus tout, il voit, comme condition générale de l’évolution préhistorique, le rapport entre le centre de civilisation et la périphérie : le centre est actif, productif ; la périphérie est réceptive ; il y a réduction et allégement de la civilisation centrale dans sa transmission à la périphérie, et aussi possibilité d’un développement nouveau et original dans cette même périphérie, mais à une époque plus tardive que celle où la civilisation initiale s’est manifestée au centre; enfin la rapidité de transmission des éléments d’une civilisation est inégale, de telle sorte que des stades successifs au centre peuvent devenir contemporains à la périphérie ou même apparaître dans un ordre tout différent.
- Il est bien clair que nous ne saurions ici suivre M. Müller dans l’exposé détaillé ni de ses preuves, ni des résultats qu’il en tire pour présenter l’enchaînement des divers stades aux diverses régions d’Europe. Ce que nous venons de dire des âges de la pierre suffit à donner une idée de sa manière et de son intérêt. Nous signalerons seulement encore quelques grands faits.
- D’abord, la constitution de la civilisation prémycénienne, qui commence à établir le monde hellénique comme principal centre de la culture européenne : c’est une première période du métal, avec des objets de bronze, où se marque une influence profonde et rapide de la civilisation égyptienne. La sépulture,— originaire d’Egypte? — est d’un type tout nouveau, répandu sur les îles de l’Archipel, la Grèce, l’Asie Mineure : ce sont des tombes carrées, collectives (contenant plusieurs cadavres). L’influence de cette civilisation sera bientôt nette en Sicile, dans l’Espagne du Sud-Est, puis en Bosnie, Sez'bie, Transylvanie, à l’Ouest du bassin de la mer Noire, où, en plein âge de la pierre, des statuettes féminines, des vases d’argile, etc., l’attestent manifestement.
- Bientôt, succédant directement à celle-ci, la période protomycénienne répand sur tout le domaine hellénique les premiers vases bien modelés, d’une argile claire et fine, à grandes anses, ornés de couleurs, que l’on trouve par
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- exemple en Crète. La région située au Nord de la Grèce, entre la mer Noire et l’Adriatique, est directement sous l’influence de cette céramique, quoiqu’on y soit seulement à une sorte d’âge mixte entre la pierre et le bronze. Au delà encore, parmi des populations moins avancées, la Sicile, l’Italie du Sud, la Sardaigne jouent un même rôle périphérique, et les chambres rondes, voûtées, les tombeaux a forno, qui servent de sépultures à plusieurs cadavres, descendent sans doute aussi des sépultures protomycéniennes, et prémycéniennes. Mais cette influence s’étend encore beaucoup plus loin : M. Muller n’hésite pas, en effet, à rattacher à cette même forme de sépulture collective les dolmens de divers types répandus sur les diverses régions du bassin de la Méditerranée et sur les régions atlantiques jusqu’au Danemark : « Ce n’est pas un seul peuple, dit-il, comme on l’a cru, qui a apporté dans les divers pays, à la suite d’invasions successives, l’habitude de dresser des dolmens. Les choses que l’on trouvait dignes d’être imitées se répandaient par le .commerce et par les relations de pays à pays. Or ces relations passaient par la voie maritime et par les côtes, et non point à l’intérieur de l’Europe.... L’usage de la sépulture collective a pris naissance dans l’époque prémycénienne du métal, à l’Est du bassin de la Méditerranée, sous des influences égyptiennes, et il a été transporté dans le Noi'd de l’Europe au milieu d’un âge de la pierre. Il a fallu beaucoup de temps pour cette migration. Dans la partie Ouest de la région méditerranéenne, les dolmens durent apparaître assez tard dans la période prémycénienne, vers la fin du troisième millénaire; dans le Nord Scandinave, ils ne peuvent être plus anciens que le commencement du deuxième millénaire. » Sur bien d’autres sujets, le livre de M. Müller donne des suggestions pleines d’intérêt. Pour lui, par exemple, les habitations lacustres, dont le domaine est dans les pays en bordure des Alpes (Suisse, Savoie, Italie du Nord, Allemagne du Sud, Autriche et aussi Hongrie, Croatie, Thrace), c’est-à-dire dans une zone immédiatement limitrophe au nord de l’Italie et de la Grèce, ne sont pas autre chose, dans une civilisation moins avancée et avec des
- L’ÉCLAIRAGE DES TRAINS
- L’éclairage des wagons de chemin de fer constitue à l’heure présente un problème industriel des plus intéressants.
- Le temps n’est plus, en effet, où les voyageurs se contentaient de la clignotante et pâle lueur répandue par des lampes à huile plus ou moins fumeuses disposées au plafond des compartiments. Aujourd’hui, la lumière doit partout être brillante, .à l’intérieur des trains aussi bien que dans les diverses pièces de nos appartements ou que dans les salles publiques de réunions.
- Au surplus, en ces dernières années, de nombreux essais ont été tentés eh vue de répondre à cette nécessité. En dehors de l’huile et du pétrole, on a eu recours, avec des succès divers, au gaz de houille, à l’électricité, à l’acétylène, etc. De ces multiples tentatives, aucune n’a complètement donné satisfaction.
- Encore qu’il présente de réels avantages, le gaz est loin de donner toutes les commodités désirables.
- moyens moins parfaits, que la reproduction des types de l’architecture méridionale mycénienne, caractérisée, comme on sait, par la forme quadrangulaire des constructions. De même, les fameuses terramares, ces sortes de cités lacustres h sec, de la haute Italie et de la vallée du Pô, appartiendraient également au même ordre d’influences du monde classique.
- Ces exemples suffisent, croyons-nous, à montrer ce qu’il peut y avoir de fécond dans la théorie de M. Müller. 11 ne nous appartient pas de la discuter, ni dans son principe, qui nous semble à vrai dire acceptable, ni dans ses applications, dont plusieurs peuvent être douteuses : M. Müller, par exemple, ne tient aucun compte des traditions d’Hérodote sur l’origine des ïyrrhéniens Etrusques. Il était pourtant nécessaire de noter cet essai intéressant pour établir ce qu’on pourrait appeler la physiologie sociale de l’Europe préhistorique.
- Maintenant, quel est cet Orient dont parle si souvent M. Müller? Il ne le désigne pas en termes précis et n’avait peut-être pas à le faire. Toutefois, si nous comprenons bien sa pensée, il semble que pour lui la source la plus lointaine où l’on puisse remonter, le centre initial de civilisation, qui, par des voies diverses, agit sur les centres secondaires d’Europe, ce soit la Mésopotamie. Cette donnée est d’ailleurs conforme à tout ce que l’on commence à entrevoir de l’histoire ancienne des civilisations occidentales, et il y a de bons esprits à qui elle apparaît même comme une évidence. On indiquait ici, naguère, la découverte en Asie Mineure de documents du xiv° siècle avant J.-C., attestant une influence de cette même Mésopotamie sur les futurs habitants de l’Iran et de l’Inde. Quoiqu’il y ait bien des incertitudes de détail dans tous les faits connus, peut-être serait-on en droit de croire que cette région privilégiée du Tigre et de l’Euphrate fut en effet le centre principal de toute la civilisation antique, jusqu’au temps où elle céda la place à sa descendante, la civilisation hellénique. Celle-ci, à son tour, rayonna à l’Ouest et à l’Occident, préparant cette culture, sémitique et grecque par ses origines, qui tend aujourd’hui à une expansion mondiale. Jean-Paul Lafitte.
- AR L’ACÉTYLÈNE DISSOUS
- Son emploi nécessite des installations considérables et partant dispendieuses et il présente, par surcroît, cet inconvénient grave de ne permettre le ravitaillement des wagons qu’en des stations déterminées, d’où la nécessité d’amener à ces dites stations toute voiture dont la provision de gaz est épuisée.
- L’éclairage électrique présente, lui aussi, à côté de très réelles commodités, des défauts non négligeables. D’un prix de revient élevé, il ne donne pas toutes les garanties nécessaires de bon fonctionnement et nécessite un personnel spécial pour son entretien. Reste l’acétylène. Les premières tentatives d’éclairage faites avec ce gaz ne parurent point lui donner une supériorité quelconque sur les gaz de houille. Aussi, son emploi sur les voies ferrées eût-il été complètement abandonné, sans la découverte, par M. Claude, de la possibilité de l’emmagasiner en grande quantité à l’état de dissolution dans l’acétone.
- L’application toute récente des manchons à incandescence aux becs à acétylène, si l’on en juge par
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- les essais qui se poursuivent actuellement depuis plusieurs mois entre Paris et Calais, semble enfin mettre hors de pair ce nouveau mode d’éclairage.
- C’est à la Compagnie des chemins de fer du Nord que revient le mérite d’avoir en France, pour la première fois, réalisé sur un plan tout nouveau et vraiment pratique l’éclairage par l’acétylène des wagons de chemins de fer.
- La caractéristique du système présentement en expérience et dont toute l’économie revient aux constructeurs Boas, Rodrigues et Cie, est son extrême simplicité. Avec le nouveau mode d’éclairage, la Compagnie n’a plus à prévoir d’installations spéciales. Plus d’usine pour la fabrication du gaz, plus de poste central pour le chargement des réservoirs servant de gazomètres sur les wagons. En dessous de chaque voiture, dans des coffres munis de portes à l’avant, se trouvent logées deux bouteilles en acier du type couramment employé dans l’industrie pour la soudure autogène et pour le coupage oxy-acétylé-nique des métaux1. Ces bouteilles, du poids de cinquante-cinq kilogrammes, renferment, une fois chargées, trois mille litres d’acétylène. Leur installation ou leur dépose se fait en un instant et le plus aisément du monde. Une robinetterie appropriée, placée dans une boîte adaptée au longeron de la voiture — boîte qui renferme encore le mano-détendeur et le robinet servant à la mise en marche d’une bouteille ou de l’autre, de façon qu’aucune interruption ne puisse survenir, — permet le
- Coupe d’une boîte à acétylène : la bouteille cl son manomètre.
- raccordement des bouteilles avec la canalisation aboutissant aux becs disposés à l’intérieur des com-1 Yoy. ii° 1783, du 27 juillet 1907.
- partiments. Ces becs, d’un type nouveau combiné par les auteurs de l’installation, sont munis de petits
- Disposition des bouteilles d’acétylène sous un wagon.
- manchons d’une extrême solidité qui leur permet de résister victorieusement aux trépidations. De plus, comme le gaz acétylène est parfaitement épuré avant sa dissolution dans l’acétone, l’altération chimique des manchons n’est pas à craindre. Et, de fait, dans les expériences qui viennent d’avoir lieu, le gaz brûlant sous une pression de vingt à vingt-cinq centimètres d’eau, certains manchons ont pu assurer un éclairage parfait durant un parcours de plus de six mille six cents kilomètres exécuté dans des conditions particulièrement dures. Depuis leur mise en service et de façon continue, chacune des deux voitures — du type mixte (lre et 2e classes) — servant aux expériences, a, en effet, effectué, chaque deux jours, à la vitesse commerciale de quatre-vingts kilomètres à l’heure, vitesse atteignant à certains endroits des parcours jusqu’à cent vingt kilomètres, un voyage aller et retour de Paris à Calais.
- L’éclairage de ces wagons est assuré par six becs à incandescence et par deux becs à flamme nue installés dans les water-closets. Les becs consomment exactement de sept à huit litres par heure et ont un pouvoir éclairant de vingt-cinq bougies décimales.
- La durée d’éclairage pour chaque voyage étant de cinq heures et quart, on voit que la provision de gaz emmagasinée sur chaque voiture est suffisante pour satisfaire, sans recharger, à neuf parcours complets Paris-Calais-Paris.
- Ces expériences de fonctionnement en service régulier succédèrent, naturellement, à toute une série
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- d’essais préliminaires variés. Ceux-ci comportèrent deux suites d’épreuves. La première, effectuée à Paris, dans la gare du Nord même, consista dans l’illumination prolongée d’un >vagon qui fut installé dans la cour de Maubeuge et eut pour objet de vérifier si l’acétylène donne vraiment toutes les garanties désirables, quant à la qualité de l’éclairage.
- Ce point, une fois acquis, et avant d’aller plus loin, MM. Boas, Rodrigues et Cie furent conviés à procéder, sous le contrôle de MM. Gaudez et Pihan, ingénieurs de la Compagnie des chemins de fer du Nord, à de multiples expériences d’allumage et d’extinction, et à des essais minutieux de sécurité.
- Pour ces dernières recherches, dans les wagons aménagés comme je l’indiquais tout à l’heure, mais équipés simplement avec de petites bouteilles de trois litres et demi du type employé couramment pour l’éclairage des voitures automobiles, on créa à dessein des fuites dans la canalisation, dans la toiture, près des becs, etc.
- Quand, par ces fuites, le gaz acétylène avait fusé durant cinq minutes, durant un quart d’heure, durant une demi-heure ou même une heure, on allumait subitement les becs. En aucun cas, l’on ne vit survenir d’explosion. L’épreuve était concluante et établissait sans réplique que l’on n’avait à redouter
- aucun danger du fait de l’emploi de l’acétylène.
- Comme l’on en peut juger par ces indications que je viens de rapporter, ce n’est point à la légère que M. Sartiaux, ingénieur en chef de l’exploitation de la Compagnie, laissa procéder aux expériences pratiques d’éclairage des voitures par le système que nous venons d’indiquer, expériences qui ont nettement montré les avantages variés de l’acétylène pour un service tel que celui d’une entreprise de chemin de fer.
- Le nouvel éclairage 11’est-il point d’un coût excessif et capable à lui seul d’interdire son emploi? Encore que nous ne puissions ici donner de chiffres précis, il semble bien, d’après les études poursuivies durant ces derniers mois, qu’à cet égard aussi le gaz acétylène dissous offre toute satisfaction. La meilleure preuve en est qu’il est présentement question d’aménager, dans un bref délai, trois cents wagons pour recevoir le nouvel éclairage.
- ' Cette installation qui semble devoir être prochaine sera sans aucun doute vivement appréciée. Les réclamations faites à maintes reprises par des voyageurs voulant se faire ouvrir les voitures attelées au train de Paris-Calais, alors que celles-ci n’étaient pas encore mises à la disposition du public/ permettent au moins de le présumer. Dr Georges Yitoux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance du 21 avril 1908 paraîtra dans le prochain numéro.
- LA DISPARITION DE L’ANNEAU DE SATURNE
- Au cours de sa révolution de près de 29 ans 1/2 autour du Soleil, la planète Saturne présente plusieurs particularités intéressantes, principalement en raison de la perspective variable que nous offre l’anneau véritablement extraordinaire qui entoure cette planète. Le phénomène de la disparition de l’anneau est, sans contredit, l’un des plus curieux.
- L’anneau fait, avec le plan de Forbite, un angle de 28 degrés environ ; il se déplace en restant constamment parallèle à lui-même. Il en résulte qu’à certaines époques, qui se reproduisent à peu près tous les 15 ans, l’anneau, après s’être refermé peu à peu, finit par disparaître presque complètement à la Vue. Plusieurs cas se présentent pour cette disparition : 1° lorsque son plan passe par la Terre (alors nous le voyons juste par la tranche) ; 2° lorsque le plan passe par le Soleil dont les rayons, rasant sa surface, ne l’éclairent plus; 5° lorsque le plan passe entre le Soleil et la Terre : alors c’est la face obscure qui est tournée vers nous.
- La surface boréale de l’anneau était éclairée depuis 4891. L’ouverture maximum s’est présentée en 1899 et, depuis le début de la présente année,
- et pour 15 ans, c’est la face australe que nous pourrons observer.
- D’après la Connaissance des Temps, la période d’invisibilité commençait le 12 avril 1907, comme le montre la figure 2 : la Terre arrivant en Td a traversé le plan de l’anneau de Saturne qui est en Sj. En raison du voisinage du Soleil, cette première disparition ne put être observée. Du 12 avril au 24 juillet, la Terre va de en T2 et Saturne de Sj en S2. Nous ne pouvons voir que la surface australe, obscure, de l’anneau. Le 24 juillet, le plan de celui-ci passe par le Soleil, la face australe s’éclaire pour la première fois depuis 15 ans, l’anneau réapparaît. Il en est ainsi jusqu’au 4 octobre, date à laquelle la Terre, par suite de sa vitesse plus grande, a rattrapé, en T-, le plan de l’anneau, Saturne étant en S3. De nouveau, l’anneau disparaît, la face boréale, au-dessus de laquelle nous nous trouvons, n’étant plus éclairée. Enfin, le 6 janvier 1908, la Terre, parvenue en T4, repasse de nouveau par le plan de l’anneau, Saturne étant en S4. L’anneau réapparaît et va s’ouvrir de plus en plus.
- Les phénomènes géométriques que nous venons de décrire très brièvement se passeraient bien ainsi
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- si l’anneau était un corps solide, opaque, extrêmement plat. Or, il n’en est pas ainsi. L’anneau a une épaisseur relativement importante, évaluée entre 70 et 150 kilomètres.
- D’autre part, pour rester constamment en équilibre, cet appendice est nécessairement formé de particules qui reçoivent la lumière solaire, la réfléchissent, la diffusent et en laissent passer dans les intervalles qui les séparent. La plus ou moins grande densité de ces minuscules satellites constitue les diverses zones de l’anneau. Leur raréfaction relative à l’intérieur produit cette zone semi-transparente à travers laquelle on voit le globe de Saturne, lorsque l’ouverture est suffisante.
- Il serait intéressant au plus haut point de donner toutes les observations qui ont été faites lors de la dernière disparition de l’anneau. Malheureusement, en raison de leur nombre considérable, elles nécessiteraient une étendue qui nous oblige à nous limiter aux recherches principales.
- Les observations du 12 avril au 24 juillet sont peu nombreuses. Le 22 juillet, M. J. Guillaume, à l’observatoire de Lyon (équatorial coudé de 0m,32), nota l’invisibilité complète de l’anneau. Mais, le 27 juillet, Saturne s’étant légèrement déplacé de S2 vers S3, la face australe était déjà un peu éclairée et, pour le même observateur, l’anneau apparaissait comme une ligne lumineuse très étroite et si faible qu’elle semblait nébuleuse. Par suite d’un phénomène de contraste, les anses paraissaient détachées du globe et finissaient en pointe vers celui-ci.
- A l’observatoire Lick, aux États-Unis, la grande lunette de 0m,91 montra distinctement l’anneau, dès le 25 juillet, assez brillant. Il faut tenir compte ici de la puissance de l’instrument et de l’altitude de l’observatoire. Le 26, l’anneau avait augmenté d’éclat, et on distinguait nettement la surface éclairée. Dès le 50, on voyait, de chaque côté, l’espace sombre entre l’anneau et le globe.
- Les observations de Saturne sont surtout nombreuses à partir du mois de septembre, l’opposition ayant eu lieu le 18. Le second passage de la Terre dans le plan de l’anneau a été très étudié. Pour M. Guillaume, à l’observatoire de Lyon, l’anneau n’était pas visible, le 2 octobre, à l’équatorial Brunner deOrn,16. Mais au coudé de 0m,32, les anses se voyaient toujours facilement. Le 5 octobre, ces anses avaient complètement disparu. M. Hans Lau, à Copenhague, devina également l’anneau le 2, mais le 5 il était invisible. A l’observatoire Lick, la puissante lunette a permis de ne pas perdre l’anneau de vue un seul instant : le 4 octobre, il était net comme un trait de canif. Le 5, il était difficile de préciser où il se terminait.
- On conçoit combien la puissance de l’instrument et les circonstances atmosphériques peuvent modifier l’aspect d’une ligne peu lumineuse dont l’épaisseur atteint un ou deux dixièmes de seconde d’arc. Le moindre trouble de l’image suffit à faire disparaître cet objet délicat ou à lui donner un aspect
- nébuleux. On s’explique ainsi les différences notées par divers observateurs au même instant.
- On a observé depuis longtemps, lorsque l’anneau se présente par la tranche, des irrégularités, proéminences, points brillants ou corpuscules à sa surface. Bond, en 1847 et 1848, à Harvard College, fit des observations très nombreuses de ces corpuscules. Leur, rotation lui parut différente de celle des satellites avec lesquels on ne pouvait les identifier. Le 3 novembre 1848, par une vision parfaite, les interruptions de la lumière de l’anneau furent si bien remarquées que l’observateur ne put hésiter un instant à les. expliquer par la lumière réfléchie par les bords intérieurs ‘des anneaux. Ces points brillants furent revus lors de la dernière disparition et signalés par un télégramme du professeur Campbell, directeur de l’observatoire Lick, le 28 octobre 1907, comme ayant été visibles pendant la semaine précédente, symétriquement placés, deux à l’Ouest, deux à l’Est. M. Lowell, à la date du 7 novembre, annonçait que ces condensations étaient symétriques et permanentes. Des mesures micrométriques en furent faites du 3 au 9 novembre, par MM. Lowell et Lam-pland1. Tous les observateurs signalent, à la même époque, ces condensations : M. Quénisset, à l’observatoire de M. Flammarion, à Juvisy, les dessine du 9 au 22 novembre; M. Salet, à l’observatoire de Paris, en indique deux un peu au-dessous du bord gauche de l’anneau (Ouest), et un seul à droite (Est); à l’observatoire Lick, MM. Campbell, Aitken, R.-H. Tucker les observent et les mesurent.
- MM. Guthnick et Courvoisier, de Berlin (réfracteur de 9 pouces) confirmèrent; par des observations des 20 et 24 octobre, là dépêche de M. Campbell. Enfin, M. Lowell, à la date, du 22 novembre, télégraphiait : « Trace de l’anneau de Saturne bissèctée. Ligne noire au milieu. Phénomène explicable seulement par particules en dehors du plan ».
- L’anneau, vu du côté non éclairé du 4 octobre 1907 au 6 janvier 1908, n’a pas cessé d’être visible. Le Rev. T.-E.-R. Phillips, de Ashtead, dit que la visibilité devait être produite par la lumière solaire passant à travers la division de Cassini et illuminant le bord du second anneau qui est le plus brillant du système. M. R.-T.-A. Innés, à Johannesburg, a vu plusieurs fois les condensations, sortes de grains de chapelet, mais n’a pu décider s’il s’agissait d’objets réels, ou des satellites Mimas et Encelade. En effet, à l’époque de la disparition de l’anneau, les satellites, qui circulent à peu près dans le même plan que celui-ci, se trouvent projetés sur sa trace et, à diverses reprises, on a pu les confondre avec des points brillants. M. Ch. Burckhalter, à l’observatoire Chabot, a vu, avec son réfracteur de 8 pouces, l’anneau tout entier, chaque fois que la définition, était bonne. Même observation par le Dr Ristenpart, à Berlin, à l’aide du réfracteur de 12 pouces de l’observatoire Urania, le 5 novembre; par M. Kirchoff, les 5 et
- 1 Voir à ce sujet : The tores of Saturn, par Percival Lowell (Popular nslroiwmy, mars 1908, vol. XVI, n° 3).
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- DISPARITION DE L’ANNEAU DE SATURNE
- 4 novembre; par le professeur Harlwig, de Bamberg, le 6 novembre (qui vit l’anneau de couleur rouge). M. Schær, à Genève, vit des bandes d’une teinte brunâtre, à diverses reprises, de chaque côté de la trace de celui-ci.
- Le Fr. Amann, à Aoste (Italie), au fur et à mesure que l’anneau, non éclairé, s’ouvrait, distingua une sorte d’anneau dont la visibilité dura du 15 novembre au 16 décembre, avec un maximum d’ouverture vers le 23 novembre. C’était une lueur pâle, grise, ressemblant beaucoup à la lumière cendrée de la Lune. Le Fr. Amann observa la réapparition de l’anneau le 6 janvier 1908. Du 11 au 14 janvier, il semblait formé d’une suite de points brillants animés d’un mouvement continu et rapide. Certains de ces points étaient plus brillants que Titan.
- Nous voulons signaler à présent, à la suite de cet exposé très rapide, une série d’observations d’un intérêt tout particulier, exécutées à l’Observatoire temporaire du mont Revard, près d’Aix-les-Bains (altitude 1550 mètres) . Nous aurons l’occasion de revenir bientôt sur cet observatoire dû à la générosité scientifique de M. R.
- Jarry-Desloges.
- Les observations furent effectuées du 4 juillet au 11 septembre 1907, par MM. Jarry-Desloges et G.
- Fournier, astronome adjoint, à l’aide d’un objectif de Merz de 0m,29, d’une excellente exécution. La figure 1, que nous devons à l’obligeance de M. Jarry-Desloges, montre en haut un dessin du 17 juillet. L’ombre de l’anneau sur la planète a présenté des protubérances obscures, principalement au nombre de quatre. La tranche de l’anneau apparaissait comme un trait excessivement fin.
- Grâce aux excellentes conditions optiques et atmosphériques, on a pu voir des corpuscules sur l’anneau et, les 7 et 8 septembre, suivre un de ces
- Fig. 1. — Observations de Saturne faite à l'Observatoire temporaire du Mont-Renard, par MM. R. Jarry-Desloges et G. Fournier : 1° Protubérances sombres vues sur l’ombre de l’anneau le 17 juillet 1907, à 1 h. du matin ; 2° Découverte d’un anneau transparent extérieur, le 7 septembre 1907, à 10 h. 25 du soir.
- corpuscules dont la marche a paru très rapide. Ces points brillants semblaient se transformer et changer de taille et d’éclat assez rapidement. Divers essais de détermination de la rotation de l’anneau, d’après leur déplacement, ont donné un chiffre voisin de 10h 50m. Laplace avait indiqué, d’après des considérations mécaniques, un peu plus de dix heures,
- et W. llerschel, d’après ses observations, était arrivé à une durée de 101‘32'n. Est-ce là une pure coïncidence? Il convient d’être très réservé sur ce point, en raison de la difficulté des observations.
- Le second dessin de la figure 1 montre une nouveauté. Le 7 septembre, M. G. Fournier, par une soirée exceptionnellement propice, a observé, d’une façon sûre, une zone lumineuse très pâle, nébuleuse, autour de l’anneau extérieur. Cette zone nébuleuse, dont les bords paraissaient cependant bien arrêtés, était particulièrement bien visible à gauche et au-dessous de l’anneau. Le 5 septembre, elle avait été vue, mais on avait cru à une erreur de mise au point. Le 11, par des images assez bonnes, il fut impossible de la revoir.
- Cette décou-
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- Fig. 2. — Explication de la disparition de l’anneau de Saturne en 1907-1908.
- verte n’a rien qui doive surprendre. L’anneau, formé de petits satellites, ne doit pas finir nettement; les particules doivent se raréfier avec F éloignement du globe, la zone raréfiée produisant, à l’extérieur, une apparence analogue à l’anneau de crêpe intérieur. Cette découverte fait le plus grand honneur aux observateurs du mont Revard.
- Si cette région nébuleuse n’est visible qu’aux moments où l’anneau se présente à nous par la tranche, il nous faudra attendre jusqu’en 1922 pour voir son existence définitivement confirmée. Em. Touchet.
- Le Gérant : P. Masson. paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- LA NATURE.
- 2 MAI 1908.
- - N° 1823.
- L’HÉLICOPTÈRE PAUL CORNU
- Par les temps qui courent, il est presque imprudent de parler d’hélicoptères ; c’est un système condamné par la plupart des techniciens de l’aviation, convaincu que le plus lourd que l’air ne peut être solutionné que par les aéroplanes. Pourquoi? Bien certainement parce qu’il est beaucoup plus facile de construire un planeur qu’un hélicoptère. Notez que les premiers appareils de navigation aérienne furent des hélicoptères. En 1784 Lannoy et Bienvenu en présentèrent un modèle mû par un ressort; vers 1849 Philipps, Marc Séguin, Babinet, construisirent plusieurs jouets démonstratifs ; Ponton d’Amécourt
- tranchée. Quelles conditions doit remplir l’hélice? C’est à peu près uniquement à résoudre ce problème que s’est attaché M. Cornu pendant trois années consécutives; on peut donc admettre que l’auteur a acquis une certaine compétence en la matière et il nous semble intéressant d’exposer ses idées personnelles.
- Le colonel Renard indique que, pour soulever un poids important, il faut attaquer une grande surface d’air, avec, par conséquent, de grandes hélices (6 mètres de diamètre). Si la construction de ces hélices était parfaite, la théorie pourrait être con-
- Fig. 1. — Le châssis de l’hélicoplère Paul Cornu.
- (1863), Penaud (1870) a continuèrent brillamment la série » dit, avec quelque ironie, le capitaine Ferber. Cependant le colonel Renard n’a-t-il pas affirmé à l’Académie des sciences que, lorsque le poids du moteur pourrait être réduit à 2 kg par cheval, la solution serait possible? D’ailleurs, les partisans des hélicoptères n’ont pas encore dit leur dernier mot, et les expériences des frères Dufaux, à Genève et à Paris, du colonel Renard lui-même, de M. Léger, et enfin celles toutes récentes de M. Paul Cornu, nous invitent à prendre en considération les travaux que l’on signale dans ce sens.
- L’organe essentiel de l’hélicoptère est l’hélice, la question du moteur étant, dit-on, sur le point d’être 36° année. — Ier semestre.
- firmée par la pratique, mais leur établissement présente de grandes difficultés qui sont la cause principale d’un rendement défectueux. Leur poids et leur volume constituent aussi un réel inconvénient; ensuite il est presque, impossible de construire deux ailes absolument semblables, condition cependant indispensable pour obtenir l’équilibre parfait. Ces ailes étant généralement faites d’une carcasse en tubes tendue d’étoffe de soie, les tubes ne peuvent être complètement aplatis et ils offrent une grande résistance à la pénétration dans Pair. De plus, l’étoffe n’est jamais également tendue sur les deux ailes qui, en marche, prennent alors des courbures différentes ; il se forme des poches tout à fait
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- funestes au rendement. Autre défaut, inhérent cette fois au dispositif adopté par M. Cornu, et relatif à l’entraînement : ces hélices, étant actionnées par l’intermédiaire d’une courroie qui entre en vibration, prennent leur part de ces vibrations; dès que l’elfort sur la courroie devient important, les ailes se déforment par suite des différences de force ascensionnelle répartie sur chaque section de surface ; la soie prend une courbure exagérée et absorbe la plus grande partie du travail utile; le rendement, qui est parfait à une faible vitesse, devient alors délectueux lorsque le nombre de tours augmente.
- Il y aurait donc grand intérêt à posséder des hélices rigides, de pénétration facile, parfaitement symétriques et bien polies. Ces conditions sont réalisables avec des hélices de faibles dimensions comme celles des aéroplanes, mais alors la théorie émise par le colonel Renard n’est plus applicable. Il est vrai que pour soulever un poids important, il ne suffit pas d’attaquer une grande surface d’air; il faut plutôt, dit M. Paul Cornu, se préoccuper du cube de l'air sur lequel l'hélice prend son point d'appui dans un temps donné, et ce cube est obtenu en multipliant la surface du cercle décrit par l’hélice par le pas et le nombre de tours; il s’agit donc, en somme, de considérer le cylindre d’air refoulé par l’hélice. Dans ces conditions, plus le volume d’air (le poids) sera important, meilleur deviendra le point d’appui. Dès lors, il n’est plus indispensable d’opérer avec des hélices de très grand diamètre; de petites hélices tournant rapidement apporteront un résultat identique ; cependant la vitesse restera toujours relativement modérée, sans quoi le phénomène du vide se produirait et annulerait la résistance du point d’appui. Une telle crainte ne doit pas être exagérée, car si l’air fuit facilement sous les ailes, il se renouvelle également avec une grande rapidité. Les petites hélices bénéficient encore de l’avantage que leur procure leur faible poids et leur peu d’encombrement.
- D’autre part, les tourbillons provoqués par les courbures exagérées des ailes ne sont d’aucune utilité pour assurer la sustentation, le seul point d’appui sérieux sur lequel on peut compter étant Y inertie de l'air; il y a donc intérêt à attaquer, dans un temps donné, le plus grand volume et par conséquent le plus grand poids d’air possible dans le minimum de temps; il importe de saisir l’élément gazeux brutalement et d’utiliser sa masse avant qu’il ait eu le temps de se dérober ; si les hélices tournent lentement leur appui aura le temps de fuir avant d’être utile et, quelle que soit la surface des ailes, le rendement sera nul. En résumé, les hélices des hélicoptères doivent être indéformables, tranchantes, parfaitement polies et animées d’une vitesse suffisante.
- L’hélicoptère construit par M. Paul Cornu ne bénéficie pas encore de ces études qui n’ont pu être effectuées qu’à la suite d’expériences récentes auxquelles il a été soumis. Pour celte raison il devient
- très intéressant, d’autant plus que les résultats ont montré la possibilité du soulèvement d’un poids très élevé, même avec des hélices de grand diamètre, par conséquent peu efficaces. L’appareil est le deuxième modèle construit par l’inventeur; il aura servi à l’étude et à la mise au point du modèle définitif qui sortira peut-être cette année.
- Cette machine comprend un bâti en V très ouvert formé d’un gros tube central de 00 millimètres de diamètre supportant six étoiles également en tubes d’acier armées par des câbles donnant à cette ossature métallique une rigidité absolue. La carcasse, portée par quatre roues, est longue de 6,50 m. et son poids atteint 50 kg. Au centre ont été placés le siège du pilote et le moteur Antoinette de 2-4 chevaux ; ce dernier actionne, par une courroie plate de 22 mètres de longueur et 10 centimètres de largeur, deux hélices à deux branches de 6 mètres de diamètre fixées horizontalement aux extrémités du bâti. A la portée de l’aviateur se trouve un tendeur enrouleur constituant le système d’embrayage et, adroite, la manette devance à l’allumage. Le bâti est surmonté d’une tablette en aluminium, soutenue par quatre tubes, sur laquelle sont fixées les deux poulies de renvoi et les poulies-guides. Vers le tiers avant du châssis est placé le réservoir d’eau d’une contenance de 12 litres et à l’arrière celui d’essence, de 7 litres; sous le siège du pilote sont les accumulateurs, la bobine et le réservoir d’huile.
- Chaque hélice est montée sur une poulie en tôle d’acier fondu de 1 millimètre d’épaisseur, 10 centimètres de large et 1,80 m. de diamètre. Les poulies, dont les rayons sont tangents sur des moyeux d’aluminium, ne servent pas seulement à la transmission ; elles forment le corps principal des hélices dont le pas est réglable. Les ailes sont constituées par un cadre en tubes d’acier aplatis reposant sur le bord supérieur des poulies par l’intermédiaire de plaquettes d’aluminium permettant le réglage du pas. Ce cadre se prolonge par un tube unique fixé au moyeu par une oreille légèrement excentrée. Enfin le cadre est garni d’une étoffe de soie caoutchoutée fortement tendue; sa longueur est de 1,80 m. et sa largeur de 0,90 m. La résistance propre de ces ailes sur l’air, relativement faible, est inférieure au poids qu’elles sont chargées de soule ver ; on n’est parvenu à établir l’équilibre entre le soulèvement de chaque aile et la force centrifuge qu’en relevant ces ailes et en les surchargeant d’une feuille de plomb placée vers les 2/3 de la longueur en partant du centre. La force centrifuge, qui est donc fonction du poids de l’aile ainsi surchargée et de la vitesse, tend à écarter chaque aile du centre de rotation et par conséquent à Rabaisser ; mais, d’autre part, la réaction de l’air tend à la relever : les forces s’équilibrent. Cependant deux câbles ont été fixés à la partie supérieure des hélices et annulent l’excès de force centrifuge qui, intentionnellement, est maintenue un peu supérieure à celle de soulèvement afin de communiquer à l’hélice une rigidité suffisante.
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- Fig. 2. — L’iiélicoplèro l'aul Cornu.
- Ajoutons enfin que le cadre des ailes est relié à la poulie par des câbles d’entraînement ; celui-ci s’effectue donc, non pas par les deux points d’attache, mais par la masse même de chaque aile. La tension de ces câbles, qui est réglable, combinée avec la rotation du pied des ailes, permet la variation du pas. Une hélice complète pèse 245 kg.
- Dans tout appareil de ce genre, les hélices n’ont en général d’autres fonctions que de permettre l’enlèvement; la propulsion et la direction doivent être assurées par des dispositifs indépendants. Ici il en est de même, seulement l’inventeur, à la suite d’une observation très judicieuse, a songé à utiliser le remous, le tourbillon d’air créé par les hélices en marche, pour obtenir la propulsion. À cet effet, deux plans d’étolïe tendue sur des cadres en tubes aplatis de 2,50 m. de longueur et 0,60 m. de largeur maximum, sont placés verticalement sous les hélices ; ils peuvent pivoter autour d’un axe horizontal passant par leur milieu et sont montés sur deux supports articulés, d’une part, à chaque extrémité de
- l’axe horizontal et, d’autre part, autour du prolongement des axes des hélices. L’inclinaison de ces plans sur l’horizontale et leur déplacement latéral sont commandés par deux leviers placés à la portée de l’aviateur et par l’intermédiaire de transmission Bowden.
- La propulsion est alors obtenue par la réaction de l’air refoulé par les hélices sustentatrices sur les plans dont l’inclinaison variable détermine les variations de vitesse, le déplacement latéral de ces mêmes plans apporte la direction. Ces surfaces sont donc à la fois directrices et propulsives. Cette ingénieuse combinaison permet, ainsi que nous l’avons dit plus haut, l’utilisation de la force issue du volume d’air refoulé par les hélices et en même temps d’employer la puissance totale du moteur à actionner les hélices sustentatrices.
- Les trois cents expériences auxquelles a été soumis cet appareil ont eu raison de sa constitution, ce qui ne peut nous surprendre ; mais le mauvais rendement de la courroie de transmission qui s’est con-
- Fig. 5. — L’hclicoptcre vu du toil de sou hangar.
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- stamment refusée à transmettre plus de la moitié de la puissance du moteur (15 chevaux sur 24) sans patinage en a diminué les qualités. Néanmoins ces essais ont permis d’établir les données nécessaires à la construction d’un appareil basé sur le même principe et qui sera beaucoup plus petit et plus simple.
- L’expérience la plus intéressante eut lieu le 15 novembre dernier; l’hélicoptère se souleva à 1,50 m. du sol, emportant l’aviateur et son frère qui s’était suspendu au bâti en voyant la machine s’élever brusquement. Le poids entraîné fut de 528 kg. Puis suivirent une quinzaine d’ascensions au cours desquelles les mesures purent être effectuées. Avec une surface portante de 6 mètres carrés, représentée par la surface totale des ailes des deux hélices, la courroie transmettant seulement 15 chevaux, le poids soulevé étant toujours de 260 kg, on obtient 20 kg par cheval et 45 kg par mètre carré, les hélices tournant à 90 tours par minute. Les plans de propulsion ont fourni une poussée de 15 kg et donné une vitesse de 12 km à l’heure, les hélices tournant à 70 tours seulement; ces plans absorbaient une force ascensionnelle de 7 kg par suite de la réaction verticale de l’air refoulé sur leur surface. Il est utile d’observer, en effet, que l’utilisation extrêmement intéressante du tourbillon créé par les hélices en vue de propulser l’appareil tend en même temps à limiter sa puissance ascensionnelle; mais comme il n’est pas nécessaire de s’enlever à une vitesse excessive, cette action négative peut très bien être négligée tout au moins en l’état actuel de la question.
- De ces essais, l’inventeur a conclu qu’il n’est pas nécessaire de construire des appareils très grands pour enlever un homme ; un hélicoptère possédant
- des hélices de 5 mètres de diamètre sera largement suffisant avec un moteur de 24 chevaux. La machine volante se trouve alors réduite à des dimensions très raisonnables d’une vingtaine de mètres carrés d’encombrement.
- Nous sommes donc en présence, actuellement, de deux systèmes d’appareils d’aviation capables de solutionner le problème du plus lourd que l’air : l’aéroplane et l’hélicoptère. Le premier bénéficie sur le deuxième de l’avantage de la plus grande simplicité théorique et aussi, malgré tout, de la sécurité
- relative puisque, en cas d’arrêt du moteur, ses plans lui permettront toujours d’atterrir doucement — à la condition que la stabilité soit acquise, — tandis que l’hélicoptère dont le moteur aurait une panne serait brutalement précipité sur le sol. L’aéroplane bénéficie surtout de la vogue et ses conditions d’enlèvement sont beaucoup moins ardues à déterminer que celles de l’hélicoptère, système théoriquement fort compliqué et à l'étude duquel peu de chercheurs osent se risquer. Ne serait-il pas ce-pendantlamachi-ne volante idéale, si l’on parvenait à construire un moteur exempt de pannes, grâce à ses faibles dimensions, à sa possibilité d’atterrir n’importe où et de s’élancer de partout.
- Ne soyons pas exclusifs puisque les deux systèmes ont du bon; envisageons, ainsi que nous l’avons fait déjà, le mariage des deux écoles pour concevoir un appareil mixte qui remplira toutes les conditions exigées. Mais que de mariages, dans la navigation aérienne, s’opèrent déjà ! Bientôt de toutes ces unions libres naîtront des descendants hybrides à tel point que les parents ne reconnaîtront plus leurs enfants! Lucien Fournier.
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- VOYAGES DU NATURALISTE DOMBEY DANS L’AMÉRIQUE DU SUD
- Le nom du Maçonnais Joseph Dombey n’est pas absolument inconnu, même du grand public. Il figure à plusieurs reprises dans les suppléments à l’Histoire Naturelle de Buffon; il est assez fréquemment mentionné sur les étiquettes des collections péruviennes du Musée d’Elhno-graphie du Trocadéro ; enfin plusieurs auteurs estimables, Deleuze, Cap, d’autres encore, ont consacré à ce naturaliste-voyageur de la fin du xvm° siècle d’intéressantes notices. Rien toutefois, mieux que le gros volume récemment publié sur lui par le Dr E.-T. Hamy1 ne permet de se rendre compte de l’œuvre de Dombey; en lisant l’excellente biographie, dont le savant professeur du Muséum d’IIistoire Naturelle a fait précéder la correspondance de ce savant et un choix de pièces relatives à sa mission au Pérou, on se rend compte de la somme énorme de travail fournie par son héros. Sans doute Dombey n’a presque rien publié; mais il a (ce qui subsiste de ses papiers en fournil des preuves multiples) effectué dans le domaine des sciences archéologiques, médicales et naturelles, des découvertes qui eussent certainement illustré son nom si elles eussent été signées de lui. Il en a malheureusement été autrement; de « basses manœuvres » ont partiellement enlevé à Dombey l’honneur qui devait lui échoir et qui eût été la juste récompense d’un labeur acharné poursuivi pendant huit années consécutives avec une méthode rigoureuse et un admirable désintéressement. C’est ce dont nous voudrions, après le D' Hamy, faire la preuve en une brève esquisse.
- I. — Débarqué au Callao le 7 avril 1778 avec mission du roi de France d’« aller dans le Pérou et dans l’Amérique espagnole vaquer à l’étude de l’histoire naturelle et y rester le temps qui sera jugé nécessaire », Dombey, à peine arrivé à Lima, se met à l’œuvre et prélude à l’exploration scientifique du pays. Sans doute, « les montagnes sont toutes brûlées, [et] on n’aperçoit aucun vestige d’arbrisseaux » ; néanmoins les journaux d’herbo-
- 1 Joseph Dombey médecin, naturaliste, archéologue, explorateur du Dérou, du Chili et du Brésil (1778-1785). Sa vie, son œuvre, sa correspondance..., par le Dr E.-T. Ha-my. Paris, 1905.
- risation du naturaliste fournissent la preuve que, dès les premiers jours, Dombey put faire des observations intéressantes. Ces observations allèrent se multipliant à mesure que, grâce à d’abondantes rosées, le sol se revêlait d’une végétation dont la richesse et la variété contrastaient singulièrement avec la monotone aridité du mois d’avril.
- Bientôt, à côté des notes de pure botanique, voici, dans les papiers du voyageur, des observations sur différents produits végétaux dignes d’attention à divers points de vue, voici des recettes indiennes sur la préparation de ces pommes de terre, dont on s’occupe tant alors, en France, de tirer le meilleur parti ; c’est par une acquisition de toute première valeur, par celle d’un poncho magnifiquement décoré, trouvé dans la tombe d’un riche personnage inhumé à Pachacamac au temps des Incas, que Dombey prélude à la constitution de ses collections ethnographiques1.
- Celles-ci ne tardent pas à s’enrichir. Quand, en effet, les membres de la mission scientifique franco-espagnole dont fait partie Dombev2 entreprennent, le long de l’immense désert littoral si justement dénommé arenal, une première exploration qui les conduit jusqu’à Huaura (juin-octobre 1788), aux environs de Chan-cay, devenu durant plusieurs semaines le centre de leurs investigations, sont fouillées plusieurs huachas remontant à l’époque des anciens Yuncas; et Dombey sait extraire, de ces sépultures, différentes pièces qui figurent, actuellement encore, dans la galerie américaine de notre Musée d’Ethnographie. Un peu plus tard (janvier 1779), à quelque distance au S. de Lima, à Pachacamac, il se comporte de la même manière ; alors, dans le voisinage du
- 1 Ce poncho, cette veslidura de Inca (comme elle est encore appelée) constitue aujourd’hui le plus bel ornement de la salle péruvienne du Museo arqueolôgico nacional de Madrid.
- 2 Cette mission se composait, outre Dombey, de deux jeunes botanistes espagnols, Ruiz et Pavon, qui ont publié plus tard, sans rendre à leur compagnon la justice qui lui était due, et en le nommant à peine, leur Flore du Pérou et du Chili, composée en partie d’après ses propres descriptions, et de dessinateurs.
- Joseph Dombey.
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- 342 VOYAGES DU NATURALISTE DOMBEY
- Temple du Soleil, il recueille des objets antiques remarquables : divers « ustensiles et ajuslemens » des indigènes, de curieux vases de toutes dimensions parmi lesquels il convient de signaler le silvador publié naguère ici même1. En même temps, il accroît scs collections botaniques; il reconnaît que la canelle du Pérou diilëre de celle que cultivent les Hollandais dans les Iles aux Epices ; il se préoccupe de recueillir du platine pour la construction d’un grand télescope que l’Académie des sciences projette de faire exécuter avep ce métal; il amasse de précieux échantillons minéralogiques.... C’esl, pour tout dire, un voyageur d’une curiosité d’esprit universelle, d’une infatigable ardeur au travail, d’une patience et d’un scrupule admirables, qui ne néglige rien, s’intéresse à tout, s’efforce de tout voir par lui-même, pour le plus grand bénéfice de son pays et de la science.
- Tel apparaît Dombey au début de son voyage au Pérou, alors qu’il n’a pas encore quitté les côtes; tel il continue de se montrer, en dépit des difficultés de toutes sortes, d’obstacles dus à la nature et aux hommes, de déboires, au cours des années suivantes, lorsqu’il peut enfin s’éloigner des rivages du Pacifique et pénétrer dans ces montagnes où « on rencontre en peu d’heures, a-t-il écrit, toutes les saisons de notre Europe ». A Chinchin, petite ville située dans la haute vallée du Rio de Huaura, où le vice-roi du Pérou l’a envoyé en mars-avril 1779 pour analyser des eaux minérales, il ne se contente pas de faire l’étude des sources thermales et d’admirer les belles montagnes au milieu desquelles il se trouve; il récolte des plantes « extrêmement variées » et enrichit son herbier d’une foule de nouveautés. C’est également ce qu’il exécute un peu plus tard, après avoir quitté Lima pour pénétrer, non plus seul, mais avec tout le reste de la mission dont il fait partie, dans la province de Tanna, dont les eaux vont, par l’intermédiaire du Chin-chimavo et du Tambo, rejoindre l’Ucayali et le Maranon. Dans cette profonde vallée, située dans l’Entre-Sierras à plus de 5000 m. d’altitude, l’atmosphère est pure, le climat sec et généralement salubre; Dombey en profite pour travailler avec plus d’activité que jamais; il y découvre 23 genres nouveaux, y étudie une foule de plantes intéressantes, et y dirige, dans une grotte voisine de Tarma, des fouilles fructueuses dont le Musée d’Ethno-graphic possède quelques remarquables vestiges. Puis il explore avec ses compagnons les vallées du voisinage : Iluasa-huasi, Palcamayo; il tente à plusieurs reprises, sans le moindre succès, de descendre vers l’Amazone et doit enfin rentrer à Lima après six mois d’absence (août 1779-janvier 1780).
- Mais les compagnons de Dombey et Dombey lui-même ne peuvent pas se consoler de n’avoir pas atteint l’Amazone ; s’ils n’ont pu, du côté de Tarma, dépasser le rio de Churu-pallana, peut-être seront-ils plus heureux dans une autre direction. C’est dans le lac Yauricocha ou Lauricocha que, « suivant la croyance la plus commune, prend son origine le fleuve des Amazones », et ce lac n’est pas éloigné de la province de Huanuco, où des naturalistes trouveront un vaste champ d’études ; pourquoi n’y pas aller botaniser? Après un court séjour à Lima, la mission scientifique repart donc dans la direction du Nord-Est; Dombey la devance en coupant, non sans courir de grands dangers,
- 1 Voir dans La Nature du 10 juin 1882, la figure 3 de la p. 25, et l'explication qui en est donnée dans l’article de M. Jacques Bertillon sur le Musée d’ethnographie du Tro-cadéi'o (p. 26).
- à travers les montagnes au milieu de ces forêts de quinquinas et de cocas qu’il avait très grande envie de connaître; bientôt (début de mai 1780) le voici dans le « paradis terrestre » qu’est la province de Huanuco, « ce beau pays où la chaleur tempérée par un vent du Nord ne fait monter le thermomètre qu’au degré de chaleur du printemps. » De la vieille ville espagnole qui est la capitale de la contrée, ses compagnons et lui rayonnent aux alentours, et, malgré l’humidité et le défaut de circulation de l’air, malgré les animaux, malgré les obstacles que leur opposent les lianes enchevêtrées, font partout d’excellente besogne. « Chaque pas, a écrit Dombey à Thouin, chaque course botanique nous enrichissait de choses nouvelles. Dans une herborisation, nous trouvâmes le Clethra, YUvaria (les fleurs de cette dernière plante ont beaucoup de ressemblance avec l’Anona), le Prockia, le Mussaenda, le Vandelia, le Paulinia, beaucoup de belles fougères en herbes et arbres, beaucoup de genres nouveaux en somme ou qui nous parurent tels. Nous avons fait les descriptions génériques de tous les genres connus que Linnœus n’avoit pas vû. »
- C’est aux alentours de Cuchoro, où, de Huanuco, ils étaient parvenus en longeant la rive gauche du lluallaga, que les voyageurs avaient fait un tel butin; leur intention était de séjourner plusieurs semaines en cet endroit pour accroître encore leurs récoltes botaniques lorsque la nouvelle que 200 sauvages ou Chunchos, armés d’arcs et de flèches, se préparaient à les attaquer, les détermina à battre en retraite jusqu’à Huanuco sans avoir poussé jusqu’à l’Amazone.
- Ce nouvel insuccès ne décourage pas Dombey; il revient à Lima, s’y procure les fonds nécessaires à un grand voyage, puis regagne Huanuco dans le dessein de « pénétrer plus avant, s’il est possible ». Précisément, les circonstances semblent favorables; bientôt Dombey nourrit l’espoir de gagner le Para par la voie du fleuve des Amazones en descendant le lluallaga par Pampa-Ilermosa et Lamas et d’étudier dans les forêts des rives du grand fleuve, les arbres producteurs du caoutchouc ; il va partir.... La révolte de plusieurs provinces du Pérou, soulevées à l’instigation d’un Indien qui se fait passer pour un descendant des Incas, ne lui permet pas de réaliser ce beau projet, et l’oblige, une fois encore, à redescendre à Lima!
- II. — Tant de voyages, de fatigues, de travaux, de mécomptes, avaient fini par ébranler la robuste constitution de Dombey. « Je sens que j’altère ma santé », avait-il écrit à Thouin dès le 20 avril 1769; « le passage subit du chaud au froid le plus excessif et vice versa m’a changé absolument le tempérament », disait-il un an plus tard. Aussi, au retour de sa seconde expédition à Huanuco (mars 1781) éprouva-t-il le besoin de quitter « l’aridité du terrain de Lima » pour regagner la France. Mais, préoccupé avant tout de remplir aussi complètement que possible la mission dont il avait été investi par Louis XVI, il résolut de visiter le Chili, et y entraîna à sa suite ses collaborateurs espagnols.
- « Je suis, écrivait-il à Thouin le 26 mai 1783 de Conception du Chili, je suis dans le pays des myrtes et des lauriers. J’ai six espèces des premiers et autant des derniers, parmi lesquels le Sassafras Je prends un très grand soin de me donner un tronçon de chaque arbre intéressant et d’en recueillir les graines : j’ai en mon pouvoir depuis moins de cinq mois huit caissons, et j’espère que mon séjour au Chili m’en fournira vingt.... »
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- POMPE AUTOMOBILE A ACJDE CARBONIQUE
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- Ces quelques lignes suffisent à prouver que rien n’avait pu modifier l’ardeur scientifique dont notre botaniste était animé; à Concepcion, à Santiago, à Coquimbo, il ne ménage ni son temps, ni sa peine. C’est alors qu’il visite différentes mines du Chili, et qu’il pousse jusqu’à Copiapo, chef-lieu de la province d’Atacama, où il découvre le gisement de « sable vert » ou de cuivre muriaté décrit ensuite par llaiiy sous le nom à’alacamile, alors aussi qu’il révèle aux Espagnols le parti qu’ils peuvent tirer pour les constructions navales du pin d’Araucanie.
- Mais Dombey ne peut pas se résigner à quitter les rivages occidentaux de l’Amérique du Sud sans avoir vu une fois encore les superbes forêts de l’intérieur du Pérou. « En sortant du Chili, déclare-t-il, je me propose de passer de nouveau la Cordillère et de m’enfoncer dans les forêts du Pérou. Rien n’est aussi fertile, que les pais scitués entre les tropiques; il est vray qu’ils sont difficultueux, et le séjour que nous avons fait dans ces forêts a été très court. » Dombey n’eut pas la joie d’y retourner botaniser; rentré à Lima, après un séjour de vingt mois au Chili (mars 1782-octobre 1785), avec une réelle dureté d’oreille, une vue affaiblie et le scorbut, il ne tarda pas à y tomber malade d’une violente dysenterie que le bicho vint encore aggraver ; aussi, au lieu de nouvelles excursions dans ces forêts « inépuisables » de la Cordillère où « il reste beaucoup à faire (je n’ai que glané », déclarait-il), dut-il s’embarquer rapidement (14 avril 1784) sur un galion à destination de Cadix.
- Ce que fut le voyage de ce bâtiment, depuis le Cap Ilorn ju-qu’à Rio de Janeiro, Dombey lui-même l’a raconté avec une émouvante sobriété, dans une de ses lettres; vents contraires, grosses mers, accidents dans la mâture, maladies, etc., rien n’y manqua, et le navire était en triste état quand il atteignit la capitale de la
- colonie portugaise. Il fallut donc consacrer quelques semaines à le remettre à même de tenir de nouveau la mer. Le naturaliste français eût voulu en profiter pour étudier de son mieux le pays où il venait d’aborder, mais il avait compté sans des pluies presque continuelles ; à peine put-il faire aux environs de la capitale une « petite herborisation » qui lui permit seulement de se convaincre de l’intérêt de ce nouveau champ de recherches. Du moins y augmenta-t-il ses collections de beaux échantillons minéralogiques, de pierres précieuses, de hois, de caoutchouc, de papillons. Aussi est-ce avec 78 caisses pleines de « richesses » (suivant sa propre expression)
- que Dombey débarqua le 22 février 1785 à Cadix.
- Quelles vicissitudes y attendaient les collections formées par le patient et savant naturaliste, comment une partie de ces collections demeura en Espagne, comment celui qui les avait réunies 'avec tant de peine fut privé de la gloire d’en publier la description, c’est dans l’ouvrage du D1' Hamy qu’il convient de le lire. Rien n’est plus triste que le récit des dernières années de Dombey, qui mourut en 1794 dans les prisons de l’île de Mont-Serrat, aux Antilles, après avoir brûlé aux environs de Lyon, alors qu’il était en proie à une maladie noire, les précieux manuscrits contenant la description géographique des pays visités par lui, ses notes d’archéologie indienne, ses observations barométriques sur le climat de Lima, ses mémoires de minéralogie, de médecine, etc. De l’immense labeur fourni par lui au cours de ses huit années de fructueuses explorations, il ne subsiste donc que fort peu de chose ; mais ce peu suffit néanmoins pour permettre de saluer en Dombey un minéralogiste, un zoologiste et un médecin de réelle valeur, un botaniste éminent et le véritable créateur de l’archéologie péruvienne.
- Henri Fuoidevaux.
- UNE POMPE AUTOMOBILE A ACIDE CARBONIQUE
- Une des pompes automobiles que possède la ville de Hanovre présente une particularité intéressante. Comme cela se passe dans le service d’incendie de Paris, la chaudière, à la station, est constamment maintenue à une certaine température par un brûleur à gaz. Mais quand on se met en route, et tandis qu’on allume le feu et s’apprête à faire monter la pression, le déplacement du véhicule est assuré par un petit moteur spécial automobile alimenté à l’acide carbonique : ce gaz est en réserve sous pression
- dans trois cylindres d’acier. Il y en a toujours assez pour attendre le moment où la chaudière sera effectivement sous pression. D’ailleurs le chauffage de cette chaudière n’est pas fait au charbon, mais au moyen de brûleurs à alcool; le combustible se trouve dans un réservoir disposé à l’arrière du véhicule, et d’une contenance de 45 litres ; le liquide est envoyé sous pression aux brûleurs grâce à un cylindre auxiliaire de l’acide carbonique. En 10 minutes on obtient 5 atmosphères.
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- LE TIBET ET SES LAMAS BOUDDHISTES
- Après avoir été pendant de longues années l’un des théâtres sur lesquels s’exerçaient les rivalités des Russes et des Anglais en Asie, le Tibet, où pénétra en 1904 l’expédition anglaise du colonel Younghusband, semblait destiné à demeurer sous l’influence britannique, quand l’accord anglo-russe du 31 août 1907 est venu soustraire ce pays à toute ingérence de l’une et de l’autre puissance. Ni la Russie ni l’Angleterre ne peuvent installer d’agents à Lhassa ni demander de concessions au gouvernement tibétain. On projette cependant l’établissement du télégraphe des Indes à Lhassa. La configuration même du Tibet favorise bien son isolement. Les formidables chaînes qui en défendent l’accès en font une citadelle inexpugnable. La muraille de rilima-laya, au sud, le sépare de l’Inde anglaise et l’on comprend au prix de quels efforts et de quelles fatigues la petite armée anglaise parvint jusqu’à Lhassa. De son côté, au nord, la Russie est aussi séparée de la capitale du: grand lama par 2000 km de déserts et de montagnes en partie infranchissables, ce qui ne l’empêchait pas d’envoyer en plein cœur du Tibet ses voyageurs, et quelques-uns de ses sujets bouriates, pour essayer d’entrer en rapport avec le gouvernement des moines.
- D’une superficie qui n’est pas moindre de deux millions de kilomètres carrés, le Tibet est, dans son ensemble, un plateau montagneux énorme d’une altitude moyenne supérieure à 5000 m. Tandis que les sommets s’élèvent à plus de 7000 m., les vallées ne se creusent pas au-dessous de 4400 à 5300 m. Le climat est très rigoureux et la végétation presque nulle dans ses parties les plus âpres. La zone méridionale, constituée par le bassin du Tsang-po, origine du Brahmapoutre, est la plus favorisée; ses vallées sont plus larges, et on y récolte du riz et des
- fruits jusqu’à 3500 m. d’altitude. C’est là que sont les centres les plus importants du pays : Lhassa, Chiga-tsé, Gyang-tsé.
- La plus grande partie du Tibet central et occidental constitue le royaume de Lhassa qui est gouverné par le grand lama, tout en étant placé sous la suzeraineté de la Chine qui y entretient un amban, ou résident. C’est en présence de celui-ci que les Anglais ont traité avec les Tibétains le 7 septembre 1904; l’accord anglo-russe du 31 août 1907
- reconnaît aussi les droits suzerains de la Chine sur le Tibet, et la Grande-Bretagne et la Russie s’engagent à ne traiter avec le Tibet que par l’intermédiaire du gouvernement chinois.
- Quoi qu’il en soit, le pays de Lhassa est vraiment aux mains des moines bouddhistes, ou lamas, qui, au nombre de plus de 300000, détiennent la plus grande partie du sol et à peu près le monopole du commerce. Le pouvoir politique et religieux est exercé par le grand lama. A l’est du royaume de Lhassa, dans le Tibet oriental, il existe un certain nombre de principautés et de tribus, qui occupent les bassins supérieurs du Fleuve Jaune, du Yang-tsé et du Mékong. La Chine a cherché à y consolider son autorité sur les chefs laïques et religieux. Une expédition militaire est entrée à Batang, le 26 juillet 1905, après trois combats contre les lamas.
- C’est par son clergé, c’est-à-dire par les lamas, que le bouddhisme a conquis une influence si prépondérante au Tibet. Cette domination des lamas s’est étendue du domaine spirituel au domaine temporel. Si le clergé du Tibet a pu ainsi parvenir à la maîtrise sociale et politique, c’est, ainsi que l’indique M. Grenard,dont on connaît les explorations accomplies dans ce pays avec Dutreuil de Rhins, par suite
- Fig. 1. — Rue et château à Lch.
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- de deux causes principales, sa hiérarchie fortement organisée et l’inflexible discipline à laquelle tous ses membres sont soumis. Leur nombre est considérable; dans le Tibet entier, il n’y en a pas moins de 500000. Ils vivent réunis dans d’immenses monastères qui se dressent comme des forteresses sur les flancs des montagnes ; on voit de ces châteaux forts non seulement dans le Tibet proprement dit,
- de Chine du pouvoir spirituel et temporel. Le Talé lama que les Anglais trouvèrent à Lhassa, en 1904, T’oubTsan, né en 1876, était un de ses successeurs. Ce lama était l’incarnation d’un simple Bodhisattva, c’est-à-dire de l’un de ces Bouddhas en expectative qui, ayant la sagesse en germe, résident au ciel en attendant leur incarnation sur terre; mais celui qu’il représentait était le patron attitré du Tibet,
- Fig. 2. — Groupe de « idjorten » et monastère, près du village de Noh.
- mais dans les pays voisins, comme dans le Ladak, à Leh. Autour de ces monastères, les moines possèdent de vastes propriétés; les cultures et les pâturages sont confiés à des métayers. Les revenus des terres et les trésors accumulés depuis des siècles dans les couvents constituent pour les lamas des richesses considérables.
- Les lamas sont divisés en plusieurs ordres qui ont chacun leur hiérarchie et leur discipline propres. Au sommet de chacun d’eux est une incarnation d’un saint ou Bouddha, un Bouddha vivant. L’un des plus importants de ces ordres est celui des Gé-loug-pa, qui fut fondé en 1400, et dont les membres sont appelés lamas jaunes à cause de la couleur du chapeau porté par les officiants dans les cérémonies du culte; les religieux des autres ordres sont appelés lamas rouges pour une raison semblable.
- C’est à l’ordre des Gé-loug-pa, qu’appartenait le Dalaï-lama, ou plus exactement Talé lama (Océan supérieur), investi depuis 1642 par les empereurs
- Avalokiteçvara ou Tchanrési, à qui l’on attribuait l’invention de la formule: Om hnani padme houm! (O le joyau dans le lotus), que l’on répète sans cesse.
- Mais le talé lama avait un rival dans le Tachi lama, l’abbé du monastère de Tachilhounpo, près
- de Chiga-tsé, autre incarnation divine des Gé-loug-pa considérée d’un degré supérieur en divinité. Le lama de l’ordre des Gé-loup-pa qui avait pris le premier le titre de Talé lama en 1642 avait investi cet abbé, son précepteur, du titre de Pantchen Binpotché (joyau précieux), lui avait constitué en apanage la province de Tsang et avait fait de lui et de ses successeurs une incarnation d’Amitâbha (lumière infinie), manifestation intellectuelle de Çâkya-Mouni, le Bouddha historique lui-même.
- Le Talé lama, malgré la supériorité de son rival, bénéficia du fait qu’il résidait à Lhassa, mais l’arrivée des Anglais à Lhassa lui fit perdre le pouvoir. Comme il avait quitté la ville pour ne pas
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- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL DIRIGÉE
- traiter avec l’étranger, le légat chinois le fit destituer par l’empereur à titre provisoire et remplacer par le grand lama de Tachilhounpo, qui n’avait pas montré vis-à-vis des envahisseurs la même opposition systématique. Le Talé lama se réfugia à Ourga. Le gouvernement de l’Inde avait obtenu un résultat important en substituant à l’ancien maître du Tibet le Pantchen Rinpotché, qui était plus favorable aux Anglais. Celui-ci donna une preuve évidente de ses dispositions en allant dans l’Inde rendre visite au prince de Cxalles, le 1er janvier 1906. Mais le Tachi lama, s’appuyant sur les moines de Chiga-tsé, moins puissants que ceux de Lhassa, ne jouit pas de la même autorité que le Talé lama; la Chine d’ailleurs lui a dénié le pouvoir civil et il est à remarquer que, dans l’accord anglo-russe du 31 août 1907, il est question du Dalaï lama et non du Tachi lama. Le Talé lama ou Dalaï lama espère toujours revenir à Lhassa et y reprendre la position qu’il occupait autrefois. >" *»'!*<** * J 7«.‘r
- Le voyageur ‘ 1
- suédois Sven He-din, qui est parvenu à Chiga-tsé le 9 février 1907, a vu le Tachi lama et a reçu de lui une cordiale hospitalité.
- Il s’est entretenu avec lui pendant des heures entières et a trouvé en lui, dit-il, l’un des hommes les plus remarquables et les plus charmants qu’il ait rencontrés de sa vie. Il a pu prendre deux photographies du grand lama et les 3800 lamas du monastère ont témoigné au voyageur une grande politesse. Le culte d’Amitâbha et du Bodhisattva Avalokiteçvara, dont le Tachi lama et le Talé lama sont les incarnations, est caractéristique du bouddhisme tibétain ; c’est une sorte de néobouddhisme qui dénature le bouddhisme primitif.
- D’ailleurs le bouddhisme qui, au temps de Çâkya-
- Mouni et de ses successeurs directs» élait une doctrine essentiellement philosophique, s’est beaucoup altéré avec le temps en devenant un culte populaire. Celui-ci a emprunté à la mythologie hindoue et à la vieille religion locale une foule de divinités secondaires. On a attribué à ces divinités, bonnes ou mauvaises, des pouvoirs spéciaux. Les Tibétains ont imaginé des pratiques nombreuses pour conjurer l’action de celles dont ils redoutaient l’influence. De là viennent toutes ces idoles, toutes ces cérémonies, toutes ces formules, tous ces rites, empruntés à l’hindouisme dont s’est compliqué le bouddhisme. La prière n’est plus un hommage à la divinité, mais un moyen de détourner son courroux ou de s’assurer ses faveurs. Les Tibétains ont construit des temples, élevé des milliers de statues; ils brûlent des hâtons d’encens, chantent des hymnes, font tourner des moulins à prières, portent des amulettes, font flotter au vent des banderoles où sont inscrites des prières, élèvent
- dans la campagne ou sur les montagnes des monceaux de pierres qu’ils recouvrent de légendes pieuses et qu’on appelle des « mani ou mazar ».
- Les Tibétains font aussi des prières pour les morts, bien que le bouddhisme soit de toutes les religions celle peut-être qui paraît le moins de nature à leur faire place. Les restes des grands lamas et des personnages de marque, étaient placés surtout jadis dans des monuments imposants appelés des « tchor-ten », c’est-à-dire des autels; mais souvent aujourd’hui ces monuments ne sont que de simples cénotaphes. On peut voir de curieux tchorten de ce genre dans la plaine du village de Noh, dans le Tibet occidental, à 4370 mètres d’altitude.
- Gustave Regelsperger.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL DIRIGÉE
- Nous avons eu déjà maintes fois l’occasion de signaler à nos lecteurs les progrès rapides et les applications nombreuses de la tégraphie sans fil par ondes herziennes ; mais le développement, jusqu’ici, en paraissait limité par les propriétés mêmes qui constituent peut-être le plus précieux avantage de ce mode de communication.
- On sait qu’une antenne de télégraphie sans fil rayonne des ondes dans toutes les directions, et qu’elle est mise elle-même en vibration par des ondes venant d’une direction quelconque. C’est la condition même d’existence des
- stations radiotélégraphiques maritimes qui doivent recevoir les télégrammes envoyés par les postes constamment mobiles des navires en mer. Mais, d’autre part, cette propriété des ondes herziennes de remplir, pour ainsi dire, tout l’espace, est extrêmement incommode en une foule de circonstances : les stations en se multipliant se gênent les unes les autres ; les communications destinées à une seule d’entre elles, parviennent à toutes indistinctement, les dépêches s’enchevêtrent d’une façon parfois inextricable.
- Ces inconvénients ont été atténués en grande partie
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- par la syntonisation des postes : expliquons ce mot d’aspect un peu rébarbatif, mais qui fait partie aujourd’hui du vocabulaire usuel de la télégraphie sans fil : lorsqu’un appareil récepteur est accordé exactement à l’unisson avec l’appareil transmetteur de façon qu’il ne fonctionne que sous l’action d’ondes de période bien déterminée, celles qui sont émises par le poste transmetteur, on dit que les deux postes sont en syntonie.
- La réalisation de la syntonisation a été l’un des grands progrès de la télégraphie sans lil : aujourd’hui, une station peut aisément régler ses appareils récepteurs pour ne recevoir que les messages émis par telle autre station
- d’onde. La transmission et la réception atteignaient un maximum d’intensité suivant le plan des deux antennes.
- Ce procédé, repris sous des formes diverses par Brown, par les américains Stone en 1902, de Forest en 1903, par les allemands Braun et Sigsfeld, rencontre de telles difficultés pratiques qu’il reste en somme à l’état de brevets.
- En 1904, de Forest breveta l’emploi d’une antenne horizontale tournante pour déterminer la position d’un poste transmetteur.
- Les avantages des antennes horizontales avaient été reconnus dès 1902, par M. Garcia et par le capitaine Ferrié; M. Marconi fit à ce sujet en 1905 des expériences
- Détecteur
- Fig. 1. Iranienne Rolliiii et Tosi. Fig. 2. Poste récepteur à excitation indirecte. Fig. 5. Poste transmetteur à excitation indirecte.
- avec laquelle elle désire rester en communication exclusive.
- Mais ceci n’empêche nullement les ondes herziennes, émises par cette dernière station, d’aller frapper également les appareils récepteurs de tous les postes situés dans son rayon d’action. Sans doute, s’ils sont réglés sur une note électrique différente, ils n’entreront pas en vibration. Mais, on voit que s’ils le désirent, ils pourront toujours se régler pour être en syntonie avec le poste émetteur, et par suite surprendre une communication qui ne leur est pas desti- .
- née. Le secret des communications n’est donc nullement assuré. On comprend aussi que le développement des postes entraîne la multiplication des conventions relatives aux longueurs d’ondes employées pour les dépêches allant de l’un à l’autre ; la radiotélégraphie devient de suite chose fort compliquée.
- Une grande partie de ces inconvénients disparaîtrait, s’il était possible, dans certaines circonstances, de ne rayonner les ondes que dans une seule direction, et de ne recevoir que celles qui viennent d’une direction déterminée. On aurait là une sorte de télégraphie optique, mais à très lointaine portée. La solution de ce problème de la télégraphie sans fil dirigée a été patiemment recherchée par un grand nombre de savants ! Bien des moyens ont été proposés sans succès! Quelques-uns cependant paraissent dès maintenant donner d’heureux résultats.
- En 1899, Marconi et Brown expérimentaient sans succès l’emploi de réflecteurs paraboliques pour concentrer les ondes. A la même époque, M. Blondel proposait un système formé de deux antennes verticales placées à une distance, l’une de l’autre, égale à une demi-longueur
- Fig. i. Récepteur à excitation directe. Fig. 5. Transmetteur à excitation directe.
- complètes ; il reconnut qu’en employant aux postes émetteur et récepteur une antenne horizontale, mobile, placée à une distance du sol faible par rapport à la longueur d’onde, on obtenait un maximum de netteté, lorsque les deux antennes étaient exactement dans le prolongement l’une de l’autre. Ce dispositif a été appliqué à la station ultra-puissante de Clifden en Irlande.
- M. Artom, en Italie, a expérimenté l’emploi de deux antennes situées dans un même plan vertical, et perpendiculaires l’une à l’au-Aérien tre. Les circuits élec-
- triques sont disposés de façon que les ondes rayonnées par les deux antennes interfèren t dans une direction perpendiculaire au plan de ces antennes ; autrement dit, dans cette direction les effets des deux systèmes d’ondes se détruisent mutuellement; dans la direction du plan des antennes, ils s’ajoutent, au conti’aire, pour produire une action maxima. Les essais de ce système, effectués par la marine italienne, ont été, dit-on, très encourageants.
- Récemment, MM. Bellini et Tosi ont essayé entre Le Havre, Dieppe et Barfleur ùn nouveau procédé qui semble également avoir donné de très bons résultats.
- Le dispositif aérien qu’ils emploient est constitué par des circuits fermés, sans aucune connexion avec la terre, disposés dans des plans verticaux. Si l’un de ces circuits est soumis à l’action d’une décharge électrique oscillante, il rayonne des ondes herziennes; mais leur intensité atteint un maximum dans la direction du plan du circuit, tandis qu’elle est nulle dans la direction perpendiculaire. Pour la réception, le circuit récepteur est mis en vibration avec un maximum d’énergie, quand son plan est
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- orienté suivant la direction où l’onde transmise atteint son maximum d’intensité. Un tel système peut donc constituer parfaitement un procédé de radiotélégraphie dirigée.
- La forme des circuits peut être quelconque, mais la plus pratique semble la triangulaire qui n’exige qu’un seul mât de soutien (fig. 1). Le dispositif simplifié que nous venons d’expliquer assure les communications entre deux stations seulement. Pour les postes aptes à fonctionner dans plusieurs directions, on aurait sans doute pu disposer le nombre nécessaire de circuits verticaux, orientés par avance, ou utiliser des circuits mobiles; mais on se serait trouvé en présence de complications pratiques qui ont été à juste titre reprochées aux systèmes antérieurs.
- MM. Bellini et Tosi ont imaginé un appareil extrêmement ingénieux permettant de faire varier aisément, par la simple manœuvre d’un levier sur un cadran gradué, la direction d’émission des ondes.
- Le dispositif aérien est constitué par deux circuits verticaux fixés à angle droit l’un sur l’autre, AB et Aj Bj. Quand l’excitation se fait par voie inductive, ou indirecte, ils sont reliés en série, chacun à une bobine fixe m, n (fig. 2).
- Une troisième bobine S, renfermée à l’intérieur des deux bobines fixes, peut tourner autour de l’axe d’intersection de celles-ci. La bobine mobile est reliée aux appareils qui engendrent les oscillations électriques. Pour envoyer une communication dans une direction déterminée, il suffit de disposer suivant cette direction le plan de la bobine mobile et d’actionner les appareils; par suite des phénomènes d’interférence qui se produisent, c’est en effet dans le plan de la bobine que les ondes pro-
- duites dans les deux circuits ont un effet résultant maximum.
- La figure 5 représente le transmetteur dirigeable à excitation directe. L’instrument est constitué par une spirale continue enroulée sur un tore de matière isolante. Les circuits aériens sont toujours à angle droit, l’un sur l’autre, et reliés chacun à deux points fixes aux extrémités d’un diamètre de la spirale. Deux frotteurs mobiles à contact continu sur la spirale, placés invariablement dans le prolongement l’un de l’autre, sont reliés aux appareils qui engendrent les oscillations électriques.
- Les ondes émises se propagent avec un maximum d’intensité suivant la direction du diamètre qui porte les frotteurs. 11 suffit donc d’orienter ceux-ci dans le plan voulu.
- Les appareils de réception sont identiques à ceux d’émission et fonctionnent d’une façon toute analogue ; la seule différence est que la bobine ou les frotteurs mobiles sont reliés cette fois à un révélateur d’ondes, qui indiquera un maximum de réception lorsque le plan mobile sera placé suivant la direction des ondes émanées du poste émetteur.
- La figure 4 représente le récepteur à excitation directe, la figure 3, le transmetteur à excitation indirecte ou inductive. Les deux types d’appareil ont été essayés : l’ensemble des résultats a été très satisfaisant.
- De tout ce qui précède, on peut conclure que la radiotélégraphie dirigée n’est plus aujourd’hui une chimère; sans doute, les divers procédés que nous avons exposés appellent encore maint perfectionnement; mais on peut espérer les voir bientôt entrer réellement dans la pratique, et donner un nouvel essor au développement des relations par télégraphie sans fil. A. Tkoller.
- LE CARAT
- La réforme du Carat, dont j’ai cherché à noter ici les étapes1, est presque un fait accompli. A la suite de la décision prise par le Comité international des Poids et Mesures, de proposer l’unification du carat par l’adoption, dans le commerce des pierres précieuses, d’une unité de masse de 200 mg qui prendrait le nom de Carat métrique, un grand nombre d’associations intéressées se sont déclarées prêtes à recommander la réforme à leurs adhérents, aussitôt qu’elle aurait pris un caractère international. J’ai reproduit déjà le texte des délibérations de la Chambre syndicale de la bijouterie et de celle des négociants en diamants de Paris, ainsi que la résolution de la Fédération allemande des joailliers et orfèvres. Tour à tour la Chambre de Commerce d’Anvers, la Chambre syndicale des orfèvres de Copenhague, la Chambre de Commerce de Melbourne, l’Association des joailliers et bijoutiers de Manchester, l’Association des Sociétés pour la protection du Commerce du Royaume-Uni, ont apporté leur adhésion au nouveau carat; et le premier pas vers son adoption officielle a été fait par la Commission consultative des Poids et Mesures de Belgique, qui, dans un rapport adressé en juillet dernier au Ministre de l’Industrie et du Travail, s’est déclarée « prête à proposer au Gouvernement la légalisation du Carat métrique, aussitôt que d’autres pays plus autorisés que la Belgique se seront ralliés à cette réforme ».
- C’est en présence de cette situation extrêmement
- 1 Voy. n° 1676, du 8 juillet 1905, p. 82, et n° 1745 du 5 novembre 1906, p. 363.
- MÉTRIQUE
- claire que s’est trouvée la Conférence générale des Poids et Mesures, réunie à Paris en octobre dernier. Et, par l’unanimité des voix des délégués des Gouvernements signataires de la Convention du Mètre, elle a donné son approbation à l’adoption du carat de 200 mg.
- Tandis que le Comité international communiquait cette décision aux Représentants des Puissances à Paris, le Gouvernement français prenait l’initiative de proposer, aux autres Gouvernements, par l’intermédiaire de scs Représentants diplomatiques, une entente commune pour l’adoption du nouveau carat. La nécessité d’enquêtes auprès des groupes intéressés exigeant dans quelques pays un temps assez long, un nombre limité de réponses sont parvenues jusqu’ici à Paris, mais elles sont toutes favorables ; elles émanent des Gouvernements de Belgique, de Danemark, des États-Unis, de Hongrie, d’Italie, de Roumanie et de Suède. Le Gouvernement espagnol a présenté à la signature du Roi une loi, récemment promulguée, et le Gouvernement suisse a inscrit, dans le texte de la nouvelle loi en discussion devant les Chambres fédérales, la valeur du nouveau carat.
- Tel est l’état actuel de cette réforme, amorcée il y a trois ans, et qui, à l’époque prochaine où elle sera accomplie, mettra un peu d’ordre dans le commerce des pierres précieuses, aux prises avec une foule d’unités diverses, n’ayant en commun que le nom. En même temps — et cette considération n’est pas sans valeur — une unité simplement rattachée au système métrique appuiera, en devenant universelle,. sa croissante expansion. Ch.-Ed. Guillaume.
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- JEUX ET EXERCICES PHYSIQUES DANS LES USINES AMÉRICAINES
- Il y a longtemps que les anciens avaient émis cet aphorisme, physiologique et psychologique tout à la fois : mens sana in corpore sano ; faire marcher de pair le développement physique de l’organisme avec son développement psychique. C’est dans le môme esprit que Spencer posa ce principe, que l’homme doit avant tout cire un « bon animal ». Et aujourd’hui, dans le monde industriel, il n’est pas un patron (pii ne comprenne qu’un de ses premiers intérêts, est l’a-
- ménagées d’immenses haies vitrées qui répandent à Ilots la lumière. En hiver, des calorifères distribuent partout une bonne chaleur, tandis que des ventilateurs évacuent l’air respiré et apportent de l’air frais ; les machines sont peintes de couleur claire, vernies, luisantes; les burettes à huile reposent sur un plateau, et tout est brillant et agréable à l’œil. Bien entendu, des aspirateurs enlèvent • immédiatement les sciures, les copeaux, les déchets de toute
- espèce. Le per-
- voir des ouvriers et des employés bien portants, bien nourris, jouissant d’un repos rationnel, respirant autant qu’il est possible du bon air, recevant à Ilot cette lumière qui est aussi nécessaire à notre existence qu’à la santé des plantes. Les sentiments d’humanité se rencontrent là encore avec l’intérêt bien entendu.
- Mais, dans cette voie, les industriels, usiniers, chefs d’entreprises et sociétés du Nouveau Monde vont bien autrement loin que les patrons de la vieille Europe en général.
- Nous pourrions signaler, comme exemple curieux, l’organisation d’une Compagnie, d’ailleurs célèbre aux Etats-Unis mêmes, et qui se nomme la National Cash Register Co ; elle fabrique ces caisses enregistreuses dont plusieurs types sont maintenant employés dans les magasins de détail, en France, et dont cette Compagnie a été la véritable créatrice. Le fondateur est l’inventeur même de l’appareil, M. Patterson, qui s’entend merveilleusement à la réclame, comme la plupart des industriels américains, et qui a lait connaître par de multiples publications les institutions dont il a doté le personnel de ses usines. Celles-ci, qui sont situées à Dayton, dans l’Ohio, sont faites d’immenses charpentes métalliques avec murailles en briques, où se trouvent
- se sert d’ascenseurs spacieux et même élégants. L’entreprise emploie 5800 personnes, femmes ou hommes; les femmes ont à leur disposition une infirmerie, où se tient en permanence une infirmière ; leurs salles comportent des vestiaires individuels, elles ont des sièges commodes avec dossier ; chacune reçoit un tablier blanc deux fois par semaine; elles ont également à leur usage des lavabos avec eau chaude et eau froide, des salles de bain et de douches; une heure par semaine en hiver et deux en été leur étant accordées, sur le temps de travail, pour passer à la salle de bains. Les hommes jouissent d’une organisation à peu près analogue. De plus, toutes les salles de travail sont parcourues à heure fixe par des bibliothèques roulantes, où l’on peut choisir et emprunter un livre. Enfin, point sur lequel nous voulons particulièrement attirer l’attention, chaque demi-journée de travail est coupée par dix minutes de repos, à dix heures et à trois heures ; et ce temps est consacré à des exercices physiques, pour maintenir en bon état tout le système musculaire, qu’un travail toujours identique risque d’atrophier partiellement.
- Si nous considérons une entreprise d’un tout autre ordre, celle que l’on nomme The Brooklyn
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- 350 :----: JEUX ET EXERCICES DANS LES USINES AMERICAINES
- Rapid Transit Go, et qui correspond, pour la grande agglomération de Brooklyn, à ce qu’est la Compagnie du Chemin de fer. Métropolitain à Paris, nous la voyons mettant à la disposition de son personnel plusieurs « clubs » : on y rencontre non seulement des salles de lectures et de conversation, mais encore une série de jeux divers, de salles où l’on peut pratiquer des exercices cpii auront une excellente action sur la machine humaine, sur « l’animal », comme dirait Spencer. Il existe un club central qui a bien coulé 200 000 francs à la Compagnie ; on y trouve simultanément un théâtre, des salles de bains, un vestiaire, et aussi un gymnase parfaitement organisé, un jeu de boules, une salle où plusieurs billards sont à la disposition gratuite des agents divers de la Société. Des salles de récréation tout à fait analogues, mais sur une échelle plus modeste, ont été établies sur dix autres points de la ville, à des dépôts ou à des terminus des lignes de la Compagnie.
- Cette m e m e préoccupation des Sociétés américaines, de maintenir leurs employés et ouvriers dans de bonnes conditions physiques, et d’entretenir tout au moins, sinon de développer leur système musculaire, se manifeste dans une industrie où il ne semble pas que les muscles aient un rôle de premier ordre à j ouer : nous voulons parler des téléphones.
- On sait que les services de téléphones sont uniformément confiés à des entreprises particulières, aux États-Unis, et l’on s’en trouve au mieux : nulle part les téléphones ne sont autant multipliés, les communications aussi faciles et rapides, et cela moyennant des tarifs en réalité très minimes, si l’on tient compte du prix de la vie dans la Confédération américaine.
- Or, nous pouvons mettre sous les yeux du lecteur un coin de la salle d’exercices physiques de la Cincinnati Bell Téléphoné Company, autrement dit de la Compagnie Bell des Téléphones de Cincinnati. On s’est aperçu que, pour les téléphonés plus peut-être que pour aucun autre corps de métier, il était essentiel d’avoir une santé robuste ; d’autant que des dispositions maladives avaient une influence pernicieuse qui se traduisait sur le caractère de l’employée, et pouvait réagir malheureusement sur la façon dont elle établit les communications, répond aux abonnés, etc.
- 11 va de soi que la Compagnie est intéressée, ne jouissant d’aucun monopole, à ce que ses employées satisfassent pleinement cette clientèle. Et, comme le disait notre confrère Electrical lieview, le métier d’employée des téléphones ne demande pas seulement de la décision, de l’activité, du soin; mais encore de la courtoisie, du calme, une absence aussi complète que possible d’irritabilité, en dépit d’une occupation sédentaire qui n’est pas laite pour donner par elle-même ces qualités, on doit le reconnaître. Pour arriver au moins partiellement à satisfaire à ces desiderata, et sans espérer faire de ses employées des « anges », comme on l’a dit humoristiquement, toute Compagnie de téléphone bien organisée, aux Etats-Unis, ne se contente pas de choisir des employées bien constituées et robustes : elle leur fournit des aménagements dotés d’un confortable absolu ; elle met à leur disposition des livres, des
- jeux, et, quand cela est possible, des jardins et des terrains de jeux, tennis, base-bail ou ain très.
- Et la Compagnie des Téléphones de Cincinnati en particulier, s’est préoccupée avant tout de créer pour elles des amusements exercices athlétiques, où le corps puisse trouver une ample compensation à l’immobilité forcée qu’il doit garder durant des heures.
- Que l’on examine une des gravures accompagnant ces lignes : on y verra deux «-opératrices » de la Compagnie. en question s’exerçant à un de leur jeu favori au Bureau central ouest de Cincinnati : c’est la « punching hall », un jeu qui n’a sans doute pas été imaginé spécialement pour les employées des téléphones, mais qui fait fortune en ce moment dans les divers bureaux de la Cincinnati Bell Téléphoné Co, et on se dispute les balles. Comme on peut le saisir d’un coup d’œil, ce jeu comporte essentiellement une grosse balle analogue à celles qu’on emploie au foot-ball ; elle est suspendue à un système à ressort, et il faut la renvoyer ou la recevoir avec le poing, suivant des règles que nous n’avons pas le loisir d’expliquer ici. Toujours est-il que les employées sont satisfaites des jeux ainsi mis à leur disposition, y entretiennent une bonne santé physique, cpii est le meilleur support d’une bonne santé morale, et que les abonnés ne se plaignent jamais de la façon dont le service est assuré.
- Pierre de Mériel.
- Fig. 2. — La salle do billard d’une compagnie de chemin de fer métropolitain.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 avril 1908. — Présidence de M. Becquerel.
- Le trypanosoma Congolense. — M. Laveran rappelle qu’en 1904, on a décrit sous le nom de trypanosoma Congolense un parasite très petit trouvé dans le sang d’animaux des environs de Léopoldville. Certains auteurs ont relevé une analogie de forme entre ce parasite et le trypanosome dimorphon. Vers la fin de 1900 un cobaye, qui avait été inoculé avec le trypanosoma Congolense, a été envoyé à M. Laveran. Les expériences qu’il a entreprises ont été fort longues et ont donné les résultats suivants. La grande forme du trypanosoma dimorphon se différencie nettement du congolense, mais celui-ci présente de l’analogie avec la petite forme. Les actions pathogènes produites par les deux derniers parasites ne sont pas identiques, mais elles ne sont pas suffisamment différenciées pour permettre d’affirmer que l’on est en présence de parasites différents. M. Laveran ayant réussi à immuniser d’une façon certaine une chèvre contre le trypanosoma Congolense lui a ensuite inoculé le trypanosoma dimorphon. Cet animal a présenté les symptômes d’une infection très grave; il conclut que les deux parasites sont différents.
- Origine du laminoir. — M. Berlin présente une Note de M. Frémont sur un banc d’orfèvre existant au musée de Cluny et ayant servi à tirer des moulures pour pièces d’orfèvrerie. Par sa disposition ce banc précise l’origine et le début du laminoir. Les bandes de métal à profil mouluré sur une face et plates sur la face opposée étaient autrefois étirées au banc dans un outil portant deux sortes de coussinets en acier appelés billes. L’un de ces coussinets était plat et l’autre modelé en son milieu suivant le profil de la moulure à confectionner. Au fur et à mesure de l’étirage, après chaque passe, ces coussinets étaient rapprochés par la pression de deux vis montées sur le châssis de l’autel et appelées boîtes à billes. Dans la boîte à billes de Cluny, au lieu d’un coussinet plat et fixe, on a un cylindre de 30 mm. de diamètre tournant sur deux tourillons. Pendant l’étirage de la moulure dans cette boîte à billes le cylindre lamineur est entraîné par la barre de métal tirée par le treuil du banc d’orfèvre. Le musée de Cluny ne possède pas de boîte à billes avec
- deux cylindres parallèles tournant sous l’effet de l’entraînement de la bande mince du métal à faces parallèles, mais il y a une forte présomption de l’existence d’outils de ce genre par suite de la présence, dans ce musée, d’un étau à deux poignées pour serrer et tirer ces bandes minces de métal. En résumé le laminoir à deux cylindres parallèles entraînant le métal dérive de la filière en deux pièces du tréfileur et la filière dérive de l’aiguille à coudre, comme celle-ci dérive du poinçon en os. L’évolution de ces outils s’est faite graduellement d’une façon continue suivant les besoins de l’industrie.
- Les progrès de la chirurgie. — M. Guyon présente une Note de M. Lucas-Championnière sur le progrès accompli par la chirurgie moderne. L’auteur n’a cessé de prendre part aux progrès qui ont transformé la chirurgie; il a été l’initiateur en France du mouvement rénovateur. 11 est utile de mettre en parallèle les résultats de la chirurgie ancienne et de la chirurgie moderne. Une pareille comparaison faite sur les résultats de la résection du genou est particulièrement démonstrative à cause de la réception à l’infection que présentent spécialement les articulations et de l’étendue si grande de l’articulation du genou, étendue qui accroît les facilités d’infection et rend celle-ci particulièrement redoutable. D’après les statistiques portant sur les opérations, pratiquées par les chirurgiens réputés les plus habiles, la mortalité était de 55 à 36 pour 100. M. Lucas-Championnière, dans 156 résections pratiquées suivant les méthodes nouvelles, n’a eu qu’un décès. Ce décès, survenu à la 153e opération, eut lieu parce que le malade fut, peu après l’opération, pris d’un accès de délire alcoolique. La mort survint au bout de 36 heures. Les résultats éloignés des résections témoignent de façon encore plus significative de la supériorité de la méthode de Lister en pareil cas. La grande majorité des guérisons a été obtenue par première intention ; les opérés sont restés définitivement guéris de leur tuberculose osseuse. Leur membre devenu très solide a permis les travaux les plus fatigants et chez aucun ne s’est produit d’élimination de l’un des très nombreux gros fils d’argent employés pour réunir les surfaces osseuses.
- Séance du 27 avril 1908. —
- Minéraux contenant de l’hélium. — M. d’Arsonval adresse une Note de M. Bordas relative à la recherche de l’hélium dans les minéraux d’urane.
- Mouvements sismiques aux Antilles. — Une Note émanant de l’Observatoire météorologique récemment organisé à la Martinique, fait savoir que les sismographes de l’établissement n’ont enregistré aucune secousse du sol pendant le 1er trimestre 4908. Le mouvement ressenti à Washington, le 26 mars, n’a donc pas eu de répercussion aux Antilles.
- La photographie à distance. — M. Carpentier expose un appareil récepteur et transmetteur, c’est-à-dire un appareil constituant un poste complet, qu’il a construit sur les indications de M. Korn pour la reproduction à distance d’un dessin ou d’un objet, en ulilisant à cet effet une ligne téléphonique. Les épreuves photogra-
- Présidence de M. Becquerel.
- phiques ainsi obtenues à l’aide de cet appareil sont absolument satisfaisantes. On se bornera à rappeler que le procédé repose sur les variations de conductibilité électrique qu’éprouve le sélénium sous l’influence de variations lumineuses. Une difficulté qui s’est présentée et à laquelle il a dû être obvié, c’est l’inertie du silicium à transformer les variations d’intensité lumineuse.
- Observations météorologiques flottantes. — M. Bigour-dan expose que la prédiction du temps sur l’Europe occidentale se fait à l’aide des observations barométriques de Valentia (Irlande) ainsi que des variations de la force et de la direction du vent sur les côtes de l’Europe. Ces données ne suffisent pas, aussi avait-on eu l’idée d’installer des stations météorologiques flottantes au milieu de l’Océan, stations qui auraient été reliées au Continent par un câble. Cette idée paraissait peu réalisable. La télégra-
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- 352 ........::== LE VIOLON MÉCANIQUE
- phie sans iil la fait entrer dans le domaine du possible et cela avec la plus grande facilité. Les paquebots des grandes compagnies de navigation sont en ellet munis aujourd’hui d’un poste de télégraphie sans fil ; leur marche régulière, par suite de la puissance de leurs machines, permet à tout moment de connaître approximativement le point où ils se trouvent. 11 suffit donc qu’à une heure
- convenue d’avance par un règlement, ces vaisseaux envoient chaque jour des données météorologiques. La prédiction du temps pourra dès lors se faire au moyen de documents plus nombreux annonçant les grands mouvements de l’atmosphère avant qu’ils n’abordent les. côtes de l’Europe et permettant, par suite, des prédictions plus sûres et à terme plus éloigné. Lu. de Villedeuil.
- LE VIOLON MECANIQUE
- Ce titre constitue une flagrante inexactitude qu’il faut nous hâter de corriger. Ce n’est pas le violon lui-même qui est mécanique, mais bien son archet, attendu que les sons que produit la machine sont tirés d’un violon de facture courante, semblable à ceux qu’emploient les virtuoses.
- Nous regrettons de ne pouvoir décrire en détail cet étrange appareil, qui vient à peine de faire son apparition et n’a pas encore reçu les brevets demandés en Europe par son inventeur, qui est de nationalité américaine. Nous ne pouvons que résumer ici les explications verbales qu’il a bien voulu donner.
- Le violon est couché sous une boîte qui rappelle, en son ensemble, les dispositions d’une machine à écrire, et contient un nombreux jeu de clés. Celles-ci, actionnées par des électro-aimants, remplacent les doigts de la main gauche du violoniste. Elles touchent les cordes de l’instrument aux points précis et modifient, selon les exigences du morceau exécuté, le nombre et l’intensité des vibrations imprimées à ces cordes par l’archet automatique.
- Cet archet est constitué par des disques mobiles sur leurs pivots, et dont les mouvements sont déterminés par l’action d’électro-aimants. Un petit moteur électrique, disposé dans l’intérieur du meuble, fournit l’énergie nécessaire.
- Enfin, des bandes flexibles, semblables à celles des pianos mécaniques, servent de partitions à ce Paganini d’acier.
- Le rapprochement ne choquera pas ceux qui ont entendu le Mills Automatic Virtuosa exécuter, soit de la musique classique, soit des airs populaires. On raconte que le fameux virtuose bohémien, M. Jan Kubelik, fut un des premiers à participer à une des auditions, pendant son dernier passage à Chicago. Il
- en sortit émerveillé, mais aussi quelque peu chagriné.
- « Ils m’ont dérobé jusqu’à mon doigté! » s’exclama-t-il.
- Il ne faudrait pas supposer, en effet, que le violon, soumis à l’action de l’appareil, se contente de « rabâcher » des airs, de les « seriner ». Non! Il les exécute avec autant de finesse que de verve.
- Il y met « toute son âme! »
- Il varie étonnamment ses effets, et rend les moindres nuances imaginées par le compositeur. Il joue même la difficulté, pour employer ici une expression familière.
- Enfin, il a cet énorme avantage sur le violoniste humain qu’il dispose d’une quantité quasi illimitée de doigts, qu’il peut faire agir simultanément. D’où la faculté pour lui de jouer, en même temps, un accompagnement.
- Il va même plus loin, puisqu’il exécute des duos sur un instrument unique, et avec autant d’harmonie et de volume de son que si deux violonistes jouaient ensemble.
- On comprend que les professionnels aient accueilli avec une vague inquiétude l’apparition d’un pareil rival. Les organisateurs de concerts de chambre salueront d’enthousiasme la venue au monde de ce docile exécutant, avec l’espoir qu’elle provoquera une baisse de prix sur le montant fantastique des cachets des grands professionnels !
- Mais l’heure n’est pas venue où l’humble ménétrier de nos campagnes se verra supplanté par le Virtuosa : son prix de 6000 francs fera reculer, pour longtemps encore, les tenanciers de bals champêtres. V. Forbin.
- Le Gérant : P. JIasson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. — N° 1824.
- 9 MAI 1908
- UN CANAL QUI S’EFFONDRE
- La statistique nous avait déjà révélé que les États-Unis sont le pays du monde où les déraillements et collisions de trains, ruptures de ponts, écroulements d’immeubles en construction, et autres calastrophes du même genre, sont le plus fréquents.
- La grande république anglo-saxonne aurait-elle maintenant l’ambition de conquérir le « record » des accidents bizarres?
- Et en est-il de plus étranges que celui qui motiva notre photographie? Le lit d’un canal qui s’effondre
- lui permet de franchir le lit de l’Onondaga Creek, rivière encaissée qui traverse la ville presque en son centre. Précisément, c’est à ce point que s’est produite la catastrophe. L’enquête officielle a prouvé qu’une des arches de l’aqueduc s’est brusquement effondrée, entraînant dans sa ruine les arches voisines. Et, conséquence inévitable, la partie du lit du canal qui n’était plus soutenue s’est immédiatement affaissée, offrant aux eaux, qui s’y précipitèrent en torrent, une échappée assez large
- L'effondrement du canal de l’Érié.
- dans le lit d’une rivière! De modestes chalands, coutumiers d’un sort moins tragique, littéralement bus par un tourbillon ! Des édifices s’écroulant sur leurs fondations emportées !
- Cette catastrophe sans précédent s’est produite à Syracuse, ville des plus prospères située dans le Nord-Ouest de l’État de New-York. Exposons-en les causes sans plus tarder.
- Le canal de l’Érié, importante voie de navigation à laquelle Syracuse doit en grande partie sa prospérité, traverse le quartier industriel de la ville. Sur ses rives se dressent de puissantes usines, des moulins à vapeur, des entrepôts de charbon. Sa construction fut très coûteuse, car elle exigea de nombreux travaux d’art, notamment l’aqueduc qui 36e année. — 1er semestre.
- pour engouffrer les bateaux amarrés dans un rayon étendu.
- D’après les témoins oculaires, la violence du courant qui se produisit instantanément fut telle que les câbles de chanvre qui retenaient ces chalands au rivage se rompirent avec fracas. Les câbles d’acier n’offrirent pas plus de résistance.
- Citons, d’après notre excellent confrère new-yorkais, le Leslie's Weekly, les principaux incidents qui se déroulèrent alors, et avec la rapidité de l’éclair, sous les yeux des habitants de Syracuse.
- Le Peter J. Roler, de Black-River, voguait paisiblement lè long de la rive, quand son capitaine, M. Frédéric Race, s’aperçut qu’un courant violent l’emportait. Sans s’attarder à rechercher la nature
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- 354 —........LES RESSOURCES HOUILLÈRES
- d’un phénomène nouveau pour lui, il amarrait aussitôt le chaland à l’un des anneaux du quai. Mais l’anneau cédait, entraînant avec lui tout un pan de la muraille servant d’assises aux bâtiments de l’Empire Flouring Mill.
- Profitant d’un moment où le bateau, qui commençait à tourner sur lui-même, heurlait le quai, il bondissait sur une plate-forme, entraînant avec lui sa femme et sa fille, qui, au prix de quelques contusions, se sauvaient d’une mort certaine.
- Le vieux père, M. Henry Race, âgé de quatre-vingts ans, n’avait pu imiter leur exemple. Mais de courageux sauveteurs s’étaient postés près du gouffre. Ils avaient le bonheur de pouvoir saisir le vieillard au moment même où il disparaissait dans le tourbillon avec le chaland.
- Le Goodelle se trouvait amarré à une grue de l’usine à gaz, à 100 m. de l'effondrement. Sous la
- formidable inlluence de la succion, la grue fut précipitée dans le canal, et les câbles d’acier de l’ancrage se rompirent. Deux femmes et un enfant qui se trouvaient à bord furent « cueillis » au passage par des ouvriers, et le chaland, attiré dans le gouffre, allait s’écraser dans le lit de l’Onondaga, où le rejoignaient aussitôt deux bateaux chargés de charbon, un chaland chargé de fer, et d’autres navires. L’un d’eux, chargé de gravier, se brisa en deux avant de tomber dans la rivière.
- Dès le premier moment, le superintendant du canal avait ordonné de fermer les écluses en amont. Sans sa présence d’esprit, l’inondation ravageait Syracuse. Les pertes matérielles ne laissaient pas d’être importantes. À la destruction des bateaux et de leur cargaison s’ajoutait l’écroulement de plusieurs bâtiments, formant un bilan de près d’un million de francs. Y. Fournis.
- LES RESSOURCES HOUILLÈRES DE L’ALLEMAGNE
- ET DES ILES BRITANNIQUES
- Les combustibles minéraux jouent, depuis un -siècle, un rôle si capital, dans notre civilisation industrielle, que l’on imagine malaisément le jour où ils viendront à nous faire défaut. Cet épuisement se produira cependant pour les grands pays producteurs, dans un ordre que l’on peut prévoir d’avance, et les conséquences économiques de tout genre qui en résulteront prêtent un grand intérêt aux évaluations que l’on peut faire des ressources existantes. Nous allons examiner aujourd’hui les deux grandes nations productrices de houille en Europe, l’Allemagne et les Iles Britanniques.
- I. Allemagne. — Les ressources houillères de l’Allemagne ont été évaluées, d’après une publication allemande, reproduite par plusieurs journaux français, à 280 000 millions de tonnes. Celte évaluation m’a paru manifestement exagérée, et je l’ai signalé dans YÉcono-misle français du 14 décembre 1907, p. 839.
- M. le Dr F. Frech a tenté, en 1900, de déterminer la durée des ressources houillères de divers pays d’Europe. 11. attribue une durée de 600 à 800 ans aux terrains houillers de Saarbriick, d’Aix-la-Chapelle et de la West-phalie, et une durée excédant 1000 ans aux terrains houillers de la Silésie Supérieure. La même impression m’est restée en lfsant cette appréciation.
- En général, les auteurs allemands paraissent animés d’un esprit optimiste, en ce qui concerne leur pays, et il semble bien difficile de se documenter ailleurs. C’est sous cette réserve que, peut-être, il convient de les consulter.
- A ma connaissance, les terrains houillers allemands ont été décrits par H.-B. Geinitz, 1865, par F. Toula, 1888, par F. Frech, 1899, et par F. Fischer, 1901. Le terrain houiller de la Ruhr a fait l’objet, en 1892, d’une description par W. Runge qui publia, tout récemment, un très important ouvrage sur le même sujet. Les dépôts de lignite allemand sont décrits par E. Ilotop et IL Wie-senthal, 1903.
- Dans sa publication de 1893, sur les résultats des calculs qu’il avait faits, pour le gouvernement prussien, R. Nasse attribue à l’Allemagne un approvisionnement de charbons exploitables, montant à 112 000 millions de
- tonnes. Si on admet cette évaluation, pour l’époque où elle a été faite, il convient d’y faire des additions, en raison des reconnaissances qui se sont produites depuis, notamment celles de l’extension vers le Nord du terrain houiller de la Ruhr ou de la Westphalie, officiellement dénommé du Rhin Inférieur et de la Westphalie.
- Bien que, dans l’état actuel des connaissances, les terrains houillers de la Silésie Supérieure paraissent comprendre une masse de charbon plus considérable encore que celle du terrain houiller du Rhin Inférieur et de la Westphalie, ce dernier présente plus d’intérêt et peut être considéré comme le plus important de l’Allemagne. Ses ressources ont été évaluées à 45 000 millions de tonnes.
- D’après Nasse (Commission prussienne) le terrain houiller de la Rhur contient en millions de tonnes, savoir :
- Millions do lonnes.
- Jusqu’à 700 mètres de profondeur .... 10.627
- De 700 à 1000 mètres..................... 7.494
- Et à plus de 1000 mètres............... . 11.888
- Total en millions de tonnes.............. 50.009
- Cette évaluation concorde à peu près avec celle de Runge qui estime les réserves de la Ruhr à 33 000 millions de tonnes.
- Dans les environs d’Aix-la-Chapelle, l’Inde est considéré comme pratiquement épuisé et le bassin Wurm est très interrompu par des failles. Leurs ressources ont été données comme suit :
- INDE WERM ENSEMBLE
- Millions de t. Millions de t. Millions de l.
- Jusqu'à 700 mètres . 76 528 604
- De 700 à 1000 m. . 59 428 467
- A plus de 1000 m. . — 116 116
- Totaux 115 1.072 1.187
- D’après F. Frech, les terrains houillers des deux rives du Rhin sont en communication et il existerait, probablement, entre Aix-la-Chapelle et Düsseldorf, à des profondeurs exploitables, 48 000 millions de tonnes de charbon disponible. De plus, Frech montre qu’il existerait une extension considérable du terrain houiller de la Westphalie vers le Nord-Est.
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- LES RESSOURCES HOUILLÈRES
- Suivant de nouvelles estimations, les veines exploitées en 1890 ou dont l’existence est établie par sondages, les réserves de houille, au-dessous d’une profondeur de 1000 m., atteindraient 29 300 millions de tonnes.
- Schulz (Stahl und Eisen, 1900) considère comme exploitables :
- Millions do tonnes.
- Jusqu’à 700 mètres de profondeur .... 11.000
- l)e 700 à 1000 mètres........................ 18.300
- De 1000 à 1500 mètres........................ 25.000
- Total........................................ 54.300
- Le terrain liouiller de Saarbrück est considéré par von Dechen comme contenant 45 400 millions de tonnes.
- Kliver et Nasse sont beaucoup plus modérés dans leur estimation des ressources houillères exploitables de ce terrain. Ils admettent :
- Millions de tonnes
- Jusqu’à une profondeur de 1000 mètres. . 12.134
- Et à plus de 1000 mètres.............. 0.575
- Total................................. “18.709
- Pour la Silésie Supérieure, dont le terrain houiller s’étend en Autriche et en Russie, les ressources ont été évaluées à plus de 50 000 millions de tonnes et même à beaucoup plus, si on tient compte des ressources à plus de 600 m. de profondeur.
- Nasse les estime jusqu’à une profondeur de 1000 m. à 43 847 millions de tonnes. Frech, en tenant compte de constatations faites par des sondages à de très grandes profondeurs, évalue à 90 000 millions de tonnes les réserves houillères de la Silésie Supérieure.
- La Silésie Inférieure, d’après Nasse, aurait en charbons exploitables :
- Millions de tonnes.
- Jusqu’à une profondeur de 700 mètres . . 754
- De 700 à 1000 mètres.................... 155
- El à plus de 1000 mètres................ 26
- Total................................... 935
- La Saxe a comme principaux bassins ceux de Zwickau et de Lugau. Qn trouve encore de petits dépôts dans la vallée Plauen, etc. La Commission prussienne estime que les ressources du royaume de Saxe représentent, en 1890, 400 millions de tonnes. Elle évalue les réserves d’autres petits terrains allemands au même chiffre.
- Les terrains d’Osnabruck et d’Ibbenbüren sont d’une superficie très limitée. Quant aux petits bassins d’Alsace et de la Forêt-Noire, ils sont de faible importance.
- Les dépôts de lignite, en couches généralement peu profondes et souvent exploitées par carrières, sont nombreux; on en trouve en Silésie Inférieure, en Saxo, Posen, Brunswick, Thuringe, Hesse, dans le voisinage de Taunus, Cassel, Cologne, etc.... D’après la Commission prussienne, les ressources en lignite du district de Hall représentent 3700 millions de tonnes. Pour l’ensemble de l’Allemagne, les ressources de cette nature ont été évaluées à 5000 millions de tonnes, dont l’équivalent en charbon représenterait, dit-on, 3000 millions de tonnes.
- Les écarts entre les différentes évaluations sont parfois si considérables qu’il est bien difficile de se faire une opinion raisonnée de l’ensemble. 11 paraît toutefois difficile d’admettre, quant à présent, un tonnage supérieur à 140 000 millions de tonnes. Ce chiffre ne doit être indiqué que sous réserve. Dans une communication récente, faite à la Society of Arts, sous le titre « Fuel and its future )) (mars 1908), M. le Professeur Y. B. Lewes admet 130 000 millions de tons (1016 kg).
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- II. Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande. — Une documentation beaucoup plus précise permet de se faire une idée plus exacte des ressources houillères du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande. Elle résulte des travaux de la Ccal Commission de 1871 et de la Royal Commission on Coal Supplies qui publia son Final Report en 1905. Cette dernière Commission a groupé les ressources houillères du Royaume-Uni en trois catégories :
- 1° Ressources disponibles des terrains houillers reconnus, jusqu’à une profondeur n’excédant pas 4000 pieds, soit 1219 m., en veines de 12 inches (environ 30 cm et demi) et au-dessus. Les chiffres ci-après expriment des tonnages nets disponibles, restant à exploiter, sous déduction des pertes à prévoir pour toutes causes :
- DISTRICT A '
- Tons (1016 kg).
- Sud du Pays de Galles eL Monmoulshirc . 26.470.996.579
- Somersetshire et partie du Gloueestershire. 4.198.501.099
- Eoresl of Dean.............................. 258.533.447
- DISTRICT-R
- Norlli Stafford............. 4.368.050 347
- South Stafford.............. 1.415.448.072
- Warwick..................... 1.126.981.903
- Leicesler................... 1.825.458.551
- Shropshire................... 320.993.699
- DISTRICT C
- Lancashire.................. 4.238.507.727
- Clieshire.................... 291.832.271
- Nord du Pays de Galles...... 1.736.467.829
- DISTRICT D
- Yorks....................... 19.138.006.595
- Derby et Notts.............. 7.360.725.100
- DISTRICT E
- Northumberland.............. 5.509.625.641
- Cumberland.................. 1.527,708.805
- Durham...................... 5.271.116.346
- DISTRICT F
- Écosse............................... 15.681 456.356
- DISTRICT G
- Irlande...................... 174.458.002
- Total................................ 100.914.668.167
- 2° Ressources des terrains houillers reconnus à une profondeur excédant 4000 pieds ou 1219 m., nettes restant à exploiter :
- DISTRICT A '
- Tons (101G kg).
- Sud des Pays de Galles.........* . . . 1.863.791.571
- Somerset et Gloucester.............- . 1.885 340.220
- District c, sans y comprendre une grande quantité de charbon dont l’existence est présumée sous le bassin du Clieshire, à des profondeurs excédant 4000 pieds. 158.250.920
- District d........................... 483.844.875
- District f........................... 847.206 394
- Total....................... 5.239.433.980
- 3° Estimations, par le Geological Commiitee, en tant qu’elle peut être faite, des ressources des terrains houillers cachés et non reconnus, à des profondeurs n’excédant pas 4000 pieds et sans y comprendre le Gloucester, le Somerset, non plus que le Sud du Pays de Galles, ni le terrain houiller du Kent, au sujet duquel j’ai fait une.
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- communication récente à la Société de Géographie de Paris, publiée dans son bulletin La Géographie du 15 septembre 1907, XVI, n° 5, p. 145 et suivantes. Ces estimations comprennent en charbon disponible :
- Tons (1016 kg).
- Bassin du Clieshire, y compris Sloekporl et
- P oy nton............................... 106.500.000
- Région de Chester, Wirral et Liverpool. . 2.880.000.000
- Yale of Eden et Solway Firlli. ..... 800.000 000
- Yorkshire et Notlinghamshire...............25.000.000.000
- Terrain Rouiller de la partie Sud du North Staffordshire. . . . . . . . . . ... 1.741.824.000
- Région entre les terrains houillers du South Staffordshire,'de Coalbrookdale et Forest
- of Wyrc.......................... 5.068.800.000
- Région entre les terrains houillers du South Staffordshire, du YYarwickshirc et du Lei-
- cestershire............... 5 886.720.000
- Total...................................... 50.483.844 000
- A ces ressources on ajoute :
- 1° Pour la partie du terrain houiller du Cumberland qui s’étend, sous la mer, de 8 à 19 km du rivage, d’après l’estimation de Sir Lindsay Wood, tons 854 808 307.
- 2° Et pour l’anthracite du terrain houiller du Sud du
- Pays de Galles qui se trouve sous la mer à Saint-Brides Bay et une partie de Carmarthen Bay, d’après l’estimation de Sir William T. Lewis, tons 385 024 000.
- Bien que du 1er janvier 1870, jusqu’au 31 décembre 1905, il ait été extrait des terrains houillers reconnus 5695 millions de tonnes de charbon, les ressources de ces terrains excèdent, d’après la dernière Commission, de 10 707 millions de tonnes, les ressources admises par la Commission de 1871. Il faut l’attribuer à la différence des superficies considérées comme productives, aux découvertes révélées par les sondages, forages et travaux et à une connaissance plus complète des veines de charbon.
- Dans l’article de l’Economiste français précité, j’ai fait remarquer qu’il semble difficile de comprendre, dans les veines utilement exploitables, toutes les veines à partir de 50 centimètres de puissance. Si des ressources disponibles, reconnues jusqu’à une profondeur de 4000 pieds, on déduit les veines d’une puissance inférieure à 24 inches ou 60 centimètres, le total de ces ressources se réduit à environ 85 000 millions de tonnes.
- En outre, quelques réserves peuvent être faites, au sujet des ressources, à une profondeur excédant 4000 pieds, et des estimations du Geological Committce.
- Ed. Lozé.
- CONSTRUCTIONS MÉTALLIQUES A ÉLÉMENTS TÉTRAÉDRIQUES
- Ce n’est pas la première fois que l’on songe à employer des éléments tous semblables entre eux pour élever des constructions plus ou moins improvisées, et cette méthode a été appliquée notamment pour l’établissement de ponts militaires transportables. Le procédé est toujours intéressant, lors même que les applications pratiques n’en sont point très nombreuses. Aussi tenons-nous à signaler la construction d’une tour basée sur ce système, dont parlait récemment notre confrère Scientific American, et qui a été édifiée dans sa propriété même par M. le Dr À.-G. Bell, à Cap Breton.
- Il s’agit en réalité d’un édifice métallique, extrêmement léger, qui affecte la disposition d’un immense trépied supportant une plate-forme terminale à plus de 21 mètres au-dessus du sol, et à laquelle donne accès un escalier logé dans une des jambes du trépied. Tout ce qui est charpente, aussi bien celle de la plate-forme que des jambes, est fait d’éléments tétraédriques. Chacun de ces éléments est composé de six tiges métalliques de même longueur, qui sont assemblées les unes aux autres par leurs sommets de façon à former un tétraèdre. Les faces de la figure forment quatre triangles identiques. On peut aisément constater, en fabriquant par exemple un tétraèdre au moyen de tiges de bois ou de bouts de fil métallique, que celte sorte de charpente présente une très grande rigidité en dépit d’une légèreté précieuse ; et, en combinant différemment une série de ces éléments, on peut obtenir des poutres armées de forme variable, pour répondre à des besoins de construction très divers eux-mêmes.
- Un point à noter dans les tétraèdres de M. Bell, c’est qu’ils sont constitués tout uniment de tubes en fer galvanisés, de 12,5 millimètres de diamètre, qu’il est assez simple d’assembler aux sommets du tétraèdre, à Taidede manchons d’assemblage en fonte, où ils viennent se visser. Et avec des morceaux de tuyaux de 1,126 m., on obtient des tétraèdres dont la dimension d’angle en angle est de 1,219 m. On a pu soumettre un de ces éléments à un effort à la compression de 1814 kgs sans le voir s’affaisser sur lui-même.
- Les supports de la plate-forme qui constitue le sommet de ce qu’on peut appeler un peu audacieusement une tour, viennent porter sur des fondations solides, disposées suivant les trois sommets d’un triangle équilatéral, dont le côté est de 21,95 m. Mais nous devons dire que cette construction n’est pas curieuse seulement par sa composition élémentaire : elle l’est aussi par le procédé suivant lequel on a pu tout mener à bien, élever les trois pieds du trépied, en se passant à peu près complètement de charpente de montage. Tout le travail d’assemblage et même de dressage s’est fait au niveau du sol, ce qui diminue singulièrement les chances d’accident.
- On a commencé par construire ou, plus exactement, par assembler le pied renfermant l’escalier et un des deux autres : ils se présentaient de la sorte à terre sous l’aspect d’un immense Y ; puis on assembla la base de chacun de ces pieds à sa fondation propre, au moyen d’une véritable articulation, d’une charnière. Chaque pied pouvait tourner autour de cet axe horizontal, lorsqu’on venait à soulever la
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- pointe du Y, qui, elle, sc trouvait juste à l’aplomb de la fondation du troisième pied, non encore existant. Au moyen de vérins, on souleva peu à peu cette pointe du Y, en assemblant graduellement des
- ce moment, le trépied se trouva dans la situation convenable et définitive. Le dernier élément du troisième pied se trouva lui-même à moins d’un centimètre de l’emplacement que, dans les des-
- Fig. 1. — Les éléments empilés avant montage.
- éléments tétraédriques, qui venaient former la charpente de ce troisième pied; la poussée des vérins pouvait être reportée sur la portion inférieure du pied, à mesure qu’elle était construite, et que celui-ci s’allongeait par le bas.
- Naturellement, on disposait des étais sous la portion construite du pied
- sins, on lui avait assigné sur le massii de londa-tion.
- Pendant ce dressage, on a pu constater la solidité,
- Fig. 3. — Dressage des deux premiers pieds pendant la construction du troisième.
- pour enlever les vérins et les replacer sous une nouvelle partie de la charpente.
- En somme, on n’eut qu’à continuer cette opération jusqu’à ce que le troisième pied eût atteint la longueur totale qu’on devait lui donner; et à
- Fig. 2. — Montage de deux des pieds de la tour.
- la rigidité de ces sortes de poutres constituées par les éléments tétraédriques ; dans la position la plus oblique, les deux premiers pieds ne 'montraient' pas une flexion de plus de 9 millimètres.
- On a obtenu, d’autre part, une légèreté surprenante dans la construction : tout entière elle ne pèse pas plus de 5 tonnes. Il semble bien que, spécialement pour les constructions temporaires, ce mode d’assemblage peut rendre de réels service; encore ne nécessite-t-il pas des ouvriers particulièrement habiles. P. de M.
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- LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE
- Il est bien entendu, pour tout le monde, que l’électricité est la fée bienfaisante de notre xxe siècle et que nous sommes en droit d’attendre d’elle toutes sortes de
- Fig. 1. — Radiateur à lampes.
- miracles de confortable et d’utilité. Le chauffage électrique est un de ceux-là et son emploi, qui commence à se répandre, présente un intérêt assez vif pour que nous donnions à nos lecteurs les principes de son utilisation.
- Déjà en 1900, à l’Exposition Universelle, le grand restaurant La Feria en fit un large usage, puisque tous ses appareils de chauffage consommaient uniquement le courant parisien ; mais, depuis, l’extension prise par cette nouvelle application de l’électricité a été considérable et elle semble appelée à un avenir des plus brillants, si nos ingénieurs électriciens trouvent le moyen de nous livrer l’hectowatt à des prix plus modiques que ceux d’aujourd’hui. Propre, sans odeur, sans fumée et sans poussière, le chauffage électrique réaliserait l’idéal de l’hygiène moderne, s’il n’avait pas le défaut d’être encore très cher. Dans Paris, et dans presque toutes les grandes villes, l’hectowatt employé aux applications industrielles autres que l’éclairage coûte trois centimes : dans de pareilles conditions, qu’il s’agisse du chauffage de nos appartements ou de la cuisson de nos aliments, c’est un prix de revient supérieur de 30 pour 100 environ à celui de l’emploi direct du charbon de terre. C’est beaucoup et seules les régions heureuses pourvues d’usines hydroélectriques débitant le courant à très bon marché peuvent profiter des avantages du chauffage électrique. Et la chose est très facile à comprendre : un hectowatt-heure représente une quantité de chaleur bien déterminée égale à 86 calories ou unités de chaleur, et cela quelle que soit la façon dont on la produit. Dans les grandes villes comme Paris, le courant est produit dans des usines dont les dynamo^ sont actionnées par des machines à vapeur; une quantité de charbon capable de dégager 86 calories, quand on la brûle sous les chaudières, de ces machines, est loin de produire 1 hectowatt en raison des multiples pertes de puissance, tant dans les machines que dans la canalisation du courant, et si on. remarque que, dans le prix de revient de l’hectowatt, il
- faut tenir compte de l’amortissement du matériel de l’usine, on conçoit facilement que les 86 calories qu’il met à notre disposition dans un appareil de chauffage nous reviennent beaucoup plus cher que si nous brûlions directement la quantité de charbon nécessaire à les produire. Dans les pays à chutes d’eau, la question se présente sous une forme toute différente : c’est la bonne Nature elle-même qui se charge de faire tourner les dynamos, et les électriciens, ayant beaucoup moins de frais, peuvent vendre leur courant à très bon compte; le consommateur trouve alors souvent un avantage réel à l’employer à son chauffage au lieu de faire venir, quelquefois de très loin, du charbon dont le prix est augmenté de tous les frais de transport.
- Les appareils les plus habituellement employés pour le chauffage électrique sont de deux sortes : les uns utilisent des lampes puissantes analogues aux lampes à incandescence de notre éclairage, les autres sont basés sur le principe du dégagement de chaleur dû au passage du courant dans des corps très résistants.
- Les appareils à lampes sont surtout des appareils de luxe et leur emploi est assez restreint; les ampoules dont ils sont munis sont en verre et de dimensions variables suivant leur puissance ; certaines d’entre elles atteignent trente centimètres de longueur avec un diamètre moyen de 7 centimètres et consomment 3 ampères sous la tension de 110 volts, alors que les petites lampes de 10 bou-| gies couramment employées sous cette tension ne con-
- Fig. 2. — Four à. rôtir : E, Enveloppe extérieure ; P, Pied-support de l’appareil; C, Plaque chauffante émettant là chaleur dans le four; R, Résistances logées dans une plaque en porcelaine séparée de l’enveloppe extérieure par des cartons d’amiante et de la plaque chauffante par une feuille de mica ; A, Support des plats mis au four.
- somment guère que 3 ou 4 dixièmes d’ampère. Les lampes chauffantes sont construites sur des principes à peine différents de celles qu’on destine à l’éclairage ;
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- LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE :::............- 359
- l’ampouîe contient un filament de charbon un peu plus gros, et au lieu d’y faire le vide complet, on y laisse, au contraire, quelques traces d’un gaz inerte qui diminue le pouvoir lumineux du filament et augmente le pouvoir calorifique. Ces lampes sont groupées par 2, 4, ou 0 dans des radiateurs auxquels on peut donner des formes très décoratives (fig. 1 ) et qui sont munis de régulateurs permettant d’utiliser la totalité ou seulement une partie des lampes suivant la température qu’on veut obtenir. La durée d’une lampe est d’environ 700 heures. Les appareils utilisant la chaleur produite par le passage du courant dans de fortes résistances sont plus répandus ; )a grosse difficulté pour les constructeurs, consistait à fabriquer des résistances suffisantes, à assurer le bon fonctionnement des appareils sans courts-circuits malheureux, et à réaliser une robustesse suffisante pour des applications courantes. Quelquefois la résistance chauffante est constituée par des fils métalliques noyés dans une poudre isolante ou un émail quelconque et solidement assujettis pour éviter tout contact entre eux. Mais le plus souvent on les réalise sous forme de boudins formés de spires de fils métalliques séparées par des cordes d’amiante ; l’amiante est portée au rouge et dégage sa chaleur sans se consumer, propriété bien connue de tout le monde. Enfin pour quelques usages spéciaux, on emploie, des tissus de fils métalliques et de fils d’amiante, le métal formant la trame et l’amiante la chaîne1.
- Les appareils basés sur ces principes sont excessivement nombreux. Pour le chauffage des appartements on fabrique des radiateurs de toute puissance, depuis 5 jusqu’à 100 hectowatts (fig. 4).
- Ils ont l’aspect extérieur de petits poêles en fonte ou en bronze et on peut les rendre aussi coquets que l’exige notre moderne besoin d’élégance. Les résistances sont placées à l’intérieur de la caisse et reçoivent le courant par un régulateur qui permet de modifier l’allure de l’appareil ; elles échauffent directement l’air environnant et cela d’une façon si rapide que, dès la mise en marche du radiateur, la main placée au-dessus du couvercle éprouve une sensation de chaleur très nette. Pour le chauffage d’une pièce ordinaire ayant quatre mètres sur chaque dimension, un appareil de quinze hectowatts est suffisant • il dépensera à Paris quarante-cinq centimes par heure, ce qui n’est pas certainement à la portée de toutes les bourses, mais il sera
- 1 Ces renseignements nous ont été donnés par.M. Goisot, ingénieur électricien, qui a déjà traité la question dans plusieurs ouvrages.
- très bien à sa place dans beaucoup de petits salons élégants ouverts seulement quelques heures par semaine.
- Dès 1894 la Société du chemin de fer électrique du
- mont Salève employait des radiateurs de ce genre au chauffage de ses voitures. L’usage ne larda pas à s’en généraliser, mais il disparaît peu à peu devant un dispositif nouveau, celui de la chaufferette électrique (fig. 3) : une semblable chaufferette se compose essentiellement d’un certain nombre de résistances en forme de boudins, logées dans les rainures d’une plaque de porcelaine émaillée. Une plaque de cuivre ou de tôle séparée des résistances par une feuille de mica formant isolant électrique constitue le dessus de la chaufferette destiné à distribuer la chaleur ; entre le fond et la plaque de porcelaine, une série de feuilles de carton d’amiante fortement serrées empêche toute déperdition de chaleur. Ce sont des appareils de ce genre qui chauffent quelques-uns de nos tramways parisiens et les voitures des lignes électriques de banlieue (Ouest, Oi'léans) ; sur ces dernières le courant et les dimensions de la chaufferette sont calculés de façon à disposer d’un demi-hectowatt par mètre cube d’air du compartiment, ce qui suffit, malgré les multiples causes de refroidissement, à y maintenir une température de dix degrés environ.
- En remplaçant la plaque de cuivre de la chaufferette par une plaque de fonte et en utilisant un courant suffisamment puissant, on obtient un fourneau de cuisine très commode, n’exigeant aucun entretien, et ne donnant ni fumée ni poussière. Les appareils de ce genre sont très répandus aujourd’hui, ainsi que les tables chauffantes dérivant de la même idée et dont l’emploi est des plus avantageux pour le travail de l’ébonite, du celluloïd, de la gélatine, etc., en un mot de toutes les substances pour lesquelles le contact d’une flamme quelconque est un gros danger, et qui cependant ne peuvent être travaillées qu’à chaud seulement. Il n’est pas jusqu’aux fours à rôtir pour lesquels on n’ait songé à utiliser l’électricité comme moyen de chauffage (fig. 2). La disposition des résistances sur toutes les faces du four permet d’obtenir sous un volume restreint des quantités de chaleur très élevées, et ceci sans avoir d’élévation sensible de température à l’intérieur des pièces d’habitation. Le principe employé est toujours celui de la plaque chauffante dont nous venons de parler, les plaques constituant les parois internes du four : de petits fours ainsi constitués fonctionnent chez quelques pâtissiers parisiens et permettent avec une
- Fig. 5. — Flaque chauffante pour chaulferetle et fourneau de cuisine : Ali, Flaque du dessus distribuant la chaleur ; 1)1)', Flaque du dessous ; C, Cartons d’amiante; mm', Flaque de mica; QQ', Flaque tabulée en porcelaine, garnie des résistances chauffantes; E, Boulon d’assemblage.
- Fig. I. — Radiateur d’appartement en bronze ouvragé.
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- dépense de dix. hectowatts de cuire une fournée de trois douzaines de brioches en dix ou douze minutes. Les fours à rôtir du restaurant La Feria à l’Exposition de 1900 étaient absolument semblables et l’expérience a montré que la cuisson d'un rôti exigeait 5 hectowatts-heure par kilogramme de viande, et celle d'un poulet environ 0 hectowatts.
- Il serait fastidieux d’énumérer ici les multiples applications du chauffage électrique : un avenir splendide lui est réservé. Sans parler des mille petits riens si commodes tels.que bouillottes électriques, chauffe-lits, etc., des applications beaucoup plus importantes existent déjà; on a réalisé des; chauffe-bain permettant, pour une consommation de. ISO hectowatts, d’obtenir de l’eau à 38 degrés avec un débit de ;500 litres à l’heure, et on a calculé qu’il serait possible d’établir des fours de boulangerie fonctionnant en toute sécurité en consentant une dépense de 5 hectowatts par kilogramme de pain !
- On voit donc par ces courts aperçus que le chauffage électrique est devenu une chose réellement pratique, et ce nouveau venu dans la science moderne nous réserve beaucoup d’heureuses surprises. Nos ingénieurs électriciens ne sauraient larder à trouver le moyen de débiter à bon compte leur précieux courant; nous ne connaîtrons plus alors les ennuis de cheminées tirant mal ou de charbons fumant trop; nous aurons à notre disposition des appareils commodes, peu encombrants, propres, toujours prêts à fonctionner. En attendant cet âge heureux, bornons-nous à constater que dès aujourd’hui le chauffage électrique a acquis une réelle importance et que son emploi s’impose quand on veut éviter le danger dans la manipulation à chaud de matières facilement inflammables, et partout où, comme dans les hôpitaux et les laboratoires, il faut réaliser un chauffage sans fumée ni poussières. P. fi.
- LA PHOTOGRAPHIE A TRAVERS L’EAU
- Le monde de la mer s’offre à nous comme infiniment diversifié dans tous ses spectacles, et le charme très grand de. la moindre promenade aux bords de l’Océan se double tou- • '. - .
- jours d’une con- . •
- templation instructive . Même sans s’occuper spécialement de questions d’histoire naturelle, il n’est personne qui n’ait admiré les richesses de la moindre flaque d’eau, au milieu des rochers à marée basse, où ces aquariums naturels sont à notre entière disposition. Animaux, plantes , et zoo-phytes sont là qui ne. demandent que l’effort dé les admirer pour les étudier. :
- Le but de ces lignes est justement d’exposer un moyen très simple d’enregistrer ces aspects si intéressants : il est certes curieux de les contempler seulement, mais il est plus, utile de les photographier, et. l’on-peut recueillir, ainsi des documents d’une très réelle importance.
- Etant donnée la facilité de la vision directe de ces objets aquatiques, il paraît assez naturel de remplacer l’œil par un objectif et de photographier tout simplement ce que l’on voit. Sien principe c’est bien ce qu’il y a à faire, en réalité l’opération se complique quelque peu, ou du moins demande des précautions et des conditions à remplir qu’il
- Fig. 1. — L’appareil monté sur son pied
- n’est certainement pas inutile de bien définir. Disons tout de suite qu’il ne s’agit pas d’appareil spécial apte à s’immerger; nous ne sommes pas
- ici dans le do-maine de la pho- . . tographie sous-
- • ' marine qui a été
- abordée avec tant dé compétence parM. L. Boutan. Notrerôleest plus modeste, mais je . pense montrer qu’il n’est pas moins fructueux pour cela.
- Si, muni d’un appareil photographique, vous cherchez à obtenir le portrait du fond d’une mare en vous penchant simplement au-dessus, vous vous exposez à de graves mécomptes ; le résultat obtenu ainsi est nul, ou à peu près. C’est que l’œil photographique n’est pas si complaisant que le nôtre pour s’adapter aux conditions spéciales d’une telle vision : la plaque sensible sera surtout influencée par la couleur bleuâtre de l’eau, qui arrive à masquer pour elle les objets que notre œil discerne si bien au fond, et par-dessus le marché elle enregistrera surtout l’éclairement du ciel reflété par la surface de l’eau. Tout tend donc à procurer un cliché dont la principale qualité sera d’être voilé!...
- Après différents essais, mon ami M. R. Thévenin et moi, nous nous sommes arrêtés au procédé suivant qui nous a fourni en définitive d’excellents résultats ; et c’est non pas tant un procédé que des
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- LA PHOTOGRAPHIE A TRAVERS L’EAU r— ———7 361
- récautions à prendre, aussi importantes que le ispositif instrumental.
- L’appareil photographique est une chambre quelconque, mais à condition que la mise au point soit;
- fond, et surtout des dimensions mêmes des objets. Aussi doit-on faire chaque fois la mise au point et sur le plan le plus intéressant; cette opération ne laisse pas parfois d’être délicate dans le cas d’un
- Fig. 2. — Méduse nageant.
- variable, et que le tirage assez long de cette chambre permette d’opérer de très près ; il est bon également qu’elle soit munie d’un objectif de foyer plutôt court, à cause des fortes différences de plan que l’on rencontre par suite de l’inégalité du
- éclairage un peu insuffisant, mais il ne saurait être question de faire cette mise au point préalablement sur un objet aérien, éloigné de la même distance, car on se rappellera l’influence de la réfraction dans l’eau, qui modifierait une telle détermination. Dans
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- le cas que nous envisageons ici, l’appareil, naturellement hors de l’eau, n’était jamais éloigné de plus d’un mètre du sujet à prendre.
- Quant au dispositif même, nous avions disposé un solide trépied (fig. 1) surmonté d’un vaste plateau, muni d’une ouverture centrale, et permettant ainsi de maintenir l’appareil braqué normalement sur le fond. Le but du plateau, avec ses larges bords rabattus — et le tout complètement noirci en dessous — est d’empêcher la surface de l’eau de se comporter comme un miroir reflétant le ciel avec la silhouette de l’opérateur. En effet, par suite d’une telle disposition, le champ de l’appareil n’est occupé que par l’image obscure de la surface infé-
- principalement rouges, jaunes et vertes des orgar nismes marins, il serait utile de pouvoir prolonger la pose, avec ou sans intervention d’écrans et de plaques orthochromatiques. Malheureusement il est extrêmement rare de trouver des conditions d’immobilité permettant d’opérer ainsi; sans compter les déplacements des êtres vivants, il y a les courants ou le léger clapotis provoqué par la brise, faisant onduler constamment les algues. Il faudra donc rechercher les jours très calmes. Maintenant votre irruption dans la mare pour l’installation de l’appareil provoque également une agitation très longue à s’atténuer, en même temps que la pureté de l’eau se trouble de désolante façon par le soulève-
- Fig. 3. — Le fond d’une mare : mollusques se promenant sur le sable, algues et anémone.
- rieure du plateau, c’est-à-dire qu'aucun reflet superficiel n’impressionne la plaque. En outre un tel dispositif possède également l’avantage, on le conçoit aisément, de s’opposer à un trop grand éclairement en plein : c’est l’éclairage oblique faisant mieux ressortir les objets, qui prédomine, et parfois même nous avons augmenté ces contrastes indispensables en enveloppant partiellement le pied dans une étoffe opaque, ne laissant pénétrer la lumière (rayons directs du soleil, autant que possible) que suivant une seule direction.
- Quant à la durée de l’exposition, il est indispensable qu’elle soit plus ou moins instantanée, pour la raison ci-après :
- Si l’on s’en rapporte aux seules considérations visuelles, on estimera que par suite des colorations
- ment des particules vaseuses ou sableuses : d’où la nécessité d’être d’une très grande sobriété de mouvements. Pour ces motifs, on devra choisir définitivement sa place avant de s’installer, et s’abstenir de déplacer les pieds pendant les préparatifs; on aura remarqué aussi le sens de l’écoulement de l’eau, s’il y a lieu, pour se placer à contre-courant, afin d’éviter le trouble apporté par les matières en suspension, soulevées par les pieds.
- Ces petites précautions semblent peut-être exagérées : elles sont cependant indispensables, ainsi que d’autres, qui sans doute surgiront de façon imprévues et auxquelles on devra parer. Si j’ài insisté à leur endroit, c’est que nous en avons subi les conséquences, ayant eu beaucoup de mécomptes au début; et, même en les prenant toutes, à cause
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- LA PORTE AUTOMATIQUE SÉSAME
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- des limites restreintes du temps de pose, et des conditions d’éclairement, il faut se résigner parfois à n’avoir que des clichés à la limite d’une bonne utilisation.
- Malgré tout, celte méthode, simple dans son principe, m’a paru avoir quelque valeur, à cause de J l’intérêt de tels documents. Ceux-ci paraîtront certainement moins sensationnels que s’il nous repro- i duisaient l’image des grands abîmes sous-marins. |
- Mais il peut être tout aussi utile d’enregistrer, sur le vif, comment les organismes littoraux se groupent naturellement, la manière dont ils vivent, et cela sans la perturbation possible que la transplantation en aquarium est capable de leur infliger.
- C’est pourquoi je me permets de recommander ces moyens d’investigation à tous ceux qui ne craindront pas... de se mouiller.
- Lucien Rudaux.
- LA PORTE AUTOMATIQUE SESAME
- En même temps qu’on se préoccupe d’assurer une bonne ventilation, un renouvellement d’air suffisant dans nos habitations, et particulièrement dans les salles contenant une agglomération de personnes, on cherche également à ne pas laisser s’y introduire brusquement et directement une trop grande quantité d’air froid. Les deux tendances ne sont point opposées, tant s’en faut ; car une bonne ventilation a pour principe directeur de diviser l’air introduit en le réchauffant (en le rafraîchissant, s’il s’agit de saison estivale).
- On sait que c’est cette préoccupation de ménager les introductions d’air extérieur, qui a donné naissance à ces portes tournantes qui forment comme de véritables écluses entre la pièce qu’elles ferment et l’atmosphère extérieure.
- Ce système n’est pas sans inconvénient, surtout quand plusieurs personnes veulent s’engager à la fois dans les compartiments de la porte, et que celle qui se déplace vite oblige les autres à adopter son allure. En outre, l’espace disponible n’est pas très large; il est gênant de s’y engager en portant un paquet, et il est absolument impossible à deux personnes de passer ensemble. Un ingénieur anglais, M. Carey, vient d’imaginer une porte automatique très curieuse, qui nous semble parfaitement pratique, qui a du reste été installée déjà dans bien des maisons ou du moins des magasins, des hôtels, et à laquelle il a donné le nom caractéristique, et justifié, de Sésame. C’est l’application du « Sésame, ouvre-toi » : inutile même de prononcer la formule sacramentelle. Il suffit de s’approcher de la porte; et quand on est exactement à bonne distance, du fait seul que vous vous dirigez vers elle, les deux
- battants de la porte pivotent et s’ouvrent devant vous, pour ne retomber que lorsque vous vous trouverez hors de l’atteinte de ces battants. Si deux personnes, simultanément, se présentent d’un côté et de l’autre de la porte, celle-ci s’ouvrira toujours dans le même sens ; sans que (comme cela se produit quand une des deux personnes pousse une porte à la main) les battants puissent venir frapper l’autre personne, puisqu’ils s’écartent toujours avant que, d’un côté ou de l’autre, personne puisse approcher à une certaine distance du cadre même de la porte.
- Cette particularité si curieuse et pratiquement si précieuse, résulte de ce fait que le poids d’une personne agissant sur une sorte de plaque de bascule, disposée de part et d’autre du cadre de la porte, en dehors du cercle décrit par le battement des' deux vantaux de cette porte, fait instantanément décrire un quart de cercle à ces deux vantaux, et toujours dans le même sens. Nous allons examiner de plus près, à l’aide de figures de détail, le mécanisme et les renvois qui assurent cet effet.
- En se reportant à la figure d’ensemble qui montre la porte en fonctionnement normal, et aussi aux dessins explicatifs, on voit que, de chaque côté du chambranle, on dispose deux tapis-brosses, et que ceux-ci ont uniquement pour objet de masquer les plaques à bascules dont nous avons parlé ; ils viennent se loger du reste dans une dénivellation ménagée autour des plaques. D’autre part, on se rend compte que les deux vantaux ne tournent point sur des gonds ni des charnières : ils sont chacun montés sur une sorte de bras vertical qui sort du plancher,
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- LA PORTE AUTOMATIQUE SESAME
- et qui se déplace dans une rainure formant un arc de 90°. Ce bras se trouve dans la portion de la rainure voisine du milieu du passage quand la porte est close, avec ses deux vantaux se touchant.
- Considérons un des tapis À, avec la plaque à bascule qui est en dessous. L’ensemble est porté sur 4 leviers oscillants B, qui sont fixés sur les arbres. On a pris des précautions pour réduire les frottements au strict minimum, et pour que, notamment, ces arbres tournent aussi aisément que possible : ce qui se traduit par une ouverture sûre de la porte. On a donc prévu en 1) des rouleaux, qui fournissent des roulements presque sans frottement à ces arbres. Au centre de l’arbre C, nous trouvons fixé un levier E (la disposition étant d’ailleurs identique pour les deux plaques de commande de la porte) ; et ce levier porte sur des couteaux le contrepoids F, qui est destiné à équilibrer toutes les parties mobiles du système, et qui peut être réglé et ajusté pour assurer un équilibre parfait. Mais il ne faut pas oublier non plus les leviers H, qui sont reliés à la tige glissante.! : disons tout de suite que cette tige a pour objet d’actionner un piston dans un pot à huile régulateur à double action ; cela retarde légèrement
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- les mouvements d’ouverLure ou de
- fermeture de la porte, et lui épargne les à-coups mauvais à tous égards.
- . En considérant les dessins du mécanisme, on comprend facilement .que le mouvement des deux plates-formes est solidaire et parallèle; il n’y a du reste qu’une seule des plates-formes qui commande directement l’ouverture de la porte. En tout cas, la solidarisation des deux mouvements fait que l’arrivée d’une seconde personne d’un côté de la porte, alors que quelqu’un avait déjà mis le pied sur l’autre paillasson, n’aura pour effet que de confirmer (si l’on nous permet l’expression) l’ordre d’ouverture donné aux vantaux. Quelle que soit la plaque qui supporte le poids d’une personne, aussitôt l’arbre C de la plaque de droite se met en rotation ; le bras L tire sur le levier K, et celui-ci fait tourner sur son axe, en N, le bras métallique supportant l’un des deux vantaux; le mouvement se communique au second axe M, et simultanément, de façon analogue, se déplace dans la rainure circulaire, avec le vantail
- Fig. 2. — Mécanisme de commande : plan et coupe.
- qu’il supporte, l’autre bras R. La porte s’ouvre (lonc, en s’effaçant le long des parois du passage où elle est installée. Nous pourrions ajouter que le haut de chaque vantail est, de plus, relié à une tige formant glissière, que l’on voit nettement dans une de nos gravures, et qui maintient le vantail contre les déformations possibles. A remarquer encore que, pour réduire autant que cela se pouvait les résistances au mouvement, et faire ouvrir par suite la porte même sous le poids d’un enfant, les bras de rotation R reposent sur des billes.
- Tout est ingénieux dans ce mécanisme, où l’on a évité avec soin les organes délicats et fragiles. Nous avons déjà dit comment un pot à huile régulateur empêche les mouvements désordonnés de la porte, au cas où un poids exagéré, représenté par plusieurs
- personnes simultanément, viendrait agir sur les plaques de commande. La tige J comporte un bouton de manivelle qui se trouve pris entre les deux têtes de pistons du pot à huile ; un des pistons régularise l’ouverture, tandis que l’autre est là pour la fermeture. On emploie du reste de l’huile épaisse, qui produit un effet retardateur plus marqué. Les plates-formes s’abaissent seulement de 3 centimètres à peu près, quand on marche sur les tapis, et cette dénivellation est trop faible pour gêner une personne qui arriverait sur le tapis au moment où il est ainsi abaissé. Cet abaissement suffit largement à l’ouverture des battants, parce que les leviers qui interviennent assurent une multiplication considérable de 20/1. A l’aplomb des battants, tout naturellement, le sol se relève, puisque cette portion du parquet est rigide; mais la dénivellation est très faible. Déplus, les distances sont calculées de telle sorte que le poids de la personne maintient les battants pleinement ouverts, jusqu’au moment où elle s’engage dans l’ouverture même ; et la lenteur régularisée de la fermeture empêche qu’elle ne se trouve prise entre les battants, lors même quelle ralentirait considérablement son allure à ce moment. Il est certain que le mouvement de déplacement circulaire des battants fait qu’ils n’agitent pas l’air comme les portes ordinaires, et c’est bien un avantage. Toute l’installation ne réclame pas une profondeur de plus de 20 centimètres pour la loger. Daniel Bellet.
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- LES CARILLONS
- Le carillon est par excellence l’instrument national des Flandres. Si plusieurs pays du centre et du midi de l’Europe, comme la Suisse et l’Espagne, en possèdent d’assez remarquables, il est hors de doute que leur vraie patrie soit au nord, puisque c’est là qu’ils ont atteint une perfection, une étendue et un développement inégalés par ailleurs. Aussi bien, ceux de Mafra, ou de l’Escurial, qui sont justement célèbres, sont-ils dus à des fondeurs Anversois1. 11 n’est pas indifférent de noter tout de suite que cette localisation a ses causes profondes dans le
- se compose d’une série de cloches accordées très exactement par demi-tons. Leur nombre varie, bien entendu, avec les villes ; mais à de rares exceptions près, les plus importants en comportent une cinquantaine. La plupart ont, à volonté, un jeu libre et un jeu automatique. Le jeu automatique, commandé par le mécanisme de l’horloge, se fait entendre avant la sonnerie des heures, des demi-heures, des quarts et quelquefois même des huitièmes. 11 fonctionne dans ce cas par l’intermédiaire d’un vaste cylindre de cuivre, hérissé de pointes placées de fa-
- Clavier du Carillon de Saint-Germain-l’Auxcrrois. (Cliché communiqué par MM. Château frères.)
- caractère même de la race. La nature recueillie et concentrée des Flamands a toujours goûté intensément le charme mélancolique et doux de ces mélodies aériennes. Georges Rodenbach, dans un livre qui n’a lien de scientifique, mais qui constitue un document précieux pour l’étude des mœurs flamandes, définit le carillon par ce mot typique: « C’est un feu d’artifice qu’on écoute ». Rien n’est plus juste. Le carillon, dans les provinces du Nord, est de toutes les fêtes ; c’est lui qui exalte les foules, qui excite les enthousiasmes populaires au même titre, au même degré que les fusées et les soleils, dans les régions plus méridionales.
- Le carillon, placé dans une tour de beffroi ou d’église,
- 1 Voy. n° 1318, du 13 septembre 1898, page 218.
- çôn qu’en tournant elles viennent buter àu moment voulu, et avec les espacements convenables, contre des leviers. Ceux-ci sont reliés par des tringles aux battants des cloches, et leur transmettent l’impulsion qu’ils reçoivent des cames du tambour. Le système est donc absolument analogue à celui des boîtes à musique et des orgues de barbarie. Seules, les dimensions et la sonorité sont différentes.
- Lorsqu’on fait usage du jeu libre, on arrête le fonctionnement du mécanisme, et c’est un carillonneur qui met les cloches en branle.
- L’artiste joue sur un clavier établi théoriquement comme celui des pianos : les touches, beaucoup plus longues, sont disposées sur deux rangs. Le rang inférieur commande les notes naturelles et correspond aux touches blanches ; le rang supérieur, placé en retrait du premier, attaque
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- les notes altérées, comme font les touches noires. Plus bas sont placées des pédales qui actionnent les grosses cloches et le bourdon. L’ensemble est donc tout à fait comparable à un jeu d’orgue, tant par l’arrangement général que par la manière d’en tirer parti. Pourtant l’apparence extérieure, avec le châssis épais et lourd des claviers, avec les tringles verticales qui réunissent les leviers aux cloches, rappelle plutôt celle d’un mélier à tisser.
- On a cherché à améliorer le système primitif, et à obvier, notamment, à l’inconvénient de l’attaque directe des cloches, qui nécessite, de la part du carillonneur, un effort physique considérable. C’est ainsi qu’on a imaginé de faire commander, par la touche, un tiroir absolument semblable à celui des machines à vapeur. De l’air comprimé pénétrant dans un cylindre, ou s’en échappant — suivant qu’on appuie sur la touche ou qu’on la laisse revenir à sa position normale — fait mouvoir un piston dont la tige est reliée au battant d’une cloche. Ailleurs, on se sert de cylindres tournant continuellement et sur lesquels le jeu des touches fait adhérer momentanément une courroie de cuir commandant un marteau. C’est un perfectionnement de ce système qu’on a appliqué au carillon de la maison Dufayel, à Paris. Dans celui de Saint-Germain-l’Auxerrois, que reproduit notre figure (p. 365), on a installé, pour chaque cloche, un tambour actionné par un poids, qu’on déclanche au moyen d’un clavier analogue à celui du piano. Les tambours commandent chacun 4 marteaux, pouvant frapper alternativement sur la même cloche, à un intervalle de 2/5 de seconde. Le rouage, en faisant tomber un marteau, prépare le relèvement des trois autres, qui restent plus ou moins levés, deux d’entre eux étant à bout de course, alors que les deux autres occupent des positions intermédiaires. Un cylindre (qu’on voit, dans la figure, au-dessus du clavier) permet de faire jouer le carillon automatiquement, par un déclanchement de l’horloge de la tour.
- Mécaniquement, ces carillons sont très ingénieusement disposés. Mais, au point de vue musical, il faut reconnaître qu’ils restent inférieurs aux carillons flamands, qui, pour le plus grand nombre, sont de l’ancien système. En Belgique, les plus connus sont ceux de Bruges, Ma-lines, Anvers, Gand, Alost, Tournai, Oudenarde.La Hollande en compte quelques-uns, à Amsterdam, à Delpht, à Harlem. Dans le nord de la France, il faut citer celui de Dunkerque, qui compte quarante-quatre cloches, ceux de Roubaix et de Douai, qui en ont chacun trente-neuf. Quel est entre tous le plus remarquable, il est très difficile de l’établir. La plupart des cités inclinent à penser que c’est précisément le leur; ici, la qualité du son, ailleurs la finesse du mécanisme compensent le nombre de cloches ou l’étendue du jeu. En tout état de cause, celui de Bruges est au moins le plus célèbre. Il est aussi un des plus anciens, puisque ses premières cloches furent fondues en 1299. Il fut du reste refait plusieurs fois, en 1501, par Simon Waghenelis, en 1603, par Marc Leserre, en 1675, par Melchior de Haze, qui dut y travailler cinq années durant, puisque sa signature était gravée sur le bourdon avec la date de 1680. Installé au sommet du beffroi de la Halle, dans plusieurs chambres superposées, il eut maintes fois à souffrir de l’incendie. La grosse cloche fut refondue en 1700 par Nicolas Merman, en 1711, par Ignace de Cock; elle pesait alors 20203 livres. Le carillon actuel est dù à Jacques du Méry (ou Georges Duméry, selon certains auteurs) qui, en 1743, accorda définitivement le formidable inslrument.
- C’est du reste au xvme siècle seulement que remonte
- l’organisation mécanique à deux fins de beaucoup de carillons. Avant cette époque, ils n’étaient actionnés, pour la majorité, que par le système automatique.
- Anvers, à bon droit, s’enorgueillit aussi d’un beau carillon. 11 est vieux de deux siècles et demi (1655) et sonne automatiquement huit fois par heure. Comme celui de Bruges, il joue également par le moyen d’un clavier, et, en 1877, à l’occasion du troisième centenaire de la naissance de Rubens, qui fut célébré avec éclat, le musicien Peter Benoît lui confia une partie importante de la cantate qu’il composa en l’honneur du grand peintre. C’est, croyons-nous, la seule fois qu’un carillon se fit entendre en même temps qu’un orchestre. Le fait méritait d’être signalé, car il prouve la docilité d’un instrument qu’on imagine volontiers peu maniable. L’elïet produit, d’ailleurs, dut être considérable. Mais le seul groupe de cloches qui puisse marcher de pair avec celui de Bruges, éveille les échos de Malines. Car si le carillon de la cité de Memling est plus complet de deux cloches dans les octaves supérieures, celui de Malines l’emporte pour les notes basses. Un archéologue Malinois, M. Van Caster, qui semble très fier de son beffroi (et à juste titre sans doute), nous apprend que le bourdon pèse 3000 kg de plus que celui de Bruges. Le même auteur fait remonter à 1753 le tambour de l’appareil automatique, qui fut coulé en laiton le 9 septembre, dans la cour des Halles, par Alexis Julien, et qui coûta la bagatelle de 3244 florins. Puis il fallut deux années à Jean de llondt pour percer les 16 200 ouvertures carrées dans lesquelles on inséra les dents destinées à mouvoir les marteaux des cloches. Ce travail fut payé, parla ville, 4045 florins. Nous citons à dessein ces chiffres, qui soulignent l’importance qu’on attachait en Flandre aux carillons, et qui donnent une idée du travail et de la patience que leur construction exigeait. Du reste, les dimensions du cylindre de cuivre de Malines justifient la dépense de temps et d’argent, puisque sa circonférence comprend 164 mesures — 108 pour l’air de l’heure, 48 pour l’air de la demie, et 8 pour la ritournelle du quart.
- Nous ne pouvons terminer cet article sans parler des carillonneurs. La fonction de carillonneur est un poste de confiance et d’honneur. On la confie à des hommes expérimentés et, le plus souvent, par voie de concours public : lorsqu’une vacance se produit, la municipalité réunit les concurrents qui exécutent, ou qui improvisent successivement devant le peuple assemblé ; et c’est la foule, par ses acclamations, qui confère l’investiture à celui qu’elle juge le plus digne. En effet, il faut, pour tenir convenablement cette place, un musicien de réel talent doublé d’un Flamand convaincu. Si le carillon peut en principe interpréter tous les airs, quels qu’ils soient, il n’en est pas moins vrai que beaucoup ne conviennent pas au caractère, au tempérament de l’instrument — du moins en ce qu,i concerne le jeu libre. Les morceaux guillerets et vifs qu’égrène dans certains pays le système automatique, paraîtraient tout à fait déplacés sous le maniement d’un carillonneur, qui, lui, se fait généralement entendre dans des circonstances notoires, ou au cours de cérémonies nationales. En Flandre, la joie populaire ne va pas sans une certaine majesté, ni sans un respect des vieilles traditions qui peut surprendre, à notre époque positive, pratique et pressée, mais qui a du moins le mérite d’avoir conservé aux manifestations de sa vie publique — grâce précisément aux carillons — le charme pittoresque et le savoureux archaïsme des kermesses d’autrefois.
- Jacques Larmanjat.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 mai 1908. —
- La télégraphie sans fil et la prévision du temps. — M. Mascart expose que le Meteorological Service reçoit quelques télégrammes émanant de navires qui traversent l’Atlantique. Ces télégrammes fournissent des données précieuses. L’extension des communications par la télégraphie sans fd à la transmission de données météorologiques n’est, en ce qui concerne l’Atlantique, qu’une question budgétaire.
- L’éclipse solaire de 1012. — M. Sawitch adresse une Note relative à une éclipse solaire qui aura lieu le 17 avril 1912. Cette éclipse sera totale pour tous les points situés sur une ligne venant de l’Atlantique et passant près de Paris, au pied de Saint-Germain, puis gagnant la Belgique, l’Allemagne et la Russie. La durée de la totalité ne sera que de 5 à 6 secondes au maximum. M. Sawitch a dressé 0 caries géographiques relatives aux localités dans lesquelles les phases du phénomène seront visibles.
- Travaux de chimie. — M. llaller présente : 1° une Note de M. Pérard sur l’éther méthylique de l’acide paraméthylamido-orthobenzoylbenzoïque; 2° une Note de MM. Darzens et Rost sur une nouvelle méthode de préparation des homologues de la naphtaline ; 5° une Note de M. Bougault sur la fixation de l’acide cyanhydrique sur
- Présidence de M. Becquerel.
- l’acide benzoylacrylique ; 4° une Note de M. Frion sur l’entraînement de corps solubles par cerlains précipités; 5° une Note de M. Urbain sur le spectre de l’étincelle ultra-violet de dysprosium et sur les propriétés magnétiques de cet élément. M. Urbain a, en outre, opéré des mesures des coefficients d’aimantation de l’oxvde de ce métal rare. Ces mesures l’ont conduit à considérer ce corps comme 12 à 13 fois plus magnétique que l’oxyde de fer.
- Expériences de radiographie. — M. Edmond l'errier présente une Note de M. Charles Vaillant relative à des expériences de radiographie faites sur des cadavres d’enfants n’ayant vécu que quelques heures. L’examen de ces photographies montre que le premier organe qui donne une tache sur l’épreuve, si la vie s’est prolongée assez longtemps, est l’estomac ; puis, si la vie a duré un peu plus, l’intestin. Enfin il rectifie l’opinion admise d’après laquelle on pouvait reconnaître si un jeune enfant avait respiré en jetant son poumon dans l’eau et en observant si cet organe surnageait. Cette expérience n’est pas du tout concluante.
- Décès. — L’Académie reçoit la nouvelle de la mort de M. Chamberland qui fut associé aux travaux de Pasteur. Cu. de Villedeuil.
- CHRONIQUE
- Sur les boissons non alcoolisées. — Sous le nom de boissons non alcoolisées, on fabrique actuellement en Allemagne diiïérentes boissons à teneur très faible en alcool; elles ne renferment, en effet, que 0,5 pour 100 d’alcool environ. Elles se préparent de différentes façons. Les unes proviennent des boissons fermentées, vins, bières, privées d’alcool par l’action d’un courant d’air
- dans le vide ; d’autres résultent de la fermentation des jus sucrés par des microorganismes ne développant pas d’alcool; d’autres sont des jus sucrés pasteurisés; mais ces dernières présentent un goût moins agréable. Ces diverses boissons sont ensuite traitées par un courant de gaz carbonique pour les rendre plus digestives et de meilleur goût.
- LES DANGERS DU MISSISSIPI
- En entreprenant dans les États du Sud une vaste tournée, qu’il vient à peine d’achever, le président Roosevelt n’a pas eu pour but exclusif, comme le prétendent ses adversaires politiques, de préparer la campagne électorale de 1908, date du renouvellement de son mandat présidentiel : il a voulu se rendre compte, de ses propres yeux, du déplorable abandon dont le Mississipi est devenu la victime.
- Cependant les Américains ont, dans ce fleuve, une des plus belles voies de communication que l’activité humaine puisse rêver. Il y a un demi-siècle, le « Père des Eaux », alors navigable depuis son embouchure presque jusqu’à sa source, était sillonné par des centaines de bateaux à aubes, par des milliers d’embarcations de tous tonnages. Débouché naturel de cette immense Louisiane que la France vendit pour un morceau de pain aux États-Unis, et qui allait devenir un des greniers du monde, le beau fleuve reliait au golfe du Mexique et à l’Europe tout
- le bassin arrosé par ses eaux et par celles de ses puissants affluents, c’est-à-dire la partie la plus riche et la plus fertile du Nouveau Monde. Mais le rapide développement des réseaux ferrés allait porter un coup fatal aux mariniers du grand fleuve.
- C’est qu’il est peu de cours d’eau qui charrient une aussi grande quantité de sédiment. Bien avant d’atteindre Saint-Paul (Minnesota), ses flots sont imprégnés d’argile. Et l’apport des ondes limpides du Missouri retarde à peine sa transformation en un véritable fleuve de boue.
- Aux époques de grandes crues, c’est par millions de mètres cubes qu’il dépose sur ses rives les matières en suspension. Et, par suite, son lit se modifie fréquemment, en largeur comme en profondeur. Pour lui conserver scs qualités de voie fluviale, il n’eût pas fallu interrompre, même pour une année, les travaux de dragage.
- Mais les États riverains firent preuve de négli-
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- LES DANGERS DU MISSISSIPI
- gence quand les voies ferrées commencèrent à assurer l’écoulement de leurs produits. Les compagnies de navigation périclitèrent, pour disparaître finalement, les unes après les autres. Vous comprendrez leur découragement si jamais vous vous hasardez sur le fleuve, entre Memphis et Saint-Louis, ou meme à quelques lieues en amont de la Nouvelle-Orléans : les steamers
- échoués, a ban- fr •’V 1 -
- donnés, en ruines, groupent sur ses rives de lugubres cimetières.... Gomme le montrent les deux photographies que nous reproduisons ici, la boue sédimen-taire n’est pas le seul ennemi que les mariniers du Mississipi aient à combattre. La partie basse du fleuve fut envahie, voici quelque quinze ou vingt ans, par une jacinthe fluviale (waler-hyacinlh) qui, d’origine exotique, et probablement apportée par les courants, a trouvé dans les bayous un habitat éminemment propice à sa multiplication.
- Quand on jeta un cri d’alarme, il était déjà trop tard. Plusieurs bras, naguère encore très navigables, étaient à ce point envahis par les jacinthes que les vapeurs n’y pouvaient plus pénétrer. Et des capitaines qui s’entêtèrent durent abandonner leurs navires ! Ils ne pouvaient plus ni avancer ni reculer! Les États riverains entreprirent une lutte acharnée contre la plante maudite. Des sommes considérables furent engouffrées dans ces tentatives. Et ce fut à la plante qu’appartint le dernier mot : reprenant en une semaine le terrain conquis en un mois, elle découragea ses destructeurs.
- Le Gouvernement Fédéral s’est enfin décidé à intervenir. Depuis deux mois, le Magnolia, navire du Ministère du Commerce, étudie sur place le moyen d’exterminer les envahissantes jacinthes. Une
- Le Magnolia, vapeur équipé pour détruire les jacinthes du Mississipi.
- Fig. 2. — Aspect actuel du Bayou-Ramos, envahi par une colonie de jacinthes fluviales.
- de nos photographies le montre occupé à « déblayer » le Bayou-des-Allemands (Louisiane) qui, depuis près d’un an, était devenu impassable. Notre second instantané nous fait prévoir la tache qui l’attend quand il portera ses efforts dans le Bayou-Ramos, où les steamers ont renoncé depuis longtemps à pénétrer.
- Nous ne terminerons pas cette intéressante notice
- sans consacrer rWriPtjç. quelques mots à un projet gigantesque élaboré cet automne à Memphis (Tennessee) par le Congrès de la Deep Water-ways Association, et qui semble avoir reçu l’assentiment du Gouvernement Américain.
- Il comporte la construction d’un canal à eau profonde entre Chicago et la Nouvelle-Orléans, avec une dépense prévue d’environ 500000 000 dollars. Ce canal assurerait les communications fluviales d’un bout de l’année à l’autre entre la région des grands lacs et le golfe du Mexique, et serait ? comme une dépendance du Canal de Panama, selon la propre expression d’un de ses plus ardents partisans.
- Il est à peine besoin de dire que le projet ne soulève d’enthousiasme que dans les vallées du Mississipi, du Missouri et de l’Illinois. Ailleurs, notamment à New-York et dans toute la Nouvelle-Angleterre, il provoque dès à présent une formidable opposition. C’est que, du jour où le grain, la viande et les produits minéraux de l’ancienne Louisiane pourraient atteindre les grands marchés du monde sans passer par New-York, la merveilleuse prospérité de la Ville-Empire entrerait de plain-pied dans le domaine du souvenir. G. Durajnd.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. — N° 1825.
- 16 MAI 1908.
- USINE DE BROYAGE ET D’INCINERATION DES ORDURES MÉNAGÈRES
- Dans un récent article de La Nature, M. Weiss constatait que la France était l’un des pays les plus en refard pour les questions d’assainissement et d’hygiène urbaine (voy. n° 1815, du 22 février 1908, p. 180). Une telle assertion deviendra bientôt des plus inexactes. En particulier, le service de la voirie parisienne s’améliore notablement en attendant que Lyon, Le Havre et autres municipalités de notre pays suivent la Capitale dans cette'heureuse voie. Aujourd’hui môme, nous pouvons signaler un imporlant progrès dans cet ordre d’idées : la eon-slruction d’une usine de broyage et d'incinération des ordures ménagères à Issy-les-Moulineaux. Dans le nouvel établissement, qui appartient à la Société anonyme des engrais complets, concessionnaire la Ville de Paris, on applique
- Fig'. 1.— Lu liiage des gadoues.
- immondices la méthode de traitement suivante. On commence par opérer un triage aussi complet que possible des éléments inertes et nuisibles contenus dans la gadoue, tels que débris de verre, de vaisselle, d’objets métalliques, de paillassons, chiffons, vieux tapis et, en général, dé. toutes les matières ne renfermant pas dé principes fertilisants. Puis un broyage transforme une partie de la gadoue.déjà triée en un terreau grossier chargé ensuite. sur les wagons, voitures ou bateaux. Enfin le restant des ordures triées subit une incinération partielle et la vapeur résultante va actionner un turbo-alternateur. Les ordures se trouvent ainsi transformées en électricité !
- L’usine d’Issy, qui occupe une superficie totale de 12000 mètres carrés environ, est reliée d’une part 36e année. — •1er semestre.
- Fig. 2. — Distribution des gadoues clans les tours d incinération.
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- à la Seine par un transporteur et de l’autre au chemin de fer de l’Ouest. Ce dernier raccordement se compose d’une voie destinée à la manœuvre des wagons et passant sous le hall de chargement et d’une seconde voie pour les rames de véhicules vides. Deux aiguilles sont placées à chaque extrémité de ces tronçons de ligne. D’autre part, des chemins permettent l’accès des tombereaux dans la cour principale, en bordure de laquelle se trouvent les deux fosses de réception des gadoues, disposées en prolongement l’une de l’autre. Les voitures s’en vont par un chemin parallèle au premier, après leur déchargement.
- Séparées par l’atelier de triage et la cage de l’élé-
- l’arête et qui, recouverte par un fer en U, s’accroche à la maçonnerie au moyen de boulons scellés dans le mur, tous les mètres environ. Une autre pièce en bois, placée à l’extrémité inférieure du glacis terminant le haut du mur, est recouverte également d’un fer se fixant au mur, de façon identique. Un appentis d’une longueur de 105 m. abrite les fosses; sa charpente métallique se compose de 12 fermes de 7,50 m. de portée reliées entre elles, du côté de la cour de réception des tombereaux, par une panne à treillis. Les onzes travées s’agrafent partie sur l’ossature du bâtiment principal de l’usine et partie sur des poteaux séparés.
- Le corps du bâtiment principal de l’usine d’Issy,
- valeur alimentant les broyeurs, ces fosses où se trouve une courroie transporteuse, ont 48 m. de longueur utile et une section quadrangulaire d’une largeur et d’une profondeur moyenne de 5,70 m. et de 2,15 m.
- Aux extrémités des fosses, du côté des tambours de queue et vers le centre de chacune d’elles, sont établies des cloisons construites en fer et en tôle, laissant entre elles les emplacements réservés au triage des ordures ainsi qu’aux élévateurs alimentant les broyeurs et les fours d’incinération. Des équipes d’ouvriers, placés le long du chemin roulant, débarrassent la gadoue des éléments inutiles pour la culture. La partie supérieure du mur des fosses, du côté de l’arrivée des voitures, se termine par une pièce de chêne goudronnée courant tout le long de
- renfermant la salle des moteurs, la salle des broyeurs et le hall de chargement des débris, comprend une charpente métallique composée de fermes américaines d’une portée de 9,65 m. En fondations, toutes les maçonneries en contre-bas du sol sont faites en meulières et mortier de chaux hydraulique à l'exclu-* sion des massifs proprement dits, des broyeurs et des machines qui reposent sur des puits. Un enduit de ciment de Portland recouvre toutes les surfaces apparentes de ces maçonneries.
- Dans le hall de chargement long de 27 m. et large de 9,50 m., se trouve un pont à bascule de 50 tonnes permettant de peser les .wagons en chargement. On a placé la romaine du pont à l’en--trée de la salle des broyeurs, pour que l’homme
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- BROYAGE ET INCINÉRATION DES ORDURES MÉNAGÈRES = 37t.
- préposé à la surveillance de ces machines puisse la manœuvrer.
- Les élévateurs sont disposés dans l’axe de l’usine et pénètrent dans la salle des broyeurs jusqu’aux-quels ils remontent la gadoue triée. À leur sortie de l’appareil, les ordures broyées sont reprises par un second élévateur qui les charge automatiquement sur les wagons. La partie reliant l’élévateur de gadoue brute à celui de gadoue broyée comprend 4 montants métalliques principaux, 4 contre-fiches et 4 traverses rattachées par une âme formant plancher sur laquelle repose la transmission intermédiaire qui commande l’élévateur à gadoue broyée. Un plancher en tôle striée d’une surface de 6 mètres
- moteur électrique de même puissance fonctionnent en relais : les machines sont horizontales du système Corliss à un seul cylindre. D’autre part, la dynamo génératrice a une puissance de 78 kilowatts; elle fournit le courant nécessaire à l’éclairage, au transporteur à la Seine et aux appareils de manutention de l’usine d’incinération.
- Les transmissions comprennent d’abord un arbre principal d’une longueur de 20 m. et d’un diamètre de 150 mm, que l’un ou l’autre des moteurs actionne à volonté. Cet arbre, qui peut transmettre une puis-i sance de 250 chevaux à la vitesse de 102 tours,-donne le mouvement par l’intermédiaire de poulies et de courroies aux transmissions intermédiaires
- Fig. 4. — Bateau chargé du terreau résultant du broyage des gadoues.
- carrés permet l’accès de ces organes annexes.
- Les courroies des élévateurs sont en coton 8 plis, bordées sur les côtés par des talons en balata 5 plis et des rouleaux en fer et fonte les supportent tous les mètres,. Ces rouleaux tournent dans des paliers à bagues soutenus par des cornières fixées au moyen de boulons sur des plaques en tôle.
- Deux broyeurs, dont un seul marche à la fois, assurent la trituration des immondices. Chacun d’eux se compose essentiellement de deux plateaux d’un diamètre de 1,20 m. munis respectivement de 5 et 4 rangées de dents en acier forgé mobiles. Le plateau inférieur,, mû d’un mouvement de rotation, est calé sur un arbre vertical de 200 mm de diamètre.
- Un moteur à condensation de 250 chevaux et un
- des broyeurs calculés pour une puissance de 150 chevaux; il commande, en outre, la transmission longue de 15 m. placée longitudinalement au-dessus des fo&-ses et qui actionne, d’une part, les élévateurs à gadoue, et, d’autre part, les transporteurs pour le broyage.
- Les fours d’incinération: système Meldrum ont été habilement combinés et montés sous la direction de M. l’ingénieur Hachette, dans une salle mesurant 47,60 m. de longueur sur 16,80 m. de largeur. Une passerelle règne, à 5 m. environ de hauteur, sur toute la longueur du bâtiment et soutient un transporteur automatique à courroies établi au niveau supérieur des goulottes. Comme la phptographie ci-jointe permet de s’en rendre compte, ce chemin roulant distribue la gadoue au moyen de portes qu’on
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- 372 : - LA CATASTROPHE DU « GLAD1ATOR »
- peut rabattre à volonté devant chaque goulotte;
- Le groupe de fours comprend trois unités. A son tour, chacune des unités se décompose ainsi : le four proprement dit de 4 grilles, la chambre de combustion, la chaudière multitubulaire et le « bye-pass » ou conduit de dérivation qui sert à évacuer les gaz dans la cheminée sans passer par la chaudière. Un dispositif permet, dans ce cas, d’envoyer les gaz au régénérateur pour réchauffer l’air de la soufflerie. Enfin des registres isolent les différents organes des appareils qui comportent, en outre, des passerelles et des escaliers métalliques.
- Sur les 3 groupes de fours, on a installé des
- chaudières mullitubulaires Babcok et Wilcox de 210 mètres carrés de surface de chaulïe et qui sont munies de surchaulfeurs. La vapeur des trois chaudières est recueillie par le collecteur général et envoyé par une conduite de 175 mm de diamètre intérieur, dans un bâtiment voisin où elle actionne un turbo-alternateur de 1000 kilowatts.
- Lorsque l’usine d'Issy sera en plein fonctionnement, la force nécessaire à la marche des broyeurs eux-mêmes sera prélévée sur l’énergie disponible au moyen d’un alternateur triphasé de 250 kilowatts. L’électricité jaillissant des ordures, voilà certes un résultat peu banal ! Jacques Boyek.
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- LA CATASTROPHE DU « GLADIATOR »
- Comment s’étonner que les gens de mer soient superstitieux? Quand un désastre afflige une marine de guerre, les matelots y voient toujours le début
- i Fig. 1.— Le «Gladiator» échoué. ,
- d’une série noire. Nous avons vu ces dernières années une de ces lugubres séries s’abattre sur notre marine française. Et c’est maintenant le tour de la marine anglaise, qui, en trois jours de temps, a eu à déplorer la perte totale d’un croiseur et d’un destroyer, plus une explosion de chaudière à bord du cuirassé « Britannia »1.
- L’affaire du « Gladiator » est de beaucoup la plus importante, surtout si l’on considère le nombre des victimes 27 morts. Si la collision entre le croiseur et le paquebot s’était produite au large, et non à quelques centaines de brasses de Yarmouth (île de Wight), les victimes se fussent comptées par centaines, car l’équipage du « Gladiator » comptait 262 hommes, et le « Saint-Paul », un des rares transatlantiques battant pavillon américain, transportait 900 passagers.
- 1 On sait quel désastre encore plus grave vient également de frapper la marine japonaise.
- Par un heureux concours de circonstances, aucun de ces derniers ne fut blessé, même légèrement.
- Samedi 25 avril, le « Gladiator » partait à 10 h. du matin de Portland pour gagner Ports-mouth, qu’il devait atteindre à 4 h. de l’après-midi. Les Parisiens se souviendront que cette journée fut marquée par de violentes bourrasques de neige. À partir de 2 h., la neige tomba avec une telle abondance que le commandant du croiseur donna ordre de sonner la sirène sans interruption. Une demi-heure plus tard, les
- Fig. 2. — Vue arrière du croiseur.
- sons d’une sirène annoncèrent l’approche d’un navire, et les deux capitaines convinrent par signaux de mettre la barre à bâbord de façon à passer tribord par tribord. L’ordre fut-il mal compris par le timonier du « Gladiator », comme le prétend le capitaine du « Saint-Paul »? L’enquête que poursuit l’Amirauté établira les responsabilités.
- Soudain, la silhouette du paquebot émergea du mur de neige qui le cachait jusqu’alors. Des deux côtés, ôn stoppa les machines. Mais il n’était déjà plus temps. Lancé à la vitesse de dix nœuds, tandis
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- T-..... LA CATASTROPHE
- que le « Gladiator » n’en filait plus que trois, le « Sainl-Paul » l’abordait par le travers, en décrivant exactement avec lui la forme d’un T.
- Le choc fut terrible : le fracas s’entendit à cinq kilomètres à la ronde. Pendant plusieurs minutes, les deux navires furent enveloppés dans un nuage de fumée et de poussière de charbon. Les quelques passagers qui se trouvaient alors sur le pont du paquebot furent témoins de scènes dramatiques : la xiolence du choc projetait en l’air de nombreux matelots du croiseur et les précipitait dans les flots; deux marins, agiles comme des chats, bondissaient
- DU « GLADIATOR » ...........-.. 373
- pitaine Lumsden était le dernier à ejuitter son bord.
- Mis en service en 1900, le « Gladiator », croiseur-protégé de 2e classe à deux hélices, déplaçait 5750 tonnes; sa cuirasse était épaisse de 5 pouces. Ses machines développaient 10000 chevaux, et sa vitesse maxima était de 19,5 nœuds. Son armement comprenait 16 canons de 6 pouces et 2 lance-torpilles. Sa construction avait coûté sept millions et demi. Les experts de l’Amirauté croient pouvoir affirmer que l’épave sera remise à flot, et les travaux de renflouement, confiés à une compagnie de Liverpool, sont déjà commencés.
- Fig. 5. — Le « Gladiator » après la catastrophe.
- sur le pont du « Saint-Paul » ; d’autres, entonnant en chœur un chant patriotique, se rangeaient autour de leurs officiers et attendaient leurs ordres.
- Tandis que le paquebot s’efforçait de se dégager en faisant machine en arrière, les marins du « Gladiator » cherchaient vainement à mettre les baleinières à flot. Dégagé, le croiseur donnait aussitôt de la bande : un trou béant, large de 15 mètres, mettait à nu sa machinerie. Le seul moyen de sauver l’équipage était, d’échouer le navire, et c’est ce que le commandant ordonna aussitôt. Huit minutes après la collision, le navire louchait, à moins de 500 mètres du rivage. Sous la tempête de neige, les sauveteurs accouraient, recueillant dans leurs barques de nombreux naufragés qui cherchaient à gagner la rive à la nage. Selon la tradition chère aux marins, le Ca-
- De son côté, le « Saint-Paul » avait été fortement éprouvé. A bâbord-avant, il présentait un trou de cinq pieds carrés, tandis que, du côté opposé, les tôles s’étaient disjointes sur une longueur de 14 mètres. Cependant, il resta sur place pendant une demi-heure, recueillant les naufragés. Cinq de ses canots de sauvetage firent deux fois le trajet entre l’épave et le rivage; l’un deux ne sauva pas moins de cinquante marins anglais.
- Puis, il gagnait Southampton pour entrer en dock, non sans avoir débarqué ses 248 sacs de lettres à destination des États-Unis. Le dernier désastre subi par la marine anglaise avait eu lieu le 2 avril dernier, quand le destroyer « Tiger » fut coulé par le croiseur « Berwick », également au large de l’île de Wight. 55 marins périrent. Y. Forbin.
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- LE DYNAMOMETRE CHARLES HENRY
- Le nouvel appareil dynamométrique imaginé par M. Ch. Henry constitue un progrès sur les anciens
- due, soulève une masse de fer. Celle-ci, par l’intermédiaire d’un fil enroulé autour d’une poulie de réduction convenable (1/6), actionne une " plume qui trace les pressions sur un cylindre recouvert de papier quadrillé millimétrique et auquel un mouvement d’horlogerie imprime une vitesse uniforme de rotation (1 mm. par seconde).
- L’expérimentateur, en pressant la
- dynamographes àressort, car, ces derniers, sans compter les défauts d’ordre mécanique, enregistraient à chaque instant des efforts trop petits, par suite de la douleur que causait au sujet la rigidité du métal. Ces indications variaient d’ailleurs, dans une proportion inconnue, selon la sensibilité de la personne soumise à l’expérience.
- Pour remédier à ces inconvénients, M. Henry a réalisé un dynamomètre totaliseur-enregistreur(fig. 1 et 2) qui élimine l’élément « douleur » ; son organe essentiel consiste en une poire en caoutchouc, remplie d’environ 1 kg de mercure et terminée par un collet permettant de la
- raccorder à un tube de métal, de manière à laisser seulement déformable la partie sphérique de l’enveloppe. Sous la pression de la main ou des doigts, le mercure, èn montant plus ou moins dans le tube gra-
- Fig. 1. — Le Dynamomètre enregistreur de M. Henry en expérience. Fig. 2. — Appareil démonté, vue arrière.
- poire, s’attache à obtenir et à conserver la pression maxima jusqu’à épuisement. Avec ce dispositif, il n’y a plus de déformation des tracés, et les organes de transmission, étant inaltérables, restent toujours
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- LES RUINES D’ANGKOR
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- comparables à eux-mêmes. En outre, une double graduation fixée sur la planchette indique la pression totale et le travail. On a effectué le calcul de la pression à la température de 20°, en tenant compte de la réaction élastique de la poire, qui s’ajoute aux pressions exercées par le mercure. L’aire de chacune des courbes enregistrées par le cylindre tournant, mesure ce qu’on nomme, assez improprement du reste, le travail statique, autrement dit le produit de la pression moyenne par la durée de l’effort des fléchisseurs des doigts. Or, M. Henry et MUe Joteyko ont démontré expérimentalement que, pour connaître en kilogrammètres le travail de même dépense, c’est-à-dire l’énergie disponible de ces muscles, il suffit de diviser par 120 le nombre de kilogrammes-seconde représentés par l’aire statique.
- Grâce à son dynamomètre, M. Charles Henry a obtenu, au cours de plusieurs expériences sur des sujets différents, des travaux statiques variant entre 99 et 490, des énergies disponibles correspondantes allant de 0,8 à 4. Le rapport moyen du travail statique à la pression maxima égalait 3,3, tandis que, d’après le dynamographe à ressort de Ch. Yerdin, le même rapport était 66,5 ou 20 fois plus grand. D’autre part, les courbes de fatigue enregistrées avec le nouvel appareil présentent
- des différences notables avec celles que fournissent le précédent : d’abord décroissance beaucoup plus lente; puis, à la fin, décroissance plus rapide de l’effort avec le temps.
- Ceci prouve nettement que l’abandon des dynamographes à ressort s’impose, le facteur « douleur » empêchant le sujet de donner, à chaque instant, sa pression maxima. Le muscle se repose dans une mesure inconnue et, en ce cas, Faire statique cal* culée manque de signification précise.
- Il sera donc intéressant d’étudier, au moyen du dynamomètre Henry, l’influence des régimes sur le système musculaire de l’homme. Les physiologistes tireront, sans doute, d’utiles indications des mesures énergétiques ainsi obtenues. Le rôle des aliments est double, en effet. Ils doivent fournir des matériaux de croissance ou de réparation des tissus et subvenir, en outre, aux dépenses d’énergie de l’organisme, soit sous forme de chaleur, soit sous forme de travail mécanique. Certains aliments, comme les albumines et les graisses, contribuent à la fois à la réparation et à la production de l’énergie; d’autres, tels les hydrocarbures, paraissent servir presque uniquement de matériaux énergétiques. L’emploi du dynamomètre permettra de reconnaître dans quelles limites. J. Legrand.
- LES RUINES D’ANGKOR
- Il y a près d’un an, dans cette même revue, (n° 1771, du 8 juin 1907, page 24), M. Cabaton exposait la nouvelle situation de la France au Cambodge, telle qu’elle résulte du traité signé à Bangkok le 23 mars 1907.
- Lorsqu’un peuple plus civilisé prend à sa charge un autre qui l’est moins, à côté des droits divers que se reconnaissent toujours des contractants, de ce contrat de majeur à mineur il se dégage aussi des devoirs. L’un des plus stricts a été fort bien indiqué par M. Cabaton aux dernières lignes de son article. Comme on ne saurait penser à la Grèce sans penser à Athènes, on ne peut parler
- du Cambodge sans parler des architectures d’Ang-kor. Pour ce pays, qui est aujourd’hui comme
- tombé en enfance et dont nous voici devenus les tuteurs, elles sont le joyau héréditaire d’un grand passé, et ce respect qu’on doit aux personnes qu’on protège exige que nous lui conservions ces monuments, pour qu’au jour de sa renaissance il les voie avec gratitude et intelligence. Lui-même étant incapable de ménager ses vieilles parures, ne pas les arracher à son imbécillité qui les gaspille, serait pour nous une mollesse presque égale à l’infamie de les détruire exprès ; nous serions comme les Turcs de l’Extrême-Orient.
- Fig. 1.— Angkor. Bas-relief (lu Couloir des Batailles. Sujet de la sccuè : ? (Pliol. Carpeaux).
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- Fig. 2 cl 3.— Les monuments d’Angkor: l'envahissement de la végétation. (l’Iiot. Ch. Carpeaux.)
- Devant une telle alternative, on sait combien il est rare qu’en France lé bon chemin ne soit pas finalement suivi, au moins par cette minorité qui est la conscience des hommes. Cettèfois encore, sans attendre l’intervention officielle, qui sanctionne les œuvres méritoires mais qui tarde à les. créer, quelques personnes ont assumé la tache pieuse du devoir à accomplir. Elles ont fondé une société, qui est jeune et pauvre, mais qui aussi, active et volontaire, veut « contribuer par tous les moyens en son pouvoir à la conservation et à l’étude des monuments anciens d’Indo-Ctiine » au milieu desquels ceux d’Angkor sontla merveille1.
- Un appel si généreux, si courageux, un si beau cas d’« initiative privée » doivent être signalés, et, pour qu’on puisse mesurer la vertu de cette tentative, nous indiquerons en quelques mots Ce qu’est cette archéologie indochinoise qu’il s’agit de sauver : attaquée par le temps,1 par les plantes, par les
- 1 Voir aux Informations, de ce même numéro.
- * 11 ne s’agit pas d’un tableau d'ensemble, la science est trop peu avancée pour cela.— Les faits que nous citons sont empruntés d’une parta l’excellent petit mémoire de M. Finot, sur l'Archéologie en Indo-Chine (9 p. in-8° s. l.n.d.), et à
- Fig. 4. — Bas-relief d’Angkor : Le marché aux poissons. (Phot. Ch. Carpeaux.)
- hommes, elle, mérite le sacrifice et l’hommage 2.
- Depuis Garnier et Doudart de Lagrée qui ont amorcé, en 1866, l’étude scientifique de F Indo-Chine, la connaissance de son archéologie s’est lentement accrue : si quelques. travailleurs de grand mérite, Delaporte, Aymonier, Fournereau, ont apporté des quantités d’ohservations, ils ont plus préparé la science qu’ils ne l’ont faite, et c’est seulement après la création de l’Ecole française d’Extrême-Orient (1898) que l’exploration systématique a débuté, confiée aux Lunet de Lajonquière, aux Dufour, aux Carpeaux, etc., leur lâche étant ainsi
- d’inventorier, d’étudier en détail, et de défendre tous ces monuments dont leurs devanciers avaient établi l’intérêt. En effet, à côté des témoignages archéologiques, de nombreuses inscriptions relevées par eux ont attesté une empreinte de la civilisation hindoue sur la civilisation ancienne du Cambodge : écrites dans cette
- une conférence de M. Foucher, faite le 22 janvier au Comité de l’Asie française, et dont l’auteur a bien voulu.nous communiquer le manuscrit. C’est aussi à M. Finot que nous devons les photographies qui accompagnent notre texte et qui appartenaient à la collection de l’infortuné Ch. Carpeaux.
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- langue propre à l’Inde qu’on appelle le sanskrit, elles montraient d’une façon irréfutable, comme le disait dernièrement M. Foucher, l’existence, à partir du ve siècle de notre ère, d’un royaume Kambudja, ayant eu Angkor pour capitale jusqu’au xive siècle, et que le nom de ses rois révèle comme fort india-nisé, sinon dans toutes les classes de la société, du moins dans les plus élevées. Et ce royaume d’ailleurs, paré d’une culture étrangère, qui apparaissait alors pour quelques siècles, ne faisait que se différencier au cœur d’un plus vaste domaine déjà soumis à la même culture, tandis que ce vaste domaine que nous font connaître les historiens chinois comme un royaume de Fou-nan, correspondant à toutel’étenduede l’Indo-Chine, n’était, lui aussi, qu’un petit territoire parmi le monde étendu où régnait alors la suprématie de l’esprit hindou, et qui correspondait à ce que l’on a jadis appelé les Indes Orientales.
- Ainsi, en toutes ces pierres, naguère vouées à la ruine, s’est conservé le souvenir d’une des plus admirables histoires. Dans cet ensemble, l’An-nam formait aussi un royaume, comparable à celui du Cambodge, le Champa, dont la culture était également hindoue, et dont les monuments doivent être également étudiés. Nous signalerons seulement, d’après M. Finot et d’une façon rapide, les résultats qu’ont déjà donnés les fouilles faites sur le site de l’ancienne capitale Indrapura, aujourd’hui Dong-duong, et parmi les ruines de Mison, dans la même province. Indrapura a livré les vestiges d’un monastère bouddhique du ixe siècle, « unique spécimen attesté de ce genre de construction » ; Mison toute une corbeille de temples et de statues dans un cirque solitaire. Dans ces deux villes, pendant huit siècles, du ve au xne,
- se concentrait sans doute la vie religieuse du Champa comme celle du Kambudja vibrait dans Angkor. Puis l’invasion annamite et siamoise descendit vers chacun des royaumes, ruinant à la fois les cultes et les sanctuaires. A Mison notamment, écrit M. Finot,-« les sanctuaires furent pillés, les statues renversées, les inscriptions soigneusement martelées ou brisées en menus fragments, qu’on enterra ensuite dans des endroits distants, afin que les documents ne pussent être reconstitués. La cité des dieux retomba
- à la solitude ; la jungle enveloppa lesvieuxtemples, et les fauves furent désormais les sculshabitantsde ces lieux historiques ». Mais aujourd’hui « les fouilles de l’École française ont rendu cette merveille à la lumière : le cirque a été débroussaillé, les monticules de terre ont livré à la curiosité des chercheurs les ruines qu’ils recélaient ; de belles statues sont sorties de terre; environ vingt inscriptions nouvelles ont surgi, éclairant des siècles d’histoire jusque-là encore obscurs ».
- Ainsi les premiers résultat s de l’étude promet-tentlesplusbeaux succès, et affirment la valeur documentaire de ces monuments dont la valeur d’art est si grande. Tous ces bas-reliefs mouvementés, aux scènes pour la plupart inexpliquées, dont nos photographies donnent seulement une faible idée, sont autant de décors plastiques et de pages d’histoire, que la Société d’Angkor veut avec raison nettoyer et rendre lisibles. Ils y perdront sans doute ce charme des pierres âgées, envahies par les parasites, écartelées par les arbres, celui aussi des écritures effacées, cet aspect ruiné, en un mot, qu’aime le romantisme. Mais restituer à une œuvre d’hommes sa forme première, la purifier de l’impiété des années, n’est pas moins respecter la beauté.
- Fig. 5. — Bas-rcliof du Couloir des batailles. Défilé d’une armée en marche. (Phol. Ch.’ Carpeaux.)
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- 378 . L’ARMÉE BRITANNIQUE ÈT LE SOLDAT ANGLAIS
- Faut-il ajouter que le passé de l’archéologie indo-ehinoise donne en quelque sorte à la Société d’Angkor le droit au succès, un droit assez chèrement payé pour en posséder la triste certitude et pour devoir y compter? Autrefois, quand on construisait un édifice, c’est du moins une croyance qui existe dans
- tous les folklores, on immolait, d’abord un animal, ou quelquefois un homme, et l’on répandait leur sang sur la première pierre. Ce baptême, l’archéologie indo-chinoise l’a deux fois reçu : Odend’hal et Charles Carpeaux sont morts tous deux, en travaillant à la fonder. Jean-Paul Lafitte.
- L’ARMÉE BRITANNIQUE ET LE SOLDAT ANGLAIS
- Le budget de la guerre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande n’a fait qu’accroître, depuis quelques années. Le peuple, anglais a subi en cela le sort commun aux autres nations ; la nécessité d’augmenter ses dépenses militaires lui a été dictée, en outre, par diverses raisons particulières, notamment par la guerre du Transvaal.
- Le budget de la guerre, qui, en 1870, s’élevait à 12 300 000- livres sterling, soit après de 310 millions de francs, fut porté, en 1895, un quart de siècle plus tard, à 471 millions de francs, L’augmentation était notable ; c’était le commencement d’une progression constante qui, en 1907, douze années après, mettait entre les mains du « War Office » 794 millions de francs, somme strictement nécessaire aux besoins de l’armée britannique actuelle. Depuis 1870, les dépenses de la guerre, ou plutôt de la paix armée, ont plus que doublé dans le Royaume-Uni. La progression semble ne pas devoir s’arrêter ; les augmentations se feront, en effet, de plus en plus sensibles, à partir du jour, peut-être peu éloigné, où l’Angleterre, quoique rebelle au service obligatoire, abandonnera le recrutement actuel pour établir une organisation militaire toute différente, qui, d’année en année, développera progressivement la puissance militaire de ce pays jusqu’à ce qu’il ait une importante armée nationale.
- Le budget militaire de l’Angleterre, si cette transformation se réalise, est appelé à devenir le plus important de tous les budgets mondiaux de la guerre. Un a calculé, en effet, que la proportion des dépenses militaires est actuellement plus grande en Angleterre que partout ailleurs. Le soldat anglais, qui protège 1G6 de ses concitoyens, coûte annuellement 37 francs par tète d’habitant. Le militaire français, qui défend C6 personnes, coûterait 30 francs à chacun de nous, si la dépense devait être répartie par parts égales entre tous les citoyens. Le soldat allemand, appelé à protéger 100 de ses compatriotes, ne réclamerait à chacun d’eux que 21 francs par an.
- L’Angleterre, dans les tableaux comparatifs des budgets de la guerre, vient par l’importance de ses dépenses en troisième ligne, immédiatement après l’Allemagne, la Russie étant en tête et battant largement tous les records. Quant à la France, elle se place en quatrième. Mais, si aux dépenses du Royaume-Uni proprement dit l’on ajoutait les 500 millions de francs que coûtent les armées des Indes Anglaises, le budget militaire de l’Empire Britannique, avec en chiffres ronds 1 milliard 300 millions, serait de beaucoup supérieur à tous les autres.
- L’armée anglaise, telle qu’elle est actuellement organisée l, comprend quatre catégories de troupes : l’armée régulière, qui compte 286 000 soldats; la milice, avec 109 000 hommes; la yeomanry, corps spécial de garde nationale à pied et à cheval, qui comprend environ 9000 personnes; enfin, le corps des volontaires, sorte de
- 1 Le Ministère de Mr Haldane a soumis au Parlement une réforme, qui ne deviendra définitive en 1908, qu’après consentement des corps électoraux.
- garde civique, dans laquelle se trouvent 232 000 hommes, bien exercés au tir et à la manœuvre.
- Ces diveises catégories représentent un effectif total de 635 000 hommes, sans compter les troupes de l’Inde et de l’armée coloniale, qui, ajoutées à l’effectif de la Grande-Bretagne et de l’Irlande, portent la totalité de l’armée britannique à environ 1 200 000 soldats, force tout à fait hétérogène, faite d’éléments absolument différents.
- La Grande-Bretagne, pour la défense de son territoire européen, a été divisée en sept grands commandements militaires régionaux, assez semblables comme organisation à nos corps d’armée français : 1° Aldershot, où se trouve un camp remarquable; 2° la région du sud, avec quartier général à Tidvvorth ; 5° la région de l’est, dont le commandement est à Londres ; 4°' l’Irlande, avec son gouvernement militaire à Dublin ; 5° l’Ecosse, dont la direction est à Edimbourg; 6° la région du nord, quartier général à York; 7° la région de l’ouest et du centre, dont le commandement se trouve à Chester.
- La ville de Londres, où la région de l’est a son quartier général, est laissée en dehors de cette division; elle forme un gouvernement militaire à part sous les ordres d’un général, commandant les régiments de la garde en garnison dans la capitale et au château de Windsor.
- Les officiers français qui ont visité le camp d’Aldershot, dans le Hampshire, ont gardé un excellent souvenir de cette installation militaire, très remarquable et curieuse; ils ont été particulièrement impressionnés par l’aspect superbe des revues qui y sont passées, véritables féeries militaires, parades donnant une impression inouïe deluxe.
- Les régiments sont désignés par des noms de contrées, de batailles ou de gentilshommes. Yoici les Northumber-land fusileers, les Coldstream guards, les Scotsgreys, les Royal-Bershire, les llighlanders d’Argyl, l’infanterie du duc de Cornwall, etc. 11 y a, dans cette armée, des carabiniers, des fusiliers et des grenadiers, et, comme dans la France de jadis, chaque régiment a ses couleurs avec sa devise, son chiffre et ses armoiries spéciales.
- La cavalerie est encore plus somptueuse que l’infanterie. Les Life-guards, les dragons et les hussards sont superbes et leurs chevaux sont de magnifiques bêtes. Les artilleurs, dont la tenue est aussi théâtrale que celle des autres corps, rappellent à la réalité guerrière, par la présence de leurs canons. Disons que le canon anglais à tir rapide et à recul sur l’affût, est une pièce très appréciable, puisque cet engin peut lancer, avec une vitesse initiale de 500 mètres, des projectiles de 8 kilogrammes à raison de 25 coups à la minute.
- L’armée anglaise est pittoresque à bien des points de vue. Nous ne pouvons ici rentrer dans une description détaillée des costumes; ils sont tous plus ou moins singuliers. Les musiques régimentaires composées d’instruments très divers, dont plusieurs particulièrement bizarres, sont précédées de fifres, clairons, bugles et tambours. Les tambours sont ornés de décorations polychromes ; ils
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- L’ARMEE BRITANNIQUE ET LE SOLDAT ANGLAIS ... 379
- portent les mômes devises que les drapeaux ou étendards du régiment.
- Les drapeaux sont des chefs-d’œuvre de broderie héraldique. Les étendards de 1 x cavalerie surtout réclament une mention spéciale. On cite, parmi les plus remarquables : celui des Horse-guards, qui porte les armes royales; l’étendard des dragons de la garde, avec la harpe, la couronne et l’étoile de saint Patrick; et celui des hussards du Devonshire qui, avec la devise Semper fulelis porte en broderies d’or éclatantes le château d’Exeter.
- Le militaire anglais ne ressemble en rien au soldat français. Tommy Atkins, popularisé par les ouvrages de Rudyard Kipling, n’a aucun point de ressemblance avec Dumanét et Pitou célébrés par la chanson française. En France, nous sommes tous soldats ; nous le sommes avec abnégation, pour accomplir un devoir civique. Le soldat anglais, au contraire, en s’enrôlant fait une affaire ; il signe un contrat, ce mercenaire, sur l’exécution duquel il ne passera rien à l’État et il ne permettra pas que tout le bien-être et le confort, qui lui sont dus, lui échappent.
- Le mode de recrutement, d’abord, cette préface de la vie militaire, est fort curieux en Angleterre. Les enrôlements se font par l’intermédiaire des sergents-recruteurs, qui se tiennent sur les principales places des villes ou parcourent les campagnes. Ces racoleurs ont à leur disposition des tableaux1 * * * 5 sur lesquels, grâce à la chromolithographie en couleurs, la beauté des uniformes de l’armée est mise
- 1 Noire gravure est la reproduction d’une de ces affiches.
- — Traduction de l’affiche : On demande des recrues pour
- l’infanterie de la garde de Sa Majesté. Texte au bas de
- l’affiche : âge de 18 à 25 ans ; taille : au-dessous de 20 ans,
- 5 pieds 7 pouces et au-dessus; 20 ans et au-dessus, 5 pieds 8 pouces et au-dessus. Avantages généraux de l’armée : une brochure parle de la situation du soldat dans l’armée et la milice ; elle contient tous renseignements relatifs à la nourriture, l'habillement, les casernes, l’éclairage et le chauffage, les soins médicaux, les prix donnés pour le tir, les bibliothèques, les cercles, les écoles militaires, etc., etc. Cette brochure sera adressée gratuitement sur demande faite dans les bureaux de poste du royaume, aux sergents inspecteurs des volontaires ou autres agents recruteurs.
- en relief. Souvent dans les villages industriels ou dans les quartiers populeux des villes, ils donnent des séances de lanterne magique. Les ouvriers sans travail, les employés sans emploi, les jeunes hommes à la recherche d’une situation sociale se laissent facilement prendre aux beaux discours du sergent-recruteur. Séduits par les avantages de la vie militaire, ils signent leur engagement, reçoivent le shelling du roi, à titre de premier versement sur la prime, et le marché est conclu.
- Le soldat anglais est bien habillé et bien nourri. Il est bien payé, puisque sa solde est de 1 fr. 25 par jour. Le luxe et le bien-être, dont on entoure'son existence, nous
- tiennent loin des mœurs modestes de la caserne française. Dans les divers quartiers de l’armée anglaise, les « barracks » de Saint-Georges, à Londres, ou les bâtiments d’Alders-hot, tous les locaux sont vastes, hauts et larges. Les dortoirs n’ont rien de commun avec nos chambrées. On y remarque de hautes glaces au-dessus des cheminées. Leslits, pendant le jour, forment de véritables canapés; chaque soldat a sa malle, et peut décorer suivant son goût l’emplacement qui lui est dévolu. Les menus objets les plus hétérocly-les s’y coudoient dans une promiscuité amusante.
- L’Anglais se fait militaire comme il serait épicier, forgeron ou commissionnaire. Ce mercenaire ne demande qu’une chose : la vie calme avec le plus de confort possible; il cherche, au bout de quelques années de service, à se marier. Le gouvernement lui en fournit les moyens, en lui donnant, à lui et à sa famille, toutes sortes d’avantages spéciaux.
- 11 y aurait encore quantité de choses intéressantes à dire sur le soldat anglais, les sous-officiers et les officiers.
- Nous n’avons pu signaler dans cette élude rapide, que quelques points, caractéristiques et originaux, de l’armée britannique; il était curieux de citer ces.originalités et de mentionner ces particularités, au moment, où une nouvelle réglementation va peut-être, d’ici peu, modifier entièrement les lois, règlements et usages qui régissent encore maintenant l’organisation militaire de la vieille Albion.
- Will Darvillé.
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- LA MALADIE DES CHATAIGNIERS
- Un important article paru ici même récemment (L’arbre et ses ennemis, par E. Belloc, 11 avril 1908) signalait une fois de plus l’avenir qui attend les régions soumises à la disparition progressive des forêts. C’est une question primordiale sur laquelle on ne saurait trop insister et c’est pourquoi nous y revenons encore en l’envisageant par un côté quelque peu différent, mais conduisant à ce résultat funeste : le déboisement.
- Quand ce lamentable état de choses est la conséquence de l’ignorance, de l’incurie ou de l’intérêt
- Cette maladie est due à un champignon, Armii-laria mellea, et ses ravages sont rapides et terribles.
- Les premiers symptômes se manifestent par le développement plus hâtif des bourgeons au printemps. Dans le courant de juin les feuilles deviennent jaunâtres, ou vert tendre, au lieu du vert gai qu’elles présentent habituellement. Ensuite, en septembre, elles commencent à jaunir avec formation de taches noires d’un triste aspect; puis les cupules se rétrécissent, restent stationnaires et s’ouvrent prématuré-
- Fig. 1. — Troncs de châtaigniers nioris.
- des hommes, il faut essayer de conjurer le mal, en enrayant d’abord ses progrès par une propagande, une action éclairée, puis en indiquant les moyens appropriés aux circonstances et aux localités, et qui peuvent sauvegarder les intérêts privés et ceux généraux beaucoup plus importants.
- Mais les dégâts dont l’espèce humaine est responsable ne sont pas les seuls concourant à cette ruine de nos richesses forestières, dévastation qui comporté de multiples conséquences d’ordre matériel, moral ou économique. Les arbres ont aussi leurs ennemis en dehors de nous, et le but de ces lignes est de montrer, surtout par l’image, les ravages que subissent, par suite d’une maladie particulière, les châtaigneraies qui couvrent encore une partie des basses régions de nos belles Pyrénées basques.
- ment. La deuxième année voit la maladie s’aggraver; alors les bourgeons terminaux sèchent, il pousse seulement des feuilles aux aisselles ; des plaques blanchâtres envahissent l’écorce qui tombe par place, et l’arbre est complètement devenu mort la troisième année.
- Cette terrible maladie, dont la contagion s’étend largement maintenant, a fait son apparition vers 1883-84 dans la vallée de la Nivelle (Basses-Pyrénées). Elle a envahi progressivement les régions boisées jusque dans le massif des Pyrénées Centrales et certaines sont complètement ruinées depuis longtemps offrant l’aspect lamentable représenté par les photographies ci-jointes.
- Pour donner une idée des pertes qui s’ensuivent, au seul point de vue matériel, la commune de Sare
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- (canton de Saint-Pé-sur-Nivelle) tirait de ses chutai- Jusqu’à présent un seul remède a paru efficace gniers un revenu annuel de 1800 francs, pour les pour lutter contre le fléau. Ce remède consiste à ar-
- Fig. 2. — Les restes d'un bois de châtaigniers. (Environs de Maulion.)
- Fig. 3. — Châtaigniers malades.
- châtaignes vendues sur pied. Depuis 1886, c’est-à- roser le pied de l’arbre (en déchaussant les racines) dire très peu de temps après l’apparition de la ma- avec du sulfure de carbone liquide. Mais c’est un ladie, cette source de revenus est radicalement éteinte. traitement ruineux dont le prix de revient est au
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- moins de 12 francs par arbre, et qui, en définitive, n’est pas employé, du moins en grand.
- Aussi bien des fois nous apparaissent-ils maintenant comme une armée de squelettes grimaçants, bientôt réduits à l’état de souches lamentables, destinées à disparaître bien vite. C’est une cause de dénudation du sol, dont l’extension n’est pas à négliger
- maintenant et venant s’ajouter, avec les multiples conséquences que l’on sait, à celles volontaires envisagées plus haut.
- Il y a là, on le voit, tout en même temps, perte et danger, et cette question, on en conviendra facilement, mérite de fixer vivement l’attention. Lucien Rudaux.
- NOUVEAU SYSTÈME D’ÉCLAIRAGE INDIRECT
- Il semble que tous les progrès réalisés, en ces dernières années, dans le domaine de l’éclairage aient eu pour résultat de créer des foyers lumineux de plus en plus intenses et éclatants : nous avons vu ainsi apparaître la lampe électrique à arc, le bec de gaz à incandescence, la lampe Nernst avec son bâtonnet d’oxydes métalliques portés au rouge blanc ; la lumière jaune pâle des lampes électriques, à filament de charbon, semble aujourd'hui bien misérable devant la blancheur éclatante des filaments métalliques que renferment les nouvelles lampes au Tantale, au Tungstène, au Zirconium.
- Cette profusion de lumière, issue de sources de très faibles dimensions n’est pas sans danger pour l'œil, qui est bientôt ébloui par ces points lumineux, d’un éclat presque insoutenable : on a établi que toute source lumineuse, dont la puissance par centimètre carré dépasse 3/4 d’une bougie normale, fatigue l'œil. Parmi les divers modes d’éclairage aujourd'hui en usage, même dans nos appartements, il en est bien peu qui satisfassent à ces conditions : seules, l’antique bougie, la patriarcale lampe à huile ou à pétrole, trouveraient grâce 'devant les hygiénistes de l’œil.
- Faut-il en conclure que nous devons nous priver de ces admirables lumières, créées par la science moderne, et qui constituent presque de véritables synthèses de la lumière solaire? Le sacrifice serait pénible. Heureusement, il n’est pas nécessaire.
- Si l’œil, au lieu de recevoir directement la lumière émise par des foyers de dimensions trop réduites, n’est impressionné par elle qu’après réflexion sur une surface qui la diffuse, il ne sera plus frappé par ce faisceau de
- rayons lumineux çn quelque sorte condensés qu’il ne peut supporter : il sera baigné par une lumière douce, agréable et reposante.
- C’est un éclairage de ce genre qu’a réalisé M.Forluny. 11 l’a fait d’une façon très heureuse, se pliant fort bien aux exigences des installations élégantes ou artistiques.
- Une surface mate reçoit directement la lumière de puissantes lampes Nernst et la diffuse ensuite dans la salle à éclairer. La disposition du loyer et du réflecteur mat les rend invisibles.
- On a ainsi une belle lumière blanche, ne produisant pas d’ombre directe, et rappelant parfaitement la lumière diffuse du jour, l’idéal de tout éclairage artificiel.
- Ce mode d’éclairage vient' d’être installé par la Société A. E. G. au foyer de l’Opéra et on lui doit la découverte de remarquables peintures, restées jusqu’ici ensevelies dans l’ombre. Nous voulons parler des plafonds de Baudry, qui, avec les anciens lustres et leurs lampes à incandescence, étaient absolument invisibles.
- On s’est servi des rosaces qui surmontaient autrefois les 10 lustres du foyer; on y a placé des réflecteurs For-tuny à courbures spéciales envoyant, à la hauteur dû plafond, la lumière diffusée de 10 brûleurs Nernst qui s’y trouvent.
- Chacun d’eux donne une lumière correspondant à celle de 210 bougies normales et l’ensemble de l’installation équivaut donc à 21 000 bougies.
- Le système semble susceptible de rendre de nombreux et importants services, pour les scènes de théâtre et surtout pour éclairer d’une façon logique les ateliers de peinture ou les salles d’exposition de tableaux. R. Villers.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ij mai 1908. —- Présidence de M. Becquerel.
- Décès. — M. le Président annonce la mort de M. de Lapparent, Secrétaire perpétuel pour les sciences physiques, décédé presque inopinément depuis la dernière séance. M. le Président retrace rapidement la carrière scientifique de M. de Lapparent et fait ressortir les qualités qui lui avaient acquis la sympathie générale. M. le Secrétaire perpétuel Darboux ajoute à cet éloge l’expression des profonds regrets que lui inspire la disparition si rapide de son. collègue.
- Répartition des substances antivirulentés dans les liquides organiques. — M. Bouchard résume une Note dans laquelle M. Camus expose les recherches qu’il a entreprises sur la répartition des substances antivirulentes
- dans les humeurs des animaux vaccinés. Il a examiné comparativement l’action antivirulente du sérum sanguin, du liquide céphalo-rachidien, de l’humeur aqueuse de Ta chambre do l’œil, de l’eau distillée enfermée dans des bougies placées dans la cavité péritonéale d’animaux fortement vaccinés. Le liquide céphalo-rachidien est squ-vent inactif; quand on le trouve doué d’une certaine antivirulence, il est presque toujours souillé de sang. L’humeur aqueuse est peu active ; le liquide des bougies ayant séjourné 1 à 2 mois dans le péritoine est au contraire très antivirulent. Ce liquide, devenu légèrement albumineux, coagule à 100°; il conserve son pouvoir après avoir été chauffé à 70° pendant 5 minutes. Le sérum est, de tous les liquides de l’organisme, le plus
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- actif. Il semble donc que la substance antivirulente ail un rapport avec la présence de certaines substances albuminoïdes. L’inégale activité des humeurs explique l’inégale sensibilité des différents organes d’un individu immunisé vis-à-vis de l’agent infectieux; c’est, par exemple, le cas de la cornée qui reste sensible au virus vaccinal, alors que la peau est devenue réfractaire à l’inoculation.
- Effets calorifiques des courants de haute fréquence. — M. Bouchard présente une Note de MM. Zimmern et S. Turohini relative à l’action thermique des courants de haute fréquence sur l’organisme. Celte action est certaine; elle élève la température des êtres vivants, mais ceux-ci réagissent par le jeu des moyens naturels de défense contre le chaud. La production de chaleur interne ne va pas toutefois jusqu’à la sudation et n’amène pas, par voie réflexe, un afflux de sang à la périphérie.
- Les spectres de flamme du fer. — M. Deslandres pré-
- sente une Note de MM. llemsalech et de Watteville relative aux spectres de flamme du fer. Les auteurs qui ont déjà étudié des spectres de flamme ont porté leurs recherches sur le spectre fourni par le chalumeau oxhydrique. Ce spectre peut être obtenu au moyen de la lumière de l’étoile Sirius.
- Formation et disparition d’aldélnjde acétique. — M. Roux communique un travail de MM. Trillat et Saulon sur la formation d’aldéhyde acétique sous l’influence des levures, en dehors de la fermentation. En agitant énergiquement des levures avec de l’eau alcoolisée à 10 pour 100, ils sont arrivés à produire de l’aldéhyde acétique en quantité suffisante pour qu’elle puisse être retirée et isolée par distillation' fractionnée, en. opérant sur plus d’un litre de liquide. Ils ont reconnu que cet aldéhyde disparaît rapidement et qu’il faut séparer immédiatement les levures du liquide alcoolique pour isoler l’aldéhyde avant cette disparition. Cu. ije Villedeuiu
- A. DE LAPPARENT
- Il y a presque exactement un an, le 13 mai 1907, les amis de M. de Lapparent avaient eu, avec lui, une grande joie. Son élection au Secrétariat Perpétuel de l’Académie des Sciences était venue couronner une brillante carrière scientifique. Telle était alors sa verte et inaltérable jeunesse, malgré ses soixante-sept ans, que l’on pouvait espérer le voir longtemps charmer l’Académie par sa parole diserte, par un talent d’assimilation toujours prêt à rendre limpides les sujets les plus ardus, renouveler enfin les jours restés légendaires du Secrétariat d’Arago. La Providence ne l’a pas voulu et l’a frappé d’un coup presque subit au milieu du bonheur, qu’il lui est devenu soudain impossible de goûter. La maladie qui, il y a quelques semaines, l’avait contraint à un repos inaccoutumé pour ce grand travailleur, l’a emporté le 5 mai. M. de Lapparent tenait par des liens multiples à cette Revue, où il a fréquemment collaboré et dont les éditeurs étaient les siens. La direction de La Nature adresse donc à sa famille l’expression de toute sa douloureuse sympathie.
- Rappelons en quelques mots sa carrière. Né à Bourges le 30 décembre 1839, sorti le premier de l’École Polytechnique èn 1860 et devenu ainsi ingénieur des Mines, il fut attaché en 1865 au Service de la Carte Géologique et commença aussitôt, en remplacement de Laugel, sa collaboration à la Revue de Géologie de Delesse, qui parut régulièrement dans les « Annales des Mines » jusqu’en 1880 et qui fut ie point de départ de son Traité de Géologie classique. En même temps, il trouvait une occasion de montrer, dans une œuvre légère, cette habileté didactique qui a assuré le succès constant de ses ouvrages. Sa première publication, après un mémoire d’élève sur le Tyrol méridional, est un petit poème intitulé : « Conseils à un jeune amateur de
- géologie », où l’on trouve déjà, avec un clair précis géologique en alexandrins, la preuve d’un esprit naturel que la charité chrétienne empêchait de devenir mordant, mais ne laissait pas moins séduisant par sa finesse.
- Pendant les années qui suivirent, il collabora activement à la Carte géologique de France qui, encore presque à ses débuts, était uniquement exécutée par un petit nombre d’ingénieurs du Corps des Mines, Polier, Fuchs, etc. Les courses en Normandie, puis dans le Cotentin et à Jersey, qu’il fit à celte occasion, l’amenèrent à diverses observations stratigraphiquessurle terrain, dont les plus connues sont celles relatives à ce qu’on appelle la boutonnière du Pays de Bray. Ayant eu à examiner les coupes naturelles données par les travaux de la voie ferrée entre Rouen et Amiens, il reconnut la véritable structure de cette région, alors considérée comme singulière, qui donna lieu, de sa part, à des publications échelonnées entre 1867 et 1879. En 1869, le projet d’un tunnel sous-marin entre la France et l’Angleterre, confié à l’examen d’une Commission dontM. de Lapparent fut nommé secrétaire, constitua pour lui ce que, dans la Notice sur ses titres scientifiques pour sa candidature à l’Institut, il désignait lui-même comme « la phase la plus originale et la plus personnelle de sa carrière géologique ». Son idée principale consistait, d’après la même Notice, à combiner les sondages en mer avec un relevé hydrographique de précision, de manière à définir les couches sous-marines par leur intersection avec la surface topographique, en même temps que leur affleurement était tracé par la reconnaissance des échantillons recueillis.
- En 1880, un changement eut lieu dans la situation administrative du savant. Il avait été, en 1875, autorisé à accepter la chaire de Géologie et de Minéra-
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- logie à l’Institut catholique, que l’on venait de créer, tout en restant ingénieur de l’État. Le progrès officiel d’idées philosophiques contraires à celles que l’on professait dans cet établissement libre, amena le Ministre d’alors qui était, si je ne me trompe, Sadi Carnot, à le mettre en demeure de choisir entre les deux situations devenues incompatibles. Ardent catholique, il opta pour un enseignement où il trouvait, avec un moyen de servir sa foi,, une occasion de mettre en valeur son remarquable talent de parole et d’exposition ; il donna sa démission et abandonna, par suite, en même temps, ses principales occupations antérieures : la Revue de Géologie qui cessa de paraître, aussi bien que les courses pour la Carte géologique et les explorations sur le terrain. Dès lors, il se consacra, pour le reste de sa vie, à ses cours de l’Institut catholique, qui l’amenèrent à écrire la série des ouvrages, connus de tous et maintenant entre les mains de tous les étudiants, par lesquels a été popularisé son nom, et qui le firent ainsi entrer à l’Institut, en 1897, à la place de Descloiseaux.
- La première édition du Traité de Géologie parut en 1881. On a rappelé ici même1 quand vint au jour la cinquième, en janvier 1886, comment cet ouvrage, où la stratigraphie a toujours été développée et tenue au courant pour le monde entier avec une richesse extrême d’informations, est venu à ses débuts combler un vide absolu dans l’enseignement français. Il n’est pas nécessaire, pour l’apprécier, de se reporter aux temps qui l’ont précédé et au dénûment qui affligeait alors les élèves dans l’enseignement écrit de la géologie ; mais cette comparaison n’en est pas moins utile pour lui attribuer toute sa véritable va-. 1 Voy. u° 1703, 13 janvier 1906.
- A. nu Laitahent.
- M.
- leur. En dehors de ce Traité, constamment renouvelé, et du petit abrégé qui le résume, les autres cours professés par M. de Lapparent à l’Institut Cà-^ tholique sont venus l’un après l’autre se traduire en ouvrages précieux : d’abord sa Minéralogie (4e édition en 1908) ; ses albums de Fossiles caractéristiques des terrains sédimentaires ; puis, et surtout, sa Géographie Physique (5e édition en 1907), ouvrage nouveau en France, où il a su utiliser et grouper d’une ma-* nière remarqua-
- ble, les éléments d’unescienceàla-quelle les Allemands et les Américains s’étaient, jusqu’alors, a peu près seuls attachés. Toutes les qualités qui faisaient son charme personnel s’y retrouvent au plus haut point. Mentionnons encore son petit livre très répandu de la Géologie en chemin de fer qui a eu pour but de faire connaître, en dehors des spécialistes, la géologie de la France expliquant sa structure, physique, et enfin son dernier livre : « Science et Apologétique », où il a donné toute la synthèse de ses idées philosophiques et défendu les idées religieuses qui faisaient la part fondamentale de sa vie.
- de Lapparent n’était pas seulement un
- maître la plume à la main; il était aussi un orateur et il aimait à se servir d’une parole dont il savait tout le pouvoir.
- Il ne reculait pas alors devant l’expression de ses idées et de ses préférences; il les défendait avec ardeur; il s’entendait à les faire triompher. C’était un militant, dont les adversaires respectaient les fermes convictions et dont les amis appréciaient le zèle efficace à les servir. L. D. L.
- Le Gérant : P. MXssox.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleuras, 9.
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- LA NATURE.
- - N° 1826.
- 23 MAI 1908.
- UNE NOUVELLE BASE NAVALE ANGLAISE
- L’ARSENAL DE ROSYTH
- Ce n’est un mystère pour personne que l’axe des préoccupations politiques du gouvernement anglais s’est complètement déplacé depuis cinq ou six ans. Pour divers motifs, parmi lesquels figure, en première ligne, l’entente cordiale et les arrangements qui en découlent, mais aussi, il faut bien le dire, la sorte de déchéance maritime à laquelle nous nous sommes si malheureusement résignés et qui nous repousse au rang des adversaires maritimes éventuels peu inquiétants, la France a cessé d’être, pour
- Devonport, Sheerness, Douvres. Tous ces ports de guerre regardent la Manche et laissent la longue côte du royaume tournée vers l’est tout à fait dégarnie contre les attaques d’un ennemi venant de la mer du Nord, qui n’a pas caché son intention d’y tenter, le cas échéant, les chances d’un débarquement.
- Ces considérations ont décidé l’Amirauté à créer un nouvel arsenal, ou mieux une base navale sur la côte d’Ecosse dans le vaste estuaire de la rivière Forlh, sur le bord sud duquel est bâti Edimbourg.
- a b c à e g h i )
- Fig. 1. — La nouvelle base de Rosylli, lorsqu’elle sera terminée, d’après les projets oi'liciels.
- Renvois aux lettres du haut de la ligure :
- a, domaines de Lord Elgin ; b, c, d, fermes ; e, Carlland Ilill llouse ; /', g, t, carrières ; h, château de Rosylli; j, pont sur la rivière Forlh.
- l’Angleterre, l’ennemi probable, celui auquel il fallait être toujours prêt à faire face.
- L’Allemagne nous a remplacés dans ce rôle et, comme, tout à l’inverse des nôtres, ses ambitions maritimes ne font que croître, et qu’à l’appui de ces ambitions, elle s’est créée une marine des plus redoutables, c’est avec une attention, on pourrait même dire une inquiétude toujours croissante, que l’Angleterre surveille ce qui se passe sur les côtes de la Baltique et de la mer du Nord, et l’essor prodigieux d’une rivale déclarée. Avec l’axe de sa politique, le gouvernement anglais a dû changer l’axe de sa défense maritime et reporter, face au nouvel adversaire éventuel, le rempart d’acier chevillé aux flancs des cuirassés du Royaume-Uni.
- Jusqu’à ces dernières années, en effet, la partie importante des arsenaux maritimes anglais était située sur la côte sud où on trouve Portsmouth, 36° année. — 1er semestre.
- Le nouvel établissement est situé sur la rive nord de l’estuaire, en un point qui porte le nom de Ro-syth. La position est très judicieusement choisie à tous les points de vue.
- Elle est tout d’abord facile à défendre, elle offrira de plus, en temps de paix comme en temps de guerre, un asile sûr à l’imposante flotte de 18 cuirassés dont elle sera le centre de stationnement. Enfin, par sa situation à 380 milles des détroits Scandinaves, elle donne la possibilité à cette flotte de barrer, à sa convenance, la sortie de ces détroits à une force navale venant de la Baltique, ou, si cette force a pris la voie du canal de Kiel à Willemshaven, de se porter à sa rencontre et de l’atteindre sûrement, avant qu’elle ait pu exécuter ses projets. Les études préliminaires, l’achat des terrains où devait s’installer le nouvel arsenal, ont retardé, jusqu’à ces derniers temps,
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- UNE NOUVELLE BASE NAVALE ANGLAISE
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- le commencement des travaux proprement dits. Dans un discours qu’il a prononcé au mois de no-
- vembre 1907, le premier lord de l’Amirauté, lord Tweedmouth, a fait savoir que l’installation du port de Rosyth sera désormais poussée activement, et que son achèvement était prévu pour 1917. Il a fait remarquer que la côte Est de l’Angleterre ne possédait, pour le moment, aucun dock capable de contenir les grands cuirassés du type Dreadnought et les autres plus grands encore qui sont en construction, et que c’était là une lacune qu’il importait de combler au plus vite.
- L’arsenal de Rosyth comprendra un grand bassin de 21 hectares auquel donneront accès deux.,entrées. L’entrée principale sera aménagée, comme le montre le plan ci-contre, de façon à pouvoir être utilisée comme bassin de radoub. Elle aura 258 m. de longueur sur 33m,50 de large et 11 m. de profondeur au seuil au-dessous des basses-mers. Une seconde entrée servira en cas d’urgence, ou lorsque la première sera employée comme cale sèche. Cette seconde porte aura 35m,50 de large. La profondeur de l’eau dans le bassin sera de llm,50. Les quais d’accostage autour de ce bassin auront une longueur de 2167 m. en y comprenant un épi.
- Un autre quai prolongera dans l’axe de la rivière, le terre-plein Sud de la grande entrée et ajoutera 822 m. d’accostage aux quais du bassin. On disposera donc, pour le ravitaillement d’une escadre, d’une longueur totale de près de 3000 m. Oa estime que
- 25 cuirassés pourront se mettre à quais en même temps. La pièce capitale de l’arsenal est le vrai bassin de radoub, qui aura une longueur de 228 m. avec 30 m. de large et 11 m. de profondeur d’eau. Suivant un usage universellement adopté à présent, il pourra être coupé en deux tronçons ayant respectivement 156 m. et 85 m. de longueur. Cette disposition permettra de visiter à la fois les carènes de deux unités de dimensions appropriées.
- On a prévu, pour l’accostage des embarcations, une cale de 60 m. de long, dont une moitié sera recouverte d’un toit.
- Dans l’Est du grand bassin à Ilots, on en construira un autre de dimensions plus modestes et ouvert sur une de ses faces, qui sera réservé aux sous-marins et provisoirement aussi aux destroyers. Les dimensions de ce bassin seront 182 m. sur 142 m., avec une profondeur d’eau de 4m,50 à mer basse. On y construira des épis pour 12 sous-marins et 6 destroyers et on y placera un dock flottant de 76 m. de long pour les réparations et le nettoyage des carènes de ces petites unités. Dans l’enceinte de l’arsenal, marquée par des hachures sur le plan (fig. 2), seront construits les magasins, ateliers, bureaux et tous établissements utiles. Un dépôt de charbon sera établi sur le terre-plein
- MER
- v BALTIQUE
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- ALLEMAGNE
- FRANCE
- Fig. 3. — Carie montrant la position de Rosyth en lace des débouchés de la Baltique.
- Sud de l’entrée principale. Un système très complet de voies ferrées desservira les quais pour permettre un rapide ravitaillement des bâtiments en combustibles et en munitions. Ces questions sont particüliè-
- \
- ô
- Terrains achetés par l’Amirauté p
- Firth of Forth
- Fig. 2. — 1. Darse; 2. Entrée principale formant bassin de radoub; 3. Seconde entrée; 4. Dépôt de charbon; 5. Grand bpssin de radoub; 6. Ateliers; 7. Pompes des bassins ; S. Cales des destroyers et sous-marins ; 9. Magasins des destroyers et sous-marins; 10. Poste de police; 11. Hôpital; 12. Bureaux; 13. Usine électrique.
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- LE NOUVEL EJECTO-CONDENSEUR LEBLANC ========= 387
- rement étudiées dans la marine anglaise qui y attache, avec la plus grande raison, une importance capitale.
- L’arsenal sera d’ailleurs lui-même relié par une double voie au système du « North British llailway Company ».
- Une puissante usine électrique distribuera partout la lumière et la force motrice.
- On réservera, à côté du grand bassin de radoub porté sur le plan, les terrains nécessaires pour en construire plusieurs autres ultérieurement.
- On estime que la base navale de Rosyth coûtera 75 millions de francs, non compris l’outillage.
- Sauvaire Jourdan.
- Capitaine de frégate de réserve.
- LE NOUVEL ÉJECTO-CONDENSEUR LEBLANC
- Dans tout moteur à vapeur il y a intérêt à abaisser le plus possible la contre-pression qui tend à s’opposer au mouvement du piston; c’est pourquoi, au lieu d’être évacuée dans l’atmosphère, la vapeur détendue dans le cylindre pénètre dans une enceinte
- close où l’on a établi un vide préalable et elle s’y condense au contact direct ou indirect de l’eau froide injectée. Et, selon que le vide préalable est plus ou moins grand, le piston travaille à contre-pression moins ou plus élevée, cette contre-pression étant toujours inférieure à la pression atmosphérique. Mais, sous l'effet du vide, l’air et les gaz incondensables contenus dans l’eau froide, dans la vapeur, se dégagent; il convient, par conséquent, dé les extraire, pour les refouler dans l’atmosphère : l’eau chaude provenant de la condensation doit également être évacuée. De là l’emploi d’une ou plusieurs pompes qui constituent avec l’enceinte close un ensemble qui a reçu le nom de condenseur.
- Le condenseur le plus simple est celui à mélanges; l’eau froide reçoit, au préalable, une force vive telle qu’elle peut sortir librement du condenseur en entraînant avec elle tous les produits de la condensation. Pour cela on élève l’eau à l’aide d’une pompe à une certaine hauteur (6 mètres environ) et on la laisse retomber dans le condenseur. Le schéma cbjoint (fig. 1) en représente les éléments. La vapeur pénètre dans le récipient A par la tubulure F tandis que l’eau froide tombe par B et est évacuée par le diffuseur D. Dans ce système, le contact des deux éléments se fait seulement suivant la surface latérale du cylindre de liquide entre les points d’entrée et de sortie h et i. Par contre, les gaz non condensables sont entraînés par friction avec l’eau ; il n’est donc pas nécessaire d’avoir une pompe spéciale pour
- remplir cette fonction. Cet appareil, assez simple, ne permet pas d’obtenir les vides élevés requis pour le fonctionnement économique des machines modernes.
- M. Maurice Leblanc, qui s’est déjà acquis une grande notoriété en électricité, vient d’imaginer, en vue de réaliser ces vides élevés, un éjecto-conden-seur extrêmement ingénieux qui se distingue des appareils similaires par un dispositif tel que la force vive nécessaire à l’eau d’injection lui est communiquée directement par l’appareil lui-même. Le schéma (fig. 2) va nous permettre d’expliquer aisément le nouveau système. Il emploie pour cela une turbine renversée T actionnée de l’extérieur par une transmission quelconque ou un moteur à vapeur ou électrique. L’eau pénètre à l’intérieur de cette turbine et s’en échappe par une section libre coupée de lamelles qui la divisent mécaniquement en épaisseurs de cinq millièmes de millimètre; elle tombe donc en une gerbe continue, s’épanouissant en une sorte de brouillard, animée d’une vitesse de 55 à 40 mètres par seconde, ce qui correspond à une hauteur de chute de 80 mètres environ. Cette gerbe est donc particulièrement appropriée au phénomène de la condensation par la grande surface de contact qu’elle présente sous un très faible volume. Au fur et à mesure que l’eau rencontre des diamètres plus étroits dans le convergent, la gerbe se resserre jusqu’à devenir suffisamment compacte pour traverser le col C du diffuseur D où sa force vive se transforme en travail de compression. Elle peut ainsi vaincre la pression atmosphérique et s’écouler au dehors en entraînant avec elle tous les produits à extraire du vide. On met l’appareil en marche par l’intermédiaire
- d’un éjecteur E dans lequel on Fig-2. — Schéma de .. • • . i réjeelo-coiidenseur
- dirige un jet de vapeur. On w L
- obtient avec ces appareils des vides atteignant jusqu’à 94 pour 100 de la pression barométrique lorsque l’eau d’injection est admise à la température initiale de 15° et en proportion égale à 25 à 50 fois le poids de vapeur à condenser. Appliqués à des machines à grande vitesse, ils peu-
- î Arrivée ide lëau froide
- ___Arrivée de la
- vapeur à condenser
- Schéma
- d'un condenseur à mélange.
- Evacuation à I atmosphère
- Arrivée de| vapeur
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- 388 ===== LE NOUVEL EJECTO-CONDENSEUR LEBLANC
- vent être actionnés directement par courroie; un moteur indépendant convient dans les installations de machines horizontales à faible vitesse angulaire.
- seur et, cassant le vide, rompt la veine liquide.
- D’après ce que nous venons de dire, il n’est pas difficile d’imaginer, sur ce principe, une pompe à
- Le nouvel éjecto-condenseur présente, sur les modèles ordinaires, l’avantage appréciable d’éliminer toute possibilité de retour d’eau à la machine, puisque, en cas d’arrêt du condenseur, la pression atmosphérique se manifeste par l’extrémité du diffu-
- vide sec beaucoup plus avantageuse, que les pompes à piston employées pour réaliser des vides très élevés dans les condenseurs appliqués aux turbines à vapeur; ces pompes, en effet, sont nécessairement volumineuses et d’une construction délicate, puisque
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- LE NOUVEL ÉJECTO-CONDENSEUR LEBLANC
- 389
- leurs soupapes ou clapels doivent se lever sous l’action d’une très faible différence de pression. Toute pompe construite d’après le procédé Maurice Leblanc
- spéciale C, généralement du type centrifuge. On peut aisément l’accoupler à la nouvelle pompe à vide sec de manière à former un groupe unique actionné par le même moteur, ainsi que le montre notre figure schématique 5. On voit que l’extraction de la vapeur condensée s’effectue à l’aide d’une troisième pompe E commandée par le même moteur que les deux précédentes. Le condenseur est alors servi uniquement par des pompes rotatives très puissantes et peu encombrantes.
- En combinant la nouvelle pompe à vide
- Fig. 4. .
- •En lmul, un groupe générateur d’électricité :
- au-dessous, le condenseur vu en transparence à travers le plancher.
- étant rotative n’a pas d’espaces nuisibles; de plus, elle ne comporte ni soupapes ni clapets : elle peut donc comprimer à la pression atmosphérique les gaz pris à une tension aussi faible qu’on peut l’imaginer.
- . Dans les systèmes où les rentrées d’air sont relativement faibles, une telle pompe permettra pratiquement l’obtention du vide théorique, c’est-à-dire de celui correspondant à la pression barométrique diminuée de la tension de là vapeur d’eau à la température du point le plus chaud danS le condenseur sur. .lequel elle travaille.
- Dans un condenseur à surface (fig. 3), qui est constitué par un faisceau tubulaire clos dont les tubes sont traversés par un courant d’eau froide, la circulation de cette eau est amenée par une pompe
- Fig. 5.
- Le nouveau condenseur à mélange Leblanc.
- avec la pompe centrifuge d’extraction E, on a pu créer un nouveau condenseur à mélange pour grandes capacités dont nous devons également dire quelques mots. Ces deux pompes (fig. 5) sont clavetées sur le même arbre et réunies sous une même enve-
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- 390 .....: CHRONIQUE — VISION A DISTANCE PAR L’ÉLECTRICITÉ
- loppe. Noire figure A en montre schématiquement la disposition. A est la chambre de condensation ordinaire et la vapeur arrive par le haut ; l’eau d’injection admise par le canal annulaire C, elle tombe dans le cône 1) à travers plusieurs orifices qui la. divisent tout en lui communiquant un mouvement de giration; les produits gazeux de la condensation subissent donc là une première compression. Ils sont ensuite aspirés en F par une pompe à air W. L., après avoir traversé à contre-courant une double nappe d’eau froide admise par la tubulure supplémentaire G' dérivée de la conduite principale. L’air ainsi refroidi arrive à la pompe à air à une pression de plusieurs centimètres de mercure bien que la pression de cet air dans la chambre D soit de quelques millimètres seulement. Les produits liquides sont pris au bas de la chambre de condensation par la
- pompe centrifuge qui les évacue au dehors, et même, si cela est nécessaire, au sommet d’un réfrigérant lorsque l’eau doit être refroidie pour être réemployée.
- Dans l’installation courante de ces condenseurs, l’eau d’injection étant aspirée, la hauteur manomé-trique d’aspiration ne doit pas excéder 6 mètres; l’eau de la pompe à air est également aspirée et elle fait retour au puisard d’où elle est prise, car elle s’échauffe très peu dans son passage à travers la pompe; mais, dans tous les cas, cette eau doit toujours être aussi froide que possible.
- En somme, le principe du nouvel éjecto-conden-seur Leblanc a permis d’obtenir des vides élevés, tout en diminuant dans de fortes proportions l’encombrement de ces installations, grâce à l’emploi de la pompe rotative à vide sec basée sur les mêmes données. René Doncières.
- CHRONIQUE
- On vient d’imaginer de fabriquer avec du papier les tuyaux des canalisations de gaz, actuellement faites en fonte ou en acier. Le procédé serait le suivant :1e papier, coupé en bandes d’une largeur égale à la longueur du tuyau, est plongé dans un réservoir rempli de bitume fondu, puis enroulé autour d’une tige de fer, jusqu’à ce que l’on ait atteint l’épaisseur désirée. On le soumet, dans cet état, à une forte pression : la surface extérieure
- est recouverte de sable et le tout est plongé dans l’eau froide. On retire alors la barre de fer et l’on recouvre la surface extérieure d’un enduit imperméable. Ces tuyaux sont inoxydables; ils offrent le précieux avantage de ne pas subir les effets d’électrolyse dus aux courants vagabonds que les tramways répandent dans le sol des grandes villes. Mais quel serait leur prix? En cette période de crise du papier, on peut se poser la question.
- LA VISION A DISTANCE PAR L’ÉLECTRICITÉ
- Voici trente ans déjà que savants et inventeurs s’appliquent à l’étude de ce beau problème parallèle, mais non identique à celui de la phototélégraphie ; ils y ont dépensé, en pure perte, bien des efforts ingénieux: Le moment de la réalisation en approcherait-il enfin? M. Jules Àrmengaud, l’ingénieur bien connu, nous le fait espérer. Dans une récente et fort intéressante conférence qui a remis la question à l’ordre du jour, il a indiqué une méthode nouvelle dont il semble permis d’attendre d’heureux résultats. Gardons-nous cependant d’un excès d’optimisme et d’imagination ; ne comptons pas voir, dès demain, de Paris ce qui se passe à Marseille par exemple. Les expériences qui vont être faites ne porteront sans doute, tout d’abord, que sur de faibles distances, et elles exigeront de longs efforts : ici comme en aviation, il faudra se contenter de débuts modestes; des perfectionnements successifs, patients, minutieux, assureront le succès définitif.
- Rappelons que, sur le papier, le problème de la vision à distance par l’électricité est résolu depuis longtemps. Dès 1880, M. Armengaud lui-même, en présentant à la Société des ingénieurs civils de France le photophone de Bell, signalait les services que l’on pouvait attendre du sélénium pour réaliser la vision à distance par l’électricité, et il citait les tentatives de MM. de Paiva, Senlecq, Airton et Perry, Desprez, Leblanc, Bréguet. C’était l’époque de la
- découverte du téléphone : la géniale invention de Graham Bell avait prouvé qu’il était possible, au moyen du fil électrique, de transporter à distance les vibrations sonores ; par une généralisation toute naturelle, les chercheurs que nous venons de citer avaient songé à employer de même cette voie sinueuse pour véhiculer les vibrations lumineuses et s’affranchir ainsi des obstacles naturels qui limitent si étroitement la portée de notre vue.
- Pour transmettre électriquement la parole, on utilise l’action des sons sur la conductibilité d’un microphone, ou l’état magnétique d’un téléphone. De même, pour transmettre électriquement une image, on aura recours à la propriété bien connue du sélénium : la conductibilité électrique de ce corps, on le sait, varie suivant l’intensité des rayons lumineux qui viennent l’impressionner.
- Un objet frappe notre vue parce qu’il est composé de parties claires et de parties sombres juxtaposées. On formera donc avec le sélénium une sorte de rétine artificielle, sensible, elle aussi, aux alternances d’ombre et de lumière. Elle les traduira par des variations d’intensité de courant dans un circuit électrique auquel elle sera reliée et qui jouera le rôle de nerf optique.
- A l’extrémité du fil, on reconstituera les sensations lumineuses correspondantes, et on les répartira suivant la même disposition géométrique que dans
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- VISION A DISTANCE PAR L'ÉLECTRICITÉ ==r: 391
- l’objet transmis, en employant les procédés si habilement mis au point par MM. Korn, Belin et Berjon-neau (Voir La Nature, nos 1754, 1807 et 1808) dans leurs expériences de phototélégraphie.
- Mais ceci ne suffit pas encore pour permettre la vision directe à distance, les sensations lumineuses qui nous font percevoir un objet extérieur sont
- Fig. 1. — Schéma d'un-dispositif pour la transmission des images visuelles : X, chambre noire; DC, bandes cinématographiques; S, sélénium; Ll/, ligne électrique; l)d, oscillographe; li, source lumineuse auxiliaire; F K, lentilles; G, gamme de teintes.
- simultanées; celles que peut transmettre un fil électrique sont nécessairement successives. Comment assurer cependant à nouveau au poste récepteur la simultanéité d’où naîtra l’illusion de la vue? Nous ne disposons que d’un seul moyen : la persistance des impressions lumineuses sur la rétine étant de 1/10 de seconde, présenter à l’élément sensible de sélénium, chaque point de l’objet avec une rapidité telle que, en moins de 1/10 de seconde, l’objet ait été ainsi exploré tout entier. Dans l’œil de l’observateur au poste récepteur, la première des sensations lumineuses ainsi transmises et reconstituées ne se sera pas encore effacée, lorsque la dernière y parviendra.
- La rapidité qu’il faut réaliser dans l’exploration de l’image au poste transmetteur, et sa reconstitution au poste récepteur, est un obstacle resté jusqu’ici infranchissable.
- C’est à lui que s’attaque, aujourd’hui, M. Armengaud, après les ingénieuses, mais infructueuses tentatives de Lazare Weiller en 1889, Dussaud en 18981, Coblyn en 1902.
- Sa méthode est inspirée du cinématographe et fait appel au mécanisme ingénieux par lequel les bandes pelliculaires ou films sont déroulées d’un mouvement rapide et saccadé. On sait que, grâce au mode d’entraînement adopté dans cet appareil, les images y sont présentées successivement toutes avec la durée d’apparition en vue de produire l’illusion du sujet animé.
- M. Armengaud produit tout d’abord sur la glace dépolie B d’une chambre noire X (fig. 1) une image réelle de l’objet à transmettre. Puis sur cette image, grâce au mouvement cinématographique dont il a eu l’heureuse idée, il découpe par saccades successives de petits carrés dont la lumière est dirigée sur l’élément de sélénium S, pendant une fraction de temps finie et toujours la même. La variation produite dans le courant électrique sera ainsi fonction,
- 1 Yoy. La Nature, n° 1303, 21 mai 1898.
- uniquement, de l’éclat lumineux du petit carré découpé sur l’écran, et nullement de la durée de son action sur la cellule de sélénium. C’est là un point essentiel. Le déplacement de la petite fenêtre carrée sera assez rapide pour que toute l’image ait été balayée en moins de 1/10 de seconde.
- 11 s’obtient de la façon suivante : devant la glace dépolie se meuvent, à la façon de bandes cinématographiques, deux obturateurs formés de bandes sans fin, l’une horizontale, l’autre verticale; chacune d’elles est munie de fentes régulièrement espacées ayant la largeur du carré de l’image et l’épaisseur du petit carré que l’on se propose de découvrir : le croisement de deux fentes découpe donc dans l’image un petit carré lumineux et le mouvement combiné des deux bandes y opère un véritable quadrillage (fig. 2).
- Ainsi, pendant que la fraction de seconde où la bande verticale B sera arrêtée, la fente bb' occupera une certaine position devant l’image LMNP ; la bande horizontale A se déplacera de façon que le carré 0 obtenu par le croisement des fentes bb' et aa' balaye toute la rangée horizontale bb'. Puis la bande verticale se déplacera à nouveau, à la fente bb' se substituera brusquement dans le champ de l’image une fente nouvelle qui sera à son tour balayée par une fente de la bande A.
- On conçoit que si les fentes de la bande verticale élaient espacées d’une distance égale à la hauteur L M de l’image, elles se présenteraient toujours au même endroit du champ et celui-ci ne pourrait être balayé sur toute son étendue. M. Armengaud a pris
- — Disposition des deux bandes cinématographiques se déplaçant devant l’image à transmettre.
- pour l’espacement des fenêtres de cette bande, les 9/10 de la hauteur L M, c’est le principe appliqué dans l’instrument démesuré bien connu, le Vernier.
- La vitesse de la bande horizontale doit être évidemment supérieure à celle de la bande verticale; pour éviter de lui donner une trop grande rapidité qu’il aurait été difficile de réaliser, M. Armengaud la déplace, non d’un mouvement intermittent, mais d’un mouvement continu, en lui faisant jouer le
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- = VISION A DISTANCE PAR L’ÉLECTRICITÉ
- rôle d’oblurateur à rideau. 11 a pu constater que les résultats en seraient néanmoins satisfaisants.
- Avec une image de i9 mm de hauteur sur 25 mm de largeur, décomposée en 130 petits carrés de 1,9 mm de côté, le déroulement de la bande verticale devra être de 25 cm par seconde, celui- de la bande horizontale de 50 cm.
- M. Armengaud a imaginé du reste plusieurs autres dispositifs pour décomposer successivement l’image en petits carrés.
- Mais, dira-t-on, la durée de l’action de l’un de ces petits éléments lumineux sur la cellule de sélénium sera extrêmement courte. Or la paresse du sélénium est bien connue : on sait qu’il ne revient pas à son état primitif aussitôt après que l’effet lumineux qui l’impressionne a disparu ; les actions des divers points de l’image vont donc venir se superposer les unes aux autres d’une façon fâcheuse. La difficulté a été prévue. Au lieu d’une cellule unique, on emploiera une série de cellules disposées suivant les faces d’un prisme régulier tournant sur un axe perpendiculaire au faisceau lumineux. Chaque élément sera présenté successivement au pinceau de lumière et le mouvement du prisme sera réglé de telle sorte que l’élément, après avoir été impressionné, ait, avant d’être remis en service, une durée de repos suffisante pour le ramener à son état normal.
- On ne peut se dissimuler cependant qu’un tel organe sera d’une construction fort délicate; de sa
- l'ig. 4. Vue arrière de l’appareil moulraiil. le carré lumineux et le mécanisme du cinématographe.
- balayant l’image
- L’appareil Armengaud.
- 11 est constitué par un cinématographe ($ à came
- système Gaumont entraînant deux bandes perpendiculairement l’une à l’autre.
- réalisation dépendra sans doute le succès de la méthode.
- Pour retransformer au poste récepteur les effets électriques en effets lumineux, M. Armengaud se propose de recourir soit au procédé de M. Belin (fig. 1), utilisant l’oscillographe de Blondel et une gamme de teintes, soit au procédé de M. Senlecq (Voy. La Nature, nos 1808 et 1809).
- Il se livre actuellement à des expériences de mise au point au moyen de l’ingénieux appareil dont nous donnons ci-contre la photographie et qui a été construit dans l’atelier de M. Echassoux (fig. 3 et 4).
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant de ces intéressants travaux. Quels qu’en soient les résultats définitifs, on ne peut que féliciter M. Armengaud d’avoir rappelé, sur un problème dont la solution semble bien proche aujourd’hui, l’attention des chercheurs, et de leur avoir nettement indiqué la voie à suivre. A. Trolleiî.
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- LA FOURRURE D’UN ÉCUREUIL TERTIAIRE
- Parmi les matériaux que j’ai rassemblés depuis vingt ans en étudiant la faune tertiaire du Bourbonnais, les deux animaux, dont nos lecteurs ont ici la primeur, me paraissent de nature à intéresser même les non-spécialistes. Ils proviennent des schistes à tri-
- du Bourbonnais pendant celte période aquitanienne, aujourd’hui rattachée au début du miocène, autrefois comptée au sommet de l’oligocène.
- A Gannat, c’est un véritable cimetière de ces ancêtres du rhinocéros à os du nez encore trop faibles
- Fig. 1. — Passereau oligocène de Menai (Puy-de-Dôme) (aux 6/7 de la grandeur naturelle). b, Humérus (Bras); a, Cubitus et Radius (Avant-bras); m, Métacarpe et Phalanges (Main); c, Coccix; eu, Fémur (Cuisse); p, Tibia et Péroné (Pilon) ; pa, Tarse (Patte) ; d, Doigts.
- poli aquitaniens de Menât (Puy-de-Dôme), où ils ont été recueillis grâce à l’obligeance du propriétaire de ces carrières, M. Yoiret, et leur détermination sur les photographies ci-jointes est due à M. Depéret, le savant doyen de la Faculté des Sciences de Lyon, dont on connaît le livre récent sur « les Transformations du monde animal ».
- De nombreux gisements fossilifères, dont chacun a sa spécialité, permettent de reconstituer l’aspect
- pour porter une corne, les Acerotherium. Là, dans certains bancs plus argileux intercalés entre les calcaires, leurs ossements sont si abondants que, pendant longtemps, la façade d’une maison de Gannat fut décorée d’une plaque de pierre, où l’on voyait à la fois deux Acerotherium entrelacés. Sans doute, au bord d’un lac, dont les algues abondent dans les calcaires encaissants, ces rhinocéros venaient boire. A l’exception de quelques oiseaux, les autres ani-
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- 394 LA FOURRURE D’UN
- maux y sont, au contraire, singulièrement rares.
- Ailleurs, sur la même rive gauche de l’Ailier, à Givreuil, près Besson, j’ai trouvé un jour les os d’un autre Acerotherium carbonisés et soudés à leur dépôt calcaire, comme si des fumerolles brûlantes d’acide carbonique, en relation avec le volcanisme actif de cette époque, avaient surpris la bête1.
- Plus au Nord encore, c’est Saint-Menoux, où ’on a rencontré une seule fois un terrible ongulé aux canines redoutables et pourtant apte à se nourrir aussi de végétaux, Y Anthracollierium Cu-vieri.
- Enfin, sur la rive droite de l’Ailier, dans toute la région dite de Saint-Gérand-le-Puy, les oiseaux, les tortues, les sauriens abondent, avec loutres, castors, hérissons, écureuils, ruminants, et ces petits pachydermes, pullulant comme des lapins dont ils ont la taille, qu’on nomme des Cœnotherium. Ici plusde grandes bêtes analogues aux rhinocéros. Mais, en fait de carnassiers, beaucoup de ces chiens-loups primitifs, dits Amphicyon, Les œufs d’oiseaux sont fréquents, parfois gros comme des œufs de poules, et il est arrivé, prétend-on (je ne l’ai jamais vérifié) de trouver l’oiseau sur ses œufs, comme s’il avait été surpris par un brusque dégagement d’acide carbonique. Dans les carrières voisines de Langy, j’ai pu recueillir un crâne particulièrement complet de Y Amphicyon. En même temps, à Poncenat, Puy Rambeaux, etc., des fissures sableuses du calcaire sont remplies de petits Hélix Moroguesi et de valvées. On retrouve les tubes construits par ces insectes nocturnes des terrains marécageux, les phryganes, etc. Tout cela permet aisément de reconstituer l’aspect pittoresque du grand lac, à bords généralement plats et peu à peu approfondi par les mouvements du sol, qui occupait, à l’époque aquitanienne, la Limagne Bourbonnaise. A une quinzaine de kilomètres plus à l’Ouest et absolument isolé dans son massiide gneiss et micaschistes, se trouvait, en même temps, un autre petit lac d’environ 1,500 km de diamètre, qui a constitué les schistes à tripoli de Menât, gisement de nos fossiles.
- Industriellement, ces schistes à tripoli sont intéressants par le travail auquel ils donnent lieu : fabrication de tripoli par calcination des schistes à l’air libre ; fabrication de couleur noire, par distillation en vase clos des matières bitumineuses à origine organique qui imprègnent les schistes. Mais c’est surtout comme remarquable gisement fossilifère que ce terrain nous touche ici. Ces schistes, très fins et divisés en plaquettes minces, qui ont rempli peu à peu le lac après un premier apport de quelques sédiments grossiers, ont, en effet, conservé, d’une manière étonnante, les innombrables restes organisés, animaux et végétaux, qui y sont
- 1 Je reviendrai sur ces os carbonisés, dont l’analyse vient d'être faite par M. Cliesneau, professeur à l’Ecole des Mines, et qui, d’après cette analyse, ont dû subir une température d’environ 5U0 degrés. Diverses questions curieuses se posent à leur sujet.
- ÉCUREÜ1L TERTIAIRE :
- tombés. Les feuilles, notamment, y subsistent tout entières avec leur substance organisée, et non pas seulement leur empreinte. Les animaux n’y donnent pas, il est vrai, des pièces osseuses aussi nettes et dégagées de leur gangue que dans la Limagne; mais, en revanche, les ossements, au lieu d’être presque toujours désarticulés, sont restés associés dans leur agencement normal; et surtout, autour de ces ossements, il arrive d’apercevoir, quand les plaques sortent de terre, les plus fugitifs détails de la forme extérieure, ailleurs complètement disparus. On croirait voir la vase même au moment où ces débris s’y sont accumulés il y a de longues périodes géologiques. Malheureusement, comme il arrive trop souvent pour les produits trop bien conservés de trouvailles archéologiques, la mise à l’air est plus vite destructrice, en quelques heures, que les milliers d’années pendant lesquelles les couches de terrains superposés les ont recouverts et mis à l’abri de l’air. Les organismes de Menât ont le malheur de contenir, pour la plupart, avec les matières bitumineuses dont on fait le noir, un peu de pyrite qui s’altère à l’air. On voit alors les schistes se recroqueviller, se briser peu à peu en miettes, en même temps que les ossements se désagrègent. La photographie seule permet souvent de sauver quelque chose des plus précieuses empreintes.
- Quand nous cherchons à imaginer le lac de Menât à l’époque oligocène, nous nous représentons un paysage peu différent des bords d’un lac français actuel comme ceux, par exemple, de la Savoie, avec des caractères, cependant, un peu plus méridionaux, plus humides. Sur ses bords relativement abrupts, d’où descendaient des rivières, au début torrentueuses, les châtaigniers et les noisetiers (Corylvs grosse-dentata) étaient remarquablement fréquents, avec des frênes, des chênes, des acacias, des pruniers, et, plus rarement, des platanes, des séquoias, des figuiers. Au-dessous d’eux abondaient les buissons bas du Glyptostrobus et les fougère s.
- La faune de Menât, très riche en individus, fournit presque uniquement des poissons (ce qui est, d’ailleurs, assez naturel dans un lac). Elle se différencie par là des gisements contemporains de la Limagne, où, par suite du mode de conservation surtout, on n’a rien de semblable. Ces poissons, rassemblés dans les fonds vaseux, sont très généralement couchés sur le côté à l’état d’empreinte aplatie, avec contre-empreinte sur un autre feuillet schisteux, ou bien on les trouve dans des nodules pyriteux. Ce sont surtout des perches, puis des Paecilops, des Cyclurus, etc. Les animaux non aquatiques sont rares ; il a fallu qu’une circonstance particulière amenât leur chute dans l’eau, ou l’apport de leur cadavre sur la vase. On peut citer, entre autres, un animal du genre des loutres, déjà rencontré à Saint-Gérand, la Lutriclis Valetoni, dont l’Université de Lyon possède un squelette, à la tête écrasée. Cette rareté contribue à l'intérêt scientifi-
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- LA FOURRURE D’UN ÉCUREUIL TERTIAIRE
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- que des deux animaux, dont nous reproduisons ici les photographies.
- Le second surtout est fort curieux. C’est un écureuil, le Scïu-rus Feignouxïi, connu aussi à Saint -Gérand-le-Puy, mais dont nous avoas ici, avec le squelette presque complet (sauf la tète), la queue fourrée, conservée dans des conditions dont je ne connais pas d’autre exemple aussi remarquable. On peut voir, sur l’original, tous les poils se détacher avec une finesse extrême autour de la ligne osseuse des vertèbres, qui donne ainsi l’apparence d’une photographie aux rayons Rôntgen.
- Les pattes repliées ont leurs doigts munis de griffes (les pattes de devant projetées sur la cage thoracique, dont on voit les côtes).
- La présence de cet écureuil s’explique facilement par l’abondance des noisetiers sur le bord du lac.
- Sa taille était, à très peu près, celle de notre écureuil commun actuel, et tous ses caractères anatomiques sont également presque identiques à ceux d’un écureuil vulgaire. Les proportions de l’avant-bras à celles du bras sont les mêmes. On remarque seulement des
- Fis. 2.
- Écureuil oligocène (Sciurus Feignouxïi) île Menât (Puy-de-Dôme) (aux 5/7 de la grandeur naturelle).
- La partie supérieure est la contre-empreinte retournée.
- de prolonger. L
- 1 Voir Filiiol. Mammifères fossiles
- signes de force un peu plus grands et quelques légères différences dans la dentition1. Les dimensions des membres, mesurées sur mon échantillon, concordent avec celles observées sur les ossements disséminés de Saint-Gérand,’ que nous trouvons ici coordonnés dans leur agencement naturel : (fémur, 0,046; tibia, 0,058 ; cubitus, 0,039 ; distance approximative entre les articulations du fémur et de l’humérus, 0,14).
- L’autre animal est un oiseau de la taille d’une grive et probablement un passereau, à en juger par la forme raccourcie de ses pattes, quoique la cassure de la pièce, au niveau du bec, empêche une détermination absolument précise.
- L’échantillon montre bien les quatre membres, avec la disposition particulière des pattes. On remarquera seulement que, par suite de la façon dont la bête s’est trouvée placée, l’aileron de droite vient toucher à l’articulation de la patte qu’il a l’air , De Launay. de VAllier,\879,p.34.
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- APPAREIL DE SÉCURITÉ CONTRE LES ÉTINCELLES ACCIDENTELLES
- DANS LES EFFETS DE TÉLÉMÉCANIQUE SANS FIL
- Nos lecteurs se souviennent de l’appareil télémécanique inventé par le D1' Branly, pour produire des effets mécaniques à distance, au moyen des ondes électriques. Les ondes sont envoyées comme dans la radiotélégraphie ordinaire. Au point éloigné est placé un appareil spécial avec un radioconducteur et relais, au moyen duquel on produit des effets à distance: allumage de lampes à incandescence, mise en marche d’un moteur, explosion des mines, direction des torpilles, etc.
- Rappelons brièvement les points essentiels du système, afin de mieux faire comprendre le rôle de l’appareil protecteur. Au poste principal (n° 1) nous produisons, au moyen d’étincelles électriques, des ondes qui iront actionner, à une station (u° 2) située à une certaine distance, les appareils de télémécanique sans fil. Les ondes envoyées de la station n° 1 agissent, à la station n° 2, sur un radio-conducteur qui, à leur passage, ferme le circuit local des lampes, etc. (fig. 3).
- La station n° 2 est munie d’un appareil qui consiste en une série de disques (5 par exemple) montés sur un arbre mis en rotation par un moteur. Chaque disque a un secteur renflé sur 1 /5e de sa circonférence, ce secteur prend contact avec un balai. Les secteurs sont espacés de façon que chaque disque prenne le contact pendant 1/5 révolution de l’arbre. Dans le circuit du disque n° 1 (par exemple) est placé l’organisme récepteur d’ondes. Le disque étant dans la position de contact, quand une étincelle éclate à la station n° 1, elle est reçue par le radio-conducteur, qui devient conducteur de l’électricité et ferme un circuit passant par le disque et par un in-
- terrupteur électro-magnétique qui, à son tour, ferme le circuit d’une dynamo sur les lampes. Quand le disque n° 2 entre en contact, l’opérateur peut envoyer une autre étincelle pour faire fonctionner un moteur, et ainsi de suite.
- Pour que l’opérateur puisse se rendre compte du moment de contact des disques, sur le meme arbre est montée une série de contacts indépendants arrangés de telle façon qu’ils envoient des signaux , du poste n° 2 à la station n° 1. Les signaux sont reçus par un radioconducteur et un appareil Morse qui déroule une bande de papier devant l’opérateur. Sur la bande sont enregistrés les signaux (fig. 4) qui montrent la position des disques. Signal n° 1 indique que le disque n° 1 est entré en contact, donc l’opérateur peut envoyer une étincelle pour allumer les lampes dans l'intervalle 1. Signal n° 2 indique que le disque n° 2 est en contact, et une autre étincelle est envoyée pour faire fonctionner le moteur, etc.
- Plus récemment, le D’’ Branly a imaginé un appareil qui a pour but de protéger ses appareils télémécaniques contre des étincelles accidentelles, capables de causer des effets imprévus. Dans ce cas, le disque n’est pas connecté directement avec le circuit qu’il est destiné à faire fonctionner, un appareil protecteur est intercalé entre le disque et le circuit. Pour un appareil à 5 disques, il sera donc nécessaire d’avoir 5 appareils protecteurs semblables. Le disque fait fonctionner l’appareil protecteur, et c’est ce dernier qui ferme le circuit qui dépend du disque ; par exemple, pour les lampes à incandescence. Au lieu d’envoyer une seule étincelle dans l’intervalle appro-
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- TÉLÉMÉCANIQUE SANS FIL
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- prié, l’opérateur envoie un jet d’étincelles continu dans ce même intervalle, afin de produire l'effet nécessaire sur l’appareil protecteur.
- Etudions le fonctionnement del’appareil protecteur.
- Nous avons vu que, au moyen de l’appareil à disques, l’opérateur fait éclater une étincelle au poste émetteur, afin de produire l’allumage des lampes par l’action du disque n° 1, et, dans ce cas, il produit une seule étincelle pendant l’intervalle n° 1 indiqué sur la bande de papier. L’appareil protecteur est placé entre le disque et les lampes, et le disque n’opère pas directement les lampes. 11 est donc nécessaire de faire fonctionner l’appareil protecteur avant de pouvoir allumer les lampes. Or, il
- de contact disposé de telle manière que le contact des lampes soit fermé après une révolution complète de la roue (fig. o). Celle-ci est mise en mouvement automatiquement par l’opérateur, et elle fait une révolution complète pendant l’intervalle n° 1 indiqué sur le ruban, c’est-à-dire pendant la position active du disque n° 1. Une seule étincelle produite à la station suffit à mettre en mouvement l’horlogerie (au moyen d’un électro-aimant) et la roue commence à tourner, mais le bras porté sur le même arbre n’est solidaire de la roue que par le moyen d’un mécanisme de déclanchement. Il est, en effet, maintenu contre la roue grâce à un électro-aimant, ne fait corps avec elle que lorsqu’un courant passe dans
- Fig. 2. — Appareils actionnés télémécaniquemeut : un revolver, un ventilateur.
- n’est influencé que dans certaines conditions bien définies, et il n’est pas affecté par l’action des étincelles accidentelles.
- Quant au principe de cet appareil, il est construit de telle façon qu’une seule étincelle ou même un groupe irrégulier d’étincelles ne donne pas l’effet voulu. Il est nécessaire d’envoyer un jet continu d’étincelles avant de le faire fonctionner. Ainsi, une étincelle ou des groupes d’étincelles ayant une autre provenance, et produites par hasard, seront sans effet, et l’appareil télémécanique sera ainsi protégé contre les influences extérieures.
- Le mécanisme de l’appareil consiste essentiellement en un disque ou roue de grand diamètre, mis en rotation par un mouvement d’horlogerie ou un moteur électrique. Sur le disque est monté un bras
- l’électro-aimant. Pour que le courant passe ainsi, il est nécessaire que l’opérateur envoie un jet continu d’étincelles au radioconducleur et aux circuits dans lesquels il est intercalé. Dans ce cas, le bras fait une révolution complète avec la roue, et, à la fin de l’intervalle n° 1, il opère un contact pour la fermeture des lampes. Si le jet d’étincelles n’est pas continu, le manque de courant fait que le bras est déclanché par un ressort, et il tombe dans la position verticale. Les lampes ne peuvent donc pas être allumées, malgré la rotation de la roue. Dans la pratique, après avoir envoyé un jet d’étincelles pendant tout l’intervalle n° 1 indiqué sur le ruban, l’opérateur note ensuite le moment de fermeture des lampes, au moyen de la « télégraphie automatique ». A l’apparition du signal n° 2 sur la bande de papier,
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- TELEMECANIQUE SANS FIL
- Appareil de télémécanique
- il est encore libre d’envoyer une autre série d’étincelles pendant l’intervalle n° 2, afin de faire fonctionner un deuxième appareil, par exemple, un moteur électrique, et ainsi de suite. Chaque appareil, lampes, moteur, etc., est muni d’un appareil protecteur, et il y a autant de ces appareils qu’il existe de disques sur l’appareil de télémécanique.
- Nous donnons ici un diagramme qui représente la disposition générale de l’appareil de télémécanique avec l’appareil protecteur. En P est représenté le poste de l’opérateur avec la bobine d’induction, résonateur et interrupteur, afin de produire en À les étincelles et les ondes électriques. Ces ondes sont reçues à la station réceptrice, sur le radio-conducteur L.
- Celui-ci est en circuit avec un relais R, et ce dernier opère la fermeture d’un autre circuit aux points H I. Dans ce dernier circuit sont inclus le dis-
- Appare
- protecteur
- Fig. 5.
- Bobine
- 5
- Circuit des lampes
- que Dt, qui appartient à la série de disques de l’appareil télémécanique. Sur le renflement ou secteur E du disque frotte un balais F, et ainsi le circuit GG' (avec la batterie b) peut être fermé pendant 1/5 révolution du disque.
- Dans la méthode ordinaire sans l’emploi de l’appareil protecteur, les lampes sont connectées aux points GG'. L'opérateur envoie une étincelle pendant l’intervalle n° 1 du ruban, alors que le disque E est en contact avec F. Le fonctionne1 ment du radioconducteur fait opérer le relais, et ce
- dernier effectue la fermeture du circuit GfcFEHIG', pour l’allumage des lampes.
- Avec l’emploi de l’appareil protecteur, celui-ci est intercalé entre les bornes GG' et les contacts TT', et les lampes sont maintenant placées sur ces derniers contacts. Pour la fermeture de ces derniers, il est nécessaire que l’appareil protecteur opère le contact entre T et T. Pendant le temps de contact entre E et F du disque (ou 1/5 révolution), la roue 0 fait une révolution complète grâce à un mouvement d’horlogerie mis en mouvement par un électro-aimant. Sur l’arbre de la roue est monté le bras U, maintenu contre la roue au moyen de l’appareil de
- déclanchement électro-magnétique. Quand un courant passe par M, de façon régulière dans ce dernier, le bras fait sa révolution avec la roue. A la fin, il vient au-dessus de l’interrupteur Y et il élablit le contact entre T et T', par l’intermédiaire du levier W. Ainsi, le courant de la batterie cest envoyé dans les lampes pour l’allumage.
- Mais, dans le cas où le courant n’a pas été régulier pendant toute la révolution de la roue, le bras U est déclanché par un ressort, et il tombe par son propre
- poids dans la po-
- Poste récepteur..........Poste transmetteur verticale.
- Afin d’avoir un courant régulier, l’opérateur est obligé d’envoyer le jet continu d’étincelles pendant toute la révolution de la roue, et ceci accompli, le bras reste solidaire avec la roue et par conséquent, effectue l’allumage des lampes.
- Nous n’entrerons pas dans l’examen détaillé de cet intéressant appareil. Ce que
- Résonateur
- w y
- U Appareil Morse
- Ruban
- Schéma du dispositif do protection.
- Intervalles
- <---3 ->
- ^_2--> *--l ->
- Sic
- Fig. 4. — Une bande de signaux.
- nous venons de dire suffit à en faire comprendre le principe et à montrer tout l’intérêt qu’il peut présenter ; la télémécanique en est encore à la période des essais de laboratoire; mais déjà, cependant, on en attend d’importants résultats pratiques ; son application au problème de la direction des torpilles semble tout indiquée, mais l’on conçoit toutes les dilfi-cultés ei les obstacles que rencontrent les inventeurs dans cette voie ; les appareils récepteurs d’ondes sont sensibles à toutes sortes d’ondes, et tant qu’ils n’obéiront pas exclusivement aux ondes qui leur sont destinées, le problème de la télémécanique sans fils ne sera pas résolu.
- L’appareil du Dr Branly réalise un intéressant progrès ; mais on voit qu’il ne peut garantir les appareils que contre l’effet d’étincelles accidentelles; contre un exploseur perturbateur fonctionnant, d’une façon continue et rapide, il serait impuissant. Ceci suffit à prouver que, malgré les nouvelles sensationnelles répandues dans la presse, il y a quelque temps, le problème de la direction des torpilles parles ondes hertziennes n’a pas encore reçu de solution définitive. F. deWeldoin.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 mai 1908. — Présidence de M. Becquerel.
- Identification des fossiles. — M. G. Bonnier présente une Note de MM. H. Fri tel et René Viguier sur de curieux fossiles des ligniles des environs de Noyon, dont la nature était problématique. De l’aspect extérieur certains naturalistes déduisaient qu’on se trouvait en présence des fruits de gardénia ; d’une étude anatomique, les auteurs concluent qu’il s’agit de tubercules de prèles, ces cryptogames bien connus sous le nom vulgaire de queue de cheval. La structure de ces nodules fossiles est identique à celle des tubercules des prêles actuellement vivantes, ce qui [trouve que ces organismes n’ont pas sensiblement évolué depuis le début de l’époque tertiaire jusqu’à nos jours. Gela semble prouver que ce groupe de végétaux est l’un de ceux qui, pendant de longues périodes géologiques, ont échappé à toute évolution.
- La densité de la terre. —M. Deslandres présente une Note de M. Berget indiquant un procédé d’une réalisation relativement aisée, pour la détermination de la densité de la terre. L’auteur remarque que la méthode employée il y a déjà longtemps par Maskelyne peut être appliquée avec succès et au prix d’efforts incomparablement moindres, eu utilisant les observations de la verticale que l’on peut faire dans une faille de montagne. Il suffit que la faille ait une centaine de mètres de profondeur.
- Le sulfate de radium dans l'organisme. — M. Bouchard présente un travail de MM. II. Dominici et Faure-Beaulieu dont il résulte que le sulfate de radium, injecté dans l’organisme des animaux ou de l’homme, est arrêté dans les tissus vivants où il séjourne pendant une durée pouvant atteindre 67 jours. Les zones d’arrêt dépendent du mode d’introduction dans l’organisme. Après injection dans le système veineux, l’arrêt a lieu dans le réseau capillaire sanguin du poumon et finalement celui du rein. Après, injection dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans le tissu musculaire strié, l’arrêt a lieu dans les interstices lymphatiques de ces tissus; après injection dans l’appareil trachéobronchique, l’arrêt a lieu dans les interstices lymphatiques du parenchyme pulmonaire. Enfin, après injection dans la rate, le sulfate de radium stationne dans le parenchyme splénique. La persistance de ce corps dans la rate démontre que l’arrêt dans les tissus vivants ne ressortit pas à un processus banal d’embolie, étant donnée la disproportion existant entre les
- grandes dimensions des lacunes veineuses de la rate et des veinules spléniques d’une part, et la petitesse des particules de radium d’autre part. On ne doit pas non plus l’attribuer à l’obstacle apporté par les épithéliums d’organes excréteurs à l’élimination d’un sel insoluble, mais : 1° à l’arrêt de ces particules dans les réseaux capillaires sanguins et dans les interstices lymphatiques des organes les plus variés où ils sont en partie inclus dans les macrophages de Metchnikoff; 2° à leur inclusion dans les éléments fixes du tissu conjonctif.
- Épuration du gaz d'éclairage. — M. Ad. Carnot résume une Note de M. Léo Vignon relative au. moyen de livrer à la consommation un gaz de houille exempt d’oxyde de carbone. La toxicité du gaz d’éclairage est presque exclusivement due à l’oxyde de carbone qu’il contient dans la proportion de 8 à 10 pour 100.. On sait, d’autre part, que les canalisations qui conduisent le gaz depuis les usines jusque chez le consommateur ne sont jamais étanches; elles perdent 5 à 20 pour 100 du gaz écoulé, suivant leur état. 11 suit de là que, dans les villes, les habitants sont continuellement soumis aux émanations de gaz d’éclairage et que par suite ils subissent une intoxication continue. M. Léo Vignon indique trois moyens pour épurer dans les usines le gaz de houille : soit transformer l’oxyde de carbone en méthane, soit transformer l’oxyde de carbone en acide carbonique et le fixer sous cette forme, soit enfin traiter cet oxyde par le chlorure cuivreux.
- L'excitation nerveuse. — M. Dustre présente un travail de M. Lapicque sur la théorie de l’excitation nerveuse. Cette excitation n’est autre chose que la transformation d’une action extérieure en infiux nerveux. Le phénomène ne nous est pas directement accessible, mais on en peut observer les efîêls et les conditions. M. Lapicque assimile cette action à une polarisation de membrane. Il s’est livré à de nombreuses mesures sur des animaux et à des calculs très compliqués. Sa théorie rend compte de la résistance des nerfs à l’excitation sous l’effet d’une action lentement progressive. Il confirme la notion qu’il avait introduite précédemment que chaque nerf est caractérisé par une vitesse particulière de ses processus.
- Cil. DE VlU-EDEUlL.
- UNE HORLOGE MYSTÉRIEUSE
- . Au cours de nos pérégrinations dans le monde des inventeurs, il nous arrive parfois de rencontrer des conceptions originales que leurs auteurs se sont contentés de mettre au point sans chercher à éveiller l’enthousiasme des foules en leur faveur.. Souvent môme l’objet n’est pas breveté : à quoi bon, il n’est pas destiné au commerce.
- Il nous faut bien avouer que cette modestie n’est pas la règle générale, les inventeurs cher&hant plu-
- tôt à tirer un profit honorifique ou pécuniaire de leurs créations qu’ils exposent à tout venant, avec une surabondance de détails. On les quitte la tête farcie de propositions et d’arguments formant un ensemble incompatible avec les facultés d’aSsimila-tion d’un homme ordinaire !
- On a lu dans un précédent numéro1 la description
- 1 Yoy. n° 1823, du 2 mai 1908, p. 337.
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- UNE HORLOGE MYSTERIEUSE
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- de l’hélicoptère Paul Cornu. L’inventeur nous a dit lui-même comment il comprend l’aviation et nous sommes renseignés sur ce chapitre. Mais il n’est pas aussi expansif en ce qui concerne l’horloge thermique qu’il a construite en 1902, dont jamais personne n’a parlé et qui marche à la perfection depuis cette époque. Elle comporte un principe que M. Paul Cornu tient à garder secret, et c’est là le côté désolant de l’alfaire. Un de nos lecteurs pourrait-il le dénicher?
- Pour aider les recherches, nous allons donner la description générale de la mystérieuse horloge que représente notre photographie.
- Vous voyez tout d’abord un socle ; c’est un vulgaire réservoir contenant deux litres d’alcool. Il porte, sur la gauche, une petite lampe placée dans une lanterne dont la flamme chauffe un double cône creux réuni par un tube à un autre double cône semblable. Yoilà le balancier qui pivote autour d’un axe central et, à l’aide d’une chaînette (celle de droite) et de cliquets, entraîne une grande roue sur laquelle est fixée l’aiguille des minutes; celle-ci forme cadran à son tour pour l’aiguille des heures, qui, elle, est actionnée par la rencontre d’une butée fixée sur le grand cadran.
- Disons maintenant comment fonctionne l’horloge. Le cône de gauche étant au-dessus de la flamme (position indiquée par la photographie) s'échauffe peu à peu, et, au bout de cinq secondes, quitte brusquement la position qu’il occupe, s’élève en entraînant le balancier jusqu’à ce que le cône de droite vienne se 'poser sur son support fixé également sur le réservoir à alcool. Pendant ce mouvement, la chaînette solidaire du bras gauche du balancier a tiré sur un petit volet et l’a obligé à venir recouvrir la flamme de la lanterne. Le cône peut donc se refroidir. Au bout de cinq nouvelles secondes il redescend brusquement; le volet de la
- lanterne s’abaisse et, de nouveau, le réchauffement a lieu pendant cinq secondes, et ainsi de suite. La grande aiguille de l’horloge a été actionnée par la chaînette de droite qui a tiré sur des cliquets engrenant sur la grande roue.
- A gauche du cadran on remarque un troisième double cône semblable à ceux du balancier ; il sert simplement de contrepoids pour relever les cliquets.
- Le balancier porte également un disque de réglage sur son bras gauche. Enfin une molette que l’on aperçoit près de la lanterne règle la hauteur
- de la flamme pour donner de l’avance ou du retard.
- Insistons sur ce fait qui caractérise l’invention : le balancement des deux cônes doubles se fait par saccades ; le cône de gauche reste sur la flamme pendant cinq secondes, puis il s’élève brusquement et met exactement une seconde à atteindre sa position supérieure de refroidissement qu’il occupe pendant cinq autres secondes. Ce mouvement brusque est nécessaire pour la mise en action du restant du mécanisme ; celui-ci demeurerait inerte si le mouvement s’effectuait lentement. En somme tout le secret de l’invention réside dans la construction du balancier.
- Ajoutons encore que le réservoir à alcool peut alimenter la lampe pendant un mois. Et voilà!
- Nous avons cherché à en savoir plus long; mais M. Paul Cornu demeure « muet comme au sérail.... >x!
- Et il est aussi difficile de faire parler un inventeur qui ne veut rien dire que de faire taire un inventeur qui tient à parler !
- Lucien Fournier.
- Le Gérant : P. Masson.
- L’horloge thermique de M. Paul Cornu.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. - N° 1827.
- 30 MAI 1908
- FONDATIONS TUBULAIRES
- On vient de construire en Irlande, sur la rivière Harrow, près de Waterford, et afin de donner passage à une voie ferrée, un pont qui présente ce premier intérêt d’offrir un développement linéaire de près de 650 m., réparti, il est vrai, en 15 travées fixes et une travée tournante; et celui, peut-être plus grand, de reposer sur des fondations et piles tubulaires qui descendent à très grande profondeur. 11 nous a semblé opportun de donner une description rapide de ces travaux, conduits par la laineuse maison anglaise William Àrrol, pour mon-
- A GRANDE PROFONDEUR
- blement, et en l’employant, du moins à un moment donné, comme un caisson à air comprimé qu’on laisse en place et qui forme la chemise du massif cylindrique, de béton ou de maçonnerie, chargé de supporter le poids du pont terminé. Les cylindres métalliques des piles avaient ici leur partie inférieure constituée par des anneaux de tôle d’acier, hauts de 1,50 m. à peu près, et reliés les uns aux autres par des profilés d’angle et des T, les anneaux inférieurs ayant une épaisseur de 12 mm. et les autres de 9,5 mm. En bas du tube, était naturel-
- .............................................................................
- I lis’
- Lo pont de
- 1. Coupc d’une grande pile-caisson. — 2. Vue générale du pont. -
- trer comment, à l’heure actuelle, s’établissent des fondations de ce genre.
- Sur une bonne partie de l’ouvrage, on pouvait trouver le roc solide à une profondeur relativement faible; mais, en d’autres points, on comptait à tort rencontrer un banc de sable grossier et résistant, à 15,60 m. au-dessous du niveau du lit de la rivière, tandis qu’il fallut descendre bien plus bas ; dans un cas, le fonçage dut descendre à 29,56 m. sous le lit de la rivière : c’est-à-dire que les hommes travaillaient au fond du tube de la pile sous une pression considérable de plus de 5 kg par centimètre carré. Comme le dit le mot, et comme on le sait peut-être déjà, dans ces fondations de piles tubulaires, c’est un véritable tube métallique que l’on enfonce verticalement dans le sol, en le chargeant convena-36e aimée. — tU1' semestre.
- Waterford.
- - 3, 4, S, 6. Fonçages des diverses piles. — 7. Plan de l’ouvrage.
- lement un couteau soutenu intérieurement par des fers cornières. Ce couteau forme la chambre de travail, avec trois anneaux de renforcement qui se trouvent au-dessus de lui ; son plafond se présente sous la forme d’un anneau circulaire horizontal qui soutient le béton coulé entre un muraillement de bois et les parois du cylindre ; ce béton est destiné à lester celui-ci. Nous devons noter que la partie supérieure de chaque cylindre, mettons des tubes, à partir de 5,60 m. au-dessous du niveau du lit de la rivière, est composée d’anneaux de fonte formés de 4 segments et boulonnés les uns aux autres. L’assemblage des anneaux de fonte à leurs voisins s’est fait à l’aide de boulons passant par des trous ovalisés qui facilitaient le montage.
- C’est toujours au moyen d’un échafaudage établi
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- 402 ===== LA TOURBE ET SES
- sur des pilotis loncés dans le lit de la rivière, que l’on met en place les éléments successifs d’un tube de ce genre, au fur et à mesure que descendent dans l’eau ou le sol les premiers anneaux. Une longueur suffisante du tube, était d’abord montée de la sorte hors de l’eau, le couteau, c’est-à-dire la base du tube, reposant sur des poutrelles transversales installées au bas de l’échafaudage, et aussi près que possible du niveau de l’eau ; on effectuait alors le remplissage en béton, pour lester le tube. On le soulevait au moyen de vérins disposés à la partie supérieure de la charpente, puis on enlevait les poutrelles formant auparavant appui, et l’on pouvait descendre alors ce tube dans l’eau de manière à ce qu’il reposât sur le lit de la rivière ; la profondeur d’eau étant variable, il suffisait, pour répondre aux diverses circonstances, de monter un plus ou moins grand nombre d’anneaux, et de donner une hauteur proportionnée à l'échafaudage supérieur devant supporter en haut les vérins hydrauliques de soulèvement et de descente. Dès que le cylindre était ainsi en position, et maintenu latéralement pour que sa descente se fit bien verticalement, on mettait en fonctionnement, au bout d’une chaîne ad hoc, une de ces bennes à chargement automatique, pio-cheuses, pelles à vapeur, qui sont trop peu employées chez nous, et qui peuvent rendre tant de services ; de la sorte on enlevait une grande quantité de déblais à l’intérieur du puits ménagé dans l’axe du cylindre, et, le couteau chassant les terres à l’intérieur de l’excavation sous le poids du béton de lestage, on voyait le cylindre descendre parfois jusqu’à 9 m. dans la vase du fond de la rivière. Lorsque les appareils d’excavation ne semblaient plus avoir qu’un effet trop restreint, on recourait à l’air comprimé, et, pour cela, on montait une écluse à air en haut du cylindre, en disposant une partie métallique conique pour relier ce cylindre à l’écluse. Immédiatement au-dessus de cette portion conique, qui se monte par boulons sur le collier de l’anneau d’en haut, se trouve l’écluse pour les hommes et, par-dessus, l’écluse à matériaux, avec l’appareil élévatoire pour monter les bennes à déblais; les chambres d’entrée ou de sortie des hommes sont
- USAGES INDUSTRIELS r.....................,..—
- absolument indépendantes de l’écluse à matériaux. Naturellement les hommes montent ou descendent par une échelle scellée dans le béton du revêtement intérieur du cylindre.
- Le travail, dans ces caissons verticaux et tubulaires, s’est fait dans de bonnes conditions, en dépit de la profondeur et de la pression dont nous avons parlé. La profondeur maxima à laquelle on s’est trouvé en dessous du niveau de l’eau à haute mer, a été de 54,85 m. A part quelques indispositions, les ouvriers ne se sont pas trouvés affectés par la pression qu’ils devaient supporter ; et encore les plus mauvais effets, chose bizarre, se sont manifestés quand la pression était comprise entre 1,75 et 2,45 kg par centimètre carré, et cela parce que les hommes s’étaient hasardés à passer trop vite par l’écluse. En principe, deux hommes travaillaient simultanément dans la chambre tandis que deux autres étaient en haut, l’un ouvrant et fermant les portes pour 1 eclusage des matériaux, l’autre se trouvant lui-même sur la plate-forme de l’échafaudage et manœuvrant le treuil à vapeur qui élevait les bennes. Tant que la pression ne dépassa point 2,10 kg, l’équipe du fond pouvait demeurer 8 heures au travail; mais, au delà, la durée de la journée fut réduite à 6 heures. Ce temps comprenait l’éclusage, qui était de 25 à 55 minutes, suivant la pression. Au sortir du travail, les hommes prenaient du café bien chaud, et on leur conseillait d’aller au grand air.
- Aussitôt que l’on avait constaté que le tube reposait bien solidement et uniformément sur la roche, on déblayait entièrement la chambre de travail, puis on y coulait, toujours sous pression, 5,60 m. de béton; on laissait prendre pendant 5 jours sous cette même pression. Alors on pouvait déboulonner l’écluse, puis verser dans le puits central du béton, composé de 6 parties de gravier et de sable pour une partie de ciment, de manière a bien faire le plein du puits. Dans ces conditions, la pile, avec son enveloppe métallique, ne constituait qu’un massif homogène, sur lequel on mettait en place le dernier anneau métallique destiné à supporter le tablier du pont. D. Lebois.
- LA TOURBE ET SES USAGES INDUSTRIELS
- Nous ne passerons pas en revue tous les pays qui possèdent et exploitent des tourbières ; mais on sait que l’Allemagne et l’Irlande en particulier sont fort bien dotées à cet égard; l’Allemagne a diminué depuis quelques années l’exploitation de ses tourbières, bien que son sol soit loin de lui fournir tout le combustible dont elle a besoin, et qu’elle se contente souvent de ce lignite dont la Prusse produit annuellement plus de 40 millions de tonnes. L’Irlande est par excellence le pays des tourbières, du bog, comme on dit, et une carte de la contrée la montre parsemée de tous côtés de ces bogs. Un rap-
- port, publié au commencement du siècle dernier, évaluait à bien plus de 1 500 000 hectares la superficie des tourbières irlandaises susceptibles ou non d’être mises en culture. Voici trois siècles d’ailleurs qu’on poursuit ce qu’on peut appeler la conquête agricole de ces terrains ; et, dès le commencement du xviie siècle, ainsi que l’expliquait Gérard Boate en 1645, on desséchait toutes les tourbières que l’on pouvait pour répandre ensuite des engrais à leur surface. Au xvme siècle, on se livra à des plantations méthodiques, et des Hollandais s’étaient offerts pour mettre en culture ces grandes étendues. A
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- —..........;... LA TOURBE ET SES
- l’heure actuelle, où l’on prétend — avec raison — ne rien laisser perdre des richesses naturelles, on veut exploiter toute l’épaisse couche de tourbe qui forme les bogs'de la plaine centrale irlandaise, avant que de livrer ces vastes espaces à l’utilisation agricole ; et dans ce but, il est nécessaire de trouver à la tourbe un emploi autre que la confection des briquettes grossières, brûlant mal, donnant peu de chaleur, comme celles que l’on tire ordinairement des tourbières exploitées suivant les vieux errements. Et c’est pour cela que, en Irlande tout particulièrement, nous verrions pratiquer à l’heure présente, ou du moins essayer les divers procédés de traitement de la tourbe que nous allons rapidement passer en revue.
- Pour ce qui est de la tourbe litière, on utilise généralement la deuxième et la troisième couche. Après que les mottes de tourbe ont été séchées à l’air libre ou dans un four, on les fait passer dans une machine à diviser, que les Allemands appellent Reisswolf, un autre type étant connu sous le nom d’appareil Dolberg : d’une manière générale, on peut dire que, dans ces machines, des hérissons viennent, en tournant, assurer la désintégration de la tourbe. On tamise pour isoler les poussières, et l’on forme des balles comprimées qu’on soumet à une presse primitive, et qu’on ligature au moyen de fil de fer. Pour la fabrication de la tourbe fourrage, qui, ici, est un simple véhicule pour de la mélasse, on broie la tourbe, prise en surface, et l’on ajoute à 20 ou 25 pour 100 de cette tourbe, 80 ou 75 parties de mélasse de betterave.
- La présence des libres végétales est donnée comme réagissant contre l’action laxative de cette dernière, et l’ensemble est plus doux de goût que de la mélasse seule, les acides influant sur les alcalis de celle-ci. L’Allemagne consomme bien 200000 tonnes de ce produit.
- Nous signalerons rapidement la poudre de tourbe, que l’on emploie pour l’emballage des fruits ; ou encore le « mull », qui sert à des filtrages, et qui est une agglomération des fibres végétales provenant de la tourbe.
- On trouvera, dans les études de M. Ryan ou de M. Leavitt, des indications sur les autres industries diverses qui utilisent les fibres de la tourbe, autrement que par combustion. C’est le cas, par exemple,
- USAGES INDUSTRIELS ---— 403
- pour la fabrication des papiers de tourbe. On soumet la matière première à un traitement convenable dans un grand digesteur, du type sphérique et tournant ; puis on envoie la masse à la machine de scarification et de battage, qui donne une véritable pulpe; généralement, on ne blanchit pas celle-ci, et une machine à papier d’une disposition assez courante donne un papier brun d’une texture très forte et de bonne qualité.
- Aujourd’hui, on semble s’engager dans une autre voie pour tirer parti sur une grande échelle des
- immenses gisements de tourbe qui se rencontrent dans tant de pays. On veut, d’une part, transformer la tôurbe en un charbon ou en un coke représentant, sous faible volume, une puissance calorifique suffisante pour que le produit couvre et au delà les frais de transports; et, d’autre part, on cherche à tirer de la tourbe des gaz susceptibles d’alimenter des moteurs, en même temps que des sous-produits, ou même à faire de l’alcool au moyen de cette tourbe.
- Insistons sur les deux premières fabrications, qui du reste peuvent se lier intimement. Il est bon, tout d'abord, de se rappeler que souvent la tourbe com
- Fig. 1. — Carte de l’Irlande et de scs tourbières.
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- 404 ===== LA TOURBE ET SES
- tient 55 pour 100 de carbone (à l’état humide), et 50 pour 100 à l'état sec, alors que les proportions correspondantes sont de 50 dans le bois et de 70 dans une foule de charbons de terre. On peut traiter la tourbe tout simplement en la comprimant sous très forte pression, et il existe dans ce but notamment une presse spéciale Dobson, dont on dit grand bien.
- Il faut toutefois, généralement, recourir au séchage véritable, si l’on veut abaisser très sensible-
- USAGES INDUSTRIELS . ......:
- souvent de 50 pour 100; la matière se présente sous un aspect granulé, et si on la force à passer à travers des plaques perforées, on voit linalement sortir une sorte de pâte pouvant être moulée en blocs qui sécheront bien sans être soumis à une forte pression. Malheureusement, ce procédé n’a pas fait véritablement ses preuves, et il semble plus sage, au moins provisoirement, de se limiter à des procédés de traitement qui consistent à « cokilier » franchement la tourbe, en escomptant comme béné-
- Fiy. 2. — L'exploitation classique d’un champ de touche et l’outil employé.
- ment la proportion d’eau que contient cette substance; et, bien entendu, la dessiccation élève le prix du produit obtenu, parce que cette opération exige une quantité notable de combustible destiné au chauffage du four. Pour remédier à cet inconvénient de la forte teneur en humidité, que ne suppriment pas les presses les plus puissantes et les plus coûteuses, on a songé à ce qu’on appelle la « condensation » de la tourbe; le principe suivi ici consiste à faire passer la tourbe entre des cylindres tournant à des vitesses très différentes, et par suite brisant les fibres. Ce passage chasse l’air qui est dans la masse, et celle-ci voit son volume réduit
- fice la vente des divers sous-produits. Le coke de tourbe en lui-même peut fournir une élévation de température considérable ; mais c’est surtout par la valeur des sous-produits que cette opération devient intéressante.
- Le mot de sous-produit est peut-être un peu hors de place, quand on poursuit spécialement la fabrication d’un gaz pauvre servant à la force motrice.
- En Angleterre, la Compagnie Mond (dont le nom est bien connu en matière de gaz pauvres) s’est livrée à des expériences très complètes sur cette fabrication; et elle a dès maintenant installé à
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- LA TOURBE ET SES USAGES INDUSTRIELS ======= 405
- Fig. 5. — Paysage des tourbières d’Irlande.
- Milan une station électrique de 2000 chevaux, dont les moteurs sont alimentés uniquement par du gaz de tourbe : la matière première abonde dans certaines parties de l’Italie. Dans celte installation, on ne manque point de recueillir l’ammoniaque que laisse libre la fabrication du gaz.
- Une tonne de tourbe sèche peut donner près de 1800 mètres cubes de gaz et 55 kilogrammes de sulfate d’ammoniaque. Et tout en évaporant ce sulfate, et en engendrant la vapeur nécessaire au fonctionnement du gazogène, on peut, avec cette tonne de tourbe, produire 480 chevaux-heure. Pour la tourbe irlandaise, on obtiendrait, avec 2 tonnes de cette matière, autant d’ammoniaque qu’en donne une tonne de houille.
- Ce qui se fait peut-être de plus intéressant en cette matière, c’est le traitement de la tourbe tel
- qu’il est pratiqué, suivant la méthode Ziegler, à Beuerberg, en Bavière. M. Ziegler était déjà arrivé à une solution satisfaisante avec des cornues de distillation analogues à celles qu’on emploie pour le
- lignite; il a modifié maintenant, et on peut dire mis au point, ses méthodes, qui donnent de lions résultats pécuniaires. Il a su, du reste, installer son immense usine (qui occupe 400 hommes à des travaux variés) tout à côté de tourbières très vastes, qui pourront l’alimenter durant des années. La tourbe, coupée suivant les méthodes courantes, est livrée à un élévateur qui l’amène de façon continue aune presse, du système Dolberg, mue électriquement : de cette manière, l’installation n’est point pesante et peut s’installer de côté et d’autre à la surface de la tourbière, sur une voie légère; il y a
- Fig. 4. — L’installation do pressage des mottes do tourbe à Beuerberg.
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- 406 =—: LA GRUE ET LES PYGMEES DANS L'EGYPTE ANCIENNE
- 1 1 presses en fonctionnement simultané et qui travaillent nuit et jour, la tourbière étant éclairée électriquement. Point curieux à indiquer : les chaudières de la station centrale électrique sont chauffées à la tourbe ou au gaz pauvre de tourbe. Chaque presse fournit un double boudin carré de tourbe, qui est débité en section au fur et à mesure de sa sortie; on emporte ces sortes de pains dans des wagonnets jusqu’à un champ de dessiccation, et l’on procède à un empilage savant et gradué, qui a pour effet de ramener la teneur en humidité de la tourbe vers 25 ou môme 20 pour 100. Suivant qu’on arrive complètement ou non à ce résultat, c’est-à-dire que l’humidité est plus ou moins accentuée, on transforme la tourbe en coke proprement dit, ou l’on ne la cokifie qu’à demi. Cela se fait dans des fours spéciaux, où les pains de tourbe sont apportés par des courroies porteuses; on y recueille toujours les gaz de combustion. Nous n’insisterons pas sur les fours de cokification, quel que puisse être leur intérêt; notons seulement que le premier chauffage est obtenu au moyen de grilles auxiliaires sur lesquelles on charge de la tourbe sèche, les gaz qui s’échappent des pains soumis à la cokifîcation assurant ensuite la continuation de l’opération.
- De toute manière, on recueille tous les gaz produits, et on les purifie pour en extraire les produits chimiques utilisables. Mais, dans certains fours, on ne poursuit que la production du gaz pauvre et des
- produits chimiques divers. Avec les fours en question, il suffit d’un kilo de tourbe séchée à l’air pour fournir le gaz nécessaire à la production d’un cheval-heure.
- Disons rapidement que la récolte des sous-produits comporte d’abord l’installation de colonnes de condensation, qui permettent de recueillir le goudron et les eaux goudronneuses. Nous n’avons pas besoin d’entrer dans de longs détails pour faire comprendre que le traitement du goudron donnera de l’huile de goudron, de l’huile de créosote, et que, d’autre part, les eaux vont fournir du sulfate d’ammoniaque, de l’acétate de calcium et aussi de l’alcool méthylique.
- Pour donner idée des résultats obtenus, ajoutons que 1000 tonnes de houille sont à même de fournir 550 tonnes de coke, 4 de sulfate d’ammoniaque, 6 d’acétate, 2 d’alcool, 8 de paraffine, 4 d’huile de paraffine, 2 de brai, autant de créosote, sans parler des gaz. Quant au coke, dont la production ne se fait pas toujours, ainsi que nous l’avons dit, il est très demandé. On s’est aperçu qu’il rend de meilleurs services encore que le charbon de bois en métallurgie, pour la soudure, le brasage, le durcissement ; et l’on est en train d’installer à Oldenburg un haut fourneau qui brillerait du coke de tourbe. H y a peut-être là toute une révolution en préparation pour les pays possesseurs de vastes tourbières ?
- Pierre de Mériel.
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- LA GRUE ET LES PYGMÉES DANS L’ÉGYPTE ANCIENNE
- Si l’on en juge d’après les bas-reliefs memphites, c’est par troupeaux de plusieurs milliers, que les Egyptiens élevaient la grue, sous l’ancien empire. Les monuments nous en offrent quatre espèces différentes : la grue cendrée, la demoiselle de Numidie, le fat et le au.
- La grue cendrée (Grus cinerea Bechst.)
- — Cet échassier (fig. 3), haut sur ses jambes, a la tête petite, un long cou et un bec pointu muni d’une crête dorsale aiguë. Il mesure 1,48-m. de long et 2,55 m. d’envergure. L’aile pliée s’étend au delà de la queue.
- Tout son plumage est d’un beau gris cendré, à l’exclusion de la gorge, du cou et de l’occiput qui sont d’un noir profond à reflets bleuâtres. La partie nue du sommet de la tête est rouge.
- Cette espèce s’apprivoise facilement, s’attache à son maître et guide le bétail, comme ferait le chien le mieux dressé1. Les Égyptiens la désignaient sous le nom de ga. Cette dénomination, formée par onomatopée de son cri, devait se
- 1 Breh.m. Les oiseaux, t. II, p. 673 et suiv., éd. lïanç. Gould. Birds of Europe, t. IV, pl. 270. — 2 Le nom de cet oiseau, imité de son cri, est à peu près le même dans toutes les lan-
- prononcer avec une forte accentuation gutturale2. D’après Hérodote, les Égyptiens se servaient de la peau de cet oiseau pour recouvrir leurs boucliers. D’autres écrivains ont raconté qu’au printemps, les grues allaient aux sources du Nil combattre les Pygmées.
- Originaire de la Sibérie, où elle passe l’été, la grue cendrée s’avance en hiver jusqu’au Soudan. La voyant arriver, tour à tour, de l’une de ces régions, les anciens l’appelaient, également, l’oiseau de Scy-thie et l’oiseau de Libye3.
- Les grues arrivent par bandes en Égypte et en Nubie; au mois d’octobre, elles fréquentent les bancs de sable qui émergent du Nil et repartent vers le milieu de mars.
- La demoiselle de Numidie (Antropoïdes Virgo Yieill.) — Plus petite que la précédente, elle mesure environ 90 cm de longueur et 1,76 m. d’envergure.
- La demoiselle de Numidie a les mêmes mœurs, les mêmes qualités que la grue cendrée, mais elle est plus élégante, plus gracieuse, son bec moins
- gués. En grec géranos; en lalin grus; italien gru ; espagnol grulta ; allemand krane ; anglais crâne ; danois trane; hébreu âgour. — 3 Aristote. Hist. anim., VIII, 15.
- Le chef de cuisine
- Khnoum-.lIotep. (D’après Perrot et Chipiez.)
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- long, plus arrondi. Son plumage est d’un gris bleuâtre très clair, presque blanc. De l’extrémité de chaque œil, part une touffe de plumes blanches et flexibles qui tombent en arrière et ondulent au moindre mouvement de l’oiseau. Sur le devant du cou, descend, en forme de jabot, une troisième touffe de longues plumes noires et soyeuses1.
- Les Egyptiens donnaient à cet anthropoïde le nom d’Oudja (fig. 2) et leurs plus anciens monuments nous en montrent des troupeaux ne comprenant pas moins de mille individus.
- Par sa parure, sa démarche cadencée, ses gestes mimiques, cette espèce a toujours provoqué l’attention de l’homme. Placées en cercle ou confusément, les demoiselles de Numidie sautent, gambadent, s’inclinent, se font des révérences ; on a souvent comparé leurs allures aux danses des Bohémiennes. Aristote appelle cet oiseau le Comédien et Pline le Pantomime2.
- L’anthropoïde demoiselle habile en été la Mongolie, la Tar-tarie, les bords delà Caspienne; émigre en automne, dans le sud de l’Inde, au centre de l’Afrique ; arrive au mois d’octobre en Égypte et en Nubie, et quitte ces contrées à la fin de mars ou au commencement d’avril.
- Les deux autres espèces, le L'at et le au (fig. 4),
- 1 Brisson. Ornithologie, t. V, p. 388. Gourd. Birds of Egypte, t. IV, pl. 272. Breiim. Les Oiseaux, t. II, p. 677, éd. française. — 2 Aristote. Hist. nat. des animaux. Liv. VIII, cliap. ix.,Pline. Hist. nat. Liv. X-23. — 5 A rapprocher du démiurge égyptien Ptali, autre nain difforme, et
- figurent aussi par milliers dans les basses-cours de l’ancien empire, mêlées à d’autres volatiles, mais elles n’offrent rien d’assez caractéristique permettant de les identifier.
- L’histoire des Pygmées est si étroitement unie à celle de la grue, qu’il ne sera point sans intérêt de parler ici d’un peuple sur lequel on a inventé tant de récits extraordinaires et qui, durant de longs siècles, fut, pour les artistes et les poètes, une source féconde d’inspiration.
- Mais voyons d’abord d’où vient ce mot de pygmées.
- Pygmalion, le créateur de cette œuvre parfaite à laquelle Vénus insuffla la vie, était un nain grotesque, méchant et cruel3. D’après Renan et M. de Yogüé, son nom serait un dérivé de celui du dieu phénicien Poumai dont la racine signifie « l’empreinte du pied », peut-être même « le dieu d’un pied de long ». Or le mot 7tuyp.^ désignant une mesure de longueur, plus courte que la coudée, les Grecs ne pouvaient manquer d’établir un rapprochement entre cette mesure et la taille de la divinité tyrienne. Dès lors, par un de ces calembours si fréquents dans la mythologie antique, ils donnèrent ce nom à Poumai qui s’étendit ensuite à toute la race des Pygmées4.
- d’IIéphaistos, le forgeron divin, boiteux et contrefait. — 4 Voir Le mythe de Pygmalion et le dieu Pygmée, par Pli. Berger. Comptes rendus de l’Académie des Inserip. cl Belles-Lettres, année 1880, t. VIII, p. 67.
- Fig. 2.
- La demoiselle de
- Numidie.
- Fig. i. — La grue l’at et la grue au.
- Fig. 5. — Bas-relief mempliite.
- Fig. 6. — Nain conduisant un bœuf. (D’après Wilkinson.)
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- Fis-
- Fig. 7. — Pointure (le Boni-Hassan. (D’après Rossellini
- Voici, racontées brièvement, les fables auxquelles ce petit peuple a donné lieu.
- D’après certains auteurs, les Pygmées formaient un royaume spécial gouverné par une femme du nom de Gerana. Traitée par son peuple avec les honneurs divins, celte princesse en conçut un tel orgueil, qu’elle en vint à mépriser les déesses elles-mêmes, ne cessant de répéter que la beauté de Junon, de Minerve, de Diane et de Vénus elle-même ne pouvait en rien être comparée à la sienne.
- Justement irritée, Junon la changea en grue (fîg. 12) et la condamna à faire la guerre à ses propres sujets. Ceux-ci étaient de
- si petite taille, qu’ils faisaient traîner leurs chariots par des perdrix et, lorsqu’ils allaient au combat revêtus de leurs armes, trop faibles pour résister, ils étaient emportés dans les airs entre les ongles recourbés de l’impitoyable grue. Leurs femmes enfantaient à trois ans et étaient vieilles à huit. Ils habilaient des maisons faites de coquilles d’œufs ou des trous qu’ils pratiquaient sous terre ; voyant dans les épis des arbres de haute futaie, ils abattaient le blé à l’aide d’une cognéel.
- 1 Elien. De nat. anim., lib. XV, 29. Ovide. Mélam. Liv. VI, v. 90 à 92. Athénée, lib. IX, 10. Juvénal. Sat. XIII. Philostrate. Images ou tableaux de peinture. —2 Philostrate. Images ou tableaux de peinture. Hercule parmi les Pygmces. Cette fable a fourni à Swift le sujet de Gulliver chez les Lilliputiens.— 3 Strabox. Géographie. Liv. XVII, cb. Il, 1.
- S. — Pygmées offrant lin sacrifice. (Peinture de Pompéi.)
- On raconte encore, qu’après avoir vaincu Anlée, fatigué par la lutte, Hercule s’endormit sur le sable fin de la Libye où il ne tarda pas à être assailli par une armée de Pygmées. Un bataillon charge la main gauche, des compagnies d’élite s’acheminent vers la droite, des archers assiègent les pieds. Considérée comme une citadelle, la tête est l’objet de manœuvres spéciales. Sur l’ordre du roi, qui commande en personne, on amène les machines et autres engins de guerre ; des feux artificiels sont lancés dans la chevelure. Mais voilà que, tout à coup, le dormeur se relève, éclate de rire et empoignant tous ces vaillants champions, il les serre dans sa peau ) de lion et les apporte à Eurysthée2.
- Des contes aussi extravagants contribuèrent beaucoup à jeter le discrédit sur l’histoire des Pygmées et à la faire regarder comme un mythe. Strabon n’y voit qu’une hetion et déclare qu’aucun voyageur digne de foi n’a parlé de ce peuple comme l’ayant vu3. En dépit d’une semblable opinion, tous
- les auteurs de l’antiquité, aussi bien les écrivains profanes que saint Augustin et les Pères de l’Eglise, sont d’accord sur l’existence des Pygmées, sur leur petite taille et sur leurs combats avec les grues. Ces témoignages sont en outre confirmés par de nombreuses œuvres d’art, lesquelles permettent d’aflîrmer que, non seulement les anciens possédaient des notions précises sur la région habitée par ces nains, mais encore qu’ils n’ignoraient ni leurs mœurs, ni leur religion.
- Se faisant l’écho d’une croyance qui, sans doute, lui était de beaucoup antérieure, Homère est le pre-
- Fig. 9. — La danse du dieu. (Peinture de Pomjiéi.)
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- mier à faire mention des Pygmées ; c’est au début du troisième chant de l’Iliade : « Quand tous, de chaque côté, se furent rangés sous leurs chefs, les Troyens s’avancèrent, pleins de clameurs et de bruit comme les oiseaux. Ainsi le bruit des grues monte dans l’air, quand, fuyant l’hiver et les pluies abondantes, elles volent sur les flots d’Okéanos, portant le massacre et la Kér de la mort aux Pygmées ». 11 est bien question ici de la guerre portée par les grues chez les Pygmées, mais le poète ne parle ni de la taille de ce peuple ni de son pays.
- Si l’on en croit Strabon, Hésiode s’exprimerait d’une façon semblable et ne donnerait pas davantage de déLails1.
- la nation des Pygmées était entre les marais qui seraient l’origine du Nil et reproduit ce qu’il a entendu dire du combat de ce peuple contre les grues3.
- Hérodote4 raconte également qu’on rencontrait des hommes de petite taille dans l’intérieur de l’Afrique et, selon Gtésiasil y avait au milieu de l’Inde des hommes noirs très petits, dont les plus grands atteignaient à peine deux coudées de haut. Nous n’examinerons ici que les Pygmées Africains et plus spécialement ceux qui avoisinent le bassin du Nil.
- Andrew Bat tell est le premier qui ait signalé l’existence d’un petit peuple appelé Matimbas, espèce de Pygmces, dit-il, qui ne sont pas plus grands
- Fig. 10. — Combat des Pygmées contre les Grues. (D’après un vase grec.)
- Dans son histoire naturelle des oiseaux, Aristote est plus affirmatif : « Les grues, dit-il, se transportent de la Scythie dans les marais de la haute Égypte d’où sort le Nil. C’est le pays où habitent les Pygmées, auxquels elles font la guerre ; car les Pygmées ne sont pas du tout une fable, et il existe réellement une race d’hommes, comme on l’assure, de très petite taille, ainsi que leurs chevaux, et qui passent leur vie dans des cavernes2 ». Dans ce passage le philosophe grec mentionne, non seulement les combats entre grues et Pygmées, mais tout ce qu’il rapporte se trouve confirmé par les découvertes modernes.
- Avec de nombreuses fables, Pline rapporte que
- 1 Stiubon, Géographie. Liv. XVII, ch. ii, 1. — 9 Aristote. Hist. des animaux. Liv. VIII, ch. xiv. — 3 Ilist. nat. — 4 Liv. II, 32.— 5 Histoire de l'Inde, XI, extrait de Pholius.
- que des enfants de V2 ans, mais très robustes; ils habitaient au nord-est du Mani-Kesoch, c’est-à-dire le pays même où l’on trouve aujourd’hui les Akoas, ou Bongos, dans lesquels on a cru reconnaître les nains dont parle Hérodote. De son côté, dans sa description de l’Afrique, Dapper signale au cœur du Loango, une province pleine de forêts où il n’y avait que des nains appelés Mimos et Balkke-Bakke, qui ont été identifiés avec les Banboukos sur lesquels Bastian et Falkcslein ont attiré l’attention6.
- D’autres petits nègres apparaissent dans le bassin du Nil. En 1871, Schweinfurth vit pour la première fois à la cour de Munza, roi des Mombouttous, l’un
- — 6 Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, t. lî, année 1879. Essai de coordination des matériaux, etc., p. 79 par E.-T. Itamy.
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- de ces nains dont la taille ne dépasse pas 1,52 m. et celle des femmes 1,56 m. Ils habitent à peu près sous l’équateur et offrent une étroite ressemblance avec ceux des régions occidentales; toutefois leur couleur est moins foncée et tire plus sur le jaune que celle des nègres leurs voisins. Ce sont les vrais Pygmées d’Homère, d’Aristote, de Pline et de la plupart des auteurs anciens.
- Les chevaux minuscules, montés par les Pygmées, dont parle Aristote, ne sont mentionnés par aucun voyageur moderne comme appartenant à la faune du pays. Toutefois White Baker raconte que les bestiaux des Paris, habitants de Gondokoro, sont de très
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- coites, les habitants de ces régions leur fissent une guerre acharnée et détruisissent leurs œufs. Buffon raconte que dans certaines contrées de la Pologne, où les grues cendrées sont fort nombreuses, les paysans sont obligés de se bâtir des huttes au milieu des champs pour les écarter5. Aujourd’hui encore, dans la haute Égypte et en Nubie les fellahs établissent, de loin en loin, dans la plaine, des postes d’observation sur lesquels des jeunes gens, armés de frondes, poussent des cris et lancent des pierres, pour effrayer les moineaux (fig. 16).
- Les œuvres d’art, inspirées par les Pygmées sont si nombreuses et tellement variées, qu’elles pour-
- Fig. 11. — Scène d’initiation (?) (Peinture de Pompéi.V
- petite taille : « vaches et brebis, dit-il, ont des dimensions tout à fait lilliputiennes1 ».
- On ne saurait voir une invention-poétique dans les combats des Pygmées contre les grues, car rien n’est plus exact. En hiver ces oiseaux se nourrissent exclusivement de graines; ceux qui séjournent dans le Soudan s’abattent par troupeaux dans les champs de dourah et y causent de grands ravages. D’après les estimations les plus modérées, les grues qui hivernent sur les bords du Nil Bleu ou du Nil Blanc détruisent environ 150000 mesures de céréales2. Il était donc assez naturel que, pour protéger leurs ré-
- 1 Samuel White Baker. Découverte de l’Albert N’ Yanza, chap. ii, p. 66, éd. franc.— 2 Brehm. Les Oiseaux, t. II, p. 675, éd. îïanç. — 3 Buffon. — 4 Aujourd’hui Kertche. Voir
- raient servir d’illûstrations aux récits des historiens et des poètes.
- Parmi ces tableaux antiques, l’une des scènes le plus fréquemment reproduites est celle du combat contre les grues. Nous la voyons sculptée ou peinte, sur des vases de toute forme ('fig. 10), de toute provenance et sous toutes les latitudes. A Panticapée4, sur le Bosphore cimmérien, dans un sépulcre dit tombeau des Pygmées, court une frise peinte en brun rouge, montrant divers épisodes du célèbre combat ; on le trouve également sur des céramiques ornées de la Gaule romaine5.
- Dubois Montpéreùx, Voyage au Caucase, t. V, p. 183-184. •— 5 Déchelette. Les vases céramiques ornés de la Gaule romaine, 2e vol., fig. 457 à 442.
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- Mais les plus intéressantes de ces peintures sont celles qui, suppléant au silence des historiens, nous font connaître la religion de ce petit peuple et ses cérémonies sacrées. Comme les Éthiopiens, ils avaient pour divinité principale le dieu Àmon, adoré au delà des cataractes sous la forme de Khnoum criocéphale. Voici une peinture dans laquelle nous voyons un prêtre offrant un sacrifice devant l’image d’un bélier accroupi (fig. 8).
- Une autre composition fort curieuse nous fait assister à l’accomplissement d’un rite sacré ou plutôt à une scène d’initiation. Elle représente une barque dont la proue est ornée d’une tête de bélier, comme on en voit sur les baries divines des anciens Égyptiens. A l’intérieur de la felouque, trois personnages : l’un deux, la chevelure attachée par un ruban, est debout et, des deux mains, tient un étroit bandeau dont il s’apprête à entourer la tête d’un individu prosterné devant lui. Couché à l’arrière de la barque, la tête appuyée sur la main gauche, un spectateur assiste à cette scène (fig. 11).
- Les monuments pharaoniques nous offrent aussi de nombreuses images de Pygmées. Dès l’ancien empire nous les trouvons chez les rois et les grands, non comme bouffons ou objet d’agrément, mais occupant des emplois serviles très variés.
- En voici un qui est garçon de ferme et mène un bœuf à l’abreuvoir (fig. 6), un autre armé d’un bâton, surmonté d’une main, promène un babouin plus grand que lui (fig. 5). Au tombeau de Tebhen, VIe dynastie, une femme naine et sans voiles fait suite à un groupe de danseuses couronnées de fleurs.
- Khnoum-Ilotep était chef de cuisine. Sa statue (fig. 1), trouvée à Sakkarah et conservée au musée du Caire, nous le montre avec un corps vigoureux, des bras petits, trapus, des jambes courtes et torses, une ensellure prononcée; sa tête, d’une forme bizarre, offre l’aspect d’un cône dont le sommet se dirige vers le haut et en arrière ; déformation crânienne rappelant celle que provoque l’usage d’une coiffure dont le lien serre trop la tête1.
- 1 Voir dans la Revue de Vhypnotisme. Décembre 1907, p. 169, par le Dr F. Régnault.
- A Tell-el-Amarna, deux nains à grosse tête, aux jambes grêles et les pieds en dedans, voisinent avec des princesses et des princes royaux de la famille D’Amenhotep IV (fig. 15).
- Nous en trouvons de toutes les catégories. Voici un pied bot varus (fig. 14), c’est le plus ancien exemple que l’on connaisse ; l’inscription t'en-b le désigne comme bancal, bancroche. Dans une peinture représentant les apprêts d’un festin, un Pygmée apporte du bois pour entretenir le feu sur lequel cuisent les aliments. A Beni-Hassan une naine agite l’éventail derrière des harpistes (fig. 7). Enfin ce
- sont des Pygmées qui remplissaient l’office de gardiens, au temple de Bubastis.
- La plupart de ces personnages sont trapus, vigoureux, bien développés, mais on ne saurait y reconnaître des nains de race, ils relèvent tous de la pathologie; les Egyptiens les appelaient na-mou (fig. 15).
- D’autre part, aucun d’eux ne possédant les caractères propres au type négroïde, nous devons renoncer à voir dans ces images des représentations des Akkas, les vrais Pygmées d’Homère et d’Aristote.
- 11 n’y a pas longtemps encore, ces nains occupaient, au sud-ouest du cours du Nil, de vastes forêts sur la ligne de partage des eaux du Nil et du Congo. Suivant des traditions indigènes, recueillies dans la région du Bahr-el-Ghazal, par Schweinfurth, Junker et d’autres voyageurs, ils en furent chassés par les ancêtres des grands nègres qui, aujourd’hui, habitent ces territoires. Dans l’antiquité, ils s’étendaient, semble-t-il, un peu plus au Nord-Est d’où, il n’est pas impossible, comme l’affirment les anciens1, que les déprédations des grues les aient forcés d’émigrer vers le Sud.
- De nos jours, nous connaissons assez mal lés Akkas, mais les Égyptiens paraissent les avoir encore bien moins connus. Si de loin en loin, par l’intermédiaire des trafiquants et des marchands d’esclaves qui descendaient le Nil, l’un de ces Pygmées arrivait à la cour des Pharaons, sa présence y excitait une telle curiosité qu’on l’enregistrait dans
- 1 -Pomponius Mêla. Description de la Terre. Liv. III, ch. vin.
- Fig. 12.
- Métamorphose de la reine Gerana. (D après un vase peint.)
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- les archives comme un événement; quant à son pays d’origine, il était si parlaitement inconnu que les Égyptiens donnaient à cette région lointaine le nom de Terre des Esprits ou Terre des Mânes.
- Une inscription trouvée à Eléphantine, dans un
- de Pount2. Des ordres furent en outre donnés à tous les régents du domaine royal, d’avoir à fournir à chaque station, où il s’arrêtait, des provisions nécessaires à sa subsistance3.
- Ces Dingas étaient si rares que, d’après la même
- hypogée de la VIe dynastie, fait mention d’un nain « amené vivant et en bonne santé » à la cour de Pepi II, par un fonctionnaire de sang royal nommé Hirkhouf, gouverneur d’Assouanet des provinces du Sud, décoré de l’abeille et du collier d’or; c’est au cours d’une expédition au pays d’Amami1 que ce personnage rencontra ce nain, venu de la Terre des Mânes et qu’il nomme Dinga.
- La nature sauvage de cet individu, les précautions qu’on fut obligé de prendre pour l’amener en Égypte, tout nous révèle qu’il s’agit ici d’un Akka. D’un caractère malicieux et espiègle, ces nègres savent se rendre invisibles en se cachant derrière les rochers ou en se réfugiant dans les trous et les cavernes.
- Aussi, en apprenant que parmi les richesses, apportées par Hirkhouf, ligure un Dinga, Pepi II lui fait-il parvenir toutes sortes de recommandations. « Lorsqu’il sera descendu dans le bateau, lui dit-il, lais que des hommes avisés se tiennent derrière lui pour qu’il ne se jette pas à l’eau. Quand il sera couché, ne cesse de le faire veiller dans la cabine, par crainte qu’il ne se sauve pendant la nuit. Car ma Majesté désire voir ce Dinga, plus que les autres merveilles qui viennent du pays
- 1 Identifié par M. Scliiaparelli, au Kordofan d’aujourd’hui.— 2 Côte occidentale de la mer Rouge depuis le 10e degré jusqu’au 24° environ. — 5 A lit délia R. Academia dei Lincei. Sérié
- inscription, on n’en avait pas vu, en Égypte, depuis la Ve dynastie, sous le règne du roi Assa, époque à laquelle un certain Biourdidi en avait amené un du pays de Pount, fait pour lequel il fut comblé d’honneurs et de richesses.
- A cause de sa nature enjouée, on recherchait le Dinga pour divertir le roi, égayer son cœur, exécuter devant lui la danse du dieu.
- Quelle était cette danse?
- Il n’en est fait mention dans aucun auteur classique, mais l’examen de quelques monuments, peut-être, nous permettra-t-il de la reconstituer.
- Parmi les divinités, sans nombre, dont se compose le panthéon pharaonique, figure le dieu Bès (fig. 17), originaire du pays de Pount. On le représente par un nain grotesque, couvert d’une peau de panthère, muni d’un bouclier et brandissant un glaive ou tirant de l’arc.
- Joignant à ce caractère guerrier celui de dieu de la musique et de la danse, il est parfois figuré en train de jouer de la harpe, de frapper des cymbales ou se livrant à des exercices chorégraphiques. Mais cette dernière attitude paraissant surtout lui avoir été donnée pour symboliser l’un de ses rôles, nous nous abstiendrons de
- quarta, classe di scienze morali, storichee filologiche ; volume X. Una tomba egiziana inedila délia VIe dinastia eon inscrizioni sloriche e geograliche. Memoria di Ernesto Scliiaparelli.
- rig. 16. — Nubiens tirant do la fronde pour chasser les oiseaux.
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- NOUVEAU TREUIL POUR LABOURAGE
- 413
- Fig. 17.— 1. (D’après
- rien conclure concernant le sujet qui nous occupe.
- Une peinture de Pompéi, très suggestive, nous iournit d’autres éléments. Ce tableau (fig. 9) représente cinq Pygmées couronnés de feuillages, dont l’un, remplissant l’office de coryphée, occupe le centre de la composition où, de la parole et du geste, il règle le rythme d’une danse. A droite, armé de branches d’arbres et portant un cerceau en sautoir, un personnage ouvre la marche suivi d’un autre individu, affublé des mômes insignes. Celui-ci, qui semble jouer le principal rôle, est en train de danser tenant, sur la main gauche, la statuette d’une divinité guerrière à laquelle il s’ef-
- iü dieu Dès. Pierrot.)
- force de conserver l’équilibre. La scène se termine, à gauche, par une figure formée de deux danseurs soutenant ensemble un cratère.
- La statuette du dieu guerrier et la présence du cratère, accessoire religieux fort ancien, contribuent à donner à cette danse un caractère à la fois belliqueux et sacré, rappelant jusqu’à un certain point la si-cinnis1 des Grecs. Quoi qu’il en soit, elle offre quelque chose de si particulier et tellement lointain, qu’on pourrait, je crois, avec quelque vraisemblance y voir cette danse du dieu dont fait mention, cinq mille ans avant notre ère, la stèle sépulcrale du vieil üirkhouf. P.-IIippoiate Boussac.
- NOUVEAU TREUIL
- L’automobilisme pénètre de plus en plus dans les exploitations agricoles pour faciliter le travail, toujours très long lorsqu’ilestefïêctué par des machines à traction apimale, du labourage des pièces de terre d’assez grande étendue. Et l’on trouve aux prises la charrue automobile et le treuil ; nous ne croyons pas qu’il soit possible d’utiliser la charrue actionnée directement par un moteur à explosion, dans tous les cas ; le treuil, au contraire, se prête à la traction, quelle que soit la nature ou la pente du sol à retourner.
- Le nouvel appareil Bajac est constitué par un châssis en acier profilé, monté sur un train de quatre roues; le treuil est monté sur ce châssis et il est actionné par le moteur, par l’intermédiaire d’un train d’engrenages. Le châssis est formé par un cadre en acier en U très solidement entretoisé; il est relevé à l’avant, pour permettre le dégagement des brancards d’attelage lorsqu’on désire se servir de la traction animale. A l’avant de ce châssis est fixé en quatre points un cadre en acier de profil plus petit, qui supporte le moteur; l’élasticité de ce cadre atténue considérablement les trépidations du moteur qui ne parviennent que très affaiblies à l’ensemble de l’engin. Le moteur est à quatre temps, à deux cylindres : il fonctionne au pétrole lampant ; ses soupapes d’admission et d’échappement sont commandées mécaniquement ; l’alimen-.tation se fait à une pression constante, au moyen d’une pompe entièrement métallique et l’allumage par magnéto à basse tension et rupteurs. Un régulateur très sensible limite l’allure du moteur qui tourne à 600 tours seulement; cette vitesse peut être modifiée par la manœuvre d’un petit levier.
- Le moteur est à circulation d’eau avec pompe à engrenage fonctionnant toujours en charge, et refoulant l’eau dans le radiateur à ailettes soumis lui-même à une ventilation mécanique très énergique. L’embrayage s’effectue par le volant du moteur et
- POUR LABOURAGE
- un manchon d’entraînement élastique réunit le premier pignon moteur au cône d’embrayage en garantissant l’entraînement même si dans le cas de trépidation les axes ne se trouvaient plus placés rigoureusement dans la même direction.
- Le treuil proprement dit est constitué par deux bâtis symétriques en fonte, reposant sur le châssis auquel il sont solidement fixés. Ces deux bâtis sont réunis par un arbre fixe de grand diamètre sur lequel roulent les tambours et deux entretoises rigides à la partie supérieure ; aucune déformation de ce groupe n’est à craindre, même sous les plus grands efforts. Les tambours permettent d’enrouler plus de 450 mètres de câble en acier de 16 millimètres de diamètre. Ils sont munis de coussinets en bronze phosphoreux dont le graissage est assuré par l’intérieur de l’arbre fixe qui est perforé sur toute sa longueur ; le canal ainsi formé est relié à une pompe d’injection d’huile, bien en main, qui permet au conducteur d’envoyer le lubrifiant sous pression suivant les besoins. Sur chaque tambour est installé un frein à bande qui permet de régulariser le déroulement du câble quand il ne travaille pas.
- Le mouvement de rotation du moteur est transmis aux tambours par deux trains d’engrenages droits réduisant la vitesse du moteur de telle sorte que les tambours ne tournent plus qu’à 19 tours. Ces trains d’engrenages sont en acier. Le seul arbre intermédiaire est installé à la partie supérieure des bâtis; les deux pignons attaquant directement les tambours sont montés fous sur cet arbre, et ils sont toujours en prise ; leur débrayage ne peut s’effectuer qu’alternativement, l’un des tambours enroulant le câble pendant que l’autre le laisse dévider.
- Le treuil est normalement actionné par le moteur
- 1 La sicinnis avait un caractère religieux, dionysiaque et, par sa véhémence, rappelait les pyrrhiques ou danses guerrières. Elle était originaire de Ehrygie. La sicinnis romaine était en usage dès le règne des Tarquins.
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- NOUVEAU TREUIL POUR LABOURAGE
- pendant ses déplacements. Dans ce but, l’essieu arrière porte en son milieu une roue dentée engrenant avec une vis sans fin appartenant à un arbre vertical ; celui-ci reçoit son mouvement de l’arbre intermédiaire par un système de trois pignons coniques. La vis et les pignons sont enfermés dans des carters remplis d’huile. Enfin les roues sont rendues solidaires de l’essieu au moyen de broches mobiles qui pénètrent dans des trous ménagés sur deux tourteaux fixés à demeure sur l’essieu. Lorsque l’on désire utiliser la traction animale, il suffit de rendre les roues folles en retirant les broches.
- À l’arrière du châssis, qui devient l’avant pendant le travail, est placé un support en acier sur
- coté opposé à la traction du câble, le conducteur a sous les yeux aussi bien la machine que la charrue et le terrain il peut instantanément effectuer toutes les manœuvres d’après les signaux qui lui sont faits par le conducteur delà charrue; enfin il est à l’abri ''des ruptures de câbles, toujours possibles, et qui peuvent donner lieu à de graves accidents.
- Ce treuil a été construit, en vue du labourage avec charrue, à plusieurs socs à bascule ; il serait également applicable aux défoncements avec quelques modifications dans la vitesse d’enroulement; son complément indispensable est la poulie de renvoi ancrée à l’extrémité opposée du terrain à labourer.
- La poulie de renvoi est montée sur un chariot
- Nom eau treuil pour labourage.
- lequel sont fixés, de chaque coté de la machine, un coutre circulaire et une rasette spéciale destinée à creuser devant chaque roue une ornière telle que la machine fonctionne toujours dans une position sensiblement horizontale.
- En vue de l’ancrage, chacune des quatre roues porte du côté de la traction du câble (côté du terrain à labourer) une face entièrement plane; les coutres circulaires qui sont disposés dans la ligne de ces faces tranchent nettement le sol en avant de ces roues et les rasettes rejettent la terre de la rigole à l’opposé de la face tranchée; la face plane des roues se trouve appliquée fortement par la traction du câble sur le bord franc de l’ornière. L’ancrage est absolument parfait.
- Tous les leviers de manœuvre étant disposés du
- d’ancrage automatique dont le châssis est fait en acier profilé et l’ancrage obtenu de la même manière, le complément de poids nécessaire à l’adhérence étant obtenu par du lest. Le mouvement d’avancement automatique a lieu pendant le tirage du câble direct, c’est-à-dire pendant que le chariot ancré n’est soumis qu’à la faible traction nécessaire au déroulement du câble de retour. Ce mouvement est pris sur l’axe de la poulie elle-même; la vitesse est suffisamment démultipliée par deux trains à vis sans fin pour ne créer qu’un eflort très faible sur cet axe. Enfin le mouvement de translation du chariot se débraye automatiquement lorsque la distance voulue a été parcourue, cette distance peut être réglée à tout instant pendant la marche ou pendant l’arrêt. René Doncières.
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- CYLINDRES ET DISQUES DE PHONOGRAPHES
- Le phonographe est aujourd’hui tellement répandu, qu’on a dû éditer des cylindres et des disques, comme on édite des partitions d’opéra, des valses et des romances. La façon dont on enregistre le chant et la parole est bien connue et l’on sait que certains artistes exigent un cachet fort élevé pour chanter deux ou trois morceaux devant le pavillon d’un phonographe enregistreur. Ce qu’on connaît moins, c’est le moyen employé pour reproduire à un très grand nombre d’exemplaires le cylindre ou le disque qui a coûté si cher à établir.
- Le cylindre de cire, qui a été universellement adopté au début, permettait au possesseur de l’appareil de faire lui-même l’enregistrement de la voix. Comme le photographe débutant, qui fait d’abord le portrait de toute sa famille, le possesseur d’un phonographe s’amusait à enregistrer la voix de tous les siens et prenait aussi grand plaisir à s’entendre parler lui-même; mais les reproductions ainsi obtenues sur une matière peu résistante étaient assez vite . hors d’usage. Aujourd’hui, on leur préfère des morceaux tout enregistrés reproduisant des mélodies célèbres chantées par des artistes renommés et l’on veut naturellement pouvoir les conserver le plus longtemps possible. En outre on exige une intensité de sons et une netteté d’articulation de la parole dont on se passait fort bien au début, lorsque la nouveauté du résultat obtenu rendait indulgent. On a beaucoup travaillé la question : on est arrivé à des solutions diverses; les uns font l’enregistrement en profondeur sur disque ou sur cylindre, d’autres le font latéralement au sillon tracé et sur disque exclusivement ; pour l’audition, les uns préconisent la pointe de saphir, les autres la pointe d’acier qu’on change chaque fois.
- Quoiqu’il en soit, on a reconnu d’une façon générale qu’il y a avantage à employer une matière duré. Mais les vibrations de la membrane qüi porte le stylet, chargé de creuser le sillon au moment de l’enregistrement, n’ont pas assez de force pour permettre l’emploi d’une matière autre que la cire, on a donc continué à employer celle-ci pour faire l’enregistrement, sauf à la remplacer ensuite par autre chose pour obtenir le cylindre ou le disque parleur. -..........
- On utilise à cet effet la galvanoplastie. La matrice en cire est recouverte d’un enduit, tel que la plombagine, qui la rend conductrice sans boucher les sinuosités déli-
- cates creusées par le stylet; elle est ensuite plongée dans le bain de sulfate de cuivre et se recouvre de métal. Si l’on a opéré sur un cylindre, on conçoit qu’il y aura une difficulté pour le démoulage, le cuivre étant fortement attaché à la cire ; il faudra chauffer et la matrice initiale sera sacrifiée, mais le galvano est si fidèle que cela n’a pas d’inconvénient. Pour reproduire un autre cylindre, avec une matière dont la base sera également la cire, mais qui aura plus de dureté, grâce à l’addition de certaines substances dont chaque fabricant garde le secret, il suffira de plonger la matrice en cuivre dans le bain de matière fondue, puis de la retirer en laissant figer celle-ci ; comme son retrait au refroidissement est assez notable, le démoulage se fera sans chauffer. Avec les premiers cylindres obtenus on peut faire de nouveaux galvanos et avoir ainsi plusieurs matrices en cuivre, de sorte que la multiplication peut se faire ensuite très rapidement à un grand nombre d’exemplaires. Mais, comme nous l’avons dit plus haut, une matière très dure est préférable et M. Gaumont qui, pour son chronophone notamment, a étudié tout spécialement la question, a reconnu que l’emploi de la pointe aiguë, qu’on change à chaque audition, est préférable ; aussi dans ses ateliers on ne fabrique que des disques qui ont l’aspect et la dureté de l’ébonitc, mais qui sont composés d’un mélange de brai, de kaolin, de gomme laque et de silice. Dans des malaxeurs on pétrit la matière pour en former des pains qui sont ensuite façonnés en galettes pour être utilisés plus lard. L’enregistrement se fait toujours sur de la cire, qui cette foi-s a la forme d’un plateau sur lequel le stylet enregistreur trace une spirale allant du centre à la périphérie. C’est encore par la galvanoplastie qu’on fait avec cette cire une première matrice, mais ici les questions de démoulage sont beaucoup plus faciles. On monte les disques en cuivre ainsi obtenus, et renforcés convenablement, sur le plateau d’une presse hydraulique ; on ramollit par la chaleur les galettes de la matière plastique dont nous avons parlé et on obtient une reproduction très fidèle du disque initial en cire; on a même la facilite, dont on use beaucoup aujourd’hui, d’imprimer le disque des deux côtés d’un seul coup de presse. On voit que le disque présente dans sa fabrication divers avantages très appréciables ; il présente, en outre, une grande facilité pour l’emmagasinage et pour l’expédition. G. M.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance du 25 mai 1908 paraîtra. dans le prochain numéro.
- UN CYCLONE AUX ÉTATS-UNIS
- Les catastrophes sont fréquentes dans l’Amérique du Nord et, ces jours derniers encore, on annonçait un cyclone qui, le 13 mai, a ravagé l’est du Nebraska, tué dix personnes à Omaha, douze à Louisville, presque détruit Louisville et Riche ville. Le cyclone dont nous allons parler fut encore singu-
- lièrement plus grave. Il commença le 23 avril pour durer deux jours pleins, se précipita sur les États du Golfe, et, adoptant une marche capricieuse, sema la mort et la désolation à travers le bassin du Mississipi, causant la mort de 500 personnes, blessant plus ou moins grièvement 1500
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- 416 : -.. UN CYCLONE j
- habitants, détruisant une vingtaine de villes et de nombreux villages, et portant sa rage dévastatrice jusque dans le Dakota, aux contins du Canada !
- Quand les journaux américains affirment que c’est le plus grand désastre qui ait aflligé la région du Golfe du Mexique depuis un demi-siècle, on peut les croire. Certains détails montrent que le fléau sévit avec une rapidité et une force terrifiques. A Purvis (Etat de Mississipi), où fut pris l’instantané que nous reproduisons, deux cents maisons ou édifices publics furent abattus en l’espace de vingt minutes. Sept maisons seulement restèrent debout.
- À Albertville (Alabama), le tornado arracha du sol, pour en transporter les débris à deux cents
- I
- Un cyclone
- mètres plus loin, les trente maisons qui formaient un village de nègres. Un enfant de la même race qui jouait devant la chaumière paternelle, à Anute (Louisiane), fut surpris par le fléau, enlevé dans les airs, et déposé, sans avoir reçu de blessures graves, dans une prairie distante de 300 mètres.
- Le curé de ce même village, le Père Rumpf, sonnait Yangélus de midi, quand l’ouragan arracha le clocher de l’église, écrasant le malheureux sous les débris. Par contre, une noce de quarante personnes qui festoyaient dans la salle de l’auberge, fut sauvée dans des circonstances bizarres : le vent emporta le toit et abattit les murs sans qu’aucun des convives reçût la moindre égratignure.
- Près de Hattiesburg(Mississipi), vingt manœuvres réparaient la voie ferrée, quand le tornado arracha un rail et le projeta sur les hommes, dont trois furent assommés, et quinze furent blessés.
- IX ETATS-UNIS ==............:::=z:
- Le grand nombre des victimes s’explique par ce fait qu’en général, le fléau n’est pas annoncé par des signes précurseurs. lise déchaîne avec une foudroyante rapidité. Aussi, les paysans ont-ils l’habitude de creuser, devant leur chaumière, une cave fermée par une trappe, et où les membres de la famille se précipitent dès qu’ils ont conscience du danger. Malheur à ceux que le tornado surprend dans l’intérieur de la maison !
- Mais ceux qui chercheront un refuge en plein air, au bord d’un champ ou au creux d’un ravin, ne seront pas mieux protégés; car le fléau emporte avec lui une quantité incroyable de débris qu’il fait tournoyer comme autant de massues, et dont il balaie
- ix États-Unis.
- et laboure le sol. L’étranger qui traverse le bassin du Mississipi recueille maints récits qui lui apparaissent comme autant de fables absurdes. Il ne revient sur cette première impression qu’après avoir assisté aux ravages d’un tornado. Pour ma part, j’avais accepté sous toutes réserves le récit qu’on me fit au Kansas d’unejeune fille emportée par une trombe sans qu’on pût jamais retrouver trace de son cadavre.
- Mais, quand je lis que tout le second étage du Rushton Cotton Mill de Griffin (Géorgie) fut enlevé l’autre jour par le tornado, et transporté à 200 mètres de distance, quand la photographie me montre le vaste immeuble découronné de son faîte, je suis tenté de donner créance aux récits populaires les plus invraisemblables. V. Forbin.
- Le Gérant : 1*. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Flcurus, 9.
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- LA NATURE
- TRENTE-SIXIÈME ANNEE
- 1908
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles (Le raisonnement des), 95. Abîmes sans fond (Les), 231.
- Acétylène dissous (L’éclairage des trains par 1’), 332.
- Acide carbonique liquide comme dissolvant (L’), 290.
- Aéronautique -.voirballon, aéronef,aéroplane, gyroplane.
- Aéronef Malécot (L’), 277.
- Aéroplanes : gyroplane Bréguet, 36. Afrique occidentale : mission forestière Vuillet, 12.
- Aigrettes en Afrique (La protection des), 225.
- Air (La résistance de 1’), 145.
- Alcool : consommation en France, 62. Aldéhyde acétique (Formation et disparition d’), 383.
- Allier ([/ancien cours de F), 78. Allume-feu (La fabrication mécanique des), 174.
- Allumettes au Japon (Les), 58.
- Amylose (Préparation de F), 239.
- Angkor (Les ruines d’), 375.
- Antilles (Mouvements sismiques aux), 551. Apéritifs (La fabrication des), 97.
- Appareil électrique de mise en marche, 86. Arbre et ses ennemis (L’), 294.
- Arc électrique (Le spectre de F), 304.
- Arc voltaïque (Propriétés de F), 225. Armée britannique et soldat anglais, 378. Arroseuse-balayeuse électromobile* 128. Aurore boréale du 26 mars, 319.
- Australie (La question des lapins en), 139. Australie; les terrains salés etleSelt-bush,
- . 24L
- Autobus parisiens (Nouveaux), 230. Automobile inodore, 46.
- Automobile traîneau pour le pôle Sud,158. Automobilisme ; Camions automobiles au Maroc, 175.
- Automobilisme : Exposition décennale de l’Automobile, 6.
- Supplément au n° 1827 de La Nature
- Automobilisme : Les poids lourds dans l’armée, 122.
- Automobilisme : Les poids lourds et les moteurs de l’exposition des Invalides, 54.
- Automobilisme : tracteurs agricoles, 221.
- Aye-Aye (Les mœurs de F), 161.
- Azote atmosphérique (I/ulilisation industrielle de F), 311.
- B
- Ballon dirigeable Kluytmans de Marçay, 164.
- Barrières automatiques pour passage à niveau, 212.
- Bassin ferrifère de Briey (Le), 62.
- Bernardin de Saint-Pierre au Muséum, 91.
- Béton armé actuel, principes et ressources (Le), 151.
- Béton armé et la défense des côtes( Le), 321.
- Bibliothèques publiques américaines, 155.
- Boissons fermentées (L’aldéhyde des), 287.
- Boissons non alcoolisées, 367,
- Boumerang (Le), 93.
- Bouton d’Orient (Le), 519.
- Bureau international des Poids et Mesures (Les travaux du), 95.
- c
- Cadenas de Dehli (Les), 111.
- Cadran lumineux, 281.
- Caféier (Maladie des feuilles du), 175. Camions automobiles au Maroc, 175. Canal qui s’effondre (Un), 353.
- Canaux (Traction mécanique sur les), 131. Carat métrique (Le), 348.
- du 30 Mai 1908.
- Cardia (Le fonctionnement du), 319.
- Carènes de la marine française (Le bassin d’essai des), 305.
- Carillons (Les), 365.
- Carie de France (Les erreurs de la), 282.
- Casoars (Ferme à nandous et à), 189.
- Cataractes de l’Iguazu, 19.
- Cavernes (La flore des), 171.
- Chaberton (La forteresse du), 527.
- Chari (La jonction commerciale du Congo et du), 118.
- Châtaigniers (Maladie des), 380.
- Chaudière de locomotive, (système Bro-tan), 291.
- Chauffage électrique (Le), 358.
- Chemins de fer ; Accident de West-llampslead, voir : un cas de pénétration des corps solides, 54.
- Chemin de fer de Key West (Floride), 76.
- Chemin de fer électrique de Munster à la Sclducht, 244.
- Chênes-lièges (L’insecte des), 224.
- Chevaux des Iles Shetland, 149.
- Chine (La réforme militaire en), 44.
- Chinois (L’art capillaire chez les), 255.
- Chirurgie (Les progrès de la), 351.
- Chronométrie de marine (L’évolution de la), 67.
- Cibles automatiques, 275.
- Cité enchantée de Cuenca (La), 60.
- Classeur de monnaies, 224.
- Colloïdes (Les), 90.
- Colombie anglaise : Saliches et Dénés. 27.
- Compas (Nouveau), 47.
- Congo et du Chari (La jonction commerciale du), 118.
- Constructions métalliques à éléments tétraédriques, 356.
- Couleurs (Photographie des), 59.
- Courants de haute fréquence (Effets calorifiques des), 383.
- Crocodiles (Une ferme à), 113.
- Cuenca (La cité enchantée de),.60.
- Cyclone aux États-Unis, 415.
- 27
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- 418
- D
- Dénés et Saliches, 27.
- Diamant : granité dans la cheminée diamantifère de Beers, 30.
- Diamant (La synthèse du), 122. Dietographe (Le), 239.
- Dissymétrie de la face humaine, 234. Docks de relevage pour sous-marins, 117. Dombey dans l’Amérique du Sud (Voyage du naturaliste), 341.
- Droit minier (L’évolution du), 100. Dynamomètre Ch. Henry, 374.
- E
- Eaux d’égout (L’épuration des), 111. Échange de bons procédés, 48.
- Éclairage indirect (Nouveau système d’), 382.
- Eclipse solaire de 1912, 367.
- Écureuil tertiaire (La fourrure d’un), 393. Écureuils de Londres (Échange de bons procédés), 48.
- Ejecto-condenseur Leblanc, 387. Electricité dans le vol des oiseaux (L’), 294. Epizootie algérienne (La cause d’une), 128. Epizootie bovine d’Algérie, 143.
- Espèces végétales nouvelles, 47. Etats-Unis (marine militaire des), 103. Ethnographie américaine : Saliches et Dénés, 27.
- Europe préhistorique (L’), 330.
- Exci tants ( Le rôle physiologique des) ,111. Excitation nerveuse (L’), 399.
- Explosifs (Amélioration des), 239.
- F
- Farine de netlé (Utilisation de la), 143. Fastenet (Le phare de), 177.
- Fer (Le spectre de l’hydrogène et du), 303. Fer (Spectre de flamme du), 383.
- Filon (Découverte d’un), 255,'
- Filtration des eaux salines sur le sable, 111. Floride : le chemin de fer deKey West, 76. Fondations tubulaires à grande profondeur 401.
- Fossiles végétaux, 30.
- Four électrique Clerc et Minet, 159. Fourmis mycophages (Les), 49.
- Froid (Machine à produire le), 47.
- G
- Gaz de la combustion (Appareil enregistreur pour l’analyse des), 35.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Gaz d’éclairage (Épuration du), 399.
- Gaz résiduels par les parois des tubes à vide (Occlusion des), 87.
- Gélatine (Purification de la), 175. Gemmes (La coloration des), 95.
- Geyser à l’eau de savon (en Nouvelle-Zélande), 34.
- Gladiator (La catastrophe du), 372. Glaucome (Pathologie du), 30. Glucosides (Dédoublement de), 288. Golfe de Gascogne (Matériaux du fond du),
- 191.
- Gouvernail horizontal, 304.
- Graines (La vitalité des), 239.
- Graines (Vie latente des), 30.
- Granité dans la cheminée diamantifère de Beers, 30.
- Greffe des cartilages, 143.
- Grêle : engins grélifuges, 223.
- Grisou (La bataille contre le), 299.
- Grue et Pygmées dans l’Egypte ancienne, 406.
- Guépard dans l’Égypte ancienne (Le), 218. Gui (Substances du), 30.
- Gyroplane Bréguet, 56.
- H
- Hélicoptère Paul Cornu (L’), 337.
- Hélium (La solidification de F), 223.
- Hélium (Minéraux contenant de F), 351.
- Heure : signal horaire international, 288.
- Horloge mystérieuse (Une), 399.
- Houille : Les ressources houillères de l’Allemagne et des lies Britanniques, 354.
- Hybride de paon et de poule cochinchi-noise, 31.
- Hydrogène et du fer (Le spectre de F), 303.
- I
- Iguazu (Cataractes de F), 19. Immondices dans les villes (Incinération des), 180.
- Indicateur de chemins de fer (Un gigantesque), 211.
- Insectarium d’Amsterdam, 159.
- J
- Jamaïque : le rhum, 30. Janssen, 78.
- Japon : l’industrie des allumettes, 58. Jerasa (Les ruines de), 155.
- Jeux et exercices physiques dans les usines américaines, 349.
- Jouets de Nüremberg, 40.
- L
- Lac Michigan (La traversée funiculaire du), 304.
- Laffargue (J.), 16.
- Lait végétal artificiel, 211.
- Lamantin en Afrique occidentale ( La chasse du), 289.
- Lamarck (Les ancêtres de), 45.
- Laminoir (Origine du), 351.
- Lapins en Australie (Les), 139.
- Lapparent (A. de), 383.
- Lepidodendron de l’Ariôge : voir : fossiles végétaux, 30.
- Levures de bière (Utilisation dos), 303.
- Levure (Fabrication de la), 23.
- Linoléum (Le), 214.
- Locomotive américaine (Gigantesque), 43.
- Locomotives (Une romaine à peser les), 268.
- Logone (Mission du Haut-), 316.
- Lumière aux basses températures (Absorption de la), 287.
- Lumière électrique sur la végétation (Influence de la), 229.
- Lumière (Vitesse de la), 47.
- M
- Machine à badigeonner, 191.
- Machine à écrire Mignon, 143.
- Machine à écrire pneumatique (Soblik), 31.
- Madagascar (Faune et flore permiennes à), 223.
- Maladie du sommeil, 191.
- Maladie parasitaire (Mode de transmission d’une), 223.
- Mammifère inconnu, 127.
- Marine française (Le bassin d’essai des carènes de la), 305.
- Marine : l’accélération des traversées maritimes, 20.
- Marine anglaise : l’arsenal de Rosyth,385.
- Marine militaire des États-Unis, 103.
- Maroc (Géographie et géologie du), 159, 319.
- Mars (L’atmosphère de), 254.
- Menthe poivrée basiliqsée, 6.
- Mercure dans l’air (Dosage de la vapeur de), 288.
- Mercure (Le passage de), 175.
- Météorologie : dépêches d’Islande, 95.
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- Météorologie : observations météorologiques flottantes, 351.
- Métropolitain de Paris : les travaux de la place de la Cité, 262.
- Mine (Ce qu’on peut tirer d’eau d’une), 294.
- Minerai : la richesse minérale il y a Cent ans, 13.
- Minéral nouveau, la planchéite, 303.
- Minéraux (La transformation des), 254.
- Minéraux (Les gaz des), 287.
- Mines : l’évolution du droit minier, 100.
- Mines de fer : le bassin de Briey (Meurthe-et-Moselle), 62.
- Minolaure Typhée (Le), 17.
- Mission du Haut-Logone, 316.
- Mission forestière (Vuillel) en Afrique Occidentale, 12.
- Mississipi (Les dangers du), 367.
- Mitrailleuse automatique Yickers et Maxim, 1.
- Momie de Saint Zig (La), 247.
- Monnaies (Classeur de), 224.
- Monnaies : la pièce de vingt-cinq centimes, 254.
- Mosaïque de Fréjus (La), 254.
- Moteur économique Molénat (Petit), 110.
- Motocyclette moderne (La), 237.
- Mousses marines (Les), 275.
- Mushroom ciliés, 255.
- N
- Nandous et à Casoars (Ferme à), 289. Navires (Disposition nouvelle des cales de), 524.
- Nivellement : le sort futur des terres habitées, 162.
- Nüremberg (Les jouets de), 40.
- O
- Œufs (La mévente, la conservation et la coloration des), 213.
- Ombres volantes et la scintillation (Les), 175.
- Ondes sismiques (Propagation d’), 287. Orchestrophones (Les), 259.
- Ordures ménagères (Usine de broyage et d’incinération des), 369.
- Ordures ménagères (Utilisation des), 99. Ostréiculture en France (L’), 95. Oxygénite (L’), 115.
- P
- Panthère dans la civilisation égyptienne (La), 71.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Paon et poule cochinchinoise : hybride, 31.
- Papier (Tuyaux de), 390.
- Pavés de bois (Machine à débiter les), 308.
- Paysages (La protection des), 183.
- Peaux Rouges (Les derniers), 167.
- Pêcheries des côtes du Sénégal, 129.
- Peintures préhistoriques, 287.
- Pénétration des corps solides (Un cas de), 54.
- Pétrole de la mer Noire (Le), 147.
- Pétrole (L’origine du), 218.
- Phare de Faslenet (Le), 177.
- Phare en ciment armé à 100 km en mer (Rochebonnc), 3.
- Phonographes (cylindres et disques de), 415.
- Phosphore dans les végétaux (Le), 127.
- Phosphore (Dissolvants du), 31.
- Phosphore (Propriété du), 519.
- Photographie à distance, 551.
- Photographie à travers l’eau (La), 560.
- Photographie des couleurs, traitement des plaques autochromes, 59.
- Photographie donnant le reliel et la variabilité d’aspect, 223.
- Photographie intégrale (La), 252.
- Phototélégraphie : système Berjonneau, 81.
- Photolélégraphie : système Senlecq-Tival, 126.
- Pitheeanthropus (L’âge du), 301.
- Poids lourds dans l’armée (Les), 122.
- Poids lourds et les moteurs de l’exposition des Invalides (Les), 54.
- Pompe à incendie automobile, 300.
- Pompe automobile à acide carbonique. 345.
- Pont de Pyrimont (Le), 235.
- Porte automatique Sésame (La), 563.
- Poudres B (Les), 70.
- Poule cochinchinoise et paon : hybride, 31.
- Prêles fossiles, 399.
- Pygmées dans l’Égypte ancienne, 406.
- Pyrimont (Le pont de), 235.
- R
- Radiations par les tissus (L’absorption des), 254.
- Radioactivité communiquée aux métaux, 175.
- Radiographie, 367.
- Radium dans l’organisme (Le sulfate de), 399.
- Régnault (F.), 288.
- Relief (La perception du), 303.
- Reportage photographique, 271.
- Richesse minérale il y a cent ans, 13.
- Rochebonne (Le phare en ciment armé de), 3.
- Romaine à peser les locomotives (Une), 268.
- Rosyth (L’arsenal de), 385.
- Roue à jante sinusoïdale, 188.
- 419
- S
- Saint-Zig (La momie de), 247.
- Saliches et Dénés, 27.
- Salt-bush en Australie (Le), 241.
- Sang (La coagulation du), 303.
- Sang des invertébrés (Matière colorante du), 287.
- Saturne (La disparition de l’anneau de), 334.
- Scies en fer sans dents pour le coupage des aciers durs, 250.
- Sels de chrome, d’aluminium et de magnésium (Toxicité des), 107.
- Sénégal : pêcheries des côtes, 129. Solon France (Les mouvements du), 95. Sources (Température des), 504. Sous-marin pour la pêche aux éponges (Un), 209.
- Sous-marins (Docks de relevage pour),
- 117.
- Système métrique (Infraction aux règles du), 95.
- T
- Taille(Les variations de la), 191.
- Tarsier spectre (Le), 257.
- Télégraphie sans fil dans la marine de commerce (Applications de la), 227.
- Télégraphie sans fil dans notre marine de guerre, 52.
- Télégraphie sans fil dirigée, 346.
- Télégraphie sans fil et prévision du temps, 367.
- Télémécanique sans fil : appareil de securité, 396.
- Télé-stéréographe Édouard Belin (Le), 107.
- Terrains salés et le salt-bush en Australie (Les), 241.
- Terre (La densité de la), 399.
- Terres habitées (Le sort futur des), 162.
- Thé des colonies françaises (Le), 95.
- Tibet et ses lamas Buddhistes (Le), 344.
- Tir au canon en chambre (Le), 269.
- Tonkin (Géologie du), 128.
- Tour Eiffel (L’heure à la), 83.
- Tourbe et ses usages industriels, 402.
- Tracteurs automobiles agricoles, 221.
- Traction mécanique sur les canaux, 131.
- Traîneau automobile, 79.
- Transatlantique (Les approvisionnements d’un), 65.
- Traumatismes et tuberculose, 47.
- Traversées maritimes ( L’accélération des), 20.
- Treuil pour labourage, 413.
- Triceratops (Le), 96.
- Trypanosoma Congolense (Le), 351.
- Tuberculose (Acido-résistance du bacille de la), 31.
- Tuberculose : affinité du bacille tuberculeux pour la lécithine, 288.
- Tuberculose : bacilles soumis à l’action du chlore, 47, 95.
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- 420
- Tuberculose (Conditions d’évolution de la), 239.
- Tuberculose (Le diagnostic et le pronostic de la), 254.
- Tuberculose : le poison du bacille de Koch, 175.
- Tuberculose (Morphologie du bacille de la), 127.
- Tuberculose (Traumatismes et), 47.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- .V/
- Yallauria (Les pyramides de), 88. Végétaux (Les matières toxiques et les), 258.
- Verre : coloration par les rayons solaires, 128.
- Vins (La graisse des), 111.
- Vins (Le vieillissement hâtif des), 325. Violon mécanique, 352.
- Virus : répartition des substances virulentes dans les liquides organiques, 582.
- Vision à distance par l’électricité, 390. Voix (Photographie des vibrations de la), 287
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Ai.uaret (Cl.). — Reportage photographique, 272.
- Bellet (J).). — L’accélération des traversées maritimes, 20.
- — Le chemin de l'or de Key-West, 70. — Un appareil électrique de mise en marche, 80. —Bibliothèques publiques américaines, 135. — Les cibles automatiques, 273. — Disposition nouvelle des cales de navires, 324. — La porte automatique Sésame, 365.
- Belloc (E.). — L’arbre et ses ennemis, 294.
- Beunay (IL). — Docks de relevage pour sous-marins, 117.
- Billaud (A.). — Les mousses marines, 275.
- Blin (H.). —Influence de la lumière électrique sur la végétation, -229.
- lîi.or (M.). — Saliches et Dénés, ethnographie américaine, 27.
- Bonnin (R.). — Chaudière de locomotive, système Brolan, 291.
- Bougeois (IL). — Les approvisionnements d’un transatlantique, 05. — Nouvelle roue à jante sinusoïdale, 188. — Le béton armé et la défense des côtes, 521.
- Boussac (P.-IL). — La panthère dans la civilisation égyptienne, 71. — Le guépard dans l’Égypte ancienne, 249. — La grue et les pygmées dans l’Égypte ancienne, 406.
- Boyeu (J.). — Fabrication de la levure, 23. — La fabrication des apéritifs, 97. — Une ferme à nandous et à casoars, 189.
- — Les orcheslrophones, 259. — Machine à débiter les pavés de bois, 309. — Broyage et incinération des ordures ménagères, 369.
- Caspaiiy (IL). — Traîneau automobile, 79.
- Chalmarès (G.). — Un petit moteur économique, 110. — L’oxygénile, 115. — La machine à écrire Mignon, 143. — La motocyclette moderne, 237.
- Chasiply (R.). — Pompe à incendie automobile, 500.
- Coupjk (IL). — La menthe poivrée basiliquée, 6. — Le mino-taureTyphée, 17. — L’insectarium d’Amsterdam, 159.
- Darvillé (W.). — Nouvelle mitrailleuse automatique, 1. — Gigantesque locomotive américaine, 43. — La marine militaire des Etats-Unis, 103. — Automobile-traîneau pour le Pôle Sud, 158. — Le phare de Fastenet, 177. — Armée britannique et soldat anglais, 378.
- Delsaux (J.). — Les jouets de Nüremberg, 40. — La mosaïque de Fréjus, 254.
- De Launay (L.). — L’évolution du droit minier, 100. — La synthèse du diamant, 122. — L’origine du pétrole, 218. — La fourrure d’un écureuil tertiaire, 393.
- Deniker (J.). — Le boumerang, 93. — L’âge du Pithecan-tropus, 301.
- Depouilly (E.). — Traction mécanique sur les canaux, 131.
- Dessol (A.); —Système phototélégraphique Senlecq-Tival, 126.
- Detceuf (A.). — Les colloïdes, 90. — La photographie intégrale, 252.
- Doncières (R.). — L’heure à la Tour Eiffel, 85. — Les poids lourds dans l’armée, 122. — Le nouvel injecteur Leblanc, 387. — Nouveau treuil pour labourage, 413.
- Durand (J.). — Cas de pénétration des corps solides, 34. — Les dangers du Mississipi, 368.
- Font y Sagué (N.). — La cité enchantée de Cuenca, 60.
- Foruin (V.). — Échange de bons procédés, 48. — Les cadenas de Dehli, 111. — Une ferme à crocodiles, 113. — Les derniers Peaux-Rouges, 167. — Classeur de monnaies, 224. — Le dictographc, 239. — I/art capillaire chez les Chinois, 255. — Le tarsier spectre, 257. — Cadran lumineux, 281.
- — Le violon mécanique, 352. — Un canal qui s'effondre, 353. — La catastrophe du « Gladialor », 572. — Un cyclone aux États-Unis, 415.
- Fournier (L.). — Le gyroplane Bréguet, 36. — Système pho-lotélégraphique Berjonneau, 81. — Le télé-stéréographe Edouard Belin, 107. — Le ballon dirigeable « Kluylmans de Marçay », 164. — Une machine à badigeonner, 191.
- — Le pont de Pyrimont, 235. — Le chemin de fer électrique de Münster à la Schlucht, 244. — L’aéronef Malécot, 277. — L’hélicoptère Paul Cornu, 357. — Une horloge mystérieuse, 599.
- Froiuevaux (H.). — Voyages du naturaliste Dombey dans l’Amérique du Sud, 541.
- G. (P.). — Le chauffage électrique, 358.
- Gadeceau (E.). — Les fourmis mycophages, 49.
- Gu,christ (A.). — Là mévente, la conservation et la coloration des œufs, 213.
- Girardault. — Construction d’un phare en ciment armé à 100 km en mer (Rochebonne), 3.
- Gradenwitz (A.). —Machine à écrire pneumatique Soblik, 31.
- — Arroseuse balayeuse électromobile, 128. — Gigantesque indicateur de chemins de fer, 211. — La traversée funiculaire du lac Michigan, 304.
- G. (G.). — Les mœurs de l’aye-aye, 161.
- Giiuvel (A.). — Les pêcheries des côtes du Sénégal, 129.
- Guillaume (Cii.-Ed.). — Le carat métrique, 348.
- Hamy (E.-T.). — Les ancêtres de Lamarck, 45. — Bernardin de Saint-Pierre au Muséum, 91. — La momie de Saiut-Zig, 247.
- H. (A.). — Emploi de l’acide carbonique liquide comme dissolvant, 290.
- Lafitte (J.-P.). —L’Europe préhistorique, 350. — Les ruines d’Angkor, 375.
- Lallemand (Ch.). — Le sort futur des terres habitées, 162.
- Larmanjat (J.). — Les carillons, 365.
- Latour (A.). — Un geyser à l’eau de savon, 34.
- Ledois (D.). — La fabrication mécanique des allume-feu, 174.
- — Fondations tubulaires à grande profondeur, 401.
- Legrand (J.). — Dynamomètre Ch. Henry, 575.
- Lemaire (E.). — L’industrie des allumettes au Japon, 58. — Lait végétal artificiel, 211. — Le linoléum, 214. — Scies en fer sans dents pour le coupage des aciers durs, 250.
- Loucheux (G.). — Le vieillissement hâtif des vins, 323.
- Loyselles (E. de). — Métropolitain de Paris : les travaux de la place de la Cité, 262.
- Lozé (Ed.). — Les ressources houillères de l’Allemagne et des Iles-Britanniques, 351.
- Maclaud (Dr). — La chasse du lamantin en Afrique occidentale, 289.
- Maiieu (J.). — La flore des cavernes, 171.
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- 422 ........ . = LISTE DES
- M. (G.). — Photographie des couleurs, traitement des plaques autoehromes, 59. — Cylindres et disques de phonographes, 415.
- Martel (E.-A.). — Les Pyramides de Vallauria, 88. — La protection des paysages, 183. — Les abîmes sans fond, 231.
- — Les erreurs de la carte de France, 282. — F. Régnault, 288.
- Mériel (P. de). — Une romaine à peser les locomotives, 2G8.
- — Jeux et exercices physiques dans les usines américaines, 350. — Constructions métalliques à éléments tétraédriques, 356. — La tourbe et ses usages industriels, 402.
- Messier (P.).— Les tracteurs automobiles agricoles, 221.
- Monin (IL). — La réforme militaire en Chine, 44.
- Nicou (P.). — Le bassin ferrifère de Briey, 62.
- Privat-Desciianel (P.). — La question des lapins en Australie, 139. — Les terrains salés et le salt-bush en Australie, 241.
- Rabdt (Cii.). — Le béton armé actuel, 151.
- Reclus (M.). — La mission du Ilaut-Logone, 316.
- Regelsperger (G.). — Une mission forestière en Afrique occidentale, 12. — Les cataractes de l’Iguazu, 19. — Les ruines de Jcrasa, 155. — La protection des aigrettes en Afrique, 225. — Le Tibet et ses lamas buddhistes, 344.
- Reverciion (L.). — L’évolution de la chronométrie de marine, 67.
- Rousset (IL). — Les matières toxiques et les végétaux, 258.
- Rudaux (L.). —Les poneys des îles Shetland, 149. — L’aurore boréale du 26 mars, 319. — La photographie à travers l’eau, 360. — Maladie des châtaigniers, 380.
- AUTEURS.................
- Sallior (P.). — La richesse minérale il y a cent ans, 13. — La bataille contre le grisou, 299.
- Sauvaire Jourdan. — Télégraphie sans lil dans notre marine de guerre, 52. — Un sous-marin pour la pêche aux éponges, 209 — Les applications de la télégraphie sans fil dans la marine de commerce, 227. — Bassin d’essai des carènes de la marine française, 305. — Une nouvelle base navale anglaise, 385.
- Steryal (A.). — La forteresse du Chaberlon, 327.
- Taris (E.). — L’exposition décennale de l’automobile, 0. >— Les poids lourds et les moteurs de l’Exposition des Invalides, 54. — Utilisation des ordures ménagères, 99.
- Touciiet (E.). — La disparition de l’anneau de Saturne, 334.
- Troller (A.). — Appareil enregistreur pour l’analyse des gaz de la combustion, 35. — La résistance de l’air, 145. — Barrières automatiques pour passage à niveau, 212. — Les nouveaux autobus parisiens, 230. — Utilisation industrielle de l’azote atmosphérique, 311. — Télégraphie sans fil dirigée, 346. — Vision à distance par l’électricité, 390.
- Villedeuil (Ch. de). — Séances de l’Académie des Sciences, 14, 30, 47, 78, 95,ill, 127,143,159,175, 191, 207, 223, 239, 254, 287, 303, 319, 351, 367, 382, 399.
- Yillers (R.). — Nouveau système d’éclairage indirect, 382.
- Yitoux (Dr G.). — Le tir au canon en chambre, 269. — L’éclairage des trains par l’acétylène dissous, 332.
- Weiss (E.-IL). —L’incinération des immondices dans les villes, 180.
- Weldon (F. de). — Appareil de sécurité pour la télémécanique sans fil, 396.
- Yermoloff (A.-S.). — Le pétrole de la mer Noire, 147.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ASTRONOMIE.
- La disparition du l’anneau de Saturne (E. Touchet). . 534
- Le passage de Mercure...................................475
- Les ombres volantes et la scintillation.................175
- L’atmosphère de Mars....................................254
- L’éclipse solaire de 1912...............................367
- II. — SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. — Physique.
- Les colloïdes (A. Detœuf).............................. 90
- La résistance de l’air (A. Troller)....................145
- Le carat métrique (Ch.-Ed. Guillaume)..................348
- Vitesse de la lumière.................................. 47
- Un nouveau compas...................................... 47
- Occlusion des gaz résiduels par les qyarois des tubes
- à vide.............................................. 87
- Coloration du terre par les rayons solaires. . . . 128
- Radioactivité communiquée aux métaux...................175
- L’absorption de radiations par les tissus..............254
- Absorption de la lumière aux basses températures. 287
- Signal horaire international...........................288
- Radiographie...........................................567
- Les spectres de flamme du fer. . ......................583
- Épuration du gaz d’éclairage...........................399
- 2. — Électricité.
- Télégraphie sans fil dans notre marine do guerre (Sau-
- vaire Jourdan)............................................ 52
- Système phototélégraphique Berjonneau (L. Fournier) . 81
- L’heure à la tour Eiffel (R. Doncières)................... 83
- Un appareil électrique de mise en marche (D. Bellet) . 86
- Le télé-stëréographe Édouard Belin (L. Fournier) . . . 107
- Système photo-télégraphique Senlecq-Tival (A. Dessol). 126 Les applications de la télégraphie sans fil dans la marine
- de commerce (Sauvaire Jourdan).........................227
- Télégraphie sans fil dirigée (A. Troller).................546
- Le chauffage électrique (P. G.)...........................358
- La vision à distance par l’électricité (A. Troller) . . . 590
- Appareil de sécurité pour la télémécanique sans fil (F. de
- YVeldonï...............................................586
- Nouveau four électrique................................. 159
- Propriétés de l'arc voltaïque.............................223
- Le spectre de l’arc électrique.......................... 304
- La télégraphie sans fil et laprévision du temps. . . 367
- Effets calorifiques des courants de haute fréquence. 383
- 3. — Chimie.
- Appareil enregistreur pour l’analyse des gaz de la combustion) A. Troller)................................... 55
- La synthèse du diamant (L. D. L.)......................122
- Emploi de l’acide carbonique liquide comme dissolvant
- (A. 11).............................................290
- Utilisation industrielle de l’azote atmosphérique (A.
- Troller)............................................311
- Le vieillissement hâtif du vin (G. Louciieux)..........323
- Les dissolvants du phosphore........................... 31
- Coloration des gemmes.................................. 95
- Purification de la gélatine............................175
- La solidification de l’hélium..........................223
- Préparation de l’amylose...............................239
- L’aldéhyde des boissons fermentées.....................287
- Dédoublement de glucosides.............................288
- Dosage de la vapeur de mercure dans l’air..............288
- Le spectre de l'hydrogène et du fer....................303
- Propriété du phosphore.................................519
- Minéraux contenant de l'hélium.........................351
- Formation et disparition d'aldhéyde acétique. . . 383
- 4. — Photographie.
- Photographie des couleurs, traitement des plaques auto-
- chromes (G. M).................................... 59
- La photographie intégrale (A. Detceuf)...........252
- Reportage photographique (Cl. Albaret) ....... 272
- La photographie à travers l’eau (L. Rudaux).........560
- Photographie donnant le relief et la variabilité
- d’aspect..........................................223
- La photographie des vibrations de la voix. . . . 287
- La photographie à distance...........................551
- II. — SCIENCES NATURELLES.
- 1. — Météorologie. — Physique du globe. Géologie. — Minéralogie.
- La richesse minérale il y a cent ans (P. Sallior) ... 13
- Un geyser à l’eau de savon (A. Latour). ................. 34
- Le pétrole de la mer Noire (A. S. Yermoloff).............147
- L’origine du pétrole (L. D. L.). . . ....................218
- L’aurore boréale du 26 mars (L. Rudaux)..................319
- Un cyclone aux État-Unis (Y. Forbin)..................415
- Granité dans la cheminée diamantifère de Beers. . 30
- L’ancien cours de l’Ailier. ......................... 78
- Dépêches météorologiques d’Islande.................... 95
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-
-
- 424 — TABLE
- Mouvements du sol en France....................
- théologie du Tonkin............................
- Découverte de gisements calcaires au Dahomey. . .
- Géologie du Maroc..............................
- Maladies des feuilles du caféier...............
- Les engins grélifuges..........................
- La transformation des minéraux.................
- Propagation d’ondes sismiques..................
- Les gaz des minéraux...........................
- Découverte d'un minéral........................
- Observations météorologiques flottantes........
- Mouvements sismiques aux Antilles..............
- La densité de la terre.........................
- 2. — Zoologie. — Paléontologie.
- Le minotaurc Typhéc (II. Coupin)......................
- Échange de bons procédés (V. Forbin)..................
- Les fourmis mycophages (E. Gadeceau),.................
- La panthère dans la civilisation égyptienne (I*. H.
- Dous-ac)...........................................
- Les mœurs de l’aye-aye (G. G.)........................
- Le Trieeratops (M. Blot)..............................
- Un ferme à crocodiles (V. Forbin).....................
- Les pêcheries des côtes du Sénégal (À. Grever). . . .
- Les chevaux des îles Shetland (L. Ruraux).............
- L’insectarium d’Amsterdam (H. Coupin).................
- Une ferme à nandous et à casoars (J. Boyer)...........
- La protection des aigrettes en Afrique (G. Regelsperger). Le guépard dans l’Égypte ancienne (P. H. Boussac) . .
- Le tarsier spectre (Y. Forbin)..........,.............
- Les mousses marines (A. Billard)......................
- La fourrure d’un écureuil tertiaire (D. De Launay). . . La grue et les Pygmées dans l’Égypte ancienne (P. H.
- Boussac) . ........................................
- Hybride de paon et de poule cochinchinoisc. . . .
- Le raisonnement des abeilles..........................
- Ostréiculture en France .............................. •
- Mammifère inconnu.....................................
- Épizootie bovine d'A Igérie...........................
- Flore et faune permiennes à Madagascar................
- L’insecte des chênes-lièges...........................
- L’électricité dans le vol des oiseaux.................
- Identification de fossiles............................
- 3. — Botanique.
- La menthe poivrée basiliquée (U. Coupin)..............
- Fabrication de la levure (J. Boyer)...................
- La flore des cavernes (J. Maheu)......................
- Influence de la lumière électrique sur la végélation(H. Blin) . Les matières toxiques et les végétaux (II. Rousset). . .
- L’arbre et ses ennemis (E. Belloc)....................
- Maladie des châtaigniers (L. Rudaux)..................
- Fossiles végétaux.....................................
- Les substances du gui.................................
- Fossiles végétaux................................. . . .
- Vie latente des graines...............................
- Apparition d’espèces végétales nouvelles..............
- Le thé des colonies françaises........................
- Le phosphore dans les végétaux........................
- L’utilisation de la farine de net lé..................
- La vitalité des graines............ . ,...............
- Utilisation des levures de bière......................
- Le bouton d'Orient....................................
- MATIÈRES ....=r
- IV. - SCIENCES GÉOGRAPHIQUES.
- 1. — Géographie.
- Une mission forestière en Afrique occidentale (G. Regels-
- perger)................................................. 12
- Les cataractes de l’Iguazu (G. Regelsperger)........... 19
- La reforme militaire en Chine (II. Monin).............. 44
- La cité enchantée de Cuenca (N. Font y Sagué). ... GÜ
- Les pyramides de Yallauria (E.-A. Martel).............. 88
- La jonction commerciale du Congo et du Chari (G. Regelsperger) ............................................118
- La question des lapins en Australie (P. Privat-Descranel) . 131)
- Le sort futur des terres habitées (Cn. Lallemand). . . . 1(52
- La protection des paysages (E.-A. Martel)...............185
- Les abîmes sans fond (E.-A. Martel).....................231
- Les terrains salés et le salt-bush en Australie (P. Privat-
- Desciianel)..........................................241
- Les erreurs de la carte de France (E.-A. Martel) . . . 282
- La chasse du lamantin en Afrique occidentale (Dr Maclaud). 28ü
- La mission du llaut-Logone (M. Reclus)..................316
- La forteresse de Cbaberton (A. Steryai.)................327
- Voyage du naturaliste Dombey dans l’Amérique du Sud
- (II. Froide vaux)....................................341
- Le Tibet et ses lamas buddliistes (G. Regelsperger; . . 341
- Jeux et exercices physiques dans les usines américaines
- (P. de Mériel).......................................350
- Les dangers du Mississipi (G. Durand)...................368
- Rhums de la Jamaïque.................................... 50
- Matériaux du fond du golfe de Gascogne..................191
- Découverte d’un filon...................................255
- Température des sources................:...............304
- Géographie et géologie du Maroc....................... 319
- 2. — Archéologie. — Ethnographie. Préhistoire.
- Saliches et Déué?, ethnographie américaine (M. Blot). . 27
- Les jouets de Nüremberg (J. Delsaux).................. 40
- Le boumerang (J. Denikeii).............................. 95
- Les ruines de Jerasa (G. Regelsperger)................15.)
- Les derniers Peaux-Rouges (V. Forbin).............. 167
- La mosaïque de Fréjus (J. Delsaux)....................234
- L’art capillaire chez les Chinois (V. Forbin).........255
- L’âge du Pilliecanthropus (1t. Deniker)...............301
- L’Europe préhistorique (J.-P. Lafitte)..................330
- Les ruines d’Angkor (J.-P. Lafitte) . ..................375
- Armée britannique et soldat anglais (W. Darvillé). . . 378
- Peintures préhistoriques................................287
- V. — SCIENCES MÉDICALES.
- Utilisation des ordures ménagères (E. T.)............. 99
- L’incinération des immondices dans les villes (E.-H. Weiss). 180
- Lait végétal artificiel (E. L.) . . . . ............211
- Mévente, conservation etcoloration des œufs (A. Gilcurist). 213 Broyage et incinération des ordures ménagères (J. Boyer). 569
- Dynamomètre Ch. Henry (J. Legrand)....................374
- Pathogénie du glaucome................................ 50
- Acido résistance du bacille de la tuberculose .... 31
- Les traumatismes et la tuberculose............. 47, 95
- Les bacilles tuberculeux soumis à l’action du chlore. 47
- Consommation de l’alcool en France................... 62
- Toxicité des sels de chrome d’aluminium et de magnésium...............................................107
- DES
- 95
- 128
- 159
- 159
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- 254
- 287
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- 61
- 96
- 117
- 129
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- 249
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- 275
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- 6
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- 294
- 380
- 50
- 30
- 30
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- 143
- 239
- 303
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-
-
-
- ---- TABLE
- La graisse des vins................................
- Le rôle physiologique des excitants................
- La filtration des eaux salines sur le sable. ....
- L’épuration des eaux d’égout.......................
- Morphologie du bacille de la tuberculose...........
- La cause d'une épizootie algérienne................
- La greffe des cartilages...........................
- Le poison du bacille de Koch.......................
- Les variations de la taille........................
- Lu lutte contre la maladie du sommeil..............
- Mode de transmission d’une maladie parasitaire . .
- Conditions d’évolution de la tuberculose.............
- Dissymétrie de la face humaine.....................
- Le diagnostic et le pronostic de la tuberculose . . . La matière colorante du sang des invertébrés. . . . Affinité du bacille tuberculeux pour la lécithine. .
- La perception du relief. ..........................
- La coagulation du sang.............................
- Le fonctionnement du cardia........................
- Le trypanosoma congolaise..........................
- Les progrès de la chirurgie........................
- Boissons non alcoolisées...........................
- Répartition des substances antivirulentes dans les
- liquides organiques.............................
- Le sulfate de radium dans l’organisme .......
- L’excitation nerveuse..............................
- VI. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. — Mécanique. — Industrie.
- Machine à écrire pneumatique Soblik (À. Gradenwitz) . L’industrie des allumettes au Japon (E. Lemaire) . . .
- La fabrication des apéritifs (J. Boyer)...........
- Un petit moteur économique (G. Chalmarès)...........
- Les cadenas de Dehli (V. Forbin)......................
- Traction mécanique sur les canaux (E. Depouilly). . .
- La machine à écrire Mignon (G. Ciialmarès)..........
- La fabrication mécanique des allume-feu (D. Lebois). .
- Une machine à badigeonner (L. Fournier).............
- Le linoléum (E. Lemaire)............................
- Classeur de monnaies (V. Forbin)....................
- Le dictographe (V. Forbin)..........................
- Sciés en fer sans dents pour le coupage des aciers durs
- (E. Lemaire).....................................
- Les orchestrophones (J. Boyer)......................
- Cadran lumineux (Y. Forbin).........................
- Pompe à incendie automobile (B. Ciiamply)...........
- Machine à débiter les pavés de bois (J. Boyer) .... L’éclairage des trains par l’acétylène dissous (Dr G. Vi-
- toux)............................................
- Le violon mécanique (Y. Forbin).....................
- La porte automatique Sésame (D. Bellet).............
- Les carillons (J. L arm an jat). ...................
- Nouveau système d’éclairage indirect (R. Villers) . . . Le nouvel éjecto-condenseur Leblanc (R. Doncières). .
- Une horloge mystérieuse (L. Fournier)...............
- La tourbe et ses usages industriels (P. de Mériel). . .
- Nouveau treuil pour labourage (R. Doncières)........
- Cylindres et disques de phonographes (G. M.)........
- Machine à produire le froid.........................
- Pompe automobile à acide carbonique.................
- Origine du laminoir.................................
- 2. — Mines. — Métallurgie.
- Le bassin femfère de Briey (P. Nicou) ...............
- L’évolution du droit minier (L. De Launay)...........
- MATIÈRES :......... —... —... -, .... = 425
- La bataille contre le grisou (P. Sallior).......299
- Les ressources houillères de l’Allemagne du Sud et des
- lies Britanniques (En. Lozé).................554
- Ce qu'on peut tirer d’eau d’une mine............294
- 3. — Art militaire. — Marine.
- Nouvelle mitrailleuse automatique Vickers et Maxim
- (W. Daiivillé).......................................... i
- L’accélération des traversées maritimes (D. Bellet) . . 20
- Les approvisionnements d’un transatlantique (H. Bou-
- geois)................................................. 65
- L’évolution de la chronométrie de marine (R. Réversion) .................................................... 67
- Les poudres B........................................... 70
- La marine militaire des États-Unis (W. Daiivillé). . . . 103
- Docks de relevage pour sous-marins (H. Berna y) ... 117
- Un sous-marin pour la pêche aux éponges (Sauvaire
- Jourdan)............................................. 209
- Le tir au canon en chambre (Dr G. Vitoux).................269
- Les cibles automatiques (D. Bellet).......................273
- Bassin d’essai des carènes de la marine française (Sauvaire
- Jourdan)..................................................
- Disposition nouvelle des cales de navires (D. Bellet) . 524
- La catastrophe du « Gladiator » (Y. Forbin)...............372
- Une nouvelle base navale anglaise : l’arsenal de Rosyth
- (Sauvaire Jourdan).....................................335
- Amélioration des explosifs................................239
- Gouvernail horizontal.....................................304
- 4. Art de l’ingénieur. — Travaux publics.
- Construction d’un phare en ciment armé à 100 km en
- mer (Rochebonne) (Girardault)............................ 3
- Le béton armé actuel (Ch. Rabut)..........................151
- Le phare de Fastenet (W. Daiivillé).......................177
- Le pont de Pyrimont (L. Fournier)..........................235
- Métropolitain de Paris : les travaux de la Place de la
- Cité (E. de Loyselles)..................................262
- Le béton armé et la défense des côtes (II. Bougeois) . 521
- Un canal qui s’effondre (Y. Forbin)........................353
- Constructions métalliques à éléments tétraédriques (P. de
- M.)................................................... 356
- Fondations tubulaires à grande profondeur (1). Lebois). 405
- VII. - TRANSPORTS.
- 1. — Chemins de fer.
- Un cas de pénétration des corps solides (J. Durand) . . 34
- Gigantesque locomotive américaine (W. Darvillé) ... 43
- Le chemin de fer de Key-YVest (D. Bellet).............. 76
- Gigantesque indicateur de chemins de fer (A. Gra-
- denavitz)............................................ 211
- Barrières automatiques pour passage à niveau (A. T.) . 212
- Le chemin de fer électrique de Münster à la Schlucht
- (L. Fournier)......................................... 244
- Une romaine à peser les locomotives (P. de M.). . . . 268
- Chaudière de locomotive, système Brolan (R. Bonnin) . 291
- La traversée funiculaire du lac Michigan (A. Gradenwitz) . 304
- DES
- 111
- 111
- 111
- 111
- 127
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- 191
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- 503
- 519
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- 351
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- 415
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- 351
- 62
- 100
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- 426 -.....-.....-...... — TABLE
- 2. — Automobilisme. — Cyclisme.
- L’exposition décennale de l’automobile (E. Taris) . . . Les poids lourds et les moteurs de l’exposition des Invalides (E. Taris) ..................................
- Traineau automobile (IL Caspary)...................
- Les poids lourds dans l’armée (R. Uoncièiies)......
- Arroseuse-balayeuse éleclromobile (A. Gradenwitz) . . Automobile traîneau pour le Pôle-Sud (W. Darvillé) .
- Cannons automobiles au Maroc.......................
- Nouvelle roue à jante sinusoïdale (11. Bougeois). . . . Les tracteurs automobiles agricoles (P. Messier) . . . . Les nouveaux autobus parisiens (A. Trou.er) . .
- La motocyclette moderne (G. Chai,mares)............
- U automobile inodore...............................
- 3. — Aéronautique.
- Le gyroplanc Bréguet (L. Fournier)...............
- Le ballon dirigeable « Kluytmans de Ma ri; a y » (L. Fournier) .......................................
- MATIÈRES
- L’aéronef Malécot (L. Fournier). .......... 277
- L’hélicoptère Paul Cornu (L. Fournier)..................337
- VIII - DIVERS.
- Nécrologie. — Variétés.
- J. Lalïargue................................................. 10
- Les ancêtres do Lamarck (E.-T. Hamy)...................... 45
- Jansscn...................................................... 78
- Bernardin de Saint-Pierre au Muséum (E.-T. Hamy) . . . 91
- Bibliothèques publiques américaines (I). Berlet) . . . . 135
- F. Régnault (E.-A. Martei.)..................................288
- La momie de Saint Zig (E.-T. Hamy).......................247
- A. de Lapparent..............................................583
- La pièce de 0fr,25.......................................... 254
- Académie des Sciences (Ch. de Vii.i.kueuu.), 14, 50, 47,
- 78, 95, 111, 127, 145, 159, 175, 191, 207, 225, 259,
- 254, 287, 505, 519, 551, 507, 582 ..................... 599
- DES
- 0
- 54
- 79
- 122
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- 158
- 175
- 188
- 221
- 230
- 237
- 40
- 30
- 104
- FIN DES TABLES
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-
-
-
- ERRATA
- N° 1804, page 42, col. I, lig. 13.
- Au lieu de : périodiques.
- Il faut : juridiques.
- 5î° 1821, page 314, col. II, lig. 3.
- Au lieu de : 580 tonnes.
- Il faut : 380 kilogrammes.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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-
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- LA NATURE
- Revue
- des Sciences et de leurs Applications
- aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : s 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise a l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1802 — 7 DECEMBRE 1907
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- La comète de Halley. — Cette curieuse comète, dont on attend bientôt le retour, et que l’on cherche dès à présent, a donné lieu à de nombreux travaux de MM. P.-H. Cowell et A.-C.-D. Commelin, qui ont fait, à ce sujet, plusieurs communications à la Société royale de Londres. MM. Cowell et Commelin ont recherché l’influence des perturbations planétaires sur le retour de cette comète. Ils rappellent que la date donnée par Pon-técoulànt (i3 mai 1910) pour le prochain passage au périhélie est exacte à un mois près. En outre, les calculs ont confirmé le soupçon que l’on avait formé que la distance périhélie donnée par Pontécoulant pour 1910 est erronée. Elle serait 0,59 (au lieu de 0,69) comme au précédent retour. Cé fait pourrait modifier considérablement le point où les météores, accompagnant la comète, coupent l’orbite terrestre.
- Résine d’euphorbe. — La résine d’euphorbe vient d’être analysée par deux savants allemands qui lui ont trouvé la composition suivante :
- Acide euphorbique C24 H30 O6. 0,7 pour 100
- Euphorbone C30H48O. . . . 4o,o —
- Résines amorphes. Malates alcalins ou alcalino- 21,0 —-
- terreux 25,0
- Hydrate de carbone 2,0 —
- Produits non étudiés .... 11,3 100,0 —
- Télégraphie sans fil dirigée. — On fait actuellement au Havre, à Dieppe et à Barfleur, des essais de télégraphie sans fil dirigée, suivant un système imaginé par MM. Tosi et Bellini. Il utilise pour l’émission 4 antennes suspendues à un même support et disposées de façon que les ondes, que chacune d’elles rayonne, interfèrent et que la propagation ait par suite une intensité maxima dans un plan vertical déterminé. La direction dans laquelle se fait l’émission peut être aisément et à volonté modifiée. D’après M. le Capitaine Ferrié, les résultats obtenus sont dès maintenant très encoui'ageants, quoique les conditions dans lesquelles se trouvent les stations ne soient pas des plus favorables au succès des expériences.
- Les études sur le cancer. — Les ouvrages ou brochures publiés sur le cancer depuis 190a seraient, d’après le Dr Sticker, au nombre de 3 5g5, dont i960 allemands, 607 anglais, 54g français, n3 italiens, 70 russes et polonais, 37 suédois et norvégiens, 22 espagnols, .16 hollandais, 9 hongrois, 7 portugais, 3 japonais et 2 grecs.
- Congrès International des Industries frigorifiques.
- — Ce congrès se réunira pour la première fois en juin 1908; il étudiera les effets généraux des basses températures, l’application du froid à l’alimentation, à l’horticulture, aux mines, à la métallurgie, au commerce et aux transports. Tous les pays de l’Europe, de l’Amé-
- rique, le Japon prendront part au Congrès.— Secrétariat du Congrès, 10, rue Poisson, Paris.
- La résistance du vent à l’avancement des voitures automobiles. — M. Edge s’est livré récemment à des expériences fort intéressantes sur la résistance qu’oppose l’air à la marche des automobiles, en particulier, suivant qu’elles ont ou non, à l’avant, des surfaces planes ou ajourées. 11 est arrivé à des conclusions qui confirment pleinement ce qui a été dit jadis, et notamment ici, des voiles trouées et des ailes de moulins à jour. La pression et larésistance exercées par l’air sur une surface plane et continue, ne sont pas sensiblement plus élevées que sur une surface équivalente dans son ensemble, mais présentant des ouvertures comme en offre une barrière en bois : à condition bien entendu, que les parties libres formant interstices entre les lames pleines ne soient pas presque aussi larges que ces dernières.
- , Un nouveau chemin de fer transcontinental aux Etats-Unis. — On annonce la création anx États-Unis d’une puissante Compagnie, au capital de 25o millions de francs, qui va prendre en main l’établissement d’une voie ferrée nouvelle entre Portland, sur la côte de l’Atlantique, dans l’État du Maine, et San Francisco. Cette ligne aura cet intérêt de traverser les régions de pâturage, d’élevage, de culture du blé, et aussi les centres métallurgiques de Pensylvanie. La ligné achevée est estimée devoir revenir à 2 milliards et demi de francs.
- Les incendies de forêts en Algérie. — La fréquence des incendies de forêts est une des plus fortes pertes sèches qui portent préjudice à notre, colonie. Les chilfres ci-dessous, donnant par année l’étendue brûlée et l’estimation des dégâts, montrent les heureux résultats que l’application de mesures énergiques a déjà obtenus et font bien augurer de l’avenir.
- 1902. . . 140 000 hectares. O 0 660 000 francs.
- I903. . . 94 000 — 5 3oo 000 —
- I9O2. . . 7 600 — 399 000 —
- 1906. . . 9 100 — 247 000 —
- *9°7• • » 4 100 — 60 000 —
- La valeur de la production minérale annuelle, —
- Sait-on quel chiffre de millions représente chaque année l’extraction minérale dans le monde, rien qu’en considérant la valeur des minerais sur la mine en dehors de toutes les plus-values que leur font subir les traitements métallurgiques, les élaborations diverses et les transports au point de consommation : par conséquent indépendamment de tous les bénéfices que retire indirectement l’humanité de leur mise en valeur. Yoici quelques chiffres approximatifs relatifs à l’année 1905, qui ne comprennent pas un grand nombre de substances minérales non métallifères et les matériaux de construction pour lesquels on manque de statistiques précises. Combustibles: 7,5oo millions ; or: 1,800 millions; pétrole : 730; cuivre : 680; fer: 56o ; argent : 54o; plomb: 3oo; sel: 24°! zinc: 220; minerais
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-
- INFORMATIONS
- de soufre, phosphates et diamants : chacun environ 80 millions ; puis, accessoirement: graphite : i5; mercure : 9 ; manganèse : 9 ; nickel et cobalt : 6 ; chrome : 4 ! aluminium : 3; tungstène : 1, etc. Inutile d’insister sur la place occupée ici par quelques substances, dont l ordre d’importance n’est guère celui qu’on aurait prévu. Au total, on arrive à quelques i3 milliards, portés à beaucoup plus du double par le traitement métallurgique. Pour juger de la plus-value due à l’élaboration, il suffira de remarquer que, pour la même année, contre 56o millions de minerai de 1er, la fonte, le fer et l’acier ont représenté (valeur à l’usine) au moins xi milliards.
- Les autobus à Paris.— Du 11 juin 1906, jour de Tinaugui’ation de leur service au ior Novembre 1907, les autobus parisiens ont parcouru 3570000 kilomètres et consommé 22000 hectolitres d’alcool carburé à 5o pour 100 de benzine.
- Le budget d’un Transatlantique géant. — Devant les proportions gigantesques que prennent désormais les paquebots qui font le service entre l’Europe et l’Amérique, on peut se demander comment s’équilibrent les dépenses et les recettes de ces villes flottantes. C’est la question que s’est posée un de nos confrères de Liverpool. Nous lui empruntons les chiffres suivants; ils représentent, soit pour le Lusitania, soit pour le Mauretania, le budget d’un voyage aller et retour à travers l’Océan.
- Dépenses
- Intérêt du capital........Fr. 28 000
- Amortissement................ 5i 25o
- Salaires et gages............ 5o 000
- Vaisselle, ustensiles, etc. . a5 000
- Charbon..................... ia5 000
- Vivres...................... 100 000
- Di'oits de port.............. 25 000
- Eau, huile, etc. ...... i5 000
- Assurances................... 3o 5oo
- Total . . Fr. 449 7$o
- Recettes
- Transport des passagers . . Fr. 700 000 — — marchandises 12 5oo
- Bénéfice sur vins et cigares. 12 5oo
- Subvention................... 58 750
- Total . . . Fr. 783 750
- Le profit réalisé en ixn seul voyage par un de ces géants de la mer serait donc, en chiffres ronds, de 325 000 francs.
- Essais de matériaux du Conservatoire des Arts et Métiers. — Le Laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers a subi d’assez rudes critiques, ces deimiers temps ; on l’a bien souvent comparé aux laboratoires similaires à l’étranger, et, bien entendu, la comparaison était toujours à son désavantage. Il est assez piquant de trouver- dans un organe anglais, le Times Engineering Supplément, des comparaisons analogues entre les laboratoires officiels anglais et le laboratoire français ; cette fois le résultat de la comparaison est une critique sévèi-e à l’adresse des laboratoires anglais. On fait observer en particulier que pour les essais des grosses pièces métalliques, chaînes, arbres, etc., les industriels anglais sont forcés de recourir au Conservatoire des Arts et Métiers et à sa puissante machine de 3oo tonnes pour les essais à la traction. Ils n en ont pas, eu Angleterre. Chose curieuse, cette machine cependant a été établie chez un constructeur anglais.
- L’unification du système des mesures en Chine.—
- Un récent édit impérial décrète l’adoption dans tout l’empire chinois d’un système uniforme de poids et mesures, dont l’étalon doit êti'e fixé au printemps de iqo8.— Il faut, bien entendu, se demander si l’édit est applicable et s’il sei’a appliqué. Il manifeste en tout cas un état d’esprit sinon tout nouveau, du moins nouveau par ce qu’il a d’impérieux.
- Le commerce et les revenus du Japon. — Depuis la guerre avec la Russie, l’industrie et le commerce japonais ont pris un grand développement ; les revenus fiscaux ont î-essenti très sérieusement les effets de cette situation floiûssante, à un tel point que, sur le dernier budget, les l'ecettes de cette année vont dépasser les prévisions de 5o à 7^ millions de francs. Cela est du, en grande partie, à l’importance prise par le commerce
- extérieur, qui atteindra facilement celle année 2 milliards-100 millions de francs, donnant un excédent de 100 millions environ sur l’exex’cice antérieur. Les importations-sei'ont supérieui'es aux exportations de millions de fi’ancs envii'on. Quant au budget japonais, il se soldera par 1 milliard 80 millions. Un emprunt de 80 millions sera fait, dans le pays îxiême, sans le.secours des financiers étrangers, pour construire des chemins de fer, destéléphones et des télégraphes et j>oui' créer des débouchés nouveaux au commerce extérieur.
- Cuirassés américains. — On publie quelques données sur les nouveaux cuirassés américains, qui sont fort éloquentes. O11 compte leur donner un déplacement de 20000 tonnes et une largeur de plus de 26 mètres ; coque et cuirassement pèseront environ 3ooo tonnes de plus que dans les plus grands cuirassés encore construits (ce sont les documents yanlcees qui parlent ; ils nous semblent cependant quelque peu invraisemblables). La vitesse sera de 21 noeuds. L’armement comprendra 10 canons de 3o5 millimètres, montés dans 5 tourelles disposées suivant l’axe du navire, et des pièces secondaires.
- Un montage exceptionnel de cheminée. — 11 vient d’être exécuté àSheffield, dans les usines de MM. Brown Bailey and Co. On a monté en une seule pièce une cheminée d’acier de plus de 3o mètres de haut. Cette cheminée, qui pèse 22 tonnes et a en bas 3 mètres de diamètre, n’est d’ailleurs pas munie de haubans ; elle est boulonnée à un massif de base par des boulons de 80 centimètres de long.
- Production mondiale du pétrole. — Le tableau suivant expi'ime, d’après le bureau géologique des Etats-Unis, en millions de barils de i5g litres, la production mondiale du pétrole :
- États-Unis.............126,5.
- Russie................. 5g,o
- Sumatra, Java et Bornéo.
- Galicie................
- Roumanie...............
- Indes . . , ...........
- Japon .................
- Canada ................
- Allemagne..............
- Total (avec pays accessoires)
- La Russie, qui avait baissé de 671 millions de pouds en 1901 (1 poud = 16,38 kg) à 410 en 1905 à la suite des troubles politiques, remonte progressivement. Mais cet abaissement de production y a fait quadrupler les prix de 1901 à 1906 (25,56 copecks par poud en 1906 contre 8 en 1901).
- 190.6 190a-' 1901-
- x 26,5. 13 4,7 117,0
- 5g,o 54,9 78,5
- 7>4 7,3 6,3
- 5,4 5,7 5,9
- 6,3 4,4 3,6
- 4 4,i 3,4
- i,3 x,3 1,4
- 0,6 0,6 o,5
- 0,6 0,6 0,6
- 2x1,41 2l3,98 217,59
- Voies navigables de la Suisse. — D’après le Journal de statistique suisse, voici-de quelles ressources dispose la Confédération en voies navigables : les lacs, mis bout à bout, forment une nappe d’eau de 474 km. de longueur : le lac de Genève, 75 km. ; lac de Zurich, 4o km. ; lac des Quatre-Cantons, 37 km. ; lacs de Constance (rive suisse) et de Neuchâtel, 36 km. ; lac de Lugano, 25 km., etc. Navigation fluviale : 48 km.; soit, pour le Rhin : de Stein à Schaffhouse, 19 km.; de Bâle à Petit-Huningue, 3 km. ; pour l’Aar : de Büren à Soleure, 18 km. ; pour le Rhône : de Genève à l’usine de Chèvres, 8 km. Canaux : 48 km., soit : du lac de Thouneà Interlaken, 3 km.; de Nidau à Büren, 12 km.;, de la Broyé, entre Moral et le lac de Neuchâtel, 8 km. ; de la Thièle, entre les lacs de Neuchâtel et de Bienne, 8 km. ; de la Linth, 17 kilomètres.
- Colonisation sibérienne. — D’après des renseignements du Comité de l’Afrique française, la colonisation sibérienne, un moment suspendue par la guei-re, a repris dès l’année dernière, et avec une intensité toute nouvelle, due sans doute à l’agitation politique de la Russie, et à la gêne des populations rurales. Depuis le commencement de l’année, le nombre des immigrants s’élève à 5oi 000. C’est là une intensité prodigieuse, qui dépasse celle du peuplement du N.-O. canadien et qui le cède seulement à l’immigration des États-Unis. On remarquera de plus que ces immigrants en Sibérie sont des colons d’origine russe et que par conséquent on se trouve en présence d’une russification immédiate, à marche rapide. \
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *t> "Photographie <u
- Laboratoire de photographie portatif. — On a
- •déjà imaginé un très grand nombre de laboratoires de •ce genre qui permettent de développer un cliché dans une chambre quelconque et même en plein air; mais en général ce sont des appareils d'un prix assez élevé; et, si nous signalons celui-ci, c’est surtout à cause de son bon marché (8 fr.) et aussi parce que complètement démonté il tient très peu de place et peut facilement s’emporter
- Fig. i.
- en voyage. C’est en effet surtout eu voyage et malgré les laboratoires (?) d’hôtels, qu’un tel appareil peut
- rendre des services. Il se compose de trois parties : l’une qui comprend les quatre panneaux verticaux articulés sur lesquels sont fixés à l’avant une manche pour jjasser la tête, sur les côtés deux autres manches pour les bras et à barrière le verre rouge ; la seconde et la troisième partie forment le dessus et le dessous de l’appareil munis de feuillures dans lesquelles viennent s’engager les panneaux verticaux et de ressorts tendeurs qui maintiennent le tout en place. En quelques instants on peut monter et démonter l’appareil. Il est surtout très utile pour charger des châssis et au besoin se rendre compte d’une panne survenue au magasin escamoteur
- d’une jumelle. Sans vouloir recommander de toujours l’employer pour le développement, ce qui serait parfois un peu fatigant, il est à remarquer qu’on a souvent graùde hâte de connaître le résultat d’un cliché, soit parce que le sujet représenté est particulièrement intéressant, soit pour savoir si le temps de pose adopté est exact. Au début d’ùn séjour à la mer ou à la campagne on pourra donc se rendre compte tout de suite si l’on opère dans des conditions qui permettront de rapporter des clichés corrects. — M. C. Pottier, 36, rue du Che-miu-Yert.
- }/t> JoU6tS
- Moniteur mécanique. — Ce jeu'est destiné à apprendre aux enfants la géographie, l’histoire, etc,, par des tableaux perforés contenant des questions et des réponses. Le tableau des questions C se plaee dans l’intérieur de la boîte sur une planchette percée d’autant de trous qu’en comporte le carton, chaque trou correspondant à une question. Le tableau des réponses A se place sur le couvercle qui porte des trous correspondants aux premiers. Le jeu étant ainsi disposé, les questions et les réponses se correspondent ; mais on
- ne voit que les secondes. Celui qui joue le rôle du maître a seul le droit de soulever le couvercle et, au moment où il pose une question, il obture le trou correspondant au moyen d’un tampon B, puis il referme la boîte. Il remet alors au premier élève un petit instrument S composé d’une tige qui glisse dans un tube et peut actionner le marteau d’un timbre. L élève enfonce la tige dans le trou qui porte la réponse, ou du moins qu’il ci'oit être celle-ci. Dans le cas où il se trompe, la tige ne rencontrant aucune résistance passe au travers
- Moniteur mécanique.
- des deux tableaux et le timbre reste muet. On passe alors l’instrument S à un autre élève et, si celui-ci est plus heureux dans sa réponse, la tige rencontre le tampon B, glisse dans son tube et actionne le marteau qui frappe le timbre.
- C’est un système très simple et très robuste qui n’exige pas l’emploi de l'électricité et peut se vendre bon marché. Il intéressera sûrement les enfants et les instruira en les amusant. — Passeman père, i33, faubourg du Temple.
- **> Cyclisme
- Frein à serrage latéral.— M. Guichard a imaginé un frein de bicyclette constitué comme une pince dont les deux branches viennent saisir par leurs extrémités inférieures les 2 bords de la jante et y exercent une
- Frein à serrage latéral.
- pression latérale. Nous allons décrire un frein mo nté sur jante arrière : il est constitué par 2 branches a et b convenablement cinti'ées et articulées l’une sur l’autre sur un axe C. Cet axe est fixé sur 2 plaquettes métalliques d et d'fixées elles-mêmes à l’aide de boulons c sur les tendeurs arrière / de la machine. Les branches a et b portent chacune à leur extrémité inférieure un patin de serrage g. A la partie supérieure des branches a et b est
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- gg|| SCIENCE APPLIQUÉE [|gj
- disposée une petite poulie à gorge i, mobile autour de son axe i'. Sur ces poulies passe un cordon flexible j, qui, après avoir formé la boucle y'pour passer de chaque côté du tube de selle k, se fixe au milieu du guidon de la machine. Les branches a et b sout maintenues écartées l’une de l'autre par le ressort en spirale l. Il suffit d’opérer une traction sur le cordon flexible pour faire fonctionner le frein. En abandonnant le cordon, on fait cesser le sei-rage ; le frein revient à sa position initiale. Ce procédé donne un serrage progressif et énergique, grâce à la longueur du bras de levier constitué par la partie supérieure des branches a, b. On peut de plus démonter aisément la roue sans déplacer le frein.
- S’adresser à M. Guichard à Saint-Vincent-de-Conne-zâc (Dordogne).
- Mécanique
- Galet incassable en acier. — Petit dispositif bien simple, et qui ne contient certainement le principe d’aucune invention géniale, mais qui unit la solidité et la légèreté à la simplicité de la fabrication. Ce galet est
- uniquement fait en plaques d’acier embouties ; et la coupe que nous donnons fait nettement comprendre leur montage. Il y a d’abord deux coquilles principales, qui viennent se rattacher l’une à l’autre;
- Galet incassable en acier. mais, avant cette solida-
- risation, on glisse en place deux autres coquilles intérieures, qui soutiennent les autres enveloppes et les rendent absolument incassables.
- Ces galets (qui se vendent 107, avenue Parmentier) servent notamment à la fabrication des roulettes; mais ils peuvent avoir toutes sortes d’applications.
- *>> Divers <<&
- Machine à couper les pommes de terre. — Cette machine assure ce résultat, très commode, de débiter instantanément une jjomme de terre en une série de parallélépipèdes bien réguliers. On sait que c’est une condition indispensable pour confectionner de bonnes pommes de terre frites.
- Quand la pomme de terre a été épluchée convenablement, on la place sous le plateau de l’espèce de, presse qui constitue un des deux organes actifs de cette machine. Sous ce plateau mobile, se trouve un châssis métallique, horizontal lui aussi, qui a 90 mm sur 85, et qui est ajouré de carrés de 12 mm dont les côtés forment couteaux. Si donc on appuie sur le levier de l’instrument, le plateau supérieur, avec ses prismes correspondant à l’évidement du châssis, vient presser la pomme de terre contre les couteaux ; elle se partage donc suivant ces couteaux en parallélépipèdes. Il n’est pas exagéré de dire que pratiquement l’opération se fait instantanément ; le débit de l’instrument est énorme, et il est bien évident qu’il n’est intéressant que dans les hôtels, les établissements où l’on a une population nombreuse à nourrir. Il coûte du reste une quinzaine de francs, mais rend des services considérables dans un milieu convenable. Il se place et se fixe facilement par ses pieds sur une table. — Il se vend chez MM. Markt, 107, avenue Parmentier.
- Coupe-volailles. — Bien découper les volailles est un art fort utile, en tout cas très apprécié des gourmets amateurs d’élégance. Mais c’est un talent difficile souvent même
- impossible à acquérir. On peut alors utiliser le coupe-volailles que nous décrivons (fig. 1). Il se compose d’un
- Fig. 1. — Conpe-volailles.
- couteau à découper eu acier et d’une lame dentée formant cisaille. Cet appareil est très facile à manier et permet très aisément de détacher successivement tous les mor-
- 1 ij. 2. — Mode d’emploi.
- ceaux d’une volaille (fig. 2). — Le coupe-volailles se trouve, au prix de 6 fr. 75, chez M. P. Renaut, 43j boulevard de Strasbourg, à Paris (X® arrrondissement).
- Décrasseur métallique. — Le décrasseur métallique est un petit balai formé d’une série de fils d’acier réunis et serrés en quantité suffisante pour avoir une grande force.
- Tous ces fils sont maintenus par un manche en bois dur et l’ensemble eu fait un outil d’une grande commodité.
- Il permet de nettoyer très aisément les parquets, les buftéts, les boiseries et les tables de cuisine ; aucune tache sur le bois ne résiste à ce système de grattage.
- On dit même qu’il nettoie parfaitement les casseroles, et remplace avec avantage le savon minéral. — Le décrasseur métallique est en vente, au prix de 1 fr. 25, chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris (Xe arrondissement).
- Rabot à glace. — De plus en plus on prend l’habitude en Europe des boissons glacées ou refroidies ; et, pour obtenir les unes comme les autres, il est utile de pouvoir se servir de glace sous forme de râpures, de copeaux, venant en contact intime avec le récipient que l’on veut refroidir extérieurement, ou se dissolvant aisément dans le liquide à rafraîchir. Dans ces divers cas, il est intéressant de posséder un instrument permettant de râper rapidement la glace.
- Les Américains (grands amateurs de toutes consommations glacées)ont inventé un rabot à glace qui donne la solution, et qui se trouve à la maison Markt, que nous avons l’occasion de citer si souvent pour ces sortes d’appareils. Ce rabot comporte une lame en acier trempé, qui est réglable suivant l’épaisseur des copeaux qu’on désire obtenir ou la difficulté que l’on a d’enlever telle ou telle épaisseur de glace ; la longueur du fer se règle au moyen d’une vis. Le corps du rabot est en réalité constitué par une boîte ; c’est là que les copeaux de glace s’accumulent, et on les fait tomber en ouvrant le couvercle à charnière du rabot. Le prix d’un rabot de ce genre est de quelque 4 francs.
- Machine à coupelles pommes de terre.
- Décrasseur
- métallique.
- Rabot à glace.
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- VARI ETES
- Quelques particularités sur le savon. — On sait combien est répandu, dans les pays civilisés, l’usage de cet agent de nettoyage et de propreté dont le principe delà fabrication consiste dans la saponification d’un corps gras quelconque par une lessive alcaline avec formation du sel alcalin correspondant des acides gras contenus dans la graisse employée. Le Journal de la Société pour l’industrie chimique, de Londres, a consacré assez récemment, sur divers sujets concernant le savon, une série d’articles qu’il nous paraît utile de résumer.
- C’est Pline qui, le premier, mentionne dans ses écrits l’usage du savon pi'éparé à l’aide d’huile et de cendres de bois. Ce produit était employé en médecine contre les tumeurs, et aussi par les Gaulois pour rendre leurs cheveux blonds. Pline décrit les savons mous à base de potasse et les savons durs à base de soude et l’on a découvert à Pompéi des ruines de savonneries et des morceaux de savon bien conservés, datant de plus de 1700 ans. Dès 17841 le Codex français mentionne un certain nombre de savons qui servaient à faire des pilules. A côté de ces savons solubles, on connaissait le savon de plomb dont on trouve la description dans un traité de médecine de i653. La savonnerie fournit actuellement des savons de diverses qualités et, depuis 1885, on a créé les savons médicaux, grâce aux efforts de deux chimistes allemands, Unna et Eickhoff. Ces savons contiennent de la résorcine, de l’acide salicylique, de la quinine, de l’hydroxylamine, de l’iodoforme, de la menthe, du salol, des composés mércuriques, etc., selon les usages pharmaceutiques auxquels ils sont destinés. On emploie aussi les sels d’autres métaux, formés en combinant les acides gras isolés avec les oxydes de zinc, de mercure, etc. Un grand nombre de graisses ou d’huiles peuvent être employées dans la fabrication du savon. Depuis quelque temps, le savon à l’huile de coton se répand de plus en plus. Les Etats-Unis produisent annuellement 3 millions de barils d’huile de colon de 375 livres anglaises chacun ;lacouleur de cette huile varie du rouge cerise au noir. Son raffinage se fait en la traitant par la soude caustique qui neutralise les acides libres, coagule l’albumine qu’elle renferme et dissout la matière colorante; on agite l’huile avec la quantité né-
- cessaire de soude et il se précipite une masse visqueuse appelée communément cotton seed soap stock. Ce produit est ensuite transformé en savon par saponification et précipitation du savon par le sel marin ; sa composition moyenne correspond à celle-ci :
- Eau........................... 36,oo
- Acides gras anhydres. ... 48,60
- Glycérine.................. 3,98
- Soude . ... .......... 3,20
- Matière colorante............. 2,42 '
- Matière organique.......... 5,80
- 100,00
- Le savon fait avec celte huile renferme 66 pour 100 d’acides gras et il est employé comme savon de lessive pour l’usage domestique.
- Un point était resté assez obscur dans la préparation générale du savon; c’est le fait qu’il est nécessaire dans cette fabrication d’employer une quantité d’alcali plus grande que celle exigée par la théorie. Un chimiste' M. Lewkowilsch, vient de constater qu’avec la quantité théorique il se produit un équilibre qui limite la réaction; ainsi des expériences faites avec du suif ont montré que la proportion théorique de soude ne saponifié que 94 pour 100 de la graisse. La saponification complète exige donc l’emploi d’un excès d’alcali. 1
- L’un des inconvénients de l’usage du savon tel qu’il existe actuellement consiste dans son passage de mains en mains, d’individu à individu, sans aucune désinfection, ce qui rend possible la transmission de certaines affections. On a proposé divers systèmes distribuant des savons pulvérisés pour éviter la contagion de maladies infectieuses ; la plupart de ces procédés sont compliqués et fournissent des granules qui, quand ils sont humectés, s’agglomèrent ensemble. On peut supprimer ce désagrément en employant des savons liquides fabriqués avec des huiles végétales et suffisamment fluides pour' 11e pas se congeler par le froid; ces savons sont renfermés dans un récipient sphérique pouvant basculer autour de son axe et distribuant ainsi la quantité de savon nécessaire ; tout danger de contamination est ainsi évité. A. H.
- HYGIENE ET SANTE
- L’air des villes et des champs. — Il n’est pas besoin d’êtrè grand clerc pour savoir que l’air de la campagne est plus salubre et plus pur que celui des villes. Sortez de Paris, passez les premières villas de la banlieue, montez dans la ceinture de bois qui environnent la grande cité et vous constaterez, sans appareil chimique, la différence de l’air que l’on respire hors Paris avec celui des divers quartiers, même de ceux réputés les meilleurs. Aussi est-ce un conseil banal que celui qui invite les convalescents à gagner la campagne, à changer d’air; les enfants chétifs retrouvent à la mer, à la montagne, leurs couleurs, leurs forces et leur-gaîté ; et ce n’est pas sans raison que l’on Organise un peu partout ces colonies de vacances pour les déshérités du sort. Plus vous avancez en pleine campagne, plus vous montez à des altitudes élevées, plus vous avez chance de trouver un air pur, dépouillé de microbes, un air vivifiant et réparateur.
- D’où vient la différence de pureté de l’air de la ville et de l’air des champs ? La réponse est aisée : encombrement des habitants d’où rejet dans l’atmosphère des déchets de la respiration de ces millions d’êtres vivants, sans compter les émanations gazeuses d’autres sources; ajoutez les poussières, les fumées de toutes sortes que le vent ne dissémine pas et ne balaye pas avec rapidité. L’analyse de Pair, telle que l’avaient donnée Lavoisier, puis Gay-Lussae, n’a pas varié ; c’est un mélange d’oxygène et d’azote dans la proportion environ d’un sur quatre, 79 d’azote, 21 d’oxygène pour cent. Mais les progrès de la science, l'analyse chimique, l’analyse spec-
- trale sont arrivés à déceler d’autres corps gazeux. Ramsay y trouvait de l’argon, puis Armand Gautier y reconnaissait de l’hydrogène à l’état.libre; des recherches plus récentes y faisaient rencontrer d’autres gaz et une matière radio active, l’hélium. En quantité variable d’un instant à un autre, on y trouve de la vapeur d’eau, de l’acide carbonique et de l’ozone.
- Sont-ce quelques-uns de ces différents corps qui varient dans la-composition de l’air des villes ou des champs pour en modifier la pureté ? M. Henriet a étudié avec soin cette question et montré par des expériences précises quelle était la cause de l’impureté de l’air des grandes agglomérations. Dans les villes, ce. ne, sont pas ces quantités énormes d’acide carbonique ou d’oxyde de carbone qui polluent l’atmosphère : ce sont les produits gazeux provenant de la respiration ou des combustions qui le vicient. Dans une atmosphère confinée, ces produits s’accumulent et rien de plus aisé Ù comprendre la viciation de l’air. Il suffit dé pénéti'er dans une salle de spectacle, de conférences, dans une réunion quelconque après quelques heures de séjour pour le constater. A l’air libre, il semble que ces produits doivent être balayés, entraînés par l’agitation de l’air, les courants de vent; il n’en est rien. La vapeur d’eau qui se trouve en abondance dans l’atmosphère des villes, puisque, même dans les belles journées d’été, l’état hygrométrique ne descend guère au-dessous de 60, empêche la dissémination de certains gaz. En se condensant en fines gouttelettes pour former le brouillard, elle dissout peu à peu
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- HYGIENE ET SANTE
- les produits de combustion, tels que l’acide formique et le formaldéhyde. Cet acide et ses sels sont très solubles dans l’eau et leur dissolution très étendue na pas de tension de vapeur sensible à la pression et à la température ordinaire. « Il s’ensuit, dit M. Henriet, que ces produits sont enrobés facilement par les gouttelettes liquides qui les ramènent constamment .vers le sol. L’acide carbonique et l’oxyde de carbone, qui sont au contraire fort peu solubles, échappent à l’action de l’eau et se mélangent rapidement à la masse atmosphérique. »
- Ces produits particuliers de la respiration et des combustions ne se trouvent pas dans les montagnes, ni à la mer, ni en rase campagne. Vous devez vous imaginer l’hiver, quand régnent les temps de brumes, de brouillards, si les particules nocives sont entraînées dans l’air que nous respirons. Il faut dire qu’à ce moment cependant, la condensation se faisant active, elles restent presque moins en suspension que dans une période où l’état hygrométrique est moins bas. Si vous avez passé à Londres quelques jours d’hiver et que vous ayez été témoin d’une de ces journées où règne le brouillard jaune, 1’ Yellow fog, vous aurez eu la démonstration la plus frappante des viciations de l’atmosphère dans les villes. Le professeur Knecht, de l’Ecole technique de Manchester, a analysé il y a deux ou trois ans l’air de ce brouillard. L’eau dans laquelle on recueillait l’air devenait noire en peu d’instants ; elle contenait en suspension des particules solides noirâtres qui donnaient à l’analyse une réaction acide due en grande partie à l’acide sulfur-rique. Les cendres recueillies après évaporation montaient à 92 grammes par gallon (quatre litres et demi) et étaient composées de fer, d’ammoniaque, de chaux,
- de magnésie, des traces d’arsenic, d’acides sulfurique et chlorhydrique.
- Poussières, fumées, produits gazeux, ammoniacaux, tout concourt dans les villes à donner à l’atmosphère une impureté qui ne disparaît pas dans les beaux jours d’été.
- D’après les analyses faites par Clayton, président de la Société Chimique de Manchester, la fumée des cheminées d’appartements est plus nocive que celle des cheminées d’usines ; la première contient, en effet, des produits goudronneux, ammoniacaux, tandis que celle des usines ne renferme en général que de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone. Cette différence tiendrait à la combustion à basse température des foyers de cheminées domestiques.
- L’air pur doit renfermer de l’ozone et c’est ce qu’on trouve à la campagne, non dans toutes, mais dans celles qui n’ont pas des usines dans leur voisinage. L’atmosphère des campagnes possède des propriétés oxydantes, dit M. Henriet, celle des villes a des propriétés toujours réductrices. Comme on ne pourra pas de longtemps, avant l’avènement complet de la force motrice par l’électricité et la houille blanche, supprimer des villes ces produits de combustion, il faudra, lorsqu’on voudra se donner un peu de sauté, réparer les forces épuisées, fuir les cités et gagner les champs. Sans en connaître les causes intimes, nous nous appliquons de plus en plus à mettre ces conseils en pratique : l’hiver, ceux qui le peuvent vont chercher le soleil du midi; l’été, tous, petits et grands, nous fuyons les rues et boulevards pour gagner les champs et nous y restons le plus longtemps possible. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Conservation des monuments. — Abandonnés à eux-mêmes, les édifices en maçonnerie, même les mieux construits, se dégradent rapidement ; l’action destructrice des pluies, des brouillards, les alternatives de gel et de dégel, doivent surtout être incriminées ; lorsque, peu à peu, elles ont gravement compromis la solidité des joints, le vent vient achever leur œuvre et jeter bas toute la construction. Dans les grandes agglomérations industrielles, cette altération des édifices est particulièrement marquée ; l’atmosphère en effet est saturée de vapeurs acides qui accentuent singulièrement la puissance destructrice des intempéries. A Londres, par exemple, la quantité d’acide sulfurique déversée dans l’atmosphère par la combustion de la houille atteint chaque année plus de 1 million de tonnes; il s’y joint aussi un peu d’acide azotique et d’acide chlorhydrique. L’acide sulfurique transforme les pierres calcaires en sulfate de chaux qui se dissout dans les eaux de pluie. M. Church, dans Chemical News, préconise les remèdes suivants : laver les pierres à l’eau de baryte, qui sous l’action de l’acide sulfurique donnera un enduit à peu près insoluble de sulfate de baryte ; ou bien enduire la pierre de cérésine ou d’esokérite ; à cet effet on forme une pâte de 4 parties de cérésine, de 16 parties de toluol et 1 partie d’essence de térébenthine; on étend cette pâte sur la pierre, on la laisse 24 heures, puis, au moyen d’une source de chaleur, on fait pénétrer la cérésine.
- Pâte à polycopier. — Prendre de la terre glaise humide, la malaxer avec de la glycérine en quantité suffisante pour rendre l’argile molle. Etendre cette pâte sur une vitre ou toute autre matière non absorbante. Tous les deux ou trois mois répandre sur la pâte quelques gouttes de glycérine pour l’entretenir humide." Aussitôt après le tirage enlever les traits d’encre d’ani-liue au moyen d’une éponge imbibée légèrement d’eau.
- Liquide pour imprégner les chiffons à épousseter.
- — On sait que de plus en plus, et avec raison, on abandonne l'époussetage à sec ; on humidifie, quand onlepeut, les chiffons que l’on emploie, mais il est bien des objets de mobilier ou autres auxquels cette humidité peut nuire. La publication Chemisch-Technische Fabrikant indique un liquide dont les chiffons peuvent être imprégnés, et
- qui leur laisse, une fois secs en apparence (et à coup sûr dans des conditions qui ne peuvent détérioreé les meubles), les mêmes propriétés que s’ils étaient réellement humides. On prépare ce liquide d’imprégnation en mélangeant 3o kg de pétrole américain de très bonne qualité, d’huile de pétrole, avec 10 kg d’huile de navette doublement raffinée ; on chauffe modérément, puis on ajoute en remuant 1 kg de benjoin ou benzoe amygdaloïdes préalablement porté à liquéfaction par chauffage. On immerge les chiffons dans le liquide, on les en laisse se saturer, puis on les en sort, on les tord, on les sèche à l’ombre. Une fois secs, ils sont bons à employer.
- Pour dessertir une pierre d’un bijou. — On ne
- saurait prendre trop de précautions quand on veut enlever une pierre des griffes qui la maintiennent : à la fois pour ne pas détériorer la pierre et aussi pour ne pas casser ou fatiguer les griffes, qui doivent pouvoir revenir sur elles-mêmes, quand on voudra remettre en place la pierre. D’une manière générale, on commence par soulever les griffes de la quantité juste suffisante pour donner libre sortie k la pierre, et l’on retire celle-ci en appliquant à sa surface une baguette de cire à laquelle elle adhérera.
- Le mieux, pour soulever une griffe, est d’insérer, entre elle et la suivante, une petite échoppe plate; mais on ne doit pas prendre appui pour faire levier, ni sur la pierre ni sur la griffe voisine, c’est sur le corps du bijou qu’il faut s’appuyer. Et, encore une fois, ilfautque le soulèvement soit graduel et limité au strict nécessaire.
- Dosage du zinc dans les peintures au zinc. —
- M. Tambon a proposé, une méthode reposant sur la solubilité rapide et complète de l’oxyde de zinc dans une liqueur constituée par un mélange à parties égales d’ammoniaque, de solution de chlorhydrate d’ammoniaque à 20 pour 100. Les impuretés qui peuvent souiller l’oxyde du zinc, dans le blanc de zinc : céruse, sulfate de baryte, etc., y sont par c.ontre insolubles; il en est de même du zinc métallique, du sulfure de zinc. Ce procédé peut avoir d utiles applications, actuellement surtout où la peinture au zinc tend à se substituer à la peinture à la céruse.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Dans le n° 1780 (la Musique expliquée), une erreur matérielle a fait déplacer le renvoi de la ligure 2 qui se rapporte au dernier paragraphe sur les écarts d’intonation : « Voici un exemple de six mesures.... »
- Communications. —Forme anormale du calice d'une rose. — M. le Capitaine A. Roumeguère, membre de la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux, nous adresse une intéressante petite note sur quelques anomalies qu’il a observées sur une rose de « Provins », éclose dans son jardin ; cette fleur présentait une métamorphose remarquable, opposée à celle que l’on constate assez souvent, celle des éléments de la corolle, devenus des organes du calice, à des places anormales sur la tige, troublant ainsi profondément l’ordre habituel des verticilles dans le diagramme de la fleur. « Dans l’exemple qui fait l’objet de la présente note, dit notre correspondant, le ier verticille du périanthe, le calice, n’existe pas; à sa place, une feuille complète, unique; au-dessous, en 20 verticille, deux feuilles incomplètes, opposées, dont l'une par sa couleur et sa forme tient à la fois du pétale et du sépale ; un 3e verticille présente un pétale unique ; enfin un autre pétale, unique lui aussi, constitue un autre verticille. Cette succession de pétales est disposée sur la tige en un cycle, de divergence = 1/2. Pour employer une image vulgaire, l’aspect du pétiole de la rose en question laisse l’impression que la matière colorée a « coulé » le long de la tige. La rose considérée ne présente pas seulement cette absence ou celte transformation du calice ; elle offre encore la particularité d’un développement anormal du 40 verticille floral, le gynécée, et de la disposition des carpelles sur un ovaire placé en dehors et au-dessus de la corolle, sur un involucre hors de proportion avec la fleur elle-même, d’où cette autre impression d’un refoulement, de bas en haut, de l’ovaire, au-dessus du plan général de la fleur.
- Renseignements. — M. L. Rocket, à Sanluisle. — i° Àéromoteurs ; nous ignorons l’adresse de la maison
- danoise dont vous parlez, mais vous pourriez vous adresser à MM. lleuter et Schumann, à Kiel, dont nous avons décrit l’excellent appareil dans notre n° 1697. — 20 Matière servant à tatouer la peau des nègres : nous vous conseillons l’emploi de couleurs ocreuses, l’ocre jaune, par exemple, donne des résultats très visibles.
- MM. S. et O., à Paris. — Machines à fabriquer les chaussures : Àutomatische Pragemaschinen gesellschaft, Berlin, S. ^1, Ritterslrasse, 90.
- M. Ch. Bordes, à Tarbes. — Vous trouverez les instruments et les ouvrages nécessaires au collectionneur chez les fils d Emile Deyrolle, 46» rue du Bac, Paris.
- M. X., à X. — L’adresse demandée au sujet de l’an-goratine est la suivante : M. Fr. Gauthier, fabricant de tissus en poils de lapin, à Chambéry.
- M. S. M., à Paris. — Les notions que vous nous soumettez au sujet des Celles 11e sont pas en effet exactes. Il vous sera facile de les rectifier en vous servant de l’excellent ouvrage aujourd’hui classique de d’Arbois de Jubainville, Les Celtes, librairie Fontemoing, rue Le Golf. 1 vol. in-16, qui retrace l’histoire de ce peuple depuis les temps anciens où il était cantonné dans les régions du Rhin, du Main et du Haut-Danube jusque vers l’an 100 av. J.-C. L’étude du Cours de littérature celtique, du même auteur, même librairie, vous permettra aisément de développer ces premières données, pour la plupart définitivement acquises.
- M. J. P., h Paris. — Petites locomotives mécaniques (jouets scientifiques), Radiguet, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire.
- M. Fontaine, à Pnom-Penh. — Vous trouverez ces renseignements dans le manuel du Bijoutier joailleur, librairie Mulo, 12, rue Iiautefeuille, Paris, x volume 3 francs.
- M. E. Lab., à Magnac-Laval. — L’élevage de l’escargot se pratique déjà et constitue, en effet, une industrie fructueuse. Vous trouverez des l’enseignements à ce sujet dans les ouvrages de la Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris.
- Abonné 1812-22, Paris. — Vous trouverez les lampes chauffantes pour cheminées électriques et autres accessoires chez M. Richard-Ch. lîeller, 18, cité Trévise, Paris.
- M. A. Moreau, à Paris. —- Veuillez consulter le Manuel du melon, de la citrouille et du concombre, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille.
- BIBLIOGRAPHIE
- Recueil de types de ponts pour routes en ciment armé, par N. de Teùesoo et Victor Forestier, in-8°, 3o8 p., et atlas in-40. Encyclopédie des travaux publics Lé-chalas. Paris, Béranger. Prix : 25 francs.
- Les applications du béton armé aux travaux publics ont pris, depuis dix ans, un développement qui a amené le ministère des travaux publics à réglementer, par une circulaire du 20 octobre 1906, les constructions faites avec cette matière nouvelle. L’ouvrage de MM. de Tedesco et Forestier a pour but de réunir, sous un petit volume, les documents et enseignements nécessaires à l’étude d’un projet de pont-route en ciment armé dans les conditions de cette circulaire. L’ingénieur y trouvera des indications précieuses pour l’étude rapide d’un projet, pour sa rédaction et pour l’estimation du prix de revient, facilitée par les métrés détaillés donnés jiour les divers types. Un album de planches très soignées accompagne le texte.
- Traité général des automobiles à pétrole, par L. Périsse, in-8°, 5o4 p. Encyclopédie industrielle. Paris, Gauthier-Villars. Prix : i7tr,5o.
- Les ouvrages relatifs à l’automobile sont déjà très
- nombreux. Celui-ci mérite pourtant d’être mis à part comme offrant le moyen d’apprendre rapidement les principaux éléments des calculs et de la fabrication des véhicules automobiles. L’ouvrage, présenté sous une forme à la fois concise et nette, comprend, après une étude théorique générale, des chapitres sur le moteur, les mécanismes, le châssis et sur l’organisation générale d’un atelier de construction automobile.
- L'automobile à essence. Principes de construction et calculs; par Ed. Heirman. Chez Béranger, 15, rue des Saints-Pères, Paris.
- La construction des automobiles est un art bien jeune encore ; il semble cependant qu’elle ait déjà une technique définitivement assise; l’expérience et la théorie se sont dans cette branche nouvelle de l’industrie prêté un mutuel appui ; grâce à leurs efforts combinés, les progrès ont été rapides et l’on peut dire qu’aujourd’hui une machine se construit d’après des règles scientifiquement établies. Ce sont ces principes que M. Heirman expose en un style à la fois clair et concis, qui rend fort agréable la lecture de son ouvrage.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Annuaire météorologique de Belgique pour 1907, publié par A. Lancaster, Bruxelles, Hayez, 1907. Renferme une intéressante notice sur les ascensions de ballons-sondes en Belgique, par J. Vincent.
- Le mécanicien industriel, manuel pratiqué, par Paul Blancarnoux, ingénieur-mécanicien, chez H. Dunod et E. Pinat, 49> quai des Grands-Auguslins, Paris. In-8° de 820 pages, avec 400 fig. Prix : broché, 12 francs.
- Cet ouvrage comporte des notions d’arithmétique, géométrie, trigonométrie, physique, électricité et mécanique théorique, la description succincte des divers moteurs industriels et machines électriques, des principaux mécanismes d’ateliers. Un chapitre spécial est consacré à l’hygiène et à la législation. C’est donc une petite encyclopédie, qui présente, du
- reste, parfois les défauts inhérents à ce genre d’ouvrage ; documentation incomplète, exposés superficiels ou trop sommaires pour être utiles.
- Formules, tables et renseignements usuels, par J. Claudel. 11e édition, sous la direction de Georges Dariès. Tome II. Dunod et Pinat. Paris.
- L’ouvrage de M. Claudel est justement réputé dans le monde des ingénieurs et cette nouvelle édition, mise au courant des divers progrès réalisés en ces dernières années, était attendue avec impatience. Le 2e volume comprend : les routes et canaux, le calcul et la construction des ponts, les moteurs à vapeur et à gaz, les chemins de fer, 1 architecture, les matériaux de construction, les fondations et constructions civiles.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- In-
- observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 MEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE 1IE 0 A 9 ÉTAT CU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉltALES
- Lundi 25 nov. 1907. 4U,4 S. S. W. 4. Gouttes. 13, G Couvert; jduic à partir de 5 h. 20.
- Mardi 2l> 10°,8 S. W. 3. .Couvert. 2,5 Couvert; pluie jusqu’à 4 h. et de 8 h. 20 à 12 h.
- Mercredi 27 .... , 10°,5 S. S. W. 5. Éclaircies. 0,0 l’resque couvert; halo; un peu de pluie à 21 h. 50.
- Jeudi 28 10°,5 S. 2. Couvert. 1 2 Couvert; pluie à 5 h. 50; pluie ou gouttes de 12h. 40 à £0 h.
- Vendredi 29 7°,1 S. 1. Couvert. » » Nuageux: rosée ; petit brouillard.
- Samedi 50 G°,9 E. N. E. 5. Couvert. » Gelée blanche ; nuageux.
- Dimanche 1" déc . . 5°,8 E. 2. Couvert. » Gelée blanche; très nuageux.
- NOVEMBRE-DECEMBRE 1907. - SEMAINE DU LUNDI 25 AU DIMANCHE 1" DECEMBRE 1907.
- Lundi l Mardi [ Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de O ù 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 25 novembre au Tr décembre. — Le 25. Situation troublée sur tout le N.-O. de l’Europe, avec centre de la dépression à Shields, 748; Nord de la France, 750; Bretagne, 754; Moscou, 781. Pluies sur la même région; en France : Cherbourg, 32; Biarritz, 20; Brest, i3; Boulogne, 6; Bordeaux, 3. Température du matin : Moscou, — 170; Paris, 4; Alger, 14 : Puy de Dôme,—3; Pic du Midi, —-10; moyenne à Paris : 70 (normale : 4°,3).
- .— Le 26. Minimum barométrique sur l’Irlande : Valeu-cia, 7.36, et sur le Danemark, 746; Moscou, 779. Pluies générales; en France : Ile d’Aix (orage), 62; Rochefort, 3o; Nantes, 21; Le Havre, 19; Brest, 18; Paris, i5. Temp. du matin : Arkangel, — 16 ; Paris, 11 ; Alger, i3; Puy de Dôme, 2 ; Pic du Midi, — 2; moyenne à Paris :
- :12° (normale : 4°!<J)- — I-e 27. Violente tempête du S.-O. •s’ur nos côtes de la Manche et de l’Océan ; Valencia, 733;- Pas de Calais, 747. Pluies sur l’O. et le Centre de l’Europe ; en France : Cherbourg, 27; Lorient, 17; Dunkerque, 12; Lyon, 9; Paris, 1. Temp. du matin : Moscou, — i3; Paris, 11 ; Alger,. i5; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, —2; moyenne à Paris : n°,3 (normale : 4°, 1). — Le 28. Hausse générale sur l’O. de l’Europe : Iles-Britanniques et pays du Nord, 750; Méditerranée, 765. Pluies sur l’O. et le N. du continent.; en France ;
- Nantes, i5; Lorient, Cherbourg, 4î Brest, 3; Calais, 2, Temp. du matin : Arkangel, — 11; Paris, 11; Alger, 17; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, —2 ; moyenne à Paris : io°,4 (normale : 4°)- — 29. Continuai ion de
- la hausse : pression supérieure à 765 en Irlande, Ecosse, Est de la France ; basses pressions sur l’extrême N. : Bodoe, 746. Pluies sur l’O. et le N. de l’Europe; en France ; Nantes, 5; Brest, Paris, 1, Temp. du matin : Arkangel, —12; Paris, 7; Alger, 17; Puy de Dôme, 4> Pic du Midi, — 1 ; moyenne à Paris : 8°,4 (normale : 3°,9). — Le 3o. Aire de pression supérieure à 765, du N.-O. au S.-E. du continent (773 au N. de la France)] ; dépression en Russie : Saint-Pétersbourg, 748. Pluies sur la Scandinavie et l’Allemagne. Temp. du matin ; Arkangel, —i4; Paris, 7; Alger, 18; Puy de Dôme, 4-! moyenne à Paris : 5°,8 (normale : 3°,8). — Le icr. Baisse sur l’O. de l’Europe, la pression restant supérieure à 770 sur la mer du Nord et l’Allemagne. Dépression sur la Russie et au S.-O. de la péninsule Ibérique. Pluies dans 1 E. du continent. Temp. du matin ; Saint-Pétersbourg, — 10; Paris, 4 ; Alger, 20; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : 5°,i (normale : 3°,7). — Phases de la Lune : Dernier Quartier, le 28, à 4 h- 3o m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à ('obligation de l’indication d’origine.
- N° 1803 — 14 DÉCEMBRE 1907
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Nécrologie. — M. A. Molténi vient de mourir à Tours où il s’était retiré depuis quelques années auprès de ses enfants, apx'ès avoir fourni une carrière de plus de 5o ans dans la maison universellement connue d’optique et d’instruments de mathématiques et géodésie fondée par son grand-père en 1782. C’est là que Daguerre fît construire ses premiers appareils de photographie en i83g ; A. Molténi avait alors deux ans : on peut dire qu’il "est né avec la photographie, aussi lui consacra-t-il toujours la plus grande partie de ses travaux. Il s’est principalement attaché à l’art de la projection, qu’il a pour ainsi dire créé, car il avait senti son importance prépondérante comme moyen de vulgarisation dans toutes les branches de l’enseignement. Après avoir établi les modèles de lanternes, tels qu’ils sont encore à peu près employés actuellement, il s’attacha à perfectionner les moyens d’éclairage permettant de disposer en tout lieu d’une puissante lumière. Il a rassemblé une des plus importantes collections de diapositives qui existe et qui comprend tout ce qui intéresse l’histoire, l’art, les sciences. On y trouve notamment la plupart des clichés de mécanique parus dans La Nature. Les conférenciers étaient toujours sûrs de trouver en lui un collaborateur précieux et dévoué qui ne ménageait ni son temps ni sa peine. Le gouvernement avait reconnu ses bons services en le nommant chevalier de la Légion d’honneur en 1898. Son oeuvre lui survivra et son nom restera toujours lié à celui de « projections ».
- Observation photographique de la comète Mel-lish(i907&).— Dans le n° \i§§àes,Astronomische Nach-richten, le professeur E.-E. Barnard, de l’observatoire Yerkès, a donné une note au sujet des photographies de cette comète qu’il obtint dans la nuit du i3 avril, avant l’annonce de la découverte par M. Mellish. Il photographiait la région du ciel où planait alors la comète Gia-cobini (1907 a) et trouva sur ses clichés, dans un des angles des plaques, une petite traînée due à une nouvelle comète. Cette traînée figurait dans les plaques exposées simultanément avec les chambres de xo pouces et de 6 pouces d’objectif. Ce fait montre une fois de plus combien il est important de réunir, quand on le peut, plusieurs clichés d’une même région céleste, pris au même moment. Les particularités des plaques se vérifient les unes par les autres. Ce n’est pas la première fois que des astronomes enregistrent sur leurs photographies des objets célestes qui sont découverts visuellement peu de temps après. Le fait a été signalé ici même, il y a quelques années, par M. L. Rudaux, à propos d’une autre comète.
- Point de fusion de l’arsenic. — On sait depuis longtemps que, lorsqu’on chauffe de l’arsenic à la pression ordinaire, ce métalloïde se volatilise sans fondre; mais divers auteurs avaient constaté cependant qu’on pouvait, dans certaines conditions, obtenir de l’arsenic fondu entre les températures de fusion de l’antimoine et
- de l’argent. MM. Guntz et Broniewski ont cherché à resserrer ces limites. Pour cela, ils ont chauffé très unifor-mément, dans un petit four à insistance électrique, de l’arsenic bien pur placé dans des tubes de verre dur ou de quai'tz ; ils ont constaté que l’arsenic ne devient pas liquide à une température fixe, mais passe par l’état pâteux. A partir de 5oo degrés, les morceaux d’arsenic se ramollissent, se soudent entre eux et prennent lentement, sous l’influence de la pesanteur, la foi'me du réservoir; cette température marquerait donc en réalité le point de fusion de l’arsenic.
- L’argon de l’air atmosphérique. — Les lecteurs de La Nature savent que l’extraction de l’argon de l’air atmosphérique est assez pénible et qu’elle se fait, soit en combinant l’excès d’azote à une certaine quantité d’oxygène après absorption de l’oxygène primitif, soit en combinant l’azote résiduel avec un métal susceptible de former un azoture, comme le magnésium. M. Fischer, en Allemagne, vient d’imaginer un mo^e de préparation de ce corps en partant du carbure de calcium. Pour cela, on place, dans un tube de fer à parois épaisses, dispose dans un fourneau à gaz, un mélange de carbure de calcium avec 10 pour 100 de chlorure de calcium. On calcine d’abord à 8oo° en faisant le vide ; il se dégage de l’acétylène et des produits goudronneux. Puis on fait passer un courant d’air sec et purifié ; l’oxygène de cet air fournit de la chaux et de l’acide carbonique, l’azote fournit de la cyanamide et du chai'bon. Il suffit de faix-e passer le gaz résultant de cette action sur l’oxyde de cuivre, la potasse, l’acide sulfurique et l’acide phospho-rique, qui retiennent les divers produits gazeux et qui laissent passer seulement l’argon brut, c’est-à-dire l’ensemble des gaz rares de l’air : argon, néon, crypton, xénon.
- Électro-métallurgie du zinc. — On sait que les procédés électriques se sont maintenant répandus d’une façon générale pour la production de certains métaux, et notamment de l’aluminium. On a également essayé à diverses reprises de faire le traitement des minerais de zinc dans un four électrique du type à résistance. Cette méthode aurait de très grands avantages : x° elle donnerait un produit plus pur et plus uniforme ; 20 les pertes seraient moindres ; 3° elle permettrait de traiter une plus grande variété de minerais ; 4° enfin la l’écupé-ration des métaux étrangers : plomb, argent, cuivre, or, qui se rencontrent pai’fois dans les minerais.de zinc, s’effectuerait plus facilement. Une tentative dans ce sens, dont on ne connaît pas le résultat exact, vient d’être faite en Angleterre. , ?
- Le vieillissement et la stérilisation des liquides par l’électricité statique. — L'Éclairage électrique analyse à ce sujet un brevet américain du Dr Dorn, de Wilmersdorf, près Bei'lin. L’électricité statique produirait sur les liquides contenant des acides, tels que : acides acétique, lactique, etc., des effets analogues à ceux que l’on obtient par un dépôt de longue durée.
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- INFORMATIONS
- Pour que l’influence des décharges soit efficace, il faut soumettre à l’action de l’oxygène le liquide en traitement ; on se sert comme appareil d’une machine statique d’induction d’un type quelconque mue par un moteur, et reliée à deux bouteilles de Leyde. Le liquide est placé dans un fût dont les bondes sont traversées par des électrodes reliées à la machine. Les tiges formant les électrodes sont placées dans un tube en verre et leurs extrémités sont constituées par des pointes en platine. Un courant d’oxygène amené par un tube maintient le liquide en mouvement continuel, et cet oxygène est rendu actif, partie par ozonisation, partie par ionisation. Ce traitement donne, dit-on, satisfaction pour le vieillissement des vins et alcools. Il peut aussi être employé à la stérilisation des liquides. Rappelons l’excellent filtre à ozone Otto, basé sur ce principe..
- La fin d un dirigeable. — Dans notre numéro du 3o novembre, nous mentionnions le superbe record du dirigeable Patrie effectuant en 7h 35 le trajet Paris-Verdun. Ce sera, hélas! le dernier voyage dirigé de notre beau croiseur aérien. Le 29 novembre, au cours d’une sortie, le dirigeable était brusquement arrêté par une panne du moteur, forcé d’atterrir assez loin de Verdun et d’y attendre l’arrivée d’un mécanicien capable d’effectuer la réparation. Le 3o novembre, le ballon est encore hors d’état de reprendre son vol; une violente bourrasque survient qui brise les amarres et, avant que l'on ait pu faire fonctionner la corde de déchirure, l’arrache aux bras des hommes chargés de le maintenir. Emporté par la tempête dans la direction de l’Ouest,
- on l’aperçut le lendemain au-dessus de l’Ecosse; pendant 2 jours, il semble planer à l’aventure au-dessus de l’Ecosse et de l’Irlande; le 4 décembre, il atterrit enfin près de Belfast. Le choc lui fait perdre son hélice; délesté ainsi de i5o kg, il repart à nouveau et disparaît, sans doute définitivement. Un de nos correspondants nous envoie la photographie de l’hélice au moment où elle fut ramassée par un fermier du village de Ballidarey. Depuis, l’autorité militaire anglaise a pris possession de la précieuse relique, pour la remettre, dit-on, au gouvernement français. On a beaucoup discuté sur la perte du Patrie ; certains ont même réclamé des sanctions sévères; nous nous contenterons de rappeler que la navigation aérienne dirigée est un art tout récent ; tous les grands progrès ont été marqués, à leur début, par des accidents, quelquefois des catastrophes ; félicitons-nous de n’avoir à regretter qu’une simple perte pécuniaire, la perte d’un don fait à l’Etat.
- Coup de grisou aux Etats-Unis. — Un coup de grisou terrible s’est produit le 6 décembre aux mines de charbon de Monondagh, près de Fairmont, dans la Virginie de l’Ouest. Bien que la mine passât pour être outillée de la façon la plus moderne (éclairage électrique général, etc.), 55o mineurs ont été tués; le matériel extérieur, les constructions, etc., détruits. C’est le plus grand désastre qui ait encore frappé les mines américaines.
- Crise de l’industrie du diamant. — Par une de ces
- répercussions lointaines qui deviennent de plus en plus
- fréquentes, la crise financière américaine amène un arrêt général dans l’industrie du diamant. Dans la colonie du Cap, 8000 mineurs viennent d’être congédiés pan la Cu de Beers. A Amsterdam, 4000 tailleurs de diamants sont sans travail.
- Les médecins au Japon. — On se plaint en Europe, et en France en particulier, de la pléthore médicale; nous n’avons rien à envier aux peuples d’Orient, à en juger par la statistique suivante. A la fin de 1906, le nombre des médecins exerçant au Japon s’élevait à 34611, plus 706 dentistes diplômés. L’accroissement de 1905 à_i9o6 n’était pas moindre de 740 nouveaux docteurs. Ce chiffre donne une proportion de 1 médecin pour 1348 habitants. Comme en Europe, dans les grandes, villes la proportion est plus élevée; à Tokio notamment, il y a 1 médecin pour 810 habitants. Sur le nombre total de 34000 docteurs, on ne compte que 33 étrangers. Il y a au Japon 786 hôpitaux dont 63o sont des institutions privées; à Tokio, Yokohama et Robe, il y a quelques hôpitaux ou asiles appartenant à des nations étrangères et dirigés par leurs nationaux.
- Le traité de géométrie inédit d’Archimède. —
- Nous avons, au moment de sa découverte, signalé le nouveau traité de géométrie d’Archimède (n° 1778, 22 juin 1907). Ce manuscrit, traduit par M. Th. Reinach, vient d’être publié dans la Revue générale des sciences. Il a été découvert parmi les manuscrits du patriarcat grec de Jérusalem, sous les écritures d’un livre de prières byzantin du xme siècle. Avec des peines infinies, on a pu déchiffrer l’écriture du x° siècle que le copiste postérieur, voulant utiliser le parchemin, s’était contenté de laver sans la gratter, mais qui s’était trouvée morcelée, pliée et dispersée en désordre lors de l’utilisation nouvelle. Ce manuscrit précieux renferme, outre des traités déjà connus sur la sphère et le cylindre, les hélices, le traité des corps flottants, etc., une sorte de jeu de jjatience géométrique intitulé « le Taquin » (Stoma-chion) et le texte nouveau, aux trois quarts complet, du « Traité de la Méthode » (Epho-dos), qui a suscité une telle curiosité dans le monde savant. Suivant l’usage qui s’est perpétué chez les géomètres du xvu° siècle, l’ou-vi-age est sous la forme d’une lettre, adressée ici à son disciple Eratosthène de Cyrène, plus jeune d’une douzaine d’années, par Archimède (né en 287). Son intérêt principal est de montrer, chez le géomètre grec, la notion, toute moderne, du moment d’une force par rapport à une droite ou à un plan. « Cette notion, dit M. Painlevé, qu’Archimède emploie constamment sans lui donner de nom, c’est l’équilibre du levier qui la lui a suggérée, et c’est soussa forme mécanique qu’il l’introduit dans tous ses raisonnements. Traduite en langage moderne, sa méthode consiste à comparer deux volumes qu’on regarde comme des solides homogènes et à montrer que les poids de leurs éléments ont même moment résultant par rapport à une certaine droite. Comme un des volumes a été choisi de façon que ce moment résultant fût connu pour lui, il est connu également pour l’autre : d’où une propriété géométrique de ce dernier volume. » En même temps, il emploie (comme on le savait déjà), mais sans lui donner ici toute sa rigueur, la méthode dite d’exhaustion, qui constitue, longtemps avant Leibnitz et Newton, une véritable intégration.
- Sur la préhistoire de la Norvège- — En se basant sur des considérations d’ordre divers, géologiques, archéologiques, paléontologiques, un savant norvégien, M. W. C. Brôgger, dans un mémoire publié récemment à Christiania, s’efforce d’établir des données chronologiques approximatives pour servir de cadre aux études préhistoriques sur le sud-est de la Norvège. Il va de soi que ces chiffres ont le caractère un peu en l’air de ces sortes d’approximations ; mais le système des notions interférentes qui leur sert de fondements leur donne un vague semblant de probabilité ; on les lira donc avec intérêt. Selon M. Brôgger, le paléolithique irait en Norvège S.-E. de 49°° à 3goo av. J.-C., le néolithique se diviserait en deux périodes, 3goo à 3400, 3400 à 2400, l’âge du cuivre s’étendrait de 2400 à 1900 et l’âge du bronze de 1900 à 5oo.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mécanique
- Pince coupante à mâchoires aiguisables. — Celle pince, qui nous a été présentée par la Maison Markt, 107, avenue Parmentier, offre une série de dispositions ingénieuses, intéressantes et pratiques, que l'on pressent déjà à l’examen de la figure que nous en donnons. Nous n’insisterons pas sur la double articulation, qui permet d’exercer sans peine un effort relativement considérable, et par suite de couper aisément aussi bien des cordes de piano que des rayons de bicyclette. Un l’essort puissant ramène la pince immédiatement dans sa position d’ouverture. Ce qui est particulièi'ement curieux, c’est ce fait que ses mâchoires coupantes sont démontables, et qu’on peut les aiguiser sans peine, quand elles en ont besoin. C’est qu’en effet la partie agissante delà mâchoire est composée d’une lame d’acier affectant la forme nécessaire, et portant à sa partie postérieure une dente-
- La pince coupante et divers types de mâchoires.
- lure ; celle-ci vient engrener, peut-on dire, avec une surface dentée de même nature qui fait partie du corps de l’instrument, et comme de plus une vis fixe la partie mobile de la mâchoire, celle-ci tient avec une solidité absolue à l’outil quand elle est mise en place. On comprend dès lors combien il est simple de l’enlever pour l’aiguiser, puis de la remettre en place après aiguisage. On peut, bien entendu, monter sur l’instrument des mâchoires très nettement différentes, suivant le genre de travail que l’on veut exécuter. Et nous montrons justement des types divers de mâchoires qui peuvent se vendre avec l’instrument.
- Les manches et la tête sont en acier fin estampé et cémenté soigneusement; quant aux mâchoires, elles sont trempées dans les meilleures conditions. Notons un autre détail fort ingénieux de cet appareil. Entre les mâchoires coupantes, est disposé un petit ressort, qui pousse automatiquement le fil entre les mâchoires coupantes et les empêche par suite de venir se briser ou se détériorer, en se rencontrant brusquement l’une contre l’autre. Une pince de ce genre pouvant ouvrir ses mâchoires de plus de 3 millimètres ne pèse pas 5oo grammes, elle se vend 14 francs environ.
- Équerre composite et transformable. — Gomme on peut le voir tout de suite, en examinant les diverses figures que nous donnons de ce petit appareil, c’est une
- Équerre composite et transformable.
- équerre dont les deux branches principales et normalement verticales l’une à l’autre, sont maintenues en position par une branche inclinée, qui forme, dans un cas au moins, le troisième côté du triangle rectangle. Que l’on note que la plus courte branche verticale est évidée de telle
- manière, que l’on peut mettre en place et visser à fond deux vis moletées qui viennent s’enfoncer dans un logement ad hoc, et de façon à solidariser la branche dont elles dépendent et celle sur laquelle l’extrémité de cette vis vient forcer. C’est-à-dire que le vissage à fond des deux vis forme du tout un ensemble indéformable et indécomposable. Cette branche à double vis peut du reste glisser dans une glissière ménagée dans ce but, suivant l’axe de la grande branche de l’équerre, etl’onpeut amener de la sorte la branche oblique à venir constituer le prolongement de la ligne oblique de cette grande branche. On peut ainsi tracer un onglet avec cette équerre, tout en ayant une normale tracée par rapport à la grande branche de l’appareil. On peut d’autre part monter ce dispositif de manière différente, ainsi que l’indique la troisième figure, eh supprimant complètement la troisième branche de l’instrument : on maintient la branche évidée dans une position oblique par rapport à la grande branche, au moyen du serrage d’une des vis. Nous n'avons pas besoin d’insister sur les services divers que peut rendre cet appareil, qui est du reste robuste et léger. — Il se vend chez M. Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Divers
- Bouchon automatique. — Il est difficile d’obtenir une bonne fermeture d’une bouteille à l’aide d’un bouchon de liège ordinaire. Aussi on se sert de plus en plus d un bouchon automatique formé de deux parties en bois séparées par un anneau en caoutchouc. La partie inférieure est réunie par une tige métallique centrale à un petit levier placé au-dessus, comme le montre la figure ci-jointe. Une faible pression sur ce levier ferme hermétiquement la bouteille.
- La pression soulève, en effet, la partie inférieure du bouchon, ramène l’anneau en caoutchouc et le comprime en le forçant à s’étendre sur les bords du goulot de la bouteille. De la sorte on a une bouteille bien fermée, avec un bouchon de o fr. 70. — Le bouchon automatique se trouve chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris (Xe arrond1).
- Le Télébloc. — Si le proverbe Verba volant, scripta manent est vrai, c’est bien au téléphone surtout qu’il peut s’appliquer et, quand on a une communication d’affaires, il est bien nécessaire de prendre rapidement quelques notes. On a déjà imaginé des pupitres qui se fixent au mur, à proximité de l’appareil et sur lesquels on peut s’appuyer pour écrire ; mais il faut que le pa-
- Le Télébloc.
- pier y soit fixé, car on n’a qu’une main libre, l’autre tenant le récepteur. M. Bouvet a eu l’idée de réunir pupitre et papier en un seul tout qui forme le télé-bloc. C’est, comme on le voit ci-contre, un bloc de feuilles de papiers emprisonnées sous le couvercle à jour du pupitre et pressées par un ressort placé en dessous de la
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- planchette qui les supporte ; de cette façon on n’oublie jamais de se munir d’une feuille de papier blanc quand on est appelé à l’appareil; la feuille est bien maintenue et il est facile d’écrire, même quand on n’a qu’une main libre ; enfin quand la communication est terminée, il suffit de tirer la feuille à soi et elle se trouve automatiquement remplacée par une autre. C’est un petit accessoire téléphonique très utile et très pratique. — Chez M. Bouvet, 37, rue de l’Echiquier. __
- Extracteur de comédons. — On désigne sous le nom de comédons les points noirs ou blancs qui apparaissent souvent sur le visage et le déparent. Ils sont dus à l’obstruction des pores de la peau. La sécrétion des glandes est entravée, les comédons poussent et nuisent à la santé et à la beauté du visage. On pouvait s’en
- Extracteur de comédons.
- débarrasser jusqu’ici en pinçant, entre les ongles, les divers points et en les faisant sortir successivement. Un jeune docteur a trouvé l’extracteur que représente la figure ci-jointe. L’appareil est en maillechort ; il est formé par une tige verticale portant sur le côté un anneau et au-dessus un support pour le pouce. Il suffit de l’appliquer sur le comédon et d’exercer une légère pression ; le point noir sort très facilement. — • L’extracteur de comédons se trouve, au prix de 2 fr. 5o, chezM. P. Re-naut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris (Xe).
- Le tampon en bois « Oubel ». — Les cloisons fragiles des appartements modernes ne se prêtent guère aux travaux d’aménagement qui exigent que l’on y plante des clous, des tiges ou des vis. Il est souvent impossible d’accrocher simplement un tableau à un clou, car la cloison n’est pas assez résistante pour supporter cette charge et l’on risque de voir clou et tableau s’ef-
- fondrer un beau jour. Dans ces conditions, le seul moyen qui permette d’effectuer toutes les petites installations domestiques est de faire des scellements ou de percer un trou dans la cloison et d’y fixer un tampon de bois dans lequel on enfoncera les clous ou les tiges. Le tampon Dubel est particulièrement bien compris à cet
- usage et son emploi est remarquablement simple. Au moyen d’un outil spécial en acier, le tamponnoir, on perce dans le mur un trou dont le diamètre correspond à la taille du tampon. Celui-ci se compose d’un cylindre de bois fendu longitudinalement ; dans la fente est engagée une cheville plate en bois, maintenue par un cercle en fer qui entoure la partie supérieure du cylindre de bois. On engage le tampon à l’intérieur du trou ménagé dans la cloison et d’un coup de marteau on enfonce la cheville; elle fait éclater le cylindre en bois ; le diamètre du tampon augmente ainsi, et il se trouve solidement fixé dans le trou. Prix 1 fr., tampons de 10 mm avec le tamponnoir 6 fr. 5o. — En vente chezSchmitt, 53, avenue de la République.
- La montre solaire A. L- — Il existe déjà un grand nombre de cadrans solaires portatifs plus ou moins perfectionnés, mais en général peu employés ; est-ce leur prix qui en est cause ? C’est possible, en tout cas celui qu’a imaginé et fait construire M. Antonin Louis n’aura pas cet inconvénient, car il est à la portée des bourses les plus modestes. Il a la forme d’une montre très plate ; suivant un diamètre de ce disque se trouve un pivot qui porte un style qu’on peut rabattre dans une rainure ménagée à cet effet quand la montre ne sert pas. Pour voir l’heure, en admettant qu’il y ait du soleil bien entendu, on relève le style en faisant tourner le bouton
- La montre solaire A. L.
- de la montre ; au moyen de la boussole qui fait partie de l’appareil on l’oriente de façon que l'aiguille de cette boussole occupe la ligne marquée nord-sud de son cadran. L’ombre portée par le style vient se dessiner sur l’heure exacte qu il est à ce moment. Chez M. Antonin Louis, 19, faubourg Saint-Denis, Paris.
- Collier douche extensible. — La douche qu’on peut prendre facilement, au moyen d’un collier percé de trous, a depuis quelques années un très grand succès. Un tube en caoutchouc per- '
- met de brancher l’appareil sur un robinet de cuisine et il n’est pas nécessaire d’avoir une salle de bain pour pouvoir faire de l’hygiène économique ; un tub ou bassin en zinc d’environ 90 centimètres de diamètre suffit pour recueillir l’eau. Mais le collier métallique peut être trop grand ou trop petit Collier douche extensible,
- s’il doit servir à
- plusieurs personnes de la famille y.compris les enfants. C’est pourquoi M. Picard a imaginé de le faire en caoutchouc souple de telle sorte qu’on puisse l’enrouler sur lui-même comme le représente la gravure ci-contre. Deux bagues métalliques suffisent pouf maintenir l’enroulement à la grandeur voulue. — Chez M. Picard, n3, boulevard Richard-Lenoir.
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- HYGIENE ET SANTE
- Les pulvérisations d’éther contre les douleurs.
- — L’éther est un agent merveilleux d’anesthésie générale et locale : pour l’anesthésie générale il fut détrôné par le chloroforme. Cependant certains chirurgiens l’ont toujours préféré, comme moins dangereux et pendant longtemps, peut-être même encore aujourd’hui, à Boston et à Lyon, l’éther fut employé à l’exclusion de tout autre anesthésique. Pour l’anesthésie locale, l’étlier pulvérisé, vaporisé au moyen de l’appareil de Richardson amène par le refroidissement un engourdissement rapide des téguments et une insensibilité assez profonde pour permettre de petites opérations de courte durée. Aujourd’hui on a substitué à ces pulvérisations l’injection sous-cutanée et profonde de cocaïne ou de stovaïne, qui donne une anesthésie plus durable. Ces propriétés anesthésiques de l’éther vaporisé ont été mises à prolit, il y a longtemps, pour combattre certaines névralgies, absolument comme on le fait aujourd’hui avec le stypage au moyen du chlorure d’éthyle. Le professeur Lemoine, de Lille, a généralisé l’application de l’éther pour combattre le phénomène douleur dans une foule d’aff'ections nerveuses. On sait combien dans l’ataxie, dans certaines maladies de l’appareil cérébro-spinal, les douleurs sont intenses, durables et pénibles : ce n’est pas par métaphore qu’on leur a donné le nom de fulgurantes, excruciantcs. La vaporisation de l’éther pendant deux à cinq minutes amène une sédation souvent remarquable, et comme l’irritation de la peau est nulle, on peut les répéter trois à quatre fois par jour, si besoin est. Un détail important, c’est le siège de l’application de ces vapeurs qui doit varier suivant la maladie. C’est ainsique
- dans une paralysie brachiale d’origine cérébrale, il faudra faire la vaporisation non sur le bras, mais sur la région cervicale postérieure. Dans les douleurs hystériques, la vaporisation sera faite dans la zone d’irritabilité. A-t-on affaire à une névralgie intercostale dont les paroxysmes douloureux sont souvent extrêmement pénibles, on arrivera à soulager plus vite en faisant une vaporisation sur la région médullaire, à l’émergence du nerf intercostal que sur le trajet circumpectoral : le calme et l’insensibilité surviennent plus vite en agissant sur la racine que sur le tronc nerveux. La douleur siégeant sur la paroi thoracique vient-elle, au contraire, d’une irritation profond-e d’origine pleurale, le calme est obtenu par la vaporisation au niveau de la douleur. Dans les crises de gastralgie, de coliques hépatiques avec douleur au creux épigastrique la pulvérisation sur le point sensible donne un soulagement parfois plus rapide qu’un révulsif. 11 en est un cependant qui, dans cette dernière forme de douleur, réussit très bien : c’est de verser sur une compresse humide quelques gouttes de chloroforme et d’appliquer la compresse sur la zone douloureuse jusqu’à sensation de brûlure. Les pulvérisations d’éther n’agissent pas mieux que les pulvérisations de chlorure d’éthyle.; mais elles ont l’avantage de ne pas provoquer d’escarre. Il faut avoir soin de ne jamais employer ces vaporisations près d’une lampe, d’un foyer quelconque ; l’éther a des vapeurs éminemment diffusibles et qui s’enflamment avec une facilité prodigieuse. C’est donc un traitement de plein jour et, je le répète, loin de tout foyer, cheminée, poêle, ou autre appareil de chauffage en marche. D‘ A. C.
- VARIETES
- L’utilisation des sous-produits des « packing-houses » aux Etats-Unis. — Dans un article paru récemment dans La Nature (n° 1800, 2.3 novembre 1907), le Dr A; Loir montrait avec quel soin, depuis le scandale sensationnel des packing-houses de Chicago, et même avant, se faisaient l’abatage du bétail et la préparation des conserves de viandes. Nous voulons mettre en lumière tout un côté, très intéressant, de cette industrie que l’auteur n’a pas signalé, à savoir l’utilisation des sous-produits. Les fabriques de conserves n’ont pas besoin de chercher à utiliser pour l’alimentation des matières de qualité inférieure ou avariées, car elles ont tout intérêt à les employer à la fabrication d’engrais, de colles, de gélatine, et mieux encore de produits pharmaceutiques extraits d’organes dont 1 emploi est courant depuis quelques années et constitue l’opothérapie. Ces extraits d’organes, dont le plus connu en France est la thyroïdine, se vendent très cher car ils ne peuvent être obtenus que grâce à des soins minutieux et au concours de l’analyse chimique. Cette industrie, pour laquelle les Etats-Unis ont conquis un véritable monopole dans le monde, n’est d’ailleurs possible que si la matière première est abondante et saine.
- Nous laisserons de côté la fabrication des engrais avec les déchets de viande, les abats, ou les .viandes impropres à l’alimentation ; elle se fait à peu près comme en Europe.
- Pour préparer la gélatine, on emploie les eaux dans lesquelles 'ont bouilli les os, les tendons, les moelles, les rognures de peaux, les cartilages, les pieds et les têtes de porcs et de veaux, ou bien quelques-uns de ces produits à l’état sec, conservés (par le salage) ou frais (verts), spécialement destinés à cet usage, et qui doivent être bouillis de même. Quand on veut obtenir de la gélatine d’os (ostéocolle) incolore, l’ébullition ordinaire est suivie d’une concentration dans le vide, ou bien, ce qui vaut mieux, on opère immédiatement à l’autoclave avec une surpression de 0,7 à 1 atmosphère. Ces os sont traités ensuite par l’acide chlorhydrique ou phos-phorique ; on les transforme ainsi en phosphate acide de calcium soluble qui sert à la préparation du phosphore.
- La clarification de la solution trouble de gélatine fournie par l’ébullition se fait par décantation ; pendant le repos, les parties grasses se rassemblent à la partie supérieure des cuves et peuvent être séparées. On accélère la clarification en ajoutant un peu d’albumine et de chlorure d’aluminium. Depuis peu, on recourt cependant le plus souvent au filtre-presse après que la solution a rapidement passé sur du noir animal qui la décolore et fixe certains éléments solubles ou insolubles.
- Les produits verts salés, les rognures et tendons fournissent 18 à 20 pour 100 de colle forte; à l'état sec, ces mêmes produits en donnent 5o à 60 pour 100. Les os durs et secs en fournissent 18 pour 100.
- Les principaux extraits d’organes sont la pepsine, la pancréatine, la cardine (des coeurs de taureaux), la médulline (de la moelle épinière), la testine, l’ovarine, la musculine, la thyroïdine (de la glande thyroïde), la cérébrine (de la matière cérébrale), l’adrénaline (des capsules 'surrénales). La pepsine et la pancréatine s’obtiennent à peu près de même façon par un traitement spécial et assez long de la membrane stomacale ou du pancréas des porcs. D’une façon générale, pour extraire les autres produits, on lave l’organe, choisi sain, à l’eau boriquée et on le hache ; le hachis est mis à macérer dans un mélange d’une solution aqueuse saturée de borax, de glycérine et d’alcool. On filtre à la bougie en porcelaine poreuse, on presse aseptiquement le résidu et on l’ajoute au filtrat. E. Lemaire.
- Vitalité des vipères. — Le Cosmos du 5 août 1907 a publié sous ce titre et sous la signature de M. G. d’Hat-tecourt le fait suivant : sur l’allée d’un parc une vipère fut tronçonnée à 5 ou 6 centimètres de la tête ; et, pendant que le tronçon postérieur s’agitait et se tortillait en place, le segment de la tête fila avec une extrême rapidité dans l’herbe du talus voisin et pénétra sous terre à 60 ou 80 centimètres de distance. L’auteur de l’observation se demande si la partie antérieure, ainsi séparée, peut continuer à vivre et si, dans l’affirmative, le surplus du corps se reconstituera ?
- Il est certain que les vipères comme tous les reptiles
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- ont une vitalité très puissante dans toutes les parties du corps, due sans doute à l’existence de nombreux centres nerveux, ce qui permet aux divers tronçons du corps sectionné de s’agiter encore pendant quelque temps, quelques minutes ou quelques heures, mais avec une vigueur rapidement décroissante, si bien qu’après 2 ou 3 heures il faut exciter les tronçons pour leur faire produire encore une constriction à peine perceptible.
- J’ai vu sur les routes des centaines de couleuvres, vipères, orvets tronçonnés par les roues de charrette, mais toujours les deux tronçons se trouvaient en intime voisinage.
- J’ai tronçonné à toutes les distances de la tête de nombreuses couleuvres et vipères avec le tranchant du piolet, et j’ai toujours constaté que la durée des mouvements convulsifs présentait quelque proportion avec la longueur relative du tronçon.
- . Des vipères tronçonnées à 5 ou 6 centimètres de la tète et même à 12 centimètres présentent les particularités suivantes. La tête se porte rapidement en avant à plusieurs reprises comme pour fuir.
- Mais vains efforts, car la force de propulsion fait défaut. Le tronçon se tortille alors, mais avec une
- démarche lourde, incertaine. Si on le provoque la tête peut se redresser encore en s’appuyant sur le moignon et menacer de mordre. Mais les forces s’épuisent rapidement et, avec la déperdition du sang, toute manifestation de vie disparaît en peu d’heures.
- Même moins de 10 minutes après la décollation, la tête ne résistait plus pour être introduite dans le tube qui lui était destiné, ce n’était pas encore la mort, mais le tronçon avait perdu conscience des choses.
- Nous ne saurions donc croire qu’une tête de vipère traînant un tronçon de 5 à 6 centimètres ait pu « filer avec une extrême rapidité », car une pareille allure n’appartient même pas à ce reptile pendant sa vie.
- Une couleuvre très vigoureuse (Zameni viridiflavus), tronçonnée à quelques centimètres au-dessus de l’anus, ne tarda pas à expirer.
- Je ne saurais admettre que ces vertébrés tronçonnés au-dessus de l’anus puissent survivre.
- Seule la queue repousse chez les vipères, couleuvres, lézards verts, lézards de murailles. Il arrive même quelquefois qu’à la suite d’un pareil accident deux queues se développent sur les côtés de la section.
- David Martin (Conservateur du musée de Gap).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Cause de la rouille des objets nickelés. — On a
- remarqué que certains objets nickelés présentent quelquefois de petites taches de rouille quand ils ont été placés très longtemps dans une atmosphère humide. Dès que l’attaque a commencé, elle se poursuit assez rapidement ; la rouille forme alors des petits groupements et provoque le soulèvement de la couche de nickel. MM. Calhane et Gammage ont cherché la cause de cette oxydation et exposent le résultat de leurs recherches dans le Journal of the American Chemical Society. La formation de la rouille est due à la présence de petites quantités de fer dans la couche de nickel déposée par galvanoplastie. Ce fer provient de celui que renferment toujours les plaques de nickel employées comme anodes dans le bain de nickelage. Ce fer est transporté par le courant électrique et se dépose de la même façon que le nickel, quoique en proportions moindres, si aucune précaution spéciale n’est prise; mais si les cathodes sur lesquelles se fait le dépôt, sont animées d’un mouvement de rotation, la quantité de fer déposée est d’autant plus faible que le mouvement est pins rapide. Ce moyen paraît être le seul remède ; car s’il est, toutes choses égales d’ailleurs, avantageux d’employer des anodes aussi pauvres que possible en fer, il est impossible d’en trouver dans le commerce qui en soient absolument exemptes.
- Procédé pour charger les stylographes. — Ce procédé pour charger les stylographes peut rendre quelques services dans certains cas, et prétend supprimer l’emploi du compte-goutte, ce qui n’est peut-être pas indispensable, mais e qui peut avoir des avantages. Nous croyons en tout cas devoir le signaler, l’emploi n’en est d’ailleurs pas coûteux.
- L’objet consiste simplement en un tube en verre, fermé à une extrémité par une petite boule, et bouché à l’autre par un morceau de liège. Ce tube renferme une encre stylographique spéciale. Pour remplir le porte-plume, on casse la petite boule de verre, on enlève le bouchon de liège et on laisse simplement l’encre couler d’elle-même dans le porte-plume. Chaque stylo-dose contient la charge d’un stylographe ; il ne peut naturellement servir qu’une fois, mais comme il ne coûte que i5 centimes, ce n’est pas onéreux. — Nos lecteurs qui voudront en essayer trouveront le stylo-dose, chez M. P. Ségard, 74, rue Amelot, et dans la plupart des papeteries.
- Pour nettoyer les gants. — Cette pâte s’applique sur les gants, et elle convient particulièrement au chevreau. Prendre 4 parties d’eau et y faire dissoudre 3 p. de savon mou, auquel on a ajouté 1/16 p. d’essence de citron ; pour donner au tout la bonne consistance d’une pâte, on additionne d’une quantité convenable de craie préparée.
- Enduit flexible imperméable. — Il donne une surface assez analogue à celle de la toile cirée. On le compose de blanc d’Espagne, d’huile de lin partiellement évaporée, d’un peu de litharge jouant le rôle de siccatif, et enfin d’une certaine quantité de gomme adragante.
- Poudre à blanchir. — Elle est donnée par Neueste Erfindungen comme assurant une blancheur éclatante au linge traité. On fait chauffer tout simplement 5ooo parties de verre soluble à la soude et l'on mélange intimement avec 2000 p. de soude calcinée ; on obtient une masse solide que l’on concasse ensuite soigneusement. On peut aussi faire une préparation de 25oo p. de verre soluble, 35oo de soude calcinée, 3oo de borax en poudre, 4oo de savon pulvérisé et 3oo d’amidon de pommes de terres.
- Pierre artificielle. — La fabrication en nécessite un tour de main difficile : cependant signalons, autant qu’on la connaît, la méthode Ford, qui donne une sorte de silicate de chaux. On prend de la silice, sous forme de sable fin, et de la chaux vive, 92 1/2 à 96 pour 100 de la première, et de la seconde assez pour faire 100 p. ; on mélange à sec et l’on pilonne dans un moule, en acier, avec chemise intérieure en cuivre, le tout perforé. On fait le vide dans le moule, puis on introduit de l’eau bouillante sous pression ; l’eau s’échappant par les perforations est remplacée par de la vapeur surchauffée à la pression de 8 5 kgs. Toutes les particules de chaux s’éteignent et se combinent avec une partie de la silice.
- Vernis pour fer-blanc. — Pour le préparer on fait dissoudre, dans 75 parties d’alcool, i5 p. de gomme-laque en écailles, 2 de térébenthine de Venise et 8 de sandaraque.
- Colle pour fixer le papier sur le fer-blanc. — Faire dissoudre un peu moins d’un kilogramme de sucre brun dans 5ôo grammes d’eau bouillante ; on fait fondre, d’autre part, à feu doux i5 gr. de gélatine dans 120 gr. d’eau. Enfin, en troisième lieu, on mélange 35o gr. d’empois avec autant d’eau froide et l’on jette dans un kilogramme d’eau bouillante, mais graduellement, pour éviter la prise subite ; on continue du reste de chauffer jusqu’à ce que cette dernière préparation devienne claire. On peut alors y ajouter les deux premières solutions, et bien mêler le tout.
- Argenture des objets en fer. — La publication Goldschmiede Zeitung conseille de recouvrir d’abord ces objets, avant argenture, d’une couche de mercure, en les plongeant dans une solution de nitrate de mercure, on enlève ensuite le mercure par passage à une température de 3oo° C. Elle estime aussi qu’on économise utilement sur l’argent en étamant d’abord ces objets.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux objets décrits. — L’adresse du fournisseur de la petite grue d’aciérie décrite dans le n° 1800 du 23 novembre 1907 (Supplément) est la suivante : la Mécanique industrielle, L. Strasburger et Cie, 73, rue de Maubeuge, Paris.
- Communications. — M. Ducrey nous communique une note fort curieuse relative à un alphabet simplifié ; il est parvenu à remplacer les signes de l’alphabet par des figures géométriques, dérivant du cercle et qui se distinguent les unes des autres par leur orientation. Un tel système permettrait de construire des machines à écrire très simples ; mais l’écriture et la lecture ne seraienUelles pas fort incommodes ?
- Renseignements. — M. Ricardo de Vavascuez, à Saragosse. — Veuillez vous adresser, pour le générateur Bardot, à MM. Panhard et Levassor, 19, avenue jl’Ivry, Paris.
- ' M. Armand, à Nîmes. — Nous avons transmis votre lettre à M. Meker, ingénieur à la Société de l’air liquide.
- M. E. M. — Imperméabilisation des vêtements de toile : Veuillez vous reporter à la recette donnée dans le dernier semestre de La Nature : Imperméabilisation de la toile et du drap, p. i34 du supplément.
- M. Ch. Joly, à Paris. — Pour résoudre le cas que vous nous proposez, le seul remède serait de faire un joint transparent, ce qui est impossible ; à défaut de
- cela, un joint au ciment ou autre ira parfaitement, il suffira de le masquer avec un recouvrement en bois ou en métal dont, suivant le cas, vous demanderez le dessin à un peintre, à un tapissier ou à un architecte.
- M. L. U., à Paris. — Nous avons transmis votre lettre à M. M. Blot qui vous prie de préciser votre question et se fera un plaisir d’y répondre directemant.
- MM. F. Dujardin, à Paris; Grivaz, à Rolleboise. — Nous ne possédons pas l’adresse de M. Brennan, mais il est facile de correspondre avec lui par l’intermédiaire de la Royal Society à Londres, où vous pourrez soit vous procurer ce renseignement, soit lui écrire.
- M. P. L. R., à Paris. — i° Législation relative aux bouilleurs de crus : la question est en dehors de nos compétences ; vous trouveriez les textes authentiques dans le Bulletin des lois, qui s’édite 87, rue Vieille-du-Temple, où l’on vous facilitera la recherche à travers les bulletins récents. — 20 Nous ne possédons pas ces renseignements ; il faudrait les chercher soit dans les publications du ministère de l’Agriculture, soit dans la revue L’Industrie laitière, ou vous adresser directement à la Société française d’encouragement à l’industrie laitière dont cette dernière revue est le bulletin officiel (3, rue Baillif) ; nous doutons d’ailleurs que vous trouviez ces renseignements réunis.
- Docteur F. G., à Ax-les-Thermes. — Nous avons recueilli dans nos Recettes et procédés utiles, ir“ série (Masson et C‘° éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris), divers types de vernis pour instruments de physique en laiton ou cuivre qui répondent à votre désir ; le plus simple consiste à faire dissoudre dans un demi-litre d’alcool 56 gr. de sandaraque et 14 gr. de résine, puis ajouter, Ja dissolution faite, 5 gouttes de glycérine.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Annuaire statistique de la ville de Buenos-Ayres, par MM. Casares et Martinez. 16e année (1906) à la Com-paiïa Sud-Americana de Billetes de Banco-Buenos-Ayres.
- Annuaire Marchai des chemins de fer et tramways. Année 1907, grand in-8° de 1400 pages, chez Dunod et Pinat, Paris. Prix : 14 francs.
- Les principes de Vévolution sociale, par Dicran Asla-nian, 1 vol. in-8°, Félix Alcan, Paris. Prix : 5 francs.
- C’est l’explication du progrès social, basé sur l'observation directe, et la conciliation des principes de liberté et de nécessité. L’idée d’évolution, l’antinomie de liberté et de nécessité, le progrès, l’instinct, Vimitativité, la solidarité, les liens sociaux, le train de vie sont étudiés dans la ire partie (l’analyse). -— La synthèse (2e partie) examine la direction, les courants de migration, l’accélération, les aberrations, la lutte et la régression.
- Précis d'hydrologie, par le Dl Émile Fleury. 2 vol. in-18. H. Desforges, Paris.
- La première partie résume l’hydrologie générale et les notions relatives aux eaux potables. La seconde est spéciale aux eaux thermo-minérales sur lesquelles elle fournit de nombreux renseignements géographiques et techniques.
- L'alimentation à bon marché, saine et rationnelle, par Jean Laiior et le D1 Lucien Graux, i vol. in-16. Félix Alcan, Paris. Prix : 3fr,5o.
- Pour résoudre le problème si grave de l’alimentation à bon marché, saine et rationnelle, les auteurs proposent : Y abrogation des lois protectionnistes, des taxes qui font renchérir le prix des substances alimen-
- taires les plus nécessaires à la vie ; la généralisation d’un enseignement ménager vraiment pratique ; le régime végétarien mixte plus en faveur; la création et la multiplication de cuisines populaires, ou à bon marché, comme celles qui existent à Lyon, en Suisse, en Allemagne. Ce volume complète les Jdabitations, leur décoration, leur mobilier à bon marché de J. Lahor.
- Notions de géologie, par Mme J.-N. de Montille. In-18, et 280 fig. Paris, F. Alcan. Prix : 3 francs.
- Excellent cours sommaire (enseignement secondaire des jeunes filles) fort bien au courant des plus récentes recherches.
- La dynamique des phénomènes de la vie, par J. Loeb, professeur de physiologie à l’Université de Berkeley (Californie). Traduit par MM. Daudin et Schaeffer. Préface de M. Giard, de l’Institut. 1 vol. in-8° avec figures. Félix Alcan, Paris. Prix ; 6 francs.
- Cet ouvrage du grand biologiste américain célèbre par ses recherches sur la parthénogenèse expérimentale, essaie de grouper en un corps de doctrines les résultats fournis par l’application des méthodes et des conceptions physico-chimiques aux sciences biologiques. La première partie étudie successivement : la chimie générale des phénomènes de la vie (théorie de l’action des diastases, hypothèses sur le mode d’action des ferments), la structure physique générale de la substance vivante, les manifestations élémentaires de la vie, l’influence de la température, le rôle biologique des sels. La seconde partie (tropismes en général, fécondation, hérédité, régénération) est pleine d’aperçus nouveaux. Selon M. Giard, « les exagérations des néodarwinistes ont, par une heureuse réaction, ramené l’attention sur l’étude trop négligée des facteurs pri-
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- juijjjl/i vuivnr ma^
- maires de la variation, base de toute théorie évolutionniste. Or dans ce retour aux tendances générales de Lamarck, le livre de Loeb sera un guide sûr et tx'ès suggestif. »
- Denizens of the Deep, par F. Martin Duncan, in-8°, i5i p. ët 63 gràv. Cassell and C°, Londres, 1907. Prix : 6fr,25.
- Notes et documents bien illustrés sur les organismes, plantes et animaux marins, curieuses photographies d’octopus (pieuvre).
- Le Folk-Lore de France, par Paul Sebillot. T. IY. Le peuple et l’histoire. Paris. Guilmoto, rue de Mézières, 1907, 1 vol. in-8°, 499 P- Prix : 16 francs.
- Ce quatrième volume du volumineux travail de
- M. Sébillot ne sera ni moins utile ni moins attrayant pour les lecteurs que les tomes précédents (Ciel et terre, Mer et eaux douces, Faune et flore). M. Sébillot nous donne dans celui-ci le corpus des traditions populaires relatives aux dolmens, menhirs, tumulus, mégalithes de toutes sortes, qui ont laissé tant de Iraces dans l’esprit de nos campagnes, puis des églises, châteaux, villes, monuments antiques, etc. L’ouvrage se termine par un tableau des traditions et des souvenirs que le peuple a conservés, soit des grands événements, soit des grands hommes de notre histoire. Enfin le vœu que nous émettions autrefois à propos du tome III est largement comblé, puisque près d’une centaine de pages sont consacrées à une bibliographie extrêmement abondante et à une très utile et très bien faite table analytique.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3ora,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 MEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VIENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT CU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 déc. 1907. . 5ü,o S. W. 2. Couvert. 0,0 Gelée blanche; très nuageux ; brouillard ; bruine à 10 h.
- Mardi 5 8°,2 S. S. W. 3. Couvert. 2,8 Rosée; oom. jusq. 13 h.; pluie de 7 h. 50 à 12 h. 53; beau ensuite.
- Mercredi 4 , 1°,6 S. S. W. 2. Quelq. nuages. 0,0 Gelée blanche; beau à 6-7 h.; couv. ensuite; gouttes dans la soirée.
- Jeudi 5 10° ,6 S. S. W. 5. Couvert. 4,7 Pluie de 8 h. 15,à 9 b. 15 ; nuageux.
- Vendredi G 1°,6 S. S. W. 1. Couvert. » Gelée blanche; couvert jusqu’à 10 h.; beau ensuite.
- Samedi 7 0°,3 S. 2. Couvert. 2,6 Gel. 1)1.; beau à 0 h.; couvert ensuite; pluie de 9 h. 20 à 12 b. 30.
- Dimanche 8 12°,3 S. W. 4. Couvert. 10,0 Ploie jusq. 0 b 15, de 10 h. 20 à 10 b. 01 et de 18 b. à 18 b, 30.
- DÉCEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DI AANCHE 8 DECEM3RE 1907.
- La courbe supérieure indium -la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du rent. Les courbes du milieu nidiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 2 au 8 décembre. — Le 2. Dépression en formation sur les Iles-Britanniques : Irlande, 753; Shields, 756; fortes pressions sur le Centre du continent, 775. Pluies sur le N. et l’E. du continent; en France : Lyon, i5mm; Nancy, 7; Cette, 6; Clermont, 5. Température du matin : Moscou, — 10; Paris, 4 " Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : 6° (normale : 3°,6). — Le 3. Extension sur la Manche de la dépression britannique : Manche, 75o ; Ecosse, 730. Pluies dans l’O. et le S. de l’Europe; en France : Nantes, i5; Belfort, 11 ; Brest, 9; Bordeaux, 5; Boulogne, 2. Temp. du matin : Ivharkov,
- — 9 ; Paris, 8 ; Alger, 16 ; Puy de Dôme, 1 ; Pic du Midi,
- — 7; moyenne à Paris : 5°,8 (normale : 3°,5). — Le 4. Situation-analogue : Irlande, 73r ; Ecosse, 731; dépression sur la Méditerranée, 747. Pluies dans l’O. et le S. de l’Europe; en France : Boulogne, 15 ; Biarritz, 10; Limoges, Besançon, 7; Brest, 5; Paris, 3. Temp. du matin : Moscou, —8; Paris, 2; Alger, 14 ; Puy de Dôme,
- — 3 ; Pic du Midi, —9. — Le 5. Violente tempête sur toute la France, amenée par la dépression des Iles-Britanniques (Ecosse, 73o). Pluies sur le N. et le S. de l’Europe; en France : Bordeaux, i5: Nantes, 7; Cherbourg, 5; Lyon, 3; Brest, 2. Temp. du rnatiD • Nicolaief,
- — 5; Paris, 11; Alger, 16; Puy de Dôme, 4; Lie du
- Midi, —3; moyenne à Paris : 9°,! (normale : 3',3). — Le 6. La dépression des Iles-Britanniques s’éloigne vers le N. (Skùdesness, 738) ; dépression sur le golfe de Gascogne, 749; fortes pressions sur la Russie (Moscou, 773). Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe, en France : Gap, 28; Biarritz, 10; Brest, Paris, Lyon, 5; Dunkerque, 3. Temp. du malin : Kharkof, —i3: Paris, 2; Alger, 16; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : a0,2 (normale ; 3°,5). — Le 7. Nouvel abaissement sur les Iles-Britanniques : Shields, 750; la dépression du golfe de Gascogne passe sur le N. de l’Italie, 750 (tempête sur la Corse). Pluies dans le N. et l’O. de l’Europe ; en France : Lorient, 22; Cette, 16; Clermont, 10; Roche-fort, 9; Brest, 5; Marseille, 3. Temp. du matin • Moscou, — 8; Paris, 0; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —3; Pic du Midi, —7 ;' moyenne à Paris : 3°,7 (normale : 3°,2). — Le 8. Très forte dépression sur le N.-O. de TEu-rOpe : Stornoway, 727 ; Paris, y5o; Madrid, 770, Pluies générales en Europe; en France : Calais, 27 ; lie d’Aix, 9.3; Lorient, Cherbourg, 17; Rochefort, 16; Paris, 12. Temp. du matin : Arkangel; —5°; Paris, 12; Puy de Dôme, 5; Pic du Midi, —2; moyenne à Paris : 120 (normale : 3°,i). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune, le 5 à 10 h. 31 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal ' J 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1804 — 21 DECEMBRE 1907
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- E- von Moisisowics. — Le géologue autrichien Edmond von Mojsisowics vonMojsvàr est mort le 2 octobre 1907 à l’âge de 68 ans. D’abord alpiniste consommé et, comme tel, l’un des fondateurs du Club alpin autrichien-allemand (en 1862, avec son professeur Edouard Suess, etc.), il se voua à la géologie, dès 1865. En 1892, il devenait vice-directeur de l’institut géologique impérial d’Autriche. Outre des contributions alpines et géographiques innombrables au Zeitschrift (annuaire) du club autrichien, il a publié, en 1879, un capital ouvrage sur les Alpes dolomitiques : « Die Dolomitriffe im Sudtirol und Venetien » où il établit l’origine corallienne et triasique de ces belles montagnes. Il laisse inachevé un autre gros travail : « La monographie géologique du Salzkammergut ». Sa spécialité était la connaissance approfondie des céphalopodes du trias. Depuis 1891 il était membre de l’Académie des sciences de Vienne.
- Prix Nobel. — Le prix Nobel de physique vient d’être décerné à M. Michelson de Chicago, celui de chimie à M. Buchner de Berlin et celui de médecine au Dr Lave-ran de Paris. Le professeur Laveran, né à Metz, commença par professer à l’école d’application du service de santé. Il quitta le service militaire en 1897 à la veille de recevoir le grade de médecin inspecteur des armées et entra à l’Institut Pasteur, où on mit à sa disposition un laboratoire pour des recherches scientifiques. C’est là qu’il a exécuté ses mémorables travaux sur les hématozoaires du sang, le paludisme, la maladie du sommeil et le rôle des moustiques dans la propagation des épidémies. Membre de l'Académie de médecine en 1893, il est membre de l’Académie des sciences depuis 1901. — M. Michelson, né en Prusse en i852, fut tour à tour sous-officier dans la marine américaine, démonstrateur de physique à Cleveland, professeur à Worcester et enfin à Chicago. Ses travaux de physique ont porté notamment sur l’emploi des ondes lumineuses comme étalon de longueur invariable permettant de définir lé mètre d’une façon précise, sur l’application des méthodes d’interférence à la mensuration des distances et des angles et à la spectroscopie, sur l’action du magnétisme sur les ondes lumineuses dans l’ordre d’idées de Zeeman.
- M. Hans Buchner est surtout connu pour avoir découvert que, dans l’action de la cellule de levure dédoublant le glucose en acide carbonique et alcool, l’agent catalysateur est un ferment qu’il a pu isoler : ce qui montre que la fermentation 11’est pas nécessairement liée à la vie des cellules.
- Jupiter sans satellites. — Une observation particulièrement curieuse, et fort rare, a été faite par M. G. Le Cadet, de l’Observatoire central de l’Indo-Chine, à Phu-Lien (Tonkin), dans la nuit du 3 au 4 octobre 1907 : celle de la disparition simultanée des quatre satellites de Jupiter. Un ciel menaçant avec ondées fréquentes n’a pas permis l’emploi de l’équatorial de Dallmeyer et l’observateur a utilisé une lunette de 75 mm d’objectif.
- Entre i4h37“ et i4b52“ (temps moyen de Phu-Lien) = 7h 4°m — 7h55“1 (temps moyen de Paris), dans des éclaircies, la planète a été aperçue et, chaque fois, sans aucun satellite risible. Le IVe satellite était derrière Jupiter, le IIIe et le Ier dans son cône d’ombre, et le IIe devant. Ni ce satellite, ni son ombre n’ont pu être vus sur la planète. La définition était assez mauvaise.
- La grande comète Daniel, qui fit tant parler d’elle cet été, est devenue un astre bien pâle et peu éclatant. L’éphéméride suivante., extraite des Astronomische Nachrichten, n° 4200, a été calculée par M. G. Dybeck. L’éclat est calculé en prenant pour unité celui du jour de la découverte.
- POSITIONS DE LA. COMÈTE DANIEL (1907 d)
- Dates Ascension droite Déclinaison Eclat
- 1907 Novembre -28.. 14" Om — 70 8' 0,35
- Décembre 6.. l4h i3m — 70 52' 0,29
- — 14.. i4h 24m — 8« 26' 0,25
- — 22.. i4b 35m — 8052' 0,21
- — 3o.. i4h45m — 9° 9' °U9
- La comète sera suffisamment éloignée du crépuscule, en décembre, pour être observable le matin. L’éphéméride ci-dessus montre que cet astre, vers le ier décembre, sera entre les étoiles x et t de la Vierge et qu’il se dirige un peu au-dessous de (3 de la Balance.
- Le transport de l’air liquide. — La Commission Internationale qui vient de fixer les conditions de transport des diverses marchandises, a admis le transport de l’air liquide sur les voies ferrées. Les récipients capables de contenir ce liquide sont les vases de Dewar, ouverts, à double paroi vide d’air. L’air liquide est donc admis au transport dans des bouteilles en verre à double paroi, entourées de feutre et fermées par un bouchon de feutre permettant l’échappement des gaz sans produire à l’intérieur une forte pression, mais empêchant l’écoulement du liquide. La bouteille doit ne pas se déboucher, même si elle est renversée. Les bouteilles doivent être protégées contre les chocs, par des corbeilles en fil de fer, ou autres supports. Le transport de ces corbeilles doit être effectué, soit dans des coffres métalliques ouverts en haut, ou garantis à leur partie supérieure par un treillis en fil de fer, un couvercle perforé, ou tout autre mode de protection équivalent; soit dans des caisses en bois, avec les indications : air liquide, haut, bas, fragile. Les coffres ne doivent contenir aucune matière d’emballage facilement inflammable ; et, en cas de rupture d’une bouteille, doivent être suffisamment étanches pour empêcher l’air liquide de se répandre à l’extérieur. Au lieu de bouteilles en verre, on peut employer d’autres récipients, à condition de les protéger contre réchauffement de façon qu’ils ne puissent se couvrir de rosée ni de givre.
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- INFORMATIONS
- La consommation et les dépenses dè sable sur les lignes de tramways. — On a dû remarquer que la plupart des tramways possédaient des boîtes à sable à l’avant, tout comme les locomotives : c’est pour répandre du sable sur les rails quand ceux-ci sont glissants, et, par suite, empêcher le patinage. On ne se figure pas la quantité considérable de ce sable nécessaire pour une exploitation bien conduite ; et l’approvisionnement en est d’autant plus coûteux qu’il doit être séché avant emploi, afin de bien jouer son rôle, et aussi tamisé de manière à être bien régulier de grosseur. Dans le courant d’une année, sur uné ligne parisienne, il n’est pas rare de consommer plus de 1000 mètres cubes de sable; autrefois, le séchage en revenait à près de 8 francs le mètre cube, mais on a réussi à abaisser cette dépense à afr,75.
- Les grands wagons aux États-Unis. — Voici quelques chiffres qui vont montrer la multiplication rapide des wagons à grande capacité sur le réseau américain. Sur un total de 1 700000 véhicules à marchandises, il en existe déjà environ 700000 d’une capacité en lourd d’au moins 27 tonnes; plus de 260000 peuvent porter 36 tonnes; 107000 et plus sont aptes à recevoir une charge utile de 45 tonnes.
- Automobile de chemin de fer. — L’Erie Railroad vient de se faire construire une voiture automobile à vapeur pour ses lignes suburbaines ; elle est du type Ganz. Elle comporte deux moteurs à vapeur compound de 60 chevaux, recevant de la vapeur surchauffée, et à 19 legs de pression, d’un générateur à tubes d’eau inexplosible. On peut être sous pression en 20 à 3o minutes. Le véhicule prend 5o personnes et marche seul à plus de 60 km à l’heure en palier, ou à 5o environ quand il remorque une autre voiture.
- Automobiles et voitures à chevaux. — On compte en France 227 600 voitures de luxe et 1 449 762 voitures professionnelles, traînées par des chevaux. La traction automobile comprend 19601 voitures de luxe et 11 694 voitures professionnelles. On voit que l’automobilisme n’a pas encore porté un préjudice sérieux même à la voiture de luxe, sauf à Paris cependant; les voitures à chevaux y ont sensiblement diminué depuis quelques années; elles ne comprennent plus que 5i33 voitures de luxe et 2gi5 voitures professionnelles. Par contre, la statistique des automobiles nous donne pour Paris : 4347 voitures de luxe et 1754 voitures professionnelles.
- L’origine de la turbine à vapeur. — A une époque où la turbine à vapeur semble supplanter peu à peu l’antique machine à piston, il nous semble intéressant de rappeler que la première idée en est due à James Watt. Dès 1782, le célèbre ingénieur faisait construire une machine rotative d’essais, sur laquelle il ht de nombreuses expériences; mais il dut l’abandonner par suite des fuites de vapeur aux joints des pièces mobiles.
- Drainage et moteurs électriques. — Ona dressé tout un projet en Hollande pour le dessèchement et la mise en culture des vastes marais et tourbières de Konigsmoor et de Marcardsmoor, dans la Frise Orientale, marais qui couvrent une étendue de plus de 10000 hectares. On va commencer par creuser un réseau de canaux représentant un développement de 4° kilomètres ; puis on installera une station électrique dont les machines seront alimentées à la tourbe, et le courant produit ne servira pas seulement à actionner les pompes d’épuisement dont on pourrait avoir besoin ; il actionnera également les charrues et instruments agricoles dont on aura à faire emploi dans les exploitations agricoles créées ; on enverra également le courant pour l’éclairage et la force jusqu’à Aurich, Emden Leer, Wilhemshaven, etc.
- La téléphonie à grande distance à bord des paquebots. — Il ne s’agit pas encore de la téléphonie sans fils, mise à la disposition des passagers, mais des mesures que l’on prend à bord du Lusitania, quand il est à quai à Liverpool, pour permettre à ses passagers de causer directement, s’ils le veulent, avec Londres, Paris ou d’autres gi’andes villes plus ou moins lointaines. Le bateau possède un véritable bureau central téléphonique, comportant 10 paires de fils qui aboutissent dans les boîtes de connexion, de chaque bord. C’est par ces boîtes et des postes installés sur les quais,
- que les relations avec le réseau ordinaire peuvent se faire. Les mêmes dispositions ont été prises à New-York ainsi qu’à Liverpool.
- Télégraphie sans fil en Allemagne. — Les autorités militaires allemandes viennent de commencer et continueront jusqu’au i5 janvier 1908 d’importantes expériences de télégraphie sans fil à Metz, à Strasbourg, à Kônigsberg, Dantzig, Mayence, Thorn, Posen et Cologne. On a convoqué xooo x'éservistes du coi'ps des télégraphistes pour les exercer au maniement des appareils de télégraphie sans fil.
- Un nouveau signal maritime. — Il est de construction-et de fonctionnement aussi simples que possible :
- 11 a été imaginé pour mettre entête des mâts des bateaux-feux, et les faire reconnaître plus aisément dans le brouillard, sur les conseils de différents capitaines de la Compagnie Norddeutscher Lloyd, qui avaient remarqué l’intensité des reflets de la lumière solaire sur des surfaces polies, et en particulier sur les viti*es des maisons. On dispose en tête du mât une surface polyédrale garnie de glaces sur toutes ses faces ; il suffît que l’appareil, dont le châssis sera bien simple, ait quelque 60 centi-mè’tres- de haut. Un peu dans toutes les dixeclions, il aura chance de renvoyer les rayons solaires qui le frapperont.
- Une ascension à 7134 mètres. — Le 12 juin 1907, M. le Dr T.-G. Longstafl, avec les guides Brochei-el et Karbir, a gravi le Trisul (Himalaya, vallée du Rishi), haut de 23 406 pieds (7134 m.), dépassant ainsi de deux mètres le point atteint au Chogo-Lungma par le D’ Bullock Workmann en 1903 ; mais i*estant axx-dessous des 7300 m. très vraisemblablement obtenus par M. Graham (1883) au Kabru et presque égalés par M. Long-staff lui-même au Guida Mandhatta en 1905. (Y. La Nature, nos 1746, 10 novembre 1906, p. 382; 1682, 19 août igo5, p. 186, etc.).
- Les clubs de montagnes. — Le numéro d’août 1907 de Y Alpine Journal donne, par les soins de M. A.-J. Mackintosh, une statistique des associations s’occupant spécialement des montagnes : c’est à l'occasion du cinquantenaire de la fondation (1857) du doyen des clubs alpins, Y Alpine Club de Londres. Il en existeiaxit actuellement 122 au moins (43 autres auraient été dissous ou absorbés) jusqu’au cap de Bonne-Espéi'ance, au Kameroun, en Chine et au Japon. Une double liste (géographique et alphabétique) donne la date de fondation, l’objet, l’adresse, le titre des publications, le nombre de membres, les sections. Il est noté que les clubs anglais (16) n’admettent point les dames parmi leurs affiliés.
- La revivification des momies. — D’après des obseï'-vations déjà anciennes du professeur YVider de Nox’-thampton, en plaçant un corps momifié dans une solution à i-3 pour 100 de potasse caustique et l’y laissant de
- 12 à 48 heures, puis plongeant dans une solution à 3 pour 100 de foi'maline pour éviter une altération ultérieure, on rend aux tissus leur consistance naturelle et parfois jusqu’à leur couleur, avec la possibilité de les soumettre à l’examen microscopique. Après avoir opéré sur des momies péruviennes, l’expérimentateur commence à employer son procédé pour des momies égyptiennes.
- Les arbres de Paris. — Paris compte 87000 arbres, soit 1 arbre pour 32 habitants, sans compter les arbres des parcs. Les espèces qui comptent le plus de représentants sont le platane et le marronnier.
- Les jeux olympiques à Londres. — A l’occasion de l’Exposition franco-britannique de 1908, Londres verra une reconstitution des jeux olympiques, imitée de celle qui fut réalisée à Athènes en'1896. On est en train de construire à cet effet un cirque grandiose capable de contenir i5oooo spectateurs.
- Le barrage de la Tamise. — On se préoccupe toujours de l’établissement sur la Tamise d’un barrage qui transfoimiei’ait le fleuve, de Gravesend jusqu’à Londres, en un seul bief navigable à grande profondeur. On a calculé que les écluses dont on devrait percer le barrage, auraient à pourvoir annuellement à l’écoulement d’un volume de 1200 millions de tonnes d’eau.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- "Électricité
- La pile thermo-électrique « Dynaphor ». — Il y a*
- déjà plus d’un siècle, Ritter constatait que la différence de chaleur entre divers corps conducteurs produisait de l’électricité, mais ce ne fut qu’en 1821 que Seebeck s’en occupa scientifiquement. Il approfondit les relations entre la chaleur et l’électricité et détermina l’échelle thermo-électrique des métaux. Il reconnut que les alliages se comportaient mieux que les métaux simples.
- Le bismuth'et l'antimoine forment les opposés dans l’échelle thermo-électrique, Nobili et Melloni l’utili-sèrent en i83o pour construire les piles qui portent leur nom et que l’on trouve décrites dans tous les traités de Physique. Le bismuth a l’inconvénient de se liquéfier à 255°, c’est pour cela que Gülcher, il y a une quinzaine d’années remplaça ce métal par le maillechort pour réaliser la première pile utilisable.
- entre le zinc et le cuivre, 21 entre le bismuth et l’anti-moine, environ 5o avec un alliage de zinc, nickel, cuivre et de l’antimoine ou l’un de ses alliages. Pour obtenir ces intensités suffisantes, il faut diminuer autant que possible la résistance intérieure de la pile, c’est là l’écueil où se sont heurtés tous les inventeurs. Les joints doivent être bien brasés surtout aux points soumis à la chaleur afin d’éviter les résistances de contact qui augmentent à l’usage. L’alliage d’antimoine employé ne peut se braser au barreau de maillechort parce que son point de la soudure et du
- Pile thermo-électrique « Dynaphor
- de fusion est au-dessous de celui borax; la soudure à l’étain est insuffisante parce qu’elle fondrait sous l’action d’une température un peu élevée à laquelle peut être soumis 1 appareil.
- Après bien des essais, le physicien Heil découvrit un procédé nouveau pour réunir l’antimoine à d’autres métaux : en chauffant de l’argent et de l’antimoine jusqu’au point de fusion de ce dernier, il put réunir solidement les deux métaux. Il était alors facile de réunir le maillechort préalablement argenté avec l’antimoine et l’on obtenait un élément de pile à faible résistance de contact. Plus récemment Heil en chauffant du nickel au rouge cerise, put, par frottement, le recouvrir d’une couche d’antimoine. Cette couche ainsi préparée se réunissait aussi facilement à un alliage d’antimoine qu’avec l’intermédiaire de l’argent Le même physicien s’appliqua à rechercher quels étaient les métaux les plus avantageux, en particulier, ceux pour lesquels la résistance ohmique n’augmentait pas trop.'
- Ces intéressantes études ne sont pas restées théoriques, il en est sorti un appareil pratique que l’on a appelé « Dynaphor ». Le noyau calorique qui porte les éléments de pile est muni de côtes intérieures, il est composé d’un alliage de métaux inoxydables et peut être porté à la température nécessaire au moyen d’un foyer à alcool, à gaz ou à pétrole. On isole les éléments de pile et le noyau au moyen de feuilles de mica. La température de service est relativement peu élevée (3oo°à38o°), et ceci est d’une
- grande importance pour la solidité et la durée des éléments.
- En résumé le Dynaphor est un généx*ateur d’électricité qui, prêt à entrer en service à tout instant, ne demande aucune connaissance'technique de l’électricité; son maniement est aussi simple que celui d’un réchaud ordinaire ; les courts-circuits ne sont pas à craindre, aucun organe mobile n’est exposé à l’usure. La polarisation des éléments n’existe pas, par suite la force électro-motrice reste constante. L’aspect de l'appareil est aussi décoratif qu’on le désire ; la place occupée est insignifiante et le pouvoir calorifique peut servir non seulement à produire l’énergie électrique, mais aussi pour le chauffage des appartements dans les villas, châteaux, etc.
- Comme on le voit, les applications de cet appareil sont des plus variées, d’autant mieux qu’il se construit en cinq grandeurs de puissance respective 1, 3, 6, 12, 20 watts utiles. — En vente chez W. Keil, 3o, rue Beaubourg.
- Jouets <1*
- Les premiers pas. — Nous arrivons à l’époque des élrennes. Chaque année, à cette date, nous voyons surgir, à la grande joie des tout-petits, et aussi, avouons-le, de leurs aînés et de leurs parents, d’ingénieux jouets mécaniques, véritables automates en miniature. Le principe, bien entendu, en est toujours le même et fort simple ; au moyen d’une clé, on remonte un ressort caché à l’intérieur du jouet; le ressort en se détendant met en mouvement des engrenages et des excentriques qui commandent les gestes de l’automate. L’ingéniosité du fabricant consiste à rechercher un sujet nouveau et amusant; c’est ainsi que nous avons vu, sur les boulevards, défiler de leur allure saccadée, le petit marchand de tonneau, puis le joueur de diabolo.
- Le jouet représenté ci-contre, nous fait assister aux premiers pas d'un joli bébé, encore presque au maillot ; l’enfant est placé au centre du petit chariot traditionnel, à roulettes; et ce sont les pieds du bébé, munis également de petites roulettes, et mis en mouvement par le mécanisme, qui font avancer le chariot. La démarche hésitante du bébé est tout à fait naturelle et fort amusante. Ajoutons que les bras sont articulés, que les yeux s’ouvrent et se ferment. L’enfant est donc doué de tous les perfectionnements modernes réalisés dans la science du jouet.
- Il est en vente chez Mathieu, Inventions Nouvelles, i3i, Palais-Royal, Paris. Prix : 12 fr. 5o.
- »»> Mécanique
- Clef à molette en acier forgé. — Rien n’est plus utile pour les mécaniciens, automobilistes, ete., que d’avoir à leur disposition des clefs d’une solidité à toute épreuve. Trop souvent ces instruments vous font défaut au moment du besoin. La clef représentée ci-contre semble présenter toutes garanties & cet égard.
- Elle est aussi simple que possible de fabrication, étant obtenue au pilon. Le prix d’une de ces clefs de 20 mm d’ouverture et de i5 cm de longueur est d’environ 6 fr. Il faut songer que c’est un outil aussi robuste qu’on peut le désirer, dont la forme permet un
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- SCIENCE APPLIQUEE
- emploi facile dans les endroits les plus malaisément accessibles.
- On comprend que la mâchoire mobile glisse dans une glissière ménagée dans la tête, et sous l’action de la rotation de la molette. Ce qui est intéressant, c’est
- Clef à molette en acier forgé.
- qu’on peut sans difficulté démonter molette et mâchoire mobile, et en remettre d’autres en place, à la suite d’usure ou de fracture.
- Nous avons trouvé l’outil chez MM. Markt, 107, avenue Parmentier.
- *»> Divers <«*
- Un crochet utile. — Le simple crochet que représente la figure ci-jointe constitue un petit vestiaire portatif qui se fixe en n’importe quel endroit. Il est formé d’un demi-cercle métallique avec un crochet à la partie supérieure légèrement recourbé. Le vêtement s’accroche en bas, et le chapeau se fixe sur la petite pince placée sur le côté. Ce simple crochet est facile à fixer ; il suffit de l’enfoncer à force dans une planche de bois. Partout où les porte-manteaux font défaut, il en tient la place, notamment dans les cabinets de toilette des gares desservant les petites localités, dans les compartiments de chemins de fer, enfin à la campagne sur les arbres. — Le crochet utile est vendu 2 fr. a5, chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris (Xe).
- Appareil pour nettoyer les gants. — Cet appareil est destiné aux ménagères économes; il leur facilitera le
- nettoyage et l’entretien des gants de peau, dont elles pourront ainsi prolonger l’existence. C’est une sorte de main articulée en bois verni ; elle est formée de cinq doigts mobiles les uns par rapport aux autres, réunis seulement par une targette autour de laquelle ils peuvent tourner. On place le gant sur cette main . artificielle ; on dispose les doigts de façon à bien pouvoir atteindre toutes les parties du gant; et on nettoie à la benzine suivant la formule habituelle et bien connue. — L’appareil est en vente chez Mathieu, 123, rue de Valois, Paris. %èüâ>
- Monofiltre à café. — Pour tous les amateurs de café, c’est un véritable plaisir que de confectionner soi-même
- Appareil pour nettoyer les gants.
- son café, et d’en surveiller dans tous les détails la préparation.
- 11 existe aujourd’hui un grand nombre d’excellents appareils qui permettent de préparer le café sur la table et au moment même de le consommer; ces appareils permettent à la fois de faire bouillir l’eau, puis de la filtrer sur le café en poudre; mais ils sont relativement coûteux, et ne sont pas à la portée de toutes les bourses.
- * L’appareil ci-contre est infiniment plus modeste ; du reste il ne permet d’effectuer sous les yeux du consommateur que l’une des opérations, la filtration ;.c est
- déjà un résultat appréciable; surtout que le monofillre est fort simple comme construction et comme mode d’emploi. Il comporte 4 pièces mobiles, en général en aluminium : 2 compartiments, un plateau à grille et un plateau plein; on remplit de café en poudre fine le compartiment inférieur, le plus petit; on le bouche avec le plateau à grille dont les bords débordent, on le retourne et on le pose sur la tasse ou le verre qui peuvent être absolument quelconques. Ensuite on verse en une fois, de l’eau bouillante dans le compartiment supérieur, le plus grand ; et on le remplit de suite et complètement, puis on dispose au-dessus le plateau en métal plein. Le café se fait en trois minutes. Au moment de le boire, on enlève le couvercle, on le pose sur la table en le retournant ; il forme plateau pour poser le monofiltre. — L’appareil est en vente chez Chevallier, ai, rue des Pyramides, Paris. Prix : 2 francs, en aluminium ; 3 francs, en cuivre nickelé; 1 fr. 75, en fer-blanc nickelé.
- Nouvelle tondeuse pour animaux. — Il en existe un grand nombre, et il semble étrange d’en signaler un nouveau type ; mais il se signale par certains avantages bien caractéristiques. Tout d’abord, tous les engrenages de cet appareil sont enfermés dans un carter absolument étanche. D’autre part, et comme onpeut le voir, en dépit de l’effort très notable que donne l’outil, on a supprimé complètement le volant, qui n’est pas sans être encombrant, gênant, sans effrayer les animaux par son aspect et par sa rotation; c est à l’intérieur du carter que se trouve une roue de très faible diamètre, mais qui, par son poids, assure l’emmagasinement nécessaire de puissance et la régularisation. Dans le carter, se logent suffisamment d’engrenages de renvois, pour que l’homme qui tourne la manivelle ne sente pratiquement aucune résistance notable. Sur l’axe du dernier engrenage est calée une petite roue d'angle, qui se trouve à l’exté- Nouvelle tondeuse, rieur du carter, et vient engrener
- avec, un autre pignon d’angle donnant le mouvement à son tour à un flexible. Au bout de ce flexible est naturellement montée la tondeuse. Du reste l’ensemble des deux pignons est à l’abri sous une sorte de chape mobile, qui les protège suffisamment des poussières et de toutes les saletés.
- L’appareil (que nous avons rencontré 107, avenue Parmentier/maison Markt) peut se démonter, pour que le transport en soit tout à fait facile : la tige verticale, pour son compté, se divise en deux morceaux.
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- La question de l’alcool. — La question de l’alcool en France est devenue véritablement une question nationale. Notre pays est un des plus grands producteurs d’alcool; c’est aussi, hélas! un des plus grands consommateurs de ce terrible poison. Malgré les impôts formidables dont il est frappé, l’usage s’en développe tous les jours; on a bu en France en 1906, plus de 2 millions d’hectolitres d’alcool pur. Les pouvoirs publics sont impuissants à enrayer le mal. Car, interdire les boissons alcooliques, c’est ruiner des régions entières d’agriculteurs et de distillateurs; c’est aussi tarir une source des plus abondantes recettes budgétaires; depuis 35 ans, les caisses de l’Etat et des Communes lui doivent 11 767 millions de droits de régie et d’octroi!
- La situation est donc difficile; elle n’est pas sans issues. L’alcool a d’autres usages que les apéritifs et les liqueurs ; on en emploie des quantités considérables pour l’éclairage et le chauffage ; l’industrie en utilise de notables quantités pour faire des vernis, du celluloïd, des teintures et couleurs, du collodion, de la soie artificielle, du chloroforme, des tanins, divers produits chimiques et pharmaceutiques, et surtout des éthers et des explosifs ; que ces usages se multiplient, que l’industrie absorbe une proportion plus forte de l’énorme production d’alcool, et l’alcoolisme pourra être combattu sans risques pour les finances publiques et pour l’agriculture.
- Le Congrès des Applications de l’Alcool qui s’est réuni au cours de l’Exposition décennale de l’Automobile, sous la présidence de M. Loubet, avait précisément pour mission de rechercher les moyens de parvenir à un tel résultat.
- Des discussions poursuivies au cours de ce Congrès, résulte la certitude que les industries qui déjà emploient l’alcool comme matière première pourraient prendre un développement beaucoup plus considérable, si elles y étaient aidées par une législation plus souple, moins formaliste et moins compliquée que celle qui nous régit actuellement.
- L’alcool industriel, en effet, n’est pas soumis aux droits énormes qui grèvent les boissons alcooliques ; mais pour éviter les fraudes, il est additionné d’un dénaturant qui, par son odeur, sou goût, en rend impossible l’emploi comme alcool de consommation. Or, ce dénaturant, mélange de méthylène et de benzine, peut être extrêmement gênant pour certains usages; c’est ainsi que la parfumerie ne peut employer que l’alcool pur, qui lui revient donc extrêmement cher, et entrave ainsi son développement. Les grandes maisons françaises de parfumerie sont forcées d’installer des usines en Allemagne, pour pouvoir soutenir la concurrence germanique.
- L’emploi déjà considérable de l’alcool pour le chauffage et l’éclairage, se développerait sans doute plus aisément encore avec un dénaturant mieux approprié que le mélange actuel, qui charbonne facilement et encrasse les mèches des lampes.
- Mais la question la plus importante posée au cours du Congrès a été celle de l’emploi de l’alcool comme source de force motrice; il y a là, en effet, un énorme débouché qui pourrait absorber aisément toute la production française.
- C’est là un problème qui intéresse au plus haut point, non seulement les producteurs d’alcools, mais aussi l’industrie automobile tout entière. Celie-ci ne peut plus se confiner dans la construction de luxe, elle est forcée aujourd’hui de se tourner vers les véhicules économiques, voiturettes légèr:s ou lourds camions. Elle commence donc à faire une concurrence sérieuse à la traction animale, et à l’élevage hippique. Or, les automobiles ne consomment que de l’essence de pétrole, produit d’importation, au lieu d’avoine et de fourrage, produits nationaux. Le développement de l’automobilisme serait doue un danger pour la richesse nationale ; il n’est qu’un moyen d’y remédier : brûler dans les moteurs, de l’alcool, produit de l’agriculture française. Aujourd’hui, 40000 automobiles circulent en France, brûlant par an 2 millions d’hectolitres d’essence. Demain, peut-être, grâce aux véhicules industriels, ce chiffre sera doublé.
- Substituons l’alcool à l’essence, et la fabrication de l’alcool prendra un nouvel essor, qui sera, cette fois, sans danger pour la santé publique.
- Cette substitution est-elle possible? De nombreuses éludes techniques ont été poursuivies à ce sujet depuis plusieurs années, en particulier par MM. Sorel, Chauveau, Boulanger, Lumet et leurs conclusions ont été nettement favorables à l’emploi de l’alcool dans les moteurs. Sans doute, la combustion de 1 kg d’alcool dénaturé développe moins de chaleur que celle de 1 litre d’essence de pétrole ; dans le premier cas, nous n’obtenons que de 5ooo à 6000 calories, et, dans le second, 8000 environ. Mais l’alcool exige moins d’air que l’essence pour être brûlé complètement, il y aura donc une perte moindre de chaleur, par les gaz d’échappement ; si en outre on le mélange de 5o pour 100 de benzol, carbure d’hydrogène que l’on trouve en abondance dans les sous-produits de la fabrication du gaz d’éclairage et du co!^e métallurgique, la puissance qu’il peut fournir devient supérieure à celle de l’essence.
- Autre avantage : ce mélange peut supporter, dans les cylindres du moteur, une compression beaucoup plus forte que celle que l’on peut atteindre avec l’essence ; on sait que la compression augmente le rendement ; mais elle est limitée par le phénomène d’auto-allumage ; lorsque les gaz du mélange détonant sont portés à une température élevée, ils ne peuvent être comprimés au delà d’une certaine pression; ils s’enflamment alors spontanément sans le concours de l’étincelle d’allumage. Or, avec le mélange d’alcool et de benzol, on peut atteindre des pressions de 10 à 12 kg par centimètre carré sans inflammation anticipée.
- Mais une difficulté se présente dans le moteur à alcool; l’alcool à basse température est relativement peu volatil; le mélange d’air et de vapeurs combustibles s’effectuera donc mal, et sera incapable de fournir la puissance nécessaire pour mouvoir la voiture ; autrement dit, au départ, quand les organes du moteur ne seront pas encore échauffés par les explosions successives du mélange détonant, la mise en marche sera souvent impossible. On a proposé un remède fort simple : partir à l’essence et échauffer le carburateur au moyen des gaz d’échappement. La véritable solution serait cependant de créer un carburateur spécial pour le moteur à alcool. M. Lumet a fixé un certain nombre des conditions techniques que doit remplir un tel organe. Nul doute que des appareils pratiques ne prennent naissance, dès que la locomotion à alcool paraîtra en voie de développement.
- Bref, il est établi qu’un moteur peut fonctionner aussi bien, alimenté par l’alcool ou par l’essence.
- Mais, dira-t-on, la combustion incomplète de l’alcool produit au lieu d’eau et d’acide carbonique; des aldéhydes, des acides, du noir de fumée, qui dégraderont ou encrasseront les cylindres et les soupapes ; M. Sorel a démontré, dès 1902, qu’avec une carburation bien faite, c’est-à-dire en opérant en proportions convenables le mélange d’air et d’alcool, la combustion incomplète n’était pas à craindre. Dans un moteur dont les organes fonctionnent bien, l’alcool, même dénaturé, ne produira aucun de ces dégâts dont on l’a si souvent accusé.
- En somme, les moteurs actuels à essence fonctionneront aussi bien par l’alcool, mieux même, car leur rendement sera supérieur; de plus, ils auront une jîlus grande douceur de marche, et moins de trépidations.
- Pourquoi, malgré tous ces avantages, continue-t-on à brûler de l’essence de pétrole? La raison en est bien simple: sauf à Paris, où les droits d’octroi sur l’essence en relèvent considérablement le prix, 1 alcool est trop cher. Mais on peut espérer que des progrès de fabrication le mettront à meilleur compte, le jour où la production s’en sera encore développée. On peut espérer aussi que des mesures législatives permettront de favoriser l’alcool dénaturé, au détriment par exemple de l’alcool de consommation.
- On a beaucoup parlé de l’Allemagne, au cours de ce Congrès; l’Allemagne, en effet, plus encore que la France, est un pays grand, producteur d’alcool,
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- 4 5oo ooo hectolitres par an, environ. La campagne contre l’alcoolisme y est menée plus vigoureusement que chez nous, et l’on déploie, d’autre part, plus d’activité encore qu’en France pour encourager les applications industrielles de f alcool dénaturé et en faciliter l’usage. L’empereur Guillaume donne l’exemple, en tous lieux et toutes circonstances ; même au cours de ses voyages officiels dans les cours étrangères, il se fait le champion de l’alcool industriel. Les producteurs d’alcool, aidés par l’Etat, ont formé une puissante coalition, un véritable trust, dans le but de vendre à bas prix l’alcool
- d’industrie ; par compensation, les bénéfices sont assurés en vendant beaucoup plus cher l’alcool de boisson. Pareille organisation, interdite par nos lois, est impossible chez nous.
- Il y a là, cependant, un exemple d’énergie et d’esprit de suite dont il sera bon de s’inspirer. Les efforts allemands, poursuivis avec ténacité, ont eu de remarquables résultats ; nous sommes persuadés que les efforts, dessinés en France au Congrès de 1907, se continueront avec autant d’opiniâtreté et auront autant de succès. A. Tkollek.
- RÉSUMÉ
- MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en novembre 1907, par M. Th. Moureaux.
- La pression barométrique est normale.
- La température est encore, comme en octobre, au-dessus de la moyenne de 3o années, et l’excès est de plus de i°; elle est restée élevée pendant la première quinzaine du mois et du 2S au 3o ; c’est même pendant cette dernière période que l’excès est le plus grand, dépassant 70 les 26 et 27 ; au contraire, elle s’est maintenue faible du 17 au 24» période de hautes pressions, pendant laquelle on a noté 5 jours de gelée. Cette distribution particulière de la température en novembre, caractérisée par deux périodes d’excès, la première plus longue que la seconde, est assez fréquente, car on en retrouve la trace sur la courbe résumant, pour chaque jour du mois, les températures moyennes de 3o années, de 1874 à igo3.
- La première gelée de la saison froide est du 17 novembre, date très tardive, car elle se présente généralement dès le mois d’octobre; dans les 34 dernières années, elle est survenue 27 fois en octobre, et 7 fois seulement en novembre ; la plus hâtive de la série a été observée le 5 octobre 1881, et la plus tardive le 19 novembre 1886.
- La pluie n’a donné que 23œm,5 d’eau, environ la moitié de la hauteur moyenne du mois ; du 25 à 5 heures au 26 à 4 heures, elle est tombée sans discontinuer et a fourni i5mm.
- Le ciel est resté absolument couvert pendant 8 jours, dont 3 consécutifs du 18 au 20; la nébulosité est élevée ainsi que l’état hygrométrique, et le soleil n’a brillé au total que pendant 55 heures, réparties sur 18 jours.
- Le vent du S. W. a soufflé avec force les 25, 26 et 27, atteignant par moments, notamment le 25, entre 10 heures et i3 heures, des vitesses de 48 km. à l’heure.
- La Marne a subi une faible crue dans les derniers jours du mois.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 758mm,io; minimum absolu, y44mm,5 le 26 à 4h 20m ; maximum absolu, 767 mm,o le 21 à ioh20m; écart extrême, 22mm,5.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, 4°,09; des maxima, io°,54; du mois, 7°,32 ; des 24 heures, 70,28; minimum absolu, —2°,9 le 23; maximum absolu, i5°,9 le ier. Amplitude diurne, 6°,45; minimum, 2°,o les 19 et 20; maximum, io°,7 le itr. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, i°,32 ; des maxima, i3°,88; minimum absolu, — 8°,i le 23; maximum absolu, 24°, 1 le ier. — Dans le sol gazonné, moyennes du mois ; profondeur, om,3o : à 9 heures, 90,O7 ; à 21 heures, 9°,i5; profondeur, om,65 : à 9 heures, io°,4o; à 21 heures, io°,35;
- profondeur 1 m. : à 9 heures, ii°,i8; à 21 heures, ii°, 14. — De la Marne : moyenne le matin, 90,19 ; le soir, 90,41 ; minimum, 6°,45 le 25; maximum, i2°,io, le 3.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 6mm,86; minimum, 3mm,2 le 22 à 14 heures; maximum, iomm,5 le 26 à 12 heures-14 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 88,5; minimum, 56 le 22 à 14 heures; maximum 100 en i5 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 7,33; minimum, 0,8 le 22; ciel complètement couvert les 5, 6, 10, 18, 19, 20, 25 et 26.
- Insolation : durée possible, 274 heures ; durée effective, 55h,2 en 18 jours; rapport, 0,20.
- Pluie : tofal du mois, 23mm,5 en 42°, 1.
- Nombre de jours : de pluie, 9 ; de pluie inappréciable, 5; de gelée, 5; de gelée blanche, i3; de rosée, 9; de brouillard, 8; de halos, 6; de brume, 4-
- Fréquence des vents : calmes, 5o.
- N......... 19 S. E . . . 29 W. . . , i5
- N. N. E. . 34 S. S. E. . 43 W. N. W. 21
- N. E . . . 64 S.........61 N. W . . 9
- E. N. E. . 89 S. S. W . 79 N. N. W . 10
- E.........62 S. W. . . 77
- E. S. E. . 49 W. S. W. 9
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 2“,8; moyenne diurne la plus grande, 8m,i le 25; la plus faible, ora,7 le 4; vitesse maximum en i5 minutes, i2m,8 le 25, de 10 heures à ioh i5m par vent
- S. S. W.
- Électricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (23 jours), 146 volts; moyenne diurne la plus grande, 252 volts le 24; la plus faible, 102 volts le ri ; amplitude diurne, o,23; amplitude nocturne, o,Sy.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,ig; minimum, im,92 le 2; maximum, 2m,yy le 27.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, + omm,26; température, -J- 10, x4 ; tension de la vapeur, -f- oram,54; humidité relative, -{-1,7; nébulosité, -j- o,^; pluie, — 2imm,3 ; jours de pluie — 6.
- Taches solaires : on a suivi 10 taches ou groupes de taches en 14 jours d’observation; le soleil a paru dépourvu de taches le 29.
- Perturbations magnétiques : faibles, les 2, 5, 22; modérées, les 3-4, 10, 11 ; forte, le 21, jour où disparaissait au bord occidental du disque solaire le principal groupe de taches, observé depuis le 11.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Alliage de magnésium et d’aluminium. — L’aluminium pur est un métal très mou ; ce défaut en interdit l’usage dans nombre de pièces mécaniques. On peut, il est vrai, durcir l’aluminium en l’alliant à du zinc, ou à du cuivre. Ces deux métaux sont du reste moins coûteux que lui, mais aussi plus lourds, et l’on perd en les employant quelque peu de la légèreté spécifique de l’aluminium. Le magnésium a également la propriété de durcir l’aluminium ; il suffit, du reste, de quantités très faibles de ce métal, pour obtenir un alliage très dur; le magné-
- sium, en outre, est plus léger encore que l’aluminium ; son poids spécifique est de 1,75 contre 2,58. L’alliage le plus communément employé est à 10 0/0 de magnésium. Au delà, la dureté de l’alliage augmente encore, mais il devient impossible de lelaminer ou de le tréfiler. L’alliage s’effectue dans un creuset en graphite ; le magnésium étant très oxydable, il est nécessaire de le préserver du contact de l’air; on y parvient en ajoutant de la cryolithe au mélange, elle surnage à la surface, et empêche l’accès de l’oxygène.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, La Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Dans le dernier numéro (14 déc. p. ai), par suite d’une erreur de graveur, nous avons représenté le Lusitania avec seulement trois cheminées ; nos lecteurs savent déjà qu’en réalité le Lusitania comporte quatre cheminées, nous signalons néanmoins cette erreur pour le cas où elle aurait pu échapper à quelques-uns. — Dans le n° i8o3, du 14 décembre, pour le prix du tampon Dübel, il faut, lire i franc la douzaine.
- Adresse relative aux appareils décrits. — L’analyseur enregistreur se trouve chez MM. Bronne et Garric, 65, rue d’Amsterdam.
- Communications. — Archéologie préhistorique. — M. Jacquot, de Grenoble, nous signale la découverte, à Quaix (massif de la Chartreuse), d’une pierre à cupules ; c’est le premier document de ce genre signalé en Dauphiné et il constitue le trait d’union qui manquait entre les monuments analogues trouvés en Suisse et en Savoie et ceux des environs de Côme (en Italie). Ce bloc a été descendu et donné au musée archéologique de Sainte-Marie (à Grenoble) par M. Louis Carrière.
- Renseignements. — M. Jomine, à Tongres. — Nous ne croyons pas que le chlorure de chaux constitue un épurant suffisamment énergique pour l’acétylène et nous ne saurions le conseiller ; les épurants actuellement en usage sont de vigoureux oxydants, contenant de l’acide chromique. Il est certain que l’épuration est une opération fort coûteuse dans l’éclairage à l’acétylène ; d’autre part, il n’est pas de l’intérêt des industriels, tout au
- moins des maisons sérieuses s’occupant d’acétylène, d’exagérer le prix de la matière épurante ; vous pouvez donc être certain, si vous vous adressez à une marque connue, de ne pas payer trop cher cette matière.
- M. Chibout, Paris. — Une colle à la caséine, comme nous en avons déjà donné diverses formules, donnerait certainement de bons résultats.
- M. Cartier-Bresson, Paris. — Nous ne connaissons pas de machines à calculer bon marché.
- M. Lataste, à Santiago (Chili). — Pour l’industrie de la carrosserie, vous trouverez tous renseignements dans les Manuels Rorel, chez Mulo, rue llautefeuille, Paris. Nous ne connaissons pas de Revue espagnole du genre que vous désirez.
- M. le D' A. M. A., à S. — Sur la trempe des aciers, voyez l’ouvrage de Ledebur, chez Béranger, 19, rue des Saints-Pères, les Aciers spéciaux, par L. Guillet, chez Dunod, 49, quai des Grands-Augustins. Pour être au courant des diverses expériences faites à ee sujet, le mieux est de consulter la collection de la Revue de métallurgie.
- L. R. Paris, i5i5. — Yous pouvez lire utilement la. Revue de Vaviation. Voyez aussi les deux ouvrages de Lecornu : les Cerfs-volants, la Navigation aérienne, chez Vuibert et Nony, rue des Ecoles. Nous ignorons l’expérience sensationnelle dont vous nous parlez et qui pourrait bien n’être qu’un canard.
- Sociedad general de telefonos, à Barcelone. — Pour le fil d’aluminium, vous pouvez vous adresser à MM. Desclercs et Favier, 75, rue de Turbigo, ou à la Société l’Aluminium, à Froges (Isère).
- M. Duvallet, à Rouen. — Nombre de calories produites par la combustion de 1 kilogramme d’alcool de bois,. 532i; alcool éthylique, 7068; essence de pétrole, 10600 à 11 000; huile à brûler, gSoo; gaz d’éclairage, 11 m ; acétylène, 83oo ; gaz à l'eau, 4I4°'> poudre noire, 664,3,
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Traité de géologie, les Phénomènes géologiques, par Emile Haug. Un vol. in-8°, broché. Prix : i2fr,5o.
- A côté du traité de géologie de M. de Lapparent, qui demeure l’ouvrage classique et fondamental, le traité de géologie de M. Haug, professeur à la Sorbonne, dont le premier volume consacré aux phénomènes géologiques vient de paraître, est certainement appelé à prendre une grande place dans l’enseignement. Il renferme, en effet, sous une forme neuve et avec une remarquable richesse d’illustrations photo-
- . graphiques, les idées personnelles de l’auteur sur une foule de sujets et des notions modernes sur le cycle des phénomènes géologiques, dont on chercherait vainement ailleurs un exposé aussi condensé et, en même temps, aussi complètement mis au point des derniers progrès. Nous aurons à revenir sur cet important ouvrage quand la seconde partie sera parue. Il suffit de signaler comme particulièrement intéressants les chapitres consacrés aux géosynclinaux et aux aires continentales, aux conditions d’existence et à la distribution des êtres marins, aux déplacements des lignes de rivages, etc. Par suite du plan adopté qui rattache les uns aux autres les phénomènes anciens et les phénomènes actuels pour en étudier le cycle, ou ce que d’autres ont appelé les récurrences, ce traité de géologie se trouve être, en même temps, fort intéressant pour tous ceux qui s’occupent de géographie physique. D’une façon générale, la bibliographie, placée à la fin de chaque chapitre, rendra de grands services.
- L'énergétique et le mécanisme, par Abel Rey. i vol. in-16. Félix Alcan. Paris. Prix : 2fr,5o.
- Dans cet ouvrage, M. Abel Rey montre que toutes
- les « théories » ne sont que des méthodes d’exposition et de découverte. Il étudie la rivalité des deux grandes théories générales de la physique contemporaine, l’énergétique et le mécanisme. Il conclut que l’énergétique, élégant instrument d’exposition, le cède de beaucoup au mécanisme quand il s’agit de la découverte et que d’ailleurs elle peut se concilier avec lui. « Nous constatons, nous ne comprenons point.... a Le monde « ne saurait être deviné ».
- Agenda Dunod,pour 1908. — Usines et manufactures. Mécanique. Construction. Mines et métallurgie. Chemins de fer. Chimie, électricité. 7 petits volumes 10 X i5; 3oo pages de texte et 128 pages blanches, chez Dunod et Pinat, 45, quai des Grands-Augustins. Prix : 2fr,5o chaque.
- Ces utiles volumes réunis constituent un résumé de toutes les connaissances nécessaires aux divers industriels. Leur forme commode, leur rédaction concise et claire, due au reste, à des ingénieurs notoires, en ont assuré le succès. Signalons parmi les adjonctions apportées à l’édition de 1908, dans l’agenda de chimie, un chapitre donnant la composition et les caractères des principes minéraux, dans celui d’électricité la liste des communes possédant une distribution d’énergie électrique.
- Bibliographie industrielle. — i° Services qu’elle peut rendre. — i° Directions à suivre pour son établissement. — 3° Sources de documents bibliographiques pour les sciences et pour les industries chimiques. — 4° Répertoires industriels en cours de fabrication, par J. Garçon. Paris, 4° bis, rue Fabert. Prix : 3 francs.
- Mountain Sickness and its Probable Causes, par T.-G.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Longstaff, in-8°, 56 p., Londres, Spoltiswoode and C°, 1906. Prix : ifr,a5.
- Intéressante thèse de doctorat à l’Université d’Oxford ; fort bien documentée sur le mal des montagnes et ses causes (fatigue, basse pression atmosphérique, diminution de l’oxygène et de l’acide carbonique, modification du sang, etc.); l’auteur estime que 1 ascension des plus hautes montagnes du monde n’est pas impossible, mais que fort peu d’individus en seront physiologiquement capables.
- Lapiaz de Carniole et du Steinernes Meer, par E. Chaix-Du Bois, A. Chaix et A. Monnier. Extrait du Globe, t. XLVI, Soc. de géogr. de Genève, 1907.
- Contribution admirablement illustrée (26 planches) à l’étude des lapiaz.
- Revue de géographie annuelle, par C11. Vélain, t. I, 1906-1907. In-8°, 600 p. et fig. Paris, Delagrave. Prix : 12 francs.
- Ressuscitant la revue mensuelle fondée en 1877 par L. Drapeyron, cette publication se composera désormais de deux parties. L’une consacrée aux mémoires originaux ; l’autre aux comptes rendus critiques et bibliographiques. Signalons dans ce Ier volume la très remarquable étude (280 p.) de M. E. de Martonne sur les Alpes de Transylvanie ou Karpathes méridionales ; les observations de M. J. Brunhes sur les érosions fluviale et glaciaire ; le modelé du plateau suisse à travers les quatre glaciations, par A. Girardin ; Y état de nos connaissances sur le Sahara, par Ch. Vé-lain. Ce recueil sera précieux pour les travaux trop étendus pour des périodiques courants.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o)
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION' ET FORCE 1)E 0 A 9 ÉTAT C.U CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi t) déc. 1907. . 8°,0 S. W. 4. Beau. » Nuageux; halo lunaire.
- Mardi 10 y°,o S. W. 4. Pluie. 0,8 Pluie de 7 à 8 h.; couvert jusq. 8 h.; puis nuag.; beau après 15 h.
- Mercredi 11 .... , 5°,0 S. S. W. 3. Très nuageux. )) Gel. bl.; halo lunaire; très nuageux; beau après 17 h.
- Jeudi 12 6°,1 S. S. E. 3. Couvert. 0,2 Gel. bl.; eouv. jusq. 11 h.; très nuag. ensuite ; petites averses.
- Vendredi 13 2° 2 S. S. W. 2. Nuageux. 3,0 Gelée blanche ; nuageux ; pluie à partir de 19 h. 50
- Samedi 11 6°,0 W. 5. Pluie. 17,5 Pluie jusq. 8 h. 30 avec grêle et lonn. de 2 h. 10 à 2 h. 25.
- Dimanche 15 5°,1 W. N. W. 3. Beau. )) Gel. bl.; peut nuageux; halo à 20 h.: petit brouillard.
- DÉCEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 DÉCEMBRE 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 A 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes clu milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boute mouillée.
- Du 9 au i5. — Le 9. Dépression sur l’Ecosse (727 mm) hausse sur le S.-O. de la France : Biarritz, 765. Pluies générales; en France : Nantes, Limoges, i3 mm; Besancon, 12; Bordeaux, 10; Cherbourg, 7; Paris, 1. Température du matin, Arkangel, —i5°; Paris, 8; Perpignan, 14 ; Puy de Dôme, 1; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : 9°,i (normale : 3°). — Le 10. Dépression du N.-O. à l’E. de l’Europe : Ecosse, 729; Pas de Calais, yÔo ; N.-E. du continent, au-dessus de 765. Pluies générales; en France : Calais, 20; Limoges, 12; Bordeaux, 7 ; Cherbourg, 6 ; Besançon, 4- Temp. du matin : Arkangel, —19; Paris, 9; Livourne, i5; Puy de Dôme, 3; Pic. du Midi, —3; moyenne à Paris : 8°,2 (normale : 3). — Ze 11. Ecosse, 735 ; N.-E. du continent, 771. Pluies sur l’O. et le Centre de l’Europe; en France : Biarritz, 3o ; Cherbourg, 23; Rochefort, 11 ; Besançon, 8; Brest, 4; Paris, 1. Temp. du matin : Arkangel, —27; Paris, 5; Malte, 16; Puy de Dôme, o; Pic du Midi, —6; "moyenne à Paris : 7°,4 (normale : i°,9). — Ze 12. Baisse sur l’O. de l’Europe : Manche, 745; Arkangel, 768. — Pluies sur la France : Dunkerque, 61; Calais, 23 ; Brest, 18; iNantes, 9; Belfort, 7; orages dans la Charente.
- Temp. du matin : Arkangel, —29; Paris, 6; Alger, i3l Puy de Dôme, 1 ; Pic du Midi, - -9; moyenne à Paris : 6°,8 (normale : 2°,8). — Le i3. La dépression du N.-O. s’étend vers le Centre et le S. : Shields, 744 » Pas de Calais, 749; Golfe de Gènes, yS6. Pluies et neiges sur toute l’Europe; en France : Bordeaux, 25; Besançon, i3 ; Rochefort, 9; Cherbourg, 8; Clermont, 6. Temp. du matin : Arkangel, —32; Paris, 2; Alger, 12; Puy de Dôme, —4; Pic du Midi, —i3; moyenne à Paris : 5°,5 (normale : 2°,8). — Le i4- Profonde dépression sur la mer du Nord (726). Pluies générales sur l’O. de l’Europe; en France : Calais, 22; Cherbourg, Bordeaux, 173; Paris, 14 ; Nancy. i3. Temp. du matin : Arkangel, — 31 ; Paris, 9; Alger, 13 ; Puy de Dôme, 1; Pic du Midi, —4 ; moyenne à Paris : 7°,6 (normale : 2°,7). -— Le i5. La dépression de la mer du Nord gagne l’E., Prague, 741. Pluies sur presque toute l’Europe : Biarritz, 18; Nancy, 11 ; Paris, 6; Clermont, 5; Dunkerque, 2. Temp. du matin : Arkangel, —3 a ; Paris, 5; Alger, 18; Puy de Dôme, Pic du Midi, — 4; moyenne à Paris : 4°,3 (normale : 2°,6). — Phases de la Lune : Premier Quartier, le 12, à 2 h. 25 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal '• >20, "Boulevard Saint-Germain, "Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- SN° 1805 — 28 DÉCEMBRE 1907
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Lord Kelvin. — Lord Kelvin (sir William Thomson), qui vient de mourir le 17 décembre 1907 à Ayrshire, en Ecosse, était, avec Ramsay, Crookes, lord Rayleigh, lord Lister, etc., une des gloires mondiales de la science anglaise contemporaine. Il représentait, en même temps, quelques-uns des traits caractéristiquesparlesquels cette science se distingue souvent de celle de notre pays. Ce savant considérable et vénéré était très hardi dans ses théories et il lui arrivait, comme à Ramsay, de traiter ces « vérités de foi », devant lesquelles s’immobilise ailleurs souvent le fétichisme officiel, avec une sorte de désinvolture sportive rappelant un peu le jeu du football. Certaines de ses très curieuses conférences sur la Constitution de la matière, traduites en français par MM. Lugol et Brillouin (Gauthier-Yillars, 1893), rappellent, par leur tour original, les speechs de présidents dans les assemblées financières anglaises. Et, en effet, d’autre part, ce savant était un homme d’affaires. 11 avait, comme ingénieur électricien, dirigé en 1860 la pose du câble atlantique français (Pouyer-Querlier) ; en 1873 le câble du Brésil et de la Plata ; en 1875 le câble des Indes occidentales; en 1879 le câble atlantique Mackay-Bennett. Il avait continué à s’occuper industriellement de câbles sous-marins et créé l’instrument White et Kelvin, pour la fabrication des appai’eils scientifiques de précision dont il était l’inventeur. En France, il eût pu résulter pour lui, de ce mélange, un certain discrédit; en Angleterre, nul ne songeait à s’en étonner ; et on ne peut pas dire que le vieux préjugé aristocratique français ait profité chez nous ni à la science ni à l’industrie, tenues longtemps à l’écart l’une de l’autre. Enfin, pour récompenser ses travaux, on avait, notons-le, par cette habitude britannique qui a permis à la noblesse de se survivre en se renouvelant, fait de ce fils de fermier irlandais, d’abord un baronnet (en 1866), puis en 1892, un pair. La conséquence avait été. pour lui, la nécessité de quitter le nom qu’il venait de rendre célèbre : nécessité à laquelle un Français aurait assurément de la peine à se prêter. Il est vrai qu il emprunta son nom nouveau à un des éléments géographiques du pays où il avait acquis sa gloire.
- De sa vie, retenons seulement qu’il avait travaillé dans le laboratoire de Régnault, à Paris. Les principaux travaux de Lord Kelvin ont porté sur l’électricité, le magnétisme et, en théorie, sur la dynamique moléculaire, la conception dfe l’éther gyrostatique (milieu à énergie cinétique au moyen duquel il avait renouvelé diverses théories dé l’ôplique et de l’électricité), etc. Sans énumérer ses décôüvérles, on peut citer celles qui se rapportent à la télégraphie sous-marine et aux applications de la lumière électrique. Il s’était fait connaître, dès 1855, par des expériences sur les propriétés électro-dynamiques des métaux. Ppis il avait construit des électromètres très perfectionnés, un miroir galvanomètre et un appareil de sondage sous-marin permettant de sonder jusqu’à 180 m. de profondeur sans ralentir la vitesse du navire,
- toute une série d’instruments pour mesurer l’intensité des courants électriques et les potentiels, etc. Parmi ses écrits, on remarque son Traité de philosophie naturelle, en collaboration avec le professeur Tait : le « T and T », comme on l’appelle familièrement; ses Lectures sur la dynamique moléculaire et la théorie des ondulations de la lumière; ses Mathematical and physical papers, sa Théorie mathématique de l électricité, etc., outre près de 3oo mémoires divers. Il tenait beaucoup à affirmer l’unité philosophique de toutes les sciences et à briser les cloisons par lesquelles on les sépare artificiellement. On trouvait souvent dans ses écrits (et ce n’était pas un de leurs moindres mérites) un essai de réponse à quelques-unes de ces questions générales délicates, d’un grand intérêt philosophique, difficiles ou même impossibles à trancher définitivement, mais toujours attirantes pour notre curiosité, devant lesquelles il est évidemment plus simple et plus sûr de se récuser : grandeur des atomes, âge de la chaleur solaire, origine de cette chaleur et refroidissement séculaire du soleil, conditions thermiques des couches terrestres au cours des périodes géologiques, âge de la Terre (pour lequel, en vertu de la thermo-dynamique, il refusait aux géologues les milliards d’années dont certains d’entre eux croyaient avoir besoin), densité de l’éther, équilibre des atomes et élasticité des solides, constitution moléculaire de la matière, explication des phénomènes électriques ou optiques, etc. ,
- La durée de l’éclairement du Soleil. — Nous trouvons, dans le savant rapport de M. I. St. Murat, directeur de l’Institut météorologique de Roumanie, sur La durée de Véclairement du Soleil dans les différentes régions de la Roumanie, quelques chiffres intéressants.
- On sait combien la durée de l'éclairement du Soleil joue un rôle important dans le développement de la vie végétale ou sur le moral et la santé des êtres. Cet élément contribue beaucoup à établir le caractère d’un climat.
- Les observations sont effectuées en six stations différentes : Bucarest, Sinaia, Sulina, Caracal, Comandaresti et Dorohoi.
- Dans toutes les stations, on emploie l’héliograplie de Campbell-Stokes (Sunshine Recorder), qui se compose d’une sphère de cristal formant l’image du Soleil sur une bande de papier convenablement divisée. L image du Soleil brûle le papier et, de la longueur brûlée, on déduit approximativement la durée d’éclairement.
- Il y a des différences avec la durée réelle de visibilité du Soleil, provenant de causes locales : montagnes, configuration du sol, qui masquent l’horizor., et aussi du fait que l’appareil, pour peu que le Soleil soit un peu bas, n’enregistre plus. On effectue, dans plusieurs stations, des corrections convenables par des observations directes.
- Pour Bucarest, la durée annuelle de l'éclairement effectif (moyenne de la période iSqS-igoS) est de
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- INFORMATIONS
- »3lî4 heures, le maximum possible (s’il n’y avait jamais de nuages) étant 4446 heures. La fraction d’insolation (rapport de la durée effective à la durée totale possible) est donc de 5a o/o. La répartition est différente suivant les saisons, beaucoup plus faible en hiver qu’en été :
- Printemps : 48 0/0; Eté: 70 0/0; Automne: 53 0/0; Hiver : 33 0/0.
- Enlin, le Rapport met en évidence ce fait, que I on pouvait pressentir : il y a une différence assez sensible entre la durée de l'éclairement du Soleil au nord et au sud de la Roumanie (plus élevée dans cette dernière région). La différence entre l’est et l’ouest de la Rou-
- manie est presque insignifiante.
- Notons quelques ehiUres pour la France :
- Observatoire du Parc Saint-Maur (igo3)...................43 0/0
- — de M. Flammarion à Juvisy (1890)............3l 0/0
- — — — (1906).........44 0/0
- — de M. Eiffel à Beaulieu-sur-Mer (Var) (1903). 5q 0/0
- — de ISice (igo3).............................62 0/0
- La région de Paris est moins favorisée et la Côte d’Azur plus avantagée que la Roumanie au point de vue de la présence du Soleil.
- L’activité solaire et les perturbations magnétiques. — Dans une note récemment communiquée à l’Académie des sciences, MM. Cirera, directeur de l’Observatoire de l’Ebre, à Tortose, (Espagne) et Balcells exposent les résultats de leurs recherches sur la coimespondance de ces deux éléments. Ils ont précisément montré (6 mai 1907) que les perturbations magnétiques coïncident : i” avec le passage, par le méridien central, d’une région active solaire ; 2° avec l’apparition d’une région active dans le bord oriental du Soleil; 3° avec un surcroît extraordinaire d’activité. Une étude comparative des photographies de la photosphère et de la chromosphère et des courbes magnétiques obtenues d’avril à septembre 1907 conduit aux trois mêmes conclusions. La troisième n’a guère été utilisée en raison des difficultés de se rendre compte des variations de l’activité solaire. Les auteurs estiment que la solution de la question sera beaucoup facilitée si l’on remarque que : i° l’importance d’une perturbation magnétique dépend de la latitude du centre d'activité solaire ; 20 elle dépend aussi de la position de l’axe de rotation du Soleil par rapport à la Terre. Ainsi donc, l’importance de l’influence d’un centre d’activité solaire sur le magnétisme terrestre résultera : i° de l’étendue de la région troublée; 2° de son activité; 3° de'sa position relativement à la Terre. Les faits observés dans le semestre avril-septembre 1907 viennent à l’appui de-cette conclusion. Pour le moment, il ressort des travaux de MM. Cirera et Balcells que : i° il y a très probablement un rapport de cause à effet entre l’activité solaire et les perturbations magnétiques, comme l’affirme l’opinion la plus généralement admise; 20 cette influence solaire s’exerce ordinairement dans deux directions, dont la première serait à peu près radiale et la seconde à peu près tangentielle ; ce qui expliquerait les lois de Marchand et de Yeeder ; 3° parfois l’influence perturbatrice solaire se propage dans des directions qui forment un angle très ouvert avec la direction radiale, ce qui arriverait dans les grands surcroîts d’activité ou paroxysmes solaires.
- Sahara et Soudan. — M. E.-F. Gautier, professeur à l’Ecole des lettres d’Alger, a publié dans le dernier fascicule de Y Anthropologie une série d’études d’ethnographie saharienne dont les résultats, jusqu’ici présentés sous forme d’hypothèses, seraient singulièrement intéressants. M. Gautier, qui se base sur une description solide et une étude faite par lui sur place des tombeaux, des gravures rupestres et des armes et instruments néolithiques sahariens, montre clairement que le néolithique saharien s’est maintenu très tard, et d’autre part il arrive à se demander si, à l’inverse de ce qui existe actuellement, ce n’est pas, non avec l’Algérie, mais avec le Soudan que le Sahara central a été uni à l’époque néolithique. Dans cette hypothèse le Soudan néolithique se serait étendu jusqu’aux frontières de l’Algérie actuelle et la frontière des nègres soudanais aurait été alors à un millier de kilomètres plus au Nord qu’aujourd’hui. Depuis, le dessèchement progressif, aidé peut-être de révolutions économiques et historiques,— introduction, du chameau, conquête arabe, etc., —aurait ouvert le Sahara aux Berbères en repoussant les Soudanais vers le Sud. Naturellement, il ne s’agit là que d’une hypothèse toiit entière à vérifier, mais on peut
- déjà constater que bien des faits, recueillis par M. Gautier et par d’autres, semblent militer en sa faveur.
- Nouvelle catastrophe dans les mines américaines-
- — Les mines américaines traversent une série noire.' En moins d’un mois, voici la quatrième grave catastrophe causée par le grisou. Le 3 décembre, à Monongahela, il y avait eu 60 morts ; 460, le 6 décembre à Monongah ; 90 le 17 décembre à Birmingham. Le 20 décembre, un nouveau coup de grisou s’est produit dans la mine Darr de la Compagnie des charbonnages de Pittsburg et Jacobs Creek, l’une des plus importantes du.bassin de Pittsbourg. Les estimations relatives au nombre des victimes varient de 25o à 4°°- D’après la statistique officielle, la mortalité dans les mines de charbon s’est beaucoup accrue aux Etats-Unis dans ces dernières années. Sur 22 840 morts en 17 ans, la moitié sont attribuables aux 6 dernières années, dont 2061 morts en 1906.
- Un bateau pour 5000 passagers. — Nous devons dire tout de suite que ce n’est pas un bateau de mer, mais bien un de ces steamers de rivière qui font fureur aux Etats-Unis, et qui portent une énorme superstructure de ponts superposés. Il s’appellera le Robert Fui-Ion et naviguera sur l’Hudson; il aura 120 m. de long (ce qui est considérable pour un bateau d’eau douce), une largeur de i3 m. environ et un tirant de 2,40 m., pour un creux ou une hauteur totale de 24,60 m. La propulsion se fera au moyen de roues de 7,3o ms de diamètre, et il prendra une vitesse de 38 km à l’heure.
- Le tunnel sous le fleuve Saint-Clair. — On commence actuellement à construire sous lç fleuve Saint-Clair, dans le Michigan, un tunnel pour le Michigan Central Railway, afin de réunir les EtalsrUnis et le Canada. Ce tunnel sera composé de 10 sections longues chacune de 78 mètres. Une section comporte, deux tubes séparés, un pour chaque voie, le diamètre d’un tube étant de 7,40, mètres. Ces sortes de caissons sont placés dans une tranchée drainée dans le lit du fleuve et sont ensuite empâtés dans le ciment ; ils sont conduits par des remorqueurs à l’aplomb de l’endroit qu’ils doivent occuper. La partie sous-fluviale du tunnel est longue de 790 m., la partie ouest en tunnel de 465 m., la partie est avec les approches en tranchée de 1976 m. Les frais d’établissement seront de 10 millions de dollars et l’ouverture du trafic doit avoir lieu en juin 1909. La capacité du tunnel sera environ de un million de voitures et facilitera la circulation et le commerce entre les deux contrées riveraines dans une proportion considérable. On a préféré recourir à un tunnel plutôt qu’à un pont, car de grands navires circulent sur le Saint-Clair et il eût été difficile d’établir un pont de grande longueur, plus haut que les mâts des bateaux sans contrarier la circulation sur la voie d’eau et sur la voie de fer.
- La clientèle des hôtels suisses. — Nous avons donné dans un récent numéro une curieuse statistique indiquant la répartition des hôtels suisses suivant les altitudes. Voici, comme suite, une statistique, pour 1000 voyageurs, des lits d’hôtels, suivant la nationalité des personnes qui les ont occupés.
- .1894 1898 1902 1906
- Allemands. ...... 307 284 a9° 3io
- Suisses ' . 189 246 218 222
- Anglais,. . . . : . . . . i3o i65 .157 135
- Français . . . . ... xo8 114 IOI 111
- Américains . . . . . 66 340 58 . ;58j
- Belges et Hollandais . . : 24 • 22 3i , 25.
- Russes 2 1 24 28 46
- Autrichiens, Hongrois . 20 20 21 18
- Italiens . . . . . . . . Danois, SuédoiSj Norvé- •27- 22 .. - 21 24.
- giens, Espagnols et
- Portugais . . . . . Asiatiques, Africains . . > 98 69 ,.'7* 42
- Australiens . . . d . . \
- Autres nationalités : . . y
- Alcool et tabac. — De projet de budget de11908 prévoit pour le revenu du monopole des tabacs le chiffre de 45o658 5oo francs et pour le chiffre des droits sur l’alcool 33o589 0po francs. La prévision des rècettes totales s'élève à 3 83a 3o5 6^8 francs. (
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Sg'ïvi. Mécanique
- La place des outils dans les ateliers. — Dans les ateliers de montage, de mécanique, etc., les outils spéciaux, clés anglaises de toutes dimensions ont chacun leur place appropriée, la plus commode et la plus près de l’endroit d’utilisation.
- Il arrive fréquemment que l’ouvrier, après s’en être servi, ne sait plus exactement quelle est la place de chaque objet et remet tout en désordre ; ce qui nécessite souvent
- La place des oulils dans les ateliers.
- des recherches ultérieures quand On a besoin du même outil.
- Pour éviter cette perte de temps, M. J. Brown, de Rochester, a inventé un petit appareil d’une simplicité extrême que chacun peut construire lui-même. Il consiste en une charnière de tôle placée comme l’indique la ligure.
- Quand la clé ou l’outil est en place, la charnière est fermée, mais dès qu’on l’enlève, le volet tombe et découvre une étiquette qui porte un nom approprié. Quand on veut remettre tout en place, on voit immédiatement quel est l’endroit convenable et l’on sait si l’ouvrier a négligé de replacer la clé ou s’il l’a accrochée au mauvais endroit.
- Emporte-pièce multiple. -- De prime abord, il semble un peu compliqué par comparaison avec ceux qui se vendent normalement, mais sa Caractéristique est une robustesse pour ainsi dire à toute épreuve, d’autant plus nécessaire qu’il peut percer des' trous-de diamètre variable, et atteignant une taille assez considérable. En
- L’emporte-pièces et les trous qu’il peut faire.
- regardant la figure que nous en donnons(et oi sont représentées ei grandeur relative les dimensions des diver ses perforations que l’on peut exécuter), oi remarquera le disposi tif ;à levier et excentrique qui vient abaisser l’espèce de cadre portant à son extrémité le tube cou
- paiit qui fera la perforation. La robustesse du dispos tif lui permet de perforer sans peine des courroies pre sentant une épaisseur de i3 millimètres, et cela ave une netteté parfaite'* On peut voir du reste, sur le côtés de l’instrument et lui formant comme des joue deux sortes de guides protecteurs qui sont maintem
- en place par des vis d’enlèvement aisé. Le tube emporte-pièce constituant l’organe essentiellement agissant, peut s"énlever très facilement au moyen d’une pince Ordinaire, et l’on y substituera sans peine un autre tube dont la portion coupante aura un autre diamètre. Il n’y a plus
- ensuite qu’à revisser les guides protecteurs, -et l’instrument est prêt à travailler. La forme même de la poignée de l’appareil donne une excellente prise à la main; Un dispositif faisant des perforations de 2 1/2 millimètres ne pèse pas plus de 5oo grammes. Le prix de détail s’en établit environ à 8 fx-ancs. O11 comprend qu'un emporte-pièce de cette robustesse soit susceptible de rendre des services signalés pour l’assemblage des courroies.— Il se vend chez M. Markt, 107, avenue Pai-mentier, à Paris. , a
- Élévateur d’eau pour moulin à vent. — On connaît les appareils aéromoteurs dont l'usage tend à se x'épandre dans les exploitations agi'icoles, et où l’on utilise la force motidce du vent pour remplir d’eau des réservoirs placés à une certaine hauteur* L’eau ainsi amassée sert ensuite à l’arrosage.
- Nous donnons ci-dessous, d’apx’ès Scientific American, la description d’un ingénieux mécanisme élévatoire par mouvement rotatif continu. Il se compose d’un eoi'ps tubulaire A, dans lequel est disposée une double vis élévati'ice B. Le tube A et la vis B doivent touimer d’une seule pièce; aussi sont-ils fixés l’un à 1 autre par des vis F ; le tube et la vis sont formés de sections juxtaposées les unes aux autres au moyen de boulons. L’extrémité inférieure du corps tubulaire A est vissée dans la pièce terminale C ; celle-ci comporte une cheville qui tourne dans la douille E.
- L’élévateur spiral C a son extrémité dans le support C ; elle est formée de spatules qui repoussent l’eau dans la vis, lorsque celle-ci se met à tourner. A l’autre extrémité, le corps tubulaire A s’emmanche dans une pièce H, en forme d’U, qui repose sur un support à bille J. La pièce il est taraudée à sa partie supérieure et reçoit l’extrémité filetée de la tige M ; cette tige est reliée d’une façon invariable à la tige O ; grâce : à des stries coi'respondantes sur les sui'faces de contact de ces deux tiges ; un étiûer en_ fer consolide le tout. L’engrenage P met en mouvement les tiges O et M, et par suite le coi’ps tubulaire et sa double vis ; quel que soit le séns de rotation de l’engi'enage, l’eau s’élève donc dans le tube, arrive en H, passe dans le réservoir Iv, d’où elle peut s’écouler par le conduit L. Un volant N, sert à régulariser le mouvement de l’élévateur. — Cet appareil a été bi’eveté par M. Albert Haas, 4, State Sti'eet, Flushing (N.-Y. Etats-Unis).
- Jouets
- Kaléidoscope démontable. Tout le monde connaît ce jouet déjà antique, jouet, ou plutôt appareil de physique amusante. Imaginé voici près d’un siècle, il consiste en une boîte cylindinque, dont les parois intérieures sont foi’mées de 3 miroirs à plans, disposés parallèlement à l’axe du cylindre et inclinés respectivement l’un sur l’autre de 6o°. On regardé à travers cette boîte divers menus objets de verroteiüe, maintenùs par des glaces ti'anspai'entes, dans le fond du kaléidoscope, et gi’âce au jeu des inflexions multiples sur les mir’ô'irs, on aperçoit des figures toujours symétriques, d’un aspect décoratif le plus souvent fort élégant. Il suffit d’agiter l’appareil pour faire apparaître un nouveau motif. On dispose ainsi d’une infinité de ces cuiùeux paysages géométriques fort appréciés des artistes qui y puisent souvent des motifs de décoration. On n’avait jamais du reste songé à modifier la forme de l'instrument. Le kaléidoscope démon- ’
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- table constitue un petit perfectionnement: les objets de verroterie sont renfermés dans une boite démontable;
- Kaléidoscope démontable.
- on peut donc en modifier à volonté le nombre, la couleur, la forme, et augmenter d’une façon incalculable, le nombre déjà fort élevé, des combinaisons que l’on peut apercevoir dans l’instrument. — L’appareil est en vente chez Mathieu, 131, Palais-Royal, Paris.
- Télémécanique sans fil. — Voici un de ces jouets utiles, qui tout en les distrayant, instruisent les enfants mieux que des heures de cours arides et indigestes. C’est une boîte renfermant sous une forme réduite tous les appareils nécessaires au montage d’un poste de télégraphie sans fil, en miniature ; ces appareils fonctionnent et peuvent transmettre des signaux d’une extrémité à l’autre d’une chambre. L’instrument comporte une bobine productrice d’ondes herziennes, alimentée par le courant d’une pile bouteille au bichromate ; l’étincelle de
- Télémécanique sans fil.
- la bobine éclatant entre les deux boucles de cuivre d’un éclateur produit les ondes; on dispose en outre d’une petite antenne démontable en cuivre, d’un cohéreur à limaille, d’un relai très sensible, d’un commutateur décohéreur à main, d’une sonnerie, d’un certain nombre de piles. On a donc tous les éléments nécessaires pour installer un minuscule poste transmetteur, et le poste récepteur correspondant. On y trouve, en outre,"une lampe à incandescence, un tube de Geissler, etc. On pourra avec ces quelques éléments réaliser du reste bien d’autres expériences ; allumage de lampe électrique à distance, illumination à distance d’un tube de Geissler ; etc. — Le jouet est en vente chez MM. Heller et Coudray, 18, Cité Trévise, Paris.
- ctjj'asS. Divers
- ^wüife'
- et provisoire. Ces inconvénients n’existent plus avec l’emploi du guide-lige. Il ne blesse pas 1 arbre et n a pas besoin d’être c’hangé.
- Par un ingénieux dispositif, il enserre exactement le tuteur et d’autre part s’élargit au fur et à mesure que l’arbre croît. Le jeune sujet est maintenu par une lamelle métallique garnie de chatterton '— substance imputrescible — assurant un doux contact à extension automatique, faisant ressort et dont l’action constante le redresse s’il a quelque tendance à j) rendre une fausse direction.
- Gomme nous en rend compte la figure ci-contre, cette lamelle constitue avec sa monture une sorte de collier élastique, extensible, augmentant de diamètre à mesure que l’ar-busté maintenu par lui accroît sa grosseur. Le guide-tige se pose instantanément par l’amateur lui-même, il apporte donc une économie de temps et de main-d’œuvre, car, une
- fois fixé, il ne Guide-tige,
- nécessite aucune
- surveillance, aucun soin. De plus, comme il est en métal, il est résistant, et, par sa nature même, n’offre aucun logement aux insectes nuisibles.
- Une étiquette mobile en aluminium, sur laquelle on inscrit une mention quelconque, peut se poser sur l’appareil. Cette étiquette a l’avantage de ne pas blesser la tige et de présenter à l’œil le nom de l’arbre d’une façon bien apparente.
- En résumé, celte nouvelle invention semble fort pratique et paraît appelée à rendre de réels services en horticulture. — En vente chez Chaligné-Massard, 2.36, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris.
- Une poignée métallique d’une seule pièce. — Nous avons eu occasion de dire combien les Américains sont ingénieux pour la fabrication dè petits ou grands outils, de machines, d’appareils, d’objets divers qui répondent parfaitement aux besoins qu’ils sont destinés à satisfaire, et qui pourtant sont d’une fabrication et d’une disposition absolument simple, en se fabriquant par suite dans des conditions exceptionnelles de bon marché.
- C’est le cas pour la poignée de porte que nous signalons aujourd’hui, et qui est introduite sur le marché français par la maison Markt;, 107, avenue Parmentier,
- @Yf
- Poignée métallique d’une seu]c pièce.
- Le « Guide-tige ». — Les appareils destinés à soutenir les jeunes arbustes ne remplissent point ce but sans offrir de graves inconvénients.
- Le « Guide-tige », dans son apparente simplicité, apporte une commodité nouvelle et des avantages de durée sur tout autre mode d’attache essayé jusqu’à ce jour pour fixer un jeune arbre au rigide tuteur. Le défaut de tout collier et de tout lien est de ne pas être extensible, de ne pas se prêter à la croissance plus ou moins rapide du jeune tronc qu’il enserre; il est nécessaire d’avoir un lien sans résistance pour ne pas blesser l’écorce de l’arbrisseau et ne pas gêner son développement en provoquant des nodosités ; il faut encore une certaine main-d’œuvre pour changer en temps voulu l’attache sommaire
- à Paris. Elle est tout uniment en fonte malléable, et par conséquent présente de la solidité, tout en étant faite d’une matière peu coûteuse. Elle est du reste entièrement émaillée en noir, et offre un bon aspect. Elle est dessinée de telle sorte que son moulage est peu compliqué : ce qui n’empêche que la courbure de sa barre transversale donne un bon point d’appui à la main. Elle pourra se monter aussi bien sur une porte que sur une caisse, et cela au moyen de deux vis entrant dans des trous fraisés où leur tête se noie. L’ouverture pour la main n’a pas moins de 85 millimètres, bien que la longueur totale ne dépasse point i55 millimètres. Le poids n’en atteint pas 200 grammes.. La douzaine n’en revient guère qu’à 4 H- 5o.
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- Observations du passage de Mercure devant le soleil- — Comme il l'allait s’y attendre, à cette époque de l’année où sévissent les mauvais temps et les brouillards, le passage de Mercure n’a pu être observé, en France, qu’eu bien peu de stations; seuls les observatoires des régions méridionales de notre territoire ont été plus ou moins favorisés. Dans l’intéressant et très documenté article de M. Touchet (voir n° 1798 du 9 novembre 1907) étaient exposées, avec les éléments même du phénomène, les principales recherches à effectuer au cours du passage et capables d'apporter une contribution très utile à notre connaissance plus exacte de ce petit monde. Il n’y a donc pas lieu de revenir sur ce programme même et sur l’importance des questions ainsi posées; nous résumerons donc seulement ici les résultats obtenus par les observatoires que notre maussade atmosphère a bien voulu favoriser. Ces établissements sont d’abord : les Observatoires de Nice et de Marseille, puis ceux de Lyon, de Toulouse, de Besançon, de Bourges, de Bordeaux. Au lieu d’analyser séparément les résultats de chacun d’entre eux, il semble préférable, pour les principales questions qui ont été étudiées, de rapprocher les observations faites à chaque station ; nous aurons ainsi groupé ensemble les mesures du diamètre, la visibilité de la goutte noire, de l’auréole, etc. Les heures de contacts doivent cependant être reproduites séparément parles différents lieux, puisque ces époques diffèrent précisément, quoique d’une façon très légère, pour ces points déterminés C’est par ces observations que nous débuterons.
- A Nice, MM. Javelle et Simonin, assistés de M. C'olo-mâs se sont servi du grand équatorial de en poin-
- tant à l’aide du chonographe. M. Giacobini était à l’équatorial coudé de om4o, M. Charlois assisté de M. Fan-lapié à. celui de om38. Il serait inutile de reproduire ici tous ces chiffres ; ce qu’il nous importe de noter, ainsi que le mentionne très bien M. Touchet, ce sont les différences très notables entre l’estimation des heures de contact : ainsi pour le ior, cette différence a été de 11 secondes (Charlois et Giacobini), pour le 20, de, u5 secondes (Giacobini et Simonin), pôur le 3e de 43 secondes (Javelle et Simonin) et enfin de 3o secondes (Simonin et Javelle) pour le 4e contact.
- A Marseille où le phénomène a été suivi parMM.Slé-phan, directeur, Borrelly, Coggia, Esmiol, Fabry et Maitre, on a trouvé des différences de même ordre, soit respectivement : 4(> secondes (Borrelly et Sléphan), 35 secondes (Borrelly et Maître), 25 secondes (Borrely et Stéphanie! 28 secondes (Coggia-Maitre et Esmiol).
- L’observatoire de Toulouse a été beaucoup moins favorisé par le temps, et l’on a observé seulement de façon utile ce 20 contact intérieur pour lequel il n’y a qu’un écart de 6 secondes entre MM. Bourget et Rossard.
- A Lyon, assez mauvaises conditions également, et pour le 3° contact, les estimations de MM. Guillaume et Merlin diffèrent de 7 secondes, tandis qu’elles s’élèvent à 20 secondes pour le dernier contact. Les mêmes instants du passage ont été estimés à Besançon avec des différences de 5 secondes (Brück et Chofardet), 12 secondes ( Brüclc et Pernet).
- Enlin, à l’Observatoire de Bourges, M. l’abbé Moreux et ses collaborateurs, tout en trouvant des différences entre les heures calculées et observées, ont rencontré également des écarts entre leurs appréciations, et cela d’autant plus que l’objectif employé était de plus faible diamètre.
- Mais ces conditions déjà reconnues ne suffisent pas seules sans doute, car les écarts relevés précédemment ne se rapportent par tous aux estimations entre les instruments les plus extrêmes utilisés. Il faut faire entrer notamment en ligne de compte le fameux ligament noir, apparu pour beaucoup d’observateurs. Donc il est facile de reconnaître une fois de plus que pour les différentes questions d’ordre théorique auxquelles se rapportent les observations de tels passages, les heures de contact comportant une grande incerti-lude, ne peuvent être d’une grande utilité. Les observations de position de la planète enregistrée parla photo-
- graphie pendant la trajectoire apparente devant le soleil, sont sans doute plus précieuses.
- A l’observatoire de Nice, Mroo Chrétien a obtenu douze photographies instantanées de 16 cm. de diamètre : trois ont été prises de minute en minute à l’entrée, trois autres semblables à la sortie, et six échelonnées sur la roule tracée ainsi devant le disque solaire. Ces images permettront de déterminer, d’une façon très précise sans doute, l’époque de contacts et surtout l’angle de position de la corde décrite par Mercure devant le Soleil. Dans le même ordre d’idées, ces mesures de positions ont été prises au cercle méridien par M. Prim, de même qu’aux Observatoires de Marseille (Coggia) et de Lyon (Merlin)..
- Dans le domaine des mesures, nous avons à voir aussi les déterminations du diamètre de la planète effectuées par les mêmes observateurs que précédemment. Là encore nous allons retrouver des différences notables, et dont le facteur le plus important est la dimension de-l’instrument utilisé. Outre ces différences, divers observateurs ont trouvé un aplatissement polaire sensible-Ces mesures peuvent se résumer par le petit tableau ci-dessous- :
- Diamètre :
- Nice (Javelle) . .
- — (Simonin) . .
- — (Giacobini) .
- — (Charlois). .
- — (Prim) . . . Marseille (Slephan ). .
- — (Borrelly). .
- — (Coggia) . .
- — (Esmiol) . .
- — (Fabry). . .
- Lyon (Luizel). . .
- — (Guillaume).
- — (Merlin). . .
- Équatorial. Polaire.
- 9",70 8",47
- 7",62 7",38
- 10", 10 9",96 et 11", 18
- 8",43 ' 7".90
- 10",o3 9",7i
- Moyenne des mesures.
- »
- »
- »
- »
- Direction S.-E.-W.-W, I o", 2 9" >7
- 3S.-K.-S -W.
- q",2
- 8",4
- 8", 90 o ' 81 G"! fi
- 9",°7 b", 78-
- 8", 4
- Voyons un peu les apparences mente du phénomène maintenant. Elles diffèrent encore suivant les observateurs ; les uns ont vu une auréole, les autres pas. iA Nice, M. Javelle, au grand équatorial, a remarqué avant le 3° contact une illumination blanchâtre autour de la planète; M. Bourget, à Toulouse, a vu cette auréole par-moments, comme un liséré jauue paille clair; même apparence également par M. Marchand, à Bourges, où elle a été vue tantôt brillante, tantôt grise comme d autres,-observateurs l’ont notée (MM. Borelly et Esmiol, à Marseille). Ce phénomène, vu ultérieurement aussi par M. l’abbé Moreux, en même temps que par M. Marchand, lui paraît subjectif, et être fonction de la largeur du diamètre de i'objeclif et du grossissement employé ; ainsi, avec l’instrument de 162 mm. elle na pas. dépassé le 1/6 du rayon de Mercure, tandis qu’on l’a estimée un i/3 avec le 108 mm. Notons que M. Borrelly avec un 182 mm. a évalué une largeur de l’anneau qui correspond à peu près au diamètre de la planète. M. Esmiol, en l’estimant à 3" environ, décrit un anneau particulièrement net, concentrique à la planète qu’il entourait à distance; mais il est le seul à définir ainsi cette apparence. Ce même observateur ajoute que les cornes découpées par Mercure sur le Soleil pendant l’entrée n’ont présenté aucune déformation. Ce détail est à rapprocher des recherches plus spéciales concernant l’atmosphère de Mercure et que nous verrons pour finir.
- Le disque de Mercure, noir intense, ou violet sombre pour quelques-uns, n’a paru occupé par aucune tache ni points brillants, excepté pour les observateurs de Bourges qui ont fait une étude démontrant, de même: que pour l’auréole, et en raison de l’intermittence et des différences relevées, la subjectivité de ce phénomène.
- Enfin, après avoir noté que M. Borrelly croit avoir aperçu Mercure, projeté sur la couronne solaire une heure environ avant le passage et sous l’aspect d’un disque sombre environné d’un anneau violet, arrivons aux recherches spectrales ayant trait à l’étude de-l’atmosphère de cette planète.
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- VARIETES
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- C’est à l'Onservatoire de Nice que ces études ont été poursuivies. Elles ont été effectuées d’une part, par cet établissement même, et surtout par la station particu-, lière organisée par M. A. de la Baume Pluvinel dont les magnifiques recherches font autorité en cette matière.
- Il s’agissait d’étudier le spectre du Soleil dans le voisinage du bord de la planète, afin de se rendre compte si l’absorption produite par l’atmosphère de Mercure modifiait l’aspect de certaines raies noires du spectre. M. de la Baume a utilisé pour ces recherches un objectif de
- 12 mm. de foyer, alimenté par un cœlostat (les images de Mercure avaient 2 mm.). Malheureusement ces images ont été très ondulantes et les résultats n’ont pu être aussi complets qu’il eût été à désirer. Malgré tout, ces spectrogrammes ont démontré que l’atmosphère de Mercure n’exerçait pas une action suffisante sur le spectre solaire, pour que cette action puisse être révélée par les moyens déjà puissants qui ont été employés. Cette atmosphère ne pourrait donc, d’après cela, qu’être assez raréfiée et la limite maximum fournie par ces résultats est d’un très haut intérêt. Lucien Buuaux.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Les erreurs de la radiographie. — La radiographie est un des moyens d’investigation et de contrôle les plus précieux dans les traumatismes. Le gonflement, la meurtrissure des tissus, les épanchements séreux et sanguins empêchent souvent le chirurgien le plus habile de préciser le diagnostic d’une fracture, d’une luxation. Les signes classiques font défaut, la douleur est peu accusée et on serait tenté de croire à une simple contusion, tandis que la radiographie vient déceler la fracture ou le déplacement des os.
- Mais c’est un procédé qui est sujet, dans certaines conditions, à erreur et le Dr Just Championnière appelait avec raison l’attention de ses collègues du Congrès de chirurgie sur les fausses interprétations que peut donner l’image radiographique. La photographie ordinaire par réflexion cesse d’être ressemblante sitôt que le photographe, par maladresse ou inadvertance, a déplacé son appareil. On peut bien admettre que la photographie par projectiou d’un organe placé dans la profondeur variera suivant la position de la plaque, de l’ampoule, et donnera des images parfois erronées. Une aiguille placée dans l’épaisseur des tissus paraît allongée ou raccourcie sur l’image selon la place de l’ampoule par rapport à elle et si l’on n’est prévenu de cette apparence, on peut, ce qui est du reste arrivé, accuser le chirurgien de n’avoir pas extrait en totalité le corps étranger, parce que l’aiguille retirée était plus courte que l’image radiographique. Dans un foyer de fracture, les modifications de l’image peuvent être encore plus sensibles ; en variant la situation de l’ampoule, on peut avoir des images où la distance desos est agrandie, leurs rapports entre eux sont faussés et le Dr Championnière rappelle qu’il à eu l’occasion de prendre sur le fait des opérateurs malhonnêtes qui fai-
- saient voir à des malades très bien guéris de leurs fractures des cals tout à fait déformés. C’était une façon intelligente d’entamer des procès sur les accidents de travail.
- La radiographie peut, si l’on n’est prévenu et si l’on n’a pas la grande habitude du maniement de l’ampoule, montrer des lésions qui 11’existent pas. Elle peut aussi, et avec la plus parfaite bonne foi de l’opérateur, méconnaître, ne pas révéler une lésion, c’est plus rare; des fragments osseux peu écartés peuvent être disposés de telle sorte que l’opacité d’un os bien solide masque la fente très étroite que le trait de fracture devrait former. Il faut, dans ces conditions, multiplier les images, les prendre sous des angles variables, avec des éloignements ou des rapprochements de l’ampoule. Je n’insiste pas sur ces faits un peu spéciaux, mais il m’a paru bon d’appeler 1 attention sur les erreurs possibles qui permettront de ne pas accuser à tort et à travers des praticiens habiles qui peuvent être trompés par les données d’une image fausse. Je me souviens qu’ayant eu la ma-lechance de me casser le poignet par retour de manivelle, je fis examiner montras à l’image radioscopique ; on 11e percevait aucun trait de fracture. Mais la douleur assez caractéristique me faisait croire à une lésion de l’os ; ma petite expérience médicale et ma sensibilité de blessé avaient raison. En faisant la radiographie, on percevait un trait des plus nets de séparation de l’extrémité inférieure du radius. Il faut donc, dans ces cas douteux, difficiles, faire une série de photographies sous des angles variés cl avec des foyers changeants, l’ampoule étant placée à des distances différentes : ce sont du reste des conseils inutiles. Les radiographes sérieux connaissent tous ces mécomptes et savent s’en garer dans la pratique. I)' A. G.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Enduit noir pour bâches. — On commence par enduire un des côtés de la bâche d’une mixture faite de 7 litres d’huile de lin brute, 460' grammes de céruse sèche, et autant de litharge, ce mélange ayant dû être fait par chauffage jusqu’à ébullition, et en agitant constamment. Quant au vernis que l’on passe par-dessus ce premier enduit, on le fait avec /j5o gr. d’asphalte bouillie dans 9 litres d’huile de lin brute, auxquelles on ajoute, après mélange bien complet, 4''litres et demi d’un bon vernis copal. Après refroidissement, on éclaircit avec 7 litres de térébenthine, et même un peu plus si cela n’est pas assez coulant. On doit appliquer à température constante^
- Polissage du celluloïd. — On enduit un morceau de feutre d’un mélange de benzine et de poudre aussi fine que possible de pierre ponce; on frotte, et l’on complète l’.opéralion avec un morceau de peau de chamois sur lequel on a mis de la poudre de craie.
- Liquide à enlever les taches d’encre. — Ce liquide peut se composer avec de l’acide. chlorhydrique et de
- l’hypochlorite de soude. Pour le premier, on mélange une partie seulement d’acide chlorhydrique fort ave c :io parties d’eau; pour le second, on fait dissoudre de part et d’autre, et toujours dans 600 gr. d’eau, a5o gr. de chlorure de chaux et 36o de carbonate de soude ; on mêle les deux composés après solution complète, et l’on filtre.
- Vernis protecteur pour laiton. — C’est une sorte de laquage, fait par dissolution d’une bonne laque colorée, à raison de 200 gr. de gomme-laque en écailles, de 60 gr. de curcuma, de i5 d’annatto, et de 15 également de safran, dans un peu plus de 2 litres d’alcool de boir. On laisse digérer 2 ou 3 jours; on filtre; et, avaut d’appliquer légèrement au pinceau en poils de.chameau, on tiédit les objets que l’on en veut enduire.
- Graisse pour engrenages de bois. — On fait fondre à chaleur modérée 3o parties en poids de suif, 20 d’huile de palme, 10 d’huile de poisson, et l’on ajoute au tout, en mêlant bien et faisant un mélange homogène, 20 p. de graphite lavé et pulvérisé.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction jmblie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés, lillo répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours
- Erratum. — Nu 1804, p. 4>-> col. Élig- 13, au lieu de périodiques, il faut juridiques.
- Adresses relatives aux objets décrits. — Machine à écrire Soblik : Consortium der pneumatischen Schreib-maschine Soblik, Dusseldorf, Hansa-Hans, Allemagne.
- Communications. — M. Karlson, ingénieur hydrographe du Transvaal, nous écrit au sujet de l’article paru dans notre numéro du 12 octobre sur un Précurseur du monorail Brennan : « L’inventeur du jouet en question était mon collaborateur et ami, M. Junnar Backman, ancien ingénieur des Etablissements Eilï'el, aujourd’hui décédé. M. Backman était aussi l’inventeur de l’ascenseur hélicoïdal, proposé tout d’abord pour le troisième étage de la tour Eiffel, afin d’en faciliter l’accès à un nombre considérable de visiteurs. 11 était également l’inventeur du frein hélicoïdal pour ascenseurs, appliqué dans sa forme originale à la tour Eillèl et modifiée dans un certain nombre d’ascenseurs à Paris. Ce frein, le plus sûr qui existe encore pour petites vitesses, est maintenant employé' sous un autre nom. C’est une parfaite erreur de croire que nous ne savions pas l’importance du gyroscope. L’invention était seulement venue avant son temps et nous avions parfaitement reconnu le rôle qu’elle pouvait jouer dans la direction des torpilles, bateaux et ballons. Je ne. sais si nous avions la priorité sur M. Brennan. Nous sommes allés un peu plus loin que les autres inventeurs, et notre brevet était pris pour la direction de bateaux et de ballons. Des essais furent faits sur la Seine, mais nos moyens nous forcèrent à abandonner cette invention intéressante. Comme évidemment, un jour ou Fautre, quelque autre inventeur va réinventer ceci, il peut être intéressant de noter que les inventeurs du petit jouet qui roulait sur les boulevards en décembre 1892, avaient parfaitement connaissance de l’importance de leur invention. »
- ! M. J. L. Boisson, ancien chef de section aux travaux de l’État, nous indiqué le procédé suivant pour fondations sous l’eau dans des terrains afïbuillables : « Lorsqu’il s’agit d’établir des fondations dans des terrains alfouillables composés de sable, gravier et galets, la méthode des batardeaux ordinaires est très coûteuse et quelquefois impossible, à cause de la difficulté de pénétration des pieux et palplanches. Tel l’établissement, l’élargissement ou l’abaissement du sas d’une écluse en lête d’une dérivation de .canal, le fond du sas se trouvant à î mètres et plus en contrebas du niveau voisin du cours d’eau d’alimentation. Un moyen résistant et éprouvé consiste, à mesure que l’on creuse l’enceinte des fouilles, un peu élargie, d’envelopper celte enceinte de sacs remplis de bon béton; on emploie nécessairement plusieurs rangées de sacs. À mesure que l’affouil-lement se produit en creusant la fouille, ces sacs s’abaissent verticalement par leur poids. En même temps on ajoute successivement d’autres charges de sacs jusqu’à ce que l’on arrive au niveau du fond de la fouille prévue- S’il est nécessaire, on embroche ces sacs de barres de fer pour consolider encore la masse. De telle sorte que les affouillements, les éboulements et la violente poussée de l’eau sont amortis et les dragages de
- la fouille s’exécutent dans une nappe tranquille, tout en baissant cette nappe aussi bas que nécessaire par les pompes d’épuisement. »
- Renseignements. — M. Foumial, à Saint-Ciers-de-Canesse. — L’acier résistera certainement mieux que le bronze. Si vous mesurez par 100 la résistance de l’acier, celle du bronze sera de 33 environ.
- M. E. C. AI., Bourg. — Vous trouverez, croyons-nous, les lampes électriques portatives et rechargeables que vous désirez chez Ghomeau, 46, rue de Rome, Paris.
- M. L. Haunaut fils, S. M. (I et V.). — Il existe une nouvelle machine à badigeonner, la machine Fix, dont nous parlerons prochainement et qui convient tout à fait pour les grandes surfaces à de grandes hauteurs. L’adresse du constructeur est; M. Frédéric-Albin Lœbel, 26, rue Cadet, Paris.
- M. Marchand., Bagnères-de-Bigorre. — Le marbre artificiel des isolateurs électriques est un mélange suivant les formules les plus diverses de gomme-laque, de gomme-copal, de calcaire fin pulvérisé (craie, blanc de Meudon, etc.) et de colorants appropriés, le tout est broyé et aggloméré par une douce chaleur, puis moulé à chaud. Pour l’émaillage des métaux, on fait un mélange de résines et de gommes avec des matières minérales fusibles à 2Ôo où 3oo° C. On recouvre de cette solution sirupeuse la surface à -émailler et l’on chauffe dans un four à 25o°. La résine s’évapore, la matière minérale se vitrifie.
- M. II. J., à Grenoble. — Vous trouverez les plus complets renseignements pour votre sujet dans les Applications de la photographie aux levés topographiques en haute montagne, par H. et J. Yaxlot, excellent ouvrage technique et pratique à la fois, publié en 1907 dans la Bibliothèque photographique de Gauthier-Yillars, éditeur à Paris, en un vol. in-12, de 23y p. et 40 fig., au prix de 4 francs.
- M. A. S., à Bordeaux. •— Le tome Ier de distribution d’eau et assainissement, par G. Bechma.?;n (à Paris, chez Baudry, Béranger, successeur, i5,_rue des Saints-Pères, 2e édit. 1898) expose ce que vous désirez savoir aux chap. IIP (l’eau de Rome antique, p. 52-58), VII (les citernes, p. 179-181) et X (élévation mécanique de l’eau). La 2e édit, du t, II est de 1899 et l’ouvrage complet se vend 40 francs.
- M. M. B., à Montpellier. — Consultez Les grandes cultures du monde, trad. du hollandais de Risde, beau volume magnifiquement illustré et très bien documenté sur le riz, la vigne, le froment, le cacao, le café, le thé, le quinquina, le tabac, le sucre, le maïs. L’ouvrage publié par E. Flammarion (Paris) ne coûte que 12 francs (in-40, 700 grav.,. i3 pi. couleurs).
- Cercle militaire de Châlons-sur-Marne. — Traitement des vins acides : Si le vin contient plus de 1 gr, d’acide acétique par litre, on peut le guérir, sinon il faut le transformer en vinaigre. On reconnaît la teneur en acide en faisant dissoudre 10 décigr. de potasse dans de l’eau et en versant cettë solution dans un litre de vin; celui-ci conserve un goût d’acidité si sa teneur est supérieure à 1 gr., sinon,, il est traitable, soit par la pasteurisation à 6o°, soit par l'addition par tâtonnements et jusqu’à neutralisation de tartrate neutre de potasse à raison de 3o à 200 gr. par hectolitre. Vous pourriez d’ailleurs consulter avec fruit pour plus de détail le livre de Coste Floret Vinification (vins rouges), Masson et C'ie, 1 vol.,. 6 francs.
- BIBLIOGRAPHIE
- Comment étudier les astres, par L. Rnuxtix, 1 vol. in-8 avec 79 fig. Chez Masson et C"5. Paris. Prix : 4 fr.
- Le titre de cet ouvrage, sans doute, évoque tout d’abord le souvenir de certaines leçons de cosmographie, hérissées de chiffres et de calculs qui ont affligé nos classes de rhétorique ; il fait songer aux savants, qui armés d’instruments énormes et' compliqués, cui-l'assés de redoutables équations, sondent, du fond
- d’observatoires coûteux, les mystères célestes. Et, à à l’aspect du charmant paysage étoilé qui décore la couverture de cë livre élégant, l’on se prend à regretter que la science du ciel ait perdu sa simplicité primitive qui la rendait accessible à tous. Et l’on a tort, car l’astronomie, malgré ses progrès accumulés au cours des siècles, est toujours à la portée de tous. C’est ce que nous démontre M. Rudaux, un astronome fervent
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- BIBLIOGRAPHIE
- doublé d’un artiste, dont nos lecteurs ont pu, maintes fois apprécier le talent. Après avoir rappelé le puissant intérêt qui s’attache, pour tous les esprits cultivés, aux problèmes scientifiques et philosophiques soulevés par l’étude des astres, il nous montre par quels moyens simples et pratiques, chacun de nous peut participer activement à cette étude. Il nous indique la façon d’organiser soi-même un petit observatoire, muni d’ii struments peu coûteux, et duquel on peut tout au moins suivre en spectateur attentif et intéressé, les phases du passionnant combat que mènent les savants contre l’inconnu. Il nous fait profiter de son expérience personnelle pournous apprendre à surmonter les difficultés de l’observation qui, si souvent, arrêtent les débutants ; il nous prouve enfin que même avec des moyens modestes, un observateur consciencieux peut faire œuvre utile à la science. Et l’astronomie pour tous, telle que la conçoit l'auteur, nous apparaît alors comme une sorte de sport, mais infiniment plus utile, plus noble et plus passionnant que tous les jeux à la mode; nous ne doutons pas que l’ouvrage enthousiaste de M. Rudaux, ne fasse naitre une foule d’amateurs de ce sport nouveau.
- Introduction à l'étude de la médecine', par G.-II. Roger, professeur à la Faculté de médecine de Paris. 3' éd.
- Paris. Masson et Cio, 1907. 1 vol. in-8°, xn-741 p. Prix : 9 francs (cartonné 10 fr.).
- Le livre du professeur Roger, dont nos lecteurs connaissent déjà le beau travail Alimentation et digestion, spécialement destiné aux étudiants, s’adresse en réalité à un public plus vaste, tous ceux qui s’intéressent aux belles questions de physiologie et de pathologie. Nous y signalerons tout particulièrement le chapitre, admirable, sur les maladies infectieuses.
- Manuel de pathologie interne, par G. Dieui.afoy. Paris. Masson et C‘°. 1907. 4 vol. in-16. Prix : 3a francs.
- i58 édition, refondue et augmentée du livre classique de l’éminent professeur de la Faculté de Paris.
- Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1908. In-i6 de plus de gSo pages avec figures et planches. Chez Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins. Prix : ir‘,5o (franco i'r,85).
- Suivant l’alternance adoptée, ce volume de millésime pair contient, outre les données astronomiques, des tableaux relatifs à la physique, à la chimie, à l’art de l’ingénieur. Celte année, signalons dans cette utile publication les Notices de M. Bigourdari : La distance des astres et en particulier des étoiles fixes et celle de M. F. Guyou : L’école d’aslrouomie pratique de l’observatoire de Moutsouris.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 H EL UES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE TE ü A 9 ÉTAT Cü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11) déc. l'.nn . — 1 u.3 S. W. 1. Brouillard. » Gelée Blanche; brouillard ; couv. jusq. 13 h.; très nuageux ensuite.
- Mardi 17 — :.°.i Calme. Beau. » Gelée blanche; givre; beau; couronne lunaire à 17 h.“
- Mercredi 18 — l°,.i S. S. E. 2. Beau. » Gelée blanche; givre; peu nuageux le malin; couvert le soir.
- Jeudi 19 I °.7 S. S. W. 3. Couvert. » Quelques éclaircies.
- Vendredi 21) v?0 S. 1. Nuageux. » Gelée blanche; brouillard bas; nuageux jusq. 17 h.; couvert ens.
- Samedi 21 ',°.9 S. S. W. 2. Couvert. » Dosée ; beau à 17-18 h ; couvert le reste du temps.
- Dimanche 22 /.O C) -t , - S. 1. Brouillard. » Dosée ; couvert.
- DECEMBRE 1907. — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 DÉCEMBRE 1907.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 A 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 16 au 20 — Le 16. Hausse sur l’Europe : Est de la France, 771: Laponie, 775; basses pressions des Açores à l’Irlande (Valeucia, 756). Pas de pluies. Temp. du matin ; ArkaugM, —29; Paris, —1; Alger, i5; Puy de Dôme, Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : —o°,2 (normale : i°,6). — f.e 17. Hausse générale, pression variant de 766 (Belfort) à 774 (Belfort) et au-dessus (N. du continent). Pas de pluies. Temp. du malin : lxuopio, —21; Paris, 3; Alger, r4; Pic du Midi, —1 ; moyenne à Paris : o°,3 (normale : 2°,6). — 18. Baisse
- rapide en Norvège, basses pressions des Açores à 1 Islande. Pluies en Scandinavie. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, —21; Paris, — 1; Alger, 15 ; Puy de Dôme, 3;.Pic du Midi, — 2 ; moyenne à Paris : 3°,9
- (normale : 2°,5). — Le 19. Baisse sur le N. de 1 Europe, minima sur la Baltique, Mœmel, 753; et l’Irlande, Vàlenlia, 7755 ; fortes pressions sur le Sud du continent, Brindisi, 775. Pluies sur le N. de l’Europe; en France ; Celte, 4; Toulon, 1. Temp. du matin : Arkangel, —20; Paris, 7 ; Alger, 14 ; Puy de Dôme, 3; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : 70,6 (normale : 2°,4). — Le 20. Vaste zone de basses pressions du N.-O. à l’E. de l’Europe Irlande, 749; Centre de la Russie, 753; l’ories pressioi s au S. du continent. Pluies sur le N. et le Centre; en France ; Gris-Nez, 4; Ouessant, 9; Nancy 1. Temp. du matin : Arkaugel, —25; Paris, 2; Aigu-, 12; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, 3. — Phases de la Lune ; P. L. le 19 à 6 h. 4 m* du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie ^
- DIRECTION
- .'V —. ùi,.
- "s-
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Président de la Commission centrale?»
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- de la Société de Géographie.
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- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1806 — 4 JANVIER 1908
- INFORMATIONS
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- SUPPLÉMENT
- La Tour Eiffel et la télégraphie sans fil. — Le
- merveilleux support d’antennes que constitue la Tour Eiffel, n’a pas jusqu’ici été utilisé comme il le mérite; la station de télégraphie sans fil de la tour pommait aisément atteindre des portées supérieures à celles de toutes ses concurrentes étrangères. Pourquoi leur reste-t-elle inférieure ? Par raison d’esthétique, dit-on. Le poste actuel n’est que provisoire; la Ville s’étant jusqu’aujourd’hui refusée à laisser établir une installation •définitive qui déparerait le Champ de Mars. Les appareils récepteurs et émetteurs sont renfermés dans une petite baraque en bois qui peut être appelée à disparaître d’un jour à l’autre. Les lils qui réunissent l’antenne au sol sont considérés comme disgracieux et dangereux pour l’aspect du Champ de Mars. Impossible Rans ces conditions, de faire les frais d’une station à grande puissance, que la Ville ne laisserait pas établir. Le Ministre de la guerre vient de soumettre au Conseil municipal un projet destiné à conserver définitivement 3a précieuse station de la Tour Eiffel, tout en sauvant l’esthétique du Champ de Mars; les appareils seraient placés dans un local souterrain ; quant aux fils qui maintiennent l’antenne au sommet de la tour, ils aboutiraient au sommet de pylônes décoratifs, ornés de candélabres et se trouveraient ainsi à une hauteur suffisante, au-dessus du sol, pour ne pas choquer les défenseurs de l’esthétique.
- L’auto-mitrailleuse. — Une expérience intéressante se poursuit actuellement, au Maroc, au cours de la campagne contre les Beni-Snassen ; c’est l’essai d’une automobile mitrailleuse ; son conducteur est un chauffeur bien connu, le capitaine Genty, plus connu dans le monde sportif sous le surnom de la Touloubre. Le général Lyautey signale au ministre que cette mitrailleuse s’est comportée d’une façon remarquable, passant partout, traversant sans avaries ni incidents, oueds et ravins.
- L’instruction judiciaire par l’électricité. — Le
- professeur Münsterberg, de Haward, a imaginé une méthode à la fois psychologique et électrique pour déterminer scientifiquement si un prévenu est innocent ou coupable. Il utilise un appareil qui se compose d’un cadran divisé en 100 parties et parcouru par une aiguille en un dixième de seconde ; à travers cette aiguille passe un courant électrique ; d’autre part, le prévenu tient entre ses lèvres un petit appareil dans lequel passe également ce courant ; le moindre mouvement des lèvres rompt le courant, et arrête l’aiguille du cadran. L’enquêteur cite des mots au patient, et à chaque mot, celui-ci doit répondre immédiatement par la première pensée qui lui traverse l’esprit ; l’appareil électrique permet d’apprécier, avec précision, le temps qui sépare la réponse de la demande, et de juger ainsi le trouble que certains mots peuvent jeter dans l’esprit du prévenu. L’art du juge consisterait alors à choisir habilement ces
- mots troublants. Nous doutons que pareille méthode entre de sitôt dans les mœurs judiciaires ; en tout cas la psychologie dont elle se réclame nous paraît bien enfantine.
- Le calcium. — Ce métal s’obtient aujourd’hui industriellement et à bas prix aux usines de Bilterfeld, en Allemagne, par le procédé Rathenau : on électrolyse un mélange de chlorure et de fluorure fondant au-dessous des points de fusion de chacun des deux composants. Pour réaliser une fabrication continue, on emploie une cathode de fer mobile que l’on soulève progressivement au fur et à mesure du dépôt; ainsi, le calcium à peine déposé est isolé du bain fondu. La caractéristique du calcium est son activité chimique, il s’unit avec incandescence à l’hydrogène, l’oxygène et l’azote.
- Pain sucré. — L’addition de sucre au pain a été préconisée par M. Dupont, à l’Association des chimistes de sucrerie et de distillerie; le pain sucré serait plus blanc et plus nutritif que l’autre; la pâte lèverait beaucoup mieux; jusqu’à 6 p. 100 de sucre, la saveur du pain ne serait nullement modifiée.
- Météores en connexion avec la comète Daniel.
- — Dans le n° 4198 des Astronomische Nachrichten, M. H.-H. lvritzinger, de Berlin, a montré que, le 27 juillet, la comète Daniel (1907 d) était à une latitude hélio-centrique de —3°,9 et à une distance de 0,068 seulement de l’orbite de la Terre (la distance Soleil-Terre étant prise pour unité). Si cette comète était accompagnée d’un essaim de météores, comme le fait s’est produit pour un certain nombre d’autres comètes, la Terre a pu passer à travers la portion la plus éloignée de l’essaim au moment de sa plus courte distance à l’orbite de la comète, vers le 12 septembre. M. lvritzinger a calculé que la position du radiant résultant était de : Ascension droite = a3h 8m ; Déclinaison = -j- 3°. Suivant Schmidt (.Astronomische Nachrichten, n° 1756), il existe à cette position un radiant permanent à cette époque de l’année.
- La réaction des sels ammoniacaux sur les constituants du sol. — Nos lecteurs savent que les sels ammoniacaux, notamment le sulfate, sont fréquemment employés comme engrais, aussi bien en agriculture qu’en horticulture, et que leur usage rationnel et raisonné donne presque toujours d’excellents résultats au point de vue du rendement végétal. Cependant, on a observé que l’addition de sels ammoniacaux neutres développe une réaction acide dans les sols recevant ces engrais d’une façon répétée. Pour éclaircir ce point, deux auteurs anglais, MM. Hall et Guningham, ont étudié systématiquement l’action des sels ammoniacaux sur les principaux constituants des sols agraires qui sont le sable, l’argile, le calcaire et l’humus. Ils ont agité pendant vingt-quatre heures des solutions de concentrations variées de sulfate ou de chlorhydrate d’ammoniaque avec du sable, de l’argile, du car-
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- INFORMATIONS
- V'i,
- bonate de chaux, de l’humus et ils ont déterminé la composition de la solution résultante. Avec le sable, il ne se produit aucune action ; avec l’argile, il se fait une double décomposition et l’ammoniaque est remplacée par des quantités équivalentes de calcium, de magnésium et de potassium ; il y a également une double décomposition avec le carbonate de chaux et avec l’humus. Dans aucun cas, on n’a observé de développement d’acidité. La réaction acide observée dans les sols agraires n’est donc pas due à des causes de nature minérale et les auteurs pensent que cette cause est d’origine biologique.
- Analyse de l’eau de la mer Morte- — Cette eau, dont la composition a donné lieu à de nombreuses légendes, vient d’être analysée par deux chimistes, MM. Stutzer et Reich, qui lui ont trouvé la composition
- suivante :
- Chlorure de potassium............ 1,357
- Chlorure de sodium............... 8,788
- Chlorure de calcium........... . ‘2,384
- Chlorure de magnésium............ 8,991
- Bromure de magnésium............ o,368
- Sulfate de chaux................ 0,141
- Oxyde de fer.................... traces.
- Cette eau, singulièrement riche en chlorures alcalins ou alcalino-terreux, présentait une densité de 1,154C à iy°,S.
- Les plus hautes montagnes d’Afrique viennent d’être mesurées trigonométriquement par la commission de délimitation anglo-allemande de l’Est africain : on a trouvé au Kilimandscharo 5893 m. (au lieu de 6010, H. Meyer) pour le Kibo, et 5i5a m. (au lieu de 5355 m., H. Meyer) pour le Mawenzi; au Ruwenzori, 5069 m. (au lieu de 5122 m., duc des Abruzzes) pour le pic Regina Margherita, etc. (Le Kénia, 5aoo à 56oo m. i’ en territoire anglais n’a pas été révisé.)
- Un prix pour un appareil à cultiver la luzerne. —
- Le machinisme est une nécessité dans des pays comme k Afrique du Sud où la main-d’œuvre est coûteuse, et là en particulier où il faut arriver à mettre en culture de vastes surfaces. Aussi, une société agricole du Cap, la Cradock Agricultural Society, organise un concours et offre un prix de 25oo fr. pour un appareil s’appliquant à la culture de la luzerne à la volée, seul procédé qu’on emploie là-bas.
- L’élevage des porcs en Sibérie. — D’après la Gazette clu commerce et de Vindustrie de Saint-Pétersbourg, on se proposerait d’améliorer et de développer l’élevage des porcs. Les steppes de ce pays réunissent, en effet, les conditions les plus favorables à l’engraissement de ces animaux, par le petit-lait provenant de la fabrication considérable du beurre et avec des céréales à fort bon marché. Cependant jusqu’ici, les éleveurs ont hésité à entrer dans cette voie à cause du bas prix dé la viande, l’abatage n’ayant lieu qu’une fois 1 an, au début du froid, cette marchandise avait peine à se conserver une année entière. Mais les éleveurs, pour se créer des débouchés et augmenter leurs bénéfices médiocres, songent en ce moment, en Sibérie, à faire des conserves de porc et à les envoyer sur les marchés européens tenter la concurrence envers les produits similaires américains.
- Les défenseurs du tigre. — Une pétition, qui se couvre de signatures, circule depuis quelques semaines aux Indes : elle a pour but d’obtenir du gouvernement anglo-indien l’abolition des règlements qui encouragent la destruction des tigres, panthères et ours. Les signataires, qui appartiennent aux classes dirigeantes indigènes et au monde des fonctionnaires d’origine européenne, demandent avant tout la suppression des primes, dont l’appât cause la mise à mort de tant de fauves. Ils veulent aussi que le port d’armes à feu soit interdit durant les trois mois de saison chaude, car rien n est plus facile, à cette époque, que d'abattre à l'affût, les bêtes féroces, px-ès de quelques mares ou trous d’eau qu’épargne la prolongation de la sécheresse. Les pétitionnaires consentent à faire exception pour les man-eaters (tigres mangeurs d’hommes), qu’il sera permis d’abattre en toutes saisons. Mais ils prétendent que le
- roi de la jungle n’attaque les créatures humaines qu’exceptionnellement.
- Un câble de 11 kilomètres. — La Compagnie du tramway souterrain de Glasgow, qui porte le nom de District Subway Company, et qu’on peut assimiler à une Compagnie de chemin de fer métropolitain et souterrain, vient dé commander un nouveau câble métallique pour la traction de ses véhicules, son exploitation étant funiculaire. Or, ce câble a une longueur de 11 060 m., avec un diamètre de 38 millimètres. Il pèsera de 58 à 60 tonnes.
- Une nouvelle ligne ferrée de montagne en Autriche. — On se propose de relier le Gross Glockner, qui mesure 3797 m., avec le chemin de fer des Tauern (dont il a été question ici) au moyen d’une ligne à voie étroite exploitée électriquement. Le point de jonction avec la ligne des Tauern se ferait à Obervellach, en Carinlhie, et la ligne nouvelle arriverait au moins jusqu’à Heiligenblut, à la base de la montagne; ensuite on établii*a une voie à crémaillère qui montera au Pas-terzoe, et ultérieurement 011 compte faii'e l’ascension du sommet même de la montagne.
- Recherches préhistoriques au Maroc. M. Paul Pallary s’est livré dernièremeixt, avant les ti’oubles actuels qui empêchent tout travail de ce genre, à d’intéressantes recherches palelhnologiques sur le littoral marocain. Ces recherches lui ont permis de x’econnaîlre toute une série de stations — Iles Zaffarines, Mélilla, Alliu-cémar, Pefion de Yelez, Tetouan, Ceuta, Tanger, Larache, Rabat, Casablanca, Mazagan, Salli, Mogador — dont la plus ancienne (Rabat) remonte au pléistocène. M. Pal-îary souhaite que le rétablissement prochain du calme, lui permette de poursuivre ces travaux et de préciser l’identification de ces industries à celles de l’Ouest algérien, qui semble déjà indiqxxée par de nombreuses similitudes en dépit de l’absence, pour l’époque néolithique, de haches polies et de pointes de flèches.
- L’enseignement industriel à Cincinnati. — A l’Université de Cincinnati ont été créés dernièrement des cours coopératifs, qui sont organisés d’une façon toute particulière. Les étudiants travaillent altex'nativement une semaine dans les ateliers de Cincinnati et une semaine dans la section de l’Art de l’ingénieur de l’Université ; on a ainsi deux groupes qui se succèdent dans les locaux. L’enseignement a pour but de former des ingénieurs : mécaniciens, électriciens et chimistes et la durée des études est de six années. En fait, peu d’ingénieurs vivent, dans l’application, en dehors de la vie industrielle et il n’est pas rationnel de retenir pendant un certain nombre d’années des jeunes gens soit dans les laboratoires, soit dans les amphithéâtres en les éloignant de la vie commerciale et industrielle qui leur est destinée. Les leçons industrielles sont reçues ainsi dans le milieu où les faits se passent, eu pleine vie d’atelier, avec les meilleurs procédés ; la matière bimte est suivie dans toutes ses transformations jusqu’à l’obtention du produit fini. Les candidats commencent en juin leurs études à l’usine et ne sont reçus à l’Université qu’en septembre sur l’avis des directeurs ; on a ainsi des hommes d’action vraiment prêts à entrer dans la vie industrielle. Ces étudiants sont payés à raison de o,5o fr. de l’heure au début avec augmentation de o,o5 fr. tous les six mois de sorte que, le dernier semestre, le taux est de i,o5 fr. de l’heure.
- Solution incongelable. — C’est un composé qui a été imaginé principalement pour les enveloppes fi’eau des cylindres d’automobiles, et par suite pour l’eau de circulation en général. Cette composition est vendue par la Compagnie améiûcaine Carbondale Chemical Co. de Syracuse, sous la forme d’une matière solide qu’elle nomme lcal-krystal, et que l’on fait dissoudre à raison de 4 kg et demi par 6 liti’es d’eau tiède. Cela donne un liquide représentant un volume de 9 litiges, bon à employer immédiatement, et qui ne se congélex-a point jusqu'à quelques degrés environ au-dessous de zéro. Ce liquide serait exempt de chlorures de sodium et de magnésium, et ne contiendrait pas de matières corrosives. Il n’est pas décomposé par la chaleur, et son point d’ébullition est à 1x2° C. environ. Il s’évapore jusqu’à ce qu’une cei'taine densité soit obtenue, et ensuite son évaporation cesserait complètement.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>_> Électricité <5*
- Fontaine électrique lumineuse. — 11 est possible d’avoir chez soi une reproduction des fontaines lumineuses, c’est toujours au moyen de l’électricité qu’on obtient ainsi un effet décoratif très joli et très bon marché.
- Cette fontaine est constituée par un socle métallique
- qui supporte une grande coupe de cristal dans laquelle est placé un dôme avec des verres diversement colorés. Le système est constitué par un petit moteur électrique genre de ceux employés pour les ventilateurs. Ce moteur est accouplé directement avec une petite pompe centrifuge placée dans le bassin. Cette pompe puise de l’eau à même le bassin et l’envoie dans une série de buses qui produisent des cascades. Dans le dôme sont placées des lampes électriques qui produisent un éclairage très gracieux. Une buse latérale, par un phénomène bien connu d’hydraulique, lumineuse, renouvelle l’expérience de tous les cours de Physique, ce qui produit la rotation du dôme et donne des changements de couleurs sur les cascades.
- L’eau du bassin alimentant constamment la pompe et recevant l’eau des buses, la fontaine est indépendante; on n’a qu’à remplacer de temps en temps le liquide évaporé. Cette fontaine construite par la New-York Electric Fountain Cy, porte une prise de courant ordinaire de lampes à incandescence fixée à un câble souple. On peut donc la placer n’importe où dans un appartement et obtenir ainsi des motifs de décoration d’une façon très simple.
- Fontaine électri
- Indicateur de charge des conducteurs. — L’électricité, comme on l’emploie aujourd’hui, c’est-à-dire à des tensions fort élevées, est devenue un élément extrêmement dangereux, et d’autant plus redoutable qu’aucun indice n’en peut signaler la présence. Un ouvrier réparant un fil peut croire le courant arrêté à l’usine, se mettre au travail en toute sécurité, et tomber foudroyé si par malheur on a oublié de couper le courant. M.'Miet a imaginé un petit appareil très simple, qui permet de se rendre compte approximativement de l’état de charge d’un conducteur, et cela sans aucun danger. C’est un petit électroscope à feuilles d’aluminium; il se compose d’un tube de verre fermé par un . bouchon ; une tige terminée extérieurement par une boule traverse le bouchon et porte à l’intérieur du tube les feuilles d’aluminium. Si on tient l’éprouvette à la main et qu’on place la boule métallique conducteurs, en contact avec le conducteur essayé, on voit les feuilles diverger faiblement quand le conducteur est à 3oo volts, la différence est très franche à ioo volts. Au delà il suffit d’approcher, sans contact, la boule de l’appareil. Rappelons qu’à 3oo volts, un courant continu et à 3oo un courant alternatif peuvent fort bien causer la mort.
- Indicateur de charge des
- Mécanique
- Dispositif de sûreté pour robinet. — Il peut être intéressant, dans certains cas, d’empêcher les robinets manœuvrés à la main, de rester dans toute position in-
- termédiaire entre celles pour lesquelles ont été établies des communications qu’ils doivent donner. Nous avons eu occasion de voir un dispositif original de ce genre étudié par la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest en vue d’être appliqué à ses voitures éclairées au gaz qui comportent une manoeuvre mise à la disposition des voyageurs. Ce dispositif imaginé par un Contrôleur Electricien de cette Compagnie, M. Burghardt, comprend, comme l’indique le dessin, a ressorts en forme
- Dispositif de sûreté pour robinet.
- d’S, R R'pivotant, au moment de la manœuvre de la manette A, autour d’axes fixes r et r'. Si l’on tourne la manette, à droite ou à gauche, le ressort R (ou le ressort R') l’entraîne bientôt à fond de course contre la butée C (ou la butée C') et l’y maintient énergiquement. Quand on ramène la manette à sa position primitive, le ressort R (ou le ressort R') se trouve lui-même ramené dans sa position initiale. A ce moment, l’extrémité a de la manette A, se trouve au-dessus d’une butée B qui maintient les ressorts. Cette disposition très ingénieuse paraît susceptible d’autres applications.
- Un serre-joint métallique. — En réalité, on peut dire que c’est une presse de serrage universelle, et c’est en partie ce qui fait son intérêt, en même temps que sa robustesse, sa légèreté, et aussi son serrage instantané, qui évite la longue rotation d’un pas de vis.
- Elle est entièrement en fonte malléable émaillée, et cela lui assure une durée extrêmement longue. Son corps est fait d’une barre métallique assez mince de section, ce qui en diminue le poids, mais renforcée et rendue parfaitement rigide par deux nervures latérales qui lui donnent comme la section d’un I ; dans ces conditions, elle résiste à des efforts considérables pour la taille de l’appareil, qui se fait du reste en plusieurs dimensions, pouvant s’appliquer à des serrages de 35, ioo, 140, 190 et 280 millimètres. Il va sans dire que le mâchoire mobile glisse librement le long de la grande branche de cette barre ; et il suffira de l’obliquité de l’effort qui s’exerce ensuite sur son extrémité supérieure, à son bont libre, sous l’influence du serrage, pour la coincer et la maintenir en place. Pour la surface de la seconde mâchoire, que nous pouvons appeler la mâchoire fixe, elle peut s’appliquer sur une surface quelconque même très oblique, parce qu’elle est munie d’un dispositif à genouillère. Sa
- Serre-joint
- métallique.
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- jonction avec la tige lui transmettant le serrage et lui servant d’axe, est assurée de la façon la plus solide. Quant au serrage, une fois qu’on a mené la mâchoire au contact de la pièce à serrer, il est effectué par un relèvement du bras métallique que l’on aperçoit à droite de l’appareil. On y voit une disposition d’excentrique qui chasse la tige de serrage vers la gauche, et qui assure par conséquent un serrage des plus énergiques. — Ces presses se vendent de 3 à 7 francs environ suivant leur taille ; la maison qui les fabrique est la maison Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- **> Divers
- O
- Tournevis à cliquet. — Ils sont tous très commodes, en ce sens qn’ils permettent de visser sans sortir la lame de la fente de la tête de vis; c’est-à-dire que l’on agit plus sûrement et plus vite. En voici un premier (qui se trouve du reste comme l’autre chez M. Markt et Cie, 107, avenue Parmentier) : il présente cette particularité avantageuse que son cliquet peut fonctionner à volonté dans l’un ou l’autre sens : suivant qu’on pousse un index
- vers telle ou telle extrémité de la rainure où il est susceptible de se déplacer, on pourra encli-queler à droite ou à gauche ; si l’index est placé au milieu de la rainure, le cliquet est complètement immobilisé, et l’outil redevient un tournevis ordinaire, ce qui peut avoir parfois son avantage.
- Le second type de tournevis à cliquet que nous voudrions signaler, ressemble considérablement à celui-ci au point de vue de la commande et de la disposition des encliquetages ; mais la lame comporte de plus, auprès du manche, une bague moletée que l’on aperçoit très nettement. Si on la fait tourner délicatement entre les doigts : tout en exerçant une pression sur le manche, on a la possibilité de commencer doucement à enfoncer une vis, pour la mettre en place avant de commencer réellement à visser.
- Tournevis à cliquet.
- Roulettes antifriction. — On ne voit vraiment pas pourquoi l’on n’appliquerait pas plus largement, et un peu à tous les cas de roulement, ces billes et ces rouleaux qui rendent tant de services dans les véritables mécanismes : c’est ce que se sont dit les Américains, pour les meubles à roulettes, et ils ont imaginé divers dispositifs, dont nous donnons des types caractéristiques : nous les avons pu juger dans les magasins Markt, 107, avenue Parmentier.
- Voici par exemple une roulette à tige pour laquelle on garnit le pied du meuble d’une sorte de douille, dont le
- Divers types de roulettes à billes ou rouleaux.
- bas évidé donne place à une coupe renfermant des billes ; de la sorte le haut de la roulette vient porter sur ces billes, et la rotation se fait des plus facilement. L’intérieur de la douille, dans la partie haute, est du reste muni de deux ressorts à lame qui viennent maintenir la tige de la roulette, que l’on peut pourtant sortir à volonté si quelque accident s’y produit, et qu’on soit dans l’obligation de la remplacer. A côté de ce type de roulette, en voici un autre où l’on retrouve un dispositif à billes en tout identique, mais où la tige est supprimée, et où le montage se fait avec une platine.
- Enfin voici 1111e roulette (d’ailleurs en fonte cuivrée), où la charge provenant du meuble repose sur une couronne de galets verticaux, logés dans un canal ménage dans la portion supérieure de la monture de la roulette. O11 comprend que, dans ces conditions, tout effort est évité au pivot.
- Fie
- l'cmdei
- Une tondeuse à gazon perfectionnée. — La variété de ces tondeuses est considérable ; et comme elles sont basées généralement sur le même principe, il ne vaudrait pas la peine d’en parler ; mais celle-ci, qui est introduite en France par la Maison Markt de 1 avenue Parmentier, et qui est américaine d’origine, présente deux particularités très curieuses, qui lui permettent de rendre des services qu’on ne saurait attendre des tondeuses classiques.
- Tout d’abord, au lieu des deux roues, elle n’en comporte qu’une seule : c’est afin qu’on puisse la promener le long des murailles, des socles de statue, tout en amenant les lames tournantes et coupantes à faire leur office jusqu’à l’extrême bord du gazon ; nous donnons une gravure qui fait comprendre ce fonctionnement. On doit savoir qu’avec les tondeuses ordinaires, en pareil cas, il subsiste une bande de gazon qui ne peut être coupée avec la tondeuse, et pour laquelle on est obligé de revenir à la main et à l’aide d’une faucille : c’est long et par suite coûteux.
- Quand elle fonctionne normalement de la sorte, la tondeuse comporte latéralement, au-dessus de sa roue unique, un disque d’acier à bords nettement coupants, et complété du reste par une sorte de petit soc recourbé et coupant lui aussi. Le but de ce dispositif accessoire est de pouvoir tailler et dresser le bord du gazon le long des allées ou des corbeilles : cela se fait habituellement à la pelle droite, mais c’est fort long.
- Ici, pour arriver très vite à ce résultat, il suffit de renverser le disque et son petit soc, en faisant osciller le tout d’un demi-cercle environ, pour le fixer ensuite, dans la nouvelle position, au moyen d’un boulon à oreilles clavetant une lame dont le disque est solidaire.
- Quand alors on promènera la tondeuse en bordure, le disque viendra couper le rebord du gazon et de la terre sous-jacente, et le soc écartera le tout, de façon qu’il soit facile de le ramasser au râteau.
- Vide-liquide. — Ce petit appareil est fort simple, mais très pratique; il permet de transvaser aisément des liquides d’un récipient à un autre, sans manipulations difficiles, dangereuses ou seulement désagréables.
- Le principe en est du reste très connu ; c’est un siphon amorçable au moyen d’une poire en caoutchouc; les branches du siphon sont en caoutchouc, en toile, et raccordées par un tube courbe en métal quelconque.
- On plonge dans le récipient à vider le côté du syphon qui ne porte pas la poire, on presse sur la poire et le siphon s’amorce. — L’appareil est en vente chez M. Chevreuse, 5, boulevard Péreire, Paris (XVIP ard1). Prix : 14 francs.
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- VARIETES
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- Les Compagnies téléphoniques Américaines. —
- Aux Etats-Unis, la télégraphie et la téléphonie sont entre les mains de compagnies extrêmement puissantes, financièrement intéressées à attirer le public à leurs guichets. Cette situation est on ne peut plus profitable à la population qui a toujours la faculté, si une compagnie cesse de lui donner satisfaction, de s’adresser à la concurrente. Et, malgré le trust de la téléphonie et de la télégraphie, à la suite duquel toutes les petites compagnies ont été absorbées ou sont sur le point de l'être, par les plus puissantes, la façon de procéder de ces nouvelles grandes administrations demeure la même parce que les intérêts des actionnaires l’exigent. En France, nous ne connaîtrons jamais que les bienfaits du monopole. Ceci dit, voyons comment ces compagnies comprennent leur exploitation.
- En ,iyo5, les recettes de Y American Téléphoné and Telegraph C° se sont élevées à j3o3zjo38 dollars; il a été installé i a17 Gy4 appareils téléphoniques nouveaux et le total de ces appareils s’élevait, à la fin de cette même année à 5 698 258. En 1906, ce nombre a été augmenté de 1409578 appareils et actuellement le total général se répartit sur 2528715 postes reliés par 9724020 km. de fils. En ajoutant aux chiffres produits par Y American Téléphoné and Telegraph C°, le nombre des postes appartenant aux compagnies indépendantes Bell, on obtient un total général de 3 068 833 stations téléphoniques aux Etats-Unis, contre 2628715 en 1905. Et la longueur totale des fils de tous les réseaux atteint un développement de plus de 12 millions de kilomètres. Le nombre des conversations échangées, soit entre abonnés soit dans les cabines publiques, augmente également dans une proportion considérable; c’est là une conséquence naturelle des facilités accordées au public et aux abonnés. Actuellement ce nombre atteint le chiffre formidable de 5 milliards 5oo millions ce qui représente une moyenne de 64 conversations par habitant des Etats-Unis.
- La compagnie Bell constate dans son rapport que d’année en année le prix de revient des installations a subi une réduction constante; cette réduction s’est même maintenus en 1906 et en 1906 bien que les prix de la main-d’œuvre et des métaux aient subi une augmentation. Ce fait est dû à l’introduction de méthodes de construction perfectionnées et aussi au développement des lignes
- reliant les fermes isolées dans les campagnes et à celui des hôtels et des établissements privés. Il en résulte une importante diminution de tarifs que toutes les-compagnies ont jugé de bonne politique d’adopter.
- Malgré les concessions constamment accordées au public, les compagnies n’hésitent pas à engager un capital même important à des constructions qui 11e seront utilisées que plus fard. C’est ainsi que la compagnie Bell n’a pas hésité, dans le courant de 1906, à immobiliser un capital de a5 millions de dollars pour l’établissement de circuits dont la mise en service n’.est pas encore prévue. En ne procédant pas ainsi, on se trouverait obligé, à un moment donné, d’effectuer des installations nécessitant des dépenses considérables. La construction de bureaux centraux en vue du trafic à prévoir à un moment donné est une méthode condamnable, de l’avis des compagnies américaines, parce que les bâtiments et les appareils deviennent rapidement insuffisants. Il est rare, ajoutent les rapports officiels, que l’on ait intérêt à les agrandir; dans la plupart des cas il est préférable d’abandonner purement et simplement le local avec ses appareils et de recommencer le service avec de nouvelles installations. D’autre part, les progrès réalisés dans la construction des câbles ont permis de placer jusqu’à 600 circuits dans une seule conduite souterraine; de plus le système de câbles aériens tend à remplacer peu à peu celui de fils nus fixés sur des poteaux; on le trouve beaucoup plus avantageux en ce sens qu’il permet de satisfaire à tous les besoins futurs de développement,, les poteaux étant capables de supporter jusqu’à 600 paires de fils en câbles alors qu’ils ne peuvent porter plus de 4o paires de fils nus.
- Par ce bref aperçu on voit que les compagnies téléphoniques américaines portent constamment leurs efforts vers la recherche des procédés d’exploitation les plus économiques; elles n’hésitent pas, pour atteindre ce bul, a emmagasiner, pourrions-nous dire, du matériel qui sera inutilisé pendant plusieurs années peut-être, mais qui leur permettra de satisfaire immédiatement à toutes les exigences. Les installations centrales aussi bien que les circuits sont prêts ; dès qu’une demande d’abonnement est formulée il ne reste plus qu’à s’occuper du poste-privé.
- Verrons-nous jamais cela en France?
- LrciKN Fournier.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les exercices et le développement musculaire. —
- Le goût des sports s’est énormément développé depuis quelques années et non pas seulement chez quelques privilégiés, mais dans toutes les classes de la société. Chaque jour ce sont, de droite et de gauche, des réunions sportives de tous genres, marche, boxe, cyclisme, foot-ball, etc., où les jeunes gens se donnent avec passion à leur exercice favori. Il ne faudrait pas croire cependant que les générations antérieures à celles qui datent de ces vingt dernières années fussent absolument réfractaires à toute idée de mouvement et ne fussent composées que d’indolents, de ronds de cuir ou d’abâ-tardis.
- Depuis la plus haute antiquité où les exercices furent à leur période la plus florissante, on a cherché à déve-loppel* les muscles, à former des hommes solides, forts et résistants. Les moyens différaient un peu ; avec chaque époque, les jeux, les exercices ont pris d autres noms et beaucoup nous sont revenus, baptisés de noms exotiques qui ne sont que la copie de jeux anciens ou le jeu lui-même. La marche, la course, la natation, étaient certainement pratiquées autant et plus qu’aujourd’hui, mais on en faisait peut-être un peu moins parade. Le canotage, si en faveur il y a trente ans, est un peu
- délaissé pour d’autres exercices : demandez aux Lyonnais d’autrefois si ce sport était à la mode. Pas un gone de dix ans qui ne sût nager et pas un qui un peu plus lard ne maniât l’aviron sur la Saône. Aujourd’hui la bicyclette a détrôné le canot ; les deux exercices sont de plein air et se valent, mais le canotage réclamait, pour parer à tout danger, d’être nageur, et la natation, n’est certainement pas aussi répandue qu’autrefois.
- La vérité est que les sports, quels qu’ils soient, sont aujourd’hui pratiqués d’une façon générale par des gens^ de tout âge et de toute condition. Il y a même parfois excès, en ce sens que beaucoup s’y donnent avec frénésie sans prendre la peine de suivre un entraînement méthodique et graduel. On veut trop souvent en savoir et en faire autant que les professionnels, sais se douter que ceux-là ont subi des phases prolongées d’études, d’entraînement pour arriver à être ce qu’ils sont.
- Quel est, de tous les exercices, celui qui favorise le mieux le développement musculaire ? Je serais tenté de dire que c’est celui qu’on aime le mieux, à condition de le faire régulièrement et sans exagération. Ce serait juste et raisonnable dans bien des cas, mais j’aime mieux chercher la réponse dans un travail fort intéressant de mon jeune ami le Dr Paul Championnière qui a étudié
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- HYGIENE ET SANTE
- la question avec le zèle d’un convaincu et a expérimenté sur lui-même à peu près toutes les variétés d’exercices. La conclusion à laquelle il arrive est que tous les exercices, conduits, comme je le disais, avec méthode, sagesse et persévérance donnent de bons résultats pour le développement musculaire. Ceux qui, pour lui, seraient les plus aptes à favoriser ce développement sont le canotage, car il met en œuvre la plupart des groupes musculaires, non pas le canotage de course où l’effort est trop considérable, la fatigue trop grande, mais le canotage de promenade, comme on le pratiquait jadis en province et autour de Paris, avant que les rivières fussent polluées et rendues nauséabondes, et comme tendent à le rendre à son ancienne splendeur les membres du Touring nautique.
- La boxe française est, pour M. Championnière, un des meilleurs exercices ; mais sa préférence va au procédé dit des poids légers où le travail fourni est exactement dosé et qui donne de très bons résultats, même dans les cas pathologiques où l’effort doit être mesui'é avec beaucoup de prudence. Ce n’est pas à dire qu’il fasse li des autres modes de sport; tous sont bons. La gymnastique aux agrès, quand on ne veut pas faire l’acrobate, favorise à un très haut degré le développement musculaire et chez les tout jeunes enfants qui ne peuvent se livrer à des sports bien compliqués, le Dr Bocquillion a reconnu, par des mensurations multiples chez des enfants des écoles, que c’était un des exercices le plus favorable au développement du périmètre thoracique et de la vigueur musculaire.
- Parmi les jeux les plus anciens et les plus simples, le saut à la corde que pratiquent avec succès toutes nos petites filles, est très en honneur chez les boxeurs au début de leur entraînement, il fait travailler les
- épaules, les jambes, donne du souffle. Le travail musculaire développé par ce jeu si simple est considérable .
- Tous les exercices contribuent à donner au corps plus de vigueur ; on peut donc choisir à son gré celui qui convient le mieux à condition qu’il se passe en plein air. Rien n’empêche du reste d’en adjoindre plusieurs ; de faire le matin quelques séries de soulèvement d'haltères, de flexion et extension gymnastique du corps ; de pratiquer dans la journée de la boxe, de l’escrime, de faire, quand la saison le permet, de la bicyclette et surtout de faire en tout temps de la marche, le plus simple et non le moindre comme valeur, des exercices. C’était du reste la méthode suivie il y a plus de cent ans par Mmo de Genlis pour l’éducation des jeunes princes qui lui avaient été confiés. Dans le plan établi pour les exercices de ses élèves, Mme de Genlis préconise les souliers à semelles de plomb, progressivement de plus en plus lourdes, les haltères, l’exercice de la poulie, de la corde, des poids aux pieds, les sauts, les courses, l’équitation, la natation, les tirs à l’arc, au fusil, au pistolet, l’escrime, le billard, le volant, la danse, etc. Tous les sports se trouvent dans l’énumération de la grande éducatrice et elle ajoute en terminant : « Je ferai une observation importante, c’est que tous les exercices du corps ne peuvent être salutaires que lorsqu’on les fait sans un effort pénible. S’ils fatiguent, s’ils abattent, s’ils laissent une courbature habituelle, ils énervent au lieu de fortifier ; mais la gradation et l’habitude familiarisent avec les plus violents. »
- Ces préceptes sont la sagesse même et quelque exercice que vous pratiquiez, tâchez de vous y conformer; vous obtiendrez les meilleurs résultats sans nuire à votre santé. Dr A. Caktaz.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Le chlorure de carbone. — Un des obstacles qui s’opposent le plus à la généralisation de l’électrolyse des solutions de sel marin pour la fabrication de la soude, c’est la production simultanée d’une énorme quantité de chlore dont il est impossible de trouver emploi et qu’il est interdit de jeter tel quel dans l’atmosphère.
- Quand l’industrie des chlorures décolorants et quelques autres industries tout à fait secondaires ont pris ce qu’il leur faut de chlore, il en reste beaucoup plus qu’on n’en peut utiliser. On a donc cherché de nouvelles applications du chlore : une des plus intéressantes est la préparation de composés organiques substitués, employés à la dissolution des corps gras et pouvant remplacer le sulfure de carbone, la benzine, l’alcool, l’éther et l’essence de pétrole. Celui de ces produits qui paraît avoir le plus d’avenir est le tétrachlorure de carbone, qui s’obtient simplement en faisant agir le chlore sur le sulfure de carbone. Le soufre ayant servi à la préparation de celui-ci est régénéré et peut servir à nouveau.
- Un des grands avantages de ce liquide sur tous les autres, cités plus haut, c’est son incombustibilité complète, et par conséquent l’absence absolue du danger d’incendie et d’explosion du fait de son emploi. Bien qu’il soit un peu plus cher que l’essence de pétrole et que le sulfure de carbone, il y a cependant un avantage considérable à le leur préférer, car, par des dispositifs convenables, on arrive à éviter complètement les pertes par évaporation, on paye des primes d’assurances beaucoup moindres et on obtient des produits d’extraction beaucoup plus fins et en plus grande quantité : tel est le cas de l’épuisement des grignons d olives et du traitement des os pour en extraire l’huile résiduelle ou la graisse.
- Les industries qui peuvent employer ce produit avantageusement sont : l’extraction de la graisse des os, des •cuirs, des déchets de viande; de l’huile des tourteaux de graines oléagineuses pressés à refus et des vieux chiffons employés au graissage des machines; les industries de la cérésine (cire minérale, succédané de la cire d’abeilles, extraite de l’ozokérite ou cire minérale brute) de la vaseline, de la paraffine, des objets laqués, des résines ; l’enlèvement des taches sur les tissus et sur certains objets.
- Le chlorure de carbone a deux inconvénients auxquels on peut parer aisément : i° il est un peu anesthésique et probablement toxique, mais on peut éviter facilement les fuites des appareils et son dégagement dans l’atmosphère des locaux fermés; aü il réagit chimiquement sur quelques corps et notamment sur certains métaux comme le cuivre et surtout le fer ou la fonte.
- En réalité, le tétrachlorure parfaitement desséché n’attaque la fonte que jusqu’à formation d’une couche de chlorure de fer adhérente qui protège le métal sous-jacent; l’attaque ne se poursuit qu’en présence de l’eau, même en petites quantités il est vrai, et elle est d’autant plus importante que cette eau est plus abondante.
- Comme en pratique on fait agir le chlorure de carbone sur des corps qui sont toujours humides, il faut garnir la fonte des appareils dans lesquels on opère, d’une couche uniforme de plomb dont les feuilles sont réunies par soudure autogène, ou mieux d’une couche d’étain ou de nickel. Il convient de remarquer que, dans le cas du traitement des os et des déchets provenant des boucheries et des tanneries, l’attaque de la fonte est d’autant moins rapide que ces produits sont plus frais et plus secs.
- Trempe de l’acier à l’acide citrique. — Pour l’acier au carbone, on préconise la trempe au cyanure parce qu’il nettoie les surfaces et permet à l’eau de couler aisément sur l’outil en, travail. M. E. Yiall préconise la formule suivante o,45o kg d’acide citrique cristallisé dessous dans 3,75 litres d’eau, ce qui donne une solution à 8 pour 100 environ. L’acier n’a pas à craindre la formation de trous dus à la rouille et il a moins de tendances à criquer.
- Noircir les pièces de fer brutes ou polies. — Pour donner un mat noir sur les pièces de fer, on peut employer un moyen dont on se sert pour frauder dans les forges quand on veut faire disparaître certaines parties faites au burin, à la lime ou à la machine-outil. La pièce est chauffée au rouge et on frotte les parties blanchies par l’outil coupant avec un morceau de corne en donnant pendant le refroidissement quelques coups de marteau pour faire disparaître toute trace d’outil.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Le lait, la crème, le beurre, les fromages, par L. Lindet, docteur ès sciences, professeur à l’Institut national agronomique. In-8°, 347 Pages> 10 19°7- Pai'is-
- Gauthier-Villars. Prix : 12 francs.
- Pendant ces dernières années, l’industrie laitière a bénélicié d’un développement scientifique intense. Cet ouvrage a pour but de faire ressortir l’état actuel de nos connaissances sur la constitution du lait, sur les méthodes d’analyse qui permettent de déceler sa valeur et sa pureté, sur les principes scientifiques et les pratiques des différentes transformations que l’industrie lui fait subir. Quatre chapitres (parties plutôt) étudient successivement les quatre divisions du titre.
- Traité élémentaire de météorologie, par Alered Angot, directeur du Bureau central météorologique, 20 édition, in-8°, 412 pages, io5 fig. ct4pl- Paris. Gauthier-Villars, 1907. Prix : 12 francs.
- C’est ici, on le sait, un ouvrage aussi capital que classique. La seconde édition reproduit les parties essentielles du Cours professé à l’Institut national agronomique par l’auteur. C’est avant tout un ouvrage d’enseignement écrit, une idée d’ensemble de cette science météorologique, où M. Angot est le maître et le praticien par excellence. Il ne laisse de côté aucune question réellement importante : les lois et les théories des phénomènes généraux sont exposées aussi complètement que possible. Depuis 1902, l’exploration de la haute atmosphère au moyen des cerfs-volants et des ballons-sondes a révélé un certain nombre de faits nouveaux introduits dans cette nouvelle édition. Des modifications importantes concernent l’étude des mouvements généraux de l’atmosphère, des tempêtes et des orages.
- Les oscillations du matériel et des chemins de fer et la voie. Stabilité des automobiles, par Georges Marié, ingénieur, ancien chef de division des chemins de fer P.-L.-M., 5 volumes, contenant 879 pages avec 68 figures. — I. Les dénivellations de la voie et les oscillations du matériel de chemins de fer. In-8° de 142 pages, avec 26 figures. Prix : 4 francs. — IL Les oscillations du matériel des chemins de fer à l’entrée en courbe et à la sortie. In-8° de 5o pages avec. 10 figures. Prix : 2 francs. — III. Les grandes vitesses des chemins de fer, les oscillations du matériel et la voie. In-8° de 66 pages, avec 10 figures. Prix : 2 francs. — IY. Les oscillations du matériel dues au matériel lui-même. In-4° de 79 pages, avec 17 figures. Prix : 4 francs. — Y. Formule relative à une condition de stabilité des automobiles et spécialement des autobus. In-8° de 42 pages, avec 5 figures. Prix : 2 francs. Les quatre premiers volumes couronnés par l’Académie des Sciences, chez Dunod et Pinat, Paris.
- L'art de bien conduire une automobile, par L. Baudry de Saunier, in-16 jésus, 288 pages et nombreuses gravures.— Ouvrages Baudry de Saunier, 20, rue Duret, Paris. Prix : 5 francs.
- La compétence de l’auteur en matière automobile est bien connue ; les règles qu’il formule au sujet des manœuvres que doit faire un conducteur pour tirer le meilleur parti possible de sa machine, sont donc à signaler à tous les chauffeurs. Les règles de circulation en particulier sont à méditer ; elles démontrent qu il y a une politesse d’automobilisme qui permet d’éviter bien des irritations et aussi bien des accidents.
- Histoire de l'automobile, par Pierre Souvestre. In-8°, 800 gravures et portraits, H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. Prix : i5 francs.
- Important ouvrage qui présente un intérêt documentaire et anecdotique à la fois. L’auteur a recherché la genèse de la locomotion mécanique et retrace aussi les diverses phases de la locomotion nouvelle depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, de Cu-
- gnot, Burney, Hancock, aux Bollée, de Dion-Boulon, Léon Serpollel, Daimler et Levassor, Peugeot, Benz, Michelin. La quatrième partie (1894 à 1899) passe en revue les grandes épreuves Paris-Rouen, Paris-Bordeaux, Paris-Marseille, Paris-Dieppe, Paris-Amsterdam, le Tour de France. Le siècle de Gordon-Bennett, ou cinquième partie, décrit les grands événements Paris-Toulouse, Paris-Berlin, Paris-Vienne, Paris-Madrid, le Circuit de l’Argonne, les coupes Gordon-Bennett successives, l’évolution de l’industrie, des esprits, de la législation, de l’opinion publique, des formules sportives, de course et de concours, le Salon de l’Automobile en 1906 terminent l’ouvrage.
- Les grandes institutions de France : VInstitut de France, par G. Boissieu, G. Darroux, A. Franklin, G. Perrot, G. Picot, H. Roujon. Paris. Laurens, 1907. 2 vol. in-40, 202 et 166 p. Prix (ensemble) : brochés, 3fr,5o ; reliés, 4f,',5o.
- Volume conçu dans le même esprit que ses prédécesseurs dans la même série (Monnaie, Gobelins, Beauvais. Bibliothèque Nationale). Lesdiversauteurs, chacun avec leur compétence propre, étudient tour à tour l’Institut en tant que palais, puis en tant qu’insti-tution, puis chacune des académies ; illustration abondante et pleine d’intérêt.
- La Basse-Bretagne, par Camille Vallaux, docteur ès lettres, in-8°, 320 p., i5 fig. et pi. Paris. Ed. Cornély, 1907. Prix : 7rr,5o.
- Cette thèse de doctorat régional comme les précédentes de Demangeot, Blanchard, Chantriot, Ferrasse, sur la Picardie, la Flandre, la Champagne, la Corse, nous donne une étude de géographie humaine sur la portion de la Bretagne située à l’ouest de la ligne de Saint-Brieuc-Vannes. La valeur de l’ouvrage est digne de l’intérêt du pays inonographié en 12 chapitres • ils sont surtout d’ordre ethnographique et économique (population, langue, agriculture, industrie, pêche); mais l’introduction de 5o pages qui les précède les complète à souhait par une étude physique de la géologie, du climat, du littoral, du relief et des eaux. Une réédition fera bien d’accroître les cinq pages de bibliographie.
- Essai d'une description géologique de la Tunisie, par Puil. Thomas. iro partie (géographie physique), in-8°, 212 p., 16 fig. et api. Paris, ImprimerieNationale, 1907. — Publication officielle du ministère de l’instruction publique, faisant partie de VExploration scientifique de la Tunisie : ce volume expose les premiers résultats des recherches commencées en 1884 par M. G. Rolland, reprises en 1902 par l’auteur qui nous y donne un excellent et très savant aperçu de l’orographie et de l’hydrographie des diverses parties de la Régence. Les itinéraires suivis ont été reportés sur une carte empruntée au 800 000e du service géographique de l’armée.»
- Cours de mécanique, par A. Bazard, professeur à l’Ecole des arts et métiers de Cluny. 3e volume. Hydraulique. Chez Bernard, 1, rue de Médicis, Paris. Prix : 10 francs.
- Cet ouvrage d’enseignement, rédigé en un style fort clair, est conçu dans un esprit pratique, qui se manifeste par de nombreuses applications, souvent numériques, des théories qui y sont exposées. Ce livre rendra certainement de grands services.
- Physiologie de Vaéronaute, par Jacques Souries, in-8°, Paris, 235 p., Steinheil. Importante et sérieuse étude sur les conditions de la vie dans l’atmosphère, les qualités physiques qui font un bon aéronaute, les modifications du sang dans les hautes altitudes, le mal des montagnes et l’hygiène de l’aéronaute (avec 6 pages de bibliographie).
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les cerfs-volants, pur J. Leuornu, in-8", Paris, Yuiberl et Nony. Prix : 3fr,5o.
- Nous rappelons ce volume, quoiqu’il ail paru en 1902, parce qu’à diverses reprises on nous a demandé où l’on pourrait se renseigner sur la pratique des cerfs-volants. Ce livre répond parfaitement à la question et décrit avec 160 figures la théorie et la construction de ces appareils, leur historique et leurs applications à la photographie, à la météorologie, au paratonnerre, à la grêle, aux sauvetages maritimes, etc.
- Annales du musée Guimet, Biblioth. de vulgarisation. Tome NXY. Conférences faites au musée Guimet, par MM. R. Cagnat, Hamy, S. Reinach, E. Senart, A. Gayet, S. Levi. Paris. E. Leroux, 1907, 1 vol. in-18, 224 p. (illustré). Prix : 3fr,5o.
- Nos lecteurs connaissent les remarquables conférences du musée Guimet. Ce volume contient les suivantes : Figures de Romaines au déclin de la République (Cagnat). Croyances et Pratiques religieuses des premiers Mexicains (Dr Hamy). Prométhée (S. Reinach). Origines bouddhiques (Sénart). Culte bachique à Antinoë (A. Gayet). Formation religieuse de l’Inde contemporaine (S. Levi).
- Les Arabes en Syrie avant l'Islam, par R. Dussaud. Paris. Leroux, 1907, 1 vol. in-8°, 178 p.
- Ce volume est le recueil des leçons faites en igo5-1906 au Collège de France, par M. Dussaud ; le sujet est, comme on sait, du plus haut intérêt pour l’histoire en général et pour celle de la pensée religieuse en particulier.
- L.a Nouvelle Egypte, par A.-B. de Guerville, in-8°, 420 p., 200 grav. et 16 pl. Paris, librairie universelle. Prix : 20 francs.
- « Ce qu’on dit, ce qu’on voit, du Caire à Fachoda » en igo5 : des automobiles de 40 chevaux au pied des Pyramides de 40 (ou plutôt 60) siècles! Et surtout la difficulté d’éclaircir toutes les questions complexes qui embarrassent l’existence du plus antique pays du monde. « Youloir décrire en un seul volume son passé de gloire et de ruines, son présent de force et de travail, et son avenir d’espoir et de richesse, est une impossibilité humaine. » L’auteur voudrait pour cela vingt volumes; dans le sien et sous forme de récit de voyage il y a mieux réussi, trouvons-nous, qu’il n’y prétendait. Il a beaucoup et bien regardé et écoulé. Et il révèle, sans voiles et sans ambages, même sur le chapitre des mœurs, tout ce qu’il a vu et entendu dans « cette terre à moitié française. « L’illustration mérite un éloge spécial.
- Essai historique sur les Expositions universelles de Paris, .par An. Dénuz, i vol. iu-8°, 1097 p., Paris, Yy Alph. Picard, 1907. Prix : i5 francs.
- Condensant et synthétisant tous les ouvrages spéciaux sur les cinq Expositions de 1855, 1867, 1878, 1889, 1900, ce gros travail met en relief l’intérêt spécial à chacune d’elles et fait saisir ainsi l'ensemble-d’un demi-siècle de l’évolution de Paris et du progrès humain en général. Il montre les effets de leur répercussion sur la vie sociale et rappelle pour chacune « les gestes notables de l’époque où elle s’est accomplie. » Le 3° chap. « Origines des Expositions universelles » est fort curieux. Le parallèle est soigneusement fait avec toutes les grandes manifestations de ce genre en dehors de Paris, même avec la Yilla Adriana et la foire de Beaueaire. Curieux volume eu vérité!
- Die Phlegrüischen E'elder bei Neapel, par le prof. C. de Stéfani, suppl. n“ i56 aux Petermann’s Mittheilungen, Gotha, Juslus-Perlhes, juin 1907, iu-40, 2o5p., 1 carte géolog. et 67 fig. Prix : i7lr,5o.
- Monographie géologique, géographique, archéologique des célèbres Champs Phlégréens de Pouzzoles, Baies, Cumes, Misène, reprenant, selon les données modernes, tout ce qui concerne le Monte Nuovo, la Solfatare, les Astroni, le lac Averne, etc. La carte en couleurs est au 75000°.
- Welt, Leben, Seele, ein System der natur Philosophie in gemeinfasslicher Darstellung, von Max Kassowitz. Wien 1908. Verlag von Moritz Perles. 1 vol. Preis : K 5.
- Le monde, la vie, l'âme, comme le sous-titre l’indique, le savant professeur Kassowitz fait dans cet ouvrage un exposé populaire d’un système de philosophie naturelle. Le livre est divisé en paragraphes courts qui en rendent la lecture facile et qui exposeut tous les sujets possibles du domaine des sciences biologiques.
- Index of archæological papers (1665-1890), edited by G. Laurence Gomme, London. Archibald Constable, 1907. 1 vol. in-8°, 910 p. Price : 16 sh.
- Travail colossal, constituant un répertoire alphabétique par noms d’auteurs, de toutes les études archéologiques parues de i665 à 1890 dans les publications de langue anglaise, c’est-à-dire jusqu’au moment oïl les Index annuels du Congress of Archæological So-cieties reprennent la publication et la continuent jusqu’ànos jours. Pratiquement, avec un peu de doigté, le recueil de M. Laurence Gomme donne donc accès à toute la littérature archéologique.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut êtro, répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Ar. de C., à P. — Le Traité de géologie de M. Hang est publié chez Arm. Coliu, Paris. Nous vous remercions de nous signaler cette omission que nous réparons bien volontiers.
- M. Grandpierre, à Sedan. — Adressez-vous à la Société des lampes Bardou, 61, boulevard National, Clichy, à la Compagnie des lampes à arc Jandus, 35, rue
- de Bagnolet, Paris, ou à la Société l’A. E. G., 42, rue de Paradis.
- MM. Hubard et Bourlon, à Mexico. — La fontaine électrique que nous avons décrite est un objet d’amateurs que chacun peut construire soi-même, mais qui n’existe pas dans le commerce.
- M. H. D. S. P., à Paris. — Blanchiment des chapeaux de paille de Panama, il suffit de les nettoyer avec de l’eau oxygénée étendue d’eau.
- M. E. de Moerloose, à Bruxelles. — Nous avons transmis votre lettre à son destinataire.
- M. Fournier, à Paris. — Veuillez vous adresser à la librairie Masson et C,e, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- En raison des congés du i°r janvier, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire. Il n’y aura qu’un retard de huit jours pour un des bulletins.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « L,a Nature » doit être adressé aux bureaux du journal '.no, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N* 1807 — 11 JANVIER 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Nécrologie : M. Albert Lévy. — M. Albert Lévy, directeur du service chimique à l’observatoire de Mont-souris, et mort le 24 décembre, était un savant des plus distingués. Après des études à l’Ecole polytechnique dont il devait parler plus tard dans un ouvrage fort apprécié, il entra à l’observatoire de Paris et fut plusieurs années secrétaire de cet établissement dont Le Verrier était alors directeur. Ensuite, il fut placé à la tète du service chimique de l’observatoire de Montsou-ris. Il s’y faisait remarquer par des travaux d’ordres assez divers, mais qui portent tous la marque d’un esprit sérieux et d’un beau talent d’exposition : ouvrages d’astronomie, nombreuses communications à l’Académie des sciences, livres de haute vulgarisation, travaux sur le dosage de l’air et l’analyse des eaux. Dans l’ordre purement pratique, on lui doit l’invention d’un appareil, destiné à rendre les plus grands services, permettant de doser l’oxyde de carbone dans l’atmosphère, appareil dont les lecteurs de La Nature eurent en son temps la primeur, car A. Lévy était un de nos fidèles collaborateurs. Professeur de talent, Lévy enseigna jusqu’à son dernier jour à l’Ecole de physique et de chimie, dont il faisait partie depuis la fondation.
- Le geyser d’Atani, dans l’île de Mundo, près de Tokio (Japon), à x km de la mer et à 22 m. au-dessus de son niveau, montre cinq éruptions par jour, elles rejettent alternativement de l’eau et de la vapeur d’eau. Quelquefois, mais pas tous les ans, et certaines années au contraire à plusieurs reprises, il sui'vient un nawa-gaki, c’est-à-dire une éruption d’eau prolongée pendant plusieurs heures. Des puits creusés près du geyser ont donné de l’eau chaude, mais altéré l’activité du geyser au point qu’on les a comblés pour ne pas ruiner l’établissement thermal alimenté par le geyser. Les analyses chimiques font supposer une relation avec la mer. En moyenne chaque éruption d’eau fouxmit 45 m3, selon MM. Monda et Terada. La bouche d’éruption doit communiquer avec des réservoirs souterrains ; l'inférieur dépassei'ait la température d’ébullition et le supé-l’ieur resterait en dessous. L’éruption se produirait dès que la tension de la vapeur dans le réservoir inférieur projette la colonne d’eau par l’orifice; elle cesserait dès que l’affluence du réservoir supérieur abaisse la tension de la vapeur et fait retomber la colonne d’eau. La construction d’un modèle artificiel de geyser avec deux réservoirs de ce genre à température inégale a permis de reproduire, non seulement toutes les particularités du geyser d’Atani, mais encore un véritable nagawaki, Mais, pour ce dernier détail, le réservoir inférieur du modèle a dû être exceptionnellement échauffé.
- Le phonographe à l’Opéra. — Une fort originale cérémonie vient d’être tenue à l'Opéx'a, celle de l’ensevelissement des voix des plus célèbres chanteurs mo-: dernes. Une collection de disques de gramophone impressionnés chacun par une célébrité de ce temps a
- été, devant une assistance choisie, enfermée dans une armoire placée dans les caves de l’Opéra. Cette curieuse bibliothèque ne pourra être ouverte et consultée que dans un siècle.
- L’électrisation des courroies de transmission. —
- Dans la Chemiker Zeitung, M. Richter signale une cause d’explosions assez inattendue : l’électrisation des cour-l'oies en mouvement, qui peut produire des étincelles assez fortes pour allumer le mélange détonant que forment avec l’air les vapeurs ou poussières inflammables qui existent dans l’atmosphère de certains ateliers. Cette électrisation est due à ce que, quand la courroie s’est allongée par suite d’un long fonctionnement et glisse sur ses poulies, on lui rend son adhé-x’ence en la saupoudrant de résine pulvérisée. La résine conduisant mal l’électricité, la courroie dans son déplacement rapide et en frottant sur les poulies, ne fait pas autre chose que réaliser une véritable machine électrique. La courroie prend alors une charge statique positive dont la tension peut aller jusqu’à i3ooo volts au centre d’une courroie en cuir de i3 cm. de largeur et qui peut donner des étincelles de 2 à 3 cm. ; les poulies s’électrisent négativement. M. Richter pense que bien des explosions, dont la cause initiale est restée ignorée, doivent avoir été allumées par des étincelles ainsi produites. Les poudres métalliques, bonnes conductrices de l’électricité saupoudrées sur les coui’roies, empêchent bien l’électrisation et augmentent aussi l’adhérence mais pendant tx'ès peu de temps, la poudre se détachant rapidement de la courroie. Ce qui convient le mieux, c’est un mélange de parties égales d’eau et de glycérine à 28° exempte d’acide, qui est appliqué sur la courroie en marche au moyen d’une éponge. La glycérine étant hygroscopique, attii'e l’humidité de l’atmosphère, maintient le cuir humide et, par conséquent, bon conducteur; elle a en outre l’avantage de l’assouplir et par suite d’augmenter la durée de la courroie.
- Nouvel aéroplane. — MM. Gastambide et Mengin expérimentent un nouvel aéroplane dont voici les principales caractéristiques : c’est un type monoplan, les ailes d’une envergure totale de to m. sont rattachées au corps par un système de coulisses qui les rend facilement démontables, elles sont maintenues d’autre part à ce même corps par un système nouveau de haubans, constitués par de minces lames d’acier, qui ont l’avantage d’offrir une moins grande résistance-à l’air et une solidité plus réelle que celle des fils employés jusqu’ici. Le châssis des roues orientables dans le sens longitudinal et dans le sens transversal est combiné spécialement pour éviter autant que possible et amortir les chocs à l’atterrissage. Le corps de l’appareil, qui a 5 m. de longueur, porte en avant le moteur de 5o HP, 8 cylindres « ; Antoinette » avec une hélice en pi’ise directe. Au milieu, la cage de l’aviateur, et à l’extrémité arrière une queue stabilisatrice, munie d’un seul gou-
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- INFORMATIONS
- vernail de direction. Le gouvernail de profondeur est supprimé. Le poids total de l’aéroplane monté ne dépasse pas 400 kg.
- Le chargement mécanique des bagages à bord des paquebots. — Il suffit d’avoir assisté une fois au départ d’un transatlantique pour savoir les quantités considérables de bagages qu’il faut arriver à manutentionner dans un court espace de temps. Pour activer cette opération et la rendre moins pénible, on a adopté à bord des nouveaux cunarders Lusitania et Mauretania, des transporteurs automatiques et électriques, rappelant ceux qui fonctionnent dans certains ports américains pour les marchandises, et à la gare d’Orsay, à Paris, pour le transport des bagages. C’est une toile porteuse sans lin, qui est supportée par un châssis pouvant se développer de façon télescopique. On fait arriver l’extrémité supérieure du transporteur à la hauteur du pavois du bateau, tandis que son extrémité inférieure repose sur le quai ; le mouvement de la courroie est assuré par un moteur électrique spécial. On peut manutentionner de la sorte 36oo colis à l’heure. Il va de soi que, en renversant la marche, on assure le débarquement de ces bagages dans les mêmes conditions de rapidité.
- Des rails de 57 kilos. — Au fur et à mesure que l’on augmente le poids des locomotives et la vitesse des trains, on est obligé de modifier les voies en conséquence. Aussi en Belgique, où l’on a récemment porté à un chiffre considérable le poids par essieu des locomotives, se préoccupe-t-on de remplacer les rails employés actuellement par d’autres d’un type tout à fait renforcé. Pour l’instant, les voies des grandes lignes sont constituées avec des rails Yignoles qui pèsent seulement 4o kg : (nous disons seulement, quoique ce soit là un poids fort élevé). On veut maintenant y substituer des rails de 56,5 kg au mètre courant. On va faire l’essai de ces nouveaux rails sur la ligne qui va de Liège en Allemagne, et dès maintenant une section en est complètement armée entre Liège et Welkenraedt. Naturellement, il faut recourir également à des éclisses plus fortes, et rapprocher les traverses, pour qu’elles supportent dans de bonnes conditions ce poids considérable.
- Beurre archéologique. — De temps à autre, on découvre des morceaux de beurre en creusant dans les tourbières irlandaises. Tout récemment, MM. Radcliffe et Maddocks se sont livrés à l’examen chimique d’une motte de ce genre, qu’on avait trouvée à 1,20 m. de profondeur à Maghery, dans le comté de Tyrone. Elle pesait près de 9 kg, et remontait sans doute à plusieurs siècles ; il est probable qu’on l’avait mise dans l’eau de tourbe pour la conserver, ou pour lui donner une certaine saveur, et qu’ensuite on l’y avait oubliée. La matière graisseuse avait été parfaitement conservée, elle présentait la plupart des caractéristiques de la matière grasse du beurre, en dépit de la modification d’apparence qu’elle avait naturellement subie. L’extérieur en était blanc et granuleux, et l’intérieur s’en était transformé en une espèce de masse cireuse. Des poils de vache montraient bien qu’il s’agissait là de beurre.
- Pêches australes. — Voici quelques années déjà que les horticulteurs de l’Afrique du Sud tentaient de faire admettre leurs produits sur les marchés des grandes capitales d’Europe. Et c’est ainsi que les gourmets purent savourer en plein mois de janvier des pêches et des abricots cueillis quinze jours auparavant dans les vergers des campagnes australes. Mais ces fruits arrivaient après la période des fêtes de la Noël et du Jour de l’An, circonstance fâcheuse qui diminuait singulièrement leur valeur marchande. Une heureuse sélection de plants, jointe à une amélioration dans le service des transports, a permis cette année à la Chambre de commerce de Capetown d’expédier une cargaison de pêches et d’abri-cols de choix qui fut vendue aux enchères, au marché de Covent-Garden (Londres), cinq jours avant la Christmas.
- La découverte des aciers rapides. — Les aciers, dits rapides, dont l’usage a, ces dernières années, révolutionné l’industrie mécanique, sont, comme on le sait, des aciers dont on peut faire .des outils, travaillant à grande vitesse ; ils sont à forte teneur en tungstène et en chromé, et possèdent la propriété précieuse, lorsqu’ils ont été trempés à 1200 ou i3oo°, de pouvoir être portés au rouge sombre sans se détremper. Les aciers ordi-
- naires perdent leur coupant à 3oo°. La découverte de ces aciers est due à un ingénieur américain, M. Taylor, et n’est que la conséquence de longues études, poursuivies pendant a5 ans, avec une admirable méthode. M. Taylor s’était proposé d’étudier dans son ensemble la question du travail des métaux ; il reconnut que le problème dépandait d’une douzaine de facteurs indépendants ; dans toutes ses expériences, il s’astreignit à ne jamais faire varier qu’un seul des facteurs à la fois. Le résultat de celte étude vraiment scientifique, quoique poursuivie dans un but industriel, a largement récompensé son auteur de ses longues années d’essais persévérants. Ajoutons que ces recherches ont coûté près de 1 million aux établissements pour le compte desquels elles ont été faites.
- La couleur des navires de guerre. — Toutes les marines s’efforcent de trouver pour leurs bâtiments une couleur qui en diminue autant que possible la visibilité. Nos navires offrent à ce point de vue une défectuosité certaine, avec leur coque d’un noir brillant et leurs superstructures gris pâle. Depuis 1905, l’Angleterre a adopté une teinte neutre, mélange de blanc de zinc et de noir de fumée, qui convient parfaitement aux brumes de la mer du Nord ; les navires japonais et russes ont des teintes semblables, mais un peu plus claires; les bâtiments italiens sont uü peu plus foncés ; les bâtiments allemands sont légèrement bleuâtres.
- Nouveau procédé de conservation des fruits. — Il
- a été combiné par M. Elwood Cooper, State Horti-cultural Commissioner of California, autrement dit inspecteur de l’horticulture pour le compte de l’Etat de Californie, où la question de la conservation des fruits en vue de leur transport a une importance considérable. Il emploie l’azote à cette conservation, et voici comment. Le récipient est une boîte en papier, par conséquent fort bon marché, traitée au bitume, pour empêcher la rentrée de l’oxygène atmosphérique. On la remplit de fruits, puis on la clôt complètement, à part un petit orifice. On place toute une série de ces boîtes dans un cylindre d’acier où l’on fait le vide ; puis on remplit celui-ci avec de l’azote gazeux pur, et un dispositif automatique vient assurer la fermeture des boîtes. On empaquette les boîtes de carton dans des cadres de bois protecteurs, et les expéditions se font dans des wagons ordinaires. Des expériences ont prouvé que des fruits se conservaient ainsi 5 mois.
- Utilisation industrielle d’une cascade souterraine. — En Moravie, près de Brünn, la vallée de Jédovnic est fermée par une falaise au pied de laquelle le gouffre de Jédovnic ou grotte Hugo absorbe entièrement le ruisseau qui parcourt la vallée. En 1857, le Dr Wankel explora une partie de cette caverne dont son petit-fils, le Dr Absolon, a complété l’étude très dangereuse. En 1906, à 80 m. de profondeur, il y a reconnu une puissante cascade dont on va réussir à utiliser industriellement la force perdue. De fortes turbines seront installées sous terre pour employer les 25o à 3oo HP de la chute. Cette construction d’une usine au fin fond d’une dangereuse caverne est un premier pas des plus intéressants vers la récupération économique de ces eaux infiltrées qui ne font que disparaître de plus en plus de la surface du globe.
- Un nouveau silencieux pour moteurs tonnants.
- __Il est de l’invention de M. Rankin Kennedy, de
- Scotstoun, à Glasgow : c’est une sorte d’éjecteur condenseur qu’il donne comme s’appliquant particulièrement bien aux bateaux automobiles, et à toutes les voilures mécaniques. Il permettrait l’expansion des gaz avec réduction de vitesse, sans contrepression. Ce silencieux consiste en un cylindre ‘de tôle enfermant un cône d’expansion avec orifice tout spécial de forme. Les gaz d’échappement y entrent par un ajutage concentrique à cet orifice, et il se trouve, de ce fait, ménagé un espace annulaire par lequel arrive de l’air attiré par des trous ad hoc dans l’étranglement du silencieux. Les gaz sont donc immédiatement refroidis, et toute vapeur, toute huile entraînée est instantanément condensée. Les gaz se détendent ensuite en passant à l’intérieur du cône, et ils perdent de leur vitesse en atteignant la partie élargie où la direction de l’écoulement est renversée au moment de la sortie dans le cylindre extérieur; ensuite nouvelle expansion et nouveau renversement après ralentissement ; finalement sortie à l’air sans bruit et à froid.
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- Dévolteur à eau pure. — Ce nom, (j’aspect rébarbatif, désigne un petit appareil fort simple et qui peut rendre de grands services. Les distributions d’électricité se font aujourd’hui de plus en plus fréquentes ; mais l’électricité qu’elles mettent à notre disposition est à une tension relativement élevée comprise entre ioo et 320 volts ; les appareils d’éclairage ou les moteurs que l’on peut employer sont évidemment aménagés pour le voltage de la distribution. Mais il peut arriver que accessoirement on ait besoin parfois d’un courant de faible voltage qu’il serait bien commode d’emprunter à la distribution; c’est le cas, lorsque l’on veut faire fonctionner un de ces jolis jouets électriques, aujourd'hui à la mode.
- Le dévolteur à eau permet d’effectuer aisément ce montage ; c’est une résistance réglable par laquelle on absorbe l’excès de voltage; l’appareil se compose d’un réservoir contenant de l’eau qui sert de résistance principale; le courant entre dans le liquide et en sort par deux charbons parallèles ; en ajoutant ou en enlevant de l’eau, on augmentera ou on diminuera les surfaces de charbon en présence, et l’on fera ainsi varier à volonté la résistance de l’appareil.
- Mais lorsque le courant passera, il y aura échauffe-ment des charbons, décomposition de l’eau, et par suite variations dans la résistance ; il faut donc un organe permettant d’effectuer aisément le réglage dès qu’il sera nécessaire; c’est le rôle de la résistance complémentaire en fil de maillechort que l’on voit autour du récipient à eau ; selon que l’on accrochera le fil à l’une ou l’autre des spires, on aura une résistance légèrement différente ; et l’on arrivera ainsi très facilement à régler parfaitement l’instrument.
- Le fonctionnement est aussi bon en courant alternatif qu’en continu. Mais dans le premier cas, il n’y a jamais de dégagement gazeux; dans le second, il y a dégagement d'oxygène sur un des charbons, d’hydrogène sur l’autre; et à voltage égal et hauteur d’eau égale, la résistance est environ le double que dans le premier cas. L’appareil n’a évidemment pas une portée industrielle ; mais il peut être fort commode dans un appartement. -En vente chez Chomeau, 46, rue de Rome.
- Groupe électrogène amovible. — Le dispositif que représentent nos gravures est éminemment pratique et transportable. Il constitue une petite usine électrique avec tous ses accessoires, susceptible d’être installée n’importe où en quelques minutes et de fournir un courant de 45 ampères sous 80 volts. Toute autre combinaison de potentiel et d’intensité pourrait évidemment être adoptée; celle indiquée ci-dessus convient surtout pour les représentations cinématographiques et pour la projection ou la télégraphie optique. %
- Le groupe arrive à pied d’œuvre enfermé dans une caisse en bois solidement boulonnée sur un fort, plateau en chêne qui supporte le moteur, la dynamo et les accessoires. Un réservoir à eau en tôle galvanisée et deux fagots de brindilles de bois accompagnent le colis principal.
- Le tout pèse quatre cents kilos, mais la caisse est montée sur deux gros galets en fonte, ce qui permet à un homme seul de la déplacer très facilement. Pour le montage, la caisse est séparée du socle en déboulonnant quatre tringles que l’on voit à droite de la figure. Le plateau en chêne ou socle est alors placé sur les deux fagots de bois, qui serviront d’amortisseurs aux trépidations du moteur; la caisse d’emballage est dressée conti’e la machine et l’on ouvre une petite armoire qui contient un tableau de charge électrique composé d’un
- voltmètre, d’un ampèremètre, d’un 1 oupe-circuit et d’un interrupteur ; la dynamo est alors reliée au tableau et celui-ci à l’arc ou au circuit à alimenter.
- Le moteur de la force de 9 chevaux à rooo tours par minute est monté prêt à fonctionner avec son carburateur, son pot d’échappement, la bobine d’allumage et un régulateur de vitesse automatique, sur l’admission des gaz. Il n’y a plus qu’à le relier, par un tube flexible, au réservoir d essence fixé dans l’intérieur même de la caisse d’emballage, et par deux tubes de caoutchouc au réservoir d’eau qui est posé sur la caisse. Ce réservoir, complètement rempli d’eau, assure le refroidissement du moteur par thermo-siphon. Le moteur est prêt alors à être mis en route au moyen d’une manivelle ordinaire que l’on voit en avant de la figure; celle gravure per-
- Vue d’ensemble du
- groupe électrogène amovible.
- met de voir tous les détails de la construction et du montage de cette machine simple et pratique. La commande de la dynamo par le moteur est faite au moyen d’une large courroie dont la tension est assurée par un châssis tendeur du type courant.
- Un certain nombre de ces groupes électrogènes amovibles sont en service en France et surtout à l’étranger dans les pays où les transports 11e peuvent souvent se faire que par des charrettes à deux roues. Les dimensions du groupe, t m. 5o sur o m. 80 en hauteur et épaisseur permettent, en effet, de le charger sur une voiture quelconque.
- Le montage et la mise en route demandent en tout quinze minutes et peuvent être faits par un ouvrier sans connaissances mécaniques approfondies.
- Ces petites machines paraissent destinées à rendre d'appréciables services aux forains et entrepreneurs de spectacles de cinématographie aussi bien que pour l’éclairage provisoire de travaux nocturnes, de fêles, à la télégraphie optique, etc.
- Nouvelles lampes à incandescence. — Nous avons à enregistrer un nouveau progrès de l’éclairage électi'i-
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- que à incandescence ; on sait que depuis quelques années de nombreux physiciens et industriels ont porté leurs efforts sur ce point : améliorer le rendement des lampes
- électriques, et que s’inspirant des résultats obtenus pour l’éclairage au gaz dans le bec Auer, ils ont cherché à remplacer l’antique filament de charbon par des filaments métalliques, formés avec des métaux analogues à ceux qui donnent aux manchons Auer leur lumière éclatante. On sait le succès de la lampe à filament de tantale, qui réduisait la consommation de 3 watts en moyenne par bougie, à 1,60. Elles sont à leur tour dépassées par les lampes à filament de tungstène qui réduisent la consommation à i watt par bougie.
- Il en existe actuellement en France deux modèles, la lampe Z vendue par les établissements Lacarrière, 16, rue de l’Entrepôt et la lampe Osmin vendue par la Société Westinghouse, 45, rue de l’Arcade.
- Automobilisme
- Le silencieux spiral. — Les silencieux d’automobiles, destinés à assourdir le bruit produit par l’échappement du gaz du moteur et à augmenter ainsi le confort de la voiture, ont le grave inconvénient de créer souvent à la sortie des gaz des surpressions qui nuisent au rendement du moteur. Le silencieux spiral doit à sa con-
- Fig. i. — Vue du silencieux avec et sans son enveloppe.
- struction fort originale d’échapper presque complètement à ce reproche.
- Il est constitué par une enveloppe cylindrique à l’intérieur de laquelle est enroulé sur trois tringles A un ruban
- de puissance de 6/xooo, à uoo tours de 24/1000. — En vente chez Gobbi, 55, rue Saint-Servan, Paris.
- ctg'îss, "Divers
- Roulettes à billes. — Il y a déjà fort longtemps que les premières roulettes à bille ont été signalées ici; pratiquement elles coûtaient cher, et elles n’ont pas fait absolument fortune. Elles nous reviennent maintenant d’Amérique sous une forme plus pratique et dans de meilleures conditions de vente, à ce qu’il nous semble. A noter particulièrement que, cette fois, l’on ne s’est pas contenté d’un galet sphérique unique ; ce galet repose sur la platine, et reçoit l’effort résultant du poids du meuble, par l’inlermédaire d’une série de billes minuscules, qui reposent elles-mêmes sur sa calotte sphérique supérieure ; il y a même une couronne de ces billes qui vient répartir encore mieux la charge sur une pièce dépendant de la platine, et formant chemin de roulement. On comprend que, avec des roulettes de ce type, le plus léger effort suflit à déplace]1 un meuble. Toute la monture est en acier, emboutie d’une seule pièce avec la tige, et l’on dispose d’une douille à crampons, qui assure une solidité parfaite de la roulette dans le pied du meuble. — Ce petit ustensile se vend 107, avenue Parmentier, maison Markt.
- Mandrin « Nicholson » extensible pour tours. —
- Quand on veut usiner sur un tour une pièce qui porte au centre un trou circulaire, par exemple si l’on veut tourner la surface extérieure d’une roue d’engrenage avant le taillage des dents, tous les mécaniciens savent que l’on emmanche la pièce à travailler sur un mandrin.
- Dans un atelier même d’importance moyenne, pour tous les diamètres couramment employés, il n’est pas rare que l’ouvrier ait 20 ou 3o mandrins entassés dans un coin de sa machine. Il lui faut alors du temps pour rechercher celui qui convient et neuf fois sur dix il faudra faire une retouche, d’où nouvelle perte de temps.
- Un nouveau mandrin, le mandrin extensible Nicholson, évite tous ces désagréments, car la série complète de 9 prend tous les diamètres de 25 à 178 mm. Il se compose de l’arbre, de quatre mors et d’une douille guide
- Lampes à incandescence.
- Entrée
- — Coupe du silencieux.
- d’acier B légèrement ondulé, formant ainsi une sorte de cylindre intérieur au premier ; les gaz qui arrivent en A à l’intérieur du silencieux se divisent dans les interstices créés par la juxtaposition des éléments de la spire que
- — Les éléments du silenciei
- forme le ruban enroulé ; ils se refroidissent, se détendent dans toute la capacité de l’appareil et s’échappent à l’air libre par l’autre extrémité. Un plateau intérieur sur lequel vient s’appuyer le bout postérieur de la spire est solidaire d’une tige munie d’un ressort R. Lorsqu’on appuie sur cette tige pendant la marche du moteur, on écarte ce plateau et par conséquent les spires, et 1 on chasse la suie qui aurait pu s y déposer.
- D’après les essais faits à l’Automobile-Club de France, les résultats obtenus sont remarquables, et avec un moteur tournant à 880 tours n’accuseraient qu’une perte
- Mandrin « Nicholson » extensible pour tour.
- coulissant sur l’ai'bre. Ce dernier est en acier fondu trempé, centré aux deux extrémités d’une manière spéciale qui permet le centrage permanent et le maximum de durée des pointes du tour; deux plats sur l’arbre permettent le serrage du toc d’entraînement. Les mors coulissent dans quatre rainures rectifiées creusées dans l’arbre; la surface inférieure des mors est plate et * inclinée par rapport à la surface extérieure cylindrique. Les rainures de l’arbre sont à fond plat incliné par rapport à l’axe de toutes les surfaces. La douille guide assure le déplacement des quatre mors dont les surfaces extérieures suivant leur position par rapport aux extrémités de l’arbre présentent un diamètre extérieur plus ou moins grand ; malgré tout elles restent toujours concentriques et parallèles à l’axe. Dans un alésage cylindrique, les mors forment contact avec l’alésage sur toute la longueur, par conséquent la force d’entraînement est supérieure à celle du mandrin ordinaire et on n’a pas besoin d’emmancher à force au risque de tout détériorer. On peut aussi désaffleurer légèrement la pièce en dehors des mors, ce qui permet de dresser les faces sans bavures et sans mordre dans le mandrin. — L’appareil se trouve chez M. Burton fils, 68, rue des Marais.
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- VARIETES
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- L’eau potable à Londres en 1960. —Notre confrère anglais Nature emprunte à une récente publication du Dr Morley-Davies, l’historique de l’alimentation de Londres en eau potable depuis le xme siècle. La Tamise (filtrée) et des puits profonds dans la craie ont pendant très longtemps donné à boire à l’immense cité. Nature saisit celte occasion d’étudier « le terrifiant problème de la future alimentation d’eau à Londres. »
- Au point de vue de la qualité, les systèmes de filtres employés par nos voisins assurent, affirment-ils, la pureté bactériologique, mais la quantité a gravement préoccupé le « water-board » dans sa séance du 6 décembre 1907. En 1881, Londres disposait de 653 379 m3 par jour, soit, pour 4 331 600 habitants, 151 litres par tète et par jour; en 1906-1907,16 volume d’eau disponible est de 1022175 m3 par jour, soit, pour 685iooo habitants, 149 litres par tète et par jour (57 pour 100 provient de la Tamise). On a estimé qu’au maximum les ressources actuelles pourraient être élevées à 1 583 000 m3., dont un peu moins des 2/3 fournis par la Tamise; or, on estime que la population à desservir atteindra 12 000000 d habitants en 1941 et 16286000 en 1960, ce qui correspond respectivement à raison de i5g litres par tête à i 908000 m3 et 2989000 m3. En i960, la Tamise, à la rigueur, pourra fournir 2 044 000 m3 par jour et cela
- nécessitera la construction d’immenses réservoirs d’emmagasinement qui devront pouvoir contenir en i960 245000000 m3 ; pour 1916 seulement on doit prévoir des réservoirs de 39000000 m3 de capacité.
- Les ouvrages actuellement existants ou autorisés à Londres sufliront jusqu’en 1917; en 1910, le Parlement sera saisi de projets tendant à développer les emprunts à la vallée de la Tamise pour faire face aux besoins des 5o années suivantes. On parle déjà de ressources lointaines à rechercher jusque dans le pays de Galles. Déjà le « water-board » s’occupe des moyens de détourner ainsi de très distantes rivières au profit de la grande cité. On envisage qu’il faudra en venir, ce qui est la véritable mais coûteuse solution, à maîtriser les caprices des pluies, c’est-à-dire à barrer les vallées des régions montagneuses inhabitées pour emmagasiner les grandes chutes d’eau, supprimer les inondations et créer des réserves alimentaires.
- Trop timidement jusqu’ici des localités isolées se sont résignées à cette salutaire pratique.
- Les chiffres et considérations qui précèdent prouvent, sans commentaires, quel est pour l’avenir la gravité des problèmes de l’eau potable; si toutefois la population humaine doit continuer à croître dans les proportions actuelles, ce qui n’est nullement une certitude.
- HYGIENE ET SANTE
- Le bismuth dans les maladies de l’estomac. — Le
- sous-nitrate de bismuth ou le bismuth, comme on l’appelle plus communément, est un agent thérapeutique merveilleux dans l’entérite ordinaire pour combattre la diarrhée. Mais si l’on veut obtenir un effet vraiment utile il faut le donner à fortes doses, une ou deux cuillerées à café. Ces hautes doses n’ont aucun danger ; si le sel est pur, exempt d’arsenic, il n’a aucune action toxique. Mais il faut choisir, pour être sûr de cette innocuité, le sous-nitrate de bismuth lourd par opposition au sous-nitrate de bismuth léger. Le premier est toujours identique à lui-même tandis que le second a une composition chimique variable e.t contient beaucoup de carbonate de bismuth.
- Cette action salutaire du sel de bismuth a été mise à profit pour combattre les crises douloureuses si fréquentes dans les maladies de l’estomac, qu’il s’agisse d’ulcère ou simplement de gastrite chronique, de dyspepsie. Il apaise, en effet, rapidement la douleur, sans avoir les inconvénients des préparations opiacées, il supprime les phénomènes réflexes pénibles dont le viscère est le siège ou le point de départ; enfin il est un agent d’antisepsie en arrêtant les fermentations. Mais pour en obtenir des effets utiles, il faut le donner à hautes doses, 10, 20 gr. par jour et cette dose est très bien supportée et ne produit aucun effet toxique. Le Dr Ruault, qui a publié sur ce sujet un travail intéressant, cite le cas d’un malade du Dr Mathieu qui prit 1600 gr. (1 kg 1/2) de sous-nitrate de bismuth en quatre-vingts jours. Ce malade avait antérieurement une stomatite qui ne fut pas aggravée par l’ingestion de ces hautes doses de médicament et le mal d’estomac dont il souffrait fut guéri. Le Dr Hayem a eu un cas analogue.
- C’est celui d’un homme qui prit une dose de 20 gr. de sous-nitrate de bismuth par jour d’une façon à peu près ininterrompue pendant huit mois. Cela représente le joli chiffre de près de 5 kg de bismuth. Le malade était atteint d’ulcère de l’estomac et cette lésion s’accompa- gnait de douleurs violentes et d’hémorragies. On l’avait traité à l’hôpital par le procédé des hautes doses et il s’en était si bien trouvé qu’il continua de lui-même le traitement sans avoir jamais eu aucun symptôme d’intolérance, aucun trouble quelconque.
- Il paraît donc bien démontré par les exemples nombreux rapportés par les médecins qui ont été les pro-
- moteurs de ce traitement, que l’ingestion du sous-nitrate de bismuth à hautes doses est non seulement sans danger, mais est d’une efficacité surprenante dans quelques cas. L’application du même sel en pansement sur les plaies donne au contraire, quand elle est prolongée ou que les plaies sont étendues, lieu à des phénomènes d’intoxication. L’explication de cette anomalie un peu étrange est donnée par M. Yillejean. Le sous-nitrate de bismuth introduit dans les voies digestives n’est presque pas attaqué par les sucs de l’estomac ou de l’intestin; il est très peu soluble dans le premier et à peu près insoluble dans le second dont la réaction est alcaline. Par contre, à la surface d’une plaie il se décompose rapidement; l’oxyde de bismuth forme avec les matières protéiques une combinaison soluble dans les alcalis et les acides organiques, mais aussi dans un excès d’albumine. L’absorption est donc continue et peut amener une véritable intoxication.
- Pour obtenir de ce moyen thérapeutique le maximum d'effet utile, il faut prendre le sous-nitrate de bismuth de la façon suivante. Délayer dans un demi-verre d’eau pure un paquet de 20 gr. de sel, bien remuer de façon à faire une sorte de lait homogène et avaler d’un trait le liquide, étant à jeun. Puis le malade devra s’étendre horizontalement sur le lit ou une chaise longue, en se couchant successivement pendant dix minutes sur le dos, sur les côtés puis sur le ventre, de façon à répartir aussi également que possible la couche de bismuth sur toute la surface de la muqueuse de l’estomac. Quant à la durée du traitement, elle varie avec la nature de la maladie. Bien entendu, cette ingestion quotidienne d’un sel anti-diarrhéique amène un peu de constipation; elle sera combattue par de petits lavages intestinaux pour ne pas irriter l’estomac et gêner la médication encours.
- L’application de teinture d’iode. — Un petit détail d’application delà teinture d iode qui mérite d’être signalé. D’après le docteur Dunbar Brunton, si on badigeonne une partie du corps en se mettant dans l’obscurité ou dans une chambre noire de photographe, avec le simple éclairage de la lanterne rouge, comme pour le développement des plaques, la peau ne sera jamais teintée ni menacée de vésication, même après un usage prolongé. Le Dr Brunton dit qu’il a adopté ce procédé depuis dix ans. C’est en tout cas bien facile à essayer et sans inconvénient. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Enduit ignifuge pour le bois. — Un enduit très simple est composé comme suit : 1000 parties de verre liquide, 5oo de craie, 1000 de colle forte. Mais une formule plus compliquée et évidemment plus effective suppose les enduits suivants appliqués dans l’ordre indiqué. D’abord solution de 20 gr. de sulfate d’ammonium dans un litre d’eau ; en deuxième lieu, liquide fait de 5o gr. de verre soluble à la soude dans un litre d’eau ; en troisième lieu, enduit de 25o gr. de silicate de soude solide et de 35o gr. d’amiante en poudre dans un litre d’eau toujours ; finalement autre enduit fait de 35 gr. seulement d’amiante en poudre, de 20 de borax et de 10 gr. de gomme laque avec 100 cm3 d’eau.
- Vernis doré. — Il donne un brillant remarquable et une magnifique coloration allant du rouge foncé au jaune doré, suivant la proportion des ingrédients. On met en poudre fine et fait dissoudre au bain-marie, dans 5oo parties d’alcool rectifié, 5o p. de gomme-laque en écailles pâle, i5 de laque de Florence (obtenue par précipitation d’une décoction de cochenille par de l’alun sur du kaolin, du gypse ou de l’amidon), enfin 25 p. de bois de santal et 8 de sang-dragon. Il faut faire bouillir pendant deux ou trois heures en secouant de temps à autre, et en prenant garde aux inflammations, cela va de soi, en dépit du bain-marie. On laisse refroidir et l’on décante. Mais, entre temps, on a fait chauffer dans un autre récipient 3o p. de gomme-gutte dans 5oo p. également d’alcool rectifié. Il ne reste plus qu’à mélanger les deux liquides, en proportion convenable suivant la coloration que l’on désire obtenir, et en diluant au besoin, si le liquide final se présente trop épais.
- Nouveau procédé de conservation du lait. — Il est
- signalé comme ayant été inventé par M. Budde, un ingénieur de Copenhague : il consiste à ajouter au lait traité aussi frais que possible de l’eau oxygénée. Dans ce but, on emploie 1,3 pour 100 en volume d’une
- solution à 3 pour 100. Le lait est bien secoué après cette addition, et maintenu durant 5 heures à une température d’environ 5o°C. dans des récipients hermétiquement fermés. Il se conserverait ensuite un mois en gardant son goût naturel.
- Nouvel emploi de la poudre de lycopode. — La
- poudre de lycopode des pharmacies, fournie par les spores du Lycopodium clavatum, est d’un usage journalier pour saupoudrer la peau sur les surfaces couvertes de rougeurs, d’excoriations, etc. Son pouvoir absorbant la fait employer également pour hâter la dessiccation des plaies. C’est un produit d’une très grande inflammabilité ; il suffit d’en jeter une pincée sur une surface incandescente pour s’en assurer. Cette dernière propriété m’a suggéré l’idée de mélanger le lycopode à la poudre de chasse ordinaire. Le résultat obtenu est : une plus grande inflammabilité de la poudre, avec production d'une plus faible quantité de fumée, et aucune diminution dans sa force de projection Ce résultat peut s’expliquer par ce fait que la poudre doit d’abord éprouver une combustion plus complète, et ensuite le pouvoir absorbant du lycopode doit, dans une certaine mesure, la dessécher, car la poudre de chasse vendue dans le commerce est souvent humide. Cette nouvelle application du lycopode peut avoir quelques avantages, car chaque chasseur connaît les inconvénients des poudres de chasse ordinaires produisant beaucoup de fumée, et empêchant par suite de voir tomber le gibier tiré.
- Emploi du sucre en photographie. — L’addition de sucre à la gomme arabique lui donne plus d’adhérence au verre. 10 à i5 pour 100 de sucre dans le révélateur retarde l’oxydation du bain et la marche du développement même en cas de surexposition, ce qui évite la perte du cliché et donne des épreuves exemptes d’inégalités de teintes. L’hydroquinone et le métol s’accommodent très bien de celte addition de sucre.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Du 20 décembre au 3i décembre 1907. — Le 20. Température moyenne à Paris : 6°,8 (normale : 2°,4). — Le “il. La dépression à 10. de l’Irlande s’étend sur les Iles-Britanniques et la mer du Nord : Shields, 743 mm; fortes pressions au S. : Brindisi, 772. Pluies sur le N. de l’Europe; en France : Toulon, 3 mm; Brest, Nantes, 1. Température du matin : Arkangel, —34°; Paris, 8; Alger, i3 ; Puy de Dôme, 7 ; Pic du Midi, —40'. moyenne à Paris : 7°,8 (normale : 2°,3). — Le 21. Basses pressions du N.-O. à la Russie; minima sur l’Écosse et la Baltique, 749 ; A Palerme, 770. Pluies sur la moitié N.-O. de l’Europe. Temp. du matin: Kuopio, — 270; Paris, 4; Biarritz. i3; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —5; moyenne à Paris : 6°, 7 (normale : 2°,3). — Le 23. Hausse générale : Finlande, 775; S.-E. de la France, 773; S. de la Norvège, mer Noire, 760. Pluies sur le N. et l’E. de l’Europe; en France : Lorient, 12; Belle-Isle, 3;, Limoges, Paris, 2. Temp. du matin : Haparanda, —29; Paris, 7; Alger, i3; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 7°,4 (normale : 2°,3). — Le 24. Minimum sur la Baltique, 764; maximum à Saint-Pétersbourg, 781. Pluies sur les Pays-Bas, l'Allemagne, la Suède. Temp. du matin : Arkangel, —32; Paris, 5; Alger, i3; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —5; moyenne à Paris : 70 (normale : 20,2). — Le 25. Baisse sur l’O., 758 à l’entrée de la Manche; Kuopio, 785. Pluies en Suède et en Allemagne. Temp. du matin : Ivharkov, —29; Paris, 6; Alger, 12; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : 4°>2 (normale : 2°,2). — Ze 26. Baisse sur l’O. et le S. : Irlande, 75 r ; Gascogne, 753 ; Finlande, 784. Pluies sur l’Allemagne et le S.-O. de l’Europe; en France : cap Sicié, 21; Marseille, 16; Belle-Isle, 11; Lorient, 3. Temp. du matin : Moscou, —3o ; Paris, o; Alger, i3; Pinr rfp hAfflfl n: Pic du Midi. — 8 : movenne à Paris :
- — o°,4 (normale : 2°,2). — Le 27. Basses pressions des Iles-Britanniques à la Méditerranée; minima en Irlande, 745 et en Gascogne; Moscou, 783. Pluies sur l’O. et le S. de. l’Europe ; neige dans le Centre ; en France : Cette, 79; cap Croisette, 18; Nice, 14 ; Lyon, 7; Clermont, 4. Temp. du matin : Moscou, —31 ; Paris, —3; Marseille, ix ; Puy de Dôme, —1; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : —o°,3 (normale : 2°,i). — Le 28. Centre de la dépression occidentale sur la Bretagne : Ouessant, 743. Pluies sur l’O. du continent; en France : Brest, Marseille, 22; Belle-Isle, 16; Nancy, i3: Bordeaux, 7; orage à Toulon. Temp. du matin : Moscou, —2q; Paris, o ; Lisbonne, i3 ; Puy de Dôme, — 1 ; Pic du Midi, — 10 ; moyenne à Paris : — o°,6 (normale : 20,1). — Le 29. Hausse sur l’O. Ecosse, 765 ; Corse et S. de la France, 749- Neiges et pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France : Nice, 23; Brest, 14; Marseille, i3; Lyon, 10; Paris, 1. Temp. du matin : Moscou, —10; Paris, o; Alger, i3; Puy de Dôme, —3; Pic du Midi, —13 ; moyenne à Paris : — o°,6 (normale : 20,1). — Le 3o. Hausse générale : Skudesness, 768; Prague, 767; Constantinople, 754. Pluie et neige sur le N. et l’O. de l’Europe; en France : Biarritz, 9; Limoges, 7; Lorient, 4; Paris, Nancy, 2. Temp. du matin : Moscou, -—18; Paris, — 1 ; Alger, 13 ; Puy de Dôme, —4î Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : o°,5 (normale : 2°,i). — Le 3i. Aire de pression supérieure à 765 sur le N. et le Centre de l’Europe ; légère dépression sur la Gascogne : Bordeaux, 753. Pluies dans 10. de l’Europe; en France : Toulon, 8; Limoges, 2; Brest, 1. Temp. du matin : Arkangel,
- — 3° ; Paris, o ; Puy de Dôme, — 2 ; Pic du Midi, — 10 ;
- — Phases de la Lune : Dernier Quartier, le 27 à 11 h. 20 m. du soir.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il no peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Les ancêtres de la turbine à vapeur. — Comme suite et complément à notre information sur « l’origine de la turbine à vapeur » (21 décembre 1907, lnf., p. 18), un de nos lecteurs du Creusot nous adresse quelques notes intéressantes sur les précurseurs de James Watt. « L’idée d’un moteur à vapeur rotatif est très ancienne, ainsi, en l’an 120 av. J.-C., Héron d’Alexandrie imagina son éolipyle qui par principe était une turbine à réaction. En i55o, Cardan décrit des éolipyles de son invention et en 1597 un livre imprimé à Leipzig et intitulé : Matheniatici Veteres Alexan-drini Heronis Spiritalia (page 202) donne la description d’un « éolipyle que l’on peut utiliser pour mouvoir un tournebroche ». Je renvoie encore à la notice d’Arago
- pour la description d’un essai d’application de la turbine à vapeur à la propulsion des bateaux, essai,qui paraît avoir été fait en 1543, à Barcelone, par le capitaine espagnol Blasco de Garay. De plus, le célèbre architecte italien G. Branca, décrit en 1629 une machine de son invention qui consistait en une roue à palettes mise en mouvement par un jet de vapeur et qui n’était en somme qu’une turbine à action. Je peux enfin vous citer, pour compléter mes assertions, la roue à vapeur de Kircher en 1642 et celle d’Amontons en 1699. »
- Renseignements. — M. de Malachowsky à Odessa, -r- L’appareil Mendel se trouve chez Mendel, 10 bis, boulevard Bonne-Nouvelle.
- JlfJf. Pattin, Raynaud et Cie, à Paris. — L’analyseur enregistreur des gaz de la combustion est en vente chez Bronne et Garric, 65, rue d’Amsterdam, Paris.
- M. D., à Nantes. — L’emploi du formol est le meilleur préservatif contre les ampoules; huit ou dix jours avant la marche, laver les pieds avec une solution suffisamment étendue.
- BIBLIOGRAPHIE
- L Océanographie, par le Dr Richard, directeur du Musée océanographique de Monaco. In-4", 34^ gravures. Paris, Vuibert et Nony. Prix : 10 francs.
- Exposé complet et très documenté des études d’océanographie sur lesquelles la récente création à Paris d’un Institut océanographique, a si justement attiré l’attention publique. Le Docteur Richard, une des meilleures autorités en la matière, étudie d'abord l’Océan au point de vue physique et chimique, puis les êtres vivants qui y pullulent et surtout les habitants des grandes profondeurs, qui vivent- dans un milieu longtemps considéré comme impropre à la vie; soumis à des pressions formidables, à une obscurité impénétrable, une adaptation merveilleuse à leurs conditions d’existence spéciales s’est produite. Chez beaucoup, les organes de la vision, atrophiés, comme inutiles, sont remplacés par des organes tactiles extrême meut,, dé vélo ppé.s de .m ê m e. q.u e d au si&s c.aye r n e s,,, d’autres portent des appareils producteurs de lumière, et projetant devant eux de véritables faisceaux lumineux. On sait que ces animaux phosphorescents des grandes profondeurs océaniques constituent un des plus difficiles problèmes |de la physique et de l’histoire naturelle. Depuis longtemps, les nombreux curieux de l'océanographie . attendaient une pareille mise au point, que le volume du Dr Richard réalise aussi excellente et intéressante que possible. .
- Histoire des mathématiques, par Rouse Ball ; traduit de l’anglais par Freund. Additions de R. de Montessus. Ier volume : Les mathématiques dans Vantiquité, au moyen âge, pendant la Renaissance, dans les temps modernes, de Descartes à Huyghens. Prix : 12 francs;
- .. 2e volume : Les mathématiques de Newton à nos jours. Prix : 8 francs. Chez A. Hermann, 6, rue de la Sorbonne. " -
- Rien n’est plus intéressant au point de vue philosophique, que de suivre à travêrs les âges le développement des sciences mathématiques. L’excellent ouvrage de' M. Rouse-Ball, résumé d’œuvres trop savantes et arides pour être accessibles" au grand public, met cette étude pour ainsi dire à la portée de tous. Des anecdotes curieuses sur la vie des savants viennent égayeFd’exposë de leurs travaux et rendent la lecture dé ce livre fort agréable. Grâce aux addi-
- tions de MM; Freund et Montessus, l’ouvrage est à jour jusqu’à notre époque.
- Etat actuel de la science électrique, phénomènes, applications, théories par Devaux-Charbonnel, ingénieur des télégraphes. In-8°, 633 pages, chez Dunod et Pinat. Paris.
- Il n’est pas de science qui, en ces dernières années, ait progressé plus rapidement que la science électrique ; les découvertes s’y multiplient d’une façon remarquable ; et pour les coordonner nous voyons chaque jour surgir une hypothèse nouvelle; il devient fort malaisé, pour ceux qui ne peuvent se consacrer entièrement à ces études, de se reconnaître dans ce mélange confus de faits nouveaux et de. théories contradictoires. Il nous manquait, jusqu’ici, un exposé clair et méthodique, de l’état actuel de cette branche de la physique. Le remarquable ouvrage de M. Devaux-Ckarhonnel vient heureusement combler celte lacune ; livre d’enseignement, il possède les qualités distinctives de la pédagogie française : netteté, clarté et logique. On ne saurait trop louer le plan adopté par M. Devaux-Charbonnel : dans une première partie, l’auteur expose les principaux phénomènes expérimentalement démontrés, en s’efforçant de se dégager de toute théorie; dans une deuxième partie, il en décrit les applications, en insistant davantage sur la télégraphie et la téléphonie; enfin, il donne un.bref résumé des diverses théories en faveur, en évitant soigneusement les développements par trop mathématiques.
- Le chimiste Roussin, par Balland et Linzet, avec notice biographique par H. Chasles et préface de A. Haller, membre de l’Institut, chez J.-B. Baillière, Paris.
- L’œuvre de Roussin se compose surtout de ses importants travaux sur la naphtaline et de ses recherches sur les colorants artificiels. On lui doit l’importante découverte des colorants azoïques. Cet ouvrage qui résume une vie admirablement remplie, est un
- ; juste hommage rendu à un savant du plus grand mérite.
- Souvenirs de neuf congrès de navigation, par F.-B. de
- ...Mas, inspecteur général des ponts et chaussées en
- 'retraite (Bruxelles, Vienne, Francfort, Manchester, Paris, La Haye, Bruxelles, Paris, Düsseldorf, i885-1902). Chez Béranger. Paris. Prix : 10 francs.
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- BIBLIOGRAPHIE
- La Suisse, étude géographique, démographique, politique, économique et historique, i vol. in-4°, en souscription. Prix : i2 francs, et Atlas-annexe géographique, économique, historique de la Suisse. Prix : 6 francs. Dépôt à Paris, 4, place de la Sorbonne.
- Cet important ouvrage, publié par le Dictionnaire géographique de la Suisse, promet, d’après les deux premiers fascicules parus; de devoir être fort intéressant pour les très nombreuses personnes qui connaissent, étudient ou visitent journellement la Suisse.
- Les cartes, bien soignées pour leur prix modique, comblent une lacune en donnant la coordination de tout ce qui concerne l’orographie détaillée du pays et, en même temps, la répartition des forces électriques, celle des industries textile et horlogère, des mines et carrières, des essences forestières, de la flore, etc., avec une série de cartes historiques. A signaler également, dans le texte, des chapitres sur la géologie, la faune, la flore (dans les temps géologiques comme dans les temps actuels), et les industries.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 déc. 1907 . 6°,8 S. S. E. 2. Couvert. 1,5 Nuageux; pluie de 1 h. à 4 h. 50; petit brouillard.
- Mardi 21 5°,2 S. 1. Couvert. 0,0 t’resq. couvert; gelée blanche; petit brouillard; gouttes à 15 h. 10.
- Mercredi 25 6°,1 E. S. E. 2. Couvert. )) Nuageux.
- Jeudi 26 0°,1 E. 3. Couvert. » Gelée blanche; couvert le matin; beau le soir.
- Vendredi 27 .... . — 3°,2 N. E. 2. Eclaircies. » Gelée blanche ; nuageux le malin ; couvert le soir.
- Samedi 28 0°,4 E. N. E. 2. Couvert. 0,7 Couvert; petite pluie et grésil de la b. à 21 b.
- Dimanche 29 — 0°,3 N. N. E. 2. Couvert. 2,2 Couvert; grésil do 1 à 2 h.; neige de 9 b. 55 à 12 b. 30.
- Lundi 30 — 1°,3 E. 2. Couvert. )) Couvert.
- Mardi 31 — 0°,2 E. 2.- Couvert. )) Couvert. •
- Mercredi T' jv. 190S 0°.0 N. E. 2. Neige. 1,9 Couvert; neige de 5 b. à 13 b. 20.
- Jeudi 2 :> •' E. N. E. 4. Couvert. » Éclaircies à 20 b.; beau à 21 b.
- Vendredi 5 — 10°, 0 E. N. E. 3. Dean. )) Beau.
- Samedi l — 9°,0 E. N. E. 2. lira u. Beau.
- Dimanche ^ - t.° S E. N. E. 1. Dean. » Beau ; brume.
- DÉCEMBRE 1907-JANVIER 1908. — SEMAINES DU LUNDI 23 DECEMBRE 1907 AU DIMANCHE 5 JANVIER 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l'Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal s 20, "Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1808 — 18 JANVIER 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Nécrologie: A Jolibois. —M. Pierre-Alfred Jolibois, ingénieur civil, conseiller municipal de Paris, directeur de la Revue des Travaux publics, était un laborieux travailleur, qui consacrait une grande activité à toutes les améliorations d’ordre matériel dans Paris. On lui doit notamment des travaux importants de réfection ou d’aménagement des ponts, d’autres pour améliorer la navigabilité de la Seine ou pour la repeupler, etc. Professeur à l’Association philotechnique, il s’employait en même temps à diriger une vaste et précieuse encyclopédie qu’il avait fondée, la Bibliothèque du conducteur des travaux publics.
- Le record de l’aéroplane. —M. Henri Farman a réalisé, le i3 janvier, les conditions difliciles du prix Deutsch de So.ooo fr. ; « parcourir, avec un plus lourd que l’air, un trajet minimum de i km avec obligation d’aller virer autour d’un but situé à 5oo mètres de la ligne de départ, étant entendu qu’au départ et au retour l’aéroplane devait passer entre deux poteaux distants de )0 mètres ». L’expérience a été faite à Issy, le kilomètre ayant été couvert en i minute 28 secondes, soit une vitesse de 40 km 909 mètres à l’heure. L’aéroplane employé se compose d’une cellule centrale de 10 m. 20 de long sur 2 mètres de large, formée de deux plans distants de 1 m 5o et reliés par une poutre de 4 m- 5o de long à une cellule arrière de 6 mètres sur 2, munie d’un empennage stabilisateur spécial. Le gouvernail vertical est au centre de la cellule arrière. Sur la cellule centrale repose la groupe moto-propulseur et en avant se trouve un gouvernail de profondeur. L’ensemble est porté sur un chariot à roues orientables. La surface totale de l’appareil est de 52 mètres carrés, l’envergure de 10 m. 20 et la longueur totale de 10 mètres. L’hélice placée à l’arrière des plans portants à 2 m. io de diamètre. Elle est actionnée par un moteur Antoinette de 5o chevaux à 8 cylindres.
- Télégraphie sans fil entre Casablanca et Paris. —
- Des relations par télégraphie sans fil viennent pour la première fois d’être établies entre Casablanca et Paris. Jusqu’ici le poste installé à Casablanca avait bien pu recevoir par intermittence les dépêches envoyées de la tour Eiffel, mais n’avait pu envoyer lui-même de dépêches susceptibles d’être reçues à 1900 km. Le cuirassé Kléber vient d’arriver à Casablanca, muni des appareils de télégraphie sans fil que la mariné vient d’expérimenter et que nous avons décrits ici même. Il a pu communiquer avec la tour Eiffel et lui envoyer des télégrammes d’une netteté parfaite.
- Analyse spectrale. — M. Goldstein, le physicien allemand bien connu, à qui l’on doit la découverte des rayons canaux, vient d’établir que les corps simples peuvent présenter deux spectres de lignes absolument distincts. On savait déjà que le spectre provenant d'un arc électrique diffère suivant que l’on intercale ou non des condensateurs, dans le circuit des électrodes;
- mais on pensait que la différence provenait simplement de l’apparition de quelques raies nouvelles très brillantes, et ne modifiait pas l’ensemble du spectre. M. Goldstein, en augmentant la densité du courant employé par l’usage de puissantes batteries de bouteilles de Leyde, a observé un spectre entièrement différent du spectre primitif. Ses expériences ont porté sur le t;o-sium, le rubidium et le potassium; il lui a fallu employer des densités de courant d’autant plus grandes que le poids atomique du métal est plus faible. Goldstein appelle spectre fondamental le spectre nouveau qu’il a ainsi observé. On sait que le spectre ordinaire du rubidium présente de belles raies rouges ; le spectre fondamental ne présente plus aucune raie dans le rouge. Goldstein expliqua ces phénomènes en supposant que dans l’arc les corps volatilisés se trouvent à l’état de groupements d’atomes ; ces groupements se désagrègent lorsque la densité du courant augmente.
- Observatoire de Paris. — M. Baillaud, directeur de l’observatoire de Toulouse, est nommé directeur de l’observatoire de Paris, en remplacement de M. Loewy.
- Le télégraphe Transsaharien. — Nos colonies de l’Afrique Occidentale ne sont reliées à la Métropole que par le câble sous-marin Brest-Dakar et l’on sait combien fragile estun tel mode de communication, même en temps de paix. Aujourd’hui que le Sahara est devenu une région relativement sûre, l’établissement d’une ligne télégraphique, reliant par terre l’Algérie au Soudan, peut être examiné pi'aliquement : M. Etiennot, directeur des Postes et Télégraphes du département d’Oi'an, vient d’établir un projet dans ce sens. La ville d’Adrar, chef-lieu du territoire des Oasis, à 1200 kilom. delà côte, serait reliée à Oran et à Alger. De là jusqu’au Niger, à Bourrem, le télégraphe parcourra 1400 kilom. environ divisés en deux sections, l’une Algérienne d’un millier de kilomètres et se terminant à Timissao, l'autre Soudanaise ira de Timissao à Bourrem. Les 1000 kilom. de parcours algérien seront jalonnés par six fortins rudimentaires, trois postes seront installés sur la section soudanaise. Du terminus de Bourrem partiront deux embranchements, l’.un vers Tombouctou se rattachant aux lignes du Sénégal et du Soudan Occidental, l’autre se dirigeant vers Say, le Dahomey et aussi le Congo.
- Le prix des télégrammes pour l’Afrique Occidentale qui est actuellement de 1 à 5 francs le mot pourra être: abaissé de o fr. 40 à o fr. 5o.
- L’action électrolytique sur le béton. — La publication américaine Proceedings of American Institute of Electrical-Engineers, a donné récemment des détails intéressants relatifs aux expériences comparatives de Carter, sur l’action qu’un courant électrique peut avoir sur le métal d’armature de blocs de ciment armé plongés dans l’eau. On a constaté que, si un courant très faible passe dans l’armature métallique intérieure, dans le
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- INFORMATIONS
- béton, ou la maçonnerie, il se produit une corrosion du métal, et, ce qui est logique, une désintégration de ce béton ou de cette maçonnerie ; on ne saurait les considérer comme des isolants, ils sembleraient même se comporter comme des électrolytes. D’autre part, quand les constructions de béton armé soumises à cette action d un courant sont dans l’eau de mer, elles paraissent bien plus exposées à ce phénomène d’électrolyse que si elles sont dans de l’eau douce.
- La navigation sur le Tibre maritime. — On a parlé beaucoup, ces temps derniers, de donner plus d’importance aux relations de Rome avec la mer. A ce propos, il est curieux d’indiquer rapidement dans quelles conditions la navigation se fait actuellement sur ce fleuve, entre la mer et Rome. Pendant assez longtemps, cette navigation a été étranglée, peut-on dire, par un monopole qui avait été établi par la Papauté : ce monopole n’a été supprimé qu’il y a peu de temps. L’entrée du Delta est rendue difficile, variable, par les dépôts de limon qui se poursuivent continuellement, et qui ont peu à peu refoulé l’ancien port latin d Ostie à plus de 4 kilomètres de la mer. Maintenant on pénètre dans le fleuve, à sa partie aval, au moyen du canal dit de Fiu-miciuo, qui a un peu plus de 4 kilomètres de long, et qui ne débouche guère par des profondeurs de plus de •2,00 m. C’est du reste la profondeur minima que l’on retrouve jusqu’à Rome ; un service de remorquage fonctionne sur cette voie modeste du Tibre, et un service de vapeurs relie directement Gênes à Rome.
- Moteurs à gaz de 5000 chevaux. — Dans la station centrale électrique de San-Francisco, on a installé trois moteurs à gaz dont la puissance individuelle est de 5333 chevaux. Ce sont les plus puissants moteurs à gaz construits jusqu’ici. Le démarrage des moteurs est produit par l’air comprimé. *
- Sur l’emploi de la tourbe comme moyen de chauffage. — On sait que l’usage de la tourbe a été préconisé pour le chauffage industriel et qu’un certain nombre de loyers à dispositions spéciales ont été imaginés pour en permettre l’emploi. On a aussi constaté que les gaz dégagés par la distillation de la tourbe sèche peuvent être utir Usés comme moyen de chauffage, ioo kg de tourbe peuvent fournir 2S0 m5 de gaz dont la chaleur de combustion est de i3oo calories; ils laissent de plus comme sous-produits 3 kg de sulfate d’ammoniaque. Ces renseignements sont intéressants pour certaines régions où la tourbe est abondante et d’un prix peu élevé.
- L’épuisement des districts pétrolifères. — L’épui-semeut rapide des districts pétrolifères, même les plus réguliers, est un fait d’un grand intérêt économique que toutes les observations confirment. Si nous prenons d’abord le bassin des Appalaches aux Etats-Unis, le plus important du monde, on y voit, malgré l’appoint que l’Ohio, puis la Virginie, sont venus apporter à la Pen-sylvanie, la production, qui avait atteint 36 millions de barils en 1900, tomber peu à peu à 29,60 igoÔ. En même temps, la profondeur des puits s’accroît et leur débit diminue. Dans le riche district de Bradford, un puits moyen produisait par jour plus de 12 barils en 1898; il n’en produisait déjà plus que 3,4 en 1904.
- Ailleurs, la décadence a été bien autrement rapide : surtout dans les districts à puits jaillissants qui donnent, pendant quelques jours ou quelques semaines, des résuL tats extraordinaires, mais épuisent très vite les réservoirs intérieurs. La fortune du Texas n’aura été qu’un feu de paille. Onyavu, en juin 1905^ le seul district de Humble donner 3 5oo 000 barils de pétrole, chiffre qui n’avait encore jamais été atteint par aucun champ pétrolifère américain. On était tombé à 8000 en février 1906. Le groupe du Texas et de la Louisiane, dont l’essor date seulement de 1902, était monté à 40,6 millions de barils en 1905, il est retombé à 19,7 en 1906.
- On a retrouvé, en plus petit le même phénomène dans les champs pétrolifères de Galicie ; Boryslav, dont la vogue date de 1902, est déjà presque fini, Au Caucase, à Bakou, l’irrégularité des puits est classique. Là profondeur moyenne des puits qui était de Ho m., en 1877. a dû monter à i5o ni. en i885 ; en 1901, elle variait, suivant les quartiers, de 264 à 490 (490 à Bibi-Eibat, 445 à Romauy). La production moyenne par puits et par jour était de n5 barils en 1892 à Balakhany, elle est tombée à 38. Dans la même période, elle est descendue
- de 625 à 279 à Bibi-Eibat eide 760 à 180 à Romany (ces chiffres étant pris bien entendu avant les troubles révolutionnaires de 1901, qui ont déterminé un arrêt accidentel).
- Mortierde goudron. — M. Audouin vient d’indiquer la préparation d’une sorte de bitume fort curieux et très économique, s’appliquant aux divers usages du bitume, et composé de matériaux essentiellement bon marché. On se procure ce qu’on appelle du sable de plaine, on peut y substituer, sans aucun inconvénient, du mâchefer en petits morceaux ; on fait un tas du sable ou du mâchefer, tas conique au milieu duquel on ménage le petit cratère classique; c’est là qu’011 verse le goudron. Celui-ci sera le goudron tout venant des usines à gaz. Pour un hectolitre de sable, on prend 14 litres environ de goudron. On va ensuite retourner le tout à la pelle, exactement comme cela se passe pour le mortier, et naturellement jusqu’à ce que le mélange soit homogène. Ce mortier de bitume s’étale en épaisseur de 2 à 3 centimètres ; on le pilonne ; au besoin, même on le cylindre, si cela est possible; et on jette du sable à sa surface. Pour 10 mètres carrés, il suffit de 3oo litres de mortier. Le revêtement est excellent, aussi bien pour des allées que pour des promenoirs, des poulaillers, etc
- Les voyageurs à Paris. — Le nombre des voyageurs qui viennent chaque année à Paris n’est connu que par les chiffres, correspondant assurément à des minima, des statistiques officielles. Il en résulte qu’en 1905, il est venu à Paris 416000 étrangers contre 372000 en 1904, et 727000 français contre 722000. En outre, environ 600000 Parisiens figurent comme ayant séjourné dans les hôtels de Paris. Il faudrait, pour la clientèle étrangère, ajouter les voyageurs assez nombreux qui louent des appartements meublés. On voit que l’industrie des hôtels est considérable.Elle tend d’ailleurs à prendre la forme d’une véritable industrie financière, et les constructions nouvelles s’élèvent de toutes parts avec un luxe croissant. Les étrangers visitent de préférence Paris en septembre (53 6®o) et en août (46 100) ; puis en avril et en mai (41000). Les Français viennent d’abord en octobre (79000) et en septembre (66600), c’est-à-dire pendant les vacances, puis en aviùl et mai (64000 à 65 000), où se produit concurremment, comme nous l’avons vu, un mouvement important d’étrangers. Le nombre des étrangers paraît actuellement en accroissement très rapide, sauf des interruptions momentanées comme celle qui ne peut manquer de se produire celte année pour la clientèle américaine.
- Nouvelles fouilles aux souterrains-refuges de Naours (Somme)i — Pendant l’hiver 1906-1907 l’abbé Danicourt a opéré des fouilles dans le quartier des souterrains-refuges de Naours (v. nos 1164, 21 sept. 1895, et 1670, 27 mai 1905) occupé à la fin du xvnT siècle par les contrebandiers de la Gabelle, ce qui lui; a valu le nom de Grenier à sel; au-dessous de cet étage (où les Faux saulniers avaient leurs cachettes) il a trouvé, dans l’épaisseur de 4 mètres de remblai, trois étages d’occupation : i° la couche Louis XIV, constituée à différentes époques des guerres de ce temps ; %° un mètre plus bas, la couche Louis XIII (de 1635 à 1643); 3° enfin, deux mètres plus bas que la précédente, la couche renfermant les objets et pièces correspondant à la guerre de Cent ans. Cette stratigraphie est très précieuse.
- Réglementation de l’absinthe. — Par décret du 12 décembre 1907, les absinthes et produits similaires livrables à la consommation ne peuvent renfermer par litre plus de 3,5o gr. d’essences dé toutes sortes, ni plus de 1 gr. d’essence d’absinthe.
- La viande de cheval à Paris. — D’après le rapport du service vétérinaire du département de la Seine, on comptait à Paris, au 3r décembre 1906, 299 boucheries hippophagiques et 141 eu banlieue, et 2 abattoirs hippophagiques pour la banlieue et Paris. Les chiffres suivants, indiquant le nombre d’animaux abattus, montrent d’ailleurs les progrès continus de la consommation :
- CHEVAUX ANES MULETS
- CO 00 Vj 00 284 2 2
- 1896 2 I . I 41 227 6l
- 1906. . . . 57.734 822 2 23
- Le chiffre de 1906 représente en viande de cheval, livrée au consommateur iSoooooo de kilogrammes.
- Hgrârigfr
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 'Électricité
- Nouvel interrupteur à distance. — La Société industrielle des Téléphones, 2 5, rue du 4~Septembre, vient dé lancer un nouvel internipteur à distance fort ingénieux, destiné à ouvrir et fermer un circuit de 5 ampères sous no volts, au moyen d’un courant de piles fermé par de simples boulons poussoirs.
- Cet eflèt peut d’ailleurs être obtenu à plusieurs centaines de mètres, au moyen d’une pile de 6 à 8 éléments.
- Il est à peine besoin d’insister sur les avantages de cet appareil et sur son application courante et pratique.
- Il nous suffit de faire remarquer que l’emploi de cet interrupteur a pour conséquence immédiate une économie importante sur la dépense de fils, moulures, etc., de plus, étant données les dimensions réduites de l’appareil, il est possible de le dissimuler et de ne placer à la portée de la main que les boutons doubles d’un encombrement très faible. On peut encore avec cet appareil allumer ou éteindre un lusti'e ou une lampe de plusieurs endroits différents, et cela avec beaucoup plus de sûreté qu’avec le dispositif connu sous le nom de « va et vient » donnant toujours lieu à des hésitations de la part de l’opérateur.
- Voici en quelques mots en quoi consiste l’appareil : Il se compose de deux bobines d’électro-aimant, dont chacune agit sur une armature distincte. L’une de ces bobines sert à Vallumage-, quand elle est reliée au circuit de pile, elle attire son armature qui en se déplaçant
- Fig- i, J/intcrruptour à
- distal
- Canalisation de lumière
- 7.
- Lustre
- allumé à distance
- ^Allumage
- réservée plutôt jusqu’à présent au creusement des petites tranchées dans lesquelles on logera ensuite les tuyaux, les drains; mais l’utilisation peut sans doute s’en faire sur une échelle bien plus large. •
- Il est bien sûr que, si l’appareil doit être traîné à bonne profondeur dans un sol un peu résistant, il nécessitera un effort de traction relativement très élevé ; et souvent on se trouvera bien de le faire tirer par une machine à vapeur, ou du moins par l'intermédiaire d’un cabestan ; mais on voit que sa disposition même permet de recourir à un moyen quelconque pour sa traction. Le soc de la charrue est remplacé ici par une pièce plate, une sorte de couteau C, qui est solidement rattaché à un cadre métallique, dont les deux autres pièces essentielles se trouvent en A et en B ; on remarquera tout de suite que ces lames verticales D aident à couper le prisme de terre, dont l’enlèvement va constituer l’évidement formant le petit fossé de drainage.
- C’est l’écartement de ces deux lames B qui détermine de plus la largeur de cette tranchée. Sa profondeur dépend de l’enfoncement que l’on a donné au couteau C, grâce à la pièce oblique F.
- Il faut éviter que les terres ne puissent retomber dans la tranchée une fois faite ; et à cet effet la partie arrière de l’instrument comporte une pièce métallique et triangulaire B, qui pénètre légèrement dans l’ouverture de la tranchée, et qui, grâce à sa forme triangulaire en plan, rejette assez loin sur le côté les terres qui ont été soulevées, et sorties par conséquent de la tranchée. On comprend les détails de fonctionnement de cet ingénieux instrument, qui est construit par M. Charles T. Howell, de Glen Flora, dans l’Etat américain de Wisconsin.
- Appareil à creuser les fossés de drainage.
- *> Divers
- Fig. 2. —- Montage de l’appareil.
- ferme le circuit de lumière, au moyen d’une pièce métallique légèrement flexible qui vient buter contre deux contacts fixes où aboutissent les deux extrémités de ce circuit de lumière. L’armature A est bloquée dans cette position par une pièce spéciale L qui dépend de l’armature A’ de l’autre bobine dite bobine d’extinction, Que celle-ci soit à son tour reliée au circuit de la pile par le bouton d’extinction, elle attirera son armature, débloquera celle de la bobine d’allumage, permettant à celle-ci de reprendre, sous l’action d’un ressort disposé àr cet effet, sa position primitive, en coupant ainsi le circuit de lumière.
- Le schéma ci-joint fait d’ailleurs comprendre le fonctionnement simple de cet appareil et montre d’une façon précise les applications qui peuvent être réalisées par son emploi.
- *t> Mécanique
- Appareil à creuser les fossés de drainage. — Il
- procède des idées générales appliquées si largement et si heureusement aux Etats-Unis pour les terrassements : c est-ù-dire que c’est une charrue combinée fort ingénieusement dans un but particulier. On semble l’avoir
- Coupe-tranches universel. — On connaît les appareils, un peu compliqués, qui ont été imaginés pour débiter en tranches le saucisson, ou encore le jambon ; ce sont des ustensiles spécialisés, dont l’achat et l’emploi ne sont évidemment justifiés que là où l’on a un grand débit de l’article alimentaire pour lequel ce dispositif a
- rjTP’ÿT'g• ’û''ti• 'si1 pi" ér1 àî"'ii°l'ilfljif'''CS
- Coupe-tranches universel.
- été établi. Mais il y a une foule de matières que l’on a besoin de débiter en tranches très minces, même dans un ménage ordinaire ; il est intéressant dans ce but, de disposer d’un appareil pouvant s’attaquer à toutes les substances à peu près indifféremment ; il suffira d'un essuyage et d’un léger réglage pour passer du pain au jambon, par exemple.
- Il semble vraiment que le coupe-tranches que nous re-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- fp
- produisons ici réponde à ce besoin. Il a été 'lancé en France par la maison Markî, de l’avenue Parmentier, à Paris Nous donnons seulement une des faces de l’appareil; mais les explications rapides que nous ajouterons feront aisément comprendre la disposition de l’autre face. Le coupe-tranches s’attaque tout aussi bien au pain ou aux lcguines, ou même aux fruits sans noyau, qu’au saucisson, au jambon, à la viande. La substance à débiter est placée de l’autre côté de la planche verticale, et en avant d’une sorte de poussoir qui l’oblige à venir se présenter au couteau oblique que l’on voit apparaître, le long du bord de l’ouverture, et vers la gauche. Nous n’avons pas besoin d’insister sur le rôle des deux poignées, qui servent, l’une à maintenir l’appareil coupant, tandis que, avec l’autre, on pousse la matière à trancher. La tranche sortira, ou plus exactement se détachera en avant. Mais des dispositions ont été prévues afin de pouvoir faire varier dans une très large mesure l’épaisseur de la tranche à découper. A cet effet, on n’a qu’à déplacer l’aiguille indicatrice que montre la gravure, de droite à gauche, ou de gauche à droite, et l’on agit, par l’intermédiaire d’une tige de renvoi, solidaire de l’aiguille, sur un bras courbé, qui, en conséquence, éloigne plus ou moins du plateau portant la lame, le plateau dont est solidaire le poussoir entraîuant la matière à trancher. Comme suite logique, la substance en question dépasse davantage l’aplomb du couteau, le sectionnement se fait plus loin, et la tranche est plus épaisse. Aucun risque de se couper les doigts, et possibilité de couper des tranches de i millimètre aussi bien que de 2Ô.
- Fig. 2. Détails du ramasse- fruits.
- Ramasse-fruits automatique. - On a inventé un assez grand nombre de ramasse-fruits ingénieux; mais les plus perfectionnés ont cet inconvénient qu’on ne peut pas les employer de façon ininterrompue. Le fruit est détaché dans de très bonnes conditions; il est recueilli dans une sorte de coupe montée au bout d’un long bras ; mais il faut ensuite ramener à soi cette coupe, en abaissant le manche de l’instrument, pour pouvoir sortir le fruit de son petit logement provisoire. Un Américain, M. Emil Gier, de Mount Angel, dans l’Etat d’Oregon, s’est dit qu'on pouvait parfaitement amener le fruit une fois cueilli dans un panier que tiendrait la personne procédant à la cueillette; et cela au moyen d’un conduit qui serait ménagé dans le manche même du ramasse-fruit. C’est l’idée qu’il a réalisée sous la forme de l’instrument que nous mettons
- sous les yeux du lecteur (lïg. i et 2) avec les diverses parties essentielles de l’appareil, pour faire comprendre la disposition de l’appareil de cueillette, du conduit intérieur de descente du fruit, et de la portion inférieure de ce conduit; portion qui est courbée pour modérer la vitesse du fruit tombant par le conduit ; de la sorte il ne se meurtrira point, et ne viendra pas meurtrir non plus les fruits déjà cueillis qui se trouveront dans le panier.
- Ces ligures vont faire comprendre l’essence du dispositif. L’appareil de détachage des fruits, comprend des sortes de mâchoires mobiles en fil de fer, ressemblant beaucoup à celles qu’on a adoptées dans bien des instruments analogues; le mouvement de rapproche--ment de ces mâchoires est sous l’action d un petit levier, qui se trouve monté sur le manche de l’instrument, et tout à fait à la portée de la personne tenaut et manœuvrant l’appareil. On voit ce levier en C, qui agit sur les tiges de commande B; les tiges courbées F, E et D forment l’organe agissant de cueillette, l’opération se terminant au besoin par un petit mouvement de traction exercé par celui qui tient le manche de l’instrument. Celui-ci est très léger, et constitue un conduit excellent pour le passage des fruits; il est fait en effet d’une sorte
- Emploi du ramasse- fruits.
- de tubulure en étoffe qui est soutenue extérieurement par des tiges métalliques très légères A. Des anneaux métalliques soutiennent le tout. Et quand le fruit atteint le bas du conduit, dans sa chute, il vient rencontrer une partie matelassée, qui supprime tous les inconvénients possibles.
- Les jouets du jour de l’an. — Les baraques qui encombrent les boulevards au moment du Ier janvier, viennent de se fermer et nous avons pu y admirer cette année, comme les précédentes, une foule de charmants et ingénieux petits jouets. La plupart d’entre eux avaient ligure au concours Lépine et ont été décrits déjà ici même, mais à côté des jouets nouveaux, nous avons retrouvé avec plaisir des jouets déjà anciens, sans doute, mais à peine reconnaissables ; car leurs constructeurs ingénieux les ont, pour ainsi dire, habillés au goût du jour, et leur ont donné une physionomie fort curieuse d’actualité. Nous voulons parler de ces petits automates,
- en fer blanc découpé, qui chaque année, à la même époque, envahissent les boulevards, à la grande joie des badauds. Les dispositions mécaniques en sont toujours les mêmes ; il est remarquable, cependant, qu’avec les mêmes
- éléments on puisse arriver à composer des ligures aussi différentes que celles de l’amateur de Diabolo ou du champion de la course en sac ; un ressort, un jeu de minuscules engrenages, une bielle articulée sur un petit vilebrequin, un volant pour équilibrer le tout, et c’est tout ce qui est nécessaire pour donner à ce gai coureur son mouvement endiablé. L’athlète porteur de poids a des mouvements raccourcis et saccadés fort curieux; le joueur de Diabolo sait se rejeter élégamment en arrière pour envoyer son jouet dans les airs. Le petit marchand de tonneaux fait rouler ses tonneaux à vive allure.
- Aujourd’hui uns amusants automates ont pris un repos bien gagné. Nous les reverrons, sans aucun doute, l’an prochain, sous une forme nouvelle encore, et nous pourrons admirer une fois de plus la souplesse d’esprit et l’habileté des artisans qui ont su les concevoir et les construire.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- JANVIER-FEVRIER-MARS 1908
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- L’équinoxe de printemps se produira le 21 mars, à 1 heure. A celle époque de l'année, les jours et les nuits ont sensiblement la même durée.
- Bien que le maximum d’activité solaire soit passé depuis deux ans déjà, il y a parfois encore de belles taches et de beaux groupes. On poursuivra l’observation quotidienne du Soleil en dessinant les taches, facules, etc.,
- 6 jours de part et d’autre de ces dates et l’observer soit à l’œil nu, soit avec des instruments.
- Venus va briller d’un magnifique éclat dans le ciel du soir. Elle traverse successivement le Capricorne, le Verseau et les Poissons. Le diamètre de Vénus ira constamment en augmentant : de 11",6 le 5 janvier, i! atteindra i3",o le 6 février, i5",o le 5 mars et 18",2 à la fin de ce mois.
- Vénus sera en conjonction avec Saturne le 10 février,
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- NEPTUNE
- Taureau:
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- Sagittaire ;
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- MARCHE DES PLANETES SUR LE CIEL PENDANT l’aNNIÎE 1908
- Jupiter.
- et en mesurant et notant leur étendue. La Société astronomique de France a récemment publié à ce sujet des Instructions spéciales pour l’étude du Soleil qui rendront un grand service aux observateurs.
- IL — PLANÈTES
- Les deux cartes ci-dessus permettent de trouver et de suivre les planètes sur le ciel pendant le cours de l’année 1908.
- Mercure traverse le Sagittaire, le Capricorne et le Verseau. Le i3 février, il sera à sa plus grande élongation du soir, à i8°8' à l’Est du Soleil. Le 27 mars, il atteindra sa plus grande élongation du matin, à 270 47' à l’Ouest du Soleil. On pourra trouver la planète 5 à
- à 20 heures, à i° 18' au Nord, et avec ô Bélier (gr. 4,5), le 27 mars, à 10 heures, à o° 2' Nord.
- Mars est pratiquement inobservable. On peut encore facilement le trouver, au début de la nuit, dans le Verseau, puis les Poissons, mais son diamètre de 6" ne permet plus de rien distinguer à sa surface avec les instruments de moyenne puissance.
- Jupiter, en opposition le 29 janvier, est dans les meilleures conditions d’observation. Le diamètre équatorial, de 44",5 le 5 janvier, passe à 45",2 le 6 février, et descend à 43", 4 le 5 mars.
- Mi Scriven Bolton vient d’appeler l’attention, dans une communication à la Société astronomique de France, sur un phénomène fort curieux qui se produira dans les premiers jours de février. La grande tache tropicale
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- australe de Jupiter, découverte eu 1901 par le major Molesvvorth, va se trouver en conjonction avec la grande tache rouge. Alors que la longitude de la grande tache rouge reste sensiblement la même, celle de la grande tache australe diminue rapidement (environ de 8° par mois). La conjonction de ces deux taches a déjà été observée en 1902, 1904 et 1906. Il serait du plus haut intérêt de suivre ce phénomène avec de très bons instruments.
- Nous attirons l’attention sur les curieux phénomènes présentés, pour les plus petits instruments, par les satellites de Jupiter. On en trouvera la liste complète dans la Connaissance des Temps, le manque de place ne nous permettant pas de la reproduire ici.
- Saturne, dans les Poissons, pourra encore être observé en janvier. Nous avons signalé, au précédent Bulletin, la disparition de l’anneau, son plan passant d’abord par la Terre, puis l’anneau présentant ensuite pour nous sa face obscure. G’est ce qui se produit encore dans les premiers jours de janvier. L’anneau se refermera peu à peu et, le 6 janvier, se présentera encore une fois juste par la tranche. Après cette date, nous verrons la face australe jusqu’en 1921.
- Uranus est inobservable.
- Neptune, dans les Gémeaux, sera en opposition le 5 janvier. On le trouvera aux positions ci-après :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- b janvier. ... 0 h. 58 m. -1- 21° 56' 2".5
- (à février .... (i li. 55 ni. a- 22° 1' 2'',5
- 5 murs.......... fi li. 53 m. -1- 22° 5' 2".3 .
- Petites planètes. — Les petites planètes Vesta, Cérès et Pallas pourront être facilement trouvées aux positions suivantes :
- VI'CSTA UKKKS PALLAS
- ~-s - — mu ———
- DATES Æ (D Éclat Æ (D Celai .R (D Éclat
- Jauv. 8 fi" 52'“ +22° 58' (>,9 _ _ 11“ 29'“ -15° 52' 7,5
- — lfi fi. 44. +23.31. fi, 9 — — — 11.53. —I5.15. 7,2
- — 2i 6.56. +24.0 . 7,0 — .— — 11.55 — I 4.10. 7,1
- Fü v. 1 fi. 30. +24.25. 7,0 13" 23'“ + 5° 52' 7,5 11.50. -12.40. 7,0
- - 9 fi. 25. +2 4. ifi. 7,1 13.2fi. + 6.1 4. 7,4 11.35. — 10.40. fi, 9
- — 17 fi. 25. +25.5 . 7,2 15.27. + 6 .44. 7,5 11.32. - 8.11. 6,8
- — 25 6. 23. +25.18. 7,5 15.26. + 7.21. / ,0 11.27. - 5.10. 6,8
- Mies I fi.24. +25.29. 7,-i 15.24. -+* N. 1 . 7,2 11.22. - 2.2 (>,8
- — 12 fi. 28. +25.38. 7,5 15.20. + 8.50. 7,1 11.17. • 1- T . 20. ri, 8
- — 20 0-oi. +25.43. 7,o 15.15. . i > i . 7,1 11.11. + 4.40 0,9
- — 28 fi. 41. +25. lfi. 7,7 15.8 . + 10.14. 7,1 11.7 . + 7.45. fi, 9
- III. PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipse totale de Soleil. — Celte éclipse se produira le 3 janvier 1908. Elle sera invisible à Paris. La ligne centrale se trouve dans l’Océan Pacifique et ne l'encontre que des îles minuscules perdues dans l’immense Océan. La phase partielle pourra être observée de la Nouvelle-Guinée, du Nord-Est de l’Australie, du Sud des Etats-Unis, du Mexique, de l’Amérique Centrale, de la Colombie, de l’Equateur et du Pérou.
- Conjonctions :
- Le 19 janvier, Mercure en conjonction avec 4 Capricorne (0,0), à 0 II., à 0°0',5 8ud.
- Le 19 janvier, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 15 h., à 1° 33' Su.l.
- Le 10 lévrier, Vénus eu conjonction avec Saturne, à 20 li., à 1*18'Nord.
- Le 13 février, (Neptune en conjonction avec la Lune, à 14 lu, à 0° 12' Sml. Le 15 février. Jupiter en conjonction avec la Lune, à 14 h., à 1° 12' Sud.
- Le 11 mars, Neptune en conjonction avec la Lune, à 20 h., à 0° 50' Sud.
- Le 13 mars, Jupiter en conjonction avec la Lune, à lfi U., à 1° T Sud.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Celte liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6e grandeur.
- DATE ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 15 janvier. . Ç Taureau. 5,5 16 h. 55 1IL Appulse à 5',4 ilu Bord.
- 17 — d Gémeaux. 5,6 5 li. 12 UL 5 h. 54 111.
- 17 — 5 Gémeaux. 3,5 16 h. 17 m. 16 li. 46 111.
- 18 2788 B. A. C. 6,0 20 h. 32 ni. 21 h. 45 m.
- 12 février. . Ç Taureau. 3,3 0 h. 34 111. 1 h. 54 m.
- 13-14 — 5 Gémeaux. 5,5 23 h. 59 m. 1 h. 16 111.
- 14 — 65 Gémeaux. 5,4 4 h. 52 ni. i h. 45 111.
- 8 mars. . . 4 Ç® Taureau. 4,6 22 h. 55 ni. Appulse à 0',7 du Bord.
- Étoiles filantes. — On pourra effectuer pendant ce trimestre les observations des météores ci-après :
- DATES 2 jauvior . .
- 2-3 — • •
- 4-11 — .
- 18 —
- 28 — . • En janvier . . lfi février . . 7 mars. . . 7 mars . .
- RADIANT
- * Ecrevisse, [â Bouvier. iN Chevelure. £ Couronne, a Couronne. 63 Cocher. , a Cocher.
- [3 Scorpion, y Hercule.
- Étoiles variables. — On trouvera dans l'Annuaire du Bureau des longitudes les éléments pour l’observation suivie d’un très grand nombre d’étoiles variables.
- Minima de l’étoile variable Algol ((3 Persée) :
- 2 janvier (18 h. 18 ni.); 19 (23 h. 13 ni.); 22 (20 h. 3 ni.). — 9 février (0 h. 58 ni.); tl (21 h. 48 ni.); 14 (18 h. 57 m.). —2 mars (23 h. 33 m.); o mars (20 li. 22 m.); 25 (22 h. 7 ni.).
- Em. toucuet.
- HYGIÈNE ET SANTE
- La lumière rouge et la variole. - Finsen avait conseillé d’atténuer la violence de l’éruption variolique en mettant le malade dans un séjour dont la lumière serait tamisée par des verres rouges. J’ai relaté jadis avec détails cette innovation qui n’était du reste que la mise en pratique d’une habitude fort ancienne. En voici la preuve. Lorsque Charles-Quint enfant traversa pour la première fois les Flandres, il fut pris à Lille de la petite vérole. En dehors du traitement de l’époque, le petit malade fut enveloppé de couvertures de drap rouge, les rideaux du lit furent remplacés par des tentures rouges. Il existe à la Bibliothèque Nationale des inventaires sommaires des archives départementales antérieures à 1790 pour chaque département ou grande ville de province. Dans le volume des archives civiles du Nord, sous le chapitre Chambre des comptes de Lille (in-4° Lille, 1881), on trouve la mention suivante, registre B, 2210, in-folio parchemin, 44s feuilles, folio 398 « du ier janvier « au 31 décembre i5og, compte de Jean Micault, rece-<( vêtir général des finances de Maximilien empereur et « de Charles, archiduc d’Autriche, pour un an commente çantle ier janvier i5o8. A Gérard delaRoze, marchand « de laines demeurant à Bruxelles, la somme de soixante-« .quinze livres pour parties de drap de laine qu’il a «'' vendues et délivrées durant le mois de novembre « xv'1 et neuf. Et premièrement pour dix aulnes trois <c quartiers de hue escarlatte rouge, pour en faire ung « rnnve.rsoir et deux corssets pour Monseigneur l’archi-
- « duc pour s’en servir durant sa derrenière maladie des « verrolles... Item pour six aulnes de fin drap rouge « pour tendre alentour de son lit durant sa dicte maladie « pour la veue.
- C’est bien le cas de dire : rien de nouveau sous le Soleil.
- L’épidémie de suette miliaire dans les Charentes.
- — J’ai indiqué, au moment de son apparition en 1906, cette nouvelle épidémie de suette et donné l’interprétation ingénieuse du professeur Chanlemesse sur l’origine et les causes, de la diffusion de la maladie.
- Le Dr Haury vient d’adresser au ministre de l’Intérieur un rapport sur cette épidémie qui contient des données intéressantes. L’épidémie des Charentes a sévi dans 184 communes de la région (Charente, Charente-Inférieure, Deux-Sèvres), frappant au total 6298 personnes et causant 223 décès. La maladie a atteint des gens de tout âge et de toute condition ; les enfants ont été relativement épargnés, on n’en compte que 72, donnant 12 décès.
- L’épidémie a été relativement bénigne si on la compare à celles de l’Aude, en 1884, de la Vienne, en. 1887 et celle d’Oléron, en 1880. Comme dans les épidémies précédentes, les villes ont été peu touchées et la maladie a sévi surtout dans les campagnes, ce qui donne une certaine confirmation de l’hypothèse émise par M. Chan-temesse que la suette pourrait bien, comme la peste, être transportée par les rats des champs. Dr A. C.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. .— Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quin/.e jours.
- Renseignements. — M. Berthon, à Lyon.— Nous ne pouvons à notre grand regret vous renseigner. 11 faudrait vous adresser à un spécialiste de ce genre de questions; nous pouvons vous indiquer M. Razous, à la Société d’Edilions techniques, 16, rue du Pont-Neuf.
- M. Barthe, à Grand-Bassam. — Le white spirit, doit être, croyons-nous, de l’essence de pétrole.
- M. J. S., à Marseille. — Vous trouverez exactement ce que vous demandez dans un volume qui vient de
- paraître chez Delagrave, la Grande ile de Madagascar, par M. A. Leblond, in-8°, illustré. Prix : 7 fr. 5o. L’auteur y a développé des articles parus dans la Revue des Deux Mondes, a cherché sur place et parfaitement réussi à donner brièvement une complète idée du pays, des races et de l’âme malgache. Sa bibliographie achèvera de vous renseigner.
- M. 1s. Mar aune, à Allanche (Cantal). — Tous nos remerciements pour l’intéressante recette sur 1 emploi de la poudre de lycopode publiée dans notre numéro du 11 janvier.
- M. E. Colin, à Bruxelles. — Beurre de karité, ou beurre de galam ; consulter la collection Bulletin mensuel du Jardin colonial. (EAgriculture pratique des pays chauds). A. Challamel, 17, rue Jacob, Paris, que vous trouverez dans les bibliothèques.
- BIBLIOGRAPHIE
- Exploitation du pétrole; par L. G. Ta.ssa.ht. i vol. in-4? de 728 p. et 16 pl., chez Dunocb Paris, 1907. Prix : 35 francs.
- Avec le développement considérable des entreprises pétrolifères et le nombre dé personnes qua s’y intéressent, un ouvrage d’ensemble sur le pétrole était très désiré. Il en existait quelquesr-uns enlangue étrangère tels que l’ouvrage de Sir Bôvervon Redwood, intitulé Petroleum and its products. Mais, outre qu’il y avait lieu de les mettre au courant, en français nous ne possédions rien d’analogue. C’est cette lacune que vient de combler L'Important et excellent ouvrage dé M.. Tassart, qui mérite mieux qu’une simple mention bibliographique. On y trouvera, notamment, une description très complète et généralement très-bien informée de toutes les exploitations pétrolifères existant dans Le monde, y compris les plus récemment mises en valeur. L’étude technique' des procédés de sondage et de tubage, la direction à donner aux recherches, et l’examen chimique des produits hydrocarbures sont également traités avec le plus grand soin. Un volume ultérieur, non encore paru, traitera des procédés de transport, du raffinage et des conditions économiques. S’il est permis d’ajouter Line légère critique à nos éloges, nous regretterons seulement que l’auteur u’ait pas cru devoir suffisamment résumer ses observations sur toute une série de points importants pour la pratique comme pour la théorie, et au sujet desquels les indications se trouvent dans ce long ouvrage à l’état disséminé : par exemple, sur la comparaison des divers procédés de sondages entre eux, sur les variations des districts pétrolifères avec le temps, l’approfondissement des puits et la proportion des puits productifs, sur les relations des nouveaux pétrolifères avec les eaux salées, etc. Peut-être, d’ailleurs, certains de ces points se trouveront-ils traités dans le second volume à l’occasion de l’élude économique.
- L’hygiène du neurasthénique, par Gilbert Ballet. 3e édit. Paris. Masson. Prix : 4 francs.
- On trouvera dans cette édition quelques chapitres nouveaux. Le mot neurasthénique dont on abuse en l’employant sans discernement, a vu préciser sa signification clinique. Des compléments indispensables ont été ajoutés aux chapitres relatifs à la psychothérapie, au régime alimentaire des neurasthéniques, à l’hygiène et au traitement de leurs troubles intestinaux.
- Traité du paludisme, par A. Laveran. 2° édit. in-8°, 625 p., 58 fig. et 1 pl. Paris. Masson. Prix ; 12 francs.
- L attribution du prix Nobel au Dr Laveran est le légitime hommage dû à l’utilité des découvertes et travaux dont ce volume est l’exposé.
- Depuis la première édition ( 1898), l’hypothèse émise par l’auteur dès 1884, sur le rôle des moustiques dans la propagation du paludisme, a été vérifiée. L’hémat-
- tozoaire du paludisme accomplit plusieurs phases de son évolution dans le corps des moustiques Anophèles ; i et les Anophèles qui se sont infectés en suçant le sang , de sujets atteints de paludisme transmettent la maladie ( par leurs piqûres. D’empirique qu’elle était, la prophylaxie du paludisme est devenue rationnelle et a déjà donné d’excellents résultats.. Aussi cette nouvelle i édition de l’ouvrage a été mise au courant de la ! science. On y trouvera toutes les données utiles pour reconnaître et combattre Le redoutable fléau,
- i du Japon: Choses vues, par Clive Hollan®, traduit de l'anglais par M. Luosé-PteiroN. in-8°, 200 p..„ 48 pho-! togravures. Paris.. Yuibert et Nonyr.. Prix : 4 francs.
- La mystérieuse splendeur du pays db Chrysanthème,
- ! Foriginaliité de F âme japonaise, lia vie die famille,
- : la vie champêtre, la vie des- villes, les fêtes,, enfin
- ; l’avenir du Japon sont ici fixés en quelques touches sobres et justes, qui font de l’esquisse la plus sommaire un tableau achevé.
- Les similigravures (d’Underwood and C°) sont d’une valeur artistique incomparable.
- Le Tour de France, in-folio. Paris, 295, boulevard Ras-pail. Prix: 20 francs.
- Cette belle publication, artistique et documentaire à la fois, termine son 3° volume (n°4i, décembre 1907),, par un article de René Bazin sur le cap Fréhel et des notices sur Lyon, Marseille, Amiens, Reims, etc. Elle paraîtra désormais en 4 fascicules trimestriels exclusivement régionaux, consacrant cinq ou six chapitres à chaque tranche méthodiquement délimitée de « toutes les beautés de la France ».
- Nouvelle bibliothèque pratique d’électricité, par G. Gei-ger. — ier vol., Généralités ; 20 vol., Récepteurs électriques-, 3° vol., Générateurs d'électricité-, 4e vol., Eclairage électrique-, 5“ vol., Sonneries électriques ; 6e vol., Téléphonie -, 7° vol., Nouvelles découvertes en électricité. — Chaque volume in-12 br. avec figures. Prix : ofr,75. H. Desforges, quai des Grands-Augus-tins, Paris.
- Fabrication des essences et des parfums. (Chimie des parfums.) Deuxième édition entièrement refondue, par Durvelle. Un fort volume in-8° de 620 pages avec fig. Br. : i5 fr. Chez H. Desforges, 29, quai des Grands-Augustins, Paris.
- L’auteur a assumé la tâche de mettre cette nouvelle édition en harmonie avec les progrès réalisés dans le domaine des parfums, en analysant, classant et codifiant en quelque sorte les nombreux renseignements éparsr dans les périodiques.. Sans donner à la chimie une place prépondérante, il a fait appel à ses lumières dansi tout le cours de son travail. Après avoir exposé dans la. première partie les divers procédés de fabri-
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- BIBLIOGRAPHIE
- cation des essences par distillation, expression, enfleu- Il rage, etc., et décrit les appareils employés, il a con--|| sacré un chapitre spécial à l’étude des éléments con- J tenus dans les essences et les méthodes employées ||
- soit pour leur dosage, soit pour leur fractionnement. Ce travail trouve son complément naturel dans les monographies des essences, qu’il a groupées suivant l’ordre de parenté des plantes à parfum.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3ora,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 0 janv. 1908 . — 7°,5 S. 1. Couvert. » Brouillard ; givre ; couvert.
- Mardi 7 J°,t S. W. 4. Couvert. 0,4 Couvert; bruine de temps en temps.
- Mercredi 8 5°, 7 W. S. W. 4. Très nuageux. 1,9 Très nuageux; pluie à diverses reprises.
- Jeudi 9 iM W. N. W. 2. Couvert. 1,8 Très nuageux ; pluie le matin.
- Vendredi 10 — 2°,8 M. N. E. 5. Couvert. 0,0 Grésil ; beau de 9 b. à 24 b.
- Samedi 11 — 9°,6 V. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Dimanche 1 2 - 9°,0 E. 2. Beau. » Gelée blanche; beau.
- JANVIER 1908. — SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 JANVIER 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du un heu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri.à boule, sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Dit 2 au i‘i janvier 1908. — Le 2 janvier. Fortes pressions sur le Centre et l’Ouest : Vienne, 771 ; Dunkerque, .770 ; dépression sur l’Italie et l’Adriatique, 754-Pluies et neiges sur le Centre et le Sud du continent; en France : Belfort, 2 millimètres; Marseille, Paris, 1. Température du matin : Moscou, — 22°; Paris, — 5; Alger, 10; Puy de Dôme, —4’> Pii du Midi, —7; moyenne à Paris : — 2°,8 (normale : 2°). — Le 3. Légère dépression sur l’Espagne et sur la Scandinavie; aire supérieure à 770 des Iles-Britanniques à la Russie. Neiges en Finlande. Temp. du matin : Nancy, —i4; Paris, —10; Puy de Dôme, —4; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : —8°,4 (normale : 20). — Le 4- Fortes pressions générales : Irlande, Prague, llermanstadt, 773 ; dépressions au S.-O. et au N.-E. : Arkangel, 749. Neiges sur le N. et l’E. du continent; pluies en France : Perpignan, 20; Rochefort, 5; Marseille, 1. Temp. du matin : Belfort, —i5°; Paris, —9; Puy de Dôme, -—3; moyenne à Paris ; —6°,2 (normale ; 20). — Le 5. Maximum baromélr. en France, 773; dépression sur la Russie N. et la Scandinavie. Pluies au S.-O. de l’Europe, neiges au N.-E. Temp. du matin : Belfort, —12; Paris, — 10: Alger, 12; Pic du Midi, —11 ; moyenne à Paris : —6°, 8 (normale : 20). — Le 6. Dépression surtout le N. du continent ; minimum en Finlande, 742; maximum sur l’E. de la France, 770. Pluies et neiges sur la moitié N. de l’Europe; neige à Dunkerque. Temp. du malin : Moscou, —29; Paris, —7; Alger, 12; Puy de Dôme, —6; Pic du Midi, —11: moyenne à Paris ; — 20 6 (normale : 20). — Le 7. Dépression sur les Iles-Britanniques ; Irlande, 746 ; S. de la France, Méditerranée, 770. Pluies sur le N. et l’O. du continent; en France : Calais, i5; Brest, Cherbourg, 3; Le Mans, 2; Nancy, Paris, 1. Temp. du matin : Moscou, —19;
- Paris, 4; Alger, 12; Puy de Dôme, -—2; Pic du Midi,
- — 6; moyenne à Paris : 5°,4 (normale : 20). — le 8. La dépression britannique gagne les Pays-Bas (736) ; mauvais temps général en France; mer démontée sur l’Océan et la Manche; absence générale de fortes pressions. Pluies générales; en France : Calais, 19; Cherbourg, 16; Limoges, 10; Biarritz, Paris, 6. Temp. du matin : Arkangel, —24°; Paris, 4; Biarritz, 11 ; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —9; moyenne à Paris : 4°,6 (normale ; 20). — Le 9. Minimum barom. à Berlin : 740; basses pressions générales; mer mauvaise sur 1a Manche. Pluie et neige générales; en France : Calais, 34 '. Nancy, 13 ; Biarritz, 12; Rochefort, 8; Brest, 3; Paris, 1. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, —200; Paris, 4; Alger, 11; Puy de Dôme, —4; Pic du Midi,
- — 10; moyenne à Paris : 20 (normale). — Le 10. Relèvement des pressions : Irlande, 772; Pas de Calais, 767; Kief, 745. Pluie et neige générales ; en France : Besançon, 11 ; Biarritz, 10; Toulouse, 7; Clermont, 3; Brest, 2; Paris, 1. Temp. du matin : Uleaborg, —3i°; Paris, — 3 ; Alger, 13 ; Pic du Midi, — 6 ; Puy de Dôme, — 8 ; moyenne à Paris : —4° (normale ; 20). — Le 11. Fortes pressions sur l’O. de l’Europe : N. de la France, 776 ; dépression profonde en Scandinavie ; Bodoe, 742- Pluies sur le N. du continent; en France : Biarritz, 5; Perpignan, Lyon, Belfort, 1. Temp. du matin : Arkangel,
- — 32; Paris, —10; Alger, 14 ; Pic du Midi, —6; Puy de Dôme, —14 ; moyenne à Paris : 6°,9 (normale : 20).
- — Le 12. Maximum barométrique à Wiesbaden, 777 ; Scandinavie et Finlande, 745. Neiges sur le N. du continent. Temp. du matin : Paris, -— 12; Alger, i5; Puy de Dôme, Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : — 4°,2 (normale : 20). — Phases de la Lune : Premier Quartier, le 10 à 2 h. 2 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne a La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : s 20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1809 — 25 JANVIER 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- La misère de la météorologie. — A l’Académie des Sciences, le 6 janvier, M. Bouquet de la Grye a présenté le rapport suivant : « La Commission centrale de la Société de Géographie de Paris a fait transmettre au Président de l’Académie des Sciences un vœu tendant à faire assurer, par les Pouvoirs publics, l’arrivée télégraphique quotidienne en France des dépêches météorologiques de l’Islande et des îles de Féroé. A l’heure actuelle, tous les Etats de l'Europe reçoivent ces dépêches moyennant un abonnement annuel qui est descendu à 6000 fr. La France seule emprunte les chiffres donnant la pression barométrique et la température en Islande aux publications anglaises, d’où un retard de 24 heures. Or les météorologistes savent que presque tous les cyclones venant de l Ouest se sont fait sentir en Islande au moins 24 heures avant de frapper les côtes d’Angleterre et 48 heures avant les nôtres. Si nous avions une correspondance directe avec l’Islande, l’annonce des coups de vent serait signalée plus tôt, nos bulletins auraient une valeur supérieure et des sinistres pourraient être évités. Cette situation n’a pas échappé aux directeurs du bureau central météorologique, des demandes pressantes ont été faites et, s’il y avait encore quelque hésitation à assurer ce service, un vœu de l’Acâdémie montrerait l’intérêt qu elle prend à tout ce qui peut, pour nos marins, diminuer les dangers delà navigation ».
- L’Académie adopte les conclusions de ce rapport. Il serait indispensable que le budget de 1909 donnât enfin satisfaction à ce désideratum.
- A propos de météorites. — Notre confrère anglais Nature reproduit diverses indications sur les chutes de météorites connues. Le Dr H.-A. Ward a décrit, dans les « Comptes rendus de l’Académie des Sciences de Rochester » un météorite trouvé en 1902, près de Wil-lamette (Oregon). La masse, de fer métallique, mesure 10X6 1/2 X 4 i/4 pieds (3 X 1,88 X i,3o mètres) et pèse près de 16000 kg. Ce météorite occuperait, par ses dimensions, le 3e rang parmi les météorites que l’on connaît actuellement. Les deux qui le surpassent en poids sont le fer de Anighito, de 36 5oo kg. rapporté par Peary du Groenland, et celui de Bacubirito (Mexique) estimé à 27500 kg. Le météorite de Willamette est de forme conique et a été trouvé, enfoncé dans la terre, la base en haut. Il est probable que, par suite du passage dans l’atmosphère terrestre, il ne reste aucune trace de la surface primitive. L’analyse chimique de ce visiteur céleste indique 91,5 0/0 de fer, 8 0/0 de nickel et des traces de cobalt et de phosphore. Dans une précédente communication, le Dr Ward avait décrit l’aérolithe de Bath Furnace dontla chute fut observée, le i5 novembre 1902, dans le Kentucky. Trois pierres furent trouvées, dont la composition est une chondrodite sphéroïdale, en tout semblables à trois météorites se rattachant à l’essaim des Léonides et dont les chutes eurent lieu respectivement en 1843, i856 et 1898. M. L.-L. Fenner
- a dressé une liste de 71 chutes de météores tombés dans les Indes depuis 1798. En dernier lieu, la moyenne est d’une chute par année. A l’exception de trois, tous ces météorites sont pierreux. Le professeur O.-C. Farrington a réuni 36o analyses publiées de 248 fers météoriques. La composition moyenne est la suivante : fer: 90 0/0; nickel: 9 0/0; cobalt: 0,9 0/0; cuivre: 0,02 0/0.
- La sixième comète de l’année 1907 a été découverte le 4 décembre, peu avant le milieu de la nuit, par M. Max Wolf, de l’Observatoire d’Heidelberg. Les coordonnées de cette.comète télescopique, étaient, le jour de la découverte :
- Ascension droite = 31' 23“ 4o8 ! Déclinaison = -f- 5o°35'. Ces chiffres la placent un peu au Nord-Ouest de l’étoile a Persée. La découverte actuelle porte à 32 le nombre des comètes signalées depuis le début du xxa siècle. Le nouvel astre, étant la sixième comète de 1907, porte la désignation 1907 /.
- Un appareil pratique pour la mesure du vide. —
- M. Benidt, de l’Université de Halle, a imaginé un appareil pratique et rapide pour mesurer la pression d’un récipient où l’on fait le vide. Cet instrument semble appelé à rendre de notables services, notamment dans l’industrie des lampes électriques à incandescence. Il est basé sur le principe suivant : la température d’un fil à qui l’on fournit une quantité constante de chaleur et que l’on maintient dans le récipient où l’on fait le vide, augmente quand la pression diminue. En effet, à mesure que le vide augmente, les pertes de chaleur par conductibilité diminuent. La quantité de chaleur constante est fournie au moyen d’un courant électrique constant. Il suffit d’examiner la dilatation du fil pour se rendi'e compte du degré de vide obtenu.
- Transport d’énergie électrique à haute tension. —
- Ce transport d’énergie a été réalisé aux Etats Unis sur une longueur de 148 kilomètres. Il dessert les villes de Grand Rapids et de Muskegon (Michigan) au moyen de courants triphasés à 72000 volts. Malgré ce chiffre énorme, l’exploitation en est, dit-on, tout à fait normale. On y signale, il est vrai, de nombreux coups de foudi’e.
- Le télégraphe à Lhassa. — La capitale du Thibet, Lhassa, va être reliée aux Indes par une ligne télégi'a-phique. C’est le début de la modernisation de cette région, si longtemps inaccessible à tout élément étran-ger.
- La randonnée d’une escadre. — Nous avons exposé au n° 1808 la réalisation du projet gigantesque conçu par le président Roosevelt et l’Amirauté américaine de transférer dans l’Océan Pacifique les seize cuirassés formant l’escadre de l’Atlantique des États-Unis. Il avait été question tout d’abord de choisir l’itinéraire de la Méditerranée et du canal de Suez. La route du cap Horn l’a finalement emporté. Le départ a eu lieu le 16 décembre, après la revue passée par M. Roosevelt dans la
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- INFORMATIONS
- baie de Hampton Roads, que rendit célèbre le fameux combat du Mervimac et du Monitov. Les seize cuirassés, qui comptent parmi les meilleures unités de combat actuellement en existence, auront à parcourir 16000 milles avant d’atteindre San-Francisco. Voici les provisions qu’ils emportent pour nourrir les 12000 hommes qui forment leurs équipages et leurs étals-majors : 5ooo tonnes de viande fraîche; 26000 t. de légumes (desséchés par un procédé spécial); 5ooo t. de farine ; 440000 oeufs conservés; 6000 bushels (boisseaux de pommes de terre fraîche ; 100 000 livres de lait condensé ; 5oo 000 1. de fruits en conserve; 400000 1. de haricots. La quantité de charbon dont on prévoit la consommation pendant le voyage est de a5o 000 tonnes, que transporteront, en des points donnés, des charbonniers naviguant presque tous sous pavillon anglais. L’itinéraire a été tixé comme suit :
- DKPAKT
- Hampton Rds . 16 déc.
- Trinidad. ... 28 —
- Rio-de-Janeiro. 16 janv.
- Punta-Arenas. . 3i —
- Callao.......... ig fév.
- Magdalena Ray. 5 avril
- ARRIVEE
- Trinidad. ... 25 déc.
- Rio de Janeiro . 10 janv.
- Punta-Arenas. . 26 —
- Callao . . ... i3 fév. Magdalena Ray. 5 mars San-Francisco. . 10 avril
- La marine des deux mondes suit avec une attention passionnée les progrès de l’escadre américaine, au cours de cette randonnée qui constitue un événement important à plus d’un titre.
- La soie naturelle et la soie artificielle. — La consommation mondiale de la soie naturelle est d’environ 5o millions de kilogrammes se répartissant ainsi : Europe : 24000000 de kg. ; Asie : 18000 000 ; Amérique : 7000000; Afrique : 1 000000. On évalue à 5 millions de kilogr. la consommation mondiale actuelle de la soie artificielle; ajoutons que le nombre de variétés de soie artificielle augmente tous les jours.
- Nouvelles cornues pour la fabrication du gaz. —
- C’est le Dr Schiling, de l’Usine de Munich, qui a inventé le dispositif nouveau dont il s’agit, pour les usines à gaz de cette ville. Chaque four comprend trois chambres ; leur sole présente une inclinaison très marquée. Quand la carbonisation est complète, on ouvre la porte de la chambre inférieure, et la charge de coke glisse suivant une pente correspondant à celle de la sole. Tout natu -rellement, à ce moment, on ouvre la porte de la portion supérieure du four, et une charge fraîche de charbon est introduite par le moyen d’une trémie. Pour vider et pour recharger, il ne faudrait pas plus de 3 minutes. La période de distillation dure 24 heures ; mais, pendant 16 heures, il suffit d’un seul homme pour surveiller une série de 3o chambres.
- L’extraction du Tungstène en Angleterre. — Si
- nous en croyons notre confrère le Chemical Trade Journal, la production du wolfram et de la scheelite a pris une activité considérable dans le Cumberland ; les mines de Carrock auraient été vendues récemment à une entreprise importante dite Cumbrian Mining Co. On installe en ce moment à Carrock des machines pour traiter le minerai qui se rencontre dans le quartz. On affirme, d’autre part, que des prospections auraient fait trouver des minerais riches dans la chaîne d’Eskdale.
- L’électrification des chemins de fer en Italie. —
- 11 ne s’agit naturellement que d’une électrification toute partielle; néanmoins, il est intéressant de songer que, par des lois successives, le Parlement a décidé l'électrification, dans un temps assez prochain, d’une longueur de plus de 410 kilomètres de lignes, dont 167 à double voie. Cette transformation se fera notamment entre Savone et San Giuseppe, puis entre Russoleno et Modane, sur la route du Mont Cenis, enfin entre Domodossola et Iselle, de manière à prolonger la traction électrique adoptée pour la traversée du Simplon. Ou adoptera ce même mode de traction entre Florence et Pologne, pour o desservir les relations très actives qui existent entre ces deux villes, et qui se font à travers une région montagneuse, par des tunnels horriblement enfumés à l’heure acluelle ; puis entre Milan et Lecco d’une part, et cette dernière ville et Arona; enfin aux environs de Naples, jusqu’à Salerne et vers Castellamare.
- Une école de papeterie dans une Université. —
- L’Université de Grenoble va être dotée d’une école de papeterie destinée à former des ingénieurs papetiers, futurs directeurs d’industrie et des conducteurs de machines susceptibles de s’élever ultérieurement jusqu’à l’emploi de chef de fabrication. On sait que Grenoble est un centre important d’industrie papetière, et l’on 11e peut qu’applaudir à l’intelligente innovation tentée par l’Université de cette ville pour s’adapter aux conditions locales. Rappelons que Grenoble possède déjà un remarquable institut électrotechnique.
- Un pont en arc de 300 mètres d’ouverture. —
- Nous avons à peine besoin de dire que ce sera un pont métallique ; mais la chose est néanmoins intéressante. Il s’agit d’une travée de 3o5 mètres, qui franchira l’East River à New-York, et qui doit faire partie d un viaduc de dimensions considérables au point de vue de sa longueur totale. Il aura bien près de 5200 mètres (à cause des approches nécessaires, vu-la hauteur à laquelle son tablier doit s’élever), et il reliera le réseau du Pennsylvania Railroad avec celui du NewYork, New-Haven and Hartford Railroad. La grande travée sera l'aile de deux arcs métalliques distants de i8,3o m., la hauteur de ces arcs sera de près de 43 m- aux extrémités et de 12,20 m. à la clef.
- Ménage de centenaires. — On a célébré dernièrement en Hongrie, au petit village d’Isonbolgi, l’anniver-saiie d’un mariage contracté il y a 100 ans. Les deux époux ont : le mari 126 ans et la femme 116; ils comptent 712 descendants dans le village et dans les environs. L’Empereur François-Joseph a tenu, paraît-il, à féliciter personnellement l’heureux couple.
- Les chiens de Paris. — On comptait à Paris, en 1906, 71 047 chiens soumis à la taxe, et en banlieue 92 5o5. Il faut ajouter à ces chiffres les chiens errants dont on a capturé, cette même année, 10900. Le nombre des cas de rage pour 1906 est de 3i (48 en 1906, 67 en 1904, 92 en 1903) ; le nombre des personnes mordues et soumises au traitement antirabique a été de 208 ; aucune n’a succombé.
- La langue française en Tunisie. — Les chiffres donnés par le dernier recensement montrent les progrès de la langue française en Tunisie; voici les principaux. Sur 128895 Européens, 67896 sont illettrés, ce qui fait une proportion de 52,7 pour 100; mais cette proportion varie comme il suit suivant la nalioualité considérée : Italiens, 63,8; Maltais, 5g,o; Espagnols, 43.4; Grecs, 39,0; Européens de nationalité non dénommée, 31,3 ; Français, 26,2. Si d’ailleurs on défalque du nombre des illettrés les enfants qui y sont comptés, la proportion moyenne est de 42,0 et l’on a pour les diverses nationalités ci-dessus : Italiens, 55,5; Maltais, 5o,i; Espagnols, 34,5; Grecs, 2.4,6; divers, 24,0; Français, 12,0. D’autre part, la proportion des étrangers parlant français est en moyenne de 36,5 pour 100, soit : Italiens, 33,2; Maltais, 48,0; Grecs, 53,5; Espagnols, 66,5; autres Européens, 67,6. Ces chiffres témoignent clairement du progrès de notre langue, qui, dans presque toute l’étendue de la régence, est la base des relations courantes.
- Le prix de la vie à Paris. — La statistique est une science qui donne parfois des résultats imprévus. C est ainsi que, d’après de beaux calculs récemment publiés par la Direction du Travail, les dépenses de nourriture et de logement, pour une famille parisienne de quatre personnes, auraient, depuis 1883, baissé de i363 fi*, à 1260 fr. et n’aurait monté depuis le commencement du siècle que d’environ un tiers (942 en 1820). Ces chiffres sont sans doute faits pour consoler ceux qui, sans faire de statistique, ont seulement une famille à nourrir. La même publication, plus vraisemblable dans ce cas montre que le salaire journalier moyen pour les métiers suivants (sellier, cordonnier, charron, charpentier, plombier, terrassier, maçon, peintre) a passé de 2 fr. en 1853, à 3 fr. en 1874. à 4 fr. en 1901 et 4 fr. 20 en 1906. En un demi-siècle, de 1853 à ig>>6 le salaire aurait donc plus que doublé (accroissement de ix t 0/0). En province l’augmentation est moins rapide Dans les dexmières dix années où le salaire a augmenté à Paris de 12 1/2 0/0, en province, il s’est accru seulement de 7 0/0.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- "Photographie
- Lanterne pour laboratoire photographique. — On
- sait l’importance que présente pour un photographe la question de la lanterne qui éclaire le laboratoire où il développe ses clichés. Il faut que cette lanterne éclaire ; mais, à tout prix, il faut éviter qu’elle n’envoie des rayons susceptibles d’impressionner les plaques photographiques. On se sert donc de lanternes hermétiquement closes, laissant passer la lumière à travers des verres rouges qui retiennent les rayons capables d’exercer une action chimique. Mais l’air, grâce auquel se fait la combustion du corps éclairant employé, doit cependant trouver un accès pour pénétrer dans la lanterne ;
- mais elles provoquent un courant d’air qui fait vaciller la flamme, et, d’autre part,
- !. La lanterne.
- 2. Le chapeau de la lanterne.
- •elles laissent toujours liltrer quelques-uns de ces rayons actiniques qui ont une si néfaste influence sur les plaques. La lanterne imaginée par M. Picard évite cet inconvénient, grâce à une disposition très simple des verres. La fermeture se fait, en effet, au moyen de deux verres d inégale longueur, montés en châssis; ces châssis, grâce à un ressort, s’appliquent hermétiquement chacun dans une rainure. Le premier verre ne ferme pas complètement la lanterne, laissant environ i5 cm. de vide. .Le deuxième verre qui est de longueur moitié moindre que le premier se place dans la deuxième rainure et ferme alors la totalité de la partie vitrée de la lanterne.
- Il y a donc entre les deux verres un espace par lequel l’air frais pénètre dans la lanterne, sans qu’aucun rayon puisse y passer. De plus, le courant d’air ainsi créé communique avec la cheminée sans passer sur la flamme.
- La bougie qui sert à l’éclairage est toujours maintenue à la même hauteur, grâce à un ressort, comme dans les lanternes de voitures.
- Signalons la constitution des verres de cette lanterne ; dans le même châssis se trouvent réunis un verre rouge, un verre vert, un verre jaune et un verre dépoli. — L’appareil est en vente chez Ch. Picard, ni, rue de Reuilly, au prix de 8 francs pour une lanterne de io X x6, de 14 francs pour une lanterne de 18 X 34 •
- ctg^ Mécanique
- Clef à ergot à serrage instantané. — Cette clef est connue sous le nom de clef Billings, et se trouve dans les magasins Markt à Paris, elle ne se fait pas seulement remarquer par ce fait qu’elle est à serrage instantané; elle s’adapte dans les meilleures conditions pos-
- Clef à ergot à serrage instantané.
- sibles aux écrous circulaires, sur lesquels elle donne la prise la plus complète.
- On voit que cette prise est assurée, d’une part par l’ergot extrême, qui est venu de forge au pilon comme le
- reste, dans la masse d’acier. Mais, d’autre part, la clef est munie d’une mâchoire mobile, dont la gravure montre bien la disposition. Elle est destinée à se déplacer suivant le bras incliné de la clef, et elle présenté intérieurement des dents qui viendront mordre sur les dents de la crémaillère ménagée sur ce bras. Elle y est maintenue en place de la façon la plus énergique par un ressort en acier trempé ; mais il va sans dire qu’en appuyant convenablement sur ce ressort, on peut faire glisser à blanc la mâchoire le long du bras. C’est ainsi qu’on l’amène au contact de l’écrou qu’il s’agit de pincer; et alors elle est maintenue en place, et par suite en prise, par le ressort dont nous avons parlé.
- Nouveau type de mandrin. — Ce mandrin, destiné à maintenir une mèche en place de la façon la plus énergique, sans pourtant être encombrant, sans gêner la surveillance de l’ouvrage exécuté, est appelé National : ses constructeurs sont des Américains de Syracuse, mais 011 peut Je voir fonctionner et apprécier ses réelles qualités dans les ateliers de la maison Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris. On le donne comme « le plus léger » des mandrins porte-mèches; et le fait est qu’il présente aussi peu de métal que possible, mais de l’acier forgé.; et la matière est distribuée dans la construction de l’outil, de façon à assurer la meilleure résistance aux efforts que l’on est exposé à subir.
- Au point de vue mécanique, il mérite d’être examiné de près, à cause de la manière dont sont constituées ses diverses parties : tout est simple, mais robuste ; tout se démonte presque instantanément, et l’on peut surveiller le fonctionnement du mécanisme tandis qu’on y place et saisit une mèche. Dans l’espèce de cadre trapézoïdal
- Nouveau type de mandrin.
- formant le corps de l’appareil, on vient loger deux demi-mâchoires de forme analogue, mais cela après avoir enfoncé dans un trou taraudé une vis à tête plate; celle-ci porte dans sa tête de petits trous, grâce auxquels on pourra la remonter aisément, en la dévissant à l'aide d’une petite tige métallique qui est fournie avec l’instrument. Les deux mâchoires étant tout à fait à la partie inférieure de leur course, la vis complètement vissée, on introduit la queue de la mèche par l’ouverture supérieure du cadre. Il va de soi que, quand on va dévisser la vis, les deux mâchoires vont remonter verticalement; et comme elles glissent sur le plan incliné offert par les deux côtés du cadre, elles vont tendre à se rapprocher continuellement, en serrant en conséquence la queue de la mèche. Ces mâchoires ne peuvent pas sortir des deux parois du cadre, maintenues qu elles sont dans leur glissement par une vis qui pénètre par une sorte de glissière ménagée dans les côtés de ce cadre. Pour le desserrage, la descente et l’enfoncement de la vis ramèneront en bas les mâchoires, par suite de l’évidement qu’elles présentent et où se loge la têLe de la vis. Tout cela est simple, ingénieux et robuste.
- ct§^ Divers
- Un nouveau percolateur à café. — L’instrument est bien combiné, en ce sens notamment qu’on suit bien le passage de l’eau sur, ou plus exactement à travers le café, et qu’on peut arrêter le fonctionnement au moment où le café est suffisamment foncé. On peut du reste assurer l’élévatiou de température et la circulation de leau, aussi bien en mettant le perlocateur sur un appareil à gaz (avec interposition d’une plaque métallique', que sur une lampe à esprit de vin. Celle-ci suffit parfaitement,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- et l’on arrive à faire le café en quelques minutes seulement, si l’on a eu soin de remplir le récipient, nous entendons dans sa partie supérieure, avec de l’eau déjà chaude.
- Sous l’influence de l’élévation de température, qui se fait pour ainsi dire uniquement ou du moins localement dans la partie inférieure de l’appareil, dans cette espèce de petite chambre disposée au pied du tube vertical,
- f/létal
- Nouveau percolateur à café.
- l ean monte, vient retomber comme au sommet d’un puits artésien, en formant une couronne que l’on aperçoit parle chapeau en verre du haut de l’instrument ; puis elle atteint le café et le traverse, pour retomber en gouttes dans le récipient. Le mouvement se continue naturellement comme dans un thermo-siphon, tant qu’on maintient la source de chaleur sous le percolateur; et le café est ainsi très rapidement préparé.
- Ce percolateur, dit Universel, a fonctionné devant nous dans les magasins Markt, de l’avenue Parmentier.
- Emballage de bicyclette. — On vend aujourd’hui couramment des paniers servant au transport des cycles, et leur assurant une protection très efficace ; mais, si l’on ne veut pas faire cette dépense, parce - que, par exemple, ce n’est qu’accidentellement qu’on doit faire voyager sa «• machine », on peut avoir grand avantage à se construire soi-même, ou à se faire construire par un menuisier, une caisse à claire-voie légère, peu coûteuse et suffisamment robuste.
- On fera bien alors de suivre le plan général et très simple donné par les figures que nous avons fait dessiner ici. D’une manière ordinaire, on peut se contenter de lattes de bois présentant une largeur de 5 centimètres pour une épaisseur de 2 centimètres. Il va de soi que l’emballage doit être d’autant plus résistant et robuste,
- Emballage de bicyclette.
- que le voyage sera plus long, ou surtout que les transbordements seront plus nombreux. D’autre part ce même type d’emballage peut servir à deux bicyclettes que l’on enverra de compagnie ; mais, comme le poids augmente, il faut que les éléments en bois soient plus larges et plus épais (nous n’avons pas à dire que, dans «e cas, on séparera les machines par des lames de bois et des cales leur fournissant appui individuel, sans que l’une ait à compter sur la solidité d'emballage de l’autre). Le poids de la machine peut amener à dépasser dans une certaine mesure les dimensions de lattes que nous avons indiquées, s’il s’agit d’un poids réellement exceptionnel.
- L’élévation et la vue en bout que nous donnons de cet emballage, renseigneront tout de suite quiconque a un peu l’habitude de manœuvrer une scie; on remarquera que nous avons supposé les roues de la machine prenant appui sur des barres transversales clouées sur les montants longitudinaux inférieurs du cadre : cela n’a aucun inconvénient si la machine n’est pas trop lourde, et surtout si le voyage ne doit pas être trop long. Dans le cas contraire, on clouera des barres transversales qui pas-
- seront sous des tubes du cadre de la machine, de manière que les roues soient suspendues en l’air, sau& contact avec les barres de bois par leurs bandages. 11 faut prendre soigneusement ses mesures, afin que les barres longitudinales ou transversales viennent juste au contact des diverses parties de la machine ; au cas où l’on se serait trompé en trop, on intercalerait des cales de bonne épaisseur. On ne peut naturellement laisser le guidon disposé transversalement, car cela exagérerait la largeur de l’emballage, qui ne maintiendrait plus solidement le reste de la machine. On peut donc démonter ce guidon, et le fixer au moyen de barres de bois spéciales, au-dessus du tube supérieur horizontal du cycle ; mais il est souvent suffisant de le disposer parallèlement à l’axe de la machine, en le faisant tourner sur la tige de direction. Nous n’avons pas besoin d’ajouter qu’il est bon d’immobiliser les pédales, et par suite la roue de chaîne. Il suffit de deux barres de contrevente-ment latérales obliques, comme nous les montrons, et de chaque côté de la boîte à jour, pour éviter toutes déformations de l’ensemble, à condition qu’on emploie des clous solides, suffisamment longs.
- Pince fixe^couvertures. — C’est maintenant l’époque de l’année où il convient surtout de maintenir en place les couvertures et empêcher les enfants de se découvrir.
- On évitera de la sorte les refroidissements et autres maladies dangereuses.
- Des pinces spéciales ont été disposées pour fixer les couvertures, principalement aux berceaux, comme le montre la ligure ci-jointe.
- Deux crochets à ressort forment la pince que l’on fixe directement sur les couvertures ; des bandes élastiques fixées directement aux berceaux maintiennent la pince. — La paire de pince fixe-couverture est vendue au prix de 2 fr. 75 chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris (Xe).
- Pince fixe-couvertures.
- Le briquet Ignito. — C’est sans doute une opération bien désuète que celle de battre le briquet. Mais tous les fumeurs qui, un jour de grand vent, ont essayé en vain d’enflammer une modeste allumette, tous les excursionnistes et les travailleurs des champs qui ont parfois à allumer du feu en plein air, ont plus d’une fois regretté l’antique instrument composé d’une pierre à fusil et d’un morceau d’amadou. Le grand défaut du briquet, c’est qu’il faut un véritable apprentissage, une réelle habileté manuelle pour arriver à s’en servir. Il n’est pas donné à tout le monde de parvenir à heurter l’un contre l’autre
- Briquet Ignito.
- deux morceaux de silex de façon à en tirer des étincelles convenables.
- Le briquet Ignito a été construit pour tourner cette difficulté. C’est une boîte en aluminium renfermant un morceau d’amadou, et devant l’extrémité de cet amadou, un morceau de silex; en soulevant vivement le couvercle de cette boîte on met en mouvement, par un levier, un petit marteau en acier qui vient frapper énergiquement le silex et en fait jaillir les étincelles. Une petite roue à molette permet de régler la hauteur de la mèche.
- L’ensemble forme une petite boîte peu encombrante, très étanche et qui semble susceptible de rendre de-réels services. — En vente chez Chevalier, 21, rue des Pyramides.
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- VAR1 ÉTÉS
- La protection des pêcheurs d’Islande et Terre-Neuviens. — L’existence matérielle de nos pitoyables et intéressants pêcheurs d'Islande et de Terre-Neuve va-t-elle enlin être un peu améliorée quant à l’hygiène et à la sécurité? — Oui, s’il faut en croire le philanthropique décret du i3 janvier 1908, rendu sur la proposition du ministère de la Marine et dont l’application, si elle est réalisée, constituera un progrès depuis longtemps réclamé, autant par les médecins que par les économistes.
- En attendant de nouvelles prescriptions qui ne larderont pas « à être édictées en vertu de la loi plus générale du 17 avril 1907 sur la sécurité de la navigation », le décret donne « à certains faits dont l’opinion publique s’est justement émue, une sanction plus effective ». C’est un acheminement vers une réglementation plus étroite et plus précise. Il « contribuera à assurer un peu plus d’hygiène aux pêcheurs qui vont chaque année, par milliers, pratiquer sur des mers inclémentes un dur et pénible métier ».
- Voici les principales dispositions dudit décret :
- Tout bâtiment armé pour la grande pêche devra comporter les aménagements suivants :
- Une manche à air mobile devra, conjointement avec le panneau de descente, assurer l’aération du poste d’équipage ;
- Les échelles qui donnent accès dans le poste de l’équipage devront être en bon état et fixées solidement au navire ;
- Le poste d’équipage devra être muni d’un poêle entouré d’un dispositif px'otecteur contre l’incendie, de tables pliantes ou démontables en nombre suffisant pour que les deux tiers des hommes du poste puissent y trouver place, ainsi que de pendoirs à vêtements en nombre égal à celui des hommes du poste ;
- Toutes les boiseries du poste d’équipage devront être lavées avant le départ et enduites d’une peinture à l’huile, ou au vernis ou à la chaux;
- Un bardi mobile devra être établi dans la cale à sel de façon à empêcher la provision de sel en se portant d’un bord sur l’autre, par suite du mouvement du navire, de nuire à sa stabilité.
- L’approvisionnement maximum en eau-de-vie ne devra pas excéder i5 centilitres par jour et par marin majeur. L’eau-de-vie devra être à 4^° au plus. Les apéritifs seront proscrits. Il ne devra pas être embarqué d’alcool au cours de la campagne.
- L’approvisionnement en denrées alimentaires devra comprendre, au minimum, par homme et par jour : 75o gr. de pain ou biscuit; i5o gr. de viande, de lard ou d’endaubage ; 5oo gr. de pommes de terre ou 100 gr. de légumes secs; 40 gr. de beurre; 25 gr. de café, 10 gr. de thé et 60 gr. de sucre.
- Il devra être emporté, pour les malades ou blessés,
- une quantité d’œufs et de boîtes de lait concentré calculée à raison de 6 œufs et de 2 kg de lait par homme.
- L’approvisionnement en eau potable, pure, en récipients propres, par homme et par jour, ne devra pas être inférieur à 2 litres.
- Un homme âgé de plus de seize ans, sachant faix-e la cuisine, sera exclusivement chargé, à bord de chaque navire, de la préparation des aliments et de la propreté des locaux, couchettes, vêtements, etc.
- A la fin de chaque campagne, les chambres et postes d’équipage, les cales, soutes, cambuses, etc., devront être évacués; tous les objets mobiles seront enlevés, les boiseries, ponts et planchers intérieurs seront grattés, lavés au savon ou à la potasse, avec de l’eau bouillante, puis aspergés avec une solution antiseptique (solution phéniquée au 5o/ooo ou d’aldéhyde formique au même titre). Les boiseries seront ensuite repeintes avec l'enduit prévu à l’article 2. Les objets mobiles, sortis despostes ou chambres, ou des cales, soutes, cambuses, etc., subiront à l’air libre les mêmes opérations.
- Les propriétaires ou armateurs devi’ont munir les bâtiments de tous les instruments et instructions nautiques nécessaires à la navigation, ainsi que de cartes récentes, ou au moins mises à jour des parages dans lesquels ces bâtiments doivent naviguer. Tout marin embarqué au litre d’officier devra connaître au moins la lectui'e des cartes et les principales dispositions du règlement du 21 février 1897, spécialement celles qui concernent les feux et signaux de route.
- Les dispositions du décret du 26 juin igoS (section IV) relatif aux moyens de sauvetage des navires affectés au transport des passagers et de l’arrêté ministériel du 2 mai 1904 sur les embarcations de sauvetage à bord sont applicables aux navires armés aux grandes pêches. Ces navires devront être approvisionnés de fusées, afin de pouvoir, par temps de brume, faire rallier les embarcations s’éloignant du navire. Ils devront posséder également un nombre de sacs suffisants (au moins quatre) troués spécialement pour pratiquer, le cas-échéant, le filage de l’huile.
- Les embarcations dites warys et doris, expédiées; pour pêcher sur les bancs de Terre-Neuve devront porter, en poupe et à l’avant sur chaque bord, le nom de leur bâtiment et de son port d’attache. Ces embarcations devront être pourvues d’un compas, d’un aviron de rechange, de vivres en bon état et d’eau potable poui’-trois jours au moins. En tous temps et en tous lieux les officiers et médecins des navires de guerre chargés de la police des pêches, et les personnes désignées à cet effet par le ministx*e de la Marine, pourront vérifiei-l’application des dispositions ci-dessus. Les infractions constatées seront signalées au ministre et soumises à la loi du 29 décembre 1900.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Procédé d’épilation. — Toutes les fois qu’une opération doit être pratiquée, le tégument est mis dans un état d’asepsie complète : frictions à l’éther, à l’eau savonneuse et à la brosse, désinfection au permanganate de potasse ou avec les solutions fortes d’acide phénique, on fait subir à la peau un décapage complet et pour que cette friction préopératoire soit parfaite, on la fait précéder du rasage des poils. Ce rasage, dans les régions très velues, est quelquefois très long et il demande pourtant à être fait d’une façon minutieuse. M. le Dr Bi-louet a eu l’idée d’y substituer l’épilation au moyen d’une pâte qui ne présente pas d’inconvénients. Après bien des essais, il s’est arrêté à la formule suivante :
- Monosulfure de sodium.............1 partie.
- Chaiix vive ...........1 partie.
- Amidon en poudi’e. . .............2 parties.
- Eau, quantité suffisante pour délayer la poudi'e et l’amener en consistance de pâte. Il faut pulvériser à part les divers pi’oduits, mélanger d’abord le sulfure de sodium avec l’amidon, ajouter ensuite la chaux vive et faire uxx mélange parfait, puis verser l’eau pour que la pâle soit, molle, sans être liquide.
- La partie du coi’ps que l’on doit épiler est lavée au préalable à l’eau savomxeuse, les poils les plus longs sont ébax’bés au ciseau. On applique alors la pâte en couche de 2 millimètres d’épaisseur environ. Au bout de 5 minutes, l’opération d’épilation est tei'minée; avec un tampoix d’ouate et une iridgation d’eau, on fait partir à la fois les poils et la pâte. On ne doit laisser de celle-ci aucune parcelle, car on s’exposerait à une action caustique assez vive par une application prolongée au delà des cinq minutes demandées. La l'égion est pi'ête pour le chirurgien. Dr A. C.
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- RESUME METEOROLOGIQUE
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- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en décembre 1907, par M. Th. Moureaux.
- La température s’est tenue élevée pendant toute la première quinzaine du mois, atteignant jusqu’à i4°,6 le 8, puis, après les journées froides des 16 et 17, l’excès est revenu et a persisté jusqu’au af> ; bien qu’un abaissement sensible soit survenu pendant les derniers jours, la moyenne du mois est encore de a0,2 au-dessus de la normale. On a noté i3 jours de gelée, mais toutes sont faibles, et aucun maximum n’est négatif.
- La pression barométrique est au contraire en défaut de 3mra,7, tandis que la nébulosité et l’insolation ont une valeur moyenne; il en est de même de la hauteur totale de la pluie, tombée presque exclusivement entre le 5 et le 14.
- Le 14 au matin, une profonde dépression avait son centre sur la mer du Nord, au large de la Hollande; le baromètre, en forte baisse depuis le i3 à midi, est descendu dans la nuit, à 2 heures, jusqu’à 73iuu“,5; i5 minutes après, la pression étant encore sensiblement stationnaire, un orage a éclaté, accompagné de grêle et d’une pluie torrentielle; le baromètre se relève brusquement de i’"m,6, la température baisse de i°,3, l’humidité relative diminue également, et le vent, qui souillait en tempête du S. W. depuis la veille, saute à W., puis à W. N. W-, et reste variable entre ces deux directions toute la journée du 14; au moment du grain, sa vitesse était de 5o kilomètres à l’heure. Pendant la tempête, il est tombé près de 20,ura d’eau.
- Un grain de moindre importance, accompagné d’une courte averse, s’était produit le 8 après le maximum de température, tout à fait exceptionnel pour la saison, signalé plus haut, et environ une heure après le moment d un minimum barométrique (743n‘m, 1 ) ; les mêmes phénomènes, relèvement rapide de la pression, diminution de la température et de l’état hygrométrique, saute de vent du S. W. à l’W., ont été observés.
- La première neige de la saison est du 29 décembre ; faible d’ailleurs, elle n’a fourni que imm,6 d’eau. .
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 754muij41 ! minimum absolu, 73imm,5 le 14 à 2 heures; maximum absolu, 768 mm,2 le 17 à 2h i5ra; écart extrême, 36mm,7.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, i°,76; des maxima, 70,6(î ; du mois, 4°>7I ! des 24 heures, 4°,83; minimum absolu, —4°>3 le 27; maximum absolu, i4°,6 le 8. Amplitude diurne, 5°,90; minimum, i°,2 le 29 ; maximum, 9°,7 le 18. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, — i°,27; des maxima, io°,42; minimum absolu, —ii°,3 le 27; maximum absolu, i8°,8 le 5. — Dans le sol gazonné, moyennes du mois; profondeur, om,3o : à 9 heures, 5°,99; à 21 heures, 6°,07 ; profondeur, om,65 : à 9 heures, 7°,42 ; à 21 heures, 70,37 ;
- profondeur i m. : à 9 heures, 8°,3o; à 21 heures, 8°, 26. — De la Marne : moyenne le matin, 6°,o4; le soir, 6°, 19; minimum, 4°,34 le 22; maximum, 7°,Ô2, le 10.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 5mm,74; minimum, 2mm,9 le 27 de 3 heures à 5 heures; maximum, iomm,4 le 8 à 11 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 87,5; minimum, 4,9 le 5 à 14 heures; maximum 100 en 11 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 7,14 ; minimum, 0,0 le 17; ciel complètement couvert le 22 et du 28 au 3i.
- Insolation : durée possible, 256 heures; durée effective, 63h 6 en 20 jours; rapport, 0,25.
- Pluie ou neige : total du mois, 46“'““,o en 43h,5.
- Nombre de jours : de pluie, 11; de pluie inappréciable, 4; de gelée, i3, dont 7 consécutifs, du 25 au 3i ; de gelée blanche, 16; de neige, 1; de grêle, 1; de grésil, 2 ; de givre, 2 ; de rosée, 3 ; de brouillard, 9 ; d’orage, 1 ; de halos, 3 ; de brume, 1 ; couronne lunaire le 17.
- Fréquence des vents : calmes, 12.
- N.......... 9 S. E . . . 60 W. . . . 23
- N. N. E. . 24 S. S. E. . 29 W. N. W. 22
- N. E . . . 27 S........82 N. W . . 10
- E. N. E. . 49 S. S. W . 155 N. N. W . 5
- E.......... 73 S. W. . . 128
- E. S. E. . 17 W. S. W. 19
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 4“*-°; moyenne diurne la plus grande, 9“*,7 le 14 , la plus faible, ira,i le 24; vitesse maximum en i5 minutes, i3ra,9 le 14, de 2 heures à 2h i5m par vent S. W.
- Électricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (26 jours), 193 volts; moyenne diurne la plus grande, 456 volts le 16; la plus faible, 92 volts le 3i ; amplitude diurne, o,3o; amplitude nocturne, o,58.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3m,22; minimum, 2‘“,58 le 5; maximum, 41,1 ?2Ie i5.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, — 3mui,75 ; température, —|- 20,21 ; tension de la vapeur, -F o,nm,62 ; humidité relative, — 1,1; nébulosité, —0,09; pluie, -f-omm,5: jours de pluie —5.
- Taches solaires : on, a suivi 8 taches ou groupes de taches en 20 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : faibles, les 7-8, 10;
- modérées du 11 au i3.
- Floraisons : le 11, chimonanthus fragrans ; le 3 r, rose de Noël.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Recherche du sesquisulfure de phosphore dans les allumettes. — Il y a quelque temps, nous avons indiqué aux lecteurs de La Nature la modification qui avait été réalisée dans la fabrication des allumettes par la substitution, au phosphore lui-même, du sesquisulfure de phosphore, beaucoup moins dangereux au point de vue hygiénique. Un auteur allemand, M. L. Wolter, vient d’indiquer à ce sujet un nouveau mode de caractérisation de cette substance. Pour en rechercher la présence dans les allumettes, on épuise au sulfure de carbone, 200 à 3oo têtes d’allumettes et après filtration, on ajoute à chaud un excès d’iode ; on refroidit ensuite ào° et on obtient alors, dans le cas de l’existence du sesquisulfure de phosphore, des cristaux rhombiques, soyeux, fusibles à ii9°,5 et qui sont formés par un diiodosesquisulfure de phosphore P4 S3!2.
- Conservation des fourrures. — Le camphre, qui bout à 204°, la naphtaline, qui bout à 217, ne donnent pas un air suffisamment saturé pour détruire à coup sûr
- les vers et les papillons et sont sans action sur les chrysalides.
- Pour préserver nos fourrures de la teigne des pelleteries, il faut donc recourir à un préservatif plus énergique ; l’essence minérale donne de bons résultats ; le sulfure de carbone est encore plus efficace et détruit, eu moins de 48 heures, les chenilles, chrysalides, papillons, et même les œufs. Le gaz d’éclairage réussit également très bien.
- Liquide pour le polissage des meubles. — Em-
- ployer un mélange de :
- Oléate d’ammoniaque..........2 parties.
- Ammoniaque...................2 —
- Vernis à la gomme laque ... 6 —
- Huile de lin.................6 —
- On mélange l’ammoniaque et l’oléate, puis on ajoute la gomme laque, et enfin l’huile, en ayant soin de faire un mélange bien intime. Ce liquide est appliqué avec un drap, puis on frotte jusqu’à séchage.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyen de purifier le mercure. — MM. Hulleit et Minchin viennent de donner, dans la Physical Review, un moyen dont ils se montrent très satisfaits pour purifier le mercure. Ils distillent le mercure dans un flacon de Wurtz sous pression réduite, en laissant des bulles d’air passer à travers le mercure durant la distillation. Cet air oxyde toutes les impuretés métalliques, zinc, cadmium, plomb, qui autrement viendraient souiller le distillât. On arriverait de la sorte, à l’aide d’une seule distillation, à retirer du mercure pur d’un amalgame de zinc.
- Pour séparer les tournures de fer et de cuivre. —
- 11 va de soi que l’emploi d’un aimant est tout indiqué pour recueillir les tournures, limures et déchets quelconques de fer ou d’acier qu’on veut repasser à la fusion ; quand ils sont mélangés de tournure de cuivre et que les uns et les autres sont huileux, la séparation est fort mal commode. Pour y arriver, il suflit de laver le tout dans un bain alcalin, puis de sécher ; l’aimant attirera et isolera alors facilement le fer.
- Nettoyage des cartes. — On nous a demandé à plusieurs reprises un moyeu de remettre à neuf les jeux de cartes salis. 11 n’y a pas de moyen absolument satisfaisant. Cependant on peut les frotter avec du talc; ou bien les plonger dans du son porté à température aussi haute que possible, et les y brasser, de façon à les dégraisser. On peut encore les frotter d’un chiffon légèrement mouillé de benzine.
- Peinture à la caséine. — Celte peinture très résistante et très durable a l’avantage qu’il est possible de la laver. — On prend 16 parties en poids de craie de Paris, autant de chaux éteinte, 2 de caséine, 3 de colle forte, autant d’alun, et enfin 4 de silicate de soude. Il faut dissoudre séparément caséine, colle forte et alun dans de l’eau chaude; on ajoute alors chaux et silicate; et c’est au moyen de ce liquide composé que l’on mène à bien le broyage de la craie. Naturellement la teinte ne peut être donnée que par des couleurs supportant l’action de la chaux.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de ta correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours
- Adresses relatives aux appareils décrits.— Groupe électrogène amovible (n° 1807, 11 janvier) : 4> rue Buffault, faubourg Montmartre, Paris.
- Renseignements. — M. P. A. Blanco, à Valladolid. — Les opuscules de Mendel ont été réédités en allemaud par Tschermak dans Ostwald's Klaspker des exakten IViss, u° 121. Ils ont été également réédités en anglais par Bateson dans Cambridge University Press, 1902 (Clay and Sons, Londres). Quant aux travaux relatifs à Mendel et à l’hérédité mendélienne, ils sont nombreux
- et très épars. La bibliographie s’en trouve dans Y Année biologique (1902 et suivantes). La plupart des travaux écrits en français sont dus à MM. Cuénot, de Nancy, ou à H. de Vriès, d’Amsterdam. Ils ont été publiés dans divers recueils (Comptes Rendus de l’Académie des Sciences Archives de Zoologie expérimentale, etc.). Un certain nombre d’articles de mise au point ont été publiés notamment par M. Cuénot dans la Revue scientifique, avril, 1906; Association française pour l'avancement des sciences, 1906; La science au XXe siècle, août, 1907.
- M. Delorenzi, à Venise. — Nous ne voyons pas de remède à l’état de chose que vous signalez. Peut-être un marbrier, consulté, pourrait-il vous renseigner; mais, à vrai dire, nous en doutons fort.
- M. le Dr P. Roynet, à Longué. — Lunettes d’auto du D‘ Mirovitch, 60, rue Tailbout, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- En Amérique latine, par Henri Turot, in-8°, 142 grav. Paris. Vuibert et Nony. Prix: 8 francs.
- Pendant un séjour au Brésil et dans l’Argentine, l’auteur a étudié plusieurs problèmes économiques et sociaux dont la solution présente, pour nous Français, un intérêt de premier ordre, notamment l’état de nos relations commerciales avec les grandes Républiques sud-américaines.
- L ouvrage est écrit pour tous; peut-être s’adresse-t-il plus spécialement aux jeunes gens, désireux de tenter des entreprises en ces pays encore neufs où l’énergie individuelle crée de si grandes choses.
- Les beaux paysages et les scènes les plus caractéristiques sont reproduites en photogravure. Un coup d œil sur le Portugal précède les descriptions et l’histoire de Rio-de-Janeiro, du Brésil, de Buenos-Aires et de l’Argentine.
- Déformations des noms de lieux pyrénéens, par Émile Belloc, in-8°, 124 p. (Bulletin de géographie histor. et descript. du Ministère de l’Instruction publique, n° 7, 1907).
- Très savante et intéressante étude de toponomastique siir l’élymologie, les variétés et les défîgurations des noms géographiques dans les Pyrénées. Ainsi Fontes-torbe vient de fonlaine obstruée, ou trouble, ou . . bruyante : le Montçalm signifie mont chauve, dépouillé ; le Monné, montagne noire ; Néaubieille, vieille neige; Vigne maie, mauvaise montagne (Pena malai, etc.
- Les frontières de la Côte d’Ivoire, de la Côte d'Or et du Soudan', par M. Delaeosse. In-8°, 25(i p. avec 94 erav. et 1 carte. Paris, Masson. Prix : 6 francs.
- Administrateur des colonies, 1 auteur a été chargé
- à la fin de 1901, par le Ministre des Colonies, de la délimitation de frontière entre la Côte d’ivoire française et la Côte d’Or britannique. La mission a duré jusqu’en igo3 et elle nous vaut un joli volume sur les peuplades fort diverses qui s’étendent de la côte d’Assinie au Soudan français, en partie sur les voies suivies par les explorations Binger en 1887-1889 et 1892. Elle a levé 3ooo kilomètres de nouveaux itinéraires. L’ethnographie du bassin de la haute Volta Noire y est documentée par d’excellentes photogravures fort bien venues. Ce curieux journal de route, parfaitement bien observé, nous révèle des mœurs, des bas-reliefs, des monuments (mosquées surtout) du plus singulier caractère en cette Afrique, qui de plus en plus nous étonne en nous livrant ses secrets.
- Les Venins. — Les animaux venimeux et la sérothérapie antivenimeuse, par A. Calmette, in-8°, 396 pages, et 125 figures dans le texte. Paris. Masson. Prix: 12 fr.
- C’est en 1891, à l’Institut Pasteur de Saigon que l’auteur a commencé ses études sur les serpents venimeux ; on sait comment elles ont fait de lui un des bienfaiteurs de l’humanité et comment, souvent au péril de ses jours.il n’a cessé de s’occuper de la physiologie des venins. Cette monographie montre que la sérothérapie antivenimeuse, maintenant éiablie sur des bases scientifiques, est entrée dans la pratique médicale courante. Dans chacun des pays où les morsures venimeuses représentent une importante cause de mortalité pour les hommes et pour les animaux domestiques, des laboratoires spéciaux ont été officiellement organisés pour la préparation du sérum
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- BIBLIOGRAPHIE
- antivenimeux. Et c’est en nombre immense que ce sérum préserve maintenant les existences humaines. Le Dr Calmette a complété son ouvi*age par une étude très complète des venins dans toute la série animale. Elle fait suite aux trois premières parties de ce livre, vraiment captivant à lire : les serpents venimeux ; leurs venins ; la sérothérapie. Lès manières de récolter le venin vivant et de charmer les serpents font frémir !
- -Annuaire de Vimprimerie, par Arnold Mullek. 18e année, 1908, rue de Seine, 36, Paris. 1 vol. 2 francs.
- « Les Villes d'Art célèbres ». —Poitiers et Angoulême, par Henri Labbé de la Mauvinière, i vol. in-40. 1 r3 gravures, Prix: broché 4 francs, relié 5 francs. Paris. H. Laurens 1907.
- Ce nouveau volume de la collection des Villes d’Art célèbres sera certainement fort apprécié :
- Poitiers, si riche en vieilles églises et en vieilles demeures, y avait sa place tout indiquée. Saint-Hilaire, Sainte-Radegonde, Notre-Dame-la-Grande sont depuis des siècles les sanctuaires les plus fameux du centre de la France. Le vieux palais des Comtes de Poitou avec sa tour Maubergeon est l’un des plus beaux monuments de l’art gothique français. Angoulême, avec sa grandiose cathédrale, l’une des plus célèbres de l'architecture romane, renferme d’autres monuments pleins d’intérêt; enfin c’est une ville célèbre dans la littérature du xixe siècle, par le râle que Balzac lui a fait jouer dans la Comédie humaine. Notons aussi un chapitre sur la célèbre église de Saint-Savin-sur-Gartempe, autrefois étudiée par Mérimée.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th.
- Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3ora,îo). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 janv. 1908. — 6°,9 S. K. 0. Heau. » Gelée blanche; «ivre; heau.
- Mardi 14 — 3°,3 Calme. lieau. » Gelée blanche; beau; forte brume.
- Mercredi 13 — 4°, 9 S. 2. Dca u. » Gelée blanche ; beau.
- Jeudi 10 1°.8 S. S. W. 3. Couvert. » Brouillard juscp’à 6 h.: gelée blanche; très nuageux.
- Vendredi 17 4°,0 S. S. W. 2. Couvert. » Couvert jusqu’à 10 h. ; beau ensuite; brouillard dans la soirée.
- Samedi 18 — 2°,3 S. s. w. 0. Beau. » Gel. bl.; givre; brouill. de 7 à 11 h. et après 15 b.; beau ; couvert.
- Dimanche 19 — 1°,1 N. N. E. 2. Couvert. » Gelée blanche; brouillard toute la journée.
- JANVIER 1908. — SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 JANVIER 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du i3 au 19. — Le i3. Baisse lente de la pression atmosphér. sur l’O. de la France; en Europe Centrale, 777 ; sur le N. du continent, 750. Neiges sur la Scandinavie et la Russie; en France, beau temps (Perpignan, 4 mm d’eau). Température du matin : Arkangel, —36°; Paris, —70; Alger, i5; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : —1°,8 (normale : 20). — Lé i4- Hautes pressions générales : maximum en Autriche ; dépression sur le N. : Bodoe, 759. Beau temps général. Temp. du matin : Arkangel — 270; Paris, —5; Alger, 13 ; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : — i°,i (normale : 20). — Le i5. Baisse rapide sur le N.-O. de l’Europe : Écosse, 7*)i ; Prague, 777. Pluies sur les Iles-Britanniques et la Scandinavie. Temp. du matin : Arkangel, —220; Paris, — 4 ! Alger, 11 ; Pic du Midi, — 4 I Puy de Dôme, — a0 ; moyenne à Paris : - o°,6 (normale : 20). — Le 16. Baisse sur le N. et l’O. de l’Europe : Christiansund, 7.40; Berne, Vienne, 775. Pluies sur la Scandinavie et les Iles-Britanniques. Temp. du matin Ivharkof,
- — 20°; Paris, 2 ; Alger, 12; Puy de Dôme, 3; Pic du Midi, —2; moyenne à Paris : 4°>3 (normale : 20). — Le 17. Basses pressions sur tout le N. de l’Europe : Arkangel, 738; Centre de la France, 773. Pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Kharkof, — 90; Paris, 4 ; Cagliari, 7; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : 5°,i (normale : 10). — Le 18. Pression supérieure à 770 sur le S. du continent; maximum en Suisse, 775; dépression sur l’extrême N. (Bodoe, 73g), tempête sur la Scandinavie et la Baltique. Pluies sur le N. et le Centre de l’Europe. Temp. du matin : Berne, — 70 ; Paris, —2; Alger, x 3 ; Puy de Dôme, 6; Pic du Midi, o; moyenne à Paris : i°,i (normale : 20). — Le 19. Même situation : Est de la France, 771; Bretagne, 768; Arkangel, 73o; Stornoway, 758. Pluies en Scandinavie et Iles-Britanniques. Temp. du matin : Berne, —8°; Paris, —1; Alger, 13 ; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —4lraoyenne à Paris : —o°,7 (normale : 20). — Phases de la Lune : Pleine Lune, le 18, à 1 h. 46 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Pari* (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1810 — Ie' FÉVRIER 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Grandes protubérances solaires. — M. Philip Fox a donné, dans VAstropkysical Journal, le l'ésultat des mesures d’une belle protubérance éruptive photographiée, le 21 mai 1907, avec le spectro-héliographe Rum-ford de l’Observatoire Yerkes, à l’aide de la ligne H du calcium. L’angle de position de cette protubérance était de i38° et i3 plaques furent obtenues malgré le mauvais état du ciel. A 4h2m (temps moyen de Greenwich), la hauteur de cette masse éruptive atteignait 228",6 (167800 kilomètres). Elle s’éleva, à 5h59“, à 412",7 (3o3ooo kilomètres). La protubérance, qui, au début, était liée au disque solaire,s’en détacha, puis flotta au-dessus. Elle se déplaça très légèrement, pendant toutes ces transformations, vers le Sud. Le D‘ A. Rambaut, de la Société royale de Londres, a décrit, dans notre confrère anglais Nature, une protubérance observée le i5 novembre 1907, à l’Observatoire Radcliffe. A 1 ih45m, elle présentait la forme de deux surélévations régulières et arrondies. Quelques minutes après, l’ouverture totale de la plaque de cuivre à laquelle la fente du spectroscope est Axée ne fut plus assez large pour contenir la protubérance entière (la fente était placée tangentiellement au bord solaire). Entre 1 ih56m et i ah iom, soit en 14 minutes, la hauteur augmenta de 140000 miles (225000 kilomètres) et atteignit, au maximum, 324000 miles (52 1 000 kilomètres). L’angle de position était de 273° et une grande tache, près du limbe, était visible dans la même orientation. Il nous est bien difficile de nous faire une idée des forces en jeu, capables de lancer, en quelques minutes, des masses aussi prodigieuses de matière à des hauteurs semblables au-dessus de la surface apparente du Soleil.
- Notre flotte aérienne. — La construction du ballon dirigeable République se poursuit activement à Moisson sous la direction de M. Henri Julliot et de M. Juchmès. Ce nouveau dirigeable, du type Patrie, sera probablement livré à l’armée au commencement du mois de mai. Ces travaux n’ont pas empêché M. Julliot de concevoir un nouveau modèle de ballon dirigeable très rapide et très maniable qui constituera un type d’aéronat d'armée, alors que République sera particulièrement affecté au service de forteresse. Enfin M. Julliot aurait également proposé à MM. Lebaudy la construction d’un nouveau ballon dirigeable de xoooo mètres cùbes muni d’un moteur de 200 chevaux. Ce puissant croiseur aérien serait capable de tenir l’atmosphère pendant une journée entière sans prendre contact avec le sol. M. Julliot tient ainsi à démontrer que sa théorie : l’avenir appartient aux gros ballons, est réalisable et pratique.
- La foudre et les arbres. — Pour compléter les renseignements déjà donnés à ce sujet (La Nature, n° 1800, Suppl., p. 201), signalons une récente étude de M. Vanderlinden, assistant au service météorologique de Belgique ; les observations rassemblées par cet auteur ont été faites en Belgique, de 1884 à 1906, et comprennent 1101 cas de chutes de foudre qui se répartissent ainsi,
- suivant la nature des arbres foudroyés : Peupliers, 56 pour 100; chênes, 16 pour 100; ormes, 7 pour 100; arbres résineux, 7 pour 100 : hêtres, 4 pour 100. Les autres essences sont plus rarement foudroyées, mais aucune ne paraît être indemne. On remarquera, en se reportant à notre première information à ce sujet, que, quoique les chiffres ne soient pas les mêmes, il y a néanmoins une certaine concordance entre eux et que, dans les deux séries, l’ordre des espèces foudroyées est identique.
- Les installations hydro électriques du monde entier. — On sait avec quelle rapidité se développe dans tous les pays l’utilisation électrique des chutes d’eau. Les États-Unis sont en tête du mouvement; leurs chutes d’eau aménagées représentent 1 5oo 000 chevaux-vapeur; vient ensuite la France avec 800000 HP; puis l’Italie et la-Suisse avec 3oo 000 HP. chacune; l’Allemagne avec 100000 HP.; l’Espagne, la Russie, l’Angleterre et lé Japon avec 70000 HP. chacun; les Indes avec 5oooo HP., le Chili avec 36000 HP. Sous peu, la Norvège, qui ne figure pas sur cette liste, se placera dans les premiers rangs des nations européennes. De grandes entreprises y sont fondées pour exploiter ses colossales réserves de houille blanche évaluées • à 28 millions de HP. La Suède posséderait 10 millions de HP., la Russie 11 millions, l’Allemagne 700000 HP. seulement; la richesse de l’Italie est de 4^00000 IIP., et celle de la France de 4 millions à l’étiage, de 9 millions en eaux moyennes. .
- Les navires à machines chauffées au pétrole. —
- Suivant les relevés. faits par le Lloyd anglais, et que l’on peut considérer comme absolument exacts, puisqu’ils ne négligent dans leurs statistiques que de toutes petites unités, il y a à flot 164 navires où l’on recourt au pétrole pour le chauffage des chaudières; ces bateaux représentent un tonnage total de.36oooo tonneaux. D’après les indications fournies pour des navires employant couramment ce combustible, la consommation par cheval-heure ressort à 660 grammes, et cela dans lès conditions qui assurent le moins d’économie.
- Le canal entre la mer du Nord et l’Adriatique. —
- Un ingénieur italien, M. Carminada, vient de présenter au roi d’Italie un grandiose projet de canal entre la mer du Nord et l’Adriatique, à travers les Alpes et les Apennins. Ce canal est destiné à établir un service direct de batellerie par les canaux allemands, le Rhin, la Suisse, le Nord de l’Italie. Gênes serait le grand débouché sur la Méditerranée et Milan, qui, par un grand canal maritime, deviendra sous peu un port de mer de l’Adriatique, sera également relié au canal transalpin, pour devenir le débouché de toute circulation batelière vers l’Orient. Ce grandiose projet serait exécuté en tunnel sur une longueur de 3 km pour la traversée des Apennins et de i5 lun pour celle des Alpes à travers le Splugen. Du côté des Alpes le noint de départ serait
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- INFORMATIONS
- Gènes, avec passage à Milan, et celui d’arrivée sur le Rhin serait Bâle, qui deviendrait un véritable port de mer suisse, son trafic actuel étant déjà considérable. Là longueur totale du canal serait de 366 km. La percée des montagnes se ferait à 36o m. au-dessus du niveau de la mer pour les Apennins, et à i25o m. poux' le Splugen. Le procédé imaginé pour gravir les pentes de ces montagnes est très hardi. D'abord, l’inventeur se propose de faix'e zigzaguer son canal ; ensuite il utilise xxn système d’éçluses tubulaires en construisant sur le flanc de la montagne un long tube incliné suivant la peixte du terrain. Ce tube est fermé, en bas, par une porte analogue à celles des écluses ordinaires. Lorsqu’un bateau s’avance, la porte est ouverte pour lui permettre de pénétrer dans le tube, puis fermée derrière lui. On remplit d’eau le tube, le niveau de cette eau s élevant sans cesse, le bateau monte par la propre force ascensionnelle de l’eau. Toute force motrice, tout système de traction se trouve donc, par ce fait, supprimé. Arrivé en haut du tube, le bateau pénètre ensuite dans le suivant et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il soit ai'rivé en haut de la pente. Pour redescendre, on procède en sens contraire, c’est-à-dire que le tube étant rempli d’eau pour permetti'e au bateau d’y pénétrer, il suffit de le vider pour que la descente s’effectue. La portion tubulaire est nécessairement à deux voies pour assurer le trafic dans les deux directions et la longueur dix trajet en tubes ne dépassera pas 43 kilomètres.
- Chemins de fer chinois. — La ligne feri'ée de Shanghaï à Nangking, concédée aux Anglais, est en grande partie construite à l’heure actuelle ; et l’exploitation en est même commencée sur une longueur de i4o km, le tracé s’étendant au total sur 3x0 km. Ce tracé suit les principales voies navigables, ce qui a simplifié naturellement les ouvrages d’art. On a évité soigneusement toutes les rampes un peu marquées, la plus accentuée ne dépasse point 6 1/2 millimètres.
- Projet de tunnel sous le grand Belt. — D’après le Times, il y aurait quelques chances de voir adopter par le Gouvei’nement danois le pi'ojet d’un tunnel sous le Grand-Belt, qui partirait d’un endroit situé à trois kilomètres et demi à l’est de Korsoer en Seeland, et aboutirait sur la côte de l’île de Funen, en passant sous l’île de Sprogoe. La longueur totale serait de 27 kilomètres, dont 18 kilomètres 1/2 sous la mer.
- La laine artificielle à l’eau de mer. — D’après un travail récent de M. Fr. Beltzer, dans le Moniteur scientifique de Quesneville, on obtiendrait un nouveau textile artificiel, analogue à la laine de la plus belle qualité en précipitant des solutions cellulosiques tout simplement par l’eau de mer. Ce procédé, qui serait naturellement très économique, viendrait accroître la liste déjà longue des industries où l’on fabi'ique de la soie, du crin, des cheveux artificiels, du sinxili-coton, etc. (soie de cellulose à l’acide phosphorique, au chlorure de zinc et à la soude caustique, soie de gélatine, etc).
- Le gaz naturel. — On dit que les ressources en gaz naturel vont s’épuisant rapidement; néanmoins, tout récemment, la Columbia Gas and Electric Co, a passé avec la ville de Hamilton (dans l’Ohio), et pour une durée de 2Ô ans, un traité d’éclaix'age au moyen du gaz naturel. Celui-ci est foui’ni au prix approximatif de 1 fI , 5o les 28 mètres cubes ; s’il venait à manquer, on y substituerait du gaz fabriqué industi'iellement, à un prix double.
- L’importation des chevaux en Angleterre. — On
- sait que la législation anglaise interdit l’importation des bœufs, moutons et porcs, de provenance européenne. Jusqu’ici, au contraire, l’importation des chevaux était librement autorisée. Toutefois, une ordonnance du 23 août 1907, mise en vigueur depuis le Ier janvier 1908, prescrit des mesures sanitaires que les éleveurs doivent désormais connaître. Elles s’appliquent particulièrement à la morve, dont pouvaient être atteints les chevaux, les ânes et les mulets présentés à l’importation. Le débarquement ne sei’a désormais autorisé que sur la production d’un certificat de vétérinaire, affirmant qu’au moment précis de l’embarquement il a été pi’océdé à un examen attentif et que cet examen n’a révélé aucun symptôme de la maladie.
- L’agriculture chez les cosaques de l’Oural. — Les
- cosaques de 1 Oural jouissent d’un régime unique en
- Russie : les eaux et terres de la province qu’ils occupent sont en effet propi'iélé exclusive, commune et indivisible, de l’armée, tous les droits étant égaux entre les hommes, avec cette x'estriction, d’ailleurs assez récente, que les officiers peuvent faire accomplir leur part de travail par des salai'iés et que, dans le partage périodique des terres, ils ont droit à une portion plus importante que les soldats. Une ordonnance annuelle, émanée du général en chef, fixe les parts et le mode de culture. En généi'al, d’après une bonne étude récemment donnée dans le Bulletin du Comité de l'Asie française, le partage a lieu suivant les proportions suivantes : enfants mineurs de 17 à 19 ans, 10 dessiatines (= 10,9 hectares); cosaque majeur, 20 ; officier subalterne, 5o ; oflicier supérieur; 75 ; sans que le total des terres labourables pour une seule famille puisse excéder 210 dessiatines.
- L’immigration dans l’Amérique du jSqrd. — D’après la statistique officielle du 3o juin 1906, l’immigration aux Etats-Unis aui’aît été pour l’année 1905-1906 de 1 100 735 étrangers, en augmentation de 106 5g8 sur l’année précédente; cet accroissement porte pour 51641 sur les Italiens, 30768 pour les Russes et 8974 pour les Grecs. Il y a diminution au contx-aire de 17 g5o pour les Irlandais, de i5 2io pour les Anglais et de 3919 pour les Allemands. L’immigration au Canada pour 1906 a été de 252 038 personnes au lieu de 189064 en 1905.
- Les Lapons et leurs rennes dans la Laponie finlandaise. — Selon M. Ch. Rabot (la Géographie), les rennes ne sont pas en voie d’extinction. Les 1469 Lapons de Finlande possèdent 5x85o rennes, soit en moyenne 35 têtes par habitant. Les Finnois en possèdent également de très nombreux troupeaux, pas moins de 29000. L’effectif des cervidés domestiques dans la Laponie finlandaise est en acci’oissement très marqué. Alors qu’en 1880, Finnois et Lapons n’en possédaient que 20000 environ, ils n’en avaient, en 1900, pas moins de 80000. En dehors de la Laponie, le renne existe à l’état domestique dans tout le nord de la Finlande, en raison de ses services comme bête de trait. En plus ou moins grand nombre on en trouve chez les Finnois dans toute l’étendue du gouvernement d’Uleaboi'g.
- Société internationale de médecine tropicale. —
- Sous ce nom vient de se fonder à Berlin une association des plus utiles dont le comité comprendra deux membres de chacun des pays suivants : Allemagne, Belgique, Brésil, Angletex're, France, Gi'èce, Hollande et Etats-Unis.
- Le commerce de l’Algérie en 1907. — D’après la direction des douanes d’Alger, le commerce généi'al de l’Algérie (entrée et sortie) a atteint, en 1907. 820 millions, soit 92 millions de plus que l’année antérieure la plus favorisée. Dans ce total les importations représentent 461 millions, les exportations 359 millions. Les principales marchandises exportées de la colonie sont ; les céréales (grains), 79 millions; les vins, 61 millions; le bétail ovin, 28 millions; les minerais de toutes sortes, 28 millions ; les laines en masse, 18 millions. La moyenne des dix dernières années n’atteignait pas 41 millions pour les céréales, 25 millions pour le bétail ovin, 10 millions pour les laines. L’ensemble du trafic extérieur d’eDtrée et de sortie a exigé en 1907 l’emploi de 8 026 navires chargés jaugeant 7 795 279 tonneaux, contre 7998 navires et 70606x6 tonneaux en 1906. Le mouvement des navires entrant dans le port d’Alger pour se ravitailler a également beaucoup augmenté II a été, en 1907, de 4 5oo, donnant un tonnage de 9 i36 704 tonneaux.
- L’industrie de la chasse en Allemagne. — La
- chasse représente en Allemagne une véritable industrie. On y compte 600 000 chasseurs : x pour 100 de la population. Les revenus que le Trésor retire des permis s’élèvent à 7,5 millions de francs. Le poids du gibier tué annuellement est de 25 millions de kilogrammes valant 33 millions. On tue chaque année en Allemagne 22 5oo cerfs, i3 5oo daims, 190000 chevreuils, 14000 sangliers, 4 millions de lièvres, 5oo 000 lapins 4 millions de perdrix, 1 5oo 000 cailles, 260000 faisans, 40 000 canards sauvages, 80000 bécassines, 65 000 bécasses, 1 3oo outardes et 2 millions de grives. En outre, il pai'aît que la taille des bois de cerfs et de daims rapporte 1,3 million de francs aux ouvriers qui l’exécutent.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *>> Chimie <<*
- *> Divers
- Flacon de pesée- —11 est souvent fort difficile d’ouvrir , un flacon bouché à l’émeri; il se produit entre le goulot et le bouchon du verre, une sorte d’adhérence qu’il est parfois très malaisé de vaincre. On préconise en général le remède suivant : chauffer légèrement le goulot récalcitrant; les parois extérieures plus échauffées que le bouchon se dilatent davantage; l’ouverture s’agrandit et l’on peut déboucher le flacon; mais il faut ' ajouter qu’avec ce moyen, on risque de
- briser le récipient; en outre s’il a servi à des pesées de précision, on ne peut songer à employer pareil procédé. Il est donc intéressant de signaler le flacon de pesée, présenté î-écemment à la Société d’Encouragement pour l'Industrie Nationale.
- Ce flacon, au lieu d’être fermé par un bouchon ordinaire à l’émeri, l’est par une capsule en verre, rôdée, tronc-conique, qui s’applique exactement sur une zone de faible largeur et également rodée de l’embouchure ti-onc-couique correspondante du flacon. En passant au pinceau, sur la zone de contact, une très légère couche de vaseline,
- Flacon de pesée.
- on obtient une fermeture absolument étanche ; ainsi du carbonate de soude peut rester un temps très long, dans ce flacon, à l’état absolument anhydre. La capsule se place et s’enlève très aisément; de plus, le bord net du flacon ne retient pas les gouttes, s’il y adhère quelque trace du liquide à peser, c est entre la capsule et le bord du flacon, et la pesée ne peut en êtx'e faussée, puisqu’il lui est impossible de s’évaporer ou d’absorber de l’humidité extérieure. — L’appareil a été imaginé par M. Mac-Myn et construit par la maison John Kerr, de Manchester (Angleterre).,
- *t> Mécanique
- Pointes pour compas de charpentier. — Ce sont des pointes qui peuvent sei'vir à improviser un grand compas pour tous les travaux de menuiserie, de charpenterie, etc. ; non seulement au moyen d’une règle, mais encore à l’aide d’un morceau de bois quelconque présentant des dimensions transversales telles qu’il puisse pénétrer et se maintenir dans les douilles dont sont solidaires les pointes, et être serré par les vis de pression dont sont munies ces douilles. Nous montrons les deux douilles montées côte à côte sur une règle carrée ; mais il va de soi que en général elles sont à. bien plus grande distance l’une de l’autre, car il est rare qu’on ait à ti-acer un cercle d’un rayon aussi court que celui qui coi’respondrait à l’éloignement de pointes indiqué dans la gravure.
- L’une des pointes, celle qui se présente ici en avant, est une pointe métallique de centrage simplement. L’autre comporte également une pointe que l’on peut promener sur la surface où d’on veut décrire le cercle; on aperçoit du reste très nettement la vis de pi'ession qui vient serrer le morceau de bois servant de verge de compas. Mais on.remarquera que la seconde monture comporte une douille extérieure, qui est elle-même munie inférieurement d’une vis de serrage et dépréssion; on y peut faire entrer un crayon ordinaire ou un crayon plat de charpentier, et la vis est assez longue j' pour serrer et maintenir en place 'l’un comme l’autre. Le i crayon remplacera alors la pointe et dessinera de façon plus visible la circonférence du cercle. Tout cela est j ; -robuste et très pratique. —- ;Ces pointes sont vendues] par la maison Markt, 107, avenue Parmentier. j
- Pointes pour compas.
- Boîte aux lettres desûreté. — On sait que fréquemment des vols sont commis dans des boîtes aux lettres publiques ou particulières. Le pi'océdé employé est fort simple, une mince et longue baguette enduite de glu est introduite par l’ouverture de la boîte, les lettres s’y collent ; on les retii'e et le tour est joué. Ce moyen peu scrupuleux est employé souvent aussi pour dévaliser les c,aisses des commerçants et les troncs qui l'eçoivent les offrandes des personnes charitables, M- Chabert a ima-
- Boîte aux lettres de sûreté.
- giné un dispositif très simple destiné à rendre la sécui'ité à tous ceux qui se sentiraient menacés. Après l’ouverture de la boîte, sont disposées dans le passage des lettres ou de la monnaie, des plaques inclinées, placées en chi cane,
- Les lettres ou les pièces que l’on jette dans cette boîte descendent très aisément, si l’on a donné aux différentes parties les dimensions nécessaires,
- Mais impossible d’introduii'e une baguette jusqu’au fond de la boîte ; elle est infailliblement arrêtée par les plaques de sûi’eté.
- Cette boîte est construite par M. Chabert, 55, rue Saint-André-des-Arts.
- Un appareil à couper les rondelles de bois. — Il
- est souvent très fastidieux, et surtout fort difficile, de découper régulièrement à la scie des rondelles de bo,is ; quand la planche à laquelle on s’attaque est très mince, on risque fort de la briser, et parfois au moment où le découpage est presque terminé. Une maison américaine, la maison Goodell Pratt (qui est représentée à Paris par la maison Markt, 107, avenue Parmentier) a combiné, pour obtenir le résultat voulu, un appareil très simple et très efficace, qui peut se monter avec la plus gi'ande aisance sur un vilebrequin. On aperçoit ti'ès bien la sorte de tige de mèche permet le montage dans le porte-mèche du porte-foret.
- Au bout de ce qui serait la mèche, on trouve ici simplement une pointe, avec arrêt limitant son enfoncement : c’est elle qui va former le pivot du dispositif, et
- le centrer pour le découpage de la rondelle. De part et d’antre de la base de la pseudo-mèche, on voit deux sortes de glissières constituées (très simplement de fils métalliques courbés, et très l'obustes. Sur la longueur de chacune de ces (glissières, on peut déplacer un couteau dont on voit très bien la forme dans la gi'avure, et qui sera ensuite maintenu en ,place par la vis moletée de sei'rage qui viendra pincer les deux fils de la glissière. .Comme,les deux couteaux sont disposés en sens
- Appareil à couper les l'ondelles de bois.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- «SSSt
- inverse, si on les fixe à même distance de la pointe de centrage, puis qu’on fasse tourner le vilebrequin, la pointe ayant été appuyée sur la planche à débiter, rapidement et sûrement on découpera la rondelle de diamètre voulu, les lames verticales pénétrant peu il peu dans l’épaisseur du bois, et suivant le cercle de rayon choisi. On a la faculté de régler les lames suivant l’épaisseur même du bois que l’on veut ainsi trancher circulaire-menl. Ces lames l’enlèvent aisément pour leur affûtage.
- Avertisseur Protex. — Il est nécessaire de trouver toujours quelque avertisseur nouveau, puisque les cambrioleurs ne prennent plus de repos ni le jour ni la nuit.
- L’avertisseur « .Protex », que nous décrivons, est très simple et il suflit de le placer dans une serrure pour qu’il fonctionne à la moindre atteinte. Un mouvement d’horlogerie solide est placé sur un petit plateau fixe ; une petite cloche métallique le recouvre. On remonte le ressort du mouvement en faisant tourner à fond la cloche. Le tout est traversé par une sorte de clou entouré d’un pas de vis.
- On adapte l’appareil à une A\crtisscur IVotex. serrure, en en retirant la clef et en enfonçant la vis de sûreté au rond supérieur de la serrure. En vissant, 1 appareil est remonté et par suite p^êt à fonctionner : il nous paraît de nature à rendre d’utiles services. — L’avertisseur se trouve, au prix de 3 fr. -iS; chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris (X").
- Un nouvel appareil pour monter aux arbres ou aux poteaux télégraphiques. — On y fait appel, et fort ingénieusement, au caoutchouc : qui présente celle particularité précieuse, en la circonstance au moins, de ne pas
- glisser sur les surfaces avec lesquelles il est en contact. Si bien que cet appareil réussira sur des surfaces naturellement as&ez glissantes, comme celle des poteaux métalliques. Les inventeurs du procédé sont MM. Young-quist, Michigan Street 91a, à San Francisco.
- La personne qüi veut monter le long d’un poteau, va chausser chacun de ses pieds d’un des appareils ; il n’était nécessaire d’en faire représenter qu’un
- Appareil pour monter aux arbres, puisqu’ils sont sem-
- blables. Ils comportent une sorte de patin métallique sur lequel s’appuie le pied; toutes précautions sont , prises [tour que le . pied n’y puisse glisser, et qu’il y soit solidement maintenu. Des mâchoires mobiles ont été prévues dans ce but, sur lesquelles il est inutile de donner des détails, et des courroies achèvent dé solidariser le soulier, et par suite le pied, avec cet appui.
- Sous le patin est une ba'rre à crémaillère C, qui passe dans les blocs B, et qui se termine en avant par une sorte de fourchette E ; celle-ci comporte précisément deux contacts de caoutchouc. Et ceux-ci vont pouvoir être serrés contre la surface antérieure du poteau, grâce à la crémaillère dont nous avons parlé et à une seconde branche métallique complétant le serrage, et donnant l’appui, oblique, le plus solide. Nous n’avons pas besoin d’insister sur l’utilité de l’obliquité du serrage, car alors il se produit une décomposition de la force, qui empêche précisément le glissement.
- C’est pour obtenir cette obliquité que la seconde branche se rattachant au patin, branche D, se relève d’abord verticalement, puis s’allonge horizontalement, et vient, en se recourbant de façon convenable, apporter une sorte de fourchette munie de deux contacts en caoutchouc de l’autre côté du poteau dont il s’agit de faire l’ascension.
- Bien enlendu on a disposé sous le patin une pièce ù ressort G, qui vient s’engager dans la crémaillère dont nous avons parlé, et qui maintiendra 1 extrémité posté-rieüre'de la tige D sur cette crémaillère au point où on l’aura fait glisser, pour accommoder l’instrument au diamètre du poteau, de l’arbre qn’on veut escalader.
- Il va sans dire que, comme dans toutes les dispositions du même genre, la personne qui est munie de ces appareils , en faisant porter tout son poidssurun seul des deux, le fixe de façon on peut dire immuable au point où il vient serrer le poteau ; le grimpeur peut alors desserrer l’autre pince, tout simplement en relevant son talon, de façon à augmenter la distance en plan qui sépare les deux mâchoires. Le procédé nous semble beaucoup plus simple, de manoeuvre bien plus rapide que ceux qu’on emploie normalement pour les ascensions le long des arbres ou des poteaux télégraphiques; et la multiplication des lignes de distribution électrique peut augmenter sensiblement la demande de ces appareils.
- Roue de tramway à pneumatique. — La combinaison peut s’appliquer aux roues des wagons de chemins de fer ; mais elle serait peut-être quelque peu dangereuse/étant donnée la rapidité de rotation de ces roues ; de même elle est susceptible d’être utilisée pour les véhicules quelconques, en se confondant par suite quelque peu avec les solutions diverses, et dont quelques-unes ont été signalées ici, des roues à suspension élastique. Nous insisterons donc plus particulièrement sur l’application du système aux roues de tramways, roues munies d’une jante à boudin ; au surplus, si l'invention est curieuse et originale, il faudrait la voir essayer un certain temps pour juger pleinement de sa valeur. Disons tout de suite quelle est due à un Brésilien, M. Benjamin Gastal, de Pelotas.
- Il a été dirigé dans ses efforts par le désir de vouloir atténuer le bruit considérable que font les roues des tramways en roulant sur les rails, bruit désagréable aux voyageurs, aux habitants des rues suivies par les véhicules. Il ne fallait pas songer à placer le pneumatique en contact avec le rail (pour toutes sortes de raisons) ; et il l’a disposé entre la périphérie de la roue proprement dite et son bandage, qui extérieurement a conservé sa disposition classique.
- Mais le pneumatique est en réalité multiple, et un dispositif un peu compliqué permet les déplacements relatifs de la roue à l’intérieur de son bandage, éncom- Roue de tramway à pneumatique, primaut plus ou moins
- les chambres à air qui font matelas et amortisseurs. Reportons-nous à la section que nous donnons de la portion périphérique de la roue. Nous voyons que ce qu’on peut appeler la jante de la roue, qui se trouve en A, présente une disposition toute particulière : symétriquement et centralement, dans une sorte de queue d’aronde venue avec elle, sont ménagés trois logements hémicirculaires, ou du moins formant une portion de cercle beaucoup plus importante dans la partie centrale. On peut loger dans ces évidements des tubes B remplis d’air, constituant de vrais pneumatiques à pression réduite; dans le reste de la roue (constitué à la fois par le bandage proprement dit, de forme toute spéciale, et par une pièce rapportée D) ils vont trouver des évidements correspondants, complétant le logement nécessaire. On remarquera cependant que le diamètre dés tubes est tel, que les pièces A d’une part, et D ou C de l’autre, ne peuvent venir au contact; elles demeurent normalement à une certaine distance les unes des autres, et c’est ce qui permet aux tubes de supporter la charge du véhicule, de former amortisseurs et suspension entre la roüe et son bandage. On remarquera du reste que lu présence de la pièce complémentaire D, telle qu’elle est boulonnée latéralement au bandage, et aussi les sortes de joues métalliques qui continuent de chaque côté le corps et la jante de la roue, empêchent le bandage de pouvoir se séparer de la roue. Tout se peut démonter d’ailleurs aisément, si l’on enlève les boulons E: Il est certain que l’invention est curieuse, quels que puissent être les résultats qu’elle donnera dans la pratique.
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- YARI ÉTÉS
- La situation financière de la Chine. — L’entrée des puissances extrême-orientales dans la politique et dans la vie économique mondiales restera dans l’avenir un des faits marquants du xix° siècle finissant et du xx‘. De là s’attache un grand intérêt à tous les renseignements qui concernent ces puissances ; ceux de l’ordre financier sont naturellement des plus importants, et naturellement aussi des plus difficiles à obtenir Aussi nous croyons utile de résumer une très bonne étude récemment parue dans le Bulletin de la Société belge d'études coloniales, sur la dette extérieure de la Chine; la situation financière d’un pays comme celui-là, en pleine crise de modernisme, est, on le conçoit, un facteur de premier ordre dont il est strictement nécessaire de tenir compte, pour comprendre les faits présents et futurs.
- Avant la guerre sino-japonaise (1894-1895) la dette extérieure était insignifiante : 2877000 fr. à 7 p. 100, émis en 1886, et dont 1 549^00 fr, étaient remboursés au 3i décembre 1906. Le gouvernement chinois résistait systématiquement à toutes les offres de prêt de l’étranger, et d’ailleurs, la paix, établie depuis 1864» ne nécessitait pas de dépenses extraordinaires.
- Modifiant cet état tranquille, la lutte contre le Japon obligea la Chine à faire la guerre sur la base du crédit public, par l’émission d’emprunts intérieurs. Ceux-ci, très peu fructueux (18750000 fr. à 7 p. 100 par mois), forcèrent à contracter en surplus quatre emprunts à l’étranger pour un total de 168375000 fr. Le remboursement de cette dette fut d’ailleurs assez rapide, mais sur la somme, au 3i décembre 1906, la Chine restait encore redevable de 70 000 000.
- De plus, le paiement de l’indemnité de guerre au gouvernement japonais (862 5oo 000 fr. ), détermina un nouvel emprunt, beaucoup plus gros, ou plutôt une série d’emprunts échelonnés sur trois années et représentant un total de 1 195500000 fr., qui servit à payer l’indemnité, rembourser la dette fjottante et commencer le réarmement. De cette série, au 3i décembre 1906, la Chine avait remboursé 148320785 fr., et restait par conséquent endettée de 1 047 179 ia5 fr.
- Ce n’est pas tout. La révolte des Boxers, en 1900, se soldait par un compte considérable : par le protocole international du 7 septembre 1901, on demanda en effet, à la Chine une somme de 1687500000 fr., total des indemnités demandées par les différentes puissances (pour compenser les dommages subis par leurs nationaux et couvrir le coût des opéra-
- tions militaires) et qui se répartissent comme suit :
- 489 375 000 fr.
- 537 5oo 000 — 265oooooo — i85 6a5 000 —
- 135 000 000 —
- 118125 000 —
- IOI 2 5o 000 -
- 33 jSo 000 — 16875000 —
- 5 000 000 —
- Celte somme considérable 11’était naturellement pas payable de suite; mais il fut décidé qu’on exigerait de l’empire un paiement annuel de 70612500 fr., qui fut assigné pour le service des indemnités, capital et intérêts à 4 P- ico. Le résultat fut un nouvel emprunt fait en 1905 et se montant à 25 millions de francs, dont d’ailleurs 12600000 fr. étaient remboursés en janvier 1907, le reste devant achever d’èlr^ amorti en 1929.
- Ainsi, en résumé, les dettes contractées par le gouvernement et les indemnités encourues par lui ont à l’origine représenté un total de 3076762000 fr.
- Sur ce total, 233766026 fr. avaient été amortis le 3i décembre 1906, laissant une dette extérieure de 2842770000 fr. Le dernier emprunt doit être complètement amorti en 1944 et dernière indemnité doit être entièrement versée en 1940.
- Pour compléter ce tableau, il faut d’ailleurs y ajouter les emprunts faits pour construire des chemins de fer et qui, garantis sur les lignes qu’ils ont servi à construire, jouissent en surplus d’une garantie générale du gouvernement chinois :
- i° Chemin de fer impérial chinois, 62 5oo 000 fr. dont 2876000 remboursés; 20 Chemin de fer Pékin-Hankéou, ii2 5oo000 fr. dont l’amortissement doit commencer en 1909 ; 3°Chemin de fer de Changhaï à Nankin, 72 5ooooo fr. (émission autorisée : 81 25o 000 fr.) ; 4° Chemin de fer de Canton à Hankéou, 25 millions de francs; 5° Chemin de fer de Canton à Kao-Loung, 37600000 francs.
- En somme, le total général de la Dette extérieure (emprunts d’Etat, chemins de fer, indemnités à payer), s’élevait à l’origine à 3 38i 752 000 fr. ; en 1906, la charge qui en résultait pour le service des intérêts et l’amortissement a été de 185843725 fr. ; le 3i janvier 1907, le capital remboursé était de 249 356 025 fr. ; et à cette date la Chine restait devoir à l’étranger une somme de 3 i3:>. 3g5 975 fr. L. D.
- Russie................
- Allemagne..............
- France ...............
- Grande-Bretagne. . . .
- Japon...........
- Etats-Unis.............
- Italie ................
- Belgique...............
- Autriche-Hongrie . . . Hollande et Espagne. .
- HYGIENE ET SANTE
- L’hygiène des casernes.— A la séance du 17 décembre 1907 de l’Académie de Médecine, M. Delorme, directeur du Val-de-Grâce, a présenté sur l’hygiène et les épidémies des casernes un rapport qui peut se résumer ainsi :
- L’état sanitaire de la ville de garnison se réflète dans celui de la caserne, mais avec une aggravation qui tient à la réceptivité spéciale des jeunes soldats vis-à-vis des épidémies.
- Cette réceptivité résulte de leur âge et de leur origine agricole pour la plupart, elle met le milieu militaire dans un véritable état d’infériorité sanitaire.
- Le milieu urbain est la cause responsable des épidémies de fièvres éruptives ou de fièvre typhoïde dans les casernes. La tuberculose est, dans la grande majorité dés cas, importée à la caserne, le jeune soldat la possédant en germe avant son incorporation. La contagion y est exceptionnelle, contrairement aux autres milieux (usines, manufactures, habitations insalubres); le milieu militaire fournit au développement des maladies épidémiques des éléments favorisants (collectivité, densité de l’agglomération, fatigue, exercices répétés en commun, alimentation, etc.). Mais sous ce rappcrt l’armée est en
- progrès. L’application des mesures sanitaires et la réalisation de leurs bienfaits s’y manifestent même mieux que dans le milieu urbain.
- Les fièvres éruptives, les maladies des organes respiratoires, éminemment contagieuses représentent les quatre cinquièmes des épidémies dans l’armée; elles imposent avant tout, le desserrement du casernement. Les casernements trop denses sont funestes à la conservation de la santé des soldats.
- L’aération et l’ensoleillement sont les mesures de désinfection les plus efficaces. Les chambres doivent rester ouvertes toute la journée, la transformation de leur sol, l’imperméabilisation des planchers (qui favorise la désinfection) s’imposent aussi.
- L’état sanitaire de l’armée serait notablement amélioré si la loi de 1902, sur la santé publique, recevait sa complète application, ce qu’on ne vient pas à bout d’obtenir. Avant tout, les municipalités doivent aux casernes et aux villes de garnison des eaux pures bien captées, bien conduites ou épurées ; il faut supprimer les canalisations doubles qui transportent l’une de la bonne eau, l’autre de l’eau suspecte, supprimeraussilespuitsàeauximpures, foyers localisés et endémiques de fièvre typhoïde. La
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- HYGIÈNE ET SANTE
- destruction des matières usées doit être assurée par des égouts bien construits et bien entretenus. Tant vaut la santé de la ville, tant vaudra celle de ses casernes! !
- Ajoutons que l’importance primordiale de la qualité des eaux d’alimentation ne fait plus doute pour les personnes compétentes ; mais trop souvent, dans le public j et même au sein des municipalités, elle demeure mécon- • nue. La récente épidémie de fièvre typhoïde des casernes de Verdun, qui a provoqué une enquête personnelle du sous-secrétaire d’Etat à la guerre, M. Chéron, en est la preuve. 11 a fallu interdire deux sources contaminées (Bel-rupt et une autre). Et à cette occasion on vient de commencer la révision hygiénique de tous les casernements de France, qui doit être terminée au mois de mai. (Voir aussi Dr F. H. Renaut, dans la Revue d’hygiène, Masson, éditeur, t. xxvm, 1907, p. 331.)
- Anesthésie des dents par la voie nasale. — L’ablation d’une dent est une opération assez pénible pour que, dans la plupart des cas, il soit indispensable d’anesthésier le patient. L’anesthésie générale, seule usitée jadis quand on voulait éviter la douleur, a fait place depuis longtemps à l’anesthésie locale, soit par la projection d’un jet de chlorure d’éthyle sur la gencive, soit par l’injection d’une solution de cocaïne au niveau de la dent à enlever ou à curetter. Tous les médecins spécialistes qui emploient, pour l’anesthésie de la muqueuse nasale, les badigeonnages avec les solutions de cocaïne, ont constaté que les malades indiquaient souvent qu’ils
- ne sentaient plus les dents correspondantes. Les ramifications du nerf dentaire montent, eu effet, jusqu’au niveau du nez et l’imbibition des tissus par la solution de cocaïne amène l’anesthésie du tronc nerveux.
- Le Dr Escat a pensé que l'on pouvait tirer parti de cette ‘insensibilisation accidentelle pour en faire une méthode d’anesthésie efficace et sans danger. Mais cette anesthésie ne peut s’appliquer qu’aux dents du devant et du maxillaire supérieur, incisives et canines. Lorsqu’il sera nécessaire d’enlever ces dents ou de pratiquer sur elles une intervention désagréable, rien de plus simple que de les rendre insensibles. Il n’y a qu’à procéder comme si l’on voulait insensibiliser le nez lui-même. Introduisez un tampon d’ouate stérilisée imbibée d’une solution de chlorhydrate de cocaïne au dixième, glissez ce tampon entre la cloison et la partie antérieure du cornet inférieur et laissez-de en place un bon quart d’heure, en ayant soin de faire baisser la tête pour que la solution ne coule pas dans l’arrière-gorge. Au bout de quinze minutes, l’anesthésie est complète ou à peu près dans le nez ; elle ne l’est pas encore dans les incisives ou la canine sous-jacentes. Attendez un quart d’heure de plus, soit eu tout une demi-heure ; enlevez le tampon et vous avez les dents insensibilisées d’une façon parfaite pour le temps nécessaire à l’opérateur, soit au moins dix minutes. Il est rare que l’anesthésie ne soit pas complète; parfois même elle s’étend aux incisives opposées. Le procédé est simple et se recommande aux dentistes. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Utilisation des débris de jais en électricité. — On
- sait que le jais est une variété spéciale de lignite très noire et très dure, exploitée surtout au Portugal.
- On l’utilise en bijouterie, mais la taille qu’on lui fait subir laisse de nombreux débris. Ce sont ces débris finement pulvérisés et agglomérés au moyen de caoutchouc, que M. Ackermann propose d’employer comme isolant électrique sous le nom dé bonite-jais. On obtiendrait ainsi une matière de densité 1,3, d’un beau noir et susceptible de se polir. Le prix de revient serait de 1 fr. 20 le kilog. environ et serait très avantageux en comparaison des prix élevés de l’ébonite.
- Nouveaux manchons chauffants incassables pour cheminées radio-incandescentes. — Dans notre numéro du 10 mars 1906, nous avons décrit un nouveau radiateur à gaz, dit « radio-incandescent » utilisant pour l’émission de la chaleur rayonnante, les propriétés radiantes d’un manchon chauffant à base de cérium.
- Ces manchons, bien que très notablement plus solides que les manchons Auer utilisés pour l’éclairage étaient encore d’une fragilité assez grande, qui aurait pu limiter l’emploi de ces appareils.
- L’inventeur a remédié à cet inconvénient et emploie maintenant des manchons chauffants d’une solidité très grande, qui sont préparés de la façon suivante :
- Un planant d’amiante est converti, au moyen de machines à tricoter circulaires, analogues à celles qui sont employées pour le tricotage des manchons ordinaires en fil de coton ou de ramie, en un tube de tricot de grande longueur. Ce tricot est coupé en fragments égaux de longueur voulue. On resserre la tête au moyen d’un fil passé dans les mailles et on munit cette tête d’un anneau de suspension. Dans cet état, les manchons sont trempés dans des bains durcissants composés principalement de solutions de concentration moyenne contenant en proportions diverses des sels solubles de thorium, de magnésium, d’aluminium et de glucinium associés parfois au silicate de soude ou de potasse.
- Au sortir de ces bains, les manchons sont essorés et placés sur des moules qui leur donnent la forme exacte qu’ils doivent garder, puis enfin calcinés sur un chalumeau à gaz. La solution active de cérium est parfois mélangée au premier bain durcissant. Parfois on fait subir au manchon un nouveau trempage dans la solution active, suivi d’une nouvelle calcination.
- Les manchons chauffants ainsi préparés sont d’une
- extrême solidité. On peut les manier sans aucune difficulté, les frapper avec une petite baguette en bois ou une petite tige en fer sans les détériorer. On peut même les jeter à terre à plusieurs reprises sans qu’il en résulte le plus souvent aucun dommage^. Us ne craignent ni la projection de l’eau ni les effets de dilatation due aux changements brusques de température. En un mot, ils sont pratiquement incassables et leur emploi supprime la seule objection que l’on aurait pu faire à l’emploi des cheminées radio-incandescentes. Ces nouveaux manchons sont fabriqués par la Société Auer, 147, r. de Courcelles.
- L’alimentation des poules pondeuses en hiver. —
- M. de Couray recommande la méthode suivante, dans Economie et progrès : Le matin, vers 9 heures, quelques poignées de maïs concassé éparpillé dans la litière; vers onze heures, une pâtée, faite comme suit: i3 kg. 1/2 de foin de trèfle finement coupé et cuit à la vapeur, mélangé avec i3 kg 1/2 de farine d’orge, 9 kg de farine de maïs, 9 kg de son, 4 kg 1/2 d’os verts broyés et assez de lait écrémé pour former une pâte consistante. Ce mélange est préparé quelque temps à l’avance et servi chaud. A midi, une petite quantité de blé dans la litière, pas assez pour faire un repas, mais suffisamment pour tenir les oiseaux activement occupés jusqu’au soir. Enfin, une heure avant le coucher, du blé entiers de préférence employer plusieurs espèces de grains, sans les mélanger, mais en changeant l’espèce chaque soir: froment, maïs, avoine, orge, graine de grand soleil.
- Les poules baromètres. —Nous ne garantissons pas du tout la réussite du procédé indiqué par notre confrère la Revue avicole, mais le faites! si curieux et si amusant qu’il vaut la peine d’en faire l’essai. On sait que beaucoup d’éleveurs de canaris ajoutent du poivre de Cayenne à la nourriture de ces oiseaux, ce qui donne à leur plumage une teinte rougeâfre qui les fait rechercher. Si l’on ajoute le même ingrédient à la nourriture de poules blanches, elles prennent des plumes d une teinte rose pâle, mais cette teinte ne reste pas constante; elle devient de plus en plus rouge, suivant que le temps est plus humide,de sorte que la poule nourrie au poivre de Cayenne constitue un véritable baromètre vivant. La progression dans les teintes est,paraît-il,des plus exactes, et quand la basse-cour est peuplée de poules écarlates, on peut s’attendre, quelques heures plus tard, à une pluie violente. A nos lecteurs de faire l’expérience, qui est simple. Nous enregistrerons avec plaisir les résultats.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d'une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de ta correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours
- Adresses relatives aux objets décrits. Petit moteur économique: M. Molenat, 66, rue Ramus, Paris.
- Renseignements. M. Dormois, à Saint-Germain. — Comme vous pourrez aisément le voir en vous reportant à l’article, nous n’avons pas d’adresse exacte du cadenas de Dehli. A tout hasard, vous pourriez écrire au fabricant indiqué Mohammed Hasen, à Dehli, mais à tout hasard !
- M. Mouren, à Paris. — Nous pouvons vous indiquer le Manuel Roret : Chauffage et ventilation, chez Mulo, 12, rue Hautefeuille, et les ouvrages Chauffage et ventilation, par Picard, chez Béranger, 15, rue des Saints-Pères ; Chauffage et ventilation, par Denfer, chez Béranger également.
- M. Mahuet, à Yesoul. — Tous les marchands d’appareils pour l’éclairage au gaz vendent tous en général des appareils self-allumeurs de divers systèmes; à Paris, vous pouvez vous adresser à la maison Bengel, 99, avenue de la République, ou chez Le Garrec, 8, rue des Francs-Bourgeois.
- M. Robillard. — M. Martin, 88, boulev. Ménilmontant, pourra répondre à votre question et vous fournir,croyons-nous, les objets que vous désirez.
- BIBLIOGRAPHIE
- The romance of s as'âge life, by G. F. Scott Elliot. London, Seeley and C°. 1 vol. in-8°. Prix: 6 fr. 25
- Sous le titre Le roman de la vie sauvage, M. G. F. Scott Elliot fait un exposé de vulgarisation élevée pour montrer ce qu’est la vie de l’homme primitif. Son livre, d’une information sûre et étendue, d’une lecture facile, d’une critique suffisante, sera une excellente introduction à l’étude des sociétés primitives, = pour ceux qui n’ont pas la possibilité d’étudier des manuels moins accessibles et plus ardus ou de s’égarer dans les vastes recueils ethnographiques. Ils y trouveront en particulier de beaux chapitres sur : les affinités de l’homme primitif avec les animaux, la pêche, lâchasse chez le primitif, la vie troglodytique, les tribus de chasseurs, de nomades, d’agriculteurs, le feu, la cuisine, l’enfant sauvage, la technologie, la guerre, la musique et la danse, le vêtement et la parure, l’habi-f tation, la navigation, le langage, le mariage, les rites » funéraires, la religion, les superstitions, les traditions, etc. ; en somme, un tableau complet de la vie sauvage, constituant une agréable et utile introduction à des études plus serrées. Nouveauté à signaler dans un ouvrage de ce genre, l’illustration est à peu près uniquement photogi'aphique et donne des choses une idée vraie.
- L’Evolution souterraine, par E.-A. Martel, in-8°, 388 p., 80 fig. Paris, E. Flammarion. Prix: 3 fr. 5o
- Tableau réduit des phénomènes révolus sous l’écorce terrestre, ce volume tente la synthèse des travaux accomplis par d’innombrables chercheurs souterrains dans les plus divers ordres d’idées. Il montre le rôle capital de la fissuration de la planète dans l’évolution grandiose et continue de la Terre, de la vie, de la pensée. La flore souterraine, la faune aveugle des cavernes les problèmes de l’homme tertiaire, des éolithes, des peintures des cavernes préhistoriques forcent à pénétrer dans les discussions du transformisme : L’auteur cherche à prouver la supériorité et l’indépendance de Y esprit envers la matière !
- Les écarts d’imagination de la plupart des préhistoriens sont spécialement passés au crible d’une sévère mais saine critique. Le dernier chapitre esquisse les possibilités de l’avenir: pour la terre, la disparition de l’eau et le dessèchement final, — pour l’homme, l’expansion progressive de la pensée vers un être ou une forme inconcevables, mais supérieurs.
- Les richesses minérales de Madagascar, par le Dr Antoine Merle, professeur de géologie et minéralogie à l’Ecole spéciale de travaux publics, in-8^ de 54 pages, avec 3 fig. et une grande carte hors texte en couleurs. Prix: 3 francs. H. Dunod et E: Pinat, éditeurs, 49» quai des Grands-Augustins, Paris, VIe.
- Le travail du Dr A. Merle résume l’état actuel dn nos connaissances relativement aux richesses minérales de Madagascar, L’auteur passe en revue successivement les richesses de Madagascar en or, pierres. précieuses, fer, cuivre, plomb, zinc, nickel, étain, matériaux de construction, phosphates, combustibles minéraux, eaux minérales, etc. Il précise les régions où l’on peut trouver ces diverses substances. Enfin, l’ouvrage se termine par les décrets de 1897 et de 1907 qui ont réglementé la recherche et l’exploitation de l’or, des métaux précieux et des pierres précieuses à Madagascar,
- Charles Nodier et le groupe romantique, par Michel Salomon. Librairie académique Perrin. 1 vol. in-16. Prix : 3 fr. 5o.
- Avec un talent littéraire et une délicatesse de touche q'ue nous n’avons pas à apprécier ici, M. Michel Salomon a su rendre dans ce livre la physionomie très fine et très intéressante de Charles Nodier, qui fut un écrivain remarquablement fécond dans les genres les plus divers. C’est comme entomologiste qu’il nous appartient dans ce recueil. Ses premiers travaux furent, en effet, une Dissertation sur l’usage des antennes dans les insectes et sur l’organe de l’ouïe dans les mêmes animaux et une Bibliographie entomologique ;
- 11 fut également un botaniste fervent.
- Manuel pour l’étude de la langue russe, par P. Boyer et N. Speranski. Paris, A. Colin, igo5. 1 vol. in-8°. -Prix : 10 francs.
- Ce manuel est conçù suivant les principes de la méthode directe. Un travail de quelques jours sur une grammaire quelconque, pour prendre un aperçu des particularités essentielles du russe, suffit à préparer pour l’emploi de ce livre. C’est essentiellement un recueil de textes (de Tolstoï) accompagnés d’un commentaire grammatical, de remarques diverses et d’un lexique, de quoi enfin, avec un peu de travail sérieux, mais non ingrat, apprendre le russe suivant la méthode naturelle, c’est-à-dire en s’en servant. C’est pour l’étude de la langue russe un ouvrage tout nouveau et de première valeur.
- La technique de la houille blanche, par M. Pacoret, avec préface de M. A. Blondel, professeur à l’Ecole des Ponts et Chaussées. 1 vol. in-8°, 83o p., 3oo fig.
- 12 planches. Prix: broché 25 fr. Chez Dunod et Pinat, Paris. — Hydrologie, hydraulique, turbines, barrages, conduites forcées, lacs et réservoirs régulateurs, usines hydro-électriques, création de chuies d’eau,' travaux d’aménagement, machines génératrices, réceptrices et transformatrices de courant, transport de
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- BIBLIOGRAPHIE
- forces, ligues à haute tension, usines centrales, électrochimie, électro-métallurgie, lois et règlements.
- Cet ouvrage de M. 'Pacoret est, à notre connaissance, le premier livre consacré à l’étude complète de toutes les questions qui se rattachent à la jeune industrie de la houille blanche si florissante dans notre pays. Ce travail consciencieux et complet, d’une remarquable documentation est donc appelé à rendre les plus grands services.
- La Basse-Normandie, par R. ni: Fklicic, docteur ès-let-tres, in-8°, 5g6 p., 88 fig. et i carte géologique en couleurs au 400 000”. Paris, Hachette.
- Faisant suite à ses aînées, cette étude de géographie régionale s’étend à la Manche et à la moitié du Calvados et de l’Orne (à l’ouest de Ouistreham, Argentan, Alen-
- çon). C’est la monographie dans son acception intégrale géologie, géographie, climat, population, agriculture, industrie, commerce, statistique et bibliographie.
- Le souci du renseignement est tel que plus de huit cents instituteurs ont été questionnés pour la composition de cet ouvrage. Les chapitres de paléogéographie et d’hydrographie (avec les pertes de l’Aure aux Fosses-de-Soucy, bien décrites pour la première fois) suffisent à montrer toute l’érudition et toute la compétence de l’auteur. Le paragraphe sur les « Vitoires » ou sources intermittentes d’Èrnes est une vraie nouveauté. Tout le livre est à recommander hautement.
- Agenda du photographe. Annuaire des amateurs de photographie. Chez Mendel, 118 bis, rue d’Assas. Prix: 1 franc.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th.
- Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3ora,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE UE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMETRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 janv. 1908. — 0°,9 N. N. E. 1. Couvert. » Gelée blanche; givre; couver! ; laible brouillard à C h.
- Mardi 21 2°,0 E. S. E. 2. Couvert. » Gelée blanche; brume; très nuageux jusqu’à 13 h.; beau ensuite.
- Mercredi 22 — 5°.i S. E. 2. Beau. » Gelée blanche; beau; brouillard à 21 b.
- Jeudi 23 — 5°,6 S. 1. Beau. » Gelée blanche ; brouillard de 60 m. à 9 b.
- Vendredi 2i — 5°, S N. N. E. 2. Beau. » Gel. bl.; giv.; couv. à 8-9 b. et de 19 b. à 21 11.; beau av. et np.; brd.
- Samedi 2o - 4«,0 S. 2. Couvert. » G dôe blanche; givre; couver!; brouillard.
- Dimanche 26 1U S. S. W. 3. Couver!. » Couver! ; quelques goutles à 15 h.
- JANVIER 1908. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 JANVIER 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité' de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 20 au 26. - - Le 20. Pressions supérieures à 770 mm sur l’O. et le Centre de l’Europe; maximum en Irlande, 774; basses pressions en Russie, Moscou, 749. Brouillard en France. Température du matin : Arkangel, —10; Paris, —1; Biarritz, i°; Puy de Dôme, — 1; moyenne à Paris : o°,9 (normale : a°,i). — Le 21. Hausse sur l’O. : Hollande, 779; Paris, Nantes, 775 ; dépression sur le N. : Bodoe, 745 : et sur les Açores. Beau temps général. Temp. du matin : Arkangel, —i3°; Paris, 2 ; Alger, 14; Puy de Dôme, —5; moyenne à Paris : i°,7 (normale : 2°,i). — Le 22. Pressions hautes sur le S. du continent (Suisse, 777), dépression sur le N.-E : Saint-Pétersbourg, 742. Pluies et neiges sur la Scandinavie et la Russie. Temp. du matin : Arkangel, —10; Paris, —3; Alger, 14 ; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : — o°,4 (normale : 2V2). — Le 23. Hautes pressions générales, supérieures à 775 sur la France,.l’Allemagne, la Russie; faibles dépressions à l’extrême N. et au S. de la Russie. Pluies très rares. Temp. du matin :
- Arkangel, — 12°; Paris, —4; Alger, i3; Puy de Dôme, t ; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 2°,9 (normale : 20,2). — Le 24. Hausse constante : Lembei'g, Prague, 781; Lyon, 776; faible dépression au N. : Arkangel, 75o. Brouillard général en France. Temp. du matin : Kharkof, — 10; Paris, —4; Alger, 12; Puy de Dôme, 3; Pic du Midi, —4; moyenne à Paris : i°,6 (normale :
- 20.2) . — Le 25. Baisse sur le N.-O. et dépressions au large de l’Ecosse : Slornoway, 753. Hautes pressions sur le S. : Prague, 778. Temp. du matin : Kharkof, —8°; Paris, —6; Alger, 12; Puy de Dôme, 1; Pic du Midi, — 4; moyenne à Paris : —- 2°,2 (normale : 2°,3). — Le 26. Basses pressions sur le N. de l’Europe : Ecosse, 75o; Laponie, 748; Nantes, Lyon, 779. Pluies sur les Iles-Britanniques et la Scandinavie. Temp. du matin : Arkangel, — 12 ; Paris, 1 ; Perpignan, 10 ; Puy de Dôme, o; Pic du Midi, —8°; moyenne à Paris : 3° (normale :
- 20.3) . — Phases de la Lune -. Dernier Quartier, le 26, à 3 h. 10 m. du soir
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : ‘20, Boulevard Saint-Germain, "Paris (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 18! I — 8 FEVRIER 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Le spectre de Saturne, — M. V.-M. Slipher, astronome à l’Observatoire Lowell, à Flagstalf (Etats-Unis), donne, dans l’Astrophysical Journal (vol. XXVI), une étude photographique du spectre de la planète Saturne. Les photographies furent prises avec un speclroscope à simple prisme, en 1905, sur des plaques sensibles jusqu’à la radiation C de l’hydrogène. Des bandes d’absorption furent enregistrées aux longueurs d’ondes suivantes, par ordre d’intensité: X 6193, 543o, 6145, 645, 577. Aucune de ces bandes n’apparaît dans le spectre des anneaux. En ce qui concerne X 6ig3, son absence du spectre des anneaux avait été signalée antérieurement par Keeler et par Haie et Ellerman. Il ne semble pas que ces diverses lignes proviennent de l’absorption due à l’atmosphère terrestre. Sur une autre plaque, on a enregistré les spectres de Saturne, Jupiter, Uranus et Neptune. Le spectre de Jupiter est celui qui ressemble le plus à celui de Saturne, tandis que ceux d’Uranus et Neptune sont semblables entre eux. Le spectre de Neptune contient toutefois plusieurs bandes d’absorption beaucoup plus intenses que les bandes correspondantes du spectre d’Uranus. L'hydrogène libre semble exister dans l’atmosphère de ces deux dernières planètes.
- Absorption de l’azote par le carbure de calcium.
- — L’absorption de l’azote par le carbure de calciumaété mise à profit dans la préparation d’un produit chimique nouveau qui a été désigné sous le nom de cyanamide calcique et dont La Nature a parlé il y a quelque temps. En étudiant en détail cette réaction, un auteur, M. Polzeniusz, a constaté que cette absorption était accélérée par la présence des sels halogénés du calcium, cette influence activante croissant dans l’ordre suivant: fluorure, chlorure, bromure et iodure. On observe un phénomène analogue lorsqu on effectue la réaction en présence d’un sel capable de donner par double décomposition un sel halo-géné du calcium. On pourra sans doute mettre à profit cette observation dans la fabrication du nouveau produit.
- Extraction de l’hydrogène du gaz à l’eau. — On
- sait que le gaz à l’eau est le mélange composé en majeure partie d’hydrogène et d’oxyde de carbone, que l’on obtient en faisant passer de la vapeur d’eau sur du charbon au rouge Les chiffres suivants donnent la teneur généralement observée pour les différents éléments qui constituent ce mélange : hydrogène 5o pour 100; oxyde de carbone 4o pour 100; acide carbonique 5 pour 100; azote 4,5 pour iôo; oxygène o,5 pour 100. Le professeur allemand Frank propose d’extraire l’hydrogène de ce mélange en absorbant l’oxyde de carbone, l’acide carbonique et l’azote par le carbure de calcium, à température modérée. On obtient ainsi de l’hydrogène à 99 pour 100 avec des traces d’azote et de méthane. L installation est fort simple. Les aérostiers militaires pourront y trouver une précieuse ressource en temps de guerre ; les fabricants de carbure de calcium y verront un nouveau débouché pour leur produit.
- Station hydroélectrique gigantesque en .Italie. —
- On en dresse le projet à l’heure présente : il s’agit d’utiliser les eaux qui s’écoulent des glaciers du Val Camonica, en créant des installations hydrauliques qui fourniront une puissance de quelque 200000 chevaux, et qui seront toutes dans la province de Brescia, sur le Dezzo, le Torbiolle, à Gratacasolo ; on recourra aussi au lac Arno, 1792 m. AFresine, on va installer une usine qui donnera une puissance de 75000 chev., en recevant la décharge du lac par le moyen d’un puits et d’un tunuel, et en utilisant une chute de plus de 880 m. En sortant de cette usine, l’eau se réunira à celle que fourniront l’Adame et le Salarno, et une canalisation conduira toute cette masse d’eau à Isola, puis à Gedegolo, où sera créée de la sorte une chute de 5oo m. assurant la production de 60 000 chevaux. Enfin, on compte établir une autre chute artificielle en faisant descendre les eaux du Lac Salarno uo38 m. Le tout est au nord d’Iseo.
- Wright ou Farman. — Le succès de Henry Farmau, gagnant le prix Deutsch-Archdeacon dans les conditions que nous avons relatées a soulevé, dans le monde des aviateurs un intéressant problème. Fairnan est-il bien le premier homme qui ait réussi à effectuer un vol plané avec virage et retour au point de départ? Et l’on rappelle les mystérieuses expériences des frères Wright, vieilles de plus de deux ans. D’après leur rapport à l’Aéro-Club Américain, les frères Wright auraient accompli en septembre et octobre 1905 en présence de 17 témoins une série de vols respectivement de 17 961m., 19 570 m., 24 435 m., 33 558 m. et 38 956 m. à la vitesse moyenne de 60 km à l’heure. Ces expériences depuis n’ont pas été renouvelées ; l’appareil Wright n’a pas été breveté ; d’autre part, les négociations que les deux frères avaient entamées avec le gouvernement français pour la vente de leur machine, rompues une première fois, renouées ensuite, ont été rompues définitivement par le gouvernement français sous prétexte que les inventeurs ne pouvaient garantir de se maintenir à 3oo m. de hauteur. Et l’on ne sait rien d’autre sur l’aéroplane Wright, qu’il n’a jamais été donné au public d’entrevoir. Cependant, dans le monde des aviateurs, il est des personnes convaincues que Farman a été précédé de deux ans dans la conquête de l’air par les Wright, et qu’ils gardent encore le record de la distance.
- Les travaux de la gare Saint-Lazare. — La gare Saint-Lazare, dessert, comme on le sait, outre les grandes lignes de Normandie, un réseau de banlieue alimenté par une immense région qui se peuple chaque jour davantage et qui n’est plus aujourd’hui qu’une prolongation continue de Paris. Toutes ces lignes viennent se resserrer dans l’étroit goulot du tunnel des Bati-gnolles, où l’on ne compte que 6 voies qui doivent également servir à la circulation des machines de service et des rames de matériel vide. Il en résulte un encombrement conslaut de la gare, et des retards fréquents.
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- INFORMATIONS
- D’importants travaux sont actuellement en cours pour remédier à cet état de choses : ils comportent, pour l’instant, la création de deux nouvelles lignes entre la gare Saint-Lazare et Bécon-les-Bruyères ; et de deux voies de service allant de la sortie du tunnel des Batignolles au dépôt des Batignolles, et aux remises de matériel de Clichy. La partie la plus remarquable de ces travaux est la construction des voies nouvelles sous la rue de Home ; le trottoir et une partie de la chaussée de cette rue, seront maintenus en porte:-à-faux au-dessus des voies grâce à d’audacieux encorbellements en béton armé, dont la portée atteindra parfois 7 mètres. Nous aurons du reste, l’occasion de revenir sur ce point. Signalons enfin la construction à Asnières d’un viaduc pour le passage des deux nouvelles lignes. Les piles en seront fondées sur des massifs de béton recouvrant la tête de pieux en béton l'retté.
- Les corbeilles à papier de Paris. — Signalons à notre tour une innovation qui a beaucoup fait parler d’elle ces temps derniers. Un conseiller municipal de Paris, M. Levée, ayant proposé l’installation dans
- la rue de boîtes destinées à recueillir les vieux papiers, un ingénieur, M. Mazerolle, fut chargé d’étudier la question, et l’administration s’arrêta à un type très simple et semble-t-il très pratique de corbeilles fixées au pied des réverbères. A titre d’essai, on va disposer ces paniers aux divers endroits fréquentés de la Capitale : grands boulevards, place de l’Opéra, rue Royale, boulevard Saint-Michel. Celles que notre photographie représente et qui sont les premières mises en usage sont installées place de l’Opéra. Naturellement, ces corbeilles sont doublées à l’intérieur d’un récipient mobile en tôle galvanisée muni de deux poignées qui permettent de les enlever pour les vider. On doit aussi essayer prochainement d’autres types adossés aux murs ou fixés sur une grille. Reste à savoir l’accueil que le public parisien fera aux nouveaux édicules.
- Le Transsibérien. — Le gouvernement russe a soumis à la Douma un projet de loi comportant la construction d’une seconde voie pour le Transsibérien. Le travail s’effectuerait en tronçons ; le premier de ces tronçons serait achevé en 1911. On évalue le total des dépenses à iÔ7 millions 320000 roubles.
- Eau potable. — La commission de répartition des subventions allouées aux communes sur le pari mutuel pour travaux d’adduction d’eau potable s’est réunie au Ministère de l’Agriculture sous la présidence de M. Ruau. Le rendement, particulièrement important pour 1907 du pari mutuel, a permis de répartir 3o3oooo frs entre 324 communes.
- Le rendement des fruits de Kapok. — Nos lecteurs connaissent le kapok qui leur a été signalé dans un bel article de M. Dubard (n°i7o5 du 27 janv. 1906). Le jardin colonial, qui a dû tout dernièrement s’occuper du rendement en fibres et graines des fruits de kapok, publie dans un récent bulletin le résultat des pesées qui ont été faites. On a opéré sur ioo fruits qui n’étaient pas encore ouverts, et qui pesaient 2,920 kg et l’on a obtenu :
- Bourre (partie fibreuse)..................0,610
- Graines...................................0,984
- Coques (enveloppes).......................1,170
- Placentas (partie ventrale)............0,156
- 2,920
- Les chemins de fer en Europe. — D'après une statistique publiée par la direction des chemins de fer, la longueur des voies ferrées exploitées en Europe au Ier janvier 1907, y compris les voies étroites affectées à des services publics, était de 3i6,og3 km, soit 6,288 km en plus qu’au icr janvier 1906. Ce chiffre représente d’autre part une longueur de 3,200 km par myriamètre carré, ou de 8,100 km par 10000 habitants. Le'tableau ci-dessous permet d’ailleurs de suivre le détail, par pays, des éléments qui constituent ce total :
- Longea rs Longueur,-
- JÎTAT.S chemins de fer 1" janvier 190'
- à l'exploitation. 100011 lmh.
- Autriche-Hongrie 41.227 8>7
- Belgique 7-495 11,2
- Danemark 3.434 14,0
- Espagne 14.649 8,2
- France 47.142 I 2,1
- Grande-Bretagne et Irlande. 3y.1° 7 9>°
- Grèce 1.241 5,i
- Italie 16.420 5,x
- Luxembourg 512 21,6
- Norvège 2.55o 11,5
- Pays-Bas 3.o54 6,0
- Portugal ......... 2.637 4,9
- Roumanie 3.210 5,4
- Russie et Finlande .... 56.670 5,4
- Serbie 610 2,4
- Suède i3.i65 25,6
- Suisse 4.342 13,1
- Turquie, Bulgarie, Roumélie 3.142 3,2
- Malte, Jersey et Man 110 3,o
- Totaux et moyennes. . . 3i6.og3 8,1
- Conduites de gaz à haute pression. — La distribution du gaz dans les villes se fait ordinairement au moyen d’usines indépendantes. La New-Jersey gaz Electric C°, a organisé le système de distribution suivant. Une usine centrale est établie à Camden, qui peut fournir journellement 283 i5o mètres cubes de gaz d’éclairage d’im pouvoir éclairant de 21 bougies. La longueur totale de territoire desservie par cette usine est maintenant de q3 kilomètres, mais des dispositions sont prévues pour l’étendre jusqu’à Patterson à une distance de 322 kilomètres. Le gaz est envoyé de l’usine de Camden au moyen de compresseurs. La conduite principale est en acier et va, au nord, de Camden à Trenton et au sud, de Camden à Woodbury : elle traverse une quantité de petites localités et conduit le gaz jusqu’aux anciens gazomètres des petites usines, d’où on l’envoie aux consommateurs.
- L’aérostation militaire en Allemagne — La Commission du budget allemande vient de voter la somme de 2 55oooo marks pour l’achat de dirigeables types Zeppelin. Sur cette somme 600000 fr. seront consacrés à la rémunération des travaux de l’inventeur. La somme nécessaire à la construction d’un ballon s’élève à 5ooooo marks environ.
- Les primes d’invention aux ouvriers. — L’administration impériale des chemins de fer allemands vient d’inaugurer pour son personnel, la méthode qui est pratiquée, et avec succès, dans tant d’usines américaines : elle a ouvert un crédit spécial qui lui permet de donner des récompenses en argent à tous ceux de ses agents, ouvriers ou autres, qui imaginent quelque invention susceptible de rendre des services dans l’exploitation des chemins de fer.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Chimie
- Le contrôle du lait. — Le lait est l’objet d’adultérations très nombreuses qui soulèvent de légitimes protestations de la part des hygiénistes. Depuis longtemps, l’attention des chimistes et des experts a été attirée par une fraude des plus fréquentes sur le lait, celle qui consiste à l’étendre d’eau. Les premiers procédés decontrôle préconisés n’aurait en vue que la prise de densité du lait. A l’aide d’un aréomètre à poids constant nommé densimètre ou pèse-lait. Un tel instrument devait forcément donner des résultats incertains et problématiques. Aussi Quevenne comprenant l’imperfection d’une semblable méthode, combina un lacto-densimètre de forme spéciale, et proposa de tenir compte de la densité du lait écrémé et du lait non écrémé, et de déterminer exactement les proportions de crème. Malheureusement il fallait un cei'tain temps à la crème pour se séparer, et cette séparation ne se faisait pas toujours avec une égale facilité. Dans ces conditions, les indications du crémo-mèlre sont loin d’avoir une valeur absolue. C’est là un fait regrettable, car la réunion de ces trois données :
- Oléo-réfractomètre
- \ 40 30 20 10 0 10
- MM. Ferdinand Jean et Amagat.
- Fig. 2.
- Echelle photographique double.
- densité du lait ordinaire, dosage de la crème, densité du lait écrémé, permettait de rectifier les incertitudes fournies par une de ces déterminations. On peut donc, ici encore, n arriver qu’à de très vagues probabilités.
- Quant à l’analyse chimique, elle manque de rapidité. De plus, elle n’offre pas, comme on serait tenté de le croire, un critérium absolu.
- Pour déterminer l’intensité du degré de mouillage, certains chimistes, se basant sur l’analyse chimique, envisagent la proportion d’extrait sec ou la valeur de l’extrait diminué du beurre. Ces procédés de recherche sont bien applicables au lait moyen d’une étable, mais non à celui d’une vache considérée isolément.
- En présence de pareilles incertitudes, quelques auteurs ont été conduits à rechercher la fraude dans certaines particularités physiques comme l’examen de l’opacité du lait, son point de congélation et l’indice réfractométrique du petit-lait.
- Les instruments qui permettent d’apprécier l’opacité du lait sont les lactoscopes, les pioscopes et les butyro-scopes. Ils reposent sur la propriété qu’ont les globules gras d’être opaques ; il en résulte que plus un lait est opaque, plus il est riche en matièi’e grasse. Ces appareils fournissent aussi des résultats aléatoires. De plus, s’ils permettent d’apprécier rapidement la l’ichesse d’un lait en matière butyreuse, ils n’offi'ent aucun intérêt pour la détei'mination du degré de mouillage.
- Dès i8g5, M. Winter a proposé de se servir du froid
- pour apprécier la pureté des laits. Par la suite, les méthodes cryoscopiques ont été adoptées avec énormément de succès par M. le Docteur Parmentier dans son service d’hôpital, pour contrôler les livi'aisons journalièi-es du lait destiné à ses malades.
- Le point de congélation du lait pur et frais est voisin de — o*,55 et les températures de — o°,54 à — o°.57 représentent à peu près les limites extrêmes. L’écrémage ne modifie en rien ces particularités. Il n’en est pas de même de l’eau qui fait rapprocher le point de congélation du oB du thermomètre centigrade. Comme conséquence pratique, on trouve qu’un lait gèle d’autant plus facilement que son degré de mouillage est plus accentué. C’est là une particularité intéressante qui peut, dans certains cas spéciaux, rendre de très réels services.
- Un grand nombre d’analyses ont permis de dresser un tableau qui, pour chaque degré cryoscopique compris entre — o°,52 et — o°,36, donne la quantité d’eau ajoutée au lait.
- Ce procédé analytique, qui paraît ti'ès séduisant au premier abord, n’est pas exempt de reproches. On a reconnu, en effet, que certaines substances ajoutées au lait telles que le bicarbonate de soude, le chlorure de sodium, avaient pour effet d’abaisser le point de congélation, et pouvaient servir dans certains cas à dissimuler le mouillage.
- Les méthodes réfractométriques ont été préconisées par MM. Villiers et Bei'-tault et mises en relief dans une thèse absolument remarquable soutenue en igo5 par M. Alfred Cothei'eau à l’Ecole de pharmacie de Paris.
- Le petit-lait destiné aux examens réfractométriques est pi'éparé en ajoutant à un volume déterminé de lait, un demi-volume d’acide acétique dilué à i o/o et en portant le mélange un instant à l’ébullition dans un ballon muni d’un réfrigérant ascendant. Après complet refroidissement le liquide est filtré, et le produit de la filtration est examiné à l’oléo-ré-fractomètre de MM. Ferdinand Jeaxx et Amagat.
- Cet appareil (fig. i), très employé pour l’indice de l'éfraction des huiles, consiste en une cuve métallique circulaire EE, pourvue de deux tubulures opposées et fermées par deux glaces parallèles. Sur les tubulures, se ti'ouvent ajustés, suivant un même axe, un collimateur A et une lunette I.
- Au centre de la cuve circulaire se trouve un petit cylindre creux en métal ai'genté dans les parois duquel sont mastiquées deux glaces formant entre elles un angle détei’-miné. Une échelle photographique double (fig. 2), ti'anspa-rente, située en H, en avant de l’o'bjectif, et sur laquelle vient se projeter l’image fouimie par le collimateur, sert de mesure. Cette image est fouimie par le bord vertical d’un volet qui divise le champ en deux parties : l’une claire, l’autre sombre. L’éclaii'age nécessaire est obtenu en braquant l’appareil sur la flamme d’une lampe. L’oléo -réfractomètre est, en outi’e, complété par des robinets de vidange D et K, par un réservoir à eau C, muni de son robinet de vidange L. Une vis de l'appel permet de faire déplacer très facilement le volet pour le réglage.
- On règle l’appareil en observant la déviation de l’eau distillée, puis celle correspondant à l’acide acétique dilué à 1 0/0 employé pour la préparation du petit-lait ; il ne l’este plus ensuite qu’à déterminer le degi’é de déviation fourni par le petit-lait.. Le résultat final est obtenu en reti’anchant du chiffre fourni par le petit-lait dilué avec l’acide acétique étendu, le tiers de la différence entre le nombre de divisions données par l’acide acétique étendu et par l’eau pure ; on retranche ensuite le nombre correspondant à l’eau pure et on ajoute enfin la moitié du nombre obtenu.
- La déviation réfi’actométi'ique des laits normaux correspond à 40 ou 41 divisions, et, dans aucun cas, elle ne peut être inférieure à 39.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Ces résultats ont permis à M. Cothereau de poser un principe d’une très grosse utilité pour la détermination du degré de pureté des laits.
- Un lait, quelle que soit son origine, devra toujours donner un petit-lait ayant une déviation de 3g degrés à l’oléo-réfractomètre. Une déviation inférieure indiquerait un mouillage. On voit déjà tout le parti avantageux qu'il est possible de tirer de cette méthode.
- Si, par exemple, une déviation réfractométrique inférieure n’était pas la conséquence du mouillage, elle indiquerait une anomalie de composition non signalée par la cryoscopie, que l’analyse chimique seule pourrait déceler. A ce titre, l’emploi de l’oléo-réfractomètre est donc intéressant et il serait à souhaiter qu’il se vulgarisât. ’ Albert Vilcoq.
- Automobilisme
- La valve Hill. — Le propriétaire d’une automobile, forcé d’abandonner même pour quelques instants seulement sa voiture, doit ressentir une inquiétude facile à comprendre. Quoi de plus aisé pour le premier venu, que de mettre le moteur en marche, de monter sur la machine et de disparaître. Sans doute, il est bien rare de voir une automobile abandonnée sur la voie publique ; mais dans un garage, comment empêcher un employé indélicat de se servir pour son usage personnel, de la machine qui lui est confiée?
- Bien des dispositifs peu pratiques ont déjà été proposés ; la valve Hill donne un moyen très simple et
- Valve Hill.
- très sûr de parvenir à ce résultat. Vous voulez rendre impossible toute fugue de votre voiture, empêchez le moteur de tourner. Il suffira pour cela de le priver d’essence. C’est ce que fait la valve Hill; c’est un robinet, à 2 voies, placé sur le trajet de l’essence entre le réservoir et la chambre d’explosion.
- Il se manœuvre au moyen d’une clé de forme spéciale, tournant dans une serrure incrochetable ; la clé est aussi peu encombrante que possible; et avec ce simple petit appareil, on est maître d’immobiliser absolument sa voiture, lorsqu’elle est remisée ou que l’on est forcé de l’abandonner pour quelques instants. La manœuvre à faire est enfantine, vous fermez à clé et mettez la clé dans votre poche. — La valve Hill, construite par MM. Turcat, Méry, 2, boulevard Michelet, Marseille, est vendue par tous les agents de la Société Lorraine-Diétrich. Prix : 3o francs.
- façon très pratique. C’est une tige conique, creuse, métallique qui se visse dans le tableau de distribution ; un câble s’engage à l’intérieur de cette tige, dont la forme conique assure un contact parfait.
- L’autre câble est terminé par une bride métallique percée d’un trou; cette bride s’engage sur la borne; par le serrage d’un boulon, le contact électrique se
- Borne isolée pour tableau.
- réalise parfaitement eutre la bride et la borne et par suite entre les deux câbles.
- Un petit boulon peut être vissé sur la partie cônique de la borne et rendre ainsi plus énergique encore le serrage du premier câble. Une tête d’écrou en ébonite spéciale recouvre toutes les parties saillantes. — En vente chez Richard Ch. Heller, 18, cité Trévise, prix : depuis 63 fraucs le cent pour la borne et iofr,5o pour les brides.
- Mécanique
- Petit étau transformable. — Cet étau, qui est fait plus particulièrement pour les mécaniciens de précision, les bijoutiers, les fabricants de petits outils, peut rendre de multiples services à l’amateur. Nous signalerons (sans y insister beaucoup, parce que c’est une disposition qui se généralise de plus en plus) que les deux mâchoires s’ouvrent et se ferment par un mouvement parallèle, grâce à une vis de serrage, avec écrou à oreilles, qui présente un filet double. Quand l’étau se présente sans support, comme nous l’avons fait figurer d’une part, il joue le rôle d’étau à main ; mais on peut presque instantanément le loger dans une monture qui
- Petit étau transformable.
- 'Electricité
- Borne isolée pour tableau. — En langage d’électricien, on appelle borne un dispositif destiné à réunir deux fils électriques, et permettant de les séparer aisément l’un de l’autre lorsqu’il est nécessaire. Tout le monde connaît les bornes très simples, un peu primitives qui servent dans les appareils de laboratoire; une vis en cuivre dont la tête vient serrer les deux fils à réunir.
- C’est le dispositif que l’on retrouve un peu perfectionné dans les appareils télégraphiques. Lorsqu’au lieu de deux fils, il s’agit de connecter deux câbles — et le cas est fréquent dans les installations électriques usuelles — le problème est plus difficile.
- La borne que nous allons décrire le résout d’une
- se serre elle-même en place sur le bord d’une table, d’un établi, au moyen d’une vis de pression comme on en emploie maintenant pour tant d’appareils d’usage domestique. Et la queue, mettons la poignée de l’étau à main, sera logée dans la douille du support, et maintenue fermement dans celui-ci par un écrou à oreilles qui vient mordre dans l’extrémité inférieure de cette poignée.
- Cet écrou et cette queue sont percés centralement d’un trou; et comme celui-ci traverse toute la longueur de la queue, on peut y faire passer un fil métallique de grosseur très variable, qui se présentera alors normalement aux deux mâchoires, et se fera serrer dans les meilleures conditions de travail ou de sectionnement. Nous avons essayé cet étau dans les ateliers de la maison Markt, 107, avenue Parmentier, et nous l’avons trouvé aussi commode que robuste.
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- VAR1 ETES
- L’Institut de France. — Nous sommes souvent mal renseignés en France sur des faits qui nous touchent de près. Ainsi le public ignore très généralement ce qu’est exactement l’Institut de France, de combien d’Académies il se compose, à quelle date elles remontent, etc. Voici quelques notes sur l’histoire de l’Institut, destinées à combler ces lacunes. Disons d’ailleurs que la rédaction nous en a été facilitée par le magistral chapitre de M. G. Perrot, dans un récent livre sur F Institut de Francel, dû à la collaboration de quelques représentants éminents de chacune des Académies, et qui fourmille de renseignements piquants et précieux.
- L’Institut de France, tel qu’il existe aujourd’hui, c’est-à-dire l’ensemble formé par les cinq Académies (Française, Inscriptions et Belles-lettres, Sciences, Beaux-Arts, Sciences morales et politiques) remonte à un décret de la Convention du 3 brumaire an IV (i5 octobre 1795). Ce décret fut plutôt, d’ailleurs, une réorganisation sui-vant-de nouvelles idées qu’une création de toutes pièces.
- En effet, bien avant la Révolution, il existait à Paris et en France de nombreuses sociétés savantes, arlistiques, ou littéraires, des Académies, que le Nouveau Régime se proposait seulement de fondre et de coordonner, tout en les organisant suivant les mêmes principes philosophiques qui se manifestaient dans le domaine politique. Et même, cette tendance à la coordination n’avait rien d absolument récent : déjà, en 1666, Colbert avait projeté de constituer une Académie générale des Sciences et des Arts, ou encore Etats généraux de la littérature ; le rapport qui, à cet effet, avait été présenté au ministre par le célèbre architecte Perrault, montre même déjà l’idée de créer des sections, non pas tout à fait identiques, mais très comparables aux divisions actuelles.
- 1 Les grandes Institutions de France : L'Institut de France, par
- G. lioissier, G. Darhoux, A. Frauklin, G. Perrot, G. Picot,
- H. ltonjon. Paris, Laurens, 1908, in-8°.
- C’étaient les quatre coupures : Belles-Lettres, Histoire, Philosophie, Mathématiques.
- Les mêmes tendances, sans d’ailleurs jamais aboutir, se manifestèrent encore à plusieurs reprises au xvuie siècle : elles étaient, comme on dit, dans l’air. C’est la Convention, qui les réalisa enfin, après avoir, suivant cette méthode de la table rase, préconisée par Descartes et si chère aux philosophes, dissout par décret « toutes les académies et sociétés littéraires patentées ou dotées par la nation. » Il faut lire à ce propos dans le travail de M. Perrot les curieux extraits des rapporteurs de l’époque.
- Le décret de fondation de 1795, accompagné d’un rapport de Daunou, divisait l’Institut en trois classes (car le mot Académies était supprimé, comme trop Ancien Régime) : Sciences physiques et Mathématiques, Sciences morales et politiques, Littérature et Beaux-Arts, l’ensemble comprenant un total de 144 membres résidents et se subdivisant en sections assez nombreuses.
- Quelques années plus tard («3 janvier i8o3) un arrêté du gouvernement consulaire remplaça les trois classes ainsi formées par quatre : Sciences physiques et mathématiques, langue et littérature françaises, Histoire, Littérature ancienne, Beaux-Arts ; la classe des sciences morales et politiques se trouvait supprimée : Bonaparte, dit M. Perrot, se défiait des idéologues. C’est de ces quatre classes que le gouvernement de Louis XVIII, reprenant la nomenclature ancienne, fit en 1816 (21 marsj les quatre académies : Française, Inscriptions et Belles-lettres, Sciences, Beaux-Arts.
- Enfin, après i83o, le gouvernement constitutionnel se décida au rétablissement (26 octobre 1832) de Y Académie des Sciences morales et politiques, parachevant ainsi l’œuvre ébauchée par la Convention, tout en conservant la nomenclature traditionnelle. Depuis lors, l’Institut est resté sans modifications. L. D.
- HYGIENE ET SANTE
- Contre la coqueluche. — Nombreux sont les traitements que l’on a recommandés contre cette maladie ; mais elle est si pénible et parfois si grave pour les pauvres bébés qu’on ne saurait trop chercher. Et puis tel remède qui réussit à l’un convient moins à l’autre. Si l’on s’en rapporte à la statistique de guérisons communiquée l’autre jour à la Société de thérapeutique, le D' Tissié aurait mis la main sur un produit véritablement efficace. La coqueluche s’accompagne de spasmes glottiques des plus violents, or les anesthésiques tels que le chloroforme, le bromoforme modèrent très rapidement les crises spasmodiques. M. Tissié les essaya dans la coqueluche avec un certain succès, mais les deux anesthésiques étaient d’un maniement difficile en raison de l’impossibilité de graduer les doses et de la toxicité de l’un d’eux. C’est alors qu’il eut l’idée de s’adresser à un produit un peu similaire, le fluoroforme. Le formène donne avec les corps halogènes tels que le chlore, l’iode, le brome, des dérivés qui jouissent de propriétés thérapeutiques énergiques. Moissan a obtenu une combinaison analogue avec le fluor, lé fluoroforme ; on l’obtient par l’action du fluorure d’argent sur le chloroforme ou l’iodoforme. C’est un gaz incolore, à faible odeur chloroformique qui reste liquide jusqu’à la température de + i5°; il est très soluble dans l’alcool, peu dans l’eau, qui n’en dissout qu’environ 3 pour 100.
- C’est avec la préparation aqueuse, l’eau fluoroformée à 3 pour 100, que le D1 Tissié a traité ses petits malades. Leur nombre s’élève à 117 tous guéris. Chez aucun malade il n’a observé d’accident, même léger, du fait du médicament ; il est du reste fort bien toléré n’ayant ni goût ni odeur et on serait vraiment tenté de le regarder comme un véritable spécifique. Voici, d’après l’âge, les doses d’eau fluoroformée qui doiveut être administrées.
- Chez le nourrisson et jusqu’à l’âge de deux ans une goutte, dans un peu d’eau ou de lait après chaque quinte, le premier jour; deux gouttes le deuxième jour, trois gouttes le troisième jour sans jamais dépasser la dose de cent gouttes par jour. De deux à quatre ans on peut débuter par dix gouttes quatre fois par jour, sans dépasser au maximum 10 gr. par jour. Au-dessus de cet âge on peut aller jusqu’à i5 gr. par jour et chez l’adulte jusqu’à 3o gr. par jour. La coqueluche chez les grandes personnes est fort pénible et tout aussi rebelle que chez les enfants.
- Les résultats de cette médication sont des plus remarquables ; dès le deuxième ou le troisième jour de l’administration de l’eau fluoroformée on voit diminuer le nombre et l’intensité des quintes. Les complications s atténuent et disparaissent : les vomissements qui amènent chez les tout jeunes enfar.ts un affaiblissement si prononcé sont arrêtés en quelques jours. Chose surprenante et qui sur un nombre aussi grand de malades ne doit pas être une pure coïncidence, M. Tissié n’a vu survenir chez aucun les complications du côté de l’appareil respiratoire, bronchites, congestions, si fréquentes et parfois si graves. Ce qu’il y a eu de particulier dans tous les cas, alors même qu ils n’étaient pas améliorés au même degré, c’est que dès la fin de la première semaine la maladie avait perdu tout caractère de gravité.
- Ce sont là des faits des plus intéressants et que ne manqueront pas de contrôler tous les médecins d’enfants ; les occasions ne leur manqueront pas. La coqueluche est toujours assez fréquente à Paris et c’est une maladie des plus redoutables dans le tout jeune âge. U11 détail à noter : les solutions de fluoroforme s’altèrent assez vite, on doit donc les faire renouveler au moins toutes les semaines. Dr A. C.
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- •_-«r
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Pour détruire les nœvi. — Nie vus est un terme générique donné par les pathologistes à certaines lésions tégumentaires de la peau d’origine congénitale, taches pigmentaires, touffes poilues, taches rouges, excès de développement d’une partie du tégument. Cependant on applique ce nom d’une façon particulière aux taches vasculaires, sorte de tumeurs érectiles sous-épidermiques, produites par la dilatation des capillaires et des vaisseaux les plus superficiels du derme. Dans le public on les appelle des taches de naissance, des envies, des taches de vin, en raison de la couleur lie de vin qu elles revêtent. De formes les plus variées, d étendue également aussi variable depuis un simple pois, une fraise, comme un signe de beauté, jusqu’à l’envahissement d’une partie de la face, de tout un côté, voire même des deux côtés du visage, leur siège de prédilection.
- Contre les taches, véritables stigmates indélébiles, la science était restée impuissante. On faisait bien disparaître les toutes petites en vaccinant, dès l’enfance, sur le nœvus ; on le détruisait parfois assez, par une pointe de fer rouge ou de galvanocautère, pour ne laisser qu’une cicatrice très peu apparente. Mais quand la tache revêtait de grandes dimensions, il n’y avait rien à faire.
- Le D' Wickham vient de communiquer à l’Académie les résultats qu’il a obtenus, de concert avec son collègue M. Degrais, en traitant ces taches par des applications d’un vernis à base de radium. Le radium comme
- les rayons Rœntgen, a une action très intense sur les téguments qu’il modifie jusque dans leur profondeur ; l’action peut arriver, si elle n’est bien dirigée, à une destruction des tissus. En graduant ses effets, on peut obtenir de très beaux résultats thérapeutiques ; les observations de nos confrères en sont la preuve.
- Ils se servent d’un vernis dans lequel est incorporée une dose déterminée de radium; ce vernis est étalé sur un appareil métallique plat susceptible d’épouser la forme de la région sur laquelle on veut agir. Les radiations émanées de ces appareils sont, comme on le pense, dosées de telle façon qu’on puisse faire varier facilement l’action nécessaire suivant la durée, le nombre des séances et suivant la tolérance et la résistance du tégument du sujet. En répétant les séances, on arrive à faire disparaître la tache, sans que l’on puisse s’apercevoir d’une réaction inflammatoire. Comme l’application n’est ni sensible, ni douloureuse, on peut aisément traiter les enfants; on n’a qu’à profiter du moment du sommeil pour mettre et laisser l’appareil en place. Le tissu de cicatrice est souple, lisse, bien décoloré.
- D’après les auteurs de cette nouvelle application thérapeutique, le radium peut être utilisé avec avantage et à des degrés divers dans toutes les formes de taches de vin, même celles dites presqu incurables, en notant, chose intéressante, que les formes les plus faciles à guérir sont les plus colorées et celles qui font quelque saillie. D1 A. C.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Boucher les fentes des meubles. — On mélange de la brique en poudre avec 8 pour ioo de litharge tamisée. Ôn donne de la consistance pâteuse avec de l’huile de lin. Les parties à enduire sont mouillées avec une éponge et les trous sont bouchés avec la préparation.
- Comment se fait la colle de parchemin. — La préparation se fait au bain-marie, c’est-à-dire que les rognures de parchemin sont mises dans un premier vase qui baigne lui-même dans un autre récipient plein d’eau, et cette eau doit être maintenue bouillante durant plusieurs heures. Quand la peau commence à se ramollir, et qu’en même temps le liquide où elle baigne prend une apparence gélatineuse, on filtre le tout à travers un linge grossier, qui ne laisse naturellement passer que le liquide libre et celui qui s’échappe des rognures, et qui est particulièrement chargé en matières gélatineuses. Il faut que ce filtrat se prenne ensuite, en se refroidissant, en une gelée épaisse Du reste, on obtient un meilleur résultat en opérant et traitant les rognures dans un digesteur à enveloppe de vapeur, et sous une pression assez faible du reste, mais qui favorise grandement la rupture des cellules des morceaux de parchemin, et assure un rendement bien meilleur.
- Sur la combustion dans les foyers des locomotives.
- — Dans un travail très complet qu’il a effectué sur le processus de la combustion dans les boîtes à feu des locomotives, un auteur anglais, M. Brislee, a constaté que la combustion la plus efficace avait lieu quand le vide est relativement faible et la vitesse élevée. D’une façon générale, les vides les plus élevés sont seulement obtenus par saccades tandis que les vides faibles sont permanents. La meilleure combustion se produirait donc en courant d’air uniforme et suffisant pour assurer une vitesse de combustion convenable pour la production de vapeur nécessaire, ces conditions étant réalisées dans les trains express. La perte due à la formation d’oxyde de carbone est plus grande avec les convois à faible vitesse, par suite du caractère intermittent de l’arrivée d’air.
- La fabrication de la céruse en Angleterre par le procédé Bischof. — La question des industries saturnines est à l’ordre du jour depuis quelques années. Il est indiscutable que l’on doit prendre de très grandes précautions pour éviter l’intoxication des travailleurs par les poussières ou les émanations plombiques. Aussi
- est-il intéressant'de signaler pour la fabrication de la céruse un procédé employé en Angleterre et qui présente l’avantage d’effectuer toutes les opérations dans des appareils clos, de telle sorte qu’il n’y aurait pas d intoxication à redouter pour le personnel. Dans une première chambre, « dite chambre à litharge », le plomb est oxydé par l’air. Afin d’éviter la présence d’oxydes d’un degré d’oxydation supérieur, ces oxydes pouvant altérer la teinte du produit, on réduit ensuite par l’hydrogène à une température de ?.5o-3oo° dans un appareil appelé « réducteur » ; il se forme ainsi du sous-oxyde de plomb Pb20 qui est transformé en hydrate de plomb par un courant d’air en présence de l’eau, dans une « chambre à hydratation ». L’hydrate de plomb est ensuite envoyé au « carbonateur » où un courant de gaz carbonique le transforme en céruse. Cette céruse peut être ensuite malaxée avec l’huile pour en faire la pâte de céruse vendue dans le commerce.
- Pour colorer le jaune des œufs. — Plusieurs poules, notamment les poules espagnoles, pondent des œufs dont le jaune est pâle; on remédie facilement à cet inconvénient par l’addition, dans l’eau de boisson des poules, de petits morceaux de sulfate de fer; le procédé a de plus l’avantage d’augmenter le pouvoir fortifiant des œufs.
- Destruction des renards. — Le plus commode est d’employer le poison : introduire jo centigr. de sulfate de strychnine dans un appât quelconque : œuf, poire tapée, moineau et placer cet appât à l’endroit où les renards s’introduisent dans le poulailler.
- Pour éviter d’empoisonner les chiens, on recommande d’employer de préférence une taupe ou un morceau de viande de chat, dont se délectent les renards et qui répugnent aux chiens. Le sulfate de strychnine ne se délivre que sur une ordonnance d un médecin ou d'un vétérinaire, et avec autorisation du maire.
- Pommade pour massage. — On sait que le massage ne doit point se faire à sec ; on emploie souvent la vaseline, mais voici la composition d’une pommade dont on fait beaucoup usage en Allemagne. On mêle 3o parties de glycérine et autant d’eau, et, dans ce liquide, on fait dissoudre à chaud 10 p. de savon blanc à la potasse râpé. On ajoute enfin 10 p. d’alcool à 900, et l’on complète même d’ordinaire par 5 à 6 gouttes de Mistura Oloso-balsamica de la pharmacopée allemande. Il faut filtrer et à chaud.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Kédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnes. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — M. Lenormand nous fait remarquer dans le Manuel du mécanicien fontainier publié en 1828 chez Roret, par M. Janvier, officier au corps royal de la marine et M. Biston, un exposé de principe qui touche de très près aux moteurs à explosion actuels, et fort curieux pour l’époque. Les auteurs signalent tout d’abord les effets mécaniques que l’on peut obtenir en comprimant de l’air dans un tube. Ces résultats, qu’ils qualifient de prodigieux, peuvent, disent-ils, se müliiplier dans leurs effets, si l’On parvient à projeter instantanément une grande somme de calorique dans l’intérieur du, tube où se trouve l’air comprimé. Ils. proposant à cet effet de pratiquer une lumière à la partie supérieure du tube ; d’y placer un composé inflammable auquel on mettrait le feu ; ce composé projeté à l’intérieur échaufferait l’air, le dilaterait et augmenterait encore l’effet mécanique du à la compression. L’inflammation serait provoquée par l’électricité, ou par lé moyen du platine spongieux et d’un courant de gaz hydrogène. Les auteurs se proposaient de faire des recherches sur l’emploi de l’air atmosphérique comme moteur en remplacement de la vapeur d’eau. On trouve évidemment dans ces lignes le germe du moteur à explosion. Mais il faut se souvenir que l’idée en était déjà fort ancienne, et remonte au moins à Huygliens.
- Vitalité d’une poule. — M. l'abbé Crr Wattiez, de Roubaix, nous communique un curieux récit qui prouve la vitalité vraiment remarquable d’une poule. Le fait s’est produit aux environs de Roubaix, dans une pro-
- priété que nous désigne notre correspondant. Au cours de la moisson dernière, la poule en question, après s’être gouluement gorgée de grain, s’était endormie sur une meule en construction. Elle se trouva ainsi emprisonnée par les ouvriers. Or, après plus de cinq mois, la même poule vient d’être retrouvée vivante dans la meule. Naturellement, la « rescapée » était dans un état pitoyable, et lorsqu’on la mit au grand jour et au grand air, elle s’évanouit.
- Renseignements. —M. Andreu, Zurich. - Le bioxyde de manganèse donne le résultat que vous recherchez, mais c’est un produit fort cher.
- M. Kalouguine, à Moscou. — Vous trouverez dans le manuel Roret relatif à la dorure sur métaux la plupart des renseignements que vous désirez; veuillez vous adresser à la librairie Mulo, 12, rué Hautefeuille, Paris.
- M. A. L., Paris. — Pour nettoyer les verres de lorgnon, ou d’optique nous vous recommandons les serviettes spéciales en soie, imitant la peau de chamois, en vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris..
- M. Vadon, à Cherson (Russie). — Les moteurs à air comprimé des tramways de Nantes sont construits, croyons-nous, par la Société Nouvelle des moteurs à air comprimé (système Mékarski), 9, rue de Cliehy, Paris. Pour les moteurs à pétrole de tramways, adressez-vous à la Société Aster, 74, rue de la Victoire ou à la Société Gnome, 49> rue Laffite, Paris. L’acier rapide et les mèches à grande vitesse, se trouvent chez Burton, 88, rue des Marais, Paris, ou chez llorstmann, 19, passage Ménilmontant.
- M. Andrieu, à Narbonne. — Nous pouvons vous indiquer les ouvrages suivants : Fabrication du papier, par Cross et Bevan, chez Béranger, Paris, prix i5 fr., et la fabrication de la cellulose, par Max Schubert, prix 10 fr., également chez Béranger.
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- BIBLIOGRAPHIE
- CSL
- Cours d’économie politique, professé à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, par C. Colson, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, conseiller d’Etat, ancien directeur des chemins de fer au Ministère des Travaux publics. (Encyclopédie des travaux publics Lechalas, chez Gauthier-Villars.)
- Six livres in-8° (25X 16.) se vendant séparément, chacun 6 francs. — Livre I: Théorie générale des phénomènes économiques. Un volume de 45o pages. 2e édition ; 1907. — Livre II : Le travail et les questions ouvrières. Un volume de 344 pages; 1901. — Livre III : La propriété des biens corporels et incorporels. Un volume de 34‘i pages ; 1902. — Livre IV: Les entreprises, le commerce et la circulation. Un volume de 43a pages ; igo3. — Livre V : Les Finances publiques et le budget de la France. Un volume de 442 pages; 1905. — Livre VI : Les travaux publics et les transports.. Un volume de 5î8 pages; 1907.
- Cet ouvrage monumental, dont les quatre premiers volumes sont une seconde édition remaniée, est, depuis longtemps, célèbre parmi tous ceux qui s’intéressent aux questions économiques, ouvrières ou sociales. Le livre VI, qui paraît pour la première fois, forme le couronnement général du plan, et traite des matières sur lesquelles l’auteur a acquis l’expérience là plus complète par toute sa carrière. Il est; impossible, dans l’ëspace restreint que nous pouvons lui consacrer ici, de faire connaître un travail qui touche à tant de questions d’une actualité souvent brûlante ; mais nous aurons l’occasion d’en reparler en traitant de quelques-uns des points les plus nouyeayx et les plus intéressants pour nos lecteurs.
- La Science séismologique, par le Comte de Montessus de Balloke. 1 vol. in-S° avec 222 figures et cartes, chez Armand Colin. Paris, 1908. Prix: 16 fr.
- Cet important ouvrage forme la suite naturelle de celui sur les Tremblements de terre, dont nous avons rendu compte précédemment.. Tandis que le premier envisageait surtout la géographie séismologique, celui-ci considère les tremblements de terre en eux-mêmes. Une préface de M. Suess, le grand géologue autrichien, en fait ressortir la valeur, comme..M. de Lapparent avait signalé celle du premier. L’ouvrage envisage successivement : les macroséismes ou tremblements de terre sensibles, les microséismes ou tremblements instrumentaux (avec les appareils qui servent à les déceler),enfin les mégaséismes, ou tremblements destructeurs. Toutes les questions relatives aux séismes sont passées en revue, de manière à joindre l’intérêt pratique à l’intérêt théorique : par exemple la manière de constimire en pays instable, et la résistance des diverses formes de bâtiments. Dans l’ordre d’idées théorique, l’auteur est porté à abandonner l’ancienne idée d’un noyau interne fluide dans notre planète, pour supposer, d’abord une mince couche comprimée de 8 kilomètres d’épaisseur, sous laquelle il y en aurait une autre de tension des roches, comprise entre deux couches sphériques de tension nulle à 8 et 320 km. de profondeur, avec maximum à n5 km. et enfin un noyau rigide de température invariable. Cette hypothèse est d’ailleurs tout à fait indépendante des idées qu’on peut se former, dans l’hypothèse de Laplace, sur la consolidation ancienne de notre planète.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les Grands Artistes. — Les Van Eyck, par Henri Hymans, Conservateur de la Bibliothèque royale de Belgique. —Holbein, par Pierre Gauthiez. — Murillo, par Paul Lafond, Conservateur du Musée de Pau. 3 vol in-8, illustrés chacun de 24 gravures hors texte. Prix: broché 2 fr. 5o. Relié 3 fr. 5o. Paris. 11. Lau-rens, 1907.
- Avec un remarquable esprit de suite, la collection des Grands Artistes, riche maintenant de 42 volumes, s’attache à accroître le domaine de nos connaissances ; tout en entendant faire œuvre de vulgarisation, intéresser tous les âges et tous les publics, elle prend soin de solliciter le concours des écrivains les plus spécialement qualifiés par leurs précédents travaux pour s’exprimer sur les maîtres dont ils traitent.
- M. Henri Hymans, l’auteur des Primitifs flamands, était particulièrement qualifié pour nous apprendre
- tout ce qu’on peut savoir avec certitude sur les Yan Eyck, et pour décrire avec une science sûre le fameux polyptique de Y Agneau pascal. M. P. Gauthiez et P. Lafond ont retracé avec non moins de talent et de compétence l’histoire de la vie et des œuvres d’Holbein et de Murillo.
- J.-B. Lamarck. — Discours d'ouverture (an VIII, an X, an XI et 1806). Bulletin scientifique de la France et de la Belgique. T. XL. Paris, 3, rue d’Ulin, 1907. 1 vol. in-8°, i5g p. Prix :6 francs.
- Nous avons signalé dans La Nature l’intérêt de cette reproduction textuelle des quatre admirables discours de Lamarck, introuvables aujourd’hui, même dans les grandes bibliothèques, et nous prions le lecteur de se reporter à l’article publié sur Lamarck (n° 1801 du 3o novembre 1907 p. 417)-
- BULLET1N MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th.
- Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 janv. 1908. 7° 2 W. S. W. 4. Couvert. 0,4 l'luie à 3 h. 30 et de 7 h, 30 à 8 h. 20; couvert.
- Mardi 28 7°,f> W. S. W. 5. Couvert. 3,7 Petite pluie à diverses reprises; presque couvert.
- Mercredi 29 2°,0 N. 4. Couvert. 0,9 Gelée blanche ; petite pluie ; liés nuageux.
- Jeudi 50 — 0°,8 N. 2. Beau. » Gelée blanche; beau le m.; couvert le s.
- Vendredi 51 - 1° 2 S. W. 2. Couvert. 2,1 Neige et pluie de 2 h. à 7 h. 43 ; gelée blanche.
- Samedi l" Février. . 3°,9 N. N. W. 3. Couvert. 1,3 Av. à 5 h. 50; pl. et grésil à ti h.; grains de neige à 12 h. 45; uuag.
- Dimanche 2 1°.3 N. 3. Couvert. 0.2 Gelée blanche; nuageux : grésil a 6 h.
- JANVIER-FEVRIER 1908. — SEMAINE DU LUNDI 27 JANVIER AU DIMANCHE 2 FÉVRIER 1908.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi [ Jeudi [ Vendredi [ Samedi [ Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 27 janvier au 2 février. — Le 27. Dépression sur le N. de l’Europe, centre à Bodoe, 734 mm; hautes pressions sur le S., Gascogne, 777. Pluies sur le N.-O. de lEurope ; en France : Nancy, 17 mm; Charleville, i3; Brest, 4i Dunkerque, 3. Température du matin : Moscou, —70; Paris, 7; Alger, 11; Puy de Dôme, Pic du Midi, 4i moyenne à Paris : 9°,i (normale : 2°,3). — Le 28. Minima barom. à Bodoe et à Stockholm, 724. Pluies générales; en France : Besançon, i3; Nancy, 8; Limoges, 7; Dunkerque, 4; Nantes, 3; Toulouse, 2. Temp. du matin : Arkangel, —8°; Paris, 8; Perpignan, 12; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 6°,9 (normale : 2°,4). — Le 29. Press, barom. : liëisington, 728; Nantes, 705; dépression générale. Pluies générales; en France : Limoges, 7; Biarritz, 5; Paris, 4; Nantes, Toulouse, 2. Temp*. du malin : Arkangel, — 9; Paris, 2; Livourne, 14; Puy de Dôme, —5; Pic du Midi, —— 14 ; moyenne à Paris : 3° (normale : 2°,4). — Le 3o. Hausse rapide sur l’O. de l’Europe : Bretagne, 771 ; dépressions persistantes sur le N. (Kuopio, 740) et l’Italie (Rome, 75o). Pluies générales; en France : Besançon, 5; Le Mans, Biarritz, 4î Nantes, Clermont, 2. Temp. du matin : Haparanda, — i5 ; Paris, — 1 ; Alger,
- 8; Malte, 141 Puy de Dôme, —9; Pic du Midi, —20; moyenne à Paris : o°,6 (normale : 20,5). — Le 3i. Nouvelle dépression au N.-O. : Christiansund, 734; Irlande et O. de la France, y65 et au-dessus. Pluies sur le N.-O. et le S. de l’Europe ; en France : Brest. 3 ; Paris, Le Havre, 2; Nantes, 1. Temp. du matin : Belfort, —7; Paris, 1 ; Alger, 7 ; Puy de Dôme, — 7 ; Pic du Midi, — 18; moyenne à Paris : 3°,4 (normale : 2°,5). - Le Ier février. Centre de la dépression du N. sur la Baltique : 736 ; Brest, 766. Pluies sur l’O. de l’Europe, neiges sur le N.; en Franc.e : Charleville, 6; Limoges, 4; Bordeaux, Nantes, Paris, 2. Temp. du matin : Haparanda, — 20; Paris, 3; Biarritz, 13 ; Puy de Dôme, —5; moyenne à Paris : 3°,5 (normale : 2°,5). — Le 2, Hautes pressions sur l’O. de l’Europe : Irlande, 775 ; Bretagne, 772. Dépressions sur l’Italie (Rome, 749) et l’Islande. Pluies et neiges sur le N.-E. et l’O. du continent; en France : Besançon, 6 ; Clermont, Dunkerque, 3 ; Lyon, 2. Temp. du matin : Uleaborg, —19; Paris, 1 ; Alger, 9 ; Puy de Dôme, — 10; Pic du Midi, — 20: moyenne à Paris : i°,4 (normale : 2°,6). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune, le 2 à 8 h. 45 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1812 — 15 FÉVRIER 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Redécouverte de la comète d’Encke. — Cette célèbre comète, dont la période est de 3 ans 299 jours, a été retrouvée le a janvier dernier, à F observatoire de Heidelberg, par M. Max Wolf, sur une photographie prise dans la nuit du ier au 2 janvier. Elle se présentait sous l’aspect d’une faible nébulosité de la i3e grandeur. Au moment de sa redécouverte, sa position était :
- Ascension droile= 23h 3ra i6‘ ; Déclinaison = + i°i9'.. En se reportant à une carte, on voit que la comète était un peu au-dessous de la demi-distance des deux étoiles fl, y des Poissons. La position ci-dessus était très peu différente de celle assignée par le calcul.
- Affranchissement des télégrammes en timbres-poste.— Par décret du a3 janvier 1908 (Journal officiel du 6 février), le public, à partir du i5 février 1908 et à titre d’essai, sera admis à déposer, dans les bureaux ci-après, des télégrammes affranchis en timbres-poste : Paris (tous les bureaux) ; les chefs-lieux des départements (recettes principales, bureaux centraux et bureaux succursales), Saint-Quentin (Aisne), Vichy (Allier), Aix-les-Bains (Savoie), Cannes (Alpes-Maritimes), Bayonne et Biarritz (Basses-Pyrénées). Les télégrammes seront déposés : à Paris, soit aux guichets télégraphiques, soit dans les boîtes intérieures ou extérieures destinées aux correspondances pneumatiques; dans les départements, aux guichets télégraphiques ou dans les boîtes intérieures spéciales qui seront ultérieurement installées à cet effet. Les timbres-poste seront apposés par l’expéditeur au recto de la minute des télégrammes. Les télégrammes ne seront transmis électriquement qu’autant que les timbres apposés représenteront le montant des taxes télégraphiques (principale et accessoires). Avec une tolérance d'insuffisance au plus égale à: i° 2 mots pour les télégrammes de 11 à 20 mots ; 20 4 mots pour les télégrammes au-dessus de 20 mots. Il sera perçu sur le destinataire une taxe complémentaire égale au double de l’insuffisance. Les télégrammes du régime intérieur insuffisamment affranchis, en dehors de la tolérance, seront copiés et expédiés postalement par le plus prochain courrier. L’excédent de valeur des timbres-poste apposés sur un télégramme ne sera pas remboursé, excepté dans le régime international, et seulement sur la demande de l’expéditeur. La valeur des timbres-poste apposés sur les télégrammes ayant donné lieu à l’établissement de copies postales sera remboursée à l'expéditeur, sous déduction d un droit fixe de 25 centimes.
- M. Lancaster. — Le directeur du service météorologique de l’observatoire royal de Belgique, M. A.-B. Lancaster est mort le 4 février à Bruxelles. Né le 24 mai 1849, il alla en 1882 au Texas observer le passage de Vénus. On lui doit un livre sur ce voyage, un excellent trailé élémentaire de météorologie, la Plaie en 'Belgique, la Bibliographie générale de V Astronomie et surtout l’organisation méthodique (en 1906) du service de l’exploration de la haute atmosphère par les ballons-sondes.
- En 1880, il avait fondé la savante revue Ciel et Terre qu’il dirigeait toujours au grand profit des météorologistes. La Belgique perd en lui un très utile savant.
- Colis postaux. — Par décret du 3 février 1908, l’article 4 du décret du 28 août 1907 est applicable en Corse et en Algérie et dans les relations de celles-ci avec la France, c’est-à-dire que le droit sur les colis expédiés contre remboursement est de 0,60 fr (bureau restant) eto,85 fr (à domicile) pour les remboursements jusqu’à 5oo fr ; ef de o,85 fr ou 1,10 fr de 5oo fr à 1000 fr. Les taxes d’affranchissement des colis postaux à destination du Pérou, acheminés par la voie d’Italie, sont réduites de 5o centimes. Les taxes d’affranchissement des colis postaux à destination du Venezuela, acheminés respectivement par les voies directes d’Allemagne, ou d’Italie, sont augmentées de 5o centimes. La limite maximum d’admission des remboursements afférents aux colis postaux de Paris pour Paris, fixée à 5oo fr par le décret du 5 septembre 1897, est élevée à 1000 fr.
- Action chimique de l’émanation du radium sur l’eau distillée. — Rutherford avait constaté que l’émanation du radium, en décroissant, dégageait une grande quantité de chaleur; en étudiant l’action chimique de cette émanation, le célèbre chimiste anglais, William Ramsay. a obtenu une confirmation qualitative de ce fait. En faisant agir le bromure de radium sur l’eau, il a constaté que les quantités relatives d’hydrogène et d’oxygène dont la formation est provoquée par la décomposition de l’eau s’élèvent à 32 cm3 de gaz tonnant (formé de 2 parties d’hydrogène pour 1 partie d’oxgène) par gramme de radium pour une centaine d’heures ; mais il se produit en même temps un excès d’hydrogène dont la valeur est de 5,5 pour 100 du gaz total obtenu; l’auteur ne pense pas que l’hydrogène soitun des produits de dégradation du radium. L’action de l’émanation seule du radium sur l’eau la décompose aussi en gaz tonnant,, accompagné d’un excès d’hydrogène.
- Aviation. — Un nouveau prix d’aviation de 10000 fr. offert par M. Armengaud jeune sera disputé en 1908. Il sera attribué au premier aviateur qui réussira à se maintenir un quart d’heure dans l’air.
- La population militaire de l’Allemagne. — D’après des publications militaires allemandes, le dernier recensement de l’Empire montre que la population militaire s’élève à 668 853 hommes, soit environ 1,1 pour 100 Me la population totale. Sur cet effectif, 81 109 hommes se trouvent en Alsace-Lorraine : Metz, i3o35; cercle de Metz, 11819; Strasbourg, i5 4o8; cercle de Strasbourg, 1 133 ; Colmar, 5 o32 ; Mulhouse, 3 85o : les autres garnisons de frontières sont beaucoup moins importantes.
- La fabrication du nitrate de chaux en Norvège. —
- La Société norvégienne de l’azote vient de mettre en service à Notodden une usine hydro-électrique de 3oooo chevaux pour utiliser l’azpte de l’air suivant le
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- INFORMATIONS
- procédé Birkeland el Eyde et eu faire du nitrate de chaux vendu ensuite comme engrais. La réaction chimique s'accomplit au moyen d’un puissant arc électrique qui, dans un four électrique spécial, transforme en produits nitreux l’oxygène et l’azote de l’air. Le procédé Birkeland et Eyde avait été étudié pendant plus de trois ans et mis au point dans une usine d’essai de î5oo chevaux à Notodden. On aménage actuellement, non loin de Notodden pour la même société et dans le même but, la puissante chute d’eau de Rjukan de5oom. de hauteur, elle desservira deux usines disposant de la gigantesque puissance totale de -i5o ooo chevaux.
- La traversée de l’Atlantique en 1907. — Le nombre des passagers, qui, en 1907, ont traversé l’Atlantique dans un sens ou dans l’autre, s’est élevé à 2957328 en augmentation de 972640 sur le chiffre de 1905 et de 1 451 151 sur celui de 1904. Le nombre des voyageurs venus d’Europe s’élève à 1 699 340 comprenant 107965 passagers de T° classe, 226687 de 2e classe et 1 364*388 de 3° classe.
- Turbines à vapeur et moteurs alternatifs. — Le
- département delà Marine des État-Unis est sur le point d’entreprendre des expériences comparatives très complètes à ce sujet. On a la bonne fortune de pouvoir faire porter les comparaisons sur les trois navires du type « Scout », Salem, Birmingham et Chester, qui sont absolument identiques, sauf au point de vue de leur machine propulsive. Le premier est muni de turbines Curlis, le deuxième de machines alternatives et l’autre de turbines Parsons. Les résultats de ces expériences seront particulièrement intéressants à connaître.
- Les chevaux à Paris. — Le Temps donnait dernièrement une curieuse statistique comparée du nombre à Paris des chevaux susceptibles d’être réquisitionnés pour les besoins de l’armée en cas de mobilisation, en 1897 et en 1907. Le tableau ci-dessous, qui en est extrait, permet de juger combien le développement de l’automobilisme a diminué le nombre des chevaux parisiens.
- 1907 1897 En moins En plus
- p. arrondissement 12.151 28.493 16.544 )>
- 2° 116 159 43 )>
- 5° 252 522 70 ))
- 4e ..... 672 855 185 ))
- 5e 960 835 )) 25
- 0e .... 1.192 1.834 . 612 ))
- 7° 1.678 1.989 511 ))
- 8e .... 2.878 4.473 1.595 »
- 9 e 11.532 1.873 » 9.659
- 10e 3.420 3.985 565 »
- 11e 2.968 3.184 216 »
- 12" 4.795 3.986 » 807
- 13u 5.878 3.198 )) 680
- 14° ' 2.949 2.703 )> 246
- 15e 8.606 8.401 )) 205
- 16e 2.155 2.258 103 »
- 17e 4.538 5.856 1.318 »
- '18e 8.905 9.106 201 )>
- 19e 7.995 7.402 )) 591
- 20e — .... 1.812 2.116 274 . ))
- 83.458 92.026
- Ces chiffres représentent, on le voit, une très sensible diminution, puisqu’elle va jusqu’à plus de 10 pour 100. L’écart cependant doit être encore plus grand dans la réalité actuelle, plusieurs suppressions de chevaux étant récemment intervenues dans les industries de traction. En réalité, on peut admettre que, depuis une dizaine d’années, c’est de plus de 9 000 unités que s’est diminuée la population chevaline de Paris. Il est inutile de souligner l’intérêt d’un tel fait, dont l’importance peut être très grande, non seulement pour la remonte de la cavalerie parisienne, mais aussi pour les éleveurs et cultivateurs, soucieux d écouler leurs produits, et cela d’autant plus que le cas de Paris, s’il est évidemment le plus frappant, est bien loin d’être le seul.
- La production aurifère de 1907. — La production aurifère de 1907, d’après Y Engineering and mining journal, marque un arrêt intéressant à noter dans cet extraordinaire essor qu’avait pris, depuis vingt ans, la production de l’or dans le monde. Nous avons atteint un point culminant et, jusqu’à ce qu’il se produise quelque grande découverte nouvelle, il est probable que nous allons redescendre lentement la pente. Au lieu de 1901
- millions en iyo5 el 2io3 en 1906, on est resté, en 1907, à 2089. Cette baisse est due à la chute rapide de quelques grands districts : Cripple Creek au Colorado qui a donné 107 millions au lieu de 118, l’Australasie qui a fourni 387 millions contre 4'^3, le Canada, où la grande splendeur du Klondyke n a été décidément qu’un feu de paille (114 millions en 1900; 74,8 en iqo5; 496111907); la Russie et l’Inde qui ont baissé chacune d’environ 5 millions. Le Transvaal à peu près seul fait exception, accentuant de plus en plus sa supériorité, qui, suivant toutes vraisemblances, va devenir encore plus forte dans les années prochaines : lui seul ayant, dans le monde, le privilège de gisements continus. On était à 617 millions en 1906; on a dépassé 664 en 1907, tandis que les anciens rivaux étaient réduits: lesEtals-Unis à 482, l’Australasie à 387. Les deux autres pays importants où la production s’est également un peu accrue sont le Mexique qui a atteint 88,7 et laRliodésia 57,8.
- La production du cuivre électrolytique dans le monde. — Actuellement on compte dans le monde 36 usines de traitement électrolytique du cuivre. L’Amérique du Nord (y compris le Canada) en possède 11, la Grande-Bretagne 6, l’Allemagne 9, la France 4, la Russie, l’Autriche et le Japon chacun 2. Les Etats-Unis donnent plus des 86 pour 100 de la production totale du monde, et la Grande-Bretagne près de 9 pour 100.
- Importations de diamants aux États-Unis. — Les
- importations de diamants aux Etats-Unis s’étaient élevées, en 1906, à près de 226 millions de francs. La crise américaine a commencé à exercer son influence sur le chiffre de 1907 ramené à i63,5. Mais c’est surtout dans les chiffres de décembre que la crise se manifeste. Contre 21 millions en décembre 1906, on n’a importé que 1032000 fr. en décembre 1907. Cela explique assez l’état de marasme actuel de l’industrie diamantifère.
- Le plus vieux journal d’Europe. — Un professeur de Heidelberg, le Dr A. Koch, a récemment présenté à ses auditeurs le fac-similé du plus ancien journal connu, dont l’original est conservé à la bibliothèque de l’Université. C’est une brochure de 12 pages, datée de 1609 sur la page de tête. L’avertissement, signé du nom de l’éditeur, Johann Carolus, déclare qu’il publie des journaux depuis quelques années et que le présent volume est la continuation d’une précédente tentative. La collection de 1609, qui forme un volume de n5 feuilles et où manque seulement le n° 34, comprend des lettres hebdomadaires datées de dix-sept villes, notamment Francfort, Amsterdam, Bruxelles, la Haye, Lyon, Rome, Venise, Vienne, Prague. C’est le plus ancien journal d’Europe, et peut-être du monde, à moins qu’on en retrouve de plus anciens en Chine, ce qui est possible.
- Le baptême de l’Amérique. — C’est le 25 avril 1507 que Martin Waldseemüller (Hylacomilus), sur Isa grande carte murale du monde et sur un petit globe terrestre, inscrivit le nom d’Amérique d’après le Florentin Amerigo Vespucci. Plus tard, il voulut réparer l’erreur ainsi commise au préjudice de Christophe Colomb, mais l’Allemagne, la France, l’Italie (l’Espagne seule protesta longtemps) avaient déjà adopté le nom d’Amérique à la place de celui de India-Nova ou occidentalis donné par Colomb lui-même,
- Le^ brasseries anglaises- — En 1906-1907, leur nombre était de 4g85, produisant 35 4Q*> 797 tonneaux. La consommation par tête d’habitant était de 126 litres 3. Ajoutons que l’importation en Angleterre de bières étrangères s’élevait à 57 829 tonneaux, tandis que l’exportation de bières anglaises était de 551 564 tonneaux. ;
- Protection des chevaux contre le soleil- — Tout le monde connaît ces chapeaux de paille que l’on emploie parles fortes chaleurs pour protéger les chevaux contre les rayons du soleil. Ils ont été vivement critiqués à la Société Nationale d’agriculture, dans une note communiquée par M.: Lavalard. M. d’Anchald y fait observer fort justement que ce chapeau emmagasine la chaleur sous le toupet des chevaux, et, comme moyen plus simple et plus efficace, il recommande de mouiller plusieurs fois par jour la partie supérieure de la tête des chevaux qui travaillent en plein soleil, ou de protéger le toupet par des rameaux feuillus.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- r> Mécanique *
- Transmission Pekrün. — C’est une vis sans lin, par conséquent destinée à transmettre le mouvement de rotation d’un arbre à un autre arbre perpendiculaire au premier. Elle a été étudiée de façon à réduire les perles de force par frottement, qui habituellement absorbent, comme on le sait, une si notable quantité d’énergie.
- — Pignon Pekrtin avec ses dents coniques montées sur axes radiaux.
- Fig. i.
- La transmission s’opère au moyen d’une vis globique ; on appelle vis globique une vis dont le noyau au lieu d’être cylindrique, comme c’est le cas habituel, est constitué par une portion de tore; imaginez en somme que l’on
- ait courbé le noyau cylindrique d’une vis ordinaire et vous aurez une vis globique.
- Cette vis sans lin est mise en mouvement par un pignon dont les dents sont formées par des cônes tangents à la surface du filet de vis, ils peuvent de plus tourner librement autour d’axes radiaux ; de sorte que ces cônes roulent sur lavis avec un frottement très faible, assurant un rendement de 90 pour 100. Ces transmissions fort curieuses semblent susceptibles de nombreuses applications. — Elles sont en vente chez Glaenzer et Perraud, 1, avenue de la République, Paris.
- Fig. 2. — Le pignon Pekrün et sa vis sans lin.
- Roulements D. W. P. — On sait le grand développement pris aujourd hui par les roulements à billes. Le roulement D. W. F. est caractérisé par l’ingéniosité de sa cage de retenue des billes. Le problème, résolu par le dispositif représenté ci-contre, était d’empêcher les billes de se toucher, car au contact, les unes des autres,
- La monture à alvéoles garnie de billes.
- Fig. 1..
- La monture à alvéoles avant l’introduction des billes.
- il se produirait un frottement qui entraînerait une sorte de freiuage. On a donc cherché un moyen de maintenir les billes écartées les unes des autres, d’une façon simple et avec le minimum de frottement. Le dispositif D. YV. F. consiste en un cercle de bronze pourvu d’alvéoles hémisphériques dans lesquelles on dispose les billes ; on rabat ensuite sur elles le côté de ces alvéoles de manière à les emprisonner, mais en ne les touchant qu’aux pôles et non par les côtés. Le rabattement des alvéoles sur les billes s’effectue d’un seul coup
- par une presse spéciale qui les rabat juste de la quantité voulue après le passage entre les anneaux de roulement des billes d’abord, puis de la cage. Les anneaux ou bagues de roulement ne présentent aucune solution de continuité qui jmisse les affaiblir ou détruire l’uniformité du roulement.
- Le grand avantage des roulements à billes est la faiblesse de leur coefficient de frottement, surtout au démarrage; ce coefficient ne varie presque pas avec la vitesse ; il ne dépasse guère avec un bon roulement le chiffre de 0,01.
- Pour des l'oulements D. W. F. ce chiffre est encore réduit à des charges spécifiques croissant de 20 à 60 kg par centimètre cube de portée, ce coefficient passerait graduellement de 0,0025 à o,ooi5 environ. Ces roulements fort avantageux ont déjà donné lieu àde nombreuses applications. — En vente à la Société des roulements D. W. F. Glaenzer, 35, boulevard de Strasbourg.
- **> Divers
- Chauffe-manchon. — L usage des chaufferettes à manchon n’est pas une nouveauté, mais c’étaient jusqu’ici des objets encombrants, plus ou moins dangereux et, somme toute, on préférait souvent avoir un peu froid aux doigts plutôt que de recourir à ce moyen mal commode. Le petit bibelot,gros comme une montre, que vient d’inventer la maison Kirby-Beard, est au contraire tout à la fois léger et d’un maniement très simple et très sûr. Pour s’en servir on dévisse le couvercle, on verse à l’intérieur de la boîte quelques grammes d’alcool méthy-lique à g5° qui s’absorbe dans un feutre-éponge placé sous une fine toile métallique et l’on revisse le couvercle.
- Chauffe - m anchon.
- L’appareil se trouve, ainsi chargé, prêt à fonctionner à volonté : Pour cela, il suffît d’avoir le petit couvercle pivotant qui couronne le grand couvercle qu’on vieut de dévisser et de revisser, puis d’attendre quelques instants ; l’alcool méthylique, en s’évaporant au contact de l’air, fait chauffer bientôt un petit charbon à base de mousse de platine,fixé à l’intérieur de la boîte, au-dessus de la toile métallique ; suivant le degré de chaleur qu’on désire, on augmente ou restreint l’arrivée d’air dans le boîtier en ouvrant ou en fermant le petit couvercle. Enfin, pour éteindre on ferme complètement. La durée de fonctionnement est d'environ 6 heures.
- Se vend 5, rue Auber. Prix : 5o francs.
- Stéréoscope classeur. — II est fort agréable de regarder des paysages à travers un stéx'éoscope ; l’impression de relief que donne cet appareil accroît singulièrement le charme des photographies. Mais il est fort incommode, lorsqu’on veut en examiner une séide, d être forcé de les placer une à une devant l’objectif.
- Le stéréoscope classeur, imaginé par l’ingénieur Léon Bloch, offre à ce point de vue un sérieux perfectionnement : les clichés stéréoscopiques y sont groupés en
- Fig. 2. — Roulement D. W. F.
- 1 000 tours par minute et, avec
- d
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- SCIENCE APPLIQUEE
- série, et I on peut amener à volonté, par la simple manœuvre d’un bouton moleté et d’un levier, telle ou telle photographie dans le champ de 1 instrument. Les plaques, en effet, sont classées à l’avance dans des sortes de paniers à compartiments verticaux, pouvant recevoir •iS vues ; l’appareil comporte un magasin mobile latéralement, il se manœuvre au moyen d’une crémaillère actionnée par le bouton moleté visible dans notre ligure sur le côté de la boite. On dispose l’un des paniers dans ce magasin. Dans la course de celui-ci, les photographies viennent successivement se placer au-dessus d’un cadre mobile qui peut se lever verticalement au moyen d’un levier dont on aperçoit également la tige sur le côté de la boîte ;
- lorsqu’on abaisse ce levier, le cadre se relève entraînant avec lui le cliché qui vient ainsi se placer devant l’objectif. IJn système ainsi combiné permet de voir les clichés dans l’ordre que l’on désire et de passer par exemple de la première vue à la dernière sans soulever toutes les plaques intermédiaires.
- On peut donc avoir, sans fatigue et sans gêne, l'agrément de voir défiler d’intéressantes collections photographiques. On peut varier aisément les séries ; des tiroirs complètent la boîte du stéréoscope et I on y trouve des paniers rigoureusement interchangeables où l’on pourra préparer à l’avance un certain nombre de collections. — L’appareil est vendu chez M. Bloch, a, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris. Prix avec socle-magasin contenant 6 paniers, 75 francs.
- Pupitre-caisse enregistreur. — Hâter les opérations de caisse et de comptabilité tout en leur maintenant leur caractère exactitude, c’est un problème qui, en notre siècle de vitesse, intéresse àla fois commerçants et clients.
- Le pupitre-caisse enregistreur représenté ci-contre a été ingénieusement combiné dans ce but. Il comporte un tiroir à casiers servant de caisse; sur le dessus du
- Fig. 1. — Coupe du pupitre-caisse enregistreur.
- pupitre et à droite, on aperçoit une ouverture rectangulaire, dont la partie supérieure est recouverte d’un verre. Sous ce verre et sur un tambour D s’enroule une bande de papier venant du rouleau P et destinée à recevoir l’incription des opérations. Le mécanisme est réduit à sa plus simple expression : aucun ressort n est en effet nécessaire pour l’avancement du papier. Après avoir fait l’inscription d’une recette ou d’une dépense, on appuie sur la touche T; automatiquement le tambour D, poussé par le levier L qui est en rapport avec la touche T, avance d’un cran, faisant passer sous le verre l’inscription faite et laissant la place pour une inscription et une seule. En même temps, le tiroir contenant la caisse, et qui était verrouillé, peut être ouvert ; et l’on voit que l’on ne peut ouvrir la caisse sans faire avancer d’un cran la bande de papier; à chaque ouver-
- ture du tiroir doit donc correspondre une inscription sur la bande de papier.
- Il y a là un moyen précieux de contrôle, en même temps que les chances d’erreur de la part du caissier se trouvent singulièrement diminuées. Il pourrait arriver, cependant, que, dans un moment de précipitation, le caissier pût faire une entrée ou une sortie d’argent sans l’inscrire sur la feuille ; à la fin de la journée l’erreur sans doute apparaîtrait, rien qu’à l’examen de la feuille ; mais mieux vaut encore l’éviter à coup sûr.
- A cet effet, au-dessous de l’ouverture ménagée pour
- Fig. 2. — Le pupitre caisse enregistreur.
- l’inscription, se trouve une sorte de planchette métallique sur laquelle repose la main lorsque Ion écrit. Il est nécessaire, pour que le tiroir-caisse puisse s ouvrir, qu’une pression soit exercée sur la planchette. Il est donc impossible qu’une omission soit commise, sans qu’on s’en aperçoive presque aussitôt.
- Pour rendre plus complète encore la sécurité, on a disposé non une seule touche, mais plusieurs pour la manœuvre du rouleau D ; ces touches constituent une serrure à combinaison; si l’on manœuvre d autres touches que celles de la combinaison choisie, le tiroir ne s’ouvre pas et une sonnerie d’alarme se met à fonctionner. Lorsqu’une personne étrangère touche à la caisse, on en est donc immédiatement prévenu. — L appareil est en vente chez Roux, 54, boulevard du lemple. Prix, depuis 180 francs.
- L’échiquier cubique. — Voici une variante du jeu d’échecs classique qui a tout au moins le mérite d être paradoxale. Nous avouons ne pas croire beaucoup à son succès, mais on nous saura gré d’en signaler l’idée, fort ingénieuse et très logique, — trop logique et trop ingénieuse peut-être !
- L’échiquier cubique est à l’ancien échiquier plan ce que le cube est au carré ; il a trois dimensions au lieu de deux, 5i2 cases (cubiques) au lieu de 64 (carrées).
- Mais comme il est, naturellement, impossible de jouer à l’intérieur d’un ensemble de cubes, on se contente de leurs bases, figurées sur huit étages d’échiquiers plans.
- Suivant la règle du jeu, élaborée par l’inventeur, le nombre des pièces est le même qu’au jeu ordinaire, si ce n’est qu’il y a plus de pions, leur nombre variant d’ailleurs avec les différents types de jeux. Quant à la marche des pièces, elle est identique à la marche connue, mais elle se fait dans l’espace, comme celle-ci se faisait uniquement dans un plan; elles prennent également de la même façon. —Inventeur : M. Ferdinand Maack, docteur en médecine, Hambourg 6.
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- VARIÉTÉS
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- Les méfaits de la fumée et l’utilisation de la suie.
- — Contrairement à l’opinion courante, les foyers industriels envoient dans l’atmosphère des villes bien moins de fumée que les foyers domestiques.
- Les foyers domestiques sont en effet rarement disposés pour que la combustion y soit économique et ils sont surveillés par des personnes ignorant l’art diflicile du chauffeur. La combustion s’accompagne par suite d’une grande production de fumée. Au contraire, les foyers industriels, dont le nombre est d’ailleurs insignifiant comparé à la multitude des autres, sont toujours surveillés par des chauffeurs expérimentés, parce quel’indus-triel a le plus grand intérêt à ce que l’utilisation de son combustible soit aussi bonne que possible ; pour la même raison, il utilise des dispositifs grâce auxquels la combustion est améliorée et il brûle un combustible approprié à la nature du foyer et du travail à fournir.
- Paris n’a jamais beaucoup souffert de la fumée, car le Parisien brûle très peu de houille, la grande productrice de fumée : en été, il fait surtout sa cuisine au gaz ou au charbon de bois, et, en hiver, il se chauffe à l’anthracite ; or ces combustibles ne donnent pas de fumée. Quant aux usines parisiennes, elles sont très peu nombreuses, et, depuis quelques années, des arrêtés de police les ont, fort heureusement, obligées à brûler leur fumée ou à n’en pas produire.
- Dans le nord de la France, en Angleterre, en Belgique et en Allemagne, il n’en est pas ainsi ; la houille est à bon marché et on n’emploie guère que ce combustible dans les foyers domestiques; aussi, la fumée est-elle une véritable calamité pour les grandes villes comme Londres, Lille, Hambourg.
- Bien que de nombreuses recherches aient été faites, surtout en Grande-Bretagne, pour déterminer l’importance des méfaits de la fumée, il convient de citer les expériences nouvelles entreprises par MM. Dennstedt et Hassler au Staalslaboralorium de Hambourg. Ces expériences font connaître quelques faits nouveaux très intéressants qui sont rapportés dans la Chemiker Zeitung.
- On a trouvé en moyenne 12,9 0/0 de sulfate d’ammoniaque dans la suie provenant des cheminées domestiques, ce qui, à Hambourg, correspond à une production annuelle de 4°° tonnes de ce sel. Or, il ne paraît pas impossible d’extraire ce sel par un lessivage approprié et même d’augmenter sa production en disposant les cheminées de manière à y retenir une plus grande quantité de suie ; cela contribuerait en outre à purifier l’atmosphère. En tout cas, la suie constitue un engrais ammoniacal de premier ordre qu’il ne faut point jeter.
- Il convient de remarquer que le sulfate d’ammoniaque, qui est surtout employé comme engrais, n’est pas un produit qui abonde sur le marché. Sa présence dans la suie s’explique de la façon suivante : la houille renferme toujours de l’azote combiné qui, par distillation pyrogénée, se dégage à l’état d’ammoniaque, et des pyrites de fer qui, par combustion, donnent du gaz sulfureux ; la combinaison des deux gaz fournit un sulfite qui, par oxydation ultérieure à l’air, se transforme en sulfate. Ce même sulfate d’ammoniaque se produit quand on brûle du gaz d’éclairage mal épuré et il s’en dépose une partie sur les cheminées en verre des brûleurs en donnant un enduit opalescent, facile à enlever d’ailleurs avec un peu d’eau.
- La fumée de houille néanmoins renferme toujours un peu de gaz sulfureux non combiné qui se dégage au sommet de la cheminée. Ce gaz ne va pas loin : il est rapidement transformé en acide sulfurique qui précipite assez rapidement, surtout si l’atmosphère est humide. Ainsi s’explique la destruction rapide de certains monuments construits en pierre calcaire. L’effet est mauvais également sur les plantes ; il devient désastreux en hiver, quand il neige, car la neige balaye l’atmosphère et entraîne avec elle toute la suie et l’acide qu elle renferme ; les plantes sur lesquelles elle se dépose absorbent les principes nocifs qu elle contient si elles sont encore j:>our-vues de feuilles; c’est le cas des conifères. Ainsi s'explique l’impossibilité de conserver en bon état de santé les arbres à feuilles persistantes dans les parcs des grandes villes du nord. E. Lemaiee,
- L’Expédition Lowell dans les Andes- — The Obser-vatory donne, dans son n° de novembre 1907, des indications fort instructives sur cette expédition. Elle fut organisée par les soins et aux frais de M. Percival Lowell, directeur de l’Observatoire de Flagstaff, Arizona et placée sous la direction du professeur David Todd, de Amherst College. Celui-ci démoula son réfracteur de 18 pouces de diamètre, nouvellement construit par l’opticien Alvan Clark, et le transporta dans l’Amérique du Sud. 11 rechercha une région ayant la planète Mars à son zénith au moment de l’opposition et où l’atmosphère fut aussi calme que possible. La station finalement adoptée fut Alianza, centre de production du nitrate, à 210 de latitude sud et située dans un désert élevé, le désert de Tarapuca, dans la pampa en arrière de Iquique, au nord du Chili. Dans ce lieu, la nuit, le ciel fut presque invariablement pur du 18 juin au i‘raoût. Pendant ce temps, la planète Mars fut photographiée environ 7000 fois. L’ensemble des clichés embrasse une révolution complète de la planète et toute sa surface. Le professeur Todd a pu photographier, à de nombreuses reprises, des canaux et oasis dont l’existence objective était très discutée Certains canaux ont été photographiés plus de vingt fois. Mais, ce que l’on peut considérer comme le couronnement de l’expédition, c’est l’enregistrement photographique de nombreux canaux doubles, géminés, et, parmi eux, l’Euphrate, leTboth, l’Amenthes, le Gehon, l’Astaboras, le Phison et le Nilokeras. La question de la géminalion des canaux de Mars a fait l’objet, jusqu à ces derniers temps, de discussions innombrables entre les astronomes. Pour beaucoup, le phénomène était purement subjectif, optique, mais n’avait rien de réel. Il semble bien, après l’expédition de M. Lowell, que nous nous trouvons là en présence d’un phénomène réel, extraordinaire, que nous devons, pour le moment, admettre sans chercher à l’expliquer ; sinon, nous risquerions fort de faire preuve d’un anthropomorphisme bien inutile puisque nous n’avons aucun moyen actuellement, et pour longtemps sans doute, de vérifier les explications de ce phénomène.
- Les Universités européennes. — Nous empruntons à la Revue scientifique l’intéressante statistique ci-dessous, qui donne un bon tableau de la vie intellectuelle dans les diverses Universités européennes, classées dans chaque pays suivant le nombre des étudiants :
- Allemagne. — 49079 étudiants, 21 Universités. Berlin 13 884, Munich 5o54, Leipzig 463o, Bonn 2796, Halle aio3, Breslau 1845, Strasbourg i83i, Gotlingue 1717, Fribourg en Brisgau 1626, Heidelberg i55i, Tu-bingue 1420, Würzbourg i326, Marbourg ï319, Munster 1292, léna 1281, Giessen 1167, Kônigsberg 977, Erlangen 671, Kiel 84a, Greifswald 842, Rostock 592.
- France. — 3i 494 étudiants (38 000 en 1906-1907). 16 Universités. Paris 12985, Lyon 2651, Bordeaux a3oo, Toulouse 1950, Montpellier 1600, Nancy i3oo, Aix-Marseille iaSo, Rennes 1236, Lille 1164, Poitiers 898, Dijon 980, Grenoble 846, Caen 780, Besançon 33o, Clermont-Ferrand 274.
- Autriche-Hongrie.— 29509 étudiants, 11 Universités. Budapest 6551, Vienne 6ao5, Prague, Université bohémienne 3700, Université allemande 1335, Lemberg 2782, lvlausenbourg 2145, Cracovie 2023, Gratz 1913, Agram 1174, Inspruck io58, Czernowitz 673.
- Grande-Bretagne. — 24716 étudiants, moins Birmingham. i5 Universités. Oxford 3572, Londres 3433, Edimbourg 3140, Cambridge 2879, Glascow 2272, Durham 2i34, ÏJn.of Wales 1446, Leeds 1278, Aberdeen 1100, Manchester 1097, Dublin 960, Liverpool 900, Saint-Andrews 287, Dundee 217, Birmingham ??
- Italie. —- 24 281 étudiants, 21 Universités dont 4 libres. Naples 4918, Rome 3oi2, Turin 2700, Bologne 1800, Pavie i559, P ale r me 1400, Padoue i364, Gênes i325, Pise 1 io5, Catane 1060, Parme 694, Messine 602, Mo-dène 58o, Camerino 363, Pérouse 354, Macerata 322, Cagliari 270, Sienne 235, Ferrare 234, Urbino 224, Sassari 160.
- Russie. — 23 257 étudiants, 9 Universités en Europe.
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- ’M VARIÉTÉS 11#;
- Moscou 586o, Pétersbourg 4652, Kiew 3oo3, Ilelsiufors 2640, Odessa 2106, Dorpat 1908, Varsovie x4oo, Kar-kow i38o, Kasan i3o8.
- Espagne. — ï2 3oi étudiants (manqxxent trois Univei’-sités). L’Espagne compte 9 Universités : Madrid 5196, Barcelone 1900, Valence 1700, Valladolid 1400, Salamanque 1200, Oviedo 905, Gi'enade ?, Sai'agosse ?, Séville ?.
- Suisse. — 6485 étudiants, 7 Universités. Benie 1831, Genève 1263, Zurich 1037, Lausanne q32, Bàle 626, Fribourg, 576, Neuchâtel 220.
- Belgique. — 6079 étudiants, 4 Universités dont 2 libres. Louvain 2148, Liège 1977, Bruxelles io54, Gand 900.
- Suède. - — 5262 étudiants, 3 Universités. Gothenbourg 3017, Upsal, 146b, Lund 779.
- Roumanie. — 4949 étudiants, 2 Universités. Bucarest 4144, Jassy 8o5.
- Hollande. — 4020 étudiants, 5 Universités. Lcyde 12.4O, Amsterdam, Université de la ville 1148, Utrecht io5i, Groningue 395, Amsterdam, Université libre 180.
- Grèce. — 2298 étudiants à l’Université d’Athènes.
- Portugal. — 1700 étudiants à lUniversité de Coïmbre.
- Norvège. — 1600 étudiants à l'Université de Christiania.
- Danemark. — i.45o étudiants à l Université de Copenhague.
- Bulgarie. — 1014 étudiants à l’Université de Sofia.
- Serbie. — 618 étudiants à l’Université de Belgrade.
- La somme des étudiants des 126 Universités européennes, sur lesquelles on a eu des l'enseignements (il en existe au total 129), donne le chiffre de 228721 immatriculés.
- Les dix centres universitaires les plus fréquentés sont : Berlin, Paris, Budapest, Munich, Naples, Pé-tersboui'g et Leipzig.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le chlorétone. — Le chlorélone est un hypnotique et un analgésique encore peu connu en France, mais qui y prendra vite une place importante. Il est proche parent, de par sa composition chimique et ses effets, du chlorofoi'me et du chloral. Il est, en effet, le résultat de la combinaison de chloroforme et d’acétone, d’où son nom d’acétone-chloroforme : chimiquement c’est un trichlorpseudobutylalcool.il est plus simple de l’appeler chlorétone ou encore aneson, comme le désignent les Américains.
- C’est un corps cristallisé blanc, ayant à la fois l’odeur du camphre et du chlorofoi'me, d’une saveur rappelant celle du camphre ou du menthol et déterminant, comme les produits, quand on le dépose sur la langue, une sensation de brûlure qui s’accompagne d’anesthésie locale assez persistante. Sa composition indique qu’il est très peu soluble dans l’eau, 8 pour 1000 dans l’eau froide, 1 pour 100 dans l’eau chaude, mais il est très soluble dans l’alcool et l’éther.
- Cette substance est très volatile, un fragment déposé sur une feuille de papier a disparu en quelques heures. Il se rapproche, ai-je dit, comme propi’iétés physiologiques, du chloral et des anesthésiques locaux. En effet, administré à la dose de 25 à 5o centig., il agit comme un hypnotique très doux et provoque un sommeil calme et profond. Le Dr Martinet qui l’a expérimenté sur lui-même trouve qu’il agit de tous points comme le chloral : ce dei'nier corps a l’avantage de se bien dissoudre dans
- l’eau et de pouvoir être, par le fait, administré beaucoup plus facilement en sirop, solution, potion.
- Son action analgésique et anesthésique est bien supé-l'ieure à celte action hypnotique et le chlorétone semble être, pour le moment, le médicament de choix dans certaines affections douloureuses de la bouche et de la gorge. Le Dr Fiocre a publié dernièrement un certain nombre de faits très démoixstratifs à cet égard. Dans des formes graves d’affections du larynx où la déglutition de la salive, des aliments, ne peut se faire qu’au prix de doulexxrs atroces, une insufflation de chlorétone amène presque instantanément un soulagement immédiat et ce soulagement n’est pas de quelqixes minutes comme avec la cocaïne ; il dure deux, quelquefois trois heures.
- Pour ces applications locales dans la gorge, M. Fiocre conseille des insufflations de chlorétone en vapeurs. U11 txxbe en verre ayant à son milieu un renflement ampul-laire est adapté à une soufflerie au moyen d’une poire. Les cristaux de chlorétone sont déposés daixs l’ampoule dont on referme l’orifice. En les présentant à la flamme d’une lampe à alcool, les cristaux se vaporisent en vapeurs blanches qui remplissent le tube ; on 11a qu’à presser la poire pour que les vapexxrs soient projetées sur la région à anesthésier et à insensibiliser. L’insufflation est iuoffensive et n’a l'ien de douloureux. C’est un moyen simple de donner aux malades uix peix de soulagement.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Liqueur pour colorer en noir mat le fer et l’acier par oxydation. — Nous empruixtons à la Revue de Chimie Industrielle cette recette utile pour bronzer les canons de fusil, ou les boîtes de montres, chaînes, médaillons bracelets, etc.
- On se sert d’une liqueur composée de:
- Chlorure de bismuth. . . . . 10 grammes
- Bichlorure de mercure . . . 5o —
- Perchlorure de fer . 20
- Chlorure de cuivre . . . . 10 —-
- Acide chlorhydrique. . . . 60 —
- Alcool 5o —
- Eau distillée 5oo —
- Teinture de fuchsine ou autre variable pour masquer la couleur.
- Pour employer cette liq.ueur, il faut avoir soin de bien polir l’objet en fer ou en acier que l’on désire bronzer, ainsi que de bien le dégraisser.
- On recouvre ensuite d’une couche uniforme de tein-lui’e soit en le trempant dans la liqueur, soit au moyen d’un pinceau, on laisse sécher et on passe ensuite à l’eau bouillante pendant une demi-heure.
- Ou répète cette opéi'ation jusqu’à ce que Ion ait obtenu la couleur désirée.
- On a soin, en dernier lieu, de passer l’objet dans un bain d’huile ou de le chauffer devant le feu après l’avoir imprégné d’une couche d’huile.
- Mélange ignifuge pour les tissus. — Appliquer à 3o° par trempage l’enduit suivant pi'éconisé par M. Martin :
- Eau 100 parties
- Sulfate d’ammoixiaque. . . 8 —
- Cai'bonate 2,5 —
- Acide borique 3 —
- Borax 2 —
- Amidon 2
- Dextrine ou gélatine . . . 0,4 -
- Un litre de cet enduit peut couvrir 10 “2 d’étoffe.
- Mélange ignifuge pour le papier. — Le laisser s’im-
- prégner à 5o° daixs une solution ayant la composition
- suivante :
- Sulfate d’ammoniaque. . . 8
- Acide borique 3
- Borax 2
- Eau 100
- H8jr~86~)gfr
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Contre le bouvreuil. — Le bouvreuil cause parfois des torts sérieux aux arbres fruitiers et surtout aux groseilliers à maquereaux, dout il détruit les bourgeons, en janvier, février, mars. Pour empêcher cette destruction et sauver la plantation menacée, nous recommandons le procédé suivant : asperger fortement ou badigeonner les arbustes avec une lessive formée de 5 kg de fleur de soufre, 20 de chaux vive, 7 de savon noir, i5o litres d’eau.
- Ou éteint d’abord la chaux, puis on saupoudre de soufre, et l’on remet ensuite alternativement de la chaux et soufre jusqu’à épuisement des quantités préparées ; après quoi on verse dans la préparation le savon dissous dans de l’eau bouillante, on brasse et l’on passe la lessive au tamis fin. Pour l’emploi, commencer sitôt qu’on constate l’arrivée des bouvreuils sur les arbustes ; après une. pluie, il est bon de recommencer aussitôt la lessive.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses des objets décrits. — Machine à écrire « La Miguou» (n" 1810, i01' février 1908, p. 143), 33; rue Vivienne, à Paris.
- Renseignements. — M. II. C., à Barcelone. — M. Renaut, 4^, boulev. de Strasbourg, pourra, croyons-nous, vous construire l’appareil que vous désirez ou vous le procurer.
- Cercle Mâconnais. — L’oléo-réfraclomèlre de MM. Jean et Amagat, dont nous avons décrit dans notre 11" 1811, l’application au contrôle du lait, peut servir aussi au contrôle des huiles ; il permet par une simple lecture de constater la pureté d’une huile. Chaque espèce d huile donne dans cet appareil une déviation caractéristique, les huiles d’olive dévient de 1 à 20, l’huile de lin de 54°, le coton de 20°, le colza de 180, l’œillette de 290.
- Il existe diverses autres méthodes, qu’il faut employer simultanément afin de pouvoir caractériser la pureté ou
- l’impureté d’une huile. Voyez à ce sujet le Guide pratique de l'expert en denrées alimentaires, par Pelleriu, à l’Institut des recherches scientifiques et industrielles, Malzéville (Meurthe-et-Moselle) ; vous y trouverez la liste des réactifs à employer successivement pour pouvoir déceler les impuretés d’une huile. Du reste, l’application de ces divers procédés exige un chimiste expérimenté.
- M. Nolz-Marafin, à Mézières en Brenne. — Préparation des collections minéralogiques : M. Stuer, 4, rue de Castellane, Paris. Nous ne connaissons pas de bon manuel nour ce genre de travail.
- M. A. Fouquier-d’Ilerouel, à Foreste. — Vous trouverez du lysol chez Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, Paris. Le prix est d’environ 5 fr. le kilog.
- M. Bailly, à San Remo. — Pour faire disparaître l’odeur du pétrole, nous avons indiqué plusieurs procédés dans nos recueils de Recettes et procédés utiles (5 petits volumes, chez Masson et Gie, 120, boul. Saint-Germain, Paris); voici l’un des meilleurs: mélanger à 4, 5 litres de pétrole 100 de chlorure de chaux (chlore des blanchisseuses), et agiter vivement, puis verser ce mélange sur de la chaux vive, agiter à nouveau, laisser déposer, et décanter; le pouvoir éclairant n’est pas diminué, et toute mauvaise odeur disparaît.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro
- La résistance de l’air : .1. Tkollek.— Le pétrole (le la mer Noire: A. S. Yermoloff. — Les chevaux des îles Shetland : Lucien Rudaux. — Le béton armé actuel, ses principes et ses ressources : Ch. Rabut. — Les ruines de Jerasa : Gustave Regelsperger. — Automobile-traîneau pour le Pôle-Sud : Will Darvillé. — Académie des sciences ; séance du 3 février 1908: Cii.de Ville-deuil. — L’ « Insectarium » d’Amsterdam : Henri Coupin.
- Supplément. — Spectre de Saturne. — Station hydroélectrique gigantesque en Italie. — Wright ou Farman ? — Les travaux de la gare Saint-Lazare. — Corbeilles à papier de Paris, etc. — Institut de France. — Contre la coqueluche. — Pour détruire les nævi, etc.
- Les fours électriques. — Production de chaleur au moyen de l’énergie électrique et construction des fours électriques, par W. Borciiers, professeur de métallurgie à l’Ecole des Hautes-Etudes techniques d’Aix-la-Chapelle, traduit par L. Gautier, chez Béranger. Paris. Prix: i5 francs.
- On sait le développement qu’a pris, dans ces dernières années, l’électricité comme source de chaleur.
- Le four électrique, autrefois simple instrument de laboratoire, outil de recherche scientifique, est passé aujourd’hui dans la pratique industrielle où il rend de signalés services. M. Borchers étudie en détail la constitution des divers types actuellement employés ; son ouvrage en donne un précieux catalogue et sera, certainement, fort utile aux nombreux ingénieurs qui s’étudient aujourd’hui à multiplier les applications des fours électriques.
- Introduction à l'étude comparative des langues indo-européennes, par A. Meillet, 2e édit. Paris. Hachette et Cu, 1908. 1 vol. in-8°, 464 P- Prix :• 10 fr.
- Celte seconde édition de’ l’ouvrage maintenant classique de M. Meillet, professeur au Collège de France, prouve l’intérêt qu’y a su prendre tout le public intelligent. C’est avant tout un livre de grammaire comparée ; mais on doit considérer comme indispensable à tout homme cultivé la lecture des chapitres introductifs sur les langues indo-européennes, et des remarquables pages finales sur le développement des dialectes indo-européens.
- L’aérobisation des microbes anaérobies, par le Docteur Georges Rosenthal, in-8°. Paris. Alcan. Prix: 5 francs.
- Exposé de la technique et des procédés d’adaptation à la vie aérienne des microbes qui ne peuvent supporter le contact de l’air (tube cacheté, tubes.profonds et étroits, mensuration de l’anaérobiose et l’aérobisation). Le chapitre relatif aux expériences faites avec les divers germes anaérobies étudie leurs nombreuses modifications biologiques.
- Fabrication des huiles minérales et leur emploi à l’éclairage et au chauffage, par D. Mognier, revue par N. Chryssochoidès. Encyclopédie Roret. 1 vol. chezMulo, 12, rue Hautefeuille.
- Ce volume présente le caractère bien connu des manuels Roret ; de très nombreux renseignements pratiques et utiles, présentés avec ordre et concision. On sait que l’industrie des huiles minérales a pris de nos jours un grand développement provenant delà consommation considérable d’essence par l’automobilisme et du perfectionnement de l’éclairage au pétrole. Ce manuel vient donc à son heure. On y trouvera une étude des combustibles minéraux : bitume, pétrole, schiste, bo-ghead, houille, lignite, tourbe, la description des divers modes de distillation employés, des notions sur
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- BIBLIOGRAPHIE
- les produits dérivés, et quelques pages sur les appareils d’éclairage.
- Développement et progrès de la fabrication du Malt pendant les 40 dernières années par Ed. Eckenstein. Paris. Librairie Hermann. Prix : 5 francs.
- La France à vol d'oiseau, par Onésime Reclus. 2 vol. in-18. E. Flammarion éditeur. Prix : 10 l'r.
- L’éminent géographe résume ici l’heureux aspect de notre pays. Toute la France y est représentée avec ce merveilleux style imagé qui eu rend la lecture agréable. C’est une œuvre réconfortante. La philosophie géophysique, historique et sociale illumine clairement toutes ces belles pages, parfaitement au courant des plus récentes observations scientifiques.
- L’art au Caucase, par J. Mouiuek. 2e édit. in-8°, 201 p. et grav., 11)07. Ch. Bullens, édit., 75, rue Terre-Neuve, Bruxelles. Prix : 10 francs.
- Dans cette élude de l’art indigène de toutes les époques au Caucase, M. Mourier fait connaître, à l’aide d’innombrables et charmantes gravures, la variété merveilleusement riche de l’esthétique asiatico-byzantine de la Transcaucasie : de ses ruines, églises, couvents, cimetières, bibliothèques, musées, collections privées, il a extrait les principaux types d’architectures, de dessins, bijoux, émaux, meubles, armes, costumes. Pour quiconque a pu admirer, comme pour tous ceux qui ignorent, les étranges curiosités de Tiflis, Ani, Ghelati, Etchémiadzine, Mtzket, Ananour, tout ce livre est du plus puissant intérêt.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT direction et force UE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 lévrier 1908. — 2°,7 N. 2. Très nuageux. 2,2 Gelée blanche; très nuageux; neige de 18 h. à 20 h. 13.
- Mardi 4 2°,0 N. N. W. 5. Couvert. 0,3 Gelée blanche; pluvieux de 9 h. à 11 h. 13; éclaircies.
- Mercredi 5. 5°,0 N. N. E. 4. Couvert. » Couvert jusqu'à 17 h.; beau ensuite.
- Jeudi 6 — 5°,9 N. 0. beau. D Gelée blanche; givre; cotiv. de 9 b. à 18 b.; brouillard le matin.
- Vendredi 7 1°,5 S. W. 1. Couvert. B Gelée blanche; brouillard à 11 h.; couvert.
- Samedi 8 2°,0 S. W. 1. Couvert. B Couvert; brouillard jusqu’à 11 b.
- Dimanche 9 4°, « W. s. w. 1. Couvert. » Couvert.
- FÉVRIER 1908. — SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 FÉVRIER 1908.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les. courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 3 au 9. — Le 3. Prolongation sur le N. du continent de la dépression de l’Islande : Bodoe, 743 mm; éloignement vers le S.-E. de celle d’Italie ; fortes pressions du S.-O. au N.-E. de l’Europe : Nantes 773 ; Moscou, 776. Neiges et pluies peu abondantes (N. et O. du continent); en France : Lyon, Limoges, 2 mm; Charleville, 1. Température du matin : Uleaborg, — i5°; Paris, — 3 ; Alger, 6 ; Puy de Dôme, — 13 ; Pic du Midi, — 21; moyenne à Paris : o°,i (normale : 2°,6). — Le 4-Hautes pressions sur l’Atlantique des Açores à l’Irlande : Horta, Valentia, 780; dépression sur la Scandinavie, la Méditerranée, le S.-E. du continent : Kharkof, 743. Neiges sur l’E. et l’O. du continent; pluies en France : Biarritz, 6; Dunkerque, 5; Brest, Nancy, Paris, 2. Temp. du matin : Berne, —i5; Paris, 2; Alger, 8; Puy de Dôme, —7; Pic du Midi, —16; moyenne à Paris : 3° (normale 2°,7). — Le 5. Hautes pressions générales : Yalentia, 781; Brest, 780; Vienne, 770; baisse en Islande et N. de la Norvège : Bodoe, 740. Neiges sur le N. et l’E. du continent; en France {pluies) : Biarritz, 6; Limoges, 4; Nancy, Besançon, 1; orage à Alger. Temp. du matin : Kuopio, —160; Paris, 3; Alger, 10; Puy de Dôme, —8; Pic du Midi, — 18; moyenne à Paris ; i°, 1 (normale : a°,7). — Le 6. Pression très élevée sur le Centre et l’O. de 1 Europe, maxi-
- mum en Bretagne, 781 ; dépression sur la Laponie : Haparan la, 729; tempête violente d’O. sur la Baltique, la Scandinavie, l'Islande. Neiges sur le N. du continent. Temp. du matin : Berne, —rx ; Paris, —4; Cagliari, 10 ; Puy de Dôme, — n ; Pic du Midi, — 12 ; moyenne à Paris : o°,3 (normale : 2°,8). — Le 7. Même situation atmosphérique : Irlande, 784 ; Nantes, Clermont, 783; Arkangel, 734. Pluies et neiges en Russie et en Allemagne. Temp. du matin : Uleaborg, —14 ; Paris, 2 ; Alger, 8; Puy de Dôme, —5; Pic du Midi, — 8; moyenne à Paris : 3°,4 (normale : 2°,8). — Le 8. Baisse sur l’O. France : pressions supérieures à 775 ; dépression sur l’extrême Nord (tempête sur l’Islande et les Feroë). Neiges.sur le Centre et l’E. du continent; pluies en France ; Belfort, 5; le Havre, 2; Charleville, 1; Temp. du matin : Kuopio, —21; Paris, 2; Alger, 10, Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : 40,4 (normale : 20,9). — Le 9. Dépression sur le N.-E. de l’Europe, centre à Riga, 734 (tempête sur la Scandinavie et la Baltique); Bretagne, Irlande, 776. Pluies sur le N. du continent; neiges en Scandinavie. Temp. du matin : Haparanda, —21; Paris, 5; Alger, 10; Puy de Dôme, o; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 6° (normale : 3). — Phases de la Lune : Dernier Quartier, le 9 à 4 h. 37 m. du malin. ...
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (Vl°
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N° 1813 — 22 FÉVRIER 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Un chemin de fer dans la mer. — Ou vient d’inaugurer et de mettre en service la voie ferrée de Miami en Floride à Key-West. Nous avons décrit, dans notre numéro du 4 janvier 1908, cette ligne curieuse construite dans la mer, et qui constitue aujourd’hui la voie d’accès la plus rapide des Etats-Unis aux Antilles. Key-West se trouve à l’extrémité d’une longue ligne d’îlots ; et la voie ferrée qui les réunit a a5o kilomètres de long dont 120 complètement en viaduc au-dessus de la mer. Un de nos correspondants nous adresse la photographie ci-dessous d’un de ces viaducs reliant 2 îlots voisins.
- variées de vapeur d’eau. L’acide carbonique sec est décomposé par la lumière ultra-violette et cette décomposition augmente à mesure que la pression diminue ; maïs, dans les mêmes conditions, le gaz carbonique humide, sous une pression quelconque, reste pratiquement sans transformation. La combinaison et, par suite, la contraction relative d’un mélange d’oxyde de carbone et d’oxygène, est indépendante du degré de dessiccation ou d’humidité des gaz. Enfin la transformation d’oxygène en ozone subit une réduction proportionnelle à l’augmentation de la quantité de vapeur d’eau.
- Action chimique des radiations ultra-violettes sur les gaz. — On sait que les réactions entre les divers gaz susceptibles de se combiner pour donner des composés définis varient dans certains cas, selon la chaleur mise en jeu, selon le degré d’éclairement, d’humidité. etc. Deux auteurs anglais, MM. Chadwick et Ramsbotlom ont imaginé un appareil spécial pour l’élude des transformations chimiques apportées dans les gaz sous l’influence des radiations ultra-violettes fournies par la lumière émise par une lampe à mercure ; leurs essais ont porté sur la conversion de l’oxygène en ozone, sur la réaction entre 1 oxyde de carbone et l’oxygène, sur la décomposition de l’acide carbonique. On a déterminé, dans chaque cas, l'effet de la présence de quantités
- Torche marine Schumacher-Kopp. — C’est un cylindre métallique rempli de carbure de calcium. En le plongeant dans l’eau après avoir détaché deux lanières qui recouvrent un peu de phosphure de calcium, on obtient immédiatement une flamme très lumineuse. L’acétylène produit prend feu au contact de l’hydrogène phosphoré spontanément inflammable que dégage de son côté le phosphure de calcium. Un appareil analogue avait été construit en 1898 par le colonel Wilson de Philadelphie. Depuis, la marine des Etats-Unis l’a rendu pratique sur ses cuirassés ; leurs canons lancent ces torches jusqu’à 3 kilomètres pour découvrir les torpilleurs sans se dévoiler eux-mêmes. Les torches Schumacher-Kopp (Lucerne) ont une intensité de 3oo à 3ooo bougies et
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- INFORMATIONS
- brûlent de 5o minutes à 3 heures. M. Schumacher-Kopp les a inaugurées le 20 juillet 1907, dans une fête de nuit sur le lac de Lucerne.
- Le roulement du tonnerre. — D’après M. Car-penter, le roulement du tonnerre serait dû à deux causes principales : tout d’abord, lorsqu’un coup de tonnerre éclate entre deux nuages ou entre un nuage et la terre, les divers points du trajet suivi par la décharge électrique, autrement dit par l’éclair, sont à des distances différentes de la personne qui écoute, de sorte que les sons qui proviennent de ces différents points arrivent successivement à l’oreille de l’observateur avec une intensité qui va en décroissant comme le carré de la distauce. Ensuite, un éclair ne se compose pas d’une décharge unique, mais de plusieurs décharges d’intensités très différentes, se succédant à des intervalles de temps très variables. La superposition de ces deux causes provoque l’effet de roulement.
- Les téléphones dans l’exploitation des chemins de fer. — La Compagnie de chemin de fer américaine dite Galveston, Hamburg and San Antonia Railway, vient de munir tous les wagons-fourgons de ses trains de marchandises d’un petit poste téléphonique que l’on peut mettre en connexion avec le lil téléphonique placé le long de la voie, au moyen d’un petit trolley monté au bout d’une perche et comportant naturellement un lil de liaison avec le poste. De la sorte, chaque conducteur de train peut entrer en relations en cours de voyage, si besoin est, avec ce qu’on nomme le dispatcher sur les lignes américaines, celui qui donne continuellement les ordres pour la circulations des trains.
- Le coût de l’exploitation des omnibus-automobiles. — M. W.-E. Hardy a présenté l’autre jour à la Société Anglaise des Ingénieurs de traction sur routes (Road Traction engineers) un rapport très étudié et intéressant sur les omnibus-automobiles. Même en ne portant pas l’amortissement à plus de i5 pour 100, ce qui n’est pas en somme considérable, il estime que les dépenses d’une exploitation de ce genre ressortent à 90 pour 100 des recettes brutes et c’est insuffisant pour rémunérer les capitaux. Il faut attendre des modifications importantes dans le fonctionnement et la consommation de ces véhicules pour que leur emploi devienne pratique.
- Un alignement de 200 kilomètres. — On appelle alignement, sur les voies ferrées, les parties en ligne droite, qui sont normalement assez courtes, étant donné que les chemins de fer doivent être établis de manière à n’aborder les dénivellations de terrain que suivant des pentes peu marquées. Et pourtant les alignements sont particulièrement appréciés, parce qu’ils permettent aux convois de marcher à une allure plus vive. Sur une section de la voie dite National Transcontinental Rail-road, que l’on construit actuellement dans la région américaine des Prairies, on a pu poser la voie sur une longueur de 190 kilomètres et en ligne droite. Mais en Australie, il y a mieux : c’est sur le réseau des chemins de fer du Gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud ; un alignement se présente qui n’a pas moins de 202 kilomètres de longueur !
- La houille au Japon. — L’exploitation industrielle de la houille au Japon date de i885 ; la production en 1887 était déjà de 200000 tonnes. En igo5, elle atteint n63oooo tonnes représentant une valeur de plus de 100 millions de francs. L’augmentation de production annuelle a été, durant les dix dernières années, de 600000 tonnes. L’exportation en 1905 a été de 2400000 tonnes. L’île de Kyushu fournit à elle seule 9 200000 tonnes. Les autres bassins houillers sont ceux de la province de Higen et de l’île d’Ama-Kuya.
- La production mondiale de l’étain. — La production de l’étain dans le monde s’est élevée en 1906 à i3o 000 t. dont environ 64 600 pour la région de Malacca (12866 dans les Indes Orientales néerlandaises et 5i„8o9 pour les possessions anglaises, en xgo5). On peut ajouter, comme grands producteurs: le Cornwall (17 867 t.), la Bolivie (i3 6oo t.), l’Allemagne (6000 t.) et l’Australie (3ooo t.). En Malaisie, la production de 1907, qui est évaluée en pikuls de 60 kg 249 gr, se décompose de la manière suivante après conversion en tonnes : Perak, 25992; Selangor, 16 5oo; Negri Sembilan, 4525 ; Pahang,
- 2200. Les expéditions des Détroits à Londres, en Europe et en Amérique, qui avaient été de 67 784 t. en igo5, et de 55928 eu 1906, sont tombées à 53 074 en 1907, auxquelles il faut ajouter, pour 1907, 11 718 de ventes à Banka. Les prix de ce métal, qui ont très fortement baissé dans ces derniers mois, comme ceux de tous les métaux, oscillent aujourd’hui entre 3200 et 38oo fr après avoir atteint 54oo.
- La population allemande, irlandaise et juive de New-York. — New-York est la 3e ville allemande du monde. Berlin compte 2000000 d’habitants, Hambourg 73oooo, Munich 520000 et Dresde Sooooo; or, sur ses 3 5ooooo habitants, New-York compte 787447 vra*s Américains (enfants de parents nés en Amérique) et 659000 Allemands; de plus, avec 5g5 210 Irlandais elle est la plus grande ville de cette nationalité puisque Belfast n’a que 348965 habitants; de même elle est la vraie métropole Israélite avec 672 776 juifs alors que Varsovie même n’en a que 262 864. Pour les Austro-Hongrois, avec 177 198 elle vient après Vienne, Pesth et Prague. Enfin New-York est la 5“ ville suédoise, la 6e norvégienne, la 70 italienne et la 8e russe.
- L’observatoire des Tatras. — La Société de géographie hongroise va installer sur le Szalok, près Leutschau, un observatoire de montagne. La direction en sera confiée au mathématicien Bolyai.
- Défense contre le choléra. — A la séance du 21 janvier de l’Académie de médecine, le professeur Chante-messe et le Dr F. Bourel ont exposé la situation de 1 Europe et de la France, en face du choléra qui sévit actuellement à la Mecque. Chaque fois que la grande fête religieuse de l’Islam tombe au milieu de l’hiver ou de l’été, époques où le choléra qui vient de 1 Inde atteint la plus haute mortalité cholérique en ce pays, l’épidémie coïncide avec le retoui' des pèlerins vers la Mésopotamie, la Perse et l’Egypte. — L’achèvement prochain du nouveau chemin de fer du Hedjaz, qui conduira en quatre jours de Médine à Damas, supprimera la barrière dressée jusqu’ici contre le choléra du Hedjaz par la traversée du désert. Ce nouveau danger force à modifier tout le système de police sanitaire et à surveiller activement, par les voies de terre et de mer, la circulation des pèlerins et des émigrants, les vrais véhicules du choléra.
- Les sources du Brahmapoutra et de l’Indus. —
- D’après le Mouvement géographique de Bruxelles, le D‘ Sven Hedin aurait, au cours de son dernier voyage, découvert la véritable source du Brahmapoutra, soit la rivière tibétaine Koubitsampo qui sort d’un énorme glacier descendant sur le versant nord de la chaîne la plus septentrionale de l’Himalaya. Le Ma-rioum Tchou, qui avait été regardé jusqu’à présent comme la source du fleuve, n’est qu’un petit tributaire qui lui apporte ses eaux en venant de l’ouest. Après avoir soigneusement étudié les problèmes hydrographiques relatifs au Manasarowar et au Sutledj, le Dr Sven Hedin faisant le tour du Troly Kailas a également déterminé la vraie source de l’Indus.
- Les Marais aux Etats-Unis. — Il s’est tenu récemment aux États-Unis, à. l’Université JohnJIopkins, un Congrès national du di’ainage, où il a été donné des indications intéressantes sur l’étendue des terres marécageuses de la Confédération. On a affirmé que si l’on desséchait et mettait en état d’être cultivée seulement la moitié des terres marécageuses qui se trouvent à la surface des États-Unis, on fournirait de quoi vivre à 12 millions de personnes : chacune des familles qu’on alimenterait ainsi pourrait disposer de plus de 16 hectares de terres. L’accroissement de valeur résultant de cette immense opération de drainage serait certainement d’au moins 25 milliards de francs, nous disent les rapports présentés au Congrès. Toujours est-il qu un projet de loi a été soumis au Congrès Américain, qui prévoit de suite un crédit de 10 millions de francs pour entamer le dessèchement des marais de la Confédération.
- Congrès préhistorique de France. — Le Congrès organisé par la Société préhistorique de France se tiendra cette année à Chambéry du 24 au 3o août 1908.
- Société préhistorique suisse. — Elle a été fondée le 6 octobre 1907 à Brugg, pour l’étude et l’extension de la préhistoire et la protection de ses monuments et gisements.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- c#*s. Automobilisme
- Un bandage élastique en papier. — Naturellement, le papier devait trouver un emploi dans l’automobilisme : Un ingénieur-inventeur, M. Carliart, fabrique, en effet,
- des bandages en papier qui sont destinés à remplacer ceux eu caoutchouc plein. Ils sont faits de bandes agglomérées à l’aide de substances chimiques et sous une forte pression. De l’avis de l’inventeur, sa résistance serait égale à celle des bandages en fer et, en même temps, il ferait aussi peu de bruit que s’il était en caoutchouc.
- Quant à son élasticité, elle vaudrait celle de ce dernier produit. De plus il est parfaitement imperméable à l eau et aux substances grasses. Enfin il posséderait encore l’avantage, assurément précieux, de s’incruster par la force des choses de jmüfs cailloux qu’il rencontre sur son chemin; ces cailloux garnissent « automatiquement » la surface du bandage, qui devient alors un excellent antidérapant, et prolongent sa durée.
- S’adresser chez MM. L. Symons et Cie, 18, rue Yivienne, Paris.
- Un régulateur de carburation. — On reproche avec beaucoup de raison aux carburateurs d’automobile d’être des gaspilleurs d’essence. La dépression produite par l’aspiration du moteur n’agit pas, en effet, de la même manière sur l’essence et sur l’air, parce que ces deux fluides sont de densités différentes. Lorsque le moteur augmente son allure, l’essence jaillit avec beaucoup de violence, tandis que la colonne d’air reste de même valeur ; pour parer à cet inconvénient, c est-à-dire pour diminuer l’effort de succion sur l’ajutage, on a pourvu les carburateurs d’entrées d’air additionnelles, de sorte que la régulation de l’essence s’opère sur l’air au lieu d’être dirigée directement sur le liquide qui seul est désobéissant. Le nouveau régulateur Gillette et Lehmann agit sur le
- liquide ; il permet de ne laisser aspirer qu’une quantité d’essence toujours proportionnelle à la dépression.
- L’inconvénient que nous venons de signaler est dû à ce que la dépression introduite dans la chambre d’aspiration ne s’exerce jamais dans le réservoir à niveau constant. L’équilibre est donc rompu à chaque aspiration et la tuasse d’essence est agitée en permanence. Si la dépression diminue, le liquide n’a pas pu reprendre sa position d’équilibre et l’ajutage suinte de l’essence hors de propos, d’où une perte de liquide qui, à la fin de la journée, finit par être très sensible, surtout lorsque, ainsi que cela a lieu dans l’intérieur des villes, les changements de marche du moteur sont très fréquents. Dans ces conditions, il semble indispensable de faire agir la dépression sur la surface du liquide dans le réservoir à niveau constant, mais de telle sorte qu’elle demeure néanmoins toujours inférieure à ce qu’elle est dans la chambre de l’ajutage, sans quoi l’essence ne pourrait plus jaillir.
- Le nouveau régulateur qui permet d’obtenir ce résultat est d’une construction extrêmement simple. G’est une sorte de robinet à quatre voies dont l’une d’elles, K,
- communique avec la pression atmosphérique par l’intermédiaire d’une ouverture G réglable par la vis F. L’appareil se visse sur le couvercle du réservoir à niveau constant par sa base C et enfin les deux autres voies D E sont reliées à la tuyauterie d’admission par deux tubes dont l’un D aboutit au-dessous du papillon étrangleur et l’autre E au-dessus. L’appareil est réglé une fois pour toutes à l’aide d’un cône A taillé en biseau ; eu tournant cette pièce, on obture une des ouvertures D, par exemple, pendant que l’on ouvre de la même quantité l’ouverture E ; l’ouverture de l’une et la fermeture de l’autre sont donc proportionnelles. En somme, par l’intermédiaire de ces ouvertures, la dépression produite dans le tube d’aspiration est transmise au réservoir à niveau constant, mais détruite en partie par la pression atmosphérique, de sorte que la valeur de la dépression qui agit sur le liquide est toujours inférieure à celle transmise dans la chambre de l’ajutage.
- Les essais effectués avec cet appareil ont donné des résultats extrêmement intéressants. Les compagnies de taximètres automobiles out constaté une économie de 20 pour 100 dans la consommation ; ce chiffre s’est trouvé porté à 22 pour 100 sur des gros camions de 6 tonnes Eugène Brillé. Le concessionnaire, M. Blériot, garantit une économie de i5 pour 100 au minimum.
- L’appareil est en vente chez M. Blériot, 16, rue Duret, Paris.
- ct§^ Mécanique
- Un rochet universel pour perceuse à main. —
- En inventant cet appareil, qui a pour désignation officielle rochet universel Armstrong (se vend chez Markt, 107, avenue Parmentier), on a eu pour objet de permettre l’insertion et la commande, la rotation d’une mèche à métal un peu dans toutes les positions; on pourrait d’ailleurs combiner un dispositif tout équivalent pour le travail du bois. Il s’agit d’une de ces perceuses où la rotation de la mèche est commandée à rochet, et par l’intermédiaire d’un levier assurant l’avancement par-saccades du rochet. Souvent on n’a pas la place nécessaire pour le développement du mauche de l’appareil, du bras de levier, qui doit présenter une longueur relativement importante. Ici on peut donner toutes les obliquités
- Hochet universel pour perceuse à main,
- à ce levier, sans que la commande soit aucunement gênée, grâce à une disposition qui affecte en apparence l’aspect d’un joint universel, mais qui ne comporte en réalité aucune pièce susceptible de dérangement.
- La constitution intérieure du rochet est montrée en coupe ; elle est aussi simple que possible, mais fort robuste, comme on peut s’en rendre compte du premier coup d’œil. Les choses ont été aménagées pour que les mouvements perdus soient réduits à leur minimum. Suivant la forme de l’espace dans lequel il faut se mouvoir, et la direction du passage par lequel on peut faire passer le levier, on monte celui-ci plus ou moins obliquement sur la boîte sphérique où se trouve enfermé le rochet ; cela se fait, et par l’étrier qui prolonge le levier et vient se fixer au bout de celui-ci par une partie filetée s’engageant dans une douille ; et par deux petits bouts d’axe pointus qui viennent se loger dans des évidements ad hoc ménagés à la surface de la boîte. On voit un dq
- •D
- Jante en papier. — A. Bandage en acier; B. Caout. chouc ; C. Bandage en papier ; 1). Joue de la
- jante; K. Boulons d’assem-hlage de joue de la janle ; F. Secteur en acier; (1. Boulons d’assemblage des secteurs.
- Régulateur de carburation.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ces logements dans la coupe que nous donnons du rochet. 11 y a plusieurs de ces évidements ménagés de la sorte, et correspondant à diverses positions obliques que l’on est à même de faire prendre à l’étrier et au levier. Du l’este, on a aussi la possibilité de lixer le manche normalement à l’axe de la boîte, pour un travail ordinaire.
- Divers
- tandis que les autres donnent le poli et le brillant désirés. On peut, d’ailleurs, remplacer l’une de ces dernières brosses par un porte-cire.
- Le moteur électrique A est placé au-dessus de l’appareil ; il commande par un pignon C, engrenant avec un autre pignon D, l’arbre vertical E qui porte à son extrémité inférieure un pignon droit F engrenant avec un plateau circulaire G. L’axe N de ce plateau transmet le mouvement rotatif porte-brosse H. On voit que ce dispositif est extrêmement simple.
- Nouveau porte-mine toujours aiguisé. — Ce nouveau porte-mine dont la pointe est toujours aiguisée se compose d’un mécanisme fort ingénieux et d’une simplicité étonnante.
- Le « Penkala » est formé d’un tube en caoutchouc
- durci genre stylographe, dans lequel se trouve une aiguille solidaire d’une tige; à l’autre extrémité du tube se trouve un ressort à boudin. Dans ces conditions, il suffit d’appuyer verticalement sur la table et la mine apparaît. Voici d’ailleurs ce qui se passe. Sous la pression le ressort s’aplatit; dès que la pression cesse, le ressort se détend, pousse l’aiguille qui pousse à son tour la mine, mais cette mine est toujours courte, car elle ne fait saillie que de deux millimètres, c’est-à-dire de la quantité dont le ressort est aplati ; cette particularité constitue le principal avantage du porte-mine « Penkala » dont la pointe toujours de petite longueur ne casse jamais.
- A la partie supérieure se trouve ur. petit couvercle facile à dévisser et qui recouvre un magasin où l’on peut disposer plusieurs mines de rechange. Un couvercle mobile en caoutchouc durci sert à protéger la pointe, lorsqu'on a fini de se servir du porte-mine.
- En vente chez les principaux papetiers et à la maison Novi, 44- rue d’Enghien, aux prix de i fr. 5o à un bout et 2 francs à deux bouts (2 couleurs) et 6 francs en argent.
- Porte-mine toujours aiguisé.
- Nouvelle brosse électrique pour parquets. — Les
- besognes toujours fatigantes que comporte l’entretien des appartements tendent de plus en plus à être effectuées par des machines. Est-il rien de plus désagréable que le battage des tapis, rideaux, tentures? Actuellement, de nouvelles pompes mécaniques ou simplement actionnées à la main aspirent leur poussière et en fort peu de temps les débarrassent de toutes les impuretés qu’ils contiennent. L’entretien des parquets, tel qu’il est encore pratiqué à peu près partout, est aussi désagréable. On les passe à la paille de fer, à la cire, puis à la brosse; le mercenaire à qui incombe ce soin ne dit pas toujours ce qu’il pense de sa profession, antihygiénique entre toutes, et surtout extrêmement pénible. C’est pourquoi quelques inventeurs se sont rencontrés pour mettre l’électricité à contribution afin de lui permettre d’exécuter ce travail. A peu près toutes les habitations modernes, dans les centres un peu importants, sont éclairées à l’électricité; rien n’est donc plus facile que de brancher une machine domestique sur le circuit d’une lampe.
- 11 existe déjà quelques modèles de brosses électriques, électro-mécaniques plutôt. La plupart comportent une brosse circulaire montée sur un axe qu’entraîne un moteur. On reproche à ce genre d’appareils de nombreux inconvénients, entre autres celui de nécessiter un effort pour les maintenir dans un sens déterminé parce qu’ils tendent constamment à effectuer un mouvement giratoire pendant la rotation de la brosse en contact avec le parquet.
- La nouvelle brosseuse électrique imaginée par M. Bruyère supprime cet inconvénient. Elle est pourvue d une brosse centrale circulaire tournant autour de son axe et complétée à l’avant et à l’arrière par une brosse à mouvement rectiligne alternatif. La brosse rotative est appelée au nettoyage proprement dit du parquet,
- Fig. 1.
- La brosseuse électrique.
- Sur le plateau G est fixé un axe à rouleau I formant excentrique et commandant une chape à deux bras J, de telle sorte que, par l’intermédiaire de l’excentrique et de la chape, les deux bras obéissent à un mouvement d’avant en arrière ; les bras glissent entre deux guides et portent à leur extrémité un étrier L dans lequel 011 fixe une brosse par une vis de pression.
- Afin d’obtenir un brossage circulaire très régulier de la brosse centrale, on a disposé entre les plateaux mobiles G et H un troisième plateau fixe qui forme, avec les deux premiers, deux cages à billes PP' assurant la solidité de l’appareil. Ce dernier plateau Q est en même temps solidaire du bâti et sur ce bâti on a fixé un manche T qui sert à diriger la brosseuse sur le parquet. La brosseuse électrique Bruyère, à laquelle on a donné le nom de « La Seule », pèse 9 kg environ.
- Ses caractéristiques sont les suivantes : puissance normale du moteur sur l’arbre, un huitième de cheval ; puissance au démarrage, un cinquième de cheval ; vitesse 1 400 tours, tension 120 volts. Cette tension peut être quelconque et il est facile de construire des appareils à î5o volts, par exemple. Le moteur peut fonctionner également sur du courant continu et du courant alternatif. Les mouvements mécaniques sont protégés par un
- Fig. 3.
- Schéma de l’appareil.
- Fig. 2.
- Coupe transversale de la brosseuse.
- carter contre tous les chocs et les poussières ; enfin, une ouverture spéciale permet d’alimenter d’huile le canal circulaire de graissage. Les fils "parviennent au moteur par le manche de direction, qui est creux. La machine, qui peut approprier avec autant d’aisance les dallages, mosaïques, linoléum, etc., que les parquets, supprime un des plus pénibles travaux que l’on doive effectuer dans les ménages ; un enfant le dirige sans aucune fatigue. C’est donc un appareil de toute première nécessité qui deviendra rapidement indispensable.
- La brosseuse électrique « La Seule » se trouve chez M. Pierre Manchon, 48, rue Boulainvilliers, Paris.
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- VARIETES
- La disette d’arsenic et les insecticides arsenicaux, (mort aux rats). — L’anhydride arsénieux, As® O3, désigné dans le commerce sous les noms de mort aux rats, d’arsenic ou d’arsenic blanc, est très employé il divers usages, notamment comme insecticide, depuis quelques années, soit sous forme d’anhydride, soit, plus souvent, sous forme d’arsénite alcalin. La Grande-Bretagne en consomme annuellement plus de 1000 tonnes rien que pour le lavage des toisons de moutons. Dans l’Amérique tropicale, les arséniles entrent dans la composition de certains liquides dont on arrose, de temps à autre, les voies ferrées pour empêcher qu elles ne soient envahies par la végétation; dans l’Argentine, souvent ravagée par les sauterelles, on détruit les redoutables insectes par la pulvérisation, faite pendant la nuit, de liquides à base d’arsénites dans les arbres et bosquets où ils ont cherché refuge; les Etats-Unis font une consommation considérable d’arsenic employé à la destruction d’un coléoptère, le scarabée du Colorado, qui depuis plusieurs années est devenu envahissant et menace les cultures. En Algérie, on n’a pu protéger les vignobles contre l’altise qu en employant des insecticides arsenicaux.
- L’efficacité de ces produits contre certains parasites comme les différentes allises et les cochylides, si difficiles à détruire, est si gi'ande que leur usage s’est introduit peu à peu en France dans les vergers, et dans les potagers. Pourtant l’emploi des insecticides arsenicaux est interdit expressément chez nous par une ordonnance de 1846. Peut-être conviendrait-il, comme le demandait récemment M. Cazeneuve, professeur de chimie à la Faculté de Médecine de Lyon et député du Rhône, d'abroger cette ordonnance et de réglementer l’emploi de 1 arsenic en agriculture. Aux petites doses et employés judicieusement, les insecticides arsenicaux peuvent être très efficaces sans présenter aucun danger d’intoxication. L’arsenic existe d’ailleurs normalement dans nos tissus et le professeur A. Gautier en a trouvé dans un grand nombre d’aliments végétaux, notamment dans la pomme de terre. Son innocuité aux petites doses est prouvée par le fait que l’épandage des superphosphates dans les champs n’a jamais provoqué d’accidents; pourtant ces engrais sont fabriqués avec de l’acide sulfurique qui est presque toujours très arsénifère.
- Les sources abondantes d’arsenic étaut rares, son prix a plus que doublé ; ce qui a incité d’une part à mettre en valeur des mines demispickel de Cornouailles et du Pays de Galles (Grande-Bretagne) qui jusqu’ici étaient restées inexploitées, d’autre part à extraire l’arsenic de l’acide
- sulfurique commercial fabriqué avec des pyrites de fer qui presque toujours en contiennent quelque peu.
- Le mispickel, arsénio-sulfure de fer, AsFeS (mundic de Cornouailles), est facilement transformé en anhydride arsénieux par un grillage modéré. L’oxyde de fer, produit en même temps, reste, mais l’anhydride, volatil à la température du grillage, se dégage avec le gaz sulfureux et s’en sépare ultérieurement par suite de sa condensation à l’état solide dans des chambres d’où il est retiré de temps à autre. Il est ensuite raffiné par sublimation.
- Quant à l’arsenic extrait de l’acide sulfurique préparé par le procédé des chambres de plomb, il s’obtient comme suit : L’acide sulfurique arsénifère sortant de la tour de Glover est chauffé modérément avec du charbon de bois qui transforme tous les composés arséniques (au maximum) présents en composés arsénieux (au minimum), volatils en présence de l’acide chlorhydrique. Par barbotage du gaz chlorhydrique dans cet acide sulfurique, il se forme du chlorure d’arsenic, liquide huileux plus dense que l’acide sulfurique dont il se sépare assez facilement. Cet acide sulfurique en retient cependant une proportion notable qu’on enlève en y faisant barboter de-l’air et en conduisant les vapeurs ainsi produites dans des tours de condensation arrosées à grande eau; là, le chlorure d’arsenic se transforme en anhydride arsénieux, qui précipite et est recueilli, et en acide chlorhydrique qui reste en dissolution, est concentré et rentre en fabrication.
- La principale difficulté de ce procédé réside dans le maniement d’un corps aussi dangereux que le chlorure d’arsenic qui est non seulement toxique mais encore très volatil et peut par suite se répandre dans l’air très facilement.
- La fabrication de l’anhydride arsénieux telle qu elle est pratiquée en Cornouailles et au Pays de Galles est au contraire sans aucun danger, pourvu que des habitudes de propreté, le port du masque respiratoire et certaines précautions faciles soient observés. Il convient, en particulier, que les ouvriers ne se mettent jamais en transpiration, travaillent par conséquent lentement et dans une atmosphère fraîche et qu’ils ne pratiquent que des ablutions froides. La tiédeur et l’humidité, en dilatant les pores de la peau, favorisent en effet la pénétration du poison dans l’organisme. On n’observe guère qu’une maladie professionnelle, caractérisée par un picotement (pickling) de la peau, sans danger d’ailleurs, et qui ne se déclare que si l’ouvrier manque de propreté. E. L.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Conservation des champignons avec leurs couleurs. — M. Lutz indique, dans un récent bulletin de la Société mycologique de France, des procédés qui seront très appréciés par les collectionneurs. Il distingue deux cas : ie Champignons à couleurs insolubles ou peu solubles dans l’eau : triturer 1 gramme d’acétate mercu-rique pur avec 5 c. c. d’acide acétique cristallisable, puis ajouter 1 litre d’eau distillée. — 2® Champignons à couleurs très solubles dans Veau : faire une solution A en triturant 1 gramme d’acétate mercurique pur avec xo d’acétate neutre de plomb pur dans 10 c. c. d’acide acétique cristallisable, puis ajouter x litre d’alcool à 900 ; mélanger par parties égales la solution A avec la solution indiquée sous i°, ce qui donne le liquide conservateur B. Dans les deux cas, placer le champignon vingt-quatre heures dans le liquide approprié (ne pas s inquiéter du précipité blanc qui peut se former), puis décanter le liquide et le filtrer sur le champignon. — M. Lutz indique également le mélange suivant comme un excellent milieu conservateur : sulfate de zinc pur, 25 grammes; foiunol, 10 grammes ; eau distillée, 1 litre.
- Bleuir l’acier sans le passer au feu. — Étendre sur le métal préalablement bien nettoyé une solution de :
- Acool................... . 3o grammes
- Acide nitrique........... i5 —
- Eau......................12 5 —
- Laisser sécher et frotter fortement avec un chiffon de-laine. On obtient ainsi un noir solide et brillant.
- Pour dérouiller l’acier. — Faire une pâte ayant la composition suivante :
- Carbonate de chaux............ 110 grammes
- Cyanure de potassium .... 5o
- Savon blanc..................... 5o —
- et un peu d’eau. Eu frotter les parties rouillées. On peut encore immerger les pièces à nettoyer dans une solution à peu près saturée de chlorure d’étain qui ne doit pas contenir un grand excès d’acide. Laisser les pièces dans le bain de 12 à 24 heures, puis les rincer à l’eau, à l’ammoniaque ensuite et sécher rapidement. Enfin, les polir légèrement avec une goutte d’huile et un chiffon de laine. .
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- HYGIENE ET SANTE
- Le chlorure de calcium. — Le chlorure de calcium n’était guère connu, il y a quelques années, que des chimistes. Ou connaissait ce sel sous deux formes : cristallisé, le sel dit médicinal, formé de jolis cristaux 'contenant de l’eau de cristallisation et le chlorure fondu, desséché qui servait d’agent de dessiccation dans les laboratoires en raison de ses propriétés hygrométriques. Daus les livres anciens de pharmacopée, on reconnaît au chlorure une vertu purgative et on l’employait parfois comme antiscrofuleux.
- Depuis peu, le chlorure de calcium est élevé à la hauteur d’un agent thérapeutique de premier ordre. Ne confondez pas, je vous prie, chlorure de calcium et chlorure de chaux : le premier est un chlorate ou mieux un hydrochlorate ; le second est un hypochlorite. La différence est notoire en chimie, elle est capitale en pharmacologie.
- Le chlorure de calcium est un agent hémostatique de grande valeur;, dans les hémorragies viscérales, estomac, intestins, il est d’une efficacité réelle et peut lutter, comme énergie d’action, avec l’ergoline. Mais il y a mieux. Depuis que deux physiologistes anglais, Wright et Ross, ont montré que les albuminuries physiologiques disparaissaient sous l’influence du chlorure de calcium, divers médecins ont utilisé ces propriétés dans l’albuminurie pathologique, caractéristique des néphrites chroniques. On sait que le régime lacté rigoureux amène chez les brightiques une diminution rapide et surprenante de la dose d’albumine révélée dans les urines ; chez les malades que le régime lacté ne soulage pas, on a recours, comme je l’ai indiqué, au régime déclilo-ruré ; la diminution de l’ingestion de chlorure de sodium, daus la cuisine, à table, en un mot dans toute l’alimentation, amène un abaissement rapide du taux de l’albumine. Le chlorure de calcium est l’opposé du chlorure de sodium : il faut supprimer ce dernier pour soulager les albuminuriques, il faut, au contraire, donner le chlorure de calcium pour obtenir le même résultat. Iscovesco, Netter avaient signalé ces heureux effets; le D' Renon, médecin de la Pitié, vient de communiquer
- à la Société de thérapeutique les résultats qu’il a obtenus par cette médication : ils sont véritablement de nature à entraîner la conviction.
- Depuis six mois, M. Renon a employé le chlorure de calcium dans les albuminuries de toute cause ; dans la moitié des cas, il a obtenu une diminution notable de l’albumine et, dans un quart des cas, la disparition complète de celle-ci. Ce résultat a été acquis sans qu’on changeât rien au régime alimentaire, sans que les malades fussent arrêtés dans leurs occupations. A noter, pour être impartial, que, dans un quart des cas, l’effet a été absolument nul, et même que, dans quelques rares cas, la proportion d’albumine s’est trouvée augmentée.
- Un des cas les plus typiques mentionnés par M. Renon est celui d’une jeune femme qui, au cours de ses grossesses, a eu de l’albuminurie. La quantité avait augmenté peu à peu jusqu’à 2 grammes par litre ; aucune médication n’avait pu modifier cet état. Sous l’influence du chlorure de calcium, en vingt-huit jours, la dose était tombée à o et depuis quatre mois l’albumine n’a pas reparu.
- Comment expliquer cette action thérapeutique si énergique ? Iscovesco pense qu’il s’agit là d’une influence des sels de calcium sur l’augmentation de la résistance globulaire et sur la diminution du pouvoir hémolytique du sang de ces malades. Il y aurait une véritable action antitoxique du calcium calcique sur le sodium et Netter croit, dans cette hypothèse, que les effets favorables du traitement de déchloruration seraient peut-être simplement dus au rétablissement de l’équilibre entre ces deux sels. Aussi l’a-t-il conseillé non seulement contre l’albuminurie, mais dans certaines formes d’eczéma, de prurit et les résultats ont été excellents.
- Quoi qu’il en soit, comme l’action de ce sel est des plus énergiques, il convient de commencer le traitement par de faibles doses : ïo, i5 centigrammes par jour, en augmentant graduellement sans dépasser jamais la dose d’un demi-gramme. Le chlorure de calcium se prendra sans répugnance dans une potion à base de sirop d’écorces d’oranges amères. Dr A. G.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonni s. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Errata. — Le Stéréoclasseur. — Une erreur d impression s’est glissée dans notre n° 1812 au sujet du prix de cet appareil : il faut lire : Prix avec socle magasin contenant 6 paniers : g5 francs ; et non 75 francs. — M. A. S. Yermoloff nous signale qu’en son article sur les pétroles de la mer Noire (n° 1811, p. 148; 2e col., ligne 14) il faut lire Kertch au lieu de Maïlcop; autour de Maïlcop il y a une dizaine de sociétés au lieu de deux.
- Renseignements. — M. E. Maucherat, à Moscou. — L’adresse demandée a été effectivement donnée dans une précédente boîte aux lettres, c’est : Etablissements Rateau, 20, rue d’Anjou, Paris.
- M. H. Gervais, à Rouen. — Ouvrage sur la teinture du coton, de la laine, etc. : Manuel du teinturier, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris (3 vol. 10 fr. 5o) ; Teinture et apprêt des tissus de coton, par Lefèvre, Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris (ivol. 10 francs) ; et surtout: Apprêts des tissus de coton par J. Depierre, Béranger, 15, rue des Saints-Pères, Paris (1 vol. 4o francs).
- M. Ducoté, Fleurville. — La « Machine-Union est une règle à calcul perfectionnée et fort ingénieuse, mais non une machine à calculer automatique qui effectue d’elle-même les opérations qu’on lui donne à faire. Les machines de ce genre coûtent encore très cher.
- M. C. L. Varès, à X. — Grammaire celtique : Nous vous conseillons Les éléments de la grammaire celtique, par H. d’AitBOis de Jubainville, Paris, 1903. D’autre part, pour avoir les premiers éléments d’une bibliographie du sujet, consultez A. Meillet, Introduction à l’étude des langues indo-européennes. Paris. Hachette, 1908, 2e édit., p. 452.
- P. D. R. J., 20 Alençon. — L’ouvrage sur la déformation des noms pyrénéens a été publié dans le Bulletin de géographie historique et descriptive- n° 1, 1907
- (Publication du Ministère de l’Instruction publique). Celte publication n’est pas dans le commerce. Mais l auteur M. Belloc, io5, rue de Rennes, pourra sans doute vous procurer un tii*age à part de son travail.
- Marquis d U, à Vani-Keuï. —Pour les moteurs Diesel, veuillez vous adresser à M. Dyckhoff, ingénieur-constructeur, à Bar-le-Duc (Meuse).
- M. Doyen, Paris. — Nous ne connaissons pas la pile dont vous nous parlez. Il est fort douteux qu elle possède les merveilleuses propriétés que lui attribue la réclame; aucune revue spéciale ne l’a jusqu’ici mentionnée. D’autre part, la théorie des piles est si peu avancée, qu’on ne peut croire à un progrès instantané qui les mettrait subitement au même niveau que la machine à vapeur comme source de force motrice.
- M. Brenot, Paris. —- Pour l’adresse de M. Ackermann, veuillez vous adresser à la Revue de Chimie Industrielle, chez Bernard-Tignol, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. E. N. V., à Laferrière-Olan. — Nous transmettons votre lettre à Boas, Rodrigues et Cie, 67, boulevard de Charonne, Paris.
- M. J. Monteur, àVervins. — L’adresse de la « Mignon» a déjà été donnée : c’est Paris, 33, rue Vivienne.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- Los mœurs de l’Ave-FAve : G. G. — Le sort futur des terres habitées : Gu. Laeekmanh. — Le ballon dirigeable Kluytmans de Marçay: Lucien Fournier. — Les derniers Peaux-Rouges: V. Foiibin. — La flore des cavernes : Jacques Maheu. —Fabrication mécanique des allume-feu : D. Lehois. —Académie des sciences; séance du io février 1908 : Gu. de Vieleueuie. — Gainions automobiles au Maroc: XX...
- Supplément. — Redécouverte de la comète d’Encke.— Affranchissement des télégrammes en timbres-poste. — Action chimique de l’émanation du radium sur l’eau distillée. — Production aurifère de 1907, etc. — Les méfaits de la fumée et l’utilisation de la suie. — Le clilorélone, etc.
- Il Alimentation et les régimes chez l'homme sain ou malade, par Armand Gautier, professeur à la faculté de médecine, membre de l’Institut, 3“ édition, Paris, Masson et 0% 1908, 1 vol. in-8° YlIl-ySo pages. Prix : 12 francs.
- Le problème quotidien de l’alimentation, non seulement pour le malade, mais pour l’homme sain, est tellement important qu’il domine notre existence physique, intellectuelle, morale même. En eliet, une alimentation irrationnelle créant chaque jour un déficit dans l’organisme, ou y laissant des excès de graisse, de chair, d’eau, de sels minéraux, entraîne à bref délai, par des étapes dont la physiologie moderne a montré le mécanisme fatal, la dégénérescence des plasmas nutritifs, la déchéance des cellules et des organes, l’altération de la santé, la sénilité, l’établissement d’une constitution morbide qui aboutit à bref délai à la maladie. Il importe donc que l'homme sache se nourrir normalement, pour garder le plus longtemps possible jeunesse et vigueur, et, s’il vient à tomber malade, que le médecin lui applique le régime alimentaire, strictement approprié à son cas. Ce sont ces règles d un bon régime — pour l’homme sain et pour le malade —, qu’on trouvera exposées magistralement par l’éminent auteur, au cours des trois parties qui composent cet ouvrage. x° Principes généraux de l'alimentation normale chez l’homme sain. --- 20 Etude des substances alimentaires, du rôle du sucre et des sels, du végétarisme, etc. — 3° Régimes suivant les individus, les professions, les âges, les races, les climats, les sexes, chez l’homme en santé d’abord, puis chez les malades.
- Races chevalines, par P. Diitlotii. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1 vol. in-18, 467 p- Broché, 5 fr., relié, 6 fr. (Encyclopédie agricole, Zootechnie).
- Nous avons à peine besoin de signaler l’intérêt d’un livré sur les races chevalines, dû à la compétence bien connue de M. P. Diffloth. L’ouvrage commence par une soixantaine de pages consacrées à l’extérieur du cheval (régions du corps, robes et signalement, détermination de l’âge), puis on passe aux races, que l’auteur étudie dans l’ordre suivant : races pures (asiatique, africaine, irlandaise, britannique, belge, germanique, picarde, séquanaise) ; populations chevalines métissées (anglo-arabe, anglo-normande, demi-sang du Midi, du Centre, de la Vendée, et des tCha-rentes, de Bretagne, du Nivernais, du Charolais, anglaise, américaine). Après quoi, un chapitre sur les haras français et étrangers, puis de bons renseignements sur les races asines (Afrique et Europe), les mulets et bardots. Excellente illustration photographique.
- Le canal de Suez, par Voisin-Bey, inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, ancien directeur général des travaux de construction du canal, 7 vol. in-8° et un atlas de 40 planches in-folio. H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris. Prix, 90 fr.
- La grande œuvre du canal de Suez —œuvre toute française, on le sait, par son illustre fondateur, Ferdinand de Lesseps, par ses actionnaires, par son personnel d’ingénieurs, d’entrepreneurs, d’employés et
- d’ouvriers d’art — n avait pas encore son historien. L’ancien directeur général des travaux du canal, M. Voisin-Bey, inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, s’est mis à l’œuvre pour combler cette lacune. Son travail, commencé en 1902, vient d’être terminé. L’ouvrage de M. Voisin-Bey comporte 7 volumes in-8° et un album de 4o pages. Il comprend les deux grandes divisions suivantes :
- I. Historique administratif et actes constitutifs de la Compagnie. — Cet historique, en trois volumes, s’étend depuis l’année 1854, date du premier acte de concession, jusqu’à l’année 1902. 11 constitue un véritable répertoire de toutes les conventions intervenues, pendant celle période, entre la Compagnie et le gouvernement égyptien et divers, ainsi que de toutes les questions concernant la constitution et 1 administration de la Compagnie.
- II. Description des travaux de premier établissement. — Cette partie de l’ouvrage en quatre volumes, s’étend jusqu’à l’année 1869, année de 1 ouverture du canal à la grande navigation. Elle se subdivise comme suit : Avant-projet; dispositions définitivement adoptées en exécution; description détaillée des travaux exécutés par les diverses entreprises ; historique général de la marche des travaux et des modes d'exécution; renseignements sur le matériel employé aux travaux; compte général des dépenses de premier établissement. L ouvrage de M. Voisin-Bey est un exposé complet de tout ce qui concerne l’œuvre du canal de Suez. Utile, pour les temps présents à tous ceux qui s’intéressent au canal, il assure, pour les temps futurs, le souvenir des luttes que le président fondateur a eu à soutenir pour pouvoir amener à bonne fin son œuvre d’utilité universelle, en même temps que le souvenir des difficultés de tout ordre qu’il a fallu surmonter pour l’exécution en plein désert d’un canal comportant un déblai de 74 millions de mètres cubes.
- La question d’Extrême-Orient, par Ld. Driault. Paris. Alcan, 1908, 1 vol. in-8°, 3gi p.; Prix : 7 francs (Bibliothèque d’histoire contemporaine)
- Les problèmes réunis dans l’esprit occidental sous la rubrique commune question d'Extrême-Orient sont nombreux et complexes, quoique d ailleurs leur unité soit indéniable. M. Driault les examine avec autorité et clarté. Par ses premiers chapitres, consacrés au passé des grandes civilisations jaunes, il pose la question, ou les questions, en termes véritablement historiques. Puis il étudie les rapports du monde oriental avec le monde occidental, et se demande à quel état de régime peuvent aboutir les rapports entre jaunes et blancs. Sa conclusion, tout optimiste, affirme une harmonie possible entre les deux civilisations, et un élargissement décisif du domaine historique. Quoi qu’il en soit d ailleurs de cette vue lointaine, et du démenti que les faits immédiats pourront peut-être lui infliger, on remarquera ce livre débordant de faits et de notions rigoureuses.
- La lutte contre les Microbes, par le Dr Étienne Burnet. 1 vol. in-18 jésus, librairie Armand Colin, rue de Mézières, 5, Paris, broché. Prix 3 fr. 5o.
- Qu’est-ce qu’un vaccin? Qu'est-ce qu’un sérum? Qu’est-ce que le cancer, la maladie du sommeil, l’entérite ? etc. Répondre à ces questions et montrer ce que font aujourd’hui les savants dans leur laboratoire pour lutter contre les maladies microbiennes, tel est le but de ce livre de vulgarisation à la fois simple, exact, clair et précis, que le plus profane lira avec un très vif intérêt.
- Bureau of fisheries des États-Unis ; dernières publications :
- A cestode parasite in the flesh of the butterfish. Hawaiian cirripedia front the Pacific coast of North 4merica. — Statistics of the fisheries of the New En-gland states for igoS. — Dredging and hydrographie
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- BIBLIOGRAPHIE
- records ofthe U. S. fisheries steamer Albatross for 1906. — Unitilised fishes and their relation to the fishing industrie. — Notes on fishes of Hawaii, new species, — The physiology ofthe digestive tract ofElas mobrunchs. Toutes ces brochures sont éditées à Washington. Government Printing office, 1907.
- La Gaule thermale ; sources et stations thermales et minérales de la Gaule à l époque gallo-romaine, par L. Bonnard et Dr Percepied. Paris. Plon Nourrit et Cie. 1908. 1 vol in-8°, 52i p. Prix: xo francs.
- L’érudit auteur des Notions élémentaires d'archéologie monumentale donne dans son nouveau travail identification de certaines stations anciennes avec les localités que recommande la thérapeutique moderne,
- l’élucidation des problèmes de géographie historique qui s’y l'attachent, des recherches curieuses sur le caractère religieux des sources et le culte dont on les entourait, une étude documentée des vestiges de constructions et du mobilier balnéaire romain découverts autour des établissements actuels. Soixante-quatorze plans et gravures illustrent cet inventaire. La partie technique réservée à un hydrologue réputé, le Dr Percepied, médecin au Mont-Dore, décrit avec précision tout ce qui a trait à l’hydrothérapie chez les Romains et aux ex-voto de caractèi'e médical.
- L’Abeille, par Alix Caillas, in-18, 56 p. et 18 grav. Paris. Amant, édit. Prix: 1 l’r. 5o.
- Bou petit résumé d’apiculture.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3ora,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 lév. 1908. . 5°,0 S. S. E. 1. Drouillard. 2,8 1*1. ou gouttes le m.; tr. somb.; brouill.; oouv. jusij. 20 h.; beau eus.
- Mardi 11 2° 9 E. N. E. 2. Dca u. » Brouillard à 6-7 h.; gelée blanche; givre ; beau.
- Mercredi 12 — 3°.2 N. W. 0. Beau. » Gelée blanche; givre ; brunie; beau.
- Jeudi 13 — 2°, 9 ('.aime. Beau. » Gelée blanche; givre; halo lunaire; brouill. dans la soirée; beau.
- Vendredi li 2°,7 S. W. 2. Couvert. 0,0 Gelée blanche; bruine de 0 à 9 b.; halo ; couvert.
- Samedi 15 2°,9 S. W. 2. Couvert. L5 Gelée blanche; pluie dans la soirée; couvert.
- Dimanche 16 2°.1 W. S. W. 2. Beau. 0.0 Gel. bl ; nuag. de 11 à 17 h ; beau av. et ap.; pluv. de 1 i b. 10 à 15 h.
- FEVRIER 1908. — SEMAINE DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 FÉVRIER 1908.
- ILa courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 10 au 16. — Le 10. Hausse barométrique sur le N. de l’Europe; pressions élevées dans l’O. (Bretagne, 776); dépressions sur la Russie et les côtes d’Islande. Neiges sur le N.-E. de l’Europe. Température du matin : Uleaborg, —23°; Paris, 5; Palerme, 10; Puy de Dôme, - 4; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 3°,8 (normale : 3°,o). — Le n. Fortes pressions sur l’Europe centrale, Prague, 779; dépression sur la Norvège, Bodoe, 74‘i. Neiges sur le N. et l’E. de l’Europe; en France (pluies) Paris, Calais, Charleville, 1. Temp. du matin : Arkangel, —29; Paris, —3; Alger, io; Puy de Dôme, —7 ; Pic du Midi, o; moyenne à Paris :
- — o°,i (normale : 3°, 1 ). — Le 12. Baisse en Irlande et sur l’O. de la France ; dépression sur le N.-E. du continent (Kuopio, 740); Gap, 779. Pluies et neiges sur le N. et l’E. de l’Europe. Temp. du matin : llaparanda,
- — 190; Paris, —3; Alger, 12; Puy de Dôme, —4; moyenne à Paris : 20 (normale : 3°,2).''— Le i3- Baisse lente sur l’O. et le S. de l’Europe, pression supérieure à 770 sur le Centre et la Méditerranée; dépression sur toute la Russie. Pluies et neiges sur le N. et l’E. de
- l’Europe. Temp. du matin : Uleaborg, —20; Paris, — 3; Alger, 11 ; Puy de Dôme, 7; Pic du Midi, —5; moyenne à Paris : 2°,7 (normale : 3°,2). — Le i4- Dépression au N.-O. : Islande, 748. Lyon, Breslau, 773. Quelques pluies sur l’O. de 1 Europe; en France : Biarritz, 8 mm; Port-Vendrcs, 6; Bordeaux, 4; Brest, Limoges, 1. Temp. du matin : Haparanda, —18; Paris, 3; Alger, 12; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 5°,5 (normale : 3°,3). — Le i5. Basses pressions sur la Scandinavie et le N. des Iles Britanniques, îles Feroë, 747. Hautes pressions sur l’E. et le S.-O., Biarritz, 779. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe. Temp. du matin : Moscou, —16; Paris, 3; Alger, 12; Puy de Dôme, — 1 ; moyenne à Paris : 6° (normale : 3°,3). — Le 16. Minimum sur la Baltique, 744! Biarritz, 776; Madrid, 778. Pluies sur le N. et 10. de FEurope; en France : Besançon, Brest, Dunkerque, 6; Paris, 2. Temp. du matin : Arkangel, —24; Paris, 2; Alger, i3; Puy de Dôme, — 1 ; Pic du Midi, — 6 ; moyenne à Paris : 4°,6 (normale : 3°,4); — Phases de la Lune : Néant.
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- LA NATURES-—$
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à ^Ülmistrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : /s», Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- N° 1814 — 29 FÉVRIER 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- La comète 1907 a et la comète d’Encke. — Nous avons annoncé, dans le n° 1809, du ao janvier 1908, la découverte de la sixième comète de l’année 1907 faite par M. Max Wolf, directeur de l’observatoire d’Heidelberg, sur une photographie prise par lui à cet établissement. Il a été reconnu depuis que cette comète n’était autre que la comète 1907 a, ainsi retrouvée sur un cliché de la région où elle planait. Il en résulte donc que la comète d’Encke, dont nous annoncions la redécouverte il y a quelques jours (n° 1812, i5 février 1908) est la 32e du xx° siècle. M. M. lvaminsky et M110 E. Ivorolikov viennent de publier daus les Astronomische Nachrichten (n° 4222), les éléments pour 1908 de l orbite de cette comète périodique dont la révolution est la plus courte (3 ans, 299) de toutes les comètes périodiques connues. Le passage au périhélie aura lieu le 3o avril prochain. Cette comète, quoique faible, pourra être recherchée avec des instruments assez puissants, aux positions suivantes, pour miuuit, heui’e de Berlin.
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- Février 24 . . O h. II m. 9 s. -F 80 28’,3
- Mars 1 . . O h. 22 m. 53 s. + 9°39',6
- 5 . . O h. 3i m. 14 s. + io° 3o',o
- — 9 . . O h. 40 m. 6 s. + 11° 22',6
- — i3 . . O h. 49 m. 27 s. -f- i2° 17',3
- — »7 • • O h. 5g m. 29 s. + i3° i4',5
- — 21 . . 1 h. 10 m. 10 s. + 140 i3',4
- — 25 . . I h. 21 m. 4° s. -j- 15° i3',9
- — 29 . . I h. 34 m. 2 s. -j- 160 i5',7
- Le volume du kilogramme d’eau. — Notre savant collaborateur, M. Ch.-Ed. Guillaume, s’est livré à des expériences extrêmement précises pour mesurer le volume du kilogramme d’eau.'On sait que l’étalon de masse déposé au Bureau International des Poids et Mesures a été construit de façon à avoir un volume aussi proche que possible de 1 décimètre cube. II y a néanmoins une légère différence que M. Guillaume a déterminée : le volume de 1 kg d’eau distillée, à 4°et sous une pression de 760 mm. est de idins,000029.
- Un nouveau parleur. — On sait que l’appareil récepteur Morse est de plus en plus remplacé par un appareil spécial, appelé parleur, qui permet à l’employé de lire au son les télégrammes. Ce système se développe de plus en plus en France, car, dès. l’origine, il a donné d’excellents résultats. Le parleur est placé dans une caisse sonore, devant laquelle se tient l’employé qui recueille ainsi les combinaisons de points et de traits au passage. Mais, les postes étant placés assez, près les uns des autres, leurs signaux sont entendus des voisins : de là une gêne dans le travail de la réception. On vient d’essayer au bureau central télégraphique de Copenhague un nouveau parleur qui supprimerait cet inconvénient. Il est constitué par un relais logé dans une capsule cylindrique prolongée par un tube terminé en trompe.
- L’ensemble est mobile sur un support et peut être déplacé pour permettre à l’employé de mettre son oreille à l’écouteur et d’être seul à entendre les signaux qui sont transmis. Un grand nombre de parleurs peuvent ainsi être rassemblés dans une même salle sans qu’il soit nécessaire de recourir à des dispositifs spéciaux pour limiter la propagation du son émanant de chaque appareil. M. O. Henrichsen, qui est l’auteur du nouveau parleur, a eu ensuite l’idée de mettre des machines à écrire entre les mains des télégraphistes qui impriment ainsi leurs dépêches au lieu de les transcrire à la main sur des formules ad hoc. Il y a là une « modernisation » très intéressante de la télégraphie ; mais elle ne peut, être accomplie qu’à la suite d’un complément d’instruction professionnelle des télégraphistes qui doivent être de bons dactylographes. En présence du résultat que l’on pourrait obtenir, il y aurait lieu, à notre avis, de tenter une expérience de ce genre en France.
- Pour la conquête de l’air. — Notre excellent confrère La Vie Automobile vient de prendre, sur les conseils de M. Archdeacon, une intéressante initiative. Tous les aviateurs sont d’accord que, pour voler correctement il faut que les plans de la machine volante conservent, par rapport au plan horizontal, un angle d’attaque à peu près constant ; l’angle optimum étant reconnu d’environ 6 à 8 degrés. Si l’on fait prendre à l’appareil un angle d attaque trop faible, l’appareil tombe; si l’angle est exagéré, il se produit une sorte de cabrage, cause d’une grande résistance et l’appareil tombe encore par insuffisance de vitesse de translation. Il importe donc de conserver un angle d’attaque à peu près constant. Pour cela, la création d’un appareil indiquant l’horizontale perpétuellement et d’une manière très visible est indispensable, il faut, de plus, que les trépidations et toutes les irrégularités de marche de l’aéroplane ne l’affectent aucunement. Notre confrère propose aux inventeurs la solution de ce problème.
- Le désastre de Mononga aux États-Unis. — Le
- coup de grisou, qui, le 6 décembre dernier, a fait près de 5oo victimes aux mines de Monondagh, dans la Virginie de l’Ouest (voir n° i8o3), est tristement comparable à celui de Courrières ; et, s’il a fait moins de victimes, cela tient uniquement à ce que le nombre des ouvriers dans la mine était moins grand (notamment par suite de l’emploi, possible en Amérique, deshaveuses mécaniques). Les conditions dans lesquelles il s’est produit, conditions maintenant connues grâce à la mission envoyée par le Comité des Houillères de France, sont tout à fait curieuses. Il faut remarquer d’abord que le grisou existe de plus en plus, sans qu’on y fasse attention, dans beaucoup de ces mines américaines où l’on s’est habitué à compter sur une illusoire sécurité. Ce jour-là, une rupture de câble sur un plan iucliné précipita dans le fond tout un convoi de bennes qui alla s’écraser au fond, en soulevant, comme on peut le penser, un épais nuage
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- INFORMATIONS
- de poussières. Ces poussières ayant été enllammées, soit par une étincelle électrique, soit par une lampe, moins de 3o secondes après une formidable explosion se produisit qui ne parcourut pas moins de i5o kilomètres de galeries, tuant tous les ouvriers présents sur son passage. La plupart furent brûlés sur leur chantier môme; ceux qui purent échapper au premier jet de flamme furent asphyxiés par les gaz résultant de la combustion sans qu’aucun d’eux eût réussi à parcourir plus de 3o mètres. C’est donc un exemple de plus à l’appui de cette grosse question traitée précédemment ici (1778, 22 juin 1907) : l’inflammation des poussières de mines et ses dangers.
- La production minérale en 1906. — En 1906, il a été produit, dans le monde, 973 millions de tonnes de combustibles minéraux se répartissant de la manière suivante entre les principaux pays : Etats-Unis, 375 ; Grande-Bretagne, 255; Allemagne, 193 ; Autriche-Hongrie, 43 dont 29 de lignite; France, 34; Belgique, 22; Russie, 16 ; Japon, 11. La production dupétrole, montant à 31,3 millions de tonnes, se décompose en : Etats-Unis, 17; Russie, 11 ; Indes orientales néerlandaises, 1; Autriche, 0,8; Roumanie, 0,6. On a produit 58,4 millions de tonnes de fonte, 3,6 de fer et 46,7 d’acier provenant : Etats-Unis, 25,4 de fonte et 23,4 d’acier; Allemagne, 10,8 de fonte, 0,07 de fer et 11 d’acier; Grande-Bretagne, 10,3 de fonte, 1 de fer et 6,5 d’acier-, France, 3,3 de fonte, 0,7 de fer et 1,7 d’acier; Russie, 2,6 de fonte, o,3 de fer et 2,2 d’acier; Belgique, 1,3 de fonte, 0,4 de fer et 0,7 d’acier. L’or extrait est monté à 2068 millions, dont 676 pour le Transvaal, 498 pour les Etats-Unis, 42° pour l’Australasie, io3 pour la Russie et 96 pour le Mexique. L'argent s’élève à 5855 tonnes, dont 258i aux Etats-Unis, 1726 au Mexique, 277 au Canada, 246 en Australie, 2û5 en Bolivie et 191 au Pérou. Le total du cuivre est de 736000 tonnes, venant : 4*6000 des Etats-Unis, 70000 du Mexique, 33 000 d’Australie, 33 000 du Japon, 3oooo (?) d’Espagne, 29000 du Chili, 25 000 du Canada. Pour le plomb, on a eu 996000 tonnes, soit : Etats-Unis, 3i3ooo; Espagne, 186000; Allemagne, xSiooo; Australie, 107000; Mexique, 80000. Pour le zinc, 65g 000 venant : 206 000 des usines allemandes, 2o5 000 des Etats-Unis, 143 000 des usines belges, 46000 des usines françaises. L’étam est monté à io3ooo tonnes, dont 64600 des Détroits, 18000 du Cornwall, i3 600 de Bolivie et 3ooo d’Australie. Le nickel s’est élevé à 18 000 tonnes, dont 9760 au Canada, 65oo aux Etats-Unis et 1760 en France (la Nouvelle-Calédonie a produit 119000 tonnes de minerais). Le mercure monte à 3200 tonnes, dont 962 aux Etats-Unis, 853 à Almaden (Espagne), 526 à Idria (Autriche), 4*6 au Siele (Italie) et 416 en Russie (Nikitofka). Pour Y aluminium, les grands producteurs sont : Etats-Unis, 65oo tonnes et France, 34oo. Pour Y antimoine : France, 34oo et Etats-Unis, 2Ô5o. Pour le platine : Russie, 6*38 kg.
- Navigation sur le Rhin.— Le Rhin est devenu l’une des voies navigables les plus fréquentées du monde. Le mouvement y est passé de 3372 000 tonnes en 1879, à 24 629000 tonnes en 1894 et 68467000 tonnes en 1905. Le fleuve livre passage à une flotte de 10 000 bateaux. Nous avons déjà signalé les importants projets à l’étude pour le rendre navigable jusqu’au lac de Constance et le relier, par un système de canaux, à la Suisse centrale, au lac de Genève et même à l’Italie.
- La vitesse des navires. — Peut-on augmenter sans limite la vitesse des navires ? Les chiffres suivants indiqueront clairement les raisons qui obligent les constructeurs à se limiter dans cette voie. Pour réaliser une vitesse de 12 noeuds avec un navire déplaçant 16 000 tonnes, il faut une machine d’une puissance de 45oo chevaux environ; pour une vitesse de i5 nœuds, 8700 chevaux; pour 20 nœuds, 20000 chevaux; pour 22 nœuds, •i5000. On voit les puissances considérables qui sont nécessaires aux grandes vitesses; on voit aussi que l’accroissement de la puissance n’est pas proportionnel à l’accroissement de vitesse, mais est beaucoup plus rapide. Or, une machine à grande puissance tient une place considérable et entraîne un surcroît considérable dans le poids et les dimensions de la coque. En outre, elle fait une consommation énorme de charbon ; pour les trajets un peu longs; les ravitaillements sontnécessaires. D’où une perte de temps qui peut compenser le gain dû à la rapidité du navire.
- L’état sanitaire de la marine allemande.— D’après des renseignements donnés dans la Revue maritime, l’état sanitaire de la marine allemande est excellent. En 1964-1905 (dernière période dont les statistiques aient été publiées), sur un personnel total de 4° 432 hommes, il y a eu : 1x2 morts (maladie, 66; accidents, 34; suicides, 12) ; 18 698 malades (soit 3o,4 sur 1000 par joui') ; i83g hommes renvoyés pour x'aison de santé.
- La réduction du Vésuve. — M. Matteucci, directeur de l’obsei'vatoire du Vésuve, a fait connaître à la Société géologique italienne que le cône du Vésuve s’est abaissé de 107 mètres (côté Ouest) et de 120 mètres (côté Est) ; le diamètre du cratère est de 640-720 mètres. La dernière éruption a émis 7 coulées de laves, recouvrant 3 millions 1/2 de mètres cari'és et cubant 10 millions 1/2 de mètres cubes. Le panache de fumée s’est élevé 4 ïo-i3 kilomètres.
- Les médecins en Allemagne- — D’api-ès l’Annuaire médical allemand de cette année, le nombre total des médecins en Allemagne s’élève à 3i416;la Prusse en compte à elle seule près de 19000 Dans les grandes villes la proportion des médecins est de 2 à 3 pour 1000 habitants ; à Berlin la proportion est de un et quart pour 1000. Le nombre de spécialistes de tout geni'e est environ le cinquième du chiffre total.
- Les médecins du monde. — D’autre part, d’après le Record medical, il y aurait actuellement sur le monde entier 228234 médecins (diplômés), et pour la seule Europe 162 334 répartis comme suit : Angleterre, 34 967 ; Allemagne, 22 5i8; Russie, 21489; France, 20348; Italie, i8 345.
- Papillons de luxe. — Les débuts mondains d’une jeune millionnaire américaine ont été marqués par plusieurs innovations qui relèvent directement... des sciences naturelles. Dans son splendide hôtel de Philadelphie, M. Philip S. Randolph avait convié toute la haute société de la ville pour lui présenter sa fille, Miss Mary. Les vastes salles de la princière demeure avaient été transformées en autant de « coins de forêt-vierge », avec de vrais arbres des tropiques surchargés de véritables lianes. Ce fut une vive surprise pour les 1200 invités quand ils virent soudain voltiger dans les airs des nuées de papillons aux vives couleurs, que des boîtes, dissimulées dans le feuillage, avaient retenus captifs jusqu’au moment précis. Le milliardaire les avait fait venir des Antilles « par navire spécial ». D’autres cages libérèrent plus tard des centaines d’oiseaux du Mexique et d’Amérique Centrale, dont les brillants plumages resplendissaient sous les feux des lampes électriques. Affamés par une journée de jeûne, les oiseaux ne tardèrent pas à pourchasser les papillons dans les verdures de la « forêt vierge ». Pour varier leurs plaisirs, les invités pouvaient pêcher au filet ou à la ligne des cyprins aux formes rares, importés du Japon et de Chine. Si ces détails sont vrais, il n’est pas surprenant que les débuts mondains de Miss Mary Randolph aient coûté à son père 190000 dollars, soit près d’un million de francs.
- L’exportation des œufs en Russie. -— Elle a atteint en 1906 pour l’empire entier le chiffre énorme de 1 9x3 000 quintaux, soit 3 800 millions d’œufs! A lui seul le port de Riga a expédié 4° pour 100 de ce total (768 5oo quintaux), soit une valeur de 60 millions de francs, le reste s’écoulant surtout par Saint-Pétersbourg ( iï pour 100) et par les frontières de terre (Yierjbolovo, Alexan-drovo, Mlava, Volotehisk, 38 pour 100). Ajoutons, d’après la Revue laitière, que si la grosse majorité des œufs écoulés par Riga se vend en Angleterre (504 000 quintaux) et en Allemagne (221000), une partie arrive jusqu’en France (160» quintaux en 1906).
- Le gibier aux Halles. — La Revue avicole donnait récemment la statistique du gibier reçu aux Halles de Paris pendant la saison 1907-1908. C’est véritablement fantastique : £>j3ooo alouettes; 23000 bécasses et bécassines ; 210 000 cailles ; 21 000 canards sauvages ; 1100 coqs de bruyère; i3o 000 faisans ; 35oo gélinottes; 85 000 grives et merles; 400000 gai'ennes français et australiens; 3oo sangliers; 9000 gibiers d’eau; 58000 menues pièces.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *> Métallurgie a
- Un nouvel appareil pour lessiver les minerais d’or. — On sait que les sables aurifères, maintenus par une agitation active en contact intime avec des quantités toujours renouvelées de lessive au cyanure d’or, se débarrassent de leur or bien plus facilement que par le traitement à l’état de repos dans un cuvier où le liquide les pénètre du haut en bas. Toutefois, l’on ne possédait pas jusqu’ici d’agitateur assurant le brassage permanent de quantités considérables de minerais et leur contact avec les particules de cyanure, avec une consommation d’énergie relativement faible. Les minerais renfeiunant de l’argile ou d’autres impuretés ferreuses sont particulièrement réfractaires à une agitation permanente, ces minerais adhérant les uns aux autres et rendait le filtre de sable imperméable à la lessive.
- Une Compagnie minière du Chili se heurtait récemment à des difficultés de ce genre en traitant des minerais relativement riches (20 à 3o grammes d’or par tonne), mais renfermant environ 3o pour xoo d’impuretés argileuses. Après de nombreux tâtonnements infructueux, cette Compagnie chargea M. Reinhold Frey-gang, à Hambourg, de lui construire un appareil permettant le traitement efficace des minerais. Cet appa-
- Fig. 1. — Vue cle l’appareil.
- reil, breveté par la suite, paraît digne d’un intérêt général en raison des services qu’il semble être appelé à rendre dans les cas les plus variés.
- Comme le fait voir la figure 2, cet appareil comporte un tube incliné renfermant à sa partie supérieure B une vis sans fin mise en rotation par un engrenage b disposé au bout inférieur. L’air et le minerai pulvérulent sont introduits par la trémie attachée à l’extrémité supérieure du tube vertical A. Suivant la loi des vases communicants, l’eau dans le tube vertical A se trouve au même niveau que dans le tube incliné, à la sortie a' de ce dernier d’où l’eau est amenée vers les cuves où le dépôt se fera. Comme la sortie a' se trouve un peu en dessous de l’extrémité supérieure, le niveau d’eau reste également en dessous de cette dernière. Après être tombé à travers l’eau renfermée par le tube vertical A, le minerai pulvérulent est saisi par la vis sans fin qui, tout en l’agitant, le pousse vers le haut. En raison du mouvement de l’eau, le minerai lui abandonne toute l’argile qu’il contient ; l’eau renfermant l’argile en suspension quittera le tube par la sortie a’. Les particules plus pesantes du sable lavé sont poussées vers le haut par la vis tournante et, à l’état humide, tombent à l’extrémité supérieure c du tube incliné dans le cuvier où le lessivage ordinaire aura lieu. Comme l’eau employée dans cette opération, est aspirée en arrière, retourne dans l’appareil agitateur, elle n’est pas perdue.
- Les boues argileuses précipitées dans les cuves où se font les dépôts et qui évidemment renferment toujours des quantités considérables d’or métallique, pourront être traitées par la lessive au cyanure d’or dans
- une batterie spéciale de vis agitatrices disposées en série. La combinaison en série de plusieurs appareils de ce genre (le sable purifié dans le premier étant déchargé dans la trémie d’un autre appareil, etc.) permet, en effet, de lessiver les minerais d’une façon très efficace, pourvu que la seconde trémie soit alimentée de lessive au cyanure d’or et non pas d’eau. La lessive sortant du second appareil A pénétrera dans la trémie du troisième appareil où sera entraînée au loin pour être débar-
- l'ig. 2. —j\ tube d’amenée du minerai ; A, tube vertical; e, trémie; a, tube incliné; b, engrenage de la vis sans fin; e, vis sans fin; a', g, orifice d’écoulement de l’eau; B, orifice d’échappement des boues aurifères.
- rassée de son or, le troisième appareil étant alimenté de quantités ultérieures de lessive. Le même procédé peut être continué jusqu’à ce que le sable ait été débarrassé de tout l’or qu’il contient. L’or renfermé par l’argile sortant par A du premier appareil sera séparé d’une façon analogue.
- Le procédé décrit ci-dessus semble susceptible d’un, grand nombre de modifications suivant les exigences du cas. La consommation d’énergie est extrêmement basse, un nioteur de 1-1 1/2 HP étant suffisant pour actionner un appareil de 20 tonnes par jour ; l’agitation assurée par la vis sans fin est aussi parfaite et rapide que possible.
- Cet appareil paraît se prêter à de nombreuses applications dans les industries chimiques, il semble pouvoir s’employer avantageusement dans les cas où il s’agit de séparer une substance fondamentale d’impuretés argileuses ou autres, en lessivant par exemple la craie ou le kaolin, en préparant les terres colorantes ou en séparant de leurs minerais les composés terreux (oxyde de chrome, etc.). Dr Gradenwitz.
- i&> Jouets
- Billard « Frisco » se jouant assis. — Il fallait évidemment toute l’ingéniosité et tout le sybaritisme d’un inventeur pour observer qu’un des ennuis du jeu de billard classique est l’obligation de rester debout durant un temps assez prolongé, et il y a là matière, en effet, à comparaisons désavantageuses entre ce jeu attrayant et
- billard « Frisco ».
- les plus modestes, mais plus confortables, parties de domino, de eai'tes, de loto, etc., qui peuvent se jouer dans un bon fauteuil. Ces considérations philosophiques devaient conduire à laci'éation de «billards assis», tels que le « Frisco » inventé par M. Maillard. Le « Frisco » est — à la dimension près qui est plus restreinte — un
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- SCIENCE APPLIQUEE
- billard tout à fait ordinaire, table d’ardoise recouverte du drap traditionnel, bandes à bon rendement, etc., (ajoutons que l’appareil est démontable, ce qui, par ces temps d’autos et de villégiatures, est fort appréciable) ; les billes sont également les mêmes. Toute la différence est dans l’instrument qui sert à les pousser. Ce friscotin — notre ligure permet, dé s’en faire une idée — est un petit bibelot d’ivoire flexible, fort ingénieusement combiné pour permettre tous les coups ordinaires et extraordinaires du billard : avec la rainure large qui se trouve sur une des deux faces de sou extrémité effilée, on réalise les effets naturels, coulés, coups durs, combinaisons par bandes. Avec le procédé qui se trouve encastré sur l’autre face de cette même extrémité étroite on effectue au contraire les effets de côté, les rétros, et les effets combinés. Enfin, avec le petit procédé qui se trouve à l’extrémité élargie que l’on tient d’ordinaire dans la main, on exécute les massés. Nous n’avons pas besoin de dire que le « Frisco » demande un certain entraînement, avant qu’on ait acquis la dextérité et la sûreté de main nécessaires. Mais, une fois que ces premières difficultés sont surmontées, ce qui est assez rapide, c’est un jeu fort amusant. Peut-être ne détrônera-t-il pas le billard traditionnel — après tout, il n’est pas sans agrément de se promener en jouant, mais il en constitue une variante assez imprévue, ingénieuse, et très plaisante. — Le « Frisco » se trouve à Paris, chez M. L. Maillard, 79, rue des Gravilliers.
- *> Chauffage <
- Pour régulariser le tirage dans les cheminées. —
- Tous les nombreux chapeaux de cheminée, dragons, lions, chevaliers et autres qui émergent des toits de nos maisons de grande ville, et qui ont été posés là-haut pour améliorer le tirage des poêles et foyers ne remplissent fort souvent leur rôle que bien imparfaitement et chaque jour voit naître un moyen de faire suivre aux gaz de combustion le chemin que nous leur destinons. Un poêlier-fumiste d’Augsbourg, M Mebert. a inventé un appareil qui se distingue de ce que nous voyons couramment, par le fait qu’au lieu d’être posé sur le faîte de la cheminée, il est scellé dans la paroi même de cette dernière.
- Il s’agit, ainsi que nous le fait voir notre fîg. 1, d’un
- manchon au bas duquel est fixé une boîte portant sur le devant une plaque formant un angle d environ 6o° avec la paroi de la cheminée. Le manchon est destiné à recevoir le bout du tuyau du poêle ou à se trouver de toute autre façon en communication avec la cheminée de chauffage, et c’est par lui que la fumée débouche dans la grande cheminée collective. Jusqu’ici, lorsque des appareils de chauffage débouchaient l’un au-dessous de l’autre, la fumée venant de l’étage inférieur et rencontrant celle de l’étage supérieure formait avec celle-ci, devant son orifice de sortie, une masse qui rendait le tirage fort difficile, si elle ne l’interrompait pas tout à fait; d’autre part les courants d’air froid venant du haut tendaient à entraîner une partie de la fumée du haut vers les étages inférieurs. La plaque que nous voyons dans notre fig. 1, doit éviter ces inconvénients en empêchant surtout les
- fumées de se masser et en les obligeant de monter parallèlement sans se mélanger.
- La plaque ne dérange en rien le ramonnage de la cheminée, car elle oscille autour d’une chevillette horizontale et s’applique contre la paroi dans la descente du balai, pour être ramenée dans sa position normale lors que celui-ci est retiré, grâce à la queue de poisson en tôle lourde qui la termine au-dessous de la chevillette, celle-ci forme contrepoids et oscille à l’intérieur de la boîte. Le fond de la boîte est incliné afin d’empêcher les suies et les cendres folles de s’y amasser.
- *»> Dessin
- Le profilographe. — Sous ce nom, d’aspect sévère, se dissimule un petit appareil, d’une ingénieuse simplicité, qui peut rendre de multiples services.
- Son but est de permettre de relever les profils et de les reproduire, rapidement, sans être forcé d’avoir une grande connaissance du dessin. Il se compose simplement d’une tige centrale, en fer plat, sur laquelle sont enfilées un certain nombre de lamelles fort minces en carton découpé, empilées les unes au-dessus des autres ; ces lamelles sont toutes rigoureusement égales et toutes
- Fig. 1.
- Le profilographe.
- Fig. 2.
- Le profilographe prenant
- le profil (l’un vase.
- pourvues d’une rainure intérieure découpée à jour ; elles peuvent par suite, coulisser sur la tige centrale. Une traverse vient se serrer, au moyen d’une vis de pression, sur l’empilement de lamelles qu’elle maintient ainsi en position. Pour se servir du profilographe, on desserre donc la vis de pression supérieure, on applique l’appareil sur le profil que l’on veut dessiner, on lui en fait épouser la forme ; et on resserre la vis de pression. Il suffit alors de reporter sur une feuille de papier le contour dessiné par les lamelles. Cet appareil enregistreur de profils, peut évidemment trouver des applications dans un grand nombre de métiers, il pourrait servir aussi dans quelques cas à faciliter l’enseignement du dessin. — Il a été imaginé par M. Marquer et se vend chez M. Mathieu, 29, rue de Valois. Prix : 5 fr. q5.
- *> Divers
- ' J
- Cuir à rasoir. — Voici, réunis sous un volume peu encombrant, 3 objets fort utiles à tous ceux qui manient le rasoir. D’abord, un cuir souple et bien tendu pour rendre son fil au rasoir fatigué. Ce cuir est fixé sur une
- Cuir
- monture en bois, à l’intérieur de laquelle coulisse une deuxième pièce de bois, portant une pierre spéciale pour l’affûtage des rasoirs émoussés. Enfin cette pièce de bois est creuse à sa partie inférieure, laissant ainsi un espace libre pour y ranger le rasoir; cet espace libre, bien entendu, se ferme au moyen d’une baguette de bois. — L’objet est en vente, chez Mathieu, 29, rue de Valois.
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- VARIÉTÉS
- Perturbations d’Uranus et de Neptune. — Dans une Note présentée à l’Académie des Sciences, le 3o décembre 1907, M. A. Gaillot a donné des tables nouvelles des positions d’Uranus et de Neptune rectifiant celles calculées par l’illustre Le Verrier. Quand celui-ci entreprit la théorie analytique de ces deux planètes, les valeurs des masses et les éléments des orbites étaient mal déterminés. A la fin de son travail, il dut apporter des corrections très considérables, surtout pour Neptune, la correction de masse étant le quart environ de la masse initiale.
- La modification en résultant entraînait des calculs extrêmement compliqués et Le Verrier regretta souvent de ne pouvoir recommencer son travail. Ce que Le Verrier n’avait osé entreprendre au déclin de sa carrière, M. Gaillot l’a exécuté, en appliquant la méthode développée par Le Verrier lui-même dans le tome XIII des Annales de l Observatoire de Paris et en faisant usage des valeurs rectifiées des masses et des éléments des orbites. Les limites du travail primitif ont été dépassées toutes les fois que cela a été jugé utile pour atteindre un plus haut degré de précision. L’auteur a pu ainsi arriver à diminuer très sensiblement les écarts entre les positions calculées et les positions observées d’Urauus et de Neptune, ces écarts ne dépassant plus guère la limite des erreurs d’observations, comme on peut le constater par deux tableaux embrassant l’ensemble des positions observées et comprenant même des observations isolées, antérieures à la découverte. L’examen des résultats ne conduit à aucune indication sérieuse sur l’influence que pourrait exercer une planète de masse comparable à celles d’Uranus ou de Neptune et se mouvant au delà de 1 orbite de Neptune. Rien ne révèle, dans la marche de Neptune, l’existence d’une planète transneptunienne. Mais avant de tirer une conclusion définitive, il est prudent d’attendre que la série des observations de Neptune s’étende sur une portion bien plus grande de son orbite, celle dont on dispose actuellement n’étant égale qu’au tiers environ d’une révolution totale.
- Le monox. — On désigne sous ce nom le protoxyde de silicium (Si O), corps nouveau qu’un savant américain, M. Potter, vient de réussir à préparer à l’aide du four électrique. On l’obtient en réduisant la silice par le charbon dans le four électrique ; la réaction s’opère à 18000; on peut aussi réduire la silice par le carborun-dum (CSi), combinaison de carbone et de silicium également obtenue au four électrique.
- On n’obtient pas le protoxyde pur, mais un mélange de protoxyde, de silicium et de silice en poudre brune, extrêmement fine, dont la densité moyenne est 2,24. Ce mélange jouit de propriétés intéressantes au point de vue industriel; très mauvais conducteur de la chaleur et de l’électricité et de plus très léger, il constitue un calorifuge de premier ordre. On en fait aussi d’excellents filtres.
- Mélangé aux liquides, le monox reste facilement en suspension et les épaissit notablement; inaltérable à l’air aux températures ordinaires, très opaque et possédant un grand pouvoir couvrant, il semble apte à servir de pigment pour la préparation des peintures.
- On a songé à l’utiliser aussi pour la fabrication des encres; en céramique, il peut rendre des services, car il permet de diminuer le retrait des pâtes d’argile et d’éviter ainsi la casse qui fréquemment se produit au séchage. D’autre part, pendant la cuisson en atmosphère oxydante, en raison de la haute température développée, le monox s’oxyde, se transforme en silice en dé gageant une grande quantité de chaleur, ce qui facilite singulièrement l'opération ; de plus, la silice ainsi introduite est utile dans la constitution de la pâte et on a eu l’avantage de ne l’introduire qu’à haute température sans nuire à la plasticité de la pâte à froid.
- Enfin, le monox mélangé à l’huile peut servir de matière lubrifiante pour le graissage et on peut l’employer comme matière abrasive pour le polissage.
- On voit que ce corps nouveau vient au monde avec un cortège respectable de propriétés intéressantes et qui lui promettent une belle carrière industrielle.
- HYGIENE ET SANTE
- Contre les brûlures. — Un procédé bien simple de pansement, dû au Dr Plantier d’Annonay et qui peut servir en cas d’absence de médicament, qui peut même les suppléer avec avantage. C’est la levure de bière fraîche ou sèche ; on la délaye dans de l’eau bouillie tiède de façon à en faire une pâte molle dont on imprègne de la gaze fine stérilisée. Celte gaze levurée est appliquée à même sur le siège de la brûlure et dans la plupart des cas la douleur est calmée presque instantanément. Le pansement doit rester toujours un peu humide. C’est dire que, suivant les circonstances, il faut la renouveler tous les jours ou tous les deux jours. S’il y a des phlictènes, on doit les ouvrir à la pointe du bistouri ou d’une lame de ciseau bien flambée, en conservant avec soin l’épiderme. La guérison des brûlures soignées par le Dr Plantier a été assurée sans complications.
- La goutte moderne. — Maladie dont l’origine se perd dans la nuit des temps, la goutte sévit toujours sur i’humauité. Comme le faisait remarquer Sydenham, c’est une consolation légère pour ceux qui ont la goutte de savoir qu’elle frappe de préférence les gens d’un rang élevé, grands rois, princes, grands militaires, philosophes et savants. Consolation médiocre et qui ne semble plus aussi vraie de nos jours. Si la goutte est plus fréquente dans les pays, du Nord, dans la classe riche et aisée, elle tend à gagner les bas degrés de l’échelon social et à sévir plus qu’autrefois sur d’autres que les savants et les princes de Sydenham. Cela tient aux conditions de la vie moderne, aux changements de régime, à l’abus plus fréquent de la bonne chère. Il est
- une autre cause, c’est le surmenage cérébral et nerveux que s’imposent nombre de gens de toute condition et si. l’on peut toujours dire, comme le faisait Arétéè il y a dix-huit cents ans, que les Dieux seuls sont fixés sur la nature de la goutte, on peut affirmer que dans bien des cas, elle a changé d’aspect. C’est toujours la reine des maladies, dominus morborumet morbus dominorum ; mais l’effervescence de la vie actuelle en modifie bien souvent les symptômes cliniques. Ce n’est pas une opinion exclusivement personnelle que j’exprime ici, elle a été soutenue par des médecins des plus savants et dans une leçon fort intéressante, notre ami, le Dr Legendre, signalait cette mutabilité d’une maladie qui semblait n’avoir pas changé depuis des siècles. A coup sûr on trouve encore les accès classiques de la goutte, la tuméfaction douloureuse du gros orteil gagnant le cou-de-pied, la tension des tissus, la douleur excruciante qui, pour Sydenham, était un excellent signe pronostique de l'évolution de l’accès. Mais à côté de cette goutte classique, on observe des cas embarrassants qui tiennent autant de la goutte que des maladies nerveuses. L’influence de la goutte sur le cerveau et les nerfs est connue et tous les auteurs l’ont mentionnée ; mais on voit, dit Legendre, chez les goutteux contemporains, des perturbations nerveuses si générales, si permanentes et si intenses qu’il est presque souvent impossible de distinguer chez eux les symptômes propres à la goutte de ceux qui sont imputables aux névroses. Cette sorte d’hybridité s’observe chez ceux qui veulent, comme on dit, brûler la chandelle par les deux bouts et mener de front les plaisirs et les affaires, ceux qui sont surmenés-
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- HYGIENE ET SANTE
- moralement par des soucis écrasants. La goutte chez ces malades, affecte rarement la forme des crises articulaires du pied, du genou; ce sont plutôt des accès viscéraux ou des manifestations d’ordre nerveux. Et d’après les remarques de médecins compétents, dans cette classe de surmenés, ce serait cette forme larvée de la goutte qui deviendrait prédominante. La goutte amène à la longue, chez les sujets qui en sont atteints, les désordres de la circulation, les affections des reins et les troubles de nutrition qui en sont la conséquence. Chez les névrosés, les fatigués, ces altérations ne sont plus tardives ; elles sont précoces et, comme je le disais jadis, on fait prématurément de l’artério-sclérose, on a un système nerveux qui n’est plus un régulateur de la nutrition; il est détraqué; 1 économie tout entière s’en ressent et quand la surcharge d’acide urique bat son
- plein, la crise éclate, mais sous une forme bien différente de la podagre classique. Notez que souvent ces malades se soumettent à un régime alimentaire des plus rigoureux : pas d’alcool, pas de vins, pas de café; l’alimentation est presque exclusivement végétarienne. On boit de l’eau, on mange des légumes, des purées, on vit comme un anachorète, au point de vue de la table et cependant la goutte continue. C’est que les goutteux de cette variété, et l’on pourrait dire, presque tous les goutteux actuels oublient de soigner leurs nerfs ; ce n’est pas seulement l’hygiène alimentaire qu’il faut surveiller, c’est l’hygiène du système nerveux qu’il faudrait réformer et c’est malheureusement la chose la plus difficile à obtenir, comme la suppression du tabac chez les fumeurs ou, quand on l’obtient, c’est un peu tard pour en retirer un bénéfice durable. D. A. C.
- -^g| RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en janvier 1908, par M. Th. Moureaux.
- Le mois de janvier a été froid avec une pression barométrique élevée ; sa température moyenne est faiblement négative, et inférieure de 2°,3 à la normale. Le froid a commencé dès le icr, avec une chute de neige peu abondante, mais qui a persisté sur le sol jusqu’au 6, jour du minimum absolu de température, — n°,5 ; après de faibles pluies du 7 au 9, le froid a repris, et chaque jour, depuis le 9 jusqu’au 26, sauf le 17, le thermomètre est descendu au-dessous de o°; le temps s’est ensuite un peu adouci les derniers jours du mois. On a noté 24 jours de gelée dont 7 sans dégel. Dans le sol, l’épaisseur de la couche gelée n’a pas atteint 3o centimètres; à cette profondeur, la lecture la plus basse, 4- o°,7, a été observée les i5 et 16. La hauteur de l’eau recueillie sous forme de pluie ou de neige est seulement de i3mm,i, la moyenne étant 35mm,6 ; dans ces conditions, la sérénité du ciel a été exceptionnelle, et le Soleil a brillé pendant 102 heures, chiffre très élevé pour la saison. Le niveau de la Marne est resté bas; sa température est descendue jusque vers o° le i3 et le 14, et la rivière a charrié des glaçons du 12 au 14.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 762““,79; minimum absolu, 738mm,7 le 8 à i3 heures; maximum absolu, 772mm,2 le 21 à 2h i5m; écart extrême, 33mm,5.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima,
- — 3°,48 ; des maxima, 3°,71 ; du mois, o°,n; des 24 heures, —o°,o5; minimum absolu, —n°,5 le 6; maximum absolu, n°,6 le 27. Amplitude diurne, moyenne du mois, 70,19; minimum, x°,9 le 19; maximum, i3°,9 le 6. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima,
- — 5°,87 ; des maxima, 7°,2i; minimum absolu, —i6°,4 le 11 ; maximum absolu, i6°,8 le 17. — Dans le sol gazonné, moyennes du mois; profondeur, ora,3o : à 9 heures, i°,38; à 21 heures, i°,38 ; profondeur, om,65 : à 9 heures, 3°,3o; à 21 heures, 3°,25; profondeur 1 m. : à 9 heures, 4°>65; à 21 heures, 4°,5g. — De la Marne : moyenne le matin, i°,6o; le soir, i°,82; minimum, o0,O2 le 13 ; maximum, 4°>32, le 28.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 4mm,o5 ; minimum, imm,4 le 3 à 6 heures-7 heures; maximum, 8mm,7 le 27 à 20 heures-21 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 84,6; minimum, 41 *3 à 14 heures; maximum 100 en 18 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à ai h.), 5,36; minimum diurne, 0,0 les 3, 4> 11, 12, 13, 14 ; ciel complètement couvert les 1, 7, 19, 20, 25, 26 et 27.
- Insolation : durée possible, 270 heures ; durée effective, i02h,3 en 20 jours; rapport, o,38.
- Pluie ou neige : total du mois, i3'““,i en a8h, 1. Nombre de jours : de pluie ou neige, 8 ; de pluie ou neige inappréciable, 2 ; de neige, 2 ; de grésil, 3 ; de givre, 6; de gelée, 24 dont 9 consécutifs du 18 au 26; de gelée blanche, 18 ; de brouillard, 12; de brume, 4-Fréquence des vents : calmes, 23.
- N. . . . . 3o S. E . . . 5o W, . . . 22
- N. N. E. • 7° S. S. E. . 0 W. N. W. 6
- N. E . . • 74 S. . . . . 86 N. W . . 3
- E. N. E. . 108 S. S. W . 111 N. N. W . 16
- E. . . . . 18 s. w. . . 72
- E. S. E. • 11 w. s. w. 38
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3m,64; moyenne diurne la plus gi-ande, gm,o le 8; la plus faible, om,7 le i4; vitesse maximum en i5 minutes, i2m,8 le 7, de 231'45m à 24 heures par vent S. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (26 jours), 238 volts ; moyenne diurne la plus grande, 409 volts le 19; la plus faible, 102 volts le 27 ; amplitude diurne, 0,24; amplitude nocturne, o,56.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,72; minimum, 2m,3o le 23; maximum, 3m,33 le 7 et le i4-
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, -j-2mm,46; température, — 2°,3i; tension de la vapeur, — oram,85; humidité relative, — 2,6; nébulosité, — 1,79; pluie, —22mm,5 ; jours de pluie —6; jours de gelée, + 8-
- Taches solaires : on a suivi i3 taches ou groupes de taches en 21 jours d’observation; le soleil a paru dépourvu de taches le 28.
- Perturbations magnétiques : faibles, les 5-G, 11, 27-28, 29; modérée, le 9.
- Radiation solaire (pyrhéliomètre d’Angstrôm) r les deux observations faites dans les conditions les plus favorables, le 10 à i2h58<aet le 12 à nh27m, ont donné, comme intensité de la radiation solaire, ocll,q6 et ocal,g9 par centimètre carré et par minute.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- >*
- (IÇ Papier transparent et imperméable. — Prendre du papier de soie ordinaire, et l’immerger dans une solution aqueuse de gomme-laque et de borax; sécher ensuite à l’air, puis passer un fer chaud à sa surface. Ce papier a l’apparence du parchemin.
- Pour augmenter la puissance lumineuse d’une lanterne magique. — Bien entendu, ce procédé peut s’appli -
- quer également à une lampe à projections, là où l’on n’a pas l’avantage de posséder soit l’électricité, soit au moins le gaz et l’incandescence. Pour donner beaucoup plus d’éclat à la lumière, on se trouve bien de faire dissou-drè du camphre dans l’huile de colza que l’on veut employer; d’autre part, et pour empêcher la mèche de eharbonner, il fait bon la tremper dans du vinaigre et naturellement la faire sécher bien avant emploi.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Bans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l'abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Cavallié, à Pigüe (République Argentine). — Nous transmettons votre lettre à la Société Turgan et Foy, 95, rue Carnot, LrevallGts-Perret.
- M. Alazard, Paris. — Nous ne connaissons pas d’ou-
- vrage sur le sujet que vous nous indiquez. Il existe des moteurs à gaz de ville ; mais construits spécialement pour marcher au gaz, et les moteurs ordinaires alimentés au gaz ne donneraient pas satisfaction. Vous trouverez des groupes électrogènes bien compris pour petites installations chez M. Delieuvin, concessionnaire de MM. de Dion, Bouton, 77, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- M. X., à Tourcoing. — L’adresse du ramasse-fruit (n“ 1808, p. 52 du Supplément) est donnée dans l’article même: M. E. Gier, Mount Angel, Oregon (Etats-Unis).
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- Le phare de Fastenet: XYii.r, Darvillé. —- L’incinération des immondices dans les villes: E.-H. Weiss. — La protection des paysages: E.-A Martel. — Une nouvelle roue à jante sinusoïdale: Henry Bougeois. — Une ferme à Nandous et à Casoars : Jacques Boyer. —Académie des sciences; séance du 17 février 1908 : Ch. de Villedeuil. — Une machine à badigeonner : Lucien Fournier.
- Supplément. — Le roulement du tonnerre. — Torche marine Schumaclier-Kopp. — Codt de l’exploitation des omnibus-automobiles. — Sources du Brahmapoutre et de l’tndus. — Défense contre le choléra. — La production mondiale de l’étain, etc. — La disette d’arsenic et les insecticides arsenicaux. — Le chlorure de calcium. — Pour dérouiller l’acier, etc.
- L'Enfance de Paris : Formation et croissance de la ville, des origines jusqu’au temps de Philippe Auguste, par Marcel Poëte, inspecteur des travaux historiques, conservateur de la Bibliothèque de la Ville de Paris. 1 vol. in-18, Paris.Armand Colin, 1908. Prix: 3 fr. 5o.
- M. Marcel Poëte étudie Paris depuis les origines jusqu’à l’établissement (par Philippe Auguste) d’une enceinte englobant les deux rives. Cette période est ce qu’il appelle Y Enfance de la ville, parce qu’il y a un certain temps, pour une cité comme pour un homme, où se modèlent, confus et progressifs, les grands traits physiques et moraux.
- La Connaissance et l’Erreur, par M. Mach, traduit par le Dr Dufour. Paris, Flammarion édit. 1 vol. in-18. Prix : 3 fr. 5o.
- M. Mach, professeur à rUniversité de Vienne, expose d’une manière accessible au grand public ses idées sur la psychologie du savoir. Fortement influencé par la théorie de l’évolution, il envisage la vie psychique et notamment le travail scientifique comme un aspect de la vie organique, et il en cherche les origines profondes dans les exigences biologiques. Selon lui, la science s’édifie peu à peu par Y adaptation progressive des idées aux faits et des idées entre elles. Il convient de remplacer les notions assez imprécises de cause et d’effet par celle de fonction. La morale, un jour, serainspirée à son tour par la pensée scientifique.
- Ce livre de haute envolée aura certainement en France non moins de succès qu’en Allemagne.
- The puise of Asia, par Ellsworth Huntington. Londres. Arch. Constable and C° 1907. 1 vol. in-8° xxiii-4i5 p. Prix : 14 s h.
- Dans ce récit d’un voyage dans l’Asie Centrale, Fauteur s’efforce de marquer les rapports qui lient l’homme au milieu géographique, l’histoire aux conditions climatériques, sans d’ailleurs tomber dans les aperçus simplistes que ces termes pourraient faire craindre. Et de plus il va de soi que ces idées théoriques sont appuyées sur une abondante et très bien faite description des régions étudiées : Kashmir, Himalaya, Iran, Caspienne, etc. De très bonnes photographies accroissent encore la valeur de cette partie documentaire.
- Handbook of American indians North of Mexico, edited by Fred Webb Hodge, in two parts. Part I. A.-M. Washington. Government printing office, 1907. 1 vol.-in-8°, pp. X-972. Smithsonian Institution. Bureau of American Ethnology, bulletin 3o).
- Ce Manuel des Indiens américains au nord dit Mexique était impatiemment attendu de tous ceux qui s’intéressent à l’ethnographie américaine. Fait à la façon d’un dictionnaire (ce premier volume comprend leslettres A. àM.), il contient, sur tous les sujets possibles dans cet immense domaine, les plus précieux et les plus précis renseignements. Chaque article ou articule! est l’œuvre d’un spécialiste, en général collaborateur en titre du bureau of american ethnology, qui résume ses propres travaux et ceux de ses confrères, déjà publiés dans les volumes du service. Mais l’ensemble de ces résumés, chacun suivi de bibliographies abondantes, forme en réalité beaucoup plus qu’une admirable table analytique de cette collection unique au monde, un travail de coordination et d’enrichissement de ces matériaux jusqu’ici épars. L’illustration photographique, est suffisamment abondante et significative.
- L’année Électrique, Electrothêrapique et Radiographique, par le Br Foveau de Courmeli.es. — Chez Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Comme chaque année, le Dr de Courmelles résume un nombre considérable de faits nouveaux et intéressants. Il passe en revue l’électro-chimie, F éclairage, le chauffage, la traction électrique, la télégraphie avec et sans fil, F électrothérapie, la radiographie, la photothérapie, etc.
- Maçonnerie. — Les matériaux, par R. Pujgl, capitaine du génie. — Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Léaulé. 1 vol. chez Masson et Cie, éditeur. Paris.
- Cet ouvrage résume les propriétés des priucipaux matériaux mis eu œuvre dans les constructions en maçonnerie. II étudie les pierres naturelles, les briques, les pierres en béton, les chaux et ciments, les plâtres et le mastic bitumineux. Ecrit avec clarté et concision, il remplit parfaitement son rôle d’aide-mémoire.
- Instruments de pesage à systèmes articulés, ire partie, balances Roberval, par J.-A. Bonneau. Vérificateur •des poids et mesures. 1 vol. in-8° carré. Prix 4 francs, chez Gautier-Villars, Paris.
- Utile étude géométrique et mécanique sur un sujet jusqu’ici insuffisamment approfondi.
- Institut Pasteur de la Loire-Inférieure. Bulletin du laboratoire de bactériologie. Directeur : Dr Rappin. Année <1904-1905. Nantes, imprimerie C. Mellinet,
- 1 vol. in-8°, 60 francs.
- On trouvera dans ce bulletin, en plus des analyses des eaux d’alimentation de la ville de Nantes, deux notes de M. Rappin sur Furée et la tuberculose, et sur des essais de vaccination et de sérothérapie tuberculeuse, puis des notules sur un streptotrix acido-résistant et un nouveau milieu de culture du bacille de Koch.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Examen critique de quelques méthodes de mesure de la puissance utile dès voitures-automobiles, par J. Auclair, chez Béranger, Paris.
- Intéressante étude scientifique du frottement de roulement, et du mouvement d’une roue motrice munie de bandages élastiques.
- Modem Electrical Theory, par Norman Robert Campbell. Cambridge at the University Press.
- Les théories électriques modernes sont devenues si touffues, qu’un bon guide est nécessaire pour s’y reconnaître. Nous avons récemment signalé dans cet ordre d’idées, un excellent chapitre de l’ouvrage de M. Desvaux-Charbonnel sur l’Etat actuel de la Science électrique.
- Le livre de M. Campbell, plus détaillé, offre les mêmes qualités de méthode et de clarté.
- Essais sur le plâtre, par E. Ljîduc, chef de section au Laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers, et M. Pellet (Bulletin du Laboratoire d’Essais du Conservatoire des Arts et Métiers). Béranger éditeur, i5, rue des Saints-Pères, Paris.
- Essais des machines Électriques. Mesures mécaniques, par F. Lopré, fascicule de no pages, chez Bernard, i, rue de Médicis. Prix : 2 francs.
- Cet ouvrage fait partie de l’Encyclopédie électrotechnique en cours de publication et dont l’ensemble constituera un traité fort complet et fort utile d’électricité industrielle.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th.
- Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 lév. 1908. . 5°,0 S. S. W. 3. Pluie. 13,7 Gelée blanche; couvert; pluie de 5 h. à 17 h. 50.
- Mardi 1<S 8°.0 \V. N. W. 3. Pluie. 2,0 Couvert; pluie par intervalles.
- Mercredi 19 t>°.5 N. W. 0. Couvert. 0,9 Très nuageux; petite pluie l’après-midi.
- Jeudi 20 7 <U W. N. W. 5. Couvert. 2.L Couvert; pluie de 15 h. 50 à 19 h. 50.
- Vendredi 21 7°.2 W. S. W. 3. Couvert. 0,5 Couvert; faible pluie le matin.
- Samedi 22 ..... . ()°,9 W. S. W. 3. Couvert. 0,6 Couvert; averse par intervalles le soir.
- Dimanche 25 7°.0 S. W. 3. Couvert. 1.0 Couvert ; pluvieux.
- FEVRIER 1908. — SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 FEVRIER 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les pèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri d boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 17 au 23. — Le 17. Dépression sur l’Islande, les Iles-Britanniques, le N.-O. de la France : Ecosse, 747 mm; Brest, 761; fortes pressions au S.-O. du continent : Madrid, 775. Pluies presque générales; en France : Cherbourg, 22 mm; Brest, n ; Lyon, 9; Nantes, 6; Biarritz, 4: Paris, 1. Température du matin : Arkan-gel, —i5; Paris, 3; Alger, 11 ; Puy de Dôme, o; Pic du Midi, —4; moyenne à Paris : 6°,7 (normale : 3°,5). — Le 18. Centre de la dépression occidentale à Chris-tiansund, 730; autre dépression sur le golfe de Gênes, Pluies presque générales ; en France : Charleville, 21; Dunkerque, 15 ; Paris, Cherbourg, 141 Belfort, 12; Lyon, 9. Temp. du matin : Ai'kangel, —14°; Paris, 8; Alger, 12; moyenne à Paris, 8°,3 (normale : 3°,6). — Le 19. Basses pressions sur le Centre nt le wS. de l’Europe • Stockholm, 742; Prague, 748: Nice, 753; Açores, 776. Pluies presque générales; en France : Besançon, i3; Boulogne, 12; Brest, 4l Paris, Clermont, 2. Temp. du matin : Arkangèl, —10; Paris, 6; Cagliari, i3; Puy de Dôme, — 2 ; Pic du Midi, — 7 ; moyenne à Paris, 7°,6 (normale : 3°,6). — Le 20. Même situation atmosphérique. Pluies sur le N. et l’O.'du continent; en France : Belfort, 10; Dunkerque, 5 ; Biarritz, 3 ; Nantes, Paris, 1.
- Temp. du matin : Arkangèl, —8 ; Paris, 7 ; Alger, i3 ; Puy de Dôme, —1; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : 8°,3 (normale : 3°,7). — Le 21. Nouvelle dépression entre l’Ecosse et l’Irlande : Stornoway, 743; Biarritz, 771. Neiges et pluies sur le N. et l’O. du continent; en France : Dunkerque, Biarritz, 5; Belfort, Brest, Paris, 2. Temp. du matin : Moscou, —i3; Paris, 7; Alger, i3; Puy de Dôme, o; Pic du Midi, — 5; moyenne à Paris : 8°,8 (normale : 3°,8|. — Le 22. Seydisfjord, 721 ; Ecosse, 729 (tempête); hautes pressions en Finance, Espagne, Algérie (Biarritz, 772). Pluies presque générales; en France : Belfort, 4;,Nancy, Limoges, 3; Biarritz, Brest, Le Havre, 1. Temp. du matin : Moscou — i5; .PaiTs, 7 ; Palerme, i3; Puy de Dôme, —-1 ; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : 8°,8 (normale 3°,9). - Le 23. Centre de la dépression occidentale sur la Norvège, Skudesness, 727. Pluies générales; en France : Charleville, 6; Besançon, Limoges, 4; Biarritz, 2; Paris, 1. Temp. du matin : Kief, — 14; Paris, 7; Alger, i3; Puy de Dôme, o: Pic du Midi, — 5; moyenne à Paris : 7°,(i (normale 3°,9).— Phases de la lune : Pleine Lune, le 17 à 9 h. 15 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'Indication d’origine.
- N° 1815 — 7 MARS 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Action du gaz carbonique sur les sulfures alcalins.
- — Ou savait déjà que l’acide carbonique était susceptible de déplacer l’acide sulfhydrique ou hydrogène sulfuré de ses combinaisons alcalines et réciproquement, ces phénomènes étant régis par la loi des masses. Ces réactions viennent d’être étudiées en détail. En suivant l’action d’un courant de gaz carbonique sur une solution de sulfure de sodium, on a constaté que l’hydrogène sulfuré en est déplacé en quantité décroissante; la marche de l’expérience a montré qu elle se passait en deux phases :
- Na2S + CO* + H20 = Na SH + C03NaH
- Sulfure de sodium Acide Eau Sulfhydrale Bicarbonate carbonique de sodium de sodium
- Na SU -f CO.® + H* O = CO3 Na H + Il2 S
- Sulfhydrale Acide Eau Bicarbonate Hydrogène
- de sodium carbonique de sodium sulfuré
- la seconde réaction paraissant ne pas devenir totale. Une étude analogue de la réaction de l’hydrogène sulfuré sur une solution de carbonate de sodium montre que cette réaction doit se formuler :
- CO3 Na2 + H2S = COsNaH + NaSH
- Carbonate de Hydrogène Bicarbonate Sulfhydrale sodium sulfuré de sodium de sodium
- C03NalI + H2 S = NaSH + C0* + H®0
- Bicarbonate Hydrogène Sulfhydrale Acide Eau de sodium sulfuré de sodium carbonique
- Ces déplacements réciproques de l’acide carbonique et de l’hydrogène sulfuré dans leurs combinaisons alcalines expliquent parfaitement les dégagements d hydrogène sulfuré qui se produisent dans certaines opérations industrielles, au cours desquelles sont manipulés des sulfures alcalins, telles que le dépilage des peaux en tannerie, la vidange des épurateurs chimiques dans la fabrication du gaz d’éclairage, la préparation des sulfures alcalins, etc.
- Le sondage de Longwy. — Il a déjà été question ici à diverses reprises de la campagne de sondages entreprise en Lorraine française pour chercher la prolongation profonde du bassin houiller de Sarrebruck. Cette campagne, dont les résultats industriels restent problématiques, quoique une concession soit sur le point d’être instituée à Pont-à-Mousson et doive débuter par l’installation de deux puits estimés à 35 millions, a donné lieu x’écemment à un incident sensationnel. Un sondage ayant rencontré à Longwy, dans des conditions très imprévues, une veinule de houille dans des schistes que les sondeurs voyaient houillers, les imaginations s’étaient immédiatement excitées sur les conséquences pratiques qui pouvaient en résulter. Ce n’est malheureusement pas le houiller, d’après les dernières constatations, mais le permien qu’on a atteint et traversé ; et la paléontologie végétale, une fois encore, avait averti de l’erreur qu'on était en train de commettre : les seules plantes rencontrées dans le sondage étant des Walchia, plantes généralement permiennes. Au-dessous de ce permien,
- le houiller n’existe pas et l’on est directement entré dans le dévonien vers 790 mètres de profondeur. Il reste seulement, de ce côté, l’espoir de trouver un peu plus loin l’extrémité du terrain houiller, absent dans la série stra-tigraphique régulière à l’endroit où le sondage a eu lieu.
- Le dessèchement du Zuyderzée. — Un projet de loi vient d’être déposé à la 2e Chambre des Pays-Bas, pour le dessèchement de la partie du Zuyderzée connue sous le nom de Lac de Wieringen. Le projet reprend en partie celui qui fut élaboré en 1892 par la Société du Zuyderzée. Ce dernier prévoyait la construction d’une digue énorme partant de la province de la Hollande Septentrionale, passant par l’île de Wieringen et aboutissant à la côte du pays de Frise. On aurait ainsi transformé le Zuyderzée en un lac qui aurait été ensuite asséché. La durée des travaux était estimée à 33 ans et leur coût à 400 millions de francs. Le projet de loi actuel est plus modeste, il propose de dessécher seulement la partie Nord-Ouest, c’est-à-dire le lac de Wieringen. Le coût des travaux serait de 5o millions de francs, et leur durée de 10 ans.
- Les flottes marchandes du monde. — Le tonnage total des flottes marchandes du monde entier est évalué actuellement à 3q 438 917 tonnes, en augmentation de 1884900 tonnes sur l’année 1906. Il existe 20746 steamers et 9467 voiliers déplus de 100 t. ; le nombre des premiers s’est augmenté de 869 unités, tandis que celui des seconds a diminué de 760. L’Angleterre possède plus de la moitié de la flotte marchande des steamers. Les augmentations du tonnage-steamer a été le suivant pour les grandes nations pendant les deux dernières années : Angleterre : 8343qi t. ; Etats-Unis : 33ii38t. ; Norvège : 118 457 t. ; Hollande : g3 6j5 t. ; Japon : 72 194 t. ; Danemark : 71 491 t-! Autriche-Hongrie : 59190 t. ; Grèce : 4^521 t. ; Italie ; 48 256 t. ; Suède : 35749 t. ; France : 3o63i t. La France occupe donc le onzième rang dans cette nomenclature bien caractéristique. Les chantiers allemands ont commencé la construction de 142.4 uavires représentant 784227 tonneaux de jauge en 1907; de plus les chantiers étrangers construisaient également pour le compte de maisons allemandes 212 navires représentant 200 928 t.; surce total 1096 navires ont été mis en service. Les grands propriétaires de voiliers sont toujours les Anglais, Américains et Norvégiens. La France vient ensuite puis l’Allemagne, l’Italie, la Russie et la Suède.
- L’ouverture du canal Hennepin aux États-Unis. —
- Les Etats-Unis, persistant dans leur désir de multiplier les voies d’eau intérieures, viennent de livrer à l’exploitation le canal Hennepin, qui relie l’Illinois et le Missis-sipi supérieur : il a pour but de mettre en relations les états d’Iowa, d’Illinois, de Wisconsin, de Minneapolis avec Chicago, les Grands Lacs et aussi New-York. Il n’a pas coûté moins de 3y [millions de francs et il avait
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- INFORMATIONS
- été commencé en 1892 ; le développement total de cette voie, même en y comprenant une cuvette d’alimentation, n’a pas plus de i65 kilomètres : cela représente donc 2X0000 fr. dtï kilomètre. La profondeur de cette voie est seulement de 2,10 m. et l’on y compte 32 écluses.
- Les spécialités pharmaceutiques au Japon. — Un
- agent consulaire anglais, M. Royds, a eu l’ingénieuse idée d’étudier, dans un rapport publié dans les comptes rendus de la société asiatique japonaise, non seulement l’état commercial des spécialités pharmaceutiques, leur extension et leur valeur, mais de rechercher en même temps l’origine de cette industrie. 11 est curieux de voir qu’elle remonte aussi loin comme antiquité que dans nos pays d’Europe. C’est en 1674 que parut à Tayama, dans la province d’Etchu, le premier produit spécialisé de pharmacie. Le développement a pris d’année en année une extension considérable, comme on peut en juger par les chiffres "annuels dé vente. En 1904, le nombre des industriels s’occupant de vente de médicaments patentés, de spécialités pharmaceutiques s’élevait à 3io2 ; la valeur totale des produits s’élevait à près de trente millions alors qu’en 1886 il n’était que de dix. La ville de Tayama à elle seule produit le quart; le débit comprend 73 millions de boîtes ou paquets d’une valeur de 7 millions et demi de francs. L’exportation des spécialités japonaises commença vers 1889 ; un industriel de Tayama en introduisit la vente en Corée et le marché devint extraordinairement étendu. Depuis que l’émigration japonaise a gagné les diverses régions du Pacifique, l’exportation a suivi une marche parallèle. Une remarque curieuse; il est très rare de voir un produit japonais sous la forme liquide, ce sont toujours des poudres, des pâtes, des pastilles, des pilules ou des onguents et chacun a des propriétés mirifiques, telles les pilules guérissant le cerveau, les poudres guérissant tout, les pilules contre-poisons. Il n’est guère besoin d’aller dans l’Extrême-Orient pour trouver les remèdes les plus étranges, prônés d’une façon mirifique et faisant comme au Japon, l’objet d’un commerce des plus importants.
- La guerre aux rats. — Une Société internationale vient de se créer pour la destruction des rats. C’est une sorte de guerre sainte à laquelle toutes les nations sont invitées à prendre part, car l’ennemi se retrouve sous toutes les latitudes, dans tous les pays. En dehors des dommages de toutes sortes que causent les rats et dont l’énumération serait fastidieuse, la nouvelle société rappelle le rôle que jouent les rats dans la propagation des maladies infectieuses : ils transportent des parasites et servent de véhicule aux bacilles ; ce sont les seuls quadrupèdes d’Orient que chérisse la mouche de la peste, ils répandent ainsi la peste des hommes, l’influenza des chevaux, la fièvre des porcs. Le rat que l’on trouve partout, dans les égouts comme dans la cale des navires contamine de proche en proche tous ses congénères. Leur destruction s’impose donc dans le monde entier. Est-elle possible? Tous les procédés employés jusqu’à présent ont été insuffisants : un couple de rats donne le jour, en un an, . à une famille de 800 animaux. M. Zuschlag, créateur de la Société internationale qu’il préside, a constaté que, moyennant une dépense de 18 200 francs il a pu détruire cent mille rats, c’est-à-dire réaliser, à son avis une économie d’au moins 1 25oooofr., le dommage causé par les rats étant estimé à un sou par jour et par individu. Le remède absolument efficace a été trouvé récemment par le docteur Danysz sous la forme d’un bacille. Le docteur Neumann en a découvert un autre qui serait sans action sur les autres animaux exception faite pour les cochons de lait, les jeunes veaux. Le Gouvernement allemand, dit le « World’s Work » aurait obtenu des cultures de ce dernier bacille et le ministère de l’agriculture aurait recommandé son emploi. Des essais ont également été faits en Danemark, cm Suède, en Norvège, en Russie, en Angleterre. Il semble donc que la lutte puisse être entreprise avec succès, surtout si elle est conduite avec méthode dans tous les pays à la fois. Combattus avec la pâte Neumann, les rats contribuent eux-mêmes à leur propre destruction en se communiquant le terrible microbe qui se multiplie par millions en vingt-quatre heures. Il y lavait lieu de craindre, cependant, que ces rongeurs fussent rapidement immunisés contre le bacille ; mais les Danois vieunent encore de découvrir un virus absolu-
- ment inoffensif pour tous les animaux autres que les rats et très efficace, même lorsque le bacille Neumann les a immunisés. On le voit, la lutte paraît vouloir s’engager dans des conditions extrêmement favorables ; pour la rendi’e efficace, il suffit d’en préciser l’organisation mondiale.
- Le Typhon à trois têtes du Parthénon. — Les meilleures fouilles se font parfois dans les magasins des musées. C’est ainsi qu’on vient de retrouver à Athènes des fragments permettant de compléter diverses statues connues et notamment le fameux Typhon à trois têtes, célèbre dans le peuple grec sous le nom de Barbe-Bleue, qui, depuis cette dernière restauration, tient dans sa main et caresse un oiseau.
- Les mouettes du Léman. — Le prof. F.-A. Forel estime, d’après la statistique de 1905-1907, que, de mars à juin, 3où à 5oo mouettes sont restées après la grande émigration vers le nord; de juillet à septembre, 1200 à i5oo : d’octobre à mars, 3ooo à 4000> retenues par le pain blanc que leur jettent les riverains de la côte suisse; elles manquent sur la côte de Savoie. Rubin et
- Mouette attrapant un morceau de pain. (Photographie instantanée.)
- Souveyran ont cependant trouvé, en mai 1907, un nid de mouettes dans le delta de la Dranse de Thonon. C’était un simple creux dans le sable, bien différent du nid des mouettes des étangs des Dombes (flottant sur l’eau) et du type classique (nid de roseaux sur la terre sèche). Le 25 octobre 1906, on a tué à Ouchy une mouette provenant, d’après l’inscription gravée sur un anneau d’argent (daté du 4 juillet igo5), de la station ornithologique de Rossiten (Courlande, sur la mer Baltique).
- Le centenaire de l’enveloppe à lettres. —Il y aura bientôt cent ans qu’un fabricant anglais de Brighton, nommé Brewes, inventa l’enveloppe à lettres; mais c’est seulement vers i85o, que l’usage s’en est répandu en France ; auparavant on employait la méthode du « pli » cacheté à la cire, dont le nom subsiste en style administratif.
- L’anthropologie du Danemark. — Notre collaborateur le Dr L. Laloy donne dans la Géographie des renseignements sur les travaux effectués depuis, sa fondation (1904), par le Comité Anthropologique du Danemark. Nous signalerons dans le nombre : i° la taille moyenne du Danois adulte (homme) a augmenté de près de 4 centimètres depuis cinquante ans, phénomène déjà observé en Suède, en Norvège et en Hollande, d’ailleurs vraisemblable pour tous les pays d’Europe, et dû sans doute à l’amélioration des conditions matérielles. — 20 Contrairement à la donnée courante, qui fait de la population danoise un mélange de brachycéphales et de dolichocéphales, il existe un troisième type plus abondant et plus distinct que les deux autres, et caractérisé par une taille élevée, des épaules et un bassin étroits, des arcades sourcilières très saillantes, des lignes temporales accentuées, un nez long et déprimé à la racine, un menton peu saillant, un crâne à contour circulaire. Ajoutons qu’un anthropologiste danois, M. Steensby, croit pouvoir rapprocher ce type de la l'ace préhistorique de Néanderthal, dont il serait une survivance.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Électricité
- Accumulateur « Azeden ». — Ce nouvel accumulateur est formé d’une double électrode positive de plomb garnie de bioxyde de plomb enveloppant une lame de zinc au cadmium spéciale constituant l’électrode négative. Cette lame de zinc a une très grande durée et se remplace avec la plus grande simplicité. L électrolyte est, comme dans les accus au plomb, formé d’eau acidulée. Voici d’ailleurs les réactions qui se produisent : l’eau de l’électrolyte étant décomposée, l’oxygène se porte sur l’électrode négative, forme un oxyde métallique qui donne un sulfate en présence de l’acide sulfurique de l’électrolyte; ce sulfate se dissout. L’hydrogène, lui, se porte sur l’électrode positive, se combine avec une partie de l’oxygène du bioxyde de plomb, pour redonner de l’eau en réduisant ce dernier.
- Cet état chimique se trouve réalisé après la décharge, l’acide sulfurique ayant disparu en partie et étant remplacé par un sulfate en dissolution.
- Au moment de la charge, qui se fait comme pour les accus ordinaires au moyen du courant électrique, le
- sulfate se trouve décomposé en acide sulfurique et métal; ce dernier, se portant sur l’électrode négative, la reconstitue ; l’oxygène naissant se dégageant sur l’électrode positive se combine avec l’oxyde de plomb partiellement réduit et reforme le bioxyde de plomb.
- Au point de vue électrique, voici les résultats obtenus :
- Un élément de 0,16 m. de haut et de 6 cm. de base, pesant x kg environ fournit 2,5 volts.
- L’intensité du courant en court-circuit atteint 25 à 28 ampères ; au bout de 1 minute le voltage est de 2,38 volts. Après un repos de 1 minute, le voltage remonte à 2,44 volts et un deuxième court-cii’cuit donne encore un débit de 20 ampères.
- Le repos ramène le voltage à 2,48 volts.
- Cet accumulateur présente sur les accus ordinaires les avantages suivants :
- i° Son poids est moins élevé.
- 20 Les chances de court-circuit sont éliminées en partie ; ceci résulte des chiffres donnés plus haut, puisque l’accumulateur supporte le court-circuit pendant plus d’une minute, sans que le voltage tombe au-dessous des limites de sécurité. — S’adresser à la maison « Azeden », i54true du Faub.-St-Martin, Paris.
- Divers
- Le télémètre prismatique topographique du Commandant Gérard. — Le problème de la détermination des distances est assurément l’un des plus importants qui soient et aussi l’un des moins aisés à l'ésoudre avec quelque précision quand l’on ne dispose point de la faculté d’opérer une triangulation.
- Pour cette l'aison, le petit télémètre de poche qu’a récemment combiné M. le Commandant Gérard sera vivement apprécié, aussi bien des soldats à qui il est appelé à rendre de signalés services que des voyageurs ou même des simples touristes.
- Ce nouvel instrument, dont l’aspect extérieur et le volume rappellent assez bien une montre, permet en effet en quelques instants, et sans calculs compliqués, de déterminer avec une approximation très suffisante la distance séparant un observateur d’un point donné.
- Ce télémètre se compose simplement de deux petits prismes en forme de trapèze, inclinés l’un sur l'autre et dont les faces voisines sont suffisamment écartées pour permettre d’introduire à volonté entre elles un troisième prisme. Tout cet ensemble optique est enfei'mé à l’intérieur d’une petite boîte métallique munie sur sa paroi de deux fenêtres correspondant aux extrémités libres des deux prismes inclinés.
- La manœuvre de l’insti'ument est la suivante. Le télémètre étant tenu à plat par son bouton et placé à la hauteur de l’œil, on vise directement le but dont l’on veut connaître la distance. Cela fait, abaissant un peu l’œil jusqu’à la hauteur de la fenêtre, on repère un point quelconque du voisinage vu au travers des deux prismes, le prisme intermédiaire étant tenu écarté. Cela fait, on introduit entre les prismes inclinés le prisme intermédiaire. Cette manœuvre a pour effet de déplacer l’image
- Fig. 1. Fermé. — Fig. 2. Ouvert et en fonctionnement.
- du point considéré et oblige l’observateur, pour lui permettre à nouveau la vision dudit point, à effectuer un certain déplacement dans le sens même du but dont il veut mesurer 1 éloignement.
- Pour avoir la distance cherchée, il suffit de mesurer ce dit déplacement ou base (ce que l’on connaît aisément sans mensuration spéciale si l’on sait la longueur de son pas moyen) d’en multiplier la valeur par dix et de diviser par deux le produit ainsi obtenu.
- Rien de plus simple, comme l’on voit !
- Du reste, aux fins de faciliter ces diverses opérations, l’un des prismes inclinés est susceptible, par l’intermédiaire du bouton rnoleté de l’instrument, de recevoir un déplacement, dans le sens horizontal, de huit degrés d’amplitude. Il est ainsi beaucoup plus aisé pour l’bb-servateur de rechercher dans son voisinage un point de repère commode, ai'bre, poteau, cheminée, etc. Le télémètre prismatique topographique du Commandant Gérard est construit par M. Clermont-Huet, 114, rue du Temple, Paris, Dr G. Y.
- Broc de toilette. — On a signalé ici autrefois l’ingénieux principe des bouteilles Thermos. Ces récipients à paroi double, sépai'és par une couche d’air l’aréfié, qui permettent de conserver chaud pour un temps pratiquement illimité le liquide qu’on y verse.
- Le broc « Kirby » arrive au même résultat par un autre procédé, non moins simple d’ailleurs La paroi du vase est également double, l’extérieur étant de cuivre rouge, l’intérieur de métal émaillé; ces deux récipients se trouvent reliés à leur pai’tie supérieure par un anneau de caoutchouc qui forme un joint hermétique. Enti’e ces deux parois est simplement disposée une doublure en amiante qui suffit à ralentir considérablement la déper- Broc de toilette, dition de chaleur. C’est à la fois très simple et très ingénieux. Il va de soi qu’une fois le principe trouvé, la réalisation se prêtait à de multiples usages, brocs à eau chaude, cafetière, chocolatière; suivant la capacité du vase, le liquide s’y maintient chaud de quatre à dix heures. — Se trouve chez Kirby Beard and C°, 5, rue Auber, Paris. (Prix variables suivant la taille, depuis 26 francs). ,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Loupe-boucle spirale. — L’usage de la loupe est nécessaire dans bien des métiers : diamantaires, horlogers, graveurs, dessinateurs, chirurgiens, etc., l’utilisent constamment. Les excursionnistes amateurs de zoologie, botanique ou minéralogie en font aussi grand emploi, tout le monde a donc pu se rendre compte des difficultés de maniement de ce petit instrument : le tenir à la main, c’est immobiliser une main, bien incommodément ; se servi** de ce qu’on appelle « une œillère » en terme d’horloger, est extrêmement fatigant ; les muscles de l’arcade sourcilière, chargés de maintenir sous le sinus frontal un objet relativement pesant, sont soumis à un travail exagéré; de plus ces loupes condensent la vapeur d’eau s’échappant de l’œil; il en résulte fréquemment des accidents du globe oculaire.
- La loupe imaginée par M. Yinay, grâce à un dispositif fort simple, supprime ces inconvénients. Elle est montée sur une boucle spirale, fort légère, en fil d’acier que l’on peut maintenir à l’œil, comme un monocle, sans aucune fatigue. Elle a en outre l’avantage d’être fort peu encombrante, car elle se replie et tient place très aisément dans un étui à lorgnon ordinaire.
- L’appareil est eu vente chez Mathieu, 29, rue de Valois, Paris. Prix : 4 francs.
- Loupe-boucle spirale.
- Mouilleur hygiénique. — Bien souvent, on a signalé combien est antihygiénique le procédé habituel pour fermer les enveloppes et coller les timbres.
- Voici un petit appareil qui nous évitera le contact désagréable et malpropre de tous ces morceaux de papier enduits de colle de provenance douteuse.
- Fig. 1.
- Le mouiller
- 1 ygiemqu
- Fig. 1. — Emploi de l’appareil.
- C’est un petit récipient à forme conique que l’on rem-plit'd’eauet quel’on bouche avec un petit tampon d’éponge restant ainsi constamment imbibé. Le tout se visse sur un tube en cuivre nickelé qui sert démanché. Il suffit de passer le petit tampon humide sur le timbre ou le bord de l’enveloppe. — L’appareil est en vente à la maison Novi, 44. rue d’Enghien et dans les principales papeteries. Prix : 2 francs.
- Nettoyeur « Express » pour couteaux. — C’est un
- appareil rapide pour nettoyer les couteaux rapidement et sans fatigue. Il est d’une remarquable simplicité.
- Mais, sans doute, fallait-il encore y songer. Il se compose de deux disques de cuir, montés sur un étau et que l’on peut faire tourner au moyen d’une manivelle On fixe l’étau sur le bord d’une table par exemple ; on place le couteau entre les deux Nettoyeur pour couteaux. disques et l’on manœuvre
- la manivelle. — L’appareil est vendu chez Renaut, 4 >, boulevard de Strasbourg. Prix : 4 fr> 90.
- Brosse à cheveux pneumatique. — Les brosses à cheveux ordinaires sont bien loin de répondre aux exi-
- gences hygiéniques de la vie moderne. La brosse nouvelle que nous reproduisons ci-contre réalise une amélioration certaine dans cette voie. Elle est fabriquée avec des soies de porc, montées brin par brin au lieu d’être montées par touffes. Ces soies sont plantées sur
- une base en caoutchouc pneumatique et ainsi la brosse acquiert une souplesse qui lui permet de pénétrer aisément les chevelures les plus épaisses, sans pour cela risquer de blesser le cuir chevelu.
- Grâce ; à l’espacement des soies, cette brosse peut très facilement être nettoyée et débarrassée des germes dangereux qui, dans les brosses ordinaires, trouvent un nid presque inaccessible. — L’objet est en vente chez Mathieu, 29, rue de Valois. Prix : 4 îr- 7&-
- Nouveau porte-brosses à dents. — C’est un petit appareil qui permet de disposer commodément verre et brosses à dents, tout en les garantissant de la poussière et des souillures extérieures.
- Il se compose d’une tige munie à son sommet d’un demi-cercle sur lequel on placera le verre renversé.
- Un peu au-dessous, la tige porte un anneau subdivisé pour recevoir une, deux ou trois brosses. La tige peut se fixer au centre d’un petit plateau de verre ou s’adapter à un mur.
- L’appareil est en vente chez M. Renaut, 43,boulevard de Strasbourg, coûte 4 fr. 5o.
- Porte-brosses à dent.
- Porte-crayon extensible. — Vous avez sansTdoute remarqué que chaque fois que vous avez besoin de votre crayon, vous le cherchez en vain, il a disparu ; à tâter vos poches ou à fouiller dans vos papiers, vous avez perdu un temps précieux et, un tant soit peu, prêté à sourire. Le dispositif ingénieux représenté ci-contre pourra éviter à bien des personnes cette perte de temps et cette légère blessure d'amour-propre. Le crayon est placé à poste fixe aux endroits où l’on peut en avoir besoin fréquemment, près d’un appareil téléphonique, par exemple.
- Comme on le voit sur la figure, il est relié par un cordonnet à l’extrémité d’un long ressort à boudin très serré et flexible. Ce ressort à boudin est porté par un petit support que l’on peut visser aisément à l’endroit voulu. Etant donnée la flexibilité du ressort à boudin, on voit que l’on peut se servir du crayon aussi commodément que s’il était complètement libre et qu’on ne risque pas de l’égarer. — L’appareil est vendu chezM. Mathieu, 29, rue de Valois, Paris. Prix : 2 fr. 76
- Boîte de poche à double fond pour poudre de riz.
- — Voici un petit objet élégant et commode qui semble devoir donner satisfaction à la coquetterie des dames. C’est une boîte pour poudre de riz à double fond ; la poudre se met dans la partie inférieure; la houppe se place dans le compartiment supérieur dont la paroi est percée de trous, et ainsi elle ne s’imprègne que de la quantité de poudre strictement nécessaire. — Cette boîte perfectionnée se vend chez Mathieu, 29, rue de Valois. Prix ; 3 fr. 75.
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- YAR1 ÉTÉS
- La longévité des graines. — Peu de questions de physiologie végétale sont aussi controversées que celle de la longévité des graines, car elle exige de longues années ou, tout au moins, l'emploi de matériaux conservés depuis une date bien déterminée, ce qui est un cas fort rare. M. Paul Becquerel vient, sur ce sujet, de publier un travail fort intéressant et qui a l’avantage d’apporter des documents précis. Dans la graineterie du Muséum, il a pu se procurer de nombreux sachets de graines portant la date de leur confection, laquelle remontait jusqu’à 135 ans. Les 5oo espèces de graines ainsi récoltées furent mises à germer sur du coton hydrophile humide et dans une étuve.
- Quatre familles seulement donnèrent des germinations : les Légumineuses (18 espèces sur 90), les nélombiées (3 espèces), les Malvacées ( 1 espèce sur i5), et les Labiées (1 espèce sur i5). Soit, en tout 23 espèces sur 5oo.
- Les plus âgées de ces graines étaient celles des Cassia bicapsularis (87 ans), Cytisus biflorus (84 ans), Stachys nepetoefolia (77 ans), Leucœna leucocephala (71 ans), Trifolium arvense (68 ans), Ervumlens (65 ans), l.avatera pseudo-Olbia (64 ans), Cytisus austriacus (63 ans), Melilotus luteus (53 ans).
- Il est donc démontré pour la première fois, d’une manière vraiment scientifique, que certaines graines peuvent conserver leur vie latente pendant plus de 87 ans.
- Si intéressantes qu’elles soient, les expériences de M. Becquerel ne doivent pas faire oublier les observations où 1 on a constaté la longue conservation des graines dans le sol et qui sont trop nombreuses pour ne pas avoir un fond de vérité. Boisduval, ayant ramassé, dans la Cité, une terre noirâtre qui s’y trouvait depuis des siècles, en vit sortir, au bout de quelque temps, des Joncs, des Mercuriales, des Orties. Brutelette, d’Abbeville, ayant fait creuser un fossé pour assécher une prairie, vit croître sur la terre rejetée une grande quantité d’Aunes, arbres qui n’y poussaient plus depuis deux siècles. Moquin-Tandon rapporte que'lorsqu’on a creusé le canal latéral de Toulouse, les terres rejetées se couvrirent de Polypogon monspeliensie, espèce qui ne se trouve jamais à Toulouse. Salter raconte qu’en 1843, lorsqu’on creusa les chenaux de Poole Harbour, la boue draguée fut accumulée sur les bords et on en vit sortir toutes sortes de plantes qui ne se trouvaient pas dans le voisinage et dont l’une d’elle-même, n appartenait pas à la flore anglaise actuelle. Caille a trouvé, en 1871, sur de la boue ancienne provenant du curage du bassin du jardin botanique de Bordeaux, opéré en i856, un Scyta-minée dont les graines étaient ainsi restées enfouies daus la boue pendant au moins quinze ans.
- De nombreux observateurs ont aussi été frappés de ce fait qu’une sorte de nouvelle végétation apparaît dans les forêts après des incendies et après des coupes, ce qui, sans doute, permet aux graines de se développer. C est ainsi qu’après des coupes, on vit apparaître des Digitales, des Gesses, des Campanules, des Coquelicots, des Séneçons, des Corydales, des Euphorbes, des Ajoncs, qui disparaissaient aussitôt que le bois était monté, pour revenir vingt à trente ans plus tard, lors d’une nouvelle exploitation. Les recherches les plus intéressantes à ce point de vue sont celles de Peter, de
- Gottingen. En creusant sous la mousse des trous de 8, 16 et a5 centimètres dans les forêts dont l’âge et toutes le conditions antérieures lui étaient à peu près connu, ce physiologiste recueillait des échantillons de terre à divers degrés de profondeur. Ensuite il cultivait tous ces échantillons de terre. De ses expériences, Peter conclut que beaucoup de graines séjournent dans la terre et peuvent conserver leur vitalité pendant plus d un demi-siècle.
- Quant aux graines des anciennes sépultures et notamment au « blé de momie », on est fixé depuis longtemps-à leur sujet : c’est par erreur que l’on a cru qu’elles peuvent germer encore de nos jours. Henri Coupin.
- Au Brésil. — M. Doumer, qui a fait l’an dernier un intéressant voyage d’études et de conférences au Brésil, a rapporté divers renseignements qu’il a communiqués à la Société de Statistique et dont il nous semble utile de dire quelques mots.
- Le territoire du Brésil s’est agrandi en ces dernières années par les arbitrages et les négociations ; sa superficie est d’environ 9079000 kilomètres carrés, c’est-à-dire 17 fois celle de la France. La population est de a5 millions d’habitants très inégalement répartis; le plus peuplé des Etats est celui de Minas Geraes avec 4 millions 1/2 d habitants pour une superficie de 574000 kilomètres carrés. Les Portugais qui se sont établis les premiers au Brésil, y sont encore en grand nombre; on y rencontre également des Français, des Allemands, des Polonais, des Espagnols, des Italiens. La race autochtone n’est plus représentée que par de-maigres tribus ; ces sauvages ont conservé leurs mœurs primitives, y compris, dit-on, l’anthropophagie. Les nègres importés d’Afrique sont aujourd’hui 2 millions de sang non mêlé. Les métis sont encore plus nombreux. La race blanche prédomine, comme nombre surtout, dans les Etats du Centre et du Sud où le climat est très favorable à la colonisation européenne. Et, tandis que diminue la race nègre, la race blanche augmente rapidement par l’apport régulier de l’immigration, et surtout par le taux élevé de la natalité qui est de 38 pour 1000. La mortalité est à peu près la même qu’en France, les travaux d’hygiène ayant débarrassé les villes des foyers de fièvre jaune qui avaient valu au Brésil une triste réputation.
- Le Brésil entre à peine dans l’âge industriel ; c’est une nation essentiellement agricole. Il envoie en Europe ses bois d'ébénisterie connus sous le nom de bois des. Iles, son caoutchouc « Para », du café, du cacao, du coton ; la canne à sucre commence à être utilisée surplace par des usines qui se créent. On se livre également à la culture des céréales, à l’élevage du bétail.
- Les richesses minières du Brésil sont incalculables et imparfaitement connues. Pour les mettre en exploitation, le Brésil manque de charbon ; mais, en revanche, il possède la houille blanche en quantités considérables et bien réparties dans toutes les régions de son territoire. On évalue à près de 800 millions de chevaux-vapeur la totalité des forces dont le Brésil peut disposer. Enfin, l’Amazone et ses affluents apportent à eux seuls un total de 20000 kilomètres de voies ouvertes à la grande navigation.
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- Le cataplasme. — Un vieux reste de la thérapeutique passée, et l’on fait hausser les épaules des jeunes docteurs, quand on parle de cet appareil antédiluvien. En dépit des fanatiques de l’antisepsie, le cataplasme est encore en usage dans maints endroits et quand on le prépare dans de bonnes conditions de propreté, avec des produits qui ne sont ni sales ni fermentés, quand il ne doit pas s’appliquer sur des plaies à vif, il ne mérite pas la réprobation dont on le couvre partout. Le Dr Sa-
- bouraud lui reconnaît de grands avantages pour combattre certaines affections aiguës de la peau telles que les inflammations érythémateuses provoquées par certains médicaments, les eczémas localisés, lès dermites, les brûlures par des agents caustiques. Dans les lésions de cet ordre, le cataplasme froid est bien supérieur aux compresses humides. Les dernières sont, dira-t-on, très aseptiques; mais rien n’empêche de préparer un cataplasme également aseptique ; quand l’eau de préparation.
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- la pâte qui entre dans sa substance ont bouilli un quart d’heure; quand le vase où se fera la préparation aura été bien nettoyé, purifié, le cataplasme n’est pas moins aseptique qu’une compresse bouillie ; le tout est de le remplacer avant fermentation. C’est donc un excellent émollient et on obtient aujourd’hui avec des produits à base de cellulose des cataplasmes très propres. Chauds, ils agissent comme un calmant des douleurs inflammatoires ; froids ils absorbent la chaleur, diminuent la congestion et soulagent le malade. Comme le dit M. Sabou-raud, ne craignez pas d’être traité de rétrograde pour avoir usé de vieux moyens et essayez des cataplasmes, quand il y a lieu.
- Pour obtenir un bon résultat de l’application d’un cataplasme, encore faut-il savoir le faire? et c’est par ce côté que le cataplasme moderne doit différer du cataplasme des vieux temps. Celui-là, je le concède, était le réceptacle de tous les microbes; je me rappelle mes débuts dans les hôpitaux où l’on préparait en bloc des caplasmes, tirant la pâte d’une chaudière où elle mijotait depuis le matin et était renouvelée sans un nettoyage quotidien de la bassine. Et sur quels linges 1 étendait-on ? Ce cataplasme-là, il n’en faut plus jamais. Mais voyez comment M. Sabouraud conseille de le préparer : voici la formule qu’il donne dans la Clinique ; il s’agit de la préparation d’un cataplasme de fécule destiné à être posé froid. On fait bouillir deux grands verres d’eau dans une casserole ; pendant qu elle bout, on délaie dans un autre vase et parfaitement bien, une cuillerée à soupe
- de fécule de pommes de terre dans trois cuillerées d’eau tiède. Quand l’eau de la casserole sera en pleine ébullition, retirez le récipient du feu et dès que l’ébullition cesse, versez-y d’un seul coup le contenu du petit vase en agitant. Si vous avez réussi, vous verrez sous vos yeux se produire un singulier phénomène d’hydratation ; la petite quantité de fécule, projetée dans cette grande quantité d’eau la solidifiera en gelée, si vite que les rides mêmes de l’eau auront fait prise et se seront solidifiées dans leur forme. C’est avec cette gelée que vous confectionnez votre cataplasme; un linge très fin, plutôt que de la gaze qui laisse transsuder la gelée, servira d’enveloppe, après avoir été bien bouilli et pressé. Pour étaler la pâte, servez-vous d’une plaque de verre nettoyée à l’eau savonneuse et à l’alcool, sur laquelle vous posez le linge où vous versez la quantité de gelée nécessaire pour avoir une épaisseur de la moitié d’un doigt et vous repliez le linge. Voulez-vous le cataplasme chaud, vous n’avez qu’à verser la gelée dès qu’elle est sortie du feu; le voulez-vous froid, attendez qu’elle soit prise et refroidie. Ainsi préparé le cataplasme n’a plus rien de commun avec celui que préparaient les matrones du vieux temps; ce n est pas l’asepsie idéale, mais c’est aussi bien que les compresses. Inutile d’ajouter, je pense, que le préparateur devra avoir les mains d’une propreté parfaite.
- Contre les affections que je citais plus haut, le cataplasme de fécule est d’une action très efficace ; il demande à être remplacé toutes les deux heures pour ne pas sécher et coller à la peau. D’ A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Alliages inattaquables aux acides à froid ou à chaud. — M. Jouve, dans une récente communication à la Société des Ingénieurs civils de France,a étudié l’emploi des alliages dits « Métillures », pour la construction de tous appareils destinés à la préparation, distillation ou concentration des acides. Les métillures sont des combinaisons de fer avec du silicium, et en proportions variables suivant chaque cas. Les caractères physiques des métaux ainsi obtenus sont à peu près ceux de la fonte, la température de fusion est de i5oo°; ils sont coulés, leur dureté est beaucoup plus grande que celle de la fonte blanche et leur fragilité lui est comparable. Pour la manipulation, des acides, là où la fonte est mise hors de service au bout de 48 heures, les métillures résistent plusieurs mois. Divers appareils pour l’acide sulfurique et l’acide nitrique, mis en service en igo3, subsistent encore. C’est dire tout l’intérêt de ces composés pour l’industrie des acides. Le prix de vente n’en dépasse pas 200 fr. les 100 kg.
- Pour protéger contre la rouille les objets en fer et acier. — La Revue de Chimie Industrielle indique le
- procédé suivant:
- Faites une dissolution de :
- Eau............. 4 parties
- Chlorure de fer en cristaux . 2 —
- Chlorure d’antimoine .... 2 —
- Tanin...................... 1 —
- Appliquez avec une éponge ou un chiffon et laissez sécher.
- Donnez une seconde couche et même une troisième et quatrième si c’est nécessaire, pour obtenir sur le métal une teinte foncée. On laisse alors sécher, puis on lave à l’eau et on polit avec une goutte d'huile de lin et un chiffon de laine.
- La solution d’antimoine doit être aussi neutre que possible.
- Il se forme, à la surface de l’acier ou du fer, une couche noire, dure et résistante,entièrement inattaquable à la rouille et qui résiste pendant longtemps à l’usure et à l’humidité.
- Pose du linoléum sur les parquets. — Il faut se défier des linoléums qui sont collés sur les planchers ; cette adhérence intime empêche complètement l’air d’arriver au plancher, qui peut dès lors être attaqué par ce qu’on nomme la pourriture sèche du bois.
- Aciérage ou trempe du fer. -
- composée de :
- Sulfate de cuivre............
- Prussiate de potasse.........
- Borax........................
- Chlorure de sodium (solution
- aqueuse)...................
- Huile de lin.................
- Faire une solution
- 28 grammes 28 —
- 28 —
- 56 cendl.
- 4 litres 1/2.
- Porter le fer à la température voulue et le plonger dans cette solution.
- La préparation du silicate de soude cristallisé. --
- Jusqu’ici, le silicate de soude cristalisé Si03Nas, 8H20 était considéré comme une curiosité de laboratoire par suite des difficultés inhérentes à sa préparation. Un auteur, M. Jordis, vient d’indiquer le moyen de l’obtenir très facilement en grande quantité. Il suffit de dissoudre le sable ou le quartz finement pulvérisé dans une lessive de soude ou de carbonate de soude, à une douce chaleur et de faire cristalliser la masse en présence d’un excès d’alcali. Si l’on avait employé un trop grand excès de carbonate de soude, celui-ci se dépose à chaud pendant la concentration, et le silicate de soude cristallise par le refroidissement. Les cristaux obtenus sont entièrement solubles dans l’eau, mais, avec le temps, ils s’altèrent, même en flacon fermé, sous l’influence du gaz carbonique et deviennent en partie insolubles.
- Le tabac et les fleurs. — Voici une curieuse expérience, dont l’essai amusera certainement nos lecteurs et qui est très facile à réaliser. On sait que la cendre des cigarettes est alcaline : si on la dépose sur une fleur rouge, on obtient une couleur verte ou bleue à l’endroit qu'on a touché; on peut ainsi fabriquer des fleurs étranges. On applique ainsi la couleur jaune sur les roses blanches, les lys,etc., la couleur noire sur les fleurs de fraisier, la couleur bleue Sur les ancolies, les mauves, les pelargoniums, la couleur verte sur les géraniums, hortensias, pervenches sauvages, roses, sauges, trèfles et violettes. Si on suspend avec de la cire au fond d’un bocal, une fleur de pélargonium ainsi touchée par la cendre de cigarette, et si on couvre de ce bocal renversé une assiette contenant un peu d’alcali volatil ou ammoniaque, après une demi-heure on obtient une coloration bleue avec points jaunes et rouges.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Machine à badigeonner « Fix » : M. Frédéric Albin Lœbel, 26, rue Cadet, Paris.
- Renseignements. — M. R.,k Mézières. — Les deux ouvrages auxquels vous faites allusion sont ceux deJ.Bour-goin, Grammaire élémentaire de l ornement (Paris, Dela-grave) et la Graphique (idem). Ce sont, en effet, des livres excellents et de très grande valeur, que vous pouvez mettre aux mains d’un débutant dans les études de décoration, et que vous lirez aussi avec intérêt; ils condensent d’ailleurs le cours d’histoire et de théorie de l’ornement que Bourgoin faisait à l’Ecole des Beaux-Arts.
- M. Vincent, à Verchamps. — L’adresse de la turbine Molénat a été précédemment, donnée : 66, rue Ramus, Paris.
- M. II. C. Saver, à Marseille. — Nous ne voyons pas à qui vous pourriez vendre des peaux de caïmans ; vous pourriez en tout cas écrire aux diverses adresses que vous trouverez dans le Bottin.(marchands de Peaux, etc.)
- M. E. Ducoux, à la Martinique. — Méthodes officielles d’analyse des substances alimentaires, voyez Ch. Girard, Analyse des matières alimentaires, Paris, 1904, ou Traité d’Hygiène de Brouardel, fascicule IV (Hygiène
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- alimentaire), Paris, J.-B. Baillière, 17, rue Haute-feuille, 1906 (prix : 6 francs), ou Pellerin. Guide pratique de l’expert chimiste en denrées alimentaires, à Malzeville (M.-et-M,), institut de recherches chimiques et industrielles, 1906.
- M. Drouault, à Rueil. — Votre projet de canalisations pour les fumées n’est évidemment pas irréalisable, on ne peut songer à des canalisations aériennes ; mais il ne serait pas impossible d’organiser des conduites souterraines où de fortes machines aspirantes assureraient le tirage. La seule difficulté est la dépense ; mais elle serait formidable.
- M. Ch. B., Cannes. — Nous ne comprenons pas très bien votre question. Veuillez nous préciser ce que vous entendez par bouteilles en verre blanc, donnant dans l’obscurité la plus grande quantité possible de lumière.
- Question à nos lecteurs. — M. Taillefer, médecin à Châteauneuf (Eure-et-Loir), nous écrit que, vers 1860, un nommé Pic du Gers, donnait des séances dans les lycées et collèges pour faire connaître une méthode mnémotechnique de son invention permettant de retenir facilement les principales dates de l’histoire et les grandes inventions. Pour chaque date il construisait un alexandrin dont les trois dernières consonnes formaient un nombre de trois chiffres répondant à la date, chaque chiffre, de o à 9, étant représenté par une consonne. M. Taillefer serait très reconnaissant à celui qui possédant un exemplaire de cette méthode, pourrait le lui communiquer. — Adresser les réponses soit directement au Dr Taillefer, soit à la rédaction de La Nature.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- Peut-on blanchir les nègres : Y. Forbin. — La houille blanche en Provence: P. G. — Chronique. — Les insectes et les fleurs: E. GadeceAu. — Projections automatiques: G. Ciiaemarès. — La question du camphre : A. Detoeuf. — Académie des sciences ; séance du 24 février 1908 : Ch. de Vieledeuie. — Une nouvelle « maehine-marchante » : G. Durand.
- Supplément. — La comète 1907 a et la comète d’Encke. — Un nouveau parleur. — Pour la conquête de l’air, — Désastre de Mononga aux Etats-Unis. — La production minérale en 1906.— Réduction du Vésuve. — Papillons de luxe, etc. — Perturbations d’Uranus et de Neptune. — Contre les brûlures. — Goutte moderne.
- Philosophie zoologique, ou exposé des considérations relatives à l’histoire naturelle des animaux, par Jean Lamarck. Paris, Schleicher frères. 1 vol. in-8° de xlii-4i6 pages. Prix : 2 francs.
- Nous n’avons pas à insister sur la valeur ni sur la portée du livre de Lamarck que cette réédition met maintenant à la portée de tous. On a d’ailleurs ici même essayé de mettre en relief ce qui fait l’originalité de Lamarck et justifie son influence, si tardive, mais si grande (La Nature, n° 1801, 3o novembre 1907, p. 417) * La table des chapitres de la Philosophie zoologique suffira donc à montrer l’intérêt particulier de ce livre : Les parties de l’art dans les productions de la nature ; importance de la considération des rapports ; de l’espèce parmi les corps vivants et de l’idée que nous devons attacher à ce mot ; généralité sur les animaux; sur l’état actuel de la distribution et de la classification des animaux ; dégradation et simplification de l’organisation d’une extrémité à l’autre de la chaîne animale, en procédant du plus composé vers le plus simple,; de l’influence des circonstances sur les actions et les habitudes des animaux, et de celle des actions et des habitudes de ces corps vivants, comme causes qui modifient leur organisation et leurs parties;; de l’ordre naturel des animaux et de la disposition qu’il faut donner à leur disposition générale pour la rendre conforme à l’ordre même de la nature.
- Darwinismus und Lamarckismus, par le Dr August Pauly. In-8°, 336 p. et i3 fig. Munich, E. Reinhardt, 1905. Prix : 10 francs.
- Comme suite au précédent livre, rappelons ce volume dont une traduction française serait bien désirable. L’auteur discute les deux théories célèbres et cherche à montrer que ni l’une ni l’autre n’est encore définitive. Mais il rend nettement hommage et préférence à Lamarck « cet homme génial, si longtemps méconnu ».
- Le partage de l'Océanie, par H. Russier. Paris. Yuibert et Nony. 1 vol. in-8° xi-370 p. Prix: 7 fr. 5o.
- On sait combien les faits qui se sont produits dans ces ti'ente dernières années paraissent démontrer ce que M. Russier appelle la tendance à faire du Pacifique le centre véritable de la politique internationale. On trouvera dans cet ouvrage, qui constitue en France une véritable nouveauté, tous les renseignements que ces grandes conjonctures peuvent faire désirer. L’auteur y étudie, en effet, systématiquement et avec une documentation excellente et qui semble très complète : i° les conditions géographiques de la vie humaine en Océanie (Australie et Malaisie résolument mises à pai't) ; 20 le partage politique ; 3° la mise en valeur. C’est, en plus d’un chapitre d’histoire fort intéressant, un bon exemple de ce que l’on a appelé l’économie coloniale.
- Topographie d’exploration, par le général Berthaut. Cahiers du service géographique de l'armée, n° 27. Paris 1907, in-8°, 100 p. et pl.
- Instructions sommaires, mais précises autant que précieuses pour les opérations géodésiques et topographiques en explorations (le point ; les levés d’itiné-néraire.; la longitude ; les perspectives photographiques, etc).
- Science et apologétique, par A. de Lapparent. Paris. Bloud et Gie, 1908, 1 vol. in-16. Prix: 3 fr. 5o.
- Dans ce recueil de conférences, faites par l’éminent auteur des beaux traités de géologie, géographie
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- BIBLIOGRAPHIE
- physique, minéralogie, à l’Institut catholique de Paris, M. de Lapparent x'etrace, avec sa clairvoyance de savant et dans l’habituelle limpidité de sa forme, l’histoire de la plupart des grandes recherches qui ont passionné et passionnent encore les meilleurs esprits : conceptions de la géométrie, science des nombres et mécanique, sciences d’observations, ordre et harmonie du monde, principe de la moindre action, notions d’origine et de fin, évolution des doctrines scientifiques, etc. Ces tableaux, larges et précis à la fois, sont accompagnés d’un commentaire philosophique et critique plein d’intérêt.
- Geographische Studien, par le professeur J. Günti-ier, in-8°, 172 p. Stuttgart, Strecker-et Schroder, 1907.
- On trouvera dans cet ouvrage un chapitre sur le problème d’acoustique géographique si mystérieux des Mistpoëffers ou détonations atmosphériques. Il y est question aussi des rochers et des sables musicaux.— L expédition allemande antarctique, et des notices sur les tremblements de terre, sur Edouard Richter et sur F. de Reckhofen complètent l’ouvrage.
- Utilisation des débris des animaux et déchets de la boucherie, par R. LezxL Paris. Ch. Amat, 1908. 1 vol. in-12. Prix : 3 francs.
- Utilisation du sang, utilisation des peaux ; laine et peaux de moutons. Soies de porc, os, colles et gélatines, graisses et margarine. Déchets divers : boyau-derie.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN HILLIMÈTItES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 lév. 1908. . 4°, 6 W. N. W. 4. Nuageux. 5,1 Très nuageux ; pluie et grésil à diverses reprises.
- Mardi 25 5°, 6 N. N. W. 4. Couvert. 5,3 Couvert; averse à 4 h.; pluie dans la soirée.
- Mercredi 26 5°,0 N. N. W. 5. Couvert. 2,4 Couvert; pluie après 21 h.
- Jeudi 27 7°,1 N. W. 2. Couvert. 4,1 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- Vendredi 28 . . . . . 4°,0 W. S. W. 3. Couvert. 2,3 Très nuageux; pluie ou gouttes entre 10 h. et 17 h.
- Samedi 29 1°,5 S. W. 3. Couvert. 0,3 Gelée blanche ; très nuageux ; neige de 8 h. 40 à 9 h.
- Dimanche 1" mars. . 0°.2 W. S. W. 3. Neige. 0.6 Très nuageux ; neige à diverses reprises.
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- FÉVRIER-MARS 1908.— SEMAINE DU LUNDI 24 FÉVRIER AU DI MANCHE 1“ MARS 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 24 février au Ier mars. — Le 24. Profonde dépression sur l’O. et le Centre de l’Europe (Scandinavie, Autriche, Italie) : Biarritz, 769 mm; Skudesness, 763. Pluies générales ; en France : Limoges, 16 mm; Clermont-Ferrand, 12; Belfort, 11; Bordeaux, 9, Paris, 2. Température du matin : Moscou, —170; Paris, 5; Perpignan, 14 ; Puy de Dôme, — 3; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 5°,i (normale : 4°)- — Le 2S. Dépression sur l’Islande : Seydisfjord, 752. Mer mauvaise sur toutes nos côtes. Pluies générales; en France : Biarritz, i3; Clermont-Ferrand, Charleville, 7; Paris, 5. Bordeaux, 4- Temp. du matin : Arkangel, —19; Paris, 6; Alger, 11 ; Puy de Dôme, —4; Pic du Midi, — 14 ; moyenne à Paris : 6°,2 (normale : 4°>1)- — Le 26. Basses pressions de l’Islande à la Méditerranée, entre deux aires de fortes pressions sur l’O. et le N.-O. de l’Europe : Brest, 770; Seydisfjord, 741. Pluies sur l’O. et le N. de l’Europe; en France : Clermont-Ferrand, Biarritz, x3; Dunkerque, 7; Paris, 3. Temp. du matin : Uleaboi;g, — 21 ; Paris, 5; Alger, 13 ; Puy de Dôme, — 5 ; Pic du Midi, —14: moyenne à Paris : Haparanda, —12; Paris, 7; Alger, 10; Puy de Dôme, —3 ; moyenne à Paris : 5°,3 (normale : 4°>2)- — Le 27. Nouvelle dépression sur le N.-O. : Islande, 73o; Stornoway, 740; Dun-
- kerque, 756. Pluies sur toute l’Europe; en France : Calais, 9 ; Biarritz, Limoges, 8 ; Nancy, 5 ; Paris, 4-Temp. du matin : Haparanda, —12; Paris,' 7; Alger, 10; Puy de Dôme, —3; moyenne à Paris : 6°,9 (normale : 4°,3). — Le 28. Minimum sur l’Ecosse, 729 (Stornoway) N.-E. de la Russie et Espagne, supérieures à 765 (Lisbonne, 771). Pluies et neiges sur l’O. et le N. de l’Europe; en France : Biarritz, 11 ; Dunkerque, 7; Belfort, 5 ; Brest, 4; Paris, 3. Temp. du matin : Arkangel, — 9; Paris, 4; Alger, x3 ; Puy de Dôme, —3; Pic du Midi, — 11 ; moyenne à Paris : 4°>3 (normale : 4°>4)-
- — Le 29. Centre de dépression sur la mer du Nord : Yarmouth, 738; Nantes, Nice, 75o. Pluies générales sur 10. et ie N.; en France : Limoges, 14; Besançon, 11; Toulouse, Brest, 8; Paris, 2. Temp. du matin : Moscou, — i5; Paris, 2; Alger, 14; moyenne à Paris : 20 (normale : 4°>4)- — Le Ier mars. Deux centres de dépression sur 10. : Calais, 741; Baltique, 743; Islande (Seydisfjord), 772. Neige, grêle, pluies presque générales; en France : Besauçon, i3; Boi’deaux, 10; Cherbourg, 5 ; Brest, 3; Paris, 1. Temp. du matin : Moscou,
- — i5 ; Paris, o; Malte, i3 ; Puy de Dôme, ,— 7; Pic du Midi, — 17; moyenne à Paris : o°,6 (normale : 4°>5). — Phases de la Lune : D. Q. le 25, à 3 h. 3 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- L. DE LAUNAY
- DIRECTION
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, "Paris (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1816 — 14 MARS 1908
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Sur fazoture d’aluminium. — Un auteur allemand, M. Fichier, a pu réaliser la combinaison de l’aluminium à l’azote par simple chauffage du métal à l’air ; pour cela, on mélauge dans un creuset recouvert 3a gr. de bronze d’aluipinium et 1 gr. 5 de noir de fumée et l’on chauffe à haute température. On découvre alors le creuset et on peut observer une flamme qui parcourt toute la surface du métal. La partie supérieure du creuset est alors recouverte de petites aiguilles d’alumine au-dessous desquelles se trouve une masse cristalline d’un bleu grisâtre très riche en azoture. On peut encore obtenir cet azoture dans un état de pureté beaucoup plus grand en effectuant la combinaison directe dans un tube de nickel ; on y chauffe l’aluminium dans un courant d’azote à 720-740°. L’azoture enveloppe le métal et le préserve de l’action ultérieure de l’azote ; on pulvérise le produit brut obtenu et on continue l’action de l’azote. On a ainsi un produit pur correspondant à la formule Al N, constituant une poudre gris-bleuâtre sans apparence cristalline, lentement décomposable à l’air humide, decomposable aussi par l’oxygène en alumine et azote.
- Télégraphie sans fil en Allemagne. — Un système de télégraphie sans fil militaire réduit à sa plus simple expression vient d’être établi spécialement au point de vue des opérations militaires par une société de Berlin. Les antennes de l’appareil qui ont 15 mètres sont démontables en 8 parties de i,85, toutes munies de leurs accessoires, contrepoids, isolateurs. Le poids total de l’appareil est de 200 kilogrammes, y compris le générateur d’énergie, et ce système de transmission est mû par des pédales faisant actionner une dynamo chargée d’accumuler l’énergie des appareils récepteurs et transmetteurs La portée est de 5o kilomètres. L’appareil peut être transporté sur un chariot à 2 chevaux et ne nécessite que 8 hommes de troupes. En 20 minutes, la station est montée.
- Les stations hydro-électriques de Carinthie. —
- Le gouvernement autrichien vient de concéder l’utilisation des forces hydrauliques que peut fournir le lac de Millstatt. On commencerait par diriger sur ce lac, pour le transformer en réservoir, les eaux des rivières Lieser et Moll, toutes deux tributaires de la rivière Drave. Puis le lac enverra ses eaux, sous la forme d’une chute de 83 mètres, dans une station de force motrice qui sera installée dans la vallée de la Drave. On utilisera également deux chutes sur le cours même de la Lieser, l’une de 18 mètres, l’autre de 106 mètres. On aura donc trois stations génératrices ; mais la plus importante sera celle de la Drave, qui disposera de 4>- groupes de turbines, commandant autant de génératrices ; chacun sera de 5ooo chevaux, et deux serviront simplement de réserve. On pourra tirer respectivement 2000 «t 18000 chevaux des deux autres stations; elles ne seront pas toutefois mises immédiatement en service,
- sauf la plus petite, qui viendra seconder la station principale durant les périodes d’étiage. Le courant engendré est déjà retenu en grande partie par les chemins de fer de l’Etat et par des industriels.
- Donation à l’Institut. — Le prince Roland Bonaparte vient de donner à l’Académie des Sciences, dont il est membre, l’exemple d’une générosité dont le caractère pratique mériterait d’être toujours observé et qui sera particulièrement applaudi des travailleurs : Le prince « estime que, au lieu d’instituer de nouveaux prix il importe plus encore de permettre à de bons travaux de naître, en écartant les obstacles qui peuvent paralyser la bonne volonté des chercheurs, et dont le principal est en général la question budgétaire ». C’est dans cette pensée qu’il met à la disposition de l’Académie « une somme de 100000 fr., non à titre de capital, mais sous forme d’un petit nombre d’annuités », destinées à être rapidement employées non pas comme « récompense pour des travaux déjà exécutés, quel qu’en puisse être le mérite, mais pour provoquer des découvertes en facilitant les recherches des travailleurs ayant déjà fait leurs preuves en des travaux originaux, et qui manqueraient de ressources suffisantes pour entreprendre ou poursuivre leurs investigations ».Onne saurait mieux dire, ni mieux faire. Séance tenante, le 2 mars 1908, l’Académie a fixé les conditions auxquelles seront soumises les attributions de ces libéralités. Les demandes de subvention peuvent être présentées soit directement, soit par l’intermédiaire d’un membre de l’Académie ; elles devront être adressées chaque année, avant le ior janvier; mais, par exception, pour 1908, avant le i*r mai. Les bénéficiaires de subventions devront adresser, dans les douze mois, un rapport succinct, sur l’emploi des fonds mis à leur disposition et sur les résultats qu’ils ont obtenus. Tout bénéficiaire qui n’aurait pas fourni ce rapport dans le délai imparti sera exclu du droit de recevoir de nouvelles subventions. La primeur des découvertes, sous quelque forme que ce soit, sera réservée à l’Académie. La non-observation de cette clause entraînera aussi pour l’auteur la perte du droit de recevoir de nouvelles subventions.
- Postes d’étude français à l’Observatoire du Mont-Rose. — Nous avons décrit aux nos 1668 (i3 mai igoSi et 1786(17 août 1907), le laboratoii'e international du col d’Olen au Mont-Rose. A la séance du 2 mars de l’Académie des sciences, a été communiquée une lettre de M. le ministre de l’Instruction publique, relative aux postes d’étude que son département a acquis pour la France en cet établissement. L’ouverture définitive du laboratoire est fixée à fin juin ; le ministre indique les conditions fixées pour la jouissance de ces postes et prie l’Académie de donner son avis relativement au choix des titulaires. Les candidatures doivent être adressées à l’Académie.
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- INFORMATIONS
- L’importation en France des pommes à cidre espagnoles. — Cette importation a eu une assez grande importance l’année dex'nièi'e (1907) par suite du déficit très marqué de la x'écolte des pommes dans nos provinces cidrières. Toutefois, les chiffres exacts manquent encore. Ce n’est pas la première fois que le phénomène se produit : pendant ces quinze dei'nières années nos fabricants'de cidre ont dû cinq fois importer des pommes espagnoles, en 1893, 1897, 1898, 1899, igo3. D’ailleurs, les deux seules importations remarquables sont celles de 1097 (35g6 tonnes, 431479 francs) et de 1903 (6558 tonnes, 786936 francs). Il semble douteux que les chiffres de 1907 soient si élevés.
- Consommation de la banane en France. — Nous trouvons dans le bulletin de la Société d’Acclimatation d’utiles renseignements réunis sur ce sujet par M. De-breuil.La banane est connue depuis très longtemps en France, mais les pi'emiers envois sérieux datent seulement d’après 1886. D’ailleurs, même en 1890,1a consommation, à Pai'is, était presquenulle : 1000régimes par an (ofr.40 à o fr. 5o pièce). Mais elle ne tai'da pas à croître rapidement. En 1895, de 5ooo à 6000 régimes par an (o fr. 25 à o fr. 3o). En 1900, 17000 ou 18000 l'égimes (o fr. 20 à o fr. 25). Actuellement, 70000 à jÜooo régimes par an, (o fr. 10 et o fr. i5). Pour représenter la consommation totale, il faut ajouter Marseille et la côte méditerranéenne (200000 régimes) ce qui fait un chiffre annuel maximum de 3oo 000 régimes. Ce chiffre, qui semble élevé, est encore en réalité très bas, si on le compare avec ceux des pays voisins : Allemagne 700 000 à 800 000 régimes par an; Grande-Bretagne 4000000 de l'égimes par an.
- Le tirant d’eau à venir des navires de guerre. —
- 11 se produit en ce moment des travaux fort intéressants en Angleterre, sur le Forth : il s’agit particulièi’ement d’établir en ce point une base navale susceptible de recevoir 112 bateaux de guex're. Or, pour construire les fondations des bassins, on a commencé de descendre un caisson cylindi'ique afin de s’assurer de la consistance du sol; ce caisson est déjà par 27 mètres et plus de profondeur ; mais on va le descendre encore de 4 m. 5o au moyen d’un excavateur à vapeur agissant sur une pelle mécanique. En fait, on tient à constater la présence de l’argile jusqu’à plus de 32 mètres, car on pense bien que des approfondissements des bassins seront nécessaires dans l’avenir ; et c’est dans ce but qu’on veut descendre les fondations des murs de quais ou des murs d’écluses, de façon que les bateaux de demain ou d’après-demain puissent toujours trouver, meme à marée basse, une profondeur, un tirant d’eau d’au moins i5 mètres.
- Le coût d’une grève. — Puisqu’on parle d’une grève générale des mécaniciens en Angleterre, il n’est pas sans intérêt de rappeler ce que coûta à ce même coi'ps de métier la grève de 1897, qui ne dura que trente semaines, et se termina par la défaite des ouvriers, qui l'éclamaient « la semaine de 48 heures de travail ». Le syndicat ouvrier disposait de i8 5ooooo francs (fonds de l'éserve, souscriptions, etc.) qui furent épuisés presque totalement au cours de la grève en distribution de secours. Les salaires correspondant aux tx*ente semaines de chômage représentaient une somme de 5o millions de francs. Les auti'es corps de métier rendus inactifs du fait de la grève perdirent en salaires 25 millions. Soit, pour le prolétariat anglais, une perte globale de g3 millions de francs. Les compagnies et patrons intéressés subirent des pertes plus considérables encore. Si bien que cette grève de trente semaines ne coûta pas moins de 25ooooooo francs à la Grande-Bretagne, et sans apporter le moindre avantage aux mécaniciens.
- Platine en Californie. — Il arrive assez fréquemment que des sables aurifères renferment aussi du platine : les deux métaux s’étant concentx'és ensemble, dans une sorte de préparation mécanique naturelle, parce qu’ils sont lourds Fun et l’autre. C’est le cas général dans l’Oural. Cela se produit aussi à Bornéo, au Brésil, etc. On constate le même fait en Californie dans les dragages du Sacx'amento, dans les sables de la mine Blue-Point, etc.
- Moraines lacustres. — Certains lacs de l’Oural près d Ekaterinenbourg offrent un phénomène dont les conséquences peuvent être intéressantes à noter pour les géologues. Il s’y forme en hiver une croûte de glace dépas-
- sant 1 mètre de puissance. A la fonte des neiges, celte croûte de glace se détache sur les bords, commence à s’élever avec la crue de l’eau et flotte sous la poussée des vents, soit en une masse, soit en plusieurs blocs. Il arrive alors que ces blocs de glace montent sur la rive, dans le sens des vents dominants, en y formant des amas considérables.Puis,quand la glace fond,tous les fragments de roche qu’elle avait apportés, restent sur la rive, et y constituent une véritable ceinture morainique. Que le niveau moyen du lac s’abaisse et une telle ceintui'e morainique, remontant à une époque récente, peut apparaître dans des conditions au premier abord inexplicables, à plusieui's mètres au-dessus des eaux.
- La locomotion meurtrière à Paris. — Les divers véhicules qui circulent dans Pai'is tuent chaque année un nombre de personnes, qui s’accroît avec une rapidité désolante, mais facilement compréhensible, depuis que nos rues ressemblent à des voies de chemins de fer parcourues à toutes vitesses par toutes soi'tes d’engins mécaniques. En 1902, le nombre des morts avait été de 122 pour 194306 véhicules divers; en 1907, il a été de 223 pour 221643 véhicules. Dans l’intervalle, on avait eu : 134 morts en 1903, 127 en 1904, 149 en iffoS, 181 en 1906. La progression est donc évidente. Voici la décomposition pour 1907 : 2 314 tramways ont tué 85 personnes; 11841 automobiles et motocyclettes 46 morts; 42443 voitures et omnibus à chevaux, 88 ; 164 99^ bicyclettes, 5 ; 98 autobus, 9 victimes. On remarquera le faible chiffre des morts causées par les bicyclettes.il est vrai qu’on ne compte pas à leur actif les bicyclistes tués par la i'en-contre d’un autre véhicule. Par contre, les autobus tiennent un recôi'd. Au taux actuel, chacun d’eux est destiné à tuer son homme en dix ans ; il en faudrait 3o pour un tramway et 5oo pour une voiture à chevaux.
- L’Industrie laitière en République Argentine. —
- D’apx'ès un l'apport du Consul de France à Rosario, signalé dans Y Industrie laitière, l’industi'ie du lait vient au premier rang des industries dérivées de l’élevage qui se sont le plus développées pendant ces dernières années dans la République Argentine. En 1905, la quantité de lait introduite dans les crémeries s’est élevée à 201 575636 litres, dont 174042638 pour la production de crème et 22 417 719 litres pour la fabrication de fromages. — Les beurreries ont produit 88a3ooo kilogrammes de beurre, ce qui représente l’emploi de 252 000000 litres de lait (y compris les 174042.638 litres de lait déjà cités). — La moyenne du rendement pendant l’année a été de 7,4 pour 100 en crème et de 8 pour 100 en fromage. En 1903, elle s’était élevée respectivement à 7,3 pour 100 et 9,6 pour 100. — Les fromageries ont produit 1 948537 kilogrammes de fromages de différentes qualités (tandis qu'il en était importé de l’étranger 3313343 kilogrammes). — Enfin le nombre d’établissements de ci'èmei'ie,beuri'eries,fromageries,etc.,se répartit comme suit : crémeries, 282; beuri-eries, 26; fromageries, 78; mixtes, 40; soit, au total, 426 établissements.
- La superficie de l’inlandsis du Groenland. — D’après la Géographie, Y Inlandsis qui recouvre la plus grande partie de cette terre arctique et qui est le plus vaste glacier de l’hémisphère nord occupe une superficie de 1 848000 km2, soit près de trois fois et demie la surface de la France. M. H. Pi'ytz donne au Grônland tout entier une étendue de 2143 000 km2.
- La sériciculture en France (1907). — D’après le Journal officiel, en 1907, 124463 sériciculteurs ont mis en incubation 188 3oo onces de gi’aines, qui ont produit 8386201 kilogrammes de cocons frais (44 kilogr. 57 de cocons par once). Le prix de vente du kilogramme de cocon de race française pour filage a varié de 3 fr. 12 à 4 fr. 32 cent.
- Les fouilles de Milet. — A la séance du 21 février de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, M. Haussoullier, au nom de M. Th. Wiegand, des musées royaux de Berlin,aprésenté l’ouvrage décrivant lesfouilles et rechei'ches exécutés à Milet depuis 1899. Le palais du Conseil, houleuterion, a pu fournir une restitution à peu près certaine : de la salle des séances qui, en forme, de petit théâtre, était creusée dans le roc, avec gradins en marbre ; en avant une cour avec poi'tique et propylée. Cette salle pouvait contenir i5oo personnes. Deux in-sci'iptions font connaître que l’édifice date de l’an 175 avant J.-C. et donnent les noms des consti'ucteurs.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Automobilisme -c*
- Roue élastique « Charless ». — Le prix élevé du caoutchouc, l’usure rapide qu’éprouvent dans les véhicules automobiles les bandages faits de cette matière ont contribué puissamment à pousser les inventeurs vers la recherche de roues élastiques, susceptibles de jouer le même rôle que les roues à caoutchouc, mais à moins de frais.
- De nombreuses roues ont été imaginées dans ce but : la roue « Charless » en est une, elle présente un caractère fort original : c’est une roue à élasticité par le moyeu.
- Ce moyeu comprend deux parties : l’une A extérieure, mobile avec la roue, l’autre B intérieure, fixe par rapport à la première et pourvue d’une ouverture allongée, au travers de laquelle passe le bout d’essieu C.
- Fig. 1.
- Une roue vue de face.
- Fig. 2
- Coupe transversale.
- Le bout d’essieu prend son point d’appui, par l’intermédiaire d’un jeu de ressorts, sur la partie fixe du moyeu ; l’ouverture allongée permet son déplacement perpendiculairement au sol et réciproquement celui de la roue par rapport à l’essieu.
- La ligure i montre une vue de face d’une roue de camion (charge 2600 kg par roue). La figure 2 est une coupe transversale correspondante.
- La pièce A mobile avec la roue sert à l’assemblage des rais montés suivant les procédés usuels; elle porte une joue venue de fonte avec elle et l’assemblage est obtenu au moyen d’un disque mobile et de boulons.
- Fig'. 3. — Vue d’une roue de camion et de la transmission.
- Les rais, encastrés à l’une de leurs extrémités dans la jante, reposent au centre sur une bague cône qui permet le rattrapage du jeu.
- En son centre, la pièce A est alésée, elle est pourvue intérieurement d’une rainure circulaire, formant réservoir de graissage ; deux bagues en bronze, percées de trous, sont interposées librement entre la ; pièce mobile A et la pièce B offrant comme surfaces frottantes leurs faces extérieurës et intérieures en contact avec l’une et l’autre de ces pièces.
- La pièce B, pourvue d’une ouverture allongée pour le passage du bout d’essieu, est munie extérieurement de deux oreilles servant de point d’appui aux deux ressorts de suspension dont il sera parlé plus loin.
- La pièce A est maintenue en place sur la pièce B par une rondelle vissée dont deux vis de calage empêchent le desserrage.
- Le bout d’essieu C, qui traverse la pièce B, porte vers son collet une bague contre laquelle la face de la pièce B glisse dans ses déplacements. Il reçoit à son extrémité une pièce munie d’une clavette et de deux bras. Ces bras prennent leur point d’appui sur les ressorts visibles sur la figure. Des écrous servent au réglage de la tension des ressorts.
- Le fonctionnement du système est facile à comprendre : lorsque la roue rencontre un obstacle, elle soulève son moyeu A B faisant fléchir les ressorts qui ne transmettent plus à l’essieu C, et par suite à la voiture, qu’un choc d’autant plus atténué que la flexibilité des ressorts est plus grande.
- Il est à remarquer que les ressorts, sur lesquels repose l’essieu, travaillent uniquement à la compression comme des ressorts de suspension ordinaire,’et ne con-courrent pas à l’entraînement de la roue,
- La roue « Charless » semble offrir de grands avantages, le principe dont elle dérive est ingénieux et paraît lui assurer une remarquable simplicité de construction, par suite un prix de revient relativement modeste, tout en donnant de sérieuses garanties de solidité ; mais une expérience prolongée seule pourra nous dire si les espérances que donne cette roue sont justifiées. — La roue « Charless » est construite par M. Scotte, 12, avenue d’Antin.
- Objets utiles
- Appareil pour détacher les vêtements. — Ce petit appareil, très simple et néanmoins très ingénieux, semble destiné à rendre de réels services. Pour détacher les vêtements, on se sert habituellement de benzine; on en imbibe un morceau de drap avec lequel on frotte l’endroit taché. La benzine dissout les matières grasses et fait disparaître la tache ; mais on sait que cet utile liquide est extrêmement volatil; et le morceau de drap tampon est rapidement à sec. Il faut le plonger fréquemment dans la benzine, et pour cela verser celle-ci au préalable dans une soucoupe où elle s’évapore promptement répandant dans la pièce où l’on se trouve une odeur désagréable. De plus, si par hasard, une flamme se trouve à proximité, étant donné l’inflammabilité des vapeurs de benzine, l’opération peut devenir très dangereuse.
- L’appareil représenté ci-contre est une simple fiole de benzine, toujours hermétiquement bouchée les dangers et désa- r — Appareil pour détacher. ; gréments que nous ve- . 2,. — Le bouchon-tampon, nous d’énumérer sont par .%. V
- là même évités; la fiole est fermée par. un bouchon fort original; ce bouchon, en effet, est muni d une tête en feutre, qui servira de tampon dégraisseur, et d’une tige en bois percée de trous. Le goulot de,,1a fiole est muni d’une garniture de liège dans, laquelle la tige du bouchon est assez fortement serrée ; tla fermeture est ainsi bien étanche.
- Mais comment la benzine peut-elle parvenir au tampon de feutré, lorsqu’on yeut iutiliser l’appareil ? Le goulot de la bouteille porte simplement une rainure latérale; si l’on tourne le bouchon de façon que les deux trous de la tige viennent en %ce de celle rainure, la benzine peut pénétrer jusqu’au tampon de feutre,
- Lorsqu’on a fini de sç servir de l’appareil, on tourne le bouchon en sens inverse et la fiole est hermétiquement fermée. — L’appareil est en vente chezM. Mathieu, 29, rue de Valois, prix : 1 fr. 45ij!" ; , „ ,
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- SCIENCE APPLIQUEE
- La Psyché, lampe de chevet. — • Un médecin a récemment démontré que la lecture au lit était un des meilleurs moyens connus pour faire retrouver le sommeil aux personnes allligées d’insomnie. Ce remède commode a été, croyons-nous, appliqué bien longtemps
- avant d’avoir reçu l’approbation de la Faculté. Mais on l’a toujours regardé comme fort dangereux ; en effet, pour appliquer le traitement, le patient doit approcher une lampe assez près de son lit; le sommeil vient souvent, si soudain, que l’on n’a pas le temps d éteindre la lampe, et l’on risque, en un mouvement inconscient , de la renverser et de mettre le feu à la chambre.
- La lampe Psyché fait disparaître ce danger, car elle porte un miroir concave, qui concentre les rayons lumineux sur le livre en lecture ; on peut la placer, par suite, à une distance du lit suffisante pour assurer une sécurité complète.
- Pour l’éteindre, le lecteur n’a pas à se déranger. Le bec porte un petit extincteur muni d’un tube de caoutchouc terminé par une poire. Il suffit de placer celle-ci à portée de la main et, d’une simple pression, on peut éteindre la lampe aisément. La Psyché peut également servir à se raser à la lumière. — En vente chez M. Bellanger, 27, rue Carie-Hébert (Courbevoie).
- Photographie ^
- La photo-céramique à la portée de tous. — Parmi les nombreux procédés qui sont utilisés pour obtenir des épreuves positives, 1 un des plus séduisants est celui qui permet d’obtenir un émail inaltérable ; mais les amateurs ont toujours été effrayés par les complications de la photo-céramique. Le procédé, tel qu’il est pratiqué par M. Roze-Petit, est cependant bien simple, et, en suivant sa méthode, tout le monde peut, sans installation spéciale, obtenir de très beaux émaux photographiques avec une dépense insignitiante. Le principe est toujours celui dit « procédé par saupoudrage », connu depuis plus de cinquante ans, basé sur cette observation que les substances colloïdes, mélangées aux sels de chrome, perdent, lorsqu’elles ont subi l’action de la lumière, l’état hygrométrique qui leur permettait de retenir facilement les poudres. Ainsi, si on mélange dans iooc“5 d’eàu, 5 grammes de gomme arabique, 5 grammes de glucose et qu’on yajoute i5c'”3 d’une solution concentrée de bichromate d’ammoniaque, on aura une émulsion propre au saupoudrage. Il suffira de l’étendre sur la surface choisie : verre, porcelaine, métal..., et delà sécher à une chaleur douce, puis aussitôt de l’impressionner au châssis-presse sous un cliché positif. Toutes les parties protégées de la lumière resteront hygrométriques, les autres perdent cette propriété proportionnellement à l’intensité de la lumière reçue; celles correspondant aux grandes transparences du cliché se refuseront à retenir les poussières, c’est ce qui explique qu’il faut employer un cliché positif. Pour avoir une image, il suffira donc,au sortir du châssis-presse, de promener à la surface de l’émulsion un pinceau doux chargé d’une poudre co’orée, charbon, pastel, mine de plomb..., ou si l’on veut un émail, d’une poudre vitrifiable et on portera ensuite l’image au four.
- Tel est le principe; maison rencontre dans la pratique un certain nombre de difficultés qui conduisent à des insuccès décourageants, c’est ce qui a fait abandonner par les amateurs photographes ce procédé, si simple en apparence. M. Roze-Petit a créé d’abord une émulsion spéciale, et ensuite tout un petit matériel qui facilitent beaucoup les opérations. En suivant de point en point sa méthode, on obtient, en moins d’une heure, un émail complètement terminé. La première chose à faire
- est de tirer du cliché à reproduire un bon positif sur verre, comme on le fait pour les projections ou pour le stéréoscope ; toutes les plaques usitées dans ces différents cas sont bonnes pour le procédé qui nous occupe et tous les amateurs sont habitués à ce genre d’opérations. Nous passons donc rapidement sur ce point et nous admettons qu’on est en possession d’un positif sur verre. On choisit la plaque sur laquelle on veut faire un émail et on y fixe une petite ventouse qui permet de la tenir facilement par en dessous sans toucher les bords ; on la dégraisse bien avec un tampon imbibé d’essence ou d’alcool, puis on y verse l’émulsion, comme quand on vernit un cliché, de façon qu elle s’étende sur toute la surface et on reverse l’excédent dans la bouteille. En quelques minutes, l’émulsion a fait prise, on achève de la sécher en la plaçant sur une plaque de métal chauffée légèrement par une lampe à alcool. Puis, pendant qu’elle est encore tiède, onia met dans le châssis-presse. Toutes ces opérations se font à l’abri de la grande lumière et de préférence à la lumière artificielle, bougie ou lampe à pétrole. L’impression peut se faire au jour en 2 ou 3 minutes, ou à la lumière d’un bec Auer par exemple, il faut alors i5 minutes; au sortir du châssis-presse on chauffe encore légèrement la plaque, puis on la place à plat et on promène à sa surface un blaireau chargé de ia poudre vitrifiable choisie : noire, sanguine, etc.
- On voit l’image se dessiner peu à peu et on poursuit l’opération jusqu’à ce qu elle soit complète; il faut 5 à
- 10 minutes environ. Quand ce résultat est obtenu, on lave la plaque à l’eau froide dans une cuve verticale pendant 2 ou 3 minutes, puis on laisse sécher.
- Pour la cuisson, M. Roze-Petit se sert d’un moufle placé dans un brasero. Le moufle est constitué tout simplement par un petit coffre en tôle avec des tablettes permettant de placer 3 ou 4 plaques l’une au-dessus de l’autre ; le brasero est une caisse en tôle percée de trous et montée sur quatre pieds. On y allume de la braise de boulanger, on place le moufle au fond et on le recouvre de braise allumée. Quand celle-ci est consumée, c’est-à-dire au bout d’environ 20 minutes, la cuisson est faite ;
- 11 n’y a plus qu’à attendre le refroidissement pour retirer
- les plaques complètement terminées. — M. Roze-Petit, 11, boulevard de Clichy, Paris. G. M.
- Divers
- Nouveau blaireau porte-savon. — Voici un petit ustensile de toilette d’aspect et de prix modeste, qui est très commode, particulièrement en voyage, où l’on cherche toujours à réduire le plus possible les impedimenta. G est un blaireau du type ordinaire, tout au moins en apparence, mais dont,en réalité, le manche est
- Fig. 1.
- Le blaireau porte-savon. Fig. 2.
- Coupe du blaireau.
- I. Le savon intérieur.
- II. Rondelle portant les poils du blaireau.
- III. Caoutchouc.
- IV. Tube porte-savon.
- creux et rempli d’un bâton de savon à barbe de bonne qualité. Il suffit tout simplement de mouiller assez abondamment les poils du blaireau et de s’en frotter le visage. Le savon mousse aussitôt. Au fur et à mesure que le savon s’use, on le fait sortir un peu de son tube par pression sur la rondelle de caoutchouc qui se trouve à l’autre extrémité. —Le blaireau porte-savon se trouve chez Kirby Beard and C°, 5, rue Auber, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
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- VAR] ETES
- Une innovation dans l’abatage et le débit des bois. — Depuis longtemps, lindustrie française, qui demande aux parties exploitables du domaine forestier, le bois nécessaire à sa consommation de plus en plus grande, cherche à abaisser le prix de revient de la main-d’œuvre nécessitée par l’abatage et le débit des arbres.
- 11 existe, en France, particulièrement dans la Nièvre, les Vosges et autres régions où les forêts peuvent être exploitées à de courtes révolutions, tout en laissant des baliveaux pour assurer le repeuplement naturel, des installations permettant de débiter le bois sur place ; mais l’agencement de ces installations est encore très coûteux et les frais de manutention, aussi bien pour l’abatage que pour le débit, sont encore très élevés, parce que le travail se fait à bras d’homme. Le transport des bois en grume, de la forêt à la scierie, est l’opération qui exige le plus de temps et partant la plus grande dépense.
- Il serait donc à souhaiter que l’on introduisît dans l’exploitation des forêts les procédés mécaniques permettant 1 abatage rapide et le débit des bois sur place.
- Aux Elats-Uuis, de grands progrès ont été accomplis dans ce sens, depuis quelque temps. On utilise les chemins de fer forestiers, les machines à vapeur, les treuils, transmissions, funiculaires, etc., pour amener facilement les troncs d’arbx'es aux scieries, mais jusqu’ici l’abatage et le tronçonnage se faisaient à la main. Les essais d’abatage mécanique n’ont pas donné des résultats très satisfaisants, surtout à cause des dangers que présente l’opération, et des difficultés que l’on rencontre pour l’installation et le fonctionnement des machines dans les forêts le plus souvent sauvages.
- Mais, en Californie, on a réussi à débiter en tronçons les bois abattus, par des moyens mécaniques assez simples, et il semble qu’en France, où les forêts ne présentent pas l extrême densité et les difficultés que l’on constate dans les forêts sauvages de l’Amérique — parce qu’elles sont soumises à une exploitation raisonnée — ces procédés mécaniques seraient appelés à rendre de très grands services.
- Dans le comté de Siskiyou, une société industrielle, la Mac Cloud River Lumber Cny a fait une installation de ce genre, qui donne des résultats très satisfaisants. Les forêts qu elle exploite, situées à la base du mont Shasta, se composent de pins, de sapins et autres essences.
- Le matériel d’exploitation comprend une machine routière portant un compresseur et un réservoir d’air. A ce dernier est attachée une conduite flexible de 90 mètres de longueur, qui fournit l’air comprimé aux scies à tronçonner.
- Ces scies se composent d’un châssis léger terminé par un crochet qui embrasse l’arbre et que l’on serre de manière à fixer invariablement le châssis contre la pièce de bois. A une extrémité du bâti, et reposant sur deux tourillons, se trouve un cylindre à air comprimé, dont le piston est attaché à la lame de la scie ; le va-et-vient de ce piston, sous l’action d’une distribution automatique, opère le tronçonnage de l’arbre, quel que soit le diamètre de celui-ci. L’avancement de l’outil se fait par le poids de la lame et du cylindre. Il y a trois châssis pour un seul cylindre et, pendant que la scie fonctionne, on installe les deux autres châssis à la place qu’ils doiveut occuper. Lorsqu’un trait de scie est donné, on enlève le cylindre et la lame, et on les pose sur un autre châssis.
- Une équipe d’ouvriers précède le matériel, pour ébrancher les arbres abattus et en dégager les abords, afin que l’on puisse installer la scie.
- La machine motrice se déplace elle-même, pour s’approcher le plus possible des arbres à débiter.
- Avec ce* matériel, on réalise une économie très nette de temps et d’argent.
- ^Les expériences comparatives faites par la Mac Cloud River Lumber Cuy ont montré qu’il faut employer neuf ouvriers et que la dépense journalière totale — sauf les réparations — est de 125 francs.
- Grâce à ce procédé mécanique, on peut produire ia5 000 à 140000 pieds (mesure locale), et on peut
- arriver, exceptionnellement, à 160000 pieds, tandis que, pour faire le même travail à bras d homme, il serait nécessaire d’employer quinze à dix-sept ouvriers qui, payés à raison de 12 fr. 5o par jour chacun, occasionneraient une dépense de 187 fr. 5o à 212 fr. 5o, un ouvrier produisant en moyenne de 8000 à 10000 pieds. On réalise donc une économie journalière de 62 fr. 5o à 87 fr. 5o, en employant l’air comprimé, pour un débit de ii5 000 à 140000 pieds par jour.
- La marge est assez considérable pour couvrir les dépenses d’entretien, ainsi que l’intérêt et l’amortissement de l'installation, en laissant un bénéfice notable.
- Ces progrès réalisés en Californie, par l’emploi des appareils mécaniques, jettent un jour nouveau sur cette pratique du débit des bois, en égard surtout à l’économie de main-d’œuvre et à la rapidité du travail, progrès ayant pour conséquence l’abaissement du prix de revient des bois livrés à l’industrie.
- 11 serait à souhaiter que ce procédé se répandît en France, dans les régions où peuvent se trouver réunies les conditions favorables à son application.
- Henri Blin.
- La télégraphie et la téléphonie en 1907.— Peu ou
- point de découvertes dans ce domaine. La télégraphie avec fils pas plus que la téléphonie n’ont donné lieu à aucune invention proprement dite ; les administrations se sont préoccupées surtout d’améliorer leurs services et d’augmenter les réseaux.
- En télégraphie, une ligne a été établie entre Budapest et Constantinople par les administrations hongroise, serbe, bulgare et ottomane ; le nouveau conducteur est fait en fil de cuivre de 3 millimètres et il est desservi par l’appareil Hughes. L’administration ottomane a également posé un câble entre le cap Koum, près de Ca-vallo, et le cap Osmanié, dans l’île de Thassos.
- Au mois de juillet, un nouveau câble a été posé par la Grande Compagnie des Télégraphes du Nord entre Rodvig (île de Seeland) et Libaud'où il se prolonge jusqu’à Saint-Pétersbourg. Désormais, la capitale de la Russie possède, pour ses relations avec le Danemark, une communication totalement indépendante de ses lignes terrestres. L’Espagne a posé un câble entre Palma et Barcelone, et le point d’atterrissement du câble Tunara-Ceuta a été reporté de Tunara à Estepona (près de Malaga), puis le conducteur a été prolongé de Ceuta à Tanger. Par contre, le câble Tarifa-Tanger, interrompu depuis quatre ans, a été abandonné.
- Eu Amérique, signalons la pose des câbles New-York-la Havane et New-York-Colon, mettant ainsi New-York en rapport direct avec Cuba et l’entrée du futur canal de Panama. Ce dernier constitue une voie directe entre les Etats-Unis et les Etals de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud. Enfin, l’île de Tobago a été reliée aux Trinidad par une communication radiotëlé-graphique.
- En Chine, un certain nombre de bureaux télégraphiques ont été ouverts au cours de l’année 1907. Déjà, l’année précédente, l'administration chinoise avait adopté un système de latinisation des noms des villes ; ces faits montrent que la Chine reconnaît qu’elle a tout intérêt à nouer des relations suivies avec les autres nations.
- Pas plus que la télégraphie, la téléphonie ne s’est enrichie dans sa technique. Signalons donc purement et simplement l’installation de la nouvelle station centrale de Leipzig, les essais de téléphonie sur le câble Feh-marn-Lolland. le projet d’établissement d’un réseau téléphonique à Constantinople et d’un autre à Bangkok. Le téléphone a également fait son apparition au Soudan, à Rayes, Médine, lvali et Bammako.
- Au printemps de cette année, le 20 avril, s’ouvrira à Lisbonne, la Conférence internationale. Certaines propositions intéressent les règlements que l’on s’efforcera de simplifier; d’autres ont pour but d’accorder les règlements télégraphiques et radiotélégraphiques. Mais les plus importantes visent la réduction des tarifs et une plus large réglementation en ce qui concerne les dépêches en langage convenu ; certaines administrations proposeraient même, paraît-il, d’abandonner radicalement le système actuel de comptage des mots.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les enfants obèses. — En passant, pendant les fêtes du premier de 1 an dans une ville de province, j’ai rencontré daus une baraque de foire un phénomène heureusement assez rare. A côté d’une femme colosse se trouvait sur les tréteaux une jeune enfant colosse et qui n’était pas sa fille. La femme, au dire du barnum qui faisait le boniment, pesaitplus de 200 kg et, mafoi, elle les représentait bien. Quant à la fillette qui, toujours d’après le forain, n’avait que treize ans, elle ne pesait pas moins de 101 kg. Je n’ai pas vérifié le poids, mais la pauvre enfant était monstrueuse ; je n’ai pas non plus vérifié son acte de naissance, mais c’était bien une jeune fillette et qui ne devait pas dépasser beaucoup l’âge qu’on lui attribuait. J’obtins du forain la permission de prendre quelques mesures. Cette enfant, dont les parents ni les grands-parents n’ont jamais été obèses, a une taille de i,36 m. ; la circonférence du bras àla partie supérieure atteignait o,36 m,, celle des cuisses un peu au-dessus du genou 0,70 m. La tête était grosse avec une forte chevelure noire ; l’enfant ne semblait pas très intelligente et avait une tendance insurmontable à la somnolence.
- C’est là un cas d’obésité précoce, cas heureusement assez rare. L’obésité se rencontre chez les enfants : elle peut même être congénitale. Habituellement, quand elle n’atteint pas un degré extrême, l’obésité congénitale s’atténue et disparaît même au moment du sevrage, quand l’enfant cesse d’avoir une alimentation exclusivement lactée et farineuse. Mais, dans quelques cas, l’accumulation graisseuse ne fait que s’accroître et l’on voit alors de jeunes sujets de six, huit, douze ans représenter de véritables petits monstres de graisse. Les observations de ces sortes de phénomènes ne sont pas, je le disais, très fréquentes, mais le poids et la mensuration de la
- fillette que j’ai rencontrée dans ce théâtre ambulant n’ont rien d’extraordinaire.
- Marcé avait étudié au double point de vue anthropologique et pathologique le jeune Hutin. A treize ans et demi, cet enfant pesait, tout habillé, 214 livres; sa taille était de i,3o m. Chaumier a eu un cas analogue : un enfant auquel on ne donnait que douze ans mais qui en avait en réalité près de seize et qui pesait, tout habillé, 118 kg; il avait 1,40 m. de hauteur. La circonférence de la poitrine atteignait, à nu, sous les aisselles, 1,10 m. ; la cuissemesuraito,8o m., le mollet 0,44 m., le cou avait o,44 m. Ileubner a vu une fillette qui, à l’âge de huit mois pesait déjà 39 livres et mesurait 0,74 m.
- L’obésité est, à tout âge, un véritable lléau ; chez les adultes, on a cité des cas tout à fait extraordinaires. Un Anglais qui, à dix ans, pesait 70 kg, pesait à soixante ans 3oo kg; une jeune fille de vingt ans pesait 225 kg; un homme de trente ans a été, si mes souvenirs sont exacts, exhibé à la foire du monde du célèbre Barnum et pesait 320 kg. Il est sûr que les jeunes sujets qui présentent, entre douze et quinze ans, des poids aussi extraordinaires que ceux que je citais, 100 kg et plus, ont toutes chances de dépasser les 200 en avançant dans la vie s’ils ne sont soumis à une hygiène et un régime des plus sévères. Mais beaucoup d’entre eux n’atteignent même pas l’âge adulte. L’envahissement de tous les tissus par la graisse amène des désordres profonds dans la nutrition générale et, à la moindre indisposition, surviennent souvent des accidents graves.
- Au lieu d’exhiber ces pauvres malades dans les foires, on ferait évidemment mieux de les soigner et de tâcher, ce qui n’est pas toujours facile, de faire disparaître l’obésité et les dangers qui en résultent. D“ A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- L’hypochlorite de calcium anhydre. — Le corps pulvérulent employé comme décolorant et désinfectant et qui est vendu sous le nom de chlorure de chaux, ou plus simplement de chlore, a l’inconvénient d’être très instable et d’une composition très variable qui résulte précisément de son instabilité. Ce corps est, comme l’on sait, un mélange du composé hypothétique CaOCl2, qui en est la matière active, et de chaux plus ou moins hydratée et carbonatée. Les réactions qu’il donne, avec l’acide chlorhydrique par exemple, montrent qu à l’inverse de l’eau de javel, il ne peut pas être considéré comme un mélange de chlorure et d’hypochlorite.
- Il n’est pas impossible cependant de préparer l'hypo-chlorite de calcium et déjà, il y a quelques années, M. Kingzett, de Londres, avait réussi à l'obtenir industriellement, mais le sel qu’il avait préparé renfermait quatre molécules d’eauf il était très hygroscopique, très altérable à l’air et par suite sans grande valeur commerciale.
- La « Chemische Fabrik Griesheim Elektron », de Francfort-sur-le-Mein (Allemagne), a été plus heureuse dans ses recherches : depuis quelque temps déjà, elle fabrique un hypochlorite de calcium anhydre stable et qui, à poids égal, renferme deux fois plus de chlore actif que le chlorure de chaux ordinaire. Ce corps parait par suite devoir le rerriplacer avantageusement.
- C’est un sel cristallisé-obtenu en concentrant rapidement dans le vide, jusqu’à cristallisation, une solution filtrée d’hypochlorite préparée simplement par barbotage du chlore dans un lait de chaux. En maintenant toujours un excès de chaux, en opérant en solution très concentrée et en disposant de moyens énergiques de refroidissement de façon à éviter l’élévation de température résultant du dégagement de chaleur qui accompagne la réaction, on ne produit que de l’hypochlorite dans la dissolution et on ercipêche qu’il ne se décompose par suite de l’élévation de température.
- Les cristaux sont séparés de leur eau-mère, riche eu chlorure de calcium, par centrifugation, puis lavés avec une solution saturée d’hypochlorite de calcium qui enlève les dernières traces de chlorure, et centrifugés à nouveau. On les dessèche complètement dans le vide. Par dissolution dans l’eau, ces cristaux donnent une liqueur claire qui est très peu altérable à l’air, à la température ordinaire.
- Remarques sur la dorure au feu. — On sait qu’en principe, cette méthode de dorure consiste à enduire l’objet en cuivre à dorer avec de l’amalgame d’or et à chauffer ensuite pour chasser le mercure qui se volatilise en laissant sur l’objet une couche d’or plus ou moins épaisse à laquelle le brunissage donne le brillant convenable. Dans une étude qu’il a publiée à ce sujet, M. H. Struve a constaté que la quantité d’or à employer dans un bon travail de dorure au feu doit atteindre au moins 0,2 5 gr. par décimètre carré. La solidité de la dorure dépend surtout de la température à laquelle on a porté la pièce pour expulser le mercure ; par un chauffage trop fort ou trop prolongé, le cuivre monte à la surface et, en s’oxydant à l’air, assombrit peu à peu l’objet doré. Il y a là des indications intéressantes sur un procédé de dorure très répandu.
- Pour bleuir l’acier poli. — Sur une plaque de fer ou de fonte, disposer des mottes provenant du tan des tanneries.
- Les recouvrir de braises de charbon ou de bois ,allumé et y mettre le feu.
- Puis, lorsque les mottes commencent à brûler, poser dessus les pièces à bleuir ; veiller à ce que la chaleur soit uniforme et s’exerce également sur les divers points de la surface. Chaque pièce, parvenue au point de coloration voulue, est retirée du feu et mise à rafraîchir lentement. .
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Manchou régulateur de tirage (n° 1814, Supplément, p. too) : M. Ferdin. Mebert, Augsbourg (Bavière) Mauerberg G. i3-j. — Les barrières automatiques pour passage à niveau décrites dans notre précédent numéro sont construites par la Société de constructions Oerlikon, près Zurich (Suisse).
- Renseignements. — M. S. S., à Marseille. — Nous vous remercions de votre aimable remarque au sujet de la fécondation des fleurs: il est bien certain que, prise à la lettre, la réflexion de Darwin serait beaucoup trop
- absolue ; c’est plutôt une boutade, exprimant un fait certain par une formule très exagérée, et c’est bien ainsi que notre collaborateur l’a présentée.
- M. Delachanal, à Charenton. — La trempe jaspée s'obtient en chauffant au rouge les pièces préalablement décapées et en les plongeant brusquement dans de l’eau froide. On doit, avant de les chauffer, entourer ces pièces d’une couche de vieux débris d’os. En chauffant l’acier ou le fer avec des os ou de l’ivoire, il se produit une sorte d’oxydation qui donne à la pièce cette teinte jaspée.
- M. C. T., à Lyon. — Pour entretenir les pièces en cuivre oxydé, il faut éviter d’enlever la couche adhérente d’oxyde protecteur, et pour cela, ne pas recourir à des produits acides ; éviter également le tripoli qui enlèverait l’oxyde et mettrait le cuivre à nu. Le mieux, à notre avis, pour maintenir le brillant des pièces, est de frotter avec un peu de cire ou de vaseline.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- Un sous-marin pour la pêche aux éponges: Sauvaire Jourdan. — Un gigantesque indicateur do chemins de fer: Dr Alehed Gra-denwitz. — Lait végétal artificiel : E. L. — Barrières automatiques pour passage à niveau : A. T. — Mévente et conservation des œufs: A. Gilciiiust. — Le linoléum: Eugène Lemaire. — L’origine du pétrole : L. D. L. — Les tracteurs automobiles agricoles: Paul Messier, — Académie des sciences; séance du ‘2 mars 1908 : Ch. de Villedeuil. — Classeur de monnaies : V. Forbin.
- Supplément. — Action du gaz carbonique sur les sulfures alcalins.
- — Sondage de Longwy. — Le typhon à trois têtes du Parthénon.
- — Centenaire de l’enveloppe à lettres, etc. — Electricité. — Divers. —La longévitédes graines. — Au Brésil. —Le cataplasme.
- — Alliages inattaquables aux acides à froid ou à chaud, etc.
- Musée ostéologique. — Etude de la faune quaternaire. Ostéométrie des mammifères, par Ed. Hue, médecin-vétérinaire, membre de la Société Préhistorique de France. Paris, Schleicher frères, 1907. 2 vol. gr. in-8°, 186 pl., 2187 fîg. Prix : 24 francs.
- ( Cet ouvrage, très complet et très remarquable, a poùr but de permettre aux préhistoriens de déterminer les ossements trouvés au cours des fouilles. L’auteur a représenté les ossements des principaux mammifères actuels dont on trouve les ancêtres dans le quaternaire et il a eu l’heureuse idée de les rassembler par groupes zoologiques et séries similaires. Voici d’ailleurs les grandes divisions de l’ouvrage : I. Ostéométrie. Instruments. Mensurations crâniennes (communes à tous les crânes, particulières aux familles zoologiques). Mensuration des os des membres (sca-pulum, clavicule, humérus, radius, cubitus, carpe, coxal, fémur, etc., vertèbres, côtes). Indices. — II. Crânes et dentitions (planches). — III. Os des membres (planches).
- Cours de Minéralogie, par A. de L apparent, quatrième édition revue et augmentée. 1 vol. in-8°. xx-756 pages, 63o gravures, une planche chromolithographiée. Masson et Cie, éditeurs. Prix: i5 fr.
- Cette quatrième édition a subi dans toute sa partie théorique une véritable refonte nécessitée par les travaux de cristallographie récents.
- Jusqu'ici on voyait dans le polyèdre moléculaire Bêlement initial de la cristallisation. On reconnaît aujourd’hui que cette particule cristalline, doit être beaucoup plus complexe, composée d’un agrégat de molécules, pourvu d’une symétrie propre et aussi d’un caractère optique défini. Cetfe conception,qui suggère tant d’idées nouvelles, semble trouver une précieuse confirmation expérimentale dans l’étude des cristaux
- liquides et des cristaux mous. Les phénomènes suggestifs des spectres d’absorption des cristaux, sont une cause des additions réalisées. Le Lexique alphabétique, enrichi d’une centaine de noms nouveaux, constitue actuellement le répertoire le mieux au courant des dénominations d’espèces et de variétés. Il va sans dire qu’avec sa science profonde et sa lucidité séduisante l’auteur de ce capital ouvrage a mis au point de la plus satisfaisante manière les travaux des Romé de l’Isle, Haüy, Delafosse, Bravais, Mallard, Hintze, Dana, Lacroix. La première édition (1884) comptait 200 pages de moins.
- Mutation et traumatismes, par L. Blaringhem. In-8°. 248 p. et 8 pl. (Félix Alcan, éditeur). Prix : 10 fr.
- On sait comment M. Hugo de Yries a démontré que certaines lignées de plantes anormales, dites en mutation, donnent naissance à des espèces et variétés nouvelles. Le changement est brusque, sans transition, et on en ignore les causes. Les expériences de M. Blaringhem, sur la transmission héréditaire de certaines anomalies du maïs prouvent qu’il est possible de provoquer la mutabilité des plantes stables.
- L’auteur de ces recherches a pu « affoler » le maïs et provoquer par traumatisme la mutation créatrice d’espèces nouvelles. Les mutilations violentes faites à une époque convenable, déterminent la métamorphose des fleurs mâles de maïs en fleurs femelles fertiles. Le même procédé s’applique à un grand nombre de végétaux annuels ou vivaces appartenant aux familles les plus différentes. Les documents réunis dans le livre de M. Blaringhem cherchent à montrer la généralité des lois établies rigoureusement dans un cas particulier. Nous saisissons cette occasion de rappeler un fait demeuré trop ignoré : c’est que l’idée première des mutations brusques est due à M. A. Gautier de l’Institut qui, dès 1886 (hommage à Che-vreul), même avant de Vries et autres, a formulé cette théorie à propos des races de vignes. (Y. son article dans la Revue Générale des Sciences du i5 décembre 1901).
- Cours de philosophie positive, par Auguste Comte. T. I, préliminaires généraux et philosophie mathématique. Paris, Schleicher frères. 1 vol. in-8°, xiv-4ro p. Prix : 2 francs.
- L’influence de Comte sur le développement scientifique du xix° siècle a été très grande. Cette réédition de son cours de philosophie positive permettra de l'étudier de plus près. On trouvera particulièrement dans ce volume, outre la célèbre classification des sciences, des vues sur l’ensemble de la science mathé-
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- BIBLIOGRAPHIE
- matique, puis sur l’analyse mathématique, le calcul des fonctions directes, le calcul des fonctions indirectes, le calcul des variations, la géométrie, la mécanique rationnelle, la statique, la dynamique, etc.
- Actualités scientifiques. — 4e année, 1907, par Max de Nansouty. — Schleicher frères, éditeurs, 61, rue des Saints-Pères, Paris. — Prix : 3 fr. 5o.
- La « récolte scientifique » de 1907 comprend la photographie des couleurs, la téléphotographie ou photographie à grande distance, les progrès réalisés dans le dangereux labeur des scaphandriers, les ballons dirigeables et les aéroplanes, l automobilisme et la mécanique.
- L’ouvrage renferme en outre une série de petites
- monographies nettes et instructives, sur le cuivre, l'étain, le platine, le plomb et le zinc : le tout exposé simplement, dans ce style agréable qui a fait le succès des volumes précédents.
- The Work of John Samuel Budgett, edited by J. Graham Keru. Cambridge University Press Ware-house, 1908, 1 vol. in-4°. Prix : a5 sh.
- C’est une excellente idée d’avoir réuni et coordonné en un admirable volume, les recherches si importantes de Budgett sur les diverses questions d’embryologie et d’anatomie qui l’avaient attiré. Les personnes qui s’intéressent à ces questions très spéciales apprécieront vivement ce grand travail, dont l’illustration est excellente.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi - mars 1908 . - 1°0 S. S. lï. 2. Couvert. » Gelée blanche ; givre; très nuageux le in.; nuageux le s.; brume.
- Mardi Ti — 1°,3 W. 1. Couvert. 0.6 Gel. bl.; givre; brouillard à 6 h.; tr. nuag.; halo à 13 h ; pi. à 23 h.
- Mercredi -l -+- 1°.S S. S. W. 3. Très nuageux. 1,6 Pluie j' squ’à 2 h ; gel. bl. ; halo à 11 h.; nuageux ; grésil à 15 h. 20
- Jeudi o 0°.l W. S. W. 2. Couvert. J) Gelée blanche; givre; couvert le ni.; nuageux le s.; halo à 14 h.
- Vendredi G G».5 S. S. W. 4. Couvert. 5,9 Gel. hl.. couv. jusqu’à 18 h.; nuag. après : pluie de 9 h. à 17 h. 45.
- Samedi 7 oM W. S. W. 3. Couvert. 1,6 Très nuageux ; pluie par intei-xailes ; grêle à 14 h. 40.
- Dimanche 8 4°. 8 S. S. W. 1. Couvert. 0,o Couvert ; quelquefois de la bruine.
- MARS 1908. — SEMAINE DU LUNDI 2 AU OIMAmCHE 8 MARS 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du mUieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Ou 2 au 8. — Le 2. Relèvement de la pression atmosphérique sur le Centre et 10. de l’Europe (inférieure à 755 sur la mer du Nord et la France); fortes pressions sur la Russie (Moscou, 778) et les Açores, 771. Neiges sur le N. et l’O. de l’Europe ; en France (pluie) : Bordeaux, 7 mm; Brest, 5; Toulon, 4i Paris, 3; Boulogne, 1. Température du matin : Àrkangel; —14; Paris, o; Palerme, 12; Puy de Dôme, —8; Pic du Midi, —17; moyenne à Paris : o°,3 (normale : 4°>7)- — Le 3. Basses pressions sur le Centre et l’O. de l’Europe : minimum sur l’Angleterre, 732; Moscou, 777. Neiges et pluies sur le N. et le S. de l’Europe; en France : Biarritz, 27; Perpignan, 12; Rochefort, 8; Brest, Dunkerque, Lyon, 3. Temp. du matin : Moscou, — 13 ; Pdris. —1; Alger, 9; Puy de Dôme, —7; Pic du Midi, — 17; moyenne à Paris : — i°,6 (normale : 4° 7)- — Le 4- Pression atmosph. : Londres, 753; Varsovie, 754: Moscou, 777. Neiges et pluies sur toute l’Europe; en France : Brest, ix ; Cherbourg, 6; Limoges, 5; Dunkerque, 3; Paris, Lyon, 2. Temp. du matin: Moscou, —12; Pai'is, 2; Alger, 11; Puy de Dôme, —6; Pic du Midi, —16: moyenne à Paris : 3°,3 (normale : 4°>8)- — Le 5. Basses pressions entre le N.-O. de l’Europe, et l’Islande. : Iles Féroë, 756: Ecosse, 755; hautes pressions au S. et à l’E. : Ivharkof, 775. Neiges et pluies sur le N. et l’O.
- de l’Europe; en France : Nancy, 12; Toulon, 10; Dunkerque, 7; Nantes, Bordeaux, 4: Brest, 2. Temp. du matin : Arkangel, —6; Paris, o; Alger, 12; Puy de Dôme, —5; Pic du Midi, — 11 ; moyenne à Paris : 2°,6 (normale : 4°,8). — Le 6. Dépression sur l’O. de l’Europe : Strasbourg, 745. Fortes pressions au S. et à l’E. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Belfort, 18; Cherbourg, 14 ; Brest, 10; Nice, 3; Nantes, Boulogne, 2. Temp. du matin : Moscou, —10; Paris, 7; Alger, 12; Puy de Dôme, —: 1 ; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : 6°, 3 (normale : 4®»9) - — Le 7. Dépressions occidentales, deux centres : Le Helder, 748; Valencia, 756; fortes pressions à l’E. : Kharkoff, 774. Neiges et pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France : Nantes. 17; Nice, i4; Biarritz, 11; Paris, 6; Dunkerque, 4- Temp. du malin : Helsingfors, —8; Paris, 5; Alger, 10; Puy de Dôme, —4; Pic du Midi, — 14 I moyenne à Paris : 5,° 9 (normale : 5°). — Le 8. Zone de basses pressions des Iles-Britanniques à la Baltique (Ecosse, 741) ; lvharkôf, 774. Pluies sur l’O. de l’Europe; en France : Biarritz, 12; Nantes, .9; Brest, 8; Gap, 6; Paris, 2. Temp. du matin : Kuopio, —14; Paris, 5; Malte, 13 ; Puy de Dôme, — 1 ; moyenne à Paris : 8°,5 (normale : 5°,i). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 9, à 9 h. 5i m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1817 — 21 MARS 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Les nitrites salivaires; leur origine. — 11 existe uu certain nombre de procédés très sensibles qui permettent de retrouver dans un liquide quelconque des traces de nitrites ou de nitrates. Or, quand on applique à la salive les modes opératoires relatifs à la recherche des nitrites, on en trouve toujours une quantité appréciable. Deux auteurs, MM. Wille et Mestrezat, viennent de déterminer l’origine de ces nitrites ; ces corps ne préexistent pas dans la salive pure qui ne contient que des nitrates. Les nitrates que l’on trouve danEs les salives pures sont sous la dépendance du régime alimentaire ; ils augmentent après le repas et diminuent dans le jeûne. Ce sont surtout les légumes et les fruits qui fournissent à l’organisme les nitrates qu’il élimine ; les betteraves, les choux, les pommes de terre en renferment des quantités relativement abondantes ; les radis et les tomates en contiennent o gr. et o gr. io par kilogramme à l’état frais. Les nitrites salivaires proviennent d’üne action réductrice exercée sur ces nitrates par les microorganismes contenus dans la cavité buccale.
- Assurance télégraphique. — On sait que FÉtat, les Etats plutôt, ne sont soumis à aucune responsabilité du fait du retard dans la transmission des télégrammes, pas plus d’ailleurs que des erreurs qui peuvent s’être glissées dans leur texte au cours des transmissions. Ces retards, et plus encore les erreurs/ causent parfois des préjudices énormes aux commerçants, industriels ou financiers qui en sont les victimes. Il est donc fort probable que le public verra avec intérêt naître une nouvelle compagnie d’assurances qui vient de se créer au Danemark, et qui a pour objet d’indemniser les particuliers des pertes causées par les erreurs télégraphiques. Les primés sont payées au moyen de timbres appliqués sur les télégrammes au moment de leur dépôt. Ces timbres sont émis par la compagnie et vendus aux gui-_ chets des bureaux télégraphiques. L’assurance peut être contractée pour un seul télégramme ou pour une année entière ; dans ce dernier cas, ‘ l’assuré bénéficie d’une remise sur la prime. Créée au Danemark, la société d’assurances a conclu un arrangement avec le département des Télégraphes Danois, arrangement qui, peut-être, s’étendra avec les autres nations. j.
- La Bibliothèque nationale en 1907. — D’après le rapport de l’administrateur général, le département des imprimés, cartes et collections géographiques de la Bibliothèque nationale (Paris) a reçu en 1907 dans ses deux salles de travail : i° Salle de travail : lecteurs, 162084 (552049 volumes communiqués). 20 Salle de lecture : lecteurs, 37 719 (58 63o volumes communiqués). — D’autre part, l’accroissement des collections dans le même département se répartit comme suit : Dépôt légal, volumes : Paris, 494°départements, 15789; périodiques : Paris, i45 83o; départements, 36o43o; musique : 10 220 articles, formant environ 5ooo volumes.
- — Dons, 34i6 volumes. — Acquisitions : livres étrangers : 9880; livres anciens : 281; périodiques étrangers : 72473. Parmi les dons ou acquisitions, nous citerons, à cause de leur intérêt particulier : un superbe exemplaire du Plutarque d’Amyot, édition de 1574 en sept volumes, dont six reliés aux armes de Charles IX ; le Liber gestorum Barlaam et Josaphat (imprimé par Eggesteyn, un des premiers typographes de Strasbourg);
- — TArs grammatica, d’Alexandre de Villedieu, imprimé à Barcelone en 1479 ; — Heures, d’Angérs, de i58o (curieux bois et pièces annexes); Œuvres de Ronsard, édition de Lyon 1592, qui complète l’exemplaire que possédait déjà la Bibliothèque nationale; — Heures, de
- Reims, vers 1515 ; —les Heures, de Rome, de Simon de Colines, 1543, livre rarissime (jusqu’ici représenté en France par l’exemplaire de la bibliothèque des beaux-arts, incomplet); deux livres rares de Caen et de Rouen : Baptiste le Mantouàn, Opusculum contra impu-diee scribentes, et Nicolas de Lyra, Præceptorium ; — Y Aiguillon d’amour divine, de saint Bonaventure, exemplaire unique de cette impression parisienne.
- Station centrale électrique dans une houillère. —
- On annonce que la Société des Houillères de Ronchamp vient de commencer la construction d’une station centrale électrique de 3oooo chevaux-vapeur, destinée à alimenter les régions industrielles du Doubs et des Vosges et du territoire de Belfort. Cette station sera installée à proximité même de la mine de houille.' C’est là une intéressante innovation dans l’exploitation des stations électriques ; elle substitue en somme, la transmission de l’énergie sous forme électrique, à son transport soüs forme potentielle dans le charbon. Les résultats de cette expérience seront, à tous points de vue, instructifs; ils intéressent au plus haut point l’industrie électrique tout entière, les houillères et l’industrie des transports. 1
- Nouveaux prix pour l’aviation. — MM. Michelin et Çie viennent de doter l’aviation de deux nouveaux prix. Le premier consiste en une coupe d’une valeur de 10000 francs, dont le gagnant sera l’aviateur qui, avant le 3i décembre à minuit, de chaque année,’ aura couvert la plus grande distance, soit en France, soit dans l’un des pays dont l’Aéro-Club est fédéré à l’Aéro-Club de Frànce. Chaque année, la distance à couvrir devra être au moins double de celle couverte par le tenant de l’année précédente. Par conséquent le gagnant ’de la coupe pour 1908 devra avoir parcouru une distance double de celle couverte par Henri Farman. Un prix de r5 000 francs, en espèces, sera ensuite remis à l’aviateur victorieux. Si la coupe n’est pas gagnée une année, l’Aéro-Club détenteùr en restera le gardien et les i5ooo francs s’ajouteront aux i5ooo francs de l’année suivante. Le vainqueur de la dixième année restera propriétaire de l’objet d’art. Un autre prix spécial a été également créé par MM. Michelin et Cie. Il sera versé
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- INFORMATIONS
- une somme de 100000 francs à tout aviateur qui, s’étant envolé d’un endroit quelconque des départements de la Seine ou de Seine-et-Qise, tournera autour de l’Arc de Triomphe, ira jusqu’à Clermont-Ferrand, tournera autour de la cathédrale de cette dernière ville et ira ensuite se poser au sommet du Puy de Dôme, et cela en moins de six heures avec un appareil à deux places occupées. Si cette performance est effectuée avant le ie‘ janvier 1918, la coupe annuelle, au lieu d’être gagnée dans des essais individuels, le sera dans une course, dont l’Aéro-Club de France fixera les conditions. Une simple réflexion s’impose. Ces prix sont attribués à des appareils d’aviation, c’est-à-dire plus lourds que l’air. Or certains appareils plus lourds que l’air s’aident d’un ballon. L’aéronef Malécot, dont nous allons parler très prochainement, est dans ce cas. Peut-il prendre part au concours ? si oui, il y a des chances pour que ces prix soient rapidement enlevés.
- Le chauffage au pétrole sur les chemins de fer italiens, — On poursuit activement, sur la section de Bussoleno à Modane, en Italie, des expériences relatives au chauffage des locomotives au pétrole. Du reste, on emploie dans ce but des engins qui peuvent brûler indifféremment du charbon ou du naphte : ce sont des machines compound à 4 cylindres et 5 essieux couplés, et d’une puissance de 1000 chevaux. On a voulu tenter ce mode de chauffage, qui assure une très bonne combustion, à cause du nombre considérable de tunnels rencontrés sur cette ligne, tunnels où le chauffage au charbon entraînait la production de nuages de fumées, fort gênants pour l’exploitation. On a mis en service 18 de ces locomotives, et il est probable qu’on en généralisera l’emploi sur toutes les lignes, au moins de montagne, là où l’on ne peut ou ne veut pas recourir à lélectricité.
- Les dragages du chenal de la Mersey. — On s’apprête à poursuivre, dans l’estuaire de la Mersey, de nouveaux et considérables travaux, pour maintenir autant que possible les bancs de sable fixes, les mettre hors d’état de venir se déverser pour ainsi dire dans le chenal principal, et aussi pour approfondir davantage encore ce chenal, où la profondeur est pourtant de quelque 8 mètres à basse mer. On va d’abord accumuler' des moellons en masse, afin de former sur le banc un revêtement qui s’étendra sur une longueur de 4 kilomètres. De plus, et alors qu’il existe en service des dragues d’une puissance d’aspiration de 6000 tonnes à l’heure, on va en mettre sur chantier une nouvelle dont la puissance sera triple.
- Le commerce des cheveux au Japon. — M. Rabot montre,dans la Géographie, que l’exportation des cheveux prend, surtout depuis quatre ans, un développement assez grand au Japon. En 1906, les expéditions se sont élevées à i5oooo kg, représentant 317850 francs, et en 1907 à 88 520 kg, (260575 francs). La France est, paraît-il, la principale cliente pour l’achat des chevelures japonaises: 52416 kg en 1907; viennent ensuite les Etats-Unis: 17828 kg. Ces cheveux proviennent d’ailleurs non pas de toutes, mais de la réunion des déchets journaliers, les Japonaises conservant soigneusement les cheveux que le peigne enlève et les vendant ensuite à des courtiers spéciaux qui passent au printemps et à l’automne. Enfin, certaines régions fournissent des cheveux plus recherchés que d’autres, notamment l’île de Miyakejima (archipel de Sits-To).
- Maladie du sommeil. — A la Chambre des Communes de Londi'es, M. Churchill a récemment déclaré qu’on ne peut pas préciser le nombre des victimes du fléau dans l’Ouganda, mais qu’on estime leur chiffre à 200000 pour les sept dernières années. La Société Royale s’emploie de tout son pouvoir à lutter scientifiquement et par coopération internationale contre ce terrible mal. En France, c’est jusqu’ici à l’initiative privée de M. Le Myre de Yilers (délégué official du Congrès international qui vient de se tenir à Londres à ce sujet) et de la Société de Géographie qu’est demeuré tout le soin d’une lutte si nécessaire à la vie dans nos colonies.
- La plus grande hauteur atteinte par un ballon-sonde. — Un ballon lancé par le service météorologique de Belgique le 5 septembre 1907, de l’observatoire d’Uccle, à 6h 58“ 3os est arrivé à une hauteur de 26 km environ (25 989 m), à 7’* 53'“ 3i“. La pression barométrique
- en ce point n’était plus que de 77 mm. Avant cette ascension, on avait constaté à Strasbourg, le 3 août 1905,. 2.5800 m,, et le 3 mai 1906, 24200 m. à Milan, le 7 juin 1906, 23 800 m. ; à Pavie, le 8 novembre 1906, 28 890 m. Dans l’ascension de 1905 à Strasbourg, un minimum de température de — 62° a été enregistré à 14490 m. Plus haut, les instruments ont accusé un réchauffement lent et continu.
- Sur la cire et sur la résine d’abeilles. — On sait que le rendement et l’aspect de la cire d’abeilles diffèrent, suivant qu’elle provient d’une ruche de construction récente ou de construction ancienne. En examinant des cires provenant de ruches âgées de 1 à 5 ans, un chimiste allemand, M. Dieterich, a constaté qu’au début, la cire est blanche ou jaune clair et qu’après 5 ans, elle est d’un jaune foncé ; il existe également des différences entre les points de fusion, la cire des ruches anciennes fondant le plus bas et présentant aussi une densité plus faible. L’analyse de la résine d’abeilles, appelée aussi « propolis » en termes techniques, a donné au même
- auteur les résultats suivants :
- Parties volatiles.............. 5,96 pour 100
- Produits insolubles dans l’alcool. 12,94 —
- Résines solubles dans l’alcool. . 64,61 —
- Gire............................16,o5 —
- Essence volatile. . ............Traces
- Gommes..........................Traces
- Les résines sont constituées surtout par des résines de conifères et des produits aromatiques ; l’essence volatile se compose d’essence de térébenthine. A. H.
- Les enveloppes en papier. — Comme suite à notre information sur les enveloppes en papier, paru dans le numéro du 7 mars, nous avons reçu de M. H. Yivarez, le distingué président de la Société le Vieux Papier, une note de rectification, pleine d’intérêt. Nous attribuions, on s’en souvient, l’invention des enveloppes à lettres à un fabricant anglais de Brighton, nommé Brewes, qui l’aurait imaginée, il y a environ cent ans. « Il est fort possible, nous dit M. Yivarez, que l’intervention de Brewes ait facilité la généralisation de l’emploi des enveloppes sous la forme nouvelle des enveloppes gommées ; mais l’idée est fort antérieure. C’est ce qui résulte d’un article publié dans le Bulletin de la Société archéologique , le Vieux Papier n° du ier mars 1908, par un collectionneur érudit, M. Con-damin de Clumanc, qui, depuis quelque temps, a, par des trouvailles successives, reculé la date d’utilisation des enveloppes. D’après une communication au Petit Marseillais, de M. Fournier, archiviste de la préfecture des Bouches-du-Rhône, le record est tenu par une enveloppe datée de 1692. Elle est aux armes de M. Çasta-gnères de Châteauneuf, ambassadeur de France à Constantinople et renfermait un rapport sur la perte de la barque Notre-Dame-de-Miséricorde, adressé au lieutenant général de l’Amirajuté de Marseille. »
- Un traité de chirurgie byzantin. — Notre éminent collaborateur, le Dr Hamy, présentait dernièrement à l’Académie de médecine, de la part de M. Omont, membre de l’Académie des inscriptions, un recueil renfermant, reproduits en photogravure, environ deux cents dessins d’un manuscrit original qui a appartenu au rqi François Ier et dont les planches ont été dessinées par Santorinos et le Primatice. Le Florentin Guido Gqidi, plus Connu sous le nom latinisé de Vidus Vidius, premier professeur en médecine du Collège de France (i542-i548) a laissé une traduction latine dédiée au roi François Ier, d’une grande compilation chirurgicale, contemporaine de Constantin Porphyrogénète, et due au médecin byzantin Nicétas. Cette traduction, dont la Bibliothèque nationale possède un magnifique exemplaire manuscrit, fut imprimée aux frais du roi de France en 1544, mais. les nombreux dessins qui accompagnent le manuscrit original étaient demeurés inédits. Le recueil de M; Omont comble cette lacune, et d’autant plus heureusement que la plupart dés planches sont dues au crayon du Primatice.Les deux dessinateurs, J; Santorinos, de Rhodes,et Francesco Prima.tic-cio, ont fort heureusement interprété, dit M. Hamy, les dessins antiques qu’ils tenaient du cardinal Ridolfi, et ils ont notamment restitué avec le plus grand succès, sur les conseils de Guido Guidi, les appareils chirurgicaux du De laqueis d’Héraclès ou du De machina mentis d’Oribase et d^Héliodore.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Jlutomobilisme
- Un nouvel indicateur de niveau. — Il a semblé tellement précieux aux automobilistes de connaître, lorsque cela leur semble utile, la quantité d’essence qui leur reste dans le réservoir, que l’on invente à peu près tous les mois un nouvel indicateur de niveau. En voici un, récemment « sorti », qui possède sur beaucoup d’autres le mérite de la simplicité. Et son cadran indicateur -étant obligatoirement oblique, la lecture en est très facile.
- Le réservoir comporte une tubulure en bronze B dont la partie filetée est pourvue d’un écrou C qui maintient une petite boîte F, surmontée d’une rondelle de cristal, dans laquelle se meut l’aiguille indicatrice. La boîte F
- Indicateur de niveau.
- est prolongée, dans l’intérieur du réservoir d’essence par un tube II dans lequel tourne la tige G portant l’aiguille.
- Enfin un flotteur K est monté à l’extrémité d’une autre tige L faisant avec G un angle de 90 degrés. On conçoit que le flotteur, suivant le niveau de l’essence dans ses variations, actionnera la tige de l’aiguille et que celle-ci indiquera à chaque instant le niveau de l’essence ou mieux encore la quantité de liquide restant dans le récipient. Les indications ne sont, en effet, qu’une question de graduation du cadran sur lequel se déplace l’aiguille. Cet accessoire de l’automobilisme nous paraît indispensable. — Le nouvel indicateur de niveau est construit par M. Louis Garré à Côme, Italie.
- Tendeur Rebour. — En automobilisme, le réglage instantané du frein devient de plus en plus une nécessité.
- D’autre part on emporte toujours le moins d’outils possible dans sa voiture; tout dispositif qui permet la suppression d’un de ces outils est donc le bienvenu.
- Le petit tendeur imaginé pour les voitures Rebour
- permet de régler le frein en un tour de main. Il fait partie de la tringle de tirage sur laquelle il est monté par deux extrémités B et C, filetées en sens opposé, qui s’engagent dans les têtes D d’une partie parallélépipédique E pourvue d’une mortaise qui la traverse de Tendeur Rebour. part en part. Cette mor-
- taise est traversée par un axe G qui porte un levier H terminé à son extrémité libre par une poignée I et une fourche F. Ce levier, au repos, .est rabattu sur l’ensemble et la fourche s’engage dans la partie carrée L placée entre l’extrémité B et la partie filetée.
- . Pour régler le frein, il suffit donc de soulever ce levier et de l’actionner à droite ou à gauche autant que cela est nécessaire ; on rabat ensuite la fourchette sur la partie carrée. 7— Le tendeur Rebour est construit 3, rue Ampère, à Puteaux.
- c?§sns. Mécanique
- Confection de calibres pour atelier. — Nous voudrions donner rapidement les types les plus utiles de calibres ou compas d’épaisseur que l’on fera bien de se fabriquer (si l’on connaît un peu le travail de la forge), ou que l’on se fera fabriquer, et qui sont à peu près indispensables pour les diverses opérations auxquelles aime à se livrer un amateur. Les compas d’épaisseurs sont nécessaires pour une foule de travaux variés, dans la menuiserie comme dans la serrurerie, la forge, etc.
- Les compas les plus simples sont donnés par les figures 1 et 2 ; dans le second cas, on a donné aux branches du compas une courbure très accentuée, de façon brusque, parce qu’il est bien des cas où cette forme des branches permettra de prendre un diamètre, une largeur, une épaisseur d’un objet que l’on ne pourrait mesurer ou enserrer avec les branches de l’autre forme. Souvent l’axe de rotation des deux branches est constitué simplement par une tige rivée ; mais cette disposition n’assure pas suffisamment que les branches demeureront immuablement dans la position où on les aura mises en prenant la mesure ; et alors le rapprochement ou l’éloignement des branches se produiront,, en faisant perdre l’épaisseur mesurée. On se trouve donc toujours mieux de munir la tête de l’axe du compas d’un écrou à oreilles du type que nous avons fait représenter
- Diverses formes de calibres pour atelier.
- en figure 7. Ici l’écrou ne sert du reste qu’à maintenir une glissière, comme nous allons le montrer pour le compas de la figure 4> mais le principe est identique.
- Nous signalerons rapidement le compas d’épaisseur de la figure 3, qui, lui, est destiné à prendre une mesure d'intérieur : de là la disposition de ses pointes mousses, qui divergent, comme on le voit. La disposition du compas de la figure 4 est tout à fait particulière, et elle est à deux fins. Eu effet les branches, se prolongeant pâr en bas et se courbant intérieurement, sont destinées à prendre des mesures extérieures, tandis que le prolongement supérieur de ces mêmes branches constitue en réalité un second compas pour mesux*es d’intérieur à prendre. Ici on a disposé l’appareil d’immobilisation du compas, ou plus exactement de ses branches, dans une position toute particulière. Nous retrouvons cet écrou à oreilles dont nous avons parlé tout à l’heure ; mais sa tige passe par l’évidement d’une glissière courbe, qui est fixée par un rivet formant pivot sur l’autre branche du compas. Rien de plus simple que de visser à fond l’écrou, ce qui vient coincer la glissière, et par suite immobilise complètement les deux branches du double compas.
- On se trouve souvent bien d’adopter un système tout différent de compas d’épaisseur. Ici il n’y a plus de pivot en réalité pour les deux branches, elles sont solidarisées élastiquement par une lame à ressort que montrent bien les figures 5 et 6. La construction d’un compas de ce genre (qu’il soit du reste pour’mesures extériéures comme en 5, ou pour mesures intérieures comme en 6) est bien plus difficile. Il faut savoir former la partie médiane et flexible des branches. Quant au boulon et à l’écrou à oreilles de fixation, ils sont également de fabrication beaucoup plus compliquée. C est qu’ils doivent
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- être munis d’une tige qui se fixera par un rivet formant articulation d’un côté, tandis que l’autre bout de cette tige passera par un trou ménagé dans la seconde branche.
- A noter que, dans le compas combiné donnant les mesures intérieures ou extérieures, on peut faire en sorte que cet appareil fournisse à une de ses extrémités la distance égale à celle qui est accusée par son autre portion : il suffit pour cela que la distance en ligne droite de l’extrémité des branches d’une moitié de l’appareil au centre de pivotement, soit exactement la même que pour l’autre demi-compas.
- Divers
- Contrôle du lait. — Crémomètre perfectionné. — Nous avons récemment indiqué (Yoy. Nature n° 1811 ) un procédé très savant et très précis pour déterminer la qualité d’un échantillon de lait, et préciser s il a subi ou non des falsifications.
- Le crémomètre ne peut avoir les mêmes prétentions ; cet appareil donne cependant des indications précieuses ; il a le grand avantage de pouvoir être manié par n’importe qui, d’être d’une lecture facile et rapide, et en outre d’être fort économique.
- On sait sur quel principe sont basés les crémomètres, un lait marchand doit contenir 9 à i5 pour 100 de crème, soit une moyenne de 12 pour 100; une fraude des plus
- __ fréquentes consiste à écrémer le lait pour
- le ramener à une teneur en crème de 9 pour 100 ou moins: on ajoute ensuite la quantité d’eau nécessaire pour ramener ce lait à la densité exacte de celui qui n’a pas été écrémé.
- Avec les crémomètres, on mesure la teneur du lait en crème, et l’on peut voir ainsi, s’il n’a pas été scandaleusement coupé
- C. j)
- d eau.
- Ces appareils sont constitués par de simples , éprouvettes en verre. On y verse jusqu’à un trait marqué le lait à examiner, et on le laisse reposer. Au bout de quelques heures, 2 heures environ pour un bon lait, la crème monte à la surface; l’éprouvette porte une graduation déterminée au moyen d’un échantillon de lait de bonne qualité ; on lit le nombre de degrés de crème, et au moyen d’une table qui doit toujours être livrée avec le crémomètre, on en déduit la teneur en crème du lait examiné.
- Mais s’il importe de donner toutes garanties à l’acheteur de lait, il faut aussi que le vendeur ne puisse être frustré par un client indélicat. Les analyses au crémomètre durent un temps relativement considérable, et le vendeur ne peut en attendre la fin pour constater le résultat.
- Le crémomètre représenté ci-contre est muni d’un dispositif donnant toute sécurité au vendeur de lait, sur la loyauté de l’analyse. C’est un couvercle, muni de trous dans lesquels on peut aisément, après le remplissage du crémomètre passer une ficelle, qui est ensuite scellée par un plomb. — Le crémomètre perfectionné est en vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris. Prix : 3 fr. 5o
- Les « mors-tubes percherons ». — Les éleveurs savent combien il est difficile de faire avaler une drogue quelconque à un cheval; la bouteille, aussi bien que les autres appareils imaginés jusqu’ici, sont loin de donner toute satisfaction.
- Un ingénieux inventeur, M. Marc, a construit, dans ce but spécial, un appareil qu’il appelle le mors-tubes parce qu’il affecte la forme d’un mors ordinaire qui serait prolongé par un tube en U assez allongé pour atteindre l’arrière-bouche du cheval. La partie arrondie du tube, celle qui se trouve au fond de la bouche, est percée de deux ouvertures, et sur le côté du mors, extérieurement, on fixe un entonnoir. L’appareil se
- Fig. 1.
- Le crémomètr
- Fig. 2. Le couvercle du crémomètr
- place comme un mors ordinaire, à l’aide d’un bridon; on attache alors l’animai de manière que sa tête se tienne le plus verticalement possible. Le liquide, préparé à l’avance, est alors versé dans l’entonnoir et absorbé sans effort.
- L’appareil peut encore être utilisé pour la désinfection buccale dans les cas fréquents de plaies de la bouche et dans ceux de maladies contagieuses pour la cautérisation des aphtes, Mors tubes,
- ulcères, abcès, etc. Dans ce
- cas, on adapte à l’une des branches de l’appareil un injecteur qui pousse le liquide en jet dans toute la cavité buccale qu’il arrose ainsi de liquide antiseptique. Ce mors-tube nous paraît indispensable aussi bien aux éleveurs qu’aux vétérinaires ; il semble appelé à leur rendre les plus grands services, étant utilisable, suivant les modèles, pour le traitement de tous les animaux domestiques. — L’appareil est en vente chez M. Marc, 104, avenue Yictor-Hugo, à Billancourt.
- Lardoir perfectionné.— Les instruments de cuisine, même d’apparence la plus simple, sont susceptibles de tenter l’ingéniosité des chercheurs éternellement en quête de perfectionnements. Témoin, le petit appareil représenté ci-contre. Fermé, c’est une sorte de poinçon quadi'angulaire, que l’on piquera dans la viande pour y ménager les trous de forme voulue. Si l’on appuie sur
- rortr
- Lardoir perfectionné.
- le ressort voisin de la poignée, les deux branches qui, réunies forment le poinçon, s’entr’ouvrent et l’on peut y glisser le morceau de lard. On pique donc le lardoir à travers la pièce de viande. Quand la pointe dépasse de l’autre côté, on presse sur le ressort, on glisse le morceau de lard entre les mâchoires de l’instrument, et l’on ramène l’instrument en arrière. Le morceau de lard reste dans la viande, et l’opération est terminée fort commodément. En vente, chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg. Prix: 1 fr. 45-
- Le Pox. — Le Fox est un nouveau modèle de soufflet pour les jardins et la vi^ne. Il est d’une extrême simplicité et se manœuvre d une seule main, l’autre restant libre pour écarter les feuilles et mieux diriger la poudre dans tous les endroits. Il est constitué par un réservoir tronconique surmonté d’un soufflet ordinaire pourvu d’une poignée. La partie supérieure du tronc de cône, qui porte l’orifice d’évacuation de la poudre, est mobile : on l’enlève pour introduire la poudre dans l’appareil. A l’intérieur de cette partie mqbile se trouve un tube long de 10 centimètres environ et fait d’un réseau métallique à mailles serrées: ces mailles sont recouvertes
- Le Fox.
- sur la moitié de leur longueur et dans le sens longitudinal, d’un demi-tube plein, de sorte que la poudre ne peut pénétrer que par la moitié de la surface totale des mailles.
- La grille ne doit pas être placée d’une façon quelconque à l’intérieur de l’appareil; de sa position dépend l’abondance du jet. Opposée à la poignée, c’est-à-dire tournée vers le sol l’appareil débite le maximum, tandis que le débit devient minimum lorsquœlle est tournée vers le haut. Un réglage est donc très facile à obtenir en tournant la partie antérieure de l’appareil. Enfin, dans aucun cas, le soufflet n’est en contact avec la poudre. - Le Fox est en vente chez M. Guimard, 28, boul. du Temple, à Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les variations cosmiques et la santé. — Les variations cosmiques ont-elles une influence sur la santé? la réponse n’eût pas été douteuse aux temps anciens et même aux siècles passés où le rôle des astres, le soleil, la lune et les étoilés, était de première importance sur la vie, sur le physique et le moral des humains, sur la destinée des empires, des foules et des individus. Les influences astrales, exploitées par les médicastres et les charlatans de tous les âges et de tous les pays, ont été le fondement de certaines doctrines médicales, puis ont passé, dans les croyances populaires où on les retrouve encore.
- Qui n’a entendu parler de 1 influence de la lune, non pas sur les champs, les récoltes et le temps, mais sur la santé, la maladie? Il ne faut pas se faire couper les cheveux en dehors de telle ou telle phase lunaire \ la saignée, si en honneur jadis, avait des mois de prédilection. On ne doit pas sevrer à telle époque, il ne faut pas faire ceci, px’endre remède, que sais-je? L école de Salerne, dans laquelle on trouve tant de sages préceptes d hygiène, obéissait aux doctrines du temps quand elle formulait ces prescriptions relatives à la saignée, aux purgations.
- En mai, tu pourras te purger à loisir; en avril, on peut se purger aussi, c’est un mois favorable à la saignée, comme encore septembre.
- Suivant les signes astrologiques, suivant le mois, les phases lunaires, le régime devait être modifié.
- Un curieux livre de Marsile Ficin est bourré de conseils sur la façon de garder la santé parfaite à l’aide des notions astrologiques. L’almanach de Rupaldi et beaucoup d’almanachs plus modernes indiquent les jours où l’on doit pratiquer la saignée, donner les purgations et poser les ventouses.
- Sans remonter aussi loin dans le passé, on trouvei'ait de nos jours les mêmes croyances; lisez les récits géographiques des explorateurs et, dans les peuplades dont nous ignorions Inexistence il y a un siècle; se retrouvent les mêmes idées, si vous voulez les mêmes superstitions. Au fond, il y a cependant du vrai dans la part qu’on donne à ces influences météorologiques : la lune, le soleil, les étoiles n’ont pas, sur notre organisme et surtout sur notre destinée, ce rôle prépondérant qu y donnaient jadis les astrologues ; mais il faut bien accorder à la température, à l’humidité de l’air ou du milieu, à la lumière, à l’obscurité, aux saisons, aux.climats, une part dans les manifestations physiologiques et pathologiques de bien des êtres hixmains.
- Hippocrate le premier avait dit que les maladies ont pour cause principale le changement des saisons et dans les saisons les alternatives de chaud et de froid, et cette observation fort vraie a été certainement l’origine des doctrines qui de nos jours se sont formées sur le rôle des constitutions atmosphériques.
- Rien de plus évident, comme l’a fait observer un savant hygiéniste, Léon Colin, que la part d’influence morbide qui revient dans certaines maladies aux conditions météorologiques antérieures, mais rien de moins prouvé que les constitutions morbides attribuées à ces causes. De cette influence morbide si variable, les rhumatisants en fournissent une preuve péremptoire. A moins longue échéance, mais avec plus de certitude que le vieux major ou les prophètes de ce genre, ils vous prédiront le temps, les changements de température, la venue de la pluie, de la neige. Ce sont, pour leur malheur, des baromètres d’une exquise sensibilité.
- Et les névropathes, en voilà qui sont encore soumis aux influences cosmiques : l’orage, le vent, la pluie, le soleil,, la lumière, tout vient, suivant l’état du sujet, exaspéi’er leur tension nerveuse ou apporter, au contraire, un calme à leur angoisse.
- En étudiant les malades et même des sujets en bonne santé suivant les milieux, les saisons, les climats, on notera des modifications profondes d’un jour à l’autre, que dis-je, d’une minute à la minute suivante. Dans un même milieu, des variations physiologiques peuvent se produire dans l’organisme, suivant les différentes heures de la journée. Le sommeil pris le jour n’équivaut pas,
- comme repos, à celui de la nuit. Le fébricitant a presque toujours, du fait du repos de la nuit, du sommeil, du calme donné par le silence et l’obscurité, une détente le matin et cette détente s’accuse par une chute thermique très accentuée de i degré et quelquefois plus.
- Le crépuscule amène chez certains sujets une accalmie propice, un état de quiétude qui va s’accroissant avëc l’épaisseur des ombres de la nuit. Chez d’autres, au contraire, c’est un état de mélancolie, de tristesse qui s’empare de tout leur être des douleurs vagues, erratiques, qui avaient disparu dans l’agitation du jour, se montrent plus vives à mesure que la lumière s’éteint : la préoccupation devient plus grande ; physiquement et psychiquement le sujet n’est plus le même. Le Dr Sardou, de Nice, qui a bien étudié ces manifestations, cite, à cet égard, des observations fort curieuses. Au moment du crépuscule, un de ses malades a des poussées de céphalée avec rougeur et ardeur du visage; un autre sent du froid et de la douleur dans les membres jusqu’au dîuer. Ce repas le réconforte pour quelques heures, puis il retombe dans sou malaise que le sommeil fait disparaître jusqu’au lendemain où le retour des ombres de la nuit provoque les mêmes manifestations. Des tuberculeux éprouvent, à la fin de la journée et seulement à ce moment, une douleur, une impression de froid. Un médecin, qui peut bien analyser ses sensations pathologiques, ne ressent ses douleurs rhumatismales qu’à ce moment, et après de longues recherches sur la cause, il reconnaît que cette sensibilité est uniquement due à la disparition du soleil.
- Entre ces catégories tranchées de ceux qui trouvent du calme ou de l’excitation dans les ombres du soir, on observe, comme le fait remarquer M. Sardou, des sujets qui tiennent de l’une ou de l’autre, suivant les circonstances. « Certains, dit-il, aiment le soleil tant qu’ils se portent bien et commencent à le fuir quand un état morbide les incline vers le groupe des excités. Plus nombreux sont ceux à qui la maladie apprend à apprécier ces rayons précieux, qui sentent le soleil activer leur convalescence, secourir la débilité attristée d’un état chronique, d'une adolescence étiolée ou d’une sénilité encore consciente.
- Les saisons impriment à tout l’organisme une modification profonde. Est-il besoin de rappeler l’influence déprimante de l’hiver, et l’état de résurrection, d’intensité de vie que ramène le printemps! Je ne parle pas des modifications imprimées par les changements de climats; celles-ci sont encore plus radicales, bien que l’homme soit de tous les animaux celui qui supporte le plus facilement les écarts les plus considérables de température. Les explorateurs du pôle Nord supportent des froids de 5o°, tandis que ceux de l’Afrique centrale ont eu des températures de 5o° à l’ombre : c’est une différence de ioo0.
- Les influences cosmiques ont donc une part réelle sur les modalités de la santé. Est-ce par une action directe sur le système nerveux? C’est probable, car c’est en somme le grand régulateur de la nutrition, et les névropathes, lès nerveux sont toujours plus sensibles que les autres à ces influences. Le système nerveux réagira différemment suivant les sujets, et s’il y a une maladie antérieure qui est venue déprimer l’organisme pendant un temps plus ou moins long, les troubles provoqués seront plus accusés.
- La part que les anciens attribuaient aux astres est donc réelle ; mais il faut la comprendre d’une autre façon Les changements du milieu journalier, le jour, la nuit, les changements du milieu saisonnièr, climatique agissent sur tout le monde, mais la diversité des réactions et des manifestations tient uniquement à la diversité des sujets. L’homme sain et robuste, d’esprit pondéré, ne sera que faiblement impressionné ; mais, par notre époque de nervosisme, de neurasthénie, combien rares sont ces sujets, au moins dans les grandes villes ? Ne sait-on pas que parmi les savants, hommes de lettres, philosophes, écrivains, il en est qui ne peuvent travailler que la nuit, taudis que d’autres ne trouvent l’inspiration qu’au réveil, à l’air frais du matin. Affaire
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- d'habitude, c’est possible, car j'ai vu avec l’àge, le travail du matin faire place au travail du soir, affaire aussi de tempérament et qui prouve que les influences cosmiques agissent d’une façon un peu différente sur chacun.
- Dans un travail fort documenté, le Dr Marsh, de New-York, a recherché quelles étaient les variations du pouls, de la température, du pouvoir musculaire suivant les heures de la journée et il a montré qu elles tendent à une variation sensiblement égale, dont le minimum se trouve à 5 heures du matin pour atteindre le maximum
- d’activité vers 5 heures du soir. Il n’y a pas là, à proprement parler, d’influence cosmique à faire entrer en ligne de compte ; l’agitation de la journée, affaires, marche, exercice, tout concorde à assurer au jour la phase prépondérante. Ce qu’on peut dire, en résumé, c’est que les changements de milieu provoquent vraisemblablement les mêmes manifestations, ont la même influence sur chacun de nous : mais la diversité et l’intensité des réactions tient à la diversité des sujets, à la diversité des tempéraments, à la diversité des circonstances. Dr A. Cartaz.
- RESUME METEOROLOGIQUE
- *•
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en février 1908, par M. Th.
- Moureaux,
- Pendant la première moitié du mois, la pression est élevée, la température basse, la pluie insignifiante; dans la seconde moitié, au contraire, le baromètre est relativement bas, la température en excès, et la pluie tombe, plus ou moins, presque chaque jour; celle du 17, de beaucoup la plus abondante, a fourni i3œm,7 dJeau. Si l’on excepte les journées du ix au 13, une forte nébulosité a persisté tout le mois; aussi, bien que le nombre d’heures de présence du Soleil au-dessus de l’horizon soit plus grand en février qu’en janvier, malgré la différence de durée de ces deux mois, le Soleil n’a brillé que 54 heures, au lieu de 102 heures en janvier dernier, et de 87 heures, moyenne normale de février. Finalement, dans les résultats mensuels, la pression, la température, la pluie et la nébulosité ont des valeurs supérieures aux normales, tandis que l’insolation est extrêmement faible. On a noté 9 jours de faible gelée, dont 8 entre le 2 et le 13 ; il est tombé de la neige le 1", le 3 et le 29.
- La Marne, grossie par les pluies tombées depuis le 17, est entrée en crue le 22, et son niveau s’est élevé de 1m,2o les jours suivants; la cote maximum, 5m,i8, dépassant de ora,43. la cote de submersion, a été atteinte le 27; la rivière a débordé depuis le 25 au matin jusqu’après la fin de février.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 761““,62; minimum absolu, 739““,8 le 29 à ôh 4om ; maximum absolu, 777““,3 le 7 à ih45m; écart extrême, 37mm,5.
- Température Sous l’abri : moyenne des minima, i°,5i ; des maxima, 8°,06; du mois, 4°>79'> des 24 heures, 4°»b7 ! minimum absolu, —4°>2 le b; maximum absolu, ii°,i le 22. Amplitude diuxme, moyenne du mois, 6°,55 ; la plus faible, 3°,3 le 18; la plus grande, i3°,6 le 12. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, — i°,63; des maxima, i3°,62; minimum absolu, — io°,3 le 3; maximum absolu, 2o°,o le 27. — Dans le sol gazonné : moyennes du mois; profondeur, om,3o : à 9 heures, 3°,62 ; à 21 heures, 3°,68; profondeur, om,65 : à 9 heures, 3°,96; à 21 heures, 4°>oo; profondeur 1 m. : à 9 heures, 4°>3a ; à 21 heures, 4°>37. — De la Marne : moyenne le matin, 4°,43; Ie soir, 4°>b4; minimum, 2°,o5 le 6; "maximum, 7°,oo, le 25.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 5mm,3i ; minimum, 2mm,9 le icr à i5 heures et le 3 à 14 heures; maximum, 8mm,5 le 17 de 16 heures à 18 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 82,7; minimum, 42 le 12 à 14 heures; maximum 100 en 12 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 7,84; ciel clair les 11 et 12; complètement couvert les 8, 21 et 23.
- Insolation : durée possible, 293 heures ; durée effective, 54h 4 21 jours; rapport, 0,19.
- Pluie ou neige : total du mois, 46mm,7 en 58h,8.
- Nombre de jours : de pluie ou neige, 19; de pluie ou neige inappréciable, 3; de neige, 3; de grésil, 3; de givre, 4; de gelée, 9; de gelée blanche, i3; de brouillard, 7; de brume, 3; de halos, 4-
- Fréquence des vents : calmes, G.
- N..........78 S. E . . . o W. . . . 76
- N. N. E. . 32 S. S. E. . 23 W. N. W. 5a
- N. E . . . 21 S......... 20 N. W . . 52
- E. N. E. . i3 S. S. W . 44 N. N. W. 5a
- E......... 28 S. W. . . 1 o 1
- E. S. E. . 9 W. S. W. 89
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 4‘u-37 ; moyenne diuime la plus grande, 8m,6 le 4; la plus faible, om,7 le 10; vitesse maximum en i5 minutes, i3m,i le 4, de i3h45m à 14 heures par vent N. N. E.
- Electiûcité atmosphérique : moyenne des 24 heures (16 jours), 212 volts; moyenne diurne la plus grande, 372 volts le 16; la plus faible, 102 volts le 22 ; amplitude diurne, o,36; amplitude nocturne, 0,68.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3m,68 ; minimum, 2m,58 le 12; maximum, 5m,i8 le 27.
- Comparaisons aux valeurs noi*males : baromètre, -j-2mm,73; température, -f- i°,o5; tension de la vapeur,
- omm,24 ; humidité relative, 0,0; nébulosité, + i,i5; pluie, -j-i3mra,3; jours de pluie -j- G; jours de gelée, — 4-
- Taches solaii'es : on a suivi i3 taches ou groupes de taches en 17 jours d’observation; le Soleil a paru dépourvu de taches le 18.
- Perturbations magnétiques : faibles, les 3, 4, 12, 2 j, 29; modérées, les 5, 7, 11, 22-23; assez forte le 6.
- Radiation solaire (pyrhéliomètre d’Angstrôm) : la courte période de beau temps du 11 au i3 a seule permis de bonnes observations. L’intensité Q de la radiation solaire est exprimée en calories par centimètre carré et par minute :
- Février 11, à I I1' 22m, h S: = 2 2° 42/ ; Q = 0 ©_ 11
- — 12, à I2b 46m, 26° 47’ ; xcal>°9’
- — 13, à i2h46m, 270 5' ; 1e*1,01.
- Floraisons : le 7, primevère acaule ; le 23, perce-neige; le 27, pâquerette.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- La manipulation du lait. — D'après un auteur allemand, M. Hempel, le meilleur moyen de conserver le lait, sans altérer aucune de ses propriétés, consiste à le refroidir rapidement aussitôt après son extraction et à le maintenir bien froid. Il peut ainsi se conserver facilement cinq semaines sans que sa saveur soit altéi'ée et sans que la crème se sépare. En été, il faut faire usage de glace pour que le refroidissement soit suffisamment rapide. Le lait d’animaxxx sains, aiusi conservé, serait
- toujours préférable au lait pasteurisé ou bouilli d un animal non surveillé. A. H.
- Blanchiment des éponges. — Laveries éponges dans l’eau pure, puis les plonger dans une eau additionnée de 10 pour xoo d’acide chlorhydrique, et les laisser ainsi 24 heures. On les lave à nouveau dans l eau pure, et on les met 24 heures baigner dans une eau contenant 24 pour 1000 do brome.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M.J. B., Lisbonne. — Ouvrage sur le moulage: Manuel du mouleur chez Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris. Prix : 3 francs.
- M. Theochacidé, à Paris. — Nous ne connaissons pas d ouvrage répondant à votre désir.Il faudrait vous adresser à la Société des Américanistes, 61, rue de Buffon, en précisant le sujet qui vous intéresse, car, tel que vous l'indiquez, il est si vaste qu’on ne saurait y donner de réponse précise.
- M. l’abbé N., à Le Yast. — Tous nos remerciements pour vos renseignements que nous transmettons à notre abonné.
- M. de Landreville, à Beauvais. — Pour la destruction des rats, veuillez vous adresser à l’Institut Pasteur, Paris.
- Mme R. B., Haute-Alsace. — Nettoyage et désinfection de livres précieux : M. Puille fils, 55, faubourg Saint-Denis, Paris.
- M. E. A., à Paris. — Vous trouverez chez les marchands de couleurs des vernis tout préparés qui protégeront très efficacement les objets dont vous parlez.
- Cercle militaire, Verdun. — De Loverdo,.Conservation des denrées par le froid, est publié chez Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. La revue l’Industrie laitière, se publie 3, rue Baillif, Paris.
- Dr Fée, à Nantes. — i°La chufa est une boisson rafraîchissante, très connue en Espagne, et que l’on prépare
- avec les tubercules d’une cyperacée répandue dans le midi de l’Europe, l’Orient et le nord de l’Afrique, le Cyperus esculentus(souchet comestible ou souchet sultan). Par extension, ces tubercules ou celte plante elle-même portent aussi fréquemment le nom de chufa. Cette cyperacée croît dans les jardins jusqu’aux environs de Paris ; il est aisé de s’en procurer chez tous les marchands de produits exotiques. 20 Renseignements sur la plupart des plantes exotiques utilisables comme fruits ou légumes, dans les ouvrages de : Dybowski Traité d'agriculture tropicale, ior vol. (Challamel, éditeur); A. Paillery, D. Bois, Le potager d un curieux (librairie agricole de la maison rustique); Deslandres, Les légumes et les fruits à Madagascar (Challamel); De Lanessan, Les plantes utiles des colonies françaises (Imprimerie Nationale) ; Jumelle,Les cultures coloniales (J. B. Baillière et fils).
- M. X. Y., Tunis. — La revue anglaiseNature se publie à Londres, chez Macmillan and C°, Saint-Martin’s Street.
- Mlle R. D., Saint-Mandé. — Pour l’oxygénite, veuillez vous adresser chez M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, Paris.
- M. A. T., 52. — Moteur Molenat, 66, rue Ramus,Paris.
- Mlle Morin, à Dunkerque. — Manuel de médecine usuelle, permettant de donner les premiers soins en attendant le médecin : Dr Galtier Boissière, Dictionnaire illustré de médecine usuelle, Paris. Librairie Larousse, 17, rue du Montparnasse (6 francs).
- M. Ch. LLounsfield, à Paris. — Nous vous remercions vivement de votre communication : vous pourrez voir en tête de la boîte aux lettres du n° 1784 (24 août 1907) que nous avons déjà donné au sujet du Kohistan des renseignements qui concordent avec les vôtres.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- La protection des aigrettes en Afrique : Gustave Regeusperger.
- — Les applications de la télégraphie sans ûl dans la marine de commerce: Sauvaire Jourdan.—- Les nouveaux autobus parisiens: A. Troli.er. — Les abîmes sans fond: E.-A. Martel.
- — La mosaïque do Fréjus : Joseph Delsaux. — Le pont de Pyrimont : Lucien Fournier. — La motocyclette moderne : G. Chalmarès. — Académie des sciences ; séance du 9 mars 1908: Ch. de Villedeuil. — Le « dictographe »: V. Forbin.
- Supplément.---Azoture d’aluminium. —Stations hydro-électriques
- de CarinflTie. — Consommation de la banane en France. — La locomotiôà meurtrière à Paris.. 4— Industrie laitière en Répu-blique-^Argentine, etc, — Télégraphie et téléphonie en 1907.
- — Enfants obèses, etc.
- Vépuration, biologique et chimique des eaux d’égout, par le1 'DE Calmette et .'MM. Rolants, Boullanger, CôtisfâuL Màssol; 3° vohi'më, in-8°, 274 p., Masson, éditëù’r; rgo8. Prix : 8 fijdtircs. •
- C'eût :1a suite et la troisième partie des capitales recherches résumées en notre ^1721 (19 mai 1906). Les bienfaisants travaux-dû directeur de l’Institut Pasteur] de Lille et dè ' ses.'dévoués collaborateurs sé rapportent cette: fois âùx-sujets suivants : nouvelles expériences à là Madeleine ;: station de Roubàix-Tour-coingt 'tr- Traitement des eaux d’égout à Kœpenick présidBeClin. — Le chapitre XVII examine l’épu-ratiph des eaux-vannes des habitations isolées et 'est rempli d’indications des plus pratiques. —- Epuration des eaux d’usines. — Progrès de l’épuration biologique en France (Lille, Toulon, Mâcon, Lyon), en Allemagne, Angleterre, aux Etats-Unis. Sous le= patronage de la caisse des recherches scientifiques* cette publication rend des services de premier ordre.
- La collection cuithr.opologique du Muséum National d'his-
- toire naturelle, par le Dr E. T. Hamy, Masson et Cie 1908 {extrait).
- Le bas-relief de l’hôtel du Brésil au Musée départemental d’antiquités de Rouen, par le Dr E.-T. Hamy. Paris, 61, rue de Buffon, 1907{extrait).
- On lira avec plaisir ces deux petites notes de notre éminent collaborateur. Dans la première, il suit concurremment 1 histoire de la chaire d’anthropologie et des collections anthropologiques du Muséum depuis la fondation ( 1635) jusqu’ànos jours. Dans la seconde il reproduit et commente un curieux bas-relief de Rouen, montrant quelle était, au xvi° siècle, l’intensité du commerce du bois avec le Brésil.
- Matériaux pour l’étude des cavernes, monuments mégalithiques et enceintes défensives de la Côte-d'Or. ior numéro d'une publication trimestrielle de Clém Drioton, 23, rue Condorcet, Dijon, Côte-d’Or. Abonnement annuel. Prix : 3 francs.
- Cet essai de documentation locale mérite de réussir ; ] : il, rendra, service aux archéologues non moins qu’aux \ . ,;hygiénistes.
- \Ep Grèce, par Monts et par Vaux, par Daniel Bovy,
- : Fred. Boi^sonnas, G. Nicole et Th. Homolle. In-folio.
- . Fred, Boissonnas, édit. 4» quai de la Poste, Genève.
- j.],: * F C'est le fascicule d’essai (Corfou, Athènes, Tégée, Sparte, Olympie, etc.) d’une publication tout spécialement artistique et luxueuse. La beauté des héliogravures n’a jamais été égalée. L’ouvrage est en souscription jusqu’au 3o mai 1908. Il comprendra six fascicules de 40 pages chacune, numérotés au nom des titulaires. Lé prix sera: de 5oo francs (pour l’édition deluxe, tirée au nombre des souscriptions) ; 1000 fr. pour l’édition de bibliophiles, avec la suite sur hollande et japon; 3ooo fr. pour l’édition royale
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- BIBLIOGRAPHIE
- distillerie. Source de Fontaine-VEvêque (Var), par MM. Martel et Lecouppey de la Fokest. Alimentation de la Neste. Observations glaciaires en Vigne-male, par M. Gaurier. Glaciers de Néouvieille, par M. Belloc.
- Niels Henrik Abel, par G. Mittag Leffler. Paris, édit, de la Revue du mois, 2, boul. Arago, et A. Hermann, 1907, 1 br., in-8°, 48 p. Prix : 2 francs.
- C’est une étùde beaucoup plus sur la vie d’Abel que sur son œuvre de mathématicien que cette brochure de M. Mittag Leffler, naguère publiée dans la Revue du mois. L’éminent membre de l’Académie de Stockholm était mieux désigné que personne pour tracer cette remarquable biographie critique.
- aç-
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 mars 1908 . 8°,8 S. W. 6. Pluie. 2,6 Quelques averses ; quelques coups de tonn. de 14 h. 15 à 14 h. 50.
- Mardi 10 5°,1 W. S. W. 4. Couvert. 5,3 Averses mêlées de grêle et grésil entre 10 h. et 18 h.
- Mercredi 11 4°,3 W. N. W. 4. Couvert. 2,7 Averses mêlées de grêle; orage entre 13 h. 16 et 13 h. 45.
- Jeudi 12 2°, 2 W. 2. Couvert. » Gelée blanche; bruine le m.; très nuageux.
- Vendredi 13 — 1°,8 S. 0. Nuageux. 0,5 Celée blanche; givre; brouillard à 8 b.; pluie et grésil à 17 b.
- Samedi 14 0°,0 N. E. 0. Couvert. » Celée blanche ; presque couvert.
- Dimanche 15 — 1°,1 N. E. 2. Très nuageux. » Gel. bL; nuag.; Hoc. de neigea 15 h. et à 17 b. 15; halo lunaire.
- MARS 1908. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 MARS 1908.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- avec planches en couleurs et notices additionnelles. Il est à souhaiter que les amis de la Grèce, c’est-à-dire de la beauté, soient assez nombreux pour assurer le succès de cette artistique entreprise.
- Annales de la direction de Vhydraulique et des améliorations agricoles (Ministère de l’Agriculture), fascicule 33 (1905), Paris. Imprimerie Nationale, .décembre 1907. In-8°, 243 p. et pl. Rapports du Comité d’études scientifiques pour l’année 1905.
- Constitution du Comité. — Utilisation agricole des terres tourbeuses, par M. Schribaux. Perméabilité des terres, en vue de l’arrosage, par MM. Müntz, Faure et Laine. Terrains salés de la Camargue, par MM. Girard et Carrier. Utilisation des vinasses de
- 10'
- 770
- 760:
- 750
- |740
- 750
- Mercredi
- G MIDI G MIN 6 MIDI 6 MIN G, MIDI G MIN 6 MIDI G MIN G MIDI G'MIN 6 MIDI G MIN 6 MIDI 6
- 35°
- 30°
- 25°
- 20e
- 15°
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent • courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de 4a mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 9 au i5. - Le 9. Situation atmosphérique trou-
- blée sur tout le N.-O. de l’Europe, centre de cette dépression sur l’Écosse : Stornoway, 727 mm; fortes pressions sur l’E. : Kharkof, 770 ; Arkangel, 775. Pluies sur 10. et le N.; en France : Cherbourg, 7 mm; Limoges, 4; Brest, Belfort, 2; Paris, 1. Température du matin : Arkangel, — 28°; Paris, 9; Alger, i3; Puy de Dôme, — 1 ; Pic du Midi, — 2 ; moyenne à Paris : 8°,i (normale : 5°,2). — Le 10. Centre de la dépression N.-O. sur la mer du Nord (736) ; N. du continent, 775 et au-dessus. Pluies sur le N: et l’O. de l’Europe ; en France : Limoges, Charleville, 12; Nancy, 10; Château-dun, 8 ; Cherbourg, 5 ; Paris, 1. Temp. du matin : Arkangel, — 3i ; Paris, 5 ; Alger, 16; moyenne à Paris : ô°,i (normale : 5°,3). — Le 11. Minimum barométrique sur les Pays-Bas, 745; dépression sur le golfe de Gênes, 753; fortes pressions sur le N. de l’Europe : Islande, 768 ; Haparanda, 775. Pluies générales : en France : Paris, 6; Clermont, 5; Toulouse, Nantes, 3. Temp. du matin : Haparanda, — i4; Paris, 4 ! Alger, i3 ; Pic du Midi, —13 ; moyenne à Paris : 4°>8 (normale : 50 4). — Le 12. Dépression sur le Centre et le S.-E. de 1 Europe : Odessa, 748 ; Uleaborg, 775. Pluies géné-
- rales ; en France : Lorient, 14; Brest, 8; Besançon, 7; Nancy, 6; Paris, 2. Temp. du matin : Haparanda, —25; Paris, 2 ; Alger, 12 ; Puy de Dôme, —5 ; Pic du Midi,
- — i3 ; moyenne à Paris : 3°,3 ; (normale : 5°,5). — Le i3. Pression inférieure à 760 sur la moitié S.-E. de l’Europe ; minimum à Kief, 75o; à l’O. pression supérieure à 763; Bodoe, 772. Pluies presque générales; France : Rochefort, 19; Biarritz, 12 ; Perpignan, 8; Nantes, 6. Temp. du matin : Haparanda, - 28 ; Paris, — 2 ; Alger, i.4; Puy de Dôme, —6 ; moyenne à Paris : i°,2 (normale : 5°,6). - Le i4- Situation analogue : Christiania, 770 ; Naples, 755. Pluie en France : Ouessant, 6; Brest, 4: Belle-Ile, 1. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, — 18; Paris, o; Alger, 12 ; Puy de Dôrçie, —6; Pic du Midi,
- — 12; moyenne à Paris : i°,9 (normale, : 5°,7). — Le 15. Aire de pression supérieure à 765 du N. de la France et des Iles-Britanniques au golfe de Bothnie : maximum à Christiania, 769. Neige sur l’Allemagne ; en France (pluie) : Lorient, 8 ; Rochefort, 5; Charleville, 1. Temp. du matin : Arkangel, —17; Paris, — 1 ; Alger, 12 ; Puy de Dôme, Pic du Midi, — 11 ; moyenne à Paris : o°,5 (normale : 5°,8). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 9, à 9 h. 5t m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et â l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1818 — 28 MARS 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Les chemins de fer de pénétration en Albanie et en Macédoine. — L’éternelle question d’Orient semblait depuis quelque temps localisée en Macédoine, où les rivalités des puissances grandes et petites se traduisent par les massacres alternatifs ou simultanés de paysans bulgares, grecs et serbes sous le contrôle discret d’une gendarmerie internationale. Brusquement, la mésintelligence a pris une nouvelle forme qui, si elle ne réussit pas, comme on se le propose de trop de côtés ensemble, à faire le bonheur des populations, ne leur fera du moins pas trop de mal. Le gouvernement ottoman ayant, suivant sa méthode invariable, lancé un os à
- ronger dans le concert européen, se retrouve tranquille pour quelque temps. Cet os, c’est la ligne de chemin de fer de Serajevo à Mitrovitza, qui a été non pas accordée, mais éventuellement promise à l’Autriche. Il suffit d’un coup d’œil sur notre carte pour voir quelle en serait l’importance économique. Actuellement il existe, entre la Bosnie, la Serbie, le Monténégro et l’Adriatique, tout un pays sans voies de communication, à peu près inaccessible, vers lequel s’avancent en divers sens, comme des tentacules, les voies de chemins de fer amorcées. Une ligne de chemin de fer de Serajevo à Mitrovitza par Novibazar passerait entre la Serbie et le Monténégro, reliant directement la Bosnie, c’est-à-dire l’Autriche, à Salonique et détournant, par conséquent, vers celle-ci, tout le commerce du sanjak de Novibazar et de la Macédoine.
- 11 est inutile de dire si le projet, aussitôt connu,
- a causé une indignation violente parmi ceux qu’il laissait en dehors : les amis de la Russie d’abord, le Monténégro et la Bulgarie, puis la Serbie qui aspire à se dégager de la main mise autrichienne en acquérant une sortie vers l’Adriatique. De là le projet concurrent aussitôt proposé par les Russes, qui consisterait dans une voie perpendiculaire sur la première, reliant au contraire directement la Roumanie et la Serbie, puis bientôt la Bulgarie, à l’Adriatique, à travers la Haute Albanie. Ce projet, intitulé le Danube-Adriatique, devrait, d’après les premières propositions, quitter le réseau roumain à Kraiova, pénétrer en Serbie par Raddijevatz, couper la ligne Belgrade - Salonique, et gagner Kourchoumlié en Serbie. Là le projet se subdivise. Le tracé du Nord coupe à Voutchitrn la ligne Serajevo-Mitro-vitza, passe à Ipek, et, après une très courte étape en territoire turc, traverse le Monténégro, de Mokra à Antivari, avec raccordement entre Antivari et S. Giovanni di Medoua par Scutari d’Albanie. Le tracé du Sud laisse au contraire de côté le Monténégro, part de Kourchoumlié par Pristina et Prizren, et aboutit à S. Giovanni di Medoua, avec prolongement sur Antivari par Scutari. Plus long d’une centaine de kilomètres, il serait néanmoins moins coûteux, étant établi en des terrains moins difficiles ; mais le Monténégro proteste contre cette variante et préconise une ligne côtière vers Durazzo qui est en effet tout indiquée. Dans le doute, il est probable que le Sultan réussira à s’abstenir; et l’ouverture de ces beaux pays à la civilisation est sans doute moins immédiate que ne le feraient supposer tous ces chemins de fer si facilement tracés sur les caries, mais que la Turquie a tant d’intérêt à marchander longtemps entre les deux grands compétiteurs.
- La baisse du charbon et du pétrole. — Le grand essor de l’industrie dans ces dernières années avait fait monter fortement le prix des combustibles minéraux. Pour le pétrole, les troubles de Russie, en interrompant la production de Bakou, avaient accentué dans une proportion anormale cette cause générale. Il était donc fatal qu’avec un retard plus ou moins marqué la baisse des combustibles suivît celle des métaux qui à été si brusque à la fin de 1907. Pour le charbon, le phénomène, qui n’est pas encore très manifeste en France, s’accuse déjà avec netteté dans les pays voisins, d’où il finira nécessairement par nous gagner. En Angleterre, les charbons à vapeur de Northumberland qui, en 1907,
- I étaient d’abord montés de 16 fr. à ai,25, sont retombés
- Carte des chemins do fer de pénétration en Albanie et en Macédoine.
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- INFORMATIONS
- à i5,3o la tonne à la lin de janvier 1908. Une nouvelle baisse de 0,60 par tonne s’esl produite dans ces derniers temps. En Allemagne le grand syndicat des houilles de Westphalie vient d’annoncer une réduction de 10 pour 100 pour la production de la houille, de 20 pour 100 pour celle du coke. En Belgique, à Charleroi, l’adjudication des charbons pour les chemins de fer de l’Etat belge, qui a eu lieu le 1,0 mars, a accusé une baisse de i,5o sur les menus et briquettes, de 2 fr. sur les cokes. Les prix français se maintiennent pendant ce temps grâce à la persistance du froid pour les charbons domestiques ; mais le ralentissement industriel, qui nous a atteints après nos voisins, est aujourd’hui trop manifeste pour ne pas faire sentir son influence. Pour le pétrole, on avait vu les prix monter de 400 pour 100 entre 1902 et 1907, dans la zone alimentée par les districts russes, depuis 7 kopecks par poud de 16,38 kg. jusqu’à 3i (de 1 à 4 centimes le kilo). Mais l’augmentation de production qui est nécessairement résultée de ces cours exceptionnels par la mise en valeur d’une foule de gisements commence peu à peu, avec le rétablissement d’un certain ordre en Russie, à exercer son action, encore accentuée par les effets de la crise industrielle américaine.
- Nouvelle grotte à peintures préhistoriques. —
- M. le D‘ René Jeannel (de Toulouse) vient de découvrir, entre Foix et le Mas d’Azil (Ariège), une nouvelle caverne aux parois ornées de dessins et peintures préhistoriques. C’est, croyons-nous, la 28e de ce genre. Il a relevé d’abord, dans une première visite, une douzaine de figures de bisons et chevaux. Puis un examen plus attentif, en compagnie de M. Félix Régnault et Léon Jammes (les paléontologistes bien connus de Toulouse), lui a révélé en tout et jusqu’ici une quarantaine d’animaux peints en rouge ou noir, plus une très curieuse silhouette humaine. Un ou deux rennes seraient même représentés aussi, ce qui daterait les figures. Nous reparlerons de cette intéressante trouvaille.
- L’ascension duKabru (Himalaya). — L'Alpine Journal de février publie, d’après le Calcutta Puglishman,du 4 nov. 1907, le récit de la plus haute ascension de montagne. Elle a été effectuée le 20 octobre 1907 par deux norvégiens, MM. Rubenson et Monrad-Aas, sur le Kabru (7319 mèt.) près du Kangchenjunga, dans l’Himalaya Oriental (entre le Sikkim et le Népal) où M. Graham avait déjà atteint en 1883 l’altitude (contestée) de 7300 m. (Voir La Nature, nos 1682, p. 186; 1746, p. 382; 1804, Suppl, p. 18), par le côté S.-E. C’est du S.-O. qu’a été entreprise la nouvelle escalade, depuis Jongri, avec une escouade de 14 porteurs (coolies). Plusieurs campements furent nécessaires à 5g35 mèt., 6120 mèt., 6700 mèt.; (où le thermomètre marqua la nuit, — 290 C.). Le vent et l’heure tardive arrêtèrent l’expéditionà 7285 mèt. environ de hauteur, à 35 mèt. plus bas que le plus haut des deux sommets qui sont sensiblement égaux. A la descente une glissade sur la glace faillit tuer les deux touristes, sauvés seulement par la corde, dont quatre brins sur cinq furent rompus. La lin de l’ascension eût été très facile; mais, après le soleil couché, le froid était intolérale. « Nous n’éprouvâmes, dit M. Rubenson, aucune gêne spéciale en ce qui touche la respiration, ni aucune atteinte sérieuse du mal des montagnes. Je ne doute nullement de la possibilité de gravir des montagnes même pas mal plus élevées! » L’expédition demeura i5 jours dans les glaciers du Kabru, avec une semaine de provisions seulement.
- Le dernier record de l’aviation. — M. H. Farman vient de reprendre ses expériences de vol plané, avec un aéroplane cellulaire, muni d’un moteur Antoinette de 4o chevaux. Ses efforts ont été couronnés d’un éclatant succès. M. Farman a pu faire chronométrer officiellement un circuit de 2004 mètres effectué en 2m3is. En réalité, le vol a duré au moins 4 minutes et l’espace parcouru est évalué à 4 kilomètres. M. Delagrange a également réussi de très beaux vols, et a fait Un parcours de i5oo mètres en 2“ 3os. Enfin, pour la première fois, on a pu voir un plus lourd que l’air s’enlever en emportant deux hommes, car après avoir constaté l’excellent fonctionnement de son aéroplane, M. Delagrange, accompagné de M. F'arman, a exécuté une courte, mais véritable ascension.
- L’air solide. — Les lecteurs de La Nature savent que Ton peut fractionner Fair liquide et en extraire ainsi
- séparément les éléments, notamment l’oxygène et l’azote. Un auteur allemand, M. Erdmann, préconise à ce sujet une méthode un peu différente. Lorsqu’on évapore l’air liquide dans un bon vide de xo à 20 millimètres, il se prend en une bouillie cristalline, par suite de la cristallisation de l’azote. M. Erdmann pense qu’on pourrait utiliser industriellement ce fait pour la séparation de l’azote et de l’oxygène. La différence des points de fusion de l’azote (6o° absolus) et de l’oxygène (moins de 4o° absolus) est, eu effet, plus grande que la différence de leurs points d’ébullition.
- Conséquences d’une crise. — La situation financière aux États-Unis a eu sa répercussion sur le bilan des grandes compagnies de navigation transatlantique, en raison de la diminution des passages dans les classes de luxe. C’est ainsi que la ligne Hambourgeoise-Améri-caine vient de déclarer un dividende de 6 pour 100 pour 1907, au lieu des 10 pour 100 de l’année précédente. Les bénéfices réalisés l’an deimier par l’enti’eprise ont été de 31 25o000 francs. Ils s’étaient élevés à 40 millions en 1906. La crise américaine n’est pas exclusivement responsable de cette notable diminution. On se i*appellera que les compagnies se firent une gueime achaimée aux débuts de 1907. Pendant plusieurs mois, les émigrants d’Europe purent accomplir le voyage en payant une somme dérisoire, qui couvrait à peine le coût de leur alimentation durant les sept jours de traversée.
- La consommation des thés de Ceylan. — La
- Grande-Bretagne et l’Iidande ont consommé, en 1907, 108421473 livres de thé de Ceylan. La Russie vient ensuite avec 16459 239 livi*es. L’Australie a acheté, l’an deimier, aux Iles Ceylan, 22 991 939 livres de thés divers, et les États-Unis d’Amérique leur ont pris 11845337. Eix France, la consommation devient chaque année de plus en plus grande ; mais elle n’est pas px-ès encore d’atteindre les quantités que nous venons de signaler.
- L’origine des villages. — Il est difficile de ne pas être frappé, lorsqu’on parcoux't les provinces françaises, de la façon, différente suivant les lieux, dont sont réparties les maisons d’un même pays: tantôt disséminées sur une étendue de territoire très gi’ande, tantôt éti'oitement resserrées, aggloméi'ées autour d’un édifice central, le plus souvent une église. Cei'taines régions sont presque lout entières de l’un de ces types, d’autres de l’autre. Évidemment, la géologie y contribue pour une grande part, notamment par la facilité de s’alimenter individuellement en eau potable ou la nécessité de se grouper autour d’une source, d’un puits profond, par le mode de culture qui en résulte, etc.; dans l’ordre d’idées ethnographiques, on a pu faire, en outre, deux hypothèses: pour les uns, le village proprement dit (c’est-à-dire le type aux maisons rapprochées) est une survivance de l’ancien régime de propriété collective et de culture en commun, qui a très longtemps existé dans de nombreuses régions du globe, avant le morcellement des territoires en propriétés individuelles ; pour les autres, l’explication est fournie par la race à laquelle appartient la population considérée ; il y aimait ainsi en Europe trois types fondamentaux d’établissement : le mode allemand, village aggloméré sans ordre net dans les maisons ; le mode français, fermes isolées ; le mode russe, village aggloméré traversé par une rue centrale ; le type allemand distinguerait la race germanique, le français la race celtique, lerusse la l’ace slave. M. André Mater qui vient de reprendre l’étude de la question, et qui l’expose dans un récent numéro de la Revue du Mois, se déclare nettement contre la théorie ethnique, et, tout en pensant que la première théorie est plus admissible, il propose un système d’explication ingénieux, résultant du conflit, et, si Ton veut, de la combinaison de deux grandes séries de causés déterminantes : i° des causes sociales, le village re&éerré étant en effet à ses yeux (et de nombreux exemples le justifient) la survivance d’un ancien état où le territoire était la propriété commune d’une famille ; 20 des causes géographiques, cette survivance du vieux type du village ne pouvant se produire, dans les pays où cette pr-opriété commune est disparue, que là, où les conditions biologiques, notamment la recherche de l’eau et du soleil, nécessitent le groupement des habitants en un espace commun, étroit, d’où ils se dispersent pour l’exploitation du territoire qui les fait vivre.
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- *>> Électricité - *
- Les perles électriques Weismann. — Les décorations électriques d’intérieur se répandent de plus en plus : tout le monde a pu admirer les heureux effets décoratifs que l’on sait tirer aujourd’hui de l’ampoule à incandescence ; groupées suivant les dessins les plus divers, les lampes électriques permettent d obtenir un éclairage uniforme et excellent, en même temps qu’une décoration élégante et souple. Lorsqu’on songe à la forme d’habitude si lourde des culots de lampe électrique, on se demande comment on peut réaliser ces dessins légers qui nous charment dans les théâtres ou les salons. Et, en effet, il a fallu renoncer au culot métallique des lampes ordinaires pour recourir à une ingénieuse disposition due à M. Weismann. Dans ces perles Weismann, ou a supprimé complètement le culot qui dans les lampes habituelles sert à effectuer la prise de courant, et que l’on est forcé d’introduire dans une
- Fig. T.
- Une perle Weismann brancliée sur deux cibles électriques.
- Fig. a.
- Coupe d’une perle Weismann.
- auparavant se servir d’une pièce spéciale pour chaque calibre. La figure ci-dessous fait comprendre le fonctionnement de l’appareil : une des moitiés de la tête de la pince forme pièce de pression, tandis que l’autre sert de support au tube à plier. Deux mâchoires en acier de même forme coulissent sur la pièce de pression; chacune de ces mâchoires est armée d’un couteau. Ces deux couteaux peuvent être rapprochés ou éloignés à l’aide d’une vis de réglage a munie d’un pas dextror-sum et d’un pas sinistrorsum. Ce réglage permet aux mâchoires d’embrasser des tubes de 7 à 16 mm de diamètre.
- Les mâchoires et le guidage sont pourvus de repères pour les différents tubes normaux : 7, 9, 11, i3, 5, 16. Au milieu, se trouve enregard des mâchoires inférieures, une vis d’arrêt b, avec laquelle on peut régler l’ouverture de la pince, ce qui est important d’ailleurs
- Pince à plier les tubes.
- quand il s’agit d’établir un certain nombre de courbures égales pour des conduites multiples. Cette pince, de plus, est munie d’un dispositif à cisailler et à attacher les gaines. Cet outil, appelé pince « Trabant », est en vente à la maison Bader et Halbig, de Halle-sur-Seine.
- Divers <«*
- Clous pour les sièges reposant sur un tapis. — Ce
- sont de simples clous en acier poli et nickelé, à tête large, ronde et légèrement bombée. On les place sous les pieds des chaises, fauteuils, tabourets, tables, reposant sur un tapis. On peut alors déplacer ces meubles
- douille métallique, pour provoquer l’apparition de la lumière. Les fils métalliques ou fils de dérivation qui vont du filament des ampoules aux fils principaux de la distribution de courant, sortent directement de l’ampoule, à travers le verre ; et une série de perles en cristal ou en verre sont enfilées sur chacun de ces fils. Les perles se touchent les unes les autres de façon à ne laisser aucune solution de continuité entre elles ; on obtient ainsi une isolation parfaite des conducteurs. Les fils de dérivation se terminent par un crochet dissimulé dans une perle de plus grandes dimensions perforée d’un trou conique, par où glisse un petit tube de cristal.
- Pour attacher une lampe, il suffit de remonter la grosse perle, on met à découvert le crochet auquel on adapte l’anneau du fil d’attachage. Par son propre poids la boule retombe sur l’assemblage qui devient invisible.
- On voit que ce système] offre moins de dangers de court-circuits que le système ordinaire de culot à douille, et qu’il permet des dispositions de lampes d’un caractère gracieux et décoratif. Il facilite, en outre, singulièrement la pose des lampes dans les installations qui en comportent un nombre considérable. — Les perles Weismann s'e trouvent à la Compagnie française des Perles électriques Weismann, 87, rue Taitbout et i5, rue Royale, Paris.
- &!> Mécanique
- Pince à plier les tubes. — Nous croyons devoir signaler à nos lecteurs une nouvelle pince à plier les tubes isolants, outil des plus indispensables pour le monteur électricien; cette pince a l’avantage, sur les ^autres instruments de ce genre, de permette de plier des tubes de dimensions différentes, alors qu’il fallait’
- Fig. 1.
- Un clou pour pied de meuble.
- Fig. 2.,
- Pied de meuble garni du clou.
- et les faire glisser aisément sans abîmer les tapis ou risquer de les déchirer.
- Ces clous sont plus commodes à placer que les roulettes habituellement employées ; avec eux, on n’a plus à craindre ces meubles boiteux, devenus infirmes à la suite d’accidents survenus aux roulettes. — En vente, chez Mathieu, 29, rue de Yalois, Paris. Prix : o fr. g5 la douzaine.
- La pipe à paravent. — Nous voudrions bien en connaître l’inventeur, quand ce ne serait que pour l’ingéniosité qu’il a dépenséè : l’invention doit être anglaise ou américaine, nous
- l’avons trouvée dé- /\yjL ________
- crite dans notre con- ~
- frère Scientific Ame- '
- rican. Il s’agissait de doter une pipe d’un paravent, d’une sorte de bouclier, la mettant à l’abri La pipe à paravent,
- des rafales de vent;
- mais on a voulu que ce bouclier pût se développer plus ou moins suivant les besoins, arriver à fermer presque complètement le fourneau de la pipe, ou au contraire à le dégager tout à fait, si le vent ne souffle point. D’autre part, on est parvenu à pouvoir orienter le paravent dans n’importe quelle direction. Le dessin qui
- f’or/rr
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- accompagne ces lignes el la coupe de la portion essentielle de l'appareil, montrent comment le paravent est constitué : il est fait de petites plaques courbes qui peuvent venir s’imbriquer les unes sur les autres, en se développant plus ou moins. Mais l’anneau métallique sur un diamètre duquel sont disposés les petits pivots du paravent, peut tourner librement autour de la partie supérieure de la pipe ; il est du reste maintenu par deux minuscules goupilles qui le traversent, et qui viennent pénétrer dans un autre anneau formant rainure pour les goupilles, et monté en haut du foyer de la pipe. On voit donc que l’orientation du paravent peut se faire dans toutes les directions.
- Le masseur mécanique. — Nous pouvons ajouter masseur pneumatique, en ce sens que c’est un coussin où l’on comprime de l’air qui assure le massage des tissus, la compression étant naturellement suivie d’une décompression, pour que le coussin cesse d'être en contact avec la partie du corps que l’on masse, et y revenir ensuite. L’invention a été brevetée aux Etats-Unis au nom de M. Cari Rosen, demeurant au Penuoyer Sanitarium, à Ivenoska, Etats-Unis.
- Comme on peut le voir tout de suite, dans son ensemble, l’appareil rappelle bel et bien une de ces tondeuses mécaniques à pédale dont nous avons donué ici des descriptions. Le mouvement de la pédale est régularisé, comme de juste, au moyen d’un lourd volant qui emmagasine de la puissance vive, et il se transmet à l’organe essentiel par l’intermédiaire d’un jeu d’engrenages. Sur l’arbre du volant, qui est l’arbre moteur, est disposée une manivelle, et celle-ci, à son tour, comporte une tige venant se fixer au moyen de deux écrous au centre d’un fort diaphragme en caoutchouc. Au fur et à mesure que, dans la chambre où il est inst allé, le diaphragme va se mouvoir alternativement de haut en bas et de bas en haut, l’air se trouvera chassé, ou au contraire aspiré, par la tubulure qui forme issue ou appel pour la chambre du diaphragme. Et comme cette tubulure se prolonge par un tube flexible avec lequel elle est en communication, lequel tube se termine par une sorte de pomme faite d’une membrane en caoutchouc, cette dernière se gonfle ou se dégonfle régulièrement. Si la pomme a été mise au contact du corps, d'un muscle quelconque, elle va donc comprimer celui-ci, en exerçant une action douce, mais qui peut pourtant être énergique, si la compression de l’air est forte.Reste la question de savoir oùappliquer ces pulsations pneumatiques, comment les diriger: c’est là le gros point en matière de massage.
- Vue de l’appareil et détail du piston.
- Un nouvel éerémoir. — L’inventeur de ce nouvel .éerémoir reproche aux écrémeuses centrifuges la détérioration du lait qui devient impropre à la nourriture des animaux. C’est pourquoi il propose de remplacer ces appareils par son éerémoir, extrêmement simple, il est vrai, mais qui n'intervient que lorsque la crème est
- Nouvel éerémoir.
- montée naturellement au-dessus du lait dans le récipient qui le contient.
- Cet éerémoir est fait de deux plateaux, l’un est percé de quatre ouvertures triangulaires, tandis que le second, qui se place dans le premier, porte quatre séries de trous correspondant aux perforations du premier plateau. L’ensemble est placé au fond du récipient à lait de
- manière que les ouvertures de deux plateaux concordent. Lorsque la crème s’est dégagée du lait, on soulève l’appareil; le lait passe aisément; mais, au moment où l’on atteintjla couche de crème, on tourne, vers la droite ou vers là gauche, le plateau supérieur de manière que les trous viennent se placer en face des pleins du premier plateau. On obtient ainsi un vase étanche qui permet l’enlèvement de la crème en une seule opération.
- — L’appareil est en vente chez M. Marc, io4, avenue Victor-Hugo, Boulogne-sur-Seine.
- Vinaigrier. — On sait que le vinaigre du commerce est l’objet de fréquentes falsifications; et le liquide que l’on vend sous ce nom, répond bien peu en général à son étymologie. Le vinaigre ordinaire est fait bien souvent d’acide acétique, dilué d’eau et additionné d alcool; on devine aisément qu’il n’a pas les qualités de goût du vrai vinaigre de vin.
- Pour être sûr de la qualité de son vinaigre, le mieux est de le fabriquer soi-même. Le petit appareil que nous décrivons ici, permet de le faire aisément. C’est un tonneau de forme tronconique, construit, en chêne, mesurant 20 cm de largeur sur 24 de hauteur, par suite peu encombrant et facile à placer. Sa contenance est d’environ 4 litres. Il porte à sa partie supérieure un couvercle percé d’un trou, dans lequel s’engage un tube de verre plongeant presque jusqu’au fond du tonneau. A la base de l’appareil, est ménagé un orifice livrant passage à un tube recourbé ou tube de niveau ; ce dernier sert à indiquer le niveau du liquide, et en même temps il
- sert à effectuer le soutirage du liquide. Enfin vers le haut sont ménagés 2 trous d’air munis d’un petit grillage qui arrête les insectes.
- Dans ce tonneau, minutieusement nettoyé à l’eau chaude, au préalable, on introduit d’abord un mélange de vin et de vinaigre. Sous l’influence d’un microbe, le mycoderma aceti, le vin se transforme en vinaigre, la transformation s’opère en une huitaine de jours. On soutire le vinaigre par le tube de niveau ; il suffit de le faire tourner à travers son bouchon, pour en diriger l'ouverture vers le bas et le transformer ainsi en robinet.
- Au fur et à mesure qu’on retire du vinaigre, on le remplace par un volume égal de vin et ainsi on a. une fabrication continue et économique d’excellent vinaigre, très suffisante pour les besoins d’un ménage ordinaire.
- — L’appareil est vendu chez Renaut, 4L boulevard de Strasbourg. Prix : 9 fr. 75.
- Encrier scientifique. — Les encriers dont nous nous servons habituellement sont encore bien barbares, l’encre s’y dessèche avec une rapidité désolante. Tantôt à sec, tantôt débordants, il est impossible de les maintenir à ce juste niveau où, pour les encriers au moins, réside la vertu. Nous signalons donc volontiers la tentative de perfectionnement que constitue l’encrier scientifique. C’est, en somme, un petit appareil de physique, composé de deux tubes de verre communicants; le premier, celui qui a le volume le plus considérable, est complètement fermé à la partie supérieure : il sert de réservoir. L’air n’y ayant pas accès, l’encre peut s’y conserver indéfiniment.
- Le deuxième tube, le plus petit, a la hauteur d’une Encrier scientifique, plume ordinaire, l’encre s’y
- maintient toujours à un niveau à peu près constant par le seul jeu de la pression atmosphérique.
- Pour remplir l’encrier, on le place horizontalement et l’on y verse l’encre au moyen d’un entonnoir spécial ; puis on le redresse verticalement, il est prêt pour servir pendant un temps très long. — L’objet- est en vente chez Novi, 44,rue d’Enghien, Paris. Prix depuis 2 fr. 5o.
- Vinaigrier.
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- VAR] ETES
- csa?
- Le sanscrit en Asie Mineure. — Une toute récente publication hors commerce de la Société Allemande d’Orient, contient un fort important mémoire de M. Hugo Wi n gicler, su r les premiers résultats d’une campagne de fouilles conduite pendant l’été 1907 à Boghazldôi (Cap-padoce, Asie Mineure). Dès à présent, les documents publiés viennent se placer au premier rang des découvertes les plus considérables effectuées dans ces dernières années, et fournissent à l’histoire de toute la civilisation du vieux continent une capitale contribution: c’est le texte, en caractères cunéiformes, d’un traité conclu entre le roi des Hittites et le roi de Mitani vers le xiv° siècle avant l’ère chrétienne.
- On possède déjà, depuis quelques années, des renseignements circonstanciés sur les Hittites, fournis d’une part par des inscriptions et des monuments, de l’autre par l’abondante correspondance conservée et retrouvée dans les archives pharaoniques de Tell-el-Amarnâ (voir notamment le travail du Dr L. Messerchmidt : Die Ilettiter, dans Der Alte Orient, vol. îv, part. 1. Leipzig, J. C. Hinrichs, 20 édit. i9o3), et ces renseignements, par leur constant rapprochement avec la chronologie alors certaine des dynasties égyptiennes, et les indications précises qu’ils donnent sur les monarques de Mitani, justifient la date du xiv° siècle environ assignée au traité susdit.
- Celui-ci contient une particularité qui lui donne la plus haute valeur; à côté, en effet, de divinités babyloniennes et de divinités hittites, il invoque plusieurs dieux ou plus exactement deux couples de dieux qui étaient jusqu’à présent seulement connus dans des contrées beaucoup plus orientales. Ce sont les dieux Mitra et Varuna, le dieu Indra et les dieux Nâsatya. Ceux-ci appartiennent,en effet, à ce que l’on peut appeler le panthéon védique, tel qu il est attesté dans l'Inde par l’ensemble de la littérature védique, dont on ne saurait guère faire remonter la première rédaction au-delà du vin0 siècle avant notre ère, époque vraisemblable de la première pénétration dans l’Inde, par le Penjab, des conquérants aryens qui devaient imposer à cette contrée
- leur religion et leur civilisation. Et ces dieux, cités dans le traité de Boghazkiôi, sont non seulement les dieux principaux du panthéon vedique, mais leurs noms sont groupés dans ce traité de la même façon exacte qu ils se présentent communément dans la littérature védique ; de plus, la forme de ces noms est aussi rapprochable de la forme qu’ils affectent dans le sanscrit védique ; ce sont les signes évidents d’une civilisation aryenne et même, strictement parlant, apparentée à celle du sanscrit védique, installée, au xiv° siècle avant notre ère, en Asie Mineure. L’importance de cette découverte est telle qu’elle suscitera sans nul doute plusieurs interprétations différentes.
- Déjà M. Eduard Meyer, savant allemand bien connu par ses études d’iranisant, en a présenté une dans une récente séance de l’Académie de Berlin. Pour lui, les Aryens du Penjab et les Aryens de la Cappadoce auraient une commune origine et seraient sortis tous deux de l’Iran, à une date beaucoup antérieure à l’époque de Zoroastre.
- Sans exposer ici sur quels arguments M. Meyer fonde cette hypothèse, il semble qu’une solution contraire serait plus admissible. Il nous paraît qu’il faudrait plutôt voir dans les Aryens de Cappadoce, sinon l’origine de ceux de l'Iran et de l lnde, du moins un groupe très voisin de cette origine. Cette hypothèse prend d’ailleurs une sorte de confirmation dans les rapports, déjà signalés souvent parles indianistes, entre la pensée indienne et la pensée des Sémites de la Mésopotamie, et qui semblaient si mystérieux jusqu’ici, tandis qu’une telle influence devient, explicable par la présence d’un groupe aryen, de civilisation sanscrite, aux confins de la civilisation mésopotamique.
- Peut-être enfin l'installation de ce groupe aryen en Cappadoce, ou son départ de cette région, n’est-il pas sans rapport avec ce mouvement de peuples qui, vers la même époque, déterminait le peuplement du monde préhellénique par ces tribus indoeuropéennes, encore mal connues, qui semblent immédiatement originaires de Thrace. J.-P. L.
- HYGIENE ET SANTE
- État actuel de la radiumthérapie. En 1895, lors de sa communication à la Société physico-médicale de Wurtzbourg Rôntgen signala l’étrange propriété qu’avaient ies rayons émis par l’ampoule de Crookes de traverser les différentes parties du corps humain. Aujourd’hui cette propriété constitue la base de deux techniques médicales : la radioscopie et la radiographie. Non seulement les rayons X sont utilisés comme procédé de diagnostic, mais encore ils forment, en dermatologie, un puissant agent thérapeutique.
- Il était alors naturel qu’une fois engagés dans la voie de l’emploi des rayons de Rôntgen, les médecins essaient de mettre à contribution les rayons de même nature émis par le radium et, à la suite de la Rôntgenothé-rapie est venue prendre place , la Radiumthérapie déjà si féconde en résultats. »
- Becquerel, le premier, portant dans une poche de son gilet une ampoule de verre renfermant le précieux métal, fit la constatation involontaire de son action physiologique, et Curie, plus tard, refaisant systématiquement l’expérience sur son bras, fut assez inquiet du très long temps que mit la plaie produite à se cicatriser. Depuis cette époque les progrès furent rapides et l’on peut actuellement sans danger aucun, avoir recours au radium en thérapeutique.
- Si l’on place sur la peau une ampoule contenant du radium et qu’on l’y laisse une heure ou deux, on ne constate d’abord aucun effet appréciable au moment où l’on retire l’ampoule, puis une semaine, deux semaines, parfois même six semaines après, on voit apparaître une rnmrfiiip lpcrèrp mil nrno-ressivement. nrend une teinte
- plus foncée et finalement fait place à une croûte. Au bout de quelque temps, cette croûte tombe, laissant au jour une cicatrice unie, lisse, souple, d’une belle esthétique. Comment expliquer cette mystérieuse action du radium et quels sont les profits que l’on peut en retirer en médecine?
- On sait que le radium, corps en voie de désagrégation continuelle, émet trois sortes de rayons : des rayons a, des rayons p, et des rayons y. Les a sont analogues aux rayons canaux des ampoules de Crookes ; ils sont constitués par des masses matérielles de la grosseur d’un atome, lancés avec une vitesse égale au 20e environ de celle de la lumière et chargés d’électricité positive. Les rayons p, comparables aux rayons cathodiques des ampoules à vide, sont des corpuscules dont la grosseur, d’après J. J. Thomson, serait 2000 fois plus petite que celle d’un atome d’hydrogène. Ces corpuscules, chargés d électricité négative, sont doués d’une vitesse de l’ordre de celle de la lumière. Enfin les rayons y, analogues aux rayons X, ne convoient plus de charge électrique et sont dus à une perturbation de l’éther.
- On conçoit alors que ces rayons peuvent être comparés à des projectiles lancés contre un obstacle. Les projectiles x étant assez gros et marchant avec une vitesse assez faible (toutes proportions gardées) seront arrêtés par la surface de l’obstacle et feront effet de béliers; les projectiles p, plus petits, plus rapides, pénétreront plus loin, comme une balle de fusil dans un mur. Quant aux rayons y, leur pouvoir de pénétration est tel qu’ils traverseront l’obstacle.
- Sunnosons maintenant aue cet obstacle soit une nartie
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- du corps d’un animal quelconque et suivons, à l’aide de l’histologie *, les transformations résultantes de l’action du radium. Nous verrons alors qu’outre la destruction complète de l’épiderme, le derme subit des modifications particulièrement intéressantes. Les bulbes pileux s’atrophient et disparaissent, les glandes sudoripares se résorbent, les cellules conjonctives qui, à l’état normal, sont éloignées les unes des autres et de faible volume, commencent à grossir aux dépens des faisceaux conjonctifs, puis se multiplient abondamment et finissent par envahir tout le derme. Il y a retour du tissu conjonctif à l’état embryonnaire, c’est-à-dire à l’état où la vitalité de la cellule est extrême : c’est le phénomène le plus important à noter et qui explique le mécanisme de la réparation. Une fois produite, en effet, la vive réaction que nous avons vue plus haut, et qui aboutit à la formation d’une croûte, les cellules conjonctives embryonnaires repassent par une phase de maturation, refoxanent les fibres conjonctives, diminuent de volume et s’éloignent de nouveau, de sorte que le tissu de réparation sera moins une cicatrice que de la peau presque normale.
- D’ailleurs, pour guérir certaines lésions, il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’à la destruction des tissus ; il suffit d’employer des doses telles qu’aucune réaction visible ne se produit. Dans ce cas on ne constate la formation d’aucune cicatrice ultérieure.
- 1 Dominici et Barcat. —Congrès de Médecine, îG octobre 1907.
- À l’heure actuelle, le radium a pris place dans la thérapeutique comme un agent de haute valeur, lin ce qui concerne la dermatologie par exemple, les travaux antérieurs de MM. Danlos, A. Darier, Reihns et Salmon, R. Labbé, Lassar, Oudin et Verchère, etc., et ceux plus récents de MM. Wickham et Degrais, et M. de Beurmann, ont nettement montré l’action curative du radium dans plusieurs groupes morbides. Nous citerons principalement les épithéliomas de la peau1, les nævi vasculaires2 (dénommés communément taches de vin), la tuberculose cutanée,'enfin le groupe important3 comprenant le prurit, les névrites superficielles, les névrodermites, les eczémas chroniques rebelles, les psoriasis rebelles. Enfin, d’autre part, il faut mentionner les résultats obtenus par M. Dominici dans le traitement du rhumatisme localisé. De sorte que, tablant dès à présent sur les faits acquis, on peut augurer de la fécondité de la radiumlhérapie qui deviendra certainement une branche très importante de la médecine.
- Beaudoin,
- Ingénieur E. 1*. C.
- Attaché au Laboratoire Biologique du Radium.
- 1 Wickham et Degrais. — Bulletins du Congrès pour l'avancement des • Sciences (tenu à Reims, août 1907) et du Congrès de dermatologie de New-York (septembre 1907).
- 2 Wickham et Degrais. — Académie de médecine, 8 oct. 1907.
- 3 do Beurmann, Wickham et Degrais. — Congrès de Médecine, 16 octobre 1907.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Bronzage du fer et de l’acier. — On peut, suivant la Revue de Chimie Industrielle,appliquer les procédés suivants :
- Faire une liqueur ayant la composition ci-dessous :
- Acide chlorhydrique............... 60 grammes
- Alcool............................ 5o —
- BichloruCe de mercure ^ . . . . 20 —
- Chlorure de bismuth............... 10 —
- Chlorure de cuivre................ 10 —
- Perchlorure de fer................ 10 —
- Noir d’aniline..................... 2 —
- Mettez d’abord le mercure dans l’acide chlorhydrique, puis, le bismuth et le chlorure de cuivre, ensuite, ajoutez Y alcool, remuez bien le mélange et laissez déposer une demi-heure environ.
- Pour bronzer le fer et l’acier, il suffit de passer cette composition sur le fer etl’acier au moyen soit d’une brosse, soit d’un petit tampon de drap. Pour faciliter l’opération on peut ajouter un peu d’eau, recommencez deux ou trois fois cette application sur l’objet à bronzer, selon la teinte que vous désirez; le bronzage terminé faites bouillir la pièce pendant dix minutes dans l’huile de lin.
- Autre procédé :
- Huile de lin............... 100 grammes
- Beurre d’antimoine......... 100 —
- Faites du tout une pâte homogène que vous passerez avec une brosse ou un tampon de laine sur l’objet à bronzer; une fois le bronzage sec, passez à la cire, c’est-à-dire, passez une brosse sur un morceau de cire jaune, puis passez-la ensuite sur l’objet à cirer.
- Enduit noir et brillant pour objets en fer. - C’est une sorte dë vernis, qui a l’avantage de sécher très vite. On le prépare avec 3200 grammes d’asphalte et ia3ogr. de poix de goudron de houille, qu’on fait dissoudre à chaud avec 9 litres d’huile d’olive, mais en évitant l’ébullition. On ajoute ensuite, en remuant bien, 675 grammes de terre d’ombre brûlée, puis 45o grammes de minium, autant de litharge, et on mélange soigneusement le tout. Quand on a retiré du feu depuis un quart d’heure, on éclaircit le produit avec i3 à 1.4 litres d huile de goudron.
- Cémentation des aciers pour la fabrication de pièces de mécanique (procédé de MM. de Dion et Bouton). — Il consiste. d’aDrès la Revue de Chimie Industrielle, à
- cémenter par un produit carburant quelconque (noir animal, charbon, ferrocyanure alcalin) un acier .doux contenant entre 2 et 10 pour 100 de nickel. Cette cémentation suffit pour donner à l’acier la dureté qu’aurait un acier doux ordinaire sans nickel, que l’on aurait cémenté. On supprime ainsi l’opération de la trempe, ce qui présente l’avantage considérable de ne produire dans les pièces aucune déformation et, par conséquent, de n’appeler aucune rectification ni aucun redressement. La dureté acquise par cémentation de l’acier au nickel s’explique par ce fait, dont la découverte aune grande importance, qu’un acier suffisamment carburé, et contenant de 2 à 10 pour 100 de nickel, n’est formé que de martensile, constituant caractéristique des aciers trempés.
- Nouvelle bouillie mixte contre l’oïdium et le mildiou. — Ce nouveau produit est. de l’invention de M. Gimel, chef du service des recherches agronomiques à l’Institut Jacquemin. C’est une bouillie liquide qui contient à la fois : i° du cuivre, spécifique du mildiou, du rot brun, du black-rot ; 20 un sel très bisulfite pouvant céder facilement son acide sulfureux, dont l’action destructive de l’oïdium est bien connue, mais peut être insuffisante ; 3° enfin du formol, dont la puissance anti-cryptogamique et insecticide remarquàble complète l’action de l’acide sulfureux. La solution, vendue à son maximum de concentration, s’emploie à la dose de 3 litres pour un hectolitre d’eau; il est d’ailleurs facile de rendre son action plus lente et plus prolongée par addition, dans le tonneau, lors de la préparation à la vigne, de cristaux de carbonate de soude ou d’un lait de chaux ; cette dernière modification est notamment recommandée pour les vignes américaines ou greffées, plantées en plaines humides ou marécageuses.
- Chapeaux de paille résistant à l’eau. — Pour empêcher le vernis des chapeaux de paille de se dissoudre plus ou moins à l’eau, on peut se servir d’un enduit fait de 45o parties de gomme copal, 75 partiês de sandaraque, 40 de térébenthine de Venise et 5 d’huile de ricin, dans 800 p. d’alcool.,
- Carton imperméable, — On peut enduire le carton d’une solution faite de 1000 grammes de cire jaune mélangée à chaud avec 60 grammes de poix de Bourgogne, 80 d’huile d'arachide, 5o de sulfate de fer et 20 _d’essence de thvm.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Garnier, Paris. — Vous trouverez des renseignements assez précis sur la construction des gazomètres dans le Manuel de l Ingénieur gazier, chez Mulo, rue Hautefeuille.
- M. Raymond Léger, Paris. — Les appareils pour le chauffage électrique sont une application de la loi de Joule : un courant électrique passant dans un conducteur, en provoque réchauffement; la chaleur produite est proportionnelle à la résistance électrique du conducteur, et au carré de l’intensité. Le prix de l’or au titre de 75o est de 2577 fr. 75 le kg. Vous trouverez le prix de l’or en barre dans les renseignements commerciaux
- ou financiers de la plupart des journaux quotidiens.
- M. R. Caïllaux, à Paris. — Adressez-vous à la Compagnie Française de celluloïd, 11, rue Bailly ou à la maison Petitcolin, 20, boulevard Saint-Denis, Paris.
- M. de Jeyter, Mouscron. — La Machine Union se trouvq chez le Dr Albert Hauff, Berlin-Halensée.
- M. S. R., Belgique. — La Revue générale des Chemins de fer n’a pas encore, à notre connnaissance, traité le sujet que vous nous indiquez. — Pour les aspirateurs de poussière, adressez-vous à la Société Soterkenos, 80, rue Taitbout, ou à la Société du Vacuum Cleaner, 11, rue Saint-Florentin. — Le meilleur moyen de rendre aux parties nickelées des bicyclettes leur brillant, est de les faire dénickeler, puis soigneusement renickeler à nouveau et de préférence après cuivrage du fer.
- M. Kraft de la Saulx. — Pour les aspirateurs de poussièi’es, voyez les adresses ci-dessus. — Nous ne connaissons pas de petits appareils portatifs pour pho-totypie.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- Les terrains salés et le Salt-Bush en Australie : Paul Privat-Deschanei.. — Le chemin (le fer électrique de Munster à la Schlucht : Lucien Fournier. — La momie de saint Zig : E.-T. Hawy. — Le guépard dans l’Egypte ancienne: Hippoeyte Boussac. — Emploi de scies en fer sans dents pour le coupage des aciers durs: E. Lemaire. — La photographie intégrale : A. Detoeuf.— Académie dos sciences; séance du iG mars 1908: Ch. »e Vieeedeuil. — L’art capillaire chez les Chinois : V. Forbin.
- Supplément. — Assurance télégraphique. — La Bibliothèque nationale en 1907. — Nouveaux prix pour l’aviation. — Maladie du sommeil. — Enveloppes eu papier. — Un traité de chirurgie byzantin, etc. — Les variations cosmiques et la santé, etc.
- Formulaire de Vélectricien et du mécanicien, par E. Hospitalier, Vingt-deuxième édition (1908), par G. Roux, expert près le tribunal civil de la Seine, directeur du Bureau de contrôle des Installations électriques. 1 vol. in-16 de xv-q85 pages, cartonné toile. Chez Masson et Cie, à Paris. Prix: 10 francs.
- Est-il utile de faire l’éloge du formulaire d’Hospita-lier? Le chiffre de ses éditions est par lui-même assez éloquent. Il n’est pas d’ingénieur qui n’ait manié ce précieux recueil; son extraordinaire documentation, ses remarquables qualités d’ordre, de clarté, de précision, l’ont fait universellement apprécier. Une mort prématurée a empêché Hospitalier d’apporter à son œuvre de prédilection, tous les perfectionnements qu’il avait rêvés. La puissance des installations électriques actuelles exige-de l’mgénieur qui en établit les plans, des connaissances mécaniques approfondies ; aussi Hospitalier songeait-il depuis longtemps à compléter son formulaire par une partie mécanique. Les documents, qu’il avait, dans ce but, patiemment amassés, ont été utilisés par son élève M. Roux, et le Formulaire de l’Electricien est devenu le Formulaire de l’Electricien et du Mécanicien. Les parties consacrées, dans les précédentes éditions, à l’hydrostatique, à l’hydrodynamique, à la dynamique des solides déformables, ont reçu d’importants développements; des parties nouvelles traitent, en détail, des matériaux industriels, de la résistance des matériaux, et des organes de machines. La partie purement électrique a été soigneusement tenue à jour des derniers progrès. Un dernier chapitre comporte le recueil de toutes les lois, décrets et règlements qui peuvent intéresser
- l’industriel électricien. — Ainsi rajeuni et développé, l’ouvrage d’Hospitalier continuera à rendre de signalés services ; une nouvelle et longue carrière s’ouvre devant lui.
- Les correctifs du développement. Etude pratique du renforcement et de l’affaiblissement des images photographiques, par Ernest Coustet, chez Gauthier-Vil-lars, vol. in-16 (19 X 12) de 58 pages. Prix : 1 fr. 75.
- Chap. I. Le contrôle du développement et ses restrictions. Révélateurs rapides. Développement en pleine lumière et développement automatique. Les limites du développement rationnel. — Ciiap. IL Les renforçateurs. Renforçateur au bichlorure de mercure. Renforçateur à l’iodure de mercure. Renforçateur au ferricyanure d’urane. Renforçateur au ferricyanure de cuivre. Renforçateurs à l’argent. Renforçateurs divers. — Chap. III. Les affaiblisseurs. Affaiblisseur au ferricyanure de potassium. Affaiblisseur aux sels de cérium. Affaiblisseur au persulfate d’ammoniaque. Affaiblisseur à l’acide chromique. Affaiblisseur à l’acide permanganique. Affaiblisseur à l’eau céleste. Affaiblissement par second développement. Affaiblisseurs mécaniques. — Ciiap. IV. Emploi rationnel des correctifs.
- Analyse chimique industrielle, ouvrage publié sous la direction de G. Lunge, professeur au Polyteehnicum de Zurich, traduit de l’allemand par Em. Campagne, ingénieur-chimiste. 2e vol. : Industries organiques. H. Dunod et E. Pinat. In-8 de 904 p., avec 118 fig. Broché, prix : 27 fr. 5o; cart., prix : 29 francs. L’ouvrage complet forme 2 vol. in-8, avec fig. Brochés, prix : 5o francs ; cart., prix : 53 francs.
- Le traité d’analyse chimique industrielle, dont le second et dernier volume vient de paraître, est une traduction partielle de l’important ensemble des travaux réunis et publiés par G. Lunge, sous le titre de Cliemischtechnisch Untersuchungsmethoden. Chacune des monographies composant le présent ouvrage est l’œuvre d’un technicien faisant autorité dans la spécialité. Pour chacune des industries considérées, on envisage successivement les points suivants : i° Analyse des matières premières ; 20 Contrôle des différentes phases de la fabrication; 3° Essai des produits fabriqués et on les résoud par les méthodes les plus récentes et surtout les plus pratiques.
- Aide-mémoire du mécanicien et de Vélectricien (construction mécanique, électrique, automobile), par un
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- BIBLIOGRAPHIE
- groupe d’ingénieurs (E. C. P.) cl (A. et M.), sous la direction de Paul Blancaunoux, ingénieur civil. H. Du-nod et E, Piuat, éditeurs, i vol., format de poche, de 404 pages compactes. Cartonné toile. Prix : 6 francs.
- Voici l’énumération des chapitres qui composent ce livre portatif et richement documenté : Mathématiques usuelles. — Physique et électricité. — Mécanique générale. — Machines motrices. — Chaudières modernes. Machines k vapeur. — Moteurs h gaz el à pétrole. — Machines électriques. — Génération et transformation.
- — Piles et accumulateurs. — Eclairage et transport.
- — Appareils moteurs. — Transmission et réception.
- — Voitures automobiles.
- Ports maritimes, tome II, par du Cordemoy, ingénieur
- des Arts et Manufactures. 11. Dunod el E. Piuat, Paris. Grand in-16 de 672 pages avec 36o fig. Reliure peau souple. Prix : i5 francs. L ouvrage complet forme 2 vol. gr. in-16. Prix : 3o francs.
- Le tome II du livre Ports maritimes, par M. de Cordemoy, termine 1 étude des ports et fournit un ensemble complet sur cette question. Le livre débute par un examen des procédés d’exécution employés dans la construction des ports, et l’étude du travail à l’air comprimé. L’auteur examine ensuite la construction des jetées et des môles, puis Reconstruction des ouvrages extérieurs et l’utilisation des ports, les écluses, les murs de quais, les canaux maritimes, etc. Il étudie enfin les ports naturels, les ports de refuge, les ports militaires et les principaux ports de commerce.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th.
- Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3ora,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1(> mars 19U8 . — o°,y ('.aime. Nuageux. » Gelée blanche; nuageux.
- Mardi 17 1°.0 S. 2. Couvert. 0,0 Gelée blanche; Ir. nuag. ; grains de neige à 10 h.; pluv. à 20 h. 50.
- Mercredi 18 — 0°,9 Calme. Très nuageux. 0,0 Gelée blanche; brume; très nuageux; pluvieux à 12 h. 50.
- Jeudi 19 . — 0°,2 N. E. 2. Nuageux. j> Gelée blanche; pou nuageux; brume.
- Vendredi 20 — 0°,6 N. N. E. 2. Très nuageux. » Gelée blanche ; très nuageux ; brume ; halo à 15 h.
- Samedi 21 — 2°.9 S. E. 0 Dca 11. » Gelée blanche ; givre ; brouillard ; peu nuageux.
- Dimanche 22 — 0°.1 S. S. E. 0. Beau. » Gelée blanche ; givre; beau le matin; nuageux l'après-midi.
- MARS 1908. — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 MARS 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 16 au 21. — Le 16. Baisse de la pression atmosphérique sur le N.-O. de l’Europe et la Méditerranée occidentale : minima en Islande et sur l’Algérie du N. : 734 mm; fortes pressions de l’O. à l’E. : Moscou, Nantes, 766. Faibles chutes de neige sur le Centre et le N. de l’Europe. Température du matin : Moscou, — 17°; Paris, — 1 ; Alger, 11 ; Puy de Dôme, — 7 ; Pic du Midi, — 12; moyenne à Paris : 20 (normale : 5°,9). — Le 17. Minima barométrique sur les Iles-Britanniques et Cagliari, 747 ; maximum à Kharkof, 772. Neiges ou pluies sur le N.-O. elle S. de l’Europe; en France : Dunkerque, 6 mm; Brest, 3; Le Havre, x. Temp. du matin : Arkangel, —24; Paris, 1; Alger, 12; Puy de Dôme, —10; Pic du Midi, —17; moyenne à Paris : 3°,2 (normale : 6°). — Le 18. Minimum barométrique entre la Sicile et l’Italie : Rome, 748. Neige ou pluie dans quelques stations du N. de 1 Europe. Temp. du matin : Arkangel, — 16; Paris, —x ; Alger, 9; Puy de Dôme, — 9; Pic du Midi, — iï; moyenne à Pairs : 2°,5 (normale : 6°^i). -- Le 19. Zone de basses pressions sur la moitié S. de l’Europe, minima sur les golfes de
- Gascogne et de Gênes, 703; fortes pressions sur la Scandinavie et la Russie : Moscou, 776. Pluies sur le Centre et le S. du continent; en France : Cherbourg, 2; Dunkerque, Brest, 1. Temp. du matin : Arkangel, — 15 ; Paris, o; Alger, 14; Puy de Dôme, —7; Pic du Midi, — i3; moyenne à Paris : 2°,8 (normale : 6°,2). — Le so. Même zone de basses pressions, étendue jusqu’à l’Islande : Seydifjord, 7,50; Provence, 754; Moscou, 782. Neige et pluie sur le N.-O. et le S. de l’Europe; en France : Nice, 24; Marseille, 12; Perpignan, 10; Clermont, 7 ; Cherbourg, x. Temp. du matin : Moscou, — 16; Paris, — 1 ; Alger, 12 ; Puy de Dôme, —4; moyenne à Paris : 2°,2 (normale : fi°,4)- — Le 21. Extension des basses pressions de l’Islande sur les Iles-Britanniques : Valentia, 754; Moscou, 783. Pluies dans quelques stations du N. et du S. du continent; en Fi'ance : Nice, 3i ; Lyon, Besançon, 3; Brest, 1. Temp. du matin : Moscou, — 12 ; Paris, — 3 ; Alger, xo ; Puy de Dôme, —. 5 ; Pic du Midi, — i3; moyenne à Paris : 2°,2 (normale : 6°,3). -— Phases de la Lune, Pleine Lune le 18, à 2 h. 38 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Parti (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 181P — 4 AVRIL 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Le calcium métallique ; ses propriétés et ses emplois possibles. — On sait que le calcium métallique peut s’obtenir aujourd’hui assez facilement et que son prix de revient est relativement modeste. M. A. Pratt, étudiant le calcium pur, a constaté que ce métal était blanc d’argent, rapidement oxydable dans Pair humide, malléable, d’une densité de 1,5a', possédant une chaleur spécifique élevée, bon conducteur de l’électricité, d’une dureté analogue à celle de l’aluminium, sublimable dans le vide entre 700 et 8oo°et fondant à basse température. C’est un agent réducteur énergique qui peut servir, à ce titre, en métallurgie pour réduire les oxydes ou les sulfures, pour éliminer les gaz dissous et pour enlever les impuretés en formant avec elles certains composés. Le travail des mattes de cuivre, pour l’obtention de ce métal, peut mettre à profit ces diverses actions. Bien que le prix du calcium soit encore un peu prohibitif à ce sujet, il faudra évidemment envisager ses emplois possibles dans un avenir peu éloigné.
- La solidification de l’hélium. — Une découverte des plus intéressantes vient d’être faite par le professeur Kamerlingh Ohnes qui dirige, à l’Université de Leyde (Hollande), un des laboratoires les mieux outillés de l’Europe. Ce savant a. réussi à liquéfier et à solidifier l’hélium qui résistait depuis des années à toutes les tentatives des chimistes, prouvant ainsi qu’il n’existe pas de gaz permanent, et que tous les corps simples existants peuvent être réduits indifféremment à l’état liquide, solide et gazeux, soit dans le four électrique, soit dans les appareils à haute pression et à très basse température. L’hélium, on se le rappelle, est un gaz très léger qui fut découvert spectroscopiquement dans la photosphère solaire, par Frankland et Lockyer, en 1868, avant d’être extrait de la clevéite par sir William Ramsay. Depuis lors, on l’a trouvé en certaine abondance dans les gaz qui s’échappent de plusieurs sources minérales, notamment celles de Bath (Angleterre), qui en contiennent 1 volume sur 2000 et, plusieurs sources des Pyrénées françaises (3 à 5 pour 100 ou 10000 litres par an et par source). Le gaz naturel de Denver produit en grande abondance, en contient' 2 pour 100. Le professeur Olszewski, de Cracow, avait essayé de liquéfier l’héliüm dès 1896 en le décomprimant brusquement de la pression de 180 atmosphères et à la température de l’air liquide, mais sans arriver à le liquéfier. De nombreuses recherches furent effectuées dans le même sens dans les beaux laboratoires de la Royal Institution de Londres, illustrés par les premiers travaux de Faraday sur la liquéfaction des gaz, mais sans succès. L’été dernier encore, sir James Dewar reprit ces expériences en se servant d’hydrogène solide, mais toujours sans parvenir à obtenir le moindre indice de liquéfaction. Le savant Anglais se fondant sur les lois établies par Yan der Waals, croyait fermement pourtant, à sa possibilité, à la différence d’autres physiciens, comme Olszewski, qui
- ayant approfondi le sujet pendant plus de 25 ans et ayant soumis l’hélium au froid excessif de — 2700 G. sans aucun résultat, avait émis l’hypothèse que ce corps était un gaz permanent. La découverte de M. Kamerlingh Ohnes vient de lui donner tort et de confirmer éclatamment les vues de Yander Waals et de Dewar. Le professeur de Leyde est arrivé à liquéfier l’hélium en se servant de la méthode classique de Cailletet qui n’avait pas réussi à ses prédécesseurs parce qu’ils opéraient probablement sur des volumes de gaz ti'op petits. L’auteur de la découverte indique que l’hélium ressemble à l’acide carbonique, en ce sens que son point d’ébullition se trouve au-dessous de son point de fusion.
- L’électricité en Turquie. — L’importation de tout matériel électrique a été longtemps prohibée en Turquie. Le Sultan vient récemment de lever cet interdit d’un autre âge. Damas, la Mecque et Medine se sont hâtés d’en profiter pour s’éclairer à l’électricité, Smyrne marche sur leurs traces. La première application de l’électricité y a été l’installation d’un cinématographe ; puis un certain nombre d’établissements commerciaux ont adopté la lumière électrique. En somme, un mouvement important se manifeste dans l’Empire Ottoman pour l’emploi de l’électricité.
- Le port de Gênes.— Le mouvement du Port de Gênes en 1906 s’est élevé à 6 217 000 tonnes, dont 5 3i3ooo tonnes débarquées et 904352 tonnes embarquées. La moitié environ de la marchandise débarquée à Gênes est représentée par la houille destinée aux industries nationales. Le mouvement du transit international n’est que de 2 à 3ooooo tonnes. On voit que, comme port de transit, Gênes ne fait pas encore de concurrence bien sérieuse à Marseille. L’ouverture du Simplon n’a pas sensiblement accru son trafic ; par suite des mesures prises par les chemins de fer fédéraux suisses, les tarifs des 3 voies alpines du Cenis, du Gothard et du Simplon sont sur un pied d’égalité. Pour les céréales, la voie Marseille-Genève reste beaucoup plus économique que la voie Gênes-Genève.
- Un traitement de la lèpre. — Si le microbe de la lèpre est bien conuu, cette redoutable maladie n’est pourtant encore combattue que par la prophylaxie : on, n’a pas su, en effet, jusqu’ici établir des cultures du microbe découvert par Hansen, ni par conséquent l’utiliser thérapeutiquement. En tournant cette difficulté, M. P. G. Wookey vient d’essayer cependant un traitement curatif; il utilise, dit la Revue scientifique, le produit de broyage d’un nodule lépreux excisé sur un malade, délayé ensuite dans de l’eau salée, chauffée à 700 et additionnée de o,5 pour xoo d’acide phénique, et qu’il injecte alors au malade. L’expérience est actuellement en cours et l’on n’en saurait prévoir les résultats ; mais, étant donnée l’incurabilité actuelle de la maladie, il fallait signaler cette tentative.
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- INFORMATIONS
- Les carnets de fiacres. — On vient, paraît-il, d’organiser à Londres des carnets de fiacres destinés à payer les courses de voitures, comme on règle les places du métro, sans avoir à chercher sa monnaie, à parlementer avec le cocher ou à accumuler dans sa poche des provisions de sous. L’idée était trop ingénieuse pour avoir du succès auprès des compagnies de locomotion parisiennes, qui l’ont jugée impraticable. Elle fonctionnera longtemps en Angleterre avant de faire son apparition chez nous.
- Le dénaturant de l’alcool en Autriche-Hongrie. —
- L’Autriche-Hongrie vient d’adopter pour l’alcool un nouveau dénaturant. C est un mélange de 19 parties d'esprit de bois,2 1/2 de pyridine;2 1/2 de benzol et 1 partie d’une substance additionnelle dont la composition est à fixer par le Ministère des Finances. L’addition de ce produit se fait à raison de 2 1/2 litres par 100 litres d’alcool pur.
- Érosion granitique et monuments préhistoriques.
- — Beaucoup de plateaux granitiques, aussi bien en Afrique Australe ou dans l’Inde qu’en Europe, portent en relief d’énormes blocs, ou compacts, ou fissurés en forme de dalles : blocs aux allures de monuments mégalithiques, qui sont fréquemment l’objet de légendes, et que des visiteurs imaginatifs ont volontiers considérés comme des constructions humaines. Il en est de même des blocs
- Tonte de pierre près Berezowsk.
- ruiniformes que laissent en saillie des filons de quartz. Dans l’un et l’autre cas, les géologues ont, pour expliquer ces apparences, une cause toute naturelle, l’érosion qui a travaillé sur les fissures primitives de la roche pour isoler les blocs plus résistants de leurs parties meubles entraînées par les eaux. Il ne faudrait cependant pas pousser à l’exclusivisme cette interprétation très rationnelle. En bien des cas, les hommes primitifs ont trouvé, dans des formations de ce genre, quelque excavation naturelle qui les a incités à en faire un abri sous roche, parfois en modifiant un peu les conditions primitives, en sorte que le phénomène humain se superpose au phénomène géologique, M. O. Clerc a récemment étudié, près de Berezowsk, dans l’Oural, de semblables tentes de pierre faites d’une sorte de granité gneissique lité par bancs comme le montre notre figure, au pied desquelles étaient des armes de pierre, des fragments de poterie ornementée, des flèches de bronze, des perles de cristal, etc. Et, l’on a même fait là, en soulevant quelques-unes des dalles supérieures de ces sortes de tours granitiques, la découverte très imprévue de fragments de poterie et d’ossements situés sous le bloc même. Une sorte de coupe creusée en haut des blocs, et que tout d’abord on serait porté à regarder comme un résultat d’altération naturelle, a été (avec un peu d’imagination peut-être) considérée dès lors comme ayant servi à des sacrifices. Cela ne veut pas dire que, partout où on observe quelque chose de semblable, à PloumanacL dans les Côtes-du-Nord, aux Pierres JaunnUres dans la Creusé, à Roche de Yic dans la Corrèze, etc., le travail
- humain soit intervenu. La cause géologique reste de beaucoup prédominante ; mais il peut y avoir lieu néanmoins de regarder avec quelque soin les formations semblables.
- La volaille aux Halles en février 1908. — Un fait assez nouveau s’est produit aux Halles depuis février : c’est l’arrivage d’oies congelées de Russie, très fines, et se vendant couramment de 160 à 180 francs les 100 kilogrammes. Ajoutons, d'après Va. Revue avicole, que l’année est exceptionnelle par l’abondance des canards sur le marché parisien. En février seulement, il a été introduit aux Halles 3o 5oo canards contre 11 800 en février 1907. Malgré cette abondance d’ailleurs, les prix se maintiennent de 3 fr. 5o à 5 francs pièce. De même, le poulet a été en hausse ces temps derniers : les prix ont été en progression de 20 à 3o pour 100. En ce moment le poulet lin atteint jusqu’à 4 francs le kilogramme. Et cependant, il a été introduit aux Halles le mois dernier (février 1908) 723000 poulets, alors que l’année dernière, dans le mois correspondant, on n’en avait enregistré que 600000.
- La baisse des terres en Angleterre. — Chacun sait à quel point la valeur de la propriété foncière a, sauf quelques très rares exceptions locales, tenant à des circonstances particulières, diminué de valeur en France depuis trente ans. M. de Foville analyse, — -r - - dans VEconomiste Français, la baisse
- correspondante qui s’est produite en Angleterre et qui est particulièrement intéressante à en rapprocher, ayant eu lieu avec un régime libre-échangiste, tandis qu’en France on essayait des tarifs protecteurs pour venir en aide aux agriculteurs. L’hectare de terre, qui se louait en moyenne 35 fr. de 1801 à i8o5, puis 62 de 1841 à i845, enfin 89 de 1872 à 1877, est 1 tombé, simultanément avec la baisse française et pour les mêmes causes très générales, à 62 fr. en igoo. C’est évidemment une hausse par rapport aux prix de 1801, hausse apparente puisqu’elle coïncide avec une diminution de la valeur de l’argent; mais, pour le dernier quart de siècle, c’est une baisse de 3o pour 100. Il est à remarquer, à ce propos, que la baisse est encore plus forte en réalité, étant données les dépenses de travail et d’argent constamment faites pour améliorer la terre et qui auraient dû en élever la valeur tandis qu’elle a diminué. En France, de 1882 à 1892, plus de x 200000 hectares ont été, soit défrichés, soit desséchés, soit drainés, soit irrigués, soit plantés ou replantés en vignes. En Angleterre on a évalué, pour la même période, de 20 à 3o pour 100 du revenu brut, le coût des réparations et améliorations permanentes. En suivant l’histoire de certains grands domaines anglais, comme celui des comtes deLeicester à Hol-kam, comté de Norfolk, on arrive à cette constatation que, de 1776 à 1842, il y a été dépensé 14 millions et encoi'e 12 jusqu’en 1883, soit 26 millions, tandis que le revenu actuel est de 700000 francs, ne représentant même pas l’intérêt à 3 pour 100 des dépenses faites, en supposant la valeur de la propriété comptée pour zéro. Le placement-type de l’épargne, le bas de laine de nos pères, a donné à leurs héritiers des déboix'es, qui ressortiraient bien davantage si on mettait en comparaison le progrès d’autres placements en immeubles ui'bains ou en valeurs mobilières.
- Etablissement des chaussées en asphalte. —
- M. Richardson s’est beaucoup occupé de cette question devant la Society of Chemical Industry américaine. Il faut notamment que le sable employé dans le mélange asphalté ne soit ni exclusivement gros, ni exclusivement fin; on doit employer7grosseurs différentes. Ce mélange doit contenir une quantité de matière minérale suffisante, composée en majorité de grains de o,o5 mm de diamètre. La proportion d’asphalte dépend de la natui'e du sable, de la viscosité de l’asphalte à haute température. Généralement celte proportion variera de 10,5 à i3 pour ico.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Appareils
- Le ventilateur-aspirateur Poujade. — L’un des défauts les plus communs à nos habitations est le manque -de ventilation. Rien n’est prévu en général pour assurer l’aération des pièces ; l’air pénètre comme il peut, plutôt mal que bien, par les interstices des portes et des fenêtres.
- Lorsque la pièce à ventiler est une cuisine où l’air se vicie assez rapidement par toutes sortes d’émanations, ou une chambre occupée par plusieurs personnes, la respiration y devient vite malaisée; l’appareil Poujade a été imaginé précisément pour parer à ces knperfections de nos appartements et y assurer un appel d’air frais suffisant pour y i*enouveler l’atmosphère. 11 comporte un bâti tronco-pyramidal qui s’adapte parle haut sur le conduit de fumée ; il porte à droite et à gauche deux per-siennes fixes ; et à sa face une persienne mobile.
- Le bâti s’adapte par le haut sur le conduit de fumée;
- Fig. r.
- Le ventilateur Poujade.
- rig. a. — Le ventilateur installé à l’entrée d’un conduit d’évacuation de luinée.
- Entrée de le fumée
- en bas, il est muni d’une buse pour recevoir le tuyau du fourneau ou de tout autre appareil de chauffage.
- Dans ce bâti s’introduit comme un tiroir une boîte ouverte en haut et en bas, traversée de devant en arrière par des tubes de forme spéciale légèrement inclinés.
- Le fonctionnement de l’appareil est très simple : installé sur le tuyau de la cheminée, le mouvement du gaz dans celle-ci provoque un appel d’air à travers le ventilateur : toutes les mauvaises odeurs, buées et gaz, sont entraînés par l’aspiration et évacués par le même conduit que la fumée. Il est impossible que la suie et la poussière tombent dans la chambre ; la suie fait retour dans le fourneau, la poussière est retenue par des gouttières dont les persiennes sont munies à l’intérieur. — L’appareil est en vente à la Société des cheminées Silbermann, 28 bis, rue des Arts, à Levallois-Perret. Prix depuis 2 5 fr. 5o.
- JŸfec&ïitcçue
- Nouveaux poteaux en ciment armé. — Ce type de poteaux en ciment armé pour lignes de transmission électrique a été établi de façon à présenter, en même
- Fig. 1. — Coupe d’un poteau. Fig. 2. — Vue des isolateurs fixés sur le poteau.
- temps que le maximum de légèreté, une résistance égale dans toutes les directions.
- La figure 1 montre la section, à droite de ce poteau,
- d’une forme caractéristique. L’ossature métallique est formée de 3 tubes de fer a, reliés entre eux par un petit fer carré b. Les supports d’isolateurs S sont fixés sur le poteau au moyen de colliers à étriers.
- Ce système présente en outre les avantages suivants : il n’y a pas de substance conductrice à l’extérieur du poteau et il est impossible de grimper aux poteaux sans appareils spéciaux. — Ces poteaux sont construits par la Societa Bresciana Cementi et Costruzione, à Brescia (Italie).
- Automobilisme
- Carburateur Zénith. — En vue d’obtenir la constance dans la carburation, les inventeurs qui se sont occupés de cet important problème ne sont parvenus à le solutionner que* par l’introduction d’organes mécaniques actionnés par la dépression des cylindres et découvrant des orifices d’air supplémentaire.
- L’inventeur du carburateur Zénith a tourné la difficulté en employant un deuxième ajutage, dit ajutage compensateur, dont les conditions de débit soient telles que le rapport des débits d’essence et d’air varie inversement. Notre figure schématique va nous permettre d’expliquer le principe de cet appareil. On voit de suite que le carburateur est conçu comme tous les appareils similaires à niveau constant; mais à côté de l’ajutage habituel G en a été placé un autre H qui est le compensateur. La canalisation qui alimente cet ajutage prend son origine, non dans le réservoir à niveau constant, comme son voisin, mais dans un récipient intermédiaire J
- . 1. — Dessin schématique du carburateur Zénith.
- Fig. 2.
- Coupe du carburateur.
- qui, lui, reçoit en permanence de l’essence par l’orifice calibré L. Le récipient J est ouvert à l’air libre et son débit dépend de la hauteur de la colonne d’essence dans le réservoir à niveau constant. Les variations de pression dans le carburateur n’ont donc aucune influence sur l’écoulement de l’essence dans le réservoir J,
- En pratique, les deux ajutages sont concentriques, l’ajutage ordinaire G occupant le centre et l’autre H l’entourant en couronne. La pipe J est en outre pourvue d’un petit tube O, qui prend son origine à une certaine hauteur du fond et débouche à une ouverture U contre la tranche du papillon lorsque celui-ci est fermé. Enfin l’alimentation de la pipe s’effectue parla tubulure L,percée dans le fond et prenant l’essence de la canalisation ordinaire. Lorsque le moteur est à l’arrêt, le récipient J se remplit d’essence ; au moment du départ, l’essence contenue dans la pipe est rapidement aspirée, la dépression étant très énergique et le moteur part au premier tour ; il n’est donc plus nécessaire de noyer le flotteur. Si, d’autre part, le moteur tourne à vide très ralenti, il ne demande qu’une faible admission; la dépression est alors trop faible pour enlever l’essence de la pipe J, le liquide monte donc jusqu’à ce qu’il atteigne l’origine du
- tube O, puis il est aspiré et apporte le complément
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- SCIENCE APPLIQUEE
- d’essence nécessaire au dosage exact. Dans ces deux cas, la fonction de ce petit tube est précieuse ; en marche normale du moteur, il n’exerce aucune influence, l’essence n’arrivant jamais à la hauteur de son ouverture.
- Le réglage de cet appareil est absolument permanent, puisqu’il ne comporte aucun organe mécanique soumis à l’influence des trépidations ou de la boue. — Le carburateur Zénith est construit par MM. Boulades frères, 4, rue Saint-Gervais, à Lyon-Montplaisir.
- "Photographie -VC&J
- Virages par sulfuration. — Les épreuves sur papier au gélatino-bromure d’argent qu’on obtient, soit par tirage au châssis-presse, soit par agrandissement, sont généralement de tonalité grise plus ou moins foncée; on arrive parfois à obtenir le noir de gravure avec certains papiers et des développements appropriés. Mais il y a beaucoup de personnes qui préfèrent les images à tons chauds sepia et il est facile, par le virage que nous allons indiquer, de transformer les épreuves de façon à leur faire prendre cette tonalité et cela aussi bien pour les épreuves anciennes que pour celles qui sont récentes.
- On les trempe d’abord dans l’eau pendant 5 minutes environ; il faut, bien entendu, qu’elles soient complètement terminées en ce qui concerne la première opération qui consiste à avoir une bonne épreuve positive; il faut surtout qu’elles soient complètement débarrassées d’hy-posullite. On prépare, comme solution de réserve, les
- bains suivants :
- A. Eau........................... ioo cm3
- Ferricyanure de potassium ... 9 gr.
- Bromure de potassium............. 14 gr.
- B. Eau............................ 100 cm3
- Monosulfure de sodium............ 10 gr.
- Le prix de revient de chacune de ces solutions est insignifiant et, pour l’emploi, il faut encore les diluer fortement; la question du prix n’intervient donc pas dans ce genre de virage, à l’encontre de ce qui a lieu pour les virages à base de chlorure d’or. Notre épreuve au gélatino-bromure étant bien lavée, on la plonge dans un bain composé de : 10 cm3 de la solution A, pour 100 cm3 d’eau. On l’y laisse séjourner environ 5 minutes et on voit l’image disparaître à peu près. On lave de nouveau jusqu’à ce que l’eau coule bien claire, sans coloration jaune. On place alors l’épreuve dans une cuvette et on y verse, d’un seul coup, un bain comprenant : 5 cm3 de la solution B pour 100 cm3 d’eau. On voit alors l’image apparaître peu à peu en ton sepia et on l’arrête quand on la juge assez intense ; il faut environ 5 minutes. Le ton définitif est acquis plus ou moins vite, il est plus ou moins foncé, suivant que l’épreuve initiale était elle-même plus ou moins intense.
- Le même traitement donné d’excellents résultats pour les diapositifs sur verre destinés à faire des vitraux de fenêtre ou à faire des vues pour la projection ou pour le stéréoscope. Nous l’avons essayé avec les différentes marques de plaques au chlorure d’argent, Lumière ton noir, Guilleminot lactate, Ildfort ton noir, et nous avons obtenu de bons résultats dans tous les cas. Ici, comme pour les papiers, le degré d’intensité de l’image initiale en noir a une grande influence sur le résultat final.
- Après le traitement des papiers ou des plaques, il suffit de laver un quart d’heure ou vingt minutes avant de mettre à sécher. L’opération est, comme on voit, peu compliquée; les résultats sont durables, car le sulfure d’argent se conserve indéfiniment sans altération.
- ctg'îss* Jouets
- La question marocaine. — C’est un nouveau jeu d’adresse, dont notre figure montre le dispositif. Il est constitué par une boîte peu profonde, semée de réglettes de bois laissant entre elles des passages aux billes d’acier qui représentent l’armée française. C’est une sorte de labyrinthe aux chemins parsemés d’embûches empêchant le passage des billes et de cliausse-
- trappes dans lesquelles elles sont toujours prêtes à choir.
- On s’exerce en prenant une seule bille, un seul corps d’armée, si vous préférez, qui part de Casablanca et qu’il s’agit de conduire à Fez. En tenant le jeu bien horizontal, après avoir étudié la route à suivre, on mène assez facilement l’ejcpédilion à son but; mais, si l’on prend deux billes, l’affaire se complique, absolument comme pour un commandant de deux armées ; et, si l’on veut se hasarder à mettre en marche les trois billes, on
- La question marocaine.
- n’arrive plus qu’avec énormément de patience et d’habileté à n’en pas perdre en route. Ajoutez à ces difficultés matérielles celles qui font partie de la règle du jeu et vous aurez l’occasion d’exercer votre sagacité pour déjouer toutes les embûches que les Marocains tendent sous les pas de nos troupes! — La Question marocaine est en vente chez M. Lucien Hulot, 10, impasse du Pressoir, Paris.
- Divers
- Le trace-portée. — TJn ingénieux inventeur — ils ne le sont pas tous — vient d’imaginer un instrument très simple dont l’apparition n’est pas faite pour être agréable aux marchands de cahiers à musique. Cet instrument permet, en effet, de tracer instantanément un cahier à musique. Comme il est extrêmement simple et se vend quelques sous, il va trouver place dans tous les plumiers de nos écoliers.
- Une tige recourbée, comme l’indique notre figure, constitue le manche. L’une des extrémités porte le trace-portée proprement dit constitué par un disque métallique
- Le trace-portée, dessinant les cinq lignes d’une portée.
- creusé de quatre gorges et formé par conséquent d’une sorte d’assemblage de cinq petits disques à arête vive. L’espace compris entre chacun d’eux est égal à la distance entre deux lignes voisines d’une même portée. L’autre extrémité de la tige porte un tampon de feutre que l’on imbibe d’encre et qui s’applique en permanence sur le disque. Pour tracer une portée, on se sert d’une règle plate et on fait suivre au disque le bord supérieur ; chacune des arêtes dépose, pendant la rotation, l’encre sur le papier et la trace laissée est aussi apparente et aussi régulière que si elle était obtenue au tire-ligne.
- C’est là une petite invention destinée à révolutionner le monde des écoliers. — Le trace-portée est construit par M. Roy fils, 6, rue du Val-de-Grâce, à Paris.
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- VARIETES
- Les nouvelles voitures de la Compagnie d’Orléans. — La Compagnie d’Orléans vient de mettre en service de nouvelles voitures de ir° classe, à intercir-culalion, dans lesquelles elle a réuni tout le luxe raisonné, tout le confort utile que l’expérience permet de réaliser aujourd’hui. Destinées à la composition des trains 7 et 34» circulant entre Paris, d’une part, et Bordeaux et Le Croisic d’autre part (avec prolongement sur le réseau du Midi vers Biarritz, Saint-Sébastien et Pau), elles sont montées sur boggies. Chacun des boggies comporte trois essieux, au lieu de deux, disposition adoptée en France pour la première fois, et qui a pour résultat de réduire, d’étouffer aussi complètement que possible les chocs occasionnés par les joints de rails. L’agencement des ressorts et le jeu d’une « traverse danseuse » assurent par surcroît une grande douceur de suspension. La stabilité d’allure est remarquable, même aux plus grandes vitesses. Les freins sont à air comprimé, rapides, à haute pression (système Westinghouse) et permettent d’arrêter le train sur un espace très court.
- 1 Ces voitures sont les plus longues qui soient au monde. Elles mesurent 23,460 m. entre les faces des tampons, et la caisse elle-même atteint 22,200 m. L’écartement des boggies est de i5 m. En hauteur et en largeur, on leur a donné tout ce que permet le gabarit français; l’application d’un lanterneau porte l’élévation intérieure des compartiments à 2,80 m., c’est-à-dire à 55 cm plus haut que dans les voitures précédentes.
- Au point de vue de l’agencement, la Compagnie d’Orléans a dû créer quatre types différents : i* le type Aï8, à 8 compartiments, avec un lavabo et un poste-vigie, habilement ménagé dans l’un des vestibules ; 20 le type Aï7, à 7 compartiments et un salon réservé aux dames ; 3° le type ATS à 5 compartiments et un salon fumoir; 4° le type Aï4D, à 4 compartiments et un compartiment à bagages. Ce dernier type était nécessaire pour rendre complètement homogène la composition des trains 7 et 34, constitués de deux rames (celle de Bordeaux et celle de Naütes). Le train devant être coupé à Saint-Pierre-des-Corps comportait jusqu’à présent un fourgon central qui interceptait la communication totale, et obligeait, par exemple, les voyageurs du groupe de Nantes à descendre aux Aubrais pour avoir accès au wagon-restaurant. Ce petit désagrément leur est'évité désormais, puisque, dans les voiturès AT4D, le couloir latéral longe le compartiment à bagages, et rejoint les soufflets d’intercommunication.
- Les compartiments ordinaires, très soignés, et identiques dans toutes les voitures, sont semblables comme installation et comme dimensions (sauf pour la hauteur, ainsi que nous l’avons dit plus?haut) aux compartiments de irc classe des voitures les plus récentes. Ils sont décorés de Lincrusta-Walton encadré d’acajou verni. Les sièges, confortables, et capitonnés du classique drap gris, sont. montés sur un sommier à ressort qu’un mécanisme permet d’avancer pour en augmenter la profondeur. Des filets à bagages, les glaces, des cendriers et une tablette mobile comdpètent l’aménagement. Les places sont numérotées et peuvent être retenues à l’avance. Toutefois, une mention spéciale est due à l’éclairage. Les grandes baies, par où ces compartiments prennent jour, sont montées sans châssis, ce qui permet d’obtenir, pour une dimension donnée de la baie, la plus grande surface d’éclairement. C’est un détail dont on apprécie vite l’importance, en voyage. Un équilibreur à ressort facilite la manœuvre de ces glaces. L’aération se fait également par le lanterneau, muni sur ses faces latérales de châssis vitrés qu’on peut ouvrir de l’intérieur. Un grillage métallique s’oppose alors à l’entrée des escarbilles. La nuit, les voitures sont éclairées par
- l’électricité que produit une dynamo logée sous la caisse et actionnée par un des essieux. Une batterie d’accumulateurs, alimentée en cours de route par la même dynamo, donne à son tour le courant pendant les arrêts. Chaque compartiment est muni d’un lustre à deux lampes de 10 bougies chacune, et d’une lampe-applique de même pouvoir éclairant que les voyageurs peuvent mettre en veilleuse s’ils le désirent ; au total, 3o bougies pour 6 places offertes. Où sont les quinquets d’antan? — Dans chaque voilure se trouve, bien entendu, un cabinet de toilette avec eau chaude et eau froide. Le chauffage général est effectué par un mélange de vapeur et d’air comprimé, envoyé par la locomotive.
- Mais les innovations les plus heureuses et les plus appréciées du public résident dans les voitures des types ATS, avec fumoir, et Aï7, avec salon pour dames.
- Intérieur d’une nouvelle voiture de la Compagnie d’Orléans.
- Il a été construit deux voitures de chacun de ces types. Les salons de dames sont meublés d’un canapé à 3 places, d’un autre à 2 places, de deux chaises, d’une tablette et d’un guéridon. Ils sont décorés en citronnier et en marqueterie, et les sièges sont tendus de soie dans l’une des voitures, de velours de Gênes dans l’autre. Un W.-C. particulier y est attenant, ainsi qu’un petit cabinet de toilette, où les dames trouveront, avec le lavabo, une vaste glace à trois faces, et un fer à friser chauffé électriquement. Les salons-fumoirs, placés au centre des voitures Aï5, occupent en longueur l’emplacement de trois compartiments, et s’étendent sur toute la largeur du wagon. Ils sont éclairés de part et d’autre par de très grandes baies, et contiennent 22 places. Le mobilier se compose d’un canapé, de vingt sièges mobiles, de quatre tablettes à rabattement, d’une table à écrire, et d’une bibliothèque; les sièges sont recouverts de maroquin vert, ou havane. Une bibliothécaire, installée dans le train, vend aux voyageurs des livres et des journaux, et l’agence Havas fait afficher aux gares de passage des Aubrais, de Poitiers et
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- VARIÉTÉS
- d’Angoulême, les dernières nouvelles et les cours de la Bourse. Enfin, l’électricité alimente, en plus des lustres, des plafonniers et des appliques, un allume-cigare et deux ventilateurs.
- La Compagnie d’Orléans a eu la gracieuseté de nous convier à une somptueuse inauguration de son train, dont la sèche énumération qui précède ne suffit pas à décrire le goût parfait, élégant et sobre, qui a présidé à son aménagement. Dans le savant confort de ces voitures, la sensation même de la rapidité disparaît, et, alors que la vitesse du train d’essai atteignait ia5 km (sans qu’elle se fût, d’ailleurs, abaissée jamais au-dessous de ioo...), certains voyageurs l'estimaient seulement à 75 pu 80. On ne peut faire un meilleur éloge de la suspension.
- Terminons par un peu de statistique rétrospective, et comparée : les nouvelles voitures, qui ont coûté un peu
- plus de 100000 fr. chacune, pèsent, selon les types, de 46 à 48 tonnes pour un maximum de 48 places offertes.
- Les voitures d’il y a vingt ans pesaient 12 tonnes et pouvaient contenir 3-2 voyageurs. Le poids mort par place offerte a donc passé, en chiffres ronds, de 400 à 1000 kg. Avec le matériel d’autrefois, les locomotives du rapide de Bordeaux avaient à remorquer, à 78 km; un train de i5o tonnes. Aujourd’hui, les mêmes rapides 7 et 34 sont tracés à 90 km (c’est-à-dire que, pour faire i’heure, ils doivent marcher constamment à 100 ou io5 km) et pèsent, à composition normale, 35o tonnes (400 tonnes avec la composition forcée, aux périodes d’affluence). Pour quiconque sait apprécier ces chiffres, est-ce que le voyageur français, qui, chez lui, se plaint toujours, n’est pas neuf fois sur dix un enfant gâté ?
- Jacques Larmanjat.
- HYGIENE ET SANTE
- La chromhydrose. — Les sueurs colorées, englobées sous le nom générique de chromhydrose, sont des phénomènes assez rares. Le cas que le professeur Blanchard a soumis à l’examen de ses collègues de la Société de dermatologie est, à cet égard, des plus intéressants. C’est un garçonnet de treize ans, intelligent et bien développé, qui présente un aspect singulier. Les deux yeux sont bordés en dessous d’un croissant noir brillant qui donne au regard une intensité profonde. On dirait qu’on s’est amusé à badigeonner la paupière et la région sous-orbitaire d’une couche de peinture d’un noir intense. En essuyant cette tache, en frottant un peu, on enlève une sorte d’enduit pulvérulent sous lequel la peau est normale, sans aucune altération; le lavage fait disparaître toute trace de la couche noirâtre.
- La mère raconte que l’enfant présente cette curieuse anomalie depuis trois années. A la suite d’une légère inflammation de l’œil, on vit apparaître cette tache noirâtre qui disparut au bout de quelques jours ; puis la tache se montra du côté opposé et depuis elle est restée permanente. Elle semble plus intense quand la température s’abaisse ou quand l’enfant séjourne au grand air. On lavait la figure, le noir disparaissait pour revenir au bout de quelques heures.
- Il faut, dans les observations de ce genre, se méfier beaucoup des supercheries ; certains névropathes sont passés maîtres en l’art de faire apparaître des phénomènes bizarres.
- Plusieurs médecins avaient cru, dans ce cas particulier, à de la simulation : comme les parents la niaient avec énergie, M. Blanchard jugea bon d’examiner l’enfant de près et, après de longs mois d’observation, après des épreuves multiples devant un grand nombre d’élèves, il reste convaincu qu’il s’agit bien là d’un cas de chromhydrose, ou pour mieux dire de mélanhydrose. On a vu maintes fois l’enduit noir se produire spontanément et de chaque côté de la face, après un lavage méthodique et l’enfant restant sous le contrôle des observateurs.
- Le cas est singulier et rare ; les premières observations de ce genre remontent à deux siècles. Young, en 1709, en a signalé un cas, puis Lecat. Le distingué médecin de la marine, Leroy de Méricourt, a publié sur
- ce sujet un travail intéressant et qui contient plusieurs observations curieuses recueillies à Brest. C’est à lui, du reste, qu’est due la dénomination actuelle de chromhydrose. Dans les faits qu’il relate, la coloration siège presque toujours à la face, souvent sous les paupières comme chez le jeune sujet de M. Blanchard; la coloration est également foncée, mais d’un noir bleuâtre qui fait ressembler parfois le malade à un homme très barbu fraîchement rasé. Ces taches ne sont que la dessiccation de la sueur devenue colorée.
- Le dépôt recueilli dans ces cas fut examiné jadis par Robin qui y trouva des cellules épithéliales, de l’héma-tosine et de la matière pigmentaire. Chez le malade de M. Blanchard comme chez les autres, la matière colorante noire est déposée sur la peau et ne la tache pas. Elle est formée par une poussière impalpable, ressem-? blant au noir de fumée. L’examen qui en a été fait par M. Maillard, agrégé de la Faculté et chimiste des plus compétents, montra que cette poussière avait une grande analogie avec le pigment du fond de l’œil Les doses n’ont pas été assez considérables pour faire d’autre examen que l’examen microscopique.
- Pour se rendre compte de la production de cette tache, après avoir bien essuyé et séché la peau, M. Blanchard examina à la loupe l’orifice des glandes sudori-pares. Il en vit sourdre, au bout d’un moment, une gouttelette claire, non colorée, mais qui, aussitôt évaporée, laissait au pourtour une teinte noire. La teinte se reproduisant à chaque orifice glandulaire formait bientôt une tache uniforme. C’est donc bien un cas de sueur colorée. Au contact de l’air, la substance chromogène incolore s’oxyde, se transforme et prend une teinte foncée. Pourquoi cette coloration ne se produit-elle que dans certains cas particuliers. C’est que, vraisemblablement, il s’agit là d’un trouble névropathique qui donne la sueur noire, bleue, comme il provoque chez d’autres sujets des sueurs de sang. Leroy de Méricourt considérait la chromhydrose comme une manifestation nerveuse due à des modifications de l’action vaso-motrice cutanée ; les médecins modernes et M. le professeur Blanchard s’accordent aussi pour la regarder comme une névrose qui peut disparaître aussi facilement qu’elle est venue et qui ne présente aucun caractère de gravité. D‘ A. C.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Contre la vermine des poules. — Le Stock Kepper recommande d’employer l’eucalyptus. On vide un œuf et on y introduit une éponge imbibée d’huile d’eucalyptus, puis on le dépose dans le panier de la pondeuse, ou au milieu des œufs de la couveuse. Toute la vermine dont seraient infestés le nid ou le corps de la poule est, paraît-il, détruite par ce procédé.
- Vernis coloré pour bois blanc. — On peut donner une coloration assez agréable au bois blanc ou au sapin, en passant d’abord à sa surface du brou de noix très éclairci, puis en étendant par-dessus un vernis teinté légèrement en jaune par addition de gomme gutte, dans la proportion de i5 grammes de ce colorant par demi-litre de vernis.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. le Dc Polo, Nantes. — L’homme que vous considérez accomplira par heure 41174 kilogrammètres, soit 8354 au kilomètre; et il aura dépensé 97 calories.
- Mma E. Duval Le Havre. — Nous croyons qu’il existe, en effet, pour les sourds, des appareils du genre du dic-tographe. Adressez-vous à la Société Industrielle des Téléphones, 25, rue du 4-septembre.
- M. Roche, Angers. — Pour photographier des étincelles électriques,le plus simple est de les faire éclater, dans une chambre noire, devant un appareil photographique et d’en prendre une Vue instantanée.
- Abonné 2894-2830. — Vous pourriez essayer le procédé suivant qui donne une peinture très résistante : faire cuire dans l’eau 1 kg de pommes de terre, piler, écraser et délayer la pâte dans 4 litres d’eau en mélan-
- geant et en battant bien. Passez au tamis de crin pour se débarrasser de toutes les parties non réduites en bouillie claire. Puis quand l’eau ne forme plus qu’une bouillie très claire, ajouter une autre bouillie faite de la dilution de 2 kg de blanc d’Espagne dans 4 litres d’eau. Vous aurez une peinture claire qui s’étend très facilement à la brosse ou au pinceau; en y ajoutant les produits colorants, tels que l’ocre, vous pourrez réaliser la teinte que vous désirez.
- M. Victorero, à Oviedo. — Vous trouverez dans le manuel Roret relatif aux conserves alimentaires les renseignements que vous cherchez. Cet ouvrage est en vente chez Mulo, rue Hautefeuille, Paris.
- MM. Bouldolep, à Sanso. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage répondant exactement à votre désir ; il faudrait consulter divers traités relatifs à la panification: L. Boutreray, Le pain et la panification; libr. J.-B. Baillière, Paris.
- M. Stalios, à Gumuldjina. —Paratonnerres: Société française des ornements, 5a, bd Richard-Lenoir, à Paris.
- M. A. Carcey, Paris.— Groupe électrogène amovible : 4, rue Bulfault, faubourg Montmartre. — M. Delieuvin, 77, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- Le tarsier spectre : V. Forbin. — Les matières toxiques et les végétaux: Henri Rousset. —' Les orchestrophones: Jacques Boyer. — Le chemin de fer métropolitain de Paris : E. de Loyselles. — Une romaine à peser les locomotives : P. de M.
- — Le tir au canon en chambre: D1'Georges Vitoux. — Reportage photographique : Ceaude Albaret.
- Supplément. — Chemins de fer de pénétration en Albanie et en Macédoine. — Baisse du charbon et du pétrole. — Nouvelle grotte à peinture préhistorique, etc, — Ascension du Kabru. — Dernier record de l’aviation. — Conséquences d’une crise.
- — Le sanseriten Asie Mineure. — Etat actuel de la radiumthé-rapie. — Bronzage du fer et de l’acier. — Carton imperméable.
- Atlas météorologique pour l’année 1906, par M. G. Eiffel, in-folio, Paris. Marétheux, impr., 1907.
- Nous avons exposé au n° 1723 (2 juin 1906, Sup-
- plément) les principes de météorologie nouvelle si justement préconisés par M. Eiffel, qui demandait notamment la publication d’un atlas météorologique; c’est l’exécution de ce vœu que M.Eiffel vient d’assurer lui-même pour l’année 1906, d’après 21 stations françaises et 5àAlger.Ces stations ont été choisies par le Bureau central météorologique avec le concours duquel a été réalisé cet admirable travail, le premier du genre en France. Il est impossible d’analyser les innombrables tableaux dressés, et les amoncellements de chiffres recueillis en ce prodigieux atlas. Bornons-nous à signaler combien de nouvelles notions y sont précieusement présentées sous la forme synoptique qui schématise le climat français en 1906.
- Les récents progrès du système métrique, rapport présenté à la 4e conférence générale des poids et mesures réunie à Paris, en octobre 1907, par Cii.-Ed. Guillaume, directeur adjoint du Bureau International des Poids et Mesures. In-40 de 94 pages. Chez Gauthier-Villars, Paris. Prix: 5 francs.
- Le système métrique n’est point, comme on pourrait le penser, un organisme rendu rigide et incapable d’une évolution, par la perfection même avec laquelle il fut réalisé dès le début. Les exigences de plus en plus élevées de la Science nécessitent des garanties sans cesse accrues, à la fois pour la précision de la définition matérielle des unités du Système, et pour la sécurité de leur conservation.; De plus, sa diffusion mondiale et sa pénétration dans toutes les industries exigent une élaboration de plus en plus minutieuse des
- détails de son organisation, en même temps que le
- - contrôle international de son identité dans le monde entier. Ce sont ces divers aspects du Système métrique
- — métrologique, technique, législatif, administratif
- — que M. Guillaume expose dans ce Rapport, présenté à la dernière Conférence générale des Poids et Mesures et dont le Comité international a voulu accroître l’utilité, en ordonnant son impression.
- Puisant à la source même des documents de première main, notre éminent collaborateur expose les travaux du bureau international des Poids et Mesures relatifs à la comparaison répétée des étalons de premier ordre; puis il reproduit les résultats obtenus récemment dans leur comparaison avec les phénomènes naturels ; longueur des ondes lumineuses, masse du décimètre cube d’eau ; les législations récemment promulguées sont ensuite passées en revue, enfin les applications du Système métrique aux diverses industries pour lesquelles une élaboration et une entente étaient nécessaires sont brièvement résumées. C’est dans cette quatrième partie du rapport qu’on trouve l’exposé de la question du carat et de son unification internationale, du système international de filetages, etc.
- Etude sur Vindustrie du fer dans le nord des Ardennes françaises, par Pol Dunaime, ingénieur civil des mines. H. Dünod et E. Pinat, éditeurs, Paris In-8 de 110 pages, avec 16 fig. et 1 pl. Prix : 2 fr. 5o..
- Historique et étude technique de l’industrie métallurgique ardennaise, qui comprend les usines à fer et tôleries, les ateliers de forges, la boulonnerie, la fonderie, les conditions économiques et sociales de l’ouvrier ardennais. C’est une étude complète et bien documentée.
- L’Evolution des Sciences, par Louis Houllevigue. Armand Colin, Paris. Un volume in-18, broché. Prix : 3 fr. 5o.
- L’évolution des Sciences nous montre la transformation progressive des idées scientifiques, avec une tendance à grouper toutes les sciences autour de la physique, qui leur fournit à la fois les méthodes expérimentales et les principes théoriques. L’auteur combat avec beaucoup de raison l’exagération actuelle des spécialisations, qui peut être utile et même nécessaire comme procédé de division du travail, mais qui ne devrait pas laisser le savant spécialiste à peu près indifférent, comme il l’est trop souvent, aux progrès des sciences voisines. Il examine un certain nombre
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- BIBLIOGRAPHIE
- de problèmes concrets, à l’occasion desquels il nous initie à la vie intérieure des sciences, dans ce qu’elle a de général et de philosophique.
- Dictionnaire manuel illustré des Sciences usuelles, par M. E. Bouant, agrégé des sciences physiques, professeur au lycée Charlemagne. Armand Colin et Cie, Paris, i vol. in-18 jésus, illustré de 25oo gravures, relié toile. Prix : 6 francs.
- Cet ouvrage fait partie de l’excellente collection des dictionnaires manuels qui, sous une forme portative et dans un format pratique, constituent une très commode petite encyclopédie ; il renferme, grâce à un texte simple, concis, dépourvu de mots techniques, grâce aussi à d’innombrables gravures, une immense
- quantité de renseignements, relatifs aux sciences et à leurs applications. Signalons au hasard, des planches entières consacrées aux courants marins, au larynx, aux modes d’efflorescence, aux caractères généraux des poissons, des ruminants, aux fossiles caractéristiques, à la manière de reconnaître l’âge d’un cheval d'après ses dents, à la distillation de l’alcool, etc.
- Verzeichnis der palaearktischen Hemipteren mit beson-derer Bérücksichtigung ihrer Verteilungim russischen JReiche, von B. Oshanin.
- II. Band. Homoptera. II. Lieferung. S. 193-384- St-Pétersbourg 1907. 1 vol. in-8°. (Extrait de Y Annuaire du Musée zoologique de l’Académie impériale des Sciences).
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 mars 1908. 6°,4 W. 0. Couvert. 0,4 Pluie vers 2 h. 20; brume; très nuageux.
- Mardi 24 5°.0 N. N. E. 1. Couvert. D Gelée blanche; brouillard ; couvert le m.; beau le s.
- Mercredi 25 1°.0 S. S. E. 0. Couvert. 3,3 Gelée blanche; brouillard jusqu’à 6 h.; pluie de 12 h. à 19 h ; couv.
- Jeudi 26 5°,3 W. 3. Couvert. 0,1 Petite pluie à 13 h.; couvert.
- Vendredi 27 4°,6 W. S. W. 2. Pluie. 6,7 Goutt. ou pi. de 5 h. 20 à 9 h.; av. à 12 h. 40 mêlée pet. gr.; couv.
- Samedi 28 4°.0 S. S. W. 3. Très nuageux. 0.6 Gelée blanche; pluie fine entre 14 h. et 17 h.; très nuageux.
- Dimanche 29 — 0°,7 S. S. W. 2. Peu nuageux. 0.0 Gelée blanche; brouillard le m.; peu nuageux.
- MARS 1908.— SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 MARS 1908.
- Lundi I Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 22 au 29. — Le 22. Baisse sur 10. de l’Europe : Irlande, 737; Brest, 749; Moscou, 783. Pluies sur l’O. et le S. de l’Europe; en France : Gap, i3; Nice, 8; Brest, 3; Besançon, 1. Temp. du malin : Kuopio, — 11; Paris, o; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —4; Pic du Midi, — 9; moyenne à Paris : 5°,7 (normale : 6°,6). — Le 23. Zone de basses pressions du N.-O. de l’Europe à la Méditerranée : Stornoway, 747; Malte, 754 ; Saint-Pétersbourg, 779. Pluies sur l’O. de l’Europe : Nantes, i5; Biarritz, 14° ; Cherbourg, Limoges, 12; Bordeaux, 10; Paris, 2. Temp. du matin : Kuopio, — i3; Paris, 6 ; Alger, 13 ; Puy de Dôme, — 1; Pic du Midi, —12; moyenne à Paris : 8° (normale : 6°,7). — Le 24. Relèvement sur l’O. : pression supérieure à 765 sur la péninsule Ibérique, la France et le N.-E. du continent : Ârkangel, 778. Temp. du matin : Kuopio, — 12; Paris, 3; Alger, 13 ; Puy de Dôme, — 1 ; Pic du Midi ; —12; moyenne à Paris ; 5°,7 (normale : 6°,8). — Le 2Ô. Même situation : Helsingfors, 777; Cherbourg, 763; Biarritz, 767. Pluies sur l’O. ; en France : Brest, 7; Cherbourg, \ \ Nantes, 3 ; Temp. du matin : Kuopio, — 11 ; Paris, 1 ; Alger, 12; Puy de Dôme, — 1 ; Pic du Midi, — 9 ; moyenne à Paris : 5°,2 (normale : 6°,9). — Le 26. Minimum barométrique : Dunkerqi^i^ôi ; llernôsand, 775. Pluies sur
- l’O. et le S. de l’Europe; en France : Besançon, 5; Limoges, Belfort, 4> Paris, Biarrilz, 3. Temp. du matin : Ârkangel, — 19; Paris, 5; Malte, i3; moyenne Paris : 6°,7 (normale : 70) — Le 27. Maximum barom.
- sur la Baltique, 773 ; dépression sur l’Islande et l’Ecosse : Seydisfjord, 738; Écosse, 7^0. Pluies sur le N.-O. de la France et le littoral méditerranéen; Charleville, 5; Paris, Belfort, 2; Toulon, 1. Temp. du matin : Moscou,
- — 16; Paris, 3; Alger, 12; Puy de Dôme, —5 ; Pic du Midi, —8 ; moyenne à Paris : 5°,S (normale : 7°,i). — Le 28. Press, atmosph. Norvège, 775 ; Dunkerque, 76a; Kharkof, 777, Pluies sur les Iles-Britanniques et le N.-O. de la France : Brest, 10; Cherbourg, Paris, 5; Lorient, 1; Dunkerque, 1. Temp. du malin : Moscou,
- — 12 ; Paris, 4 ; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —2 ; Pic du Midi, —8; moyenne -à Paris : 5° (normale : 7°,3). — Le 29. Dépression sur le N.-O. de l’Europe : Islande, 73o; Yalentia, 754; Kharkof, 776. Pluies sur l’O. de l’Europe; en France : Dunkerque, Perpignan, 3; Nantes, Paris, Lyon, r. Temp. du malin : Kharkof, —9; Paris,
- — 9; Alger, 14 ; Puy de Dôme, o ; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : 6°,i (normale : 7°,4)- — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 20, à 12 b. 41 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Parit (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N# 1820 — Il AVRIL 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- L’observatoire solaire Carnegie du Mont Wilson.
- — Nous résumons d’après le professeur George E. Iiale, directeur de l’Observatoire solaire Carnegie du Mont Wilson, à Pasadena (Californie), la description d’un nouveau télescope qui vient d’y être récemment installé. Ce télescope consiste en une tour verticale de iao mètres de hauteur, sur le sommet de laquelle sont montés deux miroirs plans qui reçoivent les rayons solaires et les réfléchissent verticalement en bas sur un objectif de 3o centimètres de diamètre, reposant horizontalement juste au-dessous des miroirs. Cet objectif a une longueur focale de 18 mètres. Il forme donc une .image du Soleil à 18 mètres au-dessous de lui, image de 18 centimètres de diamètre environ, dans un laboratoire installé à la base même de la tour. En connexion avec cette installation est un spectroscope de 9 mètres de long, installé au-dessous du laboratoire, dans un puits dont les murs sont invariablement liés à ceux de la tour. Toutes les perturbations spéciales du Soleil, telles que protubérances au bord ou taches, seront étudiées avec soin à l’aide de ce télescope géant.
- La nouvelle installation montre déjà qu’elle est supérieure au télescope Snow, qui est horizontal. Elle sera employée exclusivement à des recherches solaires. A côté de la tour et du télescope Snow, le professeur Rit-èhie a terminé le travail d’un grand miroir de i,5o m.de diamètre qui aura,avant peu,le plus grand pouvoir optique des instruments actuellement en usage. Le prof. Haie a alors exposé le travail du télescope Hooker, plus gigantesque encore que le précédent.Le miroir en aura 2,5om. ae diamètre. Le disque de verre est actuellement fondu en France et, lorsqu’il sera terminé, il pèsera plus de 4 fennes 1/2. Le miroir, de i,5o m., sera en place l’été prochain, mais ce ne sera que plusieurs années après que
- R lentille Hooker sera prête pour le travail.
- è
- La présence du soufre dans plusieurs étoiles à température élevée. — Sir Norman Lockyer a fait connaître à la Société Royale, dans une note importante, la découverte de fortes lignes noires du soufre dans le spectre de Rigel, la brillante étoile d’Orion. Ces lignes n’avaient été, jusqu’ici, reconnues dans aucun autre spectre stellaire. Elles sont absentes, ou très faibles, dans les étoiles des types Crucian (y Orion) et Alnilamian $ Orion), tandis que l’on trouve dans ces dernières étoiles une paire de fortes lignes qui n’existent pas dans iè spectre dé;;Rigèl.
- V) : : .. i
- La vapeur d’eau dans l’atmosphère de Mars. —
- Lia reconnaissance de la vapeur d’eau dans l’atmosphère es planètes est d’une importance capitale. Cet intéressant problème, auquel les plus éminents spectroscopistes $1) sont attaqués, n’avait fourni jusqu’à présent que des isultats assez contradictoires ; à cause de la difficulté ! éliminer complètement l’influence perturbatrice de »tre propre atmosphère, à travers laquelle nous sommes
- obligés d’observer. Ainsi, Janssen, Huggins, Vogel ont admis la présence de la vapeur d’eau dans l’atmosphère de Mars, tandis que Keeler et Campbell n’avaient pu en trouver de traces. Notons cependant que M. Marchand, à l’observatoire du Pic-du-Midi, avait reconnu que parfois la vapeur d’eau semble faire totalement défaut sur tout un hémisphère à la fois, ce qui mettrait d’accord les observateurs précités.... A l’observatoire de Flag-staff, MM. Lowell et Slipher ont repris ces recherches à l’aide de la photographie et avec des plaques spécialement préparées pour enregistrer, avec des poses de 2 où 3 heures, la portion l'ouge du spectre, où se montre la bande x, la plus importante du spectre de la vapeur d’eaü. Dans ces conditions, et par comparaison avec la Lune, même à une hauteur moindre sur l’horizon, MM. Lowell et Slipher ont obtenu des photographiés ou se voit nettement là bande a, et dont la présence ne peut être nullement l’eflet de notre atmosphère.
- M. Lowell conclut avec juste raison à la présence certaine de la vapeur d’eau dans l’atmosphère de Mars : ce qui cadre d’ailleurs parfaitement avec les déductions basées sur certaines apparences observées directement.
- Un canon fantastique. — Nos confrères de la presse quotidienne enregistrent cette semaine avec complaisance une nouvelle sensationnelle. Un ingénieur écossais, M. Simpson, aurait inventé un canon qui, en vérité, supprimerait les distances. Il ne s’agit plus de modestes portées de i5 ou 20 km, mais bien de 1000 km. et plus. Nos armes actuelles peuvent donner aux projectiles des vitesses initiales de 5oo mètres à la seconde, environ ; l’arme nouvelle donnerait des vitesses de 9 km. Ce canon nous rappelle celui qu’imagina Jules Verne pour effectuer la traversée de la terre à la lune. Mais est-ce bien un canon, après tout? Les informations ne nous renseignent pas sur ce point. On nous dit simplement que le mécanisme est très simple, et fonctionne par l’électricité. Renseignements bien sommaires, et qui nous commandent d’attendre, avec quelque scepticisme, de plus amples détails sur cette merveilleuse invention. Rappelons du reste, que ces soi-disant découvertes de canons à portée illimitée sont périodiques ; il semble qu’il y ait là, pour les inventeurs ignorant des lois de la mécanique, un champ d’études presque aussi attrayant que la recherche du mouvement perpétuel. Au point de vue militaire, un engin analogue fût-il réalisable, qu’il ne présenterait cependant aucun intérêt : la condition essentielle pour qu’un tir d’artillerie présente quelque chance d’efficacité, est que le but soit visible, sinon des pièces qui tirent, au moins d’un observatoire quelconque d’où l’on en observe les effets : on ne peut, en effet, régler avec précision un tir, en en déterminant les éléments à l’avance d’après une carte ou un plan ; les variations du vent, de l’état hygrométrique de l’air, etc., viennent déjouer les plus savants calculs, et seule l’observation des coups permet, après des tâtonnements plus ou moins longs,
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- INFORMATIONS
- d’envoyer exactement les projectiles au but visé. Procéder autrement serait jeter sa poudre aux moineaux.
- Azoture de sélénium. — lin faisant réagir l'ammoniaque et le chlorure de sélényle en solution benzénique diluée et à une température peu élevée, on obtient une combinaison d’azote et de sélénium Se Az, qui constitue l’azoture de sélénium et qui est un corps très explosif.
- Poste scientifique de cerfs-volants. — On vient de terminer l’installation d’une station de cerfs-volants pour l’étude de la haute atmosphère, à Friedrichshafen sur le lac de Coustauce. Un navire spécial, le Gnia, a été construit pour le lancement des appareils.
- Les télégraphes en Chine. — On sait de quelles difficultés a été entouré l’établissement des premières lignes télégraphiques dans l’empire Chinois. Bien que toutes ne soient pas résolues, la télégraphie est cependant en progrès. Au commencement de 1907, signale un rapport consulaire sur le commerce de la Chine, le réseau de l’administration télégraphique chinoise avait une étendue de 36og5 km de lignes comprenant 53872 km de fils et 1752 km de câbles sous-marins. Le nombre des bureaux s’élevait à 379; sur ce nombre 317 sont à service de jour seulement, tandis que les 62 autres sont à service permanent de jour et de nuit. Il y avait 768 appareils en service, desservis par 3175 agents; le bureau de Shanghaï comprend à lui seul 67 employés. En plus de ces lignes, l’administration en a également construit un nombre assez important dans les provinces ; mais ces lignes sont indépendantes ; leur exploitation relève uniquement des autorités provinciales.
- Ce que coûtent les voies de navigation intérieure.
- — M. l’ingénieur en chef Mazoyer a donné un compte rendu fort intéressant de la transformation de la voie navigable (composée de cours d’eaux naturels et de canaux) qui met en relation Marseille et le Havre, ou plus exactement Port Saint-Louis et Rouen. Cette voie a un développement total de ng3 km., auxquels il faut ajouter 198 1cm. de sections maritimes. Or, pour porter le tirant d’eau de 1,60 m. à 2,20 m. (avec, il est vrai, 3,20 m. entre Paris et Rouen, mais 1,25 m. seulement, par basses eaux, entre Lyon et Arles), on n’a pas dépensé moins de 199 millions de francs. Cela représente, en moyenne, plus de 166000 fr. par km pour une simple amélioration !
- Le rétrécissement du bois pendant le séchage. —
- Sur la demande et l’initiative de la Commission forestière des Etats-Unis, le laboratoire de botanique de l’Université américaine de Jale a procédé à des expériences précises ayant pour but de déterminer quel est le coefficient de rétrécissement de certains bois verts soumis au séchage. 11 a pu être ainsi établi que, d’une façon générale, le rétrécissement ne commence qu’autant que l’humidité totale du bois vert est réduite par l’évaporation au tiers du poids qu’aurait le bois ramené à l’état de siccité absolue. Il se manifeste surtout par une diminution dans la surface de section, et cette diminution est exactement proportionnelle à la perte en humidité, dans le sens longitudinal; il est si minime, quand on le compare au rétrécissement sectionnel, qu’il peut être considéré comme négligeable. Quant au rétrécissement en volume, il est très variable suivant les essences : il atteint 26 pour 100 dans le cas de certaines variétés d’eucalyptus, 20 pour 100 dans le noyer d’Amérique, i5 pour 100 dans le pin à longues feuilles et 7 pour 100 seulement dans le cèdre rouge.
- Ces chiffres sont d’ailleurs calculés sur le volume final du bois intégralement séché ; c’est dire qu’ils ne correspondent pas entièrement à la réalité des choses ; car, dans les conditions normales de température moyenne, les bois conservent toujours 12 à i5 pour 100 d’humidité; par suite, si l’on veut évaluer le rétrécissement pratique des bois verts, il faut réduire proportionnellement les chiffres théoriques qui viennent d’être indiqués.
- La fabrication des engrais dans les abattoirs américains. — Les abattoirs américains, en dehors de la poudre d’os et du sang desséché, fournissent des engrais connus sous les noms de « tankage » et d’ « azo-tine ». Le « tankage » est le résidu obtenu par l’évaporation des liqueurs provenant du traitement des débris de viande et d’os, après que l’on a séparé les matières
- grasses. Ces produits sont classés d’après leur teneur o ammoniaque et en acide pliosphorique. Ainsi un « tau kage 7/30 » correspond à une substance renfermai 7 pour 100 d’ammoniaque et 3o pour 100 d’acide phosf phorique. L’ « azotine » est le résidu que l’on obtient dans l’extraction des graisses lorsqu’on opère sous un forte pression, l’azotine du commerce renferme enviro i5 pour 100 d’ammoniaque. Les cornes sont également vendues comme engrais, après avoir été chauffées cin-heures sous une pression de 2 kg 8 par cent, carré, afi .
- de pouvoir les pulvériser. La poudre de corne renferm ,
- j. a t m pii L
- environ iq pour 100 d ammoniaque.
- , te mec
- Échec du tir contre la grêle en Italie. — Selon J, une f Meteorologische Zeitschrift (1907, 3° fasc.), le professeraitoui Blaserna a conclu à l’impuissance complète des tirage d’ contre contre la grêle. De 1902 à 1906, à Castel-France La n Yeneto, 200 obusiers à poudre et 22 canons à acétylèupng d’ mis en expérience ont produit un résultat exactemeipité d contraire à celui qu’on espérait ; la grêle a sévi davan tage sur la zone pourvue d’engins de fort calibre qu sur celles qui en avaient de faibles ou même qui e: étaient dépourvues ! En 1906, des fusées éclatant à 901!
- 1200 m. n’ont pas produit meilleur effet. Eu Autriche, ‘ YVindisch-Feistritz les essais n’ont pas été plus heureu Les deux pays les abandonnent.
- Les Bisons du Canada. — A propos de la créatio d’un parc national au Canada, le long du transcanadie le gouvernement du Dominion a acheté et fait venir d l’état de Montana à Calgary, 5oo bisons qui représenté raient, dit-on, plus de la moitié des bisons subsista;' dans l’Amérique du Nord.
- La mode au Congo. — Nos lecteurs n’auront p; oublié l’étude que La Nature consacra, il y a deux an à ces Pygmées de la Forêt d’Ituri (Haut-Congo), que colonel Harrison avait amenés et exhibés en Angleterr Une dépêche de Monbassa annonce que l’explorateur rapatrié ses protégés, à la grande joie de leurs comp triotes, qui avaient perdu tout espoir de les revoir, paraît que l’impression la plus forte produite sur 1 nains congolais par les innombrables présents que ra] portaient les voyageurs fut causée par ces bracelets < maroquinerie dont les élégantes de Londres se serve comme d’étuis à montre. Les minuscules habitantes 1 l’Ituri persistent à préférer leur ceinture de feuilla; aux robes tailleur rapportées par leurs compagnes. Ma m elles sont prêtes à échanger tous leurs trésors contre 1; wristlet-watch. Et voilà qui devrait tenter un colporte! avisé : une cargaison de montres-bracelets qu’il réussâ’une rait à transporter aux abords de la vaste et mystérieus La forêt, lui vaudrait une fortune en dents d’éléphants, ^e fail seule « monnaie » qui ait cours dans la région. et de
- La fabrication des épingles aux États-Unis. — L.fe!^ États-Unis d’Amérique fournissent des épingles ê, s monde entier. En igo5, les 75 millions de personne ocs qui forment la population de cette nation, ont consomn“° .e* 66 millions de grosses d’épingles ordinaires, c’est-à-di^111 1 une moyenne de 126 épingles par tête, les homme®1*®’ femmes et enfants étant compris dans cette statistiquf^ r.® Cette moyenne est la plus élevée qui ait jamais atteinte. Depuis quelques années, d’ailleurs, cette indrîor "s trie a pris un développement considérable; en i88o; |, effet, la production des États-Unis n’atteignait pas | moitié de ce qu’elle fabrique aujourd’hui, avec Q 43 usines qui emploient actuellement près de 38oo p ^ sonnes, hommes et femmes. Le
- Profondeur des mines. — Pour les mines d’>guisi] l’Australie tient le record. Un puits à New Chum Ra1- r ( way a été creusé jusqu’à 1435 mètres. Tapp
- Les mosaïques de Sainte-Sophie de Salonique.Jtrour Ces mosaïques byzantines, recouvertes, comme d;|le r; tous les pays musulmans, par de grossières peinture tpren: l’huile, des papiers portant des inscriptions coraniqulerèvt auxquelles s’est ajoutéeici la fumée d’un incendie,étai|occai à peu près inconnues. M. Le Tourneau, architefou e français, a pu récemment les nettoyer et leur ren |giné leur éclat primitif. On a pu ainsi reconnaître que le P; quen tocrator de la coupole centrale date du milieu du imité siècle et appartient à la décoration primitive. Lamadc.peu de l’abside est du vme siècle et particulièrement pi taille cieuse en raison de la rareté des monuments byzant le de
- de cette époque. Le
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- 111 « tau ufermai de phos a obtien sous un ; enviro
- gaiemeci Mécanique
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- renférm Machine à nieuler transportable. — Les machines meule d’émeri prennent aujourd’hui dans les ateliers te mécanique une remarquable extension; on les emploie Selon J, une foule de travaux qui exigeaient autrefois l’emploi t’ofesseilu tour ou des machines à fraiser, sur qui elles ont l’avan-des tirage d’opérer beaucoup plus rapidement. l-Francc La machine représentée ci-contre peut se déplacer le acétylènbng d’une poutre; de plus, la meule y est fixée à l’extré-actemeijiité d’un bras articulé autour d’un axe horizontal. On vi davau voit que, avec un appareil de
- ibre qu ce genre, ce n’est plus la pièce
- e qui e à travailler qu’il faut déplacer
- ant à 901 1 devant l’outil ; c’est l’-outil qui
- itriche, J J» se déplace autour de la pièce,
- heureu\ simplement et sans aucune ma-
- nœuvre pénible, d’où une remarquable économie de temps. La machine est supportée par une forte tige suspendue à un chariot roulant le long d’une poutre de fer. On déplace ce chariot par des engrenages que manœuvre une chaîne sans fin. A la partie inférieure de la tige, est aménagé l’axe horizontal autour duquel pivote le bras porte-meule. La meule est montée sur une broche horizontale tournant dans des paliers fixés à l’extrémité du bras, et elle est commandée par un moteur électrique, placé à la partie supérieure du bâti de l’appareil; il est suffisamment éloigné de la meule pour être complètement à l’abri des poussières qui Machine à meuler s’échappent de celle-ci, lors de transportable. sa mise en œuvre, et dans ces
- conditions, il n’a pas besoin il réussâ’une enveloppe protectrice.
- yrstériem La transmission entre l’arbre du moteur et la meule phants, ge fait par l’intermédiaire de l’arbre horizontal inférieur 1. £t de 2 courroies disposées de façon que leur tension
- __^ reste constante dans toutes les positions de cette meule.
- ineles • Ces courr°ies sont assez souples pour empêcher les ^sonnP^ocs 'd°^ent;s et ^es vibrations de se transmettre au consomD®oteur- Le P°^ds de la meule et du bras horizontal est •’est-à-di^cpü^k1"® par Un contrepoids; quant à la manœuvre du homme^raS| elle s'°P®re au moyen de poignées fixées sur le tatistiauca<^re de protection de la meule. Cette machine est conaria,•ozèt;ruite parles établissements « Naxos-Union », de Franc-
- ette inffiîort-sur-Mein-n 1880. |, ait pas | avec i f 38oo
- . créatifs canadie t venir <| présenté iubsistai
- iront p;j deux an| o), que
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- Appareils
- Le paragaz. — Dans la plupart des installations de ,, gaz d’éclairage, il existe des appareils, fourneaux de îmes „ ^cuisine ou lampes de bureau, qui nécessitent un raccord Um a>par tube de caoutchouc. On devrait toujours, quand {l’appareil n’est pas allumé, fermer le robinet qui se 0 nique .^trouve sur le tuyau de plomberie immédiatement avant mme d;$e raccord en caoutchouc ; bien des personnes ne aeinture (prennent pas cette précaution et si le tube soupl’e se :orauiquècrève ou se détache, il y a une fuite importante qui peut idie,étai4occasionner les plus graves catastrophes par asphyxie architefjou explosion. M. Brout, ingénieur mécanicien, a ima-eur ren Iginé un appareil, qui, en cas de fuite, ferme automatique le Pijquement l’arrivée du gaz ; il suffit de le placer à l’extré-ieu du jmité du tuyau de plomb, à l’endroit du raccord ; il tient Lamadcpeu de place, n’étant pas plus gros qu’une montre de ement pi taille ordinaire, on en voit la disposition intérieure sur > byzant le dessin ci-contre.
- Le gaz arrive par la partie supérieure p, il pénètre [dans la chambre q-, pour sortir par le raccord s, il faut
- qu’il passe dans la chambre r, mais il ne peut le faire qu’en passant en i sous le clapet c en forme de calotte qui sépare la chambre q de la chambre r. Ce clapet pivote en h à la partie inférieure et un ressort j, réglable sur la vis l, le maintient ouvert et le fait buter contre la vis c? à la partie supérieure. L’écoulement du gaz a pour effet de produire, par suite de l’espace restreint et proportionné qui lui est réservé sur le pourtour du clapet, un léger excès de pression du côté de la chambre d’arrivée q ; le ressort j qui lui fait opposition a été réglé de telle sorte que l’espace i soit suffisant pour que l’alimentation de l’appareil brûleur se fasse normalement. Mais si une dépression vient à se produire du côté r, par suite d’une fissure ou de la chute du rac-
- Coupe du paragaz.
- cord, l’action du ressort j ne suffit plus à équilibrer le clapet et celui-ci s’applique alors complètement sur son siège, fermant l’espace i et s’opposant complètement au passage du gaz. Pour le rouvrir, après avoir rétabli la conduite défectueuse en s, il faudra appuyer à la main sur le bouton 0, on agit ainsi sur un poussoir 71 qui soulève le clapet. Le réglage du ressort j est fait une fois pour toutes en vue des appareils qui doivent être utilisés, de façon à pouvoir supporter sans que le para-gaz fonctionne intempestivement les petites différences de pression de la canalisation. Le clapet fonctionne en temps normal comme régulateur, puisqu’il tend à rétrécir l’ouverture du passage i à mesure que la pression augmente dans la canalisation et qu’il l’ouvre au contraire si cette pression diminue.
- C’est donc en même temps un appareil de réglage et de sécurité dont l’utilité n’est pas douteuse. — Chez M. Brout, 6, rue des Deux-Communes, Vincennes.
- 8*> Jouets
- Le tir aux pigeons Eurêka. — Parmi toutes les distractions sportives, le Tir aux Pigeons tient une place importante; mais pour se livrer à ce sport coûteux, il faut des conditions spéciales d’installation et d’aménagement qui ne sont pas à la portée de tous. Le tir mécanique aux pigeons ci-dessous décrit, crée un sport analogue, mais infiniment plus économique.
- Ce jeu se compose d’un pied à rallonges, semblable au pied dont on se sert pour supporter les appareils photographiques ; dans un tube placé au milieu du pied, 'se trouve logée une vis hélicoïdale terminée par un plateau portant trois branches ; au bout de chaque branche est fixé, par un système à déclanchement automatique, un pigeon grandeur naturelle. Cette vis hélicoïdale est enserrée entre des trappes à charnière de telle sorte qu’il suffit de la soulever jusqu’au bout et de lui imprimer un léger mouvement, puis de la faire redescendre dou-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- cernent en faisant tourner les pigeons posés sur les branches. Le tir se fait alors au moyen d’une carabine Eurêka jointe à l’appareil et chaque fois qu’un pigeon est touché par la flèche Eurêka, il se déclanche et tombe comme le pigeon vivant qui a reçu un coup de fusil.Les pigeons, pour éviter qu’ils s’abîment en tombant, sont attachés par une petite chaînette. Voilà certainement une nouvelle
- Tir aux pigeons Eurêka.
- application du tir Eurêka aussi distrayante qu’utile; le Tir aux Pigeons contribuera à développer le goût de la jeunesse pour les exercices de tir ; il exerce l’adresse et l’œil du petit tireur. Ce jouet est construit par les établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, Paris, XX0. — Le prix de vente avec carabine et flèches est de igfr,5o.
- *> Divers
- Les panneaux décoratifs mobiles. — C’est un problème souvent difficile à résoudre pour l’architecte que celui de la décoration d’une salle ; non qu’il soit embarrassé pour le choix des motifs, mais l’exécution en présente parfois de grandes difficultés, lorsqu’on se trouve loin d’un centre important et que l’on ne peut trouver, à moins de dépenses considérables, des ouvriers capables d’exécuter un travail de ce genre.
- M. Codoni a trouvé un procédé fort simple qui permettra de doter toute habitation, même modeste, d’une décoration élégante et économique. Sans doute, ce n’est pas d’œuvres d’art que M. Codoni a l’intention de garnir nos appartements ; mais c’est déjà un résultat fort appréciable que celui d’égayer de dessins agréables, ' des murs ou des portes qui, autrement, seraient condamnés à une attristante nudité. On appliquera donc sur les panneaux à décorer, les moulages en staff fabriqués par M. Codoni et formant des ensembles plus ou moins riches d’ornements en relief et de moulures. Les modèles en sont nombreux, et au goût de chacun. La pose est fort aisée; elle consiste simplement à fixer 4 ou 8 vis de longueur convenable. — On trouvera les panneaux mobiles chez M. Codoni, 62, avenue Parmentier, Paris.
- Calendrier-breloque perpétuel. — L’ingénieuse breloque dont nos dessins montrent les 2 faces permet c! connaître instantanément la date de chaque jour de 1 semaine, quelle que soit l’année.Elle permet aussi de contre naître le nom du premier jour d’une année quelconqu'bless depuis i582. De dimension et d’épaisseur un peu pîu4ble, grandes qu’une pièce de 2 francs, chacune de ses facot ce joue un rôle distinct. La face supérieure sert de calerjiilanc drier perpétuel; elle est divisée en 7 secteurs triangudes : laires portant le nom des jours de la semaine. Une roncier j delle en forme de trèfle à 4 feuilles, échancrée d’uni^am] ouverture égale à un de ces secteurs, peut tourner autouis de de son axe de façon à être amenée dans la positions c nécessaire pour permettre la lecture. Un cadran mobilit des est également disposé sur cette face ; il est divisé en lionne secteurs, le premier porte les chiffres 1, 8, i5, 22, 2i»le av avec l’indication janvier, octobre ; le deuxième les chiffreàis, F 2, 9, 16, 23, 3o avec l’indication avril, juillet, et ainsi düique suite. iïce à
- On passe l’anneau de la chaîne qui suspend lfts de breloque dans l’ouverture qui est au-dessus du premieï le i jour de l’année, un mercredi en 1908. On amène l'ouverte pax ture du trèfle à 4 feuilles au-dessous de la chaîne ; et si’ la vi l’on est au mois de février par exemple, on place danlàssax cette ouverture le secteur du cadran mobile qui porpmobi l’indication février ; on y lit les chiffres 5, 12, 19, 26.Cps ; e qui montre que les 5, 12, 19 et 26 du mois de févriefe la j sont des mercredis, on en déduira aisément les date ra cl des autres jours de la semaine.
- Quandl’année est bissextile, comme en 1908, il faut, L
- ior mars, déplacer la chaîne et la fixer au secteur voisin|rs n< vers la droite, opération qui doit être également répétéeFcer, tous les 1er janvier. La deuxième face de la breloque per-Hue “ met de retrouver le nom du premier jour d’une année!3 ^a c quelconque. Elle se compose de i cadrans superposés : lelsoir<: premier est fixe et divisé en 7 secteurs marqués des jourseau . de la semaine, 4 sont suivis de chiffres : lundi 19, mercredi|re ^ 18, vendredi 17, samedi 16. Le deuxième cadran; ^ , 0 mobile autour de son centre, est également divisé en 7?.a*e ï secteurs portant chacun un certain nombre de chiffres11® ei1 dont l’ensemble constitue les nombres de o à 99. Les mul-31s P*' tiples de 4: 4> 8, 12, etc., sont soulignés. -ux P‘
- Lundi 19, signifie que le premier jour de l’année 19001111 est un lundi, mercredi 18 que le premier jour de l’année Perl° 1800 est un mercredi, vendredi 17 que le premier jour -; une de l’année 1700 est un vendredi et samedi 16 que le pre- ftejtect mier jour de l’année 1600 est un samedi. Si l’on place !Ples sous le secteur lundi 19, le secteur du cadran mobile Sns qui commence par 00, on saura que toutes les années du fe di xx° siècle qui se terminent par l’un des chiffres indiqués p Mo< dans ce secteur commencent un lundi, l’année 1906, par £ /ïul exemple ; sous le secteur marqué mardi, on trouvera P® da toutes les années du xx° siècle qui commencent un mar- jemuei di, etc. Si l’on veut faire une recherche rétrospective, jppps3 dans le xviiT siècle par exemple; on amènera le secteur «d ®P£ du cadran mobile qui commence par 00, sous vendredi ^ cin 17 et l’on opérera comme ci-dessus. Ta to
- Ce petit instrument peu encombrant, vous permet
- ______ forte
- donc de faire instantanément des calculs qui autrement de nn seraient assez longs et compliqués. — En vente chez 3n 1301 Maitrugue, 52, rue de la Garenne, à Courbevoie. Prix: ?u c°l x. franc. . - " 1 '' ' ; es Pa
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- decoiÀdre pour transport de blesses. — Les secours Iconqulblessés, pour être efficaces, doivent, autant que eu plulble, s’inspirer du vieil adage, cito, tuto et jucunde. ;s facef ce qu’ont bien compris les organisateurs des : calexiulances dites urbaines où, au premier signal, accou-riangu des infirmiers, des assistants capables d assurer un ne roüUer pansement. C’est ce qu’on tâche de réaliser sur i d’unîjhamps de bataille en multipliant les postes d ambu-autoues de première et seconde ligne, en utilisant les ’Ositioens de transport modernes les plus rapides et en mobilit des procédés antiseptiques. La rapidité, la sécu-sé en lonnent, autant que faire se peut, le terme peu com-22, 2|le avec une blessure, le jucunde. îhiffreàis, parmi les moyens de transport, le brancard insi dsique plus ou moins perfectionné semble encore peu >ice à un secours efficace, tel qu on doit l’entendre, end lis de plaie grave, c’est-à-dire remuer le moins pos-remieî le blessé avant qu’il soit sur la table d opération ouverte pansement. Supposez un de ces cas si fréquents ! ; et si! la vie journalière des grands centres: dans la rue e damassant est culbuté par une voiture, hippomobile ou i portinobile, plus souvent par les premières que par les , sfi.cies; en glissant sur le trottoir, un promeneur se février la jambe, supposez n’importe quel accident ame-ï date la chute à terre et l’impossibilité de se relever. Les
- voisin^1,8 ne maU(ïueronl Pas i charité des témoins va 5pétéc|'cei' su^tei on soulève tant bien que mal, plutôt e per-lue bien, le blessé, on le porte dans une pharmacie année^ la ch°se est possible, on applique un pansement iés • lelso^re et on administre le cordial souverain, puis à ioursP111 blessé est repris, soulevé, porté dans une •credi|re l’ambulance urbaine n’a pu être requise, voi-adran* ^ domicile ou à l’hôpital, descendu de voiture, en _jnté par un escalier souvent étroit et incommode ifjresiis enfin dans un lit. Au total, quatre reprises et mui_?is plus du blessé, quatre soulèvements à bras dou-ïux pour le patient, dangereux pour la blessure ; iqoQÎSt une fracture, les fragments peuvent se désagré-uinée jperforer les tissus, devenir une fracture compli-jour U une plaie a le temps, dans ces changements divers, pre_ [infecter, bref le malade pâtit de tous ces efforts place îples ne réalisent plus le jucunde désiré, obile Ie bu* de remédier à cette mobilisation internes du ^ du blessé, un médecin de l’armée hollandaise, qués Ie Mooy, a imaginé un cadi'e de transport fort ingé-par | qui permet de donner, une fois le blessé bien ivera M dans ce cadre, toutes les positions sans risquer mar_ femuer le membre fracturé. C’est un cadre métalli-;tive ^construit en tubes d’acier de deux centimètres et :teur I d’épaisseur, il mesure un mètre et demi de lon-Iredi cinquante-cinq centimètre de largeur et ne pèse, la toile, que trois lcilogs. Il est enveloppé d’une rmet forte dont les quatre pans se rabattent sur le ment de une fois couché et sont fixés les uns aux autres chez 1111 bout de corde; à la tête du cadre sont deux ban->rix • |>u courroies passant sous les aisselles ; deux autres les passent sous les cuisses formant les unes et les
- autres un moyen de suspension pour que le malade ne subisse aucun déplacement quand on donne au cadre une position plus ou moins verticale ou fortement inclinée. Des bricoles, fixées aux deux extrémités du cadre, permettent à deux hommes de transporter le blessé sans fatigue et en ayant les mains libres pour s’appuyer, si
- Fig. 3. — Cycliste portant un cadre à blessés.
- besoin, à une rampe d’escalier, à une poignée, à une balustrade.
- Le gros avantage de cet appareil très simple, c’est qu’il permet le relèvement du blessé sans qu’on soit obligé de le soulever sous les bras. Le cadre est glissé le long du corps, le blessé est doucement renversé sur le côté sain, et le cadre suivant le même mouvement, le corps se trouve étendu bien horizontalement, sans heurt, sans secousse. Il ne reste qu’à ficeler la toile, passer les bandes de retenue pour que la victime de l’accident puisse être portée où elle voudra sans crainte de mouvements intempestifs. S’agit-il de faire monter un escalier, le cadre peut subir l’inclinaison que vous voudrez sans que le malade bouge; le poids du corps fait tirer un peu sur les bandes de retenue, mais l’immobilisation reste complète. Voulez-vous faire monter un invalide dans un compartiment de chemin de fer, c’est tout aussi simple: il y a même cet avantage, c’est que des blessés de guerre pourraient être posés à même dans un wagon de marchandises, si besoin était, sans qu’on ait besoin de faire subir à ces wagons un arrangement quelconque. Dans un navire, tous les mouvements de descente dans l’entrepont, de dépôt dans une chaloupe peuvent s’accomplir aisément.
- Le cadre tout plié peut se loger sur le côté d’une bicyclette et être apporté très vite sur le lieu de l’accident. Qu’on dispose d’une de ces petites voitures dites triporteurs, avec quelques légères modifications de la voiture ce cadre peut être étendu à l’avant, formant un lit doux au malade qui sera transporté ainsi par un seul homme pédalant sur la roue arrière comme le montrent les deux figures 3 et 4-
- M. de Mooy, un médecin militaire, voit la possibilité
- Fig. 4. - - Transport d’un blessé sur un tricycle.
- d’assurer avec quelques appareils de ce genre un secours plus efficace aux blessés, en permettant le pansement dans de meilleures conditions, en évitant toute secousse, tout mouvement intempestif. Son cadre peut rendre de grands services, en dehors du champ de bataille ; dans les chantiers, dans les grands centres industriels fréquents sont les accidents; un ou deux appareils Mooy éviteront aux blessés les ennuis des transports et des mouvements inutiles et permettront de donner, dans de meilleures conditions, les secours que nécessite le traumatisme dont ils ont été victimes. D1 A. C.
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- VAR1 ÉTÉS
- }
- Un formidable cuirassé allemand nouveau « Le Nassau ». — La flotte militaire de l’Empire Allemand s’est enrichie, tout récemment, d’une formidable unité, d’un cuirassé gigantesque, le premier « Dreadnought » allemand. Cette forteresse flottante, qui a été lancée, en mars dernier, à Wilhelmshafen, avait été provisoirement appelée « Ersatz Bayern », c’est-à-dire « Remplaçant du Bayera » ; elle a été officiellement baptisée le « Nassau ». Ce lancement fera date dans les annales de la Marine germanique; il marque pour elle le commencement d’une ère nouvelle, celle de l’accroissement des tonnages, voie dans laquelle l’Allemagne a longtemps hésité à entrer.
- Le « Deutschland » et les cuirassés de i3ooo tonnes paraissaient devoir être pour les Allemands les navires les plus grands qu’il était pratique de construire. Les Allemands se montraient rebelles aux enseignements de la guerre du Japon, qui semblent prouver la supériorité des grauds vaisseaux; ils se refusaient à suivre l’exemple des Anglais, qui, dès 1891, mettaient en chantier les premiers navires d’une série de trente cuirassés de i5ooo tonnes. Les Etats-Unis, la France et le Japon acceptèrent, après les Iles-Britanniques, le principe des très forts tonnages ; mais l’Allemagne continua à n’en pas accepter la méthode, considérant qu’il valait mieux sacrifier la puissance du modèle pour augmenter la force de son artillerie. C’était une théorie dont la valeur était incontestable pour un pays qui se trouve, à certains points de vue, dans des conditions particulières de navigation ; il faut que les cuirassés de la flotte de guerre germanique puissent passer dans le canal de Kiel et qu’il leur soit possible d’évoluer facilement dans la Baltique.
- Les arguments d’hier ne comptent plus aujourd’hui. Il est vrai que le canal de Kiel va être agrandi dans de sérieuses proportions. Le « Nassau » a été lancé, et quatre unités du même type et de 18000 tonneaux sont sur les chantiers, en cours de construction. Une évolution brusque s’est donc produite dans l’esprit des techniciens de la Marine germanique, que les succès remportés par le « Dreadnought » anglais ont déterminés à accepter les théories nouvelles des forts déplacements.
- Le « Nassau », qui déplace exactement 17960 tonnes, a emprunté à la classe anglaise des « Dreadnought », « Bellerophon », « Temeraire », et « Superb » leurs caractéristiques ; il leur ressemble par le déplacement et l’armement.C’est,chez les uns et chez l’autre,le triomphe du fort tonnage et de la grosse artillerie. Il faut cependant remarquer que les cuirassés anglais du type Dreadnought sont armés de dix canons de 3o5 millimètres,tandis que le « Nassau » porte à son bord 16 pièces de 280 millimètres. Les canons anglais sont plus gros; les pièces allemandes sont en plus grand nombre. Il y a compensation.
- Il n’a été donné aucun renseignement précis sur les
- dimensions et l’épaisseur des cuirasses et blindage|
- « Nassau » ; les journaux allemands sont muets Slfyjg ______Dan,
- point, les revues anglaises disent que le plus g| intérêt mystère entoure cette question. | répond égale»
- Sur la machinerie on est moins discret; aussi pouvjc-enseignements nous affirmer que le grand cuirassé allemand sera ipnnement. En de machines alternatives, développant une force t@ recherches soi de 26000 chevaux, qui lui donneront une vitesse d| un ‘*e “ noeuds. Il y a donc, sur ce point, une différence Erratum. — sérieuse entre « Nassau » et « Dreadnought»,puisqipur s’est glis dernier est muni de machines à turbines et qu’il mai Sciences rel avec une vitesse de 21 nœuds. Les Anglais tirent] lieu de Yttr certaine vanité de cette supériorité ; mais les Allemâédoublé ce c
- répondent que cette situation est voulue, ils ont sackjjresses. _
- volontairement la vitesse à la puissance plus grand|miu ^ yal l’armement, et ils ajoutent que les autres cuirassé|gS australiei type « Nassau » seront munis de turbines. Gei^imartJlli par auront la vitesse de la marche en même temps <Iut’omInun;cat puissance de l’artillerie. I •bre lé end
- « Nassau », dont l’équipage se composerade 866 mal1 n de dont 37 officiers, coûtera, y compris les frais d’es^POS. uu
- près de 46 millions, dont 16900000 francs sont altrilp^. je ac
- à l’artillerie et i3ooooo francs aux torpilles. ! ... ,, . ,
- T c - , . 1 . fuies étaient
- Le « buperb » fut lance sept mois apres sa mis^ . n’es^ D
- chantier aux chantiers d’Elwick, à Newcastle-upon-T^ ^ son poids au moment du lancement était de 9000 ton?:, Yercin Ce navire battait tous les records de rapidité daiiv . °
- construction de la carcasse, pour les cuirasses conslç^^ ^ beau par l’industrie privée. Les Allemands prétendent a? battu ce record ; mais les Anglais répondent que « Ijî sau » était en chantier depuis de longs mois, lorsquq annoncé le commencement des travaux. j
- « Nassau » mesurera exactement 157 mètres de longi^ environ 27 mètres de largeur. Son tirant d’eau sera 8m,5o. Son artillerie, en dehors des grosses pièces <| nous avons parlé, se composera de plusieurs canon|
- 6 et de 4 pouces et de tubes lance-torpilles. Les gj Somma canons lanceront des projectiles de 35oà 4ookilogramq cibles luitomat Dans les milieux maritimes allemands, on assure j*hmami 1)ili.ar: le deuxième cuirassé du type Nassau, Ersatz Sachèlldl'an lumineux actuellement en construction sur les chantiers Weser, à Brême, sera lancé très prochainement.ju_A mautft. troisième de ces mastodontes, « Ersatz-WurMemben ' ,^
- est fort avancé; mais les abords de son chantier, 1 osslbles '_Sol
- docks de Yulcain, à Stettin, étant inaccessibles, il est [_'carnefs de fi; difficile de savoir exactement à quel point en sontju.ngrîe. —Ero: travaux. Il en est de même, d’ailleurs, du quatritiouvelles voîtu « Ersatz Baden », dont la construction est activenpose, etc. poussée à la Germania de Kiel. En dehors de ces navi] il paraît que deux autres géants cuirassés sont à 1 'é%nuaire de ZL dans les bureaux techniques; ces cuirassés, qui déplk^ des ÿeau ront 20 000 tonneaux, 11e tarderont pas à être misjayeZ) II2) r chantier. Will Darvillk. f Outre les r
- j'.ontient d’inti perses person
- Pleurs sèches et fleurs dites stérilisées. - Depuis un certain temps, on nous a demandé à mainte reprise la recette pour obtenir ce qu’on appelle dans le commerce les « fleurs stérilisées » ; la réponse complète à cette question est assez malaisée, tout simplement parce que les quelques maisons qui se livrent à cette préparation, cachent fort bien le tour de main auquel elles recourent, pour arriver à un résultat fort heureux le plus souvent. Autant qu’il est possible de recueillir des indications à ce sujet, on est en droit de supposer que certains industriels projettent sur les plantes et fleurs une mince couche de caoutchouc dissous dans de la benzine ; d’autres plongent les plantes dans un bain à base de glycérine, dont la composition est encore tenue secrète. Nos lecteurs pourraient peut-être s’engager dans des expériences, au moins avec la benzine; en opérant le jour et dehors, comme de juste, car ces vapeurs de benzine constituent un admirable carburant, susceptible d’entraîner de dangereuses explosions.
- En tout cas, voici un procédé tout différent, qui laisse
- j ogiste Léo E
- t Télégraphie |echnique de |>,° édit., édit.
- <J Dans cet 01
- aux fleurs et aux menues plantes leur forme et leurs |lam résume leurs. On commence par laver bien soigneusemen|tœnts malhé sablon, de façon à en séparer toutes les matières é>ï| posé de la gères ; puis on le fait complètement sécher, et ojbasse ensuite passe au tamis fin, pour qu’il ne contienne aucune ijes méthodes ticule grossière. Au fond d’un vase de terre, on disfiu livre, ce n une couche de ce sable, et on y étend la fleur avetf juestion ; ma feuilles et la portion de tige à conserver ; on verse ||re de granc dessus du sable peu à peu, en ayant soin d’étendr^vccomplis en fur et à mesure fleurs et feuilles, pour qu’il ne se fo^élégraphie s pas de pli malencontreux.. Il faut que le tout prenne|devenu impos allure aussi naturelle que possible dans ce linceul ^,
- sable. On doit continuer à verser du sable jusqu’à | appoj §en mer une épaisseur de quelque 3 centimètres par-defc8^8811 es ~an' la plante. Alors on porte le tout dans un four chaP,01 sw? , &S vers 45° C., et on laisse séjourner au moins un ]éu ancÇ e M deux jours si la plante est quelque peu charnue. Afne.saie es 1 dessiccation, il y aura des précautions à prendre ^ll^lues> au 71 dégager la plante sans la casser : ce à quoi on arriviM1 e\va ÎS\ ^ faisant lentement écouler le sable qui l’enrobait. ien us e a
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- f S%V1S. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les s d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés.
- f répond également, dans la mesure du possible, aux demandes OUVj[-enseigneinents qui lui parviennent accompagnées d’une bande l’a #onnement. En raison de l’abondance de la correspondance et :e t& recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que ie CW un délai de <1** à quinze jours.
- ncekrratum. — Dans notre numéro du 29 février, une isqiteur s’est glissée dans le compte rendu de l’Académie [mal Sciences relatif aux travaux de MM. Urbain et Auer. 'eut! lieu de Yttrium, il faut lire Ytterbium. M. Urbain lemaédoublé ce corps en Lutécium et Néoytterbium. Sackdresses. — Bouillie contre l’oïdium : Institut Jac-ancj|min, à Malzéville, Meurthe-et-Moselle. — Boome-isse|gS australiens pour sport : Williams and C°, i-3, rue ^ei|ïmartin, Paris. Prix : 3 fr. j5.
- ^Communication. — Marronniers du 20 mars. —
- lirbre légendaire a été en retard cette année. A ce
- t^a!)pos un de nos abonnés, M. T. L’Homme, à Paris,
- ttufis s^na^e uu marronnier précoce, qui, chaque année,
- llfs avant le 20 mars, porte des bourgeons et dont les
- . billes étaient déjà toutes sorties au 20 mars. Ce mar-
- rjJmier n’est pas sur la voie publique mais on peut le
- a |r des 4 ou 5 maisons qui sont à l’angle des rues Texel
- et Vercingétorix n° 3i (XIVe arrond., Paris). Tous
- 3s remerciements à notre correspondant qui nous
- , Inale ce beau cas de précocité, at a* 1
- « N
- Renseignements. — M. Brun, île Maurice. — Nous communiquons votre lettre à la Société des Automobiles électro-mécaniques, 11, quai National, à Puteaux (Seine), qui fabrique les voilures G. E. M.
- M. J. Noyés, à Bordeaux. — llypochlorite du calcium : se trouve chez tous les marchands de produits chimiques.
- M. J. L., & X. — Il n’existe pas à notre connaissance de pi'océdé industriel d’extraction du sucre des châtaignes.
- M. P. M. /., à Paris. — M. Renaut, 43 boulevard de Strasbourg, Paris, pourra, croyons-nous, vous renseigner d’une façon très précise.
- M. Collain, à Sabran. — Nous n’avons pas eu l’occasion d’essayer l’appareil que vous nous signalez, son principe nous semble ingénieux et susceptible de donner de bons résultats. — Pour les appareils à rafraîchir vous en trouverez, croyons-nous, chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à qui vous pouvez vous adresser de notre part.
- M. Rostagne, Turin. — Pour les compresseurs Râteau, veuillez vous adresser à la Société d’Exploitation des procédés Rateau, 20, rue d’Anjou, Paris.
- M. Coutrot, à Paris. — Pour les grands appareils de dragage, prière de vous reporter au n° 1729 de La Nature.
- M. Marquès, à Millau. — Machine à badigeonner. M. Fréd.-Alb. Lœbel, 23, rue Cadet, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- iqu<*
- mgiji sera es <| aon$
- es ^ Sommaire de notre précédent numéro amn cibles automatiques: Daniel Bellet. — Les mousses marines: areiiKMAM) Billard. — L’aéronef Malécot: Lucien Fournier. — ach£':ulrau lumineux : V. Foriun, — Les erreurs de la carte de France :
- . çj^.-A. Martel. — Académie des Sciences ; séances des 23 et 3o
- i , Mars 1908: C11. ue Villedeuil. — Nécrologie: Félix Régnault: ‘|i.-A. Martel.
- ^ 6I|tplément. — Calcium métallique ; ses propriétés et ses emplois 'r’ possibles. — Solidification de l’hélium. — Electricité en Turquie. es^ f— Carnets de fiacres. — Le dénaturant de l’alcool en Autriche-'ODtHungric. — Erosion granitique et monuments préhistoriques. — atritiouvelles voitures de la Compagnie d’Orléans. — La cliromliv-venh’ose, etc.
- îavij --------
- l nuaire de VAcadémie royale des Sciences et Lettres ®P%f des Beaux-Arts de Belgique, 1908, Bruxelles, mi|Iayez, 112, rue de Louvain, 1908. 1 vol. in-8°, 3i2 p.
- Outre les renseignements usuels, l’annuaire de 1908 Contient d’intéressantes notices biographiques sur diverses personnalités belges, notamment l’éminent biologiste Léo Errera, mort en igo5.
- ) Télégraphie sans fil, par J. Van Dam,: du service eclmique des Télégraphes de l’Etat Néerlandais. |>.e édit., édit. Béranger. Paris.
- | Dans cet ouvrage, destiné aux techniciens, M. Van irs jjam résume les théories physiques et les développe-enjjHienls mathématiques qui servent de base à tout é>4 posé de la question de la télégraphie sans fil. Il ^ osasse ensuite en revue les appareils, et quelques-unes ie |}es méthodes proposées jusqu’ici. Malgré l’étendue lisj^îu livre, ce n’est encore qu’un résumé très bref de la vecfquestion ; mais, à ce titre précisément, il pourra ren-se |fre de grands services ; car les progrès nombreux dr^accomplis en ces dernières années ont créé à la ! fojiélégraphie sans fil, un domaine si touffu qu’il est mejjdevenu impossible de s’y diriger sans guide.
- Pk [ Rapport général sur les nivellements de précision, •dQ^xécutés dans les cinq parties du monde. — 20 Rap-chéP°rt sur les travaux du nivellement général de la a •(.France de 1904 à 1906 inclus. — 3° Rapport sur la Jfjnesure des mouvements du sol dans les régions sis-e Uniques, au moyen de nivellements répétés à de longs ^^intervalles, par Ch. Lallemand, extrait des comptes . rendus de la conférence de l’Association géodésique
- internationale de Budapest en septembre 1906, Leyde,. impr. Brill, 1997. Iu-4°, 60 p. et pl.
- Développement et documentation des idées émises par l’auteur au n° 1812 (i5 février 1908), Ae La Nature.
- Science et religion dans la philosophie contemporaine, Emile Boutroux, membre de l’Institut. Bibliothèque de Philosophie scientifique, dirigée par le Dr Gustave Le Bon. E. Flammarion, édit., in-18. Prix : 3 fr. 5o.
- Étude critique des principales solutions que reçoit actuellement, parmi les hommes qui réfléchissent, le problème des rapports de la religion et de la science. Ces rapports sont si étroits que, selon l’auteur, Religion et Science ne subsisteront ensemble dans une même conscience que si un accord rationnel s’établit entre elles. L’ouvrage expose et discute les théories à tendance naturaliste d’Auguste Comte, de Herbert Spencer, de Hæckel et des psychologues et sociologues actuels; puis les théories, à tendance spiritualiste, de Ritschl, des savants et philosophes qui invoquent les limites de la science et les conditions de l’action, de l’éminent psychologue William James. Enfin ses propres vues distinguent, de la religion et de la science, l’esprit religieux et l’esprit scientifique et estiment que l’un et l’autre ont leur place et peuvent se concilier dans la vie, chez l’homme qui veut être pleinement homme.
- L’Art d’apprendre à tout âge. —Initiation géométrique, en 12 causeries inédites à la portée de tout le monde, par M. Blancarnoux. II. Dunod et E. Pinat, Paris,
- 1 vol. de 76 pages, avec 52 fig. Prix : 1 franc.
- Causettes de rudiments géométriques à l’usage des enfants.
- L'Archéologie Egyptienne, par G. Maspéro. In-8°, 33o grav. Librairie d'Education Nationale, n,rue Soufflot, Paris. Prix: 3 fr. 5o.
- Par suite des nombreuses découvertes faites en Egypte, c’est une refonte complète d’un ouvrage nouveau, entièrement recomposé et artistiquement illustré. C’est le meilleur résumé que l’on possède sur ce passionnant sujet qu’est l’antiquité Egyptienne.
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- g^|| BIBLIOGRAPHIE [tég
- L'Archéologie Grecque, par Max. Collignon. In-8°, 218 grav. Librairied’Education Nationale, n,rue Soufüot, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Comme pour la vallée du Nil, les découvertes qui se sont multipliées en Grèce et en Asie Mineure depuis un quart de siècle, ont rendu nécessaire une nouvelle édition de ce volume. Il offre, sous sa forme condensée, les notions essentielles, dues aux fouilles les plus récentes. L’augmentation du nombre des gravures, en a fait un livre entièrement différent des précédentes éditions.
- Les découvertes modernes en physique. Leur théorie et leur rôle dans l’hypothèse de la constitution électrique
- de la matière par O. Manvxlle, docteur ès science Chez Hermann, éditeur. Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- On sait que les travaux des physiciens modem sur l’électricité, et les radiations ont fait naître d hypothèses et une théorie toute nouvelle de la cons tution de la matière. Bien rares sont ceux qui eu pu suivre dans les nombreux mémoires scientifique < publiés à ce sujet, et dans les innombrables discut; sions qui en sont résultées, l’éclosion de la science de ions et des électrons, M. Manville a entrepris d’en présenter les éléments d’une façon méthodique claire, et il y a pleinement réussi. Son ouvrage, acci sible à tout esprit cultivé, est un guide précieux pou-tous ceux qui veulent s’initier aux théories électriqu- e nouvelles.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 3om,5o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MXLLIMÈTUES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 mars 1908. 6°,5 S. S. W. 2. Couvert. 3,0 Gelée blanche; couvert jusqu’à 14 h. et à 21 ; pluies de 8 h. à 13 1
- Mardi 31 9°,2 W. 4. Couvert. 6,1 Eclaircies ; pluie par intervalles.
- Mercredi 1" avril . . 0°,6 N. N. W. 3. Très nuageux. 0,8 Pluie le matin ; très nuageux.
- Jeudi 2 6°,0 S. S. W. 2. Couvert. 0,4 Gelée blanche ; couvert ; bruine et petite pluie à intervalles.
- Vendredi 3 8°,5 S. S. W. 3. Couvert. 1,3 Très nuageux ; pluie à diverses reprises.
- Samedi 4 5°, 7 W. S. W. 3. Très nuageux. 2,4 Rosée ; très nuageux ; pluie avec grésil l’après-midi.
- Dimanche 5 3°. 3 N N. W. 3. ('ouvert. 1.0 Gelée blanche; pluie de 5 à 7 h.; averse mêlée de grésil à 13 h. 5f
- MARS-AVRIL 1908. — SEMAINE DU LUNDI 30 MARS AU DIMANCHE 5 AVRIL 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du nu lieu indiquent j courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri 0 boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 3o mars au 5 avril. — Le 3o. Dépression atmosphérique sur la Scandinavie et les Iles-Britanniques, hausse sur le Centre et l’E. Bodoe, 745; Kharkof, 776. Pluies sur le N.-O. de l’Europe et le golfe de Gênes; en France : Dunkerque, Cherbourg, 5 mm; Brest, 3; Nantes, 2. Temp. du matin : Arkangel, —8; Paris, 7; Alger, 18; Puy de Dôme, o ; Pic du Midi, — 6; moyenne à Paris : 7°,6 (normale : 7°,5). — Le 3i. Extension de la dépression islandaise vers le S.-E. : Ecosse, S. de la Norvège,- 740; fortes pressions sur la péninsule Ibérique et le Centre de la Russie, 772. Pluies sur les Iles-Britanniques et l’Allemagne; en France : Charle-ville, 5; Paris, Cherbourg, 3; Bordeaux, 2. Temp. du matin : Kharkof, —8; Paris, 9; Alger, 15 ; moyenne à Paris : 8° (normale : 7°,6). — Le itr avril. Centre de dépression sur Christiansund, 741; Italie du Nord, 754; fortes pressions sur l’Espagne et le Centre de la Russie. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France r Belfort, 14 ; Lyon, Cherbourg, ii; Charleville, 5; Brest, 4; Nantes, 2. Temp. du matin : Moscou, —6; Paris, 7; Alger, la; Puy de Dôme, 3 ; Pic du Midi, — 4; moyenne à Paris : 7°,8 (normale : 70). — Le 2. Extension des fortes pressions sur la France et la Suisse; minimum près Brindisi, 751. Pluies sur le Centre et l’O. de l’Europe; en France : Toulouse, Biarritz, 3;
- Nantes, Brest, 1. Temp. du matin : Moscou,—8; Pari -, 6; Alger, 16; Puy de Dôme, 1; Pic du Midi, —1 moyenne à Paris : 9°,i (normale : 70,8). — Le 3. No • velle dépression au N.-O. de l’Europe; minimum aux Feroë, 745 ; maximum à Moscou, 773. Pluies sur le ]". et l’O. de l’Europe; en France : Brest, 5; Charlevill 3; Paris, Nantes, 1. Temp. du matin • Arkangel, —3 Paris, 8 ; Alger, 16; Puy de Dôme, o; Pic du Midi, — moyenne à Paris : 8°,8 (normale : 8). — Le 4. ReF vement sur le N.-O. de l’Europe, dépression légère vets le Danemark : Fanœ, 753 ; aire anticyclonique si l’Atlantique, des Açores et du Portugal à l’Islande Seydisfjord, 773. Pluies sur l’O. et le Centre ; en France Biarritz, Belfort, 3 ; Paris, Dunkerque, Cherbour Metz, 1. Temp. du matin : Moscou, —6; Paris, Q Alger, 16 ; Puy de Dôme, — 2 ; Pic du Midi, — 5 ; moyenm à Paris : 6°,7 (normale : 8°,i). — Le 5. Zone de bassi pressions sur l’Europe centrale et la Méditerranée “Nice, 751 ; Islande, Ecosse, Irlande, N.-E. du continer pressions supérieures à 770. Pluies générales; < France : Le Havre, 12; Biarritz, 8; Besançon, 5; Bres 4; Paris, 3. Temp. du matin : Moscou, —4; Paris, I Alger, i5 ; Puy de Dôme, —5; Pic du Midi, —r, moyenne à Paris : 5°,5 (normale : 8°,2). — Phases de Lune, Nouvelle Lune, le ier à 5 h. 11 m. du matin.
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- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- direction
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (W
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N# 1821 — 18 AVRIL 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Satellite ou planète. — A l’observatoire de Greenwich, M. Mélotte a trouvé un nouvel astre dans le voisinage de Jupiter ; cette découverte a été faite sur huit clichés photographiques se rapportant à des dates differentes en janvier et février. Cet astre minuscule qui est de i6° grandeur, a reçu la désignation provisoire de 1908 CJ. Il a été photographié le 3 mars par M. Wolf, à Konigstuhl-Heidelberg. Les principales positions apparentes obtenues sont les suivantes :
- 27 janv. iah44“(T. M. Gr.) ffl = 8h46m 7“ (D —180 3'46"
- 28 févr. 1 xha8“ — yR = 8h3im32s (£> = 19° 16'x 3"
- 3 mars ioh i8“1(T. M. Kgst)Tt = 8h3om 6S (£) = 19" a3'39"
- On ne sait encore actuellement s’il s’agit d’un nouveau satellite de* Jupiter, ou bien d’une petite planète télescopique, très proche de l’astre géant.
- Découverte de l’étain dans une étoile. — Le Bulletin de la Société astronomique de France (décembre 1907) annonce que M.Goatcher, astronome à l’observatoire du Cap, eh examinant divers spectrogrammes de l’étoile a du Scorpion (Autarès) obtenus en vue de la détermination des vitesses radiales, a constaté une différence persistante de longueur d’onde, après la réduction des mesures, d’üne ligne X 45a5, cette raie conduisant toujours à une vitesse trop lente de 6 km environ par seconde. M. Lunt, examinant cette discordance, en conclua qu’elle est due,? très, probablement, à la présence, insoupçonnée jufequ’ici, d’une ligne de l’étain, dont la longueur d’onde est précisément X 4^25, d’après les tables de Exner et Haschèk. Dans la région étudiée, ces derniers observateurs indiquent une seule autre ligne de l’étain, et comme cellerci, d’après les tables de sir Norman Lockyer, est une raie’renforcée, ce n’est donc pas d’elle qu’il s’agirait dans le spectre de a du Scorpion. Si la conclusion de M. Lunt peut être confirmée, ce sera la première fois que’ l’existence de l’étain sera décelée dans l’atmosphère d’pne/étoile.
- ' '«W-\ . •
- L'heure universelle. — C’est une idée à la Jules Verne, mais très probablement réalisable, de sonner chaque jour l’heure de midi pour tous les navires perdus sur l’immensité des mers. Le service que rendait jadis, pour une campagne restreinte, la cloche de l’angelus lançant, du haut du clocher, ses vibrations de bronze, on le demanderait au signal plus élevé, lançant des vibrations plus intenses,'de la télégraphie sans fil. L’idée est .de M. Bouquet de la Grye. On sait que la Tour Eiffel peut déjà faire parvenir des signaux hertziens à 2‘qoo; kilomètres de » distance. En augmentant l’énergie de- Fonde électrique et multipliant les antennes, on' pourrait accroître beaucoup cette distance. On a proposé également d’employer le pic de Ténériffe, dont l’altitude est dé 37x0 mèti'es ; ou, pour éviter la gêne que pourrait causer la montagne, une tour spéciale bâtie sur une' plage du Sénégal, dans la région des alizés. Le l'ésultàt pratique très important serait de permettre aux
- navires la détermination précise de la longitude sans avoir besoin de se fier aux chronomètres emportés de terre et aux corrections qu’on peut leur faire subir.
- Les progrès de l’aviation. — Nous avons à enregistrer cette semaine un nouvel exploit de l’aviation. M. Delagrange a battu, et de loin, tous les records, en effectuant un parcours aérien de 3ga5 mètres en 6m 3oY officiellement chronométré. En réalité, l’envolée de M. Delagi*ange a été beaucoup plus imposante encoi'e que ne le laisseraient supposer les chiffres officiels ; l’heureux aviateur s’est maintenu exactement 19 minutes dans les airs, et a parcoui'u une distance de 10 kilomètres environ; mais il a par deux fois légèrement frôlé le sol de l’une de ses roues ; suivant les règles admises, il avait donc touché deux fois terre. En fait, M. Delagrange a démontré que l’on pouvait maintenant effectuer des parcours de 10 kilomètres. Nous ne nous arrêterons sans doute pas à ce chiffre.
- Téléphonie sans fil. —• Nous avons déjà décrit les appareils de téléphonie sans fil construits par M. deFo-rest et mis en service sur certains bâtiments de la marine améi’icaine. M. de Forest vient d’expérimenter en France son système. Eh pi’ésence d’ingénieurs et d’officiers délégués par les ministres des Travaux publics et de la Guerre, il s’est livi'é à une série d’expériences entre le Mont-Valérien et Villejuif. Les résultats en ont été, dit-on, très concluants.
- Le service de la prévision du temps en Allemagne. — C’est seulement depuis juillet 1906 que ce service existe en Allemagne, du moins comme organisation publique d’ensemble, analogue à celle fondée en France en 1876 et destinée à fournir aux agriculteurs les avertissements utiles. D’après M. Goutereau, dans Y Annuaire de la Société météorologique de France, le sei'vice allemand est organisé sur une base très rationnelle. Un Institut, la. Deutsche Seewarte, reçoit les dépêches météorologiques de l’Empire, et choisit les plus importantes, pour en former un télégramme collectif qui est envoyé vers 10 heures du matin (temps de l’Europe centrale), à chacun des seize services régionaux chargés respectivement de la prévision du temps dans une partie déterminée de l’Empire, à Aix-la-Chapelle, Weilburg, Franc-fort-sur-Main, Hambourg, Magdebourg, Ilmenau, Berlin, Breslau, Bromberg, Kônigsberg, Di’esde, Strasbourg, Carlsruhe, Stuttgart, Munich, Bonn. De plus, chaque service régional reçoit des observations particulières conceimant les stations du district qui l’intéresse. Tous ces renseignements, centralisés, permettent de tracer la carte du temps, de faire un l'ésumé de la situation atmosphérique, enfin d’établir des prévisions pour la période commençant à midi et finissant le lendemain soir. Ces prévisions, télégraphiées à tous les bureaux télégi'aphiques du district, ariûvent généralement à destination vers midi et sont immédiatement affichées.
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- INFORMATIONS
- Tous les moyens sont d’ailleurs employés pour la divulgation rapide des avertissements. Dans le Hartfeld, sur la ligne du chemin de fer de Aalen à Dillingen, le mécanicien attache aux panneaux de sa locomotive des signaux très simples qui font rapidement connaître les prévisions à toutes les stations du parcours. Enfin, en plus des avertissements télégraphiés, des cartes du temps sont répandues à un grand nombre d’exemplaires, donnant la situation générale de l’atmosphère, des prévisions, et des instructions pour la lecture. Grâce au prix restreint de l’abonnement Q5 pfennigs par mois = environ 90 centimes) la diffusion de ces cartes est considérable : pendant l’été de 1907, plus de 12000 étaient envoyées chaque jour aux abonnés de l’ensemble du service. Enfin, tout un système de cours, conférences, brochures, faisant en très peu de temps l’éducation du public, s’est ajouté à l’organisation très pratique du service et a contribué singulièrement à un succès rapide et très grand.
- Poissons pétrifiés. — Un journal américain raconte qu’en procédant au fonçage d’un puits sur la ferme d’un certain Joseph Irving, à cinq lieues au Sud d’Al-pine (Texas), des ouvriers ont nais à jour un énorme amas de poissons pétrifiés, admirablement conservés, quant à la forme. Il en est dans le nombre qui ont plus d’un mètre de long. La nouvelle ainsi présentée manque de précision géologique et l’on aimerait savoir à quel niveau appartiennent ces poissons fossiles. Nous reproduisons donc le fait sous toute réserve. Le plateau a, paraît-il, une altitude de 1600 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- Un moteur d’aviation de 120 chevaux. — Ce
- moteur, qui se trouvait à l’Exposition d’automobiles de Berlin, comportait 20 cylindres ; sa puissance était de 120 chx et son poids de 85 kg, sa vitesse de i5oo tours à la minute. Les 20 cylindres étaient montés en 5 groupes de 4 sur Uû arbre à 5 manetons ; chaque groupe se composait de deux cylindres à double effet montés en tandem. Ces dispositions permettent de faire travailler le métal à une faible charge. Une circulation d’eau à l’extérieur des cylindres et des culasses, dans des chapes rapportées, en cuivre, assurait le refroidissement. Les pistons ainsi que leurs tiges étaient creux, ils étaient refroidis par un courant d’air passant constamment à l’intérieur. Une pompe et un ventilateur à force centrifuge assuraient la circulation d’eau et d’air. Le graissage se faisait au moyen de trois pompes de circulation d’huile; chacune d’elles était munie d’un réglage de débit. Le châssis d’assemblage des cylindres était formé de tubes d’acier brasé. Toutes les pièces telles que manivelles, tiges de soupapes, arbres, etc., étaient creuses. Le moteur était muni d’un double allumage ; la distribution du courant secondaire se faisait sur un tambour fixe et l’avance à l’allumage s’obtenait par le décalage de l’arbre de commande de la came.
- Forge électrique dans une mine- — Une application intéressante du chauffage électrique a été faite récemment à la Village Deep Mine au Transvaal. Les fleurets employés dans la mine nécessitent de fréquents affûtages. Jusqu’ici on les envoyait à la surface chaque fois qu’il fallait les remettre en état. Il paraît, en outre, que les forgerons de l’endroit ne sont pas très habiles, car ils n’ont pu travailler l’acier de première qualité sans le brûler. Ces difficultés seront, dit-on, surmontées par l’emploi de forges électriques. Ces forges sont placées dans la mine même, ce qui dispènse d’envoyer réparer les outils à la surface. De plus, elles peuvent être bien réglées, de sorte qu’il y a peu de danger de chaude excessive. Les essais faits avec une forge ont accusé une économie considérable de travail et d’outils, car on parvient, paraît-il, à affûter des forets en acier de première qualité sans dénaturer le métal. '
- Les mines d’étain dans la Nigéria anglaise. —Dans la Nigéria anglaise se trouvent quelques-mines d’étain en exploitation. Le gisement de Bauchi est situé dans la partie Ouest de la province de Bauchi sous le Protectorat de la Nigéria du Nord et il s’étend aussi dans la province de Zaria. L’existence de l’étain était depuis longtemps connue des noirs qui pratiquaient faiblement la fonte de ce métal. La production totale de cassitérite contenant 65 à 70 pour 100 d’étain des mines de Naraguta est d’environ i3o tonnes par an et le stock en janvier
- 1907 était de 42 tonnes environ. L’exportation totale de , l’étain de la Nigéria du Nord s’élève à environ i5 tonnes sur lesquelles il faut compter 1 tonne de sable. Mais les moyens de transport primitifs dont on doit faii'C usage arrêtent les progrès de l’industrie de l’étain. La cassité-rite et les lingots sont transportés des mines à Loko sur la rivière Bleue, presque uniquement au moyen des porteurs nègres : ces derniers ne peuvent porter chacun qu’un sac de cassitérite pesant 3o kilos ou un lingot d’étain pesant 32 kilos. La longueur du trajet est d’environ 200 kilos et la durée du voyage est d’une douzaine de jours. Le chemin de far de Zano-Baro en construction ouvrira une route nouvelle qui sera plus courte ; plus tard, très probablement, la ligne sera prolongée jusqu’aux montagnes de Bauchi et le district minier se trouvera ainsi à deux jours de trajet du Niger. Mais, malgré tout, l’industrie des mines d’étain ne pourra jamais prendre un développement très grand, car il faudrait que l’eau nécessaire fût conservée dans le district au moyen de barrages et de réservoirs.
- La vitesse possible des chalands sur les canaux.
- — Au moment où l’on se prend d’enthousiasme pour les canaux de navigation, il est bon de donner quelques indications sur la vitesse que peuvent atteindre les bateaux qui les fréquentent : M. le professeur Engels, de Dresde, s’est livré à des expériences pratiques à ce sujet. D’une part, il estime que le profil transversal parabolique pour la section d’un canal est le meilleur à adopter; d’autre part, il recommande comme vitesse minima, si l’on veut obtenir de bons résultats, 5 kilomètres, à l’heure. On voit combien cette vitesse est faible ; encore faut-il songer que, sur le nouveau canal de Teltow, où l’on a coûteusement installé la traction électrique, on pratique généralement l’allure de 4 •kilomètres à l’heure.
- Une pluie phénoménale. — Le Quarterly Journal of the royal meteorological Society (Londres) signale une chute extraordinaire de pluie survenue à Sava (îles Fiji) dans la nuit du 8-9 août 1906. La hauteur de pluie tombée à cette station en 24 heures est évaluée à 940 mm. S’il faut en croire le bulletin de la Société Météorologique de France, ce ne serait d’ailleurs pas un record, on citerait: en Cherrapunji, io36 mm (14 juin 1876), à Tanabe (Japon) 900 mm, à Purneah (Bengale) 889 mm; à Crohamhurst (Queensland-Australie) 958 mm.
- Eaux thermo-minérales de FAlgérie.— Le 3 mars,, à l’Académie de médecine, MM. Hanriot, Maillère et Peytel, ont rappelé que, de la frontière du Maroc à celle de la Tunisie, les sources minérales sont presque ininterrompues constituant une richesse méconnue. Les indigènes ne s’en servent que dans des conditions déplo-\ râbles. Les Européens les délaissent. Le goùvoér^ neur général a chargé M. Hanriot d’une révision, coti&U plète des stations algériennes ; avec MM. Mallière fet Peytel, il a visité toutes les stations algériennes "en trois ans et fait leurs analyses sur une méthode uniformeL.a, plupart de ces eaux ne sont pas captées ; il est désirable ? que l’administration fasse aménager celles qui présent tent une valeur réelle, et que les médecins locaux- s y î„ intéressent. Les sources étudiées sont : Bel-Kherr,'' Sidi-Mohamed, Sidi-Chigr, Sidi-Abdelli, Aïn-Kebretar Sidi-bou-Abdallah, Hammam-Sellama, Bou-Hadjar, Hamifia, Ouled-Khaleb et Aïn-el-Ouarka, dansda pro-.,’ vince d’Oran ; Aïn-Tinn, Hammam-Grouss, Béni-Gnéchat-, Bou-Okas,les sources du ravin des Ramneil, Taki'loun'ty"') Bou-Sellam, Hammam-Bouïra et Hammam-Zerguin,^. dans la province de Constantine. - Î<Q|
- Exportations de Madagascar. —- Les exportations^ d’un pays neuf, où les importations correspondent- sur- -u tout aux besoins de la mise en valeur, sont le véritable critérium du progrès.A Madagascar,onest passe, d-abprd lentement, puis plus vite, de 4 millions de francs en à i3 millions en 1902 et 28 en 1906. Les exportations5; de 1905 comprenaient 7 millions d or, 5 de caoutchouc, ^ 3 millions de peaux, 2 de raphia, 1 de bétail et x dè .'cirp. 4 L’exportation des bestiaux à destination de d’Afrique Sud paraît notamment susceptible d’accroissement. Qu „ peut remarquer, les moyens de communication étant lu * base du commerce, que la voie ferrée de Tamatave.à Tananarive, évaluée à 48 millions pour 317 kil., a coûté, lors de l’exécution par le génie militaire, 45 millions pour 149 kil. effectués (soit la moitié de la ligne) et en coûtera très probablement 70 à 75.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- "Electricité
- Pile batterie automatique Mandon. — La pile électrique est aujourd’hui un instrument bien démodé; après avoir joué un rôle extrêmement important, à la naissance de la science électrique, elle semble maintenant prendre une retraite bien méritée. Tout le monde a pu juger de ses inconvénients ; dès qu’on lui demande de fournir un courant d’intensité appréciable, elle devient encombrante, d’un entretien difficile, et fournit l’énergie à un prix extrêmement élevé. Néanmoins, elle présente un avantage notable sur les autres sources d’électricité, celui de fournir un courant de force électromotrice constante; cette propriété rend son usage précieux dans les laboratoires de physique. Aussi M. Mandon s’est-il proposé de rajeunir la pile électrique, en atténuant, par certains dispositifs mécaniques, les défauts inhérents à sa nature même.
- Il a cherché tout d’abord à obtenir une batterie de piles d’une puissance assez considérable et cependant d’un encombrement réduit; il y est parvenu en employant un récipient unique, mais divisé en plusieurs çompar-
- AB C. Système d'électro-aimants; E. Bras de levier ; D. Poulie ; P. Plongeur; H. Electrode de charbon.
- Dans les batteries de petites dimensions, le mouvement du plongeur s’opère à la main ; dans les batteries plus importantes il est rendu automatique au moyen du système d’électro-aimants ABC (fig. x). Supposons la pile
- Fig. 2. — Vue d’une batterie Mandon.
- en fonctionnement : au moyen d’un interrupteur on fait passer une fraction du courant dans les électro-aimants ; ceux-ci attirent l’armature B, qui, agissant sur le bras de levier E et la poulie D, fait remonter le plongeur. Si la batterie est au repos, pour la mettre en état de fonctionnement il faut recourir à des piles sèches accessoires, dont le coui'ant produit, dans le mécanisme des électroaimants, le mouvement inverse de celui que nous venons de décrii'e. La disposition, on le voit, est ingénieuse et susceptible de rendre des services; mais elle est légèrement compliquée ; et, en matière d’électricité pratique, c’est un défaut assez sérieux. Néanmoins, il faut louer M. Mandon de ses efforts pour rénover une source d’énergie électrique qui est peut-être, aujourd’hui, trop délaissée par les chercheurs.
- Lés dimensions d’une batterie Mandon de i5 volts sont : hauteur o,s5 m., largeur 0,12 m., longueur o,34 m. — Ces batteries sont construites par M. Mandon, 9, villa du Roule, Neuilly-sur-Seine.
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- Divers
- Fig. x. — Coupe de l’appareil.
- timents communiquant tous par la base, à l’aide d’un cloisonnement spécial, évitant tous courts-circuits. Ces compartiments sont remplis d’une solution de bichromate de soude dans de l’acide sulfurique. Chaque compartiment constitue un élément de pile dont les électrodes sont formées par une lame de zinc amalgamé, placée entre deux lames de charbon perforé.
- Pour assurer au courant produit une intensité constante, on s’arrange pour que les éléments zinc plongent dans le liquide toujours de la. même quantité ; au fur et à mesure de leur usure; ils descendent par leur propre poids. Un dispositif ingénieux permet de sortir les éléments zinc du liquide, dès que la pile n’est plus en fonctionnement;, on évite ainsi l’usure inutile des électrodes qui se produit toujours légèrement pendant les périodes de repos ; le dispositif consiste en un plongeur P (fig. 1) mobile dans un récipient qui communique avec la pile proprement dite, et qui est rempli du même liquide que la pile. Quand le plongeur s’abaisse le liquide pénètre dans les éléments de pile et l’appareil est prêt à entrer en fonctionnement ; quand il s’élève c’est le mouvement contraire qui se . produit, les zinc cessent de plonger dans le liquide et le courant s’interrompt.
- L’embauchoir « Club ». — Les appareils de ce genre ne sont pas encore d usage courant dans les familles ; cependant leur utilité est incontestable parce
- Fig 1. — L’Embauchoir Club. Fig. a. — Monté dans une chaussure.
- qu’ils pei’mettent de conserver à la chaussure une forme rigide lorsque le pied l’a quittée.
- L’embauchoir «• Club » se compose d’un avant-pied, d’une crémaillère et d’une talonnette. On introduit d’abord l’avant-pied dans la chaussure en maintenant la crémaillère''relevée ;-on appuie ensuite la talonnette contre le fond du talon, et, après avoir accroché la goupille à une des dents de la crémaillère, il suffit
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- d’appuyer fortement avec le pouce sur le bouton jusqu’à ce que l’extrémité libre de la crémaillère touche la semelle ; la chaussure est alors tendue. On peut varier la tension en avançant ou en reculant la goupille d’une ou deux dents.
- Dans ces conditions la chaussure est forcée aux deux parties qui s’usent et se déforment : la semelle et l’em- , peigne; la première se redresse et la seconde se coupe moins rapidement. Enfin on peut ajouter à l’avant-pied un oignon nickelé dit « force cors « qui s’y adapte aisément et étire le cuir à la partie sensible du pied. — L’embauchoir « Club » est en vente chez M. P. Eymin, 5g, boulevard Richard-Lenoir, à Paris.
- Table-valise. — Dans les chambres d’hôtel, on trouve généralement un support spécial destiné à poser la valise à bonne hauteur, pour ne pas être obligé de se baisser quand on a quelque chose à y chercher; mais on n’est pas toujours dans un hôtel et, par ces temps automobiles, on est parfois à l’auberge ou même chez l’habitant ; le logis n’y est pas toujours très bien garni. La table valise a pour but de mettre à la disposition du voyageur un support de 0,70 m. de haut, qui facilite
- Fig. 1. — La table-valise: fermée.
- l’accès de la valise, et une table où l’on peut écrire, déplier des cartes, etc. Le coffre est rigide, en bois, c’est plutôt une petite malle qu’une valise (fig. 1); il a toujours au moins 0,70 m. dans l’une de ses dimensions, pour pouvoir loger les pieds. Ceux-ci sont en effet repliés, deux par deux sur les côtés, dans de petites cases I ménagées à l’intérieur du coffre pour les recevoir (fig. 2); il'suffit d’ouvrir la petite trappe qui ferme chaque case pour déployer les pieds et mettre la malle sur son support. Quand ensuite on ouvre la valise (fig. 3) on trouve repliés, sous le couvercle, deux volets vv' destinés à en doubler la surface ; ils sont retenus par un tourniquet A
- Fig. 2. — La table-valise disposée pour servir de table.
- Fig, 3.
- L’intérieur d’une table-valise.
- qu’il faut faire tourner pour les libérer. On les développe alors et ils viennent de chaque côté en prolongement du couvercle; pour les maintenir dans cette position, on fait pivoter une tringle T, qui est rangée entre eux deux quand ils sont'fermés.
- On n’a plus alors qu’à laisser retomber le couvercle à sa place naturelle et on a une table très confortable (fig. 2) qui peut être utilisée pour écrire, consulter un plan, manger, etc. On peut disposer également l’intérieur de la valise, soit en table à ouvrage, soit en nécessaire de toilette. Quand on veut des dimensions restreintes de moins de 0,70 m. sur chacun des côtés, les pieds se font à coulisse ou à charnière. — Constructeur M. P. Riquier, 58, rue Chariot, Paris.
- Hamac Eurêka. — Il n’est personne, qui, à la campagne, les jours d’été, n’ait apprécié le charme des siestes en hamac. Bien souvent aussi les touristes, forcés de s’arrêter dans quelque village perdu et de séjourner dans de peu confortables hôtelleries, regret-
- Le hamac déployé.
- tent l’absence de ce lit si simple, si commode et si propre.
- Nous croyons donc utile de signaler un hamac qui constitue un véritable hamac de tourisme. Fait en fil très souple et très résistant, son volume, lorsqu’il est
- Le hamac dans sa sacoche.
- replié, est réduit au minimum : l’objet tient aisément dans une petite sacoche en cuir de 20 centimètres de long, sur i5 de haut et 5 de large. On peut donc l’emporter aisément, en toutes circonstances, excursion, voyage, etc. — Le hamac Eurêka est fabriqué par les établissements Kratz-Boussac, 14, rue Martel, Paris. Prix : 18 fr. 5o.
- La plume-réservoir. — Encore une petite invention • destinée à satisfaire l’universelle paresse. Tremper sa plume dans l’encrier toutes les deux ou trois minutes,, semble aujourd’hui un effort pénible; les stylographes sans doute évitent complètement cet ennui; mais ils coûtent fort cher. La plume-réservoir est plus modeste ;
- Plume-réservoir,
- toute montée avec le porte-plume elle ne coûte que ofr,35, et néanmoins, elle peut rendre daus ce sens çfe réels services. C’est une deuxième plume qui se dispose dans le porte-plume en face de la plume habituelle. On forme ainsi un petit réservoir, susceptible d’emmagasiner une notable quantité d encre et qui dispense d’avoir sans cesse la main à 1 encrier.
- __ La plume-réservoir se vend à la mâison Novi,
- 44, rue d’Enghien.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- AVRIL-MAI-JUIN 1908
- Les' heures sont' données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- Le solstice d’été arrivera, cette année, le 21 juin, à 20 heures. Cette date marque pour nous la plus grande durée des jours. Le Soleil ne descendant pas, pour nos régions, à plus de 180 au-dessus de l’horizon, à minuit, il en résulte que la nuit, à cette époque, n’est pas complète et que d un lieu bien dégagé, loin des lumières artificielles, on peut suivre la lueur crépusculaire du coucher au lever du Soleil. A partir du 21 juin, la hauteur du Soleil, à midi, commencera à décroître.
- Continuer l’observation des taches et des facules.
- II. — PLANÈTES
- Les deux cartes publiées au n° 1808, du 18 janvier, permettent de suivre la marche des planètes sur le ciel et de les trouver.
- Mercure, pendant ces trois mois, traverse les Poissons, le Bélier, le Taureau et les Gémeaux.
- Il arrivera à sa plus grande élongation du soir, le 8 juin, à 23057' à l’Est du Soleil. On peut le trouver assez facilement à l’œil nu 5 ou 6 jours avant et après ses élongations. Il se présente sous l’aspect d’une étoile rougeâtre de l’éclat de la xro à la 20 grandeur. On pourra observer deux conjonctions intéressantes de Mercure :
- Avec Saturne, le 14 avril, à 21 heures, à 0° 28' Sud ;
- Avec Mars, le 7 juin, à 16 heures, à 0° 19' Nord.
- Ce dernier phénomène sera d’autant plus intéressant à observer qu’il se produira presque à l’élongation maximum de Mercure:
- Vénus se présente dans les conditions les plus favorables pour être observée. Elle brille d’un éclat incomparable dans le ciel du couchant, éclat qui attire tous les regards. La plus grande élongation du soir aura lieu le 26 avril, à i3 heures, à 45° 31' à l’Est du Soleil. Ensuite la planète se rapprochera peu à peu du Soleil, en augmentant de diamètre et d’éclat. L’éclat maximum sera atteint le 3 juin. Nous recommandons les mesures photométriques de la planète pour déterminer la date réelle de ce maximum, le 3 juin étant une détermination théorique. Le diamètre de Vénus, de 20", 1, le 6 avril, sera de 27",6 le 6 mai, de 42",8 le 5 juin et de 57",2 le 25 juin. En raison de son vif éclat, il est préférable d’observer cette planète en plein jour ou au crépuscule. On essaiera avec fruit des écrans colorés, d’intensités et de colorations diverses. Enfin, la planète est si brillante, qu’on la voit facilement à l’œil nu en plein jour. C'est un sujet qui frappe vivement les personnes peu au courant des choses du ciel de voir cet astre sur le fond bleu du ciel, parfois en plein midi.
- Mars, réduit à un diamètre de 4” environ, est pratiquement inobservable.
- Jupiter se rapproche de plus en plus du Soleil. La quadrature orientale aura lieu le 25 avril, à 5 heures. La colossale planète se couchera de plus en plus tôt : 3h 8m, le 6 avril; ih $5“, le 6 mai; 22h i8m le 25 juin. On pourra donc- la suivre pendant- ce trimestre entier, en des conditions de moins en moins bonnes. Le diamètre, équatorial, de 39",7 le 6 avril, passe à 36",2 le 6 mai; à 33*',4 le 5 juin et à 32",2 le a5.
- Comme nous avons soin de le faire régulièrement, nous conseillons, outre les observations physiques de la surface de cette planète, de suivre la marche des satellites. On trouvera la liste complète des phénomènes auxquels ils donnent lieu dans la Connaissance des Temps.* Vers le 8 mai, Jupiter passera très près, au Sud de l’amas du Cancer (M. 44). M. Flammarion récommande, à cette occasion (Annuaire astronomique, p. 87), de ne pas manquer l’observation de quelques occultations possibles en ‘raison de la richesse en étoiles de la région. L’occultation d’une étoile par Jupiter est un phénomène qui a été rarement observé. Aussi convient-il de suivre attentivement la marche de la planète à travers cette belle région céleste.
- Saturne, dans les Poissons, presque en conjonction avec le Soleil, au début d’avril, ne sera observable qu’à la fin dè la nuit en juin. Il faudra attendre le trimestre
- suivant pour faire des observations utiles. Nous en parlerons au prochain Bulletin.
- Uranus, dans le Sagittaire, se présente, dans les instruments de moyenne puissance, comme un petit disque bleuâtre de 4" de diamètre. La quadrature occidentale se produira le 6 avril; en mai et juin, la planète sera bien située pour l’observation quoique très basse sur notre horizon. On trouvera Uranus aux positions ci-après :
- ' dates ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 6 avril ..... 19 h. 13 m. — 22® AT 3",8
- 6 mai............. 19 h. 13 m. — 22° 48' 3",9
- 5 juin............ 19 h. 10 m. — 22° 55' 4".0
- 25 —................ 19 h. 7 m. — 22® 59' 4",0
- Neptune, dans les Gémeaux, pourra encore être cherché, en avril et mai, aux positions suivantes
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 6 avril............ 6 li. 52 m. -h 22» 6' 2",3
- 6 mai.............. 6 h. 54 m. + 22° 5' 2",2
- 5 juin............. 6 h. 58 m. + 22° 0' 2",2
- Petites planètes. — Les petites planètes Vesta,
- Junon, Cérès et Pallas pourront être trouvées au moyen des Éphémérides suivantes :
- DATES Æ VESTA (D Éclat /R CÉRÈS (D Éclat ' Æ. PALLAS Æ>
- Avril 5 O" 49”' -+-25° 44' 7,8 15" 2'” +10° 45' 7,1 llh 4,n +10° 29''
- — 15 6.59. +23.39. 7,8 12.55. +11. 4. 7,1 11. 2. +12.46.
- — 21 7. 9. +25.50. 7,9 12.48. +11.10. 7,1 11. 2. +14.56.
- — 29 7.21. +25.16. 8,0 12.43. +11. 1. 7,1 11. 4. +16. 0.
- Eclat
- 7, l 7,2' 7,5 7,5
- - CÉRÈS
- DATES M (Ô ÉCLAT
- 7 mai .... 12 h. 39 m. + 10° 40' 7,3
- 15 — 12 h. 36 m. + 10° 6' 7,4
- 25 — 12 h. 35 m. + 9° 21 ' 7,5
- 31 — 12 h. 56 m. + 8°27' 7,6
- 8 juin . . . 16 — — ' Z
- 24 — ' — —
- JUNON
- M CD ÈCLA
- 19 h. 17 m. — 6” 29' 10,0
- 19 h. 17 m. — 5° 55' 9,9
- 19 h. 16 ni. — 5® 26' 9,8
- 19 h. 13 m. — 5° 2' 9,7
- 19 h. 9 ni. — 4» 45’ 9,6
- 19 h. 5 m. — 4» 56' 9,5
- 18 h. 57 m. - 4° 35' 9,5
- III. PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipse annulaire de Soleil. — Cette éclipse se pror duira le 28 juin. La zone de l'éclipse annulaire prend naissance dans l’océan Pacifique, traverse le Mexique,
- Phases maxima de l’éclipse de Soleil du 28 juin 1908, pour Paris, Lyon, Toulouse et Alger.
- l’océan Atlantique, le Sénégal (Saint-Louis est juste sur la ligne centrale) et se termine en Guinée septentrionale. La plus grande durée de la phase annulaire sera de 3“ 54s. En dehors de cette zone où l’éclipse sera annulaire, zone assez large vu la différence notable des
- 48rÜ7lah-
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- diamètres du Soleil (3i'28") et de la Lune (2g'56"), l’éclipse sera visible comme partielle.
- C'est l’aspect qu’elle présentera à Pai'is, où il n’y aura à peine que i/iodu diamètre solaire recouvert, comme le montre la ligure, page iây. En effet, pour Paris, la grandeur de l’éclipse est de 0,091.
- Le tableau ci-dessous, extrait de Y Annuaire du Bureau des Longitudes, permettra à nos lecteurs des départements de suivre cette petite éclipse.
- LIEU COMMENCEMENT PLUS GRANDE PHASE E N L «ttANDEUR Dlï l’éclipse, E DIAMÈTRE D1J SOLEIL = 1.
- Alger. . . 17 h. 19 m.,8 18 h. 8 ra. ,4 18 11. 53 m. ,5 0,308
- Besançon . 17 h. 26 m.,7 17 h. 54 111. ,1 18 h. 20 HL, 6 0,089
- Brest. . . 17 h. 13 111.,6 17 h. 51 111.,6 18 h. 27 m.,8 0,154
- Bordeaux. 17 h. 17 m.,2 17 h. 57 ni.,5 18 h. 35 111. ,6 0,186
- Lyon. . . 17 Il 23 in.,9 17 h. 56 m.,4 18 11 27 m.,5 0,125
- Marseille. 17 h. 23 111.,3 17 h. 59 m.,7 18 h. 34 m., 3 0,163
- Paris. . . 17 h. 23 in.,4 17 h. 51 111 ,8 18 h. 19 m.,2 0,091
- Toulouse . 17 h. 19 ni. ,0 17 h. 59 HL, 3 18 II 37 m.,4 0,191
- Conjonctions .
- Le 4 avril, Vénus en conjonction avec Mars, à 16 h., à 1° 37' Nord.
- Le 9 avril, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 23 h., à 1° 21' Sud.
- Le 14 avril, Mercure en conjonction avec Saturne, à 21 h., à 0°28'Sud. Le 22 avril, Uranus en conjonction avec la Lune, à 15 h., à 0°27' Nord. Le 28, Mercure en conjonction avec 0 Poissons (gr. 4,4), à 1 h., à 0° 5' Sud, Le 7 mai, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 11 h., à 1° 47' Sud.
- Le 19 mai, Uranus en conjonction avec la Lune, à 21 h., à 0°35' Nord. Le 1er juin, Mars en conjonction avec la Lune, à 9 II, à 0° 59' Nord.
- Le 7 juin, Mercure en conjonction avec Mars, à 16 11, à 0° 19' Nord.
- Le 16 juin, Uranus eti conjonction avec la Lune, à 3 11, à 0° 55' Nord.
- Le 30 juin, Mars en conjonction avec la Lune, à 5 h., à 0° 39' Sud.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6° grandeur.
- DATE ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 10 avril. . . Y) Cancer. 5,4 0 h. 56 m. 1 h. 47 m.
- 4 mai . . : il Gémeaux. 3,2 21 h. 1 m. 21 11. 59 m.
- 6 — U.2 Cancer. 5,6 20 h. 48 m. 21 h. 55 m.
- 16 — l, Balance. 6,0 1 h. 35 m. 2 h. 10 m.
- 16-17 — <Ji Ophiuchus. 4,8 23 h. 28 m. 0 h. 34 111.
- 19 — 24 Sagitiaire. 5,9 3 h. 53 m. 4 h. 41 m.
- 14 juin . . . 4 Sagittaire. 5,4 22 h. 25 m. 23 h. 56 ni.
- 18 — <p Capricorne, 5,5 0 h. 52 m. 1 h. 17 m.
- Étoiles filantes. — On pourra effectuer, pendant ce trimestre, les observations des météores ci-après :
- DATES RADIANT
- 9 avril ................Hercule.
- 16 au 30 avril ....................vj Bouvier.
- 19 au 30 — ................ 104 Hercule (Lyrides).
- 29 avril au 2 mai .................a Verseau.
- 22 mai ................a Couronne.
- Étoiles variables. — Minimum de l’étoile variable Algol (a Persée) : 17 avril (20 h, 40 m.).
- On trouvera dans VAnnuaire du Bureau des Longitudes les éléments pour l’observation d’un très grand nombre d’étoiles variables.
- Em. touciiet.
- HYGIÈNE ET SANTE
- Les canards à la rouennaise. — Aimez-vous les canards à la rouennaise? Oui, n’est-ce pas, si vous appréciez la cuisine fine et recherchée ; mais vous vous méfiez un peu, car vous avez entendu parler d’accidents d’intoxication survenus à la suite de dîners où l’on avait servi ce plat réputé. La crainte est le commencement de la sagesse et vous préférez vous abstenir.
- Des faits malheureux, suivis de troubles gastro-intestinaux des plus graves, ont été signalés l’an dernier. C’est vrai, mais on en a observé aussi avec d’autres viandes, avec les œufs à la neige, avec les gâteaux Saint-Honoré, les crèmes fouettées et vous ne vous privez pas toujours de ces friandises. Toute matière organique est susceptible, par les temps chauds et humides, de s’altérer très vite et dame, si l’on n’y prend garde, on peut vous donner à manger un produit déjà avarié.
- Les canards dits à la rouennaise sont peut-être plus disposés que d’autres viandes semblables à se décomposer rapidement. MM. Rappin etAndouard, directeurs de l’Institut Pasteur de Nantes, ont étudié dernièrement cette question qui intéresse à un haut degré, quoique à des points de vue différents, les éleveurs et les consommateurs. La région Nantaise et le marais vendéen sont de grands pays d’élevage de canards. Dans le canton de Challans qui est un grand centre d’exportation, les commerçants volaillers expédient chaque jour à Paris des quantités considérables de volailles ; les transactions se chiffrent annuellement par 4 à 5 millions de francs et un seul négociant expédie, pendant la saison de mai à novembre, plus de quinze cents kilogrammes de canards par jour. Les canards, ainsi expédiés à Paris et dans les grands centres, sont tués par des procédés tout différents, et c’est là, d’après la recherche de ces hygiénistes, un des facteurs principaux de la tendance de la viande à s’altérer plus ou moins vite. Les canards qui sont livrés à la consommation sous, le nom de canards nantais sont saignés par l’ouverture de là jugulaire, comme on saigne les poulets ; les canards dits rouennais sont tués par la piqûre du bulbe cérébral avec une épingle. Or la chair de ces volailles prend un aspect tout différent, suivant la manière dont elles ont été sacrifiées. Celle du canard nantais, saigné à blanc, est décolorée, exsangue, comme la chair du canard domestique qu’on tué dans les campagnes par simple décapitation. La chair du canard rouennais, qui a été sidéré par la piqûre cérébrale et n’a pas perdu une goutte de sang, est au contraire rougeâtre, par suite de la présence du sang dans les tissus. Bien plus, on a l’habitude de battre le corps de l’animal, immédiatement après la piqûre, de façon à diffuser le
- sang et ce battage produit des ecchymoses assez étendues. Si l’on ouvre un de ces animaux ainsi sacrifiés, on trouve dans les viscères des caillots assez volumineux.
- Cette différence dans le mode de tuer les animaux rend compte des aspects dissemblables que la chair présente et de la plus grande facilité que l’une des deux présente à la putréfaction. Dans la chair et le;;-.vaisseaux des cauards nantais achetés sur le marché, et dans les mêmes conditions qu’on les vend journellement, MM. Rappin et Andouard n’ont trouvé aucun germe. Dans la chair et les caillots sanguins d’un canard rouennais, on décelait au quatrième jour un coli-bacille virulent, tandis que dans la chair du nantais, le coli-bacille est sans virulence. Cette différence de virulence des bacilles tient uniquement à la façon de tuer' l’animal et au battage qui favorise l’extravasation du sang dans tous les tissus et augmente la tendance à la décomposition. L’apparition plus rapide des phénomènes de la putréfaction chez le canard rouennais, est due à l’existence des gei'mes ordinaires qui trouvent dans cette diffusion du sang, un terrain de culture propice à leur développement et à l’exaltation de leurs propriétés nocives.
- Joignez à ces conditions le fait d’être transportés assez loin, dans des ballots souvent tassés, par des tem-, pératures élevées; joignez-y encore le mode de préparation culinaire qui ne donne qu’une cuisson très rapide, très superficielle et vous trouverez réunis des éléments suffisants pour provoquer, chez des personnes un peu susceptibles, des accidents intestinaux plus ou moins graves. Si vous redoutez pareille aventure demandez le canard nantais, et dussent les mânes des grands cuisiniers se dresser d’horreur, faites cuire et bien cuire tous vos mets, y compris les canards. Ce ne seront plus les canards au sang, mais vous serez sûrs de la sorte de n’avoir ni coliques, ni dérangements d’entrailles, ni empoisonnement léger ou grave. Dr A. C.
- Empoisonnement par la noix muscade. —Un cas
- de ce genre est signalé dans le Journal de pharmacie et de chimie d’après une note du Dr Wallace publiée en Allemagne : un garçon de Luit ans, ayant mangé deux noix de muscade mourût vingt-quatre heures plus tard. jLes symptômes présentaient une grande analogie avec ceux que produit la belladone : envie de dormir, perte de connaissance précédée de délire et d’hallucinations, pupilles extraordinairement dilatées. Le toxique paraît se trouver dans l’huile essentielle de la noix et particulièrement dans les parties bouillant au-dessus de i5o°. Se défier par conséquent des noix muscades.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Parit (VIe
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- N° 1822 — 25 AVRIL 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Le Congrès de mathématiques à Rome. — Les
- questions que l’on peut traiter dans un congrès de mathématiques s’adressent d’ordinaire à un public assez restreint. Celui qui vient de se tenir à Rome mérite cependant une mention, et pour la part tout à fait prépondérante qu’y a tenue la Science française (on a presque constamment parlé français) et pour quelques idées originales qui y ont été émises dans un domaine accessible aux profanes, notamment par M. Poincaré, dont on connaît la hardiesse intellectuelle, souvent géniale, parfois poussée presque aux confins du paradoxe.
- M. Poincaré, traitant de Y avenir des mathématiques, a montré comment le mathématicien, à la façon du poète, crée lui-même, par son caprice, les faits qu’il étudie et se constitue à lui-même son propre terrain d’études. Sans doute, la nature lui fournit des éléments ; et il ne saurait, plus que le poète, se passer d’elle; mais il n’attend pas qu’elle lui fasse des « commandes ». Les faits sont en nombre infini; mais le génie du mathématicien consiste à reconnaître, entre certains d’entre eux, « une âme commune », à découvrir les liens profonds qui rattachent ces fait isolés : ce qu’il a spirituellement défini, « à appeler d’un même nom des choses différentes » . Ainsi divers savants avaient appris à mesurer des longueurs, des surfaces, des volumes, des moments d’inertie (Roberval, Archimède, Kepler, lîuygens). Le mot d’ « intégration » venant faire un tout de toutes ces opérations dissemblables, leur a fourni l’âme commune et vivifiante qui leur manquait jusque-là. L’acte fondamental du mathématicien consistera donc dans « la perception des analogies ».
- Un nouveau pas corisidérable serait ainsi franchi si l’on arrivait un jour à établir une semblable « analogie » entre les deux branches tout à fait distinctes qui se sont partagé jusqu’ici les mathématiques, et, par conséquent, à tirer de l’une d’elles, plus facilement abordable pour nous, le moyen de résoudre les problèmes posés par l’autre. Nous divisons actuellement cette science en deux, suivant qu’elle étudie des quantités discontinues, «omme les nombres fournis par l’arithmétique, ou des quantités continues, comme celles que nous fournit la géométrie, avec ses courbes, sçs surfaces, et, par extension, le calcul différentiel. Or, notre esprit est rebelle au discontinu (la nature a horreur du vide, suivant le vieil adage). lien résulte que, dans toutes les questions de physique mathématique, on a toujours fait, jusqu’ici, Thypothèse, en somme gratuite (et probablement même inexacte) de la continuité. On a envisagé la matière -comme partout dense et continue ; on a supposé, dans le calcul différentiel, que l’état d’un corps était uniquement dépendant de l’état immédiatement antérieur. Or c’est là une idée contre laquelle les naturalistes s’élèvent. Dans la chaîne continue des êtres, on constate tous les jours le retour soudain de qualités ataviques remontant à un ancêtre lointain et invisibles dans le générateur immédiat ; il y a accumulation latente d’énergies modi-
- fiantes imperçues qui, brusquement, déterminent une saltation impossible à prévoir d’après le seul état antérieur. Aucune raison n’apparaît pour qu’il n’en soit pas de même dans les problèmes de la mécanique et de la physique mathématique. En dehors du point contigu, les points éloignés ont une action que l’on supprime d’une façon purement conventionnelle. On voit donc partout, la place pour une mathématique des groupes discontinus poussée singulièrement plus loin qu’on ne l’a fait jusqu’ici et remettant à leur place normale de cas très particuliers les équations différentielles. Arriver à percevoir cette analogie profonde du continu et du discontinu, opposés pour nous, et faire rentrer l’un dans l’autre, serait accomplir un progrès essentiel. Et il est permis de remarquer à ce propos que ce progrès ne servirait pas seulement à la science philosophique et abstraite, mais aussi à la physique, dont on peut, si l’on veut, prenant le contrepied de l’opinion émise par M. Poincaré, regarder les mathématiques comme l’instrument. Jamais les mathématiques ne se seraient constituées si elles n’avaient pas eu leur point de départ physique et empirique. La physique a successivement posé les problèmes, de plus en plus profonds, de plus en plus ardus, que les mathématiciens se sont attachés à résoudre, et qui ont constitué, pour eux, chaque fois, des catégories entières de problèmes nouveaux amenant par réciproque une hardiesse croissante chez les physiciens. C’est le calcul différentiel qui a permis cette solution (approximative, nous l’avons dit plus haut) des problèmes posés par la physique, depuis l’intégration des aires et des volumes jusqu’à la polarisation de la lumière, à la vibration des membranes élastiques, au potentiel électro-dynamique. La mathématique des discontinus poui'rait renouveler la mécanique, et peut-être un jour lointain, finir par s’appliquer même aux sciences de la vie.
- Situation administrative de Mayotte. — Par décret, en date du 9 avril 1908, la colonie de Mayotte (avec les îles et protectorats qui en dépendent) cesse de constituer un gouvernement distinct et est rattachée au gouvernement général de Madagascar. Tout en conservant d’ailleurs son autonomie administrative et financière, elle sera dorénavant administrée, sous la haute autorité du gouverneur général de Madagascar, par un fonctionnaire choisi dans les cadres généraux de l’administration coloniale.
- Une étoile variable de type rare. — Le professeur Hartwig, de Bamberg, fait connaître le caractère rare de la variable 3i. 1907 Aurigæ (ou du Cocher). Elle appartient au type de U Gémeaux, dont les représentants sont jusqu’à présent peu nombreux. Cette caractéristique est un éclat normal faible et des augmentations brusques très fortes et irrégulières. L’astre en question, en une seule journée, a augmenté de quatre grandeurs stellaires, phénomène des plus intéressants à noter.
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- INFORMATIONS
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- Aspect du 9° satellite de Saturne. — On sait que ce satellite a été découvert en 1898 par W. H. Pickering, et que sa situation exceptionnelle à une énorme distance de la planète a fait soupçonner un cas particulier relativement à sa présence dans le système saturnien. Or, M. Barnard, qui a observé cet astre minuscule, de 16e à i6°,5 grandeur, à l’aide du grand équatorial de l’observatoire Yerkes, lui a reconnu un aspect spécial, comme s’il était nébuleux, mal défini, ou bien offrant encore l’apparence d’un point stellaire enveloppé de faible nébulosité; mais, eu égard à la dimension de l’astre, ces déterminations sont extrêmement délicates. Cependant, il serait d’une grande importance de les vérifier complètement; car, dit fort justement l’auteur, si on trouvait qu’effectivement le satellite a une contexture nébuleuse ou cométaire, ce fait ajouterait une contribution importante à la solution de la question de son origine dans le système Saturnien.
- Service météorologique et télégraphie sans fil aux Etats-Unis. — Il existe actuellement dans l’Amérique du Nord 41 postes de télégraphie sans fil, dont 28 dépendent du gouvernement des Etats-Unis. Le Weather Bureau, de Washington, en a profité pour développer considérablement le service d’informations météorologiques en ce qui concerne les régions occidentales de l’océan Atlantique. A la fin de l’exercice 1905*1906, d’après un rapport récemment publié, 36 paquebots étaient autorisés à transmettre au Weather Bureau les observations faites en mer à midi. Ils signalent également aux divers postes la présence d’obstacles dangereux pour la navigation, icebergs ou épaves, et trois fois par jour, à 6 heures, 14 heures et 22 heures (temps local), les stations lancent à leur tour des radio-télégrammes résumant les rapports qu elles ont reçus et indiquant les prévisions de mauvais temps.
- Fabrication de l’acier électrique. — Le gouvernement canadien a accordé une prime pour la fabrication de la fonte avec des minerais canadiens traités au four électrique : prime partant de 11 francs la première année pour arriver à 4 fr. 5o la quatrième année et cesser ensuite. Cette question est évidemment d’une importance capitale pour les pays qui manquent de combustibles et qui possèdent, au contraire, de grands fours hydrauliques. On pratique également, dans d’autres pays, l’affinage de la fonte au four électrique, soit sur charge froide, soit de préférence sur métal fondu au préalable dans un four Martin (aciéries de Reimscheid).
- Un nouveau mode de vaccination antirabique. —
- Il a été indiqué par M. P. Remlinger au cours d’une séance de la Société de biologie. D’après ses expériences, au point de vue purement scientifique, il serait facile d’immuniser un animal contre la rage par la voie péritonéale, l’immunité ainsi conférée étant intense et durable. Au point de vue de la pratique des vaccinations animales, l’inoculation intra-péritonéale constituerait chez les chiens, et peut-être aussi chez les herbivores, un procédé simple, dont toutefois on ne saurait encore garantir pleinement l’innocuité ni l’efficacité.
- La coalite. — La question de la coalite suscite, depuis deux ans, en Angleterre un mouvement dans lequel il est encore difficile de préciser quelles sont la part de la réclame financière et celle du véritable intérêt industriel ou scientifique. Le problème que la coalite prétend résoudre est, en tout cas, fort intéressant, surtout pour les Anglais ; mais aussi secondairement pour les pays européens. Il s’agit de supprimer la fumée des combustibles par un traitement préalable, en obtenant un combustible dont on a déjà extrait du gaz et qui peut se vendre plus cher que la houille. En Angleterre où le chauffage domestique se fait surtout avec des houilles à longue flamme, très fumeuses, on en connaît assez les défauts. La coalite est un demi-coke obtenu par la distillation de la houille à basse température et renfermant encore 12 pour 100 de matières volatiles, qui, dit-on, s’allumerait facilement, brûlerait avec flamme et ne donnerait pas de fumée. On pourrait l’employer de préférence au coke de gaz qui n’est pas accepté en Angleterre pour les usages domestiques. Les Compagnies de gaz auraient ainsi avantage à le produire et quelques-unes, « Gaz Light and Coke Cy, South Metropolitan gaz Cy », sont déjà entrées dans cette voie, malgré le rendement inférieur en gaz que l’on obtient ainsi;
- elles vendent des produits analogues à la coalite sous des noms différents. Pour fabriquer la coalite, il paraît que l’on distille la houille pendant huit heures à 5oo° dans , des cornues verticales en fonte, à section rectangulaire aplatie de 3 mètres de hauteur. Cette distillation incomplète donne un rendement en gaz de i5o mètres cubes par tonne, moitié moindre que dans la fabrication ordinaire du gaz d’éclairage. Mais on vante le pouvoir éclairant supérieur, la quantité de goudron obtenue double avec des qualités remarquables (richesse en benzol, exemption de naphtaline) ; enfin l’on dit que les huiles légères de la distillation donnent un nouveau combustible pour les moteurs à essence, la coaline, et le résidu une peinture supérieure, la carbonite.
- La métallurgie chinoise. — Un fait remarquable s’èst produit récemment dans le domaine économique :
- : à savoir l’envoi d’une certaine quantité de fonte basique exportée par la Chine aux États-Unis. La quantité exportée est encore très insignifiante, mais est intéressante comme symptôme, étant donné l’importance des minerais de fer et de la houille en Chine, ainsi que le très bas prix de la main-d’œuvre dans ce pays. On a depuis longtemps prévu la constitution de centres sidérurgiques en Chine, centres qui auraient un débouché immédiat dans le pays. Il serait plus inattendu de voir déjà que la Chine, en même temps qu’elle refuse ou retire ses mines et ses chemins de fer aux Blancs, commencer à les envahir par ses produits comme elle le fait par ses coolies. Les usines qui ont fait cet envoi se trouvent à Hanyang, sur le Yang-tsé, à 1000 km de la mer. Il y a là deux hauts fourneaux de 75 tonnes, deux convertisseurs Bessemer et quatre fours Siemens, qui donnent 60 000 t. de produits finis par an (rails, etc.) obtenus en traitant les magnétites et hématites de Tayeh à 75 km en aval sur le fleuve. Le cubage du gisement est estimé à 100 millions de tonnes de minerais tenant 63 pour 100 de fer, 4 à 5 pour 100 de silice, 0,1 de soufre et o,o5 de phosphore. Les mêmes gites fournissent 80 pour 100 de la consommation de l’usine de Wakamatsu au Japon. Le coke vient soit du Hunan, soit des charbonnages très éloignés de Kaiping, près de Tien-tsin, quoiqu’il y ait, paraît-il, de bons gisements houillers au voisinage. Pour parvenir en Amérique, la fonte doit subir, outre un transport considérable, un droit d’entrée de 20 francs par tonne.
- Le tungstène. — La disette de tungstène se fait sentir fortement en métallurgie depuis que l’on emploie de plus en plus les aciers rapides Taylor et les aciers à forte teneur en tungstène tenant jusqu’à 20 pour 100 de ce corps. Une forte proportion de ce tungstène vient du Queensland. On peut compter aussi sur les gisements stannifères du Cornwall ou des Détroits, sur les wolframs du Nord-Ouest de l’Espagne et du Portugal ; sur ceux du Colorado.
- L’alcool en France. — Les divers impôts perçus en 1906 sur les alcools, les vermouts et vins de liqueur ou d’imitation ont donné, en France : 36o442000 fr- pour les alcools et i5 5ooooopour les vermouts, etc. La consommation d’alcool par tête d’habitant dans les villes ayant plus de 3oooo habitants, a atteint: 12,01 au Havre et 11,99 à Rouen, n,3oà Boulogne-sur-Mer, io,i5à Caen,1 9,12 à Calais, accusant ainsi la triste supériorité dans l’alcoolisme de.ces deux régions particulièrement infestées, la Normandie et la Flandre, tandis que, nulle part ailleurs, on n’atteint 7 et que là consommation de Paris est de 4,49, celle de Marseille de 4,3i. Béziers tient un record de la sobriété avec 0,99, puis Carcassonne avec i,3o.
- Les industries meurtrières. — D’après une statistique du Ministère de l’Intérieur, 24i3 personnes ont péri en France, en 1907, victimes d’accidents industriels. En tête des industries meurtrières se placent les entreprises de travaux publics et de bâtiments qui ont coûté la vie à 340 personnes, les transports par voie ferrée qui ont causé 347 morts. Viennent ensuite les mines, minières et salines avec 296 morts, les transports par terre avec 247, les industries de l’alimentation avec 184, la métallurgie du fer et de l’acier avec 137.
- Un musée cartographique, vient d’être ouvert à Genève; il a pour noyau le don Peron qui légua en 1893 à la ville 681J cartes réunies par E. Reclus. Actuellement ce chiffre est monté à 9823 cartes, 86 atlas et 107 volumes.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *> Jlufomobilisme
- Le pneumatique rationnel Torrilhon, — Uu pneumatique se compose essentiellement d’une enveloppe extérieure solide et résistante, confectionnée avec des toiles de première qualité garnies de caoutchouc, et d’une chambre à air intérieure (Voir sur la fabrication du pneumatique, La Nature, du 14 sept. 1907, n° 1790). L’enveloppe constitue la partie délicate de cet organisme, puisque c’est elle qui subit les chocs et les frottements destructifs. Le procédé de fabrication en usage jusqu’ici présentait certaines imperfections qui ajoutaient encore à la fragilité naturelle de l’enveloppe : il consiste, en effet, on s’en souvient, à enrouler des toiles, coupées en biais, sur un noyau de fonte formant le moule intérieur de l’enveloppe. Il en résulte que les fils situés à la partie supérieure de l’enveloppe sont extrêmement tendus, ceux au contraire qui se trouvent sur les côtés sont lâches et peuvent même former des plis
- rt/YCT
- A, fils des nappes sectionnelles; B, fils des nappes circonférentielles.
- Fig. 1, — Coupe transversale Fig. 2. — Vue des fils montés d’un pneumatique rationnel. sur le moule intérieur.
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- Fig. 3. — Disposition des fils, vue en plan.
- A
- Fig. 4* - - Coupe faite le long d’un fil circonférentiel et montrant la disposition des fils.
- gênants. En tout cas l’inégalité dé tension que nous venons de signaler est extrêmement préjudiciable à la solidité du pneumatique ; car seuls, les fils ou les toiles les plus tendues travaillent à supporter les charges imposées à la roue.
- M. Torrilhon a cherché àfaire disparaître ce défaut de fabrication!, en donnant à tous les éléments qui composent l’enveloppe une tension absolument uniforme. Il n’emploie plus de toiles proprement dites, puisqu’elles ne peuvent se conformer d’une façon précise sur le moule intérieur.
- Mais il dispose, sur ce moulé en fonte, différentes couchés de fils non tissés ni nattés. Cés couches de fils sont alternativement parallèles et perpendiculaires au plan de la roue, et sont dites pour eela « nappes sectionnelles » ou « nappes circonférenciellés ». On comprend facilement qu’il est possible de galber une nappe section-nelle sur le noyau, tout en donnant- à chacun de ses fils rigoureusement la même tension; la galbage se fait naturellement, lés fils s’écartant légèrement entre‘ eux au sommet de l’enveloppe, et au contraire se touchant
- sur les côtés. Quant aux nappes circonférencielles, elles sont obtenues par l’enroulement d’un même fil sur le noyau. Ce fil forme, pour ainsi dire, une série d’anneaux de diamètres différents, ayant chacun la dimension rigoureusement nécessaire pour s’appliquer à la place qui lui revient, avec une tension toujours égale. On obtient ainsi des enveloppes qui ont prouvé des qualités remarquables d’inextensibilité, et de résistance à l’éclatement. Les coupures s’y produisent très difficilement, et l’humidité ne peut les pénétrer, La gomme du roulement toujours comprimée résiste énergiquement à la pénétration des cailloux. Enfin, le pneu ne chauffe pas. — Le pneumatique rationnel est fabriqué par la maison Torrilhon, 10, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris.
- *> 'Electricité
- Allumette électrique. — L’allumette électrique ou allume-fourneau à manche représentée par la figure ci-dessous est employée avec succès pour enflammer le gaz des fourneaux de cuisine, rôtissoires, becs de gaz, etc. Elle est formée par une pince en bois A dans le genre des pinces de blanchisseuses, chacune des branches est terminée l’une, par un petit balai métallique B, l’autre par une tige métallique recourbée C à l’extrémité de laquelle se trouve une petite sphère striée D. L’appareil
- Fig. 1. — L’allumette électrique.
- Fig.'2. —- L’allumette électrique et la batterie de piles.
- est relié par un fil à une source d’électricité. Le frottement du Balai sur la pièce D détermine une étincelle qui enflamme le gaz à allumer.
- La source électrique est constituée comme celle d’une sonnerie ordinaire par une petite batterie dé piles C, (fig. 2), une bobine d’éxtra-courant A et une prise de courant B. En D et E les fils de la sonnerie ou d’un allumoir électrique ordinaire avec lampe Pigeon. — Ee petit appareil sera utilement employé partout où l’allumette est nécessaire pour l’inflammation du gaz et notamment dans les cuisines, il se trouve en vente en gros chez Godefroy, 74, cours de Vincennes.
- *> Photographie <«*
- Le photo-compas Decoudun. — La question du temps de pose en photographie est toujours à l’ordre du jour, car les solutions proposées jusqu’à présent, bien que fort nombreuses, ne sont pas satisfaisantes. Les unes sont basées sur une appréciation plus ou moins exacte de l’intensité de la lumière; les autres, qui semblent plus rationnelles, mesurent l’actinisme au moyen du noircissement d’une substance sensible ; mais ce qu’il faut surtout savoir, c’est l’action qu’exercera sur notre plaque la lumière envoyée par le sujet photographié ; car, en somme, c’est celle-là seule qui agit. M. l()ecou-dun, s’inspirant de cette condition essentielle, a combiné un photomètre, dit photo-compas qui nous paraît devoir atteindre le but cherché dans les meilleures conditions. En effet, il a muni son appareil d’un dispositif qui abrite la substance sensible des rayons directs qui l’environnent, et il diffère en cela de ce qqi avait été fait jusqu’à
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- SCIENCE APPLIQUEE
- ce jour. Sou appareil, quia à peu près la grosseurd’uue montre, est formé d’une boîte contenant une bande de papier sensible roulée et dont une extrémité dépasse légèrement (le papier Lumière dit actinos, qui së conserve très longtemps, est de préférence employé). La fermeture de la boîte se fait sur le côté plat de la partie supérieure. C’est sur ce petit couvercle qu’on a disposé une glissière P se manœuvrant avec un doigt et qu’un ressort ramène toujours dans une position déterminée. Elle porte un petit trou T dont les bords sont garnis d’un parasoleil, et c’est par là que la lumière agira sur le papier sensible qui passe sous le couvercle. Immédiatement après le parasoleil en question, on a disposé un verre jaune Y, de telle sorte que, quand on pousse la glissière, celui-ci vient prendre la place du petit trou. Sans déranger le papier et sans ouvrir l’appareil, on peut donc, à l’abri de la lumière actinique, examiner si le papier a noirci en regard de l’endroit oii se trouvait le trou. Le mode d’emploi consiste à diriger le parasoleil vers l’objet ou le paysage à photographier, et ce sont alors les rayons réfléchis par eux qui pénétreront par le petit trou pour impressionner le papier. De temps en temps, plus ou moins souvent suivant l’éclat de la lumière, on pousse la glissière et on regarde à travers le verre jaune si un petit point noir est imprimé sur le papier. A partir du moment où l’on a commencé l’opération, on compte les secondes et on s’arrête dès qu’on voit apparaître ce point noir.
- Sur le côté de l’appareil, on trouve un cadran qui porte gravés sur son pourtour les temps déposé depuis i/6ode seconde jusqu’à 8 minutes. A l’intérieur de ce cadran, on en voit un autre qui est mobile, et peut tourner con-
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- Photo-compas Decoudun.
- centriquement au premier, il porte gravé sur son pourtour des signes et des chiffres qui correspondent aux diaphragmes employés. L’aiguille qui s’y trouve fixée a une position déterminée une fois pour toutes, suivant la plaque employée. Sa position à l’extrême gauche correspond aux émulsions peu sensibles comme l’étiquette rouge Lumière, sa position à l’extrême droite a une grande sensibilité, comme la plaque Sigma. Nous avons supposé, dans le dessin ci-contre, qu’on opérait avec la plaque Lumière étiquette bleue. Si le nombre de secondes, compté entre le moment où on a visé l’objet à photographier et celui où l’on a vu apparaître le point noir, est par exemple 60, on fera tourner le cadran intérieur jusqu’à ce que la pointe de l’aiguille soit en face du chiffre i' gravé sur le cadran extérieur. On trouvera alors en face de chacun des diaphragmes indiqués sur le cadran intérieur, le temps de pose qui convient pour chacun d’eux. Le signe -j- indique l’anastigmat F/5 à pleine ouverture, la pose sera pour celui-là 1/8 de seconde; le O indique l’anastigmat F/7, la pose serait 1/4 de seconde et le 1 correspond au diaphragme normal F/10, etc., pour ce dernier diaphragme il faudra poser une demi-^ seconde. II y a évidemment une certaine latitude qui permet de ne pas recommencer l’opération à chaque instant et pour chaque cliché dans l’espace d'une ou deux heures; mais l’emploi d’un tel appareil évitera sûrement les erreurs importantes qui compromettent le résultat final; on sera fixé sur le temps approximatif, on saura si on peut risquer l’instantané ou s’il faut poser,
- La boussole qui est encastrée dans l’un des côtés de la boîte sert à indiquer l’heure où l’éclairage est le meilleur pour un sujet donné. Il suffit de faire face au sujet en question,de tenir l’appareil à plat et de le tourner jusqu’à ce que lapointebleue de l’aiguille arrive au repère placé près du cadran; les flèches imprimées sur la boîte indiquent la direction de l’éclairage pour le sujet considéré aux heures indiquées en regard de chacune d’elles. — (Decoudun, 101, rue du faubourg St-Denis, Paris).
- *> Divers ^
- Tiroir verseur. — Il suffit souvent d’un rien pour rendre un objet pratique. Les tiroirs des moulins à café ou à poivre, par exemple, sont très incommodes lorsqu’il
- g. 1. — Le tiroir-verseur déversant son contenu.
- s’agit de verser leur contenu dans un récipient de faible ouverture ; la poudre de café s’échappe comme elle peut et souvent, il en tombe une partie à côté de la cafetière, ce qui met les ménagères de mauvaise humeur et rompt, pour un instant, l’harmonie de l’existence! L’inventeur du tiroir verseur est donc, toutes proportions gardées, un bienfaiteur de l’humanité ! Il a supprimé la cloison avant du tiroir qui, jusqu’ici, était inamovible, et l’a remplacée par une cloison métallique mobile.
- Le tiroir étant en place, cette cloison se comporte comme la planchette de bois quelle a détrônée; mais dès que, pour verser le café dans le filtre, on la sort du moulin, il suffit de l’abaisser avec le doigt pour que le café moulu trouve un dégagement endigué qui l’empêche de s’éparpiller aux alentours. En somme, invention très simple et fort ingénieuse. — L’auteur est M. Lucien Hulot, 10, impasse du Pressoir, Paris.
- Fig 2. — Le tiroir-verseur dans sa position normale.
- Chaîne de montre de sécurité. — « Prenez garde aux pickpockets », disent les écriteaux suspendus dans certaines gares. La recommandation est prudente, sans doute, mais plus facile à donner qu’à suivre. Vous avez beau surveiller attentivement vos poches ; vous n’êtès pas à l’abri des surprises les plus désagréables. Les filous habiles ont pour spécialité de profiter de l’encombrement des foules pour couper les chaînes de montre et enlever en un instant, la montre et la chaîne sans que le propriétaire, se soit aperçu de quoi que ce soit. Le simple petit objet représenté ci-contre suffira à leur rendre la besogne beaucoup plus pénible; c’est un crochet à deux branches qui se fixe à l’extrémité de la chaîne de montre et vient saisir l’anneau de la montre. Les deux branches sont mobiles autour d’un axe comr-mun ; de plus elles ont chacune l’aspect d’un hameçon. En temps ordinaire, un petit ressort maintient ces deux branches assez écartées pour que leurs dents ne
- fassent point saillie. Mais supposez qu’on exerce une traction sur la chaîne ; la montre serrée dans la poche du gilet offre toujours une certaine résistance de frottement ; les deux branches du crochet sous l’effet de la résistance se rapprochent ; les dents font saillie, viennent se fixer dans l’étoffe du gilet, d’autant plus énergiquement que la traction est plus forte. Dans ces conditions, il est bien difficile que le propriétaire de la montre convoitée ne s’aperçoive pas des manœuvres tentées pour la conquête du précieux objet. Il y perdra peut-être un morceau de la doublure de son gilet; mais, sans doute, il s’estimera heureux d’en être quitte à si bon compte. — L’objet est en vente chez Renaut, 43, boul. de Strasbourg, Paris.
- Chaîne de montre de sécurité.
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- VARIÉTÉS
- Les succédanés du café. — A proprement parler, il n’existe guère de’ véritables succédanés du café. Les matières employées . pour remplacer celui-ci ne s’en rapprochent guère que par l’apparence, sinon par la saveur de leurs infusions. Beaucoup de ces substances ne sont, au surplus, jamais employées seules, on les mélange au café pour corser l’infusion de ce dernier.
- Le café appartient à la famille des rubiacées ou cof-féinées et au genre Coffea. Il doit ses propriétés excitantes à un principe azoté : la caféine, identique à la théine du thé. Les diverses variétés cultivées en renferment des proportions très variables, pouvant aller du simple au triple. Beaucoup d’espèces non cultivées du genre caféier ne renferment pas du tout de caféine, mais seulement un principe amer, qui subsiste en partie après torréfaction. Il est à remarquer que la plupart des succédanés du café renferment également un principe amer.
- En dehors du genre Coffea, la famille des rubiacées comprend quelques espèces dont les graines, torréfiées, sont quelquefois utilisées à l’instar de celles du café. Parmi çes espèces, citons :
- Ps'ychotria herbacea, exotique.
- Galium aparine (vulgairement gratteron), commun dans toute la France, mauvaise herbe pour la culture. Les fruits relativement gros, de 3 à 6 mm de diamètre, sont couverts de poils crochus.
- Les plantes suivantes fournissent aussi des graines qu’on emploie quelquefois en guise de café.
- Cassier occidental, café nègre du Sénégal, de la Martinique et du Gabon; c’est une légumineuse annuelle buissonnante, dont les graines sont quelquefois importées en Angleterre et en Allemagne.
- Astragale d'Espagne (Astragalus bocticus), légumineuse vivace à fleurs blanches, de la péninsule hispanique; l’usage de ses graines, en vue de remplacer le café, s’était beaucoup répandu pendant le blocus continental.
- Lupins (légumineuses), désignés souvent sous le terme de café indigène. Le plus connu à ce point de vue est le Lupinus varias, lupin petit bleu, à fleurs bleues ou blanches, graines rondes maculées de blanc et de gris. On a aussi utilisé le Lupinus hirsutus ou pilosus, lupin
- grand bleu, plante ornementale assez répandue dans nos jardins. Les graines d’autres espèces sont employées dans l’alimentation humaine, après avoir été débarrassées du principe amer que contiennent toutes les graines de lupin. Signalons qu’une plante du genre, le Lupinus luteus, a des propriétés vénéneuses assez prononcées.
- Gombo (Hibiscus esculentas), malvacée annuelle à fleurs jaune soufre.
- On a encore cherché à remplacer plus ou moins le café par ; les glands doux, les graines d’asperge, diverses graminées, les graines de houx, etc. Le seul succédané du café qui soit chez nous d’un usage courant est la racine torréfiée de la chicorée à café, dont la culture est très répandue dans le Nord de la France et en Belgique. La racine brute de chicorée présente la com-
- position suivante :
- Sucre brut......................... 3 à 6 pour ioo
- Substances organiques non azotées
- (particulièrement inuline) .... 16 à 23 —
- Substances organiques azotées ... 2 à 4 —
- Cellulose et matières minérales. . . 2 à 5 —
- Eau...................................70 à 80 —
- et, en outre, o,o5 à 0,15 pour 100 d’une matière très amère, soluble dans l’eau et l'alcool.
- Après dessiccation et torréfaction, le produit obtenu, dans lequel la proportion d’eau est fort réduite, se trouve 3 à 4 fois plus riche que la racine brute. Une grande partie des éléments précédents étant solubles dans l’eau, l'infusion de chicorée est quelque peu alimentaire, et ce n’est guère qu’à ce point de vue qu’elle peut être comparée au café; au lieu de jouir de propriétés excitantes, elle est dépurative et purgative.
- Eu Autriche-Hongrie, on se sert depuis longtemps, en guise de chicorée, de figues desséchées et torréfiées ; la préparation se fait dans le pays même avec des fruits de qualité secondaire qu’on fait venir le plus souvent d’Asie Mineure et quelquefois d’Algérie. Dans ce dernier pays, on a installé tout récemment quelques usines pour la préparation du café de figues. Ce dernier possède un goût d’amandes grillées assez agréable. C11. Groud.
- HYGIENE ET SANTE
- La conjonctivite printanière. — Le printemps, l’heureuse saison des fleurs, du renouveau, du soleil et du ciel bleu, nous guérit des rhumes, des bronchites, nous redonne la vigueur, les forces et la santé ; mais il amène avec lui parfois de petites misères, telles cette maladie des yeux tenace et rebelle qui tient son nom de sa réapparition saisonnière, la conjonctivite printanière.
- Née aux premières effluves du temps chaud, cette affection n’est plus une de ces irritations banales et simples qui se caractérisent par de la rougeur de l’œil, de la cuisson et de la gêne pour supporter la lumière.
- Au début, elle est telle ; mais en très peu de temps, elle se développe par l’apparition sur le limbe de la cornée et sur la conjonctive de petites élevures, de petits boutons, de coloration blanc jaunâtre, du volume d’un petit grain de mil à celui d’un grain de chènevis. Ces petites végétations dues à une prolifération et à un épaisissement de' l’épithélium pavimenteux provoquent une irritation périphérique qui détermine de la démangeaison, de la cuisson et un peu de photophobie.
- Cette forme de conjonctivite n’a rien de commun avec la conjonctivite granuleuse, contagieuse et si grave, des pays chauds du Sud; née avec les jours d’été, elle s’atténue dès que la température s’abaisse pour disparaître
- à l'entrée de l’hiver. Mais souvent elle ne fait, à l’exemple des animaux hibernants, que sommeiller pour reparaître au printemps suivant et souvent pendant plusieurs années de suite. Décrite très anciennement (il y a juste soixante ans) par l’oculiste Desmârres, elle a été étudiée par nombre de spécialistes. On l’a soupçonnée d’origine bactérienne, mais jusqu’ici les recherches les plus attentives n’ont donné aucun résultat probant. On a voulu l’assimiler à une dermatose (eczéma, lichen, érythème), dont les réapparitions se font également au renouveau des saisons et par les températures chaudes. Rien n’indique qu elle soit une lésion de ce genre, bien qu’elle s’en rapproche par l’époque de son apparition, par son peu de retentissement sur l’état général et sa faible gravité. La cause essentielle est la chaleur; la maladie éclate aux premiers beaux jours pour s’atténuer à l’automne; on la rencontre très rarement dans les pays froids et, d’après les statistiques, elle semble avoir été beaucoup plus fréquente dans les années les plus chaudes. Le traitement, assez peu efficace, doit tout d’abord calmer l’irritation : les compresses froides, les collyres astringents remédient à la gêne douloureuse. Mais comme il arrive que ces petits boutons envahissent la cornée il est prudent de ne pas s’attarder à des moyens palliatifs et de consulter des médecins compétents pour prévenir toute complica-' tion. iDr A. C. .
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en mars 1908, par M. Th. Moureaux.
- Le mois de mars 1908 est remarquable par une basse température, soutenue du commencement à la fin ; le thermomètre n’est pas monté une seule fois jusqu’à 140, particularité qui n’a jamais , été constatée depuis l'origine de nos observations, c’est-à-dire depuis 35 ans; le maximum absolu n’est que de i3°,6, alors que, très fréquemment, il est supérieur même à 200; ainsi, pour ne rappeler que les cas les plus récents, on a noté 22°,(i le 3i mars 1907, et 26°,2 le 25 mars 1903. La moyenne du mois n’est que de 4°,32, inférieure de i°,77 à la normale et plus faible même que celle de février dernier; on a observé 16 jours de gelée, dont xi consécutifs, du 12 au 22; dans le sol à o“,3o de profondeur, la température moyenne, également faible, n’atteint pas 5°; aussi la végétation subit un retard marqué.
- Comme en février, la nébulosité est élevée : le Soleil ne s’est montré que pendant g5 heures, la normale étant 133 ; il n’y a pas eu une seule journée sans nuages. Le total de la pluie, 46““,i, est légèrement supérieur à la normale, et se r’épartit sur 18 jours au lieu d’une moyenne de i3.
- La crue de la Manie survenue à la fin de février, a persisté pendant toute la première quinzaine de mars; la rivière est l'estée débordée pendant 19 jours, du 25 février au 14 mars.
- Px'ession barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 755”'“,85; minimum absolu, 741““,8 le ior à 3h45“; maximum absolu, 764““,8 le 29 à 8 heures; écart exti'ême, 23““,o.
- Tempéi'ature : Sous l’abri : moyenne des minima, o°,7i ; des maxima, 8°,95; du mois, 4°>83 ; des 24 heures, 4°>3a; minimum absolu, —3°, 1 le 21; maximum absolu, i3°,6 le 9. Amplitude diurne, moyenne du mois, 8°, 14 ; la plus faible, 2°,9 le 26; la plus grande, i5°,2 le 22. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, — 3°,41 î des maxima, i8°,a4; minimum absolu, —8°,8 le 21 ; maximum absolu, 27°,2 le 29. — Dans le sol gazonné : moyennes du mois; profondeur, o“,3o : à 9 heui'es, 4°>73 ; à 21. heures, S°,oy; profondeur, o“,65 : à 9 heures, 5°,24 ; à 21 heures, 5°,24: profondeur 1 m. : à 9 heures, 5°,62; à 21 heures, 5°,53. — De la Marne : moyenne le matin, 5°,60; le soir, 5°,98 ; minimum,, 3°,32 le 5; maximum, 8°.3o le 3i.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heui'es, 5““,o4; minimum, 2““,4 le 16 à i3 heures-14 heures; maximum, 9““,i le 8 à i5 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 81,4 ; minimum, 3i le 22 à i3 heures-14 heures; maximum 100 en 12 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 7,o5; minimum, 1,4 le 19; ciel complètement couvert le 8 et le 26.
- Insolation : dui'ée possible, 367 heures ; dui'ée effective, 95\o en 25 jours; l’apport, 0,26.
- Pluie ou neige : total du mois, 46““, 1 en 65h,3,
- Nombre de joui's : de pluie, 18; de pluie ou neige inappx-éciable, 4; de neige, 3 ; de grêle, 4; de gi’ésil, 3; de givre, 6; de gelée, 16; de gelée blanche, 22; de bi'ouillard, 7; d’orage, 2; de halos, 8; de brume, 8.
- Fréquence des vents : calmes, 27.
- N. . . . 24 S. E . . . 16 W, . . . 56
- N. N. E. 48 S. S. E. . 26 W. N. W. 3o
- N. E . . 52 S 43 N. W . . 16
- E. N. E. 3o S. S. W . 116 N. N. W . 16
- E. . . . 36 s. w. . . i33
- E. S. E. -5 w. s. w. 70
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3“,45; moyenne diurne la plus grande, 8“,o les 6 et 9 ; la plus faible, o“,5 le 21 ; vitesse maximum en x5 minutes, x4m,4 Ie de i5h3o“ à -i5k45“ par vent S, S. W.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (i5 jours), x3o volts; moyenne diurne la plus grande, 201 volts le i3; la plus faible, 82 volts le 4; amplitude diurne, 0,27 ; amplitude nocturne, 0,28.
- Hauteur de la Mai'ne : moyenne du mois, 4“,36; minimum, 2“,97 le 31 ; maximum, 5“,i2 le 8.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre,
- — o““,96; tempéi’ature, — x°,77 ; tension de la vapeur,
- — o““,26; humidité l’elative, -f-6,6; nébulosité, + 1,01; pluie, + 7““,6 ; jours de pluie —)— 5 ; de gelée, -J- 6.
- Taches solaires : on a suivi 10 taches ou groupes de taches en 26 jours d’observation; le Soleil a paru dépourvu de taches,les 3 et 4-
- Perturbations magnétiques : faibles, les 3, 6, 9, 16, 17, 20, 21, 3o, 31 ; modérées, les 8 et 29 ; assez fortes, les 1, 2, 4> fortes, les 26, 27, 28.
- Radiation solaire (pyrhéliomètre d’Angstrôm). — Les conditions .atmosphériques ont été très défavorables en mars ; les intensités les plus élevées, par centimètre carré et par minute, sont : ica\i6 le 9 à i2k44“; 1e*1,o5 le 10 à i2h 58 et le 29 à 2ih28“.
- Floraisons : le 9, tussilago farfara ; le îr, orme champêtre; le 12, saxifrage à feuilles épaisses ; le 16, crocus; le 21, hépatique blanc; le 22, saule marsault; le 24, violette des bois; le 29, arabis verna; le 3i, amandier.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Pour remettre à neuf les chapeaux de paille. —
- Les nettoyer d’abord soigneusement, en passant à leur surface une éponge imbibée d’une solution faible d’acide tartrique dans de l’eau ; laver ensuite avec de l’eau pure. Pour faire sécher le chapeau, en fixer le bord au moyen d’épingles enfoncées perpendiculairement dans une planche. — On peut encore appliquer une solution faite de 10 gr d’hyposulfite de soude et 5 gr de glycérine dans 75 gr d’eau et 10 d’alcool. On laisse le chapeau dans un endroit humide durant 24 heures ; puis on y passe un liquide fait de 90 gr d’eau, de 2 d’acide citrique et de 10 d’alcool. Il faut naturellement ensuite appliquer un enduit gommeux.
- Conservation des plumes d’acier. —( On emploie diverses méthodes pour préserver les plumes métalliques de la corrosion par les encres à base de tanin ou d’aniline. Les essuie-plumes, le lavage à l’eau, la grenaille de plomb, etc., ne donnent que des résultats insuffisants.
- Voici un proeéJé facile à employer : il suffit d’avoir sur son bureau-un vase quelconque, un verre à boire
- par exemple, au fond duquel on a jeté un morceau de carbonate de potasse et par-dessus une petite éponge mouillée. Dans ce verre., on dépose son porte-plume quand on cesse de s’en servir; grâce à la dissolution alcaline qui s’est opposée à l’oxydation, on retrouve la plume, après un rapide essuyage, propre et nette, prête à un nouvel usage. >
- Un autre moyen plus rustique, mais basé sur le même principe, consiste à piquer simplement sa plume dans une grosse pomme de terre crue. Le suc alcalin de ce tubercule neutralise l’acidité de l’enci’e et assure à la plume une conservation durable.
- Enlèvement des taches d’encre. — Tout d’aboi’d faire tremper l’étoffe tachée dans de l’eau tiède ; on la tord ensuite pour en chasser l’eâu, et on l’étend sur un linge bien propre. On applique alors sur la tache quelques gouttes d’ammoniaque liquide présentant une densité spécifique de 0,891; puis on touche légèrement avec de l’ouate saturée d’acide phosphorique dilué. ,On répète plusieurs fois 1 opération, en faisant sécher à chaque fois au soleil. •; -L:’-;
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — .Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un' intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de . l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Errata — M. Creté, interne en pharmacie à l’hôpital Hérold, Paris, nous signale l’erreur commise dans le compte rendu de l’Académie des sciences du 27 janvier (n°.i8io, p. x43) où, résumant le travail qu’il a fait en commun avec M. Goris, nous avons écrit farine de nestlé au lieu de farine dç nété. Nos lecteurs auront corrigé eux-mêmes ce lapsus : il ne s’agit pas, bien entendu, de la farine Nestlé, mais du fruit d’un arbre de l’Afrique occidentale. — Dans le n° 1819, 4 avril 1908, p. i83, col. I, lig. 7, au lieu de : nous n en sommes plus, lire : nous n en sommes pas. — N° 1821, 18 avril 1908, p. 312, col. II, lig. 10, au lieu de : 460000 cubes, lire : 45oooo cubes de cuivre.
- Renseignements. — M. Varet, à Paris. — Vous trouverez une brève description du panchahuleur dans la dernière édition de l’ouvrage à’Electricité industrielle, de Cadiat et Dubost, chez Béranger, Paris. Pour plus amples renseignements, vous pourriez sans doute vous adresser à l’inventeur lui-même, M. Leblanc, ingénieur-conseil de la Société Westinghouse, 46, rue de l’Arcade, à Paris.
- M. Manégat, à Gerona. — L’adresse de la maison Mors est 27, rue La Boétie, Paris.
- M. Courtonne, à Barcelone. — Nous vous remercions
- de votre communication. Nous regrettons dé ne pouvoir vous donner la formule exacte des liqueurs dites barométriques, que nous ne possédons pas.
- M. P. S., à Poitiers (Vienne). — En dehors des grands ouvrages ou traités d’hygiène, détaillés et scientifiques, publiés par ^les librairies Masson, J.-B. Baillière, etc., nous pouvons vous recommander les deux livres du Dr Héricourt, les Frontières de la maladie et \'Hygiène moderne (Paris, Flammarion, 3fr,5ole volume) ainsi que la Collection d’hygiène publiée par la librairie' Masson, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. G. B., à Lille (Nord). — Le point culminant de la Corse est le Monte Cinlo (2710 m.) et non pas le Monte Rotondo (2625 m.) comme on le croit communément. L’ascension de ces deux cimes est sans difficultés pour les alpinistes. Le guide Joanne, de la Corse (par li. Bo-land, librairie Hachette, igoâ, mis au courant en 1907) vous renseignera mieux que tout autre ouvrage. En Algérie la plus haute cime est le Chélia (2327 m.) dans l’Aurès. Consultez de même l’excellent guide Joanne, Algérie et Tunisie (Hachette, 1906, mis au courant pour 1908).
- M. F. Delmasure, à Roubaix. — Tannage des peaux de lapin : Manuel Roret du tanneur, chez Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris (6 francs).
- M. G. Conin, à Marseille. — Machine à badigeonner Fix : M. Fréd.-Alb. Lœbel, 23, rue Cadet, Paris.
- Mne M. Belèze, à Monlforl-l’Amaury. — Terre à foulon : chez Poullenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, Paris.
- M. G. G., à L. — Prière de nous donner votre adresse exacte pour faire parvenir la réponse demandée.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- Le bassin d’essai des carènes de la marine française : Sauvaibe Jourdan. — Machine à débiter les pavés de bois : Jacques Boyer. —- L’utilisation industrielle de l’azote atmosphérique : A. Troller. — La mission du Haut Logone: Maurice Reclus. — Académie des Sciences; séance du i3 avril 1908 r Ch. de Ville-deuil, — L’aurore boréale du 26 mars 1908: Lucien Rudaux.
- Supplément. — Satellite ou planète. — Découverte de l’étain dans une: étoile. — Heure universelle. — Les progrès de l’aviation. — Téléphonie sans fil. — Service de la prévision du temps en Allemagne. — Une pluie phénoménale, etc. — Canards à la rouennaise. — Empoisonnement par la noix muscade. *
- Science et conscience (Philosophie du xxe siècle), par Félix le Dantec, bibliothèque de philosophie scientifique dirigée par le D’ Gustave Le Bon, in-18. Flam-; marion, éditeur. Prix : 3 fr. 5o.
- L’auteur coordonne un grand nombre de faits acquis, de conquêtes scientifiques du xixe siècle assez solides . pour qu’aucun recul ne soit à craindre désormais. Cet ouvrage aborde les manifestations intimes de la vie consciente et nous est donné par M. Le Dantec comme son dernier livre de Biologie ; selon M. Giard on n’aura plus le droit de philosopher sans tenir compte des théories biologiques de M. Le Dantec.
- Ber Mensch zur Eiszeit in Europâ, par le D1' L. Reïnhardt, in-8°, 922 p. et 559 Ég-! 2e édit., E. Reinhardt, 17 Jâgerstrasse, Munich, 1908. Prix: i5 francs.
- L’homme à l’époque glaciaire en Europe (édité pour la première fois en 1906) est le manuel ou tableau le plus complet de tout ce qui concerne les captivants et énigmatiques problèmes de la préhistoire,de l’homme primitif européen-.; au courant des plus récentes recherches (peintures de la grotte de, Niaux, Ariège, trou-, vées par ,Molard en 1906, silex dits mopstériens d^Egypte,, etc.)* et documenté aux sources les plus exactes, l’ouvrage a multiplié les figures, aussi parfaitement sélectionnées qu’exécutées, de la plus parlante et suggestive manière. Il étudie en ; ojize parties:
- l’homme tertiaire, — l’époque glaciaire (trois périodes admises) et ses effets géologiques, —l’homme du premier interglaciaire, l’homme du second interglaciaire, (chelléen moustérien), — l’homme post-glaciaire (solutréen magdalénien) la transition (asylien mésolithique) du paléolithique au néolithique (Robenliausien), les Germains-Celtes représentants de la civilisation mégalithique (dolmens, Stonehenge), le développement de la culture intellectuelle à la fin de l’âge de lapierre (Terramare d’Italie, etc.), l’homme de la pierre contemporain (parallèles et comparaisons particulièrement intéressantes, avec les Tasmaniens, Fuégiens, Esquimos, Cafres, Buschmen, Palafittes modernes), les survivances d’usages préhistoriques dans l’Europe historique. Peut-être l’auteur (ainsi que la plupart ,des
- préhistoriens) donne-t-il comme un peu trop défini-
- tives certaines solutions encore bien discutables ; peut-être aussi eut-il mieux fait de s’abstenir de tout chiffre dans l’évaluation des périodes géologiques.' Son livre n’en est pas moins à retenir comme très instructif.
- Le Sultan, l’Islam et les puissances : Constantinople La Mecque, Bagdad, par Victor Bérard. Paris. A. Colin, 1908. 2 cartes, in-18. Prix.: 4 francs.
- Étude très documentée sur l’importance des futures
- ! lignes ferrées de La Mecque par Damas et de Bagdad par la Mésopotamie, tant au point de vue de l’Islaïn qu’à celui de la politique et de la vie économique générale. Le parallèle entre le Turc et l’Arabe et la lutte de ces deux éléments ethniques sont fort curieusement exposés. (Cf. la Nature, n° 1694, n novembre
- 1905, p. 371.)
- Histoire dès Portes de fer du Danube (en allemand), par J. Cvijic. Supplt. n° 160 des Petermann’s Mittheil. Gotha, J. Perthes, février 1908, in-40, 3i .fig., 10 pi.
- ' Prix : 9 fr. 5o.
- Étude du célèbre défilé, de son origine hydro-technique, de son âge et des terrasses anciennes qui l’environnent.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Glaciers of the Canadian Rockies and Selkirks, par W. Hittel Siierzer, Smithsonian institution, t. XXXIV, (n° 1692), Washington 1907, in-4°.
- Compte rendu d’études faites de 1902 à 1904, ce l'apport magnifiquement illustré décrit cinq beaux glaciers des Montagnes Rocheuses du Canada,les phénomènes qui les affectent, les changements survenus dans le climat depuis l’époque secondaire, la théorie du mouvement de la glace (qui est plastique, mais nullement comme la cire ou l’asphalte). Les paysages reproduits sont grandioses.
- La Colombie Britannique, Etude sur la colonisation au Canada, par Albert Métin, professeur à l’Ecole
- Coloniale et à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales. Un volume in-8° raisin, 44° pages, 20 cartes et cartons, 33 phototypies hot'S texte. Armand Colin. Paris. Broché, 12 francs.
- Ecrit au retour de deux voyages au Canada, ce livre fait suite à celui que le même auteur a publié, sur plusieurs autres parties de l’Empire Britannique. 11 donne la géographie d’un vaste pays peu connu : régime des climats, botanique, géologie, colonisation et peuplement, richesses naturelles, agriculture naissante, etc. La partie économique, concernant les gisements métallifères, est traitée en détail, avec cartes et photographies à l’appui, en utilisant le mémoire sur le même sujet de M. Jordan, qui a été remis au courant.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 avril 1908 . 3°,9 N. N. E. 3. Couvert. » Rosée; très nuageux.
- Mardi 14 3°,1 N. N. E. 3. Couvert. » Gelée blanche ; éclaircies.
- Mercredi 15 3°,1 N. E. 2. Beau. 0 Gelée blanche; peu nuageux; brume.
- Jeudi 16 8°,8 N. E. 2. Beau. » Rosée ; peu nuageux.
- Vendredi 17 8°,1 N. N. E. 3. Nuageux. » Rosée ; quelques nuages.
- Samedi 18 4°,0 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Rosée; très nuageux; pluvieux par intervalles; halo à 15 h.
- Dimanche 19 3°,9 N. N. W. 4. Couvert. » Gelée blanche; pluie, neige et grésil à plusieurs reprises.
- AVRIL 1908. — SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 AVRIL 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du i3 au 19. — Le i3. Aire de pressions supérieures A 765 à travers l’Atlantique, des Açores au N. de l’Europe : Horta, 774; Bodoe, 773; minimum à Ajaccio, ^5i. Pluies sur le Centre et le S. de l’Europe; en France : Marseille, 24 mm; Biarritz, 5; Clermont, 2. Temp. du matin : Arkangel, —70; Paris, 4> Alger, 8; Puy de Dôme, — 1 ; Pic du Midi, • — 5 ; moyenne à Paris : 6°,7 (normale : 9°,2). — Le i4- Pressions élevées sur le N. de l’Europe : Christiansund, 777 ; Seydisfjord, 771; Valencia, 770; dépression sur l’Italie (755). Pluie sur le Centre et le Sud de l’Europe. En France : beau temps. Température du matin : Arkangel, —1 ; Paris, 3 ; Alger, c3 ; Puy de Dôme, —"4; Pic du Midi, —9; moyenne à Paris : 5°,9 (normale : 90,3). — Le i5. Situation analogue. Pressions maxima en Norvège (777). Dépression en Espagne et Algérie. Pluie dans les Pays-Bas et le Sud de FEurope. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, o°; Paris, 3; Alger, i5; Puy de Dôme, 1 ; Pic du Midi, — 8; moyenne à Paris : 8°,9 (normale : 9°,5). — Le 16. Aire anticyclonique du N.-O. au S.-O. de l’Europe; maximum en Ecosse (Stornavay, 779). La pression continue à s’abaisser en Espagne (Madrid, 756). Pluie au N. et au S. du continent; en France : Perpignan, 4î
- Clermont et Lyon, 1. Temp. du matin : Kharkow, o° ; Paris, 9; Alger, i3; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : i4°,i (normale : 9°,6|. — Le 17. Dépression sur toute l’Europe, surtout au N., au Centre et sur l’Espagne; une autre à l’extrême N. (Arkangel, 75i). Pluie au S. et à 10.; en France : mont Aigoual, 80; Marseille, 19; Biarritz, 12; Clermont, 5. Temp. du matin : Kharkow, 10 ; Paris, 8; Alger, 15 ; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : 12°, 1 (normale : 9®,7). — Le' 18. Baisse sur presque toute l’Europe; dépression sur la Baltique, 747, et sur le golfe de Gênes; hausse sur l’Islande : Seydisfjord, 773. Pluies sur le Centre et 10.; en France : Toulon, 8; Perpignan, Clermont, 3. Temp. du matin : Arkangel, —3; Paris, 4; Alger, 15 ; Puy de Dôme, 1; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : 5°,8 (normale : 90,8). — Le 19. Dépression sur la Baltique et le golfe de Gênes : Hel-singfors, 740; Nice, 744: Islande, 771. Pluies générales; en France : Lyon, 4; Clermont-Ferrand, Toulouse, 2; Nantes, 1 ; Belfort, Paris, neige. Temp. du matin : Arkangel, — 7 ; Paris, 4 ; Malte, 16 ; Puy de Dôme, — 6 ; Pic du Midi, — 9 ; moyenne à Paris : 4°,2 (normale : io°). Phases de la Lune : Pleine Lune le 16, à 5 h. 4 m. du s.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Parit (W
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1823 — 2 MAI 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- La solidification de l’hélium. — Dans nos Informations du n8 1819, 4 avril 1908, nous annoncions que le professeur Kamerlingh Onnes, de Leyde, avait réussi à solidifier l’hélium. M. Onnes avait été victime d’une de ceS illusions que les savants, même les plus consciencieux, ne peuvent pas toujours éviter; il le reconnaît lui-même fort loyalement : « La suite de mes expériences, dit-il, m’a prouvé que ce que j’avais observé au moment de la détente du gaz n’était pas un phénomène dû à l’évaporation de l’hélium solide, mais seulement un phénomène de solution de l’hydrogène solide dans l’hélium gazeux. J’ai communiqué à l’Académie d’Amsterdam une Note sur mes expériences qui, pour l’instant, laissent dans le statu quo la question de la liquéfaction de l’hélium »:
- L’action de la chaleur sur les diamants. — Deux Anglais, MM. Parsons et Swinton, se sont livrés à des recherches très précises relatives à l’action de la chaleur sur le diamant. Ils ont pris, pour ainsi dire, à l’envers le problème de la fabrication artificielle du diamant, et Ont recherché à quelle température cette pierre précieuse se transformait en vulgaire coke. Les expériences ont été faites de la manière suivante : le diamant, placé dans une coupelle de platine, était introduit dans un tube à vide ; ensuite on réalisait le vide le plus parfait au moyen d’une trompe à mercure, le diamant était alors soumis à l’action des rayons cathodiques provoqués par des décharges électriques à travers le tube, à vide; la température était indiquée par un pyromètre Féry. Le diamant passa successivement du rouge au rouge blanc,.et à la température de 1890° se transforme complètement en coke.
- Températures extrêmes auxquelles la vie est possible. — Les températures que peuvent supporter \ les organismes pour la chaleur ne dépassent pas en général 4o à 45°, point de coagulation de l'albumine. On connaît, cependant, des mollusques, des larves de mouches et de petits ascarides vivant8 dans des sources à 5o, 69 et 8i°. On peut adapter certains infgspirës ,à une .température de 70°. Quant au froid, Pictet a constaté que des poissons, des grenouilles, des myriapodes et des limaces supportaient impunément, pendant peu de temps il est vrai, — i5°y — 28°, — 5o° et — 120°. fies bacilles de la peste conservèrent la vie pendant plusieurs mois à — 3i°, ceux de la diphtérie supportèrent,— 6ô° et ceux de la tuberculose résistèrent à une immersion d’une heure dans un mélange réfrigérant de — ioo°. Ils succombèrent seulement à — i6o°. Même des streptocoques; du pus n’ont pas cessé de vivre après avoir été soumis à un froid de — 25-2°. Des résistances analogues contre le froid, ont été observées chez des graines, on a supposé que tous les organismes précités supportent si bien les basses températures, parce que l’albumine qu’ils renferment est dépourvue d’eau. On se rapproche ainsi du zéro absolu et l’on peut se demander, comme le fait Ciel et Terre, si quelque
- organisme aussi résistant ne pourrait pas, malgré le froid de l’éther, avoir passé d’un astre à l’autre (théorie de la panspermie interastrale).
- La silice fondue. — Les premiers objets de laboratoire en silice transparente étaient considérés comme* des curiosités d’un prix trop élevé pour avoir des applications pratiques. Cependant ils présentent de très grands avantages qui ont donné l’idée de chercher à les rendre industriels : résistance remarquable aux variations brusques de température et à l’action des réactifs chimiques. On a rendu le produit plus économique en fondant, non plus du quartz bien transparent comme au début, mais du sable siliceux; les bulles d’air qui restent alors dans la pâte n’ont pas grand inconvénient,. Puis on a trouvé uu procédé de fusion et de moulage au four économique qui permet d’obtenir des vases de très grande dimension a a prix de la porcelaine. A cet effet, on prend, d’après la Revue de métallurgie, un four dont le profil intérieur est celui de l’objet à fabriquer; une lame de charbon le traverse dans sa partie centrale ; elle peut être chauffée au blanc par un courant électrique intense et est percée de trous par lesquels on peut souffler de l’air:. Le four étant rempli de sable siliceux, on chauffe au blanc la plaque de charbon et on fond à la surface une certaine épaisseur du sable produisant l’enveloppe du vase désiré, que l’on vide alors en faisant écouler le resté du sable pulvérulent. Après, quoi, on donne un coup de feu pour rendre plus complète la vitrification de la silice et, brusquement, un coup d’air, donné par les canaux extérieurs de la lame de charbon, vient distendre la couche de silice fondue pour la coller et la mouler sur les parois du four. Elle prend ainsi des reflets soyeux très brillants dus à de nombreuses bulles , d’air étirées en canaux pendaut cet étirage.
- Le volcan Meru (Afrique Centrale). — A 70 kilomètres S.-O. du Kilimandscharo, le volcan Meru était; peu connu jusqu’à présent; il a été étudié d’abord par Fischer, von Hôhnel, comte Teleki, puis par Uhlig et; Jàger (1901-1906). Il a 463o m. de haut (4730 m.-selon* Stieler); sur son flanc Est s’ouvre une immense Caldera dans le genre de la Somma du Vésuve. Un plateau porte 14 lacs salés. La base de la montagne est très fertile et habitée par les Massaï et leurs troupeaux.
- Le froid à domicile. — Un jour viendra-t-il, I où, comme on fait maintenant pour l’eau, le gaz, l’électripité, des services publics assureront aux particuliers la distribution de chaleur à domicile ? Déjà un pas vient d’être fait dans cette direction, sous la forme de distribution de froid. D’après le Bulletin de la Chambre de Commerce française de New-York, cette intéressante innovation vient d’être accomplie par la ville de Kansas-City, qui, par abonnement, fournit l’élément frigorifique dans les maisons privées ; des canalisations, partant d’uné usine spéciale, amènent aux abonnés, dans des serpentins fixés sur les murs ou plafonds de leurs locaux, le
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- INFORMATIONS
- froid nécessaire à la conservation de diverses substances. Les principaux abonnés sont les bouchers, fleuristes, marchands d’œufs, de beurre, de légumes et de fruits, les hôtels, restaurants, crémeries. 11 faut souhaiter que cette initiative trouve des imitateurs. Par les grandes chaleurs d’été ne sera-t-il pas agréable d’avoir simple-, ment à tourner un robinet ou un commutateur pour obtenir une température fraîche.
- Salon de repos pour les demoiselles du téléphone.
- — M. Symian vient d’inaugurer au bureau de Gutenberg un salon de repos pour les demoiselles du téléphone. Ce salon très confortable leur permettra de venir, par instants, se reposer des fatigues de leur pénible métier. On ne peut qu’applaudir à cette intelligente mesure dont les abonnés seront, certainement, les premiers à apprécier les bienfaits. Notre collaborateur Pierre de Mériel, dans l’article qu’on lira plus loin, sur les jeux et exercices physiques dans les usines américaines, nous montrera qu il y a beaucoup à faire encore en France, dans cette voie où les Etats-Unis nous ont depuis longtemps précédés.
- Les transports en commun au XVIIe siècle. — Une
- importante fraction de la première ligne transversale du Métropolitain vient d’être ouverte au public ; elle réunit la station du Châtelet à la Porte de Clignancourt. On a pu lire, dans les quotidiens de la semaine dernière, les détails de l’inauguration officielle qui s’est faite avec grand éclat et où assistaient un ministre et de nombreuses notabilités. Il est curieux de rapprocher du cérémonial moderne celui qui fut pratiqué, en des circonstances presque analogues, le 19 mars 1662, lors de l’inauguration des carrosses à 5 sols, nos premiers véhicules de transport en commun. Le récit nous en est donné par M1116 Périer, la sœur de Pascal, dans une lettre que reproduit M. Vivarez dans son intéressante brochure, Voyages et voitures de jadis; les quatre premiers carrosses sont rassemblés à 7 heures du matin devant le Luxembourg « où se trouvèrent, en même temps, deux commissaires du Châtelet en robe, quatre gardes de M. le grand Prévôt, dix ou douze archers de la Ville et autant d’hommes à cheval. Quand toutes les choses furent en l’état, Messieurs les commissaires proclamèrent l’établissement et, en ayant remontré les utilités, ils exhortèrent les bourgeois de tenir main forte et déclarèrent à tout le petit peuple que, si on faisait la moindre insulte, la punition serait rigoureuse et ils dirent tout cela de la part du Roi. Ensuite ils délivrèrent aux cochers, chacun leurs casaques qui sont bleues des couleurs du Roi et de la Ville avec les armes du Roi et de la Ville en broderies sur l’estomac, puis ils commandèrent la marche ». Le succès de ces omnibus à leurs débuts fut considérable. Mme Périer constate qu’il y eut quantité de carrosses pleins et qu’il y alla même plusieurs femmes. Elle constate aussi un défaut dont ce genre de transports, malgré sa longue existence, ne s’est pas encore corrigé de nos jours : « On voit le monde dans les rues qui attend un carrosse pour se mettre dedans, mais quand il arrive, il se trouve plein; cela est fâcheux, mais on se console, car on sait qu’il en viendra un autre dans un demi-quart d’heure ; cependant, quand cet autre arrive, il se trouve qu’il est encore plein et, quand, cela est arrivé ainsi plusieurs fois, on est contraint d’aller à pied ».
- Prix d’Orchidées. — D’après la Revue horticole, une grande vente d’orchidées a eu lieu à Londres le 24 mars, à la suite du décès de M Francis Wellesley ; elle a permis de constater que, si les amateurs négligent un peu les espèces ordinaires et deviennent de moins en moins « collectionneurs », en revanche, les variétés de choix et les hybrides nouveaux maintiennent toujours leur prix, qui tend même à augmenter encore. La vogue revient décidément aux Cypripedium, et certaines variétés ou ffiybrides appartenant à ce genre se sont vendues fort cher; il faut citer au premier rang un hybride d’origine française, le C. Germaine Opoix, variété de Westfîeld, qui a réalisé le prix de 7860 francs ; le C. Æson giganteum a été vendu 5 775 francs ; le C. insigne Francis Wellesley, 2625 francs; le C. Talia Mrs Francis Wellesley, 2280 francs, etc.
- La disparition des vieux chênes en France. — Au
- moment où la question du déboisement est à l’ordre du jour (n° 1820), il peut y avoir lieu de noter un côté de la question autre que celui des effets hydrolo-
- giques et météorologiques sur lesquels on a surtout insisté : c’est la disparition rapide dans notre pays des bois de futaie, des gros bois de chêne, que la consommation ne réussit plus à se procurer et dont le prix montant incite les propriétaires à des destructions irréparables; car de tels bois demandent un siècle ou deux pour se reconstituer? D’après M. G. Hufl'el, dans Y Economiste français, les chênes sur pieds ont augmenté de 20 à 3o pour 100 en Autriche, Allemagne, Belgique, etc. Les forêts particulières de France, restées jusqu’à ces dernières années riches en gros arbres, sont saignées à blanc dans des proportions telles que nos exportations de chênes en grume et de sciage de chêne arrivent, depuis igo5, à dépasser sensiblement nos importations. On extrait actuellement de nos forêts au moins 200000 mètres cubes en gros chênes de plus qu’il y a dix ans, c’est-à-dire qu’on détruit 12000 à i5ooo hectares chaque année. Cette opération, commencée par des marchands de bois belges et allemands, est continuée par des sociétés qui achètent des 25 000 hectares de forêts à la fois pour les raser et revendre le terrain nu. Il est malheureusement peu vraisemblable dans les circonstances actuelles que l’on arrête une tendance trop naturelle des propriétaires à mobiliser leur fortune au lieu de la garder sous la forme de futaies improductives ; et il faudra sans doute se contenter bientôt du tiers des forêts qui appartient à l’Etat, tant que celui-ci ne trouvera pas utile pour ses finances d’imiter à son tour les particuliers.
- Utilisation des tournesols. — Le tournesol, ou soleil, l’ornement préféré de nos jardinets de banlieue, est cultivé dans certains pays pour ses usages industriels, en Russie notamment dans les provinces du Nord et du Caucase. Des graines, on extrait une huile qui sert dans la fabrication des savons, et même comme huile de cuisine. Les tiges et les feuilles sont incinérées pour en retirer la potasse. Le traitement des cendres de tournesol a donné en 1907 dans les 24 fabriques du Caucase i5 000 tonnes de potasse.
- Le Diplodocus au Muséum. — On prépare en ce moment, à la galerie de Paléontologie du Muséum d’His-toire Naturelle de Paris, la mise en place du moulage d’un des plus admirables représentants de la faune secondaire des Dinosauriens. Ce moulage du Diplodocus Car-negiei, dont l’original se trouve à Pittsburg, a été offert par le célèbre milliardaire Carnegie. Le moulage de Paris va se trouver à l’entrée de la grande galerie de paléontologie, il sera flanqué à droite de son cousin fossile, le grand Iguanodon de Bernissart, exposé de ce fait à paraître minuscule, et à gauche, pour compléter l’ensemble ébauché par le quadrupède et le bipède herbivores, une. place est réservée à un dinosaurien carnivore promis par l’éminent paléontologiste américain, M. Osborn.
- Les bibliothèques allemandes. — D’après la Revue scientifique, la bibliothèque royale de Berlin compte 1 23o 000 volumes ; Munich 1 110 000 ; Strasbourg 900 000 ; Gottingue 536 000; Leipzig 5ooooo.
- L’Université de Paris en 1908. — D’après le récent rapport général concernant la situation annuelle des établissements d’enseignement supérieur de Paris, le personnel y comprend aujourd’hui 285 maîtres : Faculté de droit, 43; Faculté de médecine, 82 (37 titulaires, 42 agrégés, 3 chargés de cours); Faculté des sciences, 62; Faculté des lettres, 78 (fitulaires, 35; adjoints, 10 ; chargés de cours, 28; maîtres de conférences, 10); de plus à la Faculté de médecine, il faut compter 29 chargés de cours, annexes de clinique. Dans l’ensemble, le personnel enseignant de l’Université de Paris compte 7 unités de plus que pendant la précédente année scolaire.
- L’influence de l’ensachage sur le raisin. — La
- pratique de l’ensachage est aujourd’hui tout à fait générale en viticulture. Quelle est exactement son influence, sur la qualité des raisins? C’est ce qu’ont cherché MM. G. Rivière et Bailhache en étudiant l’influence de l’ensachage sur le chasselas doré. D’après leurs recherches sur la composition chimique comparée de raisins ensachés et non ensachés il ressort que le jus contenu dans les grains des grappes ensachées est notablement plus riche en sucre que le jus renfermé dans les grains des grappes non ensachées, et que la proportion d’acide est moins élevée dans le premier cas que dans le second. C’est-à-dire qu’il y a une sensible bonification du produit résultant de l’ensachage.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Electricité
- Prise de courant pour lampes. — Cette prise de courant fort ingénieuse et pratique a été imaginée par un simple ouvrier électricien. Elle répond à une nécessité dont peuvent se rendre compte tous ceux qui ont à monter des lampes électriques à incandescence.
- On sait que les distributions d’électricité pour l’éclairage se font en général au moyen de 2 ou 3 fils ; les lampes se montent en dérivation sur ces fils, comme l’indique notre croquis (fig. 1). Les fils sont constitués en général, si l’installation est quelque peu importante par des câbles de dimensions respectables ; en tout cas, ces câbles, comme les fils de dérivation qui vont à la lampe, sont toujours recouverts d’une enveloppe isolante ; il faut donc pour monter une lampe, dénuder 4 câbles pour mettre à nu leur armature métallique, et les réunir deux à deux de façon à assurer un contact excellent.
- L’opération est longue et n’est pas toujours sans danger. L’appareil dessiné ci-contre permet de supprimer toute crainte d’accident, et rend l’opération presque mécanique.
- Les fils de la lampe sont tout d’abord fixés sur la monture en bois qui constitue le bâti de l’appareil; et ils viennent prendre contact à leur extrémité avec deux pla-
- Fig. i.
- Montage de lamp électriques en dérivation.
- Fig. 2.
- La prise de courant Mallier.
- quettes de cuivre disposées dans une rainure ménagée à à la partie supérieure de la monture.
- Les 2 câbles sur lesquels doit s’effectuer la dérivation s’engagent dans les 2 échancrures ménagées sur les côtés de l’appareil.
- La prise de courant s’y opère aisément en vissant à fond la vis représentée sur le dessin; elle pénètre, en effet, à travers le câble, arrive jusqu’à l’âme et prend ainsi un contact parfait avec elle ; d’autre part l’écrou, dans lequel tourne cette vis, porte une petite tige de cuivre qui vient prendre contact avec une petite plaque de cuivre disposée dans la rainure supérieure à peu de distance de la première plaque de cuivre indiquée plus haut.
- Les 2 vis sont ainsi serrées à fond sur les 2 câbles au moyen d’une clef spéciale, sans laquelle on ne pourra toucher aux connexions. A
- Mais le courant ne peut encore passer dans la lampe, car le contact n’existe pas entre les fils de dérivation et les câbles ; pour le réaliser, il suffit d’enfoncer dans la rainure, l’espèce de couvercle qui la surmonte sur le dessin ; ce couvercle est fait d’une tige en fibre isolante, il porte des plaques de cuivre formant relief, qui viendront établir le contact entre les 2 plaques où aboutissent respectivement le fil et le câble qui doivent être réunis. Rien de plus simple, comme manœuvre ; mais il y a mieux; cette tige de fibre qui constitue en somme un
- interrupteur pour chaque lampe, est aussi un organe de sécurité électrique et sert de coupe-circuit.
- Voyez comment sont constituées les plaques de prise de courant : deux parties isolées réunies entre elles par un fil fusible qui fondra si à un moment donné l’intensité passant dans les lampes dépasse la limite de sécurité. En somme, cet appareil donne un moyen rapide et sûr pour brancher une lampe électrique sur une distribution de force. Elle semble appelée à rendre de notables services, surtout dans les ateliers, les magasins et les chantiers, où semblable opération doit être fréquemment répétée. Enfin, l’appareil est d’un maniement simple et n’exige pas un long apprentissage. — S’adresser, à M. G. Mallier, 76, rue Chanzy, à Roehefort-sur-Mer.
- Appareils
- Le vaporisateur de couleurs et poudres Grube. —
- Au nombre des appareils à vaporiser les couleurs ou poudres et faisant fonction de pinceau ou crayon, il y a lieu de citer le vaporisateur Grube d’une grande simplicité. Cet appareil est composé d’un tube formant le pinceau ou crayon proprement dit, d’une arrivée d’air comprimé commandée par une soupape et d’un réservoir de couleurs commandé par une manette.
- L’air arrivant par le tube T (fig. 2) d’une source d’air comprimé quelconque, pompe ou bouteille, est comman-
- Fig. 1.
- Vaporisateur forme revolver
- dé par la soupape B. La couleur, de son côté, placée dans le récipient G passe dans un tube dans l’axe duquel se trouve une aiguille qui, commandée par la manette D, ouvre ou obture la sortie du liquide en E. L’air arrivant également à la sortie E aspire la couleur en la pulvérisant, tel un vaporisateur ordinaire de parfums. Le nettoyage de l’appareil se fait simplement en dévissant l’extrémité à laquelle est fixée l’aiguille.
- A ce petit modèle forme « crayon » il convient de citer le modèle forme « revolver » (fig. 1), pour la vaporisation des grandes surfaces.
- Le « crayon » est employé avec succès, surtout chez les dessinateurs pour la retouche des photographies destinées à être reproduites en clichés simili-gravure, pig_ — Vaporisateur forme crayon, comme celles qui
- paraissent dans ce Journal. Les lithographes, retoucheurs-photographes, décorateurs au pochoir pour frises d’ameublement sur papier, tentures, etc., emploient cet appareil. Certains papiers de fantaisie et repoussés sont décorés ainsi avec succès. La porcelaine pour les assiettes, les grès et terres cuites ainsi que le fer émaillé, et même les fleurs et plumes lui doivent d’heureux effets.
- Le vaporisateur Grube peut donc se prêter à des applications multiples et, quoique destiné à remplacer le pinceau, cet appareil mécanique laisse toute latitude au bon goût de l’artiste qui l’emploie. — Le vaporisateur Grube est en vente chez E. Kurzweil, 125, rue Montmartre.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Aspirateur de poussières « le Pulvor ». — Aux
- nombreux appareils déjà existant pour l’enlèvement des poussières dans les tapis, tentures, etc., en voici un nouveau, fort simple qui s’ajoute sous le nom du « Pulvor ». Il est constitué par un appareil aspirateur proprement dit, A (lig. i) portant une bouche d’aspiration amovible B. Cet appareil aspirateur est raccordé par un tube en caoutchouc ou autre à une prise d’air comprimé. L’air entrant en C passe par un robinet automatique D, puis dans le corps de l’appareil aspirateur A
- Fig. I. — L’embouchure de l’aspirateur Pulvor.
- dans le sens de la flèche. Les poussières aspirées par la bouche B se mêlent à l’air comprimé et sont entraînées par lui.
- A la sortie de l’appareil en E, est vissé un tube recourbé F (fig. 2) formant manche pour tenir l’appareil et à l’autre extrémité de ce tube est attaché un sac en tissu filtrant G. L’air chargé de poussières passe par le tube manche et vient se filtrer dans le sac où toutes les poussières se condensent. Le robinet automatique D est commandé par un levier terminé par un bouton et portant un ressort à boudin H. En posant l’appareil sur un tapis, le poids de l’appareil fait soulever le levier, ce qui
- ouvre le robinet d’admission d’air. Dès qu’on soulève l’appareil, le robinet se referme.
- Les caractéristiques de cet appareil sont l’absence d’organes en mouvement, sauf le robinet automatique, aucune surveillance comme dans le cas d’emploi de moteurs, la puissance d’aspiration est éminemment variable puisqu’elle est fonction de la quantité d’air qui passe dans l’appareil par unité de temps. Avec l’air de la Compagnie Popp, on peut obtenir des dépressions de 5o cm de mercure, on peut donc faire un travail considérable avec cet appareil. Le réglage très facile de la dépression, en ouvrant plus ou moins le robinet d’air, permet d’éviter l’usure des tapis de prix.
- Cet appareil peut s’utiliser
- Fig. 2.
- L’aspirateur de poussières en fonotionnement.
- dans toutes les maisons où existent des canalisations d’air comprimé (ascenseurs, monte-charges, etc.), ou. dans celles situées sur des voies desservies par les conduites de la Compagnie Popp, avec une simple canalisation de raccordement. Dans les autres cas, soit à Paris, soit dans les grandes villes de province, on peut utiliser le Pulvor avec les tubes d’air comprimé I qui se trouvent dans le commerce.
- Bref, l’instrument est d’un maniement très simple, peu encombrant et rendra de réels services pour le nettoyage des tapis, tentures, tapisseries, etc., sans mobilisation d’appareils et de tuyauteries embarrassants. — On trouve le Pulvor chez M. Goyau, 53, rue J.-J. Rousseau. R. P*
- Divers
- Nouvelle jalousie. — Cette nouvelle jalousie est constituée par deux faisceaux de lames verticales articulées entre elles de façon particulière et susceptibles de coulisser sur les deux tringles horizontales qui les supportent. Les deux faisceaux peuvent être développés ou repliés d’une quantité quelconque, séparément
- ou simultanément, avec une très grande rapidité.
- Dans la position de fermeture ou de développement, les lames laissent subsister entre elles une solution de continuité égalé au i/5 de leur largeur (8 mm. de jour pour 5o dé largeur de lames, en moyenne), de sorte que
- Fig. I. — Fenêtre avec la nouvelle jalousie, une moitié est ouverte, l’autre moitié repliée.
- la jalousie donne simultanément de l’ombre et de la lumière dans la proportion de 6 à 1.
- Cette disposition constitue la base des qualités essentiellement hygiéniques de cette jalousie, qui sont : pénétration de la lumière, renouvellement Constant et actif de l’air, et l’abaissement de la température. En
- I . . , -I . , I .--J l l L.
- Fig. 3, _ La jalousie faisant saillie sur le plan de la fenêtre.
- effet, si on considère que la jalousie détermine, sous l’action du soleil, des raies alternées d’ombre et de lumière qui constituent des tranches verticales dans lesquelles la densité de l’air est forcément differente, on comprend que l’équilibre se trouve de ce fait rompu et que Pair des tranches d’ombre tend à s’abaisser en
- Fenêtre cintrée avec « Jalousie Périer
- même temps que celui des tranches éclairées s’élève, et finit par s’échapper par les interstices de la partie supérieure de la jalousie.
- En outre cette jalousie est d’une grande simplicité et se prête aux installations les plus variées. — Cette jalousie dite « Jalousie Périer » se trouve 170, rue Michel-Bizot et 10, rue Lasson, à Paris (XIIe).
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- HYGIENE ET SANTE
- Les piqûres d’araignées.— Un lecteur de La Nature me demande si les piqûres d’araignées peuvent donner lieu à des accidents moidels. Les araignées sécrètent un venin qui leur permet de narcotiser, d’immobiliser et même de tuer l’insecte qu elles ont attrapé dans leur toile, mais ce venin n’a qu’une action fort peu prononcée chez les humains, tout au moins dans les régions tempérées et je neci'ois pas qu’on ait publié de cas de mort à la suite d’une morsure d’araignée des espèces ordinaires. Il y a des exemples d’irritation locale, d’accidents plus ou moins sérieux, mais pas de complications gravés et surtout pas de mort. Léon Dufour croit que c’est un danger purement imaginaire. Des expériences des plus nettes en sont la preuve.
- Walckenaer avait recueilli les plus grosses espèces d’araignées de la région parisienne ; il s’était fait piquer par chacune et il n’en éprouva que le désagrément d’une sensation analogue à celle d’une piqûre d’épingle sans avoir jamais eu d’inflammation locale, de rougeur ou d’œdème. Un autre savant, dans le midi de la France, Duges, avait également exposé son bras aux morsures des variétés d’araignées les plus grosses et soi-disant les plus redoutables, YEpeiris segestris, la Djsdère erythrine, la Clubione. Aucune des morsures n’a été suivie d’accidents.
- .La piqûre de la Dysdère, qui a des crochets longs et aigus, a détei'miné une sensation de cuisson vive et passagère ; de même avec la grande araignée des caves et des souterrains, la Segestris pei'flde ; malgré ses fortes mandibules, la plaie que détermine la morsure de cette araignée, quoique profonde et très apparente, n’est pas accompagnée dé réaction; la cuisson est vive, comparable à. celle de l’ortie, mais elle s'efface en quelques minutes. Un autre zoologiste, Lucas, s'est fait piquer par une espèce très venimeuse, la Malmignatte, et n’en <j. ressenti aucun malaise, en dehors de la sensation désagréable de la piqûre.
- D’une façon générale on peut donc affirmer que la
- morsure des araignées n’offre pas de gravité. On cite cependant quelques exemples de lésions inflammatoires assez sérieuses à la suite de piqûres d’espèces communes. S’agit-il d’une prédisposition morbide, d’une susceptibilité particulière du sujet, c’est possible. Je croirais plutôt à l’inoculation, en même temps que la piqûre, de germes microbiens que l’araignée aurait récolté sur sa toile ou sur les cadavres des mouches ou insectes devenus sa proie. On a parlé d’un cas de tétanos survenu à la suite d’une piqûre ; mais on sait que le bacille tétanique est répandu à foison sur le sol, dans les poussières mêlées de crottin d’animaux. Les plaies en contact avec la terre (chutes de cheval, accidents de voiture, etc....) sont susceptibles d’être suivies de tétanos et c’est pour cela que, dans cette variété de trauma-’ tismes, la plupart des chirurgiens font préventivement des injections de sérum antitétanique. Dans le fait rapporté par le médecin anglais Lawrence, la complication était peut-être survenue par un mécanisme analogue.
- Deux médecins de Lille, MM. Monteuuis et Dubar, ont donné leurs soins à une jeune malade qui vit, à la suite d’une morsure à la cheville, survenir une véritable gangrène localisée. J’ai eu, il y a bien des années, l’occasion de voir à la campagne la femme d’un métayer qui, se sentant piquée au coude, pendant qu’elle cherchait à tâtons dans le fond d’un placard obscur, écrasa du revers de la main l’insecte malfaisant, on put s’assurer qu’il s’agissait d’une araignée ; malgré que la peau fût peu sensible chez cette femme, il se développa un érythème avec lymphangite qui céda en quelques jours à des applications antiseptiques.
- Les faits de ce genre, peu graves on le voit, sont rares et on peut sans témérité dire que les morsures d’araignées sont sans danger. La seule précaution à prendre, bonne pour toutes les piqûres, c’est de laver la plaie avec soin et s’il se peut, avec de l’eau additionnée d’un agent antiseptique, acide phénique ou liqueur de Yan Swieten. Dr A. C.
- VARIÉTÉS
- * Formol et insectes. — Le Formol est devenu d’un usage courant dans nombre de branches scientifiques ; ses applications sont très diverses : fixation, conser-, vation de préparations anatomiques et d’échantillons 3 d’histoire naturelle ; antisepsie sous toutes les formes ; désinfection des objets et des appartements. Un emploi insuffisamment mis en valeur est celui du Formol comme insecticide, comme parasiticide. Déjà dans ma thèse sur a l’Importance des Insectes dans la transmission des maladies infectieuses et parasitaires », en 1898, j’attirais l’attention sur cette propriété insecticide du Formol. Depuis lors, j’ai pu vérifier maintes fois la valeur de ce produit à ce point de vue. Je veux aujourd’hui signaler seulement trois cas différents pour lesquels on peut fréquemment recourir à cet aldéhyde.
- Lorsqu’on a le malheur d’être envahi par des punaises, on sait du moins que leurs repaires se réduisent aux fentes produites dans les boiseries des lits, des plinthes, aux déchirures des tapisseries, aux tampons de laines et coutures des matelas. On peut donc facilement les y atteindre. Un lavage avec la solution formolée du commerce à 40 p. 100 tuera toutes les punaises qui-seront à découvert. Avec une seringue munie d’une aiguille fine, on injectera cette solution dans tous les trous, les fentes, les anfractuosités des lits ou des boiseries, des tapisseries, des murs. Chaque punaise touchée par la solution est presque instantanément tuée. Le'plus souvent, elle reste sur place, morte.
- Un lavage au Formol des parquets détruit les puces et leurs larves nichées dans les rainures.
- Un emploi analogue réussit parfaitement pour détruire les insectes qui rongent le bois, les meubles, les cadres.
- Avec une seringue de Pravaz, ou une autre de plus grande contenance, munie d’une fine aiguille, on injecte dans tous les trous du bois, soit la solution ordinaire de Formol, soit, de préférence, un mélange ainsi composé :
- Formol du commerce 4° pour 100 . . 2 tiers
- Essence de térébenthine............1 —
- Émulsionner le mélange en l’aspirant avec la seringue et le rejetant vivement et plusieurs fois dans le récipient, puis injecter doucement, lentement dans tous les trous, de façon à faire pénétrer profondément la mixture insecticide. Gette petite opération n’abîme ni le bois, ni la peinture, la dorure ni le vernis, et le lendemain on trouve le sol jonché de cadavres d’insectes.
- Après les meubles, les humains. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’employer avec succès dans des cas de phtiriase, d invasion des régions pileuses, quelles qu’elles* soient par des poux de diverses natures, la lotion suivante :
- Formol à 40 pour 100 ... 10 c. c.
- Acide acétique............ 5 —
- Eau de Cologne . . . . . . 100 ou 200 —
- (suivantla sensibilité.) Le plus souvent, après une seule lotion de quelque trois à cinq minutes, tous les parasites sont morts, les lentes, les œufs sont raccornis. Une fois les cheveux ou les poils séchés, on les lubréfie ainsi que la peau avec de l’huile de vaseline ou mieux un peu d’huile de coco ; en passant alors un peigne fin, on enlève tous les cadavres et toutes les lentes. Yingt-quatre heures plus tard, on pratique la même opération, par prudence. Il faut bien veiller à ne pas laisser pénétrer de cette mixture dans les yeux ou les oreilles, elle y déterminerait une irritation violente. Déjà les vapeurs qui se dégagent excitent un peu les muqueuses, mais sans danger. Un inconvé-
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- VARIETES
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- nient résultant de la puissante propriété de dessiccation du Formol est que la main servant à faire la friction sera rendue pour quelque temps un peu sèche et rude, inconvénient minime à côté de celui de l’intrusion parasitaire et auquel on peut facilement obvier par l’emploi d’un gant de caoutchouc.
- Après M. Tourrou, de Bordeaux, j’ai essayé l’usage de frictions et de compresses au Formol dans des cas de gale. Lorsque l’invasion n’est pas trop ancienne, les résultats sont excellents; le formol pénétrant jusqu’aux acares les détruit. La meilleure méthode est la suivante : i° Enduire abondamment les parties atteintes avec du savon noir liquide qu’on laisse sur la peau pendant environ une heure; 20 laver à l’eau chaude; 3° lotionner avec une solution de Formol du commerce coupée de moitié eau distillée, et laisser sur place les compresses imbibées de la solution pendant un quart d’heure. Ce traitement est parfois un peu douloureux lorsqu’il est appliqué sur des régions à peau délicate et très innervée. Mais il est plus simple et plus rapide que le traitement par le soufre.
- A ces faits, j’ajouterai que, dans le traitement des troubles apportés à l’organisme humain par les Insectes, le Formol m’adonné des résultats très intéressants. J’ai publié, il y a déjà quelques années, une formule de mixture pour cautériser et panser les piqûres de moustiques ; mixture que j’ai employée des milliers de fois aux Colonies et qui m’a rendu de très grands services. Car non seulement elle évite la douleur et obture la piqûre, mais appliquée de suite elle a bien des chances, grâce à la rapidité et à la puissance de pénétration du Formol, à sa grande affinité pour les matières organiques, de neutraliser le venin injecté et ses diastases, et même de détruire les germes vivants, les parasites sanguins que le moustique laisse dans la plaie.
- L emploi de cette mixture peut s’étendre d’ailleurs, avec bons effets, à toutes les piqûres d’insectes. Il serait
- même très intéressant de voir si l’application de cette composition formolée ou d’une autre à base de Formol, faite aussitôt après la piqûre d’une mouche tsé-tsé, ne détruirait pas le protozoaire infectieux au point même de pénétration.
- Cette formule qui a été reproduite un peu partout est
- la suivante :
- Formol à 40 P- 100..................i5 gr.
- Acide acétique...................... o gr. 5o
- (ou mieux : acétone..................... 4 gr-)
- Xylol............................... 5 —
- Baume du Canada..................... x —
- Essence de badiane.................. Q. S.
- Agiter le flacon et, avec le bouchon, qui peut être muni d’une petite rondelle de feutre, toucher largement la piqûre aussitôt qu’elle est faite.
- J’ai encore employé d’autre façon, avec heureux effet, le Formol, à la suite de piqûres d’insectes. En voici une observation. Une jeune femme est piquée au petit doigt de la main par une guêpe. Réaction locale peu intense, mais qui rapidement se généralise et prend la forme d’une éruption urticarienne intense couvrant le corps entier, avec sensation de brûlures et de démangeaisons très douloureuses. Me basant sur l’action calmante du Formol dans les piqûres de moustiques et sur sa propriété astringente, je fis pratiquer une lotion de tout le
- corps avec :
- Eau de Cologne............ \ . . . 5oo gr.
- Formol.......................... . 5 —
- Glycérine......................... 10 —
- suivie de poudrage à la poudre d’amidon avant dessiccation de la peau. Presque instantanément la démangeaison cessa et l’éruption diminua.
- Le Formol est donc bien, d’après ces faits différents, un auxiliaire pi’écieux pour quiconque doit lutter contre les insectes et leurs méfaits. Dr P. R. Joly.
- HSe
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Liquide barométrique. — Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé la composition de liquides barométriques. Voici un mélange qui permet d’annoncer assez exactement les variations atmosphériques importantes : on pulvérise ensemble 8 gr. de camphre, 4 gr. de nitrate dépotasse, 2 gr. de nitrate d’ammoniaque; on dissout dans 60 gr. d’alcool et l’on place la dissolution dans une bouteille allongée; on ferme cette bouteille d’un morceau de vessie percé d’un coup d’épingle, pour lais--ser l’air en contact avec le liquide. Si l’atmosphère est sèche et que le temps promette d’être beau, toutes les particules solides en suspension dans le liquide se réuniront au fond, et le liquide surnageant sera limpide. A l’approche d’un changement de temps devant amener la pluie, les particules solides tendent à monter graduellement, les petites étoiles cristallines se forment au milieu du liquide qui reste clair. A l’approche des grands vents, le liquide s’épaissit, et prend une apparence de fermentation, tandis que des masses de matières solides viennent former comme une feuille à la surface.
- Patinage du cuivre. — Un procédé simple et rapide consiste à plonger les objets à patiner dans une eau légèrement alcaline (par exemple, i,5 gr. de soude caustique pour 1000 centimètres cubes). Après quelques jours, une semaine au plus, l’opération est terminée. Si l’on a fait au préalable un bon décapage des pièces, la couche d’oxyde est très adhérente. (Communiqué par M. Courtonne, de Barcelone.)
- Colle à la caséine. — Une solution de tanin ou une décoction de noix de galle est additionnée de lait de chaux clair jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de précipitation et que le liquide surnageant bleuisse le papier de toux'-nesol rouge. Le précipité est du tannate de chaux; on le sépare, sèche et pulvérise ; on le mélange ensuite avec de la caséine : 90 parties de caséine pour iode tannate. Pour l’emploi, on mélange la poudre avec, de [l’eau; on obtient une pâte collante qui, une fois desséchée est très
- dure et complètement insoluble dans l’eau, le pétrole et l’huile. Elle est donc d’un emploi commode et peut être précieuse en bien des cas.
- Fabrication de verres opaques. — Les matières les plus employées pour produire l’opacité du verre sont l’acide stannique, la cendre d’os, le guano, la cryolithe, la pegmatite, le spath fluor mélangé avec du feldspath.
- Voici quelques formules, donnant de bons résultats : i° sable 100 parties; cendres d’os, 3o ; potasse, 23; borax, 12; arsenic, i,5; — a0 sable 100 parties ; spath fluor, 22; feldspath, 19; soude, 20; minium, 40; arsenic, 1 ; — 3° sable, 100 parties ; soude, 20 ; cryolithe, 8 ; spath fluor, 10; feldspath, 12; arsenic, 1.
- Les verres opaques jaunes s’obtiennent par addition de sels d’Uranium ou d’Argent. La couleur vei'te s’obtient au moyen de sels de chrome, ou de sulfate de cuivre.
- Élixir dentifrice à l’eau oxygénée. — Les élixirs dentifrices sont légion. En voici un nouveau facile à préparer et qui donne d’excellents résultats : alcool à 908, 75 grammes; menthol, 1; thymol, 1; eau oxygénée, 180; teinture de ratanhia, 5 grammes.
- Contre l’incendie. — Tout le monde connaît les grenades contre l’incendie; il suffît de les jeter dans un foyer pour l’éteindre instantanément. Ces engins, précieux pour conjurer les cas d’incendie ont le défaut de coûter cher. On peut aisément les fabriquer soi-même à peu de frais. Il suffît de faire dissoudre dans 3o litres d’eau, 10 kg de sel ordinaire et 5 kg de sel ammoniac ; de cette dissolution on remplira ensuite des bouteilles que l’on fermera hermétiquement.
- Ciment résistant aux acides. — Faire un mélange ayant la composition suivante : amiante, 1 partie; sable fin, 1 partie; silicate de soude à 3o° B, 6 à 8 parties. La masse ainsi obtenue se pétrit aisément, durcit à l’air, devient insoluble dans l’eau, résiste aux acides et à la chaleur.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un Intérêt général qui lui soqt signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — N° 1822, 25 avril 1908, p. 332, article sur Y Europe préhistorique, col. II, lig. 3 du bas, au lieu de : à l’Ouest et à l'Occident, il faut : à l'Orient et à l’Occident.
- Renseignements. — M. D.M,,k Cannes. — L’adresse indiquée suffit parfaitement : Manufacture d’horlogerie de Béthune, à Béthune (Pas-de-Calais).
- M. G. de Saint-André, au Parc Saint-Maur. — Le baromètre de l’Observatoire du Parc Saint-Maur a .été déplacé le xei janvier 1903; son altitude, jusque-là de 49,3o m., a été portée à 5o,3o m. L’erreur que vous signalez provient effectivement d’une erreur d’impression; nous la corrigeons dès le présent numéro, et nous vous remercions de nous l’avoir signalée.
- M. G. Mortreux, à Beauval. — Tous nos remerciements pour le renseignement donné, que nous transmettons à notre abonné.
- M. Béjot, à Levallois-Perret. — Rectification au renseignement précédemment donné : vous trouverez dans le 2° volume de nos Recettes et procédés utiles, p. 323-3a8 (Masson et ,Çie, édit.), une notice complète sur le sturm-glass, trop longue pour être reproduite ici; plusieurs formules y sont indiquées, entre autres celle-ci : alcool à 8o°,8o gr. ; salpêtre, 6; chlorure ammoniacal, 6; camphre, 6; eau distillée, 200.
- M. II. V. d. B., à Anvers. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant spécialement de la haute fréquence. Vous trouverez ce sujet traité dans tous les bons ouvrages, Y Electricité générale, par exemple, 1 Electricité et ses applications, par M. Rebond, chez Béranger, i5, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. le Dr F. Fée, à Nantes. — Nous mettons à l’étude la question que yous nous signalez et nous publierons un article à son sujet s’il y a lieu.
- M. B. /., à Arles. — A notre' vif regret, il nous est impossible de vous donner le renseignement demandé que nous ne possédons pas et qui est en dehors de notre domaine.
- M. Scandroglio, à Legnano (Italie). — Veuillez vous reporter à notre n° 1817, 21 mars 1908, vous y trouverez, dans l’article intitulé Photographie intégrale, l’exposé complet de la découverte de M. Lippmann.
- M. Redier, à Paris. — Nous ne connaissons pas la formule exacte de l’alliage dit « Constantan ». Il nous paraît prudent de vous adresser, pour remplacer le fil de votre pyromètre, au constructeur même de cet appareil. Sinon vous vous exposeriez à modifier complètement les indications de votre appareil.
- 'M. P. P., à Coulommiers. — Voyez le journal La Construction moderne, 13, rue Bonaparte, Paris. Pour détruire la vermoulure du bois, le plus simple est de boucher tous les trous qui apparaissent extérieurement sur vos meubles, avec de l’alun calciné en poudre qu’on passe dans le trou. On met dessus un peu de mastic auquel on donne la coloration du bois. Voir aussi dans ce même numérp l’article sur le formol et les insectes.
- M. H. Jeanson, à Paris.— L’expérience pratique a été
- faite. L’appareil Malécot peut être considéré comme un cerf-volant monoplan constamment maintenu au sol par sa nacelle de lestage, bien que cette dernière soit soulevée ; comme tous les corps pesants elle est soumise à l’action de la pesanteur et son point fixe est le centre de la terre. L aéronef est donc pratiquement constamment relié au sol par la pesanteur et se comporte comme un cerf-volant monoplan, lequel marche contre le vent. En effet, si de la main droite on pince la corde d’un de ces cerfs-volants que l’on tient de la main gauche et qu’on l’abandonne ensuite, le cerf-volant se met aussitôt en marche en diminuant son obliquité, de telle sorte qu’il se place presque horizontalement au-dessus de la tête de l’opérateur. D’ailleurs, les grands oiseaux planeurs pratiquant le vol à la voile (albatros, condor, vautour d’Egypte) s’élèvent contre le vent et avancent sans battement des ailes en modifiant l’angle d’attaque de ces ailes.
- Dans la plupart des cas, l’appareil cherchant à s’élever contre le vent sans le secours de son hélice, commencera par reculer parce que, pour faire monter l’appareil, il faut que la composante verticale soit supérieure à la pesanteur ; mais dès que le pilote diminuera l’angle d’attaque de façon à annuler le mouvement vertical tout en conservant une composante suffisante pour maintenir l’appareil en sustentation, celui-ci ne pouvant ni monter ni descendre, la résultante se traduira par une force qui pousse le système en avant. De prochaines expériences reprendront au commencement du mois de juin au champ de manœuvres d’Issy-les-Moulineaux, et cette question sera particulièrement étudiée.
- M. Cacheut, à Châlons-sur-Marne. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant le sujet que vous nous signalez.
- M. G.-L. Lorraine. — Pour le microphone, veuillez vous adresser à la Société Industrielle des Téléphones, 25, rue du 4-Septembre. Liniment contre les brûlures : composer un mélange en parties égales d’huile d’olive et d’eau de chaux et l’appliquer sur la brûlure au moyen d’ouate. Un mélange en parties égales d’huile d’olive et d’eau de baryte, donne encore de meilleurs résultats. Enfin, si la brûlure est profonde, l’emploi de l’acide picrique, ou encore de l’aristol est à recommander.
- M. R. Catoir, à Moraypré. — i° Nous ne connaissons pas la machine à calculer dont vous parlez. — 20 II s’agit d’une réclame de fabricant, ne présentant aucune garantie. — 3° Le phénomène que vous signalez est bien connu, il y a simplement électrisation du caoutchouc par le frottement.
- M. Lamirault, à Montpellier. — Revue traitant de l’architecture moderne : la Construction moderne, chez Aulanier, 13, rue Bonaparte, Paris. La même maison a publié sur cette question plusieurs ouvrages de valeur parmi lesquels il vous sera aisé de faire un choix.
- M. Motenot, à Givors. —Malgré nos recherches, nous ne savons pas à quel objet vous faites allusion; le plus simple d’ailleurs serait de vous adresser à un électricien qui vous donnera, croyons-nous, satisfaction sans difficulté.
- M. F. D., Le Croisic. — Yous trouverez une réponse sommaire à votre question dans la boîte aux lettres du numéro 1757 du 26 janvier 1907; pour plus de renseignements, il faudrait écrire au service géographique de l’armée, où il a été publié une notice explicative.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précèdent numéro
- Le béton armé et la défense des côtes : Henby Bottgeois. — Le vieillissement lifttif des vins : G. Loucheüx. ;— Une disposition nouvelle des cales de navires : Daniel Bellet. — La forteresse du Chaberton, ; A. Steryal. — L’Europe préhistorique : Jean-Paul Lafitte. — L’éclairage des trains par l’acétylène dissous : Dr Georges Vitoux. — La disparition de l’anneau de Saturne : Em. Touciiet.
- Supplément. — Le Congrès de mathématiques à Rome. — Une étoile variable de type rare. — Aspect du 90 satellite de Saturne.
- — Service météorologique et télégraphie sans fil aux États-Unis. — Fabrication de l’acier électrique, etc. — Succédanés du café. — Conjonctivite printanière.
- Les arriérés scolaires, par R. Cruchet, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Bordeaux, médecin des maladies nerveuses à l’hôpital suburbain des enfants. Une monographie gr. in-8* de Y OËuvre médico-chirurgical, Masson et Cie, éditeurs. Prix : Ifr,25.
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- BIBLIOGRAPHIE
- ^ L’auteui' cherche à établir une base générale, pratique, pour l’étude des arriérés scolaires. On lira surtout avec intérêt les passages concernant le traitement de l’arriération.
- Les Etapes du Progrès. — Voyages et Voitures de jadis, par Henry Vivarez, président de la Société « Le Vieux Papier », brochure de 22 pages. Chez Lefebvre-Ducroq, imprimeur à Lille.
- Histoire de la Terre, par Ch. Sauerwein. In-8°, 79 fig., Schleicher frères, Paris. Prix : 1 fr. 5o.
- Histoire vulgai’isée des étapes par lesquelles notre globe a passé, depuis ses origines jusqu’à nos jours, avec un appendice sur l’océanographie.
- Toute la Chimie minérale par VÉlectricité, par Jules Séveuin. In-8 de 800 pages, avec66 fig. Broché, 25 fr.; cart., 26 fr. 5o. (H. Dunod et Pinat), Paris.
- Le but de cet ouvrage, qui est le résultat des longues recherches personnelles de l’auteur, et qui forme un tout vraiment original, a été de tout produire par l’électricité. Il présente, pour les analyses, un système nouveau, au moyen d’un seul dissolvant : chaque métal s’y dépose à son rang, et une balance ou Rhéobar arrête le courant après le premier métal déposé. Dans les cas d’exception, où ce système ne réussit pas, il indique le moyen d’y parer. Il traite également des fabrications diverses, nickelage, zin-guage, étamage, cuivrage, platinage, etc.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET , FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 avril 1908 . 2° 2 N. N. W. 4. Peu nuageux. 0,7 Gelée blanche ; pluie, neige et grésil par intervalles.
- Mardi 21 « 0° 2 W. S. W. 1. Nuageux. 0,0 Gelée blanche; nuageux le m.; couvert le s.; pluvieux à 17 h.
- Mercredi 22 5°,7 S. 2. Couvert. 0,5 Rosée; très nuageux; pluie de 18 h. 15 à 18 h. 45.
- Jeudi 23 6°.9 S. S. W. 3. Pluie. 1,4 Pluie de 5 h. 40 à 9 h., très nuageux; halo à 12h.
- Vendredi 24.... . 7°.8 S. S. W. 3. Couvert. 0,8 Pluie de 9 h. à 11 h. 40; très nuageux.
- Samedi 23 l°.l S. S. E. 2. Nuageux. 1,1 Gelée blanche ; nuageux ; pluie l’après-midi ; averse de grésil à 16 h.
- Dimanche 26 2°,5 S. S. W. 3. Nuageux. 3,5 Gelée blanche; halo; pluie dans la soirée; presque couvert.
- AVRIL 1908. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 AVRIL 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 20 au 26. — Le 20. Basses pressions sur tout le continent; minima sur la Finlande, 741 mm; Kiev, 743; Nice, 748; Islande, 764* Pluies sur toute l’Europe; en France : Nancy, 5 mm; Calais, 3; Besançon, 2; Nantes, Paris, 1. Température du matin : Uleaborg,
- — 70; Paris, 2; Alger, 14; Puy de Dôme, —7; Pic du Midi, — i3; moyenne à Paris : 2°,6 (normale : xo°,i). — Le ni. Hausse barométrique sur l’O. : Bretagne, 763 ; Danemark, 740; Italie, 748. Pluies générales; en France (neiges) : Besançon, 6; Limoges, Biarritz, 4; Bordeaux, Nantes, 1. Temp. du matin : Belfort, —5; Paris, —3; Pic du Midi, —19; moyenne à Paris : 5° (normale : io°,2). — Le 22. Sur la Baltique, 742; sur le S.-O. de l’Europe, pressions supérieures à 760; Irlande, 772. Pluies générales ; en France : Dunkerque, 4: Lorient, 3; Brest, Limoges, 2. Temp. du matin : Hapa-randa, —5; Paris, 6; Malte, i4; Puy de Dôme, —4; Pic du Midi,— 9 ; moyenne à Paris : 8° (normale : io°,3).
- — Le 23. Basses pressions générales, sauf en Islande (769) et au S. du continent. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe; en France : Nantes, 5; Lorient, Nancy, 3; Rochefort, Le Mans, 2. Temp. du matin : Hernosand,
- — 2; Paris, 7; Palerme, 11; Puy de Dôme, ;—2; Pic
- du Midi, —8°; moyenne à Paris : io°, 1 (normale : io°,5). — Le 24. Baisse sur l’O. et le S. : Nord de la France : 742; hautes pressions en Irlande et sur les Açores. Pluies abondantes sur l’O. de l’Europe; en France : Besançon, Ouessant, 17; Nice, 16 ; Cherbourg, 13 ; Clermont-Ferrand, 8; Paris, 1. Temp. du matin : Kuopio, —3; Paris, 8; Perpignan, 16; Puy de Dôme, — x; Pic du Midi, —9; moyenne à Paris : 5°,6 (normale : io°,6). — Le 25. Dépression profonde sur l’O. de l’Europe : Cherbourg, 744; au N.-E. du continent, 775. Pluies sur l’O.; en France : très abondantes sur l’E. et le S.-E. : Gap, 35; Besançon, 32; Nice, 11; Brest, 10; Rochefort, 6; Paris, 1; neige au N.-O. Temp. du matin : Arkangel,—3; Paris, 1; Alger, i5; Puy de Dôme, —5; moyenne à Paris : 3°,9 (normale : io°,7). — Le 26. Hausse sur l’O. de l’Europë; très hautes pressions sur le N. : Arkangel, 774, et sur l’Algérie. Pluies sur l’O. et le S. ; en France : Bordeaux, 24; La Hague, 17; Besançon, 9; Nice, 6; Paris, 1 Temp. du matin : Belfort, 1; Pai’is, 2; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —4; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : 5°,3 (normale : io°,9). — Phases de la Lune : Dernier Quartier, le 22, à 7 h. 16 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- N° 1824 — 9 MAI 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- M. de Lapparent. — Au moment de mettre sous presse, nous apprenons la mort de M. de Lapparent, l’éminent secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences qui avait bien voulu si souvent collaborer à La Nature et dont la perte subite excitera chez nos lecteurs comme chez nous des sentiments de douloureuse sympathie. Dans notre prochain numéro nous consacrerons un article à son oeuvre qui a été considérable et qui a marqué une date dans l’histoire de la Science.
- Les progrès de la météorologie. — Dans un rapport récent, M. Bouquet de la Grye a montré les nouveaux progrès de la météorologie. Aujourd’hui le problème de l’annonce des coups de vent est résolu huit fois sur dix. En 1907, la proportion des tempêtes annoncées par le Bureau Central a été de 73 pour 100 et de 78, en ce qui con-cei*ne la direction et la force du vent. Quant au contrôle des avis agricoles, il s’est également montré de la même efficacité et il a porté sur 80000 observations. Un pro-* grès noùveau se prépare, par suite de l’obtention des dépêches donnant l’état météorologique de l’Islande. Qn sait en effet que la plupart des cyclones dont l’influence se fait sentir en France abordent l’Europe occidentale en passant au nord de l’Angleterre. Les grands Etats européens avaient tous les matins des dépêches venant de l’Islande et des îles Féroé (par câble) qui ne nous arrivaient que par Contrecoup, et seulement le lendemain. Grâce au ministre de l’Instruction publique et au parlement sollicités par le directeur du Bureau central, un abonnement avec la grande Compagnie des télégraphes du Nord a été consenti. Le service fonctionne depuis le Ier février et l’utilité pratique de ces dépêches s’est affirmée de suite. Le 21 février à sept heures, la pression était supérieure à 760 sur toute la France et atteignait même 770 au fond du Golfe de Gascogne, mais les dépêches d’Islande indiquaient une pression de 733 à Sey-disfjord et de 725 à Reykjavik, avec baromètre en baisse. Bien que la situation atmosphérique fût encore absolument calme sur la Manche et la Bretagne, le Bureau central envoyait aux sémaphores dans la journée, à trois heures trente, l’ordre de hisser les cônes. Le lendemain matin, le vent commençait à fraîchir ; il soufflait en tempête sur la Manche et l’Océan dans l’après-midi et pendant toute la nuit suivante. C’était le début des mauvais temps qui ont duré jusqu’à la fin du mois. Cette tempête, qui a été annoncée exactement vingt-quatre heures d’avance, n’aurait certainement, sans les dépêches d’Islande, été signalée que le lendemain matin, et les sémaphores auraient reçu l'ordre de hisser les cônes quelques heures à peine avant le début du coup de vent.
- Variations du degré géothermique. — Selon le professeur Kônigsberger ( Verhandlungen d. k. k. geol. Reichsantalt in Wîen, les résultats relatifs au degré géothermique pourraient se classer par régions, en six groupes : i° Contrées plates, à roches de composition chimique uniforme : i°par 33 mètres ; 20 Idem, au voisinage de gran-
- des masses d’eau : de 40 mètres (Tokio) à i3o mètres (Dunkerque) par i°; 3° Montagnes : 27 mètres (Pregny près Genève) à 65 mètres (Pzibram) par i°; 4° Régions à roches éruptives récentes : 11 mètres (Souabe, Neuffen) à 24 mètres (Sulz sur le Neckar) par i°; 5° Régions sablonneuses à mauvaise conductibilité : 20 mètres (Ghadames, Buenos-Ayres) à 28 mètres (Yakoutsk) par i°; 6° Régions houillères et pétrolifères : i5 mètres (Anzin) à 3o mètres (Flénu) ; régions minières : 10 mètres (Idria) à 17 mètres (Comstock); 70 Mines à forte ventilation :3i mètres (Freiberg) à 41 mètres (Schemnitzj.
- Le pétrole russe en 1907. — La baisse de la production pétrolifère russe depuis 1905 est bien connue. Au lieu de 706'millions de pouds (le poud =16,38 kg) qu’on avait atteints en 1901, on était descendu à 453 en igo5 à la suite des troubles révolutionnaires. En 1907, on n’est encore remonté qu’à 515, dont 47$ pour Bakou et 40 pour Groszny. Les grèves y sont pour beaucoup ; mais, comme le fait remarquer le Comité des intérêts français en Russie, il y a une cause plus grave, parce que permanente; c’est l’épuisement progressif du champ pétrolifère de Bakou, que manifestent l’augmentation des profondeurs de puits, la diminution de leur rendement moyen et le pourcentage des puits stériles. D’après des chiffres publiés en Russie, dont il y aurait peut-être lieu de discuter le détail mais dont l’impression d’ensemble est tout au moins exacte, de 1896 à 1906, la profondeur, exprimée en sagènes (de 2,i34m.) a passé: dans le district de Balakhany, de 100 à 123, dans celui de Romany, de i63 à 208, dans celui de Bibi-Eybat, de 163 à 251. Le rendement moyen d’un forage (en milliers de pouds) est tombé : à Balakhany, de 295 à 90, à Bibi-Eybat, de 1995 à 5o3. Le pourcentage des forages abandonnés a monté de 16 à 40 pour 100 entre 1896 et 1907. Si, malgré tout, la production se maintient* au chiffre actuel, c’est que, d’année en année, on augmente le nombre des forages entrepris (38g4 dans les neuf premiers mois de 1907 contre 1072 en 1896). La conséquence d’une diminution si sensible a été la disette du pétrole et surtout des résidus de pétrole, ou mazouts, si employés pour le chauffage en Russie. Une grande partie du naphte brut extrait a été mélangée aux résidus et non employée à la fabrication du pétrole. Les prix ont été, en conséquence, fort élevés durant 1907 : 29,5 copeçks par poud pour les résidus et 28,7 pour le naphte brut au lieu de 21,8 et 20,4 en igo5. De 1901 à 1907, la hausse a été de près de 4°° pour 100. Depuis igo5, les expéditions du Caucase ont été notoirement insuffisantes pour la consommation de la Russie et les stocks se sont épuisés. Le pourcentage des exportations de 1906 et 1907 a été environ le quart de celui de 1904. Néanmoins, actuellement le ralentissement industriel commence à déterminer la baisse et un mouvement se produit en Russie pour remplacer le pétrole par le charbon dans certains de ses usages.
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- INFORMATIONS
- L’action de l’oxygène sur les métaux. — MM. Jor-dis et Rosenhaupt viennent l'écemment d’étudier l’oxydation, par l’oxygène et par l’air secs et humides, de divers métaux usuels : cuivre, zinc, étain, et des alliages de zinc et d’étain avec le cuivre. L’oxygène et l’air, secs ou humides, n’attaquent pas ces métaux à la température ordinaire ; le cuivre est attaqué au-dessus de 6o°, l’étain au-dessus de ioo° et le zinc au-dessus de i8o°. Au-dessous de zoo0, le cuivre et le zinc sont attaqués un peu moins rapidement par l’oxygène humide que par l’oxygène sec; au-dessus de 2000, c’est l’inverse qui a lieu. Il en est de même pour l’étain au-dessus et au-dessous de 2000. L’air réagit sur le cuivre plus énergiquement que l’oxygène. Cette influence de l’humidité et de l’azote peut s’expliquer par la formation de petites quantités d’eau oxygénée et de composés oxygénés de l’azote qui rendent l’oxydation plus active. La rapidité de l’oxydation dépend en outre de l’aspect extérieur du métal et des propriétés physiques de l’oxyde formé. Les alliages définis se comportent d’une façon différente de leurs composants ; mais, si l’un des métaux se trouve en excès, on retrouve pour l’alliage les propriétés atténuées de ce métal.
- Statues naufragées à Carthage. — D’après une Note de M. Merlin, directeur des antiquités de Tunisie, on vient de retrouver récemment dans la mer, à 7 km de la côte carthaginoise des statues ou fragments de statues de bronze. Il est probable que ces précieuses épaves s’étaient ainsi échouées à la suite d’un naufrage.
- Sur les propriétés chimiques de l’argon et de l’hélium. — On sait que ces nouveaux gaz de la chimie sont remarquables par leur inertie qui les empêche de se combiner aux autres corps ; Berthelot avait effectué à ce sujet sur l’argon quelques expériences dont les résultats avaient fourni des conclusions peu décisives, et l’on peut dire que, jusqu’ici, personne n’avait réussi à obtenir, ni des combinaisons chimiques de l’argon, ni des combinaisons chimiques de l’hélium. M. Cooke a publié, dans cet ordre d’idées, quelques nouvelles recherches, en opérant à température élevée, ce qui doit faciliter l’obtention de ces combinaisons, si, comme il est vraisemblable, elles sont exothermiques.
- Dans ce but, il a vaporisé divers éléments dans l’un et l’autre gaz à des températures variant de 1200 à x3oo°. et a mesuré la densité des vapeurs complexes ainsi obtenues: s’il s’était produit une combinaison, elle serait caractérisée dans ces conditions par l’existence d’une densité de vapeur supérieure à celle qui devrait résulter du simple mélange et l’existence d’une combinaison serait ainsi démontrée indirectement.Opérant sur six éléments : zinc, cadmium, mercure, soufre, sélénium, arsenic, on a constaté que le zinc paraît se combiner à l’argon,mais non à l’hélium; que le cadmium paraît se combiner à l’hélium, mais non à l’argon. Les résultats sont douteux pour le mercure; l’arsenic et le soufre ne semblent donner aucune combinaison, tandis que le sélénium se combinerait aux deux gaz, argon et hélium.
- Nouvelle plante oléagineuse. — Cette plante appelée Myristica Sebifera croît au Guatémala. De ses graines on peut extraire une substance grasse qui a le goût et l’odeur du beurre de cacao. Cette substance fond à 37°; elle est soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme et la térébenthine. On peut l’employer pour fabriquer des savons, des bougies, des parfums et divers produits pharmaceutiques. On peut s’en servir pour l’alimentation, car elle ne rancit pas.
- Corindon artificiel. — On sait que le corindon n’est autre que de l’alumine cristallisée colorée parfois par des traces d’un sel métallique. On peut l’obtenir artificiellement par le procédé suivant qui revient à réduire un oxyde par l’aluminothermie ; on mélange 100 gr. de borax fondu et pulvérisé, 100 gr. d’aluminium en poudre et 12!» gr. de soufre en fleur dans un creuset, et on enflamme le mélange par du magnésium additionné de bioxyde de baryum. La masse refroidie est reprise par l’ammoniaque étendue ; l’hydrate d’alumine prove- , nant de la décomposition du sulfure d’aluminium formé est éliminé par l’acide chlorhydrique. Il reste finalement un résidu renfermant des globules d’aluminium, des flocons bruns de bore et une poudre blanche cristalline de corindon. Après avoir séparé les globules métalliques, on dissout le bore dans l’acide nitrique qui laisse l’alumine cristallisée et pure constituant le corindon.
- Le pourpre antique. — Nous connaissons jusqu’ici peu de chose sur le pourpre antique, qui constituait la matière colorante la plus importante des temps reculés. Cette couleur était extraite de certains mollusques, mais on n’est pas encore bien d’accord sur sa véritable nuance ; il semble que le pourpre antique était plus violacé queofeque nous nommons ainsi aujourd’hui. La recette de la teinture des étoffes en pourpre s’est entièrement perdue lors de la migration des peuples, et n’a pas été retrouvée depuis. Ce n est qu’au xvme siècle qu’on s’est préoccupé d’étudier les mollusques producteurs de pourpre. Lacaze-Duthiers a montré que la matière colorante renfermée dans les organes des mollusques se développe sous l’influence de la lumière qui exerce une action photochimique.
- Assez récemment, un chimiste, M. Friedlander, a réussi à préparer synthétiquement une matière colorante rouge analogue à l’indigo et renfermant du soufre ; c’est le thio-indigo qui présente quelque analogie avec le pourpre. Dans le but d’identifier ces deux substances, l’auteur a isolé la matière colorante contenue dans les glandes de mollusques de l’Adriatique, appelés Murex brandaris et M. trunculus. Les glandes extraites des animaux sont exposées au soleil pour développer la couleur, puis sont mises à digérer avec de l’acide chlorhydrique étendu, au bain-marie jusqu’à siccité ; la masse violette est essorée, lavée à l’alcool et à l'éther qui enlèvent les mucilages et laissent la matière colorante-Par extraction au tétrachlorure d’acétylène, on obtient une petite quantité d’une matièrè colorante cristallisée en aiguilles foncées. jSo animaux ont fourni 0,15 gr. de cette substance. Ce corps se rapproche du thio-indigo, mais pourtant n’est pas identique avec lui, car il ne contient pas de soufre.
- Le développement du domaine colonial de la France. — En 1870, la superficie du domaine colonial de la France était de 33ouo kilomètres carrés, sur lesquels vivaitune population totale de 2 315 2Ô2 habitants. En 1906, époque du dernier rapport officiel, nous constations que les possessions s’étaient largement accrues,, puisqu’elles s’étendaient sur 5 112 210 kilomètres carrés, c’est-à-dire environ 100 fois la superficie de la mère-patrie. La population s’est augmentée considérablement aussi; elle se totalise, d’après les recensements officiels, à 34 millions d’habitants. L’Algérie et la Tunisie ne sont pas comprises dans ce chiffre; si l’on ajoutait leur population à celle des colonies, on arriverait à un total sensiblement égal à celui de la France.
- La queue du mammouth. — M. Brandt publie, dans un numéro de 1907 du Biologisches Centralblatt, une ancienne et curieuse observation faite sur les débris du mammouth recueilli en 1901 par le Dr Herz sur les rives de la Beresowka(Sibérie) (Cf. La Nature, n° 1604, 20 février 1904). Il a pu notamment constater que la queue de l’animal présentait une disposition toute particulière, la rapprochant à la fois de celle de certains moutons, comme 1 ' Ovis steatopyga, et de celle du bœuf musqué, et réalisant une curieuse adaptation au froid, parallèle à celle qui a déjà été signalée dans la brièveté des oreilles du mammouth. Cette queue est, en effet, épaisse et élargie en forme de cœur à sa base, de façon à former comme un coussin chaud sur la partie du corps qu’elle recouvre, et terminée à l’autre extrémité par un fuseau garni de longs poils.
- Chemin de fer de Chamonix à Martigny. — D’après La Montagne, le percement du tunnel des Montets (i”r novembre J907), annonce la mise en service, pour cet été, de la ligne de Chamonix à Martigny, déjà en exploitation sur deux de ses trois tronçons. Le tunnel des Montets a i883 m. de longueur, son altitude maxima est de i386 m. Il est traversé par un chemin de piétons accoté à la voie et séparé par un mur gai’de-fou, qui permettra aux 693 habitants de la commune de Yalor-sine, complètement séparés de la France pendant l’hiver par le dangereux col des Montets (1462 m.), de venir plus aisément à leurs chefs-lieux de canton et d’arrondissement. En dehors de son intérêt local, ce chemin de fer de Chamonix à Martigny va ouvrir aux alpinistes fréquentant Chamonix et Argentière, toutes les belles excursions de la vallée de Yalorsine, cascade de Bérard, Buet, chalets de Loriaz, d’Emosson, cascade de Bar-berine, etc.
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- *»> Mécanique <«*
- Nouvelle fraise à défoncer. — On désigne, en mécanique, sous le nom de fraises des outils tranchants de formes diverses, animés d’un mouvement de rotation plus ou moins rapide autour d’un arbre porte-fraise sur lequel elles sont emmanchées. Ou les emploie en général A dresser des surfaces. En particulier, les fraises à défoncer (lig. i) sont des outils cylindriques qui portent des
- d’épaisseur suffisante entre les deux parties pour avoir immédiatement l’épaisseur primitive. Nous avons essayé cette nouvelle fraise pour le travail du cuivre et du laiton ; nous ne croyons pas que les résultats soient également bons avec le fer, la fonte ou l’acier, car ici les efforts sont plus grands et les dents ne résisteront pro-babletment pas, étant donné qu’elles travaillent en nombre moins grand.
- Un autre avantage de cette nouvelle disposition est le suivant : le copeau produit se dégageant plus facilement,
- dames sur la surface périphérique et sur une partie de la surface cylindrique. Cette disposition présente un inconvénient qui vient de l’usure inégale des dents et de la •difficulté de leur affûtage. Aussi a-t-on cherché à y remédier de différentes manières. On a imaginé des dents amovibles qui pouvaient s'affûter comme des lames de scie (fig. 3); mais ceci a l’inconvénient de nécessiter
- Fig. 3. — Fraise à dents amovibles.
- souvent un ajustage des dents dans leurs encoches, parfois difficile.
- - Une nouvelle forme de fraise à défoncer qui est relativement récente est celle que représente la figure 4-Cette fraise est constituée en deux parties qui peuvent s’emboîter exactement l’une dans l’autre. La partie cylindrique médiane est parfaitement rectifiée, de manière qu’en interposant des rondelles de différentes épaisseurs, on peut réaliser une fraise à défoncer de la largeur que l’on désire. Si pendant le travail et au bout d’un certain temps les dents se sont usées, on est obligé de la reporter sur la machine à tailler les fraises et il en résulte une usure de ces dents : là fraise n’a plus alors la même épaisseur que précédemment et si l’on a .besoin de dresser des surfaces parallèles, qui doivent être à une distance rigoureuse, il faut la mettre au rebut ou bien se contenter de dresser les surfaces l’une après l’autre, ce qui nécessite une main-d’œuvre supplémentaire.
- La nouvelle fraise dont il est question évite ces inconvénients qui nuisent à une fabrication économique : en effet, supposons que la fraise soit usée ef que pendant son travail elle ne dresse plus des surfaces également distantes; il suffit alors d’interposer des rondelles
- Fig. 4- — Fraise à défoncer Fig. 5. — Les deux parties
- en deux parties. de la nouvelle fraise à défoncer.
- la surfacè qui travaille sur chaque face étant réduite de moitié, il s’ensuit que la fraise peut tourner sensiblement deux fois plus vite, ce qui augmente d’autant le rendement de la machine : les expériences faites comparativement avec deux fraises, l’une d’un système ancien et l’autre du système nouveau, ont nettement montré cet avantage de la nouvelle disposition. — S’adresser pour la nouvelle fraise, à M. Weiss, xo, rue du Ranelagh, Paris.
- Divers <r*
- Couteau écaüleur de poissons. — Ce couteau est extrêmement simple, l’idée en semble également toute natui’elle. Mais encore fallait-il y songer. La lame tranchante des couteaux habituels a été remplacée par une
- rorer
- lame à dents de scie, disposées de façon spéciale. L’emploi en est fort pratique et l’objet pourra rendre aux ménagères de modestes, mais utiles services. — En vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg. Pxûx : x fr. 4^.
- Fumifuge pour théâtres. — Il n’est pas nécessaire qu’un théâtre brûle pour attirer l’attention sur les systèmes nouveaux imaginés en vue d’assurer la sécurité du public. Toutes les salles de spectacle, a dit un statisticièn, sont destinés à périr par le feu ; leur durée moyenne a même été calculée : elle serait dé vingt-deux ans! Malheureusement il n’est pour ainsi dire pas possible de prévenir les incendies ; mais ne pourrait-on en diminuer le nombi'e des victimes? Car il est admis, et> les exemples terrifiants sont nombreux, que les incendies dans les théâtres causent de véritables catastrophes.
- On sait, aujourd’hui, que ces hécatombes de vies humaines sont le fait de l’asphyxie par les gaz toxiques ou par la fumée, dont la vitesse de propagation est prodigieuse. Un décimètre cube de vapeurs combustibles donne quelque chose comme 2 mètres cubes de fumée, acide carbonique, oxyde de carbone. Ces 2 mètres cubes suffisent à rendre irrespirables 20 mètres cubes d’air; dans une salle ordinaire, de 8000 mètres cubes, il suffirait donc de la combustion dé 400 décimètres cubes, à peu près le volume du rideau de toile, pour intoxiquer tous les spectateurs! Si maintenant on
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- veut bien admettre que les gaz cheminent à lu vitesse de 3 mètres à la seconde, on verra qu’en un temps très court l’asphyxie peut pénétrer partout.
- N’existe-t-il donc aucun moyen de prévenir les désastres? M. Malard, qui a passé presque toute son existence dans les théâtres, a pensé qu’il était élémen-
- Fig. i. — Le rideau de fer abaissé : fumifuge ouvert.
- taire, non pas de chercher à prévenir les incendies, mais d’expulser au dehors les gaz jjrovenant de la combustion. Son procédé réside dans l’établissement, à la partie supérieure de la scène, au-dessus du rideau de 1er, de grandes cheminées ou hottes d’appel débouchant au dehors et dont la baie intérieure est fermée par le rideau de fer lorsque celui-ci est levé, alors qu’elle se trouve ouverte à la descente de ce même rideau. Dans ces conditions, si un commencement d’incendie se déclare, les gaz toxiques sont entraînés immédiatement au dehors, et acteurs et spectateurs se trouvent à l’abri\du principal des dangers dont ils soient menacés; l’évacuation du théâtre peut alors se faire presque d'ans les conditions normales.
- D’après les photographies de la maquette faite par l’inventeur, on se rend compte du dispositif adopté. Cette maquette comporte cinq cheminées d’appel s’ouvrant sur la scène immédiatemeut au-dessus du rideau de fer baissé. Les trois baies centrales, qui suffiraient dans la plupart des cas, sont directement ouvertes et fermées par le rideau de fer, Si l’on tient à ajouter deux ouvertures supplémentaires, celles-ci seront placées de chaque côté des trois premières et se fermeront comme des persiennes par une commande mécanique actionnée très simplement par le rideau de fer lui-même; elles demeurent ouvertes tant que le rideau est baissé et se ferment 'lorsqu’il est relevé. Ajoutons que le dispositif de commande peut être actionné d’un point quelconque de la scène, de la salle, ou même du contrôle; il suffit, pour cela, de multiplier convenablement
- Fig. 2. — Le rideau de 1er levé : fumifuge fermé.
- les cordages de commande qui agissent sur un rochet à cliquet fixé à la partie supérieure de l’installation.
- On a reproché à ce système divers inconvénients. Le plus sérieux résiderait, paraît-il, dans la présence de cheminées, à l’intérieur même de la salle, au-dessus de la scène. Ce ne serait là qu’un inconvénient sans portée,
- croyons-nous, car il est toujours facile de dissimuler cette partie en encorbellement par des décors appropriés. A notre avis, les cheminées d’appel auraient un autre désavantage : celui de constituer un appel d’air considérable lorsqu’elles sont ouvertes et par conséquent de favoriser la propagation de l’incendie. L’auteur, à qui nous avons formulé cette objection, en reconnaît le bien fondé; mais il ajoute, avec quelque apparence de raison, que l’essentiel, lorsqu’un incendie se déclare, n’est pas de sauver les décors, voire même le bâtiment lui-même, mais avant tout les personnes. D’ailleurs, une fois les spectateurs sortis, les efforts des pompiers seront beaucoup plus efficaces lorsqu’ils n’auront qu’à combattre le foyer d’incendie. — M. Malard, inventeur du fumifuge, habite 36, rue de Colombes, à Asnières (Seine).
- Enveloppe à ouverture instantanée. — M. Vivarez, dans une brochure que La Nature mentionnait récemment, donnait l’historique de l’enveloppe à lettre et de ses modifications. S’il eût écrit ces pages quelques jours plus tard, il y eût ajouté la fort intéressante et utile innovation que vient de créer M. Sébire.
- Le défaut de nos enveloppes actuelles, si légères et si pratiques à bien des égards, c’est de s’ouvrir difficilement. Combien de fois, dans la hâte fébrile de connaître la teneur d’une lettre impatiemment attendue, n’en avons-nous pas déchiqueté inélégamment l’enveloppe et parfois même le contenu? Le dispositif extrêmement simple et pratique imaginé par M. Sébire, permet l’ouverture instantanée de l’enveloppe : il consiste, en effet, à insérer avec la lettre, un coupe-papier très léger, qui fonctionne comme nous allons le voir.
- L’enveloppe porte une échancrure circulaire (voy. fig. i).
- Quant au coupe-papier, il est fait d’une feuille de papier ordinaire pliée (voy. fig. 2), portant une petite languette A B. Un des côtés de cette feuille double est légèrement plus court que l’autre ; les extrémités des pattes E et F, ne se recouvrent donc pas complètement.
- La languette A B est logée dans l’échancrure de l’enveloppe (fig. 3) ; E et F se trouvent placées du côté de la patte gommée de l’enveloppe.
- L’enveloppe se vend ainsi préparée, on introduit la lettre aisément entre les 2 feuilles du coupe-papier, et onferme comme de coutume. Ilsuffit,àla réception, de tirer sur la languette A B, pour couper instantanément le pli de l’enveloppe sur toute sa longueur. Il est nécessaire, cependant, de produire pour cela un certain effort; mais c’est précisément ce que désire l’inventeur, le profil de la languette a été choisi dans ce but ; on empêche ainsi toute ouverture intempestive.
- Les enveloppes nouvelles se vendent dans les principales librairies parisiennes.
- Nettoyeur Femina. — Cet instrument d’un aspect curieux n’est pas un jouet, il a un but hygiénique et pratique des plus louables. Le cuir chevelu a besoin de soins incessants, notre savant collaborateur, le Dr Cartaz, l’a déjà ici même fort nettement expliqué. Mais l’application de ses recommandations est, pour les dames, on le conçoit, assez malaisé. Le petit appareil ci-contre leur facilitera la tâche.
- C’est une sorte de peigne dont les dents sont traversées par un fin canal en communication avec une poire en caoutchouc.
- On fait aspirer à la poire la lotion prescrite, et l’on passe ensuite la partie formant peigne dans les cheveux, en pressant légèrement sur la poire en caoutchouc ; le liquide humecte le cuir chevelu; mais, et c’est là le point essentiel, sans mouiller les cheveux. — En vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris. Prix : 5 francs.
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- VAR] ETES
- L’organisation des transports en commun dans Paris : Les futurs autobus. — L’accueil si favorable fait , par le public parisienaux omnibus automobiles a provoqué la généralisation de la traction mécanique dans le régime futur des transports en commun dans Paris. On sait que la convention passée entre la Compagnie Générale des Omnibus et la Ville est sur le point d’expirer ; le ierjuin 1910, une nouvelle Compagnie assurera les services et l’une des principales clauses du contrat est la suppression des omnibus à chevaux. Sans doute, la circulation des autobus n’a pas été sans causer quelques accidents et quelques récriminations, mais tout cela n’est-il pas la rançon du progrès ? et puis une première expérience ne doit pas être considérée comme une organisation définitive, mais simplement comme une indication pour mieux faire. Aujourd’hui tout est remis en question par les votes récents du conseil municipal ; on demande à l’industrie automobile française et aux puissantes sociétés financières un matériel et une organisation susceptibles de donner satisfaction aux besoins de la vaillante population parisienne qui vient vers les quartiers du centre vivre les heures du travail et s’en retourne chaque soir au modeste appartement de Montmartre ou de Montrouge, ou du Montparnasse, de Grenelle, des Bati-gnoiles, etc. Certains éléments du problème ont déjà été fixés par le Conseil municipal de Paris et la donnée la plus intéressante à la fois pour la population et pour le futur concessionnaire est le tarif nouveau que voici : o fr. 20 en iro classe; o fr. 10 en 2e classe; pour avoir droit à la correspondance on devra payer: o fr. 10 en iro classe ;o fr. o5 en 2e classe. Nous ne discuterons pas ce tarif, qui est adopté, mais nous le prendrons au contraire pour base d’un projet. Nous allons chercher à dire quelles voitures on peut offrir aux Parisiens pour un tel prix, étant donné l'état actuel de la construction automobile. Je sais bien, chers habitants de Paris, que vous demandez de la vitesse, mais que vous ne voulez pas la payer avec du sang ; vous dites par la bouche éloquente de vos édiles: voilà ce que nous voulons payer; ceci fait, transportez-nous « bien vite, confortablement, sans trop de bruit, et surtout n’écrasez personne! » Le candidat-concessionnaire, lui, n’examine pas les choses par le même bout de la lunette, il prend en main son crayon et aligne des chiffres avec méthode : il cherche l’équilibre de la colonne Recettes avec la colonne Dépenses.et sans oublier son bénéfice, bien entendu.
- Combien, dit-il, va me rapporter chaque voiture Me l’exploitation que je veux fonder? Il s’agit d’une prévision, la réponse à faire est délicate, et cependant c est la clef de voûte de l’organisation. On ne peut tabler que sur les comptes actuels de la Compagnie Générale des Omnibus et sur des enquêtes accessoires qui complètent l’important renseignement ainsi obtenu. Or, d’après les rapports officiels des commissions municipales, la recette par kilomètre-voiture serait aujourd’hui de 1 fr. 25 au tarif bien connu de o fr. i5 pour l’impériale et o fr. 3o pour l’intérieur (et correspondance). Si nous supposons que l’emploi des autobus actuels soit généralisé avec l’application du nouveau tarif, il y aura réduction de prix par place, mais aussi une affluence plus grande de voyageurs : on prendra l’autobus pour des courses moins longues, on préférera plus souvent l’autobus au métro ou au tramway.... Une étude plus précise, mais qu il serait fastidieux de reproduire ici, nous à permis d établir que la recette kilométrique serait sensiblement la même (1 fr. 25) si le nouveau tarif était appliqué. Cela suppose une occupation moyenne d’environ 4/5. des places offertes dans chaque voiture en admettant que le parcours moyen de chaque voyageur soit de 25oo mètres.
- Or il n’est un secret pour personne que les autobus actuels donnent peu de bénéfice à la Compagnie ; on estime 4 7 ou 8 pour 100 le dividende que pourrait fournir une organisation munie seulement de ce matériel et exploitant les lignes que nous connaissons. Mais il faut compter sur d’autres faits, ceci n’est que le passé, or nous envisageons la concession future.
- Le nouveau réseau des chemins de fer métropolitains (métro et nord-sud) va canaliser dans le sous-sol une
- grande partie de la circulation. Certaines lignes d’autobus aujourd’hui excellentes vont devenir médiocres surtout en hiver, et la société que nous voyions tout à l’heure distribuer un dividende honnete à ses âctiomiâircs ne sera plus viable. Doit-on penser que la généralisation des autobus sur les lignes encore desservies par la traction animale apportera dans l’affaire un élément de prospérité ou une source de déficit?
- A vrai dire, certaines lignes verront, l’affluence augmenter considérablement des 1 apparition des autobus, mais nous doutons fort que leurs recettes viennent compenser les charges énormes auxquelles certains itinéraires franchement mauvais obligeront la future Compagnie. Et en réalité nous pensons sincèrement que l’organisation ne pourra vivre qu à condition d obtenir un remaniement complet des itinéraires. Du reste nous avons déjà fait entrer en jeu le développement du réseau des chemins de fer souterrains qui suffirait à justifier cette réforme : il faut désormais envisager les autobus comme destinés, non pas à concurrencer le métropolitain, mais au contraire à relier ses stations en nombre toujours trop limité aux différents quartiers de la périphérie. Ajoutons encore que des lignes d’autobus transversales aux lignes du métro qui ne peuvent sillonner en tous sens les quartiers du centre viendront utilement compléter le régime des transports en.commun..
- Supposons réalisées ces modifications d itinéraire, grâce auxquelles l’organisation -projetée pourra vivre ; mais si notre concessionnaire est à peu près satisfait, vous ne l’êtes pas encore, mes chers lecteurs parisiens ! Les autobus actuels ne paraissent pas vous plaire complètement, puisque le Conseil municipal a arrêté la construction des voitures de ce modèle. Nous venons de voir que le budget de la nouvelle affaire ne permettrait pas d’élever le chapitre des dépenses, il faut donc que le constructeur cherche un matériel plus commode, mais pas plus coûteux! Ceux qui critiquent avec.violence les omnibus actuels, seraient bien embarrassés si on les mettait à la tête d’une exploitation faite au moyen des véhicules qu’ils recommandent. Sans doute il n est pas difficile de trouver des voitures plus luxueuses, plus maniables, plus silencieuses que les autobus actuels, mais on ne pourrait pas exploiter au tarif minime du nouveau contrat avec la plupart de ces voitures.
- Dans un autobus il faut considérer deux parties : le châssis (qui comprend le moteur, le mécanisme et les rouesî, et la carrosserie. Le châssis intéresse surtout le côté dépenses, la carrosserie fixe surtout le mode de perception des recettes, car en admettant que le nombre global des places offertes par jour .sur chaque ligne reste le même quel que soit le matériel, si les voitures sont plus4 petites, on en est quitte pour augmenter le nombre des passages. Mais il est inutile d’être grand clerc pour comprendre que le personnel (chauffeur et contrôleur) étant en proportion directe avec le nombre de voitures, la Compagnie a un intérêt immédiat à réduire ce nombre, donc à faire usage de très grandes voitures. Quelles considérations vont limiter la capacité des voitures?
- Dans un service automobile sur des routes empierrées, c’est généralement la dépense en caoutchouc qui limite la capacité, parce que l’usure des bandages croît très vite avec le poids supporté par chaque roue, et l’équilibre entre cet accroissement de dépense et l’économie sur le personnel, réalisée avec de plus grosses voitures, se montre tout de suite en faveur d’omnibus de 10 à 12 places, relativement légers. A Paris, au contraire, où presque toutes les rues sont pavées de bois ou asphaltées, la dépense en bandages a moins d’importance (otr,25 environ par voiture kilométrique) tandis que le personnel coûte cher. Aussi est-il avantageux pour le concessionnaire d’employer des voitures à grande capacité; les seules limites sont la commodité, la maniabilité et l’encombrement. Or il semble que ces dernières qualités soient insuffisantes avec les autobus actuels si l’on en croit certaines récriminations; le véritable moyen de les améliorer serait d’employer, de plus petites voitures, sans impériales, plus légères, plus
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- VARIÉTÉS
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- souples, plus maniables... mais aussi plus coûteuses. Et cette dernière conséquence nous oblige à opter pour des véhicules contenant au moins a5 ou 3o places.
- Ce n’est donc que la forme que nous pouvons espérer modifier dans la carrosserie et non la capacité. Or deux manières de contenir beaucoup de monde sans augmenter trop le volume, se présentent : l’un est le système de l’impériale, l’autre celui de la plate-forme. Que les voyageurs soient sur l’impériale face en avant ou en arrière ou de côté, peu importe, c’est un détail sur lequel on ne peut s’attarder, mais il semble que l’impériale couverte est préférable à l’impériale découverte si l’on admet le principe de l’impériale. L’autre procédé pour transporter beaucoup de monde est de laisser debout une partie des voyageurs ainsi qu’on l’a partout adopté dans les tramways électriques : nous préférons personnellement cette disposition qui a l’avantage de faciliter la montée et la descente des voyageurs aux arrêts. Il faut donc qu’on choisisse l’un ou l’autre système : plate-forme ou impériale, il est impossible d’offrir pour dix centimes une place assise à l’intérieur d’une confortable carosserie.
- Quant au châssis, il ne peut être choisi qu’après une
- étude attentive et consciencieuse. Il serait téméraire de se prononcer dès maintenant en faveur de tel ou tel type. Est-ce à dire que, dans l’état actuel de l’industrie automobile, on puisse trouver des autobus notablement plus économiques que les voitures actuelles? Si nous envisageons la consommation en essence, l’usure du mécanisme, les bandages, nous ne connaissons guère de châssis qui puisse prétendre à un rendement réellement supérieur aux omnibus de la Compagnie générale, sauf peut-être sous le rapport de l'entretien du mécanisme qui nous semble un peu coûteux avec ces voitures. Nous sommes même persuadés qu’il y aurait beaucoup à faire dans la construction d’un autobus parfaitement adapté à la circulation dans Paris. Autant il serait injuste de ne pas reconnaître le mérite des constructeurs des véhicules présentés dès aujourd’hui au Conseil municipal, autant il serait imprudent de ne pas espérer que d’ici deux ou trois ans des perfectionnements importants apporteront les compiodités nouvelles et des rendements meilleurs qui viendront faciliter l’application du nouveau tarif et permettre d’asSurer les transports automobiles dans Paris avec autant de rapidité qu’aujourd’hui, mais avec plus de confort et de sécurité. Girardault.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Un vieux vermifuge. — Les botanistes ont rassemblé sous le nom de chénopodes ou ansérines une série de plantes, de la famille des Atriplicées, qui toutes ont, à des degrés divers, des propriétés antihelmintiques. Le Chenopodium ambrosioïdes, appelé aussi thé du Mexique ou d’Espagne, ambroisie, est une plante herbacée de 5o cm de hauteur, qui possède une odeur aromatique des plus agréables due à l’huile essentielle contenue dans son tissu. Aux colonies, on l’appelle l’herbe aux vers et l’infusion est donnée dans ces pays comme carminatif et diaphorétique, tandis que les graines ou l’essence qu’on en extrait sont employées comme an'ti-helmintiques.
- D’autres variétés, telles que le Chenopodium bonus Ilenricus, le Chénopode à grappes, le Chénopode des jardins ne sont guère utilisées en matière médicale. Mais la variété de Chenopodium antihelminthicum ou ansérine vermifuge est celle qui est la plus réputée. Le Dr Bruning vient de remettre en honneur cette médication des vieilles pharmacopées en utilisant surtout l’essence. Il trouve qu elle n’a pas les inconvénients de la santonine et qu elle peut être donnée sans danger aux enfants. Il l’administre suivant l’âge, à la dose de
- six à douze gouttes, trois fois à une demi-heure d’iuter-valle, dans un peu d’eau sucrée, en faisant suivrè l’ingestion de l’essence d’une petite dose d’huile de ricin ou d’un purgatif anodin. L’essence d’ansérine ne fait qu’engourdir, narcotiser les ascarides, il faut un purgatif pour les chasser.
- 11 y a bien quelques petits ennuis avec l’emploi de ce médicament, c’est que cette essence a une saveur très âcre, très pénétrante, ce qui ne facilite pas chez les jeunes sujets une déglutition rapide. De plus elle a une action assez vive sur la muqueuse intestinale, et c’est pour cela que l’addition immédiate d’un purgatif est nécessaire pour que le séjour dans le tube digestif soit le plus court possible.
- Les sirops vermifuges à base de semen contra, les pastilles de chocolat à la santonine sont peut-être encore préférables à cette essence de chénopode. En donnant de très petites doses de santonine, quitte à revenir à la charge, à deux ou trois jours de distance, on n’a pas grands risques à courir et le chocolat, pour les petits gourmands, même additionné d’un peu de santonine, est plus agréable que l’ansérine. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Entretien des courroies. — On se trouve ordinairement bien de les enduire de suif porté à une quarantaine de degrés, et préalablement séché complètement par exposition prolongée au soleil ; quand les courroies doivent demeurer et fonctionner dans des milieux humides, on fera bien d’ajouter de la résine au suif.Si une courroie durcit, il est bon de la traiter avec de l’huile de pied de bœuf ou de l’huile de foie de morue, à laquelle on a ajouté un peu de résine, pas assez naturellement pour que la courroie colle.
- Abaissement de la température des locaux exposés au soleil. — Pour éviter le surchauffement qui se produit dans les locaux vitrés exposés au soleil, un excellent moyen est de badigeonner les vitrages avec le produit suivant nommé Asol. Sa composition est par
- kilog :
- Eau.............. 570 grammes
- Blanc de Meudon......... a85 —
- Couleur bleue en poudre. . 60 —-
- Huile de lin. . 85 —
- Ce produit s’enlève aisément, à l’approche de l’hiver par un simple lavage un peu énergique.
- Enduits phosphorescents. — On vend de nombreuses substances qui permettent de réaliser ces enduits phosphorescents, ce qu’on nomme les peintures lumineuses ; mais nous rappellerons ünè méthode assez curieuse, qui est du reste sans doute couverte par un brevet, et qui permet de préparer soi même une poudre pouvant fournir la matière première d’un enduit de cette sorte. On prend des coquilles d’huîtres, qu’on lave bien à l’eau de savon, et qu’on rince ensuite à l’eau douce avant que de les mettre dans un foyer ouvert, où on les cuira durant une demi-heure environ. Quand elles sont refroidies, on les broie dans un mortier ou à coup de marteau, en enlevant toutes les parties grises, et en ne gardant par conséquent que les parties blanches de ces coquilles.On dispose celles-ci dans un creuset,en couches successives alternant avec des couches de fleur de, soufre; quand le creuset est presque plein, on lute le couvercle avec un mélange de sable et de bière. On laisse sécher ce lutage, puis on met au feu le creuset, on le chauffe durant une heure à bonne température; après refroidissement naturel, on ne doit plus trouver qu’une matière blanche dans ce creuset. On la pâsse à travers une mousseline fine, et on l’applique en en faisant une sorte de peinture avec addition d’eau gommée.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un Intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — N° 1821, 1908. Utilisation industrielle de l'azote atmosphérique, p. 3i4,col. II,ligne 3; au lieu de 58o tonnes, lire 38o kilogrammes. Nos lecteurs ont, du reste, rectifié d’eux-mêmes cette erreur d’impression le chiffre de 58o tonnes n’étant pas compatible avec les chiffres de productions indiqués page 3x5.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la porte automatique Sésame, s’adresser à MM. Pem-berton, Arber and C°, Grays Inn Passage, Holboi'n, Londres.
- Communications. — Nous recevons de M. Sansner l’intéressante communication suivante relative au vol des oiseaux et à l’aviation. M. Sansner s’étonne que le vol des oiseaux n’ait pas été l’objet de plus de recherches de la part des pionniers de la navigation aérienne; il s’étonne qu’on n’ait pas « cherché à s inspirer de l’apprentissage qu’avaient pu faire les ancêtres de l’oiseau pour arriver à voler. La paléontologie comme l’anatomie comparée nous l’apprennent pourtant : l’oiseau dérive des reptiles et a dû commencer par sauter (probablement pour attraper les insectes qui composaient sa nourriture) puis, quand la plume est apparue remplaçant les écailles, elle a révolutionné ce monde de sauteurs en créant un avantage extraordinaire aux petites espèces qui, après un premier saut, ont pu, grâce aux plumes de leurs membres antérieurs, se soutenir un moment dans l’air et y trouver un point d’appui pour procéder sur leurs ailes à un deuxième saut, puis à un troisième. Dès lors le vol était réalisé; les plumes s’aplatissent, la queue forte au début (pour aider au saut) une fois couverte de plumes, change de rôle et devient gouvernail, etc. Passant ensuite des oiseaux ordinaires aux planeurs, nous trouvons un nouveau perfectionnement : la force de la résistance de l’air qui jusque-là était obtenue par des battements d’aile, est acquise au planeur par la seule envergure de ses ailes convenablement orientées et celui-ci obtient alors le maximum d’effet avec le minimum de fatigue, ayant trouvé le moyen d’acquérir la vitesse et le soulèvement par les seules forces du vent et de sa propre pesanteur et réduisant ses propres moyens d’action aux l'ôles de parachute et de direction. Passant de cet aperçu rapide aux aviateurs, il serait donc logique, pour copier les oiseaux, de commencer par où ils ont débuté eux-mêmes, c’est-à-dire de créer une machine sauteuse avec parachute comme point d’appui. Pour obtenir ce résultat il serait nécessaire que ledit parachute laissât comme filtrer l’air lorsqu’il s’élèverait et le retînt lorsqu’il tendrait à descendre. Une disposition de lamelles flexibles
- s’appuyant comme des plumes les unes sur les autres et pivotant comme des lames de persiennes, donnerait ce résultat ; ce parachute pourrait donc être composé de semblables lamelles. Sur quoi maintenant s’appuierait le moteur pour soulever brusquement ce parachute ? Ce qui se présente de suite à l’esprit, est un parachute semblable au premier et situé au-dessous du moteur. Ce moteur serait donc placé entre deux parachutes construits l’un au-dessous de l’autre pouvant se rapprocher et s’éloigner l’un de l’autre dans les limites de la course que pourraient donner les mouvements du moteur. L orientation des lamelles oscillant toutes à la fois dans un certain angle assez réduit donnerait évidemment, en même temps qu’un mouvement ascendant, un mouvement de translation. La stabilité serait obtenue : i° en rapprochant le moteur du parachute inférieur; 20 en donnant une envergure plus grande au parachute supérieur; 3° en suspendant la nacelle au-dessous de tout le système. Cette nacelle devrait être fixée par l’intermédiaire de ressorts pour atténuer les oscillations. Pour les arrêts, un gouvernail à l’arrière, horizontal pendant la marche, pourrait se manœuvrer jusqu’à se présenter verticalement face au sens de la marche pour opposer le maximum de résistance (ledit gouvernail pouvant également se composer de lamelles flexibles). Enfin, pour les directions latérales ou en hauteur, des gouvernails spéciaux. Il va sans dire que tout ceci aurait besoin d’être mis au point par un ingénieur expérimentateur; mais c’est le genre d’appareil qui me paraît dériver le plus directement de l’étude de la nature, car le vol de l’oiseau planeur est bien, je crois, l’idéal rêvé par tout aviateur ». Les idées exprimées par notre correspondant nous semblent parfaitement logiques, et il serait intéressant de les voir mettre en application par un aviateur curieux de nouveauté.
- Renseignements. — M. Pradon, à New-York. — Les disques de phonographes sont habituellement en cire, durcie par l’addition de substances diverses. Chaque fabricant, en général, a sa recette spéciale. Yoici celle de MM. Gaumont : ils emploient un mélange de brai, de kaolin, de gomme laque et de silice et n’utilisent pas la cire. Pour lutter contre la poussière, le meilleur moyen est de recourir aux appareils aspirateurs de poussière ; nous ne connaissons pas de peinture qui ne retienne pas la poussière.
- M. E. Durai, au Havre. — Le dictographe ne saurait pas convenir à l’usage que vous indiquez.
- P. D., à Issy. — Pour qu’une transmission d’énergie électrique soit économique, il faut que l’énergie transmise soit à un potentiel élevé. Or, dans l’état actuel de l’industrie, il est plus facile et plus économique d’obtenir des hautes tensions avec les courants alternatifs qu’avec les courants continus.
- M. Blanc, à Avignon. — Au lieu de tonnes, il faut en effet lire : kilogrammes.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- L’hélicoptère Paul Cornu : Lucien Fournier. — Les voyages du naturaliste Dombey dans l’Amérique du Sud : Henri Froidevaux. — Une pompe automobile à acide carbonique. — Le Tibet et ses lamas bouddhistes : Gustave Regelsperger. — Télégraphie sans fil dirigée : A. Troeuer. — Le carat métrique : Ch.-Ed. Guiluaume. — Jeux et exercices physiques dans les usines américaines : Pierre de Mérieu. —Académie des sciences; séances des 21 et 27 avril 1908 ; Ch. de Villedeuil. — Le violon mécanique : Y. Forbin,
- Supplément. — Solidification de l’hélium. — Températures extrêmes auxquelles la vie est possible. —1 Disparition des vieux chênes en France, etc. — Les piqûres d’araignées. — Formol et insectes.
- Les États-Unis, puissance mondiale, par Archibald Cary Coolidge (traduction de Robert L. Cru), i vol. in-18 jésus. Prix : 4 francs. Armand Colin.
- Aux États-Unis (Les Champs. — Les Affaires. — Les Idées), par le vicomte G. d’Avenel. i vol. in-18. Prix : 3fr,5o. Armand Colin.
- Américains et Japonais, par Louis Aubert, x vol. in-18 jésus, avec une carte hors texte. Armand Colin, Paris. Prix : 4 francs.
- Ces trois volumes, publiés simultanément par la librairie Armand Colin, envisagent trois côtés importants de la question américaine, en se complétant l’un l’autre. Le travail de M. Coolidge a d’abord été donné sous la forme de conférences à la Sorbonne. M. Coolidge y explique pour quelles raisons il croit à une politique mondiale que mèneront de plus en plus cinq ou six grandes puissances, dont les États-Unis, qui vont ainsi se trouver en conflit avec le Japon et les nations européennes. C’est le premier de ces
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- BIBLIOGRAPHIE
- conflits qu’étudie M. Aubert, auteur d’un précédent ouvrage sur la Paix Japonaise. Les origines déjà anciennes et les causes actuelles, chez les Japonais victorieux, du mouvement d’émigration aux Hawaï, aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique et dans l’Amérique du Sud ; les conséquences économiques, sociales et politiques de la rencontre dans les Amériques des Jaunes et des Blancs, voilà le sujet du présent volume, dont l’actualité ne se bornera certainement pas au conflit récent, pour le moment apaisé. Enfin, M. Georges d’Avenel, appliquant aux Etats-Unis la même méthode que dans ses ouvrages bien connus sur le mécanisme de la vie moderne, a examiné les forces qui permettront aux Etats-Unis de lutter, probablement de vaincre : les Champs, la nouvelle agriculture intensive, les innovations par lesquelles le sol cultivé, dont la valeur moyenne vient de hausser d’un tiers, produit annuellement 32 milliards de francs de richesses; les Affaires, avec la question des Trusts et l’explication de ce phénomène paradoxal en apparence : l’élévation des salaires engendrant le bon marché de
- la main-d’œuvre; enfin les Idées : idées sur le mariage, idées sur la noblesse du travail, idées sur l’absence de classes sociales et la ploutophobie naissante, sur le goût et la culture intellectuelle de ce peuple plus entraîné à agir qu’à penser; idées sur la liberté religieuse, le catholicisme « de robe courte » et la libre-pensée américaine.
- Parasitology, a supplément to the journal of Ifygiene, édité par G. H. F. Nattall, et A. E. Shipiæy. Cambridge, at the University. Press. Vol. i, n° i. (march 1908), p. II-100. Prix du fascicule : 7 sh. Abonnement annuel (1 vol. de 400 à 5oo p. en fascicules non périodiques) : 25 shillings (i5 sh. pour les abonnés du Journal of Hygiene).
- Le développement considérable de la parasitologie justifie ce dédoublement du beau Journal of Hygiene de Cambridge. On y traitera spécialement des parasites dans leur rapport avec les maladies humaines et animales, peste, malaria, maladie du sommeil, fièvre jaune, ankylostomiase, éléphantiasis, etc.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc-Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS ‘ 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLIJIE EN MILLIMETRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 avril 1908 . 7°,2 S. 2. Couvert. 2,9 Pluie à diverses reprises le m.; peu nuageux après 15 h.; halo.
- Mardi 28 11»,9 S. E. 2. Eclaircies. 2,0 Rosée ; pluie line à diverses reprises; couvert.
- Mercredi 29 11»,3 W. 5. Nuageux. 0,3 Averse à 0 h. 30; nuageux; halo.
- Jeudi 30 13»,0 S. E. 1. Nuageux. 0,0 Rosée; gouttes de 12 h. 10 à 13 h.; halo; presque couvert.
- Vendredi 1" niai . . 13»,3 Calme. Couvert. » Rosée ; nuageux.
- Samedi 2 14°.0 (latine. Beau. » Rosée ; brume ; halo ; peu nuageux.
- Dimanche 5 15»,0 S.' S. W. 2. Couvert. 0,0 Rcsée; couvert; bruine de 9 h. 30 à 10 h. 30.
- AVRIL-MAI 1908. — SEMAINE DU LUNDI 27 AVRIL AU DIMANCHE 3 MAI 1908.
- Lundi
- Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10.; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe - épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer) ; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 27 avril au 3 mai. — Le 27. Dépression sur l’Irlande : 745 mm; fortes pressions sur la mer Blanche et l’Islande, 771. Pluies sur le N.., le Centre et. l’O. de l’Europe; en France : Cherbourg, 7 mm; Le Havre, 5; Nancy, Nantes, Paris, 4; Brest, 3. Température du matin : Paris, 70 ; Alger, 17; Puy de Dôme, 3; Pic du Midi, — 1; moyenne à Paris : io°,4 (normale : xi°). — Le 28. Basses pressions sur l’O.. : Yalenlia, 745; Irlande, 768. Pluies sur le Centre et l’O. de l’Europe; en France:
- : Nancy, Le Havre, 5; Brest, 4'> Paris, Belfort, 2. Temp. du matin : Paris, 12; Alger, 21; Puy de Dôme, 9; Pic du Midi, 2; moyenne à Paris : ii°,8 (normale;: n°,i), — Le 29. Hausse sur l’O. de l’Europe; dépression sur les Açores, 744- Température moyenne à Paris : i3°,i (normale : n°,2). — Le 3o. Aire de pression supérieure à 765 de l’Espagne, au N. de la Scandinavie et à l’Islande; dépression sur la Russie et l’O. de l’Irlande (755).
- Pluies sur le Centre et le N.-O. de l’Europe ; en Fràiice : Nancy, Cherbourg, 4; Brest, 2. Temp. du matin : Arkan-gel, o; Paris, i3; Lisbonne, i5 ; Puy de Dôme, 5; Pic du Midi, 3 ; moyenne à Paris : 14°, 7 (normale >: n°,4), — Le 1e1 mai. Pression générale supérieure à 765. Pluies sur les Iles-Britanniques et les Pays-Bas. Temp. du matin : Arkangel, —1; Paris, 14 ; Alger, 16; Puy de .Dôme, 7; Pic du Midi, 5; moyenne à Paris : 170 (normale ; ii°,5). — Le 2. Léger mouvement de baisse,générale. Pluies au N. de l’Europe et au Centre. Temp. du matin : Haparanda, —1; Paris, 15 ; Alger, 16; Puy de Dôme, 13 ; Pic du Midi, 4; moyenne à Paris : i8°,2 (normale : n°,6).— Le 3. Pression uniforme voisine de 765 (sauf Arkangel, les Açores, 752). — Temp. du matin : Kuopio, —2; Paris, i5; Alger, 18; Puy de Dôme, 9; Pic du Midi; moyenne à Paris : 15° (normale : ii°,7). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 3o, à 3 h. 42 m. du s.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : *20, Boulevard Saint-Germain, Pari* (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1825 — 16 MAI 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- La Société d’Angkor. — On lira dans ce même numéro l’article que nous consacrons à cette société fondée pour la conservation et l’étude des monuments de l’Indo-Chine. Cette société, dont le président est l’éminent orientaliste, M. Sénart, membre de l’Institut, a son siège social à Paris, et se recrute par voie de cotisation annuelle de 5 francs au moins. Pour les adhésions et tous renseignements, s’adresser au secrétaire de la Société, M. L. Finot, directeur adjoint à l’École des Hautes Études, ii, rue Poussin, XV1°.
- Sur la substance mère du radium. — L’activité du radium diminuant de moitié en 2600 ans environ, d’après les calculs qui ont été faits, tout le radium originairement présent dans l’écorce terrestre serait épuisé depuis longtemps s’il datait de l’origine de notre globe et ne se régénérait pas à mesure. D’après un auteur allemand, Hahn, cette faculté de régénérer le radium serait dévolue à. une substance qui accompagne constamment le thorium. En effet, ayant mesuré l’activité de diverses préparations de thorium d’âge connu, il a trouvé qu elles sont d’autant plus radio-actives qu’elles sont plus anciennes.
- L’acide vanadique comme agent accélérateur d’oxydation. — On a constaté que l’acide vanadique favorise l’oxydation de divers corps. C’est ainsi que, tandis que l’oxydation des sucres par l’acide nitrique en acide oxalique, fournit de nombreux produits intermédiaires (acides saccharique, mucique, tartrique, etc.), en présence d’une très faible proportion d’acide vanadique (2 pour 1000), l’oxydation est beaucoup plus énergique et sans formation de produits intermédiaires ; la réaction est complète à froid au bout d’une vingtaine d’heures. L’acide vanadique doit agir en cédant aux sucres une partie de son oxygène et se transformant en tétroxyde que l’acide nitrique oxyde de nouveau ; et ainsi de suite. L’acide vanadique agit comme le platine divisé sur un mélange de vapeurs d’alcool et d’air en donnant de l’aldéhyde et de l’acide acétique; il accélère aussi la transformation des sels stanneux en sels stan-niques par l’action de l’acide nitrique ou du chlorate de potasse en milieu chlorhydrique ; enfin il favorise également l’oxydation de l’iodure de potassium par l’eau oxygénée en solution neutre. Il y a dans cette étude un certain nombre d’indications dont la pratique industrielle pourra sans doute tirer parti.
- Le premier empoisonnement signalé par l’oxyde de carbone. — Nos lecteurs savent combien l’oxyde de carbone est dangereux et qu’il possède une action toxique tout'à fait spéciale quand il est respiré en quantité un peu notable. La notion de la toxicité de l’oxyde de carbone est beaucoup plus ancienne qu’on ne pourrait le croire, car elle a été signalée pour la première fois en 1176 par Hofmann. C’était là un fait intéressant à rappeler au point de vue historique.
- L’électrification des chemins de fer. — L’emploi de la traction électrique pour les chemins de fer a fait
- en ces dernières années de rapides progrès dans un grand nombre de pays. M. G. Kapp, de Londres, dans une savante conférence, a étudié ce mouvement véritablement mondial de l’électrification des voies ferrées, qui correspond aux progrès de l’exploitation électrique des chutes d’eau. Le gouvernement italien, dans son dernier budget, a voté un crédit de 70 millions pour l’électrification de S^o kilomètres de lignes; le matériel roulant sera le matériel ordinaire, remorqué par des locomotives de 60 tonnes, portant chacune 2 moteurs de 1000 chevaux, à courant triphasé. — En Suisse, une Commission nommée en 1904, a étudié la question de l’électrification de tous les chemins de fer. L’Etat suédois vient d’acheter 3 chutes d’eau qui, ajoutées à celles qu’il possède déjà, représentent Soooo chevaux destinés à l’électrification de 2400 km de ligne. Aux États-Unis, où la traction électrique fonctionne depuis 22 ans, un capital de 17 milliards y est consacré, contre 69 milliards utilisés par la traction à vapeur. Ajoutons que l’Allemagne étudie actuellement un projet d’électrification des chemins de fer bavarois, qui utiliserait les chutes du Lech.
- Le papier pour celluloïde. — Les bizarreries industrielles. Sait-on que la fabrication du celluloïde, au lieu d’employer directement la cellulose des chiffons, etc., trouve avantage à faire d’abord fabriquer de belles bobines d’un papier fin spécial? Après quoi, ce beau papier est lacéi'é, mis en charpie. On ne l’a confectionné que pour le détruire aussitôt. Les mêmes usines qui font le papier de soie, le papier à cigarettes, comme celles de Poncé (Sarthe), ont aussi la spécialité de ce papier spécial.
- L’industrie automobile. — D’après une étude faite par le Ministère de l’Agriculture italien, les usines d’automobiles se trouveraient ainsi réparties : 5 en Autriche, 18 en Belgique, 33 en Allemagne, 62 en Angleterre, 80 en Italie, m aux États-Unis, ao5 en France.
- L’exportation de la viande. — Un phénomène sans précédent est bien celui qui s’est passé récemment en Angleterre : une grosse maison de Londres a exporté deux millions de livres de viande conservée à destination des États-Unis. Il ne faudrait pas en déduire que l’Angleterre, qui ne se nourrit guère que de provisions américaines, soit en passe de devenir le grenier du Nouveau Monde. Mais la crise financière a jeté une telle perturbation dans les marchés américains, qu’à la suite d’une hausse sur le prix de la viande, une maison de New-York a trouvé avantage à racheter d’une maison anglaise ces deux millions de livres de conserves, d’une valeur de 5ooooo francs, qu’elle lui avait expédiées dans le courant de l’hiver.
- L’industrie du coton au Japon. — Le Japon ne produit environ que 10 000 balles de coton de qualité inférieure, mais son industrie cotonnière commence à
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- INFORMATIONS
- inquiéter le Lancashire. En 1890, le Japon n’avait que 277 8g5 broches travaillant 99 375 balles de 5oo livres anglaises. Pendant l’exercice 1900, 1 373 706 broches utilisèrent 602 985 balles de matières premières. En 1907, on enregistre x 483 497 broches consommant 933 633 balles de coton. Les broches travaillent jour et nuit pendant les 7 jours de la semaine. Le coton brut provient des Indes Britanniques (52 pour 100), des Etats-Unis (23 pour 100) et de la Chine (17 pour 100). L’industrie cotonnière est devenue la première industrie japonaise. Dès l’année 1906, elle exporta 21 286 386 dol-' lars de fils et 7704943 dollars de vêtements de coton. La Chine est le meilleur débouché pour ces exportations.
- L’àgriculture danoise. — M. Tisserand, dans un rapport sur l’agriculture danoise, met en évidence la merveilleuse activité de ce petit pays. Le Danemark, peuplé de 2600000 habitants, exporte 29421 chevaux (autant que la France), 122966 têtes de gros bétail (3 lois plus que la France) no 490000 kg de viande de boucherie et de porcs salés, c’est-à-dire 18 fois plus que la France, 70400000 kg de beurre ou le quadruple de notre exportation totale. La superficie des terres arables et des prairies s’est accrue en 3o ans, de 24 pour 100, couvrant aujourd’hui 86 pour xoo de la surface territoriale du Danemark. M. Tisserand démontre que le développement de l’agriculture danoise est dû surtout au mouvement scientifique imprimé à l’exploitation du sol, à la préparation de la population rurale à le recevoir, aux encouragements incessants donnés aux recherches scientifiques. 71 écoles supérieures populaires distribuent chaque année en moyenne, leur enseignement à 325o jeunes cultivateurs et 3ooo jeunes paysannes.
- Incendies à Paris. — La Préfecture de Police vient de publier la statistique des incendies en 1907. Le nombre des feux a été de 1748, et les dégâts qui en sont résultés se sont élevés à 7 260000 francs. Sur ces 1748 incendies, il en a été éteint un peu moins d’un^ millier par les habitants, i5 personnes ont été sauvées parles pompiers, dont 4 hommes, 9 femmes et '2 enfants. Il y a eu 4 décès. Le plus grand nombre des accidents ont été provoqués par l’alcool, l’éther ou l’essence (117 cas); par des lampes à essence (i3o cas) ; par des lampes à pétrole (102 cas); par des Fuites de gaz (46 cas), et par des linges séchés devant le feu (38 cas). Les autres causes signalées parmi les plus fréquentes sont : la lumière électrique, les enfants jouant avec des allumettes, les cheminées dépourvues de trémie ou adossées à du bois, et les poêles et calorifères. 4 commencements d’incendie ont eu lieu dans des établissements de cinématographe.
- L’âge de pierre au Soudan. — Il serait très prématuré d’essayer de tracer un tableau d’ensemble de la préhistoire de l’Afrique du Nord Occidentale. Néanmoins les travaux qui se succèdent font pressentir des résultats pleins d’intérêt. M. de Zeltner donnait par exemple récemment, dans Y Anthropologie, le compte rendu de ses observations, faites d’une part sur 70 km suivant la rive gauche du Sénégal et sur 260 entre cette ville et Nioro, et il y notait quelques faits qui valent la peine d’être relevés. La vallée du Sénégal est constituée par deux terrasses alluviales superposées, l’une d’un rouge très vif qui' est la plus ancienne, l’autre d’un jaune foncé, recouvrant presque uniformément la première; celle-ci cependant émerge par place sous forme d’îlots ou de bancs, et c’est à ces points d’émergence que se trouvent, précisément les stations préhistoriques. D’où les deux conclusions suivantes, hypothétiques, mais assez vraisemblables : x° que les stations préhistoriques observées existaient au moment où les cours d’eau déposaient l’alluvion jaune et qu’elles se trouvaient sur des îlots au milieu des marécages; 20 que les habitants de ces stations étaient des groupes de pêcheurs. Les objets recueillis attestent d’ailleurs qu’ils étaient à un niveau de civilisation assez bas. Ce sont, d’une part : des objets constituant une époque de la pierre taillée : couteaux et tranchéts, pointes de lames, de flèches, racloirs, grattoirs, pei'cutteurs, lissoirs, perçoirs, burins ; de l’auti'e, un ensemble formant une époque de la pierre polie : haches, ciseaux, meules, casse-têtes, mortiers, polis-soirs, et peut-être poterie. Pour M. de Zeltner, il ne semble pas faire de doute que cette seconde époque appartienne à une civilisation toute différente de la
- première, telle qu’elle ne puisse être soi’tie simplement de celle-ci par évolution, mais qu’elle exige pour s’expliquer l’introduction d’un facteur étranger. Ainsi, il tendrait à voir provisoirement trois stades de civilisation anciens se succédant dans la vallée sénégalaise : i° civilisation apparentée à celle de la côte d’Afrique et distincte de celle du Sahara et du Niger, avec des traces peut-être d’une lointaine influence de la vallée du Nil (pierre taillée); 2^ civilisation de la pierre polie, venue peut-êti'e du Sahara, comme semblent l’attester diverses pièces, de facture et de matière première, étrangères à la région, et dont l’introduction aurait arrêté le développement du stade précédent, pour être à son tour submei’gée sous le suivant : 3° des envahisseurs apportant le fer et probablement de race Mandé. Il n’y a là sans doute pas de certitude, mais des hypothèses prudentes, appuyées sur une solide étude des faits et qui doivent être prises en considération.
- Population du Congo français et dépendances. —
- Nous empruntons ces chiffres à une statistique publiée par l’Office colonial. Ils ont été établis lors du i*ecense-ment de 1906. D’après eux la population totale du Congo français et dépendances était alors de 3 652 018 âmes, dont 1278 Européens ou assimilés et 3 65o74o indigènes. Ces chiffres globaux se détaillent comme suit :
- Européens Indigènes
- Gabon.......................... 5i6 376276
- Moyen Congo ................... 486 258 999
- Oubanghi-Chari-Tchad. . . 148 2i3oooo
- Territ. dix Tchad.............. 128 885 465
- 1278 3 65o 740
- D’autre part les professions des 1278 Européens ou assimilés se répartissent en : Militaires, 244 ! fonctionnaires, 258; agents commerciaux employés, 511 ; colons, cultivateurs à leur compte, 22 ; commerçants à leur compte, 18 ; mécaniciens, 17 ; ingénieurs, 3 ; congréganistes, i5o; sans profession, 3i ; divers, 6.
- Une fortune au fond de la mer. — On annonce de Capetown l’arrivée du yacht à vapeur Alfred Nobel, qui, affrété par une Compagnie sud-afidcaine, se propose d’explorer plusieurs épaves gisant au fond de la mer, le long des côtes de la colonie du Cap. -Des documents d’une authenticité incontestable établissent qu’elles recèlent dans leurs flancs une quantité de matières précieuses (lingots d’or et d’argent, minerai aurifère, etc.) valant, prétend-on, i5ooooooo de francs. Le yacht est muni des appareils de sauvetage les plus perfectionnés. Une pompe très puissante permettra d’enlever le sable qui s’est accumulé à l’intérieur des épaves. Le commandant de Y Alfred Nobel, M. Cardiner, est un scaphandrier très expérimenté qui a rendu souvent de signalés services à l’Amirauté britannique. Il eut l’occasion, il y a trois ans, d’examiner plusieurs des épaves qu’il entend exploiter, et il reconnut que leur exploration ne présentait pas des difficultés insurmontables, surtout avec les appareils inventés depuis lors. Il commencera sa campagne par une descente dans la baie de Saldanha, où gît, par 18 toises de profondeur, sur un banc de roche, le ti'ans-port militaire Mereston, qui transportait xoo 000 £ (2 5oo 000 francs) en or anglais, destinées à la solde des troupes. Près du phare de Green-Point, à une pi'ofon-deur de 6 à 7 toises, on aperçoit, par les temps calmes, la carcasse du Thermopylae, qui sombra en 1898 avec une riche cargaison (une tonne d’or et des centaines de lingots d’argent). On cite encore une douzaine d’épaves dont l’emplacement est connu, et qui, d’après le capitaine Cardiner, seront d'une exploitation facile,
- L’Endurance des navires de guerre. — Les croiseurs Europa et Edgar viennent de rapatrier à Devon-port l’équipage du croiseur-éclaireur Cambrian (436o tonnes, vitesse de 19 nœuds), qui venait de terminer une croisière de deux ans à travers le Grand Océan. Les hommes furent remplacés, leur engagement terminé, par un nouvel équipage expédié d’Angleterre à Colombo. C’était la première fois, paraît-il, qu’un navire restait aussi longtemps en commission sans qu’une avarie l’obligeât à rallier un port pour procéder à ses répara-tions. Aussi, les journaux de marine signalent-ils ce qu’ils appellent un exploit sans précédent. Pendant ces deux années (du 10 novembi'e igo5 au 9 novembre 1907), le croiseur parcourut 63 967 milles et brûla 14899 tonnes de charbon.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Appareils •‘S'C&j
- Appareil pour l’examen interne des chaudières. —
- Cet appareil est à deux usages; il permet d’examiner aisément et en détail l’intérieur d’une chaudièi’e et il peut aussi servir de jauge.
- C’est une espèce de canne télescopique munie à son
- Fig. i.
- Canne télescopique pour l’examen des chaudières.
- Fig. 2.
- Le support de bougie démonté.
- extrémité d’un porte-bougie démontable. Ce porte-bougie peut s’incliner à tous les angles, et recevoir des bougies de toute taille. Il est doté, en outre, d’une paire de pieds repliables, grâce auxquels on peut poser l’instrument, tout en maintenant la bougie verticale (fig. i ). Ces pieds sont du reste démontables, et pour les chaudières à dimensions restreintes, où ils ne sont point nécessaires, on peut les enlever.
- Pour se servir de l’instrument comme jauge, il suffît de dévisser le porte-bougie. Au moyen des pieds repliables, on installe la bougie comme l’indique la fig. 2, en un point convenable du fond de la chaudière, d’où elle projette la lumière nécessaire aux opérations. Ce petit appareil qui semble susceptible de rendre de réels services, pour les inspections de chaudières, est fabriqué par MM. Schafer et Budenberg, Withworth Street, London road, Manchester (Angleterre).
- Nouvelle machine à déboucher les bouteilles. —
- Cet appareil, qui débouche automatiquement les bouteilles, se débarrasse automatiquement de son bouchon.
- Machine à déboucher les bouteilles.
- Il s’installe contre un mur ou une cloison verticale quelconque. Il est composé d’un levier A (fig. x) fixé sur le corps B de l’appareil. A l’extrémité du levier, se meut verticalement le tire-bouchon proprement dit C ; sa course est double de la longueur d’un bouchon ordi-
- naire. Sous le corps B de l’appareil est réservée une cavité qui reçoit le goulot de la bouteille à déboucher D. Celle-ci y étant introduite (fig. 1), l’on soulève le levier qui fait pénétrer le tire-bouchon dans le bouchon; celui-ci étant percé, l’on abaisse le levier : le tire-bouchon C est relevé verticalement, entraînant le bouchon hors de la bouteille. A ce moment, le levier n’est qu’à la moitié de sa course. L’autre moitié servira à dégager le tire-bouchon du bouchon, car, le levier s’abaissant toujours, le bouchon ne peut plus s’élever ; il est arrêté par la cloison qui ferme la partie supérieure, tandis que le tire-bouchon continuant son ascension se dégage complètement du bouchon enfin libre.
- L’appareil extrêmement simple peut rendre d’utiles services pour le débouchage rapide et facile des bouteilles. — Il est en vente au prix de 10 fr. chez Antoine et C'e, 22, rue des Francs-Bourgeois.
- A
- "Eclairage
- Bec-Veilleuse
- économique.
- Bec-veilleuse économique. — Les becs de gaz à incandescence actuels joignent, tout le monde le reconnaît, au mérite d’une lumière éclatante l’avantage d’êti'e hygiéniques et économiques. Mais, il n’existe pas de bec à incandescence à petit débit pour les locaux qui n’ont besoin que d’un faible éclairage ; y placer un bec à incandescence d’un modèle serait brûler du gaz en pure perte ; on a donc été forcé de conserver l’usage des anciens becs papillon, dont la flamme peut être réglée à'la hauteur voulue, au moyen du robinet d’amenée.
- M. Galilé s’est proposé de rendre inutile l’emploi de ces appareils d’un auti'e âge; et il a imaginé un bec à incandescence fort ingénieux, d’une consommation minime, donnant un éclairage, modeste évidemment, mais suffisant dans bien des cas.
- Ce bec a en outre l’avantage de pouvoir être mis en veilleuse, et de remplacer économiquement les veilleuses à huile "’ou à pétrole.
- Le gaz est amené dans un brûleur Bunsen horizontal C, à l’extrémité duquel il est enflammé. Le jet de flamme vient frapper une petite pastille B montée sur une tige verticale A ; la pastille est formée d’un tissu analogue à celui des manchons Auer, tendu dans une armature circulaire en cuivre ; elle est portée à l’incandescence et son disque, de 7 mm de diamètre, émet une belle lumière blanche. Il importe que la pastille soit toujours maintenue dans la région chaude de la flamme ; or, la longueur de celle-ci peut varier suivant la pression du gaz. L’inventeur a donc imaginé un dispositif de réglage qui permet de rapprocher à volonté la pastille éclairante, de l’extrémité du brûleur; la tige A est fixée par une charnière sur la plaque de fond de l’appareil; en agissant sur une simple vis, on fait osciller la tige autour de cette charnière et l’on règle ainsi à son gré l’écartement de la pastille et de l’embouchure du bec.
- Les pastilles sont mobiles dans leur tige et peuvent se remplacer avec la plus grande facilité. Pour ne perdre aucune fraction de lumière, le bec s’emploie avec un verre spécial argenté sur une moitié de sa surface ; on obtient ainsi un réflecteur parfait, d’un entre-tien des plus aisés.
- La dépense en pleine marche n’est que de 5o litres en 12 heures, soit x centime, si l’on compte le gaz ào,2ofr. le mètre cube. Pour utiliser le bec comme veilleuse, on toux-ne le robinet et l’on diminue le débit du gaz jusqu’à ce qu’elle ne donne plus sur la pastille qu’un faible point éclairant. Si l’on veut avoir l’obscurité complète, il suffira en agissant sur la vis de réglage, d’éloigner très légèrement la pastille, de façon à la retirer complètement de la région chaude de la flamme.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- On a ainsi une veilleuse commode, propre et fort économique, car elle ne consomme que 5o litres en 48 heures. — Le bec-veilleuse est construit par M. Galilé, 1 bis, rue de la Visitation, Nancy.
- Divers ^§53
- Le porte-vêtement « Century ». — Un porte-vêtement commode et peu encombi'ant est un appareil fort apprécié dans les appartements minuscules des grandes villes. Le Century semble posséder ces qualités. C’est un châssis, muni de plusieurs barreaux horizontaux, sur lesquels on peut aisément plier et suspendre les vêtements. Le châssis se fixe contre la porte d’un placard, au moyen d’une charnière; il est donc mobile. Quand
- l’appareil a reçu les vêtements qui lui sont destinés (fig. 1 ), on le relève au moyen d’une cordelette ; il vient s’appliquer contre la porte et ne tient aucune place (fig. 2). — Le Century se vend, 12, rue Duphot, Paris. Prix à partir de 6 francs.
- Les « ïetterettes Walker ». — On agitait naguère, dans les informations de La Nature (nos 1815-1817), la question : « A qui attribuer l'invention des enveloppes pour , lettres ? » Celles-ci vont-elles disparaître avant que ce grkve problème soit résolu, et devenir un simple objet de curiosité, très précieux pour les archéologues ?
- La letterette Walker.
- ï, Le bloc; 2, 3, /„ Les étapes du jïliage ; 5, L’ouverture du pli.
- fait, quand on l’a essayée, on est charmé et surpris de voir le temps qu’on y gagne, sans compter le papier qu’on économise. Enfin par un de ces traits de génie qui font l’inventeur, celui des Ïetterettes a eu la rouerie de couvrir son bloc de feuilles d’un papier buvard, ce qui rend des services presque inappréciables. Tout cela est évidemment très simple : il fallait le trouver et c’est très commode. — Se vend chez Kirby Beard and C°, 5, rue Auber, Paris.
- Tableau à fiches mobiles. — On ne peut pas toujours retenir les adresses et les numéros du téléphone; aussi a-t-on pris l’habitude d’avoir un tableau sur lequel sont inscrits les renseignements nécessaires. On a reconnu bien vite qu’il fallait que ce tableau puisse être tenu fréquemment à jour, et pour éviter les ratures et les surcharges on l’a fait à fiches mobiles; il y en a de plusieurs sortes ; celui que représente le dessin ci-contre, imaginé et construit par M. Dannin, nous a paru particulièrement pratique. Les fiches sont constituées par des réglettes carrées peintes en blanc, de façon qu’on puisse écrire sur les 4 faces ; quand une indication est devenue inutile, il suffit donc de faire faire un quart de tour à la fiche.
- Elles sont toutes placées les unes sur les autres et glissent dans une rainure qui les maintient de chaque côté.
- Pour le classement, il suffit de soulever de la main gauche toutes les fiches, depuis l’endroit qu’on aura choisi; et, avec la main droite, d’introduire la nouvelle fiche en biais en l'engageant derrière les rainures; on laisse alors retomber les autres.
- C’est simple et rapide. On veut parfois que ce tableau reste secret et ne soit pas exposé à tous les regards ; dans ce cas le constructeur ajoute un volet qui recouvre le tout; ou bien, si on a la place nécessaire, au lieu d’accrocher le tableau par le haut, on dispose les pitons sur l’un des côtés et on les pose sur deux crochets placés comme les gonds d une porte, l’un au-dessus de l’autre. Il suffit alors de faire pivoter le tableau pour que les inscriptions ne soient pas visibles. — M. Dannin, xi, rue Littré. Paris.
- Carnet d’échantillons. — Ce carnet supprime les cordons, les lacets, le caoutchouc, les tringles métalliques. Il est constitué par une série d’onglets alors que les feuilles sont toutes pourvues d’encoches. Pour
- Fig- i-
- Mise en place d’une feuille. Fig. 2.
- Enlèvement d’une feuille.
- Tableau à fiches mobiles,
- Nous n’oserions nous en faire garants, et cependant c’est un peu la prétention de l’iuventeur de Walker s Letterettes, qui prétend nous ramener à l’époque des plis. Comme le montre la figure ci-contre, la letterette est une simple feuille de papier à lettre — on en fait de tous les types et pour tous les goûts — munie de deux oreilles gommées : on plie en quatre la feuille, on rabat les oreilles, on colle, — et c’est tout. D’abord on se demande à quoi peut servir une telle invention ; mais, de
- mettre une feuille en place il suffit donc d’engager l’encoche de cette feuille dans l’onglet et de l’amener en la tirant jusqu’au bord inférieur. Celte opération se fait en un clin d’œil, ainsi, du reste, que l’enlèvement des feuillets. On peut ainsi remplacer les collections entières quand cela est nécessaire et le carnet demeure toujours prêt à en recevoir de nouvelles. :— Le carnet d’échantillons est vendu par M. H. Barri, 7, rue Chariot, Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- mérycisme. — La rumination est 1 acte par lequel certains mammifères, de l’ordre dit des ruminants, ramènent dans la bouche les aliments déjà, ingérés dans l’estomac, pour leur faire subir un complément de mastication. Le bœuf, ce type du ruminant, a un estomac spécial composé de quatre poches dont la structure facilite certainement cette opération ; mais >1 u est pas nécessaire d’avoir un estomac aussi compliqué et la rumination s’observe chez d’autres animaux à estomac unique , les expériences de Moriez sur le lapin sont à cet égard .des plus démonstratives. , . .
- Il n’est du reste pas besoin de chercher dans la sene animale des animaux d’ordre inférieur ; le plus noble peut présenter cette particularité et 1 homme ou, du moins certains hommes peuvent ruminer : on a donné le nom plus distingué de mérycisme à cette propriété bizarre. Des travaux récents ont remis en lumière les observations relativement rares de rumination chez l’homme. Dans un article fort intéressant paru en 1882, le professeur Blanchard n’en comptait que trente-trois cas.
- Comme le premier connu remonte à 1618 (a fut relaté par Fabrice d’Aquapendente) la proportion n’est pas énorme pour trois siècles. Mais il faut dire que beaucoup de personnes susceptibles de ruminer ne regardent pas cela comme une infirmité ; beaucoup s imaginent être comme tout le monde et ne vont pas quérir 1 assistance d’un médecin pour un acte de la digestion qu’ils considèrent comme des plus naturels. La,proportion est donc en fait plus élevée, bien que ce soit en réalité un phénomène assez rare.
- La rumination diffère de la régurgitation en ce que, dans le premier cas, les aliments renvoyés de l’estomac dans- la bouche sont avalés de nouveau, tantôt après mastication nouvelle, tantôt sans mastication; dans,la régurgitation ils sont rejetés au dehors. Dans ce dernier cas, le phénomène est presque toujours lié à des troubles dyspeptiques, tandis que la rumination est indépendante de tout malaise de l’estomac, indépendante de la qualité ou de la quantité d’aliments ingérés. Elle se produit à des temps variables après le repas; elle est plus marquée chez les uns après une nourriture plus carnée ou plus épaisse. Chez d’autres elle survient avec plus d’intensité quand ils ont avalé une grande quantité de liquide en mangeant. Le goût, d’après le témoignage de mérycoles médecins, des aliments revenus dans la bouche n’a rien de désagréable, à condition que la rumination ne se produise pas trop longtemps après le repas ; pour beaucoup c’est même un plaisir.
- La rumination a souvent pour origine un incident insignifiant ; on a constaté l’apparition de ce phénomène après de violents vomissements, suite d’un voyage en mer, après un coup sur la région épigastrique. Brown-Séquard devint mérycole après une série d’expériences physiologiques. Il avait essayé à maintes reprises de recueillir sur lui-même du suc gastrique au moyen d'une éponge, retenue par un fil, qu’il avalait. Mais son estomac trop intolérant rejetait à chaque fois l’éponge et la réjection persista créant cette infirmité de la rumination. Un dyspeptique, observé par le Dr Nattan-Larrier, après-quelques jours d’efforts pendant lesquels il eut des régurgitations et des éructations fréquentes, devint mérycole; il en perdit peu à peu l’habitude, mais il peut ruminer à sa volonté.
- Le phénomène est héréditaire et l’on n’én saurait donner de meilleure preuve que l’observation due au professeur Brockbank de'Manchester. Il a pu reconstituer, au point de vue du mérycisme, la généalogie d’une famille pendant cinq générations. Sur quarante-sept personnes dont l’âge varie de un à 82 ans, vingt-trois femmes, vingt-quatre hommes, l’auteur a noté vingt-quatre cas de rumination : douze chez les hommes, douze chez les femmes. La rumination se montre à tout âge ; le Dr Comby a publié des cas relatifs à des enfants." Dans cette famille anglaise étudiée par Brockbank il y a, quinze enfants de moins de dix ans.
- La rumination chez les animaux a été bien étudiée par Chauveau et son élève Toussaint ; ils ont montré que ce 1 phénomène était dû à une aspiration du bol alimentaire par la raréfaction de l’air dans la cavité thoracique. La glotte se ferme, le diaphragme se contracte et les aliments sont projetés dans l’ouverture de l’œsophage d’où les contractions péristaltiques de ce conduit les ramènent à la bouche. Chez l’homme, le phénomène est identique et les mérycoles constatent qu’à chaque ascension du bol alimentaire correspond une légère contraction du diaphragme et des muscles abdominaux. Au fur et à mesure de l’habitude la rumination se fait de plus en plus facilement et avec une contraction de plus en plus faible. Ce n’-est pas en réalité un phénomène morbide, c’est, comme le dit M. Blanchard qui a pu bien étudier le phénomène sur un de ses amis intimes, un simple trouble fonctionnel sans gravité et qui demande certainement une susceptibilité nerveuse un peu spéciale. Le, mérycisme n’a donc pas de traitement particulier ; il cesse du reste parfois spontanément ou à la suite de maladies intercurrentes : il n’y a pas à s’en occuper, s’il ne s’accompagne pas de désordres digestifs. D‘ A. C.
- VAR1 ÊTES
- , Emploi des plaques autochromes en voyage. —
- Il n’est plus de voyageur qui se passe d’un appareil photographique, mais il y en a encore assez peu qui emportent des plaques permettant d’obtenir des images en couleurs. Sous ce rapport, M. Gervais Courtelle-mont détient certainement le record, car au cours d’un voyage qu’il vient de faire » en Orient, il a exécuté i3oo clichés sur plaques autoenromes Lumière. Il nous ,a semblé intéressant de lui demander à ce sujet quelques détails pratiques qui pourront être utiles à ceux de nos lecteurs qui font de la photographie et il a bien voulu nous donner, à leur intention, les quelques renseignements suivants. L’emballage n’est pas bien compliqué, des boites en bois garnies de feutre suffisent pour protéger les plaques . des chocs même violenta que subissent les colis voyageant en messagerie; M. Gervais Courtellemont n’avait d’abord emporté que 3oo plaques, mais les résultats qu’il obtenait l’encouragèrent à en faire venir d’autres et il se fit ravitailler par quatre envois successifs d’égale quantité.
- Il a employé un objectif Gœrz, type Telor," à F : 4,6 et souvent, pour comprendre dans le paysage des per-
- sonnages ou des animaux, il a fait des poses rapides à pleine ouverture; dans les cas où il a voulu avoir plusieurs plans nets, il diaphragmait à F : 6 et parfois à F : 20 quand, comme dans les cimetières turcs, il y avait des premiers plans très rapprochés. Pour apprécier le temps de pose, il avait adopté le coefficient 60 relativement aux plaques Lumière, étiquette bleue; c’est assez commode parce qu’il suffit alors, si on connaît le temps de pose de celles-ci en secondes, de prendre le même temps en minutes pour les autochromes. Dans les pays orientaux il y a des couchers de soleil merveilleux et il a réussi à en fixer un grand nombre sur ses plaques ; les temps de pose sont ici particulièrement intéressants à connaître. Quand le disque de l’astre est encore visible à l’horizon, bien que masqué parades nuages, on pose 4 ou 5 secondes; lorsqu’il a disparu, on pose 3o à 35 secondes. Mais, une demi-heure après cette disparition, il y a encore relativement beaucoup de lumière, et de fort beaux effets qu’on fixe sur les plaques avec une pose de 5o à j5 secondes. Enfin, lorsque la nuit est venue, une lueur mauve délicieuse baigne toutes choses et l’effet est parfaitement rendu par les plaques
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- VARIÉTÉS
- autochromes en posant pendant quatre ou cinq minutes.
- Comme on ne recommence pas tous les ans de pareils voyages, il est bon de se rendre compte si le temps de pose est juste, si on ne s’est pas trompé en chargeant le châssis, et si l’appareil n’a pas pris jour par un petit trou quelconque ; il est donc utile de développer les clichés pour pouvoir recommencer ceux qui seraient manqués. Le traitement des plaques autochromes étant beaucoup plus simple que celui des plaques ordinaires, M. Gervais Courtellemont a toujours pu développer, le soir, dans les hôtels où il se trouvait, même sans utiliser la cuvette spéciale que nous avons déjà décrite ici et qu’il ne connaissait pas. Bien entendu, il ne faisait pas toutes les manipulations indiquées par le manuel de MM. Lumière, il s’arrêtait à la deuxième opération, puis le lendemain matin à la grande lumière faisait le développement au diamidophénol, pour pouvoir juger complètement son épreuve, et s’en tenait là. Ce n’est qu’au retour qu’il a terminé les opérations de renforcement qui ont mis tout à fait en valeur les magnifiques résultats que tout le monde a pu admirer sur l’écran de projection de la salle Charras.
- Ces résultats sont encourageants pour les amateurs qui ne craindront pas, cet été, de charger leurs châssis avec des plaques et rapporteront ainsi de leurs voyages des souvenirs complets que ne peuvent leur donner les épreuves monochromes G. M.
- Le troisième Congrès de l’industrie laitière. — On
- lira certainement avec intérêt les principales résolutions du troisième Congrès de l’industrie laitière qui vient de se tenir à Paris, du 16 au 18 mars, et qu’il serait très désirable de voir entrer en application :
- i° Que dans toutes les transactions commerciales auxquelles peut donner lieu le lait destiné à la consom-' mation humaine, les achats sont uniquement effectués d’après la richesse du lait en ses divers principes extractifs et non d’après son seul volume ;
- 2° Qu’en l’état actuel des choses et sous réserve de précisions scientifiques souhaitables, le bon lait soit défini comme étant « le produit intégral non adultéré et non altéré de la traite totale et ininterrompue d’une femelle
- laitière bien portante, bien nourrie et non surmenée » ;
- 3° Que le lait pur soit défini comme celui ayant une origine nettement déterminée et n’ayant subi ni altération; ni retranchement, ni mélange pouvant changer ou modifier ses propriétés essentielles;
- 4° Que la composition moyenne par saison soit établie chaque année et par région laitière par les soins du ministère de l’Agriculture.
- Le beurre véritable (pur au sens courant du mot) est le mélange de glycérides (matières grasses) que l’on obtient par le barattage du lait « pur » ou de la crème issue du lait « pur », acidifiés par les ferments lactiques.
- Le fromage « pur » est le produit que l’on obtient en coagulant par la présure ou par la fermentation lactique, la caséine du lait mélangée à une quantité variable de matières grasses empruntées exclusivement au lait.
- En ce qui concerne les œufs, la définition suivante a été adoptée pour Y œuf frais : « L’œuf frais est celui qui, au mirage, ne décèle aucune déperdition d’eau et aucune trace de décomposition ».
- Que M. le ministre de l’Agriculture organise une école normale ménagère agricole et, à défaut, dans l’une des écoles pratiques de laiteries existantes, un cours normal dont la durée des études serait de deux ans si possible, cours destiné à la préparation des maîtresses des écoles ambulantes ménagères agricoles.
- Lait desséché en poudre. — Le Congrès appelle l’attention de la Commision des douanes sur la création d’un article spécial pour le lait desséché ou en poudre, avec droits de 5o francs au tarif général et de 35 francs au tarif minimum, par ioo kilogrammes.
- Volailles. — Considérant que les volailles vivantes ou mortes ne sont portées qu’au tarif général, le Congrès est d’avis que :
- Le tarif actuel de 20 francs soit inscrit au tarif minimum et majoré de 5o pour 100 au tarif général et porté ainsi à 3o francs. Qu’il en soit de même pour les pigeons.
- Enfin, sur le rapport de M° Comby, il a été demandé que les jaunes d’œufs conservés, importés pour les usages industriels, soient dénaturés sous l’œil de la Régie et qu’ils ne soient pas employés à des usages alimentaires.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- L’innocuité du sulfate de baryte. — Le sulfate d-e baryte a une mauvaise réputation : il passe pour être vénéneux. Tous les sels de baryte solubles sont vénéneux, il est vrai, mais le sulfate est un des corps les plus insolubles que l’on connaisse et il est absolument inerte vis-à-vis de tous les réactifs connus, à froid et à chaud. En peinture, où il est employé comme pigment, ces qualités lui ont valu le nom de blanc fixe. Il n’est attaqué (il est alors transformé en sulfure de baryum) que par le charbon et à la température du rouge; or, ce sont là des conditions qui ne peuvent être réalisées dans aucun organisme vivant. On conçoit donc assez mal les craintes que l’on peut avoir sur sa présence dans les aliments. Tout au plus, à doses massives, pourrait-il à la longue se déposer sur la paroi intestinale et gêner l’assimilation, au même titre d’ailleurs que toutes les substances pulvérulentes telles que le sous-nitrate de bismuth, fort employé autrefois pour combattre la diarrhée, et le talc fort incriminé récemment quand on sut que quelques commerçants malhonnêtes, mais nullement criminels, l’introduisaient frauduleusement dans la farine.
- Le fisc partage le préjugé du public à l’égard du sulfate de baryte : tous les chimistes savent avec quelle facilité ses agents acceptent la dénaturation, faite en leur présence, de l’alcool destiné aux préparations de laboratoire. Or, l’alcool ainsi dénaturé, une fois filtré, ne garde absolument rien du sulfate de baryte qu’on y a introduit. Peut-être, après tout, n’y a-t-il dans cette pratique qu’une simple tolérance déguisée, le fisc ne voulant pas mettre ceux qui font des recherches en état d'infériorité vis-à-vis de leurs collègues d’Allemagne. Dans ce pays, en effet, on accepte la dénaturation par la silice pulvérisée, qui est tout aussi illusoire que celle par le sulfate de baryte, non seulement pour les besoins des
- laboratoires, mais aussi pour certaines fabrications industrielles qui ne peuvent employer que de l’alcool absolument pur.
- Un fait récent montre que cette ignorance de l’innocuité du sulfate de baryte peut avoir des inconvénients. On sait que l’Italie importe en France une quantité assez considérable de fromages; or on s’est aperçu que la croûte de certains d’entre eux renferme du sulfate de baryte et l’on a parlé d’interdire leur introduction en France.
- Il est certain que si le sulfate de baryte, qui est très dense, est employé en vue d’augmenter le poids du fromage, cet emploi constitue une tromperie sur la nature et la qualité de la marchandise, tromperie punissable par les lois, mais qui ne saurait être considérée comme une tentative criminelle.
- Le sulfate de baryte naturel pulvérisé est d’ailleurs très souvent incorporé par les fabricants peu consciencieux dans les produits qui se vendent au poids. Tel est le cas des papiers; quelques-uns en renferment jusqu’à 20 pour 100. Quand on le fait entrer dans les composL tions des enduits glacés qui recouvrent la surface des papiers de luxe dits couchés, on fait d’une pierre deux coups. C’est sur ces papiers, en effet, comme on le sait, que s’impriment les reproductions photographiques artistiques présentant des finesses et des demi-teintes difficiles à rendre avec un papier mat et grenu ; et dans ce cas, ce que le sulfate de baryte (on emploie alors un produit préparé par précipitation) apporte surtout au papier c’est : sa blancheur, son opacité, son inaltérabilité et la finesse de son grain.
- Piqûres de guêpe. — L’emploi de l’alcali est traditionnel. On peut y suppléer facilement en coupant en deux un oignon et en frottant avec le jus sur le point enflé.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. —. Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un Intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’éclairage du foyer de l’Opéra par le système Fortuny a été effectué par la Société À. E. G., 42, rue de Paradis.
- Renseignements. — M. G. Briaudeau, à Nantes. — Les longueurs d’ondes s’expriment presque toujours aujourd’hui, en dix-millionièmes de millimètres (unités d’Angstrom). L’expression X 4225 est donc bien la longueur d’onde, expi’imée en dix-millionièmes de millimètres, de la raie considérée dans l’information. Évaluées dans ce système, les deux composantes de la raie D du sodium onj pour longueurs d’ondes : Dt = 5896,15 ; D3 — 5890,18 (Voir : Annuaire du Bureau des Longitudes, 1907). 0
- M. le lieutenant P., à Angoulême. — Veuillez vous adresser à M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, ou à M. Jobin, 21, rue de l’Odéon.
- M. le D1 Bengué, à Paris. — L’encrier scientifique se vend chez M. Novi, 44» rue d’Enghien.
- M. Paul Eggermont, à Leignon. — Désherbage des chemins : arroser avec le mélange suivant : 120 litres d’eau, 12 kg de chaux, 2 kg de soufre en poudre (faire bouillir ensemble en agitant), puis 120 litres d’eau; faire l’opération par temps sec. On peut également employer de l’eau salée, du pétrole étendu d’eau, ou encore une solution de sulfate de fer à haute dose, ou de sulfate de cuivre. Il faut s’attendre à devoir recommencer plusieurs fois l’arrosage.
- M. Carie, à Braga. — Établissements producteurs d’acide sulfurique. Etablissements Kühlmann, à Loos-
- lès-Lille, près de Lille. Usines Maletra, à Rouen. Manufacture de Saint-Gobain, siège, rue des Saussaies, Paris. United Alcali Company, à Liverpool.
- M. A. D., à Rouen. — Le mode de production le plus pratique d’une photographie par l’impression est la photogravure. Il suffit de remettre au photograveur une bonne épreuve sur papier.
- MM. Oguendo et Garcia, à San Cristobal (Venezuela). — Vous trouverez tous les renseignements pratiques sur la fabrication des essences et parfums dans l’ouvrage de M. Durvelle, chimiste-pai'fumeur, publié chez Desforges, 29, quaides Grands-Augustins, Paris.
- M. Piguet, à Brassus. — La matière employée pour souder les grains d’émeri dans les meules, est à base de gutta. Il n’existe pas à notre connaissance le traité définissant exactement les conditions de fabrication des meules émeri.
- M. Triaca, à Pagli. — Les nouvelles locomotives Pacific de la Compagnie d’Orléans sont en service. Vous trouverez leur description dans La Nature du 9 novembre 1907, n° 1798. _ . ®
- M. le lieutenant Magnien, à Bizerte. — Ouvrages sur les élévations d’eau : Elévation des eaux, par Berthot, chez Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris. Vous trouverez aussi d’utiles renseignements dans l’ouvrage ; les Pompes, par R. Masse (igo3), chez Dunod et Pinat, 49, quai dès Grands-Augustins, Paris. Vous trouverez les renseignements pratiques que vous désirez dans les maisons suivantes : Carré, i3, rue de la Boétie, Paris. Jamin, 72, quai Carnot, à Saint-Cloud. Etablissements Weyher et Richemond, 5o, route d’Aubervilliers, à Pantin.
- Société du Lloyd Anversois. — Pour la Porte Sésame, veuillez vous adresser à MM. Pemberton, Arber et C°, Grays Inn Passage, Holborn, Londres, dont nous avons déjà donné l’adresse dans notre précédent numéro.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- Un canal qui 6’effondre : Y. Forbin. — Les ressources houillères de l’Allemagne et des lies Britanniques : En. Lozis. — Constructions métalliques à éléments tétraédriques : P. be M. — Le chauffage électrique : P. G. — La photographie à travers l’eau : Lucien Ruba.ux. — La porte autoiiiatique Sésame : Daniel Bellkt. — Les carillons : Jacques Laumanjat. — Académie des sciences; séance du(4 mai 1908 : Ch. de Villedeuil. — Les dangers du Mississipi : G. Durand.
- Supplément. -— M. de Làpparent. — Les progrès de la météorologie. — Variations du degré géothermique. — Le pétrole russe en 1907. — Action de l’oxygène sur les métaux, etc. — :— Organisation des transports en commun dans Paris : Les futurs autobus. — Un vieux vermifuge. — Entretien des courroies.
- Chemins de fer à crémaillère, par A. Lévy-Lambert, inspecteur principal au chemin de fer du Nord. — Encyclopédie des Travaux Publics Léchalas. Deuxième édition, revue et augmentée. Vol. in-8 (25-i6) de 479 pages, avec 137 figures; 1908. Prix: i5 francs. Gauthier-Villaes. Paris.
- Il existe aujourd’hui, tant sur l’Ancien Continent que sur le Nouveau, 1296 km de chemins de fer à crémaillère en exploitation. Peu à peu l’instrument s’ëst assoupli, des pentes plus raides et des courbes à plus faibles rayons ont été admises, la largeur même de la voie a été réduite, et l’on est arrivé à desservir des pays plus pauvres et des régions plus accidentées.
- * Cet ouvrage étudie successivement le tracé, les types de crémaillères, les systèmes Riggenbach, Abt, Strub, Locher, etc., le matériel roulant, la traction électrique, l’exploitation. Il donne l’historique de la question, en montre le développement progressif et insiste sur tous les procédés modernes.
- L’évolution de la vie, par Charlton Bastian, traduit de l’anglais par H. de Varigny (Bibliothèque scientifique internationale), Félix Alcan, éditeur. Prix : 6 francs.
- L’ancien antagoniste de Pasteur essaye de ressusciter les débats de la génératiofi spontanée. Si la vie n’a pas été créée du dehors, elle a dû se créer du dèdans et apparaître ainsi autrefois; pourquoi donc ne continuerait-elle pas à faire de même aujourd’hui? Ainsi raisonne M. Charlton Bastian, et il cherche à montrer que, dans les solutions qui ont été stérilisées, des êtres vivante apparaissent. Toute la question est de savoir si la stérilisation a été suffisante.
- Cours de philosophie positive, par Auguste Comte. — Schleicher frères, Paris. Tome II. Philosophie astronomique et philosophie physique. Prix : 2 francs.
- L’Electricité à la portée de tout le monde, par Georges Claude. 6e édition (29e à 33e mille), revue et augmentée. Gr. in-8°. Broché 7 fr. 5o; cart. 9 fr. 5o. (H. Dunod et E. Pinat), Paris.
- Le succès du livre de M. Georges Claude a été considérable. En sept ans, il en a été tiré 32000 exemplaires. C’est assez dire les qualités de l’ouvrage intéressant, clair, facile à lire et complet. Cette édition, mise au courant pour tout ce qui concerne les sources d’éclairage électrique, l’électrochimie, les transports de force, la télégraphie sans fil, etc., se termine par des Causeries sur le Radium et les Nouvelles Radiations.
- Eaux d’égout et eaux résiduaires industrielles. — Epuration, utilisation, par P. Razous. i vol. grand in-8
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- BIBLIOGRAPHIE
- de 208 pages et 29 fig. Prix : 7tr,5ô. Société d’éditions techniques, 16, rue du Pont-Neuf, Paris.
- Il n’est pas de question qui, pour les grandes agglomérations urbaines actuelles, présente plus d’importance que celle de l’utilisation et de l’épuration des eaux d’égout. Nous sommes sur ce point bien en retard sur d’autres pays, l’Angleterre notamment. Néanmoins les pouvoirs publics ont compris qu’il importait, dans l’intérêt de l’hygiènè, de trouver une solution pratique à ce redoutable problème d’assainissement. Le livre de M. Razous facilitera singulièrement la tâche de tous ceux qui auront à cœur de collaborer à cette œuvre de salubrité publique. Il leur donne, en effet, un résumé très net de la plupart des systèmes préconisés ou appliqués à l’étranger et en France. Il traite également très en détail la question
- des eaux résiduaires des diverses industries qui contribuent à empoisonner nos cours d’eau.
- « Les villes d’art célèbres » : Munich, par Jeax Chanta-voine, 1 vol. in-4°, i34 gravures. Paris, Henri Laurens, 1908. Prix : broché, 4 francs; relié, 5 francs.
- De toutes les villes d'art allemandes, Munich, sans contredit la plus célèbre et la plus riche (incomparables musées de peinture et de sculpture, monuments), a ceci de particulier que l’art n’y règne en quelque sorte que par droit d’adoption, en vertu d’une tradition née à la Cour bavaroise avec la Renaissance, et reprise au xixe siècle par le roi Louis Ier (1825-1848). G est cette tradition dont M. Chantavoine étudie la naissance et le développement. Le livre est admirablement illustré.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 mai 190a . . 15°.5 S. W. 0. Nuageux. 0,3 Rosée; halo à 7 h.; nuag.; pluie à 17 h. 15; tonn. au S. E à 17 h. 6.
- Mardi 5 15°,0 S. W. 3. Très nuageux. 0,4 Rosée; halo à 6 h.; tonn. au S. S. E. de 16 h. à 16 h. 35.
- Mercredi 6 13°,0 S. S. W. 4. Nuageux. 7,7 Rosée; très nuageux; pluie par intervalles.
- Jeudi 7 11°.7 S. W. 2. Nuageux. 1,0 Pluie le m.; nuageux.
- Vendredi 8 12°,8 S. S. W. 3. Couvert. » Rosée ; très nuageux; halo à 21 h.
- Samedi 9 13°,0 S. 2. Très nuageux. 0,0 Rosée; halo à 6 h.; très nuageux; pluvieux à 12 h.
- Dimanche 10 13° 0 S. 1. Couvert. 1,1 Pluie le m.; gouttes par intervalles ; couvert.
- MAI 1908. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 MAI 1908.
- Mercredi
- Mardi
- Lundi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- G MIDI 6 MIN 6 MIDI G MIN 6-MIDI G MIN 6 MIDI G MIN G MIDI G MIN 6 MIPf-G., MIN 6 MIDI 6
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 4 au 10 mai. — Le 4- Basses pressions sur l’O. de l’Europe : minima en Irlande (750 mm) et en Gascogne (755). Pluies sur l’O. et le Centre; neiges dans le N. ; en France : Charleville, 4 mm ; Belle-Isle, 2 ; Nantes, 1. Temp. du matin : Arkangel, —4°; Paris, 14.; Alger, 23; Puy de Dôme, 16; Pic du Midi, 5; moyenne à Paris : >ï6°,i (normale : n°,9). — Le 5. Pression inférieure à 755 sur la France, les Iles-Britanniques, la mer du Nord : Brest, 750 ; Yalencia, 73g; en Islande, 763. Pluies sur l’O. et le Centre; en France : Ouessant, 7; Besancon, 6; Le Havre^Charleville, 2. Temp. du matin : Arkangel, —2; Paris, 13 ; Alger, 11; Puy de Dôme, n; Pic du Midi, —1; moyenne à Paris : i4°,5 (normale : 12°). — Le 6. Pression atmosph. : Stornoway, 74°.; Iles-Britanniques, mer du Nord, Manche, 750 au maximum; -Gascogne, 762. Pluies générales; en France : Belfort, 3i; Besançon, 23; Limoges, Gap, 9; Lorient, 8; Dunkerque, 6. Temp. du matin : Ivuopio, —3°; Paris, i3; Alger, 25; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, —5 ; moyenne à Paris : i4°,2 (normale : 120,1). — Le 7. Légère hausse sur l’O., pression supérieure à 765 en Gascogne et sur la péninsule Ibérique; Stornoway, 747. Pluies abon-
- dantes sur l’O. et le Centre; en France : Charleville, 28; Belfort, i5; Gap, 12; Paris, 9, Nantes, 3. Temp. du matin : Arkangel, 10 ; Paris, 12; Palerme, 20; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : i3° (normale : i2°,2). — Le 8. Dépression sur l'Irlande : Valentia, 751; Lyon, 769; Toulouse, 768. Pluies sur l’O. et le N. de l’Europe: en France : Belfort. 10; Lyon, 4; Charleville, Dunkerque, 3; Nantes, !. Temp. du matin : Arkangel, — 3°; Paris, i3; Alger, 19; Puy de Dôme, 7; Pic du Midi, 4: moyenne à Paris : i4°,3 (normale : I2°,4). — Le 9. Basses pressions sur tout le N. : Ecosse, 746; Bodoe, 749. Pluies sur le N. et le Centre; en France : quelques ondées sur le N.-O. Temp. du matin : Uleaborg, o; Paris, i5; Alger, 22 ; Pùy de Dôme, 14 ; Pic du Midi, 5; moyenne à Paris : i7°,3 (normale : i2°,5). — Le 10. Basses pressions au N.; sur le Centre et l’O. moyenne uniforme à 762. Pluies sur le N.; en France : Le Havre, 2; Paris, Nantes, x. Temp. du matin : Arkangel, 4: Paris, 15 ; Alger, 19; Puy de Dôme, 10; Pic du Midi, 6; moyenne à Paris : i5°,2 (normale : i2°,6). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 8, à 11 h. 32 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « JLa. Nature » doit être adressé aux bureaux du journal ; 120, "Boulevard Saint-Germain, Parit (VIe
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1826 — 23 MAI 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 3o mai (n° 1827), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le Ier juin,, renouvelé ou donnét ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892— 1892 à 1902), au prix de 18 francs, au lieu de 26 francs.
- Parallaxe de la grande nébuleuse d’Andromède.
- — Le professeur K. Bohlin, de Stockholm, s’est livré à une série de recherches qu’il expose dans les Astrono-mische Nachrichten (n° 42I3), en vue d’obtenir une valeur de la parallaxe de cette fameuse nébuleuse (N. G. C., 224). De trois séries d’observations, dont la première a été entreprise en 1902, il ressort pour la parallaxe trois valeurs qui s accordent bien entre elles et que l’on peut considérer comme une première approximation. La valeur moyenne résultant de ces trois séries est de o",i7. Ce chiffre représente l’angle sous lequel, de la nébuleuse d’Andromède, on verrait le demi-diamètre de l’orbite terrestre. Dans Popular Astronomy, vol. XYI, n° 3 (mars 1908), on trouve un essai du calcul de la distance de cette nébuleuse. La formule employée est celle utilisée ordinairement pour la distance des étoiles :
- D
- R s in
- — — RX
- P
- 206265"
- dans laquelle D est la distance cherchée, p la parallaxe, en seconde d’arc, et R, la distance moyenne de la Terre au Soleil'= 149 5oi 000 km. En appliquant cette formule, on trouve, en nombres ronds, pour la distance de la nébuleuse d’Andromède au Soleil :
- ^ i4q 5oi 000 x 206 265 _ , .
- D = —:-----r,--------- =181 400 000 000 000 km.
- 0,17
- Plus de x81 trillions de kilomètres!! La lumière met près‘de 20 ans pour parcourir cette distance, de sorte que si la détermination de M. Bohlin est suffisamment approchée, quand nous regardons cette belle nébuleuse, nous la voyons comme elle était en 1889! D’après une mesure faite sur une photographie exposée 12 heures, on trouve que la longueur de cet objet céleste est de i°49' et sa largeur 29'. En supposant que la plus grande dimension de la nébuleuse est perpendiculaire au rayon visuel, nous avons pour cette longueur :
- L = 181 400 000 000 poo km x 2 tang 54',5 = 5 750 000 000 000 km.
- Ainsi, l’étendue de la nébuleuse d’Andromède serait plus de 600 fois le diamètre de l’oi'bite de Neptune. Si les spires de la nébuleuse sont à peu près syméti'iques, et situées dans le même plan, l’allongement de la nébuleuse proviendrait de l’inclinaison de son plan sur le rayon visuel, inclinaison qui serait de i5° 1/2 environ. En raison de l’incertitude de la valeur de la parallaxe, il convient de ne considérer les calculs ci-dessus que comme un essai grossier; toutefois, ils contribueront à donner au lecteur une faible conception de l’énorme étendue d’un des plus étonnants objets du ciel.
- La foudre et l’eau souterraine. — Un médecin du corps de santé espagnol, le Dr Barreras, a groupé récemment une série d’observations curieuses pour montrer que la foudre est souvent attirée par la présence des eaux souterraines et suit leur parcours en épargnant, au voisinage, des points plus élevés, des arbres isolés, etc. Quelques photographies, où les chutes d’éclairs sont rapprochées de la présence de sources, offrent un certain intérêt. On sait, d’ailleurs, que les paratonnerres fonctionnent mieux quand ils sont en rapport avec une nappe d’eau. La question présente un rapport avec les prétentions des chercheurs de sources, qui font intervenir, dans leurs essais d’explication, un fluide humain particulièrement sensible à l’humidité du sous-sol : problème obscur, au sujet duquel il est encore impossible de se prononcer scientifiquement.
- Les anomalies de la pesanteur.— M. Giulio Cos-tanzi, dans un mémoire récent de la Revue de mathématiques, physique, etc., de Pavie, a repris la vieille question des anomalies de la pesanteur. On sait qu’au début, on avait pensé devoir trouver un excès d’attraction près des montagnes en raison de leur masse sura— bondante, un défaut d’attraction sur les dépressions océaniques. Les observations de M. Defforges montrèrent juste-l’inverse : ce qu’on interpréta en imaginant, qu’il y avait un vide sous les montagnes trop surélevées, et une accumulation de matière sous les abîmes océaniques. Puis les objections de plus en plus nombreuses se sont, présentées à mesure que l’on a mieux examiné les faits, et il a fallu inventer une série de théories nouvelles, se détruisant successivement l’une l’autre, pour essayer de les coordonner. Parmi les expériences nouvelles, on peut d’abord citer celles de Nansen qui, en se plaçant sur la glace polaire, a trouvé une pesanteur normale malgré un fond de 4000 m. (ce qui pourrait induire en quelque scepticisme au sujet des mesures faites sur un navire et non plus sur-la glace solide, où l’on a tropvé des anomalies). De même, M. Hecker, sur la mer Atlantique, a mesuré en général des pesanteurs tout à fait normales, sauf lorsqu’il y avait une variation soudaine dans la profondeur. Une suite d’autres mesures sur le lac Balaton, en Calabre, au Japon, dans l’Himalaya, à l’Etna, ont conduit à chercher une relation des anomalies avec les dislocations profondes, marquées d’au-
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- INFORMATIONS
- tre part, par des phénomènes sismiques. La théorie de M. Costanzi est différente. Pour lui, les maxima des anomalies, soit positivés, soit négatives, suivent, les uns les dépressions, les autres les chaînes montagneuses, avec une avance. L’anomalie qui devrait se produire dans la mer Tyrrhénienne envahit le continent italien. Les maxima positifs du bassin du Pô se déplacent vers le mont Blanc. L’auteur suppose, dès lors, que les couches internes auraient pu, par suite d’une fluidité plus grande tenant à une surélévation de température, avoir un mouvement plus rapide dans les plissements du sol que les couches superficielles et cela, pour les Alpes, les Apennins septentrionaux, les Carpathes, dans le sens du Nord, pour la Sicile et la Calabre, dans le sens du Sud, qui est celui du mouvement orogénique. Mais les objections sont encore nombreuses; l’Etna, par exemple, pour lequel le maximum de l’anomalie se trouve sur le sommet. Il ne faut donc pas considérer la solution proposée comme définitive.
- La taille des diamants à Amsterdam. — Il a été beaucoup question, depuis quelques mois, de la crise diamantifère, occasionnée par la crise générale américaine. On sait que, devant la cessation des achats de diamants parles bijoutiers, les minesn’ont eu d’autre ressource que de réduire presque à rien leur production. Il en est naturellement résulté une crise correspondante pour les tailleurs de diamants et, particulièrement, dans la ville où cette industrie était autrefois monopolisée, à Amsterdam. Amsterdam compte 70 tailleries, dont le travail a été sans cesse en croissant depuis quelques années, à raison d’environ 400000 carats de diamant brut par an : tailleries occupant environ g5oo ouvriers, dont 1200 femmes et 1000 apprentis, et distribuant en temps normal environ 42 millions de salaires. C’est cet état de choses qui s’est trouvé brusquement interrompu et on'en a l’explication si l’on se reporte au tableau ci-dessous qui donne, d’après la Chambre de Commerce de Londres, les importations de diamants et pierres fines aux Etats-Unis depuis quelques années :
- Année Diamants Diamants Pierres fines
- fiscale bruts taillés diverses Total
- Dollars Dollars Dollars Dollars
- 1896. . . . 113.888 » 6.598.527 6.712.415
- 1897 .... 47.865 1.937.944 686.789 2.672.598
- 1898 . . . 2.517.759 4.438.030 2.005 258 8.961.047
- 1899. . . . 3 678.266 8.497'.28i 2.181.034 14.356.584
- 1900. . . . 5.891.226 7.890.945 2.455.015 14.257.186
- 1901 .... 6.574.650 11.680.825 2.170.285 20.425.756
- 1902. . . . 6.154.855 12.732.670 4.460.702 23.548.225
- 1905. • • • 10.035.188 15.574.598 4.971.437 51.479.223
- 1904. . . . 8.776.418 10.028.452 4.159.249 22.964.119
- 1905. . . . 10.590.917 17.019.550 5.903.484 33.313.931
- 1906. . . . 10.579.654 24.282.897 5.384.459 40.247.000
- Tel est le mouvement qui s’est trouvé à peu près complètement supprimé dans la dernière partie de 1907. Les ouvriers tailleurs de diamants occupaient jadis une situation tout à fait exceptionnelle et dans ces dernières années encore, en temps normal, ils n’étaient pas à plaindre. On distingue, entre eux, une hiérarchie depuis le cliveur qui fend la pierre, l’égriseur qui reçoit le diamant clivé et y taille à la meule des facettes brutes, jusqu’au polisseur qui doit rendre ces facettes brillantes ou enfin au sertisseur qui assujettit les pierres au bout d’une pince dans un alliage fusible pour permettre le travail de l’égriseur et du polisseur. Les salaires hebdomadaires des cliveurs avaient atteint de 210 à 5a5 francs de 1873 à 1877 avant que la concurrence se fût établie à Londres, Paris, etc. Us sont tombés, dans la suite, entre 52 et 84. Pour les égriseurs on avait eu 126 à 210; puis 3i à 5g. Les polisseurs atteignaient jusqu'à 63o fr., soit 3o 000 fr. par an ; ils sont tombés à 2 ou 3oôo, etc. Jusqu’en 1878, il faut remarquer que tous les tailleurs de diamants étaient israélites. C’est à cette date que l’industrie s’est répandue et plus d’un bourgeois a payé cher alors pour faire apprendre à son fils un métier aussi lucratif. Souvent toute la famille* père, mère et enfants, travaillait à la fois dans le même atelier. Actuellement, la crise qui a réduit à zéro toute cette industrie est, en grande partie, assimilable à une crise de crédit. Les commerçants reculent devant l’achat d’une substance qui peut baisser considérablement de prix si les deux grandes Compagnies diamantifères de la de Beers et de la Premier entrent dans la voie de la concurrence, ruineuse pour toutes deux, mais peut-être momentanément nécessaire à l’une d’elles pour établir les conditions de leur accord. Dans ces conditions, personne n’osant
- plus acheter jusqu’à épuisement des stocks qui devaient être considérables et en présence desquels le public lui-même se réserve, la baisse entraîne la baisse.
- Le nouveau dirigeable « Zeppelin ». — On construit actuellement en Allemagne un nouveau dirigeable du type Zeppelin. Ce sera le 4e dé la série. Il se distinguera de ses prédécesseurs, par des dimensions plus considérables et des moteurs plus puissants. Le dernier aéronef Zeppelin avait 117 m., 70 de long et 11,55 m. de diamètre, le nouveau ballon aura 134,70 m- de long et i5,2 m. de large; il sera muni de 3 moteurs de 140 chevaux chacun. On estime son rayon d’action à 23oo km : il pourrait se rendre d’une seule traite du Lac de Constance à Kônigsberg. Le comte Zeppelin* espère même atteindre une vitesse de 75 km à l’heure en l'absence de vent. Le coût du ballon a été de 5oo 000 francs.
- L’amélioration du chenal de la Tamise. — On s’est attaqué, dans l’estuaire de la Tamise, à un travail considérable destiné à améliorer les conditions de la navigation : on doit creuser un chenal de 3oo m. de large sur 9,15 m. de profondeur à marée basse; et, pour cela, il faudra enlever au lit du fleuve plus de 4 millions et demi de mètres cubes de sable. Pour effectuer ces travaux, les Chantiers Ferguson, de la Clyde, viennent de construire une drague suceuse qui n’a pas moins de ioo,65 m. de long, et dont les deux tuyaux aspirateurs peuvent aller chercher les matériaux à remonter jusqu’à 21 m. sous l’eau. Le débit de cet appareil est estimé devoir être, même dans ces conditions, de 4^00 tonnes à l’heure.
- L’abatage électrique des arbres par fil incandescent. — Les Annales des Travaux Publics de Belgique affirment que, dans les forêts de l’Arkansas, on fait couramment usage de ce qu’on appelle le « fil à couper le bois ». On amène le courant électrique au pied de l’arbre à abattre par un câble souple venant d’une station génératrice volante d’électricité ; et ce courant porte au rouge un fil de platine, que l’on pousse et fait passer à travers le tronc à couper.
- Le « lin du Brésil ». — Le « lin du Brésil » est une plante textile assez semblable au liü qu’on appelle Canhamo Brasiliensis Perini. Cette herbe, sous le climat du Brésil, atteint en quatre à cinq mois une hauteur de 14 à 28 pieds; elle a de nombreux avantages sur le lin, ordinaire. Elle est plus résistante aux attaques des insectes et des cryptogames et elle redoute moins la sécheresse; sa croissance est aussi plus rapide et, dans les pays tropicaux, on peut avoir trois récoltes par saison. La culture de cette plante est moins exigeante que celle des autres plantes textiles et la résistance, la flexibilité et la finesse sont supérieures à celles du coton et du lin d’Europe. La teinture et le blanchiment du « lin du Brésil » sont des plus faciles et les débris possèdent des propriétés excellentes qui permettent d’en fabriquer un papier recherché.
- Un gisement paléolithique en Suisse. — Le
- Dr Obermaier signale dans F Anthropologie la découverte d’un gisement paléolithique, effectuée en Suisse par M. Büchler, en 1903-1904, et dont les résultats viennent d’être publiés. Ce gisement, mis à jour dans la caverne de Wildkicrhli au Santis, appartiendrait au paléolithique ancien et devrait être rapporté à la fin du moustérien ; ce serait ainsi la première station paléolithique ancienne reconnue en Suisse. De plus, pour M. Obermaier, il serait hors de doute que le contenu de cette caverne ne peut pas être attribué à une péidode interglaciaire, mais à la période postglaciaire, qui a suivi la dernière période d’extension glaciaire. Cette indication se trouverait ainsi d’accord avec les vues autrefois exposées par M. Boule et reprises par lui dans F Anthropologie (1908, p. i-i3), à propos d’un silex taillé récemment découvert dans le Jura; M. Boule pense, en effet, que le plus ancien paléolithique, le chelléen, a été synchronique de la troisième période interglaciaire, contrairement à M. Penck, qui le croit synchronique de la deuxième interglaciaire. Sans qu’il nous appartienne de trancher cette question d’âge relatif, il est intéressant de noter ces divergences ainsi que les arguments proposés pour les faire disparaître.
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- **> Automobilisme <-*
- Capote invisible pour voitures automobiles. —
- Cette nouvelle capote semble présenter de nombreux avantages : maniement aisé, poids relativement faible, encombrement minime.
- Elle est complètement roulée dans une gaine de tôle placée à l’arrière delà voiture tel un rideau de fer à une
- devanture de magasin, fig. x. La fig. 2 montre l’appareil disposé en pare-poussière et légèrement sorti de sa gaine. Contre la pluie au contraire l’appareil sorti complètement est tendu sur les 2 branches de support avant
- Fig. 2.
- de la voiture, fig. 3. De nouvelles toiles s’ajoutent par côté, fig. 4, pour permettre aux voyageurs de s’abriter de la pluie d’une façon absolument complète. Au premier rayon de soleil, la toile est à nouveau roulée et reprend
- place dans sa gaine, cette opération du pliage ou du dépliage de la capote ne demande que 4 ou 5 minutes.
- La toile roulée dans son étui ne subit aucune détérioration par suite de frottements.
- Le poids de l’appareil qui n’excède pas 3o kg se
- trouve presque tout à la base des 2 bras ai'ticulés qui supportent la toile, la carrosserie ne souffre donc de ce fait aucun ébranlement. Enfin la capote pouvant être l'elevée ou abaissée à volonté à l’avant, la résistance du vent peut être fort atténuée. La capote invisible se trouve chez MM. Merville, Carnier et Picard, carrossiers, 124, rue Lannois prolongée, Lévallois-Perret.
- Appareils
- Un appareil à tout faire : chaudière, filtre et glacière. — La combinaison est audacieuse, et c’est pour cela qu’elle est curieuse et intéressante à connaître : on peut en essayer pour voir ce qu’elle donne. Le dispositif; a été inventé par un Américain, le Dr P. A. Aurness, de Minneapolis.il a voulu combiner, étant donné l’usage
- constant d’eau glacée, que l’on fait dans son pays, Un appareil permettant de se procurer constamment et aisément de l’eau bouillie, et par conséquent sans nocuité, qu’il pi*end la précaution supplémentaire de filtrer, et qui est immédiatement mise en contact avec l’enceinte de refroidissement; de sorte qu’on peut la consommer peu de temps après l’ébullition.
- La portion supérieure du récipient cylindrique est une sorte de marmite qui peut se placer sur un four7 neau, un poêle, pour que son contenu soit porté à l’ébullition. Le fond n’en est pas en réalité complètement plat sur toute sa sui'face : il est disposé en tronc de cône très aplati, comme le montre la figure où le dessinateur a ménagé un arrachement ; mais la surface centrale et plane est assez large, pour assurer dans de bonnes conditions la transmission de la chaleur au liquide contenu dans la marmite. On peut voir du reste que, de part et d’autre de l’axe vertical de la marmite, sur les parties inclinées du tronc de cône, sont ménagés deux robinets pouvant donner issue à l’eau contenue dans cette marmite, sans que ces robinets fassent un relief marqué, et soient par suite susceptibles de venir au contact du fourneau où l’on place la marmite.
- Aussi bien, l’eau ne s’échappera par ces robinets, quand on les aura ouverts, qu’en passant en D, à travers
- Appareil à tout faire.
- une matière filtrante, qui est renfermée entre deux coquilles métalliques et sphériques sur lesquelles est monté chaque robinet.
- On voit la matière filtrante en C. Supposons maintenant que l’on replace la marmite sur son pied, c’est-à-dire sur la portion inférieure B de l’appareil ; après, du reste, avoir ouvert les robinets d’écoulement F. On a de plus, et auparavant, rempli de glace le compartiment G, qui est au centre de B. Autour de lui l'este donc un vide annulaire, qui est le récipient où va tomber l’eau filtrée et bouillie, et où elle va seti'ouveren contact des parois de G, en se refroidissant en conséquence. On comprend dès lors tout le fonctionnement de l’appareil sans que nous insistions davantage. Pour avoir de l’eau fraîche, on attendra que le contact ait été suffisamment long avec G; on ouvrira de temps à autre le robinet du bas de l’appareil pour constater la température du liquide ; et c’est par ce robinet qu’on tirera l’eau pui'e et froide de cette fontaine perfectionnée, qui est à la fois une glacière, un filtre, une marmite à ébullition, ainsi que nous le disions en commençant.
- Divers
- Support de fleurs pour la décoration d’une table. —
- Voici venue enfin la saison des fleurs; elles ornent nos jardins de couleurs charmantes et décorent agréablement
- Support de fleurs pour la décoration d’une table.
- nos appartements, elles sont d’un effet particulièi’ement heureux sur une table bien garnie. Mais comment les y disposer élégamment, et surtout les empêcher de se
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- | SCIENCE APPLIQUÉE
- flétrir rapidement à la lumière chaude et desséchante des lampes. Le chemin de table représenté ci-contre résout simplement le pi'oblème. On y met les fleurs dans des tubes que l’on peut garnir d’eau; on y pique des feuilles et des fleurs dans les trous ; l’on peut obtenir ainsi les effets les plus variés. Les fleurs restent fraîches et gardent leur savante disposition. — Le chemin de table composé de 4 pièces se vend chez Mété-nier, 17, rue Tronchet, prix : 24 francs.
- Calendrier perpétuel le « Pherochrone ». — Cet
- appareil permet d’obtenir rapidement le jour qui correspond à une date donnée, depuis l’an I jusqu’à l’an a5oo; c’est un laps de temps plus que suffisant ! En dehors du point de vue historique, on peut avoir, et on a souvent besoin, surtout dans le commerce, de savoir quel jour de la semaine correspondra à une date fixée, qui peut être la date d’échéance d’une traite par exemple. On a
- Fig. 1. — Ensemble du Pherochrone de bureau.
- bien un calendrier de l’année courante, souvent aussi celui de l’année précédente, mais rarement ceux des années antérieures et jamais celui de l’année suivante; vers la fin de l’année, si on a des rendez-vous à prendre on est embarrassé pour savoir quel jour correspondra à la date donnée. La Nature a déjà publié à diversès
- rç, Z3, 30. 37
- 1908. 0 1907. 1
- // 3t fs j V Avril 6 if jyiercrçdi 1 7 3.10.17.24-31. 38 /
- / ' 6 Mai 1 ( Jeudi 4.11.18.25.32.39 1
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- aaSagriWaS L«hà\\eV .S._ Samedi HNË/
- 2. — Détail du rouleau supérieur.
- reprises des formules qui permettent d’obtenir ce résultat, mais il faut se livrer à des calculs assez longs et on n’a pas toujours la formule présente à la mémoire. M. Bellenger a combiné un appareil très simple, qui forme en même temps encrier de bureau, avec lequel on obtient automatiquement le résultat cherché. Il se
- I 2 f //£:
- Détail du rouleau inférieur.
- compose d’une série de petits rouleaux en porcelaine placés les uns à côté des autres sur deux rangs superposés (fig. ï). Chaque rouleau porte les indications auxquelles il n’y a qu’à se conformer pour obtenir le résultat cherché. On amène en face les uns des autres l’année, le mois, le quantième de la date cherchée et on additionne les indices portés en regard ; le total obtenu, il n’y a qu’à chercher sur le dernier rouleau de droite quel est le jour qui y correspond.
- Indépendamment de ce modèle de bureau, l’inventeur en a combiné d’autres très portatifs : l'un d’eux est adapté au cadran d’une montre ordinaire, un autre est sous
- forme de règle à calcul, un troisième composé de petits secteurs en carton peut se mettre facilement dans un portefeuille et pourrait être, comme les calendriers ordinaires, utilisé pour faire de la publicité. — (L’appareil de bureau se trouve chez M. Camus, 5o, rue Chariot à Paris. Les autres chez M. Bellenger, 27, rue C&rle-Hebert à Courbevoie).
- Nettoyeur d’arbres. — Ce
- petit balai en" acier trempé a déjà été décrit, ici même, et signalé comme particulièrement pratique pour le nettoyage des objets en fer. Depuis, un de nos lecteurs lui a trouvé un usage fort intéressant à signaler. Il permet d’enlever aisément la mousse des arbres ; il pénètre aisément dans les interstices et les fentes de l’écorce, et peut servir à détruire partiellement certains insectes qui y élisent domicile.
- En vente chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris.
- Prix : 1 fr. a5.
- Fausset antiseptique. — Les liquides, vin, bière, cidre, etc., conservés dans un tonneau à moitié rempli, s’altèrent aisément ; ils se piquent, s’aigrissent ou durcissent sous l’action de l’air plus ou moins pur qui surmonte le liquide. Cet inconvénient s’atténue par l’emploi des vapeurs de soufre, mais souvent celles-ci donnent leur goût au liquide ; si elles sont en quantité insuffisante, il faut recommencer l’opération du soufrage, longue et ennuyeuse.
- L’emploi du purificateur d’air ou fausset antiseptique Renou supprime complètement cette pratique gênante.
- L’appareil est formé par un récipient en verre percé au haut de 2 ouvertures fermées de bouchons, au centre desquels passe un tube qui descend aux 3/4 du récipient. En bas et au centre, une autre ouverture également
- forer
- fermée par un bouchon que traverse un tube, en sens inverse du précédent. Le bouchon inférieur est terminé par une vis. L’appareil est rempli d’eau et, par les ouvertures TT, l’on y introduit du bisulfite de soude, qui jouera sur l’air le rôle d’antiseptique. L’appareil est vissé dans un trou de 12 mm. de diamètre percé en un point quelconque du fût. Lorsque l’on tire du liquide, l’air qui va le remplacer ne pourra s’introduire dans lé tonneau qu’en traversant le purificateur par lés ouvertures T d’abord, puis dans la solution de bisulfite de soude dont il s’imprégnera avant de pénétrer dans le tonneau et entrer en communication avec le liquide contenu. Si l’on tire du liquide dans le tonneau, l’espace vide est immédiatement occupé par un volume égal d’air qui vient de se purifier en traversant le bisulfite ; l’air ainsi purifié et stérilisé, le liquide ne peut prendre aucun mauvais goût. — Cet appareil du prix de 3 fr. 5o est en vente chez son constructeur M. Renou, 1 et 3, rue Copreau et 31, rue Blomet, Paris.
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- VAR] ETES
- ><
- Le mouvement des mariages en France.— Il ne
- faut pas dire trop de mal des statistiques. Elles donnent quelquefois des renseignements précieux ou des indications piquantes sur des faits difficiles à saisir autrement. Les chiffres que, chaque année, publie XAnnuaire statistique de la France sur le pombre mensuel des mariages en France permettent par exemple des constatations qui ne sont pas sans valeur. Nous prenons comme base de ce qui suit, et nous employons pour dresser le graphique ci-joint, les données parues dans le dernier volume, qui se rapporte à l’année 1906 (1908, Ministère du 'Travail).
- Les chiffres absolus d’abord. Les statisticiens les ont répartis, pour le phénomène qui nous intéresse, en trois catégories : Populations urbaines, populations rurales, département de la Seine (Paris compris). Par malheur, on ne nous dit pas exactement à quel signe on distingue
- deux autres : la courbe tombeau-dessous de 60 pour 100 et s’élève au-dessus de 140; dans les autres elle se tient au contraire aplatie entre 80 et 120. De plus la courbe rurale est divisée en trois parties très nettes, donnant des minima en février-mars, août, décembre, et des maxima en février, mai-juin, novembre. Si le fait est moins net pour les deux autres courbes, on le retrouve cependant avec un peu d’attention : d’abord les deux présentent en . août le même minimum que la courbe rurale, et ceci seul attesterait suffisamment qu’il n’y a pas distribution au hasard de la plus ou moins grande fréquence, mais loi générale ; de plus, il y a dans les deux courbes un léger exhaussement en février qui concorde avec le mouvement de la courbe rurale, et une baisse dans le dernier mois de l’année qui lui est aussi comparable ; enfin, la période de grande fréquence d’avril
- Seine
- Populations urbaines _____„____ rurales
- ---\
- ' y 8103
- s-7037
- --<
- 60 . ...
- Mois
- Graphique du mouvement des mariages en France en 1906.
- des populations urbaines et des populations rurales; c’est là un petit élément de vague qu’il serait facile d’éliminer dans les éditions prochaines et qui augmenterait la rigueur des enseignements.
- MARIAGES PAR MOIS MARIAGES PAR MOIS MARIAGES PAR MOIS
- DANS LES DANS LES DANS LE
- POPULATIONS RURALES POPULATIONS UR1ÏAINES DÉPARTEMENT de la SEINE
- Janvier... ;. 14.960 Janvier . 7.154 Janvier 2.485
- Février .... 17.996 Février . 7.471 Février 2.708
- Mars 11.757 Mars . 6.841 Mars 2.860
- Avril 11.680 Avril . 8.105 Avril 3.236
- Mai 17.219 Mai . 8.026 Mai. 3.208
- Juin 16.572 Juin 8.517 Juin 3.219
- Juillet 11.948 Juillet . 7.057 Juillet 3.284
- Août 8.418 Août . 6.860 Août 2.845
- Septembre.. 14.574 Septembre.. . 8.665 Septembre... 5.144
- Octobre.... 17.222 Octobre . 9.273 Octobre .... 3.231
- Novembre.. 20.386 Novembre.. . 8.332 Novembre... 2.839
- Décembre .•. 10.202 Décembre.. . 7.467 Décembre... 3.104
- Total 172.734 Total . 93.746 Totai 36.163
- Moyenne.. 14.394 . Moyenne . . 7.810 Moyenne.. 3.013
- N’insistons pas sur les différences entre ces trois totaux. Ce qu’il est plus intéressant de constater c’est l’irrégularité du nombre des mariages sùivant les mois.
- Y a-t-il là quelque loi générale, à laquelle obéissent les trois groupes considérés, ou bien ces irrégularités se distribuent-elles au hasa,rd ? Pour s’en rendre compte, il suffit de construire la courbe de chacun de ces groupes et de superposer les graphiques obtenus de façon à les rendre comparables. Pour cela nous prenons à une hauteur quelconque sur l'axe des ordonnées une> ligne a b à laquelle nous donnons la valeur arbitraire 100, qui représentera pour chacun des groupes considérés la moyenne mensuelle, soit simultanément : 100 = 3oi3 = 7810 = 14 394.
- De cette façon, chacun des points de chaque courbe indiquera non pas le nombre absolu des mariages au moment considéré, mais l’écart pour 100 qu’il y a entre ce nombre et la moyenne à ce moment.
- On voit de suite que l’amplitude de cet écart est beaucoup plus considérable pour le groupe rural que pour les j
- à juillet, quoique plus étendue, correspond en somme à la période rurale mai-juin, de même que la hausse d’octobre est comparable à la hausse rurale de décembre. Il y a donc un parallélisme indéniable dans le mouvement des trois courbes, assez net pour montrer que la distribution n’est pas accidentelle. Mais, d’autre part, il est certain que les courbes urbaines sont atténuées fortement en comparaison de la courbe rurale ; on pourrait dire que dans les villes le rythme qui procède à la répartition des mariages dans l’année est comme un pastiche lointain du même rythme dans les campagnes.
- Il est curieux de constater la relation qui existe entre la répartition des mariages ruraux et la division tripar-tite des anciennes années, germanique et celtique, qui ont laissé tant de traces dans nos mœurs campagnardes. Un regard jeté sur un calendrier quelconque montre, en effet, une coïncidence frappante entre les moments élevés du rythme rural des mariages et les principaux termes, à la fois religieux et économiques, de ces années anciennes, termes conservés sous d’autres noms dans la vie rurale : en février, fêtes groupées autour de la Chandeleur; en mai-juin, autour des Rogations et de la Saint Jean ; en novembre autour de la Saint Martin. De nombreuses études, effectuées notamment sur les littératures anciennes, sur le folklore et sur les mœurs populaires, ont prouvé combien est permanente l’importance de ces termes pour la vie rurale, dont ils marquent le rythme depuis des siècles ; ils sont d’ailleurs évidemment maintenus pour beaucoup par les circonstances naturelles où celui-ci se réalise. Ainsi, ce rythme de l’année et des occupations au cours de l’année met sa forte empreinte sur celui des mariages. Et l’on voit même qu’on la retrouve avec assez de netteté dans la vie urbaine. Là, il est vrai, le rythme primitif, simple, en trois grandes oscillations, tend à disparaître. Peut-être, si l’on pouvait disséquer les chiffres donnés pour les populations rurales, de façon à isoler les données par professions ou par couches sociales distinctes, verrait-on, il est vrai, apparaître des rythmes également marqués, et l’on pourrait dire que l’aplatissement de la courbe résulte plus d’une super-
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- 3M VARIÉTÉS |k§£
- position de nombreux rythmes, que d’une absence. Quoi qu’il en soit de cette hypothèse, où la complexité des conditions urbaines s’exprime en face de la simplicité rurale, il reste un grand rythme bien marqué à la ville
- dans le mouvement des mariages, et signe de la vie sociale entière : c’est le fléchissement des vacances et celui du début de l’année qui en situent les points les plus bas.
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en avril 1908, par M. Th. Moureaux.
- La hauteur barométrique, 755““,21, est sensiblement normale; avril est d’ailleurs, de toute l’année moyenne, le mois correspondant à la valeur mensuelle la plus faible. La température, très basse en mars dernier, est encore de i°,56 au-dessous de la normale. On a noté 4 jours de gelée et i3 de gelée blanche; le 21, le thermomètre est descendu à — 3°,o : c’est la température la plus basse qui, depuis 35 ans, ait été observée à une date aussi avancée; de même, pour rencontrer 3 jours de neige en avril, il faut remonter à 1892. La pluie, 28“’", 1, ne représente que les deux tiers de la hauteur moyenne, et se répartit sur 18 jours au lieu de i3; aussi, comme déjà en février et en mars, la nébulosité est élevée et l’insolation faible. Des courants d’entre N. et N.-E. ont régné presque exclusivement du 5 au 19, les vents du N. N. E. étant en prédominance très marquée pendant cette période.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 34 heures, 755mm,2i ; minimum absolu, 74imm,8 le 24 à 7h5om; maximum absolu, j65mm,o le 3o à 10 heures; écart extrême, 23mm,2.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, 3°,53; des maxima, i3°,57; du mois, 8°,55 ; des 24 heures, 8°, 18; minimum absolu, — 3°,o le 21; maximum absolu, 2i°,7 le 16. Amplitude diurne, moyenne du mois, io°,o4 : la plus faible, 6°,5 le 7 ; la plus grande, i6°,7 le 16. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, o0,19; des maxima, 26°,82; minimum absolu, —8°,i le 21 ; maximum absolu, 35°,9 le 3o. — Dans le sol gazonné : moyenne du mois; profondeur, om,3o : à 9 heures, 8°, 18; à 21 heures, 8°,63; profondeur, om,65 ; à 9 heures, 7°,g3 ; à 21 heures, 7°,94; profondeur 1 m. : à 9 heures, 7°,62; à 21 heures, 7°,66. — De la Marne : moyenne le matin, 9°,42; le soir, 9°,93 ; minimum, 8°, 10 le ier; maximum, n°,64 le 17.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 5““,72 ; minimum, 2mm,8 le 20 à i3 heures; maximum, iomm,o le 28 à i3 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 71,7 ; minimum, 23 le 17 à 17 heures ; maximum 99 le 27 à 7 heures-8 heures.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,61; moyenne diurne la plus faible, 0,0 le 9 ; la plus grande, io,o le 2.
- Insolation : durée possible, 409 heures; durée effective, i56h,2 en 28 jours; rapport, o,38.
- Pluie ou neige : total du mois, 28““, 1 en 4211 9.
- Nombre de jours : de pluie, i3; de pluie ou neige inappréciable, 5; de neige, 3; de grêle, 1; de grésil, 4; de rosée, 8; de gelée, 4; de gelée blanche, i3; de brouillard, 1; de halos, 9; de brume, 4.
- Fréquence des vents : calme, 1.
- N..........55 S. E . . . 7 W. . . . 3g
- N. N. E. . i5g S. S. E. . 18 W. N. W. i5
- N. E . . . 73 S........40 N. W . . 36
- E. N. E. . 16 S. S. W . 81 N. N. W . 56
- E. . . . . 11 S. W. . . 59
- E. S. E. . 3 W. S. W. 41
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des
- 24 heures, 4m,8i > moyenne diurne la plus grande, 9“,3 le 7 ; la plus faible, im,2 le 3o; vitesse maximum en i5 minutes, i3m, 1 le 7, de 8 heures à 8h i5m par vent N. N. E.
- Electricité atmosphérique : moyenne des 24 heures (18 jours), m volts; moyenne diurne la plus grande, 287 volts le ier; la plus faible, 58 volts le 12; amplitude diurne, 0,28; amplitude nocturne, 0,46.
- Hauteur de la Marné : moyenne du mois, 2m,98 ; minimum, 2m,73 le 27; maximum, 3m,24 le 9.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre,
- — omm,09; température, -- i°,56; tension de la vapeur,
- — omm,39; humidité relative, +2,6; nébulosité, -f- 0,73; pluie, — i4mm,4; jours de pluie, + 5.
- Taches solaires : on a suivi 17 taches ou groupes de taches en 28 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : faibles, les 7-8, 23, 24,
- 25 ; assez fortes les i5 et 16.
- Radiation solaire (pyrhéliomètre d’Angstrom). — L’intensité de la radiation solaire, exprimée en calories par centimètre carré et par minute, a été trouvée égale à 1cal, 12 le 16 à nhiom; i“al,i5 le 29 à ioh4im; 1 18 le 8
- à i3hom; i““',20 le i3 à nh i3ra; ical,2i le 9 à nhaom.
- Floraisons : le 2, buxus pyramidalis ; le 3, jacinthe ; le 4, buxus balearica, ficaire, abricotier; le 5, narcisse; le 6, jasminum nudiflorum ; le 9, ribes sanguineum, anémone des bois, coucou, forsythia viridissima; le 10, prunellier commun, pêcher de plein vent ; groseiller à grappes; le 11, glechoma, ribes aureum; le i3, érable plane, iberis sempervirens ; le i5, merisier; le 17, mahonia à feuilles de houx; le 18, saule commun, renoncule bulbeuse; le 20, prunier (reine-claude); le 21, cydonia japonica; le 22, corcorus, cerisier (anglaise hâtive); le 24, cassis, ortie blanche, pervenche ble.ue; le 27, réveille-matin; le 28, souci d’eau, linaire cymba-laire, muscari à grappes, cerisier de Montmorency; le 29, corbeille d’or, alliaire; le 3o; poirier de plein vent, laurier-cerise. /
- Premier chanf de la fauvette le 6 ; du pic-vertle 17, du rossignol le 28, du loriot le 3o. — Les hirondelles sont encore très rares à la fin du mois ; les premières <mt été vues le i3.
- HYGIENE ET SANTE
- Electrolyse professionnelle. — C’est là une maladie spéciale aux électriciens ou pour mieux dire à quelques électriciens, maladie d’origine professionnelle et facilement évitable. Si vous possédez un téléphone et que vous ayez eu quelques accrocs (je ne dis pas dans les appels, c’est la règle), mais dans le fonctionnement de l’appareil, vous avez pu être témoin du fait suivant. L’employé électricien, pour vérifier si le passage du courant électrique se fait bien, touche les pôles du bout des doigts mouillés ; il juge, d’après l’intensité de la secousse, du bon ou mauvais état du courant. Mais quelques électriciens préfèrent, comme ils le disent, « goûter le courant » et c’est avec la langue qu’ils s’assurent du passage régulier. Ils posent sur la pointe de
- la langue le. bout des fils reliés aux pôles de la . pile et une sensation particulière de fourmillement, de picotement, indique que le circuit est bien fermé. A l’un des fils, au pôle négatif, il a de plus un goût particulier dû à la formation de chlorures cuivreux naissant.
- Avec des courants très faibles l’application des fils conducteurs ne détermine qu’une sensation fort passagère de chatouillement, de picotement ; mais, avec des courants d’une certaine intensité, la sensation devient une secousse plus ou moins douloureuse et il peut sé produire, malgré l’application superficielle des fils et la courte durée du passage du courant, des lésions plus sérieuses, dues à une véritable cautérisation électrolytique des tissus.:C’est cet accident que vient de constater
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- notre collègue bordelais, le Dr Philip, chez un employé des téléphones qui avait pris, à l’imitation de ses camarades, l’habitude de goûter le courant. Au début, il n’avait à vérifier que des courants d’une force modérée de 8 à io volts ; plus tard il eut à essayer des courants de 5o, 60 volts et plus et la sensation était devenue douloureuse. On le conçoit facilement, car, en tenant compte de la résistance des appareils mis en circuit, le courant ne devait pas être moindre de 5o milliampères et parfois même davantage. Or, il se produisait à chaque contact une véritable électrolyse de la langue. Au début les picotements, qui n’existaient tout d’abord qu’au passage du courant, devinrent durables ; puis il se produisit une véritable altération des muscles et du tissu de la
- langue. Lorsque M. Philip vit ce malade, il existait sur chaque bord latéral de la langue une bande blanchâtre de près de deux centimètres de long, venant se réunir en avant et dont l’apparence était celle d’un tissu cicatriciel un peu profond. La sensibilité tactile ou gustative est nulle sur ces points : la langue a subi sur les parties brûlées par le courant une véritable transformation.
- La lésion ainsi produite par l’application passagère du courant a fini par réaliser ce qu’on obtient, dans les tissus, par l’électrolyse, destruction d’une tumeur, des nævi, des tumeurs érectiles, des saillies fongueuses et formation d’une cicatrice plus ou moins indélébile. Electriciens, méfiez-vous des courants et renoncez à l’habitude de les « goûter ». Dr A. C.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un Intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Bile répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- L’éjecto-condenseur Leblanc est construit par la Société Westinghouse, 45, rue de l’Arcade, à Paris.
- Renseignements. — M. Pierre M., à Paris. — Les renseignements demandés nécessitent des réponses trop longues pour être insérées ici ;. vous les trouverez d’ailleurs à plusieurs reprises dans nos recettes et procédés utiles et dans les cinq petits volumes des Recettes et Procédés utiles, de La Nature, publiés chez MM. Masson et C‘“, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. Hallaire, à Neuilly. — Pour vous débarrasser des mites, il faut d’abord en faire périr les larves dans les vêtements ou les étoffes où elles se trouvent : l’essence minérale, le sulfure de carbone, le gaz d’éclairage même permettent d’obtenir le résultat. Il faut ensuite préserver ces. objets du contact des papillons; on emploie pour cela le camphre, des fleurs de lavande ou de petits carrés de flanelle imbibés d’essence de serpollet.
- Dom A. M., à Maredsous. — Le formol peut en effet s’employer pour combattre la sueur fétide des pieds. Il
- a le gros avantage de ne pas supprimer complètement la transpiration (ce qu’il ne faut jamais chercher à obtenir, cette suppression d’un émonctoire pouvant avoir des conséquences fâcheuses), mais d’empêcher la macération épidermique, de durcir les tissus et de désodoriser. Une solution à S gr. pour un litre d’eau est généralement suffisante, on peut l’élever à io pour iooo; inutile de dépasser ce titre. Lotionner les pieds pendant deux ou trois minutes une fois par jour, le matin de préférence, avec cette solution. Pour ne pas se dessécher les mains, mettre un gant de caoutchouc, ou, à défaut, se contenter, après le lavage matinal des pieds à l’eau ordinaire et au savon (lavage qui doit se pratiquer matin et soir), de tremper les pieds dans l’eau formolée, durant deux ou trois minutes. En général au bout de cinq ou six jours, la peau est tannée, il suffit alors de passer les pieds dans la solution de temps en temps, une ou deux fois par semaine. S’il y a des fissures, des excoriations, les guérir avant de recourir au formol.
- M. Jenevet, à Paris. — Nous ignorons l’adresse de M. Schneider et celle de M. Lodge ; mais, pour ce dernier, vous pourriez sans doute communiquer avec lui en confiant votre correspondance aux bons soins de la Royal Society de Londres.
- M. N. Benoît, à bord du Charlemagne. - Veuillez vous adresser à la Compagnie Aérohydraulique, i35,rue d’Alésia, Paris ou M. Leblanc, 5i, rue du Rendez-Vous, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- Usine de broyage et d’incinération des ordures ménagères : Jacques Boyer. — La catastrophe du « Gladiator » : V. Forbin. — Le dynamomètre Charles Henry : J. Legrand. — Les ruines d’Angkoi' : Jean-Paul Laeitte. — L'armée britannique et le soldat anglais : Will Darvillé. — La maladie des châtaigniers : Lucien Rudaux, — Nouveau système d’éclairage indirect : R. Villers. — Académie des sciences; séance du 11 mai 1908 : Ch. de Villedeuil.— A. de Lapparent : L. D. L.
- Supplément. — Société d’Angkor. — Sur la substance mère du radium. — Incendies à Paris, etc. — Le mérycisme. — Emploi dés plaques autochromes en voyage. — Le troisième Congrès de l’industrie laitière.
- Manuel pratique de Galv anoplastie'et de Dépôts électrochimiques, par André Brochet, docteur ès sciences, chargé des conférences et des travaux pratiques d’électrochimie industrielle à l’Ecole de physique et de chimie, 1908. 1 vol. in-16 de 424 pages avec 148 figures. Librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris. Prix : cartonné, 5 francs.
- M. Brochet a tenu à réunir, dans ce volume, considérations techniques et considérations théoriques. Après une enquête technique minutieuse à laquelle il s’est livré au point de vue technique, il a cherché à définir les conditions normales de marche de bains ; il a ramené les formules innombrables à quelques types simples, en indiquant les légères modifications à leur faire subir dans tel ou tel cas particulier, et a
- donné les principales constantes correspondant à ces diverses formules. Enfin l’auteur a appliqué, d’une façon aussi sommaire que possible, la théorie de la dissociation électrolytique. A signaler en particulier, dans la deuxième partie, l’installation de l’énergie électrique, la préparation des pièces et l’installation de la cuve ; dans la troisième partie, les études sur le cuivrage, le nickelage et l’argenture ; dans la cinquième partie, le chapitre concernant Yélectrotypie rapide, question entièrement nouvelle que M. Brochet a traitée à fond, dépassant même quelque peu ce qui se fait aujourd’hui pour indiquer ce qu’il sera intéressant de faire demain.
- Aide-mémoire pratique de photographie, par L.-P. Clerc, préparateur à la Faculté des sciences de Paris. 1 vol. in-16 de 3g8 pages, avec i5i figures. Librairie J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris. Prix : cartonné, 4 francs.
- M. Clerc a insisté tout particulièrement sur les questions relatives à l objectif et à l’obturateur, mais en évitant toutes considérations mathématiques. Voici un aperçu des matières traitées : la chambre noire ; l’objectif photographique, ses aberrations ; les diaphragmes; la perspective; choix et usage des objectifs ; l’appareil photographique et ses accessoires ; l’obturateur ; choix du sujet ; sa mise en place : son éclairage; le laboratoire de l’amateur; les préparations
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- BIBLIOGRAPHIE
- sensibles ; développement du phototype négatif; fixage, lavage et séchage des phototypes; opérations correctives; pelliculage et conservation; retouche ; procédés de photocopie; tirage des photogrammes; papiers sensibles aux sels d’argent; papiers aux sels de fer; papiers au platine; procédés pigmentaires; calibrage et moulage de l’image; agrandissements; applications de la photographie; projections; photographie stéréoscopique; photographie des couleurs.
- Cours d'exploitation des mines, par Haton De la Gou-pillière. Troisième édition revue et considérablement augmentée par Jean Bès de Berg. Dunod et Pinat. Paris, 3 vol. in-40. Prix : 90 fr.
- L’éloge de cet ouvrage capital n’est plus à faire. Il est, depuis longtemps, classique. On le trouve entre
- les mains des mineurs dans tous les pays du monde et ses éditions se succèdent en se perfectionnant encore. Pour ces rééditions, M. Haton de la Goupillière s’est adjoint de plus jeunes ingénieurs, ses élèves, devenus des maîtres à leur tour : d’abord M. Pellé, qui lui a succédé un moment dans la Chaire d'exploitation à l’École des Mines et, cette fois, M. Bès de Berc. Deux volumes seulement de la troisième édition sont parus jusqu’ici, l’ouvrage ayant pris des dimensions beaucoup plus considérables, et nous aurpns à en reparler quand le troisième volume paraîtra cet automne. Mais nous tenions dès à présent à signaler un livre, attendu avec impatience dans le monde des mines pour les renseignements de tous genres que l’on y trouve mis au courant et admirablement coordonnés.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur altitude 5om,3o). Bureau central météorologique dç France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MlLLlMÈTtiES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 mai 1908. . 14°,1 S. 1. Couvert. 2 9 Rosée ; nuag.; pluie d. la soir. ; quelq. coups tonn. à 17h.30etl9h.50.
- Mardi 12 15°,5 w. 1. Pluie. 21,4 Couvert ; pluie une grande partie du temps.
- Mercredi 15 . . . . . 10°,9 s. w. 1. Couvert. 4,7 Très nuageux; pluie jusqu’à 6 h. et de 16 h. 50 à 17 h. 15.
- Jeudi 14 9°,9 S. 2. Très nuageux. 0,0 Rosée ; halo ; gouttes à diverses reprises ; presque couvert.
- Vendredi 15 12°,7 S. S. W. 4. Nuageux. 1,8 Très nuageux ; pluie à diverses reprises.
- Samedi 16 12°,0 W. S. W. 3. Peu nuageux. » Rosée ; halo ; nuageux.
- Dimanche 17 13°,9 S. S. W. 1. Beau. » Rosée; nuageux.
- MAI 1908. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 MAI 1908.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe éqmisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à
- boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à Vabri à boule mouillée. , ,
- Du ix au 18. — Le il. Hausse de la pression dans le N. de l’Europe, baisse sur le S.-O.; dépressions sur l’Espagne et la Gascogne. Pluies rares (dans le N. et l’E.); en France : Belfort, 5 mm; Charleville, Limoges, i. Température du matin : Uleaborg, —2°; Paris, i4; Alger, ai ; Puy de Dôme, 16; Pic du Midi, 7; moyenne à Paris : i6°,7 (normale : 11°,7). — Le 12. Zone de pression un peu basse sur les Iles-Britanniques, la France, la Méditerranée occidentale; minimum sur la mer du Nord, 715 ; maximum sur les Açores : Horta, 773. Pluies sur le Centre et l’O. de l’Europe ; en France : Rochefort, 26; Le Mans, 22; Bordeaux, 14; Paris, i3; Dunkerque, 4; Brest, 2. Temp. du matin : Uleaborg, o; Paris, i3; Alger, 21; Puy de Dôme, 11 ; Pic du-Midi, 3; moyennè à Paris : i2°,8 (normale : 12°,9). — Le i3. Danemark, 782; Valentia, 754; Islande, 705; sur les Açores, 773. Pluies sur la Baltique et l’O. de l’Europe; en France : Puy de Dôme, 5i; Limoges, 39; Biarritz, 27; Charleville, 2Ô; Clermont, 23; Paris, 16. Temp. du matin : Arkangel, 1; Paris, 11; Palerme, i3; Puy de Dôme, 1 ; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : n°,8 (normale : i3°). — Le i/\. Nouvelle dépression assez
- profonde sur les Iles-Britanniques : Valentia, 740; Brest, 750 ; Açores, 769. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Besançon, 34; Lyon, 19; Charleville, 7; Brest, 6; Clermont, 4- Temp. du matin : Arkangel, 19 ; Paris, 10; Alger, 18; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —2; moyenne à Paris : I2°,6 (normale : i3°,i). — Le i5. Valentia, Hausse dans le S. et le Centre, 765.
- Pluies sur Ie N* et l’O. ; en France : Cherbourg, Lorient, 11 ; Nantes, 7 ; Boulogne, 6 ; Bordeaux, 2 ; Paris, 1. Temp. du matin : Arkangel, 1; Paris, i3 ; Alger, 19; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, 1; moyenne à Paris : 12°,8 (normale : i3°,2). — Le 16. Relèvement général de la pression : Biarritz, 778; Nantes, Madrid, 770; Seydisfjord, 7^7. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Nantes, .8 ; Le Havre, 5 ; Belfort, 4; Paris, 1. Temp. du matin : Arkangel, 2 ; Paris, 12 ; Alger,' 17 ; Pic du Midi, 1 ; moyenne à Paris : i2°,8 (normale : i3°,4). — Le 17. Aire anticyclonique sur l’O. de l’Europe; maximum en Bretagne (Nantes, 777); Moscou, 758. Pluies sur le Centre et l’E. Temp. du matin : Uleaborg, 5 ; Paris, i4; Nice, 24 (moyenne à Paris : i5°,3 (normale : 13°,5). 1 Pleine Lune le 16, à 4 h. 41 m. du matin.
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- Revue des
- la
- Sciences et de
- NATURE
- leurs Applications aux Arts
- et à l’Industrie
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- DIRECTION
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- i
- Tout ce qui concerne a La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Pari* (VIe
- La reproduction des illustrations de La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N# 1827 — 30 MAI 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 3o mai (n° 1827), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès lés premiers jours de. juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le Ier juin, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892—189a à 1902), au prix de 18 francs, au lieu de 26 francs.
- Le Soixantenaire de la Société des Ingénieurs
- civils. — La Société des Ingénieurs civils fêtait, les 16 et 17 mai derniers, le soixantenaire de sa fondation. Nous ne rappellerons pas ici les nombreux services que cette institution a rendus à l’industrie et à la science française. Nous tenons à signaler les intéressantes conférences qui ont marqué ces fêtes ; elles ont été consacrées à des branches toutes nouvelles de l’industrie et que Im Nature a déjà fait connaître en détail à ses lecteurs. M. Cerbeland a exposé les progrès de la phototélégraphie, M. Marette, ceux de la phonocinématographie. Le capitaine Gouade a expliqué les ingénieux mécanismes de synchronisme qu’il a imaginés et qui ont permis l’emploi simultané du phonographe et du cinématographe pour la reproduction de scènes animées. Ces mêmes appareils trouveront prochainement d’utiles applications pour la commande électrique du tir des canons de marine. Enfin M. Carpentier, membre de l’Institut, a fait connaître les plus récents progrès de la photographie en couleur par les plaques autochromes.
- Corps étrangers de l’estomac. — Je crois bien que la malade présentée par le Dr Middeldorff au Congrès de chirurgie allemand détient le record du nombre d’objets trouvés dans la cavité de l’estomac. On en a trouvé de plus volumineux depuis la fourchette célèbre extirpée par Léon Labbé, les lames de couteaux, les dés à coudre, etc., mais le nombre de ceux enlevés par le chirurgien d’Hirschberg s’élevait à seize cent vingt (1620). Cette agglomération de ferraille était formée de petits clous, de crochets, de bouts de fils de fer; bref la masse qu’on sentait crépiter sous le doigt comme de la neige était composée de 1620 numéros. La malade a très bien guéri de la gastrostomie qui fut nécessaire pour extirper ces nombreux corps étrangers. Dans la même séance, deux autres chirurgiens ont montré des tumeurs pileuses enlevées, toujours chez des jeunes filles. L’un de ces trichobézoards (c est le terme assigné à ces
- agglomérations de poils et de cheveux), mesurait 27 cm et pesait près de 600 gr. L’autre, dont je n’ai pas vu le poids indiqué, était encore plus volumineux et reconstituait le moule de l’estomac et du duodénum. Chez les deux malades il fallut, bien entendu, ouvrir l’estomac pour extirper ces bizarres tumeurs.
- Chez une enfant de neuf ans le Dr Burghard vient d’enlever une tumeur pileuse (l’enfant s’arrachait les cheveux et les mangeait) du poids d’une livre.
- A titre de curiosité, je mentionnerai la trouvaille faite par M. Smith à l’autopsie d’un aliéné. L’estomac contenait deux drains de caoutchouc longs de 35 et 45 cm, cinq foulards de soie rouge, une cuillère à thé, une paire de lunettes, une bretelle en caoutchouc. Le plus fort c’est que jamais, durant la vie de ce malheureux fou, on n’avait soupçonné l’existence de cette collection curieuse.
- La consolidation du tunnel de l’East River. — On
- sait que des tunnels divers s’exécutent actuellement entre New-York et les agglomérations environnantes. Le tunnel sous l’East River a été établi dans des conditions telles, que son profil longitudinal accusait des creux et des bosses successifs. Pour corriger ces imperfections, on a enlevé des plaques métalliques du revêtement, au droit des défauts; puis on en a mis d’autres en place, en travaillant dans de l’air suffisamment comprimé. Mais, de plus, on a placé sous le tunnel des pilotis sur lesquels il vient reposer, en gagnant ainsi de la stabilité. On a eu recours à des pilotis de béton armé, dont l’armature se relie à une plaque en béton établie sous les anneaux du tunnel. D’ailleurs, pour foncer ces pilotis, on a franchement enlevé des plaques du tunnel au droit de l’endroit convenable. La descente des pilotis s’est faite avec injection d’eau, et sous la poussée de vérins prenant appui sous le plafond même du tunnel. Tout s’est accompli de façon fort satisfaisante, même pour des pilotis de i5 m.
- Le nombre « sept » et l’âge du bronze. — Un
- savant allemand, M. J. Wengi, en exposant le résultat de fouilles exécutées sur les bords de l’Isar, aux environs d’Asenhofen (Bavière) dans une nécropole de l’âge du bronze, fait une intéressante observation sur le nombre des divers objets recueillis. C’est ainsi qu’un des squelettes féminins exhumés portait 7 bracelets, 7 pendeloques, 7 bagues; de même dans une sépulture, également féminine et également de l’âge du bronze explorée à Riggerau, le squelette portait aussi 7 pendeloques en forme de cœur. Le nombre 7, qui a joué depuis, comme on sait, un si grand rôle symbolique dans divers systèmes religieux ou magiques, aurait-il eu une valeur symbolique dès l’âge du bronze? L’observation de M. J. Wengi ne saurait sans doute passer pour une preuye absolue, mais elle est au moins curieuse, surtout si l’on se rappelle l’importance du système numé-
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- INFORMATIONS
- rique chez tous les peuples primitifs et même semi-civilisés, comme on a essayé de l’indiquer ici même à l’occasion de la philosophie des nègres bantus (La Nature, n° 1793 du 5 octobre 1907, p. 3oo).
- Sur la teneur en phosphore des lécithines végétales. — La lécithine est une des substances les plus importantes qui forment la base du jaune d’œuf; mais elle se trouve aussi dans "'certaines graines végétales. Son activité provient principalement du phosphorequ’elle contient ; aussi était-il intéressant de déterminer la proportion de cet élément dans les lécithines végétales qui n’avaient pas été jusqu’ici étudiées à ce point de vue.
- On a indiqué les teneurs en phosphore suivantes pour les lécithines de semences ci-après :
- Lupinus luteus ..... 3,55 pour xoo
- ïd ...... 3,76
- Vicia sativa....... 3,5i
- Id .................. 3,6a
- Pinus cembra....... 3,60
- Les progrès d’un empire. — Une statistique offi-
- cielle, publiée le a4 février, donne des chiffres intéressants sur les progrès économiques de l’Empire Britannique. Sans parler de Londres (et de ses 4768218 habitants), il est probable que le prochain recensement général fera constater l’existence de quatre villes peuplées par plus d’un million d’habitants : Bombay, Calcutta, Manchester et Glasgow. L’accroissement de la population est remarquable dans d’autres villes de l’empire. Celle de Montréal a doublé en quinze ans, passant de 219 616 âmes en 1891, à 4o5 000 en 1906. Aux mêmes dates, celle de Toronto était de i8i2i5 et 323 801. L’augmentation est encore plus remarquable pour Johannesburg : 26 3o3 habitants en 1891, et 107000 en 1906, sans que soient compris dans ces chiffres la population de couleur. Parmi les chiffres relatifs à la production industrielle, recueillons les suivants :
- 1896 1906
- Charbon . en tonnes 208 273 000
- Coton . en livres (2 Laine . . —
- Thé ... —
- Diamants. —
- Or. . . . —
- Argent. . —
- Cuivre. . • —
- Etain . . —
- fr) £910 808 000 £ 820 8g3 000 £265 4io 000 £ 4 65o 000
- £ xi 600 000 £ 784 000
- £ 999 000
- £ 3 600 000
- 284 a55 000 £1 971 884 000 £ 1 o38 x58 000' £ 4l8 o63 000 £ 9 272 000 £ 49 5oo 000 £ 2 090 000 £ 6 342 000 £ 10 700 000
- On peut juger par ces chiffres des pas de géant que l’industrie métallifère a accomplis dans l’Empire Britannique en l’espace de dix ans. A part le coton, la laine et le thé, la production agricole est loin d’avoir eu le même succès. L’industrie vinicole (Nouvelle-Zélande, Australie, etc.) est en pleine décadence, passant de 14 millions de gallons à 12 millions. La production en café a perdu 11 millions de livi’es. On constate une diminution de 1 3ooooo tonnes dans le tonnage des navires à voile, tandis que celui des navires à vapeur a passé de six millions et demi de tonnes à plus de dix millions. Enfin, la population de l’empire aurait augmenté de 40 millions en dix ans. Elle serait actuellement de 420 millions d’âmes.
- Les excavateurs du canal de Panama. — On a mis
- en seiwice, à Gatun, pour le creusement des fondations de la future grande écluse reliant le lac artificiel avec la partie maritime du Canal, des excavateurs perfectionnés qui arrivent, en journée moyenne, à enlever 85o m5 de déblais. Parfois on en a vu atteindre un débit joui’nalier de i25o m.
- Les progrès du Canada. — Un membre du Parlement Canadien, M. Sifton, a rendu compte, à la tribune de la Chambre des Communes d’Ottawa, du résultat des négociations qu’il avait poursuivies à Londres, et auprès des colonies intéressées, en vue de la création d’un service de circum navigation exclusivement britannique. Le projet, qui fut discuté à la Conféi'ence impériale tenue l’an dernier à Londres entre les premiers ministres de l’Angleterre et de ses colonies, consisterait en l’établissement d’un seiwice de trains rapides à tra-vers le Canada, et la création de lignes directes, avec
- paquebots marchant à 24 nœuds, qui relieraient les-poids canadiens d’une part avec l’Angleterre, de l’autre, avec la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Les subventions exigées par les Compagnies de chemins de fer et de navigation foi'ment un total de £ 1 000 000, soit 25 millions de francs. Voici comment on propose de x'épartir cette charge entre les différentes nations :
- Canada..................£ 325 000
- Nouvelle-Zélande .... 100 000
- Australie.................... 75 000
- Grande-Bretagne............. 5oo 000
- Le Canada et la Nouvelle-Zélande sont prêts à signei" le conti’at, et d’enthousiasme! L’Australie, qui ti'averse une grave crise économique, se fait tirer l’oreille. L’Angleterre se contente, jusqu’ici, de mettre le projet à l’étude. Mais il est permis de croire que la « ail red route » entrera tôt ou tard en existence.
- Voyageurs transatlantiques. — En comparant les statistiques des deux dernières années, on constate que le mouvement des voyageurs à travers l’océan Atlantique a subi une notable augmentation qui justifie les efforts des Compagnies de navigation. Voici les chiffres relevés pour les voyageurs se rendant d’Amérique en Europe, et pour ceux qui, venant d’Europe, ont débarqué au Canada ou aux Etats-Unis :
- Vers l’Europe.
- 1906 1907
- Ir° classe. . . g3.o83 101.491
- 2 e — . • • 9°-°74 109.740
- 3e — . . . 33i.368 558.875
- Vers l’Amérique.
- ir0 classe. . . 98.518 110.i83
- 2° — . . . 191.178 229.482
- 3° — . . . I.23i.146 1.385.85i
- Durant l’année 1907, le seul port de New-York a vu débarquer 1 286 090 passagers venant d’Europe, tandis que les ports canadiens en recevaient 224 256.
- Une « Ferme à Renards ». — Nos lecteurs ont pu lire récemment dans ces colonnes, la description d’un établissement de l’Arkansas consacré à l’élevage de l’alligator. Voici quelques informations sur une autre ferme non moins bizarre. Il s’agit d’une fox-farm fondée à Dover (État du Maine), par M. Elijah Norton qui a entrepris l’élevage du renard argenté, dont la dépouille est l’une des fourrures les plus estimées. L’établissement comprend deux hectares de terrain accidenté, entourés d’une clôture en ronce métallique d’une hauteur de 3,5o m. Les renards sont parqués en plusieurs catégories : les mâles adultes, les jeunes sujets, les renardeaux non encore sevrés. M. Norton est un ancien trappeur. Hostile à la théorie qui veut que le renard argenté constitue une espèce spéciale, aux traits définitivement fixés par l’hérédité, il avait la conviction bien arrêtée que cette coloration est un accident, analogue, en quelque sorte, au cas des moutons à laine noire, ou mieux à celui de la panthère noire, qui a toujours pour compagnons de portée des individus noi'malement colorés. Ses projets d’élevage prirent coi’ps il y a huit ans, quand il put capturer vivants six renards bleus d’Alaska, qu’il croisa avec des renards communs (renards rouges) du Maine. Une sélection méthodique lui pei'mit, dès la troisième génération, de faire disparaître entièrement la teinte rouge et d’obtenir des renards dont la fourrure étalait de riches teintes argentées. Actuellement, M. Norton possède assez d’élèves pour donner à l’industrie de la pelleterie un commencement de satisfaction. Ses prix sont encore élevés, puisqu’il demande 3ooo francs pour une paire de renards argentés. Comme chacune des quarante femelles qu’il possède met bas une moyenne de six petits, on doit supposer que la 'Fox-Farm est entrée définitivement dans la période du rendement.
- Les chats sans queue en Touraine. — Les chats sans queue de l’île de Man sont célèbres, tout au moins dans le monde des natui'alistes, que ce phénomène a toujours beaucoup intrigué. M. E.-C. Saint-Blanchard signalait dernièrement, au Bulletin du Muséum, que des types de chats analogues se trouvent fréquemment dans la garenne qui s’étend en bordure de la Loire, entre Amboise et Vouvray.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- Un compteur d’essence- — Il ne paraît pas indispensable, au premier abord,d’ajouter cet accessoire aux voitures automobiles ; cependant l’appareil devient de toute première nécessité lorsque le propriétaire d’une voiture la confie à un chauffeur. Ceux-ci, en effet, sont souvent disposés à faire danser l’antique anse du panier, et la consommation d’essence dont ils sont les seuls contrôleurs dépasse alors les prévisions.
- Afin d’obliger les chauffeurs à être honnêtes malgré eux, MM. Chauvin et Arnoux ont imaginé un compteur d’essence assez simple qui se place sur le tablier de la voiture et se complète par un indicateur de tours.Voici en quoi il consiste. Le mouvement, convenablement démultiplié,du moteur est transmis à une roue N engrenant avec une autre intérieure de rayon moitié moindre. Cette dernière porte un excentrique H engagé dans une glissière solidaire d’une traverse M et termine d’autre part par un piston C garni de cuir embouti coulissant dans le cylindre B. La boîte du compteur est en permanence envahie par l'essence venant du réservoir. Quand le piston se déplace vers la gauche, il refoule l’essence vers le carburateur par la canalisation obturée par une bille E, la bille cédant sous la pression de l’essence. Lorsque le piston revient vers la droite, la bille retombe
- LITRES
- lolololololof
- TOURS
- loloioloiolool
- Le compteur d’essence.
- sur l’extrémité de l’ouverture qu’elle ferme afin d’empêcher la rentrée de l’essence ; mais le liquide contenu dans le compteur trouve un passage suffisant autour du cuir embouti du piston pour pénétrer dans le cylindre B. Par conséquent, l’essence arrive au réservoir à niveau constant du carburateur par cylindrées dont le volume est déterminé à l’avance. Il suffit donc d’enregistrer chaque volume de cylindrée, qui est envoyé au carburateur à chaque seconde environ, pour obtenir la consommation. A cet effet on a pourvu l’entretoise M d’un petit ruban métallique U qui fait mouvoir un tambour V pourvu d’une aiguille qui indique les centimètres cubes consommés pendant les derniers ioo tours du mot.eur. On s’est arrangé,en effet,pour que l’excentrique qui commande le piston fasse un tour pendant que le moteur en fait ioo. Ajoutons que la course que l’excentrique peut imprimer au piston correspond à un débit supérieur à la consommation du moteur pendant ioo tours ; le piston alors s’arrête et l’excentrique le reprend au point de sa course pour lui faire achever sa course aux ioo tours suivants. Bien entendu, le tambour Y n’enregistre que ce qui a été envoyé au carburateur. Le tambour Y n’entraîne le compteur que dans un sens : un petit ressort maintient le ruban tendu. Le totalisateur des consommations est combiné comme un compteur de tours ordinaire, puisque son fonctionnement est basé sur le nombre de tours accomplis par le tambour. Enfin, l’appareil porte encore un compteur de tours ordinaire à l’aide duquel on connaîtra facilement le total des kilomètres parcourus.
- Le compteur d’essence est construit par MM. Chauvin et Arnoux, 188, rue Championnet, Paris.
- Embrayage Michel. — Une des qualités essentielles de tous les organes dont se compose une voiture auto-
- mobile est la simplicité ; malheureusement elle est loin d’être générale, surtout dans les embrayages qui, en même temps, doivent être robustes.
- L’embrayage Michel vient d’être adopté sur les camions Emress et a donné d’excellents résultats à tous les points de vue. Il se compose d’une cuvette A, solidaire du volant du moteur, à l’intérieur de laquelle frottent deux sabots B B'. Ces deux pièces, complètement indépendantes, sont serrées contre la cuvette par l’intermédiaire d’un cône métallique C solidaire de l’arbre récepteur et dont la surface extérieure conique est excentrée par rapport à l’axe de la cuvette. Un res-soi’t D provoque l’embrayage; un autre E, de forme spéciale en règle le fonctionnement et la progressivité. La commande s’opère au moyen d’un collier F en poussant dans le sens de la flèche (fig. i) sur le cône C et
- Embrayage Coupe longitudinale.
- Michel.
- Coupe transversale.
- par suite sur le ressort D. La cuvette A tournant avec le moteur dans le sens de la flèche b (fig. 2), le cône C étant débrayé, les deux sabots B B' présentent un certain jeu avec la cuvette. Si, au moyen de la pédale, on laisse le cône pénétrer dans les deux sabots, ceux-ci s’écarteront jusqu’au moment où leur surface extérieure; viendra en contact avec la cuvette A, le sabot B, par suite du sens de la rotation b, ayant tendance à coincer, se déplace sur la surface excentrique du cône et fait fléchir légèrement le ressort E. Progressivement ce sabot se coince entre la cuvette et le cône, tandis que l’autre sabot B' est arrêté par une butée fixe G, solidaire du cône, et reçoit la réaction du sabot B. Le serrage des deux sabots, jusqu’à entraînement de la voiture, est donc automatique. L’embrayage étant symétrique par rapport à l’axe m n, devient réversible et peut être appliqué dans les cas spéciaux où la machine motrice doit tourner dans les deux sens.
- Ainsi que l’on s’en rend compte, l’embrayage est très simple, progressif, très robuste et indéréglable. Il peut être disposé sur les voitures conduites par un personnel peu exercé, ce qui n’est pas toujours le cas des appareils similaires qui exigent une manœuvre parfois délicate. — S’adresser à la Société Emress, 22, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- Jzlectricite
- Appareil automatique de suspension pour lampes à arc. — Cet appareil aussi curieux qu’ingénieux constitue un nouveau mode de suspension employé avec succès pour éviter les chutes des lampes à arc au haut des pylônes et la rupture des câbles de ces lampes.
- L’appareil de suspension proprement dit est formé d’un crochet dans le genre des agrafes ordinaires, et par conséquent divisé par une ouverture longitudinale qui donne passage au câble (fig. 2). Le crochet se prolonge également par une ouverture sur une partie arrière et recourbée. La lampe est munie d’une tige j surmontée d’une sphère qui repose sur le crochet. Or, l’ouverture du crochet s’élargit à certains endroits de son parcours pour permettre le passage de la boule de la tige de suspension, lorsque l’on veut baisser celle-ci ou la remonter, comme nous allons le voir.
- Le crochet est mobile autour de son point de suspension et se balance d’avant en arrière lorsque l’on déplace la lampe (fig. 1). Lorsque l’on veut descendre
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- a lampe, le mouvement suivant se produit : On commence par tirer le câble A (fig. i) qui coulisse dans les poulies B C.La sphère D, qui repose dans le crochet doot les deux branches sont à cet endroit, naturellement, d’un écart inférieur au diamètre de la sphère, s’élève verticalement. Le crochet mobile sur son axe G se déplace par l’ascension de la boule et prend la position de la fig. 3. A cet endroit, les brauches ont un écart plus grand que le diamètre de la boule, cellè-ci passe au travers du crochet qui, n’étant plus retenu, retombe de son propre poids et prend la position de la fig. 4- La sphère n’a pas bougé, mais elle se trouve placée der-
- rière le crochet.il suffit maintenant de laisser descendre la lampe, dont la sphère passe à travers la partie arrière H du crochet.
- Pour remonter l’appareil, l’opération s’effectue en sens inverse (fig. 5, 6, 7). Montant verticalement, la sphère déplacera d’avant en arrière le crochet, jusqu’au moment où, arrivée à l’extrémité de sa course, elle trouvera passage à travers la partie élargie du crochet. Celui-ci i'etombe alors de lui-même, la sphère vient reprendre sa première position de la fig. 1 après avoir accompli un petit voyage circulaire tangentiellement au crochet.
- Le câble ne peut quitter le crochet qui est d’une seule pièce, et pour éviter qu’en cas de grand vent, celui-ci ne s’incline trop, deux petites butées limitent son balancement. — Le crochet, la tige de suspension de la lampe avec sa boule sont en vente chez GÎaenzer et C°, boulevard de Strasbourg, 35.
- ({§>& DlVCrS ^§35
- Bouche-bouteilles Themar. — Il existe déjà de nombreux modèles de machines à boucher les bouteilles. Celle que nous allons déciure semble présenter d’avantageuses particularités.
- Elle se compose d’un bâti A pourvu d’une vis B servant à la fixer au bord d’une table ou, mieux, sur un pied en fer approprié. Le bâti est pourvu d’un levier C articulé avec un autre levier E ; de plus, il porte un tube G, tronconique à la naissance et se terminant par une partie cylindrique de diamètre inférieur au diamètre intérieur du goulot d’une bouteille. Lorsque le levier C est levé, on peut introduire un bouchon D dans le tronc de cône, ce bouchon ayant été légèrement humecté au préalable. Abaissons ce levier C. Ce mouvement a pour but de faire descendre la tige E, articulée sur C; le bouchon est atteint et descend entièrement dans le tube G. A ce moment, il occupe la position qu’il aura dans le goulot lorsqu’on l’aura fait sortir de son enveloppe cylindrique. Continuons à appuyer sur le levier C ; un petit doigt rigide intervient alors pour presser sur la tête d’une tige verticale K terminée par une capsule qui repose sur le goulot de la bouteille. Cette action oblige la bouteille à descendre ; mais en même temps que la tige K s’abaisse,
- la tige E continue à pousser le bouchon, de sorte que ce dernier, sans changer de position par rapport au goulot, descend cependant pour s’échapper du tube G dans lequel il était tout d’abord emprisonné. Ce bouchon n’exerce donc aucune pression sur le liquide ; dès l’instant où il sort du tube, il se dilate et ferme la bouteille en commençant par sa base. Si, par exemple, la bouteille avait été emplie jusqu’au ras du goulot, le bouchon commencerait à obturer la bouteille à partir du niveau déterminé, puis le liquide en trop serait chassé dehors. Dans ces conditions, il n’y a à craindre aucun bris du récipient. Pour cette raison, l’appareil
- est extrêmement intéressant. La bouteille ne repose jamais sur aucun support ; elle demeure constamment suspendue. D’autre part, les bouteilles étant bouchées complètement pleines, le liquide est parfaitement à l’abri de l’air, et il ne peut se produire aucune fermentation, avantage sérieux pour la conservation des vins. Un détail encore qui a son importance. La capsule terminant la tige K est une molette à vis que l’on peut monter ou descendre à volonté sur sa tige ; de sa position dépend la pénétration du bouchon dans le goulot de la bouteille ; il est donc très facile de régler la descente de cette molette suivant que l’on veut boucher au ras du goulot ou seulement à moitié, ainsi que cela se pratique lorsque l’on désire ficeler la bouteille. — Le nouveau bouche-bouteilles est construit par M. Ihe-mar, ii5, rue Oberkampf, à Paris.
- Sommier V « Aiglon. » — Ce nouveau sommier, entièrement métallique, se recommande par sa simplicité extrême qui permet un nettoyage fréquent. De plus il est rapidement démontable, toutes les parties étant boulonnées; son transport devient, par le fait, extrêmement pratique.
- Il est constitué par un cadre entretoisé à 1 avant et à l’arrière. Le filet central est fait de fortes tiges métalliques recourbées vers le bas et assemblées en hexagones
- Sommier 1’ « Aiglon ».
- allongés ; il est maintenu rigide par une double rangée de puissants et souples ressorts à boudins fixés aux barres transversales extrêmes; de plus, des tiges également terminées par des ressorts à boudin augmentent encore son élasticité en reliant l’origine du filet à la traverse intermédiaire inférieure. Sa grande extensibilité lui assure le maximum de confortable. Enfin son poids est inférieur à celui de la plupart des sommiers métalliques ordinaires; le modèle de 1,87 m. sur 1,00 m. pèse seulement 34 kg. — Le sommier 1’ « Aiglon » est construit par M* H. Chollet, 56, rue de Paris, à Vin-cennes.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Les méfaits d’un acarien de l’orge. — J’ai raconté, l’an dernier, l’histoire d’une famille obligée de quitter un appartement où elle venait d’emménager, chassée par une vermine d’espèce particulière qui avait provoqué chez tous les locataires des démangeaisons intolérables. L’appartement occupé, avant eux, par un marchand de bric-à-brac, avait été bourré pendant de longs mois, de tous les vieux meubles achetés aux ventes aux enchères. Or les cuirs, la laine des chaises, des fauteuils, les bois vermoulus étaient remplis de petits insectes du genre acarien, le glycyphagus ornatus qui avait pullulé dans les chambres et avait provoqué, après le départ de l’an-tiquairp, faute d’une désinfection soigneuse, une dermatose intense chez tous les locataires.
- Pareille mésaventure vient de se produire dans un petit village algérien, Flatters, dans l’arrondissement d’Orléansville. C’est le médecin de la localité, le Dr Cam-billet, qui donne la relation de cette curieuse épidémie dans le Bulletin médical.
- A la lin d’une journée de travail, il est appelé auprès de plusieurs habitants du village pour remédier à des démangeaisons atroces avec éruption d’urticaire ; dans la soirée les lavages, les applications calmantes, les pommades amenaient la cessation des accidents, puis le lendemain les mêmes signes réapparaissaient dès que les victimes retournaient à leur travail. Une enquête minutieuse permit de rejeter toute irritation par la vermine habituelle des lits ou des vêtements, poux, puces, punaises; il ne s’agissait pas de gale, mais d’une simple éruption d’urticaire. On pensa à une intoxication d’origine alimentaire, d’autant que les purgations, les antiseptiques amenaient momentanément la disparition des accidents, mais il fallut rejeter cette idée quand on vit l’éruption se renouveler plusieurs jours de suite et frapper presque un dixième des habitants, a3 sur 260.
- Un cultivateur, témoin des embarras de notre confrère sur l’origine de cette épidémie, lui dit qu’il avait entendu jadis parler d’une épidémie semblable qui cessa lorsque la récolte de l’orge fut complètement terminée. L’orge
- du pays fut aussitôt examinée et M. Cambillet constata, en effet, que les grains étaient recouverts d’une poussière rouge, fine et légère, formée par de minuscules animaux, décelables seulement au microscope. Le professeur de parasitologie de l’École d’Alger, M. Bounhiol, auquel on soumit 1 oi'ge incriminée n’eut pas de peine à reconnaître l’acarien des farines, YAleurobius farinæ. Ce parasite ne dépasse pas comme dimension 180 millièmes de millimètre, ce qui ne l’empêche pas d’être muni de pattes avec pinces qui s’accrochent aux mains des ouvriers qui manipulent les grains et les farines. C’est ce qui était arrivé aux travailleurs de Flatters ; ils semaient sur les mains et les bras les acariens ; les démangeaisons provoquaient le grattage et ce grattage portait sur tous les points du corps l’insecte malfaisant . Dès qu’on cessait le travail, dès qu’on ne touchait plus à l’orge, tout rentrait dans l’ordre, pour recommencer au bout de quelques jours dès qu’une nouvelle provision d’acariens était mise en contact avec le tégument.
- Le remède à cette épidémie était facile ; détruire l’aca-rien. Oui, mais il fallait le détruire sans abîmer les grains et le procédé du chauffage à 6o° a un inconvénient, c’est que si la température n’est pas maintenue très exactement à ce niveau, on risque, dès qu’on la dépasse de quelques degrés, d’altérer l’orge et de ne pouvoir l’utiliser comme semence. Cette régularité de température est fort difficile à obtenir en dehors des laboratoires et quand il s’agit de traiter d’énormes quantités de céréales,'la réalisation matérielle est à peu près impossible. M. Bounhiol a conseillé d’utiliser un procédé dont l’application est beaucoup plus pratique. Dans un grenier bien clos, bien sec, on étale l’orge contaminée sous une faible épaisseur et on allume dans la pièce un peu de charbon de bois. L’acide carbonique et l’oxyde de carbone dégagés par la combustion détruisent rapidement le parasite sans détériorer les grains. On n’a qu’à renouveler l’opération à deux jours de distance pour être sûr que l’acarien a été radicalement supprimé. Dr A. C.
- VARIETES
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- Les dahlias-cactus. — Après avoir joui autrefois d’une exceptionnelle faveur, le dahlia a vu sa gloire éclipsée par son heureux rival le chrysanthème ; cependant, pour avoir été relégué au second plan, il est loin
- Type de dahlia-cactus, Madame Chauvet.
- d’être délaissé par les amateurs, qui obtiennent encore chaque année des variétés nouvelles.
- Parmi les types aujourd’hui assez nombreux de cette belle plante, un des plus appréciés est celui qui renferme les diverses races désignées sous le nom collectif de dahlias-cactus-
- La souche des formes de cette catégorie, le dahlia juarezi ou étoile du diable des horticulteurs, fut introduite vers 1873; elle avait été envoyée par un Mexicain au Hollandais Van den Berg, d’Utrecht. Elle présentait une forme bizarre, originale ; ses pétales étaient d’un rouge cramoisi.
- Ce dahlia, dédié à Juarez, alors président dû Mexique, fut dès le début travaillé et perfectionné surtout par les horticulteurs anglais; en particulier Ware, en 1887, obtint dans cette transformation des succès mai'qués. A l’heure actuelle, d’ailleurs, les semeurs allemands, français et italiens ont regagné l’avance qu’avaient sur eux leurs rivaux d’outre-Manche.
- Fait singulier, après son introduction, le dahlia juarezi demeura longtemps rebelle à toute modification; puis subitement il donna naissance à plusieurs variétés différentes qui attirèrent l’attention des amateurs et ranimèrent leur espoir de plus amples succès. ,
- Cet espoir devait se réaliser ; soit qu’elles fussent dues à l’hybridation, soit qu’elles fussent spontanées, les variations ne s’en tinrent pas à une première ébauche, et grâce à des. croisements habilement pratiqués elles sont aujourd’hui si nombreuses qu’il est presque impossible de les distinguer et de les cataloguer avec précision. 1
- L’influence première du type se fait toujours sentir dans sa multiple descendance par la forme allongée et pointue des pétales; mais cette forme, assez fidèlement gardée dans ses contours généraux, présente d’abondantes variations de détail. Tantôt les languettes, planes à la base, s’enroulent vers l’extrémité; tantôt elles sont enroulées sur toute leur longueur ; chez certaines variétés elles sont grosses et volumineuses, chez d’autres elles sont fines comme les fleurons chevelus des chrysanthèmes japonais.
- La fleur varie considérablement de taille, et on trouve toutes les dimensions intermédiaires depuis la plus
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- VARIETES
- petite jusqu’à la plus grande. Elle est tantôt d’une régularité et d’une symétrie parfaites, tantôt au contraire irrégulière par suite des directions divergentes que prennent les pétales incurvés, convolutés dans tous les sens. Il en est qui sont hérissées et rébarbatives comme la fourrure à dards d’un hérisson.
- On a obtenu dans cette catégorie de nombreux coloris ; toutefois les panachures y sont encore rares. Ces coloris sont tantôt purs, surtout dans les tons jaunes, blancs et rouges, tantôt mélangés sur la même fleur. Quoique le dahlia bleu soit encore à trouver, cependant quelques
- variétés de dahlias-cactus présentent des taches ou des stries de cette couleur répandues sur la surface ou à la base des pétales. Les formes qui offrent ainsi du bleu ont une beauté particulière et jouissent, d’une grande faveur. La variété que représente notre figure, le Madame Chauvet, est d’un rouge cramoisi avec les extrémités blanches.
- Quant au nom de dahlias-cactus par lequel les horticulteurs désignent généralement les formes de ce type, il vient de la ressemblance de leurs fleurs avec celles de certains cactus. A. Acloque.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Instantanés au théâtre sans magnésium. — Pour photographier dans les théâtres, on opère toujours à la lumière du magnésium, ce qui a des inconvénients multiples ; il serait bien préférable de pouvoir se contenter de la lumière de la scène. Notre confrère anglais, Photographie Monthly, nous signale que M. Bottomley a pu arriver à ce résultat, même en employant un objectif ouvert seulement à F : 6. Pour cela, il augmente la sensibilité, déjà grande, des plaques sigma de Lumière en leur faisant subir un traitement particulier. Il prépare un bain composé de :
- Solution alcoolique à x/iooo d’orthochrome T.................... 3 c. c.
- Eau distillée . . .............i5o c. c.
- Ammoniaque..................... 2 gouttes
- Dans l’obscurité complète on plonge les plaques dans ce bain pendant 3 minutes, puis on les lave à 1 eau courante pendant 5 minutes. Après quoi on sèche rapidement. Le séchage à l’alcool n’est pas à recommander parce qu’il nuit à la sensibilité des plaques ; il faut employer un ventilateur donnant un courant d’air chaud et sec. Les plaques ainsi préparées peuvent se conserver pendant plusieurs mois sans altération. L’auteur a essayé d’autres marques de plaques qui ne lui ont pas donné d’aussi bons résultats. Le développement n’a rien de particulier et peut être fait par les méthodes ordinaires ; l’acide pyrogallique et le carbonate donnent de bons résultats. On commence dans l’obscurité complète et on surveille l’image seulement vers la fin du développement, c’est-à-dire après 2 ou 3 minutes d’immersion.
- Études sur un certain nombre d’alliages. — Les
- collections de l’année 1907 du Zeitschrift anorganische Chemie et du Chemistry renferment l’étude, faite par divers auteurs, d’un certain nombre d’alliages qui peuvent présenter un intérêt plus ou moins pratique.
- Au point de vue des alliages d’argent, on a constaté qu’avec le plomb, ce métal ne formait aucun composé défini, tandis qu’avec l’étain il donnait naissance au corps Ag^Sn. Avec le fer, le nickel, le cobalt, on n’obtient aucun alliage net ; ces métaux fondus ne sont pas solubles dans l’argent, même à 16000. Par contre, l’argent se dissout dans fe nickel et par refroidissement, on obtient des cristaux mixtes dont la teneur en argent peut atteindre 4 pour 100 en poids.
- Le plomb et le thallium forment un alliage défini renfermant 34 pour 100 de plomb et répondant à la formule Pb Tl2,
- Les bronzes d’aluminium ne présenteraient qu’une combinaison définie Gu Al2, qui, au point de vue pratique, ne présente aucune valeur. L'addition de cuivre à l’aluminium durcit l’alliage très rapidement et augmente en même temps la résistance à la traction ; les alliages contenant moins de 84 pour 100 de cuivre sont blancs.
- Dans les alliages riches en aluminium, la résistance maximum à la traction sé rencontre dans le métal à 10 pour xoo de cuivre et atteint 1970 kg par centimètre carré; cet alliage est peu ductile. La teneur de 20 pour 100 de cuivre semble être la limite au-dessus de laquelle aucun alliage de cette série n’est intéressant. Dans cette même série, un recuit de trois à six jours à 4oo° réduit la résistance et augmente la ductilité.
- Dans les bronzes contenant plus de 92 pour 100 de cuivre, le recuit semble n’avoir aucun effet sur la insistance et la ductilité ; dans ceux de 92 à g5 pour 100, on
- obtient des résistances variant de 3375 à 4640 kg par centimètre carré et des ductilités de 5o à 60 pour 100. Si l’on recuit au-dessus de 565° et si l’on trempe à l’eau le métal à 89-91 pour xoo de cuivre, la résistance augmente, mais la ductilité est très faible. Les bronzes contenant moins de 90 pour 100 de cuivre sont cassants, de structure grossièrement cristalline et mous à des tempéi'a-tures très inférieures à leur point de fusion. Si l’on refroidit à l’air des bronzes à 90-91 pour 100 de cuivi>e, la ductilité augmente et la résistance est peu diminuée.
- Dans les alliages riches en aluminium, la plus grande résistance est obtenue dans les bronzes ou dans les alliages contenant 10 pour 100 de cuivre. L’effet général du recuit est de diminuer la ductilité des alliages riches en cuivre et d’augmenter celle des alliages riches en aluminium. Le fer et l’étain sont susceptibles de se mélanger à l’état fondu, mais non en toutes proportions : les alliages renfermant de 5o à 89 pour xoo d’étain se séparent en deux couches : la plus riche en fer renferme 5o pour 100 d’étain, la plus pauvre 89 pour xoo. A 1140°, la couche la plus riche en fer se décompose avec formation de cristaux mixtes à 19 pour 100 d’étain et en une masse fondue renfermant 89 pour 100 d’étain; à 893°, les cristaux mixtes réagissent sur la masse fondue en donnant vraisemblablement le composé SnFe3. La combinaison est moins attaquable par les acides que chacun de ses constituants. Tous les alliages renfermant un minimum de 2,5 pour 100 de fer réagissent sur l’aiguille aimantée.
- L’or et le fer sont, à l’état fondu, miscibles en toutes proportions. Par solidification, on peut obtenir des cristaux mixtes renfermant, soit de o à 28 pour 100 d’or, soit de 63 à xoo pour 100 à la température de 11680. Les alliages contenant 10 pour 100 d’or sont plus durs que le fer, mais si la proportion du métal précieux est plus grande, la dui'eté décroît lentement. Avec 70 pour 100 d’or, on a des alliages beaucoup plus mous que le fer. A. H.
- Sur les alliages de cuivre. — Un chimiste allemand, M. Neumann, a fait récemment une étude intéressante sur les bronzes antiques. Il a constaté que la patine d’un bronze permet de reconnaître un bronze antique d’un bronze moderne, recouvert d’une patine artificielle. Un bronze recouvert d’une patine naturelle présente, en effet, plusieurs couches d’oxydation qui ne se rencontrent pas dans les patines artificielles. Si l’on enlève la couche verdâtre par l’acide sulfurique dilué, on met à nu une couche d’oxyde rouge de cuivre qui peut être enlevée par un traitement à l’ammoniaque. En outre, la composition des bronzes anciens diffère généralement de la composition des bronzes modernes ; on y rencontre une proportion plus élevée de zinc et de plomb. Dans un bronze romain, l’auteur a même rencontré de l’or ; la composition de ce bronze était la suivante :
- Cuivre..........66,00 pour 100.
- Zinc............. 26,55 -—
- Étain ....... 3,89
- Plomb.............. 2,64 —
- Fer................ 0,93 —
- Or............. . 0,06 —
- Ces divers l'enseignements sont intéressants à connaître au point de vue de l’authentification des bi'onzes antiques ; une très faible quantité de matière pouvant suffire à l’analyse chimique.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Lavage des moutons. — On sait que la laine des moutons est souvent lavée sur le dos del’animalpour être blanchie avant d’être coupée ; mais parfois aussi ce lavage est fait dans le but de débarrasser les moutons des parasites qui les infestent souvent par leur abondance. D’après un auteur anglais, M. Quibell, les meilleurs parasiticides paraissent être les bains arsenicaux formés d’un arsénite alcalin, de sulfure d’arsenic, de soufre et d’acide arsénieux libre, et les bains à l’acide phé-nique ou aux mélanges de phénols, émulsionnés par-dès hydrocarbures lourds ou par du savon. L’emploi de ces bains favorise ensuite la croissance de la laine.
- Nettoyage sans acide des objets en laiton. — Se
- servir d’un mélange d’huile et de tripoli très fin et finir par un lavage à l’eau de savon.
- Pour éloigner les mouches de l’écurie, on recommande de suspendre à l’entrée un pot contenant trois à quatre kilos de goudron dont l’odeur est insupportable à ces insectes.
- Distinction du lait cru et du lait bouilli. — Une
- méthode très simple était récemment indiquée par M. Gaucher dans les Comptes rendus de la Société de biologie. Il suffit d’ajouter au lait à essayer, à raison de 20 gouttes par 20 c-.' c., une solution aqueuse à 1 pour 100 d’hématéine ; le lait bouilli se décolore en quelques secondes, le lait cru reste coloré en rose. 11 faut noter cependant que la réaction se fait mal avec des laits chauffés en vases clos ou stérilisés. De plus, on n’emploiera qu’une solution d’hématéine récemment préparée, c’est une condition de la réussite.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Magnan. — Nous ignorons l’adresse exacte de M. Turner. Mais vous pourriez vous procurer à la Société des Téléphones, 25, rue du 4-Septembre, Paris, un appareil d’un principe analogue.
- M. Basiaut, Hainichen. — Nous n’avons pu nous renseigner sur la question que vous nous posez.
- M. Jindra, à Smichow. — Veuillez vous adresser à la Société des Moteurs Ixion, xo, quai Michelet, Levallois-Perret.
- M. Lametz, à Metz. — Votre observation est exacte. Nous ne possédons les dimensions précises que vous nous demandez.
- M. Cardot, à Alger. — Compound signifie composé. Pour les renseignements sur l’appareillage, vous les trouverez dans le Manuel du monteur électricien, par J. Laffargue, chez Beniard-Tignol, quai des Grands-Augustins, Paris. Quant aux formules pour les fusibles, vous les trouverez dans le Manuel de Vélectricien de Hospitalier et Roux, à la librairie Masson.
- M. Mouton, aux Andelys. — Il n’y a dans tous les faits que vous nous signalez rien de fondé scientifi-
- quement; ce sont des croyances populaires, dont la plupart ont évidemment leur source dans des idées superstitieuses communes à toutes les classes paysannes des diverses sociétés et qui se réalisent diversement suivant tel ou tel pays. Vous trouveriez de nombreux exemples analogues dans les 4 volumes de M. Sébillot, Le Folklore de France, chez Guilmoto, Paris (i5 à 18 francs le volume).
- M. Descliuyver, à Bruxelles. — Nous n’avons jamais eu l’occasion d’essayer la recette que vous nous signalez. Mais nous la croyons susceptible de donner, en effet, de bons résultats ; le bichromate de potasse est en effet un bon dépolarisant. Le mélange que vous indiquez donnerait, en somme, une pile un peu analogue à la pile chlorochromique du colonel Renard.
- M. G. 1). F., à Bordeaux. — Nos lecteurs ont été très exactement tenus au courant des progrès de la téléphonie sans fil par les articles suivants : Téléphonie sans fil, n° 1760, 16 février 1907; Expériences récentes de téléphonie sans fil, n° 1770, 27 avril 1907; Téléphonie sans fil dans la marine américaine, n° 1798, 9 novembre 1907. Rien de nouveau n’est survenu depuis. Voyez la description des voitures nouvelles de ire classe de la Compagnie d’Orléans dans les Variétés de notre numéro 1819. Pour la transmission de l’heure par la télégraphie sans fil, voyez l’Information « l’heure universelle » dans notre numéro du 18 avril 1908. Nous prenons note de votre demande sur les injections d’eau de mer.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- Une nouvelle base navale anglaise ; l’arsenal de Rosytli : Sauvaire Jourdan. — Le nouvel éjecto-condenseur Leblanc : René Don-Cxères. — La vision à distance par l’électricité : À. Troller.
- — La fourrure d’un écureuil tertiaire : L. De Launay. — Appareil de sécurité contre les étincelles accidentelles dans les effets de télémécanique saus fil : F de Weddon. — Académie des sciences; séance du 18 mai 1908 : Ch. de Villedeuil. — Une horloge mystérieuse : Lucien Fournier.
- Supplément. — Parallaxe de la grande nébuleuse d’Andromède.
- — La foudre et l’eau souterraine. —Les anomalies de la pesanteur. — Taille des diamants à Amsterdam, etc. — Le mouvement des mariages en France. — Électrolyse professionnelle.
- La Suisse au XX* siècle. Etude économique et sociale, par Pierre Clerget, professeur à l’École supérieure de Commerce de Lyon. 1 vol. iu-18 jésus, avec 6 cartes et graphiques. Armand Colin, Paris. Prix broché : 3 fr. 5o.
- Ce livre montre la Suisse sous un jour nouveau, non pas comme le pays montagneux cher aux alpinistes, mais comme le laboratoire où s’élaborent d’intéressantes expériences sociales. Après une introduc-
- tion consacrée à la psychologie politique du peuple suisse, M. Pierre Clerget étudie, dans chacune des trois régions naturelles, les conditions géographiques qui régissent la répartition de la population ; il expose ensuite la situation financière et passe en revue les institutions de crédit et d’assurances ; puis il dresse un tableau du développement agricole et industriel, complété par une analyse des conditions du travail.
- , L’étude des voies de communication prête à l’examen de la question si actuelle de nos voies d’accès en Italie et des projets suisse de navigation fluviale. L’auteur termine enfin par l’étude du commerce extérieur et particulièrement des relations franco-suisses.
- 31issions au Sahara, par MM. E.-F. Gautier et R. Chu-deau. — i Sahara algérien, par E.-F. Gautier, i vol. in-8°, raisin, 65 figures et cartes dans le texte et hors texte, dont 2 cartes en couleur; 96 phototypies hors texte. Armand Colin, Paris. Prix broché : i5 francs.
- Le très grand intérêt de cet ouvrage pour la géologie et l’ethnographie du Sahara, nous amènera à y revenir plus longuement pour examiner quelques-uns des problèmes anciens qu’il soulève. Mais nous tenons
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- BIBLIOGRAPHIE
- dès à présent à le signaler. C’est le compte rendu des voyages et des missions qui se sont succédé de 1902 à 1907 et auxquels la Société de Géographie, en 1906 et 1907, a accordé deux de ses plus hautes récompenses. Il tient une digne place dans cette, révélation scientifique de l’Afrique saharienne qui est un des événements importants de ces dernières années. On y trouve une quantité notable de faits nouveaux d’intérêt général, concernant le rôle des dunes dans le dessèchement mécanique du Sahara; les grands changements hydrographiques survenus à une époque récente (mer quaternaire de Tombouctou, le Niger coulant au Nord, etc.); de grandes modifications probables dans la distribution de l’humanité saharienne depuis l’époque romaine, etc.
- Préparation mécanique des minerais, par C. Ratel, ingénieur des Arts et Manufactures, ancien directeur de Sociétés minières. In-8 de 574 pages, avec 190 figures et 11 planches. H. Dunod et E. Pinat, Paris. Prix broché : 22 fr. 5o ; cartonné 24 francs.
- M. C. Ratel, qui a dirigé de nombreuses exploitations minières aux colonies et à l’étranger, expose, dans ce livre, la théorie de la préparation mécanique des minerais, puis traite successivement du broyage, des trommels, du lavage sur tables, du lavage dans
- l’air, etc., des ateliers d’enrichissement mécanique, du traitement électro-magnétique, etc. L’ouvrage se termine par des conseils pratiques pour l'établissement et la conduite d’une laverie et par une étude comparative de diverses laveries à charbon au point de vue de la récupération des poussières.
- Les dépôts marins, par le Dr Léon W. Collet, Privat-Docent à l’Université de Genève et assistant au laboratoire de géologie. — 1 vol. in-18 jésus, cartonné toile, de 325 pages avec 35 figures dans le texte et une carte hors texte. O. Doin, éditeur, Paris. Prix : 5 francs.
- Cefr ouvrage reprend et complète les questions traitées déjà par Murray et Renard, en insistant sur certains points nouveaux : l’étude de la composition chimique de l’eau d’imbibition des boues bleues, l’étude des nodules de manganèse, l’étude des çoncré-tions phosphatées et de la glauconie, les formations coralligènes, etc.
- Le diamant artificiel, par H. de Graeeigny. i vol. 19 X 13 de 88 pages. Rousset, éditeur, Paris. Prix : 1 fr. a5.
- Cette monographie, d’une brûlante actualité, débuté par une étude du diamant naturel, elle étudie brièvement et clairement la question du diamant artificiel.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th.
- Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude
- 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTItES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 mai 1908. . 15°, 0 N. E. 1. Beau. » Rosée ; beau.
- Mardi 19...... . 11°,4 N. 2. Beau. » Rosée; Beau jusqu’à 13 h.; nuag. ens. ; éclairs de 20 h. à 21 h. 30.
- Mercredi 20 .... . 14°.8 N. N. W. 2. Couvert. 7,2 Tonnerre et pluie le m.; nuageux.
- Jeudi 21 18°,7 S. 2. Peu nuageux. 25,2 Fort orage le m. et le s. avec lorte pluie ; nuageux.
- Vendredi 22 . . . .’. 8°,6 E. S. E. 0. Couvert. 2,6 Pluie le m. et le s ; couvert. T. à l’W à 14 h.
- Samedi 23 10°,1 W. S. W. 2. Beau. 2,1 Pluie à 0 h. et à 16 h ; très nuageux.
- Dimanche 21 9°,4 W. 1. Beau. M Forte rosée ; brume ; nuageux.
- MAI 1908. — SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 MAI 1908. ,
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 18 au 21. — Le 18. — Régime anticyclonique sur l’O. et le Centre de l’Europe, pressions supérieures à 770 mm; Brest, 777; Islande, 747. (Pluies sur le N. et l’E. Température du malin : Bodoe, 4°; Paris, i5; Nice, 23; Puy de Dôme, 8; Pic du Midi, 4; moyenne à Paris : i8° (normale : i3°,6). — Le 19. Baisse légère sur l’O.; sur la Manche, 773; dépressions sur le N. de la Russie et l’Islande. Quelques pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Arkangel, 6°; Paris, 14 ; Nice, 22; Puy de Dôme, i5; Pic du Midi; 2; moyenne à Paris : 19°,4 (normale : i3°,7). — Le 20. Baisse légère sur l’O.; sur la Manche et l’Angleterre, 770; légère dépression
- sur là Scandinavie et la Russie. Pluies sur le N. et l’E.; en France : Charleville, 5; Paris, 2 (orage). Temp. du matin : Arkangel, 5 ; Paris, i5; Nice,. 25; Puy de Dôme, 15 ; Pic du Midi, 4- moyenne à Paris : 170 (normale : ii°,8). — Le 21, Pression assez uniforme sur l’O.;
- France : 762; Angleterre, 758. Pluies sur le N. et l’O.: en France : Parc Saint-Maur, 19; Dunkerque, 3 ; Le Mans, 2. Temp. du matin : Uleaborg, 6; Paris, 19; Nice, a3; Puy de Dôme, 17; Pic du Midi, 5 ; moyenne i Paris : 190 (normale : 140). — Phases de la Lune : Dernier Quartier, le 23, à o h. 26 m. du m
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- LA NATURE
- TRENTE-SIXIÈME ANNÉE — 1908
- PREMIER SEMESTRE
- TABLES DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES — VARIÉTÉS — DIVERS
- I. — INFORMATIONS.
- Abattoirs américains : fabrication d’engrais..............146
- Abeilles : analyse de leur cire et de leur résine.........122
- Absinthe : réglementation de la consommation.............. 50
- Accidents : statistigue dans l’industrie.................. . 162
- Acide carbonique : action sur les sulfures alcalins..........105
- Acide vanadique : comme agent accélérateur d’oxydation. . 185
- Acier : découverte des aciers rapides..................... 42
- Acier électrique : fabrication................................ 162
- Aéronautique : aérostation militaire en Allemagne, budget. . 74
- Aéronautique : pour la conquête de l’air, problème posé par
- la Vie automobile................................ 97
- Aéroplane : Gastambide et Mengin.......................... 41
- Aéroplanes : problème posé par la Vie automobile.......... 97
- Aéroplane : l’ecord Farman (13 janvier)..................... 49
- Aéroplane : Wright ou Farman?................................ 75
- Afrique du Sud : pêches et abricots en Europe. ..... 42
- Afrique : les plus hautes montagnes. .......... 54
- Afrique occidentale : télégraphe transsaharien (Soudan-Algérie) 49
- Age du bronze : le nombre 7...............................201
- Agriculture : chez les Cosaques de l’Oural.............. 66
- Agriculture : pi’ix pour un appareil à cultiver la luzerne. . . 54
- Air atmosphérique : sa teneur en argon.................... 9
- Air liquide : son transport............................... 17
- Air solide : séparation industrielle des éléments.........150
- Albanie : chemin de fer de pénétration en Albanie et en Macédoine. ............................................... 129
- Alcool : dénaturant adopté par l'Autriche-Hongrie.........138
- Alcool : impôts en France. ..............................162
- Algérie : commerce en 1907. . . . ...............: . . . 66
- Algérie : eaux thermo-minérales'. . . . .*................154
- Algérie : incendies de forêts............................. 1
- Allemagne : aérostation militaire, budget................. . 74
- Allemagne : état sanitaire de la marine allemande......... 98
- Allemagne : la chasse. . ................................. 66
- Allemagne : les médecins. ........................ 98
- Allemagne : navigation sur le Rhin, .................... 98
- Allemagne : population militaire.......................... 81
- Allemagne : primes d’invention aux ouvriers des chemins de
- fer.................................................... 74
- Allemagne : service de la prévision du temps..............155
- Allemagne : statistique des bibliothèques................. 170
- Allemagne: télégraphie sans fil......................18, 113
- Amérique : date de l’invention du nom....................... 82
- Amérique du Nord : immigration........................... 66
- Ammoniaque : réaction des sels ammoniacaux sur les constituants du sol.................................................. 35
- Angkor (La société d’)......................................185
- Angleterre : exportation de la viande aux Etats-Unis. . . . 185
- Angleterre : extraction du tungstène. ;..................... 58
- Angleterre : importation des chevaux. ...................... 66
- Angleterre : la baisse des terres...........................138
- Angleterre : nombre des brasseries.......................... 82
- Anthropologie : Danemark......................................106
- Arbres : abatage électrique...................................194
- Arbres et la foudre........................................... 65
- Arbres de Paris............................................. 18
- Archéologie : beurre archéologique.......................... 42
- Archéologie : fouilles de Milet.............................114
- Archéologie : la société d Angkor........................ 185
- Archéologie : le typhon à trois têtes du Parlhénon..........106
- Archéologie : mosaïques de Sainte-Sophie de Salonique. '. . 146
- Archéologie : Sahara et Soudan.............................. 26
- Archéologie : souterrains-refuges de Naours (Somme) .... 50
- Archéologie : statues naufragées à Carthage...................178
- Archimède : traité de géométrie inédit...................... 10
- Argon : dans l’air atmosphérique.............................. 9
- Argon : propriétés chimiques..................................178
- Arsenic : point de fusion. . . . ........................... 9
- Ascension à 7134 mètres........................................18
- Asphalte : établissement des chaussées........................158
- Astronomie : satellite ou planète.............................153
- Atani (Japon) : Geyser ....................................... 41
- Atlantique: traversée en 1907 (nombre de voyageurs). 82, 202
- Autobus : à Paris...................... . .................. 2
- Automobile de chemin de fer ................................ 18
- Automobiles et voitures à chevaux............................. 18
- Aulomobilismc : auto-mitrailleuse............................. 53
- Automobilisme : nombre des usines dans le monde.............185
- Automobilisme : résistance du vent à l’avancement des voitures. 1
- Automobilisme : solution ineongelable......................... 54
- Autriche : chemin de fer de montagne du Gross Gioekner à
- Obervellach................................................ 34
- Autriche-Hongrie : dénaturant de l’alcool..................... 58
- Aviation : prix Armengaud.................................... 81
- Supplément au n° 1827 de La Nature du 50 mai 1908.
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- TABLE . U SUPPLÉMENT
- Aviation : prix Michelin et Cie.............................121
- Aviation : le record de M. Delagrango (10 km;...............153
- Aviation : records de MM. Farman et Delagrange..............150
- Aviation : un moteur de 120 chevaux.........................154
- Azote : absorption par le carbure de calcium................ 75
- Azote : pour la conservation des fruits..................... 42
- Azoture d’aluminium...................... ..................113
- Azoture de sélénium.............................. 146
- Bagages : chargement mécanique à bord des paquebots. ... 42
- Baillaud, directeur de l’Observatoire de Paris.............. 49
- Ballon-sonde : plus grande hauteur atteinte.................122
- Bananes : consommation en France............................114
- Bateau pour 5 000 passagers (steamer de rivière). ..... 26
- Béton : action électrolytique............................... 49
- Beurre archéologique........................................ 42
- Bibliothèques : en Allemagne..................:.............170
- Bibliothèque nationale en 1907, ............................ 121
- Biologie : températures extrêmes où la vie est possible. ... 169
- Bisons : leur nombre au Canada................................. 146
- Bois : rétrécissement pendant le séchage. ......... 146
- Bonaparte (Prince Roland) : donation à l’Institut........... . 115
- Brahmapoutre : sa source.................................... 90
- Brasseries. : nombre en Angleterre. . . .................... 82
- Buchner (Hans): prix Nobel, notice.......................... 17
- Byzance : traité de chirurgie de Nicctas................ 122
- Calcium métallique : propriétés et emplois possibles. . . . 137
- Calcium : procédé Rathenau..................................... 55
- Californie : le platine. : '.................................. 114
- Canada : ses progrès........................................202
- Canal de Panama : les excavateurs....................... 202
- Canal : entre la mer du Nord et l’Adriatique................ 65
- Canaux : Canal llennepin aux Etats-Unis.....................105
- Canaux : coût de la navigation intérieure...................140
- Canaux : la vitesse, possible des chalands................ . . 154
- Cancer : nombre des études à son sujet...................... 1
- Canon fantastique de M. Simpson.............................145
- Carthage : statues naufragées................................. 178
- Celluloïd (Papiers pour).................................... 185
- .Centenaires: ménage d’Isonbolgï.............................. 58
- Cerfs-volants : poste scientifique du lac de Constance .... 146
- Ceylan : consommation du thé................................130
- Charbon : baisse desprix....................... ............129
- Charbon : sondage de Longwy. ...............................105
- Chats sans queue en Touraine...................................202
- Chaudières au pétrole pour les navires. .................... 65
- Chemins de fer : chauffage au pétrole en Italie.............122
- Chemin de fer : de Chamonix à Martigny......................178
- Chemin de fer : de Miami à lvey-West (Floride).............. 89
- Chemin de fer : doublement du transsibérien. .................. 74
- Chemins de fer : en Chine..................................... 66
- Chemins de fer : l’électrification des chemins de fer..........185
- Chemins de fer : leur électrification en Italie................ 58
- Chemins de fer : nouveau train continental aux Etats-Unis
- (Portland-San Francisco)..................................... 1
- Chemins de fer : pénétration en Albanie et en Macédoine. . 129
- Chemins de fer : statistique pour l’Europe, longueur des voies 74
- Chemins de fer : téléphones de voyage.......................... 90
- Chemins de fer : un alignement de 200 kilomètres (Nouvelle-
- Galles du Sud). ......................................... 90
- Cheminée : un montage exceptionnel,......................... 2
- Chênes : disparition des vieux chênes en France................170
- Cheval : consommation de sa viande à Paris..................... 50
- Chevaux : importation en Angleterre ......................... . 66
- Chevaux : leur nombre à Paris................................. 82
- Chevaux : protection contre le soleil....................... 82
- Cheveux : commerce au Japon. ............................. 122
- Chiens : nombre à Paris.............................. 58
- Chine : chemins de fer. . 66
- Chine : la métallurgie...................................... . 162
- Chine : télégraphes, statistique du réseau.....................146
- Chine : unification du système des mesures. ....... 2
- Chirurgie : traité de Nicetas (Byzance) traduit par Guido
- Guidi.................................................... 122
- Chronométrie : l’heure universelle............................ 153
- Cincinnati : l’enseignement industriel.............- . . . 54
- Cire et résine d’abeilles : analyse.........................122
- Clubs de montagnes. ................... ........./. . . . 18 :
- Coalite : en Angleterre. . ................. 162
- Colis postaux. . • 81
- Comètes : comète 1907 a; comète d’Encke..................... 97
- Comète Daniel.................................................. 17
- Comète Daniel : météores en connexion......................... 35
- Comète de Halley............................................... 1
- Comète Mellish (1907 b), observation photographique. ... 9
- Comètes : redécouverte de la comète d’Encke................. 81
- Comète : sixième de 1907 (1907 f). ......................... 57
- Congo français et dépendances : population..................186
- Congo (La mode au)..............................................146
- Congrès de mathématiques à Rome................................161
- Congrès international des industries frigorifiques........... 1
- Congrès préhistorique de France............................. 90
- Conservatoire des Arts et Métiers : essais de matériaux. . . 2
- Corindon artificiel............................................ 178
- Cosaques de l’Oural : l’agriculture......................... 66
- Coton : au Japon...................................... 185
- Courroies de transmission : électrisation.................... 41
- Cuirassés américains............................................ 2
- Cuivre électrolytique : production mondiale.................... 82
- Danemark : anthropologie. . .................................. 106
- Danemark : l’agriculture........................................186
- Diamant : crise de son industrie. . . ........................ 10
- Diamant : importation aux Etats-Unis........................... 82
- Diamant : action de la chaleur.................................169
- Diamant : taille à Amsterdam.................................. 195
- diplodocus : au muséum.................................. 170
- Dirigeable Zeppelin n° 4...................................... 195
- Dirigeables : la lin du Patrie.............................. 10
- Dirigeables : notre Hotte aérienne............................. 65
- Drainage et moteurs électriques............................... 18
- East River : consolidation du tunnel........................201
- Eau potable....................................... 74
- Eau : volume du kilogramme..................................... 97
- Electricité : pour l’instruction judiciaire.................... 55
- Électricité : son emploi autorisé en Turquie. . ............ 137
- Electricité : station centrale électrique dans une houillère
- (Roncliamp).................................•............. 121
- Électrométallurgic : zinc'..................................... 9
- Énergie électrique : transport à haute tension sur 148 kilomètres ...................................................... 57
- Engrais : fabrication dans les abattoirs américains...........
- Enseignement industriel à Cincinnati..................\. .
- Enveloppé à lettres : centenaire...........................
- Enveloppes en papier : complément à la précédente information ............................' . . . ...................
- Épingles : fabrication aux Etats-Unis......................
- Estomac (corps étrangers dans F). . . ................, . -
- Étain : découvert dans une étoile (a du Scorpion)..........
- Etain :• mines dans la Nigeria anglaise....................
- Étain : production mondiale...................................
- États-Unis : désastre de Monondagh.........................
- États-Unis : dessèchement des marais.......................
- États-Unis: enseignement industriel à Cincinnati...........
- États-Unis : importation de diamants.......................
- États-Unis : la fabrication des épingles............... . . .
- États-Unis : nouveau chemin de fer transcontinental (Portland-
- San-Francisco)..........................................
- États-Unis : ouverture du canal Hennepin...................
- États-Unis : population allemande, irlandaise, juive, de New-
- York...................................................
- États-Unis : randonnée de l’escadre. . ................
- États-Unis : service météorologique et télégraphie sans fil. . .
- Ethnographie : Sahara et Soudan........................
- Etoile : decouverte d’étain dans a du Scorpion.............
- Étoile : la variable 31-1907 Aurigæ........................
- Étoiles : présence du soufre dans plusieurs................
- Euphorbe : Résine........................................... •
- Excavateurs du canal de Panama. :...................... . . .
- E’ermentation : influence de l’électricité statique. .....
- Fiacres : les carnets de fiacres...........................
- Floride : chemin de fer de Miami à Key-YVest...............
- Forêts : incendies en Algérie. ............................
- Fortune au fond de la mer (Une). ...........
- Foudre et eau souterraine..................................
- Foudre et les arbres,.................................... . •
- France : développement du domaine colonial (1870-1906). .
- France : impôts sur l’alcool...............................
- F rance : sériciculture en 1907...............................
- Froid : congrès international des industries frigorifiques. . .
- Froid : distribution à domicile. . . ..............
- Fruits: procédé de conservationGowpor, par l’azote.........
- Gare Saint-Lazare : travaux au tunnel des Batignolles. . . .
- Gaz : action chimique des-radiations ultra-violettes.......
- Gaz : conduites à haute pression...........................
- Gaz : moteurs de 5000 chevaux. '. .’.......................
- Gaz naturel.................................
- Gaz : nouvelles cornues pour sa fabrication................
- Gênes : mouvement du port..................................
- Genève : musée cartographique............................
- 146
- 54
- 106
- 122
- 146
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- 155
- 154 90 97 90 54 82
- 146
- 1
- 105
- 90
- 57 162
- 26
- 155 161 145
- 1
- 202
- 9
- 138
- 89
- 1
- 186
- 195
- 65 178 162 114
- 1
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- 73 89
- 74 50
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- Géométrie : traité inédit d’Archimède....................... '10
- Géothermie : variations du degré géothermique...............177
- Geyser d’Atani (Japon).......................................... 41
- Gibier : aux Ifalies......................................... 98
- Goudron : mortier de goudron................................ 50
- Grande-Bretagne : progrès économiques de l’empire. . . . 202
- Grèce : le typhon à trois têtes du Parthénon................ . 106
- Grêle : échec du tir contre la grêle en Italie..............146
- Grèves : coût de la grève des mécaniciens anglais ( 1897). . . 114
- Grisou : accidents aux Etats-Unis (Monondagh) -............. 10
- Grisou : désastre de Monondagh (États-Unis)................. 97
- Groenland : superficie de l’inlandsis........................ . 114
- Guido Guidi, traducteur du traité de chirurgie de Nicétas. . 122
- Hélium : propriétés chimiques................................ 178
- Hélium : sa prétendue solidification........................169
- Hélium : sa solidification .................................157
- Heure universelle : projet de M. Bouquet de la Grye. . . - 155
- Himalaya : ascension du lvabru...............................130
- Himalaya : ascension du Trisul. . . ........................ 18
- Hollande : dessèchement du Zuyderzée. ......................105
- Hongrie : observatoire de Tatras............................ 90
- Hôtels suisses : leur clientèle.................. 26
- Houille : au Japon................................i . . . 90
- Hydraulique : installations hydro-électriques du monde entier. . . ............................................• • • 65
- Hydraulique : station hydro-électrique de Carinthie.........113
- Hydraulique : station hydro-électrique gigantesque en Italie
- (Yal Camonica).............................................. 75
- Hydraulique : utilisation industrielle d’une cascade souterraine
- (Moravie)............................................... 42
- Hydrogène : extraction du gaz à l’eau....................... 73
- Incendies : à Paris (1907).................................. 186
- Inde : pétition en faveur des tigres........................ 54
- Indo-Chine : la Société d’Angkor................................185
- Indus : sa source............................................ • 90
- Industries : les accidents......................................162
- Institut : donation du prince Roland Bonaparte. ...... 113
- Invention : primes aux ouvriers en Allemagne................ 74
- Irlande : bourre archéologique des tourbières................. 42
- Italie : électrilication des chemins de fer .... .............. 58
- Italie : navigation sur le Tibre. . ............. 50
- Japon : commerce et revenus..................................... 2
- Japon : la houille.......................................... 90
- Japon : le commerce des cheveux. ............................ . 122,
- Japon : les médecins. v...................................... 10
- Japon : les spécialités pharmaceutiques.......................106
- Japon : l’industrie du coton.................................. 185
- Jeux olympiques à Londres..................................... 18
- Jolibois (A.) : nécrologie................................. • 49
- Journal : le plus vieux d’Europe (Johann Garolus, 1609). . . 82
- Jupiter: sans satellites . . . ............................ . 17
- Jupiter : un nouveau satellite?:................................153
- Justice : instruction par l’électricité .....*.............. 53
- Kabru (Himalaya) : son ascension par MM. Rubcnson et Monrad-
- Aas. 130
- Kapok : rendement des fruits................................ ,74
- Kelvin (Lord) : nécrologie. ......................... 25
- Laine artificielle à l’eau de mer........................... 66
- Lait : industrie laitière en République Argentine...........114
- Lancaster (Belgique), nécrologie........................... . 81
- Laponie finlandaise : Lapons et rennes...................... 66
- Lapparcnt (A. de) : nécrologie. ........................ 177
- Laveran prix Kobéi, notice..................................... .17
- Lécithines végétales : teneur en phosphore..................202
- Léman : ses mouettes........................................... 106
- Lèpre : essai de traitement par M. YVookey .................137
- Lévy (Albert) : nécrologie. ................. 61
- Lhassa : télégraphe.........• •, ........................... 57
- Lin du Brésil..................................... .......... 194
- Luzerne : prix pour un appareil semeur.................; . 34
- Macédoine : chemin de fêr de pénétration en Albanie et en
- Macédoine. ... :........................................ 129
- .Madagascar : les exportations. ................................154
- Magnétisme terrestre : rapport avec l’activité solaire .... 26
- Maladie du sommeil . ...........................................122
- Mammouth : forme de sa queue ............................. 178
- Marais : aux États-Unis . . ................ 90
- Marine : endurance des navires de guerre. . . . .. . . 186
- Marine : état sanitaire de la marine allemande................. 98
- Marine : flottes marchandes du monde........................105
- Marine marchande : répercussion de la crise financière américaine.................. , . ..................................130
- Marine : randonnée de l’escadre américaine...................... 57
- Marine : tirant d’eau avenir des navires de guerre..........114
- Marine : torche Schumacher-Kopp................................
- Marine : vitesse des navires................................
- Maroc : pi'éhistoire .......................................
- Mars : vapeur d’eau dans son atmosphère.....................
- Mathématiques : Congrès à Rome, quantités continues et discontinues ..................................................
- Mayotte : rattachement administratif à Madagascar...........
- Médecine tropicale : Société internationale.................
- Médecins : en Allemagne, 98; dans le monde..................
- Mer Morte : analyse de son eau..........................
- Mersey (La) : dragages du chenal...............
- Meru : description du volcan................................
- Métallurgie : en Chine......................................
- Météores : connexion avec la comète Daniel ...... . .
- Météorites.......................................
- Météorologie : service de la prévision du temps en Allemagne. Météorologie : service météorologique et télégraphie sans fil
- aux Etats-Unis..........................................
- Météorologie : ses progrès..................................
- Météorologie : son budget misérable en France...............
- Météorologie : une pluie phénoménale (îles Fiji)............
- Michelson : prix Nobel, notice..............................
- Michigan : tunnel sous le fleuve Saint-Clair................
- Milet : fouilles depuis 1899 ...............................
- Minerais : production annuelle.................................
- s Minerais : production en 1906 . ..........................
- Mines américaines : accidents............................... .
- Mines : désastre de Monondagh (États-Unis) . ...............
- Mines : forge électrique dans une mine (Transvaal)..........
- Mines : record de la profondeur (Australie, 1455 m.) . . . . Mines : station centrale électrique dans une houillère (Ron-
- champ). ................................................
- Mitrailleuse : auto-mitrailleuse............................
- Mode : au Congo...................•.........................
- Mojsisowics (E. von), nécrologie............................
- Moiteni : nécrologie........................................
- Homies : revivification.....................................
- Monondagh : coup de grisou..................................
- Moraines lacustres.....................................!..
- Moteur à gaz de 5000 chevaux.......................
- Moteurs alternatifs et turbines à vapeur. . ................
- Moteurs tonnants : nouveau silencieux (Rankin Kennedy) . .
- Mouettes du Léman. .........................................
- ' Musée cartographique à Genève.............................
- Muséum : le Dijjlodocas.....................'...............
- Myristica Sebifera..........................................
- Naours (Somme) : souterrains refuges ..........
- Navigation intérieure : coût du kilomètre . ................
- Navires de guerre : couleur. . . ...........................
- Navires : machines chauffées au pétrole.....................
- Nébuleuse d’Andromède (Parallaxe de la).....................
- Nécrologie : Moiteni........................................
- Nécrologie : E. von Mojsisowics.............................
- Nécrologie : Lord Kelvin ...................................
- Nécrologie : Albert Lévy....................................
- Nécrologie : A. Jolibois.................. . ...............
- Nécrologie : A.-B. Lancaster (Belgique) ..................
- Nécrologie : A. de Lapparent...........- . ....................
- New-York : population allemande, irlandaise et juive ....
- Nicetas : son traité de chirurgie ..........................
- Nitrate de chaux : fabrication.cn Norvège...................
- Nitrites : origine des nitrites salivaires..................
- Norvège : fabrication du nitrate de chaux ..................- .
- Norvège : Préhistoire.......................................
- Observatoire Carnegie du mont Wilson . .....................
- Observatoire du mont Rose : postes d’études français .... Observatoire des Tatras (près Leutschau) .........
- Œufs : exportation en Russie . •......................
- Omnibus automobiles : coût de l’exploitation. '. . . . . . . Opéra : enregistrement phonographique des voix de chanteurs. Or dans la mer,, voir : une fortune au fond de la mer . , .
- Orchidées : leur prix ...........................
- Or : production en 1907 . . . '....................
- Oural : agriculture des Cosaques .............
- Oural : gisement préhistorique de Berezowsk . .... . . .
- Oxyde de carbone : date du premier empoisonnement signalé
- (1176) .................................................
- Oxygène : action sur les métaux. ........................... .
- Pain sucré............................................... • • •
- Paléolithique : gisement en Suisse..........................
- Paléontologie : la queue du mammouth........................
- Paléontologie : poissons pétrifiés du Texas.................
- Panama : les excavateurs du canal. .......................... .
- Papeterie : une école à l'Université de Grenoble............
- 89
- 98
- 34
- 145
- 161
- 161
- 66
- 98
- 34
- 122
- 169
- 162
- 53
- 57
- 153
- 162
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- 57
- 154 17 26
- 114
- 1
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- 17 9
- 18 10
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- 50
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- 162
- 170
- 178
- 50
- 146
- 42
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- 193 9
- 17
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- 41
- 49
- 81
- 177 90
- 122 81 121 81 10 145 113 90 98 90 41 186 170 1 82
- 66 138
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-
- TABLE DU SUPPLEMENT
- Papier pour celluloïd.......................................... 185
- Papillons de luxe..........................1 ....... . 98
- Paquebots : chargement mécanique des bagages................. 42
- Paris : consommation de la viande de cheval ....;.. 50
- Paris : directeur de l’Observatoire, M. Baillaud............... 49,
- Paris : la locomotion meurtrière................•:...........114
- Paris : le gibier aux Halles ................................... 98
- Paris : le prix de la vie...................................... 58
- Paris : les carnets de fiacre . .............................138
- Paris : les chevaux, statistique. . . .......................... 82
- Paris : les corbeilles à papier............................. 74
- Paris : l’Université en 1908 ................................ 170
- Paris : nombre des arbres...................................... 18
- Paris : nombre des voyageurs par an........................... 50
- Paris : statistique des chiens................................. 58
- Paris : statistique des incendies (1907) . .................. 186
- Paris : volaille aux Halles en février 1908.................. 138
- Parleur nouveau pour télégraphe.................................. 95
- Parlhénon : le typhon à trois têtes..........................106
- Pêches et abricots de l’Afrique du Sud en Europe ..... 42
- Pesanteur : ses anomalies. ........................... 193
- Pétrole : baisse des prix...................................129
- Pétrole : comme clumilage sur les chemins de fer italiens . . 122
- Pétrole : épuisement des districts pétrolifères................. 50
- Pétrole : en Russie, 1907...................................... 177
- Pétrole : production mondiale. .................................. 2
- Pétrole : pour les machines de navires.......................... 65
- Phonographe : à l’Opéra...................................... 41
- Phosphore: dans les lécilhines végétales.........................202
- Physique du globe : variations du degré géothermique ... 177
- Planète : nouvelle planète près de Jupiter?..................153
- Plante oléagineuse nouvelle : Myristica sebifera.............178
- Platine : Californie......................................... . 114
- Poids et mesures : unification en Chine...................... . 2
- Pommes à cidre : importation d’Espagne en France.............114
- Pont : en arc, 500 mètres d’ouverture (East River, New-York). 58
- Porcs : élevage en Sibérie................................... 54
- Portel (Le) : grotte à peintures du l)1' Jcannel........ 130
- Pourpre antique, sa nature chimique..........................178
- Préhistoire : âge de la pierre au Soudan......................186
- Préhistoire : Congrès préhistorique de France, 90; Société
- préhistorique suisse.......................................... 90
- Préhistoire : érosion granitique et monuments préhistoriques. 138 Préhistoire : gisement paléolithique en Suisse 194
- Préhistoire : grotte à peintures du l)c R. Jeanne], entre Fois
- et le mas d’Azil (Ariège).................................130
- Préhistoire: le nombre 7 et l’âge du bronze..................... 201
- Préhistoire : Norvège............................................ 10
- Préhistoire : recherches de M. Pallary au Maroc.............. 34
- Primeurs : pêches australes , ................................... 42
- Prix Nobel...................................................... 17
- Radiations ultra-violettes : action chimique sur les gaz ... 89
- Radium : action chimique sur l’eau distillée................. 81
- Radium : la substance mère du radium.........................185
- Rage : nouveau mode de vaccination antirabique...............162
- Rails : de 57 kilogrammes........................................ 42
- Raisin : influence de l’ensachage................................170
- Rats : Société internationale pour leur destruction, bacilles
- des D™ Danysz et Neumann........................ 106
- Renards : élevage.............................................. 202
- Rennes : leur nombre en Laponie finlandaise . ............... 66
- République Argentine : l’industrie laitière................... . 114
- Résine d’abeilles : analyse......................................122
- Résine d’euphorbe................................................. J
- Rhin : navigation................................................ 98
- Routes : emploi de l’asphalte pour les chaussées...............138
- Russie : agriculture des Cosaques de l’Oural.................. 66
- Russie : doublement du Transsibérien............../... 74
- Russie : exportation des œufs................................... 98
- Russie : le pétrole en 1907 ................................. 177
- Sable : consommation et dépense sur les lignes de tramways. 18 Sahara et Soudan : archéologie et ethnographie anciennes . , 26
- Sahara : télégraphe Tfanssaharien................................ 49
- Salonique : les mosaïques de Sainte-Sophie................... 146
- Saturne : aspect de son 9e satellite. . . ...................T62
- Saturne : son spectre............................................ 73
- Sélénium (Azoture de)..............'.........................146
- Sept et l’âge du bronze (Le nombre)..........................201
- Sériciculture en ] France (1907).................114
- Sibérie : élevage des porcs ............... 34
- Sibérie : intensité de sa colonisation .................. 2
- Signal maritime nouveau...................................: 18
- Silencieux (Rankin Kennedy) pour moteurs tonnants .... 42
- Silice : fondue.............................................. 169
- Sociologie : origine des villages ............. 130
- Sommeil (Maladie du)....................................... . 122
- Soie : naturelle et artificielle, consommation............ 58
- Soleil : activité solaire et perturbations magnétiques .... 26
- Soleil : durée de son éclairement......................... 25
- Soleil : grande protubérance................................ 65
- Soudan et Sahara : archéologie et ethnographie ancienne. . . 26
- Soudan : l’âge de la pierre...............................186
- Soufre : présence dans plusieurs étoiles à température élevée. 145
- Spectroscopie : analyse spectrale des corps simples....... 49
- Stérilisation et vieillissement des liquides par l’électricité
- statique................................................... 9
- Suisse : Société préhistorique................................,90
- Suisse : voies navigables.......................................2
- Tamise : amélioration du chenal...............................194
- Tamise : barrage............................................. 18
- Tatras : Observatoire près Leutschau...................... 90
- Télégrammes : affranchissements en timbres-poste.......... 81
- Télégraphe : assurance télégraphique..........................121
- Télégraphe : slatislioue du réseau chinois....................146
- Télégraphie : nouveau parleur 0. Henrichsen.................. 97
- Télégraphie sans fil : à la tour Eiffel...................... 35
- Télégraphie sans fil : Allemagne.............................. 18
- Télégraphie sans fil : en Allemagne..........................113
- Télégraphie sans fil : entre Casablanca (Maroc) et Paris ... 49
- Télégraphie sans fil dirigée................................... 1
- Télégraphie sans fil et météorologie aux Etats-Unis. . .•. . 162
- Téléphone : salon de repos pour les employés..............170
- Téléphones : en chemin de fer............................. 90
- Téléphonie à grande di-tance à bord des paquebots......... 18
- Téléphonie sans fil...........................................153
- Thé : consommation à Ceylan...................................130
- Thomsom (Sir William) voir : Kelvin (Lord) ........ 25
- Tibet : télégraphe à Lhassa.................................. 57
- Tibre : navigation sur la partie maritime................. 50
- Tigre : pétition en sa faveur dans l’Inde. ......... 34
- Tonnerre : causes de son roulement........................ 90
- Torche marine Schumacher-Kopp................................. 89
- Tour Eiffel : télégraphie sans fil.................... 55, 49
- Tourbe : emploi comme moyen de chaufl’age. . .•........... 50
- Tourbières : beurre archéologique dans celles d’Irlande ... 42
- Tournesols : utilisation industrielle ........................170
- Tramways : consommation et dépenses de sable.............. 18
- Transatlantique géant : budget................................ 2
- Transport : câble de 11 km . ............................. 34
- Transport d’énergie électrique à haute tension............ 57
- Transports : en commun au xvn° siècle ..................... . 170
- Trisul : ascension . . . .................................... 18
- Tungstène....................' . . . ....................162
- Tungstène : extraction en Angleterre ..................... 58
- Tunisie : importance de la langue française............... 58
- Tunel de l’East River : consolidation............ 201
- Tunnel : sous le grand Belt, projet....................... 66
- Tunnel sous le fleuve Saint-Clair............................. 26
- Turbine à vapeur : origine............................... 18
- Turbines à vapeur et moteurs alternatifs.................. 82
- Turquie : l’électricité autorisée............................ 137
- Typhon à trois têtes du Parlhénon.........................106
- Université de Paris, en 1908.............................. 170
- Vaccination : nouveau procédé contre la rage............... . 162
- Yent : résistance à l’avancement des voitures automobiles . . ' 1
- Vésuve : abaissement du cône ............................. 98
- Viande : exportation anglaise aux Etats-Unis................. 185,
- Vide: appareil pratique pour la mesure. ... ..... 57
- Vie : températures extrêmes oii la vie est possible ..... 169
- Vieillissement et stérilisation des liquides par l’électricité
- statique.............................. ............... 9
- Villages : leur origine, les différents types.............130 ‘
- Volaille : aux Halles en février 1908........................ 138
- Wagons : grands wagons aux Etats-Unis. ................... 18
- Zinc, élcctrométallurgic. .......................) . . . 9
- Zuyderzôc : dessèchement. ................................105
- p.2x212 - vue 642/645
-
-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- II. - SCIENCE APPLIQUÉE.
- Accumulateur Azeden.......................................
- Allumette électrique........................................
- Appareil à tout l'aire : chaudière, filtre, glacière .......
- Arbre : le guide-tige.....................................
- Automobilisme : bandage élastique en papier...............
- Automobilisme : capote invisible..........................
- Automobilisme : carburateur Zénitl».......................
- Automobilisme : compteur d’essence........................
- Automobilisme : embrayage Michel..........................
- Automobilisme : indicateur de niveau......................
- Automobilisme : le silencieux spiral......................
- Automobilisme : régulateur de carburation.................
- Automobilisme : roue élastique Charless...................
- Automobilisme : tendeur Rebour............................
- Automobilisme : valve Ilill...............................
- Avertisseur Protcx . . ...................................
- Rec veilleuse économique..................................
- Bicyclette : frein à serrage latéral......................
- Bicyclette : emballage....................................
- Billard F riseo se jouant assis...........................
- Blaireau porte-savon......................................
- Boîte à poudre de riz . ..................................
- Boîte aux lettres de sûreté...............................
- Bouchon automatique.......................................
- Bouteilles : bouche-bouteilles Themar.....................
- Bouteilles : machine pour débouchage automatique..........
- Briquets Ignito................'..........................
- Broc de toilette conservant l’eau chaude......., . . . .
- Brosse à cheveux pneumatique............................
- Brosse à dents : appareil support.........................
- Brosse électrique pour parquets...........................
- Cafetières : le monofiltre................................
- Cafetières : nouveau percolateur..........................
- Calendrier perpétuel : calendrier-breloque................
- Calendrier perpétuel : le Pnerochrome.....................
- Calibres (confection des)...................................
- Carnet pour échantillons..................................
- Chaudière à tout faire....................................
- Chaudières: appareils pour l’examen interne. . ,..........
- Chauffe-manchon...........................................
- Cheminées : appareils régulateurs de triage...............
- Cheval : appareil pour administrer les drogues (mors-tubes
- percherons)............................................
- Chimie : flacon de pesée..................................
- Ciment armé : poteaux.....................................
- Clef à ergot à serrage instantané.........................
- Clef à molette en acier forgé.............................
- Clous pour sièges reposant sur un tapis...................
- Collier doüche extensible.................................
- Comédons : extracteurs. . ................................
- Compas : pointes pour compas de charpentier...............
- Coupe-tranches universel..................................
- Couteau écailleur de poissons.............-...............
- Couteaux : nettoyeur « Express »..........................
- Crayons : Porte-mine, toujours aiguisé....................
- Crochet utile.............................................
- Cuir à rasoir.............................................
- Cuisine : coupe-tranches universel . . . .................
- Décoration d’appartement : panneaux mobiles...............
- Décoration de table : support de fleurs...................
- Décrasseur métallique.....................................
- Drainage : appareil à creuser les fossés . . .............
- Échantillons: carnet spècial ...............
- Echiquier cubique........................* . . '..........
- Éclarage électrique : lampes à incandescence.............. .
- Éclairage électrique : perles Weissmann...................
- Écrémoir ..............,........................... . . . .
- Électricité : borne isolée pour tableau...................
- Électricité : dévolteur à eau pure...........................
- Electricité : groupe électrogène amovible.. . ............
- Électricité : indicateur de charge des conducteurs. ...’..
- Électricité : interrupteur à distance.....................
- Électricité : pile thermo-électrique « Dynaphor ».........
- Élévateur d’eau pour moulin à vent........................
- Embouehoir club...........................................
- Emporte-pièce multiple. . ................................
- 107 165 195
- 28
- 91
- 195 159 205 205 123
- 44
- 91
- 115 123
- 76
- 68
- 187
- 3
- 60
- 99
- 116
- 108 67 11
- 204
- 187
- 60
- 107
- 108 108
- 92 20 59
- 148
- 196
- 123 188' 193
- 187
- 83 100
- 124 67
- 139
- 59
- 19 131
- 12
- 12
- 67
- 51
- 179
- 108
- 92
- 20 100
- 51
- 148
- 195
- 4 51
- 188
- 84 43
- 131
- 132 76 43 43. 35 51 19 27
- 155
- 27
- Encrier scientifique. ..........................................152
- Enveloppe à ouverture instantanée............................. 180
- Équerre compacLe et transformable............................. 11
- Étau transformable............................................. 76
- Fausset antiseptique. . . ......... ...... 196
- Fiches mobiles : tableau de téléphone.......................... 188
- Filtre à tout faire......................................... . 195
- Fontaine élecLrique lumineuse................................... 35
- Fraise à défoncer.............................................. 179
- Fruits : ramasse-fruits automatique............................. 52
- Fumifuge pour théâtres..........................................179
- Galet incassable en acier....................................... 4
- Gants : nettoyeur............................................... 20
- Gaz : contre les fuites : le paragaz..........................147
- Gazon : tondeuse perfectionnée...........................' . . 36
- Glace : rabot spécial............................................ 4
- Guide-lige.........................-......................... . 28
- Glacière à tout faire...........................................195
- Hamac « Eurêka »............................................... 156
- Jalousie Perier.................................................172
- Joints : serre-joint métallique................................. 35
- Jouets du Jour de l’An : athlète porteur de poids, diabolo, marchand de tonneaux, course en sac................................ 52
- Jouets : la question marocaine..................................140
- Jouets : le tir aux pigeons « Eurêka »........................147
- Jouets : moniteur mécanique..................................... 3
- Jouets : poupée «lespremiers pas».............................. 19
- Jouets : télémécanique sans fil................................. 28
- Kaléidoscope démontable......................................... 27
- Lait : appareil de contrôle, crémomètre..................J 124
- Lait : son contrôle, oléo-réfractomètre Ferd. Jean et Amagat. 75
- Lampes de chevet : la Psyché....................................116
- Lampes électriques à arc : appareil automatique de suspension. 205
- Lampes électriques : prise de courant..........................171
- Lardoir perfectionné..........................................124
- Letterettes 'Walker.............................................188
- Loupe-boucle spirale............................................108
- Manchon : chauffe-manchon ...................................... 85
- Mandrin d’un nouveau type....................................... 59
- Mandrin « Nicholson » extensible pour tours..................... 44
- Masseur mécanique...............................................132
- Meule : machine à meules transportable. . ....................147
- Minerais : appareil lessiveur................................... 99
- Montres : chaîne de sûreté......................................164
- Montre solaire A.-L............................................. 12
- Mouilleur hygiénique............................................108
- Musique : appareil pour tracer les portées......................140
- Nettoyeur d’arbres............................................. 196
- Nettoyeur Femina ............................................. 180
- Outils : étiquettes marquant leur place ........................ 27
- Panneaux décoratifs mobiles.................................... 148
- Paragaz.........................................................147
- Perceuse à main : rochet univei’sel............................. 91
- Perles électriques Wissmann.....................................131
- Photocompas Decoudun............................................165
- Photographie : laboratoire portatif............................. 5
- Photographie : lanterne de laboratoire . . . ................. 59
- Photographie : photo-céramique à la portée de tous..............116
- Photographie : virages par sulfuration..........................140
- Pile batterie automatique Mandon............................... 155
- Pince coupante à mâchoires aiguisables.......................... 11
- Pince fixe-couvertures......................................... 60
- Pince pour plier les tubes......................................131
- Pipe à paravent............................................. 131
- Plume réservoir....................... . ............... 156
- Pneumatique Torrilhon...........................................165
- Poignée métallique d’une seule pièce............................ 28
- Poissons : couteau écailleur....................................179
- Pommes de terre : machine à couper.............................. 4
- Portecrayon extensible..................................... 108
- Porte-vêtement « Century »......................................188
- Poteaux en ciment armé..........................................139
- Poteaux et arbres : appareil spécial pour y monter............ 68
- Poussière : brosse électrique pour parquets..................... 92
- Poussières : aspirateur le « Pulvor »...........................172
- Profilographe. .................................................100
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Pupi Ire-caisse enregistreur................................. 84
- Rabot à glace................................................. 4
- Ramassc-fruits automatique . ,............................ 52
- Robinet : dispositif de sûreté . . .............. 35
- Rocbct universel pour perceuse à main .......... 91
- Rondelles de bois : appareil spécial...................... 67
- Roue de tramway à pneumatique................................ 68
- Roulements à bille D. W. F. . ............................ 83
- Roulettes à billes........................................... 44
- Roulettes antifriction..................................... 36
- Siphon : vide-liquide.................................; . 36
- Sommier l’Aiglon.............................................204
- Sonnerie : avertisseur Protex . . . *..................... . 68
- ^oufflets pour jardin : le Fox...............................124
- Stéréoscope classeur........................................ 83
- Table-valise........................ .....................156
- Taches: appareil pour détacher les vêtements.................115
- Tampon en bois « Dubel »......................... ... 12
- Télémètre prismatique topographique du commandant Gé-
- rard.......................................................... 107
- Téléphone : le télébloc......................................... 00
- Téléphonie : tableau à fiches mobiles.......................... 188
- Tire-ligne : le trace-portée . ............................... 140
- Tiroir verseur............................................. 164
- Tondeuse à gazon perfectionnée............................... • 36
- Tondeuse pour animaux........................................... 20
- Tournevis à cliquet............................................. 36
- Tours mandrin extensible « Nicholson ». .....................• 44
- Tranchoir : coupe-tranches universel............................ 51
- Transmission Pekrün . . 83
- Valise-table................................................... 156
- Vaporisateur de couleurs et poudre Grube...................... 171
- Ventilateur aspirateur Poujade................................. 149
- Vêtements : appareil détacheur............................... . 115
- Vide-liquide................................................... 36
- Vinaigrier......................................................152
- III. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- L’air des villes et des champs (Dr A. C.)..................... 5
- Les pulvérisations d’éther contre les douleurs (Dr A. G.). . . 15
- Les erreurs de la radiographie (Dr A. G.) . .................. 50
- Les exercices et le développement musculaire (Dr A. Caii-
- taz)......................................................... 37
- Le bismuth dans les maladies de l’estomac................ 45
- L’application de teinture d’iode (Dr A C). ................... 45
- L’épidémie de suelte miliaire dans les Charentes (Dr A. C.). . 54
- La lumière rouge et la variole................................ 54
- Pi’océdé d’épilation (Dr A. G.)............................... 61
- L’Hygiène des casernes (Dr A. G)............................... 69
- Anesthésie des dents par la voie nasale (Dr A. G.)............ 70
- Contre la coqueluche (Dr A. G)................................. 77
- Pour détruire les nœvi (Dr A. C).............................. 78
- Le chlorétone.................................................... 86
- Le chlorure de calcium (Dr A. C.)............. ............ 94
- Le cataplasme (Dr A. G.).................................... . 109
- Les enfants obèses (Dr A. G.)..............................118
- Les variations cosmiques et la santé (Dr A. Cautaz)........125
- État actuel de la radiumthérapie (Beaudoin)................133
- La chromhydrose (Dr A. G.).................................142
- Cadre pour transport de blessés (Dr A. G.). ...............149
- Les canards à la rouennaise (Dr A. C.).....................158
- Empoisonnement par la noix muscade.........................158
- La conjonctivite printanière (l)r A.C.)..................... . 165
- Les piqûres d’araignées (Dr A. C.).........................175
- Un vieux vermifuge (Dr A. G.)..............................182
- Le mérycisme (l)rA.C.)................................. 189
- Electrolyse professionnelle (Dr A. G)......................198
- Les méfaits d’un acarien de l’orge (Dr A. G.). ....... 205
- IV. - RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Acier : trempe à l’acide citrique............................ 58
- Acier : bleuissement.....................................93, 118
- Acier : dérouillement........................................... 93
- Acier : cémentation.......................................... 134
- Alliage de magnésium et d’aluminium.......................... . 22
- Alliages de cuivre............................................. 206
- Alliages divers............................................... 206
- Alliages inattaquables aux acides à froid où à chaud............110
- Allumettes : recherche du sesquisulfure de phosphore. ... 62
- Argenture des objets de fer.... ............................. 14
- Baromètres : liquide barométrique............................174
- Bijoux : pour dessertir une pierre d’un bijou. . ............ 6
- Bouvreuil: destruction....................................... 87
- Bronzage du fer et de l’acier ...............................134
- Cartes à jouer : nettoyage. ................................. 63
- Carton imperméable ’...............134
- Celluloïd : polissage ......................................... 30
- Céruse : fabrication.. ........................................ 78
- Champignons : conservation avec leurs couleurs ...... 93
- Chapeaux de paille résistant à l’eau..................... 134
- Chapeaux de paille : remise à neuf...........................160
- Chilfons à épousseter : liquide pour les imprégner. ..... 6
- Chlorure de carbone........................................... 38
- Ciment résistant aux acides ............... 174
- Colle à la caséine. ........................................... 174
- Colle de parchemin.............................................. 78
- Colle pour lixer le papier sur le fer-blanc ......... 14
- Combustion dans les foyers de locomotives.................... 78
- Courroies : entretien......................................... 182
- Cuivre : patinage . . ..........................................174
- Désinfectant : l’hyperchlorite de calcium anhydre. ... • . • H8
- Dentifrice u élixir à l’eau oxygénée.........................174
- Dorure au feu...................................................118
- Enduit flexible imperméable............................... 14
- Enduit noir pour bâches. ................................. 30
- Enduit noir et brillant pour le fer................ . . . 134
- Enduits phosphorescents...................................182
- Engrenages.de bois : graisse spéciale .................... 30
- Éponges : blanchiment . . . '............ 126
- Fer : aciérage ou trempe..................................110
- Fer et acier : noir mat par oxydation.............. 86
- Fer et cuivre (séparation des tournures de).............. 63
- Fer : noircissement des pièces brutes et polies. ...... 38
- Fleurs sèches et fleurs dites stérilisées..........150
- Fourrures : conservation................................. 62
- Gants : nettoyage........................................ 14
- Guêpes : contre les piqûres . . . . . . . . . . . . . . . 190
- Ignifuge pour le bois ................................... 46
- Ignifuge pour le papier................. ................ 86
- Ignifuge pour tissus..................................... 86
- Incendies : grenades extinctrices..................174
- Instantanés au théâtre sans magnésium ; ... ... ... 206
- Jais : utilisation des débris en électricité ........ 70
- Lait : conservation. .................. 126
- Laiton : vernis protecteur. ............... 30
- Linge : poudre à blanchir. ..... fo ....... . 14
- Linoléum : pose sur les parquets........ . ... ... 110
- Manchons chauffants pour cheminées incandescentes. ... 70
- Massage : pommade............... .... 78
- ..Mercure : purification. ................................ 63
- Meubles : bouchage des fentes. ........................... 78
- Meubles : liquide pour leur polissage................... . 62
- Mildiou : bouillie mixte................................. 154
- Monuments : conservation........................... 6
- GTCufs : coloration, du jaune............................ 78
- Oïdium et mildiou : bouillie mixte.......................... 134
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- %^|| TABLE DU SUPPLEMENT ||Jgp
- Pâte à polycopier............................................. . 0
- Peinture à la caséine............................................ 63
- Peinture au zinc : dosage du zinc............................. 6
- Phosphorescents : enduits........................................182
- Photographie : emploi du sucre....................'........... 46
- Pierre artificielle.............................................. 14
- Plumes d’acier : conservation.................................. 166
- Poudre de lycopode : nouvel emploi. . ........................ 46
- Poules (contre la vermine des)...................................142
- Poules baromètres............................................... 70
- Poules pondeuses : alimentation en hiver......................... 70
- Renards : destruction........................................ 78
- Rouille : objets nickelés...................................... 14
- Rouille : protection du fer eL de l’acier.......................'11(1
- Rouille : pour dérouiller l’acier............................... 95
- Silicate de soude cristallisé : préparation.....................110
- Soleil (abaissement de la température des locaux exposés auj. 182
- Stylographcs : procédé pour les charger......................... 14
- Sulfate de baryte : son innocuité............................... 100
- Tabac et fleurs............................................... 110
- Taches d’encre..................................................... 30
- Taches d’encre,................................................. loti
- Vernis doré........................................................ 46
- Vernis pour fer-blanc. . . .....................................: 14
- Vernis protecteur pour laiton...................................... 50
- Verres opaques : fabrication....................................174
- V. - VARIÉTÉS.
- Quelques particularités sur le savon (A. II.'................... 5
- L’utilisation des sacs produits des « packing-houses » aux États-
- Unis (E. Lemaire)................................................ 13
- Vitalité des vipères (D. Martin).................................... 13
- La question de l’alcool (A. Troller)............................ 21
- Observations du passage de Mercure devant le Soleil (L. Ruraux)............................................................. 29
- Les Compagnies téléphoniques américaines (L. Fournier). . . 57
- L’eau potable à Londres en 1600................................. 45
- La protection des pêcheurs d’Islande et Terre-Neuviens ... 61
- La situation financière de la Chine (L. D.)..................... . 77
- L’Institut de France (L. I).)....................................... 77
- Les Universités européennes......................................... 85
- Les méfaits de la fumée et l’utilisation de la suie.............185
- La disette d’arsenic et les insecticides arsenicaux (E. L.) ... 93
- Au Brésil, M. Doumer .........................................109 -
- La longévité des graines (H. Coupin) . . . ; . ...............109
- Télégraphie et téléphonie en 1907 ............................ 117
- Innovation dans l’abatage et le débit des bois (H. Blin). ... 117
- Le sanscrit en Asie Mineure (J.-P.-L.)........................155
- Nouvelles voilures de la Compagnie d’Orléans (.1. Larmanjat) . 141
- Cuirassé allemand le Nassau (W. Darvillé).....................150
- Les succédanés du café (Cu. Grouu)............................165
- Formol et insectes (Dr P. R. Joly)............................175
- L’organisation des transports en commun dans Paris : les
- futurs autobus (Girardault)...................................181
- Emploi des plaques autochromes en voyage (G. M.) ..... 189
- Le troisième Congrès de l'industrie laitière.....................190
- Le mouvement des mariages en France...................... 197
- Les dahlia-cactus (A. Acloque)...................................205
- FIN DES TABLES DU SUPPLÉMENT
- Paris. — Imprimerie Laliure, rue de Fleurus, 9.
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