La Nature
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- p.n.n. - vue 1/647
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Paris. Un ;ui. . — Six mois,
- ABONNEMENTS
- 20 fr. » Départements. Un an.
- 10 fr. » — Six mois
- Union postale. Un an................................... 26 ir. »
- — Six mois............................... 15 fr. »
- 25 fr. » 12 fr. 50
- Prix du numéro : 5o centimes.
- LES SOIXANTE ET ONZE VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC TROIS TABLES DÉCENNALES
- Taris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- p.n.n. - vue 2/647
-
-
-
- !
- -
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L INDU STR] E
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRE
- TRENTE-SEPTIÈME ANNÉE
- 19°9
- PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C% ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE PARIS, iîo, BOULEVARD S A1 N T - G E R M A1 N
- Page de titre n.n. - vue 3/647
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/647
-
-
-
- 37e ANNÉE. — N° 1854.
- 5 DÉCEMBRE 1908.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- RÉFLECTEUR LIQUIDE POUR TÉLESCOPE
- Récemment, une dépêche publiée par la presse quotidienne signala brièvement qu’un physicien américain, M. le professeur Wood, de l’Université de Johns Hopkins, poursuivait d’intéressantes expériences en vue de substituer aux réflecteurs concaves des grands télescopes des miroirs de mercure liquide. Grâce à l’activité de notre correspondant, new-yorkais, nous avons pu nous procurer des détails complémentaires sur ces recherches, ainsi que des documents photographiques illustrant le problème.
- L ’ observatoire que M. Wood a construit près de sa maison de campagne, à East-Hampton (Long-Island), diffère radicalement des observatoires astronomiques existants. Dans le sous-sol d’une vieille maison de bois, qui lui sert de laboratoire pendant ses vacances, il a fait foncer deux puits profonds de 5 qa., larges d’un mètre, et qui communiquent sous terre par un tunnel formant chambre. L’un des puits sert d’accès, tandis que l’autre est l’âme du télescope.
- Pénétrons dans l’observatoire souterrain. Au fond du puits au télescope (le second de ces puits), se dresse un bloc de pierre formant table et supportant
- l’appareil, qui consiste en un bassin de fonte peu profond monté sur trépied, et qui, actionné par un moteur, s’anime d’un mouvement rotatoire dont la rapidité se règle à volonté.
- L’opérateur verse un verre de mercure dans le bassin, qui commence à tourner lentement. Il va de soi que, s’il se tient près de l’appareil à la distance voulue (comme l’indique notre photographie), sa figure est reflétée en grandeur naturelle par la surface du liquide. Mais, à mesure qu’augmente la rapidité du mouvement rotatoire imprimé au bassin par le moteur, augmente aussi la grandeur de l’image reflétée, car la force centrifuge contraint la surface du mercure à prendre la forme d’un paraboloïde. Or, on sait que c’est là la surface idéale à donner à un miroir de télescope, pour obtenir d’un objet très éloigné une image agrandie, particulièrement nette. Avec le mercure tournant,
- 1. — 1
- Fig. 1. — Dispositil du réflecteur à mercure liquidé.
- 37e année. — 1er semestre.
- p.1 - vue 5/647
-
-
-
- 2'====== RÉFLECTEUR LIQUIDE POUR TELESCOPE
- elle se réalise d’elle-même. Avec le bronze, au contraire, il faut, pour l’obtenir, un travail très délicat, extrêmement minutieux, qui exige des ouvriers fort habiles ; la fabrication des réilecteurs ordinaires requiert des années de travail, tant pour la taille que pour le polissage, tandis que celle du « miroir liquide » ne demande guère que quelques secondes, le temps de verser le mercure dans le bassin.
- Tel est, brièvement exposé, le principe de l’invention de M. Wood. Ilâtons-nous de constater qu’elle n’est pas encore au point, de l’aveu même de l’in-
- aura 50 cm. de diamètre. Cette dimension ne sera d’ailleurs pas définitive : en cas de succès, l’inventeur entreprendra la construction d’un télescope gigantesque.
- Jusqu’à plus ample informé, nous ferons sagement de ne point vaticiner sur l’avenir de cette innovation, qui ne relève encore que du laboratoire. Indiquons en passant son point faible : le réflecteur liquide ne peut se tourner que vers le zénith, d’où son insuffisance pour des observations d’une grande amplitude. Mais, d’autre part, son coût d etablis-
- venteur qui n’est pas encore sorti de la période expérimentale. Quand le bassin tourne à pleine vitesse, les vibrations du moteur rident légèrement la surface du mercure, et l’image réfléchie perd de sa netteté. Pour supprimer ce grave inconvénient, M. Wood a imaginé un disque de fils métalliques mû directement par le moteur et muni de flocons de coton disposés comme l’indique une de nos figures. Le léger contact de ces tampons sur la paroi extérieure du bassin le met en mouvement et lui imprime la rapidité rotatoire requise par l’opérateur, tout en supprimant les vibrations. Reste à savoir si ce dispositif demeurera efficace pour le nouveau modèle que construit M. Wood, et dont le réflecteur
- sement est extraordinairement bas. Si nous acceptons les déclarations de M. Wood, son télescope à réflecteur de 50 cm. lui reviendra à 800 fr., tandis qu’un télescope de même puissance, du système actuellement en usage, lui coûterait entre 20000 et 25 000 francs.
- Insistons sur cette considération que l’invention de M. Wood n’est pas au point. Mais il est hors de doute que, s’il peut la pousser au degré de perfection qui la rendrait pratique, il aura mérité de la science, en facilitant l’installation, et à peu de frais, de nombreux observatoires, dont les efforts coordonnés enrichiront nos connaissances astronomiques. V. Forbin.
- p.2 - vue 6/647
-
-
-
- CHRONIQUE
- Le rendement de la machine humaine. —
- Existe-t-il une explication satisfaisante, scientifique, du fonctionnement du moteur humain? Il serait difficile de l’affirmer. On ne peut qualifier de scientifique, la comparaison trop facile et superficielle qui consiste à assimiler notre machine humaine à une machine à vapeur, les aliments représentant le combustible, dont l’énergie latente peut être transformée en travail mécanique. Il est juste de dire que les expériences sur ce sujet sont extrêmement délicates, et par suite fort rares : les données manquent pour l’établissement d’une théorie. Aussi est-il intéressant do signaler les recherches qui se poursuivent actuellement, en Amérique, à la Wesleyan University, de Middletown, sous la direction de MM. Atwater et Benedickt ; Nous en trouvons le résumé dans la Revue générale des Sciences. Ces travaux ont pour but de mesurer le rendement de la machine : c’est-à-dire le l’apport entre l’énergie fournie au corps sous forme d’aliments et l’énergie produite sous forme mécanique.
- Les observations des savants américains ont porté sur les concurrents d’une course de bicyclette de G jours. Des expérimentateurs notèrent avec précision l’allure des coureurs, leur variation de poids, pesèrent et analysèrent chaque morceau d’aliment; mais, on ne nous dit pas comment fut évalué le travail mécanique : point évidemment fort délicat, puisque ce travail dépend de la résistance de l’air et du frottement des pneumatiques contre la piste.
- Quoi qu’il en soit M. Atwater aurait établi que le ren-- dement de la machine humaine peut atteindre chez certains athlètes 56 pour 100, et qu’il est en moyenne de 21 pour 100.
- Il est intéressant de comparer ce rendement à celui d’une machine à vapeur qui n’utilise que 13 pour 100 de
- la chaleur du foyer : celte simple comparaison suffit à montrer qu’il est impossible d’assimiler notre corps à une machine thermique : on peut le mettre en évidence d’une façon plus frappante encore : la machine thermique exige, pour son fonctionnement, un échange de chaleur entre une source chaude et une source froide, la chaudière et le condenseur dans une machine à vapeur par exemple ; et le rendement est d’autant meilleur que la différence de température est plus grande entre les deux sources. Carnot a démontré que si l’on désigne par tt et i0 ces deux températures, dans le cas d’une machine parfaite, le rendement est de
- ti i0
- l0 + 273*
- Si l’on appliquait celte formule au corps humain, dont la température reste constante, et très voisine de celle de l’atmosphère en général, on arriverait à un résultat évidemment absurde. 11 faut donc chercher ailleurs que dans une analogie avec les machines thermiques, l’explication de la transformation en travail de l’énergie de-nos aliments.
- Les belles recherches de Chauveau sur le fonctionnement des muscles, ont prouvé que le travail et la chaleur qu’ils produisent sont dus à l’énergie des réactions chimiques qui se passent dans le muscle contracté.
- Mais par quel mécanisme l’énergie chimique se trans-forme-t-ellc directement en travail mécanique? La physique actuelle ne nous offre, jusqu’à aujourd’hui, l’exemple d’aucun phénomène analogue. 11 faut bien l’avouer : la dynamique animale, maigre les progrès de la science au xixe siècle, reste enveloppée du plus profond mystère.
- LE PALAIS DE GLACE DE BERLIN
- Un Palais de Glace imposant vient d’être construit il Berlin. Nous croyons intéressant d’en donner la description. Il comporte un grand hall de patinage, occupé par une énorme nappe gelée de 12 cm d’épaisseur, d’une superficie d’environ 2000 m2. 1500 personnes pourront s’y adonner simultanément et sans se gêner au sport du patinage, depuis le mois de septembre jusqu’en juin. Les galeries de 5 m. de largeur, entourant le champ de patinage au rez-de-chaussée aussi bien qu’au premier étage, assurent aux spectateurs une température douce et tempérée. t
- Ce hall est haut de 18 m., et construit en fer, à revêtements en ciment armé (fig. 4).
- La gigantesque installation frigorifique à laquelle incombe la tâche de produire et de conserver une surface glacée si énorme et si épaisse, appelle évidemment, parmi les machines si variées qui assurent le service du Palais, la plus vive attention. Cette installation, disposée suivant le système
- A. Borsig, dans une annexe de trois étages, fonctionne de la manière suivante : un liquide très volatil est vaporisé, à une température inférieure à zéro, dans les tubes d’un appareil rempli d’eau salée (Voy. fig. 3). .Refroidie.'ainsi, à — 10° C., cette eau, — qui constitue le véhicule de froid proprement dit, — sera lancée par des pompes puissantes, vers le champ de patinage, où elle traversera un système de tubes d’environ 20 km de longueur totale, recouvrant le plancher du hall. La nappe d’eau de patinage se trouve ainsi congelée et convertie en un plan de glace.
- Loin d’être consommée par la vaporisation qui assure le refroidissement de l’eau salée, la substance volatile sera retransformée à l’état liquide par un groupe de compresseurs et de condenseurs, et servira à refroidir à nouveau l’eau salée un peu échauffée qui s’écoule du champ de patinage. La production et la conservation de la glace n’entraînent donc qu’une faible consommation d’eau. L’énergie né-
- p.3 - vue 7/647
-
-
-
- Fig. 1. — Salle des machines, contenait les machines à vapeur avec leurs chaudières et les dynamos.
- Fig. 2. — Pompes lançant l’eau salée vers le jcliamp de patinage.
- p.4 - vue 8/647
-
-
-
- — ------ LE PALAIS DE GLACE DE BERLIN ........5
- cessaire à l’installation frigorifique est fournie par I mécanismes de l’établissement. L'Eispalast ren-une machine à vapeur surchauffée de 250 chevaux. | ferme le champ de patinage artificiel le plus grand
- Fig. 5. — Installation frigorifique.' Les tubes réfrigérants où circule la saumure glacée; ces tubes oui uu développement de 20 km.
- Fig. 4. Le bail de patinage, de 2000 mètres carrés de superlieie.
- Deux autres machines de même force servent à la . qui existe ; sa superficie est le triple de celle du Pa-production de l’énergie pour 1 éclairage, et aux divers I lais de Glace de Paris. Dr Alfred Gradenwitz.
- p.5 - vue 9/647
-
-
-
- xmmxi&mm&msji
- ü>
- Rig'- 1.— L’appareil transmetteur Senlecq.
- ^ LA VISION A DISTANCE —
- ?....... .
- Question passionnante que celle de la transmission à grande distance, par le fil électrique, des impressions lumineuses. Les progrès de la télépho-tpgraphie ont ramené en ces dernières années les .efforts des chercheurs sur ce problème né presque
- avec l’électricité. Nous décrivions récemment les intéressants essais de M. Armen-gaud,etnous rappelions le nom de M. Senlecq, un précurseur dans cet ordre de recherches. Ses premiers travaux remontent, en effet, à plus de 30 ans. M. Senlecq nous écrit qu’il vient enfin de vaincre la plus grave des difficultés qui ont jusqu’ici arrêté les inventeurs : l’inertie du sélénium. On sait que tous les appareils conçus jusque maintenant utilisent la propriété du sélénium de modifier sa conductibilité électrique sous l’action des rayons lumineux; on peut ainsi traduire en courants électriques d’intensités correspondantes, la gamme des intensités lumineuses. On obtient pour ainsi dire une image électrique des objets, qui permet de reconstituer à
- l’extrémité du fil électrique, l’impression lumineuse originelle.
- Mais, à coté de sa précieuse sensibilité, le sélénium a un défaut capital ; il ne modifie pas instantanément son état électrique sous l’action de la lu-
- Le disque distributeur des rayons lumineux. Hlière; qu’un f rayon tombe sur
- une cellule de sélénium, celle-ci n’agit sur le courant qui la traverse que quelques instants après avoir été impressionnée, et son action subsiste encore un temps plus ou moins long après que le • ràÿon lumineux a disparu. Pour transmettre à distance l’image d’un objet, il faut nécessairement la transmettre par points, puisque l’on ne dispose que dmne ligne électrique; pour arriver à reconstituer directement une image lumineuse à l’autre bout de la ligne, il faudrait que l’on ait pu faire agir sur la cëllule sensible tous les points de l’objet en moins de 1/10e de seconde. On ne voit pas très bien comment, avec le sélénium, et sa fâcheuse inertie,. les inventeurs pourront résoudre le problème.
- - Aussi M. Senlecq renonce-t-il décidément au sélénium ; voici le moyen qu’il propose et qui, dit-il,
- LES ESSAIS DE M. SENLECQ
- lui a donné des « résultats très satisfaisants ».
- Au foyer d’une chambre noire est disposée une boîte formée à sa partie antérieure d’un châssis, à sa partie postérieure, d’une plaque microphonique : cette plaque est constituée soit par une planchette analogue à celle du microphone Ader, soit, de préférence, par une membrane en baudruche. Derrière la plaque sont placés des charbons à contacts imparfaits et variables, tout comme dans le microphone Ader. Le microphone est traversé par un courant induit constant et relié à la ligne, de la même manière que dans une installation téléphonique ordinaire.
- Quant à la boîte, dans l’intervalle de 2 à 5 mm environ compris entre la glace et le microphone, elle est remplie d’un mélange de gaz hydrogène et de chlore.
- C’est l’action chimique de la lumière sur ce mélange gazeux que M. Senlecq utilise pour transmettre les impressions lumineuses. Voici comment : un rayon lumineux tombe sur un point de la glace ; tout le monde sait qu’il va provoquer la combinaison d’une certaine quantité des deux gaz, hydrogène et chlore, et former de l’acide chlorhydrique. Si même on laissait la boite exposée aux rayons solaires, il se produirait une violente et dangereuse explosion. Mais ici, ce n’est qu’un mince pinceau lumineux qu’on laisse frapper la glace. Or M. Senlecq a observé un fait très curieux : la combinaison qui en résulte produit sur la plaque microphonique le même effet que les vibrations du son, effet varià-ble, bien entendu, suivant l’intensité du faisceau lumineux. Ce phénomène lui donne un nouveau moyen de traduire en courants électriques les impressions lumineuses.
- Pour l’utiliser, voici comment procède M. Senlecq, suivant un dispositif déjà utilisé dans son appareil téléphotographique que La Nature a décrit dans son numéro 1809. L’image à transmettre vient, ainsi que nous l’avons dit, se former sur la glace de l’appareil, au foyer d’une chambre noire ; mais cette glace est recouverte d’un écran, percé d’une série de points très rapprochés, répartis sur une courbe en spirale ; et l’écran tourne à une vitesse convenablement réglée. Chaque point de l’image envoie donc successivement son mince pinceau de rayons sur la caisse à chlore et hydrogène, provoquant un courant microphonique en rapport avec l’intensité lumineuse du pinceau. Remarquez, et c’est là un point fort important, que l’atmosphère gazeuse de la boîte reste toujours identique à elle-même. Il suffit d’y mettre un peu d’eau ; l’acide chlorhydrique formé s’y dissout aussitôt. Deux llacons d’hydrogène et de chlore communiquant avec la boîte microphoniqüe assurent la constance du mélange gazeux. Si la dissolution est instantanée, il n’y a pas d’inertie sensible dans le système transmetteur.
- Pour reconstituer l’image lumineuse à l’extré-
- p.6 - vue 10/647
-
-
-
- LA SÉCURITÉ DANS LES MINES
- 7
- mité de la ligne, il suffira d’employer un des nombreux dispositifs récepteurs de téléphotographie imaginés en ces dernières années ; en particulier celui que M. Senlecq lui-même avait établi pour son appareil télépho tographique.
- Nous n’avons pu vérifier par nous-même les résultats obtenus par M. Senlecq; mais le principe de
- LA SÉCURITÉ DANS LES MINES
- Depuis quelques mois la fatalité semble s’être appesantie sur les exploitations houillères du monde entier; les catastrophes se multiplient dans tous les pays, dans tous les gisements : Courrières d’abord en France, Monongha aux États-Unis, les accidents répétés du bassin de la Sarre, l’explosion de Hamm, qui, il y a quelques jours, fauchait près de 400 personnes en Westphalie, hier même celle de Pensylva-nie qui a fait 158 morts. Le nombre plus ou moins
- I:
- son système nous a paru extrêmement ingénieux, et fort heureux. Quelle que soit l’issue définitive de ses tentatives, M. Senlecq aura eu le mérite d’indiquer aux chercheurs que captive le problème de la vision à distance par le fil électrique, une voie nouvelle qui, espérons-le, les conduira au succès.
- R. Vii.i.iîiis.
- LA STATION D’ESSAI DE LIÉVIN
- celles qui voltigent en nuages dans les galeries de mines et celles qui gisent le long des parois, peuvent s’entlammer sous l'effet des explosifs. Et la flamme produite se propage de proche en proche, semant sur son passage l’incendie et l’asphyxie. Le danger des poussières a été précisément aggravé par la lutte contre le grisou. Pour empêcher que la proportion de grisou, dans l’atmosphère souterraine où travaillent les ouvriers, ne puisse atteindre le taux qui rend les
- : :f
- grand des victimes n’est déterminé, en pareil cas, que par celui des ouvriers présents dans la mine, puisque tous à peu près périssent. Et à Hamm, un retard d’une heure sur l’accident, fauchant l’équipe de jour au lieu de l’équipe de nuit, aurait produit un désastre pire encore qu’à Courrières. Cette série lugubre a malheureusement, avant tout, une cause générale, contre laquelle nous ne pouvons rien directement : c’est l’approfondissement des mines qui accroît à la fois la proportion du grisou, sa pression et ses dangers. Mais l’ingéniosité humaine a toujours su lutter contre les périls de plus en plus grands auxquels elle s’expose sciemment avec les progrès de l’industrie. 11 lui suffit pour cela, ces périls, de les mieux connaître. Dans les dernières explosions houillères, on sait aujourd’hui quel a été le rôle capital d’un ennemi, non pas nouveau, mais auparavant un peu méconnu, les poussièresl, et c’est contre lui que l’on dirige maintenant les efforts.
- 11 a été prouvé que les poussières de charbon,
- 1 Voy. n° 1778,22 juin 1907 : Le rôle des poussières dans les explosions de mines, et n° 1820,11 avril 1908 : La bataille contre le grisou.
- explosions possibles, on a pratiqué dans les galeries une ventilation énergique; mais, en même temps, on a réveillé les poussières endormies, augmenté leur proportion dans l’air et accru le péril qui résulte de leur présence1.
- La France, ayant été cruellement frappée à Courrières par le coup de poussières, se devait à elle-même de lui prêter une attention particulière. D’accord avec l’administration des Travaux Publics, le Comité des Houillères de France vient d’achever à Liévin la construction d’une importante station d’essais, où seront étudiées méthodiquement, scientifiquement, toutes les questions qui concernent la sécurité dans les mines. Placée sous le haut patronage de la Commission du grisou, la station de Liévin est dirigée par un ingénieur du Corps des Mines, M. Taffànel, que de longues missions à l’étranger ont documenté d’une façon très précise sur les institutions analogues existant en Belgique et en Allemagne. L’établissement français est le plus
- 1 C’est ainsi que, pour combattre maintenant les poussières, on les arrose, ce qui développe le mal terrible de l’ankylostomiase, tant il est difficile d’arriver à une solution définitive.
- p.7 - vue 11/647
-
-
-
- LA SÉCURITÉ DANS LES MINES
- 8
- considérable et le mieux doté de tous ceux qui existent; c’est le seul jusqu’ici qui soit outillé pour l’étude des poussières, où il a obtenu déjà, comme nous allons le voir, d’importants résultats.
- Il fallait tout d’abord préciser l’étendue et la nature du danger : les premiers travaux de M. Talïanel ont donc porté sur l’examen des effets des divers explosifs, soit en présence du grisou, soit en présence des poussières, soit dans une atmosphère à la fois grisouteuse et poussiéreuse. Les expériences, pour avoir une portée pratique, devaiènt être exécutées dans des conditions se rapprochant d’aüssi près que possible de celles de la réalité, et variables au gré de l’expérimentateur. On a été ainsi amené à créer une sorte de galerie à catastrophes, munie d’un matériel spécial fort intéressant que nous allons décrire tout d’abord.
- L’installation de Liévin comprend une grande galerie d’expériences, un bâtiment principal avec bureaux, bibliothèque, laboratoire, des annexes renfermant broyeurs et ventilateurs, enfin des gazomètres à grisou.
- La galerie présente intérieurement la forme, les dimensions et les dispositions d’une galerie de mines, mais elle est construite de toutes pièces à la surface du terrain. La longueur actuellement construite est de 65 m., supérieure dès maintenant à celle de toutes les galeries qui existent à l’étranger; mais elle ne tardera pas à être encore prolongée; elle pourra s’étendre sur 500 m. de longueur avec coudes et ramifications, suivant les nécessités expérimentales afin de reproduire, aussi exactement que possible, toutes les conditions réelles de la mine.
- Les 30 premiers- mètres sont construits en béton armé avec une très forte armature qui lui permet de défier la violence des explosions. Dans les parois
- latérales sont ménagés 12 hublots de verre armé, grâce auxquels les expérimentateurs convenablement abrités peuvent observer les progrès et l’aspect de la llammc des explosions. Au delà des 30 premiers mètres, l’observation directe devenant impossible, à cause de l’éloignement, le mode de construction change. La galerie est établie sous remblai. Des appareils enregistreurs suppléeront à l’observation directe.
- Sur la galerie de ciment armé se branche une galerie secondaire ; à l’entrée est un ventilateur souillant, que l’on isole au moment d’une explosion par
- une forte trappe en acier. Ce ventilateur permet, après chaque essaime renouveler rapidement l’air de la galerie ; il peut aussi créer un courant d’air continu pour faciliter suivant les besoins, la formation des nuages de poussières.
- Comment réalise-t-on dans la galerie les mélanges de grisou et de poussières, soumis à l’expérience? Le grisou doit être du grisou naturel ; on va donc le puiser dans la mine voisine, à 526 m. de profondeur, et on l’amène par une canalisation, dans un gazomètre de 300 m3 où il s’emmagasine jusqu’au moment d’être utilisé. 11 est commode pour la plupart des essais, et parfois nécessaire, d’avoir du grisou sous pression ; un petit gazomètre de 25 m3, muni d’une cloche dont on peut régler le; poids à volonté, réalise ce desideratum.
- Les poussières, elles, sont produites artificiellement : la station possède deux broyeurs ; l’un à boulets sert de dégrossisseur ; il réduit les morceaux de charbon ou de roches, en grains de 1 mm et demi environ; cette poussière grossière est placée dans le second broyeur, sorte de tambour tournant autour de son axe, où elle est porphyrisée par frottement au milieu de milliers de petits bâtonnets d’acier. Après un temps suffisant, on réalise
- p.8 - vue 12/647
-
-
-
- LA SÉCURITÉ DANS LE5 MINES
- 9
- L’entrée de la slaiiou.
- ainsi des poussières d’une finesse invraisemblable; un tamis comportant 4700 mailles par centimètre carré n’en retient aucune parcelle : aussi des particules fines se maintiennent-elles aisément en suspension dans l’air et se prêtent-elles fort bien aux études méthodiques d’inflammation.
- Pour les amener dans la galerie, on les déverse à une vitesse bien uniforme dans une canalisation d’air
- Fig. 4. — Le bâtiment principal ; à gauche l’observatoire crénelé.
- comprimé, alimentée par un ventilateur puissant;
- celui-ci est formé de deux turbines centrifuges conjuguées en série, tournant à la vitesse de 2000 tours par minute sous l’action d’un moteur de 20 chevaux, et refoulant jusqu’à 750 litres d’air par seconde.
- On crée donc dans la galerie une atmosphère de composition bien déterminée ; on y envoie une proportion connue de poussières qui
- p.9 - vue 13/647
-
-
-
- 10
- LA SECURITE DANS LES MINES
- y ilotte en nuage bien homogène. Reste à provoquer R explosion : à cet effet, la tête de la galerie en ciment armé est close par un fond amovible dans lequel est
- de tir. La station
- ménagé le logement d’un mortier
- Fit;'. 6. — La pompe qui aspire le grisou dans la mine.
- d’essai possède dès maintenant deux mortiers de tir faits d’un tube de canon fretté, à âme cylindrique représentant le trou de mine. L’un de ces mortiers peut résister à une pression interne d’environ 15 000 atmosphères. L’explosif à essayer est placé dans l’âme du mortier avec ou sans bourrage et détone par mise de feu électrique, commandée à distance.
- Les observateurs se placent dans une chambre d’observation, crénelée comme un abri de tir, et d’où ils observent, à l’abri, l’effet d’explosions parfois terrifiantes.
- On voit que la station est remarquablement outillée pour étudier toutes les conditions des accidents de mines : l’installation a été terminée en juillet dernier et, depuis ce moment , M. Taf-lanel se livre à d’intéressantes expériences, dont on peut tirer déjà d’utiles et rassurantes conclusions.
- Il a constaté tout d’abord que les explosifs de sûreté donnent une sécurité pour ainsi dire absolue, aussi bien dans les atmosphères poussiéreuses que grisouteuses. Par contre, la dynamite gomme est extrêmement dangereuse; dans une atmosphère renfermant 450 gr. de poussière par mètre cube, l’explosion de 160 gr. de dynamite suffit pour provoquer un terrible coup de poussières. L'effet est le même sur un mélange de 10 pour 100 de grisou et de 90 pour 100 d’air. M. Taffanel a pu étudier la vitesse de propagation de l’onde explosive. Celle-ci, qui atteint plusieurs milliers de mètres avec le grisou, n’est que de 80 m. avec les poussières, mais ce chiffre est beaucoup plus
- élevé que celui de 1 m. admis auparavant. On a pu également s’expliquer de visu comment se propage pour ainsi dire indéfiniment le coup de poussières qui semblait ne pouvoir avoir qu’un effet limité. On voit, en elfet, chaque explosion limitée soulever devant elle un épais nuage de poussières qui explose à son tour. Il en résulte une sorte de propagation par ondes successives qui peut s’étendre à toute une mine. La présence du grisou n’augmente pas la longueur de la flamme, mais accroît la rapidité de sa transmission.
- La teneur en poussières de l’air joue un rôle capital. Avec 112 gr. par mètre cube on a 50 pour 100 de ratés. Leur grosseur intervient également.
- Autre constatation extrêmement intéressante : la présence dans l’air de poussières schisteuses incombustibles empêche le coup de poussières, lorsque leur proportion est suffisante et atteint 40 pour 100. Or, la plupart des mines contiennent dans leurs poussières beaucoup de parcelles de schistes, 50 pour 100 en moyenne, ce qui explique la rareté relative du phénomène, et il ne sera pas difficile d’augmenter artificiellement cette teneur.
- Enfin, la teneur en matières volatiles du charbon a une grande importance (explosion facile à 22 pour 100, rare à 13 pour 100). Bien entendu, toutes
- Fiir. 7.
- La galerie vue en boul.
- ces expériences vont être continuées et les observations poursuivies dans les conditions les plus diverses, de façon à pouvoir établir scientifiquement les lois des explosions dans les galeries de mines pour en réduire le danger dans la mesure du possible; A. Troller.
- p.10 - vue 14/647
-
-
-
- 11
- LA NOUVELLE ARMÉE CHINOISE
- Les très graves événements qui se déroulent depuis quelques mois en Chine, — et où se manifestent à la fois, suivant un dosage difficile à établir, l’esprit réformiste et révolutionnaire d’une petite minorité consciente et l’humeur foncièrement xénophobe du plus grand nombre — méritent d’attirer d’une façon toute particulière l’attention sur l’organisation actuelle de l’armée chinoise, sur son passé aussi, et sur ce qu’on peut enlin présumer de son avenir. C’est ce que nous voudrions faire en ces quelques lignes.
- Si en effet les vaincus de 1900, Boxers, Longs Couteaux, afliliés au Nénuphar Blanc, au Lotus Bleu et au Céleste Dragon, adhérents à toutes les sociétés secrètes qui pullulent, relèvent la tète et redeviennent menaçants, c’est qu’ils sentent que leurs revendications pourraient, le cas échéant, s’appuyer sur une armée véritable, toute différente de l’ancienne cohue disparate et hétérogène des soldats de l’Etendard Vert ou des Huit Bannières mandchoues. L’armée chinoise qui, il y a huit ans, n’existait pour ainsi dire pas est maintenant créée. Si le plan considérable élaboré par le Conseil supérieur de la guerre, le fameux Lien Pinq Fou, n’est pas encore complètement réalisé, il suffit que dès maintenant les Orientaux aient une section parfaitement organisée de l’œuvre entreprise, pour qu’il ne soit pas indifférent aux voisins de la Chine, aux Français en particulier, de connaître les redoutables adversaires qu’ils auraient éventuellement à combattre.
- La Chine reste peut-être un pays charmant, mais le tintement des clochettes y est déjà couvert par les sonneries guerrières des trompettes et des clairons, et si quelques lettrés, amateurs de pittoresque, regrettent ce temps disparu, les vrais patriotes chinois sont fiers au contraire et se félicitent bien haut de cette transformation.
- L’ancienne armée était composée de quatre éléments principaux :
- 1° Les troupes dites des Huit Bannières, parce qu’elles s’abritaient sous les plis de huit étendards combinant les couleurs de l’arc-en-ciel. Cohortes uniquement .composées de soldats mandchous que les empereurs plaçaient auprès de chaque gouverneur, bien plus pour l’espionner et le maintenir dans l’obéissance que pour le suivre au combat. Les hommes qui les composaient, vivaient avec leurs familles, dans de grands villages militaires établis ordinairement à proximité des centres importants, cultivant d’immenses rizières qui leur appartenaient collectivement (voir dans La Nature n° 1804, 21 décembre 1907, p. 44, l’article de M. 11. Monin ou la Réforme militaire en Chine).
- Soldats agriculteurs, fils dégénérés des Tartares de l’invasion, ils avaient perdu dans cette vie de bien-être toutes les vertus guerrières de leurs ancêtres. Ces derniers poussaient l’amour des combats au plus haut point : lorsqu’une expédition était dé-
- cidée par l’empereur, leur maître, ils désignaient le plus brave d’entre eux pour être sacrifié aux divinités; puis, toutes les troupes défilaient solennellement devant un vase rempli du sang de la victime, en y trempant la pointe de leur sabre et en jurant de mourir plutôt que de reculer devant l’ennemi.
- Les hommes des Huit Bannières ont été, il y a environ un an, dispersés et renvoyés dans leurs loyers, ceux qui avaient moins de quarante ans, versés dans un corps spécial de police, uniquement chargé de maintenir l’ordre à l’intérieur des provinces en temps de paix, et de protéger, en temps de guerre, les lignes de communication de l’armée de première ligne. Ils font d’ailleurs, si l’on en croit les rapports des vice-rois, un piètre service, rançonnant les villageois et les citadins, menaçant les fonctionnaires cl les-mandarins et protégeant les pillards et les malandrins. Au Yunnan, presque tous passèrent dans les rangs des insurgés réformistes, et nos officiers des postes-frontières durent en désarmer des centaines qui avaient envahi le Tonkin à la suite des bandes révoltées du parti de la « Jeune Chine ».
- 2° Les anciennes troupes régulières chinoises de F Etendard Vert, ainsi désignées par la couleur de leurs drapeaux, second élément de la puissance militaire des Célestes, s’intitulaient « braves » parce qu’ils avaient étouffé l’insurrection des Taï-Pings en 1855. C’étaient eux que nous avions l’habitude de voir, à la frontière du Tonkin, errer sur nos marchés, couverts de loques minables et crasseuses qui étaient leurs uniformes, se livrer à la contrebande de l’opium, du sel et des allumettes, maqui-gnonner des chevaux, conduire même des troupeaux de canards, se procurant ainsi des moyens d’existence, car les piastres de leur solde leur étaient rarement payées ou, avant d’arriver à destination, étaient volées par leurs commandants, aussi misérables qu’eux. Les vice-rois, qui les craignaient à juste titre, négligeaient bien souvent de les armer : de vieux sabres ébréchés suspendus à un baudrier de corde, une hallebarde comme on en voit aux suisses de nos cathédrales, des mousquets plusieurs fois centenaires, un arc ou même une simple trique leur suffisaient amplement d’ailleurs pour exercer leurs ravages dans les basses-cours des villageois, les boutiques des commerçants et même les greniers à riz des mandarins.
- Quand cette horde de miséreux, ramassis de mendiants et de coupe-jarrets était contrainte de marcher à l’ennemi, les batailles qu’ils livraient, tournaient en carnavals parfois tragiques. Chaque soldat, pourvu d’un uniforme sur la poitrine et le dos duquel étaient brodés, au milieu d’une sorte de cible blanche, des animaux fantastiques et des devises terribles, recevait une arme quelconque, un parasol et une paire d’espadrilles en paille de riz qui ne pouvaient d’ailleurs résister aux fatigues de la première journée de marche. Par groupes de
- p.11 - vue 15/647
-
-
-
- LA NOUVELLE ARMEE CHINOISE
- 12
- huit, ils se serraient autour d’un immense drapeau bariolé de 4 m2, et si la pluie venait à tomber, tous les parasols de l’escouade s’ouvraient par enchantement. Dès que l’ennemi était signalé, l’armée tout entière entonnait, hurlait plutôt, à la mode antique, un chœur bien rythmé- où se mêlaient les plus horribles imprécations contre l’audacieux adversaire et les éloges les plus dithyrambiques en l’honneur des « braves » qui allaient donner leur vie pour la gloire de leur empereur. Puis, tous marchaient à la mort avec une froide bravoure, une héroïque insouciance; et c’est ainsi que, pendant la guerre sino-japonaise, on put voir des bataillons chinois se faire écraser, sans reculer d’une semelle, étendards déployés et
- chaque repas cinq kilos de nourriture variée et qui mourut en 1902 d’une indigestion!
- Les contingents n’appartenant pas à l’armée du Pe-Tchi-Li, qu’ils fussent enrôlés sous les Huit Bannières ou sous l’Étendard Vert, ne pouvaient, on le comprend, être vraiment redoutables dans une guerre contre les puissances occidentales. Au moment où le canon grondait aux alentours de Pékin, pendant le siège des Légations, l’arc était encore au Yunnan la véritable arme réglementaire de nombreuses compagnies chinoises. Et, encore un an plus tard, à Ma-Li-Po, localité très importante au sud de Yunnansen, les habitants me citaient avec fierté le nom d’un capitaine qui avait successivement place
- Fig. 1. — Statue d’un mandarin militaire dans l’a
- ombrelles ouvertes, sous le feu des Murata et la rafale des Shrapnels japonais.
- 5° Des milices mongoles et thibétaines entraient aussi dans la composition de l’ancienne armée chinoise, mais elles n’existèrent jamais que sur le papier.
- 4° Une seule troupe était réellement bien armée, bien instruite, bien encadrée ; c’étaient les trente-cinq mille réguliers du Pe-Tchi-Li, munis de Mauser à répétition, qui nous tinrent longtemps en arrêt devant Tien-Tsin et infligèrent même un sérieux échec aux marins de la colonne Seymour avant l’arrivée des Alliés en 1900. Leur chef était le fameux maréchal Ma, le maréchal « Cheval », qui avait acquis en Chine une notoriété considérable par son appétit formidable lui permettant d’engloutir à
- lée des tombeaux des Ming, à Pékin (xvi” siècle). ' / "
- huit flèches dans un panneau de deux mètres de largeur posé à 60 mètres environ. Le poste frontière de Bac-Bao, où quarante réguliers cantonnais tenaient garnison, possédait, il est vrai, trois fusils à tir rapide, mais si rouillés, que les deux sous-officiers chinois qui seuls en connaissaient le maniement, ne purent faire manœuvrer la culasse devant moi.
- Sept ans à peine se sont écoulés, et nous avons été conviés à assister aux manœuvres et aux évolutions d’une armée véritable, composée de vieux soldats, qui, vers 1910, comptera cinq cent mille hommes en temps de paix, si le plan conçu est méthodiquement appliqué !
- Cette réorganisation est l’œuvre d’un chef énergique et audacieux, Yuan-Shi-Raï,'hier encore petit
- p.12 - vue 16/647
-
-
-
- LA NOUVELLE ARMÉE CHINOISE
- 13
- mandarin àboutonbleu, inconnu de tous, aujourd’hui vice-roi du Pe-Tchi-Li et commandant en chef de l’armée du Peï-Yang. Par tous les moyens, Yuan-Shi-Kaï a cherché à réveiller l’esprit militaire des Célestes, à créer l’idée de patriotisme dans cet empire de plus de quatre cents millions d’habitants, et à donner à son pays un puissant organisme lui permettant de tenir dans le monde la place qui lui revient. Et comme cet homme est doué d'une volonté de fer et d’une valeur indiscutable, il a déjà réussi à mettre sur pied cent mille combattants bien encadrés et bien instruits qui seront la hase solide de l’édifice social entrevu dans ses rêves d’avenir.
- Son plan sépare l’Empire chinois en vingt
- profession de soldat n’est plus vouée au mépris comme jadis. Ceux qui l’adoptent ne sont plus uniquement les coolies, les barbiers et les domestiques de l’ancienne armée, regardés ajuste titre comme la lie de la société.
- La durée du service actif est de trois ans pendant lesquels les soldats doivent, en principe, se consacrer exclusivement à la préparation de la guerre, et sont déchargés du maintien de l’ordre local qu’assurent seules les troupes provinciales. La solde men-
- Fig. 5. — Officiers de l’ancienne armée chinoise sur leur char de guerre.
- zones militaires ayant chacune un corps d’armée à deux divisions de douze mille hommes, et l’on estime que toutes ces formations seront complètes avec leurs services auxiliaires dans un délai de douze à quinze années.
- Le recrutement s’opère, en théorie, par engagements volontaires. Les engagés doivent appartenir aux bons éléments du peuple et être connus des mandarins ; il leur est imposé de savoir lire et dessiner les caractères essentiels de l’écriture chinoise.
- Bien que les parents ne soient pas encore tous très enthousiasmés de voir leurs enfants embrasser la carrière des armes, on peut toutefois affirmer que la
- suelle est de trois taels, soit seize francs environ, mais l’Etat oblige les soldats à envoyer un taelàleur famille, afin de maintenir ce principe de déférence envers les parents qui est sacré pour tout vrai Céleste.
- Enfin les Chinois sont astreints à deux périodes de réserve, la première de trois ans, la seconde de quatre, pendant lesquelles ils sont tenus à plusieurs mois de rigoureux exercices militaires.
- Les instructeurs sont en majorité Japonais, mais Yuan-Shi-Kaï et les grands chefs militaires ne cachent pas leur intention de se priver bientôt de tout concours étranger ; à cet effet dans chaque province ont été créées des écoles d’officiers et de sous-officiers d’où sortiront chaque année treize cents jeunes Chinois appartenant aux meilleures classes de la société, car nobles, bourgeois et riches commerçants se font honneur et gloire d’y envoyer dès maintenant leurs enfants. Il y a dix ans, on demandait aux futurs officiérs de soulever un poids de vingt-cinq kilos, et celui qui avait les biceps les plus solides recevait le plus haut grade, surtout s’il était assez riche pour gagner les bonnes grâces des examinateurs ;
- p.13 - vue 17/647
-
-
-
- 14
- ACADÉMIE DES SCIENCES =
- aujourd’hui, parmi les épreuves éliminatoires imposées aux candidats figure la justification d’une connaissance assez approfondie des langues anglaise, allemande, japonaise ou française.
- 11 faut connaître l’esprit routinier des Chinois, avoir vécu près des mandarins épris de vieille littérature classique pour comprendre combien dut souffrir l’amour-propre de ces Chinois. mis dans l’obligation d’étudier l’art, les sciences et les lettres de ceux qu’ils considèrent comme des Barbares, et combien fut ardente leur fièvre du progrès et peut-être aussi leur soif de revanche pour ne pas se révolter contre ces exigences nouvelles.
- Quand je vois les soldats Célestes actuels avec leur uniforme sobre, copié sur celui des Japonais, le pantalon de zouave rentré dans la demi-botte, le ceinturon et la cartouchière bien astiqués sur la blouse de kaki en été et la veste de drap en hiver, la natte roulée sous un coquet turban, je ne peux m’imaginer que ce sont les mêmes hommes que j’apercevais, il y a huit ans à peine, couverts de loques crasseuses, errer dans les campagnes, à l’affût de quelque mauvais coup. Quand je vois leurs officiers avec leur tunique simple et correcte, et que j’apprends que beaucoup d’entre eux dans le désir de se moderniser, n’hésitent pas à sacrifier la natte nationale et à se faire couper les cheveux, je ne puis croire que ce sont les chefs qui, hier encore, lippus et obèses, affublés de vêtements de soie tombant sur des culottes bouffantes aux teintes variées, chaussés de bottes feutrées ornées d’étranges papillons, se promenaient, solennels et grotesques, au milieu des bordes indisciplinées qu’ils commandaient.
- Et pourtant ces mandarins que nous tournions en ridicule, viennent d’étonner nos attachés militaires aux grandes manœuvres de Chang-Te-Fou, par leur science de la tactique moderne et par la précision de leurs évolutions; ce sont eux qui ont acheté aux Italiens leurs appareils de télégraphie sans fil; ce sont eux qui ont installé l’électricité dans
- CJg'Ss
- ACADÉMIE I
- Séance du 3o novembre 1908.
- Le traitement des tumeurs profondes. — M. Bouchard dépose une Note de M. de Bourgade la Dardye relative à un nouveau procédé de traitement des cancers ou tumeurs tuberculeuses par l’emploi combiné du sulfure de zinc et des rayons X. Ces rayons n’avaient été employés avec succès que pour le traitement des cancers et tumeurs superficiels. La peau arrête, en effet, les radiations les plus actives. M. de Bourgade est parvenu à tourner l’obstacle en injectant dans les tissus à détruire du sulfure de zinc et en projetant ensuite le faisceau de rayons X sur la partie malade. Le sulfure de zinc est très sensible à l’action des rayons X. Sous leur effet il devient aussitôt phosphorescent et reste ainsi pendant plusieurs heures après que les radiations ont cessé de lui arriver. La peau retient bien la plus grande partie des radiations qui la touchent, mais elle en laisse assez passer pour que le
- les arsenaux de Pao-Ting-Fou et de Nanking; ce sont eux qui fabriquent des canons de 75 millimètres et des pièces de montagne d’une portée supérieure a 4 kilomètres ; ce sont eux qui inventent un fusil à répétition, perfectionné et mystérieux, dont, par un retour ironique du dédain de jadis, nos états-majors d’Europe ignorent l’exact mécanisme !
- Ce sont eux enfin qui ont inscrit dans leur nouveau règlement militaire ces conseils, témoignage d’un esprit national tout nouveau : « au combat, tous les hommes d’un régiment marcheront, reculer ront, attaqueront, se défendront autour du drapeau. Cet étendard leur rappellera la patrie et sera au milieu d’eux comme sa personnification sacrée. Depuis le général jusqu’au simple soldat, tous l’aimeront, le respecteront, et se feront tuer, s’il le faut, pour sauver l’honneur national. »
- Il faut reconnaître d’ailleurs que le soldat chinois possède un ensemble de qualités qui le rendent apte, s’il est bien commandé, à être le meilleur soldat du monde. Il méprise la mort et l’affronte avec indifférence; il est sobre et sait se contenter de quelques poignées dé riz pour son alimentation ; habitué, depuis des siècles, à respecter l’autorité du chef de famille et celle des mandarins, il a, au plus haut degré, l’esprit de discipline, lorsqu’un chef à su prendre sur lui l’autorité du prestige et de la force. Enfin, on peut le mener avec des attentions puériles et de menues gâteries. Il y a un an, le vice-roi de Nanking, pour encourager ses soldats à bien combattre lés rebelles, fit distribuer à chacun d’eux une paire de gants, une paire de bas et un petit panier de gâteaux !
- Il n’est donc pas exagéré de déclarer que si le bon esprit militaire s’établit dans la troupe, si elle est honnêtement administrée, si surtout les finances de l’Empire du Milieu permettent d’exécuter le prodigieux et audacieux programme de réorganisation élaboré à Pékin par le Lien-Ping-Fou, l’armée chinoise sera dans quelques années un facteur de la politique mondiale avec lequel l’Occident devra sérieusement compter. Louis de Ca.ntii.ly.
- 'C&J ï
- ÎS SCIENCES
- - Présidence de M. Bouchard.
- sulfure de zinc devienne phosphorescent. Quelques séances suffisent pour amener une amélioration notable., et même des guérisons de lésions inopérables. . -r-o
- Radio-activité humaine.— M. d’Arsonval dépose une Note de M. Darget, relative à des photographies obtenues en plaçant, sur le fond, une feuille imprimée enfermée sous triple enveloppe et appliquée sur le côté verre d’une plaque sensible. Des rayons, appelés vitaux par l’auteur ou encore rayons Y, semblent donc avoir agi comme dès rayons X. L’expérience a été répétée avec succès par'plusieurs personnes. Mais, fait non moins curieux, certaines de ces photographies sont en positif, les autres en négatif. Il faudrait donc admettre qu’il existe au moins deux espèces de rayons Y essentiellement différents;
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- p.14 - vue 18/647
-
-
-
- 15
- ALBERT GAUDRY (1827-1908)
- L’un des plus illustres naturalistes vient de s’éteindre. La science française pleure Alliert Gaudry.
- Son œuvre, d’une merveilleuse unité, a été admirablement féconde; il n’est pas un zoologiste, pas un géologue, pas un paléontologiste, je dirai même pas un homme instruit, qui ne soit directement ou indirectement son disciple. Pour comprendre la grandeur de cette œuvre, reportons-nous aux années, moins lointaines qu’il ne semble, où les idées de Lamarck et de Geoffroy Saint-Hilaire étaient oubliées en France, où 1’ « Origine (les espèces » de Darwin soulevait les plus ardentes polémiques. Un paléontologiste de trente-cinq ans revenait ‘ de Grèce, rapportant par milliers des ossements fossiles recueillis près de Marathon, dans le ravin de Pikermi, dont il devait rendre le nom à jamais célèbre. Tandis que les maîtres de la science croyaient faire œuvre saine en cherchant à écraser, pour ainsi dires dans l’œuf, les idées de transformisme, de descendance, d’évolution, il adressait à l’Académie une série de notes pour signaler la découverte de Singes, de Carnassiers, de Pachydermes, de Soli-pèdes, de Ruminants fossiles qui réalisaient les formes intermédiaires, jusqu’alors hypothétiques, entre des espèces, des genres ou des familles connus. Quelques années plus tard, il exposait magistralement dans son grand ouvrage sur « Les animaux fossiles et la géologie de VAttique » les résultats de ces découvertes; il rendait sensibles aux yeux ces filiations. Dès lors, les faits précis permettaient d’affirmer que « l’histoire du monde est l’histoire d’unê évolution qui se poursuit à travers l’immensité des âges; la paléontologie tâchait d’embrasser l’étude du plan qui a présidé au développement de la vie ». L’étude des fossiles n’était plus une nomenclature descriptive, c’était véritablement une science nouvelle.
- Mais cette orientation philosophique de la paléontologie se heurtait à l’opposition des disciples de Cuvier, si fortement impressionnés du talent descriptif de leur maître, qu’ils méconnaissaient et Repoussaient comme un danger toute généralisation scientifique. Et l’opposition grondait encore quand, en 1878, Albert Gaudry fit paraître le premier volume de ses « Enchaînements du monde animal » consacré aux Mammifères tertiaires. C’est l’œuvre du maître qui a fait sur les naturalistes la plus profonde impression; il n’est pas un professeur, pas un étudiant, pas un philosophe qui ne l’ait lue et méditée et qui, après cette lecture attachante, n’ait abandonné ses derniers doutes quant à la certitude de l’évolution du monde animal. Ce n’étaient pas là de simples vues de l’esprit, des théories séduisantes, c’était un ensemble de faits patiemment et rigoureusement observés, exposés avec une merveilleuse clarté, forçant l’adhésion des esprits sincères. Le mot d'enchaînements eut un plein succès; il exprime le but principal des recherches paléonto-
- logiques : découvrir dans l’histoire du monde animé les liens qui unissent le présent au passé. Albert Gaudry avait vaincu les derniers partisans de la fixité des espèces.
- Né à Saint-Germain-en-Laye en 1827, Jean-Albert Gaudry était fils d’un bâtonnier de l’Ordre des avocats, qui, dans ses moments de loisir, cultivait avec ardeur diverses branches de l’histoire naturelle et fut l’initiateur de ses recherches; il se plaisait à raconter ses promenades aux plâtrières de Montmartre, jeune collégien épris des découvertes que Cuvier y avait faites quarante ans plus tôt ; il entra de bonne heure dans les laboratoires du Muséum, sanctuaire unique alors des Sciences naturelles et à vingt-cinq ans, à l’âge où un grand nombre de nos étudiants n’exercent guère que leur mémoire, il était docteur ès sciences.
- Peu après, en 1853, il allait étudier la géologie de Chypre. Ce voyage en Orient, fixant sa destinée scientifique, le conduisit à Pikermi. Les fouilles furent difficiles, les inondations ravageaient ses travaux, les fièvres terrassaient ses ouvriers, les brigands harcelaient son campement; mais son âme, éprise de beauté autant que de vérité, oubliait devant le ciel de Grèce et devant les découvertes presque quotidiennes l’éloignement de la terre natale et les plus dures fatigues. Le souvenir de ce coin de terre, d’où l’intelligence humaine a rayonné d’un si vif éclat, a toujours éclairé ses œuvres synthétiques. « Quand je l'aisais mes voyages en Orient, a-t-il écrit, je voyais, le matin, les horizons cachés sous les brumes bleutées que les poètes aiment tant et je tâchais d’y découvrir les silhouettes des belles montagnes de marbre. Ainsi, au matin de notre science paléontologique, nous regardons les lointains de la vie esquissés vaguement, et nous nous efforçons de distinguer quelques traits du plan qui la domine. »
- Il pensait que les recherches ou les conclusions du savant ne doivent pas être influencées par ses croyances. C’est dans cet esprit qu’il publia en 1896 ses Essais de paléontologie philosophique, sorte de conclusion des Enchaînement du Monde animal, qui résumait ses travaux scientifiques et ses méditations. Il avait constaté que les transformations des êtres depuis l’ère des plus anciens fossiles jusqu’à l’apparition de l’homme nous montrent un incessant progrès. « L’histoire du monde animé nous révèle, disait-il, une unité de plan qui se poursuit à travers tous les âges, annonçant un Organisateur immuable. L’âme du paléontologiste se complaît dans l’idée d’un Être infini qui, au milieu du changement des mondes, ne change point. »
- Mais ce qui survit à un homme de science, ce ne sont pas seulement ses théories, si fécondes soient-elles, ce sont aussi ses observations de faits, claires, exposées sans détails inutiles. Celui que tous les paléontologistes du monde se plaisaient, hier encore, à appeler leur « maître vénéré » a fait au cours de
- p.15 - vue 19/647
-
-
-
- 16 : : ——- ----:= ALBERT GAU DRY
- sa longue carrière une ample moisson de découvertes, mettant en évidence les caractères primitifs des plus anciens Amphibiens ou Reptiles trouvés en France aux environs d’Autun, appliquant son esprit au plus minutieux examen des Mammifères fossiles d’Europe ou d’Amérique, attachant son nom d’une façon impérissable à l’une des découvertes capitales de xixe siècle, celle de l’homme fossile. Quand la mort l’a ravi à la Science, il terminait, à quatre-vingt-un ans, un mémoire sur les Mammifères fossiles de Patagonie.
- Résumer en quelques lignes une telle œuvre est une tâche impossible. Ceux qui ont eu l’honneur d’être les élèves d’Albert Gaudry savent seuls quel travail elle nécessita. Nul savant n’apporta un soin plus minutieux à la forme de son style, à l’illustration de ses livres, s’efforçant sans relâche de faire disparaître pour le lecteur toute son énorme besogne scientifique.
- Si, dans la première partie de sa carrière, il avait beaucoup lutté pour le triomphe de la cause évolutionniste , s’il avait dû conquérir pied à pied le maintien de l’enseignement de la paléontologie, la direction des collections de fossiles et enfin la création d’un musée de paléontologie, il avait recueilli dans les vingt dernières années tout le fruit de ses persévérants efforts. Membre de l’Institut en 1882, puis de la Société Royale de Londres, il fut Président de l’Académie des sciences en 1902. La galerie de Paléontologie où il avait voulu rendre sensible le développement progressif des êtres, inaugurée en 1896, fut un objet d’enthousiasme pour le monde savant autant qu’une leçon tangible de philosophie pour le peuple avide de s’instruire. Président du Congrès géologique international en 1900, il put sentir vibrer autour de lui la sympathie des savants
- du monde entier. Enfin, en 1902, dans ce Muséum où depuis cinquante ans il travaillait, où depuis trente ans il enseignait, dans le Musée même qu’il avait créé, son élève bienaimé, son collaborateur dévoué, M. Marcellin Boule, bientôt continuateur de son œuvre, faisait éclater en son honneur, comme des noces d’or scientifiques, la plus unanime manifestation de respect et d’admiration qu’un homme de science puisse rêver.
- A toutes les qualités d’un grand savant : extrême
- sagacité, merveilleuse faculté de généralisation, admirable clarté de style, Albert Gaudry* imbu des plus hautes conceptions morales, alliait les qualités, aussi rares, d’un grand homme de cœur.
- D’une âme délicate et tendre, d’une bonté chaque jour plus sereine, il était toujours prêt à mettre en lumière les efforts des travailleurs jeunes, à soutenir sans défaillance ceux que sa conscience estimait les plus dignes, à défendre obstinément les causes qu’il croyait justes.
- Son abord si parfaitement aimable réalisait si bien aux yeux des savants étrangers l’union de la science moderne et de l’ancienne courtoisie française que peu de naturalistes comptèrent autant d’amitiés en dehors de leur propre pays.
- Quelle que soit la rapidité du progrès scientifique, le rayonnement de ses travaux durera pendant de longues années, il ne sera pas éteint quand disparaîtront, à leur tour ses disciples, ses collègues, ses amis qui auront gardé précieusement le souvenir de son grand caractère, de sa rare aménité, de son admirable conscience scientifique.
- Armand Thevenin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Albert Gaudry (1827-1908).
- p.16 - vue 20/647
-
-
-
- LA NATURE. - N° 1855.
- 12 DECEMBRE 1908.
- LE ROLE DE LA VITESSE DANS LES PHENOMENES
- 1° La masse et la vitesse. — Les théories nouvelles sur la structure de la matière conduisent à la considérer comme composée de petits tourbillons d’éther dont la rigidité et l'énergie sont dus uniquement à la rapidité de leurs mouvements de rotation.
- Le mouvement est à la hase de tous les phénomènes. Ils ne sont connaissables que sous l'orme de mouvement et, par conséquent, comme une fonction du temps. Avec de la vitesse on produit de la rigidité et les diverses propriétés des corps. En faisant convenablement varier la vitesse, on détermine l’apparition de toutes les formes d’énergie connues.
- Les grandes constantes de l’univers sont le mouvement et la résistance au mouvement. Le mouvement c’est l’énergie. La résistance c’est l’inertie.
- L’inertie est une grandeur dont la mesure constitue ce que l’on appelle la masse. Si la matière ne possédait pas de l’inertie, une impulsion très petite lui imprimerait une vitesse infiniment grande.
- Toute la mécanique est l’art d’utiliser l’inertie ou de lutter contre elle.
- La matière en
- mouvement emmagasine une certaine vitesse qu’elle peut restituer ensuite sous des formes diverses.
- L’équation de la force vive T = -~-
- Rigidilé donnée par la vitesse à un fluide. — Un lilot d’eau de 2 centimètres de diamètre tombant d’une hauteur de 500 mètres devient aussi résistant qu’une barre de métal et ne peut être coupé par un coup de sabre lancé avec violence.
- met en évi-
- dence l’action de la masse et de la vitesse, et montre que, sans faire varier l’une, on peut accroître indéfiniment le travail produit, simplement en augmentant l’autre. Il est facile, comme je l’ai dit ailleurs, d’imaginer une machine théorique formée d’une toute petite sphère tournant dans le chaton d’une bague produisant par le seul fait de sa vitesse de rotation autant de chevaux-vapeur qu’un millier de
- 37e année. — ior semestre. *
- locomotives. Il est toujours possible de remplacer la grandeur des masses par l’accroissement de leur vitesse. C’est ce que fait précisément l’artillerie moderne en substituant aux gros projectiles des anciens fusils, des balles fort petites possédant une vitesse très grande. Une substitution analogue s’opère également de plus en plus dans l’industrie. Avec les anciens moulins hydrauliques placés sur les rivières, on utilisait une masse considérable de vitesse faible, et pour y arriver^oji^deyait employer des roues d’un
- diamètre énorme. Il en est tout autrement maintenant dans les usines établies au bas des montagnes auprès de chutes d’eau atteignant parfois 500 m. de hauteur. On utilise alors la vitesse très grande d’une masse de liquide assez petite. Le tuyau de conduite amenant l’eau n’a guère, en effet, plus de 15 mm de diamètre, et la roue qui la reçoit quelques centimètres seulement de section.
- C’est également la force vive due à la vitesse considérable de masses très petites qu’on utilise dans les nouvelles turbines à vapeur. On sait que « de la vapeur à 4 atmosphères s’écoulant dans un condenseur où règne une pression de 1 dixième d’atmosphère acquiert une vitesse de 1070 m. par seconde », c’est-à-dire supérieure à celle d’un boulet de canon. Sa force vive est communiquée à des aubes de faible diamètre mais animées d’une vitesse de rotation considérable atteignant souvent 150 m. par seconde.
- Ainsi, avec une masse faible animée d’une grande vitesse, on obtient les mêmes effets qu’avec une masse considérable se déplaçant avec une vitesse faible. Il est possible de perforer un cuirassé avec un, obus de masse minime doué d’une vitesse élevée,
- 2. — 17
- p.17 - vue 21/647
-
-
-
- 18 =r----: LE ROLE DE LA VITESSE DANS LES PHENOMENES
- mais on pourrait y arriver aussi bien en lançant sur lui un simple paquebot de bois de vitesse faible, mais de masse énorme. C’est ainsi qu’on a vu récemment le Gladiator, malgré sa cuirasse d’acier de 8 cm, être coulé en quelques minutes par un simple paquebot qui l’aborda par le travers et le coupa presque entièrement en deux parties. Le trou pratiqué dans la cuirasse avait en effet 13 m. de diamètre.
- 2° Les forces diverses créées par la vitesse. — Les exemples élémentaires qui précèdent ne font qu’incomplètement saisir le rôle du mouvement dans les phénomènes naturels. Nous allons le voir grandir en montrant des forces aussi differentes que. le courant électrique, le magnétisme, la lumière, les rayons cathodiques, etc., être engendrées par de simples variations de mouvement d’un même élément.
- Toutes les vitesses autrefois observées étaient, en dehors de celle de la lumière, très faibles. L’automobile le plus rapide ne dépasse guère 150 km à l’heure, soit 56 m. par seconde. Un projectile atteint difficilement 1000 m. Les vitesses astronomiques, bien que supérieures, sont encore relativement assez faibles. La terre parcourt 50 km par seconde, les étoiles 50 km dans le même temps.
- La découverte des émissions radio-actives et des rayons cathodiques révéla l’existence très imprévue de particules parcourant de 50 000 à 500 000 km par seconde. L’étude des effets produits par de telles vitesses montra, qu’il suffisait de faire varier le mouvement d’un même élément pour engendrer des forces très différentes.
- Observons une sphère électrisée infiniment petite, mais susceptible de prendre une grande vitesse. Tant qu’elle restera en repos, elle ne pourra produire que des attractions et des répulsions sans aucun effet magnétique. Met tons-la en mouvement et donnons-lui une vitesse constante. Par le fait seul de ce mouvement, elle s’entoure de lignes de force magnétiques capables d’attirer le fer et produit en outre tous les effets d’un courant électrique. Le simple mouvement de la sphère électrisée a donc engendré un courant électrique et des phénomènes magnétiques.
- Nous avons' supposé notre sphère électrisée animée d’une vitesse constante. Modifions cette dernière, soit en la ralentissant, soit en l’accélérant. Immédiatement apparaissent des courants d’induc-lion, des ondes hertziennes et, si la vitesse est assez grande, les vibrations de l’éther qualifiées du nom de lumière.
- Mais ce n’est pas tout et nous pourrons—toujours par des variations de vitesse de notre sphère électrisée — produire d’autres manifestations de l’énergie. Si, en effet, au lieu d’opérer dans l’air, nous obligeons de petites sphères électrisées à se mouvoir dans le vide, nous obtiendrons d’abord des rayons cathodiques, puis des rayons X quand les sphères électrisées seront arrêtées par un obstacle.
- Les exemples précédents montrent nettement le rôle de la vitesse dans la production des forces naturelles. Nous allons le voir se manilester encore dans d’autres phénomènes.
- 5Ü Rigidité donnée aux fluides par la vitesse. — En imprimant à un lluide quelconque, gaz ou liquide, une vitesse suffisante on lui donne aussitôt la rigidité des corps les plus durs. Celte rigidité se manifeste même à des vitesses relativement assez faibles. C’est ainsi, par exemple, qu’on perce un rocher avec un jet de liquide. Une colonne d’eau de 2 cm. seulement de diamètre, tombant d’une hauteur de 500 m. ‘et ayant par conséquent une vitesse de 100 m. par seconde, ne peut être coupée par un coup de sabre lancé par un homme vigoureux. L’expérience, reproduite à la page précédente, a été faite à l’usine de Lancey.
- Un gaz quelconque, doué de vitesse, agit comme un projectile solide. Chacun connaît les effets du vent soufflant en tempête. Le dernier cyclone observé au Mexique rasa entièrement une ville et se comporta comme l’eût fait un gigantesque boulet de canon.
- Ce sont des phénomènes de cet ordre qui ont conduit à supposer (pie les disques employés maintenant dans beaucoup d’usines pour scier des masses métalliques en leur donnant une vitesse tangentielle d’environ 100 m. par seconde (2000 tours par minute) coupaient les métaux sans les toucher; seul, l’air entraîné produirait la section. Cette hypothèse, bien que répétée depuis 25 ans, n’est pas encore expérimentalement démontrée, et, malgré l’intérêt pratique de sa démonstration, aucun des directeurs d’usine auxquels je me suis adressé (le Creuzot, Bussy, etc.) n’a consenti à faire exécuter les très faciles expériences nécessaires pour cette vérification, dont aucun d’eux n’a réussi d’ailleurs à comprendre la portée.
- 11 faut simplement retenir de ce qui précède qu’un fluide animé d’une vitesse convenable devient par ce fait seul rigide. Vitesse et rigidité sont un peu synonymes.
- •4° Stabilité des équilibres donnés aux corps par la vitesse. — Les mouvements que nous pouvons observer ne sont pas très variés. Ce sont des translations (projectiles), des vibrations (son, lumière), des rotations (loupie tournant autour de son axe), enfin des tourbillons. A chacun d’eux correspondent des effets différents.
- Les tourbillons sont les seuls mouvements dont nous nous occuperons ici. Un fluide, liquide ou gazeux, gêné dans sa translation, prend aussitôt la forme tourbillonnaire. Lord lvelvin a indiqué depuis longtemps le moyen de produire des anneaux tourbillonnaires à formes très régulières en obligeant par un choc brusque de la fumée à sortir d’une boîte percée d’un trou.
- Les tourbillons possèdent une grande stabilité et tendent à entraîner avec eux les corps qu’ils rencontrent,, ainsi qu’on l’observe dans les cyclones.
- p.18 - vue 22/647
-
-
-
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE DANS LES PAYS DU CHAR1-TCHAD - 19
- Ces tourbillons représentent pour les physiciens modernes la forme sous laquelle se meuvent les dernières particules des corps. Tourbillons ou gy-rostals, c’est toujours à cette variété de mouvements rotatoires qu’on est conduit. Chaque atome est considéré aujourd’hui comme un petit système solaire en miniature avec son cortège de planètes.
- Qu’il s’agisse de tourbillons ou de simples rotations autour d’un axe, l’expérience démontre que ces mouvements déterminent dans les corps qui en sont animés une stabilité très grande mais destinée à disparaître avec le repos. Chacun sait qu’une toupie ne peut rester sur sa pointe qu’à la condition de tourner très vile. De même pour la bicyclette qui ne se maintient verticalement sur le sol
- que tant qu’elle est maintenue en mouvement.
- La matière étant considérée comme composée d’éléments en rotation ne se louchant jamais, on pressent le rôle de la vitesse dans les équilibres matériels. En réalité, la matière, c’est de la vitesse. Seule, l’imperfection de nos sens nous la montre immobile. Si les mouvements des éléments constitutifs des atomes s’arrêtaient un seul instant, ces derniers s’évanouiraient en une invisible poussière d’éther et ne seraient plus rien, absolument rien, pas même une légère vapeur. Le repos de la matière serait la fin des choses, leur retour au néant. C’est ainsi d’ailleurs qu’elle y revient en se dématérialisant lentement comme nous l’avons expérimentalement montré1.
- Gustave le Bon.
- LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE
- La musique des peuples primitifs est ordinairement l’accompagnement de la danse. Les premiers instruments dont on a joué ont du être très simples, leur but ayant été, sans doute, de battre la mesure et d’indiquer le rythme. Tout moyen de produire un bruit peut suflire pour ce résultat, et l’on voit les nègres chanter et battre bruyamment des mains l’une contre l’autre pour exciter et guider les danseurs. Aussi l’on comprend que le tambour soit d’un usage si général dans toute l’Afrique'. Par une onomatopée toute naturelle, le tambour a été appelé tam-tam, et, comme la danse qu’il accompagne est la manifestation d’une joie commune à l’occasion d’un événement heureux, faire tam-tam c’est se livrer à la joie et célébrer une fête.
- Mais il s’en faut d’ailleurs de beaucoup que le tambour soit le seul instrument de musique.
- On sait que l’on distingue trois groupes d’instruments de musique : à vent, à corde et de percussion. Les trois types sont représentés dans le continent noir, et si nous envisageons même une région plus limitée, comme les pays compris entre le lac Tchad au nord et, au sud, la haute Sangha et le coude de l’Oubangui, nous y rencontrons également des instruments des trois sortes.
- Celte partie de l’Afrique comprend des pays musulmans : le Baguirmi à l’est ; le Bornou et l’Ada-maoua à l’ouest. Quant au centre de cette vaste région, il est occupé par des populations fétichistes, souvent très denses, qui ne sont bien connues que depuis quelques explorations récentes, la mission Moll et la mission Lenfant notamment, pour ne citer que les dernières et les plus importantes. L’un des membres de la mission Moll, M. E. Brussaux, fut chargé de faire l’étude ethnographique de ces races si intéressantes, et ayant pu connaître en détail leurs mœurs et coutumes, il a rapporté de curieuses indications sur les instruments de musique dont elles font usage1. Sur divers points, ces popu-
- 1 Notes de mission de M. E. Brussaux sur la race Moundan, sur la race Laka et sur la race Baya.
- DANS LES PAYS DU CHARI-TCHAD
- lations fétichistes ont subi l’iniluence de leurs voisins Musulmans et ont modifié à leur contact leur costume et leur manière de vivre, et l’on ne sera pas surpris qu'elles aient essayé aussi de copier certains de leurs instruments de musique.
- Les sultans musulmans de ces régions, qui ont toujours eu une haute idée de leur puissance militaire, font précéder leurs armées de fanfares comprenant ordinairement des tambours, des flûtes, des fifres et de grandes trompes. Ce sont à peu près les mêmes instruments que l’on trouve dans tous les pays Eoulbés. M. Auguste Chevalier2, qui raconte un curieux défilé des troupes de Senoussi, le sultan de Ndellé, signale les trompes gigantesques formées de défenses d’éléphants qui précédaient chaque compagnie. Il dit aussi qu’à côté du sultan se trouvait un immense lam-lam creusé dans un tronc d’arbre séculaire sur lequel un homme frappait à coups redoublés. La musique de l’armée baguir-mienne, dit de son côté M. Émile Gentil3, comptait au moins une douzaine de tambours, des flûtes, des trompes et « un clairon provenant d’un fabricant du Faubourg Poissonnière ». Au Bornou, les troupes ont aussi des orchestres de fifres, de hautbois et de clarinettes, ainsi que de longues trompettes qui « poussent des sons chauds et vibrants », dit le commandant Lenfant4, et qui rappellent par leur forme et leur dimension l’antique tuba des Romains.
- Les Moundans qui habitent le bassin du Mayo-lvabbi, dans les régions de Binder, Léré et Biparé, notamment, ont imité avec des courges les trompettes de guerre des Foulbés. Ils ont fait ainsi un instrument assez bizarre, comme on peut le voir dans une des curieuses photographies que nous
- 1 Voir VÉvolution de la matière, 16e édition (1908).
- 2 Mission Cliari-lac Tchad, 1902-1904. Récil du voyage de la mission, par Aug. Chevalier (Paris, 1908), p. 149.
- 3 Émile Gentil. La chute de l'empire de Rabah (Paris, 1902), p. 87.
- 4 Commandant Leni ant. La grande roule du Tchad (Paris, 1905), p. 186.
- p.19 - vue 23/647
-
-
-
- 20
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE DANS LES PAYS DU CHAR1-TCHAD
- devons à l’obligeance du commandant Moll; ils n’en tirent que des sons rauques, mais portant très loin (fig. 5).
- Les seuls instruments qui semblent particuliers aux Moundans sont les flageolets et les cornes d’antilopes. Le flageolet est fait d’un roseau d’une longueur de 60 centimètres et d’un diamètre de 5 ; il est percé de quatre trous sur le dessus. L’embouchure est formée par une simple encoche, et c’est avec les lèvres que l’on constitue le sifflet.
- Pour faire un instrument d’une corne d’antilope, les Moundans la percent d’un trou près de la pointe; ils fixent dans ce trou une petite calebasse ou une sphère de terre creuse et percée d’un trou extérieur. On souffle par l’ouverture de la corne en faisant sifflet en même temps que l’on ouvre ou que l’on ferme plus ou moins avec un doigt l’orifice de la calebasse. On en tire des sons vibrants et prolongés, qui, dit M. Brussaux, ressemblent un peu à des sons d’orgue. On garnit la corne d’ornements de métal et souvent on entoure l’embouchure de fer battu mince, dans le but d’aider la vibration.
- Les joueurs de trompe se réunissent pour former des orchestres qui vont de village en village, se louant pour les fêtes et vivant de ce métier. Les musiciens forment une caste à part. Le chef d’orchestre, toujours obéi, se tient au milieu de ses musiciens. Un flageolet joue un air que les joueurs de trompes accompagnent en tournant en cercle et en dansant.
- Quelquefois ils font des imitations de cloches.
- De deux orchestres qui parcourent le pays, il en est un qui est plus réputé.
- Les Lakas, qui occupent la région comprise entre 7° 50' et 10° de latitude Nord, sont une population très primitive, qu’entourent des peuples plus civilisés ; au Nord et à l’Ouest les Foulbés et les M’boums, au Nord-Est et à l’Est les Arabes et les Baguirmiens.
- Les Lakas aiment la musique. « Tous les soirs, écrivait M. le commandant Lenfant au retour de
- son voyage de 1905-19041, ils jouent sur des flûtes en bois ou en métal, et tirent des sons monotones, mais fort agréables, de hautbois graves et de trompes creusées dans les cornes des bœufs ou des cabris ». Les Lakas se font aussi des tam-tams sur lesquels
- ils frappent avec des baguettes munies de boules de caoutchouc.
- LesToubouris, peuple de race Laka qui habite au voisinage de la dépression à laquelle a été donné leur nom, imitent beaucoup les instruments des Moundans. Comme ceux-ci, ils se font des tubes avec de longues courges et des sifflets avec des cornes d’antilopes. Ils ont aussi des flageolets qu’ils fabriquent en tiges de mil.
- Les Bayas, qui vivent plus au Sud que les Lakas, entre le 7° et le 4° de latitude Nord, et qui sont l’une des populations les plus nombreuses du Congo français, ont eux aussi un goût musical prononcé. Leur musique est surtout une musique de danse. Le principal instrument est le tam-tam. Pendant que les danseurs tournent en cercle, un joueur de tambour chante une longue mélopée, et tout le monde continue la chanson en mesure; le mouvement s’accentue de plus en plus et les contorsions deviennent désordonnées. Il y a aussi des danses de guerre qui se font ' * _ „ également au son des tam-
- bours.
- On trouve chez les Bayas trois espèces de tam-tams. Le plus grand, appelé aussi tam-tam de guerre ou d’appel, est très primitif. Il est taillé dans un tronc d’arbre et parfois sculpté. Il a souvent des pieds taillés en plein bois et en haut deux poignées qui permettent de le transporter. On en joue avec 1 Commandant Lenfant, Ibid., p. 121.
- p.20 - vue 24/647
-
-
-
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE DANS LES PAYS DU CHARI-TCHAD
- 21
- deux mailloches en bois garnies de boules de caoutchouc. Ce tam-tam, comme nous l’apprend M.Brussaux, est déposé sous un abri à l’entrée de la case du chef. 11 sert dans les circonstances graves pour convoquer la population. Le son est sourd, mais s’entend à une grande distance, même à plusieurs kilomètres.
- Le second tam-tam est aussi creusé dans un tronc d’arbre, mais il finit en pointe d’un côté et, de l’autre, il est fermé par une peau d’anti- y lope tendue; le côté en pointe est ordinairement muni d’un pied qui permet de le faire tenir debout. On en joue en le frappant avec les mains. C’est le tam-tam qui sert pour les danses.
- Fig'. 3. — Moundan jouant d’une trompe faite avec une courge.
- de caoutchouc, que l’on tient de la main droite.
- Les Bayas ont aussi une curieuse harpe dont le son rappelle celui de la guitare. Elle se compose d’une très longue côte de palmier-bambou, dont on détache par le milieu d’étroites bandes d’écorce, qui restent adhérentes aux extrémités de la tige,
- ^ ___________' .. ...
- Fig. I. — Le grand tam-tam des Bayas.
- Enfin, un troisième tam-tam, introduit par les Foulbés, est le grand tambour arabe.
- Il est fait d’un cylindre de bois fermé par deux peaux et se porte à l’aide d’une courroie passée sur l’épaule gauche. On en joue des deux mains. La main droite est munie d’une baguette recourbée, terminée par une boule en bois ; de la gauche on maintient le tambour et on joue aussi avec les doigts.
- On porte de ces tam-tams devant les gens de qualité; ils ont droit à un, deux ou trois tam-tams selon leur puissance. On en envoie aussi au-devant des hôtes que l’on veut honorer.
- Comme le tam-tam, une sorte de cloche double, faite de deux cloches reliées ensemble par le sommet, est aussi un insigne de commandement. On tient l’instrument de la main gauche et on frappe alternativement sur l’une et sur l’autre avec un bâton terminé par une boule
- Fig. S. — Groupe de Moundans jouant avec des cornes d’antilope.
- et sont destinées à former les cordes. On les fait passer à différentes hauteurs sur les crans d’un chevalet
- p.21 - vue 25/647
-
-
-
- 22 - ..........' LE SALON DE L’AUTOMOBILE
- place perpendiculairement sur le milieu de la lige. Des cordelettes, glissant le long de cette tige, permettent de resserrer les cordes vibrantes pour les accorder. Une calebasse, coupée en deux, et fixée du côté opposé au chevalet, sert de caisse raisonnante. On tient l’instrument horizontalement, la calebasse appuyée contre la poitrine et on en joue des deux mains.
- Enfin les femmes et les enfants se font des es-
- pèces de castagnettes avec des fruits à écorce dure, vidés au préalable et attachés ensemble par une cordelette. On tient l’un des fruits dans la main, la corde passant entre l’index et le médius; en faisant tourner le poignet vivement, la boule libre vient frapper l’autre, lantôl d’un côté, tantôt de l’autre. Les femmes se livrent à ce jeu monotone pour accompagner les danses.
- Gustave Regelspekcee.
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE
- Discuté avant que de naître, voué à l’échec, suivant les uns, au triomphe, suivant les autres, le Salon de l’Automobile a ouvert ses portes le 29 novembre. llàtons-nous ici de constater, ce qui est un réconfort pour l’industrie nationale, qu’il n’est ni plus ni moins réussi que le précédent. Un peu moins de lumières, une affluence moins mêlée et
- plus avertie, plus intéressante sans doute pour les exposants; quelque uniformité dans les modèles; une tendance à rendre définitifs deux ou trois types de voitures exactement appropriés à leur usage; enfin, un élan général communiqué à l’industrie du moteur, tels sont les caractères essentiels de cette exposition, que nous allons rapidement passer en revue.
- Les types actuels. — L’automobilisme, disons-nous, tend dès maintenant vers l’uniformité des modèles. Cela implique la disparition d’un grand nombre de types de transition. L’an dernier, par exemple, avait vu une floraison exagérée de voitu-rettes; or, la voiturette recule aujourd’hui, devant la petite voiture. Ce qui distingue nettement ces deux genres, c’est le prix d’achat. La voiturette, coûtant de 3500 à 4000 fr., avec les pneumatiques et la carrosserie, n’était pas viable; l’expérience l’a prouvé. Son bon marché excessif, qui n’a satisfait ni l’acheteur ni le vendeur; des approximations mécaniques un peu osées dans la construction; les déboires qu’elles ont amenés à l’usage, tout a pré-
- paré le triomphe de la petite voiture. Celle-ci, plus robuste, plus lourde, plus chère, coûte de 4500 à 5500 fr., toute carrossée; elle est à deux ou quatre places ; son moteur, à un ou quatre cylindres, fait aisément le service de l’homme d’affaires, du voyageur de commerce, du médecin de campagne, avec une force de 8 à 12 chevaux.
- Immédiatement après, se présente le modèle, plus confortable, de la voiture de famille, fermée, à quatre places intérieures, qui, avec une puissance de 12 à 18 chev., convient à la ville et au tourisme.
- Enfin, pour le grand tourisme et le haut luxe, les voilures découvertes ou les limousines vastes et moelleuses se contentent aujourd’hui d'un moteur de 25 à 35 chev., en moyenne.
- Et c’est tout. Dans ces trois exemples peut se résumer, à très peu près, la construction automobile en 1908, en France et à l’élranger. On voit qu’il n’est plus question, ou guère, des grosses voitures de 50 chev. et davantage qui ont mis à la raison beaucoup de fortunes, même des plus imposantes. Quelques marques, dont la clientèle est particulièrement riche, en présentent encore, il est vrai, notamment les marques étrangères, mais le gros de l’armée n’est plus là.
- Petites voilures. -— Pour les petites voitures, jusqu’à 10 ou 12 chev., qui sont toutes à cardans, deux moteurs sont en présence, le monocylindre et le 4-cylindres. Le premier vise à l’économie d’achat, le second à l’élégance; l’un est, en général, plus bruyant, moins souple, moins cher, plus rustique; l’autre est plus facile, plus silencieux, plus discret et plus coûteux. Quant aux 2-cylindres, ils se font tout à fait rares, ce qui s’explique par leur mauvais équilibrage et toutes sortes de motifs, qui en ont fait un compromis provisoire et souvent mal venu, entre les types précédents.
- Parmi les modèles les plus sérieux, il faut citer la voiture légère Renault, à deux places, qui appartient à cette catégorie de véhicules éminemment
- Fig-. 1. — Six-cylindrcs l'mdiard.
- p.22 - vue 26/647
-
-
-
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE
- 23
- économiques el sûrs, que l’on a attendus en vain plusieurs années. Quant à la maison de Dion-Bouton, elle se présente, à son ordinaire, comme spécialiste du monocylindre. Son moteur 100-120 de l’an der-
- c’est la voilure de la bourgeoisie raisonnable, qui est venue à l’automobile dès que celle-ci a su approprier ses qualités aux goûts modestes et sérîeux de celte clientèle, espoir actuel de l’industrie. Les modèles
- Fi"'. 2.' — Moteur Knight et moteur De Dion.
- nier est devenu un 100-150 (100 mm d’alésage, 150 mm de course). C’est lui qui promène dans Paris ces taximètres jaunes, qui ont audacieusement adopté le tarif des fiacres hippomobiles ; il donne jusqu’à 12 chevaux et se montre d’une souplesse remarquable.
- Dans le même ordre d’idées, la maison Bayard-Clément, qui a mis l’une des premières en vente la voiture à bon marché, expose encore, cette année, un châssis des plus caractéristiques. Il est muni d’un moteur à 4 lindres, de 65-100, qui fait seulement 8 chevaux, ce qui est presque une limite inférieure pour un 4-cylindres.
- Voitures moyennes et grosses voitures. —Après la petite voiture, nous passons à la voiture moyenne qui permet déjà les carrosseries spacieuses et fermées. C’est ici le domaine incontesté des 4-cylindres ; ils font de 12 à 18 chevaux et conviennent au service de ville comme au tourisme pratique. En somme,
- de cette catégorie sont innombrables au Salon ; pas de stand qui n’ait le sien, chacun s’efforçant de lutter avec les concurrents, pour l’économie d’achat
- et d’entretien. Généralement, ces châssis sont à cardan, transmission plus silencieuse que les chaînes et suffisamment résistante pour de telles puissances. L’allumage à bougies y triomphe définitivement de la basse tension dont les rupteurs se déréglaient trop aisément, le carburateur est partout du type automatique; les cylindres sont le plus souvent fondus par paires, quelquefois d’un seul bloc.
- Au sommet de l’échelle, les voitures de luxe, dont la moitié est à chaînes, emploient des moteurs de 20 à 40 chevaux dont beaucoup sont des 6-cy-lindres, en général par groupes de deux. Ces moteurs qui se signalent par le silence, la douceur et la souplesse de leur marche, ont trouvé dans la voiture de luxe leur véritable place et ils l’ont conquise de haute
- Moteur Knight
- sans soupapes.
- A, arbre à excentriques. B, biellelte commandant, ie
- manchon extérieur. C, biellelte commandant le manchon intérieur. D, manchon extérieur. E, manchon intérieur. G, villebre-quin. J, distributeur de courant. L, ventilateur. N, collecteur d’échappement. O, tuyau de sortie d’eau. P, bougie. R. culasse. T, orifice d’entrée de gaz. W, piston.
- p.23 - vue 27/647
-
-
-
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE
- 24
- lutte. C’est ainsi que la maison Panhard et Levassor expose un châssis muni d’un moteur 6-cylindres de 50 chev., qui figure très exactement le modèle actuel de la voiture riche. Les 6-cylindres, quoique dis-
- Fig. 4. — Moteur Farcot.
- tincts, y sont accolés et forment un hloc unique d’un encombrement très réduit. Delaunay-Belleville également expose un des plus curieux modèles de 6-cylindres d’un seul hloc et donnant 10 chev. seulement.
- L'industrie étrangère. — Après cet examen rapide de la production nationale, il faut noter la
- Fig. 5. — Moteur Gobron-Brillé.
- valeur remarquable des modèles étrangers. La maison Siddeley-Wolseley, par exemple, s’efforce déjà de concurrencer chez nous les meilleures marques autochtones. Comme la plupart des maisons anglaises, elle a porté son effort sur la voiture de luxe
- à 6 cylindres, type qui s’est répandu plus vite en Angleterre qu’en France. Le modèle 20 chev., exposé au Salon, est un des plus intéressants, par la disposition d’ensemble, l’accessibilité des organes et la facilité de démontage du moteur. Ce châssis, essentiellement adapté au tourisme, prouve avec quelle rapidité l’industrie anglaise s’est assimilé l’essentiel de l’expérience acquise par nos constructeurs, tout en conservant ce goût inné du « confortable » qui est le signe distinctif de la race. Déjà, un moteur Siddeley-Wolseley a réussi à balancer le moteur marin de la maison Panhard-Levassor, aux régates de Monaco. L’importation en France des voitures anglaises s’est accrue sensiblement en 1908; nos constructeurs feront donc sagement, en allant voir de près des châssis tels que le précédent ; ils y ver-
- Fig. 6. — Moleur Gnome.
- ront qu’il est grand temps de s’armer pour une lutte qui sera rude, quoique cordiale.
- Le moteur Knight. — C’est au stand de la maison belge Minerva que se trouve exposé le véritable « clou » du Salon 1908, le moteur sans soupapes Knight, construit en France par la Société Panhard et Levassor. Et d’abord, quel intérêt y a-t-il à supprimer les soupapes actuellement employées par tous les constructeurs? C’est que, dans toute la construction automobile, il n'est pas de pièce qui ait donné lieu à plus de mécomptes. Soumis à un martelage extrêmement rapide, au contact des gaz d’échappement parfois acides, et toujours très chauds, les clapets sont dans des conditions particulièrement difficiles; aussi ils s’échauffent, travaillent, se défor--ment ou se brisent fréquemment. De plus, leur fonctionnement produit un bruit désagréable, qu’il est intéressant de supprimer, et la fatigue des ressorts de rappel, jointe à l’inertie des mises en mouvement, finit par influer défavorablement sur le régime des périodes d’admission et d’échappement,
- p.24 - vue 28/647
-
-
-
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE
- 25
- c'est-à-dire sur la marche même du moteur. Dans le moteur Knight, les deux opérations précédentes sont réalisées par le jeu de deux tiroirs-manchons, dont l’un contient l’autre et qui sont logés dans le cylindre; à l’intérieur du plus petit se meut le piston et tous les deu^ sont percés de lumières concordantes. Quand les deux lumières se font face, il y a admission ou échappement. L’opération est donc réglée mécaniquement comme dans la machine à vapeur; elle ne dépend plus du fonctionnement d’un ressort, c’est-à-dire de la vitesse de rotation. De plus, la disparition des soupapes a été complétée par celle des engrenages de distribution, qui sont ici remplacés par des chaînes. La seule difficulté
- Après avoir permis l’automobile rapide, ils s’efforcent de « sauver » les poids lourds. Espérons que ces derniers n’auront pas trop besoin d’auxiliaires aussi dispendieux et que des nombreuses suspensions élastiques, telles que celles de Houdaille, Granieri, etc., sortira, enfin, la suspension définitive, qui donnera au camion mécanique la place qu’il ambitionne légitimement.
- En attendant, Michelin, Vinet, etc., ont constitué des roues à deux ou trois pneumatiques, propres à porter de lourdes charges à des allures vives, sans que le châssis soit exposé à ces vibrations, qui rendent indisponible 50 pour 100 des autobus Parisiens. Les figures 9 et 10 reproduisent les oscillations enregistrées aux usines Michelin, lors du passage d’un même obstacle, par une roue munie d’un bandage plein et une autre à pneumatique. Il suffit d’un coup d’œil pour y lire la difficulté de la suspension dans le problème du poids lourd.
- Fig. 7. — Voiture Bayard-Clcmcnl.
- pratique qui aurait pu subsister, le graissage des manchons, a été résolue au delà des espérances, par suite d’effets imprévus de capillarité, qui assurent l’ascension de l’huile entre les manchons mobiles. Ainsi équipé, n’ayant ni clapet, ni ressorts, ni engrenages, le moteur Knight fonctionne sans produire aucun bruit extérieur sensible et son rendement est indépendant de la vitesse, puisque le remplissage des cylindres et leur vidange se font dans des conditions invariables (fig. 2 et 5).
- Si l’expérience lui reconnaît des qualités pratiques, le moteur Knight peut amener un renouvellement complet des méthodes d’alimentation actuelles des moteurs et rendre courantes des vitesses de rotation de 2500 tours, ce qui offre un intérêt capital pour l’avenir de l’aviation. En attendant, par le moteur sans soupapes et la transmission à cardan, la voiture automobile à pétrole peut lutter de silence avec les voitures électriques, dont c’était là, depuis longtemps, l’unique supériorité.
- Les pneumatiques. — Il n’y a malheureusement rien à dire des pneumatiques, sinon qu’ils continuent à être à la fois indispensables et fragiles.
- Fig. 8. — Voiture Renault frères.
- Les moteurs légers. — Ils sont nombreux au Salon de l’Automobile, et nous les reverrons encore à celui de l’Aéronautique. Mais on ne peut passer sous silence ceux qui ont attiré déjà la' curiosité générale.
- Tels sont les moteurs Gobron, Gnome et Farcof, tous trois d’un type différent.
- Le moteur Gobron, le plus récent, a les caractéristiques suivantes. Il pèse 150 kg et donne 80 chev.; l’alimentation est faite au moyen d’un carburateur ; le refroidissement est obtenu par l’eau, au moyen d’une turbine calée à l’extrémité de l’arbre; il exige environ 15 litres d’eau. La figure montre le dispositif en X des 8-cylindres, réparties par deux, dans quatre demi-plans rectangulaires. Deux magnétos, symétriques par rapport au plan vertical de
- p.25 - vue 29/647
-
-
-
- 26
- LA QUESTION DES LIGURES
- 'arbre, assurent l’allumage. Les cylindres sont du type Gobron, à deux pistons opposés et chambre d’explosion médiane.
- Le moteur Gnome est fondé sur un principe entièrement différent, qui rappelle celui du moteur Burlat, décrit ici même dans le compte rendu du Salon 1907. L’arbre est creux et fixe, les cylindres sont mobiles et l’hélice est calée sur le carter, qui tourne d’un bloc avec les cylindres, à raison de 1200 tours, il y a 7 cylindres pour 50chev. et 14 pour
- 1 U
- \n A
- i H jjvv J' /\ VV A-
- Fig. 9. — Diagramme Michelin (pneu).
- se fait à l’aide d’un renvoi par pignon d’angle qui actionne un arbre horizontal.
- Nous reviendrons, au moment du Salon de l’aéronautique, sur la théorie générale des moteurs légers. Notons seulement les efforts soutenus, qui sont faits pour refroidir par l’air seul la surface extérieure des chambres d’explosion.
- Tel est, en résumé, l’aspect du Salon de 1908. Il présente, outre les traits essentiels signalés plus haut, un intérêt particulier, par suite de l’effort qui
- Fig. 10. — Diagramme Michelin (plein).
- 100 chev. Les poids correspondants sont de 75 et 100 kg. Le refroidissement est ici confié à l’air seul (air-cooling) et les cylindres ont des ailettes. L’alimentation se fait à travers l’arbre creux et le graissage s’opère par la force centrifuge. Tout l’ensemble, moteur, carter, arbre est en acier nickel.
- Enfin, le moteur Farcot, à 8 cylindres répartis par 4 en étoile dans deux plans horizontaux superposés, constitue une troisième solution du moteur léger. Le refroidissement est ici réalisé par un ventilateur à axe vertical et la commande des hélices
- est fait, dès maintenant, pour empêcher le Salon de 1909 d’avoir lieu. La raison principale, mise en avant, par les promoteurs de cette idée, est pénurie de nouveautés réelles en automobilisme. Ce point est indiscutable, ainsi qu’on vient de le voir. Hormis le moteur Knight, qui ne justifie pas un Salon à lui seul, convenons que les frais d’exposition grèvent inutilement le budget des constructeurs, qui n’ont plus personne à convaincre aujourd’hui. L’automobile a triomphé, comme la machine à vapeur, or il n’y a pas de Salon pour les locomotives.
- Etienne Taris.
- LA QUESTION DES LIGURES
- On sait depuis longtemps que les Celtes ou Gaulois ne sont pas les premiers habitants historiquement connus de notre pays. Ils y sont venus par invasion vers le vie siècle avant notre ère. S’il existe encore aujourd’hui bien des incertitudes sur leur type physique, sur leur origine géographique, sur leurs mœurs, on a pu du moins se convaincre que leur langage les rattache à ce grand groupe de familles linguistiques, comprenant les dialectes grecs, latins, germaniques, slaves, indo-iraniens, que l’on appelle le groupe indo-européen ou aussi, mais moins heureusement croyons-nous, aryen. Le territoire de la Gaule était peuplé lorsqu’ils en prirent à peu près totalement possession. Qu’étaient ces habitants, nous ne disons pas primitifs, mais antérieurs aux Celtes, que par la voix de ses écrivains (Strabon, Hécalée de Milet, Avienus, etc.)
- l’antiquité désignait sous le nom de Ligures? La question a été souvent débattue : M. Jullian qui ne pouvait manquer de la rencontrer au cours de sa magistrale Histoire de la Gaule l, en propose à son tour — avec beaucoup de prudence — une solution.
- « D’un livre à l’autre, écrit M. Jullian à leur propos, on se heurte à des conclusions absolues et opposées, sans qu’on sache le motif qui rend les assertions si fortes. Berbères, Egyptiens, Gaulois, Basques et Ibères, Mongols, tous les noms de peuples et de races ont été prononcés pour créer une parenté aux Ligures. — Ils représentent,
- 1 Camille Jullian. Histoire de la Gaule. I. Les invasions gauloises et la colonisation grecque, Paris, Hachette, 1908, in-8° [Les Ligures, p. 110-193 et passim dans le reste du livre, notamment pp. 229, 233, 239, 242-248, 262).
- p.26 - vue 30/647
-
-
-
- LA QUESTION DES LIGURES
- disent les uns, les populalions non aryennes de l’Occident, antérieures et étrangères aux grands courants d’hommes que déversa plus tard sur lui la race indo-européenne; et c’étaient, ajoute quelqu’un [M. Sergi, dans ses travaux célèbres sur la Race méditerranéenne\ des débris de hordes venues de l’Afrique, et filles d’une (brie race qui aurait jadis revendiqué pour elles toutes les terres de la Méditerranée. »
- M. Jullian tend très nettement vers une hypothèse diamétralement opposée : pour lui, il paraît probable « que la plupart des Ligures furent des Aryens au môme titre que la plupart des nouveaux venus, qu’ils différaient à peine de leurs envahisseurs, et que ceux de la Gaule n’étaient que des Indo-Européens des premiers bans, et, pour ainsi dire, des Celtes d’avant le nom celtique. »
- Le fondement central de celte théorie est la langue des Ligures, langue qui réalisa, semble-t-il bien, une unité linguistique momentanée sur tout l’Occident. Si en débris que nous soit parvenu le vocabulaire ligure, si discutables que soient beaucoup de ces débris, si hasardeuses que soient des conjectures appuyées sur des faits de vocabulaire et non de phonétique, il semble en effet (pie la langue ou les dialectes ligures soient rapprochablcs de ce groupe indo-européen défini sommairement plus haut. Par exemple (qu’on excuse ces détails, nécessaires pour faire toucher le concret de la méthode) si le mol Dive ou Divonne, fréquemment appliqué aux sources, est, comme il semble, ligure, et qu’il signifie sainte ou divine, il représente dans la langue ligure un radical div, qui est des plus répandus et des plus généraux parmi les langues indo-européennes; on pourrait dire quelque chose d’analogue à propos de la syllabe berg — qui désigne les montagnes ou lieux élevés, des noms de cours d’eau tels que Rhodanus (le Rhône) qui, s’il signifie « courant », paraît proxime de radicaux lithuaniens, irlandais ou bretons. — Sans doute, il semblera que ce sont là de bien petits faits pour tabler de grandes hypothèses, mais la moindre habitude des travaux de linguistique ou, dans un autre ordre, d’anatomie comparée ou de biologie, montre qu’un tel reproche n’est pas un argument contre une doctrine : la très importante théorie de la mutation, qui fait en ce moment fortune dans les sciences biologiques, n’a pas eu, entre les mains de ses fondateurs, de plus éminents antécédents. D’ailleurs, pas plus que M. Jullian, je ne me fais illusion sur la valeur de ces faits et sur les indications qu’on en tire : il faut dire simplement, avec l’auteur de l'Histoire de la Gaule : « l’origine indo-européenne de cette langue est la moins invraisemblable des conjectures qu’elle a suggérées » — et ajouter avec lui : « ce n’est toujours qu’une conjecture ». Et l’essentiel, quand il s’agit d’une théorie ou d’une conjecture, ce n’est pas tant après tout de savoir si elle est vraie, mais, comme l’a dit Duclaux, si elle est féconde, si elle permet de comprendre des faits jusqu’alors incompris. Celle de M. Jullian présente ce caractère : elle lui permet par exemple d’envisager assez clairement le fameux problème basque, si compliqué.
- Mais ces Ligures, ainsi supposés Indo-Européens, d’où venaient-ils, géographiquement? Ici encore, la solution proposée — hypothétiquement — par M. Jullian est originale et féconde1. On ne connaît aucune tradition ligure
- 1 C. Julma.v, p. 131. Le fait me semble étonnant : les Ligures seraient donc une exception unique à un fait uni-
- 27
- à cet égard, et d’ailleurs les Ligures semblent n’avoir pas eu de traditions d’aucune espèce. Mais l’étude de leurs mœurs permet quelques suggestions : on voit -en effet que, contrairement à leurs successeurs les Celtes, la vie maritime a toujours joué un rôle prépondérant dans leur civilisation ; ils cherchaient les aventures lointaines par des voies presque uniquement maritimes; leur religion môme « encadrait la terre » et déroulait ses plus grandes scènes sur les eaux marines, ou tout au moins sur les îles qui bordent Ja côte occidentale de notre pays : on connaissait dans l’antiquité classique leur célèbre confrérie de femmes de l’îie des Bacchantes, située en l'ace de l’embouchure de la Loire, et les fameuses prophé-tesscs de l’îie de Sein, et des faits analogues, qui paraissent bien raltachables aux Ligures, s’observaient le long des côtes de l’Espagne et de l’Italie; l’Armorique était la terre de leurs morts, une sorte de vaste cimetière, commun à tous leurs hommes, jusqu’aux plus éloignés, qui, suivant une coutume dont l’ethnographie actuelle n’est pas sans exemple, y faisaient sans doute transporter leur corps au cours de longues journées de voyage, de sorte qu’il y a peut-être eu, le long des côtes du Morbihan, un centre à la fois religieux et politique de la vie ligure ; il y a aussi cette sorte de renaissance artistique qui coïncide, semble-t-il, en Occident, avec l’arrivée des Ligures, et qui s’est manifestée par la création d’une architecture grandiose et frustre, équivalent barbare, reflet sauvage, (les colossales constructions de l’Europe orientale. Que l’on groupe à l’entour de ces petits faits épars d’autres indices, comme par exemple l’existence de rapports commerciaux anciens entre cette région armoricaine et l’Europe du Nord, et bien d’autres mentionnés en passant par M. Jullian, et l’on pourra comprendre que cet auteur tende à voir dans les Ligures des hommes venus des mers du Nord, des conquérants marins, et qu’il pense à chercher leur patrie première vers ces bassins de la Baltique et de la mer du Nord, d’où l’Europe du Sud a vu plus d’une fois venir ses ennemis barbares.
- Pareillement, M. Jullian assigne d’une façon très résolue, et cette fois avec un riche faisceau de preuves, les (daines les plus basses de l’Allemagne septentrionale, les îles et la presqu’île danoises, la Frise et le Jutland en résumé, comme « les terres et les rivages qui furent la plus antique patrie des Celtes », et il s’appuie pour le faire sur les traditions des Celtes eux-mêmes, qui avaient conservé le souvenir de ces raz de marée dont l’existence a été notée par les géologues actuels du Schleswig-Holstein.
- Ainsi s’ébauche une espèce de théorie d’ensemble, relative aux invasions subies par le Sud-Ouest de l’Europe : par v trois grandes vagues successives, elles se seraient faites de façon analogue, du moins quant aux points de départ et de direction : des hommes du Nord, les Ligures, seraient d’abord descendus, aux temps obscurs de la préhistoire, puis dans le même sens, mais par voie de terre, les Celtes au moment où celle-ci se mêle à l’histoire, et enfin, en pleine histoire cette fois, les Northmans, marins comme les Ligures. Aurait-on le droit encore, comme M. Jullian en aperçoit la possibilité toute hypothétique, d’élargir ce tableau et de voir dans ces mêmes bassins de la Baltique l’origine première de la langue indo-européenne?... Marcel Blot.
- versel : un peuple sans traditions ! 11 faut dire sans doute que nous ne les connaissons pas.
- p.27 - vue 31/647
-
-
-
- LA PRESSION DE RADIATION ET LA QUEUE DES COMÈTES
- Les théories newtoniennes de la gravitation universelle, que personne n’ignore aujourd’hui, nous enseignent que le soleil exerce sur les diverses masses de son cortège planétaire, une puissante action attractive. On sait moins sans doute, et la chose peut paraître même surprenante, qu’à cette attraction se superpose en même temps une action répulsive. Le fait est prouvé cependant aujourd’hui, il permet même d’expliquer certaines particularités intéressantes relatives aux comètes.
- Cette répulsion est due à la lumière qu’émet le globe solaire : la lumière, suivant les théories modernes, se propage par des ondulations de l’éther, ce milieu parfaitement élastique dont les physiciens ont rempli le vide des immenses espaces interplanétaires, comme celui des infimes interstices moléculaires. Les rides concentriques que provoque, dans une mare tranquille, la chute d’un caillou donnent une image approximative de ce que produit la lumière dans l’éther; les ondes de l’éther, comme les rides de l’eau, sont le siège d’une énergie qui se transmet de proche en proche. On conçoit que si, sur le passage des ondes, on interpose un obstacle, il sera soumis à une pression équivalente à l’énergie, emmagasinée dans l’éther avec lequel il se trouve mis en contact. Cette pression est la pression de radiation ; c’est à elle qu’est due la répulsion dont nous parlions plus haut.
- Révélée d’abord par le calcul, l’existence de celte force a été mise en évidence par des expériences extrêmement délicates, faites par un physicien russe, Lebedew. La valeur de la pression de radiation due aux rayons solaires est très faible; même sous les tropiques, elle ne dépasse pas un demi-kilogramme par kilomètre carré :
- chiffre absolument négligeable à côté de l’attraction solaire.
- Mais, il faut noter que la pression de radiation est proportionnelle à la surface exposée aux rayons lumineux : l’attraction solaire, elle, est proportionnelle à la masse des corps attirés. Si nous supposions notre globe terrestre réduit en une fine poussière étalée dans un plan perpendiculaire aux rayons solaires, l’action répulsive pourrait alors l’emporter sur l’attraction. C’est précisément par ce phénomène que les astronomes actuels expliquent la queue des comètes : mystérieuse traînée gazeuse qui semble toujours fuir le soleil. Les particules ténues qui constituent l’enveloppe du noyau de la comète sont repoussées par la pression de radiation, elles viennent se grouper en arrière du noyau, où elles forment cette longue chevelure d’or qu’ont chantée les poètes.
- Cette théorie ne saurait être mieux illustrée que par l’exemple de la comète Morehouse dont M. Touchet, dans notre dernier numéro, a si bien décrit les curieuses métamorphoses. Mais comment expliquer les singuliers ondoiements de cet immense panache de plusieurs milliers de kilomètres, que montrent nettement les photographies qui illustrent l’article ? La pression de radiation ne paraît pas pouvoir y suffire, à elle seule.
- Signalons encore la très remarquable observation que vient de faire M. Deslandres : il a constaté, dans la queue de la comète Morehouse, l’existence de différences considérables de vitesses dans le sens de la ligne allant de l’astre à l’observateur, ce qui impliquerait l’existence de deux matières s’éloignant du soleil avec des vitesses différentes. A. T.
- UNE TURBINE A VAPEUR DE 12 000 CHEVAUX
- Une turbine à vapeur de l’énorme puissance de 12 000 chevaux, et susceptible de fournir 14200
- tinées à une installation de force motrice de Buenos-Aires. Cette machine gigantesque fonctionne
- HP pendant un intervalle de deux heures, vient d’être construite pqr M. Franco Tosi à Legnano. C’est la première d’une série de trois turbines, des-
- avec de la vapeur de 12 atm. surchauffée à 500 degrés; elle est reliée tà un condenseur de surface.
- p.28 - vue 32/647
-
-
-
- TURBINE A VAPEUR : ............——== 29
- La turbine, tournant à la vitesse de 750 tours, est reliée à un alternateur produisant du courant triphasé à 12 000 volts, 25 périodes. Une excitatrice à 220 volts est également montée sur l’arbre de la turbine. Le poids total de la turbine, y compris le
- sion; il est relié à l’arbre de l’alternateur par un manchon permettant de petits déplacements. Aux deux points de sortie du cylindre, on a disposé des étoupages à labyrinthe.
- A l’extrémité haute-tension de la turbine est ap-
- Fig. 2. — Alternateur et condenseur, vu de côté.
- condensateur et l’alternateur, est de 575 000 kg. Cette machine est du type bien connu de la turbine Parsons, elle est munie d’un compensateur Fullagar à basse pression. Elle se compose de la partie fixe (le cylindre), portant les aubes distributrices, et de la partie mobile (l’arbre), sur laquelle sont montées les roues exposées au choc de la vapeur arrivant des aubes distributrices.
- Le cylindre, fait en fonte spéciale, a un poids total de 50 000 kg. 11 se compose de deux parties horizontales, chacune d’entre elles est à son tour subdivisée en deux pièces, dont la plus lourde pèse 19200 kg.
- L’arbre de la turbine est fait en acier forgé. Un système de soupapes fixées latéralement au cylindre comporte la soupape de prise de vapeur, actionnée à la main, et la soupape d’admission à étranglement de vapeur, commandée par un servo-moteur qui règle la quantité de vapeur admise dans la turbine.
- L’arbre de la turbine repose sur deux paliers sphériques dont la lubrification se fait sous pres-
- pliquée une vis sans fin, transmettant son mouvement par l’intermédiaire d’un engrenage, à deux arbres verticaux, tournant à la vitesse de 175 tours1 chacun de ces arbres est pourvu d’une pompe rotative aspirant l’huile d’un réservoir situé à l’une des extrémités du cylindre, pour la comprimer à la pression de 1,5 atm.
- Les deux pompes fonctionnent en parallèle, et lancent l’huile dans un tube unique, d’où elle sort à travers un refroidisseur pour parvenir aux paliers de la turbine. L’un de ces arbres verticaux, tournant à la vitesse de 175 tours, porte le régulateur de vitesse qui actionne le distributeur du servo-moteur et le régulateur de sûreté, celui-ci agit sur la fermeture de la soupape de prise, qu’il actionne instantanément, aussitôt que la vitesse excède de 15 pour 100 la valeur normale.
- Cette gigantesque turbine est aujourd’hui la plus puissante machine du type existant dans le monde entier.
- Dl Alfred Guadenwitz.
- p.29 - vue 33/647
-
-
-
- 30 —~........... '-----
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance publique annuelle du 7 décembre 1908. — Présidence de M. Bouchard.
- M. le Président ouvre la séance par un discours dans lequel il adresse un suprême hommage aux diverses personnalités de l’Institut disparues dans l’année écoulée depuis la dernière séance publique : MM. Becquerel, de Lapparent, Janssen, Giard, Mascarl, Dille, Pérou, Fliclie. Puis il ajoute :
- « Vous trouverez bon, je pense, que je ramène votre esprit vers cet autre grand physicien que fut lord Kelvin, noire associé. Je devrais, si j’étais prudent, me borner à cette indication. Nul n’a exercé, dans le cours du xixe siècle, une plus grande influence sur la marche des idées et sur la façon de concevoir les phénomènes naturels. Mais son autorité il la puisait dans la puissance de ses conceptions, dans la profondeur, dans la pénétration, dans la rigueur de ses opérations intellectuelles. Il n’obligeait pas la matière à se transformer ou à manifester son énergie sous ses yeux. Son cerveau était le creuset où s’opéraient les transmutations. 11 avait son petit calepin qui l’accompagnait partout et où l’idée s’inscrivait sans cesse; et l’idée, paraît-il, était toujours claire et la méthode impeccable. L’analyse et le raisonnement étaient ses moyens d’action, ce qui ne l’empêchait pas de faire des découvertes dans le domaine du monde physique. Mais ses découvertes étaient d’ordre mathématique ».
- Voici par exemple une de ses vues :
- « Si la Terre était liquide en majeure partie, cette portion liquide devrait obéir aux lois des marées, et ce n’est pas une croûte de 100 km d’épaisseur qui pourrait s’y opposer; cette croûte serait régulièrement brisée chaque jour. Parlant des données relatives au phénomène des marées, il arrive à celte conclusion que la rigidité de la Terre dans son ensemble est comprise entre celle du verre et celle de l’acier et que, en tout ou en grande partie, la Terre est solide.
- « Par d’autres calculs basés sur les variations de la température du sol avec la profondeur, il nous dit l’âge de la Terre : elle a au moins vingt millions et au plus quarante millions d’années.
- « Par d’autres calculs encore, il nous dit pendant combien de temps déjà le Soleil a éclairé la Terre : il y a au moins cent millions d’années et pas plus de cinq cents millions. »
- Lecture est ensuite donnée des prix décernés en 1908.
- Géométrie. — Grand prix des sciences mathématiques : Partagé entre M. Luigi Bianchi, de l’Université de Pise, et C. Guichard, correspondant. — Prix Francœur : M. Emile Lemoine. — Prix Poncelet : M. Frcdholm.
- Mécanique. — Prix Montyon : M. E. Lebert, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Navigation. — Prix extraordinaire de la marine : Partagé entre M. Laubeuf pour sa participation à la création des submersibles; M. Louis Dunoycr pour ses recherches sur les moyens d’augmenter l’efficacité du compas sur les navires; M. Dautriche pour scs recherches relatives à l’influence des sels alcalins sur le degré d’explosivité des matières explosibles. — Prix Plumey : Partagé entre M. Godron; M. Marchis; MM. Forlanl et Le Besnerais.
- Astronomie. —Prix Lalande : Partagé entre M. W.-L. Elkin, directeur de l’Observatoire de Yale Universily, et M. F.-L. Chase, astronome au même Observatoire; une mention est accordée à M. M.-F. Smith, du même établissement, pour leurs travaux relatifs à la détermination de nombreuses parallaxes stellaires. — Prix Valz : M. Michel Luizel, pour ses travaux relatifs aux étoiles variables. — Prix Janssen : Médaille d’or décernée à M. Pierre Puiseux.
- Géographie. — Prix Gay (1500'') : Partagé entre M. Louis Gentil, de l’IJnivèrsité de Paris; M. Prosper Larras, chef d’escadron d’artillerie ; MM. Abel Larras, lieutenant de vaisseau, et Marcel Traub, enseigne. — Prix Tchihatchcf : M. le lieutenant-colonel Bernard, pour la délimitation de la frontière franco-siamoise. — Prix Binoux : Partagé entre M. Paul llelbronner, pour sa description géométrique des Hautes-Alpes françaises; M. le I)1' Jules Richard, pour ses travaux et son Livre sur l’Océanographie. — Deux mentions attribuées, l’une à M. Mazeran pour son Atlas du fleuve du Sénégal, l’autre à M. René Bossière pour ses Notices sur les îles Kerguelen. — Prix Delalande-Guérineau ('1000r,j : M. Auguste Chevalier, pour ses travaux d’exploration de l’Afrique tropicale.
- Physique. — Prix Hébert : M. André Blondel, pour ses recherches sur les conditions et l’emploi de l’arc électrique. — Prix Hughes : M. Marcel Brillouin, pour son ouvrage intitulé : Leçons sur la viscosité des liquides et des gaz.
- Chimie. — Prix Jecker : M. Ph. Barbier, professeur à la Faculté des Sciences de Lyon. — Prix Cahours : Partagé entre MM. Gain et Pierre Carré. — Prix Montyon (Arts insalubres) : M. A. Frois, pour ses recherches relatives aux poussières industrielles; M. Georges Claude, pour ses travaux relatifs à l’étude et aux applications pratiques des méthodes propres à absorber ou liquéfier les gaz. — Prix Berthelot : M. Fosse. — Prix Fonlannes (2000f,j : M. Pervinquière, de l’Université de Paris, pour son ouvrage intitulé : Éludes géologiques sur la Tunisie centrale. — Prix Bordin : Partagé entre M. F. Priem, du lycée Henri IV, et M. Leriche, de la Faculté des Sciences de Lille, pour leurs éludes sur les poissons fossiles du bassin parisien.
- Botanique. — Prix Desmazières : Mentions honorables à M. Paul Hariot, pour son ouvrage sur les Urédinées et à M110 Marguerite Belèze, pour l’ensemble de ses travaux botaniques. — Prix Montagne : M. Ernest Pinoy, pour ses Études sur les Myxomycètes. — Prix de Coincy : M. Paul Guérin, pour ses Travaux sur les Diptérocarpées.
- Anatomie et zoologie. — Prix Savigny : M. Pierre Lesne, pour ses travaux sur les Coléoptères et sur la faune de l’Afrique septentrionale. — Prix Thore : M. Jules Bourgeois, auteur de nombreux travaux sur les Chrysoméliens du groupe des Malacodermes.
- Médecine et chirurgie. — Prix Montyon : Partagé entre M. Albert Frouin, pour une série d’études sur la sécrétion intestinale; M. Jules Tissot, pour un travail intitulé : Élude expérimentale de l'anesthésie chloroformique. Recherche des causes des accidents provoqués par le chloroforme et des moyens de les éviter ; MM. Carré
- p.30 - vue 34/647
-
-
-
- : SERPENT ÉCORCHÉ VIVANT
- 31
- ri Val lé, pour leurs travaux sur l’Anémie pernicieuse du elicval. — Trois mentions à : M. J. Rennes, vétérinaire militaire, pour ses recherches sur une maladie à trypanosomes des Equidés de l’Afrique du Nord ; M. Maurice (hevassu, prosecteur à la Faculté de Médecine de Paris; à M. J. Joly, pour ses recherches sur la formation des globules rouges des mammifères. — Citations pour leurs ouvrages : M. Georges Rosenthal, sur l’aérohation des microbes; M. Adrien Lippmann, sur le microbisme biliaire normal et pathologique; M.Soubies, sur la physiologie de l’aéronaute. — Prix Barbier : MM. Maurice Piettre et A. Vila, pour leurs travaux sur l’oxyhémoglobine et son dérivé pigmentaire, l’hémaline. — Une mention à M. Charles Blarez, pour son ouvrage intitulé : L'urine au point de vue chimique et médical. — Prix Bréant : non décerné, mais un prix est attribué à M. Vincent, professeur au Val-de-Grâce, pour l’ensemble de ses travaux sur le tétanos et à M. P. Remlinger, qui dirige l’Institut antirabique de Constantinople, pour une série de recherches sur la rage. — Prix Godard (1000fr) : MM. Henri Lamy et André Mayer, pour leurs études sur le mécanisme de la sécrétion urinaire. — Mention à M. Chiray, pour un travail intitulé : Des effets produits sur l'organisme par l'introduction de quelques albumines hétérogènes. — Prix du baron Larrey : M. Bonnette, médecin-major, auteur’un travail intitulé : Dangers des tirs à blanc; effets dynamiques et vulnérants des cartouches à fausse balte. — Prix llellion : M. J. Basset, pour son travail sur l’Anatomie pathologique de l’ostéomalacie spontanée et expérimentale. — Mention à : M. J. Alquier, pour son ouvrage intitulé : Les aliments de l'homme. — Prix Serres (7500fr) : M. Albert Brachet, de l’Université de Bruxelles.
- Physiologie. — PrixMontyon : Partagé entre M. J. Sellier, pour ses travaux relatifs à la physiologie expérimentale; M. Henri Poitevin, pour ses recherches sur la question des ferments solubles; MM. F.-X. Lesbre et F. Mai-gnon, pour un travail intitulé : Contribidion à la physiologie du pneumogastrique et du spinal. — Prix Philipeaux : M. G. Lafon, pour ses recherches expérimentales sur le diabète et la glycogénie. — Prix Lallemand : M. G. Pagano, professeur à l’Université de Païenne, pour l’ensemble de scs recherches sur le système nerveux. — Prix Martin-Damourette : M. Eugène Colin, pour scs travaux de matière médicale. — Prix Pourat : M. Jules Lefèvre, du lycée du Havre.
- Statistique. — PrixMontyon : Partagé entre MM. Deni-kcr, Felhoen, René Hisser, H. Laurent.
- Prix généraux : Médailles Berlhelot : M. Barbier; MM. Gain, Pierre Carré; MM. Frois, George Claude. — Prix Trémont : M. Charles Frémont. — Prix Gegner : M. J.-II. Fabre. — Prix Lannelongue : Arrérages répartis
- entre M'"08 Béclard, Rück, Cusco, de Nabias. — Pi'ix Wilde : M. Tikholf, astronome à l’Ohseuvatoire de Saint-Pétersbourg; M. Charles Nordmann, à l’Observatoire de Paris, pour leurs recherches sur la dispersion de la lumière. — Prix Saintour : Partagé entre M. Paul Haubert, assistant au Muséum d’histoire naturelle, pour ses recherches expérimentales sur des questions de cristallo-genêse et sur la coloration artificielle des cristaux en voie d’accroissement; M. Emile Rivière, pour l’ensemble de ses travaux d’anthropologie et de paléontologie. — Prix Jérôme Ponli : M. Louis Bedel, pour ses ouvrages en cours de publication intitulés : La faune des Coléoptères du bassin de Paris et La faune des Coléoptères du nord de l'Afrique; M. Adrien Dollfus, pour ses x’echerches zoologiques. — Pi’ix Houllevigue (5000fr) : Partagé entre M. Debierne, chef de travaux à la Sorbonne, pour ses recherches sur les corps radioactifs; M. Petot, de la Faculté des Sciences de Lille, pour ses leçons sur les voitures automobiles; M. Fabry, de la Faculté des Sciences de Montpellier, pour ses recherches sur la théorie générale des fonctions. — Prix Estrade-Delcros : M. Jacques Hadamard. — Prix Laplace : M. Lancrenon. —Prix Félix Rivot (2500") : M. Lancrenon ; MM. Chavanes et Blanchet entrés les deux premiers.
- L’Académie a réparti 25 000 francs entre M. Blaring-hem, A. Blilard, Estanave, Fabry et Buisson, Gonessiat, Loisel, Dongier, Ferol, Matignan et Colin.
- Puis M. le Secrétaire perpétuel Van Tieghem lit une notice historique sur Pierre Ducharlre. Né en 1811 à Portiragnes, près de Béziers. D’abord professeur dans une institution privée à Monsenpron (Lot-et-Garonne), il ne passe l’examen de licence ès sciences naturelles qu’à l’âge de 28 ans, mais 2 ans après, en 1841, il conquiert le titre de docteur. Il arrive à Paris en 1845 et prend une part active à la rédaction de diverses publications scientifiques. En 1849, il devient professeur à l’Institut agronomique de Versailles supprimé en 1852. L’année suivante, il supplée de Jussieu dans sa chaire de la Sorbonne supprimée en 1854. Il devient ensuite directeur du Journal d’Horticulture et entre à l’Académie des sciences en 1855 après une élection qui occasionna une lutte ardente, car le compétiteur de Duchartre n’était autre que Pasteur. Enfin, il devint professeur à la Faculté des sciences de Paris. M. le Président juge en ces termes les travaux de Duchartre. « Pour en apprécier équitablement la valeur, il est nécessaire de les replacer à la date où ils ont paru. On voit bien alors que chacun d’eux a réalisé sur l’état antérieur un progrès plus ou moins marqué, dépassé bientôt, quelquefois même effacé par les recherches ultérieures, mais tout de même échelon nécessaire à la marche ascensionnelle de nos connaissances. » Ch. de Villedeuil.
- SERPENT ECORCHE VIVANT
- Les exigences de l’industrie moderne sont parfois cruelles, bien que l’on puisse dire à sa décharge que la mode, et sa sœur mineure, la vogue, prennent leur grosse part de responsabilité dans ces cruautés. Si des milliers d’oiseaux au brillant plumage sont mis à mort chaque année, si les bergers de Perse et de Turkestan torturent les jeunes agneaux pour faire boucler leur laine, avant de les
- immoler, ne sonl-ce pas là autant d’holocaustes offerts à notre désir de parure?
- Dans le cas qui nous occupe ici, il n’apparaît pas d’ailleurs que la coquetterie féminine monopolise l’usage des peaux de serpents. Cette matière ne sert pas exclusivement à fabriquer des ceintures ; on l’emploie pour mille autres objets de maroquinerie (porte-monnaie, sacoches, etc.). La cordonnerie elle
- p.31 - vue 35/647
-
-
-
- 32
- SERPENT ECORCHE VIVANT
- mort, et que sa peau se détériore fatalement au cours de l’opération. Au contraire, le dépeçage, comme le lecteur va pouvoir en juger, est singulièrement facilité s’il est exécuté sur un animal vivant. Que le procédé soit inhumain, barbare, féroce, cela n’est que trop certain. Mais allez donc prêcher la douceur et le sentimentalisme à des chasseurs de serpents! L’espèce la plus recherchée est un boïné spécial aux îles Indo-Malaises, proche parent du boa d’Amérique, et dont la longueur dépasse parfois G mètres. Celui que montrent nos instantanés avait 4 m. 50 environ. Voici
- quelles furent les phases de son supplice.
- En le recevant du chasseur venait de le livrer en
- aussi l’a utilisée avec succès.
- Nous devons croire que l’olfre est inférieure à la demande, et que la chasse aux peaux de serpents est une industrie florissante, puisqu’un groupe de capitalistes hollandais et américains a constitué à Batavia une société au capital de 100000 florins (le florin = 2 fr. 08), pour l’exploitation des peaux de reptiles dans les Indes Néerlandaises. Elle a nom The Java Reptile Skin C°. Les curieuses photographies reproduites sur ces pages ont été prises précisément dans l’un des comptoirs ou factoreries que cette Société a créés sur de nombreux points de Java et de Sumatra. Ses méthodes de travail sont variées. Elle n’achète qu’à bas prix les serpents morts, les payant, selon leur longueur, de deux sous à cinq sous, tandis qu’un reptile vivant peut valoir jusqu’à 5 francs. La différence de traitement est amplement justifiée par ce fait qu’il est très difficile de dépouiller un serpent
- qui
- échange d’uneprimemodique (environ 5 francs), un employé du comptoir le saisit adroitement, une main serrée à son cou, l’autre maintenant la queue. L’instantané (fig. 1)
- 1. Le serpent main tenu. - 2. Le cou du serpent entaillé. 5 et i. Comment on dépouille un serpent.
- 5. Après avoir été dépouillé le serpent vit encore.
- témoigne des efforts musculaires accomplis parle robuste reptile pour se libérer de l’étreinte. Mais, déjà, le voici sur le lieu de l’exécution. L’indigène (fig. 2) l’a attaché par le cou au tronc d’un palmier, tandis qu’un assistant le tient par la queue. De la pointe d’un couteau manié d’un geste sûr et rapide, l’homme trace un sillon autour du cou, dégage assez de peau pour s’assurer une prise, et, tirant de toutes ses forces, bien que sans saccades, tandis que son compagnon maintient le corps rigide (fig. .3), ramène la peau sur elle-même, comme on ferait d’un gant.
- La photographie suivante nous montre l’opération presque terminée. Et la dernière nous fait assister à la phase la plus impressionnante, la plus navrante : la peau vide gît à terre, et le malheureux boa, écorché tout vivant, tord ses anneaux le long du palmier. 11 n’expirera qu’après cinq quarts d’heure de cette effroyable agonie....
- Les annales de l’industrie offrent, heureusement, peu de tragédies aussi atroces. V. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- p.32 - vue 36/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1856.
- LA CONSTRUCTION DES AEROPLANES
- 19 DÉCEMBRE 1908.
- Une nouvelle industrie, la construction des aéroplanes, vient de naître en France, et les exploits des Santos-Dumont, des Farman, des Delagrange et des Wright, en appelant l’attention publique sur l’aviation, en ont favorisé l’essor. Si bien qu’on compte aujourd’hui quelques hangars spécialement aménagés dans ce but, sous les murs mêmes de Paris.
- Nous allons visiter le plus important d’entre eux, celui des frères Voisin, situé à Billancourt et capable de livrer quatre machines volantes par mois. Dans le hall principal de cette fabrique originale, on voit alignés, çà et là, les divers organes des aéroplanes
- outils de menuisier ou de serrurier suffisent à F « aéroplanier ».
- L’aéroplane, gigantesque oiseau, se compose d’un corps, le fuselage, auquel viennent s’adapter deux ailes. Pour fabriquer la charpente des fuseaux, on prend du frêne pour les longerons, du frêne ou du peuplier pour les montants. On découpe les longerons dans des plateaux de bois très sec, longs de 10 m. environ et choisis de manière que les fibres aillent d’un bout à l’autre de la pièce, afin que celle-ci présente la résistance maxima pour une section donnée; on les fignole ensuite au rabot,
- en cours de montage. Ici ce sont des fuseaux, squelette du futur véhicule aérien, mesurant une dizaine de mètres de longueur sur une largeur maxima de 80 cm. environ; un peu plus loin, se dressent des cellules ou ailes énormes atteignant jusqu’à 10 m. d’envergure tandis qu’à droite et à gauche, on monte des aéroplanes monoplans, biplans et même parfois triplans.
- L’outillage d’une « aéroplanerie » est d’ailleurs des plus simples et si, dans l’atelier de mécanique, on rencontre les instruments nécessaires pour réaliser les pièces servant à l’installation du moteur sur les appareils d’aviation, — les perceuses, fraiseuses, aléseuses et tours perfectionnés indispensables dans l’industrie automobile y font défaut. Des marteaux, des scies, des rabots, des vrilles et quelques autres
- 37° année. — 4er semestre.
- on les évide en certains endroits et on constitue chaque côté du fuseau, en assemblant deux d’entre eux au moyen de douilles en aluminium dans lesquels pénètrent des montants. Ces raccords métalliques sont fixés par des boulons à œil qui pincent les cordes à piano ou fils d’acier tendus en diagonale et destinés à assurer la rigidité du système en formant des figures triangulaires indéformables (fig. 1 ). Dans le type courant d’aéroplane réalisé par MM. Voisin, les fuseaux finis ont une longueur de 9,50 m., pèsent 55 kg, et sont tellement rigides qu’appuyés en leurs extrémités, ils peuvent porter une charge de 500 kilogrammes.
- Le fuselage se termine à l’avant par un nez en acier-aluminium, sur lequel vient se fixer le palier de l’arbre de l’hélice. Pour loger le moteur, on
- 5. — 33
- p.33 - vue 37/647
-
-
-
- 34
- LA CONSTRUCTION DES AÉROPLANES
- installe une coquille métallique et quant au siège du pilote, il se réduit, tout simplement, à une planche et un dossier.
- Les cellules ou ailes, qui se fixent de chaque côté du fuselage d’un biplan ou d’un triplan, se construisent à l’aide de 2 ou o surfaces superposées réunies par des montants en peuplier fixés dans des raccords d’aluminium avec fils d’acier pour assurer leur tension et les rendre indéformables. Les surfaces elles-mêmes se composent d’une carcasse formée par deux longerons (un avant et un arrière) réunis par des courbes en bois de peuplier et logés dans les gaines de l’étoffe caoutchoutée constituant
- différente. Ils doivent former chaque aile d’une armature centrale, tube métallique en général ou poutre armée. Sur cette carcasse, ils tendent de la toile agrafée au moyen d’œillets lacés et ils fixent les ailes ainsi réalisées sur le fuselage à l’aide de pièces en aluminium.
- Des ajusteurs montent ensuite la carcasse du monoplan, puis on règle ultérieurement l'incidence des ailes, au cours des expériences en plein air qui précèdent toujours la livraison d’un aéroplane. En outre, dans un laboratoire, situé à côté du hall de montage, les ingénieurs procèdent préalablement à divers essais, tels que recherches relatives aux for-
- les ailes proprement dites. Ce tissu qu’on trouve dans le commerce se cloue sur les longerons, et les courbes qu’il enferme dans scs replis l’obligent à conserver la forme imposée par les calculs préliminaires. Ces cellules sont les organes de direction (équilibreur et gouvernail). Mais pour supporter l’ensemble de ces appareils planeurs, il faut un châssis qui s’y relie par l’intermédiaire de deux longs ressorts destinés à amortir la chute de l’aéroplane quand il atterrit, et lui permettant de repartir seul.
- Ce châssis, fabriqué en tubes et fils d’acier, porte deux roues pouvant pivoter autour d’un axe vertical et facilitant l’orientation de l’appareil lorsqu’il revient en contact avec le sol.
- Pour les ailes des monoplans, les ouvriers de l'établissement Voisin procèdent de façon un peu
- mes d’appareils, gabarit de surface, résistance des ailes et des cellules.
- Dans l’atelier de mécanique, on met en œuvre les différents métaux ou alliages métalliques qui entrent dans la construction d’une machine volante, à l’exception du moteur. Pour les tubes, on se sert d’aciers ordinaires; pour les arbres et bras d’hélice, d’aciers au nickel offrant une plus grande résistance à poids égal et d’aluminium pour toutes les pièces travaillant à la compression, afin de diminuer le poids. Les hélices, en particulier, exigent une construction très soignée. On les fabrique en acier coulé sur lequel on boulonne deux bras forgés et également en acier de haute résistance. Sur ces bras, se fixent les palettes en aluminium qui sont les surfaces actives. On conçoit que cette masse de 2,50 m. de
- p.34 - vue 38/647
-
-
-
- LA LUNE ET SA FORMATION
- 35
- diamètre tournant à une vitesse fantastique doive être d’une exceptionnelle solidité. L’extrémité de l’aile décrit, en elïet, un chemin de 160 m. à la seconde et la palette tend constamment à s’arracher de son moyeu avec une force de 4000 kilogrammes !
- Les moteurs arrivent de chez le constructeur tout prêts à être installés sur l’aéroplane. Jusqu’ici, MM. Voisin n’emploient que des moteurs Antoinette, ou Vivinus. Ce dernier type, qui actionnera les aéroplanes Goupy, Florio, Brabazon, Farman (Flying-lisli à 2 passagers) et de Caters actuellement en cours d’exécution, est un moteur d’automobile allégé, d’une force de 50 chevaux et pesant seule-
- ment 150 kg. Quel que soit le modèle adopté, l’installation du moteur sur le fuselage exige seulement quelques jours.
- Une huitaine suflit, en définitive, pour construire complètement un véhicule volant, placer son moteur, disposer le système de commande des gouvernails, confectionner ses cellules, peindre et vernir les montants de son fuseau et les tubes de son châssis (tig. 2). Cependant un aéroplane Voisin coûte une vingtaine de mille francs dont le moteur absorbe la moitié à lui seul. Mais la concurrence abaissera très notablement ce prix, le jour, proche sans doute, où on planera dans l’air plus facilement qu’on ne roule maintenant en automobile. Jacques Boyek.
- LA LUNE ET SA FORMATION
- Bien des théories, des opinions diverses, ont été émises sur les formations caractérisant l’aspect de notre satellite; cet historique complet de la question, nous ne saurions le faire entrer comme prélude dans cet article, dont le cadre est forcément restreint, puisque nous le consacrons exclusivement à l'exposition générale des remarquables travaux poursuivis depuis plus de dix ans à l’Observatoire de Paris, par le regretté M. Lœvy et par M. Puiseux, le savant astronome attaché à cet établissement. Ces travaux, nous les trouvons réunis et clairement exposés, avec la conclusion qui s’en dégage, dans le volume que M. Puiseux a fait paraître récemment; ce sont eux que nous résumons ici, trop succinctement sans doute, en les accompagnant des documents reproduits ci-contre, que l’auteur lui-même a bien voulu nous communiquer. Nous rappelons que ces admirables photographies ont été prises au grand équatorial coudé de l’Observatoire de Paris.
- Ce qui frappe tout d’abord le regard dans l’examen de la surface lunaire, c’est la grande quantité de cirques émaillant cette surface. Les uns ont un relief vigoureux avec des arêtes vives, un bourrelet d’une régularité surprenante et mie pente douce vers le dehors. U’autres cirques ont encore un relief saillant, mais les caractères précédents y sont atténués ; on y remarque souvent une sorte de digue qui a gêné l’expansion du cirque. D’autres cirques, enlin, ont un intérieur plus uni avec une dépression plus faible. Fn dehors des cirques, le sol est occupé par de vastes étendues unies et sombres auxquelles les anciens observateurs avaient donné le nom de mers, dénomination erronée qui a été conservée pour les besoins de la cartographie, malgré la constatation faite depuis longtemps de l’absence de nappes d’eau sur ce monde voisin.
- En examinant de plus près les objets lunaires, on s’aperçoit qu’ils présentent presque tous une forme circulaire ou un contour polygonal se rapprochant de la forme circulaire. Il est bien certain que la surface de la Lune est stable et possède un degré de
- lixité au moins égal à celui de l’écorce terrestre; comme aucune formation lunaire de quelque importance ne s’est développée sous les yeux des astronomes, pour déterminer de quelle manière la Lune est arrivée à son état actuel, force est donc de procéder par analogies et par conjectures, avec ce que nous savons des formations terrestres. Il est en outre très légitime, et même permis, de rechercher si les lois physiques qui sont vériliées sur la Terre ne sont pas valables sur les autres corps célestes, en tenant compte, bien entendu, des différences constitutives de ces corps. Ainsi, tout en faisant intervenir des forces comparables à celles qui ont agi sur notre globe, pour en esquisser la charpente, devons-nous penser que des conditions particulières sont intervenues aussi pour donner à la Lune son faciès si particulier? Car, malgré les termes de cratères et de volcans, il y a lieu d’estimer que la ressemblance des objets lunaires avec nos volcans terrestres n’existe guère que sur des plans grossièrement esquissés.
- Notre figure 1 représente le massif dit des Alpes dans lequel on remarque l’altitude prédominante de la bordure. Là serait une entaille extrêmement nette, la grande vallée, qui, suivant les évaluations de M. Puiseux, mesure 70 km de longueur sur 10 à 12 km de largeur; sa profondeur est d’environ 5000 m. Le cirque d’Egède se distingue par un bourrelet mince et saillant tandis tpi Aristote montre des enceintes multiples et anguleuses. Dans une autre région domine un massif important auquel on a donné le nom de Caucase ; sa déclivité la plus forte, comme celle du massif des Alpes, est tournée vers l’Est. Sur la même gravure on voit Arislillus, cirque profond, caractérisé par une triple montagne centrale et par des sillons divergents sur ses pentes extérieures. Cassini, où deux cratères parasites se sont formés, est presque rempli par un épanchement de lave intérieur. Entre les monts Caucase, Aristillus et Cassini se trouve la mer des Pluies.
- Le caractéristique Tycho, l’un des cirques les
- p.35 - vue 39/647
-
-
-
- 36 ...—....________ LA LUNE ET SA FORMATION
- plus profonds de la Lune, est encadré par des digues rectilignes qui dessinent autour de lui un vaste losange. Heinsius, dans l’angle gauche de la meme région, offre un exemple de cirque irrégulier, entravé dans son développement par une digue préexistante. Orontius est un spécimen de cirque ancien, envahi et refoulé de tous côtés par des formations plus jeunes.
- Enfin, notre ligure 2 représente Clavius, l’un des plus grands cirques lunaires; il mesure 220 km de diamètre ; sa dépression est considérable et son fonds uni ; son enceinte anguleuse et double dans certaines
- et laissant dans la surface solidiliée de la Lune des empreintes durables. On est même allé jusqu’à attribuer à des chocs externes, non seulement les petits orifices, mais aussi les grandes vallées rectilignes. M. Puiseux répond très logiquement qu’il faudrait alors admettre que la Lune aurait subi un véritable bombardement de projectiles atteignant un diamètre de plusieurs dizaines et même de plusieurs centaines de kilomètres (la mer des Pluies a une étendue de 1200 km.), et les incidences auraient toujours dû être normales si l’on tient compte de la régularité des contours des cirques et de ce que le
- Fig. 1. — Les Alpes cl la grande vallée.
- parties. A l’intérieur, on observe un certain nombre de cirques parasites disposés sur une ligne semi-circulaire et présentant des dimensions décroissantes.
- Gomment les cirques et les mers lunaires ont-ils pu se former? C’est ce point queM. Puiseux cherche à élucider. Nombreuses sont les hypothèses qui ont été mises en avant : tourbillons ayant affecté la surface pâteuse pour lui donner ce modelé définitif, marées intenses grilce auxquelles le fiuide intérieur se faisant jour à travers d’étroits orifices aurait fini par leur donner les dimensions et aspects des cirques actuels, expansions gazeuses venant crever à travers la croûte en voie de solidification, etc. Enfin on a émis aussi l’idée que notre satellite avait été criblé de projectiles venant de diverses régions de l’espace
- contour circulaire des orifices de la Lune accuse une incidence presque constamment normale. Mais des corps de pareilles dimensions, aérolithes ou bolides, ont-ils existé et, dans l’affirmative, pourquoi n’en observerait-on plus et pourquoi la Lune aurait-elle été plus particulièrement que la Terre le but de ces formidables projectiles?
- M. Puiseux est convaincu que le jeu des forces intérieures est assez varié, assez souple, pour se prêter à l’explication des cirques comme à celle des volcans e.t que ces forces transportées dans des milieux différents peuvent et doivent produire des effets dissemblables. Ce qui a gêné beaucoup d’auteurs, c’est l’idée préconçue de l’absence d’air et d’eau à la surface de la Lune. Mais ce que l’on sait
- p.36 - vue 40/647
-
-
-
- LA LUNE ET SA FORMATION
- 37
- maintenant démontre qu’il n’en a pas toujours été ainsi ; du moins pendant mî temps très court peut-être; et suivant l’hypothèse fort ingénieuse et très vraisemblable de M. Puiseux, les traînées et auréoles qui rayonnent autour de certains cirques ne sont autre chose que des cendres ou déjections volcaniques transportées au loin par les courants atmosphériques. Les cirques eux-mêmes sont des points où les expansions de gaz et vapeurs ont produit des soulèvements puis des affaissements, ceux-ci ayant pu être accompagnés ou suivis de phénomènes éruptifs. L’intervention des agents extérieurs, étant visible lors de la dernière phase, on conçoit que notre satellite semble avoir gardé, depuis, un aspect
- importantes. Le réseau rectiligne ne subsistant nulle part dans son état primitif, sa disparition, ou son effacement partiel, paraissent avoir été déterminés d’abord par des mouvements langentiels importants, affectant à la fois un grand nombre de compartiments voisins et déterminant des ruptures suivant des lignes irrégulières en discordance avec celles du réseau primitif. Ensuite une période volcanique, très longue et très générale, amena des alternatives d’intumescence et d’affaissement dans l’étendue d’une même case ou de plusieurs cases adjacentes et aboutit au sectionnement de l’écorce suivant des cercles de faible rayon. Enfin survint l’envahissement de vastes régions affaissées par des nappes
- Fig. 2. — Région de Clmnus.
- indélébile de toutes les convulsions ayant contribué à l’établissement de ce relief si tourmenté.
- Quant aux conclusions de M. Puiseux sur la formation des grands traits de la surface lunaire, elle est la suivante :
- La croiite solide de la Lune, à l’époque la plus ancienne à laquelle nous puissions remonter, doit avoir été constituée dans toutes ses parties, et en raison de phénomènes divers, par un assemblage de cases polygonales juxtaposées qui ont pour forme élémentaire le losange. La formation du réseau dans son ensemble remonte à une époque où notre satellite n’avait qu’une mince écorce solide, en sorte qu’il ne pouvait s’y créer de différences d’altitude
- encore liquides. La survivance partielle des sillons anciens à travers les mers et les cirques permet d'assigner à ces derniers objets une plus-ou moins grande antiquité relative et donne dans une large mesure la clef de leur forme et de leur évolution ultérieure.
- Nous n’ajouterons rien à cette conclusion de M. Puiseux qui montre jusqu’à quel point l’étude si difficile de l’histoire lunaire tend à se compléter peu à peu; elle permettra peut-être, dans la suite des temps, d’aborder, eu s’appuyant sur des analogies établies d’une manière indiscutable, le problème plus ardu de l’histoire complète du monde
- G. Hamel in.
- solaire.
- p.37 - vue 41/647
-
-
-
- LES COFFRES-FORTS
- Le journal, le roman, le théâtre, ont, en ces dernières années, célébré à l’envi les exploits des cambrioleurs : on nous a fait admirer l’audace, la présence d’espril, l’ingéniosité, la science même de ces virtuoses du crime. L’honnête homme devant tant de mérites coalisés contre lui, se sent impuissant, désarmé d’avance. Les moyens de défense dont il dispose sont cependant nombreux et efficaces. Nous en prendrons un seul exemple : les cofires-forts. Abandonnés à eux-mêmes dans nos appartements, les coffres-forts modernes, véritables merveilles de
- alors des chambres en briques dures, soigneusement cimentées, les ouvertures étaient fermées par de gigantesques portes de fer. Mais les fausses clefs, les crochets, les pince-monseigneurs en eurent raison. On imagina donc des coffres tout en acier, munis d’une double porte à deux serrures ; on combina des fermetures à secret, extrêmement ingénieuses, capables de décourager les malfaiteurs les plus persévérants. Pour résister aux vrilles perfectionnées, on fabriqua des plaques d’acier d’une dureté exceptionnelle pour l'époque. Mais les cam-
- Fig. 1. — L’atolior de montage dans une grande usine de coffres-forts.
- métallurgie et de mécanique, assurent déjà une défense très sérieuse. Groupés, sous une surveillance étroite, dans les grandes banques, ils constituent une forteresse inexpugnable.
- C’est une histoire curieuse que celle du coffre-fort : elle est marquée par les diverses phases d’une lutte continue et acharnée entre cambrioleurs et constructeurs, rivalisant d’ingéniosité, attentifs à saisir les derniers progrès de la science.
- L’ancêtre de nos coffres actuels était, il y a une centaine d’années, une solide et puissante armoire en chêne, bardée de fer, munie de formidables serrures. Moyen de protection bien primitif. Les voleurs de l’époque, armés d’une scie fine et d’un ciseau, en venaient facilement à bout. On construisit
- brioleurs appellent la chimie a leur aide : un jour, on trouve ces merveilleuses serrures, ces cuirasses épaisses forcées à la dynamite. Le constructeur oppose la science à la science : il sait que la marine et la guerre emploient des blindages en acier spécial, à l’épreuve de tous les explosifs; il y a recours, lui aussi, et une fois de plus le cambrioleur est réduit à l’impuissance.
- Vers la fin du xixe siècle, la métallurgie réussit à élaborer de nouveaux aciers, aciers au chrome, au tungstène, d’une dureté jusqu’alors inconnue, et qui, sous le nom d’aciers rapides, révolutionnent l’industrie mécanique.
- L’application au cambriolage était tout indiquée : les perceuses à forets en acier rapide font désor-
- p.38 - vue 42/647
-
-
-
- LES COFFRES-FORTS
- 39
- mais partie de l’attirail du cambrioleur de style, souvent meme l’outil peut être mû par l’électricité, on le branche sur le courant de lumière. Et il perfore aisément les modestes blindages des coffres-l'orts. Les constructeurs étudient de nouvelles compositions d’acier, de nouveaux procédés de trempe, et ils parviennent à constituer une cuirasse impénétrable aux nouveaux outils.
- On pouvait se croire en sécurité, lorsque apparaît
- plaques de blindage séparées par une couche d’un béton spécial; le chalumeau, aussi bien que les aciers rapides, ne peuvent rien contre de telles défenses.
- Quant aux pinces, aux cartouches explosives, que peuvent-elles contre des serrures aussi formidables que celle représentée par notre figure 7. Cette porte énorme avec ses 4 gigantesques pênes à mâchoires est à l’abri de toutes les effractions. Le
- le chalumeau oxy-acétylénique. Sa première application industrielle est le forcement d’un coffre-fort dans une banque importante : le monde cambrioleur, très ouvert au progrès, adopte immédiatement l’appareil, et les méfaits du chalumeau se multiplient avec une déconcertante rapidité. Aucun acier ne résiste à la température extraordinairement élevée, supérieure à 2000°, que développe la combustion de T acétylène dans l’oxygène pur; il faut trouver une autre armure, et l’on songe au béton qui a fait maintes fois ses preuves de résistance au feu, dans de graves incendies. Aujourd’hui les parois des coffres-forts sérieux sont faites de deux
- coffre ne craint même pas l’incendie : grâce à sa double fermeture, il est d’une étanchéité parfaite, et ne permet l’accès d’aucun gaz destructeur, dangereux pour des papiers ou des bijoux.
- Admirons aussi la porte de chambre forte représentée par notre figure 2, elle est circulaire et compte 24 verrous disposés chacun suivant un rayon. Cette porte ne pèse pas moins de 6 tonnes. Mais elle est si bien équilibrée qu’un enfant la manœuvre aisément.
- Grâce à l’obligeance de M. Poncet,.le distingué directeur de ['usine Fichet, à Paris, nous avons pu suivre de près, dans les ateliers de cette célèbre
- p.39 - vue 43/647
-
-
-
- 40 .... = LES COFFRES-FORTS
- maison, la fabrication des coffres et des chambres blindées. Théoriquement, c’est fort simple, un coffre-fort n’est qu’une caisse en acier à double enveloppe, munie d’un blindage intérieur, parfois
- de deux en acier particulièrement résistant. Pratiquement le travail est fort délicat, il exige les efforts disciplinés d’un personnel nombreux d’ingénieurs habiles et d’ouvriers passés maîtres en leur art; il fait appel à toutes les ressources de la métallurgie et de la mécanique; il met en jeu une science et une ingéniosité qui ne le cèdent en rien, bien certainement, à celles des cambrioleurs, et des moyens sans nul doute très supérieurs.
- La force d’un coffre-fort réside avant tout dans ses tôles, aussi sont-elles choisies avec un soin méticuleux, suivant les règles révélées par une longue expérience, très analogue à celle qui, en matière maritime ou militaire, a dicté le choix des cuirassements de nos navires et de nos tourelles. Voici les tôles qui constitueront la double enveloppe des coffres; elles sont en acier doux Mari in Siemens ; voici celles qui serviront à établir les blindages ; ce sont des plaques de 1 i mm d’épaisseur, que l’on coude à froid, pour les appliquer rigoureusement sur l’enveloppe intérieure du coffre et leur en faire épouser toutes les formes. On y ménage tout d’abord les trous de rivetage, puis on les cémente et on les trempe, et enfin on les fixe définitivement sur l’enveloppe. On utilise aussi un autre acier de blindage, extrêmement remarquable que fournit le
- Creusot : cet acier est absolument imperforable, et n’exige pas de trempe, il se coude à froid sans criques. Souvent on combine des blindages faits de cet acier naturel et d’acier cémenté ; on y joint, en outre, le blindage en ciment, et l’ensemble ne craint plus rien, ni du fer, ni du leu.
- Pour manier et traiter rapidement ces surfaces métalliques souvent considérables, il faut des machines puissantes et perfectionnées. Nos ligures 5 et 4 nous en donnent une idée. La figure 1 nous montre l’atelier de montage, où les coffres les plus divers sont en voie d’achèvement.
- Les pièces délicates, et à dessein compliquées, des serrures sont étudiées et construites par des spécialistes, véritables artistes. Une serrure combinée par eux est pratiquement inviolable, la force ne peut rien contre elle; et si l’on veut, pour l’ouvrir, appliquer les règles de l’art, il faut y passer de longues heures, parfois des jours entiers.
- On peut se rendre compte par les quelques détails qui précèdent que le coffre-fort bien construit oppo-
- sera aux malfaiteurs une résistance qui n’est nullement négligeable. Que dirons-nous des formidables constructions par lesquelles les grandes banques défendent les trésors qu’elles ont en garde? Objectifs de choix pour les cambrioleurs, elles ont dû prévoir
- Une machine à planer les tôles.
- Fig. 5. — li I iIji n alji'ii de-. mlln —lui K tl.n Inm à découper les tôles.
- p.40 - vue 44/647
-
-
-
- Fig. g. — Coupe de l’installation de colTres-forts publics du Crédit Lyonnais, à Paris. Elle comporte 5 étages descendant à 18 mètres au-dessous du niveau de la rue ; elle renferme plusieurs milliers de coffres et est pourvue des dispositifs les plus perfectionnés pour assurer contre le vol et le feu la défense des trésors qu’elle renferme
- (Dans notre ligure, pour permettre de voir les 5 étages, le plancher du 1" étage a été enlevé.)
- p.41 - vue 45/647
-
-
-
- 42
- LES COFFRES-FORTS
- toutes les éventualités, jusqu-’aux coups d’audace les plus invraisemblables : pénétration souterraine par galeries de mines, attaque à main armée, etc. On a donc multiplié les précautions et accumulé les défenses; c’est ainsi que la banque d’Angleterre possède une chambre blindée réellement fantastique : située à 18 m. de profondeur, au-dessous du rez-de-chaussée, elle repose sur un lit de granit de6 m. d’épaisseur, surmonté d’une couche d’eau de 1,80 m., et enfin d’épaisses plaques de fer. Si on voulait pénétrer par le haut ou les côtés, on rencontrerait de môme du granit, de l’eau et des blindages. Quant aux portes, elles pèsent chacune 40 tonnes et sont absolument imperforâbles.
- En bien des endroits, il existe d’ingénieux dispositifs avertisseurs : dans une grande banque, les parois des chambres fortes sont recouvertes d’un rideau de fer blanc, relié par des fils électriques à des sonneries convenablement placées. La moindre pression contre le mur de la chambre fait fonctionner les sonneries et donne l’éveil. Ailleurs la porte du coffre-fort, dès qu’on cherche à l’entr'ouvrir, actionne une sonnerie.
- En cas d’alerte, des surveillants armés sont prêts à intervenir ou à mettre en jeu des moyens de défense comme celui de cette banque anglaise où des
- - Vue intérieure d’un coffre de dépôt au Crédit Lyonnais.
- Il contient 80 petits coffres particuliers.
- robinet pour échauder instantanément les assaillants éventuels. On conçoit que ces installations si per-
- 7. — Le mécanisme do fermeture d’un coffro-lbrl de bureau.
- tuyaux de vapeur d’eau sous pression ont été aménagés dans les souterrains ; il suffirait d’ouvrir un
- fectionnées offrent une sécurité presque absolue : l’idée était toute naturelle de profiter de leur organisation pour défendre aussi la richesse privée.
- Garder chez soi sa fortune et ses objets précieux, s’imposer les précautions et la vigilance nécessaires, c’est une tâche dangereuse et délicate, et en pareille matière l’expérience se paye fort cher. Si un bon coffre-fort ne se cambriole pas aisément, il peut souvent être subtilisé, enlevé, même dans une maison habitée, sans qu’aucun voisin entende le moindre bruit. Il en est de nombreux et célèbres exemples. Il est donc plus avantageux et plus sûr de confier la garde de ses richesses à des établissements spécialement outillés à cet effet ; dans ce domaine, comme en tant d’autres, nous voyons s’affirmer la loi moderne de la spécialisation et de la concentration. Toutes les grandes banques, aujourd’hui, ont organisé, à l’usage du public, des services de coffres-forts en location, extrêmement remarquables par leur sécurité et leur commodité.
- Tout le monde connaît l’installation du Crédit lyonnais, à Paris. C’est, en plein boulevard des Italiens, une véritable forteresse de métal, aussi bien défendue du reste contre l’incendie que contre le vol. Sur trois étages, descendant jusqu’à 18 m. de profondeur, les coffres s’alignent en longues rangées uniformes ; laqués de blanc,
- p.42 - vue 46/647
-
-
-
- LES COFFRES-FORTS
- inondés de lumière, ils offrent, au premier abord, un aspect élégant et bon enfant. Mais, il ne faut pas s’y
- Fig. 8. — Une galerie de coffrets de dépôt dans une banque anglaise.
- méprendre, tout est prévu pour déjouer les plus subtils de nos cambrioleurs à la mode. Les coffres sont construits sur les principes que nous avons indiqués plus haut ; ils contiennent un certain nombre de coffrets qu’on loue au public ; chacun de ces coffrets a sa clé, que l’on remet au client, au moment de la location, et il n’en existe pas dans le monde entier un seul autre exemplaire ; bien entendu, aussi, chacun a sa serrure à combinaison. Les clients ne peuvent accéder aux coffres qu’après avoir fait la preuve de leur identité. En tout cas, des gardiens sont toujours présents, surveillant chaque coffre et prêts à donner l’alarme à la moindre alerte.
- Le soir, on ferme deux lourdes portes grillées, et un ingénieux mécanisme d’horlogerie en interdit l’ouverture jusqu’au lendemain, à l’heure fixée, et le samedi, jusqu’au surlendemain. Personne au monde ne pourra donc, à l’aide de fausses clés, pénétrer dans ces sous-sols au moment où l’établissement est vide.
- La pénétration souterraine est également impossible; l’immeuble forme un îlot, absolument isolé par un quadrilatère de rues des bâtiments environnants ; après de pénibles travaux de mines, il faudrait encore percer des murs de 5 m. d’épaisseur, ou une couche épaisse de béton ; et cela pour tomber dans un chemin, un fossé plutôt, de ronde, qui sépare de bas en haut l’établissement de ses murailles
- 43
- extérieures. Ce chemin de ronde est parcouru constamment par des équipes de pompiers et de gardiens.
- A côté de cette installation de coffre-fort en location, a été créée une organisation plus gigantesque encore pour les titres en dépôt. Ici, le public n’a plus accès. Une grille puissante, et une formidable porte d’acier à deux battants, fermée chaque soir par une serrure à secret, interdisent l’entrée des locaux aux profanes. Plus de 7 milliards de titres reposent dans une longue suite de coffres, à l’abri de toutes les tentatives malhonnêtes et de tous les accidents. Nous ne décrirons pas ici, ce serait sortir de notre sujet, les détails de ce service, savamment ordonné. Nous dirons seulement qu’il occupe une superficie et une profondeur égales à celui des coffres-forts et que les mêmes mesures de précaution y ont été accumulées.
- On le voit, toutes les précautions sont prises, et et les 25 000 déposants et les innombrables rentiers dont la fortune, les bijoux, les papiers de famille, les titres, reposent dans ces catacombes modernes, ont toutes les garanties de sécurité désirables.
- Quant à messieurs les cambrioleurs, grâce à ces organisations de défense en commun, leurs chances se réduisent singulièrement chaque jour. Si leur carrière littéraire reste extrêmement brillante, dans
- Fig. 9. — Un coffre-lort défoncé au ciseau et au marteau par des cambrioleurs.
- la réalité elle devient, heureusement, de plus en plus ingrate. 1\. Vileers.
- p.43 - vue 47/647
-
-
-
- LA BATELLERIE AUX INDES
- Il est à peine besoin de dire (au reste, nos illustrations le montrent suffisamment) que nous entendons ne nous occuper ici que de la navigation fluviale, ou, pour être encore plus précis, des navires construits par la main-d’œuvre indigène sur des modèles qui sont assurément aussi vieux que l’Inde, ce qui équivaut à dire vieux comme le monde! Malgré son importance économique (ses exportations ont plus que triplé en 50 ans), la vaste péninsule expédie et reçoit ses marchandises sur des navires construits ailleurs que chez elle. Elle en construit cependant, mais si peu ! En 1906,
- dessert le Sud de la péninsule, a perdu beaucoup de son importance, grâce au développement extraordinaire imprimé au réseau de voies ferrées, depuis 15 ans.
- Ce réseau, qui a augmenté de 19 200 km pendant cette période, comptait au 51 décembre 1905 46 800 km de voies en pleine exploitation, qui transportèrent pendant cette même année 1905 248157 000 voyageurs et 54 956000 tonnes de marchandises, bétail, etc., soit, par comparaison avec 1904, une augmentation de 21 060 000 passagers et 2 885 000 tonnes de marchandises. Voilà
- Fig. 1. — Luxueuse galère d’un radjah, au pied des laineuses (errasses de Bénarès.
- ses chantiers de Bombay, de Calcutta et de Sind lancèrent 168 vaisseaux formant un total de 7612 tonnes, tous voiliers destinés au cahotage. Il y a progrès, puisque ces chantiers n’avaient lancé en 1901 que 86 navires, jaugeant ensemble 4540 tonnes.
- Ces chiffres deviennent insignifiants, comparés au mouvement de la navigation dans les ports indiens, qui reçurent en 1905 la visite de 4991 navires représentant un tonnage global de 7 050 955 tonnes, flotte à laquelle il faudrait ajouter 110 709 navires de cahotage jaugeant ensemble 14714576 tonnes.
- Reconnaissons notre impuissance à traduire par des chiffres l’importance de la navigation fluviale aux Indes : les statistiques officielles sont muettes sur ce point. Mais nous savons que cette navigation, naguères encore très florissante, particulièrement sur le Gange, le Brahmapoutre, l’Indus etl’Irawadi, ainsi que sur le magnifique réseau de canaux qui
- qui jette un jour précis sur la décadence de la navigation fluviale, aux Indes.
- Cependant, le Gange, surtout aux époques de pèlerinage qui entraînent vers Bénarès d’innombrables dévots, continue à être sillonné par des quantités d’esquifs dont la forme et l’agencement présentent les plus violents contrastes. Le type d’embarcation rencontré le plus fréquemment est une sorte de chaland presque aussi large que long (fig. 2), qui compense sa lenteur de marche par sa stabilité. Qu’importe! Le temps n’est pas de l’argent sous ce ciel torride où l’Européen se laisse si vite gagner par la nonchalance ambiante. Et pourquoi le marinier se désespérerait-il de la lenteur du trajet! Le système des castes, qui n’est, en somme, qu’une division du travail théocratisée, lui impose l’obligation de vivre sur l’eau, comme vécurent ses ancêtres directs.
- D’ailleurs, entre les flancs vermoulus de son esquif, n’emporte-t-il pas tout son avoir, famille et
- p.44 - vue 48/647
-
-
-
- LA BATELLERIE AUX INDES
- 45
- lares y compris? S’il est hindou, il aura ménagé sur les laineuses terrasses de la ville sainte des dans sa maison flottante une petite chapelle dédiée foules innombrables? Nos illustrations (fig. 3, 4
- Fis.
- Le kalamarau des pêcheurs de Madras.
- mariniers, à Kwliaja-Khizr, à Pir-Badr, ou encore à Ivoila-Baba, le « père Charbon-de-Bois », qu’il demandera de faire souffler une brise favorable dans — dirai-je : à travers? — sa misérable voile, qui étale plus de trous que de surfaces !
- Comparerons-nous ces chaumières flottantes aux magnifiques galères que les radjahs entretiennent à Bénarès, et qui leur servent à témoigner de leur zèle pieux, quand la conjonction favorable des planètes, annoncée à l’avance par les astrologues, attire
- Fig. 5. — Galère aux incrustations d’argent.
- et 6) aideront le lecteur à se faire une idée, si incomplète qu’elle soit, du luxe qui préside à la construction de ces palais flottants. Les fines sculptures de bois précieux, les incrustations d’argent et de nacre, les tentures de soie brodées d’or, forment un ensemble vraiment digne d’un satrape asiatique. Mais la somptuosité de l’esquif n’empêchera pas le richissime radjah qui le possède de se baigner dans cette même eau où un demi-million de pauvres Hindous se sont plongés , sous ses yeux.
- Gardez-vous de l’avertir que les ondes sacrées recèlent maintenant des myriades de microbes! Pieusement, il.n’a cure de la microbiologie. Et il fera remplir de grandes jarres de cuivre avec cette même eau où les pèlerins se sont rincé le corps... et la bouche. Ses croyances lui interdisent de goûter à un plat préparé par les mains d’une personne de caste inférieure ; et la soif la plus intense ne saurait l’excuser, si, en voyage, il acceptait un verre d’eau versée par la main d’un Européen.
- Fig. 6. — Galère eu l'orme de pagode.
- p.45 - vue 49/647
-
-
-
- 46 ... ... = LA BATELLERIE AUX INDES
- Et cependant, pour laver son auguste visage, il ne se servira, d’un bout de l’année à l’autre, que de l’eau puisée dans le Gange. Et ses jarres l’accompagneront en Europe, quand il s’y rendra pour acquérir une automobile du modèle le plus perfectionné. Ces contrastes violents sont si communs aux Indes qu’ils ne provoquent de surprise que chez les touristes.
- Les amis du pittoresque sont en droit de déplorer que la civilisation — la nôtre, tout au moins, — soit une impitoyable niveleuse dont le premier acte est de détruire habitudes et coutumes locales, partout où elle pénètre, pour leur substituer un cosmopolitisme monotone et banal. L’Inde ne fait pas exception à la règle. Nombreux sont les princes
- Nous rencontrons sur le même iïeuve les curieuses pirogues des Shans (lig. 7), que ces montagnards conduisent si habilement à travers les rapides. Longue de 20 à 25 m., l’embarcation, très plate, porte sur toute sa longueur une sorte de chevalet en bambou qui olfre un point d’appui aux mariniers dans leur bizarre façon de manœuvrer la rame. Campés sur une jambe, ils enlacent l’autre autour de la rame qui se trouve être ainsi en contact à la fois avec la main, le jarret et la cheville. On a pu dire des Shans que c’est la seule race au monde qui rame... avec le pied! Et, ma foi, pour étrange qu’il apparaisse, le procédé ne laisse pas d’être pratique. On peut en juger par les
- Fig'. 7. — Bateliers Shans sur leurs rapides Pirogues
- indigènes qui, élevés à l’Anglaise, ont bravé les préjugés de caste et renoncé au luxe asiatique au prolit du confort anglo-saxon. Le tennis et le cricket ont remplacé le chikaree, la chasse aux grands fauves. Et le yacht à vapeur déshonore maintenant le noble courant des fleuves sacrés.
- Mais j’ai rappelé que l’Inde est le pays des contrastes. Ainsi, tandis que certains radjahs exagèrent leurs tendances occidentales, il en est d’autres qui restent opiniâtrement attachés aux choses du passé. C’est sur les domaines de ces princes qu’on peut encore admirer ces palais flottants assez vastes pour abriter le monarque et sa cour, et dont l’une de nos photographies montre les proportions imposantes. Assis sur trois quilles dont la proue est ornée de statues de bois gigantesques (deux idoles et un oiseau fabuleux), cet étrange palais, retraite estivale d’un prince birman, profile périodiquement son élégant clocher de pagode entre les rives de l’Irawadi.
- régates de Mandalay, où les équipes de Shans ne connaissent pas de rivales.
- Nous ne saurions terminer, cette notice sans accorder au moins une mention au catamaran des pêcheurs de Madras : c’est bien l’un des plus étranges esquifs jamais inventés par l’industrie humaine. 11 est formé de trois tronçons d’un bois excessivement léger, liés ensemble par des courroies. Est-il besoin d’indiquer qu’il est, si l’on veut bien me passer l’expression, aussi étanche qu’un panier percé?
- Mais il répond admirablement à ce qu’en attend le pêcheur. Et c’est l’essentiel. Quand la mer s’apprête à descendre, il est à son poste, sur le rivage, avec les trois tronçons qu’il a tôt fait de ficeler. L’esquif est construit. Avant de s’y embarquer avec un compagnon, il invoque les divinités de la mer et leur fait un sacrifice, en l’espèce, quelques grains de blé ou de riz qu’il jette à l’eau en les lançant, par-dessus son épaule droite, la face
- p.46 - vue 50/647
-
-
-
- ACADEMIE DES SCIENCES — LA TENTE-PONCHO —: 47
- tournée vers le rivage. La mer, en se retirant, emporte au large le léger radeau qui, secondé par les perches des deux hommes, a tout l’air de voltiger sur les lames, de crête en crête.
- Et la marée montante le ramènera aussi aisément vers le rivage, où les pauvres gens des fau-bourgs de Madras attendent patiemment le retour des catamarans et de leur butin. Y. Fohbin.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 décembre 1908.
- La lumière et les fruits. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Lubimenko relative à l’influence de la lumière sur le développement des fruits et des graines, ('/est seulement au début de la formation que la lumière est nécessaire. Passé cette première période, les fruits peuvent achever de se former dans l’obscurité. Mais ils acquièrent un poids sec plus considérable et renferment plus de graines lorsqu’ils croissent à la lumière. De plus, le développement des fruits a lieu dans de meilleures conditions en lumière atténuée qu’en pleine lumière du jour; enfin l’acidité du fruit diminue en lumière modérée. Les expériences ont été eflèctuées en laissant croître les fruits, sauf au début, dans des sacs noirs ou blancs plus ou moins épais, elles ont porté sur des groseilles, des raisins, des cerises, des poires et des pommes.
- Les vibrations prolongées du sol. — M. Bigourdan expose les résultats de recherches opérées par M. Comas Sola, directeur de l’Observatoire de Barcelone, sur les faibles vibrations qui subsistent parfois dans le sol pendant, plus de trois jours. Les instruments très sensibles que possèdent aujourd’hui certains observatoires décèlent ces mouvements qui étaient totalement ignorés il y a quelques années. On appelle ces mouvements barosismes. Ils ne sont pas en relation avec des tremblements de terre proprement dits. Un mouvement de ce genre a été observé à Barcelone du 23 au 20 octobre, pendant 70 heures. Ôn avait attribué les barosismes aux variations de la pression de l’atmosphère sur l’écorce terrestre lorsque se produisent de grands mouvements tels que ceux des dépressions. M. Comas Sola montre q,ue cette explication doit être abandonnée; il montre également que le phénomène 11’a aucun rapport avec les variations des températures.
- Un animal fantastique des Égyptiens. — M. Edmond Perrier analyse un travail de M. Trouessart sur une espèce de rhinocéros africain que l’on croyait à peu près éteinte, et dont on vient de rencontrer des troupeaux dans la région comprise entre le lac Tchad et le Nil. L’auteur pense que cet animal, dont les deux cornes placées l’une devant l’autre sont très inégales, pouvait à distance paraître n’en avoir qu’une, et qu’il a donné lieu à la représentation de l’animal à une seule corne, figurant sur d’anciennes peintures égyptiennes.
- L'homme préhistorique. — M. Edmond Perrier résume une Note de M. Boule, sur un squelette humain découvert dans le pléistocène, à la Chapelle-aux-Saints, près
- — Présidence de M. Bouchard.
- de Brive, par les abbés Bouyssonie et Bardon. La voûte crânienne de ce squelette est identique à celle du crâne trouvé au Néanderthal, près Kberfeld. On avait dit de ce dernier crâne que c’était celui d’un idiot; cette opinion n’est plus soutenable. Le crâne de La Chapelle est d’ailleurs complet ; l’auteur en a signalé toutes les particularités qui rapprochent du pithecanthropus l’être dont il provient. 11 s’agit bien d’une race, puisqu’on en trouve les vestiges en différents points de l’Europe. Le développement de l’appareil cérébral chez cette race doit la faire rattacher à l’espèce humaine, quoique par un ensemble de caractères, elle se rapproche du singe anthropoïde. On conclut d’ailleurs de certaines particularités du squelette que l’attitude habituelle de l’homme de La Chapelle-aux-Saints ne devait pas être la station debout.
- Générateur d’électricité. — M. d’Àrsonval présente, au nom de M. Lucien Basset, un producteur d’électricité qui rentre dans la catégorie des piles hydroélectriques peu étudiées dans lesquelles les éléments de la réaction chimique sont en dissolution. L’appareil de M. Basset est caractérisé par une série de plaques de charbon imperméables séparées par deux cloisons poreuses. Le groupement de ces plaques est obtenu au moyen d’un ciment de paraffine et de poudre d’amiante. Les différents compartiments d’une épaisseur de 1 mm sont réunis par de petits canaux à trois collecteurs d’arrivée, au-dessous de la pile et à trois collecteurs de sortie au-dessus de la pile. L’appareil est alimenté d’un façon continue avec les solutions suivantes : au pôle négatif une solution saturée de monosulfure de sodium; au pôle positif une solution d’acide nitrique et d’anhydride sulfureux. Les vapeurs nitreuses produites sont régénérées avec celles de la pile. Entre les deux cloisons se trouve une solution de sulfate de soude, qui a pour mission de séparer les deux solutions. Le sulfure de sodium est oxydé et sa consommation pratique est de 1,55 gr. par ampère-heure. L’acide nitrique réduit à l’étal de bioxyde d’azote est oxydé par l’air, puis dissous. Le couple a une force électromotrice de 1,50 volt et une résistance de 0,65 ohm par décimètre carré. Dans les conditions actuelles on obtient 10 chevaux par mètre cube d’appareil. Celui-ci fonctionne avec une constance absolue jusqu’à l’épuisement de la solution de sulfure de sodium. De plus, la force électromotrice apparaît comme un bénéfice de fabrication en raison de la valeur des sous-produits utilisables.
- Ch. ce Vnxi'jiiîuiL.
- LA TENTE-PONCHO
- Ce titre s’explique de lui-même, surtout pour le lecteur quelque peu familiarisé avec le parler de l’Amérique latine. Un poncho, c’est ce manteau sans manche — une couverture fendue en son centre d’une ouverture juste assez large pour .laisser passer la tête — (qui est d’un usage courant depuis
- le Mexique jusqu’à la Terre-de-Feu, et qui s’est, même introduit dans le Sud-Ouest des États-Unis. Vêtement pratique s’il en fut jamais, principalement pour le cavalier et pour le chasseur, car il protège efficacement contre la pluie et le froid sans gêner les mouvements des bras.
- p.47 - vue 51/647
-
-
-
- 48
- LA TENTE-PONCHO
- Ce n’est pas la première ibis que l’industrie offre aux explorateurs une tente démontable. Et, au fait, n’est-ce pas le propre de ces abris mobiles de pouvoir être démontés et subdivisés pour en faciliter le transport? Mais la tente-poncho diffère de ses devancières en ce que ses sections ne sont plus des poids morts qui encombrent l’explorateur et retardent sa marche, mais bien qu’elles deviennent entre les haltes des objets de première nécessité.
- le haut de chaque section sur le sommet du poteau de soutien. Celui-ci est démontable pour les tentes comprenant plus' de deux segments ; pour les deux petits modèles, il peut être remplacé par un fusil ou par la première branche venue.
- Comme je l’ai indiqué, la section de tente peut être utilisée comme manteau imperméable entre les étapes. Elle offre pour le passage des bras deux ouvertures qui, lorsque la tente est dressée, se dis-
- Le nombre de ces sections, de forme triangulaire, varie selon le nombre des membres de l’expédition ; le plus petit modèle se compose d’un segment unique, qui, une fois dressé (fig. 1), offre un abri
- simulent sous une sorte de pochette formant gouttière en cas de pluie. Le voyageur passe ses bras, s’enveloppe dans les plis de la toile, qu’il assujettit à sa taille à l’aide d’une ceinture ou
- 1. Tente pour une personne: — 2. Tente composée de deux segments. — 5. Le grand modèle fait de cinq segments. 4. Spacieux abri pour quatre chasseurs. — 5. La lente transformée en manteau.
- assez vaste pour qu’un homme puisse y dormir. Avec deux sections (fig.'2), la tente a déjà meilleure mine; elle peut abriter amplement deux dormeurs. En réunissant quatre de ces triangles de toile (fig. A), on obtient une lente large de 3 mètres, haute de 2,80 m. Ajoutez un triangle, et vous avez (fig. 5) une hutte très spacieuse, d’un diamètre de près de A mètres sur une hauteur de 2,60 m.
- Ces sections portent des boutons et des boutonnières respectivement sur leurs plus longues lisières, ce qui permet de les ajuster entre elles. Le sommet de l’angle est pourvu d’un anneau qui sert à fixer
- même d’une cordelette. La pluie peut tomber maintenant à torrent : elle ruissellera sur son imperméable.
- Inventée par M. F.-il. Gotsclie, l’existence de la lente-poncho nous a été signalée par notre sympathique confrère, M. J.-A. Mac Cuire, qui dirige au fond du Far West, à Denver, une revue sportive très goûtée des chasseurs et des naturalistes, YOutdoor Life. Jacques d’Izier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuke, rue de T’icurus, 9.
- p.48 - vue 52/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1857
- 26 DECEMBRE 1908
- ECLIPSE DE LUNE DU 7 DECEMBRE
- Eclipse incomplète! Ainsi pourrions-nous désigner le phénomène qui vient d’avoir lieu le 7 décembre au soir. Notre satellite a manqué de s’éclipser et en définitive n’a fait que s’assombrir partiellement dans la pénombre environnant l’ombre de la terre.
- On sait en effet que, lorsque la source éclairante a une surface appréciable, l’ombre portée par un objet quelconque est environnée d’une pénombre dont la largeur est fonction du diamètre de cette source éclairante et de l’éloignement des corps. Tel est le cas de la Lune, qui avant de pouvoir rencontrer le cône d’ombre pure de notre globe, au début d’une éclipse, est obligée de traverser une très large pénombre environnante, où elle s’obscurcit graduel-
- nution d’éclat, pour la partie nord de son disqùçQ
- J’ai pu suivre utilement le phénomène, à mon <r * observatoire de Donville, avec mes amis MM. le capitaine l.ebert, et Lccoq, ingénieur des Ponts et Chaussées. Le ciel, si maussade depuis quelque temps, a bien voulu nous offrir de longues et superbes éclaircies et ainsi la phase maximum a été vue.
- Dès 9 heures une photographie instantanée fut prise sur plaque lente (au lactate d’argent) et, grâce à ce moyen, la pénombre, dont il fallait savoir l’existence pour la percevoir à la vision simple, se montre déjà extrêmement accusée. Sur le phototype (trop pâle pour être reproduit utilement) le tiers du disque à peu près est assombri nettement. Pour mettre en évidence de tels contrastes,
- Aspect de l’éclipse à la vision simple et par la photographie à 10 heures.
- lement. Le commencement théorique de ce phénomène échappe à notre œil et un certain laps de temps doit s’écoüler avant que la diminution d’éclat devienne sensible. Mais ce que nous voyons difficilement, l’appareil photographique l’enregistre parfaitement, à cause de l’aptitude delà plaque sensible à faire ressortir les moindres contrastes, et aussi parce que la portion voilée du disque lunaire est alors affectée d’une teinte enfumée dont la qualité est peu photogénique.
- Les images reproduites ici montrent nettement ce que l’on obtient en pareil cas.
- Quant aux conditions de l’éclipse du 7 décembre, elles étaient les suivantes : la Lune devant passer très près, au Sud, de l’ombre de la Terre à 10h 4m ; elle pénétrait dans la pénombre à 7‘* 47m et en ressortait (le 8) à 0h 21m. Ainsi, notre satellite devait être entièrement plongé dans la pénombre, mais ne subissait, aux environs de 10 heures, qu’une dimi-
- 37e année. — 1er semestre.
- l’emploi des plaques lentes est à recommander.
- Puis le phénomène s’accentue graduellement, et quelques minutes avant le maximum, au moment où des nuages envahissent de nouveau le ciel, une photographie est prise (sur plaque rapide celte fois) sur laquelle il semble manquer maintenant un morceau de disque (fig. 1 ). A la vision ordinaire l’assombrissement est très fort, mais ce n’est qu’un voile assez restreint, ainsi que le montre le dessin
- (fig- 2).
- Cette comparaison est utile à faire pour rétablir les faits dans leur apparence vraie ; car, considérée seule, la photographie, si précieuse pour l'étude des conditions lumineuses (et le but de cette note est de le mettre encore en évidence) nous montre de cette façon une image quelque peu déroutante, surtout pour ceux qui auront très bien pu regarder la Lune ce soir-là et n’y voir rien de frappant, à première vue du moins! Lucien Rudaux.
- 49
- p.49 - vue 53/647
-
-
-
- LE RHINOCÉROS BLANC DU BAHR-EL=GAZAL
- Le plus grand de tous les animaux d’Afrique après l'Eléphant est le « Rhinocéros blanc » des Boers du Transvaal, désigné aussi sous le nom de Rhinocéros camus (Rhinocéros simus), par le voyageur Burchell, qui a été le premier à en donner une description pxacte. Il y a quelques années on croyait l’espèce complètement éteinte, et il est probable que cette extinction serait complète, dans l’Afrique au Sud ,, du Zambèze, si le gouvernement de la Colonie du Cap n’avait pris sous sa protection les derniers survivants. Plus récemment on a reconnu que l’espèce existait également dans le Soudan, où elle est encore assez bien représentée. Néanmoins elle semble beaucoup plus localisée que le Rhinocéros noir (Rhinocéros bi cornis), espèce répandue dans toùte l’Afrique, mais qui tend, elle aussi, à disparaître.
- Le nom de Rhinocéros blanc, d’ailleurs, est parfaitement inexact. L’animal est d’un gris plus ou moins foncé, comme tous ses congénères à peau épaisse. On suppose que les premiers chasseurs qui le rencontrèrent dans les plaines arrosées par l’Orange et la Yaal, apercevant de loin des Rhinocéros qui s’étaient vautrés récemment dans une argile détrempée et blanchâtre,'et dont la peau brillait au soleil, s’imaginèrent que c’était là leur couleur naturelle. On sait que, dans la môme contrée, on a décrit également des Éléphants rouges, et Levaillant s’est assuré que cette couleur était due à la poussière d’ocre rouge dont ces animaux s’étaient poudrés pour se rafraîchir. Malgré tout, le nom de Rhinocéros blanc est resté à l’espèce qui nous occupe ici.
- La couleur mise à part, le Rhinocéros camus se sépare par des caractères très nets de l’autre espèce d’Afrique, et même de tous les Rhinocéros actuellement connus. Sa taille est très élevée (2,10 m. à 2,20 m. au garrot); mais ce qui le distingue à première vue, c’est la forme de son museau qui est largement et carrément tronqué en avant, en forme de mufle, et non caréné et prolongé par une lèvre triangulaire et préhensile, comme celui des autres espèces et notamment du Rhinocéros bicornis d’Afrique. C’est ce qui lui a valu le nom de « camus ». Cette conformation est nettement accusée sur la tête osseuse et contraste avec celle du crâne, terminé en bec d’oiseau de proie,'de la plupart des Rhinocéros vivants et fossiles. Les dents molaires ont une couronne plus aplatie, à replis d’émail plus compliqués que celles de l’autre espèce, ce qui est en rapport avec un régime plus franchement herbivore, que confirment, comme nous le verrons, les mœurs de l’espèce.
- Il y a deux cornes, mais l’antérieure est beaucoup plus longue et plus forte que la seconde qui peut même manquer complètement ou n’être représentée que par un tubercule insignifiant. C’est ce qui a fait croire à l’existence, en Afrique, d’un Rhinocéros
- « unicorne » annoncée, en; 1848, par Fresnel à l’Académie des sciences (Comptes rendus, l. XXVI, p. 281), d’après la description des Arabes voyageant dans le Soudan. La corne antérieure de la femelle est plus longue et plus grêle- que celle du mâle : elle peut atteindre une longueur de. 1,57 m. Dans les deux sexes, cette corne est portée sur une base large, et, de plus, elle est aplatie ou même cannelée sur sa face antérieure, dans la moitié ou les deux tiers de sa longueur.
- Un autre caractère, que nos deux photographies mettent bien en évidence, c’est que la peau de l’animal est couverte de petits tubercules réguliers, qui rappellent ceux beaucoup plus gros du Rhinocéros des Indes, tandis que celle du Rhinocéros noir est lisse ou ne porte que des plis irréguliers.
- C’est en 1812, que le D1’ Burchell rencontra pour la première fois le Rhinocéros camus dans le district de Batlapin, pays des Betchouanas. On n’a jamais vu l’espèce au Sud de l’Orange, et on ne croyait pas, il y a quelques années encore, qu’elle existât au Nord du Zambèze; mais elle était assez commune dans les régions à l’Est de l’Orange, notamment dans le Transvaal et le Zululand. C’est dans ce dernier pays que les rares survivants étaient « réservés », mais assez mal protégés, si Ton en croit M. W. L. Sclater, directeur du Musée du Cap, puisqu’on en tua encore six en 1894.
- En 1836, le Rhinocéros blanc était encore abondant dans le Nord-Ouest du Transvaal. SirC. Harris, le célèbre voyageur, rapporte qu’en traversant le district de Magaliesberg il n’en vit pas moins de 80 en un seul jour de marche, et qu’en allant du Limpopo à une colline éloignée d’un demi-mille, il en compta 22, dont il tua 4 pour sa défense. Sir A. Smith, à la même époque, rencontra en un seul jour de 100 à 150 Rhinocéros, dont la moitié environ était de la présente espèce.
- A mesure que le gros gibier devenait plus rare dans l’Afrique australe, les chasseurs furent forcés de s’avancer davantage vers le Nord. Entre 1840 et 1850, le Rhinocéros camus fut signalé par Gordon Cumming au Nord-Ouest du Limpopo, entre le pays de Secheli et le Lac Ngami.
- Lorsque Selous fit sa première campagne de chasse dans l’Afrique méridionale, en 1871, on rencontrait de ces animaux, bien qu’en moins grand nombre, dans les pays encore inhabités de la rive droite du Zambèze. En 1873, ils étaient assez abondants au Sud des régions montagneuses qui s’étendent à l’Est des chutes Victoria. En 1879, ils étaient devenus rares; en 1884, un seul individu fut aperçu sur les bords de la rivière Mababi, mais Selous ne put l’atteindre : il semble que ce solitaire était venu pour boire de fort loin. Dès lors on n’en entendit plus parler dans cette région du Nord-Ouest de l’Afrique australe.
- Au Nord-Est, dans le Matabélé, ils étaient encore
- p.50 - vue 54/647
-
-
-
- LE RHINOCÉROS BLANC DU BAHR-EL-GAZAL ===== 51
- assez nombreux en 1878. Mais, en 1880, un trafiquant d’ivoire arma de fusils jusqu’à 400 chasseurs Matabèles avec mission de tuer des Rhinocéros, afin de se procurer leurs cornes, et, en 1884, ses magasins renfermaient de véritables piles de ces cornes appartenant aux deux espèces africaines. Quelques Rhinocéros blancs échappèrent cependant, car, en 1892, MM. Coryndon et Eyre, chassant au Nord-Ouest de Salisbury, tombèrent sur une famille de cette espèce, mâle, femelle et jeune, et virent une autre femelle accompagnée de deux jeunes d’âge différent. Un peu plus tard, en 1895, M. Coryndon lua deux mâles dont il eut la chance de pouvoir rapporter la peau et le squelette : l’un est actuellement au British Muséum de Londres, l’autre au Musée de Tring. Un troisième, tué par M. Eyre, est au Musée du Cap.
- On croit que, depuis 1890 — à part la petite réserve du Zululand dont nous avons déjà parlé — il n’en existe plus dans l’Afrique australe, ce qui montre avec quelle rapidité les grands Mammifères disparaissent de la faune africaine.
- Les mœurs du Rhinocéros blanc sont très différentes de celles du Rhinocéros noir. On sait que ce dernier se nourrit surtout de racines et de tubercules qu’il déterre à l’aide de sa corne antérieure.
- Le Rhinocéros blanc, au contraire, ne vit que d’herbages, à la manière des bœufs et des chevaux, et c’est ce qui explique la forme élargie et tronquée de son museau.
- Il semble que cette différence de nourriture ait une certaine influence sur le caractère de ces animaux, tel que les voyageurs nous le dépeignent. Le Rhinocéros noir est farouche, méfiant et toujours en éveil, parcourant sans relâche les sentiers de la forêt dont il fait sa résidence, et chargeant sans motif l’homme qui se trouve sur son passage, ce qui le rend très dangereux pour les chasseurs. On raconte qu’en 1685, le gouverneur de la Colonie du Cap, Simon van der Stal, voyageant dans le pays des Namaquois, le coche qui le portait fut attaqué, près de Piquetberg, par un Rhinocéros qui cherchait à renverser la voiture avec sa corne, et que les voyageurs eurent beaucoup de peine à s’échapper.
- Le Rhinocéros blanc est plus calme et même assez paresseux. Il passe presque toute la journée à dormir à l’ombre, vautré sur le sol comme un énorme pourceau. C’est seulement quand le soleil
- s’abaisse vers l’horizon qu’il s’éveille et commence à paître en se dirigeant vers l’abreuvoir ; contrairement à l’habitude des autres animaux, qui ne boivent que la nuit, celui-ci boit au coucher du soleil, au moins quand il ne craint aucune attaque. Dans la saison sèche, quand les rivières se tarissent, Selous a vu tous les Rhinocéros, qui pendant la saison des pluies étaient dispersés sur une vaste étendue de pays, se réunir autour de quelques sources.
- Cette espèce recherchant pour paître les prairies, ou les clairières couvertes de gazon, qui sont partout assez rares en Afrique, on en voit souvent un assez grand nombre d’individus réunis sur un petit espace, ce qui a fait croire qu’ils formaient de véritables troupeaux. Mais il est facile de constater que, lors^ que les animaux sont repus, ils se dispersent par petites familles ou par couples, dans des directions opposées, pour regagner les fourrés qui leur servent de retraite. Le Rhinocéros blanc est facile à approcher pourvu qu’il n’ait pas près de lui de ces oiseaux sentinelles du genreBuphaga, qui lui donnent l’éveil en volant autour de sa tête; il suffit de se tenir sous le vent de manière qu’il ne sente pas l’odeur du chasseur. Sa vision est mauvaise, même quand elle n’est pas gênée par la position de la corne, et Selous a pu approcher de certains individus, sans autre précaution que de ne pas faire de bruit, jusqu’à la distance de 50 ou 40 m.
- Par contre, si l’animal a le vent pour lui, il flaire l’homme de fort loin et détale d’un trot excessivement rapide; si le chasseur est à cheval, le Rhinocéros blanc prend un galop soutenu qui étonne de la part d’un animal aussi lourd. Mais il se dérobe moins que le Rhinocéros noir, de telle sorte que l’on peut s’approcher de ses flancs en galopant et le tirer plus facilement dans les parties vitales.
- La longue corne des femelles leur sert à un singulier usage. Lorsqu’elles ont un jeune et qu’elles prennent la fuite, on les voit pousser le petit devant elles et le diriger en tenant constamment cette corne appliquée sur les flancs du jeune animal. On croirait voir un bon père de famille promener son enfant, qu’il fait marcher devant lui, en se servant de sa canne pour l’empêcher de se jeter dans les jambes des passants. Mâles et femelles, d’ailleurs, tiennent toujours la tête très basse, la corne antérieure rasant
- Fig. 1. — Rhinocéros blanc (ou camus), vu de face, montrant la forme carrée et aplatie du museau.
- p.51 - vue 55/647
-
-
-
- 52 ========= LE RHINOCÉROS BLANC DU BAHR-EL-GAZAL
- le sol, mais on ne sait si c’est à cette habitude qu’il faut attribuer l’aplatissement de la face antérieure de cet organe, ou bien à une conformation spéciale en rapport avec celle du museau.
- Ce n’est que tout récemment que l’on a eu des renseignements précis sur l’existence du Rhinocéros blanc dans le Soudan. On n’en connaissait que des cornes isolées, rapportées autrefois par Denham et Clapperton du Lac Tchad, et nous avons vu que Fresnel avait supposé que l'animal était unicorne. C’est au commencement de la présente année (1908), que la major P. II. G. Powell-Cotton rapporta à
- mais qui appartiennent très certainement à cette race du Soudan. Celle du mâle, la plus forte,al m. de haut; celle de la femelle, plus grêle, a 1,20 m. et n’est probablement pas entière, ayant été sciée à sa base : elle devait avoir 1,30 m. sinon plus.
- Le magnifique mâle que montrent, de profil et de face, nos deux photqgraphies, a été tué, sur les bords du Bahr-el-Gazal, affluent gauche du Nil, par un chasseur qui désire garder l’anonyme. Elles nous ont été très obligeamment communiquées par M. Francis Yver, qui a chassé lui-même dans cette région et en a rapporté de magnifiques trophées. 11 est à noter
- Fig. 2. — Le même Rhinocéros, tué sur les bords du Bahr-el-Gazal (Soudan Oriental), vu de profil.
- Londres le crâne et les cornes d’un mâle qu’il avait tué dans le pays de Lado, sur le Haut Nil. M. R. Lydekker les reconnut aussitôt pour appartenir au Rhinocéros simus. Comme il est à peu près certain que l’espèce n’existe pas immédiatement au Nord du Zambèze, ni dans la région des Grands Lacs, on voit que le Rhinocéros blanc forme dans le Soudan une colonie bien distincte de celle de l’Afrique australe. Il existe, en outre, quelques différences, notamment une exagération de la forme camuse du museau, et M. Lydekker fait de cette colonie une sous-espèce distincte sous le nom de Rhinocéros simus cottoni.
- Le Muséum de Paris possède depuis longtemps deux cornes, restées indéterminées jusqu’à ce jour,
- que l’animal a été tué pendant qu'il dormait à l’ombre de la forêt, dans la position même où nos figures le représentent.
- Il est vraisemblable que les Arabes qui, dès le moyen âge, avaient pénétré jusqu’au Niger, font depuis cette époque le commerce des cornes du Rhinocéros blanc, plus longues et plus belles que celles de l’autre espèce.
- D’après Fresnel, qui a longuement interrogé les marchands arabes à ce sujet, personne, dans le Soudan, ne confond, à première vue, les deux sortes de cornes. On appelle le Rhinocéros bicorne Khertit et le Rhinocéros blanc Ahou-Karn (possesseur d’une corne). Ces cornes sont exportées, par les comptoirs de la mer Rouge et de l’océan Indien, pour la Perse
- p.52 - vue 56/647
-
-
-
- = LES RESSOURCES HOUILLÈRES
- et la Chine où on les sculpte, comme l’ivoire, pour en faire des coupes, des manches de couteaux, de sabres et de poignards, qui sont souvent couverts de figures de l’art le plus délicat.
- On permettra peut-être, en terminant, au professeur du Muséum de plaider ici pro ilomo sua. Une dépouille entière de ce gigantesque animal est un des grands desiderata de nos galeries de Zoologie et, aujourd’hui que les chasseurs se dirigent en foule
- DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE = 53
- vers le Soudan, il serait plus facile qu’on ne pense de rapporter un semblable trophée, qui ferait singulièrement honneur à celui qui en doterait notre établissement national. Dans quelques années, tous ces grands animaux africains, derniers survivants des temps tertiaires, auront disparu de la surface du globe, et leurs rares débris sembleront alors aussi précieux que ceux du fameux Diplodocus1.
- E. Trouessart,
- Professeur au Muséum.
- LES RESSOURCES HOUILLÈRES DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
- Les ressources houillères des Iles Britanniques et de l’Allemagne, les deux plus grands reproducteurs de houille en Europe, ont fait l’objet d’un article précédent1. 11 s’agit de pressentir aujourd’hui les ressources houillères de la Fédération des Etats-Unis d’Amérique, le plus puissant producteur de houille du monde entier. La production mondiale vient d’atteindre environ un milliard de tonnes par an, les États-Unis y contribuent pour bien près de 40 pour 100.
- Le sujet est vaste, en raison de la superficie des Etats-Unis (elle équivaut à celle de l’Europe continentale) de l’importance des ressources existantes et, aussi, en raison de l’abondance de la documentation.
- GÉOLOGIE GÉNÉRALE 1JES BASSINS CHARBONNEUX
- Les connaissances sur la constitution géologique du territoire et la formation des gisements houillers sont les meilleurs guides à suivre, pour un exposé d’ensemble des ressources houillères.
- Or, si on excepte la Plaine Côtière du Golfe du Mexique et quelques districts des bords de l’Atlantique, toute la partie du territoire des États-Unis, à l’Est du 100° méridien de Greenwich, ,est définitivement émergée, avant que le grand événement géologique, la Révolution Appa-lachienne, qui clôture l’Ère- Paléozoïque, dans l’Amérique du Nord, soit accompli. Au contraire, si on excepte quelques îles de formation paléozoïque, le reste du territoire,'ou plus exactement toute la partie à l’Ouest de ce méridien2 et la Plaine Côtière du golfe du Mexique, reste encore immergé, à la fin de l’Ère, sous une mer profonde. C’est dans la première de ces parties que vont s’individualiser les gisements de la période carbonifé-rienne, si les circonstances sont favorables à leur dépôt et à leur conservation. Le reste contiendra des dépôts de formations postérieures, et on ne peut s’attendre à y rencontrer que des gisements houillers des périodes géologiques qu’elles représentent.
- Une généralisation trop absolue, attribuant les meilleurs gisements houillers à la Période Carboniférienne et les moins bons aux périodes postérieures, risque d’être quelquefois prise en défaut; il n’en est pas moins vrai que, si on ne lui attribue pas un caractère absolu, la règle se contrôle dans bien des. cas.
- La géologie de la partie orientale des États-Unis est connue. 11 n’en est pas de même de la Plaine Côtière du Golfe, du Mexique et de la partie occidentale. De l’aveu même de Y United States Geological Survey, il subsiste encore, en ce qui les concerne, de nombreuses incertitudes, sur l’étendue et la valeur des terrains contenant
- 1 Voy. n° 1829, du 9 mai 1908, pp. 354-356.
- 2 Non compris l’Alaska.
- des charbons de moindres qualités, sous-bitumineux ou ligniles noirs et ligniles, spécialement, sur les terrains lignitifères de la Plaine Côtière du Golfe du Mexique, sauf pour ceux du Texas qui sont bien développés et exploités, sur les parties du South Dahota contenant du lignite, les terrains lignitifères et sous-bituminéux de la région Fort Union (partie orientale du Montana), les couches de la région Assiniboine (Nord central du Montana) et les Bassins des laps Tertiaires isolés de la partie montagneuse du même État. En outre, peu de choses sont connues sur l’étendue, la valeur et même l’existence des terrains houillers de la Côte du Pacifique, sur l’existence du charbon et l’étendue des terrains du Sud et du Sud-Est de l’Utah, où il doit exister de grandes superficies de terrains productifs. Leur charbon est peut-être dépourvu de valeur commerciale. Enfin, si on a de sérieuses raisons de croire à l’existence du charbon, dans les bassins profonds ou synclinaux des États de la Région Rocky Mountain, les strates de recouvrement sont si épaisses que ces charbons sont peut-être bien difficilement accessibles. On ne peut cependant se dispenser de citer les plus importants de ces bassins : San Juan River (Nouveau Mexique et Colorado), Uinta (Colorado et Utah), Green River (Wyoming et Colorado), Bighorn (Wvo-ming).
- Malgré ces lacunes que des travaux et études ' incessants finiront bien par combler, la base géologique plus haut indiquée, divisant le territoire en deux grandes sections situées, l’une à l’est du 100° méridien, sans y. comprendre la Plaine Côtière du Golfe,! et l’autre à l’ouest de ce méridien, en y ajoutant cette plaine, est encore la meilleure. On verra qu’elle comporte des subdivisions.
- 1° La Section Orientale, la plus intéressante pour l’Europe, contient, en même temps, les plus abondants et les meilleurs charbons. Une très grande superficie de cette section, à peu près tout ce qui se trouve à l’ouest des pentes orientales des Appalaches, paraît avoir été entièrement recouverte, durant la Période carboniférienne, par un vaste gisement houiller en formation, séparé, plus tard, en plusieurs grands bassins, par des incidents géologiques et les effets de la dénudation. Peut-être faut-il exclure de cet ensemble le terrain houiller du Nord, compris dans le Michigan. Dès l’origine, il a pu constituer un bassin distinct.
- Elle possède aussi, vers la Côte Atlantique, quelques bassins de roches Triasiques.
- 2° La Section Occidentale et de la Plaine du Golfe, constituée, en grande partie, par des formations Crétacées
- 1 Dans un autre article, je démontrerai que le Rhinocéros blanc est YUnicorne ou Licorne des Anciens.
- p.53 - vue 57/647
-
-
-
- LES RESSOURCES HOUILLERES DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
- 54
- cl Tertiaires, contient, avec certains produits de la nature de ceux existant dans la première sedtion, mais moins répandus, principalement des sous-bituiliineux et des lignites. . i
- Les lignites de la Plaine Côtière,du Golfe du Mexique sont d’origine Eocène (Tertiaire) et de basse qualité ; ceux du voisinage de Laredo (frontière du Mexique) méritent une exception. A Eagle Pass, ils sont géologiquement plus anciens, leur origine est crétacée, et aussi de meilleure qualité.
- Dans les régions Rôcky Mountain et des Grandes Plaines du Nord, les roebes productives vont du Crétacé Inférieur à PEocène (Tertiaire).
- Le Crétacé Inférieur se constate dans les terrains Créât Falls et Lewistown du bassin Judith (Montana central) et dans les Black Hills (Wyoming). Il s’agit de la formation Kootanie dont la llore semble être, d’après le regretté M. de Lapparent, du Wealdien. C’est aussi la roche de Crows Nest Pass et du Terrain de l’Alberta.
- Le Crétacé Supérieur encaisse bon nombre des charbons des districts San Juan Hiver et Raton Mountain du Colorado méridional et du Nouveau Mexique, ceux de la plupart des Terrains disséminés dans le Nouveau Mexique et presque toutes les couches connues des autres Terrains du Colorado et des Terrains de l’Ulah. Dans le Wyoming, il comprend ceux des régions llams Fork, Green River, Bighorn, Hanna, etc. ; dans le Montana, ceux des régions Yellowstone et Assiniboine et du Terrain Bidger de Carbon County.
- La vaste superficie productive de Fort-Union (parties des North Dokota, South Dakota, Montana et Wyoming) est Eocène. Il en est de même du terrain Bull Mountain sur Musselsliell River, du terrain Red Lodge (frontière méridionale du Montana), du bassin Green River à l’est de Rook Springs, de la partie centrale du Terrain Hanna et de certaines parties du llams Fork (Wyoming).
- Les bassins des montagnes, se trouvant dans la partie occidentale du Montana, et quelques-uns de l’idaho, encore peu connus, sont d’origine Tertiaire.
- Tous les charbons de la Côte du Pacifique sont aussi du Tertiaire, certains d’entre eux ont été transformés en anthracite par l’intrusion de roches ignées. Ceux de l’Etat de Washington et du Terrain Coos Bay (Oregon) sont d’origine Eocène ; ceux de Slone Canyon de Monle-rey County (centre partie occidentale de la Californie) sont du Miocène Inférieur.
- Dans Y Alaska, les stratifications productives vont du Carbonifère au Tertiaire et leurs produits de l’antbracite aux semi-bitumineux à vapeur, charbons à coke, bitumineux et lignites.
- Ce sectionnement général n’est pas en désaccord avec la division présentée récemment, en mai 1908, par M. Marius R. Campbell qui partage le territoire en six provinces et celles-ci en régions.
- Les deux premières provinces, Province Orientale et Province Intérieure, s’étendent sur la Section Orientale des Etats-Unis et les quatre autres, Province du Golfe du Mexique, Province des Grandes Plaines du Nord, Province Rock y Mountain et Province de la Côte du Pacifique, sur la Section Occidentale et du Golfe du Mexique.
- DESCRIPTION PAR PROVINCES
- 1° La Province Orientale comprend la Région Appa-lachienne, la Région de P Anthracite et la Région de la Côte Atlantique.
- La Région Appalachienne contient les Terrains dits
- du Nord et du Sud qui, en fait, vont presque sans interruption, de la frontière septentrionale de la Pennsylvanie, vers Sud-Ouest, jusqu’au centre de l’Alabama, sur une longueur de 850 miles C Us se trouvent dans parties des neuf États ci-après : Pennsylvanie, Ohio, Maryland, Virginie, Virginie Occidentale, Kentucky (partie orientale), Tennessee, Géorgie (corne Nord Ouest) et Alabama. Leurs superficies réunies, sans y comprendre le Terrain Anthracifère, excèdent, d’après M. Parker de VUnited States Geological Survey, 08 000 miles carrés2. M. C. W. Hayes, également de YUnited States Geological Survey, admet 70 800 miles carrés, avec environ 75 pour 100 possédant des veines exploitables de charbon bitumineux des diverses qualités.
- La Région de Y Anthracite dont le terrain, qui mesure une superficie de 484 miles carrés, a dù faire corps avec ceux de la région précédente, occupe la partie orientale de la Pennsylvanie. Il existe dans le Colorado et le Nouveau Mexique de petites superficies d’ensemble,
- 10 miles carrés, produisant de l’anthracite; mais toutes les fois qu’il est question du Terrain Anthracifère des Etats-Unis, on entend désigner celui de la partie orientale de la Pennsylvanie, d’origine carbonilérienne.
- La Région de la Côte de l’Atlantique comprend les terrains houillers, de formation Triasique, s’étendant sur 270 miles carrés dans la Virginie et sur 800 dans la Caroline du Nord. 11s sont déchus du rôle important qui leur fut attribué au début delà colonisation.
- 2° La Province Intérieure s’étale sur les États énumérés ci-après dans scs régions. Celles-ci sont au nombre de trois : Région Intérieure Nord, Région Intérieure Est et Région Intérieure Ouest et Sud-Ouest.
- Le Terrain Intérieur Nord mesure une superficie de
- 11 500 miles carrés, situés à peu près au centre de la presqu’île formée par les lacs Erié, Iluron et Michigan, dans l’État de Michigan. L’évaluation de ses ressources est assez délicate. M. M. II. Campbell admet, avant l’exploitation, d’ailleurs faible qui en est faite, 12 000 millions de short tons3.
- Le Terrain Intérieur Est se trouve compris dans l’Illinois, il en occupe presque toute la partie au sud d’une ligne tracée par Rock Island, Moline et Joliet, et déborde dans les parties occidentales de l’Indiana et du Kentucky. Sa superficie est d’environ 58 000 miles carrés, dont 55 pour 100 peuvent, dans les conditions actuelles, être considérés comme productifs.
- Quant aux Terrains Intérieurs Ouest et Sud-Ouest, ils forment un lit ininterrompu de Goal Measures qui s’étend de la partie nord de l’lowoa, vers sud-sud-ouest, sur une longueur de 880 miles et embrasse une superficie de 94000 milles carrés, inscrits dans les États ci-après : lowa, Missouri, Nébraska, Kansas, Indian Terri-tory, Arkansas et Texas. Vers l’Ouest, le terrain houilier passe sons le Permien et autres formations des Grandes Plaines de l’ouest.
- Les ressources houillères décès deux provinces, malgré une exploitation sans cesse vigoureusement croissante, excèdent encore, pour les plus facilement accessibles, un tonnage brut montant à 1000 milliards de short tons. Nous reviendrons plus loin sur l’évaluation de l’ensemble des ressources.
- 5° La Province du Golfe du Mexique comprend la Région du Texas et la Région du Mississipi. Ses for-
- 1 Mile : kilom. 1,009.
- - Mile carré : kilom. carré-2,5899.
- 5 Short ton : 908 kg.
- p.54 - vue 58/647
-
-
-
- = LES RESSOURCES HOUILLÈRES
- mations Tertiaires, contenant ou pouvant contenir du lignite, s’étendent sur une superficie de 84 500 miles carrés. Elles sont à peine effleurées.
- •iu La Province tien Grandes Plaines du Nord contient des terrains principalement d’origines crétacée et tertiaire. 11 convient de citer ceux des régions Fort Union et Assiniboine. Leurs formations, en très grande partie productives, s’étendent sur une superficie continue mesurant 105 504 miles carrés et font partie des iNorth et South Dakota, du Montana et du Wyoming. Les ressources sont plutôt des sous-bilumineux et lignites.
- 5° La Province Rocky Mountain comprend principalement des formations crétacées. Leurs terrains contiennent , avec des sous-bitumineux et quelques lignites, une cer-raine quantité d’anthracite et de bitumineux. Les superficies réunies atteignent 92 590 miles carrés, s’étendant sur parties des Etats Montana, Jdaho, Wyoming, South Dakota,' Utali, Colorado et Nouveau Mexique. Ils sont, jusqu’à ce jour, peu exploités. Voici leurs principales régions énumérées du Nord au Sud : Judith Basin, Yel~ lowslone,. Bighorn Basin, Black Hills, Bains Fork, Green Hiver, Uinta, Denver, Southweslern, Ula.lt, San Juan Hiver, Bâton Mountain et autres de moindre étendue.
- 0° Enlin la Province de la Gâte du Pacifique comprend des formations du tertiaire, disséminées le long de la cote, dans les Etats de Washington, Orégon et Californie et représentant, en surface totale, 185Ü miles carrés qui produisent des bitumineux, sous-bitumineux et lignites.
- ÉVALUATION DES RESSOURCES HOUILLÈRES SURSIS'!’ANTES
- En 1906, Y United States Geological Survey donna une appréciation, établie, sans informations très précises, sur les ressources houillères des Etats-Unis. Elle monte à 2200 milliards de short tons (de 907,18 kil.), pour le charbon existant à l’origine, c’est-à-dire avant l’exploitation.
- Malgré les lacunes subsistant encore, pour plusieurs des plus importants terrains de l’Ouest et des bords du Colle, M. Marius R. Campbell, ajoutant aux informations précédentes celles acquises récemment, entreprit une évaluation plus serrée. Il adopte, comme profondeur maxima, 5000 pieds, soit 1219 mètres, pour l’exploitation de la houille et 1000 pieds pour celle du lignite, il ne fait entrer en ligne de compte que les veines d’au moins 20 incites (0 m. 50 env.) pour la houille et 5 pieds pour le lignite.
- Dans son évaluation, il admet les superficies suivantes :
- Provinces. Miles carrés.
- Orientale..............................- 70.022
- Intérieure............................. 144. 664
- Pu Golle (lu Mexique.......................... 81.500
- Pes Grandes Plaines du Nord.................. 103.564
- lîoeky Mountain............................... 92.596
- Cote du Pacifique.............................. 1.850
- Total............ 490.770
- Il conclut au chiffre global de 5 157 245 millions de short tons, soif au chiffre rond de 5157 milliards de short tons pour les ressources existantes à l’origine.
- Les principales causes de l’augmentation, sur l’appréciation de 1906, sont imputables à des informations plus complètes et à un accroissement de la profondeur admise pour l’exploitation.
- Ce tonnage considérable est réparti comme suif :
- 1° Entre les provinces et en raison des conditions d’exploitation, aussi bien à l’origine que dans la situation présente des choses :
- DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE - 55
- Millions de
- Approvisionnement avant short tons res-
- la mise en exploitation. tant au coin-
- Millions de meneeinenl
- short tons accessibles. de 1908.
- Facilement
- Provinces. Facilement. Difficilement. accessibles.
- Orientale . . 656.673 8 000 628.870
- Intérieure . . 406.667 91.000 404.726
- Du Golfe . . 13.045 10.045 13.031
- Des Grandes Plaines fin
- Nord . . 521.793 439.000 521.764
- Rocky Mountain. . . . . 414.740 574.280 414.582
- Cote du Pacifique. . Il 100 10.900 11.027
- Totaux . . 2.004.018 1.153.225 1.993.800
- 2° Et entre les espèces de charbons :
- Anthracite elbituinineuv. 1.257.766 503.750 1.247.672
- Sous-bitumineux . . . . 55G.707 293.450 356.594
- Lignite 354.045 589.534
- Totaux. . . . . 2.004.018 1.155.225 1.995.800
- Les évaluations de cette nature ne nous paraissent pas devoir se borner à un inventaire du tonnage des gisements. 11 conviendrait aussi de déterminer la partie des ressources qui se trouvera nécessairement sacrifiée dans, l’exploitation. En la déduisant des tonnages existants, on obtiendra les ressourçais réelles, restant disponibles pour la consommation, et c’est là l’intéressant. Quelle peut-être, pour les conditions d’exploitation aux Etats-Unis, cette fraction à sacrifier ? Elle n’est pas bien comme ; mais, en l'ail, le charbon gaspillé dans l’exploitation est important; d’après des évaluations sérieuses, il excéderait 50 pour 100 des produits obtenus pour la consommation. C’est beaucoup trop et il faut s’attendre à une réaction contre ce gaspillage.
- 11 résulte des chiffres de la Royal Commission on Coal Supplies du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, 1900-1905 (elle admet, pour le décompte des ressources du Royaume, les veines à compter d’une puissance de 12 incites ou 0 m. 504) que, des ressources disponibles, il faut déduire, pour toutes choses, environ un cinquième. Si on applique cette proportion aux ressources facilement accessibles, restant disponibles aux Etats-Unis, au début de 1908, il reste pour la consommation, en chiffres ronds, exprimant des millions de short tons, savoir :
- Millions de short, tous.
- Anthracite cl bitumineux............... ,998.158
- Sous-bitumineux........................ . '285.276
- Lignite................................ 311.628
- A quoi il faut ajouter, pour les ressources difficilement accessibles plus haut chiffrées, et celles non encore reconnues, un tonnage net important, restant à dé-
- terminer ............................ Mémoire
- Total, sauf mémoire.......... 1.593.042
- De nos jours les États-Unis produisent annuellement 425 millions de tonnes métriques se décomposant en : anthracite (Pennsylvanie orientale et petites superficies du Colorado et du Nouveau Mexique), semi-anthracite (Pennsylvanie, Colorado, Indian Territorv, Virginie, Montana et Arkansas), charbons bitumineux, donnant de beaucoup la plus forte production (27 états en 1905 et 24 en 1906), semi-bitumineux (Virginie Occidentale, Pennsylvanie, Maryland, Illinois, Virginie, Montana et Il autres états), sous-bitumineux on black lignite, à classer entre le bitumineux et le lignite (Wyoming, Colorado, Nouveau Mexique, Californie, Orégon...) et véritable lignite ou brown-coal (Texas, Nortli Dakota, etc.). Sont également compris dans ce tonnage un peu de cannel coal (Kentucky, Indiana, Virginie Occidentale, etc...), de splint coal (Virginie Occidentale) et de j, block coal (Indiana, etc...). Ed. Loziî.
- p.55 - vue 59/647
-
-
-
- 56
- LE CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN DE PARIS
- Le raccordement des caissons immergés en Seine pour le passage de la ligne n° 4
- sous le fleuve
- Au cours de nos précédents articles, nous avons indiqué à quels moyens on avait dû avoir recours pour permettre le passage de la ligne métropolitaine n° 4, dite de la Porte de Clignancourt à la Porte
- nu 1779) et derrière un bouclier spécial disposé pour l’emploi de Pair comprimé, pour le passage sous la caserne de la Cité d’une part et sous la rue Danton d’autre part; évidement du terrain et mon-
- d’Orléans, sous les deux bras de la Seine et Plie de la Cité, dans la partie comprise entre la place du Châtelet sur la rive droite et le boulevard Saint-Germain sur la rive gauche. Dans cet espace représenté par une longueur de tracé de 1092,70 m. les difficultés se, sont amoncelées comme à plaisir et ont nécessité, pour les vaincre, l'emploi de procédés de constructions aussi intéressants . que variés, très onéreux aussi, puisque la dépense prévue pour l’infrastructure seule s’élève à 15 614000 fr. Le tunnel, dans cette fraction, est essentiellement caractérisé par la substitution du revêtement métallique au revêtement de maçonnerie employé pour les types courants, mais sa section rappelle tout à fait, par ses formes et sauf une légère augmentation des dimensions dans œuvre, celle de l’ouvrage maçonné à double voie. Quant aux moyens employés pour sa construction, ils ont absolument varié puisqu’on a vu le procédé par cheminement horizontal alterner avec celui par caissons à fonçage vertical ; ils peuvent d’ailleurs se résumer et se classer de la façon suivante (voir le plan, fig. 1) : montage des anneaux de fonte du revêtement à l’air libre, à l’abri d’une voûte maçonnée préalablement construite suivant les procédés ordinaires d’avancement en souterrain pour la traversée de la place du Châtelet; montage du cuvelage au moyen de l’Erector Fifre (voy.
- tage du cuvelage après congélation préalable du sol, suivant le système Poetsch, pour passer sous le tunnel du chemin de fer d’Orléans qui traverse la place Saint-Michel en suivant les quais et dont les voies devront rester en exploitation pendant les travaux ; enfin incorporation du tunnel proprement dit dans des caissons d’acier foncés verticalement à l’aide de l’air comprimé pour la traversée des deux bras de la Seine. Dans cette fraction, la ligne il0 4 comporte aussi deux stations, la Cité et place Saint-Michel, d’un type spécial, à revêtement d’acier, emprisonnées également dans des caissons foncés verticalement avec le secours de l’air comprimé, et flanquées chacune, à leurs deux extrémités d’un puits elliptique qui sert à la fois de raccord entre la station et le tunnel, et d’accès aux quais d’embarquement (voy. nos 1754 et 1818). La description de la plupart de ces travaux a déjà été donnée par La Nature ; ce qui reste à en dire sera traité en temps voulu dans des articles subséquents, et nous pensons devoir consacrer celui-ci à une question très intéressante, parce qu’elle a donné lieu à un procédé nouveau, fort ingénieux, créé pour la circonstance : le. raccordement des caissons foncés sous le grand et le petit bras de la Seine.
- On sait que, pour éviter d’intercepter la circulation fluviale, trois caissons ont été alternativement
- Coupe en travers d'un caisson immergé sous la Seine.
- p.56 - vue 60/647
-
-
-
- LE CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN DE PARIS ===== 57
- foncés sous le grand bras et deux sous le petit bras du ileuve. L’un et l’autre de ces bras sont traversés en biais, le premier, suivant une courbe de 550 m. de rayon, l’autre en alignement droit. Dans le grand bras, le premier caisson foncé a été celui, long de 50 m., voisin du quai de Gesvres, dont il est distant d’environ 5 m. ; puis on a continué par celui de la rive opposée qui a 45 m. de longueur et qui, lui,
- ment dit dont les dimensions dans œuvre sont de 7,50 m. d’ouverture pour une hauteur de 5,40 m. (voir fig. 2). Pour obtenir d’abord qu’ils touchent le fond de la Seine par leur base, puis qu’ils descendent par leur propre poids au lur et à mesure de la place que leur (ont les ouvriers placés dans la chambre de travail et protégés contre l’envahissement des eaux par l’atmosphère d’air comprimé dans
- Béton
- Matériaux de terrassement jetés pour combler la tranchée Terrain naturel
- Fig. 5. — Coupes schématiques montrant les diverses phases d’enloncements des caissons sous la Seine.
- pénètre au contraire d’environ 7 m. sous le quai de ia Cité; le médian de 58 m. de long a été foncé en troisième lieu. Dans le môme temps, le caisson rive gauche du petit bras a été foncé, et c’est par son
- laquelle ils se trouvent, on leste ces caissons en premier lieu avec les lourds voussoirs de fonte qui constituent l’enveloppe du souterrain proprement dit, puis, en chargeant de béton l’espace compris
- Fig. i. — Vue de deux caissons conséculil's immergés sous le grand bras de la Seine avant l’opération du «joint».
- voisin, qui comme lui mesure 19,80 m. de longueur, qu’on a terminé. Montés sur berge et constitués par une enveloppe en tôles d’acier jointives, rendues étanches et soutenues par des fermes semi-circulaires espacées de 1,20 m., mis à l’eau, puis amenés par flottaison sur le lieu du fonçage où ils sont amarrés, ces caissons, de forme semi-cylindrique et qui mesurent 9,60 m. de largeur et 9,05 m. de haut, abritent à leur base une chambre de travail de 1,80 m. de hauteur surmontée du tunnel propre-
- entre cette enveloppe et celle du caisson qui est de 0,90 m. à la clef et de 0,96 m. aux naissances de la voûte; enfin, on admet progressivement et pour obtenir l’augmentation de poids qui doit croître avec la descente, de l’eau dans la cavité intérieure, celle dans laquelle circuleront les trains plus tard, eau qu’il sera toujours facile d’éliminer après le fonçage et, lorsque la chambre de travail aura été comblée par du béton, par un moyen d’épuisement quelconque (voir fig. 5).
- p.57 - vue 61/647
-
-
-
- 58 ~--:--- LE CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN DE PARIS
- On a réalise) ainsi pour chacun des caissons du grand bras un poids total d’environ 4500 tonnes (5000 t. de métal, 2000 t. de béton et 2000 t. d’eau de lestage). Dans leur position définitive, ces caissons reposent à près de 15 m. au-dessous du niveau de l’eau, soit à environ 24 m. au-dessous du niveau du sol, ce qui place les rails à plus de 20 m. en contre-bas de la chaussée. On a pu remarquer que, dans ces ouvrages, la largeur du tunnel proprement dit avait été un peu augmentée par rapport au
- de ses extrémités par une cloison métallique très solidement charpentée et démontable seulement dans la section correspondant exactement au tunnel proprement dit. Ces cloisons, au lieu d’épouser la forme arrondie du caisson, se redressent verticalement jusqu’au niveau supérieur de l’ouvrage, de façon à soutenir une murette de béton qui se présente en plan sous la forme d’une banquette de 1,20 m. de largeur, et d’une longueur égale à la largeur du caisson, soit 9,60 m. lin raison du mode de descente
- Fig'. 5. — La première phase du « joint » : construction des murs latéraux extérieurs qui supporteront le caisson batardeau.
- tunnel maçonné (7,50 m. au lieu de 7,10 m.) ; ceci en raison de la quasi impossibilité dans laquelle on se trouvait d’obtenir un fonçage suivant mathématiquement l’axe théorique du tracé, et de l’obligation de faire la part des aléas en se réservant une marge suffisante qui est ici de 0,20 m.; l’erreur maximum relevée après fonçage entre deux caissons consécutifs n’a pas dépassé 0,16 m., inférieure par conséquent à la limite qu’on s’était imposée.
- La qualité indispensable des caissons immergés sous la Seine est d’ètre, on l’a vu, parfaitement étanches. Chacun d’eux, qui porte en soi une portion de tunnel, est donc soigneusement obturé à chacune
- des caissons qui s’opère toujours par une suite d’oscillations d’avant en arrière et réciproquement, ou ne pouvait songer pouvoir foncer deux caissons successifs, immédiatement bout à bout sous peine de provoquer une rencontre au cours du fonçage ; un espace de 1,50 m. a donc été laissé entre eux. C’est cette solution de continuité qu’il convient de combler pour assurer le libre passage des voies, et qui constitue par conséquent un « joint » à raccorder, qui a été pratiquée suiyant le curieux procédé que nous allons décrire.
- Engloutis sous les eaux pour pénétrer dans les terrains sous-fluviaux où ils disparaissent complè-
- p.58 - vue 62/647
-
-
-
- LE CHEMIN DE FER METROPOLITAIN DE PARIS =... 59
- Icment pour y demeurer, deux caissons consécutifs mettent donc en présence à leurs extrémités, deux cloisons identiques séparées par un intervalle de 1,50 m. et qui se font face (voir fig. 4) ; on a donc ainsi deux banquettes en regard l’une de l’autre qui affleurent, à 0,60 m. près, au niveau du lit du fleuve et qui vont constituer les deux premiers côtés parallèles d’une assise qui, complétée par ses deux autres côtés, pourra entourer complè-
- d’extrémités, soit 7,25 m. (voy. lig. 5). Comme il ne faut pas oublier que tout ceci se passe sous le lit du lleuve, l’exécution de ces massifs n’a pas été sans donner lieu à des sujétions particulières. On a eu recours, pour les édifier, à des caissons métalliques dits amovibles, parce qu’au lieu d'être abandonnés à fond de fouille comme il arrive le plus généralement aux engins de cette nature, ils ont été d’abord descendus pour pratiquer les déblais, puis
- Fig. 6. — Deuxième phase du joint : le raccord elleclué à l’abri du caisson batardeau.
- Icment et isoler le noyau central à excaver, et recevoir un engin à l’abri duquel le déblaiement et le raccord entre les deux caissons pourront être exécutés .
- Il s’agit donc maintenant de construire à l’amont et à l’aval du joint à opérer et tout contre les deux caissons considérés qu’ils réuniront ainsi extérieurement, les deux assises complémentaires dont il vient d’être question ; en l’espèce deux murs latéraux en béton de 1,75 m. de largeur, 4 m. de longueur et d’une hauteur égale à celle existant entre le niveau du plafond de la chambre de travail des grands caissons et celui des banquettes supérieures
- remontés pour permettre d’exécuter la maçonnerie à leur abri ; ils ont donc pu ainsi servir plusieurs fois. Dans ces conditions, il fallait pour les rendre maniables, savoir concilier une légèreté relative à une solidité à toute épreuve, car ils étaient appelés à subir des efforts considérables surtout pendant leur période de relèvement. Ayant à traverser une couche d’eau de 5 m. d’épaisseur, puis à pénétrer dans le terrain aquifère sur une profondeur de 7,85 m., soit à effectuer une course totale de 12,85 m. environ, on a dû faire de plus, usage de l’air comprimé et chacun de ces caissons-amovibles, constitués de la façon suivante, a reçu en conséquence une seule
- p.59 - vue 63/647
-
-
-
- 60
- LE CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN DE PARIS
- cheminée et un seul sas à air servant aussi bien à l’éclusée des hommes qu’à celle des matériaux : la chambre de travail inférieure, de dimensions sensiblement égales à celles de l’ouvrage élevé à son abri et dont les parois métalliques sont rigoureusement étanches à l’air et à l’eau, a une hauteur de 1,90 m. et est recouverte d’un plafond très résistant constitué par des poutres d’acier de 1 m. de hauteur reliées par un platelage de tôle qui, en raison des sous-pressions auxquelles le caisson a à résister, est placé sous celles-ci. Sur sa périphérie, en prolongement des parois de la chambre de travail, ce caisson est pourvu de hausses démontables qui, se superposant les unes aux autres, au fur et à mesure de la descente, pourront toujours émerger de l’eau et laisser entre elles et la cheminée centrale un espace solidement étri-sillonné pour résister aux efforts d’écrasements et dans lequel on peut introduire progressivement le lest liquide (eau) ou solide (sable) nécessaire au fonçage. Le fond de fouille atteint, le déblais effectué, on procède au relèvement progressif qui s’opère au moyen de quatre vérins hydrauliques de 100 tonnes chacun alimentés par une pompe actionnée électriquement et qui fournit l’eau sous une pression de 200 kg par centimètre carré; cet effort de soulèvement, très variable suivant l’adhérence plus ou moins grande du terrain contre les parois, n’a jamais dépassé 500 tonnes. On remplit alors de béton la fouille obtenue par la remontée progressive de l’engin, on enlève le lest et les hausses démontables et... on n’a plus qu’à recommencer ailleurs pour préparer un autre raccord (voirfig. 5).
- Cette opération terminée a donc permis d’isoler sur un des côtés la partie de terrain restée entre deux grands caissons successifs et d’offrir à 0,60 m. environ en contre-bas du lit du ffeuve une assise sur
- laquelle, après dragage, va prendre appui un caisson batardeau métallique qui recouvrira entièrement l’enceinte ainsi formée et à l’abri duquel pourront s’effectuer l’excavation et le raccordement proprement dit. C’est dans l’usage de ce nouvel engin qu’il faut voir un procédé d’exécution tout à fait curieux et nouveau, jamais employé jusqu’alors et qui fait tout à fait honneur à l’esprit . inventif de son auteur M. Chagnaud, l’entrepreneur des travaux.
- Ce caisson batardeau est une sorte de grande
- boîte en acier dépourvue de fond qui a 11 m. de longueur sur 3 m. de largeur et une hauteur totale de 2,10 m. sur lesquels 1,80 m. sont réservés à la chambre de travail et 0,50 m. au plafond constitué par des poutres d’acier reliées par un platelage de tôle qui, en raison de la pression supportée par l’ouvrage, contraire comme on va le voir à celle qui agissait sur les caissons amovibles, a été placé au-dessus d’elles ; de ce plafond partent deux cheminées verticales de 4,50 m. de hauteur qui seules émergent de l’eau. Suspendu entre deux bateaux, le caisson batardeau
- alors plein d’eau est amené au-dessus du joint et échoué de façon qu’il repose par 5 m. de fond environ sur les quatre murs de l’enceinte inférieure destinés, comme on l’a vu, à le recevoir.
- Il y repose par l’intermédiaire d’un boudin de 0,50 m. de diamètre en mousse naturelle enveloppée dans une toile à bâche étanche sur lequel il s’appuie au moyen d’un large fer en U renversé dont sa base a été munie. A peine comprimé par les 30 tonnes que pèse ce caisson-batardeau, le joint ainsi formé est suffisamment étanche cepèndant pour commencer la vidange des cheminées et de la chambre de travail. En 10 minutes, avec une pompe centrifuge actionnée par un moteur électrique de
- — Le raccord de deux caissons sur le grand liras de la Seine.
- p.60 - vue 64/647
-
-
-
- LE CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN DE PARIS .....-.61
- 10 HP, le contenu des deux cheminées a été enlevé et on se rend facilement compte qu’avec l’épuisement de l’eau augmente la stabilité du caisson-batardeau qui se trouve en lin de compte maintenu dans sa position par une pression colossale égale au volume d’eau, qu’il supporte, en plus de son propre poids, pression transmise au joint dont l’étanchéité augmente donc aussi dans les mêmes proportions (voy. fïg. 6).
- Ayant vidé complètement la chambre de travail de l’eau qu’elle contenait, on a pu y pénétrer à Vair libre par les cheminées d’accès dépourvues de sacs à air par conséquent, et effectuer facilement le
- cette voûte et voici le joint virtuellement exécuté; l’enceinte se trouve, en effet, hermétiquement close, sauf par la partie inférieure d’où il n’y a pas à craindre d’inliltration, le sous-sol sur lequel elle prend appui étant imperméable et l’étanchéité recherchée pour exécuter le raccord est ainsi définitivement obtenue. Rien ne sera donc plus simple, lorsque les grands caissons seront vidés de l’eau qu’ils contiennent, et les cloisons d’extrémités démontées suivant la section du tunnel, d’enlever le bloc du terrain de 1,50 m. d’épaisseur, qui obstruera la libre circulation du souterrain et d’en exécuter librement la maçonnerie intérieure qui achè-
- . Fig. 8. — Aspect des travaux du Métropolitain, près 'du?Châtelet, pendant le raccordement des caissons.
- raccord à son abri, après quoi on a procédé à l’opération inverse qui a consisté à remplir le caisson d’eau pour pouvoir le dégager et le transporter ailleurs. Par prudence, et pour ne demander à cet asile qu’une hospitalité aussi courte que possible, on s’est contenté, sous la protection du caisson batardeau, de construire sur cintre en terre après, avoir enlevé la partie supérieure du terrain qui remplissait l’enceinte inférieure, une épaisse voûte de béton qui a pour culées les murs latéraux construits avec les caissons amovibles et qui est soigneusement jonctionnée avec le béton de bourrage des grands caissons dont les tôles qui en fermaient les extrémités ont été à cet effet arrachées dans cette partie. De la glaise et du remblai ont été jetés ensuite sur
- vera d’en donner la continuité à ses parois. Cette dernière opération vient d’ailleurs d’être exécutée.
- Deux joints ont été raccordés de la sorte sous le grand bras de la Seine, un seul sous le petit bras.
- Des dispositions analogues seront prises pour le raccordement à effectuer entre les caissons des stations et les puits elliptiques d’accès de leurs extrémités, avec cette différence toutefois que l’absence du fleuve fera disparaître une grosse sujétion; un système analogue sera employé également pour la réunion du caisson rive gauche du grand bras de la Seine avec le puits elliptique d’extrémité nord de la station « Cité ». Le caisson rive droite de ce même bras a été raccordé d’une façon assez spéciale avec la section de tunnel située sous la place du Châtelet ;
- p.61 - vue 65/647
-
-
-
- 62 --------: LA QUESTION DE PANAMA
- celle-ci, on l’a vu, a été exécutée suivant lés procédés ordinaires de construction en souterrain et a été poursuivie aussi loin qu’on a pu du côté de la Seine grâce à des pompes d’épuisement, et à ce point extrême un mur de masque a été maçonné. Alors au moyen d’un bateau-cloche, qui a intrigué pendant quelque temps les Parisiens au Pont-au-Change, on a recouvert la courte section séparant le mur en question du caisson, d’une voûte biaise recouverte de glaise et de remblai qui prend appui, au fond du lit de la Seine, sur l’un et l’autre et les relie; à son abri, ce raccord sera exécuté. Sous le petit bras, le caisson rive gauche sera relié à la section de souterrain qui lui fait suite, par la congélation et c’est devant la cloison d’extrémité nord du caisson rive droite que prendra fin la course du
- ACADÉMIE DES SCJENCES =====
- bouclier ayant servi à construire la fraction de souterrain qui le précède ; il trouvera là sa dernière demeure et à son abri se fera le raccord.
- Depuis le 21 avril dernier, la fraction de la ligne n° 4 située sur la rive droite, et comprise entre la place du Châtelet et la Porte de Clignancourt, a été ouverte à l’exploitation ; quant à la section s’étendant sur la rive gauche, de la place du Châtelet à la Porte d’Orléans, tant à cause des difficultés résultant de la traversée de la Seine, que des retards apportés par la fixation tardive du tracé aux abords de la gare Montparnasse et que des grèves d’ouvriers qui se sont produites au cours de ces travaux, il n’y a pas lieu de prévoir qu’elle pourra être mise à la disposition du public avant le printemps de l’année prochaine. E. de Loyskmæs.
- LA QUESTION
- Les États-Unis, ont, à leur tour, une très grave affaire de Panama. De mauvaises nouvelles circulaient depuis quelque temps sur la marche des travaux du canal. Elles sont aujourd’hui confirmées de tous points par le rapport officiel du directeur de l’entreprise, le colonel Gœthals. Après la lecture de ce rapport, on est forcé de conclure que le résultat des premières années de l’exploitation américaine est purement négatif ; déboires sur déboires, dépenses énormes, englouties en pure perte, tel est le bilan actuel de l’œuvre entreprise avec tant d’enthousiasme, il y a 4 ans. On comprend aisément l’émotion violente que cette situation déchaîne aujourd’hui dans les Etats-Unis tout entiers.
- Le plan américain, rappelons-le, est le suivant1 : relier le Pacifique à l’Atlantique par un canal à écluses, solution jugée plus économique et plus rapide que celle du canal à niveau. A Colon, sur l’Atlantique, débouche la vallée du Rio Chagres ; à Panama, sur le Pacifique, celle du Rio Grande. Le tracé du cariai suit ces deux vallées, en traversant, pour les réunir, la montagne de Culehra. Chacune de ces vallées doit être fermée par un immense barrage à écluses. C’est là la caractéristique essentielle du projet Américain. On créera ainsi deux grands lacs intérieurs; le niveau relativement élevé de leur plan d’eau permettra de réduire les travaux de creusement de la Culebra et en facilitera le passage. Les emplacements primitivement choisis pour les barrages étaient : Gatun du côté de l’Atlantique, La Boca du côté du Pacifique.
- Où en est l’exécution de ce plan?
- DE PANAMA
- Le rapport du colonel Gœthals va nous l’apprendre.
- A La Boca, on avait commencé la construction d’une digue gigantesque : les travaux révélèrent que le choix de l’emplacement avait été malheureux : il est impossible, sous peine de catastrophe, de poursuivre le barrage esquissé : il faut abandonner tout ce qui a été fait sur ce point; remettre à l’étude le projet primitif et le modifier de fond en comble. On espère trouver à 5 km plus avant dans les terres, à Mira-llores, un emplacement plus favorable pour l’édification de l’écluse. Les études préliminaires, les dépenses engagées pour les travaux exécutés jusqu’ici, tout cela représente un capital irrémédiablement perdu.
- A Gatun, la situation est la même : après de longues investigations, on s’était décidé à poser le barrage sur un emplacement que l’on croyait sur : des forages ultérieurs ont révélé qu’il n’eri était rien, qu’il' fallait consolider au préalable le sous-sol, et l'on apprend aujourd’hui que le remblai rocheux qui devait soutenir le barrage vient de s’affaisser de lui-même, avant d’avoir été soumis à la moindre charge.
- Ainsi, tout est à refaire : or, les travaux ont déjà coûté 500 millions ; une armée de 45 000 travailleurs est mobilisée dans l’isthme. A combien se montei’â la dépense totale nécessaire pour mener à bien l’œuvre tentée par Lesseps? Nul ne peut le dire aujourd’hui. On parle de milliards. Le futur président des États-Unis, M. Taft, va,
- dit-on, partir sur les lieux pour constater lui-même la situation. On conçoit avec quelle fébrile impatience les États-Unis attendent le résultat de son enquête. A. Trouer.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 décembre 1908.
- Les lignes d’énergie électrique et les orages. — M. Vieille expose ses vues relativement à l’influence des lignes de transport d’énergie électrique à haute tension sur la direction des orages. Une ligne de ce genre agit sur un nuage orageux comme agirait une machine unipolaire. Cette affirmation repose sur le fait que de tous points de la ligne partent des aigrettes lumineuses. Celle-
- 1 Yoy. n° 1786, 17 août 1907. Le creusement du canal de Panama, par D. Beîxet.
- Présidence de M. E. Picard.
- ci émet donc des torrents d’ions. qui s’élèvent dans l’atmosphère. La ligne est analogue à un engin protecteur de la foudre. Or, alors qu’un seul paratonnerre offre souvent une protection efficace, parfois plusieurs paratonnerres sont sans effet. Au contraire, quelques arbres isolés sont en général sans effet, alors qu’une forêt offre le moyen le plus sûr pour atténuer l’orage, à'la Condition - qu’il rencontre la forêt avant d’atteindre la localité à protéger. De même il faut grouper les engins grêlifuges
- p.62 - vue 66/647
-
-
-
- = CYCLISME NAUTIQUE
- 63
- en avant de la localité à protéger et sur le trajet habituel des orages. 11 doit en être de même des lignes de transmission d’énergie électrique. Il importe donc que les fails continuent d’être observés très exactement avec toutes leurs particularités, notamment dans les régions où se trouvent installées deux lignes.
- Source sous-marine. — M. E.-À. Martel adresse une Vie sur la prétendue source sous-marine de Port-Miou, près Cassis, Bouches-du-Rhône. Il n’v a aucunement pénétration d’eau douce dans la mer.
- Mutation évolutive animale. — M. Bouvier expose les résultats des recherches expérimentales entreprises sur ses conseils par M. Bordage, à l’île de la Réunion relativement à une mutation ou variation brusque que l’on observe chez certaines crevettes d’eau douce du «élire Orlmannia très abondantes dans les pays chauds. Les œufs de ces crevettes donnent simultanément naissance à des larves, qui fournissent des crevettes du genre Orlmannia et du genre Atya, dans la proportion de 10 à fi. Les premières ont des pinces analogues à celles de l’écrevisse ; les secondes ont des pinces fendues jusqu'à la hase. Il s’agit donc d’un cas de mutation évolutive qui est courant. Les 0/7,mannia sortent de leur genre et produisent des formes du type générique supérieur, mon-Irant ainsi comment peut s’effectuer par sauts brusques l’évolution d’une famille. Les expériences étaient faites de manière qu’il n’y eût pas d’hybridation possible.
- Variations des courants telluriques. — M. Bouty résume une Note de M. Brunhes sur les courants qui se développent dans une ligne isolée, sous l’influence de la terre. D’après des expériences faites à Tortosa en Espagne ces courants présentent des variations fortes dans le
- courant d’une journée, lorsque la ligne est orientée N.-S. Au contraire les variations sont insensibles, si la ligne est orientée E.-O. M. Brunhes au Puy-de-Dôme et M. Marchand ont opéré des recherches analogues sur les lignes qui aboutissent à ces observatoires de montagne. La première est orientée N.-S. ; la deuxième est E.-O. Elles ont, en ce qui concerne la variation par rapport à la direction, donné des résultats identiques à ceux de Tortosa. Mais le sens du courant n’est pas toujours le même. 11 est tel toutefois que l’électricité négative se trouve à la partie inférieure.
- L’homme préhistorique de la Chapelle-aux-Saints. — M. Edmond Perrier présente une nouvelle Note de M. Boule, relative à l’homme préhistorique de la Cha-pelle-aux-Saints, .grâce auquel il a pu compléter les déductions que l’on avait tirées de l’examen du crâne de Neanderthal. Les fouilles ont été poursuivies sous la direction des abbés Bouyssonie et Bardon. Les débris du squelette ont été trouvés dans le quaternaire en plein étage mouslérien. Ils étaient dans une fosse quadran-gulaire, creusée par la main de l’homme. Le squelette était couché, la tète reposait sur des pierres. Il avait donc été inhumé et l’on se trouve, dès lors, en présence d’une grotte funéraire, ce qui explique qu’on n’y trouve point de foyer. Il est remarquable qu’à une époque où l’intelligence humaine était encore peu développée, on constate une manifestation psychique telle que celle révélée par l’inhumation d’un mort. Beaucoup de débris d’animaux ont été trouvés dans la grotte en même temps que l’outillage moustérien (renne, un grand bovidé, une molaire de rhinocéros tychorhinus). Aucun des ossements ne porte trace de gravures. Ch. de Villkdeuil.
- LE CYCLISME NAUTIQUE
- Voici bien longtemps que le cyclisme, triomphant sur la terre ferme, cherche à conquérir les fleuves et les mers. Les efforts déjà tentés pour pédaler sur l’eau comme sur les routes sont nombreux; mais jusqu’à présent les divers essais n’ont pas donné de résultats bien satisfaisants.
- Voici deux jeunes inventeurs qui paraissent avoir été plus heureux que leurs devanciers.
- Les figures 2, 3 et 4 (p. 64) nous montrent le premier d’entre eux,
- M. Louis, évoluant d’une façon élégante, dans la baie de Saint-Raphaël, sur la Côte d’Àzur, où il a' franchi à plusieurs reprises plus de 6 km en 45 minutes.
- Son appareil se compose de deux tubes
- flotteurs parallèles, en bois très léger, de 4 m. de longueur et espacés de 0,70 m. L’eau ne peut
- y pénétrer, môme en cas de choc, car 6 cloisons étanches le rendent insubmersible. A l’extrémité postérieure du tube de droite, il est muni d’un gouvernail nettement visible sur la figure 4. Cet organe est commandé par un levier placé devant le guidon d’appui. Il permet des virages d’un rayon très court.
- La propulsion est assurée par hélice et l’organe essentiel de l’appareil est le dispositif d’entraînement de cette hélice : il se compose d’un pignon de chaîne elliptique et d’un engrenage d’angle à deux multiplications. Cette double multiplication est utile
- p.63 - vue 67/647
-
-
-
- 64
- CYCLISME NAUTIQUE
- pour pouvoir lutter aisément contre les vents violents ou les courants rapides. Quant au pignon elliptique/ l’inventeur lui a donné cette forme spéciale dans le but de diminuer la fatigue du cycliste, qui peut ainsi, l’expérience l’a prouvé, franchir le point mort plus aisément. Une petite roue dentée, placée convenablement, supprime le jeu de la chaîne sans supprimer la marche arrière. Tout cet ensemble très simple est enfermé dans un carter rempli d’huile qui le met à l’abri'de l’eau de mer.
- Le déplacement d’eau est minime, la résistance par suite est très faible, la stabilité est assurée par l’espacement des flotteurs. L’hélice, par un dispositif très simple, peut se soulever à volonté, et éviter ainsi les obstacles se trouvant à fleur
- viron 30 kilogrammes est muni de deux petites roulettes placées à l’avant, sous chacun des flotteurs. Enfin ceux-ci sont munis à l’une de leurs extrémités d’une valve serrée par un écrou, et qui permet de vérifier leur état et au besoin de retirer l’eau qui aurait pu s’v introduire.
- Fin-, 2. - La naulocyclelte Louis.
- La vitesse de la bicyclette marine de M. Gypteau atteint 9 km à l’heure par vent moyen : l’équilibre semble parfait. Les expériences auxquelles l’inventeur s’est livré sur la Vanne, en présence de techniciens, ont été à ce sujet tout à fait concluantes.
- Fig. 3. — En nautocyclette sur la bain do Saint-Raphaël.
- d’eau qui pourraient la choquer.
- M. René Gypteau, jeune élève de l’école Breguet, est lui aussi l’inventeur d’une bicyclette marine ou hydrocycle.
- Son appareil est constitué par deux flotteurs réunis par des tiges, qui donnent à l’ensemble une rigidité parfaite. Sur ce bât est solidement fixé un cadre ordinaire de bicyclette supportant la selle sur laquelle le conducteur s’assied, le guidon servant à manœuvrer le gouvernail placé à l’avant, le pédalier et ses pédales. La propulsion est donnée par une hélice placée à l’arrière, et à laquelle une chaîne et un pignon d’angle transmet le mouvement des pédales; l’action de celle-ci a lieu en rétropédalage afin de diminuer le poids mort. Un système de débrayage permet de remonter l’hélice, le long d’une tige inclinée lorsque l’appareil est à terre; dans ce cas, pour faciliter le transport, l’hydrocycle dont le poids est d’en-
- Fig. 4. — La nautocyclolle à terre, on aperçoit le gouvernail et le pignon elliptique.
- Quant à l’encombrement de cet hydrocycle, il n’est que de 2 m. de long sur 1 m. de large. Voilà donc deux appareils simples et d’un maniement qui paraît facile. Nous leur devrons peut-être bientôt un sport nouveau : le cyclisme nautique.
- H. Villers.
- é-. Le Gérant ; P. Masson.
- Paris: — Imprimerie Laiiure, rue de 'Fleuras, 9.
- p.64 - vue 68/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1858.
- 2 JANVIER 1909.
- UN PROJET DE JARDIN BOTANIQUE FRANÇAIS
- au Cap de Bonne-Espérance en 1802
- L’Académie des Sciences, ou, pour employer le litre officiel alors en usage, la Classe des Sciences mathématiques et physiques de l’Institut national, reçut, le 1er ventôse an X (20 février 1802), d’Auguste Broussonet,l’un de ses membres, la proposition originale de créer un jardin botanique dans la colonie hollandaise du Cap de Bonne-Espérance. Auguste Broussonet, naturaliste éminent, membre de la Société royale de Londres, de l’ancienne Académie royale des Sciences, et de l’Institut national depuis sa fondation, était établi depuis trois ans dans l’île de Ténérilfe, en la double qualité de consul de la République française et de voyageur de l’Institut national. Il y avait fait mainte herborisation fructueuse, mais il commençait à se lasser de ce séjour, et désirait poursuivre ses recherches botaniques dans l’Afrique australe.
- La richesse de la flore du Cap avait été révélée
- La Classe des Sciences mathématiques nomma une Commission composée de Cels, Desfontaines et lluzard, pour examiner ce projet, et, à la séance du 11 ventôse an X (2 mars 1802), Cels lut un rapport qui l’approuvait complètement. « Vos commissaires pensent, disait-il, que le citoyen Broussonet, après avoir terminé ses recherches aux Canaries, rendrait un grand service à la botanique en s’occupant de celle du Cap de Bonne-Espérance, que l’établissement d’un jardin dans ce pays pendant quelques années est le moyen le plus sûr pour enrichir la France des productions végétales de cette partie de l’Afrique, que son titre de voyageur de l’Institut, la mission particulière qu’il demande au gouvernement, un jardinier et un dessinateur, sont des moyens nécessaires et infaillibles pour assurer le succès qu’il projette. » Et Lacépède, qui était secrétaire de la Classe, disait à son tour élégamment que
- La ville du Cap et la baie de la Table au début du xix° siècle.
- par quelques explorateurs, qui en étaient revenus dans la dernière moitié du xvme siècle : William Pa-terson, Thunberg et surtout Francis Masson, qui y avait fait deux séjours, de 1772 à 1774, puis de 1786 à 1795, et avait par une sélection judicieuse enrichi l’Angleterre d’une quantité de végétaux africains. D’autre part, les circonstances politiques étaient, en cette année 1802, éminemment favorables au succès des vues de Broussonet. Le Cap avait été, en 1795, enlevé aux Pays-Bas par les Anglais ; mais il avait été restitué par l’article 6 du traité d’Amiens à la République batave. Or, celle-ci dépendait étroitement de la République française, et l’on ne pouvait douter des bonnes dispositions du gouverneur du Cap, Jan Willem Janssens.
- Broussonet faisait donc valoir les avantages de son projet. « Il est digne, d’une nation puissante, disait-il, de faire des efforts pour se procurer les végétaux de cette partie de l’Afrique, et les vues qu’on pourrait avoir à cet égard ne peuvent être remplies qu’en formant un jardin de botanique. » Le Cap est fécond en espèces végétales, erica, lilia-cées, protea, pélargonium, etc., qui seraient cultivées dans le futur jardin, puis répandues en Europe.
- 37e année. — lor semestre.
- de ce jardin on pourrait « envoyer en vie en Europe... un très grand nombre de plantes africaines, si belles par leurs couleurs, si curieuses par leurs formes, si faciles à multiplier dans nos contrées tempérées et si propres par les époques de leur floraison à embellir même nos saisons rigoureuses ».
- La Classe des Sciences mathématiques transmit donc avec un avis favorable la proposition de Broussonet aux ministres de l’Intérieur et des Relations Extérieures, Chaptal et Talleyrand.
- En même temps qu’il s’adressait à ses confrères de l’Institut, Broussonet avait exprimé au gouvernement son désir de quitter le poste consulaire de Té-nériffe pour celui du Cap de Bonne-Espérance. Ce vœu reçut satisfaction, et Broussonet fut nommé, par arrêté du 25 vendémiaire an XI (15 octobre 1802), consul, ou, comme l’on disait alors,
- « commissaire des Relations commerciales de - la République » au Cap de Bonne-Espérance.
- Toutefois, au lieu de gagner le Cap directement de Ténériflê, il revint en France pour revoir sa' famille" et ses amis avant cette longue absence, et prendre les dispositions nécessaires à l’organisation du jardin botanique du Cap.
- 5. — 65
- p.65 - vue 69/647
-
-
-
- L'HISTOIRE DES MOTEURS HYDRAULIQUES
- 66
- Mais, pendant qu'il séjournait en France, un incident survint qui mit fin à tous ses projets. Le célèbre botaniste Gouan, âgé et infirme, demanda à quitter la chaire de botanique, qu’il occupait à l’Ecole de Médecine de Montpellier; les amis de Broussonet le pressèrent de le remplacer; Montpellier était sa ville natale, et il possédait même dans l’Hérault, sur la commune de Notre-Dame de Lon-
- dres, une propriété rurale ; Broussonet céda à ces instances batteuses, accepta de remplacer Gouan à Montpellier, et renonça à ses titres de consul, de voyageur de l’Institut national et de futur directeur du jardin botanique du Cap de Bonne-Espérance. Ainsi échoua ce projet, dont la réalisation aurait ajouté une page curieuse à l’histoire de la botanique française. JIeniu Deiiéualw
- L’HISTOIRE DES MOTEURS HYDRAULIQUES
- L’étude des moteurs hydrauliques se présente toujours comme une série de monographies. La mécanique, s’emparant du domaine particulier créé par chaque terme de cette série, étudie séparément chaque type de moteur, le plus vieux comme le plus moderne, détermine ses meilleures conditions de marche, sert de guide pour sa construction. Mais le champ d’action de la mécanique, si grand qu’il soit, est limité par les divisions mêmes du sujet qu’elle traite. Et il peut être intéressant, au point de vue de la science des machines, d’essayer, par un exposé historique du développement des moteurs hydrauliques, de dégager l’allure générale de l’évolution qu’ils ont suivie, de rechercher en un mot, derrière les calculs mathématiques, s’il n’y a pas une pensée mécanique profonde, une sensibilité spéciale à l’ingénieur, susceptibles d’avoir déterminé leur transformation au cours des âges.
- Il est nécessaire avant tout de se rendre compte de ce qu’on peut appeler le problème général des moteurs hydrauliques. Chacun sait ce que l’on appelle une chute d’eau. Mais cette dénomination, si nette dans le cas d’une chute tangible, perd sa valeur ordinaire dans le cas, hydrauliquement aussi important où, la chute étant très
- faible, détermine simplement le mouvement de l’eau, dans le lit d’une rivière par exemple. Il y a chute cependant, au même titre que dans le cas d’une brusque différence de niveau ; et le problème prend dès lors une allure générale, d’un extrême intérêt.
- L’eau, sous l’influence de la chute, forme une veine
- liquide en mouvement. Le but du moteur est, par son interposition dans la veine, de former avec celle-ci un accouplement cinématique. Cet accouplement modifie ou la direction, ou la rapidité du mouvement de la veine et
- Rouel de Bélidor encore
- C, canal d’amenéé de l’eau.
- cette modification, transmise au moteur, seconde partie du couple, détermine son mouvement.
- La transformation générale subie par les moteurs a eu pour but, inconnu peut-être de leurs inventeurs, de réaliser, d’une façon de plus en plus correcte, cet accouplement, et de l’étendre au cas de veines très variables de forme et de mouvement. C’est ce que nous voulons rapidement faire ressortir ci-après.
- Le premier moteur hydraulique s’est vraisemblablement montré sous deux aspects très différents en apparence, mais semblables au point de vue précédent : la roue pendante et le rouet de Bélidor.
- La première, représentée (fig. 1), remonte à une antiquité assez lointaine. Les traditions qui nous sont parvenues sur la forme des roues de ce genre, employées autrefois en Mésopotamie, montrent une concordance merveilleuse entre cette forme et celle des roues encore en usage dans ce pays. Les anciennes roues étaient entièrement en bois. Aujourd’hui encore ces roues sont employées en Chine. A l’exception de l’axe, qui est en bois, elles se composent entièrement de jonc tressé et de bambous, sans l’emploi d’aucun métal. Ces roues, employées sur les rivières, plongent dans l’eau par leur partie inférieure et le mouvement se communique par l’accouplement eau-palettes.
- Les rouets (représentés fig. 2) dérivent directement des vieilles roues à cuillère qui datent de plusieurs siècles. Bélidor, au xvm° siècle, dans son architecture hydraulique, puis d’Aubuisson au commencement du xix° constatent que leur emploi se fait uniquement dans les moulins à blé. Un axe vertical soutient des palettes en forme de cuillères. Chaque palette venant à son tour s’accoupler avec la veine liquide sortant d’un ajutage C, il en résulte un mouvement de rotation.
- p.66 - vue 70/647
-
-
-
- L’HISTOJRE DES MOTEURS HYDRAULIQUES
- 67
- Dans les deux cas, l’accouplement cinématique est forcément imparfait, l’eau n’étant guidée que d’un seul côté. Le rendement en est donc mauvais. L’état peu avancé de la mécanique industrielle ne permettait pas non plus de construire des roues de ces systèmes réali-
- ltlOll
- ’ une
- saut un meilleur accouplement. Elles furent donc abandonnées et remplacées par des roues hydrauliques à accouplement plus facile, et que nous allons examiner. Mais un fait est cependant à retenir. La roue pendante et le rouet de Bélidor ne furent abandonnés momentanément que par l’impossibilité matérielle de les bien construire et de les calculer. Mais nous les retrouverons, notamment le second,une fois ces impossibilités vaincues, sous forme de turbines mixtes et de roues Pelton.
- On vit alors paraître à leur suite les roues hydrauliques en dessus primitives, dont la disposition générale est bien connue. Les formes particulières sont déterminées par les nécessités d’installations diverses. Mais l’accouplement esL déjà meilleur. La difficulté, à la vérité, a été tournée, et dans l’impossibilité de réaliser un accouplement cinématique acceptable durant pour toute l’immersion de la roue, on a fait cet. accouplement pour l’entrée de l’eau dans les aubes, la pesanteur étant _
- chargée de faire ensuite tourner la roue1.
- La solution ainsi trouvée n’était pas scientifique et. elle n’a pu se répandre, et durer encore actuellement, que par la simplicité même de construction et d’installation qu’elle permet d’atteindre.
- Il y a toujours, dans une telle roue, la moitié des aubes vides, par suite inutiles et constituant un poids mort entraîné par le moteur. L’accouplement cesse, par le déversement des augets, avant le niveau d’aval, et, outre qu’il en résulte pour ces roues un rendement maximum de 0,60, la solution momentanée qu’elles donnaient ne pouvait satisfaire les hvdrauliciens qui ont cherché autre chose. Les chutes qu’elles utilisaient
- l’accouplement cinématique est plus facile à réaliser, les remous et pertes étant moins importants. Et la recherche de celte réalisation nous valut les roues de côté, presque parfaites, celle de Poncelet et celle de Sagebien en particulier. Nous donnons ci-dessous les schémas de ces deux roues. Dans la première (tig. 4), l’eau arrive avec une assez grande vitesse dans les aubes, monte sur celles-ci et les quitte j en aval. L’accouplement est bon, et le rendement peut atteindre 65 pour 100. Dans les roues Sagebien (lîg. 3), l’eau entre avec une très faible vitesse. Les aubes forment avec le coursier des espaces fermés presque hermétiquement, et, dans ces conditions, l’accouplement de l’eau et des aubes se fait à une vitesse très faible et durant toute la chute de l’eau, c’est ce qui explique le rendement excellent, 0,75, qu’on peut atteindre avec ces roues.
- Cependant la difficulté d’installation et le prix de la roue ont fait remplacer celle-' ci à leur tour par les turbines, qui présentent d’énormes avantages et sont susceptibles actuellement de s’employer aux basses comme aux hautes chutes.
- Les turbines réalisèrent du premier coup, dans leur forme générale, l’accouplement cinématique idéal, ayant heu sur toute la périphérie de la roue et ne laissant par suite sur celle-ci aucune partie inutile.
- Les premières en date sont les turbines parallèles. Sans entrer dans l’examen détaillé de tous les types qui en sont dérivés, nous pouvons cependant les décrire schématiquement (hg. 6 et 7).
- L’eau entre dans un système d’aubes, fixes, disposées en couronne, qui servent à donner en chaque point de la couronne, à la veine liquide qui en sort, une direction immuable et déterminée une fois pour toutes. Elle forme ensuite, en passant dans les aubes mobiles, un accouplement cinématique presque parfait avec celles-ci et dé termine leur mouvement de rotation. Elles marchent d’après un principe analogue à celui des turbines à vapeur genre
- étaient assez grandes (de 4 à 10 m.) et on les remplaça du premier coup par les turbines qui utilisent les mêmes chutes. Une évolution plus lente avait lieu en même temps pour les faibles chutes.
- Dans ce dernier cas, la vitesse de l’eau étant faible,
- 1 II est intéressant de noter qu’on a substitué ainsi au champ hydraulique le champ pesanteur. C’est ce que nous entendons dire par : la difficulté a été tournée.
- Fig. 4.
- Houes à aubes courbes de Romilly
- Curtis ou Rateau. Et le caractère général qu’elles présentent est de dévier une colonne d’eau pour utiliser celte déviation dans le but de produire un travail déterminé. Elles sont évidemment encore imparfaites à ce dernier point de vue et cela résulte de ce qu’il faudrait théoriquement que l’eau fût déviée sans qu’il y ait pour
- p.67 - vue 71/647
-
-
-
- 68 i—-,____— L’HISTOIRE DES MOTEURS HYDRAULIQUES
- cela d’aubages directeurs. Mais c’est un écueil que l’on retrouve forcément dans tous les types.
- La théorie mathématique, imparfaite d’ailleurs de ces moteurs, fut donnée par le grand mathématicien Euler h
- Fig. 5. — Schéma do la coupe perpendiculaire à Taxe d’une turbine centripète ou centrifuge. — Centripète : l’eau entre par A,- sort en B; les aubes ih tournent dans le sens de la ilècbe 1. Centrifuge : l’eau entre en B, sort en A ; les aubes m n tournent dans le sens de la flèche 2.
- clteurs, à la poursuite de cet accouplement cinématique dont ils sentaient la nécessité, créaient les turbines centripètes et les turbines centrifuges. Leurs avantages sont les mêmes, relativement aux roues, que pour les parallèles; leurs inconvénients également. Dans les trois tvpes, les qualités cinématiques constituent un progrès et leur caractère distinctif peut se résumer ainsi :
- Turbines centrifuges. — L’eau se meut dans un plan perpendiculaire à leur axe de rotation, et en s’éloignant de celui-ci. Types : turbine Fourneyrorf (fig. 5).
- Fig. 0. — Turbine Fontaine du Moulin de Vadenay. — Tracé des aubes fixes et mobiles sur le développement du cylindre moyen. Nombre des directrices S : 52 ; nombre des mobiles T U : fit ; t, vannetles de réglage, coupe; Y', les mêmes, vues de lace.
- Et au commencement duxix6 siècle, époque de leur apparition, la mécanique était assez avancée pour que l’on put construire ces turbines d’une façon correcte. Ainsi donc, elles réalisaient plusieurs avantages : un caractère de machine relativement parfait, une construction facile dans l’état contemporain de la mécanique. Leur succès était assuré, et ces moteurs avec leurs dérivés se sont extrêmement répandus.
- Leur rendement est d’environ 70 pour 100 et constituait un progrès sur les roues qu’elles remplaçaient. Mais elles présentent des inconvénients assez graves.
- L’accouplement cinématique n’est bon que pour une chute déterminée, et par suite elles partagent avec les roues le désavantage de ne pouvoir s’appliquer que dans des cas nettement définis. De plus leur installation est assez dispendieuse.
- En même temps que les turbines parallèles, dont le type le plus courant est la turbine Fontaine, des cher-
- 1 Euler calculait les vitesses diverses, pour un filet liquide moyen infiniment délié. Des théories plus modernes tiennent compte de la totalité des veines liquides.
- Turbines centripètes. — L’eau se meut dans un plan perpendiculaire à l’axe de rotation, mais en s’approchant de celui-ci. Première application faite par Poncelet (fig. 5).
- Turbincsparallè-les. — L’eau se meut en restant constamment parallèle à l’axe de isolation. Type : turbine Fontaine.
- Les qualités de détail de ces turbines étaient assez différentes cependant, et en les combinant on est arrivé à créer des turbines mixtes, qui sont à la fois centripètes et parallèles. Dans celles-ci, l’accouplement cinématique de l’eau et des aubes est très bon, et elles réalisent enfin ce que l’on désirait tant trouver : l’adaptation d’un moteur à des chutes diverses (fig. 8 et 9).
- On a donc réussi, hydrauliquement, par des évolutions confuses, à réaliser ce dont nous pariions au début : l’adaptation cinématique parfaite, l’accouplement correct de l’eau et des aubes de roue, dans le cas de veines liquides, très variables dans leurs formes, leur débit, leur vitesse.
- C’est le seul point que nous pouvions faire ressortir dans un exposé aussi rapide, renvoyant aux ouvrages spé-
- Fig. 7. — Turbine Fontaine du Moulin de Vadenay. Coupe transversale par l’axe.
- p.68 - vue 72/647
-
-
-
- L’HISTOIRE DES MOTEURS HYDRAULIQUES
- 69
- ciaux pour les détails techniques dire sur la place que doivent prendre les roues Pelton dans l’histoire d’une telle évolution (lîg. 10).
- Nous n’hésitons pas à déclarer que ces moteurs, si répandus pour les très hautes chutes, si appréciés pour leur lionne marche, sont très imparfaits au point de vue cinématique. L’accouplement de chaque godet avec la veine liquide est assurément meilleur que dans le rouet primitif décrit par Bélidor. Mais l’eau n’agit toujours qu’en un ou plusieurs points déterminés de la circonférence, et les autres godets constituent un poids mort (jui fait de ces roues des appareils cinéma-tiques imparfaits. Ils n’ont donc pas suhi, à proprement parler, d'évolution cinématique depuis Bélidor.
- La construction mécanique en a progressé, la théorie mathématique également; mais le principe est resté ce qu’il était : imparfait.
- L’évolution que nous venons d’esquisser pour
- Il nous reste un mol à
- s’est pas faite avec la netteté que nous lui avons volontairement donnée.
- En réalité, il existe encore actuellement dans un pays restreint, la France par exemple, des types de chacun des moteurs examinés.
- Boues pendantes, rouets, roues en dessus, Poncelet, Sage-bien, turbines parallèles, centripètes, cen-Irifuges, turbines mixtes et roues Pelton, il suffît de se promener le long d’un cours d’eau pour rencontrer dans les installations hydrauliques des spécimens de ces modèles.
- Il existe aussi de nombreux types que l’on pourrait considérer comme les termes intermédiaires de cette série évolutive et dont nous ne pouvions parler dans une étude aussi restreinte.
- Mais, quoique confuse, l’évolution existe, permet de se rendre un compte exact des nécessités qui ont fait naître tel type de moteur et peut permettre également, pour un esprit clairvoyant, de prévoir une partie des transformations futu-
- les moteurs hydrauliques
- ne
- res qui ne peuvent manquer certainement de se produire.
- Jacques Lafitte,
- Fig. 9.
- Forme en cuillères des aubes de turbines mixl.es.
- Fig. 10.
- Roue Pelton à un seul ajutage. Se fait également à ajutages multiples.
- i?:~ n
- p.69 - vue 73/647
-
-
-
- 70
- LES IONS ET LES ÉLECTRONS
- Nous avons précédemment (n° 1852) essayé de faire comprendre ce qu’on entend, dans la physique moderne, par la matière et par l’éther, et signalé, à cè propos, le rôle intermédiaire que l’on attribue aux électrons. Le mot d’électron, comme celui d’ion qui s’y rattache interviennent constamment dans les ouvrages contemporains et l’on semblerait arriéré si on ne les employait pas. Bien que, dans l’importance attribuée à cette notion, il y ait peut-être une certaine question de mode, cette forme de langage est néanmoins trop usitée pour qu’on ne s’efforce pas d’en savoir exactement le sens et les principales applications.
- L’expression d’ion a d’abord été créée par Faraday pour expliquer ce qui se passe dans l’électrolyse, où, en principe, on peut admettre que la molécule saline se décompose en deux ions (atomes électrisés) : l’un allant à l’électrode positive, l’autre à l’électrode négative. D’après la théorie d’Arrhénius, pour que le phénomène commence (connue cela a lieu) presque sans dépense d’énergie, il faut que le fait même de la dissolution ait déjà dissocié, ionisé un grand nombre de molécules, libéré leurs ions électrisés qui se sont trouvés également répartis dans toute la masse du liquide. Plus la dissolution est étendue, plus le nombre de ces molécules dissociées, ionisées, augmente, jusqu’à une certaine limite atteinte pour une dilution infinie.
- Prenons, par exemple, du chlorure de sodium dissous; certaines de ses molécules sont supposées s’être dissociées de manière à donner des atomes de sodium et de chlore libres sous forme d’ions, chargés : les premiers d’électricité positive, les autres d’électricité négative; et cette électricité modifie sans doute profondément les propriétés chimiques des atomes, puisque la dissolution ne présente aucunement l’apparence de renfermer du sodium ni du chlore libres. Ces ions, quand on plonge dans l’auge éleclrolylique les deux électrodes, se mettent en chemin dans le sens de la force électromotrice, vont céder leur charge aux électrodes à mesure qu’ils les atteignent, se neutralisent ainsi et sont immédiatement remplacés par d’autres ions semblables, pour que la dissolution reste en équilibre et conductrice. D’une façon plus générale, dans les réactions de la chimie, ce sont surtout ces mêmes ions qui réagissent. Si nous restons toujours dans le cas initial de ces ions électrolytiques, sans donner encore à l’idée l’extension qu’elle a prise dans les milieux gazeux, puis solides, nous pouvons ajouter que, d’après les lois de Faraday, tous les ions d’une même dissolution (pourvu qu’il s’agisse d’éléments monoatomiques) possèdent des charges individuelles égales en valeur absolue, puisque le nombre d’atomes libéré par une quantité donnée d’électricité est indépendant de la nature de ceux-ci. Autant il y aura d’atomes dans un gramme de métal, autant de fois cette quantité d’électricité sera transportée : ce qui, par comparaison avec l’hydrogène, où l’on sait que l’ion emporte 1,3 x 10~au unités électro-magnétiques, permet d’appliquer des chiffres précis à n’importe quel autre élément chimique.
- Cette notion des ions électrolytiques a reçu une première extension par les travaux portant sur la conductibilité des gaz. Si l’on fait passer dans un gaz quelconque, l’hydrogène si l’on veut, un faisceau de rayons X produits par une ampoule de Crookes enveloppée de papier noir, le gaz qui, auparavant, jouait le rôle d’un isolant, devient conducteur ; en y plongeant deux plateaux métal-
- liques en relation avec les deux pôles d’une pile, on obtient un courant analogue à celui de l’électrolyse, courant que l’on a proposé d’interpréter de la même manière par la division des molécules gazeuses en deux ions électrisés, par « l’ionisation )) du gaz : la conduction étant due à ces molécules fragmentées, les ions. Remarquons aussitôt qu’il y a dissymétrie absolue dans le phénomène, diiférence nette entre l’anode et la cathode. En l’absence d’un champ électrique et à la température ordinaire, Reflet est momentané, les ions se recombinent vite par leurs attractions mutuelles et se neutralisent; à température élevée, la conductibilité subsistera partiellement, les vitesses des ions au moment de leurs chocs étant suffisantes pour empêcher leur recombinaison. La quantité d’électricité produite pourra être représentée par le nombre des ions libérés, chacun d’eux avant même charge.
- L’ionisation des gaz n’est pas produite seulement par les rayons X. Une foule d’autres circonstances, dont le mécanisme est toujours analogue à celui d’un choc, produisent une ionisation semblable : simples rayons ultra-violets1, radiations des substances radio-actives, rayons cathodiques, effet des flammes, etc., et l’on sait aujourd’hui qu’il y a sans cesse des ions libres dans l’atmosphère. Ces ions jouent notamment un rôle dans la condensation de la vapeur . d’eau en brouillard et l’on a pu profiter de ce phénomène réalisé artificiellement pour compter le nombre d’ions d’une masse gazeuse : environ 20 millions par centimètre cube dans un gaz ayant subi l’ionisation à son maximum. Ce qui, par comparaison avec le nombre total des molécules du même gaz, montre qu’il doit à peine s’en ioniser une sur un milliard.
- Des artifices ingénieux amènent à calculer la charge d’un ion, soit 5,4x10-10 unités électrostatiques, ou 1,1 x 10“2Ü unités électromagnétiques; ces chiffres correspondent remarquablement avec les résultats obtenus pour l’ion d’un atome monovalent en électrolyse, bien qu’il ne faille nullement assimiler l’ion gazeux à l’ion électrolytique. Enfin, on arrive à se représenter les ions positifs des gaz conducteurs comme de masse plus grande et moins mobiles que les négatifs. Les ions positifs auraient environ la grosseur même des atomes2, tandis que les ions' négatifs, un millier de fois plus petits, tendent toujours à se confondre avec ce que nous allons appeler les électrons.
- On les retrouve, ces électrons, ou ions négatifs, en quelque sorte matérialisés, dans les rayons cathodiques produits par le passage d’un courant à travers un gaz raréfié. Ces l’ayons, jadis étudiés par Crookes dans le tube de Geissler et que M. Lenard est parvenu à faire sortir dans l’air ou pénétrer dans le vide absolu à travers une feuille d’aluminium très mince, sont, on le sait, déviables par un aimant, provoquent la fluorescence, etc. On les a expliqués par un courant d’électrons en mouvement rapide, les électrons devenant alors assimilables aux corpuscules cathodiques. L’examen, fait surtout par J.-J. Thomson de ces rayons cathodiques, montre que n’importe quel atome matériel peut, dans ces conditions de vitesse, laisser échap-
- 1 Les fameuses expériences de Hertz ont montré, dès 1888, que la lumière ultra-violette est capable de décharger beaucoup de conducteurs chargés d’clectricité négative, tandis qu’elle est sans action sur les corps chargés positivement.
- 2 H ne faut pas les confondre avec les « gros ions » dont le coefficient de mobilité est 4000 fois plus faible que celui des ions positifs ordinaires et qui seraient des ions agglomérés autour d’un noyau neutre.
- p.70 - vue 74/647
-
-
-
- LA SALINE DE SLANIC, EN ROUMANIE
- per un électron beaucoup plus pelit que lui et toujours identique, quelle que soit la matière dont il provient, tandis qu’il subsiste un ion positif, dont la masse est du môme ordre que celle de l’atome. De môme encore, dans les rayons produits par les substances radio-actives, on considère les rayons (3 comme un bombardement produit par les ordinaires électrons négatifs et les rayons a comme produits par le départ des ions positifs 1000 fois plus volumineuxl.
- Enfin, après les liquides et les gaz, une dernière extension des mômes idées a été faite aux solides. Dans un métal conducteur, on a admis que les atomes peuvent, eux aussi, se subdiviser en ions positifs et en ions négatifs ou électrons. Ces derniers, 1000 fois plus petits que les atomes, s’orientent sous l’influence d’un courant électrique dans un sens déterminé et subissent, à travers le réseau des atomes, un écoulement électrique que leur petitesse rend possible (sans d’ailleurs qu’il en résulte aucune, modification matérielle puisque chaque électron fuyant est remplacé par le suivant). Un métal est dit électrisé quand il contient un excès d’électrons, soit positifs, soit négatifs, qui ne peuvent s’échapper à la température ordinaire, mais dont les plus rapides, les négatifs, ou meme très exceptionnellement les positifs, sont susceptibles, quand on chauffe assez, d’aller produire au dehors des phénomènes d’ionisation. La conductibilité calorifique est attribuée de même à un échange d’électrons entre la région chaude et la région froide : ce qui explique comment elle est proportionnelle à la conductibilité électrique.
- Toutes ces notions coordonnées nous ramènent au sujet précédemment traité de la matière et de l’éther et au rôle des électrons dans les phénomènes lumineux, électriques, calorifiques, etc., dont cette matière est le théâtre apparent et l’éther interposé le théâtre réel. Cette interprétation a été donnée par la théorie de Lorentz.
- Pour Lorentz, l’onde lumineuse est une onde électromagnétique. Toute molécule qui émet de la lumière est un excitateur analogue à celui qui produit les courants alternatifs des ondes hertziennes. On suppose, dans une première approximation, que la molécule lumineuse renferme des électrons négatifs animés d’un mouvement de va-et-vient autour de leur position d’équilibre. Ces électrons dont la présence se traduit par une impression lumineuse, étant des particules électrisées, doivent être alors sensibles à l’action d’un aimant comme l’a montré expérimentalement Zeeman dès 1896, apportant ainsi une confirmation à l’hypothèse. Si l’on précise davantage, ce
- 71
- n’est pas un seul électron vibrant que contient l’atome, dernière particule matérielle pondérable, mais tout un système dynamique composé d’un gros ion positif formant centre et de plusieurs ions négatifs de masse très inférieure (peut-être parfois au nombre d’un millier), animés autour de lui de mouvements analogues à ceux des planètes autour du soleil ; chaque grain de sable nous représenterait un univers en miniature. Enfin, aujourd’hui, les décharges produites dans les gaz raréfiés conduisent à supposer également, dans le résidu d’atome privé de ses électrons négatifs ou corpuscules cathodiques, la possibilité d’une décomposition analogue donnant, à titre plus anormal, de véritables électrons, non plus négatifs, mais positifs. Quand les électrons négatifs, qui sont le cas habituel, subissent les mouvements en sens contraire des courants alternatifs, il en résulte une onde hertzienne qui constitue une radiation lumineuse; quand, inversement, un faisceau de radiations lumineuses ou électriques vient modifier les mouvements des électrons dans un corps, il y a absorption.
- En résumé, l’électron négatif est, d’après une définition que nous empruntons à M. Lucien Poincaré, une simple charge électrique privée de matière proprement dite, ou encore un petit volume déterminé en un point de l’éther: ce point étant susceptible de se propager avec une vitesse qui ne saurait dépasser celle de la lumière. Quand cette vitesse est constante, l’électron est suivi à travers l’éther par une onde de vitesse donnant un champ électrique dirigé à chaque instant dans le sens du mouvement. Quand ce sillage suit un fil, le passage de tels électrons de vitesse constante forme un courant électrique. Si, au lieu d’une vitesse constante, il y a changement de vitesse, accélération, une onde d'accélération, ou radiation électro-magnétique, prend naissance. Avec une accélération brusque, on a un rayon X. Avec une accélération périodique comme celle que l’on peut imaginer produite par un électron gravitant autour d’un centre électrisé de signe contraire au sien, il y a radiation lumineuse.
- La distribution des électrons dans l’atome matériel esl, d’autre part, susceptible d’en expliquer la propriété essentielle qui est l’inertie. En sorte qu’en dernière analyse la matière elle-même se réduirait, par une interprétation dynamique, à un groupement de centres électrisés en mouvement. Les modifications dans ce groupement feraient alors comprendre l’évolution des corps radio-actifs, sur laquelle nous reviendrons ultérieurement et ce qu’on a appelé la désintégration de la matière. L. Dr Launay.
- LA SALINE DE SLANIC, EN ROUMANIE
- Les mines de sel sont, avec les sources de pétrole, une des richesses du sol roumain. Elles constituent d’immenses dépôts souterrains qui occupent une vaste région connue dans la géologie de ce pays sous le nom de « Golfe miocène de Slanic ». Cette zone comprend plusieurs gisements, dont l’un des plus importants est celui actuellement exploité .à
- 1 D’après (le ' récentes expériences de Rutherford (voy. n° 18.j3, informations), les particules a*émises par les diverses matières radio-actives (radium, actinium, thorium, etc.) seraient identiques entre elles et seulement animées de vitesses différentes. Ce seraient des atomes d’hélium, produits, par exemple, par la dislocation de l’atome de radium. i
- Slanic même dans la Moldavie, au pied des monts Carpathes. Mais, avant de présenter la saline telle qu’elle est aujourd’hui, je ne crois pas inutile de dire quelques mots de son origine géologique.
- Vers le milieu de l’époque miocène, la mer qui, jusqu’alors, couvrait toute l’Europe centrale, se retira lentement, en abandonnant à l’emplacement de la Roumanie actuelle, des lagunes et des lacs d’eau salée; cette eau, concentrée par évaporation, sans doute sous un climat désertique, laissa se précipiter d’abord une quantité considérable de sulfate de calcium. Ensuite se forma le dépôt de sel gemme-. Mais, avant que les eaux déjà fortement concentrées
- p.71 - vue 75/647
-
-
-
- 72
- LA SALINE DE SLAN1C, EN ROUMANIE ——
- aient eu le temps d’éliminer leurs sels potassiques, dont on ne trouve, en effet, pas trace en Roumanie, l’Océan fit de nouveau irruption dans le golfe de Slanic et vint ainsi recouvrir les couches salifères d’un second dépôt gypseux. C’est là, d’ailleurs, le dernier acte de présence de la mer dans cette contrée. Elle a été ensuite violemment refoulée par le soulèvement des Carpathes, et, de cet océan, il ne reste plus aujourd’hui que la mer Noire et la Caspienne.
- On ne connaît pas encore exactement toute l’étendue du gisement de Slanic; mais, d’après les derniers sondages, on peut évaluer sa profondeur à 500 m. environ. Les nombreux vestiges de salines abandonnées qui se.trouvent dans le même bassin, prouvent que l’extraction du sel se pratiquait intensivement dans cette région depuis plusieurs siècles déjà. Le droit
- dimension n’est pas définitive, car la coupe des parois s’opère toujours suivant un plan incliné ou une surface concave, jusqu’à ce que le sol des galeries ait atteint 50 mètres de largeur. A partir de ce moment, les murs se continuent verticalement.
- Le champ d’exploitation couvre actuellement une surface de 17 500 ni2, et, en abaissant, le fond de la mine de 2 mètres par an, on obtient 55000 m3 ou 78 400 tonnes de sel. Telle est environ la production annuelle. Mais on pratique en ce moment de nouveaux tunnels qui comprendront une superficie de 19 600 m2, en sorte que la mine atteindra prochainement une étendue d’au moins 57 000 m‘2 et l’extraction du sel sera plus que doublée. En admettant que la récolte soit annuellement de 100000 tonnes en moyenne, la saline de Slanic
- Fig. 1. — La raine de sel de Slanic. A 105 mèlres au-dessous de la surface du sol.
- d’exploitation, constitué maintenant en régie de l’État, était jadis affermé à des spéculateurs particuliers qui, sous contrôle, payaient au Gouvernement une redevance en nature. Mais l’exploitation méthodique, basée sur les procédés modernes, est relativement récente à Slanic. Les galeries actuelles ont été commencées en 1868. Elles étaient primitivement desservies par quatre puits appartenant à deux salines coniques d’ancien système. Celles-ci ont été abandonnées en 1881, après la création d’un nouveau puits, dont la profondeur est de 105 mètres. La saline se compose, maintenant, de quatre galeries ou plutôt de 4 voûtes qui mesurent respectivement en longueur, la première 95 mètres, la seconde 196 mètres, la troisième, 197 mètres et la quatrième 27 mètres seulement jusqu’alors (fig. 2). Elles n’ont guère plus de 5 mètres de largeur à leur sommet, mais vont en s’élargissant graduellement jusqu’à leur base qui mesure en moyenne 45 mètres. D’ailleurs cette
- ne serait pas épuisée avant plus de deux cents ans!
- Il est difficile de se former une idée de ces voies souterraines lorsqu’on ne les a pas parcourues. Pour le visiteur privilégié, admis à pénétrer dans les sous-sols de la terre où la nature a enlassé ces énormes provisions de sel, c’est un spectacle fort impressionnant. Le sol se montre hérissé de blocs à demi transparents : on dirait des rivières entièrement gelées et couvertes de gros glaçons ; ce ne sont partout que surfaces miroitantes. Les parois des galeries qui, en plusieurs endroits, atteignent une hauteur de 52 mètres, brillent en certains points d’un éclat magnifique. Elles ne sont pas unies, mais moirées ou marbrées (fig. 1). Ces aspects proviennent en partie de ce que le gisementn’estpas absolumenthomogène. Ainsi, dans la région que l’on exploite aujourd’hui, on distingue parfaitement deux zones séparées par une couche terreuse, dans laquelle se trouvent de grands cristaux de sel mêlés à des morceaux d’anhydride.
- p.72 - vue 76/647
-
-
-
- 73
- ----------- LA SALINE DE SLANIC, EN ROUMANIE
- La zone inférieure contient du sel très blanc, de i couches de sel alternent dans la coupe du gisement, qualité tout à fait supérieure. L’autre est formée de | comme des veines nuancées du gris sombre au blanc
- sel mélangé de couleur plus foncée, qui renferme I pur, lesquelles donnent aux murs des galeries la des particules d’argile et de sable. Les différentes | belle apparence de marbre dont j’ai parlé plus haut.
- p.73 - vue 77/647
-
-
-
- 74
- LA SALINE DE SLANIC, EN ROUMANIE
- La plus grande activité règne au fond de la mine : à 105 mètres au-dessous de la surface de la terre, dans des voies bien aérées, à la température con-
- 11 convient d’ajouter ici qu'on a utilisé à Slanic, pendant près de divans (1889-1898), trois machines pourvues de scies circulaires pour la taille du sel.
- Fig. o. — Entrée de la mine. Un plan incliné dans nue chambre souterraine des salines de Slanic.
- stante de 12° G. et éclairées par 34 lampes électriques de vive intensité, des centaines d’ouvriers travaillent à l’extraction du sel (fig. 2), et bien que ce rude labeur ne leur rapporte qu’un modeste salaire, ils paraissent, pour la plupart, robustes et satisfaits de leur sort. Les mieux rétribués sont les marteleurs de qui la tâche consiste à détacher du sol des blocs de sel mesurant ordinairement 4 mètres de longueur sur 1,80 m. de largeur et 0,35 m. d’épaisseur, et pesant environ 2000 kilogrammes. Ce travail leur rapporte en moyenne 3,60 fr. par jour, à raison de 1,80 fr. par tonne de sel arrachée au gisement. Les manœuvres qui travaillent à la dynamite et détachent, par explosion, d’énormes quartiers de sel, reçoivent 1,50 fr. pour 1000 kilogrammes. Les polisseurs, chargés d’égaliser les parois des galeries après la taille du sel, gagnent 0,50 fr. par m2. (Un homme peut en moyenne polir 6 m2 par jour.)
- On emploie, pour le transport du sel, des équipes de 60 à 70 jeunes ouvriers auxquels ce genre de travail ne rapporte guère plus de 1,75 fr. quotidiennement. Mais ce sont, pour la plupart, des apprentis, futurs marteleurs, destinés a gagner davantage.
- Les mouleurs reçoivent 0,40 fr. à 0,70 fr. par tonne de sel moulu, le prix variant avec la finesse du grain obtenu.
- Ces machines étaient mues à l’air comprimé, produit par un compresseur installé à l’extérieur de la saline, et amené par des tuyaux jusqu’au fond de la mine. La première creusait des tranchées parallèles aux murs de la galerie dans laquelle elle fonctionnait ; la seconde faisait des ouvertures transversales,.distantes les unes des autres d’environ 30 cm, la troisième détachait du sol des cubes de sel mesurant par conséquent 30 cm de côté. Mais le rendement de ces machines était faible; elles parvenaient à peine à extraire 25 tonnes de sel en 10 heures de travail et la forte dépense d’air comprimé, nécessaire à leur fonctionnement, rendait ce travail mécanique plus cher que le travail manuel. Aussi, a-t-on abandonné ce procédé d’extraction en 1898; cependant, on étudie d’autres systèmes plus perfectionnés de machines à couper le sel, afin de suppléer, au moins partiellement, aux bras qui deviennent insuffisants, l’exploitation de Slanic se développant chaque année davantage et la main-d’œuvre se recrutant de plus en plus difficilement.
- Les frais de la saline se montent annuellement à 400000 francs environ, dont plus de la moitié est consacrée à rétribuer les 450 ouvriers et employés qui composent le personnel de l’exploitation.
- Le^prix de vente du sel, à Slanic, varie beaucoup
- p.74 - vue 78/647
-
-
-
- - LA REPRODUCTION DU SAPHIR — 75
- suivant sa qualité; le sel blanc de luxe est vendu, en moyenne 15 fr. les 100 kg, tandis que le sel en gros grains, pour les conserves alimentaires, ne vaut que Il fr., à poids égal. Les deux tiers de la production de cette saline sont réservés à la consommation roumaine; le reste est expédié à l’étranger, en Bulgarie, en Serbie, et particulièrement en Afrique, par blocs énormes qui ressemblent à des glaçons détachés
- d’une banquise et qui valent de 60 à 105 fr. la tonne.
- 11 est regrettable qu’il n’existe pas une seule soudière en Roumanie, malgré la présence de si beaux gisements de sel ; mais on peut espérer que dans ce petit pays si plein d’avenir, de nouvelles entreprises industrielles se formeront, et exploiteront avec succès, sans en négliger aucune, les admirables richesses naturelles de ce sol privilégié. G. Renaudot.
- LA REPRODUCTION DU SAPHIR
- Les pierres précieuses traversent une période mouvementée. Les savants multiplient les efforts pour les reproduire en laboratoire, espérant ainsi dévoiler les conditions mystérieuses qui ont présidé à l’élaboration de ces gemmes, au sein de la nature, et leur arracher, en partie au moins, le secret de l’histoire de notre globe. Ces travaux théoriques ont une conséquence pratique immédiate; ils créent une panique permanente dans le monde des bijoutiers et de leurs clients. Nous en avons un exemple tout récent : la communication à l’Académie des sciences d’une note de M. Paris sur la coloration de l’alumine en bleu, a provoqué une vive émotion dans tout le public qui en a conclu aussitôt à la synthèse du saphir.
- Nous pouvons tout de suite rassurer les intéressés : la synthèse du saphir n’a pas été réalisée, les jolis cristaux bleutés qui ornent les bijoux de nos élégantes gardent toute leur valeur.
- C’est ce que nous allons montrer en analysant un peu plus en détail les travaux de M. Paris, qui, au point de vue
- scientifique, présentent plusieurs points fort intéressants.
- Le saphir, comme le rubis, le corindon, l’éme-
- raude, l’améthyste, n’est autre chose que de l’alumine, la vulgaire alumine de l’argile, mais cristal-
- Fig. 1. — Un chalumeau oxhydrique, sans son enveloppe.
- Fig. 2. . Ilangée
- de chalumeaux surveillés par une ouvrière.
- lisée et colorée par des traces d’oxydes étrangers. Dans le rubis, la coloration rouge est due à l’oxyde de chrome, et l’on obtient aujourd’hui, très aisément, des cristaux artificiels d'alumine identiques au rubis d’Orient1. Cette industrie, très prospère, produit annuellement plus de 5 millions de carats. Rappelons comment l’on procède : on fond au chalumeau oxhydrique de l’alumine ou du rubis naturel, par petites masses ajoutées peu à peu : la matière 1 Voy. La Nature, 1906, 1er semestre, n° 1710, p. 215.
- p.75 - vue 79/647
-
-
-
- 76 ---= LA BROUETTE CHINOISE DANS NOS COLONIES AFRICAINES
- cristallise immédiatement et la fusion se localise à une couche superficielle de quelques dixièmes de millimètre. On saupoudre cette nappe liquide d’oxyde de chrome et la coloration rouge produite se diffuse et dans la couche en fusion et dans la masse déjà solidifiée.
- Si l’on remplace l’oxyde de chrome par des oxydes susceptibles de donner une coloration bleue, oxyde de cobalt, de fer, etc., le phénomène change complètement ; ces oxydes sont rejetés par l’alumine en fusion et surnagent à la surface
- Fig. 5. — Fahi icalion du rubis artificiel. — A, panier métallique contenant l’alumine en poudre additionnée d'oxyde de chrome. Ce panier est fixé à un pointeau B, muni d’un ressort à boudin. Le marteau C trappe automatiquement sur le pointeau B et lait tomber la poudre peu à peu. En 1) débouche un courant d’oxygène qui entraîne la poudre. En E débouche un courant de gaz d’ôclai-ragc. Le mélange d’oxygène et de gaz d’éclairage en brûlant lait tondre l’alumine qui est récoltée par la tige réglable G placée au centre du tour en terre réfractaire 11. l’ar la porte F, on suit la marche de l’opération.
- de la couche fondue sans se mélanger avec elle : il est impossible dans ces conditions de colorer l’alumine.
- M. Paris a observé, et c’est là un fait très remarquable, que si, au lieu d’employer de l’alumine chimiquement pure, on introduit quelques centièmes d’un oxyde étranger, la chaux, par exemple, tout change; que le cobalt en particulier est alors retenu par l’alumine et donne une coloration bleue. Le fait est confirmé par d’autres expériences de M. Yerneuil qui signale qu’il a pu fixer l’oxyde de cobalt, grâce à la présence de magnésie.
- Ainsi l’on peut désormais colorer l’alumine en bleu. Est-ce à dire que l’on obtient du saphir? Bien loin de là : si l’on utilise le cobalt, la coloration obtenue ne rappelle en rien celle du saphir d’Orient ; elle est d’une- forte teinte violet-rougéâtre qui ne peut prêter à confusion. Avec d’autres oxydes, il est vrai, on so rapproche davantage de la couleur du saphir; nous avons eu sous les yeux des pierres colorées, non par du cobalt, mais par de l’oxyde de chrome mélangé à de la chaux convenablement dosée, comme nous l’avons dit précédemment, et dont la magnifique teinte bleue donnait réellement, au premier abord, l’impression du saphir.
- Mais il subsiste encore une différence capitale entre ce simili-saphir et le saphir véritable. 11 n’est pas cristallisé. Ainsi que le signale M. Paris dans sa note, l’introduction d’une petite quantité de matière étrangère, telle que la chaux, a modifié la structure de l’alumine; elle était d’abord cristallisée dans sa masse et fondue seulement en superficie ; après l’introduction de la chaux, la masse toute entière entre en fusion et, refroidie, reste amorphe. Le fait est intéressant au point de vue purement scientifique; mais il suffit à enlever aux pierres ainsi obtenues toute valeur commerciale; on pourra toujours distinguer un vrai saphir d’un faux en l’observant au microscope polarisant : le premier est biréfringent et polarise la lumière; le second se comporte comme un simple morceau de verre. Entre ces deux variétés d’un même corps, on retrouve la même différence qu’entre la silice fondue et le quartz (silice cristallisée).
- Ajoutons enfin que, pour obtenir de faux saphirs ayant l’apparence de vrais, il faut tellement de précautions minutieuses dans la préparation de la matière, dans le dosage, dans la conduite de la fusion, que le prix de revient en est fort élevé ; pour l’instant, la crainte de les voir envahir le marché et faire aux saphirs d’Orient une concurrence, frauduleuse ou loyale, paraît donc au moins prématurée.
- A. Tbolleu.
- LA BROUETTE CHINOISE DANS NOS COLONIES AFRICAINES
- Au mois de mai d’abord, puis au mois de juin l’Administration des colonies a fait procéder aux essais officiels d’un véhicule dont une première ébauche se trouvait l’année dernière à l’Exposition coloniale de Yincennes et qui paraît appelé à rendre les plus grands services dans nos colonies africaines.
- Il s’agit du « haquet monocycle à traction humaine », ainsi que l’a désigné son inventeur, M. Yictor Chamarande, administrateur adjoint des colonies.
- Cet appareil se compose d’une roue pleine en tôle d’acier emboutie ; son bandage, en segments de bois créosoté, est garni d’un patin de cuir chromé. La roue est munie de roulements à billes. On peut se permettre z ce sujet une légère critique de détail : il
- semble que de bons roulements lisses eussent été préférables, car si une bille vient à se casser, son changement en pleine brousse n’offrira aucun agrément aux Européens dirigeant le convoi.
- L’axe de cette roue dépasse le moyeu de chaque côté et porte des ressorts de voiture sur lesquels repose une plate-forme évidée en son milieu pour le logement de la roue.
- La plate-forme est garnie sur son pourtour de claies qui sont démontables, ainsi que le carter dont est munie la roue.
- Le tout est composé entièrement de tubes de bicyclette.
- Une paire de brancards en avant, une paire de brancards en arrière, permettent à deux hommes
- p.76 - vue 80/647
-
-
-
- LA BROUETTE CHINOISE DANS NOS COLONIES AFRICAINES = 77
- de maintenir en équilibre l’appareil que l’un d’eux tire et que l’autre pousse.
- Le haquet ne pèse que 80 kilogrammes. On peut d’ailleurs le démonter en trois colis facilement transportables dans les cas embarrassants.
- Ce véhicule n’ayant qu’une seule roue et un encombrement des plus restreints, car sa largeur est de 0“‘,70, il sera très facile de le faire circuler dans les mauvais sentiers de la brousse. Comme le châssis est à environ 0m, 40 du sol, il pourra éviter sans difficulté les pierres, petites broussailles, etc.... Grâce à ce système fort ingénieux quatre hommes, car il faut compter deux équipes, l’une travaillant, l’autre se reposant, semblent pouvoir assurer le transport de 240 à 500 kilogrammes de matériel ou de marchandises sans fatigues excessives.
- Actuellement le portage, si exécré, si redouté des nègres, et d’ailleurs si justement, consiste à assurer le transport à dos d’hommes de toutes les marchandises circulant en Afrique partout où n’existent ni chemin de fer, ni cours d’eau navigable, ni route carrossable. Parfois il est impossible de trouver des porteurs de bonne volonté ; il faut alors procéder par voie de réquisition et bien des villages sont ainsi devenus déserts, les noirs préférant ne pas se trouver trop près des routes habituellement suivies par les transports. L’appareil de M. Chamarande apporte donc une amélioration considérable : les porteurs n’ont plus qu’à fournir un effort de traction, effort relativement peu fatigant.
- Il est d’ailleurs amusant de constater combien le fameux nil novi sub sole se vérifie
- une fois de plus et de bien remarquable manière.
- Le « haquet monocycle à traction humaine » n’est en effet pas autre chose que la brouette chinoise. Ouvrez à la page 155 le Tour du Monde (année 1860, premier semestre), vous y verrez, utilisé en Chine sous le nom de brouette de voyage, un appareil composé d’un plateau muni de deux brancards et reposant sur l’axe d’une roue unique. Un espace suffisant est évidé dans le plateau pour laisser passer la roue qui se trouve enfermée dans une claire-voie. Le tout est en bois, assez massif et d’aspect rudimentaire. Le dessin, signé de Gustave Doré, est fort amusant. Sur le plateau, et nonchalamment appuyé contre la claire-voie, se trouve un voyageur chinois qui ne doit pas être bien exigeant sur le chapitre du confortable. Ses bagages lui font contrepoids de l’autre côté de la roue. Entre les brancards, derrière le tout, est un coolie faisant office de
- moteur.
- Il paraît même que dans certaines contrées de la Chine cet engin est muni d’une voile : quand un vent modéré souffle dans la direction propice le coolie n’a plus qu’à maintenir l’appareil en équilibre et à le guider dans la bonne voie.
- Dans son volume China und die Cliinesen, B. Navarra donne la photographie d’une brouette à roue centrale. De chaque côté de la roue se trouve une sorte de siège et sur chaque siège une Chinoise à l’air fort amusé. En arrière de la roue, presque entre les brancards, il y a un petit panier où ces dames ont du déposer leur menu bâgage. Le porteur, entre leS brancards, veille à l’équilibre.
- Miss A. Little, dans son curieux ouvrage Inlimale
- Brouette chinoise » fabriquée par les Annamites et pouvant porter une charge considérable.
- Fig. 2. — Le « baquet monocyclc » tel qu’il a été expérimenté' au Jardin colonial de Nogent-sur-Marne et dont les essais se poursuivent actuellement en Afrique.
- p.77 - vue 81/647
-
-
-
- 78= ACADÉMIE DES SCIENCES— MACHINE A ADDITIONNER-
- China, publie également la photographie d’une brouette de voyage à roue centrale. Celle-ci porte un Chinois de belle mine et fort proprement mis qui a l’air tout heureux de poser devant le photographe en cet équipage. Ce genre de véhicule doit être d’un usage très pratique dans les pays, comme la Chine, où les routes ne sont pas toujours bien entretenues; n’ayant qu’une voie, le plus mauvais sentier peut lui suffire et les cahots doivent se trouver singulièrement réduits. Comme moyen.de transport il doit être fort économique, mais en revanche l’ahscnce de tout ressort doit se faire cruellement ressentir. En tout cas, il semble en Chine d’un usage très courant et son emploi doit dater de longues années.
- Toutes ces brouettes chinoises sont assez grossièrement faites et d’aspect très lourd : au point de
- vue de la solidité et de la capacité de transport l’appareil de M. Chamarande, tout en tubes de bicyclette doit leur être bien supérieur. Mais en somme le principe est le même, si les moyens d’exécution sont différents.
- L’idée d’utiliser la brouette à roue centrale comme moyen de transport en Afrique et partout où les voies de communication ne sont que de mauvais sentiers semble donc des plus heureuses. Nous croyons sincèrement que cela constitue un sérieux progrès sur l’état de choses actuel. Vraiment il est difficile de deviner l’époque où l’Afrique centrale sera sillonnée de routes carrossables et de chemins de fer tandis que l’on peut très bien se représenter ces vastes étendues tout entrecoupées de sentiers propices au baquet monocycle. Louis Seuvu.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 décembre 1908. — Présidence de M. Bouchard.
- L'urée dans les champignons. — M. Guignard présente une Note de MM. Goris et Maseru relative à la présence de l’urée dans certains champignons des espèces supérieures. Cette substance n’avait été trouvée jusqu’à ce jour que dans quelques liquides sécrétés par les organes de certains animaux, et notamment des Carnassiers. MM. Goris et Mascré ont trouvé l’urée dans deux champignons comestibles très répandus, le irichloma georgii et le Psalliola campeslris. La dernière espèce en contient une quantité considérable, 5 pour 100 du poids sec. Il n’y a pas possibilité d’expliquer la présence de l’urée dans ces végétaux en soutenant qu’ils ont été exposés à des déjections animales. Des précautions avaient été prises contre cette éventualité. D’ailleurs, il est à remarquer, à ce sujet, que le champignon de couche que l’on cultive sur du fumier ne contient pas d’urée.
- Bacilles tuberculeux cultivés sur la bile. — M. Cal-mette résume les recherches qu’il vient d’entreprendre avec M. C. Guérin au sujet de l’absorption du bacille tuberculeux par la bile. Les auteurs ont pu se convaincre qu’il existe des différences- très marquées entre les propriétés du bacille tuberculeux provenant des cultures artificielles et celles du bacille provenant directement du lait ou d’un organe tuberculeux. Ils ont constaté que le bacille tuberculeux du bœuf pousse très bien sur la bile de bœuf; de môme le bacille tuberculeux aviaire s’accommode très bien de la bile de poule. Le bacille tuberculeux humain prospère sur la bile humaine. Le bacille
- bovin cultivé sur bile de bœuf est plus facilement absorbé par l’intestin ; il y produit des lésions d’infection spontanée qu’on 11’obtient pas avec le bacille de culture, lin injection intraveineuse, le bacille bilié produit chez le bœuf une maladie générale analogue à la typho-bacil-lose décrite chez l’homme par M. Landouzy. La bile 11’exerce aucune action antitoxique sur la tuberculine.
- La hauteur des ballons. — M. Deslandres présente une Note de M. Berget indiquant un procédé qui permet d’accroître l’cxaclilude des déterminations des hauteurs des ballons-sonde. O11 sait que cette hauteur se déduit de la pression atmosphérique enregistrée par le baromètre du ballon. Or, il est à observer que l’erreur qui peut provenir de l’enregistrement correspond à des écarts de plus en plus grands à mesure que l’on s’élève ; elle est susceptible d’atteindre plusieurs centaines de mètres sur la hauteur maximum. L’auteur a imaginé de remplacer la mesure directe de la pression atmosphérique par la mesure de la diminution de poids apparent que subit un corps à mesure que la densité de l’atmosphère diminue. Les dynamomètres extrêmement sensibles que l’on sait construire aujourd’hui permettent do mesurer ces diminutions avec une très grande précision. L’erreur à craindre ne dépasse plus 100 m.
- Élection. — 11 est procédé à l’élection d’un membre de la section de physique, en remplacement de M. Mascart. M. Yillard est élu par 54 voix contre 18 données à M. Branlv. C11. de Vjuædeuil.
- NOUVELLE MACHINE A ADDITIONNER
- La rapidité est devenue, en toutes matières, une des plus impérieuses exigences de la vie moderne. Notre pauvre machine humaine, incapable de forcer sa vitesse, a dû recourir à l’aide d’autres machines, plus simples, mais plus promptes. Le mécanisme intervient aujourd’hui dans tous les domaines : celui du calcul, pouvait paraître particulièrement
- rebelle à l’emploi de la machine! il est aujourd’hui conquis et d’une façon définitive. Partout où les opérations de calcul sont nombreuses, établissements de banques, d’assurances, grandes maisons de commerce, bureaux d’ingénieurs, nous voyons intervenir la machine à calcul, ou plutôt les machines à calcul ; car, en principe, il y aura autant d’appareils que
- p.78 - vue 82/647
-
-
-
- MACHINE A ADDITIONNER =
- = 79
- d’opérations à effectuer ; chacun d’eux sera nettement spécialisé, condition essentielle de rapidité; nous aurons la machine additionneuse, la machine mul-liplicatrice; on peut concevoir également des instruments calculant immédiatement des intérêts, des annuités, etc.
- La machine que nous allons décrire est consacrée à la plus simple des opérations de calcul, mais aussi la plus usuelle, et la plus fastidieuse, celle où les erreurs se glissent le plus aisément : l’addition.
- Dans les maisons de commerce, des employés spéciaux passent parfois leur vie entière à aligner des additions, travail pénible, lassant, exposé à mille défaillances.
- 11 y a donc un vif intérêt à substituer au fragile mécanisme intellectuel, une simple opération matérielle, aisément contrôlable, supprimant la fatigue mentale, diminuant par suite les chances d’erreur,
- augmentant singulièrement la rapidité d’exécution.
- La machine que représentent nos figures est très simple et peu encombrante, ses organes peu compliqués sont une garantie de bon fonctionnement; les fig. 4 et 5 en montrent l’aspect extérieur.
- Une planchette horizontale est partagée par des cloisons longitudinales, en 9 rectangles allongés ; dans chacun de ces rectangles peut se déplacer une chaîne sans fin, composée de maillons égaux : chacune , des chaînes laisse apparaître
- L mi des tambours , n i 1 i .
- additionneurs. maillons sur la planchette.
- Les rectangles allongés constituent les colonnes de l’addition future ; les maillons représentent les unités. Ainsi, prenons la 5e colonne à partir de la gauche, le 6e maillon à partir du bas représentera 6 centaines. La graduation en gros chiffres, portée sur le côté de l’appareil, l’indique du reste fort nettement.
- Comment allons-nous procéder pour faire une addition, prenons un exemple simple : ajoutons les deux nombres 55 et 21. On écrit d’abord le chiffre 55. Pour cela au moyen de la griffé représentée sur la figure 4 dans la 2e colonne, colonne des dizaines ; on saisit, en appuyant légèrement, le maillon qui représente le chiffre 5, et l’on déplace la chaîne sans fin de façon à venir heurter le bas du cadre; on a, ainsi, fait mouvoir la chaîne d’une longueur de 5 maillons. On écrit de même le chiffre des unités : 5, et l’on voit apparaître dans les 2 fenêtres A et B, placées au-dessus de la planchette, le nombre 55. Dans la fenêtre A, nous allons voir dans la suite s’inscrire le résultat de l’addition ; la fenêtre lï sert au contrôle, elle permet de constater que l’on a bien écrit le nombre voulu.
- Ayant ainsi écrit le nombre 55, appuyez sur la poignée C, le nombre s’efface dans la fenêtre B, mais subsiste toujours dans l’ouverture A. Écrivez alors le 2e nombre de l’addition 21 ; il apparaît aussitôt
- dans la fenêtre B, et en A s’inscrit en même temps le résultat de l’opération : 5G.
- Par quel mécanisme ce résultat s’obtient-il? Pour le comprendre, reportons-nous à la coupe de la figure 2 qui nous montre ce qui se passe à l’intérieur de l’appareil ; nous y voyons isolée une des chaînes sans fin. Ses maillons engrènent avec le tambour à 10 dents G ; ce tambour porte les chiffres 0, 1, 2, 5 jusqu’à 9, ce sont eux qui apparaissent dans la fenêtre de contrôle A; les 10 maillons compris entre M et N sont ceux qui sont visibles sur la tablette de la machine.
- Si avec la griffé on saisit l’un de ces maillons, le 5e par exemple, et qu’on l’amène au contact de M, on fait tourner le tambour G, primitivement au zéro, et le chiffre 5 est amené devant l’ouverture de la fenêtre.
- D’autre part, en saisissant ce maillon, on a dû appuyer sur la chaîne et sur le levier L qui le soutient. Ce levier s’est légèrement déplacé et a amené l’extrémité supérieure de la chaîne en prise avec un 2e tambour à 10 dents H qui porte comme le tambour G les nombres 0, 4,...
- 9 et comme lui a tourné de 5 divisions lorsque nous avons écrit le chiffre 5.
- C’est ce tambour H dont les chiffres se dévoilent dans la fenêtre additionneuse, c’est lui qui exécute l’opé-
- Coupo <le lu machine montrant le mécanisme additionneur.
- ration.
- 11 y a, bien entendu, 9 tambours analogues centrés sur le même axe et correspondant chacun à une colonne de la table d’addition. On comprend aisément, alors, comment s’effectue le calcul et comment le résultat en est rendu visible. Le procédé appliqué ici est celui que l’on utilise dans tous les compteurs enregistreurs, le compteur à gaz notamment. Ajoutons, par exemple, les 2 chiffres 5 et 4;
- p.79 - vue 83/647
-
-
-
- 80
- MACHINE A ADDITIONNER
- nous déplaçons dans la colonne des unités le maillon représentant le 'chiffre 5, et le tambour 11, pri-
- mouvement le tambour voisin. "Voici donc ce qui va se passer : nous avons écrit le chiffre 5, nous
- Fia. 5.
- Vue d’ensemble du mécanisme.
- mitivement au zéro, se déplace de 5 divisions et nous voyons apparaître le chiffre 5 ; nous déplaçons ensuite la chaîne de 4 divisions, le tambour tourne de nouveau de 4 divisions et le chiffre 9 apparaît.
- Prenons un exemple un peu plus compliqué, celui où la somme des 2 chiffres nous donne des dizaines, 5 et 7 par exemple. Le tambour H, correspondant à la colonne des unités, doit être disposé de façon que lorsqu’il a exécuté un tour complet, correspondant à 10 unités, il fasse tourner d’une division le tambour de la colonne des dizaines
- Ceci est réalisé au moyen d’une came portée par la circonférence du tai bour (fig. 1); sur l’axe est montée une excentrique fixe et une roue à rochets mobile; après chaque tour complet du tambour, grâce à l’excentrique, la came vient en prise avec le rochet et le lait tourner exactement d’une division, entraînant dans le même
- Fis-
- Fig. i. — La machine posée sur uu support.
- allons écrire le cliilïre 7, nous allons ainsi faire tourner le tambour 11 de 7 divisions; il aura tourné en tout de 10 divisions plus 2;
- au moment où les 10 divisions sont parcourues, le tambour voisin tourne à son tour d’une division, finalement le tambour II est ramené au chiffre 2 et nous voyons apparaître dans la fenêtre additionneuse le nombre 12.
- Le même dispositif existe sur chaque tambour, et l’on saisit aisément le mécanisme de l’addition de nombres de plusieurs chiffres.
- La machine présente, à côté de ces dispositifs essentiels, d’autres mécanismes de détail sur lesquels nous n’insisterons pas; mais qui la rendent d’un maniement agréable et rapide.
- On voit ainsi combien cette machine est simple, combien son apprentissage est aisé. R. Villers.
- — Comment ou l'ait une addition.
- Le Gérant : P. Masson. .— Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- p.80 - vue 84/647
-
-
-
- la NATURE. — N° 1859. =
- 9 JANVIER 1909.
- APPAREIL POUR LA PHOTOGRAPHIE
- et la projection en couleurs par sélection trichrome
- Depuis l'apparition des plaques à réseaux polychromes qui donnent les beaux résultats que tout le monde connaît aujourd’hui, on peut dire que la photographie en couleurs est entrée dans le domaine de la pratique. Cependant, malgré le degré de perfection atteint par les fabricants, on fait encore à ce procédé certaines objections relatives au prix élevé des plaques, à la difficulté que l’un éprouve à les reproduire et aussi, en raison de leur faible luminosité, à les projeter, à moins de disposer d’un arc électriquev de 40. ampères.
- Le procédé dont la description va suivre a le défaut, il est vrai, de ne pas donner directement d’épreuves en couleurs, mais il permet d’utiliser les plaques orthochromatiques ordinaires du commerce, il n’exige aucune manipulation spéciale et se prête au tirage d’un nombre indéfini de positifs pouvant être projetés en couleurs avec un simple bec Auer, une lampe à incandescence par l’alcool ou un arc électrique de faible ampérage.
- 11 consiste essentiellement à prendre simultanément, à travers trois écrans trichromes (fig. 2) convenablement choisis, trois vues du même objet sur la même plaque et en un seul temps de pose assez court, puis à superposer automatiquement ces trois images sur un écran de projection, grâce a un dispositif optique extrêmement simple.
- L’appareil se compose d’une petite chambre noire divisée en trois compartiments disposés en triangle (fig. 3). A l’avant se trouvent
- 37° année. — ier semestre.
- Fig. 1. — Appareil muni de ses trois objectifs.
- Fig. 2.
- Triple cliché obtenu sur la même plaque et donnant une projection en couleur.
- trois objectifs de foyers rigoureusement t identique^ correspondant aux trois compartiments et pourvus chacun d’un écran de sélection trichrome.
- Lorsque, au lieu de prendre un objet à l’infini, on veut photographier un objet rapproché, on dispose également, dans la bague cylindrique entourant les trois objectifs, une lentille de foyer égal à la distance à laquelle se trouve l’objet. Le faisceau conique issu d’un point quelconque de l’objet est transformé par la lentille en faisceau de rayons parallèles qui rencontrent les objectifs comme s’ils provenaient de l’infini et on se trouve ainsi ramené aux conditions de la première expérience. Les projections faites par ce procédé sont naturellement moins lumineuses que celles de vues en
- noir en raison de l’absorption des écrans de sélection; mais il est facile de se rendre compte que cette déperdition de lumière se trouve en grande partie compensée par la superposition sur l’écran de projection de trois images continues dont les intensités s’ajoutent.
- D’autre part, il faut reconnaître que l’interposition de lentilles simples devant les objectifs entraîne certaines aberrations. Elles sont pratiquement équivalentes et aussi négligeables que celles produites par les bonnettes d’approche interposées devant les objectifs des appareils à mise au point fixe. Un défaut plus sensible consiste en un certain décalage des images des objets situés en deçà ou au delà du plan focal de la lentille, car les rayons issus d’un même
- Ü. - 81
- p.81 - vue 85/647
-
-
-
- 82
- LE CATACLYSME DE MESSINE
- point ne sont plus, dans ce cas, transformés en faisceaux rigoureusement parallèles, ce qui entraîne un léger effet de stéréoscopie, mais je crois que cet inconvénient serait considérablement réduit par l’emploi d’objectifs de foyer plus long que ceux dont je dispose actuellement, et, en tout cas, ce défaut se trouve
- sensiblement atténué par le fait que les vues projetées se regardent toujours à une .distance assez considérable.
- Vu la simplicité de son dispositif, il semble que- l’application de ce procédé à la projection de vues cinématographiques en couleurs serait tout indiquée. ' Àsndké Chéhox.
- LE CATACLYSME DE MESSINE
- Le 29 décembre, à 8 heures du matin, une formidable secousse de tremblement de terre a ébranlé la Calabre et le détroit de Messine, faisant, en quelques instants, près de 200000 victimes. On a pu voir, dans tous les journaux, les lamentables détails de la catastrophe : toutes les maisons de Messine et de Reggio détruites presque sans exception; la moitié au moins de la population sous les décombres; le feu prenant par l’explosion des ga'zo- * mètres ; les rares survivants affolés s’enfuyant demi-nus, sous des pluies de pierres, à travers l’écroulement des maisons ; le raz de marée envahissant Messine ; les prisons effondrées laissant échapper les malfaiteurs qui se mettent à piller la ville, etc. Et aussitôt les souvenirs se sont reportés vers de récentes catastrophes analogues : au Japon, le 28 octobre 1891, le 15 juin 1896 et le 15 juin 1898, où, en trois fois, périrent 167 000 victimes; à San Francisco (le 18 août 1906; 1000 morts), à Valparaiso (16 août 1906,
- 2000 morts et 800 blessés), sans compter les désastres de 1785, 1856,
- 1905, etc., qui ont affecté cette région même, le premier avec des proportions également désastreuses en faisant 40 000 morts. On s’est rappelé aussi les sinistres, en réalité très différents par leurs causes, mais pourtant reliés aux séismes par certains côtés apparents, qu’ont causés les volcans, au Krakotoa (1883), au Japon (1896), à la Martinique (1902), etc. Devant de telles catastrophes, en même temps que notre pitié, que notre douloureuse sympathie s’éveille à l’idée de tant de deuils et de misères, un étonnement indigné trouble notre confiance naïve dans la stabilité de l’écorce terrestre et dans le pouvoir croissant de l’homme pour résister aux éléments. Cependant l’histoire
- géologique est là pour nous apprendre que celte écorce s’est sans cesse disloquée, ridée, plissée, contractée, brisée, effondrée-par fragments au cours des âges, que les.chaînes de montagnes les plus hautes et les mers les plus profondes n’ont eu qu’une existence éphémère ; mais nous avons quelque peine à nous imaginer que cette histoire se continue, que l’époque, honorée de la présence de l’homme, ne jouit pas de certaines immunités spéciales, que sa présence n’a rien changé dans l’évolution de notre
- planète. C’est le même orgueil qui, dans les géo-logies d’autrefois, faisait distinguer, sous le nom de quaternaire, celte infiniment courte période écoulée depuis l’apparition de riiomme.il l'aul pourtant nous faire à notre infime petitesse dont la géologie, par d’autres procédés, nous donne une idée aussi nette que l’astronomie et nous imaginer qu’un désastre comme ceux dont nous venons de rappeler la lugubre série n’est qu’un incident nécessaire et destiné certainement à se répéter souvent dans l’avenir, comme il s’en est déjà produit de semblables dans le passé. Les proportions sans cesse croissantes que nous donnons à nos agglomérations humaines,’ et cela même dans les régions les plus exposées,.ne peuvent qu’accroître progressivement les conséquences pratiques de secousses pareilles. Inutile de refaire, à ce propos, la théorie des tremblements de terre. Nous la rappelions récemment encore à propos des sinistres de San Francisco et de Valparaiso1. Ce sont, suivant toutes vraisemblances, des dislocations de l’ordre de celles que nous appelons en géologie « tectoniques », qui, suivant
- 1 Voy. ii° 1718, 28 avril 1906, le Vésuve et San Francisco n°1734, 18 août 1906, les Sismographes et, n° 1738, 15 septembre 1906, les Tremblements de terre.
- y. Gjj
- ilégion séismique de la Calabre et de la Sicile. Les parties grisées représentent les zones agitées par les tremblements de terre.
- p.82 - vue 86/647
-
-
-
- = LE CATACLYSME DE MESSINE — ....','T .—— 83
- certaines zones faibles de l’écorce, mettent en mouvement relatif l’un par rapport à l’autre deux compartiments voisins de cette écorce ou tendent à rider celle-ci. Le centre de l’ébranlement, qui se propage ensuite par ondes dans le solide terrestre, est peu profond : 7 à 8 km en moyenne, rarement plus de 20. On peut, dans les régions faibles, prévoir le phénomène pour une date indéterminée : mais il est aussi impossible d’en annoncer la date que de calculer d’avance l’instant où s’elfondrera une voûte condamnée, où se brisera une poutre métallique trop faible. Il n’a qu’un rapport indirect avec le volcanisme : celui-ci étant seulement la conséquence probable d’une cause parallèle, et n'étant pas lui-même l’origine des séismes : phénomènes fréquents même dans quelques régions, où aucune éruptivité n’apparaît. Aussi est-il très probablement vain de chercher, comme on la fait dans toutes les occasions semblables, un rapprochement problématique des secousses séismiques avec les marées internes produites par l’attraction lunaire, ou avec les désordres provoqués par les taches du soleil. C’est beaucoup plutôt dans la constitution géologique du sol que gît l’explication du phénomène. À cet égard, on sait suffisamment qu’il existe, à la surface de la terre, un certain nombre de zones faibles prédestinées de longue date aux séismes : zones dites géosynclinales, parmi lesquelles on peut compter en premier lieu notre Méditerranée, avec son prolongement de l’autre côté de l’Atlantique dans le golfe du Mexique, le rivage Pacifique des deux Amériques, la côte du Japon (où les mouvements internes ont toujours pris une gravité exceptionnelle), les Indes hollandaises, etc.
- En ce qui concerne la Méditerranée, si particulièrement intéressante pour nous, on peut s'expliquer les désastres actuels en se rappelant ce qui s’est produit, au cours de l’histoire, pour des Médi-terranées semblables, aujourd’hui disparues. Successivement on a vu se produire en Europe une série de chaînes montagneuses reportées progressivement du nord vers le sud : chaînes qui, chacune, (si extraordinaire, si paradoxal que cela semble), ont commencé par une dépression marine de plus en plus profonde, pour aboutir à un -moment donné à une ride centrale, transformée en une saillie à dimensions alpestres. Nos Alpes et l’Atlas, des deux côtés d’un sillon que ces chaînes montagneuses ont réduit en largeur, sont le dernier incident de ce genre; et aujourd’hui- les-dislocations se sont de préférence localisées dans l’intervalle, occupé par la Méditerranée, qui est la zone instable entre toutes de l’Europe. Ce qui se prépare en dessous par de telles secousses, ce qui peut se passer dans l’avenir sur une zone semblable, il serait peu scientifique de le prophétiser, d’autant que l’espèce humaine aura sans doute disparu de la terre avant que ces prophéties se réalisent. Cependant il a existé jadis en Asie une mer intérieure analogue, dont l’histoire, plus avancée que celle de la Méditerranée
- européenne, peut, dans une certaine mesure, renseigner sur l’avenir de celle-ci. Cette mer intérieure, prouvée par la longue persistance de ses dépôts marins, est la Téthys ou Mésogée des géologues : mer qui, prolongeant au loin notre Méditerranée européenne, allait de l’Arménie en Perse, suivait l’Himalaya et couvrait l’emplacement actuel des chaînes birmanes. Un jour, sur la place de cette mer, dont les .dépôts accusaient une profondeur d’eau toute spéciale, il s’est dressé les chaînes de plus de 8000 m. que nous voyons; la suture s’est faite alors entre les deux massifs continentaux qui existaient de longue date au nord et au sud de la Mésogée; et l’Asie est devenue le continent unifié d’aujourd’hui, comme, un jour peut-être, l'Europe se soudera à l’Afrique, — non sans dislocations probables, suivant une direction orthogonale marquée, depuis quelque temps, depuis quelques périodes géologiques, par des lignes d’effondrement successives, dans la mer Égée, la mer Rouge, etc.
- En ce qui concerne plus spécialement le détroit de Messine et la Calabre, il y a là une région dont l’instabilité toute spéciale est classique, même spar comparaison avec l’ensemble déjà généralement instable de la Méditerranée. Notre carte montre les zones séismiques principales de l’Italie méridionale, qui sont loin d’afïecler toute la botte, décrire une courbe passant par Lagonegro, Cosenza, le détroit de Messine et Catane. La presqu’île calabraise est formée par deux massifs archéens ou cristallins du Sila et de l’Aspromonte, que prolongent, en Sicile, les monts Péloritains ('). Le détroit de Messine n’est qu’une coupure récente, des deux côtés de laquelle se répondent, non seulement ces lambeaux archéens, mais le crétacé et l’éocène disloqués. Il faut ajouter que le pliocène marin à Clypeasler pliocenicus a été porté là, en couches presque horizontales, à 1000 m. d’altitude : ce qui implique, depuis une période que l’homme a peut-être vue, un déplacement d’au moins 1000 m. dans le sol par rapport au niveau des mers. L’intersection de cette zone séismique avec la faille de Messine est un point tout indiqué pour un déplacement particulièrement violent. Ricco a fait, en outre, remarquer (et de Lapparent attachait une grande valeur à celle observation), que les anomalies de la pesanteur suivent précisément cette zone séismique. Aussi le cataclysme actuel, dont les proportions seules sont extraordinaires, a-t-il été précédé, sur le même point, par beaucoup d’autres : notamment par le tremblement de terre célèbre de l’an 526 qui a peut-être fait 150000 morts et surtout par celui de 1783 qui a duré plusieurs mois, accompagné, comme aujourd’hui, de ras de marée et de pluies torrentielles. Il y eut alors, comme conséquence, dans les Lipari et le Slromboli, des mouvements éruptifs dont nous verrons peut-être la répétition. L. De LauiVay.
- 1 Le géologue autrichien Suess a donné [la Face de la Terre, t. I, p. 108 et 283) une théorie des mouvements de cette région, qui ne paraît pas exacte.
- p.83 - vue 87/647
-
-
-
- 84
- LES FRÈRES ENNEMIS
- Les insectes ont une fâcheuse réputation, justifiée d’ailleurs, car beaucoup d’entre eux sont nuisibles :
- ils mangent
- nos
- b'
- légumes,
- Fig. 1. — Ilyménoptère (Te Iras ti-chus) en train île piquer un œuf de la Guléruque de l’Orinc (très grossi).
- attaquent nos Heurs, grignotent nos graines, pondent dans nos fruits, dévorent nos forêts, toutes choses qui se soldent par une perte sensible. Cependant, ces insectes n’ont pas la vie aussi facile qu’on pourrait le croire; ils sont à leur tour attaqués par d’autres insectes parasites, qui, parfois, leur livrent une lutte sans merci. Et, naturellement, cette guerre entre frères ennemis est toute à notre avantage. Ainsi que M. Paul Marchai vient de'le rappeler1, elle est beaucoup plus importante qu’on le croit généralement, car le pouvoir prolifique des insectes entomophages (c’est-à-dire mangeurs d’autres insectes) est considérable.
- La manière dont ces insectes arrivent à leur fin varie d’ailleurs d’une espèce à l’autre. Les uns, comme les carabes et les coccinelles, se contentent purement et simplement de manger les insectes qu’ils convoitent et, alors, le bénéfice que nous retirons de leur action est immédiat. Les autres ont un effet plus insidieux et moins visible aux yeux des profanes. Us se contentent de pondre dans les œufs et les larves des autres insectes., amenant finalement leur perte. Tel est le cas, par exemple, du « tétrasti-chus » qui pique les œufs de la galéruque de Forme et empêche ceux-ci de prendre le moindre développement. Tel est le cas aussi des ichneumons, qui déposent leurs œufs dans le corps des chenilles, lesquelles ne tardent pas à être dévorées toutes vivantes par les larves sortant des œufs parasites.
- Lorsqu’on veut détruire les insectes nuisibles, on admet généralement qu’il n’y a pas de meilleur remède — le feu purifiant tout — que de brûler les plantes attaquées avec les bestioles qui les dévorent. A priori, rien n’est plus exact. Cependant, M. Marchai assure que c’est parfois là une pratique mauvaise parce que souvent elle amène en même temps la destruction d’insectes parasites et nous prive ainsi d’utiles auxiliaires. Le cas est particulièrement net chez la cécidomye destructive, ennemie de nos céréales ; la mesure, généralement recommandée, de détruire les chaumes restant dans les champs après la moisson, peut, en effet, avoir des conséquences néfastes ; en opérant d’une façon tardive, on risque d’intervenir à un moment où toutes les cécidomyes sont écloses et ont abandonné les chaumes, s’expo-
- 1 Annales cle l'Institut national Agronomique, 1907.
- sant ainsi à ne détruire qu’une innombrable légion de parasites dont le rôle aurait été d’enrayer l’invasion l’année suivante. 11 en est de même pour les « diplosis » qui s’attaquent aux grains de blé eux-mêmes. M. Kieflfer a montré que l’une des mesures préconisées, consistant à brûler les résidus du battage, ne pouvait avoir qu’un effet nuisible ; car, s’il est vrai que ces résidus de battage contiennent des nymphes de diplosis, on doit reconnaître que les larves saines et non parasitées de ces diptères se métamorphosent en terre, tandis que celles qui restent dans les épis sont au contraire parasitées. Cela s’appelle tirer sur ses propres troupes.
- On a, au contraire, tout avantage à favoriser le pullulement des parasites. C’est ce qu’a bien compris Decaux, qui, frappé de la multitude des ichneumons sortant des boutons des pommiers roussis, attaqués par l’anthonome, a conseillé de conserver les boutons dans des baquets recouverts d’une toile, celle-ci devant être soulevée de temps à autre, pendant la période d’éclosion des parasites, de façon à leur permettre de s’échapper et d’aller remplir leur utile mission. C’est ainsi, qu’avec 5 hectolitres de boutons roussis, il obtint la destruction de plus d’un millier d’anthonomes et la mise en liberté d’environ 250000 parasites. Le dispositif imaginé par Decaux a été perfectionné par Berlesc, en vue de la protection des parasites de la cochylis. Cet entomologiste recommande l’usage de caisse dont la paroi supérieure est percée d’une fenêtre, celle-ci étant elle-même recouverte d’une plaque métallique perforée de trous de deux millimètres. On place, en automne, dans la caisse, les chenilles touchant au terme de leur développement avec des abris propres à la nymphose; au printemps, les parasites sortent seuls par les orifices, tandis que les papillons périssent emprisonnés.
- M. Marchai remarque que, contre les cochenilles nuisibles du groupe des « Àspidiotus », la mise en
- Fig. 2. — !. Chenille du Papillon blanc du chou ouverte pour montrer à son intérieur les nombreuses larves duMicrogaster. —
- 2. Le Microgaslcr qui pique les
- jeunes chenilles pour y intro- __
- duire ses œufs (très grossi). — 5. Larves du Microgasler sortant de la chenille complètement développée et tissant leurs cocons à côté de sa dépouille entièrement évidéc.
- pratique d’une méthode analogue serait, dans certains cas, particulièrement facile et susceptible de donner d’heureux résultats, sans même qu’il fût
- p.84 - vue 88/647
-
-
-
- LES FRERES ENNEMIS
- 85
- besoin de recourir à des récipients d’élevage. Il suffirait de ne pas brûler, pendant la période de repos de la végétation, les branches taillées ou les arbres arrachés, mais, au contraire de les réunir, de façon à en faire des amas dans le voisinage des arbres contaminés. Les aspidiotus, qui ne peuvent subsister que sur des plantes vivantes et sont incapables de se déplacer, périraient ainsi d’inanilion; au contraire, les parasites ailés vivant à leurs dépens pourraient facilement, au moment de leur éclosion, gagner les arbres fruitiers.
- L’utilisation des insectes entomophages n’a pas encore fait de grands progrès en Europe. 11 n’en est pas de même en Amérique, où, d’ailleurs, la question a été beaucoup plus étudiée, et où on a surtout procédé par l’introduction artificielle, dans les régions contaminées, d’espèces parasites provenant du pays d’origine de la plante attaquée.
- L’exemple le plus remarquable à ce point de vue est celui d’une coccinelle appelée « novius cardi-
- Fig. 3. — 1 et 2. Icerya purchasi, à l’état adulte, pourvue de sou grand sac ovigère cannelé (grossi 4 fois). — 3. Larves de Novius cardinalis en train de dévorer les œufs d’une Icerya. — 4. Novius à l’état adulte et à l’état larvaire ravageant une colonie A’Icerya. — 5. Novius cardinalis, adulte (grossi environ 3 fois).
- nalis », que nous allons résumer. En Californie, les orangers et les citronniers étaient attaqués par une cochenille originaire d’Australie, au point qi$ leur culture était presque complètement anéantie. C’est alors, que sur les conseils de M. Riley, on envoya, en Australie, M. Kœbele, avec mission spéciale de rechercher les parasites de la cochenille. Parmi les insectes qu’il rapporta se trouvaient une centaine d’exemplaires vivants du « novius cardinalis », espèce qui, par son essor et les services qu’elle devait rendre, éclipsa tous les autres. Ils se multiplièrent si bien que, l’année suivante, on put, du mois de janvier au mois de juin, distribuer aux horticulteurs de Californie 10 000 spécimens de la coccinelle australienne. Une année et demie après son
- introduction, elle avait débarrassé la région des cochenilles et réduit leur nombre à une quantité pratiquement négligeable. Au dire des témoins, cette
- Fig. 4. — 1. Hameau d’un arbre fruitier garni à'Aspidiotus oslreæformis. — 2. Aspidiotus séparé de son bouclier qui le recouvrait et montrant à sou intérieur une nymphe A’Aplielinus (très grossi). — 3. Aplielinus, très grossi.
- délivrance prit pour les habitants du pays un caractère presque miraculeux. D’immenses cultures d’orangers, dont le rapport était nul, qui étaient couvertes d’une affreuse lèpre blanche formée par
- Fig. 5. — 1. Iîncyrtus sur une ponte d’ilyponomonte (grandeur naturelle). — 2. Encyrtus piquant les œufs d’Hyponomente pour y introduire ses propres œufs (très grossi). — 3. Chenille d’Hyponomente provenant d'un œuf piqué par l’Encyrtus et contenant une centaine de coques formées par les larves de celui-ci.
- les cochenilles et qui semblaient irrémédiablement perdues reprirent subitement une nouvelle vigueur et fournirent une abondante production d’oranges.
- Henri Coupin.
- p.85 - vue 89/647
-
-
-
- LE PREMIER SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- Il est difficile d’imaginer un spectacle plus extraordinaire que celui du dernier Salon, au Grand Palais des Champs-Elysées. Quel que soit, en effet, l’avenir delà locomotion aérienne, l’année 1908 n'en restera pas moins une date mémorable et la récente Exposition le premier des grands efforts de vulgarisation, qui vont communiquer à l’industrie nouvelle une impulsion réellement définitive.
- I. — Dès leurs premiers pas sous le dôme central, les visiteurs apercevaient au-dessus d’eux le ventre ma-jestueuxde ce gros poisson jaune qu’est le dirigeable la Ville-de-Bordeaux, frère cadet du Bayard-Clé-ment. Les « plus légers que l’air », se trouvaient ainsi représentés par l’un des chefs-d’œuvre du genre, en tout cas, par le plus récent des ballons automobiles.
- D’une contenance de 3000 mètres cubes environ, la Ville-de-Bordeaux, construite par la Société Astra, possède une nacelle métallique et est mue par un moteur Renault de 80 chevaux, qui entraîne, au moyen d’une démultiplication par pignons droits, une grande hélice placée à l’avant. L’empennage, qui, dans le Patrie, était constitué par deux plans rectangulaires, est ici remplacé par un groupe de quatre ballonnets ovoïdes, disposés en croix à l’arrière du ballon et dont la partie antérieure se raccorde rigoureusement avec la surface de celui-ci. Gonllée d’air pendant la durée de l’Exposition, la Ville-de-Bordeaux va, sous peu, prendre possession de son élément.
- On sait les progrès réalisés, depuis quelque temps, dans les diverses branches de la construction des ballons, la partie mécanique, l’établissement des enveloppes, etc. Les moteurs de ballons peuvent être considérés aujourd’hui comme le dernier effort et le plus parfait résultat obtenu dans l’industrie auto-
- mobile. Au stand des usines Clément, on pouvait voir, en particulier, un moteur de ce genre à 6 cylindres par groupes de deux. D’autre part, c’est aux usines Paiïhard et Lcvassor qu’a été construit le moteur du ballon République, dont les aérostiers militaires se sont montrés extrêmement salisfaits. Comme le poids n’est plus ici un élément très impérieux, les moteurs de ballons n’ont aucune prétention à une légèreté exagérée. Ils réalisent une moyenne de 6 kilos par cheval et sont entièrement semblables aux moteurs des voitures de course.
- Du côté des tissus pour enveloppes, des recherches très actives ont été entreprises un peu partout. Jusqu’à ces derniers temps, les étoffes à ballons venaient à peu près exclusivement d’Autriche. La Société « Continental » exposait cette année des échantillons étudiés par elle pour le ballon sphérique, le dirigeable et l’aéroplane. Ces divers modèles, constitués par du tissu de coton caoutchouté, ont une résistance qui est voisine de 1900 kilos par mètre courant; quant au poids par mètre carré, il n’atteint pas 100 grammes. Suivant l’usage auquel on les destine, les pièces sont à fils biais (sphériques) ou à fils droits (ballons dirigeables). Les échantillons destinés aux aéroplanes sont tissés d’après la charge soulevée par mètre carré de surface portante. Dans cette fabrication, le coton tend à remplacer la soie, qui, pour un bénéfice de poids assez peu intéressant, offre l’inconvénient de se comporter très mal à la vulcanisation, comme toutes les fibres animales en général.
- II. — Sous l’hémicycle du Grand-Palais, se trouvaient rassemblés la plupart des modèles actuellement connus d’aéroplanes. Au centre, sur un piédestal, s’érigeait l'Avion, d’Ader, copié, avec une patience industrieuse, sur la chauve-souris des
- Fig. 1. — Un exemple (le résistance du bois.
- Ce modèle réduit de poutre à treillis d’apparence fragile, fait de légères tringles de bois, supporte aisément un poids de 40 kilogrammes.
- p.86 - vue 90/647
-
-
-
- Fig. 2. — Quelques projets d’aéroplanes nouveaux :
- 1. Aéroplane quadriplan ; 2. Modèle Viguetli à ailes d'oiseau ; 3. Biplan Latapic ; 4. Modèle Sergeant, combinaison de biplan et de monoplan ; 5. Biplan Trocliu et son stabilisateur en queue d’aronde; 6. Monoplan Jourdain;
- 7. Biplan Bruyèrc-Sarazin (surlaces portantes découpées en forme d’ailes); 8. Aéroplane Brémond;
- 9. Projet de la Société de construction d’appareils aériens; 10. Hélicoptère Latasle à surface portante rotative en forme de parasol.
- p.87 - vue 91/647
-
-
-
- 88====== LE PREMIER SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- Indes. Cet appareil, qui figure normalement parmi les collections du Conservatoire des Arts-et-Métiers, date de la période de 1895-1897 et il aurait, suivant quelques témoins, parcouru, dès cette époque, 500 mètres sans toucher le sol, mû par deux hélices antérieures à quatre branches, actionnées elles-mêmes par un moteur à vapeur, aussi léger que ses rivaux modernes, les moteurs d’aviation. Si rien ne vient controuvcr ces résultats, c’est à l’Avion, incontestablement, que reviendrait la gloire d’avoir été le premier aéroplane et à Ader la paternité de la plus audacieuse des créations du génie humain.
- Tout autour de lui, les machines volantes mo-
- deux cloisons verticales, de part et d’autre de l’axe de l’appareil et elle constitue précisément les parois des cellules qui caractérisent l’école française des biplans. Enfin, le gyroplane Bréguet et l’aéroplane Clément, construit sur les données de M. Tatin, occupaient le centre de la coupole d’Anlin.
- Les moteurs d’aviation, dont plusieurs figuraient déjà au Salon de l’Automobile, étaient très nombreux à celui-ci. Le type à 8 cylindres, en V, était le mieux représenté. Antoinette, E. N. V., ,1. A. P. en exposaient des modèles assez analogues entre eux. Signalons le refroidissement adopté cette année par la maison Antoinette. A la sortie des cylindres, un mélange d’eau et de vapeur chemine dans un tube,
- Fig. 5. — L’Exposition d’Aéronautique au Grand-Palais. Le dirigeable Ville-de-Bordeaux.
- dernes étaient groupées. Citons d’abord un appareil du type Wright, qui a été décrit ici même et dont les succès sont universellement connus. Puis, le Blériot monoplan, le même qui, à Arthenay, a réussi un voyage aérien de près de 50kilomètres; Antoinette, dont l’exécution, soignée jusque dans les plus petits détails, retient l’attention des spécialistes : Dela-grange, Esnault Pelterie, etc. Dans les galeries, on avait exposé également un appareil Blériot, biplan, à quatre places, muni de deux plans gauchissables à l’arrière des plans porteurs principaux et où le radiateur offre une particularité notable. Il est formé d’une surface métallique très mince, recouverte d’un réseau de tubes plats, à raccords de caoutchouc. Cette surface radiante est disposée en
- qui le conduit à un réservoir où s’effectue, une première séparation. L’eau condensée s’y arrête, la vapeur se rend dans une série de tubes d’aluminium, disposés parallèlement sur les parois du fuselage, se condense et se rassemble dans le bas, où une pompe la reprend et la ramène au réservoir; 15 litres suffisent ainsi pour 50 chevaux.
- Parmi les hélices, les. unes (Chauvière) sont en bois à larges pales; les autres (Voisin) en aluminium rigides; d’autres enfin (Blériot et surtout Gnome) flexibles. Les hélices du moteur rotatif Gnome, que La Nature a récemment présenté à ses lecteurs, sont des pales absolument plates et flexibles, en acier nickel. L’inventeur abandonne à la résistance de l’air elle-même le soin de les incurver suivant la
- p.88 - vue 92/647
-
-
-
- LE PREMIER SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- 89
- forme la plus convenable à l’attaque, c’est-à-dire au rendement, et à la force centrifuge celui de les maintenir dans le plan de rotation du moteur, malgré la pression exercée par l’air sur les pales, pression ijui les couche en sens inverse de l’avancement.
- Après avoir parcouru les divers stands du Salon, il est permis de dire, au moins approximativement, que l’aviation est la revanche du bois sur le métal. A poids égal, en effet, l’avantage est souvent au premier de ces deux matériaux. Il en est ainsi, du moins, pour la construction des corps et des car-
- de 0,60 m. de portée, pesant 125 grammes, a supporté, presque sans fléchissement, une charge de 40 kilos, qui semblait destinée à le fracasser. Du liège armé, également, était exposé parmi les matériaux d’aviation.
- D’une façon générale, toute la technique de cette industrie est à faire; elle se fait môme sous nos yeux en ce moment. L’art d’établir de grandes surfaces rigides, indéformables et légères, n’est cultivé que depuis quelques mois. Il est à prévoir que l’ingéniosité des spécialistes va réaliser, là comme
- Fig. 4. — L’Exposition d’Aviation.
- En avant l’Avion Ader; puis le Blériot et le Wright ; au-dessus d’eux, le monoplan Antoinette et enfin le biplan Farman.
- casses d’aéroplanes. L’hickory, le frêne, le pitchpin sont les essences les plus employées. Quant aux procédés d’assemblage et à la constitution même des éléments, ils sont absolument nouveaux et des plus curieux. La Société de construction d'appareils aériens, par exemple, exposait des fuselages d’une fragilité d’aspect à la fois et d’une résistance surprenantes. L’assemblage des pièces entre elles y est réalisé au moyen d’entoilages collés, le plus souvent sans entailles, mortaises, ni ernbrèvements. Les pièces travaillant à la compression sont creuses et l'rettées sur toute leur longueur par la toile collée au moyen d’une composition spéciale. Un fuselage
- partout, des progrès rapides,, qui rendront de plus en plus facile la solution générale des problèmes d’aviation. Signalons enfin une intéressante exposition de modèles réduits; on y voyait les types les plus variés et les plus curieux, mettant en évidence l’extraordinaire fertilité inventive que l’aviation a développée en France depuis quelques mois. Qu’adviendra-t-il de toutes les idées germées dans tant de cerveaux et que matérialisait cette exposition de modèles? Nul ne peut le dire; mais il est bien probable que parmi elles il s’en trouve beaucoup qu’il serait utile d’approfondir dans l’intérêt du progrès de la locomotion aérienne.
- p.89 - vue 93/647
-
-
-
- 90
- LE PREMIER SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- III. — Malgré son nom, le dernier Salon abritait une collection imposante de camions automobiles et surtout de moteurs à explosion, destinés à d’autres usages que l’automobilisme et le vol plané. Le Congrès des applications maritimes des moteurs à
- le peu d’encombrement, la légèreté, l’économie
- de construction, telles sont les principales qualités de ces moteurs, qui ont été appliqués sur les
- « Jacqueline », vedettes d’escadre achetées par la marine française. Un moteur quadruplex d’aviation est à l’étude en ce moment.
- Malgré les succès des moteurs à essence, les moteurs à pétrole lampant conservent les préférences de l’industrie maritime, pour des raisons, très solides évidemment, d’économie dans le prix du combustible
- Fig. 5. — La nacelle du dirigeable militaire République.
- Fig. 6.
- Le moteur Panhard-Levassor qui actionne le dirigeable militaire République.
- mélanges tonnants, qui s’est tenu pendant la durée de l’Exposition, justifiait- cette affluence.
- Les moteurs Boudreaux, déjà connus par la faveur dont ils jouissent auprès du département de la Marine, figuraient au Grand Palais. On sait qu’ils sont caractérisés par un piston en forme de chapeau à bords épais, qui se meut dans un cylindre identique, muni de deux chambres d’explosion, l’une cylindrique, engendrée par ce qui semble être la coiffe, l’autre annulaire, engendrée par les bords dans le mouvement du piston. Les deux explosions étant décalées de deux temps, le même piston reçoit deux effets moteurs par cycle, d’où une régularité de marche déjà intéressante pour le type considéré, dit Duplex. Quand on rend solidaires deux pistons de ce modèle, se faisant face par les bords et se mouvant d’un bloc dans deux cylindres opposés, on réalise le type quadruplex, qui possède quatre effets moteurs par cycle, chacun d’eux agissant alternativement dans l’un ou l’autre des cylindres. La régularité, le rendement élevé,
- Fig. 7. — Suspension Granieri.
- et de sécurité dans son emploi. Aussi la construction des moteurs de ce genre a-t-elle préoccupé depuis longtemps les mécaniciens.
- L’un des premiers types lancés sur le marché, celui qui reste encore, après beaucoup de tentatives, le plus remarquable, c’est le Diesel, construit surtout à l’étranger (Allemagne, Russie^ etc.). 11 y avait, au Salon, un beau modèle de 150 HP, établi par la maison Saut-ter-Harlé, qui appelle l’attention sur ce genre de moteur.
- Nous reviendrons ultérieurement sur ce sujet, qui en raison de son importance, ne peut être abordé en ces quelques lignes.
- Nous dirons seulement que les moteurs Diesel sont non seulement économiques, mais d’une conduite très facile. Appliqués sur les sous-marins français du type Laubœuf, ils ont donné des résultats excellents. On cherche à les appliquer maintenant à des puissances de plusieurs milliers de che-
- p.90 - vue 94/647
-
-
-
- LE PREMIER SALON DE L’AÉRONAUTIQUE ======== 91
- vaux, destinées aux grosses unités. Le rendement thermique d’un moteur Diesel atteint aisément 23 à 25 pour 100, contre 16 à 18 pour 100 dans les moteurs à essence et l’on a construit de grosses unités où le rendement a déliassé 40 pour 100.
- C’est là un résultat absolument extraordinaire et qui autorise les plus belles espérances pour l’avenir de ce genre de machines et le développement de leurs applications à la navigation.
- Pendant que le type Diesel se répandait dans le monde entier, les constructeurs s’évertuaient à trouver un organe qui jouerait pour l'huile lampante le rôle que remplit à merveille le carburateur des moteurs à essence, afin d’établir, sur le modèle de ces derniers, des moteurs à pétrole, d’un fonctionnement économique et propres aux applications industrielles. Sans nous étendre plus longuement sur ce sujet, l’un des plus actuels et des plus féconds de la mécanique moderne, signalons simplement la difficulté du problème. Réaliser un mélange carburé au moyen de l’essence est relativement facile, parce que ce corps est très volatil, très léger, très homogène. Avec le pétrole, qui est un mélange de corps de densité et de volatilité différentes, c’est-à-dire plus lourd, moins vaporisable que l’essence et complètement hétérogène, les difficultés sont telles, que c’est à peine si on commence à les résoudre, après de longues années de recherches.
- Dans cet ordre d’idées, il faut signaler le carburateur Aster, exposé cette année, comme l’un des plus simples et des mieux établis. Il repose, ainsi que tous les appareils de ce genre, sur un réchauffement du liquide, destiné à activer sa vaporisation.
- En marche, ce réchauffement est assuré par les gaz d’échappement. Le départ est obtenu, soit au moyen d’un robinet à trois voies, qui substitue un instant
- l’essence ou le benzol au pétrole, soit au moyen du pétrole seul, en employant une lampe spéciale, destinée à élever rapidement la température du réchauffeur.
- IV. — Nous n’insisterons pas sur les divers types de poids lourds exposés au Salon. Les seules nouveautés dans cet ordre d’idées sont l’essai des pneus jumelés et la suspension Granieri. Il est possible que cette dernière, qui mérite d’attirer sur elle l’attention des industriels et des constructeurs, constitue la première des solutions pratiques de la suspension automobile. En tout cas, elle est un premier pas dans la seule voie qui puisse conduire à des résultats qu’il est urgent d’obtenir, pour donner aux transports automobiles l’extension qu’ils n’ont pu prendre encore, malgré des efforts tentés un peu partout.
- Tel fut, rapidement passé en revue, le Salon de l’Aéronautique. Son rôle aura été extrêmement précieux pour l’industrie aérienne, parce qu’il aura répandu, parmi un public important, un certain nombre d’idées exactes sur ce qu’est, au fond, un aéroplane. L’éclosion d’un nombre incalculable de modèles variés, pendant le cours de l’année 1909, en sera sans doute la première conséquence. Il convient de s’en réjouir à l’avance. C’est parmi eux, l’expérience des grandes inventions passées permet de le penser, que se trouvera la création géniale, spontanée, qui sera, pour l’aviation, le signal du triomphe définitif. Étienne Taris.
- Fig. 9. — L’Avion Ader (1893-1897), l’ancêtre des aéroplanes actuels.
- p.91 - vue 95/647
-
-
-
- 92
- UN ÎLOT ARTIFICIEL POUR LE RÉGLAGE DES TORPILLES
- La Société Schneider et Cie s’est trouvée récemment dans l’obligation d’adjoindre aux champs de tir et d’expérience qu’elle possède déjà à llarfieur et au Hoc, pour les essais de ses canons et de ses blindages, une zone maritime où il lui fût loisible de régler les torpilles automobiles dont elle s’est engagée à fournir la marine et dont la fabrication s’effectue dans ses ateliers de llartleur.
- On sait combien est délicat le mécanisme d’une torpille automobile qui contient en somme, réduits à un volume minime, tous les organes par les moyens desquels les plus grands navires de guerre vont de
- mement ingénieux qui permettent à ce vaisseau en miniature de conserver une immersion déterminée, et de suivre, sans en dévier d’une ligne, la direction qui lui a été donnée au moment de sa mise en marche. Ce sonL le pendule, le piston hydrostatique et un gyroscope.
- On pense bien que la mise en place, le montage de tout un organisme aussi menu est une opération des plus délicates. On considère que l’on a obtenu un résultat très heureux lorsque, aux premiers essais, les hélices tournent mais on n’en est encore à ce moment qu’à la moitié du succès définitif. 11 faut
- a n
- vméral do leu Frdnee' (0,00)
- Niveeutu snc>tj<vt ' a’u nivellement
- Fig. 1. — Coupe dans l’îlot artificiel dénommé « Batterie des Maures ».
- D. Tubes de lancements aériens. — E. Tubes sous-marins. — F. Chambre sous-marine. — G. Assise de l’édifice.
- II. Chambre d’où on surveillera le lancement. — 1. Bow-window de la chambre de lancement. — J. Guérite pour les signaux.
- l’avant, évoluent et décochent à l’ennemi des coups mortels.
- On trouve en effet, dans une torpille de 7 m. de long, une machine complète, avec ses quatre cylindres, son tuyautage, ses tiroirs de distribution, ses soupapes de prise d’air, les bielles et les manivelles, un arbre de couche, des jeux d’engrenage qui transmettent le mouvement aux deux hélices, jusqu’à un servomoteur enfin qui conduit et règle, tout comme sur un de nos cuirassés de 16000 tonnes, le mouvement des gouvernails.
- L’air comprimé, logé dans un compartiment spécial, met en action toute cette machinerie.
- Mais, en sus de ces organes, la torpille automobile en porte encore toute une série d’autres 'extrê-
- arriver à coordonner les mouvements des divers organes de la torpille qui, à peu près tous, réagissent les uns sur les autres, et amener' leur fonctionnement à un point de perfection tel, que la trajectoire de la torpille soit rectiligne. On y parvient par l’opération du réglage.
- Moitié par la théorie, un quart par l’expérience acquise, un quart par tâtonnement, on atteint enfin ce desideratum en agissant, par quantités infinitésimales, sur les positions et le jeu des gouvernails, du pendule et du piston hydrostatique.
- Mais ce réglage, après lequel les torpilles sont présentées en recette aux agents de la marine, nécessite des séries de lancements au cours desquels on retouché encore les organes régulateurs de la
- p.92 - vue 96/647
-
-
-
- UN ILOT ARTIFICIEL POUR LE RÉGLAGE DES TORPILLES ________- 93
- torpille pour corriger les déviations constatées et mesurées. Cette opération exige donc d’être laite en un lieu qui se prête à ces lancements et qui réunisse certaines conditions. 11 faut tout d’abord qu’il soit .situé en un point abrité où la mer soit le plus souvent calme de façon à permettre les travaux de réglage, lors même que le vent souffle au large. Il faut encore que, sur une longueur rectiligne d’environ 4000 m., distance à laquelle atteignent les torpilles modernes, le champ soit dégagé de tous obstacles, qu’il soit peu fréquenté par la navigation, que la profondeur de l’eau s’y maintienne sur toute la longueur aux environs de 15 m. 11 est nécessaire enfin qu’il soit placé à proximité
- d’eau ne manquait pas, on était exposé à tous les vents, et à la mer du large, et, dans les endroits suffisamment abrités, les fonds étaient insuffisants. Ailleurs, les courants trop violents eussent influé fâcheusement sur la trajectoire des torpilles. Les étangs de Thau et de Berre qui auraient pu convenir durent être écartés, le premier parce que le fond y est semé de roches madréporiques, et que le vent y souffle en tempête; le second, devant la clameur des pêcheurs qui y tendent leurs filets.
- Enfin l’emplacement rêvé fut découvert et adopté. 11 est situé dans la partie Nord-Est de la magnifique rade qui s’étend entre les îles d’Hyères et la terre. Le champ de tir qui va y être installé aura sa hase sur la
- Fig'. 2. — Lu « Batterie des Maures » telle qu’elle se présentera après son achèvement. (On voit une torpille rentrant à bord après son lancement.)
- d’un port où remiser le matériel flottant, et d’une voie ferrée qui permette l’accès des torpilles venant de Batelier et leur renvoi dans les ports après réception.
- Un champ de réglage comporte naturellement aussi l’aménagement d’un édifice où se préparent et s’effectuent les lancements et où se manipulent les torpilles à régler. Cet édifice doit se trouver à l’extrémité du champ de tir et à terre, si possible, pour faciliter les communications.
- Ayant donc à créer un organisme de ce genre, la. Société Schneider et Cie chercha sur nos côtes atlantiques aussi bien que méditerranéennes, le point où les conditions que j’ai énumérées ci-dessus fussent réunies en le plus grand nombre possible.
- Ce ne fut point tâche aisée. Là où la profondeur
- côte non loin de la pointe de Léoube et s’étendra à peu près normalement à cette côte. Sur un point, important il est vrai, le champ de tir présentait un inconvénient. Les fonds de 15 mètres, jugés indispensables pour opérer les lancements en toute sécurité, ne se présentaient point assez près de terre pour qu’on pût songer à construire sur la côte la maison et les hangars de réglage.
- Cette profondeur d’eau de 15 mètres est rendue nécessaire par le fait que les torpilles lancées d’une certaine hauteur au-dessus du niveau de l’eau ne prennent pas immédiatement l’immersion pouj laquelle elles sont réglées et qui est généralement de 3,50 m. Leur chute les amène souvent beaucoup plus profondément, et ce n’est qu’après quelques sinuosités dans le plan vertical que leur trajectoire s’établit
- p.93 - vue 97/647
-
-
-
- 94 : .= UN ILOT ARTIFICIEL POUR LE REGLAGE DES TORPILLES
- à 3,50 m. Il faut donc avoir au-dessous de celte cote une marge suffisante pour éviter des contacts avec le fond, toujours dangereux pour des engins aussi délicats. Les ingénieurs de la Société Schneider ne pouvant donc songer à asseoir à terre leur établissement, ont dû chercher une autre solution. Voici celle, très élégante, pour emprunter une expression chère aux mathématiciens, à laquelle ils se sont arrêtés.
- Il fut décidé qu’un îlot artificiel, construit sur le point précis où commence le champ de tir, porterait la maison où seront réunies toutes les installations nécessaires au réglage et au lancement des torpilles.
- Cet ingénieux projet est aujourd’hui réalisé, et les promeneurs qui hument l’air des pins sur la côte de Bregançon, aussi bien que les pêcheurs du Lavandou et des Bormettes peuvent voir se dresser à 250 mètres de la plage
- un étrange édi- ...........
- fice élevé de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, percé de fenêtres sur toutes ses faces et qui présente tout l’aspect d’une confortable habitation. Cet édifice original constitue une véritable innovation et présente cette particularité très intéressante qu’il est tout entier en béton armé. Ses plans ont été établis conjointement par les ingénieurs de la Société Schneider et la maison Ilenne-hique. Ils ont été exécutés par la Société générale de construction en béton armé, à la Seyne-sur-Mer, sur les cales de la Société des forges et chantiers, de la Méditerranée.
- L’appareil présente, dans sa partie inférieure, la forme d’un immense caisson cubique aux parois légèrement inclinées sur lequel s’élève le pavillon où sont réunies les installations nécessaires au lancement et au réglage des torpilles. Commencé en mars 1908, le caisson fut mis à l’eau le 27 août tout comme un navire ordinaire, dont il devait d’ailleurs mener l’existence flottante pendant deux mois. Dès qu’il fut prêt à suivre sa destination, le 5 novembre, deux remorqueurs, une belle nuit de calme plat, et avec d’infinies précautions, le conduisirent à la vitesse d’un nœud et demi au lieu qu’il devait occuper définitivement. Cet étrange navire parcourut ainsi près de 20 milles ou 38 kilomètres.
- Depuis longtemps les scaphandriers préparaient à l’endroit choisi la couche de pierres épaisse de
- 3,50 m. et soigneusement nivelée sur laquelle il devait reposer.
- Arrivé devant Léoube, le caisson, qui s’était parfaitement comporté comme flotteur, fut placé au moyen d’amarres avec une extrême précision dans la situation qu’il devait occuper sur le fond, et aussitôt on provoqua son immersion graduelle en introduisant l’eau dans ceux de ses compartiments que ne remplissait pas déjà le béton.
- Toutes ces opérations très délicates de remorquage, de mise à poste et de fonçage s’opérèrent de la façon la plus heureuse sous la direction de MM. Trenaunay, sous-directeur de la Société de construction en béton armé, et sous la surveillance de MM.Vigner et de Perinelle, de la Société Schneider. Elles réussirent remarquablement, favorisées, il faut le dire, par un temps exceptionnellement beau, et à 5 heures du soir, le 6 novembre, l’îlot Bottant
- était transformé en un véritable îlot artificiel.
- La chance avait d’ailleurs veillé sur lui. Car quelques heures à peine s’étaient écoulées depuis qu’il reposait sur ses fondations, lorsqu’un terrible coup de vent du Sud-Est bouleversa la mer en rade d’Hyères et soumit sa structure à une dure épreuve dont elle sortit d’ailleurs tout à fait victorieuse. Ainsi s’est trouvé dissipé, dès le premier moment, l’inquiétude qui pouvait subsister sur la résistance probable d’un appareil de ce genre,, aux assauts des lames.
- L’aménagement de l’îlot artificiel, sur lequel flottera bientôt le pavillon de la Société Schneider, se poursuit actuellement et sera prochainement mené à bonne fin. On compte l’avoir achevé en mars 1-909. A ce moment, voici comment se présentera cet immeuble tel qu’il n’en existe assuré7 ment aucun autre exemplaire. Le caisson inférieur, en partie immergé, se termine par une plate-forme élevée de 3,50. m. au-dessus de la mer. Il est presque entièrement rempli de béton.
- Une partie du caisson reste cependant évide et fournit une chambre sous-marine étanche où sont placés les tubes nécessaires aux lancements sous l’eau. Ces tubes débouchent sous la mer libre par un joint étanche, analogue à celui dont sont munis les tubes sous-marins à bord des cuirassés. Une porte formant sas, pareille à une porte de bassin de radoub, peut se placer à une certaine distance
- p.94 - vue 98/647
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES ... .........:.= 95
- de la face du caisson qui porte le tube et permettra de mettre à sec cette face et les portes des tubes pour les visiter ou y faire les réparations nécessaires.
- La partie du caisson qui émerge de l’eau est garnie de défenses en bois, destinées à protéger le béton de ses flancs, du choc des embarcations, torpilles et autres corps offensifs. On accède à la plate-forme par une échelle mobile, semblable à celle qui conduit à la coupée des cuirassés. Sur cette plate-forme et un peu en retrait s’élève le pavillon à deux étages que représente notre figure 2 et dont une coupe est représentée par la figure 1.
- Au rez-de-chaussée seront installés les tubes pour les lancements au-dessus de l’eau : la face portant ces tubes étant, naturellement, orientée sur l’axe du champ de tir. Une large ouverture, percée dans le plancher de la plate-forme, mettra cet étage en communication avec la chambre sous-marine. Les torpilles, ramenées après leur lancement, seront hissées à bord et embarquées au moyen de palans courant sur la poutre (également en béton armé). Elles passeront par la grande baie et seront conduites à l’atelier pour y être retouchées ou préparées pour l’expédition.
- Celles qui devront subir de nouveaux lancements gagneront, suivant le cas, directement les tubes aériens ou, par l’ouverture ménagée dans le plancher, les tubes sdus-marins de la chambre inférieure.
- Deux groupes électrogènes, conduits par un ou plusieurs moteurs à pétrole, fourniront l’électricité nécessaire tarît' à l’éclairage qu’au fonctionne-
- ment des nombreux appareils et mécanismes que contiendra le pavillon, notamment à la pompe puissante qui videra l’eau du bassin intérieur, aux compresseurs d’air chargés de fournir aux besoins des torpilles, aux appareils de levage pour les embarcations, aux chemins de fer qui transportent les torpilles, etc., etc.
- Dans les étages supérieurs on trouvera encore un logement pour les gardiens et tous les bureaux nécessaires à une installation de cette nature. La partie de la construction qui surplombe les tubes lance-torpilles aériens contiendra la chambre de lancement.
- C’est dans cette chambre que se tiendront les personnes chargées de surveiller la course des torpilles en réglage, et de noter les incidents qui pourront les signaler.
- Elle sera surmontée d’une guérite d’où s’échangeront les signaux avec les surveillants placés sur les radeaux qui jalonneront le champ de tir.
- Du bow-window I qui continue la chambre de lancement, l’observateur chargé de ce soin pourra noter à travers une glace, qui constituera le parquet, le moment précis du commencement du trajet de la torpille, en vue de la mesure de sa vitesse.
- Tel est, dans ses dispositions essentielles tout au moins, l’appareil très original dans sa conception, extrêmement intéressant dans sa réalisation, que la Société Schneider et Cie a fait édifier sur les eaux de la rade d’Hyères qu’elle a baptisé du nom de « batterie des Maures1 ». Nous reviendrons,lorsqu’il sera achevé, sur les détails de sa construction.
- Sauvaire Jourdan,
- •Capitaine de frégate de réserve.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 janvier 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- Propagation d'onde sismique. — M. Angot annonce que le sismographe de l’Observatoire du parc Saint-Maur a enregistré une forte perturbation le 28 décembre. Le directeur de l’Observatoire de Leyde fait une communication analogue. Ces perturbations paraissent en rapport avec la catastrophe de Messine. M. le Président expose alors sa conception du rôle de la science à l’égard des phénomènes sismiques. Indiquer les points de la surface terrestre qui sont continuellement menacés, prévoir par l’observation de signes précurseurs, les grandes manifestations sismiques, fournir des règles pour la construction des maisons et des chiffres au sujet de la hauteur à laquelle, pour éviter les effets terribles des raz de marées, il convient de placer les premières maisons.
- Aéroplanes. — M. Berlin a communiqué une série de travaux qu’il a faits pour déterminer les conditions de giration des aéroplanes. L’angle de stabilité maximum est de 10° et celui au-dessous duquel la stabilité n’existe plus est de 4° 50'. — Au nom de M. Bergct, M. Bertin a présenté une formule, fonction de la vitesse du ballon, de la force motrice et de la section du dirigeable, indiquant quelle est l’utilisation du navire aérien. Si le
- coefficient trouvé approche de 5, le dirigeable peut être considéré comme bien construit. Tous ceux dont le coefficient n’atteint pas 4 ont un mauvais rendement. Le ballon du colonel Bénard, La France, a un coefficient de 4,5; le Lebaudy, 4,8; le Zeppelin, par contre, n’a qu’un coefficient égal à 5,6.
- Cristaux mixtes. — M. Wallerant présente un travail de M. IL Marais sur les cristaux mixtes de deux substances polymorphes, le bromhydrate et le chlorhydrate d’éthyiamine. Au-dessous de leur température de fusion, ces deux corps sont uniaxes ; on pouvait donc les supposer isomorphes. M. Marais montre, au moyen d’une expérience très ingénieuse, que le bromhydrate possédait une autre modification uniaxe, mais instable et c’est cette modification qui est isomorphe du chlorhydrate.
- Transmission de maladies par un parasite de la peau. — M. Roux résume un travail de M. Borrel sur le rôle que peut exercer un acarien, qui vil en parasite dans les glandes sébacées et les follicules pileux chez l’homme et la femme. Ce parasite est tellement répandu
- 1 Les Maures sont les montagnes dont les eontreiorts ier-rnent la rade d’Hyères à l’Est.
- p.95 - vue 99/647
-
-
-
- 96
- CONTRE LES ÉCRASEMENTS
- que 50 pour 100 à peine des êtres humains en sont exempts; c’est le demodex folliculorum. Or, M. Borrel a observé sur des cancers de date récente des demodex; il n’est donc pas impossible qu’un parasite passant d’une personne malade sur une personne saine ait apporté la maladie. De même en examinant des fragments de peau de lépreux il a constaté que des bacilles lépreux étaient fixés sur des demodex. Le transport de la lèpre par le demodex est donc encore possible. Pour éclaircir la
- question il conviendrait que dans des familles de lépreux les demodex fussent détruits avec soin chez les personnes indemnes et que, par des lavages de la peau avec des liquides appropriés, on mît obstacle à la transplantation des parasites. *
- Élections. — 11 est procédé à l’élection d’un correspondant dans la section de minéralogie, en remplacement de M. Klein, de Berlin. M. Zirkel, de Leipzig, est élu. Ch. de Villedeuil.
- CONTRE LES ECRASEMENTS
- Ce n’est pas d’aujourd’hui que les compagnies de tramways américaines se préoccupent de réduire le nombre des accidents. Les écrasements de personnes ne sont nulle part aussi fréquents que dans les
- imaginé spécialement pour les tramways des villes populeuses. Les essais des nombreux modèles offerts par les inventeurs ont eu lieu durant la deuxième semaine d’octobre à Scheneetady, sous la direction de M. l’ingénieur Archibald Buchanan. Deux modèles seulement ont été retenus. Nous en donnons les photographies.
- Celui qu’ont présenté MM. Wright et Clark se recommande par sa simplicité. Une planche, üxée sous l’avant du tramway par des lames souples, pend au ras du sol. Quand elle heurte uff objet volumineux,
- Fig. 1.
- Appareil protecteur Wright et Clarke.
- grandes villes américaines, ce qui s’explique autant par l’insouciance des conducteurs que par l’imprévoyance des passants, trop pressés pour attendre le passage d’un trolley filant à pleine vitesse. Il y a 15 ou 20 ans, les compagnies furent requises de disposer à l’avant de chaque voiture un cow-catcher (littéralement : attra- -peur de bétail). C’était un filet à grosses mailles tendu sur un cadre métallique formant berceau, et qui recueillait pour ainsi dire au vol la personne exposée. Mais il arrivait trop fréquemment qu’un enfant fût pris sous le côté-avant du cadre; traîné violemment sur le pavé, il ne se dégageait le plus souvent que pour rouler sous les roues. En cas de vitesse excessive, la victime courait le risque de rebondir sur le filet et de retomber en travers de la voie.
- Les autorités municipales de New-York ont pris le parti le plus sage : mettre au concours l’adoption d’un modèle plus efficace de street-car fender,
- Fig. 2. — Appareil protecteur Sceley.
- elle se replie en arrière et lui livre passage, tout en déclenchant automatiquement le fender, litière un peu plus longue, que la largeur du véhicule, et qui recueille le « rescapé », sans qu’il puisse rouler de nouveau sur le pavé.
- Dans le second modèle, imaginé par M. Seeley, la planche mobile est remplacée par un tampon de cuir qui ramène automatiquement la victime sur un châssis articulé. Y. Foubin.
- Le Gérant : P.. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laihjrë, rue de Fleurus, 9.
- p.96 - vue 100/647
-
-
-
- la NATURE. — N° 1860.
- 16 JANVIER 19»
- LE PULQUÉ
- M. de Périgny signalait dernièrement ici même l’industrie du chiclé, qu’il a pu observer au cours de ses voyages d’exploration en Amérique Centrale. INon moins curieuse dans ses procédés, peut-être même plus intéressante pour l’histoire des industries humaines, est la préparation du pulqué, liqueur fermentée particulière au Mexique, que décrivait récemment un très distingué anthropologiste américain, M. Walter Hough1.
- Le pulqué s’obtient par la fermentation de la sève extraite de Y Agave. On sait que cette plante, qui est bien connue, et dont l’image est familière à nos lec-
- AU MEXIQUE
- cation du pulqué, mais l’emploi de la forme incui$j est également très répandu et permet de se rendre' compte des procédés primitifs.
- L’agave cultivé s’apprête généralement à fleurir vers sa septième année : c’est alors une plante d’un poids énorme, — atteignant parfois jusqu’à deux tonnes! — un réservoir naturelle sève très riche, duquel s’apprête à s’élancer en un jet central une hampe üorilêre qui va quelquefois jusqu’à une longueur de huit mètres. Lorsque la plante est destinée à la récolte du pulqué on ne la laisse point arriver jusqu’à ce moment. Dès qu’à la taille et à l’âge des
- \Vq
- ÏDflU0THÊp£:rj
- La récolte.da 1 ’aguamiel, destiné à l'aire le pulqué; en cartouche la gourde siphon employée par l’ouvrier. t /', la gourde ; c, la coifl'e de corne.
- leurs, joue un rôle capital dans la vie des peuples de la région mexicaine, rôle comparable à celui du palmier ou des céréales en d’autres pays, et tel que M. Hough peut écrire sans exagérer que, sans l’agave, la nombreuse population et la civilisation du haut plateau mexicain eussent été impossibles. La plante, qui couvre d’immenses espaces à l’état sauvage, a été; peu à peu et depuis très longtemps, domestiquée et cultivée par les indigènes du Mexique, et elle constitue, aujourd’hui, entre les mains de leurs descendants et des conquérants originaires d’Europe, des plantations considérables. C’est sous sa forme cultivée que l’agave est surtout utilisé pour la fabri-
- 1 W. Hough. The Pulqué of Mexico, dans : Proceedings of the Unit. Stat. Nation. Muséum. Vol. XXXIII. Washington, 1908, p. 577-592. . . •
- 37e année. — 1er semestre.
- individus de la plantation, à l’apparition de taches brunes sur les feuilles basilaires, et à quelques autres signes bien connus des planteurs, on voit s’approcher cette période de la floraison, on procède à l’opération dite du cdpar.
- Elle consiste d’abord à couper un certain nombre des feuilles externes de l’agave de façon à dégager sa partie centrale, sorte de cône volumineux, formé de jeunes feuilles étroitement enroulées et serrées. Puis l’ouvrier enfonce sa machette — un couteau spécial à lame très longue et très èffilée— à la base de ce cône, dont il coupe toutes les pousses fraîches, de façon à déterminer une assez profonde cavité à la place même où s’apprêtaità croître la hampe florale. Il ramasse ensuite quelques-unes des feuilles tombées et les pique sur celles qu’il a laissées à l’agave, de
- 7.-97
- p.97 - vue 101/647
-
-
-
- 98 ===== LE GYROSCOPE ET LE ROULIS DES NAVIRES
- façon à marquer que la plante a été traitée ; celle-ci est alors abandonnée pendant un an : la cavité demeure pendant tout ce temps remplie d’un liquide doux et clair, qui sourd aussitôt après l’incision, liquide dont le goût est rapprochable de celui du lait d’une jeune noix de coco : on l’appelle aguamiel.
- L’année suivante l’aguamiel est récolté simultanément sur tous les agaves qui ont été ainsi préparés. L’opération se fait au moyen d’une gourde-siphon dont le type est représenté dans le cartouche de la figure ci-jointe et dont celte figure elle-même indique le mode d’emploi : l’ouvrier, perché sur les solides feuilles de l’agave, plonge l’extrémité effilée de la gourde dans la cavité de l’aguamiel, et collant ses lèvres à l’autre bout, qui est percé aussi d’un orifice, il aspire jusqu’à ce que la gourde soit pleine; celle-ci est alors bouchée par une coiffe de corne, et vidée ensuite dans un sac de peau de cochon qui sert au transport. Telle est du moins la technique la plus répandue, car Lusage d’instruments métalliques commence, en effet, à supplanter partiellement cette vieille méthode.
- L’aguamiel ainsi obtenu est recueilli dans un bâtiment spécial, le tinacal, ou « maison des cuves », où se fait la fermentation. Celle-ci ne se fait pas naturellement, mais, ce qui est très remarquable pour les peuples où le procédé a pris naissance, elle est déterminée artificiellement, par ensemencement d’un ferment dit semilla, préparé tout exprès et conservé dans des pièces particulières, sous la forme de granules dont l’aspect rappelle celui du tapioca. Cet ensemencement n’est pas livré au hasard, mais dosé et surveillé avec un soin et un tact très grands, qui aboutissent à la création de différents types de pulqué, véritables marques, très appréciées des connaisseurs.
- La consommation du pulqué est en effet très importante, c’est la véritable boisson populaire, et on le déguste dans des établissements spéciaux, des
- pulquerias. 11 suffira d’ailleurs, pour donner une idée de cette importance, de signaler qu’il existe des trains spéciaux pour le transport du pulqué au moment de la fabrication, et de dire qu’un seul homme arrive couramment à traiter trois cents agaves par journée de travail, à raison de trois visites par pied !
- Il serait très intéressant de savoir comment a pris naissance l’industrie du pulqué, et particulièrement cette double technique, si définie et si rare, de l’incision et de la fermentation, qui n’a guère pour parallèle dans le ,domaine ethnographique que l’industrie du vin de palmier en Afrique. Malheureusement nous n’avons aucune lumière à ce sujet. L’idée de chercher son origine en Afrique n’est vraiment qu’un roman scientifique par trop invérifiable. Quant à la tradition indigène, invoquée par M. Hough, j’avoue que, malgré l’autorité de ce savant,je cherche vainement ce qu’elle peut cacher d’historique : il v est dit, en effet, que le pulqué fut inventé par une jeune fille, nommée Xochitl,' d’origine étrangère, et qui aurait épousé, vers le milieu du xie siècle, Tepan-caltzin, chef des Toltèques; mais on sait le rôle important que jouent les héros civilisateurs dans les mythes américains : Xochitl ne me paraît pas autre chose, et, si l’on devait voir une réalité dans cette histoire, c’est qu’elle assignerait à l’industrie du pulqué une invention indigène.
- C’est au fond ce que pense M. llough. H montre très heureusement que la rareté de la nourriture animale sur le plateau mexicain devait contraindre les indigènes à chercher leur subsistance dans les lacs, et que, conduits pour y parvenir à utiliser les propriétés textiles de l’agave, ils ont pu reconnaître la valeur de sa sève et apprendre à l’utiliser.... Mais comment ont-ils inventé la fermentation? Ce n’est pas un des moindres problèmes de l’histoire industrielle de l’humanité, et c’est aussi un de ceux, très nombreux, qui sont irrésolus. Jean-Paul Lafitte.
- LE GYROSCOPE ET LE ROULIS DES NAVIRES
- On sait combien sont gênants pour les voyageurs et pour l’équipage les mouvements de tangage et de roulis des navires, et combien ces oscillations, souvent considérables, rendent difficile le tir de l’artillerie. Depuis fort longtemps on a cherché, par différents moyens, à atténuer l’amplitude de ces oscillations, tout au moins pour le roulis, car, en ce qui concerne le tangage, étant donnés les efforts considérables auxquels il s’agit de résister, le problème devient d’une solution pratique bien difficile.
- Le premier moyen consiste à éviter tout synchronisme entre la durée des oscillations propres du navire et celle des plus grandes vagues que celui-ci peut rencontrer dans scs voyages. Le plus généralement on s’arrange de manière que la période d'oscillation propre du navire soit plus grande que
- celle de la vague et cela en diminuant sa hauteur métacentrique et en augmentant son moment d’inertie.
- Un autre moyen, et dont le but principal est d’amortir aussi rapidement que possible ces oscillations successives, consiste à disposer des quilles de roulis longitudinalement au navire. On emploie également dans ce but des chambres à eau d’équilibre.
- Mais ces divers moyens, quoique d’un effet réel, ne peuvent agir que dans des limites très restreintes et ne donnent que des résultats relativement peu importants.
- Un ingénieur allemand, M. Otto Schlick, a, dans ces dernières années, repris la question et étudié un appareil basé sur l’action gyroscopique d’un volant tournant avec une grande vitesse et disposé d’une certaine façon dans le navire. Cet appareil
- p.98 - vue 102/647
-
-
-
- LE GYROSCOPE ET LE ROULIS DES NAVIRES — 99
- doit non seulement augmenter la durée des oscilla-lions du navire, mais aussi diminuer l’angle de son inclinaison sous l’action des vagues.
- (l’est cet appareil lbrt intéressant que nous allons décrire brièvement dans cet article. Mais, auparavant, et pour permettre d’en bien comprendre le fonctionnement, il nous semble utile d’entrer dans quelques considérations générales.
- Soit (lig. 1) la vue de face et (lig. 2) la vue de: côté d’un volant A, tournant autour de l’axe a a,
- avaient fait incliner l’anneau r r vers la droite.
- Donc, en résumé, dans tout système composé d’un volant tournant rapidement autour d’un axe prenant appui sur un cadre mobile autour d’un axe perpendiculaire à celui du volant, toute force appliquée aux deux extrémités de ce dernier axe et tendant à l’incliner à droite ou à gauche de sa position verticale primitive, sera en partie équilibrée par l’elïèt gyroscopique du volant dû au mouvement de rotation que prend l’anneau autour de son axe.
- dans le sens indiqué par la ilôche. Cet axe est supporté par un anneau rr qui lui-même peut tourner autour de l’axe vertical 2 2. Un point m quelconque, situé à la périphérie du volant et qui se meut dans une direction verticale de bas en haut, tendra, par suite de la loi d’inertie, à conserver sa vitesse et sa direction, suivant ni n.
- Supposons qu’à un moment donné, sous l'influence dune force représentée par un • couple M M' agissant sur l’axe vertical z z de l’anneau, celui-ci prenne une position inclinée vers la droite représentée par la ligure 3. A ce moment le point, m, situé à la périphérie du volant, qui suivait la direction primitive mn, devra venir occuper le point 0 du volant incliné vers la droite.
- Sous l’influence de ce changement de direction l’anneau rr, qui est mobile autour de l'axe zz, devra tourner autour de cet axe et prendra la position indiquée sur la ligure 4. Le point N' se sera rapproché de l’observateur et le point N s’en sera éloigné comme le montre la figure 5. Il en résultera un second couple représenté par les deux forces N N' agissant à chacune des extrémités de l’axe a a qui, à leur tour, seront équilibrées par un troisième couple représenté par deux forces Q et (V agissant aux deux extrémités de l’axe 32 mais en sens inverse des forces du couple primitif M M' qui
- Toutefois, nous ferons remarquer que cet elfeL gyroscopique ne peut se produire que dans le cas où l’anneau rr peut tourner librement aulour de son axe z z. Dans le cas où cet anneau resterait fixe, il ne se produirait aux deux extrémités de l’axe 23 aucun effort tendant à annuler celui qui a produit l’inclinaison de cet axe à droite ou à gauche de la verticale.
- Description du gyroscope.
- Va'Vnu,çfi.
- Fig. (5 cl 7. — Installation du gyroscope à bord d'un navire.
- C’est sur ce principe qu’est basé l’appareil de M. Otto Schlick. Mais ici (lig. (> et 7) le volant W qui est horizontal tourne autour d’un axe vertical prenant appui sur' un cadre F qui, lui-même, peut tourner autour des pivots P P disposés horizontalement suivant à l'axe longitudinal du volant est obtenue, soit par tout autre mode de
- un axe perpendiculaire navire. La rotation du par électromoteur, soit propulsion.
- En se basant sur ce que nous avons dit précédemment, il est clair que, lorsque l’axe transversal P P de l’appareil sera incliné en dessus ou en dessous de sa position horizontale sous l’action du roulis, l’effet gyroscopique du volant W qui, lui-même, deviendra incliné par rapport à sa position horizontale primitive, aura pour effet de faire osciller le cadre FF autour des pivots PP et de produire aux deux extrémités de cet axe des efforts qui viendront équilibrer ceux produits en ces mêmes points par l’effet
- p.99 - vue 103/647
-
-
-
- 100 —- LE GYROSCOPE ET LE ROULIS DES NAVIRES
- du roulis. Il en résultera une augmentation de la durée des oscillations et une diminution de leur amplitude.
- Mais, comme d’un autre côté, les mouvements d’oscillations du cadre et du volant, dans le sens longitudinal du navire, pourraient, dans certains cas, et par très mauvaise mer, prendre des amplitudes dangereuses, on a cherché à en diminuer l’importance au moyen de freins hydrauliques C agissant sur le cadre F aux points p. Dans
- Les premières expériences du See-bar ont été faites au mouillage et en eau calme, après s’être bien assuré que, même aux plus grandes vitesses, la rotation du volant ne produisait dans le navire aucune vibration ni aucun choc.
- On a fait incliner le navire sous des angles variant entre 10 et 15 degrés par rapport à la verticale et on a compté le nombre d’oscillations successives nécessaires pour réduire linalement l’inclinaison à un angle d’environ 1/2 degré.
- Fig. 8. — Installation du gyroscope à bord du torpilleur See-Bar.
- le même but et dans le cas où l’emploi du frein hydraulique deviendrait insuffisant, des freins à main, manœuvrés par un homme spécial, sont disposés en M aux deux extrémités du cadre près des pivots PP.
- Enfin, afin de faciliter le rappel vers la position verticale de l’ensemble de l’appareil, on dispose ses divers organes de telle sorte que le centre de gravité de l’ensemble se trouve un peu au-dessous de l’axe horizontal des pivots PP.
- Expériences faites avec le gyroscope. — Cet appareil, installé sur un torpilleur de la marine allemande, le See-bar, a été soumis en 1906 à des essais fort intéressants que nous examinerons d’après un mémoire de sir William White, ancien directeur des constructions navales anglaises, publié dans les Transactions of Naval Architectes dans le courant de l’année dernière.
- Le See-bar (lig. 8) est un navire de 55,58 m. de longueur, 5,55 m. de largeur, de 1 m. de tirant d’eau et d’un déplacement de 52,2 tonnes. Sa hauteur métacentrique est de 0,50 m. et sa période d’oscillation double est de 4,155 secondes.
- Le gyroscope, placé en avant des chaudières, a les dimensions suivantes : diamètre extérieur du volant : 1 m.; poids du volant 498 kg; nombre de révolutions par minuté : 1600 ; vitesse périphérique : 85,75 m. par seconde.
- Ces expériences ont montré l’influence réelle du gyroscope sur l’amortissement rapide du nombre des oscillations. Ainsi, avec un angle initial d’inclinaison de 15°,40 de chaque bord il a fallu 25 oscillations simples, dans le cas où le gyroscope ne fonctionnait pas, pour réduire celles-ci à un angle de 1/2 degré, tandis que sous l’action du gyroscope marchant à la vitesse de 1600 tours, ce nombre d’oscillations était réduit à un peu plus de trois.
- Des essais ont ensuite été faits en pleine mer à l’embouchure de l’Elbe et au large de Cuxhaven. Leurs résultats sont représentés sur la figure 9. Les points marqués B sur les diagrammes correspondent au moment précis où, après avoir desserré les freins à main, le gyroscope commence à fonctionner. On voit que, dans les différentes expériences , la suppression du mouvement de roulis a été immédiate. En d’autres termes, sous l’action du gyroscope marchant à une vitesse de 1600 tours, tout mouvement était supprimé à bord du See-bar, et ce dernier n’était soumis qu’aux effets de soulèvement vertical dus aux passages successifs des vagues. Les inclinaisons de chaque bord étaient insignifiantes et variaient entre 1/2 et 1°, après avoir atteint au début entre 25° et 15° de chaque bord avant le fonctionnement du gyroscope.
- Tout dernièrement un gyroscope 0. Schlick, construit par MM. Swan, Hunter et Wigham Richardson, de Newcastle, a été installé à bord du navire anglais
- 17 JUILLET 1906
- Fig. 9. — Diagrammes relevés pendant les expériences faites avec le See-Bar.
- p.100 - vue 104/647
-
-
-
- : -•----------- REVÊTEMENTS DES ]
- lochiel et soumis à différents essais entre Oban, Tirée et Bunersan sur la côte orientale d’Ecosse. Avec un roulis de 16° de chaque bord, c’est-à-dire avec un angle total de roulis de 52°, sans fonctionnement du gyroscope, lorsque celui-ci était mis en marche, les inclinaisons totales se trouvaient réduites, presque immédiatement, à 2° ou 4° et devenaient, par conséquent, inappréciables pour les voyageurs. Le gyroscope du Lochiel, qui est mû électriquement, n’exige que peu de surveillance et n’occupe que peu d’espace dans le navire. •
- Applications du gyroscope. — Le gyroscope donne donc des résultats pratiques réels. Mais, dans les expériences dont nous venons de parler, il s’agit d'un navire de faible tonnage. En sera-t-il de même pour de grands navires. Voici, à ce sujet, l’opinion de sir William White, dont la compétence est indiscutable. Pour les navires de faible tonnage, tels que les yachts et les.Cross Channel Steamers destinés au transport des voyageurs, ainsi que pour ceux faisant la navigation côtière, il n’est pas douteux, d’après lui, qu’il est possible de réduire l’importance
- LES REVÊTEMENTS DES
- En dépit des discussions qui se sont poursuivies longtemps, et qui se poursuivent encore, sur la concurrence des canaux et des chemins de fer, il est bien certain que la voie de navigation intérieure est très inférieure à la voie ferrée. Sans doute elle semble assurer des transports à meilleur marché ; mais il faut tenir compte de ce que transporteurs et chargeurs ne payent point l’établissement ni l’entretien de la voie qu’ils utilisent ; d’autre part (et sans entrer dans la discussion), on doit ne pas oublier que l’allure des bateaux, sur les canaux, ne peut être que fort lente. Non seulement l’étroitesse de la cuvette oppose une résistance énorme au déplacement rapide, mais encore la marche un peu accélérée d’un chaland ou d’un vapeur causerait des vagues qui auraient bientôt fait de corroder les berges, tant au-dessus qu’au-dessous du niveau de l’eau. Les ondes produites peuvent avoir une amplitude assez grande, et il est nécessaire de recourir à des procédés de défense, pour peu que la nappe d’eau doive être agitée.
- Malheureusement, si les procédés de défense sont nombreux, ils sont tous coûteux, d’autant qu’ils consistent le plus fréquemment en des revêtements, et que, pour les établir, on est presque toujours obligé de travailler sous l’eau, ou au moins d’abaisser temporairement le plan d’eau de la voie où l’on veut exécuter l’opération.
- Un ingénieur italien, M. Villa, a imaginé un système de revêtement qui semble offrir de grands avantages : nous allons voir notamment qu’il est de pose facile, que ses éléments ne sont pas coûteux, et qu’il ne présente pas l’inconvénient de glisser et s’effondrer comme les perrés s’appuyant sur une
- ÎRGES DES CANAUX ===== 101
- du roulis avec un gyroscope de dimensions et de poids modérés et dont l’installation ne présentera aucune difficulté sérieuse.
- Pour les grands navires transatlantiques et pour ceux destinés à la grande navigation, navires qui, par suite de leur grande dimension et de leur hauteur métacentrique, ont déjà par eux-mêmes une durée d’oscillation grande, les avantages résultant de l’emploi du gyroscope seront moins sensibles que pour les navires de plus petites dimensions. Les essais du See-bar indiquent cependant que, même dans ce cas, il serait possible d’améliorer encore la stabilité du navire au moyen d’un gyroscope de dimension et de poids limités.
- Quant aux navires de guerre, l’emploi du gyroscope paraît tout indiqué pour les. navires de faible dimension, tels que les destroyers, les torpilleurs. Mais pour les navires de fort tonnage il est à craindre qu’on ne soit amené à employer des gyroscopes de dimensions considérables et d’un grand poids dont l’installation ne serait pas sans présenter des difficultés sérieuses. R. Bonnin.
- BERGES DES CANAUX
- ligne de palplanches susceptibles de pourrir. C’est qu’en effet ce revêtement est maintenu par le haut sur la berge du canal, où il forme comme un manteau de briques. Ses éléments sont étroitement solidaires les uns des autres, et ils constituent un perré qui peut descendre très bas au-dessous de la ligne d’eau de la voie navigable, sans que, pour sa pose, on ait aucunement à abaisser ce plan d’eau.
- Le manteau Villa, comme on peut l’appeler, est fait de prismes en brique cuite, ou en béton de ciment, ou encore en grès artificiel : on préfère généralement la terre cuite, parce qu’elle présente une meilleure adhérence à la terre de la berge sur laquelle elle repose, et qu’elle favorise particulièrement la croissance des herbes entre les joints des divers éléments : assez rapidement, toute une végétation vient lier les briques entre elles. Les briques peuvent être régulièrement parallélépipédiques ou au contraire présenter, sur les faces où elles viennent latéralement en contact les unes avec les autres, des redans et des rentrants alternants; elles sont percées d’un trou au moins ou de deux, suivant leur largeur, ce qui permet de les enfiler sur des fils métalliques, de manière à former une sorte de tapis mosaïque au moyen de rangées de briques placées parallèlement les unes aux autres. On peut serrer toutes les briques d’une même rangée horizontale entre des lattes métalliques, naturellement percées, elles aussi, de trous convenables pour laisser passer des fils métalliques, ou effectuer le serrage au moyen d’un fil qu’on tord autour des fils d’enfilage entre les rangées de briques. Nous n’avons pas besoin d’insister : on comprend que l’ensemble des rangées suc-
- p.101 - vue 105/647
-
-
-
- 102 ====== REVÊTEMENTS DES BERGES DES’ CANAUX
- cessives forme ce que nous avons appelé un manteau, dont les éléments sont suffisamment serrés les uns contre les autres, si la construction est bien faite, pour que l’eau ne puisse pas venir ronger les terres par les intervalles entre les briques, et pour que les terres délitées soient dans l’impossibilité de couler dans la cuvette du canal, l’agitation du plan- d’eau étant complètement amortie, on est même en droit de dire supprimée, pour les berges recouvertes de ce manteau.
- Les briques le plus généralement employées ont une surface de 26 cm sur 45 ; quant aux fils qui servent à les enfiler, ils sont de 1er galvanisé le plus ordinairement : on a reconnu qu’ils se recouvrent
- fendre se fait de façon fort simple, grâce h divers appareils qui ont été imaginés dans ce but. On a commencé par immerger cette espèce de « toile » de briques par bandes de 2 mètres seulement de largeur, et ayant une hauteur correspondant à celle de la berge à revêtir; puis on a créé l’appareil Fichefet, qui permet de poser des bandes de 5 et 10 mètres; enfin, maintenant, on peut constituer un revêtement continu, du moins quand la hauteur n'en est pas considérable, revêtement qu’on prépare au fur et à mesure de la mise en place. L’appareil Fichefet se compose d’un échafaudage ilotlant, plus ou moins haut suivant les besoins, et soutenu par des flotteurs ad hoc; l'échafaudage comporte une plate-forme
- Système Villa pour revêtement des berges. — \, Échafaudage de moulage et d’immersion. — 2. Détail du revôlemenl.
- rapidement de vase et qu’ils durent presque indéfiniment. Dans l’eau salée on recourt aux lils de cuivre. D’ailleurs, dans les expériences qui sont poursuivies sur plusieurs points et depuis assez longtemps avec les rideaux Villa, on a constaté que les briques sont assez rapidement solidarisées par les colmatages, le développement de la végétation, et que les fils ne jouent plus aucun rôle effectif; quand, en particulier, on descend le manteau jusqu’au plafond du canal ou jusqu’à une petite risberme formant appui, ces fils ne subissent plus aucun effort de traction. Mais ils sont absolument nécessaires pour la mise en place rapide et sûre sous l’eau de tout le manteau de briques, et pour son immobilisation tant que les agents de fixation naturels n’ont pas pu agir.
- La mise en place du manteau sur la berge à dé-
- supérieure sur laquelle on prépare les rideaux en briques à immerger ; ceux-ci sont ensuite descendus sur un plan incliné et viennent s’appuyer sur deux madriers qui emprisonnent entre eux le bas des fils constituant la trame du rideau ; ces madriers sont du reste suspendus par deux câbles, et au moyen d’œillets convenables, à deux treuils. Les choses sont disposées de telle sorte (les fils métalliques présentant une hauteur beaucoup plus considérable que le rideau préparé) que les briques peuvent glisser sur ces fils en s’appuyant toujours sur les madriers, au fur et à mesure que l’on fait fonctionner les treuils, et ce mouvement peut s’opérer quand l’échafaudage a été amené au point voulu, à l’aplomb du pied de la berge où le bas du rideau devra descendre s’appuyer. Quand, effectivement, la descente s’est effec-
- p.102 - vue 106/647
-
-
-
- LE DESASTRE ITALIEN ' — 103
- luéç, et que le rideau est' venu par sa ])artie inférieure toucher ce qui doit fornfer point d’appui en lias, les câbles de suspension prennent naturellement du mou, et comme conséquence, par suite de la disposition d’attache des madriers, ceux-ci sont rendus libres et remontent à la surface de l’eau, il n’y a plus alors qu’à étendre à plat sur la berge la partie supérieure du rideau, puis à couper les fils métalliques en leur laissant un dépassant extérieur de quelques mètres, afin de les réunir en faisceau tous les 2 mètres, et de les relier à un amarrage disposé dans le sol de la partie liante de la berge.
- On solidarise les rideaux successifs, suivant la longueur de la berge, en passant des fils dans des œil-
- lets ménagés dans chacun des deux rideaux voisins.
- Nous noterons encore que la pose des rideaux peut se l'aire à l’aide d’une plate-forme oscillant autour de l’arête d’un ponton, et qui peut s’incliner du côté de la berge jusqu’à ce que son bord vienne toucher la ligne de crête de celle-ci : on ancre les fils du rideau dans le haut de la berge, puis l’on fait reculer le ponton, de manière que la plate-forme puisse abandonner en place le rideau qu’elle a servi à confectionner.
- Ce système de revêtement peut donc être très rapide, comme on le voit, et son prix d’établissement en est réduit d’autant; quant à sa valeur absolue, elle semble prouvée par les expériences suivies auxquelles il a été soumis. i). B.
- LE DÉSASTRE ITALIEN
- Après la première et toute naturelle confusion causée par la catastrophe du 28 décembre1, on commence à pouvoir glaner, dans les renseigne-
- Vicentini enregistrant sur un papier enfumé les secousses successives. De son premier aspect, il résulte déjà, paraît-il, que le mouvement a com-
- ments encore trop souvent confus des visiteurs et des témoins, quelques détails scientifiques un peu plus précis. En même temps, nous avons reçu de Messine des photographies qui, permettant de comparer l’aspect de la ville avant et après la catastrophe, montrent la terrible violence du mouvement.
- Mentionnons d’abord, d’après les journaux italiens, les observations de M. Oddone. Ce savant a' pu aller visiter le 1er janvier le laboratoire sismique installé sur une colline voisine de Messine. L’édifice était endommagé, mais le laboratoire sismique, situé dans un souterrain, était indemne et M. Oddone a pu y recueillir le diagramme du microsismographe
- ! Et non du 29, comme on l’a imprimé par erreur.
- mencé à 5h21m15s par un tremblement léger dont la force a augmenté pendant 10 secondes, puis diminué pendant 10 autres secondes. Après quoi, on a eu 2 minutes de calme. Et, de nouveau, une seconde secousse s’est produite avec une intensité exceptionnelle. C’est celle-ci qui a été la cause de la catastrophe. Puis, l’appareil a enregistré encore une série de petites secousses à 5h45m et 5h53m, à 9h5m du matin et, le 29 décembre, à 2h51m et 7hoOra de l’après-midi. On sait d’ailleurs, que, depuis ce moment, il' se produit de temps à autre à Messine, des vibrations qui provoquent l’écroulement des rares pans de murs restés debout, et dont l’une, plus forte, le soir du 1er janvier, a fait une vingtaine de victimes. Les pendules arrêtées des édifices, confirment cette indication d’heures.
- p.103 - vue 107/647
-
-
-
- 104
- LE DÉSASTRE ITALIEN
- Messine vue du détroit avant le sinistre.
- Que s’est-il produit à ce moment-là? Sans doute le déplacement interne d’un compartiment terrestre qui, en bougeant si peu que ce soit, a déterminé une rupture d’équilibre, une secousse fatale à ces châteaux de cartes fragiles constitués par nos villes. Le point d’ébranlement, l’épicentre, était apparemment près de Messine. De proche en proche, cette secousse s’est transmise au loin par ondes vibratoires. Il n’est pas impossible aussi que des eaux, introduites par des fractures jusqu’aux roches ignées, aient provoqué des explosions souterraines. Cependant, on remarquera que, dans cette région volcanique par excellence, le séisme n’a pas, jusqu’ici, été accompagné de grandes manifestations
- éruptives anormales, si ce n’est les légères palpitations tout naturellement produites par la vibration du sol. Le Stromboli et l’Etna sont en activité, mais sans violence spéciale et le Vésuve n’a pas, jusqu’ici, donné signe de vie.
- En ce qui concerne l’origine première de la catastrophe, la théorie de Suess (à laquelle nous avons fait allusion dans notre premier article), ayant été à ce propos rappelée de tous côtés, il n’est peut-être pas inutile de la résumer pour en discuter l’hypothèse fondamentale, admise un peu trop aisément partout sur la foi du savant qui l’a formulée. Elle consiste à faire passer, par le mont Sila, Reggio, l’Etna'et Palerme, une circonférence imaginaire qui
- p.104 - vue 108/647
-
-
-
- LE DESASTRE ITALIEN
- 105
- est supposée circonscrire la cuvette effondrée, avec des fractures radiales également fictives allant de divers points du centre, tels que Cosenza, Tarente, Catane, Nicosia et Païenne, vers les îles volcaniques des Lipari et du Stromboli. Ed. Suess a été emporté là par ce besoin de géométrie qui a fait tant de ravages dans les géologues de sa génération sous la forme d’alignements, de « directions » montagneuses et de « réseaux ». Sa théorie, en contradiction avec les laits, réunit de parti pris les centres séismiques indépendants qui se trouvent à peu près coïncider avec le cercle hypothétique, en négligeant tous les autres : surtout elle ne tient aucun compte des dislocations orogéniques les plus manifestes, par exemple de celle qui suit la côte, de l’Etna à Messine, pour aller de l’autre côté du détroit, enfiler la vallée du Mesima.
- Quant aux effets du phénomène, il y a d’abord lieu de noter que ce qu’on avait dit d’un raz de marée était faux ou du moins très exagéré. Le maréo-graphe a seulement enregistré, à 21'30 et 8 heures de l’après-midi, des oscillations de 22 centimètres. (En 1905, on avait atteint 10 centimètres). Il est assez naturel que les secousses aient imprimé à la mer un mouvement d’oscillation (constaté déjà en 1783), et qui a dû être très étendu.
- Les nouvelles qui ont annoncé tour à tour la disparition des Lipari et du Stromholi étaient, elles aussi, fort heureusement imaginaires.
- Dans les villages de la côte on a constaté, comme dans les autres cas semblables, que les maisons les plus éprouvées étaient celles situées sur des lignes de failles géologiques ou de contacts anormaux entre des terrains d’inégale consistance, et que celles bâties sur des terrains meubles avaient plus souffert en moyenne par l’effet du glissement de ces terrains que sur les terrains consistants, etc. Aussi a-t-on déjà proposé de joindre aux admirables cartes géologiques de délai! établies à 1/50 000e pour la Sicile par MM. Baldacci et Cortese et, pour la Calabre, par MM. Novarese, Aiehino.
- Crema, etc., des cartes spécialemenl conçues en vue de faire ressortir des zones menacées de ce genre, ou, au contraire, des zones plus stables. Mais, si utiles que puissent être des précautions de ce genre, ce n’est là que l’effet su-
- 1 Celle de 1783 a cependant été étudiée par divers savants notamment par Dolomieu dont la description (voyage de Le-normand dans la Grande Grèce) semble calquée sur les phénomènes actuels.
- perficiel d’un phénomène, dont il importe, avant tout, d’analyser la cause profonde. A cet égard, on a pu voir que la zone séismique est bien celle indiquée sur notre carte précédente, qui correspond à la réapparition anormale d’une chaîne formée de roches archéennes, de granité, de porphyre, etc., au milieu des terrains récents et à travers laquelle le détroit de Messine marque un couloir effondré entre deux failles qui tranchent à l’emporte-pièce les zones de ces strates archéennes. L’origine tectonique de la secousse étant ainsi vraisemblable, il serait du plus haut intérêt que des nivellements de précision permissent de suivre exactement les déplacements qui ont pu se manifester par des changements de relief, soit sur la côte, soit sur les fonds marins, et de suivre le tracé des failles récentes, en distinguant, bien entendu, les crevasses qui ont réellement une cause interne de celles qui proviennent simplement d’un glissement de terrains meubles ou sous-cavés. Lors des catastrophes précédentes, on nelait pas armé à cet égard comme on l’est aujourd’hui1, et l’on a déjà pu
- Ruines de Messine.
- p.105 - vue 109/647
-
-
-
- 106 — ... ..........— LE
- constater, dit-on, que des changements profonds se sont opérés dans les fonds du détroit de Messine. 11 paraît qu’à des endroits où on avait des profondeurs de 420 m. on n’en trouve plus que 170.
- Un tel relèvement des fonds, à la condition de présenter quelque généralité (de ne pas tenir à la chute d’un morceau du rivage), aurait également un intérêt géologique; car il manifesterait la possibilité d’un exhaussement local dans les compartiments terrestres : ce que jadis on a parfois nié comme contraire à la gravité, cause première du
- E ITALIEN =^z-==r^:______
- tion sur une ligne dangereuse est trop clairement démontrée depuis longtemps et dont le rôle commercial a d’ailleurs diminué en raison des facilités nouvelles de communication qui relient maintenant Païenne à Naples, Catane au Sud de l’Italie, à la Grèce, à la Tunisie, etc. Reconstruire toute la ville sur ses ruines pour des survivants réduits peut-être au quart de leur ancien nombre (40000 sur 100000) est, malgré toutes les précautions que l’on pourra prendre, de ciment armé, de maisons à un étage, etc., une imprudence. Mais il est toujours arrivé dans l’histoire qu’après un brusque sinistre
- Maisons rainées à Messine.
- phénomène et ce qui est pourtant tout naturel si on suppose, dans un affaissement général, un fragment pincé en coin pyramidal et comprimé par sa base.
- On a également remarqué (mais il est impossible encore de savoir quels en sont la valeur et le sens réel), un certain nombre de grandes cassures, de crevasses parallèles à la côte dans les collines de Messine; et, sur le quai, un affaissement de 2 m. a fait pénétrer l’eau par de larges fentes.
- Maintenant, après avoir pleuré les morts et soigné les blessés, on s’occupe de loger les survivants et les mesures à prendre sont vivement discutées en Italie. Peut-être la logique eût-elle commandé de réduire beaucoup la ville de Messine, dont la posi-
- les hommes sont, lorsqu’ils l’ont pu, revenus sur l’emplacement de leurs maisons détruites comme les fourmis sur une fourmilière renversée et il est, dès lors, certain que cette question, à laquelle se mêlent sans doute des rivalités politiques, se tranchera par la solution la plus sentimentale et la plus habituelle en rebâtissant aux mêmes places. Une ville neuve ressurgira, où l’on oubliera vite l’enseignement du passé. En pareil cas, les anciens reconstruisaient même souvent sans déblayer, gagnant du moins au sinistre quelques décimètres d’altitude pour leurs villes ; et c’est ainsi que leurs prospérités montaient peu à peu, par les tremblements de terre, les incendies ou les invasions, sur l’entassement des ruines. L. D. L.
- p.106 - vue 110/647
-
-
-
- 107
- L'INDUSTRIE DES FOURRURES
- G
- souvent ces peaux sont teintes) ; veau ou de vache avec lesquelles
- L’industrie et le commerce des fourrures ont pris de nos jours un développement considérable et méritent une étude particulière :
- Que sont les fourrures, d’où proviennent-elles, comment sont-elles préparées? Nous allons répondre succinctement à ces diverses questions.
- Nous diviserons les fourrures en deux catégories absolument dis-tinctes : les fourrures communes et les fourrures de luxe.
- Dans les fourrures communes nous rangerons : 1° les peaux de bique ou de chèvre dont on fait ces paletots très chauds, imperméables «à la pluie, qui font la joie des chasseurs, des cochers, des bergers, des conducteurs de bestiaux et maintenant des conducteurs d’automobiles ; 2° les peaux de mouton employées quelquefois comme vêtements, mais plus souvent comme tapis, (autrefois toutes les selles de notre cavalerie étaient munies de scbabraques en peau de mouton ; actuellement les chevaux de roulage ont encore des caparaçons de même nature;
- 1° les peaux de étaient confectionnés les havresacs de l’infanterie et qui ne sont plus guère employées que pour chaussure, les carnassières, etc. ; -4° enfin les autres peaux indigènes telles que chat, chien, loup, etc., ne sont pas en assez grand nombre pour avoir des emplois spéciaux bien déterminés. Le renard cependant a été fort à la mode pendant ces dernières années. L’ours, qui servait à faire les bonnets à poil, n’est plus guère employé que comme couverture de voilure ou comme tapis.
- Les fourrures de luxe sont employées surtout pour la toilette féminine. Elles comprennent les peaux des espèces les plus rares, parmi lesquelles nous citerons : la loutre, le castor, la martre, l’hermine, la zibeline, le chinchilla, etc.
- Cette classification n’a rien d’absolu, et les caprices de la mode mettent quelquefois au rang des fourrures de luxe des peaux qui sont ordinairement considérées comme inférieures.
- L’astrakan, produit du mouton à lainage frisé, et la mongo-line sont également des fourrures de luxe. Les peaux grossières proviennent en général d’animaux domestiques indigènes ou étrangers, abattus soit en France, soit dans leur pays
- 1.— Foulon do pelleterie.
- d’origine.
- Fis
- Les chèvres viennent en grande partie de l’Orient et des Indes, le mouton d’un peu partout. Ces animaux, élevés par les soins de l’homme, sont toujours en abondance et, quelle que soit la demande,
- la pelleterie n’en manquera jamais.
- Nous faisons la même remarque pour l’astrakan, originaire de la Russie Méridionale.
- Il n’en est pas de même pour les fourrures provenant de bêtes sauvages.
- Ces animaux, autrefois communs, ont été abattus en telle quantité par les trappeurs et Indiens de l’Amérique du Nord et par les chasseurs sibériens, que les espèces en ont presque disparu et que les envois, autrefois abondants, se réduisent d'année en année. Les chasseurs tuent sans prévoyance, ils n’épargnent ni les mères, ni les jeunes, et détruisent eux-mêmes leur poule aux œufs d’or.
- Le castor, autrefois si commun, même aux portes de Paris, qu’il a donné son nom (bièvre en vieux français) à la petite rivière qui se jette dans la Seine au pont d’Austerlitz, est maintenant anéanti. A peine en trouve-t-on encore quelques couples isolés au Canada.
- La loutre, dont l’espèce était cependant répandue dans tout le vieux continent, est maintenant tellement rare, qu’elle a été remplacée sur le marché par de petits phoques auxquels on donne l’appellation de loutre, et encore ces phoques ont-ils été tellement traqués, que la Russie, pour sauver l’espèce, a dû en interdire la chasse pendant plusieurs années.
- Vers 1900, le renard bleu était à la mode; pas une élégante qui n’eût son tour de cou en renard bleu, et cependant, cette même année, il n’avait été capturé que deux renards bleus, et leurs peaux, brutes, sans aucun apprêt, ont été payées chacune dans les environs de vingt mille francs-la pièce.
- Il en est du reste à peu près de même pour toutes les espèces, et le jour ne semble pas éloigné où il sera impossible à n’importe quel prix, de se procurer une peau véritable de bête sauvage. En somme, la quantité totale de peaux de luxe, provenant des animaux à fourrure, recueillies par les trappeurs et chasseurs, ne dépasse guère une soixantaine de mille, et beaucoup de ces peaux sont de fort petite taille.
- 2. — Régions de la France au point de vue de la qualité des lapins à fourrure,
- p.107 - vue 111/647
-
-
-
- 108 ..........:.....- L’INDUSTRIE DES FOURRURES
- D’où vient donc l’énorme quantité de belles fourrures que nous voyons chaque hiver?
- Fig. 5. — Fendeuse de peaux.
- Tout simplement de France.
- C’est la France qui fournit le plus de fourrures du monde entier. De plus les fourrures françaises sont aussi recommandables par leur beauté et leur souplesse que par leur quantité. Et il n’y a aucune crainte à avoir pour l’avenir, la faune française est assez prolifique pour que, quelle que soit la consommation, on puisse être certain que la production sera suffisante.
- C’est le vulgaire lapin de clapier qui se charge de remplacer toutes les fourrures de races disparues ou en train de disparaître. Sous les mains d’habiles, pelletiers il devient à volonté hermine ou loutre, petit-gris, zibeline, castor ou chinchilla, lise transforme, se métamorphose au gré de la mode et on ne peut lui adresser qu’un seul reproche : la seule infériorité qu’il a devant ses orgueilleux concurrents, c’est de ne présenter jamais, quand il est bien préparé, les tares que l’on trouve souvent sur les nmmn peaux authentiques.
- fEn regard des 60 000 peaux sauvages, fournies par les -pays dits à fourrure, la France, sans compter les peaux brutes qu’elle exporte, prépare .pour la pelleterie, environ 24000000 de peaux de lapin par an.
- Fig. 5. — Banc à tirer.
- Les places de New-York, de Londres, de Leipzig reçoivent chaque année des quantités importantes de peaux de lapin, dont une partie nous reviennent
- métamorphosées en peaux étrangères avec des noms empruntés à la faune sibérienne ou canadienne.
- 11 est vrai que personne n’est prophète en son pays, et je vois le sourire de dédain avec lequel une élégante accueillerait une toque, une étolc, un manchon en peau de lapin. Il n’en est pas de même en Amérique où, dans les magasins les plus luxueux, l’étiquette « lapin de France » voisine avec les noms les plus recherchés ailleurs.
- Hâtons-nous de dire cependant que tous nos lapins ne se prêtent pas à la confection des fourrures.
- Prenons une carte de France. Tirons un trait se dirigeant delà ville de Limoges au sud (11g. 2). À partir de cette même ville, tirons deux traits se dirigeant l’un au nord-est, l’autre au nord-Ouest de façon à former trois angles égaux. Toute la contrée placée dans l’angle supérieur, y compris le sud de la Belgique, donne de bons lapins à fourrure. Dans les deux secteurs inférieurs, les lapins sont de moins en moins bons à mesure que l’on s’éloigne de la contrée privilégiée; mais cependant un peu moins mauvais à l’ouest qu’à l’est.
- D’autre part, le lapin tué avec sa toison d’hiver est
- Fig. i. — Tonneaux à dégraisser les peaux,
- bien supérieur à celui tué en été. Il va sans dire que parmi les nombreuses races de lapin, il en est de plus estimées les unes que les autres, soit pour leur taille, soit pour leur couleur, la longueur de leurs poils ou pour toute autre cause.
- La mode influe sur leur valeur. Si l’hermine est beaucoup portée, le lapin blanc est en hausse.
- Quelles que soient leurs qualités, les peaux de lapin feraient piètre figure si elles étaient employées telles quelles. Elles ont du reste cela de commun avec les autres fourrures, même les plus renommées. Elles doivent donc subir une série de manipulations que nous allons résumer brièvement.
- Sans compter les négociants de tout ordre, depuis
- p.108 - vue 112/647
-
-
-
- L’INDUSTRIE DES FOURRURES -....-..~------109
- le chiffonnier qui va de porte en porte, jusqu’au I gros négociant qui fait ses marchés par millions, I les peaux, pour devenir prêtes à être portées comme parures ou comme vêtement, passent entre les mains de trois industriels, savoir :
- L’apprêteur qui prend la peau brute et la rend imputrescible par des procédés analogues à ceux de la chamoiserie, et commence à façonner la peau pour lui donner les apparences exigées dans les belles fourrures.
- Le lustreur qui la teint, la maquille et lui donne l’aspect voulu.
- Le pelletier fourreur qui la coupe, la coud, la confectionne de mille façons en manchons, vêtements, coiffures, etc.
- Nous allons suivre la peau dans ces différentes phases.
- Lorsqu’elle arrive chez l’apprêteur, la peau de lapin n’est guère séduisante. Retournée, raide, sèche, cassante, tachée de sang et de chair desséchée, elle inspire le dégoût et affecte désagréablement l’odorat. Elle n’est pas exempte des parasites que l’on trouve sur les matières animales corrompues.
- Le premier soin du fabricant est d’inspecter ces peaux une par une et de faire un premier triage. I
- Celles qui lui paraissent bonnes sont réservées |
- Fig. 7. — Vue schématique îles organes de la machine à épiler.
- pour l’apprêt, les autres sont rebutées et envoyées à la coupe (opération dont nous parlerons plus loin).
- Après ce premier triage, les peaux sont mises à tremper dans des cuves de façon à les ramollir, à les rendre moins cassantes.
- On les ouvre ensuite au moyen de la fendeuse (lig. 3), sorte de cône en fonte formé de deux parties; l’une fixe, l’autre mobile, pouvant s’écarter de la première au moyen d’une crémaillère actionnée par un volant.
- On enfile la peau sur le cône. Les deux parties qui le composent, en s’écartant, tendent la peau. L’ouvrier coupe alors la queue, les pattes et la tête, puis la fend longitudinalement.
- Une fois fendues, les peaux sont triées à nouveau et on ne conserve pour l’apprêt que celles qui en valent la peine.
- Celles que l’on conserve subissent, s’il y a lieu, un travail d’écharnage, c’est-à-dire que l’on enlève au couteau les chairs en excès qui pourraient encore y adhérer.
- Elles vont ensuite à l’arrachage, travail qui consiste à arracher à la main les poils follets prêts à tomber et qui se feutreraient dans l’opération du foulonnage qui vient immédiatement après.
- Ce sont là les opérations préliminaires, le foulonnage est l’opération capitale de l’apprêt.
- Fig. 6. — Machine à raser les peaux.
- Les peaux enduites d’une couche de dégras sont mises dans l’appareil nommé foulon de pelleterie (fig. 1) qui se compose d’une auge en bois dur et quelquefois en fonte, dans laquelle deux gros maillets de forme spéciale viennent battre alternativement en forçant les peaux à tourner sur elles-mêmes de façon qu’elles reçoivent en toutes leurs parties des chocs répétés qui, joints à réchauffement produit dans le foulon, font pénétrer intimement le dégras dans les pores de la peau.
- Quand les peaux sont restées un certain temps dans le foulon, elles sont chamoisées et imputrescibles. De l’état de peaux, elles sont passées à celui de pelleteries.
- Fig. 8. — Machine à couper les peaux.
- Nous n’entrerons pas dans les détails de construction de ces foulons, qui du reste varient avec le genre de peaux à travailler, les unes exigeant une
- p.109 - vue 113/647
-
-
-
- 110 -------: . : L’INDUSTRIE DES FOURRURES
- température élevée, les autres au contraire ne s’accommodant que d’une température modérée. La peau de lapin est de ces dernières.
- Au sortir du foulon, les peaux, imbibées de dégras, sont huileuses et ont l’aspect de véritables loques ; on les nettoie en les mettant dans le tonneau à dégraisser (lig. A). Comme l’indique la ligure, c’est un tonneau rond dont chaque fond porte un tourillon : une porte est pratiquée sur sa circonférence pour y introduire les peaux. Ce tonneau contient un mélange de sciure de bois et de plâtre. En tournant avec les peaux ce mélange s’empare de toutes les parties grasses et les sèche complètement.
- Pour finir le nettoyage de ces peaux qui sont alors remplies de plâtre et de sciure, on les met dans la roue à battre, appareil analogue au précédent; mais dont les parois, au lieu d’être pleines, sont formées de grillages. La rotation secoue les peaux et les débarrasse de toutes les poussières.
- Quelques coups de baguette donnés à la main sur l’envers des peaux, remettent les poils dans leur sens naturel.
- A la rigueur, en choisissant des peaux de même nature, de même couleur, on pourrait les livrer telles quelles aux pelletiers-fourreurs ; mais ce ne serait là que du vulgaire lapin, bon tout au plus à faire de la fourrure à très bas prix.
- Ici commence la partie la plus délicate des opérations de l’apprêteur.
- Tout d’abord les peaux doivent être examinées une à une ; on enlève avec une sorte de trançhet toutes les parties défectueuses, telles que boutons, coupures, parties de poil rare, etc.
- On remplace ces parties par des morceaux enlevés à d’autre peaux, au moyen de machines à coudre spéciales.
- Pour les peaux blanches, qui, sous le nom d’hermine, seront employées au naturel, et pour les peaux exceptionnellement belles qui seront également employées sous leur vraie couleur, il est évident qu’il faut mettre des pièces de même teinte ; mais pour celles qui doivent être lustrées, c’est-à-dire teintes, cela importe peu et l’on obtient des peaux de lapin bigarrées, formées de morceaux noirs, gris, blanc, roux, etc.
- Cette opération terminée, les peaux sont tirées ; c’est-à-dire que sur une lame fixe à tranchant émoussé montée sur un banc en bois servant de siège à l’ouvrier, on frotte le côté chair de la peau en la tirant à soi de façon, à la fois, à les assouplir, à enlever les chairs qui y seraient encore adhérentes et à les ouvrir ou distendre (fig. 5).
- Aujourd’hui on fait cette opération mécaniquement.
- Les peaux arrivées à cette période du travail ont des poils plus ou moins longs, leur juxtaposition sur un même vêtement produirait un effet disgracieux et elles n’auraient pas cette douceur, ce chatoiement séduisant que présente une belle fourrure.
- Elles sont alors rasées, c’est-à-dire que tous leurs poils sont coupés à une longueur uniforme, que l’on règle suivant la. fourrure à imiter.
- La machine à raser (fig. G) est essentiellement composée de deux rouleaux dont l’un supporte la peau qui y est amenée par une toile sans fin et l’autre de grandes lames en hélice. Le rouleau porte-lame tourne à une grande vitesse. L’écartement entre les rouleaux détermine la longueur laissée au poil. Les peaux cousues les unes au bout des autres passen t entre les rouleaux ; un dispositif spécial maintient les poils dans la position nécessaire pour qu’ils se présentent tous de la même façon et que la coupe soit bien régulière.
- Notre fourrure a déjà meilleur aspect, mais cela ne suffit pas, il faut encore trier les poils restés sur la fourrure et enlever ceux qui lui donneraient de la rudesse ou nuiraient à son aspect. C’est ce que l’on appelle l’épilage ou l’éjarrage.
- La toison d’un animal quelconque comprend ordinairement des poils de deux sortes bien différentes : le duvet ou poil inférieur qui couvre la peau de l’animal et le garantit du froid; le jars, poil long et rude dépassant le premier et le préservant. C’est le long du jars que s’écoule l’eau quand l’animal est mouillé par la pluie. Mais quelle que soit son utilité, ce poil est long, rude, disgracieux, il est plus gros que l’autre et ne prend que fort mal la teinture, et, une fois la peau lustrée, un œil exercé le reconnaît immédiatement. Il manque de souplesse et, si on plie la peau, il se redresse d’un air rébarbatif.
- C’est de ce manque de souplesse qu’on profite pour l’enlever. Il n’y a pas bien longtemps, ce travail se faisait à la main; c’était long et cher, il fallait que les ouvrières aient une vue excellente, et, malgré tous les soins apportés à ce travail, il en restait toujours en quantité notable.
- On a d’abord essayé de le brûler. Pour cela on mouillait la peau, puis on en faisait passer successivement toutes les parties sur le tranchant d’une lame droite, le duvet restait couché, le jars en passant sur la lame restait debout ; une étincelle électrique devait alors le brûler jusqu’à sa racine. Le succès n’a pas répondu aux efforts de l'inventeur.
- Aujourd’hui l’épileuse est employée d’une façon courante; elle utilise toujours la propriété du jars de rester droit quand il passe sur l’arête d’une lame. La figure 7 représente schématiquement les organes essentiels des divers systèmes d’épileuses en usage.
- Une barre fixe A et un rouleau B tournant très lentement portent une toile sans fin sur laquelle on épingle les peaux. Des brosses c et c', tournant très rapidement, couchent le duvet au-dessus et au-dessous de la barre qui est taillée en forme de lame.
- Les jars ne restent pas couchés, ils se relèvent en avant de l’arête de la barre; un rouleau D, portant une lame tranchante et tournant à grande vitesse, les coupe à ras de la peau, en respectant le duvet
- p.110 - vue 114/647
-
-
-
- - ACADÉMIE DES SCIENCES -. -....... — 111
- (]ue les brosses ont couché. Le rôle de l’apprêteur est terminé.
- 11 convient de dire que la sauvagine, c’est-à-dire la vraie fourrure, est apprêtée de la môme façon ijue le lapin.
- L’épilage se fait généralement quand la peau est lustrée ou teinte; mais nous l’avons rangée dans les opérations de l’apprêt, car c’est avec ces opérations qu’elle a le plus d’analogie.
- D’ailleurs, presque tous les apprêteurs de peaux de lapins font eux-mêmes leur lustre. Nous avons vu qu’au cours des opérations de l’apprêt une certaine quantité de peaux avaient été rebutées. Ces peaux ne sont pas perdues et vont à la couperie. Klles serviront à faire des matières premières pour la chapellerie.
- Les opérations sont simples : fendues comme les autres, elles passent au sécrétage. Le sécrélagc consiste à imbiber, au moyen d’une brosse de chiendent, la peau d’une dissolution de mercure et d'acide nitrique, dans le but de donner au poil la consistance spéciale qui lui est nécessaire pour le rendre apte à être bien feutré.
- Séchées dans une étuve, les peaux sont ensuite brossées, puis elles vont à la machine à couper (fig. 8). Cette machine a de l’analogie avec la raseuse ; mais la lame, non seulement enlève le poil à l'as de la peau, mais encore coupe cette dernière en lilaments nommés vermicelle à cause de la similitude d’aspect que ces lilaments offrent avec la pâte comestible qui porte ce nom.
- Les poils servent à faire les chapeaux de feutre; le vermicelle sert à iàire la colle de peau ; les autres déchets, têtes, pattes,. poils arrachés, débris de toutes sortes sont utilisés comme engrais.
- On peut donc dire du lapin, comme du porc, qu’en lui tout est bon, depuis les pieds jusqu’à la tête.
- Le lustreur reçoit donc des peaux de toutes cou-
- leurs, unies, claires ou foncées, bicolores ou bigarrées, c’est-à-dire composées de morceaux rapiécés. Son travail consiste à les teindre de la couleur propre à la peau qu’il se propose d’imiter, soit en la teignant en plein, soit en laissant le bout du poil d’une teinte et le fond d’une autre.
- Chacune de ces opérations est un secret de fabrication que nous n’avons pas le droit de divulguer et qui a nécessité de longues et coûteuses expériences. Nous nous contenterons de dire qu’un habile lustreur se joue de toutes les difficultés et arrive à des résultats vraiment surprenants.
- On voit, d’après tout ce qui précède, que la majeure partie des fourrures produites chaque année (l’astrakan, la mongoline et quelques autres exceptées) ne sont autre chose que du lapin français. Nous étions donc fondés à dire que notre pays est le grand producteur de fourrures de luxe. Est-ce à dire que tout ce qui se vend est de Limitation? Non, il est des fourreurs qui livrent des peaux authentiques, mais il faut y mettre le prix et quel prix ! Dans bien des cas aussi il y a mélange de lapin et de sauvagine. Qu’importe, ce que nous demandons à la fourrure, elle nous le donne : elle nous préserve du froid et embellit nos gracieuses compagnes. Pourquoi être plus difficile à son égard qu’à celui de tant d’individus dont nous ignorons les origines et que nous n’admettons pas moins dans notre société?
- Pour le pelletier-fourreur, son rôle est analogue à celui du couturier. Avec les peaux employées soit seules, soit concurremment avec les étoffes et les dentelles, il produit ces merveilles que nous admirons tous. Son travail, qui suit ou provoque les caprices de la mode, sort de notre compétence et, sur ce point, nous laissons aux dames le soin de dire le dernier mot, ayant trop conscience de notre absolue infériorité. E. Langlet.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du î j janvier 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- Calcul vésical de dimension extraordinaire. — M. A. (luépin, chirurgien-chef de service à l’hôpital Péan, signale un cas de calcul vésical de dimensions exceptionnelles. Le malade, âgé de 68 ans, avait souffert pendant longtemps de gravell.e et de glycosurie. Le sucre disparut des urines, sous l’effet d’un traitement approprié; l’exploration de la vessie permit de reconnaître la présence d’une pierre très grosse et trop dure pour être broyée. M. A. Cuépin, ayant ouvert la vessie, dut décoller avec le doigt la pierre qui était adhérente à la muqueuse. 11 retira ainsi un calcul urique rouge brun à surface rugueuse de forme ovoïde dont les axes mesuraient respectivement 0,085 m., 0,06 m. et 0,045 m. Le poids sec fut trouvé de 220 gr. Les suites de l’opération furent d’ailleurs parfaites. Le poids habituel des calculs uriques ne dépasse guère 12 à 15 gr. ; l’auteur, qui en a retiré un grand nombre, ne connaît aucun cas se rapprochant de celui qu’il rapporte.
- Dynamomètre pour essais de moteurs d’automobiles. — M. A. Muntz présente une Note de M. Max Ringelmann relative à un nouveau dynamomètre qu’il a été conduit à imaginer pour les essais des moteurs à grande vitesse d’automobiles, de canots, d’aéroplanes, etc. Ce dynamomètre enregistre à chaque instant toutes les conditions du travail du moteur expérimenté; il est complété par un jaugeur de combustible et par d’autres appareils qui donnent les températures et le poids de l’eau employée au refroidissement. L’ensemble, est combiné de telle façon que les essais peuvent être faits en quelques minutes ou prolongés toute une journée; de plus, sans arrêter le moteur, modifier à volonté les diverses conditions du fonctionnement du dynamomètre. M. Ringelmann laisse dans le domaine public cet appareil qui peut être très utile aux constructeurs de moteurs.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
- (.4 suivre.)
- p.111 - vue 115/647
-
-
-
- 112
- LA VOITURE BIVOUAC
- Les autorités militaires allemandes s’intéressent actuellement à une curieuse invention de M. E. F. Ostrowski. Il s’agit d’un bivouac transportable, destiné aux troupes en campagne.
- Pendant la marche, c’est une simple voiture, fort légère, que traînent aisément deux chevaux. Mais au campement, grâce à un mode de construction ingénieux, elle se déplie et s’allonge, comme un accordéon; longue de 25 m., elle devient alors une petite caserne, avec chambrettes pour les troupes, cabine d’officier, cuisine de campagne; elle comporte même une tour-observatoire qui
- d’officier, un bureau de sergent avec l’armoire aux dossiers ; au bout de la voiture est la cuisine de campagne avec son garde-manger. Notre caserne volante est de plus pourvue de meubles : lits, tables, etc., disposés si ingénieusement que, pendant la fermeture de la voiture, chacun d’eux se referme automatiquement.
- La cabine d’officier est même luxueuse : lavabo élégant, bureau, glace, lumière électrique, etc.
- Nos figures montrent, à l’extrémité de la voiture, la tour-observatoire également repliable ; elle atteint 50 m. de haut ; elle est munie d’une plate-forme bien abritée et communique avec la voiture par un
- peut servir aussi de station radiotélégraphique.
- La manoeuvre est bien simple : pendant la marche, l’essieu d’avant et l’essieu d’arrière de la voiture sont reliés par deux leviers que terminent des ancres. Les parallélogrammes articulés en tubes d’acier, qui forment la carcasse des parois et du toit, sont repliés les uns sur les autres, et l’ensemble présente l’aspect d’un modeste camion couvert. Arrivé au campement, le conducteur dégage l’essieu d’avant, en soulevant les 2 leviers qu’il laisse ensuite tomber à terre : leurs crocs se fixent dans le sol et immobilisent la partie arrière de la voiture. On pousse alors les chevaux en avant, la voiture s’étend, s’allonge : le bivouac est constitué. 11 est à 2 étages, comprend 12 compartiments pour les troupes. Il y a en outre une cabine
- ascenseur actionné par les hommes eux-mêmes.
- C’est surtout comme hôpital mobile qu’un pareil bivouac semble susceptible de rendre de grands services. On pourra l’amener à proximité de la ligne de combat, recueillir sans retard, combler de soins et sauver de nombreux blessés qui ne supporteraient pas un long transport.
- Enfin, même en temps de paix, des voitures de ce genre peuvent être parfois très utiles : lorsque de grandes catastrophes, incendies, tremblements de terre, font de nombreuses victimes, on peut disposer ainsi presque instantanément d’un hôpital improvisé et d’un nombre de lits considérable. A. G.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
- p.112 - vue 116/647
-
-
-
- la NATURE. — N° 1861.
- ÆT- w
- L’EXTINCTION DES MORSES
- ===== 23 JANVIER 1909.
- Les jardins zoologiques comptent rarement des morses (Trichecus rosmarus) parmi leurs pensionnaires : malgré leurs dimensions gigantesques (les adultes peuvent atteindre 7 m. de longueur), ce sont des animaux délicats qui supportent difficilement l’expatriation et la captivité. Ceux que'représentent nos photographies faisaient partie ; d'uni' bande de 5 individus, capturés dans l’océan'Arctique par des pêcheurs Scandinaves, qui prirent la précaution, pour les habituer à leur changement d’existence, de ^eur
- faire passer
- , lin haut : Le morse guettant.l’approche Au milieu : « Samuel » et «Adolphus » En bas : « Adolphus »
- l’été
- dans une station de l’extrême Nord de la Norvège, avant de les diriger sur Hambourg, le grand marché aux fauves. Trois moururent quelques jours après leur arrivée. Et nous avons le regret de dire que, des deux- survivants, photographiés le 1er décembre, au Zoological Garden de Hegent’s Parle, par notre correspondant de Londres, un seul vit à l’Heure actuelle : « Samuel », le plus âgé de la paire, fut trouvé mort dans son enclos, deux jours plus tard. Souhaitons plus longue vie à « Adolphus »!
- La perte a été d’autant plus sensible à la direction du Jardin, qu’elle n’avait pas possédé de vval-rus vivant depuis, 41 ans. On peut, constater, à ce propos, que l’âchat d’un de ces géants des régions polaires constitue un déplorable placement. L’individu qui figura, en 1867, dans les collections du Jardin avait coûté 5000 fr. : il mourut 12 jours après son arrivée.
- On ne saurait prédire si « Adolphus » parviendra à l’âge où la mâchoire du grand pinnipède projette ces deux longues défenses d’ivoire qui lui donnent un air si féroce. Mais les plus minutieuses précautions sont prises pour préserver son existence. On le nourrit de poissons pris au filet et de graisse de cheval.
- S’il survit, il sera intéressant d’étudier sur lui à quel âge les canines débordent de la lèvre supérieure, et quelle est leur rapidité de croissance, double problème qui attend encore sa solution. La densité de l’ivoire des morses donne à croire que ces canines ne croissent que fort lentement. Leur force de résistance est incontestable. Briser avec ses défenses les parois d’une chaloupe est un exploit qu’accomplit aisément un walrus attaqué par des chasseurs. Et plus d’un pêcheur Scandinave ou
- groenlandais a trouvé la mort dans de pareilles circonstances.
- Si formidable-ment armée qu’elle soit —-les mâles seuls sont pourvus de défenses — l’espèce paraît être en voie d’ex-
- tinction. 11 y a encore une cinquantaine d’années, on apercevait
- souvent des morses sur le littoral du Shetlands et des Orcades, ou même sur le rivage septentrional de l’Ecosse.
- Ils descendaient aussi sur le littoral du Labrador, attirés par les bancs de coquillages. Mais l’emploi des fusils de précision et des balles à pointe d’acier a décimé leurs troupeaux.
- La terre est devenue trop petite pour les grands animaux. Ils ne trouvent même plus un lieu d’asile dans les solitudes arctiques. Jacques d’Izier.
- 37e année. — 1er semestre.
- 8. — 113
- p.113 - vue 117/647
-
-
-
- 114
- AVIATION
- LA RESISTANCE DE L’AIR
- Fis. 1.
- Les études théoriques relatives à la résistance de l'air datent du milieu du xvnf siècle. Newton établit la première formule, et, depuis, autour de cette formule, les savants ont exercé leurs facultés. Actuellement, malgré les travaux de Borda, de Thibault, de Duchemin, de Cayley, des d’Esterno,
- Dubochet, Nadar, Ponton d’Amécourt, Penaud, Marey, latin, Goupil, Renard, So-reau, Ferber, Lucas Gérard-ville, et de tant d’autres dont les noms demeureront à jamais attachés à l’histoire de la navigation aérienne, le problème est encore une énigme dont il n’est pas possible d’entrevoir la solution exacte.
- Mais est-il indispensable de connaître la valeur précise de la résistance de Pair? Nous ne le croyons pas. Heureusement, d’ailleurs, sans quoi nous n’eussions assisté de si tôt à la première envolée d’une machine quelconque.
- D’abord, qu’est-ce que la résistance de l’air? Disons, jusqu’à plus ample informé, que c’est la force du venl. C’est la,force que le vent « déploie » pour soulever une feuille morte, pour pousser un bateau à voiles, pour déraciner des arbres, renverser des édifices, des ponts. Le vent est une force naturelle bienfaisante et malfaisante qu’il ne sera jamais possible de mettre en formule parce qu’elle est essentiellement irrégulière. Le vent est tantôt ascendant, tantôt descendant, suivant les régions, les reliefs du sol, les dépressions atmosphériques, les époques de l’année. Il ne faut pas songer à le domestiquer ; cherchons seulement à l’utiliser quand il est utilisable, et, aussi bien sur le sol qu’au sein de l’atmosphère que sur les océans, il demeurera toujours, à ses heures, l’auxiliaire du meunier, de l’oiseau et du marin et l’adversaire des hommes et de la nature elle-même.
- Nous avons maintenant le champ libre pour nous livrer, à la suite des techniciens, aux études de la résistance que l’air peut présenter sur les obstacles.
- Lorsque le vent souffle et qu’il rencontre un objet quelconque, il exerce une pression sur cet objet qui, ayant une masse, représente un poids. Il y a lutte entre la pression de l’un et l’inertie de l’autre et l’une des deux forces s’use souvent inutilement. Quand l’objet est une feuille morte, son inertie est à peu près nulle et le vent le plus léger la soulève et lui fait décrire des orbes dans l’espace. Voilà la première manifestation du plus lourd que l’air. L’enlèvement d’une toiture par un ouragan et son transport à plusieurs centaines de mètres, en est une autre. La feuille tombe parce qu’elle ne sait pas s’orienter dans le vent; la toiture tombe pour la même raison d’abord, et ensuite parce que le vent ne conserve pas la force (pii lui serait nécessaire pour continuer le
- Expériences du National Physical Laboratory.
- transport. Ce sont deux mauvais aéroplanes. Un oiseau est un bon aéroplane parce qu’il sait prendre le vent. La machine volante se place entre les deux systèmes de plus lourd : entre l’inerte et l’animé. Pour qu’elle se maintienne dans l’air, il lui faut s’associer le vent lui-même, se plier à ses fantaisies, en faisant avec sa direction un angle tel que les efforts aveugles soient, malgré eux, utilisés pour produire le soulèvement et la translation. Un plan bien orienté ne résiste pas au vent au sens absolu du mot, il lui oppose un obstacle juste assez important pour en faire son auxiliaire, pour utiliser la force brutale qu’il représente, laquelle, grâce à cette combinaison, lui fournira le moyen de combattre la pesanteur. Quand il n’y a pas de vent, le moteur en crée un, artificiel, qui se comporte comme Borée en personne.
- Il ne faudrait pas s’imaginer que, malgré les difficultés, les savants n’ont pas cherché à donner une valeur à la résistance du venl : ce serait mal les connaître! Newton s’est attelé le premier au problème et gravement il a posé la formule R = K(/SV2sma, à l’aide de laquelle ses confrères, plus jeunes, se sont chargés de démontrer que les oiseaux ne peuvent pas voler. Ne chicanons pas ; voyons ce que Newton a bien voulu dire. B est la résistance qu’il s’agit de déterminer. K est... la bête noire de tous les techniciens; ils ont usé inutilement toute leur science et perdu tous leurs cheveux à mettre un nombre au bout de cette lettre fatidique, K est le coefficient de la résistance de l'air à la sustentation. Prenez un plan carré de 1 m. de côté, soumettez-le à l’action d’un courant d’air, de manière que tous les filets qui, théoriquement, le composent, soient dirigés perpendiculairement à la surface du plan et cela à la vitesse de 1 m. à la seconde. La pression exercée sur ce plan donne la valeur du coefficient K. Et, pour vous prouver que rien n’est moins simple que de résoudre le problème, nous ajouterons que Newton a trouvé 65 gr. ; M. Eiffel (voir l’article de M. Troller, La Nature du 8 février 1908) estime que cette valeur oscille entre 70 et 80 gr. Canovetti veut 70 gr. ; le colonel Renard 85. D’autres parlent de 40 gr., d’autres de 150, 180, 300 et même 800 grammes ! N’insistons pas et admettons, sans qu’il nous en coûte, que cette valeur est égale à 67 gr. : c’est le chiffre quasi officiel.
- Continuons à disséquer la formule de Newton, d est la densité de l’air. On comprend qu’elle joue un rôle parce qu’elle varie avec la hauteur, mais le changement est peu important et on a résolu, pour faciliter les choses, de faire rentrer cette valeur dans celle de K. A cela près!
- p.114 - vue 118/647
-
-
-
- AVIATION — LA RÉSISTANCE DE L’AIR
- 115
- S représente la. surface du plan considéré et V2 le carré de la vitesse du courant d’air ou du plan se mouvant dans l’air calme. Enfin sinus a est le sinus de l’angle que fait le plan avec l’air qui vient le frapper. Newton a écril : sinus2 a ; c’est ce maudit exposant qui a brouillé les cartes pendant un siècle; Borda a démontré que le sinus simple était suffisant et on continue à l’admettre.
- Bien entendu, lorsque le plan se meut perpendiculairement au courant d’air il n’y a pas de sinus à considérer et la formule de Newton devient après rectification et suppression autorisées, R = KSV2. De sorte que, si nous admettons que K soit connu, la résistance qu’un ^ plan quelconque
- présente à l’air — ou que l’air présente à un plan — sera facilement calculable puisque nous n’aurons qu’à multiplier le coefficient par la surface et le carré de la vitesse. Et dans le cas où nous aurons les plans d’un aéroplane à étudier, nous multiplierons ce résultat par le sinus de l’angle d’attaque, puisque notre formule devient : R = K S V2 sin a.
- Eli bien ! cette histoire n’est pas du tout aussi simple quelle en a l’air, car toutes les données de notre formule varient de mille manières suivant des considérations qui ne permettent plus à personne de s’y reconnaître. C’est d’ailleurs parce que Sanlos-Dumont se moquait de la formule comme un poisson d’une pomme qu’il est parvenu
- ig. 'i. — Disposition îles iilels d’air sous un plan se mouvant latéralement et longitudinalement (d’après V. Talin).
- à effectuer un vol de 220 m. à Bagatelle.
- Il est cependant intéressant de connaître un peu le fond des choses. Nous allons faire une courte incursion dans le domaine savant pour en tirer quelques vérités utiles à ceux qui voudraient goûter de la nouvelle science. Mais nous ne parlerons plus de formules.
- A la suite du désastre du pont de la Tay, qui s’écroula sous l’effort du vent dans la nuit du 28 décembre 1879, une commission avait été nommée pour étudier la résistance du vent sur les édifices. On reconnut qu’une surface de un pied carré (0,0929 m‘-) devait pouvoir supporter une pression de 25,568 kg. Cette valeur présumée uniforme sur toute la surface d’un large édifice parut excessive et, à cette occasion, sir Benjamin Baken écrivait : Si l’on observe les feuilles ou autres objets légers flottant dans un courant d’air apparemment constant, on constate que certaines feuilles sont entraînées en avant à une vitesse accrue de 25 pour 100 et plus, comparée à la vitesse moyenne. Au-dessus d’une largeur de 20 pieds, au centre d’un vaste courant constant, la vitesse moyenne pourrait donc être constante, alors qu’au-dessus d’une largeur d’un pied elle pourrait être de 25 pour 100 plus élevée. Quand il s’agit de pression du vent, une augmentation de vitesse de 25 pour 100 équivaut à une augmentation de pression de plus de 50 pour 100. Cette structure variable du vent est-elle la cause unique des différences de pression? En 1904-, au National PJnjsical Laboratory, on commença des expériences sur la pression du vent en faisant de la détermination de l’existence.
- ou de la non-existence de l’effet de dimension l’objet
- principal des recherches. Des plateaux de modèles et de dimensions différentes furent installés au sommet d’une tour de 50 pieds de hauteur située en face d’un vaste terrain plan. Les plateaux avaient respectivement, 25, 50 et 100 pieds carrés; après deux cents expériences ils donnèrent des valeurs identiques de la constante K. Pour les surfaces considérées l’effet de dimension était donc négligeable. Mais si les surfaces soumises à l’essai sont plus petites, de la valeur d’un pied carré, par exemple, on constate que la valeur du coefficient diminue sensiblement. Ces résultats concordent avec ceux de M. Eiffel. Les physiciens du National Physical Laboratory conclurent qu’il semble exister un facteur de dimension qui a pour effet d’augmenter la résistance jusqu’à une superficie d’environ 1 m2; au-dessus de cette dimension la résistance semble devenir constante.
- Rapprochons ces résultats de ceux qu’a fournis la nature pour l’étude des oiseaux. Les physiologistes ont constaté que les oiseaux sont pourvus de surfaces alaires d’autant plus grandes, proportionnellement à leur poids, qu’ils sont plus petits. C’est ainsi que, chez les petits oiseaux, le mètre carré d’ailes ne peut porter que 2 kg, tandis qu’il en porte jusqu’à 10 chez les grands volateurs. On peut donc admettre que la résistance de l’air n’est pas proportionnelle à la surface, mais à celte surface pourvue .d’un exposant que Borda estime égale à 1,1 et que quelques savants de notre époque, Victor Ta tin entre autres, sont disposés à admettre.
- On voit que les choses se compliquent. Ecoutons maintenant Wilbur et Orville Wright1. La pression exercée sur des surfaces carrées diffère de celle que l’on observe sur des surfaces rectangulaires, ellipsoïdales, circulaires ; les surfaces courbes ne se comportent pas comme des plans et se différencient les unes des autres suivant leur courbure ; l’épaisseur variable de deux surfaces considérées entraîne une variation dans la résistance, de môme que, sur une surface d’épaisseur, non uniforme, les pressions maximum sont constatées sur les plus grandes épaisseurs. Bien mieux, certaines surfaces présentent une qualité supérieure sous un certain angle, d’autres sous un angle différent.
- Enfin le profil et l’arôte entraînent encore d’autres variations. Et nous ajouterons encore que la résistance qu’une surface présente à l’air dépend aussi et beaucoup du poli de cette surface. Que devient la formule au milieu de ces considérations?
- Notez que ces conditions sont parfaitement exactes; depuis longtemps on avait déjà observé qu’un plan trois fois plus long que large éprouve, si on le fait progresser dans le sens de la longueur, une résistance double de celle qu’il accuse s’il se meut dans le sens de la largeur. En effet, dit M. Talin, les filets d’air rencontrés ne pressent pas sous le plan jusqu’à son extrémité arrière ; ils sont écartés et rejetés de côté, tandis que, pendant la progression par le bord le plus large, les filets d’air ne peuvent s’échapper, étant retenus par leurs voisins immédiats (fig. 2). •
- 1 Tlie Cenlury lllustraled Monlhly Magazine.
- A
- Fig. r>. — Le courant d'air sur un plan mobile, autour de sa base.
- p.115 - vue 119/647
-
-
-
- 116
- AVIATION — LA RÉSISTANCE DE L’AIR =
- Ainsi s'explique la nécessité, dans la construction d’un aéroplane, de se servir de plans étroits et de bonne envergure, en imitant, d’ailleurs, l’exemple que la nature nous donne chez les oiseaux planeurs.
- Observons maintenant que dans les machines volantes, comme chez les oiseaux, et qu’il s’agisse de vol plané ou de vol ramé, jamais les surfaces en contact avec l’air ne se présentent dans les mêmes conditions.
- Quelle valeur prend alors la résistance lorsqu’un plan perpendiculaire au fdet d’air tourne autour de sa ligne de hase en partant de la position verticale pour venir se placer dans la position horizontale, c’est-à-dire dans le champ même du vent, en admettant que la direction de celui-ci lut horizontale. Ce plan étant représenté par la ligne AB mobile autour du point B (fig. 5), si nous lui faisons décrire l’arc AC, il paraît évident que la résistance deviendra proportionnelle au sinus de l’angle ABC parce que, ainsi que l’indique Marey, « si l’on considère que la pression de l’air est produite par la force vive des molécules en mouvement, il est naturel d’admettre que cette pression doit être d’autant plus grande que le nombre des molécules qui frappent le plan est lui-même plus grand ». AB recevra un faisceau complet de fdets d’air, tandis que A'B en recevra une quantité moindre.
- La force aviatrice ou ascensionnelle, suivant l’heureuse expression de Duroy de Bruignac, dépendant exclusivement de la résistance de l’air sur les plans, on conçoit que tous les auteurs aient cherché à déterminer cette dernière d’une manière aussi précise qne possible. Discutant les lois de Newton, M. Victor Tatin1 remarque que la pression ne se répand pas régulièrement sur toute l’étendue de la surface inclinée en mouvement; elle fait sentir son maximum vers le bord avant. Cette découverte est due à Avanzini et, vers 1870, Joessel en déduisit la loi suivante : « Lorsqu’un plan se meut dans un fluide normalement à sa direction, le centre de résistance est au centre de figure ; mais dès que l’on incline le plan sur la direction de son mouvement, le centre de résistance se rapproche graduellement du bord qui est le plus avancé jusqu’à se trouver à une distance de 1/5 de la longueur plan, point qui sera atteint lorsque l’angle d’incidence sera minimum ».
- 11 importe maintenant de déterminer l’inclinaison
- A \ . B
- A '
- sur un plan faisant un angle de 45° avec la direction de son mouvement soit, à peu de chose près, égale à celle qu’éprouve le même plan se déplaçant orthogonalement, mais de là à conclure avec le capitaine Ferber1 que « si une surface se meut orthogonalement ou presque tan-
- gentiellement à sa trajectoire, la résistance que l’air lui oppose est la même », il y a loin. Cependant, quelque paradoxale que paraisse cette proposition, les spécialistes semble» I l’admettre sans trop de difficultés, du moins en ce qui concerne les surfaces courbes et de largeur étendue. Eten supposant même que la théorie du capitaine Ferber fût excessive, c’est-à-dire que la résistance fût fortement diminuée lorsque l’angle d’incidence est peu ouvert, il n’en serait pas moins absolument indispensable de donner à l’angle d’attaque une valeur très faible, ne dépassant pas 10°, parce que, dit M. Soreau, si le courant frappe la surface sous un angle supérieur à quelques degrés, il y a insuffisance de la réaction sustentatrice suivie d’une chute plus ou moins lente suivant une trajectoire inclinée (M. Blériot a été victime d’un accident dû à cette cause qui a fait cabrer l’appareil). Si, d’autre part, l’angle est assez faible pour permettre au courant de le frapper au-dessus, c’est la chute rapide, presque verticale. 11 faut donc, , ajoute M. Soreau, « pour résoudre le problème, maintenir d’une façon certaine l’inclinaison entre les limites espacées de quelques degrés seulement On admet 6° comme valeur moyenne de l’angle d’attaque.
- Tout ce que nous venons de dire se rapporte à l’étude de la résistance de l’air sur les surfaces planes. Les mêmes effets se reproduisent-ils sur les surfaces courbes, ou creuses, si vous préférez, que certains aviateurs préconisent de préférence aux premières? Celte forme des plans, qui est celle que semblent prendre les ailes des oiseaux pendant le vol, paraît jusqu’ici avoir peu retenu l’attention des techniciens. Cayley admet simplement que la forme concave peut être considérée comme accroissant beaucoup la résistance qu’elle rencontre dans l’air. M. Marcel Desprez2 est formellement d’avis que « les surfaces courbes présentent à tous les points de vue une supériorité indiscutable sur les surfaces planes ».
- Que devient, dans les surfaces courbes, le centre de pression? Nous avons vu précédemment que, dans les
- qu’un plan peut faire sur sa direction afin de donner le meilleur rendement, la meilleure force aviatrice. C’est là encore une des questions très délicates sur lesquelles les techniciens ne parviennent pas à se mettre d’accord. 11 semble possible d’admettre que la résistance de l’air
- 1 Eléments d’aviation.
- surfaces planes, le centre de pression occupe le centre de figure dans le cas d’un mouvement perpendiculaire au courant d’air et qu’il se rapproche du bord antérieur du plan au fur et à mesure que ce dernier s’incline sur la direction, c’est-à-dire au fur et à mesure que diminue 1 Comptes rendus de VAcadémie des sciences.
- - Comptes rendus de iAcadémie des sciences, 13avril 1908.
- p.116 - vue 120/647
-
-
-
- = UN DÉMÉNAGEMENT ORIGINAL
- 117
- l’angle d’attaque. 11 ne va plus de même avec les surfaces courbes. Dans le remarquable article publié dans The Ceidury lllustrttled Monihly Magazine par les frères Wright, nous lisons, en effet, que dans le cas d’une surlace dont la concavité est tournée vers le sol, le centre de pression se porte de plus en plus en arrière lorsque l’angle d’attaque devient de plus en plus aigu. Nous verrons plus tard quelle conclusion les inventeurs tirèrent de cette découverte, conclusion qui les mit à même d’ef-fecluer des virages par le gauchissement des ailes.
- Quel est l’accroissement de résistance obtenu par l’emploi des plans concaves? Poncelet estimait que celte résistance était proportionnelle à celle du même plan développé à plat. Thibault a trouvé expérimentalement ([lie l’augmentation atteint 20 à 50 pour T00 pour un arc de courbure de 22°.Lilienthal tildes essais en ce sens et il trouva que, dans de petits appareils de un demi à I m2 de surface, la courbure la plus avantageuse était celle dont la flèche était d’environ le 1/12 de la corde *. Mais sur des appareils plus grands il constata que la hauteur de flèche ne devait pas dépasser 1/18 ou 1/20 de la longueur de la corde. Cependant, si nous nous reportons à ce qui se passe dans la nature, si bien étudiée par Marey dans son admirable ouvrage sur le Vol des oiseaux, nous pouvons constater que, pendant le vol, la courbure d’avant en arrière est bien pou sensible, ainsi que le montre le dessin (fig. 4).
- Il y a aussi des surfaces convexes et personne, que nous sachions, ne s’en est encore occupé, lin mot donc sur elles que nous avons étudiées expérimentalement cl sans aucune prétention scientifique, hàlons-nous de le dire. La question de l’existence des courants d’air ascendants étant fortement agitée, contestée par les uns, admise par les autres, je résolus, un matin, d’obseiver moi-même. De mon balcon, au 2" étage, je lançai des menus fragments de papier qui tous, sans exception, s’élevèrent suivant un angle de 45°. lin de mes chardonnerets avait laissé des plumes très légères dans le fond
- de sa cage : c’étaient des projectiles naturels; je m’en emparai et les abandonnai au vent : l’ascension eut lieu verticalement. Et à chaque lancement j’obtenais le même résultat, les plumes s’orientant d’elles-mêmes, le creux vers le ciel, c’est-à-dire que la courbure se plaçait dans une position inverse de celle qui est admise par les savants, et qui me parut être une position normale, celle de moindre résistance au courant d’air ascendant. Que se produirait-il sur un plan AB dans un courant horizontal? une pression à l’avant et une dépression à l’arrière qui tendrait à prendre la position horizontale en B'. La résistance ne s’en trouverait-elle pas accrue si on construisait un plan présentant la forme AB', c’est-à-dire relevé à l’avant et terminé par une surface plane? D’ailleurs il n’est autre chose que le dispositif imaginé par M. Tatin dans le sens transversal; peut-être y aurait-il intérêt à l’employer longitudinalement, à cause de la grande stabilité qu’il entraîne.
- Enfin, la formule officielle ajoute que la résistance est (gaiement proportionnelle au carré de la vitesse. En réalité elle croît plus vite que ce carré, mais, ajoute M. Tatin, nous n’avons pas trop à nous en préoccuper dans nos projets d’aviation.
- Nous savons maintenant en quoi consiste la résistance de l’air et surtout combien sa valeur est difficile à déterminer; nous savons aussi qu’elle seule permet à un aéroplane de voler. Est-ce à dire qu’il nous soit, possible de construire un planeur d’après la théorie? Nous ne le pensons pas; d’ailleurs, lorsque nous aurons encore montré prochainement combien les techniciens sont peu d’accord lorsqu’il s’agit de déterminer le nombre des plans, l’emplacement, voire même l’utilité des gouvernails, la traction des hélices, nous nous convaincrons aisément que toutes les solutions actuelles ne sont que des formes provisoires très éloignées de ce qu’elles pourront devenir par la suite et beaucoup plus, encore, des chefs-d’œuvre de la nature.
- Lucien Fournier.
- UN DÉMÉNAGEMENT ORIGINAL
- On sait, avec quelle audacieuse aisance, les ingénieurs américains déplacent les édifices tout entiers, pour les
- les bords de la rivière Hudson que l’exploit a été accompli. 11 s’agissait de déplacer un immeuble de deux étages ;
- installer souvent à grande distance de leur emplacement primitif.
- Nous avons déjà décrit plusieurs fois des opérations de ce genre. En voici un nouvel exemple! C’est sur
- 1 Victor Tatin, Eléments d aviation.
- enlevée de ses fondations, la maison lut tout simplement amarrée comme un vulgaire colis sur un-bateau et transportée ainsi à destination. Les locataires n’ont même pas eu à quitter leur domicile : maison, locataires, meubles, tout a voyagé en bloc, pendant cette curieuse opération.
- p.117 - vue 121/647
-
-
-
- 118
- EXPLORATION DU GRAND CANON D’OLHADIBIE HOLÇARTE
- (Pyrénées Basques)
- Nous avons déjà eu l’occasion d’entretenir les lecteurs de La Nature*, du superbe canon de Khakhouète ou Cacouette, près de Sainte-Engrâce (Basses-Pyrénées) . Nous voulons leur présenter aujourd’hui une merveille jusqu’ici inexplorée, laissant bien loin derrière elle tout ce qu’on avait signalé d’analogue, c’est le canon d’Olhadibie-Jlolçarté.
- Chargé de relever les contours géologiques de cette partie du pays basque, nous avions déjà signalé2 l’existence de ce canon dont nous avions même parcouru la partie inférieure et la branche affluentc
- occidentale, dont l’accès est relativement facile; nous avions aussi pu nous rendre compte de la structure de la branche orientale en suivant la crête des rochers à pic qui l’enserrent.
- Notre excellent ami E.-A. Martel, fit aussi, en 1907, l’exploration de toute la partie située en aval du confluent des deux branches et en donna, ici même, de superbes photographies. A quelques mètres au-dessus du confluent, tous les explorateurs avaient été jusqu’ici arrêtés, dans la branche orientale, par une cascade d’une dizaine de mètres qui paraissait à peu près impossible à franchir : on racontait pourtant que des gens du pays avaient réussi à la contourner, en grimpant sur la paroi de gauche et de là s’étaient avancés quelque peu dans le canon où ils étaient allés rechercher le cadavre d’un berger qui s’était tué en tombant du haut des rochers.
- Un câble avait été aussi établi naguère au-dessus de la partie inférieure du grand canon pour assurer le transport des bois de la forêt d’Holçarté3 et l’un des constructeurs du câble était descendu dans le thalweg à l’aide de cordes, mais il ne s’était pas
- 1 Voy. n° 1792, du 28 septembre, 1907.
- 2 Bulletin de la Société Géologique de France (4) Y, p. 170 et ibid. (4) Vil.
- 5 Nous avons retrouvé dans le fond du ravin des débris de poulies et de crics appartenant à ce câble.
- avancé bien loin en amont. On peut donc dire que, sauf une centaine de mètres, toute la branche orientale qui, comme nous allons le voir, a près de 3 kilomètres de développement, était totalement inexplorée et considérée par les gens du pays, qui en avaient une véritable terreur superstitieuse, comme absolumenl inexplorable. Dans le pays on donne à cette [tranche orientale le nom de ravin d’Olhado, tandis que, sur la carte d’Etat-Major, c’est la branche occidentale qui est désignée sous ce nom. Dans la carte que nous avons publiée ici naguère, nous avons admis les dénominations usitées dans le pays; afin d’éviter les confusions, nous proposons d’adopter pour la branche orientale, le nom de canon d’Olhadibie, du nom du Cayolar1 situé près du pont qui franchit cette branche en amont de son encaissement. M. Martel ayant bien voulu faire appel à notre collaboration pour la mission d’études hydrologiques dans les Pyrénées, dont il a été chargé par M. le Ministre de l’Agriculture, nous avons tenté l’exploration d’Olhadibie pour en relever le profil en long ; cette recherche constitue une question toute neuve pour ces sortes de thalwegs, et rentre dans les études prévues par l’arrêté ministériel du 23 mars 1903 pour l’évaluation des forces hydrauliques en pays de montagnes.
- Le pont d’Olhadibie étant situé à environ 835 m., et la bifurcation à 400 m., nous avions une dénivellation de 435 m. à racheter, sur un parcours de moins de 3 km, soit une pente moyenne de plus de 15 p. 100. Les canons présentant presque toujours une pente assez faible dans leur tronçon inférieur, il y avait lieu de prévoir l’existence d’une pente extrêmement rapide et par conséquent coupée de cascades dans le tronçon supérieur. Or, dès qu’une cascade dépasse une quinzaine de mètres, il est, en général, très difficile, souvent même impossible, de la franchir de bas en haut, les plus grandes échelles extensibles maniables ne dépassant pas cette longueur; au contraire la des-
- 1 Nom basque des bergeries de montagne, simples cabanes de 2 à 2,50 m. de haut, en pierres sèches, avec un enclos entouré de fascines pour parquer les moutons.
- Cassage d’un bief à l’aide du llerthon.
- p.118 - vue 122/647
-
-
-
- EXPLORATION DU GRAND CANON DOLHADJBJE HOLÇARTÉ
- 119
- oénte d’escarpements de 50 et même 100 m. s’effectue avec une relative facilité à l’aide des échelles de cordes et des cordes employées dans les descentes de gouffres. Cette considération nous amena donc à tenter d’abord l'exploration de haut en bas.
- Le 16 août, nous quittions Licq Atherey dans l’après-midi, en compagnie de M. le Couppey de la Forest, ingénieur agronome, et du Dr Maréchal, accompagnés de deux porteurs et des muletiers de notre convoi, et nous établissions notre campement à l’entrée d’amont du canon, près du Pont et du Cayolar d’Olhadibie, à 858 m. d’altitude.
- Le 17, de grand matin, nous commencions la descente : le torrent forme d’abord de petites cascatelles et des rapides, puis, à 200 m. environ du campement, se précipite dans le canon, par une cascade de 15 m. À 200 m. environ de cette cascade, une cheminée latérale nous permet de descendre dans le thalweg à l’aide de cordes (descente d’une cinquantaine de mètres). Nous remontons alors dans le canon, pour explorer la partie comprise entre la cascade de 15 m. et le pied de la descente; le lit est encombré de gros troncs d’arbres et de blocs rocheux entraînés lors des grandes eaux ; néanmoins, le parcours ne présente pas de difficultés bien sérieuses.
- Nous redescendons ensuite vers l’aval et, à 730 m. d’altitude, nous voyons le torrent se précipiter avec fracas dans un à pic d’une quarantaine de mètres où il forme une superbe cascade : le thalweg devient étroit, et il est impossible d’y fixer les échelles pour effectuer la descente. Nous reprenons alors la rive droite où nous ne tardons pas à découvrir une fissure latérale, sorte de couloir presque vertical accolé contre la paroi du canon. Quelques arbres permettent de fixer les échelles et, par une descente de 90 m. de verticale, nous arrivons au pied de la cascade • le f'ig- 2. — Dans le Grand canon. (Aquarelle d’après nature de L. Rudaux.)
- spectacle est grandiose, l’eau s’abat avec un fra- i canon s’enserre entre des parois rocheuses verti cas étourdissant sur les rochers et, en aval, le J cales de plus dé 150 m. ; près du point où sont
- p.119 - vue 123/647
-
-
-
- EXPLORATION DU GRAND CANON D’OLHADIBIE HOLÇARTÉ
- Fig. 5.
- Le Canon vu du Grand abri. (Aquarelle d’après nature de L. lïudaux. )
- p.120 - vue 124/647
-
-
-
- Fig. i.
- La Grande fissure. (Aquarelle d’après nature de L. liudaux.)
- p.121 - vue 125/647
-
-
-
- 122 :-- EXPLORATION DU GRAND CANON D’OLHADIBIE HOLÇARTÉ
- fixées les échelles, sur une corniche, on aperçoit un nid d’aigle. À 200 m. plus bas, le thalweg est de nouveau coupé par une cascade d’une cinquantaine de mètres et reçoit sur la rive gauche un affluent torrentiel; ici l’eau s’écoule avec rapidité entre les parois rocheuses; pas un arbre, pas un rocher en saillie pour fixer les échelles, le passage libre suffit juste à l’écoulement de l’eau; nous sommes donc obligés de battre en retraite, pour aller chercher plus en aval une nouvelle cheminée qui pourrait permettre d’accéder au thalweg et de rebrousser jusqu’au pied de la cascade infranchissable. Nous remontons à grand’peine le matériel, côtoyant sans cesse des escarpements vertigineux.
- Nous déjeunons sur la rive droite du canon, à 773 m. ; après déjeuner, un couloir assez tentant nous convie à essayer une descente ; nous arrivons à 752 m. au bord d’un surplomb d’où nous apercevons le thalweg, à 140 m. environ en contre-bas. En faisant le total des escarpements visibles, nous avons estimé que ce point se trouvait à environ 610 m. d’altitude; or, il est fortement en amont de la verticale du point où nous nous trouvons; par suite, l’à pic que nous avons sous les pieds, a certainement plus de 150 m. en surplomb, et il est impossible, avec le matériel et le personnel dont nous disposons, de tenter la descente.
- Près de Latcherekka (818 m.) et près de Fuenta-rabia (782 m.) deux nouvelles tentatives nous amènent sur le bord d’escarpements d’environ 250 m. ! Nous nous voyons donc forcés de regagner Licq-Àthérey par les corniches qui bordent la rive droite et d’où la vue plonge à chaque instant sur les vertigineuses et mystérieuses profondeurs du canon. Tous nos efforts pendant ces deux journées n’avaient donc abouti qu’à la reconnaissance du thalweg sur environ 700 m., avec une dénivellation totale de 155 m. !
- Il ne nous restait donc qu’à reprendre l’exploration par l’aval et à essayer de remonter ainsi jusqu’au pied de la grande cascade qui nous avait arrêtés.
- C’est ce que nous entreprîmes le 19 août, en compagnie de MM. Le Couppey de la Forest, L. Rudaux, Dr Maréchal, l)1' E. Reymond, sénateur de la Loire, et son frère 11. Reymond, enseigne de vaisseau. La première partie du canon, jusqu’à la bifurcation, ne présente pas de difficultés trop sérieuses, quelques gros blocs de 7 à 8 m. de haut et quelques profondes flaques d’eau sont franchis sans peine à l’aide des échelles extensibles, et nous arrivons à la cascade qui avait jusqu’ici arrêté toutes les explorations.
- Essayer de la franchir directement serait bien aléatoire : nous préférons appuyer l’échelle extensible sur la paroi de rive droite du canon et, nous cramponnant à des arbres qui ont poussé sur la corniche, nous arrivons à passer : nous fixons une échelle de corde à un arbre qui surplombe un petit à pic d’une dizaine de mètres et nous voilà dans le thalweg en amont de la cascade.
- Le pied de la cascade étant à 402 m. d’altitude, il nous reste environ 230 m de verticale à franchir
- pour atteindre le pied de la chute qui nous avait arrêtés dans notre première exploration d’amont.
- Le canon devient de plus en plus grandiose : de gigantesques parois rocheuses s’élèvent à pic ou surplombantes au-dessus de nos têtes : à notre gauche un vaste abri s’ouvre dans la muraille (fîg. 3).
- Nous traversons plusieurs petits biefs avec de l’eau parfois bien au-dessus de la ceinture et le canon se resserre et s’approfondit toujours, devenant de plus en plus impressionnant, de plus en plus fantastique (fîg. 2). Nous nous arrêtons pour déjeuner vers 450 mètres; sur la rive droite, une source à 12° sort d’une étroite fissure, les parois du canon atteignent là plus de 200 mètres de verticale absolue.
- Nous repartons, le thalweg devient si étroit, qu’il suffit tout juste à l’écoulement de l’eau, puis voici un bief resserré où les 2 parois du canon, éloignées seulement de 3 mètres, plongent dans une eau profonde ; il faut se servir du bateau démontable pour atterrir de nouveau à 30 mètres de là dans le thalwee
- P
- (fig. 1) : quelques rapides à traverser et nous voici de nouveau en présence d’un petit lac au bout duquel une cascade empêche d’atterrir. Après une manœuvre compliquée de l’échelle, lac et cascade sont franchis ; nous sommes de nouveau arrêtés par un lac avec cascade et la manœuvre recommence. Nous abordons alors dans un couloir dont les parois ont plus de 300 mètres et se rapprochent encore, à tel point, que vers le sommet elles se touchent presque : un gros bloc de quelques mètres cubes est resté pincé entre elles; la paroi de gauche surplombe (fig. 4) : un jour verdâtre glisse sur les parois humides et glauques : le spectacle devient à la fois terrifiant et sublime ; on ne sait plus si l’on est dans une rivière souterraine ou dans un canon : l’obscurité est presque complète, l’impression est absolument indescriptible. Bien qu’ayant déjà visité en France et à l’étranger un nombre considérable de canons de rivières souterraines, de grottes et de gouffres, je n’hésite pas à déclarer que nulle part je n’ai rien vu Rapprochant et que l’imagination la plus féconde ne pourrait rien rêver de plus fantastique, déplus sinistre et de plus captivant en même temps ! Quelques-uns de nos porteurs déjà fortement impressionnés par ce qu’ils venaient de voir, refusent net d’avancer plus loin et restent prudemment à 2 ou 300 mètres en arrière de nous.
- Nous sommes à 475 mètres d’altitude, il est déjà près de cinq heures du soir et il faut hélas songer au retour, car nous n’avons pu transporter avec nous de matériel de campement; nos provisions sont presque épuisées, les cascades et le torrent nous ont trempés jusqu’aux os; il faut donc tâcher de revenir à la bifurcation avant la nuit. Nous avons exploré 800 à 1000 mètres depuis la bifurcation, ce qui, avec la partie explorée en amont, donne 1600 mètres environf; il reste encore quelque
- 1 Ce qui fait environ 3,200 km en ajoutant la partie du canon en aval de la bifurcation, soit 4,400 km environ pour le tout en comptant la partie encore inexplorée.
- p.122 - vue 126/647
-
-
-
- LA HOUILLE A MADAGASCAR .........-.. 123
- 1200 mètres inconnus et sans nul doute merveilleux; pour faire l’exploration complète, il faudra passer au moins deux jours dans le canon et y établir un campement. Le retour s’effectue au milieu de mille péripéties, car la nuit nous surprend à la bifurcation, et ce n’est que vers 10 heures du soir
- que nous rentrons à Licq-Athcrey trempés, les vêtements en lambeaux, mais stupéfaits de notre exploration et remportant le ferme désir de la terminer dans une prochaine campagne.
- Eugène Fournier,
- Professeur à ITiiiversilé de Besançon.
- LA HOUILLE A MADAGASCAR
- ba question de l’existence de terrains carbonifères a élé depuis un demi-siècle une des plus controversées de Imites celles que l’étude de Madagascar a fait naître. La solution intéresse, en effet,, non seulement les géologues qui s’adonnent aux émotions de la science pure, mais aussi les coloniaux qui, plus pratiques, cherchent à mettre en valeur tous les éléments de richesse d’un pays dans lequel nous avons eu des établissements depuis le commencement du xvie siècle et qui est maintenant colonie française.
- Les tentatives faites pour découvrir du charbon à Madagascar ont été nombreuses. Personne n’a oublié la tragique aventure d’un certain M. Darvoy qui a essayé en 1855 de mettre en exploitation les minces couches de combustible minéral intercalées au milieu des schistes et des grès qui affleurent dans la baie d’Ambavatoby, baie située tout près de Nosy-bé ; n’ayant pas obéi aux injonctions des llova qui lui avaient ordonné d’abandonner ses travaux, il fut tué le 19 octobre de celte môme année. À la suite de cet assassinat, la croyance s’établit que cette partie de Madagascar était riche en houille, et, en 1865, un ingénieur, M. Guillemin Tarayre, qui avait été chargé de l’étudier au point de vue minier, crut, après un examen très rapide, pouvoir affirmer que toute celte région, sur une longueur de 180 km et une largeur moyenne de 40, appartenait à la formation carbonifère ; il n’y vit à la vérité que des affleurements sans importance, mais ne douta pas qu’une surface aussi grande, de 7200 km2 environ, ne contînt des richesses considérables.
- Les nombreux voyageurs qui ont parcouru cette région depuis lors ont tous déclaré ne pas partager l’opinion de M. Guillemin-Tarayre, et, en 1900, des plantes fossiles envoyées au Muséum par un médecin de la marine, M. Joly, ont permis enfin de fixer sans conteste Page de ces schistes à lignites qui appartiennent au trias et non au carbonifère.
- Malgré ces déconvenues, il y a quelques années, à l’instigation du général Gàllieni, de nouvelles recherches lurent entreprises, en particulier par un habile officier d’artillerie, M. Yilliaume. Celui-ci explora, dans le but d’établir le bilan des richesses minières de Madagascar, non seulement la côte nord-ouest, mais encore le centre de Pile, la région d’Antsirabé et de Fianarantsoa où se trouvent de beaux gisements de minerais de cuivre, de plomb et de nickel malheureusement inexploitables à 1 heure actuelle, faute de moyens de communication. Le résultat des consciencieux travaux de M. Villiaume, comme de ceux de M. Guillemin-Tarayre, fut négatif et la question de la houille à Madagascar semblait devoir être à jamais * abandonnée car, a priori, on ne pouvait espérer en découvrir dans les territoires de l’ouest et du sud de l’île dont l’accès était difficile et dangereux et dont le sol, au dire de tous ceux qui avaient pu pénétrer ces paysinhospi-tMiers, était uniformément calcaire..
- Tel était donc l’état de la question lorsque, au com-
- mencement de celte année, M. le capitaine Colcanap a envoyé au laboratoire de paléontologie du Muséum national d’histoire naturelle une caisse de fossiles qu’il avait recueillis dans les montagnes du pays mahafaly, sur la rive méridionale de l’Onilahy, c’est-à-dire dans cette région du sud de Madagascar jusqu’ici considérée comme formée de terrains calcaires.
- M. le professeur Boule entreprit de suite l’étude de ces curieux documents qui consistaient en empreintes de squelettes de petits reptiles, de poissons, de fragments de bois fossile et de feuilles d’une fougère appelée Glos-sopleris, contenues à l’intérieur de pétrifications gréseuses en forme de rognons. Il ne tarda pas à reconnaître l’analogie que ces formes animales et végétales présentaient avec celles des êtres qui vivaient à l’époque permienne sur le continent européen ou africain. Or, d’une aussi importante et savante constatation se dégageait immédiatement une déduction logique : si on rencontre à Madagascar des formes permiennes, il est vraisemblable qu’au-dessous, comme cela se présente le plus généralement dans les terrains à la base des couches fossilifères, on doit trouver des dépôts houillers. Par retour du courrier, M. Boule a donc écrit à son dévoué correspondant pour lui indiquer quel intérêt pratique pouvait présenter sa découverte jusqu’ici purement scientifique, le prier de continuer ses investigations et lui indiquer dans quelle direction elles devaient être conduites. Quelques mois après, M. le capitaine Colcanap répondait en annonçant la découverte de couches de houille de 0,50 m. à 0,50 m. d’épaisseur à leurs affleurements. Ces couches sont situées près du petit village de Benenitra et font partie d’un système détritique occupant le bassin du haut Onilahy, fleuve que les Malgaches appellent dans son cours supérieur Mangoky. A sa lettre, M. Colcanap avait joint une carte géologique de la région, qui confirme l’analogie des dépôts de Madagascar avec ceux de l’Afrique australe; c’est ainsi qu’il existe, près de Benenitra, des conglomérats de base avec des blocs énormes, identiques à ceux décrits par Molen.graaf' dans le Transvaal, au voisinage des couches à charbon du Karoo.
- 11 est naturellement encore impossible de prévoir quelle est la valeur économique du gisement, quoique le nombre et la disposition des affleurements permettent de croire à l’existence d’un véritable bassin houiller ; d’autre part, les échantillons, d’assez mauvaise qualité, qui nous sont parvenus ont été recueillis à la surface, et aucun sondage donnant l’allure du gîte en profondeur n’a pu encore être effectué. Malgré ces réserves nécessaires à l’heure actuelle, mais qui ne sont en réalité que des aveux d’ignorance, il ne faut pas se dissimuler l’importance considérable que cette découverte peut avoir pour l’avenir économique et militaire de Madagascar, découverte due à la paléontologie qui, dans le cas présent, a joué le rôle de fil' d’Ariane, guidant méthodiquement et scientifiquement les recherches. G. Grandirier.
- p.123 - vue 127/647
-
-
-
- 124
- CONTRE L’INCENDIE DES « SKY-SCRAPERS »
- Grâce à ses nouvelles usines hydrauliques municipales, New-York va pouvoir lutter plus efficacement contre les incendies qui désolent périodiquement ses quartiers populeux, et que les pompes les plus puissantes étaient incapables de combattre, en raison même de l’élévation de ses immeubles modernes.
- Un édifice de plus de dix étages était abandonné à son sort, si le leu y éclatait. Les pompiers se contentaient de protéger les maisons voisines. Il y a dix mois, un incendie se produisait dans la maison de douze étages qu’occupait en partie notre excellent
- d’une première usine qui donna lieu vers la fin de l’été à d’intéressantes expériences. Mais la force de résistance des tuyaux n’était plus en rapport avec l’augmentation considérable de la pression, et ils éclatèrent au cours des essais.
- Ceux qui ont eu lieu pendant la deuxième semaine de novembre ont donné pleine satisfaction. Le poste mis à l’épreuve se trouve entre les rues Bank et Gansevoort, et est destiné à la défense de quatre blocks (pâtés de maisons) du quartier de l’Ouest. Pour ces essais, les pompiers disposaient de 14000 pieds de tuyaux de 5 pouces de diamètre, avec des
- Fig. t. — Reliées directement aux postes d’eau ces lances sc dispensent de l’assistance de pompes mobiles.
- confrère, le Leslie s Weekly. Bien que l’immeuble fût réputé à l’épreuve de l’incendie, le feu s’y propageait si rapidement, grâce h l’appel d’air des ascenseurs, que ce journal n’avait que le temps de sauver ses livres de comptabilité. Réduits à l’impuissance, les pompiers se bornaient à disposer sur les deux chaussées contiguës des lits de madriers destinés à amortir le choc et à protéger l'underground (métropolitain souterrain), pour le cas où l’énorme structure viendrait à s’écrouler.
- Ce sinistre décida la municipalité à constituer une commission qu’elle chargea d’étudier la nouvelle situation créée par la construction de maisons géantes. Ses travaux poursuivis avec la célérité chère aux o Yankees », aboutirent à l’établissement
- lances de deux diamètres différents, soit 1 5/4 pouces et 2 pouces. Ces 4 km de tuyaux s’alimentaient à 8 hydrants (bouches d’incendie), à raison de 4 tuyaux par bouche. Les 52 sections de tuyaux mises en batterie déchargèrent 126000 litres d’eau par minute, à la pression de 170 livres. On put établir que ce premier poste était capable de décharger 148500000 litres en 24 heures. Avec les lances du diamètre de 2 pouces, les jets d’eau passèrent bien au-dessus du toit du Western-Electric-Building, immeuble d’une hauteur de 70 m.
- Lancés dans le sens de la verticale, ils auraient pu probablement atteindre un étage élevé de 75 m. Il fut démontré que le nouveau système permettrait d’entourer de véritables murailles d’eau une
- p.124 - vue 128/647
-
-
-
- CONTRE L’INCENDIE DES « SKY-SCRAPERS »
- 125
- maison de 12 étages où un incendie aurait éclaté.
- Une des expériences consista à accoupler deux luyaux de 2 pouces pour alimenter une seule lance. La force de projection fut telle, que le pompier qui la manœuvrait put atteindre une maison distante de 200 m. Voici quelques détails techniques sur le fonctionnement du système. La pression de l’eau est produite par deux usines situées respectivement près de la Rivière de l’Est et de la Rivière du Nord. Chacune compte 5 pompes centrifuges multicellulaires capables d’envoyer dans les conduites 15 500 litres par minute, soit 07500 litres
- ment à l’aide de 104 km de conduites en fonte épaisse, d’un diamètre variant de 0,30 m. à 0,62 m.
- Le nouveau système a cet avantage qu’il supprime complètement les pompes. Celles-ci sont remplacées par des chariots automobiles, les uns très légers, réservés au transport et à la mise en position des
- Fig. 5. — Pompiers new-yorkais manœuvrant les « tours à eau
- par usine et par minute. Ces pompes peuvent s’alimenter aux conduites du service des eaux, ou puiser directement dans la rivière. Dans ce dernier cas, c’est de l’eau légèrement saturée de sel qu’elles envoient, et l’on sait que l’eau salée est plus efficace pour combattre l’incendie. La distribution de cette eau à haute pression se fait actuelle-
- Fig. 2. — On peut désormais entourer de véritables murailles d’eau un immeuble en leu.
- waler-towers, échelles automatiques qui élèvent la lance à la hauteur des étages supérieurs ; les autres, véritables camions servant au transport ées hommes et de l’outillage (les lances et leurs trépieds, les tuyaux, les échelles, les haches).
- Espérons que nos grandes villes françaises pourront toujours se dispenser d’installer dans leurs limites un système hydraulique à haute pression; ou, pour donner à notre souhait une forme plus précise, émettons le vœu que leurs immeubles n’atteignent jamais les hauteurs fantastiques des buildings du Nouveau Monde.
- Faire grand n’est pas toujours faire grandiose.
- Victou Foiusm.
- C$3s$,^SÜ,§33
- p.125 - vue 129/647
-
-
-
- 126 ~ ........=====
- LA STÉRILISATION DES EAUX POTABLES PAR L’OZONE
- La Nature a publié récemment deux articles sur la stérilisation des eaux potables par l’ozone1. Le développement rapide que prend aujourd’hui ce procédé, son importance capitale pour l’hygiène publique, nous engagent à revenir sur le premier de ces articles et à le compléter sur certains points, notamment sur les procédés de fabrication de l’ozone et les résultats du concours de la Ville de Paris.
- Nous en profiterons pour dissiper une confusion qui a pu se créer dans l’esprit de nos lecteurs sur la paternité des divers appareils employés par la Compagnie générale de l’ozone. L’installation que nous avons décrite comprenait des ozoneurs, appareils où naît l’ozone, et un stérilisateur où s’effectuait le contact de l’air ozoné et de l’eau à traiter. Les ozoneurs ont été imaginés par le U1' Marinier et M. Abraham. Quant au stérilisateur, il était fait de l’association d’un émulseur créé par M. Otto, et d’une colonne à graviers due également à MM. Marinier et Abraham.
- La production industrielle de l’ozone présentait de très graves difficultés. On sait que l’ozone, dans les laboratoires, s’obtient par l’action de l’effluve électrique sur l’air, dans l’appareil bien connu de Berthelot, mais on n’en obtient ainsi que des quantités très faibles; de plus, l’ozone est un gaz fort instable que la chaleur décompose facilement, et l’on se trouvait arrêté, dans toutes les tentatives de production en grand, par l’influence nuisible de la grande quantité de chaleur dégagée par l’énergie électrique mise en jeu. Voici comment le problème a été résolu par MM. Marinier et Abraham : comme Berthelot, ils emploient l’effluve électrique; elle se produit entre deux disques de fonte, recouverts chacun d’une glace et séparés par un intervalle où circule l’air à ozoner. La tension électrique nécessaire est comprise entre 10 000 et 15 000 volts. Les disques de fonte sont creux et parcourus par une circulation d’eau continue
- qui empêche toute élévation exagérée de température, nuisible à la formation de l’ozone. Il faut remarquer que cette eau de circulation est fortement électrisée; si élit! passait directement des canalisations aux électrodes, puis aux conduits d’évacuation, il y aurait de perpétuels courts-circuits qui rendraient impossible le fonctionnement des machines. 11 fallait donc imaginer un dispositif permettant d’isoler l’eau des canalisations d’arrivée et de départ; on y est parvenu en la faisant tomber en pluie de fines gouttelettes, dans un entonnoir conduisant à l’électrode et en assurant, par un procédé identique, son évacuation. La colonne d’eau ainsi rompue cesse de former un conducteur dangereux.
- La colonne employée par MM. Marinier et Abraham n’est autre chose que la vieille colonne de (îay-Lussac. Elle est formée par une tour remplie de graviers où l’ozone circule de bas en haut, tandis que l’eau à traiter ruisselle sur le gravier. L’émulseur Otto est une sorte de trompe à eau où l’air est aspiré par l’eau à traiter et se trouve ainsi mélangé à cette eau.
- Lors du concours de la Ville de Paris, ces appareils stérilisateurs ont été étudiés avec le plus grand soin; on a examiné la colonne seule, l’émulseur seul, et enfin l’association de la colonne et de l’émulseur. Bu rapport officiel, il résulte que l’émulseur arrête les bactéries, mais non tous les microbes pathogènes ; l’association de l’émulseur et de la colonne donne une épuration beaucoup plus satisfaisante; elle laisse passer encore cependant quelques bacilles du côlon; quant à la colonne Marmier-Abraham, employée seule, elle arrête toutes les bactéries et tous les microbes, et assure une stérilisation parfaite, qualités qui lui ont valu du reste la première prime du concours1, et que les Parisiens auront, dans un avenir sans doute assez proche, l’occasion d’apprécier, le jour où la Ville emploiera l’ozone à la purification d’une partie de ses eaux. A. T.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- janvier 1909 (suite). — Présidence de M. Bouchard.
- Séance du 11
- La ventilation et la fermentation alcoolique. — M. Muntz communique un travail de M. Kavseret-Demolon établissant que les conditions d’aération jouent un rôle essentiel dans la proportion des produits volatils de la fermentation alcoolique et par suite dans la formation des bouquets des boissons fermentées.
- Adjonction au phonographe. — M. Carpentier décrit, au nom de M. de Pezzer, un appareil qui peut s’adapter aux phonographes de tous systèmes et qui a pour but d’augmenter l’impression éprouvée par l’auditeur le mettant à même de distinguer tous les mots, lorsque l’articulation de l’artiste dont le chant a été enregistré laisse à désirer. Bans ce but l’auteur a imaginé de faire passer devant l’auditeur un ruban sur lequel se trouve imprimé le texte chanté. La vitesse est réglée par un procédé spécial de manière à permettre que la syllabe imprimée soit vue au moment où elle est émise par le chanteur.
- ethnographie de Madagascar. — M. Grandidier offre à l’Académie le tome premier qu’il vient de publier en
- 1 Yoy. uos 1844, du 26 sept, et 1850 du 17 nuv. 1908. .
- collaboration avec son fils. Ce volume forme le 22e de l’œuvre magistrale de M. Grandidier consacrée à Madagascar. Bans leurs recherches ethnographiques les auteurs ont étudié l’origine des Malgaches. Ils prouvent que le fond de la population de l’île n’est point d’origine africaine, comme on l’a toujours dit, mais est venu d’Extrême-Orient. Ils retracent l’état passé et actuel des indigènes ainsi que l’œuvre et l’influence des étrangers.
- La voix de tète et la voix de poitrine. —M. d’Arson-val présente une Note de M. Marage relative au changement qui s’opère dans le mode d’émission de la voix, lorsque l’on chante successivement une série de notes ascendantes ou descendantes. Dans ce cas, tous les chanteurs sentent qu’il se produit, à un moment donné, un changement dans le fonctionnement de leur larynx, changement tel que celui qu’occasionnerait l’emploi de nouvelles cordes vocales. Ils disent qu’ils passent du registre de poitrine au registre de tête ou inversement. Ce pas-
- 1 La première prime a été attribuée au procédé Marmier-Abraham (ozone), la deuxième au procédé Dhuyck (épuration chimique par le chlorure de chaux).
- p.126 - vue 130/647
-
-
-
- UNE NOUVELLE EXPÉDITION POLAIRE ======== 127
- sage est plus ou moins marqué; les professeurs s’efforcent do le faire disparaître chez leurs élèves. Pour étudier le phénomène, M. Marage prend, sur un sujet qui chante, le tracé des constructions du muscle crico-thyroïdien, qui, bien qu’indépendant des cordes vocales, tend celles-ci plus ou moins; en même temps, il photographie les vibrations de la voix. Si le passage d’un registre à l’autre est très marqué, le muscle en question se contracte brusquement et tend fortement les cordes vocales. Les choses sc passent comme si le chanteur changeait d’instrument
- à un moment donné ; la voix est tremblée et son intensité est variable. Certaines notes peuvent même alors faire complètement défaut : il y a des trous dans la voix. Chez les bons chanteurs, au contraire, le muscle crico-thyroïdien se contracte peu à peu, à mesure que les notes deviennent plus aiguës; il n’y a plus ni voix de poitrine, ni voix de tête; mais une voix entièrement homogène et dont le tracé est aussi régulier que celui d’un diapason. II faut, pour supprimer la contraction brusque, apprendre à se servir du muscle crico-thyroïdien.
- Séance du 18 janvier 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- Histologie du tube digestif des bryozoaires. — M. llenneguy décrit un élément histologique nouveau qu'il a découvert dans le tissu de l’œsophage des bryozoaires. 11 s’agit de cellules épithéliales dont les parois renferment des libres musculaires striées. Ces cellules sont remplies d’un liquide qui peut être comprimé par les parois et par des muscles qui entourent le tube digestif. Il se produit ainsi une turgescence des cellules. L épithélium devient alors un tissu résistant jouant un rôle mécanique et servant à broyer les aliments. On est en présence d’une adaptation remarquable d’un élément cellulaire à une fonction spéciale bien déterminée, par un processus très différent de celui qu’on observe généralement lorsqu’une partie du tube digestif se transforme en appareil broyeur, comme chez les oiseaux par exemple.
- Nouveau sismographe. — M. Lippmann observe que les sismographes actuels donnent l’instant des secousses, mais ne fournissent aucun élément du mouvement du sol. La raison de l’impuissance de ces appareils, c’est que, pour enregistrer le mouvement du sol, il faudrait disposer d’un point fixe sur lequel serait fixée la pointe de l’enregistreur. M. Lippmann a imaginé en conséquence un appareil qui donne l’accélération absolue du mouvement sismique, c’est-à-dire un élément de la force en jeu. Cet appareil emploie un pendule horizontal ou vertical muni d’une lentille qui projette sur un papier sensible l’image d’un point lumineux éloigné immobile, au moins en temps normal. Dans ces cas, la lumière trace une ligne droite, mais si des pertui'bations se produisent, il 11’en est plus ainsi. De ce tracé, on déduit la valeur de l’accélération absolue.
- Les larves de la mouche du sommeil. — M. Bouvier présente une élude de M. Roubaud sur la structure et le développement des larves de la glossina palpalis, c’est-à-dire de la mouche de la maladie du sommeil. Cette mouche est vivipare; elle ne donne naissance qu’à une seule larve. Cette larve se développe dans une poche située dans la cavité abdominale de la femelle. Elle y Irouve une énorme glande dont les ramifications aboutissent à un conduit. Par succion, la larve tire de ce
- conduit un liquide albuminoïde. Une partie de la matière lactifère est assimilée, l’autre est mise en réserve dans l’épithélium de la paroi stomacale. La mouche ne peut pondre que par une température de 25° à 30°, ce qui réduit son aire de dispersion.
- La mouche de l’asperge. — M. Bouvier présente ensuite une Note de M. Laisne sur une mouche qui cause en ce moment de véritables ravages dans les plantations d’asperges de la partie Nord de Paris. L’auteur a suivi le développement des larves de cette mouche; il en a élevé. Les mouches apparaissent au début du printemps, au moment où les turions sortent de terre; elles piquent ces lurions pour y introduire leui’s œufs. Ceux-ci éclosent bientôt et les larves dévorent le végétal. Quelques turions moins atteints poussent incomplètement; les autres se recroquevillent et meurent dans la terre. En juin la larve a achevé son évolution, elle se transforme alors en pupe qui reste sur place jusqu’au printemps suivant, époque à laquelle la mouche s’élance dans l’air. L’auteur croit que l’arrêt de l’évolution de la pupe indique que l’on est en présence d’une adaptation de la mouche à l’asperge. Il estime qu’il ne suffit pas, pour combattre l’extinction du mal, de couper et de brûler les turions qui se sont étiolés, il faut au début du printemps détruire tous les turions qui ont été piqués.
- La détermination de Vépicentre d’un tremblement de terre. — M. Bigourdan présente une Note de M. Comas Sola relative à l’approximation des formules grâce auxquelles on peut, à l’aide des indications du sismographe, calculer la distance du point sur lequel une secousse de tremblement de terre a été ressentie en premier lieu. L’auteur a utilisé dans ce but les observations faites lors du tremblement de terre de Messine. Comme la position de l’épicentre était bien connue il a pu comparer sa distance réelle de Barcelone avec les distances fournies par le calcul. 11 a constaté en outre que les microsismes avaient disparu trois jours avant la catastrophe pour reparaître seulement deux jours après. Peut-être cette disparition est-elle un signe précurseur.
- Cii. de Yilledeuil.
- UNE NOUVELLE EXPÉDITION POLAIRE
- La traversée de la calotte polaire boréale par la dérive des glaces, déjà tentée par le célèbre Fram de Nansen, avait permis des observations plus que fructueuses; aussi la tentative va-t-elle, être recommencée par le capitaine lioald Àmundsen, l’habile vainqueur du passage du nord-ouest. Avec le Fram même il se propose de se laisser prendre dans la banquise au nord du détroit de Behring,
- pour risquer une traversée plus complète du bassin polaire (Nansen était parti des îles de la Nouvelle-Sibérie). Sous la poussée du grand courant polaire, le Fram viendrait rejoindre le N.-AV. du Groenland ou le nord de Spitzberg au bout de cinq ans environ, telle est la durée prévue de cette immense dérive ! L’expédition serait tournie d’approvisionnements pour un délai plus long encore.
- p.127 - vue 131/647
-
-
-
- LA COMMANDE TÉLÉPHONIQUE DES ASCENSEURS
- Dans les maisons qui ont d’innombrables étages, comme on en rencontre en Amérique, la question des ascenseurs est capitale et très compliquée.
- On s’en rendra compte par l’exemple du célèbre immeuble Singer, à New-York; il ne compte pas moins de 47 étages desservis par 16 ascenseurs, et les ascenseurs des étages inférieurs se déplacent avec une vitesse de 200 m. par minute ; la cabine peut contenir 18 personnes et parcourt plus de 500 km par jour.
- Pour assurer en toute sécurité la manœuvre de ces appareils, il faut un personnel spécial et une organisation sévère.
- Un chef ingénieur en assure la direction, et son bureau est relié aux divers ascenseurs par une organisation téléphonique assez compliquée, qui le maintient en relations constantes avec tous les conducteurs de cabines. Entrons dans ce bureau, nous y trouvons un standard téléphonique à batterie centrale, à 50 directions. Un tableau de signaux lumineux avec numéros est disposé en lignes verticales qui correspondent chacune à l’un des 16 ascenseurs, les lignes horizontales correspondant aux différents étages. Lorsqu’une cabine se déplace, les lampes de sa colonne verticale s’allument et s’éteignent successivement à mesure que les étages sont franchis.
- Les 16 ascenseurs sont divisés chacun en trois sections, le groupe de trois sections étant sous les ordres d’un starter qui possède un tableau partiel de lampes analogue à celui de l’ingénieur chef. Une
- Haut-parleur et microphone dans une cabine d’ascenseur.
- sonnerie avertit le starter quand on veut lui communiquer des ordres du standard, et au moyen d’un tableau à levier il peut donner des ordres à l’un des conducteurs des cabines qui dépendent de lui.
- Dans chaque cabine, en effet, se trouve un récepteur téléphonique haut parleur, qui transmet les ordres au conducteur. Un microphone permet à ce dernier de communiquer avec son starter, mais en passant par l’intermédiaire du bureau de l’ingénieur.
- Par ce système, on est immédiatement renseigné sur les accidents qui peuvent se produire, et les starters sont à tout instant au courant de la marche des ascen seurs qu’ils commandent. Ils voient en effet, immédiatement, si la cabine reste stationnaire d’une façon anormale à l’un des étages et ils préviennent l’ingénieur qui s’informe aussitôt téléphoniquement.
- Dans le cas d’avarie au mécanisme, le conducteur ou le gardien de l’étage appuie sur un bouton d’alarme qui actionne un signal spécial au standard correspondant à l’étage et à l’ascenseur en question.
- Les résultats pratiques de cette disposition qui fonctionne parfaitement, la feront sans doute appliquer quelque jour dans nos grands hôtels modernes, qui prennent de plus en plus modèle sur les caravansérails américains. Eugène H. Weiss.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- p.128 - vue 132/647
-
-
-
- la NATURE. — N° 1862.
- 30 JANVIER 1909.
- rCy)
- FETE FUNERAIRE EN'BIRMANIE
- Il est de règle, dans toutes les sociétés primitives, que les circonstances importantes pour la vie du groupe — funérailles, naissances, mariages, etc. — soient célébrées par une réunion de tous les intéressés et, comme le veut presque toujours une réunion humaine, par des réjouissances en commun, par un banquet. Cette coutume d’ailleurs se maintient au milieu de civilisations beaucoup plus avancées. On constate, par exemple, en Amérique Latine, aux Antilles, et chez les nègres des Etats-Unis, (|u’un enterrement est souvent plus animé et
- prennent patience en jouant aux cartes, et surtout en vidant les bouteilles de bière et de rhum et les tasses de café que la famille leur distribue sans compter. ,
- Nous retrouvons une coutume analogue dans certaines régions de la Birmanie, où la famille du défunt met son point d’honneur à gorger de victuailles et de boissons les amis et parents qui assistent aux funérailles. Ici, au moins, les témoignages de sympathie sont réciproques, car les invités offrent à la famille des présents dont la valeur
- Devant- la maison du défunt sont disposées de nombreuses pyramides d’objets offerts à la famille, comme marques de sympathie.
- même plus joyeux qu’un mariage. Dès que le malade est considéré comme perdu, la famille se préoccupe de recevoir dignement amis et voisins, qu’un usage immémorial contraint à venir « assister le moribond dans son agonie ». Qu’elle se prolonge plusieurs jours, et voilà la famille gravement endettée. La fréquence des incendies dans ces régions fait qu’on se contente du mobilier strictement nécessaire. Aussi, faut-il louer des centaines de chaises, que l’on dispose dans la cour, sous la véranda, ou même dans la rue, à la disposition des invités.
- Ceux-ci passent les journées et les nuits dans une attente qui n’est ni fiévreuse ni douloureuse. Si les femmes se croient tenues de pousser de temps à autre des gémissements bruyants, les hommes
- 37e année. ,— 1er semestre.
- est en rapport avec leur situation de fortune. Les plus pauvres apporteront de modestes ouvrages de vannerie, des corbeilles qui, remplies d’aliments ou de fleurs, seront étalées sur la tombe. Les plus riches offriront des vases ou des bassins de cuivre, des étoffes précieuses, des coussins aux fines dentelles, des sandales richement brodées. Le jour des funérailles, ces présents, disposés en pyramides sur des chevalets de bambous, feront un imposant étalage devant la maison funéraire. Ils attesteront par leur nombre et leur variété que la famille a le droit d’être fière de compter tant d’amis. Notre photographie donne un exemple concret de l’importance, véritablement folle, qu’atteignent parfois ces dépenses fastueuses. . Victor Forbin. i
- 9. - 129
- p.129 - vue 133/647
-
-
-
- 130
- LA CELLITE, SUCCÉDANÉE INCOMBUSTIBLE DU CELLULOÏD
- Les précieuses et remarquables propriétés du celluloïd sont fort diminuées par un grand défaut : la facilité avec laquelle il s’enflamme. 11 est en effet constitué essentiellement par un mélange homogène, une solution solide, comme on dit maintenant, de deux corps éminemment combustibles : le camphre et le coton-collodion, auxquels sont ajoutés des matières colorantes diverses ou des pigments colorés. Le coton-collodion est une nitro-cellulose moins nitrée que le coton-poudre et, à l’inverse de celui-ci, n’est pas explosif; mais il s’en faut de bien peu qu’il ne contienne tout l’oxygène nécessaire pour que sa combustion se fasse complètement à l’abri de l’air; aussi, une fois le celluloïd enflammé à l’air, sa combustion est-elle très vive, et elle ne s’arrête plus. C’est pour cette raison d’ailleurs que le coton-collodion entre dans la composition de certains explosifs comme les poudres sans fumée.
- 11 y a longtemps qu’on cherche à rendre le celluloïd ininflammable; jusqu’ici on n’v est parvenu qu’assez imparfaitement : ou bien le produit n’était pas complètement ignifugé, ou bien il l’était, mais il avait perdu quelqu’une de ses précieuses propriétés : dans tous les cas le procédé d’ignifugation était coûteux.
- Le I)r A. Eichengrün a entrepris des recherches dans une tout autre direction : il a cherché à remplacer le coton-collodion, si inflammable, du celluloïd par un composé analogue qui en ait toutes les propriétés; il l’a trouvé dans les acétyl-celluloses qui sont des dérivés substitués semblables aux nitro-celluloses et dans lesquels l’acide acétique joue le même rôle que celui de l’acide azotique.
- Propriétés de Vacétyl-cellulose. — Ces recherches remontent à plus de 11 ans: les premières acétyl-celluloses, préparées d’une façon assez coûteuse en partant de l’hydrocellulose (obtenue par l’action des alcalis caustiques sur le coton) manquaient de la dureté nécessaire pour pouvoir recevoir des applications pratiques ; la triacétyl-cellulose, découverte ensuite, était assez dure mais ne formait pas une solution solide avec le camphre. De plus, elle n’était soluble que dans le chloroforme et le tétrachlorure d’acétylène, extrêmement toxique, dont les émanations sont dangereuses pour la santé des ouvriers. Enfin, tout récemment, M. Eichengrün, en collaboration de MM. Becker et Guntrum, a réussi à préparer, à partir du coton, une acétyl-cellulose qui possède à peu près les propriétés désirables, qui est soluble dans un mélange, peu coûteux et inoffensif, d’alcool et d’éther acétique (comme le coton-collodion est soluble dans le mélange d’éther ordinaire et d’alcool) et dans d’autres dissolvants usuels peu coûteux, sans danger pour la santé, et qui fournit un celluloïd presque ininflammable. Ce produit, auquel les inventeurs ont donné le nom de cellile (de cellulose), a déjà reçu de nombreuses applications qui ont fait l’objet d’une conférence avec démonstrations que M. Eichengrün a faite à la Société scientifique de Düsseldorf et qui a été reproduite dans le Düsseldorf General-Anzeiger.
- En substituant au camphre des produits synthétiques de composition voisine de la sienne et en faisant varier la composition des acétyl-celluloses, on peut préparer différentes variétés de cellites dont la dureté varie depuis celle du celluloïd ordinaire jusqu’à celle du cuir souple; d’autres variétés sont élastiques comme le caoutchouc. Toutes sont parfaitement transparentes, insensibles à l’action de l’eau, non fragiles et incombustibles. A.vec quelques-unes, il est absolument impossible d’obtenir l’inflammation; avec quelques autres l’inflammation
- s’obtient mais difficilement, et la combustion s’arrête rapidement d’elle-même.
- Emplois divers de la cellile.— Avec ces cellites, on peut réaliser des produits possédant à la fois plusieurs des propriétés du verre, de la gélatine, du celluloïd, du papier, du cuir,du caoutchouc et des étoffes tissées. Selon leur degré d’élasticité, on peut mouler ou emboutir des plaques incolores ou colorées, transparentes ou non, pour obtenir des objets ayant soit des angles arrondis, soit des angles vifs; quelques-uns de ces objets paraissent être en verre moulé tant leur transparence est grande.
- Les papiers et les tissus peuvent être imperméabilisés par une couche de cellite; on obtient ainsi, par exemple, des tissus servant à faire les suroîts imperméables de nos pêcheurs, des sortes de cuirs vernis et des toiles cirées dans lesquelles le dessin, au lieu d’être simplement imprimé, est obtenu par tissage; ce dessin existe dans toute l’épaisseur de la toile et est vu par transparence à travers la couche mince et inaltérable de cellite. La couche de soie isolante des conducteurs électriques peut être avantageusement remplacée par une couche do cellite aussi souple qu’elle, plus mince, continue et coûtant meilleur marché.
- Les feuilles mêmes, transparentes et souples, paraissent devoir convenir particulièrement à l’empaquetage des produits qui doivent être tenus à la confection de reliures pour livres et à l’abri de l’humidité; elles se prêtent d’ailleurs à la fabrication de tous les objets et ornements qui sont faits avec la feuille de celluloïd ; on est même récemment arrivé à obtenir ainsi des objets soufflés; tels sont : les « verres » colorés qui enveloppent quelquefois les ampoules des lampes à incandescence, les balles à jouer, les têtes de poupée. Toutefois, pour ces emplois, la cellite est un peu plus coûteuse que le celluloïd, mais la différence de prix est compensée largement par la diminution du danger d’incendie.
- Emploi de la cellite pour la. confection des films de cinématographes. — Le cinématographe, si répandu et si perfectionné aujourd’hui, présente toujours cependant le danger d’incendie qu’il avait à ses débuts par suite de l’emploi de films en celluloïd. Cette facile inflammabilité a été la cause, comme l’on sait, de catastrophes épouvantables dans lesquelles périrent plusieurs centaines de personnes (Bazar de la Charité à Paris, en 1897 ; Barnsley, en 1908; Boyertown, en Pennsylvanie aux États-Unis, en 1907, où près de cent personnes trouvèrent la mort). Elle a obligé les pouvoirs publics à prendre des mesures de police et à exiger certaines précautions. L’énumération qui précède prouve suffisamment que, malgré les progrès réalisés dans cette voie, ces mesures et précautions ne sont pas encore d’une efficacité certaine ; aussi l’emploi du cinématographe, rendu déjà plus coûteux de ce fait et exigeant un manipulateur habile et prudent, ne peut-il être étendu aux habitations privées et surtout aux écoles dans lesquelles il constituerait cependant un moyen éducatif d’une grande valeur. Une application pour laquelle la cellite s’imposait donc était la confection des films cinématographiques.
- Malheureusement, aucune des variétés de cellite précédemment citées ne pouvait se substituer complètement au celluloïd. Les différences de texture des deux corps, leur différence d’aptitude à recevoir la couche sensible aux sels d’argent, leur façon différente de se comporter lorsqu’ils sont soumis aux actions physiques mécaniques, à la tension notamment, exigeaient que l’étude fût reprise.
- p.130 - vue 134/647
-
-
-
- PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE
- 131
- Elle a duré plus d’une année, mais le résultat obtenu h été parfait, carie 10juin dernier, à l’assemblée générale ilu Verein deutscher Chemiker, à Iena, M. Eichengrün a pu faire fonctionner un cinématographe utilisant des lilms de cellite, et prouver par des expériences que l’emploi de .ces films n’exige aucune précaution particulière.
- La cellite pour films cinématographiques est fabriquée couramment aujourd’hui par la maison Ed. Liesegang, de Düsseldorf ; elle ne se distingue pas à première vue du celluloïd employé au même usage. Elle s’en (distingue cependant par ce fait que. si la chaleur de la lampe de projection du cinématographe vient à se concentrer sur le film, soit parce que les précautions d’usage n’ont pas (Hé prises, soit parce que le fonctionnement n’est pas tout à fait satisfaisant, on voit simplement un trou se former dans le film, alors qu’en pareil cas, une exposition de moins de 5 secondes suffit pour enflammer un film de celluloïd. Dans ces conditions, on a pu exposer pendant une durée pratiquement indéfinie, les films de cellite à la lampe sans jamais pouvoir obtenir leur inflammation.
- À vrai dire, la cellite pour films n’est pas absolument incombustible, mais elle s’enflamme très difficilement et la flamme se propage lentement et avec peine; il faut favoriser grandement cette propagation pour que la
- PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE AVEC UN
- La photographie en ballon monté n’est pas toujours possible et la dépense nécessaire pour obtenir quelques clichés serait souvent hors de proportion avec le service rendu; aussi a-t-on pensé, depuis
- longtemps déjà, à utiliser le cerf-volant pour cet usage. Dès 1888, M. Arthur Batut réussissait à enlever un appareil dans les airs par ce moyen et nous avons reproduit ici les résultats qu’il avait obtenus (n° 825, du 25 mars 1889). Depuis, beaucoup d’opérateurs se sont occupés de la question et ont obtenu des photographies très intéressantes, mais qui ont toujours le défaut d’avoir été prises un peu au hasard puisqu’on ne pouvait diriger qu’approximativement l’objectif sur un point déterminé, et que, d’autre part, le déclenchement de l’obturateur qui avait été réglé à l’avance ne correspondait pas toujours au moment où l’éclairage était le plus favorable ; enfin, après avoir impressionné une plaque, il fallait ramener l’appareil à terre pour en disposer une autre, d’où perte de temps considérable.
- llamme dure plus de quelques minutes. Au pis-aller, on aurait donc tout le temps d’éteindre un commencement d’incendie. Le plus souvent, cependant, la combustion a surtout pour effet de faire fondre la majeure partie de la substance, comme ferait de la cire à cacheter brûlant très difficilement. Le liquide formé, en coulant, soustrait alors le reste de la masse à la flamme et la llamme s’éteint. On sait que le danger du celluloïd est qu’au contraire il s’enflamme instantanément dans toute sa masse dès qu’un point est allumé, et il suffit de le toucher avec le bout d’un cigare pour provoquer cette inflammation.
- M. Ilanriot, qui a visité l’usine de Düsseldorf, en a rapporté des bandes de films qu’il a présentées au Conseil d'hygiène publique et de salubrité, le 14 août dernier. Il a montré par des expériences la différence d’inflammabilité d’avec le celluloïd et a fait ressortir l’intérêt qu’il y aurait pour l’hygiène publique à introduire la fabrication de la cellite en France. Il serait facile, a-t-il dit, de la substituer à celle du celluloïd, ce qui permettrait de rayer les fabriques et dépôts de ce produit de la nomenclature des établissements classés. Cette opinion un peu optimiste a, croyons-nous, donné lieu à quelques réserves. E. Lemaire.
- APPAREIL COMMANDÉ A DISTANCE
- M. Roger Aubry, l’aéronaute bien connu, a imaginé, et construit un appareil automatique qui, après avoir été enlevé soit par un ballon captif, soit par un cerf-volant, peut être commandé à distance. On peut lui donner l’inclinaison voulue, l’orienter dans une direction quelconque, déclancher l’obturateur et impressionner successivement dix plaques sans ramener l’appareil à terre.
- Ces résultats sont obtenus électriquement au moyen du câble qui maintient le cerf-volant et qui contient quatre conducteurs métalliques isolés les uns des autres. Ce câble a 400 m. de long, pèse en tout 6 kg et son coefficient de rupture est de 100 kg.
- Il est enroulé sur un treuil que commande une manivelle C (fig. 4) ; les connexions électriques sont assurées par des balais qui frottent sur des couronnes métalliques fixées aux flasques de la poulie d’enroulement et permettent de prolonger le câble jusqu’au tableau décommandé (fig. 4 en cartouche)
- Fig. 2. — Mécanisme de l’appareil.
- que l’opérateur placera sur une table à côté de la carte d’état-major.
- Les fils conducteurs étant d’assez faible section, la résistance électrique du câble nécessite un voltage
- p.131 - vue 135/647
-
-
-
- 132
- PHOTOGRAPHIE AERIENNE
- assez élevé pour assurer la manœuvre des appareils. Il ne fallait pas songer à employer des piles ou des accumulateurs dont le transport, quel qu’en soit le nombre, présente toujours des difficultés. Aussi M. Roger Aubry a-t-il eu recours à une petite dynamo M fixée sur le même bâti que le treuil ; l’aide qui surveille celui-ci peut manœuvrer sans grand effort la dynamo au moyen d’une manivelle D et d’un train d’engrenages calculé de façon à obtenir le courant nécessaire.
- La suspension qui relie l’appareil photographique au cerf-volant doit être particulièrement étudiée pour assurer à l’armature qui supporte cet appareil une horizontalité aussi approximative que possible.
- Cette suspension, dont le principe est dû au capi-
- propre poids, chacun de ses points d’attache décrivant une ellipse dont les poulies PP' sont les foyers et l’armature AA' une sécante qui reste constamment horizontale. La tige BB' est maintenue dans le sens du vent au moyen d’une girouette G fixée à l’une de ses extrémités. Les oscillations longitudinales provenant des brusques changements d’incli-
- Fig. 4. — Le treuil du câble et la dynamo.
- Le tableau de commande. A, voltmètre?. — T, boussole.
- taine du génie, Th. Saconney, se compose (fig. 1) d’une tige en bambou BB' fixée au câble et solidaire de toutes ses inclinaisons; à chaque bout se trouve une double poulie PP' sur laquelle passent deux cordes dont les extrémités se rattachent respectivement à l’avant et à l’arrière de l’armature AA' de l’appareil, en se bifurquant au préalable pour donner à l’ensemble plus de rigidité. Suivant l’inclinaison du bambou l’armature se déplace par son
- Fig. 5. — Appareil photographique lloger Auhry.
- AA', armature fixe. — B B, bras de suspension sur l’axe T. — CC, cadre mobile sur le cercle D. — EI1, tubes souples des niveaux. — R, ruban indicateur de l’inclinaison. — B, baromètre. — M, graduations du baromètre et des niveaux en avant de la chambre auxiliaire.
- naison sont amorties par un petit moulinet S fixé sur l’axe de l’une des poulies.
- Enfin un cône C, fixé sur le retour de l’une des cordes, exerce un effort antagoniste à l’action du vent qui tendrait à agir sur la masse de l’appareil en l’écartant de la position normale que lui donne la pesanteur.
- Dans ces conditions on peut admettre, et l’expérience l’a confirmé, que l’armature AA' qui supporte l’appareil reste sensiblement horizontal. 11 s’agit maintenant de faire varier à volonté la position de l’appareil photographique par rapport à celle de l’armature AA' pour pouvoir viser le point qu’on veut photographier.
- A,cet effet l’appareil est relié à cette armature par une sorte de suspension à la cardan comprenant (fig. 3) un cadre rectangulaire C qui soutient la chambre photographique par deux tourillons T et
- p.132 - vue 136/647
-
-
-
- PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE
- 133
- (jui peut lui-même tourner autour d’un cercle horizontal D. Deux ressorts contenus dans des barillets maintiennent, quand ils sont remontés à fond, ce système danssa position extrême qui correspond à l’horizontalité de la chambre. Deux
- échappements (dont l’un est visible en B sur notre gravure) commandés chacun par un électro-aimant, permettent de faire pivoter la chambre autour des tourillons T et aussi de lui faire parcourir, sur le cercle D, le tour entier de l’horizon. Il suffit pour
- Fig. 6. — Viaduc de Marly-le-Roy. l'holographie obtenue avec l’appareil. Dans le bas les indications du baromètre et des niveaux.
- p.133 - vue 137/647
-
-
-
- 134 ===== LES SELS DE POTASSE EN HAUTE-ALSACE
- cela d’envoyer dans l’un ou l’autre électro-aimant une succession de courants, chacun d’eux ayant pour objet de faire fonctionner d’un cran l’échappement correspondant et de déplacer l’appareil d’une quantité connue.
- À cet effet on a disposé un tableau de manœuvre (lig. 4 en cartouche) comprenant deux cadrans H et V, l’un pour l’inclinaison, l’autre pour l’orientation; ils sont munis chacun d’une manette qui parcourt leur circonférence. A chaque déplacement de la manette d’une division à l’autre du cadran, correspond la fermeture et l’ouverture du circuit, et par suite un cran de l’échappement. On peut donc obtenir ainsi, cran par cran, le tour entier de l’horizon et l’inclinaison jusqu’à 90 degrés.
- La chambre photographique est à magasin (fig. 2). Elle renferme 10 pellicules rigides glissées dans des supports en aluminium P placés les uns derrière les autres et poussés par un ressort. A la partie supérieure se trouve une petite chambre auxiliaire G dont l’objectif a sert à enregistrer, sur le bord de la plaque sensible, les indications données par le baromètre et par deux niveaux, l’uii de déversement, l’autre d’inclinaison, au moment où l’on prend la vue ; toutes ces données sont nécessaires pour pouvoir effectuer des relevés topographiques exacts au moyen des clichés obtenus. L’obturateur D de l’objectif principal A et l’obturateur du petit objectif a fonctionnent en même temps, ils sont tous deux reliés par une transmission élastique It!. Un électroaimant g, qui commande l’arrêt d’un axe xy mû par un ressort, permet de faire manœuvrer les obturateurs et de faire ensuite basculer la plaque qui vient de recevoir l’impression, il suffit pour cela
- de lui envoyer le courant en appuyant sur un bouton.
- On a donc, grâce à ce système de commandes électriques, l’appareil pour ainsi dire dans la main, l’opérateur le dirige comme s’il était enlevé lui-même par le cerf-volant. Pour cela il est assis commodément devant une table avec la carte et le tableau de commande devant lui (fig. 5).
- Au moment du départ il a réglé la position de la chambre par rapport au bambou B qui se maintient toujours dans la direction du vent. Le point à photographier étant repéré sur la carte bien orientée, il n’aura donc qu’à se rendre compte de la direction du vent pour savoir de quel angle il doit déplacer l’appareil dans le sens horizontal. Le cerf-volant étant au-dessus de sa tête à une altitude qu’il connaît très approximativement par le déroulement du câble, il mesure sur la carte la distance qui le sépare du point à photographier. Comme il occupe sensiblement le sommet de l’angle droit formé par ces deux côtés de dimensions connues, un calcul très simple ou un graphique préparé d’avance, lui indique’ de quel angle il devra déplacer l’appareil dans le sens vertical. 11 n’aura plus alors qu’à appuyer sur le bouton I du tableau de commande pour impressionner une plaque; quand il cessera d’appuyer, celle-ci sera remplacée par une autre et l’appareil sera prêt à recevoir une nouvelle orientation. Les dix plaques peuvent être impressionnées successivement en quelques minutes si cela est nécessaire.
- L’appareil de M. Roger Aubry est le premier qui permette de réaliser un lever topographique complet au moyen d’un cerf-volant ou d’un ballon non monté ; il est appelé à rendre d’importants services dans l’armée. G. Mareschal.
- LES SELS DE POTASSE EN HAUTE-ALSACE
- Nous avons déjà mentionné sommairement (Inform., 1 770, 8 juin 1907) la découverte des sels de potasse, ou « kali », aux environs de Mulhouse. Cette découverte offre un intérêt industriel considérable, dont on se rendra compte si l’on se rappelle qu’un seul gisement dans le monde, celui de Stassfurt, également situé en Allemagne, détenait jusqu’alors le monopole presque absolu de ces substances recherchées, le reste de la production étant à peu près exclusivement fourni par un autre petit gisement, celui de Kalusz en Galicie. Elle vient donc enrichir notablement le domaine minier de l’Alsace-Lorraine, où l’on avait déjà rencontré, depuis l’annexion, du pétrole et des ressources nouvelles en houille et en fer. Un mémoire, récemment publié par MM. Yogt et Mathieu Micg à la Société industrielle de Mulhouse, nous permet de donner, sur ce bassin potassique nouveau, quelques détails, dont il pourra y avoir lieu de tenir compte, si l’on veut en chercher un jour le prolongement sur le territoire resté français.
- On avait déjà fait, aux environs de Mulhouse, bien des sondages profonds pour chercher le pétrole et la houille. Le premier qui ait atteint par hasard la couche potassique a été foré en 1904 à Wittelsheim au N. W. de Mulhouse;
- après avoir traversé la série potassique de 358 à 512 m., il a été poussé jusqu’à une profondeur de 1119 m. A la suite de son succès, on n’a pas foré autour de lui moins de 105 sondages, dont 17 ont recoupé le kali : les autres n’ayant été poussés que jusqu’à la couche de sel sodique superposée à celui-ci, ce qui suffisait pour l’obtention dés concessions. On a maintenant commencé à Wittelsheim un puits de 600 m. de profondeur et 5,5 m. de diamètre pour le compte de la Société, dite Amélie : puits qui doit traverser, par le procédé de congélation, 75 m. de nappe aquifère et que l’on compte terminer cette année.
- Ces travaux montrent dès maintenant l’extension du bassin potassique sur 200 kilomètres carrés entre Heims-brunn, Sausheim, Ensisheim, Reguisheim, Ungersheim, Soultz, Cernay et Schweighausen. Au Nord et à l’Ouest, ce bassin est délimité par deux failles; au Sud et à l’Est, il semble disparaître lentement en s’amincissant en pointe. Géologiquement, ces sels sont compris dans le tertiaire oligocène inférieur, ce qui les différencie aussitôt du grand gisement permien de Stassfurt et les rapproche de celui de Kalusz. La coupe, ramenée à ses termes essentiels, comprend, de haut en bas, les terrains suivants :
- p.134 - vue 138/647
-
-
-
- LES SELS DE POTASSE EN HAUTE-ALSACE ====== 135
- Nature des terrains. Profondeur au-dessous Epaisseur
- Marnes et grès calcaires de la surlàce. —
- oligocène moyen . . Marne salifère avec an- 0 à 558 m. 558 m.
- liydrite et kali. . . 558 à 512 m. 154 m.
- Marnes schisleuses. . . Seconde série d’argiles salilêres avec sel 512 à 020 m. 108 m.
- gemme et gypse . . Marnes schisleuses sté- 620 à 947 m. 527 m.
- riles 947 à 1119 m. 172 m.
- A partir de 558 m., on entre donc dans une série potassique et sodique. qui contient, d’abord, trois couches de sel gemme et d’anhydrite (sulfate de chaux anhydre), dont deux couches de 0,80 m. d’épaisseur et la troisième de 2,75 m. Les sels dépotasse, rencontrés à 475 m. et 495 m., forment deux couches, l’une de 1 m., l’autre de i à 5 m., divisées toutes deux par de petites veinules d’argile schisteuse accusant un arrêt dans les conditions d’évaporation qui ont amené le dépôt de la potasse. Ces veinules ont été retrouvées d’une façon très constante dans les divers sondages. Puis viennent encore, en dessous, différentes couches de sel gemme et d’anhydrite dont l’épaisseur varie entre 0,85 et 5,27 m. La seconde série sali-l'ère, épaisse de 527 m., renferme de nombreuses couches de sel gemme et d’anhydrite, dont l’épaisseur atteint 5 à 15 m. Si la couche potassique, qui semble assez homogène, gardait la même épaisseur sur les 200 kilomètres carrés reconnus, on arriverait à un cube énorme, qu’il faut naturellement réduire beaucoup, mais qui indique l’importance de ce gisement nouveau.
- Les sels que l’on y trouve diffèrent de ceux qui constituent la majeure partie du gite de Stassfurt par l’absence de sels de magnésie. Ce n’est pas de la carnallite, mais de la sylvinite (chlorure double de potassium et de sodium), substance stable et nullement hygroscopique dont on trouve un équivalent, la sylvine (ou chlorure de potassium) à Stassfurt, mais seulement dans les parties altérées par des réactions secondaires, sur les affleurements, oii elle s’est produite par élimination du chlorure de magnésium qui la rendait d’abord instable. Géologiquement, on sait que l’on explique en général la formation de ces dépôts salins qui occupent, notamment, sous la plus grande partie de l’Allemagne du Nord, des épaisseurs si considérables, par
- l’évaporation de lagunes marines sous un climat désertique. L’évaporation de l’eau de mer donne d’abord, en commençant, suivant les conditions de température et de pression, ou la nature des autres éléments chimiques associés, soit du gypse, soit de l’anhydrite (sulfate de chaux hydraté ou anhydre), puis du sel marin, et enfin, seulement dans des circonstances anormales, très rarement réalisées, les sels potassiques et magnésiens. Pour faire comprendre les énormes épaisseurs dépassant parfois 1 km, que peuvent atteindre ces dépôts salins, la théorie classique est celle dite de « la barre », d’après laquelle une lagune en évaporation aurait été séparée de la mer libre par un seuil submergé
- permettant l’introduction de l’eau de mer à sa partie supérieure, tandis que l’eau concentrée en sels et alourdie par l’évaporation descendait peu à peu dans le fond de la lagune sans pouvoir en sortir. Cette théorie, assez mauvaise, demande à être corrigée en tenant compte des mouvements tectoniques concomitants de l’évaporation, dont les actualités à outrance avaient eu tort de ne pas vouloir tenir compte. 11 faut admettre que le fond de la lagune s’affaissait en même temps qu’elle s’évaporait, et l’épaisseur des sédiments salins a la même cause que celle bien connue des sédiments marins dans « les géosynclinaux ». On a à Mulhouse une première preuve de ces affaissements, dans l’épaisseur tout à fait extraordinaire que prend ici le tertiaire, arrivant aussitôt, sur la bordure du massif cristallin et primaire des Vosges, à plus de 1100 m. On en a une autre dans les mouvements, non seulement d’affaissement, mais de plissement, que le dépôt salin a continué à subir pendant et après son dépôt et qui lui donnent aujourd’hui une forme nettement plissée avec un grand synclinal et un anticlinal allongés dans le sens N. -E. Celte disposition, qui est pratiquement à noter pour les recherches futures, a pu facilement être observée dans les sondages grâce à la présence, 50 m. au-dessous du kali, d’une couche de schistes aisée à reconnaître et très constante. Déjà ces mouvements se traduisent dans les couches de sel et d’anhydrite superposées au kali qu’elles rendent irrégulières ; ils se sont accentués ensuite lors des phénomènes tectoniques qui ont augmenté la saillie des Vosges et déterminé le retrait de la mer tertiaire. L. 1). L.
- Regisheim
- Unqensheim O -600/
- Sou I z
- . Ensishe;
- Sennheim'
- WitteJsheim
- Sausheim
- Schweïg hausen
- Dornach
- Niedermarschweiler
- Heimsbrunn
- Carte de la région des sels de potasse en Alsace au 1/200000:
- Les lignes de niveau représentent, avec cotes de niveau au-dessous do la mer, la surface des schistes qui occupent la hase de la couche saliiére à sels potassiques. Les points noirs figurent les sondages foncés jusqu’à la couche potassique.
- p.135 - vue 139/647
-
-
-
- 136 : =
- LES PARCS NATIONAUX DE L’ARGENTINE
- Les Américains des États-Unis ont compris, il y a longtemps, l’intérêt qu’il y a à préserver de la hache ou de la charrue, à garder dans toute leur beauté naturelle des régions encore à peu près vierges, des parties particulièrement curieuses ou pittoresques de leur territoire. C’est ainsi que, dès 1872, a été constitué aux États-Unis ce que l’on a appelé le Parc national de Yellowstone, sur lequel des détails circonstanciés ont jadis été donnés ici. Ce parc est de dimensions énormes, sa superficie dépassant 0500 kilomètres carrés.
- À l’heure actuelle, on a tendance dans l’Amérique du Nord à multiplier ces réserves, étant donnée surtout la rapidité avec laquelle se poursuit un peu partout le déboisement; et tout récemment on vient de créer le Parc National appelé The Verde, dans l’État d’Arizona, sur le territoire des comtés de Marcopa et de Yavapai. La forêt n’en couvre qu’une partie de l’immense surface de 300 000 hectares environ ; mais le taillis était à conserver, au point de vue hydrologique.
- Les Australiens ont, de leur côté, institué un Parc National, et pour des raisons semblables à celles que nous avons indiquées. Il se trouve dans la Nouvelle-Galles du Sud, et dans le district d’Illawara ; c’est d’ailleurs une réserve de 900 hectares seulement, mais avec des sites très pittoresques et une magnifique végétation.
- Voici enfin la République Argentine qui se met à suivre cet exemple, en créant deux parcs nationaux au sujet desquels M. Eugène Autran, le savant professeur à la Faculté des Sciences de Buenos-Ayres, a bien voulu nous fournir des renseignements complets, accompagnés de documents graphiques dus à M. Carlos Foresti. M. Autran s’est donné mission de faire connaître et apprécier ces parcs nationaux, et il a même fait une enquête fort intéressante sur leur flore. ,
- L’un de ces parcs est celui de l’Iguazu : précisément, dans l’article que notre confrère et ami M. Regelsperger avait consacré aux admirables chutes du fleuve Iguazu, il avait laissé entendre qu’on étudiait la question de l’établissement d’un Parc National autour de ces chutes. L’étude a abouti définitivement. Pour la mener à bien, M. Thays (qui est un de nos compatriotes au service du Gouvernement Argentin) avait parcouru tout le Territoire des Missions, ancienne Terre des Missions des Jésuites, qui s’enfonce comme un éperon dans les possessions brésiliennes et paraguayennes. Il avait tout examiné au point de vue de l’établissement de voies à travers la forêt vierge, du choix des sites pour l’érection d’hôtels; il s’agissait aussi d’établir des ponts suspendus sur les différents bras de l’Iguazu, afin de permettre aux visiteurs de voir au mieux les parties les plus pittoresques des immenses cataractes ; on mettrait sous la protection du Gouvernement les forêts séculaires qui couvraient toute
- la région. Le projet de M. Thays a été approuvé et il est actuellement en voie d’exécution. La superficie du parc sera de plus de 25 000 hectares. Les percées nécessaires que l’on fera pour en rendre possible la visite, seront telles que rien de l’aspect des lieux ne sera modifié, on s’apercevra à peine de l’intervention de l’homme. L’article auquel nous avons fait allusion, tout à l’heure, a montré au lecteur une des plus admirables parties de ce qui va être le Parc de l’Iguazu.
- Le second Parc national argentin est celui du Nahuel Huapi, et nous pouvons en donner des vues bien caractéristiques. Il a été créé dans des conditions particulières. 11 se trouve dans une tout autre contrée que le précédent, et il aura cet avantage de montrer l’Argentine sous un climat différent, avec une végétation et une faune bien distinctes. Nos lecteurs connaissent sans doute le nom de M. le l)1' Francisco P. Moreno, ancien Directeur de ce Musée de la Plata dont les richesses ont été signalées à diverses reprises dans La Nature ; M. Moreno a été chargé durant plusieurs années d’une mission toute de confiance, qu’il a terminée à la satisfaction générale, en sauvegardant les intérêts du pays et en prévenant un conflit violent : il a assuré la solution de la question des frontières entre l’Argentine et le Chili. Comme récompense nationale, il reçut 25 lieues carrées de terrain en Patagonie, sur les bords mêmes du Lac Nahuel lluapi ; mais aussitôt il demanda au Gouvernement de pouvoir faire abandon de 3 lieues carrées, qui seraient consacrées à l’établissement d’un Parc National dans le Territoire du Neuquen, et par suite dans la vallée du Rio Negro. Le Parc a été créé suivant ses désirs, à l’extrémité ouest de l’indentation principale du Lac Nahuel Huapi, autour de Puerto Blest. Nous rappellerons que ce Lac, sur le bord duquel se trouve tout le terrain primitivement accordé à M. Moreno, est situé dans l’extrême sud du Territoire du Neuquen; sa superficie est de 430 kilomètres carrés, et ses rives avaient jadis été parcourues par les Jésuites du Chili, qui y avaient formé des établissements. En fait, toute la région était demeurée plus ou moins abandonnée depuis bien longtemps.
- M. Moreno donne la Suisse comme une réduction de cet admirable pays; le Nahuel Huapi, pour son compte, ressemblerait à un Léman auquel on aurait ajouté le Lac des Quatre Cantons. M. l’ingénieur Otto Asp, de son côté, a parcouru et étudié les magnifiques forêts qui abondent dans toute la région; de plus en plus, on visite ces parages et l’on y découvre des beautés nouvelles justifiant la création d’un Parc National.
- Au surplus, l’Argentine prend rapidement des mesures pour faciliter l’accès de ses deux parcs aux touristes. Dès maintenant, on peut atteindre assez facilement le Territoire des Missions et le Parc de l’Iguazu. De luxueux vapeurs-salons de la Compagnie
- p.136 - vue 140/647
-
-
-
- Mihanovitch partent régulièrement de Buenos-Àyres deux fois par semaine, remontent le Parana, puis le Haut Parana, et vous transportent à Posadas,
- eapilale du Territoire National des Missions. De là, les excursionnistes peuvent aisément gagner l’iguazu, après avoir visité près de Posadas les ruines des
- p.137 - vue 141/647
-
-
-
- 138
- LES NOUVELLES LAMPES ÉLECTRIQUES
- célèbres Missions jésuites. Pour l’autre Parc, on a la possibilité de prendre à Buenos-Ayres une voie ferrée qui conduit à Neuquen ; prochainement, cette ligne se continuera jusqu’au Nahuel lluapi. On pourra même, du Chili, gagner le Parc patagonien avant sans doute qu’il soit très longtemps, puisque l’on compte pousser jusqu’à la côte du Pacifique, en lui faisant traverser le territoire Chilien, la ligne qui vient de Buenos-Ayres et passe par le Nahuel lluapi.
- Tout récemment, on a décidé l’extension de ce Parc national du Nahuel lluapi : en effet, le Gouvernement a voulu s’associer à l’initiative si intéressante de M. Moreno, et le Ministre actuel de l’Agriculture, M. l’ingénieur Pedro Ezcurra, vient de réserver deux lieues carrées de terres fiscales pour agrandir le parc aménagé sur le terrain abandonné par M. Moreno. Ajoutons qu’on parle en ce moment, dans l’Argentine, de créer une réserve nationale
- dans le territoire de la Terre de Feu. 11 y a un certain temps, un botaniste russe des plus distingués, mort très jeune, M. Nicolas Alboff, avait, au retour d’un voyage dans cette région, manifesté sa tristesse de voir la Terre de Feu menacée d’un déboisement complet et définitif, les forêts y étant dévastées (nous ne dirons pas exploitées) de la façon la plus barbare. 11 annonçait qu’avant peu sans doute, au lieu des magnifiques aspects montagneux, adoucis dans leur sauvagerie par de superbes forêts verdoyantes, contrastant avec d’imposants glaciers qui descendent jusqu’à la mer, on ne trouverait plus que des plages désertes, sans vie, des tourbières monotones, un paysage sans intérêt, tel qu’on en rencontre aux Kerguelen ou aux Falkland. Espérons donc, avec M. Autran, qu’on transformera avant longtemps en parc National argentin une partie an
- moins des îles de la Terre de Feu. P. de Mékiio,.
- LES NOUVELLES LAMPES ÉLECTRIQUES
- à filaments métallisés et à filaments métalliques
- Il est de notoriété publique que l’éclairage électrique est le plus hygiénique, le plus commode et le plus propre de tous. Cependant, aujourd’hui encore, il reste un luxe relativement rare. Car si l’amélioration des procédés de fabrication et aussi la concurrence ont diminué sensiblement le prix de revient des lampes, des fils et des frais d’installation, le courant reste toujours à un prix élevé. Toutefois, il est peut-être possible de prévoir un avenir meilleur pour cet éclairage de choix, grâce à l’apparition et au perfectionnement de lampes à filaments de métaux particuliers dont nous allons donner rapidement quelques caractéristiques.
- La doyenne des lampes à incandescence est la lampe Edison à filament de charbon, ou plus exactement à filament de carbone. Tout le monde la connaît comme aspect extérieur : c’est une petite ampoule de verre mince montée sur une douille à baïonnette qu’on fixe sur la prise de courant et contenant un lilament en forme de boucle.
- La fabrication du filament est assez compliquée : du coton pur est dissous dans de la cellulose chauffée et la solution versée dans un bain d’alcool où une machine spéciale l’enroule en un lil très lin qu’on dessèche sur des cylindres chauffeurs en acier. Le lil bien séché est étiré, mis en forme et coupé à la longueur voulue, puis introduit avec de la tourbe dans une boîte en acier soumise à une très haute température qui le carbonise. On le porte ensuite à plusieurs reprises à l’incandescence dans des vapeurs de gazoline et on le fixe, au moyen d’une soudure très conductrice ou au moyen de pinces, aux petites branches métalliques qui sont au fond de l’ampoule et qui aboutissent aux plots de prise de courant. La lampe n’est pas terminée, car, si dans ces conditions on y envoyait le courant, le carbone du filament se consumerait instantanément : il faut faire le vide dans l’ampoule. Cette opération, qui se fait par la partie opposée à la douille, ne demande que deux minutes au maximum; quand le vide est suffisant, ce qu’on reconnaît à ce que le filament vibre longtemps sous l’influence d’un choc sur l’ampoule, la lampe est fermée au chalumeau par
- des procédés spéciaux à chaque fabricant, ce qui explique la terminaison en pointe de l’ampoule. C’est ainsi que sont fabriquées les lampes de 10 à 16 bougies que l’on paie de 40 à-60 centimes dans le commerce. Leur prix est certes très modique, mais elles ont l’inconvénient de consommer beaucoup, 4 watts et quelquefois 4 watts et demi par bougie, et leur lumière est souvent rougeâtre.
- Un très grand progrès fut réalisé par la fabrication des lampes dites à filament de carbone métallisé. La seule différence avec les précédentes consiste en ceci : les filaments, avant d’être portés à l’incandescence dans les vapeurs de gazoline, sont carbonisés dans un four électrique puissant. La température y est telle que le même four ne peut jamais servir deux fois! Après les avoir portés à l’incandescence dans la gazoline au sortir de ce four, on les porte une seconde fois à une forte température, et on les rend à nouveau incandescents plusieurs fois de suite dans les vapeurs d’hydrocarbures. 11 se forme sur le fil primitif extrêmement ténu, un dépôt d’aspect métallique, qui n’est cependant autre chose que du carbone sous un état particulier et qui donne au filament des propriétés remarquables; beaucoup plus fin et beaucoup plus homogène que celui des lampes précédentes, il est en même temps plus conducteur et permet de réaliser des appareils relativement économiques. Le type le plus courant, celui de 20 bougies, est constitué par deux filaments en boucle montés en tension dans l’ampoule, comme le montre notre figure, ne consomme guère que 5,5 watts par bougie et sa durée de bonne utilisation estde 700 heures. C’estdoncune économie remarquable sur la consommation du type primitif ; toutefois elle est encore insuffisante pour permettre un rapide développement de l’éclairage électrique dans les intérieurs modestes.
- Mais, d’un autre côté, on poursuivait d’importants travaux pour appliquer les métaux rares à la fabrication des lampes à incandescence; le principe qui guida les recherches fut celui qu’exposa M. Siemens dès 1883, à savoir que pour avoir un éclairage économique, il faut des filaments pouvant supporter, sans se détériorer
- p.138 - vue 142/647
-
-
-
- LES NOUVELLES LAMPES ÉLECTRIQUES— 139
- ni par fusion ni par désagrégation, des températures 1res élevées, supérieures à 2000 degrés, parce que la partie visible des radiations émises croit avec la température des corps soumis à l’incandescence. Quelques métaux rares, tels que le tantale, le tungstène, l’osmium, etc., possèdent cette propriété de pouvoir supporter sans altération ces formidables températures. La difficulté consistait à les obtenir en fils ténus, bien homogènes, et d’une robustesse suffisante.
- Le premier résultat pratique sur le tantale, dont l’emploi comme illuminant dans les lampes à incandescence se répand de plus en plus, est dù à M. Von llolton,
- ingénieur allemand, qui, en
- ! l|e tungstène réduisant une pâte laite de pour 110 volts.
- paraffine et d’oxyde tan-talique, réussit à obtenir un globule de métal qui n’était autre chose que du tantale. Après de nombreuses et très méthodiques expériences, il réussit enfin à obtenir un métal très pur de densité voisine de 17 et pouvant s'étirer en lilaments très ténus et suffisamment résistants.
- Dès 1903 apparaissait la première lampe pratique au tantale fonctionnant sous 110 volts et ne consommant que 50 watts environ pour 25 bougies, soit 2 watts par bougie. Telle qu’elle se fabrique aujourd’hui, son filament de 650 mm de longueur ne pèse que 22 milligrammes, et est monté comme le montre une de nos figures. M. Küzel a imaginé une autre méthode : elle consiste à filer à travers une filière en diamant des colloïdes de lantale : les filaments obtenus sont ensuite portés, dans l’hydrogène ou dans le vide, à une température de 100° ils y reprennent leur texture métallique et la conductibilité voulue.
- D’autres recherches non moins remarquables ont été faites sur le tungstène qui ne fond qu’à 5200° et a permis de fabriquer des lampes ne consom-
- ressant et les fabricants de lampes l’ont étudié avec une belle ardeur. Ils semblent avoir réussi : il faut dire que l’on n’a pu encore, pour les voltages ordinaires, construire que des lampes relativement grosses ; on ne descend pas pratiquement au-dessous de 25 bougies, ce qui, pour une simple chambre, est une intensité considérable. En tout cas, les lampes au tungstène se multiplient sous le nom de lampes Osram, Osmin, Z, Sirius, etc. Elles donnent une belle lumière blanche, et elles offrent sur les lampes au tantale un sérieux avantage : le filament des premières résiste mal au courant alternatif, il est très vile hors d’usage. Le tungstène ne semble pas en souffrir.
- Signalons que le ramollissement du filament à chaud rend difficile l’emploi de la lampe dans n’importe quelle position, la position verticale la pointe en bas est la plus sûre.
- Les lampes llélion, dont le nom vient de ce que le spectre de la lumière qu’elles émettent est à peu près identique au spectre solaire, ne sont pas à proprement parler des lampes à filaments métalliques; leur filament est constitué de façon fort curieuse par une âme en carbone recouverte d’un dépôt bien homogène et très robuste de silicium. La lampe d’expérience de ce système, d’une puissance de 50 bougies, a fourni, selon ses inventeurs, MM . Parker et Clark, sous une tension de 110 volts, une très belle carrière de près de 1000 heures en ne consommant que 1,2 watt par bougie.
- Enfin il convient de rappeler, avant de terminer cette liste, la lampe Nernst, la doyenne des lampes, utilisant l’incandescence d’oxydes métalliques rares. Elle donne, comme l’on sait, une très belle lumière en consommant environ 2 watts par bougie ; mais elle est d’un mécanisme délicat.
- Les quelques descriptions que nous venons de faire de
- Lampe à lilument de carbone métallisé.
- de
- tantale.
- TABLEAU COMPARATIF (Lampes de 25 bougies)
- TYPE DE LAMPE Fit AÏS L’INSTALLATION rit AÏS DE CONSOMMATION Pii IX DE l’heure d’éclairage EFFECTIF
- Prix d’achat de la lampe. Amortissement horaire. Consommation en watts. Prix par heure.
- Filament de carbone ordinaire. . . 40 centimes. 0,04 centimes. 25X4,4 = 110"’ 7,7 centimes. 7,74 centimes.
- Filament de carbone métallisé. . . 60 — . 0,06 • — 25x3,5 = 82"’,5 5,775 — 5,855 —
- Filament métallique : . 5 IV. 5 environ. 0,55 — 25 X 2 = 50w 0,0 — 5,85 —
- niant guère que 1,2 watt par bougie. Mais l’exécution du filament est ici encore plus difficile qu’avec le tantale : néanmoins la faculté de porter le filament à une température plus haute rendait le problème fort inté-
- ces lampes mettent bien en évidence l’économie importante qu’elles permettent de réaliser sur la consommation de courant. Il est intéressant de calculer avec quelque exactitude le prix de revient de l’heure effective d’éclai-
- p.139 - vue 143/647
-
-
-
- 140 : —----...........- UN TOUR GEANT
- rage avec ces nouvelles lampes. Le tableau que nous en donnons ci-joint est basé sur une durée admise de 1000 heures, et sur une consommation spécifique de 5,5 watts par bougie pour les lampes à filament de carbone et 2 watts par bougie pour celles à filament métallique, ce dernier chiffre étant extrêmement majoré et avantageant par suite le carbone. Nous admettons également une consommation identique pour toutes les nouvelles lampes, leur accordant ainsi à toutes la même valeur, et nous prendrons le tarif de 7 centimes l’hec-towatt pour prix du courant.
- L’économie est de 50 pour 100 sur les lampes à filaments
- métallisés et de 50 pour 100 sur celles à filament de carbone ordinaire. 11 y a donc tout lieu de croire que ces lampes nouvelles aideront puissamment à répandre l’éclairage électrique. Elles ont contre elles leur prix d’achat élevé qui surprend encore un peu et une réputation de fragilité imméritée. 11 n’est pas douteux qu’on n’arrive sous peu à les produire à meilleur compte, et les expériences les plus récentes ont montré que leur durée était toujours au moins égale à celle des types anciens. Le plus bel avenir leur est donc réservé et elles marqueront une étape nouvelle dans l’évolution de l’éclairage. Antoine Martin.
- UN TOUR GÉANT
- Le tour gigantesque représenté aux ligures 1 et 2 et qui vient d’être construit par M. Ernst Schiess à Düsseldorf détient certainement le record de l’espèce.
- Cette machine est étudiée pour tourner des pièces d’un diamètre allant jusqu’à 12 m. et de 5,4 m. de hauteur; elle comporte un disque plan de il m. de
- Le disque plan supporté en son milieu par un pivot se meut sur une surface qui résiste à toute pression latérale; les déformations de ce disque sont prévenues par des montants réglables spéciaux, disposés sur la circonférence extérieure.
- On comprend sans peine que la disposition de cette machine gigantesque diffère, par beaucoup de
- Fig. 1. — Le tour géant. Il a 12 mètres de diamètre, 3 m. 40 de hauteur.
- diamètre, entraîné par un électro-moteur bobiné pour différentes vitesses. On peut réaliser 5 groupes de vitesses comprises entre 0,085 et 4 tours par minute.
- détails, de la disposition usuelle; il fallait, avant tout, la rendre maniable et imaginer à cet effet des dispositifs spéciaux. C’est ainsi que le moteur électrique se règle et se manœuvre, de la cabine même
- p.140 - vue 144/647
-
-
-
- HISTOIRE D’UN RADIUS DE GIRAFE
- 141
- du mécanicien, disposée au niveau du traîneau transversal, on y effectue aussi le réglage de la vitesse de marche ; cette disposition dispense le mécanicien de descendre de la machine pour procéder
- les contrepoids des outils sont fixés immédiatement sur leurs supports.
- La figure 2, qui représente ce tour gigantesque avec 227 ouvriers assis sur lui, donne une idée
- Fiy. 2. — Le tour géant servant de piédestal photographique à 227 ouvriers.
- aux diverses opérations de mise en train du travail.
- En dehors du réglage manuel ordinaire, les porte-outils sont pourvus d’un réglage mécanique rapide ;
- saisissante de cette machine d’un poids total de 300 tonnes, 9 unités de ce type viennent d’être construites. Dr Alfred Gradenwitz.
- HISTOIRE D’UN RADIUS DE GIRAFE
- À propos de la récente arrivée au Muséum d’une jeune girafe, que M. le professeur. Trouessart, avec sa haute compétence en mammalogie, a présentée aux lecteurs de La Nature, il n’est peut-être pas sans intérêt de rappeler un singulier incident où un os de girafe joua un rôle important, et qui valut des désagréments à l’illustre Daubenton.. Ce piquant détail de l’histoire de la zoologie est sans doute assez peu connu.
- Le méticuleux collaborateur du grand Buffon avait, au nom de l’anatomie comparée, déclaré la guerre aux ridicules idées de géants qui inspiraient encore alors tant de confiance, et qui reprenaient une nouvelle force à chaque découverte d’ossements fossiles de quelque animal de grande taille.
- Or, on conservait au garde-meuble royal un os volumineux, que l’on admirait comme un précieux débris de la jambe d’un antique géant. Daubenton soutint que cet os
- devait être le radius d’une girafe, et il avait d’autant plus de mérite à une telle affirmation, qu’il n’avait jamais vu cet animal et qu’aucune figure de son squelette n’avait encore été publiée.
- Mme de Pompadour se montra très irritée du discrédit jeté sur les curiosités du garde-meuble, et fit sentir au savant trop audacieux sa redoutable disgrâce. La carrière de Daubenton était menacée, et il fallut que Buffon intervînt lui-même en faveur de son collaborateur.
- Heureusement pour ce dernier, Mme de Pompadour avait mauvais estomac. Daubenton, qui venait d’expérimenter les propriétés de l’ipécacuanha, donna la formule de pastilles qui soulagèrent la gastralgie de la favorite ; celle-ci laissa peu à peu la reconnaissance succéder au ressentiment. (
- Le grand zoologiste obtint d’ailleurs sa vengeance scientifique trente ans plus tard, quand il put constater
- p.141 - vue 145/647
-
-
-
- 142
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- l’exactitude de son hypothèse sur le squelette de girafe que le voyageur Levaillant avait envoyé au Muséum et qui était le premier qu’on eût vu à Paris.
- Rappelons encore que la première girafe vivante qui parvint en France fut adressée en 1827 à Charles X par le pacha d’Egvpte, Méhémet-Àli. Geoffroy Saint-Hilaire rédigea tout un programme de précautions pour son voyage, qui, de Marseille à Paris, s’accomplit par petites journées.
- Cuvier alla l’attendre à la barrière, et la conduisit à l’Orangerie, transformée en provisoire écurie. Le 9 juillet, la girafe fut présentée officiellement au roi, à Saint-Cloud, et Sa Majesté daigna lui tendre des feuilles de rose. La mode créa des chapeaux, des cols, des robes, des souliers, des manches, une couleur à la girafe; le Vaudeville représenta un à-propos de Théaulon et Théodore Anne : La Girafe ou le Jardin du Roi. A. Achoque.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 janvier 1909. —
- Océanographie. — S. A. le prince de Monaco expose les résultats de sa campagne océanographique qu’il a accomplie en 1908. Cette campagne est la 19e qui est entreprise par le prince qui a consacré ainsi aux recherches océanographiques une durée totale de 6 ans. En 1908, l’itinéraire parcouru commence à Marseille et aboutit au Havre après avoir longé les côtes de Portugal. Actuellement, les espèces des fonds marins étant bien mieux connues que les espèces des profondeurs intermédiaires ; les efforts ont porté sur ces espèces. De très bons effets ont été tirés de l’emploi des filets verticaux, sortes de grands cônes que l’on descend à une profondeur déterminée. Ce cône, en remontant, ramène des animaux de toutes les profondeurs situées entre le point extrême atteint et la surface. Mais peu à peu on arrivera à déterminer les limites entre lesquelles une espèce donnée est rencontrée, de telle sorte que l’inconvénient signalé ci-dessus sera négligeable. Les recherches de ce genre sont très importantes parce que certains animaux naissent à une profondeur donnée et achèvent d’évoluer à une autre. Les grands céphalopodes, nombreux au sein des mers, sont bien difficilement susceptibles d’être capturés avec les moyens actuels de chasse. Mais l’on peut atteindre parfois des cétacés qui descendent à des profondeurs importantes, et dans l’estomac de ces cétacés on trouve des débris précieux pour l’étude. En 1908, deux de ces cétacés, dont l’un ne mesurait pas moins de 5 m., ont été capturés.
- L’hypertension locale. — M. d’Arsonval dépose une Note de M. le Dr Moutier relative au traitement de l’hypertension artérielle locale. Dans ce cas, on ne doit pas appliquer la darsonvalisation par le procédé ordinaire, à l’aide du grand solénoïde, sous peine de déterminer de l’hypotension généralisée. 11 convient de recourir à un petit solénoïde n’influençant que la région atteinte.
- M. Moutier rapporte les résultats et les améliorations qu’il a obtenus dans ces cas en ce qui concerne les vertiges, les étourdissements, la fatigue cérébrale.
- Le tremblement de terre de Messine. — M. Lacroix communique une Note sur les ravages exercés par le tremblement de terre de Messine. Le point central était dans le détroit : l’auteur établit des zones concentriques au sujet des effets du séisme. Il fait savoir que le raz de marée n’a exercé qu’une action destructive de peu d’importance. La vague, en effet, n’a atteint, au point où la mer est montée le plus haut, qu’une hauteur de 2,40 m.
- Diffusion des sels dans la terre. — MM. Müntz et Gaudechon ont étudié la diffusion des engrais salins dans la terre. On s’imaginait que cette diffusion est rapide et complète. Ils montrent que c’est une erreur et que les engrais les plus solubles restent localisés pendant des semaines et des mois aux points où ils tombent lors de
- Présidence de M. Bouchard.
- leur.épandage. Cela tient à ce que la terre n’est pas un milieu continu, mais une réunion de particules séparées par des interstices où l’air circule et à ce que l’eau du sol ne se présente pas sous forme de nappe homogène, mais sous celle de couches minces à la surface de chaque particule terreuse. La terre se divise en zones, en taches espacées. Ainsi, lorsqu’on répand le nitrate de soude, les sels de potasse, etc., les points où tombe le sel attirent à eux l’eau des points où il n’en est pas tombé et dessèchent ces derniers. II y a alors dans la terre des points très humides et fortement salés et des intervalles desséchés, sans trace de sel. Ces observations donnent l’explication du fait, souvent constaté dans la pratique agricole, de la mauvaise levée des semences lorsqu’on applique simultanément les engrais salins. Les graines qui tombent aux points où se trouvent les taches salées ne lèvent pas, tuées par l’excès du sel ; celles qui tombent aux points interstitiels ne lèvent pas non plus, à cause de la dessiccation qui s’y est produite. Même lorsque de fortes pluies interviennent, elles ne répartissent pas les engrais salins ; elles les déplacent seulement de haut en bas. Ces notions jettent un jour tout nouveau sur les effets physiques dont la terre est le siège et doivent être prises en considération dans l’application si généralisée des nitrates, des sels potassiques et ammoniacaux.
- Fermentation ammoniacale des vinasses. — M. Ma-quenne présente un travail de M. Eliront sur la fermentation ammoniacale des vinasses de distillerie. L’auteur a reconnu que cette fermentation est causée par un ferment butyrique existant en grande quantité dans la terre et vraisemblablement identique à celui qui a déjà été signalé par MM. Dehérain et Maquenne comme agent de dénitrification et par Winogradski comme agent fixateur de l’azote atmosphérique. Le ferment butyrique, joue un rôle considérable dans la fertilisation naturelle des terres en transformant les matières azotées complexes du sol qu’il amène à l’état d’ammoniaque facilement assimilée par les végétaux supérieurs.
- Nouveau mode de préparation de l’éther. — M. Lemoine présente une Note de M. l’abbé Senderens de Toulouse indiquant un nouveau procédé de préparation de l’éther ordinaire au moyen de l’alcool. L’alumine desséchée agissant par catalyse, décompose à une température élevée l’alcool en donnant de l’éthylène et éliminant ainsi une molécule d’eau. Si la température est seulement de 250° la déshydratation porte sur deux molécules d’alcool et on obtient l’éther pharmaceutique.
- Élections. — Il est procédé à l’élection d’un membre de la section de botanique en remplacement de M. Van Tieghem nommé secrétaire perpétuel. M. Mangin est élu par 52 voix ; M. Costantin obtient 21 voix.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- p.142 - vue 146/647
-
-
-
- 143
- SABLIÈRE A EAU POUR LOCOMOTIVES ET AUTOMOTRICES
- L’ellort de traction que peut produire une locomotive, c’est-à-dire la charge que celle-ci peut remorquer sur un profil déterminé, dépend non seulement de la puissance de sa chaudière repré-
- Fig. 1. — Sablière disposée sur le corps cylindrique d’une chaudière.
- sentée par le poids de vapeur que celle-ci peut produire dans un temps donné, mais aussi de son adhérence, c’est-à-dire du frottement qui se produit entre les roues motrices et les rails, et qui la fait avancer sans glissement ou patinage. Cette adhérence dépend, de son côté, du poids porté par les roues motrices ainsi que de l’état des surfaces en contact, c’est-à-dire des rails, état qui, lui-même, est une fraction déterminée mais variable du poids porté par les roues motrices. Suivant que les rails sont secs ou gras, cette fraction varie entre le quart et le quinzième de ce poids.
- On comprend donc combien, par suite de ces variations considérables du coefficient d’adhérence, l’effort de traction de la locomotive, qui est limité par lui, devient, lui-même, variable et soit, dans certains cas, inférieur à la puissance motrice que peut produire la chaudière. Lorsque cette limite d’adhérence est atteinte, les roues se mettent à
- Sablière disposée sur le
- corps cylindrique d’une chaudière.
- Fig. 2.
- patiner, et le mécanisme prend alors une vitesse considérable pouvant amener des avaries graves.
- Dès l’origine des chemins de fer, on a cherché à remédier à ces variations considérables de l’adhérence par l’emploi du sable répandu sur les rails par des hommes circulant à pied sur la voie.
- Depuis, on a placé sur la locomotive des réservoirs contenant du sable qu’on projette sur les rails au moyen d’appareils de différents systèmes.
- Les premiers étaient des sablières dites « à
- main », fonctionnant par la gravité, manœuvrées à distance par le chauffeur ou le mécanicien au moyen de tringles ouvrant les orifices correspondant aux tuyaux distributeurs du sable, ou actionnant une vis sans fin amenant le sable à l’entrée des tuyaux.
- Fig. 5. — Sablière disposée sur un couvre-roue.
- Depuis une vingtaine d’années, les sablières à main ont été remplacées en grande partie par des appareils dans lesquels un jet de vapeur, prise à la chaudière, fait le vide, au moyen d’un éjecteur, dans le tuyau allant du réservoir à sable jusqu’aux rails et chasse le sable sous les roues. C’est la sablière dite « à vapeur ».
- Ces dernières ont, à leur tour, été transformées, par la plupart des Compagnies, pour être actionnées par « l’air comprimé » au lieu de la vapeur.
- Pour obtenir un bon résultat de chacun de ces appareils, il faut employer du sable exempt d’argile, autant que possible ; autrement on est exposé à ce qu’il se forme une motte compacte dans le réservoir, ou, s’il y a un brasseur à main, des pierres de sable durci. Il faut, de plus, tamiser le sable sur un crible à mailles très fines pour les sablières à vapeur et à air, et sur un crible à mailles de 7 à 8 mm
- pour les sablières à main.
- L’entretien des sablières nécessite des soins constants et présente souvent de sérieuses difficultés sur certaines locomotives, par suite de la disposition des tuyaux destinés à amener le sable contre les roues.
- Malgré les précautions prises, il arrive très sou-
- Fig. L
- Sablière disposée sur un couvre-roue.
- vent que le sable s’agglutine et se tasse fortement dans les tuyaux et dans les boîtes d’aspiration lorsque le temps est humide. En effet, le sable étant, par sa nature même, hygrométrique, il est très difficile de le faire circuler dans les tuyaux en le conservant parfaitement sec, d’abord à cause de l’air ambiant entrant dans ces tuyaux, puis, par suite des condensations soit de la vapeur, soit de l’air comprimé, ce dernier étant, par les temps de brouillard, emmagasiné alors qu’il est saturé d’humidité.
- C’est donc au moment où les rails sont le plus glissants qu’on est exposé à être privé du secours des sablières.
- Ces observations, faites fréquemment par le personnel qui est aux prises avec les difficultés de
- p.143 - vue 147/647
-
-
-
- 144
- SABLIÈRE A EAU POUR LOCOMOTIVES ET AUTOMOTRICES
- marche des locomotives, provenant de l’augmentation de la charge et de la vitesse des trains sur des profils de lignes de plus en plus accidentés, obligeant à de très grands ellorts de traction dans les démarrages, des reprises de vitesse après ralentissement en pleine marche, de la montée des rampes en courbes, etc., ces observations, disons-nous, ont conduit un ingénieur des chemins de fer de l’État, M. Lambert, à imaginer un système de sablière, tout différent de ceux qui viennent d’être décrits, et qui consiste à distribuer sur chacun des rails, de l’eau sablée au lieu de sable sec.
- Ce dispositif permet de maintenir le sable à l’état de bouillie sur la table de roulement des rails, malgré les plus grands vents, jusqu’à son écrasement par les roues qui l’entraînent sur toute la circonférence des bandages où il reste fixé., ce qui facilite considérablement le « mordant » des roues sur rails.
- A la suite d’expériences qui ont démontré les avantages du système, et qui ont mis en évidence ce fait caractéristique que l’appareil permet d’utiliser l’adhérence des locomotives au point qu’elles s’arrêtent sans patinage si la charge dépasse l’effort de traction, il a été fait une première application de la sablière à eau en octobre 1907 sur 5 locomotives de diverses catégories de l’ancienne Compagnie de l’Ouest.
- Au mois de décembre 1908, cette Compagnie avait 51 locomotives possédant ce système de sablière, dont 30 appliquées sur les locomotives neuves, 3821 à 3850 livrées en 1908 par la Société française de constructions mécaniques (anciens établissements Cail), 113 autres locomotives étaient en montage fin 1908.
- Les compagnies de l’État Français, de P.-L.-M., la Grande Ceinture et les chemins de fer du Portugal, ont adapté le système aux anciennes sablières.
- Description de l’appareil. — La sablière Lambert comporte soit un réservoir central, de forme tron-conique A (fig. 1 et 2) placé sur la chaudière, ou deux réservoirs latéraux, placés de chaque côté de la machine au-dessus du couvre-roue (fig. 3 et 4).
- Le fond du réservoir b est incliné et, de la partie la plus basse, part un tuyau C conduisant le sable devant la roue.
- Un tuyau circulaire e, percé suivant une génératrice de trous /, régulièrement espacés (fig. 2), est disposé dans le fond du réservoir, concentriquement à la paroi de ce dernier ; il est en communication avec la chaudière par un autre tuyau B
- partant de la face arrière de la boîte à feu, en dessous de la plaque indiquant le niveau minimum de l’eau, et muni d’un robinet à pointeau à la main du mécanicien.
- L'eau arrivant sous pression, par le tuyau e, jaillit par les trous/; elle divise et entraîne le sable qui suit la pente du fond du réservoir, vers l’ouverture du tuyau c, pour tomber régulièrement et en plus ou moins grande quantité sur le rail, suivant le degré d’ouverture du robinet à pointeau. La forme conique du réservoir fait que le sable entraîné est aussitôt remplacé, de sorte que la continuité dn sablage est assurée, si elle est nécessaire.
- Les tuyaux de descente, de forte section 45/49, sont aussi directs que possible, ce qui facilite la chute du sable et les empêche de s’obstruer; dans le même but, les orifices de la boîte à sable ont une section sensiblement moindre que les tuyaux.
- L’appareil peut également être muni, de chaque côté de la machine, de deux tuyaux de descente, en avant et en arrière des roues motrices ou accouplées, de manière à permettre un sablage facultatif efficace dans le sens de marche avant comme dans la marche arrière.
- Cette sablière a le très grand avantage, sur les sablières à air, de ne pas entraîner de détresses résultant de l’emploi prolongé de l’air comprimé.
- Le sable n’a pas à être séché, ce qui produit une économie notable dans les dépôts importants; il suffit de le tamiser sur crible à mailles de 7 à 8 mm.
- Les sablières installées d’octobre à décembre 1907 ont résisté à des températures de 17° au-dessous de zéro. Du reste, des dispositions faciles peuvent être prises, pour parer à la gelée dans le cas d’un abaissement notable de la température.
- La sablière à eau peut s’appliquer sans modification aux automotrices à vapeur et à air comprimé, la chaudière, dans le premier cas, et la bouillotte, dans le second, pouvant alors fournir l’eau sous pression. Elle trouve également son application aux locomotives électriques, la pression de 2 m. de hauteur existant entre le réservoir placé sur le toit de la voiture et le plancher, suffisant pour donner un débit d’eau sablée de 100 gr.. d’eau et de 200 gr. de sable par seconde et par sablière.
- R. Bonn in.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleuras, 9.
- p.144 - vue 148/647
-
-
-
- la NATURE. - N° 1863. .6 FÉVRIER 1909.
- UN NAVIRE ALLEMAND
- LE SAUVETAGE DES SOUS-MARINS ET TORPILLEURS
- Le manque de direction générale dont souffre depuis si longtemps notre marine, fait sentir ses effets néfastes dans les branches les plus importantes de ce
- aussi tragique, se renouvela avec le Lutin et, ceL^.o-.^ fois encore, il fallut user d’un matériel de fortune'"^ pour remettre à ilôts, après plusieurs jours d’un
- Fig. 1. - l.o Vulcan navire sauveteur pour sous-marins et torpilleurs construit pour la marine allemande. (Pliot. Renard, à Kiel.)
- précieux organisme de notre vie nationale. Le défaut se manifeste également, comme il est trop naturel, jusque dans les services secondaires, où on recule devant toute décision à prendre, personne ne voulant engager une responsabilité dont il ne se sent pas investi. C’est ainsi que, depuis 1905, année où se produisit la catastrophe du sous-marin Farfadet, on discute au ministère de la marine l’opportunité de construire le matériel nécessaire pour assurer le sauvetage d’un sous-marin coulé. C’est faute de ce matériel que le bâtiment que je viens de citer resta pendant dix jours sous l’eau, par 12 m. de fond seulement, à quelque cent mètres du plus moderne de nos arsenaux maritimes et qu’après une tentative infructueuse de relèvement au moyen d’apparaux trop faibles, les dix malheureux, que sa coque renfermait encore, se virent replongés tous vivants dans la vase de Sidi-Àbdallah.
- L’année suivante, un accident analogue, presque
- 37e année. — 1er semestre.
- travail acharné, le sous-marin et les cadavres qu’il portait.
- Il y a o mois, le sous-marin Fvemel coulait après un abordage contre le musoir du port de la
- Pallice, et si près du bord qu’une grande partie de sa coque , émergeait à mer basse. Il semblait que, dans ces conditions, le renflouage devait être particulièrement facile si on disposait de moyens appropriés. Or il a fallu un jnois pour remettre le Fresnel à flots et le ramener à Rochefort. C’est donc que cette fois encore le matériel nécessaire a manqué.
- Ces leçons, dures et répétées, auraient dùnous instruire et donner, sous une main autorisée, une impulsion efficace aux études dont j ’ai parlé plus haut ; II n’en a rien été, puisque nous ne possédons encore aucun matériel spécial pour parer à de semblables accidents et qu’il faut avoir recours aux docks flottants qui ne sont pas faits pour ces travaux et à des engins de fortune dont l’emploi est onéreux et incertain.
- 10. - 145
- Pont des appareils de levage
- [Sous-fnarin \ relevé
- Ateliers
- Ateliers
- Plate-forme
- Fig. 2. — Coupe dans la double coque du Vulcan, montrant un sous-marin relevé.
- p.145 - vue 149/647
-
-
-
- 146 - : SAUVETAGE DES SOUS-MARINS ET TORPILLEURS
- Pendant que nous tergiversons, l’Allemagne qui ne possède encore à flots que deux sous-marins (alors que nous en avons plus de cinquante), a mis en service, il y a quelques semaines, un bâtiment conçu tout spécialement pour suivre les sous-marins dans leurs exercices, relever ceux qui auraient coulé à la suite d’accidents quelconques, et effectuer sur place les réparations tout au moins secondaires dont tous pourraient avoir besoin. Il est d’ailleurs disposé pour pouvoir rendre le même genre de service à un torpilleur.
- Ce bâtiment d’un type tout spécial a été baptisé Vulcan. Il a été construit à Kiel, et l’amirauté allemande va très vraisemblablement en commander un autre, de dimensions plus fortes, qui aura comme centre Wilhelmshaf-fen.
- Le Vulcan a une forme très particulière. Il est formé en principe de deux coques qui restent écartées l’une de l’autre de 10 m. environ et qu’un très puissant assemblage de poutres d’acier relient l’une à l’autre par l’avant et par l’arrière, mais à la hauteur du pont seulement.
- Il règne donc, entre les deux coques, une espèce de couloir ou l’eau pénètre et circule librement en passant pour y entrer et pour en sortir sous deux sortes de petits tunnels. La partie centrale de ce canal est à ciel ouvert. Au-dessus de cette partie centrale se trouve un échafaudage reposant sur les ponts des deux coques et où de puissants appareils de levage prennent leur appui.
- Si l’on veut simplement utiliser le Vulcan comme dock flottant pour hisser hors de l’eau, en vue de réparations ou de visites de la coque, un sous-marin ou un torpilleur, le bâtiment en question, démuni de ses périscopes et de ses mâts, pénètre dans le canal formé par les deux coques. Il vient se placer sous les appareils élévatoires dont les palans crochés
- dans de fortes élingues d’acier le soulèvent jusqu’à la hauteur voulue.
- S’il s’agit d’un sous-marin ou d’un torpilleur coulé et qu’il faut renflouer, c’est alors le Vulcan lui-même qui vient se placer au-dessus de l’épave dont l’emplacement a été soigneusement repéré. Les scaphandriers descendent passer les élingues sous la coque et les engins de levage dont la force est calculée pour soulever 600 tonnes, l’amènent hors de l’eau.
- Quand le bâtiment que l’on hisse est arrivé à la hauteur voulue, on place sous sa quille des chantiers
- portés par des poutres d’acier formant une plate-forme sur laquelle on le fait reposer. En temps ordinaire ces poutres pivotent sur une de leurs extrémités, et viennent se placer longitudinalement le long d’une des coques.
- Les compartiments des deux coques voisins de cette plate-forme renferment des ateliers munis d’un outillage très complet. Les autres fournissent le logement nécessaire à l’équipage du navire et à celui des bâtiments en réparation.
- Le Vulcan est destiné, je l’ai dit plus haut, à convoyer les sous-marins en expédition, ou tout au moins à se rendre et à se tenir, par ses seuls moyens, sur les lieux où sa présence pourra être utile.
- Il est à cet effet muni de machines d’un type aussi nouveau que l’est le navire lui-même. Ce ne sont, en effet, ni des machines alternatives, ni des turbines qui lui permettent de se mouvoir, mais bien des moteurs électriques qui agissent directement' sur les arbres des hélices au nombre de deux.
- Le courant nécessaire aux moteurs leur est fourni par deux dynamos actionnées par des turbines. C’est, à ma connaissance, la première fois que ce système est employé à bord d’un bâtiment de la
- Fig. o. — Le Vulcan vu de.l'avant.
- p.146 - vue 150/647
-
-
-
- LE TUNNEL DE LOTSCHBERG —...-----...... 147
- dimension du Vulcan qui a 70 m. de longueur.
- Un seul de ces générateurs est mis en fonction lorsque le batiment navigue à vitesse réduite.
- Les appareils de manoeuvre des machines sont placés directement sur la passerelle à porlée de l’officier de quart. On a pu supprimer, par celle disposition, tous les appareils de transmission d’ordres toujours sujets à caution.
- Les essais à la mer du Vulcan ont élén paraît-il, très satisfaisants. La vitesse obtenue a été de 12 nœuds. Il sera très intéressant de savoir comment le bâtiment se comportera en service courant et notamment avec grosse mer.
- 11 est vraisemblable que les deux coques qui le composent travailleront sous l’elfort des lames dans
- des conditions toutes particulières et il est à craindre que, étant liées l’une à l’autre seulement par leurs parties supérieures, elles n’aient une tendance à se disjoindre, si les liaisons n’ont pas été établies très solidement. C’est un point que l’expérience établira, comme beaucoup d’autres d’ailleurs. Un instrument nouveau, surtout en matière maritime, est rarement parfait. Les successeurs du Vulcan seront, selon toute vraisemblance, mieux aménagés que lui. Il n’en est pas moins vrai que l’amirauté allemande dispose d’ores et déjà d'un engin apte à rendre de très précieux services et capable d’éviter à la marine impériale des pertes toujours sensibles en matériel et bien plus sensibles encore quand il s’agit de vies humaines. Sauvaire Jourdan,
- Capitaine (le frégate de réserve.
- LE TUNNEL DU LOTSCHBERG1
- Le prolongement vers la vallée du Rhône du che- pour rester dans les limites qu’on s’était fixées pour min de fer des Alpes bernoises, à travers le massif la rampe, allonger le parcours au moyen d’une du Lôtschberg, a pour but d’établir une communi- boucle avec tunnel en spirale, établie entre les ki-
- S Vallée
- t g. delà
- ® pi Gastern,
- xi N /
- c 3 \ /
- > Vallée du Lotschen
- Vallée de la Si § Kander
- jj Vallée du Rhône
- CANTON
- CANTON
- BE R N
- 26 ÿa 30 32 34- 36 38
- 44 4.6 48
- 50 52
- KILOMETRES
- Fig. 1. — l'roül en long entre Früligcn et Brigue.
- cation directe entre Bàle, Berne et le tunnel du Simplon et, par suite, avec le réseau italien, et de raccourcir ainsi le long parcours qu’on est forcé de faire actuellement, soit par Lausanne et la vallée du Rhône, soit par le réseau du Gothard. Cette nouvelle ligne, d’une longueur de 58,5 km, actuellement en construction, part de Früligen, station terminus du réseau Bernois, et se dirige vers Brigue où elle se soude avec le réseau des chemins de fer fédéraux, à l’entrée Nord du tunnel du Simplon.
- En quittant Frütigen, situé à une hauteur de 781 m. au-dessus de la mer et à une distance de 55 km de Berne, la ligne suit le versant Est de la vallée de la Kander, pour atteindre, avec une rampe de 27 mm par mètre, après un parcours de 20 km, la station de Kandersleg, située à l’entrée Nord du tunnel du Lôtschberg, à une hauteur de 1200 m. au-dessus du. niveau de la mer. Toutefois, étant donnée la pente très accentuée de la vallée, on a dû,
- lomètres 6 et 12, comme le montre le profil ci-joint (fig. 1).
- La station de Goppenstein, à l’entrée Sud du tunnel, se trouve à une hauteur de 1218 m. au-dessus de la mer. A partir de ce point, la ligne descend vers la vallée du Rhône avec une pente de 27 mm par mètre en suivant la vallée de la Lanza qu’elle abandonne près de Giesch en tournant à angle droit pour suivre ensuite le versant Nord de la vallée du Rhône et atteindre, après avoir traversé cette rivière, la station de Brigue, des chemins de fer fédéraux, située, comme nous l’avons dit, à l’en-Irée Nord du tunnel du Simplon et à une hauteur de 681 m. au-dessus de la mer.
- Entre ces deux sections d’accès se trouve le tunnel du Lôlsehberg d’une longueur tptale de 15 800 m. 11 est en ligne droite, sauf sur une longueur de 95 m. à son extrémité Sud où se trouve une courbe de 1 Yoy. a0 du 11 mai 1907.
- p.147 - vue 151/647
-
-
-
- 148 ' ............................................................................................................................................................................................................................................................ LE TUNNEL DE LÔTSCHBERG
- 400 m. de rayon. A partir de l’entrée Nord, les rails suivent une rampe de 7 mm par mètre jusqu’au point culminant, situé à une hauteur de 1245 m. au-dessus de la mer, pour redescendre ensuite, avec une pente de 5,8 mm par mètre, vers la tête Sud du tunnel qui, comme nous venons de le dire, se trouve à 1218 m. au-dessus de la mer.
- La pente se dirigeant vers la tête Nord a été portée à 7 mm par mètre parce que c’est de ce côté qu’on suppose que viendra le plus grand afflux d’eau pendant les travaux de percement.
- En partant de la tète Nord, les roches traversées sont, d’abord, les terrains calcaires de la formation jurassique, puis des granités, puis, enfin, en se
- rapprochant de la tête Sud, des gneiss très durs. Ainsi que le montre le profil (fig. 1), l’épaisseur des couches traversées est très variable et, à une
- distance d’environ 2600 m. de la tête Nord du tunnel, on remarque un abaissement considérable du sol au fond duquel coule, comme le montrent le plan et le profil (fig. 2), la rivière lvander encaissée entre des versants à pic, ainsi que le lait voir la photographie (fig. 5). A cet endroit, le niveau des rails dans le tunnel ne se trouve plus qu’à une profondeur de 180 m. au-dessous du fond de la vallée. Une question extrêmement importante se posait. Le tunnel, étant donnée cette faible épaisseur, se trouverait-il encore
- Vallée de la Gastern
- NORD
- Fig. 2- — l'rofil cil long de la partie nord du tunnel et plan schématique de la vallée de la Gastern.
- p.148 - vue 152/647
-
-
-
- LE TUNNEL DE LÔTSCHBERG
- 149
- dans la roche granitique qui forme les deux versants de la vallée de la Kander, ou bien, ce qui rendrait les travaux de percement difficiles et même aléatoires, la moraine qui forme le fond de la cuvette ne s’étendrait-elle pas à une profondeur telle que le percement du tunnel devrait se faire au travers de cette moraine? Pour résoudre la question, trois experts furent nommés en 1900.
- Ils conclurent que, malgré la faible épaisseur restant au-dessus du tunnel, il n’y avait rien à craindre pour le percement du tunnel. L’épaisseur de la moraine ne devait pas, suivant eux, être supérieure à 70 m. et, par conséquent, le tunnel aurait à traverser une roche solide d’une épaisseur d’au moins 100 m. (voir ligne ponctuée, fig. 2).
- Six ans plus tard, en novembre 1906, le Dr Rol-lier émit un avis entièrement opposé à celui des experts, en prétendant que, d’après l’examen des lieux, la moraine pouvait atteindre une épaisseur
- de 200 m. et qu’il y avait à craindre que, pendant le percement du tunnel, on ne fût amené à traverser cette moraine sur une longueur d’au moins 100 m. Il proposait, pour élucider la question, de faire des puits de sondage. Quoi qu’il en soit, on s’en tint au projet primitif et nous verrons plus loin quelles en ont été les conséquences désastreuses. Mais, auparavant, revenons au tunnel et aux. installations faites pour son percement.
- Le tunnel, qui, primitivement, ne devait être construit que pour une seule voie, sera définitivement construit pour deux voies, grâce à une subvention de six millions, accordée par le canton de Berne. Il doit être construit pour une somme forfaitaire de 50 millions, dont 17 millions réservés pour les installations à faire aux deux têtes, soit une dépense de 3620 fr. par mètre courant de tunnel, et terminé le 1er septembre 1911. Les conditions du forfait sont que la température du rocher ne
- Fig. 5. — Plan de la rivière Kander à la suite de l’eflondrcmenl.
- p.149 - vue 153/647
-
-
-
- 150 :.'........-:= LE TUNNEL DE LOTSCHBERG
- dépassera en aucun point 40° C., et que l’épaisseur du revêtement en maçonnerie ne sera pas supérieure à 1 m. En se basant sur les résultats obtenus au Simplon où l’augmentation de température a été trouvée de 1° C. pour 40 m. de profondeur avec une épaisseur maximum de roche de 1800 m., on peut en conclure qu’au tunnel du Lôtschberg, où l’épaisseur maximum est de 1430 m., la température du rocher ne dépassera pas 35 à 40°. Quant aux épaisseurs des revêtements, elles n’ont pas dépassé 0,60 m. au Gothard et 0,50 m. au Simplon.
- Le tunnel a une largeur de 7,60 m. à la base et de 8 m. à 2 m. au-dessus du niveau des traverses et sa hauteur dans l’axe est de 6 m. au-dessus des rails. La surface libre est de 40,70 m2. Un canal maçonné, de 0,60 de largeur et de 0,60 de profondeur, creusé dans l’axe, sert à l’écoulement des eaux.
- En vue des travaux de percement, des installations importantes ont dû être faites aux deux têtes du tunnel. Ces installations, en outre des logements pour les ouvriers, comprennent les engins nécessaires pour le percement du tunnel, pour le transport des déblais et des matériaux, pour la ventilation et pour la réparation des perforatrices et du matériel de transport. Ce qui caractérise plus spécialement ces installations mécaniques, c’est que toutes les machines sont mues électriquement, au moyen de courants triphasés fburnis, à la tension de 15 000 volts pour la tête Nord, par l’usine centrale de Spiez et, pour la tête Sud, par une seconde usine centrale établie sur la rivière Lanza. A Kan-dersteg et à Goppensheim, des transformateurs réduisent la tension du courant triphasé, soit à 125 volts pour l’éclairage, soit à 500 volts pour les dynamos motrices.
- Les installations mécaniques à chacune des têtes du tunnel se composent : de deux compresseurs d’une puissance de.350 chevaux chacun/destinés à comprimer, à la pression de 10 kg, l’air nécessaire aux perforatrices (ces compresseurs fournissent 1 m5- d’air à la seconde avec une vitesse de rotation de l’arbre des compresseurs de 110 tours à la minute) ; de deux autres compresseurs, mais à cinq étages, d’une puissance de 220 chevaux chacun, destinés à fournir à la pression de 120 kg l’air nécessaire aux locomotives à air comprimé servant au transport des matériaux et des déblais dans le tunnel (ces compresseurs, à la vitesse de 120 tours par minute, débitent un volume d’air de 0,300 m5 à la seconde) ; de deux ventilateurs à force centrifuge de 3,50 m. de diamètre, marchant à la vitesse de 294 tours à la minute et débitant chacun 25 m3àla seconde sous une pression de 250 mm d’eau. La puissance nécessaire pour la mise en marche de chacun de ces ventilateurs est de 160 chevaux. Ces ventilateurs, installés d’une manière définitive dans un bâtiment près des têtes du tunnel, sont reliés à celui-ci par une conduite maçonnée et seront con-
- servés pour la ventilation du tunnel après sa mise en exploitation.
- Le percement des galeries se fait au moyen de perforatrices à air du système Ingersoll et du système Meyer et, afin d’établir une comparaison entre ces deux systèmes de perforatrices, le percement de la galerie, du côté Sud, se fait avec les premières et, du côté Nord, avec les secondes. A chacun des points d’attaque, trois ou quatre de ces perforatrices sont disposées sur un arbre horizontal fixé lui-même sur un truck roulant sur des rails et qu’on amène au front de taille des galeries d’avancement.
- Pour chaque attaque il faut 2,12 heures pour le percement des trous de mine, 2,82 heures pour le marinage, soit en tout 5,21 heures, ce qui correspond à 4,8 attaques par 24 heures et à un avancement moyen de 5 m. par jour. Les perforatrices donnent 400 coups par minute et, avec une pression d’air de 5 à 6 kg, percent en 22 minutes un trou de 1 m. de profondeur. Les fleurets des perforatrices, dont le diamètre varie entre 52 et 58 mm, arrivent à percer 330 m. de trous sans aucune réparation. Au Lôtschberg, les perforatrices à air ont été préférées aux perforatrices rotatives à eau sous pression du système Brandt, employées au tunnel du Simplon, parce que aucune ventilation secondaire n’étant prévue pour les galeries d’avancement (voy. La Nature, du 24oct. 1908), on voulait profiter de l’air provenant de ces perforatrices pour venir en aide à la ventilation de la galerie. 11 est juste de dire, du reste, que les perforatrices à air ont subi de notables perfectionnements depuis leur emploi au tunnel du Gothard et que, depuis cette époque, la durée de percement des trous de mine avec ces engins a été réduite de moitié et est comparable à celle qu’on obtient avec la perforatrice Brandt. La seule chose qui n’ait pas progressé depuis près de cinquante ans qu’on a commencé à percer des tunnels de grande longueur, est le marinage, c’est-à-dire l’enlèvement rapide des matériaux provenant des coups de mine. Malgré l’ingéniosité des divers systèmes mécaniqùes proposés dans ce but, aucun d’eux n’a donné jusqu’ici de résultats satisfaisants.
- Travaux de percement. —'Le percement des galeries d’avancement a été commencé le 15 octobre 1906, d’abord à la main, puis, le 7 mars 1907, mécaniquement. Dans le courant de juillet 1908, le front de taille de la galerie d’avancement, du côté Sud, se trouvait à une distance d’environ 2500 m. de la tête Sud et, du côté Nord, le front de taille se trouvait à 2675 m. de l’entrée Nord, c’est-à-dire qu’il se trouvait, comme le montre la figure 2, au-dessous de la rivière Kander, mais encore, cependant, dans la roche solide. Les travaux de percement se poursuivaient régulièrement avec un avancement journalier de 6 m. du côté Nord, lorsque le 24 juillet, vers 3 heures du matin, au moment où on faisait sauter à la mine le front de taille, qui, comme nous l’avons dit, se trouvait encore dans la roche
- p.150 - vue 154/647
-
-
-
- L’INDUSTRIE DES PIANOS
- solide, la galerie d’avancement s’est trouvée brusquement mise en communication avec une masse iluente formée de matériaux contenant une grande quantité d’eau, semblables à ceux qui composent la moraine formant le fond de la vallée de la Kander. Cette masse fluente se précipita alors, sous l’énorme pression de 180 m. qui existe entre le tunnel et le fond de la vallée, dans la galerie d’avancement, en la remplissant sur une longueur de 1(300 m. et en ensevelissant 25 ouvriers. 11 est bon de dire que quelques jours auparavant (le 13 juillet) une source débitant -40 litres à la seconde, sous une très forte pression, et dont la température était de 6° C., avait été rencontrée au kilomètre 2628.
- Aussitôt après l’accident, on constata, au fond de la vallée de la Kander, dans l’axe du tunnel et au-dessus du Iront de taille de la galerie d’avancement et sur la droite de la rivière (fig. 4 et 5), un affaissement du sol dont le diamètre atteignait 100 m., entouré de fissures concentriques de dimensions plus ou moins grandes. Les eaux de la Kander se sont alors épanchées dans ce bassin en formant à son centre un étang de 60 à 70 m. de diamètre. Immédiatement après l’accident, on voyait les eaux s’engouffrer en tourbillonnant au centre de cet affaissement, mais ce phénomène a disparu quelque temps après. La largeur maximum des fissures était de 1 m. et la profondeur maximum de 6 m. Quelques-unes de celles-ci communiquaient avec l’étang formant la partie centrale de l’affaissement.
- Ces constatations montrent clairement que la couche de roche solide de 100 m. d’épaisseur que les premiers experts supposaient se trouver au fond de la vallée de la Kander et que devait traverser le tunnel, n’existe pas, et que, comme le prétendait le I)1 Rollier, la profondeur de la moraine dépasse le niveau du tunnel à une profondeur encore inconnue.
- 151
- Lorsque la galerie d’avancement est parvenue au kilomètre 2675 et qu’on a percé la paroi solide qui forme le versant de la vallée de la Kander, la masse fluente formant la moraine du fond de la vallée, trouvant une issue, s’est engouffrée dans cette issue, sous une pression de 18 atmosphères en produisant, comme c’est le cas général, des affaissements à la surface du sol.
- Quelques jours après l’accident, afin d’éviter un nouvel envahissement de la galerie du tunnel par les terres provenant de la moraine, on a établi (fig. 2) à une distance de 1420 m. de l’entrée, un mur en^ maçonnerie de 10 m. d’épaisseur dans lequel on a ménagé des tuyaux permettant l’écoulement des eaux dont le débit atteint 120 litres par seconde, ce qui, en défalquant le volume d’eau précédemment fourni par les sources et qui était de 70 litres, donne un débit de 50 litres par seconde provenant directement de la moraine de la vallée de la Kander.
- À la suite de l’accident du 24 juillet, les travaux d’avancement de la galerie Nord ont dû être arrêtés, et divers projets sont à l’étude dans le but de poursuivre les travaux. Mais, tout d’abord, on a décidé de faire, malheureusement bien tardivement, des sondages, afin de connaître la profondeur de la moraine qui forme le fond de la vallée de la Kander ; ces sondages doivent être en cours à l’heure actuelle.
- Depuis la rédaction de cet article, nous avons appris que le Conseil d’administration du chemin de fer du Lôtschberg a décidé de modifier le tracé du tunnel, entre les deux sections déjà construites au Sud et au Nord et en l’allongeant d’environ 800 m. On reporterait ainsi plus à l’Est la traversée de la vallée de la Kander, de manière à se trouver à une profondeur suffisante au-dessous du fond de celte vallée pour éviter de rencontrer la moraine qui forme la cuvette de cette vallée. R. Ronnin.
- L’INDUSTRIE DES PIANOS
- Aucun instrument de musique n’est plus répandu que le piano, et aucun n’est moins connu. Pourquoi? Parce que, dès que l’on soulève le couvercle, on aperçoit une mécanique assez compliquée qui, pour être comprise, obligerait à un effort de quelques instants. Or, les musiciens veulent bien se mettre martel en tête pendant des années afin d’acquérir un degré de perfection suffisant pour se croire des artistes, mais ils ne consacreront pas un quart d’heure de leur existence à l’étude de la mécanique qu’ils animent. Apprenons-leur donc ce que la plupart d’entre eux ignorent.
- Instrument de musique moderne, le piano est né de l’antique clavecin, il y a une centaine d’années environ. Il est redevable de son entrée dans les salons aux travaux d’une pléiade de savants et d’artistes parmi lesquels, en France, s’illustrèrent les Erard et les Pleyel. Promptement le piano fran-
- çais acquit une réputation universelle ; mais, dans cette industrie, ainsi que dans toutes, d’ailleurs, la concurrence étrangère, productrice d’instruments à bon marché et d’une facture moins soignée, ne tarda pas à se faire sentir, surtout après nos désastres de 1870. Et il fallut, pour assurer la place qu’on nous disputait, toute la science des techniciens au premier rang desquels se place M. Lyon, le directeur actuel des établissements Pleyel.
- La bonne facture d’un piano dépend du choix judicieux des matériaux qui entrent dans sa construction et de leur mise en œuvre méthodique et raisonnée. La matière première, qui est le bois (à part les cordes et le cadre il n’entre que fort peu de métal dans l’instrument), est traitée d’une manière particulièrement attentive. Toutes sortes d’essences entrent dans cette fabrication : le chêne,
- p.151 - vue 155/647
-
-
-
- L’INDUSTRIE DES PIANOS
- 152
- le hêtre, le tilleul, le sapin, fournis par les forêts I françaises et celles des pays Scandinaves ; le tulipier |
- I.o barrage el le sommier en phice dans le piano à queue.
- et le noyer, tirés de l’Amérique; le poirier, le cormier, le charme, l’érable, l’alisier, proviennent des forêts de Normandie, de Provence, d’Italie, de Suisse et même du nord de l’Afrique; le palissandre, l’acajou, le bois de rose, sont des essences exotiques. Et les arbres ne sont pas pris au hasard dans les forêts; il arrive souvent qu’au milieu d’une centaine quelques-uns seulement possèdent les qualités indispensables exigées dans cette ébénisterie bien spéciale. Enfin, chaque essence a sa place marquée d’avance dans l’instrument : le sapin entre dans la confection du barrage à cause de sa résistance et de sa légèreté, le hêtre sert à faire les sommiers de chevilles; les touches du clavier sont prises dans le tilleul ; le chêne convient aux barres longues et peu épaisses de la mécanique et sert de support aux différents placages; l’hickory donne les manches des marteaux, l’épicéa (sapin de Hongrie) fournit les tables de résonance; enfin, les essences exotiques, débitées en feuilles minces appelées placages, habillent l’extérieur.
- Tous ces bois arrivent en grume à l’usine, débarrassés de leur écorce et de l’aubier, ils sont ensuite débités à la scie verticale. Naturellement on extrait de chaque arbre autant de madriers et de planches qu’il est possible; mais au lieu d’opérer suivant la méthode ordinaire qui consiste à détacher les planches parallèlement les unes aux autres, on les obtient de façon que leurs faces soient toujours dirigées suivant un rayon de l’arbre ; cette façon de procéder s’appelle le débit en pleine maille. Madriers et planches sont empilés, soit dans des hangars ouverts, soit à l’air libre où la sève s’oxyde, pendant cinq, dix années et plus, avant I d’être débités en fragments plus ou moins menus |
- qui deviendront des morceaux de pianos. Ne croyez pas que ces morceaux de bois passeront aux ateliers tels quels : ils sont encore soumis, six mois durant, à une température de 40° dans des séchoirs spéciaux. C’est alors seulement qu’ils peuvent être façonnés. Une fabrique de pianos, de l’importance de celle que possèdent les établissements Pleyel, VVolff, Lyon et Cie, à Saint-Denis, se présente donc sous l’aspect d’une énorme agglomération de hangars, avec leurs rues de service, au centre de laquelle sont presque perdus les ateliers de fabrication, cependant très importants, et dans lesquels sont encore aménagés les séchoirs spéciaux. La valeur du bois ainsi immobilisé dépasse un million de francs.
- Disséquons maintenant le piano.
- La partie essentielle, le squelette du piano, est constituée par le barrage, formé de trois, quatre ou cinq montants en sapin. Il est rectangulaire et disposé verticalement dans le piano droit, tandis que dans le piano à queue, il épouse la forme cintrée de la caisse; on y ajoute le sommier, puis on perce l’ensemble de trous cylindriques qui recevront les chevilles de tension des cordes, et il prend place dans la caisse qui est l’enveloppe du piano. Celle-ci ne joue qu’un rôle secondaire; cependant sa fabrication est entourée d’autant de soins que celle de toutes les autres pièces. La partie cintrée du piano à queue est formée de trois feuillets de chêne, de tulipier ou de hêtre, d’environ 5 mm d’épaisseur collés les uns sur les autres, puis renforcés d’une masse constituée de la même façon par sept feuillets moins épais. La courbure de ces feuillets est obtenue par pression sur un moule à chaud. Les parties extérieures de la caisse, ainsi
- que le.couvercle, reçoivent un placage de bois précieux que rehaussent des moulures et les angles
- p.152 - vue 156/647
-
-
-
- L’INDUSTRIE DES PIANOS =1:......:i.153
- sont toujours faits de bois massif. Ajoutons que les feuilles de placage sont débitées à l’usine même à l’aide de scies spéciales que représente l’une de nos photographies ; une importante réserve de ces placages est enfermée dans un vaste séchoir.
- Directement sur le barrage se place la table d'harmonie, composée de fines planchettes de sapin de Hongrie de tout premier choix collées ensemble et ajustées après leur passage dans un séchoir à 40°.
- Au moment de sa mise en place, le bois est donc aussi contracté qu'il peut l’être dans les pays les plus chauds et les plus secs. On donne à cette table une légère courbure quel’011 peut rapprocher de celle des boîtes à violons; celte courbure est maintenue par de petites traverses, également en sapin qui, en outre, ont pour fonction de répartir les vibrations sur toute letendue de la table. Deux chevalets, garnis de pointes qui servent à donner la courbure aux cordes, sont assujettis sur la table d’harmonie ; le grand chevalet reçoit les cordes d’acier, et le petit les cordes filées, c’est-à-dire entourées d’un fil de laiton, donnant les notes graves. Celles-ci sont disposées dans un sens différent des premières.
- Etant donnée la traction des cordes, celles-ci doivent être fixées très solidement à deux parties massives du piano. Ces deux parties sont le sommier solidaire, ainsi que nous l’avons vu, du barrage en sapin, et le cadre. Le cadre est une pièce entièrement construite en fonte d’acier aluminé épousant exactement la forme de la caisse. On distingue, en face de chaque chevalet, des rangées de pointes
- d’acier auxquelles s’attachent les cordes; l’ouvrier qui est chargé de ce travail, après avoir bouclé une extrémité qu’il fixe à une pointe et fait passer la corde, sur les deux pointes de sens contraire du chevalet, enroule l’autre, autour d’une cheville d’acier qui est ensuite enfoncée à force dans les trous pratiqués à cet effet à la fois dans le sommier et le barrage. C’est sur ces chevilles que l’on agit
- pour accorder le piano. Ce cadre est isolé entièrement de la caisse, mais boulonné énergiquement sur le barrage et la masse ; il repose sur la table d’harmonie par l’intermédiaire de cales de sapin. Ce cadre doit résister à la traction des cordes qui, dans un grand Pleyel de concert, atteint 25 000 kg.; il constitue un arc véritable dont les flèches sont limitées par trois écrous traversant la table d’harmonie sans la toucher et vissés aux montants du barrage.
- Cette nomenclature des parties essentielles du piano vous semble-t-elle aride ? Ouvrez un instrument et voyez par vous-mêmes : les difficultés de compréhension s’évanouiront à l’instant.
- Toutes les pièces faites en bois sont, en cours de fabrication, dressées avec des machines spéciales, passées au rabot à dents pour les collages, poncées au papier de verre et polies pour les surfaces à vernir. Le cadre métallique subit des préparations analogues, plus complètes encore afin de lui donner un bronzage inaltérable obtenu par l’application de différentes couches d’apprêts, d’enduits, de vernis, suivies du polissage et du bronzage, opérations encore interrompues par plusieurs passages au four à 200°
- Fig. 5. —, Scie à détacher les feuilles de placage.
- p.153 - vue 157/647
-
-
-
- 154 -. ......... — L’INDUSTRIE DES PIANOS
- et au séchoir à 50°, dernière étape de cette série de manipulations. La préparation d’un cadre dure une semaine; afin d’économiser du temps on les traite en séries.
- La fabrication du piano a fait des progrès énormes depuis que les techniciens se sont mis bravement à l’étude de toutes les parties de l’instrument; mais il semble qu’ils aient donné le meilleur d’eux-mêmes à la technique des cordes. Alors qu’autrefois il n’était possible d’en déterminer la grosseur que par de longs tâtonn ements,
- M. Lyon, h la suite de pénibles travaux, est parvenu à dégager de l’empirisme la formule scientifique permettant de déduire le diamètre des fils à employer pour une corde filée ou non, pour obtenir une note avec une tension donnée. Et il a fallu que la métallurgie se soumit aux conditions nouvelles qui lui étaient imposées par cette industrie bien spéciale, conditions extraordinairement draconiennes puisque chaque corde doit pouvoir supporter une traction de près de 500 kg par millimètre carré sans se rompre. Il en est de même pour ce qui concerne les cordes filées, c’est-à-dire les cordes d’acier recouvertes d’un fil de laiton dont le diamètre varie avec chaque note ; ce fil de laiton est soumis, dans l’intérieur de l’enroulement, à une forte compression tandis que les fibres extérieures sont distendues à la limite extrême.
- Cette industrie qui laisse loin en arrière celle de l’ébénisterie la plus soignée, est servie par des machines que l’on ne trouve nulle part, par un matériel créé spécialement pour ses besoins. Ici ce sont des scies à détacher les feuilles de placage; plus loin des varlopeuses circulaires, des machines
- à percer les trous de chevilles en même temps dans le sommier et le barrage, des presses ancien et nouveau modèle pour serrer les placages sur les couvercles, des machines à sculpter, filer les cordes, à faire les ressorts à boudin entrant dans la composition de la « mécanique » des pianos, dés presses très curieuses pour garnir de feutre les marteaux, des raboteuses de toutes sortes, sans compter les innombrables petits tours appropriés à quantité de pièces minuscules appartenant à la mécanique du
- piano : raboteuses à tourner les manches des marteaux, machines à faire de toutes petitesmortaises, à débiter et à percer les plus infimes des pièces qu’il soit possible d’imaginer et que des mains d’enfants seules peuvent saisir, etc., etc. Tous appareils dont l’étude nous entraînerait loin des limites permises.
- La mécanique est la partie du piano dont la fabrication est entourée des plus grands soins. Toutes les pièces qui la composent, pour la plupart en bois d’essences variées, ont leurs surfaces appelées à entrer en contact avec d’autres garnies d’une épaisseur variable de peau de chamois, de chevreau ou de feutres de duretés différentes. Chacune d’elles traitée isolément exigerait un labeur considérable, et l’exécution en serait certainement défectueuse; aussi on les travaille en panneaux. Pour la confection des marteaux par exemple, le panneau dans lequel ils seront détachés est recouvert de feutre sur toute la longueur de la tranche des têtes, puis soumis à la presse afin d’obtenir un collage parfait, et enfin découpé. Le clavier est fait de la même manière; on constitue un panneau soigneusement raboté à une machine circulaire par collage à plat joint de planchettes de tilleul sur lequel on
- Fig. 4. — Forçage (les trous de chevilles dans le sommier et le barrage d’un piano droit.
- p.154 - vue 158/647
-
-
-
- L’INDUSTRIE DES PIANOS
- 155
- trace les touches, puis, dans les intervalles ainsi définis, on colle les lames d’ivoire (têtes et queues) et on sépare chaque touche à la scie à lame sans lin. Les noix, les échappements, les lames d'étouffoir, etc., sont également débités dans des panneaux. Afin d’amortir la brutalité des chocs et d’en supprimer le bruit, toutes les pièces en contact sont isolées l’une de l’autre, même au risque de créer un frottement, par des feutres, des peaux d’agneau, etc. ; les articulations elles-mêmes, les pivots, sont logés dans de petits cylindres de drap de première qualité dit Casimir, de sorte que le son produit par le marteau sur la corde est contrarié aussi peu que possible par ces bruits de choc étranger.
- L’assemblage de toutes ces pièces forme une mécanique assez compliquée que nous allons montrer dans ses grandes lignes. Les deux dessins que nous publions sont ceux d’une mécanique de piano droit et d’une mécanique de piano à queue. On reconnaît de suite, dans l’une et l’autre, les touches articulées en D et les cordes G. Dans le piano droit, lorsque l’on appuie sur la touche en T celle-ci soulève, par son autre extrémité, la perche II et, par suite, Yéchappe-
- ment G qui, posé sur le nez de la noix F, porte le marteau M, pousse ce dernier vers la corde. Mais au moment oîi il va l’atteindre, il doit être abandonné par l’échappement qui, sans cela, viendrait le bloquer. Au moment voulu, l’échappement bute par son talon sur un bouton réglable qui le fait pivoter et sortir du nez. Le marteau ayant frappé la corde et se trouvant libre est renvoyé par elle et reviendrait jusqu’à son support B d’où il serait ensuite renvoyé par réaction élastique et frapperait de nouveau la corde si la pièce C, appelée contre-attrape, ne se coinçait sur Y attrape A. Le retour du marteau est alors limité et sa fixité assurée.
- Lorsque le doigt abandonne la touche, l’attrape A revient en arrière, dégage le marteau qui tombe sans vitesse sur son support, l’échappement rentre sous le nez et de nouveau est prêt à fonctionner. La position de l’attrape est réglée de telle sorte que, dans le jeu rapide, vu l’inertie des pièces, l’échappement puisse rentrer sous le nez sans que la touche ait à remonter jusqu’en haut. Une lanière B reliant la noix à un crochet fixé sur la bascule d’échappement permet d’utiliser le poids de celle-ci pour ramener le mar-
- Fig. 6. — Presse nouveau modèle.
- p.155 - vue 159/647
-
-
-
- 156
- L’INDUSTRIE DES PIANOS
- teau en arrière lorsque la réaction de la corde est insuffisante.
- L'étouffoir, dit « à lames », se compose d’une lame ou bascule J pivotant en son milieu et portant, par l’intermédiaire d’une broche 1), la patte d’étouf-foir garnie de feutre E. Cette lame est mue par une petite pièce métallique fixée sur la bascule d’échappement qui tient l’étouffoir soulevé tant que la touche est abaissée. Ces lames sont fixées sur une barre indépendante de la mécanique et ajustées sur le cadre.
- Les causes de détérioration sont évitées pour la plupart et le réglage peut s’opérer avec facilité. De plus, cette disposition permet le mouvement transversal de la barre portant les noix et les échappe-
- Fig. 7. — Mécanique du piano droit.
- ments dit mouvement de transposition ou de pédale douce dont le but est d’amener le marteau à frapper sur deux cordes au lieu de trois ou sur une au lieu de deux. La pédale de forte agit sur une barre qui soulève à la fois tous les étouffoirs.
- Dans le piano à queue, les cordes étant disposées horizontalement, le mouvement du marteau est vertical. On a donc été conduit à modifier la mécanique du piano droit ainsi que le montre notre dessin. La touche, en s’abaissant, soulève la bascule H porteur de l’échappement qui, engagé sous le nez de la noix F, chasse le marteau vers la corde. Au moment où cette corde va être atteinte, l’échappement bute par son talon sur un bouton de réglage et
- Corde
- teau. Le ressort agit alors par la pièce G sous le nez de la noix et remonte le marteau à une très faible distance de la corde, distance réglable par la petite vis T fixée dans la noix. À ce moment le riez se trouve à la hauteur nécessaire pour que l’échappement se remette en place et le mécanisme est de nouveau prêt à fonctionner, la touche étant encore assez profondément enfoncée, et cela quelle que soit la rapidité ou la lenteur du jeu.
- Cette mécanique ressemble, à première vue, à toutes celles des pianos à queue; elle est cependant spéciale aux Pleyel à cause de la présence d’un ressort réglable R dont la tension est rendue exactement proportionnelle au poids de chaque marteau ; de plus la position de l’échappement sous le nez est indéréglable, ce qui supprime une des causes de variation dans le jeu d’une mécanique.
- L’étouffoir E est soulevé directement par la touche. La pédale douce agit par déplacement latéral de l’ensemble formé par le clavier et la mécanique; enfin, la pédale forte soulève tous les étouffoirs au moyen de la barre qui porte les bascules J.
- Toutes les mécaniques sont montées entièrement dans un atelier spécial et mises en place d’un seul bloc; il est donc très facile de sortir l’ensemble pour effectuer les réparations nécessaires.
- Ce travail de confection d’un piano, que nous venons de suivre très sommairement, se complique d’autres manipulations qui constituent presque un raffinement, bien qu’elles aient été imposées par les nécessités. C’est ainsi que l’on prévient les effets de l’humidité en galvanisant toutes les parties métalliques, en dorant les cordes, en étamant toutes les pointes d’accroche, vis, chevilles, etc. Pour lutter contre les insectes, toutes les armatures de bois et les feutres sont enduits d’une teinture spéciale contenant un poison en dissolution. Enfin, lorsqu’il est complètement terminé, le piano est soumis pendant trois mois aux essais de sonorité ; on peut donc dire que l’instrument sorti
- Uforycv,^.
- r
- 1 ^ ' iiüO T\Jl-j
- quitte le nez. Le marteau ayant frappé peut donc retomber; il est arrêté dans sa descente par Y attrape À montée sur la touche qui est venue au-devant de lui.
- Dans sa chute le marteau a appuyé, par l’intermédiaire du nez de la noix F, sur la pièce G dite bascule de répétition et l’a fait descendre en comprimant le ressort R commun à cette branche et à l’échappement. Lorsqu’on laisse remonter très légèrement la touche, Y attrape A. abandonne le mar-
- Fig. 8. — Mécanique du piano à queue.
- de l’atelier présente toutes les garanties possibles.
- Cet instrument idéal, le piano, est certainement le seul qui ait demandé pour être parfait un labeur aussi opiniâtre de la part des facteurs. Il n’est pas une seule des pièces qu’il renferme qui ne possède sa technique spéciale, qui n’ait été calculée mathématiquement afin de rendre juste ce que l’on exige d’elle. Un piano est donc en même temps qu’un objet d’art, un chef-d’œuvre de science appliquée.
- Lucien Fournier.
- p.156 - vue 160/647
-
-
-
- 157
- LE TRANSPORT D’UN TERRIER
- C’est incontestablement en Angleterre que la chasse au renard compte les plus nombreux et les plus ardents partisans. Dans certains districts, ce vorace carnassier est l’objet de lois protectrices qui nous feraient volontiers oublier qu’il occupe le premier rang >
- sur la liste des animaux nuisibles : un paysan qui demande à son fusil de le libérer d’un voisinage aussi fâcheux se voit dresser une sévère contravention.
- Le nombre des clubs de fox-hunting en Angleterre et en Écosse est considérable.
- Ils dépensent sans compter
- pour satisfaire leurs passions cynégétiques. 11 en est qui assurent de généreuses mensualités aux
- fermiers pour compenser les dégâts commis dans leurs basses-cours par les renards, et conjurer leur extermination.
- Une innovation à signaler est celle que montre notre photographie.
- Le terrier qui coopère avec la meute
- 'iqueur anglais de fox - hounds en s’introduisant dans le repaire
- emporlanl du renard est
- un terrier désormais porté
- à la chasse en croupe par
- au renard. un piqueur spé-
- \ cial, dans une sorte de gibecière que le ca-
- valier porte en
- bandoulière.
- Des ouvertures pratiquées dans les parois du sac assurent une parfaite ventilation, en même temps qu’elles permettent au
- chien emprisonné de s’étirer les membres tout à son aise. V. Forbin.
- LE NUMÉROTAGE DES VERRES D’OPTIQUE
- A la suite de mon récent article sur la dioptrie, M. Carpentier, opticien à Doudeville, nous a fait observer que le nombre adopté pour le rapport de transformation des numéros anciens à la série métrique est un peu faible, au moins si l’on s’en tient aux conventions ordinaires. En fait, dit notre correspondant, le rapport est plus voisin de 39 que de 37, ce qui conduirait à penser que les numéros anciens sont fondés sur le pouce anglais et non sur celui de Paris.
- Cette indication viendrait à l’appui de la thèse que j’ai cherché à défendre, et, pour celte raison, je serais heureux de pouvoir l’adopter. Les Anglo-Saxons se servant de la dioptrie, il serait piquant que, dans les pays latins, entièrement acquis au système métrique, le pouce anglais eût survécu pour une part si faible soit-elle à la réforme métrique, et se fut conservé pour mesurer la puissance des verres d’optique.
- Mais la question est un peu plus compliquée. L’idée généralement admise et acceptée par de bonnes autorités est, comme je l’avais indiqué, que l’ancien numéro mesure la distance focale de la lentille qu’elle caractérise L Cela est, pourrait-on dire, toujours approximativement vrai, et parfois rigoureusement exact. Mais, ce n’est pas ainsi qu’est née l’échelle des numéros. Au début, cette échelle était une simple règle d’atelier, correspondant au rayon de courbure des bassins dans lesquels sont rodés et polis les verres. Considérons donc
- 1 Yoy. par exemple: Broca, Physique médicale, p. 317.
- une lentille mince biconvexe et symétrique ; sa distance locale /'est donnée par:
- f=______ii____
- 2 (n — 1 )
- Et, si l’indice n de la lentille est égal à 1,5, la distance focale est précisément égale au rayon R commun aux deux faces.
- Or les crowns employés dans la fabrication des lunettes possèdent un indice de réfraction peu différent de la valeur admise ci-dessus, de telle sorte que, dans des mesures approximatives, le numéro pouvait indiquer tout aussi bien ce rayon, utile à connaître dans la fabrication, et la distance focale, qui intéresse seule le consommateur. En réalité, l’indice du crown est plutôt supérieur à 1,5. A la Société des Lunetiers, on admet 1,5265, de telle sorte qu’un verre biconvexe d’une dioptrie est établi au gabarit de 1053 mm de rayon de courbure. Divisant ce nombre par 0,02707, valeur métrique de l’ancien pouce français, on trouve un nombre très voisin de 39, et qui s’éloigne peu du nombre de pouces anglais compris dans le mètre (39,37).
- Les indications qui,précèdent montrent combien, au point de vue du consommateur, le numéro d’un verre correspond à une notion compliquée et d’un emploi difficile ; elles viendraient, s’il en était encore besoin, à l’appui de l’action engagée en tous pays pour substituer le système de la dioptrie au numérotage ancien.
- p.157 - vue 161/647
-
-
-
- 158 = ACADÉMIE DES SCIENCES — NOUVELLES SILHOUETTES
- II est, au surplus, une classe de verres lard venus, pour la définition desquels le numérotage en rayons de courbure n’a jamais été appliqué: ce sont les verres cylindriques, destinés à corriger l’astigmatisme de l’œil ; ils ont toujours été établis et désignés uniquement en dioptries, de telle sorte que les rares oculistes restés attachés aux numéros sont pris entre deux alternatives : ou de
- renoncer à s’occuper des astimagtes, ou de s'astreindre à des calculs compliqués, toutes les fois qu’ils veulent prescrire des verres cylindro-sphériqucs. Le font-ils? on peut en douter, et craindre légitimement qu’un oculiste prescrivant des verres en numéros se préoccupe peu de la correction intégrale des défauts oculaires de son client.
- Cii.-Ei). Guillaume.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du rr février 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- La houille en Lorraine. — M. Zeiller présente une Note de M. René Nicklès, professeur à la Faculté des sciences de Nancy, annonçant la découverte d’un nouveau gisement de houille en Lorraine, à Gironcourt, entre Mirecourt et Neulchâteau, où un sondage entrepris par le Syndicat vosgien de recherches minières vient de rencontrer, à 700 et 825 m.de profondeur, deux couches de charbon épaisses respectivement de 0,70 m. et 0,60 m. On se rappelle l’importante campagne de sondages fait dans la région de Pont-à-Mousson, de 1905 à 1907, à la suite d’études géologiques de M. Nicklès qui avait, en 1902, signalé la région d’Eply comme particulièrement favorable. Cette campagne permit de constater le prolongement vers le Sud-Ouest du bassin houiller de Sarrebriick, malheureusement avec une médiocre richesse en charbon. Dans ce môme travail de 1902, M. Nicklès désignait également comme propice aux recherches la région de Mont-sur-Meurlhe, près de Lunéville, et celle de Vittel sur le flanc Nord de l’anticlinal. des monts Faucilles, mais il estimait que sur ce dernier point il y aurait à traverser une forte épaisseur de terrain. Un sondage à Mont-sur-Meurthe, en effet, révéla l’existence du terrain houiller supérieur à 1172 m., mais pratiquement la découverte était inexploitable. C’est sur le prolongement du synclinal parallèle à celui de Sarre-briick, passant par Sarreguemines et Mont-sur-Meurthe qu’a été placé le nouveau sondage, une nouvelle étude de M. Nicklès lui ayant permis d’annoncer que le trias et le permien ne devaient avoir, en ce point, qu’une puissance réduite. Le grès vosgien et le permien n’ont présenté, en effet, qu’une épaisseur totale de 270 m. au lieu de 1020 m. à Mont-sur-Meurthe, de sorte que le terrain houiller a été atteint à 682 m. seulement de profondeur. On paraît avoir rencontré là, comme à Mont, l’étage stéphanien. La continuation du sondage pourra seule permettre de reconnaître si l’étage wesphalien,
- si riche à Sarrebrück, existe également à Gironcourt et s’il s’agit, enfin, d’un gisement indubitablement exploitable.
- Vhypertension artérielle. — M. d’Arsonval résume une communication de M. Doumer, professeur à la Faculté des Sciences de Lille, sur la persistance de l’abaissement de la pression artérielle, sous l’etfet des courants de haute fréquence. L’auteur dans 18 cas a observé un abaissement qui a persisté au bout de 18 mois ; il cite ensuite 9 cas dans lesquels l’abaissement s’est maintenu de 5 à 9 mois. Le relèvement de la pression a de nouveau cédé au bout de quelques séances.
- Les sels arsenicaux en agriculture. — M. Muntz dépose une communication de MM. Vermorel et Danlony, sur l’emploi de l’arseniate ferreux contre les ravages des insectes sur les plantes cultivées. Dans l’Amérique du Nord, l’usage des sels arsenicaux est devenu courant en agriculture. Les viticulteurs français et algériens les emploient également très fréquemment pour combattre l’altise, la pyrale et le cochylis. Les auteurs ont trouvé que l’arseniate ferreux présentait une grande supériorité sur les autres sels à cause de son adhérence et de son innocuité complète sur la végétation.
- Les mallases de maïs. — M. Maqucnne analyse une Note de M. Iluerre, pharmacien à Bicêtre, sur les maltases du maïs. L’auteur a reconnu que les différentes variétés du maïs, bien que cultivées dans la même région, contiennent des maltases dont les propriétés peuvent varier considérablement. C’est le cas des maïs blanc et jauni! hâtifs dans les landes dont les maltases commencent à agir et se décomposent à des températures fort différentes. Ces observations expliquent les divergences des résultats obtenus par les auteurs qui ont étudié cette question, sans tenir compte de l’espèce soumise à l’expérience. Ch. de Villedeuil.
- LES NOUVELLES SILHOUETTES TOMBANTES DES CHAMPS DE TIR
- Les diverses silhouettes tombantes employées jusqu’à ce jour en France pour les tirs de combat de l’infanterie et les écoles à feu de l’artillerie, présentaient deux sérieux inconvénients : elles n’étaient pas assez sensibles aux chocs des projectiles qui venaient les frapper, ou ne présentaient pas assez de résistance aux coups de vent.
- La moindre brise les faisait tourner, virevolter et tomber; aussi lorsque les compagnies ou les batteries arrivaient sur les champs de tir, trouvaient-elles bien souvent les objectifs renversés comme autant de pantins désarticulés, malgré les lourds
- piquets qu’à grand’peine les sapeurs avaient enfoncés dans le sol pour les maintenir.
- Bien plus souvent encore; pouvait-on constater, dès l’ouverturè du feu, que les projectiles frappaient à coup sûr les cibles, mais que celles-ci semblaient mettre un malin plaisir à braver les balles des plus habiles tireurs.
- L’effet moral était désastreux pour la troupe : les chefs étaient mécontents de voir leur instruction théorique et technique n’obtenir qu’un médiocre résultat; les « bons fusils » étaient découragés, et les soldats maladroits ne se faisaient pas faute
- p.158 - vue 162/647
-
-
-
- NOUVELLES SILHOUETTES
- d’attribuer ces insuccès réitérés à la résistance anormale des objectifs.
- 11 faut remarquer, en effet, que la pression déjà faible produite par l’ancienne balle M du fusil 1886, est devenue presque nulle avec la nouvelle balle I), en raison de l’augmentation de sa vitesse initiale et par suite de sa vitesse restante, c’est-à-dire celle qu’elle possède au moment où le but est touché.
- Bref, les manœuvres combinées avec tirs réels perdaient la plus grande partie de leur intérêt, et la dépense en projectiles se trouvait toujours hors de proportion avec des résultats constatés après une course au clocher à travers les terres labourées et une inspection aussi rapide que désabusée de silhouettes trop peu mobiles.
- C’est pour obvier à ces inconvénients qu’un officier d’infanterie, le lieutenant Puisais, eut l’idée d’une nouvelle silhouette tombante d’une ingénieuse simplicité pratique dont le fonctionnement repose sur le fait d’observation suivant : l’action d’une balle souvent insuffisante pour provoquer la chute d’une silhouette isolée, quel qu’en soit le mécanisme, est efficace sur une seconde cible appuyée contre la première.
- Ce modeste inventeur n’est d’ailleurs pas un inconnu pour les lecteurs de La Nature, qui, dans son numéro du 15 août 1908, donna la description de sa voiturette traînée par des chiens, honorée du Orand Prix des inventions nouvelles au dernier concours Lépine.
- Le matériel construit d’après les indications du lieutenant Puisais est composé de deux silhouettes en bois, telles que les connaissent tous ceux qui ont fait leurs tirs de combat réglementaires pendant leur service militaire.
- La silhouette avant (n° 1) est munie de deux
- Détail de la partie supérieure.
- pieds également en bois de 15 à 20 cm de longueur, percés de deux pointes de 6 à 8 cm dont le but est d’empêcher tout glissement sur le sol.
- A la partie supérieure de cette première silhouette sont fixés, à l’écartement de 10 cm environ, deux
- 159
- grands clous enfoncés obliquement de haut en bas, et dont les extrémités ont été coupées et aplaties en méplats.
- La silhouette arrière (n° 2) n’a pas de pieds ;
- ÉLÉVATION
- (Silhouette d’hoimue deboul.
- elle porte, clouée sur une de ses faces, une petite bande de fer-blanc provenant de ces boîtes de conserves en usage dans l’armée que nos troupiers ont irrévérencieusement qualifiées de « boîte de singe ».
- Ce fragment métallique est replié de façon à former une sorte de ressaut d’un demi-millimètre sur lequel viennent se poser les méplats des deux pointes de la silhouette avant, lorsque le système est armé et prêt à fonctionner.
- Le prix de cet appareil est, on le présume, des plus minimes, car la transformation de deux anciennes silhouettes réglementaires en une seule du nouveau modèle revient au maximum à 10 centimes, valeur des clous utilisés; les boites de conserves employées pour confectionner les plaques métalliques ne coûtent rien, car les compagnies, au lieu de les jeter au fumier comme autrefois, les conserveront précieusement pour l’atelier des sapeurs; quant aux pieds, ils sont fabriqués avec des déchets de vieux bois. On ne peut donc rêver système plus économique et moins compliqué.
- Un des avantages de la nouvelle silhouette tombante est sa parfaite résistance au vent.
- Si le vent vient de face, grâce à .l’inclinaison delà silhouette n° 1, les méplats des clous, dont, sa tête est traversée, mordent sur le ressaut de la plaque de la deuxième silhouette, comme l’indique bien nettement la ligure représentant le détail de la parti? supérieure de l’appareil tout armé.
- p.159 - vue 163/647
-
-
-
- 160
- NOUVELLES SILHOUETTES
- Si le vent vient d’arrière, les mêmes effets se produisent en sens inverse, et les deux silhouettes s’arc-boutent aussi fortement l’une contre l’autre.
- Il est avantageux que les pieds des silhouettes d’homme debout qui donnent naturellement plus de prise au vent, forment entre eux un certain angle, ce qui augmente leur résistance.
- Et c’est ainsi que sur les vastes plaines dénudées de camp de Châlons, des silhouettes Puisais, montées plusieurs jours avant un tir d’expérience, résistèrent à toutes les pressions atmosphériques, et que l’on put constater que des modèles dits à genou ou couché plus particulièrement, n’étaient pas abattus par un vent d’une vitesse supérieure à 5 m.
- Une des préoccupations de l’officier chargé de veiller au placement de ces cibles sera cependant
- Au polygone de Montargis, 57 silhouettes du même inventeur, construites sur place et installées la veille du tir, tombèrent toutes sous l’action de balles 1), et les résultats furent aussi concluants pendant trois journées d’expériences.
- À Chalons enfin, la commission spéciale d’examen de l’École normale de tir obtint 88 chutes pour 100, en employant successivement les trois modèles debout, couché et à genou, après des tirs au revolver exécutés de 15 à 50 ni., et des tirs au fusil de 200 à 1000 m. exécutés avec des cartouches réglementaires. La nouvelle silhouette tombante remplit donc les conditions exigées d’une cible à chute automatique, puisqu’elle résiste au vent et se montre très sensible au choc des balles.
- J’ajouterai qu’elle répond aux desiderata expri-
- ÉLÉVATION
- COUPE
- (Silhouette d’homme à genou.)
- de les faire incliner plus ou moins suivant la direction de la brise, et si le vent souffle d’avant par exemple, de les poser suivant une ligne oblique, comme l’indique la figure de la coupe.
- Quant aux résultats obtenus, nous pouvons déclarer qu’ils ont dépassé de beaucoup tous ceux qui avaient été enregistrés jusqu’ici avec les autres systèmes de cibles tombantes.
- A Fontainebleau, trois appareils furent expérimentés : celui présenté par le lieutenant Puisais, celui de l’École normale de tir, et un troisième employé au 1er régiment de zouaves.
- Sur 4 cibles de chacun de ces deux systèmes qui pourtant étaient réputés parmi les meilleurs de l’armée, une seule tomba; les trois autres restèrent debout, quoique toutes aient reçu quatre ou cinq atteintes. Au contraire, toutes les silhouettes tombantes Puisais furent jetées à terre au premier choc d’une balle.
- més si souvent par les officiers, car son montage est simple, son prix de revient peu coûteux et ses organes robustes. Enfin, l’économie qu’elle permet de réaliser en munitions d’infanterie et en projectiles d’artillerie fut peut-être un des arguments les plus puissants en faveur de son adoption.
- Nous sommes donc en droit d’espérer que son emploi se généralisera bientôt non seulement dans les tirs de combat de l’infanterie et sur les champs de circonstance où l’artillerie exécute ses expériences d’efficacité et ses tirs progressifs, mais encore sur les polygones de garnison et même sur les stands civils si nombreux à une époque où la préparation de la jeunesse française au service militaire, devient un des soucis constants des pouvoirs civils et de la nation tout entière. Louis de Cantilly.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- p.160 - vue 164/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1864.
- 13 FÉVRIER 1909.
- UN DRESSEUR DE SERPENTS AU MEXIQUE
- Les serpents venimeux appartiennent à deux groupes : les Colubridés, parmi lesquels figurent les terribles najas ou cobras (serpents à lunettes), et les Vipéridés, crotales (serpents à sonnettes), vipères, lachésis, cérastes.... Tous sont carnassiers.
- Certains de ces reptiles sont de véritables fléaux. Dans l’Inde, par exemple, où le naja a élu particulièrement domicile, la mortalité due chaque année à la morsure de ce terrible ophi-dien, atteint le chiffre de 16000 à 22 000 êtres humains et, environ, 4000 têtes de bétail1.
- Le Mexique est aussi, dans certaines de ses parties, un coin du globe privilégié, et sa faune ophi-dienne compte des sujets excessivement dangereux. Parmi eux, nous citerons plusieurs variétés de cobras et de lacliésis. Une injection d’environ 15 milligrammes de leur venin, occasionne, chez l’homme, des troubles physiologiques mortels.
- L’immunité contre le venin des serpents qui ne s’observe que très rarement chez quelques vertébrés : hérisson, mangouste, et qui encore n’est que relative, puisque ces animaux ne résistent pas à toutes les doses de venin, est encore infiniment plus rare chez l’homme. Aussi, lorsque ce cas peut s’observer, se trouve-t-on en présence d’un sujet absolument hors nature.
- L’individu, auquel nous faisons allusion, existe.
- José Ray (voy. fig.), garçon de ferme à Guerrero (province du Mexique) , est âgé de 22 ans. Ce jeune Indien, dont les prouesses m’ont été racontées par le Dr de Molènes, explorateur au Mexique, se serait
- 1 A. Calmette. Les venins, Les animaux venimeux et la sérothérapie antivenimeuse, p. 40.
- 37' année. — 1er semestre.
- immunisé d’emblée et non par une série d’inoculations de plus en plus toxiques comme le fait a déjà été observé et répété expérimentalement. Il ne compte plus ses morsures. Ses bras ne sont qu’une cicatrice, il les montre orgueilleusement, comme la marque de courageux faits d’armes. Son mode de dressage diffère essentiellement de celui des charmeurs de serpents ordinaires qui emploient généralement la musique. Il se contente de frapper légèrement l’animal avec une badine flexible. Son procédé ne lui a pas toujours réussi ; de là ces morsures dont, selon lui, il entravait l’action mortelle par une profonde incision au canif. Autant de morsures, autant de coups de canif.
- On peut évidemment montrer une certaine incrédulité devant un cas d’immunisation acquise par des moyens aussi peu scientifiques. Peut-être José Ray est-il simplement réfractaire à l’action du venin des serpents, au même titre que Desge-nettes l’était au pus pesteux, Stanhope au choléra, etc., etc.... Ce sont là des cas absolument exceptionnels, auxquels il serait imprudent de se comparer, et des modèles qu’il faudrait bien se garder d’imiter.
- En tout cas, ce qui est certain, c’est que José Ray n’a jamais connu le traitement médical du Dr Calmette et qu’actuellement il n’est pas sensible à la piqûre des cobras.
- Ce remarquable sujet qui, même au début de son périlleux exercice, n’a jamais ressenti l’angoisse mortelle qui saisit tout être humain piqué par un cobra, est parvenu à dresser merveilleusement cobras et lachésis et, chose des plus curieuses, à inspirer à une certaine vipère un sentiment tellement tendre,
- 11. - 161
- José Ray, charmeur de serpents.
- p.161 - vue 165/647
-
-
-
- 162
- LA GÉNÉTIQUE ET L’HÉRÉDITÉ
- que cellc-ci a été prise d’une jalousie féroce à l’endroit de tous les spécimens de la ménagerie ophi-dienne de son dompteur. C’est cette vipère qui ligure sur le dessin ci-contre et que le charmeur lient sous son pied. José Ray doit, à l’affection trop exclusive de sa pensionnaire, la mort de plusieurs de ses cobras pour lesquels elle nourrissait une jalousie aussi mortelle que sa morsure.
- Le jeune Indien a su tirer parti de son remar-
- quable don d’immunité et s’est montré en public, à Mexico notamment. H a ainsi réalisé d’importants bénéfices : 256 francs par jour, m’a dit le D1 de Molènes, qui a eu l’occasion de le voir plusieurs fois durant sa récente exploration au Mexique.
- Nous devons ajouter que José Ray serait tout disposé à s’expatrier pour venir montrer, en Kurope, ses talents aussi exceptionnels qu’émouvants.
- G. Loucmax.
- QUESTIONS DE BIOLOGIE —
- M. William Baleson, l’éminent biologiste anglais, vient de publier un discours prononcé par lui, en octobre dernier, à la séance inaugurale d’une chaire de biologie, fondée par l’Université de Cambridge1. Celte chaire est destinée à « assurer le développement des recherches sur la physiologie de l’hérédité et sur la variation3 », suivant la direction où les ont engagées depuis peu les idées émises par Mendel il y a quarante-quatre ans5. C’est cet ensemble de recherches, envisagé comme une science autonome, et doué en effet d’une méthode et d’un objet propres, que M. Bateson désigne du terme nouveau de génétique. 11 en décrit le domaine, dans sa leçon inaugurale, avec une sûre maîtrise de pensée et de forme.
- A vrai dire, si la génétique est bien une science nouvelle/sa nouveauté est moins dans son objet — car le problème de l’hérédité est ancien — que dans la découverte de moyens imprévus pour l’étudier, et plus exactement dans celle d’un point de vue ignoré. L’invention de la génétique, dit à peu près M. Bateson, c’est la fabrication d’une clef donnant accès à une chambré que l’on connaissait, mais où l’on ne savait pas entrer.
- Cette clef est la loi de Mendel.
- Chacun sait aujourd’hui que tout être vivant naît d’un œuf. Cet œuf résulte de l’union de deux cellules, ou gamètes, dont l’un est male, l’autre femelle. Or, toutes les différences qui s’observent entre les êtres, se ramènent en dernière analyse — abstraction faite des facteurs secondaires de leur développement — à la différence de leurs qualités initiales, c’est-à-dire aux propriétés essentielles des œufs d’où ils proviennent, et ces propriétés elles-mêmes résultent de celles de chacun des deux gamètes dont la fusion produit un œuf. Pour comprendre les caractères d’un être, il faut donc l’envisager historiquement, c’est-à-dire penser non pas tant à lui qu’aux deux éléments qui lui ont donné naissance. On considère ainsi tout être non plus connue un, mais comme double. Cette façon de penser est caractéristique du mendélisme. Voici en quoi elle est féconde.
- D’abord, en se plaçant à ce point de vue, la connaissance qu’on peut avoir d’un être a toutes chances d’être plus
- 1 W. Bateson. The melhods and scope of (jenelics, an inaugur, lecture delivd, 23 oct. 1908. Cambridge. Univcrsity Press. 1908. 1 vol. in-16, 49 p. D'accord avcc-M. Ph. de Vilmorin (Revue horticole, 1er janvier 1909, p. 8) j’adopte le ternie de « génétique » pour traduire l’anglais « gcnclics », choix approuvé d’ailleurs par Giard, au dire de M. de Vilmorin,
- 2 Sur la variation, voy. La 'Sature, n° 1855, 12 décembre 1908. Suppl, p, 14 : Joseph Delsaux. La théorie des mutations.
- 5 Ghegoii Mendel. Transmission des caractères chez les hybrides (Bulletin de la Société des sciences naturelles de Brünn, 1865, republié en 1900 par De Yries, Corrcns, Tschurmak). Voy. La Sature, n° 1786, du 17 avril 1907, p. 186 : P. Hey. Mendel et l'hérédité mendélienne.
- LA GÉNÉTIQUE ET L’HÉRÉDITÉ
- profonde qu’à le regarder simplement en soi, puisqu’on effet on cherche à le comprendre, et non pas seulement à le voir. C’est ainsi, pour prendre un exemple assez grossier, qu’on arrive à des résultats souvent curieux si, en étudiant un individu humain, on essaie de résoudre par l’analyse ce qu’il doit, à chacun de ses deux parents, de qualités ou de tares physiques ou psychologiques. Mais surtout le profit capital du mendélisme c’est que son analyse permet de pénétrer profondément dans le mécanisme de l’hérédité et de la variation.
- Puisqu’en effet on distingue dans un être des traits paternels et des traits maternels, on doit pouvoir dresser une liste de tous les caractères que présente cet. être, et, comme on sait qu’il est double par son origine, on devra établir cette liste sur deux colonnes — une colonne paternelle, une colonne maternelle — ce qui revient à dire que les caractères de l’être doivent ou peuvent se noter par le catalogue des caractères des deux gamètes d’où il provient. D’autre part, il est clair que cette liste sur deux colonnes n’aùra aucune signification si ces colonnes restent en blanc; il faut qne celles-ci soient remplies, c’est-à-dire qu’en face de chaque caractère soit indiquée, dans chaque colonne, une valeur, marquant de quelle façon ce caractère est réalisé chez chacun des parents. De cette façon un être sera noté sous la forme d’une liste de caractères et des deux colonnes de valeurs. Mais puisqu’il n’y a pas deux êtres exactement semblables, il est clair que les valeurs attribuées aux divers caractères de la liste seront de différents types : tantôt par exemple les deux gamètes fourniront le même caractère de la même manière, tantôt de manière différente. « Si la contribution faite par les deux cellules est la même, l’organisme est, pour ainsi dire, pur en ce qui regarde ce caractère; il est au contraire croisé [en ce qui regarde ce caractère], chaque fois que la contribution est dissemblable des deux côtés de son parentage. »
- Pour concrétiser ce que cet exposé offre d’un peu abstrait, M. Bateson se représente les caractères constitutifs d’un être sous l’aspect d’ingrédients distincts, fournis par deux sources, de telle sorte que l’être considéré ait reçu deux doses de chacun de ces ingrédients, ' doses qui sont semblables ou dissemblables. Puis il développe encore cette image : « Figurons-nous, écrit-il, le contenu d’un gamète comme un liquide, obtenu en prélevant une goutte à chacun des Bacons qui se trouvent en nombre défini dans une boîte, et qui contiennent des extraits des divers ingrédients. C’est avec une telle boîte qu’on fait le gamète mâle, et à une pareille, contenant une série correspondante de flacons, qu’on prend les éléments constitutifs du gamète femelle. Mais il se peut que l’une ou l’autre des boîtes présente un ou plusieurs flacons vides : ainsi tel ingrédient ne sera pas représenté
- p.162 - vue 166/647
-
-
-
- ..... — LA GÉNÉTIQUE
- dans telle boîte ; cl si, dans les deux boîtes, ce sont des (laçons correspondants qui sont vides, l’individu obtenu par le mélange des deux collections de gouttes ne contiendra aucune trace de l’ingrédient manquant. Par conséquent, la pureté d’un individu (c’est-à-dire, en ce qui concerne un ingrédient, un rapport semblable avec chacun de ses deux parents) peut tenir à deux causes, soit qu’il ait reçu l’ingrédient à la fois de la boîte mâle et de la boîte femelle, soit qu’il ne l’ait reçu ni de l’une ni de l’autre. El inversement le caractère croisé d’un'individu, eu ce qui concerne tel ingrédient, pourra tenir à ce que celui-ci, présent dans l’un des deux gamètes, est absent dans l’autre. » — Pour M. Bateson c’est celte dernière conception — celle de 1’ « individu en tant que composé de présences et d’absences de tous les ingrédients possibles )) — qui rend possible tout progrès dans l’analyse génétique.
- Le cas le plus simple est celui où l’individu est pur, en ce qui concerne un caractère donné. L’observation, d’accord avec la logique, montre qu’un tel individu est semblable à ses parents, en ce qui concerne ce caractère : il le possède comme eux, ou il en manque comme eux. Mais, quand l’individu est croisé (au sens défini), le résultat n’est plus uniforme : on trouve, en effet, dans la descendance de deux gamètes, dont l’un possède et l’autre ne possède pas un même caractère, un certain nombre d’individus qui possèdent ce caractère, et un certain nombre d’autres qui ne le possèdent pas, c’est-à-dire des individus du type paternel, et des individus du Ivpe maternel. En résumé, « si les deux gamètes parents possèdent une certaine qualité, tous les gamètes tilles la possèdent ; si ni l’un ni ljautre des parents ne la possède, aucune des lilles ne la possède non plus. Si elle se présente chez l’un des deux gamètes et non chez l’autre, il y a en moyenne la moitié des gamètes filles chez qui elle est présente, et la moitié chez qui elle est absente. Ce dernier phénomène, qu’on appelle ségrégation, constitue l’essence de la découverte de Mendel. » 11 en résulte directement que, si complexe que puisse être l’origine de deux parents donnés, la composition de leur descendance est définie, qu’il y a un nombre limité de types possibles à obtenir par la combinaison de leurs caractères, et que le nombre relatif de chacun de ces types est, tout au moins théoriquement, déterminable d’avance.
- K Dès lors, le problème de l’hérédité est avant tout un problème analytique. On a à déceler et à énumérer les facteurs composant les corps des animaux et des plantes, et à trouver les lois de leur distribution parmi les cellules germes. » Et même, puisque cette distribution résulte de la division cellulaire et de l’union des gamètes, on concevrait que des méthodes d’observation directe puissent faire assister à ce phénomène de la ségrégation et permettre de se reconnaître au microscope parmi cette foule de facteurs à noter. Il n’existe pas d’ailleurs de telle méthode.
- On y supplée par l’expérimentation. Le principe général (ju’on y applique peut s’énoncer assez simplement : il consiste à choisir, parmi la foule des caractères d’un individu, un seul caractère1 et à observer ce qu’il
- 1 En fait, ce n’est pas toujours, ni même le plus souvent, un seul, mais plusieurs caractères, un groupe. Dire un seul ne constitue d’ailleurs qu’un apparent simplisme, commode pour 1 exposé, car ce groupe est bien, de toute façon, une unité expérimentale, même dans le cas où il y a dissociation de eet ensemble, c’est-à-dire où les divers caractères essayés se comportent différemment dans la suite dos croisements.
- ET L’HÉRÉDITÉ :----------------------—------- 163
- devient dans une série de générations, destinée qui varie naturellement suivant sa présence ou son absence initiale dans les deux ou dans l’un des deux gamètes pris comme points de départ . On ne peut entrer ici dans l’exposé concret de ces expériences, mais il est clair que le principe en est fécond. Si, en effet, comme dit M. Bateson, c’est là une méthode assez pesante [cumbersome], elle a le mérite de contraindre chaque lois l’être interrogé à une réponse claire, un oui.ou un non, une absence ou une présence, et comme, d’autre part, on reste toujours maître des données, on peut à son gré varier ou renverser l’expérience et l’amener aussi près qu’on le veut d’une pureté théorique.
- Après ces considérations assez abstraites, il faudrait donner l’indication de résultats précis obtenus par la génétique. Mais cet exposé demanderait beaucoup de place et de détails, et risquerait en même temps de paraître décevant, parce que les résultats de celte science nouvelle sembleraient assez petits en face de la hauteur de ses prétentions. Le lecteur pourra en prendre une idée en se reportant au texte même de M. Bateson, qu’il faut espérer de voir bientôt traduire en français. On y trouvera notamment des réflexions pleines d’intérêt sur les caractères qui semblent s’exclure, bien qu’au premier abord il n’apparaisse pas de rapport entre eux (telle forme de Heur exclut telle couleur, et inversement) et d’autres sur l’importance des travaux de génétique en ce qui concerne le problème des sexes. 11 suffit, semble-t-il, pour notre objet présent, d’avoir montré, en suivant de très près le magistral exposé de M. Bateson, le progrès tout récent réalisé dans la façon de comprendre l’étude de quelques-unes des plus hautes questions de l;i biologie, progrès dérivant des idées de Mendel, et qu’on peut sans exagérer considérer comme la création d’une science, c’est-à-dire la délimitation d’un champ d’études et l’invention de moyens de recherches. On peut dire, avec le biologiste anglais, que, par la naissance du mendélisme et de la génétique, le stade nébuleux des études d’évolution est passé. On ne discute plus le problème, on essaie de le résoudre par l’analyse critique. Ceux qui font fait connaître, Lamarck, Darwin, sont comparables à des chercheurs qui ont trouvé un manuscrit inconnu, l’ont décrit, ont reconnu sa valeur, fait son histoire, puis le transmettent à d’autres chercheurs, qui le déchiffreront.
- D’ailleurs, il y a dans l’origine de la génétique, non moins que dans sa méthode, une garantie solide de sa valeur. S’il est vrai, comme on a essayé de le montrer, que le mendélisme, qui en est le fondement, se présente comme une tendance à voir l’être vivant dans sa duplicité plutôt que dans son unité, c’est-à-dire à le penser historiquement, cette attitude particulière de l’esprit n’est pas accidentelle. Elle réalise logiquement, à son heure, dans son royaume restreint, la profonde révolution qui a dressé la pensée, dans tout son empire, à ne plus voir les choses dans une immobilité fictive, mais dans la réalité de leur mouvement, à substituer le point de vue du devenir au point de vue conventionnel de Vêlai. Le transformisme était déjà sorti de celte préoccupation. Le mendélisme et la génétique suivent le même mouvement. Mais, moins attachés que lui à l’espèce, profitant, comme d’une acquisition faite, de la rude critique à laquelle il avait soumis cette notion, et serrant de près l’individu, ils reprennent dans un corps à corps plus intime les questions qu’il avait posées.
- Jhax-Paui. Lafittiï.
- p.163 - vue 167/647
-
-
-
- 164
- LES FONDATIONS DU PALAIS DE JUSTICE DE PARIS
- On travaille en ce moment à l’établissement des fondations des nouveaux bâtiments du Palais de justice, qui s’élèveront à l’angle du boulevard du Palais et du quai des Orfèvres, le long du petit bras de la Seine. Les terrains dans lesquels doivent être faites ces fondations sont des remblais, sur un sous-sol immergé par les infiltrations du fleuve; c’est dire que l’architecte se trouve en présence de sérieuses difficultés pour assurer à ces importants bâtiments une base d’une solidité irrépro- r~ • ”
- cbable et défiant les '
- siècles.
- La fondation sur pilotis en bois n’aurait certes pas offert une sécurité ni une durée suffisantes et le creusement de puits à main d’homme eût été fort coûteux à cause de l’eau du sous-sol, qui eût obligé à l’emploi de caissons à air comprimé.
- C’est pourquoi les ingénieurs et architectes chargés des travaux ont décidé d’appliquer un procédé qui a lait ses preuves depuis quelques années, c’est le système des fondations par compression mécanique du sol. La théorie de ce procédé tient en peu de mots : elle consiste à forer des puits sans cependant retirer aucune parcelle de terre du sol et à remplir ces puits de pierre et de béton comprimés; on obtient, en rapprochant convenablement les forages, une série de colonnes souterraines reposant sur le sol dur; mais, en outre,
- comme on n’a rien retiré du terrain et qu’on y a ajouté le volume de matériaux durs nécessaire pour remplir les puits, ce terrain se trouve comprimé et solidifié tout autour des pylônes de béton et l’ensemble de la fondation est d’une incomparable résistance.
- Mais, dira-t-on, comment faire pour forer un puits sans retirer la terre du sol? C’est là l’originalité du procédé Compressol, qui effectue le forage des puits et leur bourrage par compression mécanique du sol.
- Les appareils servant à la mise en œuvre du procédé sont :
- Fk. 1.
- 1° Lue grue à vapeur pivotante et roulant sur des rails, avec moteur de 40 chevaux, dans le genre des sonnettes servant au battage des pieux en bois ou en béton, de 15 m. de hauteur.
- 2° Un pilon conique, à pointe d’acier, pesant 2200 kg, dit perforateur.
- 3° Un pilon en forme de pain de sucre dit bour-reur, pesant 2000 kg.
- 4° Un pilon à base plate, pesant 1500 kg el appelé pilon d’épreuve. Ces trois pilons, représentés par nos gravures, sont munis d’une tige avec renflement en forme de toupie renversée ; c’est par ce renflement qu’une pince spéciale, attachée à la chaîne de la grue à vapeur, enlèvera le pilon à 12 m. de hauteur en quelques secondes ; à cette hauteur, un système de déclic breveté ouvre la pince et le pilon tombe en chute libre.
- Le travail est commencé avec le pilon conique, qui mérite bien son nom de perforateur, car dès la première chute il s’enfonce dans le sol peu résistant et creuse un énorme trou de plusieurs mètres de profondeur, en refoulant tout autour de lui les remblais dont se compose le terrain dont il s’agit. Aussitôt la chaîne de la grue à vapeur descend et va accrocher la tige du perforateur qui est remonté à 12 m. de hauteur et retombe de sa masse formidable dans le trou commencé : encore quelques chutes de cc puissant engin et le sol dur sera atteint, au-dessous de la nappe d'eau de la Seine et, sans qu’on ait enlevé une seule pelletée de terre, voici un superbe puits de fondation creusé en moins d’une demi-heure. Le sol a tremblé tout à l’entour, les terres molles ont été comprimées et solidifiées par le passage du perforateur, les parois du puits sont lisses et comme polies par un habile cimentier.
- On jette alors des brouettes de moellons dans ce puits et quelques sacs de ciment délayé de sable ; le pilon bourreur est accroché à la grue à vapeur et
- Grue à vapeur de 40 chevaux enlevant le perforateur pesant 2200 kg.
- p.164 - vue 168/647
-
-
-
- LES FONDATIONS DU PALAIS DE JUSTICE DE PARIS
- 165
- on le laisse tomber plusieurs fois sur ces matériaux au fur et à mesure que s’accomplit le remplissage du puits qui se termine avec un béton de cailloux et de ciment port-land à peine humecté d’eau.
- Le puits ainsi rempli forme un pylône dont la base est évasée par le bourrage, ainsi que le montre une de nos gravures, d’après une photographie faite sur un de ces pylônes que l’on a isolé des terres environnantes pour constater de visu le résultat du travail.
- Le pylône est enfin battu de quelques coups avec le pilon à base plate, dit pilon d'épreuve qui achève la compression des matériaux de remplissage.
- Les puits sont ainsi perforés à quelques mètres les uns des autres ou même à 1,70 m. d’axe en axe, selon les besoins d’appui du bâtiment. Lorsque ces puits sont très rapprochés, les matériaux de remplissage, en s’épanouissant dans le sous-sol meuble, se réunissent d’un puits à l’autre et arrivent à former ainsi, à 12 ou 15 m. au-dessous du niveau de la terre, un véritable radier.
- On conçoit les avantages de solidité d’un tel mode de fondation, qui est en même temps rapide et économique, qui épargne les peines et les dangers aux ouvriers puisatiers et ne nécessite aucun travail de boisage ou de sécurité.
- Les matières employées"pour le remplissage des puits Compressol sont la pierre sèche, le béton de chaux et le béton de ciment à dosages variés; dans certains cas on incorpore dans le pylône des armatures métalliques servant ultérieurement à relier les pylônes
- entre eux et à la maçonnerie de superstructure. Quant à la résistance à l’écrasement de telles fondations, comparée à celle des autres procédés tels que pilotis en bois, pilots en ciment ou béton comprimé à la main, nous citerons les chiffres suivants, résultats des travaux des spécialistes en matière de fondations et de la commission officielle instituée en 1901 par le ministère des Travaux Publics :
- CHANGE PRATIQUE PAR CM2
- pieu en bois. 10 kg puits en béton coulé ... 20 kg puits en béton comprimé à la main . . 30 kg pylône en béton comprimé à la machine .
- Fig. 2. — Pylônes formés par le système Compressol; les terres ont été enlevées tout autour atin de vérifier le travail. On voit en haut le pilon bourreur et le pilon d'épreuve
- Fig. 3.
- Coupe du puits perforé mécaniquement.
- 84 kg
- (Ces charges sont du septième de la charge maxima que peut supporter le pilotis.)
- Il convient d’ajouter ici que le pylône en pierres et béton est indestructible et durera éternellement, tandis que le pilot en bois de quelque essence qu’il soit, finira par pourrir comme toute matière organique et par amener la ruine de l’ouvrage qu’il supporte ; on en voit journellement des exemples par les fissures et lézardes qui se produisent dans les bâtiments construits sur pilotis en bois et la chute du célèbre campanile de Venise n’eût pas d’autre cause que la destruction lente de ses fondations sur pilotis en bois.
- De nombreux édifices publics, ponts et viaducs ont été fondés dans tous les pays sur pylônes Compressol ; citons la nouvelle Imprimerie Nationale à Paris et l’Église du Sacré-Cœur, à Nancy, dont les dômes audacieux sont une bien autre charge que celle des bâtiments du Palais de Justice en construction. René Ciiamply.
- p.165 - vue 169/647
-
-
-
- LA RÉNOVATION DE LA CORSE
- n décret du 24 septembre 1908 institue une « commission ayant pour objet de proposer les mesures les plus propres à la réorganisation des services administratifs et au relèvement économique de ce département ». Sans délai, cette commission est allée passer trois semaines sur place, et elle est revenue avec une impression très pénible sur la triste situation de ]' « île qui meurt », comme l’a justement qualifiée un grand quotidien.
- Les termes du rapport du ministre de l’Intérieur, sur lequel le décret a été rendu, sont aussi exacts que courageux.
- On a eu raison de juger qu’un essai devait être tenté pour refaire de la Corse une terre normale et pour la faire. « se connaître elle-même ».
- Par suite de luttes incessantes contre les conquérants successifs, les croisements du dehors ont été rares, et le Corse est devenu, dit le rapport, « surtout un individualiste, plus attaché à ses intérêts de famille ou de parti qu’aux intérêts généraux ».
- « Aucune civilisation, ni romaine, ni génoise, ni pisane n’a eu de prise sur elle, et ni la Réforme, ni la Révolution n’ont pu détourner les esprits des querelles locales. »
- Les associations et syndicats sont à peu près inconnus.
- Les lois françaises ont été en Corse mal ou pas appliquées parce que « leur esprit est en contradiction flagrante avec la mentalité corse, puisqu’elles ont précisément pour but de réclamer des intérêts particuliers la satisfaction des intérêts collectifs ». C’est pourquoi Napoléon avait songé à en faire une colonie.
- « Jusqu’à ces dernières années, quelques grandes familles tenaient l’île sous leur domination, soutenues par des chefs de parti plus ou moins nombreux et puissants. Derrière ces chefs de parti, toute une « clientèle », la masse des électeurs, votant, non pour un programme ou une idée, mais pour l’homme dont elle recevait et attendait des services personnels. »
- L’extrême pauvreté du pays est plus grande qu’en Rretagne, dans les Hautes-Alpes, etc. On n’y connaît ni l’industrie, ni le commerce, ni l’agriculture. « Le pain et le fromage de chèvre constituent l’élément essentiel de la nourriture. Le Corse vit avec
- quelques sous par jour. Même dans une ville comme Sartène, le paysan écoule ses produits sur le marché, contre d’autres produits de première nécessité, sans avoir recours au numéraire. Le receveur des finances de Corte, en tournée, ne put trouver dans un village la monnaie d’une pièce de 5 fr. Tous les habitants de la commune réunis ne possédaient pas celte somme en argent liquide. »
- Cela est parfaitement exact : dans la plupart des villages corses on cherche vainement la monnaie de 2 francs.
- « Cependant, personne ne meurt de faim. D’abord parce que la race est très sobre et très endurante, ensuite parce que le chef de parti distribue toutes les semaines quelques mesures de froment ou de seigle, nécessaires à l’existence de ses partisans les plus pauvres.
- « La propriété individuelle y est pour ainsi dire inconnue. »
- 11 n’y a point de banques privées; la succursale delabanquedeFranceà Ajaccio fait très peu d’affaires.
- Personnellement je n’ai pas pu trouver à Ajaccio, pour passer en Sardaigne, le change de plus de 100 francs en monnaie italienne.
- Toutes les recherches de minerais ont lamentablement échoué. La main-d’œuvre est aussi difficile à recruter qu’à manier.
- L’agriculture seule pourra sauver le pays; ses ressources y sont grandes ; mais il faut les mettre en œuvre, ce qu’on n’a jamais fait parce que « les habitants, toujours en guerre contre des conquérants, n’ont jamais eu le loisir de tourner leur activité vers les travaux agricoles qui étaient confiés à des mercenaires italiens. Les incursions des conquérants obligèrent les populations à abandonner les plaines du littoral, et le défaut de culture engendra la malaria qui, peu à peu, gagna toute la partie fertile ».
- L’état des finances est plus que précaire. Les chiffres que donne le rapport établissent « de toute évidence que l’impôt excède les forces du pays ». Les routes ne sont pas entretenues, les immeubles départementaux sont en mauvais état. « Il y a des gardes forestiers communaux qui n’ont pas été payés depuis sept ans. » V
- Quand les inondations emportent un pont, il demeure écroulé pendant des années : témoin l’aspect de celui de Rena Bianca (en mai 1908) entre Pro-priano et Sartène sur le Rissaneze (fig. 5-6°).
- Aux quais, longs et commodes de Propriano, port bien abrité de Sartène, il y avait en mai 1908, un navire de commerce (goélette à voiles, v. fig. 3-2°).
- A Saint-Florent, j’ai vu le vapeur qui, une fois par semaine, cabote autour de l’île, arriver de cinq jours en retard !
- . . t » V* v S f
- .......y..
- p.166 - vue 170/647
-
-
-
- LA RENOVATION DE LA CORSE
- 167
- L’hygiène publique est caractérisée par « les conditions exceptionnellement défavorables dans lesquelles sont placés les individus contre les agents fort nombreux de maladie et d’alïaiblissement.
- « L’alcoolisme commence à peine à se montrer dans le département. Il mérite cependant que l’on y prenne garde. »
- L’insalubrité des habitations provoque des maladies d’yeux terribles.
- « La fièvre typhoïde est très fréquente, surtout à cause de l’incurie déplorable de la surveillance de l'eau. On observe fréquemment que des fontaines sont établies dans des points où des infiltrations de loutes sortes peuvent vicier les eaux originellement pures. » La tuberculose, devenue un fléau, « était à peu près inconnue il y a cent ans ».
- « Après la mort, le corps reste découvert jusqu’aux obsèques et, en vertu des traditions du pays, tous les membres de la famille et presque tous les habitants du village passent de longues heures dans la chambre du défunt. Les femmes (vocératrices) chantent des complaintes, pleurent sur le cadavre, le couvrent de baisers]usque dans l’église et jusqu’au
- désole toute la plaine. » En réalité, la malaria a réduit les 500000 habitants du xvne siècle aux 291160 de 1906 (55 h. au kilomètre carré). Soutenu par le D1 Laveran, le Dr Battesti1 (mort en 1906) avait fondé à Bastia en 1902 une bienfaisante ligue corse contre le paludisme : elle n’a pu encore abaisser
- Fig. 1.
- En haut et au milieu : Église pisane de Saint-Michel de Murato. En bas : F.visa.
- moment où on l’ensevelit. La décomposition même n’arrête pas ces manifestations. Aucune précaution n’est prise pour éviter la contagion. »
- Le nombre des médecins et pharmaciens est désastreusement insuffisant. « Le paludisme est depuis cinq ou six ans la principale cause de morbidité. Il
- le prix du gramme de quinine qu’à 0,15 fr., alors qu’en Italie et Sardaigne il est arrivé à 0,06 fr. et même à la gratuité dans certains cas. Aussi, dans ces pays qui tenaient en Europe le premier rang pour la malaria, en triomphe-t-on de plus en plus victorieusement. Le salut de la Corse est à ce prix et parfaitement tangible. Le long de la côte occidentale du Caucase, les défrichements et assainissements du sol restreignent de plus en plus les zones paludi-ques2. Près de Bastia, dans le pestilentiel étang de Biguglia, sur des langues de terre à fleur d’eau, on m’a fait voir une exploitation de vignes, qui prospère sérieusement, grâce à l’initiative et au labeur de son propriétaire et aux précautions dont il sait entourer ses ouvriers. Non loin d’Aléria, centre du paludisme, le domaine national de Casa-bianda montre, par les expériences qu’y a faites le ministère d’agriculture, ce qu’on peut tirer des plaines orientales de la Corse.
- « Aussi paraît-il nécessaire de créer, dans tous les centres importants, des établissements d’enseignement primaire supérieur à
- 1 Yoy. Revue d'hygiène, janvier 1906, Paris, Masson, et Assoc. fr. avanc. des sc. Grenoble, 1904, p. 1476, etc.
- 2 Yoy. E.-A. Martel. La côte d'azur russe. Paris, Dela-grave, 1908.
- p.167 - vue 171/647
-
-
-
- 168
- LA RÉNOVATION DE LA CORSE
- caractère professionnel. Ils contribueront à détruire le préjugé qui existe en Corse contre le travail manuel. »
- Donc « l’heure est venue d’apporter de profondes modifications à la’ situation actuelle de la Corse.... Il faut modifier l’esprit public... la tâche sera longue et ardue.
- « L’achèvement du réseau des voies ferrées per-
- de l’ile, lui a octroyé certaines immunités fiscales, surtout en matière d’impôts indirects :
- a) Réduction des taxes douanières sur le bétail et les denrées coloniales, café, poivre, etc., etc.
- b) Liberté de la culture et de la fabrication du tabac : le monopole n’existe pas.
- c) Exonération totale ou partielle des droits intérieurs sur le vin, la bière et surtout l'alcool. Ainsi,
- mettra à toutes les parties de l’île, surtout à l’arrondissement de Sartène, d’apporter les produits agricoles qu’ils ne peuvent écouler aujourd’hui.
- ft Pour atteindre
- la taxe continentale de l’alcool est de 220 fr. ; en Corse, seulement de 90 fr.
- « Le conseil général de la Corse est décidé à abandonner cértains de ces privilèges pour alimen-
- Fig. 2. — 1. Forci d’Aïtonc. — 2. Col de Vergio. — 3. Monte Cinto (vu de Calacuccia.) — 4. Falaises de Bonifacio.
- 3. Calanclie de Piana.
- des centres, même très importants, comme Sartène, il faut treize heures de diligence, seize pour aller à Bonifacio, vingt-quatre pour Portovecchio. » Le rapport ne dit pas que les exigences formidables des, propriétaires de mauvais terrains à exproprier ont seules retardé la construction de la voie ferrée de Ghisonaccia à Bonifacio par Portovecchio, lacune qui paralyse le développement de la moitié de 1 ile ; mais il rappelle que « la Révolution, tenant compte de la situation géographique et économique
- ter le budget départemental. » Sous ce point de vue on a songé à relever les droits sur l’alcool. Mais pour toutes les mesures à prendre « il faut procéder avec prudence et sagesse... le caractère corse se prête mal à des révolutions brutales ». Et cependant « la situation de la Corse, ne pourra être vraiment modifiée que par une transformation complète et profonde du pays ».
- Elle s’impose, elle est urgente, car la malheureuse île n’a guère d’autres avantages actuels que
- p.168 - vue 172/647
-
-
-
- Fig. 5. — 1. Calvi. — 2. Le vaisseau de Propriano. — 3. Olta. — i. Bergerie dans le maquis. — o. Voùle de la grotte Dragonale. — 6. Pont de Rena Bianca. — 7. Lac de Nino.
- 8. Propriano. — 9. Calanche de Piana et golfe de Porto.
- p.169 - vue 173/647
-
-
-
- 170 ....— LA RENOVATION DE LA CORSE
- la beauté de ses paysages. Encore y a-l-il eu quelque exagération à la qualifier dans les Guides, de « la plus belle île de la Mediterranée », de « terre des merveilles » et de « Suisse méditerranéenne ». Que dire alors de la Sicile, de Majorque, de l’arrière-pays de Provence, du pays basque, des Alpes dolomitiques du Tirol, etc.?
- La Cçrse, en effet, et d’abord pour les simples curieux, est fâcheusement dépourvue de beaux monuments, de musées et de toutes manifestations artistiques : on ne peut citer, dans l’ordre esthétique, que les trois églises romanes de la Canonica (ruinée en plein marais de Biguglia sur l’emplacement de Mariana), la basilique (assez altérée) de Sainte-Maric-de-Nebbio, près Saint-Florent et le Saint-Michel de Murato, près Saint-Florent aussi, véritable petit bijou de marqueterie pisane en pierre blanche et verte (voir fig. 1). Autour de Sartène il y a des menhirs et dolmens (celui de Fontanaccia surtout) intéressants. C’est tout!
- Des sites admirables sont, il est vrai, les fameuses cal anche de Piana, le tour du Cap Corse, les falaises et grottes farouches de Bonifacio1, les golfes délicieux d’Ajaccio, Porto, Saint-Florent, les roches d’Ota, de Kyrie Eleison à Ghisone, des aiguilles deBavella, deRoccapina (vraie ménagerie d’animaux figés en granit),les forêtsd’Aïtone, deYizzavona, d’Asinao, etc. ; les gorges de Tavignano, de la Resto-nica, de l’inzecea; les villes quasi accrochées en l’air de Calvi, Corte, Bastia, Sartène, etc. 2 *; seulement la saison du voyage agréable y est limitée à quelques semaines de printemps ; alors même les beaux châtaigniers du fameux col de Yergio et des altitudes analogues ne sont pas encore feuillus et décharnent trop les prospects; plus tard ce sont les cimes, qui, ne montant pas plus haut que les 2710 m. du Monte Cinto, perdent leurs neiges d’hiver et laissent à nu leurs granits moroses ; car ces roches éruptives (gra-nulites, pegmatites, rhyolites) aux formes trop souvent émoussées imposent la plus fâcheuse monotonie à la grande majorité des sites de Pile; certains sommets seulement se découpent en aiguilles hardies5; leurs lacs et cascades sont insignifiants! J’avoue n’avoir point perçu de beautés dans les grisailles surfaites de la Spelunca, d’Evisa, de la Scala Santa-Regina et de la vallée du Golo.
- Et pourquoi, par une désillusionnante exagération, persiste-t-on à attribuer 150 m. de diamètre4 au trou quiperforele sommet du Capo Tafonato (2545 m. au nord du col de Yergio) alors qu’il n’en mesure
- 1 Surtout la romantique caverne Dragonale, dont la voûte, crevée au-dessus d’un lac marin, reproduit si curieusement le contour même de l’ile entière (v. fig. 5-5°).
- 2 Voy. les beaux dessins de Yuillier, dans les Iles oubliées. Paris. Hachette, in-4°, 1803.
- 5 Voy. G. Roveueto, Studi di Geomorfologia, in-8°, Gênes, 1908. — J. Deprat, Etudes sur la Corse, lful. de la carte géologique, nos 114 et 117 (1906 et 1907). — ISentien. Essai sur la constitution géologique de la Corse. Paris. Baudry, 1897.
- 4 Guipes Joanne. La Corse, éd. 1907, p. 87.
- réellement que 50 de long sur 10 de haut1? Pourquoi encore un bluff, disqualifié depuis dix-sept ans, prétend-il toujours que, près dePonte-Leccia, la grotte de Pietralbcllo laisse percevoir « assez distinctement le bruit de la mer en furie » par les vents d’ouest? alors que 50 à 40 km de roches éruptives sans cavernes possibles s’étendent jusqu’à la côte occidentale2? Quant aux embaumées senteurs des romarins, des cistes et des lentisques, l’Estérel en possède au même degré que la Corse et y ajoute la pourpre éblouissante de ses incomparables porphyres.
- A la mélancolie de la nature s’ajoute celle des habitants, toujours fanatiques des deuils prolongés (dix ans et plus), et toujours enfarouchés de leurs vendettas; l’universel noir de leurs costumes et l’austérité de leurs visages fait de toute la Corse un pays qui sent la mortl Meurtrier et condamnable usage s’il en fût, cette vendetta nationale, par la puérilité de ses points de départ, en général un simple larcin de baudet (guerre de l'âne entre Borgo et Lucciana en 1852), détournement de menu bétail, abatage d’arbre, ou autre moins grosse vétille.
- A la veille des élections de 1908, on m’a conté qu'à Zicavo une vendetta s’était ouverte par un doulde meurtre de part et d’autre en deux familles, pour la substitution nocturne de quelques petits cochons blancs à des noirs ! Quel désastreux sentimentalisme il y a, sous prétexte de couleur locale, à juger intéressants ces criminels abus, qui toujours procèdent par basse surprise et vilaine traîtrise, ne justifiant que trop cet aphorisme, salutairement révolutionnaire, que le respect du passé est la compromission de l’avenir.
- « C’est ainsi, avoue encore le rapport, que les annales de ce pays se résument en des récits de luttes locales, de querelles de piève à piève, de dissentiments entre familles dominantes. Sauf au moment des longues guerres de l’indépendance contre la domination génoise, on ne voit pas qu’une grande idée commune ait jamais uni ce peuple courageux et chevaleresque.
- « C’est en effet une autre constatation que les grands courants d’opinion qui, à travers les siècles, ont apporté de si profondes modifications en Europe, n’ont eu en Corse aucun écho. »
- Telle est sur la Corse la vérité sombre et rude, mais nécessaire à proclamer afin que n'achève ]>oint de mourir ce pays, riche quand même en réelles beautés et parfaitement susceptible d’une plus fructueuse existence. Mais, pour l’avenir de la Corse, il faut que les Corses modifient leur état d'âmel S’ils y consentent, et s’ils s’associent ainsi de bonne grâce aux efforts que l’on veut tenter à leur intention, rapidement leur île aimée peut renaître et prospérer ! D’eux-mêmes désormais dépend leur destinée! E.-À. Martel.
- 1 Zeitschrift du club alpin allemand-autrichien, 1903, p. 172.
- 2 La Nature, n°" 933. 18 avril 1891 et 937, 16 mai 1891, et Martei,, Les abîmes, p. 423.
- p.170 - vue 174/647
-
-
-
- 171
- L’INDUSTRIE DU BEURRE
- Nos ancêtres les Gaulois considéraient le beurre I les beurres d’Isigny étaient expédiés en Amérique, comme un médicament. Les Germains ont commencé | Pendant la dernière moitié du xixe siècle, et sur-
- DANEMARK Total; 872731 AUSTRALIE Total: 34.023t. RUSSIE Total: 32.4-25.1 NOUVELLE ZÉLANDE Total: 14.852t FRANCE Total: 13.316.1 SUÈDE Total: 10.8821 HOLLANDE Total: 8.707.1 CANADA Total: 8.220.1
- mm (IIÊiîk
- mm m
- * ImlKllÊmlj WBm yfiulllllllllillllllll ISwJ 1ïimm(ËÊÊI}l >k.
- lONNCS
- 10.00G
- 8.000
- 6000
- 4000
- 2000
- forer
- Fig. 1. — Importations du beurre en Angleterre (1" juillet 1906-1" juillet 1907) d’après les relevés mensuels.
- à l’apprécier comme un aliment. Charlemagne, en même temps qu’il encourageait l’élevage du bétail dans ses domaines, avait la sagesse de recommander à scs intendants de veiller à la bonne préparation du beurre.
- Pendant tout le moyen âge, le beurre est resté un article de consommation familiale; il ne fut pas l’objet d’un vrai commerce.
- Il fallait compter avec les difficultés des transports et plus encore avec les difficultés de conservation.
- Au xvn° et même au \vine siècle, dans certaines provinces, la Guyenne, par exemple, le beurre frais élait un aliment de luxe.
- Paris consommait le beurre apporté des villages environnants et aussi du Gàtinais. Le beurre de Yanvcs, moulé en pains ronds marqués aux armes de France, était fort estimé. On le disait « le plus excellent qui soit au monde ».
- Les beurres en mottes, pendant l’hiver, venaient d’Isigny et de Gournay.
- Au commencement du xvme siècle, le prix-du beurre frais variait, dans les environs de Paris de 0 fr. 75 à 1 fr. le kg landis que le beurre de Vanves, servi sur la table des gourmets valait de 4 fr. 50 à 5 fr.
- Le commerce du beurre salé devint bientôt plus important que celui du beurre Irais. Parmi les principales régions de production étaient la Normandie, le Boulonnais, la Bretagne. Les beurres d’Isigny et du pays de Bray jouissaient d’une réputation non seulement nationale, mais universelle. Ils s’exportaient à l’étranger jusqu’aux tropiques, notamment dans les colonies françaises. Ainsi
- tout depuis une vingtaine d’années, le commerce du beurre subit une évolution rapide. Les données et les procédés scientifiques de la chimie, physique, microbiologie, mécanique appliqués à sa fabrication, en font un produit de conservation relativement facile et de transport aisé ; sa consommation se généralise. L’industrie beurrière prend un développement considérable; elle a droit aujourd’hui d’être comptée au nombre des industries agricoles les plus importantes.
- D’après les statistiques officielles, publiées par le Ministère de l’agriculture, la France produit annuellement 150 000 tonnes de beurre. L’exportation du beurre français se chiffre par 25 millions de kg alors que l’importation ne dépasse guère le chiffre de 5 millions.
- L’Allemagne, un des premiers pays qui ait traité scientifiquement la question du lait, a vu sa production laitière croître d’une façon remarquable. La Société d’agriculture de l’Allemagne, Deutsche Landwirlschaftgesellschafl a récemment fourni une estimation globale pour l’empire en 1906 1 Le revenu annuel de la production laitière s’élève au chiffre respectable de 5 milliards 502 millions et demi de francs, qui dépasse les plus forts chiffres des productions de céréales, sucres ou alcools, des industries de la houille et de la métallurgie. Les chiffres donnés pour l’Amérique ne sont pas moindres. On y compte 20 millions de vaches, une production de 600000 tonnes de beurre, qui avec le 1 Bulletin des Halles, 30 janvier 1908.
- -400.fr
- Beurre frais /\ Français
- Beurre salé Danois
- -250.fr i
- Beurre salé Australien
- -200.fr.
- Fig. 2. — Diagramme îles prix sur le marché de Londres. (1" juillet 1906 - 1" millet 1907.)
- Fig. 3.
- Isolement des parois des caves delà Nantes-Butler. — A. mur en moellons; B. couche d’air ; G, briques creuses ; D, briques de liège; E, briques creuses.
- p.171 - vue 175/647
-
-
-
- 172
- L’INDUSTRIE DU BEURRE
- lait et le fromage représentent une valeur de 3 milliards et demi1.
- L’Angleterre est de même un gros consommateur de beurre ; mais son cas est particulièrement digne d’attention, car elle est le principal débouché, des beurres exportés par les divers pays producteurs. La consommation annuelle du beurre s’y est élevée, ces dernières années, à environ 300 millions de kg dont plus de 200 millions de kg provenant de l’étranger; le surplus est produit par le pays lui-même. Londres est devenu le plus grand marché du monde pour le beurre, et en absorbe chaque
- production est loin d’avoir atteint son maximum ; le beurre de Nouvelle-Zélande est excellent.
- L’Angleterre achetait autrefois chez nous le tiers des beurres qu’elle importait. Depuis 1889, le pourcentage de nos exportations y a été sans cesse en décroissance. Il y est actuellement inférieur au dixième.
- Est-ce à dire que nous devons céder le pas à nos concurrents? La réponse n’est pas douteuse après qu’on a jeté les yeux sur le diagramme (fig. 2), des prix de faveur accordés aux beurres français poulies qualités fines. La bonne renommée de nos beurres de choix est un encouragement à multiplier nos efforts pour leur introduction en Angleterre. Aussi il y a un intérêt particulier à signaler l’organisation d’une laite-rie-beurrerie, née de l’entente cordiale, la « Nantes-Butler », comprenant deux établissements industriels importants.
- L’un est la laiterie-beurrerio d’Issé, auprès de Nantes, qui comporte une usine pour la fabrication du beurre, et l’autre la beur-rerie de Nantes, où les beurres sont
- Fig. 4. — L’écrémagc du lait.
- année pour plus de 500 millions!
- Le pourcentage des diverses nations (1905) qui exportent leurs beurres sur l’Angleterre permet de les classer comme suit : Danemark,
- 39,31; Russie, 11,12; Australie,
- 11,07; France, 8,40; Nouvelle-Zélande, 7,24; Canada,.7,04', Pays-Bas, 5,06 ; Suède, 4,54 ; États-Unis,
- 2,05; Argentine, 1,86; Allemagne,
- 0,13; Divers, 2,18.
- Le diagramme (fig. 1, p. 171) montre l’importance des quantités importées en Angleterre, du 1er juillet 1906 au 1er juillet 19072. On y voit la position dominante et fort enviable, acquise par le Danemark sur le marché anglais, qui est due à la bonne qualité de ses envois et à une organisation intelligente de ses moyens d’exportation. Il faut remarquer les parts relativement importantes prises par la Russie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et qui s’accroissent d’année en année. Les beurres de Sibérie ne sont pas de très bonne qualité, mais ils luttent par le bas prix de vente et leur
- 1 Tlie World to-day, mars 1908.
- 2 D’après un diagramme des relevés mensuels dressé par M. Wcddcl de Londres et publié par Dairy producer Heview.
- Fig. 5. — Salle des machines frigorifiques.
- épurés, mis en entrepôt, et expédiés de tous côtés.
- Rien, en apparence, ne semble plus simple que la fabrication du beurre. Une courte visite à une laiterie de ferme, à la campagne, est suffisante pour initier aux manipulations nécessaires. Le lait versé dans de grandes terrines est abandonné à lui-même. Avec une température convenable, c’est-à-dire de 12° à 15°, au bout de 24 heures environ, une couche de crème monte à la surface ; ce sont les globules de matière grasse qui, en raison de leur plus faible densité, se séparent de la partie aqueuse du lait. Là crème est alors enlevée et soumise dans une baratte à un brassage énergique. Elle est ainsi agglomérée en une masse, qui est à proprement parler,
- p.172 - vue 176/647
-
-
-
- L’INDUSTRIE DU BEURRE
- 173
- le beurre. Le délaitage et le lavage à l’eau ont enfin pour but de détacher de la matière grasse, les dernières traces de petit-lait et de caséine qui y seraient encore adhérentes. De cette façon, on retire 1 kg de beurre de 25 à 50 litres de lait écrémé. Tel est le procédé ancien de la fabrication du beurre généralement connu du grand public. Le rappeler, c’est montrer mieux les perfectionnements apportés par l’industrie du beurre, telle qu’elle se, pratique aujourd’hui dans l’usine à beurre, outillée d’après les enseignements de la science des ferments.
- Le bon lait fait le bon beurre. Or, le lait est un liquide extrêmement délicat, prêt à subir l’influence desjfermentations parasites. Il faut le manier avec les plus grands soins. Dès l’aube, les « courtiers » ou ra-masseurs de la laiterie-beurrerie sillonnent la contrée en tous sens à 50 km à la ronde, au grand trot de leurs infatigables petits bidets bretons. Ils s’arrêtent à la porte de la ferme, au carrefour des routes, là où la fermière doit leur apporter le
- a été construit par de Laval, ingénieur suédois, a été introduit en France en 1878. Son principe consiste dans l’emploi de la force centrifuge agissant inégalement sur la partie aqueuse du lait et sur la matière grasse émulsionnée dans son sein, par suite de la différence de leurs densités. En effet, la densité du lait maigre est de 1,036 et celle des globules butyreux est de 0,95. Dès qu’un récipient cylindrique contenant du lait est soumis à un mouvement de rotation très rapide, une véritable dissociation se produit dans la masse du liquide ; le lait maigre, rendu plus dense par les corps qu’il ren-
- Fig. 7. — L’emballage cl rcxpédilion.
- lait frais. Avant midi, les voitures pesamment chargées sont de retour à l’usine. Le lait est aussitôt l’objet d’un examen minutieux; il est mesuré, pesé, tamisé de telle façon qu’aucune supercherie ne puisse en altérer la qualité.
- Il ne saurait être question de l’écrémage spontané, il exige un temps trop long; pendant qu’il s’effectuerait, il exposerait la crème à des dangers de fermentation nuisible. Le lait frais est versé dans un vaste récipient, d’où il se répand sur un réchauffeur. 11 y prend une température de 28° à 55° la plus favorable à l’écrémage, qui s’opère aussitôt mécaniquement dans une écrémeuse centrifuge. Cet ingénieux appareil, dont le premier type
- Fig. G. — Le malaxage du beurre.
- ferme en dissolution, se porte vers les parois où il forme une couronne tandis que la matière grasse s’amasse au centre. Théoriquement, cette séparation devrait être intégrale; en pratique, le lait passé à l’écrémeuse se partage en trois couches distinctes : la première contient les éléments solides, les plus denses phosphates de chaux, sels minéraux, caséine sous forme de grumeaux, impuretés diverses, débris épithéliaux, globules blancs et hématies, poils, poussières, etc. ; la seconde comprend le lait écrémé de couleur bleuâtre, contenant encore quelques globules gras; la troisième est la crème d’autant plus compacte que la force centrifuge s’est exercée plus fortement. Aussi, on donne aux turbines-écrémeuses, suivant leur dimension et leur type, des vitesses qui varient de 2000 à 6000 tours à la minute. Grâce à leur emploi, on retire normalement du lait 15 pour 100 de crème, ce qui correspond à un rendement final de 1 kg de beurre pour 25 litres de lait traité. Ce rendement est supérieur à celui que donne l’écrémage naturel. L’ingéniosité des constructeurs a perfectionné les écrémeuses de telle sorte
- p.173 - vue 177/647
-
-
-
- 174 rrrr—L INDUSTRIE DU BEURRE
- qu’elles fournissent un travail continu et sont d’un nettoyage facile.
- À la sortie de l’écrémeuse, la crème a généralement une température de 25° à 28°; il faut se hâter de la refroidir pour que les microbes nuisibles ne s’y développent pas. Dans certaines beurreries, en Danemark notamment, on pasteurise la crème pour tuer tous les ferments. La pasteurisation consiste à la chauffer pendant quelques minutes à une température de 65° à 70° et à la refroidir immédiatement pour éviter le goût de cuit. La crème ainsi stérilisée est ensemencée avec des cultures de ferments lactiques purs.
- Quelle que soit la manière d’opérer, la fermentation de la crème — seconde opération de la fabrication du beurre — est la plus importante. Elle a pour résultat une acidification qui donne au beurre son arôme. Pour qu’elle s’accomplisse dans de bonnes conditions, les bacs où la crème est recueillie sont maintenus à une température qui varie de 10° à 15° selon les saisons. La fermentation de la crème est spontanée sous l’action du ferment lactique. La maturation dure environ vingt heures et doit être prolongée jusqu’à ce que l’acidité voulue, constatée à l’acidemètre, ait été obtenue. Si l’acidification était insuffisante, le rendement du beurre serait sensiblement diminué; la pâte elle-même serait modifiée dans son état physique et n’aurait plus tout • son moelleux.
- La crème, nuire à point, est barattée mécaniquement. Cette opération est des plus simples dans les laiteries-beurreries qui disposent de force motrice. La baratte est un grand tonneau de 200 litres environ auquel on communique un mouvement de rotation de 50 à 60 tours par minute. Au bout de 20 à 25 minutes, les globules gras commencent à se réunir, c’est le moment de soutirer le petit-lait qui s’en est séparé; sinon, ces globules, en s’agglomérant, emprisonneraient avec eux dans la masse une partie du petit-lait, ce qui contribuerait à précipiter ensuite le rancissement.
- Le délaitage s’opère dans la baratte ; aussitôt après, le beurre est lavé à plusieurs eaux à une température de 5° à 7°.
- Le beurre n’a pas encore de cohésion. Afin de donner à sa pâte cette fermeté, cette plasticité qui caractérise le beurre de beurrerie, tout en expulsant les dernières traces de petit-lait et l’eau en excès, on procède au malaxage. Le beurre, posé sur de larges tables tournantes, est entraîné sous un rouleau tronconique cannelé en bois dur, qui tourne sur lui-même. Huit à dix passages sous le rouleau donnent au beurre la consistance désirable. En malaxage trop prolongé nuirait à la qualité. On juge de l’effet du malaxage en coupant avec un couteau de bois une mince tranche de beurre. Le malaxage n’est pas complet s’il sort des gouttelettes sous la pression de la lame.
- Ainsi se terminent les quatre opérations principales qui concourent à la fabrication du beurre :
- écrémage du lait, fermentation de la crème, barattage, malaxage. On a vu quelles précautions sont prises pour qu’elles s’elfectlient régulièrement. Le thermomètre que l’on ignore dans la laiterie de la ferme, est devenu dans l’usine à beurre l’instrument indispensable qui impose ses lois.
- Il s’agit de conserver le beurre sans aucune altération jusqu’au jour de son expédition; or, la chaleur de l’été le rend huileux et le fait rancir rapidement. Cet inconvénient peut être écarté par un emploi judicieux du froid. De là l’usage dans toutes les beurreries un peu importantes de machines frigorifiques. L’établissement de la Nantes-Buttcr, qui fait plus particulièrement l’entreposage des beurres, a une installation frigorifique complète. La force motrice de deux machines à vapeur développant plus de 500 chevaux est, en grande partie, absorbée par deux machines à glace, l’une à acide carbonique de 1000 kg de glace à l’heure, l’autre à acide sulfureux de 500 kg. Que de chemin parcouru dans ce sens, si on se rappelle que, depuis dix ans à peine, l’usage de la machine frigorifique s’est généralisé dans la beurrerie! Ainsi, dans la région des Cha-rentes, la première application réellement efficace du froid à la fabrication du beurre a été faite, avec de la glace artificielle en 1899, dans la Laiterie coopérative d’Echiré (Deux-Sèvres).
- Les salles de dépôt du beurre à l’usine de Nantes sont des chambres frigorifiques d’une capacité totale de 6000 m3. Le refroidissement est obtenu par une circulation de saumure incongelable dans des faisceaux de tubes disposés en jeu d’orgue et suspendus aux plafonds. Des gouttières en tôle recueillent les vapeurs d’eau condensée, qui en tombant en pluie entretiendraient une humidité nuisible. La ventilation est constante et est effectuée par des ventilateurs électriques. L’isolement des murs, du plafond et du sol est aussi parfait que possible grâce à des parois enveloppantes formées de briques creuses et de liège avec interposition d’une couche d’air. Les appareils enregistreurs, pendant la journée du dimanche où les machines ne fonctionnent pas, n’indiquent qu’une perte d’un degré en 56 heures. Le beurre déposé frais dans cette atmosphère d’air sec maintenu à une température aux environs de 0°, cl sans le secours d’aucun antiseptique, se conserve intact plusieurs mois de suite si cela est nécessaire.
- Les beurres frais, qui viennent de la ferme ou des marchés de Bretagne, sont d’abord triés et classés par catégories. On les voit remplissant de larges réservoirs sous forme d’énormes motlcs qui ont toutes les nuances dégradées du jaune. Ces mottes d’origines différentes sont portées à la salie de malaxage où elles sont triturées, mélangées, débarrassées de toutes impuretés. Le beurre est alors prêt à l’expédition. Ici on le met dans des paniers en l’enveloppant de linge, ou dans de petits barils de bois ; là, des équipés de femmes le transforment en pains de dimensions variées, au gré des acheteurs. Des moules permettent à l’ouvrière, sans qu’elle mani-
- p.174 - vue 178/647
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES —... ...... — 175
- jmlc le beurre, de faire des pains d’un poids rigoureusement exact. Ces pains, sous une enveloppe de papier, remplissent d’élégantes petites caisses de bois. « Marchandise bien étalée est à demi vendue », disait jadis Montaigne.
- La rigoureuse propreté du personnel, des salles, du matériel est une nécessité de la fabrication du bon beurre. L’eau pure est abondamment employée; les chaudières des machines à vapeur fournissent en même temps la vapeur pour le nettoyage des appareils. Les usines tout entières sont pour ainsi dire stérilisées chaque jour.
- 11 faut souhaiter que les débouchés du beurre sur l’étranger et sur l’Angleterre, en particulier s’ouvrent de plus en plus larges. Toute exportation représente une importante main-d’œuvre qui est payée par l’étranger en même temps que le produit même du sol.
- Plus de 2000 laiteries — beurreries d’importances diverses, munies d’un outillage moderne, dont un tiers environ est organisé en Sociétés coopératives — sont disséminées en France dans presque tous les départements. La région des Charentes et
- du Poitou a donné le bon exemple. On y compte plus de 100 beurreries qui groupent plus de 50000 cultivateurs possesseurs de 150 000 vaches. Leur production annuelle représente 200 millions de litres de lait traités, 10 millions de kilogrammes de beurre d’une valeur de 27 à 30 millions.
- Dans bien des régions de France le champ est encore libre pour la beurrerie. La production des laiteries industrielles et coopératives françaises n’est estimée qu’à 60 et quelques millions, alors que l’ensemble de la production du beurre français s’élève à 500 millions et pourrait être augmentée encore.
- On voit quels sont les bienfaisants effets de l’industrie beurrière. Le beurre fabriqué scientifiquement n’est pas seulement un aliment de premier ordre, mais il contribue à la mise en valeur des richesses de la terre de France et joue même un rôle social en développant chez l’agriculteur le goût de l’association sous la meilleure forme, celle de la coopération, arme excellente en outre pour la lutte contre la concurrence étrangère qui, de nos jours, devient de plus en plus ardente. Norbkrt L.vllik.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des ici et*8 février 1909.
- Propriétés chimiques de la pero.njdiaslase. — M. Roux expose les recherches effectuées par M. Gabriel Bertrand et Mlle ltozenbaud sur la peroxydiastase. Cette substance, dont l’importance physiologique semble considérable, est encore très mal connue. Les acides agissent sur elle d’une manière très particulière dont on peut déduire qu’elle diffère profondément des oxydiases avec lesquelles on l’avait confondue jusqu’ici. Les auteurs établissent des relations physico-chimiques aussi curieuses qu’inattendues entre les acides et le ferment soluble.
- La suture des artères et des veines. — M. Dastre rappelle que la question des blessures des vaisseaux sanguins a longtemps occupé les chirurgiens. Ces blessures échappent, en effet, aux règles de la cicatrisation ordinaire. Depuis quelques années on a réussi à faire quelques sutures d’artères coupées et à rétablir ainsi la continuité. M. Dastre expose que M. Frouin a imaginé une technique grâce à laquelle cette suture , peut être pratiquée sans difficulté. Il a même entrepris de suturer une artère à une veine et a eu l’idée de rechercher ce qui se passait dans un organe où l’on intervertissait le sens de la circulation naturelle du sang au moyen de sutures de ce genre. Cette recherche était possible sur la tête, dans laquelle le '-ang arrive par les carotides et revient au. cœur par les veines jugulaires. Il coupe d’un coté la carotide et la jugulaire, puis il réunit le bout céphalique de l’artère avec le bout central de la veine et le bout central de l’artère avec le bout périphérique de la veine. Si l’opération est faite simultanément des deux côtés de la télé, l’animal meurt au bout de quelques heures, mais si l’on opère successivement l’animal, à intervalle, il survit. Mais on constate alors que la veine s’est obstruée par épaississement du tissu et qu’il s’est créé une circulation collatérale par les petites artères, grâce à laquelle le cours
- — Présidence de M. Émile Picard.
- normal du sang a pu se rétablir. Cette opération est susceptible de présenter des applications en chirurgie.
- La fécondation des fleurs de pavot. — M. G. Bonnier dépose une Note de M. Paul Becquerel sur la fécondation des Heurs de pavot. D’après de nombreuses expériences faites par l’auteur, la fécondation de ces fleurs se fait en grande partie dans les boutons, avant l’épanouissement de la fleur; le tiers ou même la moitié des ovules sont ainsi transformés en graines dans le bouton clos. De plus, si l’on empêche toute fécondation de la fleur en supprimant les étamines dès le début, les capsules de pavot se développent néanmoins, mûrissent et s’ouvrent comme des capsules ordinaii’es, bien qu’elles ne contiennent pas une seule graine.
- La germination des graines anciennes. — M. G. Bonnier dépose ensuite une Note de MM. Brocq Rousseau et Edmond Gain sur les graines récoltées depuis longtemps. 11 en résulte, par exemple, que des grains de blé recueillis il y a 50 ans seulement ne germent pas, bien qu’ils renferment leur amidon intact et bien qu’ils contiennent encore la diastase qui serait capable de digérer cet amidon.
- Action hypolensive de Vélectricité. — M. Darsonval présente un travail de MM. Letulle et Moutier relatif aux résultats obtenus par eux à l’hôpital Boucicaut en employant la d’Arsonvalisalion à l’abaissement de la tension artérielle. Dans ces expériences, la tension artérielle a été observée à l’aide de deux appareils différents, de telle sorte que le contrôle présente une garantie absolue. L’action hypotensive produite par la d’Arsonvalisation doit être comme un fait acquis.
- L’étincelle électrique. — M. Lippmann expose les résultats des nouvelles recherches exécutées par M. Léauié fils sur les stries des étincelles d’induction. Ce travail est la suite des études que ce jeune savant a entreprises
- p.175 - vue 179/647
-
-
-
- 176 .::::::: LA CHASSE AUX BALLONS ET AUX AÉROPLANES
- sur la théorie mathématique de la décharge des condensateurs et est destiné à compléter les recherches de lord Kelvin sur ce sujet. M. Lippmann signale la concordance remarquable qui existe entre la théoiïe de M. Léauté et les résultats expérimentaux.
- Nouvel emploi de l’émétique en médecine. — M. Roux explique qu’en 1907 on a constaté l’utilité de l’emploi de l’arsenic dans le traitement d’une maladie à spirile très connue. M. le Dr P. Salmon a entrepris de nouvelles recherches dans le laboratoire de M. Metchnikolï, sur les propriétés curatives de l’antimoine, en raison de ce fait que ce métal offre de nombreuses ressemblances avec l’arsenic, au point de vue chimique. L’arsenic réussissant dans les maladies à trypanosomes, il était dès lors naturel de penser que l’antimoine pouvait réussir dans les maladies à spiriles. M. Salmon a étudié
- l’action de cette substance d’abord au point de vue préventif chez le singe, puis au point de vue curatif chez l’homme. Des injections intra-veineuses d’une solution de tartrate double d’antimoine et de potassium à 1 pour 100 lui ont donné des résultats curatifs très appréciables.
- Radio-activité animale. — M. le commandant Darget envoie une nouvelle Note sur la radio-activité animale. Cette propriété ne serait pas spéciale à la région frontale comme on pourrait le croire d’après la communication de l’auteur; on la trouve sous les doigts, sur la région des reins, de la partie médiane de la poitrine et des cuisses. L’auteur ajoute qu’il a obtenu une très belle photographie des lobes cérébraux d’un mouton qu’on égorgeait. Il lui a suffi de placer pendant 8 minutes sur la tète de l’animal une plaque photographique sous triple enveloppe de papier noir. Ch. de Yilledeuil.
- LA CHASSE AUX BALLONS ET AUX AÉROPLANES
- La fonction crée l’organe ! Le ballon dirigeable et l’aéroplane sont à la veille de devenir de redoutables engins de guerre; il fallait créer un organe de défense : il semble que ce soit uniquement à l’automobile qu’on ait songé. Il existait déjà plusieurs modèles de véhicules de ce genre.
- Une maison allemande, la Rheinische Mettalwa-ren- und Maschinenfabrik, vient d’en mettre au point un nouveau type : c’est une voiture mi-blin-dée à mitrailleuse, entraînée par un moteur à essence de 20 chevaux à 4 cylindres ; le système de transmission est le même que dans les automobiles ordinaires, un embrayage par fraction, un changement de vitesse et un cardan. Cette automobile peut
- contenir facilement quatre personnes. La mitrailleuse, du système Hotchkiss, est disposée dans l’espace intermédiaire entre les sièges d’avant et d’arrière; elle tourne sur un affût spécial, dans un hras-cornière qui, à son tour, peut tourner librement dans uné cheville ouvrière reliée rigidement au châssis. Ce bras-cornière permet de couvrir à l’aide de la mitrailleuse le terrain tout entier qui entoure l’automobile, sans que celle-ci ait à faire le moindre mouvement. La mitrailleuse a été étudiée pour les cartouches d’infanterie de 8 mm. À. Gradekwitz.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Flcurus, 9.
- p.176 - vue 180/647
-
-
-
- la nature.
- 20 FÉVRIER 1909.
- — N° 1865.
- LE CHEMIN DE FER DU YUNNAN
- Sitôt qu’elle eut assis son autorité au Tonkin, la France devait nécessairement essayer d’étendre son influence économique dans les provinces chinoises limitrophes, Yunnan et Kouang-Si. Avant même que le Tonkin fût conquis, Jean Dupuis avait ouvert au commerce la voie du fleuve llouge, que les Chinois utilisaient comme route commerciale du Yunnan à la côte, et dont Francis Garnier avait pressenti toute l’importance future. Aussi la péné-
- techniques arrêtèrent leurs projets de pénétration, car il leur aurait fallu traverser un pays très montagneux et franchir des fleuves comme le Salouen et le Mékong, qui descend du Tibet à travers de profondes, vallées.
- La France est presque à la veille d’avoir réalisé cette voie de pénétration jusqu’à la capitale du Yunnan, mais la construction de la ligne n’aura pas été exempte de difficultés de tout ordre, tant tech-
- Fig. 2. Fig. 4,
- Une cuvette dans les montagnes du Yunnan. Série de tunnels sur les parois d’un déversoir du lac Taug-Clieu.
- (Kil. 141,300.) (lvil. 415,600.)
- tration au Yunnan se trouva-t-elle naturellement comprise dans les premiers programmes d’établissement de voies ferrées au Tonkin. La question fut l’objet d’une remarquable étude de la Mission lyonnaise. Ce fut par le traité du 10 avril 1898 que la France obtint de la Chine la concession d’un chemin de fer allant de la frontière du Tonkin à Yunnàn-fou, capitale du Yunnan.
- Les Anglais avaient songé, eux aussi, à relier la Birmanie aux provinces chinoises voisines. Ils construisirent des lignes de Rangoun à la frontière de Chine et obtinrent du gouvernement chinois de les prolonger dans le Yunnan. Mais les difficultés
- 37e année. — 1er semestre.
- niques que financières ; nous ne pouvons nous attacher ici qu’à l’exposé des premières. Mais, si l’œuvre doit être laborieuse et coûteuse, si elle a été déjà, pour les constructeurs de la ligne, l’occasion de regrettables déboires, elle s’achèvera néanmoins et elle sera pour la France un très grand succès politique et économique.
- Le chemin de fer du Yunnan est la prolongation, au delà de la frontière chinoise, de la ligne qui traversé le Tonkin de Ilaïphong à Lao-Kay et présente une longueur d’environ 400 km. La mise en exploitation de la section de Ilaïphong à Hanoï a eu lieu le 1er avril 1903; les autres sections de la ligne
- 12. — 177
- p.177 - vue 181/647
-
-
-
- 178 .....:.= LE CHEMIN DE
- tonkinoise ont été mises successivement en exploitation, et le dernier tronçon, Yenbay-Lao-Kay, a été ouvert au trafic le 1er lévrier 1906. Ce lut seulement à ce moment que les chantiers du chemin de fer du Yunnan purent s’organiser efficacement.
- La ligne du Yunnan aura, de Lao-Kay à Yunnan-fou, environ 470 km. La section de Lao-Kay à La-ha-ti, longue de 71 km, a été ouverte à l'exploitation le 15 juin 1908. Ce grand réseau, long dans son ensemble d’environ 870 km, en comprenant la ligne indo-chinoise et son prolongement en territoire chinois, a été concédé à une compagnie française qui exploite déjà avec succès toute la partie située sur notre colonie ainsi que la première section de la partie chinoise. Les travaux d’infrastructure sont pour ainsi dire terminés sur toute leur longueur, et environ 100 km de voie sont placés. Il reste à poursuivre la pose à l’avancement et, en même temps, à lancer quelques ponts métalliques qu’on ne peut amener sur place qu’avec le chemin de fer. Ün annonce que la voie arrivera à Mong-tsé à la lin de mars de celte année, et on peut espérer que la locomotive atteindra Yunnan-fou avant la fin de 1910.
- Cette ligne, construite à voie de 1 m., traverse une région très accidentée. Sans avoir à franchir des vallées aussi profondes que celles rencontrées par les projets anglais, elle doit néanmoins passer du bassin du fleuve Rouge dans celui du Si-Kiang, ou rivière de Canton, qu’elle doit quitter ensuite pour s’arrêter près du grand lac de Yunnan-fou dont les eaux vont s’écouler dans le fleuve Bleu. Aussi la ligne est-elle un vrai chemin de fer de montagne comportant des ouvrages d'art considérables : murs de soutènement, tunnels, ponts en maçonnerie ou en fer. Les rampes ont une déclivité maxima de 0,025 m. et les courbes sont au minimum de 100 m. de rayon. Les tunnels, au nombre de 147, ont -une longueur totale de 15,250 kg. Le plus long, qui a été inauguré par M. Beau, alors gouverneur général de l’Indo-Chine, en mars 1906, mesure 650 m.
- Le nombre des ouvrages de plus de 20 m. d’ouverture est de 47. Le plus long des ouvrages en maçonnerie se compose de 7 arches de 10 à 30 m. de hauteur moyenne; le plus long en acier comporte 17 travées de 8 ni. reposant sur des chevalets métalliques de 25 à 30 m. de haut. Le soutènement des talus a nécessité la construction de 1500 murs environ.
- Partant de Lao-Kay à la cote 90, la ligne franchit la rivière Nam-ti en amont de son confluent avec le fleuve Bouge. Elle suit la vallée de cette rivière aux eaux sales et malsaines, en empruntant alternativement l’une et l’autre de ses rives. Large de 200 m. environ à Ilo-Kéou, la première halte chinoise de l’autre côté de la frontière, le Nam-ti se resserre ensuite de plus en plus; les Contreforts de la montagne, que baigne le cours d’eau, s’élèvent jusqu’à 1500 et 1800 ni. jusqu’à La-ha-ti, leurs
- FER DU YUNNAN : :——- ~= =
- parties basses sont couvertes d’une végétation tonflue; les pentes et le fond de la vallée sont dé>erts tandis qu’on voit, sur les montagnes, à peu de distance du sommet, des villages habités par des populations aborigènes, Mans ou Thaïs.
- Au delà de La-ha-ti, la ligne commence à s’élever en rampe forcée de 0,025 m. ; les travaux sont à flanc de coteau à 50 m. au-dessus du Nam-ti qui coulé au fond du ravin. La ligne, qui suit depuis le kilomètre 105 le torrent appelé Faux-Nam-li, arrive au kilomètre 112, en un point où le torrent écume au fond d’une brèche que forment deux falaises à pic, hautes de 1200 m. Le chemin de fer franchit cette coupure par un viaduc en arc de 65 m. de portée, situé à environ 90 m. au-dessus du fond, qui unit l’un à l’autre deux tunnels creusés dans chacune des montagnes, face à lace, à 100 m. l’un de l’autre. Le tablier repose sur deux arbalétriers, longs chacun de 31 m., qui ont été montés presque verticalement sur l’un et l’autre bord et maintenus par des amarrages ; on les a fait basculer ensuite au moyen de palans à chaîne et ils sont venus buter l’un contre l’autre avec la plus parfaite précision.
- Revenue dans la vallée principale, au kilomètre 120, à Lou-kou, la voie se trouve à 450 m. environ au-dessus du Nam-ti. La flore alpestre commence à paraître. On voit tout un panorama de cimes de 2000 à 2500 m. d’altitude. La ligne passe par une succession de cuvettes et atteint le col de Mi-la-li (km 157); là, à 1700 m. d’altitude, elle traverse, par un tunnel de 350 m., le faîte séparant le bassin du fleuve Bouge et celui de la rivière de Canton, le Si-Kiang. La ville de Mong-tsé sera desservie par deux stations, aux kilomètres 164 et 177.
- La voie, descendant le long d’une série de cuvettes qui s’étagent à la suite les unes des autres, arrive aux environs de 1000 m. dans la plaine d’Ami-tchéou. Au sortir de celte plaine, elle s’engage dans les gorges du Pa-ta-ho, l’une des branches du Si-Kiang, qui forme de vrais canons calcaires. Toute cette partie de la voie a nécessité beaucoup de travaux d’art; tantôt elle est creusée en tunnel dans la roche même, tantôt elle est en encorbellement sur le lit du fleuve. On a dû, au-dessus de la plateforme en construction, établir un chemin de service, véritable route qu’il, a fallu ouvrir à coups de pioche et de mine.
- A Yi-léang-hien, la voie abandonne la vallée principale de la rivière de Canton et se dirige vers l’Ouest. Elle gagne le lac de Tang-cheu à la cote 1763. On remonte en rampe forcée de 0,025 m. le défilé de l’émissaire du lac; les parois rocheuses sont tellement à pic, qu’on ne passe qu’à l’aide d’une suite ininterrompue de tunnels.
- Après avoir contourné le lac, on franchit, à la cote 2020 m., près de Choui-tan, le faîte séparant le bassin de la rivière de Canton de celui, du Yang-tsé. Puis, on descend dans la plaine de Yunnan-fou. La gare de la capitale du Yunnan, déjà construite, est à l’altitude de 1895 m.
- p.178 - vue 182/647
-
-
-
- LE CHEMIN DE FER DU YUNNAN -.179
- Ce rapide aperçu de l’aspect de la ligne donnera à peine une idée- des difficultés de construction qu'elle présente. Les travaux ont exigé une main-d’œuvre importante. Elle ne pouvait être que chinoise. Sur les hauts plateaux, on aurait pu espérer la trouver aisément, mais la sauvagerie des indigènes, leur répugnance à venir travailler avec des Européens avec lesquels ils n’avaient jamais été en contact, leur ‘inexpérience absolue des travaux de maçonnerie qu’il a fallu leur apprendre, ont occasionné bien des lenteurs et des déboires. On a dù aller chercher une grande partie de la main-d’œuvre non seulement dans les provinces voisines, mais aussi dans des provinces chinoises très éloignées, n’y a pas eu moins, à certains moments, de 50000 ouvriers indigènes échelonnés sur toute la longueur delà ligne,et,avec eux, il fallait compter environ un millier d’Européens, dirigeant les travaux à divers titres.
- On a dù ravitailler tout ce personnel dans un pays où les ressources étaient insuffisantes et assurer sa sécurité qui s’est trouvée plusieurs fois compromise par des troubles. On se souvient que, récemment, les réformistes chinois ont causé une grande agitation dans la région du Nam-ti, près de la frontière du Tonkin. Mais, si les difficultés de construction du chemin de fer du Yunnan sont considérables, si les dépenses excèdent ce que l’on pouvait prévoir, il est très légitime d’espérer qu’on en sera dédommagé dans l’avenir. Cette nouvelle voie de pénétration en Chine aura une très grande portée politique, et assurera à la France une influence prépondérante au Yunnan et dans les provinces voisines.
- Au point de vue économique, la ligne du Yunnan trouvera certainement de quoi alimenter son trafic dans la province, et ce trafic ne fera que s’accroître. La province du Yunnan n’est pas l’une des plus riches de la Chine, mais le chemin de fer augmentera nécessairement ses productions et ses besoins. Actuellement, malgré ses moyens de transport si
- rudimentaires, le Yunnan a un commerce assez important. D’après un excellent exposé qui en est donné dans la Dépêche coloniale illustrée du 50 juin 1908,. la valeur totale des exportations du Yunnan, via Mong-tsé, s’est élevée, en 1906, à plus de 21 millions.
- Les principaux articles d’exportation sont l’opium et l’étain. Il a été exporté, par Mong-tsé, en 1906, pour environ- 5 millions et demi de francs d’opium et pour 12 à 15 millions d’étain. On exporte en outre du thé, qui vient surtout de Pou-Eul, des peaux et des cornes de bœufs et de buffles, des jambons, des légumes, des plantes médicinales, de
- la quincaillerie.
- Les principales importations sont les cotonnades et filés de coton (pour •4 500 000 francs en 1906, soit 60 pour 100 de la valeur totale des importations) et le pétrole, qui a pris une importance de plus en plus grande (895 000 litres en 1907 contre 55125 en 1897). Il faut ajouter, entre autres articles, le tabac, les aiguilles, les parapluies.
- Tout ce trafic viendra au chemin de fer dès le début. Mais, par la suite, bien d’autres articles s’y ajouteront . Le Yunnan peut produire du blé et, dans bien des endroits, lorsqu’il pourra être écoulé en Indo-Chine, les habitants remplaceront par du blé la culture du riz, très aléatoire dans les régions montagneuses et qui deviendra moins avantageuse et inutile le jour où on le fera venir facilement du Tonkin.
- A un autre point de vue, le Yunnan offrira notamment aussi pour le Tonkin un avantage. D’un climat tempéré, il pourra devenir un admirable sanatorium pour nos colons fatigués par les chaleurs de l’Indo-Chinc.
- Enfin, le chemin de fer du Yunnan sera un acheminement vers la riche et fertile province du Sé-tchouen où son prolongement futur attéindra un jour le Yang-tsé et mettra notre colonie indo-chinoise en communication avec le centre de la Chine.
- Gustave Regéi/spergèr.
- YUNd- NAN-FOU
- Choui-tan
- Tchin-ki
- -si, - (cAcouy
- àJL Æi-hyiiien
- Kiang -tchoueri -hien
- ATintj-tijico uy' o ç* I
- 'TchoiA.-loxi.any
- C/tan.
- J'/unc/ -Toi
- A-mi-tchéou <g
- Lin-gan-fou
- Mong-tse
- Lou-kou
- fjLAOftAY
- — Carlo du clicmiu de fer du Yunnan.
- p.179 - vue 183/647
-
-
-
- 2
- 180
- LA TECHNIQUE DE L’ESTAMPE JAPONAISE
- Le musée des Arts décoratifs expose en ce moment un admirable ensemble d’estampes japonaises. Ce sont 500 pièces, tirées des meilleures collections parisiennes, qui suivent l’histoire de cet art, depuis ses débuts, pendant les dernières années du xva® siècle, jusqu’au milieu du xvm° siècle, où se ferme la période des 'primitifs. D’autres expositions partiront de la date où l’on s’est ainsi arrêté et viendront jusqu’à nos jours. L’occasion nous paraît excellente d’étudier brièvement la technique de ces estampes, trop peu connue en Europe1 2.
- Le principe est celui de la gravure sur bois : l’image à imprimer est coupée en relief sur une planche, et celle-ci, chargée de matières colorantes, sert directement au tirage, tout le travail se faisant à main d’ouvrier, sans qu’il y ait à aucun moment intervention de machine, pas même de la presse à bras. Mais, en pratique, il y a des différences de complication, suivant que l’estampe est tirée en noir, ou en couleurs.
- La technique la plus simple est celle du tirage en noir; c’est aussi la plus ancienne, car le procédé a été employé par exemple pour la planche de la figure 5, extraite du Livre des canons buddhiques, qui date de 1582, ainsi que pour l’image du Buddha de la figure 4, qui est un peu plus récente.
- C’est l’artiste, signataire de l’estampe, qui accomplit la première besogne. Il trace son dessin, ainsi que les inscriptions, signature ou légendes, qui doivent l’accompagner, sur une feuille d’un papier spécial, le minogami ou, moins souvent, le gampislii-. Puis il transmet cette feuille au graveur, qui est toujours un autre artisan.
- Celui-ci étale une couche légère de colle de riz (nori) sur un bois, préparé comme nous allons dire, et y fixe ainsi le dessin, qu’il retourne, de façon que
- 1 Nous avons pour principal guide le travail de T. Tokcno. Japanese ivood-cutting and wood-cut printing, édité et commenté par S. R. Koiuiler, in : Smithsonian Institution, Report of tlie Unit. Stat. Nat. Muséum,... year ending june 30, 1892, p. 221-244. Washington. Government printing office. 1893.
- C’est jusqu’ici, à notre connaissance, la seule élude spéciale et développée; toutefois, prise au pied de la lettre, elle aurait l’inconvénient de masquer la très grande diversité des techniques.
- Nous avons pu personnellement nous rendre compte de celle-ci, grâce à M. Isaac, l’artiste japonisant bien connu, que nous ne saurions trop remercier pour son aimable accueil et pour son obligeance extrême à communiquer les renseignements et les documents, obtenus des sources les plus sûres, accumulés par lui depuis une quinzaine d’années. Tous,nos remerciements aussi à l’organisateur de l’exposition, M. R. Koechlin, qui nous a mis en relation avec M. Isaac et qui nous a autorisé à prendre les photographies ci-jointes.
- 2 II est souvent difficile de se procurer en Europe ces papiers, ainsi que beaucoup des produits dont nous parlerons. Cependant la qualité de la a matière » employée a une importance capitale dans toute celte technique. Aussi indiquons-nous, chaque fois que nous le pourrons, le nom japonais des objets désignés par nous.
- les traits soient appliqués contre la planche et que l’image revienne à l’endroit au tirage. Comme les papiers employés aujourd’hui sont transparents, le tracé est visible néanmoins et la taille est possible ; autrefois le papier, quoique mince, était opaque, et on l’amenait, après collage, au point de transparence nécessaire en le frottant avec de l’huile de sésame.
- Le bois presque uniquement employé en gravure est celui du sakura, variété de cerisier, ou quelquefois celui du tsuga (Buxus japonica) ou de Yadsusa (Catalpa Koempferi, var. japonica) ; c’est en tout cas une essence de texture line et ferme. On le débile en planches, que l’on rabote avec un soin minutieux sur les deux faces, non pas en travers des libres, sur le grain, comme pour nos bois à graver d’Europe, mais dans le sens des libres, jusqu’au temps où la surface, parfaitement plane, présente un certain poli. Le montage des bois, entre deux pièces terminales, est également l’objet d’un travail soigné.
- Quand le dessin est collé et sec, le graveur commence son œuvre. Accroupi devant sa petite table, il tient de la main droite complètement fermée un couteau (koga-tana) qu’il dirige par derrière avec le doigt médian de la main gauche. Il suit ainsi, d’abord, tous les traits qui composent le dessin et les caractères, la lame légèrement penchée de façon à faire son incision en talus, puis il détoure le trait ainsi tracé, c’est-à-dire qu’il met à nu le léger talus obtenu. Enfin il prend, d’abord, un des nombreux ciseaux à taillant droit qu’il possède (aisuki, nomï) et, ensuite, des gouges de différents calibres (maru nomï) et il fait sauter le bois compris entre les traits, sans aller d’ailleurs jusqu’à l’évidement, car les deux côtés de la pièce sont toujours employés. On distingue assez facilement une taille ancienne d’une taille moderne, à ce fait que la moderne est moins profonde, que la gouge y est employée, tandis que le ciseau travaillait seul autrefois, et que par suite la saillie des traits est obtenue avec un talus moins roide. Il faut ajouter aux outils déjà cités la règle, employée assez souvent pour tracer les droites, diverses brosses, soit pour huiler, soit pour nettoyer, une scie à main qui sert à préparer les petites chevilles parfois nécessitées par les corrections à faire aux planches, de petits maillets pour le travail au ciseau et à la gouge, et un pot d’huile de sésame, dont on frotte toujours les parties à trancher. Un tirage d’essai, suivi de corrections s’il y a lieu, est toujours fait sitôt la taille finie. Et la planche est dès lors prête pour l’imprimeur, qui est, lui aussi, un artisan spécial.
- Les estampes en couleur sont d’une date plus récente que les estampes en noir, et leur technique est au fond un simple enrichissement de celle que nous venons de décrire. On part d’un dessin en noir que l’on grave au trait, et dont on tire un certain nombre d’épreuves sur papier minogami ou gampishi. Le peintre dessine sur ces épreuves le contour des taches de couleurs, en faisant autant de dessins, c’est-à-dire en dessinant sur au-
- p.180 - vue 184/647
-
-
-
- — LA TECHNIQUE DE L’ESTAMPE JAPONAISE =========== 181
- tant de feuilles qu’il désire de couleurs, et le nombre atteint parfois la trentaine; chacune de ces feuilles est ensuite retournée, et collée au nori sur un bois à part, puis taillée, à la façon du trait, suivant le contour de la couleur tracée. Lorsque toutes les planches sont ainsi gravées, on les tire à tour de rôle sur la feuille de papier destinée à devenir l’estampe. Mais cette tache appartient également à l’imprimeur.
- Avec lui commence la prodigieuse variété de recettes, Je matières, et de tours de main, que nous pouvons seulement indiquer, et qui fait le caractère individuel de chaque œuvre japonaise. C’est le triomphe des secrets d’atelier, gardés et transmis jalousement, dans le petit cercle des élèves groupés autour d’un maître du pinceau ; mais, au fond, tout le détail de cette cuisine consiste en variations minutieuses sur des principes simples, fouillés avec la patience et le goût d’un peuple qui veut et sait utiliser en entier la beauté des matières qu’il emploie, et qui a fait une science de la composition des bouquets : choix des papiers, des couleurs,- de leurs véhicules, tout est prétexte à distinction ; préparation des teintes, encollages, tirages, tout est prétexte à adresses et à recherches nuancées.
- Les papiers les plus employés sont le yo-massa et le ho-sho, également excellents, mais différents d’épaisseur : ce sont des papiers de fibres végétales concassées, non encollés, du moins en général, car il semble bien
- fort entre deux pièces de bois; toute l’opération est naturellement une occasion de tact, car c’est à l’imprimeur d’estimer jusqu’à quel point les feuilles doivent être humides. Parfois même on imprime avec le papier absolument sec, après l’avoir frotté au moyen d’une boule de verre pour rompre ses fibres.
- T
- Fig. 5. — L’estampage.
- que certains tirages soient faits sur une légère couche Je colle animale1, de pose récente et séchée. Quoi qu’il en soit, les feuilles sont le plus souvent légèrement humectées à l’eau la veille du tirage; ce mouillage se fait soit à la brosse, soit par intercalation de feuilles déjà mouillées dans une pile de feuilles sèches, disposées de façon à former un cahier qu’on presse plus ou moins
- Fig. 2. — La gravure : A, le bois;
- B, pierre à.aiguiser; C, boîte à outils.
- Les couleurs employées sont uniquement des poudres, ou du moins des briques qu’on écrase; c’est au dernier moment qu’on les mêle aux véhicules convenables, ceux-ci ne comportant jamais d’huile ni de corps gras, mais seulement l’eau, avec des colles légères. La plupart des estampes sont obtenues avec un très petit nombre de couleurs fondamentales, quatre ou cinq en général; mais, dans l’ensemble, le nombre des couleurs usitées par les artistes est considérable. Aussi quoique notre liste soit assez longue, est-elle très loin d’être complète.
- Noirs : le isûke-zumi ou sumi se prépare en faisant macérer dans l’eau pendant quelques jours le slio-en, noir de fumée de pin enrobé dans de la colle animale ; au moment de l’emploi on pile le résultat ainsi obtenu dans un mortier avec de la gélatine (nikawa), ou bien on le mélange, sur la planche gravée elle-même, avec de la colle de riz très - légère (nori). On ajoute presque toujours
- un peu d’alun (mioban) à la gélatine1. Quoi qu’on ait dit quelquefois, on n’emploie jamais la gomme arabique, qui donne de mauvais résultats au tirage. Certains gris pâles sont obtenus aussi avec le sho-en, mais sans autre encollage qu’une légère couche de nori, appliquée directement sur le bois lors du tirage. D’autre part, les noirs intenses ne sont presque jamais réalisés du premier coup, mais par des tirages super-
- 1 Eau, 360 gr. ; colle, 11; alun, 7.
- 1 Eau, 1804 grammes; nikawa, 56,34; mioban, 37,56.
- p.181 - vue 185/647
-
-
-
- 182 =========== LA TECHNIQUE DE L’ESTAMPE JAPONAISE
- posés. Enfin, pour atteindre à certains effets, on mélange parfois de l’or en poudre avec le noir, comme on le fait d’ailleurs pour d’autres couleurs.
- Blancs : le yubana est un blanc mastic ; 1 oAa-no-tsuchi '(talsutsi) un blanc de plomb, ou blanc d’argent; le
- ' t\
- • -
- Fig-. 4. — Estampe buddhique, en noir. Collection II. Koeclilin.
- gofan du carbonate de chaux : pour s’en servir, on le pulvérise finement et, en y ajoutant peu à . peu du nikawa, on le pétrit en pâte molle, qu’on fait bouillir avec de l’eau, puis sécher, et qu’on délaie enfin à la main dans l’eau chaude. Tous ces blancs s’emploient seuls ou mélangés aux autres couleurs.
- Rouges : on semble avoir beaucoup employé autrefois un rouge de carthame (ki-jô-mi), mais c’était une couleur coûteuse, qui, à l’état de solution, passait beaucoup à la lumière, quoiqu’elle demeurât stable à l’impression. Elle est remplacée par le yô-kô, probablement un carmin, d’origine étrangère. Le shu est un vermillon; on le mélange avec quelques gouttes de nikawa, et quelquefois avec du vinaigre.
- Rose : le sho-yen-ji est très probablement de la cochenille, mais sa composition chimique n’est pas encore bien connue ; on l’importe de Chine sous la forme de déchets de coton rouge ; mis à tremper et pressés dans l’eau, ils
- en font un liquide rose, qu’on chauffe doucement sans aller jusqu’à la siccité.
- Bleus : autrefois on employait une colle colorée, Vai-rô, extraite soit de chiffons ou de fils teints à l’indigo, soit de Vai-gami, papier saturé d’indigo. 11 est remplacé par une sorte, de bleu de Prusse (bero-ai ou Holland a Gunjo? [identification très douteuse]), et par Yai-bo, un bleu indigo sombre, familier à Hiroshigé, et dont le mode de préparation est à signaler: on en délaie d’abord un peu dans quelques gouttes de nikawa pétries avec le doigt, puis, sur un feu doux, on fait évaporer la colle presque jusqu’à siccité; on ajoute ensuite quelques gouttes d’eau, on frotte avec le doigt, on chauffe à nouveau, et ainsi de suite jusqu’à la valeur cherchée. On peut citer encore : le gunjo, bleu d’outremer; Vasagiai, bleu de Prusse [?].
- Jaunes : le zitnii, extrait d’un bois jaune spécial, le wakon-ko, safran d’Inde, le wô-do, ocre jaune, usités par les anciens maîtres, sont à peu près complètement remplacés par le ki-wô, ou orpiment, et surtout par la gomme-gutte, ou shi-o, qu’on délaie simplement dans l’eau.
- Le brun, lai-slia-bô, l’ocre rouge, ben-gara, se traitent comme le bleu ai-bo.
- Toutes ces couleurs sont fréquemment employées pures. Mais non moins souvent on les mélange entre elles pour obtenir tel ou tel ton. Le procédé de tirages superposés de couleurs primaires pour l’obtention d’un ton seeon-
- Fig. 5.— Le Livre des Canons buddhiques (1582), premier livre japonais illustré. Coll. 11. Vcver.
- daire, qui paraît avoir été général au début, s’est ainsi restreint à des cas plus rares, sans d’ailleurs disparaître.
- Lorsque les tons, soit purs, soit mélangés, ont été préparés comme nous venons de l’indiquer sommairement, on procède au tirage. Le bois gravé est d’abord mouillé, mais non trempé en pleine eau pendant un temps pro-
- p.182 - vue 186/647
-
-
-
- LA TECHNIQUE DE L’ESTAMPE JAPONAISE -... — 183
- longé, ce qui risquerait de le faire gauchir, puis la partie de sa surface qui doit supporter la couleur est enduite à la brosse d’une mince couche de nori, ou colle de riz 1res légère, à laquelle, avec une brosse, on mêle intimement la couleur préparée. Elle n’est pas toujours étendue avec uniformité, l’habileté de l’estampeur trouvant au contraire à se faire valoir dans de savants dégradés : ainsi, dans les ciels des beaux paysages classiques d’Hiroshigé, la teinte, d’abord répartie également, a été ensuite enlevée inégalement au moyen d’une brosse sèche.
- Le tirage s’effectue en plaçant la feuille un peu humide sur le bois ainsi chargé de couleur et de nori, et en frottant doucement et lentement au revers du papier, avec l’outil nommé baron.
- C’est un disque circulaire et plat, de la dimension d’une soucoupe de lasse à café, et formé de la superposition d’une couche de papier et d’une couche de corde, elle-même recouverte à l’extérieur d’une feuille ligneuse de bambou, dont la surface un peu rude sert de frottoir, tandis que ses extrémités relevées et entortillées font office de poignée. On prend soin de temps à autre d’enduire la partie frottante d’huile de sésame.
- Le nombre des impressions à faire sur une feuille étant souvent très élevé, un repérage exact est indispensable; on le réalise d’une manière simple et précise au moyen de deux encoches, où le tireur appuie le papier à chaque opération : l’une, à droite de la planche, est en équerre. *J ; l’autre, à gauche, est une ligne assez courte —
- On voit donc qu’en principe la technique de l’estampe japonaise se rapproche beaucoup de celle de nos graveurs sur bois en champ levé du xvi° siècle et des temps suivants. Mais elle a atteint un degré de développement et de raffinement qui nous laisse loin en arrière, surtout en ce qui concerne les tirages en couleurs, où nos rares essais ont toujours été rudimentaires. Pourquoi, en s’exerçant de la même façon, sùr une même technique1, notre civilisation a-t-elle, en somme, échoué, là où la
- 1 On a même dit, et cela ne paraît pas impossible quoique non prouvé, que l’estampe japonaise et l’estampe européenne ont peut-être une même origine historique. Voir ie charmant ouvrage de Strange, Colour priais of Jupan. Londres, '1904.
- civilisation japonaise a si brillamment réussi? Cela tient sans doute aux différences du milieu social, et plus particulièrement à celles du régime économique et des conditions du travail. Dès le début, la fabrication des gravures a été chez nous industrialisée et marhinisée, tandis que le fait ne s’est jamais produit au Japon, où le dessinateur, le graveur, l’imprimeur, ne sont par conséquent jamais devenus des ouvriers, mais sont x'estés des artisans. Dans de telles conditions, ils ont pu se soucier, et se sont en effet souciés infiniment plus de la perfection de leur travail que de son rendement. La valeur esthétique de l’individu, si faible chez nous depuis le débordement de l’i nd ii s I r i a I is m e, n’a pas manqué de profiler de ces circonstances favorables, et elle est devenue, au dire de tous ceux qui ont vu les Japonais chez eux. à la fois grande et banale. Les deux petits faits suivants, histoires vraies dont M. Regamey doit le récit à M. llayashi, montrent d’ailleurs sur le vif à quel point le sentiment de la beauté est répandu parmi les Japonais :
- Une servante ouvre les portes de la maison, et, devant la neige immaculée que la nuit a étendue sur le jardin, elle s’écrie : « Ah! la nouvelle neige ... il ne faut pas la salir... où jetterai-je ce marc de thé? ». Une autre, toujours pendant l’hiver, parle ainsi à sa maîtresse : « De grâce, madame, ne m’envoyez pas au marché ce matin : le petit chien a fleuri la cour avec ses pattes... je n’aurai jamais le courage de brouiller, avec mes sabots, ces dessins si jolis !...1 » Quelles conditions le Japon moderne fera-t-il à cet art charmant, efflorescence d’un moyen âge raffiné et prolongé, qui se trouve ainsi en antagonisme avec les nécessités économiques actuelles? On ne saurait le dire, mais il semble déjà frappé de décadence, et l’on peut craindre que si l’estampe ancienne se survit au Japon ou se développe chez nous, ce soit à la façon d’un genre cultivé par quelques rares artistes, et non, comme autrefois, à celle d’un art populaire, véritable expression de la société qui l’enfante.
- Jeak-Paul Lafitte.
- 1 Félix Regamev. Le Japon pratique. Paris, in-12, p. 8-9 et p. 27-É8.
- Fig. 6. — Estampe en couleurs, auteur inconnu. Coll. J. Douce!
- p.183 - vue 187/647
-
-
-
- 184
- AVIATION — LA STABILITÉ DES AÉROPLANES
- Un appareil d’aviation lancé dans l’atmosphère est placé au point de vue de la stabilité dans les mêmes conditions qu’un navire sur les Ilots, c’est-à-dire qu’il est susceptible de tanguer et de rouler. Les plans d’un aéroplane doivent donc être disposés de telle manière que l’appareil réalise à la fois l’équilibre transversal et l’équilibre longitudinal, en un mot qu’il soit parfaitement stable. De plus on exige encore de lui la stabilité dans la direction.
- Les plans sustentateurs aidés des gouvernails se prêtent à cette obligation, le tout est de les agencer en conséquence. Chez les oiseaux, la nature a résolu le problème au moyen de deux ailes et d’une queue; une machine volante doit-elle être plus compliquée?
- L’oiseau sait, d’instinct, maintenir sa stabilité pendant le vol. Il n’est pas automatiquement stable au sein de l’atmosphère; on peut admettre, au contraire, qu’il est constamment dans une position d’équilibre instable qu’il corrige à chaque instant par des mouvements réflexes appropriés. Etant soumis, en effet, pendant le vol, à l’action éminemment irrégulière du vent et d’autant plus irrégulière que son vol lui-même est capricieux, il lui est impossible de prendre une position invariable qui le mette constamment à l’abri des effets des coups de vent ou de ceux provenant de ses propres changements de direction. Nos aviateurs ne doivent donc pas songer à construire des appareils immuablement stables ; ils agiront sagement en recherchant une stabilité relative, celle. que pourra posséder un aéroplane marchant en ligne droite dans un air
- calme. Ce résultat obtenu les plans seront construits de telle sorte que, soit automatiquement, soit à la volonté de l’opérateur, ils puissent prendre le vent favorable pour rétablir leur équilibre compromis.
- Les plans sont des surfaces d’étoffe, quelquefois de papiers — M. Santos-Dumont en a construit en bois, sans succès d’ailleurs— tendus sur des cadres de bois et qui, en s’appuyant sur l’air, y trouvent la résislance suffisante pour leur permettre de se maintenir dans l’élément gazeux, eux-mêmes et le mécanisme duquel ils dépendent. La logique voudrait, puisqu’on nous répète sur tous les tons que nous devons chercher à imiter le vol des oiseaux, que tout planeur fût composé de deux ailes seulement, d’un corps et d’une queue. C’est là le type des monoplans expérimenté par quelques hardis aviateurs : Blériot et Robert Esnault-Pelterie entre autres. Mais les résultats auxquels ont abouti les _____ efforts de ces inventeurs sont plutôt médiocres si . j on les compare à ceux des bi-plans Wright, Farman et Delagrange. Cette remarque n’infirme pas la qualité d’un système de planeurs, elle doit seulement nous mettre en garde contre la trop grande hâte que nous avons de construire des appareils absolument parfaits.
- A notre avis la questions des monoplans n’est pas mûre; ces appareils qui deviendront d’ici peu, nous en avons la ferme conviction, les grands coursiers de l’atmosphère, ne pourront être mis au point que lorsque leurs concurrents plus lourds de voilure auront donné le maximum de leur utilité, c’est-à-dire
- p.184 - vue 188/647
-
-
-
- LA STABILITE DES AEROPLANES
- 185
- les connaissances aérodynamiques qui nous manquent.
- La disposition des plans. — Comment doivent cire disposés les plans que tous les inventeurs et constructeurs établissent avec une concavité inférieure d’une flèche assez réduite? Les frères Wright les placent horizontalement tandis que dans certains appareils les plans sustentateurs forment, par rapport à l’autre, un angle très ouvert vers le haut. De plus, alors que les cadres des premiers ne sont reliés que par des-montants entre-croisés de fils d’acier, les seconds, sont pourvus de surfaces perpendiculaires dressées entre eux. Le groupe des bi-plans se divise donc en deux catégories différentes, représentées par les appareils américains d’une part et par les appareils français d’autre part, qui luttent
- rendus de l’Académie des sciences, 18 mai 1908) il faut qu’il y ait équilibre entre les quatre forces suivantes : la traction du propulseur, la résistance que l’air oppose à l’avancement de l’appareil, la poussée de bas en haut exercée par l’air sur les surfaces sustentatrices, et enfin le poids de l’appareil. Les deux premières de ces forces sont horizontales, les deux dernières verticales; elles doivent se faire équilibre deux à deux.
- Vous vous souvenez que le centre de pression de l’air sur un plan oblique se rapproche de l’arête antérieure du plan selon que celui-ci est plus ou moins incliné sur l’horizontale. Par conséquent le centre de pression du système est à l’avant. Si le centre de gravité de l’ensemble occupait le centre de figure, l’aéroplane tomberait sur le sol ; il doit donc être placé également à l’avant, et les meilleurs auteurs sont d’accord pour admettre qu’il doit exister une relation très étroite entre les deux centres et que l’équilibre ne peut être réalisé qu’autant qu’ils sont situés sur la même verticale, qu’ils coïn-
- pour se démontrer mutuellement leur supériorité.
- Quelle que soit la position de ces ailes, il est bien évident que les pla neurs progressant en ligne droite dans un air calme se tiendront parfaitement d’équilibre si les surfaces et les poids sont également) distribués. Mais cela ne nous suffit pas; nous voulons aussi et surtout qu’ils conservent cet équilibre lorsque le vent s’élève, lorsqu’il souffle par le travers, lorsqu’il est ascendant ou descendant, lorsque la machine doit effectuer un virage. Pour conserver la stabilité dans les deux sens : longitudinal et transversal, les premiers aviateurs, qui volaient sans moteur, déplaçaient le corps tantôt à droite, tantôt à gauche, en avant ou en arrière, afin de ramener le centre de gravité dans la position normale. L’équilibre d’un aéroplane dépend donc de la position du centre de gravité. On admet qu’elle doit être aussi rapprochée que possible de celle du centre de pression. Nous voici de nouveau dans l’abstrait, tâchons d’en sortir sans trop dé dommagé.
- Le centre de gravité et le centre de pression. — Le commandant Paul Renard a parfaitement défini les conditions de stabilité des aéroplanes. Pour qu’un appareil soit d’équilibre, dit-il (Comptes
- Fig. 5. — Farman au vol.
- cident. Cette condition est acquise surtout lorsque les ailes font un certain angle avec l’horizontale (au-dessus nécessairement), car le centre de gravité est placé plus haut que si les ailes sont horizontales. Il est en effet reconnu, contrairement à ce que l’on pourrait supposer, que si le centre de gravité est placé trop bas il se produit des oscillations qui s’opposent à la stabilité. La position de ce fameux centre dépend de la répartition des poids sur le corps de l’appareil et elle sera d’autant mieux assurée que le polygone de sustentation sera plus étendu. Cependant n’exagérons rien surtout en ce qui concerne la longueur des plans sustentateurs qui dépend de la surface totale de la voilure, agissons plutôt sur l’arrière; en plaçant le gouvernail horizontal à une bonne distance de Lavant, afin d’augmenter ce que l’on nomme Y empattement dans les voitures automobiles.
- Le gouvernail. — Dans un aéroplane le gouver-.
- p.185 - vue 189/647
-
-
-
- LA STABILITE DES AEROPLANES
- 186
- nail horizontal remplit les mêmes fonctions que la queue chez les oiseaux. Mais alors que, chez ces derniers, la queue est d’une extrême mobilité, se prêtant instantanément à des mouvements presque verticaux dans les deux sens et même de torsion, le gouvernail horizontal des planeurs ne doit faire que des angles de peu de valeur. C’est un stabilisateur aidant à la fois à la réalisation de l'équilibre longitudinal et de l’équilibre transversal, et même à la sustentation. Grâce à lui la stabilité générale du système se trouve assurée d’une manière très satisfaisante pour l’époque. On se souvient que M. Santos-Dumont avait placé son stabilisateur à l’avant, quelques aviateurs essayèrent, après lui, de ce procédé, puis ajoutèrent un autre organe semblable à l’arrière; il y avait profusion et l’avant a été dégagé pour définir une forme courante aujourd’hui, représentée par les aéroplanes sortant des ateliers Voisin, et dans laquelle la queue permet l’équilibre dans le plan vertical.
- On lui oppose la forme américaine qui est celle de Wright. Ce dernier appareil ne possède pas de corps fuselé ni de queue ; il est essentiellement constitué par deux plans pourvus à l’avant et à l’arrière de deux gouvernails. Le but poursuivi par ces inventeurs, ainsi qu’ils l’ont écrit eux-mêmes dans The Century llluslrated Monthly magazine, était de trouver un système « qui permit à l’aviateur de modifier à volonté l’inclinaison des différentes parties des surfaces portantes et de rétablir ainsi, par l’effet de l’action du vent, l’équilibre que le vent lui-même avait troublé ». On voit que cette théorie n’est pas du tout conforme à celle des frères Voisin qui semblent vouloir admettre celle d’une résistance limitée à l’action du vent. (Nous entendons par là que leurs planeurs sont construits de manière à résister à un vent normal.)
- Aussi les Américains reprochent-ils aux appareils français d’être seulement maniables quand l’atmosphère est calme; c’est pourquoi ils ont imaginé de gauchir les surfaces portantes dont l’action vient se combiner avec celle des surfaces auxiliaires qui sont les gouvernails. Ce gauchissement consiste dans la relevée d’un coin postérieur des deux ailes s’effectuant simultanément avec l’abaissée des coins postérieurs opposés.
- Notre figure schématique montre le dispositif. Lorsque l’aviateur pousse le levier L vers la gauche, le cordage passant sur la poulie R et fixé enC oblige ce coin C à s’abaisser ; le coin C/ obéit au mouvement étant solidaire du premier par un montant vertical ; le câble D'M NC' tire donc sur l’angle D' qui s’élève et entraîne I) comme précédemment C a entraîné C' dans son mouvement. Les quatre angles prennent donc une position nouvelle, représentée en pointillé sur la figure qui montre bien le gauchissement dont nous parlons, chacun d’eux ayant oscillé autour des côtés AE, A'E', FB et F'B' des triangles auxquels ils sont opposés. Par conséquen t, par cette manœuvre, les plans stabilisateurs introduisent des résistances
- nouvelles et opposées à l’air qui les frappe et leur permet d’effectuer des virages; le fait de relever un angle a pour effet de permettre à ce côté de l’appareil de se relever tandis que l’abaissée de l’angle l’oblige à tomber. Les deux actions combinées produisent les virages sur places. Le gouvernail de profondeur ou stabilisateur est à l’avant; par ses deux plans I1H il apporte la direction dans le sens horizontal, mais l’action de ces plans peut être combinée avec celle des plans sustentateurs. Deux surfaces verticales P sont placées entre Hll et apportent le point d'appui sur l’air reconnu nécessaire pour effectuer les virages à l’aide des deux surfaces mobiles et parallèles Y qui constituent le gouvernail vertical d’arrière. Ce gouvernail agit donc, comme le précédent, en concordance avec le gauchissement des ailes. On conçoit que la manœuvre du système soit assez compliquée.
- Penaud, qui a étudié avec le plus grand soin toutes les questions relatives à l’aviation, recourt, pour réaliser l’équilibre longitudinal, à un gouvernail régulateur qu’il place à l’arrière parce que, dit-il, celui-ci agit sur un plus grand levier, son attaque sur l’air est moins brusque et il offre une moindre résistance à l’avancement. M. Edmond Seux fait sienne cette théorie du gouvernail à l’arrière et il ajoute (G. R. de l’Académie des sciences, du 2 janv. 1906) que le gouvernail régulateur ne doit pas être fixé à un angle donné, mais doit pouvoir sous la pression de l’air, céder, dans une certaine mesure, au-dessus ou au-dessous de sa position normale, suivant que l’air le frappe sur sa surface inférieure ou supérieure : action d’autant plus efficace que la vitesse de l’appareil est plus grande. Et, en admettant que les courants d’air soient ascendants, le gouvernail de stabilité devra être normalement incliné de quelques degrés sous le plan sustentateur.
- Nous avons trouvé des critiques concernant les gouvernails actuels. C’est une illusion, dit-on, de croire qu’on augmente la puissance d’un gouvernail en le plaçant à l’extrémité d’un grand bras de levier. L’effet du gouvernail est de procurer à l’aéroplane des déplacements angulaires : on les obtiendra aussi bien en rapprochant le gouvernail de l’axe d’oscillation, car, si la force qui s’y trouve appliquée agit sur un petit bras de levier, elle doit parcourir un chemin plus court dans la même position. Un gouvernail faisant suite immédiatement aux surfaces portantes et agissant sur les filets d’air refoulés par les surfaces et par l’hélice propulsive sera beaucoup plus efficace. Cette théorie se rallie donc à la disposition Wright qui, quoique l’on en dise, n’est pas aussi stable longitudinalement que l’autre.
- M. Tatin, dont l’avis est également bon à enregistrer dans la question qui nous occupe, dit que la queue du planeur doit être placée, à peu de chose près, à une distance telle que la longueur totale de l’appareil soit égale à son envergure, et, si cela est possible, à une hauteur un peu supérieure à celle des plans porteurs Ensuite, M. Tatin étant partisan de
- p.186 - vue 190/647
-
-
-
- = LA STABILITE DES AEROPLANES ....... 187
- plans courbés transversalement, admet que la queue doit posséder la même courbure, mais aucune courbure antéro-postérieure puisqu’elle est destinée à être frappée par l’air sur l’une ou l’autre de ses faces. Enfin sa surface doit être égale à environ le quart de la surface principale. 11 semble donc admis que de cette question de la queue d’un planeur dépend la stabilité longitudinale du système, et même la stabilité latérale dans une certaine limite. La somme, dans les appareils français qu’ils soient monoplans ou biplans, on admet que le gouvernail arrière, monoplan ou cellulaire, est capable d’apporter la stabilité longitudinale automatique du système.
- Le gouvernail peut également être placé à l’avant, mais dans ce cas son action est brutale quoiqu’il présente l’avantage de renseigner le pilote sur la situation des filets fluides de l’air. Pour bien faire il conviendrait de placer un gouvernail à l’avant et
- un autre à l’arrière (solution mise en pratique). Ne serait-il pas préférable de se contenter à l’avant, de sortes à’antennes exploratrices remplissant le seul rôle d’éclaireurs ?
- Les surfaces verticales, dans le planeur Wright, sont assez petites si on les compare à celles des appareils Voisin qui relient les plans sustentateurs et en font deux groupes de cellules flanquant à droite et à gauche le corps du planeur. L’étendue de ces surfaces influe certainement sur le rayon de la courbe tracée pendant le virage; Farman, en effet, est loin de pouvoir virer sur place comme son concurrent. Ce fait révèle-t-il une infériorité de la part du système Voisin? On pourrait le supposer surtout si l’on veut bien observer que Wright vole à peu près comme des oiseaux planeurs, c’est-à-dire en décrivant des orbes. Cette raison n’est pas suffisante pour éveiller notre enthousiasme, car le but poursuivi par la locomotion aérienne n’est pas de planer comme un rapace qui cherche sa proie, mais d’effectuer des traversées aériennes en ligne droite ou à peu près. L’imitation absolue du
- vol des oiseaux devient donc une superfétation.
- La stabilité automatique. — En somme les deux systèmes de biplans paraissent assez stables, mais le biplan Wright exige plus de 'science pour sa conduite, plus d’entraînement si vous préférez, que le biplan Farman qui est stable de naissance, oserons-nous dire, par les temps calmes. Et si l’automaticité de ce dernier pouvait être également réalisée pendant les rapides déplacements des courants atmosphériques, il est certain que les appareils français bénéficieraient par là d’une réelle supériorité sur leurs concurrents. M. Blériot, partisan du monoplan, avait suppléé au gauchissement des ailes par l’adjonction d’ailerons mobiles à à l’extrémité de chaque aile; les résultats qu’il a obtenus jusqu’ici ne paraissent pas très encourageants. Plusieurs inventeurs ont songé au gyroscope pour communiquer une stabilité automatique aux appareils d’aération; il y a là une idée intéressante.
- parce que le gyroscope possède la propriété de conserver, dans certaines conditions, son axe de rotation fixe dans l’espace, mais elle n’a pas encore tenté les aviateurs. M. Bodet a vu, dans le pendule, un instrument capable de donner le même résultat ; expérimenté par MM. Cornu et fils, il a été abandonné.
- En somme ce qui doit le plus nous intéresser en ce moment est la stabilité de route. La question des virages à laquelle certains auteurs paraissent attacher une très grande importance n’est, à notre avis, que tout à fait secondaire pour la raison que nous donnons plus haut, savoir : les voyages aériens se feront en ligne droite et les virages à l’arrivée à la station pourront affecter un rayon quelconque sans le moindre inconvénient. Par conséquent les travaux actuels doivent tendre tout d’abord à la recherche de la stabilité absolue par temps calme et celle de sa correction, oserons-nous dire, sous l’influence des coups de vent. Si on parvient à réaliser automatiquement cette correction, les voyages aériens à long cours pourront être entrepris sans crainte et à la hauteur utile. Nous entendons par ce dernier
- p.187 - vue 191/647
-
-
-
- 188 , ... LA STABILITE DES AEROPLANES
- terme une hauteur suffisante pour permettre à la machine de choisir son point d’atterrissage en planant si le moteur venait à s’arrêter. Dans ces conditions les appareils français jouissent, à notre avis, d’une supériorité incontestable sur le modèle Wright, plus souple, plus maniable, mais, pour ces raisons, plus dangereux.
- Et cependant la solution de la stabilité automatique n’est pas du goût de tous les techniciens. Le capitaine Ferber, dont la compétence en la matière est indiscutable, apostrophe ses partisans avec toute la verve dont il est capable lorsqu’il s’agit de la défense de ses idées. Les gens qui cherchent des gouvernails et des stabilisateurs automatiques, nous écrit-il, sont ceux qui ignorent ce qu’est un aéroplane. Ce sont des cerf-volantistes ou des héli-coptéristes déguisés. Il faut les renvoyer à l’école. L’école c’est le journal de Nadar, 1 'Aé-ronaute. Ils verront que l’équilibre par les formes n’est pas à trouver, mais est trouvé depuis 1868 au moins. Citons simplement Joseph Pline, Pénaud, Breton-nière, etc.
- A l’heure actuelle les biplans paraissent donc devoir rallier tous les suffrages. Cependant M. Goupil construit un triplan cellulaire qui sera essayé prochainement et sur lequel l’inventeur fonde les plus belles espérances.
- Rappelons que les plans multiples n’ont jusqu’ici donné que de médiocres résultats, sauf cependant l’appareil Ellehammer dont on dit beaucoup de bien et le nouveau Farman à trois plans. La meilleure solution des plans multiples serait, à notre avis, celle qu’a adoptée M. Farman dans la construction de son Flying-Fish, non expérimenté, que nous avons décrit ici même et dans lequel lès surfaces portantes sont placées l’une derrière l’autre, mais non suivant la même horizontalité. Une voilure trop élevée à l’avant de l’appareil ne doit pas être favorable à la stabilité. Rappelons à ce sujet que le planeur Malécot, qui a fait de très belles expériences en cette fin de saison, est constitué par plusieurs plans disposés en lames de persiennes ; pendant le vol, les filets d’air ayant agi sur chaque surface s’échappent avant d’atteindre la suivante.
- Que les plans soient uniques ou multiples, horizontaux ou formant un angle dièdre, toutes ques-
- tions sur lesquelles — nos lecteurs sont à même de s’en apercevoir — les avis sont fortement partagés, doivent-ils aussi être rigides ? Ici encore nous sommes en présence d’idées différentes. Il est bien évident que nous devons considérer la souplesse comme une loi naturelle absolue que notre science mécanique n’est pas encore parvenue à imiter, même de loin. Tous les muscles de tous les animaux sont souples, et il semble exister une relation très étroite entre cette qualité et leur puissance. Le gauchissement imaginé par les frères Wright n’est qu’une forme très imparfaite de la souplesse dont bénéficient les ailes des oiseaux et qui leur permet l’orientation automatique et instinctive dans leurs évolutions. Edmond Seux, qui a observé le vol des oiseaux en Algérie et en Tunisie, est très affirmatif sur ce point. « A aucun moment, dit-il, l’aile de l’oiseau n’est complètement immobile, au moins dans ses parties latérales extrêmes; celles-ci, suivent la vitesse du courant aérien, fléchissent et se tordent à chaque instant sur leur axe, enregistrent toutes les variations du vent, ce qui doit procurer à l’oiseau un pouvoir susten-tateur extraordinaire. » C’est en se basant sur cette observation que l’auteur a construit un planeur dont nous avons déjà parlé ici même et qui a donné des résultats assez satisfaisants. M. Tatin, partisan des ailes rigides relevées sur les côtés, admet cependant que la queue puisse être susceptible d’une certaine élasticité qui serait communiquée, non par un moyen mécanique quelconque, mais simplement par l’élasticité de ses supports. Ces idées, partagées par plusieurs aviateurs, ne nous paraissent pas susceptibles d’applications immédiates; il nous faut les réserver aux monoplans lorsque nous saurons nous servir convenablement des planeurs à ailes multiples.
- La forme des ailes. — Un mot encore sur la forme des ailes. Nous savons qu’elles doivent être longues et étroites contrairement à ce que pensaient les premiers aviateurs en imitant la forme des ailes des chauves-souris. Rapprochons-nous sans crainte de celle des ailes des oiseaux. Les plans rectangulaires ont eu jusqu’ici la préférence ; M. Esnault-Pelterie les préfère larges à la base et étroits à leur extrémité libre ; M. Tatin voudrait donner à l’ensemble des deux
- p.188 - vue 192/647
-
-
-
- LA STABILITE DES AEROPLANES :.-. ... 189
- ailes constituant un plan unique, une forme elliptique relevée à ses deux extrémités. La question est l’une des moins importantes que les aviateurs aient à solutionner en ce moment. Quant à leur étendue, elle dépend des poids à porter. Les oiseaux vont-ils nous permettre de trouver la proportionnalité entre la surface portante et le poids? Dubochet a observé le premier que si l’on compare deux oiseaux de même l’orme mais de taille différente, le plus petit a, relativement à son poids, la plus grande surface d’ailes. Marey1 explique ce fait en disant que le poids des animaux est proportionnel au cube des dimensions tandis que leur surface n’est proportionnelle qu’au carré.
- De Lucy rapporta toute ses mesures à un type idéal dont le poids serait de un kilogramme. C’est ainsi que, trouvant qu’un cousin qui pèse 3 mmgr a 30 mm2 d’ailes, il conclut qu’un kilogramme du type Cousin est pourvu du 10 m2 d’ailes. Voilà un exemple que les aviateurs ne doivent pas chercher à imiter : un appareil de 450 kilogrammes exigerait
- Fig. 6. — MuUiplan Ghanulc.
- 4500 m2 de surfaces portantes! Voici quelques exemples tirés de de Lucy :
- OISEAUX l'OIllS SURFACE SURFACE PAR KG
- Pigeon ..... 290 gr. 760 cm2 2,586 m2
- Cigogne............. 2265 — 4506 — 1,988 —
- Grue d’Australie . 9500 — 8543 — 0,899 —
- Chez l’épervier du Caire, d’après Mouillard, un mètre carré d’ailes porte 1291 gr. ; chez la mouette
- 1 Le vol des oiseaux.
- 2123 gr; chez le canard mâle 9750 gr; chez le canard femelle 11050 gr ; chez le pélican gris 90ll9 gr; chez le vautour fauve 7180 gr; chez l’oricou 7323 gr.
- Ces indications peuvent-elles nous servir dans la construction d’un aéroplane?
- Faites le calcul : une hirondelle pesant 450 kg
- Fig. 7. — Monoplan Lilienthal.
- devrait posséder 350 m2 de surface d’ailes ! un canard femelle du même poids n’aurait besoin que de 40 m2.
- Dores et déjà il semble donc que nos oiseaux artificiels sont mieux construits que ceux que la nature a faits..., à moins que la proportionnalité directe ne soit pas la règle adoptée par la nature, ce qui est bien probable. Farman n’attribue à la question poids qu’une valeur très relative, elle a beaucoup moins d’importance, dit-il, que la résistance à la pénétration.
- En résumé la solution la plus avantageuse, quant à présent,, celle qui semble donner le meilleur coefficient de sécurité — nous n’ajoutons pas de rendement —- est celle représentée par le type français qui peut être considéré comme le modèle familial (avant la lettre), l’autre, l’américain, exigeant des études pratiques plus longues et une tension d’esprit constante de la part du pilote.
- Plus tard nous verrons les monoplans à faible voilure sillonner l’atmosphère à des vitesses vertigineuses.
- Lucien Fournier.
- p.189 - vue 193/647
-
-
-
- 190
- LES PHOSPHATES DES ILES OCEANIQUES
- Les discussions diplomatiques, qui se sont récemment élevées entre la France et le Mexique, entre la France et l’Angleterre, au sujet de quelques îlots perdus dans l’océan Pacifique, sur lesquels on avait découvert des gisements phosphatés, ont attiré l’attention du public sur une question géologique nouvelle, qui n’est pas, d’autre part, sans présenter un intérêt permanent à la fois industriel et théorique. On sait avec quelle rapidité la consommation des phosphates s’accroît actuellement dans le monde. Les premières statistiques mondiales que nous possédions, celles de 1886, dépassaient à peine 800 000 tonnes; en 1898, on était à 2 millions; aujourd’hui on arrive à près de 5 millions, auxquels il faut ajouter plus de 2 millions de tonnes de scories phosphatées. Si l’on prolonge la courbe par continuité, on peut prévoir 9 millions de tonnes en 1918. Et cet accroissement n’a rien d’invraisemblable, étant donné, d’une part, l’esprit universellement le même des paysans qui n’adoptent les procédés nouveaux que par un mouvement lent et continu et, d’autre part, l’inévitable entrée en jeu de pays que leur richesse agricole avait jusqu’ici dispensés de recourir aux engrais minéraux. Dans l’accroissement de ces dix dernières années, on voit que les pays, où l’on avait d’abord appliqué les phosphates, ont, les uns, relativement peu augmenté comme l’Angleterre, les autres, pour ainsi dire, pas comme la Belgique. Mais la consommation de la France a doublé, celle de l’Allemagne a triplé, celle de l’Espagne et de l’Italie a environ sextuplé. Enfin, on a vu entrer en jeu des pays comme le Japon et l’Australie qui ont absorbé 215 600 tonnes en 1907 contre 0 en 1898. ür, pour subvenir à cette consommation, quels sont les grands producteurs? Autant qu’on peut se démêler à travers des statistiques incertaines, on arrive environ au tableau suivant
- 1 500 000 Nord de la France. 550 000 1 200 000 Caroline du Sud. . 500 000
- 650 000 Belgique............ 500 000
- 550 000 Terres océaniques. 500 000
- inutile de faire entrer en ligne de
- Floride . . Tunisie . . Tennessee. Algérie . .
- Dans ce total,
- compte le nord de la France et la Belgique qui, passant depuis longtemps pour épuisés, réussissent à peine à maintenir péniblement leur production. 11 en est de même de la Caroline, très ancien champ d’exploitation pour lequel la décroissance est manifeste. Il est difficile de dire grand’chose pour la Floride, où l’irrégularité complète des gisements en nodules (pebbles) rend les prévisions impossibles, mais qui néanmoins s’accroît toujours (ce qui semble indiquer qu’on est encore très loin de la lin) et où, d’ailleurs, les premières évaluations du Geological Survey variaient entre 100 et 300 millions de tonnes? Le Tennessee arrive, malgré un transport de 600 km, à augmenter chaque année l’extraction de ses riches phosphates dévoniens. La Tunisie et l’Algérie ont encore d’immenses ressources disponibles, pour lesquelles il faut seulement créer des moyens de communication. Enfin, on annonce de temps à autre la découverte de quelque gîte nouveau, comme hier encore celui de la Palestine au sud du lac de Génésareth, ou celui des « public lands » du Wyoming, de l’Iclaho et de l’Utah, que le gouvernement américain voudrait, dit-on, se réserver. Et l’on s’applique de tous côtés avec tant de fièvre à inventer des procédés d’enrichissement pour les minerais pauvres que, certainement, on arrivera avant longtemps à tirer parti de ceux-ci, qui sont en masses presque illimitées.
- Cependant, avant que ces procédés pratiques, cherchés en somme depuis 20 ans déjà, aient été mis au point, il faut s’occuper, dès maintenant, de trouver des phosphates riches à 80 pour 100, dont la valeur est, on le sait, très supérieure, même relativement, à celle des phosphates plus pauvres (70 fr. pour un phosphate à 80 pour 100 contre 55 pour un minerai à 60 pour 100 dans un port européen) et, dans cet ordre d’idées, les phosphates océaniques, qu’on a d’abord été tenté de considérer comme négligeables, sont appelés, avec les 700000 tonnes qu’ils jetteront peut-être bientôt sur le marché, à jouer un rôle sérieux. Sans entrer dans des détails de prix de revient, on peut, en elfet, compter sur 55 à 40 fr. de fret pour l’Europe et sur des frais d’extraction très faibles : les gisements, dont il est question, s’exploitant à ciel ouvert et à la pelle. Ce qui leur permet non seulement d’absorber le marché du Japon, mais d’arriver en Europe.
- Quels sont ces gisements océaniques, dont l’exploitation a commencé en 1900 et s’accroît d’année en année? Jusqu’ici on en cite seulement 5 de sérieux :
- 1° L’ile Chrislnias, île anglaise, au Sud de Java, par 11° latitude Sud et 106° longitude Est Green, a été exploitée la première par une compagnie anglaise, à partir de 1900, et son exportation atteint actuellement 120 à 150 000 tonnes. Cette île a un diamètre de 40 km. Les premiers travaux de 1900, consistant en 42 sondages, ont permis de reconnaître 620 000 tonnes de phosphate disponibles à 60-90 pour 100 et l’on estime le cube total à peu près au double. Il existe, en outre, des quantités notables de phosphate d’alumine.
- 2° Ângaur, île allemande du groupe des Palau, est à l’Est des Philippines, par 7° 10 de latitude Nord et 154° de longitude Est. Pour son exploitation il s’est constitué en 1908 une société allemande, la « Deutsche Sudsec Phosphat Actien Gesellchaft » , au capital de 5 625 000 marks, avec concession de 55 ans, à la fois pour cette île et pour l’ile voisine de Pililju.
- 5° et 4° L’ile anglaise Océan (Baraba) et l’ile allemande Naurou (Pleasant), entre les îles Marshall et les Salomon, presque sur l’Equateur, vers le 166° depuis 1902, sont exploitées par une société anglaise, The Pacific Phosphate C° ; avec production actuelle de 200 000 tonnes. Cette société anglaise, succédant à une société allemande qui venait d’échouer, a, jusqu’ici, brillamment réussi.
- 5° Makatea (17° latitude Sud et 148° longitude Ouest), île française du groupe de la Société à 250 km N.-E. de Tahiti, va être exploité par une société française et produira, dit-on, 200 000 tonnes par an.
- En dehors de ces îles, on a signalé, en quelques autres points, notamment dans l’îlot de Clipperton au sud du Mexique (par 10° de latitude Sud et 110° de longitude Ouest), quelques couches de médiocre importance1. Maintenant que l’attention est attirée sur cette recherche, il est extrêmement probable que l’on trouvera d’autres îles phosphatières dans cette poussière d’ilots, souvent sans nom, presque inconnus et déserts, qui sèment l’immense étendue de l’océan Pacifique. Les conditions où l’on peut les chercher, qui résulteront de l’étude sui-
- 1 On cite les îles Purdy, l’ile Mole où l'on a fait un essai malheureux dès 4890, etc. Des phosphates du même genre ont été autrefois signalés à l’ouest et au sud d’Haïti dans la mer des Caraïbes : à Navassa (par 75° de long, et 18° 50' de lat. N.), à Alta vêla (par 72° de long, et 18° de lat. N.), ou, plus à l’est, dans la même mer, sur l’îlot de Rcdonda, au N. W. de la Guadeloupe.
- p.190 - vue 194/647
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- 191
- vante, sont. : 1° situation à moins do 20 degrés de part cl d’autre de l’équateur; 2° existence d’une île véritable, surélevée de 50 à 50 m au moins au-dessus de l’Océan et non d’un simple atoll comme il y eu a tant dans ces parages, où lé phosphate, s’il existe (et c’est le cas de Clipperton), ne saurait former un cube sérieux; 3° enfin, île non volcanique, mais corallienne.
- Les îles où l’exploitation a, dès à présent, commencé, présentent ce caractère commun de former de véritables saillies au-dessus de l’Océan : saillies de 5 à 10 larç de plus grande longueur, atteignant 100 m à Makatea et constituées par un calcaire, en partie seulement corallien et surtout, formé de débris organisés calcaires, comme on en trouve dans les îles Salomon, auquel un explorateur récent, M. Agassiz, a attribué un âge pliocène. Si la détermination d’àge manque de précision, tout au moins est-il certain que, depuis la construction de ces récifs coralliens, il s’est écoulé un temps considérable et produit un de ces mouvements du fond océanique, auxquels on avait d’abord recouru avec tant de complaisance (en les imaginant de sens inverse) dans la théorie de Darwin et Dana, auxquels ou a aujourd’hui renoncé pour expliquer le phénomène de la construction corallienne et qui, néanmoins, sont incontestables (avec zones d’affaissement et zones de surélèvement) dans cet immense territoire volcanique recouvert par l’océan Pacifique. À Makatea, on constate même, par les traces de sous-caves que la mer a laissées à trois niveaux dans les falaises, trois ('•lapes successives de ce surélèvement1. C’est sur la partie supérieure de ces îlots coralliens formant un plateau couvert de brousse, au milieu du calcaire corallien ancien à structure compacte, que les phosphates en soldes et nodules occupent des dépressions plus ou moins étendues, bordées de calcaire stérile, entrecoupées même de récifs stériles que les Anglais ont appelés des « pinacles », avec une épaisseur très irrégulière, pouvant atteindre en moyenne 1,50 à 2 m. Les îles à phosphates, Iranchées sur la mer par des falaises, montrent, dans l’intérieur, de nombreuses cassures ou diaclases, dans lesquelles se fait une circulation active des eaux, qui
- vont ressortir à la base des escarpements1 après s’ètre chargées de sels minéraux au point d’en être imbuvables. Enfin, les sables et nodules phosphatés ont, nous l’avons dit, une teneur moyenne commerciale de 80 pour 100 qui les rapproche des sables phosphatés de la Somme, avec moins de 1 pour 100 de fer et d’alumine. Leur cube est estimé à 2 ou 3 millions de tonnes à Angaur, peut-être une quinzaine à Océan.
- Si l’on cherche l’origine de ces dépôts, il parait évident qu’une remise en mouvement, analogue précisément à celle qui a eu lieu dans les gîtes (rappelés à l’instant) de la Somme, a déterminé un enrichissement local d’un ancien gisement plus pauvre, soumis à cette circulation des eaux qui apparaît aujourd’hui si active. Quel est ce gisement ancien? Il semble difficile que ce soit purement et simplement le calcaire corallien ordinaire, bien que celui-ci renferme en moyenne 0,25 à 0,80 pour 100 de phosphate. Il est beaucoup plus vraisemblable qu’il y a eu une première cause d’enrichissement locale, et nous serions tenté de la chercher dans un ancien dépôt de guano analogue à celui qui existe encore sur la cote du Pérou aux îles Chinchas ou sur les îles équatoriales, plutôt que dans une accumulation d’organismes à l’intérieur d’un attoll ultérieurement surélevé. Dans toute hypothèse, le phosphate, ainsi déposé d’abord à la surface du récif, aurait plus tard, par une dissolution qui pourrait remonter à une période géologique déjà ancienne, pénétré dans le calcaire de manière à le rendre phosphaté. On sait, en effet, que ce phénomène se produit au-dessous des dépôts de guano (îles Jarvis, Howland, etc.) et dans le sol des cavernes. Le phosphate organique transforme le sol sous-jacent en phosphate de chaux (avec phosphate d’alumine, quand l’alumine est présente). Et, ultérieurement, les circulations d’eau, agissant de nouveau sur le calcaire phosphaté, en auraient tiré les sables par dissolution du carbonate.
- Un phénomène identique s’est parfois produit sur la ceinture corallienne surélevée de certains atolls (Clipperton, etc.), avec même production de phosphates à haufe teneur, mais sur une bande de rocher très étroite.
- L. De Launay.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 février 1909. —
- La distinction des algues calcaires. — M. Mangin présente une Note de M"0 Lemoine sur la distinction anatomique de certaines algues calcaires du genre lithothamnium et du genre lithophyllum. Ces algues couvrent, comme on le sait, des espaces importants dans la mer et forment des croûtes ou masses coralloïdes développées sur nos côtes en une telle abondance qu’on les récolte en Bretagne sous le nom de maërl, afin de les utiliser pour amender les terres. Comme elles végètent bien dans les régions battues par les vagues, elles prennent une part active à l’édification des récifs de corail. Leur détermination, à l’aide des appareils reproducteurs, est souvent difficile à cause de l’absence de ces derniers. Aussi le travail de Mmo Lemoine a-t-il pour but de fonder la détermination des espèces stériles sur la structure anatomique. La question est intéressante, car le calcaire pisolitique, montien, de Meudon, le calcaire miocène de
- 1 Dans les îles Salomon des placages coralliens, répartis en paliers sur un noyau de roches volcaniques, montrent des étapes analogues.
- Présidence de M. E. Picard.
- la Leitlia, dans le bassin de Vienne, sont presque exclusivement formés de thalles de lithothamnium.
- Dédoublement de la raie verte du mercure. — M. Des-landres, annonce que M. Perot a imaginé un appareil qui possède un très grand pouvoir de dispersion de la lumière. Grâce à cet appareil, M. Perot a pu constater que la raie verte du mercure, au lieu d’être simple, est double.
- Greffes sur tiges souterraines. — M. G. Bonnier dé-pose une Note de M. Daniel sur les greffes par tiges souterraines, notamment sur celles de topinambour greffé sur le grand soleil. L’auteur a étudié les modifications réciproques du sujet et du greffon.
- Le traitement des paralysies motrices. —- M. d’Ar-sonval communique une Note de M. Guyenot, d’Aix-les-Bains, sùr une méthode spéciale d’électrodiagnoslic. L’auteur utilise les courants d’induction par décharge instantanée d’un condensateur décrits pour la première fois par M. d’Arsonval en 1878. La méthode de M. Guyenot •1 On connaît les cavernes des îles coralliennes (Bermudes, etc.).
- p.191 - vue 195/647
-
-
-
- 192
- REPASSEUSE PHILIPPINE
- permet de suivre exactement et pratiquement les progrès du traitement dans les paralysies motrices et d’autre part de découvrir à coup sur la simulation ou l’exagération des symptômes des mêmes maladies; d’où son emploi tout spécialement indiqué dans certaines expertises ordonnées au sujet d’accidents du travail.
- Élections. — 11 est procédé à l’élection d’un membre
- de la section de chimie en remplacement de M. Ditle décédé. M. Jungfleisch est élu par 38 voix contre 7 données à M. Lebel. Il est ensuite procédé à la désignation de deux candidats pour la chaire de physique vacante au Collège de France par suite du décès de M. Masearl. M. Langevin est désigné en première ligne et M. Weiss en
- Cii. de Yilledeuil.
- deuxième ligne.
- REPASSEUSE PHILIPPINE
- Les Philippines viennent d’être au premier rang de l’actualité américaine, dans la campagne électorale qui a donné un successeur à M. Pioosevelt. Alors que le parti républicain se déclarait énergiquement en laveur du statu quo, les démocrates, par l’organe de leur candidat,
- M. Bryan, demandaient que l’indépendance de l’ancienne possession espagnole fût proclamée.
- Si les Américains font amais ce sacrifice à la doctrine Monroé, ils auront le droit de dire, en évacuant l’archipel, qu’ils ont prodigieusement travaillé au développement de son progrès matériel et à l’exploitation de ses ressources naturelles, pendant les dix années qu’a duré déjà l’occupation. Ingénieurs et prospecteurs y ont découvert d’importants gisements métallifères qui seront sous peu en exploitation. Citons, parmi les plus importants, les gisements de lignite, de minerais de fer (magnétite et hématite), de cuivre, de manganèse. Le platine se rencontre dans les sables aurifères de Rizal (Luçon). Des minerais d’or, associés avec des sulfures de fer et de cuivre, ont été découverts dans les îles Ca-marines. L’archipel comprend maintenant 8000 milles de lignes télégraphiques, terrestres ou sous-marines, 120 milles de voie lerrée en pleine exploitation, et 720 milles de voies en construction.
- Voilà pour le progrès matériel. La marche du progrès moral n’a pas été aussi rapide, et les 5200 instituteurs (dont 800 Américains) que compte le corps enseignant auront fort à faire pour diminuer le nombre des illettrés dans une proportion appréciable. Un chiffre aidera le lecteur à apprécier le degré de civilisation des Philippins : dans la province de Manille, qui est bien la région la plus civi-
- lisée de l’archipel, la mortalité est de 44,54 par 1000 habitants, et la proportion des enfants morts dans leur première année forme les 48 p. 100 de ce bilan. L’avancement industriel des Philippins est à la hauteur de leur souci de l’hygiène. Les petites industries locales que le commerce espagnol avait laissé survivre ont été accaparées dès longtemps par les artisans chinois. Et la seule « curiosité industrielle » que fournisse encore l’archipelnous estofferte par l’atelier de la lavan-dera de village.
- Son procédé de repassage remonte assurément à la plus haute antiquité, bien que, réflexion faite, nous puissions distinguer, dans ce procédé rudimentaire, le principe du système de repassage, le plus moderne, celui du cylindrage. Imprégné d’eau amidonnée, le linge est enroulé sur un cylindre de bois dur q ue l’ouvrière place entre deux planchettes, dont l’une comporte une excavation peu profonde.
- Prenant pour point d’appui un bambou disposé dans ce but, la blanchisseuse se plante sur la planchette supérieure, et exécute avec ses hanches un mouvement de va-et-vient qui met en mouvement le rouleau et répartit également la pression sur la surface de la pièce de linge. L’excédent d’eau est expulsé. C’est le blanchissage à sec dans toute sa primitive beauté ! Et l’on voit, par notre photographie, que la Philippine, se méfiant de l’insuffisancë de son poids, fait appel à l’assistance de ses fillettes, qui doivent prendre plaisir à cette gymnastique ménagère! V. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Ménagère philippine repassant le linge. (Phot. Copyright, Keystone, Wiew, C°.)
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
- p.192 - vue 196/647
-
-
-
- = 27 FÉVRIER IP09.
- LA NATURE- — N° 1866.
- LE NOUVEAU TELÉSTÉRÉOGRAPHE BELIN
- La Nature décrivait, il y a plus d’un an (n° 1808, 18 janvier 1908) le télésléréographe de M. Édouard Belin. Dans ce premier appareil, destiné à la démonstration du procédé et qui avait déjà donné d’encourageants résultats, les deux postes de départ et d’arrivée étaient montés sur une seule table et actionnés par le même moteur ; la distance üctive qui les réunissait se trouvait représentée par une résistance correspondant à 1200 kilomètres de fils électriques. De plus, les deux stations ne possédaient pas le dispositif de synchronisme nécessaire pour elïêctuer des .
- transmissions photographiques à longue distance sur des lignes téléphoniques réelles.
- devant un style terminant le petit bras d’un levier.
- L’autre extrémité de ce levier porte une roulette qui peut aller et venir sur un minuscule rhéostat formé de lames d’argent isolées au mica de façon que l’épaisseur totale de l’ensemble des pièces ne dépasse pas 2,5 mm.
- Chaque lame du rhéostat est reliée à une barre séparant deux bobines d'une série analogue à celles employées dans les laboratoires. La première de ces bobines représente la ligne et les autres sont calculées de manière que le courant qui les traverse décroisse régulièrement avec leurin-
- Fig. 1. — Vue de face de l’appareil Belin pour la transmission des images.
- Le nouveau téléstéréographe Belin (fig. 1), construit par la maison Richard et expérimenté récemment avec succès entre Paris et Lyon, comporte maintenant deux postes séparés et commandés simultanément par un dispositif électrique qui assure leur synchronisme.
- Les deux appareils sont identiques, la commande d’un commutateur les rendant à volonté transmetteur ou récepteur.
- Comme dans le modèle primitivement réalisé par M. Belin, la transmission repose sur l’emploi des creux et des reliefs présentés par une couche de gélatine bichromatée, impressionnée par la lumière et développée.
- On colle l’épreuve sur un cylindre qui tourne . 37e année. — 1er semestre.
- tercalation successive dans le circuit. Les variations de relief de l’image se traduisent ainsi dans la ligne par des variations de courant. Le style explore la surface de l’épreuve photographique suivant une hélice dont les spires peuvent être plus ou moins écartées suivant la précision recherchée dans la transmission.
- Le nouveau poste récepteur comprend les mêmes organes que précédemment : un oscillographe Blondel, un cylindre de dimensions identiques à celles du transmetteur, une lentille aplanétique et une gamme de teinte. Mais la boîte rectangulaire (vue de profil sur la fig. 1, et enlevée sur la fig. 2) est percée, contre la préparation sensible enroulée sur le cylindre, d’une ouverture circulaire de 1/4, 1/5 ou 1/6 de
- 13. — 193
- p.193 - vue 197/647
-
-
-
- 194 ' — LE NOUVEAU TÉLÉSTÉRÉOGRAPHE BEL1N
- millimètre de diamètre suivant l’écartement choisi pour les spires.
- Nous renvoyons à l’article précité, pour les explications concernant la transmission et la reproduction des photographies, de l’écriture ou des dessins par le téléstéréographe, nous contentant de signaler ici les adjonctions qu’on a dû faire aux appareils primitifs, pour per- < mettre aux opérateurs éloignés l'un de l’autre, d’échanger des signaux entre eux.
- Dans ce but,
- M. Belin a établi un système de sonnerie commandé par le même relai que le synchronisme et un commutateur qui, dirigeant la ligne sur l’appel ou sur la photographie, joue un rôle identique au contact à crochet mobile des téléphones.
- Dans les expériences, qui ont eu lieu récemment entre Paris et Lyon, le demandeur appelait le poste récepteur par une sonnerie prolongée et l’opérateur de celui-ci répondait par une sonnerie de trois coups successifs.
- Puis le transmetteur attendait que son collègue ait chargé son cylindre. La mise en route se traduisait au récepteur par des coups de sonnette répétés qui allaient en s’accélérant avec la marche du moteur.
- Ces signaux donnaient au transmetteur une idée de la vitesse à laquelle il devait se mettre tandis que la commande de son commutateur lui permettait
- d’actionner son dispositif synchrone et de supprimer le bruit du timbre. La photographie passait alors sur la ligne téléphonique.
- M. Belin transmit ainsi un portrait en 511120s du poste lyonnais au jiosle parisien et son aide « téléphotographia » ensuite, de Paris à Lyon, un paysage
- en 911115s. Une fois chaque transmission terminée, on coupait le circuit. L’aiguille de l’ampèremètre s’arrêtait informant alors les deux postes de l'achèvement de l’opération.
- Si l’un des télégraphistes oubliait d’observer ladite aiguille, cela ne présenterait qu’une médiocre importance, le moteur continue sa marche et arrivé en fin de course, les cylindres tournent sur eux-mêmes sans se déplacer. En outre, pour protéger les organes télésté-réographiques, en cas d’accident ou de fausse manœuvre, des pa-rafoudres et des fusibles facilement changeables se trouvent disposés sous les appareils à l’arrivée même de la ligne.
- Le jeune savant doit prochainement répéter ses expériences, entre Paris et Londres, puis à Vienne (Autriche) sur un circuit fermé passant par Trieste et enfin entre Paris et Rome.
- Puissent ces nouvelles épreuves ne lui ménager que des succès et consacrer définitivement la valeur de son invention. Jacques Boyer.
- p.194 - vue 198/647
-
-
-
- ========== ----- i9s
- LA SÉCURITÉ DE LA NAVIGATION PAR LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Le 25 janvier dernier, un grand paquebot américain, le Republic, a été abordé en plein océan parle Florida, navire italien. Grâce aux appels lancés par le poste de télégraphie sans fil qui se trouvait à son bord, le navire en perdition a pu faire connaître sa situation désespérée à des bâtiments également munis de la télégraphie sans lil; au bout de quelques heures, le paquebot abordé était entouré de navires qui ont pu prendre à leur bord les naufragés avant la disparition du Re- Sp"' public dans les profondeurs de l’Océan. La certitude des passagers et des hommes d’équipage d’être secourus, certitude qu’ils avaient grâce ;iux réponses radio-télégraphiques provenant des navires (jui accouraient, a permis à tous de garder le plus grand sang-froid pour etl'ecluer la manœuvre des pompes et les travaux d’obstruction des voies d’eau. Ou peut donc dire que, grâce à la télégraphie sans iil, la plupart des 1100 personnes qui se trouvaient abord du Republic ont été sauvées d’une mort certaine.
- Le fait a soulevé une grande émotion dans le public : il est nécessaire de mettre à profit l’effleurement d’une pareille catastrophe pour augmenter la sécurité de la navigation.
- Avec la télégraphie sans fil, on peut à la fois éviter les abordages en mer et appeler au secours lorsqu’on est en danger. Les sinistres maritimes sont toujours dus soit à des abordages en temps de brume, soit à des échouemenls sur des récifs.
- Actuellement, le seul moyen dont on dispose pour éviter les rencontres, lorsque le brouillard est assez intense pour empêcher de voir les feux, est de substituer aux. signaux lumineux des signaux sonores ; d’où l’emploi de cloches marines et de sirènes. Mais ces appels ne sont entendus que dans un rayon extrêmement faible et souvent après que toute chance de salut n’existe plus. En mitre, de tels signaux induisent en erreur sur la direction dont ils proviennent, à cause des phénomènes bien
- connus de réflexion et de réfraction des ondes sonores.
- Supposons maintenant que deux navires naviguant dans les mêmes parages aient chacun à leur bord un poste de télégraphie sans fil, un poste minime capable de rayonner à une dizaine de milles par exemple. Tant que la distance des deux navires est supérieure au rayon de cette zone de communication, chacun des deux bâtiments peut filer à toute allure par le brouillard le plus épais, car il est
- certain de trouver la route libre. Au contraire, dès que la distance entre les deux navires devient inférieure à une dizaine de milles, chacun perçoit les signaux hertziens que lui envoie l’autre, il peut donc prendre des mesures de sécurité, c’est-à-dire ralentir sa marche et de plus en plus à mesure que les signaux deviennent plus intenses. Les radiotélégra m m e s échangés entre les deux postes permettront d’ailleurs de renseigner chacun d’eux sur la direction de marche de l’autre. On peut dire, sans hésitation, que si un tel système était adopté, les abordages par la brume seraient rendus sinon impossibles, du moins fort rares.
- Le même moyen de sécurité pourrait être employé sur les côtes à tous les endroits dangereux ; de petits postes de télégraphie sans fil, qui pourraient d’ailleurs être manœuvrés à distance, enverraient des signaux caractéristiques consignés dans des codes semblables aux codes sémaphoriques. Les échouages ne seraient plus excusables et même les erreurs des navigateurs n’auraient plus de conséquences désastreuses. On se souvient de la catastrophe du transatlantique anglais, le Drumond-Casile, sur la qôfe d’ÔÛessant ! La télégraphie sans fil eût peut-être évité;ce malheur.
- Jusqu’ici les compagnies de, navigation ont été plutôt hostiles à l’établissement de la télégraphie sans fil à bord des bâtiments; mais cette réserve était explicable. Les premiers postes installés étaient fort coûteux, cinq à six fois plus que les postes actuels; puis l’emploi de la télé-
- Fig. 1. — Poste de paquebot (puissance 5 kilowatts). (C1” Fraissinct, Marseille).
- A, antenne ; B, bobine ; C, meuble contenant les condensateurs ;
- E, éclateur; 1, interrupteur; M, manipulateur; B, résonateur Oudin; S, bobine de self.
- p.195 - vue 199/647
-
-
-
- 196
- CHRONIQUE
- graphie sans fil était très limité : le transit par ondes hertziennes était, en effet, aux mains d’une seule compagnie « la Marconi » qui prétendait n’échanger des radio-télégrammes qu’avec les bateaux munis de postes Marconi. Comme cette Compagnie seule, ou à peu près, possédait des postes entiers importants, et d’ailleurs en très petit nombre, elle établissait ainsi à son profit un régime de monopole intolérable : des navires en perdition, signalant leur situation au moyen d’appareils non construits par la Marconi ne recevaient aucune réponse. Une conférence internationale, tenue à Berlin en 1906, décréta l’abolition du monopole de la Marconi et décida que tous les postes devraient correspondre entre eux sans distinction de matériel à partir du 1er juillet 1908. On ne s’étonnera pas que cette dernière date marque le commencement d’une prospérité commerciale très heureuse pour la télégraphie sans fil et principalement pour les compagnies allemandes et françaises qui ne portent pas, comme la Compagnie Marconi, la charge d’un capital énorme dépensé en
- essais et tâtonne- \
- ments.
- On a cru pendant plusieurs années que les communications par télégraphie sans fil n’étaient pas destinées à un emploi constant et commode, à cause do l’extrême délicatesse des appareils. Mais on possède aujourd’hui un matériel très robuste qui se comporte très bien sur des navires et même sur des voitures. Le service
- e<'>
- °Zeye rayonfê''
- ''^onnement?,
- fc6
- -y\
- (1)
- lerons des postes de sécurité, c’est-à-dire des postes à petite portée que l’industrie peut offrir à des prix minimes (2000 à 6000 francs selon les puissances et les modes d’installation).
- Si l’on songe au prix d’établissement d’un transatlantique ou même d’un navire portant normalement 80 à 100 passagers, on voit qu’un poste de télégraphie sans fil n’est pas une dépense appréciable. Quant à l’exploitation, elle peut s’exercer sans frais si l’on se borne à employer le poste en temps de brouillard pour exécuter et recevoir des signaux, puisqu’un officier du bord ou un homme d’équipage exercé pourra assurer un tel service.
- Au Parlement américain, le député Burkes a déposé un projet tendant à ce que tout paquebot portant au moins 50 personnes à bord et s’éloignant à plus de 800 km des côtes soit muni de la télégraphie sans fil. L’administration française étudie actuellement un mode de législation fondé sur une base analogue. 11 est évident que la sécurité de la navigation serait considérablement
- améliorée si tout les grands navires
- -----adoptaient la télé-
- graphie sans fil et A. /\ si les côtes étaient
- / /" \ jalonnées par des
- postes. L’heure exacte des observatoires pourrait aussi être reçue par les navigateurs en pleine mer, ce qui rendrait un immense service aux officiers de bord et ferait gagner du
- (2)
- Fis
- — Les abordages évités par la télégraphie sans lil.
- (1) A 5 heures, les deux bateaux A et B ne s’entendent pas, ils peuvent filer à toute allure.
- (2) A 6 heures, les deux postes entendent le signal hertzien, les navires ralentissent,
- ils peuvent s’envoyer des communications sur leur direction de marche.
- » b
- temps. C’est évidemment aux gouvernements à in ter-
- se fait très régulièrement lorsque la
- puissance du poste est bien en proportion avec la distance et la hauteur des antennes.
- 11 suffira de créer les stations côtières pour que l’usage commercial des ondes hertziennes se développe considérablement. Mais, dès aujourd’hui, les Compagnies et les Etats ont au moins le devoir d’installer ce que nous appel-
- venir pour imposer de telles mesures, mais le public comprend déjà l’intérêt considérable de cette question, et le moment sera tôt venu où les passagers ne voudront prendre place que sur des paquebots munis des organes de protection nécessaires, ce qui décidera les Compagnies de navigation à suivre et peut-être à devancer les injonctions administratives. B.-G.-B.
- CHRONIQUE
- Bruit singulier produit par la congélation de la vapeur d’eau expirée. — Le capitaine F. Scott, dans le Voyage of the Discovery, rapporte un fait bien curieux. « Généralement, dit-il, par temps calme et clair, la température est basse et la nuit, lorsque le thermomètre descend à sous-40°, nous observions un phénomène curieux que je ne me rappelle pas avoir été mentionné. Si l’on se tient immobile, la tête droite, et si l’on expire l’haleine après une aspiration profonde, on l’entend qui se congèle un instant ou deux après avoir quitté la bouche. Ce que l’on entend précisément, je ne pourrais bien le dire ; ce qui est certain, c’est que la formation brusque des cristaux de glace produit un son qu’il n’est pas facile de décrire ; il ressemble assez bien à celui produit par le mouvement du sable sur le sol
- lorsqu’une vague le balaye. Kôettlitz le compare à une série de petits crépitements. »
- Télégraphie sans fil par la lumière ultraviolette. — 11 existe déjà de nombreux systèmes de télégraphie sans fil utilisant les radiations lumineuses. Voici à ce sujet de nouvelles expériences de M. Kôhler, d’Oggersheim : les deux pôles d’une machine électrique sont munis de pointes aiguës, grâce auxquelles se produit d’un pôle à l’autre une effluve invisible et silencieuse. Des radiations ultra-violettes, dues à la flamme du magnésium, tombant sur cette effluve, produisent des modifications électriques capables d’actionner un téléphone intercalé dans le circuit. On peut ainsi envoyer des dépêches que l’on perçoit au son.
- p.196 - vue 200/647
-
-
-
- 197
- MITRAILLEUSES AUTOMATIQUES
- Les engagements, auxquels ont pris part les troupes françaises au Maroc, ont mis en évidence d’une façon très nette les grands avantages que présente l’emploi des nouveaux engins à tir rapide désignés sous le nom de mitrailleuses automatiques. .
- Cette dénomination de mitrailleuse n’est pas nouvelle. Elle a été appliquée antérieurement à nombre de pièces de petit calibre, pouvant tirer dans un court espace de temps, soit simultanément, soit successivement, un très grand nombre de balles.
- La première mitrailleuse réellement pratique pour un service de guerre remonte à 1860; l’inven-lion en est due à un Américain, Gatling. Cette arme se composait essentiellement d’un faisceau d’assez forts canons (6,
- 8 ou 10 suivant le calibre), tournant autour d’un axe central sous l’action d’une manivelle et venant passer successivement devant une aiguille (percuteur) qui en déterminait l’explosion. Le mécanisme, que nous ne décrirons pas, ressemblait beaucoup à celui de nos revolvers actuels. La rapidité du tir pouvait atteindre jusqu’à 500 coups par minute.
- Le gouvernement américain se décida assez vite à adopter le nouvel engin. Il employa quelques-unes de ces mitrailleuses au cours de la guerre de Sécession (1861-1865); les résultats obtenus furent considérés comme très favorables.
- Tous ceux qui ont encore présents à la mémoire les souvenirs de la dernière guerre franco-allemande se rappellent l’enthousiasme que provoqua en France, au début de la guerre, l’apparition des batteries de mitrailleuses et les grands espoirs fondés sur elles.
- La mitrailleuse (système de Retfye) qui armait ces batteries, était formée de 25 tubes d’acier disposés jointivement sur 5 rangées superposées de 5 tubes chacune. Les tubes étaient fortement soudés les uns aux autres et entourés d’une enveloppe de bronze qui donnait à la nouvelle arme l’aspect extérieur d’un véritable canon, d’où le nom da canon à balles quelle a porté depuis. Le mécanisme rappelait, dans certaines de ses parties, le mécanisme du-fusil
- Chassepot alors en service dans l’armée française. Il comprenait notamment 25 aiguilles (percuteurs) munies de ressorts à boudin et une plaque de déclenchement percée également de 25 trous reliés par des rainures. En actionnant cette plaque de déclenchement au moyen d’une manivelle, on amenait successivement les trous de la plaque en regard des percuteurs. Ceux-ci poussés parleurs ressorts venaient frapper les culots des cartouches et déterminaient une série d’explosions.
- Les batteries armées de mitrailleuses rendirent de très réels services aux troupes françaises, dans les premières rencontres qui marquèrent le début des hostilités, et dans la série de combats qui eurent lieu autour de Metz. Dans nombre d’engagements, l’ennemi eut à enregistrer des pertes sérieuses dues à l’action de leur feu. Mais la plupart de ces batteries, comprises dans les capitulations de Metz et de Sedan, tombèrent entre les mains des Allemands et les nouvelles mitrailleuses, que le gouvernement français s’empressa de faire construire, ne purent entrer en ligne que dans les derniers combats livrés par la deuxième armée de la Loire.
- A côté de ces deux types d’anciennes mitrailleuses de beaucoup les plus connues, on peut encore citer : la mitrailleuse belge Christophe Montigny, qui fit beaucoup parler d’elle après la guerre de 1870-1871 et qui, soit par sa forme extérieure, soit par son mécanisme, se rapproche beaucoup de la mitrailleuse de Retfye; et les mitrailleuses Palmcrantz et Win-borg (Suède), Hamann (Suisse), d’Albertini (Autriche), constituées toutes les trois par une rangée de dix canons placés dans un même plan horizontal.
- D’une façon générale, tous les types de mitrailleuses qui viennent d’être énumérés avaient deux gros inconvénients communs : d’une part la manœuvre se faisait à la main ; or le mouvement à la main manque presque toujours de régularité; d’autre part elles comportaient toutes un assez grand nombre de canons, ce qui complique l’alimentation en cartouches et augmente considérablement le poids de l’engin.
- p.197 - vue 201/647
-
-
-
- 198 r~—=--------_ MITRAILLEUSES AUTOMATIQUES
- A un autre point de vue, ces mitrailleuses, montées sur roues et nécessitant pour leur transport l’emploi d’un ou plusieurs attelages, constituaient de véritables pièces d’artillerie, mais des pièces d’artillerie d’une très faible puissance et ne pouvant être utilisées que
- différenciant très nettement entre elles par le principe même du mouvement automatique.
- Dans les mitrailleuses se rattachant à la première catégorie, le mouvement automatique est déterminé par le recul même de l’arme. A cette catégorie
- pour un but tout spécial et un seul genre de tir, le tir à mitraille. Par cela même leur emploi se trouvait beaucoup limité.
- A l’heure actuelle une évolution s’est opérée dans la conception du rôle que doit jouer la mitrailleuse considérée au point de vue des services qu’elle est appelée à rendre aux troupes de campagne. On s’accorde généralement, dans ce cas, à ne plus voir en elle une pièce d’artillerie, mais une véritable arme portative destinée h renforcer, par la précision, la rapidité et la condensation de son tir, les feux de mousqueterie.
- Sous l’influence des nouvelles idées, l’efïort des inventeurs s’est employé de préférence à réaliser les trois desiderata suivants : alléger l'arme par la réduction du nombre des canons ; donner plus de précision au tir; régulariser le feu en remplaçant la manœuvre à la main par un mouvement automatique du mécanisme. Grâce aux progrès réalisés cesdernièresannées, tant au point de vue mécanique qu’au point de vue balistique, une arme nouvelle a été créée qui paraît convenir sous tous les rapports au rôle auquel elle est destinée. C’est la mitrailleuse automatique.
- appartiennent : la mitrailleuse Maxim ; la mitrailleuse Nordenfelt; la mitrailleuse Bergmann. Celles de la deuxième catégorie utilisent, pour produire le mouvement automatique, une partie des gaz de la charge. Telles sont : la mitrailleuse Hotchkiss; la mitrailleuse Colt.
- Les deux modèles les plus connus et les plus universellement répandus sont la mitrailleuse Maxim et la mitrailleuse Hotchkiss. Ce sont les seules pour lesquelles nous entrerons ici dans quelques développements.
- Mitrailleuse Maxim . — La première mitrailleuse Maxim remonte à 1882 et a été construite en Angleterre. Elle a été depuis légèrement modifiée. Les modèles les plus récents et les plus perfectionnés ont figuré ces derniers temps à l’Exposition Franco-Britannique de Londres.
- La mitrailleuse Maxim ne comprend qu’un seul canon relié à une boîte de culasse. Pour éviter que le canon ne s’échauffe trop rapidement, on l’a enveloppé sur presque toute sa longueur par un manchon réfrigérant à eau.
- Le mécanisme fonctionne de la façon suivante.
- Fig. 3. — Coupe longitudinale de la boîte de culasse.
- 11 existe déjà de nombreux modèles de mitrailleuses automatiques. Leur nombre s’accroît tous les jours, chaque puissance militaire tenant à apporter son contingent de perfectionnements ou tout au moins de modifications au type primitif dont elle a fait choix pour en doter son armée. Tous ces modèles peuvent être classés en deux catégories, ces catégories se
- Au départ du coup, le canon et la culasse qui sont reliés ensemble reculent simultanément. Le canon se trouve arrêté après un faible parcours ; la culasse continuant son mouvement se sépare du canon et actionne les mécanismes d’alimentation et de chargement. Un ressort récupérateur, comprimé pendant le mouvement en arrière de la culasse, produit par
- p.198 - vue 202/647
-
-
-
- = MITRAILLEUSES AUTOMATIQUES
- sa détente le mouvement en avant et détermine la mise de feu.
- L’alimentation en cartouches se fait au moyen d’une bande flexible sur laquelle les cartouches sont posées et d’où elles sont enlevées une à une automatiquement et amenées en face de leur logement dans le canon. La rapidité du tir est d’environ 500 coups par minute. L’équipe normale pour le service de la pièce est de trois hommes, dont un cher de pièce et deux servants pour l’exécution du tir.
- La mitrailleuse Maxim pèse environ 18 kg. Elle peut être placée soit sur un affût à roues, soit sur un pied portatif à trois ou quatre branches pesant 15 kg. L’engin monté sur son pied peutêtretrès facilement déplacé par deux hommes, qui peuvent au besoin porter sur le dos la mitrailleuse et le pied séparément.
- Mitrailleuse Ilotchkiss. — La mitrailleuse Hotch-kiss se compose d’un canon de même calibre que celui du fusil d'infanterie en service dans l’armée française, mais dont les parois ont été renforcées afin d’oifrir plus de résistance aux vibrations et à réchauffement.
- Un radiateur à ailettes, fretté sur le canon, agit par sa masse et sa surface de radiation pour absorber et dégager une grande partie de la chaleur développée pendant le tir, et contribue ainsi à assurer le refroidissement du tube. Une boîte de culasse, située à l’arrière et sur le prolongement du canon, renferme les organes du mouvement. Au-dessous du canon et parallèlement à lui se trouve un cylindre dans lequel se meut un piston qui, poussé par les gaz, vient commander au moyen de cames les mécanismes de culasse et d’alimentation.
- Le principe général du fonc-tionnemeut est le suivant. Le tube du canon communique avec le cylindre placé au-dessous par un orifice de prise de gaz pratiqué dans le canon à une certaine distance de la bouche. Au départ du coup, dès que la balle a dépassé cet orifice, une partie des gaz de la charge pénètre dans le cylindre et lance le piston en arrière. Ce mouvement en arrière provoque l’ouverture de la culasse; celle-ci, en s’ouvrant, entraîne l’extracteur et par suite l’étui vide qui est rejeté hors de l’arme en arrivant devant l’extracteur.
- Dans son mouvement en arrière, le piston comprime un ressort de rappel (récupérateur) et vient s’accrocher à la gâchette, pièce qui se trouve à ce
- 199
- moment maintenue par la détente. En agissant sur la gâchette au moyen de la détente, le ressort est rendu libre et repousse en avant le piston qui entraîne la culasse mobile, déterminant ainsi le départ d’un nouveau coup. L’alimentation en cartouches est assurée au moyen d’un mécanisme spécial et de chargeurs rigides en laiton ou de bandes métalliques flexibles.
- Le mécanisme d’alimentation est constitué par un manchon formant double pignon d’entraînement. L’un des pignons engrène avec des cames fixées sur
- la tige du piston et prend ainsi un mouvement de rotation intermittent, avançant d'une dent à chaque aller et retour du piston. Ce mouvement est transmis à l'autre pignon qui forme l'entraîneur proprement dit et engrène avec le chargeur, ce dernier remplissant l’office d’une crémaillère.
- Le chargeur est introduit dans le couloir d'alimentation où on le pousse à fond. Il est percé d’ouvertures dans lesquelles viennent s’engager les dents de l’entraîneur, qui peut ainsi le déplacer perpendiculairement à l'arme et amener successivement chacune des cartouches devant la chambre prête à être chargée. Les chargeurs rigides en laiton contiennent 50 cartouches et ont 38 centimètres de long. Les bandes flexibles sont généralement préparées pour recevoir 250 cartouches. Les cartouches sont du modèle des cartouches d'infanterie. Elles sont maintenues sur le chargeur par trois rangées parallèles d'agrafes, respectivement à hauteur du bourrelet, du milieu de l’étui et du collet. Le tir peut être ou
- intermittent ou continu. Quand on veut obtenir un tir continu, il suffit d’appuyer avec le doigt d’une façon constante sur la détente. La gâchette n’étant plus maintenue, le piston ne pourra plus venir s’y accrocher et prendra forcément un mouvement automatique de va-et-vient. Le tir se poursuivra donc automatiquement jusqu’à épuisement complet des cartouches du chargeur, auquel on peut substituer un second chargeur et ainsi indéfiniment.
- Le fonctionnement du mécanisme sera plus ou moins énergique et, par suite, le tir plus ou moins rapide, suivant que la pression des gaz, agissant sur le piston, sera plus ou moins forte. Pour faire varier cette pression, il suffit de déplacer dans un sens ou dans un autre, suivant le cas, une pièce appelée régulateur, qflPfse trouve à l’avant du piston. Le vo-
- Fig. 5. — Chargeur rigide en laiion pour mitrailleuse Ilotchkiss.
- p.199 - vue 203/647
-
-
-
- 200
- MITRAILLEUSES AUTOMATIQUES
- lume occupé par les gaz du cylindre se trouve par cela même augmenté ou diminué. Une graduation permet de se rendre compte des déplacements donnés au régulateur. La vitesse du tir peut aller jusqu’à 600 coups par minute, mais, dans la pratique, il est bon de ne pas dépasser 500 coups.
- 18 kilos. Le tout est facilement déplacé par deux hommes. Un attelage de deux chevaux suffit pour traîner à toutes allures la mitrailleuse montée sur son avant-train.
- Fusil-mitrailleur llotchkiss. — La mitrailleuse automatique Hotchkiss a été tout récemment l’objet
- Fig. 7. — Mitrailleuse automatique Hotchkiss tirant avec bande flexible.
- La mitrailleuse Hotchkiss est servie par une équipe de deux hommes; l’un fait fonctions de pointeur et de tireur; l’autre, de chargeur. Mais à la rigueur un seul homme peut suffire pour assurer le fonctionnement régulier de la pièce.
- de nouvelles études en vue d’alléger l’arme et de la rendre encore plus maniable. En suite de ces études un nouveau modèle a été créé, c’est la mitrailleuse portative ou fusil-mitrailleur Hotchkiss.
- Le fusil-mitrailleur comporte les mêmes organes
- Fig. 8. — Mitrailleuse portative Hotchkiss ou fusil mitrailleur.
- Suivant les exigences du service de guerre auquel elle est destinée, la mitrailleuse Hotchkiss peut être montée soit sur un trépied portatif, soit sur un affût sur roues avec avant-train. Le premier mode convient de préférence à l’infanterie; le deuxième aux troupes montées, artillerie et cavalerie.
- La mitrailleuse Hotchkiss pèse 24 kilos ; le poids du trépied muni de son appareil de pointage est de
- qu’une mitrailleuse automatique. Mais il est plus léger. Son poids est de 7 ou 10 kilos, suivant que le canon est ou non muni du radiateur à ailettes. Un seul homme suffit pour le manier et le porter.
- L’arme est pourvue d’une véritable crosse, ce qui permet de tirer à l’épaule comme avec un fusil ordinaire. Son emploi est surtout indiqué dans la position du tireur couché, derrière un talus ou un épau-
- p.200 - vue 204/647
-
-
-
- LES RADIATIONS ............~::==—.201
- lement de terrain. A cet effet on l’a munie d’un petit support pliant à deux branches, fixé à demeure sur l’arme et qui forme appui pour le canon.
- La plupart des puissances militaires ont adopté et mis en service dans leur armée de campagne un des deux types de mitrailleuses qui viennent d’être décrits.
- L’Angleterre, l’Allemagne, la Russie ont porté leurs préférences sur le type Maxim, les armées Espagnole et Japonaise ont introduit tout à la fois dans
- leur armement des mitrailleuses Maxim et des mitrailleuses Hotchkiss.
- En France, les troupes coloniales sont pourvues de mitrailleuses automatiques Hotchkiss; en outre, une certaine quantité de ce matériel a été affectée ces dernières années à l’armement des bataillons de plusieurs corps d’armée métropolitains.
- Le fusil-mitrailleur Hotchkiss a été également adopté parles armées Belge et Japonaise. A. R.
- LES RADIATIONS1
- L’espace est incessamment parcouru par d’innombrables radiations, dont les manifestations pour notre sensibilité peuvent être très diverses et dont l’allure intime, le mécanisme, dont le mode de production même semblent, en effet, souvent différents. Rayons lumineux visuels ou ultra-visuels, rayons N, ondes hertziennes, rayons X, rayons cathodiques, radiations des corps radioactifs (assimiléesaux précédentes, ) etc., présentent, à côté de certains traits communs sur lesquels nous allons insister, des divergences notables et qui, pour quelques-unes d’entre elles, semblent impliquer un mécanisme distinct. Pour la commodité des explications théoriques comme des applications pratiques, il est d’ailleurs nécessaire de commencer par établir ainsi, dans la nature, des divisions, des compartiments que, d’autre part, on vise à supprimer le plus possible quand on veut généraliser. C’est pourquoi on catalogue avec soin les types de vibrations, de pulsations, de tourbillonnements divers auxquels peuvent être soumis l’éther ou la matière : formes diverses, plus ou moins élastiques, d’un même milieu, ayant pour origine première une même énergie. Cela correspond à une classification physiologique, établie dans notre sensibilité par la spécialisation des organes récepteurs chargés de recueillir ces manifestations pour les transmettre au cerveau, par lequel elles seront interprétées. Lorsqu’on se met au contraire à généraliser, la tendance naturelle est de vouloir assimiler, parfois jusqu'à l’excès, les manifestations diverses de l’énergie à celles qui nous sont devenues le plus familières par une longue habitude et que nous considérons dès lors comme les plus naturelles et les plus compréhensibles. Dans l’étude des radiations, nous commencerons donc par les radiations lumineuses, qui en sont la forme, sinon la plus importanle, du moins la mieux connue, parce que le plus parfait de nos sens, le seul à vrai dire susceptible de permettre des mesures précises, est apte à les percevoir. Nous donnerons ensuite les caractéristiques des autres radiations en montrant leur lien avec la lumière, et c’est seulement pour conclure que nous essayerons d’établir, dans leur ensemble, une sorte de série logique dont l’énoncé immédiat, nécessairement assez compliqué, pourrait surprendre le lecteur peu familiarisé avec ce genre de spéculations théoriques.
- Radiations lumineuses. — En ce qui concerne les radiations lumineuses, nous pouvons nous contenter d’un rappel très sommaire. On sait, pour ce qui concerne leur origine première ou leur synthèse, que l’on a pu montrer depuis peu l’identité des phénomènes électriques
- 1 Voir, pour la suite des idées : n° 1852, La matière et l’éther ; n° 1858 Les ions et les électrons.
- et lumineux, en mesurant notamment la vitesse de la transmission électrique, fournie par le rapport des unités de masse dans les systèmes électrostatiques et électrodynamiques et retrouvant précisément 3 x 1(>10 qui est la vitesse de la lumière. Poussant plus loin, on a considéré fonde lumineuse comme une suite de courants alternatifs changeant de sens un quatrillion de fois par seconde et se propageant par induction dans l’éther. A ces théories nouvelles se superposent alors les notions classiques : multiplicité des radiations diversement colorées (c’est-à-dire ayant une vitesse vibratoire différente) prouvée par leur dispersion au moyen du spectre ou des réseaux ; forme géométrique de la surface de l’onde (surface du A0 degré); vibrations elliptiques localisées dans un plan transversal au sens de la propagation et. non, comme on aurait pu le croire, longitudinales suivant ce rayon, etc.
- Ces ondulations lumineuses sont caractérisées, dans l’usage courant, par le chemin que le mouvement vibratoire parcourt à travers le vide pendant la durée d’une vibration : durée très variable suivant la position du rayon considéré dans le spectre. C’est ce qu’on appelle la lon-gueur d'onde, et les longueurs d’onde des rayons dispersés par le spectre vont, dans la partie visible pour la plupart des observateurs, de 395 à 760 millionièmes de millimètre (0,59 p. à 0,76 p.)1. En y ajoutant les rayons manifestés par des actions calorifiques dans l’infra-rouge ou par des actions photographiques dans l’ultra-violet, on étend communément (annuaire des longitudes) le champ du spectre de 1,9 p à 0,29 p. Comme on connaît très exactement la vitesse de propagation longitudinale de la lumière qui, dans le vide, paraît la même pour tous les rayons lumineux (3001)00 km par seconde), on peut en déduire le nombre des vibrations par seconde : nombre qui, de l’infra-rouge au violet extrême, monte environ de 400 à 800 trillions par seconde. L’amplitude des vibrations est excessivement petite par rapport aux longueurs d’onde.
- Tous les phénomènes les plus délicats de l’optique s’expliquent 'aisément et ont pu être prévus, puis vérifiés, grâce à cette théorie due au génie de Fresnel. Il est inutile d’y revenir; mais il faut aussitôt dire ici comment cette série de radiations visibles se prolonge, dans les deux sens : prolongation qu’il était facile de prévoir, sinon de constater, la limite toute subjective des radiations visibles dans les deux sens, et surtout dans le violet, étant déjà variable suivant les individus.
- Ultra-violet et ultra-rouge. — Dans le sens de Vullra-violel, on a reconnu et photographié des radiations de plus en plus rapides, allant aujourd’hui jusqu’à 0,1 jj.,
- 1 Le micron p est le millième de millimètre.
- p.201 - vue 205/647
-
-
-
- 202
- LES RADIATIONS rr=r
- grâce à des précautions dont la principale était d’opérer dans le vide, ces radiations étant très absorbables par l’air. Dans le sens de Yinfra-rovge, M. Rubens est allé jusqu’à 70 pi en évitant l'affaiblissement de l’intensité que produit la dispersion ordinaire des rayons du spectre par les prismes et les réseaux. A cet effet, il a séparé ces rayons infrarouges des autres par une série de réflexions sur de la fluorine en poudre ou sur du quartz qui absorbent les radiations situées au voisinage d’une certaine bande infrarouge 30 fois plus que dans la bande môme et finissent donc par laisser subsister cette bande seule. Depuis 0,1 p. jusqu’à 70 p., on démontre donc ainsi la continuité des radiations lumineuses. Au delà il y a, dans l’état actuel de notre expérimentation, une coupure.
- Rayons N ou Blondlot. — Mais pourquoi s’arrêter à ces limites empiriques? La logique seule rend vraisemblable que, si notre organe visuel s’est constitué pour discerner des radiations d’une certaine vitesse moyenne et leur faire attribuer par notre esprit les sensations caractéristiques de la vision, ce champ visuel, ainsi limité par de simples conditions physiologiques, a toutes les chances pour occuper une position, ou moyenne ou même arbitraire, dans un spectre infiniment plus étendu, dont la plus grande partie ne peut nous être connue que par contre-coup. Les actions calorifique et photographique sont deux de ces moyens d’observation indirects 11 doit évidemment y en avoir d’autres. J’ai déjà remarqué d’ailleurs que certaines personnes voient plus loin que d’autres dans l’ultra-violet. Sans doute l’évolution a déjà créé ou créera un jour des êtres capables de (( voir » au delà des limites qui nous restreignent dans l’infi’a-rouge ou l’ultra-violet. C’est une raison, entre autres, pour ne pas rejeter de parti pris (comme on le fait aujourd’hui après une première période d’engouement), les rayons N (de Nancy) ou rayons Blondlot, rayons dont la longueur d’onde irait de 0,003 jj. à 0,076n, simplement parce que le nombre de ceux qui peuvent les voir est limité. Ces rayons, qui, s’ils existent, seraient précieux pour voir l’ultramicroscopique, rendu sans cela invisible par la diffraction, ont, suivant leur inventeur, pour particularité d’agir sur une petite étincelle d’induction dont ils accroissent l’éclat ; une foule de sources lumineuses les produisent, d’après M. Blondlot et son école.
- Rayons X ou Roentgen. — Les rayons Blondlot seraient, pour certains physiciens, un intermédiaire entre les rayons visuels et les rayons X ou rayons Rœntgen, que l’on a proposé d’assimiler à des rayons ultra-ultra-violets, ayant des vibrations extrêmement rapides et qui, on le sait, se divisent en toute une série continue comme les rayons lumineux. Ces rayons, obtenus d’abord par Rœntgen en enveloppant une ampoule de Crookes en activité d’un papier noir, transparent pour eux, possèdent, on le sait, en premier lieu, la remarquable propriété de traverser les corps que l’habitude nous faisait auparavant considérer comme opaques, pour aller impressionner au delà une plaque photographique. Leurs vibrations particulièrement rapides trouvent peut-être un chemin plus facile pour les électrons entre les atomes matériels (l’opacité en ce qui les concerne étant proportionnelle au poids atomique). Mais ils ne sont plus réfractés par le quartz, ce qui les sépare nettement des rayùns ultra-violets les plus rapides, et ils ne sont pas non plus absorbables par l’air comme ceux-ci. La plupart des savants les différencient donc entièrement des rayons lumineux qui sont, par essence, des vibraiions continues, pour leur attribuer une discontinuité caractéristique et voient en eux une série de pulsations
- indépendantes de l’éther parlant des points où les molécules cathodiques rencontrent l’anticathode. Pour d’autres, ce sont des-rayons cathodiques à électrons exceptionnellement rapides. Les rayons X sont un premier exemple de radiations contrariant l’idée générale que l’on s’était faite autrefois sur les radiations lumineuses. Nous allons en trouver d’autres cas avec les rayons cathodiques, les rayons canaux et les substances radioactives. Après quoi, nous dirons comment la prolongation très vraisemblable des spectres au delà de l’infra-rouge, dans le sens inverse des rayons X, du côté par conséquent des vibrations relativement lentes, se fait par les ondes hertziennes.
- Rayons cathodiques et rayons canaux. — Des rayons X aux rayons cathodiques, on passe aisément, malgré leurs grandes différences apparentes, puisque les seconds donnent naissance aux premiers.
- Ces rayons cathodiques peuvent, rappelons-le, être considérés comme un intermédiaire entre la lumière proprement dite et l’électricité. C’est un flux d’élections analogue à celui d’un courant quelconque, qui franchit une interruption de conducteur à l’état de radiations invisibles, mais susceptibles d’agir sur la plaque photographique et de développer la fluorescence. Ces radiations cathodiques sont électrisées et subissent l’action d’un aimant. La vitesse des rayons cathodiques, indépendante de la nature des gaz, varie, suivant la chute de potentiel, du dixième au tiers de la vitesse de la lumière. Quand les électrons en question frappent la paroi, ils donnent lieu aux rayons X ou Rœntgen tout différents, qui ne sont plus ni électrisés ni déviables à l’aimant. D’autres courants d’ions positifs résiduels constituent les rayons canaux de Goldstein qui sont déviés par un champ électrique ou magnétique en sens contraire des cathodiques.
- Voilà donc un mélange de radiations analogues à celles que nous allons retrouver dans les corps radioactifs, et nous voyons en outre ici par quel mécanisme on peut passer de l’une à l’autre. 11 est à remarquer que ces rayons cathodiques ne peuvent prendre naissance que dans un milieu de gaz raréfiés, tandis que les radiations lumineuses ou électriques et les ondes hertziennes, qui en sont la suite, ont lieu dans l’éther; il faut ici des éléments matériels à décomposer en ions et il ne faut pas que ces éléments soient assez nombreux pour paralyser leur transmission. Mais, une fois produits, les rayons cathodiques circulent dans l’air ou dans le vide. La particularité de leur mécanisme est donc dans l’émission et non dans la propagation qui doit avoir lieu par l’éther. Inversement les gaz raréfiés absorbent les radiations hertziennes. Remarquons encore que les rayons cathodiques peuvent, comme les rayons X, se diviser en une sorte de spectre, ils constituent un faisceau.
- Radiations des corps radioactifs. — Nous passons aux radiations spéciales des corps radioactifs, uranium, radium, thorium, etc. Celles-ci peuvent être divisées, au moyen du champ magnétique, en trois catégories, où l’on retrouve trois types' précédemment connus. 1° Les rayons a, électrisés positivement et assimilés au bombardement de gros ions positifs ayant les dimensions de l’atome avec une vitesse égale au dixième de celle de la lumière, ne sont autres que les rayons canaux de-Goldstein. 2° Les rayons p, électrisés négativement et dus à des électrons négatifs 1000 fois plus petits que l’atome d’hydrogène, sont des rayons cathodiques particulièrement rapides, atteignant presque la vitesse de la lumière. Enfin 3° les rayons y sont rapprochés des rayons X et attribués, comme ceux-ci, à une déformation brusque
- p.202 - vue 206/647
-
-
-
- ............................: LE VOYAGE D
- et non périodique de l’éther. Ce sont donc les trois mômes radiations que nous avons rencontrées précédemment dans le phénomène cathodique.
- Ondes hertziennes. — Enfin, dans le sens des vibrations lentes, on rencontre les ondes hertziennes. Nous avons dit comment M. Rubens, au lieu de 0,7(i |j., plus grande longueur d’onde perceptible à la rétine, était déjà arrivé à 7(1 |x, soit environ 1Ü0 fois plus. Avec le premier excitateur de Hertz, on n’arrivait qu’à 50 000 000 d’oscillations par seconde, soit une longueur d’onde de G m. (ou G0 000 fois la dernière onde de M. Rubens). La lacune semblait presque infranchissable de l’un à l’autre phénomène. Mais Hertz est arrivé ensuite à 0,00 m., puis M. Rlondlot à 0,50 m., Righi à 0,025 m., enfin Chunder Bose à 4 mm de longueur d’onde. Le fossé se réduit chaque jour, et l’on sait que ces ondes hertziennes, avec une vitesse de propagation égale à celle de la lumière, manifestent, comme celle-ci, la réflexion, la réfraction, la double réfraction, la polarisation rotatoire, la dispersion, les interférences, etc. La plus grande différence théorique entre les deux est que l’onde hertzienne est, par son origine, polarisée dans un plan.
- Il faudrait donc, pour arriver à l’assimilation, imaginer un nombre immense d’excitateurs de Hertz orientés dans tous les sens et fonctionnant sans interruption.
- D’autre part, les radiations hertziennes sont absorbées par les gaz raréfiés au milieu desquels prennent au contraire naissance les rayons cathodiques, qui constituent un mode vibratoire dont l’émission implique déjà un rôle de la matière raréfiée.
- Résumé. — Si nous essayons de grouper et de résumer ces faits, nous sommes amenés à l’idée que les différences tiennent, pour un grand nombre des radiations considérées, à la rapidité des mouvements vibratoires et à la nature du milieu auquel elles se transmettent : l’un pouvant être la conséquence de l’autre, puisqu’un môme mécanisme doit imprimer des vibrations plus rapides à un milieu plus élastique, moins chargé de matière.
- La traduction physiologique par des sens différents accentue ces démarcations.
- LE VOYAGE D
- Le Cape Daily Telegraph, journal de Port-Elizabeth, racontait, dans son numéro du 21 novembre 1908, qu’un marchand, se trouvant vers le mois de mars de la même année sur les confins du Kalahari, avait reçu des habitants d’un village indigène un anneau d’aluminium portant la mention : a Vogehvarte Rossiten Germania 769 » [Volière Rossiten. Germanie 769]. Les indigènes affirmaient tenir cet anneau d’un Buschmann, et, enquête faite, voici dans quelles conditions celui-ci en était devenu possesseur. Il était à la chasse avec des compagnons, lorsqu’ils rencontrèrent, auprès d’une mare desséchée, un certain nombre d’oiseaux blancs et de grande taille, qu’ils essayèrent en vain de tuer à coups de bâtons et qui prirent la fuite. Un des oiseaux toutefois demeura en leur possession, et déjà ils s’apprêtaient à le faire rôtir, lorsqu’ils aperçurent l’anneau mystérieux que l’animal portait à la patte. Ils pensèrent alors qu’ils se trouvaient en présence d’un dieu, et, remplis de crainte, ils l’abandonnèrent, non d’ailleurs sans que l’un d’eux ne revînt, peu de temps après, enlever l’anneau, qu’il vendit ou échangea, et qui passa enfin aux mains du marchand du Cap.
- UNE CIGOGNE _______".=....:___i 203
- Partons des ondes sonores qui constituent un groupe distinct à tous égards, par sa transmission dans la matière et par sa longueur d’onde considérable, aussi bien que par sa vibration longitudinale. La gamme nous donne déjà, pour le son, une série de mouvements à vitesse croissante, comme, pour ia lumière, le spectre.
- Dans l’échelle des vibrations lentes, nous trouvons, à une énorme distance du son, les ondes hertziennes : ondes électriques, invisibles par elles-mêmes, pour lesquelles la vitesse de vibration relativement lente correspond à des longueurs d’ondes allant de 6 m. à 4 mm. Ici, la caractéristique sensible, ce sont les phénomènes électro-magnétiques. Nous avons des ondes électromagnétiques (à vibrations polarisées, localisées dans l’éther) et pour lesquelles les corps les plus transparents, c’est-à-dire les plus élastiques sont les isolants électriques, les plus parfaits.
- Passons de 4 mm à 70 n, nous entrons dans la série des rayons lumineux infra-rouges qui, jusqu’à 0,76 \x, vont se traduire surtout par des effets calorifiques. Puis, de 0,76 ix à 0,1 \x, vient le faisceau lumineux affectant le sens de la vue. Au delà, les radiations impressionnent la plaque photographique (effet chimique), elle champ se prolonge peut-être, jusqu’à une longueur d’onde de 0,005 |x par les rayons (encore visibles pour quelques personnes ) de Blond lot.
- Dans tous les cas précédents, dont la lumière visible est le plus typique, il y a propagation d’une onde vibratoire périodique, non mouvement de rotation des électrons autour d’un centre électrisé. Viennent alors, comme des impulsions d’un mécanisme différent fréquemment discontinues, tous ces rayons nouveaux, dont quelques-uns traversent les corps réputés les plus opaques pour venir exercer une action chimique sur la plaque photographique et qui souvent ont une action électrique, magnétique, etc. : rayons cathodiques, rayons canaux, rayons X, différenciés entre eux suivant que l’action mécanique affecte des molécules matérielles raréfiées (rayons cathodiques ou p), ou bien les ions positifs et les petits électrons négatifs (rayons canaux et a), ou simplement les électrons négatifs (rayons X et y). L. De Launav.
- 'UNE CIGOGNE
- L’anecdote fit d’abord le tour de la presse locale, puis passa à la presse étrangère. Et ce fut alors, enfin, que l’anneau du Kalahari et l’oiseau inconnu reçurent leur explication. Il s’agissait évidemment, en effet, d’une cigogne, qui, le 7 juillet 1907, avait été entrée et marquée d’un numéro d’ordre, dans une volière appartenant à M. A. Sobattka, et située à Dombrowsken, en Prusse orientale ! L’oiseau s’était échappé ensuite et on le considérait comme perdu.
- Cette petite histoire ne prouve pas seulement l’utilité de l’ordre et des journalistes, elle montre de quels voyages sont capables certains oiseaux en quête de quartiers d’hiver. Enfin l’attitude du Buschmann est significative. S’il est difficile de croire, malgré le rédacteur du Cape Daily Telegraph, que l’indigène, découvrant l’anneau, se soit réellement écrié : « Mais c’est un Dieu ! » il est clair du rcmins qu’il s’est senti en présence d’un être sacré, devenu tabou, par la vertu du charme qu’il portait, et qui devait lui rappeler ceux qu’il dépose lui-même sur ses biens, comme signe et défense de sa propriété. Josei u Delsaux.
- p.203 - vue 207/647
-
-
-
- 204
- AVIATION — UN STABILISATEUR AUTOMATIQUE POUR AEROPLANES
- Bien que les avis soient partagés sur la question de la stabilisation des aéroplanes, nous n’hésiterons pas à accueillir une solution qui nous a paru extrêmement ingénieuse, tendant à résoudre le problème cherché par quelques-uns, inexistant pour d’autres. D’autant plus que la théorie nouvelle, imaginée par M. Louis Marmonier, de Lyon, est applicable aussi bien à la navigation maritime qu’à la navigation aérienne.
- Nos lecteurs savent que l’on a déjà proposé, pour obtenir un tel résultat, le pendule simple et le gyroscope. Le premier de ces appareils est incapable de donner de bons résultats, bien que la pesanteur le sollicite constamment dans la position verticale, parce qu’il n’atteint cette position qu’après un certain nombre d’oscillations. Et ces oscillations sont d’autant plus nombreuses que le pendule est plus long et plus violemment déplacé, que la masse pendulaire est plus lourde. Pendant les virages, un aéroplane pourvu d’un appareil de ce genre prendrait en outre, sous l’action de la force centrifuge, une position tout à fait dangereuse. Il est vrai que l'importance et le nombre des oscillations pourraient être réduits au moyen de compensateurs ou de ressorts; mais une tglle solution est contraire au principe même du stabilisateur qui doit être indépendant de l’appareil à rendre stable. Tous les compensateurs, en effet, obligés de prendre appui sur l’aéroplane, seraient par conséquent soumis aux mouvements de celui-ci et ne pourraient constituer une base stabilisatrice sûre et indépendante.
- On a également proposé le gyroscope pour remplir le même but, mais jusqu’ici personne, que nous sachions, ne s’est livré à aucune expérience. Cela tient à ce que si l’on emploie un gyroscope de dimensions réduites, il sera incapable de redresser l’aéroplane même en agissant sur les organes de stabilisation tels que les plans de gauchissement. Il faut considérer, en effet, que si le gyroscope simple se
- maintient de lui-même dans une position déterminée et offre un obstacle à tous les efforts tendant à le désaxer, il n’en est pas moins soumis aux effets du milieu dans lequel il se trouve, ainsi que la résistance que lui opposeraient les organes qu’il aurait à commander. Insensiblement il se déplacera et entraînera l’aéroplane avec lui. Un gyroscope puissant ne peut être également placé sur un aéroplane à cause du poids excessif qu’il représente et de la force qu’il serait nécessaire pour le faire tourner à la vitesse voulue, et surtout parce qu’il s’opposera aux virages, à la montée et à la descente par sa force d’inertie.
- La fonction que l’un et l’autre de ces appareils, pris isolément, est incapalde de remplir, est-elle irréalisable par l’association des avantages qu’ils présentent? En d’autres termes ne serait-il pas possible d’assurer la stabilité latérale d’un aéroplane à l’aide d’un pendule gyro-scopi/juel M. Louis Marmonier a recherché si cette combinaison ne parviendrait pas à supprimer les inconvénients de l’un et l’autre syslème, tout en conservant les avantages qu’ils présentent.
- Examinons comment une masse gyroscopique, placée à l’extrémité d’un pendule, agit sur celui-ci. Soit un volant A (fîg. 2) tournant autour de l’axe aa' dans le sens indiqué par la flèche. Cet axe est supporté par un anneau g fixé à la tige d’un pendule B oscillant autour du pivot C. Ce pivot est disposé de telle sorte que le pendule ne peut osciller que dans un plan perpendiculaire à l’axe du volant A. Considérons maintenant un point quelconque m situé à la périphérie du volant et qui se meut dans une direction verticale de bas en haut. Ce point cherchera à maintenir sa direction suivant mn. Supposons ensuite qu’à un moment donné, sous l’influence d’une force représentée par le couple MM' agissant sur le pivot C du pendule B qui le transmet à l’anneau g, celui-ci prenne une position inclinée. A ce moment le point m, au lieu de suivre
- Fig. 1.
- Le pendule gyroscopique de M. Louis Marmonier.
- p.204 - vue 208/647
-
-
-
- STABILISATEUR AUTOMATIQUE POUR AÉROPLANES
- 205
- sa direction primitive ni n, viendra occuper le point o. Sous l’influence de ce changement de direction, l’anneau g tournera autour du pivot C du pendule et prendra momentanément une position inclinée vers la droite. Un nouveau couple N N' naîtra pour agir à chacune des extrémités de l’axe a a' qui, à leur tour, seront équilibrées par uri troisième couple représenté par deux forces QQ'
- agissant aux deux extrémités du pivot G mais en sens inverse des forces du couple M M'qui avait fait incliner le pendule vers la droite. Et l’inclinaison que prendra le système sera d’autant plus accentuée, pour un couple MM' déterminé, que la tige B du pendule sera plus courte. Elle atteindra son effet maximum dans le cas où l’axe du pivot C se confondrait avec celui du volant A, ce qui constituerait un gyroscope simple sans pendule. La position inclinée du pendule ne se maintiendra donc qu’autant que le couple M M' agira sur le pivot C. Dès que son action cessera, le pendule reviendra vertical par suite de la pesanteur P.
- 11 résulte de cette démonstration que, dans tout système constitué par un volant tournant rapidement autour d’un axe et prenant appui sur un cadre fixé à un pendule dont le pivot C est dans le même plan que le volant gyrosco-
- pique, toute force appliquée aux deux extrémités de ce pivot aura pour effet de faire incliner l’ensemble du système à droite ou à gauche selon le sens de rotation du gyroscope et celui imprimé à l’anneau g. De plus, toute masse gyroscopique pendulaire sera tenue, par suite de la pesanteur, à se maintenir dans une position verticale constante tant que le gyroscope sera dans un même plan. Enfin, si un gyroscope pendulaire tourne en avançant dans un même plan il restera vertical.
- Fig. 2. — Théorie du pendule gyroscopique. (Schéma.)
- J ^ !\
- i \ ! \ !
- \ i ! !
- i Æ~\ j \ i mrj // /fc \ 1 (mkj i
- i i v i W i ^ ;
- Orientation du pendule gyroscopique suivant la direction qui lui est imprimée
- La construction du pendule gyroscopique est basée sur cette théorie; nous ne le décrirons pas aujourd’hui, cette étude nous entraînerait trop loin. Disons seulement qu’il est constitué par deux volants tournant à la même vitesse dans le même sens et suivant des plans parallèles. L’effet des masses gyroscopiques est sensiblement identique
- pour deux masses que pour une seule.
- Un organe ainsi conçu, lancé en ligne droite dans l’espace, et disposé de telle façon que le pendule ne puisse osciller que dans un plan perpendiculaire à la direction qu’il poursuit, se maintiendra parfaitement vertical,
- quel que soit le sens de rotation des volants, la vitesse de projection de tout le système, et les déplacements latéraux violents auxquels on le soumettra. La force d’inertie du gyroscope ainsi que la pesanteur s’opposent à toute autre position du pendule. Dans les virages, le pendule oscillera à
- droite ou à gauche selon le sens du déplacement angulaire ou le sens de rotation. Ce résultat a été confirmé par la pratique. Ainsi l’ensemble sera jeté hors de la trajectoire décrite par le pivot du pendule, aussi bien pour les virages à gauche que pour les virages à droite, lorsque les volants tourneront dans le sens indiqué par les flèches (fig. 5 a). Par contre la réaction tendra à ramener le pendule à l’intérieur de la trajectoire décrite par son pivot lorsque les volants tourneront en sens contraire (fig. 5 b). Et les effets de réaction seront d’autant plus énergiques, que la tige du pendule sera plus courte, que le poids, le diamètre et la vitesse périphérique des volants seront plus élevés.
- Nous n’avons pas encore tenu compte de la force centrifuge qui sera d’autant plus appréciable que la
- lb)
- V
- p.205 - vue 209/647
-
-
-
- 206==== STABILISATEUR AUTOMATIQUE POUR AÉROPLANES
- vitesse de projection sera plus grande et le rayon de virage plus court. Elle est également proportionnelle à la longueur du pendule. Pour peu que ces conditions soient remplies, tout pendule simple arriverait à prendre la position horizontale, tandis que, dans un pendule gyroscopique, on dispose d’une résistance énergique opposée à la force centrifuge et l’on a soin de faire tourner les volants dans le sens indiqué par les flèches de la figure 5 b. Il devient donc possible de
- I
- des cames extérieures quelconques, ni par les déplacements latéraux de l’aéroplane; seuls les déplacements angulaires peuvent le faire dévier de la verticale.
- Ce stabilisateur peut être employé sur tout aéroplane muni de plans de redressement ; mais il est plus spécialement disposé pour commander des plans de gauchissement. Voyons ce qui se passerait dans un aéroplane genre Wright.
- Aéroplane lournanl à gauclie : c, au début du virage ; d, pendant le virage ;
- régler l’inclinaison dans les courbes au degré voulu en donnant plus ou moins d’importance à l’une ou à l’autre des deux forces conlraires : soit en augmentant la longueur du pendule pour donner plus de puissance à la force centrifuge, soit en augmentant le poids et le diamètre des volants ainsi que leur vitesse de rotation.
- Toutefois, dans un stabilisateur pour aéroplane, il faudra donner plus d’importance à la force centrifuge pour que le pendule s’incline dans les virages. Cette inclinaison devra être d’autant plus accentuée que la vitesse de l’aéroplane sera plus grande et les virages plus courts, afin que le planeur se braque sur l’air et qu’il puisse prendre les courbes avec facilité. On obtiendra ce résultat en imprimant aux volants une vitesse de rotation à peu près constante. En résumé, il semble bien démontré que le pendule à gyroscope constitue une base stabilisatrice efficace dont les réflexes ne peuvent être influencés ni par
- Lorsque le planeur marche en ligne droite, le stabilisateur est à sa position de repos ainsi que les plans. Mais, si l’aéroplane vient à s’incliner à gauche, par exemple, le pendule restant vertical fait gauchir les ailes qui rétablissent immédiatement l’équilibre.
- Au début d’un virage, l’appareil tournant à gauche, par exemple, la force centrifuge agit sur le stabilisateur qui se trouve rejeté en dehors et amène les plans de gauchissement à la position voulue (fig. 4 c). L’appareil continuant à tourner et ayant pris l’inclinaison convenable, au début du virage, se trouve dans la position d'équilibre indiquée en d. Enfin, lorsque l’aéroplane reprend sa position rectiligne, le stabilisateur devient vertical et amène les plans de gauchissement dans la position e pour rétablir l’équilibre.
- On voit, sur les photographies que nous reproduisons, que le pendule gyroscopique est surmonté
- e, reprise de la ligne
- droite.
- Le pendule gyroscopique sur un aéroplane.
- p.206 - vue 210/647
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES ;.... = 207
- d’un plan vertical placé parallèlement aux plans de rotation des gyroscopes. Ce plan est soumis à toutes les oscillations du pendule et il a pour but de faire varier l’inclinaison de l'aéroplane selon la direction et la force du vent, par rapport à la marche de l’appareil. Par conséquent si le vent souille de droite, par exemple, il ayit sur le plan du stabilisateur et amène ce dernier daps une position oblique produisant le gauchissement des plans, ce qui oblige l’aéroplane à s’incliner sous un angle convenable pour se présenter dans les conditions les. plus favorables. De même pendant les virages sous le vent, le plan du stabilisateur combineson.aciion avec, celle propre du pendule * gyrosœpique pour obliger les (dans à se maintenir dans la position de meilleure utilisation.
- L’appareil construit par M. Marmonier pèse l!2,500 kg; il a été expérimenté sur une voiture automobile sur laquelle il ; était soustrait à tout mouvement autre que ses propres réflexes. Le gyroscope est commandé par le moteur de la voiture au moyen d’une poulie de friction. Le
- stabilisateur peut donc être lancé en ligne droite ou décrire des courbes plus ou moins prononcées.
- C’est ainsi que les expériences ont permis de juger de la parfaite exactitude de la théorie de M. Marmonier que nous avons indiquée au début de cet article. Le stabilisateur est monté sur des équerres munies de ressorts pour amortir les chocs de la route. Enfin la barre de bois placée horizontalement au levier d’attaque des plans de gauchissement représente l’aéroplane; toutes les positions qu’elle prend dans les virages sont celles que prendraient les plans du planeur pourvu de ce stabilisateur.
- Ainsi que nos lecteurs sont à même d’en juger, le système imaginé par M. Louis Marmonier, applicable à la recherche de la stabilité latérale des aéroplanes, semble plein de promesses. Nous souhaitons vivement en voir l’application sur un planeur, et nous ne doutons pas que les résultats ne soient tels que nous le dit l’inventeur. La navigation aérienne bénéficierait là d’un appoint nouveau, qui pourrait lui être très précieux. Lucien Fournier.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 février 1909. -
- Les mallases de mais. — M. Maquenne annonce que M. lluerre continuant ses recherches sur la maltase du maïs, a reconnu que ce ferment possède des propriétés variables dans chaque graine. Le plus souvent la maltase appartient à la forme basse déjà signalée par lui comme active à la température ordinaire et même jusqu’à 0°. Ce caractère de maltase haute ou basse paraît être spécifique, car il persiste lorsqu’on change les conditions de milieu en rendant celui-ci plus ou moins alcalin ou acide.
- La stérilisation de l'eau potable. — M. Guignard analyse une Note de MM. J. Courmont et Th. Nogier sur la stérilisation des eaux potables par un procédé purement physique d’une application aisée. Celte stérilisation
- Présidence de M. E. Picard.
- est obtenue, en immergeant dans l’eau une lampe en quartz à vapeur de mercure (lampe Kromayer). En une minute, à une distance de 0,30 m. à 0,50 m., les l’ayons ultra-violets tuent les bactéries. L’eau n’est en rien altérée, elle n’est même pas échauffée. Le procédé peut recevoir des applications industrielles. Des lampes plongées à demeure, de distance en distance, dans les conduites d’eau assureraient sa stérilisation. La durée de ces lampes est fort longue; leur survedlance très facile. M. Dastre annonce qu’il a dans ses laboratoires utilisé le pouvoir antibiotique des radiations des lampes en quartz à vapeur de mercure, pour des travaux dont il communiquera prochainement les résultats. C11. de Villedeuil.
- p.207 - vue 211/647
-
-
-
- 208
- GRAVURES RUPESTRES DE LA NOUVELLE-CALEDONIE
- M. Marius Archambault a fait le 19 février une intéressante communication à Y Académie des inscriptions et belles-lettres sur les gravures rupestres
- de M. Archambault, car, s’il n’a peut-être pas abandonné les idées d’interprétations qu’il avançait autrefois au sujet de ses trouvailles2, sa lecture à l’Acadé-
- qu’il a observées depuis dix ans en Nouvelle-Calédonie, poursuivant ainsi, sans d’abord en avoir eu connaissance, les recherches effectuées par son prédécesseur, M. Glaumont, de 1889 à 18921.
- Les trois photographies ci-contre, que M. Archambault a bien voulu communiquer à nos lecteurs, montrent quel est le type de ces gravures. Elles paraissent évidemment beaucoup plus symboliques que réalistes. Quel est le sens des symboles? A qui doivent en être attribuées l’invention et la sculpture sur les roches? A quelle date faut-il les faire remonter?
- Aucune réponse n’est possible à ces questions, du moins à présent, et toutes les hypothèses qu’on pourrait faire seraient vaines, n’étant que des hypothèses sans aucune vérification possible, c’est-à-dire du travail qu’il vaut mieux ne pas faire. C’est d’ailleurs, semble-t-il, l’avis implicite
- 1 Voir L. Bonnerèiie. Les pierres gravées de la Nouvelle-Calédonie. Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, 1895, p. 63-72.
- 2 M. Arciiajiuault, Les mégalithes néo-calédoniens (L’Anthropologie, t. XII, p. 257-268) ; Nouvelles recherches sur les mégalithes néo-calédoniens (id., t. XIII, p. 689-712) ; Sur une ancienne ornementation rupeslre en Nouvelle-Calédonie (L’homme préhistorique, octobre 1908, p. 289-310).
- mie les laissait entièrement et sagement dans l’ombre.
- L’important, en effet, maintenant que le gisement des gravures est découvert, ce n’est pas tant d’essayer de les comprendre, que d’en faire le catalogue, complet, méthodique, et parfaitement objectif. C’est seulement après ce travail qu’on pourra étudier les beaux matériaux ainsi découverts à la science par l’activité de M. Archambault. Celui-ci d’ailleurs se propose de poursuivre cette tâche, et, s’il obtient les crédits nécessaires pour la réaliser rapidement comme il la conçoit, nous aurons bientôt un précieux Corpus, sinon d’inscriptions, du moins de gravures néo-calédoniennes, auquel serait jointe une série complète de moulages.
- Il y aurait également lieu de rechercher si les Canaques n’ont pas quelque connaissance de la signification des gravures,, ou quelques traditions à l’égard des rochers où elles figurent, et aussi s’il n’y a pas quelque rapport entre ces signes et certains dessins de tatouages. Des faits de ce genre ont été vaguement indiqués parM. Glaumont. Jean-Paul Lafitte.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiihe, rue de Flcurus, 9.
- p.208 - vue 212/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1867.
- 6 MARS 1909.
- LE REMORQUAGE FUNICULAIRE DES TRAINS
- Comme l’a si bien dit M. Lévy Lambert dans une étude générale sur les chemins de fer funiculaires, le développement merveilleux des lignes ferrées résulte tout uniment d’une application pratique des lois du frottement : sur une voie ferrée, en palier, un véhicule se meut sous l’action d’une force égale seulement aux 3/1000 de son poids, et à une vitesse qui peut être 4 fois plus grande que celle qu’il prendrait sur une route ordinaire, et sous l’influence d’une force représentant par contre les 3/100 de ce poids. L’effort est donc 10 fois moindre, grâce au rail. Mais cela n’est vrai qu’en palier, et il en est tout différemment dès que la pesanteur doit intervenir, c’est-à-dire quand une rampe même faible se substitue au palier. 11 suffira alors d’une inclinaison de 25 millimètres par mètre pour exiger un effort de traction 8 fois plus considérable.
- par adhérence seule, soit aussi au moyen d’une roue dentée engrenant dans la crémaillère. Ceci n’est pas sans inconvénients, surtout quand il s’agit d’une rampe de très faible développement.
- C’est précisément le cas que signalait notre confrère Scienlific American, et dans lequel on se trouve sur un embranchement ferré d’Ecosse. Il faut faire remonter aux trains la Rampe de Cowlairs, le Cowlairs incline, sur la ligne Edimbourg-Glasgow, appartenant au réseau du North British : rampe qui s’étend de la gare terminus de Queen Street, à Glasgow, jusqu’à la station de Cowlairs. Elle représente seulement une distance de 2 kilomètres. Celte rampe date de 1842, époque à laquelle on n’avait point coutume, il s’en faut, de faire circuler des trains lourdement chargés; et, de plus, sur la moitié de sa longueur, elle est en tunnel, ce qui rend la traction__
- Remorquage d’un train par un câble funiculaire.
- C’est pour cela que l’on prend tant de soins, que l’on multiplie les courbes, les remblais, les tranchées, les tunnels, pour éviter aux voies ferrées des dénivellations sensibles. L’importance de la question est d’autant plus grande, qu’il suffit d’une seule rampe un peu accentuée sur la longueur entière d’une section de ligne ferrée, pour obliger à diminuer la charge des trains ou plus exactement des locomotives tirant les trains qui parcourent la section de bout en bout, comme c’est le cas si fréquent. Si l’on veut éviter de réduire cette charge dans la portion aisée du parcours, on est forcé de décomposer les convois quand ils arrivent à la rampe, ou de recourir à des locomotives dé secours, à la traction en tandem. Et toutes ces solutions ont des inconvénients sérieux; sans compter que l’accouplement de deux machines sera souvent insuffisant pour remorquer sur une rampe accentuée un train qui circulera sans difficultés sur le reste de la ligne.
- On a bien la ressource d’adopter le système de la crémaillère sur la partie en rampe, en employant des machines mixtes, qui peuvent fonctionner soit 37e année. — 1“'' semeslre.
- bien plus malaisée. Le point haut de cette rampe est à Cowlairs, où le rail se trouve à 45 mètres environ au-dessus de la gare terminus de Glasgow : cela permet tout de suite de calculer la pente moyenne ; mais ce qui est intéressant, c’est de savoir l’inclinaison maxima, qui atteint près de 25 millimètres par mètre. Et bien que l’on rencontre de ces rampes sur nombre de voies secondaires, il est impossible d’y faire circuler par leurs propres moyens les lourds convois qui fréquentent cette partie du réseau.
- Dès l’ouverture, pour ainsi dire, de ce tronçon, on s’aperçut que les trains normaux ne pouvaient que difficilement monter cette rampe, et l’on dé: cida à recourir à un système funiculaire tirant la locomotive de tête et, par suite, tout le convoi attelé derrière elle. A cette époque, on ne pouvait se servir que d’un câble en chanvre. Aujourd’hui, le système a été perfectionné, notamment en ce que le câble de traction est métallique. C’est un câble sans fin, en fil d’acier, qui présente un développement linéaire de 4800 mètres, qui a près de 13 centimètres de diamètre et pèse 20 tonnes.
- 14. — 209
- p.209 - vue 213/647
-
-
-
- 210 ..... _ LA CHUTE DES PONTS AMERICAINS
- L’installation rappelle un peu les dispositifs funiculaires ordinaires, où le câble, touteiois, tire directement les wagons, sans que le convoi soit embarrassé d’une machine de traction, qui ne joue ici qu’un rôle passif. Le câble porte sur des poulies montées dans l’entre-rails ; son brin de retour passe dans l’entre-rails de la voie descendante, sans que, bien entendu, les convois aient ici à s’en servir. L’enroulement du câble est assuré en haut de la rampe par une machine à vapeur de 650 chevaux commandant un tambour; elle remonte dans de bonnes conditions des trains pesant 200 tonnes.
- Au point où l’inclinaison devient exagérée pour la traction par adhérence, le câble sans tin se trouve accroché au crochet de traction de la locomotive par le moyen d’un câble secondaire : aussitôt, un agent sonne une cloche qui vient se faire entendre dans le bâtiment de la machine d’enroulement, et le mécanicien de celle-ci la met en marche, après avoir lancé un coup de sifflet indiquant qu’il a reçu le signal. Le halage commence, la locomotive fonctionnant normalement et diminuant d’autant, grâce au faible point d’appui qu’elle prend sur les rails, l’effort
- exercé sur le câble. Un cadran est disposé dans le bâtiment du tambour d’entraînement, qui permet, au fur et à mesure de la rotation de ce tambour, de suivre le déplacement du train sur la rampe (ainsi que cela se fait pour beaucoup de machines d’extraction dans les puits de mines). Quand l’aiguille de ce cadran indique que le convoi est parvenu au sommet du plan incliné, presque à l’entrée de la gare de Cowlairs, le mécanicien coupe la vapeur et le tambour cesse de tourner. Naturellement, la locomotive, qui est en marche déjà, va prendre brusquement une allure rapide, du fait qu elle est arrivée au palier; et comme, d’autre part, le câble secondaire dont nous avons parlé n’est plus maintenu tendu, par suite du déplacement relatif de la locomotive par rapport à son point d’attache sur le funiculaire, sa boucle extrême se détache automatiquement du crochet oscillant dont est muni l’avant de la locomotive, et où elle avait été passée au début de la remorque. L’opération s’effectue toujours très bien, et le convoi peut alors continuer sa marche avec ses propres moyens, sans avoir eu à réduire sa vitesse. Piekue de Mékikl.
- LA CHUTE DES PONTS AMÉRICAINS
- Le 30 août 1907, le pont de Québec, sur le Saint-Laurent, s'effondrait pendant son montage et, dans le n° du 9 novembre 1907 de La Nature, nous décrivions ce pont et indiquions les causes qui, à ce moment, paraissaient les plus probables de cet effondrement. A la suite de celte catastrophe, le gouvernement canadien chargea une commission, composée d’ingénieurs, d’en rechercher la cause, et, le 9 mai 1908, elle déposait son rapport dont les conclusions étaient les suivantes :
- La chute du pont de Québec provient de la rupture d’une des pièces comprimées formant la membrure inférieure d’une des poutres de la travée de rive (Vov. fig. 1 du n° de La Nature du 9 novembre 1907), rupture due à des erreurs commises par les ingénieurs chargés de l’étude et de la construction du pont et, aussi, à la disposition défectueuse des pièces comprimées.
- L’erreur commise provient : d’une part, d’avoir admis comme base de calcul des dimensions à donner aux différentes pièces de l’ossature dupont, un poids trop faible de ce pont et d’avoir ensuite négligé, comme cela sciait toujours, de faire un nouveau calcul basé alors sur le poids réel du pont résultant du premier calcul ; d’autre part, chose plus grave, d’avoir admis pour le travail à faire subir au métal par millimètre carré de surface des valeurs de beaucoup supérieures à celles habituellement admises.
- Il résulte de ces deux erreurs, l’une de calcul et l’autre d’appréciation, que le travail auquel se trouvaient soumises les pièces de l’ossature du pont dépassait celui déjà très élevé admis par le cahier des charges et, même, en fin de compte, la limite élastique du métal, c’est-à-dire la charge à partir de laquelle la rupture des pièces est à craindre.
- Enfin, la disposition des pièces comprimées était défectueuse, en ce sens que le système de treillis qui relie, à la partie supérieure et inférieure, les poutres verticales
- constituant les pièces comprimées et qui avait pour but de rendre celles-ci solidaires l’une de l’autre, était de dimensions insuffisantes pour résister aux effets de flambage (Yoy. fig. 2, n° du 9 nov. 1907).
- Pendant que se construisait le pont de Québec, la ville de.New-York construisait, de son côté, un pont sur l’East River destiné à relier New-York avec la rive opposée, en prenant appui, au milieu du fleuve, sur l’île Blackwell. Ce pont, représenté sur la figure 1, d’une disposition analogue à celle du pont de Québec, est également du type Cantilevér, mais, au lieu, comme au Saint-Laurent, de relier les deux poutres en encorbellement qui se font face, par une travée centrale,’celte dernière est'supprimée à Blackwell et les deux poutres en encorbellement s’appuient directement l’une sur l’autre au milieu de la travée. Quoique, comme on le voit, la plus grande ouverture des travées soit, ici, inféi'ieure à celle du pont sur le Saint-Laurent, la surcharge que doit supporter ce pont est de beaucoup supérieure, de telle sorte que les sections à donner aux pièces de l’ossature doivent être supérieures à celles du pont de Québec.
- Le métal employé au pont de Blackwell est, sauf de l’acier au nickel, admis pour certaines pièces travaillant à la traction, le môme que celui employé au pont sur le Saint-Laurent. Comme pour ce dernier, les ingénieurs du pont de Blackwell avaient également admis un travail unitaire du métal très élevé cl voisin de la limite élastique. Quant aux pièces comprimées, elles avaient la même disposition que celles qui se sont rompues au Saint-Laurent.
- A la suite de la catastrophe du pont de Québec des doutes se sont élevés sur la sécurité du, pont de Blackwell dont les travaux se poursuivaient activement et qui, à l’heure actuelle, est, pour ainsi dire, achevé. Les ingénieurs de la ville de New-York qui avaient étudié le pont s’étaient eux-mêmes émus et se proposaient de refaire
- p.210 - vue 214/647
-
-
-
- LA CHUTE DES PONTS AMERICAINS =zzr:_________._ 211
- des calculs en se basant sur le poids réel du pont et de vérifier les efforts unitaires réellement supportés par les différentes pièces de l’ossature, car, ici, encore, comme à Québec, le poids primitif admis pour le calcul était inférieur au poids réel. Quoi qu’il en soit, ce projet de vérification n’eut pas de suite et les choses restaient en l’état, lorsqu’un journal 1res important de New-York prit l’affaire en main, poussé par l'opinion publique, et obli-
- deux grands ponts de Québec et de Blackwell. Faut-il en conclure que les ingénieurs américains sont incapables de calculer et de construire des ponts de très grande ouverture. Evidemment non, car des ponts métalliques très importants et offrant toute garantie de sécurité ont été construits par eux. Mais ces conclusions sont instructives et jettent un jour nouveau sur les méthodes suivies dans ces derniers temps par les constructeurs
- K - • - -1$/3. O 4 - -----------
- Articulation — 36o.5i-
- lle Blackwell
- -2$2.i5----
- Articulation
- ... zjfco. OO—->j
- Fig. 1. — Pont de Blackwell sur rEast-River.
- gea le service des ponts de la ville de New-York à étudier à nouveau les conditions de stabilité et de sécurité du pont de Blackwell. C’est alors que ce service chargea deux ingénieurs, M. 11. W. llodge et le professeur Burr, d’étudier, chacun de leur côté, celte question.
- En se basant sur le poids réel du pont, c’est-à-dire 47000 tonnes au lieu de 57 000 tonnes primitivement admis, et sur une surcharge maximum de 124 tonnes par mètre courant, au lieu de 18,9 tonnes, ces ingénieurs ont reconnu, chacun de leur côté, que le travail auquel les pièces de l’ossature étaient soumises, dépassait notablement (entre 2G et 47 pour 100) le travail admis par le cahier des charges. Pour les grandes pièces comprimées cette augmentation était de 26 pour 100 et, dans ces chiffres, il n’est pas tenu compte des efforts supplémentaires dus aux efforts secondaires, au vent et à la neige. De plus, comme le font remarquer ces deux ingénieurs, ce travail, dans la plupart des cas, dépasse de beaucoup la limite élastique du métal, c’est-à-dire la charge à partir de laquelle une rupture est à craindre.
- Comme conclusion, les deux experts affirment que, dans l’état actuel, le pont de Blackwell ne peut supporter que le tiers de la surcharge pour laquelle il a été construit; que, cependant, en diminuant de 1860 kg par mètre courant le poids du tablier, sans toucher aux poutres maîtresses, et en s’astreignant à maintenir une certaine distance minima entre les trains de tramways circulant sur le pont, il serait possible de laisser circuler sur le viaduc une surcharge égale à un peu plus de la moitié de celle prévue.
- Donc, comme pour le pont de Québec, il y aurait eu erreurs de calcul, appréciation exagérée du travail que peut supporter le métal et étude défectueuse des pièces comprimées.
- Telles sont les conclusions auxquelles sont arrivés les experts chargés de vérifier les conditions de sécurité des
- américains, en fait de construction de ponts, et sur les principes nouvellement admis par eux relativement au travail à faire subir au métal. C’est de cette question capitale que nous avons l’intention de dire quelques mots avant de terminer.
- Sur le continent Européen, pour le travail à faire supporter au métal, on part généralement de 'la limite élastique de ce métal, c’est-à-dire du travail par millimètre carré à partir duquel toute augmentation de travail amène une déformation permanente du métal et devient dangereuse. On admet, ensuite, un travail unitaire d’environ moitié de la limite élastique, de telle sorte que le travail par millimètre carré de l’acier se trouve limité, suivant le cas, entre 9 et 11 kg. Quant aux pièces comprimées, afin de tenir compte du llam-
- bage, on ne leur fait supporter que des efforts inférieurs à ce chiffre, en se basant sur des formules que l’expérience montre malheureusement insuffisantes lorsqu’il s’agit, surtout, de pièces comprimées de grande section et de grande longueur. Quoi qu’il en soit, grâce à la grande marge de sécurité qu’on s’est ainsi ménagée, on se trouve à l’abri des efforts secondaires inévitables dont le calcul ne peut tenir compte, et aussi du défaut d’homogénéité du métal.
- Ces mêmes règles étaient également admises aux États-Unis il y a quelques années et les cahiers des charges de bon nombre de Compagnies de chemins de fer américains sont encore restés dans ces anciennes limites.
- Dans ces derniers temps, sous des influences qu’il nous serait trop long de développer ici, les unes financières, les autres inhérentes à la hardiesse américaine qui cherche à faire grand avec le minimum de dépense, les constructeurs américains ont petit à petit augmenté le travail unitaire du métal et sont arrivés au taux fantastique que nous trouvons au pont de Québec et de
- Voie ^ charretière
- Fig. 2. — Coupe transversale du pont de Blackwell.
- p.211 - vue 215/647
-
-
-
- 212 — .-----— LES PROGRÈS DE L
- Blackwell (17 kg pour l’acier travaillant à la traction et 15 kg pour les pièces comprimées). Ces valeurs se rapprochent de la limite d’élasticité et ne laissent plus qu’une faible marge de sécurité, surtout pour des pièces comprimées et si, à ce travail prévu, on ajoute les efforts imprévus que le calcul ne peut indiquer sûrement et ceux résultant, comme à Québec et à Blackwell, des erreurs commises sur le poids réel de l’ouvrage, il n’est pas surprenant qu’on arrive, comme les experts, à trouver des valeurs non seulement supérieures au travail prévu, mais aussi dépassant la limite élastique. 11 faudra donc, à l’avenir, suivant l’avis de la commission du pont de Québec et des ingénieurs llodge et Burr, revenir à un travail unitaire égal à celui admis en Europe et que les ingénieurs américains avaient primitivement admis avec juste raison. Les ponts seront plus lourds, plus coûteux, il est vrai; mais, au moins, ils
- LES PROGRÈS DE L
- La transmission de l’écriture, ou pour mieux dire, des autographes, semble préoccuper vivement les inventeurs contemporains et depuis quelque temps nous voyons surgir nombre d’appareils conçus dans ce but.
- 11 faut observer tout d’abord que le problème n’est pas d’une grande complication à côté de certains autres que la science contemporaine a résolus victorieusement : le téléphone, tout d’abord, qui surgit voici 50 ans, dans un état de perfection tel, qu’il put entrer aussitôt dans la pratique quotidienne, plus récemment la télégraphie à grande vitesse, et enfin la transmission des images photographiques. Aussi bien, les procédés pour transmettre l’écriture abondaient bien avant même la découverte du téléphone; faut-il citer Bakewell en 1842,Caselli en 1856?
- Comment expliquer que leurs ingénieux appareils soient restés sans emploi et presqne tombés dans l’oubli? Tout simplement, parce que l’écriture est quelque chose de fort lent, à côté des vitesses de transmission des appareils de télégraphie, et quelque chose d’incommode comparé au téléphone. Mais aujourd’hui, l’emploi général, l’abus même du téléphone a rendu nécessaire l’adjonction de la téléautographie. La parole ailée, comme l’ont appelée les poètes, ne laisse derrière elle qu’un souvenir, parfois volontairement fugitif : l’écriture laisse une preuve matérielle et authentique.
- Parmi tous les appareils qui se proposent aujourd’hui à l’attention du public, nous en signalerons deux, celui du docteur Korn, célèbre déjà par son système téléphotographique et celui de Ritchie que l'on commence à mettre en pratique à Londres.
- I. Téléautographe Korn. —- L’appareil reproduit à distance les pages d’écriture, en utilisant le système de synchronisme que l’inventeur a déjà appliqué avec succès à son appareil téléphotographique.
- TÉLÉAUTOGRAPHIE :---------------- " =:.... ::
- offriront toute sécurité et ne s’écrouleront plus, comme le pont sur le Saint-Laurent, avant leur entier achèvement.
- Le pont sur le Fortli, en Angleterre, dont les dimensions sont analogues à celles du pont de Québec et qui, construit il y a environ vingt ans, n’a, depuis, nécessité aucune réparation ni montré aucun vice de construction, est un exemple à méditer par les ingénieurs américains. Il prouve qu’en faisant travailler le métal à un taux modéré et en donnant aux pièces comprimées des formes rationnelles, il est possible de construire avec sécurité des ponts cantilever dont l’ouverture des travées atteint 500 in. Les méthodes de montage actuellement en usage aux Etats-Unis, auront, peut-être, à être modifiées; mais, à notre avis, ce n’est qu’une question secondaire et négligeable devant la question de sécurité.
- B. Bonnes.
- TÉLÉAUTOGRAPHIE
- Et voici la succession des opérations à effectuer ; on écrit d’abord le texte du message sur une feuille métallique spéciale. Celle-ci est placée ensuite sur le rouleau transmetteur, qui tournant devant un stylet expédie électriquement au poste récepteur le télégramme autographe.
- Là, par un dispositif électro-mécanique, les variations de courant de la ligne imposent des variations d’intensité à un faisceau lumineux agissant sur une pellicule photographique mobile, et sur celle-ci, finalement l’écriture originale se trouve pour ainsi dire photographiée.
- Examinons un peu plus en détail le mécanisme de l’instrument; au poste transmetteur, le moteur électrique M imprime au cylindre B et à la tige filetée C, un mouvement de rotation uniforme. Sur cette tige C, se déplace l’écrou D porteur du stylet A. On voit ainsi que le stylet trace une hélice sur le cylindre B, et le pas de vis de la tige C est calculé de façon que les spires de cette hélice soient extrêmement serrées.
- Le courant d’une pile P passe dans le stylet, continue son trajet par le rouleau métallique B, de là se rend à la terre et se referme sur la pile par la ligne télégraphique.
- Supposons maintenant que l’on place sur le rouleau une feuille métallique sur laquelle le message soit inscrit en encre isolante : chaque fois que le stylet rencontre un trait de l’écriture, il y a interruption du courant, et cette interruption se manifeste au poste récepteur de la façon suivante.
- Là, dans une boîte F, hermétiquement fermée, se déplace un rouleau B't, porté sur un axe fileté mû d’un mouvement exactement synchrone de celui de l’axe qui, dans le premier poste, porte le rouleau B. Le mouvement de rotation de B'j est identique à celui du rouleau B, et son mouvement de translation est identique à celui du stylet A. Ce synchronisme est assuré par un mécanisme bien connu de
- p.212 - vue 216/647
-
-
-
- LES PROGRÈS DE LA TÉLÉAUTOGRAPHIE __:__213
- nos lecteurs et sur lequel nous reviendrons un peu plus loin.
- Le rouleau récepteur B' est recouvert d’une pellicule photographique sur laquelle doit s’enregistrer le message, c’est le faisceau lumineux d’une lampe Nernst N, à qui incombe ce soin. Ce faisceau illumine la pellicule tant que le courant n’est pas interrompu sur la ligne; dès qu’il y a une interruption, au contraire, et le fait correspond au passage du stylet transmetteur sur un trait d’écriture, le faisceau lumineux s’éteint. Un point, qui sera noir au développement, s’imprime sur la pellicule sensible.
- On devine qu’il y a devant les rayons de la lampe un écran mobile commandé par le courant électrique de la ligne : en effet en C est un galvanomètre à corde, composé de deux fils métalliques minces tendus entre les pôles d’un puissant électro-aimant et portant, dans leur centre, un disque minuscule d’aluminium. La lumière de la lampe est concentrée par une lentille L sur ce disque ; une deuxième lentille L' projette l’ombre du disque sur l’ouverture de la boîte de réception. Pendant -qu’il passe un courant sur la ligne, l’écran d’aluminium dévié laisse passer la lumière ; à chaque interruption, il revient à sa position de repos, et arrête les rayons.
- S’il y a synchronisme parfait entre les deux stations, le dessin original se trouvera reproduit avec une absolue fidélité et avec d’autant plus de finesse que le stylet A décrira des spires plus rapprochées.
- Ajoutons que, au lieu de lancer à travers la ligne, des courants toujours de même sens, M. Korn pré-
- fère employer des impulsions alternatives d’un sens différent suivant que le sujet appuie sur une région conductrice ou non. Des piles antagonistes sont destinées à produire ces alternances.
- Rappelons maintenant en quelques mots le principe de l’appareil de synchronisme de M. Korn. Les deux moteurs M et qui actionnent les rouleaux transmetteurs et récepteurs sont ajustés, avec autant de précision qu’en peut donner la construction
- mécanique, de façon à donner le même nombre de tours à la seconde. Néanmoins, cet accord parfait étant impossible, on s’arrange de façon que le moteur récepteur soit un peu moins rapide que le transmetteur, et le dispositif Korn consiste à arrêter automatiquement le moteur transmetteur après chaque révolution complète, de façon que le second puisse rattraper son retard et repartir en concordance parfaite avec le premier. Pour plus de détails nous renvoyons à l’article paru sur ce sujet (voy. n° 175-4, du 5 janvier 1907).
- Les vitesses de transmission ne sont pas très considérables : 500 mots à l’heure pour les écritures et 2000 pour les sténogrammes. Rappelons que l’appareil télégraphique Baudot transmet 20000 mots à l’heure, et le Pollak-Virag, 40000.
- Notre description a mis en évidence un certain nombre de points : pour utiliser l’appareil Korn, il faut un matériel spécial : feuilles métalliques, encre isolante, etc.
- En outre l’appareil lui-même est extrêmement délicat et ne peut être manœuvré par des personnes inexpérimentées : il exige des manipulateurs habiles. Bref, il ne paraît pas susceptible de
- Fier. 1. Système télcautograpliique Korn. — (1) En haut : le poste transmetteur. A, stylet; B, cylindre sur lequel on place le message écrit en encre isolante; C, lige filetée; D, écrou; M, moteur électrique mettant en mouvement cylindre et stylet; R, résistance; P, pile; T, terre. — (2) En bas : le poste récepteur. B', cylindre récepteur; N, lampe Nernst illuminant le cylindre B' à travers la lentille L, l’écran du galvanomètre G, et la lentille L'; M, moteur électrique et organes de synchronisme.
- p.213 - vue 217/647
-
-
-
- 214
- LES PROGRÈS DE LA TÉLÉAUTOGRAPHIE
- Il n’en est pas
- doubler le téléphone et ses usages seront par là même restreints.
- 11. Téléautographe Ritchie. de même du téléautographe Ritchie; cet appareil dérivé du système de Gray est fort simple de manipulation et il semble facile de l’adjoindre chez les particuliers, au poste téléphonique d’un usage si général aujourd’hui. L’emploi n’en est pas plus compliqué.
- Une société vient de se fonder à Londres pour exploiter l’appareil et elle a obtenu des autorités, une licence de 21 ans. Déjà-plusieurs maisons de commerce l’ont adopté pour correspondre entre elles et accélérer ainsi l’échange des divers écrits exigés par leurs transactions. C’est dire que le système Ritchie est tout différent de celui de Korn, et que l’on peut en attendre de bien plus nombreux services; il est question du reste de le faire fonctionner sur la
- R, R', intercalées chacune dans un circuit électrique fermé, traversé par le courant des piles P. Or, par leurs extrémités h et b', chacune des hielles ah, a'b' se trouve reliée à l’un des fils d’une ligne téléphonique à double fil. Si nous ajoutons que chacun de ces fils est mis à la terre au poste d’arrivée, et que le fil S, au poste de départ, relie à la terre chacun des circuits fermés dont nous venons de parler, nous aurons tous les éléments voulus pour comprendre le fonctionnement de l’appareil.
- La ligne téléphonique L, mise à la terre par ses deux extrémités, constitue un circuit embroché sur le circuit fermé PRP; or suivant la position de la bielle ab, sur la résistance R, la force électromotrice imprimée au courant de ce circuit variera; elle sera d’autant plus énergique que la bielle se trouvera poussée davantage vers la
- ligne Paris-Londres.
- Fig. 2.
- Dessin transmis par le téléautographe Korn.
- gauche.
- Dans le système Ritchie, l’appareil transmetteur comprend un petit pupitre de 0,50 m. de large sur 0,35 m. de haut. Un crayon de plomb est lixé au croisement de deux tiges articulées, et il suffit d’écrire avec cet instrument sur la feuille de papier fixée à la partie supérieure du pupitre pour que l’écriture se reproduise automatiquement au poste récepteur. Ainsi on a Davantage de laisser à son correspondant un écrit authentique et d’en garder le double.
- Le mécanisme est simple et ingénieux. Pour le comprendre, reportons-nous au schéma (fig. 5).
- Le crayon d est fixé à l’extrémité des deux tiges cd, c'd ; elles font partie chacune d’un système articulé ayant un point fixe respectivement en a et en a'. Les mouvements du crayon sont, on le voit, libres dans le sens vertical et dans le sens horizontal. Mais ils provoquent la rotation des bielles ab, a'b'.
- Celles-ci prennent contact avec les résistances
- Fig. S.-
- Mécanisme du téléautographe Ritchie.
- Au poste récepteur, ces variations de courant se traduisent en mouvements mécaniques : chaque ligne téléphonique traverse une sorte de galvanomètre à hobine mobile, G et G'; chacun d’eux, suivant l’intensité du courant reçu, imprime à un levier hi, h'i' un mouvement de rotation, dont le sens et l’étendue correspondent exactement au mouvement des bielles transmettrices.
- Or à l’extrémité des leviers lii', h'i' sont articulées deux tiges iK, z'K, qui actionnent un crayon. Et l’on voit aisément qu’en donnant des dimensions convenables aux pièces diverses de ce mécanisme, le mouvement du 'point Iv peut être rendu identique à celui du crayon d au poste transmetteur.
- Ceci ne suffit point encore; car il faut ne reproduire que les traits confiés au papier par l’émetteur du message; il faut que la plume K soit guidée par une main invisible dont les mouvements s’identifient exactement avec ceux de la main qui a écrit le télégramme.
- Examinez un peu le mécanisme de votre écriture :
- p.214 - vue 218/647
-
-
-
- LES PROGRÈS DE LA TELÉAUT0GRAPH1E —--------215
- tantôt votre plume court d’une façon continue sur le papier, tantôt elle l’abandonne pour laisser des blancs, mettre une ponctuation, et décrire dans l’espace des trajets plus ou moins compliqués qu’il importe de ne pas reproduire.
- Voici comment l’on y est parvenu : l’expéditeur du télégramme autographe écrit, nous l’avons dit, sur un pupitre; or la moindre pression sur ce pupitre ferme un circuit dans lequel est incluse une source de courant alternatif; ce courant est alors induit, par un transformateur, sur la ligne principale, il se superpose sans inconvénient au courant continu et au poste récepteur, par un dispositif, combiné à cet effet, il vient appuyer la plume sur le papier. Si la pression cesse sur le pupitre transmetteur, la plume réceptrice abandonne aussitôt le papier.
- Au repos, elle «vient d’elle-mème se placer dans un petit encrier où elle s’imbibe d’encre.
- Le téléautographe s’installant sur
- Fig. 5. — Un posle téléautographique complet.
- En haut, le récepteur imprimant le message sur la bande de papier au-dessous, le poste transmetteur ; à côté, un poste téléphonique.
- Fig. 4. — Le téléautographe tel qu’il fonctionne à Londres.
- L’envoi d’un message.
- les lignes téléphoniques, est le plus souvent adjoint à un appareil téléphonique. On ne peut cependant téléphoner et écrire en même temps ; si l’on veut écrire, il faut abandonner le téléphone ou inversement. Mais ce n’est pas même un embarras. On passe, fort aisément, paraît-il, de la parole à l’écriture ou même au dessin. Notons qu’on peut fort bien té-léautographier, sans qu’il y ait un correspondant pour répondre. C’est, peut-être, un des côtés les plus pratiques du système. Vous léléphonez à un ami pour lui donner un rendez-vous, il est absent, vous lui laissez quelques mots au téléautographe, et il les retrouve à son retour. Le téléphone seul n’eût laissé aucune trâce de votre communication.
- On voit quelles commodités, ce nouvel appareil peut introduire dans notre vie moderne, si hâtive, si avare du temps. Nous le verrons peut-être bientôt apparaître chez nous. R. VlLIdGRS.
- p.215 - vue 219/647
-
-
-
- 216
- DÉBIT ET FONCTIONNEMENT DE LA FONTAINE DE VAUCLUSE
- La fontaine de Vaucluse a déversé, le 7 novembre 1907, le colossal volume d’eau de plus de 152 m3 7 par seconde (152 700 litres). Ce chiffre, qui vient d’être publié par la Commission Météorologique de Vaucluse (compte rendu pour l’année 1907), est le plus fort que l’on connaisse, et que l’on ait enregistré depuis 1875, origine des observations et jaugeages réguliers institués par cette Commission. Antérieurement, les plus gros débits constatés avaient été de 150 m3 sec. le 26 octobre 1886 et du 9 au 13 novembre 1886; et 120 m3 à la fin d’octobre 1872 ; les plus faibles ont été relevés le 15 décembre 1884 (4 m3 5) et du 21 au 30 novembre 1884 (5 m3)1. Mais cet extraordinaire gonflement ne signifie point que l’alimentation naturelle de la fontaine ait augmenté; il a été éphémère et, bien au contraire, Vaucluse, en 1907, est demeurée pendant six mois au-dessous du débit de 18 m3, qui correspond au
- plein fonctionnement des nombreuses usines qu’elle met en jeu : 5 mois en 1906; 8 en 1905; 7 en
- 1 On sait que Vaucluse est la plus-puissante source (résurgence plutôt, puisqu’elle est en terrain calcaire) de la France, peut-être même du monde entier; sur ce dernier point je ne saurais être affirmatif, car j’ignore s’il a été exactement reconnu en quelque endroit du globe une émergence d’eau plus considérable. J’accueillerais avec gratitude tous renseignements que l’on voudrait bien me fournir à ce sujet.
- 1904; 9 en 1905; 5 en 1902; 1 en 1901; 7 en 1900; 5 en 1899 et 1898; 6 en 1897; 10 en 1896; 5 en 1895; 8 en 1894; 9 en 1895; 4 en 1892; 6enl891 ; 6 en 1890; 2 en 1889; 3 en 1888 et 1887; 3 1 /2 en 1886 ; 6 en 1885 ; 11 en 1884 ; 3 en 1885 ;
- Fig. 2. — Intérieur de la fontaine de Vaucluse (aux basses eaux).
- 5 en 1882; 4 1/2 en 1881 ; 8 en 1880; 3 1/2 en 1879. Il n’y a aucune périodicité à tirer de ces 28 chifffres : 15 présentent plus d’eau que 1907; 9 en donnent moins et 4 sont égaux.
- La cause de l’énorme éruption d’eau du 7 novembre 1907 (précédée d’un flux de 102 m5 le 19 octobre et suivie d’un autre, très bref, d’environ 150 m3 le 12 novembre) est la précipitation atmosphérique abondante, la chute considérable des pluies qui, en octobre et au début de novembre, ont provoqué, l’on s’en souvient, de si nombreuses inondations dans le Midi (fîg. 7).
- Ce fait et ce chiffre exceptionnels nous fournissent l’occasion de rappeler (ce qui n’a jamais été fait ici) quel est le vrai mode de fonctionnement, si longtemps controversé et encore trop méconnu aujourd’hui, de la célèbre fontaine.
- Jusqu’à ces dernières années, il était généralement admis que Vaucluse constitue « le trop-plein d’une vaste nappe d’eau souterraine » (carte géologique au 1/80000, feuille de Forcalquier, 1892), « formant
- p.216 - vue 220/647
-
-
-
- LA FONTAINE DE VAUCLUSE
- 217
- Fig. 3. — Falaise et faille de Vaucluse.
- canaux renflé^ au milieu, où de considérables variations de niveau se produisent sous la double influence : 1° du jeu irrégulier des précipitations atmosphériques et des infiltrations qui en résultent; 2° des rétrécisse-
- Fig. 5. — Bouche de la fontaine de Vaucluse (aux basses eaux).
- rences de pression hydrostatique, provoquent une mise en charge . plus ou moins considérable des veines liquides ramifiées sous terre; et la répercussion de cette pression variable sur le dernier vase communicant, qui forme, dans une faille (fîg. 3), l’émergence de (fig. 2 et 5) Vaucluse, amène les écarts de niveau et de débit de la fontaine.
- Cette certitude d’ailleurs, satisfait pleinement aux données empiriques
- une réserve d’au moins 10000000 m5 d’eau » (Marius Bouvier, Comptes rendus de VAssoc. franç. pour l'avancement des Sciences, 1879), etc.
- Or, la multiplication des explorations souterraines, et des vraies rivières rencontrées dans l’intérieur des massifs calcaires, permet de considérer comme certain que Vaucluse est simplement le débouché d'un fleuve souterrain, dont l’écoulement a lieu par de longs et hauts
- Fig. -I. — Oritice d'un grand abime (Lou (lervi).
- ments, siphonnements et éboulements intérieurs,, agissant comme des vannes retardatrices et transformant ces canaux en réservoirs temporaires étroits. Ces variations, engendrant de grandes difîé-
- Fig. 6.
- Orifice d’un petit abîme
- p.217 - vue 221/647
-
-
-
- 75,
- ;e (
- pli
- Midi-
- mètre
- 100
- 90
- 80
- 70
- 60
- 50
- + 0
- 30
- 20
- 10
- O
- 90
- 80
- 70
- 60
- 50
- 40
- 30
- 20
- 10
- 0
- 90
- 80
- 70
- 60
- 50
- 40
- 30
- 20
- 10
- 0
- 90
- 80
- 70
- 60
- 50
- 40
- 30
- 20
- 10
- 0
- 90
- 80
- 70
- 60
- 50
- 40
- 30
- 20
- 1 0
- 0
- 150
- 140
- 130
- 120
- 110
- 100
- 90
- 80
- 70
- 60
- 50
- 40
- 30
- 20
- 10
- 0
- 1!
- i 8
- °,5.
- LA FONTAINE DE VAUCLUSÉ
- par la Commission météo-t les explique de la plus
- ? proche de T émergence
- 1906 1907
- Déc. Janv. Févr. Mars Avril Mai Juin Juill. Août Sept. Oct. Nov.
- ’ig. 7. — Relation entre le débit de la fontaine de Vaucluse et la chute des pluies sur les plateaux.
- 04- à 1907 (avec, des chô-nois), ces variations n’ont et les différences avec la ; moins de 1°. Bien plus,
- en 1905, 1906, 1907, la moyenne température annuelle de l’eau dépasse respectivement de 0°,7, 1°,2 et 1° la moyenne température annuelle de l’air, ce qui ne s'était jamais observé : c’est la conséquence toute naturelle de la rareté des pluies et neiges d’hiver, qui a empêché le rafraîchissement des courants souterrains. Au contraire, en décembre 1902 et janvier 1905 de grands froids et des neiges sur les plateaux abaissèrent très exceptionnellement la fontaine à 8° et 8°,6 en décembre 1902, janvier et février 1905; mais, une fois les neiges absorbées, elle remonta en mars 1905 à 14°,7 (avec une énorme différence de 6°,7) pendant un débit très réduit, faute de pluies, ce qui favorisait le réchauffement géothermique des poches d’eaux souterraines de faible volume les plus rapprochées de l’émergence. Cela confirme toutes les données précédentes.
- 2° Les caprices du débit (minimum, 4,5 në par seconde; maximum, 152 m3 7 par seconde) sont expliqués par les étranglements et siphonnements de canaux intérieurs qui, comme dans toutes les rivières souterraines explorées, provoquent les mises en charge, après les pluies, et ralentissent l’écoulement lors des sécheresses pour assurer un étiage rarement inférieur à 6 m5 ou 8 m5.
- 5° Après les pluies abondantes et longues, le débit
- p.218 - vue 222/647
-
-
-
- LA FONTAINE
- Alt. 740
- £75 0
- C kttr’ogj'ie.b a.t mouche;
- G
- Fig. 8. — Coupe de l’abîme de Jean Laurent.
- de la source ne diminue que très lentement, et cela grâce à ce retard dans la vidange des collecteurs.
- 4° Les pluies des régions voisines de la source se manifestent plus rapidement que celles des localités éloignées; parce que bien évidemment leur trajet souterrain est moins long et entravé par moins d’obstacles.
- La fîg. 10, donnant (d’après des exemples empiriques) le profil probable des collecteurs internes, fournit la clef des trois dernières lois établies par
- DE VAUCLUSE r..—.....z:- 219
- la Commission météorologique de Vaucluse, savoir :
- 5° Les pluies influent lentement sur le débit de la fontaine quand elle est très basse, parce que la partie inférieure et très étroite (a) des collecteurs est seule remplie à l’étiage, et qu’il faut aux infiltrations le temps de s’élever dans le renflement (b) de la partie moyenne et d’amener ainsi une mise en charge suffisante pour accroître notablement le débit.
- 6° La fontaine grossit rapidement dès quelle atteint une certaine hauteur, parce que le remplissage de (b) augmente la mise en charge et accroît promptement le débit de l’émergence.
- 7° Les pluies fortes et prolongées font croître la source, également à cause de l'élévation du niveau et de l’augmentation de pression hydrostatique.
- Ainsi, toutes ces manifestations s’expliquent très facilement, en appliquant au réseau hydrologique souterrain de Vaucluse les configurations de cou-
- A.U. 810m.
- Grand— Gérin
- iFonticuP 15.5 -metpe.*
- E.A .MARTEL etA.SAP 27 «.t 5.9 août 1B93
- Fig. P. — Coupe de l’abîme de Grand-Gérin.
- p.219 - vue 223/647
-
-
-
- 220 ====== LE PLUS ANCIEN OSSEMENT HUMAIN
- rants intérieurs, dont les exemples se multiplient chaque année parmi les régions calcaires, avec une similitude de plus en plus générale.
- Ce sont ces configurations que l’on constatera certainement, le jour où l’on parviendra à accéder aux canalisations souterraines naturelles qui alimentent Vaucluse. Mais pour cela il faudra entreprendre franchement la très coûteuse et très hasardeuse désobstruc-tion de ces étranges et nombreux abîmes que, par deux fois, en 1892 et 1899, j’ai tous trouvés impraticable-ment encombrés à des profondeurs atteignant jusqu’à 125 m. (Grand Gérin), 130 m. (Jean-Laurent, fig. 8 et 9) et même 163 m. (Jean-Nouveau1) ; ces gouffres, si dangereux pour leurs visiteurs à cause des mitrailles de pierres, qui les comblent de plus en plus,
- et si malsains pour les buveurs d’eau de Vaucluse, à cause des carcasses de bêtes mortes que l’on persiste à y jeter2, malgré la loi de 1902 ! En attendant ce labeur de Titans, il convient, comme je le réclame depuis des années3, d’abandonner définitivement, en matière d’alimentation des résurgences de terrains calcaires, le terme incohérent et fautif de nappe vaachtsienne-, c’est une association de mots absolument contraire à des lois hydrologiques naturelles dûment et surabondamment vérifiées par l’expérience matérielle; trop souvent encore elle fait tomber les géologues dans de flagrantes erreurs, et elle conduit les entrepreneurs de travaux publics ou de captages d’eaux à des mécomptes graves et parfois même à de réels désastres financiers! E.-À. Martel.
- Profit de l Jleeca.
- Profil de
- Padirae
- Profit de.
- Bcamablau
- Section. probable clés collecteur* de Vaucluse expliquant tes Variations et phénomènes du. débit
- Hauteurs <k l'tou
- 3L en. «.liage.
- t en. cr.vw *
- C. en. cnutb extrême*
- Fig. 10. — Conduits souterrains de Vaucluse.
- LE PLUS ANCIEN OSSEMENT HUMAIN
- On sait que tous les ossements fossiles de l’homme trouvés jusqu’à présent, soit en Europe, soit dans les autres parties du monde, ne remontent guère dans le temps que jusqu’au milieu de la période géologique appelée quaternaire, qui a précédé immédiatement l’état actuel de la terre.
- Aucun ossement humain authentique ne nous est connu dans le quaternaire inférieur, où l’on n’a recueilli qtie les outils des types dits chelléen et acheuléen. Quant à l’homme des temps tertiaires, on n’a jusqu’à présent aucune preuve certaine de son existence, ni par les outils ni par les ossements.
- Il est vrai que, d’après M. Eug. Dubois, le Pithe-canthropus proviendrait des couches du pliocène, c’est-à-dire de l’étage tout à fait supérieur du terrain tertiaire; mais il est douteux qu’il s’agisse ici
- 1 Voy. n° 1047, du 24 juin 1893, avec coupe. — 2 Yoy. n° 1795 du 19 octobre 1907, p. 329. — 3 Pour plus de détails sur les avens et la Fontaine de Vaucluse, voir Marius Bouvier, C. R. Ass. fr. Av. Sc. Montpellier, 1879, p. 348; J. Saint-Martin, La Fontaine de Vaucluse, in-12, Paris, Sauvestre, 1892; Dyrion, Mécanisme de la Fontaine de Vaucluse, in-8°,
- d’un homme véritable. De plus, le savant hollandais
- n’admet cette date qu’avec une certaine réserve et reconnaît que le gisement pourrait être intermédiaire entre le pliocène supérieur et le quaternaire inférieur, ou même du quaternaire inférieur tout pur4.
- Les crânes et les squelettes « néanderthaloï-des », trouvés dans le bassin de la Dordogne, dont on a tant parlé dans ces derniers temps, ne datent que du quaternaire moyen.
- Or, en octobre 1907, M. Schœtensack, un savant allemand, qui, depuis vingt ans, surveillait l’exploitation d’une carrière de sable près d’Heidelberg avec l’espoir d’y rencontrer un jour les restes de l’homme fossile, avait extrait d’une couche appartenant sûrement au quaternaire inférieur, sinon à un terrain intermédiaire entre ce dernier et le pliocène, une mandibule remarquable d’un
- Avignon, 1893; Martel, Les abîmes, 1894, cliap. ii et xxxm. C. R. Ac. Sc., 27 janvier 1902, 10 novembre 1902, 27 février 1905, et spéléologie au xxc siècle, 1905-1906, p 183-192 av. pl. — 4 Certains savants font même descendre le Pithecanthro-pus jusqu’au quaternaire moyen. Voy. à ce sujet mon article dans La Nature du 11 avril 1908, n° 1820, p. 301.
- Fig. 1. — La sablière de Mauer.
- L’endroit où fut trouvée la mâchoire est indiqué par le signe X.
- p.220 - vue 224/647
-
-
-
- LE PLUS ANCIEN OSSEMENT HUMAIN —. = 221
- être qu’il faut considérer comme l’homme le plus ancien connu de la terre, peut-être même comme un précurseur de l’homme.
- Le gisement de ce fossile précieux se trouve dans la sablière de Mauer (Sanden von Mauer), à 10 km au sud-est de Heidelberg, à 24 m. de profondeur et à 75 cm de la hase rocheuse ou plancher de la carrière en exploitation (tig. 1). Les couches de cette sablière peuvent se diviser en trois groupes : d’abord, près de la surface, du loess récent épais de 5 m. (fîg. 1,1) ; puis, plus profondément, près de G m. (11g. 1, 2) du loess ancien ; enfin, s’appuyant sur le fond rocheux, deux séries de couches de sable (fig. 1,
- 3 a et 5 c) séparées par une couche d’argile (fig. 1 ,3 b) que traversent des couches de cailloux roulés (14 m.). Ce dernier groupe se subdivise en vingt-trois couches, soigneusement établies et relevées par M. Schœten-sacli dans le remarquable ouvrage1 auquel nous empruntons nos renseignements.
- Parmi ces vingt-trois couches du groupe inférieur, la douzième, à partir du haut, contient des blocs erratiques qui ont pu être transportés par les glaces; et c’est bien au-dessous de ces blocs, dans la dix-neuvième couche, composée d’un conglomérat de cailloux roulés cimentés par du calcaire, que l’on a découvert un maxillaire inférieur humain. Comme faune, cette dernière couche contient des restes d’animaux du quaternaire : le cerf (Cervus elaphus), le lion des cavernes (Léo spelaeus), le castor, etc. mais pas de mammouth (Elephas primnjenius). Ce dernier est remplacé par YElephas antiquus. La présence de cet animal, ainsi que des l’estes du Rhinocéros etruscus, du R. Merckii, du cheval voisin de YEquus Stenonis et de différentes coquilles pliocènes permettent d’assimiler cette couche aux « sables de Mosbach » (entre
- 1 0. Schoetensack, Der Unterkielèr des Homo Heidelber-gensis, Leipzig, 1908, in-4°, av. 13 pl.
- Mayence et Wiesbaden), au « Forest Bed » pré-glaciaire de Norfolk (Angleterre) et aux couches du pliocène supérieur de l’Europe méridionale.
- C’est donc bel et bien un terrain au moins intermédiaire entre le pliocène et le quaternaire inférieur.
- Quant au fossile qui nous intéresse plus particulièrement ici, la mandibule humaine (fig. 2 et 3), elle est admirablement conservée, et possède toutes ses dents. Elle diffère sous bien des rapports des mâchoires humaines connues, actuelles ou fossiles. Au premier abord elle rappelle la mâchoire inférieure du gorille. La branche montante est aussi grosse que chez le gorille (elle est presque deux fois plus large que celle des mâchoires des Européens modernes) et, comme chez ceux-ci, son bord supérieur est très peu échancré. Le corps même de la mâchoire est beaucoup plus court que chez le gorille. L’épaisseur générale de l’os est presque double de celle des mâchoires modernes. Par contre, les dents ne sont pas plus grosses que celles des humains d’aujourd’hui et leur forme est absolument humaine : toutes sont serrées les unes conti'e les autres et aucune ne dépasse les autres en hauteur. Le menton est excessivement fuyant, avec les empreintes des insertions des muscles de la langue bien prononcées. Si l’on pose la mâchoire sur un plan horizontal, sa partie antérieure voisine de la symphyse mentonière (endroit où se réunissent les deux branches horizontales du corps) ne touche pas la surface.
- Peut-on rapporter cette mâchoire à l’homme ? M. Schoetensack paraît le croire, puisqu’il l’attribue à une espèce spéciale du genre Homo qu’il appelle Homo Heidelber-yensis ; toutefois il pense que cet « Homo » était plutôt un précurseur du vrai homme et même l’ancêtre commun de l’homme et des anthropoïdes. En effet, l’aspect général de la mâchoire est celui d’une mandibule d’an-
- Fig. 2 et 3. — La mâchoire inférieure de Mauer, vue de côté (2) et par en haut (3).
- p.221 - vue 225/647
-
-
-
- 222 ===== NOUVEAU BANDAGE POUR POIDS LOURDS
- lliropoïde, mais la dentition est bien humaine. C’est ce qui, suivant nous, ne permet pas del'attribuer au Pilhe-canihropus, puisque les deux dents de ce dernier sont de beaucoup plus grandes et plus massives que les dents correspondantes de l’homme.
- Quoi qu’il en soit, l’importance de cette découverte n’échappera à personne et l’étude comparative de l’être « prénéanderlhalien » dont on trouvera, espérons-le, bientôt d’autres restes, et de l’homme de la race de Néan-derlhal promet d’être des plus fécondes. J. Rknikku.
- UN NOUVEAU BANDAGE POUR POIDS LOURDS
- Les concours se succèdent où les automobiles dites « poids lourds » sont sollicitées de donner leur mesure,
- Fig. 1. — Voiture munie du nouveau bandage.
- car les besoins de l’industrie et du commerce sont là qui nous pressent; mais, si des progrès se manifestent dans la constitution du châssis ou du moteur, les constructeurs en sont encore à chercher le bandage idéal, assez robuste pour supporter la charge sans usure trop rapide, assez souple cependant pour préserver les organes délicats du moteur contre les cahots, économique enfin, de première acquisition et d’entretien.
- Entre le bandage en fer et le pneu, on a imaginé le caoutchouc plein, qui ne crève pas et possède encore une certaine élasticité; mais quelle débauche de celte coûteuse matière première ! Ce ne serait lien si les bandages pleins, en rouleaux continus ou en blocs encastrés dans la jante, n’étaient pas sujets à une usure rapide qui grève toutes les entreprises d’autobus, en particulier, au point d’en faire des exploitations financièrement pitoyables.
- Le champ est donc ouvert aux inventeurs, pour l’amélioration de cette situation, et voilà justement qu’on vient d’expérimenter avec succès un nouveau bloc, dit à bouclier élastique, qui marque un progrès sensible vers la solution. Ces essais ont été faits par la Compagnie d’exploitation des trains Renard du Boulonnais, entre Andre-selles, Àmhleteuse et ’Wimereux, dans le Pas-de-Calais.
- La base du nouveau système inventé par M. G. Hugon est toujours le caoutchouc; mais celui-ci ne vient plus en contact direct avec le sol; il est ainsi soustrait à l’usure rapide qu’on reproche aux bandages pleins ordinaires, et on y peut employer par suite une qualité de gommes extrêmement élastiques, sans crainte de les voir se déchirer sur les cailloux.
- Le bandage se compose de blocs ronds, fixés sur la jante, qui peut être en bois ou en métal, au moyen d’un
- boulon coulissant librement dans une gaine de bronze. La tête extérieure en champignon écrase sur le bloc une spirale d’acier qui forme une semelle plastique et déformable, interposée entre le caoutchouc et le sol. La dernière spire sertit la base du bloc, auquel elle forme une véritable ceinture, en limitant l’écrasement qui se produit sous les chocs. Dans le mouvement de refoulement, la tige du boulon détend un ressort à boudin qui l’entoure à la queue et qui se remet en tension, lorsque le bloc reprend sa forme initiale.
- En dehors des qualités dont nous avons parlé, au point de vue de l’usure, il est facile de prévoir que les blocs à bouclier élastique sont naturellement antidérapants ; la spirale plastique se prêtant aux déformations dans toutes les directions autour de son centre, se moule toujours sur la route, et assure une adhérence complète, sans produire le labourage que l’on reproche à tant d’autres dérapants usuels.
- Il convient de remarquer que chaque bloc est toujours en tension, sous l’effort de la spirale et du ressort à boudin ; c’est une des conditions d’un bon roulement, condition remplie, par exemple, dans le pneu bien gonflé, auquel un choc sur l’obstacle communique une compression plus forte, mais qui ne se décomprime jamais complètement jusqu’à l’état neutre où se trouvent au contraire, un bandage plein ordinaire ou un pneu mal gontlé. Le travail dû au choc est alors à peu près totalement restitué,
- Fig. 2 el 5. — Lu bandage eu blocs à bouclier élastique. Eu haut : coupe et vue de profil. — Eu bas : vue de lace.
- ce qui se manifeste par le très faible échauffement des blocs. Les blocs à bouclier élastique jouissent encore de cette
- p.222 - vue 226/647
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- 223
- propriété que les roues directrices n’éprouvent aucune difficulté à pivoter autour d’une de ces spirales rondes. 11 en résulte seulement une légère torsion de la spirale; mais la manoeuvre de direction est extrêmement
- douce.
- Enfin l’avantage qui devrait leur rallier les sympathies du public — à Paris surtout, où nous connaissons la boue dans les rues — les blocs à bouclier n’éclaboussent pas. Une théorie susceptible d’expliquer ce fait d’une façon précise serait sans doute difficile à établir ; mais il semble que cette propriété résulte de la discontinuité de la surface de roulement, de sa nature ondulée et arrondie qui
- supprime les phénomènes de compression d’air eide succion pneumatique, où l’on trouve la cause des projections de boue et des soulèvements de poussières avec les bandages habituels.
- Tout cet ensemble de qualités, et surtout l’expérience heureuse que les blocs à bouclier élastique du système llugon ont subie sur les routes du Boulonnais, les recommandent assurément à l’attention des gens qui cherchent avec tant d’ardeur le bandage d’élection des poids lourds — recherche si longtemps décevante que toute solution, lut-elle incomplète, sera la bienvenue.
- Lé-colonel G. Esimtallieu.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i<r mars 1909. —
- Le bouquet du kirsch. — M. Slüntz présente une Note de MM. ltocques et Lévy sur le bouquet du kirsch. On croyait que ce bouquet était dû à de l’acide cyanhydrique libre. D’après les auteurs il provient d’un produit eyané complexe.
- La fibre de Hennequen. — M. Müntz présente ensuite une Note de MM. Hébert et lleim sur la pulpe de défibrage du sisol ou hennequen, sorte d’agave textile dont le Yucatan fait un commerce très productif. Le traitement des feuilles de hennequen par des défibreuses laisse un sous-produit jusqu’ici dit pulpe de déübragc. Les auteurs étudient la composition de cette pulpe et indiquent les avantages de sa transformation en cendres pour engrais ou en alcool. Ils examinent la question des fumures rationnelles des plantations de hennequen par la restitution au sol des principes minéraux renfermés dans la pulpe seule ou additionnée d’engrais, de façon à éviter l’appauvrissement progressif du sol du fait de l’extraction de la fibre.
- La circulation de L’air dans Vatmosphère. — M. Yiolle rappelle qu’il y a quelques années M. Léon Teisserenc de Bort a annoncé, d’après les données fournies par des sondages exécutés à Trappes, que la température de l’atmosphère décroît avec la température jusque vers — 50° ou — 60° qui correspond à une hauteur d’environ 11 km. On atteint alors une couche de température à peu près constante à laquelle il a donné le nom de zone isotherme. Aujourd’hui M. Teisserenc de Bort montre par une comparaison d’un grand nombre de sondages effectués sous le cercle polaire d’une part et dans la région intertropicale d’autre part que la zone isotherme existe à toutes les latitudes. Mais la hauteur à laquelle elle se trouve est moindre dans la région tempérée que dans l’équateur. De plus cette hauteur varie dans le même lieu suivant la pression barométrique; elle descend à Paris jusqu’à 8 km pour s’élever jusqu’à 15 km pendant les hautes pressions.
- Traitement des radiodermites. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Keating-llart signalant un mode nouveau et efficace de traitement des excoriations déterminées par les radiations. L’auteur, après avoir enlevé les croûtes, projette sur la plaie des étincelles de haute fréquence de 3 à 4 cm de longueur.
- La toxicité du chloroforme. — M. Dastre résume des recherches faites sur la toxicité du chloroforme par la voie stomacale. Il administre à un animal des doses d’un mélange d’huile et de chloroforme. Au bout de deux à
- Présidence de M. E. Picard.
- trois jours, l’animal meurt; à l’autopsie on relève sur son cadavre des lésions du foie. Pendant la période de survie, on peut observer la coagulation, du sang et la disparition du fibrinogène dans le sang. Dans les cas d’inhalation du chloroforme, des lésions peuvent se produire et entraîner la mort de l’anima) un ou deux jours après l’inhalation. Un chien étant mort dans ces conditions, il a trouvé que l’animal était atteint d’une lésion ancienne des reins. Ainsi peuvent s’expliquer par des lésions organiques cachées certains cas de mort survenus postérieurement à des opérations réussies.
- Gravures sur roches néolithiques. — M. le Dr Marcel Baudouin présente une dizaine de moulages en plâtre de gravures sur roches qu’il a récemment découvertes à Pile d’Yeu. On sait que ces gravures sont encore très discutées et même niées par certains géologues. Les' moulages en question figurent diverses variétés de cupules hémisphériques, conoïdes, ovoïdes qui sont simples ou réunies par des canaux. Elles donnent encore l’idée de la forme très fruste d’empreintes de pieds humains ou de sabots d’équidé. L’auteur a exécuté lui-même ces moulages au prix de grandes difficultés, dans une île de l’Océan. 11 estime qu’il fournit par des observations naturelles indiscutables, la preuve que ces gravures sur roches sont bien l’œuvre de l’homme. Il pense qu’elles remontent à l’époque de la pierre polie ; le premier, il a étudié les pieds de chevaux gravés et a déduit de cette étude des notions de taille, de forme sur la race représentée par la gravure montrée à l’Académie.
- Transformation du radis par la culture. — M. G. Bonnier analyse une Note de M. Molliard sur les cultures pures du radis en milieu sucré. L’auteur en parlant de graines de radis rouge a pu obtenir à volonté, suivant les conditions de culture, soit des radis blancs, soit des radis rouges, soit des radis noirs, c’est-à-dire trois végétaux que l’on considère comme appartenant à des races différentes. Il est donc possible de passer à volonté d’une race à l’autre.
- La stérilisation du lait. — M. Dastre décrit un procédé de stérilisation du lait dû à MM. Victor Henry et Stodel, et fondé sur le pouvoir stérilisateur des rayons ultra-violets émis par la lampe à vapeur de mercure en quartz. 11 a sur le procédé de stérilisation par la chaleui le grand avantage de ne point modifier les propriétés essentielles du lait. Dans- une précédente communication, un auteur a . montré que l’on pouvait aisément et
- p.223 - vue 227/647
-
-
-
- 224
- UN BAROMETRE GEANT
- rapidement stériliser l’eau limpide à l’aide de ces rayons. Mais il y avait une difficulté à étendre le procédé au lait, c’est que ce liquide est opaque pour les rayons ultra-violets. MM. Y. Henry et Stodel ont obvié à cette difficulté en soumettant le lait sous une faible épaisseur, 1 à 2 mm., aux radiations ultra-violettes. Dans ces conditions, une stérilisation parfaite est très vite obtenue ; ils
- ont même stérilisé du lait additionné de solutions microbiennes diverses. On constate ainsi une preuve nouvelle de l’action abiotique de ces rayons qui sont employés dans la photothérapie créée par Finsen et qui, dernièrement, dans le laboratoire de M. Dastre, ont permis de guérir des souris à qui le cancer avait été inoculé.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- UN BAROMETRE GÉANT
- Une exposition s’est ouverte en 1908 en Italie, à Faenza, pour honorer la mémoire de Torricelli, l’illustre inventeur du baromètre. Et pour mieux commémorer ce souvenir, il fut décidé d’édifier un monument constituant un de ces derniers instruments de proportions véritablement géantes. Le P. Gui-do Alfani, directeur de l’Observatoire Ximé-nien, de Florence, ayant été chargé de l’établissement de cet appareil, s’est arrêté aux dispositions suivantes après différents essais.
- Notre confrère Ciel et Terre en donne la description détaillée.
- Le liquide barométrique est de l’huile d’olive, dont la densité est 0,915; par conséquent, la colonne peut s’élever à une hauteur supérieure à celle d’une colonne d’eau et ses variations sont quelque peu plus apparentes, condition essentielle. En outre, point capital, la tension de la vapeur d’huile est négligeable, même pour une température élevée, et ainsi aucun trouble sérieux ne pourrait être apporté par la présence de ces vapeurs
- dans la chambre barométrique. Ce choix permit donc d’obtenir une colonne liquide, qui toutes corrections faites, se trouve ramenée à la hauteur de 10,89 m. (à la pression moyenne) et dont l’ampleur des variations, par millimètre de mercure, est de 14,35 mm, chiffre parfaitement lisible malgré l’altitude de la graduation. Celle-ci est
- Le grand baromètre de l'Exposition de Faenza.
- disposée suivant le plan diamétral de la chambre barométrique ; en effet, placée derrière, elle
- eût présenté cet inconvénient de fausser la lecture par suite de la perspective. La chambre barométrique est un tube de cristal de 0,20 m. de diamètre sur 1 m. de haut; on ne put songer à former toute la colonne par un seul et même tube, d’une fabrication impossible ; aussi tout en gardant pour l’esthétique un tube métallique de même apparence prolongeant la chambre, celle-ci communique par un long tuyau de plomb avec la cuvette inférieure. La réalisation de celte cuvette présenta quelques difficultés : mais la question fut résolue en la constituant par un cylindre en zinc, de 0,50 m. dedia-•mètre et 0,25 de haut dans lequel plonge le tuyau de plomb; à son tour cette cuvette flotte à la surface de la large vasque occupant la base de l’édifice et ainsi il est facile de ramener à un zéro constant par variation du niveau de l’eau, la surface de l’huile exposée à la pression barométrique. Cet instrument n’est pas unique en son genre ; il en existe un analogue dont le liquide est de la glycérine colorée en rouge et fonctionnant parfaitement depuis 1884, dans le hall de la Deutsche Seewarte de Hambourg.
- Le Gérant : P. Massok. Paris. — Imprimerie Laiiuue, rue de Flcurus, 9.
- p.224 - vue 228/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1868.
- 13 MARS 1909.
- LA LUTTE BIOLOGIQUE CON
- LES CHENILLES
- À la suite de notre article sur Les frères ennemis (La Nature, n° 1859, du 9 janvier 1909, p. 84) on nous a demandé quelques renseignements pratiques sur la manière d’employer les parasites à la destruction des insectes nuisibles. Il est difficile de dire quelque chose de général à cet égard, car la lutte diffère avec l’ennemi qùe l’on veut détruire et l’auxiliaire que l’on veut employer. Mais, à titre d’exemple, nous pouvons donner, d’après M. Marchai, quelques indications sur la manière dont, en Amérique, on cherche à lutter contre les chenilles des Liparides (Annales de la Science agronomique, 1907).
- C’est par centaines de mille qu’à Boston on fait venir des nids de Liparis chrysorrhœa en hiver; en en juin et juillet, on reçoit des chenilles, arrivées au terme de leur croissance, ainsi que des chrysalides de Liparis chrysorrhœa et à' Oc-neria dispar.
- Tous ces insectes, dès leur arrivée à Boston, où ils sont reçus par M.Kir-kland, sont adressés à un laboratoire spécialement affecté aux travaux qui concernent les parasites des deux Bombyx.
- Ce laboratoire est établi aux environs d’une petite ville du nom de Sangus, dans une maison qui est construite au milieu de bois infestés par les chenilles du Bombyx disparate et du Bombyx chrysorrhé ; outre les pièces consacrées aux travaux de recherches et d’éle-
- 37e année. — '1er semestre.
- vages, cette maison contient le local où habitent l’assistant qui a été chargé du travail, ainsi que les spécialistes qui sont envoyés par le Bureau d’Entomologie de Washington aux époques où se font les éclosions. Les parasites sont élevés dans des caisses construites à cet effet. Ces caisses, qui sont employées notamment pour les nids de Liparis chrysorrhœa, ont tantôt 40 à 50 cm, tantôt 1 m. à 1,50 m., de haut. Les parois sont pleines et parfaitement jointes ; l’une d’entre elles est mobile et joue le rôle de couvercle ; en dessous de ce couvercle se trouve une glace, de sorte que l’on peut se rendre compte aisément de ce qui se passe à l’intérieur de la caisse, sans courir le risque de laisser échapper des insectes. En outre, l’une des parois latérales est percée de trous dans
- lesquels on dispose des tubes de verre qui sont maintenus en place à l’aide de quelques tampons d’ouate.
- Au moment de l’éclosion, les parasites recherchent la lumière, quittent la caisse obscure et affluent dans les tubes de verre où on peut les observer à la loupe ; s’ils ne sont pas mélangés avec des hy-perparasites (c’est-à-dire d’autres parasites d’eux-mêmes), on les recueille et on les met en liberté, ou bien on les utilise pour faire des multiplications dans des cages d’élevage; si, au contraire, ils sont mélangés avec des hyperparasites, on les détruit,
- 15. — 225
- Fig. i. — Boîte pour l’élevage des parasites des chenilles.
- Fig. 2. — 1, Oeneria dispar, mâle; 2, Oeueria dispar, femelle pondant; 3, Oeneria dispar, chenille; 4, Liparis chrysorrhœa, mâle; 5, Liparis chrysorrhœa, femelle pondant; 6, Liparis chysorrhœa, chenille.
- p.225 - vue 229/647
-
-
-
- LE PAPIER DE SARMENTS
- 226
- ou bien on les sépare soigneusement de ces derniers qui sont immédiatement sacrifiés.
- En outre, pour éviter que les hyperparasites ou des espèces suspectes, non existantes en Amérique et accidentellement mélangées aux envois, se répandent au dehors, les caisses dont nous venons de parler sont toujours disposées dans des chambres bien closes, présentant doubles portes ; elles sont rangées à côté les unes des autres, en plusieurs séries longitudinales, entre lesquelles il est facile de circuler et chacune de ces séries peut elle-même être formée de deux rangées de caisses d’élevage superposées. Au sortir des caisses d’élevage, les parasites ne sont pas en général mis en complète liberté; mais ils sont lâchés tantôt dans d’immenses
- cages en fine toile métallique, qui ont été construites autour de un ou de plusieurs arbres très infestés par les Bombyx, tantôt dans des oages de dimensions plus petites entourant des arbustes contaminés et destinés à élever chaque espèce de parasite d’une façon isolée.
- En procédant de cette dernière manière, on peut se rendre compte du mode de développement de chaque type et juger de l’intensité de sa multiplication. C’est le même système que. celui des cultures pures en microbiologie : il permet de faire des prévisions au sujet de la valeur pratique de chacune des espèces et même des races d’une même espèce, qui, suivant leurs pays d’origine, peuvent offrir des adaptations légèrement différentes. Henri Coupin.
- LE PAPIER DE SARMENTS
- La crise viticole qui, depuis quelques armées, sévit avec intensité, a éveillé les initiatives, et l’on recherche, dans l’utilisation des produits de la vigne, un palliatif à cette crise, en transformant tous les produits secondaires de la culture en produits marchands; de la sorte, on augmenterait le revenu brut à l’hectare et on diminuerait les pertes.
- C’est dans cet ordre d’idées, que M. Chaptal, répétiteur de chimie générale et analytique à l’École nationale d’Àgriculture de Montpellier, appelait récemment l’attention sur l’utilisation des sarments de vigne pour la préparation de la pâte à papier.
- La question est d’autant plus intéressante, que la consommation sans cesse croissante du papier est considérée comme une des causes du déboisement en France, le papier de bois ayant de nombreuses utilisations. La pâte de bois est obtenue par le traitement des branches de sapin, bouleau, tremble, platane, etc.
- Au point de vue botanique, les sarments sont des tiges et ils ne se différencient des branches d’arbres que par des détails sans importance dans le cas dont il s’agit.
- La teneur en cellulose des sarments secs se rapproche de celle des branches d’arbres. A priori, il semble donc que rien ne s’oppose à la fabrication du papier de sarment.
- On sait, d’ailleurs, qu’une substance quelconque peut être utilisée pour cette fabrication, à condition de pouvoir l’amener, au moins en partie, à l’état de cellulose fibreuse et résistante formée de filaments plus ou moins allongés, assez souples pour se feutrer et s’entre-croiser.
- Pour étudier la fibre de sarments, M. Chaptal a attaqué les sarments, préalablement débités en morceaux de longueur voulue, par de l’eau régale diluée et chaude. Le résultat de l’attaque, légèrement broyé en présence d’eau et passé au tamis, a fourni une pâte brunâtre, constituée par des fibres cellulosiques fuselées de longueur variable, mais dont le rapport longueur-largeur est plus grand que 50 ; or, d’après les observations de M. A. Girard, le rapport doit être, au minimum, égal à 50 au moment de l’utilisation de la pâte.
- Des sarments traités par les alcalis ont fourni une pâte présentant sensiblement les mêmes caractères que la précédente.
- Il résulte de ces expériences que les sarments, convenablement hachés, peuvent donner un produit ayant tous les caractères d’une bonne pâte.
- Au point de vue industriel et économique, l’utilisation des sarments pour la fabrication de la pâte à papier serait, d’après M. Chaptal, des plus avantageuses pour le viticulteur.
- Le bois employé dans la fabrication du papier se vend 7 fr. le mètre cube, soit 2 fr. les 100 kg. En admettant que le rendement des sarments en pâte ne soit que les 50 pour 100 du rendement du bois, la valeur commerciale des sarments secs ressortira au moins à 1 fr. les 100 kg, soit 15 fr. à l’hectare, valeur minimum.
- On doit prévoir l’augmentation possible des frais de fabrication, la quantité de matière première à traiter, pour obtenir le même poids de pâte, étant plus considérable lorsqu’on s’adresse aux sarments que lorsqu’on s’adresse au bois.
- Par contre, l’attaque des sarments paraît être bien moins pénible et par conséquent beaucoup plus économique que celle du bois. Les frais de fabrication seraient donc sensiblement les mêmes dans les deux cas, et le prix d’achat des sarments, fixé à 1 fr. les 100 kg., tout à fait normal.
- Il faut observer, en outre, que cette utilisation industrielle des sarments de vigne devrait se faire, autant que possible, non loin du lieu de production, car les sarments ne pourraient se prêter, économiquement, à de longs transports ; ils renferment trop peu de substance utile, eu égard à leur volume.
- Ce papier de sarments pourrait être obtenu d’après les mêmes procédés que l’on emploie pour fabriquer le papier de bois.
- Toutefois, et d’après les essais de M. Chaptal, le traitement chimique par les alcalis est celui qui donnerait le meilleur résultat. En ce qui concerne le blanchiment de la pâte, c’est encore avec le chlore que l’on obtient la décoloration la plus parfaite.
- Enfin, la fabrication de la pâte de sarments aurait un double avantage : elle ferait faire un pas à la question des succédanés des chiffons — question capitale en papeterie — et elle serait une source de revenus pour la viticulture.
- Félicitons M. Chaptal de ses intéressantes et très utiles études, et souhaitons que cette fabrication du papier de sarments, qu’il préconise, apporte une part contributive à la solution du grand problème viticole, en ces temps modernes. Henri Blin.
- p.226 - vue 230/647
-
-
-
- &.<&&&&&&&&&.<& — ~ .... 227
- CHRONIQUE
- Les fantaisies d’un séismographe. — Les séismographes sont des, appareils extrêmement délicats; on sait en ellet qu’ils enregistrent, à très grandes distances du centre d’ébranlement, les vibrations communiquées au sol de noire globe par les secousses souterraines et certaines se réduisent à de simples frémissements de l’écorce de notre globe. Aussi les séismographes enregistrent-ils bien d’autres vibrations que les vibrations séismiques : le passage d’une voiture au voisinage de l’observatoire, de cavabers, d’un régiment, se manifestent sur les courbes tracées par l’appareil. Mais les observateurs savent parfaitement distinguer les sinuosités dues aux ondes souterraines, de celles qui proviennent de causes extérieures. Parfois, cependant, ils sont dans l’embarras, témoin le fait suivant survenu dans un observatoire allemand; les veilles et les jours de fête, invariablement le séismographe se mettait à fonctionner, et les sinuosités qu’il traçait ne pouvaient être identi-liées ; impossible cependant d’admettre des tremblements de terre survenant régulièrement aux dates du calendrier.
- Après de longues études, on s’aperçut que la cause de ces courbes mystérieuses, n’était autre que les cloches, qui, en sonnant à toute volée, communiquaient leurs vibrations au style délicat de l’instrument.
- Le transport d’énergie sans fil par ondes hertziennes. — La télégraphie sans lil en ces derniers lemps a accompli des merveilles; MM. Marconi, Tissot, Poulsen ont pu actionner des récepteurs téléphoniques à des distances inespérées, la portée des ondes hertziennes semble illimitée. Ces éclatants succès inspirent aux enthousiastes des visions d’avenir, un peu fantaisistes peut-être. .Nombreux sont les prophètes qui prédisent à bref délai, avec le perfectionnement de la technique des ondes hertziennes, l’avènement du règne de la télémécanique sans fil ; l’énergie des chutes d’eau, des vents et des marées serait envoyée à travers l’espace, sans fil conducteur, aux moteurs qui l’utiliseraient. Un ingénieux escroc a même profité récemment de cet état d’esprit pour orga-
- niser dans le Midi de la France une sensationnelle entreprise de transport d’énergie sans fil ; les actionnaires furent nombreux; les ondes hertziennes avaient trop d’exploits à leur actif pour que leur nom seul n’inspirât pas confiance; des truquages assez grossiers eurent raison des quelques doutes qui subsistaient. Et l’on vit ainsi un petit bateau sillonner la Méditerranée, actionné à distance par l’énergie de la centrale électrique du voisinage.
- Un jour, un accident survint qui arrêta l’usine quelques heures, mais le bateau, à la surprise générale, n’en continuait pas moins ses évolutions. La fraude fut alors découverte. Ceci ne prouve nullement du reste que le transport d’énergie par les ondes hertziennes soit chose irréalisable ; mais combien nous sommes encore aujourd’hui loin du but! Un simple calcul que nous empruntons à l’excellent et récent ouvrage de M. Turpain sur la télégraphie sans fil va nous le prouver et nous montrer, d’une façon précise, l’état actuel de la question.
- M. Marconi, en disposant d'une usine de 100 chevaux, soit environ 70 kilowatts, est parvenu à envoyer un télégramme à 5000 km, actionnant non pas la membrane d’un téléphone, mais un très sensible détecteur qui n’exige que 400 microergs pour actionner le courant d’une pile locale ; ainsi nous savons actuellement envoyer, avec 100 chevaux, 0,0004 erg à 5000 km; soit
- 4 _ 1 _ 1 1
- 10 000 X 70 000 X 107 °U ‘2 x 10‘«
- de la puissance mise en jeu. Le rendement n’est donc que de un deux-cent-millioniôme de millionième. Nous voilà bien loin d’un rendement industriel.
- « Est-il bien certain, ajoute M. Turpain, qu’une oreille, qui serait aussi sensible proportionnellement aux ondes sonores que notre détecteur électrolytique l'est aux ondes hertziennes, ne pourrait entendre dans les plaines du Texas à la faveur d’une subite accalmie de toute notre atmosphère, le bruit de la cascade du torrent des Alpes capable d’entretenir l’alternateur de 100 chevaux? »
- UNE TORPILLE PERCE-CUIRASSES
- On sait que les torpilles automobiles, dont l’inventeur fut le célèbre ingénieur Whitehead, agissent contre les coques des bâtiments, sous l’eau, et à une distance de la flottaison telle qu’elles n’ont à briser, lorsqu’elles
- velle, forcèrent naturellement les constructeurs de bâtiments de” guerre à chercher pour ceux-ci une protection efficace contre cet ennemi sous-marin.
- Les solutions adoptées furent de deux genres et toutes
- Fig. i. — Vue extérieure de la torpille automobile du commandant Davis.
- frappent le but, que les tôles assez minces ordinaire: ment employées dans la construction des fonds des navires.
- Les premiers désastres provoqués par cette arme nou-
- les unités de combat de construction récente ont leur coque défendue contre les torpilles, les unes par une véritable cuirasse placée à l’intérieur de la coque, à une certaine distance et descendant presque jusqu’à la quille,
- p.227 - vue 231/647
-
-
-
- 228
- = UNE TORPILLE PERCE-CIURASSES
- les autres par une double et même une triple coque dont les intervalles renferment une multitude de petits compartiments étanches. Ces cellules, sortes de nid d’abeille, sont destinées à supporter et à absorber les ell'els de l’explosion du fulmi-coton et à les empêcher de s’étendre jusqu’à l’intérieur du navire en compromettant son existence.
- De fait, les-expériences in anima de la guerre russo-
- obstacles qui y sont accumulés derrière elle l’effet destructif ordinaire.
- À ce moment précis un mécanisme spécial enflamme une charge de poudre placée dans une sorte de canon, de calibre assez fort, contenu, comme le montre le schéma (fig. 5), dans le corps même de la torpille.
- Cette déflagration projette hors du canon un véritable projectile plein ou creux. Dans ce dernier cas ce projectile
- Fig. 2. — Vue du caisson, au moment précis où la charge de la torpille ayant fait explosion, le projectile a traversé le caisson et continue sa roule.
- japonaise démontrèrent que la torpille automobile, en présence de cette disposition des coques perdait beaucoup de son efficacité. Je n’en citerai qu’un exemple.
- Dans la surprise célèbre du 8 février 1004 par laquelle le Japon, rompant avec une tradition courtoise, signifia à la Russie la déclaration de guerre, le cuirassé Césarevitch fut torpillé devant Port-Arthur, dans des conditions telles qu’il semblait devoir être irrémédiablement perdu. Grâce au système de protection de la carène adoptée par les Forges et Chantiers de la Seyne où ce bâtiment a été construit, il put résister à l’assaut. Ses avaries furent très localisées et il rentra sans trop de peine dans le port où il reçut les réparations nécessaires.
- Un voit se renouveler en cette matière la lutte du canon et de la cuirasse.
- Le dernier mot restait donc jusqu’à présent aux ingénieurs des constructions navales qui pouvaient espérer garder longtemps l’avantage sur la torpille.
- Or, voici qu’un officier de la marine américaine, le commandant Cleveland Davis, vient d’inventer un engin qui permet à la torpille de pénétrer jusque dans l’intérieur du bâtiment ennemi de telle sorte que l’explosion se produira, non plus contre la coque, mais bien dans l’intérieur même de cette coque et y produira, par conséquent, des effets irrémédiablement désastreux.
- Voici comment agit la torpille du commandant Davis.
- Au moment où se produit le contact contre la coque du navire, la charge de fulmi-coton contenue dans le cône explose et produit dans la muraille et dans les
- est muni d’une fusée à temps et contient une grosse charge d’un explosif puissant. Cet obus devant qui la voie est presque complètement ouverte, ne trouve que peu de résistance pour percer les derniers obstacles et vient exploser dans les chaudières, les machines, les soutes à poudre, en un mot dans les parties vitales du bâtiment où les ravages seront sans remède.
- Depuis longtemps déjà, paraît-il, le commandant G. Davis se heurtait, pour la solution du problème qui l’occupait, à la difficulté, à l’impossibilité même de trouver, dans l’état actuel de la métallurgie, un métal qui lui permit de construire un canon à paroi de faibles épaisseurs, très léger et cependant très résistant qui pût être porté par la torpille.
- L’apparition de l’acier au vanadium lui procura la solution cherchée et lui permit de donner à son canon une longueur de 10 calibres avec des parois de 13 mm. et un poids total de 160 kg. En somme l’invention du commandant Davis consiste à appliquer à la torpille, et de façon très ingénieuse, le système si efficacement employé pour les obus ordinaires, de l'inflammation retardée.
- La description théorique que je viens de donner de ce nouveau et formidable engin autoriserait peut-être un peu de scepticisme quant à son efficacité réelle. On pourrait notamment croire que la première explosion, celle qui prépare la voie à l’obus dévastateur, doit déranger l’équilibre de ce qui reste de la torpille et notamment le pointage du canon, quelle que soit la simultanéité que l’on puisse espérer dans la production
- Fig. 3. — Coupe montrant la disposition du canon intérieur : i, cône de charge ordinaire] 2, canon; 3, obus; 4, chambre à poudre du canon; 5, coupe de la torpille; 6, mécanisme d'inflammation du canon.
- p.228 - vue 232/647
-
-
-
- - 229
- UNE TORPILLE PERCE-CUIRASSES
- des deux explosions. Dans ce cas il semblerait que le projectile pourrait se perdre ou heurter une partie de la coque encore intacte.
- Les expériences de caractère très sérieux, qui ont été faites à plusieurs reprises sur des torpilles du système Davis, démontrent qu’il n’en est rien.
- Dans un premier essai exécuté à Fort Slromj (Massa-
- cependanl qu’une impossibilité apparaisse a priori.
- D’ailleurs même si on devait s’en tenir au projectile plein, l’invention du commandant Davis est impressionnante. Les dispositions actuellement adoptées contre la torpille ordinaire n’ont plus de valeur contre ce projectile redoutable, dont le moindre méfait sera de créer une voie d’eau très dangereuse, et qui en beaucoup de
- Fig. 4. — Le caisson d'expériences apres l'explosion de la torpille.
- chuselts) on avait disposé comme cible un caisson cylindrique représentant la structure intérieure et extérieure de la coque immergée d’un navire de guerre.
- La torpille fut lancée d’un chaland mouillé à 50 ni. du but et pour être sûr qu’elle ne le manquerait pas elle était conduite par un trolley.
- La charge de la torpille déchira largement, en éclatant, le flanc du caisson, et le projectile, qui était massif, traversa 4 cloisons séparées ayant chacune fi mm. d’épaisseur, ressortit de l’autre côté du caisson et alla s’enfoncer dans la vase à 60 m. plus loin. Le caisson coula très rapidement.
- La réaction de l’explosion, dit le Scientific American, renvoya ce qui restait de la torpille et le canon qui y était resté attaché à 15 m. en arrière.
- Dans une autre expérience, à Annapolis, la torpille-canon Davis envoya son projectile à travers une cuirasse de 84 mm. d’épaisseur, 5 m. de charbon et 84 autres mm. de blindage placés de l’autre côté.
- Dans aucun de ces essais on n’a employé de projectile chargé et peut-être se heurtera-t-on à quelques difficultés quand on voudra entrer dans cette voie, sans
- cas, même s’il n’explose pas, pourra moi Ire hors d’usage un organe vital du navire.
- L’entrée en jeu d’une arme aussi terrible produit une forte émotion dans les milieux maritimes. Il va falloir que les ingénieurs cherchent le moyen de parer ce nouveau coup di’oit. Ils le trouveront peut-être en descendant jusqu’à la quille la protection de la cuirasse épaisse, mais on voit tout de suite quelle répercussion l’adoption de la torpille Davis peut avoir sur la construction et l’installation des futures unités de combat.
- La coque entière des navires devra être cuirassée au-
- dessus comme au-dessous de l’eau. Le poids du bâtiment deviendra formidable. Son prix également.
- Quoi qu’il en soit il semble bien que l’invention du commandant Cle-veland Davis constitue un des pas les plus marqués qui ait été fait ces dernières années dans l’art de l’utilisation des torpilles où de grands progrès ont été cependant introduits par l’appareil Obry et le réchauffage de l’air, et à ce titre il m’a paru que les lecteurs de La Nature trouveraient quelque intérêt à sa description. ' Sauvaire Jourdan,
- Capitaine de frégate de réserve.
- Fig. 5. — Le caisson avant et après le passage du projectile.
- p.229 - vue 233/647
-
-
-
- 230
- LES LOCOMOTIVES COMPOUND
- Lorsque, dans un vase clos, c’est-à-dire dans une chaudière remplie en partie d’eau, on chaulfe cette eau, il s’accumule dans l’espace vide du vase de la vapeur dont la pression dépend de la température
- * _ Admission
- „ Compr^g
- à laquelle l’eau a été chauffée. La vapeur ainsi produite au contact de l’eau est ce qu’on est convenu d’appeler de la vapeur saturée. Celle-ci, par suite de son état d’humidité, se trouve dans un état instable qui fait qu’aussitôt qu’elle se trouve en contact avec des parois dont la température lui est inférieure, une partie de cette vapeur se condense en retournant à l’état liquide. C’est cette vapeur saturée, prise dans le réservoir de la chaudière, qui est amenée aux cylindres de la locomotive où elle actionne les pistons qui, par l’intermédiaire de bielles et de manivelles, donnent aux roues motrices leur mouvement de rotation.
- Prenons maintenant un cylindre de locomotive dans lequel se meut un piston. Lorsque celui-ci se trouve à une des extrémités du cylindre, c’est-à-dire au point mort, la vapeur introduite à la pression de la chaudière derrière ce piston le pousse jusqu’à un certain point de sa course (période d’admission) (fig. 1). En ce point, variable suivant l’effort que doit produire la locomotive, au moyen d’un système de distribution approprié, cette vapeur cessant d’être admise directement de la chaudière, continue, cepén-dant, à pousser le piston en augmentant de volume et diminuant de pression jusqu’à fin de course. C’est la période de détente de la vapeur. Puis, le tiroir mettant le cylindre en communication avec l’atmosphère, la vapeur s’échappe brusquement à une température voisine de 100°.
- Poussé par la vapeur à la pression de la chaudière que le tiroir introduit sur sa face opposée, le piston reprend sa course rétrograde et la pression qui agit devant lui se trouve réduite à la pression atmosphérique jusqu’au moment où le tiroir fermant la communication avec l’atmosphère rétablit celle avec la chaudière. C’est la période de l’échappement. La pression de la vapeur devant le piston se relève alors jusqu’à atteindre celle de la chaudière et un nouveau cycle, identique au premier, se reproduit (périodede compression).
- Pendant la course rétrograde du piston, la vapeur
- ET A VAPEUR SURCHAUFFÉE
- s’échappant à la pression de l’atmosphère est à une température voisine de 100°. Les parois du cylindre, en contact avec cetle vapeur, se refroidissent et prennent une température inférieure à celle de la vapeur de la chaudière qui, en pénétrant dans le cylindre pour pousser le piston en sens inverse, rencontrera ces parois refroidies. D’après ce que nous avons dit de la vapeur saturée, une partie de cette vapeur réchauffera ces parois en se condensant sur leur surface. Ce sera une perte sèche de vapeur, sans aucun travail produit.
- Ces pertes, qui portent le nom de pertes dues aux condensations initiales et qui peuvent être considérables dans les machines à simple expansion, sont d’autant plus importantes, que la pression de la vapeur à l’admission et, par suite, sa température, est plus élevée. Elles peuvent, dans certains cas, atteindre 10 à 50 pour 100 et même plus du poids de vapeur fourni par la chaudière. Si, à cette perte, on ajoute celles également inhérentes au fonctionnement par simple expansion telles que l’impossibilité d’obtenir des détentes théoriques dépassant 2 à 3 fois le volume primitif de la vapeur, ainsi que les pertes de pression dues au laminage de la vapeur à son entrée et sa sortie du cylindre résultant des appareils de distribution en usage, il est tout naturel que, depuis longtemps déjà, on ait cherché à atténuer ces perles si préjudiciables à la bonne utilisation de la vapeur dues à la simple expansion.
- Locomotives compound. — Le premier mode de fonctionnement, auquel on a eu recours pour améliorer cette utilisation de la vapeur, a été le fonctionnement compound appliqué pour la première fois aux locomotives en 1876 par M. Mallet.
- Avec le fonctionnement compound, la vapeur se détend de la pression de la chaudière à celle de l’atmosphère dans deux cylindres successifs de vo-
- ir ii
- c- - - Admissions -
- ____Détenirs
- i* Adnusswns-
- <- (impressions__p
- Compre%t____________
- Echappement -
- Echappement.
- Fig, 2.
- lume différent. La vapeur pénètre d’abord directement de la chaudière dans le premier cylindre et s’y détend en partie pour échapper ensuite à une certaine pression dans un réservoir servant d’intermédiaire entre les deux cylindres. De ce réservoir la vapeur, ainsi détendue en partie, se rend dans un
- p.230 - vue 234/647
-
-
-
- LES LOCOMOTIVES COMPOUND :. 231
- second cylindre de plus grand volume que le premier et achève de s’y détendre pour s’échapper dans l’atmosphère.
- La détente à deux étages, caractéristique du lonctionnement compound, est une cause d’atténuation des condensations initiales. Celles-ci, en effet, comme nous l’avons vu, sont d’autant plus grandes que les pressions d’admission sont plus grandes et, comme conséquence, que les écarts de température entre l’admission et l’échappement de la vapeur sont plus considérables. La détente à deux étages a précisément pour but de réduire dans chaque cylindre lés écarts de température entre l’admission et l’échappement. Les condensations initiales doivent donc, de ce fait, diminuer et, en réalité, l’expérience
- réduire les pertes de pression dues au laminage de la vapeur qui, comme nous l’avons vu, sont importantes avec le fonctionnement par simple expansion.
- En résumé, avec le fonctionnement compound, il est possible d’atténuer les condensations initiales et, en augmentant le timbre de la chaudière, et par suite la puissance de la machine, d’obtenir des détentes considérables de la vapeur, tout en atténuant les pertes dues au laminage. En fait, comparée à la simple expansion, l’adoption du fonctionnement compound réduit de 40 à 42 pour 4 00 la consommation de charbon, ce qui permet, avec une même consommation, d’augmenter dans une même proportion le poids remorqué.
- Toutefois, ces avantages, qui sont la caractéristique
- Fig. 3. — Locomotive compound à quatre cylindres de la Cie du Midi.
- démontre qu’elles sont réduites par rapport à celles résultant du fonctionnement à simple expansion, tout au moins dans certaines conditions de marche, comme nous le verrons plus loin.
- De plus, l’utilisation de la vapeur étant d’autant meilleure que la pression de la vapeur à l’admission est plus élevée et la détente plus prolongée, il est possible, grâce au fonctionnement compound, en portant le timbre de la chaudière à 46 kg et avec un rapport de 2,60 entre les volumes des deux cylindres et une admission de 50 pour 400 de la course des petits cylindres, d’obtenir une détente de la vapeur correspondant à six fois au moins le volume primitif de celle-ci.
- D’un autre côté, avec ces grandes admissions toujours voisines de 50 pour 400dans les cylindres, les lumières d’admission ou d’échappement de la vapeur conservent une ouverture suffisamment grande pour
- du fonctionnement compound, appellent certaines restrictions qu’il nous paraît utile de signaler.
- D’abord au point de vue des condensations initiales, une remarque est à faire. Les échanges de chaleur entre la vapeur saturée et les parois du cylindre qui sont la cause de ces condensations initiales et qui sont dues à l’écart de température entre la vapeur au moment de son admission dans le cylindre et celle au moment où elle s’échappe dans l’atmosphère, dépendent également du temps qui s’écoule entre ces deux phases de la distribution. Ils sont donc fonction de la vitesse du piston. Avec des vitesses de piston atteignant A mètres par seconde, comme c’est le cas qui se présente pour les locomotives remorquant des trains rapides, le temps qui s’écoule entre l’admission de la vapeur dans le cylindre et son échappement est bien faible, et les échanges de chaleur entre la vapeur et les parois ne peuvent se
- p.231 - vue 235/647
-
-
-
- 232
- LES LOCOMOTIVES COMPOUND
- faire que dans des limites très réduites. Dans ce cas, l’avantage du fonctionnement compound perd de son importance. Si, au contraire, la vitesse du piston diminue, soit parce qu’une rampe oblige à réduire la vitesse, soit parce qu’il s’agit de locomotives remorquant des trains de vitesse modérée et à arrêts fréquents, le laps de temps qui s’écoule entre les deux phases de la distribution augmente, l’échange de chaleur peut se produire et alors le fonctionnement compound reprend ses avantages sur celui à simple expansion.
- Au point de vue de l’augmentation de la détente de la vapeur, une semblable remarque s’impose. Aux grandes vitesses du piston (4 à 5 m. par seconde), par suite des faibles durées d’admission (20 pour 100) avec la simple expansion et des ouvertures très faibles des lumières d’admission et d’échappement de la vapeur, il se produit un laminage considérable de celle-ci, et la surface du diagramme qui représente le travail de la vapeur dans
- est amené à conclure, comme le fait M. Maurice Demoulin dans un article très important paru dans la revue technique anglaise The Engineer, que l’application du compoundage aux locomotives a d’autant plus d’intérêt que celles-ci auront à produire des etforts de traction plus irréguliers avec des vitesses de marche variables et souvent peu élevées. C’est le cas des trains de marchandises et de banlieue.
- Si, au contraire, cas du reste très rare, ces locomotives ont à produire des efforts très réguliers avec des vitesses élevées et presque constantes sur des lignes à profil presque de niveau, le système compound semble devoir donner des résultats peu concluants comparé à celui par simple expansion. C’est le cas qui s’est présenté sur la grande ligne du Great Western Bailway entre Londres et Bristol, ligne de 200 km de longueur en palier et parcourue à des vitesses très élevées et presque constantes par les trains rapides.
- le cylindre est notablement diminué comme le montre le diagramme I de la figure 2. De ce fait, la détente de la vapeur augmente et devient égale à 5 ou 6 fois le volume primitif, c’est-à-dire que cette détente devient comparable à celle qu’on obtient avec le fonctionnement compound et un rapport de 2,5 entre les volumes des.deux Cylindres, haute et basse pression. Si, au contraire, la vitesse du piston est réduite pour les mêmes raisons que celles indiquées plus haut, le laminage de la vapeur diminuera et la surface du diagramme augmentera et deviendra celui représenté en II sur la figure 2. La détente de la vapeur diminuera et ne sera plus que d’environ deux fois le volume primitif.
- Donc, au point de vue de la détente de la vapeur comme au point de vue des condensations initiales, le fonctionnement compound perd de ses avantages aux grandes vitesses comparé au fonctionnement à simple expansion, tandis que, aux faibles vitesses, le compoundage reprend ses avantages.
- Il semble donc, d’après ces observations, qu’on
- En augmentant le rapport entre le volume des deux cylindres haute et basse pression et en le portant à 2,80, il semble, cependant, qu’il serait possible d’assurer au compoundage une supériorité à toutes les allures.
- Peut-on, cependant, conclure de ces observations que le fonctionnement compound n’offre aucun avantage pour les trains de grande vitesse. Ceci serait vrai si toutes les lignes étaient, comme entre Londres et Bristol, de niveau. Mais la plupart des lignes parcourues par des trains de vitesse sont loin de remplir ces conditions idéales. Le profil est le plus souvent en dents de scie formé de longues rampes souvent atteignant des inclinaisons de 10 mm par mètre suivies de pentes également de forte inclinaison et de grande longueur. Sur ces longues rampes où la vitesse sera ralentie, le fonctionnement compound donnera tous ses avantages et l’économie pourra atteindre 20 à 25 pour 100, tandis que sur les pentes où la vitesse sera maximum, le compoundage ne donnera que peu d’économie. Mais si l’on répartit
- p.232 - vue 236/647
-
-
-
- LES LOCOMOTIVES COMPOUND —____.......-.-. 233
- sur le parcours total l’économie qui n’est obtenue que sur une fraction de ce parcours, il n’en résulte pas moins que l’économie ou l’augmentation de puissance de la locomotive due au système compound
- partie à l’accroissement du timbre de la chaudière qui a été porté à 16 kg. Cette augmentation de pression dans la chaudière n’a pas été sans entraîner des dépenses d’entretien supplémentaires qui ne sont
- Fig, 5. — Locomotive à trois essieux couplés, compound et quatre cylindres des chemins de fer de l’État (ancienne Cie de l’Ouest).
- peut se chiffrer à 10 ou 12 pour 100 comme nous l’avons indiqué plus haut.
- Ceci montre que la locomotive compound est loin de manquer d’élasticité, comme on le lui a souvent reproché. Elle est, au contraire, très souple et supérieure à ce point de vue, à la locomotive à simple expansion, et il n’est pas douteux que, dans l’état actuel des choses, si on veut accroître la puissance de la machine par unité de poids et de surface de
- pas négligeables, ainsi que nous l’avons montré dans le n° du 11 avril 1908 de La Nature.
- En outre des avantages thermiques dont nous venons de parler, le système compound en présente d’autres purement mécaniques, mais également importants.
- Par suite des écarts moins grands entre les pressions dans chacun des cylindres aux deux extrémités de la course, les moments de rotation de l’essieu
- Fig. 6. — Locomotive type « pacifie », compound à quatre cylindres des chemins de fer de l’État (ancienne C'e de l’Ouest).
- grille, c’est au fonctionnement compound qu’il faut avoir recours en y adjoignant, peut-être, l’emploi de la vapeur surchauffée comme nous le verrons plus tard.
- Toutefois, comme nous l’avons vu, l’augmentation de puissance des locomotives compound est due en
- moteur sont plus réguliers qu’avec la simple expansion et les causes de rupture de cet essieu sont atténuées.
- Dans le cas de locomotives puissantes destinées à la remorque de trains lourds et rapides, si, au lieu de deux cylindres fonctionnant en compound, on em-
- p.233 - vue 237/647
-
-
-
- 234 ....: LES LOCOMOTIVES COMPOUND =
- ploie quatre cylindres disposés en deux groupes, chacun de ces groupes se composant d’un petit cylindre et d’un grand et, si, dans chacun de ces groupes, on dispose les manivelles à 180° l’une de l’autre et que les pistons de ces cylindres actionnent un seul essieu ou deux essieux différents, mais accouplés, non seulement les moments de rotation seront plus réguliers, mais aussi, ce qui a une importance encore plus grande, toutes les actions perturbatrices dues aux organes à mouvement alternatif, seront presque entièrement annulées. Les mouvements de lacets et de tangage seront supprimés et on obtiendra ainsi une locomotive possédant une stabilité de marche parfaite aux plus grandes vitesses (fig. 3).
- Ce sont ces avantages indiscutables, les uns thermiques, les autres mécaniques, du fonctionnement compound qui ont amené presque toutes les administrations de chemin de fer du continent à ne construire, depuis quelques années, pour les trains
- 1 8 tonnes pour chacun d’eux et par la présence, à l’arrière, de la roue couplée de grand diamètre qui empêchait l’agrandissement du foyer. 11 a donc fallu placer le foyer en arrière des roues accouplées, en ajoutant alors un cinquième essieu simplement porteur. On a'ainsi obtenu le type de locomotive qui porte le nom à"Atlantic et qui, comme le montre la figure 4, se compose de deux essieux couplés au-dessous de la chaudière et encadrés à l’avant, par un bogie et, à l'arrière, par l’essieu porteur. Ce type de machine s’est considérablement développé dans ces dernières années, tant en France qu’à l’étranger.
- Ces locomotives à fonctionnement compound et quatre cylindres équilibrés, tout au moins pour la majeure partie, ont des roues motrices de 2 m. de diamètre, une surface de grille dépassant 3 m2 et une surface de chauffé voisine de 240 m2. Leur puissance moyenne est de 14 à 1500 chevaux, et
- Fi fi'. — Locomotive articulée, système Mattel, compound, à quatre cylindres.
- lourds que des locomotives compound à quatre cylindres équilibrés, type, du reste, d’origine entièrement Française.
- Développement du fonctionnement compound. — Antérieurement à 1900 la remorque des trains rapides se faisait au moyen de locomotives à deux essieux couplés avec bogie à l’avant et fonctionnement par simple expansion. Vers cette même époque, les Compagnies de P.-L.-M. et du Nord appliquèrent, presque simultanément, à ce type de machines le fonctionnement compound avec quatre cylindres équilibrés (fig. 3). Ces locomotives à roues motrices de 2 m. de diamètre ont une surface de grille de 2,50 m2 et une surface de chauffe variant entre 200 et 210 m2. Leur poids total est de 58 tonnes et leur poids adhérent de 36 tonnes.Leur puissance est d’environ 1000 chevaux.
- Par suite de l’augmentation croissante du poids des trains ainsi que de leur vitesse, ce type de machine, quoique excellent, devint bientôt trop faible et il était de toute nécessité d’augmenter la puissance de la chaudière en l’allongeant et en augmentant le diamètre du corps cylindrique. Mais on se trouvait arrêté, dans cette voie, par la limite de la charge par essieu qui ne devait pas dépasser
- leur poids est d’environ 73 tonnes dont 36 tonnes pour l’adhérence.
- Ces locomotives remorquent aisément une charge de 300 à 350 tonnes derrière le tender avec une vitesse moyenne de 90 km à l’heure sur des lignes où les rampes n’excèdent pas 5 mm par mètre.
- Mais sur nombre de réseaux où se rencontrent des sections avec rampes dépassant, sur une certaine longueur, cette limite de 5 mm par mètre et. atteignant, comme cela se présente souvent, 10 mm par mètre, ce poids adhérent de 36 tonnes devient insuffisant et avec des charges remorquées de 350 tonnes, ces machines patinent sur ces rampes. Il était donc indispensable de créer un type de locomotive ayant un poids adhérent suffisant tout en conservant, cependant, la même puissance de chaudière. Pour cela on a accouplé les deux essieux du milieu, déjà couplés, avec l’essieu d’arrière et on a obtenu le type représenté par la figure 5, à trois essieux couplés et bogie à l’avant. Ces locomotives à fonctionnement compound et quatre cylindres équilibrés ont des roues de 1*94 m. de diamètre. La surface de grille est de 2,80 m2 et la surface de chauffe de 207 m2. Le timbre de la chaudière est de 15 kg. Le poids total en service est de
- p.234 - vue 238/647
-
-
-
- LA PIERRE CREUSE ARTIFICIELLE : : -... —.. 235
- 70 tonnes et le poids adhérent de 52 tonnes. Leur puissance est de 12 à 1300 chevaux.
- Ce type de locomotive s’est notamment développé dans ces dernières années pour la remorque des trains rapides et même pour celle des trains de marchandises à vitesse accélérée où, dans ce cas, le diamètre des roues accouplées a été réduit.
- Par suite de l’augmentation toujours croissante du trafic sur les réseaux à rampes atteignant, en certains endroits, et sur une grande longueur, 10 mm par mètre, ce type de locomotive, malgré l’augmentation de son poids adhérent, est devenu, à son tour, trop faible, par suite de l’insuffisance de sa chaudière dont il fallait augmenter les dimensions et, par suite, le poids. Limité par le poids de 18 tonnes par essieu qui ne pouvait être dépassé on a, alors, fait subir à la machine précédente à trois essieux couplés la même transformation que celle qui a donné avec deux essieux couplés le type « Atlantic ». On a ajouté à l’arrière un essieu porteur. C’est le type « Pacific » des Américains représenté par la ligure 6 qui montre la locomotive de ce type construite par la Compagnie de l’Ouest en 1908. Cette machine, dont la chaudière est timbrée à 16 kg, a une surface de grille de 4 m2 et une surface de chauffe totale de 283 m2. Le diamètre des roues motrices est de 1,94 m. Le poids total en service est de 91 tonnes et le poids adhérent de 53,5 tonnes. La puissance moyenne de ces locomotives est de 16 à 1700 chevaux. La compagnie d’Orléans a mis en service un nombre important de locomotives de ce type dont les caractéristiques sont les suivantes : roues de 1,85 m. et 1,95 de diamètre; grille de 4,47 m2; cylindres de 390 mm et 640 mm de diamètre et de 650 mm de course.
- Pour le service des fortes rampes et pour la traction des lourds trains de marchandises en plaine, on a profité des avantages du fonctionnement compound avec quatre cylindres équilibrés pour l’appliquer aux machines destinées à la remorque de ces trains. Nous citerons, dans cet ordre d’idées,
- les locomotives à marchandises à quatre essieux couplés et bissel à l’avant des Compagnies du Midi et de l’Est, et celles également à quatre essieux couplés, mais avec bogie à l’avant, de la Compagnie
- P.-L.-M.
- On a construit, dans ces dernières années, en Autriche et en Allemagne, des locomotives compound à cinq essieux couplés. Tout dernièrement, les compagnies du Midi et d’Orléans ont mis en service des locomotives-tender à cinq essieux pour trains de marchandises, mais alors à vapeur surchauffée et simple expansion. Nous reviendrons sur ces intéressantes machines. Mais, à notre avis, il est préférable, dans ce cas, comme l’a fait tout dernièrement la compagnie de l’Est, de faire usage, tout en conservant le fonctionnement compound et les quatre cylindres, de la locomotive du type Mallet à deux groupes d’essieux articulés qui jouit de l’avantage de permettre d’augmenter encore le nombre des essieux moteurs. Le type Mallet, déjà très répandu en Europe, soit pour des lignes à voie étroite, soit pour celles à voie normale, a trouvé dernièrement en Amérique des applications fort intéressantes pour la remorque de trains très lourds exigeant un effort de traction énorme. La figure 7 représente une de ces machines dont le poids est de 185 tonnes en service. Elle repose sur huit essieux en deux groupes de quatre essieux couplés. La surface de grille est de 9,35 m2 et la surface de chauffe de 572 m2. Sa puissance moyenne dépasse 2500 chevaux.
- Nous venons, dans ce qui précède, de résumer brièvement les progrès réalisés par l’application du système compound aux locomotives, tant au point de vue de la meilleure utilisation de la vapeur qu’au point de vue de l’augmentation de puissance des machines récentes. Dans un prochain article nous parlerons de l’application aux locomotives de la vapeur surchauffée qui, sur l’initiative des ingénieurs allemands, tend, depuis 1898, à se développer et mérite l’attention des ingénieurs de chemins de fer. R. Bonnin.
- LA PIERRE CREUSE ARTIFICIELLE
- Faisant suite à la brique d’argile cuite, dont la fabrication remonte à la plus haute antiquité, la pierre artificielle en béton de ciment, imaginée dans la seconde partie du siècle dernier, n’a pas tardé à prendre une place très importante dans la construction.
- Un inventeur américain s’est ingénié récemment à fabriquer de véritables pierres de taille que des creux, ménagés à l’intérieur pendant le moulage, rendent moins lourdes et, par conséquent, plus maniables. La présence de ces cavités à l’intérieur des nouvelles pierres présente encore un autre avantage en permettant une circulation permanente d’air qui contribue à l’assèchement rapide des murs et
- s’oppose au passage du froid ou de la chaleur. De plus, par des dispositifs spéciaux, on pourrait encore loger les cheminées dans ces canalisations et même produire l’aération des pièces d’un immeuble. La pierre artificielle creuse peut donc eïïtraîner une petite révolution dans l’art de la construction.
- Il est utile d’observer également que les constructions en béton de ciment n’ont obtenu jusqu’ici qu’un maigre succès à cause de la monotonie qui accompagne le produit. Une façade ainsi construite conserve un aspect de tristesse, de demi-deuil, qui éloigne les locataires. Cette considération n’a pas manqué d’attirer l’attention du chercheur qui s’est consacré à résoudre le problème de la pierre artifi-
- p.235 - vue 239/647
-
-
-
- 236 :.............: LA PIERRE CREUSE ARTIFICIELLE
- cielle; il est parvenu, en créant la machine dont nous allons parler, à mouler des pierres avec des ornements d’architecture simples, puis, par l’adjonction d’un colorant incorporé au béton ou par l’emploi de matières premières spécialement choisies, à détruire cet aspect peu engageant qui caractérise les constructions en ciment armé. Au point de vue du coloris, la nouvelle pierre artificielle se prête donc à une variété de tons qu’il faut toujours avoir soin de choisir très tendres et que l’on associe difficilement dans les constructions en pierres naturelles.
- La même machine suffit pour la fabrication d’un grand nombre de pierres différentes, toutes les parties qui constituent le moule étant amovibles.
- Celui-ci est une boîte rectangulaire en fonte dont les parois sont articulées sur la base. Un levier unique, placé sur la droite, commande la manœuvre de toutes les pièces, sans engrenages, par des bielles de renvoi pourvues d’articulations à genou. Le fond du moule est percé pour recevoir les noyaux qui servent à ménager les cavités de la pierre.
- Il existe un jeu très complet de noyaux qui permet d’augmenter ou de diminuer l’importance des vides selon les épaisseurs de la pierre. De même, les panneaux de côté, en particulier ceux d’avant, se changent à la volonté de l’entrepreneur et selon les besoins de la construction ou le choix des ornements. Il est même possible de mouler des pierres d’angle de 80 cm de longueur et 40 cm de largeur. Ainsi que le montre notre photographie (fig. 1), lorsque le levier est placé verticalement, le moule rectangulaire est prêt à recevoir le béton de ciment, les panneaux étant relevés et les noyaux montés dans l’intérieur. Le béton est jeté par petites quantités dans
- le moule et deux ouvriers le pilonnent énergiquement après chaque couche successive. Lorsque le moule est rempli on peut abaisser le levier : aussitôt les noyaux descendent et les panneaux s’ouvrent. On doit alors enlever le bloc et le porter au séchoir.
- Si la machine ne demande aucun soin particulier pendant l’opération, il n’en est pas de même de la fabrication du béton dont dépend, avec un bon pilonnage, la qualité de la pierre. Le mélange doit
- être effectué dans la proportion de un mètre cube de sable graveleux et d’environ 300 kg de très bon ciment de Portland. On brasse à sec jusqu’à ce que le mélange prenne une teinte uniforme, puis on verse de l’eau en pluie de manière à constituer un mortier aussi sec que possible pour faciliter le démoulage. A ce béton on ajoute, si l’on veut, pendant la fabrication, un colorant choisi et, au sortir de la machine, la pierre artificielle, ornementée ou non, présente l’aspect de la plupart des pierres naturelles employées dans la construction. 11 va de soi que le coloris est une affaire de goût personnel et que des horreurs peuvent être produites dans les mêmes conditions qu’une imitation assez parfaite de meulière, de pierre de Lorraine, des Gha-rentes, etc.
- La pierre ne doit pas être mise en œuvre au sortir de la machine; plus la période de séchage sera longue, meilleurs deviendront les blocs préparés à l’avance. Pendant les 24 premières heures de la fabrication, les pierres seront déposées sur une plate-forme, puis ensuite sur une couche de sable répandu sur le sol et laissées sans abri. La pluie peu abondante ne peut que leur être profitable; on
- Fig, i. — La machine H.-S. Palmer à faire les pierres creuses artificielles.
- p.236 - vue 240/647
-
-
-
- LA PIERRE CREUSE ARTIFICIELLE
- 237
- recommande même, par un temps sec, de les arroser légèrement de temps à autre. Au bout de trois semaines elles sont utilisables.
- Nécessairement l’entrepreneur ne doit pas procéder à cette fabrication au petit bonheur; il lui faut tenir compte des mesures fournies par l’architecte et calculer le nombre de pierres à façonner, la longueur à leur donner, etc., car il deviendrait peu intéressant d’être obligé de les tailler au marteau comme cela se pratique avec les briques.
- Selon les besoins, des demi-pierres seront façonnées pour aider les maçons dont le travail résidera surtout dans l’assemblage. Cette nécessité n’entraîne aucune difficulté puisque la machine se prête à toutes les combinaisons d’épaisseur, de lon-
- mètre cube et les ouvriers à 5 francs chacun, serait de 120 francs, soit 0,85 fr. par pierre. Ceux de nos lecteurs qui sont au courant des prix de la pierre naturelle, prix variable suivant les régions, établiront eux-mêmes la différence qui nous paraît
- Fig. 2. — Divers modèles de Pierres creuses artificielles.
- être, dans tous les cas, en faveur du produit artificiel.
- 11 semble donc bien que ce nouveau produit soit appelé à remplacer complètement, sinon la pierre natu-
- Fig. 3. — Divers modèles de pierres creuses artificielles.
- gueur ou de hauteur, jusqu’à 80x50x^5 cm., grâce au jeu complet de panneaux, de noyaux et d’accessoires de toutes sortes dont elle est accompagnée.
- MM. Eluère et Moulin, propriétaires exclusifs pour la France des brevets de l’inventeur M. H.-S. Palmer, ont établi un devis du prix de revient de ces pierres artificielles creuses.
- Cinq ouvriers ordinaires suffisent à la conduite de la machine et ils peuvent faire par jour 125 à 150 pierres de volume moyen, c’est-à-dire, par exemple, de 80x25x25 cm. Pour faire 140 de ces pierres, il faut 1500 kg de ciment et 5 m3 de sable; le prix de revient total, le ciment étant compté au prix de 50 francs les 1000 kg, le sable à 4 francs le
- Fig. 4. — Pierres creuses (creux).
- relie ou même la brique cuite ou comprimée, du moins la pierre de taille proprement dite. Pour cette raison il est appelé à un intéressant avenir surtout dans les pays où la pierre de maçonnerie ordinaire ou de luxe fait défaut. René Doncièkes.
- p.237 - vue 241/647
-
-
-
- UN STÉRÉOSCOPE A RAYONS X
- Parmi les emplois médicaux des rayons X, l’un des plus importants est la localisation des objets étrangers introduits dans le corps humain. La profondeur de ces objets ne se détermine qu’en prenant deux vues roentgenographiques suivant des directions perpendiculaires l’une à l’autre. Or, ce procédé est assez souvent malaisé, car il exige parfois des déplacements douloureux pour le malade ; de fortes parties osseuses peuvent aussi s’opposer à ces changements de direction.
- Un médecin d’état-major allemand, le D*'J. Gillet, à Berlin, vient d’imaginer une méthode toute différente, très précise et forfaisée. Le « stéréomètre à rayons X » qu’il vient de faire construire par MM. Heinz Bauer et Cie est basé sur le principe bien connu de la vision stéréoscopique.
- Si deux points correspondants de deux vues sté- f réoscopiques (prises en déplaçant l’objectif de la distance des yeux) sont observés de telle façon que l’image gauche soit fixée par l’œil droit et la droite par l’œil gauche, ces deux points, grâce à la convergence des axes optiques, se combinent en un seul point stéréoscopique : l’entre-croisement des axes optiques est le point où apparaît l’image. Voici comment on parvient à le localiser à l’œil nu :
- On place la pointe d’un crayon, par exemple, à égale distance entre les deux points correspon-
- dantsdes photographies stéréoscopiques, on l’approche lentement de l’axe du visage, perpendiculairement au plan du dessin, pendant que les yeux s’efforcent de fixer simultanément les points correspondants stéréoscopiques et la pointe du crayon. Les premiers se rapprocheront alors de plus en plus l’un de l’autre, à mesure que la pointe du crayon s’éloigne davantage; ils finissent par se confondre avec cette dernière en un seul point ; c’est l’entre-croisement des axes optiques en question. Que l’on déplace légèrement le crayon à gauche ou à droite, en avant ou en arrière, l’entre-croisement se dédouble immédiatement et l’on aperçoit à nouveau deux points distincts.
- La distance entre l’intersection dont nous venons de parler et les deux points stéréoscopiques correspondants est fonction de la distance entre les yeux et l’image, et aussi de la distance mutuelle des axes des yeux; mais celle-ci est en général constante d’une personne à l’autre et égale à 65 mm.
- D’après ce que nous venons de dire, on comprendra
- Le Stéréoscope à Rayons A".
- facilement qu’il suffise de réaliser deux photogrammes roentgenographiques correspondants à un déplacement latéral de 65 mm de l’ampoule à rayons X, pour lire immédiatement la distance entre la plaque photographique et le corps étranger en question ; la distance verticale entre l’anticalhode et la plaque photographique (à savoir la distance focale) doit évidemment être donnée.
- Tel est le principe du dispositif stéréoscopique à rayons X du ü1' Gillet.
- La figure montre l’appareil : BIT, CG', DD' constituent deux tubes télescopiques en laiton.
- La plaque en verres, pourvue d’une échelle millimétrique verticale, -sert pour le pointage; on peut la déplacer le long de l’instrument ou dans le sens transversal, au moyen des pignons. L’échelle mil-, . . limétrique joue le rôle de la pointe du crayon dans l’expérience fondamentale, décrite au commencement, et permet de déterminer la profondeur de 1 'image stéréoscopique. Les images stéréo-graphiques sont examinées au moyen de lentilles DD' fixées aux bouts antérieurs des tubes en laiton CG' à une distance l’une de l’autre de 65 mm.
- Pour faire des mesures au moyen de cet appareil, on suit en général la méthode ci-dessous :
- Le stéréogrannne roenl-genographique, recouvert de feuilles de celluloïd quadrillées, est ajusté sur son support. On met au point les loupes, au moyen des tubes télescopiques, on vise le diagramme stéréoscopique et la division de la plaque en verre, jusqu'à ce que les lignes verticales noires de l’échelle en verre viennent le croiser. On lit alors sur l’échelle millimétrique la distance entre la plaque en verre et le stéréogrannne et l’on connaît la profondeur du corps étranger.
- Ce procédé comporte, il est vrai, pour l’observateur, la faculté dé vision stéréoscopique; il doit pouvoir donner aux axes de ses yeux une certaine convergence vers le centre. Certaines personnes n’en sont pas capables ; pour elles le procédé devient un peu plus compliqué :
- Après avoir fermé l’œil droit, on ajuste l’échelle en verre au moyen de l’œil gauche jusqu’à ce que sa ligne noire centrale passe à travers l’ombre droite de l’objet en question. On ferme alors l’œil gauche et l’on procède avec l’œil droit comme précédemment pour se mettre au point sur l’ombre gauche.
- p.238 - vue 242/647
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES — LA PÊCHE AU BARO = 239
- Après avoir ainsi détermine la position de la ligne centrale pour laquelle ces deux, conditions sont satisfaites simultanément, le trait de l’échelle se trouvera dans la position voulue, la lecture se fera comme
- plus haut. Cet appareil, d’une construction simple et d’un maniement facile, semble appelé à rendre de précieux services notamment en chirurgie militaire. I)1' Al.FRKI) Gr.vdenwitz.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 mars >909. — Présidence de M. Bouchard.
- M. le Président Bouchard annonce que M. Sven 11e-din assiste à la séance; il lui souhaite la bienvenue.
- L'horlogerie à Besançon. — M. Baillaud explique le développement de l’horlogerie de précision à Besançon. De 1884 à 1891, l'Observatoire de cette ville a reçu 228 dépôts en moyenne par année. En 1908, les instruments à vérifier se sont élevés à 1850. La médaille d’or de l’Observatoire fut attribuée, pour la première fois, en 1894; jusqu’en 1905, le nombre des médailles accordées fut de 45. En 1908, on dut attribuer 48 médailles d’or. Depuis le 8 mars 1908, l’Observatoire a organisé un service de transmission automatique de l’heure assuré par une pendule Fenon, transformée par Leroy.
- Le macronucléus des infusoires ciliés. — M. Henne-guy présente une Note de M. Fauré-Frémiel, établissant que la structure granuleuse du macronucléus des infusoires ciliés est d’ordre physico-chimique. Le macronucléus est un colloïde négatif, granuleux en milieu normal amicronique, puis optiquement vide en milieu alcalin, avec réversibilité du phénomène. Les granules sont transportés vers l’anode par le courant électrique. Ils absorbent les colorants positifs.
- Épuration des eaux par les radiations microbicides. — M. Billon-Daguerre a fait ouvrir un pli cachelê"déposé par lui le 7 janvier 1907, et contenant un mémoire sur le principe et sur des expériences de stérilisation à froid et à distance par les rayons ultra-violets et autres radiations microbicides, et ayant fait l’objet d’un brevet. M. Billon-Daguerre est bien Finventeur de ce mode de stérilisation des eaux, du lait et autres liquides, et son mémoire très complet établit à son profit une antériorité de plus de deux ans sur ceux de MM. Courmont et Nogier, et de MM. T. Henri et Stodel.
- Épuration des eaux résiduaires par la tourbe. — MM. Müntz et Lainé, continuant leurs éludes sur l’épuration des eaux d’égout, sur des lits bactériens constitués par de la tourbe, ont examiné le rôle et l’utilité des fosses septiques, dans lesquelles on fait séjourner les eaux résiduaires avant de les envoyer sur les lits oxydants, où l’épuration proprement dite doit se faire. On attribue à ces fosses septiques une grande importance
- dans les phénomènes de dissolution et de gazéification qui élimineraient des matériaux organiques et en rendraient d’autres plus aptes à la destruction ultérieure. MM. Müntz et Lainé ont constaté qu’avec les eaux d’égout de Paris et avec l’emploi de leur lit oxydant de tourbe, l’utilité des fosses septiques se borne à la décantation des matériaux solides ; que les faits de dissolution et de gazéification y sont nuis ou peu sensibles; que la seule action chimique manifeste est la transformation des matériaux azotés en ammoniaque. En supprimant les fosses septiques, ou en les réduisant au minimum comme bassins de décantation, ils ont obtenu une épuration tout aussi parfaite. La suppression ou la réduction des fosses septiques permettrait de réaliser de grandes économies d’argent et de place dans l’installation de l’épuration biologique.
- Prépondérance des températures en chimie. — Contrairement aux idées préconisées par Berthelof, M. Colson dans sa Note « sur la prépondérance des températures en chimie » attribue à la température le rôle prépondérant dans la marche des réactions chimiques. À l’appui de sa thèse ce distingué professeur à l’École polytechnique cite de nombreuses expériences. La plus remarquable est relative à la décomposition des éthers salicyliques par la chaux vive qui leur enlève les éléments de l’acide carbonique. On attribuait jusqu’ici le dédoublement de ces éthers à l’affinité de la chaux pour l’acide, c’est-à-dire la chaleur dégagée par l’union de ces deux corps. Or, M. Colson démontre qu’à la même température, en dehors de la présence de la chaux, le dédoublement des éthers salicyliques est réalisable. La température suffit donc pour déterminer la réaction. Il y a plus, M. Colson établit qu’en présence de la chaux, l’acide carbonique se dégage en pleine liberté malgré l’alcalinité du milieu : ce n’est donc pas non plus la quantité de chaleur dégagée par l’union des deux corps qui provoque la décomposition.
- Élections. — M. J. Becquerel est désigné en première ligne et M. Weiss en seconde ligne au choix du Ministre pour la chaire de physique générale vacante au Muséum par suite du décès de M. Henri Becquerel.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- LA PECHE AU BARO
- Le curieux engin de pêche pyrénéen, connu sous le nom.de haro, sert à prendre l'alose, la lamproie et le saumon dans la Nive, les gaves de Pau et d’Oloron. Pêcherie fixe, établie sur les bords d’une rivière au cours rapide, elle se compose d’un « chan-
- tier » ou plancher sur pilotis élevé d’environ trois mètres au-dessus du niveau ordinaire des eaux. Cette passerelle, s’appuyant d’une part à la berge, se prolonge, du côté du torrent, par un arbre horizontal en chêne pouvant tourner entre deux coussinets dis-
- p.239 - vue 243/647
-
-
-
- 240 .:. LA PÊCHE AU BARO =
- posés l’un au bord du chantier, et l’autre sur une rangée de pieux enfoncés dans la rivière.
- Indépendamment de l’échafaudage, l’axe du baro porte un cadre rectangulaire en bois d’acacia d’une largeur de trois mètres environ. La longueur est variable, les grands côtés étant formés de deux tiges de cinq mètres, qui traversent l’axe et peuvent y glisser; chacune de ces tiges est munie à son extrémité d’un collier de fer où passe l’autre, ce qui permet d’allonger ou de raccourcir le cadre à volonté. Le pêcheur l’amène à la dimension désirée en introduisant des coins de bois dans les colliers.
- Des filets en forme de poche, larges de 1,50 m. à 1,75 m., profonds de 4 mètres et tendus par une
- réunissent les extrémités des diverses pièces du système et les solidarisent, tandis qu’au moyen d’un treuil, dont la chaîne s’accroche à un mât de 5,50 m., on peut hausser l’arbre en temps de crue.
- Après cette description et grâce à la figure ci-jointe, le fonctionnement du baro s’explique aisément. L’eau en agissant sur les palettes met l’arbre en mouvement. Les deux filets pénètrent donc alternativement dans l’eau. L’alose, le saumon ou la lamproie qui, en remontant la rivière rencontre l’ouverture de la poche, se trouve alors soulevé, puis, quand le blet émerge assez du liquide, le propre poids du poisson l’amène à l’entrée du panier et il s’y engage immédiatement.
- Baro installé sur les bords d’un gave pyrénéen:
- traversière en bois qui passe au milieu de l’axe, s’attachent à chaque extrémité du bâti dont ils épousent le contour. Comme les longs côtés du cadre, la traversière comprend deux tiges glissant l’une sur l’autre et à chaque bout desquelles se fixe le fond d’une des poches. En outre, deux pièces en bois, clouées sur la traversière et sur le montant du bâti, en des points situés à environ deux mètres de l’arbre, supportent chacune un panier tronco-nique, formé de liteaux, distants de 2 à 4 centimètres et reliés par cinq cerceaux. La grande base du panier communique avec le fond du filet et la petite s’appuie sur le cadre, du côté du chantier. Deux tiges, de longueur variable et réglable selon les besoins, complètent l’ensemble du baro. Chacune d’elles se termine par une palette mesurant 50 centimètres sur 65 à 80 centimètres. Enfin des câbles
- Le mouvement du baro, qui doit effectuer au moins trois tours et au plus huit tours par minute, est combiné de manière que lorsque l’animal arrive au bout de cette sorte de couloir, il se trouve au-dessus d’une ouverture ménagée dans le chantier. Le poisson y tombe et glisse de là, par un plan incliné, jusque dans un coffre installé sous le plancher.
- Si nous en jugeons par une statistique empruntée à M. de Bouville, cette pêche est aussi rémunératrice que pittoresque puisque, dans une seule année, le fermier des sept baros établis à Peyrehorade (Landes) a capturé 1502 saumons pesant 7269 kilos et dont la vente lui rapporta lajolie somme de 51 698 francs.
- Jacques Dover.
- Le Gérant : P. JIassok.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- p.240 - vue 244/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1869.
- 20 MARS 1909.
- LE FUSIL SILENCIEUX MAXIM
- Après la poudre sans fumée, voici le fusil silencieux. Ce bref mot suffit à indiquer toutes les conséquences que peut entraîner la nouvelle invention dans l’art de la guerre. Depuis l’apparition de la poudre sans fumée, seul le bruit de salves permettait d’apprccier l’emplacement des troupes ennemies. Si ce dernier indice disparaît à son tour, que seront les batailles futures?
- L’irivenléur du fusil silencieux est M. lliram Percy Maxim, le fils de Sir lliram Maxim, bien connu, lui aussi, par ses multiples inventions.
- L’appareil qu’il a imaginé présente de grandes analogies avec certains silencieux d’automobiles : mais il a fallu les rendre plus efficaces sous un volume beaucoup moindre. M. P. Maxim a réussi à construire une petite boîte cylindrique en acier, de 4 centimètres de diamètre, de 10 à 15 centimètres de long, suivant le calibre de l’arme, pesant 300 grammes à peine. Cet engin s’adapte aux fusils ordinaires et étouffe la détonation.
- A quoi est du le bruit d’un coup de fusil? A la brusque expansion dans l’air des gaz dégagés par
- qui se passe dans le cas actuel. Lorsque le mouvement est rapide, l’eau repoussée par la force centrifuge reste appliquée contre les parois du récipient. Puis lorsque la vitesse s’amortit, l’eau regagne progressivement le centre du récipient, et, pour peu que celui-ci offre un orifice, elle s’écoule.
- L’appareil Maxim jouit d’une autre propriété remarquable : non seulement, il étouffe le bruit, mais en même temps, il supprime le recul de l’arme. Et la chose est naturelle, puisque ce recul a la même cause que le bruit : la réaction des gaz sur l’air ambiant.
- Le silencieux
- Le fusil silencieux Maxim. — A droite, l’inventeur'et'son fusil armé d’un appareil silencieux. — A gauche, vue extérieure du silencieux. — En bas, 'coupe du silencieux montrant les compartiments en spirale qui forcent les gaz à prendre un mouvement de rotation où s’épuise leur force vive.
- la combustion de la poudre et libérés lorsque la balle sort du canon. Pour amortir le bruit, il fallait donc un moyen de ralentir progressivement ces gaz projetés à très grande vitesse. M. Maxim les force à traverser une série de compartiments en spirale où leurs molécules prennent un mouvement rotatif rapide d’abord, puis progressivement décroissant. Tant que la vitesse des molécules reste considérable, elles gardent leur mouvement de rotation et ne peuvent s’échapper de l’appareil. Mais à mesure que leur vélocité diminue, les gaz s’écoulent au dehors, peu, à peu, lentement et sans fracas. '
- L’exemple d’uii récipient’d’eau animé d’un rapide mouvement de rotation fera mieux comprendre ce
- 37° année. — îer semestre.
- est constitué par un cylindre dont l’axe est excentré par rapport à celui du canon. 11 s’adapte au canon un peu à la manière d’une baïonnette. On voit sur la coupe diamétrale ci-dessus les compartiments intérieurs qui rappellent un peu les aubes d’une petite turbine à vapeur. Chaque élément est formé d’un disque d’acier percé d’un trou, par où passera la balle.
- Les expériences ont donné d’excellents résultats : et quelle que fût la distance du tireur, il était impos-» sible de percevoir d’autre son que le sifflement de la balle déchirant l’air. Les autorités .militaires des Etats-Unis ont fait procéder à des essais précis. 11 y a là, en effet, une question qui mérite d’attirer l’attention des États-majors de tous les pays. R. Villers*
- 16. — 241
- p.241 - vue 245/647
-
-
-
- 242
- LE FROID DANS LA VIE MODERNE
- Le froid a toujours produit de merveilleux effets; la beauté de l’hiver a été souvent chantée par les poètes. En certain récit François Rabelais devance, à la manière du romancier Wells, la science de son temps et même du nôtre. Il raconte comment Pa-nurge et Panlagruel, naviguant sur les confins de la mer Glaciale trouvèrent « des paroles gelées ». Pantagruel en avait « pleines mains » ; elles semblaient « dragées perlées de diverses couleurs ». On y voyait « des mots de gueule, des mots de sinople, des mots d’azur, des mots de sable, des mots dorez ». Quelque peu échauffées, ces dragées « fondaient comme neiges ». Alors on « oyait réalement » des paroles et toutes sortes de sons. G'était là un phonographe par le froid, que l’on n’a pas encore breveté, ou, pour mieux dire peut-être, un symbole expressif, que Rabelais avait imaginé pour signaler le pouvoir extraordinaire de conservation du froid capable de fixer ce qu’il y a de plus mobile, de plus insaisissable, la voix humaine et autres bruits.
- Au cours des derniers siècles, on n’a guère utilisé la glace, que pour rafraîchir des breuvages ou fabriquer des pains de crème glacée. Et maintenant, au lendemain du premier Congrès international du froid qui a réuni des praticiens représentant quarante-deux Etats, dont plusieurs situés au bout du monde, il semble que le froid sert à tout. Ses applications sont innombrables, et il faut dire — qui le croirait de prime abord sans preuve'? — qu’il joue déjà chez certaines nations un rôle économique et social considérable.
- Abu de pouvoir employer commodément le froid, il a fallu commencer par le domestiquer et montrer quels avantages on pouvait en tirer. Ce sont deux Français ingénieux qui se sont chargés de cette tâche ingrate. F. Carré et Charles Tellier ont été des précurseurs à un double titre. Non seulement ils ont rendu le froid « industriel » en créant les premières machines pour le produire économiquement et pratiquement, mais ils ont eu, il y a un
- demi-siècle, le mérite d’une foi tenace, dans l’avenir immense des emplois du froid et ils l’ont confirmée par des démonstrations décisives. Dans les années 1857-1865, F. Carré a imaginé et réalisé la machine à ammoniaque à absorption; en 1869,Charles Tellier a installé à Marseille la première machine à compression d’étlier méthylique; puis à « l’Usine frigorifique d’Auteuil » il a prouvé (1868-1874) la possibilité d'une longue conservation de la viande dans des chambres froides, et renouvelé ses mémorables expériences avec le Frigorifique, navire de 900 tonneaux, qui fit le voyage aller et retour du Havre à Buenos-Ayres (1876-1877) avec un chargement de viandes conservées à l’état frais à O01.
- Ch. Tellier rêvait déjà qu’une Hotte nombreuse se construirait pour le transport des viandes en prenant à Rouen son port d’attache avec des docks et des magasins frigorifiques. Le résultat financier de l’entreprise tentée avec le frigorifique fit oublier le résultat réellement atteint. Mais les Américains comprirent aussitôt la portée de cette magistrale leçon. Ainsi la République Argentine, qui avant le Frigorifique se contentait d’abattre ses bœufs et ses moutons pour la peau et la laine, a exporté en Angleterre, dès 1880, la viande fraîche de 400 bœufs, puis en 1907, 211 millions de kilogrammes de viande; l’Australie de son côté, la même année, 116 millions de kilogrammes et les États-Unis 125 millions de kilogrammes. Toutes les prévisions de Tellier ont été dépassées, mais les flottes frigorifiques qui comptent aujourd’hui plusieurs centaines de navires ne naviguent pas, hélas! sous pavillon français.
- Dores et déjà, en Angleterre les facilités d’alimentation des populations urbaines, des riches et
- 1 L'intérêt des expériences de Ch. Tellier n’échappa pas à La Future qui a publié, en 1874, deux intéressantes études illustrées, sur la machine Tellier à fabriquer le froid (15 août) et sur la conservation de la viande dans le frigorifique (19 septembre).
- Fig. i. — Chambre frigorifique des abattoirs de Zurich.
- p.242 - vue 246/647
-
-
-
- LE FROID DANS LA VJE MODERNE . :.... 243
- des pauvres sont singulièrement modiliées. La viande frigorifiée de très bonne qualité et réunissant les meilleures conditions au point de vue nutritif y vaut actuellement 70 centimes le kilogramme, prix qui est peu majoré dans la vente au détail. À Londres, où viennent converger les produits frigorifiés du monde entier, vous avez l’embarras du choix s’il vous prend fantaisie de ne composer un repas qu’avec des denrées à l’état frais, provenant de pays étrangers distants de plusieurs milliers de kilomètres. Vous pouvez inscrire sur votre menu : œufs à la coque d’Australie, saumon du Canada et langouste de Mauritanie, bœuf de la Plata, mouton et lapin d’Australie, lièvre et volaille de Russie, beurre sans sel de Victoria, lait, fromage, bière de Buenos-Ayres.
- Pour le dessert vous avez les bananes de la Jamaïque ou de Costa-Rica, les pommes et les fraises de Californie, les poires, les pêches et les brugnons du Cap de' Bonne-Espérance. Et assurément, en cherchant bien, un gourmand trouverait le moyen d’allonger cette liste, tant sont nombreuses aujourd’hui les bonnes choses que le froid recouvre de son large manteau aux franges glacées.
- La conservation du poisson frais par le froid n’est pas encore parfaite, et cependant les transports de poisson frigorifié ont de singulières conséquences économiques. Ainsi la ville de Bàlc, en Suisse, point de jonction de voies ferrées aboutissant à l’Océan, à la Manche, à la mer du Nord, à la Baltique, à l’Adriatique est un des plus importants marchés de l’Europe pour la marée fraîche. Des expéditions de poisson rayonnent de Baie dans tous les pays voisins.
- L’application du froid industriel au transport et
- à la conservation des fruits est à l’ordre du jour et en voie de progrès. Le goût et l’arôme de certaines espèces ne sont pas altérés. Des pommes peuvent se conserver pendant deux ans, des poires pendant quatre ou cinq mois, des prunes pendant deux mois et demi. On conserve de la même façon des oranges, des citrons, des raisins, des tomates, des cerises, de même des fraises et des framboises en soignant particulièrement les emballages. Des trains entiers de wagons réfrigérants chargés de fruits en Californie franchissent en 7 jours 4000 km pour atteindre Chicago, New-York et autres centres de consommation. Mais pour la bonne conservation des fruits, il faut appliquer avec attention les enseignements de la science du froid, c’est-à-dire doser exactement les températures et le degré hygrométrique, sinon fermentations et moisissures reprennent immédiatement leurs, droits.
- Dans les pays chauds, ou même sous notre climat, au cœur de l’été, la fraîcheur de l’air que nous respirons serait une source de grand bien-être. On capte la chaleur contre le froid, pourquoi ne pas capter le froid contre la chaleur? L’habitation moderne, afin de satisfaire aux besoins de confort qu’on lui réclame, devra être pourvue de frigorifères comme elle l’est déjà de calorifères.
- Ce problème comporte plusieurs solutions. Un des procédés consiste à provoquer sur des surfaces mouillées une active évaporation d’eau au moyen d’une énergique ventilation d’air sec. Le passage de l’eau de l’état liquide à l’état gazeux est, comme on le sait, une source de refroidissement. C’est en vertu de ce phénomène que des gouttes d’un liquide volatil, d’éther par exemple, versées sur la main y déterminent une sensation de froid. Ainsi 1 kg
- Fig. 2. — Une cave de garde de la Grande Brasserie de Champigneulles. (Chacun des tanks contient 3oo hectolitres de bière.)
- p.243 - vue 247/647
-
-
-
- 244
- LE FROID DANS LA VIE MODERNE
- d’eau en s’évaporant absorbe plus de 600 calories, c’est-à-dire possède un pouvoir frigorifique sept fois plus grand que 1 kg de glace, dont la fusion ne produit que 79 frigories. Par une évaporation d’eau avec des ventilateurs, on réussit à abaisser de 5 à 6° la température de vastes salles, en produisant plusieurs centaines de mille de frigories par heure. Ce moyen est employé dans des filatures à Lango en Italie et à Wonsocket aux États-Unis. S’il s’agit de rafraîchir une salle seulement, on se contente d’éta-hlir un courant d’air qui traverse une caisse de glace et se refroidit par contact. Au théâtre de Cologne, des machines frigorifiques servent à maintenir, même pendant les jours les plus chauds de l’année, une température au-dessous de 20° ; par des moyens analogues, on rafraîchit à Berlin et à Londres des salles de restaurant. Dans plusieurs villes de l’Amérique, on a fait mieux : on a créé des distributions à domicile de froid artificiel, sur le modèle des distributions de chauffage avec la vapeur fournie par une station centrale. 11 y a divers modes d’opérer. Pour distribuer le froid, dans les tuyaux de la ca-nalisation, on emploie tantôt l’ammoniaque détendu comme à New-York, Boston, Saint-Louis,
- Baltimorë, Norfolk, tantôt un liquide incoiige- I
- labié refroidi comme à New-York, Boston, Denver. Les canalisations ont jusqu’à 27 km.; elles sont habituellement établies avec une double ligne de tuyaux posés dans des conduites en bois et soigneusement recouverts d’un isolant hydrofiige tel que du feutre imprégné d’huile, de résine, de paraffine ou de liège enduit de poix. Partout où l’on dispose d’une force électrique — et c’est le cas de la majorité des grandes villes — on entrevoit une solution nouvelle, assurément pratique et plus originale : c’est l’emploi pour la production du froid à domicile, le rafraîchissement de l’air des appariements, du très ingénieux lrigorigène Audilfren. La Nature en a donné la description1. Il n’y a plus qu’à peser sur un bouton, un courant électrique met en marche la dynamo qui actionne le frigorigène et aussitôt vous obtenez un courant d’air froid ou glacé que vous réglez à votre gré. ' '= -•
- 1 Voy. ôr du (3 juin 1908.
- Fig. 3. — Bulbes à la sortie de la chambre froide. — A gau-, che : bulbes de muguet montrant l’embryon de la fleur au-dessus des radicelles; à droite, racine de « Spirœa Japonica ». (D’après Ice and cold storage.j
- Il n’est plus besoin de compter avec les saisons pour se procurer le luxe raffiné des jolies Heurs qui sont, à la maison, le plaisir de la vue et de l’odorat. Le froid accomplit un nouveau prodige, non plus seulement en gardant intacte une matière morte et inanimée, mais en agissant sur une matière vivante, en suspendant les lois de la vie végétative. L’horticulteur, qui a le froid à son service, prolonge le sommeil organique que la plante subit naturellement pendant la durée de l’hiver. La chambre frigorifique crée un hiver artificiel qui retarde la génération d’une nouvelle vie. Désormais un horticulteur peut recevoir un ordre de livraison de mille muguets, par exemple, à date fixe pour juin, juillet, août, avec la certitude de l’exécuter fidèlement. Ces nouvelles méthodes de culture sont déjà l’objet d’un important commerce en Angleterre, en Allemagne, en Hollande et en Danemark. Ainsi la maison
- Rochlord, en Angleterre, a des chambres frigorifiques d’une contenance de plus de 2000 ms.
- Le procédé est appliqué à de nombreuses variétés de Heurs qui appartiennent, en particulier, aux familles des rosacées et des lilia-cées. 11 consiste à arracher les plantes ou tubercules en février et mars, et à les placer en chambres froides à une température voisine de 0UC jusqu’en novembre et décembre ; à ce moment, on réveille la végétation par une plantation en serre chaude. Chose curieuse, les racines poussent très vigoureusement et comme si elles voulaient rattraper le retard de leur repos prolongé, elles produisent bientôt de belles fleurs. Le muguet fleurit dans une serre chaude en trois semaines.
- L’habile jardinier, ou même le fleuriste, avec le froid obtient d’autres résultats des plus intéressants. M. Yercier, professeur d’agriculture à Dijon, a montré dans des expériences répétées avec le concours de la Société du froid industriel, que des fleurs à divers états de croissance en boutons ou demi-épanouies, sont retardées très facilement, et que même des fleurs coupées, roses, œillets, lilas, jacinthes, etc..., sont conservées plusieurs semaines avec leur fraîcheur et leur parfum. Toutes ces fleurs se comportent ensuite à l’air libre de la même façon que si leur floraison avait été normale.
- p.244 - vue 248/647
-
-
-
- LE FROID DANS. LA VIE MODERNE \ :=rr--- 245
- Le froid depuis longtemps a trouvé un emploi tout naturel dans le patinage, un des sports les plus gracieux. Un grand nombre de pistes de patinage à base de glace artificielle existent en France et à l’étranger. Glascow tient en ce genre le record pour l’Europe avec une piste qui mesure 12 750 m2.
- Dans la vie courante, on ne manquera pas de découvrir peu à peu d’autres usages du froid ;lc froid artificiel n’est encore qu’à ses début s. La femme élégante qui possède des fourrures d’un grand prix, ou la femme soigneuse de ses vêtements de laine, les préservera à merveille contre les mites en leur faisant passer l’été dans des chambres à 4° C.
- C’est en effet la température mi-nima pour l’éclosion de l’œuf de la teigne. Avec un courant d’air sec et froid, que fournit très facilement une machine frigorifique, le fourreur et le commerçant en laine protègent très sûrement leurs marchandises.- Elles sont simplement déposées en rayon dans la chambre froide; quant aux fourrures de prix, elles sont mises dans des sacs que le client scelle avec son propre cachet. La réfrigération des fourrures commence à prendre quelque extension à Londres et à Liverpool ; on n’en cite encore à Paris qu’un seul exemple, celui de la maison Ré-villon.
- La réfrigération est constamment employée dans une foule d’industries : la cristallisation du sucre et du sel, la clarification et la concentration des vins, la préparation du vin de Champagne ou des salaisons; la fabrication des produits chimiques et pharmaceutiques, de la colle, de la gélatine, du sulfate de soude, des plaques photographiques, du caoutchouc, des matières colorantes, des explosifs; le démoulage du chocolat; l’abatage des animaux
- de boucherie, la fabrication de la bière, du fromage, du beurre; chez les chandelliers, marchands d’huile, savonniers, parfumeurs, raffineurs de stéarine et de margarine; les horlogers pour le réglage de leurs appareils de précision ; dans les laboratoires, les hôpitaux, les morgues; dans les magasins d’amandes qu’il s’agit de préserver des vers rongeurs; dans les magnaneries, afin d’empêcher l’éclosion intempestive des œufs des vers à soie.
- Le froid rend des services inappréciables pour
- les transports par navires ou wagons, des denrées périssables ou simplement leur conservation momentanée chezles fabricants de biscuits ou de conserves alimentaires, chez les bouchers, les poissonniers, les hôteliers, laitiers, crémiers, confiseurs, marchands de volailles, etc.. L’ingénieur et l’entrepreneur utilisent le froid, comme un auxiliaire indispensable pour le fonçage des puits dans des sous-sols de sables mouvants oii renfermant des nappes d’eau. Avec des tubes frigorifiques enfoncés verticalement dans le sol? la partie à creuser . est congelée en un bloc compact. Le travail se poursuit dès lors dans les conditions ordinaires et s’achève en garnissant d’armatures étanches les parois latérales du puits.
- Le froid semble être le seul agent capable d’empêcher la détérioration et l’inflammation inopinée des explosifs à base de nitro-cellulose qui contiennent dans leur masse des dissolvants volatils. Aussi les marines anglaise, allemande et japonaise ont muni leurs bâtiments de guerre.de soutes à poudre frigorifiées, En cas de guerre, des entrepôts frigorifiques multipliés, comme ils le sont en Allemagne, joueraient un rôle important pour le ravitaillement des troupes. Avec des chemins de fer encombrés de
- Fig. 4. — Muguet à divers degrés de développement. (D’après Ice and cold storage.J
- p.245 - vue 249/647
-
-
-
- 246 r
- LES TRAVAUX RÉCENTS DE L’ARSENAL DE DEVONPORT —
- toutes façons, le transfert du bétail vivant suffisant à l’approvisionnement en viande fraîche d’une nombreuse armée sera fort difficile. Quelques chiffres suffisent à mettre en lumière les avantages de la viande frigorifiée. Un wagon de marchandises du type ordinaire peut contenir au maximum 12 bœufs; un wagon frigorifique de même dimension transportera 67 bœufs, ou 550 porcs, ou 694 moulons, soit une moyenne de 50000 rations. En outre la viande frigorifiée, expédiée toute préparée, est immédiatement bonne k distribuer aux soldats. Les guerres russo-japonaise et sud-africaine ont prouvé l’excellent parti à tirer de la viande frigorifiée pour le ravitaillement des troupes.
- Le froid est aujourd’hui un Protée dont les manifestations sont parfois tout à fait imprévues. Ainsi il vient en aide à la chaleur qui semblait devoir être son ennemie irréconciliable. Qui de nous n’a entendu un soir d’hiver, au coin d’un feu flambant, l’observation : « Il gèle cette nuit ; voyez comme le
- feu brûle bien, comme sa flamme est brillante ! » En d’autres termes, l’air sec active plus la combustion que l’air humide. Or pour sécher de l’air il n’y a rien de mieux que de le refroidir, son humidité se condense et se dépose aussitôt. De là l’idée de M. Gayley de sécher par le froid l’air des hauts fourneaux ; il en résulte une économie de 20 pour 100 du coke brûlé et une augmentation de production de la fonte. L’application du système est faite en Pensylvanie, aux usines Carnegie à Pittsburg, et à Pittstown. D’autre part, M. Georges Claude fabrique industriellement de l’air liquide qu’il distille à une température de 180° au-dessous de zéro et dont il extrait un mètre cube d’oxygène à l’état gazeux par cheval-heure. Cet oxygène fortement comprimé dans des bonbonnes d’acier sert à alimenter le chalumeau à gaz oxygène avec lequel on obtient les plus hautes températures, on fond le fer et l’acier, on découpe ces métaux comme en se jouant. Norbert Lai,lié.
- LES TRAVAUX RÉCENTS DE L’ARSENAL MARITIME DE DEVONPORT
- La Grande Bretagne possède, sur sa côte sud, quatre arsenaux maritimes importants : à Pembroke, dans le sud du pays de Galles, à Devonport, à Portsmouth et à Sheerness. Elle achève en ce moment, à Douvre, la construction d’un port d’abri de 500 hectares de superficie que nous avons décrit dans le n° du 5 mai 1908 de La Nature et qui pourra servir de base navale puissante pour les opérations de la flotte anglaise dans la mer du Nord. Dans le même but, elle vient d’entreprendre Sur la côte Est, dans le Firth of Forth, la construction d’un nouvel arsenal pouvant également servir de base navale et dont La Nature a donné la description d’ensemble dans son n° du 25 mai 1908.
- Malgré l’importance de ces travaux, par suite de l’augmentation toujours croissante des dimensions des navires de guerre, de leur tonnage, et, par conséquent, de leur tirant d’eau, la plupart des bassins qui, dans ces arsenaux maritimes, sont destinés à recevoir ces navires, sont devenus insuffisants et comme dimensions et comme profondeur d’eau. Ce cas s’est notamment présenté pour l’arsenal maritime de Devonport, et
- le gouvernement anglais a dû y entreprendre récemment des travaux importants, en adjoignant aux anciens docks de nouveaux bassins pouvant recevoir les cuirassés actuels, ainsi que des formes de radoub de dimensions suffisantes pour permettre leurs réparations.
- Gomme le montre la figure 1, ces nouveaux bassins, situés au nord de l’arsenal actuel, sont construits sur le bord de l’Ila-moaze et limités au nord par le Weston Mill Lake.
- Dans la partie nord (fig. 1), se trouve un bassin à flot dè 15 hectares de superficie, d’une longueur de 472 mètres et d’une largeur de 505 mètres. La profondeur d’eau à basse mer de vive eau est de 9 m. 91 et à haute mer de 14 m. 66. Les murs de quai en béton avec parements en pierre, ont une épaisseur de 9 m. 19 à leur base et une hauteur de 16 m. 80 à partir du plafond du bassin. Toutefois, afin d’atteindre le sol solide on a dû descendre leurs fondations à une profondeur de 27 mètres au-dessus du couronnement.
- Du milieu du quai nord s’avance dans le bassin une jetée de 155 mètres de longueur et de 22 m. 90 de largeur sur laquelle
- ' Dépôt de charbon
- Grue mobile
- Entrée L du bassin] à flot d
- BASSIN À FLOT
- 160tonnes\ Surface 15hect
- Gruecë ( 75 tonn &e
- Ëcl d'entrée//----^^—
- du bassin / /
- à flot /TBASSINdeMAREE
- Surface 4 hect.
- BASSIN
- Fig. i. — Plan des nouveaux bassins de l’arsenal de Devonport.
- p.246 - vue 250/647
-
-
-
- LES TRAVAUX RECENTS DE L’ARSENAL DE DEVONPORT = 247
- sont installes des cabestans qui, au moyen de câbles, facilitent la manœuvre des navires.
- L’écluse à sas qui sert d’entrée dans le bassin et qui est disposée pour servir, en cas de besoin, de
- Fig'. 2. — Porte roulante de l’écluse et des formes de radoub.
- cale de radoub, est fermée, à ses deux extrémités, par des portes roulantes (fig. 2) laissant entre elles une longueur de 222 mètres. Toutefois, au moyen de
- basses mers de vive eau et 14 m. 48 à haute mer. Les fondations des murs et du radier ont été descendues jusqu’au sol solide, et tout l’ouvrage est en béton, sauf les parements qui sont en granité.
- Fig. 3. — Caissons flottants de Pécluse et des formes de radoub.
- Une seconde entrée, munie d’une seule porte roulante, permet l’entrée directe des navires de l’Hamoaze dans le bassin, au moment de la haute
- caissons flottants (fig. 5) prenant appui sur des saillies ménagées dans les bajoyers de l’écluse et extérieurement aux portes roulantes, cette longueur peut être portée à 240 mètres. La largeur de l’écluse au couronnement est de 28 m. 92 et la profondeur d’eau au-dessus du haut radier est de 9 m. 16 aux
- mer et lorsque l’écluse principale est occupée. La largeur de cette entrée est la même que celle de l’écluse principale, c’est-à-dire 28 m. 92.
- Au sud du nouveau hassin se trouve le bassin de marée de 183 mètres de longueur sur 226 mètres de largeur, d’une superficie de 4 hectares et relié à
- p.247 - vue 251/647
-
-
-
- 248
- LES TRAVAUX RÉCENTS DE L’ARSENAL DE DEVONPORT
- l’Hamoaze par une passe de 5G ni. 60 de largeur.
- Entre ce bassin de marée et le bassin à Ilot se trouve un terre-plein de 270 mètres de longueur sur lequel sont construites trois formes de radoub
- Fig'. 5. — Fondations des bajoyers de la forme de. radoub n° 8,
- disposées à peu près parallèlement à l’écluse principale d’entrée. Deux de ces formes ont une entrée à chacune de leurs extrémités, celle du nord communiquant avec le bassin à Ilot et celle du sud avec le bassin de marée. Vers le milieu de la longueur de ces formes peuvent être placés des caissons’ flottants de telle sorte que chacune des formes peut être divisée en deux parties indépendantes l’une de l’autre, de manière à recevoir en même temps deux navires, l’un entrant par le bassin à flot et [l’autre par le bassin de marée. La iplusgrande section a une longueur :de 140 mètres pouvant être portée à 450, au moyen d’un caisson flottant, comme dans le cas de l’écluse • principale d’entrée. La petite section a une longueur de 76 mètres.
- ! La longueur totale de la forme n0i 9 entre les portes roulantes est de 227 mètres et celle de la forme n°10 de 246 mètres. Ces longueurs peuvent être augmentées de 15 m. 50 par l’emploi d’un caisson flottant extérieur. Pour la forme n° 10 la hauteur d’eau au-dessus du haut radier est de 9 m. 16 à basse mer et de 14 m. 48 à haute mer. Elle peut donc recevoir à toute heure de marée les plus grands cuirassés avec tout leur armement. Pour la forme n° 9 ces hauteurs d’eau sont respectivement de 6 m. 50 et de 10 m. 98.
- La troisième forme n° 8 n’a qu’une seule entrée du côté du bassin à flot. Sa longueur, qui, primitivement, devait être de 146 mètres, a été portée à 201 mètres. La largeur au couronnement est la même que celle des autres formes et la hauteur d’eau au-dessus du haut radier est, comme pour la forme n° 9, de 10 m. 98 à haute mer. Comme dans les cas précédents, la longueur de la forme peut être augmentée de 15 m. 50 au; moyen de caissons flottants.
- La figure 4 montre l’ensemble des nouveaux bassins, des formes de radoub et de l'écluse d’entrée pen-, dant les travaux.
- La construction de ces nouveaux bassins dont tous les ouvrages ontj été fondés sur le sol solide qui, presque partout, se trouve à une grande profondeur et est recouvert de terrains vaseux sans consistance, a présenté des difficultés nombreuses. On a dû mettre en oeuvre des procédés de construction intéressants,’ mais qu’il nous est impossible de décrire, même sommairement, étant donné l’espace limité dont nous disposons. Toutefois, nous croyons intéressant de dire quelques mots des procédés employés pour la fondation des murs extérieurs des bassins qui, sur toute leur longueur, bordent l’Hamoaze et le Weston Mill Lake.
- Fig. 6. — Les bajoyers de la cale de radoub n° 8 pendant leur construction.
- Etant donnée la grande profondeur à laquelle se trouve le sol solide, profondeur variant, suivant les endroits, entre 9 et 50 mètres, il devenait impossible de fonder le mur au moyen de tranchées boisées, comme cela avait été fait pour les autres ouvrages
- p.248 - vue 252/647
-
-
-
- LES TRAVAUX RÉCENTS DE L’ARSENAL DE DEVONPORT
- 249
- (fig. 5 et 6). On prit alors le parti de faire reposer, à 1 m. 50 au-dessous du niveau des basses mers, la maçonnerie de béton qui constitue le mur, sur une série de colonnes creuses en béton enfoncées jusqu’au sol solide. Ces colonnes, représentées sur la ligure 7, avaient une disposition analogue à celle employée il y a plusieurs années pour la construction des murs de quai de Glascow et qui, depuis, a été adoptée dans différents travaux du même genre. Ces colonnes, comme le montre la figure, ont été
- hauteur maximum de 16,16 m.; de deux pompes d’entretien à piston, actionnées par une machine à vapeur verticale compound, pouvant refouler chacune 1500 mètres cubes d’eau à l’heure à cette même hauteur de 16,16 m. ; de grues et de cabestans électriques dont la plus puissante, installée sur le quai Est du bassin à flot, peut soulever un poids de 160 tonnes; de compresseurs d’air destinés à la manœuvre des portés roulantes et des appareils accessoires de l’écluse et des formes de radoub ; en-
- Fig. 7. — Fondations des murs extérieurs des bassins au. moyen de colonnes creuses en béton. — Vue pendant le fonçage des colonnes.
- enfoncées èn les chargeant à leur partie supérieure au moyen de gueuses annulaires en fonte dont le poids, dans certains cas, atteignait 800 tonnes, et en extrayant le sol à l’intérieur des colonnes, au moyen de dragues à mâchoires suspendues à des grues d’une puissance dé 10 tonnes.
- Les installations mécaniques des nouveaux bassins se composent : de deux pompes centrifuges, actionnées par une machine à vapeur horizontale à fonctionnement compound, pouvant vider en quatre heures une des formes de radoub ; ces pompes peuvent refouler 120000 mètres cubes d’eau à une
- fin, d’une installation électrique complète pour l’éclairage des quais et des cales et pour la mise en marche des machines-outils des ateliers de l’arsenal.
- Ces travaux, dont la dépense a atteint le chiffre de 106 millions de francs, ont été entrepris par Sir John Jackson, sous la haute direction du major Sir Henry Pilkington, ingénieur en chef, et, vers la fin des travaux, de son successeur, le colonel Sir Edward Caban1. R. Bonisl\.
- 1 -Les figures sont oxtrj)iles (YEngineering.
- p.249 - vue 253/647
-
-
-
- BALANÇOIRES ÉLECTRIQUES
- Elles ont fonctionné à l’Exposition d’Electricité de Marseille où elles ont remporté un vif succès.
- De prime abord il peut paraître tout à fait surprenant de voir intervenir l’électricité dans un jeu aussi ancien et aussi simple que la balançoire et l’on peut légitimement se demander comment la toute puissante et si souple fée moderne a pu être mise à contribution en aussi futile matière.
- Cependant tous les visiteurs de l’Exposition d’Electricité de Marseille ont pu se rendre compte de la manière élégante dont ce problème avait été résolu : c’est en effet l’électricité qui lançait ces balançoires en de vertigineuses envolées.
- Une escarpolette peut être mise en action par une personne se tenant auprès d’elle et lui imprimant un mouvement de va-et-vient qui, bien rythmé, arrive à lui faire accomplir des oscillations de plus en plus grandes.
- Souvent aussi, comme celles généralement en usage dans les fêtes publiques, les balançoires peuvent être mises en marche directement par les personnes qui y ont pris place et qui se halent sur une corde fixée à une certaine distance en avant ou en arrière des crochets de suspension.
- Plus simplement encore, on peut lancer une escarpolette sans le secours d’une force ou d’un point d’appui extérieurs; il suffit pour cela, chacun a pu en faire l’expérience, de rompre son équilibre à l’aide d’une gymnastique appropriée. Par des mouvements brusques du corps déplacé en avant ou en arrière de la position d’équilibre, on crée une légère oscillation. Chacun de ces efforts répétés bien « en mesure », si l’on peut s’exprimer ainsi, produit une légère accélération et peu à peu lès oscillations acquièrent une amplitude qui devient de plus en plus considérable.
- A l’aide d’un artifice ingénieux, l’électricité a permis de suppléer à ces diverses manières de mise en marche des balançoires. Seulement ce n’est plus la balançoire elle-même qui reçoit l’impulsion nécessaire, mais au contraire l’appareil porteur des crochets auxquels sont fixées les cordes de suspension.
- Toutes proportions gardées, tout se passe exactement comme si
- la poutre à laquelle est suspendue une escarpolette ordinaire pouvait se déplacer légèrement en avant et en arrière. Dans ces conditions, pour peu que ce mouvement soit bien rythmé, l’escar-
- Fig. i. — Balançoires électriques. Dessin schématique du mécanisme.
- polette ainsi entraînée décrit des oscillations qui deviennent de plus en plus grandes jusqu’au moment où les diverses résistances mises en jeu, et en particulier celle de l’air, font équilibre à la force qui actionne l’appareil.
- Il eût été fort peu pratique, dans une installation importante, de rendre mobile toute la partie supérieure qui soutient les balançoires. Dans le cas actuel, tout le haut servant de support était double, pour ainsi dire, et composé de deux poutres parallèles. Deux rails métalliques disposés à cheval sur ces deux poutres portaient une sorte de chariot qui pouvait recevoir un mouvement de va-et-vient d’une poutre à l’autre. La balançoire était suspendue par des cables à ce chariot dont elle suivait ainsi l’impulsion : il suffisait donc d’assurer de façon convenable la manœuvre de ce dernier pour la lancer dans les plus folles envolées.
- C’était précisément dans la mise en marche de ce chariot qu’intervenait l’électricité et de la façon la plus originale.
- Dans son ensemble, l’installation des Balançoires électriques comportait une charpente métallique toute aérienne supportant deux étages superposés : l’étage inférieur, à 18 m. de hauteur au-dessus du sol, à peu près, était réservé aux mécaniciens et contenait le tableau de distribution du courant, le moteur électrique et le mécanisme mettant en mouvement les balançoires. L’étage supérieur, élevé de 20 m. environ, servait de belvédère.
- Quant au mécanisme proprement dit, il est aussi simple qu’ingénieux. Deux solides poutres d’acier AA', BB', parallèles et distantes l’une de l’autre de 2,50 m. environ, courent à 0,30 m. en dessous du plancher de l’étage inférieur, sur toute la longueur réservée aux balançoires. Elles sont très solidement fixées, car elles ont à supporter tout le poids et les diverses réactions des balançoires en mouvement.
- L’installation de chaque balançoire se compose de deux poutrelles métalliques CC', DD', reliant les poutres AA', BB', et fortement boulonnées sur elles.
- Sur les poutrelles C et D repose le chariot mobile dont nous avons parlé plus haut; il comprend tout d’abord deux traverses FF' et GG', réunies entre elles par des tirants HH' et KK' qui rendent leur écartement invariable, et grâce aux roulettes LL', il peut se déplacer Ion-
- p.250 - vue 254/647
-
-
-
- LE CULTE DE LA NATURE EN CHINE ...t.t-—251
- gitudinalemenl sur les traverses CC', DD'. Le chariot mobile sur les roulettes LL' peut ainsi aller et venir le long de CC' et de DI)'. Quant à la balançoire, elle est fixée par des haubans en ûl d’acier aux crochets V des traverses FF'et GG'. ' * “
- Le chariot mobile va recevoir un mouvement de ya-et-vient qui imprimera à la balançoire des oscillations de plus en plus étendues, qu’on laissera ensuite s’éteindre graduellement.
- Quel est le mécanisme qui assumera ce rôle?
- C’est la vis différentielle P, qui coulisse dans les écrous 0 portés par le chariot mobile, et trouve son point fixe en Q sur la poutre RB'.
- A son autre extrémité, cette vis porte un cône de friction r. Au gré du mécanicien chargé de la commande de la balançoire, le cône de friction r peut venir en contact alternativement avec les deux cônes RR^ qui lui impriment des mouvements de rotation en sens contraire l’un de l’autre.
- Les cônes RRj naturellement, sont portés par un arbre moteur XX' qui reçoit son mouvement, grâce à la poulie S, d’une dynamo non représentée ^ur
- notre figure. Pour permettre d’embrayer à volonté l’un ou l’autre de ces cônes, l’arbre en réalité est double; l’arbre principal est carré et sur lui peut coulisser un deuxième arbre creux, de même forme et qui reçoit les deux cônes de friction. Le mécanicien, à l’aide de la poignée U, embraye alternativement l’un ou l’autre des cônes de friction, ou supprime tout embrayage, laissant alors le chariot immobile.
- Les courbes décrites par la balançoire diminuent peu à peu d’amplitude; à la fin pour les arrêter plus vite, le mécanicien remet en mouvement le châssis mobile auquel il fait suivre le sens de marche de la balançoire.
- L’idée fort originale de mettre à contribution l’électricité pour rénover un amusement aussi ancien et aussi populaire que P escarpolette, a été ainsi réalisée de la façon la plus simple et la plus pratique. D’ailleurs le public, juge suprême en la cause, a fort goûté les Balançoires électriques de l’Exposition de Marseille et leur a fait le plus brillant succès. Louis Serve.
- Fig. 2. — Vue générale des balançoires électriques à la dernière Exposition de Marseille.
- LE CULTE DE LA
- La Chine est certainement le pays où le culte de la Nature est poussé au plus haut degré et où l’agriculture est le plus en honneur.
- Il faut avoir parcouru les régions peu fertiles du Fo-Kien ou du Yunnan, il faut avoir admiré avec quelle persévérance et quelle énergie les agriculteurs de ces provinces remuent les moindres replis du terrain pour se faire une idée des ressources qu’une immense population, stimulée par le besoin, peut tirer d’un sol même déshérité.
- Certes, la science agricole des Chinois est loin d’être développée et leurs, instruments aratoires sont d’une simplicité vraimént trop rustique, mais ils suppléent à leur outillage défectueux et à leur ignorance du progrès, grâce à un amour profond de la nature, à une admirable patience et à une infatigable activité. Il est rare de voir en jachère
- NATURE EN CHINE
- une terre susceptible d’être cultivée, et presque tous les champs donnent deux récoltes par an.
- Nulle part, le morcellement de la propriété n’a été poussé aussi loin qu’en Chine : on ne rencontre partout que lopins de terre séparés avec un soin jaloux les uns des autres par de petites haies, des fossés nettement tracés ou des murs de pierre.
- C’est que tout Chinois est propriétaire rural et qu’il tient à honneur d’entretenir lui-même le sol qu’il hérita de son père, le champ que ses aïeux ensemencèrent avant lui. Aussi la culture est-elle rarement confiée à des journaliers, et ne rencontre-t-on jamais, même dans les fertiles provinces du Pe-Tchi-Li ou du Sse-Tchouen, ces grandes fermes modèles qui sont la gloire et la richesse de la France.
- Les empereurs chinois eux-mêmes, depuis la
- p.251 - vue 255/647
-
-
-
- 252
- LE CULTE DE LA NATURE EN CHINE
- plus haute antiquité, ont accordé leur protection éclairée aux travaux de l’agriculture ; c’est à celte prévoyance que les plus célèbres d’entre eux, les Chi-Noung, les Tcheou, les Han, durent leur popularité et le respect qui s’attache encore de nos jours à leur mémoire.
- L’empereur préside chaque année une grande fête de la Nature qui a lieu le vingt-troisième jour de la troisième lune chinoise, c’est-à-dire vers la fin du mois de mars. Cette cérémonie, qui remonte au xne siècle avant notre ère, fut constituée par un des chefs de la dynastie des Han et est célébrée à
- 7-7'
- Fig. i. — Allée conduisant à la parle principale du temple.
- Pékin dans la plus grande pompe.
- Tous les détails en sont réglés minutieusement d’après des riles millénaires et immuables : l’empereur doit se préparer à cette solennité par un jeûne de trois jours; puis il se rend, suivi d’un immense cortège au temple de l’agriculture élevé au centre de la capitale. Les princes du sang et les ministres, vêtus d’étoffes et de soieries merveilleuses, lui font une escorte triomphale; quarante vieux laboureurs et quarante jeunes paysans le précèdent, couverts d’un bizarre accoutrement tout en paille.
- Le temple est entouré d’une vaste plaine au milieu de laquelle sont élevés quatre autels, l’un consacré au Ciel, l’autre à la Terre, le troisième à la planète Jupiter, et le quatrième à Chi-Noung, un des plus anciens souverains chinois qui le premier enseigna à son peuple les bienfaits de l’agriculture.
- . L’empereur s’avance, grave et solennel, vers l’autel du Ciel, fait trois profondes génuflexions et dépose une offrande de fruits; puis il s’approche
- d’une charrue de couleur jaune or, attelée de deux bœufs qui sont tués après la cérémonie et offerts eux aussi en sacrifice à la divinité. Il tient un mancheron de la charrue de la main droite, un fouet de la main gauche et trace huit sillons..
- Chaque prince ou dignitaire, devenant pendant quelques minutes laboureur, ouvre à son tour huit sillons avec une charrue peinte en rouge.
- Les prêtres chantent un hymne à la Nature pendant cette cérémonie. •
- Les quatre-vingts cultivateurs spécialement convoqués font brûler de l’encens dans des cassolettes sacrées.
- Le grain, dû au travail du souverain et de sa suite, sert à confectionner des gâteaux qui restent exposés pendant trois mois sur l’autel du Ciel.
- Le temple de l’agriculture est un des monuments les plus curieux de Pékin. On y trouve, suspendus aux murailles ou placés^ sur des socles de marbre, tous les objets, ustensiles, vêtements ou instruments pouvant servir à ceux qui se livrent aux travaux des champs.
- - Vue des dépendances du Temple de T Agriculture.
- A droite, ce sont les petits chapeaux pointus ou coniques célébrés par l’imagerie populaire, les longues blouses des paysans, des fouets de toutes dimensions, des balais, des râteaux, des caisses à graines, des fourches en bois à trois branches dont se servent les laboureurs pour remuer la paille de riz; cet attirail étrange est uniformément peint en jaune or, couleur réservée à l’Empereur.
- Sur un piédestal en bronze est placée une énorme vache en jade dont le ventre entr’ouvert laisse apercevoir una multitude de petites génisses en porcelaine. -
- Elle rappelle l’animal sacré que l’on promène en cortège dans certaines villes de l’Empire, au ' moment des récoltes; à la fin de la procession * la
- p.252 - vue 256/647
-
-
-
- VACCINATION DES BOVIDÉS CONTRE LA TUBERCULOSE :-= 253
- vache est brisée en mille pièces et l’on en distribue les débris au peuple.
- 11 est à remarqur que les Chinois ont un profond dégoût pour le beurre, répulsion qui leur est inspirée par cette idée que la vache doit être élevée pour reproduire et travailler et non pour donner du lait.
- Vis-à-vis des instruments communs du travail exposés dans la salle principale du temple, on remarque un spécimen de toutes les inventions anciennes ou modernes se rapportant à l’agriculture : une roue à chapelets encore employée sur le Yang-Tse-Kiang pour les irrigations; une autre roue à volants remarquable par cette particularité qu’elle est construite sans un seul clou et sans un morceau de fer; un mortier en pierre sur lequel frappe un pilon adapté à l’une des extrémités d’un levier qu’actionnent deux hommes à l’autre bout; une machine à semer, sorte de charrue munie à l’arrière d’une boite au fond de laquelle trois tubes en bambou laissent échapper lentement le grain.
- Une place d’honneur est réservée à une houe tout en argent, car c’est l’instrument aratoire véritablement
- 11 n’est donc pas étonnant qu’encouragés par leur attachement aux usages chers à leurs aïeux, par les leçons et maximes de leurs philosophes, par les conseils de leurs mandarins et l’exemple donné par leurs empereurs eux-mêmes, les Chinois aient, de tous temps, placé l’agriculture au premier rang de leurs industries nationales et qu’ils aient élevé de si nombreux sanctuaires aussi bien aux dieux propices qu’aux génies malfaisants de la Nature.
- En elfet, si à Ta-Li, à Pao-Ting-Fou, à Chu-San, et dans les principales villes de l’intérieur, sont
- Fig. 4. — Les sillons tracés par l’empereur et les grands dignitaires.
- national, celui dont se sert le plus communément, depuis des siècles, le paysan chinois.
- Fig. 3. — Paysans recrutés pom la cérémonie.
- construits de merveilleux édifices en l’honneur de la Nature protectrice des moissons, sur la côte et dans l’ile d’Haïnan célèbre par les ouragans dont elle fut victime, les Chinois ont érigé de grands temples à Yem-La, le dieu des typhons, auquel les mandarins offrent des sacrifices à l'époque des changements de moissons, détournant ainsi sa mauvaise humeur de s’exercer sur les récoltes. Louis de Cantilly.
- VACCINATION DES BOVIDÉS
- M. Rappin, directeur de l’Institut Pasteur de Nantes, poursuit depuis.plusieurs anne'es l’étude de l’immunisation contre la tuberculose. Il vient d’obtenir à cet égards des résultats qui paraissent des plus probants. Un taureau témoin présente au bout de deux mois, après une injection de tuberculose virulente, des signes manifestes d’infection tuberculeuse; un animal du même âge, de
- CONTRE LA TUBERCULOSE
- même race, et deux génisses, ayant subi l’action des bacilles vaccins, ne présentent aucun signe de tuberculose. Ces faits confirment les premiers résultats obtenus’ par M. Rappin sur d’autres animaux (chien, cobaye) et-permettent d’espérer que l’immunisation pourra être obtenue d’une façon courante chez les bovidés par ce procédé.; ; ‘ ;
- p.253 - vue 257/647
-
-
-
- 254
- NOUVELLE TROUVAILLE DE MAMMOUTH EN SIBÉRIE
- On vient de monter au Musée de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg les restes du mammouth, découverts sur la berge de la rivière Sanga-iouriakha, affluent de la Yana (district de Ver-khoyansk), par MM. Yolossowitch et Pfitzmeyer.
- Le cadavre du mammouth n’était plus entier quand la mission russe arriva sur place; mais il est néanmoins assez remarquable, parce qu’il possède une partie de la trompe, organe qu’on n’a encore trouvé chez aucun des mammouths connus jusqu’à présent.
- ' C’est la partie droite de l’animal qui est la mieux conservée et la plus complète. On en a sept côtes, la: jambe antérieure avec une partie de la plante du pied, la jambe postérieure, avec la plante du pied entière et les parties molles jusqu’au genou. De la partie gauche de l’animal on n’a retrouvé que deux côtes et la plante du pied de la jambe de derrière. La trompe tenait encore à la tête par un lambeau de peau.
- Dans le haut, sa paroi extérieure, en partie détériorée, laisse voir la cavité nasale, séparée en deux par une cloison. La face supérieure de la trompe, dans les endroits où la peau ne fait pas défaut, a conservé les vestiges de poils ras et épais, qu’on ne retrouve plus à la partie inférieure. L’analyse microscopique seule pourra dire si cette disposition est accidentelle ou naturelle. Malheureusement le bout de la trompe manque; il a été vraisemblablement dévoré par
- quelque fauve. La longueur de la trompe est de 1,50 m. environ; sa largeur de 16 à 19 cm. Le crâne est recouvert par places des parties molles et par la peau, notamment du côté de l’œil droit où les paupières sont très bien conservées (voy. lîg.). Les défenses manquent. Les alvéoles dans lesquels elles étaient placées ne sont pas endommagés ; il y a donc tout lieu de présumer que ces défenses n’ont pas été arrachées par quelque chercheur d’ivoire. Les molaires sont conservées aux deux mâchoires. Le crâne, qui appartient à un animal adulte, est petit, comparé aux crânes des mammouths connus jusqu’à présent. Il est fort probable que ce mammouth est une femelle.
- Sur les parties conservées de la peau, on retrouve partout (sauf sur la partie inférieure de la trompe, comme nous l’avons signalé plus haut) des vestiges de poils ras et épais, surtout sur uné partie de la jambe de devant du côté droit, ce qui fait penser que l’animal a péri en hiver. Les échantillons de différentes parties du corps du mammouth ont été prélevés pour l’analyse bactériologique. Les parties molles de l’animal, plongées dans le liquide conservateur, vont être soumises à un examen histologique. Enfin, des spécimens des terrains et les plantes fossiles trouvés à l’endroit où le mammouth a été exhumé, ont été déposés au musée géologique de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg. J. Deniker.
- Crâne du mammouth, avec les fragments de la peau.
- LES AIGRETTES D’AMÉRIQUE ET LA MODE
- On sait qu’il y a en Europe deux espèces d’Oiseaux de l’ordre des Echassiers et du groupe des Hérons, auxquelles on applique le nom d’Aigrettes, à cause des plumes ornementales disposées en deux faisceaux que porte leur dos. C’est le Héron blanc ou grande Aigrette (Ardca alha L.) et la petite Aigrette (Garzetta cjarzetia L.). Leur aire de dispersion comprend presque tout l’Ancien Monde et leur taille est un peu supérieure à celle des espèces similaires d’Amérique.
- La grande Aigrette d’Amérique ou Garza blanca des indigènes du Sud (Herodias egrelia Wilson) ou Ardca leuce Lieht.) ressemble beaucoup à sa sœur du Vieux Monde. Comme elle, elle est tout entière d’un beau blanc, mais les plumes ornementales, portées aussi par les deux sexes, sont plus longues et ont une hampe plus grosse. Les parties nues des tibias sont toujours noires, comme d’ailleurs les tarses et les doigts. Leslores sont d’un jaune de chrome, ainsi que le bec, qui souvent chez l’animal couvant est marqué d’une ligne noire le long du cul-mcn. Les aigrettes dépassent la queue, elles apparaissent
- en juillet pour former la parure de noces, et elles tombent en octobre au moment où les petits quittent leurs parents. 11 s’ensuit que le plumage d’hiver est le môme que celui d’été, sauf qu’il manque de plumes ornementales. Les jeunes ont un plumage-blanc duveteux; sans aigrettes. Le mâle atteint 0,95 m. de longueur totale1.
- La petite Aigrette d’Amérique ou Chumita des indigènes (Leucophoyx ou Ardea candidissima Cm.) est de taille beaucoup plus petite que la précédente, 0,50 m. Tout le corps est d’un blanc immaculé; le bec est noir, sauf la base de la mandibule inférieure. Les lores sont jaunes, les tibias et les tarses noirs. Les plûmes ornementales, existant chez les deux sexes, forment aussi deux faisceaux sur le dos et sont d’une extrême délicatesse. Leur pointe est arquée vers le haut et l’avant, ce qui leur a valu le nom de crosses dans le commerce. L’occiput porte une huppe, un faisceau de fines plumes allongées, sans crosse, de même que le bas du cou en
- 1 Voy. La Nature, n° 1816, mars 1908.
- p.254 - vue 258/647
-
-
-
- LES AIGRETTES D’AMÉRIQUE ET LA MODE ===== 255
- avant. Elles sont plus développées chez le mâle que chez la femelle. Pour l’hiver toutes ces belles plumes tombent chez les deux sexes. Le jeune porte une huppe occipitale avant d’avoir les plumes dorsales.
- Ces deux espèces d’Aigrettes se trouvent dans toute l’Amérique tempérée et tropicale, depuis les États-Unis jusqu’au Chili et à la Patagonie. Elles vivent en colonies, composées de milliers et de milliers d’individus, dans des hëronnières établies dans les lagunes que forment les fleuves, au moment de leurs crues périodiques. Ces familles sont surtout nombreuses dans les immenses lacunes et marécages formés par FOrénoque et ses affluents, où l’on ne peut arriver qu’en pirogue, au milieu de bandes de Caïmans dont la taille varie de 5 à 7 m. Ces eaux renferment, en outre, de nombreux poissons voraces et féroces, les Pirayes, les Caribes toujours à l’affût pour happer et dévorer tout ce qui tombe. La moindre agitation de l’eau les attire par milliers. Malheur aux jeunes Aigrettes et même aux chasseurs imprudents.
- C’est la grande Aigrette qui nidifie la première, à partir de juillet ; la petite espèce ne vient que lorsque les jeunes de la grande ont quitté le nid, en octobre. Le nid des deux espèces est fait de brindilles sèches ; il est plat, posé à 1 ou 2 m. au-dessus de l’eau sur les Man-if lier s, les Goyaviers et autres arbres des marais, dans les endroits bien touffus. Le nid de la grande Aigrette atteint à peu près 20 à 25 cm de diamètre et renferme de deux à trois œufs bleus. Le nid de la petite espèce est établi plus près de l’eau, il est de même architecture, avec deux ou trois œufs bleuâtres. Ceux-ci n’éclosent qu’à la fin de novembre.
- Au milieu de ces sociétés se trouvent des nids divers appartenant aux Spatules roses (Ajaja ajaja L.), aux Savacous huppés (Cancroma cochlearia L.), aux Anhin-gas (P lotus anhiruja L.), aux Ibis rouges, et, vers la fin, aux Tantales (Tantalus loculator L.). Ces derniers s’établissent au sommet des massifs, dont ils brisent les ramilles afin de former une sorte de plate-forme pour leurs nids. Toute cette multitude, très affairée, très occupée par la recherche de la nourriture et par l’élevage des jeunes, fait retentir l’air de ses cris aussi assourdissants que variés.
- De juillet à octobre, pendant la nidification et l’élevage des jeunes, le mâle et la femelle sont pourvus de leurs plumes ornementales. Celles du mâle de la grande espèce sont plus longues et ont une hampe plus grosse que celles de la femelle ; chez le mâle de la petite espèce, la pointe des plumes est très fortement recourbée, tandis que chez la femelle, elle est à peine crossée. Ces plumes, en France, dans le commerce, portent les noms d’ai-yrelies et de crosses, tandis qu’en Angleterre on les connaît sous le nom d’Ospreg. On les groupe par petits paquets de 40 brins qu’on appelle parures. La petite Aigrette porte 40 à 50 brins pesant un peu plus de 1 gr. ; 1000 brins pèsent une once (50 gr.), on sait qu’il faut 55000 brins pour faire 1 kg. Les crosses des espèces asiatiques sont plus lourdes, car il n’en faut que 800 à l’once et 27 000 au kilo.
- Chez les grandes espèces, c’est l’inverse. Les aigrettes de l’espèce américaine sont plus lourdes, chaque animal en porte de 45 à 60 pesant 6,5 à 8 gr. ; il y en a 240 à Fonce, soit 8000 au kilo., tandis que pour les plumes d’origine asiatique il en faut 500 à Fonce, ce qui fait 10000 au kilo.
- Le prix de gros de ces plumes est très variable, même au cours d’une année, Suivant les exigences de la mode,
- il peut monter à 80 fr. Fonce pour les aigrettes, soit 2700 fr. le kilo, et à 250 fr. Fonce pour les crosses, soit 8500 fr. le kilo. Mais ces prix peuvent tombera presque rien quand la mode ne les recherche pas.
- Le principal pays d’origine de ces plumes est le Yéné-zuéla, où elles arrivent aussi de la Colombie et du Brésil par l’intérieur. On assure que les chasses faites par les indigènes ont déjà diminué le nombre des Aigrettes dans ces régions. Mais il est bon de se mettre en garde contre toute exagération, car il n’est pas besoin de faire des hécatombes d’Aigrettes pour avoir leurs plumes ornementales. En effet, M. Geay, qui a vécu de longues années au Vénézuéla, au Darien, à la Guyane française et au Contesté, a pu constater que le plumage de noces de ces Oiseaux est éphémère et que cette parure, qui apparaît en juillet, a déjà fini de tomber en octobre. Pour le Chu-mita, ce fait se produit aussi, mais plus tard. Au moment de la mue, chaque année, on voit ces élégantes plumes disséminées çà et là en grand nombre sur les buissons et au pied des arbres qui avoisinent les lagunes et les petits cours d’eau, où ces animaux pêchent quotidiennement, et qui sont situés souvent très loin de leurs héron-nières. Les indigènes recueillent par kilogrammes ces plumes, qui, sans cela, seraient perdues et les livrent au commerce, par conséquent sans porter aucun préjudice aux deux espèces. Quand elles sont ramassées à temps, elles sont, d’après M. Geay, aussi belles que celles provenant de l’animal tué. Dans aucun cas on ne les arrache à l’animal vivant.
- M. Geay assure que les chasseurs épargnent toujours les jeunes qui ne portent pas de plumes ornementales, et que dans une héronnière, les jeunes orphelins ne sont jamais délaissés par les voisins qui leur donnent alors la pâtée. Ces Oiseaux nous donnent donc en cela un touchant exemple de solidarité sociale.
- Pour ménager une pareille source de revenus, il est évident que la chasse ne doit pas amener la dépopulation des héronnières. Seulement on ne peut admettre sans preuves convaincantes que l’existence de deux espèces dont Faire de dispersion est aussi vaste, puisse être compromise par des chasses pratiquées pendant un temps relativement court, dans des régions aussi restreintes de leur habitat. Les conditions dans l’Ancien et le Nouveau Monde sont encore loin d’être les mêmes, et les mesures de protection qui s’imposent dans l’Ancien peuvent très bien n’ètre pas indispensables dans le Nouveau.
- La diminution qu’on croit avoir été constatée ne serait-elle pas plutôt due à un déplacement de l’habitat des individus provoqué par le peuplement par l’homme d’espaces inhabités jadis. Ces animaux, quittant ces endroits devenus trop peu tranquilles ou dangereux par suite du voisinage de l’homme, rechercheraient des lagunes plus inaccessibles où la sécurité leur paraît plus grande. Ce serait donc là un cas particulier d’un fait général, le recul des espèces sauvages devant l’homme. L’engouement de la mode pourrait bien n’ètre qu’une cause très secondaire.
- La mode, par son essence même, est infiniment changeante ; ses exigences affectent une certaine périodicité, et provoquent de telles fluctuations dans les prix, que les dépouilles d’une espèce sont cotées tantôt à un prix très élevé, tantôt à un prix si bas que, la chasse n’étant plus rémunératrice, doit cesser d’elle-mème. L’espèce a alors le temps de se reconstituer. C’est ce qui arrive pour les Oiseaux-Mouches, jadis tellement demandés sur le marché.
- Dans ces conditions, il semble que le bill, accepté à la
- p.255 - vue 259/647
-
-
-
- 256 ====== UN NOUVEAU DIRIGEABLE ALLEMAND
- Chambre des Lords d’Angleterre mais ajourné à la Chambre des Communes, qui tendrait à limiter les oiseaux d’ornement aux oiseaux qui se mangent et qui interdirait en Angleterre l’entrée et la vente des plumes de toutes les espèces servant uniquement à l’ornement, dépasserait le but qu’il veut atteindre et porterait un grave préjudice au commerce et aux ouvriers plumassiers. C’est là une question très complexe, pour la résolution de laquelle de nouveaux renseignements me paraissent encore néces-
- saires. Pour les Aigrettes, le vrai remède serait probablement dans la domestication grâce à laquelle on ferait perdre à ces deux espèces l’instinct migrateur, comme on l’a fait perdre au Canard et à l’Oie domestiqués. Les difficultés ne seraient pas insurmontables et probablement moins grandes que celles «pie les colons anglais du Cap ont eu à vaincre pour domestiquer l’Autruche du Sud. Divers essais ont déjà été tentés, mais ils n’ont pas été poursuivis assez longtemps. l)r A. Ménéuaux,
- Assistant au Muséum.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance du 15 mars 1909 paraîtra dans le prochain numéro.
- UN NOUVEAU DIRIGEABLE ALLEMAND
- L’ingénieur Rœssler d’Augsburg vient d’ima-dner un nouveau dirigeable d’un modèle assez
- curieux. C’est un rigide, à carcasse métallique, type Zeppelin, mais dont les hélices, d’une construction spéciale, sont placées, non à l’extrémité de l’enveloppe, mais dans le corps même de l’engin.
- On se souvient que M. de Mar-çay,.en France, a déjà expérimenté sur un dirigeable non rigide, cette combinaison qui théoriquement présente de grands avantages.
- Une autre caractéristique de l’engin est que l’auteur a cru devoir combiner le plus lourd et le plus léger que l’air. L’appareil est en réalité un plus lourd que l’air, la force ascensionnelle ne correspondant qu’aux 9/10 de la charge. M. Rœssler compte sur ses hélices pour la sustentation du 1/10 restant. C’est, sans doute, quelque peu risqué.
- Examinons un peu plus en détail la constitution de ce dirigeable : un arbre creux en aluminium traverse l’appareil de bout en bout; il porte les hélices, les nacelles, le gouvernail. Des tiges métalliques disposées en forme de rayons autour de cet arbre et reliées entre elles par des fils.d’aluminium supportent l’enveloppe et lui conservent sa tension. L’intérieur de l’arbre sera rempli d’hydrogène, comme le ballon lui-même.
- Celui-ci est divisé en trois parties, afin de ré-
- server remplacement des deux hélices. Ce sont, comme le montre notre figure, des hélices de très grand diamètre; les expériences faites jusqu’ici
- semblent démontrer la supériorité de rendement de ce type sur celui à petit diamètre et grande vitesse. Les deux hélices tournent en sens inverse l’une de l’autre.
- Le mouvement ascendant ou descendant est obtenu au moyen d’un poids curseur qui court le long d’un rail sous le ballon du milieu. A chaque bout de ce rail se trouve fixée une nacelle renfermant un moteur à essence commandant par chaîne sans fin l’hélice placée en cet endroit. Il va de soi que les moteurs et les hélices étant indépendants l’un de l’autre, une avarie survenue à l’un d’eux n’entrave en rien la marche de l’autre.
- La direction horizontale s’obtient par l’action d’un gouvernail placé à l’arrière du ballon et commandé de la nacelle centrale.
- 11 est impossible de prévoir dès maintenant le succès du dirigeable Rœssler. Mais cet exemple montre qu’en Allemagne comme en France, les questions aéronautiques sont à l’ordre du jour et passionnent les chercheurs. H. Caspary.
- Le Gérant : P. Masson. .
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Fig', i. — Le dirigeable rigide Roessler, et ses deux hélices placées dans le corps même du ballon.
- Fig. 2.— Cette vue du dirigeable sans son enveloppe montre l’axe central creux portant les hélices, la carcasse en aluminium, le poids moteur réglant le déplacement vertical, et le gouvernail horizontal.
- p.256 - vue 260/647
-
-
-
- LA NATURE. - N° 1870. =rr-r~-r~—^ 27 MARS 1909.
- UN VAISSEAU NON MAGNÉTIQUE
- C’est un bâtiment, jusqu’ici unique en son genre et qui vient d’être construit pour le compte de l’institution Carnegie de Washington. Tout métal magnétique a été sévèrement exclu de sa construction; il n’y entre, pour ainsi dire, aucune parcelle de 1er.
- Ce vaisseau d’un nouveau genre est destiné à une campagne d’observations magnétiques. La Nature a déjà signalé à plusieurs reprises les nombreuses expéditions magnétiques que l’Institution Carnegie organise sur toute l’étendue du globe, avec une méthode et une ténacité que l’on ne saurait trop admirer.
- Rappelons qu'une expédition vient de quitter
- à un autre, la direction marquée par l’aiguille de la boussole varie; on sait aussi qu’en un même point cette direction se modifie chaque année. Quelles sont les lois de ces phénomènes? Leur détermination rendrait de précieux services non seulement à la science pure, mais aussi à la navigation.
- C’est pour faciliter et simplifier les observations en mer que l’Institution Carnegie a décidé de faire construire un vaisseau non magnétique; De la sorte, les influences qui dévient l’aiguille aimantée ne peuvent être attribuées au vaisseau qui porte les observateurs.
- Comme nous l’avons dit, ni fer, ni acier n’entre
- Le vaisseau non magnétique de l’Institution Carnegie. Il n’entre pas de, fer dans sa construction. . Au centre, entre les deux mâts, l’observatoire et ses deux coupoles' à couverture de verre
- Pékin pour traverser la Chine, le Thibet et gagner l’Hindoustan ; une autre se propose de traverser toute l’Afrique depuis le Cap jusqu’au Caire; une troisième explore la Perse et l’Asie Mineure. L’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud, le Canada et le Groenland ont été parcourus.
- L’Institut compte déjà à son actif une belle-campagne d’investigations maritimes, celle du yacht Galilée, dans le Pacifique. Entre le 1er août 1905 et le 51 mai 1908, il fit 5 voyages, couvrant plus de 60000 milles entre Sitka dans l’Alaska et Lyttleton en Nouvelle Zélande.
- Il est inutile d’insister sur l’immense intérêt d’une telle œuvre : le magnétisme terrestre reste une question mystérieuse que n’ont pas élucidée les observations incomplètes et dispersées; faites jusqu’aujourd’hui. Tout le monde sait que, d’un point
- 37° année. — 1er semestre.
- dans sa construction; exception faite cependant pour les cylindres du moteur à explosion, qui sont en fonte, et pour les cames du même moteur, qui sont en acier. Mais les masses de ces organes sont absolument négligeables.
- ;La longueur du bâtiment est de 46,60 m. ; il jauge 568 tonnes. Comme le montre la photographie ci-jointe, c’est un voilier aux lignes élégantes.
- Il est muni néanmoins d’un moteur à combustion interne, 6 cylindres, qui facilitera la manœuvre du navire, dans les ports, ou pendant les calmes plats. Ce moteur peut développer 125 chevaux indiqués, en tournant à 350 tours par minute; il actionne un propulseur d’un modèle spécial, capable de donner au navire une vitesse de 6 nœuds par temps calme.
- Il est alimenté de gaz pauvre fourni par un gazo-- " ' 17. — 257........
- p.257 - vue 261/647
-
-
-
- 258
- BAROMETRE ELECTRIQUE
- gène à anthracite, brûlant à l’heure 59 kg de ce charbon.
- Le bâtiment emportant dans ses soutes 25 tonnes de charbon, cela lui donne un rayon d’action de 2000 milles à la vitesse de 0 noeuds.
- Les matériaux qui entrent dans la construction du navire sont le chêne blanc et le pin d’Orégon, pour les parties en bois, le bronze, le cuivre pour les parties métalliques.
- Un observatoire a été aménagé à la partie centrale
- du yacht entre les deux mâts; il comporte une chambre longue de 4,5 m., large de 4,8 m., munie de bureaux, instruments de dessins, tables, etc., et à chaque extrémité de cette pièce un observatoire circulaire de 2,25 m. de diamètre, muni d’un dôme tournant, à charpente de bronze et à couverture de verre.
- La construction de ce très intéressant bâtiment s’achève actuellement au bassin de Tebo, à Brooklyn. A. Dessol.
- C*§'5'S.‘S'&§}5
- UN BAROMETRE ELECTRIQUE
- M. 11. B. Goldschmidt, agrégé de l’Université de Bruxelles, vient de présenter à la Société Royale des sciences médicales et naturelles, un intéressant dispositif permettant d’apprécier par voie électrique, les variations de pression atmosphérique. La précision réalisée par ce dispositif est bien supérieure à celle des lectures directes ; d’autre part, la méthode électrique donne plus de liberté dans le choix de l’emplacement du tube barométrique, on peut le disposer en
- I----VW’
- Tube,
- Barométrique
- WWV\^MM/VW GaToa/iomttre
- L..
- un endroit bien abrité contre les trépidations du sol et à une distance quelconque.
- Le tube barométrique est, comme àl’ordinaire, fermé à l’une de ses extrémités et ouvert à l’autre. Au sommet de la branche fermée, à l’endroit où se forme le vide barométrique, est disposé un filament de charbon, recourbé en forme d’U, dont les deux bouts, scellés dans le verre du tube, se terminent à l’extérieur par des bornes amenant le courant électrique.
- La partie courbe de ce filament plonge constamment dans le mercure, les deux branches se trouvent en partie dans le vide barométrique. La longueur sortant du mercure dépend évidemment de la longueur de la colonne de mercure faisant équilibre à la pression atmosphérique. Aussi les variations de cette pression se traduisent-elles par des variations proportionnelles de la résistance du circuit comprenant le filament recourbé.
- Pour éliminer l’influence perturbatrice des variations de hauteur mercurielle dues aux variations de température, M. Goldschmidt dispose, à côté du luhe barométrique, un tube thermométrique qui accuse les variations thermiques du milieu ambiant. Dans ce tube de compensation, un filament de charbon analogue permet de rapporter les modifications du niveau de mercure à des variations de résistance électrique.
- Les résistances constituées par les filaments de charbon des deux tubes sont disposées, à la suite l’une de l’autre, dans deux branches d’un pont de Wheatstone. Un galvanomètre, disposé en travers du pont, est compensé de façon à rester au zéro pour les variations de température affectant à la fois les colonnes mercurielles
- i » i i i i
- """""J
- Pile
- à
- Tube
- Therin om èti iqu e
- des deux appareils, la pression atmosphérique restant constante.
- Pour apprécier les variations de pression atmosphérique, on ajoute, dans l’une des branches du pont, une résistance variable constituée par un fil de haute résistance dont un curseur permet de limiter la longueur. En réglant cette résistance de façon à laisser le galvanomètre au zéro, on ajoute ou retranche une résistance
- égale précisément à la variation de résistance provoquée dans le filament barométrique par les modifications de lu pression atmosphérique. L’échelle graduée de la résistance variable indique, par conséquent, les variations de pression atmosphérique.
- On règle facilement la précision des indications de l’instrument, en choisissant des résistances d’une conductibilité spécifique plus ou moins considérable, sans avoir à toucher au galvanomètre ou à modifier le rapport entre les résistances de compensation et les résistances en filaments de charbon.
- Le dispositif décrit ci-dessus permet de mesurer avec précision des variations d’un dix-millième de millimètre dans la hauteur de la colonne barométrique. L’influence perturbatrice des phénomènes capillaires entre le charbon et le mercure est négligeable et les variations de section d’un même fil de charbon sont sensiblement nuiles.
- La sensibilité de ce dispositif est telle que le galvanomètre accuse d’incessantes et continuelles variations de pression, alors même que le baromètre ordinaire semble immobile. Au lieu de réduire le galvanomètre au zéro, en modifiant la résistance intercalée, on peut évidemment laisser celte dernière constante, quitte à enregistrer les variations de position de l’aiguille ou du miroir galvanométrique. C’est sous cette dernière forme que l’appareil peut cire disposé à une distance quelconque des deux tubes.
- Pendant les orages, M. Goldschmidt a pu constater que, chose curieuse, chaque décharge s’accompagne d’oscillations brusques du galvanomètre. D1 A. G.
- p.258 - vue 262/647
-
-
-
- EMPLOI DES MITRAILLEUSES AUTOMATIQUES
- dans la guerre de campagne
- a'.v
- A« &'** • ->;*a
- La création d’engins aussi perfectionnés et aussi mobiles que ceux qui ont été décrits dans un des derniers numéros de « La Nature » (n° 1866, du 27 février 1909), a fait tomber la plupart des objections qu’on a longtemps élevées contre l’emploi des mitrailleuses sur le champ de bataille et en particulier dans le combat offensii.
- Ces objections s’appliquaient d’ailleurs plutôt à l’esprit dans lequel avaient été compris le rôle et réalisée la mise en service de la nouvelle arme, dans la guerre de campagne, qu’à la valeur de l’arme en elle-même. En groupant d’une façon permanente les mitrailleuses en batteries, comme on l’a fait pendant la dernière guerre franco -allemande, en en formant des unités distinctes, soumises aux règles tactiques et aux conditions d’emploi de l’artillerie, on réduisait par cela même le tir des mitrailleuses à n’ètre plus qu’un cas particulier du tir d’une batterie ordinaire, le tir à mitraille contre des troupes non défilées. Or ce tir ne peut avoir lieu que rarement et n’est jamais qu’un incident dans le combat.
- Le tir de la mitrailleuse présentait, il est vrai, sur le tir effectué au canon avec boîtes à mitrailles le double avantage de pouvoir être commencé à une distance heaucoup plus grande et d’agir avec plus d’efficacité; mais on pouvait se demander s’il y avait là un motif suffisant pour légitimer la présence, dans les armées de campagne, d’unités encombrantes, qui, par la force même des choses, semblaient réduites à un rôle très restreint, alors surtout que ces unités pouvaient à la rigueur être suppléées dans leur rôle spécial, soit par des feux d’infanterie exécutés aux distances rapprochées, soit par le canon tirant à obus à mitraille aux distances plus éloignées.
- Avec la conception, qui semble avoir définitivement prévalu, de voir dans la mitrailleuse une arme essentiellement mobile, faisant partie intégrante de la troupe d’infanterie ou de la troupe
- Fig. i. — Transport par deux hommes d’une mitrailleuse Maxim montée sur trépied.
- montée, qu’elle est destinée à appuyerTTtTjpmpart des reproches qu’on a pu faire aux anciennes mitrailleuses n’ont plus leur raison d’être ou deviennent négligeables, en regard des sérieux avantages que peut présenter, dans nombre de circonstances, l’emploi des types actuels de mitrailleuses automatiques.
- Ces avantages tiennent à la supériorité même du tir de la mitrailleuse sur le tir du fusil, et les raisons de cette supériorité sont les suivantes :
- 1° A canon de calibre égal, la mitrailleuse présente beaucoup plus de justesse que le fusil. D’une part, en effet, l’inquiétude toute naturelle
- qu’éprouvent les hommes au feu se traduit par des effets beaucoup plus marqués, chez le combattant armé du fusil que chez le servant de la mitrailleuse, dont le rôle est, pour ainsi dire, purement mécanique; d’autre part, l’action du doigt sur la détente, qui a toujours une influence très fâcheuse sur le tir, disparaît complètement dans le tir de la mitrailleuse.
- 2° Le tir d’une arme sur point
- d’appui, ce qui est précisément le cas de la mitrailleuse, peut commencer à des distances beaucoup plus grandes que le tir exécuté avec une arme simplement épaulée, comme le fusil. Tandis que la portée réellement efficace du fusil de guerre ne dépasse pas 1200 ou 1300 m., le tir de la mitrailleuse s’effectue dans de bonnes conditions aux distances de 1800 à 2000 m.
- 5° L’action du feu de la mitrailleuse est beaucoup plus concentrée que le feu d’une ligne d’infanterie pouvant envoyer, dans le môme espace de temps, le meme nombre de balles. On admet qu’une mitrailleuse automatique llotchkiss, qui peut tirer 4 ou 500 coups par minute, produit aux distances moyennes de 800 à 1200 m. le même effet qu’une section d’infanterie de 60 à 70 hommes. Or il est plus aisé de diriger le feu d’une mitrailleuse que celui d’une ligne de tirailleurs. Ce fait présente
- TA
- p.259 - vue 263/647
-
-
-
- 260 r-r^r==: EMPLOI DES MITRAILLEUSES AUTOMATIQUES =n“
- une grande importance, quand on envisage le vrai but à poursuivre dans le combat, qui est, non pas tant de détruire un grand nombre d’adversaires, que d’obtenir des résultats décisifs, en faisant converger les feux sur quelques points choisis.
- Aux grandes distances, la supériorité du tir de la mitrailleuse s’accuse encore davantage. Le feu d’une mitrailleuse, a, en effet, beaucoup d’analogie avec les feux de salve. Or ces derniers, exécutés au delà de 12 à 1500 m., manquent de précision et sont le plus souvent inefficaces.
- Il n’en est pas de même du tir de la mitrailleuse qui conserve toute son efficacité et sa précision jusqu’à plus de 2000 m. Entre ces distances de 1500 et 2000 m., il y a donc toute une zone, où le canon trouve assez difficilement à s’utiliser dans de bonnes conditions, et qui semble être un champ d’action tout désigné pour la mitrailleuse.
- La concentration du feu de la mitrailleuse a pour elle t de grouper les projectiles dans un petit espace. Grâce à ce groupement, le pointeur pourra le plus souvent, soit par le nuage de poussière soulevée, soit par tout autre indice, apprécier la distance avec une certaine exactitude et tenir compte de ses observations successives pour la conduite ultérieure du tir.
- •4° La mitrailleuse automatique n’exige pour son service qu’une équipe de deux hommes. A intensité de l'eu égale, l’emploi de cette arme permet donc de n’opposer qu’un personnel minime aux feüx de l’ennemi, par suite, de parer, dans une certaine mesure, à l’infériorité du nombre, en substituant du matériel à de la force vivante.
- En regard de ces multiples avantages, on pouvait jusqu’à ces dernières années reprocher aux mitrailleuses automatiques de ne pas se prêter facilement à un tir prolongé, en raison de réchauffement rapide du canon. Les dispositifs spéciaux, qui ont été adoptés pour remédier à cet échauffement (manchon réfrigérant à eau dans le type Maxim, radiateur à ailettes dans le type Hotchkiss), rendent possible à l’heure actuelle, un tir continu de 1500 à 2000 coups. Au-delà de ce nombre, il devient nécessaire d’inter-
- rompre le tir, afin de laisser au canon le temps de reprendre une température normale.
- Aussi a-t-on posé en règle générale de ne plus mettre en ligne des mitrailleuses isolées, mais de les grouper toujours au moins deux par deux, l’une tirant pendant que l’autre est au repos. On est ainsi en mesure de parer aussi bien aux interruptions de tir, conséquence de réchauffement, qu’aux enrayages qui pourraient être dus à un mauvais fonctionnement du mécanisme.
- C’est dans ces conditions de groupement et d’emploi que la mitrailleuse automatique a pris, ces derniers temps, une place de plus en plus importante dans l’armement des principales puissances militaires européennes. Le Japon et les Etats-Unis d’Amérique les avaient précédés dans cette voie.
- La mitrailleuse Maxim a déjà paru avec éclat sur nombre de champs de bataille coloniaux.
- L’armée anglaise en a fait un large emploi dans les nombreux combats qu’elle a eu à livrer, soit en 1882 dans la campagne d’Égypte, soit en 1898 au Soudan, soit enfin au Transvaal contre lesBoers. Ces derniers mirent, de leur côté, en ligne un certain nombre de ces mitrailleuses qui ne contribuèrent pas peu à leurs succès du début.
- Les Allemands se sont servi également de mitrailleuses Maxim dans la lutte qu’ils ont eu à soutenir contre les Herreros révoltés.
- Mais le principal exemple de l’uLilisation des mitrailleuses antomatiques dans la guerre de campagne nous a été donné par la guerre russo-japonaise, où les deux armées russe et japonaise disposaient chacune d’un grand nombre de ces engins. A Moukden notamment, on comptait 88 mitrailleuses du côte russe et 200 du côté japonais. L’armement des Russes consistait uniquement en mitrailleuses Maxim ; les Japonais avaient en service dans leurs trois armées des mitrailleuses des deux systèmes Maxim et Hotchkiss. Les comptes rendus publiés par les différentes personnalités militaires qui ont suivi de près les opérations, sont unanimes à reconnaître l’inlluence considérable que ces engins ont eue sur certains épisodes des combats de Mandchourie. Le
- p.260 - vue 264/647
-
-
-
- EMPLOI DES MITRAILLEUSES AUTOMATIQUES
- chef d’escadron d’artillerie français Meunier cite à ce sujet les exemples typiques suivants :
- « Le 7 mars 1905, les quatrièmes bataillons des 9e et 10e régiments russes exe'cutèrent une contre-attaque contre le village de Hentclienpou ; la formation se composait de 7 lignes de tirailleurs d’égale longueur marchant l’une derrière l’autre. Le bataillon du 9e Régiment perdit tous ses officiers et des 800 hommes qui le composaient, 28 seulement reparurent. Ces pertes colossales furent dues moins au feu de l’infanterie Japonaise, qu a ce fait que le bataillon s’avançait entre les feux croisés de deux sections de mitrailleuses japonaises (4 mitrailleuses seulement) placées de manière à flanquer les abords de la position et dont le feu fauchait littéralement les rangs des Russes. Ces effets meurtriers, on peut dire parfois foudroyants, de la mitrailleuse s’obtiennent au prix d’une consommation de munitions relativement minime.
- « Le 5 mars 1905, les deux mitrailleuses de la Division de la garde japonaise, qui repoussèrent l’attaque de nuit des Russes contre Toketou, consommèrent 7130 cartouches, soit 5565 par personne.
- « Le 10 mars 1905, à Fon-cheun, les 6 mitrailleuses du 5e Régiment japonais (lre armée, général Kuroki, 2e division) tirèrent 7000 cartouches, soit 1170 environ par arme. »
- Le commandant Meunier conclut ainsi :
- « Le ravitaillement en munitions ne semble donc pas devoir présenter de difficultés.
- « Ainsi la mitrailleuse n’est pas seulement une arme défensive, c’est aussi une arme offensive de premier ordre. »
- Ces conclusions semblent avoir été généralement adoptées.
- A l’heure actuelle, il existe dans presque toutes les armées un certain nombre de détachements de mitrailleuses destinés aux formations de campagne et organisés dès le temps de paix. Nous donnons ci-dessous un résumé de celte organisation pour les principales puissances militaires européennes.
- Allemagne. — L’Allemagne possède déjà 17 détachements de mitrailleuses affectées aux divisions de
- 261
- cavalerie. Elle doit en créer incessamment 75 autres destinés à marcher avec l’infanterie.
- Chaque détachement composé de 6 mitrailleuses est commandé par un capitaine, et forme trois sections de deux mitrailleuses chacune. Un lieutenant commande la section ; un chef de pièce du grade de sous-officier et 4 tireurs assurent le service de chaque mitrailleuse.
- La mitrailleuse est du type Maxim. Pour le tir, l’engin est fixé sur un affût-traîneau. La mitrailleuse seule pèse 26 kg; l’eau nécessaire à garnir le manchon 5,800 kg; l’affût-traîneau 52,500 kg. Deux hommes peuvent facilement déplacer l’engin tout monté, en le portant sur une civière ou en le traînant sur le sol. Pour la position de route, on place l’affût-traîneau sur un affût à roues; au besoin, le tir peut
- s’effectuer également dans cette position. Cinq caissons sont affectés au détachement; les voilures affûts et les caissons sont attelés à 4 chevaux conduits àlaDau-mont. La cartouche est celle du fusil d’infanterie de l’armée allemande. La vitesse de tir est de 500 coups par minute. Chaque mitrailleuse comporte un approvisionnement de 15 000 coups.
- Autriche-Hongrie. — L’Autriche-Hongrie compte actuellement 61 détachements de mitrailleuses dont 57 affectés à l’infanterie et 4 à la cavalerie.
- La mitrailleuse (modèle Schwarglose) adoptée en 1907 est du type Maxim. Elle est pourvue ou non d’un bouclier suivant qu’elle est affectée à une formation d’infanterie ou de cavalerie.
- La mitrailleuse, l’affût et le bouclier pèsent respectivement : 20,5 kg, 18,5 kg et 20 kg; chacune de ces trois pièces peut être facilement transportée par un homme. Pour les routes, le chargement se fait à dos de mulet.
- Les cartouchières portent 250 cartouches et pèsent avec les cartouches à balle 8,25 kg. La cartouche est de calibre 8 mm et pèse 15,8 gr.
- Angleterre. — L’Angleterre a la première utilisé les mitrailleuses Maxim et, dès 1892, elle a groupé ces mitrailleuses en sections en les accouplant par deux. Le personnel des sections affectées à l’infan-
- Fig. — Cheval de bât portant le trépied. (Côté gauche.)
- p.261 - vue 265/647
-
-
-
- 262 ........ EMPLOI DES MITRAILLEUSES AUTOMATIQUES
- terie est composé de 1 lieutenant, 1 sergent, 2 caporaux et 9 soldats avec 6 chevaux ou mulets.
- Chaque mitrailleuse est tramée par un cheval conduit en main. La section est dotée d’un chariot de munitions et d’un chariot d’approvisionnement.
- Le personnel des sections affectées aux troupes tà cheval comprend : 1 lieutenant, 2 sergents ou caporaux, 15 soldats et 21 chevaux. Les mitrailleuses placées sur affûts à roues et avant-trains sont traînées par deux chevaux dont l’un est monté. Deux servants sont sur la voiture et deux suivent à cheval. L’approvisionnement en munitions de la section est de 21 200 cartouches.
- En temps de paix, chaque brigade d’infanterie est pourvue d’une section dont le personnel est pris dans les brigades. Chaque brigade de cavalerie ou d’infanterie montée possède aussi une section.
- Russie. — Les compagnies de mitrailleuses sont formées en compagnies montées et en compagnies de montagne. Chacun de ces types de batteries comprend 8 mitrailleuses.
- Le personnel de ces compagnies est en temps de guerre de 5 officiers, dont 1 capitaine, 11 sous-officiers, 87 hommes de troupe et un nombre de chevaux variable.
- Les compagnies de mitrailleuses sont affectées à des divisions d’infanterie ou à des brigades de chasseurs. La mitrailleuse est du type Maxim.
- Dans les compagnies montées, chaque engin est placé sur affût avec avant-train, et est suivi d’un caisson. L’avant-train porte 1550 cartouches et le caisson 4500, soit en tout 5850 cartouches par mitrailleuse.
- Dans les compagnies de montagne, chaque mitrailleuse est portée par un cheval de bât et les munitions par 8 chevaux de bât et des voitures attelées.
- Espagne. — L’armée Espagnole dispose de 6 groupes de mitrailleuses, cha-
- que groupe comprenant 2 sections de 2 pièces. Certaines sections sont armées de mitrailleuses Maxim, d'autres de mitrailleuses Hotchkiss.
- Le personnel de chaque section comprend :
- 1 lieutenant, 2 sergents, 2 caporaux et 15 soldats et 7 ou 8 mulets de bât, le huitième mulet étant destiné au .
- transport de l’eau pour les manchons, dans les sections armées de mitrailleuses Maxim.
- La dotation en munitions est de 5400 cartouches par pièce, soit 2400 portées par chacun des deux mulets de munitions et 600 par le mulet de pièce.
- France. — À la suite de nombreux essais faits à l’école normale de tir du camp de Châlons et pendant les périodes de manœuvre, essais confirmés par les résultats obtenus au cours des engagements auxquels ont pris part les troupes Françaises au Maroc, un nouveau modèle de mitrailleuse, dit modèle de Puteaux, vient d’être définitivement adopté.
- Ce modèle se rattache au type Ilotchkiss dont il ne diffère que par des détails secondaires.
- L’organisation des sections qui seront pourvues de ce nouveau matériel n’est pas encore complètement terminée.
- La section, qui comprendra deux mitrailleuses, sera commandée par un lieutenant ayant sous ses ordres un personnel pris dans l’arme à laquelle la section sera affectée. Ce personnel recevra une instruction spéciale.
- Dans les sections affectées à l’infanterie, le matériel sera porté, soit à dos de mulet, soit sur des voitures analogues aux voitures de compagnies; dans les sections affectées aux troupes montées, les mitrailleuses seront montées sur des affûts à roues et les munitions transportées par des voitures.
- La cartouche est celle d’infanterie; le chargeur rigide en laiton porte 25 cartouches. Les chargeurs sont renfermés par 12 dans des caisses pesant 15 kg. La dotation en cartouches de chaque section sera d’environ 18000.
- Pendant la période de tâtonnement qui a précédé le choix de l’arme définitivement adoptée, on a paré aux besoins d’une mobilisation par l’achat d’une
- assez grande - Vl-afv-...,. quantité de ma-tenel Hotchkiss. Une centaine de mitrailleuses ont été affectées aux troupes coloniales; 700 autres ont été réparties entre les bataillons des différents corps d’armée métropolitaine ou mis en dépôt dans les magasins de places fortes pour être affectées à des formations actives ou de réserve. A. R.
- Fig. 4. — Mitrailleuse Maxim montée sur affût à roues.
- p.262 - vue 266/647
-
-
-
- -------=^==== 20s
- L’OBSERVATOIRE CHRONOMÉTRIQUE DE BESANÇON
- L ’ Observatoire, sis à 4 km de Besançon et à 510 mètres d’altitude sur un petit mamelon ga-zonné d’où l’on découvre un panorama superbe, est à la fois astronomique, météorologique et chronométrique. Mais on le créa plus spécialement pour venir en aide aux fabriques d’horlogerie des environs, sérieusement menacées par la concurrence étrangère, il y a un quart de siècle. Les dix constructions qui le composent furent commencées en 1885 et achevées seulement deux ans plus tard; isolées les unes des autres, elles s’élèvent sur un terrain de 7 hectares et demi planté d’arbres et abritent, entre autres grands instruments, une lunette méridienne, un équatorial coudé et un altazimut.
- Les efforts de son regretté fondateur J.-L Gruey et de son savant successeur M. Auguste Leheuf portèrent principalement sur la chronométrie. U fallait d’abord s’attacher à donner l’heure exacte aux fabricants bisontins, afin de leur permettre dérégler leurs montres. Pour parvenir à ce résultat, l’observatoire acquit successivement de nombreuses et excellentes pendules des meilleurs artistes Fénon, Leroy, etc., pendules qui assurent actuellement, avec la grande lunette méridienne et le chrono-graphe imprimeur (fig. 5), un service irréprochable. À l’origine, on envoya l’heure électriquement à la main, une fois par jour, à 11 heures et seulement à l’hôtel de ville de Besançon; aujourd’hui une pendule la transmet automatiquement, toutes les heures, de 11 heures du matin à 5 heures du soir, au domicile de 19 industriels ou régleurs et à 4 établissements publics. Dans un avenir très prochain, les villes horlogères de la région la recevront également.
- Au début, le service chronométrique se trouvait installé dans un bureau attenant à la salle méridienne, mais son extension croissante nécessita bientôt son transport dans un local plus vaste et il occupe maintenant une belle pièce spacieuse où sont réunies les meilleures pendules de l’observatoire, en particulier ; la pendule directrice de temps sidéral, la pendule étalon de temps moyen pour la comparaison des chronomètres (fig. 2) et la pendule pour l’envoi automatique de l’heure. Tous
- ces instruments sont placés dans les meilleures conditions de stabilité et à l’abri des brusques variations de température. Dans cette même salle, on a mis aussi les étuves à 15° et 50° pour éprouver les chronomètres et, divers objets exposés dans des vitrines constituent un petit musée historique de la montre moderne.
- Dans le sous-sol bituminé du pavillon chronométrique, on aménagea une chambre à doubles parois isolantes pour recevoir l’étuve glacière et un compteur électrique actionné par la pendule étalon et qui permet la comparaison des chronomètres dans la pièce même. Le calorifère à air chaud, qui maintient les meubles étuves aux températures exigées, est également installé dans les caves.
- La glacière (fig. 1), établie sur les plans de M. P. Chofardet, repose dans une enceinte entourée d’une double cloison de bois garnie intérieurement de cendres et d’escarbilles. Elle se compose d’une caisse en sapin de forme cubique portée par quatre pieds. Une couche de cendres de bois de 14 centimètres isole la glace qui enveloppe complètement les deux réceptables où l’on déposera les tiroirs contenant les chronomètres. Chacun de ces récipients est un coffret en cuivre rouge où l’on peut mettre horizontalement 4 tiroirs. L’employé ne touche à ceux-ci qu’en manœuvrant une double porte : l’une, ouverte sur la figure et garnie de poudre de liège, l’autre intérieure, remplie de glace. Celle-ci s’introduit par le dessus de la glacière en soulevant deux couvercles : le premier est en bois et poudre de liège, le second en cuivre rouge avec cendres à l’intérieur et fermeture hydraulique afin d’arrêter la circulation de l’air. Quant à l’eau de fusion, elle s’écoule par un robinet hydraulique, ce qui évite le contact de l’air extérieur avec la glace. Enfin, la glacière Chofardet peut aisément recevoir de 160 à 200 montres.
- Le service chronométrique de l’Observatoire de Besançon a pour objet : la comparaison journalière des chronomètres de marine et de poche déposés par les horlogers français ou étrangers, le calcul des marches et la délivrance des bulletins, le concours annuel entre les chronomètres de poche déposés par les fabricants bisontins,la transmission quoti-
- p.263 - vue 267/647
-
-
-
- 264 .: L’OBSERVATOIRE CHRONOMÉTRIQUE DE BESANÇON
- dienne de l’heure et la désaimantation des chronomètres de poche. En particulier, on y soumet ces derniers à deux catégories d’épreuves.
- D’abord des essais de position qui se font de manière aisée. Effectivement une montre peut se poser à plat ou se suspendre. A plat, son cadran se trouvera en haut ou en bas ; mais, dans la poche, celui-ci s’incline à droite ou à gauche : d’où examen dans trois positions. Viennent après, les observations thermiques qui consistent à examiner la montre à la température ordinaire (15°), à l’étuve (50°) et à la glacière (0°).
- L’intervalle compris entre les deux températures extrêmes représente les variations qu’un chronomètre en usage est suscep-tiblé d'éprouvtjr.
- Le règlement de 1 Observatoire de Besançon comporte aujour-d hui des épreuves aussi sévères que celles imposées, par le vieil établissement genevois, à l’horlogerie suisse. 11 prévoit trois classes d’épreuves pour les chronomètres de poche.
- Dans la première, on les suit dans 7 portions et à 3 températures,
- 0°, 15° et 30° pendant 44 jours, partagés en 8 périodes de la façon suivante :
- I. Durant 5 jours, le chronomètre reste vertical, pendant en haut, à 15°.
- IL Durant 5 jours, le chronomètre reste vertical, pendant à droite, à 15°.
- III. Durant 5 jours, le chronomètre reste vertical, pendant à gauche, à 15°.
- IV. Durant 6 jours, le chronomètre demeure horizontal, cadran en haut, à la température delà glace (0Ü).
- V. Durant 6 jours, le chronomètre demeure horizontal, cadran en haut, à 15°.
- VI. Durant 6 jours, le chronomètre demeure horizontal, cadran en haut, à 30°.
- VII. Durant 6 jours, le chronomètre demeure horizontal, cadran en bas, à 15°.
- VIII. Enfin durant 5 jours, on remet le chronomètre vertical, pendant en haut, à 15°.
- Dans la 2e classe d’épreuves, on les observe pendant 31 jours dans deux positions et aux trois températures (0°, 15° et 50°); dans la troisième, on les examine seulement durant 19 jours, dans deux positions et aux trois mêmes températures.
- Les pièces qui ont subi avec succès le cycle complet des épreuves reçoivent un bulletin d'observatoire de première classe. Ces chronomètres doivent satisfaire à de dures exigences. Il faut, en particulier, que l’écart moyen de leur marche diurne ne dépasse pas 0 seconde, 75; pour les bulletins de deuxième et de troisième classe, il ne doit pas excéder respectivement 1 secondé 25 et 1 seconde 50.
- Naturellement chaque bulletin portant le relevé des 44 observa-lionsjournalières avec les calculs des moyennes, nécessite de la part du personnel de l’Observatoire un travail matériel important, sans compter que l’obtention de températures constantes exige certaines dépenses. Aussi les fabricants qui Vont contrôler leurs montres payent-ils des rétributions respectives de 10, 5 et 3 francs, selon la classe. Quand un chronomètre présenté ne satisfait pas aux conditions requises, on le rend sans bulletin à son propriétaire, qui rentre alors dans une partie de la somme avancée.
- Le Concours annuel porte uniquement sur les chronomètres de poche qui ont subi avec plein succès les épreuves de première classe. Le règlement attribue 100 points à l’écart moyen de la marche diurne, 100 points également à l’écart moyen pour un changement de position, 70 points à l’erreur de compensation pour un degré centigrade, et 30 points à la reprise de marche ou diffé-
- p.264 - vue 268/647
-
-
-
- L’OBSERVATOIRE CHRONOMÉTRIQUE DE BESANÇON
- 265
- rence de marche moyenne diurne entre la première et la huitième période. Le total, soit 500 points, correspond au chronomètre idéal et irréalisable. Celui qui satisfait juste aux quatre sortes d’exigences obtient 0 point et plus les valeurs de ces critères décroissent, plus le nombre des points augmente. De 150 à 175 points, on décerne une médaille de bronze; de 175 à 200 points une médaille d’argent et au-dessus de 200 points une médaille d’or. La Coupe chronométrique, créée en 1900, s’ajoute à ces récompenses; on la délivre au chronomètre classé premier et elle ne peut se remporter avec moins de 225 points.
- L’Observatoire de Besançon eut des débuts difficiles; mais, grâce à son labeur scientifique et à sa persévérance inlassable,
- M. Lebeuf parvint à surmonter les obstacles d’ordre administratif ou technique
- lièrent à des épreuves compliquées et nouvelles pour eux, dans un temps relativement court et, après quelques années de préparation, ils abordèrent courageusement les concours chronométriques. Alors
- Fig. 3.— Pavillon de la lunette méridienne de l’Observatoire de Besançon. (Détermination de l’heure exacte au chronographe.)
- semés sur sa route et il contribua puissamment à établir la réputation de l’horlogerie bisontine. De leur côté, les fabricants se montrèrent à la hauteur de la tâche à accomplir pour battre en brèche leurs concurrents genevois. Ils formèrent des régleurs, ils s’ini-
- qu’en 1885 ils déposaient à l’Observatoire de Besançon 16 chronomètres dont 8 seulement recevaient un bulletin, de juin 1907 à mai 1908, ils en portaient au même établissement 1050 dont 785 en sortaient classés. Jacques Boyer.
- p.265 - vue 269/647
-
-
-
- 266
- LE VOYAGE AUTOUR DU MONDE DE LA FLOTTE AMÉRICAINE
- Le voyage que vient de terminer la flotte Américaine partie de la rade de ïlampton le 16 décembre 1907 est un fait sans précédent dans les annales maritimes du monde.
- Jusqu’à ces dernières années les gros cuirassés qui composent les escadres de bataille ne s’écartaient pas volontiers des rivages qui les avaient vu construire. Il y avait à cela deux raisons. La principale sans doute était que les nations dont ils constituaient le rempart d'acier ne se souciaient pas de les voir trop s’éloigner, dans la crainte légitime de ne plus les avoir sous la main en cas de complications soudaines.
- La seconde provenait d’une vague ignorance, d’où découlait une certaine inquiétude, sur la façon dont res grosses masses, lourdes et d’ailleurs assez démunies de stabilité, se comporteraient dans les grandes et hautes mers qu’elles auraient à affronter.
- semblablement à la base de cette idée. Il était bon de faire connaître au monde qui l’ignorait jus-qu’alorè, et peut-être plus particulièrement au Japon, avec lequel les relations étaient à ce moment aigres-douces, que la marine de Guerre américaine était digne par ses faits et gestes d’occuper dans la liste des marines militaires le second rang où la plaçait le nombre et le tonnage de ses navires de combat.
- Quoi qu’il en soit, d’ailleurs, des motifs qui déterminèrent le Gouvernement à cette manifestation aussi grandiose qu’inusitée, son annonce détermina dans le peuple américain un grand mouvement d’enthousiasme, auquel l’idée de voir exécuter, par des marins nationaux, une prouesse inédite n’était sans doute pas étrangère.
- Voici quelle était la composition de la flotte qui fut tout d’abord placée sous le commandement du
- Fig. i. — Le voyage de la flotte américaine autour du Monde.
- Quelques expériences furent cependant tentées. La principale et la plus concluante fut faite par la marine française qui, en mai 1902, dépêcha le cuirassé de 11500 tonnes le Gaulois aux États-Unis pour y porter la mission présidée par le général Brugôre et le vice-amiral Fournier, et qui représenta la France à l’inauguration de la statue de Rochambeau à Washington.
- Le Gaulois accomplit les deux traversées de Toulon à Ilampton Roads et de Boston à Toulon, malgré la rencontre de grosses houles et de quelques mauvais temps, dans des conditions qui démontrèrent qu’un gros cuirassé pouvait être un bâtiment très marin.
- Le Président Roosevelt, qui porte aux choses de la mer l’intérêt qu’on connaît et qui gardera dans l’histoire le noble titre de créateur de la marine des Etats-Unis, avait suivi avec beaucoup d’intérêt l’expérience si heureusement accomplie par le Gaulois et il est permis de penser que c’est du jour où il reçut la mission française que germa dans son esprit l’idée de l’extraordinaire voyage qui vient de jeter un tel lustre sur la flotte des États-Unis.
- Des considérations politiques furent aussi vrai-
- contre-amiral Evans (le grade de vice-amiral n’existe pas dans la marine des États-Unis).
- 12 cuirassés étaient répartis en 3 divisions.
- C’élaient le Connecticut, Kansas, Louisiana, Ver mont, de 16 000 tonnes, les dernières et plus puissantes unités de la marine américaine qui fussent en service en 1907.
- Puis le Georgia, Virginia, New-Jersey, Rhode-lsland de 15000 tonnes, mis à l’eau en 1905.
- Enfin YAlabama, Illinois, Kentucky, Kearsarge de 11 500 tonnes datant de 1899.
- A ces 12 bâtiments de ligne se joignaient 2 croiseurs cuirassés de 14500 tonnes, Tennessee et Washington.
- Une flottille de 6 destroyers, jaugeant chacun environ 420 tonnes, accompagna la flotte, ou du moins parcourut le même itinéraire, mais en relâchant plus fréquemment comme il était nécessaire. Un croiseur protégé, Arethusa, fut chargé de convoyer cette flottille. *
- Enfin 4 navires spéciaux, jouant les rôles d’atelier flottant, de navire distillateur d’eau douce, de porteur d’approvisionnements suivirent la flotte
- p.266 - vue 270/647
-
-
-
- VOYAGE DE LA FLOTTE AMÉRICAINE
- 267
- dans tout son voyage et lui furent d’un précieux secours.
- L’itinéraire fut tracé de Ilampton Roads à San-Francisco en prenant par le détroit de Magellan. San-Francisco était d’ailleurs le terme primitivement assigné au voyage qui semblait, à l’époque où il fut décidé, avoir pour but unique de concentrer dans le Pacifique (face au Japon) toutes les forces navales disponibles.
- L’horizon politique s’étant rasséréné, le Président Roosevelt décida de pousser plus avant.
- L’Armada lit sur la côte américaine de l’Ouest,
- Ayant appareillé le 1er décembre, elle se dirigea par Colombo, Aden, vers le canal de Suez qu’elle traversa le 5 janvier 1909.
- Dans la Méditerranée la flotte se sépara en groupes qui en visitèrent les principaux ports. Les villes de Yillefranche, Alger et Marseille reçurent ainsi chacune deux batiments américains.
- Rassemblés de nouveau à Gibraltar, les navires du contre-amiral Sperry exécutèrent sans aucun incident la dernière étape de cette longue circumnavigation. Il est à l’honneur des constructeurs des bâtiments qui ont supporté cette dure épreuve et à
- Fig. 2. — Les tourelles superposées du cuirassé américain « Kentucky ».
- où un pareil déploiement de forces était chose inconnue, un séjour de 3 mois pendant lesquels d’importants exercices de tir eurent lieu.
- A Magdalena Bay, le contre-amiral Evans dut, pour raisons de santé, résigner son commandement, qui passa au contre-amiral Sperry. Celui-ci eut l’honneur de mener à bien la tâche épineuse qui lui était confiée.
- Le départ de San-Francisco se produisit le 7 juillet 1908, et on fit route sur l’Australie en relâchant aux Iles Hawaï et à Auckland (Nouvelle Zélande). Après les ports d’Australie, la flotte visita les Philippines, le Japon, les côtes de Chine et se eoncentra à Manille, le 7 novembre 1908.
- celle des marins qui les y ont conduits, de constater qu’à part le défoncement d’un cylindre à bord du Missouri, il ne se produisit à bord d’auciin de ces 25 navires pas une seule avarie majeure.
- Il faut dire d’ailleurs que la marche des machines fut fixée pendant toute la traversée à une allure très modérée (10 nœuds) et qu’aucun à-coup ne se produisit qui aurait pu les fatiguer.
- Les mesures prises pour le ravitaillement en charbon tout le long de la route, furent des mieux comprises. Une vraie flotte de 25 navires charbonniers, fut dépêchée des côtes des États-Unis, aux différents points où il était convenu que les bâtiments de la flotte auraient à se réapprovisionner.
- p.267 - vue 271/647
-
-
-
- 268 -. - .: VOYAGE DE LA FLOTTE AMÉRICAINE
- On préféra cette façon d’opérer à l’achat sur place du combustible, dont 500 000 tonnes furent ainsi mises à la disposition de la ilolte.
- Les journaux spéciaux américains formulent ce-
- rellement de celte expérience sensationnelle; il a été observé notamment que la hauteur des pièces, sur quelques bâtiments n’était pas toujours suffisante et que certaines d’entre elles ne pouvaient
- Fig. 3.— Le cuirassé américainAl a ta ma « : un de ceux qui viennent de faire le tour du Monde.
- pendant, à ce sujet, une critique qui paraît justifiée. Tous les bâtiments affrétés pour ces transports de charbon étaient étrangers, la marine marchande des États-Unis n’ayant pas pu en fournir. 11 y aurait là, en temps de guerre, un grave danger, le charbon transporté par des neutres étant considéré comme contrebande de guerre.
- Il est probable qu’à la suite de cette expérience,
- plus tirer dès que la mer était un peu grosse. Le bureau des constructions a immédiatement tenu compte de cette remarque dans les plans des nouveaux cuirassés. Au point de vue de l'entraînement du personnel, matelot et officier, il n’y a pas de doute que cette longue navigation de 42 000 milles (77 760 kilomètres) a été excellente. Somme toute, la marine américaine devenue très redoutable par
- Fig. 4. — Un des destroyers américains qui ont accompagné la flotte américaine dans son voyage de 42 000 milles.
- le .département de la marine des Etats-Unis, suivant en cela l’exemple de l’Angleterre, construira le nombre suffisant de navires destinés à ravitailler les escadres en combustible, et spécialement installés à cet effet.
- D’autres leçons de toute nature ressortent nalu-
- le nombre et la force de ses Cuirassés, aura acquis dans cette randonnée l’expérience de la mer qui pouvait encore lui manquer et une confiance en elle-même qui la mettent à hauteur de toutes les circonstances. Sauvaire Jourdan,
- Capitaine de frégate de réserve.
- p.268 - vue 272/647
-
-
-
- 269
- LES BRODERIES MÉCANIQUES
- La fabrication mécanique des broderies a pris ces dernières années une importance considérable dans certains centres industriels de la France ; les brodeurs de Tarare et de Saint-Quentin peuvent soutenir la comparaison avec ceux de Saint-Gall qui eurent longtemps un monopole presque mondial. On jugera du développement de la nouvelle industrie par les chiffres des dernières statistiques : le nombre de métiers à bras employés en France est de 5500 contre 2500 en Allemagne et 1800 en Suisse. Il est d’autant plus intéressant d’étudier la fabrication des broderies industrielles qu’elle constitue une solution très heureuse du travail à domicile et que les
- J. — Métier à broder Saurer.
- leur course est commandée par une manivelle M que tourne le brodeur. Chaque chariot porte deux traverses longitudinales G et II sur lesquelles sont fixées un grand nombre de pinces porte-aiguilles. Les aiguilles pour la broderie mécanique ont cette singularité d’être percées au centre et pointues à leurs deux extrémités (a fig. 2). Avant d’être placées dans les pinces, les aiguilles ont été garnies de fils attachés par une boucle et d’une longueur uniforme de 1 mètre.
- On conçoit que si l’un des chariots avance, les pinces forcent les aiguilles à traverser à moitié le tissu tendu sur le cadre (b fig. 2). A ce moment le second chariot disposé symétriquement de l’autre côté du métier est dans une position telle que toutes ces pinces ouvertes soient prêtes à saisir l’extrémité libre des aiguilles (c fig. 2). Le brodeur, à l’aide
- des pédales P P' (fig. d) produit le serrage de toutes les aiguilles par les pinces ouvertes (d), desserre à
- métiers sont de conception extrêmement ingénieuse : calquée sur les procédés de l’ouvrière, la machine n’est. à vrai dire que la réunion de nombreux « doigts » métalliques.
- Schématiquement, les métiers à broder usuels se composent tous de trois organes essentiels : Un cadre vertical (A. B. fig. 1) tend la bande du tissu qui doit être brodé, car il est à noter que contrairement à la plupart des étoffes, les pièces de broderies ne sont pas de longueur illimitée ; la longueur des « coupes » varie selon la longueur du cadre (de ht à 8 mètres). Le cadre est fixé au bâti C D du métier de façon qu’il puisse glisser verticalement ou horizontalement, mais en restant toujours dans le même plan et ses côtés restant bien parallèles aux parois du cadre plus grand formé par le bâti.
- De chaque côté du cadre sont disposés des chariots à pinces (EF) roulant sur rails (R) perpendiculaires au plan du bâti et pouvant aller et venir ;
- la fois toutes les pinces du chariot avant (e). Il suffit alors de faire mouvoir le chariot antérieur pour que le fil passe au travers l’élolfc f («g- 2).
- On peut ainsi faire passer et repasser le fil dans le tissu: mais pour obtenir des « points » de broderie, il faut que l’aiguille ne passe pas au retour dans le même trou qu’à l’aller; c’est pourquoi l’étoffe et le cadre qui la soutient sont mobiles. Avant de faire revenir le chariot porte-pince, le brodeur, selon qu’il veut obtenir un petit ou un long point, de droite à gauche, de haut en bas, déplace plus ou moins le cadre vers la droite ou vers le haut (g, h).
- Ces mouvements du cadre sont commandés par un pantographe spécial (fig. 5) composé d’un parallélogramme articulé fixé sur le bâti de la machine et sur la traverse supérieure du cadre dont un côté se prolonge par une tige qui suivra, sur un modèle réduit, tous les détails du dessin à reproduire et à
- p.269 - vue 273/647
-
-
-
- 270
- LES BRODERIES MÉCANIQUES
- agrandir. Un contrepoids équilibre le lourd poids du cadre; une poignée permet la manœuvre.
- En faisant succéder le mouvement des pinces, des chariots et du cadre, on voit que le brodeur peut reproduire tous les motifs possibles ; il suffit, quand toute la longueur de fil est utilisée, de remplacer les aiguilles épuisées par d’autres nouvellement garnies; c’est ce que fait l’ouvrière enfdeuse, aide indispensable de chaque brodeur.
- Quand les modèles comportent des endroits ajourés, on munit le chariot de tiges portant des crocs également espacés, lesquels, mus comme les pinces, s’avancent dans le tissu en y faisant une série de trous qui seront ensuite bordés par des points brodés.
- C’est un ingénieur de Mulhouse, Josué lleilmann qui construisit le premier métier à broder ; les 2
- chariots y étaient mus chacun par un ouvrier, ce qui exigeait trois hommes pour la conduite d’un seul métier, il perfectionna si bien l’invention que malgré plus d’un demi-siècle de perfectionnements, les machines actuelles ne diffèrent pas, en principe, du métier lleilmann. Dans la machine Saurer, par exemple, la plus répandue (fig. 1), les chariots n’ont pas une course égale à la longueur du fil; pour réduire l’encombrement au minimum, ils s’éloignent très peu du cadre central et c’est une tige transversale qui, passant entre l’équilibre et le tissu, force le fil à passer dans l’étoffe. En outre, le serrage de chaque point ne dépend plus de la force avec laquelle agit le brodeur sur la manivelle M ; il est réglé par ressorts; double avantage : les points sont plus réguliers et le travail est moins fatigant. Aussi a-t-on pu augmenter de beaucoup le nombre d’aiguilles; de 220 à 240 dans les anciens métiers on atteint 624 dans les récents types Saurer ; la puissance correspondante de travail est de 8000 points doubles par journée de 10 heures.
- C’est, en effet, par « points » que l’on évalue le travail du brodeur et le coût de la broderie est d’autant plus élevé qu’elle en comprend un grand nombre. Aussi les dessinateurs de broderies à bon
- Fig. 2. — Formation des points.
- Fig. 3.
- Détail d’une feuille brodée. A, endroit. — B, envers.
- Fig. 5. — Panlograp/ie pour la commande du cadre porte-tissu.
- marché s’efforcent-ils d’imaginer des motifs où le fil est utilisé en points larges ; on remédie à l’aspect un peu maigre qui en résulte, en employant des fils composés de cinq brins faiblement retordus (fig. 5) : il paraît ainsi y avoir plus de points qu’il n’y en a en réalité (fig. 4).
- L’apprentissage de la broderie au métier est relativement facile. Aussi, le succès de l’industrie nouvelle ayant provoqué une hausse des prix, et les bons brodeurs gagnant quelquefois plus de vingt francs par jour, un grand nombre d’ouvriers des champs de villages voisins des centres industriels se sont-ils improvisés brodeurs.
- C’est le cas dans le Saint-Quentinois, par exemple : on y voit certains villages où près de chaque maisonnette s’élève un appentis pour le métier acheté avec les économies de la famille (on peut avoir pour 2500 fr. un métier et ses acrcessoires). Un entrepreneur de la ville voisine fournit tissus et dessins, il paye la façon aux 1000 points ; dans la plupart des contrats, le brodeur doit fournir le fil ; il est ainsi conduit à exécuter les motifs avec le minimum de perte.
- Chaque brodeur est aidé d’une ouvrière dite « enfileuse » qui prépare les aiguilles; c’est le plus souvent sa femme ou sa fille. On voit que l’industrie des broderies au métier est tout à fait différente de la plupart des autres industries modernes.
- Mais sa prospérité, déjà soumise aux caprices de la mode, est maintenant menacée par une très sérieuse concurrence. Il existe des métiers à broder dits « fil continu )) où les points sont laits, d’après le principe de la machine à coudre, par des fils enroulés en bobine dans des canettes. Mus à la vapeur et de beaucoup plus grande puissance, les nouveaux métiers ont une production énorme; la quantité est d’ailleurs obtenue aux dépens de la qualité, les broderies des machines « Schiffli » à vapeur diffèrent nettement de celles des métiers à bras. Dans
- Fig. 4. — Broderie mécanique à bon marché.
- p.270 - vue 274/647
-
-
-
- = ACADÉMIE DES SCIENCES
- 271
- presque toutes les machines à fil continu, c’est aussi un ouvrier qui commande par un panlographe les mouvements d’un cadre porte-étoffe ; mais il existe quelques métiers où le dessin est remplacé par des cartons perforés du genre de ceux des « mécaniques » Jacquard; jusqu’à présent leur complication les a fait généralement rejeter.
- Les pièces brodées, détachées du cadre sont ensuite (( gazées », elles passent, à grande vitesse, au contact d’une tôle chauffée au rouge par des flammes de brûleurs Bunsen montées en série sur une rampe à gaz : tous les duvets et brins qui dépassent sont brûlés. Après avoir été soumis aux traitements habituels de la blanchisserie, les coupes de broderies sont tendues sur des « rames », puis imbibées d’un apprêt, sorte de colle à base d’empois de fécule ou d’amidon, puis séchées à l’étuve. Finalement pour les pièces composées de bandes brodées, article le plus répandu, des ouvrières découpent les bords festonnés de chaque bande; ce qui se fait très simplement, avec des ciseaux ordinaires. C’est merveille de voir la dextérité avec laquelle elles détachent ainsi les festons les plus compliqués : les ciseaux ouverts à moitié sont engagés dans l’étoile, les branches étant immobiles ; l’étoffe mince et raide se coupe très facilement, le bord brodé du feston limite et dirige la coupure.
- Ce sont là les façons usitées pour les broderies ordinaires sur coton, mais il est une autre catégorie de singulières broderies dont la fabrication a pris récemment une grande extension : ce sont les chimiques, spécialité de Plauen, la célèbre ville de Saxe. Les parties brodées n’y sont soutenues par aucune étoffe; ce sont des sortes de véritables dentelles dont on fait grand usage dans la toilette féminine comme « transparents » posés sur un fond d’étoffe visible. Ces broderies, comme les autres, ont bien été faites sur un tissu, mais de façon
- ACADÉMIE I
- Séance du i5 mars 1909. —
- Un phénomène lumineux. — M. Darboux, secrétaire perpétuel pour les sciences mathématiques, procède au dépouillement de la correspondance. Il attire tout particulièrement l’attention de l’Académie sur une Note de M. Thierry d’Argentière, enseigne de vaisseau, relative à un phénomène lumineux qui a été perçu pendant près de 2 heures, à Brest, dans la. journée du 22 février dernier. Il s’agit d’une grande tache lumineuse formée de deux traînées nettement séparées vers la queue et réunies à la tète par une ligue très nette affectant la forme d’un U bien évasé. Ce phénomène a été observé à une dizaine de degrés au-dessus de l’horizon à E.N. E. dans la région du Ciel dite « Chevelure du Bérénice ». Il se déplaçait assez rapidement, de l’Est vers le Nord, la base de l’U en avant. L’auteur ne donne pas d’autres explications complémentaires.
- La fumure des plantes des marais. — M. Muntz entretient l’Académie de cette question. Il annonce que M. Gèze a étudié la fumure des plantes de marais, qui
- que les fils entremêlés forment un tout suffisamment résistant, et l’on emploie comme étolfe-support un tissu très léger de laine bon marché. Les coupes sont alors livrées à des blanchisseries spéciales où on les traite sous pression par une lessive de soude caustique chaude : toutes les fibres animales se dissolvant, on isole complètement la broderie proprement dite qui peut être ensuite blanchie ou teinte comme n’importe quel tissu de dentelle ou de tulle.
- On voit que les procédés mécaniques de fabrication des broderies se prêtent à une très riche variété de combinaisons : broderies ordinaires, à jours, festonnées, broderies-dentelles. D’où vient que l’on n’accorde cependant aux produits mécaniques qu’une valeur inférieure aux broderies faites à la main? C’est surtout question de snobisme ; fut-il supérieur en tous points, le travail fait à la machine, c’est-à-dire à bon marché et par grandes quantités, sera toujours moins prisé que le travail irrégulier, mais rare et cher, fait à la main. H y a aussi dans la prévention contre les broderies industrielles, quelque chose de justifié : la recherche du bon marché à outrance amena certains industriels à créer des articles camelotés où dessin, matériel et travail sont tout à fait inférieurs. Mais ce qui surtout nuit à la réputation et aux qualités des broderies mécaniques, c’est que le public ne sait pas remarquer l’effort artistique; les préférences du plus grand nombre vont au motif banal. Aussi les industriels se bornent-ils, pour l’article bon marché : à démarquer des dessins d’exécution facile, et, pour les broderies de luxe, à faire des tours de force de finesse et de complication. 11 suffirait d’apporter dans la confection des dessins de broderie mécanique la recherche du beau, pour que les produits du métier égalent ceux de l’ouvrière à l’aiguille, tant au point de vue de l’exécution parfaite du travail que par la richesse d’effets possibles. A. Ci-iaplet.
- :S SCIENCES
- Présidence de M. Bouchard.
- sont employées en sparterie. On croit généralement que ces plantes, les carex surtout, sont réfractaires aux engrais et fuient les engrais, comme on le dit communément. Cela n’est pas exact, puisque M. Gèze montre que certains engrais, les engrais azotés en particulier, favorisent considérablement les rendements de ces plantes et, de plus, permettent d’obtenir des feuilles plus grandes et plus larges, ce qui en augmente beaucoup la valeur marchande.
- L’élude des instruments de musique anciens. — M. d’Arsonval développe longuement une Note du Ür Marage', de Paris, sur l’utilité de la méthode graphique dans l’étude des instruments de musique anciens.
- Une colonie d’araignées. — Les araignées, on le sait, ne passent pas pour sociables. Lorsqu’on enferme deux araignées dans une boite, il est presque de règle générale de n’en retrouver plus qu’une seule, le lendemain, la plus forte qui a tué sa camarade de captivité. M. Bouvier fait voir que certaines araignées des hauts plateaux
- p.271 - vue 275/647
-
-
-
- 272 r—........-.— ACADÉMIE DES SCIENCES
- du Mexique, loin d’avoir des instincts aussi cruels, vivent en colonie dans un immense nid qu’elles se construisent avec art et môme avec élégance. L’échantillon qu’il présente tient à peine dans un grand carton de 20 cm2. Bien mieux, suivant MM. Diguet et Simon qui ont étudié les mœurs de ces animaux, les araignées constructrices vivent avec des araignées commensales et avec un coléoptère qui se nourrit des restes. L’araignée constructrice appartient à la famille des dyclinides, la commensale à celle des drnssides et le coléoptère à la famille des lalridides.
- Communications diverses. — M. Bigourdan entretient l’Académie d’un travail de M. Eginitis, directeur de l’Observatoire d’Athènes, relatif aux formules habituellement employées pour conclure la distance à laquelle s’est produit un tremblement de terre. — MM. Bouquet de la (irye et Bouty exposent des travaux ayant trait à des questions de navigation et de physique d’ordre trop technique pour être analysés. — M. Maurice Lévy présente à l’Académie une brochure de M. Dmviecki préconisant la création, à Paris, d’un laboratoire aérodynamique. M. Michel Lévy analyse un travail de M. Grand sur les feldspaths.
- Séance du 22 mars 1909. —
- Mathématiques. — M. Darboux signale, entre autres communications d’ordre trop technique pour être analysées ici, une étude de M. Goursat sur un procédé alterné.
- M. Émile Picard offre à l’Académie le 5e volume de son Traité d'analyse. Cette partie traite des intégrales des équations différentielles et de leur stabilité, des travaux récents sur la théorie des fonctions analytiques.
- La pénétration dans les bronches. — Les particules d'un liquide pulvérisé peuvent-elles pénétrer jusque dans les poumons? Oui, répond M. Armand Gautier qui analyse un travail de M. Lang sur « la pénétration des liquides pulvérisés dans les voies respiratoires ». En môme temps que Küss démontrait celte pénétration jusqu’aux alvéoles par l’inhalation de bouillons de culture tuberculeuse finement pulvérisés, l’auteur plaçait des moutons dans les salles d’inhalation d’eau arsenicale de La Bourboule et dosait l’arsenic dans les poumons. D’après ces expériences, la pénétration, longtemps controversée, ne fait aucun doute. On voit d’ici, sans qu’il soit nécessaire d’insister, l’importance de cette constatation en thérapeutique.
- L'action du fer sur le vin. — M. Roux développe devant l’Académie une étude de M. Trillat, du laboratoire Pasteur, relative à l’action du fer à l’état métallique sur le vin. D’après M. Trillat, l’attaque du fer par le vin est variable selon la nature du vin. Elle donne lieu à un phénomène fort complexe qui a pour résultats la formation de l’aldéhyde acétique en quantité notable, de l’acide acétique, de l’éther acétique, de l’acétal et de dépôts aldéhydiques. Cette action est parfois extrêmement rapide et elle explique comment la présence d’un seul clou dans une pièce de vin peut la détériorer complètement. L’attaque du fer par le vin n’est pas toujours en rapport avec son degré d’acidité, comme on pourrait le croire, elle est activée ou retardée par la proportion et la nature de certains éléments comme la glycérine, les phosphates et les tanins. La composition dans le vin qui a subi le contact du fer se rapproche de celle des vins vieux, et les modifications chimiques si rapides que l’on observe au cours de cette action sont en quelque sorte comme une déformation lente du vieillissement normal : le vin prend une vieillesse anticipée qui marque bientôt sa décadence finale.
- Le rougissement des feuilles. — M. Gaston Bonnier expose les résultats principaux des recherches de M. R. Combes sur le rougissement des feuilles vertes. Le développement de la substance rouge des feuilles (antho-cyane) peut être provoqué, soit par le froid, soit par une lumière intense, soit par les conditions que présentent
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimeri
- Présidence de M. Bouchard.
- les feuilles à l’automne avant leur chute. L’auteur montre que, quelles que soient les causes du rougissement des feuilles, l’apparition de la teinte rouge est liée à une accumulation spéciale de sucre dans les feuilles.
- Les hybrides des orges. — M. G. Bonnier présente aussi une Note de M. Blaringhem qui a fait de nouvelles recherches expérimentales sur les hybrides des orges. 11 en résulte une différence importante entre les hybrides formés par le croisement de races et ceux produits par des espèces de premier ordre. Dans le premier cas, la descendance suit la loi de Mendel, sur les hybrides; dans le second cas, celte loi n’est pas suivie. M. Bonnier rend compte d’un nouveau procédé de dosage des acides volatils dans les vins, qui est dû à M. Philippe Malvezin.
- Physique. — MM. G. IL llemsalech et A. Zimmern ont étudié, à l’aide du spectroscope, l’étincelle du résonateur Oudin employée dans la fulguration. Ils ont vu que lorsque le résonateur est bien accordé (étincelle longue), le spectre donné par l’étincelle est celui des lignes de l’air. Quand on diminue la longueur de l’étincelle, ou quand le résonateur est mal accordé, le spectre observé est un spectre de bandes, qu’il y a lieu de rapporter à l’azote. Mais dans les deux cas, on trouve au voisinage immédiat des électrodes seulement, le spectre du métal qui constitue ces dernières. Or, bien que le spectre métallique ne se manifeste pas sur toute l’étendue de l’étincelle, la présence constatée par Oudin de particules métalliques dans les tissus frappés par elle, ne laisse aucun doute sur la réalité d’un transport. Les particules métalliques au départ des électrodes cessent donc rapidement d’être incandescentes, mais 11’en doivent pas moins conserver une grande vitesse de projection.
- L'éleclioti d’un membre titulaire. — L’Académie a ensuite procédé à l’élection d’un membre titulaire de la section de minéralogie en remplacement de M. Gaudry décédé. Au premier tour de scrutin, M. Termier a été déclaré élu par 53 voix contre 13 à M. Boule et 14 à M. Ilaug, sur 60 votants.
- Communications diverses. — M. Dastre développe un travail de MM. Doyon et Gautier sur l’action du foie sur la coagulation du sang. M. Yan Tieghem présente une Note de thermodynamique de M. Raveau intitulée : « Stabilité et déplacement de l’équilibre ». M. Gaillot expose un travail de mécanique céleste. M. d’Arsonval dépose sur le bureau une nouvelle Note de M. Doumerc, de Lille, relative aux bons effets retirés par l’emploi des courants à haute fréquence. L’Académie est ensuite entrée en comité secret. C11. de Villedeuil.
- ie Lahurg, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- p.272 - vue 276/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1871.
- 3 AVRIL 1909.
- LES MALADIES DES POISSONS D’EAU DOUCE
- Pour exprimer qu’une personne est heureuse, on dit généralement qu’elle se trouve « comme un poisson dans l’eau ». 11 ne faudrait pas se hâter d’en conclure que tout est pour le mieux dans le régime aquatique. J’ignore si les Poissons ont leurs peines morales, mais ce qui est bien srir, c’est qu’ils ont leurs peines physiques, car plusieurs sont en butte à de nombreuses maladies, qui, vraisemblablement, ne sont pas meilleures à supporter que les nôtres.
- M. B. de Drouin de Bouville, inspecteur adjoint des eaux et forets, vient d’en publier le recensement très documenté, ce qui va nous permettre de dire quelques mots de ce sujet mal connu.
- Depuis une trentaine d’années, dans plusieurs rivières de France, d’Allemagne et de Belgique, le Barbeau commun, l’innocent Barbeau, a été décimé à plusieurs reprises par une « maladie des abcès », dont le nom indique bien la caractéristique. Les épidémies ont toujours lieu pendant l’été, mais avec une acuité très variable suivant les lieux et les années. Par-lois les ravages causés ont été si grands que les corps, llottant par milliers à la surface des eaux, s’assemblaient ensuite, au gré du courant, en vastes amas dont la décomposition infectait l’atmosphère. Il fallait alors recueillir et enfouir les cadavres. À Mézières, en 1885, on n’en enterrait pas moins de 100 kilos par jour. Chez les Poissons atteints, les abcès débutent par de petites saillies, apparaissant en un point quelconque, sur les parties latérales ou supérieures du corps. Ces abcès, au nombre de cinq ou plus, deviennent, bientôt, des tumeurs hémisphériques ou un peu allongées dont la grosseur varie de celle d’une noix à celle d’un œuf. La peau est fortement tendue sur ces emplacements; les écailles, soulevées, deviennent peu adhérentes et finissent par tomber, tandis que le derme, mis à nu, apparaît avec une teinte rougeâtre
- et que le corps goniïe sensiblement. La consistance des tumeurs devient molle et, finalement, il se forme un ulcère, profond et irrégulier, purulent. Les Barbeaux perdent leur vivacité, abandonnent les courants pour se retirer dans les endroits tranquilles. Leurs couleurs se ternissent, un mucus huileux recouvre les téguments. On voit, ensuite, les Poissons malades venir, en vacillant, à la surface de l’eau, puis flotter, couchés sur le liane ou le ventre en l’air, enfin mourir. La cause de la maladie est la présence dans les cellules de l’intestin, du foie, du rein, etc., d’un être infime, une Myxospo-ridie du genre « Myxobolus ».
- La Carpe est souvent attaquée par une maladie appelée variole ou gale, qui- sévit surtout dans les vieux étangs et qui est commune en Allemagne, en Autriche, dans l’Est de la France. L’importance économique de cette maladie est considérable. 11 y a des années où la moitié des sujets pêchés se trouve atteinte, et, dans les grandes exploitations, il s’agit souvent de plusieurs quintaux de poissons subissant une dépréciation considérable. Le diagnostic est assez facile. Çà et là, sur des points très divers du corps du poisson, mais plus particulièrement vers la tête et au bord des nageoires, apparaissent de petites taches arrondies, saillantes, de couleur opaline. Elles s’étendent ensuite plus ou moins rapidement, confluant fréquemment et augmentant en même temps d’épaisseur. Finalement l’animal se présente couvert de plaques, d’aspect gélatineux, faisant saillie de 1 à 2 millimètres, à contours irréguliers, à surface généralement lisse, parfois ridée. Quand la maladie suit son cours habituel, les plaques, une fois atteinte une certaine épaisseur, tombent naturellement, mais pour se reformer ensuite.. La perte de substance se produisant ainsi finit par affaiblir les individus malades. Souvent ils sont arrêtés dans leur croissance et maigrissent ;
- 18. - 273
- En haut: Carpe aileinle de lépidorlhose; au milieu.: Barbeaux avec tumeurs et abcès; en bas: Carpe-atteinte de variole.
- 37e année. — 1er semestre.
- p.273 - vue 277/647
-
-
-
- 274 ' NOUVEAU CANO]
- l’œil s’enfonce dans l’orbite, et les nuances d’écailles se foncent et s’altèrent; ceci fait dire, en Lorraine, que le Poisson est « rouillé ». Dans ccrlains cas graves, ils deviennent étiques et on observe des mortalités en masse; mais c’est là l’exception, car la maladie reste généralement bénigne. Celle-ci semble due, comme la maladie du Barbeau, à une Myxosporidie du genre « Myxobolus », mais d’une autre espèce, qui se loge dans le rein, ainsi que dans le foie et la rate.
- La Carpe peut être encore attaquée par une autre maladie, la lépidorlhose, qu’elle partage d’ailleurs avec la Chevaine, la Vaudoise, l’ide, le Gardon, le Hotengle, la Brême, et qui sévit particulièrement dans les eaux souillées par d’abondantes substances organiques décomposables. Son symptôme typique consiste en un redressement des écailles qui se manifeste en un point et s’étend ensuite, lentement d’abord, puis plus rapidement, soit sur toute la surface du corps, soit plus souvent sur la partie postérieure seule. C’est à ce hérissement qu’est dû le nom de la maladie. Le Poisson change d’aspect et parait'comme gonflé ou soufflé ; les écailles ne forment plus, comme à l’état normal, un revêtement uni et imbriqué. Leur redressement est dû à l’accumulation, dans les poches où elles sont logées, d’une humeur claire connue l’eau; en pressant avec la main, on la fait jaillir sous forme d’un petit jet. Dans les débuts, le poisson ne parait pas souffrir; mais, au bout de quelque temps, sa respiration s’accélère et ses mouvements perdent de leur vivacité; il devient ensuite de plus en plus inerte, sa partie caudale paraissant souvent complètement paralysée. L’animal finit par se tenir sur le dos, battant précipitamment des ouïes, et, après être resté généralement plusieurs jours dans cet état, meurt sans convulsions, ni aucun signe de souffrance. La maladie est due à un bacille qui se trouve d’abord
- LE NOUVEAU CANON DE CAMPAGNE
- Le Sénat va commencer prochainement la discussion du projet de loi déjà adopté par la Chambre des Députés, relatif aux modifications à apporter à l’organisation de notre artillerie.
- Dans l’exposé des raisons militant en faveur de l’adoption du projet, le Ministre de la Guerre invoque, comme motif principal de la nécessité de cette réorganisation, l’infériorité numérique de nos forces d’artillerie de campagne vis-à-vis de celles de nos voisins de l’Est. A l’heure actuelle, chacun de nos corps d’armée dispose, à peu de chose près, du même nombre de batteries de campagne que le corps d’armée allemand (25 batteries dans le corps d’armée français contre 24 batteries dans le corps d’armée allemand), mais nos batteries n’ont que quatre pièces, tandis que la batterie allemande en comporte six ; d’où une différence à notre désavantage de 52 pièces par corps d’armée.
- DE CAMPAGNE.................-.... .-..' —
- dans les ecchymoses, puis dans tout le corps; il ressemble au bacille de la peste des Ecrevisses.
- La Truite commune et l’Omble du ruisseau, dans les établissements de pisciculture d’Allemagne, sont fréquemment atteints d’une « furonculose » très meurtrière qui sévit particulièrement à l’époque du frai, c’est-à-dire en automne. Ce qui caractérise cette furonculose, c’est l’apparition, çà et là, dans les parties profondes ou superficielles des muscles, de foyers hémorragiques diffus dont la couleur tranche nettement sur la teinte pale de la chair. Ces foyers d’inflammation ne tardent pas à s’étendre, en décomposant les tissus avoisinants, et à gagner la peau qu’ils soulèvent peü à peu en formant des furoncles, dont la grosseur varie de celle d’un pois à celle d’une noix. Les Poissons présentant des furoncles perdent, au bout de huit à quinze jours, toute leur vivacité; ils s’éloignent des autres, se tiennent sur le hord des pièces d’eau et se laissent prendre facilement à la main. La plupart ne tardent pas à mourir. La maladie reconnaît pour cause la présence, dans la plupart des organes, d’un bacille particulier.
- 11 est inutile d’allonger indéfiniment cette description. Citons, cependant, encore d’autres maladies dues à des Bacilles : la Peste rouge de l’anguille, qui sévit sur les côtes vénitiennes et dalmates, en Toscane et dans les îles danoises ; — la Colibacillose de l’Alose (ferai) du lac de Lugano ; — la Peste rouge de la Carpe et de la Tanche, dont le nom vient de la teinte plus ou moins prononcée que présentent le ventre et les flancs des individus malades ; — la Peste des Saumons qui, à plusieurs reprises, a décimé ces Poissons dans les cours d’eau de la Grande-Bretagne; et bien d’autres qui sont encore mal connues. Ah! tout n’est pas rose chez la commère la Carpe et le Brochet, son compère!
- Henri Coumn.
- DU COLONEL D’ARTILLERIE DEPORT
- Tant que l’artillerie allemande a maintenu en service son ancien matériel datant de 1896, on s’est fort peu préoccupé en France de cette infériorité purement numérique. Le canon français de 75 mm à tir rapide étant, de l’avis général, Lien supérieur au canon de campagne allemand, il était admis sans conteste que la batterie française de quatre pièces pouvait être avantageusement opposée à la batterie allemande de six pièces. L’opinion n’est plus aussi unanime, depuis qu’en 1896 l’Allemagne a entrepris la transformation générale de son matériel d’artillerie modèle 1896 en matériel à tir rapide. Nombre de publicistes militaires autorisés, parmi lesquels le général allemand Rohne, comparant ce nouvel armement au matériel de 75 français, ont soutenu que le nouveau type allemand est au moins équivalent au type français et lui est même supérieur sous certains rapports.
- p.274 - vue 278/647
-
-
-
- NOUVEAU CANON DE CAMPAGNE
- 275
- Cette appréciation, quelque hasardée qu’elle puisse paraître, à en juger d’après les caractéristiques des deux matériels sur lesquels nous donnons ci-après quelques indications, n’a pas été sans causer une certaine inquiétude dans nos milieux militaires, inquiétude qui n’a pas tardé à se traduire par l’idée mise en avant d’augmenter le nombre des pièces affectées à nos corps d’armée et par le dépôt de deux projets de loi émanant, l’un de l’initiative gouvernementale, l’autre de l’initiative parlementaire.
- La question s’est posée de savoir s’il était préférable de se borner, pour l’instant, à compenser, dans une certaine mesure, notre infériorité numérique par la création de nouvelles unités, ou s’il ne valait pas mieux revenir tout simplement à l’ancienne batterie de six pièces, telle qu’elle existait
- cation dillicile, en raison de la pénurie actuelle des contingents annuels, qui obligera à prélever sur les autres armes les effectifs supplémentaires exigés par l’artillerie. L’adoption d’une telle mesure a pu sembler imposée un instant par l’urgence d’une situation plus ou moins menaçante; mais le retour des esprits à un état plus calme et le rejet au second plan de toute perspective de guerre sur notre frontière de l’Est,*’permettent maintenant de se poser un point d’interrogation sur la nécessité de la mesure projetée. On peut se demander s’il ne vaudraiL pas mieux, à tous égards, profiter du répit que nous font les événements, pour chercher à reconquérir notre supériorité passée, si tant est qu’elle ait dès à présent complètement disparu, par des perfectionnements apportés au matériel, sans qu’il soit besoin de recourir à l’augmentation du nombre de
- Fig. i. — Nouveau matériel de ?5 millimètres du colonel d'artillerie Déport. Canon en batterie.
- autrefois avec le matériel de 90 et telle qu’elle existe aujourd’hui dans l’armée allemande.
- On a longuement discuté, à ce sujet, sur les avantages et les inconvénients respectifs des batteries de quatre et de six pièces. Finalement, c’est au maintien de la batterie de quatre pièces que s’est ralliée la majorité de la Chambre, qui, suivant en cela l’avis du Gouvernement et de la plupart des chefs de notre artillerie, a décidé en même temps la création de 140 nouvelles batteries de campagne.
- Nous n’entrerons pas dans les détails de cette discussion ; nous nous bornerons à faire remarquer que, si l’augmentation du nombre des canons est un moyen de remédier à l’infériorité réelle ou supposée de notre artillerie, l’emploi de ce moyen sera tout à la fois très dispendieux pour nos finances, à cause des augmentations parallèles de personnel et de cadres qui en seront la conséquence, et d’une appli-
- canons dans chaque batterie ou à la création de nouvelles unités.
- Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que l’artillerie ne vaut que par son feu et que l’ensemble des canons d’une batterie n’est en somme qu’un poids mort, qu’on peut parfaitement réduire par la suppression d’un certain nombre de pièces, si cette réduction peut être compensée par un accroissement dans l’intensité du feu des pièces restantes. On trouve à cela un double avantage: d’une part, réduction du personnel ; d’autre part, possibilité d’augmenter, sans alourdir les colonnes, l’approvisionnement en munitions transporté par le train de combat de chaque batterie, par la substitution, nombre pour nombre, de voitures-caissons aux voitures-pièces supprimées.
- C’est dans cette voie qu’on était entré résolument en 1897, lorsque fut mis en service dans notre artillerie le matériel à tir rapide de 75 mm. En
- p.275 - vue 279/647
-
-
-
- 276
- NOUVEAU CANON DE CAMPAGNE
- créant, d’après des idées neuves ou appliquées pour la première fois au canon de campagne, ce nouveau matériel, qui pouvait être considéré à celte époque comme répondant parfaitement aux desiderata imposés par les conditions de la nouvelle tactique, le lieutenant-colonel Déport, alors directeur de l’atelier de construction de Puteaux, qui en eut l’initiative, et le capitaine d’artillerie Sainte-Claire Deville, qui continua l’œuvre de ce dernier, donnèrent à notre artillerie une telle supériorité, par le seul l'ait des progrès réalisés, tant dans le canon lui-même, que dans l’ensemble du matériel, qu’on n’hésita pas un instant à réduire à quatre le nombre des pièces de la nouvelle batterie de 75, dans la conviction où l’on était que, même ainsi réduite, elle était en état de lutter victorieuse-
- allemandes pèsent respectivement 100 et 130 kg de moins que leurs similaires du matériel français. Mais cette supériorité n’est qu’apparente ; car, aussi bien dans les marches d’approche que dans les mises en batterie, circonstances où la question de mobilité prend réellement toute son importance, les servants doivent rester sur leurs sièges. Or le nombre des servants dans la batterie allemande est de 10 par pièce, soit 5 hommes à transporter par chacune des voitures de la batterie de tir, tandis que la pièce française de 75 mm n’en exige que 6, soit 3 hommes par voiture. On voit que, dans ces conditions, l’avantage résultant de la mobilité se trouve en fait plutôt du côté français.
- Si l’on excepte ce qui a trait à la question du bouclier, dont la forme et les dimensions se prêtent
- Fig. 2. — Canon au recul éjectant sa douille.
- ment contre la batterie de six pièces allemande.
- La situation a pu être modifiée, dans une certaine mesure, par la récente transformation du matériel allemand en matériel à tir rapide ; mais l’est-elle, dès à présent, au point que d’aucuns le prétendent pour réclamer une égalité numérique absolue et pour justifier l’augmentation considérable de notre matériel d’artillerie, qui serait la conséquence du rétablissement de la batterie de six pièces?
- C’est ce dont les lecteurs de La Nature pourront se rendre compte en jetant les yeux sur les tableaux ( 1 ) et ( 2 ) ci-contre, où se trouvent résumées les données principales des deux matériels actuellement en service dans les armées française et allemande.
- Il ressort de la comparaison de ces deux tableaux que, sous le rapport de la mobilité, le matériel allemand attelé semble en effet, au premier abord, présenter une légère supériorité sur le matériel français, puisque la voiture-pièce et la voiture-caisson
- mieux dans le matériel allemand que dans le matériel français à la protection des servants, on peut
- (1) Matériel français de 75 mm à tir rapide.
- Calibre.......................75 mm.
- Poids de l’obus à balle . . . 7,240 kg.
- Vitesse initiale.............. 530 m.
- Poids de l’obus explosif . . 5,300 kg.
- Rapidité de tir............... Environ 20 coups à la minute
- Poids du canon en batterie . 1140 kg.
- Poids de la voiture-pièce (avec 24 cartouches dans l’avant-
- train) ..................... 1870 kg.
- Poids du caisson (avec 00 cartouches d’ohus à balles). . 1960 kg.
- (2) Matériel à tir rapide allemand. Modèle 1896 (N. A.).
- Calibre.......................77 mm.
- Poids des projectiles. ... 6,850 kg.
- Vitesse initiale.............. 465 m.
- Rapidité de tir...............Au maximum 10 coups par
- minute.
- Poids de l’affût en batterie . 945 kg.
- Poids de la voiture-pièce . . 1770 —
- Poids du caisson à 88 coups. 1830 —
- p.276 - vue 280/647
-
-
-
- NOUVEAU CANON DE CAMPAGNE
- 277
- dire que, sous tous les autres rapports, puissance du projectile, rapidité de manœuvre et de tir, sim-plilication des opérations du pointage, stabilité de fallut en batterie, le canon de 75 mm français rosie encore supérieur au canon allemand Mle 1896 transformé.
- En particulier, la rapidité de tir que permet d’atteindre le canon français est au moins double de celle qu’il est possible d’obtenir avec le canon aile-
- pratique journalière du canon de 75 mm par les corps de troupe et son emploi, tant sur les champs de tir que dans les dernières de nos guerres coloniales, ayant fait ressortir certains défauts et inconvénients tenant principalement au poids trop considérable du matériel et à la protection insuffisante du bouclier, le colonel Déport s’est attaché à remédier à ces défauts et à faire disparaître ces inconvénients, en même temps qu’il s’efforçait de simplifier les opérations du chargement, pour augmenter la rapidité de tir et, partant, le pouvoir offensif du canon.
- Le résultat de ses études s’est traduit par un nouveau modèle de canon de 75 mm, qu’il a fait construire par l’usine Saint-Jacques, à Montlu-çon, et dont nous sommes heureux, grâce à son obligeance, de pouvoir reproduire ici quelques vues.
- Ce canon a les caractéristiques suivantes :
- La culasse à vis excentrique est la même que
- mand. Cela tient principalement à ce que les Allemands continuent à employer une cartouche en deux parties : l’une formée par la douille chargée et amorcée et l’autre par le projectile. Lorsqu’ils auront mis en service, comme chez nous, une cartouche unique, transformation qu’ils sont en train d’opérer, mais qu’ils sont encore loin d’avoir terminée, les opérations du chargement se trouveront, de ce fait, accélérées et par suite la rapidité de tir de leur pièce notablement augmentée. Il n’en est pas moins vrai que, même en laissant de côté toute considération de rapidité de' manœuvre et de tir, le canon français de 75 mm a encore sur le canon allemand, du seul fait de sa puissance, une supériorité d’efficacité qu’on peut estimer de 25 à 50 pour 100 pour le coup isolé.
- Est-ce à dire qu’il convienne de s’en tenir là, et qu’on doive considérer comme intangibles toutes les dispositions de notre matériel de campagne actuel? Ce n’est pas ce qu’a pensé le créateur même de ce matériel, le colonel d’artillerie Déport. La
- WÎSiiaaSS-
- Fig. 4. — Vue avant du bouclier.
- celle du canon de 75 mm actuellement en service, mais cette culasse qui a été rendue semi-automatique, grâce à un dispositif spécial, éjecte la douille pendant le recul. La cartouche est introduite pendant la rentrée du canon en batterie, et, la culasse se fermant automatiquement, le canon rentre en batterie chargé. En retirant la main, le chargeur met lui-même le feu, ce qui supprime la nécessité de l’entente qui doit exister actuellement entre le chargeur et le tireur.
- p.277 - vue 281/647
-
-
-
- 278 _ '"i____L IRRIGATION AUX ETATS-UNIS
- Dans le tir de réglage, la hausse est donnée par le chargeur au moyen d’une manivelle qu’il a sous la main. Dans les tirs progressifs, c’est le chef de pièce qui est chargé de donner les hausses successives. 11 vient, à cet effet, occuper le siège de droite, où il se trouve bien placé pour surveiller les servants de la pièce et du caisson, tandis qu’à sa place actuelle il n’est nullement protégé et serait le premier fauché par les rafales. Le servant tireur peut donc être supprimé et l’équipe des servants de la pièce réduite à 5 hommes au lieu de 6.
- Le bouclier a été modifié de façon à donner une protection aussi complète que possible. A cet effet, le pavois inférieur, au lieu d’être porté par l’affût coulissant, a été relié aux extrémités de l’essieu, de façon à supprimer le grand vide existant, dans le matériel actuel, entre le bouclier et les roues. Ce payois porte à sa partie inférieure une bêchette élastique d’ancrage, qui, dès le départ du premier coup, s’enfonce dans le sol et s’oppose au déversement déjà tête d’affût. L’abatage devenu inutile est supprimé.
- La partie supérieure du bouclier est formée de quatre plaques de tôle : une tôle de face de 5 mm, un toit partiellement articulé de 5 mm et deux vantaux latéraux articulés, qui sont reliés aux tirants du frein de roues, de manière à permettre au corps d’affût de coulisser sur l’essieu, sans diminuer la protection latérale offerte aux servants. Le toit rabattu, le haut du bouclier ne dépasse pas le dessus des roues.
- Le système de hausse indépendante est constitué par une vis et son écrou, actionnés chacun par une manivelle. En agissant sur l’écrou, le pointeur sou-
- lève l’ensemble et donne l’angle de site ; en agissant sur la vis, le chargeur ou le chef de pièce, suivant le cas, donne la hausse des tables. A l’écrou sont articulés deux bras légers qui embrassent les tourillons et se rejoignent pour supporter l’appareil de pointage. On a pu supprimer ainsi le lourd support intermédiaire du canon de 75 mm actuel.
- Le frein de l’affïïl est un frein pneumatique à très longue course : 1420 mm. 11 est renfermé dans une poutre creuse adaptée au canon. Le frein de roues a une traverse porte-patins oscillante, qui permet au besoin de faire coulisser le corps d’affût sur l’essieu, les roues serrées.
- Avec tous ces perfectionnements, le poids du nouveau canon, sans son avant-train, se trouve ainsi réduit à 1040 kg, soit 100 kg de moins que le 75 actuel. L’avanl-train à 24 coups ne pèse que 520 kg, de sorte que le poids total de la voiture-pièce ne dépasse pas 1560 kg. De tels chiffres satisfont pleinement aux desiderata émis par les differentes écoles actuelles de tactique, en ce qui concerne les conditions de mobilité à exiger d’un canon de campagne.
- Le nouveau canon du colonel Déport tire la même cartouche que le canon actuellement en service. Si on se décide à l’adopter, comme il en est question, pour l’armement de notre artillerie de campagne, sa mise en service dans les differentes unités pourrait donc n’avoir lieu que progressivement, sans apporter de perturbation dans la marche du service et de l’instruction et sans avoir les conséquences financières qu’entraînerait un remaniement intégral de notre approvisionnement en munitions. A. R.
- L’IRRIGATION AUX ÉTATS=UNIS
- L’irrigation dans les Etats arides et semi-arides de l’Ouest des Etats-Unis a avancé d’une manière extraordinaire durant ces quelques dernières années.
- Cela est dû à deux causes principales : d’une part la plus-value remarquable des capitaux qui se sont engagés dans de larges entreprises d’irrigation bien choisies a rendu cette forme de placements très en vogue; d’autre part, les territoires ouverts à l’immigration dans les régions humides ont fini par être tous occupés et les chambres des États-Unis ont voté, il y a six ans, une somme d’un milliard à employer à la construction de larges digues, de réservoirs et de canaux, de manière à irriguer d’immenses territoires jusqu’à présent incultes et de les offrir aux nouveaux immigrants dans des termes tout à fait avantageux. En fait le Gouvernement fait là une oeuvre civilisatrice et ne cherche qu’à rentrer dans ses frais. L’argent qui est ainsi remboursé est employé à développer de nouveaux projets, de sorte que dans un certain nombre d’années tous les territoires susceptibles d’être irrigués, dans les États
- situés entre les barrières des Montagnes Rocheuses et de la Sierra Nevada auront été mis en culture.
- Cette politique agricole du Gouvernement a aidé puissamment à attirer l’attention sur l’avantage de la culture intensive des districts arides et irrigués qui ont été mis en culture dans les dernières années et de la grande augmentation de valeur du terrain qui a doublé, quintuplé et parfois même décuplé en valeur dans l’espace de cinq à dix ans. Si bien que maintenant, il y a une sorte de concours entre le capital privé et les agents du Gouvernement pour s’assurer la possession des divers projets d’irrigation qui sont encore possibles et profitables.
- Cela a créé dans plusieurs districts une tension, plus ou moins ouvertement manifestée, et dans certain cas de gros procès.
- Cet état de choses est possible parce que les anciennes lois qui régissent aux États-Unis les questions des cours d’eau sont l’héritage direct des lois anglaises sur ce sujet, lois qui s’appliquent très bien à l’Est des États-Unis; ces lois ont été élabo-
- p.278 - vue 282/647
-
-
-
- L’JRRIGATION AUX ÉTATS-UNIS
- 279
- rées pour un pays où il y a surabondance de précipitation atmosphérique et deviennent inapplicables ou difficilement applicables dans des contrées où le problème est renversé et où, au lieu de se débarrasser d’un excès j* d’eau par des canaux de drainage, l’on est obligé de l’accumuler dans de larges réservoirs et la distribuer avec parcimonie.
- D’autre part, la doctrine que les eaux appartiennent à l'Etat où elles ont leurs sources et où elles coulent a permis à chaque État de l’Ouest d’en disposer comme bon lui semblait, si bien que les lois qui régissent l’accumulation de l’eau dans des réservoirs et sa distribution dans des canaux d’irrigation et à la surface du sol entre les différents propriétaires varient d’un État à l’autre et ne sont pas les mêmes
- canaux pour leur permettre de conduire une certaine quantité d’eau au delà de la ferme du premier colon et les ont continués afin de pouvoir
- Fig. 2. —Partie achevée du canal qui conduit l’eau du tunnel à la rivière Vncompagre. '
- au Colorado et dans l’Utah, par exemple.
- Pour se rendre compte de la manière dont les lois qui régissent l’irrigation dans les Etats semi-ai’ides des États-Unis, ont été créées il n’y a qu’à se rappeler la manière dont le pays s’est peuplé. Au début, il y a un demi-siècle, les premiers émigrants ont suivi les cours d’eau principaux et ils ont établi leurs rudes cabines aux endroits les plus favorables; ils ont détourné de la rivière et pris par un court canal construit par eux-mêmes toute l’eau qui leur était nécessaire.
- Avec l’arrivée continue de nouveaux colons, tout le territoire qui pouvait être irrigué facilement a été occupé. Puis de nouveaux colons ont agrandi quelques-uns de ces premiers
- Fig. i — Partie achevée du canal entre le tunnel et la rivière Vncompagre ; passage en tunnel sous deux petites collines.
- irriguer une ferme à une plus grande distance de la rivière et ainsi de suite.
- Il est finalement arrivé un moment, où durant une année particulièrement sèche, il n’y a plus eu assez d’eau pour tout le monde et où l’ün ou l’autre des colons privés
- Fig. 3. — Intérieur du tunnel, extrémité occidentale.
- d’eau a eu recours à l’État pour faire reconnaître ses droits. L’État appelé à établir une règle n’a pas su reconnaître qu’il y avait un lien excessi-
- p.279 - vue 283/647
-
-
-
- 280 . L’IRRIGATION AUX ÉTATS-UNIS
- vement étroit entre la quantité d’eau réclamée par lin colon et la grandeur des champs qu’il cultivait. On a établi un bureau, avec un Ingénieur d’État à sa tête, chargé de distribuer l’eau, en général suivant une mesure de temps, le pied-seconde, qui correspond à 28 litres par seconde, ou suivant une mesure employée dans l’exploitation des sables aurileres, le pouce-minier, qu’on mesure d’une manière compliquée et qui est de 5,50 litres par minute dans l’ütat du Colorado et varie de 5,56 à 4,92 litres par minute dans l’Etat de Californie.
- Lorsqu’un fermier n’était pas content de la décision de l’Ingénieur d’État, il avait droit à recourir aux tribunaux. En fait c’est ce qui a eu lieu dans la majorité des cas, et comme les différents juges ont rendu des décisions diverses, tel colon a reçu le droit de détourner de la rivière toute l’eau qui pouvait passer dans un canal d’une capacité donnée, un autre l’eau nécessaire à irriguer une superficie de tant d’hectares, un autre de prendre tant de litres par seconde.
- Peu à peu cependant l’ordre est sorti du chaos par la consolidation des intérêts, et les fermiers, à qui l’on avait accordé trop d’eau, ont vendu leurs droits sur le surplus à d’autres moins favorisés, si bien que dans un district bien développé les droits de chacun ont fini par être assez nettement définis.
- Chaque État, le Colorado par exemple, est divisé en plusieurs larges divisions, qui comprennent chacune une rivière et tous ses affluents. Cette division forme un tout et est subdivisée en un nombre donné de districts. A la tête de la division est un Commis-
- saire qui est chargé de la distribution de l’eau dans les différents districts et qui avise ses sous-ordres chaque jour durant la saison pendant laquelle les fermiers arrosent leurs champs de la quantité d’eau qui est attribuée à ce district. Dans le district lui-même le sous-commissaire distribue l’eau dans chaque canal, d’après ses droits; et les droits d’un fermier dépendent de la date à laquelle il a obtenu son autorisation légale de prendre une quantité
- donnée de l’eau de la rivière. 11 s’en suit que les fermes les plus anciennes ont toujours de l’eau, tandis que celles qui ont été établies dans les années les plus récentes en ont de moins en moins à mesure que l’été s’avance.
- Le département de l’Agriculture a fait de nombreuses expériences sur la variation du volume des cours d’eaux durant les différents mois de l’année et a reconnu que pour les États semi-arides la quantité d’eau qu’ils déchargent annuellement peut être divisée comme suit : 10 pour 100 en avril, 25 pour 100 en mai, 25 pour 100 en juin, 10 pour 100 en juillet et d’août à mars, soit pendant huit mois 50 pour 100. Il s’en suit que le volume d’eau que la rivière’charrie en août limite la superficie qu’on peut irriguer avec des canaux qui en dépendent directement. Cette superficie n’est que de 20 pour 100 de celle qu’on pourrait irriguer, si toute l’eau que le torrent transporte pouvait être utilisée.
- La grande quantité d’eau qui descend de la montagne au moment de la fonte des neiges et l’eau charriée au moment de fortes crues n’est utilisable que si elle est accumulée dans de larges réservoirs
- Fig. 4. — Gorge de la rivière Gunnison. Site de la digue qui dirigera les eaux dans le tunnel.
- p.280 - vue 284/647
-
-
-
- L’IRRIGATION AUX ÉTATS-UNIS
- 281
- et si elle est distribuée lentement au fur et à mesure des besoins des agriculteurs. Ce n’est que durant ces dernières années que de nombreux et d’impor-
- prises particulières ont pris le plus d’ampleur. Ce sont aussi les deux Etats les plus peuplés.
- Le Colorado est bien typique comme exemple des
- Fig. 5. — Ensemble du lit du canal.
- tànts réservoirs ont été construits dans les emplacements favorables, dans les vallées supérieures de ces rivières. De nombreux canaux, qui n’avaient pas des quantités d’eau suffisantes ont bâtides réservoirs pour emmagasiner ces eaux de la fonte des neiges et fournissent aujourd’hui aux cultivateurs qui en dépendent une quantité d’eau encore plus régulière que d’autres canaux avec des droits plus anciens, mais limités au volume du cours d’eau lui-même.
- Le Colorado et la Californie sont les deux États où l’irrigation est la plus avancée et où les entre-
- Fig. 6. — Détail du canal la rivière Gunnison dans
- résultats de l’irrigation aux Etats-Unis; je vais donc le prendre comme exemple.
- L’État est traversé du nord au sud dans sa partie centrale par des chaînes de montagnes imposantes qui forment la division entre les versants de l’Atlantique et du Pacifique. Quoique l’on n’y connaisse qu’un seul glacier, sur le versant nord du pic Arapahoe et que ce dernier ne soit qu’un glacier minuscule, cependant un grand nombre de sommets sont couverts par des névés durant tout l’été; ce sont des sommets à neige éternelle, mais dont les névés très séparés les uns
- qui conduira les eaux de la rivière Uncompagre.
- p.281 - vue 285/647
-
-
-
- 282 : L’IRRIGATION AUX ETATS-UNIS
- des autres ne couvrent que des fractions d’hectares.
- Ces montagnes reçoivent une large chute de neige pendant l’hiver et au commencement du printemps. Dans bien des cas les chutes de neiges les plus importantes ont lieu en avril, et parfois même en mai. Le soleil perennial, qui est le trait le plus caractéristique de ce pays semi-aride, la fait alors fondre presque immédiatement et les crues du printemps sont d’autant plus violentes.
- Quatre grands cours d’eau prennent leurs sources dans les montagnes du Colorado. Les rivières « South Platte » et « Arkansas », qui sont toutes deux des affluents du Mississipi, s’écoulent vers l’est ; la rivière Rio Grande s’écoule au sud; le « Grand River » avec ses affluents, « Green river », le fleuve de Gunnison et la rivière de San Juan s’écoulent à l’ouest et vont se jeter dans la rivière « Colorado » qui a creusé une des sept merveilles du monde dans son « Grand Canyon » et se jette dans le golfe de Californie.
- La carte qui accompagne cet article permet de se rendre bien compte des principaux territoires où l’irrigation peut fleurir. Ce sont les seuls qui seront largement peuplés, à l’exception des districts miniers, qui eux n’occupent sur la carte que des emplacements minuscules de quelques kilomètres carrés. D’autre part, ces districts miniers fournissent un marché exceptionnel pour les districts agricoles, puisqu’ils ne produisent que des métaux et sont par conséquent exclusivement des consommateurs des produits, agricoles.
- On peut se faire une bonne idée de la valeur des terrains dans les districts irrigués d’après la valeur des récoltes.
- Cette valeur varie naturellement beaucoup avec la nature de la récolte, depuis le foin, qui donne le moins de difficultés à cultiver, et qui rapporte à peu près 75 dollars par hectare, bon an mal an, jusqu’aux vergers cultivés avec soin et qui donnent jusqu’à 5000 dollars par hectare dans les bonnes années. Il y a eu des années durant lesquelles certains vergers des environs de « Grand Junction » dans la vallée de « Grand River » ont donné des résultats encore meilleurs ; mais ils représentent des cas exceptionnels. La culture de la betterave, intro-
- duite il y a une dizaine d’années, a pris une extension énorme et donne une récolte qui peut varier de 100 à 500 dollars par hectare. Avec l’irrigation, il n’y a pas d’années récdlement mauvaises, si les vergés sont situés à une altitude assez basse et bien protégés. Car c’est là le danger; la plupart des vallées du Colorado sont situées à une altitude qui varie de 1200 à 5000 mètres. Denver, la capitale de l’État, est à une altitude de 1700 mètres. Et, quoique la latitude soit celle du sud de l’Italie, les vergers y courent le risque des gelées du printemps.
- Les entreprises particulières vendent le terrain dans les districts nouveaux, avec un droit perpétuel à la quantité d’eau nécessaire pour l’arrosage pour un prix variant de 150 à 500 dollars par hectare; dans le premier cas, le colon doit défricher son champ; dans le second, il a été défriché et mis en
- culture pour lui.
- On peut dire qu’il y a une émigration constante des fermiers des États du centre des Etats-Unis, tels que Iowa, Illinois, Kansas et Nebraska vers les districts irrigués de l’Ouest et que ce sont ces fermiers, déjà en possession de quelques milliers de dollars qui achètent le terrain des compagnies particulières d’rr-rigation.
- Le gouvernement des États-Unis cherche à fournir des fermes aux nouveaux émigrants qui lui arrivent chaque année et aux fils de fermiers américains, qui, arrivés à leur majorité, désirent créer une ferme nouvelle qui leur appartienne en propre et fonder une famille. Les termes de paiement demandés par le gouvernement pour ces fermes est aussi bas que possible.
- Dans les pays qui ne demandent pas d’irrigation et où le cultivateur dépend de la pluie, tout citoyen a le droit de prendre parmi le territoire vacant qui appartient encore au gouvernement une ferme d’à peu près 55 hectares. Il est obligé d’y vivre; d’y défricher tant d’hectares chaque année pour une période consécutive de cinq ans, après laquelle il paye une somme de quelques dollars par hectare et reçoit un titre de propriété du gouvernement. Dans les districts soumis à l’irrigation, un colon ne peut prendre une ferme que de 7 à 15 hectares suivant les cas et il paye pour un
- fenwood
- p Eeadville
- k CW» W. %°l0rado Springs
- LaJæUiâ)/ à o/ r QQreeçL
- y s v ^ Mei 2Vor
- ARIZONA*
- MEXIQUE
- Fig. "• — Carte du Colorado : les hachures représentent les régions irriguées ou prêtes à l’être.
- p.282 - vue 286/647
-
-
-
- L’IRRIGATION AUX ÉTATS-UNIS -...................- 283
- droit perpétuel à l’eau qui lui est nécessaire en dix annuités consécutives. L’obligation pour le colon qui détient sa ferme du gouvernement d’y vivre continuellement lui-même empêche une proportion énorme de la population de prendre une ferme du gouvernement ; tandis que les compagnies privées admettent généralement que le travail nécessaire pour mettre en valeur, les champs, qu’elles vendent aussi par annuités, soit fait par des ouvriers. Cela permet à un très grand nombre de personnes, appartenant à toutes sortes de professions d’acheter par annuités* une ferme et de profiter de la grande plus-value des terrains, entre le moment ou l’on commence à défricher le sol du district, immédiatement après que les réservoirs
- 25 000 hectares au nord-ouest de la ville deMontrose.
- La rivière Gunnison descend de la montagne dans unç gorge profonde, longue de près de 100 km; ses murailles s’élèvent à pic à une hauteur de 800 m. de chaque côté de la rivière; aucune route ne peut y descendre; seuls deux chemins à mulets la traversent. C’est à un point situé vers le milieu de cette gorge que commence le tunnel ; ce dernier a une longueur totale de 9520 m., une section de 11,80 m2, est cimenté sur toute sa longueur et déverse 57 000 litres par seconde. Un canal long de 18 km, en ciment, conduit les eaux de la sortie du tunnel à la rivière Uncompagre; plusieurs chutes d’eau aménagées le long de ce canal peuvent fournir 10000 chevaux de force motrice. Ce canal a été
- Fig. 8. — Le village de Lujane, où le tunnel débouche dans la vallée de VUncompagre. Ce site aride, uniquement habité par les employés du gouvernement qui travaillent au tunnel el aie canal, est typique de toute la contrée, destinée en quelques années à devenir le siège d’une
- culture intense d’arbres f ruitiers.
- et les canaux ont été construits, et celui où la contrée se trouve en pleine culture quelques années plus tard.
- Il y a maintenant dix ou douze entreprises particulières au Colorado, parmi celles qui viennent d’achever leurs réservoirs et leurs canaux, ou qui sont en train de les construire ou qui ont leurs travaux très avancés. Elles mettront en culture une superficie totale de près de 50000 hectares. Il y a peut-être autant d’entreprises particulières en embryon, ou encore dans la phase du début, si bien que leur avenir n’est pas encore assuré.
- L’Etat a une seule grande entreprise, qui est presque achevée. Elle consiste à conduire par un long tunnel les eaux de la rivière de Gunnison dans une autre vallée et à irriguer
- terminé dans l’automne de 1907. Le tunnel sera fini dans quelques mois.
- L’eau qui suit le lit de la rivière Uncompagre est reprise dans deux canaux, un sur chaque rive et conduite par une pente aussi faible que possible sur les plateaux qui dominent la vallée elle-même où coule la rivière. On a calculé que le projet fera revenir le coût de l’eau nécessaire pour irriguer un hectare à 100 dollars. La valeur d’un hectare de terrain avec un droit perpétuel à la quantité d’eau nécessaire pour l’irriguer varie dans cette vallée, une fois mis en culture, entre 400 et 2000 dollars. Une population de 20 000 à 50 000 habitants pourra obtenir une existence large et aisée de la culture de ce vaste territoire, aride aujourd’hui et qui demain va fleurir comme une rose. E.-A. Ritter.
- p.283 - vue 287/647
-
-
-
- 284
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL — POSTES MILITAIRES DE CAMPAGNE
- Le service télégraphique des armées en campagne est assuré actuellement par les deux modes de
- la Télégraphie sans lil a été lent, à cause du monopole établi -par l'Etat. Cependant la Compagnie française de Télégraphie sans lil est ] parvenue à créer de nombreux pos-• les à l’étranger et particulièrement au Maroc, où l'administration militaire en a profité en maintes circonstances. Après avoir procédé à la constitution de ce réseau marocain, elle constitue un réseau d’État en Espagne et aux îles Canaries et fournit des postes militaires à divers gouvernements. Des postes mobiles viennent d’être construits pour les armées en campagne; ils sont établis, au point de vue technique, comme les postes fixes, mais beaucoup moins puissants puisque l’on estime qu’il suffit, à ces stations de campagne, des portées de 100 à 200 km au maximum.
- Toute station « roulante » doit présenter une mobilité aussi grande que possible, pouvoir passer par
- Fig. i. — La voiture-poste.
- télécommunication qui sont appelés I à se compléter mutuellement. 11 ne viendra à l’esprit de personne de considérer la télégraphie avec fils comme devant abdiquer purement et simplement devant la T. S. F.; l’un et l’autre système doit être étudié avec autant d’ardeur par les états-majors. Mais alors que l’ancienne bénéficie d’une organisation vieille de longues années — nous ne voulons pas dire qu’elle est parfaite — la T. S. F. fait l’objet principal des recherches des services militaires aussi bien que des compagnies privées. Il existe entre les concurrents une émulation à laquelle nous serons redevables d’une organisation extrêmement intéressante.
- On sait que dans presque tous les pays étrangers il existe des Sociétés de Télégraphie sans fil dont la puissance s’affirme chaque jour par rétablissement de postes nouveaux. Chez nous, le développement de
- Fig..
- 2. — La voilure groupe électrogène ouverte.
- tous les chemins accessibles aux convois d’armée, et entrer en fonctionnement dans un temps très
- p.284 - vue 288/647
-
-
-
- TELEGRAPHIE SANS FIL
- 285
- court. De plus, il ne faut pas que son support d’antenne soit trop élevé afin de ne pas la désigner aux coups de l’ennemi. Enfin, et c’est ici la condition essentielle, elle doit permettre une syntonisation suffisamment précise pour se garantir contre les émissions d’ondes étrangères. Les postes de la Compagnie française de Télégraphie sans fil ont été également étudiés dans le but de recueillir les télégrammes transmis par les postes de l’adversaire; si cette dernière condition est obtenue, l’appareillage nouvellement étudié est à même de
- pose des voitures à quatre roues porteuses du poste télégraphique que lorsque l’état des routes le permet. Les mâts servant de support d’antennes sont faits, soit en bambous assemblés très rapidement les uns à l’extrémité des autres, soit, mieux encore, de tubes d’acier télescopiques, qu’ün système à manivelle et à treuil, très simple, permet d’élever à la hauteur voulue ou d’abaisser en quelques minutes. Les antennes et les haubans du mât sont attachés à la partie supérieure du dernier tube et s’élèvent avec lui. La hauteur de ces mâts est
- Fig. 3. — Appareil jigger permettant de faire varier la longueur d’onde.
- Fig. 4 et 5. — An, antennes; J, jigger; CC', condensateurs; D, détecteur électrolytique; Pi, pile; Po, potentiomètre; T, téléphone de réception; T(
- Al, alternateur ; S, bobine de self-induction ; Tr, transformateur élévateur de tension (type industriel); M, manipulateur (r, ressort de rappel; E, éclateur; O, résonateur Oudin ; Te, prise de terre. — Le trait fin indique le circuit de charge (où passe un courant relativement faible). Les gros traits indiquent le circuit oscillant (où passe
- un courant intense).
- rendre les plus grands services à l’armée. Le matériel a été agencé en se basant sur certaines consi-
- de 25 m. Quant au matériel constitué aussi simplement que
- dérations tirées des expériences effectuées aussi bien par la Compagnie elle-même que par le service de la télégraphie dans l’armée française. C’est ainsi que l’on a reconnu la nécessité de créer des modèles de voitures à deux roues et aussi légers que possible lorsque les postes sont appelés à parcourir des régions accidentées; on ne dis-
- mA'r- : T
- iMiÉ
- Fig. 6. — Boîte de réception : A, détecteur èlectrçlytique; B, potentiomètre; C, cohèreur avec frappeur; D, relai; E, casque téléphonique; M, manipulateur pour la transmission.
- électrique, il est possible; issu de l’industrie électrique moderne, il ne procède d’aucune théorie inédite ; chaque organe est construit dans les conditions de sécurité et de solidité qu’exige le service auquel il est destiné.
- L’antenne normale appartient au type parapluie à quatre brins; lorsque l’emplacement fait défaut pour le développement de cette antenne on
- p.285 - vue 289/647
-
-
-
- 286 ......— ACADEMIE DES SCIENCES
- peut très bien avoir recours au modèle horizontal que l’on installe facilement en bordure des chemins. Ce genre d’antenne a un rayonnement maximum dans la direction du fil horizontal et du poste.
- Le matériel d’une station mobile est réparti en deux voitures. L’une constitue l’usinc électrique et son poids total ne dépasse pas \ 100 kg; elle contient le moteur à essence de 4 chevaux, qui actionne l’alternateur de 1800 watts ; l’antenne ayant 20 m. de hauteur, la portée de la station est de 130 km au son et 100 km au cohéreur. La longueur d’onde émise est de 400 mètres. La seconde voiture renferme les appareils de transmission et de réception ; l’antenne et son mât prennent place au-dessus.
- Son poids est de 1350 kg.
- Le mode de transmission est l’excitation directe permettant de faire varier la longueur d’onde de 135 m. à 600 m. L’onde très courte est utilisée lorsqu’on se trouve dans le voisinage immédiat de l’ennemi, en particulier pendant le combat. On emploie l’onde longue pour les communications à grande distance. La manœuvre d’une simple manette permet ces variations qui sont obtenues presque instantanément. Les condensateurs, des tubes Mosciki, sont contenus dans une boite protectrice et placés horizontalement; leur remplacement, en cas d’avarie, s’opère très rapidement. Pour la réception on emploie le détecteur électrolytique. Néanmoins comme il peut y avoir intérêt à recevoir les signaux
- sur la bande Morse, le poste comporte également un cohéreur que l’on utilise lorsque le besoin s’en fait sentir. Ce sont là les postes légers de campagne avec deux voitures à deux roues.
- Un poste plus puissant dit « poste normal » est établi à peu près dans les mêmes conditions que le précédent. La seconde voiture est à quatre roues (et la première à deux roues), elle porte toujours l’usine ambulante. Mais la puissance du moteur à pétrole est de 6 chevaux et l’énergie mise en jeu à l’alternateur de 2500 watts. Avec une antenne de 25 m. de haut la portée, pendant le jour, est de 180 km avec le détecteur éleclroly tique.
- Signalons enfin les postes radio-télégraphiques automobiles qui transportent les hommes et le matériel à la vitesse de 25 km à l’heure. Le moteur de l’automobile est utilisé pour l’entraînement de l’alternateur de 5 kilowatts. La transmission s’effectue par excitation indirecte permettant de faire varier les ondes émises entre 153 m. et 600 m.; la réception a lieu au son.
- Chacun de ces trois types de postes mobiles répond à un besoin particulier ; ils sont tous basés sur le même principe et peuvent compléter dans de très bonnes conditions l’organisation télégraphique avec fils à laquelle on reproche, avec juste raison, son peu de mobilité et aussi d’efficacité et dont les fils constituent souvent une gêne pour la circulation des convois. René Doxcièhes.
- Fig. “. — Mal en bambou démonté.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 mars 1909. —
- Savants étrangers. — Le président annonce la présence de MM. Fôrster, de Berlin, Blaserna, de Rome, vice-président du Sénat du royaume d’Italie, Egoroff, de Saint-Pétersbourg, Arentzen, de Christiania, sir David Gill, de Londres, de Bodola, de Budapest, Raoul Gautier, de Genève, et von Lang, de Vienne, tous membres de la Commission internationale des poids et mesures actuellement réunie à Paris. Il souhaite la bienvenue à ces savants et les invite à prendre place aux places d’honneur devant le bureau. M. Bouchard donne lecture de l’ampliation du décret qui nomme M. Termier, professeur à l’Ecole des Mines, membre titulaire de la section de minéralogie en remplacement de M. Gaudry et invite ce nouvel académicien à prendre place parmi ses confrères.
- Un prix de vingt-cinq mille francs. — Lecture est donnée par M. Darboux d’une lettre annonçant que le roi Léopold, de Belgique, vient de fonder un prix de vingt-cinq mille francs destiné à récompenser l’auteur du meilleur ouvrage traitant de la question de l’aviation et des progrès de la locomotion aérienne.
- Présidence de M. Bouchard.
- Sources radioactives. — M. Armand Gautier communique, au nom de MM. Ch. Moureu et A, Lepape, une longue série de recherches physico-chimiques { sur le,s sources'thermales de Bagnères-de-Luchon. Les auteurs ont étudié 20 sources ou grillons différents (Bordeu, Ferras, Bosquet, le Pré, Blanche, Reine, Bayeu, Otigny, Richard, Grotte, etc.). De cet ensemble d’expériences, il résulte que la station est nettement radioactive. Les gaz, dans les quelques griffons où il s’en dégage spontanément, sont tous riches en émanation. On n’a pas encore signalé, en France, de gaz naturel aussi radioactif que celui delà grande source Bordeu (18 milligr.-minutes d’émanation du radium dans 10 litres). Pour certaines sources (Bordeu, Ferras), la radioactivité des eaux est elle-même très élevée. !
- L'observatoire de Besançon. — Le secrétaire pour les sciences mathématiques annonce ensuite l’envoi à l’Académie d’une brochure touchant la transmission automatique de l’heure par l’observatoire de Besançon aux monuments et aux fabricants d’horlogerie de cette
- p.286 - vue 290/647
-
-
-
- = . LA MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE ÉPIDÉMIQUE 287
- ville. Il insiste sur les services de toutes sortes rendus par l’observatoire de cette ville à l’industrie de la région.
- Chimie. — Après avoir déterminé avec toute la précision souhaitable la stabilité de divers sels dans le vide, M. Colson conclut, dans une Note dont M. Lemoine donne l'analyse, que la stabilité relative de deux sels comparables n’a pas de rapport avec leur chaleur de formation. Il cite, en outre, la curieuse expérience d’un sel dont il diminue la chaleur de formation par dissolution, et qui acquiert une stabilité plus grande malgré cette diminution. M. bouty expose les grandes lignes d’un travail de M. Leduc sur le toluène.
- Communications diverses. — L’Académie reçoit l’envoi du recueil des observations sismologiques qui ont été enregistrées à Fort-de-France. M. Laveran expose quelques nouvelles observations de trypanosomiase et relate quelques travaux ayant trait à cette question. M. le professeur Guichard, de Clermont-Ferrand, adresse
- à l’Académie un travail de hautes mathématiques. M. Edmond Perrier communique un intéressant travail de Mmo Physalix relatif à une méthode d’immunisation contre la piqûre de la vipère basée sur l’emploi du venin de la salamandre. Les résultats auraient été satisfaisants. Après l’exposé de quelques autres communications ayant trait à des questions d’astronomie et de chimie d’ordre trop technique pour être analysé, l’Académie est entrée en comité secret.
- Élections. — L’Académie a procédé au cours de la séance à deux élections. Elle a nommé à la presque unanimité des suffrages : 1° membre associé étranger en remplacement de lord Kelvin décédé, le prince Albert de Monaco, correspondant de la compagnie depuis 1 892 ; 2° correspondant pour la section de botanique en remplacement de M. Mastero, M. Boudier, de Montmorency, président de la Société de mycologie de France, auteur d’ouvrages très remarqués sur la cryptogamie et notamment sur la structure des champignons. Cil. DE VlLEEDEUIL.
- LA MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE ÉPIDÉMIQUE
- Il y a quelques semaines tous les journaux annonçaient qu’une épidémie de méningite cérébro-spinale avait éclaté dans la garnison d’Evreux.
- Épidémie et méningite voilà deux mots dont le rapprochement a peut-être surpris plus d’un lecteur, car si les méningites sont redoutées à l’égal des maladies les plus graves, elles passent ordinairement pour des affections non épidémiques et non contagieuses. Il faut savoir cependant qu’il y a méningite et méningite : à côté de celles qui n’ont aucune tendance à se propager, il en existe une dont le caractère épidémique ne fait point de doute, et qui, envahissant les méninges1 de la moelle épinière, a reçu le nom de méningite cérébro-spinale épidémique.
- Au siècle dernier celte maladie a fait souvent en Europe des apparitions momentanées, elle tend maintenant à devenir plus fréquente; en Allemagne, en Autriche, aux Etats-Unis, elle est aujourd’hui très redoutable.
- Pendant l’année 1905, l’épidémie fut très grave dans l’est de l’Allemagne, en Silésie ; depuis lors elle se transporte peu à peu vers l’ouest, ainsi que le montrent les chiffres suivants :
- Silésie Provinces rhénanes Weslplialie En 1905 . . . 5.317 cas 61 cas 70 cas
- 1906 . . . 1.063 — 351 — 294 —
- 1907-... 382 - 685 — 1.080 —
- À Vienne la maladie frappait 300 personnes en 1907.
- Notre pays a été tout particulièrement épargné jusqu’ici, mais ne va-t-il pas perdre son immunité? Le D‘ Netter, médecin de l’hôpital Trousseau, qui suit très attentivement l’évolution de la méningite épidémique en France, a relevé à Paris et dans la banlieue : 3 cas en 1905, 4 en 1907, 8 du 1er février au 30 novembre 1908 et 17 du 11 décembre 1908 au 11 mars 1909; d’autre
- 1 Nous rappelons que le cerveau enfermé dans la cavité crânienne, et la moelle épinière dans la cavité rachidienne sont, l’un et l’autre, enveloppés de trois membranes superposées ou méninges : la pie-mère, l'arachnoïde et la dure-mère ; puis qu’entre la pic-mère et l’arachnoïde se trouve une mince couche de liquide, dit liquide céphalo-rachidien.
- part l’on comptait tout récemment 23 malades à Évreux en quelques jours.
- La méningite cérébro-spinale épidémique et la clinique. — La maladie sévit de préférence aux mois d’avril et de mai ; elle s’attaque surtout aux enfants et aux sujets jeunes, tels que les soldats. En général, les individus sont frappés très subitement : rien ne permet de soupçonner une altération de leur santé, quand tout à coup ils sont pris de vomissements et de violents maux de tète ; leur température monte à 40-41°, et la région de la moelle épinière devient le siège de vives douleurs, tandis qu’une raideur très prononcée paraît dans la nuque; ce dernier symptôme est si caractéristique qu’il a valu en Allemagne son nom à la maladie (Genickslarre).
- L’évolution peut être extrêmement rapide : témoin quelques cas foudroyants que le Dr Dopter vient d’observer en France ; des malades sont morts en 20, en 9 et même en 5 heures. Ordinairement l’affection dure plusieurs jours, souvent aussi des semaines, Voire des mois.
- Le pronostic? H est très sombre. La méningite épidémique est une des maladies les plus sévères que nous connaissions. L’épidémie, qui sévit en Pi’usse depuis quelques années, a tué 68,7 pour 100 des malades en 1905, 44,5 pour 100 en 1906 et 44,9 pour 100 en 1907. En comparant toutes les statistiques, on constate que la mortalité est variable, mais se tient le plus souvent entre 60 et 80 pour 100.
- La méningite cérébro-spinale épidémique n’est pas seulement épidémique, elle est certainement contagieuse. En voici une preuve : dans un seul quartier de Saint-Denis, le Dr Netter vient d’observer 11 cas de l’affection : 6 des enfants atteints fréquentaient la même école, dans laquelle allait aussi chaque jour le frère de l’un des 5 autres malades ; enfin deux de ces derniers, plus jeunes, étaient en contact journalier avec ces écoliers. Le mécanisme de la contagion a été révélé par l’étude microbienne de la maladie.
- La méningite cérébro-spinale épidémique et la bactériologie. — La méningite épidémique a trop nettement les allures d’une maladie microbienne pour ne pas avoir attiré depuis longtemps l’attention des bactériologistes. Le microbe a été cherché au voisinage de l’organe
- p.287 - vue 291/647
-
-
-
- 288
- LA MENINGITE CEREBRO-SPINALE EPIDEMIQUE
- CS m
- e î* * 88
- O 8 8
- % ufA» # * 8 ÎÎ^O ««y» c
- 88* • * « «r u • m «» 88 «
- ft
- *
- se
- *
- malade, c’est-à-dire des méninges — chez les individus atteints ; un exsudât purulent recouvre de place en place la pie-mère et le liquide céphalo-rachidien est lui-même plus ou moins purulent.
- En 1887, un médecin allemand, le l)r Weichselhaum, remarqua dans ce pus et ce liquide recueillis aux cours d’autopsies, la présence constante d’un microbe particulier ; ce microbe avait la forme de petits grains ou coccus, aplatis sur une de leurs faces comme des grains de café (v. fig.) ; ces coccus étaient réunis 2 par 2 en diplocoques ou 4 par -4 en tétrades et se trouvaient surtout à l’intérieur des globules de pus. A ce microbe, Weichselhaum donna le nom de méningocoque.
- Le méningocoque est-il le microrganisme qui cause la méningite cérébro-spinale épidémique? On se le demanda longtemps car, inoculé aux animaux, il ne leur donnait point de méningite. Aujourd’hui, l’on est fixé : le microbe de Weichselhaum, introduit dans la cavité rachidienne du singe, y produit des lésions identiques à celles que l’on rencontre dans les méningites cérébro-spinales typiques.
- La connaissance du microbe spécifique et de ses propriétés a rendu les plus grands services : elle a appris aux médecins à distinguer dans les cas douteux la méningite épidémique des autres inflammations des méninges, à comprendre l’étiologie de la maladie, donc à s’opposer à son extension, enfin à la guérir.
- Voici un individu atteint d’une méningite, s’agit-il d’une méningite épidémique ou non? Le diagnostic est indispensable; si une contagion est à redouter certaines mesures prophylactiques s’imposent. L’examen du liquide céphalorachidien du malade permet de lever le doute. On enfonce la pointe d’un trocart entre deux vertèbres de la région lombaire, le liquide s’écoule : on cherche à l’aide du microscope s’il contient des microbes ressemblant à ceux de Weichselhaum, puis on en sème quelques gouttes dans un milieu nutritif convenablement choisi, pour tenter de faire pulluler ces micro-organismes si tant est qu’ils soient présents. Se trouve-t-on en face de microbes rappelant les méningocoques, on s’assure qu’ils en ont toutes les propi’iétés. Point d’hésitation alors sur la vraie nature de l'affection.
- Comment prend-on la méningite épidémique? 11 existe fréquemment chez les malades une inflammation des fosses nasales et de l’arrière-gorge et des études bactériologiques ont révélé la présence du méningocoque dans ces cavité enflammées. Partant on se devait demander si les portes d’entrée de l’infection n’étaient pas les narines, et la bouche, et si la méningite ne résultait pas de la propagation du mal naso-pharyngien aux méninges. Or en examinant systématiquement les fosses nasales et le pharynx des parents des malades, on reconnut qu’à l’acmé de l’épidémie un très grand nombre, 50 pour 100 parfois, hébergent le méningocoque, autre-
- SS***»
- sc
- 88
- ment dit sont porteurs de germes. Comme bien on pense, tous ceux dont les fosses nasales donnent asile au microbe de Weichselhaum n’auront pas une méningite, ils sont seulement candidats à la maladie; d’après ce que l’on sait un dixième environ sera atteint. De là ces conséquences pratiques : il faut isoler rigoureusement les malades et appliquer autour d’eux toutes les mesures de désinfection prescrites contre les maladies contagieuses; iTfaut aussi dépister les porteurs de germes pour désinfecter soigneusement leurs fosses nasales et leur pharynx; en empêchant le microbe de prendre pied dans l’organisme sain, on lui interdit l’accès des méninges.
- La méningite cérébro-spinale épidémique est une affection microbienne, il était donc tout indiqué de chercher à la guérir comme d’autres affections microbiennes — telle la diphtérie — par des injections de sérum puisé chez des animaux vaccinés contre elle. Des chevaux reçurent à maintes reprises sous la peau et dans les veines des cultures de méningocoque et acquirent ainsi une solide immunité contre lui ; il
- * leur fut fait alors une prise de sang, dont le sérum
- S® fut inoculé sous la peau des malades. Cette thérapeu-^ * tique n’eut aucun résultat;
- 8 les injections n’amenaient
- pas d’amélioration. Mais, se dit-on un jour, les microbes S qui causent les accidents se
- * tiennent presque exclusive-
- • Cç ment au voisinage des mé-
- ninges (ils sont très rare-
- # ment dans le sang), pourquoi ne pas inoculer le
- •»-
- «
- .S» es
- Le Méningocoque de Weichselbaum. (Microbe de la méningite cérébro-spinale.)
- sérum dans cette région? On retira à des malades par ponction lombaire, quelques centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien et on injecta en leur lieu et place du sérum antiméningococcique. Le succès répon-dit aux espérances, les guérisons furent nombreuses.
- A l’heure actuelle, le sérum est préparé à l’Institut Pasteur de Paris par le Dr Dopter; en Allemagne par MM. Kolle et Wassermann, Jochman, Ruppel; à New-York par M. Flexner; à Vienne par M. Markl; et son pouvoir curatif est indiscutable. En Amérique, par exemple, sur 100 individus traités par lui 25 périrent, tandis que sur 100 non traités, il en mourut 73. L’année dernière, son emploi a fait tomber en Allemagne la mortalité de 60 pour 100 à 16,75 pour 100. A Évreux, les 5 premiers malades ne purent recevoir de sérum, tous sont morts, des 18 autres qui furent traités 16 survécurent. . !-'
- Le sérum abrège la durée de la méningite et les individus se rétablissent sans conserver d’infirmités définitives, tares des organes de la vue, de l’ouïe, affaiblissement de l’intelligence, etc..., comme cela a lieu si souvent quand la maladie est abandonnée à elle-même.
- Il semble que si la méningite cérébro-spinale épidémique menaçait d’envahir la France nous serions bien armés pour arrêter sa marche. Dr P. G.. Charpentier.'
- Le Gérant ; P. Masson. — Imprimerie Lahbre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
- p.288 - vue 292/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1872.
- 10 AVRIL 1909.
- LA DISPERSION DES BROUILLARDS
- Le brouillard est l’auteur d’innombrables méfaits : faut-il rappeler en mer les terribles abordages dont il est cause, les naufrages dont il est responsable;
- Fig. i. — La villa en temps ordinaire.
- même à l’accostage, lorsque le navire, après avoir échappé à tous les dangers de la haute mer, entre au port, il lui arrive souvent, aveuglé par le brouillard, de se heurter violemment aux murs de quai qu’il ne voit point. Et ce choc ne va jamais sans sérieux dommages. Sur terre, le brouillard a provoqué nombre d’accidents de chemins de fer, en cachant au mécanicien le signal qui doit l’arrêter au moment périlleux. Dans certaines régions industrielles, il règne presque en permanence et condamne les habitants à une semi-obscurité, non seulement désagréable, mais contraire à une saine hygiène. On sait, en effet, quelle précieuse action exerce sur la santé la lumière solaire, et notamment ses rayons violets et ultraviolets, doués de propriétés antiseptiques, mais qui précisément sont absorbés par les particules liquides du brouillard.
- La Nature a exposé récemment comment les cloches sous-marines, la télégraphie sans fil pouvaient en mer lutter contre les dangers du brouillard; il est fort beau déjà de donner à l’aveugle, en compensation de son infirmité, une délicatesse, extrême de l’ouïe qui lui permet de pressentir les obstacles distants de plusieurs kilomètres, et de les éviter : il serait mieux encore de lui rendre la vue.
- 37e année. — 1er semestre.
- Tel est le but que se sont proposé deux chercheurs, Sir 0. Lodge en Angleterre, M. Dibos en France. . Des expériences de l’éminent savant anglais, nous ne dirons aujourd’hui que quelques mots; elles comportent l’emploi des ondes hertziennes; et M. Lodge est parvenu à réaliser autour de son poste émetteur des éclaircies d’une centaine de mètres. Il poursuit actuellement ses travaux en cherchant à créer des postes à très haute tension, et il ne veut point rendre publiques ses études, avant d’être parvenu à des résultats scientifiquement certains.
- M. Dibos a expérimenté, comme M. Lodge, l’effet des ondes hertziennes, et en outre l’action de projection d’air chaud et de gaz brûlants. Il a obtenu des résultats, dès maintenant, fort intéressants.
- Avant de les expo-
- Fig. 2. — IJ effet des ondes hertziennes sur le brouillard, la villa se dégage progressivement.
- ser, une courte digression sur la théorie des brouillards, ne sera pas inutile.
- Qu’est-ce que le brouillard ? Un amas de fines gouttelettes d’eau condensée et restant en suspension dans l’air grâce à leur ténuité. Rien de plus simple au premier abord et l’origine du brouillard semble s’expliquer très aisément.
- ÜIB!
- Fig. 3. — Après Varrêt des émissions hertziennes le brouillard enveloppe à nouveau la villa.
- L’atmosphère contient de la vapeur d’eau. Un refroidissement brusque l’amène à l’état de saturation; elle se liquéfie et se résoud en une multitude de
- 19. — 289
- p.289 - vue 293/647
-
-
-
- 290 LA DISPERSION
- fines gouttelettes. En réalité, le phénomène de la formation des brouillards est beaucoup plus complexe. Lorsqu’on étudie à fond la question de l’évaporation des gouttelettes d’eau, à l’aide des ressources de l’analyse mathématique, comme l’a fait l’illustre Lord Kelvin, on constate que plus le rayon de la goutte est faible, plus la tension d’évaporation de l’eau qu’elle contient est considérable. Pour un rayon très petit, cette tension devient infinie. Autrement dit, la théorie interdit aux gouttelettes très fines d’exister, à plus forte raison de se former, puisqu’il faudrait qu’elles commencent par un rayon presque nul, pour s’accroître progressivement.
- Néanmoins les gouttelettes existent, chaque jour de brouillard nous en donne la preuve. Comment concilier leur présence, avec la certitude absolue des déductions de Lord Kelvin? La condensation de l’eau, impossible spontanément, peut se produire au contraire au contact d’un corps étranger d’un rayon de courbure assez grand ; c’est ce qui se passe au contact des parois des récipients dans les expériences de laboratoire.
- Dans la nature, le rôle de ces parois est tenu par les innombrables particules solides de toutes sortes que l’atmosphère tient partout en suspension.
- Le physicien écossais Aitken, un des premiers, a montré l’importance capitale de ces particules dans la formation des brouillards ; sans elles, dit-il, il n’y aurait ni nuages, ni brouillards. La vapeur d’eau en excès, sursaturant l’air, se déposerait à même le sol, ou se fondrait dans la mer. Les pluies disparaîtraient, la rosée seule subsisterait. Le régime hydraulique du monde serait modifié.
- Tout ceci explique fort bien pourquoi les régions industrielles sont les régions de prédilection des brouillards. Autour des torrents de fumée que leurs usines déversent dans l’atmosphère s’exerce une condensation perpétuelle qui accumule, au-dessus de ces malheureux pays, l’épais écran des buées noires.
- La mer est naturellement un grand producteur de brouillards qui peuvent être provoqués par les poussières minérales et organiques que les vents transportent au loin et que l’on retrouve à d’incroyables distances au large; peut-être aussi par d’autres causes encore mal définies.
- Bref, on voit déjà qu’un des moyens de lutter
- DES BROUILLARDS :......... r=~........... , :
- contre le brouillard, sur terre ferme, tout au moins, serait de faire disparaître les fumées industrielles. G’est le rôle des loyers perfectionnés qu’emploient les grandes usines, c’est le rôle aussi du chauffage au gaz ou à l’électricité, qui ne dégagent aucune fumée, alors que les foyers grossiers en usage dans les maisons privées, en rejettent d’énormes quantités.
- Un autre moyen, plus immédiat, serait de détruire par un procédé quelconque l’équilibre des gouttelettes et des particules solides, de les détacher en quelque sorte les unes des autres et de forcer ainsi l’eau condensée à retourner instantanément à l’état de vapeur transparente.
- C’est là ce que tente M. Dibos. Ses premières expériences ont été provoquées par une observation fortuite. Un jour de brume opaque, il se promenait sur le pont d’un vapeur, voguant vers Calais; il constata que dans le prolongement de la manche à vent des chaufferies, une éclaircie s’était faite sur une certaine longueur. L’air chaud avait dissipé le brouillard sur une étendue de 50 m. environ. M. Dibos fut ainsi amené à expérimenter un projecteur d’air chaud, à échappement tronconi-que.
- La figure 4 montre cet appareil formé d’un récipient intérieur où de l’air comprimé à 4 kg est réchauffé par la vapeur circulant entre ce récipient et l’enceinte extérieure qui l’enferme.
- M. Dibos obtint ainsi une éclaircie de 200 m. de profondeur. Il voulut faire mieux et songea alors à expérimenter l’effet des ondes hertziennes.
- Sur le toit de la villa Excelsior à Wimereux, à 50 m. environ au-dessus du niveau de la mer, il installa un dispositif émetteur d’ondes, muni d’une antenne, maintenue à 10 m. au-dessus du toit. Cette antenne portait un râteau diffuseur à pointes métalliques de cuivre. La tension électrique réalisée à l’extrémité de l’antenne était de 140000 volts.
- Dans ces conditions, par un brouillard épais, limitant la vue à 1,50 m. ou 2 m., M. Dibos obtint des zones d’éclaircie de 100 à 120 m. autour de sa villa. Les photographies de la page 289 montrent très nettement les volutes de brouillard s’écartant progressivement de la villa. Lorsque le poste cesse de fonctionner, le brouillard se reforme. Les repères A, B, C permettent de se rendre compte de sa marche dans les différents cas.
- Est-ce aux ondes hertziennes qu’il faut attribuer
- Echappement
- Fig. 4. — Appareil à projection de vapeur pour disperser le brouillard.
- p.290 - vue 294/647
-
-
-
- - CHRONIQUE =—--------—____ -= 291
- cet effet, ou aux minuscules particules électriques, aux ions qui s’échappent en torrents des points de l’antenne? Il serait peut-être téméraire d’en décideV dès maintenant.
- M. Dibos a poursuivi ensuite ces expériences en combinant les elïêts électriques et les effets calorifiques, en employant notamment un chalumeau oxy-acétylénique qui projette dans l’atmosphère un jet puissant de gaz à haute température. Des essais dans ce sens ont été effectués à la gare du Nord dont l’issue est si souvent noyée dans des brumes épaisses que le vent du Nord y accumule.
- Ces tentatives ont donné des résultats intéressants, mais pas encore assez probants pour justifier l’installation de postes disperseurs au voisinage des signaux de chemins de fer.
- Plus tard, le 25 et le 20 décembre 1908, M. Dibos reprenait ses expériences à Wimereux avec des appareils modiliés, en faisant intervenir des ondes
- hertziennes, émises « par courant secondaire à un potentiel de 580000 à 400000 volts ». Un peu au-dessus de l’antenne circulaire de diffusion électrique, il avait disposé une couronne métallique de plus petit diamètre supportant 4 buses de chalumeaux oxyhydriques (type à soudure autogène), tangentes, orientées suivant les 4 points cardinaux, et reliées par leurs tubes en caoutchouc à un collecteur alimenté par un poste de bouteilles d’oxygène et d’hydrogène comprimés. Les 4 chalumeaux allumés développaient une température de 2000° environ. M. Dibos obtint ainsi des éclaircies de 150, 160 et 170 m. pendant 115 minutes environ.
- Ce sont là des résultats des plus intéressants ; ils prouvent que la voie où s’est engagée M. Dibos peut conduire au succès.
- Ses efforts, méthodiques, désintéressés et éminemment philanthropiques méritent d’être hautement encouragés. À. Troller.
- CHRONIQUE
- L’azoture d’aluminium, nouvel engrais artificiel azoté. — Le l)r Serpek, de Vienne, vient de réaliser industriellement la production de Yazolure d’aluminium. Ce corps, connu depuis longtemps, était resté à l’état de curiosité de laboratoire. Mais, fabriqué économiquement, il peut, par ses remarquables propriétés, rendre de grands services, notamment à l’agriculture. Traité par l’eau sous pression, il dégage de l’ammoniac pur; et fournit un procédé élégant pour la fabrication synthétique de ce gaz. L’azoture d’aluminium peut servir directement comme engrais, car dans le sol, sous l’influence de l’eau et de l’oxygène de l’air, il se transforme en nitrates, et en alumine.
- 11 y a longtemps que l’on avait réalisé la production de l’azoture d’aluminium par passage d’un courant d’azote pur sur de la poudre d’aluminium pure chauffée à 700° dans un four électrique. Mais il fallait des produits absolument purs, et cette condition fort onéreuse suffisait à empêcher ce procédé d’entrer dans la voie industrielle.
- Le Dr Serpek a tourné la difficulté en passant par l’intermédiaire du carbure d’aluminium ; celui-ci s’obtient sous forme de cristaux jaunes en chauffant au four électrique un mélange d’alumine et de charbon. Ce produit, chauffé et traité par l’azote, donne de l’azoture d’aluminium.
- M. Serpek a réussi à réduire à une seule les diverses phases de l’opération en faisant agir directement l’azote sur le mélange d’alumine et de charbon à une température relativement basse. Sa méthode présente, en outre, le grand avantage de ne pas exiger l’emploi d’azote presque pur. On utilise du gaz de générateur, c’est-à-dire un gaz pauvre, obtenu en faisant passer de l’air sur du coke incandescent; sa composition est de 25 pour 100 d’oxyde de carbone, 77 pour 100 d’azote et un peu d’acide carbonique.
- D’après un rapport de M. Bronnert à la Société industrielle de Mulhouse, la consommation d’énergie électrique nécessaire pour fixer 1 kg d’azote, est d’environ la moitié de celle nécessaire pour la cyanamide de calcium.
- On sait toute l’importance qu’a prise, depuis quelques années, l’industrie des produits azotés artificiels. Des
- usines immenses s’installent en Norvège, en Italie, dans les Alpes. Le procédé de M. Serpek, s’il réalise toutes les espérances qu’il laisse concevoir en ce moment, apportera à cette industrie, qui semble souffrir d’une crise de croissance trop rapide, un précieux élément de prospérité.
- Téléphonie primitive. — Le problème de la communication à longue distance des nouvelles intéressantes s’est posé de bonne heure à l’homme, même dans les tribus encore barbares, et, en dehors des exemples bien connus de l’antiquité classique, on a souvent noté d’ingénieux moyens de le résoudre, signaux optiques, signaux acoustiques. M. C. C. Eberhardt décrit, dans la récente Quaterly Issue de la Smithsonian Institution (Smilhs. Miscell. Coll. Quart. Iss., vol. V, pt 2, p. 269), le procédé acoustique employé par certaines tribus péruviennes, habitant en pays de plaines à forêts denses, et ne pouvant par conséquent recourir aux signaux par le feu, qui sont le plus fréquents chez les Indiens de l’Amérique du Nord. L’appareil employé (nommé le plus souvent manguaré) consiste essentiellement en deux longs soliveaux, percés chacun de deux trous larges, situés vers l’extrémité, et reliés par une fente' étroite et longue. Ces deux pièces, de longueurs inégales et d’épaisseur variant suivant les points, sont suspendues parallèlement, soit à une branche d’arbre, soit à une potence faite exprès. L’emploi en est confié à un spécialiste qui les fait résonner en les frappant au moyen d’un petit bâtonnet court, terminé par une assez forte boule de caoutchouc grossier. L’ensemble des deux soliveaux donne huit notes, dont les combinaisons variées constituent un langage musical conventionnel, susceptible d’être entendu à longue distance, et transmissible à nouveau par un autre manguaré. M. Eberhardt dit avoir assisté par ce procédé, et sans intermédiaire, à la transmission d’un message à une distance de 15 milles, soit près de 25 km. C’est un procédé comparable au fameux langage tambouriné des nègres bantous, chez qui, d’après M. Deniker, la combinaison des sons arrive à établir un véritable vocabulaire, de 200 à 300 mots, assez compliqué et difficile à apprendre.
- p.291 - vue 295/647
-
-
-
- 292
- LES LOCOMOTIVES COMPOUND ET A VAPEUR SURCHAUFFÉE
- Locomotives à vapeur surchauffée. — Dans un précédent article1 nous avons parlé de l’application du fonctionnement compound aux locomotives, indiqué ses avantages et montré le développement considérable de ce mode de fonctionnement dans l’Europe Continentale depuis quelques années. Dans ce second article nous nous occuperons de l’emploi de la vapeur surchauffée dans les locomotives. Appliquée, pour la première fois, en 1897, à quelques locomotives allemandes et dont un exemplaire figurait à l’Exposition de 1900, ce mode de fonctionnement a, dans ces dernières années, pris une extension considérable qui semble n’être qu’à ses débuts.
- Mais, avant de décrire le mode d’emploi de cette vapeur surchauffée dans les locomotives et d’indiquer les résultats obtenus, il nous semble néces-
- celui-ci, arrivé à fond de course, va reprendre sa marche directe, on introduit derrière lui de la vapeur surchauffée, celle-ci se trouvant en contact avec les surfaces refroidies du cylindre, aura sa température simplement abaissée mais sans condensation sur les parois du cylindre. La seule condition est que la quantité de chaleur fournie à la vapeur pendant la surchauffe soit suffisante pour que l’ah-sorption de chaleur provenant des parois du cylindre n’amène pas cette vapeur à une température inférieure à celle de son point de saturation. La course complète du piston pourra alors s’accomplir sans condensations initiales. Pour obtenir ce résultat une température de surchauffe de 500 à 350° paraît nécessaire. C’est, du reste, la température de surchauffe admise pour la généralité des locomotives à vapeur surchauffée, en service.
- Fig. i. — Locomotive des chemins de fer de l’État Italien munie du surchauffeur Schmidt.
- saire de dire quelques mots de la vapeur surchauffée et des avantages qu’elle procure.
- Lorsque, par une cause quelconque, la température de la vapeur saturée s’abaisse, une partie de celle-ci, comme nous l’avons montré dans l’article précédent, se condense et retourne à l’état liquide. De là, comme nous l’avons dit, l’origine des condensations initiales dans les cylindres. Mais, si, avant son introduction dans le cylindre, on chauffe cette vapeur en maintenant sa pression constante, et égale à celle de la vapeur saturée, on obtient un nouveau fluide jouissant des propriétés d’un gaz. Si, par une cause quelconque, la température de cette vapeur surchauffée se trouve abaissée entre celle de la surchauffé et celle de son point de saturation, aucune condensation de vapeur ne se produira, contrairement à ce qui se produit avec la vapeur saturée. Il y aura simplement abaissement de température et diminution de volume de la vapeur. Pendant la cause rétrograde du piston, les parois du cylindre s’étant refroidis, si, au moment où 1 Yoy. La Nature du 13 mars 1909.
- De plus, par suite de la très grande fluidité de la vapeur surchauffée et de sa moindre résistance au passage des lumières établissant la communication de la boîte à vapeur avec les cylindres, les pertes de pression dues au laminage de la vapeur se trouvent notablement réduites.
- Un autre avantage de la vapeur surchauffée est dû à son accroissement de volume. Ceci nécessite quelques explications. Le volume occupé par un kilogramme de vapeur surchauffée est, par suite de cette surchauffe, plus grand que le volume occupé par ce même kilogramme de vapeur à l’état de saturation et à la même pression. Comme conséquence, le poids d’un mètre cube de vapeur surchauffée est moindre que le poids de ce même mètre cube de vapeur saturée et à la même pression. Cette diminution de poids est d’autant plus grande que la température de surchauffe est plus élevée.
- Ainsi, pour une pression effective de 12 kg, le volume occupé par 1 kg de vapeur à l’état de saturation est de 0 m3199 et le poids du mètre cube de vapeur de 6,50 kg, tandis que, à une tempéra-
- p.292 - vue 296/647
-
-
-
- LOCOMOTIVES COMPOUND ET A VAPEUR SURCHAUFFEE = 293
- ture de surchauffe de 350° le volume occupé par 1 kg de vapeur est porté à 0 m3 216 et le poids du mètre cube de vapeur est réduit à 4,60 kg.
- Admettons, maintenant, deux locomotives de mômes dimensions, l’une à vapeur saturée, l’autre à vapeur surchauffée. Pour une même pression de vapeur (12 kg) dans les deux machines, un même degré d’admission dans les cylindres et une même vitesse, on sait que un mètre cube de vapeur saturée fera le même travail que ce même mètre cube de vapeur surchauffée. Mais, pour obtenir ce mètre cube de vapeur il faudra, dans le premier cas, vaporiser dans la chaudière 6,50 kg d’eau, et, dans le second cas, avec une température de surchauffe de 350°, seulement 4,60 kg d’eau. D’où économie d’eau et, par suite, de charbon et, comme conséquence, augmentation de puissance de la locomotive à vapeur surchauffée.
- De cette propriété découle un troisième avantage non moins important. Le travail de la vapeur dans les cylindres dépend, comme on sait, du volume de vapeur fournie et de la pression de cette vapeur. Or le volume de la vapeur surchauffée fourni par la chaudière se trouvant augmenté par l’effet de la surchauffe, on pourra diminuer la pression de celle-ci et, par suite, diminuer dans une certaine mesure le timbre de la chaudière, tout en permettant à cette vapeur de produire encore un travail supérieur à celui qu’elle donne à l’état de saturation.
- Mais, d’un autre côté, comme avec la même vitesse et, par suite, avec le même nombre de coups de piston dans un même temps, la locomotive à vapeur surchauffée aura à dépenser un plus grand volume de vapeur, il faudra, pour rester dans les limites fixées par l’expérience comme les plus économiques pour le degré d’admission dans les cylindres, accroître le volume de ceux-ci en augmentant leur diamètre. L’expérience a démontré que ce diamètre devait être d’environ 20 pour 100 plus grand que celui des locomotives à vapeur saturée.
- En résumé, l’emploi de la vapeur surchauffée, à la condition que celle-ci soit portée à une température de 330 à 350°, présente les avantages suivants :
- Elle supprime pour ainsi dire totalement les condensations initiales si préjudiciables au rendement économique des locomotives à vapeur saturée et
- simple expansion et que le fonctionnement com-pound, tout en les réduisant dans une notable proportion, n’arrive pas à supprimer complètement.
- De ce fait, joint à celui provenant de l’augmentation de volume de la vapeur surchauffée, résulte, pour la locomotive fonctionnant avec cette vapeur, une notable économie de charbon et d’eau et, comme conséquence, un accroissement notable de puissance. Si l’on compare une locomotive à vapeur saturée avec une locomotive à vapeur surchauffée, fonctionnant toutes les deux à simple expansion, l’économie de charbon, pour la seconde, peut être estimée à 25 pour 100 et l’économie d’eau à 30 pour 100. Quant à l’augmentation de puissance elle sera du même ordre que l’économie d’eau, c’est-à-dire de 30 pour 100.
- Elle permet également d’abaisser le timbre de la chaudière, sans aucune perte de rendement, et de réduire ainsi à 12 kg les pressions de 15 à 16 kg
- généralement admises actuellement pour les compound, pressions qui ne sont pas sans entraîner des dépenses d’entretien considérables des chaudières.
- Ces avantages qui sont, comme on le voit, du même ordre que ceux qu’on obtient avec le fo n et ionn e m ent compound, quoique, cependant supérieurs, sont connus depuis longtemps. On admet généralement que, c’est au savant ingénieur alsacien Ilirn qu’est due l’introduction de la vapeur surchauffée dans les machines à vapeur. Comme le montre M. Mallet dans son intéressant ouvrage sur Y Évolution pratique de la Machine à vapeur, il y a dans cette opinion quelque exagération. Ilirn a été le premier à faire des expériences scientifiques sur la vapeur surchauffée, à montrer les causes réelles de l’économie ainsi obtenue et, peut-être aussi, a été le premier à faire un surchauffeur pour machines fixes ayant donné des résultats pratiques. Mais l’idée d’employer la vapeur surchauffée est bien antérieure à Ilirn et il semblerait que ce fût Philippe le Bon, ingénieur des Ponts et Chaussées, qui, le premier, vers 1790, aurait donné des indications très nettes sur la surchauffe de la vapeur et du but en vue duquel cette surchauffe est opérée. Du reste, antérieurement aux expériences si intéressantes de Ilirn, des applications de la vapeur surchauffée avaient été faites tant en Europe qu’aux États-Unis.
- Fig. 2. — Surchauffeur Schmidt.
- p.293 - vue 297/647
-
-
-
- 294 ... LOCOMOTIVES COMPOUND ET A VAPEUR SURCHAUFFEE
- Ces principes posés, nous nous occuperons "des appareils destinés à la production de la vapeur surchauffée dans les locomotives, de leur mode de fonctionnement ainsi que des résultats obtenus en service.
- Surchauffeurs. — Différents types de surchauffeurs ont été employés dans ces derniers temps. Mais, sauf le surchauffeur Pielock dont l’emploi ne semble pas se développer, ils ne diffèrent que par des détails de ceux étudiés par M. Wilhelm Schmidt, le promoteur de la vapeur surchauffée appliquée aux locomotives.
- Les surchauffèurs pour locomotives sont de deux types. L’un, le plus ancien, est placé dans la boite à fumée. Nous l’avons décrit dans le n° 15-41 de La Nature du 6 nov. 1902.
- L’autre est placé dans les tubes à fumée. C’est le type aujourd’hui le plus répandu et que nous décrirons plus spécialement.
- Comme le montre la figure 2 et la figure 1 qui est la coupe longitudinale d’une locomotive de l’État Italien avec surchauffeur à tubes à fumée Schmidt, un certain nombre de tubes à fumée ordinaires de la partie supérieure de la chaudière sont remplacés par trois rangées de gros tubes de 125 mm de diamètre intérieur et retreints du côté de la plaque de foyer de manière à n’avoir plus qu’un diamètre de 65 mm. A l’intérieur de chacun de ces tubes se trouvent deux tubes en U en acier étiré sans soudure de 28 mm de diamètre intérieur et de 36 mm de diamètre extérieur. Leur coude, du côté du foyer, formé de boîtes en acier de 15 mm d’épaisseur à l’endroit où ceux-ci reçoivent l’action directe des gaz chauds, se trouvent à une distance de 700 mm environ de la plaque tubulaire. Du côté de la boîte à fumée le coude cintré qui réunit les deux portions du tube formant les branches horizontales supérieures de l’élément, est évasé de manière à faciliter l’écoulement des gaz chauds par les tubes à fumée. Dans cette boîte à fumée les extrémités des tubes sont fixées par des brides à la partie inférieure d’une chambre cloisonnée située près de la plaque tubulaire (fig. 1).
- Les quatre tubes jumelés, qui forment un élément dans chacun des gros tubes à fumée, établissent ainsi un circuit continu. La vapeur saturée venant de la chaudière circule d’abord dans l’un des tubes inférieurs, puis, par le coude, arrive dans l’un des tubes supérieurs, puis dans l’autre par le coude qui les réunit à l’avant pour revenir par le second tube inférieur au collecteur d’où elle se rend aux boîtes à vapeur des cylindres.
- Quant aux gaz chauds destinés à la surchauffe de la vapeur ils passent par les gros tubes et débouchent dans la boîte à fumée dans une chambre formant étouffoir (fig. 1) fermée par des volets à charnière permettant l’obturation complète ou partielle des gros tubes et, par suite, le réglage de la circulation des produits de la combustion et, comme conséquence, de la surchauffe de la vapeur. A l’état nor-
- mal ces volets sont complètement ouverts lorsque le régulateur de prise de vapeur est lui-même ouvert et fermés lorsque celui-ci est fermé. Ce mouvement est obtenu automatiquement au moyen d’un petit cylindre à vapeur mis en communication avec le tuyau de prise de vapeur en aval du régulateur.
- Tel est le surchauffeur Schmidt dans les tubes à fumée, qui, comme nous l’avons dit plus haut, est celui le plus répandu actuellement. Avant d’indiquer son mode de fonctionnement et les résultats pratiques obtenus, il nous paraît utile de rappeler un fait qui, au point de vue historique, n’est pas sans importance. M. Mallet dans son ouvrage sur l’évolution pratique de la machine à vapeur, la Revue générale des Chemins de fer dans son numéro de novembre 1907 et M. Godfernaux dans un article publié dans la Revue Scientifique du 11 juin 1908, ont cité un brevet pris en 18-49 par MM. Quillac et Moncheuil, brevet dans lequel ces Ingénieurs, après avoir rappelé les principaux avantages de- la vapeur surchauffée, proposent pour les locomotives l’emploi de deux types de surchauffeurs dont l’un n’est autre que celui employé à l’heurç actuelle par M. Schmidt et que nous venons de décrire. Ce serait donc à deux ingénieurs français que serait due l’idée du surchauffeur pour locomotives qu’on considère aujourd’hui comme le meilleur, c’est-à-dire six ans avant les travaux de Ilirn et cinquante ans avant l’application de ce même système par Schmidt.
- Fonctionnement du surchauffeur et du mécanisme moteur. — La mise en pression de la chaudière se fait comme à l’ordinaire par les tubes à fumée inférieurs, en ayant soin de fermer les volets de l’étoulfoir, afin d’éviter le contact des gaz de la combustion avec les tubes surchauffeurs. Chose à remarquer cette mise en pression se fait sans augmentation sensible de temps, si on la compare avec la mise en pression d’une locomotive ordinaire sans surchauffeur.
- Lorsque la pression du timbre est atteinte, la température dans les tubes surchauffeurs n’est pas sensiblement supérieure à celle de la vapeur saturée. Mais, au moment du départ, lorsque le régulateur est ouvert, la température dans le surchauffeur monte rapidement. Au bout de dix à quinze minutes elle atteint 325° et cette température se maintient alors constante pendant toute la durée de la marche. Mais, au moment des arrêts et si leur durée dépasse trois à quatre minutes, la température de la vapeur surchauffée s’abaissç rapidement et est ramenée vers 200°, c’est-à-dire à une température voisine de celle de la vapeui* saturée. C’est donc, comme le fait remarquer aveè juste raison, M. Maurice Demoulin dans son mémoire sur l’application de la vapeur surchauffée aux locomotives1, lorsque celle-ci travaille à pleine charge et sur des lignes parcourues sans arrêts que l’emploi de la surchauffe offre le plus d’avantage.
- 1 Revue générale des chemins de fer, octobre 1908.
- p.294 - vue 298/647
-
-
-
- LOCOMOTIVES COMPOUND ET A VAPEUR SURCHAUFFEE = 295
- Elle semble également trouver son application pour les trains de banlieue à arrêts fréquents mais de courte durée, la température de surchauffe ne subissant alors que de faibles variations. Au contraire, pour les trains de marchandises qui, dans la généralité des cas, ont des stationnements fréquents et de longue durée, l’emploi de la surchauffe ne paraît pas justifié. Il en serait de même sur les lignes à profils en dents de scie avec rampes et pentes de 10 à 12 mm. par mètre se succédant et où, pendant la moitié du parcours, la locomotive marche avec régulateur fermé et, par suite, avec un abaissement considérable de la température de surchauffé qu’on ne parvient à ramener au taux normal de 350° qu’après avoir atteint le sommet de la rampe, c’est-à-dire au moment où la descente d’une nouvelle pente la rendra inutile. En résumé, c’est sur des lignes à profil ne dépassant pas 4 à 5 mm. par mètre et parcourues par des trains lourds et arrêts peu fréquents que l’économie due à la surchauffe est la plus avantageuse.
- Il n’y a aucune remarque à faire sur la conduite du feu ni sur l’alimentation de la chaudière qui se font dans les mêmes conditions que pour les locomotives à vapeur saturée. Mais quelques remarques sont nécessaires en ce qui concerne la marche de l’appareil moteur. Tout d’abord, il est à remarquer que les tiroirs cylindriques sont seuls applicables avec la vapeur surchauffée. Or, par suite de la température élevée de celle-ci (350°), relativement à celle de l’échappement (100°), il existe entre les deux côtés du piston du tiroir cylindrique de distribution de la vapeur des différences de température pouvant atteindre plus de 200° et qui, par suite des dilatations inégales du métal, sont la cause de différences sensibles dans le diamètre des différentes parties de l’enveloppe ïnétallique du tiroir. Si donc, pour faire varier le travail de la machine, on change, comme avec la locomotive ordinaire, le cran de distribution, en modifiant ainsi la course du tiroir, le piston de celui-ci rencontrant une surface cylindrique dont le diamètre est sensiblement diminué, vient se coincer contre les parties plus froides et amène des grippages pouvant causer des avaries sérieuses. Toute modification de la course du tiroir doit donc être prohibée pendant la marche à régulateur ouvert et ce ne sera qu’après l’arrêt, lorsque la température de la surchauffe se sera abaissée, qu’il sera possible de donner au tiroir sa course maximum pour faciliter le démarrage du train au moment du départ.
- Avec les locomotives à vapeur surchauffée et simple expansion, on marche généralement pendant tout le parcours, avec une admission de 30 à 40 pour 100 et, pour faire varier le travail de la machine suivant l’effort à produire, on modifie la pression d’admission de la vapeur dans le cylindre, en réglant cette pression d’admission par une ouverture plus ou moins grande du régulateur de prise de vapeur. Cette pression d’admission dans les
- boîtes à vapeur varie, suivant le profil de la voie et la charge du train, pour une locomotive timbrée à 12 kg. entre 5 et 8 kg.
- Le fonctionnement de l’appareil moteur dans les locomotives à vapeur surchauffée exige donc certaines précautions et une grande attention de la part du mécanicien, sinon des avaries graves peuvent amener des détresses. Un graissage abondant est également nécessaire. La locomotive à vapeur surchauffée semble donc moins rustique que celle à vapeur saturée.
- Résultats obtenus en service. — Nous venons d’indiquer le mode de fonctionnement du surchauffeur et les précautions indispensables à prendre pour le bon fonctionnement de l’appareil moteur avec la vapeur surchauffée. Nous examineront maintenant les résultats obtenus en service, tant au point de vue de l’entretien des appareils de surchauffe que des économies résultant de cette surchauffe. Nous nous appuierons, pour cela, sur les expériences fort complètes et qui semblent mettre bien au point la question, faites par M. Maurice Demoulin sur des locomotives à vapeur surchauffée et simple expansion de l’Etat italien et sur une locomotive compound à quatre cylindres et vapeur surchauffée de l’ancienne compagnie de l'Ouest, expériences qu’il a consignées dans un mémoire publié dans la Revue générale des chemins de fer en octobre 1908.
- Les surfaces données au surchauflfeur relativement à la surface de chauffe totale de la chaudière (environ 1/4 de celle-ci) paraissent bien proportionnées pour obtenir aisément en marche normale une surchauffe de la Vapeur de 330 à 350°, température qu’il ne semble pas utile de dépasser et qui, d’après l’expérience, permet d’obtenir de la vapeur encore surchauffée à l’échappement du grand cylindre des locomotives compound.
- Les épaisseurs données aux tubes surchauffeurs paraissent suffisantes pour une longue durée de ces tubes. Toutefois, comme par suite de l’eau entraînée, il pourrait se produire à la longue à l’intérieur des tubes surchauffeurs des incrustations pouvant les obstruer (ce cas ne semble pas s’être produit en Allemagne) et que la visite intérieure de ces tubes est difficile, il paraîtrait désirable de trouver un dispositif permettant cette visite intérieure.
- Ces tubes surchauffeurs sont à libre dilatation dans les gros tubes à fumée et, par conséquent, ne produisent aucun effort anormal sur la chaudière. Mais, d’un autre côté, les gros tubes à fumée dans lesquels sont placés les tubes surchauffeurs offrent une plus grande raideur que les tubes ordinaires et on peut craindre qu’à la longue il se produise une fatigue des plaques tubulaires.
- En résumé, les surchauffeurs a tubes à fumée paraissent se bien comporter. Mais, cependant, la durée de leur service est encore trop courte pour se prononcer définitivement sur les dépenses d’entre-
- p.295 - vue 299/647
-
-
-
- 296 .; LOCOMOTIVES COMPOUND ET A VAPEUR SURCHAUFFÉE
- tien qu’ils peuvent nécessiter dans l’avenir. L’expérience seule en décidera.
- Nous ne reviendrons pas sur les précautions indispensables à prendre pour le bon fonctionnement de
- « Il paraît prouvé que des machines à deux cylindres et simple expansion, munies de surchauffeurs réellement efficaces, c’est-à-dire débitant normalement de la vapeur portée à la température de
- à 4 cylindres, pour trains rapides des chemins de fer de l’État Badois.
- l’appareil moteur, mais nous croyons utile de dire un mot d’une question fort importante. Tous les avantages de la vapeur surchauffée dont la fluidité est très grande, dépendent de l'étanchéité des tiroirs de distribution. Or, malgré toutes les précautions prises, il est presque impossible d’éviter les fuites avec les tiroirs cylindriques. Ce sera donc à un autre type de distribution qu’il faudra avoir recours si l’on veut réaliser cette étanchéité parfaite. Une distribution à soupape, analogue à la distribution Lentz, semble être celle qui paraît le mieux remplir ces conditions à l’heure actuelle.
- Quels sont, maintenant, les résultats économiques obtenus par l’emploi de la vapeur surchauffée, relativement à ceux obtenus avec le fonctionnement compound. De nombreuses expériences ont été faites à ce sujet dans ces derniers temps. Mais il
- 350 à 350°, peuvent être aussi économiques que des compounds utilisant de la vapeur saturée, ayant des chaudières timbrées à une pression supérieure de 4 kg (dépensant 20 à 25 pour 100 moins d’eau) et peuvent développer un travail plus grand de 20 pour 100 environ.
- « Il faut munir la machine compound de sur-chauffeurs pour que son rendement atteigne ou dépasse celui des précédentes. La compound à vapeur surchauffée restera alors plus économique en dernière analyse, simplement parce que la détente pourra y être plus poussée que dans la machine à simple expansion. »
- En fin de compte, il semble résulter de ces différents essais que si l’on veut obtenir une locomotive très puissante et ayant un grand rendement, c’est à l’addition de la surchauffe au compound qu’il
- Fig. 4. — Locomotive-tender à 5 essieux couplés, munie du surchauffeur Schmidt, à 2 cylindres et simple expansion, pourfâtrains de marchandises de la Cie d’Orléans.
- serait trop long, même de les résumer. Nous nous contenterons de citer les conclusions de M. Maurice Demoulin qui résument bien, à notre avis, les conclusions qu’on peut tirer de ces essais.
- faudra avoir recours. Si, de plus, à cette grande puissance, et à ce grand rendement on veut ajouter une grande stabilité de marche aux grandes vitesses, c’est à la locomotive compound à quatre cylindres
- p.296 - vue 300/647
-
-
-
- LOCOMOTIVES COMPOUND ET A VAPEUR SURCHAUFFEE 297
- avec addition du surchauffeur qu’il faudra avoir recours.
- Toutefois, nous devons rappeler ce que nous avons dit précédemment, à savoir que c’est sur des lignes à profil facile et avec des trains lourds et arrêts peu fréquents que la vapeur surchaulïée est réellement efficace.
- Développement de la locomotive à vapeur surchauffée. — Il existe actuellement, tant en Europe qu’aux États-Unis, plus de 3700 locomotives à vapeur surchauffée, fonctionnant soit par simple expansion, soit en compound.
- C’est l’Allemagne qui tient naturellement la tête delà liste avec plus de 2000 locomotives, la plupart à simple expansion. La figure 5 représente une locomotive du type « Pacific », munie du surchauffeur Schmidt, compound à quatre cylindres équilibrés et destinée à la traction des trains rapides de l’État Badois.
- Vient ensuite la Belgique où l’Etat Belge possède actuellement en service ou en construction 458 locomotives à vapeur surchauffée et simple expansion dont 40 à quatre cylindres égaux.
- 211 locomotives à vapeur surchauffée sont en service ou en construction sur les chemins de fer de l’Au triche-Hongrie. La figure 5 montre la locomotive à deux essieux couplés avec bogie à l’avant, munie du surchauffeur Schmidt, compound à deux cylindres, servant à la remorque des trains rapides de l’État Autrichien.
- L’Angleterre qui, pour différentes raisons, a été jusqu’ici rebelle à l’emploi du compound, semble entrer dans la même voie. 27 locomotives à vapeur surchauffée et simple expansion sont en service sur le Lancashire and Yorkshire Railway. La Compagnie du London Brighton en a dix également à simple expansion.
- En France, les Compagnies de chemins de fer ne sont pas non plus restées indifférentes à la vapeur surchauffée. La Compagnie du P.-L.-M. a en service ou en construction un certain nombre de locomotives de ce type, soit à simple expansion, soit compound à quatre cylindres équilibrés, pour trains rapides et de marchandises. La Compagnie d’Orléans possède 110 locomotives à vapeur surchauffée dont 90 compound à quatre cylindres.
- La Compagnie du Midi a également 15 de ces machines.
- Dans le même ordre d’idées, ces
- deux dernières Compagnies ont fait construire tout récemment une locomotive tender fort intéressante destinée à la remorque des trains de marchandises sur les fortes rampes. Elle est du même type que celle déjà en service en Allemagne et dont nous avons parlé dans le précédent article. Cette locomotive, représentée figure 4, est à cinq essieux couplés. Elle est munie d’un surchauffeur Schmidt à tubes à fumée, est à deux cylindres et fonctionne par simple expansion. La chaudière est timbrée à 12 kg. La surface de chauffe totale est de 185 m2 et celle du surchauffeur de 44 m2. Le diamètre des cylindres est de 630 mm et la course du piston de 660 mm. Le diamètre des roues couplées est de 1,35 m. et l’effort moyen de traction de 17 480 kg. Son poids en service est de 85 tonnes, soit 17 tonnes par essieu.
- Afin de permettre la circulation de ces machines dans les courbes de faible rayon, le second et le quatrième essieu sont fixes, tandis que le premier, le troisième et le cinquième ont un jeu transversal, suivant la disposition Gôlsdorf.
- La Compagnie d’Orléans mettra prochainement en service 50 locomotives à vapeur surchaulïée de ce même type, mais munies d’un bissel à l’avant et compound à quatre cylindres équilibrés.
- Avant de terminer cet article déjà bien long, nous devons, cependant, ajouter que l’emploi de la vapeur surchauffée n’a pas été seulement limité aux locomotives puissantes des grands réseaux de chemins de fer, mais qu’elle a été également appliquée en Allemagne à quelques petites locomotives de chemins de fer d’intérêt local. Nous citerons, notamment, une locomotive pour voie normale, à deux essieux dont l’un moteur et l’autre porteur, destinée à la remorque des trains sur la ligne d’intérêt local de Fürth-Zindorf, en Bavière. Cette petite machine, qui développe une puissance moyenne de 120 chevaux et pèse 17,5 tonnes, est munie d’un surchauffeur Schmidt. Nous citerons également une locomotive compound articulée du système Mallet, pour voie de 1 m., d’une puissance moyenne de 300 chevaux qui a été munie d’un surchauffeur Schmidt.
- Nous nous proposons, du reste, de revenir sur ces petites ma-f chines fort intéressantes à divers points de vue.
- B. Bonnin.
- p.297 - vue 301/647
-
-
-
- 29S .- ....~ &&&&&&&&&&&.
- UNE BICYCLETTE AÉRIENNE
- C’est bien là la formule de l’aéroplane du tourisme aérien, représentant la machine idéale avec laquelle on pourrait courir sur les routes avec, repliés dans un sac porté sur le dos, tous les organes de sustentation et de propulsion. Las de respirer la poussière des autos et la sienne propre, on déplierait purement et simplement son bagage que l’on assujettirait ensuite sur la « bécane » et on « roulerait )) sur l’air. Ce beau rêve est-il réalisable? Consultez tous les techniciens, ils vous répondront par la négative, parce que le moteur humain n’est pas assez puissant pour actionner l’hélice dans les conditions voulues. Plusieurs expériences du genre ont déjà été faites, mais sans résultat appréciable. 11 nous souvient avoir assisté à des essais d’hélice actionnée par un pédalier de bicyclette dans les ateliers de M. Godard : il y eut allègement c’est vrai, mais très faible malgré l’avance à l’allumage que mettait l’expérimentateur !
- F audr ait-il croire cependant que la bicyclette aérienne est une chose réalisable?
- Le comte de Pui-seux étudie en ce moment un appareil d’aviation qui serait tout simplement la réalisation pratique de l’engin idéal ; plusieurs expériences ont déjà été effectuées et elles semblent donner quelque espoir. Notre photographie montre bien comment est conçu le nouvel engin.
- Sur la bicyclette sont fixés quatre tubes qui soutiennent le corps de l’appareil. Celui-ci est constitué
- par un long fuseau en bambou de 5 m. de longueur; à l’avant est placée l’hélice qui mesure 1,10 m. de diamètre seulement. Le fuseau porte deux ailes qui constituent les surfaces sustentatrices et mesurent 5,50 m2 de surface totale; leur châssis est également fait en bambou tendu de toile; des câbles d’acier les relient à l’appareil afin de les rendre aussi rigides que possible. Un plan stabilisateur a été placé à l’arrière. Notre photographie, montre ces surfaces portantes qui nous paraissent peu tendues; il ne faut pas, en effet, que la toile fasse des plis.
- L’hélice est placée devant la cellule principale ; elle est actionnée par les pédales qui font marcher
- une jante-poulie fixée à la roue arrière de la bicyclette, le poids total de l’appareil est de 55 kg.
- Le comte Gustave de Puiseux, qui nous envoie les quelques renseignements que nous publions, apporte, dit-il, de nombreux perfectionnements à son appareil et nous serons très heureux d’être tenus au courant des prochains essais. On dit actuellement que la bicyclette aérienne est une utopie ; il y a dix ans le vol plané en était une autre ! Ne nous endormons pas sur la foi des théories, surtout en ce qui concerne la navigation aérienne ; il serait même très désirable que des appareils de ce genre fussent essayés un peu partout. Ce sont des engins relativement faciles à construire, peu coûteux, et peut-être capables de résultats intéressants. L. F.
- La bicyclette aérienne de Puiseux.
- PHOTOGRAPHIE DES COULEURS — LES PLAQUES « OMNICOLORES »
- Dans un mémoire qu’il a publié en 1869 M. Louis Ducos du Ilauron a indiqué la solution du problème des couleurs en photographie, non pas seulement par la méthode des trois couleurs superposées, qui est employée depuis longtemps, mais aussi par le procédé des trois couleurs juxtaposées qui n’est mis en pratique que depuis deux ans à peine. « Imaginons une surface transparente entiè-
- rement recouverte de raies alternativement rouge-orangé, vertes, et bleu-violet, aussi minces que possible, d’égale largeur et sans solution de continuité. Cette surface étant vue de très près, on distinguera, soit à l’œil nu, soit à l’aide d’une loupe, si l’on suppose le réseau extrêmement fin, chaque sorte de raie ; mais à distance elles se fusionneront en une teinte neutre générale dont la sensation se
- p.298 - vue 302/647
-
-
-
- PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- 299
- confond, tout au moins dans le sens artistique, avec celle du blanc, si d’ailleurs on évite de donner au tableau une marge blanche et pour peu que ce tableau offre des vigueurs. Il va sans dire que l’éclat relatif des trois sortes de raies doit être combiné de manière à ce qu’aucune d’elles ne domine. Or une surface de cette espèce jouit de la remarquable propriété de fournir, soit artificiellement et par un travail au crayon noir si les divisions n'étaient pas trop ténues, soit automatiquement et par noircissement photographique, une polychromie réunissant, dans l’un et l’autre cas, toutes les qualités qui tiennent à la couleur et à la gradation du clair obscur. Admettons qu’il s’agisse d’un travail manuel et qu’on veuille, par exemple, traduire un objet rouge pourpre : il suffira d’éteindre par des hachures les raies ver-alors les
- 1
- tes, car raies rouge-orangé et les raies bleu-violet produiront à distance par leur addition la sensation du rouge pourpre. Yeut-on reproduire un objet jaune : on éteindra les raies bleu-violet, car alors les raies rouge-orangé et les vertes produiront par leur addition la sensation du jaune. Veut-on produire un objet vert : on éteindra les raies rouge-orangé et les violettes, et ainsi de suite1 ». Puis,
- I
- S
- d’un millimètre et de les colorer alternativement des trois couleurs choisies. Il y avait là de très grandes difficultés à vaincre. Nous avons indiqué ici l’an dernier comment MM. Lumière avaient tourné l’obstacle en remplaçant le réseau par un pointillé formé de grains de fécule. M. Louis Ducos du liauron n’a pas abandonné l’idée du réseau et, aidé de son neveu M. R. de Bercegol, il a imaginé et fait breveter, en 1906, un procédé de fabrication qui est aujourd’hui mis en pratique par la Société Jougla. Ce réseau tramé contient 18 lignes par millimètre; elles sont coupées à angle droit par 16 autres lignes dans le même espace, ce qui forme par conséquent 288 éléments par millimètre carré. Des lignes, de trois couleurs différentes,
- aussi fines et aussi
- laune.
- 3?
- Figure 1.
- •vert
- rLofkt
- Figure 2.
- Figure 3.
- plus loin, l’auteur explique comment on peut contraindre
- la lumière à opérer elle-même, au moyen d’une émulsion-photographique appliquée contre ce réseau, la suppréssion de certaines raies en laissant subsister les autres.
- Le problème de la reproduction photographique des couleurs, au moyen d’une trame formée de trois couleurs seulement, était donc nettement posé; la solution était très clairement indiquée... mais il a fallu 40 ans pour trouver les moyens pratiques de réaliser ce réseau tramé et d’y superposer une émulsion panchromatique. Il s’agissait, en effet, pour que l’œil ne distingue pas le réseau, de tracer des lignes d’une finesse extrême, au nombre de dix, vingt et même plus si possible dans l’espace
- * La Triplîce photographique des couleurs (1897), par Algide Ddcos du Hauron.
- Fig. i. Après la première impression à Vencre grasse. — Fig. 2. Après la première teinture.— Fig. 3. Après la deuxième impression à l’encre grasse. — Fig. 4. Après la deuxième teinture. Trame complètement terminée.
- rapprochées, n’ont pu être obtenues qu’en employant un artifice ingénieux qui est la caractéristique de cette invention. On imprime d’abord, au moyen d’une encre grasse transparente, une série de lignes violettes séparées par un espace double de leur largeur (fig. 1). L’espace qui reste sera ensuite occupé, par moitié, par les deux autres couleurs, de sorte qu’en fin de compte la somme de chacune des couleurs occupera un tiers de la surface et aucune ne sera prépondérante.
- Pour obtenir les deux autres lignes (vert et orangé) on est parti de ce principe que les deux couleurs à obtenir ont une composante commune qui est le jaune. Par imbibition on a donc teinté en cette couleur la surface restante, ce qui est facile puisque la ligne violette étant faite à l’encre grasse la teinture n’a pas prise sur elle.
- On se trouve donc, après cette opération, en présence d’une surface dont un tiers est violet et les deux autres tiers jaune (fig. 2). Si maintenant on imprime une ligne bleue, à l’encre grasse transparente, perpendiculairement aux autres lignes et de largeur égale à la ligne violette, on aura à l’intersection des lignes violettes un léger renforcement de cette couleur, et l’intersection des lignes jaunes donnera le vert. Nous avons donc alors une trama
- Figure 4.
- p.299 - vue 303/647
-
-
-
- 300 : ........ ..RUINES DE RIO BEQUE
- (fig. 5) qui comprend pour deux tiers de sa surface deux des couleurs définitives : le violet et le vert. Le troisième tiers est jaune, mais comme les deux autres couleurs sont à l’encre grasse nous pouvons par imbibition employer une teinture rouge qui ne les affectera pas et qui, en se combinant avec la teinture jaune déjà employée, nous donnera le rouge-orangé qui est notre troisième couleur définitive (fig. 4). On voit donc que, sans qu’il soit besoin d’aucun repérage, en employant alternativement l’encre grasse et la teinture, on a la solution du problème si ardu de la trame colorée.
- La plaque omnicolore Jougla porte sur cette trame une émulsion panchromatique semblable à celle employée, depuis plusieurs années déjà, pour la reproduction de la valeur relative des couleurs par une gamme de teinte plus ou moins grise. On fait l’exposition à la chambre noire en plaçant le verre du
- côté de l’objectif de façon que la lumière traverse les éléments colorés avant d’arriver à l’émulsion sensible. Comme la lumière bleue est toujours prépondérante on a soin de placer, devant ou derrière l’objectif, un écran jaune qui en arrête une partie. Le développement se fait au moyen d’un bain à base de métol et hydroquinone ; l’inversion du négatif en positif est obtenue par une solution de bichromate de potasse acidifiée à l’acide sulfurique et le second développement se fait au moyen du premier bain qu’on a mis de côté. L’image présente, par transparence, toutes les couleurs du modèle et peut être considérée comme définitive après ces trois opérations si le temps de pose a été exactement apprécié. On peut par la suite, dans le cas où l’image ne serait pas satisfaisante, la traiter par les bains d’affaiblissement ou de renforcement usités pour la photographie ordinaire. G. Mareschai,.
- RUINES DE RIO BEQUE
- Durant ma première exploration dans le Peten, la découverte des ruines de Nacun1 m’amenait à considérer comme presque certaine la relation entre
- Obligé de renoncer à ce projet par suite de circonstances spéciales, je le repris en 1906-1907 et remontai le Rio Rondo d’où j’atteignis Santa Clara de Ycaiché.
- Fig. i. — Ruines de Rio Beque. Vue d’ensemble.
- les ruines du Peten et celles du Nord du Yucatan. Aussi avais-je formé le dessein de couper droit à travers la forêt et de me rendre à Santa Clara de Ycaiché, puis de là vers le Nord-Est de la péninsule. 1 La Nature, n° 1745, du 3 novembre 1906-
- C’est au Nord de ce village, à quatre jours de marche, que je découvris, sur les indications d’indiens, les ruines de Rio Beque ainsi nommées du fleuve qui passe à une demi-lieue de là.
- Il reste debout un édifice immense construit en
- p.300 - vue 304/647
-
-
-
- RUINES DE RIO BEQUE 301
- longueur de l’Est à l’Ouest et très différent comme architecture des ruines que l’on rencontre dans le Nord du Yucatan. Ce monument-ci est très simple, niais de lignes très pures. La façade principale tournée vers le Nord et mesurant 40 m. de largeur est flanquée à chaque extrémité d’une tour construite en pierres et terre et recouverte d’un revêtement formé de blocs de pierre calcaire. Les angles en sont arrondis, chose que je n’ai remarquée en aucune des ruines que j’ai visitées au Peten et au Yucatan, et sont ornés de moulures. Dans leur état actuel d eboulement ces constructions ont encore une hauteur aproxima-tive de 8,50 m., une largeur de 8 m. sur la façade principale et de 6 m. sur la façade latérale.
- Dans chacune de ces tours se trouvent des chambres intérieures auxqu ell es ont accède par un escalier très étroit en blocs de pierre dont l’entrée se trouve au sommet.
- Dans celle de l’extrémité Est et au milieu de la façade Nord existe un petit escalier très bien conservé avec des marches de 0,50 cm. de large qui donne sans doute accès dans des appartements intérieurs. Chose bizarre et dont on ne saisit pas immédiatement la signification, il commence à 2 m. du sol.
- La façade Sud éboulée en majeure partie laisse voir cependant que de ce côté l’architecture fort simple n’avait rien de semblable à celle de la façade Nord dont la partie comprise entre les deux tours est malheureusement dans le même état de vétusté. Il est vraiment regrettable que tout le milieu de cette façade soit éboulé, car d’après les débris de pierre
- amoncelés au pied elle devait être fort belle et intéressante.
- En effet, parmi les décombres, j’ai trouvé des blocs de pierre calcaire carrés de 0,52 cm de côté
- avec des signes sculptés, très simples, donnant l’idée plutôt d’ornementation que d’écriture hiéroglyphique. Malgré toutes mes recherches je n’ai pu en découvrir que trois en très mauvais état. De plus j’ai retrouvé un de ces blocs de pierre resté sur la façade ; quoique très abîmé, l’on pouvait voir la trace des signes pareils aux autres et il est probable qu’une partie au moins de cette façade avait été décorée de cette manière.?
- Par un trou béant on aperçoit d’immenses chambres intérieures.
- Ces chambres sont sur un même plan placées parallèlement par trois et partageant la façade en trois parties symétriques. Comme je l’ai dit, elles sont très grandes, la longueur de chacune d’elles étant de 10,80 m., la largeur 2,60 m., et la hauteur 4,20 m., le côté du triangle de l’arche ayant 1,80 m. La largeur totale de l’édifice prise sur les trois chambres parallèles est de 11 m.
- Ces ruines grandioses de Rio Beque, ignorées jusqu’à présent, sont une preuve frappante de la haute culture des anciens mayas, de la diversité de leurs connaissances architecturales, et je suis heureux d’avoir pu suivre mon dessein puisqu’il me permet de pouvoir presque affirmer qu’il existe une relation certaine entre les ruines du Peten et celles du Nord du Yucatan.
- Comte Maurice de Périgjny.
- p.301 - vue 305/647
-
-
-
- 302
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 avril 1909. —
- Remerciements. — M. le Président donne lecture de l’ampliation du décret qui nomme le prince Albert de Monaco associé étranger de l’Académie en remplacement de Lord Kelvin.
- Caméléons à cornes. — M. Van Tieghem lit une lettre du R. P. Delmas, des Pères blancs d’Afrique, sur trois échantillons d’une espèce nouvelle de caméléons à cornes.
- L’origine de la chaleur terrestre. — M. Armand Gautier présente, au nom de M. Le Bel, une Note sur l’origine de la chaleur terrestre. Le granit, le sable, etc., placés dans une enceinte à température bien constante, s'échauffent toujours spontanément de plusieurs centièmes de degré au-dessus de la température ambiante. La cause de cet échaufifemcnt vient d’un rayonnement de nature inconnue.
- Alcaloïde extrait de l’opium. — M. Armand Gautier communique, en outre, une Note du professeur Aimé Pictet, de Genève, qui vient de faire de toute pièce artificiellement le premier alcaloïde naturel extrait de l’opium, « la laudonosine ». Cette belle découverte promet d’arriver bientôt à la synthèse de la papavérine et de la morphine elle-même.
- La piroplasmose bovine. — MM. Soulié et Roig étudient a la piroplasmose bovine » très commune aux environs d’Alger. Le piroplasma se rapproche du piroplasma mutons étudié par Theiler au Transvaal.
- Chimie. — M. Lemoine analyse un travail de M. l’abbé Senderens sur la préparation cataleptique des cétones. — M. Wolff, de l’Institut Pasteur, insiste à nouveau sur les analogies que présentent les oxydases artificielles, en particulier le ferrocyanure de fer, avec les oxydases naturelles des champignons.
- Présidence de M. Bouchard.
- sencc des bacilles de Koch vivants et virulents dans des lésions calcifiées chez les bovidés. La calcification des lésions tuberculeuses chez le bœuf est très fréquente. Dans une proportion de 55 pour 100 ces tuberculoses calcifiées sont nettement virulentes.
- Physique. — M. Jean Becquerel présente une Note sur un type nouveau de décomposition des bandes d’absorption dans un champ magnétique. Un grand nombre de bandes des cristaux de terres rares donnent lieu à deux systèmes polarisés circulairement en des sens opposés, l’interprétation la plus simple est d’admettre l’existence simultanée d’électrons positifs et négatifs.
- Communications diverses. — M. Violle présente un travail de M. llenriot sur le savonnement des sels de potassium. — M. Zeiler communique une Note sur un cône de lépidodendron à structuré conservée rencontré par l’abbé Théron dans le carbonifère inférieur de Cabrière (Hérault). — M. Pierre Bonnier adresse à l’Académie un travail sur la cautérisation de certains points de la muqueuse nasale pour la guérison de diverses affections d’ordre nerveux. — M. Arthur Spangberg présente, par l’entremise de M. Carpentier, un jeu universel de calibres-étalons à nombreuses combinaisons d’une précision extrême construit parM. Joliansson, contrôleur de la manufacture royale d’armes de Suède. Le polissage est tel que l’adhérence est complète et démontre empiriquement l’attraction moléculaire.
- Élections. — L’Académie a élu correspondant pour la section de botanique: le D' Julius Wiesner, professeur à l’Université de ATenne. Pour la chaire de mécanique céleste vacante au Collège de '^France par suite de la retraite de M. Maurice Lévy, elle a désigné : en première ligne M. Hadamard et en seconde ligne : M. Drach, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
- Lésions calcifiées virulente-s. — M. Roux communique les grandes lignes d’un travail de M. Piettre sur la pré-
- c£§'3s£,<^i,§ï>
- L’HOMME FOSSILE DE LA CHAPELLE-AUX-SAINTS
- On a signalé ici, en leur temps, les deux communications faites à l’Académie des sciences sur l’homme fossile de la Chapelle-aux-Saints (Corrèze), l’une par M. Boule, en date du 14 décembre 1908, l’autre le 21 décembre par les abbés A. et J. Bouyssonie et Bardon, auteurs de la trouvaille (Aroy. La Nature, n° 1856, p. 47 ; n° 1857, p. 65). Ils viennent de publier sur ce sujet dans l’An-ihropologie (t. XIX, 1908, p. 515-525) deux intéressants mémoires, dont les principaux points doivent être résumés, pour compléter les premiers renseignements sommaires.
- Les auteurs des fouilles exposent d’abord les circonstances de la découverte (5 août 1908) et montrent, par leurs explications accompagnées de dessins, qu’il ne saurait y avoir aucun doute sur l’authenticité. Le cadavre, qui gisait dans une position repliée, reposait au fond d’une sorte de fosse où ils croient que « l’homme trouvé a été intentionnellement enseveli ». La couche archéologique qui le recouvrait, assez épaisse et absolument intacte, contient des pierres taillées assignables au moustérien supérieur, ayant déjà dépassé le stade du simple « coup de poing » en amande. La faune est représentée par le Renne, un grand bovidé indéterminé, le Rhinocéros iichorhinus, le cheval, le bouquetin, la marmotte, le loup.
- L’antiquité du gisement paraît en effet indiscutable; ce qui l’est moins, ce sont les conséquences qu’ont voulu en déduire divers publicistes, notamment M. Reichardl de Bâle, rapprochant cette trouvaille de celle, antérieure et analogue, de M. Hauser au Moustier (novembre 1907), et dépassant certainement les vues exprimées par les abbés Bouyssonie et Bardon.
- Les termes de fosse et d’enterrement intentionnels ont fait surgir, en effet, les hypothèses journalistiques de fosse évidemment creusée à dessein, de rites funéraires assez développés, d’éveil du sentiment religieux, de culte des morts, d’offrandes funèbres, représentées par des os de bœufs sauvages, de festins de funérailles, d’amis du mort montant la garde auprès du corps pour le défendre contre les bêtes féroces, de l’existence d’êtres semblables à l’homme il y a dix millions d’années, etc. M. Reichardt a même ajouté que l’homme moustérien, vieux au moins de 400 000 ans, « n’avait sans doute, pour unique vêtement, qu’une ceinture en cuir dont il se serrait le ventre aux jours fréquents de famine ». On a enfin figuré l’homme de la Chapelle-aux-Saints sortant de sa grotte avec une allure des plus bestiales.
- De telles propositions ne sont point de la science et ne mériteraient pas une réfutation, si quelques-unes
- p.302 - vue 306/647
-
-
-
- L’HOMME FOSSILE DE LA CHAPELLE-AUX-SAINTS == 303
- n’avaient été formulées par des spécialistes. 11 est indispensable de serrer de près le texte des abbés Bouvssonie et Bardon pour ne point glisser sur la pente des élucubrations ci-dessus.
- « Le 5 août 1908, disent-ils, nous étions arrivés à
- 5 m. environ dans l’intérieur, où le sol naturel présentait
- comme une fosse, nous ne nous doutions pas que c’était une sépulture. » C’est seulement après avoir rencontré un humérus, puis le crâne, puis le reste du squelette qu’ils écrivent : « L’homme que nous avons trouvé a été intentionnel le me ni enseveli. 11 gisait au fond d’une fosse
- creusée dans le sol marneux de la grotte; ce sol, de couleur blanche et dur à entamer, faisait contraste évident avec la couche archéologique. Cette fosse était à peu près rectangulaire, large de 1 m., longue de 1,45 m., profonde de 50 cm. environ.
- « Le corps y était orienté à peu près E. 0., couché sur le dos, la tète à l’ouest, appuyée contre le bord de la fosse dans un coin et calée par quelques pierres. Le bras droit était probablement replié, ramenant la main vers la tète; le bras gauche était étendu. Les jambes aussi étaient repliées, et renversées sur la droite.
- « Au-dessus de la tète, étaient placés trois ou quatre grands fragments plats d’os longs; plus au-dessus il y avait, encore en connexion, l’extrémité d’un métatarsien
- %wzm7/W/.
- Fig. i. — Coupe transversale au milieu de la grolle — j, couche archéologique 2, argile; 3, terre argilo sableuse, meuble; 4, rocher (voûte, blocs éboulés); 5, sol naturel; 6, couche de terre briilèe.
- de grand bovidé, les deux premières phalanges, et une deuxième. Preuve évidente que la patte avait été posée là avec la chair — peut-être pour la nourriture du mort — (preuve aussi que la couche n’a jamais été remaniée). Il y avait autour du reste du corps un grand nombre d’éclats de quartz, de silex parfois bien travaillé, quelques fragments d’ocre, des os brisés, etc., comme dans le reste de la couche archéologique, sans rien de bien caractéristique,
- a Tout contre la paroi, la terre avait subi l’action du feu, à en juger par sa couleur noire, mais il n’est pas absolument prouvé que ce foyer soit ancien. Ces foyers, au nombre de deux, étaient en forme de fond de bateau; mais, dans l’intérieur de cette sorte de cuvette, il n’y avait qu’une terre rougeâtre sans rien de caractéristique ou à peu près.
- « Il semble que cette grotte a été, non un lieu d’habitation, mais un tombeau, où l’on serait venu faire de nombreux repas funéraires.
- « D’ailleurs la voûte était bien trop basse pour que la grotte pût servir de demeure commode.
- « Quoi qu’il en soit de ces hypothèses, notre découverte apporte un document des plus précieux sur la race préhistorique qui habitait notre région à l’époque moustérienne. »
- 11 résulte nettement de ce texte que la preuve absolue du caractère artificiel de la fosse manque. 11 n’y est pas question de traces d’outils qui l’auraient creusée; les abbés ont remarqué aussi a tout à l’entrée, une petite fosse creusée, semble-t-il, intentionnellement et ren-
- fermant des os de bovidés. » Ür, il est très important de noter que la petite grotte, ou Bouffia, fut certainement, dans le principe, un point d’émergence d'eaux souterraines ; dès lors la grande et la petite fosse d’apparence artificielle peuvent très bien avoir une origine toute naturelle et provenir d’un affouillemenl dû au tourbillonnement des eaux ; dans toutes les grottes qui sont d’anciennes sources, ces sortes de cavités naturelles sont la règle ; on remarquera de plus, sur les coupes de la grotte (fîg. 1 et 2), que la terre enveloppant le cadavre dans la cavité elle-même ne diffère nullement de la couche archéologique, qui remplit toute la largeur de la grotte et sa longueur sur près de 0 m. Il n’y a pas eu de terre spécialement rapportée pour recouvrir le cadavre môme. L’uniforme couche archéologique « d’un magma d’os, de pierres taillées et de terre argileuse jaunâtre peu concrétionnée, avec par places des blocailles )), a dû se constituer lentement et naturellement. C’est pourquoi les abbés ont été fort prudents en présentant les fosses seulement comme artificielles et en qualifiant eux-mêmes leurs conclusions d’hypothèses. Ils assurent d’ailleurs, avoir été « malheureusement, dans la nécessité de nous hâter, pressés par le temps et les circonstances ». Ils ont été plus et trop hardis en évoquant Fensevelissement intentionnel : les pierres sous la tête peuvent s’être trouvées là tout naturellement; la position des membres s’adapte aussi bien à l’hypothèse d’un individu venant se réfugier dans ce trou pour s’y endormir ou y mourir, d’autant plus que M. Boule établit que c’était un vieillard. Il est des animaux sauvages qui ont cet instinct d’aller exhaler leur dernier souffle dans le creux de quelque caverne. En Charente, la fosse Rode, dans la forêt de la Braconne, est presque obstruée par des squelettes de cerf; dans la grotte de Bélhy, forêt des Arbailles, Basses-Pyrénées, des squelettes de bœufs modernes se voient encore tout au fond, etc., etc.
- La position des os d’animaux et d’une patte de bovidé au-dessus de la tête est bien plus le caprice du remplissage normal des cavernes que la preuve évidente d’un apport volontaire « peut-être pour la nourriture . du mort ». Les auteurs de la trouvaille reconnaissent, d’ailleurs, qu’autour du reste du corps et dans le surplus de la couche archéologique, il n’y avait rien de bien caractéristique ; quant aux foyers, ils se gardent bien d’affirmer leur antiquité. Leur suggestion des repas funéraires ne trouve pas une base suffisante dans les os brisés pour extraire la moelle : les blocs éboulés, détachés de la voûte, ont pu causer leur brisure, sans parler de la dent des carnassiers.
- On ne saurait nier a priori que la grotte ait pu servir de demeure commode, en raison de sa voûte basse; en effet, cette voûte, d’après les coupes, atteint I m. à 1,90 m. de hauteur (défalcation faite de la couche archéologique) ; c’était amplement suffisant pour les allées et venues habituelles d’un être ne mesurant que 1,60 m. de taille et qui, selon certains indices, devait marcher assez courbé! La fréquentation de la grotte, comme habitat, expliquerait alors la présence des silex et des ossements, moins imaginalivement que les rites et repas funéraires ! En outre, depuis qu’on a démontré, d’après les Kourganes ou tumuli de la Russie
- Fig. 2. — Coupe transversale à l’entrée de la grotte 1, 3, 4, 5 comme figure 1.
- p.303 - vue 307/647
-
-
-
- 304 ======= L’HOMME FOSSILE DE LA CHAPELLE-AUX-SAINTS
- méridionale, que la couleur rouge de certains squelettes préhistoriques peut simplement être la rouille naturelle due aux infiltrations, l’oxydation des phénomènes de décalcification, il est indispensable de soumettre de nouveau à la plus sévère critique tous les exemples invoqués jusqu’ici à l’appui de Y hypothèse des ensevelissements paléolithiques, surtout ceux des Baoussé-Roussé !
- Bref, il faut tenir pour authentique le produit si remarquable de la fouille de la Chapelle-aux-Saints ; l’expérience consommée et la conscience éprouvée de leurs auteurs en sont de sûrs garants, mais il faut faire les plus expresses réserves sur la nature artificielle de la soi-disant fosse et sur l’ensevelissement intentionnel que rien ne caractérise formellement. 11 ne faut pas s’égarer à l’aventure dans les gratuites suppositions de religiosité naissante et de psychologie funèbre, alors surtout, comme l’énonce M. Boule, que cet homme du pléistocène moyen « devait être très primitif au point de vue intellectuel ».
- 11 ne faut pas laisser affirmer, que « cette sépulture corrézienne met à néant toute les idées reçues... sur la basse intellectualité de ces races.... C’est une sépulture intentionnelle, tous les détails le prouvent....
- L’ensevelissement et le culte des morts seraient ainsi des faits coutumiers de l’homme primitif.
- « Tant pis pour les anthropologistes sectaires... le moustérien était bien un homme par son respect des morts, un homme qui, probablement, ne connaissait pas encore le feu, qui possédait un cerveau bien petit, mais un bomme qui parlait et qui pensait, et qui s’élevait jusqu’à des sentiments aussi nobles que ceux qu’inclut le respect des morts1. »
- Passons maintenant aux considérations anthropologiques.
- C’est M. Boule qui a étudié le crâne, aujourd’hui reconstitué par ses soins et ceux de M. Papoint, et qui se trouve à très peu près complet, dans un état permettant en tout cas d’effectuer les mesures craniométriques. Cette tête frappe d’abord par ses dimensions très considérables, surtout en comparaison de la taille de l’individu, un homme d’environ 1,60 m. Elle présente de plus tout un ensemble de caractères simiens ou pithécoïdes : crâne dolichocéphale (indice : 75) à os remarquablement épais, boîte cérébrale très aplatie, front très fuyant, arcades sourcilières énormes, non séparées par une dépression glabeL laire, et surmontées d’une large gouttière s’étendant d’une apophyse orbitaire à l’autre, région occipitale très
- 1 L'antiquité de l'homme d'après la préhistoire. (L’ami du clergé, 18 mars 1909, Langres). L’auteur, anonyme d’ailleurs, de cet article tendantieux n’hésite pas, on le voit, à transformer en preuves les hypothèses des auteurs de la trouvaille. C’est l’habituelle tactique des sous-préhistoriens à dées préconçues 1
- déprimée, tronc occipital très allongé et situé notablement plus en arrière que chez les races humaines considérées comme les plus inférieures à ce point de vue, prognathisme facial accentué, absence de fosse canine sous les orbites (ce qui achève de donner à la face un aspect de museau), platyrhinie très nette, etc.
- En somme, le crâne delà Chapelle-aux-Saints présente, en les exagérant parfois, tous les caractères des calottes crâniennes de Néanderthal et de Spy et des mandibules de la Naulette, Malarnaud, Krapina.
- On peut donc en conclure que ces diverses pièces osseuses, trouvées sur des points de l’Europe occidentale fort éloignés les uns des autres, mais à des niveaux géologiques identiques ou très voisins, appartiennent certainement non pas à des cas pathologiques (malades ou idiots, comme le voulaient Virchow et Cari Vogl), mais à un même type morphologique, et que ce type « doit être considéré comme normal, caractéristique du pléistocène moyen pour une partie de l’Europe ».
- C’est un type humain sans nul doute, mais si inférieur à tous les types humains actuels, qu’on pourrait presque le distinguer par un nom spécifique; il se rapproche beaucoup plus des singes anthropoïdes qu’aucun autre groupe humain, et paraît se placer exacte-mententre le Pithécanthrope de Java et nos races actuelles les plus inférieures, sans que cette situation intermédiaire implique la nécessité d’une descendance.
- Il est d’ailleurs fort probable que la race de Néan-derthal ne régnait pas seule sur l’Europe occidentale, ainsi que l’ont montré les fouilles des grottes de Gri-maldi, amenant la découverte de ces types de « négroïdes » décrits par M. Yerneau et qui, tout en appartenant à un niveau géologique peu éloigné de celui de la Chapelle-aux-Saints, sont morphologiquement bien différents de l’homme de Néan-derthal et bien supérieurs à celui-ci.
- Toutes ces conclusions du savant anthropologiste ne sauraient être critiquées : il a la sagesse de ne point mettre de chiffre sous l’âge de l’homme de la Chapelle-aux-Saints, et d’avouer « que les origines humaines sont plus lointaines encore qu’on ne le suppose généralement » et que des découvertes aussi importantes « reculent le problème plutôt qu’elles ne le résolvent1 ».
- Tel devrait toujours être le langage des préhistoriens désireux d’être pris au sérieux! E.-A. Martel.
- 1 Rappelons que la mâchoire de Mauer (Heidelberg) est plus ancienne encore, du quaternaire inférieur (V. notre n° 1867, du 6 mars 1909). — Les fig. 1 et 2 ont été communiquées par T « Anthropologie » ; la fig, 3 est une photo faite par M. Boule.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 3. — Crâne néanderlhaloïde humain de la Chapelle-aux-Saints, trouvé par les abbés Bouyssonie et Bar don, reconstitué parr-MM. Boule et Papoint.
- p.304 - vue 308/647
-
-
-
- LA NATURE. - N° 1873. —-.---.T": „ , -------—:------------——-=: 17 AVRIL 1909.
- LÀ LICORNE CHEZ LES ANCIENS ET LES MODERNES
- Gtésias, qui fut médecin à la cour d’Artaxerxès Memnon, et dont les écrits ne nous sont parvenus que par fragments, cités par Photius et Diodore,dit qu’il y a dans l’Inde des « Anes sauvages grands comme des Chevaux ou plus grands encore : ils ont au front une corne longue d’une coudée. On en fait des vases à boire, et ceux qui s’en servent ne sont sujets ni aux convulsions, ni à l’épilepsie, ni à être empoisonnés, pourvu qu’avant de prendre du poison, ou après en avoir pris, ils boivent dans ces vases de l’eau, du vin ou toute autre liqueur ». — Ctésias écrivait vers 410 av. J.-C., et ce passage est
- animal qu’on appelle Rhinocéros (corne sur le nez), nom tiré de sa forme. « Il est presque aussi courageux et aussi robuste que l’Éléphant, mais d’une taille moindre. Il a la peau fort dure, couleur de buis. U porte à Vextrémité des narines une corne un peu aplatie, et presque aussi dure que du fer.... » Pendant longtemps cette phrase a paru inexplicable, les deux Rhinocéros d’Afrique ayant deux cornes. Mais j’ai montré dans un article précédent1, que le Rhinocéros simus existait, aussi bien que le Rhinocéros bicornis, dans le nord de l’Afrique, pays connu des anciens sous le nom
- Fig. i. — Une des tapisseries du château de Boussac, actuellement au Musée de Cluny, représentant une scène du roman : La Dame à la Licorne. (On voit au premier plan une genette apprivoisée.)
- très probablement la première mention qui soit laite, chez les Grecs, du Rhinocéros unicorne et de l’usage que l’on faisait de ses cornes.
- L’expression d’ « Ane sauvage », appliquée par Ctésias à un animal fort différent, ne doit pas nous étonner. Les anciens se servaient volontiers de ces appellations par analogie lointaine, qui se rapportent ici à la couleur grise du Rhinocéros de l’Inde et à la grandeur de ses oreilles. De même, Pausanias appelle le Rhinocéros bicorne d’Afrique « Bœuf d’Éthiopie », et les soldats romains qui virent pour la première fois les Éléphants de Pyrrhus, dans le sud de l’Italie, en 280, les appelèrent des « Bœufs de Lucanie ».
- Diodore de Sicile, bien postérieur à Ctésias (50 av. J.-C.), dit à son tour qu’il existe en Éthiopie un
- 37e année. — 1er semestre.
- d’Éthiopie, et que les habitants le considéraient comme ne possédant qu’une seule corne. La description de Diodore, et surtout cette corne un peu aplatie à l’extrémité des narines, s’applique parfaitement au Rhinocéros blanc ou camus (fig. 2).
- Diodore ajoute que ce Rhinocéros livre à l’Éléphant de sanglants combats. Les voyageurs modernes n’ont rien vu de semblable, mais il ne faut pas trop se fier au caractère pacifique qu’ils prêtent à cette espèce, par contraste, sans doute, avec l’humeur atrabilaire du Rhinocéros ordinaire. Nous savons que les mâles luttent souvent entre eux. De plus, le voyageur tunisien Mohammed-al-Tounisi, qui visita le Ouadaï vers 1825, nous apprend que le
- 1 La Nature du 26 décembre 1908, p. 50-55.
- 20. — 305
- p.305 - vue 309/647
-
-
-
- 306 —... LA LICORNE CHEZ LES ANCIENS ET LES MODERNES
- sultan de ce pays fut chargé par un Rhinocéros blanc. Enlin, dans le sud de l’Afrique, Oswell, compagnon de Livingstone, eut son cheval éventré sous lui par la corne d’un animal de cette espèce.
- Nous avons vu que, dès l’époque de Gtésias, et probablement de toute antiquité, la corne du Rhinocéros de l’Inde servait à faire des coupes douées de propriétés merveilleuses. Un voyageur arabe, Wahab, qui publia, en 851, le récit des son expédition en Chine, est plus explicite encore. « De toutes les merveilles de l’Inde, nulle ne me parut plus remarquable que le fameux Kardandan ou Unicorne qui n’a au front qu’une corne marquée d’une tache ronde avec l’image d’un homme.... Sa chair n’est pas défendue; nous en avons mangé. Des images d’hommes, de paons, de poissons ornent ces cornes. Les Chinois en parent leurs ceintures qui valent quelquefois 2 à 500 pièces d’or ou plus, parce que le prix s’élève en proportion de la beauté des images. »
- Ceci nous apprend que l’on sculptait la corné de Rhinocéros et qu’on en faisait des objets variés. Le voyageur arabe eut-il vraiment la naïveté de croire que ces sculptures existaient naturellement sur les cornes de l’animal, ou bien n’y a-t-il dans ce passage qu’un léger contresens du traducteur? C’est ce qu’il est difficile de décider.
- Le Muséum d’histoire naturelle de Paris possède, depuis 1849, trois coupes en corne de Rhinocéros, sculptées par des artistes chinois, et rapportées par M. de Montigny. Cette substance se sculpte aussi facilement que l’ivoire et prend un très beau poli qui, dans les parties minces, la rend translucide. Ainsi travaillée, la couleur varie du brun rouge tirant sur l’acajou au brun jaune. Ces coupes, de forme très évasée, ont d’habitude à leur base une rainure destinée à faciliter leur montage sur un pied de métal plus ou moins précieux. L’une de celles que nous figurons ici n’a pas cette rainure, mais sa couleur d’un rouge grenat, l’élégance, le goût et la délicatesse de ses sculptures en font une œuvre d’art des plus remarquables (fig. 5). J’ignore si l’on attribue encore à ces coupes, en Chine, des propriétés médicales.
- Le Rhinocéros de l’Inde étant rapidement devenu rare dans le pays qu’il habite, on alla chercher les cornes des deux espèces d’Afrique. Les Arabes qui faisaient ce commerce estimaient surtout celles du
- Rhinocéros blanc, qui sont plus longues, plus belles et plus entières que celles de l’autre espèce, par la raison que l’animal ne s’en sert pas, comme son congénère, pour fouiller la terre, h'Unicorne ou (par contraction) la Licorne des anciens, est donc bien certainement le Rhinocéros, qu’il s’agisse de celui d’Asie ou de celui d’Afrique.
- C’est seulement au Moyen Age que l’on voit apparaître une autre espèce de Licorne représentée par la grande dent, ou défense du Narval (Monodon monoceros L.). On sait que cet animal est un Cé-tacé de la famille des Dauphins qui porte à la mâchoire supérieure, chez les mâles seulement, une canine, droite, longue souvent de 2 à 5 m. chez l’adulte, et régulièrement sillonnée en spirale de sa base à son extrémité ; c’est la canine gauche qui se développe ainsi, la droite restant rudimentaire. Cette défense, longue comme le tiers ou la moitié du corps de l’animal, se projette en avant comme le bec de l’Espadon ou du Poisson-Scie. Le Narval n’habite que les mers arctiques, et les Esquimaux se nourrissent de sa chair; quant aux dents, elles ont fait, dans le nord de l’Europe et de l’Asie, l’objet d’un commerce très lucratif en raison de la qualité supérieure de leur ivoire (fig. 4).
- En Chine, leur introduction a dû être très ancienne. Ce pays les recevait de Sibérie, par les vallées de l’Iénisséi et de la Léna, en même temps que l’ivoire fossile de Mammouth, que les Toungouses allaient recueillir dans les îles de la Nouvelle Sibérie. La ville de Iakoutsk était le centre de ce commerce, qui se faisait, une fois l’an, par caravanes. Dans l’Europe occidentale, ces dents ne firent leur apparition que plus tard, lorsqu’un commerce régulier s’établit entre la Scandinavie ou la Russie et l’Europe centrale.
- Ce qui est certain, c’est qu’on ignora longtemps la véritable nature de l’animal qui produisait ces dents, décorées du nom de cornes de Licorne. Comme elles se vendaient fort cher, les marchands avaient tout intérêt à leur conserver une origine mystérieuse, qui les rendait plus précieuses encore. On ne pouvait supposer qu’elles fussent sorties de la mâchoire d’un animal marin, et, comme le souvenir de l’Unicorne des anciens était toujours vivace, on en orna la tête d’un quadrupède terrestre. C’est ainsi que s’est forgée d’éléments disparates ou ima-
- p.306 - vue 310/647
-
-
-
- LA LICORNE CHEZ LES ANCIENS ET LES MODERNES
- 307
- ginaires la figure de la Licorne héraldique, animal fabuleux, à tête et corps de Cheval, avec une barbe de Chèvre, une corne (ou dent) de Narval plantée au milieu du front et dirigée en avant, des pieds fourchus et une queue de Lion, — telle qu'elle ligure encore actuellement comme un des supports de l'écu, en face du Lion, dans les armes de l’Angleterre.
- Celte figure, qui date certainement de l’origine du Blason, n’a pas varié depuis; elle fut empruntée aux anciens Bestiaires, dont le plus célèbre, après le Physiologies anonyme du vu siècle, est celui de Philippe de Thaun (vers 1130), qui décrit la Licorne sous le nom de Monoceros, en faisant un des emblèmes du Christ. L’ordre de la Licorne d'or fut fondé vers 998 par le comte
- d’Àstrevant, seigneur du Brabanl, à la suite d’un pèlerinage qu’il fit en Palestine.
- La légende mythologique de la Licorne est plus ancienne encore, puisqu’on la trouve dans les écrits de saint Grégoire le Grand et d’Isidore de Séville, dès le vne siècle. Elle paraît originaire de l’Orient. La légende raconte que, dans l’Inde, « lorsqu’on veut capturer une Licorne, on choisit une jeune fille vierge parmi les plus sages; on l’amène près de l’antre où l’animal fait son séjour, >
- et celui-ci vient de lui-même se coucher à ses pieds, sans qu’il soit besoin d’autre ruse. Mais malheur à l’imprudente qui, n’étant pas en état de pureté, croirait pouvoir tromper la bête subtile; une mort terrible et prompte la punirait de sa témérité ». Le sens
- Fig. 3. — Coupes chinoises creusées el sculptées dans la corne de Rhinocéros : en bas, à gauche, forme ordinaire; à droite, coupe de couleur brun-rouge d’un travail plus artistique; en haut la même coupe, intérieur et l’un des côtés.
- leure de toutes les garanties contre les attentats de leurs sujets. Dans le sens purement religieux, il enseigne que les dehors d’une fausse piété ne peuvent tromper la clairvoyance du Dieu tout-puissant.
- Cette légende, importée en Occident, a servi de thème au roman de la Dame à la Licorne que je ne connais que par les tapisseries du château de Boussac, qui en représentent les principales scènes, et que l’on peut voir actuellement au musée de Cluny (fig. 1).
- Pendant tout le moyen âge, la Licorne de mer fit donc concurrence à la Licorne terrestre dont elle était devenue, au point de vue pharmaceutique, un succédané. Il est vrai que la dent du Narval, qui a la forme d’une lance, se prête fort mal à être transformée en coupe à boire; mais on n’était pas embarrassé pour si peu : un simple anneau de cet ivoire entourant le pied d’une coupe, suffisait pour lui donner les propriétés voulues ; il est même possible que l’on ait associé, dans un même vase, cet ivoire à la corne de Rhinocéros, ce qui ne pouvait qu’en doubler l’efficacité. Tout au moins, on en faisait tremper un morceau dans la coupe où l’on buvait.
- Il esta noter d’ailleurs que les chroniqueurs, qui parlent souvent de l’usage que l’on faisait, chez les grands, de la corne de Licorne, indiquent rarement sa couleur et s’inquiètent encore moins de l’animal qui la produisait. Mais cet usage faisait partie de l’étiquette obligatoire des repas à toutes les cours d’Europe. Ainsi, à la tablé de Charles le Té-
- Fig. 4. — Au premier plan : défense de Narval de 2,37 ni. de longueur; au second plan : canne tournée dans une défense de Narval (appuyée sur le crâne); crâne el cornes rf’Oryx beisa,
- vus de profils.
- de ce mythe est assez obscur : évidemment la Licorne était l’emblème de la pureté, et, sachant que la corne de l’animal avait la réputation de préserver contre le poison, on peut admettre que le mythe a pour but de rappeler aux rois et aux princes que la justice et la pureté des mœurs sont la meil-
- méraire, duc de Bourgogne, l’écuyer tranchant, après avoir coupé le pain, le touchait tout autour avec la « licorne d’épreuve ». Un grand luxe était d’orner de ces cornes les salles de festin. Olivier de La Marche parle de cornes de licorne « moult grandes et belles » qui étaient aux coins du buffet du duc de Bourgogne,
- p.307 - vue 311/647
-
-
-
- 308 __ LES CÂBLES ÉLECTRIQUES ET LES INCENDIES
- au festin qu’il donna en 1468. Il est évident qu’il s’agit ici de dents de Narval. Les manches de couteau qui étaient faits de cet ivoire, noircissaient ou transsudaient une liqueur subtile si les viandes que l’on découpait étaient empoisonnées. On croira difficilement qu’à la cour des rois de France ce cérémonial subsista jusqu’en 1789 : l’épreuve des mets, des boissons, des ustensiles de table se faisait encore à l’aide de la corne de licorne.
- Dès le xvic siècle, Ambroise Paré s’était élevé contre cette ridicule superstition. En ayant parlé à Chappelain, premier médecin de Charles IX, celui-ci lui lit entendre qu’il était plus sage de laisser faire : « que véritablement il ne connaissait aucune vertu dans la corne de licorne, mais que l’opinion qu’on avait d’icelle était tant invétérée et enracinée au cerveau des princes et du peuple, qu’ores qu’il l’eut volontiers ostée, il croyait bien que par raison n’en pourrait estre maître ». C’était parler fort prudemment.
- À la fin du xvme siècle, on trouvait encore dans les pharmacies des morceaux de dent de Narval, réputés comme un remède suprême. Par ailleurs, on en faisait des sceptres, des crosses d’évêques, ou même de simples cannes (fig. 4).
- Ce n’est que dans les temps modernes que l’on
- s’imagina de considérer l’Antilope oryx (Oryx beisa) de l’Afrique orientale comme étant la Licorne des anciens. Les Égyptiens de l’époque pharaonique ont souvent représenté cet animal de profil sur les monuments, et de telle sorte que ses deux longues cornes parallèles semblent n’en former qu’une seule (fig. 4). Mais ces cornes n’ont jamais, que je sache, été utilisées comme possédant des propriétés pharmaceutiques, et les littérateurs qui ont supposé qu’on pouvait en faire des hanaps et des vases à boire n’en avaient certainement jamais vu. Tout au plus pourrait-on en faire des flûtes à champagne ou des cornets à jeter les dés. Par contre, les indigènes de l’Afrique australe en faisaient des pointes de lance et les Hollandais du Cap des cannes de promenade.
- Cependant il était dit que l’Oryx, comme la fantastique Licorne, figurerait dans le blason. Modifiant les armes de la mère-patrie, la Colonie du Cap a pris, pour supports de son écu, deux des animaux les plus remarquables de l’Afrique : le Lion britannique est remplacé par un Gnou, et la Licorne héraldique par un Oryx (Oryx gazella) portant ses deux cornes bien distinctes et dirigées en arrière, dans leur position normale. Tuoukssaut
- Professeur au Muséum.
- LES CÂBLES ÉLECTRIQUES ET LES INCENDIES
- Nous ne voulons pas parler des incendies que peuvent provoquer les câbles électriques. La chose est trop connue; il en est de trop nombreux et retentissants exemples. Mais au coursi d’un incendie, la présence d’un câble, parcouru par un courant d’une tension quelque peu élevée, peut faire courir aux sauveteurs des dangers sérieux.
- On s’est préoccupé de la question, dans de récentes expériences poursuivies aux États-Unis, sur les moyens de venir en aide aux malheureux électrocutés accidentels, qui, avec les progrès de l’électricité, deviennen t chaque jour plus nombreux. À côté du danger d’électr.o-cution par contact, il en est un autre auquel on n’avait guère songé jusqu’ici et dont les ingénieurs américains ont voulu mesurer la gravité.
- Un jet d’eau dirigé malencontreusement sur un fil de haute tension, ne devient-il pas conducteur du courant?
- Et l’clectricité, circulant dans la colonnejjliquide et le tuyau métallique qui l’éjecte, ne viendra-t-elle pas foudroyer l’homme qui dirige le jet et les servants de la
- pompe ?
- Evidemment, le fait ne se produira que par un hasard extraordinaire ; mais ne vaut-il pas mieux le prévoir que de fermer les yeux de parti pris?
- On a donc effectué une série d’expériences, avec des réseaux à courant continu sous 520 volts et des réseaux à courant alternatif sous 2050 et 4100 volts.
- Ces expériences prouvèrent que pour un homme à plus de 1 m. ou 2 des fils, il n’y a aucun danger réel à manœuvrer les pompes et à projeter un jet d’eau sur un fil électrique.
- Cependant, au cas où l’on emploierait de l’eau salée, ce qui peut arriver dans les villes au bord de la mer, il sera prudent de prendre quelques mesures de précaution contre ce danger possible d’électrocution. A. T.
- p.308 - vue 312/647
-
-
-
- 309
- LE NOUVEAU BASSIN HOUILLER LORRAIN
- 487
- 'JW ~-
- :m.'
- 6 82
- 737
- E
- rr«h=
- Nous avons déjà attiré l’attention sur la rencontre récemment faite du terrain houiller dans le sondage de (lironcourt-sur-Yraine (Vosges), entre Mirecourt et Neuf-château (voir n° 1863, du G février 1909). La grande importance du sujet mérite quelques mots d’explication.
- Les faits d’abord. La houille a été recoupée à Giron-court à 700 m., puis à 823 m. en deux couches, chacune exploitable, quoique ne constituant peut-être pas, à elles seules, un gisement assez riche pour que cette découverte, si elle n’est complétée par d’autres plus importantes, ait un intérêt pratiquement industriel.
- Mais, scientifiquement, ce sondage nous a montré une fois de plus l’exactitude que peuvent avoir des prévisions géologiques, quand elles sont faites avec prudence et perspicacité, et, à ce titre, c’est une nouvelle victoire pour le savant professeur de Nancy,
- M. Nicklès, qui en avait prévu, à très peu près, les résultats stratigraphiques.
- A dire vrai, ce sont des considérations d’ordre plus industriel que scientifique qui ont décidé l’entreprise d’un sondage à Gironcourt, aux portes d’une importante verrerie à bouteilles, qui, jusqu’ici, tirait son combustible de son propre sous-sol, sous forme d’une houille ligniteuse triasique. Mais la géologie consultée, tant sur l’emplacement à choisir que sur les chances de réussite de cette entreprise hardie, avait répondu en assignant à chaque étage sédimentaire à recouper une épaisseur minimum et maximum et concluait que dans ces conditions d’épaisseur des morts-terrains, le houiller, s’il existait, serait abordé à une profondeur exploitable.
- La coupe ci-contre montre comment la réalité a justifié les prévisions, puisque l’épaisseur réelle des terrains traversés est, en général, comprise entre le maximum et le minimum qui lui avaient été assignés.
- Le gros aléa de l’entreprise était la puissance du permien. Un des derniers sondages de la campagne de recherches de houille en Lorraine française, et en même temps le plus méridional et le plus voisin de Gironcourt, avait en effet recoupé près de 670 m. de permien. Si on devait en rencontrer à Gironcourt une semblable épaisseur, l’entreprise était condamnée, puisque la base du grès des Vosges se trouvait, dans le cas le plus favorable, à 487 m., ce qui rejetait le toit du houiller à 1157 m., profondeur inabordable actuellement à l’exploitation.
- I.C oupe. cf apres fe.s prévisions minimum.
- II. c
- oupe. reel sondai
- dvL.
- E,
- HL.Cou.pe c£ apres prévisions maximum.
- Les cb.t^î’es indiquent. Ces épaisseurs do. terrain, prevues ou traversées
- Terrains.
- ,->p;oy
- In.frafi.as Lném.urien. KeUon.
- tçfun.)
- RJae.tie.Yj_
- Mais, en se basant sur l’opinion très autorisée de M. van Wervecke, qui admet la décroissance du permien vers l’Ouest, on pouvait espérer n’en pas rencontrer plus de 200 m., et, de fait, on n’en a traversé que 162 m., encore qu’il soit possible de faire rentrer une partie des terrains qualifiés permiens, dans le houiller.
- Pour juger maintenant des « possibilités » que fait entrevoir cette découverte, il suffit de jeter un coup d’œil sur une carte géologique de France. On voit aussitôt sur cette carte comment les terrains primaires et carbonifères, dans lesquels il y a lieu de chercher la houille, ont été d’abord plissés (plis hercyniens), puis recouverts de deux manteaux successifs qui ne sont pas exactement concordants, l’un d’abord formé de permien, l’autre composé de trias et jurassique (sans parler du crétacé et du tertiaire qui ne nous intéressent pas ici). Quand on se rapproche du Rhin vers les Vosges ou dans la direction de Trêves et Co-hlentz, on trouve le soubassement primaire avec le carbonifère visible, dont on a, là seulement, l’occasion d’étudier l’allure; plus loin vers l’Est, ce soubassement disparaît sous un double manteau et des hypothèses deviennent nécessaires pour deviner où vontpasser les prolongements des cuvettes houillères sous leur couverture plus récente, d’allure différente. Ces hypothèses sont surtout fondées sur la direction Nord-Est que présentent très nettement les ondulations de ces terrains primaires, avec alternances de cuvettes syn-clinales carbonifères ou permiennes et de saillies anti-clinales à terrains plus anciens. C’est ainsi qu’une première campagne de sondages avait porté ces dernières années sur le prolongement du bassin de Sarrebruck vers Éply et Pont-à-Mousson. 11 s’agit cette fois d’un synclinal plus méridional foi'mé par les terrains triasiques de Sarreguemines et dont le flanc Sud est marqué par les Vosges et les Monts Faucilles. Le sondage de Gironcourt a donné un renseignement précieux sur la position exacte de ce synclinal entre Mirecourt et Neufchâteau. On peut maintenant en imaginer la prolongation vers Châtillon-sur-Seine, puis entre Tonnerre et Avallon, où ce synclinal doit s’infléchir avec une direction Est-Ouest au Nord de l’éperon primaire du Morvan. Toute une campagne de sondages est commencée pour s’en assurer et reconnaître les points exploitables que peut présenter cette zone. F. Aubry.
- K
- âmes irtaeas
- m
- EE9 i'A.urscb.aQlaBi
- ifaat
- marneux
- bii
- .cjarres.
- 2/
- 2_rés des Vosges
- PermLe-rx
- Hoaiiîer
- Coupe géologique du sondage de Gironcourt.
- p.309 - vue 313/647
-
-
-
- 310
- L’INTÉRÊT ASTRONOMIQUE DES EXPÉDITIONS POLAIRES
- Au moment où le lieutenant Shackleton vient de parvenir tout près du pôle antarctique (à 88° 25'), il nous a paru intéressant d’expliquer en quelques lignes le but général que doivent poursuivre les explorateurs de ces régions désolées, et les fruits que l’astronomie doit retirer de la connaissance des pôles terrestres.
- Le problème des pôles paraît avant tout un problème géographique, et d’aucuns s’imaginent à tort que les sciences n’ont rien à glaner des observations qu’on ne manquera pas de rapporter.
- Au point de vue astronomique, la question nous apparaît d’une tout autre importance. .
- Peu de personnes se sont doutées du vrai but que Nansen poursuivait dans son voyage sur le Fram. Son projet consistait surtout à reconnaître la nature
- qu’en règle générale, une dépression de la Terre correspond aux antipodes à une élévation.
- Restait à découvrir la quatrième face et le quatrième sommet. Depuis les dernières expéditions arctiques, le doute n’est plus possible. La base de notre pyramide doit être installée au Pôle Nord ; toute la calotte boréale recouvre un vaste océan dont les profondeurs ne le cèdent en rien, toute proportion gardée, à celles des mers plus vastes.
- Si la théorie doit se confirmer, nous devons, à l’opposé, trouver le quatrième sommet, c’est-à-dire un continent élevé. Et c'est précisément ce que toutes les découvertes semblent confirmer.
- 11 est vrai que la brèche faite à la calotte antarctique à la longitude de 170° laisse inexplorées de très vastes régions, et l’on ne s’écarte guère de la
- Fig. i. — Comparaison entre les régions boréales et australes de la terre. Les taches noires indiquent les parties inexplorées.
- exacte de la calotte boréale. Recouvre-t-elle une mer ou un continent? Tel était le problème dont la solution devait apporter à la connaissance de notre globe des données d’un prix inestimable.
- Les astronomes emploient, comme unité de mesure pour les grandes distances qu’ils ont à évaluer, le rayon terrestre; mais ce rayon ne saurait être égal à lui-même, puisque notre sphéroïde est aplati. On a donc cherché le rayon équatorial ; et la mesure de différents méridiens peut nous en donner la grandeur exacte. C’est du moins ce que l’on croyait, il y a un demi-siècle. La science moderne a changé tout cela. Notre sphère n’est ni ronde ni aplatie : elle tend à prendre, par l’effet de la contraction, une forme pyramidale : quatre faces, quatre sommets. L’océan Atlantique, l’océan Indien et le Pacifique constitueraient trois des faces; les districts très anciens du Canada, de la Scandinavie et de la Sibérie seraient les pointes correspondantes.
- Sans nous étendre davantage sur ce sujet, disons
- vérité en disant que l’intérieur du cercle polaire austral nous est à peine connu.
- Mais, depuis le commencement du siècle, les expéditions se multiplient, et chaque nation tient à cœur d’être représentée dans ce raid d’un nouveau genre.
- L’été antarctique de 1902-1903 aura vu cinq vaisseaux à l’œuvre sur la limite de la banquise.
- En 1901, c’était la Discovery qui, sous les ordres du capitaine Scott, quittait l’Angleterre à destination de la Terre Victoria ; vers la même époque, l’Allemagne envoyait le Gauss explorer la terre d’Enderby et de Kemp; la Suède, l'Antarctic, sous la direction de Nordenskiôld, pour reconnaître la terre de Louis-Philippe et le détroit de Gerlache. Enfin, en octobre 1902, l’expédition écossaise sur la Scotia devait se cantonner à la mer de Wedell; il restait un secteur important à explorer, celui compris entre le 65e degré et le 160e degré de longitude, cette tâche devait revenir aux expéditions françaises dirigées par M. Charcot. Enfin voici que Shackleton, parvenu le
- p.310 - vue 314/647
-
-
-
- == L’INTÉRÊT ASTRONOMIQUE
- 9 janvier 1909 à 88°25' de latitude sud, s’arrête à 3200 m. d’altitude sur un plateau sans montagne, couvert de glace à perte de vue vers le Sud, où le le pôle est donc très élevé !
- Les résultats, qui ne sont pas tous connus, sont donc, dès l’heure présente, excessivement intéressants. Les terres antarctiques semblent bien être le prolongement des arêtes de la pyramide dont nous avons parlé. Il est très vraisemblable que ces terres se rattachent entre elles, formant le vaste continent « nécessaire à la théorie ».
- Sans doute, en particulier dans la mer de Wedell,
- DES EXPÉDITIONS POLAIRES = 311
- couvert de dépôts terrigènes de source sûrement continentale. Ils ont été amenés là par les glaces bottantes, et ces glaces mêmes nous fournissent un argument péremptoire en faveur de l’existence d’un continent. Les glaces formées par la congélation de l’eau de mer sont loin, en effet, de ressembler aux blocs considérables provenant des glaciers et détachés de leur masse frontale. Or, on a vu flotter dans ces parages des icebergs de plusieurs kilomètres de longueur avec des hauteurs de 450 m.
- Il existe donc autour du Pôle Sud un vaste continent recouvert de glaciers puissants, et ce continent
- 10 Ouest 0°. Est de 10 Greenwich 20
- le Coats
- / vgo}
- )éc.i833
- >3-igoS
- ?deGrah,
- Shackteton
- 'iclbria
- ’ihgsha;
- IsL Ba/leny
- ^'^Féfi8is y
- 1umonv&y/'ville i8bo/\
- Bellmgsh,
- Fig. 2. — Carte des terres relevées autour du pôle sud d’après les expéditions récentes.
- <t>
- ©
- Al
- aucune mission n’a signalé de terre, mais l’exploration des fonds marins a fourni des documents dont la valeur ne saurait être méconnue. On sait, en effet, que, dans le domaine océanique, les continents sont généralement précédés par des plates-formes recouvertes de nappes d’eau peu profondes : sortes de socles au-dessus des fosses abvssalés. Tous les sondages, exécutés autour du cercle antarctique, accusent un relèvement notable des fonds marins à mesure qu’on approche du Pôle Sud. Le contraire a lieu au Pôle Nord ou Nansen a relevé dés profondeurs de 3500 m.
- En outre, le fond de l’océan Antarctique est re-
- est entouré lui-même d’une banquise faisant face à la mer par un abrupt dentelé exactement vertical de 50 à 60 m. de hauteur.
- Dès maintenant, nous pouvons dire que toutes les découvertes actuelles viennent corroborer l’existence d’un continent austral, Y Antarctide, sans qu’aucune d’elles puisse l’infirmer. C’est un précieux appoint pour la forme du globe que nous avons si souvent préconisée; et, dans un avenir prochain, les mesures géodésiques entreprises sur le continent austral seront à même de fournir à l’astronome des documents d’une haute valeur sur les dimensions exactes du sphéroïde terrestre. Abbé Th. Moreux.
- p.311 - vue 315/647
-
-
-
- —..-.: sms»=
- LE PALAIS DES MIRAGES AU MUSÉE GRÉVIN
- Y**"
- Jt
- il
- Fig. i. — Une coupe de la salle et du dessus. A gauche un des tambours portant les glaces mobiles, dans leur angle motifs décoratifs. En haut le vélum au moment où il descend pour le décor de la forêt. Mécanisme et treuils de manœuvre. En cartouche : un papillon portant le petit moteur électrique qui fait battre les ailes.
- L’éclairage électrique par lampe à incandescence qui donne la faculté d’allumer ou d’éteindre à volonté toute une série de points lumineux, et par conséquent de varier richement le dessin et la coloration d’un motif d’ornementation, permet d’obtenir, au point de vue décoratif, des effets merveilleux. En utilisant, en outre, la propriété des miroirs parallèles de refléter à l’infini les images des objets placés entre eux, M. Hénard, architecte du Palais de l’Électricité à l’Exposition Universelle de 1900, avait imaginé et construit le Palais des Illusions qui eut un succès considérable. Mais il disparut en meme temps que tous ceux qui s’élevaient sur les bords de la Seine et au Champ de Mars à cette époque mémorable.
- L’Administration du Musée Grévin a voulu faire revivre ce spectacle, véritable réalisation d’un conte des Mille et une Nuits, et elle vient de faire construire le Palais des Mirages qui est la reproduction perfectionnée de ce que nous avions pu admirer en 1900.
- Elle s’est adressée naturellement à M. Hénard dont le sens artistique si développé a dû se doubler cette fois du sens de la mécanique, car, véritable magicien, il a voulu donner au spectateur une série de transformations les plus surprenantes et les plus imprévues.
- Il y est parvenu, mais on va voir, par la suite, quelle ingéniosité et quelle somme de travail il a dû fournir pour réaliser son rêve ; car lui seul a tout conçu et tout fait exécuter sous sa direction.
- p.312 - vue 316/647
-
-
-
- LE PALAIS DES MIRAGES AU MUSÉE GRÉV1N ....~= 313
- La salle hexagonale, qui a dix mètres de diamètre, est constituée par six glaces parallèles deux à deux et, le spectateur a l’illusion de voir une multitude
- juxtaposées; elle a dû former une équipe d’ouvriers spéciaux pour la pose de ces glaces, qui demande une haute précision. Il est clair que les
- Fig. 2. — Le dessus de la salle. A gauche le tableau de distribution. Au centre la partie supérieure de l’un des tambours et le moteur actionnant la transmission hexagonale. A droite le petit pupitre où sont rassemblées les touches qui commandent l’éclairage et toutes les manœuvres ; à côté de lui les cartons perforés permettant d’abaisser d’un seul coup tout un ieu de touches. En cartouche : détail de la partie supérieure d’un tambour mon trant le plateau B, le galet G, Vélectro-aimant E el le frein à huile P.
- de salles juxtaposées dans toutes les directions. En effet, autour de la salle réelle il voit par une première réflexion (fig. 4) six salles identiques (nos 1 à 6) ; ensuite par la deuxième réflexion 12 salles (nos 7 à 18) ; par la troisième 18 salles (19 à 56) et ainsi de suite jusqu’à un nombre qui n’est limité que par la perfection de la planitude, du poli et du parallélisme des glaces. La manufacture de Saint-Gobain, qui s’est fait une spécialité de ces glaces à répétition, est arrivée à obtenir une image très nette jusqu’à la douzième réflexion, ce qui donne déjà 72 salles
- motifs architecturaux placés dans les angles et au plafond se trouvent également répétés et produisent des perspectives qui paraissent infinies.
- Mais si le motif architectural reste le même, on ne peut varier les effets que par les changements dans la disposition des lampes et leur coloration; cela permet déjà d’obtenir une grande variété. Mais M. Ilénard a voulu faire mieux et il a imaginé un système qui permet de substituer l’un à l’autre très rapidement des motifs différents : un palais hindou, une forêt, un palais arabe. Pour cela il a rendu mobiles les angles de
- p.313 - vue 317/647
-
-
-
- 314
- LE PALAIS DES MIRAGES AU MUSEE GREVJN
- l’hexagone ; les six grandes glaces fixes sont coupées dans le sens de la hauteur avant d’arriver aux angles et elles se prolongent par des glaces étroites qui forment l’angle de 120° dans lequel se trouve placé le motif architectural. Ces glaces sont montées sur un tambour qui peut tourner sur un axe vertical et porte trois autres glaces formant aussi des angles de 120° (fig. 5) recevant d’autres décors. On comprend qu’il suffira de faire tourner les six tambours d’un angle de 120° pour que l’aspect du Palais soit complètement changé.
- Mais quand il s’agit de mettre en mouvement des masses ne pesant pas moins de
- Fig. 4. — Effet de la réflexion sur six glaces parallèles deux à deux.
- 5000 kg chacune
- et portant des glaces qui doivent arriver à se placer très exactement dans le même plan que les glaces fixes, la réalisation n’est pas aussi simple qu’on le croirait au premier abord. La manœuvre se fait cependant en quelques instants automatiquement. Pour cela chaque tambour repose, à sa partie inférieure, sur un pivot muni d’un roulement à billes et porte à la partie supérieure un plateau circulaire sur les bords duquel on peut à volonté faire agir un galet conique animé d’un mouvement de rotation (fig. 2, en cartouche). En temps normal il est éloigné du plateau, mais il est solidaire de l’armature d’un puissant électro-aimant (analogue à ceux qui sont employés pour la manœuvre des signaux de chemin de fer) et quand on fait passer le courant, le galet vient s’appuyer fortement sur le bord du plateau. La même disposition est répétée pour chaque tambour. Les galets reçoivent
- Fig. 5. — Disposition des glaces mobiles permettant de changer trois fois le décor.
- leur mouvement de rotation au moyen d’une transmission hexagonale, faisant tout le tour de la partie supérieure de la salle, et formée par six arbres,
- munis d’engrenages d’angle, en mouvement par un moteur électrique unique (fig. 2). On peut donc à distance, depuis un point quelconque, mettre le moteur en marche et provoquer la rotation des six tambours soit simultanément, soit l’un après l’autre. Quand on cesse de faire passer le courant dans un électro-aimant le galet correspondant s’éloigne et le tambour ne continue sa course qu’en raison de la vitesse acquise. Mais comme sa masse est considérable
- on ne peut provoquer un arrêt brusque, aussi a-t-on recours à un frein constitué par une pompe à huile qui amortit complètement le choc et amène doucement le tambour à la position exacte qu’il doit occuper et où il est calé par des verrous automatiques. Tout cela, on le comprend, se fait dans l’espace de quelques secondes pendant lesquelles le spectateur est plongé dans une obscurité complète. Quand la lumière lui est rendue il est stupéfait d’avoir changé de place sans s’en douter et de se trouver transporté dans une superbe forêt. En effet le motif d’architecture hindoue qui se trouvait dans l’angle de l’hexagone a été remplacé par un autre motif composé d’arbres et d’arbustes ; mais il a fallu aussi changer le plafond dont les arceaux et les caissons ne s’harmoniseraient pas du tout avec le décor forestier. Pour cela le machiniste a tout simplement débrayé un treuil qui a laissé desr
- p.314 - vue 318/647
-
-
-
- CHOIX DES EAUX D’ALIMENTATION PUBLIQUE :.... - : 315
- cendre, par un trou central, un immense vélum soutenant des branchages et des lianes grimpantes ; il s’étend de lui-même sur toute la surface du plafond par l’effet de douze fils passant par les angles de la salle et tirés par des contrepoids (fig. 4). Puis pour animer ce décor, on voit descendre des papillons lumineux aux vives couleurs et battant des ailes. Chacun d’eux porte sous ses ailes de petites lampes qui les éclairent et dans son corps un minuscule moteur électrique (fig. 1, en cartouche) qui leur donne le mouvement ; ils montent et ils descendent au moyen d’un petit moteur, actionnant un treuil qui inverse de lui-même le courant quand il est au bout de sa course, ce mécanisme se répète pour chaque papillon ; il y en a six, mais grâce à la réflexion des glaces on en voit des centaines voltiger indépendamment les uns des autres. Une disposition semblable fait ensuite apparaître des étoiles filantes. Quand on change le décor, le treuil mis en mouvement par un moteur électrique remonte le vélum, les tambours tournent à nouveau de 420° et la forêt se trouve remplacée par un palais d’une architecture arabe dont les colonnades, les voussures, les arceaux, etc., s’éclairent à perte de vue
- de milliers de lampes aux couleurs différentes.
- Le tableau de distribution est, on le comprend, très important et occupe toute la partie supérieure de la salle (fig. 2) puisque, outre les nombreux moteurs grands et petits, il y a-2500 lampes pouvant produire, par leur combinaison de groupement et de couleurs, des effets différents; à certains moments, par l’effet des glaces à répétition, on voit près de 70000 lampes. C’est donc par centaines que les fils s’étendent comme une vaste toile d’araignée sur toute la coupole. Mais tous les commutateurs sont commandés à distance par des circuits qui sont tous réunis à un petit pupitre portant les touches au moyen desquelles on peut faire passer ou interrompre le courant. Devant chacune d’elles se trouve indiqué sur une plaque émaillée le motif qu’elle commande (fig. 2); pour produire d’un seul coup l’abaissement d’un groupe, devant produire un effet déterminé, on emploie des cartons perforés qu’il suffit d’appuyer sur le pupitre. Un seul homme peut donc sans fatigue, grâce à l’ingéniosité avec laquelle tout a été conçu, faire manœuvrer tout cet ensemble et produire ces merveilleux effets qui nous laissent une impression pleine de charme. G. Chalmarès.
- LE CHOIX DES EAUX D’ALIMENTATION PUBLIQUE
- Eaux naturellement pures. — Eaux purifiées artificiellement. — Eaux stérilisées.
- Lorsqu’une agglomération cherche à s’alimenter en eau potable, elle doit tout d’abord pousser aussi loin que possible les études hydrologiques pour trouver une eau souterraine constamment pure, abondante et agréable.
- Cette solution est la seule qui, en tout temps et toute circonstance, puisse donner toutes satisfactions pour la santé publique.
- On a parlé de la faillite des sources et des eaux souterraines : cela est fort exagéré. En tout cas, à épuration égale, il est encore préférable d’utiliser les eaux d’une source vauclusienne d’une région fissurée que celles d’un cours d’eau.
- D’abord, la stérilisation s’effectue beaucoup mieux et plus économiquement; ensuite, on a une eau d’une température sensiblement constante en toutes saisons, ce qui est très appréciable.
- En réalité, il y a beaucoup d’eaux souterraines pures et constamment pures ; on ne les recherche pas toujours, ou on les élimine d’emblée, quelquefois systématiquement, en raison de la nature géologique des terrains d’où elles proviennent.
- Or, on a actuellement trop de tendance à faire dire à la géologie ce qu’elle ne saurait prouver.
- Certes il a été excellent de démontrer que les eaux des calcaires ne sont pas toujours pures et que souvent elles peuvent véhiculer des épidémies d’origine hydrique. Cela a conduit à tout un ensemble de mesures absolument salutaires à la santé publique. Mais, maintenant que cette défense est bien organisée, il ne faut pas tomber dans l’obsession, je dirai volontiers la phobie, de la fissure calcaire ou granitique comme cela paraît avoir lieu actuellement : quelques mètres de terre, de sable, d’éboulis, de poussier calcaire, d’arène granitique, peu-
- vent transformer cette fissure en un filtre naturel parfait.
- Il faut songer qu’on peut artificiellement épurer totalement une eau sur 1,50 m. de sable en imitant une toute petite partie des conditions naturelles ; a fortiori ce phénomène peut-il être couramment réalisé dans la nature.
- En tout cas, il vaut encore mieux épurer, je le répète, une eau souterraine venant de terrains fissurés qu’une eau de rivière superficielle.
- Il est arrivé qu’on a malheureusement spéculé d’une façon dérisoire sur la fissure des terrains aquifères pour répandre de tous côtés qu’il fallait rejeter les eaux souterraines et conseiller aux agglomérations de recourir aux eaux de surface; aussi l’on assiste aujourd’hui à ce spectacle stupéfiant, de voir des agglomérations prendre leurs propres eaux d’égouts, diluées dans le cours d’eau qui traverse la ville, et les épurer sans avoir examiné d’autres solutions, plutôt que de recourir à la stérilisation des eaux souterraines.
- Le cours d’eau doit être envisagé en dernier lieu, quand il est bien établi qu’il n’y a pas moyen de se procurer d’autres eaux potables en quantité suffisante.
- Lorsqu’après avoir fait les recherches nécessaires, on a trouvé de l’eau souterraine, on doit s’assurer de la qualité de cette eau.
- Il n’y a que les examens bactériologiques et chimiques, effectués dans des conditions déterminées, qui peuvent permettre de dire avec toute la précision possible la qualité de l’eau souterraine ; ici également il faut savoir apprécier la portée des analyses et des résultats.
- Si des séries d’analyses sérieuses ont établi que l’eau est impure ef susceptible d’ètre contaminée par des pro-
- p.315 - vue 319/647
-
-
-
- 316 ===== LES HYDROPLANES OU BATEAUX GL1SSEURS
- duits d’origine suspecte, elle doit être stérilisée, c’est-à-dire épurée d’une manière efficace.
- Enfin, s’il n’y a pas d’eaux souterraines ou si la quantité est insuffisante, on est obligé de compléter le volume nécessaire en puisant là où elle se trouve, c’est-à-dire dans les eaux superficielles des cours d’eau, lacs, étangs, etc.
- En tout cas, les prises doivent être situées au point le moins contaminé, très en amont des agglomérations et des zones d’épandage.
- C’est ce qui n’a pas lieu, même actuellement, où l’on puise l’eau à l’entrée des villes ou dans la ville même, sous le prétexte qu’on l’épure, d’ailleurs insuffisamment.
- Donc, quelle que soit l’origine de l’eau souterraine ou superficielle, si cette eau est contaminée ou susceptible de l’être par des produits d’origine suspecte, il faut l’épurer efficacement avant de la livrer à l’alimentation publique.
- Pas de demi-mesures : elles anihilent les efforts et les dépenses faites pour l’épuration ; c’est-à-dire pas de double canalisation, amenant l’une l’eau pure, l’autre l’eau souillée.
- Je viens d’en constater une fois de plus les déplorables effets dans des casernes où sévissait une grave épidémie de fièvre typhoïde : l’eau destinée à l’usage alimentaire était stérilisée par la chaleur sous pression, tandis qu’une canalisation d’eau de rivière brute alimentait les cuisines, lavabos et lavoirs.
- Il en est de même dans bien des villes.
- Tout au plus peut-on admettre l’eau insuffisamment
- pure pour les lavages des rues, pour l’alimentation des chasses d’eau dans les water-closets et les égouts, poulies bouches d’incendie. Dans ce cas, il ne doit pas y avoir de robinets accessibles au public sur les canalisations.
- Les objections qui peuvent être faites au principe de l’adduction d’eaux souterraines pures et d’eaux épurées efficacement, sont relatives à la quantité et au prix.
- Pour la quantité, on est maître de la régler par le compteur dont l’emploi se généralise de plus en plus : il est indispensable de remédier au gaspillage inutile au bénéfice de la qualité de l’eau; il est logique de payer l’eau gaspillée, l’eau de luxe pour ainsi dire, proportionnellement au volume absorbé.
- Dans les municipalités où l’on considère cette réforme comme mauvaise au point de vue électoral, il n’y aurait qu’à fournir gratuitement, ou au prix le moins élevé possible, les quelques litres d’eau utiles et nécessaires : les bons effets de cette réforme compenseraient largement les mauvais effets de l’autre.
- Il ne faut pas que, sous le prétexte de satisfaire le gaspillage, une agglomération se prive des bienfaits d’une eau pure.
- D’un autre côté, les dépenses occasionnées par l’adduction d’eaux naturellement pures ou artificiellement purifiées sont largement compensées par l’utilisation de l’énergie humaine soustraite au tribut des maladies d’ori-gine hydrique. K„. Bonjkan,
- Chef du laboratoire et membre du Conseil supérieur d’hygièno publique de France.
- LES HYDROPLANES OU BATEAUX GLISSEURS
- Si le mot hydroplane est nouveau, car il ne se trouve pas dans les dictionnaires, l’idée qu’il représente est bien ancienne. En effet, de temps
- immémorial, qui flottent
- les bateaux sur les rivières et les lacs du monde entier ont été construits selon les formes revendiquées par les pionniers actuels des bateaux glis-seurs ou hydroplanes qui ont battu tous les records de vitesse dans les derniers meetings.
- Nous avons dessiné ci-dessous les formes des coques d’un bateau de mer et d’un canot de rivière tel qu’on le rencontre sur nos cours d’eau, ainsi, du reste, que chez les peuplades sauvages les plus arriérées; -'est aussi la forme des gondoles vénitiennes qui glissent sur l’eau calme des lagunes tandis que la chaloupe marine fend le flot.
- Tous ces bateaux d’eau
- Fig. i. — L’hydroplane Ader : le précurseur des hydroplanes.
- coque, conserve, lorsqu’il est en vitesse, un déplacement d’eau, à peu près le même qu’à l’état d’immobilité. Son étrave tranchante fend la masse d’eau et il laisse derrière lui un sillage profond et tumultueux.
- Le canot de rivière, avec son avant relevé et son fond plat, s’élève au-dessus de l’eau dès que sa vitesse acquiert une certaine valeur ; il se déjauge et son tirant d’eau diminue ; il ne fend pas l’eau, mais tend au contraire à glisser sur la surface unie des eaux tranquilles pour lesquelles il fut construit.
- C’est un véritable bateau glisseur, un hydroplane auquel il ne manque qu’un moteur léger pour réaliser de grandes vitesses.
- Mais ce bateau à fond plat n’a qu’une précaire stabilité ; il ne saurait soutenir le choc des vagues par le travers, aussi tous les bateaux marins doi-
- douce sont des hydroplanes dans le propre sens du rpot. . Le bateau marin, avec les formes arrondies de sa
- vent-ils avoir une coque profonde et une quille pour les fixer mieux dans l’élément liquide.
- p.316 - vue 320/647
-
-
-
- LES HYDROPLANES OU BATEAUX GL1SSEURS ========== 317
- On ne pouvait songer à munir un canot à fond plat d’une lourde machine à vapeur, car le centre de gravité en eût été déplacé beaucoup trop pour laisser au bateau quelque stabilité ; c’est certainement ce qui a retardé la réalisation des vitesses remarquables obtenues avec les
- Fig. 2. — Coque de chaloupe marine.
- qui facilitent encore son glissement sur l’eau. Il ne laisse derrière lui qu’une agitation superficielle de la rivière4.
- Nous nous bornerons ici à passer en revue les résultats obtenus en faisant remarquer que les défauts des hydro •
- Fig. 3. — Canot de rivière, lac ou étang.
- Fig. 4. — L’hydroplane Fauber en vitesse sur la Seine.
- hydroplanes grâce aux moteurs légers du type automobile.
- L’hydroplane doit, avant tout, être léger et peu élevé au-dessus de son fond plat, de façon à présenter peu de surface à la résistance de l’air et r ' ",
- avoir le centre de gravité aussi bas que possible ; il lui faut une eau calme pour ses évolutions.
- Dès que la surface de l’eau est quelque peu agitée par le vent formant des vagues, ou même par le passage d’un autre bateau, les plans sus tentateurs plats des hydroplanes reçoivent des chocs violents provenant
- de l’inégalité de la surface sur laquelle se fait le glissement. Il en résulte un mouvement de bascule qui fait piler brutalement l’embarcation, au risque de la chavirer ou de la disloquer.
- Le déjaugeage, qui augmente avec la vitesse, diminue d’autant la stabilité; on estime que, dès que le déjaugeage en vitesse atteint la moitié du déplacement d’eau du bateau lorsqu’il est immobile, le danger de chavirer est imminent.
- Les bateaux glisseurs ne sont donc pour l’instant que des racers, c’est-à-dire des engins de course susceptibles seulement de naviguer en eau très calme, car ils manquent de stabilité longitudinale et transversale.
- La propulsion d’un hy-droplane demande beaucoup moins de puissance motrice que celle d’un bateau à quille; il est aisé de comprendre pourquoi puisque, toutes choses égales d’ailleurs, l’hydroplane ne doit pas s’ouvrir un passage dans l’eau; au contraire, il se produit, sous son fond plat, , un entraînement de bulles d’air
- planes leur étant imposés par la définition même de leurs formes et de leur mode de sustentation sur l’eau, il est peu probable que nous assistions à leur application
- à la navigation usuelle. Il faudrait leur assurer la stabilité qui leur
- manque, pourrait se faire
- ce qui peut-être en leur
- Fig. 5. — Le Ricochet-Nautilus.
- adjoignant une quille profonde et mince, analogue à celle des yachts de course. Nous ne croyons pas que cette intéressante modification ait été tentée.
- Depuis Newton, de nombreux inventeurs se sont occupés des calculs
- relatifs aux conditions dans lesquelles un plan incliné se déplace à la surface de l’eau; en d880, Pictet construisait une coque d’hydroplane et Ader inventait ensuite
- une sorte d’oiseau-poisson volant muni de deux ailes, mobiles et courbes, sous lesquelles un moteur devait refouler de l’air pour faciliter le glissement et la sustentation de l’appareil sur l’eau.
- Le modèle de cet appareil est conservé aux Arts et Métiers à côté du fameux Avion du même auteur. Nous reproduisons ci-contre l’hydroplane d’Ader dont la conception est au moins originale, car elle rompt avec toutes les règles connues de la construction navale.
- Mais tous ces engins n’avaient pas donné de résultats sérieux, et c’est au comte de Lambert que revient l’honneur d’avoir démontré dès 1904 les avantages du bateau glisseur sous le l’apport de la vitesse.
- 1 Yoy. dans la Technique automobile, n° 18 de juin 1907, une savante étude de M. Poincet, ingénieur de la marine, sur le calcul de la vitesse des hydroplanes.
- riiSI
- p.317 - vue 321/647
-
-
-
- 318 ..—LES HYDROPLANES OU BATEAUX GL1SSEURS
- Le bateau du comte de Lambert se composait de deux petits canots, pointus et relevés à l’avant, ayant la forme des bateaux appelés catirnarons dont les Indiens se servent pour la pêche et le passage des barres. Ces deux canots étaient réunis côte à côte par une sorte de radeau de part et d’autre duquel se trouvaient cinq plans inclinés d’environ cinq degrés sur la surface de l’eau, offrant une surface d’appui de 8 mètres carrés.
- L’appareil était muni d’un moteur de Dion Bouton à deux cylindres, de 12 chevaux, et d’une hélice réversible Panhard dont le pas maximum était de 70 cm.
- La longueur totale du bateau était de G m., sa largeur 5 m. et son poids en ordre de marche 800 kilogrammes.
- A partir de la vitesse de 12 km. à l’heure, le bateau s’élevait au-dessus de l’eau, il commençait à planer et la vitesse maxima de 55 km à l’heure était facilement atteinte, ce qui semblait énorme, étant donnée la faible puissance du moteur.
- Les expériences du comte de Lambert eurent un grand retentissement et nombre de chercheurs et de constructeurs se mirent sur la piste. Parmi eux citons Hart-fort, Motheral et en France M. de Bonnemaison qui créa le fameux Ricochet-Nautilus dont nous donnons une photographie.
- Ce bateau glis-seur fut baptisé ironiquement Caisse à Savon; il est, en effet, rectangulaire avec l’avant relevé, mais le fond est constitué par deux plans inclinés successifs, comme le montre le schéma ci-dessous, ces deux plans étant séparés par une sorte de cran ou redan.
- L’arbre de l’hélice sort de la coque par le redan central, il est soutenu à l’arrière par une solide armature ; le moteur est vers l’avant ainsi que la barre des deux gouvernails placés à l’arrière de chaque côté du bateau.
- Le Ricochet-Nautilus réalisa la vitesse extraordinaire de 50 km à l’heure, en eau calme, avec un moteur de 9 chevaux seulement.
- Le Ricochet-Antoinelle, construit ensuite par M. Le Las, muni d’un moteur léger de 50 chevaux, fit le kilomètre en eau calme à raison de 70 à l’heure1 et, dans l’heure, près de 05 km. il est vrai qu’au meeting de
- Monaco en 1908, dans une eau clapotante, les Ricochets ne purent battre la Rapière III, bateau semi-glisseur, avec fond plat à redan, muni d’un moteur de 125 chevaux et pesant 1600 kg, qui ne fit que 52 km à l’heure de moyenne. Ceci vient à l’appui de ce que nous disions au commencement de cet article sur les difficultés qu’éprouvent les hydroplanes dès que la surface de l’eau est agitée quelque peu.
- La course de la Rapière lll fut du reste très pénible pour ses pilotes à cause des chocs très violents qu’elle recevait des petites vagues.
- L’avant de la Rapière avait dù être renforcé par des sommiers et de fortes carlingues pour subir l’assaut des vagues. Il était muni de bancs à ressorts et de coussins
- pneumatiques pour améliorer un peu la situation de ses voyageurs qui, malgré cela, étaient fortement secoués.
- Nous parlerons, à titre documentaire, des essais faits par M. Santos Dumont d’un hydroplane composé de trois corps fusiformes entraînés par une hélice aérienne.
- Ce glisseur, qui devait, dans l’esprit de son inventeur, dépasser 100 km à l’heure, n’a pas justifié cette prévision.
- L’hélice aérienne a séduit depuis bien des inventeurs. Les succès des dirigeables et des aéroplanes ont, à plusieurs reprises, attiré sur elle l’attention du public et des techniciens.
- Elle a été essayée en Italie, en 1906, par M. Forlanini sur un hydroplane dont la coque en aluminium avec armatures en fer avait la forme d’un cigare; un moteur Fiat de 60 chevaux actionnait deux hélices aériennes nt donnait une vitesse-de 70 km à l’heure.
- 1 Celle vitesse n’avait encore jamais été réalisée sur l’eau par aucun bateau ou navire.
- Fig. 6. — Hydroplane Ricochet-Antoinette. Moteur Antoinette: record du monde: 63 kilomètres à l’heure. Novembre igoj.
- ---- P/rtOXIïVljt.
- Fig. 7. — Schéma de la coque d’un Ricochet.
- Fig. 8. — M. Le Las : recordman du monde de la vitesse sur l’eau 62,68 km. à l’heure, sur « Ricochet-Antoinette ».
- p.318 - vue 322/647
-
-
-
- NOUVEAUX « AUTOBUS » PARISIENS
- 319
- En 1907 sur le lac de Bracciano, près de Rome, MM. Crocco et Ricaldoni essayaient une coque soutenue par deux paires d’ailes en forme de V, d’après un brevet anglais [de W. Thompson ; le moteur Bayard Clément, de 80 chevaux, entraînait deux hélices aériennes placées à chaque extrémité de l’embarcation dont le poids total était de 1500 kg. En vitesse, la coque fut entièrement sortie de l’eau et la vitesse atteignit, dit-on,
- 70 km à l’heure.
- Ces essais ne paraissent pas indiquer la supériorité de la propulsion par hélices aériennes sur celle par hélices immergées dont le rendement atteint facilement 70 pour 100.
- Terminons en disant quelques mots de l’hy-droplane Fauber exposé au Salon de 1908 et qui semble tenir le milieu entre les glisseurs proprement dits et les bateaux à quille ; l’avant est effilé, le fond est formé de deux surfaces courbes se réunissant en pointe pour former comme l’amorce d’une quille de yacht. Une série de redans réunit les plans du
- fond, inclinés de l’avant à l’arrière, et l’entraînement d’air sous le fond est facilité par la présence de tubes
- à air qui, d’après l’inventeur, réduisent de 20 pour 100 la poussée sur l’hélice quand le bateau atteint la vitesse de 40 kilomètres à l’heure.
- Ce bateau de 8 m. de longueur avec un moteur de 100 chevaux fournirait une vitesse de 65 kilomètres à . l’heure et offrirait plus de stabilité que les glisseurs ordinaires.
- Il est juste de reconnaître que les théories et les expériences des hydro-planes, si elles n’ont pas encore donné de résultats
- au point de vue application utilitaire, ont ouvert des horizons nouveaux à la construction navale et font entrevoir la possibilité de perfectionner la forme des coques pour arriver à économiser l’énergie nécessaire à la propulsion des bateaux en général.
- Le champ ouvert aux inventeurs demeure donc extrêmement vaste sous ce rapport.
- % René Champlv.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance du 15 avril 1909 paraîtra dans le prochain numéro.
- NOUVEAUX « AUTOBUS » PARISIENS
- Les défauts que l’on a reprochés aux premiers omnibus automobiles parisiens appartiennent à la catégorie de ceux dont sont marquées toutes les œuvres qui débutent. Les constructeurs ont cru devoir produire des voitures capables de transporter des charges considérables et ils sont tombés dans l’exagération qui a retardé l’avènement des transports industriels par les automobiles. Ces premiers autobus sont, en effet, impropres à la circulation intérieure dans des rues aussi encombrées que le sont celles de Paris à cause du bruit et des trépidations qu’ils produisent, de la rapide détérioration des routes, de l’usure non moins rapide des organes mécaniques du châssis et des difficultés de conduite et d’entretien.
- Les nouvelles voitures que la Compagnie générale
- des Omnibus vient de mettre en circulation sur la ligne Clichy-Saint-Germain-des-Prés sont ce que l’on pourrait appeler de « petits poids lourds »; elles ont réussi ce tour de force presque incroyable de séduire à la fois les voyageurs, les conducteurs et les riverains. Sorties des établissements Renault frères, à Billancourt, leur charge utile a été ramenée au chiffre raisonnable de trois tonnes à la suite d’une étude scrupuleuse des desiderata du trafic aussi bien que de tous les organes mécaniques.
- Le moteur est à l’avant, complètement dégagé et tous les organes sont d’une accessibilité parfaite.
- Ce moteur fait 20/50 chevaux; il est à soupapes commandées et appartient au type courant avantageusement connu.
- p.319 - vue 323/647
-
-
-
- 320 : ' ..... NOUVEAUX « AUTOBUS » PARISIENS
- Le radiateur, disposé à l’arrière, est ainsi complètement protégé contre les chocs extérieurs. L’embrayage est à cônes inverses avec cercle d’embrayage rapporté et scié sur son pourtour, pour obtenir une grande progressivité. Le changement de vitesse est à quatre vitesses et marche arrière sur un levier unique ; il ne possède pas de prise directe, car la démultiplication considérable qu’oblige à employer un châssispour poids lourds aurait nécessité, avec la prise directe, la présence de pignons de commande du différentiel de dimension impraticable, ou l’emploi de pignons démultiplicateurs fixés sur les roues arrière, par conséquent, mal protégés contre la boue, la poussière, assujettis à des avaries fréquentes et à une usure rapide.
- La transmission s’effectue par cardan. Ce mode de transmission rencontre encore des hostilités pour les voitures du tourisme; de l’avis des constructeurs de Billancourt, il ne saurait en être de même sur un châssis de poids lourd dont la transmission doit être complètement à l’abri de la poussière et de la boue, car la voiture, qui représente un capital industriel, ne doit pas être immobilisée pendant le mauvais temps ; de plus il lui faut être d’un entretien facile et d’une usure très réduite afin d’éviter les réparations et la mise hors de service du matériel.
- L’axe arrière, étudié d’une manière très remarquable, est d’une seule pièce en acier forgé et d’une résistance à toute épreuve. Tous les arbres sont montés sur roulements annulaires et faits en matériaux de très grande résistance; contrairement au dispositif employé dans les voitures de tourisme, les arbres commandent les roues par les bouchons de moyeux. Le frein à pédale est à mâchoires et le frein
- à main à extension. L’un et l’autre sont d’une très grande facilité de manœuvre et d’une puissance suffisante pour obtenir un arrêt très rapide et éviter ainsi les accidents trop nombreux encore avec les poids lourds actuels. Ce châssis est monté sur
- pneumatiques jumelés, doubles à l’avant, triples à l’arrière. Grâce à ce dispositif les trépidations, qui rendent Tes véhicules de transport en commun presque inhabitables, disparaissent ainsi que le bruit. Enfin les pièces mécaniques ne subissant plus de vibrations provenant des chocs sur le sol, voient leur durée sensiblement prolongée.
- Le siège du conducteur est placé sur la gauche de la carrosserie, ce qui rend la conduite beaucoup plus facile dans les rues encombrées. La voiture comporte 21 places réservées aux voyageurs. L’impériale a été supprimée et avec elle tous les ennuis et les retards dont elle était la cause par suite de sa difficulté d’accès et de direction
- qu’elle occasionne. La voiture est chauffée par les gaz de l’échappement et éclairée par l’acétylène. Enfin la douceur de sa suspension procure un confort dont se contenteraient bien des automobiles de luxe.
- La mise en service de ces petits omnibus nous semble devoir être la solution pratique de l’automobilisme en commun dans les grandes villes, d’où les grosses voitures sont appelées à disparaître.
- Il suffira, pour que le public les préfère aux autres moyens de transport et en particulier au métropolitain, que les lignes soient desservies par un nombre de voitures suffisant permettant les départs à des intervalles de temps très rapprochés. Les omnibus ne seront sauvés qu’à cette condition.
- René Doncières.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- p.320 - vue 324/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1874.
- 24 AVRIL 1909.
- LE CHEMIN DE FER ETHIOPIEN
- La question du chemin de fer éthiopien, qui dans ces derniers mois a fait couler des flots d’encre, semble enfin résolue. Le 5 avril a été promulguée
- térieurement délivrées par le négus Ménélik, et leur donnant le droit exclusif de construire et d’exploiter une ligne de chemin de fer reliant l’Ethiopie à la mer par Djibouti. Mais diverses circonstances empêchèrent la Compagnie de profiter de ses avantages : malgré une subvention annuelle de 500 000 fr. qui lui était garantie par le gouvernement français, dès 1 902, elle se trouva bientôt, pour des raisons financières, dans l’impossibilité de construire la deuxième partie de la ligne, celle qui devait aller de Diré-Daoua à Addis-Ababa : et les difficultés qu’elle éprouva, même pour l’exploitation de la ligne construite
- Fig i. — La passerelle métallique sur VAouache (25 m. de portée), à travers une gorge de 100 mètres de profondeur.
- la loi portant approbation par le Parlement de la transaction intervenue entre l’État et la nouvelle Compagnie
- %
- pIBUOTHÉÇllts)
- Fig. 3. — Le marché d’Addis-Ababa, donnant une idée de la capitale abyssine (station terminus de la ligne nouvelle).
- du chemin de fer franco-éthiopien, substituée à la Compagnie impériale des chemins de fer éthiopiens, précédent titulaire.
- Cette dernière avait été créée le 9 août 1896 par MM. Ilg et Chefneux, détenteurs de concessions an-37e année. — 1er semestre.
- Fig. 2. — Les gorges du Kas-sam, affluent,de VAouache : ce sont les seuls cours d’eau du pays.
- entre Djibouti et Diré-Daoua, furent telles qu’en 1908 on put craindre la faillite de la Compagnie ; grâce à des arrangements dont le détail ne serait point ici à sa place, cette solution a pu être écartée, et remplacée par une autre moins dure. La concession accordée à MM. Chefneux et 11g a été transférée, par Ménélik, au Dr Vita-lien, et ensuite par ce dernier, à une Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien, qui dès maintenant exploitera la ligne existante, et qui va immédiatement entreprendre la construction du dernier tronçon.
- Quel sera le tracé de celui-ci? C’est là une question qui a son importance. Aussi, le 25 mars 1908, une Mission, placée sous les ordres d’un officier dis-
- 2t. — 521
- p.321 - vue 325/647
-
-
-
- 322 .:: LE CHEMIN DE FER ETHIOPIEN
- tingué, qui s’est spécialisé dans les questions de construction de voies ferrées aux colonies, le commandant Ozil, et comprenant six officiers ou ingénieurs et huit sous-officiers, s’embarquait à Marseille pour la côte des Somalis; le 15 avril elle commençait ses opérations à Diré-Daoua, gare terminus des 510 kilomètres existant. La Mission devait établir l’avant-projet, suivant le tracé imposé par le négus, tracé qui diffère sensiblement de celui envisagé par la Compagnie défunte; il se rapproche notamment des montagnes du Harrar et du Tcher-cher, ce qui lui permettra de desservir dans des conditions avantageuses les hauts plateaux de ces régions très riches en bétail, en cire, et en café excellent.
- La voie partira de Diré-Daoua à la cote 1095, descendra dans la plaine de Habana à la cote 950 pour remonter au col des Assabots à la cote 1500, redescendre sur l’Aouache à la cote 850, et atteindre Addis-Ababa à la cote 2557, au pied de la colline sur laquelle se trouvent les bâtiments qui composent le palais impérial.
- Malgré de pareilles dénivellations, ce tracé a pu être établi dans des conditions très favorables, car il n’exigera ni grands terrassements, ni ouvrages d’art importants, ni tunnels. Il n’y a pas de rampes nettes supérieures à 0,025 millimètres par mètre1.
- Les stations prévues sont au nombre de 27, soit une tous les 18 kilomètres en moyenne; le choix de leur emplacement a été déterminé par la situation des points d’eau, et non par la présence d’agglomérations, inexistantes dans ces régions. Quelques-unes, situées au pied de plateaux habités et bien cultivés, sont appelées à recevoir un trafic notable : on peut citer, dans cet ordre d’idées, Miesso au pied du Harrar, Katchinia au pied du Tchertcher, Oula-Ouala au pied du Mindjar, llaclama sur la piste des Aroussi, et Adda dans la plaine du même nom.
- La longueur totale de ce tracé est de 485 kilomètres, soit quelques kilomètres de plus que l’ancien, mais la dépense supplémentaire sera largement compensée, comme nous l’avons dit, par de. meilleures conditions économiques, et par une plus
- 1 La rampe nette est égale à la rampe véritable, plus line
- 500
- rampe lictive des courbes calculée d’après la formule — dans laquelle H représente la longueur du rayon, exprimée en mètres.
- grande sécurité ; l’ancien tracé traversait le désert Donkali et était exposé à souffrir des attaques des sanguinaires habitants de cette contrée. La Mission Ozil avait d’ailleurs pris ses précautions contre ces nomades : en dehors de ses convoyeurs, et des hommes qui traçaient sa route quotidienne à travers la brousse, elle comprenait 90 fusils qui inspiraient le respect, et l’aurait mise à même de repousser une attaque. Cette Mission fut assez heureuse pour n’éprouver aucune perte, et son chef put toujours résoudre pacifiquement les difficultés qui s’élevèrent quelquefois avec les indigènes. 11 ne fut tiré de coups de fusil que contre les bêtes sauvages fort nombreuses dans ces régions, et pour se procurer la nourriture quotidienne.
- Le commandant Ozil fut reçu par Ménélik qui s’informa des travaux de la Mission, et prouva par ses questions et ses critiques, qu’il avait parfaitement étudié le problème et avec un sens très averti. Le séjour des officiers et ingénieurs en Abyssinie fut d’ailleurs assez court, le retour rapide ; le 25 août la Mission débarquait à Marseille ; quelques semaines après, lé ministère des Colonies était en possession du rapport du commandant Ozil, et le gouvernement faisait sien ainsi que la Compagnie, l’avant-projet dont nous venons de citer les grands traits jusqu’ici inédits,
- Le 25 avril, s’embarqueront à Marseille, les cadres du personnel destiné à achever la ligne dans le délai prévu de six années; le directeur est M. Fil-lonneau, chef de bataillon du génie, mis à la disposition de la Compagnie par le Ministre ; il aura sous ses ordres dix ingénieurs et quarante conducteurs. Il est bien entendu que le tracé de l’avant-projet pourra être modifié dans les détails, au fur et à mesure de la construction de la ligne, suivant les exigences nouvelles que pourrait révéler l’exécution., Mais dès maintenant, il paraît certain que dans son ensemble la ligne sera excellente, et que son exploitation ne présentera pas plus de difficultés que l’exploitation actuelle. .
- En 1915, nous pourrons aller, de Djibouti à Addis-Ababa, par la voie ferrée en 48 heures, alors qu’il y a douze ans, il fallait 40 jours à dos de mulet et qu’à l’heure actuelle le voyage demande encore 20 à 25 jours. Gastqn Phblip.’
- Fig. 4. — Carte du chemin de fer éthiopien : de Djibouti à Diré-Daoua, le tracé ancien; de Diré-Daoua à Addis-Ababa, le nouveau tronçon, arrêté par la transaction du 3 avril igoq.
- p.322 - vue 326/647
-
-
-
- APPAREILS DE PHYSIQUE DESTINÉS A L’ENSEIGNEMENT
- Le matériel des Cabinets de physique des lycées et collèges n’a pas suivi autant qu’il l’aurait fallu les progrès de l’enseignement moderne. Si l’on n’y trouve pas le crocodile empaillé de l’ancien cabinet des alchimistes on y trouve bien des choses presque aussi inutiles et archaïques. Quant aux. appareils qui servent aux démonstrations courantes ils sont restés à peu de chose près les mêmes depuis quarante ans;et cependant que de progrès dans toutes les branches de la science, et notamment en physique, ont été accomplis depuis celte époque! Le nouveau programme d’enseignement exige non seulement que le professeur puisse facilement faire saisir à de jeunes intelligences, encore peu ouvertes aux choses de la science, les lois qui régissent les principes de la physique et de la mécanique, mais aussi que les élèves puissent se servir eux-mêmes des appareils dans les séances consacrées aux travaux pratiques.
- 11 fallait donc créer un matériel nouveau qui, tout en restant de construction simple et peu coûteuse, réponde à tous ces besoins. C’est à cette tâche que s’est consacré un éminent professeur de physique du lycée Janson de Sailly, M. Chassagny; son esprit inventif et son habileté manuelle lui ont permis d’imaginer et de construire, à l’aide de moyens assez rudimentaires, une série d’appareils très ingénieux dont la plupart figuraient ces jours derniers à l’exposition de la Société de physique par les soins de la maison Massiot-Radiguet qui s’est chargée de les construire industriellement. Nous en reproduisons ici quelques-uns.
- Enregistreur mécanique. — Voici en premier
- lieu (lîg. 1) VEnregistreur mécanique qui permet à lui seul la recherche expérimentale de toutes les lois de la mécanique; il se prête facilement à l’étude du treuil, du pendule; il remplace les appareils d’Atwood et du général Morin pour l’étude
- des lois de la chute des corps ; enfin il peut être utilisé pour l’inscription graphique de toutes sortes de mouvements. Sa construction est peu compliquée : sur une planché échancrée en son milieu d’une large baie (dont les extrémités seront placées sur deux chaises ou sur le bord de deux tables) on a monté une roue de bicyclette dont la jante a été recouverte d’une large bande de laiton À de façon à former une sorte de tambour. Une poulie à gorge, de diamètre sensiblement plus petit, a été fixée aux rayons sur l’un des côtés.
- Deux petites masses M et N, qui peuvent se déplacer le long des deux rayons opposés, permettent d’équilibrer parfaitement le système. En face du tambour et monté sur un moyeu de bicyclette perpendiculaire au premier, se trouve un lourd pendule court P ; il porte une aiguille flexible qui peut s’appuyer sur la surface du tambour. Un dispositif C permet d’immobiliser le pendule et le tambour ensemble ou séparément, et un frein permet d’arrêter le tambour instantanément.
- Si l’on veut, par exemple, utiliser l’appareil pour l’étude de la loi qui régit la chute des corps, on recouvre la surface À d’une bande de papier enfumé sur lequel on fait appuyer l’aiguille et on fait faire un tour à la roue; on a ainsi tracé une circonférence qui sera l'axe du graphique. Ensuite on dispose sur la jante une ficelle terminée par
- Fig. 2. — Appareil pour la démonstration des phénomènes d’induction.
- p.323 - vue 327/647
-
-
-
- 324 1- APPAREILS DE PHYSIQUE DESTINÉS A L’ENSEIGNEMENT
- un poids; puis, au moyen du dispositif C, on met en même temps en mouvement le pendule et le tambour.
- C’est le poids suspendu à la ficelle qui en tombant entraîne celui-ci et l’aiguille, qui suit les mouvements du pendule auquel elle est fixée, trace sur le noir de fumée une courbe qui, une fois le papier détaché du tambour (fig. 2), permet d’étudier la loi qui a présidé à la chute du poids. Il est visible que les temps qui correspondent aux arcs 0E1? 0E3, 0Es sont respectivement proportionnels à 1, 5, 5; et on peut vérifier que les longueurs 0E1? OE3, 0E3 sont respectivement entre elles comme les carrés de ces nombres, ce qui montre que le mouvement est uniformément accéléré.
- Ce procédé d’expérimentation est beaucoup plus précis que celui des machines d’Àtwood et de Morin. En réalité la chute du poids est ici ralentie par l’inertie propre du tambour qui est considérable; les frottements sont absolument négligeables et on peut estimer que la vérification de la loi se fait à moins de 1 pour 100 d’erreur.
- Appareils d’induction. — Les corrélations des phénomènes d’induction et des phénomènes élec-trodynamiques est assurément la plus importante des questions d’électricité puisqu’elle est le principe de la production et de l’utilisation mécanique du courant électrique. C’est pourquoi il a semblé à M. Chassagny que le meilleur moyen de frapper l’imagination des élèves pour bien leur faire saisir cette corrélation était d’effectuer les expériences d’inductions et celles relatives à l’électro-dynamique avec le même appareil. Il se compose simplement d’une bobine verticale de fil conducteur B placée à l’extrémité d’un levier mobile autour d’un axe horizontal et équilibrée par un contrepoids P. Une tige métallique C, le long de laquelle coulisse une petite masse, assure la stabilité de l’équilibre. Les extrémités du fil de la bobine aboutissent près de l’axe de suspension du système à deux fils souples qui permettent de recueillir le courant ou de l’en-
- voyer suivant le genre d’expérience qu’on fait.
- Dans ses oscillations la bobine peut pénétrer plus ou moins profondément entre les branches d’un aimant vertical A de manière que le flux magnétique qui traverse la bobine soit plus ou moins puissant.
- Quand on a relié les bornes de l’appareil à un galvanomètre apériodique on lit les déviations dans un sens ou dans l’autre suivant qu’on enfonce ou qu’on retire la bobine. Si on la fait osciller librement entre les branches de l’aimant, le galvanomètre fait constater la production de courants alternatifs de même période que les oscillations.
- L’introduction d’un morceau de fer doux à travers la bobine, quand elle est fixe, produit le même effet qu’un abaissement entre les branches de
- l’aimant, ce qui montre la perméabilité magnétique du fer doux.
- Quant aux phénomènes d’électrodynamique il suffit pour les montrer de diriger un courant dans la bobine d’abord immobile entre les branches de l’aimant : on la voit s’élever ou s’abaisser suivant le sens du courant qu’on aura établi.
- Tracé des courbes deLissa-jous. — La composition de deux mouvements vibratoires de direction rectangulaires est une des questions les plus intéressantes de la mécanique et donne lieu à des expériences qui sont d’ordinaire faites dans les cours avec des diapasons portant de petits miroirs qui vont réfléchir, sur un écran, les rayons lumineux qu’on leur envoie. L’expérience est difficile à régler, la courbe vue sur l’écran est fugitive et ne laisse pas de trace.
- 41. Chassagny a combiné un appareil qui permet, au contraire, de faire l’expérience très simplement et d’en garder la trace gravée sur un verre fumé. Son appareil se compose de deux poulies tournant d’un mouvement uniforme sur leurs axes ; il suffit pour cela de faire tourner l’une d’elles à la main, l’autre étant rendue solidaire de la première au moyen d’une transmission par corde. Deux fils sont
- Fig. 3. — Appareil de M. Chassagny pour le tracé des courbes de Lissajous.
- p.324 - vue 328/647
-
-
-
- APPAREILS DE PHYSIQUE DESTINÉS A L’ENSEIGNEMENT = 325
- attachés par l’une de leurs extrémités à deux goujons placés excentriquement sur les poulies, les autres extrémités de ces fils sont réunies sur une tige qui est soutenue au même point par un troisième fil passant sur une poulie et terminé par un poids.
- L’une des extrémités de cette tige est attachée à un point fixe articulé formant charnière ; l'autre est terminée en pointe et vient s’appuyer contre le verre fumé sur lequel elle trace la courbe que lui fera décrire la traction combinée des deux fils rattachés aux poulies: en d’autres termes le mouvement que prendra l’extrémité de la pointe sera la résultante des deux mouvements vibratoires sim-
- de déplacer l’un des points d’attache des fils qui conduisent la pointe traçante.
- L’appareil étant placé devant une lanterne à projection la courbe est reproduite sur l’écran au moment même oîi elle s’inscrit sur le verre fumé et on en suit le tracé comme si une main invisible la dessinait à la craie sur un tableau noir. On peut ensuite la fixer sur le verre fumé et la conserver.
- Beaucoup d’autres appareils, tout aussi ingénieux que les précédents, figuraient dans l’exposition de M. Massiot-Radiguet, mais leur description nous entraînerait trop loin. Nous nous contenterons de citer : un appareil faisant voir la composition des mouvements vibratoires de même direction, sujet
- Fig. 4. — Disposition d’une expérience de cours dans laquelle les élèves voient la courbe se dessiner sur l’écran.
- pies donnés chacun par la rotation d’une des poulies.
- On peut placer la corde formant transmission dans des gorges de divers diamètres que portent les poulies et, suivant les rapports de rayon de ces gorges, on obtient des courbes qui correspondent à des rapports correspondants de périodes. Si les poulies ont même rayon les mouvements composant sont à l’unisson et on obtient comme courbe résultante soit une droite, soit une ellipse, soit même un cercle si les distances de l’excentrement du point d’attache des fils sont égales. On peut faire varier les phases du mouvement vibratoire en décalant les poulies l’une par rapport à l’autre d’une quantité qui est indiquée par un cadran, ce qui a pour effet
- qui est d’une importance capitale dans toutes les questions d’acoustique, d’optique physique et d’électricité; un galvanomètre de cours, très simple, de construction très robuste et d’une grande sensibilité ; un électroscope permettant une lecture facile sur un cadran gradué en utilisant lés propriétés des miroirs platinés qui permettent de voir en même temps par réflexion et par transparence. Tous ces appareils ont fait leurs preuves depuis plusieurs années entre les mains de l’inventeur et de ses élèves, mais ils étaient jusqu’à présent restés cantonnés dans le lycée où il professait. Aujourd’hui que M. Chassagny en a autorisé la construction industrielle ils ont leur place marquée dans tous les établissements d’instruction. G. Chalmarès.
- p.325 - vue 329/647
-
-
-
- 326
- ACOUSTIQUE
- La suppression de l’écho dans la salle du Trocadéro.
- Fig. i. — La voûte de la salle du Trocadéro avant les travaux. A gauche de cette voûte : le petit ballon cylindrique ayant servi à reconstituer les cotes.
- La salle des fêtes du Trocadéro, ménagée dans l’intérieur de ce monument, jouissait, jusqu’ici, d’une réputation déplorable au point de vue acoustique. Les architectes, se basant sur le principe que les lois de la transmission de l’onde sonore sont comparables à celles qui régissent la transmission de l’onde lumineuse, estimèrent que leur salle serait d’autant meilleure que toutes les surfaces de l’intérieur constitueraient des rabat-sons. Les voûtes concaves, placées au-dessus de l’orgue, furent particulièrement étudiées pour renvoyer le son en nappe étalée, comme avec une pomme d’arrosoir; mais le résultat, parfait comme rabattement du son, fut désastreux pour les oreilles humaines, car il se produisait des échos et des résonnances très accentués.
- Aussi lorsque M. Gustave Lyon eut été sollicité par M. Georges Berger, en 1889, et par M. Alfred Picard, en 1900, d’organiser des concerts symphoniques avec le concours des élèves lauréats du Conservatoire, il se vit obligé de décliner cette proposition dont il avait cependant pris l’initiative, jusqu’au moment où la salle du Trocadéro présenterait des conditions d’acoustique suffisamment sérieuses. A quoi bon, en effet, inviter le public à des auditions musicales capable de lui faire prendre
- en horreur même les plus belles oeuvres des maîtres exécutées par des artistes? Mieux valait s’abstenir.
- Cependant, en 1905, M. d’Estournellcs de Gons-tant, directeur des Théâtres, dont les fonctions administratives lui imposaient le devoir d’utiliser la salle du Trocadéro pour de grandes auditions populaires, chargea avec l’autorisation de son mi-
- Fig. 2. — Du point 8, pris sur la scène, le son se réfléchit sur la portion de voûte A et tous les spectateurs groupés dans l’espace B perçoivent l’écho.
- nistre, M. Lyon, du travail de réfection acoustique reconnu absolument indispensable. Ce dernier entreprit sans délai ses premières expériences et en
- moins d’un an le
- tf: '-"vi
- problème était complètement solutionné. Mais ce n’est qu’en janvier 1909, c’est-à-dire cinq ans après, que, grâce à la volonté de M. Nénot, le célèbre architecte, les travaux proposés par M. Lyon en 1904, purent être e lfe c t u é s enfin et cela en moins d’un mois.
- Le problème, tel qu’il se posait, était très complexe ; il comprenait trois parties essentielles exigeant chacune une étude spéciale : 1° auscultation de la salle ; 2° recherche du siège du mal; 3° le remède.
- L’auscultation d’une salle de cette importance n’était possible qu’avec le concours d’un certain nombre de spécialistes, c’est-à-dire de gens dont l’éducation musicale fût satisfaisante. M. Lyon trouva dans ses collaborateurs de la maison Pleyel, Wolff, Lyon et Cie, le groupe de vingt-deux observateurs qui lui parut nécessaire pour mener rapidement à bien le travail entrepris; de plus, tout ce personnel subit un entraînement spécial jusqu’à ce que chacun présentât la même erreur personnelle dans la perception des échos.
- L’écho est la perception de deux sons séparés alors qu’un son unique a été émis. Cela veut dire que l’oreille enregistre, en plus du son direct, un second son réfléchi suffisamment retardé pour n’être pas confondu avec le premier. Ce retard est d’environ 1/10e de seconde. En admettant 540 mètres pour la vitesse du son par seconde, la différence de chemin parcouru par les deux ondes serait donc aux environs de 34 mètres. Au Troca-
- p.326 - vue 330/647
-
-
-
- ACOUSTIQUE
- 327
- déro, la distance mesurée d’un point quelconque de la salle, jusqu’à la voûte au-dessus de l’orgue, est supérieure à 17 mètres : c’est pourquoi les spectateurs entendent l’écho. Dans les salles plus petites,
- manifeste par un brouhaha gênant et souvent désagréable.
- Les observations faites au Trocadéro et les nombreuses épures tirées des résultats obtenus, ont
- Fig. 3. — La cage aphone et les deux porle-voix.
- où cette distance est inférieure, on perçoit néanmoins un écho si le son parvient à se réfléchir successivement sur plusieurs parois.
- Mais une oreille exercée, comme l’est celle des mélomanes, perçoit l’écho à moins de 34 mètres. Pour les musiciens, en effet, la distance moyenne
- Fig. 4. — Recherche théorique du point de la
- permis à M. Lyon de construire le tableau suivant très caractéristique et extrêmement curieux.
- Lorsque deux sons émis simultanément arrivent
- ûte où se produit l'écho. A, élévation; B, plan.
- est de 24 mètres, c’est-à-dire qu’ils distinguent l echo à moins de 1/15e de seconde. On comprend donc pourquoi ils ont condamné de tout temps l’acoustique de la salle du Trocadéro. Au-dessous de 24 mètres, on perçoit de la résonnance qui se
- à l’auditeur avec une différence de marche de :
- 1° 0 à 8,50 m., l’audition est chaude, colorée, enveloppante; cette zone est celle du renforcement nécessaire pour la bonne audition ; les sons arrivent alors avec un retard de 1 /40ede seconde au maximum ;
- p.327 - vue 331/647
-
-
-
- ACOUSTIQUE r
- 328
- 2° De 8,50 m. à 11,53 m. il y a pour le son perçu un renforcement utile et le retard des sons est de 1 /50e de seconde au maximum.
- 3° De 11,53 m. à 17 m. le renforcement retardé
- Fig. 5. — Le miroir sphérique concave.
- des sons est tole'rable ; retard maximum 1 /20e de seconde ;
- 4° De 17 m. à 25 m. la zone est dite de résonnance et elle devient gênante ; les échos sont perceptibles : retard 1 /15e de seconde;
- 5° de 25 m. à 34 m. l’auditeur perçoit des échos inadmissibles-, l’audition devient impossible : retard 1/10e de seconde.
- Pour procéder à l’auscultation de la salle du Trocadéro, M. Lyon, aidé de ses 22 observateurs,
- Fig. 6. — Essai d'interposition d’étoffes devant le miroir.
- commença par diviser la salle et la scène en une série de carrés de 2 mètres de côté, puis il plaçait un observateur au centre de chacun des carrés constituant le premier groupe de la salle pendant que lui-même occupait successivement chacun des car-
- rés de la scène. Ce premier groupe de 22 carrés ausculté, on passait au groupe voisin et ainsi de suite, jusqu’à ce que toute la surface de la salle ait été soumise aux expériences. Ces expériences s’effectuaient de la manière suivante. De chacun des carrés de l’estrade, on envoyait des ondes sonores à l’aide d’une claquette en bois; les observateurs qui percevaient un écho, levaient le carton numéroté, dont chacun d’eux était muni, et on enregistrait immédiatement les numéros ainsi levés. Par conséquent tous les points de la salle ont été sondés successivement par sections de 22 observateurs. En quatre jours, le relevé exact de tous les échos perçus par les auditeurs était terminé.
- Le mal étant connu, il fallait ensuite en déterminer le siège. Le problème était extrêmement compliqué. Il s’agissait de trouver, en effet, en quel point N des surfaces intérieures, une onde, partie d’un point A pris sur l’estrade, se réfléchit pour produire un écho en un point B de la salle. Ce point N doit être tel que la bissectrice en ce point de l’angle ÀNB (fig. 4) soit normale au plan tangent de cette surface, et il faut de plus que le retard des deux ondes AB et ANB soit de 1/15e de seconde au moins, c’est-à-dire ANB — AB > 24 m.
- Voici la solution. On prend le milieu de AB; par ce milieu M on mène la normale MN1 à une des surfaces intérieures de la salle, et, du pied de cette normale, on trace N‘A et NflB. Cette normale ne sera pas la bissec-
- Fig. 7. — Schéma des expériences, effectuées au Parc des Princes : C, cabane aphone; t, tube d’acier; m, marteau électrique; B, table ' des trois observateurs ; P, point de visée pour l’alignement de l’axe du miroir; M, miroir.
- trice de l’angle ANB. Traçons, du point N1, cette bissectrice. Elle nous donne le point u. d’où nous mènerons enfin la normale à la surface qui nous donnera le point N qui est le point cherché, avec une approximation suffisante.
- En effet, dans les grandes salles, les surfaces intérieures des voûtes sont à grand rayon de courbure ; par suite les tangentes ou les plans tangents à ces surfaces coïncident, sur le dessin tout au moins, sur de grandes étendues. Dans ces conditions on voit que, à cause de la propriété de la bissectrice, on a :
- Ajx-AN
- u.B NB
- •J.L-m
- p.328 - vue 332/647
-
-
-
- ACOUSTIQUE
- 329
- Or si N n’est pas le pied de la normale cherchée, il sera assez voisin d’un point N2 à trouver réellement pour que l’on puisse admettre que AN2 soit de la forme AN plus une petite quantité e, de même que BN2 sera de la forme BN — e'. Si bien que le
- AN2 . , AN I c
- rapport qui sera égal à --------,» sera aussi égal à
- an
- à un infiniment petit près, ce qui revient à dire
- pour 100, provient des autres parties des voûtes.
- Ces conclusions, tirées des mathématiques, ont été vérifiées expérimentalement par un procédé pratique non moins ingénieux que la méthode théorique trouvée par M. Lyon. A l’aide des épures, on a commencé par repérer dans l’espace la position des points donnant certains échos, puis avec un théodolite rustique dont la lunette (long tube de zinc) fut orientée comme l’indiquait l’épure, on
- Fig. 8. — Echafaudages légers pour la mise en place des panneaux dans la salle du frocadèro.
- que N et N2 se confondent à un infiniment petit près. Ajoutons qu’il est bien entendu que, dans les questions d’écho, il ne s’agit pas de découvrir la position de l’écho à un centimètre près, mais bien les régions où se produisent les échos.
- Cette méthode, appliquée à tous les points de la salle, a permis de reconnaître que, si l’on représente par 100 1e nombre des places des auditeurs percevant des échos, 90 de ces places reçoivent ceux provenant des voûtes concaves qui se trouvent au-dessus de l’orgue; le reste, soit 10
- observait la région coupable qui devint ainsi bien définie. .Une grande cage aphone fut alors construite ; la face arrière avait reçu une porte alors que chacune des trois autres comportait une ouverture. Deux de ces ouvertures étaient munies d’un soufflet d’appareil photographique terminé par un long porte-voix fait en carton. Ces porte-voix étaient dirigés : l’un vers l’auditeur, l’autre vers le point théorique où se produisait l’écho. L’expérimentateur prenait place à l’intérieur de la cage avec la claquette. Les ouvertures des porte-voix étant toutes
- p.329 - vue 333/647
-
-
-
- 330 ... , ACOUSTIQUE
- obturées, aucun son n’était perçu au dehors. Si l’on ouvrait alternativement les deux porte-voix, l’auditeur percevait un son unique : onde directe ou onde réfléchie selon le cas. Mais dès que les deux porte-voix étaient ouverts en même temps, le même auditeur percevait l’écho en plus du son principal. La démonstration pratique est donc venue confirmer brillamment la méthode théorique.
- Le siège du mal étant à son tour déterminé, il ne restait plus qu’à découvrir le remède pour l’appliquer. Les expériences furent faites, non plus au Trocadéro, mais au laboratoire de physiologie du regretté Marey, au Parc des Princes.
- Là on dut, afin de se soustraire aux sept échos constatés, placer la source sonore dans une construction reliée par un téléphone avec l’appareil de renvoi de l’onde.
- La source sonore (schéma fig. 7) était constituée par un tube d’acier suspendu à 1 mètre du sol sur des cordes tendues et sur lequel un marteau, mobile autour d’un axe horizontal et libéré électriquement, venait frapper toujours avec la même force en tombant de la même hauteur. Le tout était placé dans une vaste chambre doublée de molleton. La paroi antérieure de cette chambre, inclinée de 15 degrés sur la verticale afin d’éviter un nouveau renvoi au miroir de l’onde réfléchie par ce dernier, portait une ouverture de 40 centimètres carrés pour laisser passer un pinceau horizontal de l’onde sonore, l’opérateur étant entré dans la cabane et ayant fermé la porte derrière lui. A 50 mètres en avant de cette construction, fut disposé un miroir concave sphérique, en staf, de 2 mètres de diamètre et de 50 mètres de rayon de courbure; l’axe de ce miroir, placé à 1,20 m. du sol, était matérialisé par un tube de cuivre pris dans le staf. Près de la cabane, et tournant le dos au miroir, trois observateurs furent chargés de noter l’intensité de l’écho qu’ils percevaient.
- Les expériences eurent lieu de mille manières différentes, une équipe d’opérateurs interposant, devant le miroir, des séries de banderoles, de filets, de panneaux d’étoffe ou de molleton, et, à la grande surprise de chacun, sans donner de résultat complètement satisfaisant. Aucune substance n’était donc capable de détruire l’écho. Cependant l’esprit
- inventif de l’auteur de ces travaux, et surtout la connaissance précise des lois d’interférence, apportèrent la solution cherchée. Il suffisait de tendre mollement, à 50 centimètres environ en avant du miroir, deux panneaux de molleton à quelques centimètres l’un de l’autre pour avoir définitivement raison de l’écho. Voici pourquoi. L’onde, en arrivant sur le premier réseau à mailles serrées, se réfléchit contre chacun des éléments résistants, et se retarde dans les intervalles légèrement feutrés
- de ces mailles : De là des mouvements en sens opposés qui s’annulent en réduisant sensiblement la quantité d’énergie qui reste dans l’onde résultante s’échappant vers le miroir. L’obstacle suivant, constitué par un réseau de mailles semblable au premier, produit un nouvel effet plus accentué encore que le précédent, et lorsque le résidu de l’onde atteint le miroir, son intensité est faible. Les pinceaux de Fonde en avance sur les autres se réfléchissent et annulent les quantités de mouvements de sens opposé. Finalement un mélange d’arrêt se produit entre le miroir et le premier réseau, puis entre les deux réseaux et même encore à la sortie du deuxième réseau. Le résultat est, en tout cas, absolu.
- Cette fois le remède était trouvé; il ne restait plus qu’à l’appliquer. En quelques jours le travail pouvait être fait. Une commission fut nommée et on tomba d’accord pour conserver aux molletons du Trocadéro une courbure concave parallèle aux voûtes; on ne changerait en rien, par conséquent, l’esthétique première de la salle. Tout allait à souhait et il semblait que l’on touchait au but. Malheureusement l’architecte du palais ne possédait plus les cotes des voûtes qui avaient été égarées en 1878. Depuis cette époque, personne ne s’était occupé à les reconstituer.
- Cette nouvelle difficulté était de nature à empêcher tout travail, sauf en employant des échafaudages coûteux. Une fois de plus, l’esprit d’à propos de M. Lyon lui suggéra une solution aussi élégante qu’inédite qui lui permit de reconstituer toutes les cotes de la voûte incriminée en un temps relativement très court et sans se servir d’aucun échafaudage.
- Fig. g. — Etat actuel de la voûte au-dessus de l’orgue de la salle du Trocadéro.
- p.330 - vue 334/647
-
-
-
- LES TOMBEAUX IMPÉRIAUX DE LA DYNASTIE MANDCHOUE :---- 33i
- Les établissements Lachambre construisirent, sur les indications de l’auteur de ces recherches, un petit ballon cylindrique terminé par deux hémisphères et parcouru dans toute sa longueur par un tube axial d’aluminium. Le ballon, étant abandonné à lui-même, se dirigeait vers le point de la voûte à repérer, puis son axe était maintenu vertical à l’aide de trois fils attachés à 120° sur une petite couronne inférieure, et un fil à plomb pesant repérait sur le sol la projection du point coté à l’aide d’une mire parlante attachée au-dessous du ballon et d’un niveau très lumineux placé dans la loge du président de la République.
- La génération des voûtes était retrouvée, et, onze jours après, un panneau concave de 5 mètres sur 9 mètres, en double molleton, était mis en place à l’aide de quatre ficelles traversant la voûte. Ce panneau pesait 93 kilogrammes et avait coûté 487 francs.
- Ces choses se passaient au commencement de l’année 1904. Nous n’entrerons pas dans le détail des tribulations burlesques auxquelles donnèrent lieu les négociations administratives. Il fallut la
- nomination, à la présidence de la commission, de M. Nénot, l’illustre architecte de la Sorbonne, membre de l’Institut, pour mettre fin à ce scandale et ordonner la mise en place des panneaux simplement convexes. C’est chose faite aujourd’hui et l’esthétique du Trocadéro n’y a rien perdu.
- De ces travaux, qui font le plus grand honneur à M. Lyon, il résulte què dans les vastes salles les surfaces éloignées des auditeurs doivent être absorbantes tandis que celles placées près d’eux seront réfléchissantes. De plus, il y a lieu de repousser les surfaces de raccordement concaves, sources de résonnances et d’échos. Les théâtres antiques confirment pleinement ces conclusions, puisque le toit étant absent, il n’y existe pas de surfaces réfléchissantes éloignées du spectateur. D’autre part les stalles étaient en pierre et souvent le spectateur s’appuyait dans de vrais cylindres paraboliques.
- Enfin certaines grandes niches, près de la scène, étaient occupées par d’énormes amphores qui obturaient ainsi les surfaces concaves, initialement voulues, pour les remplacer par d’autres convexes. Lucien Fournier.
- LES TOMBEAUX IMPÉRIAUX DE LA DYNASTIE MANDCHOUE
- (aux Si-Ling, près de Péking)
- Les travaux scientifiques de la Mission d’Ollone étaient terminés, quand nous arrivâmes à Péking, mais nous ne pouvions quitter la capitale de l’Empire du Milieu sans en visiter au moins les plus célèbres des curiosités, sans un pèlerinage aux tombeaux de Si-Ling, qui abritent le repos des derniers Empereurs de la dynastie mandchoue ; essayons d’évoquer en quelques mots le souvenir de ces monuments de la piété chinoise, au moment où s’apprêtent les grandioses cérémonies des funérailles de l’Empereur défunt.
- Il est nécessaire de rappeler à ce sujet que les tombeaux furent occupés, pendant les troubles boxeurs, par
- les troupes françaises, sous les ordres du commandant Fonsagrives qui a publié un intéressant récit
- de cette occupation.
- Le bon ordre qu’il sut maintenir et la parfaite tenue des troupes françaises leur valurent la reconnaissance de la Cour et de l’Impératrice, qui en constatant à son retour qu’il ne manquait aucun des objets précieux affectés au culte des ancêtres décora tous les officiers qui avaient séjourné aux Si-Ling; piquant spectacle que celui du vaincu récompensant la loyauté des vainqueurs.
- C’est à Kao-Pei-Tien que la petite ligne qui dessert les tombeaux se détache de la grande voie
- T'ai toung hng
- Tohang si) hng
- - /ftourne oud canub ----------J/urculhi d'o.nc<unt&
- J=ï Pont A A A Jtro7it.ayn.es
- Fig. i. — Croquis d'une peinture murale chinoise représentant le plan des tombeaux : y, y amen; a, a’, allées de personnages; i, tombeau de Tao-Kouang; 2, tombeau de l’Impératrice et des concubines ; 3, tombeau de Kia-King; 4, tombeau de l’Impératrice sa femme; 5, tombeau des concubines de Kia-King; 6, pavillon Ou Koun Kiao; 7, pavillon du Tsi Koun Kiao; 8, portiques du Tsi Koun Kiao; 9, tombeau de Young Tchang; 10, tombeau de l’Impératrice; 11, tombeau des concubines de Young Tchang.
- p.331 - vue 335/647
-
-
-
- 332 — LES TOMBEAUX IMPÉRIAUX DE LA DYNASTIE MANDCHOUE
- ferrée Pékin Han-Keou, pour aboutir à Liang-Ko-tchouang ; à 8 km de la station terminus se trouve le yamen hospitalier d’où il est coutume de partir pour visiter les tombeaux impériaux de Si-Ling (tombeaux de l’Ouest) ; là demeure le général
- ser les heures en attirant l’attention sur les moindres détails des tombeaux proches du yamen, il faut insister pour se faire conduire à ceux de l’empereur Tao-Kouang et de l’impératrice sa femme, qui se cachent à 5 km de celui-ci.
- On chemine pour s’y rendre dans de hautes allées feuillues, à droite et à gauche paraissent à travers les clairières des pavillons, ponts et portiques aux toits retroussés, dont nous réservons la visite pour le retour. Le pays est au début très boisé et peu accidenté, mais bientôt aux hautes allées succède une étroite et verte petite vallée qui monte, se rétrécissant de plus en plus jusqu’à un col peu élevé, tandis qu’au loin à droite se déroule un superbe pano-
- Fig. 2. — Vue générale des pavillons qui precedent l’entrée d’un tombeau impérial.
- Mandchou préposé à la garde des tombeaux; là aussi le voyageur peut, à l’aide d’une grande carte murale (fig. 1) peinte dans le bâtiment principal, se familiariser avec la physionomie générale du site à la fois Sauvage et charmant qui fut choisi pour recueillir la dépouille mortelle des derniers Fils du Ciel. Un peu avant d’arriver au yamen, on traverse l’enceinte crénelée des tombeaux; dès lors les rudes et farouches montagnes, qui fermaient à droite et à
- gauche l’horizon, font place à des arceaux de feuillage sous lesquels le chemin serpente, côtoyant parfois une rivière à l’onde transparente ; c’est une véritable surprise que ces allées de parc, tant on y est peu habitué dans la Chine déboisée.
- Malgré les guides qui laisseraient volontiers pas-
- Fig. 3. — Tombeaux des concubines Impériales.
- rama de montagnes aux fantasques dentelures se profilant à travers une brume légère.
- Du haut du col en miniature on découvre enfin, au pied de montagnes abruptes qui forment un magnifique décor, une nouvelle oasis de beaux arbres parmi lesquels l’œil distingue les toitures, aux élégantes arêtes, des pagodes au pied desquelles on met pied à terre après une courte descente ; c’est le domaine de l’âme du grand empereur Tao-Kouang. Des palais et de vastes espaces, environnés de beaux arbres, sont la caractéristique des sépultures impériales.
- L’approche d’un tombeau — nous ne parlerons que des plus remarquables par la grandeur et l’harmonie de leur ensemble — est signalée par des géants de pierre (fig. 7), animaux et guerriers,
- p.332 - vue 336/647
-
-
-
- LES TOMBEAUX IMPÉRIAUX DE LA DYNASTIE MANDCHOUE : — 333
- se faisant face deux à deux pour forme longue de 150 m. qui aboutit à une d’honneur, richement ornée de briques d et habituellement fermée.
- La porte une fois contournée, il faut triple pont (fig. 2), après lequel se dresse un pavillon isolé, et, quelques centaines de pas plus loin, on atteint l’enceinte même du tombeau.
- Celle-ci, large de 150 m. environ, en façade, est percée au milieu par une triple porte abritée dans une sorte de pagode à large toiture.
- Les portes franchies — celle du milieu est la porte impériale — on traverse une vaste cour, au centre de laquelle une imposante pagode,
- Fig. 5. — Au tombeau de l’Empereur Tao-Kouang.
- multitude de tourelles en forme de pâtés, beaucoup plus petites, ce sont les tombes des concubines impériales (fig. 5) formant comme une cour muette autour de l’âme de l’impératrice défunte.
- Le tombeau de l’empereur Young Tchang, auquel ressemblent la plupart des autres, est proche du yamen où s’abritent les étrangers; il est semblable en ses grandes lignes à celui dont nous venons de faire une brève description, sauf en ce qui concerne le monument tombal,
- ;r une allée triple porte le porcelaine
- franchir un
- celui de son époux, a droit lui aussi à une enceinte spéciale, et affecte la même forme que celui de l’Empereur, le diamètre étant de 10 mètres seulement. Une muraille entoure l’espace carré dont il occupe le centre, elle-même est environnée d’une
- îv.iw. *!
- Fig. 6. — Portiques de Vile de Tsi-Koun-Kiao.
- destinée aux grandes cérémonies, contient les tablettes de l’Empereur défunt ou de l’Impératrice, son trône et quelques vases précieux; elle est précédée d’une élégante terrasse (fig. 4) ; derrière elle une triple porte, ornée de motifs d’ornementation en porcelaine jaune et verte, fait communiquer la lre cour avec le large espace (100 mètres de profondeur) au fond duquel se trouve le tombeau proprement dit; on passe près d’un portique orné de dragons, d’une sorte d’autel de pierre finement sculpté, avant d’arriver à l’escalier qui accède au tombeau.
- Celui de l’empereur Tao Kouang est environné d’une terrasse et rappelle par sa forme une tourelle blindée de cuirassé (fig. 5). C’est une masse de terre comprise dans un mur circulaire peu élevé (2 m. 50 environ), de 20 mètres de diamètre, recouvert d’un toit de tuiles jaunes vernissées formant une calotte sphérique très aplatie.
- Le tombeau de l’Impératrice, situé non loin de
- Fig. — Allée de pierre conduisant au tombeau de Tchang-Ling.
- qui affecte une forme entièrement différente.
- Si la ligne générale du tombeau lui-même est en plan comme précédemment un vaste cercle, la terrasse disparait, l’entrée a lieu par un pavillon élevé qui, dans une haute salle placée à la partie supérieure, contient la stèle (inscription commémo-
- p.333 - vue 337/647
-
-
-
- 334
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- rative) de l’Empereur. Derrière ce pavillon une petite cour profonde qui évoque l’idée irrévérencieuse d’une fosse aux ours et occupe la partie antérieure du cercle. La cour est limitée à l’arrière par un solide mur vertical s’élevant à la hauteur du pavillon supérieur et derrière lequel, occupant les 2/3 environ de la surface du cercle emprisonné dans un mur crénelé, un massif de terre forme comme une colline artificielle couverte de verdure et d’arbres croissant sans souci de la symétrie; quelque part en cette terre est la dépouille mortelle de l’Empereur, mais où, on ne saurait le dire : la porte par où passa le cercueil est murée et garde son secret.
- Parmi les endroits qui méritent d’être vus, il faut citer, au sud du tombeau de Young Tchang, l’ile factice de Tsi Koun Kiao.
- On y arrive par un pont élégant (Kiao), avec balustrade en pierre sculptée ; dans une jolie clairière apparaît un pavillon chinois carré, percé de 4 portes, environné de 4 élégantes colonnes cylindriques de pierre autour desquels grimpent des dragons sculptés en bas-relief (fig. 6) ; un pont encore, et l’on se trouve dans l’ile, dont 3 côtés sont ornés de portiques aux formes lourdes bien qu’harmonieuses, dont le modèle général est fort répandu dans les environs de Péking.
- Il serait trop long de décrire les autres tombeaux, presque semblables, qui tous procèdent d’un des types que nous venons de voir. L’impression géné-
- ACADÉMIE
- Séances des i3 et 19 avril 1909.
- Démonstration d’un théorème énoncé par Fermât. — A propos d’un mémoire ayant pour objet la résolution en nombres entiers de l’équation + y" = z"*, M. Dar-boux expose que Fermât a déclaré que cette résolution était impossible pour n plus grand que 2, en ajoutant que la démonstration de cette impossibilité était si simple qu’elle tiendrait dans la marge du livre. Or, la Société des sciences de Gôttingen dispose d’un legs de 100 000 francs à attribuer à l’inventeur d’une démonstration du théorème énoncé par Fermât. L’affirmation de Fermât touchant la brièveté de la démonstration à trouver a encouragé les chercheurs. De nombreux mémoires ont été adressés à l’Académie des sciences quoiqu’elle n’eût pas qualité pour décerner le prix. Mais aucun de ces mémoires n’a fourni la solution.
- Effet de l’injection du sérum. — M. Dastre présente une Note de M. Arthus, professeur à Lausanne, consacrée à la séroanaphylaxie du chien. L’auteur expose que si l’on injecte une certaine quantité de sérum de cheval à un chien, l’animal ne subit aucun trouble mais est pré-
- rale est celle d’une paisible et mystérieuse retraite offerte aux âmes impériales, d’une solitude dans le calme, loin du bruit grouillant des villes chinoises.
- C’est à une conception très différente de la nôtre que paraissent répondre ces tombeaux élevés par les Chinois à leurs Empereurs.
- Tandis qu’il est coutume en notre Occident de concentrer en un monument grandiose tout ce que l’art peut réunir pour l’évocation des hautes vertus d’un illustre mourant, il semble que le Chinois tienne surtout à permettre à l’âme princière d’avoir dans un site riant, au milieu de palais semblables à ceux où il vécut, tout l’espace que l’on peut lui concéder pour ses promenades d’outre-tombe. Pour nous la majesté d’un tombeau est recherchée plus pour ceux auxquels il impose l’admiration ou la vénération, que pour le corps inerte qui y repose; les Chinois en font une villégiature pour Yeèprit du mort dont ils craignent le mécontentement et la vengeance posthumes.
- Comme dans les cérémonies où chaque année ils ont soin d’envoyer en fumée la monnaie et les divers objets que réclament, qu’exigent les besoins de l’esprit avide de jouissances en son ciel d’Asiatique, ils s’attachent à faire de ces tombes un lieu de délicate béatitude comme peuvent le désirer pour la vie terrestre les âmes les plus éprises de sauvage solitude et de mélancolique poésie.
- Yle DES PllADES DE FlEURELLE, de la Mission d’ülloue.
- BS SCIENCES
- — Présidence de M. Bouchard.
- paré. Une nouvelle injection produit des accidents généraux : abaissement de la pression artérielle et incoagula-bilité du sang. Ces accidents sont précisément ceux que l’on observe lorsque l’on injecte des protéoses. M. Arthus a, en conséquence, recherché les propriétés du sang de l’animal injecté avec du sérum de cheval. Il a reconnu que ce sang se comportait exactement comme celui de l’animal injecté avec des protéoses et a conclu qüe Foïi se trouvait en présence d’une intoxication. La séroanaphylaxie n’est donc autre chose qu’un état de sensibilité spéciale de l’organisme à l’action de certaines substances. Une seconde Note de M. Arthus a pour objet spécial la séroanaphylaxie du lapin.
- La présure dans les végétaux. — M. Guignard communique une Note de M. Gerber, professeur à l’École de médecine de Marseille, relative à la répartition de la présure dans les membres et les tissus des végétaux (figuiers, mûriers...). L’auteur montre que la plus grande partie de la présure est localisée dans le parenchyme cortical intérieur de la tige et des racines.
- La carte du ciel. — De nombreux savants étrangers venus à Paris pour prendre part au sixième Congrès international de la carte du ciel assistaient à la séance. Le président Bouchard leur souhaite la bienvenue. M. llale, directeur de l’observatoire du Mount-Wilson aux Etats-Unis, communique des travaux relatifs à l’étude spectrale de la haute atmosphère du soleil; M. Turner,
- d’Oxford, lit une note sur les mouvements propres des étoiles; M. llincks, de Cambridge, communique ses nouveaux calculs relatifs à la parallaxe solaire, déterminée par l’observation des perturbations de la petite planète Eros. Ce chiffre ne diffère de celui calculé par les astronomes français il y a plus de vingt ans que de quelques millièmes, et confirme celui que détermina M. Bouquet de
- p.334 - vue 338/647
-
-
-
- LE FOURGON AUTOMOBILE DE LA FOURRIERE == 335
- la Grye au moment de l’opposition de Vénus et du Soleil.
- Le sens de la direction chez les abeilles. — Les abeilles ën butinant s’éloignent souvent à des distances assez considérables de leurs ruches et quelquefois même à plus de 2 ou 3 km. M. Gaston Bonnier a établi toute une série d’expériences très ingénieuses dont il résulte que les abeilles n’ont ni sens de l’odorat, ni yeux presbytes mais qu’elles possèdent un sens spécial de direction analogue à celui des pigeons voyageurs.
- Laits crus et bouillis. — Pour distinguer le lait cru des laits bouillis, les Danois employaient comme réactif l’eau oxygénée et en donnaient une théorie que le professeur Bordas juge erronée. L’eau oxygénée en présence du lait frais donne une réaction colorée, mais cette réaction, contrairement à ce que l’on croyait, n’est pas due à l’existence d’oxydases dans le lait. En présence du lait bouilli l’eau oxygénée ne donne aucune réaction. Ch. de Villedeuil.
- INGENIEURS ET OUVRIERS ANTIQUES
- L’Égypte nous apporte des révélations de tous genres. Voici que, dans le cartonnage d’un coffre de momie, on a trouvé, sous la forme de vieux papiers, les papyrus donnant la correspondance d’un ingénieur du m° siècle avant J.-C. avec ses patrons, ses contremaîtres, ses ouvriers et les particuliers dont ses travaux attaquaient le sol ou dérangeaient les canaux d’irrigation.
- La découverte a été faite en 1889 dans le Fayoum. L’étude que vient de donner à ce sujet M. Bouché-Leclercq, dans la Revue des Études grecques, nous initie' à quelques particularités fort curieuses sur les rapports des ingénieurs et des ouvriers dans l’antiquité.
- L’ingénieur en question, Cléon, avait été chargé par Ptolémée Philadelphe de creuser les canaux destinés à assécher une vaste cuvette inondée par le Nil. Nous voyons qu’il commande à toute une armée de terrassiers, carriers, maçons, briquetiers, charpentiers, etc. ; non parfois sans quelque peine. Les comptes des terrassements donnent les prix divers suivant la dureté du terrain : prix équivalant pour l’ouvrier à environ 1 obole ou 0 fr. 20 par jour, à raison de 2 m3 (2 aoïlia) extraits. Il y avait repos décadaire (non payé bien entendu) et, régulièrement, un jour de salaire est retranché par décade.
- Comme en des temps plus modernes, il apparaît que les ouvriers se révoltaient contre un contremaître dont ils exigeaient le renvoi, prêts au besoin, s’ils ne l’obtenaient pas, à se mettre en grève. La lettre suivante en témoigne : « A Cléon l'ingénieur, les dizeniers des carriers du débarcadère. Nous sommes victimes de l’injustice du contremaître Apollonios, qui nous a mis à la pierre dure, sans y regarder, tandis qu’il a réservé aux autres la pierre tendre. Maintenant nous sommes exténués et le fer de nos outils est usé. Nous te supplions de nous faire rendre justice et de ne pas nous laisser toujours à tailler la pierre dure, de façon que nous ne
- soyons point accablés. » Une lettre du contremaître visé le montre protestant de son équité, mais demandant toutefois qu’on lui délivre des coins en fer neufs pour enlever tout prétexte de mécontentement.
- Ailleurs on s’aperçoit que la lenteur extrême, mise par l’Administration des Finances, à viser les mandats de payement (déjà !) ou à régulariser une dépense infime non prévue par un chapitre du budget, laisse l’entrepreneur sans fonds pour la paye. Un entrepreneur écrit encore : « A l’astontis, ils se croisent les bras parce qu’ils n’ont pas de servants pour enlever le sable qui recouvre le banc à exploiter et cela depuis deux mois.... Qu’on les ravitaille à bref délai, sans quoi ils sont décidés à partir ». Une autre lettre d’un sous-ordre, nommé Démélrios, un chiffon de papyrus, grossièrement écrit sans orthographe en langue barbare, raconte comment il a été assailli par des ouvriers qui l’ont battu : « Si, ajoute-t-il, tu ne leur infliges pas une punition pour ce fait, les autres porteront aussi les mains sur moi, et c’est chose terrible que d’être insulté dans une bagarre. S’ils savent que ceux-là m’ont impunément manqué de respect, il n’y aura plus moyen d’achever les travaux et le chantier restera en plan. » Puis c’est un propriétaire important qui se plaint et menace sur un ton très vif, parce qu’on a touché à un de ses canaux, etc.
- Nous ne pouvons ici entrer dans des détails pour lesquels nous renvoyons au mémoire original. Ajoutons seulement qu’en ce temps-là, il arrivait à des ingénieurs de toucher des commissions sur les adjudications de travaux et sur les fournitures, aux entrepreneurs de frauder sur l’exécution de leurs lots. On voit, comme dénouement de cette histoire antique, le Cléon, dont nous nous trouvons si curieusement posséder le carton de correspondances, accusé, emprisonné et disgracié.
- L. D. L.
- LE FOURGON AUTOMOBILE DE LA FOURRIÈRE
- Le Service sanitaire de la Préfecture de police vient de mettre en circulation un fourgon automobile, d’un modèle absolument nouveau, et destiné à la fourrière municipale de la rue de Poissy.
- Cette voiture est montée sur châssis en tôle d’acier du Creusot emboutie à la presse, rétréci à l’avant pour augmenter le braquage des roues directrices, et permettre de virer dans un cercle de faible rayon ; ce châssis est relié par des traverses transversales qui supportent un faux-châssis destiné à recevoir le moteur et les organes de commande.
- Le moteur est de 10-15 HP; il se compose de 4 cylindres fondus d’un seul bloc de 78 d’alésage, et de
- 120 de courses. L’allumage se fait par magnéto à haute tension, le refroidissement par thermo-siphon.
- L’embrayage est à cône en cuir, très progressif, centré sur le moteur. 11 est relié à la boîte de vitesse par un double joint à la cardan. Le changement de vitesse est à double train balladeur. Enfin la transmission se fait par cardan.
- Sur ce châssis très robuste, nécessité par le dur service quotidien que doit fournir la voiture, est montée une carrosserie solide, quoique élégante de lignes, et d’un dispositif ingénieux. Dans son ensemble cette carrosserie se compose d’une caisse, de forme légèrement allongée, car elle mesure 1,70 m.
- p.335 - vue 339/647
-
-
-
- 336- ~ LE FOURGON AUTOMOBILE DE LA FOURRIÈRE
- de long sur 1,40 m. de large; sa hauteur est de 2,55 m. dont 1,60 m. au-dessus du châssis ; elle est peinte aux couleurs de la ville de Paris, bleue avec bande rouge et train rouge.
- Intérieurement, elle est aménagée à peu près de
- sence est excessivement réduite, puisqu’elle ne dépense que 13 litres aux 100 km.
- Cette nouvelle application de l’automobile à un service public présente d’assez grands avantages. Jusqu’ici tout animal, vivant ou mort, trouvé sur la
- Fig. i. — Le fourgon de la fourrière. En marche : les portes latérales sont fermées.
- même manière que les voitures de liquoristes ; comme celles-ci, elle est divisée en cases, mais les paniers de bouteilles que l’on place dans les cases sont remplacées par de légères cages grillagées, où les animaux transportés peuvent respirer à l’aise. Ces cases et ces cages sont au nombre de 14, disposées en deux rangées de 7, chacune s’ouvrant sur un côté latéral de la voiture ; trois sont réservées aux petits chiens, trois aux gros et sept à ceux de moyenne grosseur; une est réservée aux chats. Un caisson, placé à l’arrière de la voiture et dans la partie inférieure, reçoit les cadavres d’animaux.
- Le poids total de la voiture est de 1200 kg dont 750 environ pour le châssis : sa vitesse moyenne est de 50 km à l’heure; enfin sa consommation en es-
- voie publique, était amené dans les commissariats, d’où les commissaires les faisaient conduire à la fourrière, ou chez les équarrisseurs. Mais c’était un procédé
- onéreux; chacun des hommes de peine à qui était confié ce soin recevant une indemnité variant entre 1,50 fr. et 3 fr. ; enfin il arrivait trop souvent que les cadavres d’animaux étaient tout simplement portés sur le territoire d’un commissariat voisjn : cette petite industrie disparaît désormais. La voiture automobile fait deux tournées par jour, au cours desquelles elle recueille dans tous les commissariats les animaux abandonnés.
- C’est tout profit pour le budget municipal et aussi pour les amis des chiens et des chats qui voient éviter à ces pauvres bêtes toute souffrance inutile dans leur « course à la mort ». G. P.
- Fig. 2. — Le même, à l’arrêt, portes ouvertes : on voit les cases et les cages avec les chiens.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuriï, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- p.336 - vue 340/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1875.
- Ier MAI 1909.
- LA « POTLATCH » EN ALASKA
- Une coutume répandue dans tout le Nord-Ouest de l’Amérique, de Vancouver à la Mer de Behring, est désignée dans les différentes tribus sous le nom de potlatch, qui signifie littéralement la fête des cadeaux. On va voir que le nom est bien approprié.
- En principe, elle est donnée par un riche Indien à l’occasion de la puberté de sa fille ou du mariage d’un de ses enfants. En réalité, le but de l’organisateur est de montrer sa richesse et sa générosité, et d’acquérir une haute influence parmi ses com-
- dettes sont d’une nature toute particulière ; elles nous prouvent que les bons Samaritains sont plus nombreux chez les Rouges que chez les Blancs !
- Un Indien qui possède deux chevaux, alors qu’il n’en peut employer qu’un, ne s’en défait pas à prix d’argent. 11 attend qu’un ami dans l’infortune vienne lui confier qu’il est klahowyah, sans monture. Et il lui donne le cheval sous promesse verbale qu’il lui sera restitué plus tard, à la date qui conviendra le mieux à l’emprunteur. Le même
- La fête du retour du soleil chez les Indiens des régions arctiques. C’est à ce moment qu’a lieu la potlatch, ou distribution des présents. Le plus généreux donateur sera élu chef.
- patriotes ; car un pollatcher qui donne sans compter a de fortes chances de devenir tôt ou tard le chef de sa tribu. S’il n’est pas dévoré d’ambition politique, il peut espérer que la distribution de cadeaux lui vaudra beaucoup d’amis parmi les tribus voisines comme dans sa propre tribu, ce qui se traduira par un développement de ses affaires commerciales.
- La potlatch se prépare longtemps à l’avance. Quand un Indien a jugé le moment venu de montrer à ses compatriotes qu’il est klosh-tum-tum, qu’il a un grand cœur, il réunit ses proches parents et les charge d’aller récupérer ses créances et d’inviter en même temps ses débiteurs à la fête. Ces
- 37“ année. — 1er semestre.
- usage s’applique aux couvertures de laine, qui furent l’étalon d’échange parmi ces tribus, avant l’arrivée des blancs et l’introduction de l’argent monnayé.
- Tandis que les messagers parcourent le pays, le potlatcher s’occupe de convertir tout ou partie de sa fortune en cadeaux appropriés : couvertures de fabrication étrangère, couvertures tissées de poils de mountain-goat, marmites de fonte, sacs de farine, feuilles de tabac, etc. En même -temps, il accumule chez lui des quantités énormes de provisions : saumons fumés ou salés, viande de boucherie ou de gibier, lard de baleine et de phoque.
- Les fêtes s’ouvrent dès le retour des messagers
- 22. — 337
- p.337 - vue 341/647
-
-
-
- 338 :.. " ' ....... LES NAVIRES IMPOSSIBLES
- et des débiteurs, ceux-ci apportant l’équivalent de leurs dettes sous forme de couvertures, marmites, fusils, sacs de poudre ou de plomb, et autres objets manufacturés, sans oublier les chevaux et les pirogues, amenés parfois de distances considérables. Les premières journées sont consacrées à la reddition des comptes. Le long du rivage qui forme l’unique rue du village indien, en face des vastes maisons, véritables casernes où vivent pêle-mêle jusqu’à cent familles, les débiteurs, qui peuvent être au nombre de plusieurs centaines, ont disposé en tas leurs apports. Chacun se tient près de son monticule d’objets en compagnie de son oua-oua, chargé de défendre ses intérêts.
- Le créancier, assisté également d’un « avocat », s’arrête devant chaque tas, et d’interminables discussions mettent aux prises les deux oua-oua, l’un prétendant que les objets offerts sont insuffisants à couvrir la dette, l’autre s’efforçant de prouver le contraire. Mais on tombe finalement d’accord, grâce à l’arbitrage d’un troisième oua-oua. Et la pile d’objets est transportée dans la maison du créancier.
- Les règlements terminés, danses et festins commencent. Le nombre des invités varie entre 2000 et 5000, et c’est dire ce qu’il ne coûte d’organiser une potlatch! Les danses vaudraient une longue description, qu’il nous est impossible de donner ici. Qu’il suffise de dire, comme le montre notre photographie, que les danseurs, hommes et femmes, se
- parent de costumes fort curieux, aux broderies symboliques. Ils portent généralement des masques représentant l’animal qui sert de totem à leur clan. On peut distinguer sur notre photographie un masque représentant une tête de phoque.
- Les danses, qui s’élèvent parfois à la hauteur de la pantomime, durent de cinq à dix jours. Elles sont suivies par la potlatch proprement dite, c’est-à-dire par la distribution des présents, qui donne lieu à des scènes inénarrables. Installés sur une sorte de passerelle construite entre les toits de deux maisons, les distributeurs commencent par lancer des squakus (couvertures indigènes) sur la multitude assemblée. On se les dispute ardemment, chaque homme ayant le droit de couper avec son couteau un fragment assez grand pour lui couvrir la main. C’est un précieux souvenir que son possesseur coudra à d’autres lambeaux recueillis dans des circonstances analogues. La couverture ainsi obtenue fait partie du trésor de la famille, car elle prouve que le père, homme honorable et inlluent,futinviléàde nombreuses pot-latchs.•
- Il y a quelques années, un chef, nommé Whoula-lésaïlok, de la tribu des Quamichans, donna une potlatch qui lui coûta 75000 francs et le laissa dans le dénûment. Il est vrai que sa générosité lui valut d’êlre considéré comme le plus grand chef de la Colombie Britannique, compensation qui justifiait le sacrifice, à ses yeux d’Indien! Y. Forums.
- LES NAVIRES IMPOSSIBLES
- Vaisseaux à coques multiples et autres utopies.
- La mise en service du steamer allemand Vulcan à coques conjuguées, destiné à secourir et à relever les sous-marins et les torpilleurs, et dont j’ai entretenu les lecteurs de La *
- Nature dans le n° 1865 est de date trop récente pour qu’il soit encore possible de se faire une idée sur la valeur de ce nouvel échantillon de l’architecture navale en tant que flotteur.
- L’idée d’associer ainsi des coques hante depuis assez longtemps l’esprit des inventeurs qui cherchent à résoudre le problème des grandes vitesses non pas dans la voie de
- l’augmentation si coûteuse des forces des machines, mais bien en diminuant les résistances que ces machines ont à vaincre.
- C’est ce procédé que préconise l’auteur d’une brochure américaine intitulée le futur Express de l'Océan dont nous trouvons une analyse dans notre
- Fig. /. — Projet de paquebot de M. O. Kretschmer.
- confrère Scientific American. À l’en croire c’est dans la construction de bâtiments à coques multiples que gît la solution des grandes vitesses économiques.
- Le prototype du navire basé sur cette conception est l’embarcation bien connue sous le nom de « Catamaran », en usage dans le Pacifique et en Malaisie et qui consiste en deux pirogues longues et étroites maintenues à une certaine distance l’une de l’autre par une légère plate-forme ou même par deux espars placés transversalement. Il va sans dire que le but de cette installation, en effet très pratique, est uniquement d’assurer à l’ensemble de l’appareil une stabilité dont les pirogues employées seules sont privées au premier chef, et qui permet de porter une surface de voilure considérable.
- L’auteur de la brochure en question base l’argumentation qui l’amène à la conception du navire à
- p.338 - vue 342/647
-
-
-
- LES NAVIRES IMPOSSIBLES
- 339
- triple coque (représenté dans le dessin du Scientific American) sur ce que le type de vapeur à coque simple actuellement adopté présente à la mer une résistance trop grande, et sur ce que les remous et
- perdu de vue les frottements qui sont des adversaires éminents de la vitesse et qui entrent pour près de moitié dans le calcul de la résistance totale que l’eau présente à la marche d’un corps immergé.
- tourbillons formés à l’arrière par les filets d’eau tjui se rejoignent occasionnent une perle de puissance considérable, étant donné que les hélices, précisément placées à l’arrière, travaillent dans un milieu agité.
- Il pense remédier à ces défauts en répartissant le déplacement total sur 3 coques dont chacune serait séparée de sa voisine par un espace égal à la largeur d’une coque.
- Les hélices ne seraient plus placées à l’arrière, mais tourneraient à l’extrémité de bras de forme ovoïde qui se projetteraient sur le flanc des navires dans les intervalles qui le$ sépareraient.
- De puissantes liaisons et un pont unique relieraient d’ailleurs les 5 coques.
- Si, dit l’auteur, le déplacement de 50 000 tonnes par exemple, au lieu d’être offert par une seule coque de grande largeur est réparti en 3 coques étroites, celles-ci offriront à l’eau une résistance beaucoup moindre, en raison de l’affinement qu'il sera possible de donner à leurs formes.
- Toute cette théorie, séduisante au premier abord, apparaît bien vite entachée d’une erreur qui la transforme en une simple utopie. L’auteur a entièrement
- Or le frottement de 5 coques sera sensiblement le triple du frottement d’une coque unique, la résistance croîtra donc dans la même proportion; et la grande vitesse espérée restera un mythe.
- 11 est un autre point de vue d’où la conception de 3 coques conjuguées apparaît comme impraticable. Quelle que soit la solidité des liaisons qui assemblent ces coques et à moins qu’elles ne consistent en un énorme réseau de poutres, de plaques de tôle qui alourdirait outre mesure l’appareil en
- question, il est évident que les lames prenant le triple navire en écharpe par l’avant feront sentir leurs chocs puissants en premier lieu à la coque placée du côté par où elle arrivera et ne passeront qu’en-suite aux deux autres.
- Les efforts exercés de ce fait sur les ponts et les pièces d’assemblage seront tels, en ce cas, qu’on ne voit pas comment le rivetage, si serré qu’il soit, pourra leur résister, et si les liaisons sont entamées et brisées, les plus graves accidents seront bien vite à redouter.
- De plus ces coques longues et étroites courant au-devant d’une grosse mer s’y enfonceront profondément. puisqu’elles n’auront pas ces formes ren-
- p.339 - vue 343/647
-
-
-
- 340 -. • -- : LES NAVIRES IMPOSSIBLES
- liées qui permettent aux navires ordinaires de se soulever devant les vagues en se faisant porter par elles.
- Elles seront donc noyées au moindre mauvais temps, et les lames, montant à l’assaut de leurs ponts, auront tôt fait d’en balayer les passerelles et autres superstructures.
- Le navire à triple coque, et plus généralement les navires à coques multiples conçues non dans un but bien défini et simple, comme c’est le cas pour le Vulcan, mais dans de vagues espoirs de vitesses
- De plus, ce qui confirme l’opinion énoncée plus haut, la dépense d’énergie fut très considérable pour des vitesses médiocres.
- Je veux à ce sujet rappeler aussi que, toujours pour épargner les affres du mal de mer aux voyageurs, on mit en 1875 en service entre Calais et Douvres un navire étrange, le Bessemer, qui avait quatre roues pour s’appuyer à la lame et des formes particulières rentrantes pour limiter le tangage. Le salon des passagers était suspendu à la cardan. Le Bessemer eut des malheurs. Dès sa première tra-
- Fig. 4. — Les navires à coques conjuguées construits en 1878 pour la traversée de la Manche. (Phot. Chasseau Flaviens.)
- fantastiques, apparaît donc comme une pure utopie.
- En dehors du Vulcan tout récemment mis en service, deux navires à double coque ont déjà tenté la fortune des flots.
- Ce sont le Caslalia et le Calais-Douvres construits en 1878 et 1879 dans l’espoir de rendre plus douce la mer de la Manche aux passagers qui se rendaient d’Angleterre en France et inversement.
- Les deux coques étaient reliées par une charpente portant le salon. La résistance au roulis était évidemment très grande, mais les attaches se disloquaient par mer agitée et on en fut promptement réduit à ne se servir de ces bâtiments qu’en été1.
- 1 Les moyens de communications à travers le Pas-de-
- versée il renversa la jetée de Calais et les réactions des forces d’inertie arrachèrent les suspensions du salon.
- Utopie encore, selon toute vraisemblance, une autre idée dont rend compte le même Scientific American et dont le père est un ingénieur allemand. M. 0. Kretschmer constate que les animaux dont la manière de se déplacer sur l’eau correspond le plus exactement à celle d’un navire sont de l’espèce des cygnes et des canards. Dans les deux cas, en effet, la partie inférieure de l’ensemble se meut dans l’eau pendant que la partie supérieure fend l’air.
- En observant les animaux susnommés, M. Krel-
- Calais et la question des Ferry-boats, pai M. J. Legrand. (Communication à la Société des Ingénieurs Civils.)
- p.340 - vue 344/647
-
-
-
- LES ORAGES ET LEURS OBSERVATIONS .... ....-= 341
- sehmer a observé que dès qu’ils veulent accélérer leur vitesse, la partie antérieure de leur corps plonge et que la partie postérieure se déjauge naturellement.
- Il en déduit que les formes de carènes propres aux grandes vitesses doivent ressembler à celles que présente la partie immergée du corps d’un canard.
- 11 voit donc son navire idéal, olïrant une forme dont la coupe ci-jointe donne une idée', qui porterait en outre son tirant d’eau maximum à l’avant alors que l’arrière, au contraire, large et plat, enfoncerait à peine.
- Sans être entré absolument dans la voie de la réalisation de son idée. M. Kretschmer en a cependant esquissé le principe. Il a construit un modèle conforme aux données générales ci-dessus et l’a envoyé au bassin d’épreuves de Pétersbourg.
- Il paraîtrait que le résultat de cette expérience réduite a été des plus satisfaisants et un paquebot de 200 mètres de long et 16 800 tonnes de dépla-
- cement, construit à l’échelle du modèle et possédant ses formes, n’exigerait pour donner la vitesse de 25 nœuds, pas plus de 19000 chevaux; alors que pour un navire ordinaire et pour la même vitesse il en faudrait près du double.
- 11 est douteux que les conceptions que je viens d’esquisser voient de si tôt se lever le jour des réalisations. Que d’idées qui ne paraissaient pas moins ingénieuses et qui avaient eu la chance de trouver des gens de foi pour en assurer matériellement la réalisation ont sombré quand a sonné l’heure des épreuves réelles! Ces insuccès retentissants sont bien faits pour refroidir les enthousiasmes. Mais toute idée nouvelle mérite qu’on la discute et quoique aucune de celles que je viens d’exposer ne paraisse de nature à révolutionner l’art de la construction navale, basée sur une si vieille et si concluante expérience, il a semblé qu’elles pourraient offrir quelque intérêt aux lecteurs de La Nature.
- A. Sauvaire Jourdan,
- Capitaine de frégate de réserve.
- LES ORAGES ET LEURS OBSERVATIONS
- Qu’est-ce qu’un orage? Peut-on prévoir l’orage? Telles sont les questions assez embarrassantes que me pose, au nom des lecteurs de La Nature, la direction de cette Revue. Bien que depuis plusieurs années je combine des dispositifs avertisseurs d’orage et que j’observe à leur aide ces météores j’éprouve quelque hésitation à répondre. C’est qu’en effet nos connaissances sur la formation de l’orage sont, en dépit des nombreuses observations faites de tous les côtés, des moins certaines et nos conjectures des plus controversées.
- Et d’abord qu’est-ce que l’orage?Suivant l’idée commune, c’est un phénomène électrique qui se manifeste au sein des nuages. En fait, le nuage orageux, en général un cumulo-nimbus surmonté parfois de cirro-status, qui au cours de sa formation et pendant son déplacement manifeste de l’électrisation, peut ne présenter de phénomènes électriques que d’une manière intermittente pendant une partie de son parcours alors
- que toute électrisation paraît absente sur une autre partie du parcours du même nuage.
- On sait que la différence de potentiel électrique entre
- le sol et un point
- Feuille< métallique Treuil de de l’atmosphère
- est d autant plus grande que ce point est placé plus haut. Par beau temps, tout se passe comme si le sol possédait une charge négative alors que l’air se montre électrisé positivement.
- L’électrisation des nuages.
- D’où viennent ces électrisations? Il se peut que notre planète possède depuis sa formation une charge électrique qu’elle conservera constante tant qu’elle restera isolée dans l’espace. Beaucoup de phénomènes produisent l’électrisation, électrisation qui dégage d’ailleurs des quantités égales de charges des deux signes contraires. L’évaporation n’est-elle pas une source d’électrisation? Les expériences faites pour s’en assurer sont contradictoires. Par contre, des expériences très nettes indiquent que des gouttes d’eau pure tombant
- rh
- Fig. i. — Le potentiel d’un corps conducteur chargé qui diminue de surface augmente. — (a). Un cylindre conducteur déformable (par un mouvement de trombone) dénote une plus forte électrisation dans la forme courte (2, <xs) que dans la forme longue (1, xt) alors qu’il possède dans les deux cas une même charge invariable (q). (b). Une feuille conductrice flexible (étain) peut s’enrouler autour d’un treuil isolant de paraffine. Alors qu’elle garde une charge invariable (q), elle manifeste une bien plus forte électrisation lorsqu’elle est enroulée (2, a2J que lorsqu’elle pend verticalement (1, xl).
- p.341 - vue 345/647
-
-
-
- 342 — ...:::::.= LES ORAGES ET LEURS OBSERVATIONS
- dans l’air sont chargées positivement, alors qu’une quantité égale d’électricité négative reste dans l’air. L’eau salée tombant en gouttes au sein de l’air produit de même une électrisation dont les signes respectifs sont seulement changés. Les vagues en déferlant et se réduisant en fines gouttelettes chargent donc négativement la surface de l’eau alors que l’air demeure au-dessus électrisé positivement.
- ' Qu’une condensation de vapeur d’eau se produise au sein de l’air ainsi électrisé positivement même faible-
- Fig. 2. — Charge d’un corps par le fait de la seule influence électrique. — Deux œufs, respectivement isolés sur des blocs de cire et mis en contact, sont soumis à l’influence d’un tube de verre V électrisé positivement. Alors qu’ils demeurent influencés on les sépare : l’œuf A le plus voisin de V se montre chargé négativement ; l’œuf B, positivement.
- ment et les petites gouttes d’eau qui prendront naissance vont, à la faveur de leur conductibilité, retenir à leur surface l’électrisation de l’air. Par cette condensation même, le potentiel de la charge disséminée dans l’air va se trouver très fortement accru. La densité de l’air par rapport à l’eau est 0,0015, si donc de l’air humide contient 5 pour 100 de son poids de vapeur d’eau et que le tiers de cette vapeur se résolve en gouttes d’eau, le rapport du volume occupé tout d’abord par l’air humide au volume occupé par l’eau condensée sera :
- La même charge électrique se trouvant, après condensation de l’eau, sur un corps 77 000 fois plus petit, acquérera un potentiel très-notable. Des expériences simples (fig. 1) mettent en évidence cet accroissement de potentiel qu’éprouve un conducteur chargé et isolé dont le volume diminue.
- La tension électrique ou potentiel augmente encore du fait que les gouttes d’eau formées se groupent ; la surface d’une goutte formée par la réunion de deux gouttes égales étant les 0,8 de la somme des surfaces des deux gouttes réunies.
- A côté de cette électrisation des nuages et de l’accroissement de tension que la condensation produit, il y a lieu d’indiquer les phénomènes d’influence. La proximité d’un sol chargé détermine sur le nuage, corps isolé, l’apparition, par influence, de deux plages diversement électrisées. Alors que le nuage demeure soumis à l’influence du sol il peut, par l’effet de courants d’air, être séparé en deux parties qui correspondent aux deux plages de signes contraires. La figure 2 représente une expérience extrêmement simple à réaliser qui met ce phénomène d’électrisation par influence en évidence.
- On voit donc en définitive que les nuages peuvent être très notablement chargés soit d’un signe, soit de l’autre et que les potentiels qu’ils présentent peuvent être très différents entre eux et très différents de celui du sol.
- Quand deux nuages ainsi différemment électrisés se trouvent à une distance convenable, une étincelle peut éclater entre eux : c’est le phénomène de Yéclair. Le bruit que produit l’éclatement de cette étincelle constitue le tonnerre. Lorsque l’éclair se produit entre un nuage et le sol on lui donne le nom plus spécial de foudre. Les éclairs ont une durée extrêmement courte de 1/1000 de seconde à peine ; ils peuvent franchir d’énormes distances qui parfois atteignent 15 kilomètres.
- Le roulement prolongé que le tonnerre fait souvent entendre provient le plus souvent de l’ébranlement de l’air sur une longueur de plusieurs kilomètres. Le son, qui ne parcourt que 333 m. par seconde, avance successivement des points ébranlés à l’oreille de l’observateur. En divisant par 5 le nombre de secondes qui s’écoulent entre le moment où l’on voit l’éclair et celui où l’on commence à entendre le tonnerre, on obtient en kilomètres la distance de l’éclair.
- Les orages paraissent dus en définitive à un état instable de l’atmosphère qui produit un mouvement ascendant rapide de l’air. On distingue deux sortes d’orages : les orages de chaleur et les orages de dépressions. Pour les premiers, l’instabilité doit être rapportée à un excès de température des couches inférieures de l’atmosphère en contact avec le sol. Ces orages, qui se produisent exclusivement en été, sont de très faible extension. Ce sont des orages locaux.
- Les orages de dépressions sont consécutifs à un cyclone ou à une dépression notable. Ils se produisent dans la partie du cyclone où des mouvements ascendants
- Terre
- Fig. 3. — Schéma d’un dispositif d’observation d’orages par le cohêreur (Popoff, t8q6). — Un premier circuit ABCD contient le cohêreur C, un élément de pile et un relais. Les ondes d’origine atmosphérique captées par l’antenne cohérente C. L’armature (a) d’un relais R ferme un second circuit (abdf) qui comprend un trem-bleur dont le frappeur choque C et lui restitue sa résistance primitive.
- Jfl
- d’air assez rapide sont réalisés. Comme les météores qu’ils accompagnent, ces orages peuvent effectuer de très grands parcours.
- Le problème de l’étude des orages peut être envisagé à deux points de vue bien distincts.
- Le premier point de vue consiste à déterminer à
- p.342 - vue 346/647
-
-
-
- LES ORAGES ET LEURS OBSERVATIONS
- 343
- l’avance les conditions de formation d’un orage et à annoncer qu’elles sont réalisées, que, par suite, l’orage est en voie de formation et va naître.
- Dans l’état actuel de nos connaissances en météorologie, que nous venons de résumer, on ne peut énoncer relativement à la question envisagée à ce point de vue, que les observations d’ordre très général que nous avons formulées plus haut.
- Le second point de vue auquel on peut se placer est celui-ci un orage étant formé en une région de l’atmosphère,-est-il possible, dès sa naissance, que, de points même fort éloignés du lieu de sa production, l’on puisse être averti de sa formation? Pourra-t-on suivre sa marche de manière à savoir si l’orage formé et annoncé se rapproche ou s’éloigne du lieu d’observation?
- L’annonce des orages par les détecteurs d’ondes électriques. — La solution de ce problème de l’annonce de l’orage peut présenter, dans certains cas, un très grand intérêt pratique, lorsqu’il s’agit par exemple de prévoir et de parer à la chute possible de la grêle.
- Le fait que les détecteurs des ondes électriques, et en particulier le cohéreur, sont sensibles à l’effet des décharges électriques d’origine atmosphérique indiquait le cohéreur comme appareil propre à observer à distance les orages.
- reste cohéré, c’est-à-dire tant que la palette a du relais demeure attirée, le trembîeur fonctionna et comme le
- Antenne.
- Co/ulreu/v,' à aiguilles en. croix-
- / ^£l4^:^Ll4:^^^4^rrTTrv'VT\
- A
- Pile, de T inscripteur
- deniers inscripteurs if F caikereyg au. baromètre
- Fig. 4. — Dispositif inscripteur des décharges atmosphériques associé à un baromètre enregistreur Richard (destiné aux petites stations météorologiques). — Sur le couvercle du baromètre une série de six couples d’aiguilles en croix placées entre l’antenne et la terre en série dans le circuit (c, l,p), d’un trembîeur et d’une pile, constitue un cohéreur sensible et assez constant. La palette du trembîeur, dont le marteau choque la planchette P sur laquelle sont établies les aiguilles, ferme le circuit d’une pile p’ dans l’électro I d’un levier inscripteur.
- frappeur de ce trembîeur vient heurter le tube cohéreur la décohération se produit.
- Le dispositif de la figure 3, qui réalise le schéma d’un poste récepteur de télégraphie sans fil, représente ces deux circuits du cohéreur et du trembîeur provoquant la décohération. Un poste d’observation des orages est constitué
- Fig. 5. — Expériences de Saint-Emilion (M. Turpain, igo2). Coupe du terrain de la station d’observation à la mer, dans la direction O.S.O.-E.N.E.
- C’est Popoff qui, dès 1896, utilisa le cohéreur de la télégraphie sans fil pour l’observation des orages.
- Un cohéreur (fig. 3), petit tube de verre C contenant un peu de limaille métallique modérément pressée entre deux tampons métalliques, est compris dans le circuit formé d’une pile et d’un relais sensible R. L’une des élec-Irodes du cohéreur communique avec une antenne, longue tige métallique isolée dressée verticalement que souvent un paratonnerre peut remplacer. L’autre électrode du cohéreur est reliée à la terre. La très grande résistance que présente d’ordinaire la limaille du tube cohéreur s’oppose à ce que le courant de la pile actionne le relais. Mais l’antenne vient-elle à recevoir des ondes électriques ou se trouve-t-elle influencée par une décharge électrique d’origine atmosphérique, même lointaine, et la résistance du cohéreur diminue au point que le courant de la pile actionne le relais. On dit que le cohéreur est cohéré. Il suffit d’un choc brusque donné au tube cohéreur pour le ramener à sa résistance primitive. Très ingénieusemént on fait servir le relais à produire ce choc brusque. A cet effet l’armature du relais ferme un circuit contenant une petite batterie de piles qui actionne un trembîeur analogue aux trembleurs de nos sonneries d’appartements. Tant que le cohéreur
- d’une manière analogue à un poste récepteur de télégraphie sans fil. On y utilise le plus souvent des cohéreurs et, d’une manière générale, des détecteurs d’ondes électriques qui doivent être choisis de sensibilité moindre que si l’on se proposait non pas d’enregistrer les décharges électriques d’origine
- Fig. 6. — Expériences de Saint-Émilion (M. Turpain, 1902). — Schéma des connexions du poste d’observation.
- atmosphérique, mais de recevoir les ondes électriques envoyées par un poste transmetteur de télégraphie sans fil.
- p.343 - vue 347/647
-
-
-
- 344 -........LES ORAGES ET LEURS OBSERVATIONS
- Plusieurs observateurs utilisèrent ainsi, à l’exemple de Popoff, le cohéreur comme organe essentiel de dispositifs pour l’étude et l’observation des orages. M. Boggio Lera ajoute au circuit du trembleur un inscripteur formé d’un style se déplaçant à la surface d’un cylindre mobile, de manière à garder une trace des cohérations produites par les décharges atmosphériques successives. M. Tommasina se servit comme appareil d’observation du téléphone. M. Fenyi utilise à l'observatoire de Kaloska (Hongrie), en guise de cohéreur, deux aiguilles à coudre disposées en croix. Il suivit ainsi et étudia tous les orages qui, pendant l’été de 1901, se sont produits dans un rayon de 100 km autour de l’observatoire qu’il dirige (Haynald-observatoire de Kaloska). Nous avons nous-même combiné, à l’exemple de M. Fenyi, un petit dispositif extrêmement simple utilisant ce cohéreur à aiguille qui se trouve être, comme l’a signalé M. Fenyi, d’une remarquable constance. Six couples d’aiguilles, disposées en série avec un seul élément de pile Leclanché et un trembleur, constituent le circuit sensible aux décharges atmosphériques. A l’exemple de M. Fenyi nous nous servons du frappeur et du trembleur pour heurter la planchette, sur laquelle sont disposées les six couples d’aiguilles, ce qui suffit à provoquer la décohération, le retour à l’état primitif, des contacts sensibles aux décharges atmosphériques que sont les aiguilles en croix. Au cours de ses mouvements le ressort du trembleur ferme un second circuit qui actionne une plume d’enregistreur Richard qu’on établit au-dessous de la plume d’inscription du baromètre enregisteur du même constructeur. Cette inscription, sur le même diagramme, de la pression atmosphérique et de l’époque des décharges atmosphériques permet d’intéressantes comparaisons. Ce dispositif a été réalisé, sur nos indications, par M. Richard et constitue un appareil très robuste, d’un réglage immédiat et qui nous paraît des plus pratiques, en particulier pour les petites stations météorologiques (fig. 4) puisqu’il constitue une simple addition aux baromètres enregistreurs Richard que possèdent la plupart de ces stations. Cet appareil figurait à la dernière Exposition de la Société de Physique (15 avril 1909).
- Le poste d’observations d’orages de Saint-Emilion. — Au cours de toute une série d’expériences que nous avons poursuivies en 1902, à Saint-Emilion (Gironde), nous avons utilisé avec succès le cohéreur à limaille pour l’observation et pour l’enregistrement du parcours des orages. L’installation des dispositifs a été faite à la demande du syndicat agricole de Saint-Emilion (Gironde) au domaine de Château-Pavie. Le but pratique de cette installation était de compléter les moyens de défense contre la grêle par le tir au canon, utilisés depuis plusieurs années avec quelques succès — paraît-il — dans cette région. Le dispositif donna d’ailleurs dès son installation toute satisfaction aux desiderata d’ordre pratique formulés puisqu’il décela le jour même, et alors que rien ne le faisait prévoir, un orage en formation dans le golfe de Gascogne et qui balaya la région.
- L’antenne du dispositif était soutenue au sommet d’un mât disposé au point le plus élevé du domaine. La figure 5 qui représente la coupe du terrain dans la direction O. S. O.-E. N. E, direction habituelle de propagation des météores orageux, montre que la station d’observation était particulièrement bien choisie. Sur un parcours de 93 km de terrain avant d’atteindre la mer, un seul coteau se trouve interposé, celui de Cenon, de peu de largeur d’ailleurs, et d’altitude (68 m.) inférieure
- à celle de Pavie, laquelle est de 75 m. Il n’était donc pas à craindre que les ondes électriques d’origine atmosphérique soient absorbées ou diffractées par d’importants rideaux d’arbres et de coteaux. Elles doivent pouvoir atteindre l’antenne disposée à Pavie à 15 m. du sol, et cela dès leur production dans le golfe de Gascogne.
- Le schéma du dispositif réalisé au poste de Pavie est représenté par la figure 6. Au circuit essentiel comprenant le cohéreur C, un élément de pile p et un relais R, est associé un second circuit dans lequel la pile P' par la palette du relais R actionne le frappeur F. Ce second circuit comporte deux dérivations : l’une, MIV M', comprend un relais polarisé chargé d’actionner au moyen d’une ligne de 200 m. une sonnerie-avertisseur placée dans les locaux habités, l’autre, MEM', contient un enregistreur Richard.
- La figure 7 représente les appareils du poste. On y voit un téléphone qui, substitué au relais R dans le circuit du cohéreur, permet à l’observateur d’entendre les décharges atmosphériques et d’en suivre les variations d’intensité. La figure 8 donne une vue extérieure du poste ; on y remarque l’antenne isolée et soutenue par une vergue à l’extrémité d’un mât de 15 m.
- En employant 4 cohéreurs que nous désignerons par 1, 2, 3, 4, et dont les sensibilités sont telles qu’ils peuvent être impressionnés par des décharges d’origine atmosphérique se produisant à 100 km, 200 km, 300 km, 400 km du poste d’observations, on conçoit que les enregistrements fournis par quatre styles inscripteurs correspondant aux quatre cohéreurs ainsi gradués, permettent de savoir si l’orage annoncé comme éclatant à 400 km du lieu d’observation s’approche du poste en se dirigeant sur lui ou s’il suit une direction qui ne l’en approche que momentanément. Si l’orage suit la direction M M' (fig. 9) les cohéreurs 4, 3, 2, 1 seront successivement impressionnés et ces impressions successives seront annoncées par l’observation des tracés correspondants à ces 4 cohéreurs. Si l’orage chemine suivant N N' la lecture des tracés relèvera l’impression successive des cohéreurs 4, 3, 2 puis 3 et enfin 4, indiquant ainsi que l’orage, après s’être approché du poste jusqu’à entrer dans la zone comprise entre 100 et 200 km, s’en est ensuite éloigné.
- Au cours des observations faites à Saint-Emilion, nous avons pu nous convaincre que cette méthode d’observation du parcours de l’orage était parfaitement réalisable. Nous en avons d’ailleurs considérablement simplifié la mise en pratique au cours d’expériences poursuivies à l’aide de dispositifs de ce genre installés plus récemment en 1903 au Puy de Dôme.
- Parmi les diverses observations faites à Pavie, nous signalerons en particulier celle-ci. Le jeudi 19 juin 1902 à 1 lh 30 du matin, l’installation était à peine achevée que le cohéreur était fortement impressionné et je crus tout d’abord devoir rapporter ce fait à une sensibilité exagérée du dispositif. Le ciel, en effet, était très serein et sans aucun nuage à l’horizon. A midi une sonnerie ininterrompue se fit entendre pendant quelques instants. A 1 heure nous entendîmes un premier coup de tonnerre lointain. De 2 heures à 3 heures de l’après-midi, de fréquents appels se firent entendre. A 4 heures l’orage éclatait sur Pavie, et peut-être l’artillerie du domaine et des domaines environnants, qui depuis quelques instants canonnait sans interruption les nuées, prévint-elle la chute de grêle qui paraissait imminente. J’ai, en effet, recueilli au milieu d’une pluie diluvienne quelques minuscules grêlons, ce qui me fit penser que le tir commencé assez tôt,
- p.344 - vue 348/647
-
-
-
- LES ORAGES ET LEURS OBSERVATIONS
- 345
- grâce à l’avertisseur d’orage, avait pu préserver le domaine 1 cohéreurs associés en dérivation. Cette détermination d’une chute de grêlons qui aurait été désastreux. Au | a son application immédiate dans la constitution de
- Fig. ?. — Expériences de Saint-Emilion (M. Turpain, içoa). — Vue des appareils du poste. On trouve, en allant de gauche à droite : le relais polarisé R' du schéma précédent, le relais R, un téléphone, le cohéreur C auquel aboulit l’antenne el le frappeur /<’, puis l’enregistreur Richard E derrière lequel s’aperçoit un vibrateu-r portatif qu’on utilise pour le réglage.
- moment où l’orage atteignit le poste, le cohéreur fut placé hors circuit et l’antenne mise en relation directe avec le sol par mesure de sécurité. Loi’sque l’orage s’éloigna, il fut possible, en remettant le cohéreur dans le circuit, de suivre commodément, au téléphone, son éloignement pendant plus d’une heure.
- Appareil inscripteur à sensibilités graduées. —
- Dans le but de rendre moins compliqué le dispositif utilisant plusieurs cohéreurs qui permet de situer dans des zones connues les décharges observées, nous avons mis à profit un fait qu’une étude approfondie des associations de cohéreurs nous avait révélé. Un cohéreur présente une bien plus grande sensibilité, toutes choses égales d’ailleurs, lorsqu’il est en circuit fermé que lorsqu’il est en circuit ouvert. En utilisant convenablement ce fait expérimental dans le cas de plusieurs cohéreurs associés on peut,
- en particulier, l’appliquer à la détermination commode et rapide de l’ordre de sensibilité de plusieurs
- Fig. 8. — Expériences de Saint-Émilion (M. Turpain, içoa). Vue extérieure de l’installation et du poste.
- dispositifs permettant de suivre la marche des orages.
- Nous ne pouvons songer à décrire ici, dans ses détails, l’appareil inscripteur à sensibilités graduées que nous avons été amené à combiner et à faire construire et qui a fonctionné pendant quelques jours à l’observatoire du Puy de Dôme. Nous nous contenterons d’en donner le schéma général (fig. 10'. Six cohéreurs, 1, 2, 3, 4, 5, 6, de sensibilités graduées, établis en circuit ouvert, sont consultés au moyen d’un balai tournant B qui les met un instant en circuit avec une pile P et un galvanomètre sensible G. Les déplacements du spot lumineux du galvanomètre sont enregistrés photographiquement sur une bande sensible et mobile CC'. Le galvanomètre renseigne ainsi à chaque tour du balai sur la cohération et sur le degré de cohération des six cohéreurs. Les choses sont disposées de telle sorte qu’entre chaque consultation de chaque cohéreur la décohération en ait été effectuée. On se trouve assuré ainsi que la cohération relevée au cours d’une nouvelle
- p.345 - vue 349/647
-
-
-
- 346 ' " LES ORAGES ET LEURS OBSERVATIONS
- consultation des cohéreurs est bien due à Faction d’une nouvelle décharge atmosphérique et non de la précédente. A cet effet, le balai, après avoir interrogé les six cohéreurs, met, par son bras supplémentaire P et après avoir produit la décohération, les six cohéreurs à la fois, durant un instant très court, en circuit avec le galvanomètre. Si un seul des cohéreurs est demeuré cohéré un courant de sens inverse de celui d’inscription traverse le galva-
- Fig. g. — Schéma du parcours d’un orage et de l’observation de son déplacement. —
- Si Forage suit le chemin MM' les 4 cohéreurs de sensibilité graduée et disposés en O seront impressionnés dans l’ordre suivant : 4, 3, 2 puis 1. Le parcours suivant N N' produira les impressions successives des cohéreurs dans l’ordre : 4, 3, 2, puis 3 et 4.
- nomètre et se trouve inscrit sur la bande photographique C C' par un déplacement inverse du spot lumineux s.
- Cet appareil a été transporté et exprimenté au Puy de Dôme où nous avons pu, en collaboration avec M. David, faire soit avec l’appareil même, soit avec un appareil à cohéreur unique un assez grand nombre d’observations intéressantes d’orages du 17 juin au 13 juillet 1903. O11 a pu enregistrer un grand nombre d’orages plus ou moins éloignés. On a enregistré des excitations des cohéreurs parfois deux jours avant qu’on observe directement les décharges d’orages et de cette façon on a pu être averti très longtemps à l’avance du début d’une période orageuse. Malheureusement la très grande humidité qui règne à l’observatoire du Puy de Dôme ayant fait jouer les boiseries de notre appareil, malgré leur parfaite confection, nous n’avons pu nous livrer qu’à un certain nombre d’essais, mais non pas l’établir d’une manière permanente.
- Emploi d’un dispositif à bolomètre pour l’observation des orages. — Ces études nous ont amené à nous convaincre de l’intérêt qu’il y aurait à enregistrer Yintensilé efficace des décharges électriques d’origine atmosphérique qu’on peut considérer comme nettement oscillantes du moins pendant les premiers instants de leur durée. Le cohéreur, tout comme le détecteur magnétique d’ailleurs, est sensible à l’amplitude des oscillations électriques reçues.
- Un autre détecteur d’onde, le détecteur thermique, qui n’est autre chose qu’un fil métallique suffisamment mince et dont on évalue réchauffement, intègre les effets qu’il
- reçoit et renseigne sur l’énergie mise en jeu. On conçoit qu’un dispositif calqué dans ses lignes générales sur le précédent, mais utilisant des détecteurs thermiques au lieu de cohéreurs, puisse fournir de plus intéressants et plus nombreux renseignements sur les météores orageux qu’<$î observe à leur aide. S’agit-il, en effet, à’ora-ges locaux, se déplaçant peu en dehors de la région qui les a vus naître, le détecteur thermique permettra d’enregistrer les décharges successives avec leur intensité respective. S’agit-il par contre d’orages de dépressions qui effectuent souvent de grands parcours, des détecteurs thermiques de sensibilités graduées permettront, tout comme précédemment les cohéreurs, d’en suivre et d’en enregistrer la marche. Bien plus, et c’est là un précieux avantage sur le cohéreur, le détecteur thermique, dont l’emploi débarrasse d’ailleurs du souci de la décohération, reste identique à lui-même. Alors qu’un même cohéreur, par l’effet brutal du choc reçu, ne présente jamais exactement la même résistance, ni la même disposition des particules conductrices, après chaque décohération, le détecteur thermique, siège d’un simple effet Joule qui n’en élève d’ailleurs que faiblement la température, reste semblable à lui-même.
- C’est en partant de cette remarque que nous avons récemment (1907) combiné un dispositif pour l’étude des orages qui nous paraît, d’après les expériences faites, devoir constituer un appareil vraiment pratique et définitif. A l’insécurité que présente tout cohéreur qui, même, fùt-il constitué comme ceux à aiguille de M. Fenyi par des contacts bien définis, ne reste jamais semblable à
- Fig. 10. — Schéma du dispositif de M. Tur-
- pain pour l’étude et l’inscription des orages à l’aide de cohéreurs à sensibilités graduées. — On y utilise six cohéreurs de sensibilités croissantes 1, 2, 3, 4, 5, 6, dont un balai mobile B interroge les degrés de cohération. Ces cohérations sont enregistrées sur une pellicule photographique sensible et mobile C C' sur laquelle se déplace le spot lumineux (s) d’un galvanomètre G relié successivement à chaque cohéreur.
- lui-même, il substitue réchauffement d’un fil fin de platine pur bt (fig. 11) qui demeure semblable à lui-même au début de chaque réception.
- La figure 11 donne un schéma du dispositif. Un pont
- p.346 - vue 350/647
-
-
-
- LES ORAGES ET LEURS OBSERVATIONS ======= 347
- de Wheatstone à bolomètre blt b2 comprend un galvanomètre, dont les déviations, proportionnelles aux racines ' carrées des intensités des décharges atmosphériques, s’enregistrent sur une pellicule sensible et mobile.
- Le dispositif, que construit en ce moment M. J. Richard, nous a donné en laboratoire des résqjrtats d’une telle constance et d’une telle sensibilité, dans l’enregistrement que nous avons fait d’orages factices constitués par les décharges d’une bobine d’induction placée à quelques mètres, et aussi de quelques-uns des orages de l’été de 1908 que nous nous proposons d’en faire incessamment l’essai dans un observatoire météorologique. En prenant comme fil bolométrique bt sensible aux ondes, non plus un seul fil d’un diamètre unique, mais plusieurs fils de diamètres croissants associés soit en série, soit mieux en quantité, nous avons pu réaliser, avec des détecteurs thermiques, l’analogue de notre dispositif in-scripteur à sensibilités graduées utilisant des cohé-reurs.
- Et alors le dispositif gagne en simplicité et en qualités pratiques, puisque tout organe tournant destiné à consulter la coliération de cohéreurs se trouve supprimé. Un tel dispositif à trois fils associés en quantité nous a permis de suivre, pendant toute une journée, un orage qui, venu du Sud-Ouest, aborda Poitiers et se perdit au N.-E.
- En terminant cette étude des orages et de leurs observations par les détecteurs d'ondes électriques, nous ferons une remarque qui nous paraît intéressante à signaler en ce qu’elle concerne non seulement’ les appareils destinés à l’observation des orages, mais, d’une façon plus générale, les progrès mêmes de toutes les applications pratiques des ondes électriques.
- Un circuit récepteur d’ondes électriques qui contient un cohéreur recèle par là même un élément des plus inconstants, dont l’équivalence est variable non seulement au cours de la réception d’un train d’ondes, mais encore au début de chaque réception. Le cohéreur ne revient pas, en effet, après chaque choe exactement équivalent à une même résistance, à une même inductance et à une même capacité. Il n’en est pas de même du détecteur thermique qui, lui, reste constamment semblable à lui-même.
- Tous les producteurs d’ondes électriques, les transmetteurs de la télégraphie sans fil entre autres, comprennent à l’excitateur même une étincelle dont l’équivalence et en self-induction et en capacité et même en résistance est presque impossible à définir. Elle est d’ailleurs constamment variable. Si bien que le circuit transmetteur ne reste pas semblable à lui-même non seulement aux divers instants successifs de l’émission d’un train d’ondes, mais même au début de chaque émission. L’étincelle, tout en étant l’origine même des ondes dans nos procédés actuels, imités de celui que nous enseigna Hertz, se trouve être la cause de leur production irrégulière.
- Nous ne savons encore produire des ondes électriques que d’une façon brutale, à la manière dont les peuplades primitives savent produire des sons musicaux
- par le choc, par le heurt de corps quelconques, pierres, bâtons creux ou lames de bois suspendues. Les diverses longueurs d’ondes d’oscillations électriques, nous les produisons à la manière dont on émet les notes de la gamme par le choc contre le sol de lamelles de bois d’épaisseurs variées. Ce sont des bruits et non des sons que nous savons produire dans le domaine des oscillations électriques. Il nous manque de savoir construire l’analogue d’un piano d’Evrard ou d’un violon de Stadivarius.
- Je crois avoir apporté, par mes recherches personnelles, ma contribution au domaine de la télégraphie sans fil et cela à une époque où cette application des ondes électriques n’était pas encore née à la vie pratique. Depuis et malgré le succès, parfois trop tapageur des essais faits dans ce domaine, je me suis persuadé que les véritables progrès de la nouvelle technique devaient être recherchés dans le perfectionnement de l’oscillateur. Depuis Hertz, aucun progrès sensible n’a été fait dans ce sens. Nous nous sommes ingéniés à perfectionner l’oreille électrique qui, avec le cohéreur, avec le détecteur thermique et bien d’autres détecteurs, est devenue de plus en plus sensible; mais nous paraissons toujours impuissants à faire progresser l’instrument qui doit produire ces ondes pour lesquelles des récepteurs si sensibles sont déjà réalisés.
- A. Turpain,
- Professeur de physique à l’Université de Poitiers.
- j A
- Antenne,
- Papier
- y^se/tsible
- Chauvin et Arnouæ
- Fig. ii.— Schéma du dispositif d’enregistrement des orages à bolomètre de M. Turpain. — Les élongations du galvanomètre enregistrées photographiquement et automatiquement sur la bande de papier P sont rigoureusement proportionnelles aux racines carrées des intensités des décharges reçues par l’antenne. Chaque élongation est par conséquent proportionnelle à la racine carrée de la puissance reçue par l’antenne.
- p.347 - vue 351/647
-
-
-
- 348
- LA PHOTOGRAPHIE DANS L’EAU
- Nos lecteurs n’ont pas oublié le bel article où M. Rudaux exposait les principes et les procédés de la photographie à travers l’eau, et ils se souviennent de l’admirable planche, obtenue par sa méthode et représentant une méduse nageant1.
- Au fond, comme le disait d’ailleurs très bien notre excellent collaborateur, il s’agit pour obtenir ces beaux résultats non pas tant d’un procédé que de précautions à prendre, et celles-ci se ramènent, dans la technique de M. Rudaux, à écarter par un écran les rayons lumineux qui transformeraient en miroir la surface de l'eau et à se mettre en garde contre les diverses causes possibles de clapotis ou de perturbation boueuse du milieu aquatique.
- Un savant américain, M. Jacob Reighard, professeur de zoologie à l’Université de Michigan, vient de reprendre les procédés indiqués par M. Rudaux2, et de les perfectionner d’une manière très sensible. S’inspirant en même temps de la technique inventée autrefois par notre compatriote M. Routan, et la perfectionnant elle aussi, il est arrivé à photogra-
- clichés que nous donnons ici permettent d’apprécier à son juste mérite toute la valeur de son travail.
- On attache de nos jours, et avec raison, un intérêt croissant à l’élude des moeurs animales, et à leur étude dans le site même de la vie réelle des organismes. C’est toute une science nouvelle qui se développe avec vigueur, et qui, sous le nom d’étiologie, est appelée sans doute un jour prochain à prendre une large place dans l’enseignement de la biologie. Il est à peine besoin de dire combien des documents du genre de planches ci-contre possèdent de valeur pour une telle science. Lorsqu’il en existera un suffisant corpus, il deviendra loisible à chacun, en feuilletant des pages d’album, de s’imaginer dans toute leur réalité les scènes de la vie des mers et des eaux diverses. On pourra les utiliser également de la façon la plus heureuse pour l’aménagement des aquariums.
- Quant aux moyens employés parM. Reighard, tout comme ceux de M. Rudaux, ils consistent beaucoup moins en un procédé qu’en un système de précau-
- Les animaux aquatiques dans leur milieu naturel. Photographie prise dans Veau par M. J. Reighard.
- phier la vie aquatique non plus à travers l'eau, mais dans l’eau même, et les deux très beaux
- 1 L. Rudaux. La photographie à travers l’eau. La Nature, n° 1824, 9 mai 1908, p. 360.
- 2 Jacob Reighard. The photography of aquatic animais
- tions et qu’en habileté. Le principe, très simple, est d’installer un appareil au fond de l’eau et de s’y
- in lheir naiural environment, extrait du Bulletin of the bureau of fisheries. Yol. XXYII, 1907, pp. 41-68. YVashington, 1908. (Government printing oftice.)
- p.348 - vue 352/647
-
-
-
- EPURATION ET STERILISATION DES EAUX —-— 349
- installer soi-même en scaphandre. 11 faut naturelle-lement prendre toutes ses mesures pour éviter de troubler l’eau en se déplaçant et pour empêcher sa pénétration dans l’appareil. Tout cela, comme les indications nécessaires à l’éclairage, est fort bien
- signalé l’existence du procédé et montré les belles réussites où il conduit... un très habile opérateur.
- Ajoutons seulement que les deux photographies ci-jointes ont été obtenues sur des plaques ortho-chromatiques, le fond de l’eau (à environ 1,50 m.
- Les animaux aquatiques dans leur milieu naturel. Photographie prise dans l’eau par M. J. Reighard.
- exposé par M. Reighard, mais c’est une quantité de petits détails qu’il faut lire tout au long et qu’on ne saurait résumer. Il suffit simplement ici d’avoir
- de profondeur) étant éclairé parle plein soleil, et le temps de pose ayant été d’un trente-troisième de seconde.
- ÉPURATION ET STÉRILISATION DES
- La stérilisation des eaux d’alimentation publique a pour but et doit avoir pour résultat de ne laisser subsister dans l’eau, à un moment du traitement, que les spores résistantes des germes, tous les germes adultes de l’eau brute étant tués.
- Tout en étant un protagoniste de la stérilisation des eaux potables, c’est-à-dire de l’épuration aussi parfaite que possible des eaux contaminées, je suis avant tout l’irréductible partisan de l’adduction des eaux souterraines naturellement pures. La pureté continue et permanente doit être la qualité essentielle de l’eau potable.
- Certains faits tendent à établir que pour créer une épidémie massive de fièvre typhoïde d’origine hydrique, il faut que la matière fécale fraîche de typhique arrive pour ainsi dire directement dans l’organisme par l’eau de boisson. Dès qu’il y a une barrière produisant la stagnation, la sédimentation, la filtration, même imparfaite, on constate que l’épidémie est moins intense.
- EAUX D’ALIMENTATION PUBLIQUE
- Filtres à sable submergé. — C’est ainsi qu’on observe beaucoup moins de cas de fièvre typhoïde par exemple avec les eaux de rivières qui ont été simplement épurées par un système même imparfait de filtration, tel que la filtration sur sable submergé, qu’avec ces mêmes eaux brutes; et pourtant ce système laisse passer quelques centaines de germes par litre, dont quelques-uns d’origine suspecte, tel que le coli-bacille.
- Ces filtres submergés qui épurent l’eau dans d’assez fortes proportions lorsqu’ils sont bien dirigés, constituent néanmoins des palliatifs insuffisants : ils ne peuvent arrêter d’une façon absolue la fièvre typhoïde d’origine hydrique et, à plus forte raison, le choléra; ils n’ont pas préservé les villes de Russie alimentées par des eaux de rivières filtrées, notamment à Saint-Pétersbourg, contre les dernières épidémies de choléra, le choléra étant la maladie d’origine hydrique par excellence.
- En réalité, on doit constater que le filtre submergé,
- p.349 - vue 353/647
-
-
-
- 350 ===== ÉPURATION ET STÉRILISATION DES EAUX
- bien dirigé, abaisse le taux de la mortalité et de la morbidité des maladies d’origine hydrique, notamment de la fièvre typhoïde, sans toutefois les supprimer; l’endémicité persiste et, de plus, il y a à craindre l’envahissement par l’espèce pathogène, surtout en temps d’épidémie cholérique. Mais ces filtres peuvent être avantageusement utilisés pour mettre l’eau en état de subir la stérilisation. Ce sont ces faits et ces craintes qui doivent guider de plus en plus les agglomérations dans l’épuration efficace appelée stérilisation, lorsqu’elles ne peuvent s’alimenter avec des eaux naturellement pures.
- Les procédés qui, tout au moins en France, sont susceptibles d’effectuer la stérilisation des grandes masses d’eaux d’alimentation publique sont : a) La filtration sur sable non submergé; b) l’ozonisation; c) les traitements par les composés chlorés (peroxyde de chlore, ferrochlore, sulfate d’alumine et chlorure de chaux).
- S’il s’agissait de petites quantités d’eau, il y aurait lieu de citer : La filtration sur bougies poreuses, et notamment les bougies en terre d’infusoires épaisse (Berkc-feld) qui, d’après mes recherches, donnent les meilleurs résultats au point de vue qualité eu égard au débit; la chaleur sous pression et l’ébullition de l’eau ; enfin l’ozonisation.
- Mais je n’envisagerai ici que la stérilisation des grandes masses d’eau. Je signalerai en passant l’épuration par la création de nappes souterraines artificielles dont M. Janet a conseillé l’essai en France; mais, jusqu’ici, je n’ai pas eu connaissance des résultats d’une application de ce procédé tout au moins en France.
- En passant également, je tiens à signaler l’espoir qu’a fait naître M. Courmont de pouvoir stériliser l’eau par la lampe en quartz à vapeurs de mercure, dont le brevet et l’application sont revendiqués par M. de Mare, suivant un brevet belge, et M. Billon-Dagucrre, sous pli cacheté, à l’Académie des Sciences, depuis janvier 190 7.
- Filtres à sable non submergé. — 11 n’y a pas encore d’application aux grandes masses d’eaux impures de ce procédé, réalisé et étudié méthodiquement et scientifiquement par MM. Miquel et Mouchet.
- Une installation soigneusement établie par M. Baudet, député et maire de Chàteaudun, a donné jusqu’ici d’excellents résultats. Cette installation traite journellement 800 mètres cubes d’une eau souterraine déjà fort épurée par son passage à travers le sol, mais qui reçoit à certaines époques des décharges microbiennes. Je n’ai pas les résultats fournis par l’installation définitive.
- Sur l’installation d’essai, les résultats obtenus par M. Miquel, d’une part, et d’autre part par M. Dimitri, ont été excellents. Les essais d’épuration d’eaux de rivières sur sable non submergé s’effectuent de différents côtés, notamment au Ministère de la Guerre.
- Donc, on ne peut encore avoir une opinion précise sur l’application aux grandes masses d’eaux de rivière. En tout cas, comme pour tout autre système de stérilisation, ce procédé a besoin d’être établi, conduit et surveillé avec soin et compétence.
- Stérilisation par l’ozone. — Depuis plusieurs années, nous avons reconnu, M. ügier et moi, que l’on pouvait stériliser industriellement de l’eau de source avec 0,60 gr. d’ozone pour 1000 litres d'eau.
- Les examens récents effectués par Miquel pour le concours d’épuration des eaux de la ville de Paris, ont confirmé ce fait. On arrive à la stérilisation suivant les appareils, soit en travaillant avec de fortes concentrations (2,8 gr. à 5,1 gr. d’ozone par mètre cube d’air),
- soit à de faibles concentrations (1,10 gr. à 2,8 gr.). Ce qu’il faut, c’est environ 1 gramme d’ozone par mètre cube d’eau et un contact suffisamment intime et prolongé de l’ozone avec l’eau.
- Sous ce rapport, on a fait peu de progrès dans ces dernières années ; on gâche encore une notable partie de l’ozone et l’on n’obtient pas le rendement que l’on doit atteindre avec des appareils industriels; je suis convaincu que des perfectionnements dans ce sens permettront de réaliser encore plus économiquement ce mode de stérilisation.
- Les expériences effectuées par les services chimiques et bactériologiques de la Ville de Paris ont confirmé tout ce que nous avions dit dans nos différents l'apports avec Ogier : absence de production d’eau oxygénée, variations insignifiantes de la composition chimique de l’eau, notamment de la matière organique, pas de production de nitrates, décoloration; enfin, d’une façon générale, les propriétés chimiques, physiques et physiologiques ne sont pas modifiées, si ce n'est plutôt dans un sens favorable (décoloration).
- Trois facteurs doivent être envisagés pour la stérilisation de l’eau par l’ozone : le degré de limpidité, la quantité de matière organique, la présence des composés ferreux et manganeux.
- L’eau doit être limpide avant d’être soumise à l’ozonisation ; si elle ne l’est pas naturellement, il suffit de lui faire subir une filtration grossière : pour cela, les filtres submergés peuvent être avantageusement utilisés en augmentant considérablement leur débit.
- C’est ainsi que la Ville de Paris projette de stériliser les eaux sortant des filtres à sable de l’usine de Saint-Maur. La limpidité de l’eau qui doit être soumise à l’ozonisation est très importante à réaliser : les accidents signalés comme des défections de l’ozone sont généralement attribuables à ce fait.
- La quantité de matière organique ne doit pas être trop considérable, sinon il faudrait augmenter dans de fortes proportions la quantité d’ozone, et des essais préliminaires devraient être effectués à ce sujet. Enfin, l’eau ne devrait pas renfermer de sels ferreux ou manganeux : l’ozone formerait, par oxydation, des composés ferriques ou manganiques insolubles qui précipiteraient. Nous avons évalué le prix du mètre cube d’eau stérilisée à environ 2 centimes.
- Les essais effectués par la Ville de Paris, sous la direction de M. l’ingénieur en chef Colmet Daage, ont permis de reconnaître que ce prix pouvait être abaissé à 0,0096 francs par mètre cube pour l’émulseur Otto et la colonne Marmier et Abraham, à 0,0114 francs pour les ozoneurs et stérilisateurs de Frise.
- Il y a lieu de signaler — sous le rapport du prix — le progrès considérable que paraissent avoir apporté les ozoneurs « Siemens de Frise » puisque M. Colmet Daage a trouvé que, dans les mêmes conditions, le prix de revient du mètre cube d’eau stérilisée serait seulement de 0,0072 francs.
- C’est là un fait très important. En tout cas, ces chiffres démontrent que la stérilisation des grandes masses d’eau par l’ozone est maintenant très abordable au point de vue économique.
- Stérilisation par les composés chlorés. — Le procédé le plus pratique est celui de la Société d'assainissement des eaux potables connu sous le nom de « Procédé Duyck ».
- Nous avons examiné en 1904, avec M. Ogier, ce pro-
- p.350 - vue 354/647
-
-
-
- — LES M1CROSE1SMES - 351
- cédé qui donne d’excellents résultats : il repose sur le traitement des eaux par un mélange d’hypochlorite de chaux et de chlorure ferrique ; on peut remplacer le chlorure ferrique par du sulfate d’alumine.
- L’application de ce procédé, qui est employé notamment à Lecloure (Gers), est particulièrement indiqué pour : 1“ juguler les épidémies d’origine hydrique dans les petites agglomérations (épidémie de l’Arbresle) ; 2° pour le traitement des eaux très polluées, troubles, chargées de matières organiques ou de sels minéraux, notamment de sels* ferreux (Middelkerke).
- 11 est particulièrement en faveur en Belgique.
- Tels sont les procédés de stérilisation des eaux potables. C’est incontestablement l’ozone qui, actuellement, est le procédé de choix pour la stérilisation des grandes masses d’eaux d’alimentation publique.
- L’avenir nous dira si l’on peut compter sur la filtration sur sable non submergé, comme des expériences trop restreintes encore permettent de l’espérer.
- L’épuration insuffisante des filtres à sable submergé doit être complétée par la stérilisation, ce qui permet d’augmenter considérablement le rendement de ces appareils.
- Telles sont les mesures que l’on doit adopter dans l’état actuel des choses.
- Il est vraiment effroyable de penser, eh face des hécatombes produites par les épidémies d’origine hydrique, que, si l’on avait appliqué l’une de ces mesures, on aurait évité de pareils désastres. On voit encore des villes importantes, des agglomérations, des garnisons, etc., être alimentées par des eaux de rivière brutes, mieux encore par des eaux d’égouts diluées dans un cours d’eau ; les matières fécales fraîches arrivent pour ainsi dire directement dans la bouche des individus. Et les principales victimes de cette incurie sont généralement des individus étrangers à la ville et qui y pénètrent par la nécessité des choses : soldats, ouvriers, domestiques, tous individus jeunes et forts. Le citadin étant vacciné de longue date ne paie qu’une rançon relativement faible à l’eau malsaine.
- Depuis quelques années, sous la poussée des hygiénistes, les Pouvoirs Publics, le public lui-même, se sont émus de cet état de choses : on travaille beaucoup à l’améliorer. Il faut plus que jamais guider ces efforts dans une bonne voie et ne pas abandonner la lutte.
- En. Bonjean,
- Chef du hiboruloirc et membre du conseil supérieur d'hygiène publique en France.
- LES MICROSÉISMES
- Depuis que l’on a perfectionné les sismographes — appareils à déceler les mouvements du sol pour l’étude des tremblements de terre — il a été constaté, grâce à l’extrême sensibilité de ces instruments, des frémissements presque constants de l’écorce terrestre : ce sont les microséismes.
- On a reconnu ainsi certains mouvements oscillatoires parfois très réguliers, mais de très faible amplitude, dont l’inscription caractéristique sur les sismographes s’étend parfois sur une durée de plusieurs heures. Ces phénomènes particuliers, désignés sous le nom de pulsations microsismiques, ont été l’objet de nombreux travaux, et MM. F. Omori, Hebeur-Paschwitz, Ehlert, etc., sont arrivés à cette conclusion que, dans la plupart des cas, il fallait leur attribuer pour origine, non les perturbations internes du globe, mais une cause extérieure : faction du vent, imprimant aux couches superficielles un mouvement vibratoire ; la période de ces oscillations aurait un caractère presque dépendant du lieu de la station, autrement dit des couches constituant le sol de la région considérée.
- D’autre part, et plus récemment, M. Wiechert a suggéré une idée différente, quoique externe également. 11 s’agirait du choc des vagues de l’Océan ébranlant de façon rythmique non seulement le sol des îles où de telles observations ont été recueillies, mais aussi celui des continents jusqu’au milieu desquels la transmission de ces chocs pourrait se répercuter.
- Sur cette question fort intéressante, M. Elmar Rosen-llial, physicien à l’observatoire de Tifïis, vient de publier une note1 sur ses propres observations effectuées au bord de la mer Noire, à Batoum, du 1er au 5 décembre 1907. Il fait très justement remarquer d’ailleurs qu’il est assez difficile de séparer deux causes aussi intimement liées l’une à l’autre. Cependant dans le cas de son observation une distinction peut se faire très aisément, à cause de la
- 1 Ciel el Terre, 1°*' novembre 1908.
- soudaineté- de l’ouragan, les grandes lames n’étant apparues qu’un certain temps après.
- L’examen des courbes du sismographe montre de petites ondulations de période (1,8 seconde) et d’ampleur remarquablement constantes offrant les caractères des pulsations microsismiques telles qu’on les observe à Batoum. L’impression commence juste au début de la tempête pour finir avec elle. Ensuite, par-dessus ces pulsations courtes déterminant le caractère principal du tracé, se superposent d’autres oscillations à période plus longue (G à 8 secondes) formant des groupes de 5 à k ondes séparées par des intervalles de 2 à 5 ou 5 à 8 minutes. Cette allure est exactement la même que celle de la succession des grandes lames, qui se répètent en groupes espacés. Ainsi que le fait remarquer M. Rosenthal, les véritables pulsations microsismiques ordinaires, celles du moins que l’on observe à Batoum, ont pour cause l’action du vent. L’effet des vagues est sensible, justifiant ainsi l’idée même de l’hypothèse de M. Wiechert, mais il ne se montre en définitive que de façon secondaire, avec une inscription d’un caractère quelque peu différent.
- Enfin on a récemment fait rentrer dans la catégorie des microséismes les bruits mystérieux désignés sous le nom de Mistpoëffers (détonations de brouillard) et qui ressemblent à de lointaines, décharges d’artillerie. M. E. Van den Brœck a, depuis une quinzaine d’années, provoqué une enquête internationale sur ces hoquets de mer des Bretons, Barisal-Guns des Anglais, Bronlidi des Italiens, etc. On les avait d’abord crus d’origine météorologique : mais tout récemment M. Rzehak a voulu y voir le bruit produit par les crevassements continus de l’écorce terrestre. Ces crevassements, dus eux-mêmes à des distensions souterraines des roches et relevant des mouvements tectoniques, seraient, selon lui, de nature à produire certains microséismes. Beaucoup de faits rendent cette théorie assez vraisemblable1.
- 1 V. E.-A. Maiitkl. L’évolution souterraine, cliap. î.
- p.351 - vue 355/647
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 avril 1909. — Présidence de M. Emile Picard.
- Destruction d’insectes par des plantes. — M. Van Tieghem présente une Note de M. Künckel d’Iïerculais relative à la destruction des insectes par les Heurs des asclépiadées. L’auteur, au cours d’une mission dans la République Argentine, a constaté que les fleurs de ces plantes, notamment celles de YAraujia sericofera, ont la faculté de capturer les insectes qui viennent visiter les nectaires au début de la floraison. 11 décrit l’appareil et le mécanisme qui permet à ces plantes de retenir le papillon par la trompe. Les papillons sont ainsi capturés en grand nombre, quelles que soient leur taille et leur puissance, même les plus grands sphingidés ayant une envergure de 12 cm. Les insectes meurent de faim. Une conclusion d’ordre général se dégage de ces faits c’est que les insectes ne jouent pas dans la fécondation des asclépiadées le rôle important que la plupart des auteurs leur attribuent.
- Stabilité des équilibres chimiques ou physiques. — M. Darboux dépose une Note de M. Raveau, relative aux conditions des équilibres chimique ou physique. L’auteur montre que la stabilité d’un équilibre chimique ou physique quelconque peut être considéré comme la conséquence non de l’action de forces spécifiques, mais de la diffusion vulgaire telle qu’elle agit pour provoquer le mélange spontané de l’eau et du vin, de l’eau pure et de l’eau sucrée. La stabilité de ces équilibres affirmée par M. Duhem est ainsi démontrée sans aucun appel aux principes de la thermodynamique. 11 est également facile de justifier la loi de l’action de masse qui domine la chimie physique et qui indique que l’augmentation d’un des éléments en jeu dans un équilibre chimique provoque une réaction dont le résultat est de faire disparaître une partie de la quantité ajoutée.
- Microbes pathogènes invisibles. — M. d’Arsonval analyse, au nom de M. Chauveau, une Note indiquant les preuves de l’existence de microbes pathogènes invisibles, note que l’auteur n’a pu remettre personnellement. Parmi tous les microbes, celui de la vaccine sert de type à M. Chauveau. Il a constaté que la lymphe vaccinale, soumise à diffusion et à la dilution dans l’eau pure, se comporte, quand on l’inocule, comme si la virulence était fixée sur des éléments corpusculaires en suspension dans l’humeur et non sur les substances chimiques cristalloïdes et colloïdes qu’elle contient en solution ou pseudo-solutions.
- La respiration chez les chanteurs. — M. d’Arsonval résume un travail de M. Marage sur les aptitudes physiques que doivent présenter les personnes qui pratiquent l’art du chant. Il examine aujourd’hui la soufflerie, c’est-à-dire les poumons. Au moyen de certaines mesures on doit s’assurer que les poumons réunissent les conditions voulues; il mesure à cet effet les variations du périmètre de la cage thoracique à trois niveaux. Il faut que le sujet apprenne à respirer avant de chanter. Une respiration est bonne lorsque la cage thoracique se dilate suivant toutes ses dimensions. On doit donc proscrire les types de respiration qui ont pour but de développer certaines parties des poumons au détriment des autres, par exemple les respirations qui s’opèrent surtout par les sommets des poumons, comme celles qui s’opèrent par le diaphragme (respiration abdominale de certains professeurs). Le moindre obstacle suffit pour transformer le type de respiration; un corset qui atteint les fausses
- cotes, même quand il n’est pas serré, empêche la dilatation complète des poumons. M. Marage conclut que, pour qu’une respiration soit bonne, il faut que la cage thoracique se dilate suivant toutes ses dimensions ; que, pour obtenir une respiration suffisante, il faut que la cage se dilate de manière à acquérir une capacité en rapport avec l’âge, la taille et le poids du sujet. Il ajoute qu’il est inutile d’apprendre à chanter si l’on ne sait pas respirer et que la plupart des voix se perdent, non point par suite d’une mauvaise méthode d’émission du son, mais par une mauvaise respiration. M, d’Arsonval dépose une Note de M. Thooris, médecin-major, sur la respiration diaphragmatique. La radioscopie et la méthode graphique établissent que l’abaissement du diaphragme a pour condition la rétraction énergique de l’abdomen. La pratique de ce mode respiratoire facilite singulièrement l’adaptation du soldat aux efforts que nécessitent les exercices; elle a donné dans certains régiments des résultats remarquables qui ont attiré l’attention du commandement.
- Filtre métallique arrêtant les microbes. — M. Dastre décrit ensuite un filtre construit sur les indications de M. Gobbi. Ce filtre est constitué par un ruban de nickel long de quelques centaines de mètres, enroulé, sur son côté le plus large, en hélicoïde, de manière à former un cylindre. Les spires de ce cylindre sont serrées les unes contre les autres au moyen d’une vis ; le serrage à fond rendrait le cylindre complètement étanche. On a en conséquence ménagé sur l’une des faces du ruban des petites saillies parallèles et transversales très rapprochées. On obtient ainsi des interstices dont on peut fixer le calibre à volonté. Avec certains rubans, les interstices peuvent avoir des dimensions bien inférieures aux plus petits microbes connus et qui, même par le jeu de l’adhésion capillaire, arrivent à barrer le passage pendant quelques heures aux grains colloïdaux ultramicroscopi-ques des solutions colorantes. Dans les filtres ordinaires en porcelaine, ces grains ne subissent aucun arrêt et les microbes finissent par passer au bout de quelques heures. Il est enfin à remarquer que le filtre métallique de M. Gobbi peut très facilement être stérilisé.
- La résistance de l’eau à la propulsion des poissons. — M. Houssay expose les recherches expérimentales auxquelles il vient de se livrer relativement à la résistance que l’eau oppose à l’avancement des poissons dans l’eau. Convaincu que la forme des poissons a été modelée par l’eau, il pensait qu’elle devait être celle de la moindre résistance. Mais, si le fait était probable, il n’était nullement évident. En conséquence, il a mesuré, à diverses vitesses, la résistance de l’eau à l’avancement de plusieurs types de carènes allongées plus ou moins, fuseaux, cônes, etc. Il a constaté que la carène pisciforme venait en troisième rang. Sans se décourager, il a pensé à stabiliser ses carènes. Il a d’abord essayé l’empennage employé dans l’air et a constaté qu’il était à peu près de nul effet sur la stabilisation dans l’eau. En conséquence, il a ajouté des nageoires artificielles à ses carènes. Ces nageoires étaient constituées par des plaques en aluminium mobiles autour d’un axe et retenues par un élastique. Il a obtenu ainsi une stabilisation parfaite et le type pisciforme est passé au premier rang. La supériorité de ce type s’est surtout accentuée aux allures rapides, ce qui était le point important. Ch. de Villedeuil.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
- p.352 - vue 356/647
-
-
-
- LA NATURE. - N° 1876.
- 8 MAI 1909.
- EFFETS DE LA DIFFUSION DES LIQUIDES
- Les expériences de M. Stéphane Leduc.
- Les beaux dessins décoratifs que montrent nos illustrations n’ont pas été composés par un dessinateur de talent : ils sont dus au simple jeu d’une force physique; ces figures, d’une grâce et d’une finesse ravissantes, d’un coloris délicat et varié que nos photographies ne peuvent malheureusement rendre, sont nées sous l’influence de la dilfusion.
- Elles n’ont été pensées par aucune intelligence, dessinées par aucune main.
- Elles ne sont cependant point l’œuvre du hasard : pour mettre ainsi en jeu d’une façon harmonieuse les forces de dilfusion,
- i t* rf M**
- il a fallu toute l’ingénieuse perspicacité d’un savant distingué : M. Leduc, le professeur bien connu de Nantes, exposait récemment à la Société de Physique une remarquable série de ces élégantes préparations, et nous devons à son extrême obligeance celles qui sont représentées ci-contre, ainsi que les détails qui suivent.
- Ces curieux dessins peuvent être aisément reproduits par tout amateur, et ce n’est pas leur moindre intérêt.
- On prend une plaque de verre, on répand sur cette plaque 5 centimètres cubes d’une solution de gélatine à 10 pour 100, additionnée d’une goutte d’une solution saturée qui varie avec chaque préparation, en général du chlorure, du bromure, ou de l’iodure d’ammonium. Puis on dépose symétriquement sur la gélatine des gouttes de solutions diverses, par exemple de l’azotate d’argent, du citrate de potassium, etc. On met. la plaque au repos sur une surface horizontale. Les gouttes diffusent lentement, 37e année. — -1er semestre.
- et des formes et des couleurs imprévues naissent.
- On laisse la plaque sécher dans un endroit abrité de la poussière et la préparation peut être montée comme un cliché photographique. On peut ainsi créer des motifs d’ornementation ou des figures aussi variées par la forme que par les couleurs.
- Certaines substances en diffusant produisent des traits équidistants, alternativement transparents et obscurs, dont l’épaisseur varie depuis quelques dixièmes de millimètre jusqu’à moins de 1 millième de millimètre. Lorsque les traits ont
- Fig. i. — Formes diverses engendrées par la diffusion des liquides.
- 2*.
- une largeur comprise entre le centième et le millième de millimètre, ils forment des réseaux : on peut ainsi former avec la plus grande facilité les réseaux rectilignes ou circulaires donnant les spectres de diffraction très lumineux.
- Ces réseaux peuvent être produits avec un grand nombre de substances : en particulier on obtient les réseaux très brillants, donnant de magnifiques couleurs de diffraction, en faisant diffuser, dans de la gélatine contenant des traces de nitrate ou de chlorure de calcium, un mélange à parties égales de solutions saturées de phosphate et de carbonate de potassium. Et l’on a ainsi de la nacre véritable : les réseaux obtenus en ont la structure physique et la composition chimique.
- Il y a lieu de remarquer que la structure de presque tous les tissus vivants a cette forme de réseaux. On ne la retrouve pas seulement dans la nacre; les élytres des scarabées, les plumes de.nom-breux oiseaux, les muscles et les tendons de
- 23. — 553
- p.353 - vue 357/647
-
-
-
- 354 - = - ACADEMIE DES SCIENCES
- l’homme et bien d'autres substances vivantes les offrent également!
- Jusqu’à présent, on n’avait aucune idée de forces
- Fig. 2. — Une belle figure de diffusion.
- physiques donnant naissance à une telle structure, la plupart des magnifiques colorations naturelles restaient pour nous un mystère impénétrable. On le voit, les phénomènes de diffusion en expliquent un grand nombre.
- Ces résultats démontrent la faculté qu’ont les forces physiques de produire des formes et des structures infiniment variées, cependant cette faculté semble ignorée de la science moderne, car elle n’est ni étudiée ni même mentionnée dans les traités consacrés à l’étude des forces physiques. La connaissance de ces actions morphogéniques des
- forces physiques devrait cependant précéder l’étude de la formation du monde et de tout ce qui s’y trouve.
- Le procédé que nous venons d’indiquer peut avoir des applications très variées : il permet, par exemple, d’obtenir des photographies nacrées d’un très joli effet; il suffit de recouvrir la gélatine du cliché, d’une couche de gélatine à la température d’environ 35° contenant des traces de nitrate de calcium, et d’y diffuser des gouttes de mélange de phosphate et de carbonate de potassium.
- Nous ne tenterons pas ici de donner l’explication théorique de ces curieux phénomènes1, qui mettent en évidence le caractère périodique des phénomènes de diffusion au sein des colloïdes. Nous nous bornons à appeler sur eux l’attention de nos lecteurs; ils pourront les reproduire aisément, les
- Fig. 3. — Forme articulée produite par la diffusion des liquides.
- étudier d’une façon approfondie, admirera leur gré la richesse des formes et des couleurs mises ainsi à leur disposition. A. Tkoller.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3 mai 1909. — Présidence de M. Émile Picard.
- .Découverte d'une, hémogrégarine. — M. Laveran annonce qu’ayant eu l’occasion de disposer d’un grand Python de Seba, il a découvert dans le sang de cet animal une hémogrégarine endoglobulaire. Cette hémogrégarine à l’état libre se répand dans les viscères; elle peut pénétrer dans les cellules des vaisseaux. Elle présente de grandes analogies avec l’hémogrégarine du lézard.
- Téléaulocopiste. — M. Cailletet décrit, sous le nom de téléautocopiste, un appareil imaginé par M. Louis Sémat permettant de transmettre à distance, au moyen des lignes télégraphiques ou téléphoniques, des dessins ou écritures. Le côté caractéristique de cette invention, c’est la simplicité des moyens électromécaniques mis en jeu. Un cylindre transmetteur et un cylindre récepteur de plus grand diamètre que le précédent sont animés chacun d’un mouvement de rotation. Autour du cylindre transmetteur est enroulée une feuille métallique sur
- laquelle est tracée ou imprimée l’image à transmettre. Autour du cylindre récepteur est enroulée une feuille de papier carbone recouverte d’une feuille de papier pelure. Un style peut se déplacer; celui du transmetteur est chargé de lancer un courant dans la ligne tant qu’il rencontre des parties conductrices de la feuille métallique. Le cylindre transmetteur, après avoir terminé un tour, s’arrête et ne repart pour accomplir un nouveau tour qu’après que le cylindre récepteur a fini d’évoluer. 11 résulte de ce qui précède que partant d’un même point repère fixé en même temps (synchronisation), les deux cylindres offrent, pendant une durée de temps égale pour chacun, des longueurs périphériques égales sous leurs styles respectifs. L’avancement longitudinal des deux styles est semblable sur les deux cylindres. Les avantages du
- 1 Voir Conférences sur la Diffusion et l’Osmose par le Dr Stéphane Leduc, Congrès de la Société Française pour l’Avancement des Sciences, 1907.
- p.354 - vue 358/647
-
-
-
- SUPPRESSION DU GOULOT DE SAINT-LAZARE ===== 355
- téléautocopiste Sêinat sont les suivants : le synchronisme est réalisé d’une façon parfaite ; il ne comporte pas de recours à la photographie et au sélénium. Toutes les opérations ont lieu en plein jour par des moyens purement mécaniques ; l’enregistrement est visible immédiatement sans nécessiter des manipulations ultérieures; enlin la transmission est très rapide. L’appareil de M. Séinat a été expérimenté en Égypte devant le Khédive, puis à la Société de photographie; il fonctionne dans la salle des séances.
- L’ouverture du détroit de Gibraltar. — M. Michel Lévy présente une Note do M. Gentil, relative à l’âge de l’ouverture du détroit de Gibraltar. 11 a été longtemps admis que cette ouverture s’était faite au commencement de l’époque du pliocène, puis il a été avancé qu’elle devait être reculée à l’époque du miocène. M. Louis Gentil, après une étude des lieux, démontre que l’ouverture a bien eu lieu à l’époque du pliocène.
- La vision chez les insectes. — M. J. Chatin analyse un travail de M. Yiguier sur la vision chez les insectes. 11 montre que les diptères en particulier sont doués d’un sens de la vision plus parfait qu’on ne l’admet généralement, que chacun des milliers d’yeux dont sont formés leurs yeux composés reçoit l’impression d’une petite image renversée et que ces milliers d’images se combi-
- nent dans le ganglion optique situé au-dessus de l’œil en une image unique. Le mécanisme compliqué au moyen duquel se réalise cette synthèse est bien différent de celui que suppose la théorie classique de la vision en mosaïque et assure des résultats bien supérieurs au point de vue fonctionnel.
- Action du soufre sur l’argent et le cuivre. — M. Lemoine résume une Note de M. Golson relative à l’action du soufre à froid sur l’argent et sur le cuivre. La réaction a lieu dans des milieux où le magnésium et l’aluminium ne subissent aucune altération, quoique la formation du sulfure d’argent ne dégage que 5000 calories, alors que la formation des sulfures terreux dégage.vingt fois plus de chaleur. Au sein du sulfhydrate produit avec un excès d’ammoniaque, le sens du courant électrique, provenant du couple cuivre-aluminium, montre encore que le cuivre est le métal attaqué. Dans ces actions irréversibles, ce ne sont donc pas les chaleurs de formation qui interviennent, mais des conditions de température. Souvent celles-ci sont masquées par la superposition des actions qui aboutissent à l’état final. Démêler ces actions superposées, c’est faire un pas vers les lois de la physicochimie s’il est vrai, comme l’aflîrme M. Poincaré, qu’il en est de ces lois comme des lois de l’astronomie qui auraient pu disparaître derrière des observations plus parfaites que celles de Tycho. Ch. he Yilledeuil.
- SUPPRESSION DU GOULOT DE SAINT-LAZARE
- Murs et encorbellements de la tranchée des Batignolles
- Dans un précédent article de La Nature \ on a indiqué l’ensemble des travaux que l’ancienne com-
- faire ainsi face à un trafic qui devient de jour en jour plus intense. On décrivait également le nouveau
- Fig', i.-— Le square des Batignolles; l’encorbellement terminé.
- pagnie de l’Ouest avait entrepris, dans le but de porter à six les quatre voies actuellement existantes entre la gare St-Lazare et Asnières, de manière à 1 Yoy. n° 1841 du 5 septembre 1908.
- pont d’Asnières qui, construit parallèlement à l’ancien, mais indépendant de lui, supporte les deux nouvelles voies supplémentaires.
- Dans cet article nous nous occuperons plus spé-
- p.355 - vue 359/647
-
-
-
- 356
- SUPPRESSION DU GOULOT DE SAINT-LAZARE
- cialement, comme on l’a annoncé, des travaux aujourd’hui terminés entre le pont Legendre et le pont Cardinet. Entre ces deux points le chemin de fer est établi en tranchée profonde, limitée à droite et à gauche par des murs de soutènement. Afin de permettrel’éta-blissement des deux nouvelles voies et conserver, en même temps, l’emplacement nécessaire aux voies des lignes d’Àuteuil et de deux voies de garage locales, cette tranchée a dû être élargie sur chacun des côtés. Il a donc fallu reconstruire chacun des murs de soutènement actuelle et, par
- Ancien mur do soutènement.
- Fig. 2. — Coupe transversale des deux types de murs de soutènement.
- en arrière de suite, empiéter,
- leur position d’un côté, sur
- la rue de Rome qui longe le chemin de fer et, de l’autre, sur le square des Batignolles. Mais, comme d’un autre côté, il était indispensable de conserver l’alignement actuel de la rue de Rome et du square, on a dû racheter cet empiétement par un encorbellement surplombant les voies sur une
- puis les encorbellements qui, tous deux, présentent un intérêt tout particulier, les premiers parce qu’ils sont construits suivant une disposition complètement différente de celle admise jusqu’ici, les seconds par leur portée exceptionnelle et les dispositions nouvelles admises $ P r_ p0ur leurs constructions.
- Mais auparavant nous devons rappeler que ces travaux ainsi que ceux d’Asnières ont été étudiés par M. Rabut, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, alors attaché à la Compagnie de l’Ouest, avec le concours de M. Barret, ar-de M. Cour tel, les calculs de ont été exécutés de M. Wid-
- ' JX-- - . . - ^,
- / J FJfîoitfrtr, Glî_
- Nouveau mur de soutènement.
- chitecte, pour la décoration et chef de section principal pour résistance et que les travaux sous la haute direction, d’abord mer, ingénieur en chef de la voie de la même Compagnie, puis de M. Rabut devenu ingénieur en chef adjoint des Travaux neufs aux chemins de fer de l’Etat, avec le concours de M. J. Dreyfuss, ingénieur divisionnaire.
- Murs de soutènement. — Comme le montre la figure o le nouveau mur de soutènement se compose, à la partie inférieure, d’un massif de maçonnerie a b cd de faible épaisseur surmonté d’un second
- Fig. 3. — Coupe transver sale du mur de soutènement avec son encorbellement.
- Fig. 4. — Coupe transversale montrant la disposition de la console et de sa culasse.
- Fig. 4.
- longueur de 1,50 m. à 5 mètres du côté du square et sur une longueur de 6 à 7 mètres du côté de la rue de Rome. Ces encorbellements sont en béton armé, et la figure 1 montre l’ensemble des murs de soutènement et des encorbellements longeant le square des Batignolles.
- Nous décrirons d’abord les murs de soutènement,
- massif de plus grande épaisseur cefçj en béton avec parements en maçonnerie, auquel est ancrée la console AB en béton armé qui supporte la chaussée et le trottoir. C’est, comme on le voit, une disposition nouvelle complètement différente, comme nous l’avons dit plus haut, des formes habituellement admises pour les murs de soutènement et qui, pour
- p.356 - vue 360/647
-
-
-
- SUPPRESSION DU GOULOT DE SAINT-LAZARE: - -357
- en montrer les avantages, nécessite quelques explications théoriques.
- Suivant les idées admises jusqu’à ce jour, on donnait à la section d’un mur de soutènement la forme abcdef (tig. 2) où l’épaisseur du mur à la partie inférieure est plus grande que l’épaisseur a b de ce même mur à sa partie supérieure, contrairement à la disposition nouvelle.
- Si la ligne eg représente le plan de glissement des terres, le prisme triangulaire bem ou la ligne em divise en deux parties égales l’angle de g, représentera le prisme de poussée, et c’est le poids de ce prisme qui déterminera la poussée P qui, appliquée
- mur sur les terres qu’il doit soutenir. Ceci peut avoir un avantage lorsque les terres qui soutiennent le mur sont suffisamment résistantes. Mais, avec de mauvais terrains, il pourrait en résulter des inconvénients réels. l)u reste, en faisant l’étude de la section du mur, il est toujours possible de s’arranger de manière à faire passer les poussées P' et P", par rapport aux arêtes o et /' du mur de telle sorte que ce mur appuie ou n’appuie pas sur les terres qu’il doit soutenir. Ceci est une question d’espèce.
- En résumé la nouvelle disposition étudiée par M. Rabut pour la construction des murs de soulè-! nement et qui est un véritable renversement des
- 4ii : / : / il B/ ;; il il il "1
- en A sur la face postérieure du mur, tendra à renverser ce mur.
- Reprenons maintenant la nouvelle forme donnée au mur. Si nous conservons le même plan de glissement des terres jm, la partie supérieure du mur a g ho aura à supporter une poussée P' appliquée en B qui sera due aux poids du prisme de terre ghp. Quant à la portion inférieure oijf de ce même mur, la poussée P", appliquée en C qu’elle aura à supporter, sera due au prisme phijr. Il en résulte que la poussée totale sur le mur aghijf sera due seulement au poids du prisme de terre ghijr, poids de beaucoup inférieur à celui bcdem qui produirait la poussée P avec la première disposition du mur de soutènement. Avec la nouvelle disposition la poussée qui tend à renverser le mur et qui dépend de ce poids sera donc inférieure à celle qui agit sur la première et, comme conséquence, le cube de maçonnerie nécessaire pour résister à cette poussée sera, de ce fait, moins grand. D’où économie dans les frais de construction.
- De plus, on sait que le prix d’extraction des terres devient très élevé lorsque celles-ci, prises au fond d’une tranchée, doivent être élevées à une grande hauteur pour être ensuite transportées à leur lieu de dépôt. Il y a donc intérêt à diminuer, autant que possible, le cube de terre à extraire au fond de la tranchée. Avec la nouvelle disposition ce cube se trouve réduit de la largeur fe à la largeur fj. D’où seconde économie loin d’être négligeable.
- Une autre observation nous paraît intéressante à signaler. Si nous considérons le massif supérieur agho du mur, la poussée P' appliquée en B passera le plus souvent au-dessous du point o de son parement extérieur et agira sur lui avec un bras de levier l qui tendra à faire tourner la partie supérieure du mur autour de son arête 0 dans le sens de la flèche F et, par conséquent, à faire appuyer le
- =.=J=r.
- • •'i-.v;
- "E
- E.
- Ey.j
- FIS:- 5. sole en
- — Coupe longitudinale d'une con-béton armé avec ses armatures.
- idées admises jusqu’ici, offre, comparée à l’ancienne disposition, outre une grande stabilité, l’avantage de ne nécessiter qu’un cube moindre de maçonnerie et, par conséquent, d’être plus économique et, ensuite, de diminuer le cube de terre à extraire pour la fondation du mur et, par suite, les dépenses toujours très élevées résultant de cette extraction. Elle mérite donc d’attirer l’attention des ingénieurs, car die peut trouver son application dans nombre de cas autres que les murs de soutènement.
- C’est en se basant sur ces principes qu’ont été calculés les murs de soutènement longeant le square des Batignolles et la rue de Rome.
- Comme base de calcul on a tout d’abord admis un angle d’éboulement des terres de 45 degrés, un poids de 1600 kg par mètre cube de terre, un poids de 2200 kg par mètre cube de maçonnerie ou de
- p.357 - vue 361/647
-
-
-
- 358--------— SUPPRESSION DU GOULOT DE SAINT-LAZARE
- béton, un poids de surcharge sur les trottoirs de 400 kg par mètre carré et une surchage sur la chaussée de 4400 kg par mètre courant de mur sous l’action d’un compresseur.
- Voici, résumés ci-dessous, les résultats des calculs pour le cas du plus grand encorbellement, c’est-à-dire celui de 7,17 m. qui se trouve le long de la rue de Rome à 61 mètres de la rue Legendre.
- Dans le cas le plus défavorable (fig. 5), c’est-à-dire lorsque l’encorbellement est seul surchargé, la résultante totale des pressions passe, pour l’assise ce qui limite la partie inférieure du mur cefg, à 1,17 m. en arrière du parement extérieur du mur. Les pressions par centimètre carré sont de 5,9 kg sur le parement extérieur du contrefort, de 5 kg sur le parement extérieur du mur et de 0,8 kg sur
- même la chaussée et le trottoir. Ce hourdis de 0,14 d’épaisseur muni d’armatures à la partie inférieure est soutenu, dans le sens longitudinal et parallèlement au mur de soutènement, d’abord par une poutre de rive A en béton armé ajourée (fig. 5) reliant l’extrémité des consoles et par une seconde poutre B également en béton armé placée vers le milieu de la console et prenant appui sur celles-ci.
- Les consoles en béton armé dont le porte-à-faux varie, suivant l’emplacement, entre 1,50 m. et 5 mètres du côté du square et dont la hauteur varie entre 2 mètres et 5,50 m. ont une épaisseur de 0,55 m. Elles sont munies à leurs parties inférieure et supérieure d’armatures en fer rond de section variable suivant les efforts qu’elles ont à supporter, et ces armatures sont elles-mêmes reliées
- Fig. 6. — Square des Batignolles : détail des échafaudages supportant les coffrages des encorbellements.
- le parement intérieur, chiffres inférieurs à celui de 9,2 kg qu’on s’était fixé comme maximum. Le coefficient de stabilité de cette section du mur est de 2,5.
- Pour l’assise mn au niveau du ballast la résultante des pressions passe à 1,14 m. en arrière du parement des contreforts et les pressions par centimètre carré sont de 7,5 kg pour ce parement et de 0,8 kg pour le parement arrière du mur. Le coefficient de stabilité est de 2,17.
- Quant à la pression sur le sol en a b elle est de 5,7 kg par centimètre carré en avant et de 5 kg en arrière du mur. Le coefficient de stabilité est de 2,7.
- Encorbellements. —Les encorbellements (fig. 1, 5 et 5) se composent de consoles en béton armé espacées d’axe en axe de 6 mètres, supportant un hourdis également en béton armé supportant lui-
- par une série d’étriers obliques destinés à résister aux efforts de glissement (fig. 5).
- Chaque console (fig. 4) se prolonge dans le mur de soutènement par une culasse en béton a b cde f de même épaisseur que la console (0 m. 55) prenant appui sur le mur de soutènement en a b sur une surface de 1,00x1,50 sur laquelle se répartit le poids total de l’encorbellement et de la culasse en y ajoutant le poids résultant des surchages dans le cas le plus défavorable.
- Cette culasse est destinée à équilibrer le poids de la console et des surcharges que celle-ci doit supporter dans les conditions les plus défavorables. Mais, comme le poids de cette console est insuffisant pour obtenir un équilibre complet on a dû placer vers l’extrémité arrière de cette culasse une poutre de retenue C disposée longitudinalement au mur de soutènement. A cette poutre en béton
- p.358 - vue 362/647
-
-
-
- SUPPRESSION DU GOULOT DE SAINT-LAZARE ====== 359
- armé (fig. 5) de 0,85 m. de hauteur et de 0,55 de largeur sont fixés des systèmes de tirants E, répartis sur la longueur de cette poutre qui, en pénétrant verticalement dans le mur de soutènement, viennent intéresser celui-ci ainsi que la poutre de retenue et donner ainsi le supplément de résistance nécessaire à l’équilibre complet de la console.
- En plus, l’armature supérieure de la console qui est soumise à un eflort de traction important est prolongée jusqu’en F en arrière de la poutre de retenue et fixée en ce point au moyen de boqlons à
- sert de point d’appui à la culasse et à la console sur le mur de soutènement, est de 8 kg. par centimètre carré.
- Ces encorbellements très intéressants, comme on le voit, non seulement par leur très grand porte-à-faux, mais aussi par leur disposition technique ont été construits dans des coffrages soutenus par des échafaudages comme le montre la figure 6. Au lieu de recouvrir les parements d’un enduit en ciment exécuté après démoulage, comme on le fait ordinairement, travail qui demande des ouvriers habiles et n’est pas toujours réussi, on a obtenu du
- Fig. — Square des Batignolles : disposition des armatures d'une console.
- une poutre nervée en tôle destinée à reporter sur le béton l’effort de traction que ces armatures supérieures sont appelées à supporter.
- Les consoles et les poutres sont en béton dosé à 550 kg. de ciment par mètre cube et le hourdis de béton dosé à 500 kg.
- Tous les calculs ont été faits de telle sorte que les efforts de compression pour le béton dosé à 550 kg. ne dépassent pas 50 kg. par centimètre carré et, pour celui dosé à 500 kg., 45 kg. par centimètre carré. Quant au travail de l’acier il est limité à 12 kg. par millimètre carré.
- La pression maximum sur la surface a b (fig. 4) qui
- premier coup des parements lisses en prenant la précaution : 1° d’employer contre les moules du béton de gravier très fin, avec beaucoup d’eau ; 2° de raboter les planches des coffrages et de les assembler soigneusement à rainures et languettes.
- Trois mois après leur démoulage les premières consoles ont été soumises à une surcharge réglementaire de 400 kg. par mètre carré. La mesure de leurs déformations extrêmement faibles, sous cette surcharge, a permis de constater que les conditions de résistance prévues se réalisent parfaitement et que la solidité de la construction ne laisse rien à désirer. R. Bonnin.
- 3§'5n^^m*,§33
- p.359 - vue 363/647
-
-
-
- 'Sj'S&S&S
- 360
- HISTOIRE DES TECHNIQUES : LE VERRE DANS L’ANTIQUITE
- L’histoire de la diffusion du verre peut être considérée comme un exemple typique de ce qui s’est passé pour un grand nombre d’industries antiques : venue d’Orient, on voit en effet son industrie cheminer pendant des siècles pour se répandre jusque dans le Nord-Ouest de l’Europe, après de longues stations, et tout en gardant longtemps son plus vif éclat dans sa patrie d’origine, l’Égypte, et sa patrie d’adoption, la Phénicie.
- Comme la céramique, la verrerie est extrêmement ancienne. Pline raconte que des marchands phéniciens, ayant relâché à l’embouchure d’un fleuve de leur pays, le Bélus, se servirent, à défaut de pierres pour exhausser leurs marmites, de blocs de nitre pris dans leur cargaison; ces blocs ayant été soumis à l’action du feu avec le sable répandu sur le sol formèrent le premier verre.
- Inutile de discuter cette historiette, car, bien que toute l’Antiquité ait cru à sa vérité historique, il semble aujourd’hui plus probable qu’en réalité le premier verre fut le produit d’un accident dans la cuisson de briques et de poteries, et d’ailleurs c’est chez les Égyptiens que l’on trouve les traces les plus anciennes de la verrerie. Avec leur maîtrise pondérée et patiente, ils produisaient déjà des merveilles dès le xvie siècle av. J.-C., et c’est vers cette époque que les Phéniciens, qui furent à leur tour d’admirables verriers, ont obtenu ou soutiré leur secret.
- Avant l’emploi des fours à verre, qui datent de
- 1 Nos renseignements et nos gravures sont tirés d’un ouvrage tout récent, important et complet, dont nous ne résumons qu’une partie : Anton Kisa, Das Glas im Altertume, 3 vol, in-8°, déjà signalé dans la bibliographie de La Nature (n° 1873). — Voir également : A. Sambon, Les verres antiques {Le Musée, revue d’art mensuelle, vol. III, 1906, p. 477-524, 102fig., 3 pl. col.).
- l’Empire romain, on faisait fondre le mélange dans des trous creusés dans le sol, et on prélevait dé la matière en fusion pour l’exposer à un feu plus violent de branches de papyrus ou de bois de ta-marisques, en l’additionnant enfin de diverses substances pour lui donner de la consistance. On a cru à tort, d’après les peintures célèbres des hypogées de Beni-Hassan (XIIe dynastie), que les Égyptiens ont connu et pratiqué le soufflage du verre au moyen de la canne. En réalité, les scènes représentées se rapportent à l’industrie métallurgique. Les premiers vases furent modelés à la main, puis moulés et coulés à partir d’une époque incertaine. Le verre soufflé paraît être, en Orient même, postérieur à l’ère ptolé-maïque.
- Le verre antique avait une couleur généralement vert bleuâtre ou vert olive due à la présence des oxydes de fer dans la silice. Les Égyptiens pratiquaient la coloration artificielle, qui domine en Orient jusqu’au ue siècle ap. J.-C. Mais on trouve de très bonne heure en Égypte des verres incolores, devenus opaques dans leur état actuel, mais qui étaient à l’origine plus ou moins transparents. Pour obtenir le verre incolore et lucide, il faut du sable très pur presque dépourvu d’oxyde de fer et de manganèse : on le trouvait chez les anciens sur les bords du Nil, du Bélus, sur les côtes de Campanie, etc. Plus tard, on pratiqua aussi la décoloration artificielle du verre naturellement teinté, et, à partir du ier siècle ap. J.-C., le verre d’une pureté de cristal fut préféré généralement chez les anciens aux verres en couleur.
- De là, à ce point de vue, deux périodes dans la verrerie des anciens. Dans la première, on s’attache surtout à donner aux verres la coloration mono-
- Fig. i. —Amphore. École Alexandrine. Fouilles de Pompéi. Musée de Naples.
- p.360 - vue 364/647
-
-
-
- LE VERRE DANS L’ANTIQUITE
- chrome ou polychrome imitée des pierres précieuses ; dans la seconde, on recherche surtout la transparence parfaite.
- Ltçs couleurs qui dominent le style des vases antiques jusqu’à l’invention des procédés décolorants étaient obtenues empiriquement, et non au moyen de procédés chimiques calculés. Les anciens, les Égyptiens surtout, préféraient le bleu, puis le vert émeraude, le brun doré et quelques teintes seulement de jaune et de rouge. Ils ne cherchèrent pas à donner aux vases teintés la transparence et la légèreté, obtenues par l’amincissement des parois.
- Mais si l’on place, comme M. Kisa, l’invention du soufflage du verre à la fin de la République et au début de l’Empire romain, on établit ce fait très important qu’à l’invention du soufflage correspond l’effort en vue d’obtenir des vases absolument purs, incolores, transparents, et comme immatériels ou b ailés.
- Lucien écrit au 11e siècle d’une jeune fille qu’elle a le teint plus diaphane qu’un verre de Sidon.
- Néanmoins le vase teinté se maintint toujours en Orient et en Occident.
- Ce que l’on fabriquait à l’origine en Égypte, c’étaient des amulettes, des imitations de pierres précieuses, des bijoux et des ornements. Les vases à parois opaques, épaisses et teintées apparaissent avec le Nouvel Empire. Sous la XVIIIe et la XIXe dynasties, le verrier égyptien est en pleine activité. A cette époque, on ne travaillait pas seulement le verre à l’état pâteux; on savait le tailler, le polir et le ciseler à l’état rigide. L’industrie s’exerçait sur tout ce qui avait besoin, sous une forme durable, de la gaîté des couleurs; sous l’effort d’artisans consciencieux, le verre revêtait toutes les couleurs des pierres précieuses, et dans les colliers en perles
- 361
- de verre dont les Égyptiens ont littéralement couvert les momies, on trouve l’imitation la plus parfaite des pierres les plus estimées en Orient. Les verres à fond rouge, noir, cobalt ou bleu lapis, et à stries jaunes, vertes ou blanches, se répartissent entre le xvie siècle ay. J.-C. et la fin de la domination saïte. Leur technique, à vrai dire, n’était pas parfaite, mais à partir du ive siècle av. J.-C. les verres égyptiens prennent une forme moins rigide, plus élancée, plus gracieuse, préparant l’éclat splendide et la fantaisie éblouissante de l’école alexandrine et des ateliers de
- Syrie.
- Bien auparavant, c’était d’Égypte en Phénicie, et non inversement, que le verre s’était propagé. Les Sido-niens trouvèrent sur leurs côtes un sable éminemment propre à la vitrification. Les découvertes tendent à diminuer leur rôle dans la civilisation égéenne : néanmoins, c’est à eux que l’on pense pour les anciens échantillons de verre trouvés à Chypre, à Rhodes, en Crête, à Mycènes et en Grèce. De leur côté, les Égyptiens paraissent avoir exporté leurs verroteries à une époque relativement tardive ; par la suite on en trouve partout, et du vme au ve siècle, le verre égypto-phénicien est répandu dans tout le bassin de la Méditerranée. Les Sidoniens excellaient dans la fabrication des vases minuscules, spécialement dans la catégorie des balsamaires, destinés à contenir les drogues, les onguents et les parfums : alabastres, aryballes, aiguières, lécythes, ampho-risques. Aux viiie-vne siècles, ces objets montrent l’influencé égyptienne, au vie*siècle, celle des formes de la céramique grecque; enfin, à cette époque, les établissements phéniciens de l’Occident (Carthage, Emporiae en Espagne) ont des verreries indépendantes.
- Fig. 2. — i, Coupe peinte trouvée à-Nordrup; combat d’animaux. Musée de Copenhague; 2 et 3, Vases à filigrane. Cologne, collection Niessen ; 4, Œnochoé trouvée à Hausweiler. Musée provincial de Bonn.
- p.361 - vue 365/647
-
-
-
- 362 .... — 1 1 " LE VERRE DANS L’ANTIQUITE
- Les peuples orientaux ont également dépendu de la Phénicie pour le verre. La Syrie et la Judée n’ont eu d’industrie propre qu’à l’époque impériale. En Mésopotamie, on ne trouve qu’un objet intéressant à citer : le vase du roi Sargon, au British Muséum (fin du vme siècle) : c’est un flacon bursiforme, très lourd, en pâte couleur vert d’eau semi-transparente. Il a été coulé, et ensuite, une fois refroidi, évidé et arrondi au tour. En somme, si les Orientaux ont connu le verre de bonne heure, ils en ont complètement négligé l’industrie. La Perse s’est toujours approvisionnée en Syrie, et, bien que Pline parle des beaux verres transparents de l’Inde, on ne sait rien d’une industrie du verre dans ce pays.
- Avec les Égyptiens, les Phéniciens, les Grecs, le commerce des perles, des bracelets, des colliers de verre a été très actif jusqu’à la domination romaine dans le bassin de la Méditerranée et même en dehors de ses limites. Par la suite, à côté des vases, on trouve aussi des dés à jouer, des boules, des épingles, des boucles, ainsi que des fibules dont les plus anciennes apparaissent en Italie dès le vne siècle.
- Le verre est mentionné dans les légendes antiques. Dans l’épopée de Gilgamesh, la déesse Istar dit au héros : « Je te donnerai un char de cristal èt d’or, dont le timon est d’or et les ornements sont de verre, pour y atteler tes chevaux vigoureux. » De même, il y a des allusions au verre dans les légendes grecques. Mais les Grecs, ces céramistes, n’ont pas été des verriers. A l’époque d’Aristophane, boire dans du verre, comme les Perses, est une chose étonnante : le verre a encore la valeur des gemmes. Les Grecs importaient de la verroterie égyptienne et phénicienne et ne se sont adonnés à la verrerie que sous la domination romaine, en Égypte et en Asie Mineure.
- En Italie, les Phéniciens firent le commerce du verre sur les côtes, en Sardaigne, en Sicile. L’Étrurie est en relations directes avec l’Égypte. La Campanie reçoit les plus beaux verres égypto-phéniciens. Il y eut, par la suite, des fabriques très importantes de verre à Cumes et à Sorrente sous les Romains, par suite du sable blanc très tendre que l’on recueillait entre Cumes et Literne. Chez les Romains, le premier verre fut apparemment d’importation égyptienne. Les écrivains n’en parlent couramment qu’à la fin de la République. L’école romaine de l’Empire est issue directement de l’école alexandrine.
- Celle-ci avait pris en Orient le premier rang, éclipsant Thèbes, Coptos et Sidon. Les verriers alexandrins l’emportaient dans la profusion des formes, la variété des couleurs chatoyantes : ils étaient extrêmement habiles dans l’art de travailler le verre au tour, à la roue et de le ciseler. Ils eurent pourtant à lutter contre la concurrence de la Syrie et de la Judée, dont la maîtrise s’exerce surtout dans le verre transparent, du ier au vne siècle ap. J.-C. L’avènement de la Syrie coïncide, en effet, d’une façon très nette avec l’application industrielle du soufflage à la production du verre incolore. Mais
- elle eut aussi beaucoup de goût pour les verres moulés, les verres agglutinés, les verres filés, les verres dits « à mille couleurs », les vases en forme de fruits ou de figures d’animaux, et, d’une façon générale, pour les fantaisies les plus inimaginables1.
- Rome, qui, après la conquête de l'Égypte, lui imposa un tribut en verreries, vit alors baisser le prix du verre. Sous Auguste, on découvrit un banc de sable fin à l’embouchure du Yolturne, et la fabrication commença avec l’aide des artistes alexandrins. Le verre soufflé, ou coulé et moulé, de l'Occident est ou blanc ou coloré dans la masse, en bleu, en vert, en violet, en jaune, rarement en rouge. On le décore d’ornements en relief et de figures plastiques. Des fils et des rubans de couleur se déroulent en spirale : c’est le filigrane. La forme des pièces les plus considérables est généralement inspirée des modèles en terre ou en métal. La décoration, parfois très riche, est ou moulée à chaud avec la pâte, ou obtenue à froid par la taille, la gravure en creux et la ciselure en relief. Ce dernier genre culmine avec le vase Bar-berini, dit aussi vase de Portland, découvert au xvie siècle; c’est le type du verre à deux couches, la première, blanche, étant ciselée de façon à laisser apparaître, par endroits, la couche inférieure, bleue ou brune, et à former ainsi des reliefs blancs sur un fond coloré. C’est de la pure technique alexandrine. Les sujets sont empruntés probablement à la légende de Médée et de Jason. Quant aux fameux vases murrhins, originaires d’Orient et qui occupaient à Thèbes plusieurs manufactures, ils sont l’objet d’une polémique qui s’éternise : M. Kisa les range parmi les vases en verre et les rapproche des verres « à mille couleurs » de l’école d’Alexandrie.
- A l’époque de Néron, le verre devient de plus en plus commun. L’industrie franchit en Occident les limites de l’Italie et se répand en Espagne, au delà des Alpes, en Gaule, en Bretagne et sur le Rhin. A^ partir du ne siècle, les écoles provinciales font concurrence à l’école métropolitaine, très florissante cependant sous Hadrien. Ên Gaule, où le verre était connu depuis longtemps par l’importation, on utilisa les bancs de sable de Lyon, de Fontainebleau, de Nemours, de Chantilly, de Namur. L’influence alexandrine et romaine remonta la vallée du Rhône et atteignit le Nord. Jusqu’au me siècle, on rechercha, plutôt que la couleur, la transparence, l’imitation de la céramique et les formes parfaites de la plastique. Ensuite, les couleurs reparaissent, éclatantes, au lieu que la forme devient de plus en plus grossière et brutale.
- L’industrie du verre en Belgique, en Picardie, en Normandie et dans l’Aisne demeura à l’époque franque la plus prospère d’au delà des Alpes : le centre de fabrication se place au Nord et au Nord-Est ; on signale aussi des verreries romaines à Toulouse, à Nîmes, à Arles, à Lyon, à Autun, à Bordeaux, à Rennes, à Rouen; mais les indications des archéo-
- 1 Voir tout spécialement A. Sambon, l. c., p. 491-508.
- p.362 - vue 366/647
-
-
-
- LE VERRE DANS L’ANTIQUITÉ ——.............. 363
- Fig. 3. — Balsamaires. — i, 2, 4, 5, 6, Vases ègyptièns en verre filé de l’époque ptolémaïque et de l’époque impériale romaine ; 3, Vase italien; 7 et 9, Verres italiens à filigrane; 8, Balsa-maire en verre filé (décoration en spirale). — Cologne, collection M. vom Ratli.
- p.363 - vue 367/647
-
-
-
- 364 : ..LE VERRE DANS L’ANTIQUITE
- logues sont parfois sujettes à caution. Les Francs et lesBurgondes aimaient le luxe, et la couleur domina toujours dans leurs verreries d’un vif éclat1.
- Sans parler de la Bretagne, célèbre par les ruines de la verrerie romaine de Wilderspool, près de Warringlon et à proximité de la Mersey, les nécropoles de la Germanie nous ont livré une foule de pièces dont quelques-unes remontent aux premiers temps de l’occupation romaine. La production devint ensuite autonome en Belgique, à Cologne et à Trêves. Elle triomphe avec les vases à boire, les gobelets, les coupes, les brocs, les verres en forme de corne allongée qui abondent dans les musées allemands, les urnes cinéraires. On a trouvé dans les tombeaux de Cologne, d’Andernach, de Bemagen, de Xan-ten, etc., tout un mobilier de verre. D’autre part, les importations en Germanie, comme en Gaule, ont été ininterrompues; elles ont atteint Merseburg, la Poméranie et la Silésie2.
- Enfin, la Scandinavie n’a pas eu d’industrie indigène du verre; mais les importations romaines ont commencé à la fin du 11e siècle en grande abondance et se multiplient à l’époque des migrations et des invasions. Elles parviennent d’abord à Seeland, puis surtout dans la Norvège méridionale, mais aussi à Bornholm, en Suède, dans la Gothie. Du vne au xe siècle ap. J.-C., ce sera la Suède qui recevra à son tour le plus d’objets en verre du Sud. A la fin de l’Empire romain, le verre venait également de l’Orient et de l’Occident : c’est évidemment du côté de l’Est que sont venus les beaux vases en verre, à figures peintes, que l’on a trouvés dans les tombes séelandaises et qui sont à peu près inconnus aux autres pays.
- En général, l’industrie du verre, tout en suivant les progrès de la céramique, a adopté des formes moins rigides par suite de la plus grande malléabilité de la substance. Nos collections d’objets les plus abondantes proviennent des tombeaux. L’urne de verre, après avoir servi à contenir des fruits, du vin et de l’huile, reçut les cendres mêmes des défunts. D’abord ronde ou ovale, elle devint ensuite plus étirée et se munit d’anses. Mais on se servait aussi, comme urnes cinéraires, d’amphores au col allongé, de récipients cylindriques, de vases prismatiques carrés et parfois hexagonaux; on en connaît même en forme de poissons. La majorité des vases divers trouvés dans les nécropoles ont la forme de la bouteille en verre soufflé. Tels étaient les vases
- 1 Voir A. Sambon, l. c , p. 522-524.
- 2 Voir tout spécialement A. Kisa, t. I, p. 213-255. "
- lacrymatoires, et ceux de la grande famille des bal-samaires, munis parfois d’un bouchon ou fermés avec de la résine enchâssant une plaque de bronze, et ornés de petites têtes de dauphins. Dans les bal-samaires égypto-phéniciens, le fond bleu strié de jaune revient le plus fréquemment. Une catégorie très importante de ces objets était fabriquée en verre filé. Le procédé de l’agglutination de filets de verre bariolés au corps même du vase était connu déjà des anciens Égyptiens ; il se développa spécialement dans la fabrication des alabastres de Thèbes et d’Alexandrie, qui devinrent un article très important de l’exportation, et se prêta aux fantaisies les plus variées en filigranes, en mariage des couleurs et en décorations serpentines.
- La malléabilité presque infinie du verre s’est surtout exprimée dans les vases destinés aux usages de, la vie privée. A côté de l’amphore et du cratère, qui suivent le principe rigide de la céramique, les variétés en formes de cylindres, de fuseaux, de bulbes, de poires, de prismes,etc., sont très nombreuses. Ces vases étaient destinés à la conservation des aliments, des fruits et des liquides. Les Romains, passés maîtres dans la fabrication des boissons, donnaient à leurs vases à boire une diversité de formes proportionnée à leurs goûts : à partir du Ier siècle av. J.-C., le verre détrôna sur les grandes tables les vases d’or et d’argent, déjà innombrables dans les types et dans les noms. On usa également de vaisselle de verre, imitée de la vaisselle de bronze : elle ne réussit pas à la détrôner; mais la conformation des plats et des assiettes donna à la fantaisie l'occasion de s’exercer librement. Les artistes syriaques surtout imitent des têtes, des animaux, des fruits, des fleurs, des coquillages, des casques de gladiateurs, des vaisseaux, etc. D’autre part, les musées de Trêves, de Bonn, de Cologne, de Worms et d’Amiens renferment des vases de verre de plus en plus petits encastrés les uns dans les autres, ou bien des bouteilles, des brocs et des cruchons divisés en plusieurs parties.
- Le verre servait d’ailleurs à d’autres usages pratiques. Les lampes de verre, qui sont rares, imitent les petites lampes à huile d’argile et de bronze. Isidore de Séville (vie siècle ap. J.-C.) parle de lanternes de verre analogues aux nôtres, avec monture en bronze. On fabriquait des cuillers en verre opaque, des entonnoirs en forme de cloche ou coniques, des bâtons de verre destinés à divers usages, comme de remuer des liquides ou d’étendre des onguents. Citons encore des échiquiers, des cages, des ex-voto, des masques de différentes sortes à figures en relief,
- p.364 - vue 368/647
-
-
-
- UN NOUVEAU CINÉMATOGRAPHE :-----.=: .— 365
- des cloches à plongeurs, des clepsydres, voire même quelques imitations de monnaies qui se rattachent à la lamille des imitations de gemmes et de camées.
- Bornons-nous à rappeler que les anciens ont connu la loupe, les verres optiques, l’application de la lentille, l’usage d’un globe de verre rempli d’eau pour grossir les lettres. On a trouvé des verres biconvexes dans des tombeaux de Noie (Campanie) et de Mayence. Toutes ces inventions, bien entendu, sont très loin d’être synchroniques. Les origines de l’émail paraissent être lointaines (Égypte, Grèce). Les témoignages des écrivains sur les miroirs sont très confus. Les anciens connaissaient certainement les propriétés du mercure pour recouvrir les métaux et ils s’en servaient pour dorer le bronze; peut-être I’utilisaient-ils pour enduire le verre. Quant à la feuille d’étain, on a soutenu qu’elle n’était pas employée avant le vie siècle ap. J.-C., et les découvertes ne sont pas concluantes.
- Ce n’est guère qu’à la fin de l’Empire que l’on entend parler couramment des vitres de maisons et de basiliques. Mais dès les fouilles d’Herculanum, on a trouvé des vitres encastrées dans le bronze et un peu plus épaisses que les nôtres, et les découvertes se sont multipliées en Italie, sur le Rhin, etc. Aux musées de Naples et de Trêves, on a des vitres
- de 30 cm X 40 cm, 30 cm X 60, 27 cmx33, etc. Le verre à vitre de Pompéi donne à l’analyse : silice : 09,53; chaux : 7,34; soude : 17,21; alumine : 2,55; oxyde de fer : 1,15; manganèse : 0,39. L’épaisseur est de 0,005 à 0,006. D’après les découvertes de Flinders Petrie à Hawara, les Égyptiens auraient déjà soupçonné l’emploi du verre pour protéger les gravures et les portraits.
- Enfin, les anciens ont appliqué les arts du verre à l’architecture. Dès le temps d’Aménophis IV (1400 av. J.-C.), les Égyptiens l’employaient à la décoration des murailles, des colonnes, des plafonds et des planchers de Tell-el-Amarna. Cet exemple fut repris en Orient à l’époque hellénistique et fut suivi à Rome à partir de Sylla. On imagina des planchers, des voûtes, des plafonds, des chambres, des scènes de théâtre en plaques de verre (opus sectile). Au ne siècle ap. J.-C. le verre s’associe à la pierre dans la mosaïque. Un bel exemple de cette association est la scène de l’enlèvement d’Hylas au-dessus d’une porte du palais Albani à Piome : elle est accompagnée d’une scène de sacrifice égyptien fort médiocre, mais toute en verre. Ce n’est pourtant qu’au ive siècle que la mosaïque, qui prend alors son nom générique à’opus musivum, se prête au triomphe du verre.
- G.-A. Hückel.
- UN NOUVEAU CINEMATOGRAPHE
- Les principaux perfectionnements apportés aux appareils cinématographiques ont eu surtout pour but de supprimer le scintillement et de donner de la fixité à l’image projetée sur l’écran. M. de Proszynski travaille la question depuis de nombreuses années et a d’abord cherché à perfectionner les systèmes le plus généralement employés, mais il a été amené, en précisant par le calcul l’analyse de chaque mouvement, à construire un mécanisme tout nouveau qui remplit bien les conditions qu’il s’était imposées. La vitesse de déplacement au moment du remplacement d’une image par la suivante,
- peut aller jusqu’au 1 /'150e de seconde, elle permet de laisser relativement longtemps l’image sur l’écran et supprime le scintillement qui provient des obturations;
- on obtient une très grande stabilité de l’image, bien que la pellicule ne soit que simplement maintenue sans
- pression entre les guides ; le bruit est réduit à un léger ronflement. La pellicule est attaquée avec douceur par les griffes qui n’abîment pas la perforation. L’appareil a été présenté dernièrement à la Société de Physique et à la Société d’En-couragement ; les expériences ont démontré que les prévisions données par le calcul, étaient réalisables dans la pratique.
- La bande est déplacée par intermittence au moyen de griffes (fig. 1) qui décrivent une courbe spéciale (fig. 2) dont une
- partie est sensiblement rectiligne de a en b, l’autre circulaire b, c, cl. Les griffes sont fixées sur l’extré-( mité d’une bielle qui est commandée par la rotation
- i. Principe du cinématographe de Proszynski; 2. Courbe décrite par les griffes qui entraînent la bande.
- p.365 - vue 369/647
-
-
-
- 366 .... L’EAU DES LACS EST-ELLE POTABLE?
- d’une manivelle secondaire A attachée à un bras oscillant autour du point B. La manivelle A tourne avec une vitesse variable, calculée de telle sorte qu’elle est très grande quand les grilles descendent et sensiblement modérée quand elles remontent, c’est-à-dire au moment où elles pénètrent dans les trous de la bande et où elles le quittent.
- Le mécanisme qui donne ces variations consiste en trois mouvements circulaires continus ; celui de l’axe de la manivelle secondaire A (fig. 1 ), celui de l’axe moteur au du volant Y et celui d’une bague D qui porte le goujon E. Ce dernier sert d’intermédiaire entre les deux autres; il traverse un bras F attaché au volant et agit sur une fourchette élastique g qui est fixée à l’extrémité de A. Le mouvement qui résulte de ces combinaisons est en réalité assez complexe, mais il est à remarquer qu’il est obtenu par des organes très simples, toujours en prise les uns avec les autres et animés de mouvements circu-
- laires continus. C’est ce qui explique la marche à peu près silencieuse de l’appareil, le peu d’usure des trous des bandes, même après un assez long usage, et par suite la stabilité de l’image.
- Outre l’appareil destiné aux travaux ordinaires, aussi bien pour projeter les vues que pour prendre les négatifs, M. de Proszinski a construit aussi, sur le même principe, un appareil destiné au touriste qui doit prendre des scènes de rue ou de campagne en tenant l’appareil à la main. Un moteur spécial, mû par l’air comprimé, permet de faire dérouler jusqu’à 150 mètres de bande, et d’obtenir dans ces conditions des vues dont les images sont aussi stables que si l’appareil avait été placé sur un pied. Ces appareils dénotent une très grande science et une ingéniosité remarquable, les modèles que nous avons vus fonctionner, répondent bien aux prévisions de l’inventeur et il est à désirer qu’ils soient bientôt construits industriellement. G. M.
- L’EAU DES LACS EST-ELLE POTABLE?
- Cette question, si importante pour la santé publique et l’économie municipale, demeure àprement controversée parmi les hygiénistes. Tandis que, selon le professeur Forel, il existe, à une certaine distance de la surface et du fond des lacs, une zone débarrassée de souillures et de microbes par une véritable auto-épuration, M. Kemna, au contraire, croit que les eaux des lacs de Genève, Zurich, Michigan (Chicago), etc., peuvent être dangereuses à consommer1. Dès 1892, E. Reclus (Géographie Univers., t. XVI, p. 417), énonçait, à propos des eaux du Michigan à Chicago, que :
- « Deux tunnels de plus de 3 km s’avancent sous le lit du lac pour recevoir à la prise les 6 750 000 hectolitres d’eau que la ville emploie chaque jour pour son entretien et l’alimentation de ses habitants, de 6 à 700 litres par jour et par individu. Captée à une telle distance, l’eau d’alimentation paraissait devoir se maintenir toujours parfaitement pure ; cependant les égouts de Chicago ont fini par contaminer de proche en proche toute la masse liquide, et en 1891 la fièvre typhoïde fit de grands ravages. 11 a fallu d’urgence modifier le système des égouts; au lieu de rejeter les eaux sales dans le Michigan, on les soulève au moyen de pompes, pour les verser dans un canal de descente vers la rivière des Plaines, tributaire du Mississipi ; l’humble affluent du grand fleuve, devenu l’égout collecteur, rend aux terres riveraines, en alluvions fertilisantes, ce que la cité avait reçu des campagnes sous forme de grains, de légumes et de viandes. Des fours calcinent aussi une partie des ordures et les transforment en cendres d’engrais, a Actuellement Chicago construit un nouveau tunnel de prise d’eau du lac de 5700 m., qui portera à six le nombre de ces prises.
- Depuis longtemps Genève boit l’eau du Léman et prétend s’en bien trouver; Lausanne a préféré capter des sources, à 70 km de distance, très coûteusement; Zurich ne consomme l’eau de son lac qu’après filtrage au sable; Glasgow, pour utiliser le lac Katrine, a interdit la construction de toute maison sur ses bords; en France le doute est pendant pour Annecy où des essais sont à l’étude. *
- Le gros intérêt du problème c’est que, si on le résol-
- 1 Biologie des eaux potables, technique sanitaire, de mai 1906.
- vait favorablement, on pourrait multiplier les lacs artificiels, en barrant des vallées étroites et en créant de grands réservoirs à l’amont. Les conditions de cette pratique réalisent celles des lacs naturels. 11 serait bon, pour l’étendre, d’être bien fixé sur sa sécurité. En 1904, selon M. Imbeaux, 8 villes de France et 189 des États-Unis s’alimentent à des lacs ou étangs; 15 villes de France et 54 des Etats-Unis à des barrages-réservoirs.
- Au Congrès d’hygiène de Genève en 1908, la discussion s’est ouverte et en voici le résumé1 :
- M. Forel a fait d’abord une longue communication rappelant les points et faits suivants :
- Dès 1713 la pompe de l’ingénieur Abeille puisait l’eau du port de Genève. Depuis 20 ans seulement on a précisé les conditions de profondeur et de lieu où doit être placée la bouche d’aspiration allant chercher les bonnes eaux dans le lac ; l’étude physique des lacs était nécessaire pour amener cette détermination.
- Pour la température, les eaux de surface du Léman varient de 0° à 25°, de l’hiver à l’été ; dans les couches profondes elle est presque invariable autour de 4° ; dans les couches moyennes, à 50 m., elle ne dépasse pas 12°; à 40 m. elle s’arrête à 8°.
- Les matières organiques, en excès dans certains affluents, sont réduites par la vie végétale des favas (phanérogames fixés), du plankton et des algues fixées de la région littorale. La teneur moyenne en substances organiques des eaux des grands lacs est de 10 à 15 milligrammes par litre; cette teneur très faible et. à peu près constante rend l’eau imputrescible.
- Les microbes, dans les couches moyennes, sont au nombre très faible de 10, 20, 40 par centimètre cube d’eau.
- Les microbes pathogènes, déversés dans le lac et dispersés dans une énorme masse d’eau, ne se multiplient pas dans les eaux pures du lac, trop froides et trop peu chargées de matières nutritives. Us ne tardent donc pas à disparaître.
- En tout cas, ils sont cantonnés par la décantation dans deux couches du lac : les eaux de surface (épaisses de 10 à 20 m.) venant des affluents, plus chaudes et plus légères; la couche profonde, quand l’eau des
- 1 D’après la Technique sanitaire, octobre et novembre 1908.
- p.366 - vue 370/647
-
-
-
- CHRONIQUE
- 367
- affluents, froide ou alourdie par l’alluvion, descend jusqu'au fond; les couches moyennes, eaux lacustres par excellence, sont parfaitement propres, parfaitement pures. C’est là qu’on doit placer la bouche du tuyau d’aspiration des eaux d’alimentation.
- Dans les couches moyennes on aurait donc des eaux lacustres pures de toute contamination de microbes pathogènes. Cette pureté est-elle absolue ? « Nous n’osons l’affirmer », dit M. Forel, « mais elle est certainement bien supérieure à celle de l’air atmosphérique et à celle dé bon nombre de sources d’eau de boisson. »
- Quant aux sels dissous, l’eau des lacs est en général douce. Le résidu sec des grands lacs suisses varie de 80 à 200 milligrammes par litre; celui des lacs alpestres de 0 à 306 milligrammes par litre.
- « En résumé, termine M. Forel, les eaux du lac sont des eaux d’alimentation excellentes au point de vue thermique, de la charge en sels minéraux, en matière organique dissoute, en gaz, en microbes. La décantation est un procédé supérieur de purification. La quantité d’eau est assurée.
- « Quant au lieu d’élection de la bouche d’aspiration dans le lac, je l’établis :
- « lu À plus de 20 m. de profondeur pour éviter les eaux de surface polluées par les eaux chaudes des affluents et des égouts;
- « 2° Entre 30 et 40 m. de profondeur pour garantir une température presque invariable et relativement fraîche. »
- A ces vues M. Chardon a ajouté qu’une Société, en France, s’est longtemps occupée très activement, de l’adduction des eaux du lac Léman à Paris.
- Le projet avait pour auteur M. Duvillard, ancien ingénieur du Creusot. Il a été combattu par les divers ingénieurs de la Direction des Eaux de la Ville de Paris.
- Au point de vue de la nature et de la qualité des eaux des lacs, on était documenté, pour le Léman, par le travail de M. Massol, directeur du laboratoire de bactériologie de la Salubrité de Genève, dont les expériences
- poursuivies pendant deux années sur l’eau de ce lac aboutissent à la conclusion que « Genève est une ville privilégiée, car l’eau du lac qui sert à son alimentation est non seulement une des plus belles, mais aussi une des plus pures qui existent ».
- M. Imbeaux a fait remarquer qu’on a prétendu que le bacille typhique ne vivrait que quinze jours dans les eaux froides et que l’eau des lacs ne lui serait donc pas favorable.
- Mais, selon M. Galli-Valerio, sa résistance durerait plus longtemps. Ainsi l’opinion de M. Forel, gavant si autorisé pour tout ce qui concerne l’étude des lacs, s’affirme de plus en plus favorable à l’emploi de leur eau : mais il faut déclarer que, pour les études que suscitent en France les projets d’alimentation de ce genre, les divergences d’opinions restent très accentuées. On objecte notamment que bien des agglomérations riveraines envoient leurs égouts dans les lacs, que les bateaux à vapeur touristiques y vident directement leurs latrines et que la purification biologique de la zone moyenne n’est nullement poussée encore : aussi bien M. Forel lui-mêine n’ose-t-il pas affirmer la pureté absolue de cette zone moyenne! Notre collaborateur M. Bonjean exprime à ce sujet les réserves les plus formelles.
- Pour les barrages-réservoirs, dont celui du Furens, à Saint-Etienne, est un des plus connus, on redoute toujours la contamination par les déversements et les ruissellements des rives ainsi que l’encrassement et les fermentations du fond. On dit qu’aux États-Unis il y eut de gros déboires sous ce rapport.
- Bref, on ne sait pas encore au juste à quoi s’en tenir. Et cependant la possibilité d’utiliser les lacs ou d’en créer d’artificiels simplifierait tellement les problèmes, de plus en plus difficiles, de l’eau potable, qu’il est de toute nécessité d’être fixé. Des recherches et expériences sérieuses et suivies s’imposent sur ce grave objet, et nous serons heureux de faire connaître ici celles qui aboutiraient à des données pratiques et sûres !
- E.-A. Martel.
- CHRONIQUE
- Instituts aérodynamiques. — Nous avons déjà à plusieurs reprises signalé l’urgente nécessité de créer en France un laboratoire de recherches aériennes, centre d’études groupant, dans un effort commun, industriels, ingénieurs et savants. Notre pays est tout indiqué pour devenir le terrain d’élection de ce genre de travaux, d’où sortira un jour une industrie puissante, et qui lui vaudront d’inappréciables avantages matériels et moraux.
- Nous sommes malheureusement devancés dans cette voie par plusieurs pays : en Italie, la Brigade spécialiste (aérostiers militaires) possède un remarquable laboratoire, richement et ingénieusement outillé. En Autriche, existent deux intéressants laboratoires privés, ceux de Zahm et de von Sœssl. La Russie possède depuis 1904, grâce à la générosité de M. Riabouchinski, l’institut de Koutchino, doté d’un matériel spécial expérimental et se consacrant spécialement à l’étude de la résistance de l’air et à l’exploration de l’atmosphère.
- Quel généreux et intelligent donateur nous assurera, à défaut de l’État toujours en retard, le bénéfice d’une organisation analogue?
- Massacre d’éléphants. — Dans le Congo comme en Afrique australe, les éléphants sont menacés d’extinction totale, ainsi que le montre une dépêche de Mom-basa adressée à l’Agence Reuter.
- Mettant à profit l’absence de toute autorité dans l’enclave de Lado, que. les troupes du Congo belge ont partiellement évacuée, deç bandes de chasseurs s’y sont établies, massacrant les grands fauves sans plus s’occuper des règlements internationaux qui protègent certaines espèces. On cité le cas d’un énorme troupeau de 8000 éléphants que ces bandes ont rabattu dans un cirque naturel, avant de procéder au massacre des mâles.
- On parle de deux chasseurs qui sont rentrés à Entebbé après quatre mois de chasse dans l’enclave, rapportant une quantité de défenses qui se sont vendues sur place 125000 francs.
- N’est-il.pas urgent que les puissances coloniales prennent des mesures énergiques pour protéger la gi’ande faune africaine et la soustraire à ces massacres systématiques ?
- p.367 - vue 371/647
-
-
-
- 368
- UN ESSAI D ’« AUTOMOBILISATION »
- Une expérience du plus haut intérêt vient de s’effectuer en Angleterre : à son occasion le Daily Express a forgé le terme expressif que nous lui empruntons pour notre titre.
- Les automobilistes anglais, après entente avec le Ministère de la Guerre, proposèrent le thème d’expérience que voici. Une armée ennemie, trompant la vigilance des croiseurs, avait débarqué de nuit à Hastings et coupé aussitôt la voie ferrée. Il s’agissait de transporter vers ce point, dans le plus bref délai, un détachement d’un millier d’hommes, pour retarder les progrès de l’ennemi.
- devant leur caserne, et, sur un signal des officiers, s’installaient lestement dans les véhicules, qui filaient aussitôt vers le Crystal Palace, lieu de rendez-vous général. Le ministre de le Guerre, M. llal-dane, passait rapidement en revue le détachement, et la caravane s’ébranlait, allongeant sur la route une file de près de 12 kilomètres.
- A l’heure prévue, et malgré la foule considérable qui faisait la haie le long des chemins, les 515 automobiles (une de moins qu’au départ) débarquaient à Hastings leur millier d’hommes. Un seul accident avait marqué cette intéressante expérience : une
- Douze kilomètres d'automobiles militaires sur la route de Londres à Hastings.
- L’Automobile Association mettait gratuitement à la disposition du Ministère de 400 à 500 véhicules, et autant de chauffeurs. Il fut convenu que cet effectif serait prêt à se mettre en route dans le délai d’une heure après la convocation téléphonique. En même temps, le mot d’ordre serait donné à plusieurs compagnies d’infanterie, qui se tiendraient prêtes à s’embarquer dans les automobiles avec leurs munitions de réserve, provisions, mitrailleuses, etc.
- A la pointe du jour le matin du 17 mars, les 516 automobiles désignées venaient répondre à l’appel sur le Piccadilly-Circus, en face des locaux de l’Automobile Association, recevaient leurs dernières instructions, et se dirigeaient sur les trois casernes qui leur avaient été désignées respectivement. A leur approche, les soldats accouraient se ranger
- automobile, arrêtée par l’explosion de son réservoir, avait pris feu. Ses occupants avaient été répartis dans d’autres véhicules. On eut à regretter, en outre, la lenteur de cinq des camions automobiles qui transportaient les mitrailleuses et une partie des munitions, et qui atteignirent Hastings avec un retard appréciable. Les véhicules avaient fourni une moyenne de 60 kilomètres à l’heure.
- L’Automobile Association, justement fière des résultats obtenus, se propose d’organiser ses membres militairement, pour qu’ils puissent amener leurs voitures à un rendez-vous dans l’heure qui suivra la réception de l’ordre télégraphique. Jacques d’Izier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- p.368 - vue 372/647
-
-
-
- 15 MAI 1909.
- LA NATURE. - N" 1877.
- LA DÉSINFECTION DES LIVRES
- La presse quotidienne a mentionné récemment le succès des expériences de désinfection des livres tentées par M. Marsoulan, conseiller municipal du 12e arrondissement, avec des appareils de son invention. Nos photographies mettent ces appareils sous
- Fig. i. — Premier temps de la désinfection des livres : on les dispose sur la « batteuse », où ils seront soumis à l’action d’un ventilateur.
- les yeux de nos lecteurs et permettent de comprendre les phases de l’opération.
- Rappelons d’abord d’un mot toute l’importance de la question.
- Gomme l’a déjà très bien exposé ici notre collaborateur M. le Dr À. Cartaz (n° 1785, 10 août 1907 et n° 1851, 27 juin 1908), la contagion par les livres est une chose) démontrée : un livre qui traîne sur un lit de malade, un ouvrage maculé par la salive d’un tuberculeux, deviennent fatalement des véhicules de germes redoutables. Et la grande circulation des volumes, qui va sans cesse croissant, grâce aux prêts, aux librairies circulantes et aux bibliothèques collectives, pose le problème de leur désinfection comme urgent. Longtemps regardé comme insoluble, il était entré depuis quelque temps déjà dans la voie de la solution, notamment par les beaux travaux de MM. Championnière et Berlioz. C’est dans la même direction que ces chercheurs que s’est porté M. Marsoulan, s’attachant principalement à résoudre les difficultés pratiques de l’opération, c’est-à-dire surtout à réaliser à bas prix la désinfec-
- tion. On peut dire qu’il y a réussi parfaitement et il faut espérer que ses procédés seront bientôt appliqués aux volumes des bibliothèques et des écoles.
- L’opération se décompose en deux temps et nécessite l’emploi de deux appareils :
- Le premier (fîg. 1) s’appelle la batteuse : il se compose d’un châssis sur lequel sont fixés les volumes, et d’un puissant ventilateur dont le courant d’air force toutes les pages du livre à s’ouvrir successivement, en même temps qu’une pompe aspire les poussières contenues entre les feuillets et va les précipiter dans une eau remplie d’acide carbonique. C’est en somme un nettoyage par le vide, suivi d’une aseptisation des produits de l’opération.
- Le second appareil a été baptisé d'alvéole. C’est une cage métallique à plusieurs étages, formée de cadres, où les volumes sont suspendus par des pinces,
- Fig. 2. —Deuxième temps de la désinfection : les livres disposés sur l’ « alvéole », prêt à être poussé dans l’étuve.
- les plats repliés en arrière, de manière à ouvrir largement les feuillets. L’alvéole ainsi chargé, l’appareil, qui est monté sur rails, est poussé dans une étuve, chauffée à 75° où il demeure un temps suffisant. Le livre en sort propre, aseptique et prêt à être sans danger remis entre les mains d’un nouveau dépositaire.
- L’opération ne porte aucun dommage au papier, elle est très économique et d’une efficacité, sinon
- 24. — 369
- 37e année. — 1er semestre.
- p.369 - vue 373/647
-
-
-
- 370
- LES POISSONS ET LES PLANTES
- absolue, du moins pratiquement très suffisante.
- Il suffit, en effet, d’un simple coup d’œil jeté sur les deux figures ci-jointes pour comprendre combien le système de désinfection préconisé et inventé par M. Marsoulan doit être bon marché :
- Deux appareils très simples, d’une manœuvre élémentaire et nécessitant un personnel très restreint, suffisent à désinfecter en un temps assez court un nombre de volumes relativement fort élevé.
- On remarquera d’ailleurs, en se reportant à l’ar-
- ticle de M. Cartaz sur le procédé de MM. Champion-nière et Berlioz, que la méthode de M. Marsoulan est au fond une simple extension de celle de ces deux savants. Seulement ceux-ci n’avaient résolu le problème que pour un petit nombre d’ouvrages, se plaçant dans les conditions qui résultent de la maladie d’un seul individu. M. Marsoulan s’est, au contraire, préoccupé du côté collectii de la question, et l’on peut affirmer qu’il l’a fort bien résolue. J.-J. Gaitusr.
- LES POISSONS ET LES PLANTES
- I. — Lacs et rivières.
- La série d’esquisses biologiques que nous avons publiée jusqu’ici, dans cette Revue, nous a montré les rapports des plantes avec les oiseaux et avec les insectes1. Nous voudrions aborder, maintenant, l’étude des rapports des plantes avec les poissons. Ce sujet, beaucoup plus important, même au point de vue pratique, qu’il n’apparait de prime abord, fera l’objet de deux articles; il n’a donné lieu, jusqu’ici, qu’à un assez petit nombre de travaux.
- Mes fréquents rapports avec les pêcheurs du lac de Grand-Lieu, près de Nantes, pour la préparation d’un récent ouvrage2, m’ont permis de recueillir un certain nombre de faits qui ne font, il est vrai, que confirmer des connaissances déjà acquises. Quoique ces observations émanent de simples pêcheurs, il me paraît intéressant de les citer, parce qu’elles ont été faites par des hommes qui passent leur vie entière au contact des poissons et des plantes aquatiques et qui ont intérêt à bien connaître le sujet dont nous nous occupons.
- Les avantages que retirent les poissons de la présence, dans les eaux, des plantes aquatiques ont été depuis quelque temps mis, de plus en plus, en lumière; il n’est guère de pisciculteur qui ne les connaisse aujourd’hui, ils se résument ainsi. Les plantes contribuent, plus ou moins, à l’alimentation des poissons. Elles leur fournissent des abris chauds, des asiles, des retraites pour frayer, des supports pour leurs œufs.
- La première question est de savoir dans quelle mesure les poissons utilisent les plantes pour leur nourriture. Y a-t-il réellement des espèces exclusivement herbivores? On l’a cru longtemps. La Carpe, notamment, passait pour se nourrir presque uniquement de végétaux, mais les recherches du pisciculteur autrichien Joseph Susta5 ont établi, au contraire, que ce poisson vit surtout de matières animales : insectes, vers, petits mollusques, etc.
- 1 Yoy. n°a 4776, 1793, 1803, 1814, 1847.
- * E. Gadeceau. Le Lac de Grand-Lieu, monographie géo-graphico-botanique. En souscription à Nantes, chez A. Dugas cl C10, éditeurs, ou chez l’auteur, villa Champ-Quartier, Nantes ; l’exemplaire de 200 pages environ et 46 planches, 5 francs.
- 3 J. Susta. Die Ernârhung des Karpfen und seiner Teichgenossen. Stcltin, 1888.
- À l’état de nature, au lac de Grand-Lieu, pat-exemple, les poissons qui se nourrissent plus ou moins d’herbes, d’après les pêcheurs, sont surtout la Tanche (Tinca vutyaris), le Gardon blanc (Leu-ciscus rutilas), le Gardon Rouge ou Rolengle (Scar-dinus erythrophtahnus) ,1a Brême (Abramis Brama) et la Carpe (Cyprinus Carpio). Mais ces poissons mangent aussi les insectes qui courent ou volent à la surface de l’eau et on les voit souvent, en été, s’élancer hors de l’eau pour les happer; ils ne mordent pas aux lignes de fond, appâtées avec de petits poissons, comme le font la Perche (Perça fluviatilis) et le Brochet (Esox) (lucius), mais ils se prennent très bien avec des hameçons garnis de vers ou d’insectes.
- Ces espèces herbivores broutent certainement les herbes de fond; elles recherchent particulièrement, au lac de Grand-Lieu, les Sarts1 (Characées) très abondantes (17 espèces) ainsi que les jeunes pousses tendres des Plarts2 (Myriophyllum). Quand les pêcheurs voient flotter, à la surface des eaux, des herbes, coupées par les poissons, ils considèrent ces épaves comme indiquant la présence de Brèmes ou de Gardons. Les parties les plus profondes du lac de Grand-Lieu ne sont pas recouvertes, en été, de plus de 2 m. d’eau; elles sont tapissées d’épais massifs de Sarts (Charra, Nitella) dans lesquels les poissons font des trous. On y trouve aussi les Naias major et minor (herbe qui pique des pêcheurs) et une très curieuse cryptogame vasculaire, Ylsoetes echinospora, dont les organes reproducteurs sont logés à la base des feuilles. D’après les observations de MM. Marcailhou d’Aymeric3, les Isoetes habiteraient toujours, de préférence, les lacs poisson-
- 1 Du picard : sari, champ; synonyme d’après Littré de goémon, varech, formant des champs soumis à des coupes réglées par des ordonnances de la Marine d’après les exigences constatées ou admises des poissons à certaines époques de l’année.
- 2 Très probablement, ainsi que le suggère le professeur
- Ernault, de Poitiers, corruption de peler, pclare, ôter le poil, vieux français « peler un cochon » ; les longues tiges flottantes perdent leurs feuilles à divisions capillaires à l’arrière-saison et semblent ainsi avoir été épilées. ‘
- 3 Marcailhou d’Aymeric, Le Subularia aquatica, etc. Extr. Bull. Soc. française de Botanique, septembre 48941
- p.370 - vue 374/647
-
-
-
- LES POISSONS ET LES PLANTES
- 37 L
- neux; ils en infèrent que la substance amylacée, contenue dans les macrospores de ces plantes, joue probablement un rôle direct ou indirect dans l’alimentation des poissons; Ylsoeles n’est pas connu des pécheurs de Grand-Lieu et cela n’a rien de surprenant, puisque les botanistes eux-mêmes ont tant de peine à le distinguer des autres herbes aquatiques au milieu desquelles il vit et spécialement des jeunes Alisma racununloides.
- La couleur des herbes qu’ils ont mangées est très visible autour de la bouche des poissons ; l’intestin et les fèces sont souvent colorés de la môme manière. Le poisson contracte parfois un goût de « sart » (on sait combien l’odeur des Characées est détestable),
- Plankton marin. Notre prochaine étude sera consacrée au Plankton.
- Une autre question, d’une portée toute philosophique, vient s’ajouter à celle que nous venons de traiter et rentre, mieux encore, dans nos études de symbiose. Nous voulons parler du rôle des poissons dans la dispersion des plantes.
- Dans son ouvrage fondamental, Darwin émit, le premier peut-être, l’idée que les poissons pouvaient, de concert avec les oiseaux, contribuer à la dissémination des graines des plantes - aquatiques. En 1887, A. Piccone1 publia un mémoire dans lequel il exposait le résultat de ses expériences sur la propagation des algues par les poissons; il conclut de
- Fig. i. — La pêche du Parellier à Sucé près Nantes.
- mais placé dans des viviers, dits « hottereaux » à Grand-Lieu, en eau claire, il perd bientôt ce mauvais goût. L’aliment qui joue le rôle le plus important dans la nourriture des poissons est le Plankton1 ; on comprend sous ce nom l’ensemble des organismes flottants la plupart microscopiques, en suspension au sein de la masse liquide, abandonnés aux caprices des Ilots, des vagues et des courants, par opposition au Bcnthos-, composé, au contraire, d’êtres vivant au fond dès eaux, libres de toute adhésion ou attachés au sol, aux rochers, aux pierres. On distingue le Plankton lacustre, d’eau douce, et le Plankton marin. Les adaptations sont les mêmes pour l’un et pour l’autre; toutefois elles sont moins prononcées dans le Plankton lacustre que dans le
- 1 Du grec : rcXavo; = vagabond,
- 8 Du grec : |3u0o; = fond.
- . ses observations, poursuivies sur 25 espèces de poissons méditerranéens, que le Box Salpah., Cuv. (Sparidée) était exclusivement herbivore, que quelques autres poissons se nourrissent à la fois d’algues, de zosteracées et de substances animales. De nombreux fragments fructifères en bon état de conservation d’un assez grand nombre d’espèces d’algues, ont été trouvés, par Piccone, dans le gros intestin, et parfois dans le rectum des poissons plus ou moins herbivores, d’où ils doivent être promptement expulsés. . .
- D’après ce naturaliste, les poissons phycophages contribuent à la puissance de dissémination des Algues au sein des mers. En est-il ainsi pour les
- 1 A. Piccokk. Ultcriori osservazioni intorno agit animait ficofaqi, etc. (Este, dal Nuovo Giornale bot. ital. vol. XIX. n° 1 (1887).
- p.371 - vue 375/647
-
-
-
- 37 2
- LES POISSONS ET LES PLANTES
- Phanérogames : les graines de celles-ci peuvent- J non exposée au reilux de la mer. Comment cette
- elles traverser le tube digestif des poissons sans ' plante peut-elle remonter le courant, envahissant
- que leur faculté germinative soit détruite? I bientôt toutes les stations qui lui sont favorables,
- C’est à M. Hochreutiner, de Genève, que nous ainsi qu’il a été souvent constaté?
- devons le mémoire le plus instructif sur ce sujet1. | Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des
- expériences poursuivies par M. Hochreutiner, il nous suffira de dire que des graines de végétaux aquatiques ont été ingérées dans l’estomac de certains poissons, entre autres de Gardons, que ces graines évacuées, au bout de quelques jours, dans les excréments ont été semées et que la plupart ont germé. Pour bien comprendre la résistance des graines à l’action de la digestion, chez les poissons, il importe de connaître la disposition elle fond ion-
- Fig. 2. — i, Carpe frayant dans la Fêtuque flottante (Glyceria fluitans); 2, Brochet frayant dans la Renoncule aquatique (Ranunculus aquatilis).
- Il s’est demandé comment il se fait qu’une plante, apparue à la partie inférieure d’un fleuve, ne tarde pas à se propager même en amont, dans la partie
- 1 G. Hochreutiner. Dissémination des graines par les Pois-sons. Bull. herb. Boissier, t. VII, n° 6 (1899). —Voy. aussi
- nement de leur appareil digestif. Il présente, suivant les espèces, des différences de forme et d’ampleur, qui ont évidemment une certaine relation
- du même auteur ; Notice sur lu répartition des phanérogames dans le Rhône, etc. Bull, herb. Boissier, t. V, n° 1 (1897).
- p.372 - vue 376/647
-
-
-
- LES POISSONS ET LES PLANTES
- 373
- avec le régime alimentaire de l’animal. L'intestin, toujours un peu plus long que le corps, chez les especes franchement carnassières, atteint jusqu’à deux fois cette longueur chez les espèces plus ou moins herbivores; il est alors, nécessairement, très replié sur lui-même.
- Gomme chez les animaux supérieurs, le tube digestif est accompagné, chez les poissons, de glandes particulières, le foie, le pancréas et les appendices pyloriques, qui sécrètent un liquide spécial, aeti-
- ches récentes d’un certain nombre de physiologistes, le protoplasma vivant ne serait pas attaqué par les
- ferments digestifs tandis qu’il le serait par le suc gastrique acide sécrété par l’estomac1.
- Des expériences de M. Ilochreutiner et des considérations qui précèdent, nous pouvons conclure que les poissons doivent concourir à la dissémination des végétaux aquatiques.
- En dehors de leur contribution
- digestion. Ces appendices sont en nombre considérable chez certains poissons : les Truites, les Saumons, en particulier; .chez d’autres espèces, il n’en existe que deux ou trois, parfois même un seul.
- La bouche est presque toujours garnie de dents très nombreuses, mais qui jouent seulement le rôle d’organes de préhension. Toutefois chez les Cypridinées il existe, dans l’arrière-bouche, sur les os pharyngiens inférieurs, de grosses et fortes dents qui broient les aliments dans l’arrière-bouche. Il n’y a pas chez les poissons de glandes salivaires.
- D’autre part, le rôle de l’estomac, dans les phénomènes de la digestion, est très réduit, chez les animaux à sang froid, comme les poissons ; la vraie digestion a lieu dans l’intestin ; le suc gastrique et l’estomac lui-même font souvent entièrement défaut ; ce sont surtout les ferments qui jouent ici un rôle actif dans la digestion. Or, d’après les recher-
- Fig. 3. — i, Tanche frayant au fond de l’eau, sur le tapis de Sarts (Chara) ; 2, Gardon frayant à la surface de l’eau, dans les Plarts flottants (Myriophyllum) ; 3, Brèmes frayant dans les touffes flottantes de l’Herbe aux brèmes (Potamogeton perfoliatus).
- plus ou moins active à la nourriture des poissons, 1 Hochbedtiker. Loc. cil., p. 465.
- p.373 - vue 377/647
-
-
-
- 374 ...... ...- LES POISSONS ET LES PLANTES
- les plantes aquatiques leur procurent des abris chauds, des retraites pour frayer et des supports pour déposer leurs œufs.
- 'La rivière d’Erdre, affluent de la Loire, dans laquelle elle se jette, à Nantes même, et qui est certainement l’une des plus pittoresques de la France, est couverte de nombreux végétaux aquatiques (Hydrophytes), en particulier de Nénuphars (Nympluea alba, Nupliar luleum) et de Mâcres (Trapa natans), cette dernière plante, à fruits comestibles, dits parfois Châtaignes d’eau. Ces massifs sont peuplés de nombreux poissons.
- Tout auprès du bourg de Sucé, habité par de nombreux pêcheurs, à 17 kilomètres de Nantes, se trouve une petite baie complètement envahie par les Nénuphars. C’est le Parellier (lieu où croît la Parelle1). La pêche du Parellier est mise chaque année en adjudication par la commune de Sucé; elle a lieu vers fin octobre; les journaux de Nantes l’annoncent et le service des petits bateaux à vapeur organise, à cette occasion, des « trains de plaisir ».
- Par une belle journée d’automne, çette excursion est une des plus agréables qu’on puisse faire, aux environs de Nantes, et le spectacle,.lui-même, est fort curieux. .
- La veille du jour où doit se faire la pêche du Parellier, on cerne le massif de Nénuphars, au moyen de deux seines concentriques, puis on tranche les herbes, à la faux, au ras du fond de la rivière. Le lendemain, on tire à terre, successivement d’abord la seine intérieure, puis l’extérieure; le poisson se trouve presque tout réfugié dans la poche du fond de la seine, d’où les pêcheurs le retirent successivement. Quand on met la main sur une pièce hors ligne, le pêcheur l’élève à bout de bras, la présentant ainsi aux acclamations des spectateurs.
- À l’époque de la ponte les poissons recherchent de préférence, suivant les espèces, certaines plantes pour y frayer et pour y déposer leurs œufs. Sous ce rapport les poissons se divisent en Poissons à œufs libres et en Poissons à œufs adhérents. Les premiers pondent des œufs non collants, isolés les uns des autres; ils les déposent au fond de l’eau, tantôt sans aucune précaution, tantôt en les recouvrant de sable et de gravier. Tels : les Truites, les Saumons, etc. L’autre catégorie comprend, au contraire, les poissons dont les œufs se collent aux corps étrangers, le plus souvent aux plantes sur lesquelles les femelles les pondent tels : les Carpes, les Tanches, les Brochets, les Gardons. La Perche, qui pond de véritables rubans d’œufs, soudés les uns aux autres, par un enduit mucilagineux, enroule
- 1 Ce nom de Parelle, usité à Sucé pour désigner le Nénuphar, s’applique, partout ailleurs en France à certaines espèces d’Oseille sauvage (Rumex) dits aussi Patience. Au Lac de Grand-Lien, le Nénuphar s’appelle Pavelle et il est probable que le nom de Sucé n’est qu’une corruption de celui-ci dont l’étymologie doit être attribuée au vieux français « pavai 1 » d’où pavois : bouclier, vu la forme des feuilles.
- ces chapelets autour des tiges des plantes aquatiques1.
- D’après les pêcheurs de Passay, voici quelles seraient les préférences des diverses espèces de poisson au lac de Grand-Lieu. Le Gardon fraie à la surface même de l’eau, surtout dans les Plarls, La Tanche, au contraire, fraie au fond et dépose ses œufs sur les Saris, où elle se lient généralement. Le Dard ou Chemine (Squalius Leuciscus), qui est en voie de disparition au lac de Grand-Lieu, fraie sur le gravier du fond ou sur les racines des plantes aquatiques où les œufs adhèrent fortement.
- La Carpe est peu répandue au lac de Grand-Lieu. Elle n’y recherche pas, d’après les pêcheurs, les fonds vaseux, mais au contraire toujours « la grève », c’est-à-dire les fonds de sable et gravier. D’après Raveret-Wattel ce poisson fraie, de préférence, dans les endroits bien garnis d’herbe, surtout dans les massifs de Fetuque flottante (Glycerin fluitans), graminée dont les graines constituent pour les jeunes carpes une excellente nourriture qui les fait croître rapidement. C’est une plante à propager dans les étangs à carpes. Au lac de Grand-Lieu elle habite plutôt les fossés, les douves, des marais et des prés marécageux que le lac lui-même. La carpe fraie aussi dans les Potamogetons.
- Le Brochet recherche, pour la ponte, les eaux tranquilles et peu profondes et s’engage fréquemment jusque dans les moindres fossés. D’après Raveret-Wattel, la femelle pond surtout dans les touffes de la Renoncule d’eau (Ranunculus aqua-tilis). Cette plante est assez répandue mais au pourtour seulement du lac, où elle forme, au printemps, des tapis fleuris étendus. Le Brochet se tiendrait principalement, à Grand-Lieu dans le Plart à brochets ou Plart rouge (Myriophyllum alterniflorum).
- La Brême fraie dans les Potamogetons; les œufs, très nombreux (Bloch en a compté 137 000 sur une femelle de 3 kilos), sont déposés par paquets sur ces herbes auxquelles ils se collent très fortement. Au lac, VHerbe aux Brèmes des pêcheurs est le Potamogelon perfoliatus ; le Potamogelon natans est la Gobée. Les Potamogétons, dont on compte jusqu’à dix espèces à Grand-Lieu, sont des végétaux très utiles au point de vue de la pisciculture, les poissons aiment presque tous à y frayer, d’où le nom allemand de « Laichkràut » ; leurs forts massifs fournissent aux jeunes alevins une retraite sûre, constituent de bons pâturages pour les espèces à régime mixte et servent de repaire à des myriades de petits animaux, crustacés, mollusques, larves, qui se nourrissent de leurs feuilles, et de leurs tiges et fournissent eux-mêmes aux poissons une abondante nourriture. D’après le Dr Schillinger1, cité par
- 1 G. Raveret-Wattel. La Pisciculture II. Le repeuplement des eaux et l’exploitation des étangs. Paris, Klincksieck, 1907.
- 2 Schillinger. Beobacbtungen bei der Künsllichen Fiscli-zucht. Allgm. Fischerei-Zeitung, 1903, p. 417.
- p.374 - vue 378/647
-
-
-
- LES POISSONS ET LES PLANTES
- 375
- Baveret-Wattel, le Polamogeton natans (la Gobée des pêcheurs de Grand-Lieu), exercerait une action extrêmement favorable au développement du Plankton, ce qui rend cette plante particulièrement utile à propager dans les étangs destinés à la pisciculture.
- L'Anguille. —On sait combien le mode de reproduction de l’Anguille a été longtemps un sujet de
- qu’ils prétendent constituer une espèce différente. Le Plart à Margans est le Myriophyllum spica-tum ou Plart vert.
- La Perche enroule les longs chapelets de ses œufs autour des tiges de Plarts dans les grosses touffes desquelles elle se tient volontiers.
- Les massifs étendus de Subléreau1 (Equisetum limosum) servent d’asile, au lac, tout à la
- Fig. 4. — Système digestif de poisson carnassier : le Brochet.
- discussion. Depuis les travaux de deux naturalistes italiens MM. Grassi et Calandraccio, il est établi que les poissons de la famille des Anguillidées (Anguilles, Congres, Murènes), passent d’abord par un état larvaire et que les petits êtres marins, transparents comme du verre, connus depuis Pennant (1765), sous le nom de Leptocéphales‘, ne sont autre chose que les larves de ces poissons. MM. Grassi et Calan-druccio ont vu des exemplaires du Leptocephalus brevirostris, conservés en aquarium, se transformer en Anguilles d’eau douce. L’Anguille qui se dispose à frayer quitte les eaux douces en automne. Arrivée dans la mer, elle gagne les profondeurs, où elle acquiert la maturité sexuelle au bout de quelques mois. Dès qu’elle a quitté la forme leptocéphale,
- fois aux poissons, aux oiseaux et aux grenouilles.
- M. J. Comère2 a publié, récemment, des considérations intéressantes sur l’utilité des Algues dans l’élevage et l’alimentation des Poissons. Le rôle des Algues, dans les étangs de pisciculture, est très complexe. Elles contribuent tout d’abord, à l’assainissement des eaux, en absorbant les matières organiques solubles, en augmentant l’aération du milieu, par leur assimilation et en retenant à leur surface les Bactéries3. Les Algues de taille réduite, unicellulaires ou réunies en colonies (Proiococcus, Diatomées, etc.), nourrissent des myriades de petits animaux qui servent eux-mêmes d’aliments à d’autres plus gros et ceux-ci sont ensuite dévorés par les poissons. Les Algues unicellulaires forment
- Fig. 5. — Système digestif de poisson herbivore : le Gardon.
- l’Anguille se dirige vers les eaux douces. A la fin de l’automme ou dans les premiers mois de l’hiver les jeunes Anguillettes : Cives, Cibales, Pibales, Ci-velles, etc., etc., arrivent en quantité innombrable à l’embouchure des fleuves. C’est la montée d’Anguille. Au lac de Grand-Lieu, les pêcheurs appellent « Pimpeneaux » les petites Anguilles, « Lorteau » celles de grosseur moyenne, « Margan »2 une forme
- 1 Du grec Xstito?, mince et xetpaX-fi, tête.
- 2 Probablement de marga, boue, vase, marne.
- un des éléments principaux du Plankton dont l’étude fera l’objet, comme nous l’avons dit, d’un second article. Émile Gadeceau.
- 1 Du vieux français : « subler », siffler. On fait des sifflets avec les tiges creuses de cette cryptogame vasculaire.
- - J. Comère. De l’utilité des Algues dans l’élevage et l’alimentation des poissons. Bull. Soc. Hist. nat. Toulouse, t. XXXVII (1904).
- 3 Cryptogames les plus simples en organisation, se reproduisant par simple segmentation.
- p.375 - vue 379/647
-
-
-
- 376
- LA PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE ET SES APPLICATIONS MILITAIRES
- Les premières expériences de photographie aérienne par appareils (élevés librement dans l’espace) remontent à l’année 1884.
- À cette époque Triboulet obtint plusieurs clichés au moyen dé ballonnets; des résultats analogues, mais plus importants, furent réalisés grâce à l’emploi de cerfs-volants par Batut en 1886 et par Wenz en 1888 :
- Batut installait l’appareil photographique immédiatement au-dessous du cerf-volant ; Wenz le disposait sur un palonnier suspendu à l’intérieur de la bride, et le faisait mouvoir librement dans un double cadre, ce qui assurait la liberté du pointage de l’objectif. Ce procédé a depuis été perfectionné par son auteur et rendu pratique. Un dispositif analogue est celui de Eddy qui suspend l’appareil à un T, ce qui facilite le pointage horizontal. Mais tous ces appareils, aussi bien que
- celui de l’Américain Totten Woglom ; celui-ci place l’appareil sur un cadre, relié au cerf-volant, par une suspension pendulaire.
- Dans cette voie, les officiers du génie et de l’artillerie comprenant toute l’importance pratique du problème, ne restaient pas inactifs; le capitaine Dorand,le lieutenant Di-nochau, le capitaine Sa-conney, cherchaient à rendre l’appareil photographique indépendant du câble, et à assurer l’exactitude rigoureuse du pointage.
- Mais pour faire œuvre utile, il ne suffit pas d’obtenir des clichés : il s’agit ou de pouvoir photographier à très grande distance des ouvrages ennemis, et d’utiliser les photographies pour en lever le plan, ou encore de photographier une région accessible pour en dresser la carte.
- Dans le premier cas, les objets à photographier étant éloignés, il faut se servir d’un appareil télé-
- Données. Distances restituées et projetées. Calcul de l’ordonnée y (hauteur de l’horizon au-dessus du minaret).
- Minaret II =39 Minaret' II'= 35 D Station Minaret (projection sur Taxé). D' Station Minaret' (projection sur l’axe). D =2kl",115 D' = lk"\825 Y = K(lpDI où h —y' — y K = 1I-I1' y — 58“m,8
- Calcul de l’altitude de la Station.
- «,=iT7ld=
- 59- + S69,04=508“ ,04
- Fig. i. — Spécimen de levé rapide effectué en rade de Casablanca au moyen d’une seule photographie.
- ceux postérieurs de Dupuy-Delcourt, Lecornu, offraient le grand inconvénient d’être solidaires du câble.
- Le premier système rationnel, parce qu’il assure à l’appareil l’indépendance par rapport au câble, fut
- photographique ; celui-ci n’embrassant qu’un champ très restreint, il est nécessaire d’assurer un pointage rigoureux.
- Dans le deuxième cas, il suffit de se placer au-dessus des points dont on veut opérer le lever :
- p.376 - vue 380/647
-
-
-
- PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE ---:.377
- l’appareil doit disposer ici d’un très grand champ et I que ayant huit chambres disposées autour d’un être pointé verticalement ; on peut aùgmenter l’éten- | axe vertical. Des systèmes analogues ont été
- Fig. 3. — Vue de Mogador prise à 200 mètres d’altitîide et à deux milles de la côte, par cerfs-volants élevés au « mouillage ».
- due du terrain embrassé, grâce à des chambres panoramiques montées avec axe incliné. Cailletet a imaginé, dans ce but, un appareil , photographi-
- étudiés en Russie par l’ingénieur Thiélé, et en Italie par le lieutenant Ranza. Leur emploi offre de grands inconvénients quand on veut passer de la
- p.377 - vue 381/647
-
-
-
- 378
- PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE
- photographie au lever de plans. Mieux vaut utiliser une chambre verticale dont on déplace le sens.
- . Le capitaine du génie __________ ^
- Saconney a imaginé divers ; procédés qui permettent j .
- d’atteindre, avec certitu- ; de, le double but que §
- nous venons d’indiquer.
- Les intéressantes expériences auxquelles cet officier vient de se livrer ont eu lieu pour le compte du ministère de la Marine, à bord des navires de l’escadre, sur les cotes de Provence et du Maroc.
- Elles avaient pour but l’expérimentation des procédés en question. Voici tout d’abord comment on élève l’appareil photographique.
- On constitue un véritable rail aérien, par un train de deux cerfs-volants disposés en attelage; lorsque le câble ainsi tendu forme un angle de 60° avec l’horizon, on fait monter l’appareil photographique porté par une suspension pendulaire roulant sur le câble au moyen de galets (fig. 4, 5, 6 et 7).
- Un troisième cerf- volant remorqueur donne le mouvement ascensionnel nécessaire; enfin, un câble spécial, manœuvré par un petit treuil, permet de ramener à terre tout le système.
- La suspension est formée par une légère poutre armée, permettant un double mouvement oscillatoire : le premier, autour de la ligne du câble ; le second, autour d’un axe perpendiculaire au plan vertical de celui-ci; cette suspension comporte un plateau sous lequel est disposée la chambre photographique qui peut tourner dans tous les sens. La chambre est suspendue par son centre de gravité, et il est possible de lui donner un calage rigoureusement horizontal.
- En mer, on rencontre des difficultés particulières, causées : 1° par le lancement du système; 2° par le déplacement relatif des points à photographier.
- Le lancement du système se fait, en effet, dans
- Fig. 4. — Appareil remorqué par un « Cody » le long du câble tendit par deux cerfs-volants « Lenoir ».
- Fig. 6. — Expériences à bord du « Desaix » en rade de Mogador. Retour de l’appareil à bord.’
- Fig. 5. — Départ de l’appareil remorqué par un cerf-volant « Lenoir ».
- p.378 - vue 382/647
-
-
-
- PHOTOGRAPHIE AERIENNE
- graphiques qui vont nous permettre de déterminer la pla-nimétrie et le nivellement du terrain réservé. On conçoit les services que peut rendre une telle méthode dans une foule de circonstances, et ses applications ne se bornent pas au domaine militaire.
- Aussi croyons-n o u s utile
- un espace restreint, tout devant partir du même point. Pour lancer le premier cerf-volant, on se sert d’un mât à l’arrière du bateau, et on fait passer le câble dans une poulie « va-et-vient », située au sommet du mât. S’il fait du vent, ce premier cerf-volant part tout seul : dans le cas contraire, la vitesse du navire (20 à 22 noeuds, soit 10 à 11 m.) crée le vent nécessaire.
- Ce cerf-volant étant lancé et monté à une certaine altitude, on fixe directement sur le câble le deuxième cerf-volant, puis s’il y a lieu un troisième.
- Pour vaincre la seconde difficulté, voici comment on procède : le navire étant en marche on oriente la chambre au préalable, et on l’envoie à l’altitude prévue; au moment où le point à photographier se présente sous l'angle adopté, on déclenche électriquement l’appareil. Le courant électrique passe par le câble principal, pénètre dans la suspension par les galets en bronze, et retourne par le câble du petit treuil de manœuvre du cerf-volant remorqueur.
- L’utilisation des clichés ainsi obtenus comporte des opérations
- Cerf-volant
- d’attelage.
- d’entrer un peu plus dans le détail et de montrer comment les clichés pris par le cerf-volant vont permettre de construire une carte exacte du terrain, sans qu’il soit nécessaire de recourir aux longues et délicates opérations d’usage en topographie.
- PJanimétrie. — 1° On détermine sur l’épreuve par des repères spéciaux la position du centre, ou plutôt la projection du centre de l’objectif sur la plaque.
- 2° On reconnaît sur la photographie trois points remarquables A, B, C, déjà portés sur la carte ou triangulés au préalable.
- 5° On prend les trois verticales passant par les images des trois points. La direction de la verticale est donnée par le niveau du commandant Jardinet. Ce niveau est constitué par un tube de verre partiellement rempli de mercure, et disposé à l’arrière de la chambre; l'image des ménisques se projette directement sur la plaque.
- 4° On construit sur un papier calque un graphique (fig. 8) donnant les angles sous lesquels sont vus les trois points. La construction consiste à prendre une ligne égale à la distance focale de l’objectif, à élever une perpendiculaire représentant la projection de la photographie et à projeter également sur cette droite les points A, B, C. En portant ce calque sur la carte triangulée, il suffira de le déplacer jusqu’à ce que les trois lignes, SA, SB, SC, passent par les points correspondants; au moment où elles passent, on a sur le calque, à l’emplacement S, la position de la station,
- Ayant déterminé la position de celte station, on peut déterminer n’importe quelle ligne correspondant à un X du cliché.
- Si on répète cette opération avec une photographie prise d’un autre point de la même région, on détermine une deuxième série d’alignements venant couper les lignes de la première au point cherché, c’est-à-dire à leur position réelle sur le plan.
- Nivellement. — Il faut maintenant déterminer le niveau des divers points porté sur la carte. Ces opérations comportent en premier lieu le tracé sur le cliché de la ligne d’horizon. Cette ligne n’est autre chose que la trace laissée sur le plan de la photographie par le plan horizontal passant par l’objectif. Connaissant la position de cette ligne, on peut ensuite, en mesurant sur l’épreuve photographique la dépression apparente de chaque point, déterminer la cote en contre-bas du point du terrain correspondant.
- Cerf-volant
- remorqueur.
- Fig. 7- — Détail du gréement d’un train type Saconney et du dispositif de remorquage de l’appareil photographique.
- p.379 - vue 383/647
-
-
-
- 380
- PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE
- 4° Détermination de l'horizon. — La direction de l’horizon est donne'e par le niveau Jardinet. 11 suffit donc de déterminer sa position (fig. 9).
- Considérons les images de deux points, et appelons yl et y% les dépressions apparentes au-dessous de l’horizon que nous supposons tracé. Soit h la
- C a rte
- Fig. 8. — Graphique sur papier calque porté sur la carte pour déterminer la position de la station S.
- différence yy — î/2, quantité qui est indépendante de la position de l’horizon et uniquement fonction de sa direction. Si II est la hauteur de l’appareil au-dessus du point de l’espace A, et Il2 la hauteur au-dessus du point B, on peut établir entre les hauteurs réelles les dépressions apparentes, les distances dy et dt de la station aux points considérés (mesurés sur le plan parallèlement à l’axe), et la distance focale f, les relations :
- u Ih X
- Hi= —J—’
- u _ Ih X <h
- n2--- J
- Ces relations sont évidentes d’après la figure 9. Par différence, on tire :
- u u _ Vi (h — y% (k
- 111 Il2 j.
- En appelant h la différence y y — t/2 mesurée sur l’épreuve, et k la différence des cotes réelles des points A et B (pris parmi les trois points connus), on a la relation définitive :
- _kxf — hxdi Vl ~ dy — dt
- Cette formule a été établie par le capitaine Saconney à la suite des dernières expériences dont il vient d’être question.
- Elle donne la valeur de yx qui fixe sur l’épreuve la hauteur de l’horizon au-dessus de l’image du
- point A. On peut vérifier d’ailleurs la direction fournie par le cadre Jardinet en évaluant ?/2 par la même formule où les indices 1 sont remplacés par les indices 2.
- 2° Détermination de la cote en contre-bas d'un point quelconque. — Il suffit de mesurer sur l’épreuve sa dépression au-dessous de l’horizon que nous venons de tracer, de mesurer sur le plan (parallèlement à l’axe) la distance du point réel à la station S et d’écrire la relation :
- „_2/X D
- H représente la cote en contre-bas.
- Dès maintenant, on peut donc considérer le problème de la photographie aérienne comme résolu. Les expériences du capitaine Saconney ont démontré qu’il était relativement simple d’élever un appareil photographique de grand format (48x24) suffisamment robuste (poids total, suspension comprise, 42 kg) à des altitudes moyennes de 5 à 400 m. En appliquant les principes indiqués, c’est-à-dire en utilisant uniquement le pointage horizontal (ou exceptionnellement vertical) à l’exclusion de tout pointage incliné, il est possible par des méthodes extrêmement simples, dont nous venons de donner un spécimen, de dresser la carte entièrement nivelée d’une région aussi étendue que l’on veut. De tels procédés ont d’ailleurs une application plus générale que celle des buts militaires, puisqu’ils permettent de réunir en quelques instants les documents nécessaires pour établir rapidement la carte d’une région inexplorée (expéditions coloniales), de fixer le tracé d’une cote nouvelle (expédition polaire). En combinant ces procédés avec ceux qui utilisent le pointage vertical, on obtiendrait une
- Fig. g. — Détermination de Vhorizon.
- solution économique des levers cadastraux. Ce serait la révision idéale de notre cadastre.
- Il convient d’ajouter que le prix total d’une installation aéro-photographique du type de celle du capitaine Saconney, ne dépasse guère 2500 fr., se décomposant ainsi : jeux de 4 cerfs-volanls à 4 25 fr. pièce, coût 500 fr. ; câbles et treuils, 500 fr. ; suspension et appareil 48 X 24 avec objectif Tessar-Zeiss
- F
- 6’
- 4000 fr.; petite dynamo et divers 500 francs.
- Gxstoîs Phélip.
- p.380 - vue 384/647
-
-
-
- 381
- L’ORIENTATION NOUVELLE DE LA BIOCHIMIE
- Le célèbre chimiste allemand Emil Fischer disait récemment que « l’ambition finale de la biochimie était d’arriver à faire la lumière complète sur la série illimitée des réactions qui accompagnent le métabolisme de la plante et de l’animal ». Et il reconnaissait volontiers que, si la chimie organique moderne peut s’enorgueillir des 130 000 composés du carbone qu’elle a fabriqués et nous a fait connaître, elle n’a en revanche rien fait pour l’élucidation des grands secrets chimiques de la vie. 11 semble que la chimie biologique, pour faire œuvre utile, doive s’écarter des traditions de la chimie organique et se concentrer dans l’étude du mécanisme des actions catalytiques de toute nature; il est probable que le caractère catalytique est très général dans la chimie des êtres vivants. On sait combien différentes sont les conditions de production des moindres composés organiques dans le laboratoire et dans la cellule vivante et M. Jacques Uuclaux a pu railler très spirituellement les prétentieux marchands de synthèses organiques. Certes, tout le monde est convaincu avec Fischer que « l’aide de la synthèse chimique est indispensable, dans toutes les directions, pour arriver à faire la pleine lumière sur les structures et sur les réactions » ; mais, on se tromperait étrangement en croyant cette synthèse toute puissante pour donner une image significative du mécanisme des réactions biochimiques; nul n’ignore aujourd’hui l’importance chimique du rôle des diastases dans les organismes vivants et l’on a bien des raisons de penser que l’intervention incessante de ces agents doit simplifier et faciliter considérablement les actions chimiques chez la plante et chez l’animal. D’ailleurs, qui n’est pas frappé à l’heure actuelle du parallélisme des actions diastasiques et des actions catalytiques et qui n’est pas tenté de ne voir dans les diastases que de purs agents catalytiques. Quel est le mécanisme de ces catalyses particulières, c’est ce que personne n’est en mesure de préciser à l’heure actuelle; mais il y a des chances pour que l’état colloïdal de la matière vivante ne soit pas étranger, comme le veut M. Jacques Duclaux, à ses puissantes propriétés chimiques.
- Et ceux qui se sont lancés sur celte piste nouvelle, ont bien vite laissé loin derrière eux les maigres résultats des prétendus biochimistes qui restent confinés dans les limites de la chimie organique. Nos compatriotes ont fait le plus grand honneur à cette importante voie. Les uns, comme Duclaux, ont systématiquement illustré l’idée profonde de la vie des colloïdes. D’autres, comme Bertrand et Job, se sont attachés à réaliser in vitro des phénomènes biochimiques en leur conservant toutes leurs apparences et leurs conditions.
- On se rappelle l’origine des travaux de Gabriel Bertrand sur ce sujet. Il s’agissait de phénomènes d’oxydation provoqués par des substances végétales : question extrêmement importante au fond comme toutes celles qui touchent aux relations dé la matière vivante avec l’oxygène, cette féconde source de vie. Certaines espèces végétales, très abondantes au Japon et en Chine, peuvent sécréter un liquide clair dont les Orientaux se servent pour recouvrir leurs meubles de ce magnifique vernis qui a reçu le nom de laque. Abandonné, en effet, au contact de l’air, ce corps se résinifie par oxydation, devient totalement insoluble dans l’eau et les solvants ordinaires, tout en se colorant en un beau noir. M. Bertrand entreprit l’étude de cette substance et de ce phéno-
- mène d’oxydation. Pour isoler le principe oxydable, on traite le latex du Rltus vernicifera par l’alcool; on isole le précipité qui se forme, et on évapore le liquide alcoolique dans le vide; le résidu est agité avec de l’eau, puis de l’éther; celte dernière solution est évaporée dans une atmosphère d'hydrogène : on obtient ainsi un produit visqueux, huileux, émettant des vapeurs irritantes, soluble dans l’alcool, l’éther et la benzine; c’est un polyphénol complexe : le laccol ou principe oxydable de la laque.
- Le laccol est insoluble dans l’eau, il donne au contact de celle-ci une émulsion blanche analogue au latex de la plante qui l’a fourni. Au contraire, le précipité obtenu en traitant par l’alcool le latex du Rhus vernicifera est soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool; la solution aqueuse est incolore, et, abandonnée à l’air, elle reste incolore, inaltérable. L’émulsion blanche du laccol dans l’eau jouit d’ailleurs de la même propriété : elle résiste à l’oxygène libre ; mais, si l’on mélange à celte émulsion blanche une parcelle du précipité obtenu en ajoutant de l’alcool au latex original, immédiatement la masse s’oxyde, se colore, se résinifie, enfin prend une teinte brun noir de plus en plus intense. La même succession de phénomènes s’observe avec le latex naturel; mais, si l’on fait bouillir le suc avant de l’amener au contact de l’oxygène, il demeure inaltérable. C’est ainsi que Gabriel Bertrand fut amené à penser qu’il existe une diaslase oxydante ou oxydase dans le latex de l’arbre à laque et que cette oxydase est précipitée par une addition convenable d’alcool.
- Ainsi, on se trouvait pour la première fois en présence d’une expérience montrant nettement un phénomène d’oxydation dû à l’intervention d’un de ces catalysateurs particuliers qu’on appelle diastases. Suivant quel mécanisme l’oxydase de l’arbre à laque ou laccase opérait-elle? On l’ignorait totalement, on n’en avait pas la moindre idée. C’est à ce moment qu’eut lieu la découverte sensationnelle de M. Bertrand qui eut un si puissant effet sur l’orientation des recherches relatives aux diastases.
- Mais en cours de roule, M. Bertrand eut la chance de réaliser in vitro un véritable phénomène de respiration. Voici comment : il étudiait l’activité de la laccase en la faisant agir sur des phénols tels que l’hydroquinone et le pyrogallol qui présentent sur le laccol le double avantage de se dissoudre dans l’eau et de n’être pas délétères, sans compter qu’opérant sur des accepteurs d’oxygène parfaitement connus, on voyait plus clair dans les transformations dont on voulait étudier la vitesse, mesure de l’activité de la laccase. En faisant agir la laccase sur l’hydroquinone, une coloration rose apparaît qui se fonce de plus en plus et, après une agitation convenable, il se produit des lamelles vert métallique de quinhydrone. 11 y a eu fixation d’oxygène sur l’hydroquinone avec formation consécutive de quinone et ensuite production de quinhydrone par combinaison de la quinone produite avec l’hydroquinone en excès. L’analyse des gaz du ballon renfermant le mélange établit un déficit d’oxygène. C’est en remplaçant l’hydroquinone par le pyrogallol qu’on va voir les choses se compliquer et produire une véritable respiration de ce phénol sous l’influence de la laccase; en faisant, en effet, l’analyse des gaz demeurés en présence dans le ballon, M. Gabriel Bertrand a observé qu’une grande partie de l’oxygène disparaissait et se trouvait remplacé par de l’anhydride carbonique. On voit toute l’importance de cette découverte qui était
- p.381 - vue 385/647
-
-
-
- 382
- SUR LA MÉDECINE PRIMITIVE
- susceptible d’éclairer singulièrement le phénomène de la respiration et qui venait appuyer expérimentalement l’hypothèse de Jaquet : « Le principe actif des oxydations dans le corps animal est une diaslase ».
- Revenons maintenant à la recherche du mécanisme de l’intervention des oxydases qu’on a trouvées très répandues chez les êtres vivants et auxquelles les travaux précédents attribuaient à juste titre une importance capitale. C’est encore M. Bertrand, comme nous l’avons déjà dit, qui a mis les chercheurs sur la trace de l’explication. 11 a montré que les cendres de la laccase contiennent du manganèse et que la quantité d’oxygène fixé sous l’iniluence de la laccase varie, toutes choses égales d’ailleurs, avec la quantité de manganèse contenue dans les cendres et croit dans le même sens. M. Bertrand a pu faire l’épreuve inverse : il a retiré de la luzerne une oxydase très pauvre en manganèse et très peu active et il a pu augmenter considérablement son action par une addition convenable de manganèse à l’état de sel de protoxyde. Il y a plus : certains sels de manganèse jouissent par eux-mèmes du pouvoir de transporter l’oxygène sur certains composés organiques et simuler ainsi les propriétés de la laccase. On remarque toutefois qu’ils sont d’autant plus actifs que leur acide est plus faible. Enfin on obtient une activité considérable si l’on dissout un sel de manganèse en milieu alcalin au moyen d’un adjuvant tel que l’albumine qui empêche la précipitation de l’oxyde.
- Guidé par ses remarquables travaux sur le mécanisme de l’oxydation, M. André Job a pu dire que « l’autoxyda-teur apparaît clairement dans le cas de la laccase : c’est l’hydrate manganeux. Libre ou faiblement combiné, il absorbe l’oxvgène de l’air et se peroxyde. Mais le peroxyde réagit si bien sur l’accepteur phénolique qu’il lui abandonne tout l’oxygène absorbé, et se retrouve bientôt à l’état manganeux initial. Alors le môme jeu de réactions recommence, et se poursuit indéfiniment ».
- Comment M. André Job a-t-il été amené à ces conclusions : c’est ce que nous allons examiner maintenant. Reportons-nous pour cela à l’expérience suivante dont je trouve la description dans un article de M. Job. L’hydrate ferreux humide exposé à l’oxygène s’oxyde et devient de l’hydrate ferrique. L’arsénite de soude en présence de l’oxygène reste inaltéré. Qu’on mette à présent l’hydrate ferreux au sein d’une solution d’arsénite de sodium et qu’on agite à l’air. Il fournit le même hydrate ferrique. Mais en même temps une partie de l’arsénite de sodium s’est oxydée à son tour et changée en arséniate de sodium. « Que s’est-il donc passé? C’est qu’entre l'hydrate ferreux et l’hydrate ferrique qui est le produit final de son oxydation une forme intermédiaire peroxydée s’est produite, forme extrêmement fragile, mais qui n’est pas si fuyante qu’elle n’ait laissé son empreinte en fixant sur l’arsénite une partie de son oxvgènc — exactement la moitié de l’oxvgène retenu d’abord si l’arsénite est en excès. »
- Et qu’on ne s’imagine pas qu’aucun fait ne vienne
- suggérer et appuyer cette explication. Dans certains cas, M. Job a isolé cette forme intermédiaire et reconnu le peroxyde — par exemple, dans le cas du carbonate de cérium dont nous aurons à parler tout à l’heure. Et il a pu étayer une théorie du mécanisme de l’oxydation1 dans laquelle il considère que « ces peroxydes, loin d’être des produits accidentels et accessoires, sont des produits normaux et des acteurs indispensables de l’oxydation », hypothèse scientifique qui a le grand mérite d’avoir suggéré nombre d’observations nouvelles.
- J’en arrive à présent au cas du carbonate de cérium qui a permis à M. Job de réaliser une véritable oxydase, minérale et de donner par analogie de l’activité de la laccase l’explication que nous avons vue. « Préparons, dit-il, à l’abri de l’air la solution incolore du carbonate céreux dans le carbonate de potassium. C’est l’autoxydateur. Partageons-le entre trois flacons a, b, c. Le llacon a ne reçoit pas d’autre réactif. En b nous ajoutons de l’arsénite de potassium, en c du glucose. Agitons-les simultanément. Dans les trois flacons apparaît une coloration rouge.... Cessons d’agiter; dans les trois flacons, on la voit rétrograder et disparaître. A ce moment, les liquides a et b sont devenus et demeurent jaunes; le liquide c au contraire est incolore. La signification de ces faits n’est pas douteuse. Dans les trois flacons, nous avons vu se former tout d’abord le peroxyde qui se révèle par son dérivé rouge percérique. En b le sel percérique oxyde rapidement l’arsénite et atteint l’état cérique jaune où il doit forcément demeurer. En a le sel percérique oxyde lentement l’excès de sel céreux qui sert lui-même d’accepteur, et le résultat est encore l’état cérique stable. En c le phénomène est tout différent. Le glucose exerce une action plus lente que celle de l’arsénite, mais beaucoup plus profonde, elle ramène la liqueur percérique à l’état de sel céreux incolore. Aussi on peut agiter de nouveau le flacon c; la coloration rouge y va reparaître pour disparaître encore quand on cessera d’agiter. La solution de glucose sans addition de sel de cérium ne pourrait pas (ou ne pourrait qu’avec une extrême lenteur) fixer de l’oxygène. Mais ici le sel céreux va servir d’intermédiaire, céder au glucose tout l’oxygène qu’il absorbe, et, sans cesse régénéré par lui, continuer indéfiniment son œuvre oxydante. On voit d’après cela qu’il suffira d’une très petite quantité de sel de cérium pour transformer des quantités considérables, et peut-être illimitées de glucose ». Comme le remarque M. Job, cela rappelle tout à fait les actions dites de contact ou de catalyse.
- Je n’oublie pas qu’à côté de nos illustres compatriotes, il est des savants étrangers qui se sont engagés dans la bonne voie, tel le professeur italien Çiamician dont la vaste étude sur l’action de la lumière sur les corps organiques qu’il a bien voulu exposer l’an dernier en une brillante Conférence faite devant la Société chimique de France, peut rendre à la biochimie d’importants services. Léon Jaloustkh,
- Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, fs»,§3} Agrégé des Sciences Physiques.
- SUR LA MÉDECINE PRIMITIVE
- On rie saurait traiter en quelques ligne l’histoire de la médecine primitive. C’est un sujet en partie encore très mal connu, et si vaste qu’il demanderait un long développement. Nous croyons intéressant toutefois, à titre indicaiif, de relever ici quelques particularités relatives au médecin des peuples barbares, telles qu’elles
- apparaissent dans une récente élude de M. J. W. W. Craxvford sur 1’ « homme médecin » des Akikuyu-, tribu
- 1 Voir à ce sujet A. Jon : Le mécanisme de l'oxydation. Revue du mois du 10 lévrier 1906, p 185 et suivantes.
- 2 J. W. W. Crawfoiid. The kikuyu medecine man, dans Man. Avril 1909.
- p.382 - vue 386/647
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES ..383
- bantude l’Afrique Orientale. Cet exemple montrera clairement combien diffère de la nôtre la conception que les peuples non civilisés se font du rôle du médecin, et à quelle complexité d’emplois répond chez eux une fonction devenue depuis si étroitement déterminée.
- Voici d’abord comment on devient médecin chez les Akikuyu, et c’est-à-dire, en gros, chez tous les peuples dont on peut les tenir pour représentatifs : Le mundu mu go (prêtre, médecin) ou muraguri (devin, prophète), c’est-à-dire le médecin, est censé appelé à sa vocation par Dieu lui-même (Ngai) qui lui apparaît, et lui enjoint de prendre cette profession. Au lendemain matin de cette vision, l’individu qui en a été favorisé rassemble les gens de son village, leur conte son rêve, puis, le soir venu, se retire dans les bois prochains, avec l’apparence d’un homme en démence et passe la nuit en communion avec .Ngai. Le lendemain il rentre au village et annonce qu’il a été confirmé par Dieu dans sa vocation.
- Il se pourvoit alors de bière, se procure un bouc, et l'ait venir un mundu mugo d’un village voisin. Celui-ci arrive, porteur de son sac de drogues, et de son mwano, une calebasse remplie de petits cailloux, de morceaux de ferraille, de fèves, etc. Il enseigne d’abord ses devoirs au candidat et lui montre notamment comment se procurer le précieux contenu du mwano, source de tout son pouvoir. Le bouc est sacrifié ensuite, et, en guise de charme, un lacet de sa peau est enroulé autour de la calebasse, tandis
- que la chair, cuite, est mangée, et que la bière est bue par les habitants du village. Enfin l’emploi du mwano est révélé au candidat par son ancien, ainsi que l’art de dire la bonne aventure et de prophétiser. Et le voilà médecin !
- A quoi sert ce singulier médecin ? Il serait plus simple peut-être de dire à quoi il ne sert pas, car sa science trouve à s’exercer en toute occasion :
- Prophétiser, devant une peau de bouc étalée sur laquelle il lance le contenu de sa calebasse, — conseiller le jeune guerrier sur le choix de sa future femme, — découvrir par moyen magique pour quelle cause un malade ne se guérit pas et déceler le moyen magique qui doit remédier à cette obstination, — déterminer le moment le plus propice à l’entreprise d’un voyage, — indiquer des remèdes contre les voleurs ou contre les sorciers, — enseigner des procédés surnaturels d’accroissement du bétail, des moissons, des enfants, — le tout à grand renfort de mise eh scène et contre paiement en nature, le plus souvent sous forme de bétail.
- Et il faudrait encore ajouter à tout cela les fonctions purement magiques du médecin, soit qu’il pratique lui-même la sorcellerie pour des clients de bon profit, soit qu’il serve à découvrir et à déjouer les entreprises d’autres sorciers, et ses fonctions juridiques, lorsque, par exemple, dans les ordalies, il prépare le mmna, autrement dit la drogue qui permettra de discerner l’innocence ou la culpabilité du prévenu. J.-P. L.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 mai 1909. — Présidence de M. Emile Picard.
- Téléphonie sans fil. — M. A- Picard décrit la méthode employée par MM. Colin et .leance, lieutenants de vaisseau, pour réaliser la transmission de la parole par la téléphonie sans fil. Les auteurs ont organisé les appareils émetteurs de manière à assurer le rayonnement d’une oscillation entretenue simple et d’énergie constante, lorsque le microphone ne fonctionne pas. Quand celui-ci subit l’action des ondes aériennes produites par la voix, l’énergie de l’oscillation rayonnée varie. Un récepteur de télégraphie sans fil, dont le détecteur est impressionné par cette onde rayonnée, reproduit aux écouteurs téléphoniques les paroles prononcées. Les oscillations entretenues sont engendrées à l’aide du dispositif imaginé en 1892 par Thompson. MM. Colin et Jeance obtiennent cé résultat que l’antenne rayonne une oscillation simple d’une constance absolue en longueur et en énergie. De bonnes communications ont pu avoir lieu entre le poste de la tour Eiffel et Melun, soit à une distance de 50 km.
- Avantage des pétrins mécaniques. — M. A. Muntz présente une Note de M. Ringelmann sur des recherches dynamométriques effectuées sur 14 pétrins mécaniques. Les mécanismes les plus compliqués ont nécessité le plus d’énergie, sans aucun profit pour la qualité de la pâte. Les pétrins mécaniques effectuent l'ouvrage à un prix de revient plus faible que celui fourni par la main-d’œuvre et de plus ils offrent satisfaction complète au point de vue de l’hygiène.
- Les nappes de charriage en France. — M. Michel Lévy expose que M. Haug s’est proposé de rechercher-la racine des nappes de charriage de la France. Il a donc procédé à une révision de celles des Alpes. L’auteur définit le faciès caractéristique des nappes “successives dont l’empilement a doniié naissance aux Alpes suisses et à certaines régions des Alpes françaises,.
- La production de l'émanation du radium. — M. Haller présente une Note de M. Debierne relative à la production de l’émanation du radium. L’auteur s’est d’abord préoccupé de débarrasser l’émanation de l’hydrogène et de l’hélium. Ayant oh tenu A finalement cette émanation dans le plus grand état de. pureté, il a ramené la quantité trouvée à celle qu’aurait émise 1 gr. de radium. Ses expériences ont porté sur des quantités d’émanations émises dans des temps très variables. Au bout de trois jours la quantité émise est d’environ 0,6 milligr. Cette quantité u’est pas proportionnelle au temps. De plus, il est à remarquer que les petits tubes qui contiennent l’émanation s'ont le siège de décharges électriques.
- • Maladie des Salmonidés. — M. Edmond Perrier dépose un travail de M- Louis Léger relatif à une épidémie qui a .sévi sur des alevins de Salmonidés qu’il élève. Il a constaté que cette maladie était due à des infusoires et a réussi à la faire disparaître en plongeant pendant quelques moments les alevins dans une solution de formol à’4 pour 1000.
- Thermo-endosmose. — M. Lippmann présente un travail de M. Aubert relatif aux phénomènes qui se produisent lorsque l’on met dans un vase deux masses d’eau l’une froide, l’autre, chaude, séparées par une membrane. Avec les membranes les plus diverses, un passage d’eau a toujours lieu dans le même sens, du froid vers le chaud. La quantité d’eau qui passe croît avec la différence de température, des deux’masses ét la surface de la membrane. ' , ’
- Les radiations du radium et la sur fusion. — M. Lippmann résume des expériences faites par M. Frischaer relativement à ljinfluence des radiations du radium sur la surfusion. On sait que, si l’on reçoit de la vapeur de soufre sur .upe.plaque de verre, le soufre peut se déposer
- p.383 - vue 387/647
-
-
-
- i DESTRUCTION DES RATS PAR LE COURANT ÉLECTRIQUE =
- 384
- sous forme de gouttelettes très fines. Ces gouttelettes persistent à l’état liquide pendant fort longtemps si l’on recouvre la plaque avec une cloche de façon à la préserver des poussières de l’air. Si on fait tomber sur elles les radiations du radium, la surfusion cesse de suite. Ce sont les rayons p qui seuls sont actifs à ce point de vue.
- Régularisation des excrétions. — M. d’Arsonval fait connaître les recherches opérées par M. Foveau de Cour-melles au sujet de l’effet de la darsonvalisation sur le fonctionnement des reins. -Depuis 1895, l’auteur a ana-
- lysé les urines des. arthritiques, obèses, artérioscléreux traités par lui au moyen du solénoïde de haute fréquence. Ces analyses ont été pratiquées au commencement et à la fin du traitement. Elles ont montré que l’urée, l’acide urique et les chlorures sont excrétés en plus grandes quantités et qu’il y a diminution de l’élimination du phosphate de chaux. La tendance est, pour chaque substance, de ramener le poids du produit éliminé au poids qui doit être rejeté dans l’état de santé. Ce résultat est presque exactement atteint. Cu. de Villereuil.
- LA DESTRUCTION DES RATS PAR LE COURANT ÉLECTRIQUE
- Les rats sont, non seulement des parasites nuisibles, mais des agents de propagation fort dangereux de certaines maladies infectieuses, comme la peste.
- On a préconisé, pendant ces dernières années, de
- système, c’est que des courants continus, alternatifs ou triphasés de basse tension (110 ou 120 volts par exemple) suffisent parfaitement à l’exécution de l’animal.
- Or, ces courants sont, à l’heure qu’il est, installés à peu près partout et notamment à bord des navires. Là où l’on ne disposerait pas d’une canalisation
- Fig. i. — Rat se disposant à entrer dans une case de l’appareil.
- nombreux procédés pour détruire les rats ; mais aucun ne s’est montré exempt d’inconvénients. La fumigation par l’acide sulfureux par exemple est susceptible d’endommager la cargaison du navire; celle par le gaz d’éclai
- Fig. 2. — Trappe électrique ouverte contenant un rat électrocuté.
- rage n’est pas sans présenter un certain danger d’intoxication ou d’explosion. D’autre part, aucune de ses méthodes ne se prête à un emploi général dans tous les endroits infestés par les rongeurs.
- Un ingénieur viennois, M. de Florentin, vient de procéder à Gharlottenbourg, près Berlin, à d’intéressants essais sur un dispositif fort original dans lequel les rats sont littéralement électrocutés.
- Ce dispositif breveté tient compte fort ingénieusement de toutes les habitudes du rongeur. Attiré par la curiosité vers une lampe électrique ou, par la gourmandise, vers une amorce appétissante, l’animal vient fermer lui-même le courant qui, en 50 à 60 secondes tout au plus, aura déterminé sa mort. L’accès de l’appareil est toujours libre, même quand celui-ci est rempli de plusieurs individus électrocutés et — les essais en font foi — le rat une fois entré dans cette trappe électrique est impuissant à échapper à son destin.
- Un des points les plus importants du nouveau
- d'électricité on n’aurait qu’à arranger une petite batterie d’accumulateurs qui, malgré une moindre tension, produirait des résultats tout analogues.
- Les appareils peuvent être disposés de façon que la bête électrocutée signale elle-même sa mort dans la salle de garde, en appelant l’attention du gardien (qui pourra enlever les cadavres). Le circuit en se fermant actionne une sonnerie électrique ou allume une lampe à incandescence. La faible tension du courant exclut tout danger pour les personnes et empêche l’électrocution fortuite d’animaux domestiques.
- L’instantané que nous reproduisons (fig. 1) a été pris au moment où le rat se dispose à entrer dans l’une des cases de l’appareil fatal; la figure 2 fait voir la trappe électrique ouverte, contenant un rat électrocuté. Dr Alfred Gradenwitz.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
- p.384 - vue 388/647
-
-
-
- LA NATURE. — N° 1878.
- r: 22 MAI 1909.
- COUP D’ŒIL SUR LES GRANDES MARINES MILITAIRES
- La question de la suprématie maritime est une de celles, peut-être même la plus inquiétante de celles qui peuvent compromettre aujourd’hui ou demain cette paix générale qu’il est, hélas! bien difficile d’espérer éternelle.
- La soudaine et vigoureuse poussée vers la mer de
- marine présente un front plus puissant qu’il ne l’a jamais été.
- Quoi qu’il en soit, l’antagonisme maritime entre l’Angleterre et l’Allemagne a pris, ces temps derniers, une acuité telle qu’il est intéressant de lixer en quelques lignes la valeur des Hottes que ces puis-
- Fig. i. — Type du cuirassé américain de 26000 tonnes dont 2 unités vont être incessamment mises en chantier.
- quelques nations comme l’Allemagne, les États-Unis, le Japon, pour ne citer que les principales, a renversé un équilibre séculaire, dont la rupture ne va pas sans remous et dangers de collisions !
- Par un effort dont il faut admirer la consciente et tenace continuité, l’Allemagne et les États-Unis, personnifiés par l’Empereur Guillaume et le Président Roosevelt, se sont en 20 ans constitué une marine de guerre qui place ces deux nations au second et au troisième rang dans l’échelle des puissances maritimes.
- Quant à nous, du second rang que, s éculairement, nous occupions après l’Angleterre, nous voilà passés au quatrième et il n’est pas sûr que nous ne connaissions pas le cinquième, car le Japon nous serre de près.
- Il faut dire, d’ailleurs, que cette déchéance “est la conséquence de l’extraordinaire accès de croissance des deux marines que je viens de citer et non d’une diminution de la nôtre ; bien au contraire, si nous supputons le nombre, la valeur, l’homogénéité de nos unités de combat, nous constaterons que notre
- 37e année. — 1er semestre.
- sances et les autres principales nations maritimes du monde possèdent actuellement ou posséderont dans un avenir rapproché.
- Je me guiderai pour cet exposé rapide sur le travail que l’expert maritime anglais bien connu, Allan Burgoyne, publie dans le Navy League Annual. Les chiffres que je vais citer se rapporteront seulement aux bâtiments ayant moins de 20 années d’existence, en négligeant encore, parmi ceux-là même, les
- unités à qui leur tonnage, la faiblesse de leur armement, donnent une valeur militaire douteuse.
- Voici, pour commencer, le tableau du nombre des unités cuirassées (cuirassés et croiseurs cuirassés) des contre-torpilleurs et des sous-marins, c’est-à-dire de la flotte offensive, dont les principales nations disposeraient immédiatement (sauf réparations ou indisponibilité momentanée) au cas où il faudrait combattre demain (voir tableau 1).
- On peut estimer que, dans leur ensemble, les navires en préparation seront entrés en ligne en 1912. La situation, en ne tenant compte que des unités
- 25. — 585
- Fig. 2. — Vue en plan montrant la disposition de l’artillerie des cuirassés américains de 26000 tonnes.
- p.385 - vue 389/647
-
-
-
- 386 ===== COUP DŒIL SUR LES GRANDES MARINES MILITAIRES
- cuirassées, se récapitulera donc à cette époque de la façon suivante :
- L’Angleterre disposera de 47 cuirassés et 59 croiseurs cuirassés : au total 86 unités ; — les États-Unis présenteront 53 cuirassés, 15 croiseurs cuirassés : total 48 unités ; — l’Allemagne : 50 cuirassés, 11 croiseurs cuirassés : total 41 unités; — la France : 21 cuirassés, 22 croiseurs cuirassés : total 43 unités.
- A ne considérer que ces deux derniers totaux il ressort que nous avons actuellement un avantage de 7 unités sur l’Allemagne et qu’en 1912 nous en aurons encore deux de plus qu’elle. Mais il faut considérer que cette supériorité numérique à notre actif est due au plus grand nombre de nos croiseurs cuirassés, et qu’en tenant compte seulement des vraies unités de combat, de celles que les Anglais appellent si justement et si pittoresquement the man ofwar, l'homme de guerre, l’Allemagne en possède
- a décidé de mettre immédiatement en chantier 4 grands cuirassés au lieu de 2 qu’elle avait prévus pour cette année.
- Or, avec la célérité qui distingue les chantiers anglais, il y a bien des chances pour que ces 4 unités soient prêtes à entrer en ligne avant 1912. L’Angleterre disposerait donc à cette date de 51 cuirassés et 39 croiseurs-cuirassés. Total : 90 unités.
- Elle réaliserait d’ailleurs tout juste ainsi ce desideratum, auquel il semble que son sort soit attaché, de pouvoir mettre en ligne autant de navires de combat que deux puissances réunies quelconques.
- Or en 1912, en prenant les chiffres ci-dessus, l’Allemagne et les États-Unis posséderont à eux deux 89 unités et l’Angleterre 90.
- Ce qui est particulier dans ce rush immodéré de construction navale, c’est que partout on ne construit plus que de ces monstres marins, qui eussent semblé fantastiques, il y a 10 ans seulement, et
- TABLEAU 1
- V'v Angleterre. États-Unis. Allemagne. France. Japon. Italie. Ilussie. Autriche.
- Cuirassés 45 25 20 15 13 6 O1 6
- Croiseurs cuirassés 38 15 8 20 15 8 6 5
- - ' Total des unités cuirassées. 81 40 28 35 26 14 12 9
- Contre-torpilleurs 171 16 83 54 57 17 97 12
- Sous-marins 60 12 6 61 9 5 32 4
- En plus chacune de ces puissances construit ou achève dans ses arsenaux le nombre d’unités cuirassées ci-dessous1
- Cuirassés 4 85 10 6 2 4 '2 5
- Croiseurs cuirasses 1 )) 5 2 5 2 y>
- Total des unités cuirassées
- en construction .... 5 8 13 8 7 6 2 3
- TABLEAU 2
- Angleterre. États-Unis. Allemagne. France. Japon. Italie. Ilussie. Autriche.
- Dernier budget en millions. . 855 641 500 1/2 320 1/2 210 173 250 66
- actuellement 20 et nous 15, et qu’en 1912 elle en aura 50 et nous 21.
- Ce serait donc nous leurrer que de tabler uniquement sur les chiffres pour nous placer avant l’Allemagne dans l’échelle des puissances navales. Elle est et restera, si rien ne vient modifier cet ordre, à l’échelon supérieur.
- Mais continuons notre énumération.
- Le Japon aura en 1912 : 15 cuirassés et 18 croiseurs cuirassés : total 53; — l’Italie : 10 croiseurs, 10 croiseurs cuirassés : total 20; —la Russie : 8 cuirassés, 6 croiseurs cuirassés : total 14; — l’Autriche : 9 cuirassés, 5 croiseurs cuirassés : total 12.
- Il est bonde dire d’ailleurs que, pour ce qui concerne l’Angleterre, tout au moins, les chiffres ci-dessus peuvent encore être modifiés, en plus, naturellement. Une violente agitation s’est en effet produite ces temps derniers dans le Royaume-Uni, à l’annonce querAmirautéallemande pressait extraordinairement la disponibilité de ses navires sur chantiers ou en achèvement à Ilot. Le contre-coup en a été que sous la pression de l’opinion publique, surexcitée par une vigoureuse campagne de presse, l’Amirauté
- qu’à l’exemple des Anglais qui ont donné le branle dans cette voie, on appelle universellement des Dreadnought. Cette appellation n’est d’ailleurs déjà plus justifiée puisque le Dreadnought type jaugeait 18000 tonnes et que ses successeurs en jaugent dès à présent 21000 et atteindront prochainement 26000, comme les 2 cuirassés américains que montre notre gravure et dont la construction va commencer incessamment.
- Actuellement voici comment se répartissent les Dreadnought dans les marines qui nous occupent : l’Angleterre en a 3 en service, 4 en préparation; les États-Unis 6 en préparation; l’Allemagne 10 en préparation; la France 6 en préparation; le Japon 2 en service, 4 en préparation ; l’Itâlie 2 en préparation; la Russie 2 en préparation; l’Autriche aucun.
- A-citer encore les 3 unités de 19000 tonnes,
- 1 Eu comprenant les unités enfermées dans la mer ISuire par le traité de Paris.
- 2 Tous les cuirassés en construction sont des Dreadnougld plus ou moins agrandis.
- 3 Dont 2 de 26000 tonnes.
- p.386 - vue 390/647
-
-
-
- DISPOSITIF DE PROJECTION AUTOMATIQUE
- 387
- Dreadnoughts au premier chef, que le Brésil fait construire en ce moment sur les chantiers anglais.
- Au total, en négligeant quelques marines secondaires comme celles du Danemark, de la Suède, de la Norvège, etc., nous voyons que celles dont nous venons de nous occuper comprennent un total de navires cuirassés de 348 unités tant en ligne qu’en préparation. Il est intéressant de voir quelle valeur pécuniaire représente cette Hotte formidable dont les unités placées en ligne de file à la distance de 400 m. s’étendraient sur 139 km. En comptant les Dreadnought à 50 millions là pièce, les autres cuirassés à 40 millions, les croiseurs-cuirassés à 35 millions, nous arrivons au chiffre coquet de 13 milliards et demi. Si nous ajoutons les 507 destroyers à 1 million et demi et les 138 sous-marins à 1 million chaque, nous atteignons 14 milliards et demi pour la valeur de la Hotte offensive mise en ligne pour les 9 principales puissances navales.
- Voici maintenant un tableau donnant le budget
- maritime de chacune de ces puissances pour l’année dernière (voir tableau 2).
- El, pour terminer, donnons un aperçu de ce que seront les deux gigantesques cuirassés de 26000 tonnes, dont les Etats-Unis entreprennent la construction. Leur longueur sera de 166 m., leur largeur de 28 m. et leur tirant d’eau de 8 m. 83.
- Ils porteront 12 pièces de 305 m. réparties en 6 tourelles disposées comme le montre notre dessin, de telle sorte que les 2 tourelles de l’extrême avant et de l’extrême arrière pourront tirer ensemble dans l’axe. Par le travers les 12 pièces pourront tirer à la fois. Les 17 canons destinés à combattre les torpilleurs seront du calibre de 127 millimètres.
- Deux mâts, ou pour mieux dire deux tours en treillis métallique seront placés sur le pont, ainsi que deux observatoires pour projecteurs. Ces bâtiments monstres seront mus par des turbines Curtis (probablement) développant une force totale de 33 000 chevaux pour une vitesse de 21 nœuds.
- Sauvaire Jourdan,
- Capitaine de frégate de réser^
- /
- DISPOSITIF DE PROJECTION AUTOMATIQUE
- Les projections tendent à devenir de plus en plus l’agréable accessoire, et même parfois le complément obligé des cours et des conférences. En amplifiant sur un écran de minuscules dessins ou de jolies photographies, le professeur facilite à ses élèves l’intelligence d’un sujet artistique ou géographique, la démonstration d’une loi physique, la description d’une machine ou d’un phénomène astronomique, tandis que l’orateur s’empare mieux de son auditoire, dont sa parole est quelquefois impuissante à retenir l’attention !
- Mais jusqu’ici il fallait un aide
- pour faire défiler les vues dans la lanterne. Grâce au dispositif que vient d’imaginer M. Moulin, chef de travaux pratiques à l’Ecole de physique
- Fig. i. — Conférencier projetant lui-même de sa place les vues sur l’écran.
- et de chimie, cet opérateur se trouve supprimé Dorénavant, au moyen d’ingénieux mécanismes
- adjoints à l’appareil de projection et commandés électriquement, tout conférencier pourra, de sa place, amener sur l’écran, au moment utile, l’image qu’il désire. Comme le montre la figure 1, l’invention est particulièrement intéressante pour l’enseignement. Dans ce cas, il suffira de projeter les vues sur le mur peint en blanc et même si le professeur dispose d’une source lumineuse assez forte, il n’aura pas besoin " de faire l’obscurité complète. De la~sorte, il con-du tableau noir pour fournir les explications nécessaires à ses élèves? qui continueront, d’autre part, à prendre des notes.
- servera l’usage
- p.387 - vue 391/647
-
-
-
- 388
- DISPOSITIF DE PROJECTION AUTOMATIQUE
- Les clichés sont disposés les uns au-dessus des autres dans une sorte de chaîne, s'enroulant sur un tambour (fig.2) formé par deux disques parallèles, dont six tiges, implantées à intervalles réguliers sur les bords, maintiennent l’écartement. Un petit moteur électrique commande ce tambour par l’intermédiaire d’une vis tangente; chaque cliché est maintenu au moyen de ressorts r, entre les gorges de deux barrettes, l’une b fixe, l’autre b' mobile (fig. 5).
- La chaîne prend les vues dans une boîte placée au-dessus du dispo-sitifoptique,elles passent de là, dans la lanterne où une glissière les guide, puis elles viennent se ranger dans une seconde caisse disposée en dessous. Le moteur étant
- Fig. 2. — La lanterne de projection avec passage automatique des vues.
- b'
- Fig. 3. — Détails de la chaîne maintenant les clichés. (Vues de face et de profil.)
- en excitation shunt peut tourner en sens inverse; de sorte que le conférencier, en inversant le courant.
- dans l’induit, fera au besoin revenir sur l’écran
- telle ou telle diapositive déjà projetée.
- Tous les appa-reils de commande sont à portée de la main du professeur. Sous latable,près d’un interrupteur commandant l’éclairage de l’amphithéâtre, se trouve un deuxième interrupteur 1 (fig. 4) qui permet d’allumer l’arc A de la lanterne et de fermer le courant sur l’inducteur B du moteur (branché en dérivation sur l’arc et son rhéostat IV). Deux boutons à double contact a et a' placés sur la table permettent de faire défiler successivement les clichés dans un sens ou dans l’autre. Au repos, les manettes de ces boutons en contact avec 1 et 1' sont reliées à l’un des pôles du secteur, le pôle positif par exemple. Le schéma ci-joint montre qu’en appuyant sur a pour l’amener en contact de 2, le courant circule dans l’induit du moteur dans le sens des flèches et qu’il passe au contraire en sens inverse quand on appuie sur a!.
- Les lampes L et Lr, destinées à diminuer les étincelles de rupture, se trouvent, d’autre part, interca-
- Fig. 4. — Schéma de Vinstallation électrique.
- lées dans le circuit lorsqu’on abaisse incomplètement les clefs a ou a'. Par suite de l'introduction de ces résistances dans l’induit, Je moteur tourne à faible vitesse, ce qui permet d’arrêter le mécanisme juste au moment précis où le cliché occupe la position désirée. Jacques Boyer.
- p.388 - vue 392/647
-
-
-
- 389
- FORMATION DE LA PERTE ET DU CANON DU RHONE
- Un nouveau projet d’utilisation de la perte du Rhône (pour le transport de la force hydro-électrique jusqu’à Paris) oblige encore à revenir plus complètement sur ce sujet déjà sommairement traité au nü 1685 (9 septembre 1905) par M. J. Cor-celle, et qu’enveloppe toujours un véritable mystère.
- En réalité, il semble bien que la fameuse et classique perte du Rhône près de Belle-garde ne soit pas, ou du moins ne soit plus, un phénomène véritablement souterrain, malgré toutes les affirmations contraires,1 même les plus récentes1. Elle présente plutôt une complète analogie d’origine et de formation avec certaines rivières intérieures dans les diaclases du calcaire, telles que Bramabiau (Gard), Padirac (Lot), la Recca (Istrie), etc.
- Les fig. 3 et 4 raccourciront et éclairciront mes explications.
- Dans une longue étude très savante, et généralement très exacte2, le général Bourdon a supposé l’existence d’un siphon souterrain. Voici le résumé et des citations de son travail :
- La singulière percée du Rhône en plein travers du Jura (fig. 1), entre Collonges et Seys-sel est inachevée jusqu’à l’amont du château de Pyrimont (ou plutôt du château du Parc, où commence la navigabilité) ; elle est en pleine phase de creusement : « de fait le fleuve se perd comme autrefois au pont de Lucey, en amont de Bellegarde, au moins 4 mois sur 12. Le Rhône
- 1 De Saussure. Voyage dans les, Alpes, 1787, cdit., in-4°, t. II, pp. 401-414; édit. in-8°, t. II, p. 90-104. — Eug. Re-nevier. Mémoire géologique sur la perle du Rhône. Genève, 1852, in-4°, 4 pl. col. —J. Vallot. Les marmites de
- presque tout entier passe en siphon sous les rochers. En toute saison, il y a donc perte partielle en hautes eaux et totale en basses eaux. En été le Rhône coule à une douzaine de mètres au-dessous du
- pont ; presque toute la masse passe en siphon dans un lit inférieur sous un plafond de rochers, on peut supposer que la diminution de largeur et de vitesse est compensée par une augmentation de profondeur ».
- En somme la perte ne serait visible qu’en hiver (fig. 2), il y aurait un lit supérieur et un lit inférieur séparés par « un plafond horizontal rompu vers son milieu et comme formé de deux corniches laissant entre elles un vide de 2 ou 5 m., double canal en tiroirs étagés. Des rochers tombés des deux parois s’entassent sur les corniches %u point d’en masquer l’intervalle, on ne voit plus le canal inférieur que par quelques interstices.... Le fleuve reparaît dans une sorte de bassin où ses eaux remontent en bouillons comme d’une source. De la chute initiale à la renaissance du fleuve, la différence de niveau est, à l’étiage, de 12 à 13 m. »
- En amont du confluent de la Valserine on retrouve aussi le plafond brisé, l’espace vide n’est que de 1 m. de largeur, la profondeur à l’étiage serait d’une quinzaine de mètres ; la hauteur des falaises au confluent est de 40 m. ; plus loin dans le canon à l’aval, elle atteint 60 m. à la planche d’Arlod et
- géants, 1891. — Tour du monde, Informât., 12 mai 1906.
- 2 Le canon du Rhône et le lac de Genève. Bul. boc. Géographie. F^aris. 7e série, t. V, 1er trim. 1894, pp. 70 I à 154.
- Ponl des Ouïes
- Portions die canon-oisi.bles du chemin de- J en.
- Genissiat
- %a Glière
- FinduCanon
- oux
- du Parc
- Fig. i. — Carte du canon du Rhône au i/8oooo‘.
- p.389 - vue 393/647
-
-
-
- 390 —.. FORMATION DE LA PERTE ET DU CANON DU RHÔNE
- 100 m. au Malpertuis, parce que le terrain se relève à contresens du courant; en réalité le plan exact de toute la cluse du Rhône depuis le pont de Lucey jusqu’au château de Pyrimont n’a jamais été fait. La distance est de 15 km, et la dénivellation de 38 m. : 502 à 264 m.
- En l’an III, Boissel de Monville voulut rechercher s’il n’y aurait pas moyen de naviguer utilement de Genève à Seyssel : cette idée le conduisit à une entreprise aussi audacieuse qu’intéressante qui nous a valu une relation des plus curieuses1. 11 n’entreprit rien moins que de descendre en hateau la perte même et le canon du Rhône depuis Collonge jusqu’à Pyrimont. Rien n’est palpitant comme son récit, dont nous reproduisons ici quelques planches.
- Après avoir souvent constaté que le parcours du fleuve n’était possible qu’au fil de l’eau, il- fit construire à Seyssel un bateau long de 36 (i pieds, large de 9 et haut de bord de 3 pieds.
- Le 30 fructidor an III, on navigua 7 km, jusqu’un peu en amont du pont de Grésin.
- Mais l’équipage, effrayé par les riverains, refusa de rembarquer.
- Boissel, découragé, renonça à son entreprise. Quelques jours après, une crue emporta le bateau et le brisa.
- Boissel en fit refaire un nouveau, de mêmes dimensions, et partit cette fois du point même de la renaissance du fleuve, à l’aval de la Perte et en amont du confluent de la Valserine. C’est par des cordes qu’on y descendit le bateau dans la cluse du Rhône le 13 Vendémiaire (fig. 7).
- Le début faillit être tragique; d’adroits coups de gaffe sauvèrent la situation et, comme une flèche, sur les eaux rapides, on fut entraîné jusqu’au défilé
- 1 Boissel, Voyage pittoresque et de navigation exécuté sur une partie du Rhône, etc. In-4° de 156 pages et de 17 planches.
- de Malpertuis. On aurait fait près de 6 km en 18 minutes! Boissel trouva l’aspect des rives uniforme : deux murs verticaux ou en encorbellement (voy. coupes fig. 10). Là aussi selon le général Bourdon « dans certains endroits, le lit du Rhône est si étroit et son courant apparent si faible, que, pour donner passage à la masse des eaux, surtout pendant les crues, il faut admettre un lit inférieur en siphon d’une très grande dimension2. » Le Malpertuis était trop étroit (1 toise) pour admettre le hateau; après s’être arrêté un peu en amont, il
- fallut, du haut des rives, le tirer avec des cordes (fig. 9) ; on le redescendit de même, au delà de l’obstacle; puis on reprit la navigation après deux jours de travail.
- Au-dessous de Malpertuis, le dernier étranglement du fleuve présentait une vraie cataracte (la Glière), par-dessus des rochers éboulés formant un barrage à l’aval de Génissiat. La barque passa pardessus la cluse, renversant l’équipage (fig. 8). Puis, dans des eaux tranquilles, on vit peu à peu s’élargir la cluse, s’abaisser les rives, se calmer le courant, qui conduisit à Pyrimont et Seyssel.
- « Personne depuis n’a renouvelé cet exploit, ajoute le général Bourdon. C’est au jugé qu’on a fait la carte du fleuve. Le lit n’en a pas été coté.... Le tome II du recueil des Annales des voyages, 1808 (par Malte-Brun) donne une description sans croquis (sauf pour la perte). Les accidents locaux ne doivent plus être conformes à ces descriptions ni à celles de Boissel. »
- Actuellement il est aisé d’aller (par les routes de la rive droite ou de la rive gauche) jusqu’au chemin qui descend à la planche d’Arlod; un mauvais
- 2 A la Planche d’Arlod le fleuve a 10 m. de largeur et la rive droite est un peu plus élevée que la gauche, comme s’il y avait une légère faille (fig. ,5 et 6).
- Fig. 2. — Perte du Rhône aux basses eaux. (Phot. Corcelle.)
- p.390 - vue 394/647
-
-
-
- FORMATION DE LA PERTE ET DU CANON DU RHÔNE -_= 391
- sentier de douaniers, au sommet des falaises de la rive droite mène aussi au-dessus du Malpertuis (voy. l’art, de M. Corcelle, n° 1685) et la passerelle de Montoux réunit Saint-Germain à Génissiat. Enfin j’ai indiqué, sur la carte ci-contre (fig. 1), quels sont les points de la voie ferrée d’où l’on peut apercevoir quelques portions du cafion1.
- Revenant à la perte du Rhône, le général Bourdon rappelle qu’une occasion unique s’était présentée d’explorer ou de sonder au moins le lit souterrain du fieuve. Dans la nuit du 4 janvier 1883, un glissement d’une masse énorme de terres et de rochers, au-dessous du Fort-l’Écluse, ayant formé barrage sur le fleuve, son cours a été suspendu et son lit s’est vidé en aval.
- « Au-dessous du pont de Lucey, par une ouverture entre les rochers, on essaya de placer une échelle. Un homme s’y engagea avec une lanterne. Il descendit de quelques mètres, puis, ayant senti sous lui un corps dur et croyant avoir trouvé un seuil de rocher, il y posa le pied.
- Mais c’était un corps qui céda sous la pression, un tronc d’arbre sans doute emprisonné sous la voûte du siphon. L’homme effrayé laissa tomber sa lanterne et remonta précipitamment, c’est tout ce qu’il en vit.
- « On aurait eu le temps d’explorer l’entonnoir et le lit d’aval; jusqu’au matin l’eau ne coula pas et la débâcle se fit attendre et s’annonça.
- « Aujourd’hui, depuis la construction à Genève du barrage régulateur du Léman, la mise à sec du lit du Rhône pourrait être renouvelée artificiellement et avec la plus grande facilité. »
- On va voir qu’en 1895, un nouveau renseignement est venu compléter ceux du général Bourdon. Il est de nature à faire échec au nouveau projet
- 3 Couli
- Fig. 4. — Coupes de Padirac, montrant ce que doit être celle de la Perte du Rhône.
- qui voudrait noyer complètement tout le canon et la perte jusqu'à Grésin.
- 1 Signalons ici que le Dictionnaire Joanne de la France (p. 3855, 3e col., t. VI), confond en un seul défilé le Pas de Malpertuis et celui de la Planche d’Arlod, distants de plus de 5 km. A l’issue même du canon, tout près du château du
- Il a été matériellement constaté (depuis de Saussure en 1797 jusqu’en 1893) que, comme le Niagara, la perte du Rhône est en voie de régression, c’est-à-dire qu’elle recule assez rapidement vers l’amont. Quant à la forme et aux dimensions du siphon supposé, le général Bourdon reconnaît qu’on
- n’a aucun renseignement précis, il ne croit pas aux extensions ni aux galeries latérales du lit souterrain; il énonce « que partout le lit est un et que chaque point du canon actuel à ciel ouvert est sous le sillon d’un ancien lit qui, à un moment donné et pendant un temps, a dû être à peu près souterrain et ressembler à la perte actuelle. La donnée d’un canal unique avec une veine d’eau de 10 m. de largeur paraît s’imposer, la profondeur du siphon serait de 12 à 15 m. en moyenne. Le siphon a pu être autrefois double ou triple en profondeur. » Pour ma part, je crois que, dans la profondeur de la soi-disant perte du Bhône, les strates compactes n’ont pas été partout emportées et que, par endroits, il en subsiste des fragments, conservant d’une paroi à l’autre la continuité de la dalle résistante : mais ces témoins en place, véritables ponts, ignorés parce qu’ils sont submergés, ne peuvent être que sporadiques, comme ceux qui ont été reconnus dans les profils de la rivière souterraine de Padirac; les coupes de celle-ci, ci-contre reproduites (fig. -4) indiquent nettement ce qui peut exister sous l’eau en aval du pont de Lucey ; ce n’est en réalité ni une perte totale, ni un siphon proprement dit. En fait, le phénomène si curieux de Lucey paraît surtout de nature à concourir à l’explication de la formation des chutes et des cluses ou gorges étroites (Fier, Trient, etc.) qui ont reçu en Autriche le nom spécial de Klamme.
- Parc, se trouve, sur la r. dr., la curieuse Demoiselle de Pyrimont, visible du chemin de fer, décrite ici même par M. Stan. Meunier (n° 1119, 10 novembre 1894) et déjà figurée aussi par une planche de Boissel.
- Cotipe cLe fa. -t>oi-du>CLnt parle. iu.Rlion.e tr*an.sjormahLon. iu. Cil. hor’i.xojataJ? en fiAv'e.rli.caC
- Fig.
- lies.strates c£u-ccLLc-CLt-re. cCu.r» ortt
- euA-elre Laissé ea , pfa.ee cfes portions ctLseontlnu-e s, formant slphonaemeafs joarti-eCs
- Coupe de la perte du Rhône.
- p.391 - vue 395/647
-
-
-
- 392 ^—= FORMATION DE LA PERTE ET DU CANON DU RHONE --
- Voici comment je conçois l’intervention de cette perte à ce sujet'. Le Rhône au pont de Lucey, au pied de la terrasse de calcaire rhodanien-aptien urgonien1 qui porte Bellegarde, voit au contact du calcaire sa largeur se réduire tout d’un coup à cinq mètres d’étendue. On peut résumer son changement d’étal en disant que, ce que le Rhône perd en largeur au pont de Lucey il le regagne en profondeur, comme l’avait déjà entrevu de Saussure, ou encore que d'horizontal son cours devient vertical. Cela est produit en somme par l’engouffrement subit du fleuve dans une fissure verticale du calcaire, dans une diaclase ouverte précisément dans l’axe du courant; cette diaclase est demeurée très étroite (5 m.), au point d’engouffrement, à cause sans doute de la résistance de ses parois, de la compacité du calcaire ; en aval, elle s’élargit progressivement et se transforme peu à peu en véritable canon de 50 à 100 m. de profondeur et de 50 de largeur moyenne, surtout après le confluent de la Valserine qui a creusé elle-même un autre petit canon analogue. Mais, du pont de Lucey au confluent de la Val-serine, le fleuve entier se trouvé confiné dans une étroite ruelle 09 Klanime. Cette Rlartame du Rhône reste encore, presque jusqu’à son sommet, occupée par l’eau courante, tant à cause de l’abondance d è cette dernière, qui est déjà un puissant fleuve au lieu d’un simple torrent de montagne, qu’à cause de l’approfondissement insuffisant de la vallée en aval. Il doit en résulter que
- 1 V. Douxami. Étude sur la vallée du Rhône à Bellegarde. Bulletin de la carie géolog. de France, n° 81, t. XII, 1901, et Annales de géographie, t. XI, 15 novembre 1902.
- la profondeur du Rhône en cet endroit est bien plus considérable que les 15 m. évalués par le général Bourdon : cette induction a été confirmée par l’observation formelle que m’a rapportée M. Brillouin, ingénieur de l’usine de forces motrice et électrique installée au confluent des deux cours d’eau : il paraîtrait que, en 1895, à une époque de faible débit, on aurait pu mesurer dans la gorge de Lucey la profondeur des eaux du Rhône et que l’on aurait trouvé 40 m. Rien n’est plus conforme à la disposition et à la nature géologique des lieux, et c’est ce qui me conduit à dire que le flux du Rhône, changeant de plan, passe de l’horizontale à la verticale. Dans une section de la perte on peut représenter (fig. 5), les strates les plus résistantes du calcaire comme demeurées en relief de part et d’autre de la diaclase ; on s’explique ainsi comment il a pu y avoir là, du moins aux basses eaux, disparition absolue, perte véritable du Rhône sous les plus élevées de ces strates, alors qu’elles se rejoignaient de part et d’autre de la diaclase ; on comprend aussi comment, soit naturellement, soit artificiellement, les faibles clefs de voûte constituées par ces strates progressivement amincies . par l’érosion (surexcitée peut-être par quelque mouvement tectonique) ont fini par céder, soit sous l’effort continu du fleuve, soit à l’aide de quelques coups de mines; et surtout on ne peut manquer d’être frappé de l’analogie remarquable que f la coupe de la cluse du Rhône au pont de Lucey présente avec les coupes des galeries verticales de Bramabiau, Padirac, etc.
- La constitution et la formation de la soi-disant
- Fig. 5. — Canon du Rhône.
- Fig. 6. — Planche d'Arlod (en i8çy).
- p.392 - vue 396/647
-
-
-
- FORMATION DE LA PERTE ET DU CANON DU RHÔNE :...-.- 393
- Fig. 7 — Exploration de la Perte du Rhône le i3 Vendémiaire an III par Boisscl.
- Fig. 8. — Cataracte de la Glière, d’après Boisseh
- p.393 - vue 397/647
-
-
-
- 394 FORMATION DE LA PERTE ET DU CANON DU RHÔNE
- perte du Rhône se trouvent alors singulièrement éclairées et voici (sous réserve de la confirmation absolue de la profondeur qu’on croit lui avoir reconnue et que la vraisemblance lui prête) comment elles s’expliquent avec la plus grande simplicité :
- Le fleuve au pont de Lucey s’abîme réellement (en réduction de l’immense écroulement du Zambèze aux chutes Victoria ou de Kaïeteur en Guyane anglaise) dans le gouffre que forme la crevasse; mais l’étroitesse de celle-ci et l’abondance des eaux empêchent qu’une vraie cascade à dénivellation très apparente se forme; sans autre différence de niveau que celle ré-' sultant d’un courant très rapide, le Rhône remplit toute la hauteur de la fissure, écumant et furieux, mais sans véritable cataracte ; le fond de son lit doit se redresser à contresens du courant, et sa coupe longitudinale se relever d’amont en aval : il faudrait, pour être fixé, opérer des sondages dans le lit du fleuve; sa vitesse rend l’opération très difficile. Et on doit, pour le moment, se borner à cette supposition que la perle du Rhône deviendra une Klamme proprement dite, seulement le jour où le lit du fleuve se sera suffisamment approfondi en
- aval pour abaisser le plan d’eau dans la fissure et créer une vraie chute sous le pont de Lucey, disposition qui se trouve déjà réalisée par la Linth (canton de Glaris, Suisse) à la sortie d’une Klamme (chute de la Pan-tenbrücke). Jusque-là on ne pourra connaître bien exactement les détails précis d u phénomène qui, au premier abord et surtout quand les eaux sont hautes, ne paraît se présenter en somme que comme un passager et très singulier rétrécissement ; tout ce qui précède montre comment, en réalité, la perte du Rhône est bien un phénomène inachevé. Il y a plusieurs petites cavités d’affouille-ment latérales visibles : une sur la rive droite en amont du Pont, 2 ou 3 sur la rive gauche. A 2 km 1 /2 en amont de Rellegarde, la Val serine, au pont des Ouïes, présente également une petite Klamme en formation et précédée d’une cascade.
- Je mentionnerai encore que, d’après mes relevés barométriques (28 juin 1897 et 14 septembre 1902), les altitudes repérées sur les gares de Collonges (356,7 m.) et de Bellegarde (372,520 m.) sont les suivantes : pont des Ouïes 360 m, ; pont de Lucey 315 m. ; Rhône au point de la chute dite
- Fig. 9. — Défilé de Malpertuis, d’après Boissel.
- 6 w 2o Za 4a fc
- Fig. io. — Coupes du canon du Rhône, d’après Boissel.
- p.394 - vue 398/647
-
-
-
- BICYCLETTE-AMBULANCE
- 395
- perte 302 m. ; usine électrique 290 m.; sommet du roc au confluent de la Yalserine 325 m. ; bifurcation du chemin d’Arlod (r. g.) 370 m. ; sommet des falaises d’Arlod (r. g.) 340 m. ; planche d’Arlod : pont à 287 m ; fleuve à 280 m.
- Enfin, il est très nettement évident que, jadis, le Rhône a coulé 60 à 80 m. plus haut, sur le plateau (couvert de ses alluvions) qui porte Bellegarde :
- ses anciens lits et terrasses sont visibles jusqu’à Genève. Et la conclusion formelle de tout ce qui précède, est que le Rhône dans sa perte et son canon est beaucoup plus profond et moins achevé qu’on ne l’a cru jusqu’à présent. Nous exposerons dans un autre article comment ces notions nouvelles devront être prises en considération par le projet actuel d’utilisation! E.-A. Martel.
- CHRONIQUE
- Destruction des gaz dégagés dans la distillation des huiles minérales, des goudrons, etc.
- — Nos lecteurs savent que, soit pour la purification, soit pour la préparation de certains produits, tels que les vaselines, les pai’affines, le brai, etc., l’industrie est amenée à distiller ou à rectifier diverses substances appartenant au groupe des carbures d’hydrogène, telles que les huiles minérales, les goudrons, les résines. Or toutes ces matières en chauffant dégagent une plus ou moins grande quantité de gaz combustibles et pour éviter de perdre ces derniers, on les conduit assez généralement sous les chaudières dans lesquelles se fait la distillation pour y contribuer à leur chauffage ; ou bien on peut en alimenter des moteurs à explosion ou les faire brûler dans des chambres de combustion spéciales.
- Mais, dans ces différents systèmes, on peut craindre que, par suite d’un à-coup quelconque, il n’y ait un retour de flamme qui amènerait l’incendie ou l’explosion des chaudières. Afin de parer à ce danger, M. Yan der Heyde vient d’imaginer un appareil spécial, employant des toiles métalliques pour isoler l’appareil à distillation proprement dit de l’endroit où sont utilisés et brûlés les
- gaz combustibles. C’est là une application du système des lampes de Davy à la grande industrie.
- Les recherches aéronautiques en Angleterre. — Un récent décret de M. Asquith, le premier ministre anglais, crée une Direction des Etudes Aériennes, organisme officiel chargé de suivre et de provoquer les progrès de recherches aéronautiques, et d’indiquer à la guerre et à la marine les applications qui peuvent en résulter. En même temps, une Commission scientifique a été chargée d’organiser, sur des .bases méthodiques, les recherches expérimentales nécessaires aux progrès de la navigation aérienne, et qui constitueront une base solide à la technique aéronautique. Le président de cette Commission est Lord Rayleigh. Le « National Physical Labo-ratory » de Teddington sera le centre des recherches. Des crédits suffisants seront affectés à la Commission.
- On le voit, l’Angleterre, qui est encore fort en retard dans le domaine aéronautique, veut regagner le temps perdu. Le moyen qu’elle juge le plus efficace est précisément la création de ce laboratoire de recherches aériennes, qui, en France, nous fait encore défaut et dont nous avons plusieurs fois, ici même, réclamé la fondation.
- BICYCLETTE-AMBULANCE
- Si Paris peut se vanter d’avoir possédé un cimetière de chiens avant les autres capitales, exemple que s’empressèrent de suivre Londres et New-York, Londres peut se prévaloir d’une autre innovation : l'animais' hospital, qui n’accepte d’ailleurs que des pensionnaires payants.
- Le Londonnien que l’état de santé de sa bête favorite inquiète — qu’il s’agisse d’un chien, d’un chat, d’un cheval, d’un âne, — n’a que l’embarras du choix parmi les nombreux établissements qui se sont fondés depuis quelques années dans la capitale de l’Angleterre pour soulager les misères... animales.
- Ces hospices disposent même de voitures pour aller
- chercher les malades à domicile. Afin d’accélérer le transport dans les cas d’urgence, ils ont adopté depuis peu le système qu’illustre notre photographie. Un coffre en forme de niche, monté sur une paire de roues, reçoit le chien
- malade, qu’une motocyclette conduit rapidement à l’hôpital.
- A propos de cette photographie, signalons un. détail qui ne manque pas d’intérêt. Le véhicule est arrêté devant la maison où le Dr Scott donne ses consultations. Ce praticien s’est rendu célèbre par ses opérations chirurgicales exécutées sur des patients peu commodes à soigner : lions,, tigres et autres pensionnaires de ménagerie.
- La Bicyclette-Ambulance.
- p.395 - vue 399/647
-
-
-
- LES DIRIGEABLES « ZODIAC »
- Un nouveau type de ballons dirigeables vient de faire son apparition. 11 sort des ateliers de la Société française des ballons dirigeables et s’éloigne totalement des mastodontes aériens que sont les auto-ballons actuellement connus. Le premier de ces engins « Le Petit Journal » a déjà effectué quelques ascensions, sous la direction du comte de La Vaulx. En créant ce modèle, aussi petit que possible, démontable pour être facilement remisé, M. Maurice Mallet a songé surtout aux sportsmen qui, malgré leur désir, sont restés impuissants à assurer la réalisation de leur rêve de naviguer réellement dans l’atmosphère et sont encore forcés de s’en tenir au sphérique.
- Les dirigeables semblables à ceux que construisent les Lebaudy, et la société Astra sont, en effet,
- départ, c’est-à-dire limiter leurs voyages à des explorations environnantes.
- Sans être des dirigeables pour tous, les ballons
- « Zodiac » se présentent sous l’aspect de yachts aériens de plaisance permettant de longues randonnées par étapes successives, des atterrissages en plein air suivis, si cela est nécessaire, d’un dégonflement rapide-et d’un transport sur une voilure pour les conduire à l’abri ou à proximité de l’usine à gaz qui leur fournira à bon marché la force ascensionnelle, ou bien sur un wagon de chemin de fer pour les ramener à leur point de départ.
- Les constructeurs du « Petit Journal » ont tenu à montrer que pour établir un ballon dirigeable dont le prix soit relativement abordable — 25 000 francs — il n’est pas indispensable d’em-
- Fig. l . — Le dirigeable « Le Petit Journal « type Zodiac.
- Élévation du dirigeable Zodiac.
- B, enveloppe. — S1, soupape à gaz. — S2, soupape automatique à gaz. — S5, soupape à air. — R, ralingue. — Vd, volet de déchirure. — Pa, poche à air. — S, suspentes.— Em, empennage vertical. — G2, gouvernail vertical. — Cs1, corde de soupape supérieure. — Cs2, corde de soupape inférieure à gaz. — Cs5, corde de soupape inférieure à air. — tm, tube du manomètre. — ma, manche à air. — tg, commande du gouvernail vertical. — V, ventilateur de la poche à air. — N, nacelle. — vd, volant de direction. — G1, gouvernail de profondeur. — re, réservoir d’essence. — Ep, poste du pilote. — M, moteur. — am, arbre moteur. — D, démultiplicateur. — ah, arbre d’hélice. — II, hélice.
- des appareils extrêmement coûteux, contenant dans leurs flancs un gaz très cher et nécessitant, de plus, l’établissement de hangars pour les remiser. Il leur faut de toute nécessité revenir à leur point de
- ployer des matériaux de qualité inférieure. Le résultat qu’ils ont cherché a été obtenu en réduisant les dimensions de chacune des parties qui le composent et en supprimant celles dont la nécessité
- p.396 - vue 400/647
-
-
-
- DIRIGEABLES « ZODIAC »
- 397
- n’est pas absolue. La dirigeabilité n’en est pas moins acquise, avec une vitesse réduite, il est vrai,
- 25 millimètres d’eau et est également manœuvrable à la main, et la soupape S3 du ballonnet d’air P a, dont on connaît l’utilité; cette dernière s’ouvre sous une pression de 20 millimètres d’eau.
- Sur les flancs du ballon, au-dessous j de l’équateur, courent deux ralingues
- — une de chaque côté — auxquelles est attachée la suspension ; les pattes d’oies se prolongent par des suspentes métalliques supportant la nacelle. Tout à fait à l’arrière du ballon et à sa partie inférieure, on a disposé une surface verticale Em constituant l’empennage; elle mesure
- Fig. 3. — La nacelle sur un camion.
- mais cependant suffisante pour permettre au pilote de se rendre d’un point à un autre par les temps moyens.
- Le Petit journal cube 700 mètres;
- Fig. 4. — L’hélice.
- 6 m. carrés de surface et assure la stabilité de route; elle se termine par le gouvernail vertical G'2 de 5 m. carrés de surface. De plus, un empennage horizontal
- Fig. 5. — Le moteur dans la nacelle du dirigeable.
- la puissance de son moteur est de 16 chevaux, et sa vitesse par temps calme est de 28 kilom. à l’heure. Le ballon est de forme ellipsoïdale dissymétrique dont le diamètre, au maître-couple, est de 7 m. La longueur totale est de 30 m. et la surface de l’enveloppe 550 m. carrés. Ce dirigeable est presque un jouet. A la partie supérieure se trouve la soupape à gaz S'commandée à la main pour la manœuvre et le dégonflement. Sur le flanc du ballon, on voit en Vd, le panneau de déchirure. Sous l’enveloppe et à l’arrière sont placées la soupape automatique à gaz, S2, qui s’ouvre sous une pression de
- Fig. 6. — Le démontage de la nacelle.
- solidaire du premier assure la stabilité dans le sens vertical. Enfin un gouvernail de profondeur G' de 4m. carrés de surface donne la direction danslemême sens.
- p.397 - vue 401/647
-
-
-
- 398.. : L’ACUITÉ SENSORIELLE CHEZ LES AVEUGLES
- La nacelle présente quelque analogie avec celle de la Ville de Paris et du Clément-Bayard. C’est une poutre armée à section carrée faite en sapin. Elle mesure 13 m. 50 de longueur, 1 m. 25 de côté dans sa plus grande coupe, et elle est maintenue à 3 m. 50 au-dessous de l’enveloppe. Sa grande particularité réside dans l’assemblage des trois parties qui la constituent et qui sont très rapidement démontables, grâce à un dispositif spécial, breveté, de boulons et de tubes. Le moteur M occupe le centre de la nacelle : c’est un moteur Clerget à quatre cylindres venus de fonte dans un seul bloc et refroidis par une circulation d’eau avec radiateur et ventilateur. 11 actionne l’hélice par une démultiplication ; celle-ci tourne à 650 tours et son diamètre est de 2 m. 50 ; elle est placée à l’extrémité arrière de la nacelle. Le ventilateur qui envoie de l’air à l’intérieur du ballonnet est également actionné par le moteur. Le pilote est placé devant le moteur dans une cabine spéciale capable de recevoir un voyageur si l’on a eu soin de mélanger au gaz d’éclairage qui sert au gonflement une centaine de mètres cubes d’hydrogène. Dans le cas où ce dernier gaz serait absent, le pilote peut néanmoins
- emporter avec lui une provision de lest et d’essence suffisante pour lùi permettre d'effectuer un voyage de trois heures.
- Ce petit dirigeable ayant atterri, peut être dégonflé et démonté en trois quarts d’heure. Les photographies que nous publions montrent bien comment s’effectue l’opération et permettent de se rendre compte que le transport est aussi simple que celui d’un sphérique.
- Un autre type de Zodiac, démontable également, prendra prochainement l’atmosphère; mais il est un peu plus puissant, puisqu’il jauge 1200 m. cubes et que son moteur fait 45 chevaux. Sa vitesse atteindra alors 30 à 35 kilomètres à l’heure. Deux voyageurs pourront prendre place dans sa nacelle lorsqu’il sera gonflé au seul gaz d’éclairage; avec de l’hydrogène il en emportera trois.
- Ces petits dirigeables ne sont pas faits pour lutter avec nos grands engins militaires ; ce sont des dirigeables de promenade, pas plus chers qu’une belle auto, et qui pourraient également rendre certains services dans une campagne militaire. Ce sont les premières embarcations de plaisance pour la navigation aérienne. Lucien Fouiusieh.
- L’ACUITÉ SENSORIELLE CHEZ LES AVEUGLES
- Lorsqu’un organisme se trouve privé d’un sens, on admet en général que d’autres sens acquièrent chez lui plus de finesse, et parviennent, dans une certaine mesure, à suppléer les impressions absentes. Par exemple, on s’accorde pour dire que chez les aveugles l’ouïe, et surtout le toucher, sont beaucoup plus développés que chez les autres personnes, — ce qui leur permettrait de retrouver leur chemin avec une exactitude parfois étonnante.
- Cette opinion pourrait bien être erronée. M. J. G. Mac Kendric, dans Nature du 11 mars 1909, résume, en effet, les expériences effectuées par le professeur Gries-bach et par M. Kung, directeur de l’Institut des aveugles à Illzach-Müllhausen, expériences dont les résultats semblent la contredire. Ces recherches ont porté sur un grand nombre d’aveugles et sur des enfants des écoles du même âge qu’eux.
- Elles semblent avoir établi les faits suivants : les aveugles ne reconnaissent pas la direction des sons mieux que les autres personnes, et ne les perçoivent pas de plus loin ; ils ont aussi l’odorat moins développé. En un point du corps, par exemple à l’extrémité de l’index, la distance minimum à laquelle deux pointes qui s’y appuient légèrement sont senties comme distinctes, est d’ordinaire plus grande chez les aveugles, ce qui prouve qu’ils ont une sensibilité tactile moins délicate que les autres individus. Dans l’alphabet de Braille, comme on le sait, les lettres sont représentées par des combinaisons de points marqués en relief. On admettait que l’index de la main droite, dont se servent les aveugles pour lire, doit être particulièrement sensible. 11 n’en est pas ainsi : une trop grande sensibilité est plutôt défavorable à la
- lecture, et quand, chez les aveugles, sous l’influence du travail manuel par exemple, l’épiderme de la peau s’épaissit à l’index de la main droite, les lettres sont plus facilement reconnues.
- Il ne semble donc pas que, du fait de la cécité, les autres sens puissent acquérir plus de finesse. Ne doit-on pas plutôt admettre que, si un sens est défectueux, les autres organes des sens, provenant du même tissu embryonnaire, le seront aussi, et, par conséquent, qu’ils seront moins parfaits en moyenne chez les aveugles que chez les personnes normales ? Mais alors, comment expliquer la manière dont les aveugles évitent les obstacles et trouvent leur chemin?
- On a supposé qu’ils font attention aux courants d’air qui frappent leur visage et sont en outre guidés par des sensations de température. De fait, ils n’évitent pas aussi bien les obstacles lorsqu’ils ont le visage couvert. Souvent ils déclarent « savoir » qu’ils sont près d’un mur, et le « sentir », bien qu’ils ne le touchent pas. Dans l’hypothèse précédente, les faits de ce genre s’expliquent aisément.
- 11 convient donc de ne pas méconnaître l’importance de l’élément psychique. L’effort d’attention peut s’ajouter aux impressions sensibles : quelques-unes de celles-ci, dont nous n’avons pas d’ordinaire conscience, peuvent être aperçues grâce, à une attention suffisante, comme Helmhollz, entre autres, l’a montré. — Selon toute vraisemblance, les aveugles n’ont pas des sensations tactiles et auditives plus parfaites que les personnes normales ; mais, la nécessité les obligeant à leur prêter plus d’attention, tout se passe comme s’il en était ainsi.
- E. Maiuiie.
- p.398 - vue 402/647
-
-
-
- 399
- LE CIMETIÈRE MÉROVINGIEN DE PALEY (SEINE-ET-MARNE)
- Nous avons eu plus d’une fois l’occasion ici même de parler de la vallée du Lunain, des phénomènes curieux d’érosion souterraine qu’elle présente, et des stations humaines paléolithiques et néolithiques qui parsèment ses hords (Voir nos 847 et 895).
- Nous descendrons aujourd’hui le cours des âges et entrerons dans la période franchement historique.
- Une voie romaine qui longe la rivière et rejoint la grande voie d’Orléans à Sens, les déhris d’une grande construction pavée de mosaïques et que l’on croit être des Thermes ou un Temple de Vesta, un aqueduc et divers débris épars entre Lorrez-le-Bocage et Paley, montrent qu’il y eut là une agglomération romaine importante, sur laquelle aucun document historique ne nous est parvenu.
- 11 en fut certainement de même à l’époque mérovingienne commel’attestent de curieuses trouvailles faites à Paley et dont certaines datent déjà de près de trois siècles.
- Dom Morin (Histoire du Gâ-tinais), auteur du xvne siècle, mentionne déjà la trouvaille, devant l’église et le château de Paley, de grands cercueils de pierre renfermant des ossements et des armes. Ces cercueils existent encore en place.
- Au xixe siècle, lorqu’on fit les routes de Paley à Nanteau et à Remauville, on trouva un certain nombre de tombeaux semblables; de même lorsqu’on créa une petite place vers le château et la maison d’École. Nous ne pensons pas qu’il ait été rien publié alors sur ces trouvailles. Une grande partie des cercueils fut détruite, et l’époque d’inhumation fut toujours restée douteuse (dans le pays on attribuait tout, en bloc, aux Romains) si de nouvelles récoltes n’avaient eu lieu.
- En 1907, M. Lapille, cultivateur à Paley, en défonçant un terrain attenant à sa maison, mit à jour un grand sarcophage qu’il se hâta de briser pour recueillir les bijoux qu’il pensait y trouver.
- Bien conseillé par M. l’abbé Swab, curé du pays et par divers archéologues, M. Lapille apporta depuis un peu plus de méthode dans ses fouilles; les objets des tombes furent récoltés intégralement et les sar-
- cophages lurent mieux respectés. Contrairement aux affirmations de quelques amateurs, on peut dire, qu’à part les monnaies, il n’y a là, absolument rien de romain. Toute l’industrie et la parure appartiennent sans exception à l’art, dit chez nous mérovingien, appelé ailleurs barbare, frank, gothique, etc. ; et que l’on retrouve toujours à peu près identique à lui-même en Russie, en Hongrie, en Allemagne, en Italie, en Belgique, en France, en Espagne et même en Algérie. C’est l’art caractéristique des envahisseurs qui mirent fin à la civilisation romaine et s’établirent chez nous du ve au vne siècle de notre ère.
- Une huitaine de sépultures de pierre ont été mises à jour jusqu’ici par M. Lapille, et leur contenu indique qu’elles appartenaient à la classe riche.
- Devant ces sépultures d’autres ont été trouvées, dans lesquelles le cadavre paraît avoir été mis à même la terre, sans cercueil ni mobilier funéraire.
- Les sépultures dont nous connaissons la trouvaille aux xixe et xxe siècles sont au nombre de 57, disséminées sur une diagonale de 200 m. entre le champ Lapille et l’église de Paley ; nombre d’autres sont certainement à découvrir, car on ne peut guère supposer que le cimetière s’étendit uniquement en longueur. Il y eut donc là un centre d’habitation important.
- Examinons maintenant les objets trouvés en 1907-1909. Les monnaies, peu nombreuses, ont toutes été trouvées, croyons-nous, en dehors des sépultures.
- Ce sont : une monnaie gauloise des Senones, en bronze, anonyme avec tête de chef gaulois et cheval, une autre monnaie des Senones, une de Constantin II, de Mayence et deValens (les trois en bronze), une de la Colonie de Nevers, un sénatus-consulte, toutes par conséquent très antérieures à la période d’inhumation. On sait d’ailleurs que les monnaies romaines ont servi de monnaie courante pendant tout le Moyen Age.
- Les sarcophages sont en pierre calcaire tendre (tuffau?) étrangère à la localité.
- Ils sont pourvus d’un couvercle légèrement bombé ; ils sont tantôt piquetés comme nos pierres
- Fig. i. — Sarcophage trouvé à Paley en 1907. En cartouche : Un sarcophage brisé.
- p.399 - vue 403/647
-
-
-
- 400 = LE CIMETIÈRE MÉROVINGIEN DE PALEY (SEINE-ET-MARNE) ===
- de taille, tantôt pourvus de lignes disposées en arêtes de poisson. Une variété intéressante qui a été en partie brisée (fig. 1, en haut) est pourvue latéralement d’ornements en arête de poisson et sur uii bout (les pieds) d’un damier régulièrement tracé, avec des carrés alternativement en saillie et en creux, avec un léger rebord à la partie supérieure.
- Les fibules sont peu nombreuses. L’une d’elles (fig. 2, n° 2) est particulièrement intéressante. C’est une fibule à cinq rayons en bronze, ornée de grenats sur les rayons, de deux grenats enserrant une émeraude, à la base. (C’est ce que le propriétaire
- en grand nombre : parfois des fragments de cuir y sont encore adhérents. Elles sont en bronze analogue au bronze de cloche (fig. 2, nos 17, 18 et 20). 11 y a de petils ornements du même métal, en forme de lances ou de croix pattées (fig. 2, nos 8, 14, lè et 16) qui devaient être appliqués sur le cuir ou l'étoffe; des boucles d’oreille (fig. 2, nÜS 9, 10, 11 et 12) rappelant celles de llerpes (Charente), Alzev et Worms (Allemagne) Kouban (Russie), Breria (Italie), etc.,des bagues de divers métaux, un collier composé de grains de verre, d’ambre, de résine, de faïence, etc. (fig. 2, n° 7), une francisque (fig. 2,
- Fig. 2. — i, 3, 4, Francisque et poignards en fer; 2, Fibule en bronze; 5, à, Boutons or et grenats; 7, Collier; 8, 14, i5, 16, Appliques sur cuivre; 9, 10, 11, 12, Boucles d’oreilles; i3, Perles en verre; 17, 18, 20, Boucles de ceinturon en bronze; iç, Applique; 21, Flèche en fer.
- et un journaliste (la Croix de Seine-et-Marne, 24 mars 1907) appellent pompeusement un « diadème tout en or garni de pierres précieuses! »). Cette fibule en rappelle plusieurs autres trouvées, l’une à Sonyri (Aveyron), l’autre à Stuttgard (Wurtemberg), l’autre en Belgique (Musée de Liège) et publiées par le baron J. de Baye (Congrès archéologique de Liège 1890). Les boucles de ceinture sont
- n° 1) assez bien conservée, des poignards (fig. 2, nos 5 et 4) en fer, mal conservés, une pointe de flèche (fig. 2, n° 21), etc., etc.
- Tel est l’ensemble des récoltes faites dans ce cimetière mérovingien et nous avons cru bien faire de les signaler avant qu’elles ne fussent totalement dispersées aux mains des amateurs.
- Armand Viré.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance du 17 mai 1909 paraîtra dans le prochain numéro.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- p.400 - vue 404/647
-
-
-
- LA NATURE. - N» 1879.
- 29 MAI 1909.
- LES « POUSSE-POUSSE » DE L’AFRIQUE AUSTRALE
- Le jinricksha (que l’anglo-saxon prononce brièvement rickchâ) est sur la côte africaine de l’Océan
- Dans ce but, chaque homme se transforme en enseigne vivante. L’un se coiffera de cornes de bœuf domestique ou de cornes de buffle, auxquelles il gardera leur couleur naturelle (blanche ou noire), ou qu’il badigeonnera, au contraire, d’une couleur plus voyante, s’il ne pousse
- Fig. i. — « Pousse-pousse » de Durban guettant la clientèle.
- Indien, une note asialiqup^C’est la charrette à traction humaine.
- Ils sont infatigables, les cochers-traineurs de l’Afrique Australe. Et l’on se prend à admirer ces athlètes à la peau brune et huileuse qui peuvent traîner au grand trot leur cabriolet et la clientèle pendant trois ou quatre heures sans prendre le temps de souffler ou de s’abreuver, et par des chemins aux pentes pénibles. Mais l’admiration fait place à la pitié quand on apprend que le métier, s’il nourrit généreusement son homme, ne tarde pas à le mettre sur le flanc. Il est rare qu’un boy de Durban reste plus de quatre ans sous le harnais. Quand la phtisie ne l’a pas emporté avant ce terme, il lui faut se chercher une nouvelle occupation. Les costumes de ces coureurs vaudraient une longue description. Gomme les boys — des Cafres originaires, pour la plupart, de districts reculés — ne possèdent qu’un vocabulaire anglais extrêmement limité, ils s’ingénient à se constituer une individualité artificielle, dénaturé à simplifier leurs rapports avec la clientèle. N’oublions pas qu’aux yeux d’un blanc tous les nègres se ressemblent. Il est donc de l'intérêt du boy qu’un client qui fut satisfait une première fois de ses services puisse le reconnaître d’un coup d’œil, et le distinguer sans hésitation dans la file de rickshamen stationnés devant l’hôtel.
- Fig. 3. — Pour se distinguer de ses rivaux, le boy s’est composé une coiffure avec des plantes grasses.
- Fig. 2. — Ce cocher sud-africain porte aux épaules des ailes de cigogne, symbole de vitesse.
- pas le luxe jusqu’à les faire dorer ou argenter.
- L’autre accordera la préférence à une touffe de plumes d’autruche ou à une gerbe de plumes de la pampa. Il en est qui se coifferont de cornes d’antilope, ou qui se contenteront d’une brassée de rubans multicolores, à l’ancienne mode de nos conscrits. Enfin, certains portent leur choix sur des plantes grasses, qui leur composent des casques végétaux du plus étrange aspect.
- Le boy complète son enseigne en variant le reste du costume. 11 en est qui s’accrochent dans le dos des ailes d’oiseaux, symbole de vitesse, comme les cornes de bœuf sont des symboles de force et d’endurance, ou encore des ailes de papillon en papier de couleur. Les uns gardent leurs jambes nues, tandis que d’autres se les peignent de façon à simuler des bas unis ou à jour. Une mode fort en honneur parmi les robustes boys de Durban consiste à por-26. — 401
- 37e année. — 1er semestre.
- p.401 - vue 405/647
-
-
-
- 402
- UN PRÉCURSEUR DE L’AVIATION
- ter au-dessus des chevilles plusieurs rangées de coquillages remplis de petits cailloux, qui résonnent gaiment à chaque pas.
- Les boys sont soumis à des règlements de police, fort sévères.
- À la moindre infraction, on leur retire leur license et on les punit d’une amende. Une clause
- peu égalitaire que comportent ces règlements leur interdit de « charger » indifféremment des blancs ou des noirs. Aussi, la planchette qui joint l’extrémité des brancards de la ricksha porte-t-elle généralement celte inscription en grosses lettres : For Europeans only (Réservé aux Européens).
- V. Forbin.
- L’UNIFICATION DES UNITÉS LUMINEUSES
- Dans le but de déterminer aussi soigneusement que possible les rapports des unités photométriques d’Amérique, de France, d’Allemagne et de Grande-Bretagne, des comparaisons furent faites à différentes reprises durant les dernières années entre les unités lumineuses conservées au Bureau of Standards de Washington, au Laboratoire central d’Électricité de Paris, à la Physika-lisch-Technische Reichsanstalt de Berlin et au National Physical Laboratory de Londres.
- L’unité lumineuse du Bureau of Standards a été conservée par l’intermédiaire d’une série de lampes à incandescence électrique dont les valeurs avaient été déterminées à l’origine en fonction de l’Hefner.
- L’unité lumineuse du Laboratoire central d’Électricité est la bougie décimale, vingtième de l’étalon défini par la Conférence Internationale des Unités de 1884 et qui est prise comme 0,104 de la lampe Carcel conformément aux expériences de M. Violle.
- L’unité lumineuse de la Physikalisch-Technische Reichsanstalt est donnée par la lampe llefner brûlant dans une atmosphère à la pression barométrique normale (0 m. 76) et contenant 8,8 litres de vapeur d’eau par mètre cube.
- L’unité lumineuse du National Physical Laboratory est donnée par la lampe de 10 candies au pentane de Ver-non Harcourt brûlant dans une atmosphère à la pression barométrique normale (0 m. 76) et contenant 8 litres de vapeur d’eau par mètre cube.
- Outre les comparaisons directes des lampes à flamme effectuées récemment dans les Laboratoires Nationaux d’Europe, des mesures furent faites en 1906 et en 1908
- entre les unités européennes et américaines par l’intermédiaire de lampes électriques à filament de carbone soigneusement étudiées et le résultat de toutes ces comparaisons donne les relations suivantes entre les unités lumineuses énumérées ci-dessus.
- Aux erreurs d’expérience près, l’unité anglaise au pentane a la même valeur que la bougie décimale; elle est de 1,6 pour 100 moindre que la bougie étalon des États-Unis d’Amériqueet 11 pour 100 plus grande que l’unité llefner.
- Le Bureau of Standards a pris l’initiative de provoquer l’unification des mesures lumineuses en Amérique, en Angleterre et en France, et, dans ce but, a proposé de réduire son unité lumineuse de 1,6 pour 100. La date fixée pour ce changement est le 1er Juillet 1909.
- A partir de cette date, dans les limites de précision nécessaires.pour les besoins de la pratique industrielle, on pourra utiliser les rapports suivants :
- 1 Bougie Décimale = 1 Bougie Américaine = 1 Bougie Anglaise et l’unité llefner sera considérée comme égale à 0,9 de cette valeur commune.
- Le Bureau of Standards d’Amérique, le National Physical Laboratory d’Angleterre et le Laboratoire central d’Électricité, se sont mis d’accord pour assurer la constance de cette unité lumineuse commune.
- Sur l’initiative du Comité électrotechnique français puis du Comité électrolechnique britannique, la Commission électrotechnique internationale a été saisie d’une proposition tendant à donner à cette unité lumineuse commune le nom de « Bougie Internationale ».
- P. Janet.
- Directeur du Laboratoire central d'Électricité.
- UN PRÉCURSEUR EN AVIATION : LÉONARD DE VINCI
- En ce temps où triomphe l’aviation, il est singulier qu’on n’ait pas rappelé davantage le rôle de précurseur joué, ici comme en tant d’autres matières auxquelles a touché son merveilleux génie, par Léonard de Vinci. Sans doute Léonard n’a pas réussi à voler et, à cet égard, ses efforts pour imiter le vol des oiseaux pourraient être d’abord confondus avec ceux de tous les pauvres expérimentateurs qui, depuis Icare jusqu’à Simon le Magicien sans parler des modernes, n’ont réussi, en voulant monter, qu’à se casser le cou. Mais le grand artiste florentin avait, de plus qu’eux tous, le sentiment de la recherche scientifique, de la méthode expérimentale, et c’est ce qui prête un intérêt spécial aux manuscrits divers dans lesquels il a exposé ses études sur le vol des oiseaux.
- Ces documents précieux sont assez nombreux. La grande publication faite par M. Ravaisson-Mollien des manuscrits de la bibliothèque de l’Institut contient bien des pages
- consacrées à ce sujet, où l’on voit, par exemple, les dessins des ailes et des mécanismes destinés à les actionner1. Dans l’un, l’homme volant est représenté actionnant ses pédales, avec celte inscription : « Les ailes iront en croix, semblablement à l’allure du cheval ; c’est pourquoi j’affirme que ce système-ci est meilleur qu’aucun autre. » Des dessins sur le vol de l’homme, on en retrouve encore dans le célèbre recueil conservé’ à la Bibliothèque Ambroisienne, le Codex Atlantic us; mais leur coordination existe surtout dans un petit cahier de notes, que nous allons spécialement analyser2.
- L’histoire de ce manuscrit lui-même vaut la peine
- 1 Manuscrit B, fol. 73 à 89.
- 2 Ce manuscrit a été publié eu fac-similé, avec transcription italienne, traduction française et commentaire, par MM. Sabachnikoff, Fiumati et Ravaisson-Mollien en un volume in-folio sous le titre : I manoscritti di Leonardo da Vinci. Codice sul volo degli ucceli. (Paris, Rouveyre, 1893.)
- p.402 - vue 406/647
-
-
-
- UN PRÉCURSEUR DE L’AVJATJON
- 403
- d’être contée. Léonard l’écrivit rapidement, comme le montrent les dates insérées dans le texte, du 24 mars au 15 avril 1505. Il l’écrivit, suivant son système bien connu et qui prête à ses écrits un aspect si original, de droite à gauche, soit pour dépister les indiscrets, soit par simple habitude de gaucher, et l’illustra de croquis explicatifs dont nous donnons quelques reproductions. C’était un méchant cahier in-8 de trente pages, couvert en carton grossier. Quand il partit pour la France, il l’emporta avec ses autres manuscrits et, lorsqu’il mourut à Àmboise le 23 avril 1519, il le légua, comme tous ses écrits, avec « d’autres instruments et porlrails relatifs à son art et industrie des peintres » à son élève François Melzi. Celui-ci garda avec soin le précieux dépôt et refusa même de le céder à Alphonse de Fer-rare; mais, quand il mourut à son tour en 1570, ses héritiers reléguèrent le tas de papiers dans un grenier, ou commencèrent à le disperser, par morceaux, par feuillets, à travers l’Europe. Une anecdote racontée par Mazzenta dans ses mémoires montre avec quel dédain on envisageait ces paperasses sans valeur. Celui-ci rapporte, en effet, comment, en 1587, on lui oifrit treize livres de Léonard, qu’un certain Gavardi avait subtilisés aux héritiers de Melzi. Mazzenta honnêtement les rapporta à leur légitime possesseur : « Oh, répondit celui-ci, ce n’était pas la peine de vous déranger pour si peu; vous pouvez les garder ». Après diverses vicissitudes, le cahier traitant du vol des oiseaux parvint, avec quelques autres, en 1637 à la bibliothèque ambroisienne de Milan. Mais il ne devait pas y trouver encore le repos définitif, auquel les manuscrits ont droit dans les grands dépôts nationaux. En 1796, Bonaparte envoya à Paris toute la col-
- prétend faire voler l’homme à l’imitation de l’oiseau. 11 se croit assuré d’y réussir et jette à un moment ce cri « Du mont, qui porte le nom du grand oiseau,
- d’orgueil
- Fig. i. — Système destiné à mettre les ailes en mouvement.
- prendra son vol le fameux oiseau qui remplira le monde de sa renommée ». Pour y réussir, en un temps où naturellement il ne pouvait être question de moteur, il compte sur un système compliqué d’ailes en crin et en corde et son premier soin est naturellement de montrer (en quoi il se fait quelque illusion) que, ce système, l’homme sera capable de le mouvoir : « Si tu m’objectes que les nerfs et muscles de l’oiseau sont, sans comparaison, plus puissants que ceux de l’homme, attendu que toute la charnure de tous les muscles dans sa poitrine est faite pour le mouvement des ailes, avec ces os d’une pièce dans la poitrine qui sert de point d’appui, avec les
- Fig. 2. — Disposition des nervures des ailes.
- lection composée de treize volumes, dont un, le manuscrit dit Atlantique, resta à la Bibliothèque Nationale et les douze autres passèrent à la Bibliothèque de l’Institut. Dans le désordre des revendications de 1815, ce dernier lot fut oublié ou négligé, comme on laissa au Louvre les Noces de Gana trop encombrantes, (en échange d’un Lebrun), la mise au tombeau du Titien, les Mantegna, le Lorenzo di Credi, etc. Voilà donc le manuscrit fixé à Paris, ce semble définitivement. Mais, en 1840, Libri, ce membre de l’Institut trop fameux qui employait sa science et ses loisirs à dévaliser nos bibliothèques publiques, le vola avec beaucoup d’autres et l’expédia en Angleterre, où il le vendit à lord Ashburnham. Il est enfin passé de là dans les collections Manzoni et Sabach-nikoiï.
- La première lecture de ce cahier est, il faut le reconnaître, un peu déconcertante, comme l’est nécessairement celle d’un brouillon formé de notes jetées en désordre au jour le jour, dans lesquelles l’auteur néglige d’écrire le principal, la substance même de son idée, qu’il n’a pas besoin de fixer par écrit la connaissant trop bien. Peu à peu cependant on comprend mieux. Léonard
- Fig. 3. — La chauve-souris type de Vhomme-volant.
- ailes toutes tissues de gros nerfs et autres très forts ligaments de cartilages, je te réponds que cette force est surabon d a n t e , etc. » EL il s’attache à prouver que la puissance de l’aile est excessive chez l’oiseau, comme sont développés outre mesure chez tous les êtres les organes fondamentaux grâce auxquels ils réussissent à se défendre.
- L’oiseau doit pouvoir enlever, outre lui-même, un poids égal au sien, tripler sa vitesse pour échapper à une poursuite, etc. ; en réalité il agite à peine ses ailes pour se soutenir et d’autant moins qu’il est plus grand ; son vol est une simple question d’équilibre, où l’aile, qu’il se contente de diriger et d’incurver, joue sous le vent le même rôle passif que la voile d’un navire.
- Quelle forme conviendra-t-il donc de donner aux ailes de l’homme-volant ?
- Comme plan général, il pense aussitôt à la chauve-souris, devançant ainsi de plusieurs siècles, dans la mesure où cela était possible de son temps, la dernière tentative déjà heureuse qui a précédé nos aéroplanes. « Ton oiseau ne doit pas imiter autre chose que la chauve-souris, à cause de ce que les membranes font, chez elle, une armure, ou liaison aux armures, qui donne de la résistance aux ailes » (fig. 5). Pour la réalisation, il comptait « sur des jointures de
- p.403 - vue 407/647
-
-
-
- 404
- UN PRECURSEUR DE L’AVIATION
- forts cuirs tannés et des nerfs de corde de soie crue très forte », en évitant avec soin les ferrures. Une série de croquis, dont les figures 1 et 2 donnentdes spécimens, montrent les systèmes compliqués dont il avait étudié le détail et que je ne me chargerai pas d’expliquer plus que ne le fait le manuscrit. On y voit seulement que l’homme devait être engagé jusqu’à la ceinture dans un appareil actionné par ses pieds, avec des treuils et des ailes soutenus au-dessus de sa tète. La partie haute du corps restait libre, afin de pouvoir faire les mouvements
- destinés à réaliser l’équilibre.
- Notre croquis 1 montre un levier cd, guidé obliquement par la sangle ab de manière à provoquer le mouvement des ailes de haut en bas et d’avant en arrière. Le pied, appuyant sur un étrier g, agit, par l’intermédiaire d’une poulie, sur ce système. La figure 2 montre la disposition à donner aux nervures des ailes, etc.
- Mais plus que par ces mécanismes fatalement voués à l’insuccès, le travail de Léonard est intéressant par la série de ses observations sur le vol des oiseaux et par l’analyse très fine qu’il en fait afin de démontrer la réalisation d’un équilibre permanent due à la combinaison des forces agissantes : pression du vent, reçue par l’oiseau sur des surfaces incurvées et mobiles dont il modifie sans cesse la disposition ; pesanteur ; effort musculaire. 11 insiste sans cesse sur le peu de travail réellement effectué par l’oiseau, qui ne se charge pas de lutter lui-même contre la pesanteur, mais utilise à cet effet la force du vent, dont son effort, semblable à celui du navire qui manoeuvre ses voiles, consiste à recevoir l’impulsion sur ses ailes et sur sa queue dans des conditions appropriées. « La montée des oiseaux sans battements d’ailes
- Fig. 4. — Appareil pour déterminer le centre de gravité de l’oiseau.
- Fig. 5. — 1. L’oiseau tend à tomber. — 2. Il monte.
- ne naît pas d’autre chose que de leur mouvement circulaire dans le mouvement du vent», grâce auquel ils s’élèvent progressivement en hélice... «Quand l’oiseau semble arrêté en l’air sans battre des ailes et sans changer de place, il arrange ses ailes suivant une obliquité telle que le vent, qui le frappe en dessous, ne lui fait pas un coin susceptible de s’élever, mais lui imprime une force ascendante seulement égale à son poids »... « Le milan et les autres oiseaux qui battent peu des ailes, vont cherchant le cours du vent; et, quand le vent règne en haut, alors ils seront vus à une
- Fig. 6. — Oiseau résistant au vent dirigé suivant b a.
- grande hauteur; et, s’il règne bas, ils se tiennent bas. Quand le vent ne règne pas dans l’air, alors le milan bat plusieurs fois des ailes dans son vol, de telle façon qu’il s’élève et acquiert de l’élan, avec lequel élan, déclinant ensuite un peu, il va un long espace sans battre des ailes; et, quand il s’est abaissé, il fait de nouveau de même; et cet abaissement, sans battre des ailes, lui sert de moyen de se reposer dans l’air après la fatigue du susdit battement d’ailes. Tous les oiseaux qui
- volent par secousses s’élèvent un peu avec leur batte-
- ment d’ailes, et, quand ils s’abaissent, ils se reposent parce que, dans leur descente, ils ne battent pas des ailes, etc... »
- Etant donnée l’importance essentielle de l’équilibre, Léonard commence par combiner un appareil destiné à trouver le centre de gravité de l’oiseau (fig. 4), Jpuis analyse,
- avec des détails minutieux
- dans lesquels nous ne pouvons le suivre, les positions que
- l’oiseau donne à ses ailes et
- à sa queue pour monter, descendre, se tourner, résister à telle ou telle pression du vent.
- Deux ou trois exemples suffiront à donner une idée de ces recherches qui occupent la plus grande partie du cahier.
- Voici, par exemple, un oiseau tombant la queue en bas (fig. 5) ; qu’il jette la queue en arrière, il passera de la position 1 à la position 2 horizontale ; s’il la jetait en avant, il se renverserait.
- Ailleurs, l’oiseau, en prenant la position def par une direction du vent be (fig. 6), réduit la composante sur ab par rapport à celle sur ef, surtout s’il place ses ailes dans le sens du vent cl tend ainsi à reprendre la position d’équilibre d’avoir le haut du corps ramené en arrière.
- De même (fig. 7), en repliant l’aile inférieure et allongeant celle du dessus, il réduit la pression en c, même si la force du vent est plus grande en c qu’en b,tct évite ainsi d’être renversé, etc.
- Léonard insiste enfin sur la nécessité, pour l’oiseau artificiel comme pour l’oiseau naturel, de voler le plus haut possible, tant pour découvrir plus de pays que pour avoir le temps de reprendre son équilibre si celui-ci venait à être troublé pour une cause quelconque.
- Il est inutile d’ajouter pourquoi toutes ces études ne pouvaient aboutir avant l’invention d’un moteur assez léger pour venir en aide à la force musculaire de l’homme.
- Mais ces recherches, qui tinrent une grande place dans la vie de Vinci, montrent assez comment l’artiste admirable, qui fut en même temps le premier en date des géologues, architecte, ingénieur fameux, poète, etc., mérite encore une place d'honneur dans l’histoire de l’aviation. L. De Lauxay.
- horizontale au lieu
- Fig. 7. — Oiseau résistant au vent.
- p.404 - vue 408/647
-
-
-
- = 405
- LES NUAGES
- Un nuage quelconque n’a pas d’existence propre. Sa masse ne constitue pas un ensemble invariable, mais est le siège de mouvements continuels et de modifications incessantes. Un nuage n’est que « la forme visible de la portion de l'atmosphère dans laquelle se trouvent momentanément réunies les conditions de la condensation1. »
- Malgré leurs aspects, si variés à première vue, les formes des nuages sont cependant peu nombreuses et plusieurs d’entre elles très différentes.
- Pour en faciliter la désignation rapide, sans avoir à craindre de méprise, on a cherché à les classifier2.
- Un grand nombre d’essais de classification ont été tentés depuis L. Howard, au commencement du xixe siècle, jusqu’à nos jours. Les limites restreintes
- Fig. 2. — Cirro-cumulus.
- que je me suis imposées ne me permettent pas de passer en revue les diverses nomenclatures proposées; elles se ressemblent d’ailleurs en plus d’un point5.
- Celle que j’ai suivie a été élaborée par MM. R. Abercromby et H. H. llildebrandsson4.
- Bien que le cadre en soit un peu étroit et qu’elle soit susceptible d’améliorations, il y a cependant avantage-à l’employer de préférence à toute autre parce qu’elle a été recommandée, en vue de mettre de l’unité dans l’étude des Nuages, par la Commission internationale des Météorologistes, réunie à Munich en 1891.
- Les nuages ont été partagés en deux types généraux : a) Formes divisées ou en boules (plus fréquentes quand le temps est sec); — b) Formes étalées ou en voile (accompagnant les temps pluvieux).
- Cette première démarcation établie, les nuages
- t Ducladx. Cours de physique et de météorologie, p. 372. Paris, 1891 ; in-8°. — 2 Le principe d’une classification se .justifie par celte remarque que les formes des nuages sont les mêmes dans tous les pays. On pourra consulter : R. Abercromby. On lhe idenlity of cloud forms ail over the world [Quart. Journ. of the Roy. met. Soc., t. XIII, 1887, pp. 140-146. — R. Abercromby. Seas and skies in many latitudes. London, 1888 ; in-8°. — 3 II. Clayton a publié dans les Annals of the Astr. Obs. of Harvard College (Vol. XXX,
- ont été répartis en dix classes groupées en cinq sections, de la façon suivante.
- Fig. i. — Cirrus.
- 1. Nuages supérieurs : a) Cirrus (ait. moy. 8750 m.); —b) Cirro-stratus (ait. moy. 6850 m.).
- II. Nuages moyens : a) Cirro-cumulus (ait. moy. 5750 m.); alto-cumulus (ait. moy. 5980 m.); — b) Alto-stratus (ait. moy. 5810 m.).
- Fig. 3. — Alto-cumulus.
- lus (ait. moy. 1540 m.); — b) Cumulo-nimbus (ait. moy. 5950 m.).
- V. Brouillards élevés : Stratus (ait. moy. 940 m.)5.
- p. IV, Cambridge, 1896 ; in-4°), un travail intitulé : Discussion of the Cloud observations, dans lequel il analyse au chapitre Ier (Historical sketch of cloud nomenclatures), les diverses nomenclatures proposées depuis L. Howard. — II. H. IIirdebraxdsson. Remarks concerning lhe nomenclature of clouds for ordinary use. (Ibid., pp. 148-154.)— 4 R. Abercromby. Suggestions for an international nomenclature of clouds. (Quart. Journ. of lhe Roy. met. Soc., t. XIII, 1887, pp. 154-162). — 3 La classification que nous venons d’indiquer est une classification empirique, uniquement basée sur la forme apparente des nuages. Au point de vue de leur constitution physique, on peut les répartir en trois grou-
- p.405 - vue 409/647
-
-
-
- 406 ==:=_=:==--.--==== LES NUAGES
- Yoici les descriptions de chacune de ces dix formes principales. Afin de les rendre plus explicites, nous les avons accompagnées de figures.
- Cirrus. — Nuages de couleur généralement blanche, présentant la forme d’une touffe de plumes (fig. 1), d’une chevelure bouclée, d’un panache, de l’épine dorsale d’un poisson garnie de
- Fig. 4. — Strato-cumulus.
- ses arêtes. Ils sont parfois disposés en bandes qui traversent une partie de la voûte du ciel comme des méridiens et semblent, par un effet de perspective, converger vers un point ou deux points opposés de l’horizon (souvent les cirro-stratus et les cirro-cumulus participent à la formation de ces bandes). Halos rares; jamais de couronnes.
- Cirro-stratus. -r- Voile blanchâtre, tantôt tout à fait diffus et donnant au ciel un aspect laiteux, tantôt montrant plus ou moins distinctement une structure fibreuse. Halos fréquents ; parhé-lies; jamais de couronnes.
- Cirro-cumulus (fig.
- 2). — Petites balles ou petits flocons blancs, sans ombre ou avec ombres > très faibles, qui sont disposées en groupes et souvent en files.
- Ils donnent au ciel l’aspect communément appelé ciel moutonné.
- Couronnes parfois très belles; jamais de halos.
- Alto-cumulus (fig. 5). — Balles plus grosses, blanches ou grisâtres avec des parties ombrées, disposées en groupes ou rangées en files et parfois
- pes : 1° Ceux entièrement constitués par de petits cristaux de glace (nuages supérieurs) ; 2° ceux pouvant renfermera la fois des particules de glace et des gouttelettes d’eau liquide (cirro-cumulus ; cumulonimbus) ; 3° ceux formés d’eau liquide (alto-cumulus, alto-stratus, nuages inférieurs, cumulus, stratus).
- Nous ajouterons que les particules liquides sont des goutte-
- si serrées que leurs bords se rejoignent. Au milieu du groupe, les balles sont généralement plus grosses et plus compactes (passant au strato-cumulus) que sur les bords où elles forment des flocons plus fins (passant au cirro-cumulus). Elles produisent l’apparence connue sous le nom de ciel 'pommelé.
- Alto-stratus. — Voile épais de couleur grise ou
- Fig. 5. — Nimbus.
- bleuâtre qui montre dans la direction du Soleil ou de la Lune une partie plus brillante. Ces nuages peuvent présenter toutes les formes de transition avec les cirro-stratus. Quelquefois des couronnes, jamais de halos. La pluie tombe parfois de ce nu^ge.
- Strato-cumulus (fig. 4). — Grosses balles ou bourrelets de nuages sombres qui couvrent fréquemment tout le ciel, surtout pendant la saison froide, et lui donnent une apparence ondulée. Ils se distinguent des Nimbus par leur apparence et parce qu’ils ne sont pas comme eux précurseurs de la pluie. Leurs formes offrent toutes les transitions jusqu’aux alto-cumulus avec lesquels il est parfois difficile de ne pas les confondre. La couche de stratocumulus n’est pas très épaisse et présente souvent des éclaircies à travers desquelles on aperçoit le bleu du ciel.
- Nimbus (fig. 5). — Couche épaisse de nuages sombres, sans forme nette, à bords déchiquetés, d’où tombent les pluies ou les neiges persistantes sans que les précipitations constituent cependant
- lettes pleines et non pas des vésicules creuses, formées d’une mince enveloppe liquide et remplies d’air ou de vapeur d'eau.
- La dimension de ces sphérules varie suivant la nature des nuages. On peut admettre 0,02 mm., c’cst-à-dire un cinquantième de millimètre comme valeur moyenne du diamètre.
- Fig. 6. — Cumulus.
- p.406 - vue 410/647
-
-
-
- LES NUAGES
- 407
- un caractère nécessaire. Par les interstices que peuvent présenter ces nuages, on aperçoit presque toujours une couche d’alto-stratus.
- transition avec les nimbus. Souvent les vents forts les déchirent et l’on donne alors aux lambeaux ainsi détachés le nom de fracto-cumulus.
- Cumulo-nimbus1 (fig. 7). — Masses puissantes de nuages dont le sommet s’élève en forme de montagnes ou de tours et dont la base est en général constituée par des nuages sombres analogues aux nimbus. Souvent on distingue, surmontant les mamelons supérieurs, un voile de structure fibreuse (faux cirrus)2 qui, parfois, affecte la forme d’ « enclumes » ou de « champignons ». Ce sont les nuages caractéristiques des « giboulées » et des orages.
- Stratus (fig. 8). — Nuages gris qui ne donnent pas de pluie. l)e loin, ils apparaissent, par un effet
- Fig. 7. — Cumulo-nimbus.
- Parfois, leur partie inférieure se déchire en petits lambeaux animés d’un mouvement rapide. On peut désigner ceux-ci sous le nom de fr ado-nimbus.
- Cumulus (fig. 6). — Nuages épais, nettement limités, dont le sommet est en forme de dôme garni de
- Fig. 8. — Stratus.
- de perspective, sous la forme d’assises ou de strates allongées, en général, parallèlement à l’horizon. Vus par-dessous ils produisent l’effet d’un voile uniforme qui, souvent, couvre tout le ciel ou une grande partie du ciel. Le « temps gris » d’hiver, sans pluie, est occasionné par des stratus.
- Ces nuages ne different des brouillards que par leur altitude. Ce sont des brouillards élevés. Quand ils sont déchirés par le vent ou par les sommets des montagnes en lambeaux irréguliers, on peut alors leur donner le nom de frado-stratus.
- Remarque 1. — Des observations précises ne laissent aucun doute sur l’existence de « nuages en
- Fig. ç. — Mammato-cumulus.
- protubérances arrondies, tandis que leur base est généralement horizontale.
- Ces nuages présentent de très beaux effets de lumière et d’ombre. Éclairés par devant par le Soleil, ils apparaissent à l’observateur plus brillants au milieu que sur les bords ; quand l’éclairement vient de côté, ils offrent des ombres assez fortes, enfin, quand ils sont éclairés par derrière, ils paraissent sombres avec une bordure brillante.
- Par mauvais temps, les cumulus perdent leur forme régulière et présentent toutes les formes de
- Fig. io. — Nuages en stries. sac », c’est-à-dire de nuages dont les convexités
- 1 Le nom de cumulo-nimbus paraît avoir été employé pour la première fois, en 1881, par Ph. Weilbach.
- 2 La Commission internationale a donné à cette masse nuageuse le nom de « faux cirrus », non pas qu’elle
- mît en doute l’état de congélation de ses parties constituantes, mais parce qu’elle voulait établir une distinction avec les « véritables cirrus » qui flottent à une plus grande altitude.
- p.407 - vue 411/647
-
-
-
- 408
- LE KOLATIER
- regardent le sol et qui peuvent faire partie soit d’un cumulus, soit d’une couche de cirrus.
- Selon le.cas, ces apparences sont désignées sous le nom de mammato-cumulus (fig. 9) ou de mam-mato-cirrus1.
- Remarque 11. — Parfois, il arrive que certains nuages sont disposés en stries régulières, parallèles et équidistantes comme les ondes à la surface de l’eau (fig. 10). C’est le cas, par exemple, pour les cirro-cumulus et les strato-cumulus. Quelquefois aussi, il y a apparence de deux systèmes distincts
- accusés par des stries orientées suivant deux directions.
- Remarque 111. — Il convient d’observer les nuages, autant que possible, à une certaine hauteur au-dessus de l’horizon, ni trop bas ni trop haut.
- Trop près de l’horizon, la perspective altère, en effet, la forme des nuages. Trop près du zénith, on ne voit le nuage que par sa face inférieure, ce qui empêche d’en apprécier la forme avec exactitude. J. Loisel.
- LE KOLATIER
- La noix fraîche de kola. — La kolatine de A. Goris.
- Il y a bientôt 20 ans, l’explorateur Binger2, parlant de la noix de kola, s’exprimait ainsi : « Pour bien définir les propriétés du kola, il faudrait en faire de minutieuses analyses et surtout pouvoir
- de cet intéressant produit s’est enrichie de nouvelles données à la fois botaniques, chimiques, médicales et commerciales.
- Au point de vue botanique, les premiers rensei-
- * Louis:
- AFRIQUE
- OX! DENTA LE
- Tnanspo
- rs/l'AfrU
- ïamakq.
- ree-Tswrr? leoi
- u me
- w Grands centres d'approvisionnement an noise de Kolas. ........ Chemins de, ffer
- ym Z imite de culture du Jfolaiier officinal. WÊÊÈ: hilare, dzi- Kolalier d 5 cotylédons (non officinal J Fig. i. — Répartition du kolatier dans l’Afrique Occidentale.
- employer, en France, le fruit frais et non desséché. Je le crois appelé à rendre de réels services. Pour l’Européen qui en use au Sénégal, son bienfait est indéniable. Tous ceux qui s’habituent à en mâcher s’en sont bien trouvés et ont été moins éprouvés par les fièvres. Pour moi, je crois que l’usage de ce fruit supprime l’essouflement, prolonge le travail musculaire et calme assurément la faim. — C’est un tonique par excellence. »
- Depuis cette époque, les travaux sur la noix de kola ont été très nombreux et notre connaissance
- 1 J.-B. Lamarck avait classé la première forme sous le nom de nuage boursouflé. A. Poëy les dénommait « globo-cumu-lus » et « globo-cirrus ».
- 2 « Du Niger au golfe de Guinée », lib. Hachette.
- gnements fournis autrefois (1804) par Palisot de Beauvois ont été complétés récemment par les rapports du docteur Aug. Chevalier (1907).
- Le kolatier1 appartient à la famille des Stercu-liacées2. C’est un bel arbre de 15 m. de haut environ, poussant naturellement dans l’Afrique occidentale entre le 10e degré de latitude nord et l’équateur. Son port rappelle celui du châtaignier, son feuillage est sombre, ses fleurs petites, blanches, rayées de brun (fig. 2), s’épanouissent toute
- 1 Sterculia acuminala (Palisot de Beauvois). — Cola acuminala (Robert Brown). — Siphoniopsis monoica (Karst).
- 2 Les cacaoyers appartiennent également à la famille des Sterculiacées.
- p.408 - vue 412/647
-
-
-
- - ' ..........= LE K
- l’année, avec deux maximums, l’un en janvier, l’autre en juillet. 11 y a donc deux récoltes de fruits par an. Ce fruit est une gousse brune renfermant une dizaine de graines (noix de kola) — souvent moins, rarement plus — grosses comme des marrons. Les graines sont à 1, 2 ou plus de 2 cotylé-
- D
- Fig. 2. — Le Kolaiier. — A, rameau fleuri; 1 isolée et ouverte pour montrer les graines; D gousse; E E, ces mêmes grai
- dons. Il semble que les noix les plus actives sont celles ayant le moins de cotylédons.
- Les noix de kola sont blanches ou rouges (souvent, dans le même fruit) et, il est important de faire remarquer ici que cette différence de couleur n’influe en rien sur les propriétés thérapeutiques : les noix blanches, malgré un préjugé répandu et mal fondé, valent en tous points les noix rouges
- , ATI ER ....................-.......... 409
- qui ne leur sont supérieures en rien. Le kolatier est en plein rapport vers l’âge de 15 ans; sa production annuelle peut atteindre alors 1200 à 1500 noix.
- Chimiquement, la noix de kola, en raison de ses propriétés toniques, remarquées par tous les voya-
- ?, fruit à cinq gousses; C, l’une des gousses D, graines à deux cotylédons isolées de leur nés coupées transversalement.
- geurs, qui ont parcouru la Guinée, la Côte d’ivoire et le Dahomey, a été l’objet d’un nombre considérable de travaux1 qui ont abouti à la découverte,
- 1 F. Daniell (1864) ; J. Atlfield (1865) ; Ileckel et Schlagden-haufen (1884); Knebel (1892); Heckel (1893); J. Jean (1896); Knox et Prescott (1897); C. Schweitzer (1898); Koenig (1904); Chevrotier et Vigne (1906) ; A. Goris (1906) ; A. Goris et L. Arnould (1907); J. Chevalier et A. Goris (1907). — Em. Perrot et A. Goris (1907), etc.
- p.409 - vue 413/647
-
-
-
- 410 ' LE KOLAT1ER
- dans ce fruit, d’un principe actif, caractéristique : la kolatine.
- Déjà en 1864 F. Daniell en avait extrait de la caféine; Liebig avait confirmé les recherches de Daniell et J. Atlüeld (1865), faisant une analyse complète de la noix sèche de kola, lui avait trouvé la composition centésimale suivante :
- Eau, 15,65; cellulose, 20,00; cendres, 5,2; amidon, 42,50; mat. azotées, 6,55; glucose et gomme, 10,65; huile fixe, 1,52; caféine, 2,15.
- Après lui, Heckel, en 1885, extrait de la noix de kola sèche le rouge de kola (?), substance amorphe, qu’il reconnaît être le principe actif. Schlagdenhaufen1 appuie du crédit de son nom la découverte de Heckel, et, à partir de cette époque, la noix de kola entre dans la thérapeutique. Quelque temps après commence entre Germain Sée et Heckel une discussion contradictoire des plus intéressantes. G. Sée prétend que l’action tonique de la noix de kola est exclusivement due à la caféine qu’elle contient; Heckel, soutient, que c’est particulièrement à la présence du rouge de kola, qu’il faut attribuer ces mêmes propriétés. Les travaux de Ivnebel2 semblent trancher la question. Cet auteur affirme, en effet, que le rouge de kola de Heckel est surtout constitué par un glucoside lequel donne de la caféine dans ses produits de dédoublement. Ainsi se trouve expliquée son action stimulante et, pour préciser l’origine de ce glucoside, il le nomme kolanine.
- Les choses en restèrent là jusqu’en 1906, époque à laquelle A. Goris découvrant dans la noix de kola fraîche, la kolatine5, corps cristallisé, défini, à fonction phénolique, démontra que c’était à ce produit, bien plus qu’à la caféine que la noix de kola devait la caractéristique de ses propriétés thérapeutiques4. Nous n’entrerons pas dans le détail de cette préparation qui est décrite dans le Bulletin des sciences pharmacologiques (nos 10 et 11, oct. et nov. 1907, MM. E. Perrot et A. Goris), nous dirons simplement que la kolatine n’existe que dans la noix de kola fraîche ou stérilisée et que la dessiccation la détruit complètement. Cela explique la différence d’action physiologique observée entre l’ingestion des noix fraîches et celle des noix sèches.
- « La kolatine est peu toxique et présente des effets particulièrement antagonistes de ceux de la caféine, empêchant ou diminuant considérablement
- 1 Journal de pharmacie et chimie, 5e série, VII, VIII.
- 2 Répert. de pharmacie, 1892.
- 3 C. R. Ac. Sc., 1907, CXLIV, 1162. •
- 4 La noix de kola fraîche contient de 5 à 7 pour 100 de
- kolatine.
- l’action contracturante de la caféine sur les muscles et, en particulier, sur le myocarde. La kolatine étant détruite par la dessiccation, la kola sèche et toutes les préparations qui en dérivent n’ont guère d’autre action que celle d’un mélange de tanin et de caféine1. »
- Ainsi, aujourd’hui, semble bien démontré, l’intérêt que présenterait, pour la thérapeutique, la substitution de la noix de kola fraîche à la noix de kola sèche2.
- Les nègres, qui ignorent le vocabulaire chimique, mais qui ne sont pas dépourvus d’esprit d’observation, ont, depuis longtemps déjà, remarqué cette différence d’action, aussi, donnent-ils beaucoup plus de valeur à la noix fraîche. A Sierra-Leone la kola s’achète par mesure de 45 kgs et se paye de 50 à 150 francs selon la saison : à l’état frais, le kola augmente de 45 pour 100 de sa valeur et peut valoir jusqu’à 250 francs la mesure3 4.
- Une seule graine, en saison, vaut à Gorée, de 0 fr. 50 à 0 fr. 50 la pièce. Sur les bords du Niger les tribus de l’intérieur payent le kola jusqu’à 5 francs la graine et dès qu’elle y devient un peu rare, la même graine est estimée le prix d’un esclave. Enfin, parfois, auprès de certaines tribus très éloignées de la mer, les marchands mahométans arrivent à échanger leur poudre de kola contre l’équivalent en poudre d’or4.
- Un kolatier est un capital, aussi n’est-il pas rare de voir, en Guinée française, les pères de famille planter, le jour de la naissance de leur fils, une noix de kola entourée du cordon ombilical du nouveau-né; l’arbre qui se développera, formera le patrimoine de l’enfant8.
- Chez les nègres, la noix de kola constitue un important cadeau de noce. On jure sur des noix de kola, puis on les mange. Entre amis, échanger des noix de kola, est une marque de politesse des plus appréciées.
- Les lieux de concentration et d’exportation de la noix de kola sont :
- Sur le littoral : Free-Town qui exporte sur Dakar, Monrovia sur Boulam, Grand-Bassam sur la France, Sekondi sur Lagos, Accra sur l’embouchure
- 1 Bull, de l’Office colon., Suppl, au u° 7 (juil. 1908), Em. Perrot.
- 2 Voir également, La dépêche coloniale des 7 et 10 octobre 1908.
- 3 Heckel.
- 4 Au commencement du xixe s. le kola était d’un prix si élevé à Sierra-Leone, qu’une femme esclave fut vendue pour 50 de ces fruits (Heckel).
- 6 .Bull, de la Soc. nat. d’acclim. de France, H. Fillot, 1906.
- 200 tonnes
- Fig'. 3. — Importations composées de la noix de kola- sèche et de la noix de kola fraîche
- en France de iS83 à iço8.
- p.410 - vue 414/647
-
-
-
- === L’ÉCLAIRAGE AU THÉÂTRE
- du Niger, et, loin du littoral : Kissidougou, Beyla, Sikasso, Kintampo qui exportent, par la voie des caravanes, vers les régions profondes du désert (fig. 1).
- L’importation de la noix de kola sèche, en Europe, a commencé vers 1885 (lîg. 5). Depuis cette époque, jusqu’en 1893, elle n’a cessé d’augmenter et elle atteignait environ 800 tonnes dont 200 pour la France1.
- À partir de 1893, l’importation européenne est restée à peu près stationnaire jusqu’en 1905, date
- L’ÉCLAIRAGE AU THÉÂTRE
- Quand on arrive à sa place dans une salle de spectacle on est tout disposé à accepter, surtout dans les opéras, les situations les plus invraisemblables, car on sait qu’au théâtre tout est conventions. Cependant, par une sorte de compensation, on recherchera une scrupuleuse exactitude dans les détails de la mise en scène, dans le style du cos-
- PAR LE PROCÉDÉ FORTUNY :—:— 411
- à partir de laquelle on a commencé à importer de la noix de kola fraîche sur les marchés français et allemands1. Depuis, l’importation de la noix fraîche n’a cessé de s’accroître tandis que l’importation de la noix sèche diminuait dans la même proportion et, bien que l’on ne puisse encore établir son jugement sur un laps de temps suffisamment prolongé, on peut prévoir, pour l’avenir, un moment où la noix fraîche se sera substituée entièrement à la noix sèche et l’aura remplacée dans toutes ses préparations pharmaceutiques. G. Loucheux
- ’AR LE PROCÉDÉ FORTUNY
- nature ; la tâche est difficile et cela tient en grande partie au mode d’éclairage employé. On a remplacé la chandelle par les quinquets, puis ceux-ci par le gaz, enfin par l’électricité ; mais l’emplacement des points lumineux est resté le même qu’autrefois et les décors reçoivent directement les rayons jaunes des lampes à incandescence, les seules qui soient
- Fig. i. — Disposition généralement adoptée pour l’emplacement des lampes à incandescence qui éclairent la scène d’un théâtre. La vue est prise du fond de la scène; on voit au loin la salle.
- tume et du mobilier: le décorateur s’efforcera de restituer le site, le monument, avec la vérité de la
- 1 II est impossible de connaître exactement la quantité de noix de kola importées en France. Le Service des Douanes qui, seul, pourrait renseigner sur ce point, ne leur applique pas un tarif spécial et les classe sous la rubrique générale : « Produits médicinaux autres, non dénommés. »
- employées sur les portants, dans les herses et à la rampe (fig. 1). La lumière des lampes à arc, qui se rapproche beaucoup de celle du soleil, n’est employée que dans les projecteurs qui parfois en-
- 1 La France .et l’Allemagne, la France surtout, sont actuellement les seuls pays européens qui consomment de la noix fraîche de kola.
- p.411 - vue 415/647
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE AU THÉÂTRE PAR LE PROCÉDÉ FORTUNY
- 412 =
- voient directement un faisceau lumineux sur la scène.
- La lumière de l’arc, nous dit M. Fortuny, est, au point de vue artistique, pratiquement blanche; le lait est peut-être contraire à certains préjugés; mais on peut s’en convaincre expérimentalement en prenant un espace divisé par des cloisons et en faisant arriver sur chacune d’elles un faisceau de
- est bien connu que certaines lampes à arc sont 1res colorées, mais c’est souvent un effet voulu par le choix des charbons; on peut obtenir ceux-ci avec des substances pures qui ne donnent que du blanc-Dans la nature quand les objets sont éclairés directement par le soleil ils présentent des effets heurtés d’ombre et de lumière qui ne sont pas toujours beaux, mais le plus souvent l’éclairage de tout
- Fig. 2. — l.i toute loi Lun eu J..ne. s uppnm.ml les l.vi.hn de ciel et les toiles de fond. En avant le pupitre de manœuvre des écrans réflecteurs
- lumière provenant de différentes sources. On constatera alors que la lumière provenant de l’arc électrique est blanche, légèrement jaune, mais pas bleue comme on l’a dit souvent ; elle sera très peu différente de la lumière du soleil projetée sur la case voisine. On verra, au contraire, que le gaz en flamme papillon, ou autre, est franchement jaune; les lampes à incandescence, par le gaz ou par l’électricité, ont une teinte allant vers le vert ou le rouge orangé selon les substances employées à leur confection. Il
- ce qui nous entoure est dù à la lumière diffusée par réflexion et l’effet produit est de beaucoup plus harmonieux. Quand un faisceau de lumière solaire pénètre par une fente du volet dans une chambre close, un objet quelconque recevant ce faisceau sera vivement éclairé d’un côté, l’autre restant dans l’ombre sera invisible; mais si le faisceau tombe sur une surface blanche, toute la chambre se trouvera éclairée en lumière diffuse, tous les objets seront visibles sur toutes les faces, la lu-
- p.412 - vue 416/647
-
-
-
- — L’ÉCLAIRAGE AU THÉÂTRE PAR LE PROCÉDÉ FORTUNY : 413
- mière sera répartie d’une façon plus heureuse, plus agréable à l’œil.
- C’est en s’inspirant de ces principes que M. Ma-riano Fortuny a tenté de rénover l’éclairage de la scène et de donner à l’art du décorateur des ressources non encore employées. Son procédé consiste à n’utiliser que des lampes à arc, produisant une lumière très intense, très fixe et très blanche,
- pour qu’à un moment donné celle-ci devienne complètement libre pour recevoir des décors d’un autre genre, représentant un intérieur par exemple (fig. 5). À cet elfet la voûte en question a été montée sur une armature en tubes de 1er, articulée à la manière des capotes de voilure (fig. 4) ; elle peut se replier complètement en quelques instants, puis être glissée sur les rails qui la supportent, de façon à
- Fig. 3. — La voûte Fortuny repliée et prête à être remontée au cintre.
- grâce à la construction spéciale du régulateur et au choix des charbons dont elles sont garnies ; on n’envoie sur la scène et sur les décors que les rayons réfléchis soit sur des surfaces blanches, soit sur des surfaces colorées selon les effets à produire.
- En outre il supprime dans le paysage les bandes de ciel ainsi que les toiles de fond et les remplace par une sorte de voûte ou calotte sphérique qui recouvre le dessus et le fond de la scène (fig. 2). Il fallait cependant prendre les mesures nécessaires
- venir s’appuyer contre le mur de fond où elle lient fort peu de place. Dans d’autres cas, par suite de la disposition du bâtiment, ou du peu de profondeur de la scène, on aura intérêt à la remonter dans le cintre au moyen d’un treuil.
- Quoi qu’il en soit, au moment où on la met en place, il importe que la toile, entièrement blanche, dont elle est formée soit bien tendue. On y réussit en employant un artifice ingénieux que montrent nos gravures (fig. 2 et 3). L’armature est garnie de
- p.413 - vue 417/647
-
-
-
- 414
- L’ÉCLAIRAGE AU THÉÂTRE PAR LE PROCÉDÉ FORTUNY
- deux toiles épaisses : l’une à l’extérieur, l’autre à l’intérieur; entre les deux il y a un espace dans
- Fig. 4. — Armature supportant la toile de la voûte Fortuny.
- lequel, au moyen d’un petit ventilateur mû par un moteur électrique, on produit une légère dépression.
- Il en résulte que la pression atmosphérique agissant sur la toile l’applique exactement contre l’armature, la tend complètement sans aucun plissement et lui impose une surface parfaitement unie.
- Dans les herses et sur les côtés se trouvent suspendues les lampes à arc qui envoient leur lumière non pas sur la scène, mais sur de grands écrans placés en face d’elles. Chacun de ceux-ci est formé (fig. 5) d’un grand châssis muni à ses extrémités de rouleaux sur lesquels passe une toile sans fin présentant en dégradé toute une série de colorations successives.
- Les rouleaux sont reliés à de petits moteurs électriques qui permettent de les faire tourner dans un sens ou dans l’autre et ils sont commandés à distance par le chef machiniste qui choisit ainsi la coloration qu’il désire obtenir pour chaque écran. Un pupitre réunissant tous les boutons de manœuvre peut se placer, soit sur l’un des côtés de la scène, soit à l’orchestre ou même dans la salle, ce qui permet de mieux juger des effets produits et de les modifier instantanément.
- Pour produire des nuages il suffit de projeter la lumière d’une lampe sur une glace où on a déposé un peu de noir de fumée; un léger mouvement donné à la glace fait courir le nuage sur le ciel et d’autres lui succèdent sans interruption par le même procédé.
- Le système Fortuny est déjà appliqué sur quelques scènes de l’étranger, notamment en Allemagne ;
- mais à Paris il n’a encore été employé qu’au théâtre que Mme la comtesse de Béarn a fait construire dans son hôtel.
- Il comporte une scène plus large et plus haute, mieux machinée que bien des théâtres ouverts au public : c’est un modèle du genre à tous les points de vue et M. Fortuny y a rencontré l’accueil le plus encourageant.
- Dans les œuvres qui y ont été représentées, et pour lesquelles une mise en scène importante était particulièrement soignée, on a pu apprécier tout le parti qu’on peut tirer de ce nouveau mode d’éclairage; on a constaté qu’il permet de produire des elfets artistiques qui laissent loin derrière eux tout ce qui se fait actuellement au théâtre.
- Nos grandes scènes parisiennes mettront probablement à profit cette invention pour donner à la décoration le cachet artistique qui lui manque parfois, non par le fait de nos peintres décorateurs, mais par suite des
- Fig. 5. — Écran réflecteur formé d’une toile sans fin. En haut, moteur qui la met en marche.
- moyens imparfaits employés actuellement à l’éclairage de la scène. G. Chalmarès.
- p.414 - vue 418/647
-
-
-
- 415
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 mai 1909.
- Liquides cristallisés. — M. Wallerant dépose une Note sur les liquides cristallisés dans laquelle il relate qu’il a observé dans certains de ces corps le caractère des cristaux bi-axes, confirmant ainsi l’identité complète entre les corps cristallisés liquides et les solides.
- Le crâne de la Chapelle-aux-Saints. — M. Edmond Perrier présente un nouveau mémoire deM. Boule sur le crâne de la Chapelle-aux-Saints. Il y a lieu de s’étonner qu’un représentant d’une race si ancienne ait eu un crâne aussi volumineux. 11 a donc entrepris de déterminer la capacité de ce crâne et le poids du cerveau qu’il a contenu. Il est arrivé ainsi au chiffre de 1600 gr. qui est un poids notable actuellement en Europe. La forme de ce crâne étant différente de celle des crânes humains actuels, il serait intéressant de savoir sur quelles parties portent les différences. Il a observé à ce sujet que le crâne de M. de Bismarck ressemble au crâne de la Cha-pelle-aux-Saints par les dimensions en certaine partie; mais le crâne de M. de Bismarck est plus élevé, de telle sorte que sa surface est plus considérable.
- Couleurs complémentaires. — M. Violle résume un travail de M. Rosensthiel sur les couleurs complémentaires. L’auteur s’est servi d’un disque chromatique. 11 a groupé vingt-quatre couleurs deux à deux de manière à former des couples de couleurs complémentaires par l’association de couleurs de même intensité. Ces couleurs par la rotation du disque donnent un gris, toujours le même. Avec les couleurs les plus vives que possède la teinturerie (parmi celles qui sont suffisamment stables), l’intensité lumineuse de ce disque est les 5/12 de l’intensité théorique du cercle idéal de Young ; c’est le plus coloré qu’on puisse habituellement produire.
- Présidence de M. Emile Picard.
- Phénomène dû aux projections cathodiques. — M. Bouty présente une Note de M. lloulleviguc, relative à un phénomène qui se produit lorsque l’on fait arriver la vapeur de mercure sur une plaque de verre exposée aux projections d’une cathode d’argent. L’auteur a successivement fait arriver la vapeur sur une plaque exposée aux rayons cathodiques déviés par L’aimant et sur une plaque soumise aux projections cathodiques. Les nombres de gouttelettes diffèrent dans chaque cas de celui qui se produit dans les conditions normales. Dans le cas de projection cathodique, les gouttelettes se forment autour des particules d’argent arrachées à la cathode. L’auteur a pu calculer que le diamètre de ces particules atteignait un chilfre inattendu voisin de 100 microns.
- La figure de la terre. — M. Poincaré présente un ouvrage de M. le capitaine Perrier, l’un des membres de l’expédition française qui, récemment, est allée mesurer un arc de méridien sous l’équateur, en Amérique. Cet ouvrage traite des méthodes d’observation employées en géodésie, des instruments, des procédés de calcul. Les opérations de l’arc équatorial américain y sont l’objet d’importants développements.
- Le ferment du lait caillé de Bulgarie. — M. Roux rapporte les résultats obtenus par MM. Gabriel Bertrand et Duchauk en étudiant l’action du ferment du yobgourt ou lait caillé de Bulgarie sur les principaux sucres. Le microbe attaque seulement le sucre de lait et quelques sucres réducteurs naturels ; il ne peut transformer ni le sucre ordinaire ni le maltose. Ces faits sont utiles à connaître au point de vue de l’utilisation alimentaire et thérapeutique du ferment bulgare.
- Séance du 24 mai 1909. —
- Traitement de la surdité par l'éducation de l'oreille. — M. Delage présente une Note de M. Ranjard relative à l’application de la sirène à voyelles de M. Marage au traitement de la surdité. Des recherches expérimentales avaient conduit M. Marage à penser que l’on pouvait refaire l’éducation de l’oreille en se servant des vibrations relativement simples fournies par la sirène à voyelles. Depuis 8 ans, M. Marage a publié plus de 800 observations sur des cas de surdité et de surdi-mutité soignés par ce procédé. M. Ranjard a repris ces expériences et il présente aujourd’hui les résultats obtenus sur 51 sujets. Il y a eu audition double chez 14 malades, audition d’un seul côté chez 12 sujets, 10 améliorations importantes. Les autres personnes traitées n’ont éprouvé qu’une amélioration légère, à l’exception d’une seule pour laquelle l’échec a été complet. M. Ranjard a soigné également 4 sourds-muets ; dans deux cas il y a eu succès complet.
- La teigne des oliviers. — M. Bouvier résume un travail de M. Dumont, professeur d’agriculture à Nvons, sur la « teigne des oliviers ». Cet insecte produit 2 à 0 générations par année. Le nombre de ces générations n’est pas déterminé par la température, mais il est en rapport avec l’alimentation dont la larve de la 2° génération a disposé. Les insectes adultes de cette génération pondent en juillet tantôt sur les feuilles, tantôt sur les fruits. Les larves provenant des œufs déposés sur les fruits évoluent en 80 jours, et, fin septembre, les insectes pondent sur les feuilles, donnant naissance à une troi-
- Présidence de M. Bouchard.
- sième génération de larves. Au contraire, les larves déposées en juillet sur les feuilles, mettent 250 jours à évoluer; il suit de là qu’au printemps elles se trouvent sur les oliviers en même temps que les larves de la 5e génération.
- La composition de l'atmosphère. — M. d’Arsonval analyse une Note de M. G. Claude sur la composition de l’atmosphère. L’auteur remarque que de récents travaux ont révélé la présence dans l’atmosphère de gaz inconnus et de gaz connus mais qu’on n’y soupçonnait point. La proportion dans laquelle se trouvent ces gaz est encore mal connue ou inconnue. L’auteur a utilisé les appareils à réfrigération qui lui servent à préparer industriellement l’oxygène pour séparer certains de ces gaz, le néon, l’hélium et l’hydrogène. 11 a trouvé que 1 000 000 de litres d’air contiennent 15 000 litres de néon, 5 litres d’hélium et 1 litre d’hydrogène.
- Le poids atomique du phosphore. — M. Lemoine présente une Note de M. Gazarian sur la densité de la vapeur d’hydrogène phosphoré et le poids atomique du phosphore. La Commission internationale des poids atomiques a indiqué en 1909 le nombre 51,0 d’après les déterminations purement chimiques faites antérieurement. M. Gazarian s’est proposé de contrôler cette valeur par une détermination physico-chimique fondée sur la densité de l’hydrogène phosphoré. Il s’est servi des procédés perfectionnés employés par M. Guye à l’Université de Genève. Le gaz a été préalablement purifié par plusieurs liquéfactions. L’auteur est finalement arrivé au nombre 50,9.
- p.415 - vue 419/647
-
-
-
- 416 L’ÉDUCATION DES SOURDS-MUETS AUX ÉTATS-UNIS
- Pisciculture et maladie des alevins. — Dans notre dernier numéro nous avions relaté au compte rendu des séances de l’Académie des Sciences une communication du Dr Léger concernant un nouveau traitement, par les bains formolés, de la costiase, cette maladie épidémique qui décime les jeunes alevins de truites dans les grands élevages. Par suite d’une erreur typographique, la pi’o-portion de formol que nous avons indiquée est 10 fois trop forte et, partant, serait inévitablement funeste aux sujets traités ainsi. En réalité, d’après les données de
- la communication officielle du professeur L. Léger (G. R. Ac. d. Sc., 10 mai 1909), la proportion à employer est de 4 dëcigrammes de formol (solution du commerce) par litre d'eau et non 4 grammes comme cela a été reproduit dans divers quotidiens. A celte dose de 4 dix-millièmes, les alevins ne sont nullement incommodés, tandis que leurs parasites sont infailliblement tués. Le bain d’eau formolée doit durer à peine un quart d’heure, après quoi, les alevins, guéris, sont remis à l’eau courante. Cil. DE VlLLEDEUIL.
- L’ÉDUCATION DES SOURDS=MUETS AUX ÉTATS=UNIS
- Tandis que l’Europe ouvrait à ses sourds-muets des écoles spéciales où ils pouvaient jouir des bienfaits de l’instruction et de l’éducation et acquérir un métier, les autorités américaines semblaient se désintéresser du sort de cette catégorie d’infirmes. Qui pourrait croire qu’à New-York, la plus grande agglomération humaine après Londres, les jeunes sourds-muets étaient encore à la charge d’institutions charitables, l’année dernière?
- Non seulement ils n’avaient à leur disposition aucun établissement spécial, mais les directeurs d’écoles primaires publiques les repoussaient, en raison du surcroît de besogne que leur présence imposait aux instituteurs. Une statistique dressée en 1906 révéla ce fait navrant que 1513 sourds-muets âgés de moins de 12 ans s’étaient vu refuser systématiquement l’entrée des écoles, qu’ils ne possédaient pas les moindres éléments d’instruction, et que, dans la plupart des cas, les parents, découragés, abandonnaient ces déshérités aux pires fréquentations de la rue. Qu’on ne s’étonne plus que les sourds-muets fournissent un contingent important aux classes criminelles du Nouveau Monde.
- Cette regrettable lacune a été comblée par la fondation d’une école publique exclusivement réservée à ces jeunes infirmes. Elle fonctionne depuis deux mois dans un immeuble de la 25e rue Est, c’est-à-dire au centre même des quartiers pauvres. Il va sans dire que la direction s’efforce d’appliquer les méthodes les plus neuves et les plus efficaces, et que la méthode dite orale forme la base de l’éducation.
- Dès les premières leçons, les maîtres cherchent à montrer aux pauvres petits infirmes les contorsions qu’imprime au visage l’émission de tel ou tel son. Appliquant la tête d’un élève contre le tableau noir,
- ils en dessinent le contour àla craie, et appellent l’attention de la classe sur le contraste qui s’établit entre ce profil aux traits reposés et une série de profils indiquant le mouvement des lèvres qu’entraîne la prononciation du son fe, l’aspiration de Yh, etc. Subséquemment, l’enfant apprend le mécanisme des sons qui composent le nom de tel animal ou de tel objet dont l’image ou l’aspect lui est devenu familier. Son intelligence s’éveille rapidement ; sa confiance en soi se développe, dès qu’il constate que les mouvements appris par ses lèvres émettent des sons qui prennent un sens précis pour ses parents, bien qu’il ne les perçoive pas lui-même.
- Les maîtres ont recours à des procédés variés pour enseigner à leurs élèves le mécanisme et la valeur des vibrations de la voix humaine. Par exemple, ils leur font poser une main sur la boîte d’une guitare, l’autre sur leur propre thorax. Le maître fait résonner une corde, en même temps qu’il module longuement la note correspondante. Ces sortes d’exercices sont, paraît-il, très efficaces, en ce qu’ils familiarisent le jeune sourd-muet avec cet X mystérieux qu’est pour lui le son.
- Jacques d’Izier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- L'école des sourds-muets à New-York. Comment on enseigne à parler aux enfants.
- p.416 - vue 420/647
-
-
-
- LA NATURE
- TRENTE-SEPTIÈME ANNÉE — 1909
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles (Le sens de la direction chez les), 335.
- Aéronautique (Le premier salon de F), 80.
- Aéroplanes, 95.
- Aéroplanes (La construction des), 53.
- Agriculture : les sels arsenicaux, 158.
- Aigrettes d’Amérique et la mode (Les), 254.
- Algues calcaires (La distinction des), 191.
- Angleterre : recherches aéronautiques. 395.
- Animal fantastique des Égyptiens, 47.
- Appareils de physique pour l’enseignement, 323.
- Araignées en colonies, 271.
- Artères et veines : suture, 175.
- Ascenseurs (Commande électrique des), 128.
- Atmosphère: circulation de l’air, 223.
- Atmosphère : composition, 415.
- Autobus parisiens (Nouveaux), 319.
- Automobilisation (Un essai d’), 368.
- Automobile (Le salon de 1’), 22.
- Aveugles : acuité sensorielle, 398.
- Aviation : la résistance de l’air, 114.
- Aviation : la s.tabilité des aéroplanes, 184.
- Aviation : un précurseur, Léonard de Vinci, 402.
- Aviation : un stabilisateur automatique pour aéroplanes, 204.
- Azoture d’aluminium, 291.
- B
- balançoires électriques, 250.
- Ballons et aux aéroplanes (La chasse aux), 176.
- Ballons-sondes, 78.
- Baro (La pèche au), 239.
- Baromètre électrique, 258.
- Baromètre géant de Faenza, 224. Batellerie aux Indes (La), 44.
- Berlin (Le Palais de glace de), 3.
- Beurre (L’industrie du), 171.
- Bicyclette aérienne, 298.
- Bicyclette ambulance, 395.
- Biochimie (L’orientation nouvelle de la), 581.
- Birmanie : l'été funéraire, 129.
- Broderies mécaniques, 269.
- Bronches (Pénétration dans les), 272. Brouette chinoise dans nos colonies françaises, 76. “
- Brouillards (La dispersion des), 289. Bruit singulier produit par la congélation de la vapeur d’eau expirée, 196. Bryozoaires : tube digestif, 127.
- c
- Câbles électriques et incendies, 308. Calcul vésical de dimension extraordinaire, 111.
- Caméléons à corne, 302.
- Canaux (Revêtement des berges de),
- 101.
- Canon de campagne Déport, 274.
- Carte du ciel, 334.
- Cathodiques (Phénomène dû aux projections), 415.
- Cellite, succédané incombustible du celluloïd (La), 130.
- Chaleur terrestre (Origine de la), 502. Champignons (L’urée dans les), 78. Chemin de fer éthiopien, 521.
- Chemin de fer du Yunnan, 177.
- Chenilles (Lutte biologique contre les), 225.
- Chine : Le culte de la nature, 251. Chine : La nouvelle armée, 11. Chloroforme ; toxicité, 223.
- Cigogne (Le voyage d’une), 903. Cimetière mérovingien de Paley, 399. Cinématographe de Proszynski, 365. Colfres-forls (Les), 38.
- Comètes (La pression de radiation et la queue des), 28.
- Corse (La rénovation de la), 166. Courants telluriques (Variations de), 65. Cristaux mixtes, 95.
- Cyclisme nautique, 65.
- D
- Déménagement original, 117. Désinfection des livres (La), 369. Dcvonport : travaux de l’arsenal maritime, 246.
- Supplément au n" 1879 de La Nature du 29 Mai 1909.
- 27
- p.417 - vue 421/647
-
-
-
- 418 .= INDEX ALPHABÉTIQUE
- Diffusion des liquides, expériences de M. Stéphane Leduc, 553.
- Dirigeable allemand Rocssler, 256. Dirigeables Zodiac, 396.
- Dynamomètre pour essais de moteurs d’automobiles, 111.
- E
- Eau des lacs est-elle potable (L’), 366.
- Eau potable : stérilisation, 207.
- Eaux d’alimentation publique (Le choix des), 515.
- Eaux d’alimentation publique : épuration et stérilisation, 349.
- Éclairage Fortuny au théâtre (L’), 411.
- Écrasements (Contre les), 96.
- Electricité : action hypotensive, 175.
- Électricité (Générateur d’), 47.
- Éléphants (Massacres d’), 567.
- Émétique : nouvel emploi en médecine, 176.
- Endosmose (Thermo-), 383.
- Épuration des eaux par les radiations microbicides, 239.
- Épuration des eaux résiduaires par la tourbe, 239.
- Équilibres chimiques ou physiques, 352.
- Estampe japonaise (La technique de 1 ), 180.
- États-Unis : l’irrigation, 278.
- États-Unis d’Amérique : ressources houillères, 53.
- Éther : préparation, 142.
- Étincelle électrique, 175.
- Excrétions (Régularisation des), 384.
- Expédition polaire de Nansen, 127.
- F
- Fermentation alcoolique et ventilation, 126.
- Feuilles (Le rougissement des), 272. Filtre métallique arrêtant les microbes, 352.
- Flotte américaine : voyage autour du monde, 266.
- Fourgon automobile de la Fourrière (Le), 335.
- Fourrures (L’industrie des), 107.
- Frères ennemis (Les), 84.
- Froid dans la vie moderne (Le), 242. Fruits (La lumière et les), 47.
- Fusil silencieux Maxim, 241
- G
- Gare Saint-Lazare (Suppression du goulot de la), 355.
- Gaz dégagés dans la distillation des hui-
- les minérales, etc. (Destruction des), 395.
- Gaudry(A)., 15.
- Génétique et hérédité, 162.
- Gibraltar (Ouverture du détroit de), 355. Girafe (Histoire d’un radius de), 141. Graines anciennes (Germination des), 175. Gravures sur roches néolithiques, 223. Greffes sur tige souterraine, 191. Gyroscope et roulis des navires, 97.
- H
- Hémogrégarine nouvelle, 354. lleunequcn (La libre du), 223.
- Homme préhistorique de la Chapelle-aux-Sainls, 47, 63, 302, 415.
- Homme de Mauer, le plus ancien osse-ment humain, 220.
- Horlogerie à Besançon, 239.
- Houille en Lorraine, 158.
- Houille à Madagascar (La), 123.
- Houille : Nouveau bassin lorrain, 309. Hybride des orges, 272.
- Hydroplanes ou bateaux glisseurs, 316. Hypertension artérielle, 158. Hypertension locale, 142.
- I
- Indes : La batellerie, 44.
- Infusoires ciliés : Macronucléus, 259. Ingénieurs et ouvriers antiques, 335. Insectes : destruction par les plantes, 352.
- Insectes (La vision chez les), 355. Instituts aérodynamiques, 367.
- Ions et électrons, 70.
- J
- Jardin botanique au Cap en 1802, 65.
- K
- Kirsch (Le bouquet du), 223. Kolatier (Le), 408.
- L
- Lait caillé de Bulgarie (Ferment du), 415.
- Lait : stérilisation, 223.
- Laits crus et bouillis, 335.
- Lampes électriques (Nouvelles), 138.
- Lésions calcifiées virulentes, 502.
- Licorne chez les anciens et les modernes (La), 305.
- Liôvin (La station d’essai de), (soeur té dans les mines), 7.
- Ligures (La question des), 26.
- Liquides cristallisés, 415.
- Locomotive compound et à vapeur surchauffée, 230, 292.
- Lotschbcrg (Le tunnel du), 147.
- Lune : éclipse du 7 décembre, 49.
- Lune et sa formation (La), 35.
- M
- Machines à additionner, 78.
- Machine humaine (Le rendement de la), 3.
- Madagascar : ethnographie, 126.
- Maïs (Lcsmaltases de), 158 ,207.
- Maladies des poissons d’eau douce, 273.
- Maladie du sommeil : larve de la mouche, 127.
- Maladies : transmission par un parasite de la peau, 95.
- Mammouth en Sibérie (Nouvelle trouvaille de), 254.
- Marines militaires (Coup d’œil sur les grandes), 585.
- Médecine primitive (Sur la), 582.
- Méningite cérébro-spinale épidémique, 287.
- Mercure (Dédoublement de la raie verte du), 191.
- Messine : le cataclysme, 82.
- Messine : le désastre italien, 103.
- Métropolitain de Paris : passage de la ligne n° 4 sous le fleuve, raccordement des caissons, 56.
- Microbes pathogènes invisibles, 352.
- Microséismes, 351.
- Mines (La sécurité dans les) : La station d’essai de Liévin, 7.
- Mitrailleuses automatiques, 197.
- Mitrailleuses automatiques dans la guerre de campagne (Emploi des), 259.
- Morses (L’extinction des), 113.
- Moteurs hydrauliques (L’histoire des),
- 66.
- Mouche de l’asperge, 127.
- Musique : Étude des instruments anciens, 271 .
- p.418 - vue 422/647
-
-
-
- Musique : instruments dans les pays du Chari-Tchad, 19.
- Mutation évolutive animale, 63.
- N
- Nappes de charriage en France, 583. Navire allemand pour le sauvetage des sous-marins et torpilleurs. 145. Navires impossibles (Les), 338. Nouvelle-Calédonie : Gravures rupeslrcs, 208.
- Nuages (Les), 405.
- O
- Observatoire de Besançon, 280.
- Observatoire chronométrique de Besançon (L’), 263.
- Océanographie, 142.
- Olhadibie-Holçarté : exploration du grand canon, 118.
- Oliviers (Teigne des), 415.
- Ondes hertziennes (Transport d’énergie par), 227.
- Opium (Alcaloïde extrait de F), 302.
- Optique : le numérotage des verres, 157.
- Orages et leur observation (Les), 341.
- Orages et lignes d’énergie électrique, 62.
- Ozone : stérilisation des eaux potables, 126.
- P
- Palais de justice de Paris (Les fondations du), 164.
- Palais des mirages au Musée Grévin (Le), 312.
- Panama (La question de), 62.
- Papiers de sarments, 226.
- Paralysies motrices (Traitement des),
- 191.
- Pavot : fécondation des fleurs, 175. Pêche au baro, 239.
- Peroxydiastase (Propriétés chimiques de la), 175.
- Pétrins mécaniques, 383.
- Phénomènes lumineux, 271. Phonographe (Adjonction au), 126. Phosphates des îles Océaniques, 190. Phosphore : poids atomique, 415. Photographie aérienne et ses applications militaires (La), 376. Photographie aérienne avec appareil commandé à distance, 131. Photographie des couleurs : les plaques omnicolores, 298.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Photographie dans l’eau, 348.
- Photographie et projection en couleurs par sélection trichrome, 81.
- Pianos (L’industrie des), 151.
- Pierre creuse artificielle, 235.
- Piroplasmose bovine, 302.
- Pisciculture et maladie des alevins, 416.
- Plantes des marais (Fumure des), 271.
- Poids lourds (Nouveau bandage pour),
- 222.
- Poissons d’eau douce (Maladies des), 273.
- Poissons et plantes : I. lacs et rivières, 370.
- Poissons (Résistance de l’eau à la propulsion des), 352.
- Pôle : intérêt astronomique des expéditions polaires, 310.
- Ponts américains (La chute des), 210.
- Potasse en Haute-Alsace (Les sels de), 134.
- Pollalchen Alaska (Le), 557.
- Pousse-pousse dans l’Afrique Australe, 401.
- Présure dans les végétaux (La), 334.
- Projection automatique (Dispositif de), 587.
- Pulqué au Mexique (Le), 97.
- R
- Radiations (Les), 201.
- Radioactivité animale, 176.
- Radioactivité humaine, 14.
- Radiodermites : traitement, 223.
- Radis : transformation par culture, 223.
- Radium (La production de l'émanation du), 383.
- Radium et la surfusion (Les radiations du), 383.
- Rats : destruction par courant électrique, 384.
- Réflecteur liquide pour télescope, 1.
- Remorquage funiculaire des trains, 209.
- Repasseuse philippine, 192.
- République Argentine : parcs nationaux, 136.
- Respiration chez les chanteurs, 552.
- Rhinocéros blanc du Bahr-el-Gazal, 50.
- Rhône (Formation de la perte et du canon du), 389.
- Rio Beque (Ruines de), 300.
- S
- Sablière à eau pour locomotives et automotrices, 143.
- Saline de Slanic, en Roumanie, 71. Salmonidés (Maladie des), 383.
- Saphir (La reproduction du), 75. Séisme: propagation d’onde, 95. Séismographe (Les fantaisies d’un), 227. Sels dans la terre (Diffusion des), 142.
- ........:: 419
- Serpent écorché vivant, 31.
- Serpents au Mexique (Un dresseur de), 161.
- Sérum (Effet de l’injection du), 534.
- Silhouettes tombantes des champs de tir, 158.
- Sismographe, 127.
- Sky-scrapers (Centre l’incendie des), 124.
- Soufre sur l’argent et le cuivre (Action du), 555.
- Source sous-marine, 05.
- Sources radioactives, 286.
- Sourds-muets aux États-Unis (L’éducation des), 416.
- Slérésocope à rayons X, 238.
- Surdité par l’éducation de l’oreille (Traitement de la), 415.
- T
- Téléautocopiste, 354.
- Téléautographie (Les progrès de la),
- 212.
- Télégraphie sans fil par la lumière ultra-violette, 196.
- Télégraphie sans fils : postes militaires de campagne, 284.
- Télégraphie sans fil et sécurité de navigation, 195.
- Téléphonie primitive, 291.
- Téléphonie sans fil, 583.
- Télescope (Réflecteur liquide pour), 1.
- Téléstéréographe Bel in, 193.
- Températures en chimie (Prépondérance des), 239.
- Tente-poncho, 47.
- Terre (La figure de la), 415.
- Terrier (Le transport d’un), 157.
- Théorème de Fermât, 334.
- Tombeaux impériaux de la dynastie mandchoue (Les), 351.
- Torpilles : îlot artificiel pour le réglage, 92.
- Torpilles perce-cuirasses, 227.
- Tour géant, 140.
- Tremblement de terre : détermination de l’épicentre, 127.
- Tremblement de terre de Messine, 142.
- Trocadcro : suppression de l’écho dans la salle, 326.
- Tuberculose : bacilles cultivés sur la bile, 78.
- Tuberculose : vaccination des bovidés, 255.
- Tumeurs profondes (Le traitement des), 14.
- Turbine à vapeur de 12 000 chevaux, 28.
- U
- Unités lumineuses (Unification des), 402.
- p.419 - vue 423/647
-
-
-
- 420
- V
- Vaisseau non magnétique, 257.
- Vaucluse (Débit et fonctionnement de la fontaine de), 216.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Verre dans l’antiquité (Le), 560. Vibrations prolongées du sol, 47.
- Vin (Action du fer sur le), 272.
- Vinasses (Fermentation ammoniacale des), 142.
- Vinci (Léonard de) et l’aviation, 402.
- Vision à distance : les essais deM. Sen-lecq, 0.
- Vitesse dans les phénomènes (Du rôle de la), 17.
- Voiture-bivouac, 112.
- Voix de tète et voix de poitrine, 126.
- p.420 - vue 424/647
-
-
-
- LISTE
- DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Acloque (A.). — Histoire d’un radius de girafe, 141.
- Aubry (F.). — Le nouveau bassin houiller lorrain, 500.
- B. (D. ). — Le revêtement des berges de canaux, 101.
- B.-G.-B. — La sécurité de la navigation par la télégraphie sans (il, 195.
- Bux (IL). — Le papier de sarments, 226.
- Bi.ot (JL). — La question des Ligures, 20.
- Boniean (Eu.) — Le choix des eaux d’alimentalion publique, 515. — Epuration et stérilisation des eaux d’alimentation publique, 549.
- Bonnin (IL). — Le gyroscope et le roulis des navires, 97. — Sablière à eau pour locomotives et automotrices, 145. — Le tunnel de Lolschberg, 147. — La chute des ponts américains, 210. — Les locomotives compound et à vapeur surchauffée, 250, 292. — Les travaux de l’arsenal maritime de Devonport, 246. — Suppression du goulot de la gare Saint-Lazare, 355.
- Boyer (J.). — La construction des aéroplanes, 35. •— Le nouveau télestéréographe Belin, 195. — L’observatoire chronométrique de Besançon, 263. — La pêche au haro, 239. — Dispositif de projection automatique, 587.
- Cantilly (L. de). — La nouvelle armée chinoise, 11. — Les nouvelles silhouettes tombantes des champs de tir, 158. — Le culte de la nature en Chine, 251.
- Caspary (IL). — Nouveau dirigeable allemand, 256.
- Chalmàrès (G.). — Appareils de physique destinés à l’enseignement, 323. — Le Palais des Mirages au musée Grévin, 512. — L’éclairage au théâtre par le procédé Forluny, 411.
- Champly (R.). — Les fondations du Palais de Justice de Paris, 164. — Les hydroplanes ou bateaux glisseurs, 316.
- Chaplet (A.). — Les broderies mécaniques, 269.
- Charpentier (Dr P.-G.). — La méningite cérébro-spinale épidémique, 287.
- Chéron (A.). — Appareil pour la photographie et la projection en couleurs par sélection trichrome, 81.
- Coupin (IL).— Les frères ennemis, 84. — Les maladies des poissons d’eau douce, 273. — Lutte biologique contre les chenilles, 225.
- Deiiérain (IL). — Un projet de jardin botanique français au cap de Bonne-Espérance, en 1802, 65.
- De Launay (L.). — Ions et électrons, 70. — Le cataclysme de Messine, 82. — Le désastre italien, 103. — Les sels de potasse en Haute-Alsace, 134. — Les phosphates des îles océaniques, 190. — Les radiations, 201. — Ingénieurs et ouvriers antiques, 335. — Un précurseur en aviation : Léonard de Vinci, 402.
- Dei.saux (J.). — Le voyage d’une cigogne, 2u5.
- Deniker (J.). — Le plus ancien ossement humain, 220. — Nouvelle trouvaille de mammouth en Sibérie, 254.
- Dessoi. (A.). — Un vaisseau non magnétique, 257.
- Doncières (R.). — La pierre creuse artificielle, 235. — Nouveaux autobus parisiens, 319. —Télégraphie sans fil : postes militaires de campagne, 284.
- Espitaeier (Lieutenant-colonel G.). —Nouveau bandage pour poids lourds, 222.
- Fleurelle (Vicomte des Prades de). — Les tombeaux impériaux de la dynastie mandchoue, 531.
- Forbin (V.). — Réflecteur liquide pour télescope, 1. — Serpent écorché vivant, 31. — La batellerie aux Indes, 44. — Contre les écrasements, 96. — Contre l’incendie des sky-scrapers, 124. — Fêle funéraire en Birmanie, 129. — Le transport d’un terrier 157. — Repasseuse philippine, 192.
- — Le Potlach en Alaska, 337. — Les pousse-pousse dans l’Afrique Australe, 401.
- Fournier (E.). •— Exploration du grand canon d’Olhadibie-Lolçarté, 118.
- Fournier (L.) — Aviation : la résistance de l'air, 114. — L’industrie des pianos, 151. — Aviation : la stabilité dos aéroplanes, 184. — Aviation : un stabilisateur automatique pour aéroplanes, 204. — Une bicyclette aérienne, 298. — Suppression de l’écho dans la salle du Troeadèro, 326. — Les dirigeables Zodiac, 396.
- Gadiîceau (E.). — Les poissons et les plantes : I. Lacs et rivières, 370.
- Gautîer (J.-J.). — La désinfection des livres, 369.
- Gradenwitz (Dr A.). — Le Palais de glace de Berlin, 3. — Une turbine à vapeur de 12000 chevaux, 28. — Un tour géant, 140. — La chasse aux ballons et aux aéroplanes, 176.
- — Un stéréoscope à rayons X, 238. — Un baromètre électrique, 258. — La destruction des rats par le courant électrique, 584.
- Grandidier (G.). — La bouille à Madagascar, 123.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — Le numérotage des verres d’optique, 157.
- Hamelin (G.). — La lune et sa formation, 55.
- IIückel (G.-A.). — Le verre dans l’antiquité, 560.
- Izier (J. d’). — Un essai d’automobilisation, 368.— La lente-poncho, 47. — L’extinction des morses, 113. — L’éducation des sourds-muets aux États-Unis, 416.
- Jaloüstre (L.). —L’orientation nouvelle de la biochimie, 381.
- Janet* (P.) — L’unification des unités lumineuses, 402.
- Jourdan (Sauvaire). — Un îlot artificiel pour le réglage des torpilles, 92. — Un navire allemand pour le sauvetage des sous-marins et torpilleurs, 145. — Une torpille perce-cuirasses, 227. — Le voyage autour du monde de la Botte américaine, 266. — Les navires impossibles, 558. — Coup d’œil sur les grandes marines militaires, 385.
- Lafitte (Jacques). — L’hLloire des moteurs hydrauliques, 66.
- Lafitte (J -P.). — Le pulqué au Mexique, 96. — Questions de biologie : la génétique et l’hérédité, 162.— La technique de l’estampe japonaise, 180. — Gravures rupestres de la Nouvelle-Calédonie, 208. — Sur la'médecine primitive, 582.
- p.421 - vue 425/647
-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- 422
- Lalmé (N.). — Le froid dans la vie moderne, 242. — L’industrie du beurre, 171.
- Languît (E.). — I/iudustrie des fourrures, 107.
- Le Bon (G.). — Du rôle de la vitesse dans les phénomènes, 17.
- Lemaire (E.). — La ceilite, succédanée incombustible du celluloïd, 150.
- Loisel (J.). — Les nuages, 405.
- Lodciuîüx (G.). — Un dresseur de serpents au Mexique, 161.
- — Le kolalier, 408.
- Loyseuæs (E. ce). — Le chemin de fer métropolitain de Paris : raccordement des caissons immergés en Seine pour le passage de la ligne n° 4 sous le fleuve, 56.
- Lozé (E.). — Les ressources houillères des Etats-Unis d’Amérique, 53.
- Maigiuî (E.). — L’acuité sensorielle chez les aveugles, 398.
- Marksciial (G.).—¥Un nouveau cinématographe, 565.—Photographie aérienne avec appareil commandé à distance, 131.
- — Photographie des couleurs •. les plaques omnieolorcs, 298.
- Martel (E.-A.). — La rénovation de la Corse, 166. — Débit et fonctionnement de la fontaine de Vaucluse, 216. — L’homme fossile de la Chapelle-aux-Sainls, 502. — L’eau des lacs est-elle potable? 366. — Formation de la perte et du canon du Rhône, 389.
- Martin (A.). — Nouvelles lampes électriques à filaments métallisés et à filaments métalliques, 158.
- Ménkgaux (Dr A.). — Les aigrettes d’Amérique et la mode, 254.
- Méiuei. (P. de). — Les parcs nationaux de l’Argentine, 136.
- — Le remorquage funiculaire des trains, 209.
- Moiuïux (Abbé Th.). — L’intérêt astronomique des expéditions polaires, 310.
- Pkuigny (Comte M. de). — Ruines de Rio Beque, 300.
- PiiÉLir (G.) — Le chemin de fer éthiopien, 321. —Le fourgon automobile de la Fourrière, 355. — La photographie aérienne et ses applications militaires, 376.
- R. (A.) — Mitrailleuses automatiques, 197. —Emploi des mitrailleuses automatiques dans la guerre de campagne, 259. — Nouveau canon de campagne du colonel d’artillerie Déport, 274.
- Regelspeuger (G.). — Le chemin de fer du Yunnan, 177. — Les instruments de musique dans les pays du Chari-Tchad, 19.
- Renaudot (G.). — La saline de Slanic en Roumanie, 71.
- Ritter (E.-A.). — L’irrigation aux États-Unis, 278.
- Rudaux (L.). — Baromètre géant, 224. — Éclipse de lune du 7 décembre, 49.
- Serve (L.). — Balançoires électriques, 250. — La brouette chinoise dans nos colonies françaises, 76.
- Taris (E.). — Le salon de l’automobile, 19. — Le premier salon de l’aéronautique, 86.
- Tiikvenin (A.). — Albert Gaudry, 15.
- Troi.ler (A.). — La sécurité dans les mines : la station d’essai de Liévin, 7. — La pression de radiation et la queue des comètes, 28. — La question de Panama, 62. — La reproduction du saphir, 75. — La stérilisation des eaux potables par l’ozone, 126. — La dispersion des brouillards, 289. — Les câbles électriques et les incendies, 308. — Effets de la diffusion des liquides, expériences de M. Stéphane Leduc, 553.
- Trodessart (E.). — Le rhinocéros blanc du Bahr-el-Gazal, 50. — La licorne chez les anciens et les modernes, 505.
- Tüiu'ain (A.). — Les orages et leur observation, 341.
- Yiu.edeuie (Ch. iie). — Académie des Sciences, 14, 50, 47, 62, 78, 95, Hl, 126, 142, 158, 176, 191, 207, 223, 239, 271, 302, 334, 352, 354, 382, 415.
- Vu,i,ers (R.). — Vision à distance : les essais de M. Senlecq, 6. — Les coffres-forts, 38. — Le cyclisme nautique, 65. — La nouvelle machine à additionner, 78. — Les progrès de la téléautographie, 212. — Le fusil silencieux Maxim, 241.
- Viré (A.). — Le cimetière mérovingien de Paley, 599.
- Weiss (E.-!!.). — La commande électrique des ascenseurs, 128.
- p.422 - vue 426/647
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. - ACADÉMIE DES SCIENCES.
- Académie des Sciences (Cn. du Yilledeuil), 14, 50, 47,
- 02, 78, 95, 111, 126, 142, 158, 170, 191, 207, 223,
- 259, 271, 502, 334, 352, 554, 582 ...................... 415
- II. - ASTRONOMIE.
- Réflecteur liquide pour télescope (Y. Fokbin)......... 1
- La pression de radiation et la queue des comètes (A. T) . 28
- La lune et sa formation (G. Uamelin.)................. 55
- Éclipse de lune du 7 décembre (L. Huhaux)............. 49
- L’intérêt astronomique des expéditions polaires (Anim
- Tu. Moreüx)........................................510
- La ravie du ciel. ...................................554
- III. — SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Le rôle de la vitesse dans les phénomènes (G. le Box). 17
- Ions et électrons (L. De Launay).................... 70
- Le gyroscope eL le roulis des navires (R. Bonnin) ... 97
- Le numérotage des verres d’optique (Ch.-Ed. Guillaume). 157
- Les radiations (L. De Launay).........................201
- Baromètre géant (L. Rudaux)...........................224
- Uu stéréoscope à rayons X (Dr A. Gradenwitz)..........258
- Un vaisseau non magnéLique (A. Dessol) ....... 257
- Baromètre électrique (Dr A. G.).......................258
- L’Observatoire chronométrique de Besançon (J. Boyer). 263 Le palais des mirages au musée Grévin (A. Chalmarès). 312 Appareils de physique destinés à l’enseignement (G. Chalmarès)................................................323
- Effets de la diffusion des liquides, expériences de
- M. Stéphane Leduc (A. Troller).....................553
- Un nouveau cinématographe (G. M)......................365
- L’unification des unités lumineuses (P. Janet) .... 402
- Cristaux mixtes.............................. . . 95
- Adjonction au -phonographe............................126
- Dédoublement de la raie verte du mercure..............191
- Bruit singulier produit par la congélation de la vapeur d’eau expirée....................................196
- Un phénomène lumineux.................................271
- L'Observatoire de Besançon............................286
- Démonstration d'un théorème de Fermai.................334
- Stabilité des équilibres chimiques ou physiques. . . 352
- Les radiations du radium et la sur fusion.............383
- La production de l'émanation du radium................383
- Thermo-endosmose......................................383
- Liquides cristallisés.................................415
- Couleurs complémentaires...........................415
- Phénomène dû aux projections cathodiques .... 415
- 2. Électricité.
- Yision à distance : les essais de M. Senlecq (R. Yillers). 6
- La commande électrique des ascenseurs (E. 11. Weiss) . 128
- Nouvelles lampes électriques (A. Martin)..........158
- Le nouveau téléstèréographe Belin (J. Boyer)......193
- La sécurité de la navigation par la télégraphie sans (il
- (B.-G.-B)......................................195
- Les progrès delà téléautographe (R. Yillers)......212
- Balançoires électriques (C. Serve)................250
- Télégraphie sans fil : postes militaires de campagne
- (R. Doncières)................................ 284
- Les câbles électriques et les incendies (A. T.) .... 308
- Générateur d’électricité.......................... 47
- L'étincelle électrique............................175
- Télégraphie sans fil par la lumière ultra-violette. 196
- Transport d’énergie sans fil par les ondes hertziennes ..................................................227
- Téléautocopiste.......................................... 354
- Téléphonie sans fil...............................383
- 3. Chimie
- La reproduction du saphir (A. Troller).............. 75
- Lacellile, succédanée incombustible du celluloïd (E. Lemaire)...............................................130
- L’orientation nouvelle de la biochimie (L. Jaloustre). 581
- L’urée dans les champignons......................... 78
- Ventilation et fermentation alcoolique..............126
- Préparation de l’éther..............................142
- Diffusion des sels dans la terre....................142
- Fermentation ammoniacale des vinasses . . 142, 207
- Les maltases du maïs............................... 158
- Les sels arsenicaux en agriculture..................158
- Propriétés chimiques de la peroxydiaslase .... 175
- Le bouquet du kirsch................................225
- Épuration des eaux résiduaires par la tourbe . . . 239
- Action du fer sur le vin............................272
- L’azoture d’aluminium, nouvel engrais artificiel azoté 291
- Piroplasmose bovine.................................302
- Alcaloïde extrait de l’opium.............. ... 302
- La présure dans les végétaux........................334
- Action du soufre sur l’argent et le cuivre..........355
- Destruction des gaz de distillation des huiles, etc. . 395
- Le poids atomique du phosphore......................415
- 4. Photographie.
- Appareil pour la photographie et la projection en couleurs par sélection trichrome (A. Chéron).............. 81
- Photographie aérienne avec appareil commandé à distance (G. Maresciial)..................................131
- p.423 - vue 427/647
-
-
-
- 424
- TABLE DES MATIÈRES
- Photographie des couleurs : les plaques omnicolores
- (G. Mareschai.).......................................298
- Photographie dans l'eau..................................348
- La photographie aérienne et ses applications militaires (G. Pheup).............................................370
- IV. - SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe. — Sismologie
- Le cataclysme de Messine, (L. De Launay)............ 82
- Le désastre italien (L.-D.-L.)......................103
- Vibrations prolongées du sol........................ 47
- Variations de courants telluriques.................. 63
- Source sous-marine.................................. 03
- Propagation d'onde sismique......................... 95
- Détermination de l'épicentre d’un tremblement de
- terre............................................127
- Nouveau sismographe.................................127
- Tremblement de terre de Messine.....................142
- Les fantaisies d'un séismographe....................227
- L’origine de la chaleur terrestre...................302
- Ouverture du détroit de Gibraltar...................535
- Les microséismes....................................551
- Les nappes de charriage en France...................385
- La figure de la terre...............................415
- 2. — Météorologie.
- La dispersion des brouillards (A. Troi.ler)............289
- Les orages et leur observation (A. Turpain)...............541
- Les nuages U. Loisei.)....................................405
- Les lignes d’énergie électrique et les orages .... 02
- La hauteur des ballons-sondes............................. 78
- Circulation de l’air dans Vatmosphère..................223
- La composition de T atmosphère............................415
- 3. — Biologie.
- Questions de biologie : la génétique et l’hérédité
- (J.-P. Lafitte).......................................162
- Lutte biologique contre les chenilles (H. Coupin) . . . . 225
- Les poissons et les plantes: I. Lacs et rivières (E. Gade-
- ceau)............................................... 370
- L’acuité sensorielle chez les aveugles (E. Maigre) . . 398
- Le rendement de la machine humaine........................ 3
- Radio-activité humaine................................... 14
- La lumière et les fruits................................. 47
- Mutation évolutive animale............................... 65
- Action hypolensive de l’électricité......................175
- Radio-activité animale. .................................176
- Résistance de l’eau à la propulsion des poissons. . 352
- Destruction d’insectes par des plantes...................352
- 4. — Zoologie.
- Serpent écorché vivant (V. Foudin).................... 51
- Le rhinocéros blanc du Bahr-el-Gazal (E. Trouessart) . . 50
- Les frères ennemis (11. Coupin).......................... 84
- L’extinction des morses (J. d’Izier)-..................115
- Histoire d’un radius de girafe (A. Acloque)...........141
- Le voyage d’une cigogne (J. Delsaux)...................203
- Les aigrettes d’Amérique et la mode (Df A. Me'négaux) . 254
- Les maladies des poissons d’eau douce (H. Coupin). . . 275
- La licorne chez les anciens et les modernes (E. Trouessart) ................................................505
- Destruction des rats par le courant électrique (Dr A.
- Gradenwitz).......................................584
- Un animal fantastique des Egyptiens.................. 47
- Les larves de la mouche du sommeil....................127
- La mouche de l'asperge................................127
- Histologie du tube digestif des bryozoaires...........127
- Le macronucléus des infusoires ciliés.................239
- Colonie d’araignées...................................271
- Caméléons à cornes....................................302
- Le sens de la direction chez les abeilles.............535
- Découverte d’une hémogrégarine........................354
- La vision chez les insectes...........................355
- Massacres d’éléphants.................................567
- Maladie des Salmonidés................................583
- Pisciculture et maladie des alevins...................416
- 5. — Paléontologie.
- Nouvelle trouvaille de mammouth en Sibérie (J. Deni-kkh)...............................................254
- 6. — Botanique.
- Un projet de jardin botanique français au Cap de Bonne-
- Espérance en 1802 (U. Deiikrain)................ 65
- Le kolalicr (G. Louchkux)............................408
- La germination des graines anciennes.................175
- La fécondation des fleurs de pavot.................175
- Greffes sur tiges souterraines.......................191
- La destruction des algues calcaires..................191
- Transformation du radis par la culture.............223
- La fibre du hennequen................................223
- La fumure des plantes des marais...................271
- Le rougissement des feuilles.........................272
- Les hybrides des orges...............................272
- La présure dans les végétaux....................... 554
- La teigne des oliviers...............................415
- V. — MÉDECINE. — HYGIÈNE.
- La méningite cérébro-spinale épidémique (Dr P.-G.
- Charpentier). . . 287
- La désinfection des livres (J.-J. Gautier)............369
- L’éducation des sourds-muets aux États-Unis (J. d’Izier). 416
- Le traitement des tumeurs profondes................... 14
- Bacilles tuberculeux cultivés sur la bile............. 78
- Transmission des maladies par un parasite de la
- peau............................................... 95
- Calcul vésical de dimension extraordinaire. ... 111
- Voix de tête et voix de poitrine......................126
- Hypertension locale...................................142
- L’hypertension artérielle.............................158
- La suture des artères et des veines...................175
- Nouvel emploi de l'émétique en médecine...............176
- Traitement des paralysies motrices....................191
- Traitement des radio-dermites.........................223
- Stérilisation du lait.................................225
- Toxicité du chloroforme.............................. 225
- Vaccination de bovidés contre la tuberculose. . . . 255
- Pénétration dans les bronches.........................272
- Lésions calcifiées virulentes.........................302
- Effet de l’injection du sérum.........................534
- Laits crus et bouillis.............................. 355
- Microbes pathogènes invisib’cs .......................352
- p.424 - vue 428/647
-
-
-
- ----=— - TABLE
- Respirations chez les chanteurs................
- Filtre métallique arrêtant les microbes........
- Régularisation des excrétions..................
- Ferment du lait caillé de Bulgarie.............
- Traitement de la surdité par Véducation de l'oreille.
- VI - GÉOGRAPHIE.
- 1. — Géographie.
- Exploration du grand canon d’Glhadibie-Holçarlé (Ë. Fournier) .............................................
- Les parcs nationaux de l’Argentine (P. de Mériel). . .
- La rénovalii n de la Corse (E.-A. Martel)...........
- Le chemin de fer du Yunnan (G. Regei.sperger) . . . •
- L’irrigation aux États-Unis (E.-A. Ritteh)..........
- Le chemin de fer éthiopien (G. Prélip)..............
- Formation de la perle et du caùon du Rhône (E.-A.
- Martel)..........................................
- Une nouvelle expédition polaire.....................
- 2. — Hydrologie.
- La stérilisation des eaux potables par l’ozone (A.-T.). . Le choix des eaux d’alimentation publique (En. Bonjean). Épuration et stérilisation des eaux d'alimentation publique (Ed. Bonjean)................................
- L’eau des lacs est-elle potable7 (E.-A. Martel) . . . .
- Océanographie.......................................
- Stérilisation de l’eau potable......................
- Épuration des eaux par les radiations microbicides. Sources radioactives................................
- VII. — ANTHROPOLOGIE.
- 1. — Ethnographie.
- La nouvelle armée chinoise (L. de Caktu.lv)........
- Les instruments de musique dans les pays du Chari-Tchad
- (G. Regelsperger)...............................
- La batellerie aux Indes (V. Forbin) . . ..........
- La brouette chinoise dans nos colonies françaises
- (L. Serve)......................................
- Le pulqué au Mexique (J.-P. Lafitte)............... .
- Fête lunéraire en Birmanie (Y. Forbin).............
- Un dresseur de serpent au Mexique (G. Loucdeux). . . La technique de l’estampe japonaise (J.-P. Lafitte). .
- Repasseuse philippine (V. Forbin)..................
- La pêche au haro (J. Rover)........................
- Le culte de la nature en Chine (J. de Caktilly). . . .
- Le Pollalch en Alaska (Y. Forbin)..................
- Sur la médecine primitive (J. P. L.)...............
- Les pousse-pousse dans l’Afrique australe (V. Forbin) .
- Ethnographie de Madagascar.........................
- Le transport d’un terrier..........................
- Téléphonie primitive...............................
- 2. — Préhistoire.
- Le plus ancien ossemeul humain (J. Deniker) .... L’homme fossile de la Chapelle-aux-Sainls (E.-A. Martel).
- L’homme préhistorique..............................
- Homme préhistorique de la Chapelle-aux-Sainls, 63, Gravures sur roches néolithiques...................
- 3. — Archéologie.
- La question des Ligures (M. Blot)..................
- Gravures rupeslres de la Nouvelle-Calédonie (J.-P. Lafitte) ...........................................
- MATIÈRES —...................... ' -........— 425
- Ruines de Rio Beque (Comte M. de Péiugny)........300
- Les tombeaux impériaux de la dynastie mandchoue
- (Yieomte des Brades de Flecrelle).............531
- Ingénieurs et ouvriers antiques (L. 1). L.)......335
- Le verre dans l’antiquité (G.-A. Hückel).........360
- Le cimetière mérovingien de Paley (A. Yiré)......599
- L'étude des anciens instruments de musique. ... 271
- VIII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. — Mécanique. — Industrie. Arts industriels.
- Le palais de glace de Berlin (Dr A. Gradenwitz) ... 3
- Une turbine à vapeur de 12000 chevaux (I)r A. Gra-
- denwitz)............................................... 28
- Les coffres-forts (1t. Yillers)........................... 58
- La tente-poncho (J. d’Izier)............................... 47
- L’histoire des moteurs hydrauliques (Jacques Lafitte) . 66
- Nouvelle machine à additionner (R. Yillers)............ 78
- L’industrie des fourrures (E. Langlet).....................107
- Sablière à eau pour locomotives et automotrices
- (R. Bonnin).............................................145
- L’industrie des pianos (L. Fournier).......................151
- L’industrie du beurre (N. Lallie'..........................171
- Le papier de sarments (II. Blin).......................226
- La pierre creuse artificielle (R. Doncièhes)...............235
- Un tour géant (A. Gradenwitz)..............................140
- Le froid dans la vie moderne (N. Lali.ié)..................242
- Les broderies mécaniques (A. Chaplet)......................260
- Dispositif de projection automatique (J. Boyer) .... 387
- L’horlogerie à Besançon....................................259
- Avantage des pétrins mécaniques............................583
- 2. — Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Le chemin de fer métropolitain de Paris : raccordement des caissons pour le passage sous la,Seine (E. de Loy-
- selles)............................................ 56
- La question de Panama (A. Tkoller)....................... 62
- Contre les écrasements (Y. Forbin) . . . ............ 96
- Le revêtement des berges des canaux (D. B.).........101
- Contre l’incendie des sky-scrapcrs (V. Forbin)...........121
- Le tunnel du Lôlschberg (R. Bonnin)......................147
- Les fondations du Palais de Justice de Paris (R. Cramply). 164 Le remo quage funiculaire des trains (P. de Mérikl). . 209
- La chute des ponts américains (R. Bonnin)................209
- Les locomotives compound et à vapeur surchauffée
- (R. Bonnin).................................. . 230, 292
- Les travaux de l’arsenal maritime de Devonporl
- (R. Bonnin)...........................................246
- La suppression de l’écho dans la salle du Trocadéro
- (L. Fournier) ........................................526
- Suppression du goulot de la gare Saint-Lazare (R. Bonnin). . .'...............................................555
- L’éclairage au théâtre par le procédé Forluny (G. Ciial-
- harès)................................................411
- Déménagement original....................................117
- 3. — Mines et métallurgie.
- La sécurité dans les mines : la station d’essai de Liévin
- (A. Troller)............................................ 7
- Les ressources houillères des États-Unis d’Amérique
- (E. Lozé).............................................. 55
- La saline de Slanic en Roumanie (G. Renaudot). ... 71
- La houille à Madagascar (G. Grandidier).................123
- DES
- 552
- 552
- 584
- 415
- 415
- 118
- 136
- 166
- 177
- 278
- 321
- 389
- 127
- 126
- 315
- 349
- 366
- 142
- 207
- 239
- 286
- 11
- 19
- 44
- 76
- 96
- 129
- 161
- 180
- 192
- 239
- 251
- 537
- 582
- 401
- 126
- 157
- 291
- 220
- 502
- 47
- 415
- 223
- 26
- 208
- p.425 - vue 429/647
-
-
-
- 426 .....- .::. ..TABLE
- Les sels de pelasse en Haute-Alsace (L. D. L.) . . . . Les phosphates des îles Océaniques (L. De Launay). . Le nouveau bassin houiller lorrain (F. Audry), . . . . La houille en Lorraine....................
- 4. — Aéronautique. — Cyclisme. Automobilisme. — Sports.
- Le salon de l’automobile (E. Taius)....................
- La construction des aéroplanes (J. Büyeh)..............
- Le cyclisme nautique (lt. Yilleiïs)....................
- Le premier salon de l’aéronautique (E. Takis)..........
- Voiture-bivouac (A. G.)................................
- Aviation : la résistance de l’air (L. Fournier) .... Aviation : la stabilité des aéroplanes (L. Fournier), . . Aviation : un stabilisateur automatique pour aéroplanes
- (L. Fournier).......................................
- Nouveau bandage pour poids lourds (Lieutenant-colonel
- G. Esx'iï'aluer)....................................
- Nouveau dir.geable allemand (II. Gasrary)..............
- Une bicyclette aérienne (L.-F.)........................
- Nouveaux autobus parisiens (R. Doncières)..............
- Le fourgon automobile de la fourrière (G. Ru.). . . .
- Un essai d’automobilisation (J. d’Izier)...............
- Les dirigeables « Zodiac » (L. Fournier)...............
- Un précurseur en aviation : Léonard de Vinci (L. De
- Launay).............................................
- Aéroplanes.............................................
- Dynamomètres pour essais de moteurs automobiles .
- Instituts aérodynamiques...............................
- Recherches aéronauliques en Angleterre.................
- Bicyclette ambulance...................................
- MATIÈRES =====
- 5. — Marine.
- Un îlot artificiel pour le réglagedes torpilles (S. Jourdan). 92 Le gyroscope et le roulis des navires (R. Bonnin) ... 97
- Un navire allemand pour le sauvetage des sous-marins
- et torpilleurs (S. Jourdan)...............................145
- Une torpille perce-cuirasses (S. Jourdan)....................227
- Le voyage autour du monde de la Hotte américaine
- (S. Jourdan)..............................................266
- Les hydrophiles ou bateaux glisseurs (R. Ciiamply) . . 316
- Les navires impossibles : vaisseaux à coques multiples
- et autres utopies (S. Jourdan)............................338
- Coup d’œil sur les grandes marines militaires (S. Jourdan) .......................................................387
- 6. — Art militaire.
- Les nouvelles silhouettes tombantes des champs de tir
- (L. de Cantilly).......................................158
- La chasse aux ballons et aux aéroplanes {A. Gradunwitz). 176
- Mitrailleuses automatiques (A. B.)........................197
- Le fusil silencieux Maxim (R. Villers)....................241
- Emploi des mitrailleuses automatiques dans la guerre de
- campagne (A. R.).......................................259
- Nouveau canon de campagne du colonel Déport (A. R.). 274
- La photographie aérienne et ses applications militaires (G. Phélir)..............................................376
- IX. — NÉCROLOGIE.
- Albert Gaudry (A. Tiikvenin)................. 15
- DES
- 134
- 190
- 309
- 158
- 19
- 33
- 63
- 86
- 112
- 114
- 184
- 204
- 222
- 256
- 298
- 319
- 335
- 568
- 596
- 402
- 95
- 111
- 367
- 395
- 395
- FIN DES TABLES
- p.426 - vue 430/647
-
-
-
- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LAIIURE 9, Rue de Fleuras, 9
- p.n.n. - vue 431/647
-
-
-
- p.n.n. - vue 432/647
-
-
-
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- • i - il ,i.A .*» DIRECTION i » . . l
- L. DE LAUNAY E.-A. MARTEL
- , Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées. Ancien Président de de la Société la Commission centrale de Géographie. '
- >
- Tout ce qui concerne « L,a Nüture » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature # est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des artic'es non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine. : • •' 1
- N° 1854 — 5 DÉCEMBRE 1908
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Le prix d’aviation de « La Nature ». — En annonçant la fondation du prix d’Aviation de La Nature, nous nous sommes bornés à en indiquer les conditions générales, laissant à la Ligue Nationale Aérienne, le soin d’en arrêter lés diverses clauses. Un grand nombre de nos lecteurs nous prient de faire connaître le règlement définitif, dont nous avions promis,la prompte publication. Nous regrettons de ne pouvoir leur donner satisfaction. Le Comité technique de la Ligue Nationale aérienne nous fait savoir qu’il n’a pu prendre encore aucune décision. Ce retard est dû à un projet d’entente pendant, entré les divers groupements Aéronautiques, précisément au sujet du règlement des concours. IJn accord est imminent, nous en souhaitons vivement la prompte réalisation ! ; :
- Les unités électriques. — Le Congrès international des unités électriques qui vient de réunir à Londres les représentants de 22 nations a pris des résolutions intéressantes que nous croyons devoir signaler. Il a décidé que les ‘ unités pratiques fondamentales d’électricité seraient Yphm, unité de résistance, Y ampère unité d’in-lensité. Lés'autres unités dérivent de ces deux premières, eu vertu des lois connues de l’électricité. Voici comment le Congrès a défini ces deux unités fondamentales. 1,'ohm est la résistance offerte au passage d’un courant invariable par une colonne de mercure, maintenue à la température de la glace fondante, ayant une section transversale constante, une masse de 14,4521 gr. et une hauteur de io6,3ôocm. Le Congrès a précisé les précautions pratiques qui doivent être suiviès pour la réalisation ‘de cet étalon. f L’ampère est l’intensité d’un courant]invariable qui, passant dans une solution aqueuse de nitrate d’argent, produit un dépôt d’argent de 0,001118 gr. par seconde. ’
- Trempe au chlorure de baryum. — D’après un travail de M. Becker dans Y American Machinist, le chlorure de baryum serait employé daiis les mêmes conditions que le bain de plomb fondu pour obtenir la trempe en évitant l’oxydation superficielle qui a lieu qriand on trempe les outils et qui oblige à leur laisser une surépaisseur, enlevée ensuite à grands frais après l’opération. Le plomb a le double défaut qu’à la température nécessaire pour la trempe des aciers rapides, soit 12000, son oxydation est considérable et qu’en outre l’outil, à sa sortie, demeure exposé à l’oxydation au contact de l’air. Le chlorure de baryum a l’avantage de fondre à une température un peu inférieure à celle dont on a besoin et de former, sur la pièce^au sortir du bain de réchauffage, une pellicule protectrice 'contre l’oxydation. Ce procédé, connu seulement jusqu’alors à titre d’expérience, vient, paraît-il, d’être mis au point à la Firth-Sterlig Steel C°. On y fond le chlorure de baryum (qui vaut o,33 fr. le kilogramme ^aux Etats-Unis) dans un creuset en graphite, placé dans un. fourneau à gaz, en ajoutant un peu de carbonate de soude pour éviter les
- fumées. Les petits outils, plongés froids dans ce bain, sont assez réchauffés par une immersion de i5 secondes à 1 minute. On enlève facilement ensuite la pellicule de chlorure qui les recouvre au sortir du creuset. Les outils restent dans leur coloration primitive et leur couleur même n’est pas modifiée.. .
- Usine allemande de dirigeables. — On annonce que la puissante Société allemande Siemens-Schückert, fonde à Nauen une usine qui sera consacrée , à la construction de ballons dirigeables.
- Chalands à déchargement automatique. — Ils rappellent, jusqu’à un certain point, les wagons se vidant automatiquement par le bas. Mais ici il faut naturellement une disposition complémentaire pour reprendre les charbons, les minerais qui tombent des cales dans le fond du chaland, et les évacuer hors du bateau. L’intérieur des cales est disposé comme une trémie, à parois inclinées; des trappes, en s’ouvrant, laissent descendre minerais ou charbons sur une cou'rroiè porteuse munie de godets, placé dans l’axe du bateau, au-dessous des portes. Et comme la courroie se continue au dehors en remontant à boune hauteur et se transforme, simplement par sa pente, en un véritable élévateur, elle peut aller verser ce qu’elle porte en haut d’une goulotte, d’où charbons ou minerais se déverseront d’eux-mêmes dans une cale, un magasin, etc.
- Un remorqueur à moteur à gaz. — La publication Zeitschrift fur Maschinenhàu signale l’installation d’un moteur à gaz à quatre cylindres, et de 60 chevaux de puissance, à bord d’un remorqueur faisant le service de la rivière Volga, le steamer Ameise. Ce bateau, d’un type nouveau, n’a pas moins de 24 m. de long pour une largeur de 3,65 m. et une profondeur de 2,40 m. Dans ses essais, il n’a . mis que 52 heures pour effectuer le trajet de 1200 km qui sépare Saratow d’Astrakhan. Le moteur consomme du gaz qui est produit sur place même, au moyen d’anthracite ; c’est donc dire que le fonctionnement se fait sur le principe de l’aspiration.
- L’abaissement des nappes d’eau aux Etats-Unis.
- — Il paraîtrait que les récentes récherches du Geolo-gical Survey des Etats-Unis ont prouvé que dans le Sud de la Californie il se trouve une nappe d’eau unique pour alimenter toutes'les 'sources et tous les puits sur une surface de près de 2000 hectares, et que le niveau de cette nappe, qui était seulement à 7 m. au-dessous du sol en 1898, est descendu maintenant à plus de i5 m.
- Le pétrole dans la République Argentine. — Le
- gouvernement argentin se livre à des travaux de sondage sur les côtes avoisinant la baie de Saint-George en Patagonie; des .gisements de pétrole y ont été découverts, qui semblent riches; la première nappe a été trouvée à 53o m. de profondeur, et, sans l’aide d’aucune machine, on a obtenu une production quotidienne
- p.2x1 - vue 433/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- moyenne de i3 à 14 tonnes. Le cenli'e de cette région péti'olifère est la petite ville de Rivadavia.
- Un nouvel emploi de l’aluminium. — Par décret du 12 novembre 1908, l’emploi de l’aluminium est autorisé pour la construction des mesures de capacité destinées au mesurage des liquides.
- Pavés en béton armé. — Ce nouveau mode de pavage commence à se répandre aux Etats-Unis. Il présenterait un certain nombre d’avantages; moins dispendieux que les autres pavages, il durerait plus longtemps; il a, de plus, la propriété de ne pas devenir glissant en s’usant. Placé contre les rails des tramways, il aurait pas à souffrir du passage des trains et ne présenterait, a l’usage, ni craquelure ni fentes.
- Diamants dans l’Afrique allemande du Sud-Ouest.
- — La presse allemande signale la découverte d’un terrain diamantifère dans le voisinage de Luderitz Bay.
- Le fer et l’acier en Suède. — D’après M. le directeur Richard Akerman de Stockholm, la Suède a produit, en charbon et minerai de fer, pour les années 1906 et
- 1907, savoir : 1906 1907
- Tonnes métriques. Tonnes métriques.
- Charbon 296.980 3o5.338
- Minerai de fer. . 4- 502.597 4.480.070
- La production de la fonte. , du fer travaillé et des lin-
- gols d’acier se décompose comme suit en tonnes mé-
- triques :
- Fonte 604.789 615.778
- Blooms au charbon de
- bois 178.298 174.4°5
- Acier Bessemer . . . 84.633 77>o36
- Open-hearth 311.435 3.41.893
- Divers i-979 1.703
- Totaux pour les aciers seulement. 398.047 420.632
- Celle du fer fin et de l’acier :
- Blooms et billets . . 28.880 44-975
- Barres 206.124 198.533
- Clous et fils 125.o5r 139.240
- Plaques 1i.965 i5.025
- Divers 21,o63 21.246
- Les exportations de fonte et de barres marchandes
- montent :
- Fonte 112.200 129.800
- Barres en fer et acier. 194.400 ï 54.200
- Nombres moyens des fourneaux en activité : i3o en 1907 contre 128 en 1906. Production journalière moyenne de fonte par fourneau : tonnes métriques 16.91 en 1907 contre 16.28 en 1906. Nombre moyen de journées d’activité : 280 en 1907.
- Le mouvement du port de Paris. — Le port de Paris est, au point de vue du mouvement de la navigation, le plus actif de France. En 1906, la dernière année pour laquelle le ministère des travaux publics ait publié une statistique, le trafic du port de Paris s’est élevé à 10525 i36 tonnes de marchandises, alors que la même année celui de Marseille n’a pas dépassé 6 745800 tonnes. Ces dix millions et demi de tonnes qui ont été transportées par 50904 bateaux, se décomposent ainsi : expéditions : 2490238 tonnes; arrivages : 6273610 tonnes; transit : 1390280 tonnes; trafic local : 371 008 tonnes. En 1906, 57 pour 100 des marchandises débarquées et embarquées à Paris ont emprunté les voies fluviales. Cette statistique ne s’applique qu’aux voies de navigation comprises dans l’intérieur des fortifications c’est-à-dire la Seine dans sa traversée de Paris, les portions des canaux de l’Ourcq et de Saint-Denis intra muros, le canal Saint-Martin et le bassin de la Villette. L’artère la plus fréquentée est la Seine; en 1906 eBe a transporté 8 401 58o tonnes sur 36696 bateaux, et, en 1907, 8773 135 tonnes sur 36654 bateaux. Le mouvement de la navigation du port de Paris est en accroissement constant et régulier. En deux ans, de 1904 à 1906, il a augmenté de pas moins de 5ooooo tonnes.
- La soie d’araignée. — Nos lecteurs savent que certaines araignées sont susceptibles de fournir une soie pouvant être filée et constituant, jusqu’à un certain point, un succédané de la soie vraie du ver à soie. Une grande araignée de Madagascar, \& Nephila madagasca-
- riensis, notamment, donne à ce point de vue une soie tout à fait remarquable. L’analyse a montré des analogies nombreuses de composition chimique entre ce produit et la fibroïne de la soie ordinaire, ce qui explique la possibilité du remplacement de cette dernière par L soie d’araignée. C’est un fait qui intéresse vivement notre colonie africaine.
- Les œufs en Belgique. — Nous extrayons ces chiffres du tableau général du commerce de la Belgique avec les pays étrangers pendant l’année 1907, qui vient d’être publié par le ministère des finances belge. Il est entré en Belgique, en 1907, pour la consommation, 2i8 86543o œufs, dont 74 millions venant d’Italie, 60 millions de Russie, 82 millions de Bulgarie, 21 millions et demi d’Allemagne, 18 millions des Pays-Bas, 6 millions de Turquie, 5 millions d’Autriche-Hongrie, x million de Serbie, 400000 de France, et 700000 des autres pays réunis. D’autre part, la Belgique a exporté 129 millions 296 878 œufs, dont environ 94 millions en France, 19 millions en Allemagne, 12 millions en Grande-Bre-lagne, 2 millions en Hollande, 1 million et demi dans le Luxembourg. Mais la plus grosse part du commerce des œufs se fait en transit, 384552 6go œufs ont passé en 1907 par la Belgique provenant des pays suivants : Italie 14 millions et demi, Russie n3 millions, Allemagne 17 millions, Serbie 2 millions et demi. La destination de ces œufs était la suivante : Grande-Bretagne 259 millions, France 126 millions, Allemagne 55oooo.
- L’industrie des cartes postales coloriées en Allemagne. — On sait que l’Allemagne a inondé le monde entier de cartes postales en couleur, d’un goût que nous ne qualifierons pas. Cette peu artistique industrie serait en décadence. D’après le rapport du consul des Etats-Unis, à Dresde, l’exportation de ces cartes pour le premier semestre 1908 est inférieure de i5ooooooo de cartes à celle du semestre correspondant de 1907. Elle x'este néanmoins considérable, puisqu’elle atteint encore un chiffre supérieur à 5oo 000 000 de cartes. Les Etats-Unis sont les meilleurs clients de l’Allemagne pour cet article ; viennent ensuite l’Angleterre, l’Australie et l’Asie.
- Fosses absorbantes de la forêt de Villers-Cot-
- teret. — Le Dr L.-J. Mokeau vient de signaler, dans le Naturaliste, des fosses absorbantes près de Villers-Cotteret, analogues à celles que M. P. Combe a décrites ici même (n° 1845, 3 octobre 1908) dans la forêt d’Orléans. Les fosses de Villers-Cotteret ne sont mai’quées sur aucune carte ; la plus rapprochée de la ville porte le nom caractéi’istique d’Angouletout ; elle est triple avec 4 m. de profondeur maximum. A 6 km à l’Est la fosse aux Barres est beaucoup plus pi'ofonde, 14 m. sur 26 m. de diamèti'e à l’ouverture. Sur le vei'sant Nord de la forêt le ti’ou de Chifosse l’enferme en tout temps un bassin d’eau de 20 m. de diamètre. L’intéi'êt géologique de ces points d’absorption est d’être situés dans le terrain tertiaire (sables de Beauchamp, sables de Fontainebleau, superposés aux fissures du calcaire grossier, etc.), de même que ceux que l’on a déjà signalés dans la forêt d’Orléans, la montagne de Reims, et à l’Ouest de Nangis en Seine-et-Marne, etc. Ajoutons qu’au-dessus du calcaire grossier également, nous avons rencontré il y a 3 ans, et non encore signalé, des points d’absorption semblables, au Nord du bois de Vertus (Marne). Ces derniers pourraient être en relations avec la grande résurgence qui jaillit de la craie blanche à Vei'tus. Toute cette question des absorptions des terrains tertiaires est absolument neuve, et mérite d’être spécialement étudiée au point de vue de l’hygiène des eaux potables de ces terrains.
- Absorption d’azote et d’hydrogène par les solutions aqueuses. — On sait que les gaz azote et hydrogène sont plus ou moins solubles dans l’eau et dans certaines solutions aqueuses. On a constaté que l’addition à l’eau de substances solubles diminue la solubilité de. l’azote; la diminution est la même pour l’addition d’un même nombre de molécules de glucose, de lévulose, d’arabinose, de glycocolle ; mais cette loi ne s’applique plus à l’éx'ythrite, à l’urée, à l’acétamide, pour lesquels c’est la quantité absolue de corps dissous, et lion sa quantité moléculaire, qui règle l’abaissement de solubilité. La solubilité de l’hydrogène présente à peu près les mêmes phénomènes.
- p.2x2 - vue 434/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- <$>& Mécanique ^c&>
- L’enfilage automatique des aiguilles. — Pour simple que paraisse l’action de passer l’extrémité d’un fil dans le chas d’une aiguille, elle ne laisse pas que d’être parfois ennuyeuse. Il n’est ‘personne qui ne se souvienne avoir vu quelque conscrit maladroit, ou quelque vieille aux yeux fatigués, s’y reprendre laborieusement plusieurs fois avant de réussir.
- Aussi a-t-on imaginé des aiguilles perfectionnées, des-linées à simplifier l’opération. Il existe par exemple des chas ayant la forme d’un mousqueton, sur lequel le fil convenablement pressé, passe facilement à l’intérieur (fig. i a) ; mais la commodité s’acquiert aux dépens de la solidité. Les aiguilles dites « doubles trous » (fig. i b) sont moins fragiles; elles se composent d’une aiguille ordinaire prolongée au delà du chas, de façon à former deux branches qui se réunissent, puis s’éloignent en formant fourche (c). Appuyé en f, le fil écarte les branches qui se réunissant lorsqu’il est passé dans le chas supérieur (f) l’y maintiennent très solidement.
- Mais pour ingénieuses que paraissent les aiguilles les jdus perfectionnées, elles ne peuvent augmenter que
- dans de faibles proportions la rapidité du travail. Or, dans les ateliers de broderie mécanique, les aides dites « enfileuses » passent des journées entières à garnir de fil les aiguilles à broder. On devait fatalement arriver à remplacer le travail des enfileuses par un procédé plus rapide, plus régulier et plus économique : il existe maintenant des machines automatiques pour l’enfilage des aiguilles à broder.
- Les établissements Saurer, d’Arbon et Martini, de Frauenfeld ont imaginé de très petits modèles de ces machines (fig. 2), mùs à la main ou mécaniquement et capables d’enfiler automatiquement jusqu’à soixante aiguilles à la minute. On emploie le fil en grosses pelotes livrées par les filatures (g) et des aiguilles à broder d’un modèle quelconque, que l’on place dans une trémie d’où un tiroir inférieur les fait sortir une à une. Dans son trajet, chaquè aiguille roule sur elle-même et présente à un moment donné le chas dans un sens favorable qui est aussitôt maintenu par une pointe pénétrant dans l’aiguille. C’est cette pointe qui conduit le chas entre le fil d’une part et d’autre part un minuscule crochet qui, traversant le trou, attrape le fil et le force à passer dans le chas. Le petit bout libre du brin est alors noué en une boucle dans laquelle l’aiguille enfilée vient passer, après quoi la boucle est serrée. L’aiguille est ensuite saisie par une pince qui la transporte dans le support (rf) où s’accumulent les aiguilles garnies, jusqu’à ce que l’on recharge les chariots de métiers à broder. Dans le modèle mû mécaniquement, il existe aussi des block-system spéciaux qui débraient la commande quand le fil
- casse accidentellement ou quand la règle support d est complètement garnie.
- Quoique les machines à enfiler les aiguilles soient d’un emploi très limité, il était intéressant d’en connaître le fonctionnement. Il n’es!, comme on le voit, rien qui puisse échapper aux transformations du machinisme ; pas même des choses qui, essentiellement simples et usuelles, semblaient devoir rester en dehors de toute tentative de perfectionnement industriel.
- Jouets
- Le Pickering. — Jeu nouveau et assez intéressant. A l’extrémité d’une planchette assez longue, sont fixés deux montants reliés à leur partie supérieure par une traverse. Celle-ci porte, en son milieu, un piton qui reçoit une cordelette terminée par une poignée. Sur cette cordelette peut circuler, grâce à une poulie à laquelle il est fixé, un crochet, de là le nom du jeu, en métal et assez accentué.
- Lorsque l’on veut jouer au Pickering, l’un des partenaires place une autre planchette très étroite sur la première, dans le sens de la longueur, et bien au milieu. Cette deuxième planchette est pourvue d’une rainure dans laquelle on installe un certain nombre d’anneaux assujettis sur une base de bois de même largeur que la rainure de la planchette. La partie peut alors commencer. Pendant que le premier joueur qui tient le
- Le Pickering.
- manche de la cordelette s’efforce, en inclinant celle-ci de manière à faire progresser le crochet, à ramasser le plus grand nombre possible d’anneaux, son adversaire manœuvre la planchette d’anneaux depuis l’autre extrémité du jeu en la faisant dévier, à droite et à gauche de sa position normale. Afin d’augmenter les difficultés pour le dernier joueur, les mouvements de sa planchette mobile, sont limités par deux quilles qu’il ne doit pas renverser sous peine de perdre la partie. Ce jeu nous paraît devoir amuser les enfants, car c’est un jeu d’adresse et il demande un certain temps d’exercice avant que les joueurs aient acquis de l’habileté. — Le Pickering est construit par M. Blin, i3o, rue Amelot, à Paris.
- Le croquet électrique. — Après avoir joui d'une vogue anormale, les jouets électriques deviennent de
- Le croquet électrique.
- plus en plus rares. Cependant ils présentent en général, beaucoup d’intérêt surtout lorsqu'ils se complètent par
- p.2x3 - vue 435/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- les jeux d’adresse. C’est le cas du croquet électrique qui obéit aux mêmes règles que le croquet ordinaire.
- La table du jeu est garnie d’arceaux et chacun d’eux est défendu par des plots. On le joue avec des palets de métal projetés à l’aide d’une spatule. Les règles du jeu normal étant observées les partenaires doivent éviter à tout prix de placer leur jeton à cheval sur deux plots, car une sonnerie retentit et le possesseur du jeton doit reculer d’un arceau. Une petite pile électrique est enfermée dans le socle du jouet et peut se remplacer très facilement.-— Le croquet électrique est en vente chez M. Bongrain, 4L rue des Martyrs, à Paris.
- Le diavolant. — Une hélice en bois montée sur un arbre également en bois et lancée à la ficelle comme le
- montre notre figure, tel est ce nouveau jeu. L’hélice >. monte à une très grande hauteur, puis tombe en tournoyant. Comme pour le diabolo, il y a toujours à craindre la chute sur la tête d’un joueur on d’un promeneur, car l’objet est assez lourd et pourrait blesser. Pour cette raison, il serait préférable de se livrer à ce jeu dans les endroits déserts. Cette restriction faite, nous devons reconnaître que cette hélice massive, inspirée de l’hélice de Ponton d’Âmé-court, terminée par un axe également massif, s’envole cependant avec beaucoup de grâce lorsque l’impulsion donnée à la ficelle a été régulière. Un enfant aura moins de succès qu’un adulte, mais ce sera pour lui un excellent exercice sportif que de chercher à battre ses records. — Le diavolant est en vente au Comptoir dès inventions nouvelles, 16, boulevard Saint-Denis, à Paris.
- Trompette fanfare. — Le nom est peut-être un peu exagéré, mais enfin il y a du vrai. C’est une trompette ordinaire tout à fait semblable à celles dans lesquelles les enfants soufflent pour faire du bruit, mais à laquelle M. Sautreau a su apporter une intéressante modification.
- Il a percé trois trous dans le corps de l’instrument et, à l’aide d’un curseur, il les ouvre ou les ferme alternativement de manière à réaliser les quatre notes de l’accord parfait.
- L’instrument n’a pas encore fait son entrée au Conservatoire national, mais il possède cet avantage — est-ce bien un avantage pour les parents ? — de permettre aux moutards de faire du bruit sur des notes différentes. Il est certain que cela leur plaira. — S’adresser a M. Sâutreau/21, rue Rébeval, à Paris.
- Billard. --- Ce nouveau jeu de billard, à forme trapézoïdale, est monté sur un chemin de roulement circulaire mettant le tube de lancement en face de chacun des joueurs sans que ces derniers soient obligés de se‘ déplacer. Ce tube est mobile autour d’un axe vertical
- Le nouveau billard.
- qui permet de lancer, la bille en calculant l'effet à produire pour que celle-ci, après avoir atteint les trois bandes, vienne se loger dans une des cases numérotées. Ces cases sont ouvertes sur le grand côté du trapèze. Les bandes, au nombre de trois, n’appartiennent pas aux côtés du totnèze; elles sont disposées parallèlement à
- ces côtés et peuvent subir un réglage, à l’aide d’une vis, qui leur donne une inclinaison variable. Enfin, pour augmenter la difficulté et obliger le tireur à une visée précise, un bloc de bois en défend l’entrée. La bille doit donc frapper la bande de droite et revenir dans les cases après avoir touché les deux auti'es bandes. — Ce billard a été inventé par M. Maudon, 18, nie d’Aulan-court, à Paris.
- $8^ Divers *
- Gobelets en glace. — « Chacun son verre », telle est la devise de l’inventeur de ce récipient original, et nos hygiénistes les plus sévères ne la désavoueraient pas. Un Hollandais, M. Huizer, a eu l’idée de fabriquer, pour la dégustation des boissons glacées, des gobelets faits eux-mêmes de glace. La boisson s’y maintient extrêmement fraîche, et le vase, dont on jette les débris après usage,'ne peut servir qu’à un seul consommateur.
- Notre figure i montre la coupe de l’objet; il a la forme d’un verre à boire ordinaire, aminci vers les bords, bombé et épais, à la partie inférieure; il est placé dans une enveloppe de papier ou de celluloïd (fig. 2) qui a l’avantage d’en rendre le toucher agréable, et d’en retarder la fusion; celle-ci, du reste, est assez
- Fig. 1. — Coupe du gobelet : a, paroi en glace; b, enveloppe de celluloïd.
- Fig. 2. — Le gobelet terminé. — Fig. 3. — Moulage d’un gobelet.
- ; 1
- lente et on la retarde encore en ajoutant à l’eau à congeler diverses substances en quantités infinitésimales.
- La fabrication a soulevé des problèmes assez délicats : on congèle l’eau dans un moule qui comprend une pièce extérieure d (fig. 3) et un noyau intérieur de forme spéciale c. L’espace compris entre ces deux pièces est garni d’eau, et le tout est soumis à l’action d’une machine réfrigérante. Quand le gobelet est formé, il faut procéder au démoulage ; on retire du moule extérieur, au moyen d’un dispositif spécial, l’ensemble formé par la glace et le noyau intérieur. Celui-ci est en porcelaine, en terre cuite ou en verre, ii a un coefficient de dilatation inférieur à celui de la glace, ce qui permet en chauffant légèrement de séparer noyau et gobelet glacé,
- Il existe en Hollande une installation commerciale où l’on fabrique et utilise ces vases nouveau genre. Le prix de revient en est, paraît-il, très faible. Le procédé, en tout cas, est élégant. Nous le verrons peut-rêtre, quelque jour, s’introduire dans nos grands cafés, glaciers.
- Les gobelets* en glace s.ont fabriqués par la Nieder-landsche Ijsbeker. Maatschappig. —, S’Gravenhague, 22, Anna van-Saxenskràatz. ,! > ); *: Ai , .
- I; S ri, . i\ i,I
- Chauffe-lit à entonnoir. — La saison froide approche. Les;, inventeurs .s’ingénient, à perfectionner nos moyens-d’action contre le froid. Voici un nouveau chauffe-litrfort pratique. Fermé, et,; rempli d’eau, il se distingue peu des chauffe-lits usuels. Mais,, pour le remplissage, il présente une particularité qui le rend fort commode,, il ( se ferme au moyen d’une pièce hémisphérique; ce couvercle retourné | et vissé à l’envers sur l’orifice, forme 1 entonnoir, ce qui facilite singulièrement le versement de l’eau bouillante dans l’appareil. Ce couvercle est du reste parfaitement hermétique, et l’on a moins à craindre qu avec les autres appareils, les fuites dues à l’usure du pas de vis dû bouchon. — L’appareil se vend chez Re-naut, 43, boulevard de Strasbourg. Prix : 4fr,90.
- p.2x4 - vue 436/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Le chant des poteaux télégraphiques. — M. O.-J.
- gérin nous adresse à propos du chant des poteaux télégraphiques une explication ingénieuse qui paraît être jjien d’accord avec la plupart des faits observés :
- (( Le poteau, dit-il, ne chante pas par lui-même. Il est le conducteur et l’amplificateur des chants transmis : ,o par les vibrations ^normales dés fils'sous l’influence je la brise; 2° par les vibrations des godets.
- « Quelle que soit l’homogénéité avec laquelle ont été construits les fils, il y a de légères diflérènces moléculaires qui font varier le coefficient de dilatation. Cette action est augmentée par les différentes grosseurs des divers fils, ou simplement d’un fil. En effet, le tréfilage le plus soigneux donne un fil d’une apparence régulière à l’œil, mais; en réalité, il y a des variations infimes dans la grosseur et surtout dans l’état moléculaire, vacations révélées au microscope. Si l’on écarte donc l’influence du vent, il est facile de s’imaginer que les variations incessantes de température, allongent ou rétrécissent continuellement les fils. Si ceux-ci avaient une contexture parfaitement homogène, l’allongement ne se manifesterait que par une simple infléxion du fil, qui garderait un point fixe de support sur le godet. Mais le jil s’allonge plus d’un côté que de l’autre, et il se produit des glissements sur le godet, d’autant plus forts que la portée est plus grande.
- « Ces mouvements sont constants et sensibles et les ellorls dé traction se traduisent en des grincements que le godet amplifie et que le poteau absorbe dans sa masse, unifiant les sons des divers fils.
- « Cette constatation peut être faite expérimentalement sur un instrument à cordes métalliques et crémaillères. Eu montant et baissant d’un demi-ton seulement, deux cordes opposées, on entend, l’oreille appuyée sur l’âme de l’instrument, le grincement produit par les variations de longueur.
- ci Le poteau télégraphique agit de cette façon, et comme il ne peut vibrer que dans son ton propre, c’est ce qui explique les accords assez harmonieux que l’on entend le long des routes, alors qu’aucun vent ne souffle, et qui ne sont que le résultat des grincements des fils sur les godets. Le godet est devenu le chevalet, le tronc d arbre l ame, la chaleur et le froid l’archet. »
- M. Ch... paraît être du même avis que M. Gérin et il nous communique quelquès observations à l’appui de cette thèse; il en résulterait très nettement que le système fils et poteaux télégraphiques se comporte comme un résonnateur sonore, capable par conséquent de donner une note déterminée, et d’entrer en vibration sous l’effet d’oscillations de la période de cette note ou pour des harmoniques. Les observations de M. Ch... ont porté sur une ligne située le long de la route de Marlotte à Montigny-sur-Loing (Seine-et-Marne) ; elle longe de l’est à l’ouest la forêt de Fontainebleau : si lèvent vient du nord, c’est-à-dire de la forêt, les poteaux n’émettent que des sons insignifiants; s’il souffle du sud, les poteaux chantent énergiquement. Même par un temps calme, dit M. Ch... je les ai entendus émettre des résonances intenses et d’autres fois rester muets. On remarque également que si un train venant de la plaine du Loing se dirige vers Marlotte, le chant des poteaux augmente de plus en plus, à mesure qu’il se rapproche, jusqu’à ce qu’il soit enfoncé dans la forêt. Dans le cas considéré le vént du sud annonce le mauvais temps. Aucun bruit venant du nord ne peut atteindre les poteaux, car il sera amorti par la forêt. Donc, dans le cas actuel, si le vent souffle du nord, pas de chant. S'il vient du sud, les poteaux chantent et annoncent la pluie. Mais dans une situation topographique différente, la signification météorologique de ce chant pourrait être toute différente.
- Enfin, en rase campagne, dit M. Ch... les sons pourraient arriver de tous côtés, ils vibreraient continuellement et n’annonceraient rien du tout.
- Enfin, un correspondant de Belgique nous a adressé un extrait de l’ouvragé La Nature et la Vie sociale soi point de vue énergétique de M. Léon Dumas, où l’auteur paraît attribuer le phénomène à des ondes hertziennes transmises dans l’air calme rendu plus dense par une hygromëtricité progressive, et qui seraient recueillies par les fils. Cette explication nous semble singulièrement nébuleuse et imprécise; on ne saisit pas très bien comment de simples fils métalliques deviendraient des détecteurs d’ondes électriques et comment il les traduiraient en ondes soùores. L’hypothèse de M. Gérin nous paraît infiniment plus satisfaisante.
- HYGIÈNE ET SANTE
- Valeur alimentaire de la banane. — La banane, autrefois objet de luxe et réservée à quelques tables privilégiées, est devenue de consommation courante. Chaque saison les petites voitures des marchands ambulants vous offrent aux prix modiques de dix ou quinze centimes (qui pourraient encore être abaissés) de jolis fruits dorés et savoureux. C’est que la culture du bananier a pris depuis vingt ans, dans tous les pays où-la plante peut croître et prospérer, une extension considérable. Les Jamaïques, le Brésil, les Indes, les côtes de l’Afrique occidentale sont les grands producteurs. Malheureusement nous ne sommes pas, comme en Amérique, à portée des pays où pousse le bananier. De la Jamaïque, de Cuba, le fruit arrive sur les marchés américains à peu de frais et sans risques d’avarie bien considérable. Chez nous, il faut un long voyage, le fruit cueilli prématurément pour supporter , ces. longues traversées, la qualité s’en ressent un . peu et le prix de vente beaucoup. Quand nous aurons avec nos possessions de l’Afrique occidentale des services de navigation plus réguliers, plus rapides, avec des installations spéciales pour ces fruits délicats, les. importations augmenteront de suite. Il n’y a qu’à voir l’ascension prodigieuse et rapide du chiffre de ce commerce pour la Jamaïque et les pays qui alimentent les villes américaines.. Nous suivons de loin cet accroissement de consommation'; mais nous voyons tous les ans augmenter le nombre dés régimes introduits dans nos ports.
- La culture de la banane est très rémunératrice, mais il faut pour sa culture des régions spéciales humides et chauffées par le soleil des tropiques. Jadis, le directeur du Jardin d’essais d’Alger avait tenté sur quelques points l’acclimatation d’une variété de banane, originaire du Brésil, à laquelle on avait donné le nom de banane du Hamma. Le climat est peut-être propice, mais le sol algérien n’a pas assez d’eau pour favoriser la culture de cette plante et je crois que les essais sont restés stériles, sauf dans le jardin lui-même.
- Il existe plusieurs variétés de bananiers ; deux surtout fournissent des fruits bons et propres à l’alimentation. C’est d’abord la musa parasidiàca qui donne de gros fruits, dites pommes de Paradis, variété très commune aux Seychelles et à Madagascar, mais moins estimée que le bananier vrai, musa sapientium, l’espèce la plus répandue dans les pays tropicaux et qui est originaire de l’Inde. Ce musa donne des .fruits plus petits, mais ils sont plus abondants et meilleurs. Ce sont ceux que l’on voit de préférence sur le marché parisien.
- La banane est un fruit très agréable, d’une digestion facile, mais quelle est sa valeur alimentaire ? Pour répondre à cette question je n’ai qu’à prendre les documents fournis par le Dr Henri Labbé qui poursuit depuis longtemps avec le professeur Landouzy des études fort intéressantes sur l’alimentation rationnelle et sur les moyens de substituer à des habitudes et à une pratique surannées des données précises et réellement hygiéni-
- p.2x5 - vue 437/647
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- ques. La banane contient une forte proportion de fécule et d’amidon qui, par la maturité se change en sucre. L’analyse de bananes mûres pratiquée par notre compatriote, M. Balland, pharmacien principal de l’armée,' indique 70 pour 100 de matières sucrées, alors qu’à l’état vert le fruit n’en contenait que des traces mais renfermait par contre 80 pour 100 de matières extractives. La matière sucrée est composée pour la majeure partie de glucose et d’un peu de saccharose, l’un et l’autre très digestibles et possédant à peu près la même valeur nutritive. Le pouvoir nutritif de la banane représente une calorie par gramme ; comme les fruits que l’on vend à Paris pèsent en général de 60 à 75 gr., chaque banane fournit 60 à 75 calories, c’est l’équivalent de la viande. Ce n’est donc pas en réalité un accessoire du repas, un dessert, c’est un véritable aliment. Si l’on prend la banane desséchée, le pouvoir calorifique est plus que doublé et pour 100 gr. s’élève à 205 calories; ce chiffre est égal et presque supérieur à celui que donnent d’autres fruits, raisins secs, figues sèches, etc. La banane peut à elle seule constituer un repas ou du moins fournir les éléments suffisants comme valeur nutritive, en prenant quatre à cinq fruits. Après un bon repas, elle devient du superflu et il faut alors se contenter de quelques tranches ou d’un seul fruit. La gourmandise nous ferait exagérer l’apport nécessaire aux besoins de l’organisme, ce que nous faisons du reste trop souvent, sans nous en rendre compte ou même à bon escient, quand on prend part à un dîner à plusieurs services.
- La banane se mange aussi à l’état de farine; je ne crois pas qu’elle se consomme beaucoup en France-et même en Europe sous cette forme. Mais on commence à en prendre le goût et l’habitude. Comme la farine se fait avec le fruit vert, la composition est assez différente de la banane mûre. L’analyse la plus récente, due à M. Henri Labbé, qui se rapproche du reste beaucoup de celles de Muntz et de Balland, donne une proportion de 2 pour 100 de matières sucrées et de 80 pour 100 de matières hydrocarbonées. Mais dans cette proportion l’amidon soluble y entre pour 7 à 8 pour 100, ce qui indique qu’on peut avec cette farine, préparer des bouillies sans cuisson trop prolongée et par là très convenables pour l’alimentation des enfants ou des malades.
- Il y a, à l’emploi de ces farines, un petit inconvénient; quand je dis petit, c’est par euphémisme, car il devient un obstacle à leur prise facile par les bébés. Ces farines ont un goût peu agréable et leur saveur est en général très astringente,.due à l’acidité végétale. C’est un défaut difficile à corriger. Pour y remédier, M. Labbé projjose si l’on renonce à la farine par dégoût ou par impossibilité de la faire absorber, de prendre la banane cuite sous forme de compote. Le fruit ne perd rien de sa valeur nutritive, il garde sa saveur et son goût sucré, puisqu’on se sert de fruits mûrs, et peut remplacer avantageusement le fruit cru. Il faut avoir soin, pour que la compote soit parfaite, de la passer au tamis fin où dans
- un linge de mousseline pour enlever les lilamenls de cellulose non digestibles. Elle se prépare comme ulle marmelade de fruits délicats et demande, suivant goûts, une addition de moitié ou trois quarts de sucre pour le poids des bananes. En compote ou telle que 1;( fournit la nature, la banane mérite la faveur que h; accordent les ménagères : peu de fruits ont une valeur nutritive semblable à un prix aussi peu élevé. Dr A. c
- Contre les verrues. — Rien de grave dans l’appari_ tion de ces petites tumeurs qui vous poussent sur les doigts, sur le dos de la main sans savoir pourquoi, rien de grave, c’est vrai, mais fort désagréable et fort ennuyeux. Une jolie main se trouve un peu transformée par la présence de ces verrues qui ne sont autres que de petits papillomes. Nombreux sont les moyens conseillés pour la destruction de ces sortes de tumeurs, depuis L magnésie, l’eau de chaux, l’arsenic, à l’intérieur, les caustiques simples ou dangereux, jus de citron, nitrate d’argent, acide nitiûque, acide sulfurique, jusqu’à ],t suggestion.
- Voici un nouveau moyen préconisé par MM. Sicard e| Larue, c’est la teinture de thuya. Le Thuya occiden-talis, appelé aussi arbre de vie, est un conifère, originaire de l’Amérique septentrionale, dont les feuilles et le bois ont été employés jadis comme agent sudorifique et antirhumatismal. Comme tous les vieux médicaments, il est tombé en désuétude et 11’est plus guère employé que dans la thérapeutique homéopathique sous forme de globules et de teinture.
- Un médecin polonais se servit de l’essence de thuya comme topique contre les condylomes tenaces et contre les verrues. Molinike, de Berlin, se servit avec succès paraît-il, de la teinture. Nos confrères français ont eu recours à cette même teinture préparée avec les feuilles, mais au lieu de l’appliquer en badigeonnages, en compresses, méthode qui, d’après leur expérience, ne donne que des résultats assez incertains, ils se servent des injections. Voici du reste comment ils procèdent. On donne au malade un bain local chaud, suffisamment prolongé pour ramollir les verrues, on les nettoie avec de l’eau savonneuse, de l’alcool pour rendre la peau aseptique. On injecte alors, avec une seringue de Pravaz, munie d’une fine aiguille à court biseau, quelques gouttes de leinlure au-dessous même de la saillie papillaire. On répète celte injection du côté opposé pour bien assurer la pénétra-, tion du liquide dans toute la masse de la petite tumeur.; Quelques jours après on voit la verrue prendre une! teinte noirâtre, se flétrir et tomber. Si la verrue est de! très grosse dimension, il est nécessaire de répéter unej ou deux fois les injections à quelques jours d’intervalle. L’opération est minime, sans danger et les résultats constants. C’est à recommander aux porteurs de verrues qui se verront sûrement et radicalement débarrassés de ces petites saillies gênantes et désagréables.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour enlever la rouille. — Faire le mélange suivant : sable de quartz, finement pulvérisé, 20 parties; pierre ponce en poudre, 10 parties; tripoli, 3o parties; paraffine, 5 parties, huile minérale légère, 35 parties. La paraffine et l'huile minérale sont mélangées l’une à l’autre, puis on leur incorpore la matière pulvérulente. On chauffe de façon à avoir un mélange fluide et très uniforme, que l’on peut mettre en boîtes, et utiliser après refroidissement.
- Copie des dessins de broderies. — Le procédé donne des résultats un peu rudimentaires, mais il est infiniment simple, facile, rapide, commode ; au demeurant, il suffit à rendre de sérieux services, puisqu’on l’emploie dans toutes les usines suisses de broderies mécaniques.
- L’échantillon dont on veut conserver le modèle est recouvert d’une feuille de papier blanc assez mince (le papier pour machine à écrire convient très bien) ; on en frotte la surface avec un morceau de cire noire, du genre de ceuy vendus dans les bazars des villes de garnison
- pour « l’astiquage « du fourniment. La cire ne laisse, une trace noire qu’aux endroits du papier recouvrant les parties brodées ; en effet, les parties en relief peuvent seules détacher des parcelles de matière colorante.
- On obtient une reproduction en traits noirs sur fond blanc ; et quelque imparfaite que semble l’empreinte, les professionnels de la broderie reconstituent facilement, d’après un tel modèle, les motifs brodés les plus fins et les plus compliqués.
- Moulage de l’amiante. — Cette opération est souvent utile; elle permet, par exemple, de constituer d’excellents filtres, pour le vin, le vinaigre, etc. ; ces filtres ont une durée très longue; il suffit, pour les rajeunir, de les porter dans un four à très haute température.
- Voici comment l’on procède : on réduit l’amiante en poudre, on y ajoute de l’eau et l’on en fait un mélange bien homogène; puis, tout en agitant, on ajoute encore de l’eau, et l’on fait une sorte de pâte, que l’on laisse sécher et durcir, jusqu’au moment où elle a acquis la plasticité désirée. On la moule alors, pour en former l’objet désiré.
- p.2x6 - vue 438/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes jc renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et jus recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.'j
- Communications. — La fabrication mécanique du verre. — A propos de l’article de notre collaborateur, M. Lemaii'e, sur ce sujet, M. Fourcault, maître verrier, nous adresse une intéressante communication qui complète sur un point notre article. Nous disions : « Pour faire le verre à vitres, on pourrait peut-être, semble-t-il, enfoncer dans un bain de verre fondu un bloc de terre réfractaire présentant une étroite fente verticale par laquelle le verre liquide jaillirait; il se solidifierait dans les parties supérieures. Ce procédé a été essayé, mais l’expérience a prouvé que, dès que le verre fondu a louché la terre réfractaire, il présente des rayures qui modifient profondément l’état de sa surface et le rendent inutilisable. » M. Fourcault nous signale que ce mode opératoire a été breveté par lui en France, Amérique et Allemagne de 1902 à 1906, que, dès le mois de juin upd, les essais lui ont donné satisfaction et que depuis deux ans il use de cette méthode « couramment et industriellement dans ses propres usines. »
- Avertisseur électrique contre le cambriolage. — Cet intér essant appareil que nous avons décrit dans notre n° du 19 septembre 1908 est dû à l’ingéniosité de M. An-tony Jacques, 17, Cours Berriat, Grenoble. M. Hamm, que nous avions désigné comme l’inventeur, n’en est que l’habile constructeur.
- Renseignements, — Le mot anglais qui désigne les cerfs-volants s’écrit kite, et non kyte comme nous l’avons impr imé par erreur dans notre article sur les Concours de cerf-volants.
- M. Ternynck, à Lausanne. — Il n’existe pas de lampe à vapeur de mercure au voltage que vous indiquez. Pour tous renseignements, veuillez vous adresser à la Société Westinghouse, rue de l’Arcade, Paris.
- M. Mosca, à Gênes. — Nous vous signalerons l’ouvrage : Choix et usages des objectif photographiques,
- par M. Wallon, chez Gauthier-Villars, ^5, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. P. Courant, à Nantes. — Pour faire un vernis avec des débris de celluloïd, dissolvez-les dans un mélange fait de 5o parties d’alcool, en poids, et de 5 de camphre.
- M. le Dr Leriget, Le Dorât. — Pour nettoyer le marbre souillé, préparez une solution faible d’acide sulfurique. Vous laverez le marbre et frotterez jusqu’à ce qu’il soit très net.
- M. Cajnion, à Bouillon. — La grille chauffante du four de boulanger électrique a été construite par la maison Le Roy, 43, rue de Boulainvillers, Paris. Quant au four lui-même, il a été étudié et construit par M. Loudrier, ingénieur de la Société « Sud Electrique » à Avignon.
- M. E. Mainlz, à Paris. — Nous ne connaissons en Europe qu’une fabrique de verre filé, celle de MM. Weis-kopf, à Morchenstern, Bôhmen (Autriche). Toutefois, en vous adressant aux marchands de produits chimiques, d’ustensiles de laboratoires, qui en vendent ou aux fabricants d’enveloppes calorifuges qui l’utilisent, vous pourriez savoir s’ils ne le tiennent pas d’une autre source. Il a paru sur lé verre filé une étude de M. Lee, dans V E lectrotechnischer Anzeiger, accompagnée d’une bibliographie. Vous pourriez vous procurer ce journal par l’intermédiaire de MM. Boyreau et Chevillet, 22, rue de la Banque, ou Le Soudier, boulevard Saint-Germain.
- M. de Wattewille, à Amsterdam. — Veuillez vous adresser à M. Clermont-Huet, 114, rue du Temple, constructeur de l’appareil pour l’apprentissage en chambre du tir au canon.
- M. IL. V. de B., à Anvers. — Le frigorigène Audiffren est construit par les Etablissements Singrün à Epinal. Il en existe un petit modèle qui semble bien se prêter aux usages domestiques, à condition qu’on dispose de force motrice. La réparation des pneumatiques durcis par le temps est une question fort délicate et nous vous conseillons de vous adresser à l’usine même qui vous les a fournis pour lui demander si la chose est possible.
- M. R. K., Montpellier. — Vous pourriez vous adresser à une maison de fournitures électriques, comme le Bazar d’électricité, boulevard Henri-IV ; Richard-Heller, 18, cité Trévise; Ulmann, 16, boulevard Saint-Denis.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- l.e nouveau port d’Alexandrie : Wnx Darvillé. — Les métamorphoses d’une comète : Em. Touchet, — La dioptrie : Ch-Ed Guillaume. — Chronique. — La due de Daluis (Alpes-Maritimes) : E.-A. Martel. — Un puissant bateau-pompe : Sauvaire Jourdan. — Accumulateurs électriques mo dernes : Gaston Roux. — Académie des sciences; séance du 23 novembre 1908 : Ch. de Villedeuil. — E.-T. Ilamy :
- . Maroel Blot. ; j .. .
- Supplément. — La télégraphie sans fil et la détermination de la longitude en mer. — Les observations lunaires. — Flottes anglaise et allemande, etc. — L’or et les produits miniers des colonies françaises.— Orages et grêles pendant la saison chaude. Désinfection du linge.
- Précis d'électricité, par Paul Niewenglowski, ingénieur au corps des mines. — Encyclopédie des travaux publics Léchalas (Gauthier-Villars).
- Il existe déjà et il se publie chaque jour bien des traités d’électricité. Celui-ci mérite cependant d’être recommandé d’une façon toute spéciale pour l’art remarquable de présentation et de condensation, grâce auquel il réussit en 200 pages à faire connaître toute l’électricité dans sa théorie et ses applications, en en donnant non seulement l’intërprétation vulgaire, mise à la portée de tous, mais même la théorie mathématique. Il est difficile d’être à la fois plus précis et plus clair.
- Génératrices électriques à courant continu, par Henry-M. Hobart, M. Inst. G. E., et F. Achard, ingénieur à la Société alsacienne de constructions mécaniques. (H. Dunod et E. Pinat). Grand in-8 de 275 pages, avec 141 fig. Prix : broché, i5 francs ; cartonné, 17 francs.
- Le but de cet ouvrage est à la fois de servir de guide à l’étudiant et de venir en aide au calculateur dans son travail journalier. Il renferme notamment un grand nombre (18) de projets de génératrices électriques présentés sous forme de tableaux. Ceux-ci contiennent, dans chaque chapitre, les données strictement nécessaires à l’exécution des calculs dont la marche est indiquée dans le chapitre correspondant. La seconde partie de cet ouvrage est destinée à illustrer, par une série d’exemples empruntés à la pratique des constructeurs de différents pays, les méthodes indiquées dans la première partie; elle contient les spécifications détaillées de génératrices à courant continu dont la puissance est échelonnée de too à i25o kilowatts.
- Les occasions dans le commerce automobile, par Ch. La-ville. (H. Dunod et E. Pinat). In-8 de viii-324 pages, avec 134 fig. Prix : reliure souple, 8 francs.
- Le commerce des automobiles « d’occasion », né depuis dix années à peine, a pris un développement considérable. Ce volume a pour but de mettre les acheteurs en garde contre les roueries des maquignons de 1 automobile.
- p.2x7 - vue 439/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- L'Afrique du Nord (Tunisie, Algérie, Maroc), par M. Henri Lorin, ancien professeur au lycée Carnot, de Tunis, professeur de géographie coloniale à l’Université de Bordeaux. Un volume in-18, avec 27 gravures, 3 cartes hors texte et un index. Armand Colin. Prix, broché : 3 francs.
- Ce bon travail d’ensemble sur nos possessions africaines est divisé en quatre parties : esquisse géographique générale, accompagnée d’un sommaire historique; géographie régionale, embrassant la description de toutes les parties de l’ancienne Maurétanie romaine; géographie économique, où sont méthodiquement exposés les progrès de la colonisation; géographie politique, où l’étude des régimes administratifs se
- complète par celle du peuple néo-latin en formation dans T Algérie-Tunisie, et des conditions du Maroc contemporain.
- Trois années de chasse au Mozambique, par Guillaume! Yasse, in-iè, Hachette. Prix : 4 francs.
- La mode se répand d’aller chasser le gros gibier en! Afrique et nous avons eu l’occasion de donner ici les! conditions dans lesquelles s’organisent ces expéditions, se donnent les permis, etc. M. Yasse a dressé niî tableau curieux de ses chasses où il a tiré 5341 cartouches pour tuer 498 animaux, i55g oiseaux et 49 rep. liles. Son livre, richement illustré, intéressera tous les amateurs de prouesses cynégétiques.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- 'OBSERVATIONS •i7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION' ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES : : J
- Lundi 23 nov. 1908 . 8°,2 W . 4. Nuageux. 2,5 l'luie le matin ; lies nuageux, i . .
- Mardi 21 . ' 0°,5 S. 2. ' Beau. 1» Gelée blanche ; beau le matin; nuageux Je soir.
- Mercredi 25 i . . . . 7°,2 ' S. S. W. 3. Très nuageux. 2,3 • Couvert; pluie de 15 h. à 17 h.; et <lc 20 h. à 22 h.
- Jeudi 26 ; 3°,1 S. S. W. 3. Beau. » Gelée bl.; peu nuag. jùsq. 17 h.; couv. eus.; brouillard à 7 h.
- Vendredi 27 . . . . . 1°,6 Calme. Couvert. 1» Gelée bl.; couvert le m.; beau le s.; fort brouillard le m.
- Samedi 28 . . .... — 0°.2 s: 2.. Couvèrt. » ' .Gelée bl.;'couvcrt jusqu’à 11 h.; beau ensuite; brouillard le m.
- Dimanche 29 . . "V — ' 0°.2 s. 2. - Beau.- » Gelée blanche; beau; brouillard dans la soirée.
- NOVEMBRE 1908. — SEMAINE DU LUNDI -23 AU DIMANCHE 29 NOVEMBRE 1908,
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent :
- {courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre a labri a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 23 au 29 novembre. —- Le 23. Centre de dépression sur le Danemark, 736, et minimum secondaire sur le golfe de Gênes; hausse sur l'Irlande -(766), la Gascogne (767)- Neiges et pluies sur le , N. et l’O.; en France : Nancy, 28; Gap, 23; Limoges, 7 ; Toulouse, 6; Paris, 5; Brest, 1. Temp. du matin : Moscou, —io°; Paris, 8 ; Cagliari, i5 ; Puy de Dôme, — 2 ; Pic du Midi, —. 4; moyenne à Paris : 8°,8 (normale : 4°,5). —; Le 24* Hausse sur tout l'O. : Brest, 770; Gascogne, 773 ; chute très profonde sur l’Islande (Seydisfjord, 724). Pluies sur le N. et l’O.; en France, Charleville, 5 ; Paris, 2; Clermont, Biarritz, Toulouse, 1. Temp. du matin : Arkangel, — 180; Paris, 1; Toulouse, 6; Puy de Dôme, — 1; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 5°,6 (normale : 40,4). —Le 25. Centre de dépression aux îles Feroé, 728; aire supérieure à 765 des Açores à là Russie : Clermont, 773. Neiges et pluies sur le N.-O. : en France : Cherbourg, 6; Dunkerque, 4; Brest, 2. Temp. du matin : Moscou, — 15°; Paris, 7; Malte, 14; Puy de Dôme, 1 ; Pic du Midi, o ; moyenne à Paris : 90 (normale : 4°,2). — Le 26. Dépression persistante sur le N.: de l’Europe : Christiansund, 736; anticyclone sur le
- S.-O. : Nantes-, Lyon, 772. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Le Havre, 7; Nancy, 5; Paris, Boulogne, 2. Temp. du matin : Arkangel, — i5; Paris, 3; Alger, i3; Puy de Dôme, 2.; Pic du Midi, o; moyenne à Paris : 70,7 (normale : 4°,2). — Le 27. Nouvelle dépression au N.-O ; anticyclone du S.-O. : Belfort, 774 ; Nantes, 771. Neiges et pluies sur le N. et le Centre; en France, beau temps. Temp. du matin : Arkangel, —3°; Paris, 2; Alger, i5; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : 2°,7 (normale : 4°,i). — Le 28, Anticyclone sur tout le Centre et le S. : Suisse, 774; dépression du N.-O. : Ecosse,! 748; Irlande, 754; Bretagne, 762. Pluies sur les Iles-] Britanniques, la Norvège, la Russie ; beau temps enj France. Temp- du matin : Moscou, —6; Paris, o; Alger,! 16 ; Puy : de Dôme, 7; -Pic du Midi, — 1 ; moyenne à Paris : S®,5 (normale : 4)- —' Lfi 29. Pression générale élevée : Nord de l’Italie, 774; France, Russie, 770; Islande, 743. Pluies et neiges sur le N. et l’E.; en France, beau temps. Temp. du matin : Moscou, —1; Paris, o ; Alger, x5 ; Puy de Dôme, 6 ; Pic du Midi, 4; moyenne à Paris : 2°,9 (normale : 3°,9). —i Phases delà Lune : Nouvelle Lune le 23, à 10 h. 2 m. du soir.
- p.2x8 - vue 440/647
-
-
-
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY,
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >2o, Boulevard Saint-Germain, Paris (VI*)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est Interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- .1 .La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine. .
- N° 1855 — 12 DECEMBRE 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Le prix Nobel à M. Lippmann. — La liste des prix Nobel, qui avait été télégraphiée de Stockholm il y a quinze jours (n° i853) était fort heureusement incomplète et sur un point qui intéresse grandement la science française. On annonce aujourd’hui comme officiel que le Prix de physique est décerné à M. Gabriel Lippmann, dont la belle découverte de la photographie en couleurs (1891) a popularisé le nom dans le public, mais qui était déjà auparavant célèbre parmi les physiciens par. ses travaux sur l’électro-capillarité, la polarisation des piles, la technique électrique, etc. On se rappelle que, récemment encore, il annonçait la bien curieuse découverte d une méthode photographique pouvant, le jour où elle sera mise au point pratiquement, permettre de voir un paysage en photographie avec l’impression complète du paysage réel et changeant.
- Un nouvel anneau de Saturne? — Dans un article paru au n° 1822, du u5 avril 1908, nous avons fait connaître les observations effectuées en 1907, au moment où l’anneau de Saturne se présentait par la tranche. Nous annoncions la curieuse découverte, faite par M. G. Fournier, à l’Observatoire temporaire installé par M., R. Jarry-Desloges;. au mont Revard. Elle consistait en l’observation d’un anneau transparent extérieur à l’anneau de "Saturne, faite le 7 septembre 1907 et déjà soupçonné le 5. L’instrument employé était un équatorial avec objectif de 0,29 m. de Merz. Nous disions que cette découverte n’avait rien qui puisse surprendre, car l’anneau, formé de particules, ne devait pas se terminer nettement comme le rebord d une assiette, mais se raréfier avec l’éloignement du globe, la zone raréfiée devant produire, à l’extérieur, une apparence analogue à celle présentée par l’anneau transparent intérieur. Nous terminions en disant que si cette région nébuleuse n’est visible qu’aux époques où l’anneau se présente par la tranche, il nous faudra attendre jusqu’en 1922 pour la revoir. Il semblerait que la confirmation de l’existence de cet anneau transparent ne doive pas se faire attendre si loügteujps. Le 8 octobre dernier, à 1 heure du matin, le Bureau astronomique de Kiel recevait, de l’Observatoire de Genève, le télégramme suivant: « Un nouvel anneau brun entoure les anneaux blancs de Saturne. » M. Em. Sçhaer, auteur de cette observation, a fait ensuite connaître que l’anneau blanc, qui passe devant la planète, est actuellement bordé de deux; bandes étroites, brunâtres ou foncées suivant l’état de notre atmosphère. Quand les images sont très calmés, la bande supérieure dépasse le globe de Saturne et formé plus loin 1 anse de l’anneau transparent. La bande inférieure,'également, ne paraît pas s’arrêter à la circonférence de la planète; mais bien suivre l’anneau blanc. On serait ainsi en , présence : d ’un anneau sombre extériquri du même aspect, sensiblement, que Vanneau de crêpe intérieur. Cet anneau est difficilement visible
- avec le Cassegrain de 0,40 m., avec des grossissements de 270, 4^o et 660. On s’explique de la sorte qu’il n’ait pas été vu par des observateurs comme Strômgren, Hartwig ou Comas Sola, avec des instruments d’un pouvoir à peu près égal ou inférieur à celui dë Genève.1 M. Schaer rappelle que cette zone brune avait déjà* été observée par lui en 1907 (Voy. article cité, p. 336) sous forme de bandes d’une teinte brunâtre de chaque côté de la trace de l’anneau. Il y a donc lieu de poursuivre ces observations à l’aide des grands instruments afin d’être fixé sur l'existence de ce phénomène.
- Un observatoire temporaire. — Popular Astro-nomy rapporte que la Carnegie Institution vient d’en-' voyer, en vue d’observations méridiennes, une expédition dans la République Argentine sous la direction de M. Lewis Boss, de l’observatoire Dudley, en vue d’y établir une station d’observation. On a choisi comme emplacement les environs de Saint-Louis, petite ville située j à 5oo miles (804 km) à l’Ouest de Buenos-Ayres et à une,, altitude de 25oo pieds (760 m,). Ce point est à l’extrémité orientale du plateau des Andes et le ciel y est d’une remarquable limpidité. L instrument employé est le cercle méridien d’Olcott de l’observatoire Dudley, de sorte que le travail aura été effectué dans les deux hémi-~ sphères avec le même instrument. Ces observations, qui pourront durer 3 ou 4 ans, doivent servir à l’établissement d’un catalogue général des positions et des mouvements propres de à5 000 étoiles. Le programme’ du travail comporte l’observation d’un certain nombre d’étoiles déjà observées à Albany, et d’étoiles de déclinaison australe plus brillantes que la 7e grandeur prises dans le catalogue de Lacaille. M. Tucker, de l’observatoire Lick et M. Vernum, de l’observatoire Dudley, font partie de cette expédition.
- Iceberg phénoménal. — D’après une information reproduite dans certains journaux et que nous mentionnons sous toutes réserves, le capitaine Pierre commandant le quatre-mâts français Valparaiso, retour du Chili, aurait fait la rencontre d’un banc de glaces considérable dans l'Atlantique, et à ce sujet aurait fourni à La marine de Dunkerque un rapport détaillé, pouvant se résumer ainsi : les glaces ont été rencon-r trées le »8 septembre, par 5i° de latitude Sud et 490 de longitude Ouest. Le 19, elles étaient plus nombreuses, et à midi le navire s’est trouvé (par vent du N.-E.) en présence d’une énorme banquise barrant tout l’horizon jet paraissant s’étendre à perle de vue du Nord au Sud.
- ; Sa position moyenne était de 5o° de latitude Sud et de. ho° de longitude W, et elle a été estimée (le navire l’avant côtoyée à 6 milles pour le contourner) à 72 milles (i25 km) du Nord au Sud et 24 milles '44 k03) de l’Est à l’Ouest. De nombreuses crevasses ët grottes s’y creusaient sur les bords, et la mer s’y engouffrant produisait un bruit sourd, comme des coups de canon éloignés, s’entendant à 7 ou 8 milles de distance ;
- p.2x9 - vue 441/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- malgré le temps couvert, une réverbération intense illuminait l’atmosphère au-dessus et ces deux phénomènes sonores et lumineux, avertissaient aussi de très loin 1 approche de ce daugereux banc. Les 20 et ai septembre d autres glaces ont été rencontrées également, par 5o°42/ de latitude Sud et 48° 19' de longitude W. Une ligne de transport électrique en aluminium.
- — Ou est en train de construire au Canada uue grande ligne de transport de force, d un développement de 471 kilomètres. L’énergie est empruntée au Niagara. Il est à noter que les fils seront en aluminium. Il existe déjà en France plusieurs lignes en aluminium ; mais l’entreprise canadienne tiendra, croyons-nous, le record.
- Le cuivre électrolytique. — La quantité de cuivre éleclrolytique fabriquée en 1907 s’est elevée à 400000 t. soit 5o pour 100 de la production mondiale de cuivre. La plus grande partie provient des usines américaines ; elles sont au nombre de 1 1 et oui fourni 345 000 t. : les usin- s anglaises au nombre de 6 ont fourni 35 200 t. Le reste provient de 9 usines allemandes, 4 françaises, a russes, 1 austro-hongroises, a japonaises.
- Action du peroxyde d’azote sur la farine de blé.
- — Un assez grand nombre de types de farines présentent une couleur plus ou moins jaunâtre qui dimiuue leur valeur marchande. Cette couleur jaune est due à uue très petite quautité d’une substance colorée contenue dans la graisse de la farinent si l’on enlève cette graisse, les farines deviennent blanches. L’exposition au soleil ou le traitemeut par le peroxyde d’azote transforme le composé coloré en un ou plusieurs composés incolores. A l état libre ou en solution, la graisse extraite des farines blanches est pratiquement incolore. Les farines surblau-chies, c’est-à-dire ayant subi un traitement blanchissant exagéré, ont une couleur variant du jaune au brun jaunâtre et la graisse qui en est extraite est également colorée. Le blanchimeul. par le peroxyde d azote 11 augmente pas l’acidité des farines, mais il n’en est pas de même si la farine est surblanchie. Le pain fait avec des farines blanchies est identique au pain fait avec des farinas ordinaires, quant au poids, à la légèreté, à la texture, à l’odeur, au goût; il est cependant plus blanc que si l’on emploie des farines très colorées. Les farines blanchies donnent du pain contenant une faible quantité de nitrites ou même n’en contenant pas ; mais dans tous les cas, la proportion de nitrites dans le pain est beaucoup plus petite que dans la farine, et est pratiquement négligeable. Le traitement au peroxyde d’azote pourrait donc quand il est appliqué judicieusement, être employé à augmenter la valeur marchande des farines.
- Extraction de la potasse des roches feldspathiques.
- •— Ou sait que le feldspath est constitué par une combinaison de silicates d aluminium et de potassium et que, vu le peu de valeur de ces roches, il serait vivement à souhaiter qu’on pût en extraire la potasse dont le prix de revient pourrait se trouver ainsi fortement abaissé. Ce problème, qui est l’un des plus difficiles delà chimie industrielle, a tenté assez récemment deux chimistes étrangers, MM, Cushmannet et Hubbard, qui sont arrivés à_ ce sujet aux conclusions suivantes ; l’eau dissout la potasse dans les feldspaths finement broyés et 1 addition de certaines substances, telles que les sels d’ammonium ou de calcium, augmente ce pouvoir dissolvant. On peut compléter l’extraction de là potasse par une méthode électrolytique avec ou saris addition d acide fluorhy-drique; mais, à cause de son prix, cette méthode ne serait pas industrielle. La vitesse de décomposition des minéraux est d’autant plus grande qu’ils sont réduits en poudre plus fine. On peut ainsi constater, somme toute, que le problème posé n’est pas encore résolu d'une façon pratique.
- Recherches chimiques sur les dents. — Un auteur allemand. M. Gassmann, s’est proposé de rechercher si quelque fait chimique peut expliquer la résistance si differente qu’offrent aux altérations pathologiques, et spécialement àl la carie, les diverses dents des animaux, les canines, les dents de sagesse et les dents de lait. Les résultats qu’il a obtenus ont montré que les dénis spécialement exposées à la carie, comme les dents de sagesse, contiennent plus de chaux et moins de substances organiques que les autres.
- Le minerai de manganèse en Russie 1907. — La
- Russie méridionale (environs de Nikopol) et le Caucase,
- district de Sharopan, province de Kutais, produisent du minerai de manganèse. M. I. I. Rogovin, de Saint-Pétersbourg, relève les productions suivantes pour ces deux régions : (le poud vaut i6,36o kg).
- 1905 1906 1907
- Pouds. Pouds. Pouds.
- Caucase...............30876.487 50.170.000 40.833.000
- Russie méridionale. g 335.794 9.580.000 i5.5ooooo
- Totaux, pouds . 3o 113.381 5g.750.000 56.333)0^
- Ces chiffres montrent une grande activité dans la production de ce minerai qui est, en notable partie, de 60 à 70 pour 100, exporté par les ports de Poti, BaUun et Marinpol, savoir :
- Du Caucase . . . 21.466.000 3o.895.000 33.53o.ooo
- De la Russie méridionale, .... 1.182.000 4.169.000 4-i54.ooo
- Totaux, pouds . 22.648.000 35.064.000 3~7.684.000
- Cette industrie a été très éprouvée durant le second semestre de 1907, spécialement dans le district Sharopon et les stocks de minerai s’accumulent. Cette région fournissait, il y a quelques années, environ la moitié de l’approvisionnement du monde, la proportion est réduite au tiers environ.
- Le système métrique aux États-Unis. — Le système métrique n’est pas encore, on le sait, d’un usage officiel aux Etats-Unis, Etant donnée la simplification énorme que ce système apporte dans la plupart des calculs et des mesures industriels, on peut s’étonner de voir les Etats-Unis persister dans leurs anciens errements ; on ne s attendait pas à rencontrer cette obstination couservatrice chez un peuple qui nous a habitués aux initiatives hardies, et que ne paralysent point des Ira litions et des usages séculaires. En tout cas, une campagne extrêmement active est menée actuellement par la plupart des groupements scientifiques et un grand nombre d’associations industrielles, pour pousser à l’établissement du système métrique obligatoire. Si F unanimité est à peu près complète dans les milieux scientifiques, il n’en est pas de même, on le conçoit, dans les milieux industriels. Ainsi l’Institut des ingénieurs mécaniciens s’est nettement prononcé contre la réforme : au contraire, la Commission de la Société des ingénieurs civils d’Amérique vient de déposer un rapport énergique en faveur de l’adoption immédiate du système métrique ; elle demande même, après une période de transition, des peines allant de l’amende à l’emprisonnement, pour les contrevenants. Signalons qu’un certain nombre de ministères ont permis dans leurs services l’emploi du système métrique, dont l’usage assure de sérieux bénéfices de temps; ce sont les ministères des postes, des finances, de la guerre, de la marine. 1 .
- Découverte de squelettes moustiériens. — M. Philibert Lalande (de Brive), nous annoncé que les abbés Bouyssonie viennent de découvrir près de Yayrac (Lot), une sépulture d’âge moustiérien. Le squelette est aux mains de M. Boule, qui en exécute la reconstitution et les détails de la trouvaille seront prochainement publiés dans 1 ’Anthropologie. Rappelons qu’au Mouslier même (Dordogne), M. Rivière a recueilli un squelette dé femme en igo5 et M. Haser, en 1908, une autre dépouille humaine. Bien mieux conservées que celles de Krapina (Croatie), ces reliques sont sans doute au moins aussi anciennes, en tous cas les plus vieux squelettes entiers découverts jusqu’à présent.
- La population de la Chine. — Les autorités chinoises viennent de faire un recensement du Céleste Empire : D’après le Mouvement géographique, il en résulterait que la population totale est de 438 millions 214000 habitants et le nombre des étrangers de 69852. La population de la Chine équivaudrait donc au plus du quart de la population du monde.
- Les reines des jeux de cartes. — Sur les quatre reines des jeux de cartes, choisies au milieu du xvue siècle par les maîtres cartiers de Paris, Judith, Rachel, Pallas et Argine, la dernière était assez énigmatique et quelques-uns y voyaient le simple anagramme de Regina. Il paraîtrait que, sur un manuscrit de 1460, « 1 Histoire des neuf Preuses », Argine figure comme la fille du roi d’Argos Adraste et femme de Polynice, avec Sémiramis, Pentésilée, etc. .
- p.2x10 - vue 442/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- **> Jouets <*
- Jeu de Zanzibar pneumatique. — On connaît ces jeux constitués par un fond encadré d’une couronne portant des alvéoles dans lesquelles viennent se loger des billes lorsque le fond a été mis en rotation. M. Gas-selin l’a transformé d’une manière très ingénieuse de la façon suivante :
- Il conserve la couronne d’alvéoles numérotées, mais
- Fig. t. — Zanzibar pneumatique. Fig. 2. — Vu en plan.
- le fond mobile est remplacé par une membrane de caoutchouc qui s’élève sous l’action de la pression exercée sur la poire à main. Les billes sont alors pro-
- Vu en coupe.
- suffit de prendre l’extrémité supérieure de l’axe et de faire rouler vivement le volant contre une surface plane : table, mur, plancher, etc., il acquiert uné vitesse d’autant plus grande que le mouvement aura été plus violent; mais, vu la grande douceur du roulement à billes, le moindre ; effort suffit pour lui donner une force vive qui se conserve très longtemps. Une fois ce lancement opéré, on peut poser l’axe sur sa pointe et la toupie continue à tourner; on l’utilise alors pour y placer des disques à changement de couleurs, ou d’autres accessoires communs à d’autres toupies. — La toupie à billes se trouve chez M. Mathieu, 29, rue de Valois.
- Lance-plume. — Ce jouet est l’un des plus simples et non des moins gracieux que nous ayons vus au concours Lépine. Uu tube de carton, assez long et de la grosseur d’un mirliton, constitue l’appareil de lancement dans lequel on introduit une plume de paon coupée de la longueur du tube. En soufflant fortement dans l’extrémité du tube correspondant à la tête de la plume, on pi'ojette celle-ci à une distance de plusieurs mètres. C’est un article de cotillon appelé à compléter ce matériel déjà cependant surchargé.
- Le lance-plume est construit par M. Cler, 7, rue de l’Estrapade, à Paris.
- jetées à droite et à gauche sur la couronne en plan incliué et retombent dans les alvéoles.
- $ On peut remplacer les billes par des dés; dans ce cas, la couronne numérotée disparaît et l’on obtient un jeu de Zanzibar pneumatique. D autres transformations peuvent être également faites sur les jeux du même genre grâce à ce nouveau procédé qui les rend moins bruyants, avantage très appréciable pour les voisins, et beaucoup plus élégants.
- f L’haltère équilibriste. — L’haltère est fait en bois et les deux boules sont emmanchées sur un bâton assez long. On le place sur un porte-haltère à poignée que l’on tient de la main droite. Ce porte-haltère est pourvu de creux sur toute sa longueur; il s’agit, après avoir
- placé l’haltère d’équilibre, à l’origine du chemin à parcourir, c’est-à-dire à la naissance de la poignée, de faire parcourir ce chemin accidenté à l haltère sans le laisser tomber. Le joueur équilibriste a gagné lorsqu’il a pu amener son haltère à l’extrémité même du porte-haltère. C’est là un résultat peu facile à obtenir ; on n’y arrive qu avec beaucoup d attention et de précision dans les mouvements saccadés auxquels doit se livrer la main du joueur. — L’inventeur est M. Vailiaut, 15, rue Jules César, à Paris.
- Toupie à billes. —On lance généralement les toupies au moyeu d une ficelle qu’on enroule autour de la tige : mais cela présente toujours une petite difficulté que les jeunes enfants sont incapables de surmonter. La toupie que nous représentons ci-contre n’a besoin d aucun accessoire pour être lancée; le volant, assez lourd, est mobile sur son axe, autour duquel il tourne par un roulement à billes très doux: sa périphérie est garnie d’un bandage en caoutchouc. Dans ces conditions, il
- Marcheur. — M. Lemaître, inventeur, installe sur deux réglettes métalliques, parallèles et peu distantes l’une de l’autre, une escouade de soldats, ou un régiment; il n’est limité que par la longueur des réglettes. Chaque militaire a un pied fixé à chaque réglette.
- L’enfant conduit tout ce monde en poussant, à l’aide d’un poignée, deux roues réunies par un arbre à deux coudes à 1800, commandent deux biellettes qui actionnent les réglettes par l’intermédiaire d’un autre arbre à deux coudes. Ce mouvement fort bien Imaginé, a pour effet d’obliger chaque réglette à glisser sur le tapis, mais l’une après 1 autre. De sorte que les jambes des militaires accompagnent la marche et le bataillon défile au pas. — M. Lemaître habite 24, rue de la Justice, à Paris.
- Toupie musicale. — Cette toupie pour qui sait s’en servir, est un véritable instrument de musique capable de jouer une mélodie quelconque; tout le monde peut dans tods les cas en tirer des sons harmonieux. Il n’y a. aucun mécanisme et c’est ce qui la rend très intéressante. Le volant est recouvert d’une feuille de mêlai sur laquelle on a donné des coups de pointeau, de façon à produire de petites aspérités; elles ne sont pas placées au hasard, mais rangées symétriquement suivant des cercles concentriques. Quand la toupie est lancée, il suffit d’approcher lu disque l’angle d’une carte de visite ou d’une feuille de papier quelconque, pour qu’il rencontre toutes les aspérité* ; il se produit alors des vibrations qui sont en plus ou moins grand nombre, dans un temps donné, suivant qu’on s’éloigne ou qu’on s’approche de l’axe.
- -.11
- p.2x11 - vue 443/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE |
- Si au lieu d’une simple feuille de papier on prend un cornet, comme le représente notre gravure, les sons sont très amplifiés. Avec un peu d habitude on arrive à trouver immédiatement quelle est la partie du disque
- Toupie musicale.
- qu’il faut attaquer pour avoir telle ou telle note. Nous ne pensons pas que cela remplacera jamais le violon ou le piano, mais c’est un jouet instructif qui donne une démonstration élémentaire de la production des sons musicaux. — En vente chez Mathieu, 29, rue de Valois.
- appartements qui, de plus en plus nombreux, sont éclairés à l’électricité. Le courant traversant le fer suffira à le chauffer. A l’extrémité de l’un des manches formant isolant, est rattaché un fil électrique terminé par une douille, laquelle prend contact dans une prise de courant quelconque. Une petite lampe formant résistance est placée en série, et empêche les courts-circuits. Pour employer l’appareil, on le mettra simplement en connexion avec une prise de courant du cabinet de toilette ou avec la douille de l’une des lampes de la chambre d’hôtel, et le courant en 2 à 3 minutes chauffera les deux fers également et toujours à la même température.
- En se frisant, les dames n’auront plus la crainte continuelle de la petite flamme d’alcool si menaçante pour leur chevelure. — Ce fer à friser se trouve aux établissements Poincet, rue Sainte-Anne.
- *> Divers
- *>->
- Photographie
- Photo-ticket Turillon. — Cet appareil a été construit en vue d’obtenir une très grande rapidité tout en conservant un volume très réduit qui permette de l’avoir toujours sur soi; il constitue le véritable vade-mecum du reporter et de l’amateur photographe.
- Il est muni d’un objectif à très grande ouverture (F = 1 .3) et d’un obturateur de plaque, rasant la surface sensible de très près et donnant, par suite, le maximum de rendement. Les châssis sont, comme l’appareil, entièrement métalliques.
- L'objectif est monté sur rampe hélicoïdale de façon à permettre la mise au point depuis 1 mètre jxisqu’à l’infini : un taquet, placé au-dessous de l’objectif, facilite la mesure exacte de la distance, en y fixant un mètre ruban ; on sait en effet que, pour les objectifs à grande ouverture, il est nécessaire d’avoir une mise au point rigoureuse, surtout quand le sujet à photographier est placé très près de l’objectif. L’obturateur donne la pose et l’instantané, avec des vitesses et des largeurs de fente qu’on peut faire varier à volonté. Le viseur à cadre, sans système de lentilles, est le plus pratique des appareils de ce genre. Le poids de l’appareil est de 600 gr. environ. Il peut se mettre sur pied ou se tenir à la main à hauteur de l’œil comme une lorgnette. Une graduation très précise donne la mise au point exacte pour différentes distances. Quand on veut faire un portrait en buste par exemple, le plus simple est d’encadrer d’abord lé sujet dans le viseur jusqu’à ce qu'on obtienne la dimension désirée; ensuite on mesure exactement la distance et on amène la graduation de l’objectif en coïncidence avec cette distance.
- Le format 4,t/'X6 centimètres donne de très jolies petites images, d’une grande finesse, qui permet facilement l’agrandissement en i3 X *8 et même beaucoup plus si on le désire. — Le pho.io-tieket se trouve chez M. Turillon, 99, rue Lafayette, Paris.
- Photo-ticket Turillon.
- **> "Électricité <ss
- Per à friser électrique. — Les fers à friser sont d’habitude chauffés au moyen d’une petite lampe à alcool; celle-ci, en général portative, a l’avantage d être facilement transportable, on peut l’emporter aisément dans le sac de toilette du voyage. Mais il faut aus^i emporter l’alcool, ou s’en procurer, au moment voulu. Dorénavant, le fer seul sera suffisant dans tous les
- Para-gouttes de cafetière. — Quand on verse du thé ou du café, surtout avec une cafetière en faïence ou en porcelaine qui a un bec à bords épais, il se produit, quand on finit de verser une ou plusieurs gouttes qui longent le col et viennent ensuite tacher la nappe ou les vêlements des convives. Le petit accessoire représenté ci-contre, est destiné à retenir ces gouttes. C’est un petit godet métallique muni d’une pince, qui s’adapte facilement au bec de toute cafetière, et dans lequel on met un petit fragment d’éponge. Il est bon que celle-ci soit au préalable légèrement mouillée ; par capillarité
- elle aspire pour ainsi dire la goutte qui viendrait à glisser en dehors du godet. — En vente chez Mathieu, 29, rue de Valois.
- Porte cure-dents. — On fait beaucoup aujourd’hui de cure-dents en bois. La fabrication de ceux qui sont représentés ci-contre est analogue à celle des allumettes piales dites « Jupiter » ; les petits bouts de bois sont séparés les uns des autres par un trait de scie, qui ne va pas jusqu’au bout du bloc, et ils restent maintenus par la base. Pour conserver à l’abri de la poussière ces blocs, qui sont mis à la disposition des clients sur les
- Fig.
- — Le support et le bloc de cure-dents.
- Fig. 2.
- Le porte cure-dents.
- tables des restaurants, on a imaginé le support représenté par notre gravure, dans lequel on introduit le bloc qu on serre à la base au moyen d’une vis de pression. La partie supérieure, qui protège les pointes contre la poussière, est ouverte aux deux extrémités, et il est très facile d’arracher du bloc les cure-rdents au fur et à mesure des besoins. Nous ferons remarquer en terminant que ces blocs sont bien préférables aux cure-dents séparés, parce qu’on est au moins très sûr, au moment où on 1 arrache, que le cure-dents n’a pas encore servi. -— Le porte cure-dents se trouve chez M. Mathieu, 29, rue de Valois.
- p.2x12 - vue 444/647
-
-
-
- HYG1ÈNE ET SANTÉ
- Les appareils improvisés. — Les accidents ne se produisent pas seulement dans les grandes villes ou au {oisinage d’hôpitaux où l’on peut trouver le secours et jaide nécessaires. C’est aussi bien, et peut-être plus aujourd’hui par cette extension des sports, dans les courses à la campagne, dans les exercices de tout genre, promenades à cheval, à bicyclette, en voiture, voire aussi quelquefois en automobile que surviennent des iraumatismes qui nécessitent l’intervention d’un chirurgien. En pareille aventure, il faut. suivre le précepte émis par le savant directeur du Val-de-Grâce, le professeur Delorme. L’idéal, dit-il, c’est de réduire, dans la limite du possible, le temps qui sépare le moment où l’homme est blessé de celui où il peut être pansé d’une façon plus méthodique. ,
- Cet aphorisme, dédié aux médecins militaires et pour les bléssures de guerre, est de tous points applicable aux accidents qui peuvent survenir aux civils et en dehors de tout combat. Il faut prévoir le cas où l’on se trouve loin de tout grand centre, hors de la portée d’une habitation et en attendant le secours d’un médecin, soulager le blessé, le transporter dans un abri quelconque et lui assurer un pansement.
- S il ne s’agit que de blessures légères, d’écorchures, de petites plaies, contentez-vous de les laver avec de l’eau propre, d’étendre sur elles un voile protecteur, mouchoir, linge de corps propre et n’ayant pas servi. Si le voisinage d’une habitation vous permet d’avoir de l'eau bouillie, lavez les plaies et les parties environnantes et étendez sur elles un linge, une compresse imbibée simplement de cette eau bouillie, faute de mieux. C’est un nettoyage fort sommaire, c’est un pansement j)lus que rudimentaire, mais il enlève poussières et corps étrangers et peut, suffire quelques instants pendant lesquels on a pu se procurer les matériaux d’un véritable pansement. Ces . notions sont aujourd’hui connues de tous et il suffit de rappeler qu’il faut se garder de tous les ingrédients graisse, huiles et pommades de l’ancien temps.
- Si le traumatisme a déterminé la fracture d’un membre, le cas est plus embarrassant, car il faut éviter de faire souffrir le blessé et de compliquer une fracture en cherchant à déplacer le malheureux. Il faut savoir tirer parti des moindres ressources. Cherchez, comme je le conseillais jadis, dans le voisinage (à la campagne, cela se trouve aisément) une bottelée de paille ou de foin, formez en deux faisceaux épais que vous glissez le long du membre fracturé et que vous maintenez par une ligature autour de la jambe ou du bras, avec un mouchoir, une cravate. Si vous trouvez une planchette, glis-sez-la sous votre couche de paille et liez le tout ensemble, c’est un point d’appui solide qui empêchera les fragments de la fracture d’osciller et de remuer.
- Etes-vous près d’une ferme, d’une maison, vous trouverez aisément un oreiller ou vous pourrez en fabriquer un avec de la balle d’avoine bourrée dans un sac. L’oreiller, ‘ écrasé de quelques coups de poing, forme
- une gouttière qui enveloppe le membre, le matelasse et avec une planchette, l’immobilise d’une façon très complète. Une couverture que l’on plie en quatre, que l’on bourre à la rigueur d’herbe fraîche, de feuilles sèches, peut fournir un lit de jambe très convenable.
- Beaucoup de jardins et de pièces de terre sont enclos par des treillages en toile métallique. Si l’accident s’est; produit au voisinage d une clôture de, ce genre, vous trouverez là avec un morceau de ce grillage en fer galvanisé de quoi faire une gouttière parfaite. Il faut des ciseaux ou cisailles un peu fortes pour tailler dans ces fils, mais on obtient avec une ou deux épaisseurs de toile métallique, suivant la grosseur du fil et de la maille, un moule s’adaptant au membre blessé. On le garnit de feuilles, de foin ou d’herbes et on le lie comme l’oreiller avec les liens que l’on peut avoir, ficelles, cravates, rameaux d’arbustes tels que l’osier, le saule. Il faut avoir soin de retourner en dehors les bords du grillage ou de les protéger avec un tissu épais pour que les pointes de fer ne viennent ajouter de nouvelles blessures. C’est l’appareil que conseillait Ch. Sarrazin et que j’ai eu, pour mon compte personnel, l’occasion d’appliquer une fois chez une victime d’un accident de voiture. A défaut de grillage, une toile un peu épaisse, un tissu de vêtement peut fournir les éléments d’un appareil de suspension du membre. Tous ces appareils de fortune ne sont bien entendu que des appareils provisoires, mais ils sont utiles à connaître et l’imagination de chacun peut y suppléer par des innovations, suivant les conditions et les lieux où l’on se trouve.
- Le Dr Perdu a eu recours, pour suppléer aux attelles qui lui faisaient défaut en pareille occurrence, à un objet très simple et qu’on peut rencontrer quelquefois dans de très humbles demeures. C’est le store constitué par des brindilles de bois et réunies par des tresses de fil, le store vert, jaune, de toutes les couleurs, même avec fleurs et dessins qu’on voit à bien des croisées des villes et des campagnes. Pour constituer un appareil avec ces. stores, on n’a qu’à couper dans le sens des lamelles un fragment de la longueur désirée; en.largeur, il faut en prendre de quoi pouvoir le mettre en double ou triple épaisseur. Vous coiffez les extrémités d’une couche de coton pour éviter la pression des lamelles de bois, vous garnissez l’intérieur d’ouate et vous avez ainsi une gouttière souple, flexible qui moule le membre blessé et lui assure, en attendant un appareil plus inamovible, un repos de toute sécurité. C’est bien un appareil de fortune, mais d’un degré, si je peux le dire, de civilisation avancée.,
- Il y a encore les plaques de carton, les lames de zinc, mais le carton, le zinc ne se rencontrent pas d’ordinaire sur les routes et dans les champs et c’est aux accidents survenus dans ces conditions que je pensais en parlant des bottes de paille ou des grillages métalliques. Il faut avoir en pareil cas du sang-froid, de la méthode, un peu d’imagination et d’esprit inventif.
- Dr A. Caktaz.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Dégraissage par électrolysë des objets destinés à recevoir un dépôt galvanique. — C’est un procédé qui commencé à se répandre dans tous lès pays industriels; il consiste à prendre les objets comme cathode et à employer comme électrolyte une solution assez concentrée dé carbonate de potasse ou de soude, ou mieux de potasse ou de soude caustiques à laquelle on ajoute de temps à autre un peu de cyanure de potassium ; celui-ci réduit une partie de l’oxygène dégagé aux anodes et empêche que cet Oxygène, en së répandant dans le bain, n’exercé une action oxydante. On opère à une température voisine du point d’ébullilion, et sous 4 à 8 volts. L alcali qui së formé à la cathode a pour effet de sapo-
- nifier les graisses qui s’y trouvent; l’hydrogène qui s’y dégage exerce en même temps une action mécanique , pour détacher ces graisses et pour les entraîner, plus ou moins saponifiées à la surface.
- La rapidité du dégraissage croît naturellement avec celle du dégagement gazeux et avec l’intensité du courant; l’opération ne dure que quelques minutes et permet d’obtenir des objets parfaitement polis et brillants. Si on dispose d’air comprimé, il convient de le faire barboter au centre de la cuve de façon à créer à la surface du bain un cercle libéré de matières grasses et à l’intérieur duquel on puisse retirer les objets sans crainte de les voir se recouvrir de graisse à nouveau:
- p.2x13 - vue 445/647
-
-
-
- VARIETES
- La théorie des mutations. ---La récente publication du volumineux ouvrage où M. Hugo de Vries1 n tenté d’exposer et de coordonner ses découvertes et ses théories vient, pour la première fois, de mettre à la portée du grand public français une des questions lès plus grandes dont se préoccupe aujourd hui la biologie, nous voulons dire cette théorie de la mutation, dont tout le monde s’accorde à reconnaître l’importance, quoiqu’on discute beaucoup sur la nature de cette importance. Le moment est donc particulièrement bien choisi pour essayer ici une esquisse de cette théorie, et c’est ce que je vais tenter, d’après le livre de de Vries, fort embrouillé, il faut l’avouer, dans son exposition par une extraordinaire aptitude aux discussions logomachiques, et d’après deux intéressantes études, l’une de M. Cuénot dans la Revue générale des Sciences, l’autre de M. Le Dantec dans la Revue scientifique.
- On sait quel combat se livre depuis le milieu du xvine siècle, à la fois parmi les naturalistes et parmi les philosophes, au sujet de la notion d'espèce. Avant cette date, sans doute sous l’influence des doctrines idéalistes et réalistes, dont Platon avait été la plus haute expression dans le monde antique, l’espèce était regardée comme une entité naturelle, quelque chose d’immuable, formé une fois et pour l’éternité. Les recherches des naturalistes descripteurs, et en même temps l’introduction de la notion de mouvement, de plus en plus prédominante dans la pensée philosophique sur la notion d'état, attaquèrent et ruinèrent cette conception : dans l’ordre des sciences naturelles, la doctrine de Y évolution, imposée peu à peu par les faits, affirma le changement incessant des formes de la vie au cours des âges ; le transformisme ensuite affirma la descendance des espèces, nées successivement les unes des autres à la façon d’une chaîne sans fin de filles et de mères. Des savants, dont les tendances dominantes peuvent être synthétisées par les noms de Lamarck et de Darwin, s’efforcèrent de reconnaître les voies et moyens, les causes et facteurs de ce transformisme : comme l’a montré souvent Giard, Lamarck considéra surtout les facteurs primaires de l’évolution, c’est-à-dire ces modifications du milieu extérieur qui contraignent la forme vivante à se modifier à son tour pour s'adapter ; Darwin dé oila dans la sélection naturelle un des capitaux facteurs secondaires, c’est-à-dire un des procédés employés par la nature pour maintenir et faire se perpétuer ces formes nouvelles. On commence d’ailleurs à voir très bien aujourd hui qu’il n’y a pas antagonisme réel entre ces deux sortes de vues.
- Mais si, par de telles voies, on arrive à serrer de près les causes et facteurs de l’évolution, jusqu’ici son mécanisme même — je veux dire la façon dont naît une nouvelle espèce — restait inconnu, peu ou pas étudié. Ce sera le durable mérite de M. de Vries d’avoir franchement abordé cette question et d’avoir essayé de la résoudre par l’étude expérimentale.
- Si, jusqu’à ces dernières années, on essayait de se représenter la descendance des espèces, on arrivait à la voir comme un lent phénomène continu, se déroulant à travers une immense durée de temps. Les géologues, les paléontologistes, ont plus d’une fois insisté sur la grande antiquité des couches de terrain où s’est accomplie l’histoire de la vie. Ils y étaient poussés, pour beaucoup sans doute, non seulement par 1 évidence réelle des faits, mais par un besoin légitime d opposition aux idées régnantes il y a un siècle, qui étaient inconsciemment contraires à une telle pensée, et aussi à l’idée de ces cataclysmes périodiques, de ces révolutions, si combattues depuis, que Cuvier croyait nécessaire à la clarté de l’histoire du monde, et encore enfin par la nécessité de laisser au développement de la vie terrestre le temps nécessaire à sou accomplissement.
- Bien des signés aujourd’hui sont visibles d’une réaction contre ces estimations de temps souvent excessives, réaction dont il ne faut d’ailleurs nullement s’exagérer la portée et qui ne revient pas du tout aux notions de
- f H. de Vries. Espèces et variétés, leur naissance par mutation, trad. L. Blaringhem. Paris. Alcan, 1908, 8°.
- départ; on a acquis la connaissance que bien des phéno-mènes (la formation de certaines houilles par exemple) conçus naguère comme exigeant un temps énorme avaient pu au contraire s’accomplir avec une très grande rapidité. M. de Vries apporte dans un certain sens une conception analogue de l’évolution organique : pour lui, au moins dans certains cas observés, la transformation d’une espèce en une autre ne se fait pas au cours de longues et. innombrables années, elle apparaît brusquement, tout d’un coup, spontanément; c’est, comme il dit, une mutation, c’est-à-dire une transformation soudaine, un véritable saut accompli par la nature.
- La conception de M. de Vries a une base expérimentale : elle repose, en effet, sur 1 étude des cultures d une plante aujourd’hui célèbre, YOEnothera Lamarckiana, M. de Vries, en l’étudiant de près, a pu voir que, au cours des cultures, des graines provenant de types identiques d'Œnothera donnent des formes différentes, et différentes non pas seulement par ces écarts individuels, qui disparaissent à la génération suivante, mais par des différences stables, transmissibles héréditairement une fois acquises, en un mot spécifiques. Quoiqu’à vrai dire un savant anglais comme Poulton ait essayé de révoquer en doute la valeur de cette expérience, tout le monde, parmi les naturalistes, semble bien à peu près d’accord pour voir avec de Vries dans le cas de l’Œno-thera, une apparition d espèce par mutation. Et, en même temps, des expériences poursuivies par d’autres naturalistes, comme Blaringhem, Guenot, etc., ont bien permis de voir que l'Œnothera ne représente pas un fait unique : si la variation n’est pas un fait universel, elle paraît tout au moins bien certainement un fait fréquent. Est-elle un fait universel, comme semble le croire M. de Vries ? C’est ce qu’il est impossible de dire.
- D’autre part quelle est la valeur de la théorie de la mutation au point de vue du transformisme? La question aussi est très controversée. M. le Dantec n’hésite pas par exemple, dans l’article que j’ai cité, à considérer que la îhéorie de la mutation (il ne nie pas les mutations d’ailleurs !) « est la négation du transformisme ». J avoue que je ne partage pas ce pessimisme. La théorie de la mutation ne répond pas aux questions que s’étaient posées Lamarck et Darwin et semble donc laisser intactes leurs conclusions. De plus, elle ne paraît même pas nier ce qu’il y a d’essentiel dans la théorie du transformisme lent, à qui elle semble pourtant si contraire. A supposer, en effet, que toute espèce soit apparue brusquement, en quoi cela empêche-t-il qu il soit vrai que la courbe de 1 évolution se soit dessillée avec lenteur? Lorsqu’en géométrie on démontre le moyen de mesurer la surface du cercle, on prend pour point de départ un polygone dont on double indéfiniment le nombre des côtés, jusqu’à ce qu’enûn, à la limite, ou dise que ce qui est vrai du polygone au nombre illimité de côtés est vrai du cercle : ainsi, si chaque passage d’espèce à espèce se fait par un saut brusque, un angle, une révolution, cela n’empêche pas qu’à la limite aussi l’ensemble de ces révolutions ne soit identifiable à une courbe continue, à une évolution.
- Qu’on me laisse aussi remarquer en finissant combien il est curieux de voir se réintroduire dans la science cette idée des révolutions qui avait été si reprochée à Cuvier : elle réapparaît transformée sans doute, on dirait volontiers changée en petite monnaie, mais elle réapparaît enfin, comme Jordan a réabli autrefois la notion d’espèce en l’adaptant (bien malgré lui) au transformisme!
- C’est une fois de plus la preuve qu’il n'y a pas de travail perdu dans la science, et que le progrès s’y fait d’une façon continue, malgré les apparents détours de sa voie : il est rare qu’un esprit réfléchi et attaché aux réalités se trompe si lourdement qu’il faille rejeter pour jamais et totalement sa manière de voir. Un jour vient au contraire où ce qu’il a pensé se trouve reconnu vrai, d’une vérité plus forte même qu il ne l’avait cru. Comme dit la belle sentence de Renan : « Nulle vérité ne se perd, nulle erreur ne se fonde ! »
- Joseph DelsAux.
- -sTn-ib*
- p.2x14 - vue 446/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes Je renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Photographie : Pelliculage facile des clichés. — Dans le n° i85i du 21 novembre dernier, nous avons indiqué sous ce titre une méthode très pratique, imaginée par M. L. Pigeon, pour pelliculer les clichés photographiques. On a imprimé par erreur qu’il faut inciser La couche de gélatine à 0,02 cm. des bords, c’est évidemment 0,002 mm. qu’il faut lire, sans quoi d’un 9 X 12 il ne resterait presque plus rien.
- Renseignements. — M. Camonte, à Montevideo. — Vous trouverez des projecteurs électriques chez MM. Ra-
- diguet et Massiot, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris, Barbier et Bénard, 82, rue Curial; des timbres électriques à courant alternatif à la Société industrielle des téléphones, 25, rue du 4-Septembre, Paris; des fontaines lumineuses d’appartement chez de Vere, 17, rue Saulnier; des meubles de style chez Jansen, 6, rue Royale; Krieger, 74, faubourg Saint-Antoine; chez Majorelle à Nancy; des bijoux et bronzes de style chez Barbedienne, boulevard Poissonnière, Millet, 23, boulevard Beaumarchais, Goldscheider, 28, avenue de l’Opéra; Falize, 6, rue d’Antin, Louchet, 3, rue Auber, La-lique, 40, Cours-la-Reine.
- M. Coblyn, à Port-Soudan. — Nous n’avons trouvé au> cun procédé pratique répondant à votre désir.
- M. Iluguenin, à Besançon. — Voyez dans notre précédent numéro, sous la rubrique Informations, le procédé de trempe au chlorure de baryum.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Réflecteur liquide pour télescope : V. Forbin. — Chronique : Le rendement de la machine humaine. — Le Palais de Glace de Berlin : Dr Alfred Gradenwitz. — La vision à distance : Essais de M. Senlecq : R. Villers. — La sécurité dans les mines : La station d’essai de Liévin : A. Troli.er. — La nouvelle armée chinoise : Louis de Cantilly. — Académie des sciences; séance du 3o novembre 1908 : Ch. de Villedeuil. — Albert Gaudry : Armand Thevenin.
- Supplément. — Le prix d’aviation de « La Nature ». — Les unités électriques. — Usine allemande de dirigeables. — Le mouvement du port de Paris. — Industrie des cartes postales coloriées en Allemagne, etc. — Le chant des poteaux télégraphiques. — Valeur alimentaire de la banane.
- La Côte d'Azur Russe, voyage au Caucase occidental, par E.-A. Martel. In-8°, 368 p., 42^ illustrations, 1 carte en couleurs. Paris. Delagrave. 1909. Prix :
- 10 francs.
- En igo3, le Gouvernement russe chargea M. Martel, par les soins de M. A.-S. Yermolofî, alors Ministre de l'Agriculture, d’une mission géographique et hydrologique au Caucase occidental entre Novorossisk et Soukhoum (Voy. La Nature, n° 1660, 18 mars 1905). La Côte d'Azur russe est le rapport officiel (retardé par les événements de 1904'«906) sur ce voyage, qui avait pour objet de concourir à l'aménagement d’une Riviera Russe sur le littoral caucasien de la mer Noire. Ce volume comble en même temps une réelle lacune géographique, sur une région fort peu connue. Du rivage aux premières cimes glacées (3aoo m.) du Caucase, l’ancien pays des Tcherkesses ou Circas-siens est ainsi révélé dans toutes ses beautés. Et les chapitres préliminaires sur Kiew, Odessa, la Crimée, les derniers sur l’Arménie russe et l’ensemble du Caucase complètent l’intérêt du sujet traité. L’illustration est particulièrement abondante èt la carte, très claire, corrige les meilleurs atlas.
- Dictionnaire de chimie pure et appliquée de An. Wurtz, compreuant la chimie organique et inorganique, la ehi-mie appliquée à l’induslrie. A-l’agriguliufe-eï/jAtt^ la chimie analytique, la chimie physique èt la minéralogie, — 2° supplément,, 7 vol. grand in-M. Prix : broché, i5o francs. Le (dictionnaire entier avec ses deux suppléments 14 vol. grand in-8, 25o francs. Chez Hachette, Paris. -
- C’est une œuvre considérable que cé deuxième supplément du célèbre dictionnaire de Wurtz ; à lui seul,
- 11 dépasse en étendue l’ouvrage primitif et son premier supplément réunis. Cette seule indication suffit à moutrer l’énorme somme de travail, et la prodigieuse accumulation de> matériaux que représentent ces 7 vo-
- lumes récents ; elle permet de mesurer toutes les difficultés de la tâche entreprise par les successeurs de l’illustre Wurtz.
- Rappelons que le Diciionn-aire de Chimie pure et appliquée, fut commencé par le grand chimiste en 1869, Depuis cette date, la chimie a vu de nombreuses révolutions. La plus importante, peut-être, est celle qui attira vers elle une foule de chercheurs guidés par un but industriel : la chimie industrielle, au cours des dernières années du xixe siècle, a pris en effet un merveilleux essor et on lui doit des travaux d’une importance capitale. Elle a amassé en quelques années plus de faits que les recherches purement désintéressées n’en avaient réunis en un siècle. Mais devant cette avalanche de découvertes incessantes, de corps nouveaux, d’études de tous ordres, un classement méthodique et éclairé s’imposait; la nécessité d’ordonner nos connaissances, de les rendre aisément accessibles, facilement utilisables, si bien comprise par Wurtz, l’a été également par ses successeurs. Si, depuis le début du dictionnaire, les théories chimiques ont varié au point qu’il subsiste bien peu de choses de l’édifice établi par les savants de l’époque, l’esprit de méthode, de précision et de clarté, qui a présidé au gigantesque travaille Wurtz, s’impose de nos jours plus impérieusement encore, si nous voulons pouvoir tirer parti de l’ensemble de nos conquêtes sur l’inconnu. Et cette œuvre de bonne administration scientifique, nous la trouvons réalisée avec une remarquable compétence, dans le dernier supplément, aujourd’hui achevé. Les noms seuls de ceux qui l’ont accomplie, en sont une garantie certaine : Friedel, le successeur de Wurtz, disparu avant d’avoir vu le coui’onnement de ce monumental édifice, et des collaboratëurs comme MM. Cha-brié, Schützenberger, Gall, Guye, Maquenne, Lemoine, Béhal, A. Combes; Bouveault, Cloez, etc., etc.
- Il est impossible, bién entendu, de donner une analyse, même un simple aperçu de 7 volumes comme ceux de ce Supplément; pour ne citer que les articles de première importance, il faudrait déjà toute une colonne Me celte Revue. Nous voudrions cependant montrer, d’une façon concrète, combien ‘ leà successeurs de Wurtz sont restés fidèles à l’esprit qui ani-màit leur maître. Il nous suffirait de prendre quelques exemples dans la chimie pure ou dans la chimie industrielle, pour nous apercevoir que les rédacteurs se sont préoccupés avant tout d?énumérer méthodiquement le maximum de faits précis, et scientifiquement vérifiés, sans trop chercher à les interpréter par des théories, d’une certitude toujours provisoire. Soucieux d’une scrupuleuse exactitude, ils ont multiplié lés références, lès bibliographies, facilitant ainsi singulièrement la lâche des futurs chimistes voués aux recherches approfondies;
- p.2x15 - vue 447/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Il ne faudrait pas conclure de ce qui précède que l’exposé des théories qui se sont fait récemment jour dans le domaine physique et chimique ait été éliminé du présent ouvi'age. Bien au contraire, elles sont développées, en leur place, avec une clarté et une impartialité auxquelles tous rendront hommage. Citons, au hasard, les articles de M. Guye sur la dissociation éleclrolytique, et les modernes théories de l’ionisation, de M. Bouveault, sur la nomenclature chimique, etc., etc. Parmi les articles de documentations, sur les questions à l’ordre du jour, citons la compression et la liquéfaction du gaz, l’argon, l’hélium, la radioactivité, la photochimie, la spectro-scopie, etc. Dans l’ordre industriel, citons des études
- extrêmement complètes, accompagnées de très nombreuses gravures fort bien exécutées, sur les alcools, le blanchiment, la distillation, leleetrométallurgie, les matières colorantes, les engrais, le gaz d’éclairage, etc., etc.
- Encore une fois, nous ne pouvons prétendre analyser en ces quelques lignes une œuvre de pareille envergure. Elle marque une étape de la chimie moderne, où , devront s’arrêter, au préalable, tous ceux qui voudront poursuivre le chemin si brillamment tracé par la pléïade des chimistes de l’époque actuelle. Le Dictionnaire de Wurtz, constitue aujourd’hui l’une des plus précieuses armes qui aient été jamais forgées pour la bataille contre l’inconnu.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 nov. îyus . — 1°.9 S. S. E. 0. Drouillard. » Gelée blanche; givre; brouillard de 50 à 80 mètres; nuageux.
- Mardi 1" déc — 1“,8 S.. S. E. 0. Brouillard. 0,3 Gelée blanche; givre; brouillard de 600 mètres; couvert.
- Mercredi 2 — 2°, 7 E. 1. Brouillard. 0,3 Gelée blanche; brouillard de 150 à 200 mètres; couvert.
- Jeudi 3 — 2°a E. 1. Brouillard. 0,3 Gelée blanche; brouillard de 100 à 200 mètres ; couvert.
- Vendredi 4 o°.o S. E. 0. Brouillard. 0,4 Gelée bl.; brouillard jusqu’à 7 h.; bruine dans la soirée; couvert.
- .Samedi 3 2°.4 S. 2. Couvert. 0,4 Bruine jusq. 7 h.; brouill. à partir de 9 li. de 150 à 200 m ; couv.
- Dimanche 6 4° t S. 2. Couvert. 0,0 Brouillard jusqu’à fi h.; éclaircie à 1112 li.
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1908. — SEMAINE DU LUNDI 30 NOVEMBRE AU DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 1908.
- Lundi I Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi [ ' Samedi' | Dimanche ’ | "
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 3o novembre au 6 décembre. — Le 3o. Anticyclone sur presque toute l’Europe; maximum sur la Suisse (Zurich, 776); Irlande, 770; Bretagne, Gascogne, 771; basses pressions à l’extrême N. : Haparanda, 749- Pluies sur le N.; en France beau temps. Température du matin : Clermont-Ferrand, —5°; Paris, —2; Alger, 14 ; Pic du Midi, 7; moyenne à Paris : —o°,5 (normale : 3°,8). Le ier. Pression barom. : E. de la France, 776; Bretagne, 771; mer Blanche, 749- Pluies sur le N. et l’E. ; en France : brouillards intenses sur le N. et l’E. Temp. du matin : Gap, —8°; Paris, —2; Alger, 16; Puy de Dôme, 2 ; Pic du Midi, — 2 ; moyenne à Paris : — i°,2 (normale : 3°,7). — Le a. Anticyclone sur le S. : Suisse, 776; Ecosse, 768; Gascogne, 769; dépression §ur toute la Russie. Quelques pluies sur le N. et l’E. ; brouillards épais en France. Temp. du matin : Haparanda, — io°; Paris, —3; Alger, 16; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —-4; moyenne à Paris : — i°,8 (normale : 3°,6). —• Le 3. Baisse de pression sur l’O. et le Centre : Suisse et E. de la France, 770; vaste dépression sur la Russie : Moscou, 747* Pluies et neiges sur le N.; en France : Marseille, 2 mm d’eau; brouillards sur le N. et le Centre. Temp. du matin : Uleaborg, —9; Paris, 2;
- Biarritz, 14 ; Puy de Dôme, 3; Pic du Midi, —5; moyenne à Paris ; o°,9 (normale : 3°,5). — Le 4. Pression légèrement supérieure à 770, sur la France, la Suisse, l’Allemagne; dépression peu profonde sur l’E. de l’Europe et l’Islande (Seydisfjord, 754). Pluies abondantes sur le N. de l’Italie. Temp. du matin : Arkangel,
- — ii°; Paris, o; Alger, i3; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi — 7 ; moyenne à Paris : i°,4 (normale : 3°,4). — Le 5. Hautes pressions sur la France et_l Europe centrale : Lyon, 773 ; Berlin, 772 ; Seydisfjord, 744 , Ecosse, 758; basses pressions en Russie. Pluies sur presque toute l’Europe ; en France : Lorient, Biarritz, 3; Limoges, ^pointe de la Hague, L. Temp. du matin : Haparanda, — 20°; Paris, 2; Bordeaux, 8; Puy de Dôme, 2 ; Pic du Midi, —5 ; moyenne à Paris . 4°, i (normale : 3°,3).
- — Le 6. Dépression entre le N.-O. de 1 Europe et l’Islande : Seydisfjord, 736; Ecosse, 753; fortes pressions sur le Centre et la Russie : Cracovie, 776. Pluies sur le N; et l’O.; en France : Besançon, Brest, 4> Nantes, i. Temp. du matin : Moscou, —220; Paris, 4; Alger, i3 ; Puy de Dôme, 1 ; Pic du Midi, —4; moyenne à Paris : 6°,3 (normale : 3°,3), — Phases de la Lune : Premier Quartier le 3o, à 9 h. 53 m. du soir.
- p.2x16 - vue 448/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, "Paris (TV)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des artic'es non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1856 — 19 DECEMBRE 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Le huitième satellite de Jupiter. — Il résulte des calculs de MM. Crawford et Meyer, astronomes à l’Observatoire de Harvard College, que ce satellite effectue sa révolution autour de la planète géante en plus de deux ans et demi. Voici d’ailleurs les éléments de son orbite :
- T = époque du passage au périjove= 1908 août 25,7a n — longitude du périjove = 510 9' )
- o — longitude du nœud ascendant = 236° 12' > 1908,0 inclinaison = i45° 48’ )
- d = distance moyenne — 0,1 o3 ê — excentricité — 0,4395
- a = période = 2 ans, 55.
- Une nouvelle source de lumière. — Il s’agit de celle que peuvent fournir, dans certaines conditions, les clapets électrolytiques à plaques d’aluminium dont les propriétés, comme limiteurs de tension, ont été signalées dans un récent numéro (voy. n° i852|. On a observé depuis longtemps que lorsque l’on soumet un dispositif de ce genre à une tension supérieure à la tension critique, il se produit à la surface de la plaque d’aluminium une série d étincelles courtes et brillantes qui la rendeut lumineuse. M. G. A.Johnstone, dans Electncal World, signale qu’il a cherché à étudier ce phénomène en remplaçant l’aluminium pur par des alliages. Le même phénomène se reproduit; mais l’intensité en est telle que toute la surface devient brillante et éclairante, saus qu’on puisse distinguer aucune étincelle, même au microscope. Un élément éclairant, composé de 2 baguettes d’un alliage à 90 pour 100 d’aluminium, du diamètre d’un crayon, baignant dans une dissolution de biborate de soude, et traversé par un courant, continu ou alternatif, donnerait avec une tension de 100 volts, une lumière bleuâtre suffisante pour permettre de lire, à o,5o m., un texte imprimé en pelil caractère.
- Préparation de l’argon de l’air au moyen du carbure de calcium. — On sait que la préparation de l’argon de l’air est assez laborieuse, étant donnée la faible proportion qui y est contenue, 1 pour too environ. Un certain nombre d’auteurs ont déjà indiqué des procédés plus ou moins commodes pour effectuer cet te extraction. Dans ce but, MM. Frédéric Fischer et O. Ringe ont employé le carbure de calcium qu’on se procure maintenant si facilement dans le commerce. On fait circuler de l’air préalablement séché par son passage dans l’acide sulfurique, et privé de son oxygène par passage sur de la tournure de cuivre chauffée au rouge, sur un mélange, porté à 8oo° et formé de 90 parties de carbure de calcium pour 10 parties de chlorure de calcium, qui absorbe l’azote, sans provoquer de réaction réversible, en donnant de la cyanamide calcique et du charbon, en vertu de la réaction : CaC2 + Az2 = C Az2 Ca +G
- Carbure de calcium. Azote. Cyanamid e calcique. Charbon.
- Le mélange absorbant était contenu dans un large cylindre horizontal en fer à soudure autogène. On s’arran-
- geait de telle sorte que le gaz atmosphérique circulât plusieurs fois à travers le carbure de calcium et sous une pression réduite. Le résidu gazeux, après ces diverses absorptions, était formé d’argon mélangé de traces des autres gaz atmosphériques rares : néon, xénon, crypton. Par ce procédé, on a pu en deux jours, et à très peu de frais, avec 7 kg de carbure de calcium, recueillir 11 litres d argon brut.
- Sur les explosions et sur les constructions ou se font les travaux explosifs. — M. Guttmann a publié assez récemment dans le journal de la Société chimique industrielle anglaise, une étude sur ce sujet si discuté. Il signale ce fait que depuis 1’ « Explosive Act » de 1875, on a peu étudié en Angleterre les modifications à apporter dans les constructions des ateliers dans lesquels on fabrique ou on enferme des produits explosifs. Divers essais ont été tentés; le plus répandu a consisté à construire de légers bâtiments en bois et à les entourer de remparts en terre, ces bâtiments étant espacés suffisamment pour prévenir l’explosion et la destruction de la totalité des constructions en cas d’accident. L’effet d’une explosion, notamment avec les puissants explosifs modernes, se manifeste de diverses façons et se traduit d’une manière plus ou moins curieuse. En dehors de la projection de pièces lourdes et brûlantes, et de débris, il faut tenir compte de l’ébranlement du terrain. Ces phénomènes peuvent causer des désastres par pénétration ou par inflammation des. autres bâtiments et par affaissement et destruction de ces mêmes bâtiments. Aussi l’auteur propose-t-il de faire les constructions des usines de produits explosifs en ciment armé et de les garnir de sable de rivière. Constituant ainsi une masse solide, elles résistent à l’affaissement et au feu; et l’explosion, quand elle a lieu, détermine une pulvérisation telle que lés particules ne peuvent être projetées à une grande distance. Pour éviter que les pièces lourdes de machinerie projetées défoncent le toit, celui-ci peut être composé d une double paroi de ciment armé garnie de sable qui amortit et répartit le choc. Ces diverses précautions tendraient à diminuer les dangers en cas d’explosions subites et violentes.
- La récolte du Midi. - - Le Journal officiel vient de publier le relevé des déclarations de récoltes pour les quatre départements du littoral méditerranéen gros producteurs de vins, et pour le département de la Gironde. Le total des déclarations des quatre départements méditerranéens (Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard) s’élève à 27549000 hectolitres. Les stocks sont de 3780000 hectolitres, ce qui porte le total des ressources à 3i millions 329 000 hectolitres. L’an dernier, la récolte déclarée était de 3o 547 000 hectolitres, le s ocle de 1 4*7 000 hectolitres, le total des ressources de 3i 964 000 hectolitres : les besoins (ventes, consommation, distillation, exportation) ont donc été, pour la campagne 1907-1908, de 28184000 hectolitres,, chiffre
- p.2x17 - vue 449/647
-
-
-
- ^Informations
- supérieur à lu récolte de cette année. Cette récolte paraît devoir être d’autant plus facilement absorbée que, d’après les données qu’on peut avoir sur la production des autres parties de la France, celle-ci serait nettement déficitaire dans un grand nombre de départements, notamment dans ceux de la vallée de la Loire. Le total des déclarations de récolte pour la Gii'onde ne s’élève qu’à 3 339 000 hectolitres : il était, l’an dernier, de 54^9000 hectolitres. Le stock est, cette année, de 2 307 000 hectolitres, sensiblement égal à celui de l’an dernier (2359000), ce qui montre que la récolte de 1907, bien que supérieure de 2 100 000 hectolitres à celles de 1908, a trouvé en entier son placement.
- Les vins de Champagne. — Le Conseil d’Etat vient de prendre, au sujet des vins dits de Champagne, la décision de limiter cette appellation aux vins de ce type fabriqués dans la plus grande partie du département de la Marne, plus les arrondissements de Château-Thierry et de Soissons. Les vins d’autre provenance devront porter d’autres noms.
- Les distributions du froid. - Distribuer du froid, comme on distribue l’eau ou le gaz, par des canalisations, ce n’est pas un simple rêve d’ingénieur; il existe plusieurs villes où des stations centrales fabriquent du froid et le transportent jusqu’aux maisons particulières ; ce sont les villes américaines de New-York, Boston, Saint-Louis, Baltimore, Los Angeles, Norfolk, Denver, Kansas City. Le froid est produit en général par le procédé à l’ammoniaque; la distribution s’opère soit au moyen de saumures réfrigérantes, soit au moyen d’ammoniaque liquéfiée.
- Détérioration du charbon. — Les expériences faites en Amérique sur des charbons de diverses origines ont indiqué une absorption très nette d'oxygène par le charbon ; au point de vue calorimétrique, il y a une différence négative entre le charbon frais pris à la mine et le charbon quelques mois après son extraction. Des essais montrent que les pertes sont généralement exagérées et qu’en moyenne, elles ne dépassent pas 3 à 4 pour 100. L’immersion du charbon dans l’eau empêche l absorption de l’oxygène et maintient constant le pouvoir calorifique du combustible.
- Revêtements d’aluminium pour le fer. — On aurait constaté, de la façon la plus manifeste que les tôles de fer recouvertes d’un dépôt d’aluminium seraient insensibles à l’action des agents atmosphériques ou des gaz sulfureux, et l’on aurait l’intention de les proposer pour remplacer avantageusement les tôles galvanisées et aussi, dans bien des cas, les feuilles de cuivre. Une usine s’est créée dans ce but à Piltsburg et une autre analogue s’est installée à Connesville, pour le compte de la Aluminium Coating C°. Ces tôles ressemblent beaucoup à des feuilles d’aluminium non polies.
- La consommation du papier aux États-Unis. — En
- 1907, le tirage total des journaux américains a atteint
- 10 milliards 5oo millions, soit 125 numéros de journaux et de revues par chaque habitant des Etats-Unis. Pendant cette année, 456 journaux divers publiaient des éditions spéciales du dimanche, dont le tirage a représenté 11539021 numéros. Comme chaque numéro avait une moyenne de 3 » pages, on a calculé que la quantité de papier employée aurait suffi pour éditer une bibliothèque de 5900000 volumes de 400 pages chacun, La consommai ion du papier employé pour les journaux et revues périodiques, a triplé de 1880 à 1907.
- Le déboisement et Bernard de Palissy. — Le
- déboisement à outrance, porte, de nos jours, de douloureuses conséquences. Notre confrère Ciel et Terre signale qu elles avaient été prévues avec une singulière netteté, il y a trois siècles, par Bernard de Palissy, dans son ouvrage : Récept véritable pour multiplier les thrésors. « Et quand je considère la valeur des plus moindres gîtes des arbres ou espèces, je suis tout émerveillé de la grande ignorance des hommes, lesquels
- 11 semble qu’aujourd hui ils ne s’estudient qu’à rompre, couper et deschii'er les belles forests que leurs prédécesseurs avoyent si précieusement gardées. Je ne trou-veray pas mauvais qu’ils coupassent les forests pourvu qu’ils en plantassent après quelque partie: mais ils ne se soucient aucunement du temps à venir, ne considérant point le grand dommage qu’ils font à leurs enfants, à l’advenir. Je ne puys assez détester une telle chose
- et ne la puys appeler faute, mais une malédiction et un malheur à toute la France, parce que, après que tous les bois seront coupez, il faut que tous les arts cessent et que les artizans s’en aillent paistre l’herbe comme le fit Nabuchodonosor. »
- Le menu à bord. — La Lloyd de l’Allemagne du Nord, une des plus puissantes compagnies de naviga. tion de l’Allemagne, dont les paquebots ont transporté 661 258 passagers à travers l’Atlantique en 1907, a dépensé durant celte même année 35 millions de francs de charbon et 20 millions de francs en comestibles. ha viande, fraîche ou fumée, non compris la volaille, le gibier et le poisson, figura dans ce total pour 7000 tonnes, et les œufs consommés furent au nombre de 6 547 3u3. Dans le formidable menu figurèrent également 100000 pièces de gibier, 700 tonnes de volailles, 182 54o huîtres, 455 190 clams (mollusque cher aux passagers américains), 82 633 homards ou langoustes, et i3 407 livres de viande de tortue. Les boulangers du bord enfournèrent 35oo tonnes de farine, et l’on but 76 6a3 bouteilles de lait stérilisé dans les nurseries. Quant aux autres articles de consommation, voici leurs chiffres respectifs , pommes de terre, 10000 t. ; pois et haricots, 385 t. ; beurre, 600 t. ; café, 260 t. ; chocolat et cacao, 32 t. ; sel, 4°o t. ; glace, 12 478 tonnes. Enfin, 2 327 225 cigares ou paquets de cigarettes furent vendus à bord.
- Cavernes sous-glaciaires au Groenland. — L’expédition arctique danoise de Mylius-Erichsen (1906-1908) au Nord-Est du Groenland a découvert des cavernes de plus de 2 km de long et de 20 m. de hauteur, que l’écoulement des rivières creuse sous la glace pendant la saison chaude, dans la dépression du terrain. On sait que le chef de cette expédition et deux de ses compagnons sont morts de faim pendant une reconnaissance.
- La lettre-télégramme. — C’est un nouveau mode de correspondance à tarif réduit que vient d’établir un décret du 5 décembre 1908. Entre 7 heures du soir et 11 heures ou minuit dans les bureaux de poste, pourvus d’un service télégraphique, le public pourra déposer des télégrammes, taxés à 0,01 franc le mot, avec minimum de o,5o franc. La transmission en sera effectuée le même jour, à partir de 9 heures du soir, après l’écoulement de la correspondance taxée à tarif plein. Les lettres-télégrammes seront remises à domicile exclusivement, dans les mèmès conditions et par les mêmes moyens que les lettres ordinaires, à la première distribution postale qui suivra leur arrivée au bureau de destination.
- L’abaissement des frais au Transvaal. — L’abaissement progressif dès frais d’extraction dans leé mines d’or du Transvaal présente un intérêt économique général en raison du rôle absolument prépondérant que jouent de plus en plus ces mines dans la production aurifère du monde et des quantités d’or supplémentaires que cet abaissement permettra d’extraire en utilisant des minerais pauvres en quantités énormes qu’on avait d’abord considérés comme négligeables. Le tableau suivant, relatif à quelques mines principales, en donne une
- idée :
- Frais en francs Sept. Sept,
- par tonne. 1899 1906 1907 1908
- Crown Reef .... 30,20 27,15 23 19,20
- Ferrèira. ..... 34.35 29,60 24.35 21,35
- Geldenhuis Deep. . 26.45 27,35 24.5o 23,90
- Robinson...........28,60 27,i5 20,90 14 5o
- Rose Deep. .... 28, o 26,10 23,90 20.60
- Simmer and Jack. . 25,90 23,20 21,85 i4.85
- Village ...........32.70 27 90 22,80 20,20
- On voit que ces frais, très variables d’une mine à l’autre, descendent jusqu’à i4,5o par tonne dans des conditions particulièrement favorables. Il faut, il est vrai, y ajouter l’impôt sur les bénéfices et les frais généraux. Mais, en résumé, on peut aujourd’hui considérer comme payants, dans les conditions normales, des minerais tenant environ 22 fr. d’or à la tonne, (3 pennyweights et demi). Les raisons principales de ce progrès sont la substitution de pilons lourds aux pilons légers, l’emploi des tube-mills ou moulins tubulaires et l’amélioration de la main-d’œuvre. Les progrès sont particulièrement marquants pour d’anciennes mines comme la Robinson, la Ferreira, la Simmer, la Village, où l’on a exploité longtemps avec quelque gaspillage; mais ils sont également marqués pour les mines profondes et plus modernes, de « deep level. »
- p.2x18 - vue 450/647
-
-
-
- L'AVIATION AU CONCOURS LEP1NE
- La navigation aérienne, sous ses deux aspects, prend chaque année une place de plus en plus considérable dans les concours de jouets et, par conséquent, dans la vie des enfants. Gela ne peut nous surprendre, car tous les progrès industriels affectent rapidement une forme enfantine sous l’habile direction des « petits inventeurs » qui leur donnent un corps spécial facilement compréhensible aux tout petits.
- L’aviation n'a pas échappé à cette loi. Bien mieux :
- Le planement? Mais un autre jouet, le cerf-volant, planeur captif, le réalise depuis des siècles et des siècles. De sorte que nous sommes obligés de constater que la navigation aérienne par le plus lourd que l’air a été pratiquée pendant longtemps par d’autres civilisations, mais uniquement pour servir à l’amusement des enfants et des foules. Etrange constatation, n’est-il pas vrai? Et il est probable que la plupart des inventions modernes, celles dont s’enorgueillit le xix® siècle, figu-
- Phnuuir Lcuillcux
- Un planeur jouet.
- Modèle d’aéroplane établi pour être construit en grand. Deux surfaces formées de lames eu persiennes s’élèvent et s’abaissent dans le sens vertical. Combinaison
- La Complète de l'Air.
- très compliquée et sans avenir.
- L’oiseau planeur.
- Le et Boomerang ».
- Gouvernail rotatif Boisard,
- L’oiseau planeur.
- avant que le premiér planeur ait franchi les quelques mètres suffisants pour consacrer la gloire de Santos-Dumont, il existait déjà depuis longtemps des hélicoptères s’élevant avec grâce jusqu’au plafond de la chambre des enfants. Ce jouet eut même les honneurs de la discussion scientifique, et plusieurs inventeurs pensèrent qu’en augmentant le diamètre des hélices et leur vitesse un homme parviendrait à s’élever dans les airs. Nous rappellerons seulement pour mémoire, qu’en [784, déjà Lannoy et Bienvenu avaient présenté à l’Académie des Sciences un hélicoptère' mû par un ressort. Vinrent ensuite, en 1849, ceux de Marc Seguin, Babinet, Philipps, de Ponton d’Amécourt en 1863, et de Penaud en 1870. Les essais n’ont pas confirmé cette manière de voir et, jusqu’ici, le planement seul, on le sait, est parvenu à donner des résultats sérieux.
- raient à l’état embryonnaire chez les peuples anciens. Maintenant l’industrie rend au jouet l’idée qu’elle lui a prise, mais sous une forme plus intéressante; il bénéficie du progrès, et le cerf-volant est devenu planeur.
- Tous les appareils que nous avons pu voir ne sont pas intéressants parce que, parmi eux, beaucoup veulent être des modèles de grandes machines que des capitaux permettraient de construire. Leurs auteurs ingénus s’imaginent, à tort bien certainement, qu’il leur suffira d’exposer une réduction de l’appareil qu’ils ont conçu, ou même un simple dessin, pour tenter les mécènes. Les choses ne se passent jamais ainsi dans la réalité, et ces exposants ne retirent aucun avantage du concours Lépine réservé exclusivement aux jouets et aux petites inventions.
- M. Leuilleux est l’un des inventeurs qui ont le mieux
- p.2x19 - vue 451/647
-
-
-
- L'AVIATION AU CONCOURS LEP1NE
- compris ce que l’enfant attend de l’aviation ; il a con-stniit un oiseau planeur dont on ne peut dii'e que du bien. Le corps de l’animal est un vulgaire morceau de bois d’environ i5 centimètres de longueur, surchargé à l’avant pour amener le centre de gravité du système au point le plus favorable à son évolution. Deux ailes en papier huilé très résistant lui permettent de planer, et une queue donne la direction. Sous le corps de l’oiseau, vers l’avant, un crochet a été disposé pour servir de lancement. On se sert, pour cela, de deux bâtonnets réunis par une ficelle, comme ceux du jeu de diabolo, la ficelle est passée dans le crochet et on projette l’oiseau en l’air en écartant brusquement les bâtonnets tenus dans les deux mains. L’oiseau atteint ainsi une dizaine de mètres de hauteur, puis il s’oriente et descend en décrivant des ellipses très prononcées et en planant comme le ferait une buse explorant les alentours d’une ferme.
- L’inventeur affirme que, par un vent suffisamment fort, cet oiseau artificiel, tenu à la main bec au vent et ayant l’extrémité postérieure des ailes abaissées, peut s’élever dans le vent sans une impulsion première. N’ayant pas eu l’occasion de procéder à celte expérience, il nous est impossible de garantir sa réussite : cependant rien ne paraît s’opposer à ce que les choses se passent ainsi.
- Un autre jouet, non moins bien établi par le même inventeur, est le boomerang planeur Chacun connaît les propriétés du boomerang en usage chez les peuplades australiennes : lancé à une grande distance, il revient à son point de départ après avoir atteint son but. Celui de M. Leuilleux est moins parfait; il est constitué par un châssis très léger porteur de plans d’étoffe dont l’angle d’incidence avec l'horizontale peut être diminué ou augmenté à l’aide d’une simple cordelette. Le boomerang se lance avec les mêmes bâtonnets que l’oiseau planeur ou même avec une simple ficelle lenue dans les deux mains ; il décrit en l’air un cercle complet et revient sur le joueur. Plus l’angle des plans antérieurs avec l’horizontale sera faible, plus le rayon du cercle sera grand. Enfin, le joueur adroit recevra le planeur sur la ficelle de lancement, par le crochet, au lieu de le laisser tomber sur le sol.
- Un planeur simple, actionné par un caoutchouc, complète la série des jouets d’aviation présentés par le même inventeur. C’est un monoplan dont les deux ailes sont faites d’étoffe rouge ainsi que celles du boomerang. A l’arrière du châssis, aussi rudimentaire que possible, se trouve un gouvernail horizontal et un empennage vertical assez semblablè, en petit nécessairement, à celui du Flying-Fish de M. Henri Farman. L’hélice à deux branches, placée à l’avant, est actionnée par un tube de caoutchouc remplaçant avantageusement les faisceaux de même substance parce que l’on peut toujours se servir d’un bout de vieille chambre à air de bicyclette et ensuite parce que le tube se met en place très rapidement avec une ficelle- Le moteur étant remonté, on débraye l’hélice et le planeur, qui est porté par un léger chariot, roule d’abord sur le sol, puis s’élève et parcourt quelques mètres. C’est là un jouet présentant tout à fait les apparences de la réalité.
- Malgré les succès des planeurs, M. Roullot est resté fidèle à 1 hélicoptère qui a donné autrefois de si jolis résultats. Mais, au lieu d’utiliser un moteur de caoutchouc pour produire l’enlèvement des hélices, il lance ces hélices à l’aide d’un dispositif à ficelle fort ingénieux. C’est une roue à gorge placée dans une mortaise pratiquée à l’extrémité d’une solide poignée de bois. L’axe de cette poulie est surmonté d’un plateau et d’une pointe sur laquelle s’engage 1 axe creux de l’hélice. Sur le plateau, une pointe fixe excentrée oblige l’hélice à participer axi mouvement de rotation produit en tirant fortement sur la ficelle engagée dans la gorge de la roue et à s’échapper ensuite. On peut placer, sur l’axe de l’hélice. un dirigeable genre Patrie, simple carton peint,, ou un personnage en celluloïd armé de deux plumes assez longues qui lui donnent l’aspect d’un petit ange. Les sujets se tiennent parfaitement d’équilibre, sans tourner, aussi bien pendant l’ascension que pendant la descente.
- Avant de quitter le domaine du jouet qui comprend encore quelques autres originalités se rapprochant peu ou prou des créations dont nous venons de parler, signalons encore le tout petit planeur de M. René Beu-chet, monoplan pourvu d’une hélice à deux branches et
- d’un gouvernail. Il est monté sur deux roues et un aviateur-poupée se laisse emporter dans l’espace par l’hélice actionnée par un moteur de caoutchouc.
- Il nous semble utile de sortir de la collection d’idées plus ou moins fausses, présentées par des inventeurs visant un but parfois chimérique, le gouvernail-rotatif de M. Boisard. Que cette hélice-directrice ne soit appelée à aucun avenir, c’est possible ; cependant elle paxaît mériter mieux qu’une attention distraite, car, appliquée à un ballon-jouet et à un bateau-jouet, elle a rendu des effets intéressants.
- Cette hélice, actionnée par un petit moteur électrique, est formé d’un plan rectangulaire monté sur un axe dans le sens de la largeur. Cet axe occupe la partie médiane du plan et il peut prendre diverses positions entre la verticale et l’horizontale. Placé verticalement, le moteur électrique étant mis en marche, le gouvernail tourne par conséquent dans le sens horizontal; il entraîne lu nacelle et le ballon; si on change le sens du courant, le gouvernail tourne en sens inverse et le ballon est entraîné dans le sens opposé. D’autre part, la position horizontale de l’axe permet au gouvernail de tourner verticalement. Dans ce cas, et suivant le sens de la rotation, l’arrière du ballon s’élève ou s’abaisse d’une manière très sensible. N’y aurait-il pas là un moyen d’obtenir la direction dans tous les sens et de permettre à un dirigeable de s’élever sans dépense de lest, de descendre sans perle de gaz?
- Les effets produits par ce gouvernail sont exactement les mêmes dans l’eau que dans l’air. Le petit bateau qui en était pourvu, lancé sur un bassin, virait avec beaucoup d’aisance dès que le gouvernail entrait en rotation. On peut objecter qu’il est inutile de dépenser une force précieuse pour actionner cette hélice-gouvernail, alors que les gouvernails ordinaires donnent les mêmes effets. Cela n’est pas tout à fait, exact, car, avec le nouveau système, la révolution du ballon, aussi bien que celle du bateau, se font presque sür placé, avantage précieux surtout pour les navires dans les ports, ou en cas de daDger d’abordage.
- Malgré le succès des planeurs qui semblent vouloir accaparer l’esprit dés enfants en le portant à considérer, dès à présent, la navigation aérienne comme une conquête définitivement réalisée, les cerfs-volants jouissent toujours, près d’eux, d’une très grande faveur. Ne nous en plaignons pas. Le cerf-volant peut permettre à ces jeunes intelligences de comprendre très facilement comment un corps pesant se soutient dans l’air. C’est un appareil scientifique d’une très haute valeur, et l’on n’a pas encore tiré de lui tout ce qu’il est capable de donner. Employé jusqu’ici comme jouet ou pour effectuer des sondages atmosphériques, on lui a surtout demandé, au point de vue scientifique, de déterminer l’échelle des températures dans la haute atmosphère, celle des pressions, de reconnaître la direction des vents. Ils nous diront également quelle est la vitesse des vents à une hauteur déterminée et s’ils sont réellement ascendants. Les aviateurs ont donc tout intérêt à procéder à des sondages atmosphériques en vue de recueillir des indications qu ils mettront à profit lorsque seront venus les temps des longues chevauchées à des hauteurs de plusieurs centaines de mètres.
- Au concours Lépine, plusieurs modèles de cerfs-volants étaient exposés et les expériences auxquelles ils ont été soumis, révélèrent de réelles qualités scientifiques. Ceux de M. Vallin surtout, peuvent être considérés comme d excellents modèles capables d’effectuer des explorations atmosphériques à de très grandes hauteurs. D’ailleurs, l’inventeur les utilise avec succès comme engins porte-amarres. Ils sont d’une construction très simple. Deux longues baguettes maintiennent les plans et une troisième, placée sous les premières, forme une sorte de quille à laquelle sont fixées les attaches. Les baguettes de traverse servent à tendre le tout. L’un des modèles est à trois plans avec queue porte-amarre; sur la ficelle de retenue, un postillon automatique permet de monter une amarre jusqu’à une certaine hauteur, dé l’échapper au moment voulu et de descendre pour en prendre une autre. —Adresse des inventeurs : M. Leuilleux, 16, rue Descaries, à Lille; l’hélicoptère Roullot est en vente chez M. Mathieu, 29, rue de Valois Palais-Royal, Paris; M. Beuchet, 127, rueHaxo, Paris; M. Boisard, 3, rue Saint-Hyacinthe, Paris; M. Vallin, 5o, x’ue des Panoyaux, Paris.
- p.2x20 - vue 452/647
-
-
-
- RESUME METEOROLOGIQUE
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en novembre 1908, par M. Th. JVloureaux.
- Comme en octobre, la sérénité du ciel est exceptionnelle en novembre : la nébulosité est seulement de 5,17, ]a moyenne étant de 7,06; seul, novembre 1897 donne, dans notre série de 35 ans, une nébulosité moindre. L’insolation porte sur 21 jours, et le Soleil a impressionné l’héliographe pendant no heures, chiffre qui n’a été atteint qu’une seule fois, également en novembre
- 1897-, . . .
- La température moyenne du mois, 4°>97» est inférieure à la normale de i°,i 7 ; la décade du 2 au n a été froide, avec des minima diurnes constamment négatifs sauf le 4 ; le 11, le thermomètre sous abri est descendu à
- 6°,i, mais, le 12, la température s’est relevée rapidement, et le maximum du i3 a atteint 15°,7 ; ces deux nombres, qui représentent les extrêmes absolus du mois, ont ainsi été obtenus à deux jours d’intervalle. L’excès diurne sur la normale, supérieur à 4° du 12 au 14, a persisté presque sans interruption jusqu’au 26; les derniers jours du mois ont été froids. On a noté i3 jours de gelée, dont'7 consécutifs, du 5 au 11.
- Le 8, immédiatement après le minimum barométrique absolu du mois, le vent du N.-E. souillant depuis la veille au soir, l’air est devenu très sec et, dans la soirée, vers 20 heures, l’état hygrométrique s'est abaissé jusqu’à 25; il s’est d’ailleurs maintenu au-dessous de 32 depuis 18 heures jusqu’à 24 heures. Celte particularité est extrêmement rare, car aucune valeur de 1 humidité relative inférieure à 35 ne ligure en novembre sur nos registres.
- Une tempête, pendant laquelle le vent a tourné de S. S. W. à N. N. W., a duré depuis le 22 à 1 heure jusqu’au 23 à 19 heures.
- La pression barométrique est en excès de 2mm,36, et la hauteur de pluie est normale.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des î.j heures, 760““,20; minimum absolu, 743mm,9 le 8 à 11l! 15m ; maximum absolu, le 3o à io'1 3om ;
- écart extrême, 25mm,8.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, i°,2 2; des maxima, 9°,54; du mois, 5°,38; des 24 heures, 4°, 97 ; minimum absolu, —6°, 1 le ir; maximum absolu,
- 15°,7 le i3. Moyenne diurne la plus élevée, n°,o3 le 13 ; la plus faible, — 2°,25 le «o. Amplitude diurne, moyenne du mois, 8°,32 ; la plus faible, 3°,8 le 19; la plus grande, ii°,8 le 6. — Sur le sol gazonné, moyenne des mini-' ma, —20,80; des maxima, i5°,2o; minimum absolu,
- - - i3°,9 le 10; maximum absolu, 25°,o le ier. — Dans le sol gazonné, moyènnes du mois ; profondeur, om,3o : à
- 9 heures, 6°,64 ; à 21 heures, 6°,71 ; profondeur, om,65 : à 9 heures, 8°,29; à 21 heures, 8°,26;' profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 9°,44’> à 21 heures, 90,39. — De la Marne : moyenne le matin, 6°,92; le soir, 7°,o9; minimum, 5°, 10 le ix ; maximum, io°,io le icr.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 5mm,8o ; minimum, irora,4 le 8 à 20 heures, 21 heures, 2.4 heures, et le 9 à 1 heure; maximum, iomœ,5 le i3 à 12 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 86,4 ; minimum, 25 le 8 à 20 heures; maximum, 100 en 19 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 5,17; ciel clair les 5, 6, 9, 10 et 29; ciel complètement couvert les 12, 14, 15 et 22.
- Insolation : durée possible, 274 heures; durée effective, noh3 en 21 jours; rapport, o,4o.
- Pluie : total du mois, 4Gmm, i en 3g heures.
- Nombre de jours : de pluie, 9; de pluie inappréciable, 3; de gelée, i3; de gelée blanche, 20; de rosée, 2; de brouillard, 17; de givre, 2; de halos, 3; de brume, 2; couronne lunaire le 7.
- Fréquence des vents : calmes, 25.
- N........27 S. E . . . 14 W .... 26
- N. N. E. . 17 S. S. E. . 45 W. N. W . 14
- N. E ... ni S.....118 N. W . . . 27
- E. N. E . . 59 S. S. W. . 100 N. N. W . 12
- E........59 S. W. . . 34
- E. S. E . . i5 W. S. W . 17
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 2m,83 ; moyenne diurne la plus grande, 6m,8 le 23; la plus faible, om,3 le 3o; vitesse maximum en i5 minutes, nm,4 le 23 de i3h i5m à i3h3om par vent
- N. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, im,99; minimum, im,65 le 16; maximum, 2“,55 le 28.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, -|-2mm,36; température, —i°, 17; tension delà vapeur, — omm,52; humidité relative, —o,4; nébulosité, —1,89; pluie, i”m,3; jours de pluie, —6.
- Taches solaires : on a suivi 10 taches ou groupes de taches en 20 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : Faibles, les 1, 10, n, 14, i5, 28; modérées, les 9 et 18; fortes, les 8 et 17.
- Mouvements sismiques : le 6, de 7h32m à 91'5m et de i4h 35m à îô^ô^lé ir, de i3h42mà i5h25m; le 23 (très faibles et par intervalles), entre 8h35m et 14h 3; le 3o, de 2ih 48” à 23 heures.
- Floraison : Le 25, nardosmia fragrans.
- VARIETES
- Sur un procédé de forçage du raisin. — Nous résumons ci-dessous une très intéressante étude de M. G. Bonnier, où ce savant a résumé devant la Société nationale d'agriculture de France des expériences faites, au printemps dernier, par M. Léon Pauchet, et qui seront très appréciées des viticulteurs.
- M. Pauchet, après une série d’études sur l’absorption par les rameaux de différentes plantes, eut l idée de tenter des essais analogues sur la vigne, en provoquant l’absorption directe de solutions sucrées. On sait, dit M. Bonnier, que, chez les plantes, les réserves sucrées, produites par la plante elle-même, se localisent en majeure partie au voisinage de l’ovaire. Si donc l’absorption tentée sur le rameau a lieu, il doit y avoir dans la jeune grappe de raisin, ou à son voisinage immédiat, une certaine proportion de sucre destinée au fruit. Parti de celte idée théorique, et pour se rendre compte du mo ment où le sucre passe dans le grain, M. Pauchet a coloré ses solutions les unes en rouge, par la fuschine; les autres en bleu, par le bleu de méthylène; d’autres enlin en violet, par le violet de gentiane.
- « Quelques semaines après les premières expériences, les grains de raisin se coloraient, mai§ non uniformément, de telle façon que, à un moment donné, chaque grappe présentait des teintes variées allant (pour la solution rouge par exemple) du rouge foncé au rose
- pâle et même au vert rose. Le pouvoir osmotique des cellules de chaque grain explique cette diversité dans la coloration : chaque grain prenant plus ou moins de sucre suivant son contenu cellulaire, moins ou plus concentré. Au bout de quelques jours, la coloration était uniforme et les grappes ainsi traitées présentèrent plus tard une maturité plus avancée que celle des grappes du même cep non expérimentées : la différence pouvant aller de 12 à 18 jours; ainsi donc, la présence d’une petite quantité de saccharose dans les grains, active la maturité de la grappe. »
- M. Bonnier ne doute pas qu’il y ait intérêt à appliquer ce procédé au traitement des raisins de table cultivés en serre et consommés comme primeurs : et dans* cette pensée, il reproduit les indications données par M. Pauchet sur celte application, en insistant surtout sur lé mode d’opération et sur les dispositions pratiques qu’il convient de prendre, laissant intentionnellement de côté toute explication théorique. Voici ces indications :
- « i° Choix des rameaux. — On peut opérer sur les rameaux terminaux qui portent de nombreuses grappes et sur les rameaux situés au-dessous de ces mêmes grappes du côté du cep.
- « On les taille, à l’époque ordinaire, en même temps que les autres, mais de 4 M nœuds 1/2 au-dessus de la dernière grappe ; puis on les amène à une certaine
- p.2x21 - vue 453/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- courbure, de façon que leur extrémité soit dirigée en bas et un peu obliquement.
- « En général, les rameaux de 5 à 10 millimètres conviennent bien, l’absorption étant d’autant plus rapide que le rameau est plus gros.
- « Immédiatement avant d’opérer, on enlève les productions secondaires qui le recouvrent; quand il est jeune, on fait quelques légères incisions sous l’écorce, dans le sens longitudinal, de façon à atteindre la zone libéi'o-ligneuse ; une ou deux incisions très légères suffisent, quand il est plus âgé. Lorsque le rameau est ainsi préparé, il n’y a plus qu’à le frotter à plusieurs reprises avec de l’ouate flambée impi'égnée d’eau bouillie, puis on l’introduit dans le flacon.
- « a0 Flacons et solutions. — Les flacons, de i5o à 200 cc. environ, sont en verre blanc de préféx'ence; on les met bouillir dans l’eau pendant deux heures.
- « Les solutions de saccharose (sucre candi) sont faites de 12,5 à i4,5 pour 100. Il convient de ne jamais dépasser cette dernière proportion. On les conserve dans les ballons ou récipients qui ont servi à leur préparation, en bouchant, avec de l’ouate flambée. Il est préférable de ne préparer chaque fois que la quantité approximative dont on aura besoin pour ne pas avoir à conserver cette solution.
- Dans ces conditions, en commençant l’opération le même jour.pour tous les ceps, il suffira de préparer deux solutions en deux fois, trois au plus. Pour cela, faire bouillir de l’eau, ajouter le sucre candi lorsqu’on a noté le vo-
- lume définitif de l’eau du récipient, après refroidissement.
- « Quand les flacons sont en place, on verse la solution sucrée avec une pipette mise à l’eau bouillie et flambée après chaque opération, puis on bouche avec un tampon d’ouate flambée et imprégnée d’eau bouillie, en ayant soin que l intervalle compris entre le rameau et le verre soit bien rempli, puis on laisse ën place.
- « Il suffit maintenant de passer de temps en temps, tous les 3 ou 4 jours, pour s’assurer si la solution est indemne et si l’ouate mouillée ferme bien. En prenant ces précautions, on évite toute trace de moisissure. Si, malgré toutes les précautions prises, la solution devenait trouble, on retire le flacon, on le passe au feu ou à l’eau bouillie comme au début et on lave le rameau avec de l’eau bouillie à plusieurs reprises, puis on recommence.
- « 3° Durée des opérations. — Il convient de commencer l’opération quelques semaines après la floraison, alors que la fécondation est opérée et que les grains sont nettement visibles.
- « On laisse en place trois semaines environ, en renouvelant la solution si besoin est. Lorsque l’absorption se ralentit par trop, jusqu’à ne plus atteindre que 1 à 2 centimètres cubes par jour, on enlève le flacon, on lave le rameau à l’eau bouillie et on coupe son extrémité à 2 noeuds 1/2 environ. L’ensemble des opérations avec alternance de dispositif ou sans, ne doit pas excéder six semaines. Il importe aussi qu’elle cesse plusieurs semaines avant la maturité des grappes. »
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Un moyen simple et pratique pour reconnaître la nature d’un courant électrique. — Dans bien des cas, il est intéressant de connaître la nature du courant alimentant une installation, savoir s’il est alternatif ou continu. Bien des moyens peuvent être utilisés; nous en citerons un fort simple, que nous indique l’Industrie électrique. Il suffit d’approcher un aimant d’une lampe à incandescence alimentée par le courant à analyser ; si le courant est continu, on voit le filament s’infléchir chaque fois qu’on approche l’aimant ; si le courant est alternatif, ce même filament se met à vibrer synchroniquement avec le courant et donne à l’œil l’illusion d’un filament d’épaisseur variable. Ce phénomène est très net; il se manifeste avec l’aide d’un tout petit aimant que l’on peut emporter facilement dans la poche. Pour 1’iastallation des appareils qui nécessitent un courant déterminé (lampes à arc, petits moteurs, charge d’accumulateurs, etc.), on pourra recourir à ce procédé, si l’on ne possède aucun renseignement sur l’usine desservant l’installation.
- Cirage pour chaussures jaunes — Prendre 20 gr. d’essence de térébenthine, 10 d’huile de ricin, 40 de vaseline, 40 de cire jaune. Faire dissoudre la cire jaune dans l’essence de térébenthine. Ajouter ensuite l’huile de ricin et la vaseline. Puis faire un deuxième mélange composé de 10 gr. d’huile de lin, i5 de curcuma pulvérisé ; l’ajouter au premier en remuant constamment la mixture.
- Vernis à l’alcool pour le cuir. — Il se compose de : 70 parties alcool dénaturé à g5 pour 100; 3o p. copal manille pulvérisé; 10 p. térébenthine de Venise; 0,6 p. nigrosine ou noir d aniline soluble dans l’alcool. La nigrpsine est dissoute dans 2 ou 3 p. d’alcool froid et la térébenthine dans 7 à 8 p. de même solvant. Le copal est placé dans un baril avec le reste de l’alcool pendant 3 à 4 heures et passé à travers un tamis très fin; on y ajoute ensuite la solution de térébenthine et la couleur. On peut y additionner de l’huile de lavande et masquer l’odeur de l’alcool dénaturé au moyen d’essence de mir-bane.
- Colle de silicate de soude. — M. Grosheintz vient d’indiquer à la Société industrielle de Mulhouse l’emploi du silicate de soude à 200 B. pour coller les étiquettes de papier sur les flacons. L’adhérence est parfaite. L’étiquette résiste à l’action de l’eau. Ce silicate est déjà employé dans les laboratoires pour coller le verre dans la construction de certains appareils.
- Pour incruster l’ivoire. — Il faut tout d’abord rendre l’ivoire plastique ; on le plonge pendant quelques heures dans l’acide phosphorique où il perd son opacité. Après l’avoir ensuite lavé à l’eau froide, on peut le courber, lui donner aisément les formes que l’on désire et l’incruster de pierreries ou de métal. On laisse l’objet quelque temps à l’air et il recouvre de lui-même sa dureté et sa couleur primitives.
- Enlèvement des taches de graisse sur 1 os. —- Ces
- taches sont particulièrement désagréables à l’œil, et elles donnent l’impression de quelque chose de vraiment sale. Pour les faire disparaître facilement (mais en prenant garde au feu), il suffit de mettre tremper dans du benzol, et durant 24 heures, l’objet d’os taché. Il est essentiel de laisser sécher ensuite lentement.
- Contre les crevasses des mains. — Le mélange suivant donne d’excellents résultats : Salol 2 grammes; huile d’olive 3 gr. ; lanoline 5o gr. ; menthol i,5o gr. Le mode d’emploi est très simple : il suffit de faire des onctions deux fois par jour.
- Bois de tourbe. — Nous ne savons pas exactement qui a combiné le procédé, qui nous est signalé par le confrère anglais Work ; mais il mérite d’être connu, et au besoin essayé! On commence par traiter la tourbe pour la réduire à l’état fibreux, cotonneux; puis 011 la mêle avec une émulsion de 2 parties en volume de plâtre de Paris et 10 à 12 p. d’eau. On soumet à une pression considérable, en moule,; tsous une presse hydraulique ; on sèche artificiellement, on polit, et l’on huile pour peindre et vernir ensuite suivant le cas. On peut aussi laver la tourbe sans modifier son état naturel, puis mélanger la masse humide avec un mélange de chaux hydratée et de sulfate d'aluminium; il suffit de soumettre en moule à une pression modérée pour sécher finalement à l’air.
- Vernis au tétrachlorure de carbone. — Le tétrachlorure est un excellent dissolvant pour diverses résines, : pour plusieurs notamment qui sont presque insolubles dans l’alcool. Certaines résines de la classe des copals qui se dissolvent péniblement dans la térébenthine, sont dissoutes aisément par le tétrachlorure et donnent avec lui de très bons vernis, La gomme laque, la sandaraque et, quelques autres résines, se dissolvent dans l’alcool commercial à go°, mais avec quelque difficulté. Si l’on ajoute 10 à 20 pour 100 de tétrachlorure l’opération devient, au contraire, extrêmement aisée.
- p.2x22 - vue 454/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes je renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et dos recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — La radioactivité du sol. — \1. Metzinger, de Sidi-bel-Abbès, nous écrit, à propos d’une récente communication de M. Boi'das, à l’Académie des Sciences (voy. n° i85î du 21 novembre 1908), que les phénomènes de coloration violette observés sur certains fragments de verre au Chili ne sont point rares ; notre correspondant a observé fréquemment des colorations analogues sur des tessons de bouteilles placés, fait important, sur un mur de 3,5o m. au moins. Ce ne serait donc pas à la radioactivité du sol qu’il faut attribuer le phénomène, mais plutôt à la lumière solaire.
- Renseignements. — M. J. II. Durand, à Montevideo. - Un brevet, dans l'état actuel de vos recherches, serait prématuré. Le terme : moteur perpétuel, serait plus juste que celui que vous proposez.
- M. Mounier, à Saint-Etienne. — Fabrique de laine de verre : MM. Weisskopf, à Morchenstren ; Bôhmen, Autriche.
- Abonné 2824-1805. ’— Pour les expériences du professeur Lehmann, de Gœttingue, sur la désincrustation des pailles (n° i85o, p. 354)» adressez-vous à la sucrerie Steinitz, Saxe (Allemagne) qui possède une installation de ce genre.
- M. l’abbé Constantin, à Marseille. — Il n’existe pas encore de théories satisfaisantes de la gravitation. Les explications électro-dynamiques ne sont jusqu’ici que des essais. Voyez, à ce sujet, le nouveau livre de II. Poincaré : Science et méthode.
- M. B. Dautrème, à Rouen. — Pour les détails complémentaires que vous désirez, le plus simple est de vous adresser directement au Dr Calmette, Institut Pasteur, Lille, en lui indiquant l’article publié dans La Nature et en précisant les points qui vous intéressent.
- M. R. Lévi, à Paris. — Nous avons donné fréqem-ment des recettes contre les blattes ou cafards ; le plus simple est de saupoudrer les endroits visités par les insectes avec de la poudre de pyrèthre de bonne qualité.
- M. Pastor, à Dusseldorf. — On se dirige fort bien à la boussole en dirigeable; c’est le moyen employé sur les dirigeables français en temps de brouillard et quelle
- que soit la hauteur ; le problème est identiquement le même que pour un navire en mer. Evidemment, si le ballon est complètement perdu dans les nuages et n’aperçoit ni ciel ni terre, il ne peut se diriger.
- M. A. Laurent, à Savoyeux. — La charge des accumulateurs par courant alternatif est aujourd’hui parfaitement possible; il existe de nombreux types d’appareils établis dans ce but : les uns sont des soupapes électriques qui ne laissent passer le courant que dans un sens déterminé (voy. l’article : Tubes à vide, soupapes électriques de Laffargue, La Nature, n° 1689, 7 octobre 19o5) ; les autres sont des appareils mécaniques, comme celui dont vous nous envoyez le dessin et qui nous paraît être l’appareil Soulier (voy. La Nature, Supplément, n° 1708, 17 février 1906). Voyez aussi dans le Supplément du n° 1752 (22 décembre 1906), l’intéressant appareil Blondel.
- M. Dufau, à Caudéran. — Vous avez parfaitement raison; à Ch. Bourseulle revient la gloire d’avoir découvert le téléphone, très avant G. Bell et Elisha Gray; le mérite de ces deux inventeurs n’en est du Teste en rien diminué puisqu’ils ignoraient les travaux de leur prédécesseur. Nous reviendrons sur ce sujet.
- M. le D' Cordebart, à Aubervilliers. — Nous n'avons pas de renseignements détaillés sur ce sujet.
- M. L. d'O., à Constantinople. — Vous trouverez chez MM. Ducretet et Roger, 75, rue Claude-Bernard, Paris, une notice intéressante et tous renseignements sur les téléphones haut-parleurs.
- M. C. Deville, à Bosmoreau-les-Mines. — Il faut vous adresser à la Compagnie du Nord, service de la traction, rue de Dunkerque, Paris.
- M. le Dv Sureau, à Gualegua Ychu. — Nous avons communiqué votre lettre à M. Vitrebert, constructeur d’appareils d'optique, 46. rue des Ecoles, Paris.
- M. A. Bemelin, à Porrentruy. — Voyez dans notre n° 1827 du 3o mai 1908, page 4*5, la fabrication d’un disque de phonographe. Vous verrez que ces disques ne sont pas en gutta et vous comprendrez qu’il est impossible de les remettre à neuf.
- M. Valette, à Cuise-la-Motte. — Il est en effet très difficile d’obtenir des dépôts sur une surface d’aluminium. Cela doit tenir, sans doute, à l’oxyde qui recouvre toujours en quantités plus ou moins considérables, les surfaces en aluminium. Le phénomène a certainement une analogie avec celui des soupapes à aluminium.
- M. E. Achard, à Marseille. — Pour toutes machines à travailler le bois, adressez-vous à MM. Guillet, con-tructeurs, à Auxerre.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le rôle de la vitesse dans les phénomènes : Gustave le Bon. — Les instruments de musique dans les pays du Chari-Tchad : Gustave Regelsferger. — Le Salon dé l’Automobile : Etienne Taris. — Une turbine à vapeur de 12 000 chevaux : Dr Alfred Gradenwitz. — La pression de radiation et la queue des comètes : A. T. — Académie des sciences; séance du 7 décembre 1908 : Cir. de Villedéuil. — Serpent écorché vivant : y. Fokbin.
- Supplément. — Le prix Nobel à M. Lippmann. *— Un observatoire temporaire. — Iceberg phénoménal. — Une ligne de transport électrique en aluminium. — Le cuivre électrolytique. — Action du pèroxyde d’azote sur la farine de blé. — Recherches chimiques sur les dents, etc. — Les appareils improvisés.
- ' \ ------------------------..
- l aéroplane des frères Wright. — Historique. —Expériences. — Description. Brochure i»-8, avec une planche de dessins originaux. Berger-Levrault et Cie, éditeurs, 5-7, rue des Beaux-Arts, Paris. Prix : x franc.
- Les frères Wright, sont bien, suivant l’expression de l’auteur, « les premiers hommes volants qui aient paru sur le globe, les premiers qui aient su apprendre le métier d?oiseau ». Rien de plus intéressant que le récit de leurs tentatives, qui remontent à igo3, si bien résumé, avec documents et figures à l’appui, dans la curieuse brochure ci-dessus, avec une clarté et un talent d’expositions remarquables.
- Le problème de l'aviation et sa solution par T aéroplane 2e édition mise à jour — par Abmengatjd jeune. Dela-grave, éditeur. Prix : 2fr,75:
- La première édition de cette brochure que nous avons signalée en son temps, contenait une lacune volontaire. Les expériences des frères Wright y étaient simplement mentionnées sans détails : cette réserve se justifiait par le mystère dont les célèbres aviateurs avaient cru devoir entourer leurs travaux. Depuis, ils ont, d’une façon éclatante, fait la preuve
- p.2x23 - vue 455/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- de toutes leurs allégations. M. Armengaud a tenu à leur rendre justice et à leur donner dans son livre la place qu ils tiennent effectivement dans le domaine aérien.
- Traité de géologie, par Emile Haug, professeur à la Sorbonne. II. Les périodes géologiques, ier fascicule, in-8° raisin avec ioo ligures et 28 planches de reproductions protographiques hors texte. Armand Colin. Paris. Prix : broché, 9 francs.
- Le nouveau volume de l’ouvrage de M. Haug continue à se faire remarquer parla même sûreté d’informations, par la même richesse d’illustrations, par la même façon vivante d’exposer les questions, que le
- précédent, dont nous avons déjà eu l’occasion do faire l’éloge. Il est particulièrement remarquable pai. l’exposé que l’auteur y a donné de ses idées persou. nelles sur les provinces zoologiques, et la différenciation des climats, la formation des géosynclinaux, la bathymétrie aux diverses époques, etc. Les cartes paléogéographiques où l’on voit les migrations des faunes marines suivre le sens des géosynclinaux sont des plus suggestives. Nous ne ferons à l’auteur qu’une très légère critique déformé sur la disposition adoptée pour la bibliographie. Les numéros d’ordre suffisent pour les renvois au texte; mais il semble que dans les listes l’ordre alphabétique ou chronologique aurait facilité bien des recherches.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 déc. 1908 . . 8°,6 ••• S. 2. Couvert. 0,9 Très nuag. jusqu’à 19 h.; Beau eus.; pluie le m.; brouill. le s.
- Mardi 8 — 0°.5 S. S. W. 2. Couvert. » Gelée blanche; brouillard le m.; couvert.
- Mercredi 9 3°,5 S. 2. Beau. 2 1 Gelée blanche; nuageux le 111.; couvert le s.; pluie le s.
- Jeudi 10 a°,l S. S. W. 3. Couvert. 12,0 Gel. bl.; couv.; ]>1. de 9 b 45 à 15 h. 30 et de 19 h. 30 à 21 h. 10.
- Vendredi 11 5°,2 W. S. W. 4. Peu nuageux. 2,1 Pluie à 4 h. et l’après-midi; nuageux.
- Samedi 12 4°,6 W. N. W. 3. Couvert. 0,2 Gelée blanche; pluie à 7 h. 30; couvert jusq. 17 b.; beau cns.
- Dimanche 13 4° 0 S. 3. Pluie. 4,3 Gelée blanche; pluvieux toute la matinée; couvert.
- DECEMBRE 1908. — SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 DECEMBRE 1908.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- MaiiiMc«aii^hgidi»iiKeaanjlM»iraB!lMckidnll4aiiiiAaiiiiM!!BragIî!i81£lli^ait»Ji!
- i'HI iVAM
- m tkiM )!
- » mam
- mwmm nwaHa mmm MnonMHHaiHHMHin
- BBBBBBBBMBBBBBBMMB *B«BW MKBMMMMMMMMiaBBI BBBBBBIBMB MBBBBIBBiwafllB
- bbbbhbbbbii»'— ^nB|B|gn SSS S SS 52 k 55 BB SS ibb IS SSS m El m hm SS h BSSSSSSSSSSS BBS ESB BBS BBS BEE BEE ESES”** SESSEST^aSSES ESESEB^SSSS BSE ESB SS S BBS bkSSSBSSBSSSS 5S5SB5BBSSBS SES BBS BBS BBS BBS BSE SBBBSE
- SBEBSSSSEr/n^ ^BSEBSSSSSBn k^'^SBBSSBSSSS SSS SES BBS SSS SB5SBSBS5SS55BSBSSESBSSSSSSSSSSSSBBS bSSuhBS»^' SSS BBS SBS SES SEm SSS BBS BBS SES SSE BBS BBS BEE 3EB BEBE'' M^Ü^BSISIBSSISSSff
- SBBBBE^BBBBSSBBBBBBBBBBS ^jjss 3 S^î SUSSES SBSEk>'SS?’^^^S SSBSSSBSSBSS SBESB”"^ÎÜÏisSSS SSBBSB^BSS"^*'
- BSSBSSBBSSSSSBBBa^SSS SSSSS5BBBr^îS SBSSBB3SESB!
- !! Mmm !
- «aMMaiai 2g2!5i5Si55i5552?SBBBBSinS"S5555B£S"nS5BSSBSS
- u'&mwimmummwÀ mmLmmZtÆm7±mmmmm\vmmAjmmm^!lU^tiiÀmmmmmmmmrt.m\ mwmmrjmmrjm mrjmmmm mw.mmmm armmm.mmmmmmmm
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pi'essions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à \ boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Va 7 au i3 décembre. — Le 7. Régime de basses pressions sur tout le N. de l’Europe : Bodoe, 740 mm ; Islande, 741; pressions élevées sur le S. : Hermanstadt, 779. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Dunkerque, 12 mm; Rochefort, x 1 ; Brest, 5; Paris, 1. Température du matin : Gharkof — 21° ; Paris, 9; Alger, i3; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : 70 (normale : 3°,2). — Le 8. Profonde dépression vers l’Islande : Seydisfjord, 727; Shields, 787; anticyclone sur le S. : Hermanstadt, 776. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Cette, 24; Biarritz, 12; Ouessant, 4; Boulogne, 1. Temp. du matin : Charkof, —i3; Paris, 1; Alger, i3; Puy de Dôme, o; Pic du Midi —8; moyenne à Paris : 3°,4 (normale : 3°, 1). — Le 9. Basses pressions de l’Atlantique au N. de la Russie : Seydisfjord, 735; fortes pressions au S.-E. : Odessa, 772. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Cherbourg, 16; Nantes, 14; Brest, 6; Cette, 4- Temp. du matin : Charkof, —13 ; Paris, 4; Alger, 14; Puy de Dôme, o; Pic du Midi, — 7 ; moyenne à Paris : 6°,2 (normale : 3°). — Le 10. Baisse rapide sur les Iles-Britanniques et le N. de la France : Ecosse,^36; Cherbourg, 746. Pluies générales sur le N. et l’O.; en France : Lorient, 14; Rochefort, 12; Cherbourg, 8; Biarritz, 6; Brest, 5; Nancy, 2. Temp. du matin :
- Charkof, 15 ; Paris, 5; Alger, 12; Puy de Dim;, —2; Pic du Midi, —12; moyenne à Paris : 70 (normale : 3°). — Le 11. Situation atmosphérique très troublée : Shielde, Groningue, 728; Paris, 738. Tempête d’O. sur nos côtes. Pluies sur le N. et l’O., générales et abondantes en France : Biarritz, 58; Toulouse, Bordeaux, 21; Besançon, i5; Dunkerque, 14; Paris, 12; Brest, 6; Nice, 4. Temp. du matin : Kief, ii°; Paris, 5; Biarritz, i5; Puy de Dôme, —2; Pic du Midi, 7; moyenne à Paris : 5°,i (normale : a0,9). — Le 12. Tendance au comblement de la dépression du N. : Le Helder, 737 ; dépression secondaire sur l ltalie : Rome, 729 ; pression élevée à l’E. : Moscou, 770. Vent en tempête sur nos côtes. Pluies générales; en France : Paris, 2; Nantes, 5; Besançon, 8; Cherbourg, 9; La Coubre, 11 ; Toulouse, 28; Pic du Midi, 61. Temp. du matin ; Puy de Dôme, —-4°; Pic du Midi, —11; moyenne à Paris : 4°.6 (normale : 20,8). — Le i3. Nouvelle dépression sur les Iles-Britanniques : Ecosse, 737; Russie, 770. Pluies générales; en France : Biarritz, 7; Dunkerque, 6; Brest, Besançon, 5; Rochefort, 3; Paris, 2. Temp. du matin : Arkangel, —5; Paris, 4; Alger, 14; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : 7°,6 (normale : 2°,6). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 7, à 9 h. 53 m. du soir.
- p.2x24 - vue 456/647
-
-
-
- ft'ï;
- \ « .t <•*" • 1
- LA NATURE
- }V/
- Xv.v • £1 *. „/
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nütlire » doit être adressé aux bureaux du journal : / 20, Boulevard Saint-Germain, "Paris (Yi")
- La reproduction des illustrations dô « La Nature » est Interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- , La reproduction des artic'es non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1857 — 26 DÉCEMBRE 1908
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Une curieuse étoile variable. — En examinant un certain nombre de clichés pris à l’Observatoire d’Aréquipa, au Pérou, de la région ayant son centre par 18 heures d’ascension droite et 3o° de déclinaison australe, une étoile variable, offrant tous les caractères d’une nova, a été reconuue. M. Pickering, directeur de l’Observatoire de Harvard College, en faisant connaître cette découverte, dit que celte étoile, inscrite sous la dénomination dé 19.19 )8 Scorpion, était inférieure à la 11“ grandeur le icr juin <906 Elle atteignit la grandeur 8 9 du 14 juin au 2 juillet et diminua ensuite d’éclat. Actuellement, elle est inférieure à la 11e grandeur. Cette étoile n’est probablement pas nouvelle, au sens propre du mot, mais il s’agit sans doute d’une variable à très longue période ou, plus exactement, à période irrégulière, offrant, par momems. de brusques variations d’éclat. Les photographiés d’Aréquipa ont saisi l’une de ces variations II est d’un haut intérêt de poursuivre d’une façon constante l’étude des Novae qui ne sont pas descendues au-dessous des limites de la visibilité, car il est toujours possible qu’il s’y manifeste un phénomène imprévu pouvant offrir une grande importance scientifique.
- Nouveaux exploits de Wilbur Wright. — W. Wright vient de battre à nouveau, le 18 décembre, tous les records d’aviation. Il a exécuté, au Mans, un vol magnifique de i'“ 53m 59% parcourant une distance officiellement contrôlée de 99 km 1/2 La coupe Michelin de 20000 fr.. qui sera décernée le 3i décembre prochain, semble assurée désormais à l’homme-oiseau américain. Dans la même journée M. Wright, malgré un vent assez violent, a gagné le prix de la hauteur de 1 Aéro-Club de la Sarthe, en dépassant la hauteur de 100 mètres.
- La Querre etl ballons. — On sait le bru'tqu’a fait en Europe, la conférence donnée récemment à Berlin par le conseiller d?État, Rudolf Martin, qui avait pris pour thèse la possibilité d’envahir l’Angleterre en transportant un corps d’armée par la voie aérienne. Sir Hiram Maxim, le fameux inventeur, un des plus ardents champions en Angleterre de la navigation aérienne, s’est laissé interviewer sur ce sujet par le Daily Express. Il formule l’opinion que la nation britannique aurait tort de né pas prendre la menace au sérieux. « Je suis convaincu, déclare sir Hiram, qu’on pourrait construire maintenant des aéroplanes plus grands que la machine des frères Wright, mus par des moteurs de 60 à 100 HP, qui marcheraient à la vitesse de 80 km à l’heure en transportant5 une demi-tonne, et pourraient rester 5 hem es en l’air. Ces machines seraient capables dé traverser le Pas-de-Calais en transportant cinq ou six hommes avec le conducteur; avec une quantité de pèlrolé suffisante pour deux voyages. Elles pourraient donc effectuer ait moins quatre voyages aller et retour par une nuit sombre sans être découvertes, èt peut-être six en cas de brouillard, la durée de l’obscurité s’en trouvant prolongée. Ces machines coûteraient chacune 37500 francs. Comme elles
- seraient capables de débarquer chacune une vingtaine d’hommes pendant la nuit sur un point des côtes anglaises, le transport d une armée de 100 000 soldats dans la même nuit entraînerait la construction de 5ooo aéroplanes qui coûteraient 188 millions environ. » Maie sir Hiram fait remarquer que ces chiffres sont basés sur l’état actuel de la navigation aérienne. Il est possible qu’on construise d ici une année des aéroplanes capables de voler à la vitesse de 100 km en transportant une charge d’une tonne. En résumé, l’invasion de 1 Angleterre par la voie aérienne lui apparaît comme une possibilité prochaine.
- Nouveau dirigeable allemand. — Le professeur Schütte, ingénieur des constructions navales et professeur au Collège Technique de Dantzig, a dressé les plans d’un nouveau dirigeable du système rigide, qui a la forme du Zeppelin. Sa longueur est de 109 m. avec un diamètre maximum de 18.5o m. La coque n’est pas d’aluminium, comme 1 e Zeppelin, mais bien de bois de peuplier préparé d’une façon spéciale où réside le secret de l’inventeur. La force motrice est fournie par deux moteurs développant chacun i5o HP. M. Schütte croit pouvoir affirmer que son ballou sera, capable de rester 3o heures en Pair et de parcourir pendant ce temps 1000 km environ.
- Production du minerai de fer et de la fonte, en Grande-Bretagne. — Le minerai de fer exploité, dans la Grande-Bretagne, en 1907, s’élève, d’après les chiffres révisés, à i5 731 604 tons (1016 k.). Les exportations de ce minerai sont de très faible importance (21 877 t.). Mais le minerai de fer importé s’est élevé à 7 64* g34 tons. En sorte que, sans tenir compte de la différence des stocks, le minerai mis à la disposition de l’industrie, pour cet exercice, monte à *3 351 661 tons. A ce chiffre il convient d’ajouter 576 816 tons provenant des pyrites et i 195 242 tons de résidus de forges et usines. La production de la fonte de fer, en 1907, est de 10 114 281 tons, ce qui représenterait 2 47 tons de minerai par ton de fonte. La consommation des hauts fourneaux en charbon, y compris le charbon employé à la fabrication du coke consommé, atteint 2 r i 19 547 tons, soit en . moyenne 2,09 tons par ton de fonte: <: .
- Un nivellement de terrain gigantesque. — La ville de Seattle, sur le Pacifique, compte aujoürd hui uns population de 3ooooo habitants. Son développement rapide permet de prévoir qu’elle sera bientôt le port le plus important des Etats-Unis sur le Pacifique. Or, l’extension de cette ville est gênée par des ondulations de terrain, des vallonnements, dirig s vers la côte et qui atteignent jusqu’à 90 m. de hauteur. Pour y remédier, on a tout simplement résolu de faire un nivellement complet du terrain; il portera>ur une étendue de 207 hectares, et un volume dé 12200000 m3, avec 207 km de rues à tracer. Cette immense masse de terrain sera abattue parle procédé hydraulique, au moyen de puissants jets d’eau
- p.2x25 - vue 457/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- sous pression. Une première section de 5o hectares sera terminée en 1909.
- La question des peaux de bœufs. — Les tanneurs du Midi de la France, et notamment ceux d’Annonay, ont adressé une note à la Société des Agriculteurs de France, pour demander la suppression de l’aiguillon ferré dans la conduite des bœufs et celle des ronces artificielles pour l’entourage des prairies. Il ressort, en effet, de la discussion qui a eu lieu à ce sujet devant cette Société, que l’usage de l’aiguillon ferré, surtout en ce qui concerne les bêtes bovines à peau fine, détériore considérablement les cuirs. On a montré qu’une peau aiguillonnée est vendue 10 francs, par exemple, tandis que la même peau nette (qui ne présente pas de traces de piqûres) vaut 22 à 23 francs. Et il semble qu’il serait bien facile de se se servir du bâton sans la pointe effilée en forme de clou qui blesse les animaux! D’autre part, l’emploi des ronces artificielles pour la clôture des prairies est tout aussi bien une cause de dépréciation pour les peaux. Les animaux, en se frottant, se font souvent de longues déchirures ou éraflures, qui causent des blessures peu profondes, mais qui attirent les mouches et sont à la fois une cause de souffrances pour les blessés et de dépréciation de leur cuir. Si, jusqu’à présent, on avait négligé de mettre en relief cette action de l'aiguillon sur les peaux, c’est que celles-ci étaient principalement employées du côté chair pour faire la chaussure cirée, mais actuellement la mode exige la peau fine sur fleur et, par suite, il est de toute nécessité d’avoir des peaux avec le côté poil ou fleur le moins abîmé possible, et l’industriel qui procède à la transformation a, de son côté, tout intérêt à rejeter de plus en plus toutes les boucheries qui ont le défaut capital d’être aiguillonnées et qui donnent de sérieux mécomptes pour la valeur des peaux.
- Le plus coûteux chemin de fer. — La ligne Spokane-Portland-Seattle, qui sera probablement inaugurée le xer janvier 1909, est considérée par les ingénieurs américains comme la ligne la plus coûteuse qu’on ait jamais construite au Nouveau-Monde. Ses 677 km de longueur sillonnent les montagnes des Cascades, au moins aussi accidentées que les Montagnes Rocheuses, qui leur sont parallèles. Les 32 km situés entre Pascoel Kahlotus ont coûté 2Ô millions de francs. Le coût-record appartient à un segment de la ligne, le long du canon de la rivière du Serpent, où le kilomètre est revenu à i56oooo francs. Cette ligne qui suit le lit de la Columbia, a été construite conjointement par deux puissantes compagnies de chemin de fer, le Great Northern et le Northern Pacific. Elle contribuera puissamment au développement économique du Washington et de l’Orégon, vastes territoires destinés à devenir les greniers du Nouveau Monde.
- Un fruit employé comme lampe. — Sous les tropiques, dans les îles du Pacifique et dans certaines régions de l’Amérique du Sud, les naturels emploient, pour s’éclairer, la « noix-bougie » ou « noix-crème » appelée par les colons vêla nuez ou cream-nut, suivant qu’ils parlent espagnol ou anglais, et, par les indigènes de l’Amazone, sapukaïa. Il en existe deux variétés Les indigènes choisissent les spécimens les plus volumineux et s’en servent pour se nourrir et pour s’éclairer. Cette noix brûle sans odeur ni fumée, donne une lumière blanche assez belle et très stable et s’allume très facilement. Chose singulière, la nature y a ménagé, comme un tuyau d’aérage central, une perforation qui va d’une extrémité à l’autre et qui permet de planter la « bougie » sur tout objet pointu.
- Les diamants du Sud-Ouest africain allemand. —
- On fait quelque bruit en Allemagne au sujet des diamants du Damara qui ont été trouvés sur environ 3o km le long de la côte. On a émis à ce sujet l’hypothèse curieuse que des cheminées diamantifères analogues à celles de Kimberley pourraient se trouver sous l’Atlantique le long du rivage, et que les diamants, arrachés à leurs affleurements par les vagues, viendraient s’accumuler sur la plage.
- Les « earthscrapers » de New-York. — Après les gratte-ciels, les skyscrapers ou maisons géantes, qui ont jusqu’à quarante étages, voici, d’après la Revue scientifique, que l’on construit à New-York un earth-scraper ou gratte-terre, sous forme d’une maison qui aura six étages souterrains. Grâce à la ventilation et à l’éclairage électrique ils seront tous habitables. A Paris,
- certains immeubles ont trois étages souterrains comme ceux de l’éditeur Delagrave, rue Soufflot, du Crédit Lyonnais, etc.
- Le sucre en France (1907-1908). — La Direction des contributions indirectes présente le tableau récapitulatif de la campagne sucrière 1907-1908 (Journ. officiel ior octobre) des 260 fabriques françaises qui y ont pris part, avec leur production par département.
- Nombre de Nombre extrait
- fabriques. exprimé en sucre raffiné.
- Aisne . 62 180.322.202 kilogr
- Nord 54 g5.851.067 —
- Somme 42 ii5.594.745 —
- Pas-de-Calais . . . 3o 63.400.929 —
- Oise . . .... 72.762.241 —
- Seine-et-Marne. . . 11 38.105.799 —
- Seine-et-Oise. . . . 10 i5.o8o.3oi —
- Ardennes 4 12.116.905 —
- Autres départements 24 56.o45.3oi — 647.279.540 kilogr
- Dans la campagne précédente, 1906-1907, on comptait 277 fabriques avec 672.556.o3i kg comme production. Le volume des jus sucrés provenant des batteries de diffusion, soumis à la défécation, a été, en 1907-1908, de 64.717.668 hectolitres 68 litres, d’une densité moyenne de 5° 46, avec un rendement de 10 kg de sucre compté en raffiné par hectolitre de jus. Le poids des mélasses épuisées a été de 194.545.648 kg, soit o,55 kg par hectolitre de jus et par degré de densité. 4,985.699 kg de mélasse de sucreries ont été livrées aux agriculteurs pour l’alimentation du bétail et autres usages agricoles.
- L’eau a Paris. — Les chiffres suivants, extraits d un récent rapport, permettent d’apprécier les quantités d’eau consommée par les Parisiens. En 1895, la quantité d’eau de rivière distribuée dans Paris pour le service public et industriel a été, en moyenne, de 375000 mètres cubes par jour, avec un maximum de 435 000 mètres cubes, ce maximum dépassant la moyenne d’environ i5 pour 100. En 1907, la quantité des eaux de rivière consommée en moyenne par jour a été de 474 000 mètres cubes, soit 475 000 mètres cubes en chiffres ronds, dépassant de 100000 mètres cubes celle de 1895 ; l’augmentation, pendant cette période de douze années, a donc été d’environ 35oo mètres cubes par jour. La quantité maxima d’eau consommée en 1907 a été de 552000 mètres cubes, dépassant la moyenne d’environ i5 pour 100. L’auteur du rapport, M. Colmet-Daage, évalue à 5o 000 mètres cubes par jour le cube d’eau supplémentaire qui sera consommé à la suite du relèvement des eaux de rivière, soit pour le tout à l’égout dans les maisons, soit pour le service public et industriel. D’après les constatations faites dans les maisons, on évalue à 35 litres par jour et par habitant la consommation d’eau de rivière. Voici, d’ailleurs, la progression que suivrait la consommation d’eau de rivière par jour : 475000 mètres cubes en moyenne et 552 000 mètres cubes au maximum en 1907 : 567 5oo mètres cubes en moyenne et 653 000 au maximum en 1912 : 703 5oo mètres cubes en moyenne et 809000 au maximum en 1928.
- La décadence de la banane. — Les îles Canaries furent les premières à importer la banane en Europe sur une grande échelle. Jusqu’en ces dernières années, elles luttaient victorieusement contre la concurrence des Antilles et de la côte d’Afrique. Mais une maladie a éclaté dans leurs bananeries, et leurs exportations de bananes ont diminué dans des proportions alarmantes. Comme la banane tient maintenant une place importante dans l’alimentation des populations urbaines en Angleterre, le gouvernement britannique a cru devoir constituer une commission chargée de rechercher les causes de la dégénérescence de cette plante utile. Le rapport, déposé par la commission, nous apprend que les planteurs ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes de la crise qu’ils traversent. Violant un principe qui a fait ses preuves sous tous les climats, ils n’ont pas laissé le sol se reposer depuis de longues années, ni alterné les cultures. Confiant dans la richesse proverbiale de leur terroir, ils n’ont pas davantage recouru à l’assistance de l’engrais. Les plants appauvris ont été frappés d’une maladie appelée Cloesporium masarum, qui, de proche en proche, gagne toutes les plantations. Le rapport conclut en constatant que la maladie ne résiste pas à l’emploi systématique des engrais. ,
- p.2x26 - vue 458/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- Objets utiles
- Le stylographe de sûreté Waterman. — Depuis le jour où nous avons décrit en détail un des premiers porte-plume à réservoir, le « Fountain Pen », à un moment où la vogue de ces intéressants instruments était à peine naissante (Y. La Nature n° 1 ^74> ^5 juillet igo3), la faveur témoignée aux stylographes de tous genres par le grand public a pris d’extraordinaires proportions. Ce fut une petite révolution, dont le crayon, le crayon de poche aujourd hui si démodé, fut la victime.
- Nous avons mentionné déjà de nombreux systèmes de stylographes : c’est qu’en effet, pour répondre aux besoins d’une clientèle chaque jour élargie, il était nécessaire de modifier et perfectionner le système primitif, nous avons vu ainsi apparaître, à côté des porte-plumes de luxe, les porte-plumes à bon marché, accessibles aux bourses modestes, les porte-plumes à remplissage automatique, etc.
- L’ingénieux système que nous allons décrire aujourd’hui est plus particulièrement destiné aux dames ; nos lectrices liront donc avec intérêt les quelques lignes qui suivent.
- La plupart des porte-plumes à réservoir doivent se
- 1 2 3 .4 -5 6
- î. Le porte-plume fermé. — 2. La plume, la jonction T qui la porte, et la glissière G montée sur le fond mobile A du réservoir B. — 3. Coupe du réservoir B. — 4> Coupe du capuchon C. — 5. Coupe longitudinale; la plume P est au bout de sa course, le capuchon C est vissé à l’autre extrémité. On voit les rainures hélicoïdales du réservoir B guidant la cheville E. — (i. Le porte-plume prêt à écrire.
- porter avec quelques précautions ; lorsqu’on les tient dans la poche, pour empêcher l’encre de fuir, il est nécessaire de les maintenir dans la position verticale, le réservoir en bas. Sinon, on risque de voir apparaître sur ses vêtements des taches fort désagréables ; on munit donc les stylographes de bague qui se fixent à la poche, du gilet par exemple, et maintiennent l’appareil à sa position réglementaire.
- Mais les poches masculines seules se prêtent à ce rôle protecteur. •
- Le stylographe, si révolutionnaire fût-il, ne pouvait avoir la prétention d’imposer ses exigences à la mode féminine. Il a dû plier a.u contraire devant elle. Mais, il y avait là un problème assez délicat à résoudre, en raison du petit nombre d’organes qu’il est possible de mettre en jeu dans un objet de si faibles dimensions et qui doit rester malgré tout robuste. Yoici la solution de la « Waterman C° » .
- Le principe est le suivant : l’instrument est simple-
- ment une bouteille remplie d’encre, et à l’intérieur de laquelle se meut, par l’action d’une vis, le porte-plume proprement dit. Lorsqu’il est au bout de sa course, la plume toute prête à "fonctionner (fig. S et 6), le réservoir se trouve fermé par un dispositif que nous allons voir; l’encre ne peut s’écouler que par le petit orifice qui l’amène lentement à l’extrémité de la plume.
- Si, au contraire, vous vissez en arrière, la plume rentre dans le réservoir; celui-ci est alors ouvert, et il faut, à ce moment, se garder de l’incliner trop, de peur de répandre l’encre. Mais comme vous ne faites cette opération qu’au moment où vous avez fini d’écrire et que vous voulez remettre le porte-plume en poche, vous le fermez alors au moyen d’un capuchon qui assure une fermeture absolument hermétique. Pendant que l’on écrit, le capuchon est vissé à l’autre extrémité de l’appareil et sert précisément à manoeuvrer la plume, à la faire sortir de son logement ou y rentrer.
- Examinons un peu plus en détail l’instrument !
- La plume P est montée sur la jonction mobile T qui se déplace intérieurement dans une glissière G fixée au fond du réservoir et reliée par une tige solide à la base mobile du réservoir A dont les bords sont munis d’un pas de vis. La glissière G porte dans le sens de la longueur une fente ; une cheville E sert à guider la course de la jonction dans la glissière C. Les extrémités de cette cheville viennent en effet s’emboîter dans une rainure en spirale aménagée dans l’épaisseur de la paroi du réservoir B (fig. 3). On voit alors que si on donne à la base filetée A un mouvement de rotation, les extrémités de la cheville engagée dans les rainures de la spirale à l’intérieur du réservoir montent graduellement dans celui-ci et entraînent : et la jonction T et la plume P.
- On voit sur les figures 3 et 4 que l’extrémité de la jonction T est munie d’une portée; celle-ci, quand la plume est au bout de sa course, s’applique contre le rebord, quelque peu rétréci du réservoir, et assur*e de ce côté, une fermeture absolue. L’encre ne peut passer que par l’orifice qui la conduit goutte à goutte à la plume. Lorsque, au contraire, la plume est rentrée à l’intérieur du porte-glume, comme dans la figure 1, le fond du capuchon C vient forcer sur le bord du réservoir en se vissant sur celui-ci. La fermeture est alors absolument hermétique ; le porte-plume peut se secouer, se placer dans n’importe quelle position sans aucun risque.
- On pourrait craindre que'dans le mouvement de rentrée de la jonction, l’air emprisonné sous celle-ci à l’intérieur du réservoir ne produise des globules en s’échappant, mais en vue de les éviter complètement, le col de la jonction est muni de quatre larges rainures par lesquelles l’air peut immédiatement sortir dès que la jonction commence à s’abaisser.
- Signalons enfin le procédé employé pour assurer au porte-plume une grande douceur de fonctionnement. La tige qui sert à relier la base filetée du réservoir à la glissière G traverse la partie K à frottement doux. Au centre de cette partie une cavité a été ménagée ; elle est occupée par une bague de liège paraffiné comprimé que la tige traverse également. Cette bague est si bien emboîtée entre la paroi résistante du caoutchouc qu’il est impossible qu’elle se déforme. Le recouvrement est de ce fait si efficace qu’aucune parcelle de poussière ou d’encre ne pourrait jamais y pénétrer.
- Le remplissage du porte-plume est très simple. L’encre est introduite au moyen du compte-gouttes par le haut du réservoir jusqu’à 1 cm du bord environ.
- En résumé, porte-plume de dame, et aussi de sportsman. — Le stylographe de sûreté « Safety Pen Waterman » est vendu chez MM. Hardtmuth, 6, nie de Hanovre.
- A
- 'Electricité ^§îj
- La stérilisation électrique de l’air. — C’est un lieu commun que d’affirmer que l’air que nous respirons est infesté de microbes de toutes sortes, les uns
- p.2x27 - vue 459/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- inoffensifs, les autres dangereux. Sans vouloir pousser jusqu’à l’exagération la phobie du microbe, plus redoutable sans aucun doute que le micx'obe lui-mème, il est bon de pouvoir débarrasser, lorsque la nécessité l’exige, notre atmosphère de ses hôtes nuisibles. Le cas se présente pour les chambres de malade, les chambres dlhôpitaux, etc., il serait utile alors que la stérilisation fût continue. Les moyens chimiques que nous avons à notre disposition sont, fort énergiques, mais on ne peut les faire fonctionner que par intermittence. Il serait donc intéressant de réaliser un appareil, pouvant lors du besoin, fonctionner sans interruption, C’est ce qu’a tenté M. Sallé. Il a créé une sorte d’étuve électrique, où
- Fig. I. — Appareil de stérilisation électrique « Sallé »,
- Fig. 2.
- Coupe de l’appareil.
- A
- l’air impur est aspiré, et après avoir laissé ses poussières sur un lillre, vient passer entre les résistances électriques portées par le courant à hauj-e température : l’air s’y échauffe à une température suffisante pour détruire tout microbe.
- L’appareil consiste en une enveloppe tubulaire divisée en trois chambres ; la chambre médiane B de longueur convenable est munie extérieurement d?une prise de eourant reliée à des résistances * électriques logées à l’intérieur de la dite chambre : cette chambre médiane communique par un oritice d’une certaine dimension réglable avec la chambre inférieure A, qui forme compartiment d’appel d’air. Au-dessus de celte chambre de chauffe est une chambre de filtration et de mélange C.
- Un tel appareil stérilise, d’après ses inventeurs, en a heures, l’air d’une pièce de ioo m3 de capacité avec courant de 10 ampères à iio volts. L’appareil est mobile et se transporte aisément d’une pièce à 1 autre. — S’adresser à MM. Sarazin et Rebut, 7, rue de la Boétie, à Paris.
- ctg'SvS. JoUCtS ^e,§ÿ>
- Groupe électrogène jouet. — Jusqu’ici les petites machines à vapeur, qui fonctionnent très bien avec une lampe à alcool, ne produisaient d autre travail utile que de faire tourner quelques modèles d outillage : tours, geies, perceuses tout à fait inutilisables; en somme, le moteur tournait en pure perte et la dépense en alcool ne pouvait trouver aucune autre compensation que l’amu-$ement produit par tous ses minuscules outils en mouvement. Aujourd hui cin est arrivé à construire de petites machines magnéto-électriques qui, attelées à une de ces petites machines à vapeur chauffées à l’alcool, produisent un courant suffisant pour allumer une lampe à incandescence de une ou deux bougies. Le petit mécanicien produit donc un travail vraiment utile puisqu il en résulte une lumière suffisante pour éclairer une pièce assez grande. C’est là le vrai jouet scientifique avec lequel on peut faire une foule de démonstrations, s’exercer à toutes sortes de calculs, à commencer par celui qui çousistera à déterminer le prix de revient par bougie et par heure de la lumière obtenue. La magnéto M est montée sur un chariot, et au moyen d’une vis D ou peut.
- l’embrayer ou la débrayer; l’engrenage E, qui se trouve sur l’arbre du volant, peut servir également à faire fonctionner d’autres machines, mais celles-là non utili-
- sables. La lampe L est montée sur le bâti même du groupe électrogène, mais on peut brancher une canalisation sur des bornes qui servent de prise de courant.
- - On trouve ces groupes électrogènes depuis le prix de 33 francs dans les magasins de jouets.
- Chariot à bicyclettes. — Depuis quelques années, le transport des bicyclettes enregistrées comme bagages dans toutes les Compagnies de chemins de fer, a pris beaucoup d’extension. Le Touring-Club, dont l’initiative a tant fait pour les excursionnistes, s’est également occupé de la question, mais plus spécialement, peut-être, de l’arrimage des bicyclettes dans les fourgons.
- Or, avant d’être placés dans les fourgons, il faut conduire les vélos rapidement et sans avaries, des guichets d’enregistrement aux trains en partance: la statistique nous dira qu’à la gare Saint-Lazare, les dimanches d’été et jours de fêtes, si le temps est beau, p!us d’un millier de bicyclettes sont présentées aux bagages, pour les départs de 7 heures à 10 heures du matin.
- Le Parisien a une tendance de plus en plus marquée à prendre le train, afin d’échapper à la zoue dangereuse qui encercle Paris et aux voies pavées de banlieue où la circulation est difficile, un trajet de 3o' à 4^ lui permet de gagner les routes larges et. les senliers où il pourra pédaler à l’aise.
- Pour répondre au travail qu’exige ce flot de bicyclettes, les Compagnies de chemins de fer embauchent un personnel supplémentaire peu au courant des multiples détails qui forment la vie d’une gare : 1 auxiliaire est exposé à pri ndre un train pour un autre .. et les
- Chariot à bicyclettes.
- bicyclistes à l’arrivée n’auront pas leur monture d’acier.
- Pour remédier à ces inconvénients et diminuer le coût de cette main-d’œuvre, tout en accélérant le service, M. Albert Mercier, employé à la Compagnie de l’Ouest, a imaginé un chariot spécial facile à manier, à marche avant et arrière, pouvant transporter 10 à i4 bicyclettes, suspendues par des crochets. Les machines ont un léger jeu latéral, ce qui les empêche de s’enchevêtrer les unes dans les autres.
- Si l’appareil est indispensable dans les grandes gares (tant aux services du départ que de l’arrivée) il est également utile aux casinos et grands hôtels des stations balnéaires et estivales, et nous lui serons tous reconnaissants d’épargner à nos machines les avatars trop fréquents en voyage qui les rendent indisponibles, au moment où elles nous sont le plus nécessaires. — L’inventeur de ce chariot est M. Albert Mercier, ao3, rue Belliard. S’adresser à lui pour tous renseignements complémentaires.
- p.2x28 - vue 460/647
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Un traitement de l’obésité. — Il est toujours fâcheux d’être alHigé d’un excès d’embonpoint ; cela nuit à l’ac-jivité du corps, au bon état de santé. Un homme gras perd de son énergie, de sa vigueur, et se trouve, au point de vue intellectuel et physique, inférieur à un de ses semblables d’un poids normal pour sa taille. Quand le développement de l’epibonpoint prend des proportions considérables, quand il y a obésité véritable, c’est une maladie qu’il faut à tout prix combattre.
- Le traitement de l’obésité doit varier suivant les formes cliniques de la maladie. Aussi un obèse ne doit-il jamais de son plein gré se mettre à l’unisson du régime cl de la thérapeutique médicamenteuse de son confrère en poids lourd. Il faut savoir d’abord s’ils ont la même forme d’obésité. Cette remarque est nécessaire quand ou indique un traitement quelconque. Sachez d’abord, avant de l’entreprendre, s’il doit vous convenir et prenez à cet égard l’avis de votre médecin.
- Ceci dit, il me paraît utile de signaler les bons résultats obtenus par le Dr Moritz par le régime lacté exclusif. Notez que bien des malades obèses ont été soumis à des régimes dont le lait constituait la partie principale; d’aucuns ont exigé le lait à l’exclusion de tout autre aliment. Moritz érige cette prescription en loi. 11 trouve à la diète lactée l'avantage de sa simplicité, de sa facilité à appliquer en tout lieu, à domicile comme en voyage, de la suppression qu’elle apporte au malade de toute sensation de soif ou de faim, enfin de l’apport du nombre de calories suffisant pour la nutrition.
- Le poids normal du sujet est calculé d’une façon ap-
- proximative d’après l’estimation suivante. En défalquant 100 centimètres de la taille, le chiffre restant donne le poids en kilogrammes. Ainsi un homme ayant une taille de 1,70 m., devra peser 70 kg. Le nombre de calories nécessaires pour la nutrition normale, en état de santé, étant d’environ 2S00 correspondrait à peu près à 35 calories par kilogramme. Or ce nombre doit être abaissé le plus possible; Moritz le descend à 16 ou 17, en ne donnant par exemple que deux l.tres de lait qui représentent à raison de 65o calories par litre, environ i3oo calories. Le chiffre alimentaire est, comme on le voit, très abaissé; aussi ne doit-on pas suivre ce traitement à la légère, car pour beaucoup de malades, deux litres de lait ne constitueraient pas une alimentation suffisante, même en tenant compte de la nécessité de la réduire au minimum.
- Quoi qu’il en soit, les résultats sont là pour montrer que, dans certains cas. la diète lactée suffit seule pour réduire considérablement 1 envahissement graisseux. Chez un de ses malades, mesurant 173 cm, et pesant 133 kg 1/2 (l’écart est donc, d’après ses données, de 60 kg en ti'op), l’alimentation avec deux litres de bon lait par jour amena en moins de trois mois (81 jours), une diminution de 21 kg. Pendant tout ce temps, le malade put vaquer à ses occupations très absorbantes et même pénibles.
- D’autres régimes donnent assurément des résultats aussi décisifs ; l’avantage de la diète lactée, quand elle pourra être appliquée sans restriction, est sa simplicité.
- Dr A. C
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Imperméabilisation à l’air des bouchons. — On
- commence par préparer une solution de i5 parties de bonne gélatine dans 5oo p. d’eau, et l’on ajoute ensuite 24 parties de glycérine. Le liquide doit être à une température de quelque 45° C quand on y met à tremper les bouchons. On les y laisse baigner durant plusieurs heures et on les fait sécher.
- Nsttoyage des bouchons usagés. — On les enferme dans un récipient disposé de telle manière qu’on peut placer sur les bouchons une plaque perforée qui les empêchera de surnager; il faut, eu effet, qu’ils baignent complètement dans le liquide dont on remplira le récipient de façon à recouvrir, et au delà, cette plaque. Ce liquide sera de l’eau bouillante à laquelle on aura ajouté un vingtième d acide sulfurique. On laisse agir sur les bouchons durant uu quart d’heure à 20 minutes, puis on jette le liquide et on verse de l’eau pure dans le récipient. On jette également cette eau, et l’on renouvelle le traitement avec de l’eau toujours bouillaute, mais pure celle fois. Uu troisième traitement sera fait à l’aide d’une solution de 0.1 5 parties d’alun dans 85oo p. d’eau, et il suffira d’y laisser baigner les bouchons une demi-heure. Ou les retirera et on les exposera au soleil pendant 2 à 3 jours. Il faudra avoir bien soin de les rentrer là nuit.
- Le pli des pantalons. — Pour rendre aux pantalons le pli qui fait leur élégance, les retourner d'abord,Mes humecter d’eau de façon à imbiber lout le drap; puis s cher en appliquant lentement un fer chaud qui fera renaître le pli.
- Enduit protecteur pour le bois. — Fondre ensemble les corps suivants dans les proportions de : résine, 3o gr. ; huile de lin, q gr-'• craie, 40 gr. ; oxyde de cuivre, 1 gr. Appliquer à chaud sur le bois le mastic ainsi formé.
- Colle pour courroies. — On prépare cette colle, qui est. plutôt un ciment, au moyen de *>5o parties de colle de doreur, de 60 p. seulement de colle de poisson, puis de la même quantité de gomme arabique bien pulvérisée; on fait bouillir dans de l’eau jusqu’à obtenir une solution de consistance bien uniforme. On additionne alors de
- 5 p. de térébenthine de Venise, de 6 p. d’huile de térébenthine et de 10 parties d’alcool.
- L’enlèvement des taches de vioforme sur le linge.
- — D’après ce procédé cité dans le Journal de pharmacie et de chimie, on enlève facilement, sans endommager le tissu, les taches rouge-brun produites par le vioforme (oxyquinoléiue chloroiodée, proposée pour remplacer l’iodof’orme) sur le linge. On le laisse tremper tout d’abord, durant deux heures, dans une cuve en bois ou en terre renfermant une solution d acide acétique à 2 pour 100, puis, on rince avec de l’eau, à plusieurs reprises, et on le tord soigneusement. On l’immerge encore humide dans une solution d'hyposulfite de sodium à 2 pour 100, jusqu’à ce que les taches soient devenues jaune vert; on rince à nouveau et on fait finalement bouillir pendant 10 minutes dans une lessive savonneuse ordinaire.
- Le nickelage. —- C’est une opération galvanoplas-tique délicate et dont la théorie est encore fort discutée. Il est intéressant, par suite, de noter les conclusions des recherches systématiques faites sur ce sujet par MM. Kern et Fabian, recherches exposées dans VElectro-Chemical and E lectrometallurgical Industry. L’électrolyte le plus souvent employé est une solution de sulfate double de nickel et d ammonium S04NLS04(AzlI4)2.6H20 qui peut être neutre ou légèrement acidifiée par l’addition d’acides faibles comme les acides borique, benzoïque, acétique, tannique, tartrique et citrique ou de phosphates acides; il peut aussi renfermer des sels des métaux alcalins de ces acides Les acides ainsi introduits ont pour effet de dissoudre les sels basiques de nickel qui ont tendance à se former à l’anode par suite de son oxydation Ces acides sont donc utiles, mais il faut éviter avec soin leur exvès qui produirait un dégagement d’hydrogène à la cathode, ce qui rendrait le dépôt non adhérent et même spongieux. Dans ce cas, si la densité de courant est élevée, il se forme un hydrure de nickel'dont la présence se manifeste par la tendance au feuilletage, au soxilèvement et à l’enroulement sur elle même de la lame déposée.
- L’acide borique est le corps le plus employé pour
- p.2x29 - vue 461/647
-
-
-
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- l’acidification; il conserve à l’électrolyte sa limpidité, mais de plus c’est lui qui assure le dépôt le plus uui et le moins fragile; la quantité employée varie de i,5 gr. à 3 gr. par roo cm3 de solution. L’addition de chlorure de sodium à l’électrolyte de sulfate double à raison de 5 à xo gr. par ioo cm3; réduit la force électromotrice nécessaire au dépôt, l'end celui-ci plus adhérent, plus tenace, et pi'ovoque une dissolution plus régulière de l’anode. Les anodes de nickel pur se dissolvent moins aisément que celles qui l'enferment des impuretés telles que le fer, le cuivre ou l’étain, à moins que l’électrolyte ne contienne des chlorures. Des anodes en feuilles se dissolvent moins bien que les anodes fondues, et exigent une force électromotrice plus élevée.
- Les conditions les plus favorables pour le nickelage sont, en dehors de celles qu’exigent tous les bons dépôts galvaniques : une très faible acidité, un électrolyte exempt de gaz libres, une température comprise entre 40 et 65 degrés centigrades, une densité de courant constante, une faible tension et un électrolyte aussi riche que possible en nickel.
- Sirop de banane. — On coupe les bananes en branches, on les place dans un récipient, on les saupoudre de sucre, on ferme le vase qu’on entoure de paille et on le met dans l’eau froide ; on fait chauffer celle-ci jusqu’au point d’ébullition; on retire, on laisse refroidir et oix met le sirop en bouteilles.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés . par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai dé dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- nautocyclette a été inventée par M. F. Louis, 10, passage Daunay, avenue de Saint-Ouen, Paris.
- Renseignements. — M. Nicod, Tour de Peilz. — Petits groupes électrogènes : de Dion-Bouton, à Puteaux; Radiguet-Massiot, boulevard des Filles-du-Cal-vaire à Paris ; F. Robin, 6, rue Haxo, à Paris.
- M. Perrodin, à Lyon. — Machines à faire de la photographie, Caîmels, i5o, boulevard Montparnasse; A. Foucher, 62, boulevard Jourdan; Hachée, 122, faubourg Saint-Martin.
- M. Ferreiro Pinto Basto, à Aveiro (Portugal). — Nous n’avons trouvé, malgré nos recherches, aucun procédé l'épondànt au but que vous poursuivez.
- M. E. Marion, à Genmilly. — Nous ne voyons pas de solution certaine au problème posé à pi’opos du chien qui n’aime pas la musique : peut-être pourriez-vous vous inspirer des procédés décrits ici même dans l’article sur La musique et les chiens (n° i85i, 14 novembre 1908, p. 378). Le principe du procédé à tenter serait le suivant : associer pour le chien une sensation agréable à celle de la musique, qui lui est désagréable; pour cela vous pourriez lui donner une nourriture qui lui plaise en même temps que vous joueriez de la musique. Il se formerait peut-être entre les deux sensations, gustative et musicale, une association dont le cai’actère agréable subsisterait api'ès rupture du couple, c’est-à-dire dans le cas de l’audition isolée. C’est à tenter, mais nous ne saurions rien garantir. Toutefois, si vous faites l’expérience, nous sei’ions heureux d’être tenus au courant de sa marche et de ses résultats, car il y aurait peut-être là une observation intéressante.
- M. L. Coudray, à Mézières. — Vous trouverez les formules que vous cherchez dans les Recettes et Procédés utiles, de G. Tissandier (ira série), chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Prix : 2fr,25.
- M. F. de Vaux, à Paris. — Alimentation des vieillards : vous trouverez le sujet traité implicitement dans notre article Ration alimentaire du Parisien (n° 1711, 10 mars 1906, Suppl.), et pour plus de détails vous pouvez consulter : Dr Landouzy, L’alimentation rationnelle, Masson, 2 îr. Quant à un travail spécial sur le sujet, nous n’en connaissons pas, sauf un remarquable article du D' Landouzy dans la Presse médicale du 16 janvier 1907 (0,10 fr.) fait surtout au point de vue de l’hygiène sociale, mais néanmoins plein d’indications pratiques. Nous signalons d’ailleurs la question à notre collaborateur médical, qui la traitera si possible.
- M. Serhesco, à Galatz. — Nous croyons comprendre que vous désirez une lampe portative à acétylène. Les appareils de ce type sont nombreux, mais aucun de ceux que nous connaissons, ne nous paraît réellement utilisable pour un éclairage d’intérieur continu. Vous pouvez vous adresser pour plus de renseignements à MM. Liotard,, 22, rue de Lorraine, à Paris ; Besnard,
- 60, boulevard Beaumarchais, Boas Rodrigues et Ci0, 67, boulevard de Gharonne, à Paris. — Les deux seuls chlorures de soufre bien définis sont d’après Ruff et Fischer SCI4 et S2C12. Il n’a encore été publié aucune étude sciexxtifique sur la vulcanisation.
- M. Videcaq, à Paris. — Nous ne connaissons pas personnellement de peintres sur tissus, mais vous trouverez plusieurs adresses au- Bottin de Pai’is, à l’article Peintres sur étoffes.
- M. C. Marchai, à Huelva. Le procédé d’enseignement de la natation que vous signalez est connu : vous trouverez sans doute le matériel nécessaire à la maison Williams, 3, rue Caumartin, Paris.
- M. N. W., à Porrentruy. — Pour les épingles, vous pommez vous adresser à MM. Kirby Beard et C°, 5, rue Auber, Paris. — Objets d’art en étain : Blot, 84, rue des Archives, Paris. Villiers, 78, rue des Archives, Paris. Ettlinger, 9, rue Saint-Anastase, Paris. — La gomme Eléphant est fabriquée par la maison Hardtmuth, 6, rue de Hanovre, Paris.
- M. Maiar, à Beyrouth. — Vous consulterez utilement le Traité de métallurgie du fer de A. Ledebur, chez Béranger, 15, rue des Saints-Pères, Pai'is. Prix : 5o francs.
- M. Barbier, à Versailles. — Vous trouverez, croyons-nous, tous renseignements sur le calorifère que vous nous signalez, chez M. Gandillot, 148, boulevard Pereire.
- M. O. Ilan, à Jassy, — Vous trouverez des renseigne-ments sur le marbre artificiel, dans l’ouvrage : Pierres et matériaux artificiels de construction (Encyclopédie scientifique du D1 Toulouse), chez O. Doin, 8, place de l’Odéon, Pai'is. Prix : 5 francs.
- M. V. R., à Varennes. — Il existe des spécialistes qui font couramment le travail de « ravivage » des tapisseries, par exemple la maison Benazet Bailby, 12, rue Notre-Dame des Champs, Paris. Essayer de faire soi-même l’opération ne sei’ait ni avantageux ni prudent.
- M. II. Jequier, à Carthagène. — i° Cerfs-volants, voyez l’ouvrage de Lecornu, librairie Vuibert et Nony, 49, boulevard Saint-Germain, Paris. — 20 Monnaies romaines : vous trouverez des ouvrages chez Laurens, 6, rue de Tournon, Paris.
- Photo Revista, à Porto. — Nous n’avons pour l’instant, sur les expériences de radioactivité humaine faites par M. Darut, d’autres renseignements que ceux contenus dans sa note à l’Académie des Sciences résumée dans notre numéro du 5 décembre 1908.
- M. D., à Sens. —- Vous trouverez de petits engrenages de toute sorte chez Japy frères, Beaucourt (territoire de Belfort); Moinet, 4> rue des Haudriettes, Paris; Picard, x31, boulevard de Sébastopol, Paris.
- M. Zegipo, à Saint-Mihiel. — Pour le nettoyage par le vide, veuillez vous adresser à la Société Vacuum Cleaner, n, rue Saint-Florentin, ou à la Société Soterke-nos, 80, rue Taitbout.
- M. de Vaulserre, à Pai’is. — Moteurs à vapeur de faible puissance. Barbier, Bénard et Turenne, 82, rue Curial, Pai’is.
- Accusés de réception. — M. E. du Vivier de S., h. Pqris. — Tous nos remerciements pour les renseignements relatifs à la banane. Nous ne manquerons pas de les utiliser s’il y a lieu de revenir sur la question.
- p.2x30 - vue 462/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- ] ;i construction dos aéroplanes : Jacques Boyer. — La Lune et sa formation : G. Hamclin. — Les coffres-forts : R. Villers. — jj(l batellerie aux Indes : V. Forbin. — Académie des sciences; séance du 14 décembre 1908 : Ch. de Villedeuil. — La tente-Ponclio : Jacques d’Izier.
- Supplément. — Le huitième satellite de Jupiter. — Une nouvelle source do lumière. — Préparation de l’argon de l’air au moyen ja carbure de calcium. — Sur les explosions et sur les constructions où se font les travaux explosifs. —La récolte du Midi. — pos vins de Champagne. — Les distributions du froid. — Abaissement des frais au Transvaal, etc. — Sur un procédé de forçage du raisin. — Un moyen simple et pratique pour reconnaître la nature d’un courant électrique.
- ies microbes, par le Dr P. G. Charpentier. In-40, 355 pages, 276 fig., 1 pl. en couleur. Paris. Yuibert et Nony. 1909. Prix : 10 francs.
- Voici un excellent livre s’il en fût. Les savants les plus spécialistes le déclarent, et les gens du monde y trouveront la très claire et très documentée exposition d’un des plus graves sujets qui existent. Parfaitement au courant des plus récentes recherches de toutes sortes, M. Charpentier a condensé sous une forme accessible à tous les lecteurs, même les moins préparés, et avec la plus persuasive illustration, tout ce qui concerne : les microbes, leur naissance et leur vie dans le sol, l’eau, l’air, leurs bienfaits pour l’agriculture et l’industrie, leurs méfaits pour la santé publique ; les eaux potables, l’épuration des eaux d’égout ; la fermentation ; les maladies microbiennes (charbon, diphtérie, typhoïde, tuberculose, peste, choléra, rage, fièvre jaune, paludisme, maladie du sommeil, maladies des vers à soie). C’est un de ces ouvrages qui font progresser l’humanité en lui apprenant à se défendre contre ses ennemis»
- la l’élégrapkie sans fil et la Télémécanique à la portée de tout le monde, par E. Monier, ingénieur des arts et manufactures. Préface du D1' E. Branly, 4° édition, mise à jour. In~i6 de vin-178 pages, avec 22 figures. H. Dunod et E. Pinat. Prix :2 francs.
- Dans cette 4° édition, d’un livre qui a eu un succès mérité par sa clarté, l’auteur rend compte des dernières découvertes de la télégraphie, et principalement des progrès de la syntonisation, question de la plus grande importance, puisqu’elle assure le secret des dépêches tout en augmentant leur portée. Il expose les conditions de réalisation de l’arc chantant, de la télé-photographie et de la télédivision.
- Les flottes de combat en 1909, par le commandant de Balincourt, capitaine de frégate. Paris 1908. Berger-Levrault. 1 vol. in-16, 757 p. 8e édition, avec 357 figures schématiques de bâtiments. Prix : relié, 5 francs.
- Dans ce volume, l’auteur expose suivant sa méthode habituelle l’état présent des flottes suivantes : Allemagne, Angleterre, République Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Danemark, Espagne, États-Unis, France, Grèce, Hollande, Italie, Japon, Mexique, Norvège, Portugal, Roumanie, Russie, Siam, Suède, Turquie.
- \bistillerie agricole et industrielle, alcools, eau-de-vie de fruits et rhums, par E. Boulanger, chef de laboratoire à l’Institut Pasteur de Lille. Paris. J.-B. Baillière 1908. 1 vol, in-18 5oo p. Broché : 5 fr. Cartonné : 6 fr.
- L’industrie de la distillerie prend une importance sans cesse croissante pour les agriculteurs, puisque les principales matières utilisées pour la fabrication des alcools sont la betterave et la mélasse de betterave, les substances farineuses, telles que le maïs, l’orge, le seigle, le riz et le manioc, l’avoine et la pomme de terre. Aussi, le livre de M. Boulanger avait-il sa place marquée dans VEncyclopédie agricole. Après, quelques pages de notions géné-
- rales sur l’alcool et l’alcoométrie, l’auteur étudie les matières premières de la distillerie : matières sucrées telles que la betterave, la mélasse, les fruits et miels, et matières amylacées, telles que les grains et les pommes de terre. Viennent ensuite la préparation et la fermentation des moûts; pour chacune de ces matières, les méthodes de traitement les plus nouvelles sont exposées en détail. Puis la distillation, la rectification et l’épuration de l’alcool, et enfin une étude sur le contrôle du travail, le rendement en alcool et les résidus de la distillerie.
- Dentelle et guipure. — Imitations ou contrefaçons. Variétés des genres et des points, par Auguste Lefébure.
- 1 vol. in-8°, chez Flammarion. Prix : 3fr,5o.
- Ce volume, illustré avec prodigalité, intéressera vivement tous ceux qui peuvent désirer connaître l’histoire de la dentelle, qui veulent en distinguer les divers genres ou savoir le mode de fabrication. Il aura notamment le plus grand succès auprès de toutes ses lectrices.
- La philosophie moderne, par Abel Rey, professeur agrégé de philosophie. Paris. E. Flammarion. 1908.
- 1 vol. in-18. Prix : 3fr,5o. [Bibliothèque de philosophie scientifique, dirigée par le Dr Gustave Le Bon).
- Selon M. Abel Rey, la philosophie moderne s’oriente de plus en plus vers un réalisme positif, ceci dans deux directions opposées : le rationalisme scientifique d’une part et ce que l’on a appelé le pragmatisme. C’est à exposer brièvement ces deux points de vue et la façon dont ils croient renouveler les questions philosophiques qu’est consacré ce très intéressant ouvrage.
- L’origine de la vie, par J.-M. Pargame. Paris. Schleicher.
- 1 vol. in-8, 69 figures. Prix : ifr,5o (Encyclopédie d'enseignement populaire supérieur).
- Le titre du livre est de ceux qui font hésiter ; on craint un voyage en pleine fantaisie théorique. Par bonheur, l’auteur dément cette crainte. En fait son travail est un résumé, souvent très bien fait, très succinct et très complet, des notions positives acquises aujourd’hui sur la cellule vivante, envisagée dans sa morphologie et dans sa physiologie. Le chapitre qui termine l’exposé résume clairement la longue discussion relative à la génération spontanée, qui s’est terminée comme on sait avec Pasteur. L’auteur montre d’ailleurs fort bien que la ruine définitive de la théorie de la génération spontanée n’implique nullement pour l’avenir l’impossibilité d’obtenir du protoplasme, c’est-à-dire de la matière vivante, par voie.de synthèse. Sont ensuite exposées et discutées avec soin et objectivité les diverses théories relatives à l’origine de la vie.
- Les hallucinations télépathiques, par N. Vaschide. Le spiritisme dans ses rapports avec la folie, par le. Dr M. Viollet. L’audition morbide, parle Dr A. Marie. Les préjugés sur la folie, par la princesse Lubomirska. La pathologie de l’attention, par N. Vaschide et R. Meunier. Les synesthésies, par H. Laures. Paris. Bloud et Cie. 1908. 5 vol. in-16. Prix : ifr, 5o.
- Les fondateurs de cette Bibliothèque de psychologie expérimentale et de métapsychie avertissent dans une introduction qu’ils prennent ce mot assez étrange de métapsychie dans le sens indiqué par M. Richet en 1906, comme un « terme générique pour définir l’ensemble des phénomènes sur lesquels les sciences psychologiques n’ont point encore fourni de résultats concluants ». C’est en somme la même attitude, saine et prudente, que celle de M. Grasset : elle consiste à ne rien préjuger des phénomènes étudiés, mais seulement à constater qu’ils sont jusqu’ici « en marge de la psychologie », ou ils rentreront sans doute un jour.
- Annuaire du Bureau des longitudes, pour 1909. 1 vol. in-16 de plus de 950 p. avec fig. et planches. Chez Gauthier-Villars, Paris. Prix : ifr,5o.
- p.2x31 - vue 463/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE |
- Comme chaque année, cet annuaire est une mine de renseignements utiles. Suivant l'alternance adoptée, ce volume de millésime pair contient outre les données astronomiques, des tableaux relatifs à la métrologie, à la géographie, aux monnaies, à la statistique et à la météorologie. Signalons tout particulièrement les intéressantes notices de M. Bigourdan sur les. étoiles.. va-:; riables, de M. Ch. Lallemand sur les mouvements et déformations de la croûte terrestre.
- Pisanello et les Médailleurs italiens, par Jean de Foville. Pai'is. H.- Laurens. i vol. 24 planches hors
- texte. Prix : broché, ar‘,5o; relié, 3fr,5o (Collectû des Grands artistes).
- Brillante et savante étude, par Pisanello et sur 1( premiers médailleurs italiens, héritiers de son ai Les planches reproduisent, en plus des fresque tableaux et dessins, 80 médailles.
- Smithsonian Institution (Unit. St. Nat. Muséum) : pa,,;( lions and Genetic relation-ships of the Battle-snake par A.-G. Rutiiven. 202 p. — Contributions from u U. S. N. Herbarium Vol. XII pt 1, 2, 3. 160 p. \yai hington, 1908.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude îom,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE ' DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES
- Lundi 14 doc. îyüîs . lüu u S. 5. Couvert. 1,9
- Mardi 13. 1 su . ,S. S. W. 2. Couvert. »
- Mercredi 16 7°. l . E. S. E. 0. Couvert. 0,6
- Jeudi 17 5° 9 ’ S. 2. ' Couvert. 1,8
- Vendredi 18. ... . . 3°.ü S. S. W. 2. Beau. »
- Samedi 19 2°.6 S. S. W. 1. Couvert. 5,2
- Dimanche 2<b ..... 5° 9 Galme. Couvert. ».
- OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Couvert; goutte?- entre 15 et 17 b.; pluie'de 21 li. 3Ù à 21 h.
- Couvert.le ni.; puis.nuageux ; beau après 16 b l’luie de 2 à 4 ii.; couv. le 111.; puis.nuageux: beau après 10 h Gel. bi.; pl. de 12 b. 25 à 1 1 h.; averses cuire-19 b. 45 et 21 h, 39 Celée bl.; brouillard dans la soirée ; très nuageux..
- Gelée bl.; pluie fine de 12 h. 30 à 19 h. 45; couvert.
- Eclaircies.
- DECEMBRE 1908. — SEMAINE DU LUNDI 14 AU DI 'ANCHE 20 D'rCcMRRE 1908.
- Lundi
- Mardi . ( Mercredi | Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions. barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri t boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 14 au ao décembre. — le i4> Depr. ssiou sur le N.-O. jusqu’au S. de l’Europe; maximum sur l’Irlande : Valentia. 740; anticyclone sur le Ceulre et 1 Ë. : Char-kow. 776. Pluies sur la moitié N.-O. de l’Europe; en France : Calais, 7 mm; Le Havre, Brest. 6; Paris, 2: Nancy, Bordeaux, 1. Température du matin : Charkow, — 4° ; Paris, 10; Biarritz, 16; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —4; moyenne à Paris : io° (normale : 20,7). — Le i5. Centre de dépression persistant sur les Iles-Britanniques : Ecosse, Irlande, 738; fortes pressions sur l’E. : Moscou, 776. Pluies sur l’O. et le N.; en France : mont Aigoual, 68: Port Vendres, 36; Cette, 28; Marseille, 8: Belfort, 6; Nantes, Paris, 2. Temp. du matin : Charkow, —io°; Paris. 8: Alger, 14; Puy de Dôme, 2: Pic du Midi —6; moyenne à Paris : 8°,2 (normale : 2°,5). — Le 16. Zone de basse pression sur le N. et l’O. : Bodoe, Iles Feroé, 743; Nord de l’Espagne, 7Ôo: anticyclone sur la Russie : Charkow. 777. Pluies sur le N. et 10.; en France : mont Aigoual, 4L Celle, 4°: Nice, 15; Besançon, 14:' Nantes, Paris, 1. Temp. du matin : Moscou, —r4; Paris, 7; Malte, 16; Puy de Dôme, 1: Pic du Midi, -—2; moyenne à Paris : 7°.7 monnaie : 2°,6). — Le 17. Nouvelle dépression au N.-O. des Iles-Britanniques : Ecosse, 727 : S. de l'Irlande, 762: Bretagne, j5o: minimum secondaire sur la Méditerranée occidentale (Ajaccio, 754': pression élevée au S. de la Russie : Charkow, 777. Pluies sur l’O. et le
- S. de la France : Celte, 8; Nice 7; Port Vendres, Bio ritz, 6; Le Havre, 4* Temp. du matin : Moscou, — iot Paris, 6; Alger, i4: Puy de Dôme, o ; Pic du Midi — ça moyenne à Paris : 70.2 (normale • 2°,5). —- f.e 18. Haiis|| sur le N. et l’O. de l’Europe : Irlande, 758: Gascogna 751 ; centre de,dépression près de l’Ecosse : Stornowail 742; fortes pressions, sur l’E. : Charkow, 777. Plaiffl sur l’O. et le S. ; en France : Cherbourg, 23 ; Biarritz! 19: Limoges, i3: Lyon, 5: .Paris, 2. Témp. du matin* Charkow. — 90 ; Paris, 3 ; Alger, 16: Puy de Dôme, —JJ Pic du Midi, 1 1 ; moyenne à Paris :_4°,8 (normale : 20,î — Le 19, Hausse accentuée sur l’O. : pression su p rieure à 762 sur la France, à 770 sur la péninsule Ib rique; S. de la Rdssie, 778. Pluies sur l’O. ; en France Bordeaux, 5; Gap, 4: Biarritz, 3; Brest, Besançon, neige abondante sur les sommets pyrénéens. Temp. < matin : Charkow, — 16 ; Paris, 3; Biarrilz, 11; Puy < Dôme, —3; Pic du Midi, — 10; moyenne à Paris 4° (normale : 2°;4L — -Le 20. Fortes pressions du S. 0. l’E. : péninsule Ibérique, 772 ; E. de, la Russie, 77 dépression dans les parages dé l’Ecosse; Slornowa
- 753. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Clermont, 1 Biarritz, 9; Le Hayre, 7; Brest, Paris, Besançon, Temp. du matin : Charkow, —18:. Paris, 4•' Biarrif r3 ; Puy de Dôme, L-2 ; Pic du Midi, —3 ; moyenne Paris : 20.9 (normale' : 20 4)- •— Phases de la Lune üèrnier Quartier le x5,à 9 h.'22 m. du soir.
- p.2x32 - vue 464/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- * *
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. f»-. La reproduction des artic'es non illustrés est soumise a l’obligation de l’indication d’origine.
- N” 1858 — 2 JANVIER 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Souscription internationale pour l’érection d’un monument à E. J. Marey, à l’Institut Marey (parc des Princes, à Paris). — L’initiative de cette souscription a été; prise par l’Association internationale de l’In-/ stilut Marey qui, à l’étranger, a déjà recueilli un g/and nombre d adhésions. En France, un Comité de patrpnkge s’est formé sous la présidence d’honneur de M. le ministre de l’Instruction publique et la présidence effective de M. Chauveau, membre de l’Institut, pour faire appel aux anciens amis, élèves et admirateurs de Marey, et réunir lps souscriptions destinées à assurer au savant disparu un témoignage d’estime et de reconnaissance digne de,ses travaux qui ont illustré la science française. Les souscriptions pourront être adressées à M. Car-vallo, à l’Institut Marey (parc des Princes, à Boulogne-sur-Seine) ou à la librairie Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Une mâchoire humaine du quaternaire inférieur.
- — On vient de découvrir près d’Heidelberg, dans une sablière renfermant la faune de YElephas antiquus
- — antérieure par conséquent à celle du Mammouth et à celle de toutes les faunes quaternaires dès cavernes — une mâchoire à dents humaines et à caractères archaïques plus anciens même que ceux de Krapina, Neanderthal, la Chapelle-aux-Saints (Corrèze); ses dimensions excèdent celles dés plus forts maxillaires humains connus; les apophyses ! Ont une saillie excessive; le menton fait complètement défaut. Le gisement, sous i5 m. de sable et d’argile en place, paraît indiscutable. Plus que tout autre, ce reste humain semble présenter des analogies simiesques. (Communiqué par M. E. Van den Broeck.)
- Un bistouri électrique. — On lit dans Y Electrical World : « Une maison berlinoise d’instruments de chirurgie vient de construire un remarquable bistouri électrique, qu’expérimente actuellement M. Bier, chef de la clinique chirurgicale de l’Université de Berlin. On assure qu’avec ce nouvel instrument les opérations peuvent être effectuées plus promptement et que la guérison est plus rapide que quand on emploie le bistouri ordinaire. A l’extrémité d’une tige en verre de i5 à îo cm. par le centre de laquelle passe un fil conducteur, est fixée la lame, d’une forme identique à celle du couteau ordinairement utilisé en chirurgie. On emploie un courant de haute fréquence qui provoque, à la pointe du bistouri ou de la sonde, une étincelle silencieuse.de i,a5 cm. Celte étincelle incise les tissus tendres avec une remarquable aisance, et cela sans cautérisation apparente. Toutefois, les expériences jusqu’ici effectuées par M. le professeur Bier ont démontré; qu’il se produit une hémorragie plus abondante qu’avec le bistouri ordinaire. Mais le nouvel instrument offrirait l’avântage de stériliser à mesure qu’il tranche, de ne nécessiter aucun aiguisage et de pouvoir se nettoyer facilement. »
- Les chemins de fer de l’Europe en 1908. —Nous reproduisons ci-dessous, d’après la statistique du'Mi-
- nistre des Travaux Publics, le tableau de la situation des chemins de fer d’Europe en 1908.
- Longueurs des Accroissement chemins de 1er en
- livrés à 1907.
- l'exploitation. —
- ! Alsace-Lorraine . . . .
- Bade.................
- Bavière. .......
- Prusse.............' .
- Saxe............
- Wurtemberg...........
- Autres Etats allemands.
- Ensemble. ........
- Autriche-Hongrie. . ..............
- Belgique..........................
- Danemark...............
- Espagne...........................
- France............................
- Grande-Bretagne et Irlande .....
- Grèce.............................
- Italie. ..........................
- Luxembourg.........................
- Norvège...........................
- Pays -Bas.........................
- Portugal..........................
- Roumanie. ............
- Russie et Finlande................
- Serbie ...........................
- Suède..............
- Suisse. . . ......................
- Turquie, Bulgarie et Roumélie. . . . Malte, Jersey et Man..............
- Totaux et moyennes . . . .
- 1.978 km » km
- 2.213 20
- 7.(538 51
- 35.393 521
- 3.071 26
- 2.052 12
- 5.695 34
- 58.040 km 664 km
- 41.605 378
- 4.688 29
- 3.446 12
- 14.850 201
- 47.823 694
- 37.150 45
- 1.241 »
- 16.596 176
- 512 »
- 2.586 • ))
- 3.077 25
- 2.719 82
- 3.210 ))
- 58.585 1.715
- 610 y>
- 13.592 227
- 4.447 105
- 3.167 25
- 110 »
- 317.654 km 4.373 km
- Un bureau de téléphone automatique à Lyon. —
- Le téléphone sans demoiselles ! Telle est la nouveauté qui va être offerte aux Lyonnais. M. Symian vient de se rendre à Lyon pour y suivre les essais d’une intéressante batterie téléphonique automatique du système Lo-rimer. Lorsque le bureau sera complètement installé, il desservira 3oo abonnés, mais actuellement il n’y a encore que 60 abonnés qui y soient rattachés. Le mécanisme est fort ingénieux; son fonctionnement est du reste assez compliqué; mais la manœuvre des appareils par le public est fort simple. Il suffit de tourner un certain nombre de boutons pour appeler un abonné d’un numéro déterminé; l’appareil indique s’il est libre ou non. Le mode d’exploitation est celui de la conversation taxée ; pour que la communication s’établisse, il faut en verser le prix dans l’appareil lui-même. Nous reviendrons du reste ultérieurement sur ce sujet et donnerons une description plus détaillée de cette intéressante installation.
- Températures extrêmes auxquelles la vie est possible. — D’après la Presse médicale, les températures que peuvent supporter les organismes ne dépassent pas, en général, pour la chaleur, 40 à 45°. Cependant, ou
- p.2x33 - vue 465/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- connaît des mollusques, des larves de mouches et des petits ascarides qui vivent dans des sources de 5o, 69 et 8i°. On peut adapter certains infusoires à la température de 700. Quant au froid, Pictet a constaté que des poissons, des grenouilles, des myriapodes et des limaces supportaient impunément, pendant peu de temps il est vrai, les températures de — i5°, —28°, —5o°, — 1200. Des bacilles de la peste conservèrent la vie pendant plusieurs mois à 31° ; — ceux de la diphtérie supportèrent — 6o° et ceux de la tuberculose résistèrent à une immersion, prolongée pendant une heure, dans un mélange réfrigérant à — ioo° et succombèrent seulement à— r6o°. Des streptocoques du pus ne moururent pas, après avoir été soumis à un froid de — 25a0. Des résistances analogues au froid ont été observées sur des graines. On a émis l'hypothèse que les organismes supportent d’aussi basses températures, parce que l’albumine qu’ils renferment ne contient pas d’eau.
- L’industrie du pétrole au Japon. — La consommation du pétrole au Japon est très forte. Elle s’est élevée en moyenne, de 1905 à 1907, à 60 millions de gallons (de 3785 litres) ou 6 millions de caisses, avec un droit d’entrée de 2,42 par caisse sur le pétrole raffiné. L’importance de ce droit d’entrée et la différence considérable avec celui qui est perçu sur le naphte brut ont, d’une part, provoqué la création de nombreuses raffineries dans le pays et, d’autre part, favorisé le développement de l’industrie pétrolifère nationale. On peut, en effet, calculer, sans entrer dans les détails, que le droit d’entrée correspondant à une caisse de pétrole étranger entré brut et raffiné ensuite au Japon n’est que de ofr,65 par caisse au lieu de 2,42. Aussi la Standard américaine a-t-elle maintenant d’énormes raffineries au Japon. Quant à l’extraction du pétrole dans le pays, elle n’a commencé que depuis 1890 à prendre quelque importance et n’est devenue réellement florissante que depuis la guerre russo-japonaise : celle-ci ayant eu pour conséquence l’établissement, en 1904, de l’impôt mentionné plus haut, qui constitue pour elle un véritable droit protecteur. On la calcule en Kokous (de 1 hect., 8o3g). Elle a été : 1903 de io65u6 kokous; 1904 1218596; igo5 1 311427; 1906 1 5i8 35o; 1907 1 80000. Elle sera bientôt de 4 millions d’hectolitres et pourra alors refouler les pétroles étrangers en Chine et en Corée. Le capital engagé dans cette industrie est de y5 millions de francs. On annonce actuellement le forage de nouveaux puits dans les départements de Akita, Awomori (Nord), au Hokkaido (îles Yéso) et même dans les îles Formoses.
- Les automobiles poids lourds dans l’armée allemande. — Préoccupés de la difficulté de ravitailler les armées modernes en vivres et en munitions, les Allemands cherchent à développer par tous les moyens l’usage des véhicules automobiles et notamment des poids lourds, dans leur armée. Durant l’année 1907-1908, ils ont consacré 1 million de francs à des primes aux poids lourds qui remplissent certaines conditions les rendant utilisables à la guerre. Le budget de 1908-1909, comportera, dit-on, pour le même objet : 2 25oooo francs. En France, le pays de l’automobilisme cependant, le budget de 1908 n’avait prévu qu’un crédit de 19 000 francs pour le même objet.
- Un celluloïd incombustible. — En dépit des services qu’il rend, le celluloïd a le grave défaut de s enflammer avec une facilité souvent redoutable. Or, à une récente réunion de la Société Scientifique de Dusseldorf, le Dr A. Eichengrun a soumis aux personnes assistant à la séance une matière de même nature que le celluloïd, qu’il appelle le cellit et qui est absolument incombustible. C’est un acétyl-cellulose, qui forme avec le camphre une masse plastique, et se dissout dans l’éther acétique ou des dissolvants sans danger. On peut même y remplacer le camphre par d’autres substances.
- La pluie eu Lozère en 1907. — La commission météorologique de la Lozère publie au Bulletin de la Société ' d'agriculture de ce département (3e trimestre 1908) les observations de l’année 1907 (Voy. La Nature, n* 1782, 20 juillet 1907, Supplément, p. 61 pour l’année igo5). La chute de pluie a été énorme en 1907 : 3322 mm à Villefort; 2843 à Valbelle; 2757 à Yialas; a656 à Pont-de-Montvert, etc. La plus faible a été de
- 871 mm au Malzieu. La plus grande chute connue (depuis 1871) a été de 3562 mm. A la fin de septembre et en octobre, les pluies et les inondations ont atteint « une intensité et une persistance telles que, de mémoire d’homme, on n’avait vu pareil volume d’eau. » Pour ces deux mois seuls, il est tombé 1614 mm à Villefort; le 9 octobre, en 24 heures, 3o5 mm à Saint-Etienne Vallée-Française. Les inondations ont été plus nombreuses mais moins violentes qu’en 1900; on estime qu’elles ont causé près de 4 millions de dégâts. Dans les parties déboisées la terre a été irréparablement entraînée.
- Aluminium et cuivre. —La-, question de l’aluminium a pris un grand intérêt d’actualité par la baisse récente de ce métal à la suite de la décision réalisée le icr octobre 1907, de mette fin à l’entente entre les producteurs. Le prix de vente, qui était il y a un an et demi de 3,75 fr. le kilogramme, est tombé à 1,60, c’est-à-dire à peu de chose près le prix du cuivre : ce qui met en relief la comparaison entre les deux métaux pour leur emploi électrique. Nous ne parlerons pas des nouveaux usages que l’aluminium est en train de se créer par les procédés de compression qui augmentent notablement sa résistance et sa dureté, ni de l’emploi projeté (en France même) de monnaies en aluminium ; mais nous croyons devoir résumer une étude récemment parue dans les journaux anglais et dans la Revue sud-africaine sur la comparaison du cuivré* et de l’aluminium comme emplois électriques. L’auteur a pris pour base, que nous conserverons, l’emploi d’une somme de 25oofr. (ioolivres ster.), soit en cuivre, soit en aluminium. Pour le même prix, on peut avoir, sur 1 cm2 de section, 6,28 km de fil d’aluminium contre 1,86 de fil de cuivre. Pour avoir la même résistance électrique, il faut porter à 1,64 cm2 la section du fil d’aluminium ; ce qui réduit la longueur disponible à 3,82 km. La dépense des fils d’aluminium est donc, à conductibilité égale, de 49 pour 100 moindre que celle des fils de cuivre. Avec les sections citées plus haut de 1,64 contre 1, les courants pouvant être transmis à 20° C sont de 208 ampères pour l'aluminium contre 184 pour le cuivre; soit un avantage de i3 pour 100. Finalement, en se bornant à ces facteurs, on aurait une économie de 43 pour too avec l’aluminium : économie qui se trouve modifiée par diverses particularités accessoires de l’installation, mais qui est néanmoins évaluée actuellement, les deux métaux étant à prix égal, à environ 40 pour 100. Dans ces conditions, on vient déjà de décider que les canalisations électriques de l’exposition de Nancy en 1909 seraient en aluminium, et une commission d’enquête nommée en Allemagne vient, paraît-il, de déposer un rapport favorable à l’aluminium. On peut donc prévoir une lutte entre les deux métaux : lutte d’autant plus vive que la production du cuivre augmente notablement dans le monde. La production du mois de novembre aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada a atteint 104000 livres (de 4^3 gr.) contre 97000 en novembre 1906, où avait été enregistré précédemment le chiffre le plus fort.
- Les étudiants étrangers à Paris. — On sait la vogue européenne de l'Université de Paris au moyen âge; un fait analogue semble se produire actuellement. En effet, d’après le rapport fait par M. H. Gautier sur la situation des établissements d’enseignement supérieur de l’Université de Paris, le chiffre total des étudiants s’est élevé, l’an dernier, à 16609, dont 2279 étudiants étrangers. Droit : 7482, dont 7374 étudiants (566 étrangers) et 108 étudiantes (78 étrangères). Médecine : 333o, dont 3017 étudiants (263 étrangers), et 3i3 étudiantes (168 étrangères). Sciences : 2147» dont igo5 étudiants (33o étrangers), et 242 étudiantes (i53 étrangères). Lettres : 2949, dont 1886 étudiants (337 étrangers), et 763 étudiantes (569 étrangères). Pharmacie : 1001, dont 923 étudiants (21 étrangers), et 78 étudiantes (4 étrangères). Pour les étudiantes, la majorité est composée d’étrangères dans les quatre facultés. Les étrangers viennent surtout de la Russie, la Roumanie et l’Egypte, pour le droit; de la Russie, la Turquie, la Roumanie et la Grèce, pour la médecine; de la Russie, pour les sciences ; de la Russie, l’Allemagne, l'Angleterre et les Etats-Unis, pour les lettres; de la Turquie, pour la pharmacie. On ne saurait trop se féliciter de cette heureuse affluence qui montre, quoiqu’on ait dit, que les étrangers n’ont nullement désappris le chemin de Paris.
- p.2x34 - vue 466/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- *»> !Photographie <«*
- Le stabilisateur de pied. — Tous ceux qui ont essayé de mettre d’aplomb un appareil photographique dans une pièce au parquet ciré ou en céramique savent combien la chose est difficile, souvent même impossible.
- C’est surtout quand on est appelé à reproduire des intérieurs, qu’on s’aperçoit de cette difficulté. Le meilleur moyen pour y remédier est d’emporter un tapis sur lequel on installe le pied. Mais voici un petit système (üg. i ) imaginé par M. Turillon qui est moins encombrant et peut s’emporter facilement. Il est en cuivre nickelé et se compose de trois branches à coulisses rentrant l’une dans l’autre, réunies ensemble par l’une de leurs extré-
- Fig. i.
- Le stabilisateur replié.
- Fig. 2. — Le pied muni du stabilisateur.
- mités au moyen d’une charnière qui permet de les étendre dépliées sur le sol (fig. 2). Des trous percés de distance en distance sont destinés à recevoir les extrémités du pied; on donne à celui-ci l’écartement qu’on désire, en tirant plus ou moins sur les coulisses du stabilisateur.
- Cela fait, on relie celui-ci à la tête du pied au moyen d’une chaînette livrée avec l’appareil. Elle est munie, à cet effet, à chaque extrémité d’un porte-mousqueton et vers son milieu d’un système de tendeur rapide qui permet de lui donner une tension suffisante pour que le pied et le stabilisateur forment un tout indéformable. On peut alors transporter l’appareil tout monté sur son pied d’un endroit à l’autre sans aucune précaution, ce qui facilite beaucoup le travail de la mise en plaque et fait gagner beaucoup de temps. C’est un accessoire très utile pour tous ceux qui sont appelés à opérer dans les appartements, les églises et les musées. — En vente chez Turillon, 99, rue Lafayette, Paris.
- Mécanique
- Appareil de serrage instantané et progressif « L’autotOC ». — Cet outil, breveté, est construit spécialement pour l’entraînement des pièces sur. le tour à métaux, mais il peut aussi bien servir au serrage et au desserrage de toutes tiges métalliques, des tubes et des écrous quelconques.
- Il se compose d’un disque en acier cémenté refendu d’une échancrure ee dans laquelle est articulé, par un rivet r, un levier p terminé par une courbe excentrée, de profil spécial c.
- Une ouverture circulaire, prolongée en forme de V, en r, sert à passer l'objet à serrer ou à entraîner, que l’on voit en coupe en a.
- En agissant sur le bras p dans le sens de la flèche, on
- entraînera l’objet a avec une force considérable sans qu’il y ait possibilité de glissement; le serrage est proportionnel à l’effort de résistance de la pièce a et la rupture de l’appareil se produirait avant que la tige a puisse tourner dans l’orifice v.
- Cet appareil employé sur le la place des anciens tocs a certainement sur ceux-ci de grands avantages ; d’abord il se pose instantanément sur l’objet à entraîner, sans le secours de clef ni de broche de serrage et se démonte de même ; ensuite son serrage est beaucoup plus puissant que celui des tocs ordinaires, dans lesquels la vis de blocage travaille dans des conditions anormales qui en occasionnent souvent la torsion ou la rupture.
- L autotoc est donc une intéressante invention pour le travail en pointes sur le tour avec les aciers à coupe rapide qui, prenant de fortes passes, exigent un entraînement puissant et absolu du métal à travailler.
- Ainsi que nous l’avons dit au début, le principe de ce petit appareil peut s’appliquer à de nombreux emplois mécaniques. — L’appareil est en vente chez Glaenzer et Perreaud, 1, avenue de la République, Paris.
- Appareil de serrage « Autotoc ».
- Jouets <«*
- Le petit architecte. — Le règne des constructions démontables n’est pas fini quoi que l’on pense. Malgré les inventions nouvelles, les enfants conservent un goût très marqué pour ces sortes d’amusement dont nous ne pouvons dire que du bien parce qu’elles initient les tout petits aux choses de l’architecture. Faire une maison : n’est-ce pas là le jeu idéal de plein air, lorsque le hasard amène une troupe de bambins devant un tas de briques ? En chambre les briques manquent ; il reste le
- Fig. 1,
- Construction montée.
- Fig. 2.
- Pièces détachées du « Petit architecte ».
- carton que l’on découpe et que l’on colle. Amusant, certes, mais que d’ennuis avec l’emploi de la colle qui s’attache aux doigts, enduit les vêtements et les tables!
- Nous leur préférons les constructions en bois à la condition d’être robustes et d’un assemblage relativement facile. Le système imaginé par le créateur du petit architecte nous a semblé très ingénieux. Ainsi que le montre notre deuxième figure, la construction comprend des bois convenablement taillés que l’on réunit sur des pièces métalliques d’assemblage disposées à angles droits et qui forment des pièces d’angles. De la disposition de ces pièces, on peut donner à la construction l’aspect que l’on désire ; soit en faire une élévation étagée semblable à celle que représente notre première figure, soit unie construction plus basse, mais plus étendue. Tout dépend de l’architecte en herbe qui dirige sa con-
- p.2x35 - vue 467/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- slruction comme il l’entend, la démonte ensuite pour en reconstituer une autre différente. — Le Petit architecte est en vente chez M. Roussel, i5, rue Simon-le-Franc, à Paris.
- Tir à l’œuf. — Voici un très nouveau et très intéressant jeu de tir qui convient aussi bien à l’amusement en plein air que dans les salons. Il est constitué par une boîte fermée contenant le mécanisme montée sur un pied. Devant la boîte est peinte une cible ordinaire.
- Le mécanisme, que l’on remonte comme un mouvement d’horlogerie, actionne une cordelette passant sur des poulies et terminée par un contrepoids. Sur cette cordelette est supportée une tige métallique qui traverse la partie supérieure de la boîte et reçoit à son extrémité un œuf en celluloïd. Cet œuf est monté, non sur la tige elle-même qui pourrait se fausser sous l’action de la flèche, mais sur un petit tube de caoutchouc qui fléchit et abandonne aisément l’œuf lorsque celui-ci est atteint.
- Le tireur se place à la distance qu’il juge convenable et tire sur l’œuf pendant que celui-ci s’élève à une
- Fig. i. — Le jeu du tir à l’œuf.
- Fig 2.
- Le montage du pied do l’appareil.
- allure assez modérée. Il peut également tirer sur le but fixe, l’œuf se maintenant quelques secondes au repos lorsqu’il a atteint la hauteur maximum, ou, s’il est habile, viser pendant la chute rapide du but.
- Certaines boîtes de mécanisme sont pourvues de deux ou trois tiges dont les ascensions se succèdent; le tireur-habile pourra donc abattre successivement chacun des œufs pendant qu’ils demeurent visibles au-dessus de la face antérieure de la boîte.
- Le tir est démontable en trois parties : la boîte du mécanisme, le support et le pied. On pose la boîte sur le support en engageant la tige à vis dans la coulisse de la pièce métallique fixée en haut du support et on le maintient en serrant l’écrou à oreille A. Puis, au moyen de l’écrou B, on place la boîte à la hauteur qui convient le mieux aux tireurs.
- Le pied est fait de trois parties que l’on assemble très facilement, comme l’indique notre deuxième figure,, à l’aide d’une rondelle immobilisée ensuite par un écrou à oreilles. — Le tir à l’oeuf est construit par MM. Dannin et Paulet, ir, rue Littré, à Paris.
- Frondine. —- C’est un lance-balles d’un nouveau genre basé sur le principe de la Fronde, avec cette différence, pourtant, que le manche du système de lancement est rigide. Il se termine par une sorte de petit panier dans
- lequel on pose la balle, que d’une main vigoureuse, on lance au loin, le plus loin possible, l’àdver saire la reçoit, dans son petit panier à lui pour la renvoyer à son tour, et ainsi de suite.
- Frondine peut être employée dans tous les jeux de balle à la main ; elle permettra des envolées beaucoup plus sérieuses à la balle.
- S’adresser à M. Clément, 112, boulevard Rochechouart, à Paris.
- *>> Objets utiles <«*
- Le thermomètre automatique. — Le thermomètre Pillischer, d’emploi médical, est un véritable petit chel-d’œuvre d’ingéniosité. Son inventeur a réussi en effet, par un dispositif très simple, à lui conserver la commodité des thermomètres à maxima, en même temps qu’à supprimer la difficulté qu’on rencontre en général avec ceux-ci à ramener la colonne de mercure au-dessus de
- -wvys1
- Thermomètre automatique.
- Manière de presser sur l’ampoule pour faire descendre la colonne.
- 38°. C’est là, on le sait, une opération qui ést parfois très laborieuse pour les personnes qui ne sont pas familiarisées avec le maniement d’instruments délicats, et il arrive assez fréquemment que le thermomètre soit alors brisé à la suite de secousses maladroites. Voici comment la difficulté est tournée dans le cas présent. Le thermomètre, ainsi que le montre la figure, est terminé à sa partie supérieure par une ampoule: en verre malléable qui est pleine de mercure; quand on veut faire redescendre la colonne de mercure qui se trouve à l’autre extrémité et la ramener au 36 de départ, il suffit de presser sur celte ampoule et l’on voit le mercure revenir à sa place. Ajoutons qu’un dispositif élégant et nouveau assure une plus facile lisibilité à l’extrémité, de la colonne de mercure. — Ce thermomètre automatique se trouve chez M. J. Pillischer, 16, boulevard de Strasbourg, Paris. Il coûte i5 francs.
- Machine à tailler les crayons. — On connaît le taille crayon de forme conique muni d’une lame sur l’une des génératrices; il y en a de différentes fabrications, mais, d’une façon générale, s’ils taillent bien le bois, ils ne laissent qu’une mine courte et émoussée; on pourrait les tourner indéfiniment sur le crayon jusqu’à épuisement complet sans obtenir un meilleur résultat. Le petit appareil représenté ci-contre est tout différent et donne des résultats parfaits ; il est aussi d’un prix notablement supérieur. Il est formé de trois couteaux C montés sur un axe et rasant de très près
- Fig. 2.
- Fig. 1.
- Machine à tailler les crayons.
- Détails de la machine.
- une platine circulaire fixe, dans laquelle est percée une lente F. Par derrière, un tube A sert à supporter le crayon B. Ce tube porte une roue dentée que fait tourner l’extrémité des couteaux qui tour à tour viennent la rencontrer ; comme le crayon entre à frottement dans le tube, il tourne donc d’une petite quantité à chaque passage d’un couteau et celui-ci enlève la portion, bois et mine, qui dépasse par la fente F.
- Quand le crayon est bien taillé, rien ne dépasse plus par cette fente et les couteaux passent sans rien enlever ; on est donc certain de n’user le crayon que de la quantité exactement nécessaire pour qu’il soit bien taillé. On obtient une mine très effilée et très pointue, telle qu’elle convient pour le dessin. L’opération se fait très rapidement et très sûrement sans jamais casser la mine.
- Pour les ateliers de dessinateurs c’est une économie de temps et d’argent, — Le taille-crayon est en vente chez Mathieu, 29, rue de Valois.
- p.2x36 - vue 468/647
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- JANVIER-FEVRIER-MARS 1909
- Les heures'sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. - SOLEIL -
- L équinoxe de printemps se produira le ai mars, à 6 heures. Depuis le solstice d’hiver, le Soleil est remonté peu à peu vers le Nord, les jours ont augmenté de durée et, au moment même de l’équinoxe, ils sont égaux aux nuits.
- On continuera avec la même assiduité l’observation du Soleil dont l’activité, bien qu’au voisinage du minimum, réserve parfois encore des taches importantes.
- plus grande élongation du soir, à i8°27' à l’Est du Soleil. Le 9 mars,.il atteindra sa plus grande élongation du matin, à 27® 26' à l’Ouest du Soleil. On le trouvera 5 ou 6 jours avant et après ces dates.
- Diamètre de Mercure : le 5 janvier, 4 \8; le 25 janvier, 6",5; le 16 février, 10",1; le 6 mars, j”,5; le 26 mars, 5",7.
- Mercure sera en conjonction avec l’étoile 4 du Capricorne le 10 janvier, à 16 heures, à o° 1' au Nord.
- Vénus, dans le Scorpion, puis le Sagittaire, le Capri-
- Hercüle
- PAU \s
- •Ilèche
- 8A.09
- ta. Aigle
- PetitC heval
- * URANIE.
- f.r.
- y Scorpion
- 0.®" Poisson
- xvm
- Soleil ;
- Mercure ;___
- Vénus ;
- ___Mars ;
- .Jupiter.
- MARCHE DES PLANÈTES SUR LE CIEL PENDANT l’aNNÉE I9O9
- Dans les soirées pures et sans clair de Lune, en février et mars, observer, à l’Ouest, la lumière zodiacale. Son intensité dépasse parfois de beaucoup celle de la Voie lactée.
- II. — PLANÈTES
- Les deux cartes ci-dessus permettent de trouver et de suivre les planètes dans leur marche à travers les constellations. Nous y avons fait figurer, cette année, l’orbite apparente des quatre petites planètes Yesta, Junon, Cérès et Pallas au moment de leur opposition.
- Mercure traverse les constellations du Sagittaire, du Capricorne et du Verseau. Le 27 janvier, il sera à sa
- corne et le Verseau, est visible comme étoile du matin, se levant le 5 janvier à 5h 5om, soit plus de deux heures avant le Soleil. Le diamètre, de 12",2 le 5 janvier, passe à 11",2 le 6 février, et à 10",6 le 6 mars. La planète sera de plus en plus mal située pour l’observation, se rapprochant du Soleil.
- A observer le 3o janvier, à 17 heures, une curieuse conjonction de Vénus avec Uranus, à o°2i' au Nord.
- Mars, dans le Sagittaire, présente en janvier, février et mars, un diamètre inférieur à 7". Mais il va se présenter, en été, dans des conditions d’observation très favorables. Nous y reviendrons au prochain Bulletin.
- Jupiter, dans le Lion, sera en opposition le 28 fé-
- p.2x37 - vue 469/647
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- vrier. Il est donc dans la période la plus favorable pour être observé. Diamètre : le 5 janvier, 40",5; le 6 février, 43",6; le 6 mars, 44,/>3.
- Le 27 janvier, Jupiter sera en conjonction avec l’étoile / Lion de 4,8 grandeur, à 22 heures, à 0U2' au Sud.
- Les petites lunettes permettent de suivre la marche des quatre principaux satellites. Les phénomènes auxquels ils donnent lieu, et qui font de Jupiter un système solaire en miniature, sont particulièrement curieux : occultations, éclipses, etc. On en trouvera la liste complète dans la Connaissance des Temps et, depuis cette année, la nomenclature des principaux d’entre eux à 1’ « Agenda des observateurs » dans Y Annuaire astronomique de M. Flammarion.
- Le 8 février, vers minuit, observer le l'approchement des satellites II, III et IY, à l’Ouest de la planète.
- Le 28 février, passage de l’ombre du Ior satellite devant la planète, de 2ih25m à 23h44m- Pendant ce passage, l’ombre doit être occultée par le disque du satellite.
- Le 5 mars, dans la soirée, les satellites I, III et IY seront groupés à l’Est de la planète.
- Saturne, dans les Poissons, sera encore observable, mais en des conditions de moins en moins bonnes, au début de l’année. Il sera inobservable en mars. Diamètre le 5 janvier, 17",2; le 6 février, 16",4.
- Yoici les éléments principaux de l’anneau de Saturne :
- HAUTEUR HAUTEUR
- UK LA TERRE 1IU SOLEIL
- GRAND AXE PETIT AXE AU-DESSUS DU AU-DESSUS DU
- DATES EXTÉRIEUR EXTÉRIEUR PLAN DE L’ANNEAU PLAN DE L’ANNEAU
- 5 janvier. . 59”,2 5",6 —5° 19' —7° 55'
- 6 février . . 57",4 4",2 —6° 50' —8° 23'
- Uranus, dans le Sagittaire, est pratiquement inobservable. Le 6 mars, il se lève à 411 22“ du matin et le 26 mars à 3h 5“ du matin.
- Neptune, dans les Gémeaux, sera en opposition le 6 janvier. Il se présente sous l’aspect d’un petit disque
- bleuâtre de 2",3 de diamètre. Eclat de 8° à 9e grandeur. On le trouvera aux positions ci-après :
- HATES
- 5 janvier.
- 6 février. 0 mars .
- ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 7 h. 8 m. +21° 45' 2”,3
- 7 h. 4 ni. -t- 21° 51' 2",5
- 7 h. 2 m. 4-21° 55' 2",3
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Conjonctions. — On a lu plus haut les intéressantes conjonctions de Mercure avec l’étoile 4 du Capricorne le 10 janvier, de Jupiter avec / Lion, le 27 janvier et de Yénus avec Uranus le 3o janvier.
- Le 6 janvier, Neptune en conjonction avec la Lune, à 14 h., à 2° 35' Sud Le 26 janvier, Saturne en conjonction avec la Lune, à 0 h., à 5° 1' N»|.(|' Le 11 février, Mercure en conjonction inférieure avec le Soleil, à 14 h Le 15 février, Mars en conjonction avec la Lune, à 21 h., à (j° 1 ' Nord
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6e grandeur.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT IN
- 6 janvier. . 2238 B. A. C. 5,9 5 h. 19 ni. 6 h. 16 II)
- 12 — v Vierge. 4,2 2 h. 38 ni. -3 h. 46 lll
- 23 — 53 Poissons. 4,6 18 h. 10 ni. 19 h. 14 III
- 25 — 33 Poissons. 4,8 19 h. 57 ni. 20 h. 45 lll
- 31 — n Taureau. 5,2 17 h. 7 m. 18 h. 17 ni
- 28 lévrier . . n Taureau. 5,2 0 h. 55 111. 1 h. 42 ni
- 1" mars. . . te Gémeaux. . 5,5 21 h. 4 m. 22 h. 0 ni
- 3 — Y Ecrevisse. 4,9 17 h. 37 m. 18 h. 40 m
- 11 — y. Vierge. 4,2 0 h. 58 m. 1 h. 411 111
- Étoiles filantes. — Au début de janvier, les 2 et 3, observer l’essaim des Quadrantides. Radiant : [3 du Bouvier. Malheureusement la Lune, pleine le 6, gênera les observations.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée).
- 3 janvier (18 h. 40 m.); 20 (23 h. 55 ni.), 25 (20 h. 24 m.). — 12 février (22 h. 9 m) ; 15 (18 h. 59 m.). — 4 mars (25 h. 54 ni.) ; 7 (20 h. 44 m.i; 27 (22 h. 28 m.) ; 50 (19 h. 17 m.).
- On trouvera dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes les éléments pour l’observation d’un très grand nombre d’étoiles variables. Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Outils économiques en acier rapide. — On sait les remarquables qualités de ces aciers spéciaux, si employés aujourd’hui dans tous les ateliers de mécanique, et qui permettent d’accélérer, dans des proportions considérables, le travail des métaux. Leur seul inconvénient est d’être fort cher. Aussi, a-t-on cherché depuis longtemps à les employer d’une façon économique, en essayant, par exemple, de souder une pointe d’acier rapide sur une barre d’acier ordinaire au carbone, pour utiliser intégralement le métal à grande vitesse de coupe. Jusqu’ici tous les essais avaient été infructueux ; cela tient à la différence dans les coefficients de la dilatation des aciers ordinaires et des aciers rapides. Lorsqu’on coule, par exemple de l’acier à haute teneur en carbone autour d’une barre d’acier rapide, il semble y avoir union parfaite entre les deux métaux, mais si l’on recuit la pièce en vue de la trempe de l’acier rapide, l’acier au carbone se détache de la barre.
- • L’Engineering signale que, depuis un an, on pratique avec succès une méthode de brasure, exploitée par la Metals Fusion C°. Pour fabriquer un couteau de tour, on encastre une petite barre de métal rapide dans l’angle d’une barre en acier au carbone, en ayant soin d’insérer dans le joint une feuille mince de cuivre. On recouvre la pièce, ainsi préparée et maintenue par un fil de fer, d’une composition réductrice et l’on place le tout dans un four porté à 12000 G. Il semble que, à cette température, le cuivre soit, amené à un degré de fluidité extrême, comparable à celui de l’alcool, et pénètre dans Jles pores des deux métaux par les surfaces du. joint. Les .deux pièces sont unies de façon si intime, qu’il semble impossible de les séparer suivant le joint, la ligne de
- fracture passant de préférence en plein métal. La brasure est souvent si parfaite, qu’on distingue à peine le cuivre. On fait ainsi des outils de tours de 255 à 3o5 mm de longueur, formés d’une barre carrée, en acier doux; de 25 à 57 mm de côté dans laquelle est encastrée une barre d’acier rapide de 6 à 19 mm de côté. Cet outil une fois trempé en entier peut être meulé et usé jusqu’au bout.
- Pour colorer les ampoules de lampes électriques.
- — Le verre doit en être dépoli, l’on y applique deux ou plusieurs couches d’un vernis coloré en celluloïd, que l’on prépare comme suit :
- Si l’on veut une nuance rouge, on mélange et dissout dans le vernis deux parties” de tartrazine et une partie de rose bengale ; il faudra laisser digérer assez longtemps en secouant de temps à autre, et le liquide limpide qui surnage sera décanté ; on se rend compte par des essais successifs de la proportion de colorants nécessaire. Pour les nuances vertes, on se servira d’un mélange de 70 parties de vert acide, d’une partie de tartrazine, et de deux de vert de naphtol. En tout cas, on doit toujours appliquer le vernis rapidement et régülièrement avec une brosse douce ; on n’étend une nouvelle couche que quand la première a bien séché.
- Contre les punaises. — Les fumigations de soufre sont souveraines, mais laissent une odeur qui persiste fort longtemps, et est extrêmement désagréable ; voici un autre remède ; préparer la lotion suivante : sublimé 6 grammes ; alcool 400 gr. ; camphre 12 gr. ; térébenthine 20 gr. La verser dans un vaporisateur, et projeter le liquide dans tous les trous des parquets et des meubles.
- p.2x38 - vue 470/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Ella répond également, dans la mesure du possible, aux demandes je renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande J’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et jes recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que Jans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- baquet monocycle est fabriqué par la maison « Clément-Gladiator ». — La machine additionneuse Duplex est en vente chez M. Warnier, 45, rue Montmartre, Paris.
- Communications. — M. Joubin, professeur au Muséum d’Hisloire naturelle de Paris, 55, rue de Bufïon, serait très reconnaissant aux personnes qui voudraient bien lui prêter des photographies de récifs de coraux.
- Curieuse chute de neige au printemps. — M. le commandant Bonnet nous communique l’intéressante observation suivante au sujet de la forme des flocons de neige tombés au Camp de Mailly, cette année, le lundi de Pâques, 20 avril; après une belle journée ensoleillée, vers 4 heures de l’après-midi, une bourrasque de neige très forte s’était produite : « La couche de neige tombée à Mailly, pour une durée de 3o à 35 minutes, atteignait environ 3 centimètres. Elle était glacée, si bien que malgré une température extérieure de 10 à 120, il y en avait encore de non fondue le lendemain matin dans les champs et sur les toits de chaume. Or, cette neige avait une forme toute particulière que je n’avais jamais vue encore. Ce n’étaient ni des grêlons, ronds ou poin-
- tus, ni de la neige; les flocons tombés que j’ai ramassés, dès que j’eus remarqué leur forme insolite, et examinés avec soin, avaient une forme parallélipipédique, avec des faces légèrement concaves. Ils ressemblaient presque exactement à des grains d’amidon, tel que l’emploient les blanchisseuses. Ils en avaient la grosseur ; les plus gros atteignaient un centimètre cube. En les prenant entre le pouce et l’index on avait la sensation à l’écrasement d’une texture « soufflée ». Ces grains glacés fondirent très lentement ; entre les doigts, au contraire, ils coulaient vite, car une fois les faces écrasées,* malgré une certaine résistance, l’intérieur était moitié liquide, moitié solide, comme une carafe frappée. Je dois ajouter que la bourrasque ou giboulée avait été accompagnée de dix ou douze coups de tonnerre des plus violents. »
- Renseignements. — M. Bretagne, Nancy. — Nous comptons précisément publier bientôt un articleà ce sujet.
- Père Adolphe, Berbera. — Pour exécuter des cartes postales en photocollographie, il faut toute une installation industrielle. Vous pourriez en tout cas vous adresser à M. Berlheaud, 31, rue de Bellefonds, fabricant de cartes postales, qui tirerait en cartes les photographies que vous lui enverriez.
- M. B. de C., Paris. — Nous ne voyons pas d’autre réponse à vous faire au sujet de la taupe blanche que celle que vous avez reçue du Muséum : c’est intéressant (quoique connu), mais la perte est irréparable puisque vous n’avez plus l’animal.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Éclipse de Lune du 7 décembre : Lucien Rudaux. — Le rhinocéros blanc du Bahr-el-Gazal : E, Trouessart. .— Les ressources houillères des Etats-Unis d’Amérique : Ed. Lozé. — Le chemin de fer métropolitain de Paris : E. de Loyseixes. — La question de Panama : A. Trouler. — Académie des sciences ; séance du 21 décembre 1908 : Ch. de Vileedeuil. — Le cyclisme nautique : R. Viixers.
- Supplément. — Curieuse étoile variable. — Nouveaux exploits de " Wilbur Wright. — La guerre en ballons. — Nouveau dirigeable allemand. — Production du minerai de fer et de la fonte, en Grande-Bretagne. — La question des peaux de bœufs. — Les diamants du Sud-Ouest africain allemand. — L’eau à Paris, etc. — Un traitement de l’obésité. — Sirop de banane, etc.
- OEuvres de Pierre Curie, publiées par les soins de la Société française de physique. Gauthier-Villars. In-8 (a5-i6) de xxn-621 pages avec 118 fig. et 3 planches. 1908. Prix : 22 francs.
- Cet ouvrage est un véritable monument élevé à la gloire du grand physicien si prématurément enlevé à la science, le plus précieux et le plus durable des monuments qu’on puisse éle"er à un savant. On y trouve condensé en 600 pages l’effort laborieusement poursuivi pendant 25 ans qui a abouti aux découvertes fameuses connues de chacun. Les questions y sont présentées avec cette concision et cette netteté, ce scrupule attentif, ce besoin d’approfondir et d’éliminer les superfluités, qui caractérisaient Pierre Curie. Ce sont d’abord ses mémoires de cristallographie, ses travaux sur la pyroélectricité et la piézo-électricité ; puis ses recherches sur les propriétés magnétiques des corps â diverses températures, enfin la succession des mémoires, auxquels le lecteur courra d’abord, sur la radioactivité. Il est sans doute inutile d’en signaler l’intérêt à tous ceux qui s’occupent de physique; mais nous sommes heureux de leur apprendre l’apparition d’un ouvrage, où ils trouveront rassemblés tant de mémoires capitaux, jusque là
- épars dans diverses publications savantes, ou dans la série des compte rendus de l’Académie des Sciences.
- La Colonie et la colonisation, par Pierre Aubry. Paris. O. Doin. 1909. i vol. in-18, 278 pages. Prix : 5 francs (Encyclopédie scientifique : Bibliothèque d’économie politique).
- Le livre de M. Aubry est une très heureuse et très réussie tentative dans une direction trop peu étudiée. Nous voulons dire l’application loyale et clairvoyante des principes de l’économie politique aux questions coloniales. Il nous donne, à la suite d’un bon chapitre sur l’historique de la colonisation, une série d’études intitulées : Description des colonies, Théories de la colonisation, Systèmes de politique coloniale, la Politique indigène, Régime des terres, la Main-d’œuvre, Commerce, Finances, Crédit, Monnaies, qui seront lues avec le plus vif intérêt par tous ceux qui s’intéressent aux questions capitales de l’heure actuelle et de l’avenir.
- Researches and experiments in aerial navigation, par S. P. Langley. 1 brochure de 12S pages. Washington. Government Printing Office.
- Langley, savant illustre par ses recherches sur la physique solaire, a joué un rôle considérable dans les progrès de la navigation aérienne. On lui doit de remarquables travaux sur l’aérodynamique et la création de la première machine volante que l’homme ait sans doute jamais réussi à mouvoir, La brochure que publie aujourd’hui la Smithsonian Institution contient quelques écrits de Langley sur le vol mécanique et ses expériences, écrits choisis parmi les moins techniques des travaux du grand savant. Nous y trouvons également une très intéressante étude sur la constitution d’un grand oiseau antédiluvien, le ptérodactyle, que l’auteur compare à un certain nombre d’oiseaux contemporains, et à ce qu’il considère comme l’oiseau de l’avenir, sa propre machine volante. Toute la bro-
- p.2x39 - vue 471/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- chure est du plus vif intérêt, et nos aviateurs y pourraient puiser, sans aucun doute, d’utiles enseignements.
- La science de la civilisation, par Erasme de Majewski. Paris. F. Alcan, 1.908, 1 vol. in-8. Prix. : 6 francs.
- L’auteur considère la science de la. civilisation et indirectement de la société comme l’une des branches de 1 histoire naturelle, et il a pris les principes de cette dernière comme assises de son étude. On lira celle-ci avec un intérêt certainement très vif, et, quelque doute qu’on puisse avoir sur la valeur et la rigueur des conclusions de l’auteur, on apprendra certainement beaucoup au contact de son érudition, à la fois large et sûre.
- Manuel pratique pour Vapplication des nouveaux régie-ments sur les distributions d’énergie électrique (faisant suite à la loi du i5 juin 1906), par P. Bougaut, avocat à la Cour d’Appel de Lyon. 1 vol. Chez Gratier ot Rey, éditeurs à Grenoble. Prix : 7 francs.
- Cet ouvrage offre un double avantage, d'abord de réunir en un même volume tous les textes actuellement épars dans 1 Officiel, ensuite de donner un commentaire très pratique et très clair des questions litigieuses que soulèveront ces décrets. Il rendra donc de grands services.
- The photography of aquatic animais on their natural environment, par J. Reighard. Washington, 1908. [Iixlr, de Bullet. of the bureau of Fisheries, p. 41-68).
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 déc. 1908 . 0°,5 S. F. 2, Couvert. » Couvert.
- Mardi 22 1°.2 N. E. 1. Couvert. » Gelée blanche; faible brouillard à 6 h.; couvert.
- Mercredi 2,7 2° 0 E. 2. Couvert. » Couvert ; brume.
- Jeudi 24 — 2° 0 S. E. 1. Beau. » Gelée blanche ; beau; couvert à 21 b.; givre.
- Vendredi 25 — 1°,2 E. 5. Couvert. » Gelée blanche; couvert; bruine.
- Samedi 26 — 2° 2 E, N. E. 2. Couvert. » Gelée blanche; couveri ; un peu de bruine à 21 b.
- Dimanche 27 - 5°0 E. S. E. 1. Couvert. » Couvert; grains de neige de 12 h. 30 à 16 b. 15.
- DÉCEMBRE 1908. - SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 DECFMBRE 1908.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité le 0 a 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche’ courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- — 3; moyenne à Paris : o°,6 (normale : a0,a). — Le *5. Dépression sur les Iles-Britanniques, la Gascogne, la Méditerranée (Biarritz, 754; Marseille, j58) et sur la Russie (Moscou, 748'; anticyclone sur la Scandinavie et l’Allemagne. Neiges et pluies sur l’E. et l’O. du continent; en France : Cette, 34; Nice, Nantes, 4; Brest, 3. Temp. du matin : Arkangel, —210; Paris, —i ; Alger,
- 14; Puy de Dôme, —3; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : —o°,8 (normale : a0,2). — Le 26. Dépression sur les Iles-Britanniques, la Méditerranée, le S. de la Russie : Kief, 750 : Valentia, 7^6; Marseille 757; centre de l’anticyclone vers Bodoe, 782. Pluies sur l’E. du continent et le S. de la France : Perpignan, 62 ; Nice, 4q. Temp. du matin ; Kuopio, —- 16; Paris, —2; Malte, 14 ; Puy de Dôme, o; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris . —2°,4 (normale : 2^,2). -,— Le 27. Basses pressions de l’Irlande à la Méditerranée ; Ecosse, 756; Rome, 75.2 ; Bodoe, 783. Pluies et neiges sur presque toute l’Europe; en France : Belle-Ile, 10; Brest, Porl-Vendres, 6; Biarritz, 4: Rochefort, 2. Temp. du matin: Arkangel, —32°; Paris, —3; Biarritz, 12; Puy de Dôme* —4; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : 2°,9 (normale : 2°,2),— Phases de la Lune -. Nouvelle Lune le 23, à 11 li. 5g m. du matin.
- Du 21 au 27 décembre. — Le 21. Aire dépréssion supérieure à 770 mm de la péninsule Ibérique à la Russie : Moscou, Berlin, 774; Nantes, 772. Dépression sur l’Islande et la Méditerranée. Pluies sur le N. et le S. de l’Europe ; en France : quelques pluies à la pointe de Bretagne et vers les Pyrénées. Température du matin : Clermont, 3°; Paris, 1 ; Alger, i3; Puy de Dôme, — 6; moyenne à Paris : i°,2 (normale : 2°,3). Le 22. Hautes pressions sur presque tout le continent : sur le Centre, 773-, sur l’O., 770; dépression assez profonde vers l’Islande : Seydisfjord, 735; îles Feroé, 754. Temp. du matin : Kharkow, —— 15° ; Paris, 2; Alger, 11; Puy de Dôme, — 3 ; Pic du Midi — 3 ; moyenne à Paris : 20 (normale : 2°,3). — Le a3. Baisse lente sur l’O. : France, 768; Europe centrale, 773; zone inférieure à 755 de l’Irlande à la Laponie. Pluies sur le N.-O, et le S. Temp. du matin.: Arkangel — 170; Paris, 2; Alger, 11; Puy de Dôme, — 2; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : 2°i8.(normale : 2°,3). — Le 24. Dépression au large des Iles-Britanniques et de l’Islande : Valencia, 75o; anticyclone au Centré du continent : Hermanstadt, 774. Pluies sur le N. et le S. ; en France : Cap Bearn, 20 min; Marseille, 2; Nice, 1. Temp. du matin : Arkangel, — 22 ; Paris, — 2 ; Puy de Dôme, — 5 ; Pic du Midi,
- p.2x40 - vue 472/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- ei.
- L. DE LAUNAY
- DIRECTION
- E.-A. MARTEL
- il
- Professeur à l’École des Mines (t à l’École des Ponts^et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qüi concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : t2o, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de • La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La’reproduction‘des artic'es non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1859 — 9 JANVIER 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Ponds Bonaparte à l’Académie des sciences. —
- Sur la demande de plusieurs abonnés, nous rappelons que les conditions d'attribution des quatre annuités de îSooo fr. chacune mises par le prince Roland Bonaparte à la disposition dé l’Académie des sciences, ont été indiquées dans notre numéro 1816(14 mars 1908, Supplément, -informations, p. 113). On en trouvera aussi le détail dans les comptes rendus de l’Académie des 2 mars, 29 juin, 7 décembre 1908. — Le montant de la première annuité (1908) a été réparti entre dix personnes. Pour la seconde ( 1909) le délai est passé, car toute demande doit être adressée avant le ier janvier, l’attribution ayant lieu le i5 juillet.,Aucune subvention ne peut être inférieure à 2000 francs.
- Un nouveau corps simple, le nipponium. — Dans le Journal of the College of Science, dé l’Université de Tokyô (vol. XXV, artn5), M. M. Ogawa rapporte par quelles, suites dé recherches il a été conduit à la découverte d’un nouveau: corps simple dans la thorine, la rei-nile et.la molÿbdénite (M0S2). Ce nouvel élément a été dénommé nipponium et a reçu le symbole Np ; son poids équivalent esti voisin de 5o et son poids : atomique est très probablement le double de cette valeur ; il se place dans la classification périodique, dont il comble une lacune, entre le molybdène etle ruthénium. Il paraît exister à deux degrés d’oxydation: lé premier oxydé se comporte comme un oxydé basique et passe au cours de l’analyse avec l’alumine dont il est extrêmement difficile de le séparer ; le deuxième oxyde se comporte comme .un oxyde acide analogue au trioxyde de molybdène; il est facilement réductible en oxyde basique par l’action combinée du zinc et de l’acide chlorhydrique. Dans là~thorine, le nipponium se trouve sous forme de petits cristaux jaunes ou rouges, très durs, rayant le verre, de densité4,5, qui sont un silicate double de zirconium et de nipponium ; il est assez facile de se procurer une quantité notable de cemihéral contenu à raison de 1 pour 100 dans la thorine.
- Chute d aérolittaes. — Une dépêche de Madrid, en date du 27 décembre, annonce que les journaux de Bur-gos signalaient une chute d’aérolithes quelques jours auparavant au village de Jubilla. Il s’agirait d’une chute de cinq de ces corps extra-terrestres, pesant de 1 à 5 kg et qui incendièrent., paraît-il, une ferme. Ces renseignements un peu sommaires eu égard à l’intérêt du phénomène, et qu’il serait grandëmentimportaht de voir compléter, ' disent en outre què 1 intérieur de ces corps a une apparence cristallisée; l’extérieur étant recouvert d’une croûte noire, ce qui d'ailleurs se produit toujours à cause de la fusion partielle de la superficie due à réchauffement pendant la traversée dés couches atmosphériques terrestres.
- Exploration des hautes régions atmosphériques.
- — Une commission formée par la Royal Meteorological Society d’Angleterre publie le résultat, d’intéressantes expériences organisées du 27 juillet au ior août derniers.
- Sur les 40 ballons munis d’appareils enregistreurs qui furent lancés durant cette période sur différents points des Iles Britanniques, seize seulement ont été retrouvés depuis lors. L’altitude moyenne qu’ils atteignirent fut de 16411 ta., l’altitude maxima étant de 23oio m. Les records enregistrés par les météorographes montrent que les hautes régions aériennes sont sujettes à des fluctuations dé température assez rapides. Tous les ballons, sauf un, pénétrèrent dans la zone isothermale, dont -l’épaisseur varie, comme on le sait, entre 8 km et 12 km. Les records indiquent que la température cesse de diminuer à partir d’un certain point, et qu’elle augmente même à une altitude plus élevée. Cette augmentation a été enregistrée nettement même sur des ballons qui avaient atteint leur élévation maxima après le coucher du soleil, et qui, conséquemment, n’étaient plus exposés à la radiation solaire. ;
- Oxydation de l’hydrogène par l’acide sulfurique.
- — Dans certaines conditions, l’acide sulfurique agit comme un oxydant vis-à-vis de l’hydrogène en dormant de l’eau et du gaz sulfureux. Il y a déjà quelque temps, on a constaté qu’à froid, entre <17° et 25°, l’hydrogène insuffisamment purifié donne lieu à un dégagëmënt sensible d’acide sulfureux en présence d’acide sulfurique; mais il n’en est plus de même avec l’hydrogène pur. Par rcontre, ce dernier subit l’oxydation à chaud/, à 174° et sous pression constante, en présence d’un excès d’acide, la réaction est unimoléculaire. Une légère addition d’eau ne diminue pas sensiblement sa vitesse, et cette influence de l’eau est constante quand la concentration de l’acide varie entre 91 et 97 pour 100 d’acide réel. Sa vitesse est accélérée par les substances catalytiques suivantes : métaux du groupe du platine, sélénium, or, sulfates solubles, oxydes d’antimoine, tantale et arsenic ; elle est au contraire retardée par les oxydes de vanadium, molybdène, tungstène, les sulfates insolubles, la silice. Les sulfates alcalins sont sans action sensible sur la réaction ; il en est de même de la lumière.
- La neige à Paris. - - L’hiver a fait la semaine passée une brusque et brève apparition à Paris, qui laissera un souvenir vivace dans l’esprit des Parisiens. Le mardi, 29 décembre, une épaisse couche de neige, d’une blancheur immaculée, couvrait les rues, arrêtant la circulation et donnant à-la capitale l’aspect paisible d’un coin de province. Le service de la voirie municipale crut bien faire en appliquant aux rues paralysées le remède réglementaire : il consiste, on le sait, à jeter du sel sur la neige; çelle-ci fond aussitôt et l’eau s’écoule. Mais ce procédé n’est applicable qu’avec des équipes nombreuses de balayeurs, pour nettoyer la chaussée; or l’administration' manquait d’hommes; on jeta le sel néanmoins et la neige blanche se changea en une boue gluante, épaisse et sla-gnante, qui pendant trois jours entiers, rendit les rues de Paris, impraticables. La neige et la glace en se mélangeant forment un réfrigérant dont la température atteint
- p.2x41 - vue 473/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- — i8° et qui, étant liquide, agit d’une façon particulièrement efficace ; tous ceux qui ont été forcés de circuler à pied durant ces trois jours, en ont fait la cruelle expérience. Il faut espérer que l’administration prendra des mesures pour éviter le retour de pareils faits, indignes d’une ville comme Paris. Ne pourrait-on créer des machines enlevant les.neiges mécaniquement? Le problème ne semble pas fort compliqué à résoudre et l’on aurait l’avantage d’avoir un matériel facilement et rapidement mobilisable et qui, sans doute, ne serait pas beaucoup plus coûteux que l’organisation actuelle.
- Le vaccin contre la typhoïde. — D’après le Scienti/ic American, le département de la guerre des Etats-Unis envisagerait la possibilité d’employer la vaccination pour immuniser les soldats contre la fièvre typhoïde, et sei'ait sur le point d'en décider l’application systématique dans tous les corps d’armée de l’Union.
- Wright gagne la coupe Michelin. — W. Wright a tenu à terminer d’une façon triomphale l’année 1908, si glorieuse pour lui, si féconde pour l’aviation tout entière. Il a battu tous ses records antérieurs en accomplissant le 3i décembre 1908, malgré le froid, un vol de 2h aom 23% parcourant officiellement une distance de 124,700 km. Wright devient détenteur de la Coupe Michelin pour un an au moins. Après ces triomphes, que nous réserve 1909?
- Un aérodrome aux portes de Paris. — Le 10 janvier, on inaugurera à Juvisy un aérodrome établi par la Société d’encouragement à l’aviation. Ce port aérien occupe environ 1 million de mètres carrés, où l’on a fait disparaître tout arbre, tout fossé. La piste circulaire compte 3 km de tour et 1 km en ligne droite. Ajoutons que les membres de la Ligue Nationale Aérienne seront admis, en semaine, dans cet aérodrome sur simple présentation de leur carte.
- Les élèves-pilotes aviateurs. — La Ligue Nationale Aérienne vient de prendre une décision fort intéressante, celle d’aider tous les aviateurs de bonne volonté à faire leur apprentissage aérien. Elle a créé une Commission des élèves-pilotes chargée d’organiser cet enseignement d’un nouveau genre. Les élèves s’exerceront, sur les appareils mêmes, à la manœuvre des aéroplanes. La Ligue va acheter trois aéroplanes de types différents destinés à cet usage. Il y aura des démonstrations pratiques et des. exercices de conduite. En outre des conférences théoriques seront faites le soir, par d’éminents techniciens deT aviation. On ne peut qu’applaudir à celte intelligente initiative qui propagera dans le public la connaissance approfondie des choses aériennes.
- Un aérodrome en Angleterre. — A l’exemple de la France, l’Angleterre s’intéresse vivemenFaux questions d’aviation et la Société aéronautique de Londres vient de créer le long des marais d’Essex, près de Londres, un aérodrome. Il se composera d’un terrain d’un demi-hectare de superficie sur lequel seront établis les bâtiments et hangars nécessaires. Tout autour s’étend sur plusieurs kilomètres une contrée plate, sans arbres ni accidents de terrain tout le long de la Tamise. Un avantage de ce terrain, que les inventeurs apprécieront sans aucun doute, est d’être entouré d’eau de toute part, et ainsi de pouvoir être interdit aisément au public dont la curiosité est si souvent gênante pour les expériences.
- La réfection du Grand Canal chinois. — D’après Chine et Belgique, un rapport du ministère des voies et communications a déterminé le vice-roi du Petchili à proposer à l’empereur de réfectionner le Grand Canal du Petchili au Kiangsou, au travers du Chantoung. Il s’agit de mettre cette voie d’eau nationale à hauteur des progrès modernes. La réalisation de ce projet aurait ‘le double avantage de faciliter les communications par steam-boals et launches et le transport du-courrier de la poste impériale vers le nord de la Chine. Plus d’un million de francs étaient autrefois dépensés annuellement pour l’entretien de ce canal, dont l’utilité était si grande pour amener le tribut du riz du sud de la Chine à Pékin; ces travaux exigent encore maintenant 210000 francs par an. Comme le canal constitue un cours d’eau important à l’intérieur des terres et qu’il relie le sud et le nord du Céleste-Ejnpire, il serait préférable, d’après le vice-roi lui-même, d’attribuer une somme déterminée pour le draguer convenablement, de manière à ce qu’il demeure
- en bon état pendant plusieurs années, sans avoir besoin de- nouvelles réparations. Si la sanction impériale est accordée, le coût serait supporté par les revenus des provinces du Petchili et du Chantoung. Les marchands chinois les plus notables sont* unanimes à désirer la réfection de ce canal et la construction de digues le long de ses bords. Des dx'agueurs européens seront indispensables pour un pareil travail; quant à l’estimation du devis, elle s’élève à plus de deux millions de francs.
- La mise en valeur de la Patagonie. — D’après le Tour du monde, le gouvernement argentin a entrepris de mettre en valeur la Patagonie, au moins dans sa partie septentrionale. Les résultats qu’il a obtenus dans une première station expérimentale située dans la vallée du Rio Negro sont tout à fait encourageants. Cette station a été dotée de machines puissantes propres à établir un système d’irrigation méthodique. L’eau ai'rive donc en abondance sur les champs d’expérience. L’arrosage de ces terres, préalablement défrichées au moyen de machines, a fait merveille. Des fourrages et dos graines de toutes sortes y ont poussé en abondance et leur qualité est excellente. Ainsi s’est révélée au gouvernement argentin l’immense valeur de cette vaste région, réputée à jamais désertique, et déjà des projets officiels ont vu le jour dans le but de développer sans délai les procédés d’irrigation si heureusement inaugurés. Aux canaux actuels qui s’étendent sur une longueur de n5oo m., d’autres canaux vont s’ajouter et d’autres machines vont être construites pour épandre largement les eaux du Rio Negro sur la région patagonienne. Il est à noter que la longue bande de terres, jusqu’à ces derniers temps incultes et dont quelques parcelles viennent de témoigner d’une si remarquable fertilité, se trouve sous un climat éminemment favorable à l’agriculture.
- Le progrès aux Indes. — Les agitateurs bengalis qui poursuivent depuis quelques années l’organisation d’un mouvement anti-anglais ne se contentent plus de dynamiter les maisons des fonctionnaires ou de faire sauter les ponts au passage des trains. Ils ont maintenant recours à des moyens moins meurtriers et plus scientifiques pour répandre dans les masses leurs idées d’émancipation. Le gouvernement anglo-indien a appris tardivement que le parti révolutionnaire avait fait fabriquer aux Etats-Unis et au Japon d’énormes quantités de rouleaux de phonographes reproduisant des chansons et des discours séditieux dans les principales langues en usage dans la péninsule. Tels les troubadours du moyen âge, des affiliés parcourent les campagnes indiennes en faisant entendre leur répertoire anglophobe. Des perquisitions opérées à Calcutta, chez des marchands indigènes, ont permis de saisir des milliers de ces rouleaux, et l’on parle d’une prochaine ordonnance qui interdirait l’usage du phonographe aux Indes, ailleurs que dans les salles publiques soumises au contrôle de la police.
- Nouvelles grottes à peintures préhistoriques en Espagne. — M. Alcalde del Rio, directeur de l’Ecole des sciences et arts de Torrelavega (Santander), nous informe qu’il a découvert, en avril dernier, des peintures et gravures préhistoriques nouvelles aux grottes de Pindal, Loja, Santian, Clotilde. Dans la première, la plus importante, sont représentés un éléphant (comme à la grotte del « Castillo ») et des signes de haches emmanchées comme à Niaux (Ariège), ainsi que des bisons, chevaux, cerfs et un poisson. Avec la caverne du Portel (Ariège), cela porte à trente-cinq environ le nombre des grottes pourvues'de. ces énigmatiques et troublantes décorations.
- La lèpre en Hawaï. — Comme suite à la notice qu’un de nos collaborateurs consacra récemment à la léproserie d’Hawaï, constatons, d’après un rapport officiel, que la terrible maladie accuse une décroissance sérieuse dans l’archipel, grâce aux mesures sanitaires imposées aux indigènes par les autorités. On ne compte plus que 800 malades dans le lazaret Me Molokaï, au lieu de la moyenne de 1200 des dix années précédentes. L’Assemblée législative de Honolulu a rendu aux lépreux leurs droits électoraux à l’occasion des récentes élections, si bien que les candidats ne se sont pas fait faute de visiter fréquemment le lazaret pour se disputer les voix des électeurs de Molokaï.
- p.2x42 - vue 474/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- SgTNS. Jouets 'S'î'Ofc
- Les singes savants. — Une des attractions du Jenner concours de jouets Lépine.
- Sur un axe horizontal, élevé entre deux pylônes qui ]e supportent, sont perchés des singes. Cet axe B reçoit un mouvement de rotation rapide au moyen d’une friction d'angle C montée sur un volant lequel est actionné par un engrenage muni d’une manivelle E.
- Chaque singe comporte une cage F à l’intérieur de laquelle sont placés deux petits disques solidaires l’un
- Fig. r. — Les singes savants.
- de l’autre par un arbre coudé G qui donne un mouvement de va-et-vient à une petite tige supportant la tête du sujet et qui est maintenue par le support H. Une robe d’étoffe légère attachée au con recouvre le mécanisme. Les bras sont fixés à la base du cou et la queue du singe, faite en plomb, soudée au bâti, forme contre-
- c
- Œ>
- Fig. 2.
- Commande du mécanisme.
- Fig. 3.
- Mécanisme de chaque sujet.
- poids et permet à l’animal de se tenir d’équilibre sur l’axe horizontal. -Cet axe, en tournant, actionne les deux disques de chaque mécanisme et par le vilebrequin et la tige .verticale communique aux singes des mouvements grotesques. Les sujets sont interchangeables à volonté; on peut les placer et les déplacer instantanément sur l'arbre horizontal". C’est là une idée très ingénieuse qui a valu une médaille d’or à M. Jeannet, l’inventeur, et qui plaira certainement aux jeunes enfants toujours amateurs de grimaces.’
- Nouveau mécanisme régulateur. — M. Gasselin qui a remporté le Grand Prix du concours Lépine tant
- Nouveau mécanisme régulateur.
- par le nombre des objets exposés que par l’intérêt qu'ils présentent, a imaginé un nouveau mécanisme
- régulateur pour les mouvements d’horlogerie actionnant les jouets mécaniques.
- Ce régulateur est placé sur le mouvement comme les régulateurs ordinaires; il est constitué par une tige métallique capable de tourner autour d’un pivot entraîné par le mouvement; mais cet entraînement est limité, régularisé, par une roue à ancre' qui oblige la tige à-osciller, pendant qu’elle tourne, en s’engageant alternativement à droite et à gauche dans chacune des dents de la roue. Ce régulateur, très précis, présente en outre l’avantage de conserver la force emmagasinée par le ressort moteur pendant un temps plus long ; les jouets, ainsi actionnés, marchent donc plus longtemps et surtout avec plus de régularité.
- m
- Montagnes russes.
- Montagnes russes. — Très nouveau jeu de quilles de salon constitué par une piste oblique faite de deux planchettes taillées en « montagnes russes » à leur partie supérieure. Les quilles se dressent en haut du jeu et il faut les abattre à l’aide d’une sorte de bobine assez massive en bois capable de gravir les plans inclinés.
- Cette bobine porte un évidement annulaire central; au moment de commencer le jeu elle est placée au bas de sa course, à la naissance des plans inclinés. On se sert, pour la lancer, d’une petite planchette à main taillée en arc de cercle, qui s’engage dans l’évidement central de la bobine.
- On exerce une pression et on tire fortement à soi la planchette dans le sens du jeu ; celte action provoque la rotation de la bobine qui gravit ensuite le plan incliné et abat toutes les quilles si elle a été adroitement lancée. Souvent, surtout lorsque les joueurs ne sont pas très habiles, elle l’este en route ou atteint difficilement la première quille.
- On peut également lancer la bobine avec la main que l’on place de champ sur la rainure et à laquelle on communique le même mouvement qu’à la planchette de lancement. Dans tous les cas, il faut être bien exercé pour abattre toutes les quilles. — Les montagnes russes sont en vente chez M. Blin, i3o, rue Amelot, à Paris.
- Le bagolo. — Ce jeu est certainement originaire des Champs-Elysées. Tous les petits parisiens connaissent, en effet, le manège de chevaux de bois agrémenté d’un jeu d’anneaux. Chaque cavalier tient une baguette de la main droite, et, au moment où son cheval l’amène à proximité du but, il s’efforce d’enlever un anneau à la pointe de son épée improvisée. Ces anneaux sont placés dans un châssis et au fur et à mesure que les cavaliers adroits les enlèvent, un autre vient se mettre en position de prise. Le bagolo est inspiré de ce jeu.*Les châssis porte-anneaux sont attachés à une tringle portée par deux montants fixés au socle du jouet. Ces porte-anneaux, au nombre de quatre, se balancent à leur tringle, ce qui augmente les difficultés. Les cavaliers sont remplacés par quatre piétons capables de circuler dans le sens de la longueur, sur le socle du jeu : chacun d’eux est armé d’une épée, et à l’aide de deux ficelles, l’enfant fait avancer, ou reculer, en lui faisant faire un demi-tour, chacun des piétons. Il s’agit de diriger son pantin de manière qu’en passant sous le porte-anneaux il parvienne à saisir un anneau. En cas de choc maladroit, le
- p.2x43 - vue 475/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE'
- porte-anneaux se balance, ce qui augmente les difficultés pour saisir l’anneau. Mais comme le pantin est mobile autour de son axe, il suffit de 1 orienter convenablement, au moment de son passage pour que son épée s’engage dans 1 anneau et l’enlève — Le bagolo est construit par M. Mansion, 87, rue d’Àlésia, Paris.
- Le Zanzibar roulant. — Ce nouveau jeu assez semblable à l’haltère équilibriste porte, au lieu de boules, deux gros cubes en bois numérotés comme les dés du jeu de Zanzibar. Mais le bâton sur lequel il s’agit de faire rouler l’haltère présente une surface très lisse et
- il se termine par une gorge dans laquelle doit venir se placer le bâton des deux cubes. Lorsque le joueur a atteint ce résultat les cubes lui donnent immédiatement le nombre de points auquel il a droit. C’est un jeu d’adresse très ingénieux, et il faut certainement se livrer à une série d’exercices assez longue pour acquérir la maîtrise, c’est-à-dire pour amener les cubes à l’extrémité du porte-haltère. — Le Zanzibar roulant est construit par M. Vaillant, i5, rue Jules César, à Paris.
- L’arc en ciel. — Il n’existe aucun rapport entre le jouet appelé arc en ciel et le phénomène céleste du même nom. D’ailleurs, nous avons soin de l’écrire sans traits d’union. C’est un arc en acier, fort peu encombrant dont les deux extrémités sont reliées par un caoutchouc. La flèche est faite en bois; elle traverse la poignée qui sert de support à l’arc et est fixée au caoutchouc, contrairement à ce qui se passe dans la réalité. Cette flèche ne quitte donc jamais l’arc, mais elle sert au lancement de fléchettes en bois pourvues de plumes et terminées par une pointe, qu’on envoie à de fortes distances sur une cible.
- La pointe de ces fléchettes est suffisamment acérée pour causer des accidents; c’est pourquoi l’inventeur, qui a pensé à tout, a su faire d’une pierre deux coups : la fléchette se démonte en deux parties, celle qui porte la pointe peut se rentrer dans l’autre, et lé projectile devient inofïensif sans pour cela manquer d’intérêt, car il se termine alors par un chiffre de caoutchouc qu’il suffit d’enduire d’encre pour qu’il laisse sa trace bien apparente sur la cible. Ce système est très ingénieux car il évite les discussions entre tireurs Pour les demoiselles on remplace la fléchette par un volant à tête de caoutchouc que les partenaires s’envoient mutuellement et reçoivent dans un petit filet monté sur Je manche de l’arc. Jeu très gracieux auquel peuvent prendre part un grand nombre d’enfants. — L’inventeur est M. Fournier, 5i, rue de Saint-Germain, à Nanterre.
- L’arc en ciel.
- à fa
- ire
- Jet d’eau. — Nos petits inventeurs sont vraiment des gens de ressources: ils savent mettre en jouets les choses les plus compliquées. Qui donc eût jamais songé un tir à l’œuf avec un vrai jet d’eau pour quelques sous? Le problème a été résolu cette année par M. l)o-lonne. Un petit réservoir, de un quart de litre de capacité environ, est installé sur deux maigres montants de bois fixés à un socle. Ce socle est une vasque au centre de laquelle un tube de 3 ou 4 cm laisse écouler le liquide. Le réservoir étant en charge, si on ouvre la vanne le jet d’eau fonctionne. Là-dessus l’inventeur place un œuf : une petite balle de liège ou, mieux, de celluloïd, très légère, maintenue par un léger fil de soie à une traverse supérieure. Le jèt soulève la balle absolument comme dans les tirs forains sont soutenus les vrais œufs. Et voilà un tir à l’œuf pour les tout petits. ,
- Nous recommandons, pour ce tir, la mitrailleuse jouet ; de M. Blavelte qui nous paraît convenir parfaitement. — M. Dolonne habite 31, avenue des Gobeliris, à Paris.
- pour
- Jet d’eau.
- <*§>&» Divers 'ssLrfjp
- La ceinture de sûreté Ravasse Luilier. — Cet to
- ceinture, pratiquement conçue, a pour but d’obvier aux dangers auxquels sont Irop souvent exposés les ouvriers qui travaillent à l’élagage ou à la taille des arbres, à l’entretien ou à la construction des lignes électriques au ravalement des façades, aux sémaphores, etc. Connue le montre la figure 4, l’appareil se compose d’un corps A, en cuir ou en tissu pompier, assez large, pour qUc l'opérateur soutenu soit bien à l’aise, corps que l’on serre à la taille à la façon d’une ceinture ordinaire, (q d’un dispositif de protection formé d’une lanière en cuir au chrome, à la fois très
- souple et très résistante, ayant 3 cm de largeur sur
- Los services
- de la ceinture de sûreté.
- à un poteau de tramway.
- I'ig. a. — Ouvrier réparant un poteau sémaphorique.
- une longueur variable (de 1,85 m. à a,3o m) et numiel d’un double anneau ouvert E. J
- L’extrémité libre de celle lanière est munie d’un porte mousqueton C, maintenu par un coulant traversé par un boulon à tête et à écrou de forme excentrique, porte-mousqueton qui peut s’accrocher à l’une des boucles B B qui sont fixées au corps même de la ceinture : ou peut ainsi régler à volonté et rapidement la longueur utile de la lanière. Enfin, un porte-outil F est suspendu! à la ceinture. Pour assurer la protection, il sulïit de passer la lanière autour du poteau, de l’arbre ou cluj
- Fig. 3. Fig. 4.
- Ouvrier suspendu au sommet La ceinture de sûreté,
- d’un poteau télégraphique. ltavasse Luilier.
- pylône, de l’introduire ensuite dans Panneau, mobile el d’en arrêter l’extrémité libre dans la ceinturé. Le nœud coulant ainsi formé empêche tout à la fois le renversement de l’homme, en cas d’accident quelconque, et sa chute verticale dans le cas de rupture des supports sut lesquels il a pris son appui. Les mains d’autre pari, reprenant toute leur liberté, la ceinture assure un plus grand rendement et une plus grande vitesse à l’exécution du travail. Les fîg. 2 et 3 permettent d’ailleurs clairement de comprendre les avantages qui résultent de l’emploi de ce simple appareil. — On trouve la ceinture Ravassë .Luilier, chez M. L. Ravasse, 77,; rue Thiers, à Boulogne-sur-Seine (Seine) aux prix de x5, 16, 3o et 3a francs suivant les modèles.
- p.2x44 - vue 476/647
-
-
-
- r
- VARIETES
- Cuirassés condottieri. — On vient de lancer récemment, aux chantiers navals d’Elswiek de la puissante maison Armstrong, Witworth et G0, à Newcastle, le cuirassé le Minas-Geraës construit pour le Brésil et qui est sans doute un des plus terribles engins de destruction actuellement à Ilot.
- Voici, en elfe!, quelles sont ses caractéristiques : longueur i5a m. ; largeur a5,3o m. ; tirant d’eau 7,60 m,; déplacement 19500 tonnes. Sa vitesse prévue est de ai nœuds; ses soutes à charbon peuvent contenir •iooo tonnes de combustible ; de plus ses chaudières sont disposées pour être alimentées indifféremment à l’aide de charbon ou de combustibles liquides. Comme protection il a une ceinture cuirassée de a3 cm qui va en s amincissant légèrement à l’avant et à l’arrière et qui monte à la hauteur du pont supérieur, protégeant ainsi machines, chaudières, casemates, etc.... Son armement comporte'12 canons de 3o5 mm disposés par paires en 0 tourelles : 8 pièces peuvent tirer en avant ou en arrière et io par le travers de chaque côté. Son artillerie moyenne se compose de 22 canons de 120 mm; en outre il est muni d’un certain nombre de pièces de 3 livres et de petit calibre.
- La ventilation de ce superbe spécimen de l'art naval a été spécialement soignée et, en particulier, dans les magasins à munitions et les salles des machines.
- Le modèle en réduction du Minas-Geraës qui.se trouvait à l'Exposition Franco-Britannique de Londres, a attiré de façon toute spéciale l’attention des visiteurs.
- La même temps qu’Elswick construisait ce cuirassé les chantiers maritimes de Barrow-in-Furness travaillaient au Saô-Paulo qui est exactement du même type; cl maintenant que la cale de construction du Minas-Geraës est libre, M. M. Armstrong et C° vont y monter le Rio-de-Janeiro qui formera par la suite avec le Saô-Pmilo et le Minas-Geraës une escadre aussi puissante cju homogène à la disposition du Brésil.
- 11 est juste de dire que l’opinion publique a été très étonnée en apprenant que la grande République Sud-Américaine décidait de faire construire à grands frais une escadre ultra-moderne composée de bâtiments sur le type du célèbre Dreadnoughl. L’émotion fut intense aux Etats-Unis où l’on crut tout d’abord que ces trois navires étaient en réalité secrètement construits pour le compte du Japon : à vrai dire les Hottes japonaises devraient attendre encore assez longtemps un tel renforcement puisque le Minas-Geraës ne sera pas terminé avant novembre 1909, le Saô-Paulo avant mars 1910 et le Rio-de-Janeiro avant mars 1911.
- La principale cause de l’appréhension qui s’empara des Américains du Nord, dans un moment où ils croyaient prochaine une guerre avec l’empire du Mikado, était la ressemblance asssz grande entre les données connues et à peu près certaines des cuirassés brésiliens et des cuirassés nippons.
- Les cuirassés que le Japon construit actuellement ont ïuooo tonneaux de déplacement; 146 m. de longueur; ùi.aO m. de largeur; 8,6c m. de tirant d’eau et une vitesse de 21 nœuds. Comme armement 12 pièces de 3o5 mm.; 10 de i5-2 mm. et 12 de 120 mm.
- Il y a une légère différence dans les calibres de l’artillerie moyenne puisque le Brésil adopte un calibre unique, le 120 mm. tandis que Je Japon en a deux, le x5a mm et le 120 mm ; mais lé nombre de pièces est le même 22.
- Quant à la grosse artillerie il y a chez les deux nations identité de calibre, 3o5 mm, même nombre de pièces, 12, et similitude de répartition en 6 tourelles cuirassées, deux à l’avant, deux à l’arrière dans l’axe du navire et par conséquent soit à l’avant, soit à l’arrière une des tourelles domine l’autre et tire par-dessus elle, enfin une de chaque côté du bâtiment. Celte disposition permet de tirer simultanément 8 grosses pièces à l’avant ou à l’arrière, ou bien 10 d’uu côté ou de l’autre.
- Le plus curieux c’est qu’au moment où les plans de ces navires étaient exécutés, seuls le Japon et le Brésil adoptaient ces dispositions pour la grosse artillerie.
- L’Angleterre abandonnant «quelque peu le type du Rreadnought pour ses constructions de 1906-1907, c’est-à-dire pour les vaisseaux de la classe des Bellérophon, Iitinéraire et Superb ne leur donnait que 10 pièces de 3o5 mm et 20 de 102 mm.
- Pour son dernier modèle X de 1907-1908 on ne con-
- naît pas au juste la solution adoptée, peut-être 8 canons de 343 mm ou bien 12 de 3o5 mm et un nombre inconnu de pièces de 102 mm.
- L’Allemagne pour ses cuirassés de 1906-1907, du type Ërsaiz-Sachsen utilise 16 pièces de 280 mm et 22 de 88 mm; les Etats-Unis, pour leur type Delaware emploient 10 canons de 3o5 mm et 14 de 127 mm; l’Italie, sur ses cuirassés de 1907, dispose 8 pièces de 343 mm ou 10 de 3o5 mm et 12 de 120 mm; enfin l’Aulriche-llongrie, pour ses bâtiments, modèle 1907-1908 de la classe Ersatz-Tegethof adopte 4 canons de 3o5 mm, 8 de 240 mm et 20 de 100 mm.
- En somme, Brésiliens et Japonais sont les seuls à avoir choisi même armement et même disposition des pièces. Cette similitude est réellement un peu troublante; néanmoins on ne peut pas voir là une preuve que les cuirassés brésiliens soient destinés à passer au service du Mikado qui ferait, tout bien compté, une mauvaise aflaire. En effet le Japon est outillé admirablement et peut construire lui-même les bâtiments qui lui sont nécessaires à bien meilleur compte que partout ailleurs et dans des conditions de secret qu’il ne saurait rencontrer nulle part. De plus, les Brésiliens qui surveillent la construction de ces fameuses unités n’apportent pas à ce travail la même minutie que les Japonais en pareil cas. Enün, ces trois vaisseaux ne pouvant être utilisables avant 1911, le Japon aurait parfaitement eu tout le temps de les construire lui-même.
- En réalité, on 11c doit pas suspecter les intentions actuelles du Brésil, mais d’ici 1912 peuvent surgir bien des événements imprévus. Dans une crise financière un peu trop pressante, il peut se trouver en face d’une offre de 120 à i5ooooooo francs de la part d’un Etat sur le point d’avoir une guerre maritime et désireux de renforcer ses flottes à Laide du Minas-Geraës, du Saô-Paulo, du Jlio-de-Janeiro. On connaît des précédents à ce genre de négociations.
- Immédiatement après la signature du Traité de Shimonoseki, le Japon acheta au Chili Yldzumi, croiseur qu’il faisait construire aux chantiers d’Elswiek ; quand les Russes occupèrent Port-Arthur en 1899, le Japon acheta encore au Chili YLvate et YIdzumo, croiseurs-cuirassés également construits par Armstrong, Witworth et C°. Quand le Japon fut sur le point de faire la guerre à la Russie il acheta à la République Argentine le Kasuga et le Niss-hin, croiseurs-cuirassés qu’elle avait commandés à l’Italie. Enfin, à la même époque, l’Angleterre acheta au Chili le Triumph et le Swiftsure, construits par les chantiers d’Elswiek et de Barrow-in-Furness : elle n’avait nullement besoin de ces cuirassés, mais elle voulait empêcher leur achat par la Russie qui aurait pu ainsi ajouter à la flotte de l’amiral Rodjeslwensky deux superbes unités modernes.
- Il est curieux d’envisager, ainsi que le fit Sir Gerad Fiennes, ce qui se passerait au cas où, pour une raison quelconque, le Brésil se déciderait à vendre le Minas-Geraës, le Saô-Paulo et le Rio-de-Janeiro, quand, vers 1912, ces trois bâtiments achevés seront en état de prendre la mer.
- Une escadre composée de ces trois navires du type du célèbre Dreadnouglit ainsi jetée dans la balance serait peut-être capable de faire pencher le plateau en faveur de la puissance ou du groupe de puissances qui les aurait acquis et de décider de la victoire.
- Et si d’autres Etats secondâmes suivent l’exemple du Brésil et font construire des Dreadnoughl, que se passera-t-il au moment où une grande puissance navale se disposera à jouer peut-être son existence dans une guerre maritime ? Il est incontestable que se livreront des luttes diplomatiques à coups de millions autour de tous ces bâtiments de grande valeur.
- Comme en pareil cas les Etals Sud-Américains n’ont jamais hésité à coùclure de bonnes affaires, business is business, le spectacle sera éminemment curieux que celui de ces cuirassés mercenaires vendus au plus offrant. Il y a là de quoi dérouter tous les calculs que font les puissances pour établir les flottes qui sont nécessaires à leur politique.
- En réalité, on verra tenir en plein xx8 siècle par tous ces énormes cuirassés de 18 à 20000 tonnes, véritables •citadelles flottantes, le rôle que jouèrent autrefois les bandes de condottieri. Louis Serve.
- p.2x45 - vue 477/647
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTE
- L’empreinte de la piante du pied. — 11 serait difli-cile de renoncer aujourd’hui au procédé d’examen des doigts introduits dans les recherches d’anthropométrie judiciaire. Il vaut presque‘à lui seul le profil de la ligure, la couleur des yeux et les autres détails d un signalement. Le tracé des lignes papillaires et des sillons de la pulpe du doigt diffère totalement d'un sujet à un autre; aussi peut-on le regarder comme un moyen d’identification des plus précieux.
- La dactyloscopie n’a pas, que je sache, rendu jusqu’ici de grands services en pathologie. Les recherches du Dr llecht sur des malades atteints de paralysie, de gigantisme et de nanisme, sont, je crois, restées isolées et n’ont pas donné grands résultats. Peut-être pourrait-on en tirer un meilleur parti dans les recherches dermatologiques ou chirurgicales.
- L’empreinte de la plante des pieds peut-elle fournir des renseignements aussi parfaits et aussi concluants que la dactyloscopie ? je ne le crois pas. Au moins jusqu’à présent on ne l’utilise pas en anthropométrie judiciaire d’une manière aussi systématique. Cependant, dans les recherches riïédico-légales, l’empreinte ‘du pied, s'il était nu, pourrait certainement permettre une identification rapide d’un criminel. On utilise en clinique ce document pour apprécier le degré de déformation de la voûte plantaire, dans le pied plat, dans les traumatismes, dans les fractures ou luxations du pied, pour l’étude de la démarche dans certaines paralysies.
- Comment prendre cette empreinte ? les moyens et les procédés ne manquent pas. Le plus simple et le plus communément employé consiste à appliquer sur un plancher bien uni, la plante du pied mouillée ou barbouillée de craie ou d’huile. Mais avec ce procédé on ne peut conserver l’empreinte. Pour l’avoir durable, on n’a qu’à faire poser le pied sur un papier enduit de noir de fumée que l’on recouvre après d’une légère couche de vernis. C’est le vieux moyen employé en physiologie pour obtenir et garder des tracés sphygmographiques. Au lieu de poser le pied sur un papier noirci, on peut noircir le pied avec de l’encre d’imprimerie et porter l’image sur des feuilles de papier à dessin. Cette mé-
- thode d’encrage du pied a été modifiée pour la dactyloscopie et on pourrait l’employer pour obtenir l’em-preinte du pied. On n’a qu’à verser sur une plaque de verre une goutte d’encre d’imprimerie diluée à la térébenthine et on l’étend à l’aide du rouleau de gélatine typographique. Quand la couche est bien uniforme, ou encre avec le rouleau une autre plaque de verre et on roule, pour employer le terme consacré, jusqu’à ce que la couche d’encre ait pris une teinte grise uniforme. La plaque est à point, posez le pied dessus et du premier coup l’empreinte est parfaite. Vous pouvez alors la reporter sur du papier blanc lisse et la conserver pour ainsi dire indéfiniment.
- Le 13r Stockis, qui s’est occupé avec soin de cette étude en se plaçant au point de vue plus spécial des accidents du travail, donne dans le journal Le Scalpel un procédé aussi simple qu’ingénieux sans papier spécial et surtout sans encrage. Il l’a préconisé et il y a déjà longtemps pour relever les empreintes digitales sur le papier. Si l’on appuie, dit-il, sur une feuille de papier lisse, une partie quelconque de la peau x’ecouverte d’un peu de sueur (à ce point de vue la plante des pieds est plus favorable que la pulpe du doigt) cette sueur s’attache sur le support et on pourra la rendre visible en la saupoudrant d’une poudre inerte colorée. On peut utiliser pour cela le noir de fumée, la poudre de graphite, la craie. Mais on peut faire mieux, M. Stockis se sert d’un mélange de ioo parties de lycopode et de io parties de rouge d’aniline (la variété dite scarlach de Grübler). Cette poudre, de couleur rouge orange, bien séchée, s’attache bien aux empreintes laissées par la sueur. En appuyant le pied sur une feuille de papier blanc, bien lisse et glacé, le poids du corps suffit à bien marquer l’empreinte. Si le pied était tout à fait sec, on n’aurait qu’à l’humecter très légèrement. Le papier est alors recouvert d’un peu de poudre et l’empreinte se détache aussitôt en rouge vif, montrant tous les détails des lignes papillaires. Pour conserver le dessin, on n a qu’à le recouvrir d’un léger vernis à la gomme arabique et on a de la sorte un document qui peut être conservé des années dans un dossier sans s’altérer. I)‘ A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour préserver du froid les appareils à acétylène.
- — Il importe de préserver du froid les appareils à acétylène, car la congélation de l’eau dans le carburateur, ou dans le gazomètre, entraînerait l’arrêt complet de 1 installation. Pour éviter ces inconvénients, on pourrait être tenté de placer l’appareil dans une cave, ou un local hermétiquement fermé; c’est là une grave imprudence qu’il faut éviter à tout prix, car elle peut s’expier par de terribles explosions. Le procédé le plus simple est d’entourer les tuyaux et récipients contenant de l’eau, avec des chiffons, des bourrelets de laine ou de la paille; on peut aussi construire autour des organes à préserver et notamment du gazomètre, un bâti carré en bois que l’on remplit par un corps mauvais conducteur : débris de liège, sciure de bois. Dans bien des cas, on évitera la gelée en laissant l’appareil fonctionner continuellement; un petit bec, par exemple, sera laissé allumé nuit et jour; la chaleur due à l’action de l'eau sur le carbure de calcium suffit à empêcher la gelée. On versera de plus sur l’eau du gazomètre’ i à 2 centimètres d’huile lourde, ou de pétrole. Ces liquides incongelables protégeront efficacement contre la gelée l’eau sous-jacente. On peut aussi mêler à l’eau du gazomètre des corps qui abaissent le point de congélation; l’alcool, dans la proportion de 25 pour 100, abaisse le point de congélation à 140 au-dessous de o°. Le chlorure de calcium du commerce, dans la proportion de 12 kg pour iod litres d’eau, donne le même résultat. Le sel marin donnerait aussi de bons effets; mais on lui reproche de corroder les appareils. La glycérine peut également être employée dans la proportion de 25 pour 100. Noter que ces produits ne doivent jamais être ajoutés à l’eau qui servira à décomposer le carbure.
- Pour remettre à neuf les bouchons en caoutchouc durci. — On pourrait appliquer la méthode à tous les objets en caoutchouc ; mais comme il faut, après le traitement que nous allons indiquer, enlever, au moyen d’un canif coupant bien, la pellicule superficielle qui s’est trop attendrie, on ne pourrait agir ainsi avec n’importe quel objet. Pour les bouchons, tout au contraire, cela 11e présente aucun inconvénient. On met tremper ces bouchons durcis, et durant une dizaine de jours, dans une lessive faite à 5 pour 100 de soude, que l’on maintient autant que possible à une température comprise entre 40 et 5o° C.
- Il faut ensuite les rincer, procéder à l’opération de décapage superficiel que nous avons indiquée, et enfin laver une dernière fois dans l’eau tiède.
- Moyen de donner une patine brun rouge au cuivre. — On enduit la surface brillante que l’on veut patiner d’une pâte faite avec 4 parties de vert de gris, autant de colcothar (ou rouge d’Angleterre), une partie de rapures de cornes et un peu de vinaigre. On chauffe sur un feu de charbon de bois jusqu’à ce que l’enduit soit sec et qu’il ait noirci.
- On l’enlève alors, en lavant et au besoin en grattant sans rayer.
- Procédé pour couper le verre avec des instruments d’acier. — Il n® faut pâs perdre de vue que tout instrument d’acier maintenu bien mouillé avec de la térébenthine où l’on a fait dissoudre du camphre, entame le verre tout comme il le ferait du laiton. En particulier, on peut scier du verre avec une scie faite d'un ressort de montre bien trempé dans ce liquide.
- p.2x46 - vue 478/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- ^VIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les ^ajts d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes je renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Conslanlin-Conslantinidis, àTakoüs. — Pour mesurer la température d’un four de boulangerie, il faut vous servir d’un pyromètre : le pyro-mètre à radiation de Ch. Féry est très pratique; il existe des pyromètres à résistance basés sur la variation de résistance électrique des métaux avec les températures. Vous trouverez les appareils de ces deux types, chez Poullenc, 92, rue Vièille-du-Temple, Paris.
- M. G. Yanes, à El-Tocuyo. — Vous trouverez des manchons à incandescence et de bons becs à alcool
- chez M. Barbier, 46, boulevard Richard-Lenoir, Paris.
- D' Cordier, à Remiremont. — Vérifiez bien encore si les plaques négatives de vos accumulateurs sont restées spongieuses, si elles ont durci, il y a sulfatation et vous y remédierez, presque sûrement, en donnant une charge prolongée à l’élément sulfaté. S’il n’y a pas sulfatation, la perte de charge peut être due à un mauvais isolément des bacs, peut-être aussi à la chute d’un peu de matière .active ; vous vérifierez ce dernier point en examinant vos plaques ; enfin les plaques positives peuvent être usées et exiger d’être remplacées.
- M. le prince d-e Tonnay-Charente, à Paris. — Nous n’avons plus aucun renseignement sur l’embrayage réducteur de vitesse Humpage.
- M. de Panniat, à Paris. — Sur la télégraphie sans fil par ondes herziennes, voyez les numéros suivants de La Nature : 1776, 1792, i8o5, 1816, i8a3.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- la projet de jardin botanique français au Cap de Bomie-Espé-l’iiiico en 1802 : Henri Dehérain. — L’histoire des moteurs hydrauliques : Jacques Laeitte. — Les ions et les électrons : b. De Launay. — La saline de Slànic, en Roumanie : G. RÉ-naudot. — La reproduction du saphir : A. Trolleu. — La brouette chinoise dans nos colonies africaines : Louis Serve. — Académie des sciences; séance du 28 décembre 1908 : Cri. de Villedeuil.—Nouvelle machine à additionner : II. Yillers.
- Supplément. — Souscription internationale pour l’érection d'un monument à E.-J. Marc y (parc des Princes, à Paris). — Une i mâchoire humaine du quaternaire inférieur, etc.
- les explosifs et leur fabrication,' par Rodolpho Molina, traduit de l’italien par J.-A. Montpellier. In-8 de 374 pages. H. Dunod et E. Pinat. Prix : broché, 6 francs; cartonné, yfr,25.
- L’ouvragé très pratique de M. Molina a eu en Italie un succès justifié. Il contient, en effet, des indications et des renseignements précieux, non seulement pour ceux qui fabriquent des explosifs, mais surtout pour ceux qui les utilisent. L’auteur expose tout ce qui . concerne les poudres noires, les fulmi-cotons, la nitroglycérine et les dynamites, les picrates et fulminates, les poudres sans fumée de guerre et de chasse, et traite même l’air liquide comme explosif.
- Traité-répertoire général des applications de la chimie, par M, Jules Garçon. Dunod et Pinat. Paris, 2 forts volumes in-8. Prix : 35 francs. — Tome I. Métalloïdes et Composés métalliques ; tome II. Composés du carbone ; Métaux. Chaque volume séparé. Prix : 20 francs.
- Ce grand travail, modestement présenté,' mérite une mention toute spéciale pour l’accumulation extraordinaire des renseignements de tous genres qui y sont contenus. C’est une véritable encyclopédie, qui sera des plus utiles à quiconque s’occupe de chimie industrielle et appliquée. Les documents les plus récents et jusqu’aux brevets d’invention y sont tenus à jour, sans phrases inutiles. On y trouve aussi bien ce qui est relatif à la métallurgie ou aux eaux minérales que l’industrie des matières colorantes, de la soie artificielle, du sucre, de l’alcool ou du savon.
- Illusions naturelles et scientifiques, par le Dr W. Hamp-son (trad. IL Broun), in-8% illustré, Paris, Juven, éditeur.
- Avec beaucoup de clarté et d’attrait, ce livre explique les illusions mécaniques des marches rétrogrades des trains, des girouettes mystérieuses, du gyroscope, etc.;
- les paradoxes physiques et chimiques de la glace, de la chaleur, du magnétisme, la désagrégation; les
- j paradoxes physiologiques de la vue, de l’ouïe, du toucher. Curieux ouvrage.
- Introduction à l'étude des matières grasses. Exposé et examen des principales méthodes d’analyses, par Georges Bouchard, docteur ès sciences, fabricant de savons. In-8 de 112 pages. H. Dunod et E. Pinat. Prix : 3 francs.
- Exposé documenté et pratique des moyens d’opérer l’analyse compliquée des matières grasses.
- La Perse d'aujourd'hui : Iran, Mésopotamie, par Eugène Aubin. Un fort vol. in-i8 jésus, de 45o pages, avec une carte en couleur hors texte. Armand Colin, Prix : broché, 5 francs.
- Ce nouveau livre de l’auteur du Maroc., d'aujourd'hui nous présente un tableau très complet de l'état actuel de la Perse au triple point de vue politique; économique et social. L’auteur se trouvait p&Lcourir la Perse à l’époque même où se produisaient en ce pays les premiers phénomènes révolutionnaires. Il a pu en suivre les manifestations, et observer utilement la transformation présente de ce grand pays.
- La production du coton en Egypte, par François-Charles Roux. 1 vol. in-8° jésus de ^20 pages. Armand Colins Prix : broché, 7tr,5o.
- La question du coton, capitale pour l’Egypte, intéresse en même temps tous les pays qui consomment cette substance. Le livre de M. Roux est le fruit d’une enquête consciencieuse, conduite sur place et doublée d’une sérieuse documentation. Le sujet y est traité sous son triple aspect agricole, industriel et commercial. L’auteur nous conduit successivement aux champs, à l’usine et à la Bourse, pour nous faire assister à la culture du cotonnier, aux transactions commerciales auxquelles donne lieu la récolte, aux opérations de l’égrenage et du pressage, à l’exportation du coton et de la graine.
- L.es procédés de l’industrie allemande, par Victor Cambon, ingénieur des arts et manufactures. Dunod et Pinat. In-8° de 4î pages, avec fîg. Prix : ifl,5o.
- Très intéressant mémoire, où sont exposés d’une . façon concise et saisissante les caractères généraux de l’industrie allemande.
- Aperçus historiques sur les voies de terre, par A. Pôns, agent-voyer d’arrondissement. Dunod et Pinat- In-8° de 200 pages. Prix : 6 francs.
- p.2x47 - vue 479/647
-
-
-
- Bibliographie |p§f
- Intéressant travail sur l’histoire des voies de communication, depuis l’antiquité jusqu’au prochain Congrès de la Roule.
- Les animaux légendaires, par IIemii Coupin, in-8° illustré. Paris, J aveu, éditeur.
- Instructif et amusant recueil des histoires et légendes relatives aux animaux célèbres, ce livre remet au point l’ancien et curieux ouvrage d’Octave Fournier sur les animaux historiques.
- Ernst Haeckel. Versuch eiuer Chromk seines Lebens und Wirkens, par le D' \V. May. Leipzig. 1909. J. Amb. Barth. 1 vol. in-16. Prix : 5 marks Go; relié,
- . 6 marks 60.
- On lira avec un vif intérêt ce volume consacré grand biologiste allemand. L’auteur a travaillé en chroniqueur, non en panégyriste, et son livre est pat suite très vivant. Il est. de plus très au courant et it^,s documenté. Une bibliographie extrêmement impor. tante et des tables bien faites augmentent encore ]a valeur de cet excellent travail.
- Vererbung, Gedàclitnis und Iranszendcnlale Erinne. rangea rom Standpunkte der Physiken, par G. lùca. nous. Stuttgart, 1909. Julius Hollmaun. I11-80. Prix, 2,5o marks.
- Intéressante discussion et aperçu sur quelque théories biologiques actuelles (Loeb. de Yries, Mach, Yerworu, llaeckel, etc.).
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France
- observations 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT IIIRHXTHIN KT H'OIU'.h mo 0 A 0 ÉTAT Ut: ClKl. PLUIE EN MILLIMÈTRES observations générales
- Lundi 28 déc. l'JUS . — 5U 0 N.-iY li. 5. Couvert. 0.0 Grains de i 1eigo à 7-8 h. et à 21 licouvert
- Mardi 2 t — 8U0 s. r. 1. Couvert. 8 0 Grains à 9-10 h. et 12 1».; puis neige jusqu’à 2! li. 50.
- Mercredi 50 — 8° 9 M. .N W. 3. lirai!. )) Beau jusqu’à 15 h.; couvert ensuite.
- Jeudi 51 — 1 i° 0 S. E. 0. Dean. )) Beau le matin; nuageux le soir; forte brume.
- Vendredi l“rj v 1000. — 3°.0 S. 2. OoUVITl. 0.0 Couvert; quelquefois de la bruine; brouillard dans la soirée.
- Samedi 2 — 0°.2 S. 8. E. 0. Couvert. 1.0 Bruine jusqu’à G h. pluie à partir de 22 b. 15; brouillard épab.
- Dimanche 5 1° 1 S. 1. Couvert. 2,3 Pluie jusqu’à 3 b 30 ; fort brouillard toute la journée.
- DÉCEMBRE 1908-JANVIER 1909. — SEMAINE DU LUNDI 28 DECEMBRE 1908 AU DIMANCHE 3 JANVIER 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent; Les courbes du rumen indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la. mer); courbe plus mince, thermoniètrè à. l'abri à boule séché; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 28 décembre 1908 au 3 janvier 1909. — Le 28. Dépression au large des Iles-Britanniques, sur le Centre de la France et sur la Méditerranée : Valentin. 753; Clermont-Ferrand, Rome, 7.51. Anticyclone sur le N. du continent, ainsi que des Açores, au S.-O. du contiüent. Pluies et neiges sur PO. et le Centre; en France (eau en mm) : Pointe de la Coubre, 4° ! Biarritz, 21; Bordeaux, i5; Lyon, 12; Brest, 8; Charleville, 1. Temp. du matin : Moscou, —270; Paris, —5; Perpignan, 6; Puy de Dôme, —6; Pic du Midi, - 12; moyenne à Paris :
- — 6°,2 (normale : 2°,i). —'.Le 29. Dépression sur les Iles-Britanniques et la Méditerranée : Rome, 744; très mauvais temps sur le S. de la France, l’Italie et le N. de l'Adriatique. Pluie et neige sur presque toute l’Europe; en France : Biarritz, 26; Toulon, 14; Marseille, Ouessant, 12 ; Lorient, 7; Lyon, 5. Temp. du matin : Charkovv, — 270; Paris, —8; Alger, 15 ; Puy dé Dôme, 11 ; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris, —6?,8 (normale : 20,1). — Le 3o. Même situation, avec baisse générale sur tout le S. de l’Europe; anticyclone sur le N. Uleaborg, 779. Pluies et neiges sur 10. et le S. ; en France : Lorient, a8; Besançon, ir; Brest. Paris, 9; Clermont-Ferrand, 8; Toulouse, 4- Temp. du matin :
- Charkof, — 220; Paris, -^9; Alger, i5; Puy de Dôme, Pic du Midi, — 12; moyenne à Paris, —70 (normale: 20,i). — Le 3i. Pression élevée générale : France et Allemagne, 775; Russie du N., 783; dépression de Us-lande aux Açores. Pluies sur les Iles-Britanniques; en France : Gap, Biarritz, Le Havre, 4; Lyon, 3; Limoges, 2. Temp. du matin : Besançon, — 160; Paris, — 14; Marseille, —4; Puy de Dôme, —15 ; Pic du Midi,
- — 16; moyenne à Paris, — 120 (normale : 20) -- Le 2 janvier. Fortes pressions générales : Bohême, Centre de la France, 783; dépression sur le N.; Scandinavie: Bodoe, 756. Pluies sur le N.-O. ; en France ; Le Havre, 5; Nantes,' Le Mans, 1. Temp. du matin : Kief, —200; Paris, o; Alger, i3 ; Pic du Midi, —5 ; moyenne à Paris: o°,7 (normale : 20). :— L.e 3. Bretagne, Bohême, 780; dépression sur l’Islande : Seydisfjord, 749. Pluies et neiges dans quelques stations du N.; en.France:Le Havre, 3 ; Paris, 2. Temp. du malin : Charkof, —21°; Paris, 1 ; Alger, i3 ; Puy de Dôme, — 5 ; Pic du Midi,
- — G; moyenne à Paris : i°,4 (normale : 20). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 3o, à 7 h( 9 m. du matin.
- jssi ’Ab la**.
- p.2x48 - vue 480/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie^^—
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines (t à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- '$'/
- ‘•'b<8U<K'"£S8'
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, "Boulevard Saint-Germain, Paris (TP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des artic'es non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1860 — 16 JANVIER 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Procédé Chéron de photographie en couleurs par sélection trichrome. — Dans l’article sur ce procédé que contient notre dernier numéro, il a été omis à l’impression, une phrase expliquant le mode de projection, qui caractérise le système. — Pour projeter les vues, on glisse un positif à la place qu’occupait le négatif et on éclaire convenablement l’appareil par derrière. On place ensuite, dans une bague cylindrique entourant les trois objectifs, une lentille qui concentre et superpose automatiquement les trois images sur un écran de projection qu’on a préalablement disposé à son foyer (lig. 3).
- Les petites planètes. — Le n° 4278 des Astrono-mische Nachrichten donne la liste des petites planètes dernièrement numérotées. Elle s’arrête au n° 65c). On peut prévoir que dans peu de temps près de 700 de ces astres minuscules seront officiellement numérotés. La photographie permet une riche moisson de découvertes dans ce domaine et la trouvaille de ces petites planètes est devenue en quelque sorte un sport astronomique pour MM. Metcalf, Palisa, Ivopfî, Lorenz, etc. Dans les Astronomische Nachrichten (n° 4285), M. Ebell a donné une liste de petites planètes photographiées à Aréquipa, au Pérou, entre 1898 et 1901. Celte liste contient 17 planètes connues et 47 inconnues. On conçoit qu’il y ait une grande difficulté pour reconnaître, dans les observations recueillies, les astres nouveaux de ceux déjà connus, et il est nécessaire d’y consacrer un travail important. On ne doit donc pas s’étonner que parfois il s’écoule un long espace dé temps entre les observations et le classement définitif ou l’identification avec une planète connue. L’essaim des petites planètes situées entre Mars et Jupiter est donc loin de s’épuiser ; avec les progrès de la photographie et des instruments il tend à se peupler de plus en plus par la découverte de corps de plus en plus minuscules.
- Les enseignements de la catastrophe sicilienne.
- — On annonce que’M. Giolitli, le président du Conseil italien, se propose de réunir un Congrès international d’architectes et d’ingénieurs, où l’on étudierait la technique des constructions en pays séismiques. Ce Congrès précéderait la reconstruction de Messine.
- Un calcaire thermo-luminescent. — Un auteur russe, M. Béliaèf, a décrit, il:-y>a quelque temps, un calcaire renfermant 99 pour 100 de carbonate de chaux, provenant de Visima-Oullca, dans le district de Taguilsk et présentant la propriété thermo-luminescente. Chauffé à 160-1800, il émet une lumière jaunâtre ; cette propriété est détruite définitivement par chauffage à.28o-3oo°, mais non par refroidissement dans l’air liquide.
- Sur le gaz « Blau » ; nouveau gaz pour l’éclairage, le chauffage et la force motrice. — Dans l’un des dernier s numéros du Journal de la Société chimique industrielle anglaise, M. H allô ck a publié une étude très intéressante sur le gaz « Blau », nouveau gaz pour l’éclairag ,
- le chauffage et la force motrice et qui est constitué par du gaz comprimé formé d’hydrocarbures facilement liquéfiables par compression : propane, butanes, pen-tanes, propylène, butylène, etc., tenant en dissolution de grandes quantités de gaz combustibles non facilement liquéfiables : hydrogène, méthane, etc. Mais, dans l’emploi, il faut éviter que ces derniers gaz se dégagent d’abord intégralement, ce qui changerait la composition du gaz de combustion. En opérant sous pression, les gaz qui se dégagent entraînent avec eux une proportion constante de vapeurs. Dans la préparation de ces gaz, la distillation de la houille doit être conduite à basse température, 6oo° à 7000, de façon à produire une grande quantité de gaz facilement liquéfiables avec une petite proportion des autres gaz. Le produit obtenu peut être alors purifié par les méthodes habituelles et vendu pour l’éclairage par incandescence dans des cylindres d’acier de 5oo grammes à 25 kg. La densité du gaz est de r,io5 ; celle du liquide est de 0,5g. Un kilogramme de ce combustible dégage 12 318 calories; 1 m3 dégage i5 349 calories. Le nouveau produit aurait donné dans beaucoup de cas des résultats pratiques et économiques remarquables.
- Hommage à Ampère. — Les étrangers, bien souvent, rendent justice à nos gloires nationales, mieux que nous-mêmes. Aux Etats-Unis, notamment, le public instruit est particulièrement averti des mérites des littérateurs ou savants étrangers. Un hommage solennel vient d’y être rendu à Ampère, l’illustre physicien. Disons tout d’abord qu’il existe une ville dans le New-Jersey qui porte le nom du grand savant. Dans cette ville, le mois dernier, notre ambassadeur, M. Jusserand, à l occasion d’une inauguration de chemin de fer, est venu poser une plaque de bronze sculptée à l’effigie d’André-Marie Ampère. M. le Dr Wheeler prononça un fort beau discours, où il relata la carrière et les travaux d’Ampère ; et la cérémonie se termina par une manifestation de sympathie franco-américaine.
- La téléphonie sans fil aux États-Unis. — Nous avons signalé successivement les rapides progrès de la téléphonie sans fil accomplis en France, grâce à MM. Tissot, Colin et Mercier; en Italie, grâce à M. Majorana; en Allemagne, grâce à M. Poulsen. Les Etals-Unis de leur côté travaillent activement la question; M. Fessenden, dont La Nature a décrit les appareils il y a quelque temps, a pu téléphoner de la station de Brant-Rock à celle de Jamaïca (Etat de New-York) à une distance de 3ào km.
- Les chemins de fer de Formose. — La ligne qui traverse Formose du nord au sud est maintenant achevée et a été ouverte à l’exploitation. Elle a une longueur lolale de 3go km environ entre Kalung et Takao sur la côte sud occidentale. Deux petits embranchements ajoutent à ce total 70 km environ. On peut aujourd’hui se rendre en quatorze heures de Kalung à Takao.
- p.2x49 - vue 481/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- La découverte de la poudre. — On sait et on répète que la poudre fut inventée par le moine Berthold Schwartz qui paya de sa vie celte grande découverte ; mais on n’est pas d’accord sur l’époque de cette invention. Un auteur allemand, M. Feldhaus, la placerait en l’an i393, tandis qu’un autre chimiste, M. Gultmann, cite des recherches bibliographiques montrant que Berthold Schwartz existait dans le premier quart du xive siècle, et que l’origine de la poudre date de 124a.
- Les villes les plus peuplées du inonde. — Voici, d’après les derniers recensements, les villes ayant plus de 1 million d’habitants : Londres, 4795789; avec la banlieue, 7218000; New-York, 4 1 >3000; Paris (1906), 2763000; Chicago, 2049000; Berlin, 2 040 000 ; Vienne, 2 000000 ; Tokio, 1 587 004 (1908); Philadelphie, 1 442 0001 Saint-Péterèbourg, 1429000; Moscou, 1369000; Constantinople, 1 106000; Bucnos-Ayres, 1084000; Pékin,
- I 000 000 (?)’
- Les Echinides de Madagascar. — M. Jean Cottreau vient de consacrer, dans le tome III des très belles Annales de Paléontologie, dirigées par M. Marcellin Boule, une remarquable monographie aux Oursins fossiles recueillis dans notre grande colonie. En ajoutant aux types décrits par cet auteur, et qui contiennent plusieurs espèces nouvelles de grand intérêt, la liste des types décrits par d’autres chercheurs, mais que M. Cottreau n’a pas eu l’occasion d’étudier ou de reviser personnellement, on arrive au total de 58 espèces d’échinides actuellement connues dans la faune ancienne de Madagascar. Elles se répartissent ainsi : jurassique, 17; crétacé, 29; tertiaire, 12. Si ce total est encore relativement peu élevé, il permet cependant dès à présent d’esquisser à grands traits d’une manière utile les principales affinités de la faunule échinitique malgache : le fait frappant au jurassique est la communauté de beaucoup d’espèces d’Europe et de Madagascar; après le crétacé inférieur qui est pauvre, le crétacé supérieur de l’île montre quelques affinités avec l’Afrique du Nord, et plus spécialement avec l’Algérie et la Tunisie; on remarquera d’ailleurs que cette observation de M. Cottreau est pleinement d’accord avec les conclusions de travaux antérieurs, notamment avec les recherches de MM. Boule, Lemoine, Thévenin à propos de céphalopodes cénomanniens, et avec celles de M. Lambert sur les échinides de Diego Suarez. Des faits analogues continuent d’ailleurs à subsister pendant la période tertiaire.
- II est à souhaiter que de nouveaux matériaux permettent la continuation de ces études, d’autant plus, comme le remarque avec à propos M. Cottreau, que les échinides apparaissent comme des fossiles précieux pour la stratigraphie des terrains d’origine marine, capables de compléter les renseignements fournis par les Céphalopodes et même de suppléer fort heureusement ces derniers.
- Bateaux de pêche automobiles. — L’emploi des moteurs sur les bateaux de pêche comme auxiliaires de la voilure, commence à se répandre en France. Cette évolution présente un grand intérêt pour l’industrie mécanique, mais surtout pour l’industrie de la pêche elle-même qui, on le sait, traverse une crise redoutable. Le moteur accroît le rayon d’action du bateau, le rendement de sa pêche et lui permet de rentrer au port à peu près à heure fixe. Signalons qu’en Suède cette transformation de la pêche maritime est beaucoup plus avancée que chez nous; il reste à peine 20 pour 100 des bateaux de pèche qui ne soient pas munis de moteurs. Aux Etats-Unis, les applications des moteurs à gazoline sur les canots de pêcheurs ou de dragueurs d’huîtres sont également très répandues.
- Les poissons et les maladies microbiennes. — Les
- docteurs Remlinger et Nouri exposaient dernièrement à la Société de Biologie le résultat de recherches entreprises par eux pour savoir si les poissons peuvent transmettre la fièvre typhoïde et le choléra. Leurs expériences ont été faites sur des cyprins dorés ; elles établissent qu’un poisson qui vit dans une eau contaminée — par le bacille d’Eberth ou le vibrion cholérique, par exemple — peut recéler dans ses organes, son tube digestif en particulier, ces germes pathogènes. Toutefois, au point de vue de l’hygiène alimentaire, le fait est sans
- importance, car ces auteurs ont vérifié que, même si les poissons sont cuits entiers et sans être vidés, la tempé. rature atteinte par les parties centrales est suffisante pour amener la mort de tous les microorganismes. Reste cependant qu’au point de vue épidémiologique, la présence possible des microbes de la fièvre typhoïde et du choléra dans le tube digestif des poissons n’est pas dépourvue d’intérêt. On peut concevoir, en effet, que des poissons véhiculent des microbes pathogènes d’un fleuve contaminé à un affluent sain, et servent ainsi d’agent de dissémination à des maladies contagieuses; ce serait l’explication d’épidémies hydriques ayant remonté des cours d’eau.
- La plus haute cheminée du monde. — Elle se trouve aux Etats-Unis, à Great Falls dans les usines de traitement de minerais de la Boston et Montana Consolidated Gopper and Silver C°, et sert à l’évacuation des gaz des fours de fusion du cuivre. Elle mesure 154,22 m. au-dessus des fondations et son diamètre intérieur au sommet est de 15,24 m. Elle peut évacuer par seconde 1887 m5 de gaz à une température de 3i5° C.
- Quelques chiffres sur Londres. — Les statistiques que vient de publier le Conseil du comté de Londres nous apprennent que 4 79^ 789 personnes vivaient au ier novembre dans les limites administratives de la grande ville, sans parler de trois autres millions vivant dans son voisinage immédiat. C’est la plus vaste agglomération humaine que le monde ait jamais connue. Elle est administrée par 101 assemblées municipales ou corps constitués autonomes formant un ensemble de 3783 membres. Il naît 14 Londoniens par heure, et il en meurt 8. Choisissons dans ces statistiques quelques chiffres intéressants. Nous notons d’abord que Londres compte : 3415 km de rues, 611786 maisons, 28265 fabriques ou ateliers, 9026 acres de parcs et jardins publics. Londres est probablement la ville la plus riche du monde ; ses immeubles sont assurés contre l’incendie pour une somme globale de 1040057846 livres sterling, soit plus de 26 milliards de francs. Cependant, ses indigents figurent dans la proportion d’une personne sur 33 habitants. Sur 100 habitants, 20 finissent leurs jours à l’hôpital ou au workhouse. Les sommes consacrées annuellement à soulager la misère forment un total supérieur à 251 millions de francs. En un an, l'alimentation des Londoniens a été partiellement assurée parles quantités de victuailles suivantes : 4^037 tonnes de viande morte importée, 58735 bœufs, 375 g5o moutons, 174332 tonnes de poisson, 340000000 litres de lait. En outre, 60275 personnes ont été occupées à la préparation d’autres articles de consommation. On peut citer dans cette armée de travailleurs : 13 756 boulangers et pâtissiers, 5242 confituriers, 2406 chocolatiers,. g885 brasseurs, 4283 ouvriers des manufactures d’eaux gazeuses. Les 28265 usines citées plus haut ont employé 558641 personnes. L’habillement occupa i3o5oo personnes travaillant dans 9499 fabriques ou ateliers. L’industrie du bois occupa 82702 ouvriers ; celle du papier, 79 i5o ; celle de la blanchisserie, 2g5o6. On a compté à Londres 1280 heures de soleil, et 160 jours pluvieux. Les trains et tramways oiit compté 949000000 passages, sans parler des millions de passages effectués par les fiacres et les omnibus, ces derniers étant au nombre de 3762, dont un tiers d’autobus. La correspondance des Londoniens a été pour l’année de : 757 100000 lettres, 165 800000 cartes postales. Chiffres auxquels il convient d’ajouter 28 260000 télégrammes et i45go5 633 conversations par téléphone. On compte à Londres 53 théâtres, 49 music-halls, 261 salles de concert, 11 muséums, 88 bibliothèques publiques. Un dernier chiffre pour finir. Sur les 816 5g3 électeurs qui ont élu les 3783 membres des corps municipaux, on ne compte pas moins de ix8 6g5 femmes jouissant du droit de suffrage en matière municipale.
- Le bilan d’une fête nationale. — Le bulletin mensuel de l’American medical Association, édité à Chicago, a pu dresser la statistique de tous les accidents causés le 4 juillet dernier (fête de l’Indépendance) dans toute l’étendue de la république, du fait de l’explosion de pétards, de canons d’enfants, etc. Le nombre des tués fut de 163, et celui des blessés de 5460, soit une augmentation de 1260 accidents (mais une mort’en. moins) sur le 4 juillet 1907. . '
- p.2x50 - vue 482/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- ><
- *>_> Mécanique <«*
- Les perceuses électriques. — Il est inutile, croyons-nous, d’insister longuement sur les services que les perceuses électriques, grâce à leur rapidité et leur souplesse, peuvent rendre en mille circonstances. Il nous suffira joour le prouver, d’indiquer un certain nombre de leurs modes d’emploi actuels.
- Comment est constituée une perceuse électrique? elle comporte un foret actionné par un moteur ; mais la vitesse du moteur électrique est en général beaucoup trop grande, et il faut disposer entre l’arbre porte-foret
- Fig. i. Fig. >..
- Fig. î. — Perceuse à foret excentré montée sur support à adhérence magnétique.
- 2. — Perceuse électrique à courant triphasé monté sur chariot.
- et l’arbre du moteur un train d’engrenages réducteurs de vitesse. Ces deux arbres peuvent être reliés soit simplement par le train d’engrenages, soit par un arbre flexible ou un arbre fixe ; ceci nous amène à décrire successivement ces trois types de perceuses.
- Perceuse à attaque directe. — Dans les perceuses, que nous appelons à attaque directe, le moteur transmet le mouvement au foret par des engrenages et le tout constitue un bloc contenu dans le même carter qui forme bâti et qui porte les paliers des roulements à billes. Généralement oii s’arrange pour que les deux arbres soient en prolongement pour donner plus de symétrie à l’appareil et plus de facilité de manoeuvre, l’ouvrier tenant la perceuse par deux poignées et agissant sur la conscience pour donner au foret la pression nécessaire à l’avancement.
- Cette perceuse peut se monter également sur support avec ou sans pied, et jouer le rôle d’une perceuse sen-
- sitive ordinaix'e ; elle est avantageuse alors pour les petits ateliers de réparation, en particulier pour les garages d’automobiles.
- Quand on doit percer un trou près d’une paroi il est commode d’avoir le. foret excentré par rapport au bâti, ce qui permet d’approcher à 2Ô mm d’une paroi parallèle à l’axe du foret (fig. i).
- Quand le diamètre des trous dépasse 20 mm, ce qui se présente dans les grosses pièces mécaniques et les grosses charpentes, le poids de la perceuse, quoique
- réduit eu égard à la puissance, les rend difficilement maniables par un seul ouvrier ; on prévoit des supports accessoires qui permettent d’exercer la pression nécessaire sur le foret (fig. 2).
- L’inconvénient du support fixe est de limiter d’une façon trop étroite le champ d’action de la perceuse, ce qui est bien gênant pour les grands ateliers de constructions métalliques. Dans ce cas, on réalise le dispositif de la perceuse à brouette et le moteur qui est souvent à vitesse variable par pôles mobiles repose directement sur l’essieu (fig. 3).
- L’adhérence de la perceuse est obtenue par le poids du système et par celui de l’ouvrier qui monte sur la
- brouette et s’assoit sur uu siège entre les brancards. Un levier de pression, ou un volant, permet de donner l’avance au foret. L’ensemble du porte-foret peut s’orienter autour de l’axé du moteur et par le seul déplacement, on peut percer verticalement ou horizontalement.
- Perceuses à attaque par flexible. — Ces perceuses comportent deux parties bien distinctes reliées par le flexible : le moteur avec le train d’engrenages et le porte-outil (fig. 4).
- Le moteur est le plus généralement à vitesse variable, ce qui permet de donner au foret la vitesse la plus appropriée au diamètre du trou qu’on désire percer ; généralement la proportion va du simple au triple. Le train d’engrenages est enfermé dans un carter en fonte, fixé sur un bâti du moteur et facilement démontable.
- Le porte-outil, appelé encore tête de forage, est constitué par deux engrenages coniques montés dans un carter en bronze ou en aluminium. Ce carter comporte
- Fig. !>. Fig. 6.
- Fig. 5. — Perceuse à arbre rigide travaillant un bâti do petite locomotive.
- Fig. 6. — Tète de l’outil de forage.
- deux poignées pour la manœuvre, comme les perceuses ordinaires à main; mais le plus souvent, on emploie le système bien préférable de l’adhérence magnétique dont nous parlerons plus loin.
- Perceuse à attaque par arbre rigide. — Le principe est absolument le même que celui de la perceuse avec flexible. Néanmoins nous décrirons celle du brevet Campbell de Isherwood, qui est très intéressante et un peu spéciale.
- Cette perceuse comprend : le moteur, le chariot,
- p.2x51 - vue 483/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- l’arbre, de transmission et enfin, la tête de forage.
- Le moteur est un moteur série, ce qui vaut mieux qu’un moteur shunt ; car avec l’enroulement série le courant absorbé est toujours proportionnel au travail que l’on veut produire. Le moteur est hxé par deux centres horizontaux dans l’armature qui peut tourner d’un certain angle et donner les variations de vitesses par pôles mobiles; le moteur est néanmoins facilement démontable.
- L’arbre de transmission est tenu, du côté du moteur, par un coussinet fixé à la partie supérieure du bâti. Cet arbre est cannelé pour permettre un déplacement longitudinal et faire varier suivant les cas la distance entre le moteur et le porte-foret.
- Sur l’arbre est calée une grande roue dentée qui est engrenée par un pignon solidaire de l’arbre du moteur. Ce pignon transmet le mouvement de ce dernier à
- — Perceuse à arbre rigide perçant des rails de tramw
- l’arbre cannelé. Celui-ci actionne les engrenages de la tête de forage, qui peut pivoter autour de l’arbre et se mettre dans toutes les positions (fig. 6).
- L’avantage d’une transmission rigide est la grande robustesse que l’on réalise et son emploi se justifie surtout dans les ateliers de grosse mécanique et les chantiers de constructions navales (tig. 5, 7, 8). Ce système est très usité en Angleterre.
- Il est préférable d’employer des forets en acier à grande vitesse qui continuent à mordre alors même que l’outil chauffe fortement et qui évitent l’affûtage fréquent.
- Adhérence magnétique. — Le système à adhérence
- Fig. 8. Fig. 9.
- magnétique, dont nous avons déjà dit un mot, se compose en général d’un électro-aimant à trois pieds, dont l'un peut être rendu réglable en hauteur ; de deux supports guides pris sur l’armature de l’électro, enfin, d’un levier ou d’une vis servant à donner au foret la pression nécessaire.
- Naturellement ce système ne peut s’employer que pour percer le fer, l’acier ou la fonte, mais il s’applique merveilleusement au travail sur ces surfaces, en particulier sur celles qui ne sont pas planes. Dès que le courant passe dans les bobines, le support du porte-outil; ou.de la perceuse suivant-le cas, fait pour ainsi: dire corps avec la pièce à percer sans nécessiter l’in-; terventiôri de ‘l'ouvrier. v
- Ce système d’ahérence peut s’appliquer également, sous une formé un peu spéciale, aux perceuses à brouette. '
- Taraudeuses électriques. — Dans le taraudage, l’arbre porte-taraud doit pouvoir tourner dans les deux sens ;
- il suflira donc de renverser le sens du courant dans le moteur au moyen d’un commutateur automatique. Pour cela le commutateur est commandé par deux taquets de longueur réglable, placés diamétralement de chaque côté du taraud.
- L’ouvrier arme d’abord son outil en mettant le commutateur dans la position qui produira l’avancement du taraud; il met en marche par l’interrupteur principal, disposé alors sur une des manettes.
- Le taraud étant arrivé à fin de course, les deux taquets actionnent le commutateur, ce qui détermine une rotation inverse et provoque le dégagement du taraud (fig. 9).
- En résumé, quand on dispose d’une source d’électricité, les perceuses et taraudeuses électriques sont d’uu emploi commode, car au lieu de déplacer la pièce pour la présenter au foret ou au taraud, ce sont au contraire" ces derniers qui se déplacent avec une manutention nulle. Facilement maniables, se prêtant aux emplois les plus divers, s’adaptant au traitement des pièces les plus compliquées et les plus encombrantes, elles réalisent une simplification et une accélération du travail mécanique des plus remarquables. Eugène H. Weiss.
- *>> Photographie <«*
- Chromodiascope Lumière. — Cet appareil est destiné à l’examen des diapositives, ou vues sur verre, et principalement des images en couleur données par les plaques aulochromes. 11 se compose d’une caisse entièrement fermée (fig. 1), sauf sur les faces" avant et arrière qui portent chacune une ouverture. Sur la première est montée une lentille achromatique, la seconde est simplement destinée à laisser la lumière arriver sur la vue à examiner qui se place entre les deux, et on peut, au moyen d’un miroir à inclinaison réglable, diriger à volonté les rayons lumineux sur celte ouverture; en outre, pour faciliter encore cette opération, la caisse entière peut basculer sur son socle et être arrêtée dans la position inclinée la plus favorable au moyen de deux vis de pression. Les diapositives, au nombre de douze, sont placées dans des châssis qui coulissent dans desrainures disposées sur toute la hauteur de la caisse. Dans
- Fig. 1.—Le chromodiascope. Fig. 2. — Coupe de l’appareil.
- leur position normale ils occupent le fond de cette caisse; mais chacun d’eux repose sur l’ex.trémité d’un levier métallique dont l’autre extrémité dépasse sur le côté de la caisse. Pour plus de facilité on a disposé ces leviers alternativement à droite et à gauche, les uns correspondant aux châssis d’ordre pair, les autres à ceux d’ordre impair. Il suffit d’appuyer sur l’un de ces leviers pour soulever le châssis correspondant qui vient alors se présenter en face de la lentille (fig. 2) et y reste tant qu on laisse la main sur le levier. On peut soulever ainsi successivement chaque diapositive pour l’examiner dans les meilleurs conditions d’éclairage, et à l’abri dé toute lumière ambiante qui en atténuerait :: l’éclat. ;
- Dans un tiroir placé dans le socle de l’appareil on peut ranger 38 diapositives destinées à remplacer dans les châssis celles qu’on aura examinées. — L’appareil est en vente chez M. Chevrier, 35, rue de Rome,’ Paris; ’
- p.2x52 - vue 484/647
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les potages diastasés. — La salive et le suc pancréatique contiennent des ferments diastasiques qui transforment les. féculents, les amidons en produits solubles, dextrine, glucose, plus facilement assimilables. Les diastasés sont un facteur essentiel de la digestion des potages aux pâtes, des purées, en un mot de tous les produits farineux et féculents. Chez certains sujets, cette digestion est empêchée ou ralentie, parce que les sucs digestifs sont peu abondants ou ne contiennent pas, du fait de cet état pathologique, les ferments nécessaires ou s’ils les contiennent, ils sont en quantité insuffisante. Dans les expériences de laboratoire, on fait subir souvent aux aliments une véritable digestion artificielle destinée à faciliter la recherche de tel ou tel principe digestif ou à reconnaître sa valeur pour la digestion de certains aliments. Cette idée de digestion préparée a été adoptée en clinique pour épargner aux organes digestifs un travail trop laboxûeux ou pour obvier à linsuflisance des ferments, des principes de la digestion. C est ainsi qu’on a été conduit à préparer des farines diastasées, farines qu’on trouve dans le commerce dans des conditions de pureté parfaite et qui peuvent donner au thérapeute le secours qu’il réclame pour certains malades. L inconvénient de ces fanines c’est que, si la cuisinière leur fait subir un degré de cuisson trop prononcé, le ferment est détruit et toute leur valeur alimentaire spéciale disparaît en même temps. Autre inconvénient, la dose de diaslase de ces produits est invariable et suivant les conditions pathologiques du sujet, le degré de ferment supplémentaire à fournir peut varier beaucoup.
- Le Dr Meunier, qui s’est occupé avec beaucoup de soin de ces détails de cuisine médicale, si je puis m’exprimer ainsi, conseille un moyen fort pratique de transformation diastasique des féculents et qui est à la portée, comme il le dit, de la plus simple des cuisinières.
- Vous voulez que le potage donné à votre malade subisse un commencement de digestion diastasique ; retirez-le du feu après cuisson, et pendant qu’il est encore chaud, jetez dedans une dose d’orge germé, la valeur d’une cuillerée à soupe. Mais pour ne rien gâter du bon aspect de votre soupe, mettez cette petite quantité d’orge broyé dans un petit sachet de mousseline et laissez l’orge en contact pendant 5, io ou 20 minutes suivant le résultat que vous voulez obtenir. L’action du ferment contenu dans l’orge est très rapide, M. Meunier a pu s’en assurer par des recherches chimiques au moyen de la liqueur de Fehling, qui donne la proportion de matières réductrices obtenues.
- Après cinq minutes la dose est de . 2 gr. 5o
- — dix — — .6 gr. 5o
- — quinze — — 14 gr. 3o
- — vingt — — . 28 gr. 60
- On voit qu’avec un moyen bien simple, on peut vai'ier l’action du ferment et obtenir, comme on le désire, une dose de diastase proportionnée aux besoins du malade. Le procédé est ingénieux et on peut l’appliquer à n’importe quelle farine ou quel féculent, sans en modifier en rien le goût ou l’arome. Dr A. G.
- VARIETES
- ><
- La culture des éponges sur le littoral méditerranéen français. — La spongiculture, science nouvelle, n'a pas été sans susciter de vives controverses ou des critiques mal fondées, de la part des esprits prévenus, ignorant les résultats précis des expériences qui ont mis cette science en pleine lumière.
- C’est ainsi qu’en publiant dans La Nature (n° i85o, 7 novembre 1908), d’après une communication faite à l’Institut de Carthage, les résultats de recherches sur la culture des éponges au Laboratoire maritime de biologie de Sfax, nous avons dû nous faire l’écho impartial de quelques expliques d’après lesquelles les résultats obtenus par le Dr Allemand Martin, exigeraient des conditions difficilement réalisables snr la côte Nord du bassin méditerranéen occidental. L’auteur que nous citions, M. Ginestons, en concluait que la nouvelle industrie épongicolë devrait se localiser assez étroitement dans les mers tunisiennes.
- Fort heureusement, l’opinion ainsi émise paraît erronée et un supplément d’enquête démontre pleinement qu’on n’a pas lieu de craindre une localisation aussi limitée. C’est ce qui ressort avec netteté des renseignements nouveaux, que nous devons à l’obligeance de M. Raphaël Dubois. On sait que le savant directeur de la Station maritime de biologie de Tamaris-sur-Mer — à qui l’on doit également la création du Laboratoire de spongiculture de Sfax — à la suite de recherches persévérantes sûr la multiplication et la culture des éponges, avec la collaboration de son élève, M. Allemand-Martin, sous-directeur du Laboratoire de Sfax, a particulièrement étudié les rconditions techniques de la science spongicole.
- Ces savants sont notamment arrivés à démontrer — et c’est là un fait considérable — que cette culture doit être réalisable sur le littoral méditerranéen français, prévision qui repose sur la possibilité de transporter l’éponge à de grandes distances. Cinq jours de vitalité suffisent largement pour permettre le transport, sans mortalité, de la Tripolitaine à Tamaris-sur-Mer en observant certaines conditions, et en apportant tous les soins nécessaires. Les éponges arrivées vivantes au
- lieu de destination y ont vécu plusieurs semaines.
- La température oplima de transport est très voisine de -(-12°; à cette température, les éponges peuvent être conservées dans des corbeilles -pendant plus de quatre jours hors de l’eau, si elles sont entourées d’herbes marines (posidonies, zostères) ou d’algues maintenues humides par des arrosages réguliers et répétés à l’eau de mer, et si elles sont immobilisées sans être serrées ni écrasées. Le procédé d’emballage a été perfectionné de manière à maintenir les éponges isolées et suspendues dans un milieu saturé d’humidité.
- Les essais de MM. R.aphaël Dubois et Allemand-Martin montrent que la culture des éponges peut être entreprise avec de grandes chances de succès sur la côte française. Non seulement le procédé de transport imaginé a permis d’importer, des côtes tunisiennes à la Station maritime de Tamaris-sur-Mer, des éponges demeurées en parfait état de vitalité, mais encore on a pu remarquer, à la Station de Tamaris, la présence d’une petite éponge devant provenir de celles qui avaient été importées de Tunisie.
- On conçoit l’importance de ces résultats : ils indiquent bien la possibilité de cultiver les éponges sur la côte méditerranéenne française, en' particulier près de Toulon, et par conséquent, de fonder sur cette industrie maritime les plus belles espérances ; ils laissent entrevoir les heureuses conséquences qui en résulteront dans le domaine pratique, au point de vue de la l'ichesse nationale.
- L’Etude sur la biologie des éponges et la spongicul-turé, de MM. Raphaël Dubois et Allemand-Martin, pré-sentéê" à la Société Linnéenne de Lyon, en 1908, met en évidence des faits et expose des principes qui ne laissent aucun doute sur la portée de leurs travaux.
- Ces expérimentateurs ont établi trois faits principaux : la multiplication de l’éponge par sectionnement, l’engraissement de la petite éponge, la reproduction par larves émanant soit de l’éponge entière, soit des morceaux sectionnés, soit des petites éponges.
- Des fragments d’éponges transportées peuvent se cicatriser en trois mois, en moyenne, se régénérer et enfin grossir; des fragments prismatiques d’un volume
- p.2x53 - vue 485/647
-
-
-
- VARIETES
- d’environ 20 cm5 deviennent rapidement sphériques, et doivent pouvoir atteindre o,3o m. de circonférence en 4 ou 5 ans, soit un volume moyen d’environ 5oo cm3. Les expérimentateurs observent que la croissance de première année est forcément très lente, par suite de la cicatrisation et de la régénérescence du fragment, mais qu’elle augmente rapidement dans le courant de la deuxième et de la troisième année, et enfin, que la croissance en diamètre, d’autant plus grande que l’éponge est plus grosse, devient nulle vers 70 cm de circonférence.
- La modification du tissu commercial de l’éponge (squelette spongineux), par la culture, n’est pas moins intéressante à observer. MM. Raphaël Dubois et Allemand-Martin ont constaté que la pellicule gélatineuse perd sa teinte foncée à l’abri de la lumière, elle devient plus blanche, plus claire; il en est de .même au lavage. Des études sont poursuivies dans ce sens, pour pouvoir émettre une appréciation définitive au point de vue commercial. Il en est de même en ce qui concerne le rapport du poids du squelette de l’éponge préparée à son volume, ainsi que le rapport du volume et du poids de l’éponge vivante au poids et au volume du squelette commercial de l’éponge.
- Quant aux conditions d’existence, il semble que l’éponge vit surtout aux dépens de particules animales ou végétales extrêmement ténues, ou mieux de microorganismes, en suspension dans l’eau ainsi que des éléments chimiques inorganiques et organiques en dissolution dans l’eau de mer.
- Grâce aux méthodes techniques de MM. Raphaël Dubois et Allemand-Martin, les principes de la spongi-culture sont nettement déterminés, et on peut dire que c’est aux patientes recherches de ces savants qu’est due la création de cette science. Les essais qu’ils ont faits au Laboratoire de Sfax se continuent sous la haute direction de M. de Fages, directeur des Travaux publics de Tunisie, avec le concours intelligemment dévoué de M. Capriata, capitaine du port de Sfax.
- La Tunisie comme la Mère-Patrie pourront bénéficier de ces recherches, si on veut bien seconder les efforts des savants qui les ont entreprises, et encourager cette œuvre éminemment utile.
- Fin effet, il reste maintenant à poursuivre l’application des principes de la spongiculture, à établir la valeur industrielle définitive de la culture des éponges, le rendement suivant les modes de reproduction et les procédés de culture isoles ou appliqués simultanément, et par les accroissements, et l’amélioration des qualités des éponges parquées et cultivées. Henri Blin.
- Le chant des bâtons en montagne. — Nos lecteurs se souviennent des deux articles que nous avons donnés ici-même, sur le chant des poteaux télégraphiques. La plupart des explications que nous avons reçues de nos correspondants avant et même après l’apparition du dernier de ces articles, concordaient pour attribuer la cause du phénomène à des effets de résonance et d’amplification des sons, survenant dans le grand diapason constitué par les fils et leur support, les poteaux. M. Cha-brand, ingénieur à Grenoble, penche au contraire pour l’explication par l’électricité, et à l’appui de sa thèse, il
- cite le phénomène connu en montagne sous le nom de chant des bâtons, et décrit en détail par H. de Saussure'. Ce phénomène, queM. Chabrand lui-même a observé plusieurs fois, au cours d’ascensions par les journées orageuses, est fort remarquable, et nous croyons intéressant de faire connaître à nos lecteurs le résumé que M.. Chabrand a bien voulu nous adresser :
- Le 22 juin 1865, Henri de Saussure, accompagné d’un guide, partait de Saint-Moritz pour faire l’ascension du pic Surley, montagne du massif de la Bernina, dont le sommet s’élève à l’altitude de 23oo m. Le ciel était chargé de gros nuages errants ; non loin" du pic, ils furent assaillis par des tourbillons de grésil fin, clairsemé ; au sommet, la chute de grésil devint plus abondante. Ils se disposèrent à bivouaquer j^rès d’un Cuirn couronnant la cime. Appuyant sa canne contre celte pyramide en pierres, de Saussure éprouva dans le dos, les épaules, des douleurs fort vives ayant le caractère d’élancements, de piqûres d’épingles, de brûlures. « Je 111e figurai, dit-il, que ma chemise de laine avait pris feu et j’allais me déshabiller complètement, lorsque noire attention fut attirée par un bruit qui rappelait les stridulations des bourdons. C’étaient nos bâtons qui chantaient arec force en produisant un bruissement analogue à celui d'une bouilloire dont Veau est sur le point de bouillir-, tout cela peut avoir duré 4 minutes. Dès ce moment, je compris que mes sensations douloureuses provenaient d’un écoulement électrique très intense qui s’effectuait par le sommet de la montagne. Quelques expériences improvisées sur nos bâtons ne laissèrent apercevoir aucune étincelle, aucune clarté appréciable au jour, mais ils vibraient dans la main de façon à faire entendre un son intense. Qu’on les tînt verticalement, la pointe soit en haut, soit en bas, ou bien horizontalement les vibrations restaient identiques, mais le sol demeurait inerte. Alors le ciel était devenu gris, dans toute son étendue, quoique inégalement chargé de nuages.
- « Quelques instants après, je sentis mes cheveux et ma barbe se dresser en produisant sur moi une sensation analogue à celle qui résulte du passage d’un rasoir à sec sur des poils roides ; le guide qui m’accompagnait s’écria qu’il sentait tous les poils de sa moustache naissante et que du sommet de ses oreilles, il partait des courants très forts. D’autre part, en élevant la main, je vis des courants non moins prononcés s’échapper de mes doigts. Bref une forte électricité coulait des bâtons, habits, cheveux, barbe et de toutes les parties saillantes de nos corps. »
- Un coup de tonnerre avertit de Saussure qu’il était temps de quitter la cime. Il descendit rapidement jusqu’à une centaine de mètres : les bâtons vibrèrent de moins en moins à mesure qu’il avançait, et il s’arrêta dès que leur son fut devenu assez faible pour ne plus être perçu qu’en lès approchant de l’orèille.
- Déjà, au Novado de Toluca, de Saussure avait assisté à des scènes du même genre, mais beaucoup plus intenses, à cause de sa position sous les tropiques et de son altitude de 4^4^ m.
- 1 Note écrite par H. de Saussure au savant Fournet, professeur à la Faculté des Sciences de Lyon, et reproduite dans un de ses mémoires (1S67) sur « Les pays électriques et leur rôle météorologique ».
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Alliage remplaçant la pierre à briquet. — Il s’agit de l’alliage de fer et de cérium, à 70 pour 100 de cérium. Le D' Auer von Welsbach, qui le premier l’a préparé, a constaté qu’il présentait la remarquable propriété de donner de brillantes étincelles, lorsqu’on le frappe légèrement avec un morceau d’acier. Ce curieux alliage peut ainsi servir de pierre à briquet et rendre de grands services aux excursionnistes, automobilistes, etc.
- Adhésif pour collage à sec. — Gomme laque 3o gr., gomme élémi 3 gr., baume du Canada sirupeux 5 gr., alcool à g50 100 c. c. Dissoudre d’abord dans une partie de l’alcool la gomme élémi et le baume du Canada ;
- dans l’autre partie la gomme laque concassée. Agiter souvent, la dissolution est très longue : 12 ou 24 heures environ. Mélanger ensuite les deux solutions. On étend au pinceau sur un papier de soie ou papier pelure : d’un côté d’abord, on laisse sécher 1/2 heure; puis de l’autre côté ensuite. Ces feuilles se conservent indéfiniment; on les coupe à la dimension voulue au moment du collage de l’épreuve.
- Contre la fracture des verres de lampe. — Faire pratiquer par un vitrier avec sa pointe de diamant une légère fente dans toute la longueur du tube de haut en bas. Les variations brusques de température n’ont plus alors sur le verre aucun effet fâcheux.
- p.2x54 - vue 486/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — La machine additionneuse décrite dans notre numéro du 2 janvier, se trouve chez M. Warnier, 15, rue Montmartre et non 45, comme il a été imprimé par erreur.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- voiture bivouac se trouve chez M. Ostrowsky, Berlin, S. W. ix ; Koniggratzerstr, 116.
- Communications. — M. Guignot, ingénieur à Douai. — Nous vous remercions de votre communication, que nous utiliserons dans un prochain article.
- Renseignements. — M. E. Collain, à Sabran. — Vous trouverez des serrures électriques chez Mulot, 41, rue Beaunier, Paris (Voy. La Nature, n° 1853, 28 novembre 1908, Science appliquée).
- M. le marquis d’Arres, à Vani Keni. — Si vous entendez par appareils d’appartement des lampes à acétylène portatives et en même temps génératrices d’acétylène, il n’existe pas, croyons-nous, de lampes de ce genre
- réellement recommandables dans les intérieurs. Par contre, il existe pour l’éclairage extérieur des cours ou jardins de très bonnes lampes portatives. Chez Boas-Rodrigues, 67, boulevard de Charonne, Paris. — Compagnie universelle de l’Acétylène, 36, rue de Châteaudun, Paris. — Javal, 26, rue Cadet, Paris. — Perforatrices pour trous de mine chez Dumont, 24, boulevard Barbés, Paris. — Vous trouverez le porte-foret mû par un flexible chez Burlon, 68, rue du Marais, Paris.
- L. D. B., à Granville. — Vous trouverez dans le présent numéro, sous la rubrique Recettes, une formule d’adhésif pour collage à sec des photographies.
- M. Fournial, à Saint-Giers. — Il existe à Paris de très nombreuses maisons où l’on peut trouver d’excellentes marques d’acier rapide; Hamelle, 21, quai de Yalmy; Denis, 90 rue Amelot; llorslmann, 81, rue Saint-Maur ; Sapène, 58, rue Taitbout ; Société électro-métallurgique, 3o, rue du Rocher, etc.
- M. Jean Iïeriche, à Bilbao. — Ouvrage de physique élémentaire. Traité de physique élémentaire de Fernet et Faivre-Dupaigre, chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Ouvrage de chimie élémentaire : Précis de Chimie, par Troost et Péchard, également chez Masson.
- Abonné 36oi-2Ô25. — Nous avons consulté plusieurs traités de chimie, et nous n’avons pu y trouver ces constantes.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Appareil pour la photographie et la projection en couleurs par sélection trichromc : André Ciiéron. — La catastrophe de Messine : L De Launay. — Les frères ennemis : Henri Uoupin.
- — Le premier Salon de l’Aéronautique : Etienne Taris. — Un ilôt artificiel pour le réglage des torpilles : Sauvaire Jourdan.
- — Académie dos sciences; séance du 4 janvier 1909 : Cn. de Viluedeuil. — Contre les écrasements : V. Forbin.
- Supplément. — Tonds Bonaparte à l’Académie des sciences. — Un nouveau corps simple, le nipponium. — Chute d’aérolithes. — Exploration des hautes régions atmosphériques. — Oxydation de l'hydrogène par l’acide sulfurique, etc. — Cuirassés condottieri. —• Empreinte de la plante du pied.
- La nouvelle flore de l’île volcanique du Krakatoa, par A. Ernst. (Traduction anglaise. Cambridge University press). Prix : 5 francs.
- Cette traduction anglaise d’un travail publié d’abord en allemand, à Zurich, fournit des renseignements intéressants sur le développement spontané de la végétation et la création d’une flore nouvelle dans la région dévastée en i883. On a pu y faire des observations intéressantes sur les divers facteurs qui déterminent l’acclimatation de telle ou telle plante et même la création de plantes nouvelles.
- flore alpine, par Henry Correvon et Philippe Robert. 1 vol. in-8°, 44o pages, 100 aquarelles (180'études de fleurs). Edition Atar, Corraterie, 12, Genève.
- Cet admirable ouvrage aura certainement le plus vif succès. Des aquarelles, qui sont de “pures merveilles, encadrées d’un texte excellent, en font l’ouvrage indispensable au collectionneur de montagne.
- Flore analytique de poche de la Lorraine et des contrées limitrophes,, p&r J. Godfrin et M. Petitmeujin. Paris, 1909. Maloine. 1 vol.-in-i6. * • f-
- Très commode et très clair, le livre du professeur et du préparateur de l’Ecole de Pharmacie de Nancy rendra les plus grands services aux naturalistes lorrains. L’ouvrage comprend les cryptogames et les phanérogames, chaque espèce étant accompagnée de
- mentions précises, relatives aux gisements qu’elle préfère, et d’indications géographiques.
- ILeredity, par J.-A. Thomson. London, John Murray, 1908. 1 vol. in-8°, xvi-607 p. Prix : 9 sh. [The progressive science sériés).
- Le livre du professeur d’histoire naturelle de l’Université d’Aberdeen est un des plus intéressants de la collection Murray; c’est un excellent résumé de toutes les questions et de tous les travaux relatifs à ce grand problème de l’hérédité qui devine la biologie.
- The Origin of Vertébrales, par'Wall Holbrook Gaskell. London, Longmans and C°, 1908. 1 vol. in-8°, xvi-538 p. Prix : 21 sh;
- C’est en anatomiste et en embryologiste que M. W. H. Gaskell étudie l’origine des vertébrés, c’est-à-dire recherche à quel groupe des invertébrés ils se rattachent et de quelle façon ils en sont issus. Son livre,, très savant et très intéressant, est une magistrale application des principes féconds de Joliannès Mulleiv
- La voix professionnelle, par le Dr Pierre Bonnier. Paris. Larousse. Prix : broché, 2 francs; relié, 2fr,5o.
- Recueil de conférences faites l’an dernier au Théâtre Réjane. Indications sur les qualités du son, sa production et sa propagation; description de l’appareil vocal; observations sur l’hygiène de la voix; étude de la voix dans les diverses professions ; le chant, la respiration, le timbre, l’intensité, etc.
- E œuf de poule, sa conservation par le froid, par F.. Les-cardé, ancien élève de l’Ecole polytechnique. In-8° de vi-1-34 pages. Dunod et Pinat. Prix : 3 francs.
- Etude théorique des actions microbiennes altérantes, suivie de conclusions pratiques.
- Sur la recherche des mines et des sources, par Henri Mager. Dunod et Pinat. Prix : 3 francs.
- Faut-il croire à la Baguette divinatoire, aux Tourneurs de baguette, aux Sourciers? Telle est la question discutée dans ce volume avec photographies à l’appui, (voy. n° 1848, 24 octobre 1908).
- p.2x55 - vue 487/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Au temps des Pharaons, par A. Mokkt, Paris. Colin, 1908. 1 vol. in-18 jésus, 16 pl., 1 carte. Prix : 4 francs.
- Dans ce très agréable volume, le savant égyptologue de l Ecole des Hautes Etudes a voulu initier le grand public aux récentes acquisitions de la science égyptologique, et l’on sait que celle-ci progresse à grands pas, car jamais, depuis les temps antiques, le sol égyptien n’a été fouillé avec plus de méthode et de succès qu’en ces dernières années ! Nécessité de restaurer les temples en ruine, archives pharaoniques du xve siècle avant notre ère où sont conservées les lettres échangées par les Pharaons avec les souverains de l’Asie Mineure, Egypte préhistorique et proto-historique, histoire des Pyramides, conceptions égyp-
- tiennes relatives à la mort et à la vie dans l’autre monde, etc., tels sont les principaux sujets du livre,
- Plus près du Pôle, par le commandant R.-E. PnAHY,in-8> 16 pl. hors texte et 1 carte. Hachette et Cie, Paris, Prix : ia francs.
- Le 21 avril 1906, le commandant Peary plantait le drapeau étoilé à 87°,6 de latitude nord, la plus haute latitude humaine. Il trace ainsi la future et définitive route du pôle et lixe pour les explorateurs à venir les moyens les plus pratiques de s’engager dans celte voie. L’auteur est convaincu qu’il aurait atteint le Pôle Nord cette fois si l'hiver 1905-1906 avait été plus normal. - Son chapitre ünal : « Mes amis les Esquimaux » est particulièrement intéressant.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE UE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 janv. 19(9 . — 1“.3 E. 2. Brouillard. » Brouillard le matin; couvert.
- Mardi P> __ 9!» | S. E. 2. Couvert. » Couvert.
- Mercredi 6 — 1° a S. W. 2. Couvert. » Couvert.
- Jeudi 7 — o°.o S. S. W. 2. Couvert. 0,5 Pluie à 3 h- 50; verglas; brouillard de 9 h. à 11 h.; éclaircies.
- Vendredi 8 3°.G W. S. W. 2. Couvert. 2.4 Pluie de 4 h.20 à 5 h.; neige de 19 h. 40 à 55; couv. jusq. 11 h.
- Samedi 9 1°.S N. 4. Très nuageux. 0.4 Pluie line par intervalles; très nuageux.
- Dimanche 10 1° 0 S. S W. 2. Couvert. 0.8 Couvert; pluie dans la soirée.
- JANVIER 1909. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 JANVIER 1909.
- MBMiaiuia bu maiv ihwhhi v km. —a———• ———kk—k^—kk— nmaHainnim
- 5555535553555555355555555S55S5SE5S5S *5555*. ^555555555555555555555555555555555555555!_
- 55555555555““ 55S5555S555S 5555S5555SS55555555ak"*555555555555555555555555555555555555555
- Mercredi l Jeudi [
- ill.IMllHiJlll.IMa
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- '^ntS^Sn"ESSsSSE555S555«m5m ««amMMMa.MWMa.MHmm.'.mm- MMa aMa iwnia .ar an. J.MMMWMMMMMMM
- .~3BM .CWM .''MM T*MtW HMC Mr MMV 1MV W Hit. IBir' HBBHHBBHBBBBBBaHHBB' .'MM BBJK>.
- «KiBiaotaiHiMMMWk.'aM mm ai mmm mmwmm'Ai 5555-1- à'Màwuaa'i
- 53iaaïiSi£5355ni2 œM^MKTMM^SEEE S^iSSrjSS&S555 555 M^MM^.MMMMMMMMMMMMCMMMMMMarMMMMMMMMMMMM.'.MM^HM^M
- BnunaaBaaaaa m—MI» Wta'MWfc.a. .-MM M MM M MM Mal a. MMM W fW H T HH...MMMMMHHMMHMMMMIMMHMHHHHMHHHMMHHfc'MMHHHHH
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les. pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 4 au xo janvier. — Le 4* Aire anticyclonique sur presque tout le continent, avec centre sur les Pays-Bas (782 mm) ; pression supérieure à 775 sur l’O. et le Centre; dépression sur l’extrême N. : Arkangel, 74$. Neiges et pluies dans le N.; en France : Le Havre, 6 mm d’eau; Cherbourg, 1. Température du matin : Kharkof, — 16° ; Paris, — x ; Alger, 12 ; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, —5; moyenne à Paris : —o°,6 (normale : 20). — Le 5. Mêmes régions de pression élevée : Belgique et O. de l’Allemagne, 781 ; entrée de la Manche, 776; Seydisfjord, 747; Arkangel, 743. Neiges et pluies sur quelques statiqns du N.-O. de l’Europe et de la Russie. Temp. du matin, : Besançon,— n°; Paris,,
- — 2; Alger, 9; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi — 7 ; moyenne à Paris : — 2°,6 (noi’male : 20). —Le 6. Baisse lente sur l’O. : 775 sur nos régions, et au-dessus de 770 sur le S.; Seydisfjord, 744. Neiges et pluies sur le N.-O. de l'Europe et en Russie. Temp. du matin : Arkangel, —18°;,Paris, — 5; Alger, 9; Puy de Dôme,
- — 3 ; Pic du Midi, — 7 ; moyenne à Paris : — 3° (normale : 2°). — L.e 7. Baisse lente, fortes pressions retirées vers le S.-O. : golfe de Gascogne, 777; Christian-sund, 744- Neiges et pluies sur la moitié N. de l’Eu-
- rope; en France : Dunkerque, 3; Limoges, 2; Brest, 1. Temp. du matin : Arkangel, —170; Paris, —1; Alger, 9; Puy de Dôme, — 2; Pic du Midi, —8 ; moyenne à Paris : i°,4 (normale : 20). — Le 8. Centre de dépression sur le Danemark : Copenhague, 740; dépression vers le golfe de Gênes, Lisbonne, 772; Islande, 767. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Nancy, 7 ; Dunkerque, Cherbourg, Bi'est, 3; Toulouse, 2; Paris, x. Temp. du matin : Arkangel, — 200; Paris, 4; Alger, 9; Puy de Dôme, — 5; Pic du Midi, — 11; moyenne à Paris : 3°,4 (normale : 20). — Le 9. Dépression sur le golfe de Gènes : Nice, 746. Neiges et pluies sur le N. et l’O. ; en France : Pic du Midi, 82; Marseille, 17; Limoges, 14; Paris, 10; Brest, 2; Dunkerque, x. Temp. du matin : Arkangel, — 25°; Paris, 2; Alger, 9; Puy de Dôme, —9; Pic du Midi, —19. —Le 10. Baisse accentuée, s’étendant vers l’E. et le S.-E. : Bodoe, 733 ; Rome, 754. Anticyclone des Açores à l’O. et au Centre de l’Europe : Horta, 778; Rochefort, 768 ; Prague, 766. Pluies abondantes sur le N.-O. et le S. Temp. du matin : Arkangel, — 170; Paris, 2; Alger, 7; Puy de Dôme, — 11 ; Pic du Midi, —18; moyenne à Paris : x°,9 (normale : 20). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 6, à 2 h. 22 m. du soir.
- p.2x56 - vue 488/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l'École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nâture » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1861 — 23 JANVIER 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- >«
- Tremblements de terre et mines. — On aura remarqué qu’à Messine, l’observatoire sismique ayant été détruit, les caves où fonctionnait le sismographe u’ont pas souffert. Cela tient à ce que le phénomène destructif, produit par une cause relativement profonde, mais locale, est surtout un mouvement vibratoire transmis par la terre commè par un solide rigide. Le géant des légendes secoue notre support. Dès lors, tout édifice extérieur, ou toute saillie orographique se comporte plus ou moins comme si on agitait ses fondations. Le mouvement au sommet est multiplié par la longueur du bras de levier de la partie libre depuis son point d’encastrement. C’est pourquoi les maisons hautes souffrent plus que les basses et les constructions de pierre plus que cèlles de béton armé, les parties du sol meubles ou susceptibles de glissements et de tassements par ouverture de crevasses plus que les rpasses compactes dont toutes les parties restent solidaires. Pour^éviter lés effets du tremblement de terre, on sort dans la campagne, on pourrait encore mieux se réfugier dans une mine. Un de nos lecteurs, M. Burthe, ingénieur civil dés mines, nous communique à ce sujet quelques observations intéressantes. Ce sont, par exemple, deux vieux mineurs, l’un en Bolivie, l’autre au Chili, lui racontant comment, remontant au jour après une tournée de minés, ils avaient trouvé toutes les maisons démolies par un tremblement de terre, sans avoir même soupçonné le séisme au fond.-De même; èn i8i3, de fortes secousses se firent sentir à la surface à Falun et à Persberg en Suède sans que les minéurs du fond en eussent connaissance. Cependant, il ne faudrait pas généraliser ces observations. Tout d abord, il est bien entendu que la terre vibre souterrainément comme à la surface, et des expériences relatives à la propagation des tremblements de terre ont été précisément faites en recueillant, sur un appareil, placé dans une mine, des vibrations produites par une explosion de dynamite. Aussi comprend-on que, dans certains cas, des secousses aient pu être inversement sensibles au fond sans être perçues ou du moins signalées au dehors en rase campagne. De Humboldt signale un cas de ce genre au début du xix” siècle dans les mines d’argent de Marienberg en Suède; mais, là même, les mineurs ont été seulement secoués sans être écrasés, l’effet destructif profond s’est réduit à peu de chose, car il ne s’est pas manifesté par un éboulement du puits. C’est par ses vides préexistants, comme précisément un puits de mine, une grotte, un filon ouvert, une fissure aquifère, une faille, que le sol en profondeur tend à jouer, à se disloquer, à'se gauchir sous l’action des vibrations sismiques. Lés effets bien connus sur les sources (thermales ou non), dont nous donnons ci-dessous un exemple récent, en ' sont une application toute simple. * -
- Les tremblements de terre et les eaux minérales.
- — Depuis le 7 novembre, la Saxe est de nouveau le
- théâtre de secousses «ismiques assez violentes, bien que moins fréquentes que celles de l’été dernier. La secousse la plus forte a été ressentie le matin du 7 novembre, à 5 h. 40. Jetés en bas de leurs lits, les habitants du district de Voigtland s’enfuirent dans les rues, en proie à une panique folle. Des mugissements retentissants, suivis du fracas d’une explosion, ajoutèrent à leur effroi. A Halle, portes et fenêtres s’ouvrirent dans le vacarme des vitres brisées, et le choc fut suivi par une chute de neige, tandis que la température des sources minérales de Sohler, près de la ville d’Elster, augmentait brusquement de 6°, chaleur qu’elles ont gardée depuis. A Gotha, les fondations de nombreuses maisons sont lézardées, et des murailles se sont abattues.
- La période des taches solaires. — Dans notre confrère anglais Nature, M. Arthur Schuster appelle l’attention sur la remarque publiée par lui dans les Philosophical Transactions pour 1906, que les maxima d’activité solaire peuvent être représentés par l’expression : 1903,72-j-4.79 n. Cette formule conduit à un maximum vers le icr juillet 1908. D’après M. Schuster, les éruptions observées en août 1908 confirmeraient l’exactitude de la formule ci-dessus.
- L’énergie électrique en Italie. — D’après des rapports consulaires anglais, la consommation annuelle d’énergie électrique en 1907 atteignait 866 millions de kilowatts-heures, contre 160 millions en 1897. Durant ces 10 années, le nombre des installations électriques s’est élevé de 2o3a à 5876. En 1906, 23g concessions; en 1907, 226, ont été accordées pour de nouvelles entreprises, ou l’extension d’anciennes. Parmi les nouvelles usines construites en 1907, 88 sont des usines thermiques, 5o sont hydro-électriques. L’activité s’est surtout manifestée dans les provinces de Lombardie, de Piémont et de Vénétie.
- Les incendies aux États-Unis. — Les États-Unis détiennent beaucoup de records dont ils se vantent avec fracas; ils détiennent aussi celui des incendies; cela résulte de la récente séance de la Commission de Conservation Nationale à laquelle assistèrent 3o gouverneurs d’Etat. D’un rapport très documenté de M. Damon, il résulte que, dans les cités américaines, le nombre d’incendies par 1000 habitants est de 4,°5 ; en Europe, il n’est que de 0,86.
- La vitesse des aéroplanes. — L’année 1908 a vu les premiers triomphes de 1 aviation. Les succès de Wright, Farman. Delagrange ont inspiré de magnifiques rêves d’avenir aux enthousiastes qui prévoient à bref délai une révolution dans nos modes habituels de locomotion. La considération qui semble frapper le plus le public est celle de la vitesse; Farman a réalisé des vitesses de 75 et 80 km à l’heure et même davantage. M. R. Esnaut-
- p.2x57 - vue 489/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- Pelterie prévoit très prochainement des vitesses de 200 km à l’heure, avec les moteurs actuels, et 5oo km, avec la turbine à essence, remarquable engin actuellement à la période de mise au point. Bref, l’aéroplane apparaît comme le plus rapide des moyens de transport qui seront un jour mis à notre disposition. Il ne faudrait pas cependant se laisser hypnotiser par la question de vitesse ; aujourd’hui l’aéroplane n’est encore qu un instrument de sport, et l’on peut affirmer, sans paradoxe, que, pour accélérer ses progrès et en faire à bref délai un appareil d’usage pratique, il serait utile d organiser des concours avec prix décernés, non pas à la vitesse, mais à la lenteur. En effet, la qualité essentielle d’un véhicule aérien sera la stabilité; celle-ci est variable avec la vitesse et bien plus considérable, la. chose se conçoit aisément, aux grandes vitesses qu’aux faibles. L’appareil qui se maintiendra le mieux dans les airs à faible vitesse, sera évidemment celui qui jouira de la stabilité propre la plus grande, celui dont le maniement sera le plus sûr et le plus souple. Ce sera bien alors un véhicule analogue aux automobiles terriennes, et l’on pourra lui demander des services identiques.
- L’industrie aéronautique en Allemagne. — Nos
- voisins font de grands efforts pour se créer une puissante industrie aéronautique : nous avons déjà signalé le développement donné par Zeppelin à ses ateliers du lac de Constance, la création d'un département aéronautique dans la puissante Société Siemens-Schückert. Voici que l’AlIgemeine-Electricilâts-Gesellschaft, autre société électrique d’une puissance égale, l’A. E. G., comme on la nomme habituellement, organise également une section aéronautique, où l’on construira des dirigeables du type vonParseval, mais amélioré, bien entendu, à la suite des leçons de la dernière campagne 1908,
- Iles Philippines; leurs ressources minérales. —
- Les îles Philippines, cédées par l’Espagne aux Etats-Unis, en exécution du traité du 10 décembre 1898, commencent à offrir un certain intérêt, au point de vue de leurs ressources minérales. D’importants dépôts de charbon, principalement de lignites, ont été constatés dans plusieurs des îles et quelques-uns sont en exploitation. La division d’Abra possède deux mines de charbon, l’une à Lagangilaog (Bacooc) et l’autre sur Ban-gued (Mount Tayab). La province de Sorsogon a des dépôts de charbon, de marbre, de gypse et de soufre. En la province de Surigao, on trouve du charbon dans Sinagaliain, Banacan et Taga .(Tandag), dans Bisling (Hinatuan) et dans Loreto (Dinagat). Le gouverneur de Zambales signale d’Ilba l’existence du charbon, de l’argent, de l’or, etc. Celui de la province d’Albay fait connaître le développement de dépôts de charbon, spécialement ceux de i’île Batan. Leur exploitation est encore récente et il s’agit plutôt, jusqu’à ce jour, d’affleurements, la qualité s’améliorera en approfondissant. On compte y trouver des charbons équivalents, sinon supérieurs, à ceux de l’Australie et du Japon. Le minerai de fer (magnétite et hématite) existe en plusieurs provinces. Presque toutes les îles importantes ont de l’or, parfois exploité depuis longtemps par les natifs. Des minerais d’or dans les Camarines sont associés avec des composés de fer et de cuivre, ou encore avec du zinc (sphalerite) et avec du chromale de plomb ; dans le district Lepanto on le rencontre avec des composés de cuivre. L’argent se trouve dans la galène argentifère ou en alliage avec l’or. Un peu de platine a été constaté dans dès dépôts de graviers aurifères de Rizal (Luzon). Le cuivre est signalé en plusieurs régions, spécialement dans Mancayan. On a découvert aussi du plomb, du manganèse, du soufre, du pétrole, du sel de roche, du kaolin et du gypse.
- Les baleines se font rares. — La pêche à la baleine est une industrie de moins en moins florissante. Elle n’occupe plus en France qu’une infime minorité de marins, et elle est sur le point d’être abandonnée en Angleterre, où Dundee est désormais le seul port qui arme régulièrement pour cette pêche. Les sept navires qu’il expédia dans les mers du Groenland en 1908 ne rapportèrent que 3 1/4 tonnes de fanons et 120 tonnes d’huile, valant selon les cours, 278750 fr., somme insuffisante pour couvrir les frais de la campagne. Elle aura
- été, cependant, moins désastreuse que celle de 1907, quand les actionnaires des Compagnies baleinières de Dundee perdirent 1 .<5o 000 fr. En 1906, leurs pertes avaient été de plus d’un million. En 1905, ils n’àvaient x'éalisé qu’un bénéfice insignifiant. On peut remarquer qu’une circonstance pourrait retarder la décadence de cette industrie : l’utilisation de la peau de baleine, si l’on trouvait un procédé économique de tannage. Le cuir d’une baleine de taille moyenne couvrirait une superficie de plus de i63 m2. S’il acquérait une valeur commerciale, P aléa d’une campagne de pêche serait moins grand. Il paraît que des essais sérieux auraient eu lieu dans ce sens à Terre-Neuve, où l’on aurait déjà fabriqué des gants en cuir de baleine.
- L’origine des Malgaches. — L’histoire du peuplement de Madagascar est une question très controversée. M. A. Grandidier, mettant à part les Huvas à qui tout le monde est à peu près d’accord pour reconnaître une origine malaise, avait cru pouvoir, au cours de ces dernières années, rattacher l’ensemble des autres populations de I’île, sous le nom général de Malgaches, au groupe des Indo-Mélanésiens et il lui paraissait même plus que probable que l’invasion de ces Indo-Mélanésiens à Madagascar devait avoir eu lieu avant notre ère, puisqu’il ne trouvait pas de traces de mots sanskrits dans le malgache. M. Gabriel Ferrand, qui reprenait récemment la question dans le Journal asiatique, arrive à une solution toute opposée. Il montre d’abord, d une façon qui paraît probante, que la présence d’éléments sanskrits est très nette dans tous les dialectes de Madagascar, et que, d’autre part, si les dialectes malgaches font indiscutablement partie du groupe des langues malaises, ils s’apparentent beaucoup plus étroitement à certaines langues de Sumatra qu’aux langues mélanésiennes. D’autre part, il trouve, aussi bien flans le vocabulaire malgache ancien et récent que dans la topono-mastique et dans plusieurs noms tribaux de Madagascar, des indices évidents d’un apport ancien de populations de sang et de langues bantous, c’est-à-dire d’origine africaine, populations qui paraissent également avoir laissé d’indéniables traces dans le type somatologique malgache. En résumé, voici, selon M. Ferrand, à qui naturellement nous laissons toute la responsabilité de sa théorie, comment on pourrait concevoir l’histoire du peuplement de Madagascar : i° une période initiale où i’île est habitée par une population inconnue; •— 2° une importante migration de Bantous, antérieure à notre ère, migration constituée surtout par des Négrilles ou Pygmées ; — 3° une immigration d'Indonésiens hin-douisés, venant de Sumatra, vers le n°-iv° siècle, et imposant leur domination aux éléments bantous : — 4° une immigration d’Arabes, islamisant les Malgaches (vnc-ixc s.); — 5° une seconde immigration de Sumatranais, établissant la suprématie des Huvas (x° s.) ; 6° une migration persane ; — 70 une seconde migration arabe, vers i5oo.
- Colonie condamnée. — Les rares habitants de I’île Tristan-da-Cunha vont recevoir leur courrier annuel: un vapeur de commerce, commissionné par l'administration des Postes Britanniques, partira incessamment de Southampton et fera relâche dans le solitaire archipel, situé, comme on sait, dans le Sud de l’Atlantique, à peu près à mi-chemin entre le Cap de Bonne-Espérance et l’Amérique du Sud. Les 75 insulaires qui habitent ce groupe, et qui sont tous des naufaugés ou des descendants de naufragés, attendent leur courrier depuis un an, exactement depuis le 12 janvier 1908. L’archipel fut longtemps inoccupé. L’Angleterre y installa une garnison en 1816, pour surveiller la roule de Sainte-Hélène, en pi'évision de tentatives organisées dans le but de faire évader Napoléon Ier. A sa mort, les soldats furent rapatriés. La colonie présente cette particularité qu elle n’est soumise à l’autorité d’aucun fonctionnaire. Les habitants n’ont même aucune formé de gouvernement, ni administratif ni judiciaire. Ils vivent de la culture de la pomme de terre, de la pêche, et exportent à Sainte-Hélène du bétail, des pommes et des pêches. Pendant longtemps, le Gouvernement Anglais envoya chaque année un navire de-guerre à Tristan-da-Cunha. Il se contente maintenant de confier le courrier une fois par an à un baleinier en partance pour ces lointains parages.
- p.2x58 - vue 490/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- cJg^S* Mécanique
- Odotachymètre Kirby-Smith. — La collection des odotachymètres augmente avec une rapidité étonnante, de sorte que les automobilistes ne savent plus auquel accorder leur préférence. Pour les tirer d'embarras, ou pour augmenter leurs soucis, nous allons leur en pré senter un nouveau dont on dit beaucoup de bien dans le monde spécial qui emploie ces appareils.
- L'appareil, dont les dimensions sont très réduites, est enfermé dans une cage en bronze portant le cadran, recouvert d’une glace sur laquelle sont inscrites des divisions de zéro à cent, comme l’indique noù’e première ligure. Ces divisions sont parcourues par deux aiguilles : l’une indique la vitesse de la voiture à chaque instant et se déplace par conséquent d’une manière variable suivant l’allure du véhicule; l’autre, entraînée par la première, ne revient jamais en arrière, à moins qu elle
- 50 60
- Fig. 1. — Vue intérieure du mécanisme.
- n’y soit ramenée volontairement ; elle indique la plus grande vitesse qui ait été atteinte. Le chauffeur est donc obligé de constater qu’à un moment donné il a pris une allure excessive. Deux évidements pratiqués dans le cadran sont des totaliseurs des kilomètres parcourus. Le plus petit, à trois chiffres, est le totaliseur journalier ; on le ramène au zéro à la fin de chaque journée de marche à l’aide du, bouton B (fig. a). L’autre, à cinq chiffres, est un totaliseur général.
- La roue avant transmet son mouvement à l’appareil par l’intermédiaire d’un flexible aboutissant en T (fig. i J.
- Fig. 3. — Transmission par la roue avant.
- Fig. 4. Régulateur.
- Dans ce but on fixe, sui* les rais de cette roue, une couronne d’aluminium A (fig. 3) sur laquelle vient s’appuyer un disque D pourvu d'un bandage en caoutchouc. Ce disque est porté par une monture fixée dans la fusée ; un ressort l’oblige à s’appuyer contre la couronne d’aluminium qui, solidaire de la roue, la met en marche pour actionner le flexible. Comme la vitesse dépend de la position du disque D sur la couronne, il faut procéder à un réglage préalable si l’on tient absolument à ce que la vitesse indiquée par l’odotachymètre soit la vitesse réelle. Tous les chauffeurs ne sont pas partisans de la trop grande exactitude.
- Le flexible aboutit sur l’arbre T qui porte, à l’intérieur de l’appareil, une roue dentée B (fig. 4) qui engrène avec une autre C solidaire de l’arbre A sur lequel est monté le régulateur. Ce régulateur est l’une des parties les plus intéressantes de l’appareil. Il est constitué par trois bras articulés E sur chacun desquels est
- montée une masse oscillante M. Pendant la rotation de l’arbre, les masses s’écartent sous l’action de la force centrifuge; mais les bras E E étant solidaires du manchon F fixé sur l’arbre A, tirent sur leur anneau support H mobile sur le même arbre. Cet anneau H comprime donc le ressort antagoniste entourant l’arbre jusqu’à ce que l’équilibre des forces en présence se soit établi, ce qui a lieu instantanément presque. On reproche toujours à ces ressorts de n’obéir que pendant un temps plus ou moins long à une action de même valeur ; à la longue leur élasticité s’émousse et les indications fournies par l’appareil ne sont plus exactes. Cet inconvénient étant connu de l’inventeur, il a remédié au défaut d’une manière très originale. Au lieu de se contenter d’un ressort unique, il a imaginé de se servir de trois ressorts également à boudin dont les résistances sont variables, et chacun d eux est monté sur un tube pourvu d’un arrêt qui sert de butoir au ressort suivant. Le ressortie plus rapproché de F est en fil très fin et de peu de longueur ; le suivant est un peu plus fort et enfin le dernier est plus résistant. Dès que les masses commencent à s’écarter, le premier de ces ressorts commence à se comprimer; lorsqu’il a atteint son maximum, fixé par une butée, le second entre eu action, puis enfin le troisième. On voit que, en ce qui concerne les deux ressorts les plus faibles, leurs résistances étant bien déterminées, ils ne peuvent supporter une action supérieure à celle pour laquelle ils ont été construits.
- Le mouvement de l’arbre A se transmet, comme le montre notre figure 4. au support des aigiiilles par l’intermédiaire d’un petit pignon denté fixé sur leur axe. L’aiguille indicatrice des vitesses tend à être constamment ramenée au zéro par un ressort spirale qui évite les vibrations; celle de la plus grande vitesse est entraînée par la première et demeure au point le plus élevé du cadran tant qu’on ne l a pas ramenée intentionnellement au zéro en appuyant sur un boulon placé à la partie supérieure de l’appareil. Ce bouton peut être remplacé par une clé qui, en tournant, soulève un rochet qui libère l’aiguille en détendant un petit ressort spirale.
- Le compteur kilométrique est très simplement établi. L’arbre T auquel aboutit le flexible se termine par une vis qui engrène avec une roue dentée, laquelle actionne en même temps le totaliseur et le compteur journalier. Les chiffres de o à 9, sont inscrits sur de petits tambours solidaires d’engrenages à dentures interrompues; ils sont donc entraînés successivement aux temps voulus.
- Ce petit appareil possède le grand mérite de la simplicité. C’est un avantage précieux sur tous les odota-chymètres dont l’usage a été si long à s’imposer. — Il est mis en vente à la maison Kirby, Beard et C‘% 5, rue Auber, à Paris.
- Cyclisme•
- Avant-train porteur pour bicyclette. — Tout le monde connaît aujourd’hui le triporteur, cet admirable instrument de livraison; il n’est pas sans cependant présenter quelques inconvénients. Le conducteur est obligé, chaque fois qu’il veut modifier la direction, de déplacer la caisse tout entière, ce qui, à la longue, lorsqu elle est chargée, ne va pas sans lui occasionner une-certaine fatigue des bras; l’essieu pivotant amène, d'autre part, un flottement presque continuel dans la direction sur mauvais terrain; enfin, à allure un peu rapide, un virage trop court expose au renversement de l’appareil, par suite de la réduction du polygone de sustentation.
- L’avant-train porteur que nous présentons à nos lecteurs ne présente aucun de ces défauts : il est constitué par un essieu terminé aux extrémités par des chapes recevant des roues articulées exactement comme ; celles de l’avant d’une voiture automobile ; la caisse est suspendue au-dessus de l’essieu par l’intermédiaire de l'essorts. Cet appareil s’adapte à une bicyclette quelconque dont on a enlevé la roue d’avant : à cet effet
- -an 59 lï&-
- p.2x59 - vue 491/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE (
- un fort tube brasé sur l’essieu est terminé par un raccord en deux pièces se boulonnant sur le tube de la bicyclette allant du pédalier au tube de direction; la caisse est elle-même fixée à ce dernier par une attache articulée spéciale laissant toute liberté aux ressorts. La direction se fait par le guidon à la façon ordinaire, elle est transmise aux leviers d’articulation des chapes par-un double système de bielles articulées. On voit que la
- Avant-train porteur pour bicyclette.
- caisse reste toujours dans l'axe du cadre, le triangle de sustentation est indéformable ; résultats, direction beaucoup plus facile, les marchandises sont beaucoup moins secouées, le renversement est impossible. Cet avant-train est établi d’une façon très robuste, il est très léger et peu coûteux, nous pensons qu’il doit rendre extrêmement de services surtout pour le transport de colis de petites dimensions. — L’avant-train porteur pour bicyclette est construit par les établissements Couteret, 174. boulevard Voltaire.
- JoilCtS
- Bascule parisienne. — Jeu d’adresse très simple. 11 s’agit tout simplement de lancer une balle, d’une distance convenue à l’avance, dans un godet de métal appartenant à un châssis mobile monté sur un axe, celui-ci étant supporté par deux montants qui lui permettent de se tenir sur ie sol.
- Lorsque la balle arrive dans le godet sa chute pro-
- Jiâscule parisienne.
- duit le renversement du système : le godet descend avec sa charge tandis que la partie pleine qui lui sert de contrepoids s’élève et montre un chiffre.
- On place plusieurs bascules de ce genre les unes à côté des autres et les joueurs ont autant de balles qu’il y a de godets afin de pouvoir amener tous les numéros s’ils sont à droite. — La bascule parisienne est en vente chez M. Poyet, 19, rue Planchât, à Paris.
- Le Raque-balle. — Jeu imité de celui de la raquette. Celle-ci est remplacée par une sorte de main creuse
- Le raque-balle.
- faite de quelques fils métalliques réunis à une poignée. La balle prend place dans la concavité et peut être
- lancée à une grande distance. L’adversaire la reçoit sur sa raquette et la renvoie absolument dans les mêmes conditions qu’un volant avec une raquette ordinaire. — Le Raque-balle est construit par M. Daud, 32, rue du Pressoir, à Paris.
- Objets utiles
- « L’incisif ». — La mastication complète des aliments est l’une des principales conditions du bon fonctionnement de l’estomac, malheureusement la mauvaise 'habitude, trop fréquente, de consacrer au repas un temps très court ne permet pas d’observer cette précaution. Il est donc d’une bonne précaution de la part d’une maîtresse de maison de suppléer artificiellement à ce manque de mastication. L’appareil, présenté sous le nom « Incisif », a été imaginé pour répondre à ce but. Ce n’est pas un masticateur, mais simplement un appareil destiné à corriger la fermeté et la résistance de la viande. 11 est formé d’un petit manche rond auquel est fixée une série de petites lames tranchantes en acier nickelé, disposées perpendiculairement les unes par rapport aux autres. Pour s’en servir, on dispose sur une planchette la viande'crue à atlendrir, et tout en la maintenant avec la pointe d’un couteau, on la frappe de l’autre main avec l’outil dans tous les sens et de chaque côté de façon à produire des incisions multiples, toutes les fibres et filaments se trouvant coupés sans que cependant le sang s’échappe.
- L’opéralion terminée, l’appareil se nettoye au moyen d’une simple petite brosse. Ainsi préparé, le bifteck sera fort tendre et sa mastication aisée. — L’incisif se trouve chez M. Kuhn, 19, rue des Trois-Bornes, au prix de a'1',73.
- cjg'jvs. Divers
- Procédé simple de nettoyage par le vide. — Voici un procédé simple pour installer soi-même, dans sa maison, le nettoyage par le vide. Il nous est indiqué par Scientific American. Ou sait combien séduisant est le nettoyage par le vide; mais ce système exige en général l’emploi d’un moteur à gaz et d’une pompe à vide, tous deux d’un maniement quelque peu délicat. Dans les grandes villes, il existe des sociétés qui se chargent d’effectuer les nettoyages, au moyen d’appareils mobiles ; mais le prix en est assez élevé. Le procédé que nous allons exposer n’exige que la présence d une distribution d’eau et l’installation de quelques conduits aux joints hermétiques. Il repose sur le principe bien connu de la trompe à eau. L’eau tombant avec une certaine vitesse dans un conduit entraîne l’air et produit le vide.
- On disposera donc une embouchure de tuyau A en forme d’entonnoir communiquant avec une chambre E où débouchent les ajutages des conduites B et C.
- La conduite B est reliée à la distribution d'eau, la conduite C à un réservoir à vide placé en un endroit quelconque de l’appartement. A la partie inférieure de l’embouchure A, sort un tuyau H, qui plonge à son extrémité dans un récipient M, muni d’un trop plein L par où s’échappera l’eau. La manœuvre est maintenant bien simple à saisir. Le réservoir à vide est reliée par des canalisations aux pièces où l’on veut opérer le nettoyage ; il suffit d’ouvrir un robinet pour mettre celle-ci en relation avec le réservoir. On en ouvre un autre, pour faire couler l’eau par le tuyau B dans le tube H ; l’eau entraîne l’air amené dans les canalisations et le vide se fait. Le point essentiel de l’installation réside dans les joints qui doivent être faits avec le plus grand soin et maintenus parfaitement hermétiques.
- Le mérite d’un tel système tient à ce qu’il peut être réalisé par quiconque est un peu habitué à poser des conduites et des tuyaux.
- POYET
- p.2x60 - vue 492/647
-
-
-
- CHRONIQUE
- Le ilernier voyage du Dr Sven Hedin au Tibet.
- L’expédition au Tibet, que vient d’achever le p1 Sven Hedin, est son cinquième grand voyage dans l’Asie centrale et l’un des plus remarquables, Le célèbre explorateur suédois a rapporté de ce voyage des connaissances entièrement nouvelles sur des parties du Tibet demeurées inconnues jusqu’à ce jour et désormais l’un des blancs les plus considérables de la carte de ce pays se trouve comblé.
- Cette expédition, qui a été commencée en 1906, a compris trois campagnes distinctes.
- Au cours de la première1, le D' Sven Hedin a d’abord traversé tout le Tibet en diagonale, du nord-ouest au sud-est, tentative qui n’avait pu être encore réalisée par aucun voyageur européen. De Léli, dans le Ladak, Sven llcdin atteignit Chigatsé après un voyage de six mois, en traversant une contrée jusque-là ignorée. Evitant les routes suivies par les précédents voyageurs, il avait cheminé dans le vaste espace vide laissé entre les itinéraires de Wellby au nord, de Bower et Thorold au sud-ouest et de Dulreuil de Rhins et Grenard à l’est.
- Le voyageur dut passer un col de 5g43 m. d’altitude, pour atteindre les hauts plateaux. Là, on trouva de l’eau assez facilement presque tous les jours, mais après de longues marches; il y avait de l’herbe excellente. Le lac Lighlen, sur le plateau d’Àlcsaï, est un des plus vastes que Sven Hedin ait vus au Tibet; sa profondeur est grande aussi, et dépasse 68 m. en quelques endroits.
- Plus loin, les difficultés commencèrent. La caravane s’égara dans de hautes montagnes neigeuses où elle eut à subir de terribles tempêtes de neige. Les mules et poneys périssaient les uns après les autres. On ne trouvait plus d’herbe, même pas quelquefois de crottin de yack pour les feux de camp, mais on avait toujours dé i’eau. On arriva à un endroit où se trouvent des mines d'or, qui ne sont exploitées que pendant l’été. C’est après être resté 83 jours sans rencontrer un être humain, qu’on trouva les premiers nomades. Sven Hedin leur acheta d excellents yacks qui portèrent les bagages. Dans celte région très accidentée, la température était extrêmement froide; le thermomètre descendit jusqu’à -35° C. '
- La caravane atteignit le Ngariglse-lso, découvert par le pundil Nain Singh en 1874. Sven Hedin fit sur ce lac une excursion en traîneau qui dura 10 jours; il en dressa une carte détaillée et en mesura la profondeur, qu’il trouva être de 10 m. maxima.
- En janvier, le D1' Sven Hedin poursuivit sa route vers le sud, pour traverser la région comprise entre le Ngangtse-tso et le Tsanpo, origine du Brahmapoutre. Il constata alors que cette vaste étendue de pays, marquée par un blanc sur les cartes, est occupée par une gigantesque chaîne de montagnes, l’une des plus hautes de l’Asie et même de la terre, formant la ligne de partage entre le Ngangtse-tso et le Dangrayoum-lso au nord, et le bassin du Brahmapoutre au sud, c’est-à-dire entre les bassins fermés des plateaux tibétains et les cours d’eau qui se déversent dans l’océan Indien. Cette découverte est le résultat géographique le plus important du voyage du Dr Sven Hedin.
- Cette seconde chaîne qui existe au nord du Brahmapoutre, est comparable à l’Himalaya et lui est parallèle. Sa longueur dépasse 3ooo km. Elle avait été traversée, dans sa partie orientale, par l’explorateur anglais Liltledalè et par quelques autres voyageurs, mais aucun d eux n’avait soupçonné que cette chaîne s’étendît ainsi à des distances considérables vers l’ouest-nord-ouest. La chaîne découverte par Sven Hedin doit donc être la continuation à l’ouest de celle que les Tibétains appellent Ninlchen-tang-la et qui s’étend sur la rive méridionale du Tengri-nor. Elle ne présente pas des sommets d’une hauteur colossale comme les géants de l’Himalaya, mais les cols s’ouvrent à des altitudes supérieures. Le D' Sven Hedin en traversa plusieurs, dont cinq dépassant 5ooo m., et cela par des tempêtes de neige et un froid intense. Entre ces cols élevés, coulent des rivières qui se dirigent vers le bassin du Tsanpo. La carte levée par le Dr Sven Hedin pour cette région porte un labyrinthe compliqué de montagnes, coupé de nombreux cours d’eau. ,
- 1 The Gëographical Journal, mai 1907, p. 539-545.
- Descendant lès pentes du Nintchen-tang-la, la caravane de Sven Hedin atteignit la rive septentrionale du Brahmapoutre en amont de Chigatsé et arriva dans cette ville le 9 février 1907. Là, l’explorateur eut une entrevue avec le Tachi-lama, qu’il représente comme un homme tout à fait supérieur.
- A ce moment, le D1' Sven Hedin avait déjà écrit •2970 pages de notes. Ses levers, très détaillés, couvraient st3o feuilles. Les observations astronomiques et météorologiques avaient été faites par son assistant, A. Robert. L’altitude d’environ 200 points avait été déterminée et 240 échantillons de roches avaient été recueillis. Sven Hedin avait dessiné 700 panoramas, dont quelques-uns en couleurs. On ne saurait trop admirer l’activité déployée par le voyageur au cours de cette première campagne qui, par l’importance des découvertes faites, constitue déjà à elle seule l’une des plus belles explorations faites dans le mystérieux Tibet, mais le Dr Sven Hedin ne s’en tint pas là.
- Il alla abordér un nouveau terrain de recherches, celui des sources des grands fleuves, Tsanpo, Gange, Sutledj, Indus, dans la région des lacs Manasarowar et Rakas-tal. Ce fut là le programme de sa seconde campagne1.
- De Chigatsé, lé D’ Sven Hedin se dirigea vers le nord-ouest et traversa de nouveau le Nintchen-tang-la; il parvint sur son versant nord aux environs du Dangrayoum-lso. Mais il dut rétrograder devant les ordres des fonctionnaires tibétains, franchit de nouveau la chaîne et revint sur le Brahmapoutre, après avoir découvert sur le versant nord, un lac immense, le Tchourou-tso. Il fit ensuite une pointe vers le Népal où il pénétra après avoir franchi l’Himalaya au Kore-la. Puis il reprit sa route dans la direction du nord-est, le long du versant septentrional de l’Himalaya, et arriva au lac Manasarowar le 25 juillet, ayant suivi, depuis Chigatsé, un itinéraire presque entièrement nouveau. Devant ce lac sacré, Sven Hedin put observer à son aise les pratiques religieuses des nombreux pèlerins qui fréquentent ce lieu.
- Au cours de ce voyage, Sven Hedin détermina exactement la ligne de faîte entre le Brahmapoutre et les bassins sans écoulement du Tibet. Il établit que la véritable source du Brahmapoutre serait, non le Mariam-tchou issu du Mariàm-la, comme l’ont affirmé les voyageurs anglais, mais le Koubi-tsanpo, sorti d’un gigantesque massif himalayen couvert de glaciers, le Koubigangri.
- Sur les bords du Manasarowar, où il séjourna un mois, l’explorateur suédois élucida aussi la question de la source du Sutledj, affluent de l’Indus. D’après lui, l’origine de cette grande rivière serait le Tage-lsanpo, tributaire du Manasarowar. Le Tage-tsanpo aurait une communication souterraine avec le Rakas-tal, ce qui avait fait croire que le Sutledj sortait de ce-lac.
- Sven Hedin explora en détail le lac Manasarowar qui est long d’au moins 25 km. Il y exécuta cinq lignes de sondages comportant 129 stations; il trouva une profondeur maxima de 81,8 m.
- Enfin l’explorateur alla faire une excursion à la source de l’Indus, qu’aucun Européen n’avait visitée, et que les Tibétains appellent le Singikabap, ce qui signifie : « la bouche d’où sort l’Indus ». Il rallia Gartok le 26 septembre 1907. '
- Dans cette seconde partie de son voyage, le Dr Sven Hedin a continué à accumuler des pages de notes précieuses, des dessins de panoramas, des échantillons géologiques, des sondages de lacs. La carte dressée depuis Chigatsé comprend 3oi feuilles, reposant sur 4o positions astronomiques. Il a visité au Tibet 29 ge-rupas, ou monastères, qui, la plupart, étaient inconnus.
- La troisième campagne de Sven Hedin fut également très fructueuse et aussi très pénible2. !
- Parti de Leh, le 4 décembre 1907, la caravane de Sven Hedin, dépistant les autorités chinoises et tibétaines, se dirigea vers le désert d’Aksaï-tchin. Elle eut à souffrir cruellement du froid et subit d’effroyables tem-
- 1 Petermanns Mitteilungen, 1908, n° 1, p. 23; L'Illustration, 25 juillet 1908; La Géographie, i5 octobre 1908, p. 249 (article de M. Charles Rabot).
- 2 The Times, 16 et 17 septembre 1908.
- p.2x61 - vue 493/647
-
-
-
- m CHRONIQUE J|«
- pètes de neiges. Le i5 janvier 1908, le thermomètre descendit à — 39°,8 C. Le D' Sven lledin eut les pieds gelés en partie, et les moutons de la caravane succombèrent tous. La caravane atteignit enfin le lac Tchemen-tso, après être restée 64 jours sans rencontrer un être vivant. Là, elle trouva des chasseurs nomades, et put leur acheter des antilopes et des moutons pour renou-veler la provision.
- Les voyageurs atteignirent, 9.2 jours plus tard, le lac Lemchang, ou Lenchung-tso de la carte du capitaine Deasy. Entre ce lac et le Tchemen-tso, on trouve des gîtes aui'ifères à 3 et 4000 m. ; à cause de la rigueur de la tempéx'atui'e, ils ne sont exploités qu’en été.
- L’objectif de Sven Hedin était la province de Bongba où aucun Eui'opéen 11’avait pénétré. Mais, pour éviter d’être reconnu par les espions tibétains qui venaient constamment le surveiller, il dut se déguisex1 en caravanier ladaki; il faisait passer sa troupe pour une caravane allant acheter de la laine aux bergers tibétains. On échappa à une première alerte. A la seconde, Sven lledin crut plus prudent de se révéler aux fonctionnaires tibétains. 11 se lii'a encore d’affaire, et l’amitié que lui avait témoignée, la précédente année, le Tachi-lama lui servit en la circonstance.
- Il poursuivit donc sa x’oute et pénétra dans cette province de Bongba, l’une des plus vastes du Tibet, entiè-
- rement inconnue, qu’il traversa deux fois dans des sens différents. Il découvrit plusieurs gi’ands lacs, le Chouni-tso, puis le Tabia-Tsaka, qui appx-ovisionne de sel une partie du Tibet. H arriva au pied du Nintchen-tang-];i dont il put détenniner l’extension jusque vers le 82° de Long. E. Or. Franchissant la chaîne par un col de 5400 m., il alla explorer sur son versant méridional le cours du Tcharla-tsanpo, ti’ibulaire du Brahmapoutre, dont il avait précédemment relevé le confluent.
- Surpris par une force tibélaiue, il repassa la chaîne au nord de laquelle il explora le Tereuam-tso, très lono lac l'empli de sel, puis étudia la vallée du Soma-tsanpo, une des plus fortes rivièi'es des bassins fermés du Tibet. Recoupant enfin pour la dixième fois la chaîne du Nintchen-tang-la, Sven lledin revint sur les bords du lac Mana^arawar, le 26 juillet, et de là il gagna Simla par des roules connues.
- Au cours de celte dernière campagne, le D1' Sven lledin avait encoi'e couvert un blanc très étendu de la carte du Tibet en faisant connaître le premier la province de Bongba l'estée jusque-là mysléi'ieuse. Durant toute cette gi'aude expédition, le célèbre voyageur suédois n’a pus effectué moins de 65oo kilomètres à travers le Tibet inconnu, et px-esque constamment dans des régions montagneuses du plus difficile accès.
- Oustaye Regelsiuîkger.
- <§£ RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Qgt
- csr
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en décembre 1908, par M. Th. Moureaux.
- La période de froid survenue à la lin de novembre s’est continuée pendant les premiers jours de décembre, mais la tempéx’ature, se l'elevant dès le 5, est ensuite restée constamment au-dessus de la normale jusqu’au 20 ; les minima se sont alors abaissés progressivement, celui du 3x atteignant —i4°,8. Uixe température aussi basse est rarement observée dans la région de Paris, non seulement en décembre, mais dans un mois quelconque; depuis 35 ans, des minima diuimes inférieurs à —i5° au Parc Saint-Maur ont été relevés seulement trois fois en janvier (i8g3); deux fois en février (1888 et 1895); une fois en novembre (1890). En décembre, on n’en trouve aucun en dehors du mois si exceptionnellement fi-oid de décembre 1879, qui, à lui seul, compte i3 jours où le thermomètre soit descendu au-dessous de — i5° : c’est d’ailleurs à cette période x’igoureuse que se rapporte la plus basse température de toute la série, — 25°,6.
- La neige fait le plus souvent son appai'ition en novembre; cette année, la première n’a été observée que le 27 décembi'e, faible d’ailleurs et n’ayant pas fourni une hauteur d’eau appréciable. Le 29, au contraire, une neige épaisse est tombée sans discontinuer de i2h3om à 20h3om, et a couvert la terre sur une épaisseur de i3 centimètres environ.
- La nébulosité est excessive ainsi que l’humidité rela-tive de l’air, tandis que le total de la pluie est faible, et aussi l’insolation : pendant tout le mois, le soleil n’a brillé que 25 heures en 9 jours.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyeixne des 24 heui'es, 757““,79; minimum absolu, le 11 à
- i2h45m; maximum absolu, 774“”,2 le 3i à 22h3om; écart exti’ême, 43mm,5.
- Tempéi’ature : Sous l’abri : moyenne des minima,
- — o°,58 ; des maxima, 4°,58 ; du mois, 2°,oo ; des 24 heures, 20,12; minimum absolu, — i4°,8 le 3t ; maximum absolu, n°,6 le 16. Moyenne diurne la plus élevée, xo°,o7 le 14; la plus faible, — 7°,95 le 3i. Amplitxide diurne, moyenne du mois, 5°, 16; la plus faible, i°,ole 27; la plus gi’ande, ii°,7 le 3t. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, — 20,58; des maxima, 6°,52; minimum absolu,
- - - i9°,o le 3x ; maximum absolu, i6°,2 le 9. —Dans le sol gazonné, moyennes du mois ; profondeur, om,3o : à 9 heui'es, 4°,82 ; à 21 heures, 4°,85; profondeur, om,65 : à 9 heui'es, 6°,24; à 21 heures, 6°,20; profondeur, 1 mètre : à 9 lxeui'es, 7°,23; à 21 heures, 7°,i9. — De la Marne : moyenne le matin, 4°-95 ; le soir, 5°,01 ; minimum, o°,go le 3t ; maximum, 6°,40 le 20.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heui'cs, 5mm, 10;
- minimum, i"lm,5 le 3i à 8 heux'es ; maximum, 9““,6 le il à 24 heui’es.
- Humidité l’elalive : moyenne des 24 heures, 91,1 ; minimum, 5g le 3o à i3 heures et à 1 \ heui-es; maximum, 100 en 17 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 8,.jx; minimum, 0,6 le 24; le ciel a été complètement couvert pendant i3 jours.
- Insolation : durée possible, 2.56 heures; dui'ée eflee-tive, 25h 3 en 9 jours; rapport, 0,10.
- Pluie : total du mois, 39mm,7 en 53h7“.
- Nombre de jours : de pluie ou neige, 12; de pluie ou neige inappi'éciable, 8; de neige, 3; de givi'e, 5; de gelée, x4, dont 9 consécutifs, du 2.3 au 31, et 8 sans dégel; de gelée blanche, 16; de hrouillai'd, 11; de brume, 7; couronne lunaire le 3i.
- Fi’équence des vents : calmes, 21.
- N. . . . . i4 S. E . . . 34 W . . . . 10
- N. N. E. • 17 S. S. E . . 71 W. N. W . 11
- N. E . . . 36 S i3i N. W . . . 3
- E. N. E . . 2 5 S. S. W. . 116 N. N. W . 20
- E . . . . . 106 S. W. . . 40
- E. S. E . . 61 W. S. W . 28
- Vitesse du vent en mèti'es par seconde : moyenne des 24 heures, 3ra,02 ; moyenne diui'ne la plus grande, 7“,5 le 10; la plus faible, om,4 le 3; vitesse maximum en 15 minutes, i3m,9 le 10 de iih45m à 12 heures par vent S.
- Hauteur de la'Marne : moyenne du mois, 2nl,5o; minimum, 2m,o8 le 8; maximum, 2m,84 le i5.
- Compai'aisons aux valeurs normales : bai'omètre,
- — omm,37; températux’e, —o°,5o; tension de la vapeur,
- — omm,02 ; humidité relative, -j-2,5; nébulosité, -f-1,22; pluie, — 5mm,8; jours de pluie, —4.
- Taches solaires : on a suivi 9 taches ou groupes de taches en 9 jours d’observation.
- . Pertui’bations magnétiques : Faibles; les 6 et 2.6, assez fortes les 4 et 5.
- Mouvements sismiques : le 12, de i3n26m à 15h25n‘ (temps local), phase maximum de 13fl 44m à 13h 56m; 1° 18, de x6h3“1 à 1711 25”, phase maximum de j6ux8“à 161129”. Tremblement de terre de Messine et de la Calabre le 28; oscillations de 4h 3om à 6h 3ora, phase maximum de 4h 37“ à 41' 49m î Ie phénomène a été enregistré également au magnélogi'aphe de l’Observatoire du Val-Joyeux.
- Floraison : Le 8, l'ose de Noël; le 9. ehimonanthus fi'agrans; le 15, laurier-lin.
- p.2x62 - vue 494/647
-
-
-
- ------v>
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. £lle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes je renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Roche, Paris. — Les sismographes ont été étudiés en détail dans un article paru le iB août 1906, n° 1734.
- M. Saint-Martin, à Bordeaux. — Les liltres ménagers les plus connus actuellement sont le liltre Chamberland, formé de cylindres verticaux en porcelaine dégourdie, ou bougies filtrantes; le filtre Mallié, en porcelaine d amiante, à pores plus fins que ceux de la porcelaine et par suite plus filtrants ; le filtre Howatson, en terre à infusoires, produisant une stérilisation presque absolue. Noter que la stérilisation due à ces filtres n’est jamais complète, et que les bougies doivent être, de temps à autre, stérilisées à l’étuve.
- M. P. Magnien, Bizerte. — Comme moteurs à pétrole, les moteurs qui nous paraissent les plus rustiques, et par suite les plus pratiques dans votre région, sont : Moteur Le Dan, 10, rue Laborde; moteur Cazes, 62, rue Caumartin, Paris; moteur Krombout, chez M. Amblard, à Dieppe. Nous ne pouvons indiquer, même approximativement, la résistance du moulin qui dépend de la nature du moulin. Mais le constructeur qui \ous fournira la machine doit vous indiquer ces rensei-
- gnements. Pour la marque du moulin à choisir, le mieux est de vous adresser à des spécialistes, comme Bajac, à Liancourt (Oise); Amelin et Renaud, 39, rue Jean-Jacques-Rousseau, Paris; Sloan, 17, rue du Louvre, Paris.
- Mlle Cliauchard, Paris. — Nous ne connaissons aucun traité sur la nacre.
- M. Herbin, Buenos-Ayres. — Le prix des volumes de la bibliothèque de philosophie scientifique est de 3,5o fr. Vous lirez aisément les ouvrages de M. L. Poincaré et Lebon : ils ont été rédigés de façon à être accessibles à tout esprit cultivé.
- M. Van den Rrœcfc, à Anvers. — Le procédé de sciage des arbres par fil électrique ne peut être économique que pour des arbres sur pied, parce qu’alors, il économise une main-d’œuvre considérable et permet d’exécuter l’opération rapidement. Mais pour des bois de chauffage, de diamètre relativement faible, il ne paraît pas présenter un grand intérêt : l’énergie que produit votre moteur sera aussi utilement employée à faii'e tourner une scie qu’à chauffer un fil de platine, et la scie vous donnera un travail aussi facile, et vraisemblablement plus rapide, avec un matériel moins coûteux.
- M. Prévost, à Pari*. — Voyez la Chimie appliquée de Chabrié, librairie Masson.
- M. J. Jindre, à Smichor. — Il n’existe pas à notre connaissance d’ouvrage sur les orchestrophones. Nous regrettons vivement de ne plus posséder les deux, adresses des inventeurs des appareils en question.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- ] ' pulqtié au Mexique : Juan-Paul Lafitte. — Le gyroscope et le roulis des navires : 1t. Bonnin. — Le revêtement des berges des canaux : D. B. — Le désastro italien : L. D. L. — L’industrie des fourrures : E. Lakglet. — Académie des sciences; séance du 11 janvier 1909 : Ch. de Ville deuil.
- Supplément. — Les petites planètes. — Un calcaire tlierinolumi-nescent. — Hommage à Ampère. — La téléphonie sans fil aux Ktats-Unis. — Les chemins de fer do Formose. — La découverte de la poudre. — Les villes les plus peuplées du monde, etc. — Les potages diastasés. — La culture des éponges sur le littoral méditerranéen-français. — Le chant des bâtons en montagne.
- La Kalaa des Béni-Ilammad, une capitale berbère de l’Afrique du Nord au xic siècle, par le général L. de Beylié. Paris. E, Leroux. 1909. 1. vol. in-40, 124 p. 39 Pi;
- Dans cet ouvrage, M. de Beylié décrit les fouilles effectuées par lui en 1908 sur l’emplacement de la Kalaa des Beni-Hammad (département de Constantine) qui, fondée en 1007, par Iïammad, de la grande tribu berbère des Sanliadja, a joué pendant tout le xic siècle le rôle de capitale de l’Afrique du Nord. Abandonnée d’ailleurs dès la fin du même siècle et détruite au milieu du xne siècle, la Kalaa hammadite présente de ce fait l’intérêt tout particulier d’offrir des vestiges appartenant à une époque très définie. Cependant les raines n’en avaient pour ainsi dire jamais été explorées jusqu’à la fin du xixc siècle. A la suite de MM. Blanchet et Robert, M. d.e Beylié, en faisant des fouilles systématiques, a pu examiner une quantité de matériaux, qui lui permettent d’arriver à quelques conclusions fort intéressantes en ce qui concerne les origines de l’art musulman. 11 en ressort notamment qu’un grand nombre des traits caractéristiques de cette architecture (trompes à demi-voûtes d’arêtes, parements de faïences blanches et bleues, ruches d’abeilles en pierre, stalactites, plaques de faïence, poteries à reflets métalliques, décors en stuc peints en
- rouge et bleu avec taches blanches et rehauts d’or) sont d’une ancienneté beaucoup plus grande qu’on ne le croyait jusqu’ici, puisqu’ils « se trouvaient déjà dans le palais de la Kalaa, trois siècles avant qu’ils n’aient apparu dans ceux de l’Alhambra, dont ils' sont pour ainsi dire les prototypes. » D’autre part, les fouilles de la Kalaa mettent aussi en évidence la présence indiscutable dans l’architecture musulmane des caractères mésopolamiens, c’est-à-dire asiatiques.
- *
- Traité de physique de O. D. Chwolson, professeur à l’Université impériale de Saint-Pétersbourg, traduit du russe par E. Davaux. Edition revue et augmentée par l’auteur, suivie de notes sur la physique théorique par E. P. Cosserat. Tome Ior, 4e fascicule. V’Acoustique, librairie Hermann, Paris. Prix : 9 francs.
- Il est inutile, croyons-nous, d’insister sur l’intérêt que présente, dans l’état actuel de la science, la publication d’un traité général de physique, permettant à ceux qui ne peuvent, au jour le jour, se tenir au courant des travaux incessants qui tendent à la renouveler de fond en comble, de se reconnaître cependant au milieu de toutes les découvertes nouvelles, de savoir ce qui subsiste des magnifiques théories d’autrefois, de comprendre comment elles servent à édifier celles de demain. Le traité de M. Chwolson est, comme le dit M. Amagat, un intermédiaire entre nos excellents livres classiques et les mémoires originaux ou les ouvrages spéciaux dont notre littérature scientifique s’est enrichie en ces derniers temps. Le 4e fascicule de la belle édition que publie M Hermann, est consacré à Y Acoustique. Cette partie de la physique s’est peu modifiée, peu accrue en ces dernières années ; ce fascicule ne se distingue donc pas d’une façon tranchée des chapitres correspondants des autres ouvrages de physique; mais il faut noter la netteté de l’exposition, l’ampleur de la documentation et la précieuse abondance dé références qui font de cette partie du travail de M. Chwolson un excellent résumé de l’état actuel de la'science acoustique.-
- p.2x63 - vue 495/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Les rayons cathodiques, par P. Vxi laud. 20 édition, 1 vol. Collections Scientia. Gauthier-Villars, éditeur, Pai'is. Prix : 2 francs.
- Excellent résumé, d’une question qui a puissamment contribué à révolutionner la physique moderne. L’étude de M. Villard est claire, précise et porte un cachet très personnel, qu’expliquent les beaux travaux de . l’auteur sur ce sujet.
- Filtration, stérilisation et épuration des eaux potables et des eaux utilisées dans Vindustrie par Paul Razous, lauréat de l’Institut et Armand Razous, architecte. Société d’Editions techniques, 10, nie du Pont-Neuf, Paris. 1 vol. grand in-8 de 80 pages avec figures. Prix : 3 francs.
- Ce sujet très important pour l’hygiène publique et privée, est traité avec une grande compétence, et une documentation tenue au courant des travaux les plus récents.
- Almanach des aviateurs pour 1909, par E. Lessard. 1 vol. illustré de 70 pages. Chez Méricant, 1, rue du Pont-de-Lodi, Paris. Prix : ofr,6o.
- Historique rapide de l’aviation ; rappel des principales performances ; liste des prix à disputer en 1909 ; notions techniques essentielles; conseils aux inventeurs.
- Les merveilles de l'hypnotisme, par le D‘ Gkraud Bonxkt. Paris. J. Rousset. 1908. 1 vol. in-8, 281 p. Prix : 3' ,5o.
- Agréable ouvrage de vulgarisation.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 janv. 1909. 4°, 9 S. S W. 4. l’luic. 5,9 Pluie de 0 h. à 8 h. et de 15 à 17 h ; couvert.
- Mardi 12 8u.O W. S. W 3. Couvert. 5,6 Averses entre 8 h. 20 et 17 lu: couvert.
- Mercredi 15 . . . . • 5°. 6 • S. S. E. 5. Pluie. 8,4 Pluie de 2 h. 30 à 7 h. 45 ; quelquefois des gouttes ; couvert.
- Jeudi 14 7°.6 W. S. W. 3. Couvert. 2,2 Quelques averses ; couvert.
- Vendredi 15 10M S. W. O. Couvert. 6,8 Pluie de 8 h. 45 à 13 h. 15 ; brouillard dans la soirée ; presq. corn.
- Samedi 16 . . ... . 3°,9 S. W. 3. Beau. ,0,6 Gel. bl.: averse à 11 h 30; tr.'nuag. de 8 il. à 16 h.; beau av. et ap
- Dimanche 17 0°,0 S. W. 2. Nuageux. .0,0 Gelée 1)1.; nuàg. à 7 h., 17 h. et 18 h.; beau le reste du temps.
- JANVIER 1909. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 JANVIER 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes dit milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche courbé en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du xi au 17 janvier. — Ze 11. Basses pressions sur tout le N. de l’Europe : Bodoe, 728; pressions élevées subsistant sur le S.-O. de l’Eux’ope : Horta, 775. Pluies sur toute l’Europe O. Température du matin : Arkan-gel,—io9; Paris, 5; Alger, 12; Puy de Dôme, —7; Pic du Midi, 3; moyenne à Paris : 70 (normale : 20). — Le 12. Même situation troublée sur le N., de l’Europe : Bodoe, Haparanda, 72.4; fortes pressions sur la péninsule Ibérique : Horta, 778 ; Biarritz, 769. Pluies sur tout le. N. et 10. ; en France : Limoges, 17; Bordeaux, 10; Besançon, 8; Nantes, 4; Paris, 1. Temp. du matin : Kief, — 90; Paris, 8; Perpignan, 14; Puy de Dôme, 2 ; Pic du Midi, 6; moyenne à Paris : 7°,i (normale : 2°), — Le i3. Dépressions sur le N.-O. de l’Europe : Islande, Bodoe, 733; Cherbourg, 782. Pluies sur l’O. et le N.; en France : Limoges, 18; Charleville, 15 ; Paris, Lyon, i3; Brest, 10. Temp. du matin : Kharkof, — io°; Paris, 6; Perpignan, i3; Puy de Dôme, 2 ; Pic du Midi* —9; moyenne à Paris : 8°,2 (normale : 20).— Le i4- Centre cyclonique sur les îles Feroe (722). Très mauvais temps sur tout l’O. Pluies générales en Europe, neige; sur le Centre ; en France : Besançon, 14 ; Dunkerque,9 ; Bordeaux, 8; Toulouse, Nantes, Pai’is, 2. Temp. du matin : Moscou, — ii°; Pai’is, 8 ; Perpi-
- gnan, i5; Puy de Dôme, o; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : 8°,8 (normale : 20). — Le i5. Centre cyclonique près de l’Islande : Seydisfjord, 719; Skudesness, 723; N. de la France, 744- Pluies et neiges sur toute l’Europe; en France : Moscou, —70; Paris, 10; Alger, xi; Pic du Midi,— 3; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : 7°,i (normale : 20). Le 16. Relèvement général de pression, qui reste inférieure à 780 sur les Iles-Britanniques, la mer du Nord, la Scandinavie; Islande, 725; pression supérieure à 765 sur l’Espagne et le N. de la Russie; violente tempête d’O. sur nos côtes. Pluies; générales ; en France : Biarritz, Besançon, 12; Calais, 11; Nantes, 9 ; Paris, Cherbourg, 7 ; Toulouse, 6. Temp. du matin : Arkangel, — xo°; Paris/ 4 » Alger, 12 ; Puy du Dôme, —-2; Pic du Midi, — 6; moyenne à Paris : i°,8 (normale,: 20). — Le 17. Baisse sur le N.-O. : Reijkiavik, 714; îles Feroé, 781 (tempête) ; Valentia, 757 ; Toulouse, 778. Neiges et pluies presque générales;: en France : Besançon, 8; Toulouse, 4; Nantes, i; Biarritz* Belfort, 3. Temp. du matin : Moscou, —— 8°; Paris, o; Alger, 13; Puy de Dôme, — 6; Pic du Midi, — 9; moyenne à Pai’is : 3°,4 (normale : 20). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 14, à.6 h. 20 m- du soir.
- p.2x64 - vue 496/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l'École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- fout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : J20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des artic'es non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine. , •
- N° 1862 — 30 JANVIER 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Position et diamètre de Mercure. — M. P. Stroo-bant vient de publier, dans les Annales de VObservatoire de Belgique, une étude très complète sur la correction de position et le diamètre de la planète Mercure, déduits des observations des contacts faites lors du passage du 13-14 novembre 1907, dont nous avons parlé ici à diverses reprises. L’auteur a tout d’abord réuni un très grand nombre d’observations des contacts, observations elïecluées en 33 localités, dont 27 en Europe, 4 aux Etats-Unis et 2 dans l’hémisphère austral. Leur dépouillement et leur classement a constitué une tâche assez laborieuse en raison des différences des heures employées. La réduction des observations au centre de la Terre a été faite au moyen des formules données par la Connaissance des Temps pour 1907. Elle a fourni pour chaque observation une correction qui, appliquée au moment noté à l’observation, donne l’heure du phénomène vu du centre de la Terre. Pour un même contact, toutes les heures ainsi trouvées devraient être identiques si les observations n’étaient troublées par un grand nombre de circonstances accessoires : Goutte noire, état de l’atmosphère, instruments différents, équation personnelle, etc. Le premier contact est généralement très mal noté (en retard) ou manqué. En effet, il faut d’avance porter son attention sur le point exact où apparaîtra l’échancrure noire produite par la planète, ce qui ne. peut se faire d’une manière rigoureusement exacte. Pour cette raison, un très grand nombre d’observations du premier contact ont dû être éliminées. Pour les autres contacts, il a fallu éliminer également, pour diverses raisons, un certain nombre d’observations. Finalement, M. Stroobant a pu déterminer comme suit les moments moyens des contacts d’après l’ensemble des données recueillies :
- TEMPS MOYEN
- NOM RE ASTRONOMIQUE DE PARIS DIFFÉRENCE
- D OBSERVATIONS-----— ,, ----
- CONTACT DATE RETENUES OBSERVATION CALCUL 0—C
- I 15 nov. 9 22“33“ 3-,1 22“32“45%0 +Ü”18%1
- II 13 nov. 29 ’ 22“35“31‘,3 22“35”24\9 +0“ 6%4
- lit 14 nov. 68 1“56“30*,6 1“36“ 16“,2 +0“14\4
- IV 14 nov. 37 l“38“S8-,3 1“58‘"56‘,5 -t-0“l\8
- Le temps écoulé entre les contacts I et II donne pour diamètre de Mercure 9",i6 et le temps écoulé entre les contacts III et IV, 9'.',*©, résultat probablement plus exact que le précédent, en raison du grand nombre de déterminations sur lequel il repose. En adoptant ce chiffre de 9", 10 pour diamètre de Mercure le 14 novembre 1907, on trouve pour ce diamètre à.la distance 1 : 6", 16, au lieu de la valeur 6", 6 j publiée par Y Annuaire du Bureau des Longitudes. Le diamètre de Mercure serait donc un peu inférieur à la valeur généralement adoptée. Çe nouveau dîamètrë'’conduirait au chiffre de o,35o (au lieu de 0,373) poùiitVàîeur du diamètre de Mercure, celui de la Terre éta’nt tin. Le rayon de Mercure serait de 2232 kilomètres et le volume 0.043 (au lieu de o,o52) de celui de la Terre. Sa densité
- serait ainsi de 1,42 au lieu de 1,17, densité actuellement admise.
- Sauvés par la télégraphie sans fil. — La télégraphie sans fil vient de sauver la vie à 760 personnes. Le 24 janvier, le transatlantique Bepublic, de la White Siar Cy, était abordé, dans un brouillard épais, par le vapeur italien Florida, porteur de 900 passagers. Le Bepublic commença aussitôt à couler tandis que le Florida désemparé, avait de grandes peines à poursuivre sa route. Les signaux de détresse transmis par télégraphie sans fil furent entendus sur de nombreux bâtiments qui se portèrent de suite au secours des naufragés. Les passagers des deux vaisseaux sinistrés, transbordés sur d’autres navires, furent ramenés sains et saufs à New-York; quant au Bepublic deux navires de secours essayaient de le remorquer au port, mais il sombra avant d’y arriver.
- Le plus haut sondage de l’atmosphère. — La plus grande hauteur atmosphérique atteinte jusqu’à présent était de 26557 m., altitude à laquelle un ballon-sonde belge était parvenu le 25 juillet 1907. Ce record vient d’être battù dans les mêmes conditions : en effet, au cours du lancer international du 5 novembre dernier, un de ces petits aérostats, parti également de l’observatoire d Uccle, est monté jusqu’à 29040 mètres! Ainsi nous commençons à faire connaissance avec les régions jusqu’alors inaccessibles de notre atmosphère et c’est un sujet sur lequel nous reviendrons prochainement.
- Les travaux d’irrigation en Égypte. — Le 9 février prochain le Khédive inaugurera un nouveau barrage sur le Nil, celui d’Esneh, à 160 km au Nord d’Assouan. Le barrage pourra fournir, même lors des plus basses inondations, un supplément d’eau suffisant pour submerger de grandes étendues de terrain dans les plaines Egyptiennes. Il se distingue ainsi des ouvrages d’Assouan destinés à régulariser les basses eaux d’été. Le nouveau barrage a une longueur de 860 m. ; il comprend 120 arches de 5 m. de large, 11 larges piles de culée épaisses de 9,40 m., hautes de ii,45 m. et 108 piles épaisses de 1,97 m. Les constructions ont été commencées en novembre 1906; les dépenses totales s’élèvent à 25 millions de francs.
- Cuirassés en béton armé. — M. Lorenzo d’Adda a proposé en* Italie l’emploi du béton armé pour cuirasser les navires de guerre. On connaît la résistance du béton aux projectiles : tous nos forts de l’Est y ont recours aujourd’hui; l’idée de l’utiliser pour la guerre navale paraît donc fort judicieuse. La station navale de la Spezzia se livre à une série d expériences, qui lui permettront de juger la valeur des cuirasses de M. d’Adda et de leurs conditions d’emploi. La grande difficulté résidera évidemment dans l’encombrement énorme de ces cuirasses : le béton armé est plus léger, il est vrai que l’acier, mais il en faudrait une épaisseitr protectrice de i,5o m. environ.
- p.2x65 - vue 497/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- Emplois nouveaux du calcium. — Le calcium n’est pas un métal nouveau, mais il est resté jusqu ici confiné au laboratoire : il semble qu’à l’image de '1 aluminium il se prépare à en sortir et à conquérir une haute situation industrielle. On propose déjà pour lui de nombreux usages. Au moment de la hausse formidable du cuivre, on avait envisagé l’hypothèse de conducteurs en calcium. Aujourd’hui, c’est dans la métallurgie que sa voie semble tracée; car il est un excellent agent de réduction. , D’après une communication de M. Pratt, à l’Association Britannique pour l’avancement des sciences, le calcium peut rendre de grands services pour le raffinage des métaux, en réduisant les oxydes et les sulfures, puis en éliminant les gaz dissous et en formant avec les impuretés des composés les rendant moins nuisibles. Quant à la réduction des oxydes, elle se fait avec grand dégagement de chaleur, et avec des effets analogues à ceux utilisés en aluminothermie. Ajoutons que le calcium est un métal blanc d’argent, facilement oxydable dans l’air humide, très malléable et bon conducteur de la chaleur. Sa dureté est égale à celle de l’aluminium.
- Une station pour ballons dirigeables en Belgique.
- — M. Solvay a décidé d’établir à proximité de ses usines, à Jemeppe-sur-Sambre, une station pour ballons dirigeables. Ce hangar, qui aura de grandes dimensions, sera construit très prochainement. Il pourra abriter plusieurs ballons dirigeables et aéroplanes. Les usines de M. Solvay, pouvant disposer d’une grande quantité d’hydrogène, M. Solvay a pensé que ce superflu de gaz pourrait être utilisé pour le gonflement des aérostats. Il a constitué à cet effet une société au capital de a5o ooo fr. nommée « Lé Meudon belge ».
- Un million pour l’aviation. — Le 5° Congrès de la Fédération Aéronautique Internationale, qui vient de se réunir à Londres, a projeté la fondation d’une série de prix se montant à i 200000 fr. Cette somme serait ainsi répartie : une coupe-challenge en or d’une valeur de 5o000 fr., destinée aux ballons automobiles, une coupe-challenge de même valeur pour l’aviation, la somme de un million constituerait dix prix de 100000 fr. à courir tous les cinq ans pendant une période de cinquante années. Enfin une somme de 100000 fr. serait affectée à un concours de hangars portatifs pour ballons automobiles ou aéroplanes. Les fonds pour la fondation de ces grands prix internationaux seraient fournis par les Aéro Clubs des différents pays fédérés. Les Etats-Unis, la France, l’Angleterre et l'Allemagne offriraient respectivement 200000 fr. La Belgique, 1 Espagne, 1 Italie et l’Autriche, 100000 francs.
- Nouveau tremblement de terre. — On aura peut-être bientôt une occasion intéressante de vérifier l’exactitude de nos observations sismographiques. Le 23 janvier, les sismographes ont, de tous les côtés en Europe, enregistré le passage de violentes ondes sismiques, deux ou trois plus fortes qu’au moment de la catastrophe de Messine; et l’on a été conduit à leur supposer un centre d’ébranlement extra-européen situé à environ 4000 km de l’Europe centrale. L’observation a été faite à 3 heures du matin à Uccle (Belgique) et à Tortosa (Espagne) ; entre 3 et 4 heures, dans diverses villes d’Italie; à 4 heures à Vienne; à 5 heures à Sophia (Bulgarie) et à Bucarest. Ce qui semblerait indiquer une propagation de 1 Ouest à 1 Est. Au Cap la secousse a eu lieu simultanément à 3h 20. Reste maintenant à attendre les nouvelles du lieu sinistré encore inconnu.
- Exposition d’estampes japonaises. — On expose en ce moment au Musée des Arts décoratifs (Pavillon de Marsan, 107, rue de Rivoli) jusqu’au 28 février, un admirable ensemble d’estampes japonaises, dites primitives, empruntées à un certain nombre des meilleures collections particulières. Rappelons que l’estampe japonaise est un art tout récent, datant seulement de la fin du xvne siècle, et que, par conséquent, le nom de primitifs donné aux anciens graveurs est tout relatif.
- Une machine à répandre du sable dans les rues.
- — La municipalité de Magdebourg en Allemagne, vient de mettre eu service une machine pour répandre du sable sur les chaussées, opération qui, jusqu’ici', a toujours et partout été faite à la main. L’appareil fonctionne Un peu comme nos arroseuses.
- L'utilisation des tiges de maïs. — Ce n’est pus d’aujourd’hui que l’on cherche à tirer parti des tiges de maïs, industriellement. Il y a une quinzaine d'années, une Société d’études se monta aux Etats-Unis dans le but de trouver un procédé pratique pour fabriquer du papier avec ces tiges. Les expériences ne donnèrent pas de résultats satisfaisants. Mais le prix du papier a subi une telle hausse dans le Nouveau-Monde, par suite de la dévastation que les incendies, secondés par une exploitation qui 11e fut pas menée d’une façon méthodique, ont causé dans les grandes forêts du Canada et des Etats-Unis, qu’il devient urgent de trouver un substitut à la pulpe d’arbre. En 1907, les papeteries améri-caines ont consommé 3oi 484 cordes de bois (la corde est de 128 pieds cubiques) de plus qu’en 1906, chiffre auquel il faut ajouter 186000 cordes de bois importé, malgré un droit d’entrée de 3o francs par tonne. Le Gouvernement Américain reprend maintenant les expériences à son compte. Un chimiste du Bureau 0/ Plant lndustry a déjà trouvé un procédé pour fabriquer d’excellent papier avec les tiges de maïs, bien qu’à un prix de revient supérieur à celui du papier de pulpe de bois, de sorte que le résultat est à peu près nul, au point de vue industriel. L’inventeur qui trouvera le secret de fabriquer ce papier de pulpe de maïs à bon marché, fera une rapide fortune. Les recherches du chimiste officiel, le Dr II. S. Bristol, portent également sur l’utilisation pratique de la bagasse. Voici au moins vingt ans que les grandes plantations de canne-à-sucre des Guyanes Anglaise et Hollandaise utilisent les résidus de leurs moulins en produisant un papier grossier consommé sur place pour l’emballage, et sans grande valeur marchande. Mais un rapport consulaire annonce qu’un planteur de 1 île de la Trinité a installé sur ses terres, au prix de 43oooo francs, un moulin qui lui permet de fabriquer avec sa bagasse un papier d’une valeur de 120 francs la tonne, et par un procédé si peu coûteux, qu’il deviendra avantageux de cultiver la canne pour sa pulpe à papier, en considérant le sucre comme un produit accessoire. Si l’information est exacte, c’est une nouvelle industrie qui s’offre là à nos concitoyens des Antilles et de Guyane.
- Un oiseau de mer dans l’Oise. — On a cité souvent l’exemple d’oiseaux de mer entraînés fort loin de leur habitat, par suite de circonstances atmosphériques. Le cas vient encore de se produire lors des tempêtes du commencement de l’année. Il s’agit de la capture dans le département de l’Oise, sur le territoire de Plessis-Brion (canton de Ribecourt), d’un magnifique Fou de Bassan. Ce grand palmipède, haut de o,85 m., avait une envergure de i,5o m. C’est un voilier remarquable, mais il devait venir d’une distance énorme, car sa capture est due à son complet épuisement.
- Le chien sanitaire. — La Nature a exposé déjà les services que peuvent rendre les chiens en temps de guerre, pour découvrir les blessés sur le champ de bataille et les transporter aux ambulances. Une société vient de se créer pour doter notre pays de ce précieux auxiliaire du service de santé ; elle se nommera : Société nationale du Chien sanitaire.
- Production de l’or en 1908. — La production de l’or en 1908 a dépassé de 125 millions celle de 1907 et atteint 2 milliards 181 millions. Voici la répartition en chiffres ronds :
- 1907 19(18
- millions de lranc.s. —
- Etats-Unis................. . •
- Australasie. ..................
- Russie.........................
- Mexique ........... •
- Inde..........................
- Chine, Japon, Corée . . . . .
- Canada..................... . .
- Autres Etats ..... . - . ;
- 667 728
- 56 ' 66
- 452 481
- 379 371
- i33 i37
- 89 ;f: 9 i
- 54 ; 55
- 5 2 52
- 4i 47
- 1.46 j 5o
- Total
- 2069 2181
- On voit combien la production du Transvaal laisse maintenant loin derrière elle les Etats-Unis et combien l'Australie continue à déci'oître.. Antérieurement, le Transvaal av^it produit 615 millions en 1906, 602 en 1905, 400 en 1904 et 3i2 en 1903.
- p.2x66 - vue 498/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- r> Automobilisme
- Régulateur de suspension pour automobiles. —
- Tous ceux qui ont voyagé dans des automobiles de grande vitesse ont pu constater que, par moments, la .carrosserie se trouve lancée brusquement de bas en haut, puis de haut en bas, sans que cependant la route soit très mauvaise.
- Ceci est dû à des compressions successives et très rapprochées des ressorts de suspension, compressions qui peuvent être produites, même par de faibles obstacles, mais qui, s’ajoutant les unes aux autres, finissent par donner aux ressorts une bande anormale qui se traduit par un bond de la carrosserie et des voyageurs ; ce bond est naturellement suivi d’une chute qui comprime de nouveau les ressorts outre mesure ; il en résulte une série d’oscillations dans le sens vertical, très désagréables
- Fig. ..
- Montage de la suspension entre le châssis et le ressort de la voiture.
- Fig. 2. — Profil de la suspension combinée.
- aux touristes et préjudiciables au mécanisme et aux pneumatiques.
- On remédie à cet inconvénient au moyen d’appareils destinés à freiner les ressorts de suspension, c’est-à-dire à ralentir leurs réactions de tension et de détente et de nombreux brevets ont été pris à cet égard.
- M. Houdaille construit un nouvel amortisseur, ou freineur de ressorts de suspension, qu’il a nommé 'suspension compensée ; c’est un frein à liquide, rempli de glycérine chlorhydratée, dont la consistance est à peu près invariable sous l’influence de la température et
- Cependant, à l’affaissement, l’écoulement de la glycérine est facilité par deux petites soupapes installées dans les volets mobiles.
- La résistance de ce frein est donc moins grande à l’affaissement qu’au rebondissement, ce qui permet au ressort de conserver toute sa souplesse sans toutefois le laisser s’écraser complètement, mais l’empêche de se débander outre mesure et de s’affoler en produisant des réactions fâcheuses sur la carrosserie.
- Si, pour une cause quelconque, un vide se produit dans la boîte, une partie de la glycérine contenue dans le réservoir compensateur est aspirée par le jeu des volets et vient remplir le frein/après quoi le clapet automatique se referme en laissant la boîte B hermétiquement close.
- Après plusieurs milliers de kilomètres, il suffit de dévisser le bouchon supérieur du réservoir compensateur et d’y introduire un peu de glycérine, pour le remplir jusqu’en haut; c’est le seul entretien nécessité par l’appareil.
- La suspension compensée Houdaille ne présente pas les inconvénients des freins de ressorts constitués par des rondelles métalliques ou autres frottant ensemble et s’usant, par conséquent, assez vite; elle est utilisée par certaines grandes usines de construction automobile sur tous les châssis de grande vitesse et constitue une intéressante solution du freinage continu et progressif des oscillations des ressorts de suspension des automobiles.
- Bougie amovible pour auto. — A en juger par le nombre considérable de systèmes différents qui ont été imaginés pour construire une bougie d’allumage vraiment parfaite, on comprend l’importance que présente cette question. Il faut que l’étincelle éclate sûrement au moment voulu et, pour cela, il faut surtout éviter l’encrassement des deux parties métalliques placées en regard l’une de 1 autre, dont l’une est isolée électriquement sur tout son parcours. M. 11. Benoist a pensé résoudre le problème en rendant cette partie facilement démontable et remplaçable à volonté. A cet effet, sa bougie ( i ) est con-
- La bougie amovible Uenoist.
- dans lequel l’approvisionnement de la glycérine freinante se fait automatiquement. Ceci permet à l’appareil de garder toute sa puissance sans aucun entretien pendant des milliers de kilomètres.
- La suspension compensée Houdaille se compose d’une boîte cylindrique en acier, portant à sa partie supérieure un réservoir compensateur à clapet s ouvrant vers l’intérieur de la boîte. Dans cette boîte sont fixés deux plots. Au centre est un pivot à deux volets relié par un levier et une biellette à l’essieu, tandis que la boîte est fixée au châssis. Lors des flexions du ressort de suspension, le pivot à volets tourne donc dans la boîte qui est complètement remplie de glycérine chlorhydratée, ainsi que le réservoir compensateur.
- Pendant ces petits mouvements de rotation des volets, la glycérine se trouve fortement comprimée et elle passe lentement par de petits orifices pratiqués dans la masse des plots fixes. Il en résulte un freinage de la flexion du ressort de suspension. Cet écoulement de glycérine s effectue dans les deux sens, à l’affaissement et au rebondissement des ressorts.
- stituée par quatre pièces mobiles (2 et 3) le corps principal E, partie en fer, partie en matière isolante, traversé par la vis V à laquelle est attaché le fil venant de la bobine ; un tube métallique B muni d’un étranglement ; une bague métallique A; enfin, la petite bougie en porcelaine C, traversée par une tige métallique terminée en étoile à la partie inférieure.
- Toutes ces pièces s’emboîtent l’une dans l’autre : la petite bougie C munie d’un x’enflement à sa partie supérieure, s’enfile dans le tube B et celui-ci entre à frottement dans la partie métallique du corps principal.
- Afin que ces pièces se. trouvent fixées de façon immuable, très rapidement et sûrement sans qu’on ait besoin d’axicun outil (ce qui n’arrivait pas dans le premier modèle établi par M. Benoist) on a ménagé dans l’épaisseur de la partie métallique du corps principal deux trous où sont insérées deux billes en acier qui dépassent de deux côtés. La bague A qui vient s’emboîter sur l’épaulement ménagé au-dessus du filet de montage, repousse les billes à l’intérieur et elles viennent se loger en partie dans l’étranglement du tube B. Le fait même de fixer la bougie sur le moteur immobi-
- p.2x67 - vue 499/647
-
-
-
- | SCIENCE APPLIQUÉE
- lise la bague A; il n'est donc pas possible que la petite bougie tombe dans le moteur. Elle se trouve réunie électriquement à la bobine en serrant la vis V qui vient établir le contact; l’extrémité en forme d étoile se trouve à une très petite distance de la partie métallique constituée par le tube B qui se trouve en contact avec la masse, et l’étincelle peut jaillir sur un grand nombre de points. ‘
- Il suffit d’avoir dans sa sacoche quelques petites bougies, qui tiennent fort peu de place et sont d un prix très modique, pour pouvoir effectuer un long voyage. — La bougie se trouve chez M. H. Benoist, 21, rue Lamartine, Paris.
- !Photographie
- Laboratoire portatif. — M. Wladimiroff a combiné un petit laboratoire permettant de charger des châssis, les décharger, développer les clichés n’importe où, dans une pièce quelconque et même en plein air. De plus, il a combiné son matériel de façon à ce que, une fois replié, il n’occupe que quelques centimètres d'épaisseur ; de sorte qu’il peut être facilement emporté en voyage ou en excursion.
- Lorsqu’il est déplié, le laboratoire se présente sous la forme d’une boîte garnie de verres rouges sur deux faces, dont l’une est située à la partie inférieure avec un réflecteur R qui permettra de voir le cliché dans une
- Fig. I. — Le laboratoire portatif Wladimiroff.
- cuvette transparente. Sur les autres côtés se trouvent deux portes B, fermées par un verrou. Sur ces mêmes côtés s’appliquent hermétiquement des cadres C munis de manches en étotîe M. Quand ils sont en place et qu’on a passé ses bras dans les manches, on rabat la porte B et on a les mains dans l’intérieur du laboratoire à portée
- de la cuvette et du châssis. Un volet F se rabat à l’intérieur, pour former un double fond, au moment où l’on veut sortir la cuvette qui contient le bain de développement pour la remplacer par la cuvette de fixage.
- Pour voir à 1 intérieur du laboratoire, l’inventeur a muni la partie supérieure de deux tubes L portant des œillères en caoutchouc sur-lesquelles s’appliquent her-méiiquement les yeux. En temps ordinaire un obturateur ferme ces deux tubes, mais quand on y applique les yeux, la partie supérieure du nez rencontre un bouton N qui fait ouvrir lés obturateurs; ceux-ci se referment d eux-mêmes quand on écarte la tête de la lunette. Toutes les précautions ont été prises par l’inventeur pour éviter les fausses manœuvres; c’est ainsi que les verrous des portes sont bloqués automatiquement et ne peuvent être ouverts que quand il n’y a pas de danger d’introduire de la lumière blanche. Ce laboratoire très ingénieusement combiné est appelé à rendre service surtout en excursion et il permet d’éviter les erreurs de pose, puisqu’on peut à tout moment développer un cliché pour se rendre compte du résultat obtenu. — L’appareil se trouve chez M. Wladimiroff, 20, boulevard Emile-Augier, Paris.
- Fig. 2. — Vue intérieure du laboratoire.
- *d> Objets utiles <«*
- Le « Lisodis ». Distributeur hygiénique de savon. — Ce nom poétique désigne simplement un distributeur de savon, mais d’un caractère vraiment original, et qui joint parfaitement l’utile à l’élégant.
- Inutile de rappeler l’aspect désagréable du morceau
- Lavabo muni du Lisodis.
- de savon que mettent généreusement à notre disposition hôtels et cafés ; il passe de mains en mains, se recouvre de poussière et de microbes, et se transforme bien vite en une pâte visqueuse, peu engageante, et à coup sûr peu hygiénique. Un lavabo ne devrait-il pas cependant offrir toujours un coup d œil gai et propret?
- Le Lisodis permet d’assurer commodément l’impeccable propreté du cabinet de toilette, dans les maisons privées, ou dans les établissements très fréquentés. Il se compose, en effet, d’un récipient en verre où 1 on met une solution de savon; il suffit d’appuyer sur le levier distributeur, le savon tombe automatiquement dans les mains.
- Ajoutons que le procédé est économique, «e qui encouragera peut-être les hôtels, restaurants, chemins de fer, etc., à l’étudier. Avec i litre de savon liquide, on obtient 2000 lavages. — Le Lisodis est en vente chez M. A. Décugis, 5i, rue Pergolèse, Paris.
- Divers
- Ouvre-Iettres. — Rien n’est plus désagréable que d’ouvrir une lettre et de n’avoir point à sa portée l’outil qui permettra d’effectuer proprement cette petite opération. Or c’est ce qui arrive fort souvent; si l’on se sert de coupe-papiers, etc.; ces objets s’égarent facilement et on ne les trouve pas au moment du besoin. L’appareil représenté ci-contre est quelque peu massif, ce qui lui permet de garder sa place plus facilement ; il se
- L’ouvre-lettres Massu,
- compose d’un petit plateau horizontal, et d’un rouleau d’acier dont la surface est à 1 millimètre de ce plateau. Le rouleau porte une rainure hélicoïdale tranchante : appliquez l’enveloppe à ouvrir contre le plateau et abaissez le levier qui commande le cylindre ; vous aurez tranché net une toute petite bande de 1 enveloppe et celle-ci sera ouverte fort élégamment.
- L’outil paraît devoir rendre de sérieux services dans les maisons où Ion reçoit une abondante correspondance. — Il est en vente chez M. Massu, 68, rue de Bondy, Paris.
- p.2x68 - vue 500/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Les langues austriennes, austroasiatiques et austronésiennes. — Nous empruntons ces termes nouveaux à un mémoire de M. W. Schmidt sur les peuples Mon Khmer, qui a récemment produit une certaine sensation dans le monde des linguistes, des anthropologistes et des ethnographes et dont les résultats dès importants doivent être signalés. (On trouvera nue excellente traduction de ce mémoire, donnée par l\lme J. Marouzeau, dans le Bulletin de l’Ecole Française d’Extrême-Orient, t. YII (1907), p. 2i3-263 et t. VIII (1908), p. 1 -35-) C’est aujourd’hui un fait admis par les différents ordres de savants que nous venons d’indiquer que les langues‘parlées à Madagascar, en Indonésie (Sumatra, Bornéo, Philippines, Célèbes), en Mélanésie (Carolines, Ratak, Gilbert, Nouvelles-Hébrides, Nouvelle-Calédonie, Bismarck, etc.) et en Polynésie (liawaï, Marquises, Société, Nouvelle-Zélande, Cook, Tonga, etc.) tout en se répartissant en trois grands groupes distincts (indonésiennes, mélanésiennes, polynésiennes) constituent une véritable famille linguistique, où ces trois groupes viennent se classer à la façon dont, en histoire naturelle, par exemple, trois espèces se rangent sous un même nom de genre. Cette grande unité linguistique est généralement connue sous le nom de famille des langues malayopolynésiennes, terme qui a d’ailleurs 1 inconvénient de suggérer une fausse idée de l’importance du malais dans ce groupe ; aussi M. Schmidt les appelle-t-il plus justement langues indonésiennes. Si M. Schmidt admet d’ailleurs comme tout le monde 1 existence de cette famille, dont il change seulement le nom, il apporte par ailleurs des nouveautés pleines de hardiesse et d’intérêt. Il croit en effet — et sa démonstration ne semble guère avoir été mise en doute, parles juges autorisés — à la possibilité d’établir sous le nom de langues austroasiatiques, l'existence d’une famille linguistique non moins importante que la
- précédente et comprenant tout un ensemble de langues isolées, disséminées depuis la rive gauche du Gange jusqu’aux extrémités de lTndo-Chine et de la presqu’île de Malacca, en passant par les îles Nikobar. Cette famille de langues austroasiatiques comprendrait également trois groupes : i° les langues de Malacca (semang, senoï, sakei, tembe) ; 20 l’ensemble, éparpillé géographiquement, des langues khasi (Inde orientale, au Nord de la rive gauche du Gange) nikobarais, wa, palong, riang (extrême Nord de l’Indo-Chine) ; 3° les langues mon-khmer, usitées sur la partie Sud de l’Indo-Chine et Munda, au Sud de Gange, à l’Est de 1 Inde. De plus, car ce n’est pas tout, M. Schmidt tient pour démontré, et semble bien démontrer d’ailleurs, que ces deux familles linguistiques, austronésienne et austro-asiatique, présentent entre elles des rapports de parenté tout à fait comparables à ceux que présentent les trois groupes indonésien, mélanésien, polynésien, à l'intérieur de la famille austronésienne. En un mot, les langues austronésiennes et les langues austroasiatiques seraient des sous-familles dans une unité linguistique supérieure, les englobant au moins toutes deux, et que M. Schmidt appelle la famille des langues austriennes. Si ces vues, qui ne sont pas de simples hypothèses (car elles reposent sur de nombreux travaux antérieurs et sur une patiente recherche analytique) obtiennent confirmation par les études auxquelles elles donneront certainement naissance, l’importance du système ainsi présenté par M. Schmidt sera considérable, car il s’agit de la famille linguistique la plus étendue qu’on ait jusqu’ici déterminée, et cette détermination ne manquera pas d’apporter des précieux enseignements pour la solution des nombreuses questions d histoire, d’anthropologie, de linguistique, etc., qui se posent depuis longtemps à propos du domaine étudié par M. Schmidt-
- J. D.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La botte d’ouate. — Toutes les mamans connaissent la botte d ouate. Dès qu’un bébé est pris de fièvre un peu vive, qu’il s’agisse d’une angine, d’une bronchite, d une fièvre éruptive, avant même la venue du médecin, la maman enveloppe les membres inférieurs du petit malade dans une bonne couche d’ouate qu’on recouvre de taffetas gommé et de deux ou trois tours de bande de gaze ou de crêpe Velpeau pour maintenir le tout. Cet enveloppement ouaté est chez les jeunes enfants, un excellent moyen révulsif et qui ne présente que des avantages, quelle que soit la maladie, sans le moindre inconvénient. Sous l’influence de la chaleur provoquée par cette couche épaisse de coton, il se fait une transpiration abondante, si abondanle parfois qu’il est nécessaire de changer deux ou trois fois le coton dans les •.!.) heures. - - -
- Il serait difficile de retrouver l’origine de cette pratique, mais elle doit remonter à bien des années ; car je me souviens me l’être vu appliquée dans ma toute jeune enfance et, malheureusement, je suis déjà bien loin de cet heureux temps. Si quelque confrère ou quelque lecteur peut me renseiguer à cet égard, je lui en serai reconnaissant. Mais déjà avant l’apparition de ces plaques d’ouate légère et bien blanche, on usait d’un procédé un peu analogue, en enveloppant, les jambes dans des étoffes de laine "et un vieux médecin Lyonnais me racontait tenir de son père, qu’ou leur mettait, quant ils étaient malades, les chausses de laine des parents.
- Pour en revenir à la botte d’ouate, c’est un excellent moyen révulsif, mais le taffetas gommé et les bandes tiennent mal quand le petit malade est un peu agité. On
- remplace aujourd’hui le taffetas gommé par le taffetas chillou plus souple et moins cassant. M. Créquy conseille même d’employer la gutta-percha, plus souple, plus adhérente et gardant le pansement bien humide pendant deux ou trois jours, ce qui peut être très commode pour le médecin de campagne dont les visites sont forcément un peu espacées.
- Un médecin de Bourg, M. Colin, préconise dans le but d’assurer la parfaite inamovibilité de l’enveloppement, un petit appareil simple et que les mamans pourraient facilement confectionner elle-même avec les tissus caoutchoutés qu’on a partout, pantalons, manches de vestons, de parapluies de chauffeurs. Ce petit appareil est une sorte de botte faite de tissu imperméable, très souple qui emprisonne lout le membre inférieur jusqu’à la racine de la cuisse. Ouverte comme une gouttière, elle présente sur ses bords un ourlet avec œillets alternés, on passe un cordon élastique qui tout en serrant la botte, permet un peu de jeu au genou. Pour assurer l’occlusion, on peut, comme le conseille l’auteur, interposer avant la fermeture, une lame de taffetas sur la face antérieure. Telle est la botte sudorale conseillée par M. Colin. Elle a l’avantage de bien emprisonner le membre dans la couche d’ouate, de l’immobiliser sans le ser rer et d'avoir la certitude que l’enfant n'aura pas démailloté sa jambe en remuant dans son lit sous l’influence de lagitation fébrile. Une maman ingénieuse, que je connais bien, avait confectionné une botte de ce genre avec un bas de laine de cycliste appartenant au papa assez fort de taille; c’était l’embryon de la botte gouttière, moins parfaite, mais réalisant bien l’immobilité du pansement. Dr A. C
- p.2x69 - vue 501/647
-
-
-
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- H»
- Un nouveau procédé de damasquinage. — M. Sherard Cowper Goles, bien connu pour ses remarquables travaux sur les différents métaux, vient d’imaginer un procédé qui, de l’avis des sociétés savantes et des personnalités qui ont pu l’apprécier, fera revivre en le mettant à la portée de chacun le bel art du damasquinage, dont on sait toutes les difficultés que, seuls, peuvent vaincre de véritables artistes. M. Sherard Cowper Coles a constaté qu’en immergeant dans une poudre métallique un objet fait d’un autre métal, et en portant la masse à une température légèrement inférieure au point de fusion du métal en poudre, celui-ci se sublime partiellement et forme à la surface de l’objet un dépôt qui ne se superpose pas, mais s’allie au métal et s’y incruste à une profondeur qui peut être déterminée à volonté.
- Partant de ce principe, il suffit de recouvrir l’objet à ornementer d’une couche protectrice d’une consistance analogue à celle du mastic des vitriers. Sur cette couche, on trace à l’aide d’un outil bien affûté le dessin qu’on veut obtenir, et on enlève avec soin les portions coupées. La pièce ainsi préparée est enfermée dans une boite de fer contenant la poudre du métal à incruster, et placée de manière à être complètement entourée par cette poudre. La boîte est introduite dans un four et chauffée à une température un peu inférieure à celle du point de fusion du métal en poudre. La durée de la cuisson varie de quelques minutes à plusieurs heures suivant la profondeur des incrustations à obtenir; elle ne peut être déterminée que par l’expérience et varie avec les différents métaux employés.
- Il ne se produit pas d’incrustation sur les parois internes de la boîte, parce qu’elles sont plus chaudes que l’objet qui se trouve au centre, et que suivant le principe de la paroi froide, c’est sur ce dernier que vont se condenser les vapeurs.
- On peut obtenir par ce procédé des effets variés de coloration dus à la combinaison de plusieurs métaux entre eux et avec le métal qui leur sert de support Il faudra dans ce cas faire autant de cuissons qu’il y aura de métaux à combiner.
- Les dessins peuvent être d'une extrême finesse, les lignes ne sont pas nettement tranchées, mais se fondent doucement, produisant un effet aussi artistique que le damasquinage tout en en différant assez fortement.
- La meilleure saison pour l’abatage des arbres.
- — Les bûcherons et tous les artisans du bois savaient fort Lien autrefois qu’il est une saison particulièrement favorable pour l’abatage des arbres, et que le bois obtenu est alors de qualité très supérieure. Malgré les exploitations intensives actuellement à la mode, cette expérience ne s’est certainement pas perdue. Elle sera confirmée par l’observation suivante que relate Scientifîc American, et faite il y a quélques années. Quatre magnifiques pins du même âge, ayant poussé dans le même
- sol et d’égale vigueur, furent abattus : le premier, lin décembre; le deuxième, fin janvier; le troisième, fin février; le quatrième, fin mars. Ils furent équarris de même façon, en poutres semblables, séchées de façon identique. Aux essais à la flexion, l’arbre abattu en décembre montra une résistance double de celle de l’arbre abattu en mars. Des pilotis, pris dans les branches coupées en décembre, étaient encore parfaitement sains après seize ans, tandis que les bois de mars se brisaient facilement après trois ou quatre ans. On a d’ailleurs constaté souvent que le bois abattu en décembre est aussi le moins poreux.; et de tout ceci, il faut conclure que ce sont les coupes de fin d’automne ou d’hiver qui donnent le meilleur bois. On possède un moyen simple d’ailleurs de se rendre compte si le bois a bien été abattu en hiver. Il contient alors des particules d’amidon qui bleuissent au contact de la teinture d’iode.
- Pour graver sur l’aluminium. — L’aluminium est un métal mou, mais, chose curieuse, le burin du graveur glisse à sa suxfface tout connue sur du verre ou du diamant. On fait disparaître cet inconvénient en humectant le métal avec un mélange de 4 parties d’essence de térébenthine et i partie d’acide stéarique (ou huile d’olives et de rhum).
- Dépôts électrolytiques directs sur le fer. — On
- sait combien il est difficile, en galvanoplastie, d’obtenir directement sur le fer des dépôts métalliques solides et adhérents. La couche déposée s’exfolie facilement et il faut recourir en général au cuivrage préalable. M. Sh. Cowper Coles, de Westminster, vient de breveter un procédé qui consiste à maintenir en suspension dans l’électrolyte du fer finement divisé. On assure ainsi la neutralité parfaite du liquide, et cette condition, si pénible à remplir par les procédés habituels, assure l’adhérence du dépôt métallique.
- Falsification du lait. — La Revue Zeitschrift fiir il. Chemische Apparatenk, recommande le procédé suivant qui permet de découvrir si le lait est pur ou falsifié; ce procédé consiste à déterminer d’une manière précise le point de congélation du lait. Il doit être pour le lait de vache — o,55° les variations en plus ou en moins étant de o,o3°. Cette détermination et celle du poids spécifique du lait permettent d’établir s’il est additionné d’eau ou écrémé. Il est à noter que le point de congélation est indépendant de la richesse en matières grasses du lait.
- Liquides incongelables. — On peut se servir d’eau mélangée d’alcool ou de glycérine, ou bien d’un mélange d’eau et de 28 pour 100 de chlorure de calcium. Voici encore une autre recette : faire un mélange contenant 1 pour 100 de chlorure de magnésium, 20 pour 100 de chlorure d’aluminium, 10 pour 100 de chlorure de calcium, et le reste d’eau.
- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les iaits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. 'Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Koch, à Paris. — Nous ne connaissons pas le sismographe que vous nous signalez.
- .A. C. P., à Paris. — Il vous faut ce que l’oni appelle une pompe rotative. Yous trouverez pompe et turbine, chez Sloan, 17, rue du Louvre, Paris.
- M. Jean, 5i 890. — Le système que vous proposez a déjà été étudié, notamment par un. inventeur anglais Philips.
- M. Darnaud, à la Bastide. — Vous trouverez des renseignements sur la baryte dans les ouvrages complets de Chimie Industrielle, comme le traité de Wagner et Fisher, chez Masson, la Chimie appliquée de Chabrié, même librairie. L’emploi le plus important de cette matière est aujourd’hui la confection de certaines peintures et enduits, notamment de .succédanés de la céruse connus sous le nom de lithopones . ou zincolithes. Elle entre aussi dans certains blancs de plomb.
- p.2x70 - vue 502/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- l'vtinction dos morses : Jacques d’Jzier. — Aviation; la résistance de l’air : Lucien Fournier. — Un déménagement original. — Exploration du grand canon d’OIhadibie Holçarlé : Eugène Fournier. — La houille à Madagascar : U. Granuidier. —-Contre l’incendie des « Sky-scrapers » : V. FoRbin. — Académie des sciences; séances des il et iS iiinvior 1909 : Cn. de Vii.ee-dkuie. — La commande téléphonique des ascenseurs : Eugène H. Weiss.
- Supplément. — Tremblements de terre et mines. — La période des taches solaires. — Energie électrique eu Italie. — La vitesse des aéroplanes. — Industrie aéronautique en Allemagne. — [/origine des Malgaches, etc. — Le dernier voyage du l)1 Svcti llediu au Tibet.
- ].e Ruwenzori par S. A. R. le prince Louis-Amédée oe Savoie, duc des Abruzzes, relation du Dr Filippo de Filippi, illustrée par Viltorio Sella, membre de l’expédition, traduite par Alfred Poizat. i vol. in-8. Plon-Nourrit et C‘“, Paris. Prix : i5 francs.
- En 1906, le duc des Abruzzes a établi la nature et l’importance des montagnes neigeuses sises en plein cœur de l’Afrique, montagne d’Argent d’Aristote, monts de la Lune de Ptolémée, Ruwenzori de Stanley. Le récit de cette odyssée mémorable a été écrit sous l’inspiration directe du prince, d après ses notes personnelles et celles de ses compagnons, par le Dr Filippo de Filippi, qui s’était déjà acquitté avec grand succès d’un pareil travail pour le Saint-Elie. Les résultats géographiques et scientifiques obtenus au sujet de la chaîne légendaire sont capitaux. Le massif atteint 51 a5 m. et possède de nombreux glaciers. Le volume a été superbement illustré par Vittorio Sella, un nom qui se passe de commentaires, 180 gravures, 16 planches, 5 panoramas, en phototypie et 6 cartes.
- La découverte des grandes sources du centre africain, par le commandant Lenfant. Préface de M. Bouquet de I.A Grye. Paris. Hachette et Ci0. 1 vol. in-8°, 104 gray., 1 carte en couleurs. Prix : broché, 12 francs; relié, 17 francs.
- Il est inutile de rappeler aux lecteurs de La Nature l’intérêt de la mission du commandant Lenfant. L'exploration de près de i3oooo kilomètres carrés de territoires, la découverte des sources des fleuves et des rivières du centre africain, sources qui jaillissent du nœud orographique de Yadé, autour duquel plus de vingt races différentes sont groupées, auront d’immenses conséquences au double point de vue scientifique et colonial. Le vivant récit, donné dans cet ouvrage, des difficultés surmontées pour parvenir à ces beaux résultats, se lit avec le plus vif intérêt, tandis que de très nombreuses photographies ajoutent encore à là force d’évocation, de vision, du récit et précisent ces souvenirs.
- lélectricité chez soi, par O. Bourbeau. i vol. illustré de 110 pages. Vuibert et Nony, éditeurs. Paris.
- Tout le monde aujourd'hui a l’électricité chez soi; mais tout le monde n’est pas électricien, et beaucoup se trouvent fort embarrassés pour le maniement de cet agent nôhVeau : leur ignorance les met à la merci absolue de leurs fournisseurs et des compagnies. Pour tous ceux-là, le livre de M. Bourbeau sera une arme précieuse; car ils y trouveront en un langage clair et simple, les notions indispensables pour se rendre compte de ce qu’ils achètent, de ce dont il se servent; ils y trouveront d’excellents conseils pratiques donnés par un homme du métier, et qu’ils se trouveront bien de suivre.,.'
- in Elémentary Manual of radiotelegraphyand ..J) ad io* telephony, par J. A. Fleming, professeur à l’Université de Londres. 1 vol. de 340 pages. Chez Longmans, Green and C°, 3q, Paternoster Row, à Londres. Prix : 7 sh.
- La radiotélégraphie est entrée aujourd’hui dans le domaine pratique, c’est une véritable industrie; et le
- récent livre de M. Fleming, en résume la technique d’une façon remarquable. M. Fleming est un savant anglais bien connu par de nombreux travaux sur l’électricité et sur la télégraphie sans fils. Il était donc particulièrement qualifié pour entreprendre celte œuvre. Après avoir étudié d’une façon générale et théorique les oscillations électriques, et la résonnance, il examine plus en détail la question de l’amortissç-ment des ondes et de la production d’ondes électriques non amorties, qui a joué un si grand rôle dans les progrès de la télégraphie hertzienne. C’est ensuite l’examen des appareils d’émission et de réception, des détecteurs d’ondes; l’organisation des stations radiolélégraphiques, les procédés de mesure, et enfin un dernier chapitre est consacré à la radiotéléphonie. Tout le volume est d’une remarquable clarté d’exposition; accessible à tout étudiant quelque peu instruit, il n’invoque que les faits aujourd hui bien connus et des formules élémentaires ; il n’en donne pas moins un aperçu très net de la question et rendra de précieux services à tous ceux qui aborderont, théoriquement ou pratiquement, l’étude de la télégraphie sans fils.
- Technique microscopique appliquée à l’étude des végétaux, par H. CoupiN. Paris. O. Doin. 1909. 1 vol. in-18, 275 p., i3g fig. Prix : 5 francs (Encyclopédie scientifique. Bibliothèque botanique).
- On retrouvera dans ce livre toute la compétence habituelle et le talent d’exposition de notre distingué collaborateur. Son livre comble une lacune, car si les traités concernant la technique de l’étude microscopique des animaux sont relativement nombreux, ceux-consacrés aux végétaux sont rares, surtout en France. L’auteur s'adresse particulièrement aux travailleurs qui veulent voir par eux-mêmes les faits de cytologie et d’histologie décrits dans les ouvrages théoriques et se mettre au courant de la technique en vue de recherches originales. Et, dans ce but, il a heureusement indiqué les matériaux d’études les plus favorables sur lesquels peuvent porter les recherches afin d’avoir le maximum de netteté. De nombreuses gravures éclairent agréablement le texte.
- Agenda du IRiotographe pour 1909 (i5° année) suivi de « Tout-Photo ». Annuaire des amateurs de photographie. Charles Mendel, éditeur, 118 bis, rue d’Assas, Paris. Prix : 1 franc (franco ifr,5o).
- Les aéronautes et les colombophiles au siège de Paris, par Fr. Mallet, i vol. in-12. E. Vivien, édition 1909,
- Très intéressant historique d’un des plus audacieux et efficaces efforts de Y Année terrible.
- Nouveau manuel complet du briquetier, tuilier, fabricant de carreaux, de tuyaux de drainage et de creusets réfractaires, contenant les procédés de fabrication de ces matériaux à la main et à la machine et la description des divers fours et appareils actuellement usités dans ces industries par F. Malepeyre et à Romain, ingénieur, ancien élève de l’Ecole Polytechnique. Nouvelle édition par Georges Petit (encyclopédie Roret). 2 vol. 351 fig. Chez Mulo, rue Hautefeuille, Paris. Prix : 7 francs.
- Etude minutieuse de la matière première et de toutes les opérations nécessaires à la confection des diverses briques.
- Des fourràges verts toute Vannée par H. Compain. Paris. Larousse et Cio. 1 vol. in-16. Prix : broché, ofr,9o; relié toile, ifr,20.
- Les agriculteurs trouveront dans cet ouvrage l’indication des plantes à cultiver suivant les saisons pour avoir des fourrages d’une manière constante, l’époque des semis, le temps de végétation nécessaire, le rem dement à l’hectare, etc. Le volume se termine par un plan de culture qui pourra servir de base dans la prar tique.
- p.2x71 - vue 503/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Die Termiten oder weissen Ameisen par K. Escheiuch, Leipzig. Dr Werner Klinkhardt, 1909. 1 vol. in-8. 197 p. Prix : 6 marks.
- Monographie très soignée des termites, tout à fait au courant, et agréable à lire.
- Tableaux graphiques des valeurs relatives des divisions de la circonférence dans le système centésimal et le système sexagésimal par Paul Simon. Chez H. Dunod et E. Pinat, 49, quaides Grands-Àugustins.
- La nature et la vie sociale au point de vue énergétique, par Léon Dumas, i vol. in-8", 47° P- et fig. Librairie centrale des Sciences, Bruxelles.
- Etude sur les diverses énergies dans la nature, l’évolution humaine, l’avenir social, etc.
- Le droit pur, par Edmond Picard. Paris. Flammarion, 1 vol. in-18. Prix : 3fr,5o (Bibliothèque de philosophie scientifique).
- Sous ce titre l'éminent jurisconsulte a essayé de faire une véritable philosophie du droit. Le mécanisme très complexe des faits juridiques s’y trouve pour ainsi dire démontré et contrôlé pièce à pièce, et cet examen sert de prétexte à ces nombreuses vues générales, fort harmonieuses, où se plaît la’ pensée du premier avocat belge, à la fois méthodique et exaltée.
- Guide d'Espagne et Portugal,, par lv. Bœdkkeu. 2e édit, française, 1908. Leipzig avec 9 cartes et plans. Prix : 20 francs.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE .DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1S janv. 1909. — OM S. 2. Beau. « Gelée blanche; Beau.
- Mardi 19. 7 S. S. E. 2. Beau. 0,5 Gel. blanche; beau jusqu’à 8 h.; nuag. de 9 h. à 13 h.; couv. eus.
- Mercredi 20 . . . . . 2° 8 N 3. Couvert.. 0,2 Pluie à 4 h.; très nuageux.
- Jeudi 21 ...... . l°,7 N. N. E. 3. Couvert. « Nuageux.
- Vendredi 22 — 1° t N. E. 2. Couvert. (( Couvert.
- Samedi 23 . ...... . — 2’G N. N. E. 3. Couveri. 0.0 Couvert; grains de neige de 8 h. 10 à 16 h.
- Dimanche 2 t.' ... . — 0° 9 N. E. 2 Couvert. 0,2 Très nuag.; un peu de neiae et de pluie entre 10 h. 40 et 12 il.
- JANVIER 1309. — SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 JANVIER 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (•baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 18 au 24 janvier. — Le 18. Vaste zone de basses pressions sur les Iles-Britanniques, la Scandinavie et les parages de l’Islande : Seydisfjord, 720 mm; Valen-tia, 718; pression très élevée sur la moitié S. de l’Europe : Berne, 776. Neiges et pluies sur le N. de l’Europe. Température du matin : Moscou, — 170; Paris, o; Alger, 10; Puy de Dôme, 2 ; Pic du Midi, —3; moyenne à Paris : 2°,3 (normale : 2°,i). — Le 19. Baisse de pression sur la France et la Méditerranée, hausse sur l’Irlande, retrait des pressions élevées à l’E. (Charkow, 780) ét vers les Açores : Horta, 774. Pluies sur le N.-O. et le S.-E. de 1 Europe; en France : Lorient, 7 mm d’eau; Brest, 4l Cherbourg, 2. Temp. du matin : Charkow, —210 ; Paris, —3; Lisbonne, 11; Pic du Midi, —5; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : o°,5 (normale : 20,1).-— Le 20. Pression générale élevée, supérieure à 770 sur les Iles-Britanniques, le N.-O. de la France, la Russie : Valentia, 77T. Charkow, 782 ; Sey-disfjôrd, 751. Temp. du matin : Charkow, —23°; Paris, 3; Alger, n; Puy de Dôme, —3; Pic du Midi, — 10; moyenne à Paris : 3°,6 (normale : 2°,i). — Le 21. Stockholm, Berlin, Valentia, 775 ; Kiew, 778. Seydisfjord, 740, Pluies dans quelques .stations du N.-O. et du S.; en France : Clermont, Toulouse, 2; Lorient, 1. Temp.
- du matin : Kiew, —170; Paris, 2 ; Alger, 9 ; Puy de Dôme, —7; Pic du Midi, — 12; moyenne à Paris : 2°,5 (normale : 2°,i). — Le 22. Pression supérieure à 775 sur la Baltique et la Russie ; dépression sur l’extrême N. : Bodoe, 750. Pluies sur quelques stations du N. de l’Allemagne, d’Irlande et du S. de ritalie., Tfimp. du matin : Charkow, — 15°; Paris, —1 ; Algeç, X4; Fuy de Dôme, —3; Pic du Midi, - i3; moyenne à Paris : —^o°,8 (normale : 2°,2). — Ze 23. Baisse lënte sur l’O. et le S. de l’Espagne et le N. de l’Afrique : Nemours, 756. Seydisfjord, 748; pressions supérieures à 770 retirées sur la Russie. Pluies sur le S ; en France : Biarritz, 6; mont Aigoual, 4; Celle. 2. Temp. du matin: Hermanstadt, —220; Paris, —3; Alger, 12; Puy de Dôme, —6; Pic du Midi, —14 ; moyenne à Paris : — 2®,3 (normale : 2°,2). — Le 24. Aire anticyclonique sur tout le continent : S.-O. de la Russie, 777; Valentia, 762; Brest, 76L Pluies sur le N.-O. et le S. ; en France : Celte, 125; Port Vendres, Biarritz, 6. Temp. du matin : Hermanstadt, —24; Paris, —1; Marseille, 8; Pic du Midi, —i4; moyenne à Paris : o° (normale : 2°,2). — Phases de la Lune ; Nouvelle Lune le 22, à o h. 21 m. du matin.
- p.2x72 - vue 504/647
-
-
-
- LA INA1UKL
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY »
- Professeur à l’École des Mines Ct à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des artic'es non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1863 — 6 FEVRIER 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Nouvelle découverte de houille en Lorraine. —
- Nous appelons spécialement l’attention sur la communication de M. René Nicklès, présentée à l’Académie des Sciences par M. Zeiller, dont on trouvera le résumé ci-joint. Cette communication, qui annonce la découverte de deux minces couches de houille peut-être exploitables à 700 et 800 m. de profondeur, à Gironcourt, entre Mirecourt et Neufchâteau, dans les Vosges, ne doit pas être considérée comme une simple confirmation des résultats déjà obtenus depuis deux ou trois ans dans divers sondages lorrains. Le fait qu’elle annonce est, au contraire, nouveau et du plus grand intérêt pratique aussi bien que scientifique. Scientifiquement, on vient de reconnaître un nouveau sillon houiller prolongeant le synclinal de Sarreguemines et Mont-sur-Meurthe tandis i que les sondages antérieurs d’Eply, Pont-à-Mousson, etc., étaient sur celui de Sarrebrück, et les prévisions géologiques de M. Nicklès sur la coupe des terrains à rencontrer dans le sondage se sont trouvées vérifiées avec une précision presque inespérée. Pratiquement, il devient raisonnable de supposer et de chercher le prolongement de ce synclinal houiller beaucoup plus loin encore, à travers la Haute-Marne et la Côte-d’Or, jusque sur le bord septentrional du Morvan, où il passe peut-être au Nord d’Avallon, avec un relèvement qui le ramènerait là au voisinage de la surface. Pure hypothèse encore bien entendu; mais l’importance nationale de la question peut être telle que nous lui consacrerons bientôt un article particulier.
- Le prix Dressa de l’Académie des Sciences de Turin. — L’Académie des Sciences de Turin décernera en 1911, un prix de g3oo fr., légué par M. Bressa au savant ou à l’inventeur, à quelque nation qu’il appartienne, qui dans la période de 1907 à 1910. au jugement de l’Académie de Turin, aura fait la découverte la plus éclatante et la plus utile ou qui aura produit l’ouvrage scientifique le plus célèbre, dans une branche quelconque de la science.
- La téléphonie sans fil. — Suivant le Times, le professeur italien Majorana, dont nous avons décrit récemment les appareils, a réussi à se faire entendre très nettement, de la station de Monte San Juiliano, près Trapani, en Sicile, à celle de Monte Mario, à Rome, soit une distance de 5oo km. C’est le record actuel.
- Ve Congrès préhistorique de France. — La
- cinquième session du Congrès préhistorique de France se tiendra cette année du 26 au 3i juillet, à Beauvais (Oise). Au programme, en dehors des présentations, communications et discussions scientifiques : visites archéologiques dans la ville, et excursions aux diverses stations préhistoriques des environs. Une exposition spéciale de préhistoire aura lieu en même temps que le Congrès, comprenant une section générale, et une section locale réservée au département de l’Oise. Renseignements : l)rM. Baudouin, 21, rue Linné, Paris.
- Au musée de Saint-Germain. — Le sous-secrétaire d’Etat des Beaux-Arts a inauguré dernièrement, au musée de Saint-Germain, une salle contenant les collections archéologiques que M. le baron de Bayle a données à l’Etat. Ces collections dont l’intérêt est considérable, en particulier pour l’époque néolithique et le premier âge du fer en Gaule, dans les Pays Scandinaves et en Russie, seront désormais accessibles à tous les visiteurs qui en feront la demande en attendant le jour prochain où elles seront ouvertes au public.
- Les dangers du ferrosilicium, — Le ferrosilicium est un produit très employé aujourd’hui en métallurgie; or, il présente, d’après M. Wilson, dans la Chemiker Zeitung, de graves dangers. Sous l’influence de l’humidité, il peut parfois donner lieu à des explosions. De plus, les quelques impuretés arséniées et phospho-rées qu’il contient toujours, peuvent par l’humidité, donner un dégagement d’hydrogène arsénié et d’hydrogène phosphoré, gaz extrêmement toxiques même à petite dose. Il sera donc prudent pour tous ceux qui seront appelés à transporter le ferro-silicium ou à en faire usage, de prendre de grandes précautions.
- De Gênes à Milan en tramway. — D’après le Tour du Monde, on va construire incessamment une ligne de tramways électriques de Gênes à Milan; la longueur est de i36 km et la dépense prévue de 23o millions de francs. Cette somme colossale s’explique par les obstacles de tout genre qu’il faudra vaincre : un fleuve, de grandes rivières, et l’Apennin à franchir (19 tunnels à percer, dont le plus long aura près de 20 km et 372 ponts à construire). La ligne sera à double voie, où rouleront vingt trains par jour, chacun comprenant trois wagons à cinquante places chacun. On pourra ainsi transporter 6000 passagers quotidiennement. Il y aura des trains express, qui ne desserviront que les localités importantes, et des trains omnibus. On espère stimuler ainsi le développement économique des campagnes lombardes : beaucoup de villages et de petites villes, jusqu’ici privés de moyens rapides de communication, se voyant désormais reliés directement à deux grandes cités, dont l’une est un port de mer de premier ordre, pourront écouler facilement leurs produits et devenir ainsi le siège d’industries prospères. Une usine hydraulique pourra livrer aux tramways une force motrice de 24 000 chevaux-vapeur.
- Nouveau record de navigation. — Le destroyer de haute mer Tartar, construit par les ateliers John I. Thornycroft, s’était déjà signalé précédemment par ses essais, au cours desquels il avait fourni durant six heures une vitesse de 35,5 nœuds. Son record fut battu plus tard par un autre destroyer, le Swift, qui, construit pour fournir 36 nœuds, atteignit 38,9 nœuds pendant ses essais. Le Tartar a pris sa revanche le 18 janvier, en fournissant dans la mer du Nord, une
- p.2x73 - vue 505/647
-
-
-
- INFORMATIONS ||f^p
- vitesse de 40 nœuds pendant un peu moins d’une heure. Au passage des hauts fonds de Barrow-Deep, et avec l’aide de la marée, il battit son propre record en marchant à 4o,3 nœuds, soit une vitesse de plus de 73 km à l’heure. Le Tartar, qui déplace 800 tonnes et est muni de turbines développant i4 5oo HP est incontestablement le plus rapide navire en existence.
- Le bilan des constructions navales en 1908. —
- L’année 1908 a été mauvaise pour les constructions navales ; pour tous les pays il y a diminution dans le tonnage total des bâtiments mis à la mer; une exception cependant est à noter : la France a augmenté notable-meut sa production et le tonnage des vaisseaux lancés pour la marine marchande seulement et cubant plus de 100 tonnes, s’est élevé de 61 635 tonnes à 83 249. Le tonnage total des navires marchands ou militaires lancés en 1908, dans le monde, s’élève à 2 142975 tonnes, en diminution de 3i pour 100 sur le chiffre de 1907 et de 34 1/2 pour 100 sur celui de 1906. La crise affecte surtout l’Angleterre, qui naturellement vient toujours en tête de toutes les nations, mais avec 1 oo3 855 tonnes, dont 929669 pour la marine marchande; soit 5o pour 100 du chiffre mondial total. Or, cette proportion était en 1907 de 58 pour 100, en 1906 de 62 3/4 pour 100, en 1905 de 65 pour 100, en 1904 de 61 pour 100. En nous bornant à la flotte de commerce, les Etats-Unis viennent en seconde ligne, après l’Angleterre, avec 3o4 543 tonnes contre 474675 en 1907; l’Allemagne ensuite avec 207 777 tonnes contre 275 000 l’année précédente, puis la France, dont nous avons indiqué plus haut les progrès, ensuite le Japon, avec 59725 tonnes, la Hollande, avec 58704 t., la Norvège 52839 t., les colonies anglaises 34181, l’Italie 26864, l’Autriche 23 502, le Danemark 19 172. L'influence de la crise économique sur les constructions maritimes résulte clairement de tous ces chiffres.
- Un fusil silencieux. — Sir Hiram Maxim vient d’imaginer un fusil, qui pourrait être appelé à révolutionner l’art de la guerre; ce fusil est, en effet, silencieux; une valve qui se ferme sur le canon aussitôt après le départ du projectile, empêche l’expansion brusque des gaz, les force à s’échapper lentement, et réduit ainsi à presque rien le bruit de l’explosion. Celle-ci, d’après des essais exécutés à la manufacture d'armes de Springfleld, ne serait pas perceptible à plus de 5o m. du tireur.
- La batellerie fluviale et l’hygiène. — Nous avons exposé dans La Nature, à la suite du Dl Chantemesse, toute l’importance de la batellerie fluviale dans la dissémination des maladies contagieuses, et nous avons dit également un mot des difficultés d’application que soulève la question. Le fait suivant montre toutefois que la cause de l’hygiène sociale peut être soutenue par les municipalités. En effet, s’autorisant des pouvoirs que lui confère l’article 97 de la loi du 5 avril 1884, le maire d’Amiens a pris dernièrement un arrêté aux termes duquel les bateaux venant du dehors ne pourront procéder au débarquement avant la visite d’un médecin du Bureau d’hygiène, auquel seront fournies toutes justifications reconnues par lui nécessaires à l’effet d’établir qu’aucun des passagers n’est atteint de maladie épidémique ou contagieuse. Le principe de la mesure semble excellent et doit être efficace ; il faut souhaiter d’en voir l’application se généraliser.
- L’oppidum celtique de Salins. — M. Salomon Reinach, à la dernière séance de l’Académie des Inscriptions, a donné lecture, au nom de MM. Piroutet et J. Déchelette, du procès-verbal des fouilles faites par l’un d’eux, M. Piroutet, dans un oppidum celtique situé sur le tei'ritoire de la commune de Salins (Jura). Des débris nombreux d’amphores grecques et de vases peints de même provenance ont été recueillis dans cet ancien camp, occupé à l’époque hallstattienne. Les fragments de vases à figures rouges étaient superposés aux vases à figures noires, et des fibules indigènes étaient associées aux poteries classiques. Ces trouvailles, importantes pour la chronologie de l’époque hallstattienne, démontrent nettement que la fin de cette période dans la Gaule orientale se place bien vers la fin du v° siècle avant Jésus-Christ, comme l’admettaient déjà les préhistoriens.
- Nouveaux essais d’autobus, — Les premiers autobus, mis en circulation par la Compagnie Générale
- dès 1906, ont prêté à de nombreuses critiques. C’est le point de vue esthétique, qui a été surtout visé. L’autobus, avec son impériale élevée, surmontée elle-même d’un dôme métallique, avec ses roues massives et les longerons métalliques qui bordaient sa caisse, était disgracieux, bruyant, on peut dire : menaçant, en appa-rence du moins : car le calcul prouve sa parfaite stabilité malgré sa hauteur et un coup de frein l’arrête sur 1 mètre de parcoui's. Quoi qu’il en soit, des essais sont poursuivis depuis un an pour donner satisfaction aux desiderata exprimés au Conseil municipal. Cer-tains comportent la disposition transversale des places de l’impériale, à l’instar de Londi'es : c’est moins favo-l'able à la facile vision du paysage, surtout si l’impériale est couverte. De toute façon celte disposition offre le danger, si toutes les places sont occupées d’un seul côté, de créer une réelle instabilité pour là voituxe. Puis on a essayé des voitures sans impériale : la stabilité et surtout l’accessibilité y gagneraient. Les résultats ont paru favorables, avec un type de grande capacité (34 places, 19 assises en premières,-i5 en secondes, dont 8 assises), et un type de petite capacité (21 placesl. Remarquons que la proportion relative des places de premières et de secondes est rigoureusement fixée par le cahier des charges. Le premier pourrait être employé sur les lignes de trafic intensif, l’auti'e sur les mauvaises lignes. Enfin un certain nombre des voitures à l’essai sont munies de pneumatiques. On sait que en 1910, le régime des transports en commun à Paris, doit subir une txumsformalion totale.
- Vitesse et accidents. — Une statistique officielle îxous apporte des chiffres intéressants sur le nombre et les causes des accidents survenus dans les rues de Londres durant les trois dernières années. Leur bilan a été de 172 morts et 11 688 blessés en igo5, 212 morts et 14060 blessés en 1906, et 283 morts et 16 772 blessés en 1907. Le taux d’augmentation apparaîtra encore plus rapide si l’on songe que les chiffres n’étaient respectivement que de i65 morts et 9082 blessés en 1897. Le développement de la traction mécanique suffit à expliquer cette augmentation constante, comme on peut le constater par le tableau suivant qui additionne les accidents mortels ou non causés par les tramways à Fraction mécanique et par les autobus :
- Tramways. Autobus.
- 1905 ...................... 726 149
- 1906 ................ 1 i3o 824
- 1907 ..................... 2119 1108
- Pendant cette même année 1907, les omnibus à chevaux n’ont causé que 46° accidents. En analysant le bilan de 1907, nous pouvons départager les responsabilités comme il suit, entre difféi’entes catégories de véhicules :
- Charrettes légères .... 1223 accidents.
- — lourdes . ... 230 —
- Camions légers. ..... 1767 —
- lourds . . . . I 120
- Automobiles légères. . . . 1420
- — lourdes. . . . 138 —
- Fiacres à 2 roues 896 -
- Fiacres à 4 roues. . . . . 240 —
- Il est clair que l’augmentation du nombre des accidents accompagne l’augmentation de vitesse des véhicules. Autre remarque intéressante : la jeunesse fournit aux accidents causés par cette vitesse un plus fort pourcentage que les autres âges, proportionnellement à l’importance numérique des sections considérées, car nous trouvons parmi les victimes 4817 personnes âgées de moins de i5 ans pour i5oo personnes âgées plus de 60 ans, tandis que le nombre des victimes âgées de T5 à 60 ans n’a été que de 10 491 • Nous ne sommes pas surpris d’apprendre que le quartier où les piétons sont le plus souvent exposés est la Cité, qui, avec sa superficie d’un mille carré, fournit au bilan 10 morts et i5ii blessés. Enfin, nous constatons que, durant les cinq dernières années, le nombre des cochers de fiaci'e et celui des cochers d’omnibus ont diminué respective-ment de 2000 et de 3ooo, tandis que le nombre des chauffeurs de fiacres-automobiles et d’autobus a passé de 1462 à 47j6-
- p.2x74 - vue 506/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- JoUCts «vc,§£' “
- Jouets mécaniques. — Le joui’ de l’an est loin déjà et il est bien tard pour parler des ingénieux jouets ani-
- Fig. I. — Le petit pêcheur.
- tnés qui, pendant quelques jours, ont fait la joie des boulevards.
- Aussi ne citerons-nous, parmi la pléiade de bonshommes articulés, qui s’agitaient alors dans les petites
- Fig. 2. — Coupe du petit pêcheur.
- baraques en bois ou modestement sur l’asphalte des trottoirs, que quelques modèles extrêmement ingénieux, qui survivront sans doute, et que nous aurons l’occasion de retrouver aux fêtes prochaines.
- Fig. 3. — Le menuisier et son anatomie.
- Yoici d’abord le petit pêcheur : confortablement assis au bord d’un cours d’eau imaginaire, il jette sa ligne à gauche, le courant, ou plutôt le mécanisme, la ramène à droite, au fil de l’eau; puis le pêcheur la relève brusquement, la rejette à gauche et ainsi de suite. Le méca-
- nisme est simple à comprendre : le ressort A, en se détendant, actionne un jeu d’engrenages régularisés par un échappement; par l’intermédiaire de la bielle B et de
- l ig. 4
- — Le clown mécani
- la tige T, il imprime au corps du pêcheur un mouvement de va-et-vient.
- Une autre combinaison ingénieuse de bielles et de manivelles fait travailler le petit menuisier de la hgux’e 3.
- Enfin, le plus curieux de tous est à coup sûr le clown des figures 4 et 5 : deux bras et deux jamloes articulés sur un tronc dans lequel réside tout le mécanisme; et celui-ci est simple; un ressort qu’actionne un jeu d’engrenages, qui se termine par 4 pignons fixés à chacun des membres. Remontez le ressort et vous voyez le clown exécuter les contorsions et les pirouettes les plus amusantes, suivant les réactions qu’il rentre sur le sol.
- Ce jeu pourrait être l’occasion de fort jolis problèmes de mécanique. La figure 4 nous donne quelques exemples de l’agilité du clown mécanique. —
- Ces divers jouets ont été construits par M. Martin, 88, boulevard Ménilmonlant, Paris.
- Divers <^§33
- Tire-bouchons pour larges flacons. — Le tire-bouchons ordinaire est plutôt destiné aux bouteilles à goulot étroit bouchées avec des lièges dans lesquels il entre sur une assez grande longueur. O11 ne peut pas s’en servir pour les lièges de faible épaisseur qui ferment les flacons à large ouverture. Le système représenté ci-contre ne pourrait pas être utilisé au contraire pour déboucher des bouteilles ordinaires, mais il sera d’un emploi très commode pour les larges bouchons. Les deux griffes qui le terminent entrent dans le liège sans le déchirer et, en opérant en même temps un mouvement de rotation et de traction, on enlève facilement le bouchon.
- Comme une fois remis sur le flacon il offrirait peu de prise aux doigts, on laissera en place le petit appareil qui servira jusqu’à ce que le flacon soit vide. — Cet appareil se trouve dans tous les bazars.
- Les métamorphoses d’un pied d’appareil photographique. — Le règne de la photographie instantanée et des petits appareils à mains a fait volontiers reléguer les pieds de ces instruments au rang d’objets encombrants et superflus. Sans discuter ici le pour ou le
- Fig. 5.
- Coupe du Clown.
- p.2x75 - vue 507/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- contre de cette question, hâtons-nous, dans le domaine qui intéresse directement le touriste, de proclamer 1 utilité incontestable de cet appareil... dans un ordre d idées tout à fait étranger à l’art de Daguerre !
- Examinons un peu divers usages que nous pourrons demander à cet objet, devenu des plus portatifs maintenant : pieds-cannes, pieds télescopiques, etc. J ajouterai que ces divers usages, j’en puis parler en toute connaissance de cause, par suite de l’expérience acquise au cours d’assez nombreuses expéditions.
- Si la première condition de l’excursionniste est d être peu chargé, du moins lui est-il tout aussi utile et pratique d’être libre et de pouvoir camper où bon lui semble, dans certains cas.
- Pour débuter donc, nous rencontrerons dans le pied photographique l’élément essentiel de la carcasse d une
- Fig. i. — Dispositif de la tente-abri.
- affaire qu’à soi-même pour aller planter sa tente à l’aventure.
- S’agit-il maintenant d’nne installation plus perfectionnée, avec une tente véritable à votre disposition, vous trouverez dans le pied photographique un accessoire vraiment pratique pour fabriquer une table portative. Une planchette de quelques décimètres carrés vissée à la place de l’appareil lui-même et voilà une table légère pouvant être déplacée aisément, et élevée à la hauteur convenable selon le siège dont vous disposez... ou ne disposez pas ! Même suivant la qualité du siège, la table est capable de s’incliner comme un pupitre infiniment commode pour dessiner ou écrire (fig. 3). La planchette sera emportée spécialement à cet usage, ou bien alors on utilisera le couvercle d’une caissette quelconque servant, d’autre part, pour le transport de provisions ou objets de campement.
- Fig, 4, — Pour la cuisine.
- tente-abri, ainsi que le montre la figure i ; le reste indispensable à cette construction consiste en une canne ferrée, quelques mètres de bonne corde, et quatre piquets. On fait ainsi un ensemble bien tendu sur lequel se jette la toile imperméable, laquelle sera retenue, au sol par des grosses pierres, qui ne manquent jamais.. Une plus longue description serait superflue, mais insistons cependant sur la façon d’assurer la rigidité de cette monture : la corde faisant fonction de faîtage, après avoir tourné une fois ou deux autour de la tête du pied, doit également s’enrouler de quelques spires sur la branche dont elle suit la ligne pour venir s attacher au piquet fiché à cette extrémité (voir la figure où cette con-
- Fig. 2. Fig. o.
- Table portative. ' La même servant de pupitre.
- Troisième usage maintenant.
- Toujours grâce à notre instrument à tout faire, nous pourrons cuisiner en plein vent. On sait la difficulté de se servir dehors d’un réchaud à alcool, appareil si portatif et si pratique pour le thé ou le café dans un repas champêtre. Un tel accessoire culinaire fonctionnera convenablement, protégé du vent, sous un abri formé par le pied recouvert d’un veston, manteau ou couverture quelconque, lequel sera maintenu tendu par quelques grosses pierres (fig. 4)- C’est un dispositif qui a été employé avec succès dans les conditions les plus désavantageuses, c’est-à-dire sur des îlots exposés au vent du large.
- Pour terminer, je ne suis pas le seul certainement, à avoir constaté et expérimenté le confortable rudimen-
- Fig. 5. — Le pied-séchoir.
- dition réalisée se trouve exagérée pour la rendre plus apparente). Une toile carrée d environ 3 m. de côté suffit amplement; les replis forcés quelle doit prendre sur le pied renforcent là son épaisseur. Enfin, pour plus de confortable, l’ouverture peut être fermée par deux triangles de toile agrafés supplémentairement.
- Il ne faudrait pas croire qu’une telle installation, capable de rendre de réels services (nous avons campé à trois dessous dans la montagne) soit très encombrante à transporter. En effet, la canne ferrée est votre auxiliaire indispensable. Le pied accompagne l’appareil photographique ; quant à la toile-, elle se roule comme une capote de cavalier, en sautoir, et peut contenir avec elle la couverture si nécessaire pour la nuit. Le reste, cordes et piquets, trouvera place dans le sac sur le dos avec les quelques accessoires obligés dans ces conditions. Sans doute est-on chargé ainsi de quelques kilos supplémentaires, mais on y trouve une large compensation dans la réelle liberté dont on jouit, et la commodité de n’avoir
- taire de bien des chambres d’auberges ou d’hôtels, même dans certains de ces établissements d’apparence engageante : je fais allusion à l’obligation de disposer les serviettes de toilette sur un dossier de chaise pour les faire sécher! Dans un cas semblable, notre brave pied sera encore un auxiliaire précieux, et à constituer, comme le montre sans plus d’explication la figure 5,. un véritable séchoir de longueur variable suivant les besoins. Il est toujours facile, si la qualité du mur ne se prête pas à retenir la poinie légèrement piquée de la branche relevée, d’appuyer celle-ci après une saillie de meuble, dans un joint de boiserie, etc.
- Sans doute trouverait-on encore d’autres utilisations non moins commodes à demander au pied photographique. En citant ces quelques exemples, j’y joins le témoignage de reconnaissance du voyageur, et aussi celui du. photographe, qui a trouyé ainsi forcément l’instrument à sa disposition alors qu il 1 eut peut-etre négligé sans cela!.... L. Rudaux.
- p.2x76 - vue 508/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Les eaux d’infiltration et les tremblements de terre. — L’une des causes de certains tremblements de terre peut être recherchée dans l’action des eaux souterraines, s’attaquant mécaniquement et chimiquement aux rouches plus ou moins profondes du sol. Ces eaux ont une origine superficielle et ainsi il y aurait une relation entre les séismes et l’infiltration des eaux météoriques.
- Dans cet ordre d’idées, un témoignage très net est apporté (du moins pour les Pyrénées centrales) par les remarquables travaux de M. Marchand, directeur de 1 observatoire du Pic du Midi, où ces phénomènes sont étudiés en même temps qu’à la station de Bagnères-de-Bigorre. Les observations, dont la comparaison a permis de mettre en évidence cette relation, s’étendent sur une période de sept années (de 1896 à 1902). Au Pic du Midi sont effectuées les observations pluviomélriques, et celles tout aussi importantes à considérer de la fusion des neiges; à Bagnères sont enregistrés les mouvements du sol.
- Pendant la période considérée, on a noté 327 journées marquées par des séismes et se répartissant ainsi suivant les mois :
- Janvier..........22 Juillet .... 3g
- Février..........i5 Août............21
- Mars.............18 Septembre . . 17
- Avril............19 Octobre ... 24
- Mai..............60 Novembre . . 18
- Juin........... 54 Décembre. . . 20
- On voit nettement sur ce tableau un maximum fortement marqué en mai, avec prolongation sur juin; puis le nombre des secousses diminue rapidement jusqu’en septembre pour continuer avec cette fréquence, plus ou moins, jusqu’en avril.
- Cette statistique établie, comparons-la à celle de. la quantité d’eau amenée à la surface du sol : l’infiltration peut être considérée comme proportionnelle à cette quantité. Pour calculer ces valeurs, M. Marchand a tenu compte de la hauteur de pluie tombée, et de celle de la tranche d’eau fournie par la fusion de la neige (laquelle est nulle en hiver ou à peu près). Ces conditions combinées ont donné les chiffres suivants :
- Janvier . 70 millim. Juillet. . . 175 millim
- Février . 45 - Août. . . . 135 —
- Mars . . 65 — Septembre. 1 a5 —
- Avril . . 170 — Octobre . . 95 —
- Mai. . . 25o — Novembre . 90 —
- Juin. . . 2l5 — Décembi'e . 80 —
- Nous retrouvons ici le même maximum très marqué en mai, prolongé sur juin, puis la diminution rapide jusqu’à l’automne. Un minimum très net se manifeste aussi pour les deux phénomènes en février, tandis que
- de septembre à février la concordance est moins frappante ; mais ces non-coïncidences ne sont nullement contradictoires et l’on pourrait en rechercher la cause peut-être, dans ce fait, que si la quantité d’eau infiltrée diminue progressivement, elle suffit d’autre part à continuer le travail commencé pour provoquer des secousses en nombre sensiblement constant.
- De toutes façons, la concordance générale est frappante, et il est difficile, conclut M. Marchand « de ne « pas voir là une preuve, presque expérimentale, de « l’influence des infiltrations sur la fréquence dés mou-« vements sismiques. » L. R.
- Les distributions de gaz d’éclairage'a haute pression. — C’est une question dont les ingénieurs gaziers se préoccupent, car ils y trouveront peut-être une arme nouvelle pour lutter contre les progrès menaçants de l’éclairage électrique. L’éclairage au gaz reste encore le mode le plus économique d’éclairage public ; mais, grâce aux nouvelles lampes à filament métallique, dont la fabrication se développe rapidement et gagnera de jour en jour en bon marché, l’électricité gagne du terrain.
- Les distributions de gaz d’éclairage, sous pression, offriraient de nombreux avantages : canalisations de section moindre, par conséquent diminution dans les frais de premier établissement; accroissement du rayon d’action d’une usine, ce point est important dans les grandes villes; une seule usine peut suffire dès lors à desservir toute une ville et sa banlieue; il y en a des exemples en Suisse, en Allemagne et surtout aux Etats-Unis. L’emploi du gaz sous pression jmrmet de créer des foyers lumineux de grande intensité, capables de faire concurrence aux lampes électriques à arc.
- Mais l’établissement de distributions de ce genre soulève des problèmes techniques assez délicats : le plus grave tient à ce fait que, par suite de la compression, un certain nombre des hydrocarbures qui entrent dans la composition du gaz se liquéfient. Ce sont précisément les plus éclairants, comme le benzol. Il est vrai qu’en même temps la naphtaline se dépose et quel ouest ainsi débarrassé d’un produit gênant, cause fréquente d’obstruction des conduites. Quant à la diminution du pouvoir éclairant, elle présente aujourd’hui beaucoup moins d’inconvénients qu’il y a quelques années : l’éclairage par manchons incandescents s’est développé au point d’avoir fait disparaître presque complètement les anciens becs à flamme éclairante, et l’on sait que, dans les nouveaux becs, seul le pouvoir calorifique du gaz joue un rôle et non son pouvoir éclairant.
- Bref, le gaz à haute pression semble appelé à se développer. Signalons d’intéressants essais à Lyon, à Lübeck, et la construction d’un important réseau à San Francisco. A.. 1.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- O---
- La température et les congestions. — J’ai indiqué, il y a peu de temps, l’influence des variations cosmiques sur l'état de la santé; on voit des exagérations de sensations douloureuses, de l’augmentation de la fièvre chez certains malades quand survient un changement de temps. Les rhumatisants, faisais-je observer, sont, à cet égard, des baromètres d une précision rare.
- L influence des extrêmes températures est également nocive; les hautes températures estivales, et encore plus, les basses de l’hiver provoquent des congestions brutales et sous la rubrique de « victimes du froid » nous lisons souvent dans les journaux, quand le thermomètre descend, comme ces jours derniers, à quelques degrés au-dessous de zéro, le récit de malheureux frappés subitement dans la rue d’une congestion cérébrale mortelle. Sans doute dans bien des cas l’alcool entre pour une part dans l’état d’hypertension arté-
- rielle et vient faciliter l’action du froid. Mais on peut observer ces accidents chez des gens qui n’ont ni les apparences ni la réalité du buveur de profession. Ils sont âgés, souffreteux, en proie à la misère morale et physique et leur cerveau ne résiste pas jnieux que celui de l’alcoolique ; la congestion survient brutale et souvent du premier choc mortelle. D’une façon Comme de l’autre, ces victimes ont une circulation en mauvais état, les uns sont de francs artério scléreux dont les vaisseaux peuvent céder facilement, d’autres ont une hypertension artérielle passagère, préparée par des conditions de fatigue, de surmenage et mille autres causes.
- Pourquoi ces accidents congestifs semblent-ils plus prononcés à certaines époques de l’année? C est que très vraisemblablement notre pression artérielle subit le contre-coup de la pression barométrique et que plus elle est élevée ou dépasse la normale, plus on a chance
- p.2x77 - vue 509/647
-
-
-
- HYGIENE ET SANTE
- de voir diminuer la résistance du vaisseau et survenir sa rupture. Le Dr Walter avait déjà appelé l’attention sur les relations qui existent entre la pression atmosphérique et les accidents de congestion et d’apoplexie. Divers auteurs, M. Barton entre autres estiment que la pression joue un rôle moins pernicieux que les oscillations de température et cela me .pax'aîl des plus judicieux, car les victimes du froid sont nombreuses, quel que soit le chiffre du baromètre, simplement de par l’abaissement de la température ambiante.
- Mais voici un document plus précis qui nous est fourni par le Dr Russel, de Birmingham, qui a réuni tous les cas d’hémorragie cérébrale observés à l’hôpital général de cette ville pendant une période de sept ans; le total s’élève à 24*• Mais comme le Bulletin météorologique ne part que de 1891 il n’a pu utiliser pour la recherche de la pression atmosphérique que les observations des deux dernières années 1901, 1902. Son enquête a porté sur 66 cas d’hémorragie cérébrale mortelle et 62 cas non mortels.
- La pression barométrique moyenne étant de 73,44 m-> M. Russel a noté que sur les 66 cas mortels, 37 survinrent lorsque la pression était au-dessus de ce chiffre et 29 lorsqu’elle était inférieure; sur les cas non mortels, même résultat ou à peu près, 34 cas avec une pression plus élevée, 28 avec une pression moindre que la moyenne. La proportion est donc de 5 contre 4 quand la pression barométrique est élevée.
- La remarque générale que les cas d’apoplexie sont plus fréquents en hiver qu’en été est confirmée par le dépouillement des 241 cas recueillis par notre confrère anglais. Sur ce total, i34 cas sont notés pendant les mois d’hiver, novembre à avril, 107 seulement pour la période estivale, de mai à octobre. Mais les fluctuations
- journalières de la température semblent n’avoir aucune influence sur la fréquence des attaques ; il semble cepen. dant qu’il y ait plutôt une légère tendance aux accidents quand le thermomètre monte en même temps que s’élève la pression atmosphérique.
- Le froid et les hautes pressions barométriques sont donc néfastes aux sujets à mauvaise circulation avec tension artérielle augmentée. Il en est de même pour une autre classe de malades, les diabétiques. Dans une série de recherches des plus intéressantes, M. Busquet, chef du laboratoire de physiologie de la Faculté, montre que, suivant le degré de température, le taux de glycosurie augmente ou s’abaisse. C’est une confirmation des expériences de Cl. Bernard qui voyait la fonction glycogénique s’exagérer chez les lapins placés dans une étuve à 45°. Le Dr Busquet a pris trois diabétiques de bonne volonté qui se sont soumis, pendant toute la durée des expériences, à lin régime alimentaire alternativement identique et qui séjournaient 24 heures dans une pièce à 200 et 24 heures dans une atmosphère de 11 à 12°. Les dosages ont donné dans cette série les résultats suivants. A la température de 200, on a obtenu, suivant les malades 17 gr. de sucre contre :>!j à la température de 120, i3 contre 19 et 11 contre 1;, soit un abaissement moyen de 6 à 8 gr.
- Donc les diabétiques doivent, comme tous les médecins le recommandent et cela peut-être d’une façon fort empirique, éviter Iç froid, ne jamais faire de l’hydrothérapie froide, se couvrir de. vêtements de laine, comme les marins, séjourner dans, une atmosphère chaude, sans exagération et passer, quand ils le peuvent, les hivers humides et glacés du Nord dans les régions heureuses de la Côte d’Azur ou de l’Algérie.
- Dr A. C.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Meules en carborundum. — L’emploi du carbo-runclum ou carbure de silicium (SiC) comme abrasif, se développe rapidement. Le prix de ce produit est aujourd’hui, encore assez élevé. Mais on peut prévoir à bref délai une diminution sérieuse de ce prix et une nouvelle extension du produit. Yoici comment l’on procède pour fabriquer une meule en carborundum ; on fait d’abord un tri soigné des cristaux, en choisissant seulement des grains d’une grosseur déterminée appropriée au travail que l’on exigera de la meule. Ces cristaux ont été au préalable lavés à l’acide pour les débarrasser de toute particule de fer. L’agglomération se fait par le procédé, dit à la « porcelaine ». On ajoute aux cristaux 2Ô à 5o pour 100 d’un mélange de poudres de feldspath et de kaolin d’excellente qualité : on mêle le tout intimement à sec, on humecte légèrement et on remplit de cette pâte des moules en acier qui lui donneront la forme voulue. On soumet alors à une pression hydrau-
- lique ou mécanique de 140 kg par centimètre carré au plus. Après dessiccation, les meules sont placées dans des coffrets en argile réfractaire cuite; et l’on chaude dans un four à porcelaine à une température suffisante pour cuire et vitrifier les constituants céramiques, et les transformer en porcelaine qui enterre les cristaux de carborundum. Cette température oscille entre i3ooet 14000. L’un des grands avantages du carborundum est d’être très bon conducteur de la chaleur, et par suite, de moins échauffer que les autres abrasifs, les corps soumis à son action destructrice. Signalons l’emploi croissant du carborundum pour les moules minuscules des dentistes.
- Pour maintenir liquide la gomme arabique. —
- Pour empêcher la gomme arabique de se dessécher, il suffit de l’additionner d’un peu de camphre ou de glycérine.
- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Nous recevons de M. E. Monod les intéressantes communications suivantes : i° Chant des poteaux télégraphiques et des piolets en montagne. « Les piolets se' mettent à bruire, non seulement dès que leur propriétaire est au sein d’une nuée orageuse, mais aussi, et très souvent, dès qu’il tombe une neige fine ou du grésil, et que le piolet touche le sol. Les états
- électriques respectifs de la neige fraîche et de la terre expliquent ce phénomène, bien connu des alpinistes de haute montagne. Dans les deux cas, le bruissement des piolets est identique à celui d’une forte machine électrostatique en action, et n’a rien de commun avec le chant des potaux télégraphiques. Je ne sais pas s’il existe des observations précises, établissant une corrélation quelconque entre le chant des poteaux télégraphiques et la tension électrique ambiante. Pour ma part, je ne suis jamais parvenu à en découvrir une. ‘Je nie suis même permis, en un lieu propice, un jour qu’il faisait un temps merveilleux et que les poteaux chantaient plus que jamais, d’escalader l’un d eux, et d’établir un contact très parfait entre tous les fils, entre eux, et avec
- p.2x78 - vue 510/647
-
-
-
- gp>[| BOITE AUX
- la terre. Aucune variation dans le chant n’a pu être perçue. L’explication qui y voit une amplification des sons, survenant dans le grand diapason constitué par les fils et leur support, paraît donc, jusqu’à plus ample informé, la plus vraisemblable. »
- 2° Ebranlements marins proroques par les tremblements de terre. — La Nature relatait dernièrement un curieux cas de rigidité, présenté par un jet d’eau animé d’une grande vitesse. Un phénomène réciproque doit, a priori, pouvoir être pi’ésenté par un liquide immobile, soumis à un ébranlement local suffisamment brusque. Un de mes amis revenait d’Egypte sur YOrénoque, le jour du tremblement de terre qui vient de détruire Messine. Le navire, à l’aube, approchait de la ville, qui n était pas encore en vue. Soudain, tous les passagers lurent brutalement réveillés par une secousse formidable, suivie d’autres. Les uns crurent qu’on avait choqué une énorme épave, les autres qu’on avait donné sur un l'écif, tant les coups étaient a secs ». Ce n'était, cependant, que la transmission, par le matelas d’eau, de l’ébranlement du fond de la mer. Je ne sais si cette remarque, assez caractéristique, a déjà été faite, et c’est pourquoi je me permets de vous l’adresser. Elle frappe plus l’imagination que le fait, bien connu, de la transmission des sons au sein de l’eau. Elle fait comprendre comment une cartouche de dynamite, explosant sous l'eau, tue les poissons, à distance, etc.
- Renseignements. — Un lecteur liégeois. — Nous ne pouvons répondre à votre première question. Vous trouverez des tubes d’aluminium à la Société électro-
- LETTRES ||^gj
- métallurgique française, 3o, rue du Rocher, Paris; aux Forges de Sedan, 42» rue Saint-Georges, Paris; chez Louyot, 16, rue de la Folie-Méricourt, Paris.
- R. G., 49°3- — Vous pourriez essayer le procédé suivant : mélanger en une pâte épaisse, une solution saturée de caoutchouc blanc dans du chloroforme.
- J. N., à Bordeaux. — Vernis pour cuivre poli : alcool à 95° 1 litre, sandaraque iio gr., résine 3o gr., glycérine, 5 gr. Faites dissoudre la sandaraque et la résine dans l’alcool, puis ajoutez la glycérine. Enduit résistant aux acides : faire une pâte bien homogène d’eau, d’amiante en poudre et de silicate de soude et l’étendre sur l'objet à protéger.
- M. Rebj, à Moulins. — Pour nettoyer le cuivre doré, mêlez 5o gr. d’alcool, 125 gr. d’eau, 7 gr. de soude et i5 gr. de blanc d’Espagne finement pulvérisé. Au moyen d’un tampon de linge, appliquez une légère couche de ce mélange sur l’objet à nettoyer; laissez sécher, puis frottez avec un chiffon bien sec ou une brosse. Pour les objets en cuivre, passer à leur surface un citron coupé en deux et frotter dans tous les creux. Laver ensuite à l’eau tiède et frotter à la peau de chamois.
- M. Pagulu, à Turenne. — Nous comptons décrire prochainement la turbine à essence, engin du reste qui n’est pas encore dans la pratique, mais dont le principe est extrêmement intéressant.
- M. F. V., à Cette. — Pour combattre le demodex, suivre le traitement prescrit pour l’acné (lotions soufrées au savon noir, avec la liqueur de Gowland) variable un peu suivant le sujet et la qualité du tégument.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Fête iimérairo eu Birmanie : Victor Foiuun. — La cellite, succédanée incombustible du celluloïd : E. Lemaire. — Photographie aérienne avec un appareil commandé â distance : G. Marescual.
- — Les sels de potasse en Haute-Alsace : L. D. L. — Les parcs nationaux de l’Argentine : P. de Méiuel. — Les nouvelles lampes électriques à filaments métallisés et à filaments métalliques : Antoine Martin. — Un tour géant : Dr Alfred Gradenwitz. — Histoire d’un radius de girafe : A. Acloque.
- — Académie des sciences; séance du -5 janvier 1909 : Ch. de Villedujil. — Sablière à eau pour locomotives et automotrices : II. Bonnin.
- Supplément. — Position et diamètre do Mercure, etc.
- Élément d’aviation, par Victor Tatin, lauréat de l'Académie des Sciences (Prix Pénaud). Préface d’ERNEsr Archdeacon. 1 vol. in-8, illustré. Edition de YAéro-phile, 63, avenue des Champs-Elysées.-Paris. Prix : 3 francs.
- Débarrassée d’un inutile fatras de formules sans utilité pratique, la question du vol mécanique se trouve cependant exposée dans cet ouvrage avec une rigueur scientifique absolue dans ses principes généraux et dans ses notions les plus sûres. Après avoir résumé à grands traits l’état actuel de l’aviation, Victor Tatin, le savant doyen des aviateurs français, étudie les lois de la résistance de l’air et leur application au problème de l’aéroplane. Un chapitre spécial, consacré aux hélices aériennes, condense avec clarté les beaux travaux antérieurs de Tatin sur ce point capital. Le terrain ainsi déblayé, l’auteur nous convie à étudier méthodiquement avec lui la construction d’un aéroplane et les conditions rationnelles auxquelles doit satisfaire un bon appareil. 11 conclut par une1 esquisse historique des progrès successifs dé.T aviation pleine: d’aperçus et de renseignements nouveaux.
- Maladies des pays chauds, par Patrick Mais son, traduit par M. Guiraud, 2e édit:, (sur la 4e édit, anglaise). In-8°, 814 p., 241 grav. et 7 pl. en couleurs. Masson et C‘% éditeurs. 1908. Prix : 10 francs.
- En reconnaissant le rôle des moustiques dans la
- transmission de la filariose, P. Manson a provoqué les grandes et utiles recherches et découvertes de Laveran et Ross sur la transmission du paludisme par les anophèles. En 1898, son livre, Tropical diseases, fut une révélation pour tout ce qui touche les maladies tropicales. Aussi est-ce devenu une œuvre fondamentale. Depuis la première édition on a reconnu que les Stegomyia véhiculent la fièvre jaune ; que la maladie du sommeil est due aux trypanosomes, etc. La première édition française n’est que de 1904, la nouvelle est complètement refondue et décrit successivement les fièvres (malaria, sommeil, jaune, dengue, peste, etc.), le béribéri, les maladies abdominales (choléra, dysenterie), les parasites, etc. C’est un livre de la plus haute portée humanitaire.
- Traité d’analyse chimique quantitative, par R. Frésé-nius. 8e édition française, rédigée d après la 6e édition allemande revue et mise au courant des travaux les plus récents par le Dv L. Gautier. 2 vol. 1652 pages avec 45o figures, chez Masson et Cie, Paris. Prix i5 francs. - _ . .
- Cette 8e édition française du célèbre Traité d’analyse chimique quantitative de R. Frésénius a été rédigée, comme les deux précédentes, d’après la 6e édition allemande, mais en tenant compte cette fois des progrès réalisés dans cette branche de la chimie analytique depuis la publication de cette 6e édition. Elle s’est donc enrichie de bon nombre de méthodes nouvelles pour le dosage des corps et leur séparation. La méthode électrolytique fait l’objet d'un chapitre particulier dans lequel l’auteur a décrit son mode général d’exécution, et indiqué ensuite ses conditions d'application pratique; l’analyse des gaz qui, dans ces dernières années, a subi d’importants perfectionnements, est aussi traitée dans un chapitre spécial, et dès exemples de son application sont donnés dans la deuxième partie de l’ouvrage. Enfin, le nombre des figures a été notablement augmenté de façon à abréger la description des appareils et à la rendre plus claire.
- Technique radiothérapique. I11-80 (19-12) de 172 pages; 1908 (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire),
- p.2x79 - vue 511/647
-
-
-
- Il
- BIBLIOGRAPHIE
- par le Dr H. Bohdxek, professeur à la Faculté de médecine de Lyon. Librairie Masson. Prix broché: 2fr,5o.
- Ce livre est l’exposé des méthodes actuellement connues pour le dosage de ce facteur capital en radiothérapie, la quantité de rayons X appliquée dans un but thérapeutique sur les tissus. Ainsi que le fait remarquer l’auteur dans sa préface, il est aussi indispensable de mesurer cette énergie radiante, employée comme agent thérapeutique, que de peser les substances vénéneuses employées comme remèdes. La technique proprement dite de la radiothérapie est développée avec netteté ; et comme conséquence des procédés de mesure exacte de l’énergie radiante, M. Bordier préconise, dans l’application des rayons X, l’emploi de doses mesurées d’une façon aussi précise que possible. On peut ainsi réduire le nombre des
- séances, et cette manière de faire permet de guérir, en une seule fois, la plupart des affections cancéreuses de la peau. La compétence de l’auteur, en pareille matière, fait de ce petit volume un guide précieux pour tous les radiothérapeutes.
- Mes croisières dans la mer de Behring, nouvelles chasses et nouveaux voyages par Pauj. Niedieck, traduit par L. Roustan. i vol. in-8. Plon-Nourrit et Cio, Paris. Prix : 10 francs.
- Comme suite à Mes chasses dans les cinq parties du monde, l’auteur décrit cette fois, de son expédition hardie, l’Alaska, le Kamtchaka et la mer de Behring. Plein de détails vivants sur la population, la faune, la nature particulière de ces régions glaciales, le livre se termine par un tableau complet des animaux collectionnés, i32 belles gravures et une carte explicative.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 jauv. 1909. — 1°,5 N. N. E. 1. beau. » Gelée blanche; givre; brume; beau.
- Mardi 20 - 0°,2 N. N. E. 2. Beau. » Gelée blanche; givre; brume; beau.
- Mercredi 27 — o°,9 N. N. E. 2. Beau. u Gel. bl ; givre; brume; halo à 14 h.; quelques nuages à 15 h.
- Jeudi 28 — 6°,1 N N. E. 2. Beau. » Gel. bl.; givre; laibl. bronill.; peu nuag. le m.; beau le s.
- Vendredi 29 — 8°,4 S. S. E. 0. Beau. )> G. b.;piv.; brouili. à 9 et 10 h.; nuag. à 15 et 10 h.; beau av. etap.
- Samedi 50 l°,t W. 5. Couvert. 0.2 l’luie a 5 h ; verglas; couv. jusq. 10 h.; nuageux ensuite.
- Dimanche ô1 — 1°.0 S. W. 2. Couvert. 0,2 Couvert; un peu de neige de 8 h. à 10 h.
- JANVIER 1909. — SEMAINE DU LUNDI 25 AU DIMANCHE 31 JANVIER 1909.
- w "M—*1
- I Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- J" 6 MIDI- £ MIN’ 6 MIDI- 6;MIN £ MIDI' 6? MlN 6 MIDI G. MIN G MIDI G ~ MIN 6~M1DI.G MIN^ SuMlPl-g'L
- g&ljj bhmm qciesseei HNinn übqbu nMEaMMMmiu5555 555555555555 553mmmm5355S55555555555552îR5iïH5HS^,B,IIIBIBIII,,^1BIHB,lBI,ÎBB,,,*,l,,l,ll*3SSï5 ESsï gsm» nranMHBMHHM ohm mmm mm» mmbcemS555353553 mbsm555555555555555S555555£'55555ir5l!IIIIIBIBIll**BIBIB'l * * * 5 * * *<*9MOHHnuM:BK SæFJi
- jgjjj 25555555555E,B51BB“““mm»mm» humhibmmm»HESHi muESSSEuESSB 5535555555555555555555555fcÿ5!!!SS?a<^S!y^£5aH qpjj H555B555Ü5555555555555555555555555555SSSSsSuBSESSBE”**"'****"*™” B555555u555555m5B55£555S j||ÉI
- PH| S5S5SS55m555ë55Eïï5SïïS5m3SE355E5ïï5EEhE5EïïE5m5535hhu5ES™m5E535h553E555m55E35E5555SS55E iijS ^BpS^^sâsSBaSBSSSSBBâaSSBBSSSSBSSBBBSSSSBBBBBBBBSBBS”*^^”"""”""”"" 5S5555555555
- ig|BlBl5BlBS5“ig“isBBBSBB55BBBBBB55555555=5g=SSSSSglllgllllllll|5|55535BBa53B|il|||^
- Si Biu9iggi 555 SrSËlSI555 555555555555 555555555555555555555555m»»»®**®»»»»»^ — S53SS}jj}5EBBS5 555555^55555555555555.555555555555555555555553555@355555555532BS55ÉSM555555552555S5 l3|555r^^£5^555E3S^E5555S5SSSSr,K555S55555^S55i?555SS55^55SsSSE5^C5S5£55i555^"^"««^ Iigl3^^^55^^|5535£55C53?E55S5Z55£55£S5557^SS55sSi5S5S5£5S5\5S555555SS555£Si55p-»«-«"
- TB HUH.'VIMnaSMMMMM IB^H HPUM MMMMM M W'HH MrUMMMM HMH 'MBIlVvS BSSSviS555 j2*5 £55555555553
- gmBgœBnQDraBD m»m=»»»»» »»M«r »£-:=:«»»»» »»MM»«*:»jiMMMM5»M2M^35ra3355»MM £33353533555333533535333 g» 5555^555535555555555355555555555555555555555555555»!!!ia555555555555355555555555"™""*™""
- 8 5^55^55^55^5 5^5355353355 553555555555 S55SF5555555 5555^55555555S55E355C35S5»»5S555iu I^gESgïïS£3S5£;SE£2S7:SSS2BSS5«ï*2B5sïiîSS«55Hs5==E5BËS5E5BsEE5Es5=àBsS=HsBS=H=====“S
- 9\( L^E3B3 ~*L3MDB 13MB l^MIH ^>BM OBBBB *13 MH ChHM O mm 'M» ^^HM 'fc^55 -^^E5 '45I5^^S55ES5I^!5 SHSBS« BWWWMMMmi
- Jj BCaaUI«BBaiME9MUIEXHHMMMCMIMMMMMMMHMMHMMMMMMMnMM5M55M55M55M55M55acS555555555M55M5Br'Kai5>B>al,"r^BB>ialll>>I<B!aHSV §» 555555555555 555555553555555555555555 555555555SS5 SSBESS^SS EBE ep'^eesssse« 5mi4i55SiS5m55m
- ^5555555555555555555555555555555555555555555555555555555^5555£55555555555555555555555
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l abn à boule mouillée.
- Du 25 au 3i janvier. — Le 25. Extension vers l’O. de l’anticyclone de l’E., pression voisine de 770 mm sur nos régions, supérieure à 775 sur la Baltique et la
- Pologne; dépression de l’Islande aux Iles-Britanniques :
- Seydisfjord, 745. Pluies rares ; en France : Cette, 62 mm d’eau; Marseille, 10; neige en Gascogne et sur le Roussillon. Température du matin : Odessa, —16°; Paris,
- — 5; Malte, 12; Puy de Dôme, —3; Pic du Midi, — i3; moyenne à Paris : —20,1 (normale : 2°,3). — le 26. Forte pression générale : Bohème, 777; Turin, 771; Bretagne, 773 ; S. de la Norvège, 774 ; Horta, 757. Pluies en France : Perpignan, 8; Oran, Aumale, 7; Toulouse,
- 5. Temp. du matin : Arkangel, —26°; Paris, - 6; Alger, 8; Puy de Dôme, —7; Pic du Midi, —17; moyenne à Paris : - 2°,3 ("normale : 2°,3).”— Le 27.
- Pression générale élevée : Riga, Moscou, 779; Pays-Bas, N. de la France, 776; vaste zone de basse pres-
- sion sur l’Océan entre l’Islande et les Açores. Quelques
- chutes de pluie sur les Iles-Britanniques et l'Italie, de neige en Russie. Temp. du matin : Moscou, — 23°; Paris,
- — 6; Alger, 8: Puy de Dôme, —8; Pic du Midi, — [8; moyenne à Paris : — i°,6 (normale : 2°.3). — Le 28. — Profonde dépression islandaise : Seydisfjord, 736; N. de l’Ecosse, 762; Lemberg, Kiev, 782. Pluies et neiges
- sur le N.-O. et le S.; en France : Alger, 20; Tunis, 19; Perpignan, 3; Toulon, 2. Temp. du matin : Kharkof, — 26°; Paris, —6; Marseille, 8; Puy de Dôme, —5; Pic du Midi, —15 ; moyenne à Paris : 2°,9 (normale : 2°,4). — Le 29 Centre de dépression vers Bodoe, 746; partout ailleurs haute pression : Kiew, 781. Pluies sur les Iles-Britanniques et le littoral méditerranéen : Porl-Yendres, 4; Tunis, 31; neige à Aumale; grêle à Alger. Temp. du matin : Kharkof, —23°; Paris, —8; Malte, io; Puy de Dôme, — 3; Pic du Midi, — 12; moyenne à Paris : — 3°,8 (normale : 2°,4). — £0 3o. Prolongement vers le S., de la dépression septentrionale : Bodoe, 733; pression assez élevée sur le N.-O. : Ecosse, 768 ; Irlande, 771. Pluies sur les Iles-Britanniques; neige sur la Scandinavie, les Pays-Bas et l’O. de l’Allemagne. Temp. du matin : Kharkof, —24°: Paris, 1; Alger, 9; Puy de Dôme, —4 ; Pic du Midi, —-9; moyenne à Paris : o°,î (normale : 2°,5). — Le 3i. Dépression élevée sur l’O. : Irlaude, Bretagne, 76g; Gascogne, 768; déplacement de la dépression vers l’E. : Wisby, 741. Pluies sur le N. et le Centre de l’Europe; en France : Moscou, — i5 ; Paris, —- 1; Alger, 9; Puy de Dôme, — 11 ; moyenne à Paris : o°,8 (normale : 2°,3). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 28, à 3 h. 16 m. du soir.
- p.2x80 - vue 512/647
-
-
-
- &evue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l'École des Mines çt à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : tzo, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des artie'es non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine. '
- N° 1864 — 13 FÉVRIER 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Vers le pôle. — M. Roald Amundsen, le navigateur norvégien qui effectua, il y a deux ans, le « passage du Nord-Ouest », prépare une nouvelle expédition polaire. Son intention, comme il l’annonce modestement, n’est pas de dépasser le record de l’approche vers le Pôle Nord, niais bien d’étudier méthodiquement les fonds des mers arctiques. Il s’avancera aussi loin que possible sur la banquise, et, creusant des trous à travers la glace, il y plongera ses sondes et autres instruments et poursuivra patiemment ses expériences. Il estime avec raison qu’aucune autre mer ne se prêterait aussi aisément à l’enquête minutieuse qu’il projette.-Le Fram, le fameux navire de Nansen, transportera l’expedition, dont le rendez-vous de départ est fixé à Point-Barrow, le point le plus septentrional du continent américain. A partir de ce moment, l’expédition perdra toute communication avec le monde extérieur. Elle séjournera quatre ou cinq ans dans les mers polaires, en s’abandonnant au lent mouvement de dérive de la banquise. Le Fram, qui partira de Norvège en janvier 19 to, emportera pour sept années de vivres.
- Les gisements de magnétite et la fréquence des
- coups de foudre. — A propos de gisements de magnétite situés aux environs de Bagnêres-de-Bi-gorre le bulletin de la Société météorologique de France résume une étude de M. Marchand signalant l’influence de ces gisements sur la fréquence des coups de foudre. Au-dessus de trois des gisements sur quatre se trouvent de petits bois (chênes et châtaigniers surtout), dans lesquels les arbres sont constamment foudroyés, bien que ces bosquets ne soient nullement placés sur des crêtes ou des points culminants. Il n’y a presque jamais de coups de foudre sur les points les plus élevés des versants. M. Marchand explique cette particularité en remarquant que la magnétite, quoique peu conductrice de l’électricité, l’est plus cependant que les autres roches (calcaires, argiles) qui composent les collines où ont été découverts les gisements. Ces roches, relativement conductrices, forment dans le versant des masses isolées capables de se charger, par influence, sur leur surface d’une assez grande quantité d électricité ; delà, les coups de foudre sur les arbres qui les bordent. 11 y aurait lieu de vérifier si les gisements d’ardoises (roches encore plus conductrices que la magnétite) n’ont pas une'action analogue, mais plus marquée; car cette propriété ne peut tenir qu’à une conductibilité plus ou moins grande des roches soumises aux influences des nuages orageux, sans que leur qualité magnétique intervienne à aucun degré.
- Influence de la rotation de la Terre sur le cours des rivières.—Suivant une théorie bien connue, le Dr F.-NY. Hilgendorf, dans les Transactions of the New Zealand, ïnstitute, a exposé que la modification des rives des rivièrés qui coulent dans les plaines, de la province de Canterbury (Nouvelle-Zélande), dans la direction du
- Nord-Est au Sud-Ouest, peut s’expliquer par la rotation de la Terre, la combinaison des vitesses de rotation terrestre et d’écoulement de 1 eau donnant lieu à une faible composante dirigée sur une des rives. La structure homogène des plaines que traversent ces rivières donnerait un certain poids à cette hypothèse.
- Déterminations des hautes températures dans les essais industriels. — Les procédés et les appareils destinés à indiquer les hautes températures atteintes dans les opérations industrielles, présentent tous des avantages et des inconvénients dont on doit tenir compte dans leur emploi. Un inventeur anglais, M. Skirrow, a imaginé récemment une méthode pratique pour effectuer cette détermination, et permettant d’avertir les ouvriers si telle ou telle température limite était dépassée. Elle consiste en principe dans l’emploi d’un certain nombre de tubes de fer renfermant des substances de point de fusion connus et dont la fusion était indiquée par l’enfoncement d’une tige métallique. Ce procédé aurait donné pratiquement, paraît-il, d’excellents résultats.
- Nouveaux prix pour les aviateurs. — Le Congrès de Washington a voté le 3o janvier un crédit de 2 millions et demi de francs « for aeronaulics ». Cette somme permettra au Corps des Signaux, dirigé par le général Allen, de construire des dirigeables et des aéroplanes destinés à la défense nationale. D autre part, World, le grand quotidien new-yorkais, offre un prix de 5oooo fr. à l'inventeur « qui accomplira dans la navigation aérienne un acte parallèle au voyage du premier bateau à vapeur de Fulton ». C’est en novembre prochain que les Etats-Unis célébreront avec pompe le centenaire de ce voyage historique, quand, en présence d’une foule émerveillée, le steamship de Fulton remonta le Hudson de New-York à Albany, soit une distance de 228 km. On verra ce jour-là des modèles du Clermont remonter le fleuve, et il est possible qu’ils soient accompagnés dans l’air par des machines volantes.
- Le plomb et les jouets d’enfant. — On sait que certains jouets d’enfant sont susceptibles de contenir, soit par eux-mêmes, soit par les matières colorantes dont ils sont recouverts, une certaine quantité de plomb, et que ces objets sont réglementés par certaines ordonnances de police. Des auteurs allemands, MM. Melzger et Fuchs, ont effectué des études au sujet des inconvénients de la présence du plomb dans les jouets d’enfant et ils ont recherché, pour des objets à diverses teneurs en plomb, la quantité de ce métal qui pourrait être absorbée, par suite d’un contact prolongé avec divers aliments. Cette proportion est assez faible et n’atteint pas le plus souvent 1 milligramme. Il ne faut donc pas exagérer les dangers des jouets à base de plomb; mais il serait préférable, d’après les auteurs, de voir la teneur limitée à 10 pour 100 de plomb.
- p.2x81 - vue 513/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- Sur l’extraction des corps gras des eaux d’égout.
- — On vient d’établir, d’après un certain nombre de dosages, que la vase des eaux d’égout des villes renferme en moyenne 6,7 kg de matières grasses par mètre cube, les nombres trouvés oscillant entre 5,1 5 et 8,04. Ceci nous remet en mémoire une idée émise il y a quelques années : extraire des graisses alimentaires des eaux d'égout. Nous aimons à croire qu’elle émanait d’un fantaisiste, et que nul ne songera sérieusement à la reprendre. Mais, il pourrait peut-être y avoir un autre parti à tirer de ces graisses.
- Les dangers des ventilateurs. — Ou sait combien s’est répandu l’usage des ventilateurs dans les salles surchauffées des cafés, théâtres et autres réunions publiques. Le plus souvent, ces appareils ne font autre chose que brasser l’air : ils créent ainsi une sensation de fraîcheur agréable, quoique momentanée. Mais on soupçonnait bien qu’ils n’amélioraient guère les conditions hygiéniques de la pièce ventilée. MM. Filassier et Sartory assurent même qu’on leur doit une notable augmentation du nombre des bactéries par mètre cube d'air et par suite ils ne peuvent que contribuer à accroître le péril des maladies contagieuses MM Filassier et Sartory ont procédé, dans des salles de café, à des analyses bactériologiques sur des prises d’air faites à diverses heures de la journée; ils ont étudié les ventilateurs communiquant ou non avec l’air extérieur; leurs conclusions sont, dans tous les cas, que Faction du ventilateur triple, à peu près, la population bactérienne de la pièce.
- Le block-system aux États-Unis. — On comprend que les autorités américaines aient décidé d ouvrir une enquête sur l’efficacité du block-system, si l’on songe que les chemins de fer de l’Union ont causé en 12 mois la mort de 11 839 personnes, chiffre auquel il faut ajouter ru 016 blessés. La fréquence des collisions est expliquée en grande partie par ce fait que, sur 23oooo milles de voie ferrée qui compose le réseau américain, on ne compte que 19421 milles de voies doubles, 2000 milles de voies triples, et 1400 milles de voies quadruples. Les sections de cet immense réseau protégées par le block-system ne formaient, en février 1907, qu’un ensemble de 48000 milles, porté depuis cette date à 61 oo5 milles, se décomposant comme suit : 12293 milles du système automatique; 34gi milles du système dit « télégraphique manuel contrôlé » ; 247 milles du système dit des tablettes : 45094 milles du système télégraphique manuel. Dans plusieurs des Etats de l’Union, les compagnies sont tenues, depuis un an, à couvrir tout leur réseau avec le block-system. C’est ainsi que la Chicago-Burlington et Quincy possède actuellement, 8295 milles protégés sur un réseau de 9000 milles. L’installation du bloc-syslem entraîne aux Etats-Unis des dépenses qui varient entre i5oo et 25ooo francs par mille. Malheureusement, ainsi que le constatent des spécialistes Américains, les signaux donnés par les appareils sont devenus si compliqués que la moindre inattention d’un mécanicien leur ôte toute efficacité. Avec des agents insuffisamment exercés, la multiplicité même des appareils de sûreté devient une cause de catastrophes.
- Le commerce des œufs à Smyrne. - D’après la Revue F Industrie laitière, l’exportation des œufs de Smyrne a pris un développement très sensible dans ces dernières années. En 1907 011 en a exporté 24^22372, représentant une valeur de 1 3oi 35o francs. L’exportation est dirigée vers les pays suivants : France, 529914; Grèce, 327521; Autriche-Hongrie, 250287; Italie, 169370; Allemagne, 24 >58; total 1 3oi 35o francs. Pendant les années 1900, 1901 et 1902, l’exportation annuelle ne montait pas à plus de r i32 i z5 œufs. Le développement de 1 exportation a donc été considérable.
- L’acétylène dans le monde. — La production mondiale du carbure de calcium est d’environ 200 000 tonnes; les Etats-Unis et le Canada en fournissent 38 000 t. ; l’Italie, 32000 t. ; la France 27000 t. ; la Norvège. 25 000 t. ; la Suisse, 20000 t. ; l’Autriche Hongrie. 20000 t. ; la Suède, 12000 t ; l’Allemagne, 9000 tonnes.
- Diamants du Sud-Ouest africain allemand. — Les
- Allemands, qui n’ont pas été gâtés jusqu’ici par leurs colonies, font grand tapage, même officiellement, autour
- de la découverte de diamants dans la baie de Luderitz (Angra Pequena), (baie que l’on trouvera un peu au-dessous du 26° degré de latitude). Yoici, à ce sujet, quelques renseignements techniques infiniment moins enthousiastes empruntés à la Revue Sud-Africaine. Les diamants se trouvent entre Luderitz-bucht et la baie Elizabeth, située environ à 60 1cm au Sud. On les recueille sur la côte dans les sables, sans connaître encore en aucune façon le gisement primitif dont ils peuvent provenir : cheminée diamantifère recouverte par la mer, ou destruction remontant déjà à une période géologique plus ancienne d’un affleurement que l’on ne retrouverait plus. Quoi qu’il en soit, il faut, jusqu’à nouvel ordre, se borner au gisement alluvionnel, éphémère comme tous les gisements semblables, où l’on rencontre seulement de très petites pierres pesant en moyenne un tiers à un quart de carat, ce qui met leur valeur actuelle à 25 ou 3o fr. le carat. Ces pierres sont si légères que le vent, paraît-il, les transporte et qu’on en retrouve parfois dans le sable à un endroit que l’on venait de tamiser. Les conditions de vie sont très difficiles. L’eau manque absolument, on ne peut l’obtenir que par distillation et elle revient à plus de ofr,25 le litre. En outre, les exploitations sont, paraît il, avant d’exister, grevées d’impôts et droits formidables. La « Deutsche Kolonial Gesellchaft für Sud-West Afrika », propriétaire de la concession, commence par percevoir un droit de 5 pour 100 ad valorem; puis le gouvernement prend i2,5o par carat sur des pierres qui, en raison de la faible demande, peuvent, si on en produit des quantités notables tomber à 20 fr. Pour peu que les syndicats qui .se sont formés s’attribuent à leur tour des majorations, on voit ce qui doit rester de bénéfice possible aux actionnaires.
- Nouveau chemin de fer en Bolivie. — Le gouvernement de la Bolivie vient d’approuver le projet de construction d’un chemin de fer qui doit relier Santa-Cruz à la rivière Paraguay. Cette voie ferrée aura une longueur de 680 km et elle desservira 2$- gares.
- .
- La rouille. — Comme la plupart des phénomènes courants, la rouille est encore fort mal connue et l’on n’est pas très fixé sur les circonstance qui fa provoquent, la ralentissent ou l’accélèrent. Des études très détaillées viennent jeter sur ce sujet encore obscur, quelque lumière; l’une est due à un Américain, M. Cushman, l’autre à deux Allemands, MM. Heyn et Bauer, du laboratoire d’essais de Gross-Lichterfelde. Il est généralement admis que l’acide carbonique joue un rôle essentiel et nécessaire dans l’oxydation du fer. En fait, il n en est rien; le fer se rouille parfaitement dans une atmosphère soigneusement privée d’acide carbonique, ou même dans de l’eau absolument débarrassée de ce gaz, tandis que l’acide carbonique seul, en l’absence d’oxygène n’exerce aucune action sur le fer plongé dans l’eau pure. Sur ce point les deux études que nous citons concordent absolument. D’autre part, on sait que dans l’oxygène sec, le fer ne rouille pas. Quelle est donc la cause de l’attaque P Elle est d’origine électrique et due à la non-homogénéilé du fer : qu’une impureté quelconque se trouve incorporée dans le métal, et voilà un couple électrique formé; l’eau est décomposée et l’oxygène naissant qui se porte au pôle positif attaque le métal. De nombreux faits corroborent cette théorie : ainsi quand du fer se trouve sous l’eau, au contact du zinc, la corrosion du fer est considérablement diminuée aux dépens de ce dernier métal. Au contraire, si le fer est en rontact avec du cuivre ou du nickel, sa corrosion est augmentée dans de fortes proportions. Le contact de deux fers de structure différente suffit à provoquer l’attaque. Comment préserver le fer de la rouille? S’il est plongé dans un liquide, l’addition de potasse ou de sels alcalins le garantira, mais il faut qu’ils soient en solution assez concentrée, sinon lè remède est plus dangereux que le mal. Les chromâtes, par contre, sont des protecteurs parfaits, soit en solution, soit comme enduits; et, chose remarquable, que l’on retire le fer de l’eau cliromatée, ou que l’on retire l’enduit au chromate qui le recouvre, il n’en reste pas moins, pendant un certain temps, prémuni contre les attaques de la rouille. Ces observations justifient donc parfaitement l’emploi des peintures aux chromâtes préconisées depuis quelques années.
- p.2x82 - vue 514/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- **> Photographie <«*
- Le « citoscope ». Cinématographe d’amateur. - -
- Le citoscope est un appareil à transformations, destiné aux amateurs. Il peut être employé comme appareil ordinaire pour plaques 9 X 12 ou comme appareil cinématographique. Il peut être utilisé ensuite pour le tirage en positif des bandes négatives ainsi obtenues et enfin être placé devant une lanterne pour la projection de ces bandes positives.
- L'exploitation du cinématographe est en général réservée à quelques grosses maisons spéciales, mais certains constructeurs ont déjà établi des appareils destinés aux amateurs, ce qui permet à ceux-ci de confectionner des bandes à leur usage personnel concernant des sujets qui les intéressent particulièrement. Le citoscope a en outre l’avantage de pouvoir servir comme un appareil, ordinaire du genre détective. Il se compose, en effet, (fig. 4), d’une boîte étanche à la lumière portant à l’avant l’objectif muni de son obturateur et, à l’arrière, un verre dépoli monté sur une coulisse destinée à rece-
- Fig. 1. — Le citoscope ouvert.
- Fig. 2. — Mécanisme du cinématographe.
- Fig. 3. — Le citoscope employé comme cinématographe.
- F'ig. 4. — Le citoscope employé comme appareil 9X12.
- voir des châssis 9X12. Ainsi disposé, cet appareil est employé dans les mêmes conditions qu’un appareil quelconque de photographie et son emploi ne présente aucune difficulté. Sur l’un des côtés (fig. 1) on trouve une porte par laquelle on peut introduire les accessoires (fig. 2) qui le transforment en cinématographe destiné à enregistrer les vues animées (fig. 3). En premier lieu, dans une rainure située un peu en arrière de l’objectif, on introduira le mécanisme qui doit provoquer l’entraînement de la bande sensible, muni de son obturateur spécial ; un axe destiné à recevoir une manivelle trouvera en face de lui, dissimulée sous un volet, la petite ouverture par laquelle il doit traverser l’autre paroi. Derrière ce mécanisme on place une boîte qui porte deux bobines sur lesquelles s’enroule la bande sensible, avant et après l’impression. On fait passer l’extrémité de cette bande, placée sur la première bobine, par une fente garnie de velours située sur la paroi antérieure de la boîte, on la passe dans le mécanisme du cinématographe et on vient la fixer sur l’autre bobine. Après avoir refermé l’appareil, on n’a plus qu’à tourner la manivelle pour enregistrer le sujet choisi. Quand on a opéré le développement et le séchage de la bande négative, le même appareil peut servir au tirage d’une bande positive ; il suffit pour cela de faire passer
- dans le mécanisme entraîneur le négatif contre la bande sensible positive, en tournant l’objectif vers le ciel.
- Enfin, pour la projection on dispose d’une lanterne en tôle, avec son condensateur, qui peut être munie comme système d’éclairage soit d’une lampe électrique, soit d’une lampe à incandescence par l’alcool. Le mécanisme entraîneur est retiré de l’appareil photographique et fixé devant la lanterne sur des coulisses disposées en conséquence; un objectif spécial, plus ouvert que celui qui a servi à obtenir le négatif, est disposé sur une monture qui vient s’adapter devant le mécanisme; l’obturateur qui a servi à la prise des vues est également remplacé par un autre qui laisse passer une plus grande quantité de lumière. Tout a été combiné de façon à ce que ces diverses transformations se fassent très simplement sans l’emploi d’aucun outil; toutes les pièces sont montées à coul.sses ou au moyen de boutons mollelés faciles à desserrer à la main.
- Un très court apprentissage suffira pour apprendre à utiliser l’appareil dans toutes ses transformations. — L’appareil se trouve chez M. Bréviaire et Cie, 26, boulevard Saint-Denis.
- 35p> Mécanique
- Auto-gouvernail Nautilus. — Il s’agit d’un propulseur amovible pour canots de mer ou de rivière. Ainsi que le montre notre gravure, le moteur est installé, avec tous ses accessoires d’allumage, sa pompe de circulation d’eau et son réservoir d’essence, sur la barre même du gouvernail. Cette barre est considérablement renforcée et se prolonge par une forte monture verticale creuse, en bronze, dans laquelle passe l’arbre qui iransmet le mouvement à l’hélice. Une forte douille, fixée à l’étambot du bateau par quatre boulons, supporte la barre et tout le mécanisme moteur et propulseur. L’installation peut donc se faire en quelques minutes sur n’importe quelle coque.
- L’hélice petit se relever comme le fait voir le pointillé sur la gravure, de façon que lorsqu’on marche à la voile ou à la rame, la surface de l’hélice immergée ne gêne pas l’avancement da canot.
- Il est à rem arquer que la rotation et la propulsion de 1 hélice aident aux virages du bateau et à sa direction, car l’effort se produit toujours dans la direction du gouvernail. Cette augmentation de l’action du gouvernail permet même de virer sur place, ce qui est précieux pour la navigation dans les cours d’eau étroits, les canaux et les ports encombrés. .
- Cet appareil peut constituer un utile adjuvant aux canots de pêche en leur permettant d’évoluer par temps de calme plat; il se construit depuis 1 1/2 jusqu’à 6 chevaux et pèse selon sa force de 3o à 75 kg, son prix variant également selon sa grandeur de 600 à i65o francs. Une embarcation moyenne portant six personnes donne ainsi, avec une dépense minime, une vitesse de 9 à i5 km à l’heure selon la puissance du moteur de l’auto gouvernail, ce qui est bien suffisant pour la promenade ou la pêche. — L’appareil est en vente chez G. Deschamps, 20, rue Dufreissey, Paris.
- Jouets <<ü
- Jeu de l’aéroplane. — Ce jouet a été exécuté d’une façon très sommaire, et avec des matériaux de fortune, par son inventeur; son fonctionnement n’est pas absolument parfait parce qu’il intervient une question de réglage assez délicate. Néanmoins l’idée est très ingénieuse. Le jeu comprend un bâti porteur d’un plan
- Auto-gouvernail ISautilus.
- p.2x83 - vue 515/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- incliné sur lequel peut descendre un petit chariot. Celui-ci reçoit un aéroplane minuscule qui quitte le chariot dès qu’il est parvenu à la base du plan incliné. Ayant acquis une certaine vitesse, le planeur vole plus ou moins loin et finit par tomber sur un cercle mobile sur un pivot central. La chute imprime au cercle un mouvement de rotation et il entraîne le planeur dans sa course. Le jouet se comporte alors comme une roue
- Jeu de l’aéroplane.
- ordinaire numérotée et qui s’arrête en face d’un indicateur de gain ou de perte.
- La difficulté à résoudre pour mettre ce jouet au point est assez grande, car le fonctionnement du jeu dépend de l’inclinaison du plan de lancement, du poids et de la surface des ailes du planeur. Si ces conditions ne sont pas établies d’une manière parfaite le planeur tombera purement et simplement ou bien, s il vole, il pourra dépasser le but qui lui est désigné. Quoi qu’il en soit, l’idée est très ingénieuse.
- La mitrailleuse à virage automatique. — Les engins militaires inspirent toujours les petits inventeurs parce que ces sortes de jouets sont toujours bien vus des enfants admirateurs passionnés de tout ce qui touche de près ou de loin à l’art de la guerre. Après les fusils et les canons, voici qu’entrent en scène les mitrailleuses automobiles, jouets très modernes Celle que M. Blondinat a imaginée est une petite merveille;
- elle va de l’avant., s’arrête, tire un coup de feu, vire, lire un second coup de feu et revient à son point de départ. L’engin placé devant le siège arrière de la voiture n’est pour rien dans les explosions ; Fig. I. — Mitrailleuse automatique, celles-ci sont produites
- sous le châssis même à l’aide de deux chiens que l’on arme avant le départ, en les relevant comme ceux des anciens fusils ; une capsule mise sur la tête de chacun d’eux produira la détonation. Pendant la course en avant, une sorte de gâchette de retenue se déplace de droite à gauche sous les chiens; elle est actionnée par une tige parcourant une rampe hélicoïdale solidaire de l’essieu avant de la voiture.
- Cette tige étant parvenue à une des extrémités de sa course, la gâchette abandonne le premier chien qu’elle maintenait relevé; le ressort de rappel de ce chien se détend brusquement et la capsule vient frapper sur une plaquette de métal.
- C’est le premier coup de feu. Pendant ce temps l’essieu prend son virage ; la tige de commande des chiens revient à son point de départ et au moment où le virage est terminé, le deuxième chien se trouve libéré à son tour; le second coup de feu éclate. La voilure reprend alors sa course dans le même sens; mais comme le virage a été effectué, elle revient à son point de départ. On ne saurait trop admirer la simplicité du mécanisme qui •permet d’effectuer cette curieuse randonnée. — L’inventeur, M. Blondinat, habite 12, rue du Grenier-Saint-Lazare, à Paris.
- Balançoire circulaire. — Cette balançoire, très originale est la réalisation pratique du nouveau modérateur pour mouvement d’horlogerie que nous avons présenté ici-même et qui a été imaginé par M. Gasselin.
- On reconnaît de suite dans la balançoire circulaire la tige métallique terminée par deux pantins qu’actionne le mouvement. La roue dentée oblige ces pantins à s’élever et à s’abaisser alternativement en tournant autour de l’axe central, puisque la tige qui les supporte parcourt la roue dentée en gravissant toutes les dents les unes après les autres.
- M. Gasselin a ainsi obtenu un mouvement très régulier et très gracieux des personnages. Ce nouveau jouet a eu, il y a quelques mois, un succès considérable près du jury du Concours Lépine, et il est certain que les enfants lui feront un accueil très sympathique; d’autant plus que le prix de revient ne doit pas en être très élevé. — La balançoire circulaire a été imaginée par M. Gasselin; il habite 42, rue Victor-Hugo, à Puteaux (Seine).
- *>> Divers
- Petite pince automatique à mâchoires excentriques. — Rien n’est plus délicat, on le sait, que de saisir les pièces très fines, comme celles que l’on rencontre dans les travaux d’horlogerie. Les amateurs surtout, peu habitués au maniement des pinces d’horloger
- La pince automatique et son emploi.
- s’en tirent assez mal. Le petit instrument représenté ci-contre leur facilitera la tâche.
- C’est une pince articulée permettant de saisir les objets les plus divers de forme. Grâce au poussoir disposé à l’intérieur du manche de l’instrument, on peut déposer aisément la pièce saisie au point précis où elle devra être montée. — L’objet est construit par la Manufacture d’armes et de cycles de Saint-Etienne.
- Nouveau fixe-manchettes. — Le bouton de manchettes est un objet qui excite singulièrement l’ingéniosité des inventeurs, depuis les plus modestes jusqu’aux plus haut placés.
- La presse allemande n’a-t-elle pas annoncé récemment, que le prince héritier venait de prendre un brevet pour un bouton nouveau. Il ne nous a pas été donné encore d’admirer le fruit de ses travaux ; nous doutons qu’il l’emporte en simplicité sur le fixe-manchettes représenté ci-conire et imaginé par un artisan parisien.
- Ce n’est qu’une double pince, l’une des mâchoires se fixe au poignet de la chemise, l’autre saisit la manchette et la maintient. Ses avantages sont évidents : la toilette est abrégée de quelques secondes que les gens nerveux apprécieront vivement. — Le nouveau fixe-manchettes est vendu chez M. Massu, 68, rue de Bondy, Paris.
- p.2x84 - vue 516/647
-
-
-
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- oüsT
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Adaur, pendant 1 année 1908, par Al. Th. Aloureaux.
- La pression barométrique est en excès pendant 7 mois consécutifs, de mai à novembre (4- 4mm>°3 en octobre). La température, élevée en février, juin, octobre, et surtout en mai (+ *°,o8), est en défaut les 8 autres mois, principalement en janvier (—2°,3i); le maximum absolu de l’année, 3i°,5, s'est produit au commencement de juin; pendant les mois de juillet et août, la température n’a atteint 3o° qu’une seule fois, le 11 juillet. La pluie, en excès pendant les mois de février, mars, mai à juillet, septembre, est très faible en octobre, 20œu‘,4 et surtout en janvier, i3œm,i. En octobre, la nébulosité, a,82, est tout à fait exceptionnelle, et aussi le rapport d’insolation (0,61).
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 759“'”,00, moyenne mensuelle la plus élevée, 762““,79 en janvier; la plus faible, yS5mm, 21 en avril; minimum absolu, 73omm,7 le 11 décembre; maximum absolu, 777mm,3 le 7 février; écart extrême de l’année, 46“m,6.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, 5°,45; des maxima, 140,67 ; des minima et maxima, io°,o6; des 24 heures, 9°,77; minimum absolu, — i4°,8, le 3i décembre; maximum absolu, 3i°,5, le 4 juin; écart extrême de l’année, 48°.3. Moyenne mensuelle la plus élevée i8°,i3, en juillet; la plus faible, — o°,o5, en janvier. La moyenne diurne a été égale ou supérieure à 200 pendant 17 jours, 7 ën juin, 9 en juillet, 1 en août; moyenne diurne la plus élevée, 24°,2i, le 4 juin: la plus faible, - 8°,24 le 3 janvier; elle a été inférieure à o° pendant 3o jours, 17 en janvier, 1 en février, 2 en novembre, 10 en décembre. L’amplitude diurne la plus faible, i°,o, a été observée le 27 décembre; la plus grande, i9°,o le i5 septembre; moyenne mensuelle la plus faible, 5°,16 en décembre; la plus élevée, ii°,4i en octobre; moyenne de l’année, 9°,23. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, 2°,59; des maxima, 26°,74; de l’année, i4°.66; minimum absolu, —i9°,o le 3i décembre; maximum absolu, 53°,8 les 15 juin et n juillet; moyenne mensuelle la plus faible, o°,67 en janvier; la plus élevée, 28°,01 en juin. Le thermomètre à minima sur le sol est descendu au-dessous de o° pendant 127 jours, 26 en janvier, 14 en février, 22 en mars, i3 en avril, 3 en septembre, 6 en octobre, 21 en novembre, 22 en décembre. Amplitude de l’oscillation diurne; moyenne de l’année, 24°,i5; minimum, i°,6 le ior janvier; maximum, 47°.6 le i5 juin. — Dans le sol gazonné, moyennes de l’année. Profondeur, om,3o : à 9 heures, io°,47 ; à 21 heures, io°,74; moyenne, io°,6i : minimum, o0,7o les i5 et 16 janvier; maximum, 200 91 le 2 juillet; oscillation annuelle, 2O0,2i. Profondeur, om,65 : à 9 heures, io°.76; à 21 heures, io°,74: moyenne, io°,75; minimum, 2°,3g le 26 janvier; maximum, 180 73 le 5 juillet; oscillation annuelle, i6°,36. Profondeur. 1 mètre : à 9 heures, io°,8o; à 21 heures, io°,81 ; moyenne io°,8o: minimum, 3°,5o le 28 janvier; maximum, i7°,6i le i3 juillet; oscillation annuelle, 14°,11. — De la Marne : moyenne le matin, n°,7i; le soir, 12°,09; moyenne de l’année, u°,9o; minimum, o°.o2 le i3 janvier; maximum, 24°.95 le 4 juillet. La moyenne diurne s’est tenue au-dessus de 200 pendant 61 jours, 17 en juin, 26 en juillet et 18 en août, les deux plus longues périodes étant celles du 26 juin au 17 juillet, et du 2,3 juillet au i3 août.
- Tension de la vapeur : moyenne de l’année, 7mm,68 ; moyenne mensuelle la plus élevée, nmm,35 en juillet; la plus faible, 4mm.o5 en janvier; minimum, irom,4 le 3 janvier et le 8 novembre; maximum, i8œm,5 Je 12 juillet.
- Humidité relative : moyenne de l’année, 80,6; moyenne mensuelle la plus élevée, 91,1 en décembre; la plus faible, 71.7 en avril; minimum absolu, 23 le 17 avril; le maximum 100 a été atteint chaque mois sauf en avril, le plus fréquemment en octobre, 23 jours.
- Nébulosité : moyenne de l’année (6 h. à 21 h.), 5.95; moyenne mensuelle la plus élevée, 8 45 en décembre: la plus faible, 2,82 en octobre. La nébulosité a été nulle pendant 27 jours, 6 en janvier, 2 en février, 1 en avril,
- 1 en juin, 4 en septembre, 8 en octobre, et 5 en novembre; le nombre de jours complètement couverts a
- été de 42 ; 7 en janvier, 3 en février, 2 én mars, 1 en avril, 5 en mai, 2 en juin, 1 en juillet, 2 en août, 2 en septembre, 4 en novembre et i3 en décembre.
- Insolation : rapport de la durée effective à la durée totale de la présence du Soleil au-dessus de l’horizon, 0,39; valeur mensuelle la plus grande, 0,61 en octobre; la plus faible, 0,10 en décembre. La durée eliective totale a été de i825h9 en 291 jours.
- Pluie ; total de l’année, 567““,o en 495*' 8 réparties en 149 jours, dont 44 ont fourni moins de i“m d’eau, et 6 plus de i5"u"; le maximum en 24 heures, 25mm,2, est du 21 mai. On a noté en outre 44 jours de pluie ou neige inappréciable (moins de o*"",i). Mois le plus pluvieux, mai (87”"",6); le plus sec, janvier (i3n,m,i).
- Nombre de jours : de gelée, 83, dont 24 en’janvier, 9 en février, 16 en mars, 4 en avril, 3 en octobre, i3 en novembre et 14 en décembre; 17 correspondent à une température inférieure à —5°, 11 en janvier, 2 en novembre, 4 en décembre; de gelée blanche, 110; de rosée, 137; de brouillard, 83; d’orage, 22; d’éclairs seuls, 6; de neige, i4; de grêle, 9; de grésil, 13; de givre, 23; de brume, 5o; de halos, 56. La dernière gelée de l’hiver 1907-1908 est du 26 avril, et la première de l’hiver 1908-1909, du 22 octobre. La dernière gelée blanche du printemps est du 26 avril, et la première de l’automne, du i3 septembre.
- Fréquence des vents (8784 observations) ; calmes, 225.
- N . . . . 523 S. E . . . 323 W . . . . 348
- N. N. E . 703 S. S. E . . 385 W. N. W 202
- N. E. . • 795 S 788 N. W . . 258
- E. N. E • 492 S. S. W. . 1176 N. N. W . 419
- E . . . • 477 S. W. . . 927
- E. S. E. 291 W. s. w. 452
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne annuelle des 24 heures, 3m,38; mensuelle la plus grande, 4“,81 en avril; la plus faible, 2”’,06, en octobre; vitesse maximum en i5 minutes, x4m,4 le 6 mars par vent S. S. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne de l’année, 2m,C9; moyenne mensuelle la plus élevée, 4“>36 en mars; la plus faible, im,99 en novembre ; minimum absolu, im,5o, le 6 juillet; maximum absolu, 5m, 18, le 27 février. La rivière a débordé légèrement du 25 février au 14 mars.
- Comparaisons aux valeurs normales de 3o années (1874-1903) : baromètre, -j-jmm,2i; température, —o°,27; tension de la vapeur, -j- omm,i5; humidité relative, 1,9; nébulosité, —0,17; pluie, -j- iomm,2; jours de pluie, — i3; jours d’orage, —5; heures d’insolation, -(- 8oh8m.
- Taches solaires : on a suivi 148 taches ou groupes de taches en 279 jours d’observations; minimum mensuel, 9 groupes en décembre; maximum, 17 en avril. Le Soleil a paru dépourvu de taches à 11 dates, le 28 janvier, le j8 février, du 2 au 4 mars; du 14 au 18, le 20 et le 2 5 octobre.
- Observatoire magnétique du Val-Joyeux (M. J. Itié).
- Magnétisme terrestre : moyennes annuelles des éléments en 1908 : Déclinaison, 140 39^,63 ; inclinaison, 64°44’,6o; composante horizontale, 0,19735; composante verticale, o,4i83i. Ecart diurne, moyennes de l’année : D = 9',55; I —i',77; H = o.ooo3o; Z =0,00021. Variation séculaire ; D =: — 6',29 ; I = — C87 ; H =— o,oooo5; Z = — 0,00069. Principales perturbations magnétiques : le 6 février; les 1, 2. 4 26, 27, 28 mars; le i5 avril;
- les 25 et 26 mai ; les i5 et 16 juillet ; les 9, 19 et 21 août; les 4, 5, 11, 12, 16, 29 et 3o septembre; les 12 et i3 octobre; les 8 et 17 novembre; les 4 et 5 décembre.
- Observations météorologiques : température, moyenne des minima, 4° 89 ; des maxima, j4°,66; de l’année, 90,77; minimum absolu, — 14V2, le 3i décembre; maximum absolu, 3i°, j le 4 juin.
- Pluie, total de l’année, 537mm 9 en 164 jours. On a noté 84 jours de gelée, 68 de gelée blanche, 19 de neige, 9 de grêle. 17 de grésil, 20 d’orage, 2 d’éclairs seuls, 100 de rosée, 68 de brouillard, 2 de verglas.
- p.2x85 - vue 517/647
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La toux d’église. — J’étais entré l’autre jour dans une de nos vieilles églises; c’était l’heure des vêpres, un abbé commençait le sermon. Je ne ferai pas injure au prédicateur en disant qu’il n’avait pas l’éloquence d’un Bossuet ou d’un Lacordaire ; de plus le pauvre homme était atteint d’une extinction de voix qui rendait le débit encore plus monotone. Une des périodes de son prêche fut coupée d’une quinte de toux. Ce fut comme une traînée de poudre; de droite et de gauche, les assistants se mirent à tousser, à moucher, c’était un vrai concert de tousseurs. Jamais je n’aurais cru trouver dans cet auditoire autant d’enrlmmés et de grippés. Le sermon, comme bien on pense, fut vite terminé.
- Vous avez dû être souvent témoin d’un spectacle semblable, de ces crises de toux, en quelque sorte générales, dans n’importe quelle réunion d'hiver. Aux cours, dans les conférences, voire même au théâtre, la contagion de la toux vient à se produire. J’ai lu quelque part, il me serait difficile de me rappeler où, que dans le cours d’une épidémie de grippe à Paris au xve siècle, les sermons furent supprimés dans les églises, la voix des prédicateurs étant couverte par les quintes de toux de l’assemblée. La toux est plus fréquente dans les églises. Est-ce parce que le froid est plus pénétrant dans ces larges vaisseaux de nos cathédrales, que, malgré le chauffage (qui n’existait pas il y a cent ans) la température reste toujours, sous ces hautes voûtes, inférieure à ce que réclament nos voies respiratoires pendant la saison d’hiver? Y a-t-il des envolées subites de courant d’air glacial qui provoquent cette toux impie, ungodly cought, comme l’appelle le révérend pasteur Campbell. N’est-ce pas plutôt que l’attention est moins éveillée chez les fidèles quand le prédicateur n’a pas le don de vous émouvoir et le talent d’un véritable orateur. La toux serait dans ce cas un signe de lassitude, d’énervement, une vraie maladie; non plus des bronches ou de la trachée, mais de l’application cérébrale. Et de fait, au théâtre, la toux ne survient par crises que lorsque la pièce, ou tout au moins certains passages de la pièce
- offrent moins d’intérêt, quand l’action est languissante; alors de tous côtés on tousse, on mouche, ou crachote. Les chuts énergiques de spectateurs agacés arrêtent pour quelques minutes ce concert désagréable qui recommence bientôt. Mais vienne une scène pathétique, un passage enlevant, les quintes de toux s’arrêtent instantanément. On raconte que Sardou, entendant le public tousser à un passage d’une de ses pièces, fit la réflexion : « Je savais bien que la scène était trop longue », et il pratiqua de sages coupures. Remarquez qu’on tousse moins dans les théâtres de musique que dans les autres.
- Il est assez difficile d’expliquer cette apparition simultanée de la toux chez un grand nombre de spectateurs. La grippe peut être mise en cause, mais il y a aussi une part à faire à un manque de volonté. On sait, que dans les sanatoriums on arrive à modifier notablement le nombre des quintes de toux chez les tuberculeux en éveillant leur attention sur l’inutilité de cette toux sèche, qui épuise inutilement. Un directeur de ces établissements, en les obligeant à pointer sur un carton le nombre des quintes, les a réduites de plus d’un tiers, alors que les raisonnements, les conseils ne faisaient rien.
- Un médecin américain, qui s’est attaché à l’étude de cette toux des églises et des théâtres, croit à une irritation réflexe de l’oreille sur la gorge. L’auditeur met tous ses efforts à écouter le prédicateur ou l’acteur et cette tension soutenue pendant un certain temps dégénère en fatigue qui provoque le réflexe guttural. Mais alors comment se fait-il que la toux n’existe pas ou fort peu dans la belle saison ; l’attention est pourtant la même et les efforts pour entendre et suivre l’orateur identiques. J’aime mieux croire à une manifestation dont l’origine est dans le froid et la grippe, et la provocation dans le manque d’intérêt du spectacle ou du sermon. C’est le cas ou jamais d’off'rir à votre voisin, quand il sera pris de quinte, un des mirifiques bonbons préconisés pour arrêter les rhumes ; le mieux sera peut-être de lui conseiller de rentrer chez lui pour ne déranger personne.
- Dr A. C.
- n
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Contre les engelures. — Il y a de nombreux remèdes. En voici quelques-uns qui sont efficaces :
- x° Prenez de la chaux vive (la valeur d’une noix), ajoutez-y de l’eau par petite quantité, de façon à l’éteindre et à la mettre en pâte épaisse; puis ajoutez, goutte à goutte, de l’huile d’olive, ou d’oeillette. Mélangez intime ment l’huile à la chaux jusqu’à ce que vous obteniez la consistance d’une pommade. (Pour i partie.de chaux, il faut 20 parties d’huile.) Enfin, ajoutez 20 à 3o gouttes de laudanum de Sydenham pour un pot de pommade de la grosseur d’un œuf. On étend cette pommade le soir sur les engelures (des pieds ou des mains), et on les recouvre avec un linge assez épais pour éviter de salir les draps du lit.
- 20 Une à trois fois par jour, baigner les mains ou les pieds dans de l’eau aussi chaude que possible, pendant dix à quinze minutes ; on essuie ensuite minutieusement, et, si les engelures sont ulcérées, on fait un lavage à l’alcool. Le soir, on fait un massage prolongé avec la pommade suivante, dont on laisse une couche sur les engelures ;
- Ichtyol.....................1 à 5 grammes.
- Résorcine........................ ià3
- Lanoline.......................... 55 —
- Huile d’olive..................... 10 —
- Eau distillée..................... 5o —
- Si les ulcérations sont très étendues, pommade jour et nuit.
- Teinture en noir du poirier. — D’après un de nos confrères, le procédé suivant donne une jolie couleur noire bien foncée, pour des ouvrages en poirier, sculptés et tournés, non polis.
- On mélange 2 parties de noix de galle noire pulvérisée avec i5 parties de vin ordinaire et on laisse reposer quelques jours dans une chambre chaude. On transvase ensuite le liquide et on le passe à travers un linge ou une toile, puis on y ajoute une quantité d’eau égale à la moitié de son volume. On prépare une solution légère d’acide sulfurique dans l’eau. Si l’on enduit le bois du premier liquide et qu’après que la couche est sèche on étende la solution d’acide sulfurique, on obtient une belle couleur noire, qui est d’autant plus foncée que la seconde solution est plus concentrée. En ajoutant par dessus une couche de cire dissoute dans l huile de térébenthine, et en frottant, on donne à l’objet l’apparence du bois d’ébène. Si l'on veut obtenir promptement un ton mat, il faut faire usage d’une légère couche de laque en écailles, dissoute dans l’esprit-de-vin.
- Pour blanchir les mains noircies par l’huile et le cambouis. — Tous les mécaniciens professionnels ou amateurs, les conducteurs d’automobiles, etc., forcés de mettre la main à la pâte, y récoltent ces taches noires sur les mains, si résistantes et si peu élégantes, taches d’huile et de cambouis. Pour les faire disparaître, se rincer les mains d’abord avec de l'essence de pétrole, excellent dissolvant des graisses; puis aussitôt les frotter avec un peu de glycérine ou d’huile d’amandes douces.
- p.2x86 - vue 518/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les [ faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Avis. — La Société le Vide, 12, rue de Rome, nous informe que le procédé simple pour le nettoyage par le vide que nous avons décrit dans notre numéro du 23 janvier 1909 est couvert par des brevets dont elle s’est rendue acquéreur pour la France.
- M. Hennequet, à Paris. - Veuillez vous adresser pour plus de renseignements à la Société le Vide, dont nous donnons ci-dessus l’adresse.
- Renseignements. — M. F. D., à Melle-lès-Gand. <— i° Vernis pour laiton : alcool à 95°, 1 litre; Sandaraque, iro gr. ; résine, 3o gr. ; glycérine, 5 gr. Faites dissoudre le sandaraque et la résine dans l’alcool, puis ajoutez la glycérine. Appliquez au pinceau sur le laiton bien poli et dégraissé. — 20 Le formol est un excellent préservatif pour les objets en caoutchouc qu’il stérilise et maintient en état. On recommande aussi d’immerger les objets en caoutchouc dans l’eau phéuiquée, renfermant 5 pour 100 de son poids de glycérine, ou de les laver à l’eau ammoniacale. Eviter en tout cas de les laisser exposés au soleil. Maison s’occupant de caoutchouc : Berguerand, 27, rue des Archives, Paris: Casassa, 24, rue Jacquart; Société des Téléphones, 25, rue du 4-Septembre. — 3° Ballons captifs, chez Lachambre, 22, passage des Favorites, Paris. — 4° Vous trouverez dans l’Annuaire du
- Bureau des longitudes, édité chez Gauthier-Villars à Paris, des tables qui vous donneront les variations d’altitude en fonction des variations barométriques. — 5" Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur le gyroscope. Vous trouverez la théorie de cet appareil dans tous les bons traités de mécanique rationnelle. — 6° La définition du mot « bases » en chimie est trop délicate pour que nous puissions l’aborder ici. — 70 La chimie élémentaire, de Troost (librairie Masson), expose très clairement les principes actuels de la chimie. Reportez-vous aussi au très beau livre, quoique déjà ancien, de Wurz sur la théorie atomique.
- M. P. Destroc, à Roquefort. — Les lampes tantale sont en vente chez MM. Paz et Silva, 55, rue Sainte-Aune, Paris et chez la plupart des électriciens.
- M. Catoir, à Moraypré. — Le ciment pour verre dont vous parlez s’obtient en mélangeant, en pâte assez épaisse une solution saturée de caoutchouc blanc, dans du chloroforme et une solution concentrée de verre soluble. — Nous ne connaissons pas les maisons qui construisent les appareils électriques pour scier les arbres.
- M. Krafft, à Paris. — Nous vous remercions des renseignements que vous nous fournissez sur les températures exceptionnellement élevées (54°, 68°, 74°) supportées par certains animaux au cours de travaux comme ceux du Simplon, ou du chemin de fer de Naples à Cumes, etc. Mais ces cas ne sont pas comparables à ceux auxquels vous faites allusion et signalés dans notre information du 2 janvier (n° i858 Températures extrêmes auxquelles la rie est possible). Dans ces derniers, en effet, il s'agit de situations prolongées et nullement très courtes comme celles que vous indiquez.
- E
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Un navire allemand pour le sauvetage des sous-marins et torpilleurs : Sauvaire Jourdan. — Le tunnel du Lôtschberg : R. Bonnin. — L’industrie des pianos : Lucien Fournier. — Le transport d’un terrier : V. Forbin. — Le numérotage des verres d’optique : Ch -Ed. Guillaume. — Académie des sciences; séance du Ier lévrier 1909 : Ch. de Villedeuil. — Les nouvelles silhouettes tombantes des champs de tir : Louis de Cantilly.
- Supplément. — Le prix Bressa de l’Académie des Sciences de Turin. — La téléphonie sans fil. — Cinquième congrès préhistorique de France, etc. — Les eaux d’infiltration et les tremblements de terre. — Distributions de gaz d’éclairage à haute pression. — La température et les congestions.
- Science et méthode par H. Poincaré, membre de l’Institut. Chez Flammarion, 26, rue Racine, Paris. 1 vol. in-18. Prix : 3fr,5o. •
- M. Poincaré a réuni dans cet ouvrage, diverses études sè rapportant à des questions de méthodologie scientifique. La Méthode scientifique consiste à observer et à expérimenter; si le savant disposait d’un temps infini, il n’y aurait qu’à lui dire : « Regardez et regardez bien » ; mais, comme il n’a pas le temps de tout regarder et surtout de tout bien regarder, et qu’il vaut mieux ne pas regarder que de mal regarder il est nécessaire qu’il fasse un choix. La première question est donc de savoir comment il doit faire ce choix. Cette question se pose au physicien comme à l’historien'; elle se pose également au mathématicien, et les principes qui doivent les guider les uns et les autres ne sont pas sans analogie. Le savant s’y conforme instinctivement, et on peut, en réfléchissant sur ces principes, présager ce que peut être l’avenir des mathématiques.
- Les médicaments usuels. Thérapeutique clinique, par le Dr Alfred Martinet, 3e édition, entièrement refondue
- et conforme à la nouvelle édition du Codex (1908). 1 vol. de xiv-5i5 pages (Masson et Cie, éditeurs). Prix : 5 francs.
- Exposer clairement, simplement, pratiquement tout ce qu’il est nécessaire de savoir des « médicaments vraiment usuels », tel est le but de cet ouvrage. Cette 3e édition diffère de la précédente par 1 ordre nouveau qui a présidé à la distribution des médicaments étudiés, par l’addition de nombreux chapitres entièrement nouveaux, par les modifications profondes apportées aux chapitres anciens pour les mettre au courant des acquisitions les plus récentes de la thérapeutique moderne.
- La marche et la pratique du tourisme à pied, par J. Bernard d’Attanout. i vol. de 110 pages. Edition de l’Imprimerie Algérienne, Alger.
- Utiles conseils pratiques, dictés la plupart par une expérience personnelle fort avisée.
- Climate, considered especially in relation to man, par R. de Courcy Ward. London. S. Murray, 1908. 1 vol. in-8. Prix : 6 sh.
- Après une étude des zones climatiques et une classification des climats, l’auteur de ce remarquable ouvrage examine tour à tour les caractéristiques de la vie humaine par rapport aux conditions de climat sous les tropiques, dans les zones tempérées, dans les zones polaires. Deux intéressants chapitres sur l’hygiène des zones climatiques et les changements de climats complètent cette bonne étude des rapports de la vie humaine avec les facteurs extérieurs.
- Cours de philosophie positive, par Auguste Comte. Tome IV : Partie dogmatique de la philosophie sociale. Paris. Schleicher frères. 1908. 1 vol. in-8, 400 p. Prix : 2 francs.
- .87
- p.2x87 - vue 519/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Quoi qu’on puisse penser des idées de l’auteur, on lira ce livre avec intérêt : Renan, qui reprochait surtout à Comte de n’être pas philologue, a depuis longtemps signalé sa plaisante prétention de ne pas utiliser l’histoire pour faire sa science sociale. D’autres objections non moins solides ont été faites; mais, en dépit à la fois de fréquentes étroitesses de vue et d’une facilité par trop grande à construire des systèmes un peu simples, la lecture est intéressante, ne fût-ce qu’au point de vue historique.
- Geology of Armenia, par Félix Oswald. i vol. in-8°, 5i6 p. et 3i pl. Prix : a6fr,25. Chez l’auteur, Probate Registrar, Nottingham.
- Carie géologique de l'Arménie à l’échelle de i/ioooooo0 par M. Félix Oswald, coloriée à la main en vingt teintes. Prix : 26fr,a5.
- Ces deux remarquables travaux se complètent l’un l’autre; ils concernent une des régions les plus curieuses de la terre en même temps que des plus difficiles à parcourir, car les études de M. Oswald ne comprennent pas seulement la Transcaucasie, mais se sont étendues en Turquie jusqu’au delà de Trébizonde et de Diarbékir, et en Perse jusqu’au delà de Tabriz. La carte (o,95m.Xo,55 m.) est tirée à un fort petit nombre d’exemplaires avec notice explicative; on ne saurait trop attirer sur sa valeur l’attention de tous les géologues.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" fév. 1909 . 1°,8 W. S. W. 2. Couvert. 2,3 Neige de 1 h. 30 à 2 h.; av. entre 0 h. et 15 h.; éclaire, dans la s.
- Mardi 2 . — 0°,3 S. 1. Nuageux. » Gelée blanche; brouillard à 8 h. 30; nuageux; halo.
- Mercredi 3 4M S. W. 3. Couvert. B Couvert.
- Jeudi 4 8°,2 S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; gouttes à 15 h.
- Vendredi 3 7°, 5 S. W. 4. Couvert. 0,2 Couv. le m.; nuag. le s.; gouttes; petite averse à 13 h.
- Samedi 6 — 0°,3 S. S W. 2. Beau. » Gelée blanche ; givre; brouillard de 1000 in. à 9 h.; nuageux.
- Dimanche 7 — 2°,3 N. N. E. 1. Beau. B Gelée blanche; givre; brouillard de 100 m. à 7 h. 10; nuageux.
- FÉVRIER 1909. — SEMAINE DU LUNDI 1er AU DIMANCHE 7 FÉVRIER 1909.
- Du icr au 7 février. — Le i01'. Dépression sur presque tout le continent, avec centre près de Memel, 73g mm; Irlande et Gascogne, 767. Neiges sur le N. et le Centre du continent; pluies en France : Besançon, 6; Nancy, 3; Brest, 2 ; Paris, Dunkerque, 1. Température du malin : Arkangel,—200; Paris, 2; Alger, 9; Puy de Dôme, —6; Pic du Midi, —u; moyenne à’Paris : 3°,3 (normale : 2°,5). — Le 2. Nouvelle dépression sur le N.-O. : Seydisfjord, 73o; Ecosse, 754 ; maximum près de Bordeaux, 770. Neiges et pluies sur le N. et l’O. ; en France : Besançon, 6; Biarritz, 4; Paris, 2. Temp. du matin : Uleaborg, — 200; Paris, o° ; Alger, 10; Puy de Dôme, —7; Pic du Midi, —10; moyenne à Paris : 3° (normale 20 6). — Le 3. Islande, 737; Copenhague, 742; Dunkerque, 759; Toulouse, 774. Neiges et pluies sur le N. et le Centre; en France : Dunkerque, 2; Nancy, Nantes, 1. Temp. du matin : Haparanda, —25°; Paris] 4; Alger, 16; Puy de Dôme, Pic du Midi, —5; moyenne à Paris : 6°,5 (normale 2°,6). — Le 4. Norvège et Baltique, 737; Biarritz, 774. Neiges et pluies sur le N. et le Centre; en France : Nancy, 3; Clermont, Limoges, T. Temp. du matin : Charkof, —210; Paris, 8; Alger, 10;
- Puy de Dôme, — 2 ; Pic du Midi, — 4 ! moyenne à Paris : 9°,3 (normale : 20,7). — Le 5. Basse pression persistante sur tout le N. et TE. : Kiev, 742 ; Shields, 748; Gascogne, 770. Neiges et pluies sur le N.; en France : Besançon, 4î Brest, 3; Cherbourg, 2; Dunkerque, 1. Temp. du matin ; Arkangel, —13° ; Paris, 8; Alger, 11 ; Puy de Dôme, —3; Pic du Midi, —4l moyenne à Paris : 7°,4 (normale : 2°,7). — Le 6. Hausse sur le N. et l’O. Aire supérieure à 768 de l’Ecosse à l’Algérie, et de la Silésie aux Açores; Helsingfors, 748. Pluies sur tout le N.; en France : Lyon, Nancy, Boulogne, 2; Le Havre, Brest, 1. Temp. du matin : Arkangel, — 2i°; Paris, —1; Alger, 10; Pic du Midi, —3; Puy de Dôme, —4; moyenne à Paris : 2°,7 (normale : 2°,8). -— Le 7. Anticyclone sur le N.-O, ; N. de la France, Pays-Bas, Danemark, 767. Seydisfjord, 748; Valentia, 753. Pluies sur le N. de l’Europe; neige dans le Centre. Temp. du matin : Uleaborg, —24°; Paris,
- — 3 ; Perpignan, 8; Pic du Midi, —5; Puy de Dôme,
- — 8; moyenne à Paris : o°,8 (normale 2°,8). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 5, à 8 h. 34 m. du matin.
- p.2x88 - vue 520/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Parit (VIe)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des artic'es non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine
- N° 1865 — 20 FÉVRIER 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- L’Institut du Radium de Londres. — Le roi d’Angleterre vient de fonder à Londres un Institut de recherches, qui portera le nom d'Institut du Radium. Le but de cet établissement ne réside pas uniquement dans les recherches scientifiques, relatives à la radioactivité; mais aussi dans l’étude des applications thérapeutiques du radium. Les fonds nécessaires seront fournis par deux généreux donateurs, Sir E. Cassel et Lord Iveagh. A la tète de l’Institut est placé un Comité composé de MM. F. Trêves, président, Ramsay, J. J. Thomson, Strutt, Lauder Brunton et Malcolm Morris. Rappelons que la plus grave difficulté qui fasse obstacle aux progrès des études dans cette voie est le prix élevé des sels de radium; i milligramme de cette substance vaut jùsqu’à 400 francs. Il serait à souhaiter que l’initiative anglaise trouvât une imitation en France.
- Distance et mouvement d’une étoile double. —
- M. E.-E. Barnard a donné, dans les Monthly Notices (vol. LXVIII, n° 9), un historique des mesures qtii ont été faites de l’étoile double Krueger 60 et les résultats de la recherche de la parallaxe de l’étoile principale, d’après les mesures micrométriques prises au réfracteur de 40 pouces (r mètre) de l’observatoire Yerkès. La valeur de cette parallaxe est :
- TT — -f- o",249 ± o",OIo5.
- Par suite, la lumière de cet astre met un peu plus de ï3 années pour nous en parvenir et il est situé à une distance qui est supérieure à 8I0000 fois celle du Soleil à la Terre!
- Mystère sismique dévoilé. — On se souvient que, le 23 janvier dernier, les sismographes d’Europe enregistrèrent une secousse trois fois plus violente que celle causée par le tremblement de terre de Messine. L’ébranlement qu’en ressentit l’appareil de l’observatoire de Potsdam fut même si violent que le sismographe subit des avaries irréparables. Pendant les huit jours qui suivirent, on s’attendit à recevoir d un moment à l’autre la nouvelle qu’un point du continent asiatique avait été le théâtre d’une catastrophe d’une gravité exceptionnelle. Une information de Saint-Pét rsbourg éclaircit enfin le mystère. D après le prince Galitzin, directeur de l’Observatoire de Pulkovo, établissement situé aux environs de Tsarskoë-Selo, le choc sismique aurait eu pour théâtre la région désertique qui s’étend entre le Sud de la Caspienne et le Khorassan, c’est-à-dire au Sud de la province d’Astrabad. Un violent tremblement de terre avait déjà sévi il y a deux ans dans cette partie de la Perse, provoquant le glissement d’une montagne et la destruction de plusieurs villages.
- Les dangers d’explosion du charbon. — Les poussières de charbon ont déterminé assez souveiit de violentes explosions dont les suites étaient plus ou moins funestes ; aussi convient-il de bien évaluer la teneur d’un charbon en gaz combustibles pour se rendre
- compte de ses dangers d explosion. On a constaté que, dans ce but, l’extraction des produits gazeux du charbon doit être faite à la température ordinaire ou, tout au moins, au-dessous de 5o°. Le charbon est broyé en vase clos et les gaz dégagés sont envoyés dans un appareil à combustion pour être dosés. Les quantités de carbures gras ou benzéniques trouvées dans divers échantillons de charbons sont comprises entre 517 cm5, pour le charbon de Westphalie, et 1680 cm5, pour le charbon du Yorkshire, par kilogramme de produit; elles diminuent d autant plus, que le charbon est moins divisé; elles varient également avec le degré d’humidité. Ces recherches montrent que la production d’un mélange explosif nécessite la présence d’une proportion assez élevée de charbon pulvérulent, proportion qui doit s’élever à 40 pour 100 pour un charbon riche en gaz combustibles.
- Forces hydrauliques de l’Europe. — D’après la statistique récemment dressée par M. Th. Kohen, les forces hydrauliques naturelles de 1 Europe peuvent être
- évaluées ainsi :
- Chevaux-vapeurs.
- Pays. Par kil. q7 ~Par 1000 h a b?
- Allemagne............ 2,6 24
- Autriche............. 9 138
- France............... ix i5o
- Italie............... 19 169
- Suisse............... 36,6 455
- Suède................ i5 1290
- Norvège.............. 20 3410
- En Allemagne les forces hydrauliques 11e représentent que 5 pour 100 des forces à vapeur et en France 20 pour 100. En Allemagne toute la force hydraulique disponible pourrait être dès maintenant utilisée, tandis que la France en possède une réserve bien supéiûeure à ses besoins industriels actuels. En igo5. les forces hydrauliques utilisées représentaient 294 400 chevaux pour l’Allemagne, 38oooo pour la Suisse, 464000 pour l’Italie et 65oooo pour la France (Geographischer Anzeiger, janv. 1909).
- L’arsenic dans les fumées de fonderie. — A la
- suite de réclamations formulées en Amérique par les agriculteurs, on a effectué pendant plusieurs années un grand nombre d’expériences sur la recherche de l’arsenic dans les fumées de fonderie, arsenic qui se l'etrouve dans les végétaux des régions avoisinant ces établissements. On a retrouvé également ce corps toxique dans les corps des animaux : chevaux, bœufs, vaches, moutons, nourris avec les fourrages récoltés dans les régions exposées aux fumées des fonderies et on a même pu décrire les symptômes de l’empoisonnement arsenical chronique dû à l’absorption des végétaux croissant dans ces endroits. Il est d’ailleurs extrêmement difficile de retenir tout l’arsenic contenu dans ces fumées, même
- p.2x89 - vue 521/647
-
-
-
- (Pj| INFORMATIONS |j^||
- avec les pi'océdés perfectionnés actuellement en usage : tours de lavage des gaz, chambres de condensation des fumées, etc. La grande valeur des produits perdus dans les fumées et les dangers qu’ils font courir au voisinage devrait engager les industriels à poursuivre des essais rationnels de récupération de ces substances.
- . Un nouvel acier rapide — On sait les immenses services qu'a rendus à l’industrie mécanique, l’acier dit acier rapide, découvert par Taylor. Gardant ses propriétés de dureté à haute température, il a permis de construire des outils travaillant à grande vitesse qui ont révolutionné toute l’industrie. Des manufacturiers anglais de Sheffield, MM. Jouas et Colver, viennent de mettre sur le marché un acier qui, affirment-ils, jouissent de propriétés plus remarquables que tous les aciers rapides connus jusqu’ici Ou a pu en tremper un échantillon dans l’eau froide 70 fois de suite sans criques. Il se trempe également bien dans l’huile, la paraffine, ou dans un courant d’air. Son pouvoir coupant expérimenté sur des aciers doux semble 3 fois supérieur à celui des meilleurs aciers à outil actuels. Quant aux conditions de fabrication, bien entendu, elles sont maintenues rigoureusement secrètes ; aucun brevet môme n’a été pris.
- Train express de Pékin à Hankow. — Le ministre des communications de Chine a décidé de créer, entre Pékin et Hankow, un train express qui fera le trajet en 28 heures, avec arrêt, le soir, à Tsen Tchéou.
- Papier indéchirable, lavable, imperméable. —
- Suivant le Moniteur de la papeterie, on fabrique avec des fibres de bambou et d’eucalyptus, un papier indéchirable, lavable et imperméable. Les fibres sont mélangées à l’écorce de divers arbrisseaux : le midzumata, le gampi, etc. Les matières sont effilochées, séchées, nettoyées, bouillies dans une lessive alcaline faible, puis passées à l’eau claire. Après un nouveau traitement assez compliqué, la pâte est passée à la forme et le papier est calendré. On arrive, dit-on, à imiter le cuir, le caoutchouc, etc.
- La couche d’air chaud de la haute atmosphère.
- — Des sondages de la haute atmosphère par ballons-sonde, il résulte que par delà les couches froides, dont la température décroît graduellement à mesure qu’augmente l’altitude, il existe une couche d’air relativement chaude. La limite des deux régions semble être à 11 000 m. ; à cette altitude, le thermomètre marque — 69°. Mais, à partir de ce point, la baisse des thermomètres s’arrête, et la température se relève peu à peu, pour atteindre —57° à i5o8o m. Le professeur Herrgesell vient de montrer, en outre, que cette région chaude était constituée par un courant aérien complètement autonome, chargé d’humidité. Il y a là un phénomène fort remarquable, qui joue peut-être un grand rôle dans la dynamique atmosphérique et qui mérite d’être précisé par des études ultérieures.
- La pêche aux îles Kerguelen. — Comme le fait remarquer le Mois colonial et maritime, à qui nous empruntons les données suivantes, les documents rapportés par la mission antarctique française ont mis la question des îles Kerguelen, possessions françaises, à l’ordre du jour et cette question a en elle-même une très grande importance, vu l’exploitation des pêches aux mammifères marins à laquelle nous pourrions nous livrer et dont nous pourrions nous aussi retirer d’heureux résultats. On sait que les huiles des cétacés peuvent servir à différents usages industriels : fabrication des savons et surtout de savons noirs; graissage des machines; fabrication des cuirs ; autrefois ces huiles étaient recherchées pour l’éclairage On sait; aussi que le blanc de baleine sert à la confection de bougies; les fanons qui garnissent la mâchoire supérieure de ces animaux constituent leur produit le plus précieux ; l’ambre gris qui se trouve dans l’intestin de ces mammifères est de son côté très recherché par la parfumerie. Pourtant, la pêche aux cétacés est actuellement d’une importance nulle pour la France, quoiqu’il y ait là une source de richesse qu’il nous serait facile d’exploiter par notre possession des Kerguelen. En effet, les côtes du nord-est et du sud-est de ces îles sont creusées de nombreux golfes qui peuvent offrir un bon abri contre les grosses mers. Ces îles sont cependant à peu près abandonnées.
- Au début du xix° siècle, plusieurs baleiniers anglais se livraient en ces parages à la chasse des éléphants marins. Vers i834, les Américains firent leur apparition dans cette région. Dans l’espace de 40 ans. iSoooo barils d’huile et des quantités de peaux et fanons furent expédiés en Amérique. Il y avait vers i853, dans ces régions, plus de 5oo baleiniers venus du Cap, d’Europe et d’Amérique. Une chasse aussi acharnée devait forcément amener une disparition passagère des animaux marins. En 1893-1894, une baleinière norvégienne vint visiter les Kerguelen et tua 1600 éléphants de mer eu six semaines, représentant une valeur de Soooo francs de marchandises. Or, la France prenait possession de ces îles vers la même époque. Elle n’a pas encore pu profiter de leurs ressources spéciales. L’expédition antarctique vient d’attirer l’attention des milieux maritimes sur cette question et de nous montrer tout l’intérêt qu’il y aurait pour nous à entreprendre, dans les mers australes, avec les procédés perfectionnés récents, la chasse aux phoques et aux cétacés.
- La cécité en Portugal. — Le Portugal est un des pays où les aveugles, bien que leur nombre soit en décroissance depuis quelques années, sont le plus nombreux. Une enquête du Dr Waldeck, faite sous les auspices de la Société des Sciences médicales de Lisbonne, donne les résultats suivants • 6222 personnes aveugles des deux yeux, 3 173 hommes, 3o3g femmes, 63ao borgnes, dont 4o43 hommes, pour 2277 femmes. La conjonctivite granuleuse, qui cause tant de cas de cécité dans les pays d Orient, semble être aussi en Portugal une des causes fréquentes de ce grand nombre d’aveugles.
- Une officine de pharmacie gigantesque. — C’est la ville de Détroit (Michigan) qui mérite ce qualificatif. En effet, d’après le Technical- World Magazine, la ville tout entière se livre à une seule et même industrie, celle des pilules médicales. Les trois quarts de ce qui se consomme actuellement en pilules dans le monde entier provient, dit-on, de Détroit. Deux millions de pilules, de deux mille espèces diverses, sortent chaque jour de ces manufactures et sont réparties en boîtes, à raison de 20 pilules pour chacune
- Chimpanzés et gorilles. — S’il faut en croire une récente statistique de M. Arthur Keith, du collège royal des Chirurgiens anglais, on ne peut guère évaluer à plus de 100000 le nombre des chimpanzés, actuellement existants, répartis dans l’immense forêt congolaise, où ils sont l’objet de poursuites acharnées. Quant aux gorilles, il est peu probable que leur nombre atteigne 10000. Avant un siècle, ces deux espèces seraient complètement éteintes.
- Ascension du mont Mac-Kinley. — Nous avons relaté (n° 1757, 26 janvier 1907, suppl. p. 65) l’escalade par le Dr F. A. Cook de cette cime, la plus haute de 1 Amérique du Nord (Ô2i5 m.). Voici quelques détails empruntés à la relation du D1 Cook : Accompagné de M. Bareille et sans porteurs (chacun d’eux avait une charge de 18 kg), il partit d’une altitude de 3oo m. ; l expédition dura 12 jours, dont 8 pour la montée; pendant les trois premiers, ils gravirent un glacier de 54 km de long, l’ascension commença vers 1600 m. ; deux nuits furent passées dans une hutte de neige et sous une tente de soie (à— 160 C). Les 1200 derniers mètres demandèrent 2 jours ( 15-1G septembre 1906) à cause de la raréfaction de l’air. La végétation s’arrête à 900 m. Le sommet serait granitique.
- Les rivières de pierre des îles Falkland. — Ce
- sont des traînées de blocs de quartzites allongées sur les pentes, les vallées et les gorges. Pernetty et Ch. Darwin les attribuaient à des éruptions volcaniques ou à des tremblements de terre. Cette hypothèse a été abandonnée; il s’agit tout simplement de phénomènes de dénudation atmosphérique à la fois mécanique et chimique, analogues aux rivières de pierre du S dobre (Tarn) et à certains Felsenmeere de l’Allemagne. (D après M. Stechebe, Die Steinstrôme der Falkland ins eln, 100 p. avec carte et grav. Munich, 190&, Th. Ackermann.)
- Pêcheurs bretons au Chili. — Une colonie de pêcheurs bretons vient de s’établir à LIanquihue (Chili); elle s’occupera de la fabrication et de la vente des conserves de poisson.
- p.2x90 - vue 522/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Photographie 'S'ï/gfc
- Mesure de l’ouverture utile des objectifs photographiques. - Si l’on considère des rayons lumineux venant de l’infini et tombant sur la partie antérieure d’un objectif, tous ces rayons ne concourent pas à la formation de l’image, une certaine partie étant arrêtée par la monture ou le diaphragme. On appelle diamètre d’ouverture utile le diamètre du faisceau cylindrique constitué par les rayons qui arrivent à la plaque. En général, ce diamètre est plus grand que celui du diaphragme, il lui est égal lorsque ce dernier est placé en avant comme dans un certain nombre d’objectifs à paysage.
- On voit aisément que la quantité de lumière utilisée, c'est-à-dire la rapidité de l’objectif, est proportionnelle
- , au carré de ce dia-F mètre. La longueur du foyer intervient d’ailleurs aussi. Soit (fîg. i), un objectif O, D son diamètre p et F son foyer ; considérons un faisceau cylindrique faisant un angle w avec l’axe principal et formant une image en F'.
- Pig, i. La quantité de lu-
- mière contenue dans tous les faisceaux semblables faisant avec l’axe des angles compris entre O et w éclaire une surface de plaque proportionnelle à FF'", c’est-à-dire au carré de la distance focale; l’éclairement en chaque point sera donc inversement proportionnel à ce carré. Si l’on désigne par fia distance focale on foit donc que l’éclairement en un point sera
- X
- K
- D\*
- f
- K étant un coefficient dépendant du type de l’objectif et de l’absorption des verres.
- Un intérêt considérable est donc attaché à la connais-
- D f
- sance exacte du rapport - ou de son inverse — correspondant au plus grand diaphragme de l’objectif. Les constructeurs indiquent généralement la valeur maximum de — dans leurs catalogues, mais si quelques-uns
- d’entre eux donnent, des chiffres sérieux, il en est malheureusement trop qui forcent, quelquefois au delà de toute j mesure, les rapports
- réels dans un sens favorable à leurs inté-pig> rets. Nous croyons
- donc utile d’indiquer très succinctement, pour les praticiens, un certain nombre de procédés permettant de déterminer,
- avec plus ou moins de précision, la valeur — •
- Une méthode très simple consiste à mettre au point, à l’aide de l'objectif à essayer monté sur une chambre quelconque à tirage suffisant, un objet très brillant et éloigné, le soleil ou le foyer d’un arc électrique par exemple. On allonge ensuite le tirage jusqu’à ce que l’image ponctuelle soit remplacée par un cercle de diffusion d’un diamètre de x cm. La distance dont on a déplacé la glace dépolie, exprimée en centimètres, re-f
- présente la valeur de —• Il suffit de jeter les yeux sur
- la figure 2 pour s’en convaincre. On voit, en effet,
- l f
- que — = La précision de cette méthode est limitée
- par celle que l’on obtient sur la mesure du diamètre de la tache et du déplacement de la glace. On peut
- faire ces mesures à o,5 mm près, ce qui fait une erreur de — sur la première et une autre beaucoup plus faible sur la seconde. On aura donc l’éclairement
- de la plaque à — près au moins.
- 10
- Quand on a déterminé par une méthode quelconque la distance focale absolue, il suffit de mesurer D. L’un des moyens les plus connus consiste à mettre au point sur 1 infini et à remplacer la glace dépolie par une plaque opaque percée d’un petit trou qu’on éclaire fortement par derrière avec une bougie par exemple. On applique contre le parasoleil un verre finement dépoli et on voit se peindre sur ce dernier un cercle lumineux dont on mesure le diamètre. L’erreur relative dépendra évidemment de la grandeur de ce cercle. Il y a également une légère incertitude sur la mise au point.
- La mesure précise de ce diamètre se fait par le procédé d’autoeollimalion. On place contre le parasoleil une glace bien plane argentée et derrière l’objectif on dispose comme précédemment une lame percée d’un trou très fin et vivement éclairé et on s’arrange en déplaçant cette dernière pour que l’image du trou jiar réflexion sur la glace coïncide avec le trou lui-même; on est alors certain que celui-ci est exactement au foyer principal. On enlève alors la glace et on mesure le diamètre du faisceau sortant.
- C’est ce dernier procédé qui est utilisé au Laboratoire d'essais du Conservatoire national des Arts-el-Métiers. La mesure du diamètre s’effectue à l’aide d’une sorte de viseur formé d'un corps de lunette portant à l’avant une glace parfaitement plane, argentée à l’extérieur et sur laquelle on a enlevé l’argenture suivant un trait horizontal très fin; à l’autre bout est un œilleton. Ce viseur est porté par un pied mobile verticalement par crémaillère avec graduation en millimètres et ver-nier au 1/20 et muni de vis calantes. Par auto-collimation sur la glace antérieure on amène l’axe du viseur à être parallèle au faisceau, puis on vise successivement les deux bords de ce faisceau en amenant la fente à lui être tangente en haut et en bas. Deux lectures sur la graduation verticale donnent par différence le diamètre cherché. L’erreur est inférieure à 1/10 de millimètre. E. Langlet.
- Lanterne de laboratoire photographique. — Les
- modèles de lanterne destinées à l’éclairage du laboratoire photographique sont fort nombreux ; mais il y en a très peu qui soient réellement commodes pour bien voir les clichés par réflexion; il faut pour cela les éclairer tout à fait par-dessus, ce qu’011 ne peut obtenir que si le fond de la lanterne est transparent.
- C est le cas du modèle que vient d’établir M.
- Poulenc, qu’il destine plus spécialement au développement des plaques autochromes. On peut suivre, comme on sait, la venue de l’image en regardant rapidement de temps en temps la plaque par réflexion, sans la sortir de la cuvette: pour que l’examen soit fait avec fruit, il faut que la lumière arrive normalement sur la plaque. Le fond de la lanterne est muni de coulisses où l’on place les verres ou les papiers teintés convenables : un volet D permet d’obturer complète ment le fond si l’on veut utiliser la lanterne pour des clichés qu’on examine par transparence , on se sert alors de la partie latérale verticale où des coulisses sont également ménagées pour recevoir des verres. Cette partie de la lanterne peut être fermée par un volet opaque F, quand on utilise l’éclairage parle fond. Comme source de lumière on a prévu soit l’électricité, soit le bec de gaz à incandescence —La lanterne se trouve chez M. Poulenc, 19, rue du 4-Septembre.
- POY£T
- Lanterne de laboratoire photographique.
- p.2x91 - vue 523/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- c{§'3'4. Automobilisme
- Nouveau gonfleur de pneumatiques. - L’Autogonfleur de la Société l’Aster, s’installe à 1 avant du châssis, près de l’arbre du moteur sur lequel se place un petit pignon baladeur qui se met facilement en prise avec le grand pignon d’engrenage, calé sur l’arbre manivelle de l’auto-gonfleur, au moment où l’on veut gonfler un pneumatique.
- L’appareil se compose de deux cylindres venus de fonte avec le bâti qui se fixe au châssis de la voiture par quatre petits boulons- Les deux cylindres de l’auto-gon-fleur sont inégaux en diamètre, ils sont munis chacun de soupapes automatiques d’aspiration et de refoulement. Les pistons, qui se meuvent dans ces cylindres, sont garnis de segments métalliques analogues à ceux du moteur. Deux bielles en acier, réunies à un arbre vil-brequin à deux coudes, commandent les deux pistons en équilibrant à peu près les efforts sur le pignon de commande.
- Le graissage des cylindres est assuré d’une façon constante et modérée par deux petits graisseurs à mèche ; nous insisterons plus loin sur ce graissage modéré.
- Au début du gonflage, les deux cylindres refoulent l’air comprimé dans la chambre à air du pneumatique qui se remplit ainsi très rapidement. Lorsqu’une pression déterminée par le constructeur de 1 appareil (3 kg
- par exemple) est atteinte, le grand cylindre cesse automatiquement d’envoyer de l’air dans la chambre à air, car, à ce moment, sa compression ne suffit plus à ouvrir la soupape de refoulement; mais alors l’air comprimé par ce grand cylindre s’échappe par une autre L’ « Auto-gonfleur Aster ». soupape et va circuler
- tout autour du petit cylindre dans une chemise spécialement réservée autour de ce dernier. Cette circulation d’air empêche réchauffement du petit cylindre, qui continue seul à gonfler le pneumatique jusqu’à la pression de 4> 5 ou 6 kg qui doit être atteinte. selon la grosseur et la force du bandage. Le petit cylindre travaille ainsi dans d’excellentes conditions de température, il nécessite peu de graissage et ne s’use pas.
- La question du graissage est très importante dans un compresseur d’air destiné au gonflage des pneumatiques : s’il est nécessaire de graisser beaucoup les pistons, à cause de réchauffement fatalement produit par la compression de l’air, il y a forcément entraînement d’huile dans les chambres à air; ceci se produit malgré les séparateurs d’huile et nous avons vu des chambres à air, habituellement gonflées mécaniquement, tout à fait enduites d’huile intérieurement, ce qui ramollit rapidement le caoutchouc et met ces chambres à air hors d’usage en très peu de temps.
- Le dispositif spécial, qui permet à l’aulo-gonfleur ci-dessus décrit de travailler avec un graissage très faible, est donc tout à fait remarquable et précieux : pour nous assurer de l’absence d’huile dans l’air pompé, nous avons fait arriver l’air comprimé par l’auto gonfleur sur une feuille de papier blanc, qui est restée absolument exempte de taches d’huile après un soufflage prolongé ; ceci n’est dû qu’à la lubrification très faible des pistons, qui reste cependant suffisante à cause du refroidissement effectué dès qu’on atteint les hautes pressions.
- Il faut ajouter un manomètre à la conduite d’air, de façou à gonfler exactement à la pression convenable selon chaque bandage. La commande de F auto-gonfleur se fait aussi par chaîne. Cet appareil est celui qui a remporté le Ier prix au concours de gonflage de pneus de l’A. C. F.
- Objets utiles
- La douche pratique instantanée. — La douche, tonique, bienfaisante et hygiénique, est entrée dans les habitudes quotidiennes et devenue une nécessité de la vie moderne. Toutefois, et jusqu’à ce jour, les appareils simples et bon marché qui existaient ne donnaient que
- la douche froide, et si celle-ci a de nombreux partisans, nombreux encore, cependant, sont les partisans de la douche chaude ou tiède.
- C’est ce qu’a réalisé l’inventeur de l’appareil présenté sous le nom de « douche pratique instantanée ». Cet appareil effectivement est composé d’un serpentin recouvert d’une enveloppe en cuivre poli, et placé sur un
- Fig. i. Fig. a.
- réchaud à gaz, alcool ou pétrole. Le serpentin est raccordé d’une part à la conduite d’eau de la ville au moyen d’un tuyau en caoutchouc fixé au robinet par une tubulure spéciale. De 1 autre extrémité du serpentin, part un second tuyau de caoutchouc terminé par une pomme d’arrosoir, également en cuivre poli. Celle pomme d’arrosoir peut s’accrocher indistinctement au mur ou au plafond ou se tenir à la main, on la dirige donc avec la plus grande facilité. Lorsque l’appareil est en fonctionnement, le serpentin est placé sur une source de chaleur quelconque et l’eau, arrivant directement du robinet ouvert, se chauffe immédiatement pour ressortir par la pomme d’arrosoir. Le débit de la pomme en io minutes est de 12 litres à 38°, et pendant tout le temps, la consommation de gaz ne dépasse pas ofr,02. L’eau sort toujours.avec la même force et la température est toujours égale. A défaut de l’eau de la ville, le
- r Fig- 3. Fig. 4.
- serpentin peut être branché sur le robinet d’un réservoir placé à 2 m. au-dessus de celui-ci. Cet appareil fort simple constitue donc une source économique d’hygiène et de propreté et ses avantages, déjà très appréciables pour les grandes personnes, le seront plus encore pour les jeunes enfants auxquels la douche froide est parfois nuisible. — L’appareil est en vente, au prix de francs, chez M. Kuhn, rue des Trois-Bornes, n° 19.
- Couteau-fourchette pour manchots. — A en juger par les statistiques que La Nature a publiées périodiquement sur les accidents causés par les chemins de fer américains, ou survenus dans les mines et les usines du même pays, on peut admettre que la population des Etats-Unis compte proportionnellement plus d’estropiés
- Le
- couteau-fourchette pour
- manchots.
- que les autres pays du monde. C’est expliquer le succès qu’a rencontré une innovation que nous signale notre correspondant de Philadelphie, M. H. D. Jones. Il s agit d’un instrument qui permet à un manchot de couper les mets qu’on lui sert, et d’en porter les morceaux à sa bouche. La lame, emmanchée comme un couteau de table ordinaire, affecte la forme d’une serpette, le bord extérieur constituant le tranchant. Elle se termine par quatre dents de fourchette. Il est incontestable que cet outil, si ingénieusement imaginé, rendra de grands services aux personnes privéps de l’usage d’une mttin.
- p.2x92 - vue 524/647
-
-
-
- VARIETES
- >
- La pluie et les cours d’eau en 1908 dans l’Europe centrale. — L’excellente revue Ciel et Terre résume dans un récent fascicule une bonne étude à ce sujet parue dans la Gazette de Cologne. Il en résulte d’une façon très nette que, malgré un nombre excessif de journées à précipitation de pluie, la quantité d'eau tombée pendant le cours de l’année 1908 est notablement inférieure à la normale. Ainsi, par rapport à la normale, tous les mois de l’année, sauf février, mai, août et novembre, ont eu des totaux trop faibles.
- Ce déficit semble avoir été particulièrement considérable à l’intérieur du continent et principalement en Allemagne et en Autriche. Dans ces pays, la pénurie de pluie et l’abaissement de niveau des cours d’eau qui en résulte ont des conséquences économiques redoutables. Non seulement la navigation intérieure en souffre, mais aussi l’industrie qui, plus qu’en nos contrées, y emprunte la force motrice aux chutes d’eau. L'alimentation des villes s’est aussi vivement ressentie du manque d’eau.
- « On a rarement eu, à la fin de l’année, une disette d’eau pareille à celle qui règne actuellement dans la majeure partie de l’Allemagne et des régions alpines. Ordinairement les cours d’eau des régions montagneuses de lEurope centrale et des plaines de 1 Allemagne du Nord ont pendant la saison froide, depuis le milieu ou la fin de novembre jusqu’au milieu de février, un débit croissant de sorte que le maximum en est atteint vers le milieu de mars. Dans la courbe ascendante des variations des niveaux, de novembre à mi-février ou mi-mars, décembre est ordinairement notablement au-dessus du débit moyen de l’année, vu que les cotes d’eau augmenlent en général brusquement de novembre à décembre. Or, à la fin de décembre dernier, il n’en était pas ainsi. La faible hauteur que les eaux avaient en automne s’est maintenue pendant tout ce mois, et les conditions hydrologiques caractéristiques de l’été et de l’automne ont donc persisté en hiver. C’est même en décembre qu’on a relevé les cotes les plus basses. Pendant ce mois, on a, il est vrai, observé quelques crues faibles et passagères, semblables à celles que provoquent certaines averses orageuses de l’été et de l'automne. Les mesures d économie prises antérieurement parles divers services de distribution d’eau alimentaire, en raison du faible niveau des eaux en automne, ont donc dû être maintenues en décembre et toutes les communes ont été obligées, aussi pendant ce mois d’hiver, de limiter la ration d’eau journalière accordée aux ménages.
- « Les fortes gelées de fin décembre ont encore accru les difficultés pour les consommateurs, car elles ont eu
- pour effet de faire perdre la faible quantité d’eau contenue dans les rivières. Celles-ci, obstruées par les glaces, ont ralenti leur cours ou ont débordé en certains endroits. Certaines rivières ont même, dans ces circonstances, été mises à sec. Inutile de dire que la navigation a été suspendue et que les moteurs hydrauliques ont été immobilisés. Dès janvier 1908, le niveau des rivières était fort bas, le plus bas pour ce mois depuis 1903. C’est en 1906 qu’on avait relevé les cotes les plus élevées pour janvier. Ln février, une certaine amélioration s est produite, mais ni en ce mois ni en mars on 11’a observé les cotes élevées qu’on note habituellement à la fin de l’hiver. Par contre, en avril et en mai les eaux ont été hautes, et mai a donné la cote moyenne la plus forte depuis 1903. Ces conditions favorables cessèrent en juin et surtout en juillet, et les hauteurs d’eau relevées pendant ce mois ne différaient pas beaucoup de celles de juillet 1904, année particulièrement sèche. Août apporta un certain relèvement, mais les niveaux n’atteignirent pas les hauteurs de igo3 et 1906. La hausse survenue en août s’est maintenue en septembre. D’octobre à la fin de l’année s'est produit un manque d’eau qui a un peu diminué vers le milieu de novembre. Le minimum absolu des cotes est tombé généralement à la fin de la première moitié de novembre et pendant la seconde moitié de mai et un maximum secondaire pendant la deuxième moitié de février. Des crues passagères et fugaces sont encore survenues à la fin de janvier, vers le milieu de mars et pendant le dernier tiers de juillet. On a aussi enregistré quelques crues locales, suites de pluies orageuses, en août et au commencement de septembre. En outre, certains petits cours d’eau de la Thuringe ont subi de faibles crues pendant la deuxième moitié de novembre. Ces fluctuations ne relevèrent toutefois pas beaucoup leur niveau déjà très bas. D’une manière générale le niveau moyen des cours d’eau a été, en 1908, inférieur à celui des années précédentes.
- « Les conditions hydrologiques out été encore plus défavorables à l’est et spécialement en Finlande dans le nord-est de l’Allemagne, en Silésie et en Hongrie. Dans ces contrées, le manque d’eau, plus sensible qu’à l’ouest, se fit déjà sentir dès mai et ne fut que faiblement réparé par les crues de la fin de l’été. Les cours d eau de l’Autriche ont été très bas depuis le milieu d’octobre jusqu’au milieu de novembre et jusqu’en décembre. Dans l’ouest de l’Allemagne, la Suisse et les régions voisines de la France, les choses ont été relativement meilleures, les crues, plus nombreuses, ayant pu hausser les niveaux. »
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les sels arsenicaux comme insecticides. — L’invasion continue d’insectes de tous genres dans nos campagnes et dans nos jardins a multiplié l’emploi d’agents destructeurs empruntés à la chimie. Le sulfure de carbone, la nicotine, les bouillies cupriques, les produits tirés du goudron, les sels de toutes sortes sont aujourd’hui communément employés par les agriculteurs, les viticulteurs et les maraîchers. On a même passé outre les prescriptions du décret d’octobre 1846 et l’arsenic et ses composés, dont l’usage agricole avait été proscrit, en raison de ses dangers, est usé en quantités considérables pour combattre le fléau des altises dans les vignes, du doryphora dans les champs de pommes de terre et de toute l’engeance d’insectes malfaisants qui semblent plus nombreux que jamais.
- L arsenic et ses sels sont en effet l’agent le plus efficace pour combattre ces insectes nuisibles, pour détruire les larves, les œufs et pour empêcher la destruction dès récoltes. Il y a plus de soixante ans qu’on en emploie couramment au Canada, aux Etats-Unis. Chez nous, du reste, le soi-disant chaulage du blé est fait depuis long-
- temps avec l’arséniate de soude ou l’acide arsénieux. Le remède est bon, mais il y a le revers de la médaille, c’est qu’il est d’une toxicité sans pareille et que sa couleur blanche (je parle du sel le plus communément employé) peut exposer à de terribles erreurs, que la facilité avec laquelle on le répand sur les plantes, les vignes et le sol rendent son usage des plus dangereux. Vous entrez dans une pharmacie demander quelques grammes de liqueur de Fonder, il vous faut une ordonnance de médecin; vous allez dans une maison de droguerie, vous demandez 5oo kg d’acide arsénieux, on vous les expédie presque sans le moindre contrôle. Une de ces maisons de commerce demandait en 1906 l’autorisation de mettre en vente 10000 kg d’arséniate de plomb destinés aux agriculteurs et maraîchers de la banlieue de. Paris. .
- Un certain nombre d’accidents gravés, survenus à la suite de l’emploi des composés arsenicaux, a fait pousser à quelques hygiénistes un cri çl’alarme. DevaiÇon, pour combattre les ravages de . quelques insectes malfaisants, risquer des) intoxications, mettre en les mains
- p.2x93 - vue 525/647
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- d’ouvriers agricoles peu versés dans les connaissances toxicologiques un poison aussi redoutable ? Les discus sions sur ce sujet ont eu un tel retentissement, que l’Académie de médecine a été saisie par le ministre de l’Agriculture de cette question et cette Société vient de se prononcer, à la suite d’un débat très intéressant. Dans un rapport des plus nets et des mieux documentés, M. Moureu, professeur à l’Ecole de pharmacie, a montré le danger qui pouvait résulter de cette pratique.
- Tout le monde connaît aujourd’hui le sulfatage des vignes à l’aide des bouillies bordelaises (solution de sulfate de cuivre additionné tantôt de mélasse, de carbonate de soude, ou de savon noir et de chaux). L’emploi des sels arsenicaux n’en diffère pas. Les bouillies sont préparées chez le propriétaire à l’aide d’acide arsénieux ou d’arséniates, pures ou mélangées à des solutions cupriques et elles sont répandues dans les vignes avec des pulvérisateurs dès le début de la végétation. Dans d’autres régions, on se sert, et cette manipulation est fort dangereuse, de poudre arsenicale (vert de Scheele, pourpre de Londres mélangés à 100 parties de plâtre) projetée à l’aide d’un soufflet comme pour le soufrage.
- Ces bouillies et ces poudres répandues sur les feuilles, sur les fruits peuvent-elles laisser sur le produit quand on le récolte, des traces? peut-on retrouver de l’arsenic sur le raisin, sur les pommes, dont on a traité le cep ou l’arbre? Les analyses faites par M. Ros, directeur de la station oenologique de l’Hérault, ont été négatives, comme celles du laboratoire de la préfecture de police. M. Ros a recherché l’arsenic dans des raisins cueillis le •2 5 juillet et provenant d’une vigne traitée par l’arsenic (bouillie à 120 gr. par hectolitre) cinq semaines auparavant. La dose d’arsenic était insignifiante, sept millièmes de milligramme par kilogramme de raisin. Des fruits, abricots desséchés, pêches provenant d’Amérique n’ont donné aucune trace d’arsenic.
- Le vin récolté dans des vignobles traités par les composés arsenicaux peut-il contenir des traces ou des doses dangereuses de ces sels? Sur ce point, les documents sont assez nombreux. Les analyses faites à Montpellier, dans les laboratoires de l’Ecole d’agriculture, au Yal-de-Grâce, par M. Breteau, à Lyon, par M. Morel, concordent pour établir que presque tous les échantillons de vins provenant de vignobles traités avec ces bouillies renferment de l’arsenic, mais les proportions ne dépassent pas un à deux dixièmes de milligramme par litre, dose sinon insignifiante, du moins non toxique, car un buveur qui avalerait cinq litres de ce vin dans sa journée, une jolie moyenne, n’est-ce pas, n’absorberait au total que un milligramme d’arsenic, à peine le contenu de deux gouttes de liqueur de Fowler. On trouve, au surplus, la même quantité d’arsenic dans des vins récoltés dans les mêmes vignobles, mais dans des années où l’on ne pratiquait pas l’arsenicage, si le mot peut être approprié. Des analyses de chimistes hors de pair, montrent des doses égales dans des vins de France, d’Algérie ou de Californie, récoltés dans des vignes indemnes de tout traitement. La pi'atique des bouillies n’est donc pour rien dans la présence de l’arsenic. Peut-elle tenir à l’emploi d’acide sulfurique impur pour le nettoyage des tonneaux, à l’emploi du soufre des mèches, du plomb de chasse pour le nettoyage des bouteilles, toutes ces causes peuvent être invoquées,
- mais quand le taux dépasse les proportions indiquées ci-dessus, c’est qu’il y a eu mie erreur, une méprise dans la manipulation des substances et c’est du reste ainsi que se sont produits lgs accidents : un vigneron versant de l’arsenic au lieu de sulfate de chaux pour plâtrer le vin, un autre se servant de vases ayant contenu des sels arsenicaux.
- Si le vin n’est pas toxique, les feuilles qui ont reçu les bouillies ou les poussières le sont davantage et l’on sait que dans bien des pays la feuille de vigne, les feuilles d’arbres fruitiers, de plantes sont données aux bestiaux en cas de disette de fourrage. Le danger n’existe pas pour l’homme du fait de l’alimentation, mais la manipulation de ces feuilles peut être à la longue dangereuse, étant donné que certaines analyses ont donné une proportion de 1 et 2 milligr. d’arsenic pour 100 gr. de feuilles.
- Au résumé, le danger d’intoxication viendrait surtout des méprises qui peuvent survenir avec un sel ressemblant à bien des produits employés couramment comme le plâtre, la chaux et ce sont évidemment les accidents graves, mais heureusement assez rares, signalés en Algérie et dans quelques régions qui motivent la rigueur des conclusions de M. Moureu, c’est-à-dire le retour à l’application pure et simple de l’ordonnance édictée il y a cinquante ans et portant l’interdiction de l’emploi des composés arsenicaux en agriculture.
- Cette prohibition est bien absolue. Les insectes phytophages causent de véritables pertes à l’industrie agricole et viticole, c’est un fléau que l’on combat avec succès par le traitement arsenical. Les dangers que l’emploi de ces sels peut faire courir à la sauté publique justifient-ils une interdiction rigoureuse? Il ne semble pas qu’une preuve convaincante soit faite de ce danger. A coup sûr des substances aussi toxiques risquent d’amener des accidents, mais jusqu’ici ils paraissent, comme l’ont fait observer plusieurs membres de l’Académie, rares, isolés, dus, comme je le disais, plutôt à des méprises qu’à la consommation des vins et des légumes. On ne doit pas supprimer d’usages industriels un produit parce qu’il est toxique; on irait loin à ce compte. A mon avis il serait plus sage d’adopter l’avis formulé par le conseil d’hygiène de la Seine qui prohibe l’emploi des sels arsenicaux insolubles (arséniate de plomb) et tolère seulement les sels solubles, en les dénaturant par un produit colorant. La couleur destinée à cet usage ne devrait être ni rouge ni orange, mais verte ou bleue, se rapprochant de la solution cuprique. Rien n'empêcherait non plus que les sels arsenicaux ne fussent vendus que dans des vases de forme spéciale avec étiquette « Poison », ou encore qu’on ne les délivrât que par petites doses en solutions colorées et en multipliant les précautions, les avertissements. Voici des années que l’arsenic est employé dans nos pavs et aux Etats-Unis, on le reconnaît comme l’insecticide le plus efficace ; il me semblerait étrange de poussser la réglementation jusqu à l’interdiction.
- Dans sa dernière séance (2 février) l’Académie a admis une interdiction mitigée, c’est-à-dire que la vente pourra être autorisée temporairement et dans certaines conditions. Elle a admis, de plus, la nécessité d’une enquête médicale sur la gravité des accidents dus ou attribués à 1 emploi des arsenicaux. C’est là, j’estime, une solution juste et logique. Dr A. Cartaz.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Enduit protecteur au cadmium pour le fer. — Le
- cadmium est un métal proche parent du zinc; il peut donner des revêtements bien supérieurs à ceux que donne le zinc : le fer cadmisé est supérieur au fer galvanisé. Le dépôt doit se faire galvaniquement; l’électrolyte sera préparé de la façon suivante : 3a gr. de chlorure de cadmium du commerce, sont dissous dans 5oo gr. d’eau et précipités à l’état de carbonate par une dissolution de carbonate de soude. Le précipité est séparé, lavé, -dissous à chaud dans une solution de 5o gr. de cyanure de potassium et étendu à 1 litre. On emploie une anode soluble de cadmium; chuuffer le bain à .40° ; employer
- un courant électrique de 4 à 5 volts. L’enduit est plus adhérent et plus dur qu avec le zinc.
- Pour détacher la soie. — On pourra employer le procédé suivant, s’il s’agit de taches de peu d’importance : appliquer sur la soie une mixture faite de : 5o gr. de borax, 14 gr. de savon, un demi-litre d’alcool, 14 gr. de carbonate de magnésie, 2 gr. de jaune d’œuf. Quand cet enduit est demeuré un instant sur la tache, on lave à l’eau chaude, puis on rince à l’eau froide. Ke pas manquer naturellement d’expérimenter sur un chiffon de soie sans valeur.
- p.2x94 - vue 526/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. ~ Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. F. Gomes, Lisbonne. — Vous trouverez les aimants feuilletés que vous désirez chez M. Tourton, 32, rue des Marais, Paris, ou chez M. Lui-zard, 14. rue du Cloître-Notre-Dame; la bande d’acier chez Mohtandon, i5, rue Debelleyme, Paris; Peugeot, 2, rue Béranger; Billaudel, 81, rue des Partants.
- M. A. S. C., à Champagnole. — Nous avons publié un article sur l’acoustèle Daguin dans notre numéro 1848, du 24 OClobre 1908.
- M. Ziegler, à Limoges. — Sur la caséine, sa fabrication et Son emploi comme matière plastique, voyez La Nature, n° 1789, 22 septembre 1906; Supplément, p. i32. n” 1784, 16 mars 1907. Supplément, p. 126 et n° 1789, 7 septembre 1907. Supplément, p. 1x7.
- M. R> Lortsch, à Iquique. — Pour l’achat d’ouvrages scientifiques anglais, vous pouvez vous adresser à M. Maèinillan, Saint-Martin’s Street, Londres, W. C. La turbine à vide Leblanc est construite par la Société Westinghouse, rue de l’Arcade, Paris, Les prix dépen-
- dent de la puissance de la machine. Nous ne pouvons vous renseigner à ce sujet. Nous communiquons votre lettre à cette Société.
- M. Savary, à Nesle (Somme). — Pour avoir une colle, résistant à 1 humidité, faites gonfler pendant un certain temps de bonne colle forte dans de l’eau. Ne pas attendre qu’elle se transforme en gelée. Ajouter de l’huile de lin et faire chauffer le tout au bain-marie sur un feu modéré pendant une demi-journée environ.
- M. J. Kognowitski, à Tiflis. — Pour renseignements complémentaires sur la machine à additionner, veuillez vous adresser à M. Warnier, i5, rue Montmartre Paris.
- M. Cardot. — Pour les sismographes, voyez dans notre numéro du 23 janvier 1909, la communication de M. Lipmann à l’Académie des Sciences. — Une hauteur de neige est l’équivalent en poids d’une hauteur d’eau lofois moindre pour 0,26 m. de neige, c’est 25 kg par m2.
- M. Ducamp, à Paris. — Si au cinématographe les hélices de l’appareil Wright vous semblent visibles, c’est que leur vitesse de rotation est assez faible et inférieure à celle du cinématographe. Si ces deux durées sont identiques, l’hélice doit paraître immobile.
- M. Coulou, à Gara-Sasent. — Nous n’avons pas l’adresse que vous nous demandez. Vous vous procurerez le journal Work chez Cassel, à Londres, Belle Sauvage-Ludgate Hill. — E. C.
- <
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- 1 11 dresseur do serpents au Mexique : G. Loucm ux. — Questions de biologie, la génétique et l’hérédité : Jean-Paul Lafitte. — Los fondations du Palais de Justice de Paris : René Champly. — La rénovation de la Corse : E.-A. Martel. — L’industrie du beurre : NoBert Lallié.— Académie des sciences; séance du S lévrier 1909 : Cir. de Vilt.edeuil. — La chasse aux ballons et aux aéroplanes : Dr A. Gradenavitz.
- Supplément. — Vers le pôle. — Les gisements de magnétite et la fréquence des coups de foudre. — Influence de la rotation de la Terre sur le cours des rivières. — Nouveaux prix pour les aviateurs, etc. — 'Poux d’église.
- Formulaire de VElectricien et du Mécanicien de E. Hospitalier, 23° édition (1909), par Gaston Roux. 1 vol. in-16, de xvm-ii3o pages, cartonné toile. Masson et Cio éditeurs. Prix : 10 francs.
- La nouvelle édition de 1909 s’est enrichie d’un grand nombre de documents. Elle comporte en outre une division de plus : le chapitre de la production et de la canalisation de l’énergie électrique a été scindé en deux parties, de façon à pouvoir donner plus de développement à chacune d’elles et à faciliter les recherches de l lngénieur. La 9e partie traite donc de l’étude du courant électrique, de la production et de la transformation de l’énergie électrique ; et la io°, de la canalisation et de la distribution de l’énergie électrique. Parmi les nouveaux documents insérés dans le Formulaire nous pouvons citer : des tables de densités des acides et sels employés en électrochimie; les mesures comparatives métriques, géodésiques, topographiques, géographiques ; des tables de transformation des pentes en degrés; un tableau comparatif des unités d’énergie ; les vitesses et pressions du vent ; un tableau des chaleurs de formation des principales combinaisons chimiques; les conditions de fonctionnement des turbines à vapeur; les données de construction et de fonctionnement des dynamos à courant continu modernes ; étude complète des câbles souterrains; des tableaux des conditions d’exploitation des principales stations centrales ; les documents officiels concernant les distributions d’énergie électrique parus en 1908.
- Traité pratique de composition décorative à l'usage des jeunes gens, par Henri Freciion. Paris. Masson. 1909. 1 vol in-40, 96 pages, avec 2.38 figures dans le texte. Prix : 3fr,5o.
- Ce traité, préparé spécialement par un très distingué professeur de dessin pour répondre aux nouveaux programmes du dessin et du modelage des écoles normales d’instituteurs, des écoles professionnelles et des écoles d’ouvriers d’art, intéressera également toutes les personnes qui désirent composer elles-mêmes des motifs décoratifs destinés aux applications les plus diverses : modelage, sculpture sur bois ou sur pierre, bois découpé, fer forgé, étain, cuir, etc.
- Etude des poissons fossiles du Bassin Parisien, par F. Priem. Paris. Masson et Ci0. 1909. 1 vol. in-40, de 144 pages, avec 74 figures dans le texte et 5 planches hors texte en phototypie. Prix : i5 francs.
- L’auteur de ce très remarquable ouvrage, publié par les Annales de Paléontologie de M. M. Boule, et couronné par l’Institut, décrit les poissons fossiles de la grande région française comprise entre l’Armorique, le Massif central, le Morvan, les Vosges et l’Ardenne. On y trouvera également, coordonnés et complétés, les différents travaux de l’auteur sur les poissons crétacés et tertiaires, de telle sorte que l'évolution de la faune ichthyologique est exposée depuis le commencement des temps secondaires jusqu’à la fin des temps tertiaires. Cette faune est comparée à celle des régions voisines.
- Détermination des roches, par L.-M. Granderye. Paris. Masson et Cio. 1909. 1 vol. petit in-8°, de l'Encyclopédie des Aide-Mémoire. Prix : broché, afr,5o; cartonné toile, 3 francs.
- Cet ouvrage est d’un technicien, ingénieur chimiste, ancien préparateur à l’Université de Nancy; il forme la suite naturelle et le complément du volume la Détermination des espèces minérales, conçu dans le même but et d’après un plan analogue, et permet de déterminer, au moyen des propriétés organoleptiques, physiques et chimiques, les principales espèces litho-
- p.2x95 - vue 527/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- logiques. On y trouvera décrits d’une façon très claire les procédés optiques et mécaniques de séparation des minéraux constitutifs, l’analyse chimique partielle de la roche, le tout suivi d’un lexique détaillé de 25o roches.
- Les ballons dirigeables. Théorie. Applications, par E. Girard et G. de Rouville, élèves ingénieurs des ponts et chaussées, officiers de réserve du génie. 2' édition, augmentée des deux annexes : Le ballon Lebaudy, le ballon Patrie, par le commandant Voyer. i vol. in-8 de 386 pages, avec 174 figures. Berger-Levrault et G10, éditeurs, 5-7, rue des Beaux-Arts. Paris. Prix : broché, 5 francs.
- Malgré la vogue actuelle de l’aviation, la navigation aérienne par plus léger que l’air continue à présenter le plus vif intérêt. Il existe aujourd’hui toute une flottille de dirigeables. Le livre de MM. Girard et de Rouville, ouvrage . purement technique, mais rédigé avec une clarté et une méthode remarquables, rendra les plus grands services à ceux qui s’intéressent activement à ce mode de locomotion. Nous avons déjà signalé, lors de son apparition il y a un an à peine, le mérite de ce volume. La nouvelle édition s’est augmentée d’une monographie très complète du Lebaudy et du Patrie, due à la plume experte du commandant Voyer, dont le nom fait autorité en pareille matière.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 fév. 1909 . . — 2U,8 E. 2. Beau. » Gelée blanche; givre; beau; brume.
- Mardi 9 — 4°.l S. E. 2. Beau. 1,2 Gelée blanche; givre; halo nuageux; pluie à 19 b. 20.
- Mercredi 10 3°,3 S. W. 3. Couvert. 1,(3 Pluie et grésil le m.; pluie et neige le s.; très nuageux.
- Jeudi 11 0°,9 S. 2. Couvert. 0,8 Pluie et neige de 5 b. à 6 b.; couvert jusqu'à 15 h. et à 21 h.
- Vendredi 12 — 1°.2 N. S. Couvert. » Couvert.
- Samedi 13 — 4°. 7 N. N. E. 3. Beau. )) Beau.
- Dimanche 11 — 4°.5 N. 2. Beau. 0.0 Beau jusq. 10 b.; couv. eus.; gel. bl.; un peu de neige.
- FÉVRIER 1909. — SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 FEVRIER 1909
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 8 au 14 février. — Le 8. Pression assez élevée sur le Centre et le N. du continent : Christiania, Francfort, 772 mm; Edimbourg, 773; dépression dans les parages de l’Islande : Seydisfjord, 743. Quelques chutes de pluie sur FO. des Iles-Britanniques et de la Scandinavie, de neige en Allemagne. Température du matin : Hapa-randa, —200 Paris, —3; Alger, 12; Puy de Dôme, — 6; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : —o°,3 (normale : 20,9). — Le 9. Extension sur le N.-O. de la dépression de l’Islande : Ecosse, 749; sur le continent, aire supérieure à 765 : Prague, 772. Pluies sur l’O. des Iles-Britanniques. Temp. du matin : Haparanda, —24°; Paris, —4: Alger, 13 ; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : o°,6 (normale : 3). — Le 10. Situation troublée sur le N. et l’O. ; Shields, 745; Dunkerque, 748. Pluies sur l’O.; en France : Limoges, 12; Boulogne, 11; Marseille, 9; Cherbourg, 7; Paris, 2. Temp. du matin : Ark'angèl,- —270 ; Paris, 3 ; Alger, 12; Puy de Dôme, -—3; Pic du Midi, —10 ; moyenne à Paris : —3°,5 (normale : 3°). — Le 11. Dépression sur tout l’O. : Le Mans, 748; Toulon, 749; hausse-sur le N. : Riga, 774. Pluies sur l’O. ; en France : Marseille, 40; Biarritz, 37; Dunkerque, 19; Le Havre, 17; Paris, 2; neige au Mans. Temp. du matin : Kief, —24°; Paris, 1; Alger, 11;
- Puy de Dôme, —8; Pic du Midi, —14; moyenne à Paris : i°,9 (normale : 3°,i). — Le 12. Hausse sur le N.-O. : aire supérieure à 770 de l’Ecosse et des îles Feroé jusqu’à la mer Noire; dépression sur la Méditerranée : Marseille, 747; Ajaccio, 748. Pluies et neiges sur l’O.; en France : Biarritz, 16; Cherbourg, 14; Toulon, ti; Bordeaux, 7. Temp. du matin : Nikolaïef,
- — 25°: Paris, —1; Alger, 12; Puy de Dôme —8; Pic du Midi, —18; moyenne à Paris : —1°,9 (normale : 3°,2). — Le i3. Hausse sur le N.-O. : pression supérieure à 775 en Irlande et en Ecosse; N. de la France, 772; Rome, 749. Pluies sur le S.; en France : Biarritz, i5; Clermont-Ferrand, 6; Toulouse. 3. Temp. du matin : Moscou, —220; Paris, —5; Alger, 11; Puy de Dôme, —9; Pic du Midi, —12; moyenne à Paris :
- — i°,5 (normale : 3°,2), — Le 14. Aire anticyclonique sur l’O. et le Centre : maximum près de Valentia, 779; dépression sur le N. : Haparanda. 737. Neiges et pluies sur quelques points du S. et du N. de FEurope. Temp. du matin : Charkof, — 25 ; Paris, —5; Alger, 9 ; Pic du Midi, — i3 ; Puy de Dôme, — 14 ; moyennë à Paris : o°,î (normale ; 3°,3). — Phases de la Lune ; Dernier Quartier le 13, à 12 h. 56 m. du soir.
- p.2x96 - vue 528/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines Ct à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1866 — 27 FÉVRIER 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Les sinistrés de Gutenberg. — Au lendemain de l’incendie du bureau téléphonique de Gutenberg, on discuta beaucoup sur la situation des abonnés sinistrés au point de vue du payement de l’abonnement. Le Journal officiel publie le décret suivant qui liquide définitivement la situation : Art. Ier. — L’interruption de service est réputée avoir pris fin à la date uniforme du3i décembre 1908, pour les abonnés au réseau téléphonique de Paries, des séries 100, 200 et 3oo qui, à la suite de l’incendie du bureau central téléphonique de Gutenberg, ont été privés de l’usage de leur communication et ont vu cette communication rétablie avant la fin de l’année 1908, sans avoir été, au préalable, reliés aux bureaux centraux de la périphérie. Art. 2. — Les dispositions de l’article 53 de l’arrêté ministériel du 8 mai 1901 continuent à être applicables aux abonnés des mêmes séries qui, après l’incendie, ont été reliés aux bureaux centraux téléphoniques de la périphérie avec un numéro d’appel provisoire.
- Torpille dirigée par les ondes hertziennes. — Nos
- lecteurs n’ont pas oublié les essais de direction des torpilles par, les ondes hertziennes. Nous avons exposé, en 1906, les expériences de MM. Devaux et Lalande, en 1907 celles de M. Gabet. Les travaux de M. Gabet vont reprendre avec la même torpille que nous avons déjà décrite. Elle comporte un corps sous-marin immergé à 1,5o m. environ sous l’eau et soutenu par un flotteur porteur d’une antenne de télégraphie sans fil. L’engin
- La torpille dirigeable Gabet.
- peut porter une charge considérable d’explosifs, 3ookg, il mesure 9 m. de long. La commande s’effectue par le
- distributeur que nous avons décrit en son temps, avec contrôle par l’allumage ou l’extinction de lampes de cou-
- Lancement de la torpille.
- leur visible de l’arrière seulement. Les expériences se poursuivent par les soins du Creusot à Chalon-sur-Saône.
- La prévision du temps à Paris. — On sait que le Service des avertissements du Bureau central météorologique établit chaque jour une prévision de l’état du ciel à Paris pour la journée du lendemain, comptée de minuit à minuit. La prévision est faite vers 3 heures de l’après-midi, par conséquent 8 ou 9 heures avant le début de la période pour laquelle elle est valable; elle est de plus très précise, en ce sens qu’elle indique seulement si la journée de 24 heures sera marquée ou non par une chute de pluie ayant donné au moins 0,1 mm d’eau au Parc Saint-Maur ou au Parc Montsouris. La vérification rigoureuse de ces prévisions ne comporte donc aucune part d’arbitraire et présente par suite un très grand intérêt; les conclusions de ce travail, qui sont indiquées dans un récent Bulletin du bureau, donnent une idée des résultats qu’on peut obtenir par la prévision scientifique du temps. Sur les 335 prévisions faites du ^janvier au 3o novembre 1908, on en compte 255 exactes, soit une proportion de 76 pour 100. C est, à peu près, le même pourcentage de succès qu’on obtient pour les avis envoyés aux ports et relatifs à la direction et à la force du vent.
- Un aérostat pliant du type rigide. — Les journaux allemands signalent un curieux aérostat d’un nouveau genre, inventé par M. Weissenburger. Cet aérostat se compose de huit ballons pliants identiques qui, dépliés, affectent la forme de cylindres aux bouts arrondis ; ils
- p.2x97 - vue 529/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- se plient à l’aide d’une manivelle, à la façon d’un parapluie. Pour réunir le tout en un aérostat rigide, la calotte ronde postérieure de chaque ballon individuel s’enfonce sur la tête du ballon suivant. Le modèle construit par l’inventeur offre cette particularité que l’aérostat à deux gondoles et à deux moteurs se décompose en deux aérostats de demi-longueur à gondole unique qui, tout en présentant une vitesse individuelle un peu plus petite, possèdent une capacité double. Chaque gondole est à son tour divisée en un nombre de sections identique au nombre de ballons, de façon que chaque ballon particulier dispose de sa propre gondole, tandis que les machines occupent un compartiment dejgondole spécial. Tout cela est fort ingénieux, sans doute, mais très compliqué aussi. Nous attendons à l’œuvre ce nouvel engin.
- Sports d’hiver. — Les Alpes ont été, ces derniers temps, le siège d’un mouvement sportif très actif : ski, toboggan, patin, luge, s’étaient donné rendez-vous à
- Chamonix et au Lautaret. Signalons un concours de traîneaux automobiles organisé par le Touring Club de France. La photographie ci-jointe représente la voiture du vainqueur, M. De La Besse.
- La récolte des cidres en 1908. — D’après les renseignements du ministère de l’Agriculture la dernière récolte dépasse de beaucoup celle de 1907; elle est évaluée à 16873600 hectolitres, contre 2789170 hectolitres en 1907 :
- Nord-Ouest
- Total
- 2e Nord 2.q65.58o
- 3e Nord-Est . . . .' . . T26.600 —
- 4° Ouest 1.135.400
- 5e Centre 345.400 —
- 6" Est 267.1S0 —
- 7e Sud-Ouest 74.170 —
- 8e Sud 116.960 —
- 9e Sud-Est 8.200 —
- 11 .684.100 hectolitres
- 16.873.600 hectolitres
- Parmi les départements bons producteurs, il faut citer la Manche avec 2 800000 hectolitres, le Calvados avec 2 3oo 000 hectol., les Côtes-du-Nord avec 1 Sri 3oo hectol., la Mayenne avec 1 3oo 000 hectol. , l’Orne avec 1 168000 hectol., l’Ille-et-Vilaine avec 1 i5a 800 hectol-, la Sarthe avec 710000 hectol., tous situés dans la 1re région. L’Eure a produit 900000 hectol. et la Seine-Inférieure 820 000 hectol. ; ces deux départements appartiennent à la 2e région.'
- Miels artificiels.— En Angleterre, les classes populaires font une grande consommation de solutions très concentrées ou sirops épais de glucose et de lévulose ou sucres intervertis qui forment autant de succédanés du miel : ce sont les table syrup, golden syrup, treacle. Pour préparer ce sucre interverti, voilà comment on opère : 011 commence par faire dissoudre à chaud 1000 gr. de sucre cristallisé dans 3oo gr. d’eau; on ajoute peu à peu le jus d'un demi-citron (soit 1 gr. d’acide citrique ou tartrique, ou une cuillerée à café de vinaigre), et on chauffe en faisant bouillir et en remuant jusqu’à ce que le sirop devienne jaune doré (soit environ quarante minutes). Le sucre est alors interverti, et le sirop refroidi a l’aspect du miel, on peut lui en donner l’arome en ajoutant un peu de miel de bruyère.
- Le maté au Brésil. — Le Journal Officiel signale, d’après un rapport de la légation d’Angleterre au Brésil, les rapides progrès de l’exportation brésilienne de maté, dont la valeur des expéditions s’élève annuellement à près de 2 millions de livres sterling. On sait que
- I « ilex~paraguayensis » ou thé paraguayen, découvert par les premiers missionnaires qui constatèi’ent son emploi par les indigènes du Paraguay, pays où cette plante croît également, fait une concurrence croissante aux véritables thés orientaux. La plante se rencontre généralement sous la forme d’un arbre de 9 à 18 pieds de haut, comprenant trois variétés : le « lalifolia » aux larges feuilles ; le « longifolia » aux longues feuilles, et 1’ « anguslifolia » aux petites feuilles; ce dernier es?l plus apprécié. La récolte est effectuée entre les mois d’avril et de septembre; 011 considère, en effet, que c’est en juin et en août que les feuilles arrivent à pleine maturité; d’autre part, on estime que les arbres doivent se reposer quatre à cinq ans après une récolte sérieuse. Les branches sont détachées du tronc et les feuilles desséchées en les plaçant au-dessus d’un feu, ceci alin de les empêcher de noircir; elles sont ensuite soumises à une sorte de nettoyage opéré d’une manière primitive. La manière originale de consommer le maté, encore en vogue dans les pays sud-Américains, consiste à verser de l’eau chaude au-dessus des feuilles et à boire ce breuvage à laide d’un tube; les mêmes feuilles peuvent servir un grand nombre de fois à la préparation de ces tisanes, si l’on ne les laisse pas à l'humidité. On obtient d’ailleurs un très bon résultat en préparant l’infusion de la même manière que pour les autres thés, et, comparativement avec la méthode ci-dessus indiquée, on possède ainsi une boisson plus digestive et moins énervante. Le maté semble d’autre part posséder une propriété stimulante et tonique, et c’est sans doute pour cette raison qu’un comité médico-militaire allemand recommandait dernièrement de le substituer au thé ordinaire dans l’alimentation des troupes allemandes.
- Verres de lampe incassables. — Le coefficient de dilatation du verre ordinaire est assez considérable, et c’est la cause du bris si fréquent des verres de lampe. Un refroidissement brusque et partiel provoque de violentes tensions en certains endroits et le verre casse.
- II y a cependant des verres incassables, comme celui que la cristallerie de Baccarat utilise pour les lampes de mineurs. Trempé brusquement dans de l’eau à i3°, après avoir été chauffé à ioo°, il ne se brise pas; il résiste de même à un échauffement brusque. En voici la
- composition :
- Sablé.............. jS
- Bicarbonate de soude.......i3
- Carbonate de magnésie...... 9
- Oxyde de zinc.............. 6
- Minium.....................5o
- L’antiquité du taximètre. — Un sinologue anglais, le professeur Giles, de l’Université de Cambridge, a fait l’étrange découverte que les anciens Chinois employaient une voiture qui enregistrait la distance parcourue. L’histoire de la dynastie des Tchins (265-419 de notre ère) contient effectivement le passage suivant : « La voiture ou tambour enregistreur de lis est traînée par quatre chevaux. Sa forme est celle d’un chariot des régions méridionales. En son milieu se voit une statue d’homme en bois tenant une baguette dirigée vers un tambour. A la lin de chaque U, la statue frappe un coup sur le tambour. » Les annales de l’empire mentionnent fréquemment cet ancêtre du fiacre à taximètre, notamment dans les années 815, 820 et 987. Elles nous apprennent que ces voitures étaient peintes en rouge, avec des fleurs et des oiseaux sur leurs quatre faces. Elles comportaient deux étages, luxueusement ornées de sculptures. Dans ce modèle agrandi, la statue de bois, placée à l’étage inférieur, continuait à faire résonner son tambour à l’achèvement de chaque li; mais, en outre, un homme posté à l’impériale complétait l’avertissement en agitant une cloche. En plus de ses peintures, la voilure se faisait remarquer par un mât portant à son sommet une tête de phénix. Elle servait originairement à transporter 18 soldats. Mais l’empereur T’ai-Tsoung ordonna, en 987, de construire les voitures de façon à transporter 3o personnes. Il serait intéressant de savoir pourquoi ces véhicules enregistreurs tombèrent plus tard en désuétude.
- p.2x98 - vue 530/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- **> Automobilisme
- Nouveau carburateur pour l’emploi du pétrole lampant- — L’usage du pétrole ordinaire, de densité 800 à 820, dans les moteurs d’automobiles et de bateaux n’a pu jusqu’à présent être généralisé faute d’un carburateur permettant la vaporisation du pétrole, en même temps que son mélange intime avec l’air aspiré par le moteur.
- Les moteurs de bateaux marchant au pétrole lampant, devaient être pourvus d’injecteurs spéciaux et compliqués envoyant le liquide directement dans la chambre d’explosion du moteur; en outre,
- ils ne toléraient pas, pour la plupart, l’allumage électrique. La Société VAster, montrait au
- Fig. 2.
- Ensemble de l’appareil.
- Coupes du carburateur.
- Salon de l’Automobile, en décembre dernier, un nouveau carburateur qui emploie le pétrole lourd dans les mêmes conditions que d’autres carburateurs emploient l’essence, sans modifications au moteur ni à l’allumage électrique.
- Cette question présente un grand intérêt, car le pétrole donne sur l’essence une économie de plus de \o pour 100 et ne présente pas les mêmes risques d’in-
- Fig. 3. — Le nouveau carburateur « Aster ».
- cendie. Il y a, du reste, des pays très chauds où l’usage de l’essence est impossible, car elle s’évapore spontanément.
- Un bon carburateur à pétrole aura donc une foule d’applications dans la marine, les colonies et pour les transports industriels.
- Le • carburateur Aster se compose d’une boîte de niveau constant avec flotteur A, qui assui^ë l’arrivée régulière du péti’ole au gicleur pulvérisateur F.
- Le jet de pétrole, aspiré par le moteur, vient se briser contre les parois E, d’une boîte en fonte autour de laquelle cii'culent les gaz très chauds de l’échappement du moteur.
- Ces gaz passent en partie dans une chemise venue.de .fonte avec la boîte du carburateur; ils entrent par l’orifice C et sortènt par la tubulure D. Dans leur passage,
- ils échauffent fortement la paroi de la boîte de carburation et la vaporisation du pétixxle s’effectue régulièrement. Un orifice d’air additionnel, H, muni d’une soupape automatique, I, permet de régler la carburation; l’air arrive ensuite proportionnellemexxt aux besoins du moteur, c’est-à-dire d’autant plus vite que la rotation s’accélère Le mélange d’air et de vapeurs chaudes de pétrole est ainsi maintenu en proportions convenables.
- Pour le départ du moteur froid, il faut chauffer le corps du carburateur au moyen d’une lampe intensive au pétrole, dont le bec s’engage dans une ouverture spéciale pratiquée à la base du carburateur et fermée en temps ordinaire par un tampon en bronze.
- De cette manière, aucune flamme ne sort à l’extérieur pendant le premier réchauffage.
- Dès que le coi'ps du carburateur est chaud à ne plus pouvoir y tenir la main, le départ du moteur s’effectue facilement après qu’on a retiré la lampe et refermé le bouchon de bronze dont il est parlé plus haut.
- Le départ du moteur avec le pétrole exige un peu plus d’avance à l’allumage qu’avec l’essence, ce qui s’explique par l’inflammabilité moins l’apide des vapeurs de pétrole encore insuffisamment échauffées.
- La mise en route du moteur peut encore se faire à l’essence, au moyen d’un petit l'éservoir de ce liquide et d’un jeu de robinels permettant de supprimer l’arrivée de l’essence au carburateur api'ès quelques minutes de mai'che et de faire ariûver le pétrole à sa place.
- L’alcool pur ou l’alcool dénaturé, non carburés, peuvent être employés avec cet appareil; il suffit d’agrandir convenablement l’orifice du gicleur, la consommation d’alcool étant supérieure à celle de pétrole. Une série de trois gicleurs d’orifices diflei’ents, livrée avec l’appareil, permet la consommation de tous ces carburants.
- Ce carburateur a été soumis à de longs essais et doixne pleine satisfaction, il sera intéressant d’en suivre l’application dans les divers concours sur terre et sur l’eau.
- Malle à pneus et table pliante. — La fin de la
- mauvaise saison approche, l’automobilisme va bientôt reprendre la place cédée aux paisibles distractions . de l’hiver et déjà l’on songe à s'équiper pour les prochaines randonnées.
- L’objet que nous représentons ci-contre, sera bien accueilli, pensons-nous, des automobilistes. Car son inventeu-r, M. Mou-tiers, s’est proposé de faire d’un accessoire indispensable, la malle à pneu, un petit meuble fort utile, que l’on n’emporte pas d’habitude en promenade, mais dont on regrette bien souvent l’absence : une table de salle à manger. Le couvercle de la malle est
- muni de 4 pieds Malle à pneus et table pliante,
- pliants, qui, repliés,
- ne tiennent que très peu de place dans la boîte.
- Les pneus et la chambre à air ont le même emplacement que dans les boîtes à pneus ordinaires, de plus la place a été réservée pour 2, 4 ou 6 pliants. Rien de plus simple, par suite, que de dresser la table ; on ouvre ta boîte, on prend le couvercle, dont on déplie les pieds, on installe les pliants, et où que l’on soit, on peut déjeuner ou dîner, fort confortablement assis. — La malle-pneu est en vente chez M. Riquet, 58, rue Chariot, Paris.
- *> Mécanique
- Le tachymètre Simplex. — Voici encore un nouvel indicateur de vitesse que nous ci'oyons devoir présenter à nos lecteurs parce que son fonctionnement repose sur
- p.2x99 - vue 531/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- un principe absolument inédit. On voit que 1 aiguille se déplace sur un cadran gradué de io à ioo, indiquant la vitesse à tout moment ; au-dessus de cet arc gradué les aiguilles d’une montre tournent sur un cadran ordinaire. De plus, un totalisateur de kilométrés complète les indications de l'aiguille.
- Le principe de construction sur lequel il repose est assez curieux. Sur l’arbre A (fig. 4) esf fixée une masse M dans laquelle sont pratiquées un certain nombre d’alvéoles portant des billes métalliques B. Cette masse est
- M
- Fig. i. Fig. 2. — La roue à billes,
- Le tachymètrc Simplex. enregistreuse de vitesse.
- entourée d’une cuvette C dont l’axe porte un bras D. Ce bras D est susceptible, pendant sa rotation, de pousser un petit doigt appartenant à un deuxième bras E solidaire de l’axe de l’aiguille G. Dans l’évidement pratiqué à l’intérieur de la masse M, laquelle est actionnée par une transmission flexible montée sur une des roues du véhicule, on a placé deux billes; sous l’action de la force centrifuge, ces billes tendent à s’éloigner du fond de leur alvéole, et elles s’en éloignent avec d’autant plus de force que le mouvement de rotation est plus rapide. Elles viennent alors appliquer cette force contre la cuvette C qui se trouve entraînée et communique son mouvement à l’aiguille G par l’intermédiaire des petits bras D et E et du doigt qui les met en relation.
- Afin d’obtenir un appui suffisant des billes sur la cuvette, on a pratiqué trois logements dans l’intérieur de la masse M, chacun d’eux recevant deux billes; ces logements sont régulièrement espacés afin d’obtenir un système bien équilibré. De plus, en vue d’obtenir des efforts considérables sur le plateau C, le constructeur a imaginé de faire intervenir des bras de levier sur l’extrémité libre desquels agissent les billes. Ces leviers sont
- Fig. dans la
- 3. — Les billes roue enregistreuse.
- Fig. 4.
- Schéma de l’appareil.
- Fig. 5. — Dispositif rendant les déplacements de l’aiguille proportionnels aux vitesses.
- disposé symétriquement par rapport au premier, est celui qui actionne la cuvette. Les premières billes appuient donc fortement sur le levier qui transmet cet effort multiplié à la bille B. Dans ces conditions l’entraînement est parfait.
- On remarque, sur le cadran, que les divisions sont tracées à une égale distance les unes des autres. Or la valeur de la force centrifuge augmentant comme le carré du nombre de tours à la minute, il faudrait, de toute nécessité, graduer ce cadran en tenant compte de cette loi mécanique, ce qui n’est pas possible. Une nouvelle combinaison s’impose. Elle a été réalisée sur le doigt de liaison entre les deux bras D et E (fig. 4) qui est
- pourvu d’un ressort de rappel R (fig. 5). Au départ, le bras de levier sur lequel appuie la molette M est très faible, puis le bras de levier augmente au fur et à mesure que la vitesse devient plus grande et l’on restreint ainsi, grâce à la présence de la pièce C, l’amplitude des mouvements de l’aiguille lorsque les grandes vitesses sont atteintes.
- Ce nouvel indicateur de vitesse fonctionne parfaitement et l’originalité du principe sur lequel il repose le rend à peu près indéréglable. — Le Simplex est en vente chez M. Duncan, 9, impasse Bayen, à Paris.
- Objets utiles
- Table-liseuse. — Imaginée pour les malades, peut-être aussi pour les sybarites amateurs des douceurs du lit, celte petite table est fort ingénieusement conçue.
- Son but est de permettre au lecteur tout en restant mollement élendu, de poursuivre sa lecture sans fatigue d’aucune sorte, des yeux, ni des bras.
- On a donc construit une petite table à pieds inégaux ; ceux d’avant reposent, en effet, sur la couverture, les autres sur le drap supérieur seulement. La table porte un pupitre à inclinaison réglable, sur lequel on place l’ouvrage. Elle peut aussi servir aux personnes désireuses de déjeuner au lit ou d’écrire.
- A noter que toutes les parties de l’objet se replient,
- Table-liseuse.
- les pieds prennent place de chaque côté dans une rainure, le pupitre s’applique sur la table, et l’ensemble est portatif et peu encombrant. Le poids n’en est que de 1400 gr. — Le prix de la table-liseuse est de i5 à 18 francs. Elle est en vente chez M. P. Moutiers, 12, avenue dés Sorbiers, à la Varenne-Saint-Hilaire (Seine).
- Balance « Exact ». — La balance est devenue un précieux auxiliaire du médecin et de l’hygiéniste; la pesée faite, à intervalles réguliers, donne de très utiles indications sur l’état général des personnes, sur les progrès des convalescents, etc.
- Il est donc bon d’avoir chez soi un instrument commode et peu encombrant, qui permette d’effectuer simplement ces pesées.
- La bascule ci-contre, semble bien répondre aux conditions exigées d’un appareil, d’usage domestique; elle comporte peu d’organes, elle est robuste, on en lit aisément les indications, tout en se tenant debout sur le tablier; c’est une balance genre romaine, elle n’exige donc pas le maniement de poids ; enfin elle ne pèse que 28 kg.
- — Elle a été construite par
- la manufacture française d’armes et de cycles de Saint-Etienne. Prix : 100 francs.
- p.2x100 - vue 532/647
-
-
-
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- qêT
- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en janvier 1909, par M. Th. Moureaux.
- La température moyenne, i°,42, est de o°,8i au-dessous de la normale du mois (à partir du i01'janvier 1909, les valeurs normales adoptées résultent de 35 années d’observations, de 1874 à 1908 inclus); on a compté 19 jours de gelée, se présentant principalement dans la première semaine et dans la dernière décade. La température n’a guère été en excès que pendant huit jours, vers le milieu du mois.
- La pression barométrique, 763““',07, est au contraire élevée, et dépasse la normale de 2mm,35.
- La pluie, tombée presque exclusivement pendant la période chaude du 8 au 16, est ordinaire. 11 n’est pas tombé de neige en quantité appréciable, mais celle du 29 décembre n’a disparu complètement que dans la nuit du 10 au 11 janvier.
- A la suite de la fonte de cette neige, et des pluies qui l’ont activée, la Marne a subi une crue passagère, et son niveau atteignait 3m,8i le 22; il s’est abaissé ensuite assez rapidement, et, à la fin du mois, était revenu vers sa hauteur des premiers jours; la cote moyenne, 2m,9i, reste inférieure à la normale, 3m,35.
- Un grain caractérisé, comme d’usage, par une hausse brusque du baromètre (imm), une baisse brusque de la température (20), une saute de vent (de S. S. W à W. N. W.), un coup de vent, et une averse (îm"j, a été enregistré le 15, vers 9h25"'.
- Pression barométrique (ait. 5o'",3). — Moyenne des 24 heures, 763""",07; minimum absolu, 743'""’,5 le i5 à 7h 20"’; maximum absolu, 776'"“,9 le ier à 22 heures; écart extrême, 33mm,4.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, — i°,6a; des maxima, 4°»b5; du mois, î°,52 ; des 9.4 heures, i°,42; minimum absolu, - 8°,4 le 29; maximum absolu, ii°,8 le i3. Moyenne diurne la plus élevée, 8°,71 le 14 ; la plus faible, —3°,82 le 29. Amplitude diurne, moyenne du mois, 60,27; la plus élevée, n°,8 le 29; la plus faible, i°, 1 le 23. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, —4°>34; des maxima, 80,19; mi~ iiimum absolu, — i4°,o les 27 et 29 ; maximum absolu, 170,7 le 19. — Dans le sol gazonné, moyennes du mois; profondeur, ora,3o : à 9 heures, 2°,5o; à 21 heures, 9.0,57 ; profondeur, o'“,65 : à 9 heures, 3°,82 ; à 21 heures, 30,80; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 4°>94; à 21 heures, 4°>9^• — De la Marne : moyenne le matin, 2°,2i; le soir, 2°,35 : minimum, o°,4o le 2; maximum, 4°>88 le i5.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 4“m,5i; minimum, 2,n”',o le 26 à i3 heures et le 27 à 14 heures; maximum, 8mni,9 le i3 à 12 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 87,0; minimum, 32 le 27 à 14 heures; maximum 100 en i5 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,87; nébulosité, 0,0 les 18, 25 et 26; ciel complètement couvert du i°‘ au 6, les 10, i3, 22 et 23.
- Insolation : durée possible, 269 heures; durée effective, 66h 6 en 18 jours; rapport, o,25.
- Pluie : total du mois, 38““,2 en 43''8.
- Nombre de jours : de pluie ou neige, 17 ; de pluie ou neige inappréciable, 2; de petite neige, 4; de gelée, 19, dont 10 consécutives, du 22 au 3i, et 4 sans dégel, de gelée blanche, 9 ; de brouillard, 8; de brume, 4; de givre, 5; de halo, 1 ; de verglas, 2.
- Fréquence des vents : calmes, 14.
- N. • 39 S. E. . . 17 W. . . . 3o
- N. N. E . . 106 S. S. E . 81 W. N. W. 6
- N. E . . . 89 S . . . . 63 N. W . . 17
- E. N. E . i5 S. S. W . 109 N. N. W. 23
- E. • é i3 s. w . . • 75
- E. S. E . . 6 w. s. w. • 41
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3"’,45; moyenne diurne la plus grande, 6m,5 le 14; la plus faible, o"\8 le 3; vitesse maximum en i5 minutes, iom,6 le 9 de 5h3om à 5h 45'“ par vent N.
- N. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2"’,91 ; minimum, 2 mètres le 5; maximum, 3'",81 le 22.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, 4-2""“,35; température, —o°,8i; tension de la vapeur, — omm,36; humidité relative, 0,0; nébulosité, —0,18; pluie, -f- 3",m,o; jours de pluie, 3 ; heures d’insolation, + 4h 7 •
- Taches solaires : on a suivi 12 taches ou groupes de taches en i5 jours d’observations.
- Perturbations magnétiques : Faibles, les 2-3, i3, 14 ; modérées le ier et du iS au 28 ; assez fortes les 29 et 3o; fortes, les 3-4 et 3i.
- Mouvements sismiques : Faibles, le 19 de 5hi7'“ à 5h3o“ (temps local); forts le 23 de 3hnmà 3h 33”, phase principale de 31' 21"* à 3h23'“.
- VARIETES
- Le haut relief en gélatine. — Tous ceux qui ont développé et fixé un certain nombre de clichés photographiques ont remarqué qu’il y a parfois sur la gélatine une image en relief, plus ou moins accentuée, qui disparaît au séchage. L’idée est venue alors d’utiliser ce relief pour faire un moulage et on a regretté de ne pouvoir l’obtenir à coup sûr et aussi de ne pouvoir l’accentuer davantage. Depuis longtemps déjà on a mis à profit les propriétés particulières de la gélatine, et surtout de la gélatine bichromatée, qui ont été spécialement étudiées par Poitevin, Woodbury et autres ; plusieurs procédés d’impression mécaniques sont basés sur ce principe, mais en général ils n’exigent pas un très grand relief. Pour d’autres applications, encore à créer industriellement, les hauts reliefs pourraient être mis à profit et, dans une séance récente de la Société française de photographie_, M. Charles Gravier a rappelé qu’on pouvait les obtenir à coup sûr; il a montré une sorte de lithophanie en cire de grand format (o,3o sur 0,40 cm.) ayant des reliefs de plusieurs millimètres obtenue par lui il y a plusieurs années et a donné à ce sujet des renseignements très intéressants que nous allons résumer.
- On prend de la gélatine dite nerveuse (celle de
- Coignet, par exemple, marque : médaille d’or) et on en fait une dissolution pâteuse: eau 100 cm3; gélatine 25 gr.(; bichromate d’ammoniaque 6 gr. On dissout d’abord à chaud la gélatine dans une partie de l’eau, le bichromate dans l’autre et on mélange les deux solutions. La pâte ainsi obtenue doit être maintenue à une température de 3o à 35° pendant l’exposition sous le cliché à la grande lumière. Voici comment on obtient ce résultat : on forme avec le cliché à reproduire une cuve qui contiendra la pâle en question. On a soin de bien vernir le cliché avec de la gomme laque, puis quand il est sec on pose sur les bords, de trois côtés, des bandes de caoutchouc carrées ayant 0,01 cm de section et on place par dessus une feuille de verre de la dimension du cliché ; on assure cet assemblage avec des pinces. La pâte est coulée dans cette cuve et on expose au soleil d’été pendant 5 ou 6 heures. La température de 3o à 35°, nécessaire pour maintenir l’état pâteux, est obtenue en faisant reposer la cuve sur un bain-marie chauffé à l’alcool. Mais M. Ch. Gravier fait remarquer qu’avec les moyens dont on dispose aujourd’hui grâce à l’électricité, on pourrait prendre facilement des dispositions qui permettraient de se passer du soleil et du bain-marie.
- p.2x101 - vue 533/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Pendant l'exposition à la lumière, on voit peu à peu la pâte prendre une teinte brune aux endroits qui correspondent aux parties claires du cliché.
- Quand l’exposition est jugée suffisante, on renverse la cuve pour faire sortir la pâte gélatineuse ; une partie reste adhérente au cliché et c’est cette partie qui présente les reliefs. Pour consolider les parties minces on passe rapidement de l’alcool dans la cuve, sans le laisser séjourner pour qu’il ne pénètre pas la gélatine et agisse seulement en surface. On démonte ensuite la cuve et il reste à obtenir un moulage des reliefs très accusés que présente la gélatine adhérente au cliché et qui reproduiront l’image. Pour cela, on saupoudre de plâtre aussi fin que possible; puis, après io minutes environ, on coule du plâtre, gâché à consistance de sirop épais, et on laisse faire prise; on recommence ensuite la même opération de façon à obtenir environ 2 cm d’épaisseur. Au bout de 2 à 8 jours suivant la température et l’état hygrométrique, on peut détacher le cliché ainsi que la gélatine et on a un moulage en plâtre de tous les reliefs, tels qu’ils existaient au moment où
- on a arrêté l’insolation. Ce moule en plâtre peut être ensuite utilisé pour les procédés ordinaires de moulage, soit en cire ou autre matière plastique, soit pour lu galvanoplastie.
- La faculté d’obtenir à volonté un moule en haut relief par la photographie est très intéi’essante parce qu’elle laisse entrevoir la possibilité d’exécuter des médailles par ce moyen. Cependant il ne faut pas compter utiliser directement le cliché photographique tel qu’il sort du bain de développement : des retouches importantes sont indispensables. En effet, les reliefs et les creux de lu gélatine bichromalée correspondent aux parties plus ou moins insolées, c’est-à-dire aux parties plus ou moins claires du négatif ; il résulte donc de là qu’une tête à barbe blanche ne donnera pas les mêmes reliefs que si la barbe était noire ; et cependant, sur une médaille, lu barbe, quelle que soit sa couleur, est représentée de lu même façon. On comprend qu’il faut par conséquent que les clichés soient retouchés de façon à obtenir des reliefs aux endroits voulus. G. M.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Liquide à détacher. — Il existe uii grand nombre de recettes pour la préparation des liquides à « détacher ». Voici une composition imitée de celle revendiquée par ,\IM. llummel et-C'e (B. F. 1907) qui nous a donné toute satisfaction. Nous ajouterons que les modifications faites à la publication originale sont des perfectionnements en tant que simplification et que suppression de constituants 11’ayant de rôle utile qu’au point de vue de la « brevetabilité » et de l’apparence commerciale du liquide.
- Faire dissoudre 10 gr. de savon dans 100 gr. d’alcool (on peut employer l’alcool dénaturé), et ajouter la solution au mélange fait au préalable de 65o gr. de tétrachlorure de carbone avec i5o gr. de benzine. Conserver au frais en flacons bien bouchés. Le mélange de tétrachlorure et de carbone, fort employé pour le nettoyage à sec, est un excellent dissolvant des corps gras ; le savon ajoute à l’action détachante et l’alcool peut dissoudre certaines impuretés résineuses insolubles dans le seul mélange précédent.
- Pour l’emploi, il suffit d’humecter les endroits tachés de l’étoffe à nettoyer, de les brosser ensuite doucement jusqu’à disparition, et de sécher finalement avec un chiffon propre de coton blanc (la couleur d’un tissu de couleur pouvant déteindre).
- Nettoyage rapide des draps. — Au moyen de la paraffine, on peut nettoyer parfaitement les draps en employant beaucoup moins de temps que par les procédés courants. La première opération consiste à tremper les draps après avoir savonné les endroits tachés. Le lendemain on remplit d’eau aux trois quarts une grande chaudière pouvant contenir quarante litres ; après l’avoir placée sur le feu, quand l’eau bout, on y ajoute 12.5 grammes de savon coupé en petits morceaux et deux tablettes de paraffine. Les draps sont ensuite placés dans la chaudière dans laquelle on les laisse une heure ; ils sont d’une blancheur irréprochable, quand on les retire. Pour faire partir l’odeur de la paraffine, on fait sécher les draps en plein air.
- Nettoyage et polissage de l'aluminium. — L'Industrie Electrique donne à ce sujet d'utiles renseignements. Pour débarrasser les plaques d’aluminium de toute matière grasse, on les plonge d’abord dans Ja benzine. Si l’on veut que le métal présente un aspect bien blanc, on recommande de’ l’immerger, en premier lieu, dans une solution concentrée de potasse caustique. Le métal ainsi nettoyé est placé dans un mélange d’eau et d’acide azotique, — deux tiers d’acide azotique pur et un tiers d’eau, — ensuite, dans une solution non diluée d’acide azotique, enfin dans xin mélange de vinaigre et d’eau, en parties égales. Après quoi; la plaque est soigneusement lavée à l’eau pure et définitivement séchée «dans la sciure de bois chaude. Pour rendre le métal brillant, on le polit avec une composition rouge dite
- « trifolia », très fine, en se servant d’une peau de mouton garnie de sa laine ou d’une peau de chamois. Si l’aluminium doit être rendu très éclatant pour des objets soignés, on constitue un mélange de parties égales en poids d’huile d’olive et de rhum, que l’on agite fortement dans une bouteille pour en obtenir une émulsion; la pierre à polir est plongée dans le liquide, et le métal devient blanc et resplendissant sans recourir à une forte pression. Pour pouvoir travailler l’aluminium aussi facilement que le cuivre pur, il faut traiter sa surface au moyen d’un vernis composé de trois parties d’huile de térébenthine et une partie d’acide stéarique, ou bien d’un mélange d’huile d’olive et de rhum. Pour le polir, on se sert de sanguine ou d’un brunissoir. Si on fait le polissage à la main, on emploie soit le pétrole, soit une mixture composée de deux cuillerées à bouche de borax ordinaire, dissous dans un litre d’eau chaude à laquelle on ajoute quelques gouttes d’ammoniaque. Dans l’opération de polissage au tour, .l’ou.vriér;-s’enveloppe les doigts de la main gauche d’une flanelle de colon humectée de pétrole et maintenue constamment en contact avec le métal.
- Pour empêcher la pluie d’obscurcir les glaces de voiture. — D’après Omnia, il suffit de barbouiller légèrement les glaces de savon noir. Le moyen est simple et, en tout cas, facile à expérimenter.
- Purification de l’eau potable. — Pour purifier l’eau potable en campagne, M. J. Laurent {Journal de pharmacie, iqo&) modifie le procédé connu dit au permanganate, et utilise l’action réductrice exercée sur le permanganate de potassium, en solution diluée, par l’hyposulfite de soude ajouté en léger excès. La totalité du manganèse est précipitée à l’état de sesquioxyde hydraté insoluble, dont la sédimentation s’effectue rapidement. Dans la pratique, on additionne l’eau d’un excès de permanganate de potassium en présence d’alun ordinaire, soit par litre : o,o3 gr. de permanganate de potassium, et 0,06 d’alun ordinaire pulvérisés. On agite, on laisse agir pendant cinq minutes, puis on élimine l’excès dè caméléon en ajoutant : o,o3 gr. d’hyposnlfile de sodium cristallisé et 0,06 de carbonate de soude sec du .commerce. La réduction est presque instantanée et après une dizaine de minutes, on obtient, par simple filtration sur coton hydrophile, une eau limpide, dépourvue de toute saveur désagréable, très améliorée au point de vue bactériologique. Quand il s’agit d’eaux très impures, les doses doivent être doublées ou triplées.
- Solutions incongelables. — M. Ventou Duclaux, dans le journal Omnia, préconise, comme solations incongelables n’attaquant pas la fonte, le sulfate de soude et le carbonate de soude en solution à 10 pour 100.
- p.2x102 - vue 534/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Gouvernail Naulilus. — Cet appareil est construit par M. G. Deschamps, 20, rue Dufrénoy et non rue Dufressay, comme nous l’avons imprimé par erreur.
- Adresses relatives aux objets décrits. — Papiers japonais, couleurs, etc. : M. Takahira, 22, rue Chauchat, à Paris.
- Communications. — Le fou de Bassan. — M. Ma-ranne nous écrit, à propos de l’information parue dans notre n° du 3o janvier 1908 sur le fou de Bassan : « Cet oiseau, appelé par les naturalistes Sula alba L., Sula Hassana Briss., n’est pas précisément une rareté en France. C’est, il est vrai, un palmipède des mers du Nord, très commun en Islande, aux îles Fei'oé, aux Orcades et aux Hébrides, mais descendant aussi, quoique plus rarement, dans l’Allemagne du Nord, en Hollande et en France. Mais, dans ces dernières régions, il ne s’y montre plus qu’isolément (Breiim, Les Oiseaux). Il serait cependant de passage régulier et assez commun sur les côtes du Nord et de l’Ouest de la France. Il a été également capturé, bien qu’accidentellement, dans J intérieur des terres, où il a été signalé dans la Sarthe par Besnard [Bull. Société zool. de France, 1876), en Lorraine par Godron (i863), et même jusque sur les bords de la Méditerranée. Le spécimen dont vous signalez la capture n’est pas le plus grand de l’espèce, on en a mesuré plusieurs ayant un mètre de long et deux mètres d’envergure. »
- Renseignements. — M. le D' Friteau, à Paris. — |
- Le photomètre parfait n’existe pas encore. Néanmoins vous trouverez d’utiles appareils de ce genre chez Degen, 3, rue de la Perle et chez Decoudun, 101, rue du F aubourg-Saint-Denis.
- M. de Millier, à Funchal. — Voyez la réponse ci-dessus.
- M. F. Curtelin, à Grenoble. — Nous ne connaissons aucun ouvrage sur ce sujet spécial.
- M. Iberti, à Saint-Raphaël.— L’eau aérée placée dans le vide barométrique perd instantanément une partie des gaz dissous, mais non la totalité. Il s’établit un régime d’équilibre. Pour extraire tous les gaz, il faudrait faire bouillir l’eau dans le vide, en même temps qu’une pompe parfaite extraierait les gaz qui se dégagent.
- M. Cabaud, à Lyon. — Voyez les ouvrages de M. Zérolo, chez Garnier, éditeur, nie des Saints-Pères, Paris.
- M. Dantin. — Sur les pompes consultez l’ouvrage de M. Masse, chez Dunod et Pinat, quaides Grands-Augus-tins, Paris; turbines à vapeur, voyez l’ouvrage de Solhern, même librairie, prix : 9 francs ; turbines hydrauliques, voyez machines hydrauliques (Bibliothèque du Conducteur des travaux publics), même librairie, prix : 10 francs.
- M. Lebreton, à Caen. — La pièce que vous nous signalez fait partie intégrante de la coulisse de la machine, organe qui règle la distribution de la vapeur dans le piston.
- M. B roux, à Dreux. — L’acétate de soude a la propriété de se maintenir pendant plusieurs heures à 55°, au moment où il arrive à son point de crisfallisation.
- M. Robert Priaud, à Saint Germain-en-Laye. —Nous ne connaissons comme appareil pouvant servir à vaporiser l’eau à froid que les turbines à vide de M. Leblanc construites par la Société Westinghouse, rue de l’Arcade, Paris.
- M. Callebant, à Termonde. — Vous devriez essayer de nettoyer avec de l’acide nitrique bien étendu, et ensuite de passer au sable, au savon et à la soude.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- I.e chemin de fer du runnan : Gustave Regelsperger. — La technique de l’estampe japonaise : Jean-Paul Lafitte. — Aviation ; la stabilité des aéroplanes : Lucien Fournier. — Les phosphates des îles Océaniques : L. D. L. — Académie des sciences; séance du i5 février 1909 : C11. de Villedeuil. — Repasseuse philippine : V. Forbin.
- Supplément. •— Institut du Radium de Londres. — Distance et mouvement d’une étoile double. — Mystère sismique dévoilé. — Dangers d’explosion du charbon. — Forces hydrauliques de l’Europe. —• L’arsenic dans les fumées de fonderie, etc. — La pluie et les cours d’eau en 1908 dans l’Europe centrale. — Sels arsenicaux comme insecticides.
- Idées modernes. Revue mensuellè, dirigée par A. Le Chatelier, publiée chez Dunod et Pinat, Paris. Prix : 2fr,5o le numéro. ^
- Le titre de cetïé nouvelle Revue en indique le programme ; s’efforce en toutes directions d’aller de l’avant. Signalons dans son premier et fort intéressant numéro les articles de M. Appel, sur les Sciences dans l'Education nationale; de M. H. Le Chatelier ; la Science industrielle et l’Enseignement technique; G. Monod : la France au dehors; J. Biüdier : l’Art religieux du moyen âge; N. Slouscii ; le Monde juif, etc.
- Traiteriiéhi rationnel de la phtisie, par le Dr Ch. Sabou-hin, dirècteur du Sanatorium de Durtol. 3e édit., revue et très augmentée. 1 vol de viii-328 pages, cartonné toile souple, chez Masson et CIe, Paris. Prix : 4 fr.
- Les tuberculeux qui savent nettement la nature de leur maladie sont ceux qui se soignent le mieux, si bien que soit dirigée leur éducation de malades par le médecin, s’ils se soignent en liberté, ou si bonnes que soient les leçons de choses qu’ils prennent quotidiennement s’ils font leur cure dans une maison de santé, ils aiment fort, en général, à connaître l’histoire, les causes, 1 évolution, les tenants et les aboutissants de ladite maladie. C’est pour répondre à ce désir bien légitime des malades et aussi des familles que l’auteur a publié ce petit livre. Dans celte troisième édition, très augmentée, l’auteur a condensé encore une fois, en les mettant le plus possible à la portée de tous, les notions vraiment pratiques sur la phtisie pulmonaire et son traitement rationnel.
- Série des agendas Dunod pour 1909 : i° Chemins de fer, revu par Pierre Blanc, chef du secrétariat du matériel et de la traction de la Compagnie P.-L.-M.
- 20 Mines, et métallurgie par David Levât, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, ingénieur civil des mines
- 3° Réglementation et législation industrielles, par Paul Razous, licencié ès sciences, ancien inspecteur du travail dans l’industrie.
- 4° Construction automobile par M.-C. Favron, ingénieur ' A. èl M.
- 5° Mécanique rèvu par G. Richard, ingénieur civil des mines, lauréat de l’Institut.
- p.2x103 - vue 535/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE |
- 6° Electricité par J.-A. Montpellier, rédacteur en chef de Y Electricien, 6 petits volumes iox i5, reliés en peau souple, contenant environ 3oo pages de texte et 128 pages blanches datées pour notes journalières. H. Dunod et E. Pinat. Prix : af‘,5o chacun.
- Ces petits volumes ont depuis longtemps leur place marquée dans la bibliothèque des praticiens. Chaque édition nouvelle les améliore et il suffira de signaler celle-ci pour en indiquer l’intérêt.
- La télégraphie sans fil et les applications pratiques des ondes électriques, télégraphie avec conducteur, téléphonie sans fil, commande à distance, prévision des orages,, courant de haute fréquence, éclairage, par
- Albert Turpain. 20 édition. In-8 de 386 p., 220 fi g, ; 1908. Chez Gauthier-Yillars, Paris. Prix : 12 francs!
- Le livre de M. Turpain a été l’un des premiers bous ouvrages publiés sur la télégraphie hertzienne. Les progrès ont été rapides dans cette branche. M. Turpain a mis son livre au courant des dernières nouveautés de la télémécanique, de la téléphonie sans fil, Rappelons l’intéressant chapitre sur l’application des ondes à la télégraphie avec conducteurs ; il y a là une idée originale, qui ne paraît pas avoir obtenu l’attention qu’elle mérite. M. Turpain donne une description complète d'un grand nombre d’appareils proposés par les inventeurs les plus notoires ; enfin il a ajouté à la ire édition un chapitre sur la prévision des Orages.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations
- de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 fév. 1909 . — 0U,1 W. S. W. 2. Couvert. 1,3 Gel. bl.; làible brouill.; pluie ou gouttes entre 12 h. et 15 h. 15
- Mardi 16 0°,7 N. 3. Beau. 0,3 Un peu de neige avant 6 h.; gelée blanche; nuageux.
- Mercredi 17 . . ... 2°.0 W. N. W. 1. Couvert., 0 Cèl. bl - ; brouillard de 500 111. à 9 h.; couv. jusq. 17 h.; beau ens.
- Jeudi 18 — 3®.2 N. E. 2. Beau. 0 Gelée blanche ; givre ; beau.
- Vendredi 19 — 2°,0 E. 2. Beau. 0 . Gelée blanche ; givre ; beau.
- Samedi 20 — 3° 6 E. 1. Beau. » Gelée blanche ; givre ; beau.
- Dimanche 21 2°.l N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; givre; beau.
- FÉVRIER 1909. — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 FÉVRIER 1909.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | • Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du i5 au 21 février. — Le i5. La dépression Scandinave s’étend vers le S.-E. : Kuopio, 727; Riga, 733 ; Varsovie, 750; fortes pressions sur l’O. : Valentia, 775. Neiges et pluies sur le N. de l’Europe. Température du matin : Kharkof, — 180; Paris, o; Alger, 10; Puy de Dôme, — 11 ; Pic du Midi, — 14 ; moyenne à Paris : i°,9 (normale : 3°,3). — Le 16. Saint-Pétersbourg, 734; Nice, 7^4; Valentia, 770. Neiges et pluies sur le Centre et l’O.; en France : Toulouse, 9 mm d’eau; Besançon, 7; Paris, 2. Temp. du matin : Arkan-gel, — 170 ; Paris, 1 ; Alger, 8 ; Puy de Dôme, — 5 ; Pic du Midi, — 10; moyenne à Paris : 2°,5 (normale : 3°,4).
- __ Le 17. Baisse rapide sur le N.-O. : Seydisfjord, y5o;
- pressions supérieures à y65 sur la France et la péninsule Ibérique. Pluies sur le N. et l’O. Temp. du matin : Arkangel, — 14° î Paris, 2; Alger, 11 ; Puy de Dôme, ___9; Pic du Midi, —10; moyenne à Paris : 20 (normale : 3°,5). — Le 18. Valentia, 754; hautes pressions en retrait vers le centre : Wiesbaden, 766. Pluies sur le N. et le Centre. TemJj. du matin : Haparanda, — 23°;
- Paris, —3; Alger, 9; Puy de Dôme, Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : o°,8 (normale : 3°,6). — Le 19. Basses pressions sur la péninsule Ibérique et la Méditerranée : Biarritz, Alger, 756; Oran, 753; maximum sur l’Europe centrale : Vienne, 770. Neiges et pluies sur le N. et l’E. Temp. du matin : Uleaborg, — 180; Paris, 2; —Alger, 17; Puy de Dôme — 4: Pic du Midi,
- — 7; moyenne à Paris : 2°,5 (normale : 3°,6). —* Le 20. Basses pressions générales : Francfort, j65 ; Seydisfjord, 74a. Neiges et pluies sur le N. et l’E.; en France : Perpignan, 8; Cap Béarn, 5. Temp. du matin : Arkangel, — 190 ; Paris, —4; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —4; Pic du Midi, — 10; moyenne à Paris : 2°,6 (normale : 3°,7). — Le 21. Hausse générale sur le N. de la France, les Pays-Bas et le S. de la Norvège, 775; Seydisfjord, 749- Pluie et neige sur le Centre et 1 E. Temp. du malin : Lemberg, —io°; Paris, —2; Alger, 14; Puy de Dôme,
- — 5; Pic du Midi, —9; moyenne à Paris : a°,8 (normale : 3°,8). — Phases delà Lune : Nouvelle Lune le 20, à 11 h. i m. du matin.
- p.2x104 - vue 536/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Pari* (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1867 — 6 MARS 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Un laboratoire national de recherches aériennes.
- — Les efforts individuels des chercheurs passionnés pour les choses aériennes se multiplient un peu partout, mais surtout en France. Notre pays, aujourd’hui, est incontestablement à la tête du mouvement. Mais il faut, pour qu’ils soient fructueux, que ces efforts ne restent pas isolés, ignorants les uns des autres, anarchiques; il est grand temps d’organiser méthodiquement les recherches, de classer les résultats acquis, de mettre en évidence les points obscurs, et d’attirer sur eux l’attention et l’ingéniosité des inventeurs, il est temps enfin de mettre entre les mains des travailleurs de bonne volonté autre chose que les instruments de recherches primitifs qu’ils ont pu se créer au hasard des quelques ressources dont ils disposent. M. Painlevé, membre de l’Institut, dans une conférence aux députés, et dans un éloquent article du Malin, réclame la fondation d'un laboratoire national de recherches aériennes. « Un puissant outillage de mesures, un aérodrome, un large budget annuel seront indispensables au futur laboratoire. C’est là qu’un groupe d’ingénieurs, savants et désintéressés, pourraient, pendant plusieurs années, poursuivre, dans un vaste plan d’ensemble, une série d’expériences, à la fois industrielles et scientifiques, sur tous les problèmes simultanés que soulève l’aviation : voilure, moteur, hélice, fuselage, etc. » Il est temps d’agir, car l’enjeu est considérable : il ne s’agit rien moins que la conquête d’une industrie qui, d’ici quelques années, peut devenir la plus importante de toutes. Les autres pays s’arment à leur tour et dès maintenant des concurrents dangereux apparaissent. « N’oublions pas, dit M. Painlevé, que, de de l’autre côté de la frontière, un grand peuple industrieux a rassemblé sept millions à l’appel de Zeppelin. Il est maintenant peu vraisemblable qu’une telle somme soit intégralement dépensée à construire d’énormes cétacés en aluminium. Que demain un million ou deux soient affectés à un de ces laboratoires grandioses que nos voisins excellent à organiser, et c’est l’Allemagne qui deviendra la maîtresse de l’aviation. Il est inutile d’insister sur le préjudice commercial, industriel et moral qu’entraînerait pour nous une telle abdication. Un avenir prochain, un avenir de deux ou trois années, montrera si, pour quelques centaines de mille francs, il abra plu à la France d’abandonner à un autre peuple une gloire qu’elle tenait entre ses mains. »
- Nouveau cercle méridien de Washington. — Au
- récent Congrès annuel de Y Association américaine pour l’avancement des sciences, M. le professeur Updegrave a rendu compte, devant la section d’astronomie, des essais obtenus à l’aide du nouveau cercle méridien de l’Observatoire naval de Washington. D’après Ciel et Terre, cet instrument a été construit par MM. Warner et Swasey de Cleveland (Ohio), sur les plans élaborés par M. le professeur Wm. Harkness. Avec celui de l’Observatoire de Kiel, qui a été construit par MM. Repsold de
- Hambourg, ce cercle méridien constitue une innovation dans la construction des instruments méridiens. Cette innovation réside dans l’emploi de l’acier, au lieu du cuivre, pour former le corps de la lunette. L’acier étant beaucoup plus rigide que le cuivre a pour effet de diminuer les erreurs provenant de la flexion du tube. Cependant les premières observations faites avec ce nouvel instrument accusèrent des variations rapides et inaccoutumées dans l’azimut ; ces variations semblaient en partie provenir des changements de température. On constata ensuite qu elles étaient dues aux plaques d’acier fondu servant de bases à l’instrument et dont le métal n’était pas suffisamment homogène. On remplaça ces plaques par de nouvelles en fonte de fer et l’on substitua aux piliers en pierre des piliers en briques. Ces transformations firent disparaîlre l’inconvénient signalé et l’instrument se trouve actuellement dans d’excellentes conditions de stabilité. D’un autre côté, on sait que la température exerce une influence sur la longueur focale d’un objectif par suite des dilatations ou des contractions de celui-ci. Avec les instruments en cuivre ces variations sont compensées par des dilatations ou des contractions correspondantes du tube de la lunette. Cet avantage disparaît avec un tube en acier. En effet, au nouveau cercle méridien de Washington, la mise au foyer diffère entre l’été et l’hiver. Mais ce léger inconvénient est largement compensé par la grande rigidité de l’instrument. Le programme que l’on se propose d’entreprendre consiste en des observations absolues. M. le professeur Updegrave insiste sur l’importance d’un semblable tràvail, reconnu par tous les astronomes comme étant de la plus haute utilité tant au point de vue de la mécanique céleste qu’à celui de la constitution de l’univers visible. Il fait remarquer aussi que pour eonduire à bonne fin l’exécution de ce programme, les observateurs qui en sont chargés doivent faire preuve de beaucoup d’endurance et d’abnégation, car si les observations méridiennes sont par elles-mêmes peu attrayantes, celles-là surtout sont encore moins attachantes.
- Expéditions magnétiques en Chine, en Afrique et en Asie Mineure. — L’Institut Carnegie de Washington, poursuit son admirable campagne d’observations magnétiques à la surface du globe. Une mission dirigée par M. D. C. Sowen va parcourir une grande partie de la Chine et du Turkestan : partie de Pékin, le 3o janvier, elle suivra l’itinéraire : Siahfu, Lanchow-fu, Suchow, Turfan, Kashgar, Khotan, passe du Karakorum ; de là, elle gagnera l’Inde et se reliera à Dèhra-Dun au service magnétique Hindou. Dans l’Afrique du Sud, M. J. C. Beattie, directeur de la section de physique au Collège Sud-Africain de Cape Town, a quitté Cape Town, le novembre dernier. Son expédition traversera l’Afrique Sud-Occidentale allemande, la Rhodésie, l’Afrique Sud-Orientale aile-
- p.2x105 - vue 537/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- mande, l’Afrique Sud-Orientale ‘anglaise, la Nubie, et enfin l’Egypte et reliera ses observations à celles du service magnétique égyptien. Enfin, M. J. C. Pearson doit entreprendre d’ici peu une campagne analogue eu Asie Mineure.
- La mesure des basses pressions. — Deux savants allemands, les Drs Scheel et N. lieuse, viennent d’imaginer un manomètre très sensible pour la mesure des très basses pressions. Cet instrument rendra de grands services aux investigations scientifiques dans un domaine où jusqu’ici les mesures étaient assez imprécises et incertaines. Le nouveau manomètre peut mesurer de faibles pressions avec une approximation de 0,00001 mm. de mercure. Il consiste en deux réservoirs métalliques de faible volume séparés l’un de l’autre par une membrane de cuivre de 26 cm de diamètre et de o,o3 mm. d épaisseur. Une différence de pression très faible suffit à courber cette lame dans un sens ou dans l’autre. On mesure le déplacement de son centre à l’interféromètre de Fizeau. Comme la courbure de la lame est proportionnelle à la différence de pression, on voit que cette mesure peut donner l’indication de la pression.
- Concours aéronautique International à Lille. —
- Un grand concours aéronautique pour ballons sphériques organisé par l’émulatiou aérostatique du Nord aura lieu à Lille le 20 juin 1909. 2000 francs de prix seront alloués : le comité enverra à MM. les aéro-nautes qui en feront la demande au secrétariat, 24, rue Lepelletier à Lille, le règlement de ce concours.
- La fabrication du lévulose pur. — Nos lecteurs savent que les produits amylacés : amidon, fécule, fournissent du glucose quand ils sont hydrolysés, c’est-à-dire quand ils fixent les éléments de l’eau, soit sous l’influence des acides étendus à l’ébullition, soit sous 1 action de certains ferments hydrolysants, tels que la diastase de l’orge germée. Le premier de ces procédés constitue d’ailleurs un mode industriel de préparation du glucose dont les emplois se répandent de plus en plus. Or, il existe un hydrate de carbone, l’inuline, qui, soumis au même traitement, fournit, non plus du glucose, mais du lévulose qui est un sucre de même composition chimique que le glucose, mais déviant à gauche le plan de la lumière polarisée, quand on examine ses solutions au polarimètre ou saccharimètre. L’inuline existe dans diverses racines ou rhizomes végétaux de prix très peu élevé ; les rhizomes de dahlia en renferment 9,2 à i3-4 pour 100 ; les racines de chicorée en contiennent 7,5 à n,3 pour 100; et on peut extraire facilement le lévulose pur en traitant cette inuline par les acides. Ce fait était intéressant à signaler au point de vue industriel, car le lévulose est susceptible de nombreuses applications : on peut l’utiliser en médecine, comme aliment pour les diabétiques, les tuberculeux et les nourrissons, contre l’hyperacidité de l’estomac; il peut aussi remplacer le sucre de canne ou de betterave et le glucose dans leurs emplois industriels.
- Sur l’étude du naphte. — M. Rakousine, étudiant les produits du naphte de Bakou, a constaté qu’ils sont doués d’un pouvoir rotatoire droit, qui augmente avec la densité du produit et que ce pouvoir rotatoire est constant malgré le temps et l’action de la chaleur. Le naphte, transparent pour la lumière naturelle, devient, sous une faible épaisseur, opaque pour la lumière polarisée. C’est là un phénomène analogue à celui que Tyndall a observé pour l’air chargé de particules solides. Ce fait montre que le naphte contient en suspension de fines particules de matières carbonées. Il semble donc que les naphtes étudiés soient des produits d’une carbonisation lente, pendant des siècles, d’un naphte primitif; carbonisation qui expliquerait la formation des particules de charbon.
- Chef-d’œuvre menacé. — Le gouvernement italien a entrepris de sauver la curieuse cathédrale de Pienza, près Sienne, menacée de subir le sort du Campanile de Venise. Le monument date du xv° siècle. Construit aux frais du pape Pie II, il est considéré comme un des chefs-d’œuvre architecturaux de la première période de la Renaissance. Dès i5g7, on constata que le terrain sur lequel reposait l’église avait subi un affaissement, et l’on procéda à des travaux de consolidation qu’il fallut
- reprendre fréquemment depuis lors. En 1901, on constata un affaissement de près d’un mètre. La situation a empiré rapidement en huit ans, puisqu’on constate maintenant que le terrain s’est affaissé de 1,20 m. depuis celte date. Sur la gauche de l’édifice, les murailles reposent littéralement dans le vide, et 1 on ne sait quelle force les empêche de s’écrouler dans les cavités profondes de 3 à 4 m. qui ont fait le vide sous les fondations. Par bonheur, les murailles sont posées çà et là sur les pointes de x-oches qui n’ont pas suivi le mouvement général d’affaissement. Les murs extérieurs, sillonnés de nombreuses crevasses, sont soutenus par des madriers dont la base est pourrie, et qui pourraient céder d’un moment à l’autre.
- Oiseaux marqués d’un anneau. — Nous avons signalé dans notre dernier numéro l’histoire de cette cigogne, partie de Poméranie et capturée en Àfi'ique à x5° S. de l’Equateur ; le fait prouve qu’il y a là un moyen de se procurer sur les hivernages et les roules de migration de nos oiseaux de passage les connaissances positives qui nous manquent encore à ce sujet : c’est de marquer les oiseaux à l’aide d’un anneau en aluminium, comme cela se pratique en Allemagne et en Danemark. Le Bureau Ornithologique Central de Hongrie vient aussi d’adopter ce procédé pour marquer des jeunes cigognes, hérons, mouettes et hirondelles. L’anneau en aluminium est fixé au pied de l’oiseau et porte l’inscription Budapest. suivi d’un numéro d’ordre correspondant au numéro du registre tenu au Bureau Ornithologique Central de Hougrie. Quiconque prendra un oiseau marqué de telle manière ou qui entendra parler de sa capture, est prié de vouloir bien envoyer l’anneau à l’adresse du Bureau Ornithologique Central de Hongrie. Jozsef korüt 65, Budapest VIH., Hongrie, accompagnée d’une notice cou-cernant le lieu, l'époque et les détails de la capture en question.
- Le lac Nahuel-Huapi, dont nous parlions au n° 1862, est à 740 m. d’altitude, la profondeur atteint près de 3oo m., il mesure 5o km de long, i5 à 20 de large et une superficie de 800 km2 (V. Dr W. Vallentin, Ein unerschlossenes Kulturland, Neiiquen und Rio Negro (Berlin, 1907, Hermann Pactel), p. 166-72.
- Cascade de la rivière Hamilton. — L’Illuslrated London News vient de faire connaître (3o janv. 1909), des cascades du Labrador qui seraient plus grandes que le Niagara et qu’il qualifie de io° merveille du monde. Ce sont les chutes de la rivière Hamilton hautes de 92 m. Elles n’ont été vues que par quelques hommes blancs. Il est très difficile d’en approcher. Elles auraient été découvertes en 183g par John Mac Leane de la Compagnie de la baie d’Hudson, dans un voyage enti'e la baie d’Ungara et Hamilton-Inlet. Les indigènes du Labrador prétendent que quiconque les regarde meurt dans l’année. Les deux photographies qu’en a publiées le journal Canada doivent être les premières qu’on en ait prises.
- Guerre à l’opium. — Le Gouvernement Chinois a approuvé la décision du vice-roi du Fou-Kien d’obtenir la suppression de la culture du pavot dans celte province d’ici la fin de l’année. Tout cultivateur qui n’aura pas obtempéré à la loi sera puni sévèrement. Non seulement ses pavots seront arrachés, et ses terres confisquées, mais il sera condamné à l’emprisonnement. D’autre part, le correspondant du Daily Mail à Shanghaï mande que Tuan Fang, le plus puissant vice-roi de l’empire (il a sous sa juridiction les provinces de Kiang-Sou, Kiang-Si et Anhuï, dont la population est de 72 millions d’âmes), adresse au peuple anglais un manifeste où il le supplie de l’aider dans sa lutte contre le fléau de l’opium. Il annonce qu’il se met en personne à la tête du mouvement, et qu’il espère extirper cette abominable coutume, cause principale de la décadence de la race chinoise. C’est à la suite des négociations conduites par ce haut personnage que l’Angleterre a consenti à diminuer d’année en année l’importance de ses importations d’opium indien, de façon à ce que le commerce de la drogue sôit complètement arrêté d’ici dix ans. Qui niera que l’humanité est en progrès, dans le domaine du matériel comme dans celui de la morale. Nous voilà loin de la fameuse « Guerre de l’Opium », où l’Angleterre tira le glaive pour obliger la Chine à s’empoisonner !
- p.2x106 - vue 538/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- c^Ssi. Automobilisme
- Amortisseur multiplex. — Tous les systèmes amortisseurs imaginés en vue de la suppression des pneumatiques ont eu pour principal avantage, non de remplir cette fonction, mais d’apporter plus de confort aux voitures en supprimant une partie des chocs que le boudin d’air et les ressorts étaient impuissants à combattre. Pour cette raison seule leur emploi s’est généralisé et, pour cette cause également, on en voit naître à chaque instant de nouveaux.
- L’amortisseur simplex, qui est une suspension,
- a°M
- y \\ l
- ; /point flxt
- Fig. i. — Àmoi tisseur Simplex, modèle primitif.
- appartient à la catégorie de ces appareils auxquels il manque encore la consécration pratique, ce qui ne saurait tarder, d’ailleurs. Conçu sous une forme différente de celle qu’il vient de recevoir, il paraît se présenter actuellement comme un organe parfaitement mis au point.
- Le premier dispositif, très original, fut jugé trop compliqué par l’inventeur. Il était constitué par deux leviers L L (£ig. i), placés de chaque côté de l’essieu, oscillant chacun autour d’un axe O O solidaire du châssis. Les deux bras de chaque levier sont dans le rapport de i à 4. Une articulation à la cardan fixe les deux leviers à l’essieu. Lorsqu’un choc se produit il est transmis par le grand bras au petit qui comprime un ressort spirale R et une masse de caoutchouc M par l’intermédiaire d’une douille G pourvue d’une tige centrale N traversant le bloc de caoutchouc. Notre dessin, figure 1, montre que la douille agit directement sur le ressort R et entraîne la tige N qui oblige le caoutchouc à se comprimer.
- Ce dispositif, bien qu’ingénieux, présentait l’inconvénient d’être lourd et compliqué. L’inventeur a cru
- devoir le simplifier en adoptant une solution qui se rapproche de la suspension Truffaut, la première des suspensions qui ait donné un bon résultat sur les voitures qui l’avaient adoptée. Le nouvel amortisseur comprend, en effet, une sorte de compas articulé à deux branches B et G (fig. 2); la première de ces branches B est fixée sur le châssis au moyen d’une articulation à cardan et, l’autre C est solidaire de* l’essieu. Sur ce compas l’auteur a monté le même système amortisseur que précédemment et qui comprend encore un ressort S et une tige U. Le ressort S est solidaire d’une bielle à fourche D articulée sur la branche B du compas et la tige centrale U, qui traverse le bloc de caoutchouc, appartient à une deuxième fourche placée à l’intérieur
- de la première et articulée sur la branche G du compas. Les deux articulations sont placées au quart environ de la longueur de chacune des branches qui les supportent.
- L’appareil fonctionne comme nous l’avons indiqué précédemment par la compression du ressort et celle de ia masse de caoutchouc. On voit que cette dernière a été allongée pour lui donner plus d’élasticité. Celte élasticité serait encoi'e augmentée d’une manière assez sensible en remplaçant le caoutchouc par un groupe de rondelles Belleville d’élasticité décroissante. M. Van den Bergh, l’inventeur, songerait en effet, à effectuer cette modification.
- On voit que le système est très consciencieusement étudié et qu’il gagne en qualités à chacune des transformations qu’il subit.
- Photographie
- Séchage rapide des plaques photographiques. —
- L’appareil représenté ci-dessous rendra de grands services aux photographes amateurs et aux radiographes, et il trouvera sa place dans tous les laboratoires où l’on dispose du courant électrique. Toutes les personnes s’occupant de photographie savent que le séchage normal des clichés à l’air exige beaucoup de temps.
- On peut, il est vrai, le réduire en immergeant au
- L’appareil rapide pour sécher les plaques photographiques. Combinaison d’un ventilateur électrique et d’un support tournant.
- préalable les plaques dans un bain d’alcool afin d’absorber l’excès d’eau, mais cette immersion n’est pas sans inconvénient et le séchage à l’air libre est toujours préférable.
- L’appareil, imaginé par M. R. Heller, se compose d'un ventilateur et d’un disque tournant destiné à supporter les plaques; ces dernières sont maintenues %rèrti-calement dans des rainures prenant appui sur le disque et sur l’axe du système. L’arbre est entraîné dans un mouvement de rotation par une combinaison de poulies très simple, de sorte que les plaques viennent successivement passer devant les ailettes du ventilateur qui détermine un courant d’air et assure un séchage rapide.
- On peut adjoindre un dispositif de chauffage électrique qui active l’évaporation de l’eau et réduit d’autant le séchage des clichés. — L’appareil est construit par M. R. Heller, 18, cité Trévise. Prix pour plaques 61/2X9 et 9X0: 200 francs.
- Cfg'SsS, Eclairage <S'S/§ï>
- L’aéro-gaz. — Les problèmes d’éclairage collectif à notre époque ont pris une importance considérable. Le besoin de lumière s’est développé en ces dernières années d’une façon extraordinaire, non seulement dans les grandes villes, où le gaz et l’électricité lui donnent toute satisfaction, mais aussi dans les agglomérations plus modestes et à la campagne.
- p.2x107 - vue 539/647
-
-
-
- Et dans chaque cas particulier, c’est un nouveau problème à résoudre, comportant une solution appropriée. Pour les habitations isolées, les petites communes, l’éclairage par station centrale, tel qu’on le pratique avec le gaz ou l’électricité n’est plus possible, les dépenses de premier établissement étant trop fortes. On peut,, il est vrai, installer de petits groupes électrogènes, mais leur conduite est toujours assez délicate.
- Si l’on veut profiter de l’économie de la production en grand de la lumière, on doit donc recourir à d autres systèmes. Nous en avons déjà signalé un certain nombre : éclairage à l’acétylène, éclairage intensif au pétrole, etc.
- Nous signalons aujourd’hui l’Aérogaz, système qui a donné déjà de bons résultats attestés par de nombreuses installations, et qui peut, en bien des cas, rendre de grands services.
- C’est une sorte de petite usine à gaz ; mais au lieu de distiller de la houille, ce qui exige, vu la haute température nécessaire, un matériel spécial, encombrant et coûteux pour les petites installations, elle distille un produit volatil, d’un usage courant, l’essence de pétrole. Pointn’est besoin ici d’appareils distillatoires compliqués, puisque le liquide se volatilise de lui-môme. On le mélange à l’air suivant une proportion déterminée, et l’on obtient un mélange combustible dégageant à la combus-
- Fig. 2.
- pig, !, —Yue de face de l’apparei] producteur de l’aéro-gaz.
- Fig. 2. — L’appareil et ses organes essentiels.
- tion, une quantité de chaleur à peu près égale à celle que donne un volume égal de gaz d éclairage.
- On peut donc utiliser ce mélange à alimenter les becs Auer, ou des réchauds de chauffage, ou même des moteurs à gaz, réglés en conséquence.
- L’appareil producteur d’Aéro-gaz, comporte essentiellement un organe vaporisateur d’essence et une série d’organes assurant le mélange de l’air et de la vapeur.
- L’essence se vaporise dans le serpentin réchauffeur C, elle y est amenée par une canalisation débouchant d’un réservoir placé à la partie supérieure de l’appareil. De là, elle va au carburateur où elle se mélange à l’air qui lui est envoyé. Le carburateur est placé à l’intérieur du récipient G, c’est une caisse rectangulaire comportant un certain nombre de plateaux en tissu spécial sur lesquels l’essence se répand, et se divise, prête ainsi à se mélanger intimement à l’air. Il est à noter que l’arrivée de l’essence se règle automatiquement suivant le volume de gaz demandé par la consommation, et cela grâce à l’ingénieux mécanisme que voici.
- L’air nécessaire au mélange est fourni par un compresseur rotatif situé dans une caisse sous le trépied qui porte l’appareil. Le poids P par l’intermédiaire d’un palan, assure par sa descente, la rotation du compresseur qui envoie l’air au carburateur. L’appareil est équilibré de façon que lorsque la consommation baisse, c’est-à-dire, quand la pression augmente dans les canalisations, le mouvement du compresseur se ralentit, et par suite le volume d’air envoyé diminue; inversement il augmente si la consommation augmente. Le volume d’air appelé est proportionnel au débit de l’appareil. Restait à proportionner de même l’arrivée de l’essence.
- Ceci est assuré au moyen d’un distributeur placé sur
- le réservoir d’essence et qui, liant ses mouvements à ceux du compresseur, par l’intermédiaire des bielles et manivelles L, règle l’admission de l’essence proportionnellement à celle de l’air.
- On voit ainsi que l’appareil est d’un fonctionnement parfaitement automatique, n'exigeant une fois en marche, aucune surveillance continue. Il peut donc rendre, dans bien des cas, de sérieux services. Il fournit un gaz dont le mètre cube revient à ofr, 14 en moyenne. Le prix d’un appareil de 10 becs fournissant 1000 litres à l’heure est de 3oo francs, celui d’un appareil de 100 becs est de i65o francs. — Les appareils sont constimits par M G. lloulon, 24, rue Carnot, à Reims.
- c£g^KS- Jouets
- Le monoplan Lidy. — Le jouet s’est enrichi cette année d’une collection très importante d’appareils d’aviation; la jeune génération semble s’intéresser au plus haut point aux expériences de nos aviateurs les plus réputés, et, ne pouvant assister aux envolées
- Aéroplane-jouet « Lidy
- réelles, les enfants demandent au progrès de leur donner l’illusion de ce que peut être un aéroplane parcourant l’espace.
- Les appareils qu’on leur livre, à un prix très modique sont capables, pour la plupart, d’effectuer des parcours d’une vingtaine de mètres; c’est déjà très satisfaisant.
- Le monoplan Lidy appartient à cette catégorie de planeurs minuscules se comportant avec une certaine assurance dans l’atmosphère calme. Il est constitué par deux plans, de 60 cm. d’envergure et 20 cm de largeur, faits d’étoffe tendue sur un cadre de fils d’aluminium. , 1
- Au centre se trouve le moteur, un faisceau de caoutchouc que l’on tord en imprimant à l’hélice, placée
- L’aéroplane « Lidy » vu en dessous.
- à l’avant, un mouvement rotatif. Cette hélice est faite de deux plumes opposées piquées dans l’axe. Sous les plans se trouve un autre plan vertical terminé par un gouvernail que l’on oriente à la main avant le lancer. Le plan vertical fixe sert au lancement : l’hélice que le doigt maintient, se met alors à tourneù entraînant l’appareil qui s’élève dans une position révélant un équilibre latéral parfait; il descend ensuite en planant lorsque le moteur a épuisé ses forces. — Le monoplan Lidy est en venté chez M. Plan, 24, rue - des Petites-Ecuries, à Paris.
- p.2x108 - vue 540/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Le développement de Berlin. — Berlin vient de traverser une période dé développement d’une intensité sans égale sur le vieux continent, et dont témoigne le rapide accroissement de sa population. Plus heureuse que New-York, qui, emprisonnée dans une île, exigeait pour s’accroître la construction de nombreux ponts gigantesques et l’organisation d’un important service cle navigation fluviale, Berlin avait à sesr alentours de vastes étendues de terrain plat qui n’opposaient aucun obstacle à son expansion.
- Le Jardin zoologique, situé sur les confins de l’ancien Berlin, semblait, il y a quelques années, constituer l'extrême limite du développement possible de la capitale. Aujourd’hui, cependant, il est débordé de tous côtés par un immense réseau de rues. Le Tiergarten (Bois de Boulogne des Berlinois) qui jusque dans ces derniers temps se trouvait en dehors de la ville est maintenant au centre de « Grand Berlin », au cœur même d’une agglomération de communes fort prospères et presque confondues avec la Métropole,
- Ou sait que l’ambition du Kaiser est de faire de Berlin la cité la plus belle du monde; aussi certains projets d’embellissement sont-ils dus à son initiative personnelle. Bien que la Siegesallee, cette Avenue de la Victoire aux cent statues de marbre blanc qui traverse le Tiergarten, ne se distingue guère par un goût raffiné (comme en font foi les quolibets des Berlinois) ; cette œuvre inspirée par l’Empereur peut au moins revendiquer le mérite d’être unique au monde. Or, on a commencé, il y a quelques années, l’exécution d’un projet bien plus grandiose qui entraînera au moins 60 millions de francs de dépenses. C’est une avenue magnifique, qui conduira du cœur même de Berlin, à travers le Tiergarten et la belle forêt du Grunewald, aux champs militaires de Doeberitz. C’est sur le conseil, lisez B « ordre », de Guillaume II que l’œuvre a été entreprise : l’Empereur y voit non seulement une tentative d’embellissement, mais aussi l’occasion de donner libre cours à ses prédilections militaires, car cette route formera une somptueuse avenue de marche pour les soldats de l’armée impériale, auxquels elle permettra de traverser en ligne droite la distance qui sépare le château de ces champs, de manœuvres.
- Ce projet gigantesque que l’Empereur caresse depuis longtemps, malgré les sommes énormes qu’en engloutit la construction, n’est que médiocrement goûté du public allemand qui ne craint pas de le critiquer ouvertement. C’est un poids supplémentaire ajouté au fardeau si lourd des impôts nécessaires au budget militaire, et les contribuables le supportent sans enthousiasme.
- Quoi qu’il en soit, il est intéressant de connaître les principales caractéristiques de ce projet grandiose appelé à modifier l’aspect d’une des plus grandes capitales de l’Europe.
- La route militaire de Doeberitz est une avenue de 22,5 km de longueur, empruntant, dans sa pi'emière partie — à partir du château impérial — plusieurs Vues existantes : l’avenue des Tilleuls (le célèbre Unter den Linden), la route de Charlottenbourg (traversant le Tiergarten et la nouvelle porte de Charlottenbourg) et la Bismarckstrasse. Après avoir passé sous le nom de Kaiserdamm près du quartier de villas fashionables de Westend, elle traverse le Grunewald jusqu’au lac de Stôssensee, qu’elle franchit sur un pont menant à Pichelswerder, et après avoir traversé la Havel et passé par Pichelsdorf, elle atteint son terminus.
- Les rues empruntées par la première partie de l’avenue,-grâce à leur largeur et leur alignement parfait, ne demandaient aucune retouche. Mais la rue Bismarck a dû être reconstruite de fond en comble. D’apparence assez modeste, il y a envirôn six ans, de 22 à 23 m. de largeur, bordée de maisons de rapport banales et monotones, c’est aujourd’hui une avenue splendide de 5o à 52 m. de largeur, avec de larges trottoirs et trois chaussées, garnie de candélabres électriques et de parterres de fleurs et parcourue par des tramways électriques et une ligne du métropolitain souterrain, créée en prévision du développement futur de cette partie de
- la ligne. A ce trait, on reconnaît bien la discipline allemande. Au lieu de laisser 1 accroissement de la ville se poursuivre au hasard, on lui a tracé les voies à suivre en l’orientant suivant des belles rues spacieuses, pourvues au préalable de tous les moyens de communication, et autour desquelles viendront se grouper dans l’avenir les nouveaux quartiers luxueux.
- La largeur de l’avenue est en général de 60 m. Son centre est occupé par une chaussée bituminée de 18 m. de largeur, destinée aux voitures légères : à gauche une bande large de 9 m. couverte de gazon et de parterres de fleurs sera utilisée plus tard pour une double voie de lignes de tramways. Une avenue cavalière occupe l’autre côté de la chaussée centrale. De part et d’autre de ces sections se trouvent des chaussées de 7,5 m. de large pour les chariots lourds, chaussées établies solidement, avec des pierres concassées et qui renferment des tubes de canalisation ,et d’irrigation en béton. En dessous de la chaussée centrale bituminée l’on a disposé une couche de béton, sur une bande de o,3 m. de pierres finement concassées, surmontée d une couche de 20 cm de pierres plus grandes.
- La route militaire de Doeberitz, éclairée sur toute sa longueur tout entière par des lampes à arc, présentera, surtout la nuit, un coup d’œil vraiment magnifique. Signalons deux constructions particulièrement intéressantes : la porte de Charlottenbourg et le Kaiserdamm. La porte de Charlottenbourg est une énorme et massive structure en piei're, érigée sur un pont qui traverse un bras de rivière aux confins de Berlin et du faubourg de Charlottenbourg. Cette porte coûtera la somme énorme de 1 25o 000 francs.
- Le Kaiserdamm est un grand barrage en sable que l’on a dû construire à travers le lac Stôssensee ; les difficultés d’établissement le rendent intéressant, mais l’esthétique eût préféré un pont. Il est vrai que le fond boueux du lac se prêtait mal à des fondations de piles.
- L’avenue militaire de Doeberitz mérite de fixer l’attention, non pas seulement à cause de ses mérites techniques et de sa destination spéciale, mais aussi pour les sites si charmants qu’elle traverse, sites qui depuis longtemps étaient des lieux d’excursion chers aux Berlinois. Dr Alfred Gradenwitz.
- Nouveau procédé de mesurage des arbres. —
- L’industrie forestière se servait, jusqu’ici, pour le mesurage des arbres sur pied, et notamment pour la détermination de leur circonférence à différents niveaux, de procédés plus ou moins compliqués, nécessitant une certaine habitude.
- On conçoit que la détermination exacte des dimensions des arbres a une très grande importance autant pour l’estimation de leur valeur, au point de vue de la vente, que pour se rendre compte, très approximativement, du parti que l’on en peut tirer dans l’industrie du bois (bois d’œuvre ou bois de fente, etc.). Jusqu’à présent, on a employé l’échelle simple et à coulisse, qui ne permet pas d’atteindre des hauteurs supérieures à 10 ou 12 mètres.
- A la station de recherches forestières de Nancy, on s’est livré à des recherches en vue de disposer d’un procédé plus pratique de mesurage des arbres. M. E. Cuif, un forestier, vient de faire adopter un procédé nouveau, remarquable par sa précision et sa rapidité. Yoici en quoi consiste ce système appelé à rendre de grands services aux sylviculteurs, industriels et marchands de bois :
- Les mains des opérateurs sont remplacées par deux porte-rubans, entièrement semblables, se composant d’une pièce en bois, percée d’une fente, dans laquelle l’extrémité du ruban est solidement maintenue, au moyen de deux boulons à oreilles. Cette pièce de bois est elle-même fixée, par deux boulons à oreilles, entre deux plaques de cuivre rivées à une douille de même métal et d’un diamètre intérieur de 0,04 m. La douille est destinée à recevoir l’extrémité d’une perche, en bois aussi léger que possible, dont un boulon assure la liaison.
- Le ruban, fabriqué spécialement pour s’adapter dans
- p.2x109 - vue 541/647
-
-
-
- VARIETES
- les pièces en bois, est en toile cirée renforcée, et a une largeur de 0,04 ni. Il est divisé eu centimètres et les divisions, peintes de deux en deux, en rouge vermillon sur fond blanc, sont rendues très apparentes à distance par un procédé spécial. Le mesurage de l’arbre est pratiqué de la manière suivante :
- Le ruban étant en place, après avoir engagé, dans les douilles, des perches d’une longueur convenable, deux aides redressent simultanément ces perches suivant la verticale, puis ils s’éloignent assez l’un de l’autre pour tendre légèrement le ruban; ensuite, ils amènent ce dernier contre le tronc de l’arbre, au point précis où la circonférence doit être mesurée; tournant alors en sens contraire autour de l’arbre, ils veillent en même temps à ce que le ruban s’applique bien exactement sur l’écorce ;
- enfin, ils font en sorte que le croisement de ses deux extrémités s’opère au-dessus du zéro de la graduation.
- La personne qui dirige l’opération du mesurage n’y. plus alors qu’à lire le ruban, en se servant au besoin d’une jumelle, et elle connaît ainsi la mesure exacte de la circonférence d’un arbre à la hauteur voulue.
- Comme on le voit, ce procédé est extrêmement simple. Il est aussi — et c’est là surtout" qu’il retient l’attention — d’une précision remarquable. 11 réalise donc un progrès notable et, à ce titre, mérite d’être signalé.
- L’Administration forestière, de même que les propriétaires, les adjudicataires de coupes de bois et l’industrie qui achète les bois bruts, non abattus, apprécieront les sérieux avantages inhérents à ce nouveau procédé de mesurage des arbres. Henri Blin.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La scarlatine et les saisons. — Certaines maladies ont des périodes de recrudescence très marquées : dès que le froid sévit un peu intense, on voit le chiffre de la mortalité, dans la statistique dressée avec soin par le D' Bertillon, monter d’une semaine à l’autre, s’enfler de 100, ‘ioo cas et parfois plus, presque tous dus aux maladies des vQies respiratoires. La grippe redouble ses méfaits dès l’entrée de l’hiver. La fièvre typhoïde apparaît en général plus fréquente au printemps. La scarlatine aurait aussi d’étroits rapports avec telle ou telle saison, s’il faut en croire la note communiquée à la Société météorologique écossaise par sir Arthur Mitchell.
- A Londres, le chiffre des décès par scarlatine s’élève au-dessus de la moyenne du milieu d’août au commencement de janvier, le maximum se montrant en octobre, le minimum en avril. Ces faits reposent sur une série
- d’observations portant sur trente années ; du reste, la courbe de mortalité est sensiblement la même d’une année à l’autre.
- En Ecosse, linfluence saisonnière semble être la même qu’à Londres; dans huit des principales villes, Glasgow, Edimbourg, Dundee, Aberdeen, Greenock, Paisley, Leith et Pertu la courbe de mortalité est calquée sur la courbe de trente années de Londres. Même dans les années d’épidémie, l’influence saisonnière apparaît également pour l'ascension ou la diminution du taux de mortalité. Il sera intéressant de voir, quand les statistiques auront été publiées, si l’épidémie de scarlatine qui a sévi en 1907-1908 à Paris a obéi aux mêmes lois cosmiques; c’est vraisemblable puisque nous avons maintenant le même régime climatérique qu’à Londres.
- D1 A. C.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Ponte de l’aluminium. — On recommande beaucoup, lorsqu’on exécute la fonte d’objets en aluminium, d’employer des moules en carborundum. Ce produit est très bon conducteur de la chaleur. Le métal coulé dans un tel moule se refroidit donc très rapidement en surface ; il se produit une sorte de trempe partielle, que l’on n’observe point dans le cas des moules en sable et qui confère au métal un grain plus fin et plus serré. La fabrication de ces moules en carborundum s’opère en mélangeant à sec 4,53o kg de carborundum en poudre fine avec o,34o de sucre et 0,283 d’argile; on humecte d’eau et l’on a une masse plastique à laquelle on donne la forme désirée.
- Comment dévisser une borne d’accumulateur oxydée. — Ou sait combien facilement s’oxydent les bornes de la plupart des accumulateurs, tout au moins de ceux qui ne possèdent pas encore de bornes inoxydables. Cette oxydation est très rapide et a vite fait de souder l’écrou sur sa tige. Voici un moyen simple de dévisser l’écrou ainsi immobilisé : Faire chauffer les mâchoires d’une vieille pince ; la serrer sur l’écrou pour le réchauffer ; puis, au bout d’un instant, desserrer l’écrou, qui viendra facilement. On peut compléter l’opération en badigeonnant l’écrou avec du pétrole quelques minutes avant l’application de la pince chaude ; ce badigeonnage est du meilleur effet. Il faudra alors nettoyer à fond l’écrou et l’enduire d’huile propre avant de le remonter.
- Nettoyage du velours. — Frotter le velours avec un linge imbibé d’ammoniaque liquide, puis le laver à l’essence de térébenthine. Pour redresser les poils, on peut procéder de la manière suivante : attacher le velours avec des épingles sur un gros canevas fixé sur un cadre quelconque, recouvrir le revers de l’étoffe avec une serviette mouillée, puis exposer à l’action d’un bon feu. L’eau de la serviette se vaporisera et, en traversant le velours, redressera les poils.
- Pour faire briller les meubles. — Prenez un morceau de flanelle douce; roulez-le en boule, ou en tampon et enveloppez-le d un morceau de toile usagé, bien tendue autour du tampon. Laissez tomber sur celui-ci deux gouttes d’huile d amande et deux gouttes d’esprit de vin, et frottez la surface à polir en ayant soin de toujours décrire des sortes de petits cercles jusqu’à ce que la polissure reluise au point voulu. Ne jamais prendre qu’une petite surface à la fois et n’employer que de la toile propre pour cette opération.
- Cirages de confection facile. — i° Cirage pour cuirs jaunes. — Faites fondre au bain-marie i5o gr. de cire jaune d’abeilles; quand la cire est fondue, retirez le bain-marie du feu en y laissant la cire, et ajoutez un demi-décilitre d essence de térébenthine en mélangeant intimement. 20 Autre cirage pour cuirs jaunes. — Faites fondre au bain-marie : 4° gr. de vaseline et 40 g1*- de cire jaune d’abeilles. Après avoir retiré du feu, ajoutez dans la masse en fusion 20 gr. d’essence de térébenthine. 3° Cirage pour les cuirs noirs. — Colorez simplement les préparations ci-dessus par l’addition d’un tiers de leur volume de vernis noir dit vernis à l’essence, ou d’une quantité suffisante de noir d’ivoire en poudre impalpable pour obtenir un beau noir, soit 20 gr. de noir d’ivoire pour 100 gr. de vernis.
- Pour protéger la peinture sur fer. — Il arrive très souvent que les enduits étendus à la surface du fer se pèlent et s’écaillent sous l’action des intempéries; pour obvier à cet inconvénient qui laisse le métal à nu, il faut laver le métal avant d’y passer l’enduit, puis le recouvrir immédiatement d’une couche d’huile de lin bouillante; pour les petits objets on les chauffe d’abord, puis on les plonge dans cette huile. Celle-ci pénètre dans tous les pores du métal et la peinture que l’on met ensuite adhère admirablement sur les surfaces ainsi préparées.
- p.2x110 - vue 542/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. - Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Kilo répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Navarro, à Collioure. — Il vient de paraître, précisément, chez Coulet et fils, éditeurs, 5, Grand’Rue, à Montpellier, un ouvrage tout nouveau, intitulé : Les dérivés tartriques de la vendange, par Jules Ventre, préparateur au laboratoire de technologie, à l’Ecole nationale d’agriculture de Montpellier. Prix : afr,5o. L auteur étudie les tartres, lies, produits tartriques dérivés du marc, extraction du tartre, raffinage de la crème du tartre, fabrication de l’acide tar-trique, etc. A cette même librairie Coulet, vous trouverez les ouvrages suivants, qui me paraissent devoir vous intéresser : le tome III de l’ouvrage de Coste-Floret « Procédés modernes de vinification » : Les résidus de la vendange (marcs, piquettes, distillatiou, lies, tartres, etc.). Prix : 3 francs. — Traité de la distillation des produits agricoles et industriels, par Frilsch et Guillemin. Prix : 8 francs. — Distillation des vins, marcs, etc., par Male-peyre. Prix : 3 francs. — Guide pratique du distillateur (vins et autres), par Robinet. Prix : 5 francs. — Manuel pratique de la fabrication des alcools (vins et autres), par Robinet et Canu. Prix : 3 francs. — L industrie vinicole méridionale, par L. Roos (il y a une division consacrée à l’utilisation des sous-produits de la vendange : marcs, etc.). Prix : 5fr,5o. — Guide pratique du fabricant d’alcools, par Victor Sébastian. Prix : 7 francs. — Traité général de la vigne et du vin, par Emile Viard. Prix : i5 francs. (Cet ouvrage traite aussi des résidus de la vigne et des vins). Pour vous renseigner plus complètement encore, si possible, vous pourriez vous adresser directement : à M. Roos, directeur de la station œnologique de l’Hérault, à Montpellier; à M. Astruc, directeur de la station œnologique du Gard, à Nîmes; à M. Sémichon, directeur de la station œnologique de l’Aude, à Narbonne, et aussi au professeur départemental d’agriculture des Pyrénées-Orientales, à Perpignan, qui est tout indiqué, en la circonstance.
- M. Jean, à El Molia.— Vous avez parfaitement raison', et nous indiquons le prix des objets décrits chaque fois que nous le connaissons exactement.
- M. L. L., & Noisy. — Vous vous servirez utilement
- de l’appareil de MM. Lévy et Pécoul pour doser l’oxyde de carbone. Vous le trouverez chez M. Poullenc, 118, boulevard Saint-Germain.
- M. L. Kaufmann, à Fleurier. — Il faut un compresseur pour pouvoir comprimer le gaz à une certaine pression dans le récipient, et en transporter ainsi une masse appréciable.
- M. P. L. N° 40. — Le phosphate de soude pur est soluble dans l’eau distillée. Il y a peut-être eu erreur sur le produit qui vous a été délivré. Pour nettoyer les marbres, faire une pâte avec de l’argile ordinaire et de la benzine, et l’appliquer sur les taches, en laissant plus ou moins longtemps suivant l’épaisseur de celles-ci. Si le poli du marbre est localement enlevé on n’aura qu’à repolir.
- M. 1. Soûl, à Caen. — Pour percer le verre, on emploie un foret de perceuse, comme pour percer un autre corps. Mais il faut que la mèche ait une trempe spéciale. On la chauffe d’abord au rouge sombre dans une flamme d’alcool ou de gaz; puis on la plonge dans un bain de mercure. Il vaut mieux que la mèche ait des angles un peu adoucis. Le perçage doit être conduit lentement en humectant avec de l’huile de térébenthine, mêlée d’un peu de camphre.
- M. le baron de K., Le Moutchic. — Nous ne connaissons pas d’appareil optique permettant de voir clair la nuit. Pour avoir un point de mire lumineux, la nuit, il suffit de l’enduire de sulfure de calcium phosphorescent que vous pourrez vous procurer par l’intermédiaire d’un droguiste.
- M. Neyrod, à Paris. — Le procédé employé pour les fondations du Palais de Justice est, eu effet, le procédé Dulac, acquis et perfectionné par la Société Com-pressol, 1, rue Danton.
- M. Vergotis, à Paris. —Voyez les Eléments d’aviation deïatin, chez Dunod et Pinat, 1 e Problème de l’aviation, par Armengaud, chez Delagrave ; l’Aviation, par Soreau. Communication aux ingénieurs civils de France, juillet 1908.
- MM. Murer et Duroni, à Milan et M. R. Veen, à Ta-lence. — Appareil de détermination des hautes températures dans les essais industriels [La Nature, i3 février, p. 8r, supp.) : écrire à M. Skirrow, aux bons soins de M. Watson Smith, éditeur du Journal of the Society of Chemical industry. 34, Apper Park Road, Haverstock Hill, Londres, N. W. — Gaz Blau (La Nature, 16 janvier, p. 49, supp.), écrire à M. W. Hallock, même adresse.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le nouveau téléstéréogvaphc Belin : Jacques Boyer. — La sécurité de, la navigation par la télégraphie sans fil : B.-G.-B. — Le voyage d’une cigogne : Joseph Delsaux. — Mitrailleuses automatiques : A. B. — Les radiations : L. De Launay. — Aviation, un stabilisateur automatique pour aéroplanes : Lucien Fournier. — Académie des sciences ; séance du i2 février 19°9 CH- de Villedeuil. — Gravures rupestrcs do là Nouvelle-Calédonie : Jean-Paul Lafitte. :
- Supplément. — Les sinistrés de Gutenberg. — Torpille dirigée par les ondes hertziennes. — La prévision du temps à Paris.^ — La récolte des cidres en 1908, etc. — Le haut relief en gélatine. — Nettoyage et polissage de raluminium, etc.
- Les speùédknées de la soie. Lès soies artificielles, par A. CûAéLfcT et II. Rousset. In-8 (19-12) de 168 pages, avec içj figures; 1908. (jEncyclopédie scientifique des Aide-Mémoire). Masson et Ci0, éditeurs. Paris. Prix : a'r,5o.
- La fabrication des soies artificielles est au premier rang de tous les procédés de la chimie industrielle,
- par son importance et l’ingéniosité de ses méthodes. Cet ouvrage renseignera exactement les différents procédés, sur l’appareillage des usines et leurs résultats financiers, les propriétés et les applications des fibres artificielles. Les auteurs ont mentionné tous les brevets pris ces dernières années, avec indication exacte de la source. Ajoutons que ce qu’aurait d’aride l’énumération de l’exposé des procédés industriels est heureusement corrigé par des digressions intéressantes.
- L’année électrique, électrothérapique et radiographique. Revue annuelle des progrès électriques en 1908, par le Dr Foréau de Gourmelles. x vol. de 3io pages. Béranger, Paris.
- Résumé rapide des principales nouveautés électriques de l’année et les travaux les plus importants sur ce sujet.
- Les vieilles villes des Flandres (Belgique et Flandre française), par A. Robida. 155 grav. et une eau-forte. Librairie Dorbon aîné, 53 ter, quai des Grands-Augustins, Paris. Prix : i5 francs.
- p.2x111 - vue 543/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE |
- Toute la Flandre est figurée là, de Cambrai àYpres, de Valenciennes à Bruges, de Lille à Gand, de Douai à Louvain, de la cathédrale d’Anvers à la place de l’Hôtel-de-Ville de Bruxelles, dans toute sa parure architecturale de dentelles, fouillée par une plume experte et un crayon habile. Il faut savoir gré à l’auteur de nous conserver le souvenir de richesses disparues ou qui vont disparaître, à l’aide de la patiente érudition et du beau talent qu’il a mis au sei'vice d’une œuvre d’un très haut intérêt.
- Guide pratique du chauffeur d’automobiles, par R. Champly. i vol. illustré, 38o pages. Chez Desforges. Paris.
- Résumé des notions essentielles sur la conduite des voitures, l’entretien des moteurs à essence, les réparations, la législation. Description complète des divers organes de la voiture. L’ouvrage contient de nombreux et d’utiles conseils pratiques.
- Fréjus. — Nimes. —- Aix-en-Provence, par J. Charles-Roux, ancien député. 3 vol. in-16 avec jolies gravures hors texte. Bibliothèque régionaliste, Bloud et G6, éditeurs, 4> rue Madame, Paris. Prix : x franc, franco,
- Ifr,20.
- On ne saui’ait ti'op recommander ces trois charmantes monographies.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMETRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 fév. 1909 . „ 9,0 1 N. E. 2. Beau. p Gelée blanche; givre; brume; beau.
- Mardi 25 - 1°8 N. N. E. 2. Peu nuageux. » Gelée blanche; brume; peu nuageux.
- Mercredi 24 — o° 5 N. E. 2. Beau. » Gelée 1)1.; givre; beau jusqu’à 18 b.: nuageux ensuite.
- Jeudi 25 — 2®,1 N. N. E. 2. Neige. 0,1 Gelée bl.; neige le matin; couv. jusq. 16 b.; beau ensuite.
- Vendredi 26 — 4°,5 N. N. E. 4. Couvert. 0,0 Eclaircies à 13-14 b.; neige à 17 b. 50.
- Samedi 27 — 5°,4 E. N. E. 1. Couvert. 1.0 Neige le matin et le soir; très nuageux.
- Dimanche 28 .... — 5° 0. S. S. E. 0. Neige. 3.0 Presque couvert ; neige une partie du temps.
- FÉVRIER 1909. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 FÉVRIER 1909.
- Lundi I Ihn-di | Mercredi | Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu nul (puent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramène a 0, au mveau de la mer); courbe plus mince, thermomctie alabu a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à Vabri à boule mouillée.
- Du 22 au 28 février. — Le 22. Aire de forte pression sur tout le continent : O. de la France, 771 ; Pays-Bas, 776; Moscou, 780. Pluies et neiges sur l’Europe centrale. Température du matin : Moscou, —180; Paris, — 2; Alger, 10; Puy de Dôme, —6; moyenne à Paris : 2°,6 (normale : 3°,9). — Le 23. Baisse sur le S.-O. ; pression supérieure à 770 sur tout le N. (Russie, 782). Faibles chutes de pluie et de neige sur le Centre et lé S. Temp. du matin : Hermanstadt, —200; Paris, 2; Alger, 11; Puy de Dôme, —7; moyenne à Paris : o°,8 (normale : 3°,9). — Le 24. Dépression sur la Méditerranée : Ajaccio, 755; N. de la France, 771; Russie, 788. Quelques pluies sur les Iles-Bi'itanniques, faibles chutes de neige sur l’Allemagne et la Scandinavie. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, —io°; Paris, —6; Alger, 10; Puy de Dôme, —14 ; moyenne à Paris : —1°,6 (normale : 4°). — Le 25. Baisse accentuée, sur la Méditerranée : Ajaccio, 752; Moscou, 788; Stockholm, 780; îles Feroé, 774. Faibles chutes de neige sur le N. de la France, la Suisse et le N. de l’Italie. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, —140; Paris, —5; Alger, xo; Puy
- de Dôme, —16; moyenne à Paris : —1°,9 (normale : 4°,i). — Le 26. Même situation : Russie, 782; Norvège, 779; îles Fex'oé, 778; Cagliari, 7X6. Neige sur l’0. de l’Europe; en France : Nemours, 14 mm; Ajaccio, t3; Limoges, BoxMeaux, ^Besançon, Paris, 1. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, —-140 ; Paris, - 4;. Alger, 8; Puy de Dôme — i3; moyenne à Paris : ;— 20,1 (normale : 4°,2),— Le 27. Baisse sur toute l’Europe : Russie, Islande, Ecosse, 77a ; Rochefort, 764. Pluies abondantes sur le S. de l’Autriche et de. l’Italie, faibles chutes de neige sur l’O. ; en France : Besançon, Biarritz, 4; Nantes, Limoges, 1. Temp. du matin : Berne, —13°;'Paris,
- — 3; Alger, 7; Puy de Dôme, — i3; moyenne à Paris :
- — i°,9 (normale : 4°,3). — Le 28. Baisse continue, surtout sur 10., avec fortes pressions sur lTslândé et la Russie. Neiges sur le N. et FO. de l’Europe ; en France : Le Havre, 2; Boulogne, Pai’is, Brest, 1. Temp. du matin : Hapai’anda, — 15°; Paris, — 3; Puy de Dôme, — i3; moyenne à Paris : — i° (normale : 4°,4)- Phases de la Lune : Premier Quartier le 27, à 2 h. 58 m. du matin.
- p.2x112 - vue 544/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Natu-e » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N’ 1868 — 13 MARS 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Nécrologie : O. T. Mason. — Otis Tufton Mason, né en 1838, mort en 1908, était depuis plusieurs années à la tête du service d’ethnologie du musée national des Etats-Unis. Grand travailleur, esprit objectif et fin, il a produit de nombreux travaux de valeur, parmi lesquels nous citerons principalement : Woman's share in Primitive Culture [Le rôle de la femme dans la civilisation primitive], i8g5, et The Origins of Invention : a study of Industry among primitive peoples [Les premières inventions, étude sur l’industrie primitive], 1895, qui sont les plus significatifs de sa méthode. On lui doit en outre des ouvrages pleins d’intérêt, sur : les berceaux des indigènes américains (1887), l’influence du milieu sur les industries et les arts (1896), la vannerie des indigènes américains (1904), etc.
- L’Aéronautique à la Chambre des représentants des Etats-Unis. — Le Congrès des Etats-Unis vient de repousser une proposition dé loi portant établissement d’un crédit de 5oo 000 dollars, à consacrer à la création et au perfectionnement de dirigeables et d’aéroplanes militaires. Cette décision est quelque peu surprenante dans un pays qui jusqu’ici nous a plus habitués aux initiatives hardies, téméraires, qu’aux décisions prudentes, voire timorées.
- Un bolide vu au Mans. — Un de nos abonnés, M. Po-lart, nous signale un intéressant phénomène qu’il a observé au Mans. Le lundi 22 février vers 7'“ 45 du soir, au Mans, le ciel étant parfaitement pur et faiblement éclairé à l’Ouest par la lune nouvelle (2e jour), un globe lumineux a traversé l’espace du Nord-Ouest à l’Ouest en laissant derrière lui un sillon lumineux presque horizontal, sa légère concavité tournée vers la terre. Le diamètre de ce globe paraissait être environ le quart du diamètre apparent de la Lune. Son éclat était celui d’une planète, plus lumineux toutefois en proportion de sa surface. Il apparut au Nord-Ouest un peu au-dessus de l’étoile ô de la constellation du Cygne, se déplaça rapidement vers l’Ouest, et s’éteignit subitement après unè course d’une durée de 3" environ, vers la constellation du Lézard dans l’alignement vertical de Cassiopée. Après la disparition de ce globe lumineux, le sillon qu’il avait tracé resta nettement apparent bien que très affaibli, pendant au moins 20 minutes, et sensiblement au point où s’était produite l’extinction, une sorte de nuée faiblement lumineuse se développa vers le zénith. L’intensité lumineuse du sillon et de la nuée variait à chaque instant en chacun de leurs points, à la façon d’une matière phosphorescente. Dix minutes environ après la formation de la nuée, une petite étoile filante s’en est détachée dans la direction indiquée sur le croquis. Au bout de 2S minutes, le phénomène s’est affaibli progressivement jusqu’à sa disparition complète.
- Les actions de la lumière solaire sur les verres incolores. — Les verres qui renferment une proportion assez grande de manganèse prennent une coloration vio-
- lette d’autant plus intense qu’il y a plus de manganèse, quand on les expose pendant un mois à la lumière solaire. Les différentes sortes de verre qui ne renferment qu’une trace de manganèse se colorent en moins d’une année et la coloration augmente avec le temps. Cette coloration n’est d’ailleurs pas caractéristique de la présence du manganèse, car le verre d’Iéna, qui en contient aussi une certaine quantité, ne prend aucune coloration. On a observé, pour les verres colorables, qu’un fond violet active l’effet de la lumièi'e, tandis qu’un fond brun ou noir la retarde.
- Influence du radium sur la décomposition de l’acide iodhydrique. — On sait que les solutions d’acide iodhydrique se décomposent avec le temps en mettant de l’iode en liberté. En opérant sur une solution de cet acide dans l’eau rigoureusement pure, MM. Creighton et Mac Kenzie ont constaté qu'aux températures inférieures à 24°, la quantité d’iode mise en liberté, dans une solution d’acide iodhydriqué maintenue à l’obscurité, est accrue par la présence du radium. A 36°, cette quantité, d’abord plus grande en présence du radium, devient plus faible au bout de vingt-deux heures. L’acide iodhydrique n’est décomposé, ni par la lumière solaire', ni par les rayons du radium en l’absence d’oxygène. Ces expériences montrent donc encore une nouvelle faculté du radium à la décomposition et à la recombinaison de certains éléments chimiques.
- L’émaillage à l’antimoine. — On a mis en vente dans ces derniers temps des ustensiles de cuisine dont l’émail blanc avait été obtenu avec des composés d’antimoine. On a constaté que ces émaux sont nuisibles car, outre qu’ils contiennent aussi de l’arsenic et du plomb, ils ne sont pas résistants à l’eau et se désagrègent rapidement. C’est donc là une substitution condamnable.
- Le nitrite de sodium. — Le nitrite de sodium est un produit très employé actuellement comme agent de diazotation pour la fabrication des matières colorantes azoïques et son usage s’est beaucoup répandu. Il existe plusieurs procédés de préparation de ce composé. Tout d’abord, en partant du nitrate de sodium, on peut obtenir le nitrite par décomposition thermique, par simple chauffage; mais cette méthode est peu pratique par suite de la décomposition presque simultanée du nitrite en oxyde sous l’action de cette même chaleur, en sorte qu’on n’est jamais sûr de s’arrêter au point précis de la décomposition simple en nitrite. On peut encore préparer le nitrite de sodium par réduction du nitrate par le plomb, ou parles sulfures ouïes sulfites métalliques. Dans le premier cas, la fabrication constitue une annexe de la production des oxydes de plomb, le plomb employé à la réduction se transformant en litharge. On produit encore les nitrites en condensant les vapeurs nitreuses, obtenues par un procédé quelconque, dans la soude.
- p.2x113 - vue 545/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- Enfin des expériences récentes ont été eflectuées pour obtenir le nitrite de sodium en partant du nitrate de calcium qu’on réduirait par le sulfure et le sulfite de sodium, d’après l’équation suivante :
- 3 Ca (Az O3)2 + Na2 S + 2Na*S0s = ÔNaAzO* + 3CaS04 Nitrate de Sulfure Sulfite de Nitrite de Sulfate de calcium de sodium sodium sodium calcium
- On peut encore remplacer ce mélange par celui de soufre et de soude caustique :
- 3Ca (AzO3)2 + 2S + 6 Na OH = 2CaS0* -j- Ca(OIi)2 + GNaAzO2 Nitrate de Soufre Soude Sulfate Chaux Nitrite de
- sodium de calcium sodium
- Le sulfate de chaux se précipite dans les deux cas par suite de sa faible solubilité dans l’eau; quant à la chaux produite dans le second cas, on peut la précipiter par l’acide sulfurique ou l’acide carbonique. Le nitrite de sodium resté dans les eaux mères est mis à cristalliser et peut alors être vendu dans le commerce à des conditions assez avantageuses.
- Un dirigeable en bois. — Un professeur de l’Université de Dantzig, aidé de deux ingénieurs, vient de se mettre à l’étude d’un dirigeable rigide, genre Zeppelin, dont la carcasse, au lieu d’être faite en aluminium, serait constituée entièrement par du bois de saule et de peuplier. La carcasse a la forme d’un para-boloïde de ioo m. de long et 17 m. de diamètre au maître-couple porté très à l’avant, l’arrière se terminant par une pointe effilée. Cette carcasse est divisée en un certain nombre de ballons-réservoirs revêtus d’un enduit les isolant les uns des autres et recouverts d’une enveloppe, exactement comme dans le Zeppelin. Une pompe centrifuge est appelée à égaliser la pression dans tous les réservoirs. Les tiges constituant l’armature seront formées de lattes collées et présentant un creux tourné vers l’intérieur du ballon. Des tiges de ce genre, de 4 m. de long, reposant sur leurs extrémités, peuvent supporter un poids de 80 kg en leur milieu sans se rompre. Un modèle de carcasse, de 20 m. de long, a été construit pour servir à certaines expériences; sa rigidité et sa légèreté étaient telles que deux hommes le soulevaient facilement en te tenant par ses pointes ; on est même parvenu à lui faire subir une assez forte torsion sans qu il en souiîre. Les ingénieurs ont calculé qu’une armature ainsi construite pèse 3ooo kg de moins qu’une armature en aluminium de mêmes dimensions ; Zeppelin a eu besoin de 80000 boulons; Rettig, l’un des constructeurs du nouvel auto-ballon, en aura assez de 5ao. Enfin, autre avantage, le travail du bois est beaucoup plus facile et plus rapide que celui du métal. La nacelle aura 40 m. de longueur et 4 m- fie large. Elle sera pourvue de deux moteurs de i5o chevaux chacun qui entraîneront directement les hélices. Celles-ci pourront être à la fois tractives, directrices et sustenta-triccs, ce qui permettrait au ballon d’atteindre 2000 m. de hauteur et de descendre ensuite sans perte de gaz. L’un des propulseurs peut même être tracteur pendant que l’autre produisait un recul; on espère ainsi pouvoir réaliser les virages sur place. De même, en orientant convenablement les hélices, on pourrait s’élever en gardant l’horizontalité parfaite de l’appareil. Ce nouveau ballon dirigeable doit être mis incessamment en chantier par MM. Schütte, professeur de construction navale à l’Université de Dantzig, Rettig et Pingel ingénieurs. Il est destiné à l’armée.
- Les mines en Chine. — La lecture des journaux de Chine imprimés en anglais ou en français nous apporte d’intéressantes informations sur les projets industriels des Chinois, qui semblent résolus à exploiter leurs richesses minérales en recourant le moins possible aux capitaux étrangers. Dans le Kouang-Toung, un syndicat exclusivement chinois s’est constitué dans le but d’obtenir du gouvernement l’autorisation de mettre en valeur les gisements métallifères découverts depuis peu dans cette province. D’autre part, le vice-roi de Kouang-Si a constitué une Commission qui ira étudier aux Etats Unis le fonctionnement de l’industrie minière. Le vice-roi Tcliang a constitué à Canton un « bureau d’Afîaires générales minières » qui sera chargé d’organiser une Compagnie au capital de 5o millions, les fonds devant être souscrits par le gouvernement et par les marchands chinois de Canton. La Compagnie s’occupera tout d’abord d’exploiter les mines de houille et
- d’antimoine découvertes dans les districts de Hol-Kin et de Pun-Yiu. Elle se munira de l'outillage le plus perfectionné, et, en cas de succès, augmentera son capital pour exploiter d’autres mines dans la province. Signalons encore la fondation d’un syndicat qui sollicite l’autorisation de mettre en exploitation de très riches gisements de houille dans la province de Chensi. Complétons ces renseignements par plusieurs informations qui montrent que l’éveil industriel du vaste empire est en bonne voie. D’accord avec le ministère de la Guerre, le vice-roi de la province de Chilili a avancé une somme considérable à un syndicat indigène qui organise la mise en exploitation des riches minerais de fer de Chan-Si et l’établissement d’une importante fonderie, qui fournira avant peu à l’arsenal de Peiyang et aux Compagnies de chemins de fer de la province le fer et l’acier qu’elles demandent actuellement à l’industrie étrangère. Une Compagnie, au capital de jo millions, s’est formée à Tientsin dans le but d’établir une fabrique de clous et de fils de fer.
- Espagne. Divers produits minéraux en 1906 et 1907. — Le minerai de fer est le principal produit minéral de l’Esjaagne, d'autres produits minéraux sont également intéressants, mais à un moindre titre. Voici, d’après JDireccion de contribuciones lmpuestas y Renias, les tonnages (tonnes métriques) produits en 1907, avec le rapprochement de la production correspondante de 1906 :
- 190G 1907
- Antimoine.................
- Asphalte..................
- Mercure...................
- Soufre....................
- Zinc................. . .
- Cuivre et pyrites de cuivre.
- Etain.....................
- Phosphorite.............. .
- Graphite..................
- Minerai de fer............
- Manganite.................
- Argent....................
- Plomb.....................
- Plomb argentifère.........
- W olf ram.................
- 180
- 7-794 26,186 28.g65
- 170.383
- 2.888.777
- 7
- 1.3oo
- 9.448 533
- 470 io5.og5 158.424 ?
- 1 6ao(‘)
- 26.63a i26.35i (2) 3.376.041
- ?-94 3.078 - 2.473.
- 10.072.709
- 33.916
- 648
- 276.021
- i5.54i
- i63
- 1) Non compris Almaden.
- 2) Blendo et Calamine.
- L’ammoniaque et les métaux chauffés. — L’ammoniaque se comporte différemment avec les métaux chauffés suivant leur nature et deux auteurs anglais, MM. Henderson et Galletly, ont voulu récemment approfondir le mécanisme de ces réactions. Ils ont chauffé en présence d’ammoniaque les métaux suivants : manganèse, chrome, molybdène, tungstène, titane, étain, plomb, zinc, cadmium, aluminium et palladium. Ils ont constaté dans tous les cas que l’ammoniaque a été décomposé avec formation vraisemblable d’un azoture des métaux correspondants ; cet azoture, d ailleurs, n’avait qu’une existence provisoire et pouvait ensuite dégager son azote, car, en général, les températures de formation et de décomposition des azotures sont très voisines les unes des autres.
- Les pierres précieuses aux Indes. — Un rapport consulaire de Calcutta donne quelques renseignements sur l’industrie des pierres précieuses dans la péninsule hindoustanique, pendant les douze mois de 1907. Madras a exporté pour jSooo fr. de corindon, quantité qu’ont accaparée les traficants chinois. Le district de Myitkyina (Birmanie) a produit pour 200000 fr. de jade et de jadéite, quantité inférieure de près d’un tiers à la production de la précédente année. La valeur des rubis exportés par la Birmanie a été de près de 3 millions de francs, mais la production a diminué en conséquence de la baisse de prix de cette pierre, menacée gravement par le rubis artificiel. Dans le même district de Myitkyina, dont nous parlions plus haut, on a extrait deux tonnes et demi d’ambre valant environ 10000 fr. La production de la précédente année avait été de 17600 fr. Cette industrie de l’ambre est en complète décadence et les maigres profits qu’elle rapporte découragent les mineurs.
- p.2x114 - vue 546/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- r> Automobilisme
- Couvre-manivelle. — Malgré les appareils de mise en marche automatique des moteurs à explosion, la plupart des voitures portent encore l’indispensable manivelle de lancement. Pendant la marche, cette manivelle
- se livre à une danse peu gracieuse; aussi les chaul-l'eurs l’immobilisent souvent avec une courroie ou une ficelle. Cela n’empêche pas la poignée de recevoir delà poussière, de la boue, de l’huile, dont s’imprègnent ensuite copieusement les doigts après chaque dé-Couvre-manivelle. part. Les Anglais, gens pra-
- tiques, ont imaginé, pour supprimer cet inconvénient, un couvre-manivelle, sorte de fourreau dont on recouvre la poignée et que l’on fixe au châssis par la courroie à laquelle elle est attachée. C’est simple et utile. — Le couvre-manivelle est en vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Scribe, à Paris.
- **> !Projections
- Lampe électrique pour projections à réglage automatique. — Les projections se font aujourd’hui de plus en plus à la lumière électrique ; c’est l’éclairage à la fois le plus intense et le plus commode, il est maintenant à la portée d’un grand nombre de personnes. Les lampes dont les charbons se règlent à la main sont peu coûteuses, c’est ce qui justifie leur emploi assez répandu ; cependant elles ont l’inconvénient de nécessiter une surveillance constante, si on veut avoir une lumière uniforme pour toutes les vues projetées. Il existe un assez grand nombre de régulateurs automatiques, mais celui que vient de construire M. Turillon, le successeur bien connu de l’opticien Darlot, a l’avantage d’être peu compliqué, ce qui n’empêche pas sa marche parfaite. Les charbons sont placés à l’extrémité de deux bras delevier formant un angle qui peut être varié par le jeu d’une vis sans fin agissant sur un engrenage. On peut donc les rapprocher ou les éloigner à volonté, en agissant à la main sur la tête de cette vis; mais une fois qu’ils ont été mis en contact et que le courant passe, il n’y a plus à y toucher, leur rapprochement se fait automatiquement au fur et à mesure des besoins.
- A cet effet, la tête de la vis de manœuvre se termine par une roue M portant des dents taillées comme celles d’une roue à rochet; sur celles-ci vient s’appuyer un ressort muni d’un crochet qui entraînera la roue toujours dans le même sens, s’il est animé d’un mouvement de va et vient. Or ce mouvement lui sera communiqué par l’armature d’un électro-aimant E qui est montée comme le trembleur d’une sonnerie électrique. Quand le courant passe dans la bobine E, la roue M est donc entraînée dans le sens voulu pour rapprocher les charbons. Cela ne se produit que quand Tare est sur le point d’atteindre une trop grande longueur, il offre à ce moment une résistance supérieure à celle de la bobine E, qui est en dérivation sur le circuit, et il choisit le chemin le moins résistant. Quand les charbons se sont suffisamment rapprochés pour que l’arc ait sa valeur normale, la résis-
- Régulateur de M. Turillon.
- tance en E devient la plus forte et le mouvement s’arrête. Il s’établit ainsi constamment un équilibre qui maintient toujours l’arc à sa valeur normale. Un bouton B permet d’éloigner de M le crochet d’entraînement quand on veut manœuvrer la vis à la main pour mettre la lampe en marche au début. Au moyen des boutons N et P, on déplace l’ensemble dans le sens de la hauteur et de la largeur pour centrer très exactement le point lumineux en face du condensateur. Par suite de la disposition du charbon positif qui est monté presque horizontalement, celui-ci présente le cratère, point extrêmement brillant, bien au foyer du système optique et on obtient le meilleur rendement. — Chez M. Turillon, 99, rue Lafayette, à Paris.
- **> Jeux <«*
- Comment on ramasse les billes.
- Pop in tow. — C’est un jeu très curieux que le Pop in tow, et il semble appelé à trouver à Paris bon accueil, non seulement parce qu’il nous vient de New-York, ce qui serait à la rigueur suffisant mais aussi parce que très amusant, il réserve plus d’une surprise. Le Pop in tow se joue à 2, 3 ou 4
- joueurs, et se compose de 2, 3 ou 4 petits cônes, suivant le nombre des joueurs, ceux-ci s’arment chacun d’une petite pelle de bois de couleur correspondante au cône qu’il a choisi et de 5 petites billes d’acier. Le jeu consiste pour chaque joueur à prendre le plus rapidement possible avec sa pelle seule, et sans le secours des mains, les petites billes et les déposer une à une dans le cône qu’il s’est approprié. La difficulté, outre de faire glisser la bille sur la pelle, est de la faire tenir en équilibre jusqu’au moment où elle sera introduite dans le cône, si elle ne tombe pàs à côté ! Pour amener la bille sur la pelle on procède exactement comme font les joueurs de tennis pour ramasser avec leur raquette une balle à terre. Ce premier succès acquis, assez facilement d’ailleurs, la difficulté commence pour maintenir en équilibre la bille, la transporter ainsi jusqu’à l’entrée du petit cône et l’y laisser tomber. Et ainsi pour les 4 autres billes. Si la bille tombe à terre elle peut être ramassée avec la main, mais si elle tombe entre les cônes groupés côte à côte au milieu de la table, Comment on verse uno bille dans un cône, le joueur devra
- déplacer son propre cône en le laissant glisser sur le tapis de la table, il enlèvera la bille avec le côté de sa pelle et recommencera. Si par erreur, le joueur laisse tomber une bille dans le cône de l un de ses adversaires, elle est considérée comme perdue pour lui. Le joueur qui enfin renversera son propre cône recommencera la partie,
- Les pièces du jeu.
- p.2x115 - vue 547/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- etc. On peut évidemment varier et compliquer les règles du jeu pour le plus grand amusement des partenaires et de la galerie. — Ce jeu est relativement simple, et appelé à beaucoup de succès, il est du prix de 2fr,45 et se trouve : « The anglo américan Games C° », 39, rue Trévise.
- Objets utiles
- Une machine à écrire pliante. — Mon Dieu, oui! ce petit parallélipipède rectangle mesurant o,a5 m. de longueur, 0,18 m. de largeur et 0,12 m. de hauteur, c’est une machine à écrire, une machine à écrire qui ne pèse que 2,5o kg. et que vous pouvez emporter dans une petite valise en toile, comme un simple appareil photographique.
- C’est la nouveauté du -jour en machines à écrire.
- Et ce n’est pas un jouet. C’est la machine que je qualifierais volontiers de machine intime, de machine vade mecitm, l’indispensable auxiliaire de l’écrivain, du voyageur, de quiconque a renoncé à peu près à l’usage de la plume de Tolède ou de Boulogne et ne se sert plus de cet antique objet que pour ses carnets de dépenses!
- Ce n’est pas un jouet. Elle a en effet, cette petite machine de 2,5o kg, 27 touches dont chacune peut produire à volonté une minuscule, une majuscule ou un signe. Son écriture est parfaitement visible. Les caractères projetés d’avant en arrière parleurs leviers viennent tous marquer exactement au même point entre les fourches d’un guide. Elle utilise pour l’écriture un ruban à deux couleurs. Elle possède le même échappement, les mêmes organes que les grandes machines de 12 à i5 kg.
- Comment cela peut-il se faire?
- Simplement parce que toutes les pièces lourdes dans les machines ordinaires de bureau sont ici en aluminium, et que l’acier n’intervient que dans les caractères, leurs tiges et les fils métalliques les reliant aux leviers actionnés par les touches, ainsi que dans les parties formant charnières. Il y a, en effet, deux charnières qui permettent de rabattre, pour le rangement et le trans-
- La machine à écrire pliante.
- port, toute la partie supérieure des machines ordinaires sur le bâti principal inférieur portant les touches et les caractères. Lorsqu’on a fait faire un demi-tour à la partie supérieure rabattue, la machine se présente avec son aspect normal de la figure 2. On voit alors qu on a devant soi une machine de physionomie ordinaire, simplement un peu moins large que les grandes machines parce que le nombre des touches est moindre, bien que fon puisse écrire avec elle 81 caractères.
- Ces caractères, disposés 3 par 3, donnent la facilité de mettre sur le papier tout ce que l’on peut avoir à écrire habituellement en français. Les signes sont d’ailleurs disposés sur les touches à la française, comme on peut s’en rendre compte par la reproduction du clavier.
- La carcasse en aluminium de la machine est constituée par 2 flasques latérales solidement reliées entre elles au moyen des pièces avant et arrière comme les grosses machines ordinaires. Les leviers actionnés par les touches et les axes de ces leviers sont également en aluminium. Toutes les pièces actives agissent de champ. En outre, leur épaisseur très appréciable en garantit la solidité. Les tiges porle-caractères, au nombre de 27, sont rangées un peu en éventail en avant du rouleau de caoutchouc qui sert de support au papier. La dernière touche de gauche en bas sert à donner les majuscules, la dernière de droite les signes. Un petit levier placé sur
- la droite et pouvant occuper 3 positions différentes permet de n’employer, si l’on veut, que des majuscules ou des chiffres.
- Le soulèvement du ruban bicolore se fait en manœuvrant de gauche à droite ou réciproquement une petite glissière disposée le long d'une barre que l’écrivain a droit devant lui. Il y a un margeur à gauche et un à droite. Ils peuvent se placer où l’on veut. Et les lignes d’écriture peuvent être aussi longues que dans les machines les plus volumineuses. Les interlignes peuvent être de deux grandeurs. Et les corrections se font avec la plus grande facilité, le rouleau porte-papier pouvant être rendu fou lorsqu’on veut amener les caractères à frapper sur un point déterminé, sur une ligne tracée par exemple.
- En résumé, la machine pliante en aluminium, que M. Roux vient d’introduire en France, est destinée à rendre de précieux services à côté de la grosse machine de bureau demeurera la machine à service intensif, la machine surmenée, la machine des affaires.
- On fera sa correspondance privée avec sa pliante. — La machine se trouve chez M. Roux, agent général, 14, rue du 4-Septembre. •
- Montre d’auto. — Cette montre n’a de particulier que son système de remontage. Elle ne possède, en
- La montre d’auto Remontage do la montre.
- effet, aucun bouton spécial, et une clef serait plutôt embarrassante. On a simplement imaginé un remontage par la lunette qu’il suffit de tourner de gauche à droite pour effectuer le remontage du ressort. Les aiguilles sont remises à l’heure par le même procédé après avoir âppuyé sur un bouton spécial placé au bas de la montre. Ces opérations peuvent être faites pendant la marche, les mains étant couvertes de gants. C’est là le seul avantage de cette montre spéciale qui se fixe devant le chauffeur. — La montre d’auto se trouve chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Scribe, à Paris.
- Étui à cigarettes flexible, — Nous avons déjà décrit autrefois l’étui à cigarettes en argent, représenté sur la figure 1. On se rappelle qu’il est formé de six tubes accolés, ouverts à un bout et fermés à l’autre; on y introduit les cigarettes, qu'on retire aisément, grâce aux deux ouvertures latérales qui se font face sur chaque tube. Le nouveau modèle (fig. 2) présente une innovation intéressante et qui augmente la commodité
- Fig. 1. L’étui à cigarettes ouvert. — Fig. 2. Le même replié.
- de l’objet. Les tubes, au lieu d’être soudés les uns contre les autres, ce qui faisait un ensemble rigide, sont montés sur de fines charnières, de sorte que l’étui peut se plier ou se rouler à fantaisie, et s’adapter ainsi, commodément, à la forme des poches ou des parties du corps contre lesquelles celles-ci s’appuient. — En vente chez Kirby Beard and C°, 5, rue Auber, Paris.
- p.2x116 - vue 548/647
-
-
-
- VAR] ÉTÉS
- La sériciculture en Indo-Chine. — L’Indo-Chine possède à Phu-lang-thuong, au Tonkin, un établissement sé-ricicole et de grainage, dont le but est l’étude de toutes les questions relatives au mûrier (plantation, taille, variétés, etc.), l’élevage des vers à soie et les essais d’amélioration de leurs produits, enfin la production et la distribution gratuite, à tous les sériciculteurs qui en font la demande, de graines sélectionnées de vers à soie de race indigène. L’établissement est ouvert à tous les visiteurs, Annamites ou autres, auxquels on donne, sur place, tous les renseignements pratiques dont ils ont besoin.
- Les graines « sélectionnées », que l’on distribue, sont des œufs provenant de vers indemnes des différentes maladies qui ravagent les éducations, et notamment de la pébrine, étudiée par Pasteur et que les Annamites connaissent parfaitement. A Phu-lang-thuong, les vers destinés à la reproduction sont élevés dans des magnaneries propres et bien aérées et ils sont constamment contrôlés par le personnel technique de l’établissement. On peut donc livrer ainsi aux éducateurs de la graine absolument saine, résultats que ne sont jamais assurés d’obtenir les grainiers indigènes.
- Si, au cours de l’éducation, on remarque la trace de maladies diverses, on n’utilise pas les cocons pour le grainage et on les livre à la filature.
- Si l’on n’a observé aucune trace d’infection ou de maladie, on trie les cocons et l’on garde les mieux conformés et les plus riches en soie pour le grainage.
- Lorsqu’après la sortie des papillons, la ponte a eu lieu, donnant à peu près de 4^o à 55o œufs par femelle, on examine la femelle et les œufs. Les femelles sont mises dans un mortier, écrasées et examinées au microscope. Si cet examen révèle la présence de corpuscules ovoïdes brillants, c’est un signe certain qu’il existe de la pébrine, non seulement dans la femelle, mais aussi dans les œufs pondus par elle. Toutes les graines provenant de papillons infectés sont soigneusement détruites par incinération.
- L’établissement de Phu-lang-thuong a rendu, on le comprend, à la sériciculture les plus grands services, et son importance a considérablement augmenté depuis sa fondation. Aussi, la direction de l’agriculture, des forêts et du commerce de l'Indo-Chine a-t-elle avec raison, dans un article qu elle a fait paraître 1 an dernier dans le Bai Nam (27 juin), donné divers conseils que les éducateurs de vers à soie feront bien de suivre. Il ne suffit pas, en effet, qu’ils aient à leur disposition de la graine de choix, comme celle qui est distribuée à Phu-lang-thuong, il faut aussi qu’ils renoncent entièrement aux mauvais errements consacrés par une routine ancienne.
- Les principales recommandations faites aux sériciculteurs sont les suivantes. Les plantations de mûriers doivent être bien établies, bien entretenues et les pieds des arbustes suffisamment espacés, taillés et fumés en temps utile. La magnanerie doit être propre et bien aérée, protégée contre les mouches et les moustiques ; il importe que les supports des paniers où l’on dépose vers et cocons soient à l’abri des fourmis, cancrelats et autres insectes, et d’une façon générale, que les paniers et les claies soient d’une propreté minutieuse. La nourriture des vers doit toujours être fraîche et distribuée sans parcimonie. Il faut veiller à ne donner que des feuilles non fermentées, jeunes pour les vers de premier âge, bien mûres pour les deux dernières mues. Enfin, il est nécessaire d’espacer convenablement les vers dans les paniers et de doubler la surface que l’on a l’habitude de leur donner et qui est ordinairement trop restreinte, surtout de la troisième mue à la montée.
- En observant ces diverses règles, le rendement en cocons obtenu par les éducateurs indo-chinois sera certainement plus élevé que par le passé et les produits seront supérieurs, non seulement en quantité, mais aussi en qualité. C’est là une question d’un très grand intérêt pour la colonie, car la France achète tous les ans à Canton de 25 à 3o millions de piastres de soie que le Tonkin pourrait lui fournir en grande partie.
- La direction de l’agriculture de l’Indo-Chine a donné aussi aux filateurs indigènes des indications qui leur permettront d’améliorer leurs procédés de filature de soie.
- Les principaux défauts des soies indigènes en anneaux sont l’irrégularité du fil et la présentation même de la soie.
- Les fils composant les anneaux de soie sont collés les uns aux autres par suite du procédé défectueux de filature ; puis, ces fils n’étant pas rattachés chaque fois qu’ils se cassent, les anneaux offrent, par suite, de nombreuses solutions de continuité.
- Les tisseurs et négociants préféreraient avoir de la soie d’une grosseur uniforme, filée à bouts noués, non gommée et d’un vidage rapide.
- Pour obtenir ce résultat, il suffit d’augmenter le diamètre du guindre, de donner à la soie un réglage convenable et, lorsque le fil casse, de le rattacher par un nœud de tisseur, absolument comme fait ce dernier lorsqu’il rattache sur le métier un fil cassé de la chaîne.
- L administration encourage les sériciculteurs à étudier la transformation de l’outillage et les procédés de filature en tenant compte des desiderata des acheteurs de soie européens et indigènes et elle donne à cet égard des conseils très utiles et d’un caractère tout à fait nratiaue. G. Regelsperger.
- HYGIÈNE ET SANTE
- Faut-il se purger? — Doit-on se purger? Cette question eût plongé dans la plus profonde stupéfaction nos ancêtres, qui usaient et abusaient aussi, et de la façon la plus large, des purgatifs de tous genres, sans oublier les clystères. Les notes des apothicaires de ce temps avaient, pour chaque jour, un de ces remèdes lénitifs, édulcorants pour adoucir les entrailles de monsieur ou de madame. L’abus des laxatifs et purgatifs avait été amené petit à petit par l’abus de l’alimentation; on faisait jadis trop bonne et surtout trop copieuse chair. Et puis, il faut bien le dire, c’était devenu une mode. Et malgré les sarcasmes de Molière on se purge toujours.
- Un médecin s’est élevé contre cette pratique qu’il qualifierait volontiers de stupide en démontrant par nombre d’exemples, qu’on peut se passer de tout remède, laisser ses intestins en paix et vivre constipé sans le moindre malaise. La purgation serait presque
- toujours inutile souvent assez nuisible pour constituer un véritable danger social. La question soulevée par l’ouvrage de M. Burlureaux a été portée devant la Société de thérapeutique qui a jugé que la purgation était souvent prise à tort et à travers, qu’on en faisait un abus détestable, mais enfin si c’est un mal, c’est souvent un mal nécessaire. A l’inverse des divisions qui régnent dans le monde politique où l’on compte presque autant d’opinions que de sujets, au point de vue intestinal le monde paraît divisé en deux camps nettement tranchés que Daudet a catégorisés de la façon la plus pittoresque en côté riz, côté pruneaux. Et la vérité est bien près de la conception drolatique de notre brillant et regretté littérateur.
- Si vous appartenez à la première catégorie, votre conduite est simple, et là pharmacie n’a guère à s’occuper de vous. On ne voit pas à la quatrième page des journaux les mirifiques annonces qui s’adressent
- p.2x117 - vue 549/647
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTE
- au côté adverse. Vous vous passez de drogues et le plus souvent vous vous en trouvez très bien. Vous suivez un régime approprié qui prévient les écarts d’un intestin trop enclin à la débâcle. Mais si vous êtes côté pruneaux, que faire? on ne vous conseille plus, comme dans le vieux temps, les laxatifs, les purgatifs administrés de la façon la plus adroite ou sous le couvert des images les plus séduisantes ; on vous défend tout, tout. M'est avis que la défense dépasse le but. Etre constipé n’est peut-être pas un bien grand mal, mais l’être toute la vie, l’.être de longs jours cela constitue, à mon sens, un état maladif de l’intestin tout aussi nuisible que la situation opposée. Préjugé, vous dira-t-on, erreur que vous tenez des temps passés. Alors, quoi, rester bouche close, des semaines, des mois; et après. Demandez à certains de ces malheureux ce qu’ils en pensent au quart d’heure de Rabelais et si les souffrances qu’ils endurent ne peuvent conduire à des troubles graves locaux ou généraux.
- Dire qu’on a fait abus, aujourd’hui comme autrefois, des laxatifs de tous genres, nous sommes d’accord. Innombrables sont les produits destinés à assurer la liberté du ventre ; beaucoup sont nuisibles par eux-mêmes, presque tous le deviennent par l’usage prolongé qu’on en fait, Ce qu’il faut demander, ce n’est pas une action brutale et forcée, c’est une exonération graduelle, régulière. Mais vous diront les malades, à qui, à quoi la demander; où chercher, où trouver le moyen? C’est là l’écueil et la difficulté. Vous avez beau persuader aux afiligés côté pruneaux que le régime alimentaire régulier, spécial, adapté à chaque tempérament, comme on disait autrefois, que l’exercice quotidien, que l’adoption d’une heure fixe pour cette opération amèneront le résultat cherché, beaucoup vous répondront que c’est absolument insuffisant; et vous aurez beau, comme Picrocolle, vous matagraboliser la cervelle, vous en serez finalement réduits aux moyens thérapeutiques. Je ne dis pas qu’avec de la persévérance, de l’énergie, de la volonté, un certain nombre, surtout parmi ceux qui n’ont pas atteint un âge avancé, n’arriveraient pas à vaincre l’inertie du tube digestif et à le voir fonctionner à leur entière satisfaction, mais vous trouverez des énergiques, des volontaires, des gens de sport et des plus actifs qui vous avoueront ne pouvoir en dépit de tout, se passer d’un remède quelconque.
- Un médecin allemand qui s’est beaucoup occupé de ces questions de la digestion intestinale, estime que la constipation chronique a pour cause l’utilisation au maximum des aliments, causant par conséquent un résidu trop peu considérable pour distendre l’intestin et provoquer mécaniquement les contractions nécessaires au rejet de ces matières résiduales. D’autre part, cette absorption trop complète et trop prolongée des aliments entraîne une déshydratation assez marquée du canal
- intestinal, d’où arrêt ou ralentissement des fermentations normales de l’intestin.
- Vraie ou fausse, car elle ne me paraît pas applicable à tous les constipés, cette théorie a conduit son auteur, M. Schmidt, à un procédé thérapeutique quia l’avantage, sur la foule des produits laxatifs d’être à peu près inoffensif. Ce procédé cherche à augmenter le volume des fèces, à les hydrater, et à rétablir dans la plus large mesure possible, les contractions et les fermentations intestinales. Pour ce faire, il emploie un produit très connu, d’ancienne date, et très employé aujourd’hui dans tous les laboratoires de bactériologie. C’est la gélose ou agar-agar. L’agar-agar ou algue de Java, de son nom botanique Gelidium corneum ou Fucus spinosa est un fucus blanc qui se récolte en abondance à Singapore. Les Chinois s’en servent comme comestible, car il est plus mucilagineux que les autres variétés de fucus, le carragahen ou le fucus crispas. La gélose a la propriété d’absorber une grande quantité d’eau ; elle gonfle et augmente de volume dans des proportions considérables, en donnant une masse molle, une véritable gelée onctueuse. M. Carnot estime que la gélose peut absorber i5 fois son poids d’eau.
- Ce produit remplit tout à fait le but cherché, si l’on admet, cela va sans dire, la théorie de Schmidt. Ingéré avec les aliments, il augmente le volume des produits résiduaires, conserve un degré normal d’hydratation et constitue un laxatif idéal. On le prend à la dose de 2 à 5 gr. par jour, en poudre ou en débris finement hachés qu’on mélange aux aliments, ou qu’on prend dans un cachet. En Allemagne, dit M. Carnot, on ajoute, pour assurer le succès de la médication, un peu d’extrait de cascara : ce n’est plus alors seulement la gélose qui agit. Chez les enfants, l’ingestion de confitures a quelquefois les plus heureux résultats sur les fonctions intestinales ; ce succès est peut-être dû à la gélose. On sait que dans beaucoup de ces pots soi-disant de confiture, il n’y entre ni beaucoup de fruits, ni beaucoup de sucre de canne. Elles sont souvent fabriquées avec de la gélose et de la glucose et constituent de ce fait un excellent laxatif; l’épicier a fait, comme M. Jourdain, de la prose sans le savoir.
- Essayez donc, vous qui êtes affligés de celte atonie de l’intestin, cette médication qui est inoffensive et qui réussit, je ne dirai pas toujours, mais souvent. Elle remplacera les laxatifs trop irritants qui pullulent et sont d’un emploi courant. Ces mucilagineux étaient déjà employés il y a longtemps : la graine de lin, la racine de guimauve, le psyllium étaient donnés à ce titre et agissaient évidemment par le même mécanisme que la gélose. Celle-ci est plus active parce qu’elle a une hydratation plus forte et si elle ne réussit pas toujours, elle est bonne à essayer; autre avantage elle est d’un prix relativement modique. D1 A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Peinture à la chaux pour l’extérieur. — Pour prolonger la durée du badigeon à l’eau de chaux, y ajouter un fixatif, soit le silicate de potasse, la gélatine ou l’alun (à raison de 10 kg pour 100 litres d’eau), soit le sérum de sang de bœuf frais, mêlé au lait de chaux par parties égales, soit le fromage blanc frais suivant la formule :
- Chaux vive ...... 28 kilogrammes.
- Plâtre cuit............12 —
- Céruse.................. 10 —
- Éteindre la chaux, l’égoutter, puis la malaxer avec le fromage en quantité suffisante pour former une pâte molle; ajouter alors le plâtre et la céruse et délayer le tout dans une quantité d’eau suffisante pour obtenir la peinture liquide.
- Mastic pour fûts. — On fait fondre ensemble sur un feu doux 60 parties de graisse de porc, 40 parties de sel de cuisine, 33 parties de cire blanche. On ajoute ensuite à ce mélange, pendant qu’il est encore chaud, 40 parties de cendres de bois tamisées. Le mastic doit être appli-
- qué à chaud sur toutes les fissures et pendant que les fûts sont vides.
- Pour redorer les cadres des glaces. — Prendre de l’or en feuilles, le broyer en poudre très fine sur un marbre poli, avec un peu de miel. Laver le mélange délicatement à l’eau chaude, puis mélanger avec du blanc d’œuf et de l’eau gommée et étendre au pinceau.
- Fixatif pour dessins à la craie. — La craie, et particulièrement la craie de couleur, permet de tracer aisément sur du papier fort des dessins pour l’enseignement; mais cette craie a le tort de s’enlever trop facilement par le frottement elles secousses. On a donc souvent besoin d'un fixatif en la matière. Pour le préparer, on fait bouillir, et par suite dissoudre, dans 2000 parties d’eau de pluie, 4° P- d’alun et 20 p. de colle de poisson; on filtre sur un linge et l’on additionne de 2S0 parties d’alcool. Pour passer ce fixatif, on pourra tremper dedans le papier sur lequel le dessin a été tracé, ou au contraire verser la préparation liquide sur la feuille de papier.
- p.2x118 - vue 550/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresse relative aux appareils décrits. — M. Mar-monnier, l’inventeur du gyroscope pour aéroplanes, habite ioi, avenue Félix-Faure, à Lyon. — Machine à fabriquer les pierres creuses : MM. A. Eluère et Moulin, i, rue Affre, à Nantes. — Le stéréoscope à rayons X est construit chez MM. Heinz Bauer et Cio, Berlin-W. 35, Lülzow-slrasse-io6.
- Communications. — La C'K Marconi et la télégraphie sans fil. — Nous recevons, de la Cie française Maritime et Coloniale de télégraphie sans fil, la lettre suivante à propos de notre article intitulé : « La sécurité de la navigation par la télégraphie sans fil » {La Nature, 27 février 1909). « L’auteur de cet article dit : « Comme cette Compagnie, seule ou à peu près, pdssédait des postes côtiers importants et d’ailleurs en très petit nombre, elle établissait ainsi à son profit un régime de monopole intolérable ; des navires en perdition signalant leur situation au moyen d’appareils non construits parla Compagnie Marconi ne recevaient aucune réponse. » Concessionnaires de la licence des Brevets Marconi pour la France, et associés avec les Compagnies Marconi anglaise, américaine, canadienne, argentine, belge et italienne, nous avons le devoir de nous inscrire en faux contre cette allégation inexacte. Les Compagnies de télégraphie sans fil exploitant les postes Marconi au nombre de 243, tant sur les côtes que sur les navires, ont de tout temps donné à leurs télégraphistes les instructions les plus strictes pour qu’ils communiquent immédiatement avec tous navires faisant des signaux de détresse, quel que soit le système de télégraphie sans fil employé par ces navires. Ces instructions auraient été à coup sûr fidèlement observées le cas échéant. Jamais, à notre connaissance, les faits relatés dans cet article ne se sont produits, et, jusqu’à preuve du con-
- traire, nous tenons pour acquis qu’ils n’ont jamais existé. »
- Renseignements. — M. Dugas, Eure. — L’article en question se trouve chez M. P. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg.
- M. Prudhomme, à Chilecito. — Voyez le Traité d’astronomie pratique de Stroobant, Encyclopédie Léauté, librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, Paris, prix, 3tr,5o et les deux ouvrages de la bibliothèque des Conducteurs des Travaux publics sur la Topographie, chez Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, prix 12 et i5 francs.
- M. Verjus, à Morzine. — Pour nettoyer l’ivoire, frotter vigoureusement avec un chiffon imbibé de jus de citron.
- M. le Dr Spehl, à Bruxelles. — Sur les ballons dirigeables, voyez l’ouvrage de G. de Rouville et Girard, chez Berger-Levrault, Paris. Sur les torpilles automobiles, il a paru quelques monographies chez Béranger, rue des Saints-Pères, Paris. La Revue Le Radium se vend 2 francs le numéro chez Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. Nous avons décrit les essais de torpilles radio-automotrices dans nos numéros 1717 du 21 avril 1906 et 1758 du 2 février 1907.
- M. Pr., à Bolkhow. — Les plans sustentateurs de l’un et l’autre système subissent les mêmes effets et obéissent aux mêmes lois. Dans les plans, qui sont concaves, le centre de pression se porte un peu en arrière du tiers avant, position qu’il occuperait si les plans étaient horizontaux. Le parallélogramme des forces est applicable pour tous les cas de surfaces soumise à l’action d’un courant d’air. N’oubliez pas de considérer que toutes les surfaces sustentatrices font toujours un angle de 6 à 8° avec l’horizontale et cela afin que le courant d’air ne l’attaque pas horizontalement.
- M. A. Meystre, à Neuchâtel. — Voici un procédé pour donner au verre l’apparence dépolie, mais qui ne le dépolit pas en réalité ; préparer une solution de sel de magnésie dans du vinaigre, et l'appliquer avec un pinceau. Passer par-dessus un peu de vernis blanc pour empêcher cet enduit de partir trop facilement.
- BIBLIOGRAPHIE
- .
- Sommaire de notre précèdent numéro.
- Le remorquage funiculaire des trains : Pierre de Mériel. — La chute des ponts américains : R. Bonnin. — Les progrès, de la téléautographie : R. Villers. — Débit et fonctionnement de la fontaine de Vaucluse : E.-A. Martel. — Le plus ancien osse-ment humain : J. Deniker. — Nouveau bandage pour poids lourds : L^colonel G. Espitallier. — Académie des sciences ; séance du Ier mars 1909 : Ch. de Villedeuil. — Un baromètre géant.
- Supplément. — Un laboratoire national de recherches aériennes. — Nouveau cercle méridien de Washington. — Expéditions magnétiques en Chine, en Afrique et en Asie Mineure, etc. — Le développement de Berlin. — Nouveau procédé de mesurage des arbres.
- Guide pratique du médecin dans les accidents du travail. Leurs suites médicales et judiciaires, par E. Forgue, professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de Montpellier, et E. Jea.nbrea.u, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Montpellier. Deuxième édition augmentée et mise au courant de la Jurisprudence, revue par M. Mourral, conseiller à la Cour de Rouen. 1 vol. in-8°, de 576 pages, cartonné toile (Masson et Cio, éditeurs). Prix : 8 francs.
- Voici un livre qui rendra de grands services aux médecins tous les jours en butte aux difficultés de l’exécution d’une loi qu’ils connaissent mal, ils auront
- à leur disposition un guide clair, simple et précis. Ce petit traité contient cinq chapitres qui correspondent aux différentes périodes par lesquelles passe un médecin qui doit soigner un sinistré : I. Le rôle du médecin lorsque l’accident vient d’arriver. — IL Les suites médico-chirurgicales de l’accident. — III. Les suites judiciaires de l’accident. — IV. Evaluation des incapacités. — V. Les honoraires médicaux. — Cette deuxième édition a été très augmentée par les auteurs et mise au courant de la Jurisprudence établie depuis 1898. Sa documentation complète et précise la rendra utile, non seulement aux médecins, mais à tous les industriels.
- Recherches sur Vépuration biologique et chimique des eaux d’égout. ier Supplément : Analyse des eaux d’égout, par E. Rolants, in-8°, xiii-i3i p., 3i fig. chez Masson et Cie, Paris. Prix : 4 francs.
- Composition des eaux d’égout. Composition des eaux résiduaires industrielles. Jaugeage des égouts, canaux et cours d’eau. Prélèvement des échantillons. Examen physique. Analyse chimique. Analyse des boues. Analyse des gaz. Analyse bactériologique. Interprétation des résultats de l’analyse d’une eau résiduaire ; de l’analyse d’un effluent de fosse septique ; de l’analyse d’un effluent épuré. Contrôle de l’épuration. C’est la suite des 3 volumes déjà publiés sur les belles recherches conduites à Lille par le Dr Calmette.
- p.2x119 - vue 551/647
-
-
-
- Actualités scientifiques, par Max de Nansouty, 5° année 1908. x vol. in-8°. Schleicher fi'ères, 61, rue des Saints-Pères, Paris. Prix : 3tr,5o.
- Les Actualités scientifiques de M. Max de Nansouty apportent à leurs nombreux lecteurs, sous une forme d’agréable vulgarisation, une abondante série de sujets scientifiques d’actualité, empruntés à l’agriculture, l’astronomie, l’automobilisme, l’électricité, l’hygiène, la physique, etc. — Résumé instructif des principales nouveautés.
- Le béton armé, éléments et calculs des ouvrages, compléments et applications, 2 vol., par M. le lieutenant-colonel Espitallier, édité par l’Ecole spéciale des Travaux publics, rue du Sommerard, Paris.
- Cet ouvrage a été i*édigé dans un but d’enseignement et, à cet égard, il est parfaitement conçu : il est très clair d’abord et accessible à tous ; à l’appui de chaque exposé théorique, vient un exemple pratique qui permet de faire comprendre immédiatement les calculs et de les mieux retenir.
- Sur la théorie des halos, parL. Besson, i vol. de 90 p. Chez Gauthier-Villars. Paris.
- Dans cette thèse récemment soutenue à la Faculté des sciences, M. Besson expose une série de patientes observations, d’intéressantes expériences sur l’orientation des cristaux de glace dans divers milieux et apporte une contribution utile à la théorie des halos.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" mars 1909. — 2°,0 S. 2. Couvert. 0,8 Neige avant 6 h. et de 11 h. à minuit; halo ; très nuageux.
- Mardi 2 — 3°,1 'N. N. E. 3. Couvert. D Très nuageux ; halo ; brume.
- Mercredi 3 — 2°,6 S. S. E. 3. Couvert. 2,3 Neige à diverses reprises; presque couvert; gelée blanche.
- Jeudi 4 — 0°,9 S. W. 5. Couvert. 0,2 Gelée blanche; neige entre 12 h. 30 et 14 h. 50; très nuageux.
- Vendredi S — 4°, 2 S. 2. Nuageux. 3,8 Gelée blanche ; neige entre 10 h 15 et 15 h. 45 ; très nuageux.
- Samedi 6 1°,3 . S. S. E. 3. Couvert. 0,0 Grésil avant 6 h.; gouttes dans la soirée ; presque couvert"
- Dimanche 7 4°. 4 S. S. W. 3. Couvert. 3,2 Pluie mêlée de grésil et neige de 9 h. 50 â 10 fi. 50; presq. couv.
- MARS 1909. — SEMAINE DU LUNDI 1" AU DIMANCHE 7 MARS 1909.
- Du ier au 7 mars. — Le xer. Dépression assez profonde sur l’Espagne et le N. de l’Algérie : Alger, 749 mm; golfe de Gascogne, 752; fortes pressions dans les parages de l’Islande. Neiges et pluies sur le N. et le S.; en France : Brest, 7 mm d’eau; Le Havre, Paris, 3; Nantes, 2. Temp. du matin : Kuopio, —24°; Paris,
- — 2; Alger, 10; Puy de Dôme, — 9; moyenne à Paris : o°,3 (normale : 4°>5)- — Le 2. Centre de dépression sur l’Adriatique : Trieste, 739; pression supérieure à 765 en Islande et aux Açores. Neiges et pluies sur presque toute l’Europe; en France : Lorient, 7; La Hague, Nice, 1. Temp. du matin : Uleaborg, — 210; Paris, —3; Alger, 10; Puy de Dôme, — 11 ; moyenne à Paris : —i°,6 (normale : 4°>6). — Le 3. Situation très troublée sur le Centre et l’O. : Cherbourg, 742; Dantzig, 739; parages de l’Islande et Açores, 765 et au-dessus. Neiges et pluies sur presque toute l’Europe; en France : Biarritz, 10; Cherbourg, 7; Brest, Nantes, Bordeaux, 5; Besancon, 3. Temp. du matin : Uleaborg,
- — 24°; Paris, —3; Alger, 10; Puy de Dôme, —7; moyenne à Paris : —o°,6 (normale : 4°>7)*— Le 4-Basse pression sur le Centre et l’O, et supérieure à 765 sur l’Islande et les Açores. Neige et pluies sur
- presque toute l’Europe; en France : Biarritz, 14; Nice, Brest, 3. Temp. du matin : Uleaborg, —210; Paris, — 3; Alger, 10; Puy de Dôme, — 10; moyenne à Paris : —-o0,4 (normale : 4°>8). — Le 5. Basse pression sur le Centre et l’O. : Irlande, 746; golfe de Gênes, 752; hausse sur le N.-E. : Arkangel, 770. Neige et pluie presque générale; en France : Biarritz, 21; Clermont, 12; Perpignan, 5; Nice, Brest, 4- Temp. du matin : Clermont, —io°; Paris, —4; Alger, 11; moyenne à Paris : —o°,9 (normale : 4°>8). — Le 6. Dépression sur les Iles-Britanniques et la France : entrée de la Manche, 739; Arkangel, 775. Neiges et pluies sur le N. et10. ; en France : Biarritz, 10; Le Havre, 8; Rochefort, 5. Temp. du matin : Moscou, —x40; Paris, 1 ; Alger, 12; Puy de Dôme, — 5; moyenne à Paris : 4°j8 (normale : 4°,9). — Le 7. Situation générale troublée : Yarmouth, 739; golfe de Gascogne, 747; Nice, 75o; Arkangel, 775. Pluies abondantes sur nos régions; en France : Nice, 44‘» Marseille, 3o; Brest, 20; Belle-Ile, 17; Cherbourg, 10. Temp. du matin : Moscou, — i3°; Paris, 4; Alger, 15 ; Puy de Dôme, —4; moyenne à Paris : 4°>5 (nor‘ male : 5°). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 7, à 3 h. o5 m. du matin.
- p.2x120 - vue 552/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d'entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N6 1869 — 20 MARS 1909 SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- ' r
- Le radiothorium. — Les journaux quotidiens anglais ont fait, il y a quelques jours, grand bruit autour d’une découverte sensationnelle d’un savant américain : d’après eux, le Dr Baley, de Chicago, aurait découvert dans la petchblende du Colorado, un corps radioactif, apparenté au thorium, jouissant de toutes les propriétés du radium, mais infiniment meilleur marché. Ce corps, le radiothor, avait, disait-on, des propriétés curatives merveilleuses, guérissait l’ataxie locomotrice, le cancer, et autres maladies. Son prix le mettait à la portée de toutes les bourses, même les plus modestes. M. F. Soddy, le distingué savant anglais, fait justice dans Nature de ce charlatanisme quelque peu grossier en résumant l’histoire scientifique véritable du radio-thorium. Ce produit, d’une intense radioactivité, dérive des sels de thorium. Il a été préparé d’abord par O. Hahn, en partant de la thorianite de Ceylan, et étudié par MM. Rutherford et Soddy. Ces deux savants ont observé que, par des séparations chimiques, on peut extraire des composés du thorium des substances temporairement radioactives. Ils supposèrent que l’existence de ces phénomènes de radioactivité était liée à la présence de substances radioàctives particulières. Ils établirent ainsi que le thorium se transformait en mésothorium, puis en radiothorium, ce dernier enfin se mue en thorium X. C’est Rutherford qui suggéra l’idée d’employer ces sels de thorium comme sels radioactifs à.bon marché. Les sels de thorium sont très employés industriellemènt pour la fabrication des manchons Auer. On pourrait aisément en“ séparer le mésothorium qui n’influe pas sur les propriétés lumineuses du thorium, et qui rendrait des services comme sel radioactif.
- La ’ graisse de momie. — Un chimiste vient de retirer de la graisse extraite.de momies cophtes, datant de 5oo ans après J.-C., des acides gras élevés composés’ principalement d’acide oléique, mais ne contenant pas traces d’acides volatils. Par contre, il» a pu retirer de momies égyptiennes de la XXI° dynastie, et datant de i5oo ans avant J.-C., des quantités importantes d’acides gras volatils, à l’état de sels de soude, principalement dans le natron remplissant les cavités intérieures des momies., Le natron, comme on le sait, est une soude naturelle égyptienne formée d’un mélange de carbonate de chaux, de sulfate, de chlorure et surtout de carbonate de sodium. Les acides volatils ci-dessus ne proviendraient pas, d’après l’auteur, de la graisse ou du beurre ajoutés lors de l’embaumement du corps, mais ils auraient été produits par la décomposition des tissus, puis fixés par le natron qui les imprégnaient. ,
- Là «maladie» de l’étain. —En exposant des objets en étain à des froids prolongés de — 3o° à — 400, on constate que l’étain se transforme en une modification allotropique grise, ne présentant plus aucune résistance et n’ayant aucun rapport avec le produit initial.
- La vapeur d’eau dans l’atmosphère de Mars. —
- De nombreuses recherches ont été effectuées relativement à la présence de la vapeur d’eau dans l’atmosphère de la planète Mars, et c’est une question dont s’est principalement occupé l’observatoire Lowell, à Flagstaff. De nouvelles mesures y ont été obtenues récemment par M. Sliphex se rapportant à l’intensité comparée de la bande a de la vapeur d’eau, entre les spectres de Mars et de la Lune. Le professeur Yéry a réduit ces mesures et a cru pouvoir en tirer les intéressantes conclusions suivantes : comparé à celui de. la Lune (qui on le sait n’a pas de spectre propre, mais ne remplit que l’office d un réflecteur où se note l’effet produit par . notre propre atmosphère), le spectre de Mars montrait la bande d’absorption a environ 4, 5 fois plus intense. Une ultérieure réduction démontra ' ce fait que, à l’époque de l’observation, l’atmosphère martienne devait contenir en suspension environ i,yS fois plus de vapeur d’ëau que celle terrestre, du moins pour la masse située alors au-dessus de Flagstaff. En définitive, d’après le professeur Yéry, tandis que l’atmosphère au-dessus de Flagstaff était capable de fournir par précipitation une tranche d’eau d’une hauteur moyenne de 8 mm, une couche de 14 mm serait fournie par celle de la planète Mars. < 1
- Curieux effets de la foudre. — Une dépêche de Toulon au Petit Temps (9 mars 1909) signale que la foudre, tombant au cours d’un orage sur le clocher de l’église de Gassin, petit village perché sur une cime des Maures, y a produit quelques effets curieux. Le fluide a suivi le câble de fer qui sert à sonner la cloche et mis celle-ci en mouvement. Dans un placard, dont les portes ont été arrachées, se trouvaient dès candélabres garnis de bougies. Elles ont été allumées comme par enchantement, puis la foudre, continuant son chemin, a arraché le parquet de la sacristie et roulé un. tapis avec la plus parfaite symétrie.
- Les impuretés de l’atmosphère. — Le journal médical Lancet publie une analyse quantitative de la neige tombée à Londres pendant la rafale du 28 février dernier, un dimanche, détail qui a son importance, comme on le verra tout à l’heure. Les quantités de matière tombée avec la neige sur la surface de tout le comté de Londres comprenaient 75 tonnes de matières minérales et de matières organiques en solution, 142 t. de matières solides non dissoutes, 100 t. de charbon ou de suie, a5 t. de sel, une tonne d’ammoniaque. Si la neige était tombée un jour de semaine, certaines de ces quantités (sauf le sel et l’ammoniaque) devraient être triplées, ou même quintuplées, ce: qui s’explique par cette double considération que les usines sont presque toutes fermées le dimanche, et que les habitants passent leur journée de loisirs loin de la grande ville. Des analyses de neige tombée pendant la semaine ont montré qu’élle entraînait cinq fois plus de
- •m\ i.?i iffe.
- 16
- p.2x121 - vue 553/647
-
-
-
- charbon, de suie et de goudron que la neige du dimanche (30,3a grains pour 6,65 grains), cinq lois plus de matière organique en solution (7,84 pour 1,57), a 1/2 fois plus de matière minérale en solution (4,20 pour 1,93). En outre, la neige de semaine contenait une forte proportion d’acide sulfurique, tandis que celle du dimanche n’en offrait que des traces.
- Un laboratoire d’essais pour l’aviation à Nancy.
- — La ville de Nancy vient de prendre l’initiative d’un laboratoire d’essais pour l’aviation. La ligne aérienne de l’Est (Section de la ligne Nationale aérienne) a décidé la fondation de ce laboratoire qui sera annexée à l’Institut de physique ; un aérodrome sera également créé. Il est probable que les fonds nécessaires seront fournis par souscription par les industriels de la région, à la générosité desquels l’Université de Nancy doit déjà ses Instituts de chimie, électrochimie, électrotechnique et physique.
- L’Exposition aéronautique internationale de Francfort. — Une exposition aéronautique internationale se tiendra à Francfort en juillet prochain quatre hangars seront construits pour abriter les aéronefs qui se livreront à des ascensions. Il y aura des expériences d’aviation et une intéressante exposition industrielle.
- Dirigeable à compartiments. — Un ingénieur allemand, M. Adolphus Weiszenburger, qui habite à Offenbach-sur-le-Main, a inventé un système de dirigeable qui constitue une véritable innovation. L’engin, qui est long de 140 m., ressemble de loin au type « Zeppelin ». Il est composé de huit sections indépendantes les unes des autres, supportées chacune par un ballonnet. Si, pour une raison quelconque, l’un de ces huit ballonnets crève ou se déchire, les aéronautes détachent simplement la section correspondante et continuent leur marche sans être trop incommodés par cette amputation. Cette application du système des compartiments étanches à la navigation aérienne valait d’être signalée, bien qu’il convienne de la voir à l’œuvre avant de juger de son efficacité.
- La crise de l’horlogerie suisse. — D’une enquête du Gouvernement Helvétique, il résulte que l’industrie horlogère traverse une crise aiguë dans ce pays, et qu’elle se fait plus particulièrement sentir dans les Franches Montagnes. Elle n’intéresse pas moins de 70000 personnes. Les ouvriers qui ont pu éviter le chômage ont dû consentir à de notables diminutions de salaire. L’élite parmi eux recevait de 5o à 75 francs par semaine, alors que les salaires les plus élevés ne dépassent plus 3o francs. La cause principale de la crise doit être cherchée dans la concurrence étrangère, car la France, l’Allemagne et les Etats-Unis ont entrepris avec succès la fabrication de la montre à bon marché en argent, en nickel ou en acier. Les fabricants suisses de chronomètres et de montres de luxe ne paraissent pas souffrir autant de la crise que les fabricants d’articles à bas prix.
- Le chemin de fer de Bagdad. — On prévoit déjà à quelle date sera livrée au commerce la ligne de Bagdad, dont le terminus est situé actuellement à Burgulu, à l’ouest du massif du Taurus. D’après une déclaration du ministère des Travaux publics de Turquie, quatre nouvelles sections seront terminées avant cinq ans. Mais on ne sait pas encore quel sera le terminus de la ligne sur le golfe Persique. Les deux ports les plus favorables sont Bassora, près de l’embouchure du Tigre, et Koweït, capitale d’une principauté protégée de l’Angleterre.
- Office International d’hygiène publique. — Le
- gouvernement italien a notifié au Gouvernement de la République française,que, conformément aux dispositions du procès-verbal de dépôt des ratifications sur l’arrangement international, signé à Rome le 9 décembre 1907, portant création à Paris d’un office international d^hy-giène publique, le gouvernement égyptien a effectué le dépôt de ses ratifications sur ledit arrangement. Le gouvernement italien a également notifié au Gouvernement de la République que, conformément aux dispositions de l’article 5 de cet arrangement, le Pérou, la Serbie et l’Inde britannique ont adhéré à cet acte international.
- Exposition d’agriculture à Prague en 1909. —
- Une exposition d’agriculture doit avoir lieu à Prague du 29 mai au 6 juin. Cette exposition n’aura pas un carac-
- tère exclusivement agricole et des sections spéciales seront réservées aux branches industrielles et commerciales, à l’alimentation, etc. Pour tous renseignements s'adresser à la direction de la Landwirtschaftliche Central gesellschal’t für das Kônigreich Bôhmen, Vodîckova ul. 38 à Prague-II, ou à M. Arthur Goblet, Prague Kalin, Palackéhatr. 23.
- Un troisième Niagara. — On annonce que le Dr Karl Bovallius viendrait de découvrir dans la Guyane anglaise, près de la frontière du Brésil, par 5° de latitude nord, sur un affluent de l’Ireng, une cascade aussi importante que le Niagara et qu’on va nommer Cham-berlain-Fall. Nous avons signalé (6 mars 1909) déjà la découverte d’une autre cascade gigantesque au Canada sur la rivière Hamilton.
- Ouverture du tunnel des Tauerun. — Ce tunnel long de 8526 m. achevant la nouvelle ligne de chemin de fer qui met en communication directe Salzbourg et Trieste (voir n° 1768, i3 avril 1907) a été pour la première fois franchi par une locomotive le 27 février dernier. La mise en service de la ligne aura lieu incessamment.
- Le progrès au Thibet. — Lhassa, la mystérieuse capitale qui resta si longtemps fermée à l’influence européenne, serait-elle en voie de se civiliser? Un journal de Calcutta annonce qu’une maison de commission de cette ville a reçu d un grand couvent de Lhassa un ordre comportant la livraison de nombreux objets de fabrication européenne, comprenant dans leur nombre une centaine d’instruments de musique de cuivre. Comme le monde se transforme! Et qui eût prédit, il y a seulement deux ou trois ans, que des moines thibétains se décideraient à souffler dans des instruments fabriqués par des infidèles ! A
- Café exempt de caféine. — Pour obtenir ce produit, le grain de café vert est traité par un courant de vapeur d’eau, ce traitement ayant pour but de rendre le grain perméable aux solvants. On peut alors en extraire, par une digestion appropriée avec de l’éther, du benzène ou du chloroforme, la presque totalité de la caféine qu’il renferme. Le café obtenu, ainsi privé de sa caféine, garderait tout l’arome du café et n’a pas d’effet nuisible sur l’organisme. On voit ainsi jusqu’à quel point la sophistication peut s’exercer sur les produits alimentaires.
- L’Irlande se dépeuple. — Bien que la grande île celtique soit le pays d’Europe où le taux de la natalité se montre l’un des plus élevés, la population diminue sensiblement, du fait de l’émigration. En 1801, elle était de 5 395 456 âmes, et elle marcha progressivement vers son apogée : 8175124 âmes en 1841. Tout faisait prévoir qu’elle aurait doublé en moins d’un demi-siècle. Mais les mauvaises récoltes, et aussi la découverte des champs aurifères de Californie qui provoqua un vaste mouvement d’émigration dans toute l’Europe, allaient se faire sentir immédiatement. En i85i, la population était descendue de 8 millions à 6 millions. Le phénomène allait s’accentuer de décade en décade. Au dernier recensement (1901), la population n’était plus que de 44^8775 âmes. En 1841, la population àu mille carré était de 251 habitants. En 1901, le taux était tombé à 137 âmes. Dans l’intervalle, ou, pour être plus exact, du ier. mai 185 r au 3i décembre 1905, l’Irlande avait envoyé 4028589 émigrants chercher fortune en Amérique et en Australie. Elle comptait, en 1891, 69820 maisons inhabitées, et 74321 en 1901. Le rapport annuel de l’état-civil irlandais (Registrar-Géüeral) vient d’être publié. Il nous fournit des chiffres intéressants sur le mouvement de lâ population pendant l’année 1907. Le chiffre des mariages a été de 22509; ce^tti des naissances, de 101742; celui des morts, de 77 334- Le taux de la natalité a été de 28,2 par 1000 habitants, soit une diminution de o,o5 par rapport à l’année précédente, et celui de la mortalité, de 17,7, soit une augmentation, de 0,7. Ainsi, en 1907; l’excédent des naissances sur les décès a été de 24408. Mais l’émigration a fait perdre durant la* même année ,à l’Irlande 39082 personnes, de sorte que la' population à diminué de 14674 âmes. Les Etats-Unis ont absorbé, la plus grosse partie de l’émigration irlandaise. On ; y compte 1618567 habitants nés en Irlande, sans parler de 5 à 6 millions de personnes de descendance irlandaise.
- p.2x122 - vue 554/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- Mécanique <$<&>
- Petite machine à poser les rivets. — Cette machine est destinée à effectuer de petites rivures sur tôles minces, cuirs, canevas, dont il ne faut risquer de
- fausser le rivet, ni d’arracher les clous, en opérant par un choc unique ou par une pression brutale.
- M. Townsend substitue à ces actions une série de chocs successifs, très faibles, mais extrêmement rapides.
- Ces chocs sont produits par le passage, sur la tête de l’outil riveur, rappelée par un ressort, d’une série de galets montés avec un grand jeu sur des axes compris entre deux plateaux animés d’une rotation rapide. Il se produit, au passage de chaque galet, un choc sur la tête du riveur, et ces chocs se succèdent avec une rapidité qui peut atteindre 3oo par seconde. La rivure se fait aussi vite que peut la suivre l’ouvrier, et avec une netteté parfaite. — Cette machine, décrite par « American Ma-chinist », a été imaginée par M. Townsend, 32, Union Place Hartford, Connecticut (Etats-Unis).
- Tournevis à griffes. — Il faut pour manier un tournevis ordinaire une certaine habileté ou tout au moins une certaine attention. Il faut éviter que la lame du
- Machine
- à poser les rivets.
- I. Vue du tournevis à griffes. — 2. Coupe du tournevis. 3. Le tournevis dégagé de la douille porte-griffes.
- 4. Le tournevis en fonctionnement.
- tournevis ne saute hors de la rainure de la tête de vis ; en même temps, il faut visser bien droit; et au début de l’opération maintenir la vis d’une main, quelques instants au moins. Bref, il y a là une série de petites précautions, qui s’observent instinctivement, sans doute, mais qui exigent un certain temps, surtout s'il s’agit de petites vis. Pour l’artisan et l’industriel, ces pertes de temps, accumulées dans une journée, représentent souvent un chiffre appréciable.
- Il existe déjà de nombreux types dé tournevis, munis de dispositifs qui en simplifient et en accélèrent la manœuvre. Nous en décrirons aujourd’hui un type nouveau imaginé par un simple artisan, M. Martial Jacob.
- C’est un tournevis ordinaire, mais sur lequel est fixée une douille G porte-griffes. A l’intérieur de cette douille, entre elle et le tournevis proprement dit, est disposé un ressort à boudin I (fig. 2), prenant appui d’une part sur la partie arrière de la douille, d’autre part sur la bague E fixée au corps du tournevis.
- Pour se servir de l’instrument, il suffit donc d’appuyer sur la douille et d’engager la tête de la vis entre les deux griffes ; sous l’action du ressort, la douille vient appliquer la rainure de la vis contre la lame du tournevis. Il suffit alors de tourner l’instrument comme un tournevis ordinaire jusqu’à ce qu’un certain nombre de filets soient engagés dans la pièce à visser. On dégage ensuite les griffes, et on laisse le ressort ramener la douille à sa position primitive. Le tournevis étant redevenu un tournevis, ordinaire on achève de visser à fond.
- Les deux petites fenêtres i diamétralement opposées, pratiquées dans la douille G permettent de faire tourner la bague E ; pour dégager au besoin tout l’ensemble porte-griffe qui est amovible, grâce au dispositif de rainures et rampes, ménagé sur le méplat du tournevis et visible sur la figure 3. — L’inventeur, M. Martial Jacob, habite 5, rue des Alouettes, Paris.
- Sg'tT'S, Cyclisme
- Garage pliant. — On connaît les garages portatifs que les cafés placent devant leurs terrasses pour permettre aux cyclistes d’y placer leurs machines plutôt que de les appuyer contre un arbre ou une table. Ces garages remplissent parfaitement le but pour lequel on les a imaginés ; mais ce sont des objets très encombrants, et souvent on préfère les laisser dehors, pendant la nuit, que d’en embarrasser une salle.
- Afin de remédier à cet inconvénient, un inventeur vient d’imaginer le garage pliant qu’il a nommé le « Bien com-
- Ouvert.
- Fermé.
- Garage pliant le « Bien compris »,
- pris », sans doute pour se faire plaisir à lui-même.
- Le Système est, en réalité, assez intéressant, puisqu’il est constitué par des tubes en fer émaillé articulés entre eux et se développant de telle manière que l’espace compris entre deux tubes permet le logement de la roue avant d’une bicyclette. Le soir venu, lorsque les cyclistes ont disparu de l’horizon, on plie le garage et on le rentre dans un coin jusqu’au lendemain. — Le constructeur du « Bien compi'is » est M. Laurens, 17, rue Godefroy-Cavaignac, à Paris.
- Jouets
- Biplan « Unie ». — Les aéroplanes-jouets poussent comme les champignons : ces petites machines paraissent si faciles à construire que chacun s’évertue à en mettre sur le marché. Malheureusement beaucoup d’inventeurs en sont encore à la fabrication de jouets que l’on suspend à l’aide d’un fil et qui décrivent ensuite des cercles plus ou moins étendus. Nous aimerions voir de petits planeurs s’enlevant par leurs propres moyens et décrivant de longues trajectoires. On croirait vraiment que le problème est très difficile, étant donné le peu de chercheurs qui y consacrent leur ingéniosité.
- Le biplan Unie est encore un de ces modèles sus-
- p.2x123 - vue 555/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- pendus qui marchent très bien dans une chambre. Construit entièrement en bois — les plans sont des feuillets très minces — il se distingue de la plupart des autres par son moteur qui est un ressort, au lieu d’être constitué par un vulgaire faisceau de fils de caoutchouc.
- Le biplan « Unie ».
- formant ressort et permettant de saisir l’œuf à essayer.
- Il suffit maintenant de plonger dans l’eau l'ensemble formé par l’instrument çt l’œuf. La hauteur à laquelle l’eau affleure sur la tige graduée donne des indications
- fraîcheur relative.
- Le résultat est un voyage aérien plus régulier et d’une durée assez sérieuse : une minute et demie.
- Le jouet se présente très bien, contrairement à la plupart de ceux que l’on fait en étoffe et dont le fonctionnement est plus ou moins régulier. — Le biplan Unie est en vente chez M. Schmitt, 53, avenue de la République, à Paris.
- Objets utiles
- Entonnoir-seau. — J’ignore la date exacte, et même approximative, de la naissance du seau et de celle de l’entonnoir; mais leur mariage est très récent. Faire des deux objets un troisième est une idée extrêmement ingénieuse et l’inventeur, dont nous ne connaisson pas l’état — civil — est un homme très avisé. Le seau a des avantages; l’entonnoir en a d’autres, et souvent les deux objets sont indispensables pour remplir un tonneau, un réservoir, etc. Deux objets c’est beaucoup d’autant plus que l’entonnoir étant toujours métallique, ne fait pas partie de la vaisselle des « camping ». il est trop encombrant. Alors notre inventeur, après avoir pesé le pour et le contre des avantages et des inconvénients de l’un et l’autre instrument a imaginé l'entonnoir-seau. En réalité, c’est un gros entonnoir, en toile pour être facilement transportable. 11 est pourvu d’une anse comme les seaux et cette anse porte une chaînette qui se termine, à la partie inférieure de l’entonnoir, par une soupape. Vous puisez de l’eau à une source un peu éloignée et vous l’apportez près de votre auto. Si elle est destinée à votre réservoir, l’objet devient un entonnoir qui se vide par son embouchure lorsque, en tirant sur la chaîne, vous avez ouvert la soupape. Voilà qui -va faire plaisir à tous les automobilistes.
- Pour reconnaître la fraîcheur des œufs. — On
- sait que la densité des œufs est un indice excellent pour se rendre compte de leur fraîcheur. Et c’est un moyen fort employé par les ménagères, qui ont l’habitude de plonger dans l’eau les œufs qu’elles viennent d’acheter et d éliminer ceux qui flottent.
- Mais, parmi ceux qui gagnent le fond du vase, comment distinguer ceux qui sont de première fraîcheur de ceux qui ont déjà une existence de plusieurs jours?
- C’est le but de l’appareil suivant, imaginé par le Dr Waldorf, 496» portes-avenue Buffalo (New-York), Etats Unis. Nous le reproduisons d’après Scientific American.
- Il comporte une chambre à air en aluminium, faite d’une partie élargie et d’une tige graduée. A la partie inférieure de cet instrument sont disposés deux fils
- Presse zomothérapique. — C’est un mot bien savant que celui de zomothérapie, c’est ainsi que l’on désigne aujourd’hui l’emploi des sucs de viande crue pour le traitement de certaines maladies. Les Drs Richet et Héri-court notamment ont préconisé cette méthode 'pour le traitement de la tuberculose, elle convient en tout cas, à tous les organismes débilités. La difficulté est de se procurer ces sucs de viande crue : car la chair, de texture spongieuse et élastique, résiste à la pression, fuit et ne s’écrase pas, malgréles efforts déployés. Aussi en est-on réduit le plus souvent à hacher la viande et à l’absorber ensuite, malgré la répugnance qu’inspire en général un aliment aussi peu élégamment préparé.
- Le dispositif représenté ci-contre et imaginé par M. Petit donne de bons résultats. Il comporte plusieurs disques successifs perforés : entre chacun d’eux on place une rondelle de viande, large comme une pièce de 5 fr., épaisse de 1 cm.
- Les disques sont des plaques de fer-blanc léger. Les rondelles ne peuvent fuir, car les canelures des disques les maintiennent en place, et rompent la
- fibre musculaire. Fig. 2. — Coupe de la presse.
- On obtient par ce
- moyen, et sans effort un rendement de 5o pour 100. — L’appareil est en vente chez M. Fournier, 96, rue de la Folie-Méricourt, Paris, à la Manufacture française d’armes et de cycles de Saint-Etienne. Prix : modèle n° 1, i5 francs; modèle n° 2, 7fr,5o.
- Entonnoir-seau.
- CZUTTU
- p.2x124 - vue 556/647
-
-
-
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-
- Ce mois a été froid et sec. La température moyenne, i°,57, à pèine supérieure à celle de janvier, déjà très faible, est de 2°,o5 au-dessous de la normale. Le thermomètre ne s’est tenu un peu élevé que pendant trois jours, du 3 au 5; depuis le 7 jusqu’au 28, la température moyenne diurne est restée constamment basse, la dernière semaine étant la plus rigoureuse de tout le mois. Très ordinaire comme intensité, puisque le minimum absolu ne dépasse pas —5°,7 le 24, le froid s'est signalé par une remarquable persistance : on compte 21 jours de gelée, dont 12 consécutifs, du 17 au 28; pendant cette dernière période, les journées du 18 au 24 ont été très ensoleillées, puis il est tombé de la neige du a5 au 28, principalement les deux derniers jours; le soir du 28, le sol en était recouvert d’une couche de 5 à 6 centimètres.
- La nébulosité est faible, et l’insolation notablement supérieure à la normale.
- Il n’est tombé que quelques pluies insignifiantes; le total de l’eau recueillie est seulement de i2mm,o, la moyenne étant de 34“’",8 ; le tiers environ provient de la fusion de la neige.
- La Marne est très basse; le 28, son niveau était à 1 mètre au-dessous de la cote normale à cette date.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 76omiu,66; minimum absolu,.743“"“,7 le 11 à 4 heures; maximum absolu, 770""“, 1 le 21 à ioh45m; écart extrême, 26"’"',4-
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima,
- — i°,82; des maxima, 5°,62; du mois, i°,9o; des 24 heures, minimum absolu, — 5°,7 le 24; maxi-
- mum absolu, ii°,7 le 4- Moyenne diurne la plus élevée, 90,44 le 4; la plus faible, —2°,25 le 26. Amplitude diurne, moyenne du mois, 70,44 î la plus élevée, x3°,2 le 21; la plus faible, 3°,5 le 11 et le 27. — Sur le sol gazonné, moyenne des minima, —6°,21 ; des maxima, i4°,io; minimum absolu, —i3°,o le 24; maximum absolu, 22°,7 le 2i. — Dans le sol gazonné : moyennes du mois; profondeur, om,3o : à 9 heures, i°,32; à 21 heures, i°,35 ; profondeur, om,65 : à 9 heures, 2°,46 ; à 21 heures,
- 20,47 ; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 3°,5o; à 21 heures, 3°,49. — De la Marne : moyenne le matin, 2°,86; le soir, 3°,n; minimum, i°,28 le Ier; maximum, 4°>Io le 6.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 4“"n,o5;
- Maur, en février 1909, par M. Th. Moureaux.
- minimum, 2m“,o le 24 à 16 heures; maximum, 8mm,o le 4 à 12 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 78,4; minimum, 28 le 20 à i5 heures; maximum 100 en 6 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 5,34; ciel à nébulosité 0,0 les 8, i3, 19, 20, 21, 22; complètement couvert les 3, 4, 12 et i5.
- Insolation : durée possible, 283 heures; durée effective, 1 t 91* 4 en 21 jours; rapport, 0,42.
- Pluie : total du mois, i2n,m,o en 281'7.
- Nombre de jours : de pluie ou neige, 10 ; de pluie ou neige inappréciable, 3; de neige, 9; de gelée, 21, de gelée blanche, 17; de brouillard, 5; de grésil, 1; de givre, 10; de brume, 5; de halo, 3.
- Fréquence des vents : calmes, 9 .
- N. . . . . 56 S. E. . . . 27 w. . . . 10
- N. N. E . . i3o S. S. E . . a3 W. N. W. i3
- N. E . . - 76 S ii N. W . . 24
- E. N. E . • 2 9 S. S. W . . 40 N. N. W. 27
- E. . . . 62 S. w . . éo
- E. S. E . . 26 w. s. w. a3
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3“,95 ; moyenne diurne la plus grande, 8m,9 le 12; la plus faible, ira,i le 27; vitesse maximum en i5 minutes, i2m,8 le 12 de i4hi5m à i4h3om par vent N. N. E.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2”,72; minimum, 2m,32 le 25 ; maximum, 3m,o5 le 12.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, -f- 1mIn,93 ; température, —2°,o5; tension de la vapeur, — imm,oi ; humidité relative, —4>3; nébulosité, —1,46; pluie —22mm,8; jours de pluie, —3; jours de gelée, -f- 8; insolation, + 34'1 8.
- Taches solaires : on a suivi 9 taches ou groupes de taches en 20 jours d’observations; le Soleil a paru dépourvu de taches les 8 et 9.
- Perturbations magnétiques : Faibles, les 7-8, 10, 21, 24; modérées les 2, 6, 22 et 23.
- Mouvements sismiques : Faibles, le 9, de nt‘44m à 12ll 2 5ra (temps local); très faibles le 14, de i6h3m à i6h3o“.
- Floraisons : Le 15, primevère acaule ; le 20, perce-neige; le 22, pâquerette.
- VARIETES
- Les réflexes dans le planement. — Le premier homme-oiseau, Liiienthal, accomplit plus de 2000 vols avec divers appareils sans moteur. Chacun sait que l’expérimentateur descendait une colline en courant contre le vent avec son appareil sur le dos. Lorsqu’il avait atteint une vitesse suffisante, la machine enlevait l’homme et celui-ci, portant le corps tantôt à droite, tantôt à gauche, en avant ou en arrière, rétablissait ainsi l’équilibre de son planeur. Liiienthal n’a dont fait, au cours de ces 2000 expériences, que chercher à acquérir les réflexes indispensables pour pratiquer la navigation aérienne.
- Nos aviateurs modernes ne se soumettent pas à un aussi rude entraînement, et cependant ils volent. Les études de Liiienthal étaient-elles donc inutiles ? Certainement non! La maîtrise obtenue par les frères Wright n’a d’ailleurs pas d’autre origine que leur expérience du planement sans moteur. Mais dans un appareil genre Voisin, automatiquement stable en ligne droi'e et par les temps calmes, il n’est pas utile de posséder une telle habileté. Les virages se font dans un rayon très étendu et, avec un peu d habitude, on donne aux plans sustentateurs l’inclinaison qu’ils doivent prendre et qui est déterminée automatiquement par la position du gouvernail vertical.
- Dans les appareils genre Wright, aussi bien que dans les monoplans Blériot, Esnault-Pelterie, de Pischof, etc., la question des réflexes intervient plus directement.
- Tous ces planeurs, en effet, sont pourvus soit d’un gauchissement des extrémités des ailes, soit d’ailerons, terminant les ailes fixes, et que l’on manœuvre au moment opportun. Un Américain, M. Curtiss, a également adopté des ailerons triangulaires; mais, contrairement aux précédents aviateurs, il demande aux réflexes effectués par son corps de commander ces petites surfaces stabilisatrices. On connaît le fonctionnement de ces ailerons : ils agissent en sens inverse l’un par rapport à l’autre, c’est-à-dire que, dans un virage, on crée un couple de redressement en obligeant l’aileron extérieur à s’incliner sous l’horizontale, tandis que l’aileron intérieur s’élève d’une même quantité. Mais M. Curtiss, certainement bien intentionné, s’est trompé en installant ses fils de commande, de telle manière que, pour actionner ses ailerons, il doit porter le corps vers le centre du virage, erreur manifeste qui a pour effet de solliciter l’appareil à s’incliner davantage. Le mouvement réflexe était donc erroné, ce qui prouve qu’il est bon de s'y entraîner auparavant afin de ne pas confondre un virage d’aéroplane avec un virage de bicyclette.
- Les aviateurs gagneraient certainement de la liberté d’action s’ils confiaient aux réflexes la commande des ailerons ou du gauchissement. M. Curtiss avait, pour réaliser son idée, utilisé une ceinture à laquelle étaient altachés les fils se prolongeant jusqu’aux surfaces auxiliaires. MM. de Pischof etKœchlin ont imaginé un autre dispositif, plus ingénieux encore, qu ils viennent de
- p.2x125 - vue 557/647
-
-
-
- !
- VARIÉTÉS
- mettre en pratique dans leur nouveau monoplan pourvu d’ailerons. Le siège de l’aviateur est muni d’un dossier mobile prolongé par des bras dans lesquels est engagé le corps du pilote. Lorsque le planeur s’incline, instinctivement le pilote porte le corps du côté opposé et il appuie contre un des bras du dossier; celui-ci agit directement sur les ailerons qui obéissent par conséquent au mouvement réflexe de l’aviateur.
- On voit que la question des ailerons, petites surfaces triangulaires ou rectangulaires mobiles aux extrémités des plans sustentateurs est parfaitement connue, et que leur commande par les réflexes a été envisagée par plus d’un technicien. M. Etienne Maigre, dans la Revue (les idées, estime que l’angle maximum que les ailerons doivent faire avec l’horizontale est de 37°. L. 1''.
- La question des Ibères. — On a signalé dans La Nature*, à propos de Y Histoire de la Gaule de M. Jul-lian, l’hypothèse, fortement étayée de faits, que faisait cet auteur à propos des Ligures. Selon lui, ces peuples, qui ont été les prédécesseurs immédiats des Celtes sur notre territoire, devraient être rattachés par leur parler à ce vaste ensemble linguistique qu’on appelle la famille indo-européenne. Ils seraient ainsi apparentés de beaucoup plus près qu’on ne l’avait cru jusqu’alors aux envahisseurs successifs de l’Europe occidentale et en particulier aux Celtes. Et même, M. Jullian tend à admettre que, comme les Celtes et plus tard les North-maus, les Ligures auraient une origine septentrionale. Venus de la Frise et du Jutland, ils auraient été les premiers représentants de ces grands courants envahisseurs projetés parle Nordsur le Sud-Ouest de l’Europe.
- D’autre part, on sait, par le témoignage des auteurs anciens et par les découvertes archéologiques et linguistiques contemporaines, que les Ligures ne sont pas arrivés dans un pays désert. Ils y ont trouvé des habitants déjà installés, depuis longtemps peut-être. Quels étaient ceux-ci, et d’où venaient-ils? C’est ce qu’a voulu chercher M. Ed. Philippon dans un récent travail sur les Ibères2, nom générique un peu vague sous lequel on range les anciens habitants de l’Espagne et du Sud de la France jusqu’au Rhône.
- L’ancienne théorie classique à leur sujet remonte à 1821; date du célèbre travail de W. de Humboldt : Recherches sur les habitants primitifs de l'Espagne au moyen de la langue basque. Partant de l’idée, acceptée comme évidente, que les pays basques avaient été habités par des populations de race ibérique, Humboldt considérait que ces mêmes Basques, identiques aux Ibères, avaient occupé autrefois, non seulement l’Espagne tout entière, mais encore la Corse, la Sardaigne, la Sicile, l’Italie, l’Illyrie et la Thrace. Il le démontrait au moyen de considérations linguistiques telles qu’on en pouvait faire à une époque où n’existait pour ainsi dire aucune idée juste sur la grammaire comparée indo-européenne. Aussi, et depuis longtemps, aucune de ses explications n’est-elle plus admise par les linguistes. Et cependant, comme le remarque justement M. Philippon, le système ethnologique proposé par Humboldt au sujet des Basques-Ibères avait survécu jusqu’à nos jours à la ruine totale du système linguistique qui était son seul support, et l’on continuait d’admettre à la fois l’identité des Basques actuels et des anciens Ibères, et le caractère non indo-européen de leur ensemble.
- Pour M. Philippon, la question doit être posée et résolue tout différemment : i° il n’y a aucune parenté
- 1 Maiicel Blot. La question des Ligures. La Nature, 12 décembre 1908.
- 2 Ed. Philippon. Les Ibères, étude d’histoire, d’archéologie et de linguistique. Paris, H. Champion, 1909• 1 vol in-16, xxiv-3/|/, p.
- linguistique certaine entre les Basques et les Ibères ; — 20 les Ibères appartiennent par leur langue à la famille indo-européenne.
- Il est impossible dans cette revue de suivre M. Philippon dans l’exposé des arguments linguistiques qu’il invoque à l’appui de sa thèse, et nous n’aurions d’ailleurs pas la compétence nécessaire pour les discuter. Nous devons donc nous contenter d’indiquer objectivement, d’après lui, comment on devrait comprendre la question des peuples ibériques, c’est-à-dire le peuplement de l’Espagne et en général de l’Europe sud-occidentale.
- Le trait dominant dans l’histoire de ce peuplement, antérieurement au vu0 siècle avant notre ère, serait non pas, comme on l’a trop cru, une unité, mais une dualité ethnique. Elle ne fait pour M. Philippon aucun doute et il distingue nettement à cette époque ces deux éléments, qu’il appelle : peuples Lybio-Tartesses, et peuples Ibères. Pour lui tous les deux sont des envahisseurs, venus s’installer dans un pays déjà occupé par des peuples inconnus, dont les Basques sont peut-être parmi les derniers descendants. Lybio-Tartesses et Ibères seraient d’ailleurs tous deux de famille linguistique indo-européenne.
- Les Lybio-Tartesses, qui devaient développer dans le Sud de l’Espagne une civilisation très remarquable et très riche, seraient venus par le détroit de Gibraltar, après avoir occupé l'Afrique du Nord. Ils seraient d’ailleurs d’origine asiatique et ils auraient apporté sur le sol espagnol une culture égéenne, qui expliquerait les caractères si particuliers de l’architecture, de la céramique et de la sculpture, telles qu’elles ont été révélées par les belles recherches de MM. Siret et Paris. M. Philippon appelle à l’appui de sa thèse des arguments d’ordres divers : linguistiques, mythologiques, historiques, et tire notamment un très ingénieux parti de cette fabuleuse histoire de l’Atlantide qui nous a été conservée par le Timée de Platon et par Théopompe.
- Les Ibères auraient également une origine asiatique, qui devrait être cherchée aux environs du Caucase. A l’inverse des Tartesses, c’est par l’Europe et par les Pyrénées qu ils auraient pénétré jusqu’en Espagne, laissant des traces de leur passage en Italie, en Sicile, et s’installant avec plus de stabilité en Corse, en Sardaigne et sur tout le territoire à l’ouest du Rhône.
- On conçoit que ces grands mouvement? aient demandé du temps pour s’accomplir, des siècles, et qu’on ne puisse, d’autre part, les dater qu’en très grossières approximations. On pourrait admettre que c’est entre le xv° et le vaie siècle que se sont effectuées, depuis les déparis d’Asie jusqu’aux arrivées en Espagne, ces doubles invasions tartesses et ibères. En admettant cette date pour le mouvement initial, on rattacherait peut-être ainsi l’histoire du peuplement occidental par des Indo-Européens à celle du peuplement, par d’autres Indo-Européens, d’autres régions d'Europe, comme la Grèce, l’Italie, et d’Asie, comme l’Iran, non pas que nous voulions dire que ces régions aient été envahies dès cette époque, mais parce qu’il semble que le grand ébranlement des peuples qui devaient y venir ensuite ait commencé de se produire alors. Et c’est à nos yeux le principal intérêt des recherches de M. Philippon, qu’avec d’autres elles convergent à reporter l’esprit vers une date assez déterminée, en gros vers quinze siècles avant le Christ, vers le Nord et le Nord-Est de la Méditerranée orientale, comme vers le temps et le lieu où s’élaboraient les forces conquérantes destinées à indo-européaniser le monde occidental, et à continuer, sous des langues et des races nouvelles, les grandes œuvres de civilisation inaugurées par les sociétés sémitiques. J.-P. L.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Les asphaltes naturels et artificiels. — Un chimiste allemand, M. Eickmann, a indiqué récemment un procédé permettant de reconnaître l’asphalte artificiel dans l’asphalte naturel.
- La méthode est basée sur l’examen des produits huileux contenus dans le premier. Pour l’asphalte
- naturel, ces produits sont liquides et ne contiennent pas de paraffine. En faisant passer un courant de vapeur d’eau dans un asphalte naturel sulfuré, on perçoit nettement l’odeur de l’hydrogène sulfuré. Ce procédé peut être intéressant, les deux espèces d’asphalte n’ayant pas la même valeur marchande.
- p.2x126 - vue 558/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. - Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — La vitesse de la lumière. — Dans le récent article publié par La Nature sur les Radiations, la vitesse de la lumière est exprimée par 3 X io10. Il faut lire 3 X io10 centimètres ; le centimètre étant l’unité de longueur du système C. G. S.
- M. lluguet, à Paris. — L’adresse du fabricant du flacon de pesée est : maison John Kerr, à Manchester.
- M. Chénier, à Paris. — Dissolution pour réparer les objets en caoutchouc : dissoudre io parties en poids de pure gomme Para dans go d’essence de pétrole. Les bouchons de caoutchouc déjà vulcanisés ne conviendraient pas. L’encre des tampons en caoutchouc conviendra, croyons-nous, au but que vous poursuivez; pour le préparer, faire dissoudre i kg de dexlrine et 3oo gr. de bleu d’aniline, au bain-marie, dans i litre 1/2
- d’eau distillée. Puis ajouter 7 kg de glycérine, 28° Baumé.
- M. Lagram, à Bruxelles. — Il vient de paraître dans YEleciricien, chez Dunod et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, une étude complète de M. Montpellier sur les téléphones domestiques. Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur les pendules à remontage électrique.
- M. R Gouverneur, à Ailly-sur-Noye. — Pour nettoyer les objets en nickel, les enduire de graisse pendant 3 jours, puis frotter avec un chiffon trempé d’ammoniaque. Pour les carreaux en mica, les nettoyer à l’eau savonneuse. Enfin, pour la résistance nécessaire au fonctionnement de votre lampe à arc, le constructeur seul peut vous donner un renseignement précis.
- M. Dalesme, à Paris. — Il est très difficile de faire disparaître sur un cliché photographique les taches jaunes causées par un mauvais lavage après fixage. On peut toujours essayer le bisulfite de soude étendu d’eau.
- Abonné 4157-2824. — Vous pourrez trouver les échantillons en question chez M. Boubée, 3, place Saint-André-des-Arts, Paris, ou chez Deyrolles, 46, rue du Bac.
- BIBLIOGRAPHI
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Ea lutte biologique contre les chenilles : Henri Coupin, — Le papier de sarments : Henri Blin. — Chronique. — Une torpille perce-cuirasses : Sauvaire Jourdan. — Les locomotives com-pound et à vapeur surchauffée R. Bonnin. — La pierre creuse artificielle : René Doncières. — Un stéréoscope à rayons X : Dr Alfred Gradenwitz. — Académie des sciences ; séance du 8 mars 1909 : Ch. de Vieueijeuil. — La pêche au baro : Jacques Boyer.
- Supplément. — L’aéronautique à la Chambre des représentants aux États-Unis. — Un bolide au Mans. — Actions de la lumière solaire sur les verres incolores. — La sériciculture en Indo-Chiné. — Faut-il se purger? _ ^
- La caverne d’Altamira, à Santillane près Santander (Espagne), par Emile Cartailhac et l’abbé Breuil, in-40, 275 p. 20 fig. et .87 pl. impr. de Monaco, 1906.
- Malgré la date qu’il porte, ce luxueux volume, faisant partie des magnifiques publications sur les recherches préhistoriques éditées par les soins et la libéralité du prince de Monaco, vient seulement de paraître. C’est le premier d’une sérié d’ouvrages qui seront consacrés aux peintures et gravures murales des cavernes paléolithiques. Cette question si curieuse et si nouvelle a été exposée au n° i5o3 de La Nature (i5 mars 1902) par le D1 Capitan et 1 abbé Breuil. Nous renvoyons à leur article. Actuellement on connaît environ 35 cavernes en France et en Espagne où l’on a observé des manifestations de l’art primitif. On sait que la première découverte en est duë à M. de Sautuola, précisément à Altamira (novembre 1879); vivement contestée d’abord (par MM. Harlé, Cartailhac, etc.), l’importance de cette découverte ne fut admise que lorsque M. Emile Rivière en eut effectué une semblable à Lamouthe en 1895. Les trouvailles ultérieures de MM. Dalleau, Chirôt, Capitian, Breuil, Peyrony, F. Régnault, etc., modifièrent complètement les opinions des premiers opposants. A partir de 1902,'M. Cartailhac et l’abbé Breuil entreprirent l’étude méthodique de la première en date des grottes peintes, celle d’Altamira, avec le concours de M. Alcade del Rio. Ce sont les résultats de leurs minutieuses investigations qu’ils donnent en cet admirable volume, étudiant successivement les débris dé cuisine’laissés par l’homme préhistorique, les gravures, les peintures et fresques accumulées en véritables palimpsestes sur les voûtes et les parois
- de la grotte, l’ocre rouge préhistorique, les fouilles de M. Alcade del Rio, etc. Sur quantité de questions on est encore réduit aux hypothèses plus ou moins ingénieuses et certaines opinions, par exemple sur les empreintes de griffes d’ours des cavernes et sur les comparaisons ethnographiques avec les œuvres analogues des primitifs sauvages d’Amérique, d’Afrique et d’Australie, de même que sur l’âge précis de ces documents artistiques, ne sont peut-être pas aussi définitives que le pensent les auteurs. Mais l’ensemble de l’ouvrage est une capitale et très érudite contribution à l’histoire des origines de l’art. Les dessins et aquarelles de l’abbé Breuil témoignent d’un véritable talent. En en rehaussant très vivement les couleurs il nous donne, non point la représentation de ce qui subsiste encore sur les parois d’Altamira, mais véritablement la restitution de ce que devaient être ces vivantes images de bisons, biches, chevaux, sangliers, etc., quand les mystérieux peintres troglody-tiques venaient de les achever, en y mettant une justesse et une vivacité de mouvement stupéfiantes pour l’œil moderne, qui a parfois delà peine à discerner ce qui en subsiste sur la pierre. L’exécution matérielle de l’ouvrage achève d’en faire un livre précieux.
- Guide d’Alésia (Alise Sainte-Reine, Cote-d’Or), par Charles Normand. Bureaux de l’ami des monuments et des arts, 98, rue de Miromesnil, Paris. Prix : ifr,25.
- On trouvera dans ce guide, très soigneusement fait, d’excellentes notices historiques et archéologiques, des photographies, des cartes et tous les renseignements pratiques nécessaires pour organiser une excursion sur le site de la fameuse Alésia de Vercingétorix et de César.
- Conditions of life in the sea, par J. Johnstone. Cambridge University Press, London. 1908. 1 vol. in-8°, xiv-332 p., carte et illustr. Prix : 9 sh. (Cambridge biological sériés).
- Comme l’indique le sous-titre, l’auteur, un très distingué collaborateur du laboratoire des pêcheries de Liverpool, a voulu donner un bref aperçu des principaux résultats actuellement acquis par les recherches de biologie marine, l’hydrographie et l’océanographie. Il y a réussi très brillamment et les biologistes liront avec vif intérêt les chapitres de ce livre : océanographie, vie dans la mer, pêcheries, études sur le plankton, statistiques de la vie marine, productivité de la mer, conditions de la vie marine, etc.
- p.2x127 - vue 559/647
-
-
-
- J BIBLIOGRAPHIE
- Traité pratique de la préparation des vins de luxe, par Victor Sébastian, chimiste-œnologue, ex-directeur de station œnologique et viticole. Deuxième édition, revue et considérablement augmentée, i vol. de xv-656 pages, avec 186 figures. Prix : io fr. Masson et Cio, à Paris.
- Mettant à profit ses nombreuses recherches et observations personnelles, l’auteur a su condenser et présenter avec clarté une masse de faits importants. Son traité comporte deux divisions principales : L’une est consacrée aux cépages, au raisin, au moût, au vin et à son vieillissement, aux soins de propreté, aux méthodes d’analyse, etc. Dans la seconde, l’auteur s’occupe de la description des diverses manipulations pratiques que nécessite la fabrication des vins de luxe tels que ; vins doux aromatiques et non aromatiques ;
- vins de paille ou passerillés ; vins alcooliques secs ; vins liquoreux ; vins forcés; vius mutés; vins cuits; vins mousseux secs et doux ; vermout ; vins toniques, etc.
- Alpinisme et service militaire d’hiver, par H. Czant. Paris-Nancy. Berger-Levrault. Lausanne, Th. Sack-Raymond. i vol. in-8, i63 p.
- Celte brochure, copieusement illustrée, est rédigée avec grand soin. Tous les amateurs de raquette et de ski y trouveront de précieux enseignements, et les militaires- de bonnes notices sur le transport des mitrailleuses, l’habillement, l’équipement, les trains de vivres et bagages, etc.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 mars 1909 . — 0°.4 S. E. 0. Couvert. 0,0 Gelre blanche ; très nuageux; gouttes par intervalles le s.
- Mardi 9 — 01 8 S. E. 2. Couvert. » Gelée blanche ; brume ; très nuageux le 111 ; nuageux le s.
- Mercredi 10 2M E. 3. Couvert. 3,3 Gelée blanche; éclaircie à 20 h. f pluie de 7 h. 45 à 13 h. 20.
- Jeudi 11 — 0Y9 Calme. Très nuageux. 0,2 Gelée blanche; brouill. le m.; très nuag.; petite pluie à 20 h.
- Vendredi 12 1°,3 N. W. 2. Couvert. 0.5 Couvert ; gouttes, neige, grésil par intervalles.
- Samedi 13 0°,t W. S W 2. Neige. 2.7 Neige le m.; grésil à Tl h.; très nuageux.
- Dimanche 14 — H",3 S S. W. 2. Couvert. )) Gelée blanche : couvert; neige de 10 h. 20 à 17 b.
- MARS 1909. — SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 MARS 1909.
- La courbe supérieure indique La nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe eh pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 8 au i3 mars. — Le 8. Zone de faible pression de l’O. de l'Europe à la Méditerranée orientale : îles Scilly, 746 mm; golfe de Gênes, 747; fortes pressions sur le N.-E. : Saint-Pétersbourg, Àrkangel, 773. Pluies sur l’O.; en France : Nice, 22 mm. d’eau; Gap, 19; Bordeaux, 17; Clermont-Ferrand, i3; Nancy, 10; Paris, 3. Température du matin : Moscou, —14° ; Paris, o; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —8; moyenne à Paris : i°,5 (normale : 5°, 1). — Le 9. Extension des fortes pressions vers l’O. et le Centre : Ecosse, 765 ; Suède, 773 ; Nord de la Russie, 781; entrée de la Manche, 747; Adriatique, 749. Pluies sur l’O. et le S.; en France : Toulon, 11 ; Nantes, 4; Toulouse, 3; Calais, 2 ; Lyon, 1. Temp. du matin : Moscou, —io°; Paris, —1; Alger, i3; Puy de Dôme, — 6; moyenne à Paris |: 5°,6 (normale : 5°,2). — Le 10. Dépression sur la Gascogne, 747; Arkangel, 779; Moscou, 781. Pluies en France : Perpignan, 28; Cette, 27; Biarritz, 24; Nantes, 14; Limoges, 10. Temp. du matin : Moscou, — 200; Paris, — 2; Alger, 14 ; Puy de Dôme, — 2; moyenne à Paris : 3°,8 (normale : 5°,3). — Le 11. Minima sur la Bretagne
- (749) et les Açores (753); fortes pressions sur le N. et l’E. Pluies sur l’O.; en France : Ajaccio, 4*; Cette, 28; Gap 14 ; Biarritz, 9; Nantes, 6; Paris, 5. Temp. du matin : Moscou, —23°; Paris, 1 ; Alger, 12; Puy de Dôme, —4; moyenne à Paris: 3°,8 (normale;: 5°,4). — Le 12. Minima voisins de 757 sur la Vendée, la Bavière, l’Adriatique; dépression sur la Scandinavie; hautes pressions sur les Iles-Britanniques, l'Islande, le N. de la Russie. Pluies sur l’O. de l’Europe; en France : Perpignan, Besançon, 7; Bordeaux, 4; Limoges, 3; .Calais, 2. Temp. du matin : Arkangel, —: 170; Paris, 1; Alger» 12; Puy de Dôme, —4; moyenne à Paris : i°,8 (normale : 5°,5). — Le i3. Allongement vers le S. de la dépression Scandinave, formant un couloir de basses pressions entre les deux maxima des Iles-Britanniques et du N. delà Russie. Pluies et neiges sur le N. et 10; en France : Besançon, 10; Toulouse, 5; Clermont-Ferrand, Charleville, 4: Paris, 2. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, —16°; Paris, o; Alger, i3; Puy de Dôme, —8; moyenne à Paris : i°,4 (normale : 5°,6). Phases de la Lune : Néant.
- p.2x128 - vue 560/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N# 1870 — 27 MARS 1909
- . SUPPLEMENT
- INFORMATIONS
- Nouveaux prix pour l’aviation. — Dans tous les pays, l’aviation suscite de généreux donateurs. En Allemagne, MM. Opel de Rüsselsheim, créent un pxûx de 25 000 francs pour le premier aviateur allemand qui volera en moins d’une heure de Francfort à Rüsselsheim et retour (environ 4° km), entre 10 heures du matin et 7 heures du soir, durant l’Exposition de Francfort (juin à octobre 1909). Aux Etats-Unis, à propos des fêtes du Centenaire de Fulton, l’Aero-Club of America, crée une grande épreuve pour aéroplanes et dirigeables dotée de 5oooo francs de prix. Le roi des Belges offre 25 000 francs au meilleur ouvrage paru en 1909 sur la locomotion aérienne. } ‘
- Congrès International d’hydrologie. — Le VIIIe Congrès d’hydrologie, climatologie, géologie et thérapie physique se tiendra à Alger au moment des vacances de Pâques, du 4 au 10 avril 1909.
- f Un bolide extraordinaire. — Le bolide du 22 février, dont nous signalions la visibilité au Mans dans notre numéro 1868, du i3 mars dernier, est, en réalité, un des plus curieux, des plus extraordinaires que l’on ait observés, non pas que son éclat ait été d’une intensité éblouissante, mais par la traînée lumineuse qu’il a laissée après son passage et qui a persisté pendant près d’une heure et demie. Cette traînée a vivement frappé l'imagination des personnes peu au courant des choses du ciel, et on y a vu même le présage de cataclysmes, de la fin du monde, etc. Le météore a .débuté vers 7h 45“ par un bolide se déplaçant avec une certaine lenteur, puisqu’il a été visible pendant 5 à 6 secondes disent les uns, 8 prétendent d’autres. La lumière n’a pas été extraordinairement vive : on a parlé de l’éclat de la pleine Lune, de Vénus et même de Jupiter. Nous ne mentionnerons pas ici les étoiles devant lesquelles le météore est passé, car étant donné le grand nombre d’observateurs de France et d’Angleterre, il se projetait pour chacun d’eux en des points différents du ciel par d’effet de la parallàxe. Le météore était évidemment à une jolie hauteur, car il a été vu de la partie méridionale de l'Angleterre, de la Normandie, de la Bretagne, de la Loire-Inférieure, à Rochefort, à Paris et à Lyon. M. F.-W. Denning, astronome à Bristol, spécialiste en matière d’astronomie météorique, à donner, dans notre confrère anglais Nature, une première étude de cet astre, d’après 61 lettres et observations qui lui ont été communiquées. L’auteur estime que ce bolide était une Léonide, mais le radiant n’est pas bien défini. On peut vraisemblablement le fixer par : ascension droite'= 175°; déclinaison =-[-16°, non loin de (5 Lion. La hauteur, au moment de l’apparition, a pu varier entre 97 et 58 km, au-dessus de la Manche, à environ 64 km des côtes des comtés de Sussex, Hampsire et Dorset. La traînée lumineuse s’étendait sur 220 km de longueur et la rapidité du bolide a pu être de 3a km par seconde. Plusieurs observations indiqueraient une plus grande longueur de la
- traînée et une hauteur moins grande (5o km) au moment de la disparition. Celle-ci s’est faite en un point situé à 80 km au Sud de Plymouth. Les observations, pour la plupart, ont été faites par des personnes ne connaissant rien aux choses du ciel. Ces observations contiennent évidemment des indications précieuses, mais parfois compliquent le travail et rendent la tâche pénible Nous pensons que M. Denning, lorsqu’il aura en mains la plupart des observations faites en France, dont quelques-unes très précises, sera en mesure de déterminer d’une façon très exacte l’orbite de ce bolide. La traînée qui a persisté plus d’une heure s’est peu à peu déplacée et a été entraînée vers le Nord-Ouest par les courants supérieurs. M. Denning a calculé que son déplacement était de 129 km à l’heure. Elle semble avoir conservé sensiblement la même hauteur de 5o km pendant tout le temps où elle s’est déplacée du Nord de l’île Alderney jusqu’au-dessus du Dartmoor. La persistance de l’éclat de cette traînée, aussi longtemps après la disparition du météore, est absolument remarquable.
- Le béton armé dans les tremblements de terre.
- — La Nature a déjà signalé, à propos du tremblement de terre de San-Francisco, la bonne tenue des édifices en béton armé, lors des secousses sismiques. Les qualités du béton armé ont été également mises en évidence lors de la terrible catastrophe dé la Sicile. A Messine, les parties en béton armé, des édifices situés aux endroits même les plus tourmentés, ont parfaitement résisté. Une maison en béton armé est restée debout au milieu de tout un quartier réduit en miettes, maison abritant une famille qui est la seule survivante sur un grand périmètre. Le réservoir en béton armé de 400 m3 alimentant la Ville n’a subi aucune détérioration et n’a pas cessé un seul instant de fournir l’eau.
- Du Cap au Caire. — Pour compléter la ligne « Cape to Cairo », il ne reste plus qu’à construire une section de 960 km, celle qui traverse le territoire congolais. Lè Daily Graphie publie une interview de Sir Charles Metcalfe, directeur des travaux, qui vient de partir de Londres à destination de la frontière congolaise pour hâter les travaux. Us sont déjà commencés, et, de Broken-Hill, le terminus actuel, on expédie chaque semaine 2000 tonnes de matériaux, rails, traverses, etc. Des centaines d Européens se sont déjà fixés à Broken-Hill, ambitieux de s’établir dans les régions qu’ouvrira la nouvelle section. Celle-ci sera probablement terminée d’ici la fin de l’année. Elle permettra, dès 1910, de commèncer l exploitation des riches gisements cuprifères de la région du Tanganyika. >
- Le Niagara à sec. — Il s’est produit les 14, 15 et 16 février dernier, sur le Niagara, un phénomène extrêmement rare. Les célèbres chutes ont été complètement à sec. Le froid très vif qui régnait en ces régions avait entièrement congelé le haut cours du
- p.2x129 - vue 561/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- fleuve. Le fait ne s’était produit que deux fois jusqu’ici : en mars 1848 et en mars 1903-, et encore l’arrêt des chutes n’avait-il jamais duré aussi longtemps. ,
- Transmission électrique à haute tension. — On
- vient d’autoriser aux Etats-Unis la construction d’une ligne de transport de force à 110 000 volts; elle puisera son énergie aux chutes du Niagara et la transportera à Dundas, Guelph, Berlin, Woodstock, sa longueur sera de 470 km. Les câbles seront en aluminium. Les supports seront des tours en acier galvanisé espacés de i5o m., d’une hauteur moyenne de 18 m. au-dessus du sol. Le choix du courant s'est arrêté sur le courant triphasé, 25 périodes.
- La télégraphie entre l’Angleterre et les Indes. —
- D’après l’expérience qui vient d’être faite par l'Indo-European Telegraph C°, de Londres, on peut considérer que la possibilité de transmettre des messages télégraphiques d’un point à l’autre du globe, sans retransmission manuelle, est un fait acquis. h’Indo-European Telegraph C° possède une ligne aérienne qui, jusqu’au 20 janvier dernier, reliait Londres à Téhéran, eu. passant par Lowestoft. Emden, Berlin, Varsovie, Rowno., Odessa, Kertch, Tiflis, Tauris. Cette ligne, dont la longueur était de 6118 km., vient d’être prolongée par un conducteur de 2534 km posé entre Téhéran et Kurrachee. La communication électrique totale possède donc une étendue de 8652 km. Il ne faudrait cependant pas s’imaginer que la transmission s’effectue directement entre les deux postes extrêmes : Londres et Kurrachee; on a eu recours à des translations, c’est-à-dire à des appareils retransmetteurs automatiques dis^ séminés sur toute la ligne et qui sont chargés de la retransmission des signaux émis par l’appareil Wheat-stone qui dessert le conducteur. Ce travail est purement mécanique: l’important est un réglage précis des appareils. Le nombre des stations de translation est de quatorze. Il était intéressant de chercher à connaître jusqu’à quelle distance un conducteur télégraphique de cette étendue pourrait être prolongé éventuellement Dans ce but, différents conducteurs, aboutissant à Kurrachee ont été reliés à la ligne indo-européenne, entre autres ceux de Madras-Kurrachee, Calcutta-Kurraohee et Rangoon-Kurrachèe. Dans ces deux derniers cas, qui instituaient un circuit direct entre Londres et Calcutla (11 ioo km) et Londres-Rangoon (12 400 km) les transmissions se sont effectuées, au Wheatstone, à la vitèsse de 40 mots par minute. C’est là un record de la transmission télégraphique directe. Observons encore que cette ligne indo-européenne n’est pas entièrement aérienne; elle comporte; deux sections sous-marines : l’une de 421 km dans la mer du Nord, et l’autre de 12 km dans le détroit de: Kertch. L’établissement de ce conducteur de Londres à Kurrachee, et les expériences qui ont suivi, montrent que la télégraphie avec fil est capable de së prêter aux fantaisies les plus étonnantes et aux besoins les plus impérieux.
- Sur le réseau ferré des États-Unis. — Le réseau ferré des Etais-Unis, qui s’est augmenté en dix ans de 40144 milles, comptait au 3o juin 1908 un ensemble de 2.27678 milles, qui ont rapporté comme recettes brutes pendant les 12 mois à cette date la somme de 2 444640 637 dollars, soit donc 53 francs par 1609 m. de voie Par rapport à l’année 1906 cette recette accuse une .augmentation- d’un demLmilliard de francs. Le nombre des wagons-de marchandises en service, qui était de 1 546 ior en 1902, était monté à 1837914 en
- 1906, - pour, dé passer les. deux millions en 1907 ; sans comprendre dans ces chiffrés les wagons appartenant à des maisons de commerce ou à des trusts. Quant au nombre des locomotives, il était de 55 388 au 3o juin
- 1907. soit une augmentation de 3713 en un an. Dans ce chiffre figuraient 34 079 locomotives pour trains de marchandises. Le nombre des employés de chemins de fer était à la même date de 1 672 074, soit une augmentation de 150719 employés en un au pour tout le réseau, et une augmentation de. 5r employés par 100 milles de voie. Les salaires de cette armée de travailleurs représentèrent en 1907 un total de 1072386427 dollars, soil donc 5361 millions de francs, La Compagnie qui tient le premier rang quant à la longueur de son réseâu; est la Chicago and Northwestern, avec 7632 milles qui lui valent une recette brute de 63 219 344 dollars. Mais la
- Pennsylvania, avec son réseau de 5437 milles, a fait en 1908 une recette de 193052771 dollars (206 153 167 dollars en 1907).
- La pêche au baro. — Comme suite à notre récent article sur la pêche au haro (n° 1868), nous recevons de M. E. Trille, juge d’instruction à Agen, des renseignements intéressants sur les « baros » qui existaient sur la Garonne, il y a quinze ou vingt ans. « Ceux-ci n’étaient pas à poste fixe; reliés à un appontement s’appuyant sur le rivage; ils étaient — du moins ceux que je me rappelle avoir vus — montés sur des bateaux que le pêcheur mouillait où il voulait, en plein courant, dans les remous, sous les arches des ponts, près de la rive, etc... Et cela fonctionnait à merveille. Abandonné à lui-même, le bateau pêchait tout seul, grâce à son « baro ». On n avait que la peine d’aller voir de temps en temps si le réservoir à poisson était bien garni. Mais, sans doute, le « baro » avait des inconvénients, car depuis plusieurs années, les arrêtés préfectoraux sur la pêche, en Lot-et-Garonne et dans d’autres départements voisins, paraît-il, ont interdit d’une façon absolue l’emploi du filet tournant dit harot. On a dû, sans doute, le trouver trop destructeur, trop malfaisant sur la Garonne et ses affluents et la chose s’explique d’elle-même, rien qu’à voir la pêche fantastique du fermier des sept « baros » de Peyrehorade : i3o2 saumons pesant 7269 kg, sans compter le reste : aloses, truites, lamproies et tout le menu fretin! » Il serait intéressant de .déterminer quelle fut exactement l’aire de répartition du baro, les variantes locales de celui-ci, et les causes et dates de sa disparition. Quelques-uns de nos lecteurs en possèdent peut-être des gravures anciennes ou des photographies?
- « Bosses » comestibles. — Le marché de l’alimentation va s’enrichir en Europe d’un nouvel article, sous la forme de bosse de zébu. Cette partie du bœuf indien a été de longtemps considérée dans l’Asie Iropîcale Comme un mets de choix. Les Européens eux-mêmes s’én’ montrent très friands. Une grande boucherie de Calcutta se propose de lancer lë produit en Europe, et, déjà, un marchand de comestibles de Londres en offre à sa clientèle, au prix de 3tr,5o la livre. La bosse entière vaut de 26 à 3o francs. Les animaux sont engraissés spécialement sur une ferme des environs de Calcutta. A l’abatage, les bosses sont salées ayec le plus grand soin, parfumées d’épices, et placées dans des boîtes de fer-blanc dont la forme rappelle celle des' casques coloniaux. Les gourmets de l’Hindouslan conseillent de servir la bosse de iébu froide; et de la couper dans le sens horizontal, afin que les tranches présentent des couche's de viande grasse et de viande maigre.
- La cartographie annamite- — M. A. Salles, inspecteur des colonies en retraite, montrait dernièrement à la Société de géographie trois cartes annamites qu’il a rapportées d’Indo-Chine ; ces cartes écrites en caractères chinois, destinées aux lettrés; annamites, sont surtout intéressantes comme indications relatives à l’évolution intellectuelle-des Annamites vers les sciences occidentales. La première,, représentant l’Indo-Ghine annamite, a pour auteur le prince Huong-thietj -secrétaire du bureau des annales,; petit-fils de l’empereur Minh-Mang. Elle représente . l’Indo-Ghine annamite environ au 1/2000000; mais il n’y a pas d’échelle exacte indiquée; ni les degrés.., de longitude, ni ceux de latitude ne sont figurés; les traits géographiques ne sont parfois qu’approximatifs, ainsi le grand coude du Mékong entre Stung-Stréng et Pnom-Penh. Telle quelle, cependant, cette carte marque un grand progrès sur la vieille cartographie annamite; mais, gravée sur une grande planche de bois, elle représente encoré l’ancién temps Les deux autres cartes accusent un progrès plus net chez leur auteur, le licencié Dang-Mran-Chach, de Hanoï. L’une montre d’Indo-Chine jusqu’au Ménam; l’autre est un planisphère d’après la projection de Mercator, avec! une petite reproduction des deux .hémisphères de la mappemonde. Sur les deux les degrés sont portés et, d’une manière générale, le dessin s’approche de l’exactitude, la carte d’Indo-Chine ayant même une échelle au i/i5ooooo indiquée en kilomètres. Enfin le procédé lithographique a remplacé* la gravure sur bois. La carte du prince Huong-thiet a été imprimée à Hué en 1889. Les deux autres sont de juin et septembre 19O7.
- p.2x130 - vue 562/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> Automobilisme
- Nouveaux moteurs à deux temps.— Les différents modèles de moteurs à deux temps construits par MM. Besseyre et Rayne sont établis dans le but de réduire et de favoriser les temps d’échappement et d’aspiration et en même temps de supprimer le refroidissement par circulation d’eau pour les moteurs de puissance moyenne. On fait également intervenir la densité différente des gaz brûlés et de l’air froid ; ce dernier, plus dense, a une tendance à rester dans les parties inférieures du cylindre où il se substitue complètement à l’air chaud si l’on a pris la précaution de produire l’échappement au sommet du cylindre et l’admission au fond de la course du cylindre. L’air froid aura à vaincre comme résistance l’écoulement des gaz brûlés à travers les orifices d’échappe-mént.
- Dans le moteur que montre en coupe notre première figure, on voit que lorsque le piston B est chassé par une explosion et arrive à la hauteur des orifices d’échappement O' O', les gaz brûlés commencent à se détendre. A ce moment, la soupape d’échappement G s’ouvre sans difficulté, n’ayant à vaincre qu’une très faible résistance.
- Continuant sa course des-Figr. I. Moteur à deux temps cendante le piston démasque et à injecteur. ensuite les orifices d’aspira-
- tion O O en relation avec un ventilateur ou un compresseur d’air E. Cet air, plus lourd que les résidus de la combustion, vient se substituer à ces derniers pendant tout le temps que le piston laisse les ouvertures O découvertes. Dès que leur fermeture commence par l’ascension du piston, celle de la soupape d’échappement s’effectue et un injecteur D vient introduire le carburant dans le cylindre. Cet injecteur
- Fig. 2. — Moteur à deux temps sans soupape d’échappement.
- est disposé de telle façon qu’il soit soustrait à l’action des -explosions ; l’introduction du combustible a lieu à un moment précis qui est celui où la pression est peu élevée dans le cylindre. La compression et l’explosion ont lieu ensuite comme dans tous les moteurs.
- Ce moteur peut être construit pour fonctionner à combustion spontanée. Dans ce cas, on dispose l’in-jecteùr D sur le sommet du cylindre, à la place de la bougie d’allumage et on diminue le volume de la chambre d’explosion de manière à amener la compression dans cette chambre à environ 3o kg. Bien entendu l’in-jecteur doit être réglé, dans ce cas, pour fonctionner à une pression supérieure à celle qui existe à l’intérieur du cylindre. Cet injecteur est alimenté par un compres-
- seur actionné lui-même par le moteur. Lorsque le piston achève sa course de compression, l’injecteur chasse le carburant dans l’air comprimé et l’inflammation du mélange se produit au fur et à mesure de l’introduction du combustible. Enfin, la fermeture de 1 injecteur a lieu en temps voulu pour que l’on puisse utiliser la détente de l’air chaud. Arrivé à la fin de la course motrice, la sortie des gaz se fait comme nous l’avons montré précédemment.
- La deuxième figure montre un moteur à deux temps horizontal dans lequel a été supprimée la compression préalable dans l’alimentation; ce nouveau dispositif permet l’emploi d’un carburateur et en même temps le réglage du débit; cela dans les moteurs à deux temps avec ou sans soupapes.
- On voit que le ventilateur A, commandé par le moteur, aspire le mélange par la tubulure B qui est en relation avec un carburateur. Ce ventilateur refoule le mélange dans le cylindre par des orifices I lorsque le piston, dans sa course descendante, vient les démasquer. Les gaz frais chassent les gaz brûlés par l’orifice O lorsque le moteur ne comporte pas de soupape d’échappement, cet orifice étant démasqué avant I afin de permettre aux gaz brûlés de se détendre avant l’introduction des gaz frais. L’air carburé, chassé par le ventilateur, n’a donc aucune résistance à vaincre. Un étrangleur E est installé à la sortie du ventilateur, il permet de régler l’admission aux cylindres.
- Dans ce dispositif, le mélange d’air et d’essence est très homogène, ayant été brassé par le ventilateur qui tourne à une grande allure. — Ces moteurs sont construits par MM. L. Besseyre et H. Rayne, 3g, avenue de l’Observatoire, à Clermont-Ferrand.
- *?-> Photographie <«*
- Photographie à lumière artificielle sur plaques autochromes. — La sensibilité des plaques au gélatinobromure a permis depuis longtemps d’obtenir des clichés avec une pose très courte, presque instantanée, en employant comme source de lumière la poudre de magnésium. On a obtenu ainsi au théâtre des reproductions de scènes des principales œuvres et il eût été à peu près impossible de les photographier autrement; à l’atelier certains professionnels ont disposé des installations spéciales, qui ont été décrites ici, leur permettant d’opérer même la nuit, ce qui a son importance dans bien des cas et notamment pour les portraits de femmes en toilette de bal, de dîner, ou en travesti.
- Il n’est plus nécessaire, en effet, de faire transporter son costume chez le photographe et de perdre son temps à s’habiller spécialement pour lui ; quand on part pour la fête à laquelle on est convié, on passe par son atelier et en quelques minutes le cliché est fait; il y a même des opérateurs qui viennent le faire à domicile. La photographie des couleurs a ajouté un charme considérable à la reproduction de la toilette féminine et il était regrettable qu’on ne puisse en obtenir aussi facilement la reproduction. Les plaques sont nécessairement peu rapides par suite de la présence des écrans tricolores placés conti’e l’émulsion et de l’écran jaune placé près de l’objectif.
- Malgré Cela, M. Gervais Courtellemont, dont on connaît les superbes vues en couleur prises l’an dernier en Orient, vient de disposer à la salle Charras un salon, où il a pu en iS secondes obtenir des clichés superbes, qu’on voit en projection dans une salle voisine. Il n’a pu employer le magnésium, qu’il faudrait brûler en quantité considérable et qui du reste donne des images d’une tonalité générale bleue par suite de la nature même des rayons émis par ce métal. C’est la lumière électrique qui lui a permis d'arriver aux très beaux résultats qu’on peut constater. Il dispose d’un côté des modèles deux lampes à arc Bénard ; chacune d’elles comporte un réflecteur parabolique peint en blanc et deux régulateurs à
- ».:/ O O
- A> o o
- p.2x131 - vue 563/647
-
-
-
- auciw^c AFFUiyuian |
- résistance réglable. Les charbons sont spécialement choisis pour donner une lumière blanche. De l’autre côté du modèle se trouve un grand réflecteur blanc dont on peut à volonté faire varier la position.
- Par le jeu des résistances sur l’une ou l’autre des lampes et par l’inclinaison de l’écran on règle très rapidement le meilleur éclairage en rapport avec la position du modèle et l’effet qu’on veut obtenir. Le temps de pose varie de i5 à 20 secondes (avec uu objectif à F : 4.5), ce qui n’a rien d’excessif; c’est la même durée qui est nécessaire dans un atelier éclairé à la lumière du jour. Il y a là un progrès très intéressant au point de vue du portrait et de la reproduction du costume, qu’on peut ainsi obtenir à toute heure, en toute saison. (Les clichés sont projetés tous les jours de 5 heures à 7 heures, 4> rue de Charras. Entrée gratuite.)
- **> Ameublement
- L’ « uti ». — Cet appareil donnera satisfaction aux hygiénistes qui prohibaient, avec raison d’ailleurs, les rideaux ou tentures comme des nids à microbes, inac-
- Mécanisme do l’uti.
- cessibles au balai ou à la brosse exterminatrice, car il permet de descendre tentures et rideaux à hauteur d une personne, soit pour les brosser convenablement, soit pour les enlever et les nettoyer Inutile, dans ces conditions, de manœuvrer des échelles encombrantes, parfois dangereuses.
- A droite et à gauche de la fenêtre se fixent au moyen de 4 vis, 2 montants A et B (fig. 1), de la longueur nécessaire au bon fonctionnement de l’appareil; cette longueur dépend de la hauteur de la pièce, le haut de chaque montant arrive juste au-dessous de la corniche, tandis que le bas descend à o.j5 ou 1 m. du sol, pour permettre aux rideaux, portières, etc., une fois descendus, d’être à hauteur de la main. Deux curseurs C, D, sont appliqués sur ces montants et commandés par un câble métallique en fils d’acier anglais E, et
- Eig. 3 et 4. — Fonctionnement de l'appareil.
- dont l’extrémité s’enroule sur un tambour à crémaillère F, permettant avec une très faible résistance de monter ou descendre les curseurs, lesquels supportent entièrement le poids, souvent élevé, des rideaux, tringles, stores, etc. Ces curseurs sont percés de 4 clous à patères, en nombre suffisant pour monter une paire de simples ou doubles rideaux.
- Les figures 2 et 3 montrent clairement le fonctionnement très simple de l’appareil.
- Indépendamment de ce modèle qui est fixe, un autre dispositif est articulé et permet d'ouvrir les fenêtres qui sont enclavées dans les murs et sans impostes (fig. 4). En ce cas, la tête des rideaux et des tiges, au lieu d’être fixée par les vis du haut, reposent sur une tringle qui permet à la galerie des rideaux de s incliner, donnant ainsi l’espace nécessaire pour ouvrir complètement la fenêtre. — L’ « uti » inventé par M. Yignaud de Nancy, se trouve à Paris, chez M. lî. Bonnen, 37, rue Taitbout.
- ^ Objets utiles
- Dé à coudre ventilé. — Ce nouveau type de dé à coudre sera certainement très apprécié des couturières. Il montre d’une très jolie façon à quel point de perfection et de confort un objet simple et d’usage courant peut être porté par l’ingéniosité d’un esprit observateur des petites commodités de la vie. Tout le monde sait combien le vieux dé classique, encore en usage aujourd’hui, est désagréable à porter, surtout pour les jolis doigts. Dur et rigide, il est en même temps très chaud, surtout pendant l’été, et détermine de petites congestions accompagnées de picotements fâcheux, qui gâtent la blancheur des doigts. Tous ces inconvénients sont désormais écartés.
- L’intérieur du dé ci-contre est en effet constitué par une couche de celluloïd qui assure au doigt une prise douce et souple. De plus, cet intérieur reste constamment baigné d’air renouvelé, grâce à un système de perforations correspondantes, percées à la fois à travers le celluloïd et à travers la couche du métal extérieur; d’ailleurs, deux petites toiles métalliques interposées, l’une en acier, l’autre en argent, empêchent qu’on puisse se piquer les doigts. On voit que toutes les difficultés sont parfaitement résolues et que le dé à coudre s’élève maintenant à la hauteur d’un vrai bibelot d’art! — Chez Kirby Beard and C°, 5, rue Auber, Paris.
- Cendrier porte-allumettes Styx. — Ce nouveau cendrier porte-allumettes, construit en tôle d’acier fortement nickelée, serait très commode sur la table de bien des cafés.
- Il se compose d’un récipient qui mesure à sa base 14 cm. et dont l’ouverture a 7 1/2 cm. de diamètre. Cette ouverture est hermétiquement fermée et le contenu de la boîte ne peut donc répandre aucune mauvaise odeur. Le tout est surmonté d’un porte-allumettes à bascule qui, chaque fois qu’il est mis en mouvement,
- Cendrier porte-allumettes Styx.
- précipite automatiquement les allumettes brûlées, bouts de cigares, cendres, etc., dans le récipient inférieur, débarrassant ainsi la table de tout ce qui pourrait la salir ou incommoder les clients en dégageant une odeur désagréable. — Le cendrier se trouve à la maison Bader, le Locle (Suisse). Prix : 1 pièce, 7 francs; 2 pièces, i3 francs; 3 pièces, 18 francs.
- Dé à coudre ventilé.
- p.2x132 - vue 564/647
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Pains d’amandes pour diabétiques. — Le traitement du diabète comporte, plus encore que des médicaments, l’institution d’un régime alimentaire bien réglé et sévèrement suivi. Dans la plupart des cas, il est nécessaire de réduire autant que possible la dose d’hydrates de carbone introduits dans l’économie : c’est pour cela qu’on supprime les matières sucrées, qu’on rationne le pain, les féculents, qu’on substitue au pain ordinaire les pains de gluten, les biscottes de légumine, qu’on donne les pommes de terre. Le malheur est que généralement les suppressions que le médecin demande portent en général toujours sur les mets favoris du malade. En France, nous sommes tous gros mangeurs de pain, et ce doit être une vraie privation que d’être obligé de se réduire à quelques bouchées d’un pain rassis ou d’une imitation de pain. Aussi obtient-on diffi-cilement qu’un régime soit suivi rigoureusement ; le malade se lasse, se dégoûte, et si l’on ne trouve à lui varier sa ration alimentaire il retombe dans ses habitudes qui ne sont guère favorables à la diminution du glucose.
- Le Dr Le Gofl’ conseille, dans les cas où le pain doit être prosci'it d’une façon plus ou moins absolue, de substituer un gâteau préparé avec des amandes douces. C’est un fruit qu’on trouve, à l’état sec, dans les épiceries ou les pharmacies de tous les pays du monde. Cette amande douce, appelée dans le commerce amandé (lot, contient une proportion d’hydrates de carbone bien inférieure à celle du pain de gluten, de la pomme de terre. Alors que l’analyse donne 25 pour ico d’amidon pour le pain de gluten, 20 pour 100 pour la pomme de terre, 66 pour 100 pour la farine d’avoine, l’amande n’en contient que 7 à 8 pour 100; de plus, elle donne environ moitié de son poids de matières grasses, exactement 53,68 gr. pour 100. C’est donc un bon aliment pour les diabétiques.
- Le gâteau d’amandes avait du reste été conseillé par des médecins étrangers, mais il n’a guère été employé chez nous. Le Dr Le Goff l’a remis en honneur, mais pour qu’il soit acceptable par les palais délicats des malades, voici comment il conseille de le préparer pour avoir une sorte de pain avec croûte et mie. On monde les amandes, comme le font les cuisinières et les pâtissiers, pour les gâteaux ordinaires ou pour le sirop d’orgeat, en plongeant les amandes dans l’eau bouillante; l’enveloppe se détache alors avec grande facilité. Choisissez une demi-livre de belles amandes ainsi mondées, pilez-les dans un mortier de porcelaine ou de marbre (pas métallique) ; quand on a obtenu une pâte aussi fine que possible, ajoutez-y deux œufs, mélangez intimement puis disposez dans un moule en fer blanc enduit de beurre intérieurement. Portez au four pendant environ 20 minutes ; vous aurez un excellent gâteau suffisant pour les repas d’un jour. Si le goût d amandes pures ne convient pas au malade, libre à lui de faire ajouter un parfum de son goût, citron, vanille. Ce gâteau ainsi préparé est un peu lourd, un peu serré, on peut le rendre plus léger en faisant lever la pâte au moyen d’une petite addition de bicarbonate de soude (2 grammes) et d’acide tartrique (1 gramme) au moment de le dresser dans le moule et de le mettre au four. Pour en faciliter la digestion, autorisez votre malade, engagez-le même à arroser son gâteau, comme le conseille notre confrère, d’un peu de vieux Bordeaux. Le gâteau ainsi préparé et avec ce verre de vieux vin, passe comme lettre à la poste, est bien digéré et question importante, donne dans la cure du diabète des résultats surprenants. J’espère pour mes lecteurs qu’aucun d’eux n’a besoin de ce pain spécial et de se mettre au régime des amandes, mais il ne leur est pas défendu d’essayer, sans être diabétique, de ce gâteau qui me paraît des plus agréables et des plus appétissants. Dr A. C.
- VARIETES
- La ligne de charge et la sécurité des navires. —
- A plusieurs reprises, des lecteurs de ce journal nous ont demandé de leur expliquer ce que signifiaient et le cercle et les lignes parallèles le recoupant plus ou moins, que l’on voit sur le flanc des navires, et particulièrement des vapeurs anglais fréquentant nos ports. Il y a là une question un peu spéciale, mais qui se rattache à la sécurité de la navigation maritime ; et nous croyons utile de donner à ce sujet quelques indications rapides, susceptibles d’apprendre à beaucoup de nos lecteurs quelque chose qu’ils ignorent.
- La sécurité de la navigation maritime s’est améliorée de façon remarquable depuis un demi-siècle seulement: grâce tout particulièrement à ces sociétés de classification des navires que l’on nomme le Lloyd, le Bureau Veritas. On a perfectionné la construction même, en recourant à des matériaux de plus en plus résistants ; on a multiplié le cloisonnement, on est arrivé par des calculs à donner à la coque la meilleure stabilité possible. Une des conditions les plus importantes pour que le navire résiste aux efforts et violences de la mer, c’est que, une fois armé, et avec sa cargaison et tous ses approvisionnements normaux, il conserve encore une bonne hauteur de « franc bord » : que le pont supérieur soit à distance suffisante au-dessus de la ligne d’eau et du centre de gravité.
- L’administration anglaise, trouvant que les Sociétés de classification ne tranchaient pas le problème suffisamment vite, n’arrivaient pas à imposer rapidement à tous les propriétaires de navires un franc-bord et, par suite, une ligne de flottaison lui paraissant assurer toute sécurité, a eu recours à une réglementation qui est venue soumettre tous les navires anglais à un maximum d’enfoncement résultant des calculs faits par les agents de l’Administration. Et comme conséquence, on a minutieusement réglé l’inscription en bonne place, sur la coque des ravires, de signes déterminés qui forment repères pour limiter l’enfoncement du navire, pour indi-
- quer la ligne de charge, la profondeur d’immersion que l’on ne doit point dépasser : elle varie d’ailleurs suivant les mers que doit fréquenter le navire, les mauvais temps y étant plus ou moins redoutables, et aussi suivant l’époque. C’est pour cela qu’il n’y a point une seule « ligne » de charge, mais plusieurs, ayant toutes une relation avec la ligne type, calculée pour l’état de navigation que nous appellerons idéal.
- On commence par calculer cette ligne de base, qui correspond à la charge maximum d’été et en eau salée ; un léger coup de poinçon donné dans les tôles de la coque marque cette hauteur, et on décrit autour de ce centre un cercle qui doit être peint, comme les autres marques, en blanc ou en jaune sur fond noir, ou en noir sur fond clair. On trace en outre une ligne horizontale qui passe juste par le centre du cercle; la largeur de cette ligne est minutieusement fixée par le règlement arrêté par le Board of Trade anglais, tout comme d’ailleurs le diamètre du cercle dont nous venons de parler ; et il est expressément entendu que le cercle doit être peint au milieu même de la longueur du navire.
- Restent à tracer les lignes de charge que l’on peut appeler secondaires, et qui correspondent; au chargement maximum dans diverses circonstances ; soit que celles-ci motivent un enfoncement moindre ou, au contraire, permettent de tolérer un enfoncement plus grand : ce seront des lignes horizontales elles aussi, peintes dans de certaines conditions en avant ou en arrière d’une ligne verticale diamétrale au disque, suivant qu’il s’agit de lignes de charge en eau salée ou en eau douce. Une ligne sera 1 racée pour la navigation en eau douce (son bord supérieur donnant naturellement le repère pour la flottaison) ; une autre, dite d’été indien (Indian Summer), correspondra à la navigation en été dans les mers de l’Inde, entre Suez et Singapore ; celle de l’été (Summer) sera pour la navigation d’été dans les autres mers, l’été étant spécialement entendu d’avril à septembre pour
- p.2x133 - vue 565/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- les relations entre ports européens ou de la Méditeri’a-née. Il y a la ligne d’hiver, ou Winter Line, mais avec une ligne supplémentaire pour l’hiver de l’Atlantique nord, ou North Atlantic Winter, qui est spéciale aux relations entre ports européens ou méditerranéens et ports de l’Amérique au nord du cap llatteras, durant les mois d’octobre à mars.
- Le plus souvent, ces lignes diverses sont indiquées par des lettres, comme W. pour la ligne d’hiver, S. pour celle d’été, F. W. pour fresh water ou eau douce, etc. Tous ces repères sont visés nommément dans le certificat délivré par le Board of Trade, et marqués de façon indélébile sur les coques métalliques par des coups de poinçon. Dans les coques en bois, on creuse une dépression superficielle pour le disque ou cercle principal et pour les lignes diverses. P. de M.
- Les cultes orientaux à Rome. — M. G. Perrot rappelait dernièrement, à l’Académie des Inscriptions, le résultat des fouilles exécutées, pendant l’hiver 1907, par M. Gauckler, sur le Janicule, dans la villa de M. Wurtz. Elles avaient conduit à la découverte du lucus Furrinæ, où fut tué C. Gracchus, et montré qu’à la fin du 11e siècle de notre ère, le culte de la vieille déesse Furrina avait fait place, dans ce ravin boisé, à celui de divinités orientales, dont les rites s’étaient introduits à Rome sous le règne des empereurs syriens, Alexandre Sévère et Héliogabale. Ces fouilles reprises l’automne dernier aux frais de M. Darier, banquier à Genève, sous la direction de MM. Gauckler, Gaston Darier et Georges Nicole, viennent d’aboutir à des découvertes d’un intérêt plus grand encore. On a constaté que les édifices consacrés aux divinités syriennes formaient un ensemble très complexe. Les ruines du temple principal doivent se trouver dans le parc de M. Wurtz; un esca-
- lier blanc qui y donnait accès en indique l’emplacement et l’importance. Les premières marches sont encore eu place en haut du terrain que les fouilles ont dégagé. Dans ce terrain, des deux côtés d’une large esplanade, ont été déblayées deux grandes chapelles paraissant avoir eu une destination spéciale et où on a trouvé de précieux débris de statues qui y étaient préposées à la vénération des fidèles. Tout en haut du terrain, on a trouvé, dans une cachette soigneusement ménagée, une statue de marbre de Dionysos, dont les mains, le visage et les cheveux étaient tout dorés. La pièce où a été trouvée la statue est attenante à une grande salle au centre de laquelle se voient des substructions d’un autel ou d’une grande cuve. Mais la grande surprise des fouilles, c’est la découverte, sous cet autel ou cette cuve, soigneusement couchée sur un lit de terre à l’abri d’un plafond de tuiles, d’une statue de bronze dorée, représentant une divinité féminine. Les bras allongés le long du corps, elle a l’aspect d’une momie enveloppée d’une gaine d’où le visage seul émerge. Un dragon fait cinq fois le tour de cette gaine. En avant de cette même chapelle, on a reconnu les fragments d’une statue égyp-tisante en basalte noir. De l’autre côté de l’esplanade, faisant face au bâtiment ci-dessus, on a découvert une autre chapelle, précédée d'une sorte de narthèse, et terminée au fond par une abside, où l’on a trouvé les débris d’une statue d’une divinité qui paraît masculine, celle d’un Zeus d’un caractère particulier. M. Gaucker incline à croire qu’on serait en présence d’un temple syrien, dédié à Jupiter Héliopolitanus et à sa parèdre Atergatis. L’une des constructions devait être réservée au culte proprement dit et l’autre aux cérémonies d’initiation et de consécration. Il y aurait entre elles la même différence qu’entre la basilique et le baptistère des églises chrétiennes.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Yves Séverin. — Vous trouverez peut-être le matériel que vous désirez chez Prieur, 13 r, rue La Fayette; Redon, 4, rue de Candie,
- M. Maillard, à Paris. — Veuillez nous préciser votre question, en nous fixant sur les détails de vos appareils.
- Mme Meltzheim, Paris. — Voyez l’article sur les matières colorantes dans le 2e supplément du « Dictionnaire de chimie » de Wurtz. Voyez aussi la « Chimie appliquée » de Chabrié, chez Masson et Cie.
- M. Guignant, à Yerville. — Il faut donner à vos accumulateurs une série de charges réparatrices.
- M. Jacquemart, à Québec. — Vous trouverez des avertisseurs thermiques chez M. Hamam, i5, rue de la Banque, Paris.
- E. B., n° 8. — N’ayant pas entre les mains le catalogue Léclanché, nous ne pouvons vous faire le petit calcul nécessaire. Remarquez cependant qu’il vous faudra des lampes à incandescence à bas voltage, c’est-à-dire qui ne sont pas celles que l’on trouve couramment dans le commerce. — Ecoles préparant Centrale : lycée Saint-Louis, lycée Janson de Sailly, collège Chaptal, école Duvignan de Lanneau.
- M, C. Meyniard, Paris. — Votre architecte a raison ; le meilleur moyen pratique de remédier à ces infiltrations est de refaire votre mur.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le fusil silencieux Maxim : R. Vilt.ers. — Le froid dans la vie moderne : Norbert Laubie. —Les travaux récents de l’arsenal maritime de Devonport : R. Bonnin. —Balançoires électriques : Louis Serve. — Le culte de la nature en Chine : Leurs de Uantiluy. — Nouvelle trouvaille de mammouth en Sibérie : i. Deniker. — Les aigrettes et la mode : Dr A. Méné&aux. — Un nouveau dirigeable allemand : H. Caspary.
- Supplément. — Le radiothorium. — Sur la graisse de momie. — La « maladie » de l’étain. — La vapeur d’eau dans l’attno,sphère de Mars. — Curieux effets de la foudre. — Les impuretés de l’atmosphère. — Un laboratoire d’essais pour l’aviation à Nancy. — Les réflexes dans le planement. — La question des Ibères.
- Les planètes et leur origine, par Cu. Andriî, in-8, vi-285p., 94 fig. et 3 pl. 1909. Librairie Gauthier-Villars. Prix : 10 francs.
- A la fin du xviii0 siècle, le système planétaire connu comprenait six planètes et neuf satellites dont les mouvements s’effectuaient tous dans le même sens, celui de la rotation du soleil. Depuis lors, on y a ajouté deux planètes extérieures, treize satellites, l’essaim des astéroïdes situés entre Mars et Jupiter; et la moisson n’est certainement pas terminée. Les mouvements de certains de ces nouveaux composants ne paraissent plus rentrer dans le cadre ancien; certains observateurs ont cru pouvoir assigner à la rotation de Mercure et de Vénus des allures toutes différentes et affirmer pour Mars une constitution surprenante et unique dans notre système. Résumer l’histoire de ces découvertes, retrouver dans l’action du soleil la cause de ces mouvements nouveaux, discuter la question de ces rotations particulières et de cette constitution surprenante, tel est le but de cet ouvrage.
- p.2x134 - vue 566/647
-
-
-
- tu BLIUUKKmœ
- Annuaire astronomique et météorologique pour l'année 1909, par Camille Flammarion, i vol. in-16, 82 ligures. Paris, Ernest Flammarion. Prix : itr,5o.
- Électricité industrielle, par C. Lkbois, inspecteur général de l’enseignement technique, a0 partie : courants continus; compléments; courants alternatifs; applications. 1 vol. in-12, chez Delagrave, Paris. Prix : 4 francs.
- La seconde partie de cet ouvrage dont nous avons mentionné en son temps le 1“ volume se caractérise comme ce dernier par la clarté et la simplicité. On y trouvera des notions sur les courants continus et un exposé très simple des courants alternatifs et de leurs applications, ainsi que des données relatives à la construction des machines électriques.
- Téléphonie sans fil, par E. Rühmer. Ouvrage traduit de l'allemand par L. Ancel, avec préface de M. le Professeur Blondel. 1 vqI. grand in-8° broché, avec i5i fig. Prix : 8 fr. H. Desforges, éditeur, 29, quai des Grands-Augustins, Paris.
- Nous avons déjà dit, lors de l’apparition de l’édition allemande, tout le bien que nous pensions de l’ouvrage de M. Rühmer. La téléphonie sans fil doit à M. Rühmer de très intéressantes expériences basées sur l’emploi de cellules de sélénium perfectionnées. Mais l’auteur ne s’est pas borné à décrire ses expériences et les méthodes auxquelles il s’est adonné ; son livre est l’un des plus complets qui existe sur la question. Admirablement documenté, riche en bibliographie, c’est une véritable mine d’idées et de renseignements ; et sa traduction française rendra à nos chercheurs de grands services.
- Traction électrique. Construction et projets, par G. Sattler, ouvrage traduit de l’allemand par Pierre Girot. 1 vol. in-8° de 195 pages, avec ia3 fig. et 2 pl.; Gauthier-Yillars, éditeur. Prix : 5 francs.
- Ce livre, d’ordre pratique, ne vise pas les grandes entreprises de traction électrique, mais seulement les installations de tramways et de petites lignes industrielles; il expose les moyens de résoudre les diverses questions qui ne peuvent se poser à 1 ingénieur chargé d’un tel travail.
- Les turbines à vapeur marines par J.-W. Sothern, traduit et adapté d’après la 2“ édition anglaise, par J. Izàrt, ingénieur civil des mines. In-8 de vni-i76p.. avec figures et 2 planches. II. Dunod et E. Pinat. Prix broché : 9 francs.
- La turbine à vapeur, née d’hier, a déjà conquis ses lettres de grande naturalisation dans l’industrie. Une seule branche lui avait été peu favorable, celle des applications maritimes, mais elle vient d’en « doubler le cap » avec aisance. Ce livre vient à son heure pour indiquer ces applications nouvelles. M. Izart a complété l’ouvrage anglais par diverses données intéressantes concernant les nouvelles turbines marines, notamment les turbines Rateau et Curtis, dont les applications maritimes se répandent également de plus en plus.
- Cours de chimie minérale, par W.-F. Œchsner de Co-ninck, professeur à la Faculté des Sciences de Montpellier. i vol. in-80, de 187 p. Prix : afr, 56. Masson et .Créditeurs. . ^
- Ce petit volume renferme le'côurs de chimie des métaux professé depuis plusieurs années par l'auteur. Ce cours est très élémentaire puisqu’il s’adresse à des jeunes gens sortant du lycée et ne possédant que peu de notions de chimie minérale.
- Manuel pratique de la fabrication du caoutchouc et des produits qui en dérivent, par Ad. Heil et W. Escn, traduit par G. Ackermann. i vol., 278 p. Chez Béranger. Paris. Prix : 12fr, 5o.
- Il nous manquait un ouvrage technique sur la fabrication du caoutchouc : c’est, én\effet, un sujet délicat et difficile. Il est, traité avec compétence et clarté dans ce livre. Signalons surtout, pour le lecteur npn professionnel, Un chapitre interéssant sur la vulcanisation du caoutchouc, " èt un autre sur la régénération du caoüicliouc.
- Les alliages métalliques, par Ch. Hémardinquer. i_ vol. in-8° illustré de 9 gravures (Bibliothèque Larousse),
- librairie Larousse, i3, rue Montparnasse. Prix : broché, of,;5o.
- On trouvera dans cette brochure tout ce qu’il est utile de savoir sur les propriétés des alliages, la trempe, la soudure, la brasure, etc.
- ï.a revanche de la banquise (mer de Kara), par Mgr le duc d’Orléans. 1907. In-40. Paris. Plon et Nourrit. Prix : 3o francs.
- Après un précédent volume, sur son grand voyage du Spitzberg au cap Philippe, d’où il rapporta une si abondante moisson d’observations, l’auteur nous olfre la relation de sa croisière harsadeuse, à bord de la Belgica, dans les glaces de la mer de Kara, à la suite de Barenlz, Willoughby, Chancelor, Pet, Jackman, Nordenskjôld. Les obstacles qui l’ont arrêté et emprisonné dans le sud de la mer de Kara, rappellent les influences, impossibles à prévoir, qui forcèrent la dérive du Varna et de la Dijmphna en 1882 et i883 (expédition hollandaise), celle de Kruscustern en 1860, celle de Pathtussof en 1882. Cet hivernage forcé a, du-moins, permis au prince et à sa mission de recueillir une masse de documents et de faits qui apportent une contribution sérieuse à l’océanographie, à la géographie biologique, à l’étude magnétique, à l’histoire naturelle de la Nouvelle-Zemble et de ses parages. L’illustration en héliogravure est magnifique.
- Les grandes Antilles, étude de géographie économique, par D. Bellet, préface de M. E. Levasseur, i vol. in-8°, xii-3i5 p. E. Guilmoto, Paris, 1909. Prix: 6 fr.
- On ne connaît pas assez les Antilles en France, bien qu’on en parle beaucoup. L’ouvrage de M. Bellet prouve qu’elles méritent qu’on les étudie de près et qu’elles ont toutes les possibilités d’un grand avenir économique. Déjà, pour l’ensemble (Cuba, Porlo-Rico, Haïti, Saint-Domingue, la Jamaïque), qui compte plus de 5 millions d’habitants, la production du sucre, du café, des bananes, du cacao, des bois, du lienequen
- . a pris une grande importance dans le commerce mondial.
- Sâo Paulo du Brésil, par Louis Casabexce. Paris. E. Guilmoto. 1 vol. in-16. Prix : 3 francs.
- Ces simples « notes d’un colon français » seront lues avec un vif intérêt. Elle donnent un excellent et vivant tableau des choses vues par l’auteur.
- Vertrocknungsprozess der Erde (Marche du dessèchement de la terre), par F. Kônig. In-8°, 708. Chez Otto Wigand. Leipzig, 1908.
- L’auteur, partisan convaincu du dessèchement progressif de la terre, en étudie les multiples causes qui sont très variées. Il expose les moyens de l’enrayer et passe en revue ses désastreuses conséquences dans les divers pays du monde. L’ouvrage est plein d’utiles renseignements.
- Régions naturelles et lioms de pays. Étude de la géographie de la région parisienne, par M. L. Gallois, professeur adjoint à l’Université de Paris. 1 vol. in-8° carré, 8 planches hors texte. Armand Colin. Prix : 8 francs.
- L’auteur a cherché à déterminer les régions naturelles de la France en étudiant les noms locaux que l’instinct populaire, devançant la science, leur a souvent spontanément appliqués. Il a étudié à cet égard une portion étendue de notre territoire, celle qui va de.Laon jusqu’à la Loire, des confins de la Normandie à ceux de la Champagne. Montrant les différents aspects de cette région, s’attachant à en expliquer les
- * particularités et la structure, il discute, avec toutes les ressources de l’érudition moderne, les noms de pays qu’on a cru y reconnaître. En même temps, il dresse un tableau très complet et un catalogue remanié de la cartographie parisienne.
- Le musée de Grenoble, par le général de Betlié. In-4Û, 388 reproductions, H. Laurens, Paris. Prix : 10 francs.
- Ce livre nous fait connaître un de ces admirables musées de province que nous nous obstinons à ignorer. Au musée de Grenoble les écoles étrangères sont représentées par des pièces hors ligne, l’on y voit une série de peintures de l’ancienne école française,
- p.2x135 - vue 567/647
-
-
-
- OltJJLIUUKAHMIt
- m
- la plus belle qu’il y ail après celle du Louvre. Le musée est également remarquable par ses sculptures ; des temps antiques et de la Renaissance, par de belles collections de meubles et des arts de l’Extrême-Orient, pour la plupart données par le général de Beylié lui-même.
- Flore des Basses-Pyrénées, par Jean Bergeret (1751-i8i3), augmentée par Eugène Bekgeret, nouvelle édition, complète, publiée avec une préface et des notes par Gaston Bergeiiet. Pau. Imprimerie Garet, x i, rue des Cordeliers. 1909. 1 vol. in-8° LXXV1-9G0 p. Prix : 20 francs.
- Utile réimpression d’un excellent ouvrage, contenant la description de toutes les plantes qui croissent naturellement ou qui poui'raient être cultivées avec
- prolit dans le dépai'tement dés Basses-Pÿi’énées, et d’ailleurs fort intéressant au point de vue de la botanique générale et de son histoire.
- La peau et la chevelure, par le D1 M.-A. Legrand (hygiène, maladies, traitement). Paris. Larousse.' 1 vol. in-8°, 128 p., 65 grav. Broché : i'r,2o; relié toile souple : lfr,5o. ; ; :
- Aperçu bien fait de tout ce qui se l'apporte aux maladies de la peau et du cuir chevelu.
- Le cheval aliment, par MM. les Drs S. Bernheim et P. Rousseau, i vol. de 224 pages. Paris. P. Rousset. 1908. Prix : 4 francs.
- Intéressante étude sur la valeur alimentaire de la viande de cheval.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5oin,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 . HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLOIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉBALES
- Lundi lo mars 1909. — 0u.l W. S W. 3. Très nuageux. 0.4 Nuageux ; halo ; gi ains de neige h 14 h ; neige à partir de 22 h. 30.
- Mardi 16 0° 5 ‘N. N. W. 2. Couvert. 0,1 Couv. le m.; puis tr. nuag.; beau an. 18 h.; neige jusqu’à 3 h.
- Mercredi 17 — 1°,9 S. 2. Brouillai’.1. D Couv. jusq. 15 h.; beau ehs.; brouiil. jusq. 7 h.; gel. il.; givre.
- Jeudi 18 1».9 S. S. E. 3. l'eu nuageux. 3,0 Nuag. le m.; couv. le s.; gel. bl.; halo”; pluie à partir de 16 h.
- Vendredi 19 6°,0 S. S. E. 3. Très nuageux. 4.-1 Nuageux; halo; averses; orage au S. S.‘W. à 17 h.
- Samedi 20 7°,1 S. S. E. 2. Nuageux. 2,3 Couvert: pluie la moitié du temps.
- Dimanche 21 5°,5 S. 2. Couvert. 5,9 Très nuageux ; pluie de 8 h. à 14 h. 30.
- MARS 1909. — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 MARS 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; tes flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 14 au 21 mars. — Le 14. Situation troublée sur le Centre et l’O. ; Dunkerque, Yarmouth, 745; fortes pressions sur l’Islande et le N.-E. de la Russie. Neiges et pluies sur le N^et l’O. ; en France : Biarritz, Besançon, 5; Brest, 4; Boulogne, Belfort, 3; Paris, 1. Température du matin : Moscou, — i5°; Paiùs, 1 ; Alger, 12; Puy de Dôme, —9; moyenne à Paris : o°,2 (normale 5°,7). — Le i5. Centre de dépression sur les Pays-Bas : 738 (violente tempête en Pas-de-Calais; pression inférieure partout à 760, sauf à l’extrême N.-E.). Neiges et pluies sur l’O. ; en'France : Biarritz, : 24; Clermont, 11 ; Paris, 6; Dunkerque, 3; Brest, i.j Temp. du matin : Moscou, — 90; Paris, 1; Alger, n;‘ Puy de Dôme, —9; moyenne à Paris : i°,6 (normale 5°,8). — Le 16. Minima : Bei'lin, 745 ; Bruxelles, 746; N. de l’Italie, 750. Neiges et pluies presque générales; en France : Biarritz, 17; Port Vendres,. i2; Nantes, 6; Belfort, 15 ; Paris, 1. Temp. du matin : Arkangel, —iô°; Paris, o; Malte, 13; moyenne à Paris : o0,g (normale : 5®,9). — Le 17. (Renseignements manquants par suite de la grève des postiers) ; dépi’ession sur les Iles-Britanniques ; Paris, 755; Bruxelles, 753. Pluies; moyenne à Paris : o°,2 (normale : 5°,9). — Le 18. Dépression très profonde au large de la Bretagne; Iifànde,
- 727; Brest, 740; Biarritz, 750. Pluies sur les Iles-Britanniques et l’O. de la France; en France : Brest, Limoges, 2. Temp. du matin : Haparanda, —3°; Paris, 2; Biarritz, n; moyenne à Paris : 6°,2 (normale : 6°,i).
- — Le 19. Valentia,, 73i; Dunkerque, 741 ; Biarritz, 75o; Arkangel, 769. Pluies sur l'O.; en France : Nice, i3; La Hague, 10; Paris, Toulouse, 4; Besançon, Brest, 3. Temp. du matin : Moscou, —5°; Paris, 6; Biarritz, i3; Puy de Dôme, 1 ; moyenne à Paris 9°,3 (normale : 6°,2).
- — Le 20. Valentia, 746 ; Liverpool, 745 ; pression supérieure à 765 sur unè bandé allant de la Finlande aux Balkans. Neiges et pluies sur l’E. et l’O.; en France : Sicié, 20; Dunkerque, 8; Brest, 6; Paris, Belfort, 5. Temp. du matin : Moscou, —8°; Paris, 7; Cagliari, i3; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : 8°,i (normale : 6°,4). — Le 21. Centre de dépression au S,-O. de l’Irlande : Valentia, 745 ; Baltique, mer Noire, 765. Pluies sur l’O; en France : Toulon, 28; Cette, 21 ; Marseille, 20; Nantes, Brest, 11; Paris, 2. Temp. du matin : Helsingfors, — 90; Paris, 3 ; Alger, 16 ; moyenne à Paris : 6°,8 (normale : 6°,5). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le i5, à 3 h. 5i m. du matin; Nouvelle Lune le 21, à 8 h. 20 m. du soir.
- p.2x136 - vue 568/647
-
-
-
- LA
- Revue des Sciences et de
- & ?£\
- NATURE
- leurs Applications aux Arts et à ^Industrie
- feSlSUOTHEÇliESÎ
- IrrV. 1
- \&. /?/
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N' 1871 — 3 AVRIL 1909
- INFORMATIONS
- supplément
- Tout près du pôle Sud. — Le pôle antarctique est virtuellement découvert. D’après une longue dépêche adressée au Daily Mail, l’expédition du lieutenant Shackle-ton est parvenue, derrière la terre Victoria, à 88°23' de latitude sud, soit à 179 km du pôle, soit 678 km plus près que Scott, arrêté en 1902 à 82° 17' (au nord Peary ne s’est approché qu’à 322 km du pôle arctique). Shackle-ton avait quitté l’Angleterre, sur le Nimroa, le 3o juillet 1907 et abordé à la terre Victoria au début de 1908. Le 3 novembre 1908, il se mettait en route vers le sud sur le grand glacier antarctique, hérissé de hautes montagnes. Les traîneaux automobiles paraissent avoir rendu service, mais pas autant que les vaillants petits poneys de Mandchourie attelés aux traîneaux. Les véhicules malheureusement n’avaient pas pu être chargés de provisions en quantité suffisante. Rationnée en vivres et à bout de forces, harcelée par des ouragans de neige et des froids de — 4°°> la caravane dut se résoudre à ne pas ppusser jusqu’au pôle. Le ier mars elle regagnait son hivernage après quatre mois de souffrance. Comme le voyage s’est terminé sur un plateau de plus de 3ooo m s’étendant à perte de vue, il est évident que le pôle sud est haut placé en plein continent. 179 km, c’est la distance de Lyon au Mont Blanc : on peut donc presque dire que si le pôle Sud n’est pas encore atteint, il a, pour ainsi dire, été vu !
- La radioactivité des eaux du Fichtelgebirge. — Le
- Fichtelgebirge est un massif qui donne naissance à de nombreuses eaux minérales dont on a constaté le pouvoir radioactif. Un chimiste allemand, M. Schmidt, pense que cette radioactivité est due au passage des eaux sur les minerais d’urane qui se trouvent dans cette contrée et qui constituent, comme on le sait, le minerai d’élection du radium. ; , .
- Le téléphone aux États-Unis. — Pendant qu’en France la crise téléphonique continue, les Etats-Unis sont parvenus à organiser ce service d’une manière absolument parfaite. C’est du moins ce" que constate la Rivista di Legislazione e di Statistica comparata qui rapporte les impressions de M. Farlanda, ingénieur, chargé par la direction générale des téléphones de visiter les installations de New-York, Philadelphie, Washington, Chicago, etc. M. Farlanda dit que dans les visites qu’il a faites, il a pu admirer le service téléphonique urbain de ces cités, lequel est organisé avec un sens technique de premier ordre; son fonctionnement répond parfaitement aux exigences d’un trafic vraiment extraordinaire. Le service s’exécute d’une manière absolument parfaite à New-York et à Chicago où il offre les plus grandes difficultés, tant en raison du grand nombre des offices centraux et dés abonnés qu’en raison de l’intensité avec laquelle se déroule la vie dans ces deux grands centres. A New-York, il y a 3ioooo téléphones, 53 offices centraux y compris 38 hôtels de téléphones appartenant à l’administration. Entre tous ces bureaux
- s’échangent chaque jour 1 2^0 000 conversations. Chicago possède i56ooo postes téléphoniques; Philadelphie io4 5oo ; Boston 101 000. Pour se faire une idée du développement du service téléphonique à New-York, il importe de remarquer qu’en 1900, il y avait 56 000 postes seulement pour une population de 3400000 habitants, en 1905 190000 postes pour 4 millions d habitants et aujourd’hui 3ioooo postes pour 4 600 000 habitants. Dans toutes les villes visitées par M. Farlanda, les communications sont établies par des téléphonistes, sauf à Colombus (Ohio) où, indépendamment des services manuels existent plusieurs offices centraux automatiques auxquels sont reliés 12000 appareils. Le service s’effectue très régulièrement avec les appareils automatiques.
- Le Parseval III. —- Le comte de Parseval vient de terminer la construction de son nouveau ballon dirigeable et les essais de mise au point sont commencés. L’enveloppe contient 56oo m3 d’hydrogène et pèse 1100 kg. Elle mesure 69 m. de longueur et 11 m. de diamètre au maître-couple. Le corps principal de l’enveloppe est légèrement conique et se termine à l’arrière par une partie très effilée; à l’avant, l’inventeur a également conservé la calotte ovoïde de son modèle n° 2. Le poste du pilote est placé à l’avant de la nacelle; au milieu un espace, pourvu de sièges, est réservé aux passagers; les moteurs flanquent, à droite et à gauche cet espace; ce sont deux moteurs N A G de 100 chevaux chacun, à six cylindres, de i5o mm d alésage et i3o mm de course, les cylindres sont indépendants et les soupapes sont commandées par la partie supérieure des cylindres. Un carburateur est affecté spécialement à l’alimentation de deux cylindres, ce qui donne trois carburateurs par moteur. L’allumage a lieu par magnéto et la mise en marche, automatique se fait par l’air comprimé. Chaque moteur pèse en ordre de marche 4oo kg. et actionne une hélice non rigide imaginée par l’inventeur et dont nous avons déjà eu l’occasion de parler en signalant le premier dirigeable construit par le comte dé Parseval. Ces hélices sont placées entre, la nacelle et l’enveloppe, à droite et à gauche de l’axe longitudinal; elles tournent dans le même plan et en sens inverse dans les meilleures conditions théoriques admises, c’est-à-dire que le centre de traction sè trouve placé sur le même plan vertical que le centre de résistance. Un dispositif spécial les réunit pour les obliger à tourner à la même vitesse et aussi afin que, en cas de panne de l’un des moteurs, l’autre continue à les actionner. Les radiateurs ferment la nacelle à l’arrière et le réservoir d’essence a une capacité de 5oo litres. Le Parseval III compte se rendre à l’Exposition Aéronautique de Francfort où il se promet d’exécuter plusieurs ascensions. L’inventeur a également mis en chantier un autre dirigeable du même modèle, le Parseval IV qui jaugera 3200 m3. Au cours des premières ascensions du Parseval III, qui ont eu lieu” au mois de février, le
- p.2x137 - vue 569/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- dirigeable a manœuvré d’une manière satisfaisante à une altitude de a5o m.
- Le train-fantôme. — L’accident survenu le 17 mars à Montréal (Canada) est probablement unique dans les annales des chemins de fer. De nombreuses personnes, réunies dans le waiting-room de la gare de Windsor-Street, attendaient le train de Boston qui leur amenait parents et amis, quand l’express fit soudain son apparition, et, à la vitesse de 70 km, pénétra dans cette même salle d’attente, après avoir troué une muraille de granit. Voici ce qui s’était produit. Immédiatement après que le train sortait de la gare de Westmount, une soupape faisait explosion, et d’une façon si malheureuse, que le chauffeur, atteint par une pièce de métal, était projeté hors de la locomotive, tandis que le mécanicien était tué sur le coup. Abandonné désormais à lui-même, le train, qui abordait à ce moment une pente rapide, la descendait avec une vitesse qui s’accroissait de seconde en seconde. Abordant à pleine vitesse sa gare-terminus, il heurtait les murailles de granit de l’édifice, qui s’abattait comme un château de cartes, écrasant plusieurs personnes sous leurs blocs, traversait la salle d’attente des dames, où il tuait la femme et le fils du mécanicien, et, continuant sa marche dévastatrice, pénétrait dans la salle des pas-perdus, où il écrasait ou blessait mortellement une vingtaine de personnes. Gomme la gare de Windsor est située au cœur même de la ville, l’émoi fut considérable. Et le bruit se répandit aussitôt que l’édifice avait été détruit par un tremblement de terre. Les dégâts matériels sont évalués à plus d’un demi-million de francs,
- L’aéroplane à Londres. — L’Aero Exhibition, qui vient de s’ouvrir à l’Olympia de Londres sous les auspices d’une association de fabricants d’automobiles, ne présente qu’un intérêt très relatif. On y voit 16 aéroplanes de modèles différents (monoplans, biplans, triplans, hélicoptères, ornithoptères), deux ballons dirigeables, et une quantité de modèles de machines volantes dont les inventeurs sont presque tous Anglais. Ce qu’il y a de plus intéressant dans cette exposition, c’est la comparaison entre les prix des aéroplanes offerts au public. Le plus cher (modèle Wright) vaut 35 000 francs, et l’amateur de navigation aérienne peut acquérir, par contre, un aéroplane du type De Pischoff-Kœchlin pour la somme de i5ooo francs. Signalons à ce propos l’apparition d’un magazine mensuel, Y Aerocraft, lancé ces jours-ci à Londres, et qui se consacre exclusivement aux questions de navigation aérienne.
- L’autruche à Madagascar. — Nos lecteurs savent tout l’intérêt que présente l’élevage de l’autruche à Madagascar. Les essais que l’on poursuit depuis plusieurs années dans le sud de l’île ont donné de bons résultats. Un arrêté du i3 novembre 1908 a réglementé les conditions de la vente et a déterminé les régions de l’île où l’élevage de l’autruche pourrait avoir lieu. L’exportation des autruches et des œufs est interdite. D’après le Mouvement géographique, il y avait à cette date, dans le parc à autruches de Tuléar, 118 animaux. Afin d’ailleurs d’établir le bénéfice élevé que peut rapporter l’élevage de l’autruche, voici quelques chiffres cités par notre confrère, d’après un récent rapport du consul de France au Cap. Une paire d’autruches a été vendue par un éleveur 1000 livres sterling, ou 25 000 fr.; 9 autruchons, sans leurs plumes, ont été vendus 445 livres ou io375 fr.; un jeune mâle avec son plumage, 100 livres ou 25oo fr. Les plumes des 9 autruchons, ou 2° récolte, sont évaluées à 10 livres ou 25o fr. par oiseau et pour des oiseaux de premier choix.
- Le beurre finlandais. — D’après Y Agriculture moderne, l’industrie de la laiterie a fait en Finlande des progrès très considérables. Les sociétés laitières se sont développées de tous côtés. Dans les deux dernières années, l’exportation du beurre s’est élevée à 14 000 tonnes, à destination du marché anglais principalement, et le gouvernement multiplie ses efforts pour stimuler cette exportation. La production du fromage commence à augmenter également, et en première ligne celle du fromage de gruyère.
- La population du Brésil. — D’après le Mouvement géographique, le recensement effectué au Brésil, en 1900, et publié seulement en 1908, arrive à un total de
- 17318 556 habitants pour tout le Brésil, dont 8 825 636 hommes et 8492920 femmes. Les Etats les plus peuplés sont : Minas Geraes (3 5g4 471 hab.), Sâo Paülo (2 282 279), Bahia (2 117956), Pernambuco (x 178 i5o), Rio Grande do Sul (1 149070), Rio de Janeiro (926035), Espiritu Santo (849 127), Ceara (849 127). Les moins peuplés sont : Matto Grosso (118 525), Amazonas (249756), Goyaz (255284), Rio Grande do Norte (274317). Le principal groupe de population se trouve au sud du i4/ lat. sud. Les sept Etats de Minas Geraes, Espiritu Santo, Rio de Janeiro, avec le district fédéral, de Sâo Paulo, de Parana, de Santa Catarina et du Rio Grande do Sul renferment à eux seuls plus de 10 millions d’habitants. Le Brésil s’accroît par an d’environ 2 pour 100. Il doit donArenfermer actuellement plus de 20 millions d’habitants.
- Les céréales dans l’Argentine. — Le département des statistiques au ministère de l’Agriculture de la République Argentine a publié récemment ses renseignements sur les superficies consacrées à la culture des céréales. D’après ce document, l’étendue cultivée en blé s’élèverait à 6o63ooo hectares, au lieu de 5769000 en 1907, soit une augmentation de 294000 hectares ou 5 pour 100 sur l’année précédente.
- États fédérés de la Malaisie. — Le rapport annuel du résident général, sur les produits minéraux, en provenance de la Malaisie, constate que la production de l’étain en 1907 est de 8i3.636 pikuls (pikul = r33 i/3 livres avoir du poids ou environ 60,475 kg), en réduction de 3.i5o pikuls sur la production de 1906. Cette production comprend 234-157 pikuls de hlock et 579.479 de minerai d’étain dont la teneur eft étain serait de 70 pour 100 du poids brut. Cette production se décom pose comme suit entre différents Etats : Perak, 431.386 pikuls ; Selangor, 273.900 p.; Negri Sembilan, 75.i55 p.; P ah an g, 33.ig5 p. Les prix de l’étain ont beaucoup varié. En avril 1907, sur place, les prix atteignent un maximum de 97.25 dois par pikul. Ils restent très élevés jusqu’à la fin d’août, pour tomber au minimum de 57.75 dois, La moyenne des prix a été pour l’année de 85.28 dois, à rapprocher de 89.60 en 1906. Les exportations en or, pour 1907, montent à 15.358 onces, évaluées à 526.388 dois, dont 14.286 onces proviennent de Raub.
- Sur le désinfectant « Autan ». — La poudre « Autan », produite par les usines Bayer et Cie, est constituée par un mélange de paraformaldéhyde ou aldéhyde formique condensée, et de bioxyde de baryum, mélange qui dégage de l’aldéhyde formique par action de l’eau. Sous l inflùence de l’humidité atmosphérique, ce produit perdait avec le temps, un peu de cette aldéhyde. Pour éviter cet inconvénient, les paquets actuels renferment la paraformaldéhyde et le bioxyde de baryum dans des compartiments différents; il suffit d’agiter au moment de l’emploi pour les mélanger. De plus, la paraformaldéhyde est additionnée de 8 pour 100 environ de carbonate dè soude, ce dernier ayant pour but de retarder de quelques minutes le dégagement de l’aldéhyde formique au contact de l’eau. Les nouveaux produits, préparés pour désinfecter un espace de 60 m3, renferment 1520 gr. de bioxyde de baryum et 720 gr. de mélange de paraformaldéhyde et de carbonate de soude; addititionnés de 1600 gr. d’eau, ils dégagent par mètre cube 1,70 gr. d’aldéhyde formique et i3,9 gr. de vapeur d’eau. Pour utiliser la poudre « Autan », on la met dans un baquet dont la contenance représente en litres le nombre de mètres cubes de l’espace à désinfecter; on ajoute la proportion d’eau indiquée et on laisse au moins 5 heures en contact. Çes matières sont d’un emploi très commode et, à ce titre, elles méritaient d’être signalées.
- Archéologie : les fouilles de Vinca. — M. S. Reinach a récemment communiqué à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, de la part de M. Yassitz, directeur du musée de Belgrade, un exposé des fouilles faites par ce savant à Vinca, sur le Danube; On a trouvé sur ce point une succession de couches dont les plus anciennes offrent des analogies avec celles de la seconde ville de Troie tandis que les couches supérieures contiennent des objets semblables à ceux foui-nis par les stations préhistoriques de Hongrie, de Roumanie, de Bulgarie, de Thessalie et même de Crète.
- p.2x138 - vue 570/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- c$3n<w 'Électricité •^c<§3>
- p Ventilateur tournant. — Aujourd’hui que l’électricité est distribuée dans la plupart des immeubles parisiens on utilise beaucoup le ventilateur portatif mû par une petite dynamo. Il sert à une foule d’usages, mais surtout à assurer une bonne ventilation dans une pièce habitée. On peut cependant lui reprocher d’envoyer un courant d’air immuable comme direction, ce qui n’assure
- Fig..2.
- Détail des contacts mobiles.
- Fig. I.
- Le ventilateur tournant.
- pas le mélange de l’air chaud et de l’air froid, mais établit un courant dans une direction donnée : si dans certains cas cette constance dans la direction du courant d’air chaud ou froid, selon les cas, est une circonstance favorable, il y a d’autres cas où, au contraire, c’est un inconvénient. M. Alfred Gamain a eu l’idée fort ingénieuse de placer le ventilateur sur le bord d’un plateau très mobile (fig. i) de sorte que l’hélice agissant sur l’air entraîne tout le système qui décrit constamment une circonférence; il y a alors un véritable brassage de l’air dans toutes les directions.
- L’appareil se compose d’un socle fixe F (fig. i et 3) sur lequel est posé un plateau mobile S qui roule sur trois galets ABC (fig. 2) autour d’un pivot central. Le courant est établi au moyen de deux bouchons fixés à l’extrémité de fils souples : l’un M est branché (fig. 1) au mur sur une prise disposée spécialement, ou bien se met à la place d’une lampe; il amène le courant à la partie fixe du système ; l’un des fils communique aux galets ABG et l’autre au pivot central D (fig. 2). L’autre bouchon S (fig. 1) est celui du ventilateur; il se branche sur la p'artie mobile et le fil souple permet de placer le ventilateur plus ou moins près du bord du plateau suivant qu’on veut qu’il décrive une circonférence d’un rayon plus ou moins grand. En outre, l’axe de l’hélice
- Fig. 3. — Montage du plateau.
- peut faire avec le rayon du plateau un angle plus ou moins grand suivant la vitesse qu’on veut obtenir dans le déplacement du système. Les extrémités de ce fil aboutissent sous le plateau mobile à des couronnes métalliques qui s’y trouvent fixées et dont l’une correspond aux galets de roulement ABG et l’autre au pivot central D (fig. 2). De cette façon, malgré la rotation du système, la connexion de la petite dynamo qui actionne le ventilateùr avec lé circuit de distribution du courant est assurée. ^
- Le socle à plateau mobile de M. A. Gamain ne nécessite aucune transformation des ventilateurs qui se trouvent dans le commerce ou qu’on possède déjà; c’est un accessoire qui s’ajoute à volonté quand on en a besoin et qui est appelé dans bien des cas à rendre de réels services. — Chez M. Alfred Gamain, 142, rue de Courcelles, Paris.
- <*8^ Automobilisme
- Le « Gypta ». Compresseur pour automobiles. —
- Jusqu’à ce que l'on ait trouvé un moyen réellement pratique de supprimer les pneumatiques, ceux-ci resteront la plaie de l’automobile; Ils s'usent vite et coûtent cher, mais de plus ils éclatent et crèvent trop fréquemment. Enlever la chambre à air mise à mal et lui substituer une chambre neuve, remonter ensuite une enveloppe en bon état est un travail qui n’est guère amusant, mais qui peut être néanmoins fort lestement exécuté par des mains exercées, surtout avec l’aide d’outils et de leviers spéciaux.
- C’est alors que commence la partie la plus fastidieuse de l’opération : le gonflement. Avec une pompe ordinaire il s’agit de donner quelques centaines de coups de piston avant d’arriver au résultat voulu. Pour éviter ce gros ennui et permettre d’obtenir rapidement, sinon même de façon presque instantanée, la pression nécessaire, on a proposé plusieurs systèmes. Le nombre des pompes mécaniques mues par le moteur ne se compte plus. Il y en a de très simples, d’autres assez compliquées, la plupart fort ingénieuses : en général elles fonctionnent bien et permettent d’obtenir rapidement la pression nécessaire, même dans les énormes pneumatiques de 135 mm de diamètre.
- Un procédé de gonflement plus rapide et plus élégant a été introduit dans le commerce après avoir fait ses preuves sous une forme un peu différente dans les grandes courses d’automobiles. Il s'agit de l’emploi des
- bouteilles d’acier contenant un fort volume d’air sous une pression extrêmement élevée. Une bouteille de ce genre est mise en communication avec la valve du pneumatique par l’intermédiaire d’un détendeur de pression qui permet à l’air de gonfler rapidement le pneumatique à la pression requise par le diamètre de ce dernier et le poids de la voiture. Le principal et presque unique inconvénient de ce système c’est que l’on est obligé de temps à autre de remplacer la bouteille vide par une autre pleine et qu’au moment où l’on a besoin d’elle on a parfois le désagrément de constater qu’est vide celle sur laquelle on comptait. Pareils ennuis ne se rencontreront plus si l’on fait usage d’un petit appareil très ingénieux et tout récent, le « gypta ».
- Le « gypta » est un capteur à circulation d’eau. Comme cette définition l’indique, il sert à capter une certaine quantité des gaz provenant de l’explosion dans le moteur du mélange carburé. Comme la pression d’explosion de ces gaz est d’environ n à 16 kg, il en résulte que le « gypta » permet de remplir de gaz à cette pression un réservoir spécial.
- Le «- gypta » se compose essentiellement de trois parties reliées par une tuyauterie convenable : i° le capteur, qui se place sur un bouchon du cylindre ou de l’un des cylindres de la voiture; 20 le distributeur, muni d’un manomètre et que l’on fixe contre la planche-tablier; 3° un réservoir cylindrique de 0,70 m. de long et de 0,166 m. de diamètre et qui se place sous le plancher de la voiture.
- p.2x139 - vue 571/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Le capteur, qui est la partie intéressante et originale du système, est une boule de bronze, munie d’un pied creux en acier qui sert à la visser sur un bouchon de cylindre. A l’intérieur de la boule sont percés six trous de 2 mm de diamètre, disposés en cercle autour de son axe vertical auquel ils sont parallèles. Ces six trous débouchent sous une soupape munie d’un guide et que tient fermée un ressort maintenu par un chapeau. En
- dévissant ce chapeau, on peut enlever le ressort et la soupape, celle-ci devant être nettoyée à l’essence une
- Fig. 3. — Le capteur : coupe montrant le siège de la soupape et le canal circulaire d’évacuation des gaz.
- fois par mois. La levée de cette soupape est de 0,7 mm à 0,9 mm. Une tubulure qui débouche dans la chambre de la soupape permet aux gaz de se rendre au réservoir.
- Autour de la partie centrale du capteur se trouve une chambre à eau destinée à refroidir les gaz de l'explosion. Ce refroidissement est facilité par la surface relativement grande des six petits tubes de 2 mm que doivent franchir les gaz. La chambre à eau porte deux tubulures pour l’arrivée de l’eau froide et la sortie de l’eau chaude : elles sont branchées sur la circulation d’eau de refroidissement du moteur.
- Le distributeur, surmonté d’un manomètre, porte une tubulure d’arrivée des gaz venant du capteur et une autre, qüi peut être fermée par un robinet-pointeau, permettant à ces gaz d aller au réservoir et d'en revenir. Le distributeur porte en outre une tubulure de départ, fermée en temps ordinaire par un écrou-bouchon qui peut être enlevé et remplacé par le raccord d’un tube souple de 3.5o m. de long dont l’autre extrémité peut se brancher sur la valve du pneumatique à gonfler.
- Le réservoir n’a rien de spécial. Par mesure de sécurité il a été éprouvé à la pression de 4° kg.
- Le fonctionnement du « gypta » est des plus simples. Aussitôt que le moteur est mis en marche le capteur commence à débiter des gaz sous pression et cesse de
- Fig. 2. — Le capteur : coupe de l’ensemble.
- 4. — Le capteur : vue extérieure.
- Fig. 5.
- Le distributeur.
- tout doucement pendant un instant et de le fermer aussitôt la purge faite.
- Cet appareil n’est pas seulement utilisable pour le gonflement des pneumatiques. Il peut également servir à faire fonctionner tous les accessoires tjui, à bord d’une automobile, utilisent de l’air comprimé au-dessous de 16 kg.
- Il permet en particulier la mise en marche automatique du moteur : soit que celui-ci ait été spécialement disposé pour utiliser dans ce but l’air comprimé, soit qu’un appareil accessoire de mise en marche ait été prévu.
- Il peut aussi servir à actionner les divers systèmes de freins à air comprimé dont sont munies certaines voitures. Il est également possible, grâce à des éjec-teurs spéciaux d’utiliser tous les modèles de trompes en usage : il suffit alors d’appuyer sur un bouton pour les faire fonctionner.
- Des expériences prolongées ont permis de constater que l’emploi du « gypta », au dire de son constructeur, est meilleur pour le gonflement des pneumatiques que celui des pompes à air au point de vue de la conservation du caoutchouc. Cela peut s’expliquer par l’absence à peu près complète, sinon totale, de l’oxygène dans les gaz d’explosion que débite le « gypta ».
- Yoilà donc un nouveau et très ingénieux accessoire destiné à rendre un peu moins sensibles les désagréments du pneumatique qui jusqu’à présent a pu braver tous les efforts des chercheurs conjurés pour sa perte.
- Louis Serve.
- Objets utiles
- L’automatique- — C’est un nouveau moulin à fromage destiné à prendre rapidement la place de celui que tout le monde connaît. On sait que la manœuvre de ces derniers .appareils nécessite l’usage des deux mains : l’une tournant la manivelle pendant que l’autre appuie sur le bouchon. C’est assez incommode. (,
- L’ « automatique » supprime l’obligation de presser constamment sur le fromage à râper par un dispositif très ingénieux adapté à l’extrémité supérieure de la trémie. Ce dispositif consiste en un levier L, articulé sur un bras fixe B et portant un bouchon de bois- Ce levier se termine par un ressort à boudin R pourvu d un anneau
- travailler seulement quand la pression dans le réservoir atteint 14 à 16 kg, c est-à-dire quand elle fait équilibre à la pression d’explosion du mélange carburé dans le moteur.
- Le gonflement des pneumatiques à l’aide du « gypta » se fait rapidement, en 1 ou 2 minutes. Il faut avoir la précaution d’ouvrir très progressivement le robinet-pointeau du distributeur jusqu’à ce que l’aiguille du manomètre marque environ 1 kg de moins que la pression nécessaire au pneumatique. Une fois cette pression obtenue on ferme le robinet-pointeau.
- A sa partie inférieure, le réservoir porte un robinet qui sert à le purger tous les matins. Il suffit de l’ouvrir
- à poignée P. Lorsque le fromage a été placé dans la trémie on fait basculer le système pour mettre le bouchon en place et on fixe l’anneau-poignée au crochet placé sur la droite de l’appareil. Ce ressort agit donc sur le bouchon et l’oblige à serrer constamment le fromage contre le fond de la râpe. Il suffit, par conséquent, de tourner la manivelle pour obtenir le résultat désiré.
- L’automatique se fixe au bord de la table de cuisine par un simple écrou et il permet aussi bien de moudre les amandes, le chocolat, la chapelure, etc., que le fromage. — L’appareil est en vente chez M. E. Dreyfus, 43, avenue de la République, à Paris v
- p.2x140 - vue 572/647
-
-
-
- VARIETES
- Hydrographie du Karst Istriote. — M. G. A. Perko vient de résumer [Globus, n° 19, t. 104, 19 novembre 1908) les résultats de ses dernières recherches souterraines 12e et i3° campagnes en Istrie. La grotte Martin, près Gradisce au Sud de Marcovsina est la plus belle et la plus grande caverne à stalactites du Karst ; en élargissant des crevasses à la mine et en déblayant des éboulis on a pu rétablir les communications entre plusieurs cavités, l’étage supérieur n’est pas encore exploré. Près de Materia le gouffre Antonia a 192 m. de profondeur; à 102 m. sous terre une cascade jaillit soudain et tombe de 90 m. à pic dans le dernier puits ; elle permet d’observer (comme au Iiôlloch de Muota) la toute-puissance des chutes qui ont jadis agrandi les crevasses des abîmes. Près de Skadansina le gouffre Jencéreska mesure 214 m. en 2 étages terminés par des crevasses impraticables. A Iloticina un point d’absorption aboutit à une grande salle où l’on a descendu, au moyen d’échelles de cordes, une puissante cascade de 35 m. de haut. Actuellement M. Perko a déjà exploré 419 gouffres ou cavernes et en a sondé 86 autres ; en Istrie il en l'este des quantités à reconnaître. C’est un pays désolé par le manque d’eau, quoique la pluie y varie de ySS à 1400 mm par an; tout ce qui échappe à l’évaporation s’engouffre dans les innombrables fissures du sol; à l'intérieur les eaux circulent en rivières souterraines qui restent à peu près toutes à découvrir. La théorie émise par Gründ en 1903, adoptée en 1904 par Penck et en 1908 par Sbrisaj, et . admettant l’existence d’une nappe d’eau générale dans la profondeur ( Karst-Gründ-YVasser) est, cela va sans dire, complètement fausse ainsi que l’a reconnu M. Putick1. Les recherches d’hydrographie souterraine exécutées depuis 3o ans en Europe et en Amérique l’ont surabondamment et définitivement démontré. En 1902, M. l’ingénieur Pollay fit creuser à Nabrésina, au fond d’une grotte, un puits de 35 m. qui parvint jusqu’au niveau de la mer sans trouver d’eau. A Bassoviza au-dessus de Trieste un puits est descendu également sans résultat jusqu’au-dessous du niveau de la mer; à Trieste même la brasserie Dréher n’a pas eu plus de succès pour un forage artésien partant de 35 m. d’altitude. Tous ces travaux avaient été entrepris sur les indications de géologues compétents qui ignoraient totalement les vrais principes de la circulation souterraine des calcaires.
- Utilisation des gaz du fumier comme force motrice. — Récemment, nous faisions connaître les intéressants essais auxquels s’est livré M. le Dr Cal-mette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, en vue de l’utilisation des gaz du fumier pour l’éclairage des fermes.
- Il semble que l’agriculture peut trouver à utiliser le fumier pour d’autres usages auxquels on n’avait pas songé jusqu’ici. Il y a, dans ce sens, à signaler diverses initiatives, et celle qui a pour objet de tirer parti des gaz du fumier comme force motrice n’est, certes, pas la moins intéressante.
- Yoici Une application qui vient d’être tentée en Italie, et dont l’agriculture française pourrait, croyons-nous,
- (!) igo3. Leipzig, A. Grand, Karsthydrographie. — 1904. A. Penck, (Jber das Karstphdnomen. — Oberingenieur J. Sbrisaj, Zur Karsthydrographie Krains, Fasc. I de Carniola (Mirteilungen des Muséalvereins für Krain 1908). — Putick, Eine Skizzc des hy-drograp/iischen Ferhâltnisse Innerkrains, Laibacher Zeitung i3, i5 mai 1907.
- tirer profit. Il s’agit de l’utilisation, pour la force motrice, des gaz dégagés par les fosses à purin des porcheries.
- Un intelligent agriculteur de Fogliano (Reggio Emilia), M. César Attolini, ayant observé qu’à la suite de la décomposition des déjections des porcs, il se dégageait de la fosse qui les recueillait une grande quantité de gaz inflammable, eut l’idée de se servir de ce gaz comme force motrice. Ayant installé dans la métairie un moteur à benzine pour actionner une baratte, M. Attolini songea à recueillir ces gaz de façon à les faire parvenir au moteur, pour les brûler, au lieu d’utiliser les vapeurs de benzine.
- Ce projet parut pratiquement réalisable, surtout après que la fosse aux déjections eut été modifiée de manière que les gaz pussent se concentrer dans une chambre close, au contact de l’air, et de là, pénétrer dans un grand récipient métallique en forme de cloche, sur bain hydropneumatique, à l’instar des gazomètres ordinaires.
- Au début, il y eut quelques difficultés à réaliser cette innovation, on obtint des explosions, mais par intermittence ; le volant du moteur se mettait en mouvement pendant quelques instants, puis reprenait son état d’inertie. Le carburateur du moteur ne se prêtait pas à régler ce nouveau mélange gazeux ; il fut remplacé par un régulateur d’air des moteurs à gaz. De nouveaux essais permirent d’atteindre le but : le volant se mit facilement en marche avec une vitesse égale et continue. Dès lors, M. Attolini n’employa plus, dans sa métairie, la benzine, que dans de très rares circonstances.
- Les gaz exhalés par les excréments des porcs purent actionner un moteur de trois chevaux qui, à son tour, mettait en mouvement une baratte produisant un quintal de beurre par jour.
- L’exploitation agricole de Fogliano comportant deux fosses de porcherie, on recueillit les gaz de ces fosses, en adaptant à celles-ci deux cloches métalliques capables de contenir jusqu’à 24 m3 de gaz et pouvant se remplir en une demi-heure. Dans la soirée, les cloches se remplissant encore alors que la fabrication du beurre se trouvait terminée, on pensa à utiliser ce nouveau gaz pour l’éclairage. Deux becs furent placés dans la métairie; les flammes ne donnant que peu de clarté, on fit usage des lampes à manchon et on obtint ainsi une lumière plus que suffisante.
- On voit que cet essai fait en Italie vient confirmer pratiquement les données et les essais de M. le Dr Calmette, dont nous avons déjà parlé ici même, au point de vue de l’utilisation des gaz du fumier pour l’éclairage des fermes.
- L’utilisation de ces gaz comme force motrice offre une importance et un intérêt encore plus grands, lorsqu’on considère les cas très nombreux dans lesquels on est appelé à faire usage de la force motrice dans les fermes, notamment pour actionner les machines et appareils destinés à la transformation des récoltes, à la préparation des aliments du bétail, à la fabrication du beurre, etc.
- Cette innovation méritait d’être signalée, car elle peut rendre de réels services à l’industrie agricole, constamment à la recherche de progrès permettant de simplifier la main-d’œuvre et, au point de vue économique, de tirer parti, de la façon la plus rationnelle, de tous les éléments dont dispose l’exploitation rurale. Henri Blin.
- HYGÎÈNE ET SANTÉ
- L’oxygène et les sports. — Tout effort entraîne une tension des muscles du cou, de la cage thoracique, un ralentissement des échanges respiratoires qui se traduisent à la longue par de la gêne. On souffle, comme on dit, en montant les côtes, moins lorsqu’on est jeune
- que lorsqu’on est âgé, moins quand on a le poumon sain que lorsqu’on est asthmatique, moins lorsqu'on est bien entraîné que si on ne l’est pas. On est haletant quand on a couru et si la course est par trop rapide, comme dans le dernier effort d’un concurrent pour
- p.2x141 - vue 573/647
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTE
- atteindre le but, la respiration manque et l’on se sent défaillir.
- C’est que les phénomènes de combustion respiratoire ne s'exercent plus dans les conditions normales. Nous aspirons par 34 heures 10000 litres d’air qui circulent dans les canaux et alvéoles du poumon ponr échanger le gaz vital, l’oxygène, avec le gaz de déchet l’acide carbonique. Ces 10 m3 d’air représentent environ 2000 litres d’oxygène dont nous gardons environ le quart, exhalant à la place une dose équivalente d’acide carbonique. Ce mouvement de pénétration de l’oxygène qui va se fixer sur les globules rouges du sang et de rejet de l’acide carbonique se fait sans interruption à chaque mouvement respiratoire. Mais dans l’effort soutenu, exagéré, ces échanges ne s’opèrent plus à doses régulières; il y a insuffisance d apport d’oxygène et rétention exagérée du gaz carbonique. Il en est de même dans les conditions pathologiques, quand le coéur et le poumon ne fonctionnent plus normalement et alors se produisent les phénomènes d’asphyxie plus ou mointes lente, plus ou moins prononcée. C’est pour remédier à cette asphyxie que l’on introduit, par la respiration d’oxygène pur, des doses supérieures à celles contenues dans l’air atmosphérique.
- Dans les conditions d’effort, la période pendant laquelle la respiration peut être modifiée sans gêne est prolongée d’une façon marquée si le sujet inhale quelques bouffées d’oxygène. Les expériences de MM. Léonard Hill et Flaclc sont très démonstratives à cet égard et en même temps fort intéressantes. Le moment où la respiration devient gênée concorde avec celui où l’acide carbonique atteint la proportion de 5 à 7 pour 100 dans l’atmosphère : or si l’on fait faire simplement trois inspirations d’oxygène à , un sujet maintenu dans cette atmosphère difficilement respirable on peut élever de 1 et 3 pour 100 la dose d’acide carbonique, c’est-à-dire 8 et 10 pour 100, avant d’éprouver la gêne respiratoire. On doit avec l’oxygène remédier à la dyspnée des coureurs ou de tous ceux qui ont un effort soutenu à faire. Et l’expérience vient le confirmer; en faisant respirer de l’oxygène à des coureurs, pendant les épreuves de sport de London hospital, on a obtenu des résultats similaires à ceux qu’on obtient chez les malades et bien plus nets cela va sans dire : les coureurs exécutaient des courses dans des conditions de facilité et de bien-être qu’ils n'avaient pas auparavant et arrivaient au but aussi frais et dispos qu’après une course de quelques secondes. Un des concurrents inhale de l’oxygène pendant 2 minutes au moment du départ et parcourt un quart de mille anglais (un peu plus de 400 m.), en 5o secondes au lieu de 58 secondes
- son temps habituel dans les conditions ordinaires.
- Des résultats analogues ont été obtenus chez des nageurs en Amérique, chez des athlètes ou des professionnels de divers genres. M. Flack qui accompagna le nageur Wolffe dans sa tentative de traversée de la Manche est convaincu qu’il aurait réussi cet exploit s’il avait voulu consentir plus tôt à respirer un peu d’oxygène. Les quatorze premiers milles (22 km et demi) avaient été couverts en 8 heures avec une maestria extraordinaire. Le nageur était si confiant dans sa vigueur qu’il refusa des inhalations qui l’auraient aidé, après cet effort déjà considérable. Il ne restait qu’une faible distance à parcourir lorsque Wolffe se décida à prendre les ballons d’oxygène, mais ses forces étaient déjà épuisées, le froid le gagnait et il fallut le remonter dans le bateau, presque au bout de ce parcours difficile et dont il avait fait les trois quarts.
- Les résultats sont les mêmes chez les animaux. Un cheval de cinq ans, ancien cheval de tramway, un peu poussif, mais fort et plein d’action, franchit, attelé à une voiture, une longue côte en 3 minutes et demie; arrivé au sommet il était haletant , soufflait fort et il fallut le faire reposer et redescendre la côte au pas. Le même exercice fut repris après lui avoir fait inhaler de l’oxygène pendant 10 minutes; la même côte fut franchie au galop en 2 minutes 8 secondes ; l’essoufflement était fort peu marqué et la descente eut lieu au trot.
- Les exemples pourraient être multipliés ; l’influence de l’oxygène sur l’activité des combustions respiratoires a été utilisée, comme je le disais, en thérapeutique, pour remédier aux symptômes d’asphyxie résultant de la rétention de l’acide carbonique. Les mêmes effets heureux devaient se produire et avec des résultats encore plus parfaits, chez des sujets jeunes, de bonne santé et qui n’avaient qu’une rétention passagère. On pourra donc employer l’oxygène avec avantages pour remédier chez un coureur, un athlète, à des troubles respiratoires provoqués par un effort exagéré ou trop longtemps soutenu; mais quant à le conseiller pour diminuer la fatigue, pour faciliter un excès de vitesse, ce me semble inutile, car ce serait au détriment de la machine que s’exercerait cette action de ce nouveau dopping. Se sentant plus dispos, le coureur tentera un effort encore plus grand, et arrivera finalement à se fatiguer tout autant, sinon davantage. Une fois par hasard, l’usage des inhalations d’oxygène n’aura pas grand inconvénient; qu’on l’emploie comme remède aux accidents de fatigue, d’anhélation passagères, mais il ne serait pas sage, à mon avis, d’en faire l’accompagnement de tout exercice de sport et de tout entraînement.
- DrA. Cartaz.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Joints plastiques pour tuyaux. — Il s’agit d’une composition qui permet de faire des joints de canalisations d’eau ou de gaz, donnant toute étanchéité, et pourtant ne séchant pas aussi vite que la céruse. Cette dessiccation lente, qui facilite ensuite l’enlèvement de la
- composition, est souvent une qualité appréciable. On prépare cette sorte de ciment au moyen de mine de plomb pulvérisée et d’huile de lin bouillie, et enfin un peu d’une huile non susceptible de sécher, huile d’olive, huile d’œillette.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. C. F., à Paris. — Vous trouverez les renseignements météorologiques que vous cherchez dans Y Annuaire astronomique de C. Flammarion, publié annuellement chez E. Flammarion, 26, rue Racine, Prix : 1 fr. 5o.
- M. de Vendigis, à Saint-Firmin. Voici une formule de stuc : faire dissoudre dans un peu d’eau 2 parties de gélatine, 4 d’alun, 8 de gomme arabique. Etendre ensuite d’eau de façon à faire xoo parties, et avec le liquide ainsi obtenu, gâcher 200 à 25o parties de plâtre fin. Pour colorer, ajouter un peu d’un oxyde métallique convenable.
- M. Berra, à Beaune. — Contre les vers du bois, injecter dans les trous mêmes des vers du sulfure de carbone, puis boucher le trou à la cire immédiatement après. Nous n’avons pu nous renseigner sur les autres points de votre lettre.
- p.2x142 - vue 574/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Uü vaisseau non magnétique : A. Dessol. — Un baromètre électrique : D1’ A. G. — Emploi des mitrailleuses automatiques dans la guerre de campagne : A. R. — L’observatoire chronométrique de Besançon : Jacques Boyer. — Le voyage autour du monde de la flotte américaine : Sauvaire Jourdan. — Les bro-deries mécaniques : A. Chaplet. — Académie des sciences ; séances des 15 et 22 mars 1909 : Ch. de Villedeuil.
- Supplément. — Nouveaux prix pour l’aviation. — Congrès International d’hydrologie. — Un bolide extraordinaire. — Le béton armé dans les tremblements de terre. — Du cap au Caire. — Le Niagara à sec. — La ligne de charge et la sécurité des navires.
- Studi di Geomorfologia, Gaetano Rovereto (étude morphologique sur la Corse, le mont Cervin, la Dalmatie, les Alpes Àpuanes, l’île de Capri). Genève, 1908, in-8°, 270 pages.
- L’auteur pense que MM. Brunhes, Kilian, etc., ont probablement raison de revendiquer pour l’érosion fluviale, certains effets du creusement des vallées attribués par Penck et Bruckner à l’action des anciens glaciers. Cependant, il n’abandonne pas la théorie qui met sur le compte de cette action la forme en U des vallées montagneuses. L’érosion fluviale ne se serait exercée que postérieurement. A propos de la Cettina en Dalmatie, il énonce que son embouchure a été modifiée par des mouvements oscillatoires du littoral qui auraient formé un faux estuaire. Il pense que les Lapiaz ont pour cause une érosion chimique initiale, adaptée soit à la fissuration très développée de la roche, soit à un système particulier de cassures accélérées ensuite pâr l’action surtout chimique des neiges et quelquefois des glaciers. Dans les régions basses cependant, ce sont les eaux de ruissellement qui remplacent la neige. Il considère les Polje comme des phénomènes tectoniques, arrêtés dans leur développement. Il estime que les Polje et les bassins fermés du Sud-Ouest de la Bosnie (Gracovo, Kupresco, Gramocko, Livno, Duvno, Busko, etc.), seraient des tributaires souterrains de la Cettina. L’île de Capri a subi de grands mouvements d’émersion, révélés par ,les lithodomes, les dépôts marins et surtout les arcades naturelles situées à une grande hauteur dans les falaises. A propos des Silex préhistoriques trouvés à_ Capri et considérés par le professeur Pigorini comme chelléens, quoique pareils à ceux que Rutot et Car-tailhac tiennent pour mousteriens aux grottes de Gri-maldi, l’auteur estime que cette divergence d’opinion tient à ce que les subdivisions correspondent à des stades de civilisation plutôt qu’à de réelles périodes chronologiques.
- Histoire du développement de la chimie, depuis Lavoisier jusqu’à nos jours par A. Ladenbourg, professeur à l’Université de Breslau, traduit par A. Corvisy, Hermann. Editeurs. Paris. Prix : i5 francs.
- Nulle science, dans les temps modernes, n’a fait de plus rapides progrès que la chimie. Née dans les dernières années du xvme siècle, elle a atteint aujourd’hui le développement prodigieux que tout le monde connaît. L’histoire de ces progrès, instructive au plus haut point, pour le savant et pour l’étudiant, présente même pour les profanes un haut intérêt qui explique le sucees:d’un ouvrage comme celui de M. Ladenburg : très clair, très méthodique, consciencieux et d'une remarquable impartialité, il se lit aisément et résume d’une façon remarquable tout un siècle de travaux continus et de découvertes géniales. Et c’est un vif plaisir de trouver, presque à chaque page, sous la plume d’un savant allemand, un hommage rendu à la science française : les noms de Lavoisier, Berthollet, Gay-Lussac, Cahours, Dulong, Dumas, Ampère, Berthelot, Pasteur, Würtz, Friedel, et bien d’autres tiennent dans ce livre une large place.
- Padirac (Lot) historique et description sommaire, par E.-A. Martel, in-12, 3a p. et 23 grav., i5e mille. Librairie Baudel à Saint-Céré (Lot), 1909. Prix : ofr,5c.
- Jolie plaquette avec tous les renseignements pratiques sur cette grande curiosité française, dont le légitime succès va toujours en grandissant.
- Gros et petits poissons (récits de pêches), par Emile Maison, i vol. in-8° écu, illustré. Armand Colin, Paris. Prix broché : ifr,5o.
- M. Emile Maison veut faire la joie des pêcheurs. Ceux mêmes qui n’ont jamais taquiné le goujon prendront plaisir à la lecture de ces pages pittoresques, bien illustrées, qui font défiler sous leurs yeux, tour à tour, les rivières de France, les lacs d’Ecosse et les parages de l’Océanie.
- Vade-mecum des transports par omnibus automobiles, par G. Le Grand. In-16 de 160 pages. H. tDunod et E. Pinat. Prix : 3fr,5o.
- L’auteur de ce petit livre résume tout ce que l’on peut écrire sur le choix des lignes, le personnel, le matériel, le garage, etc., etc.
- Allgemeine Physiologie, ein Grundriss der Lehre vont Leben, par Max Verworn. 5e édition. Iena. Gustav Fischer. 1909. 1 vol in-8°, xvi-742 pages. Prix : 16 marks; relié, 18 marks.
- Nous n’avons pas besoin de faire l’éloge du travail, aujourd’hui classique, de l’éminent physiologiste de l’Université de Gottingue. Cette cinquième édition à été entièrement refondue. On y trouvera, magistralement exposées, toutes les questions actuellement débattues entre les divers expérimentateurs et théoriciens. Signalons particulièrement le chapitre sur le mécanisme biologique, celui sur la substance vivante, etc. L’illustration est abondante, claire, et bien choisie.
- Cours de Philosophie positive, par Auguste Comte. Tome Y : Partie historique de la philosophie sociale. Paris. Schleicher frères. 1 vol. in-8 de 412 pages. Prix : 2 francs.
- ’ Suite des volumes de Comte dont nous avons déjà signalé la réimpression, celui-ci traite plus particulièrement de la fameuse loi des trois états (théologique, métaphysique et positif) qui est la plus fonda-
- - mentale des doctrines émises par Comte.
- Le Japon moderne, son évolution, par Ludovic Naudeau. 1 vol. in-18. E. Flammarion. Paris, 1909. (Bibliothèque de Philosophie scientifique). Prix : 3fr,5o.
- , Tous ceux qui ont lu les belles correspondances de M. Naudeau devinent à l’avance quelle peut être la valeur de son livre sur le Japon. Il a juxtaposé méthodiquement des milliers de faits, dans ses chapitres remarquables sur : la psychologie de la Bravoure Japonaise, la question sociale au Japon (paupérisme, crise financière, propagande socialiste, antimilitarisme), la femme japonaise, etc.
- Zeitschrift für Botanik, iie année, n° 1. Iéna, 1909 V
- G. Fischer, in-8°, 106 p. Prix de l’abonnement : 24 marks.
- Le premier fascicule de cette nouvelle revue de botanique, dirigée par MM. L. Jost, Fr. Oltmanns^et le comte de Solms-Laubach, contient un mémoire de
- H. F'itting sur la fleur des Orchidées, de nombreuses analyses, et un précieux index systématique des publications récentes.
- Die electrischen Eigenschaften und die Bedeutung des Selens für die Electrotechnik, par le Dr Ciir. Ries. 1 vol. illustré de 90 p. Publié par le journal Der Mechaniker. Berlin. Nikolassee, 2, Normannstrasse. Prix : 3 Marks.
- Cette petite brochure résume d’excellente façon, les travaux dont le sélénium a été jusqu’ici l’occasion,
- p.2x143 - vue 575/647
-
-
-
- préparation, influence de la température, de la lumière, sur là conductibilité électrique, hypothèses expliquant les propriétés thermoélectriques et photoélectriques du sélénium. Le sélénium est à l’ordre du jour : les chercheurs qui songent à l’utiliser trouveront dans ce petit livre une mine de renseignements et une abondante bibliographie.
- Wie es irn Congostaat zugeht, par Erwin Federspiel. Zurich. Art. Institut Orell Füssli. 1909. 1 vol. in-8°, 86 p. Prix : 1 franc (80 pf.).
- Consciencieuse et intéressante étude sur la situation actuelle du Congo, d’après des observations et des études personnelles effectuées sur les lieux mêmes.
- Traité de géographie physique. Climat, hydrographie, relief du sol, biogéographie, par Emmanuel dé Mar-
- tonne. Premier fascicule : in-8° raisin. Paris. Armand Collin. Prix : 5 francs.
- Cet ouvrage comprend quatre fascicules, étudiant tous les phénomènes physiques dont la surface du globe terrestre est le théâtre : le premier s’occupe des phénomènes climatiques, expliqués par les lois de la météorologie. C’est un travail aussi clair que précis et complet. L’illustration, très abondante, en rend la consultation à la fois utile et commode.
- Die Ilauptlinien des natürlichen Bakteriensystems, par Dr Orla Jensen. Iena. Gustav Fischer, 1909. 1 in-8° 42 p. 1 mark. *
- Intéressant travail de systématique, extrait de Cen-tralblatt fiïr Bakteriologie.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 mars 1909. — 7U,0 S. S. W. 2. Couvert. 0,8 Eclaircies; gouttes et pluie par intervalles.
- Mardi 23 6°,9 E. S. E. 2. Couvert. 2,3 Presque couvert; pluie de 2 h. à 6 h. 15; brume.
- Mercredi 24 — 7°,0 S. W. 2. Couvert. 1,4 Rosée; couvert; pluie le soir.
- Jeudi 25 9°,9 W. S W. 3. Couvert. 7,6 Tr. nuag.; pluie à diverses reprises; orage avec pluie et grêle.
- Vendredi 26 5°,0 N. W. 3. Peu nuageux. 0,0 Nuageux jusq. 13 h.; couvert ens.; pluvieux à 13 h.
- Samedi 27 1°,0 S. W. 2. Beau. » Gelée blanche; nuageux; brume; halo à 14 h.
- Dimanche 28 5°,6 S. E. 3. Couvert. 0,1 Quelquefois îles gouttes jusqu'il 10 h.; couvert.
- MARS 1909. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 MARS 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 22 au 28 mars. — Le 22. Pression basse sur le N.-O. de l’Europe et l’Italie : Irlande, 751; N. de la France, 755; fortes pressions sur le N.-E- Pluies sur 10. et le Centre; en France : Le Havre, 12 mm; Nantes, 9; Brest, Paris, 6; Belfort, 4- Temp. du matin : Kuo-pio, —90; Paris, 7; Alger, 15; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 8°,6 (normale : 6°,6). — Le 23. Vaste zone de pression un peu basse sur tout 10. et le S. : Ecosse et N. de la France, 753; pression supérieure à 765 sur la Russie et le S. de l’Espagne. Pluies sur l’O. et le Centre; en France : Brest, 9; Le Havre, Limoges, 8 ; Belfort, 7 ; Biarritz, Paris, 3. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, — 5°; Paris, 7; Alger, 17; Puy de Dôme, — 1 ; moyenne à Paris : 8°,8 (normale : 6°,7). — Le 24. Hausse rapide sur le S.-O., pression supérieure à 765 : Biarritz, 769 ; dépression sur les Iles-Britanniques : Malin-HeaJ, 748. Pluies sur presque toute l’Europe; en France : Besançon, 11; Limoges, Biarritz, 7; Toulouse, 6; Nantes, Dunkerque, 1. Temp. du matin : Kuo-pio, —4°; Paris, 7; Alger, i5; Puy de Dôme, —1; moyenne à Paris : g°,i (normale : 6°,8). — Le 25. Shields, 736; Le Helder, 740. Pluies sur tout l’O. ; neiges sur le
- N.; en France : Brest, Le Mans, 9; Dunkerque, 8; Bordeaux, 5 ; Paris, 3. Temp. du matin : Haparanda, -— 20°; Paris, 10; Alger, 16; Puy de Dôme, 1; moyenne A Paris : 9°,4 (normale : 6°,9). — Le 26. Situation générale troublée : Gronningue, 736; Livourne, 743. Pluies générales; en France : Biarritz, 17; Besançon, 12; Nancy, 9; Lyon, 7; Paris, 6; Boulogne, 5. Temp. du matin : Arkangel, —6°; Paris, 5; Alger, 17; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : 70 (normale). —Le 27. Relèvement sur l’O.; baisse sur les Iles-Britanniques ; Copenhague, 749; Lésina, 742. Pluies sur presque toute l’Europe : Limoges, 12; Clermont Ferrand, 4; Charle-ville, 2; Nantes, Toulouse, Besançon, 1. Temp. du matin : Haparanda, —160; Paris, 1; Alger, i5; Puy de Dôme, —5; moyenne à Paris : 6°,5 (normale : 70,1). — Le 28. Dépression sur les Iles-Britanniques : Valen-tia, 741. Haute pression sur le N. de la Russie. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Cherbourg, 4; Brest, 3; Nantes, 2. Temp. du matin : Arkangel, —6°; Paris, 6; Alger, 7; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : io°,i (normale : 7°,3); — Phases de la Lune : Premier Quartier le 28, à 4 h. 58 m. du soir.
- p.2x144 - vue 576/647
-
-
-
- LA MAI URL
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1872 — 10 AVRIL 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Jupiter et ses satellites. — Sur la demande d’un de nos lecteurs, nous indiquons ci-dessous la distance des satellites de Jupiter au centre de la planète, distances moyennes naturellement, exprimées en unités du demi-diamètre équatorial de Jupiter.
- Satellite. Nom. Distance. Révolution.
- I . . . Io . . . . . 5,933. . . ij i8h27m33s,5
- II . . . Europe. . . 9.43g- • • 3J i3h i3m42% 1 3h42m33\4
- HL . . Ganymède . . i5,o5j . . . r J J
- IV. . . Cailisto . . . 26,486... . i6j i6h 3*m 11",2
- V. . . . . 2,55 . . . GJ iih57ra22E,7
- VI . . . 160. . . . . a51 jours.
- VII. . . . 167 265 jours.
- VIII . . 357 2 ans 2 mois.
- Le demi-diamètre équatorial de Jupiter est de 70600km. Le Itr satellite vogué donc à près de 6 fois cette distance.
- Le grand objectif de l’Observatoire du mont Wilson. — Il est maintenant hors de doute, dit Popular Astronomy, que le grand disque de verre de 100 pouces de diamètre (2ra,5o), destiné à l’observatoire solaire du mont Wilson (Californie), présente des défauts qui en rendent son usage impossible pour les observations télescopiques. Ce n’est que lorsque le travail de cette imposante masse de verre a été terminé que l’on s est aperçu de ces défauts. Le professeur George E. Haie, directeur de l’observatoire du mont Wilson, ne peut s’expliquer comment les spécialistes chargés de la foute et de l’essai de cette immense lentille n’ont pas fait connaître ces défauts avant son expédition. Le professeur Haie a décidé qu’un nouveau disque serait nécessaire et que la Compagnie qui a fourni le verre défectueux en supporterait la perte. De la sorte, un nouveau délai, qui sera vivement regretté par tous les astronomes, sera necessaire pour savoir ce qu’un objectif de 2,5o m. peut donner à la science. Actuellement, le plus grand objectif en service est celui de l’observatoire Yerkès. Il a i,o5 m. de diamètre.
- La planète transneptunienne. — Le professeur William H Pickering, de l’observatoire de Harvard College, a annoncé qu’une planète appartenant au système solaire, se mouvant au delà de l’orbite de Neptune, et jusqu’ici inconnue, pourrait bien être découverte pendant l’année 1909 L’auteur désigne même son emplacement probable : Ascension droite : 7h 47™ • Déclinaison : + UI°- Des photographies de cette région ont déjà été prises à l’observatoire d’Arequipa, au Pérou, et d’autres photographies sont faites à Taunion (Etals-Unis), par le Rév. J.-H. Metcalf avec un objectif photographique de 12 pouces (o,3o m.). Il faut souhaiter que d’autres astronomes se joindront £ cette recherche. Prédire la place d’une planète inconnue, aux confins du système solaire, est une tâche difficile qui ne peut être entreprise que par des savants aussi mathématiciens
- qu’astronomes. Ce problème est semblable à celui qui a été résolu par Le Verrier et Adams en 1846, et conduisit à la découverte de Neptune L orbite d Uranus est légèrement perturbée par l'attraction d un corps. Les deux astronomes, après de longs et pénibles calculs, pensèrent, indépendamment l’un de l’autre, que la cause était une planète extérieure et l e Verrier indiqua aux observateurs la position de la planète inconnue. Celle-ci fut presque aussitôt découverie par Galle, de Berlin. Aujourd hui, il est reconnu que Neptune est perturbé à son tour, dans sa marche autour du Soleil, d une manière analogue, et le professeur Pickering est convaincu que la planète periurbalrice réside à peu près à l’endroit qu il indique. Si sa prédiction est réalisée en 1909, nous assisterons sans doute à la plus remarquable découverte astronomique de ces cinquante dernières années.
- Le record de la vitesse en ballon monté. — Le
- 27 septembre dernier, un ballon, l’Au gus ta II, monté par le capitaine Lohmüller, parti de Strasbourg, a accompli un voyage au cours duquel a été notée la plus grande vitesse, sans doute, atteinte jusqu ici dans de telles conditions. L’aérostat s’est élevé à 911 3o du matin entraîné tout d abord dans la direction de l’Est, avec une vitesse de 24 km à 1 heure jusqu’à la Forêt Noire, franchie à une hauteur de i3oo m ; à partir de ce moment, le ballon se dirigea vers le Nord, dans la direction de la vallée avec la vitesse de 4° km, laquelle s’accrut de plus en plus, au cours de ce trajet qui fit passer l’aérostat au-dessus de Goeppingen, Geislingen, Heidersheim I70 km au-dessus de ce dernier lieu). A 2 heures de I après -midi le plateau'du Jura de Souabe et de Frauconie était atteint, et la vitesse augmentait toujours, en même temps que l’altitude était, aussi plus considérable. C’est ainsi que près de Harbourg, à 1900 m., la vitesse était de 90 km. puis à 2h 3o, près de Kasheim ( /ooo m ), ede était portée à 120 km, et enfin elle fut maximum a 2h4o au Sud d’Eichstadt : le ballon, se tenant à la hauteur de 2u5oin., courait alors à raison de i5o km à l’heure! Une heu>e plus tard l’atterrissage avait lieu à 7 km au Sud de Ratisboune, où la vitesse du vent, au voisinage du sol, n’était plus que de 40 kilomètres. ‘
- Recherches sur le raffinage de l’alcool. — On a
- cherché assez récemment à..effectuer la purification de l’alcool brut par fili ration" sur le charbon. L alcool filtré renferme beaucoup moins d’alcool amylique. que l’alcool non filtré La proportion d aldéhyde se trouve augmentée à moins que l'alcool brut ti en renferme déjà une grande quantité. La proportion d éthers, d acides et de furfurol diminue et même disparaît, s’ils sont eu faible quantité. Si l’on filtre sur le charbon l’alcôol déjà rectifié, on constate une augmentation de 1 alcool amylique. tandis que. la proportiou d al léhyde et d éther reste sensiblement la même. La filtration de l’alcool sur le charbon
- p.2x145 - vue 577/647
-
-
-
- INFORMATIONS ||^P
- est accompagnée principalement de phénomènes d’oxydation; on pourrait donc remplacer cette filtration assez coûteuse par un traitement de l’alcool au pei'manganate de potassium. Les études faites montrent que la filtration sur le charbon ne présente pas les avantages qu’on lui a attribués ; l’alcool ainsi traité ne se montre pas supérieur à l’alcool soumis uniquement à une bonne rectification.
- Le coton « mort ». — On appelle coton « mort », en terme de métier, les fibres de coton non arrivé à maturité et qui se comportent, en teinture, d’une façon spéciale et défectueuse. Cette fibre se présente, sous le microscope, sous la forme de nibans striés, se laissant difficilement isoler. Traitées par l’oxyde de cuivre ammoniacal, elles ne s’y dissolvent .que lentement, alors que les fibres mûres se dissolvent rapidement; la soude ne semble pas avoir sur le coton « mort » cette action mercerisante qui donne au coton l’aspect de la soie et qui est si usitée actuellement. Les autres caractères sont sensiblement les mêmes pour le coton mûr et pour le coton « mort » ; mais les différences signalées suffisent pour les distinguer et pour permettre aux fabricants de les éloigner de leurs préparations.
- Nouvelles télégraphiques et téléphoniques. — On
- annonce que tous les bureaux chinois acceptent actuellement les télégrammes privés en langage secret. Dans l’Afrique occidentale l’établissement de la ligne télégraphique Tombouctou-Niamey-Zinder, se poursuit activement; on compte qu’elle sera achevée dans le courant de cette année. Elle aura coûté environ 2 millions de francs et comporte 3 sections : Tomboüctou-Bourem, 34o km; Bourem-Niamey, 53o km; Niamey-Zinder, 85o km. Au total 17 îo km. En Russie, l’administration des télégraphes projette la pose d’une ligne à un conducteur unique entre Yakoutsk et Okhotsk; on réunirait également au réseau général les côtes de la mer d’Okhotsk, le Kamtchatka, et on construirait en même temps dans ces parages quelques stations radiotélégraphiques. De plus, de nouvelles communications téléphoniques seraient établies entre Tiflis et Bakou, entre Odessa, Nicolaiew et Wosznessensk (Province de Cherson). A Berlin, suivant le Blatt für Post und télégraphié, l’autorité municipale aurait l’intention de passer avec la Société des kiosques un contrat aux termes duquel celle-ci s’engagerait à pourvoir ses kiosques de petites cabines pour téléphones automatiques, accessibles au public et séparées du local de vente. En Afghanistan on annonce la prochaine mise en service d’une ligne téléphonique entre Jellalabad, à la frontière indienne et Hérat. Le Times ajoute que des postes téléphoniques seront échelonnés sur cette ligne de trois milles en trois milles (4-8 km) dans le but de faciliter les recherches des dérangements qui pourraient se produire. Enfin, 1 ’Elektrotechnische Zeitschrift est informé que des essais de communication téléphonique à grande distance par fils de fer ont eu lieu, il y a quelque temps, sur la ligne du chemin de fer de Varsovie à Saint-Pétersbourg. On se serait servi, dans ces expériences, d appareils téléphoniques spéciaux imaginés par un ingénieur russe, M. Kusnezow et les résultats auraient été très satisfaisants On pourrait alors envisager la construction de conducteurs en fer, ce qui diminuerait sensiblement le prix de revient.
- Le cuir artificiel. — Nous avons eu l’été dernier l’occasion de parler de la découverte de M. John Stuart Campbell, en une notice qui devait nous valoir maintes demandes de renseignements, delà part de nos lecteurs. Rappelons que ce produit, fabriqué avec des algues marines, des feuilles d’arbre, des balayures, dés gommes communes, et une composition chimique qui reste le secret de l’inventeur, peutavoir une grande importance pour les industries du cuir, du linoléum, du caoutchouc. Depuis l’apparition de notre notice, le produit a été soumis à de nombreux essais qui paraissent avoir mis en relief ses qualités. Un architecte-expert bien connu, M. Frank Matcham, l’architecte qui a construit l’Hippodrome et le Coliseum de Londres, et plus de cent théâtres dans les autres villes des Iles Britanniques, a, nous assure-t-on, soumis des échantillons du cuir végétal (du Cam-Veg) à trois épreuves distinctes : i° Immergé dans de l’acide sulfurique, le cuir est sorti complètement indemne. 20 Soumis à la chaleur intense d’un chalumeau, il u’a ni brûlé, ni émis de fumee. 3° En contact avec une
- roue de bois tournant à la vitesse de x4oo révolutions par minute, le cuir ne s’est pas laissé entamer. 11 sortit de cette épreuve sans porter trace d’usure. Soumis à l’examen du Physical-and-Chemical-Laboratory, le cuir a donné lieu à des expériences non moins concluantes. Un rapport du Dr Howard Adye établit l’homogénéité parfaite du produit; sa conductibilité thermale et électrique est nulle; nulle aussi son inflammabilité, même sous l’influence d’explosifs ou de composés aussi violents que le naphte, le benzol, l’esprit-de-vin Enfin, sur la requête de l’inventeur, deux institutions techniques, dont les Westminster-Electrical-Testing-Labo-ratories, ont étudié le produit, en tant qu'isolateur. Les deux rapports montrent que sa résistance spécifique est énorme (4900000 mégohms par centimètre cube), et que sa force diélectrique est très grande. Après immersion dans l’eau, sa résistance isolatrice augmente, dit-on, dans des proportions inouïes (3o 000 000 mégohms par centimètre cube).
- Etats-Unis. Production de la fonte de fer en 1908.
- — La dépression considérable de la production du coke aux Etats-Unis, en 1908, faisait prévoir une grande réduction dans la production de la fonte de fer. L'American Iron and Steel Association a réuni les statistiques de cette production pour 1908. Si on la compare à la production de 1907, la réduction monte à 38 pour xoo, en sorte que cette production n’atteint pas les deux tiers de celle de l’année précédente et recule à ce qu’elle a été en 1901. Les haut-fourneaux n’ont guère rendu que la moitié de leur capacité. Les productions de 1907 et de 1908 se répartissent comme suit :
- 1907 1908
- Tons. 0/0 Tous. 0/0
- Fonderie el forge .... 6.397.777 24.8 4.307.734 27.0
- Fonte Bessemer. . ... 13.231.620 51.3 7.216.976 45.5
- Fonte basique 5.375.219 20.9 4.010.144 25.2
- Fer au charbon de bois . 437.397 1.7 249.146 1.5
- Spiegel et ferro 339.348 1.3 152.018 1.0
- Totaux 25.781.361 100 15.936.018 100
- La lutte contre l’incendie à San-Prancisco. —
- San-Francisco, de tout temps désolé par de gigantesques incendies, a toujours été doté d’un remarquable service de défense. Après la catastrophe de 1906, et la reconstruction rapide de la ville, il a fallu réorganiser de fond en comble ce service. On l’a fait d’une façon grandiose; la dépense atteindra plus de 25 millions de francs. On a reconstruit les conduites, en employant les tuyaux de fonte, et pour éviter les dangers qui résulteraient d’une rupture en cas de tremblement de terre, on a opéré des sectionnements judicieux qui permettent d’isoler en cas de besoin, les parties endommagées sans paralyser le fonctionnement général. L’eau est envoyée sous pression dans les conduites par 4 stations centrales ; deux refoulent de l’eau de citerne, deux autres de l’eau de mer. Les pompes à vapeur, automobiles ou autres deviennent ainsi inutiles, il suffit d’ouvrir les bouches d’incendie pour être prêt à la lutte, et on peut le faire, sans même attendre l’arrivée des pompiers. Ceux-ci, comme à Paris, sont prévenus par appel téléphonique : un réseau spécial, avec fils souterrains, est mis à leur disposition. La quantité totale d’eau qui peut être projetée en 24 heures atteint le chiffre énorme de 235 000 mètres cubes.
- L’industrie minière et ''métallurgique russe. —
- Une intéressante statistique que vient dè publier le Comité dix Midi de la Russie, met en évidence la crise dont souffre cette région où de si gros intérêts français sont engagés. De 1894 à 1907, les bénéfices des houillères sont tombés en chiffres ronds de 10,5 millions de rouble à 5,9 et les dividendes de 13,19 à 2.42 pour 100. Pour les mines de fer qui ont moins souffert, les dividendes ont passé de 4 à 3,82 pour 100; pour les salines, de 8,69 à 6,20; pour les usines à hauts fourneaux de 2,68 à 1,20. Enfin si l’on prend le total de toutes les industries, on voit que les dividendes ont baissé de 55,81 à 2,47 pour 100 par rapport au capital social. On voit à quel point la rémunération est faible. Il y a, d’ailleurs, une très légère tendance à l’amélioration ; car l’année 1906 avait touché le point le plus bas avec 2,35 pour 100. Seules les usines de transformation (qui sont comprises dans ce total) ont continué à donner de bons résultats.
- p.2x146 - vue 578/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mécanique
- Nouveaux roulements à billes. — Les roulements à billes, dont les premières applications furent faites il y a trente ans aux vélocipèdes, puis aux bicyclettes, n’ont pas tardé à s’imposer dans la construction auto-
- mobile où ils remplacent lisses ; mais la mécanique
- Le roulement à billes S. K. 1-
- i présent tous les frottements industrielle a commencé aussi d’utiliser les roulements à billes dans les paliers des
- Fig. 2.
- Cage en bronze isolant les billes.
- transmissions d’atelier et la construction de toutes les machines.
- Il faut prévoir que l’emploi de ces roulements se généralisera de plus en plus, au fur et à mesure que le perfectionnement des outillages qui servent à les fabriquer en abaissera le prix.
- La faveur dont jouissent aujourd’hui les roulements à billes s’explique par la grande économie de puissance motrice qu’ils procurent, surtout quand il s’agit d’arbres très chargés; ces roulements ne nécessitent qu'un graissage insignifiant comparativement à celui d’un palier lisse, d’où nouvelle et très importante source d’économies journalières.
- Pour donner une idée de ces avantages nous citerons l’exemple d’une grue montée sur pivot à frottement lisse et exigeant un effort de 140 kg exercé à 4 ni. de l’axe pour déterminer son pivotement sous une charge de 17500 kg; la même grue montée sur pivot et butée à billes pivotait sous un effort de 2 kg dans les mêmes conditions que ci-dessus, effort 70 fois moindre que le précédent. Une machine à déchiqueter les pâtes à papier, munie de coussinets lisses absorbait 20 chevaux et 2 litres d’huile de graissage par jour; avec des roulements à billes la même machine ne nécessitait plus que 14 chevaux et 10 grammes de graisse consistante par jour.
- Ces remarquables résultats ont été contrôlés sur les coussinets à roulements à billes inventés par l’ingé-
- Fig. /,. — Mouvement de rotule du roulement à billes S. K. F.
- Fig. 3. — Coupe du roulement à billes.
- nieur suédois Wingquist. Pour comprendre l’intérêt de ces appareils, il faut considérer qu’un roulement à billes ordinaire ne fonctionne normalement que si les billes sont chargées bien perpendiculairement à leur chemin de roulement. Si, en effet, les billes subissent, en même temps que la charge normale, une poussée axiale, comme elles sont enfermées dans un chemin de roulement ayant un rayon de courbure presque égal au rayon de la bille elle-même, ces billes ne roulent plus librement, elles glissent plus ou moins, et le bon rendement du coussinet se trouve très compromis.
- M. Wingquist a tourné cette difficulté en constituant
- des roulements à billes formés de trois parties :
- i° Une bague centrale avec deux chemins de roulement dont les rayons sont un peu supérieurs au rayon des billes (fig. 1) ; 20 une cage en bronze dans laquelle chaque bille est isolée librement dans une alvéole ouverte sur le côté (fig. 2); 3° une bague extérieure présentant un seul chemin de roulement qui est une portion de sphère parfaitement exacte (fig. 3).
- Il résulte de ce dispositif que le roulement à billes peut prendre dans l’intérieur de la zone sphérique toutes les positions possibles sans que le roulement des billes cesse d être correct et sans qu'aucune poussée axiale puisse déterminer de contact défectueux ni de glissement des billes qui roulent toujours ainsi sur un grand cercle de la sphère qui les emprisonne.
- Le roulement à billes ainsi compris, constitue donc une véritable rotule (fig. 4) dont la coupe (fig. 3) montre les divers éléments.
- L’introduction des billes se fait très facilement, sans nécessiter aucune encoche ni ouverture dans le chemin de roulement, puisque la cage garnie de ses billes peut pivoter dans tous les sens et présenter à l’extérieur toutes ses parties pour le placement des billes, ceci résultant des propriétés géométriques de la sphère
- (*Σ- 4)-
- On a donc ainsi réalisé un chemin de roulement par-' fait, sans aucune solution de continuité, permettant la visite facile et le remplacement des billes et offrant aux
- Fig- 5- Fig. 6.
- Coupe d’une butée à billes Mouvement de rotule de la butée S. K. F. à billes.
- billes non pas une ligne, mais une surface de roulement. Le même principe est appliqué aux butées à billes, mais ici la rotule est à frottement lisse et les billes sont enfermées entre des plateaux d’acier trempé; la bague, sphérique intérieurement, peut être sans inconvénient percée d’encoches pour le placement des billes, puisque celles-ci ne roulent que sur des surfaces continues (fig. 5).
- L’intérêt de l’invention de M. Wingquist est considérable, car il importe peu désormais que les arbres fléchissent ou que leur montage soit défectueux ou qu’une poussée axiale se produise temporairement; la rotule formée par le roulement à billes prendra d’elle-même la position mathématiquement correcte pour que le roulement des billes se fasse toujours normalement et sans aucun glissement.
- Remarquons aussi que grâce aux doubles rangées de billes il y a toujours au moins trois billes supportant la charge de l’arbre, ce qui permet de charger trois fois plus ce genre de coussinet que ceux des modèles ordinaires dont une ou deux billes seulement sont chargées. La présence de la cage à alvéoles permet les grandes vitesses de rotation sans chocs et sans bruit.
- Enfin, si une poussée axiale se produit, elle se répartit toujours également sur toutes les billes et ne peut jamais déterminer un coincement.
- Les roulements Wingquist, dits roulements S. K. F. sont construits à Gothembourg (Suède) et employés depuis quelques années en Suède, Danemark, Allemagne et Belgique; on en poursuit en ce moment l’importation en France où ils ne manqueront pas d’exciter une vive curiosité à cause de leur conception originale et de leurs qualités théoriques et pratiques. — Ces roulements sont en vente à Paris, 6, quai Jemmapes, à la Société S. K. F.
- M 147 late»
- p.2x147 - vue 579/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- Automobilisme
- Objets utiles
- Nouvelle manière de réparer les pneumatiques.
- — On sait que les avaries aux pneumatiques se divisent en deux sortes bien distinctes : celles de la chambre à air et celles de l’enveloppe extérieure.
- Quand une déchirure profonde est produite sur l'enveloppe par un morceau de verre ou un caillou tranchant, la pression produite intérieurement par l’air comprimé dans la chambre à air en gomme extensible, contribue à élargir rapidement cette déchirure de l’enveloppe.
- Il en résulte à brève échéance Y éclatement de l’enveloppe et aussi de la chambre à air qui vient former
- hernie au travers du trou de l’enveloppe. De là des dégâts très graves qui sont très coûteux et quelquefois impossibles à réparer.
- Jusqu’à présent, lorsqu’une enveloppe présentait une déchirure faisant craindre un éclatement, on l’entourait d’un bracelet guêtre fortement lacé ou agrafé sous la jante de la roue. Mais, par le roulement sur le sol, celte guêtre ne tarde pas à se distendre; d’un autre côté la guêtre extérieure n’empêche pas la chambre à air de s’introduire dans la déchirure de l’enveloppe, où elle se cisaille et finit par crever.
- M. Eyquem, igô, boulevard Pé-reire, à Paris, préconise une nouvelle méthode de réparation des éclatements d’enveloppe, qui diffère totalement de la précédente et semble beaucoup plus rationnelle : si l’enveloppe présenle une déchirure grave il s’agit d’empêcher simplement la pression de la chambre à air d’aggraver le mal.
- A cet effet, M. Eyquem entoure la chambre à air, à l’endroit de la déchirure de l’enveloppe, d’un corseten forte toile inextensible, agrafé par des boutons à pression.
- Lorsque le pneumatique est regonflé, la pression de la chambre à air ne se fait plus sentir à l’endroit éclaté qui est au contraire tendu en longueur par la pression de la chambre à air dans les parties saines de l’enveloppe.
- Il en résulte que la déchirure de l’enveloppe tend à se refermer automatiquement et qu’en la garnissant des colles ou mastics bien connus, il se produit une réparation très solide, qui permet de rouler encore long-
- Fig. 2.—Montage du corset Fig, 3. — Le pneu regonflé
- sur la chambre à air après que la déchirure a été remplie à l’aplomb de l’éclatement, de colle ou mastic à pneumatiques.
- temps sans crainte d’augmenter la déchirure, ni de hernie de la chambre à air.
- Il est évident que l’emploi du corset pour la chambre à air n’exclut pas celui du bracelet-guêtre qui peut être posé par dtssus l’enveloppe par mesure de précaution supplémentaire, mais nous venons de montrer que les deux appareils travaillent d’une façon tout à fait différente; par son action rationnelle, le corset Eyquem résout à lui seul le problème toutes les fois que la déchirure de l’enveloppe n’est pas d’une gravité exceptionnelle. Il se construit en toutes tailles pour bicyclettes, motocyclettes et automobiles aux prix depuis 1 franc jusqu’à iafr,5o selon la grosseur du pneu.
- Le corset Kyquem pour chambres à air.
- La pince Perplex. — Cette pince a pour but de tenir les caleçons fixés au pantalon, de façon à remplacer les lacets généralement adaptés à la ceinture et où I on passe la bretelle avant de la boutonner, lacets qui ne manquent pas de s’arracher avec trop de facilité. La pince Perplex supprime cet inconvénient assez heureusement. Un trou percé dans la partie qui forme levier permet en même temps d’attacher à la ceinture la chaîne de montre, les clefs, le porte-monnaie, etc. En somme, un petit bibelot pratique, sinon élégant.— Chez M. Bader,
- Le Locle, Suisse; la paire : i fr. 35; les 3 paires : 3 francs.
- Châssis Gaspard. — Le châssis Gaspard est un châssis de toituie qui peut rester constamment ouvert même lorsqu’il pleut, sans que la pluie pénètre à l’intérieur du local qui ainsi est constamment aéré. C est l’application à l’aération et à la ventilation du système de jalousies, connu depuis très longtemps comme ayant donné de meilleurs résultats que tous les autres systèmes fonctionnant sans mécanisme. Ce système appliqué au châssis Gaspard, est tout particulièrement efficace pour 1 évacuation de l’air chaud, des gaz et fumées, des buées et vapeurs qui s’élèvent naturellement par' suite de leur faible densité sous une toiture ou sous un comble. Sa conception, mise en pratique dans les châssis Gaspard, a comme résultat immédiat de présenter une sorte de soufflet d’aération et de ventilation très énergique, tout en empêchant, lorsqu’il est ouvert, la pluie de passer entre les cadres.
- Cette sécurité du local contre l'introduction de la pluie assure, indépendamment du côté hygiénique, un grand avantage pratique, car ainsi, plus de plafonds et de planchers mouillés, de machines ou de marchandises avariées par la pluie tombée d'un châssis imprudemment laissé ouvert. Donc, aération et ventilation constante pendant l’absence du personnel d’un atelier, usine, fabrique, hangar, hall, écurie, etc., il n’y a plus lieu de se préoccuper de prophéties météorologiques.
- Fig. i.
- Le châssis Gaspard.
- Fig. 2 et 3.
- L’installation de l’appareil. (A droite vue en coupe.)
- Le châssis Gaspard est composé simplement d’un cadre supérieur à jour qui sera vitré, s’il doit laisser passer le jour, ou plein dans le cas contraire. A ce cadre supérieur sont suspendus lès uns au-dessous des autres, à des distances fixes et régulières, au moyen de chaînettes intérieures 4 autres cadres inférieurs, indépendants et sans charnières. La rotation du cadre supérieur qui commande l’ouverture et la fermeture du châssis, se fait soit par une barre de levage lorsque le châssis est à portée de la main, soit à distance au moyen d’un câble avec poulies de renvoie, terminé par une chaînelle et une poignée. Notre dessin montre la silhouelte de chacun de ces cadres, la pluie n'y peut pénétrer de quelque côté qu’elle vienne. Il y a assurément dans ce dispositif des qualités réelles susceptibles de très nombreuses applications. -— Le châssis Gaspard se trouve chez M. Leferte, 8, rue des Messageries..
- p.2x148 - vue 580/647
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- AVRIL-M AI-JUIN 1909
- Les heures sont données en temps moyen civil de
- Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- Le solstice d été se produii’a le 22 juin, à 2 heures, Cette époque de l’année est celle des plus longs jours. Quelques jours avant et après le solstice, la nuit n’est même pas complète, le Soleil, pour Paris, ne descendant pas à i8° sous l’horizon à minuit. 11 en résulte que le crépuscule dure toute la nuit, et, en France, dans les endroits situés loin des villes brillamment éclairées, on peut suivre ce crépuscule, au Nord-Ouest le soir, au Nord à minuit et se déplaçant peu à peu vers le Nord-Est jusqu’à l’arrivée du jour.
- Le Soleil présente, par moments, de belles taches. Nous sommes au minimum de sa période d’activité et il est toujours intéressant de déterminer avec le plus de précision possible les limites de cette période. Pour cela des observations suivies sont indispensables.
- II. — PLANÈTES
- Les deux cartes publiées au n° 1858 permettent facilement de suivre la marche des planètes sur le ciel et de trouver les plus brillantes.
- Mercure traverse les constellations des Poissons, du Bélier et du Taureau. Le 20 mai, il arrivera à sa plus grande élongation du soir, à 22° 17' à l’Est de Soleil. On pourra rechercher assez facilement Mercure 5 ou 6 jours avant ou après celte date, car à ce moment plus de deux heures s’écouleront entre le coucher du Soleil et celui de la planète.
- Diamètre de Mercure : le 5 avril, 5",2; le 5 mai, 5",7; le a5 mai, 8",9; le 16 juin, ii",9.
- Vénus, dans les Poissons, le Bélier, le Taureau puis les Gémeaux, sera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 28 avril. Elle sera donc, pour nous, à cette date, de l’autre côté du Soleil. Elle s en écartera ensuite pour devenir étoile du soir, mais elle sera pratiquement inobservable jusqu’en juin, se couchant presque en même temps que le Soleil.
- Mars, dans le Capricorne, puis dans le Verseau, sera en quadrature avec le Soleil le i3 mai. Il entre dans la période favorable aux observations. On pourra l’observer dans la seconde moitié de la nuit. 11 se lèvera le 5 avril, à 2h5om: le 5 mai, à ih5ora; le 6 juin, à oh34m; le 26 juin, à a3h4im- Son diamètre, aux quatre dates précédentes, sera respectivement de 7",i; 8",6; ji",o; 12". 9
- La prochaine opposition, en septembre, sera l’une des plus favorables et il ne s’en est pas produit depuis 1892, dans des conditions aussi satisfaisantes au point de vue de la faible distance qui séparera Mars de la Terre. Il convient donc, dès à présent, d’entreprendre des observations très suivies de cette planète. Ces observations seront grandement facilitées par l'emploi des éphémérides publiées dans Y Annuaire astronomique pour 1909,
- Jupiter, près de p du Lion, sera encore facilement observable dans la soirée surtout au début de ce trimestre. Il sera en quadrature avec le Soleil, le 27 mai. Son diamètre, de le 5 avril, se réduit à 397/,3 le
- 5 mai, à 35",7 le 6 juin et à 33",9 le 26 juin.
- Ou trouvera dans la Connaissance des Temps, le manque de place nous interdisant de les reproduire ici, tous les phénomènes présentés par les quatre principaux satellites dans leur rotation autour de la planète géante. Voici toutefois quelques configurations remarquables.
- Le fi aval, flans la soirée, rapprochement des satellites II, 111 et IV, à l'Ouest de la planète.
- Le 1S mai, au commencement de la soirée, rapprochement des satellites I, 11 et IV. à rhst.de la planète.
- Xe 2<i mai, dans la soirée, rapprochement des quatre satellites tous à l’Ouesi de la planète. . "
- Saturne, en conjonction avec le Soleil le 3 avril, est inobservable pendant ce trimestre.
- Uranus, dans le Sagittaire, sera presque en opposition avec le Soleil à la fin de juin. On pourra le rechercher aux positions ci-après, à l’aide d’une petite lunette. Eclat de la 6° grandeur environ.
- BATES
- 5 avril .
- 5 mai. . . G juin . . 26 —
- ASCENSION DROITE DÉCLINAISON' DIAMÈTRE
- 19 h. 51 m. —22° 15' 3",8
- 19 h. 31 m. — 2-;°15' 3",9
- 19 h. 29 m. — 22° 21 ' 4",0
- 19 h. 26 m. — 22° 28' 4",0
- Neptune, dans les Gémeaux, sera en quadrature orientale avec le Soleil le 4 avril. Eclat de la 8e grandeur.
- DATES
- 5 avril .
- 5 mai. .
- 6 juin. . 26 —
- ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 7 h. 2 in. -+- 21° 57' 2",2
- 7 h. 4 m. -h 21° 55' 2”,2
- 7 h. 8 m. -t-21° 50' 2".2
- 7 h. 11 m. +21° 45' 2”,2
- Petites planètes. — On trouvera les petites planètes Vesta, Cérès et Pallas aux positions ci-après :
- DATES JR VESTA (B Éclat JR
- Avril 8 16“49“ —13° 40' 6,4 »
- — 16 16.50. —13.33. 6,3 »
- — 24 16.49. —13.25. 6,2 »
- Mai 2 16.46. -13.19. 6,1 19“ 57“
- — 10 16.41. —13.15. 6,0 20. i.
- — 18 16.34. —13.15. 5,9 20. 3.
- — 26 16.26. —13.20. 5,9 20. 3.
- Juin 3 16.18. —15.31. 5,9 20. 2.
- — 11 16.10. —13.48. 5.9 19.59.
- — 19 16. 4. —14.12. 6,0 19.55.
- — 27 15.59. —14.42. 6,1 19.49.
- CÉRÈS PARLAS
- (D Éclat JR (D Éclat
- » » 18“ 28“ -4-15° 21' 9,4
- ») )) 18.31 +16.51. 9,5
- » » 18.32 +18.19. 9,3
- —24° 17' 8,2 18.31. +19.4i. 0,2
- —24.37. 8,1 18.30. +21. 2. 9,2
- —25. 3. 8,0 18.27. +22.11. 9,2
- —25.35. 7,9 i8.22. +23. 8. 9.2
- —26.13. 7,9 18.17. +25.50. 9,1
- —26.55. 7,8 18.11. +24.16. 9,1
- —27.41. 7,7 18. 4. +21.23. 9,2
- —28.28. 7,7 17.57. +24.10. 9,2
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipse totale de Lune. — Dans la nuit du 3 au 4 juin se produira une éclipse totale de Lune, en partie visible à Paris.
- Pratiquement, elle sera entièrement visible à Paris, puisque la Lune se couchera 45 minutes après la sortie de 1 ombre. La sortie de la pénombre, seule, ne pourra être observée.
- Voici les éléments de cette éclipse :
- Entrée de la Lune dans la pénombre, le 5 juin, à..............22 h. 46 m.
- Entrée dans l’ombre, à........................................23 h. 53 m.
- Passage de la Lune ru méridien, à Paris, à....................23 b. 55 m.
- Cou m encornent de l’éclipse totale, le 4 juin, à............. 1 h. 8 m.
- Milieu de l'éclipse, à........................................ 1 h. 38 m.
- Fin de l'éclipse totale, à.................................... 2 b. 9 m.
- Sortie de l'ombre, à.......................................... 3 h. 24 in.'
- Coucher de la Lune, à Paris, à................................ 4 h. 9 m.
- Sortie de la pénombre, à...................................... 4 h. 31 m.
- Grandeur de l'éclip-e (le diamètre de la Lune étant un) . . 1,163.
- Éclipse totale de Soleil. — Le 17 juin, une éclipse totale de Soleil, invisible à Paris, se produira pour l’Asie et l’Amérique du Nord. La ligne de toialité rencontre la Terre au Groenland, passe très près du pôle Nord et se termine dans la Sibérie. La plus grande durée de la phase totale sera de 27 secondes.j
- Conjonctions :
- Le 21 mai, Mars en conjonction avec t Verseau, à 19 h., à 6° 9' Sud.
- Le 6 juin, Uranus en conjonction avec la Lune, à 2! h., à 2° 29' Nord.
- Le 13 juin, Saturne en conjonction avec la Lune, à 6 h., à 2° 13' Nord.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6° grandeur.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 3 avril. . . v Vierge. 4,2 22 h. 16 m. 22 h. 46 m.
- 8 — u Balance. 5,4 2 h. 29 m. 3 h. 46 m.
- 11 — h Ophiuchus. 4,5 4 h. 2 m. 4 h. 49 m.
- 6 mai . . . [3 Scorpion. 2.9 20 h. 29 m. 20 h. 52 m.
- 22 — w Gémeaux. 5,5 21 h. 24 m. 2ï h. 14 m.
- 26 — 1 Lion. 4,0 21 h. 5t m. 22 h. 58 m.
- 31 — x. v ierge. 4.2 20 h. 58 m. 22 h. 19 m.
- 14 juin . . . 64 Baleine. 5,9 2 h. 6 m. 2 h. 30 m.
- 24 — v Vierge. 4,2 21 h. 26 m. 22 h. 15 m.
- Étoiles filantes. — Du 19 au 22 avril : Lyrides, étoiles filantes émanant de l’étoile 104 Hercule.
- Du Ier au 6 mai : Aquarides. Radiant .17 Verseau.
- Étoiles variables. — Minimum de l’étoile variable Algol ({3 Persée) :
- Le 18 avril (21 h. 1 m.).
- On trouvera dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes tous les renseignements relatifs à 1 observation des étoiles variables, les dates de leurs maxima et mi-nima, leur période, etc. Em. Touchet.
- p.2x149 - vue 581/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Un succès pratique de la fluorescéine. — En
- décrivant la fluorescéine au n° 1684 (2 septembre 1905, p. 214) M. Hébert rappelait que celte substance chimique, si puissamment colorante, est employée pour rechercher les communications qui peuvent exister entre les pertes des ruisseaux et les fausses sources ou résurgences où reparaissent leurs eaux. Ce procédé, si précieux pour établir l’origine et les causes de contamination des sources dans les terrains fissurés, ne fournit malheureusement pas toujours des conclusions certaines; sur de grandes distances notamment les facteurs qui entravent ses résultats sont multiples et variés : grands méandres des canaux souterrains, arrêts prolongés de l’écoulement dans des bassins retardataires, décoloration par l’argile ou l’acide carbonique, dilution par des confluences souterraines, pertubations des sécheresses et des crues, insuffisance de la quantité de matière colorante employée, insuffisance aussi de la durée des observations, difficulté de voir réellement la coloration surtout quand on emploie le fluoroscope de M. Triilat qui la décèle au 10000000000°, ont souvent fait considérer comme négatives des expériences qui, autrement conduites, eussent fourni d’autres données. Aussi en est-on arrivé, après de savautes et longues discussions1 à considérer comme inutilisables toutes les expériences négatives; de telle sorte que les positives seules restant à considérer, l’emploi de la fluorescéine n’était plus qu’un demi-moyen, sur lequel beaucoup de praticiens tendaient à jeter un discrédit. Il ne faut pas se laisser aller à cette tendance; il convient plutôt d’affirmer que, trop longtemps, on ne s’est pas douté de l’extrême lenteur à laquelle peut atteindre la propagation souterraine de l’eau, et que trop souvent les expériences ont été de nul effet, parce que leur observation n’a pas été assez prolongée.
- C’est ce qu’a confirmé d’une manière éclatante en avril 1908 la belle étude 2 de M. G Curtel, professeur adjoint à la Faculté de sciences de Dijon, au Creux du Soucy (Côte-d'Or).
- On retrouvera au n° 1690 (14 octobre igoS, p. 4*5) la description fournie par M. Drioton de ce gouffre de 67 m. au fond duquel fut découverte en 1904-1905, grâce à l’obligeance de son propriétaire, M. L. Jacques, une portion de rivière souterraine. On y verra que, dès lors, nous conseillions une expérience à la fluorescéine à l’époque des hautes eaux, pour savoir où reparaissait cette rivière, contaminée par les infiltration de la mare infecte du village de Francheville3.
- C est ce desideratum que M. Curtel a rempli avec le plus grand succès.
- Comme il avait été à maintes reprises question d’amener à Dijon la source de Villecomte, dont le débit moyen atteint près de 20 000 m3 par 24 heures. M. G. Curtel fut chargé, par la Commission sanitaire de l’arrondissement, de procéder à tous essais pour déterminer l’origine et la valeur hygiénique de cette source.
- A priori on supposait, en effet., que la source de Villecomte n’est que l’issue partielle des eaux d’une grande rivière souterraine, qui parcourt, invisible, la
- 1 Vov. lî. Van den Broeok : L’étude des eaux courantes souterraines. Soc. belge de géologie, avril i()04,in-80, 21J p. Prix : 5 fr. Martel : Traite d'hygiène ; fascic. II, p. 166-170, Paris, J.-B. Baillière, 1906, etc.
- 2 Que le defaut de place nous a empêchés de faire connaître plus tôt.
- 3 Voir pour plus de détails : Martel : Le creux du Soucy. C.-lt. A. F. A. S.; Cherbourg, 1905.
- longue combe sèche allant de la Casquette à Villecomte. En 1861, en effet, la source avait été contaminée à la suite d’un violent orage à Francheville. A 5 km de l’origine de la vallée, se trouve le gouffre de Soucy, à 5oo m. environ au Sud-Est du village de Francheville.
- Le 29 mars 1908 MM. R. Piot et Curtel, avec le matériel mis à leur disposition par MM. Drioton et Bur, ont pu effectuer une nouvelle descente dans le gouffre en vue de déterminer où allaient les eaux de rivière souterraine et leur nature.
- « A 11 heures du matin, dit M. Curtel1 nous faisions descendre, non sans difficulté, au fond de l’abîme, deux réservoirs contenant 80 litres d’une solution alcoolique ammoniacale concentrée de fluorescéine (5 kg).
- «An heures et demie du matin, les récipients contenant la fluorescéine furent transportés dans la chambre d’aval de la rivière, et vidés dans le vaste bassin dont les eaux se colorèrent de façon intense. Un léger courant à peine sensible entraînait le tout sous hi voûte siphonante qui clôt la salle.
- « Nous avions fort heureusement prié M. l’instituteur de Villecomte de surveiller la source pendant toute la semaine et de puiser de l’eau à intervalles réguliers.
- « Durant 3 jours, des fonlainiers de la ville de Dijon surveillèrent également cette source, ainsi que celles de Sainte-Foy et du Chat. C’était trop peu, car c’est seulement le lundi 6 avril, à 8 heures et demie du matin, c’est-à-dire 8 jours après l’expérience, que la source de Villecomte apparaissait nettement colorée de cette teinte vert glauque, fluorescente, caractéristique de la fluorescéine. La distance est de i3 kilomètres.
- « Le soir, à 4 heures, au moment de notre passage, les eaux étaient encore plus vivement colorées que le matin, et la coloration ne disparut que le lendemain 7 avril dans la soirée.
- « La démonstration se trouvait ainsi faite que cette prétendue source n’est en réalité qu’une « fausse source », ou « résurgence », c’est-à-dire la sortie à l’extérieur d’une partie de la puissante rivière souterraine qui, descendue des hauteurs de la Casquette, parcourt dans la profondeur, jusqu’à Villecomte, cette longue combe sèche dont l’étendue n'est pas inférieure à 18 km. Cette rivière draine les eaux superficielles qui pénètrent « sans filtrer » au travers d’un sol poreux et fissuré, et la rivière souterraine du Soucy n’est qu’un de ses affluents, au moins intermittent, qui y porte malheureusement toutes les souillures provenant du village de Francheville et du trop plein de sa mare. »
- M. G. Curtel nous fait connaître, en outre, que la communication souterraine du Creux du Soucy à Ville-comte est suspendue en temps de sécheresse et ne s’établit qu’après des pluies de moyenne importance; il ajoute que les eaux du Soucy qui présentent du coli-bacille renferment aussi plus de matières organiques et de chlorures que la résurgence de Villecomte ; cela confirme la souillure par les infiltrations de Francheville. Enfin des expériences du même genre lui ont permis de faire interdire, en attendant leur purification, les eaux de Morcueil déjà captées par la ville de Dijon et qui drainent les eaux d’égout et résiduaires des villages riverains de l’Ouche ! Ainsi la fluorescéine appliquée à l’hygiène des eaux potables, est donc loin d’avoir fait faillite. Même à grandes distances elle peut répondre efficacement et il importe de ne pas abandonner son instructif usage. E.-A. Martel.
- 1 Le Petit Bourguignon, 12 avril 1908.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Colle forte liquide. — Dans 19 parties d’eau, on fait dissoudre 2 p. de borax; et quand ce borax est dissous, on ajoute graduellement à la solution 5 1/2 p. de caséine, et l’on brasse alors le tout de temps à autre, jusqu’à ce qu’il forme une masse homogène et fluide.
- Durcissement de l’acier. — M. Gotlieb Kolb, de Mannheim, recommande, pour tremper les outils et objets d’acier, une composition faite de 100 parties de sulfate cuprique, 3oo p. de cyanure de potassium, 700 p. de colophane et 100 parties d’huile de lin.
- p.2x150 - vue 582/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnes. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Le pain d'amandes pour diabétiques. — Comme suite à l’article sur ce sujet de notre collaborateur le Dr A. C. (n° 1870, p. 133 du Supplément) M. le D* /. Le Goff, de Paris, nous signale qu’au lieu de piler les amandes, il est préférable de les préparer à la râpe : on obtient ainsi, comme avec la râpe à fromage, une farine blanche homogène qui fournit un excellent pain. Il existe d’ailleurs des râpes à amandes spéciales, chez les fabricants d’articles pour pâtissiers, par exemple chez Letang, 108, rue Vieille-du-Temple (Prix : 5 francs).
- Renseignements. — M. G. Griffon, du Bellay. — La
- question des poussières est à l’ordre du jour dans toutes les compagnies de chemin de fer. Le procédé que vous indiquez n’est autre qu’un procédé de ventilation automatique : il a déjà été expérimenté aux Etats-Unis, ou du moins quelque chose d’analogue, mais sans grand succès, car il faut éviter d’abord les courants d’air dans
- les wagons ; ensuite il faut que l’air ainsi admis soit à une température normale, donc en hiver qu’il soit réchauffé au préalable, et l’on se trouve ramené au problème fort compliqué du chauffage des wagons.
- L. D., à Brignoles. — i° Dans le canon d’un fusil, au moment de la détonation qui produit le coup de feu, il y a un brusque dégagement de gaz qui provoque dans l’arme une pression très considérable. Le départ de la balle, ressemble donc, toute proportion gardée, à la projection du bouchon d’une bouteille de champagne. Le vide n’est pas derrière la balle, mais devant elle — 20 Nous communiquons votre demande à notre collaborateur le D' Cartaz.
- M. J. L., à Asnièx-es; M. Patod, à Paris. — Au lieu de la gélose commune, nous vous conseillons d’employer les produits vendus en pharmacie sous le nom de laxagarine et ihaolaxine, que vous trouverez partout.
- M. G. de Smet, à Namur; M. Bailly, à Nice. — Contre les souris : étendre sur une assiette du plâtre ou poudre très fine, que l’on saupoudre d’une légère couche de farine. A peu de distance, placer une autre assiette contenant un peu d’eau. Les souris attirées par la farine absorbent en même temps un peu de plâtre, et, si elles boivent ensuite, meurent, étouffées par le gonflement du plâtre.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les maladies des poissons d’eau douce : Henri Coupin. — Le nouveau canon, de campagne du colonel d’artillerie Déport : A.R. — L’irrigation aux États-Unis : E.-A. Ritter. —Télégraphie sans 111 ; postes militaires de campagne : René Doncières.
- — Académie des sciences; séance du 29 mars 1909 : Ch. de Villedeutl. — La méningite cérébro-spinale épidémique : Dr P. G. Charpentier.
- Supplément. —La radioactivité des eaux du Fichtelgebirge. — Le téléphone aux États-Unis. — Le Parseval III. Le train-fantôme.
- — L’aéçoplane à Londres. — L’autruche à Madagascar. — La population du Brésil. — Les céréales dans l’Argentine. — Archéologie : Les fouilles de Vinca. — Hydrographie du Karst Istriote. — L’oxvgene et les sports.
- La planète Mars et ses conditions d'habitabilité, encyclopédie générale des observations martiennes faites depuis l’origine ( 1636) jusqu’à nos jours, par Camille Flammarion. Tome II. 1 vol. in-8 (29-19), de iv-604 p. avec 426 dessins télescopiques et 16 cartes. Librairie Gauthier-Villars, 1909. Prix : 12 francs.
- Les astronomes et le grand public accueilleront comme il convient ce nouvel et important ouvrage consacré à l’état actuel de nos connaissances sur notre voisine céleste. C’est une monographie très minutieuse, faisant suite au tome I paru en 1892 ; cette première partie nous mettait sous les yeux l’ensemble des travaux effectués depuis l’invention des lunettes jusqu à nos jours. Mais les progrès de l’observation télescopique et le nombre des observateurs ayant toujours augmenté, la période de 1892 à 1901 nous fournit un ensemble de matériaux tout aussi considérable que pour toute la période précédente et plus instructif même. Aussi possède-t-on maintenant une grande quantité de dessins dont la comparaison est très délicate d’ailleurs, lorsqu’il s’agit surtout de la question encore très controversée des variations possibles. L’ouvrage de M. Flammarion, en réunissant tous ces documents, en facilite la discussion et par cela même rendra les plus grands services.
- Les paysans de la Normandie orientale : pays de Caux, Bray, Vexin normand, vallée de la Seine. Etude géographique, par Jules Sion, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, docteur ès lettres. 1 vol. in-8° raisin de 55o pages, 14 figures et cartes, 8 planches hors texte en phototypie, Armand Colin. Prix : 12 fr.
- Ce livre fait partie de toute une série d’études régionales, où la nouvelle école géographique résume, sous une forme d’un très vif intérêt, les conditions de tous genres qui caractérisent les diverses régions de la France. Nous y apprenons à connaître la vie rurale dans cette partie de la Normandie qui correspond approximativement au département de la Seine-Inférieure et à l’arrondissement des Andelys. L’auteur s’est efforcé de mettre en lumière le rôle des influences naturelles. Comment les populations rurales se sont-elles attachées au sol qui les nourrit? Quelle est leur origine? Comment ont-elles conquis leurs champs sur les forêts ou les marécages ? Quel est le système de culture qui caractérise telle ou telle région ? Quelles sont la densité de la population, sa répartition, sa vitalité? Dans la forme de ses habitations, dans la texture de ses groupements, peut-on déceler des influences ethniques? Telles sont quelques-unes des questions dont il a cherché et, ce semble, souvent trouvé la solution.
- Le Berry. Contribution à l’étude géographique d’une région française, par M. Antoine Vacher, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, docteur ès lettres. 1 vol. in-8° raisin, 48 figures et cartes dans le texte, 32 photographies et 4 planches de cartes et profils hors texte. Armand Colin. Prix broché : i5 francs.
- Monographie très bien faite du Berry, conforme à toutes les exigences de la critique moderne et telle qu’il serait bien désirable d’en posséder pour la France entière afin d’avoir une connaissance plus complète de notre pays, connaissance qui trouverait sans doute vite son application dans toutes les branches de l’administration comme de l’économie politique. De cette étude remarquable par la précision des analyses, se dégage une forte impression d’ensemble : on a la sensation de voir agir la nature sur la surface d’une des régions de notre France qui compte pourtant parmi les moins accidentées et les plus humanisées.
- La Suisse. Etude géographique, démographique, politique, économique et historique. 1 vol. in-40 avec atlas annexe. 4, place, de la Sorbonne, Paris. Prix relié : 25 francs.
- Ouvrage très intéressant et très richement illustré, qui donne une idée complète de ce pays vers lequel l’attention est attirée à tant d’égards par son pitto-
- p.2x151 - vue 583/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE j
- resque, par son histoire, par son essor industriel. La Suisse, qui tend à devenir, en dépit de ses montagnes, le carrefour des routes européennes et qui est depuis longtemps le rendez-vous des touristes du monde entier, méritait cette belle monographie, minutieusement, exécutée par les auteurs les plus importants dans chaque spécialité. On consultera avec intérêt, dans l’atlas, des cartes telles que celles des stations d’électricité, des régions du tourisme, des industries textile et hor-logère, etc., etc.
- Cours de ponts métalliques, par Rksal. Tome Ier. (Béranger, éditeur). Prix : 20 francs.
- Le nom deM. Résal est assez connu par les grands travaux de ponts qu’il a lui-même exécutés et parmi
- lesquels il suffit de rappeler le pont Alexandre, son enseignement à l’école des Ponts et Chaussées est assez apprécié de tous depuis longtemps, pour qu’il nous suffise de signaler l’apparition de cet ouvrage, destiné à devenir classique. Quiconque l’aura eu entre les mains appréciera vite les services importants qu’il est appelé à rendi-e.
- Les Mo-sos, par Henri Cokdier. i broch. in-8°, 28 p., 3 pl. Leide. Librairie ci-devant E.-J. Brill. 1908. (extrait du Tcoung-pao. Série II, vol. IX, n° 5).
- Savante récapitulation des renseignements épars dans les divers auteurs au sujet d’une tribu du Yun-nan, particulièrement intéressante au point de vue de l’histoire de l’écriture.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN thermomètre VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 mars 1909. 9°.2 s. 2. Pluie. 9.5 Couvert; pluie la moitié du temps.
- Mardi ,"ft. ...... 8°,7 S. S. W. 4. Couvert. 1,0 Couv. jusq. 16 h.; puis nuageux ; averses entre 9 h et 17 h
- Mercredi 31 6°,8 S. 0. Gouttes. 2,2 Couv.; bruine ou pluie la moitié du temps; qq. coups de tonnerre.
- Jeudi 1er avril . . . . 8°,1 S. W. 4. Gouttes. 1,6 Pluie par intervalles entre 9 h. 55 et 15 h. lâ; couvert.
- Vendredi 2 0°,5 N. N. E. 3. Beau. » Gelée blanche; beau le m.; nuageux le s.
- Samedi 3 1°,5 N. E. 1. Peu nuageux. » Beau ; gelée blanche ; halo et parhélies.
- Dimanche 4 O0,! E. N. E. 2. Beau. X) Gelée blanche ; beau.
- MARS-AVRIL 1909. — SEMAINE DU LUNDI 29 MARS AU DIMANCHF 4 AVRIL 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indu/cent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- mm .«ÜUIIWI» HMIIII m III Wimnm—— M,|| IIIHHHI HMIIIIH——
- Du 29 mars au 4 avril. — Le 29. Situation très troublée sur tout 10. : îles Scilly, 736 mm; Calais, Nantes, 746. Pluies sur nos régions et les Iles-Britanniques ; en France : Boulogne, 5 mm; Paris, 4: Limoges, 3; Gap, 2. Temp. du matin : Bodoe, —20; Paris, 9; Alger, 16; Puy de Dôme, — 4l moyenne à Paris : io°,6 (normale : 7°,4). — Le 3o. Minimum sur l’Angleterre : Shields, 740; Copenhague, Paris, 748; golfe du Lion. 706. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Sicié, 31 ; Cherbourg, Cette, 18; Nice, Besançon, i5; Charleville, 13 ; Brest, xo; Paris, 9. Temp. du matin : Haparanda, —8°; Paris, 9; Alger, i5; Puy de Dôme, — 1; moyenne à Paris : 90 (normale : 7°,5). — Le 3x. Zone de basses pressions de l’Atlantique au N. de la Russie : Irlande, mer du Nord, 746; fortes pressions sur lTslande (Seydisfjord, 766) et l’Algérie (Nemours, 766). Pluies sur le N. et l’O.; en France : Dunkerque, 13 ; Bordeaux, 11 ; Paris, 9; Besançon, 6; Brèst, 4'» Biarritz, 2. • Temp. du matin : Bodoe, —6°; Paris, 7; Alger, 14: Puy de Dôme, o: moyenne à Paris : 9°,5 (normale : 7°,6). — Le ior avril. Hausse rapide sur l’O. et le N.-O. ; pression supérieure à 770 sur l’Irlande; Pays-Bas, 749; Finlande, 745.
- Neiges et pluies sur le N. et l’O. ; en France : Toulouse, Limoges, 9; Lyon, 5; Biarritz, Besançon, 4: Paris, Brest, 2. Temp. du matin : Bodoe, —70; Paris, 8; Alger, 14 ; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : 8° (normale : 70,7). — Le 1. Continuation de la hausse sur l’O. Aire anticyclonique de lTslande à l’Espagne : Shields, 775. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Toulouse, Rochefort, Brest, 4: Besançon, 3; Paris, Clermont-Ferrand, 2. Temp. du matin : Haparanda, — 9P: Paris, — 1; Puy de Dôme, —3; moyenne à Paris : 40 2 'normale : 70,8). — Le 3. Sud de la Norvège, 776. Nord de la France : 775 ; Rome, 754: Yalentia, 762. Pluies sur le N. et le S. Temp. du matin : Haparanda, — 120; Paris, r; Alger, 13; Puy de Dôme, — 8; moyenne à Paris : 3°,8 (normale : 8°). — Le 4. Régime anticyclonique sur toute l’Europe : Pays-Bas, Allemagne, Scandinavie, 775 ; Danemark, 780; Palerme, 751. Pluies sur l’O. des Iles-Britanniques et en Italie méridionale. Temp. du matin : Haparanda, —120; Paris, o; Alger, i3 ; Pic du Midi, — 9 ; moyenne à Paris : 4°»7 (normale : 8°, 1). — Phases de la Lune : Néant.
- p.2x152 - vue 584/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1873 — 17 AVRIL 1909 SUPPLÉMENT
- *
- INFORMATIONS
- Mesure de la lumière des étoiles à l’aide d’un photomètre à sélénium. — M. Jœl Stebbins, dans Science (11 décembre 1908^, fait connaître les résultats d’expériences effectuées avec un photomètre à sélénium pour la mesure de l’intensité des lumières stellaires. C’est un fait bien connu que le sélénium, sousforme cristalline, est plus conducteur de l’électricité lorsqu’il est éclairé. Autrement dit, sa résistance électrique décroît lorsqu’il est soumis à l’action de la lumière. La méthode actuelle consiste à faire tomber l’image extra-focale d’une étoile sur une surface de sélénium et de noter l’effet qui en résulte sur un galvanomètre. En utilisant un télescope de 12 pouces (o,3o m.) il a été possible d’étudier par ce moyen les étoiles de la première et de la seconde grandeur (les autres sont trop faibles). La précision atteinte est du même ordre que dans les méthodes visuelles. Des essais d’étalonnage éffectués avec une lumière artificielle/plus brillante que celle des étoiles, décèlent une erreur probable qui est inférieure à 1 pour 100 pour une simple mesure. Dans le cours de l’année, la sensibilité de l’appareil a été accrue jusqu’à cent fois sa valeur primitive et il est à espérer que, dans les expériences ultérieures, lorsque l’on aura éliminé toutes les causes accessoires d’ei'reurs, les résultats obtenus seront extrêmement précis.
- Lampes à vapeur de mercure donnant de la lumière blanche. — Tout le monde connaît les lampes à mercure, leurs propriétés économiques, et aussi les défauts de la lumière verte et ultra-violette qu’elles produisent. M. Claude vient de faire breveter une nouvelle lampe qui concilierait les avantages de la lampe à mercure avec ceux d’une lumière blanche comparable à celle des autres lampes. Dans les tubes à vide, le néon donne une luminescence rouge extrêmement brillante, dont le spectre est complémentaire de celui du mercure. On pourrait donc en juxtaposant des tubes à mercure et des tubes à néon obtenir une lumière très améliorée. On peut faire mieux encore : introduire le néon dans le tube à vapeur de mercure lui-même. Il semble résulter des expériences de M. Claude, qu’il existe une proportion de néon créant les radiations rouges en quantité suffisante, sans nuire à la stabilité, ni à l’allumage de l’arc.
- Les causes de la décoloration des liquides colorés par différents charbons. — On sait que différents charbons, et notamment le noir animal, possèdent la propriété de décolorer plus ou moins facilement les liquides avec lesquels ils sont en contact. On sait, par exemple, que le vin rouge, agité pendant un certain temps avec un peu de noir animal, puis filtré, passe à peu près incolore. La cause de ces propriétés décolorantes a été assez discutée. On a constaté que le pouvoir absorbant des charbons végétaux, qui fournissent peu de cendres et qui ne renferment pas d’azote, est extrêmement faible. Les charbons azotés sont, au contraire,
- doués d’un pouvoir absorbant qui ne dépend pas de la nature des cendres, ni de l’état de division du charbon, mais uniquement de leur teneur en azote et en hydrogène. Il est à penser que le pouvoir absorbant du noir animal tient à la présence de substances qui renferment un groupement carboazoté et cette manière de voir est confirmée par des recherches relatives à la précipitation de divers colorants par divers composés minéraux et organiques azotés, tels que le cyanure, le cyanate, le sulfocyanate de potassium, l’acide cyanurique, etc. Le charbon azoté, préparé par calcination de la gélatine ou de la laine, est inactif au point de vue de l’absorption des couleurs, mais il acquiert un grand pouvoir décolorant quand on le chauffe avec du carbonate de potasse. Jusqu’ici, le pouvoir absorbant du noir de fumée, qui constitue un type de charbon ne laissant pas de cendres et ne renfermant pas d’azote, reste inexpliqué. De nouvelles recherches seront nécessaires pour fixer ce point.
- La monazite au Pôle Sud. — On rapporte, qu’au cours de son exploration antarctique, le lieutenant Shackleton a découvert d’abondants gisements de sables monazites. Cette information présente un assez vif intérêt industriel. Car ces sables sont aujourd’hui la source principale des terres rares, thorium, uranium, lanthane, zircone, qui entrent dans la composition des manchons à incandescence, genre Auer, et de certains filaments de lampes électriques. Les gisements aujourd’hui connus, la plupart au Brésil, sont accaparés par un trust allemand, qui profite de son monopole de fait, pour exagérer le prix de ces matières nécessaires.
- Le meeting de Monaco. — Le meeting de Monaco en 1909 n’apporte pas de renseignements nouveaux sur la tenue des hydroplanes à la mer. La première journée, une faible houle empêcha les racers et les bateaux à fond plat d’effectuer leur course, tandis que les cruisers à coque marine faisaient leur parcours sans incidents. Dans les courses des jours suivants, la mer, quoique peu agitée, enlève à peu près toute supériorité aux hydroplanes sur les racers ordinaires. Enfin dans la dernière journée? le temps est idéal et les hydroplanes prennent leur revanche en arrivant en tête dans la Coupe du prince de Monaco : Duc fait sur le kilomètre une vitesse de 66,177 & l’heure et Delahaye Nautilus
- arrive à 1 mètre et demi derrière lui ; ces deux bateaux, très légers, sont mus par les deux moteurs de 100 chevaux et ne peuvent donner une telle vitesse qu’en eau parfaitement calme. La RapièreIV, mne deux hélices aériennes, ne fut pas prête à temps pour prendre part aux courses de Monaco. Ses constructeurs escomptent une vitesse de 80 km à l’heure ; ce bateau eût été le grand intérêt du meeting, nous en reparlerons quand il fera ses preuves définitives.
- L’exposition aéronautique de Francfort. — Voici de nouveaux renseignements sur l’Exposition aéronautique Internationale qui s’ouvrira le ier juillet à Francfort-
- p.2x153 - vue 585/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- sur-le-Mein. Son comité de direction comprend de hautes notabilités appartenant aux pays qui s’occupent le plus activement d’aérostation, notamment : le comte de la Yaulx (France), le major Baden-Powell (Angleterre), M. F. Cortlandt Bishop (Etats-Unis), l’explorateur Amundsen (Norvège), le comte Zeppelin, le majpr von Parseval et le colonel Schaeck (Allemagne). L’exposition se distinguera de celles qui l’ont précédée, en ce que tous les engins exhibés, qu’il s’agisse de dirigeables des types rigides, semi-rigides, ou non rigides, d’aéroplanes ou de ballons sphériques, seront vus en plein vol. En outre, les visiteurs pourront faire des excursions aériennes autour de Francfort. Dans ce but on pousse activement la construction d’un i , -
- vaste aérodrome, où prendront place les con- | ‘
- cours d’aéroplanes. De nombreux inventeurs se sont déjà fait inscrire. On construit égale-lement quatre immenses garages pour les dirigeables qui feront faire aux amateurs de longues excursions dans la vallée du Rhin.
- Des prix importants, formant jusqu’ici un total de près de iooooo fr., ont été offerts aux organisateurs de l’exposition, dont un de ia5oo fr. par la maison Krupp, et un autre de ySoo fr. par le Ministère de la guerre de Prusse. La municipalité de Scheve-ningen offre un prix spécial au premier engin (ballon ou aéroplane) qui volera de l’exposition à cette ville. Signalons que le Zeppelin prendra part officiellement aux grandes manœuvres qui se dérouleront en août à la frontière du Wurtemberg et de la Bavière. On croit même que le Gross et le Parseval seront attachés au service de l’armée « ennemie ». A ces manœuvres figureront également les engins d’artillerie dont nous avons parlé précédemment, et qui sont spécialement construits pour poursuivre et canonner les dirigeables.
- L’aéroplane Silver Dart. — L’aéroplane Silver Dart, construit aux Etats-Unis par F « Aerial Experiment Association » dont le Dr Alexandre Graham Bell est le président, vient de réussir un vol magnifique qui le classe au niveau des meilleurs appareils construits jusqu’ici. Il a effectué un voyage aérien de 3o km à Baddeck.
- Un pont monstre en béton armé. — Le nouveau pont que l’on vient de construire sur le Gmüdertobel (Appenzell) est une des constructions les plus remarquables qu’on puisse voir non seulement en Suisse, mais dans le monde entier. La longueur du nouveau pont est de 170 mètres divisée en 7 arches : 3 arches à droite et 4 à gauche du précipice : l’arche principale, sur le pré-
- grand pont construit jusqu’à présent en ciment armé et son arche du milieu dépasse de 12 mètres celle du pont de Grünwald à Munich - qui détenait jusqu’à présent le record avec ses 68 mètres de longueur. Les plans de ce pont sont dus au Professeur Moorsch de Zurich et le prix de sa construction se chiffre par environ 400000 fr. dont 110 000 rien que pour l’échafaudage monstre que l’on aperçoit sur notre figure.
- Le plus grand dock flottant du monde à Hambourg. — Ce nouveau dock flottant est destiné à recevoir les plus grands navires de commerce et de guerre ; et
- \*v:- V”' :
- ’ :.v«. .
- Un pont monstre en béton armé.
- cipice même de la Tobel, a une longueur de 80 mètres. Ce pont, par ses dimensions grandioses, peut être considéré comme pendant à celui de l’Aare dans le Bernois. Mais, à l’encontre de ce dernier, il n’est pas construit en fer, mais en béton (ciment armé). C’est donc le plus
- Le plus grand dock flottant du monde.
- peut porter un poids de 35ooooôo de kilogrammes, c’est-à-dire le poids de 35oo wagons de chemin-de-fer chargés (chaque wagon chargé pesant 10000 kilos). C’est le plus grand dock flottant qui existe sur terre. Il appartient au port de Hambourg ; il a été construit par la maison Blohm et Yosse. Après lui vient le dock flottant Dewey aux îles Philippines dont la force de portée est de 20000 tonnes.
- Succédanés du caoutchouc. — Le caoutchouc artificiel est l’objectif d’une foule d’inventeurs. La cherté actuelle de ce produit, ses nombreux débouchés dans l’industrie constituent, en effet, un enjeu encourageant. L’inventeur heureux qui réussira cette synthèse est assuré de la fortune. Nous ne savons si la formule suivante donnée dans un récent brevet, résoud le problème ; elle est remarquable en tout cas par sa simplicité :
- elle prescrit de mélanger de la gélatine, du
- ~ .... bichromate de potasse et de la glycérine. Les
- constituants sont employés à l’état anhydre et chauffés. On obtient ainsi, paraît-il, une substance ressemblant au caoutchouc ou à là gutta-percha.
- Les explosions dans les mines et les tremblements de terre. — D’une statistique adressée par M. Spalding %ux Etats-Unis, relevant toutes les explosions de mines survenues de 1896 à 1908, il semble résulter que le danger d’explosions dans les mines prbfondes augmente pendant les périodes d’agitation sismique.
- Les pièces grecques. — Lé Journal officiel du ü3 mars a promulgué la loi portant approbation de la convention monétairè signée à Paris le 4 novembre 1908 entre la France, la Belgique, la Grèce, l’Italie et la Suisse. On sait que cette convention prescrit le; retrait de la circulation de toutes les monnaies divisionnaires grecques (pièces de 2 fr., 1 fr., ofr,5o et ofr,2o), dans un délai de quatre mois à dater de son entrée en vigueur. Ce délai devait commencer à courir le Ier avril. Mais le gouvernement italien s’étant, trouvé dans l’impossibilité de faire voter et par suite de ratifier la convention en temps utile, en raison de la dissolution du Parlement italien, un accord vient d’intervenir pour reporter du ier avril au iS mai, le point de départ du délai de quatre mois imparti pour le retrait des monnaies divisionnaires grecques.
- p.2x154 - vue 586/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Automobilisme
- Emploi des toiles métalliques pour la protection des réservoirs d’essence inflammable. — Si, par sa
- composition chimique, l’essence de pétrole n’est pas un explosif, il n’en est pas moins certain que les vapeurs d’essence mêlées à l’air constituent un mélange détonant qui explose au contact d’une flamme.
- Aussi, lorsqu’un réservoir d’essence est entamé, on se trouve en présence d’une certaine quantité d’un combustible éminemment inflammable surmonté d’une véritable bombe, qui n’attend que la flamme pour faire éclater le bidon et répandre l’incendie partout.
- L’état normal d’un réservoir d’essence surune automobile ou chez un marchand de ce liquide, étant d’être toujours plus ou moins vide, il est fort intéressant de chercher un moyen de prévenir les explosions, puisqu’on ne peut pas supprimer le mélange détonant des vapeurs d’essence et d’air qui se forme dès que le réservoir n’est plus totalement plein. Un inventeur anglais, représenté à Pt-ds par MM. Glaenzer, Perreaud et Thomine, 18, faubourg du Temple, a eu l’idée d’appliquer à la fermeture des bidons et réservoirs d’essence les propriétés bien connues des toiles métalliques, empêchant le passage de la flamme et dont l’une des célèbres utilisations est' la lampe des mineurs inventée par Davy,
- Dans cet ordre d’idée, la bonde Nonex s’adapte à l’orifice de remplissage des réservoirs d’automobiles, des réservoirs à poste fixe chez les marchands en gros, les épiciers, droguistes ou garages, ainsi que sur les fûts pétroliers, wagons et bateaux réservoirs.
- Elle se compose d’une tubulure fermée à sa base, entièrement en double tissu de toile métallique fine en fils de cuivre ; cette tubulure est soudée à une rondelle de bronze fixée hermétiquement et à demeure sur l’orifice de remplissage du réservoir, comme le montre la figure i.
- Dans la rondelle ci-dessus se visse un bouchon de fermeture muni d’une petite soupape de sûreté s’ouvrant vers l’extérieur et empêchant toute surpression de se
- Fig. I.
- La bonde Nonex.
- MOTO NAPHTA
- poyct
- Fig. 2. — Le remplisseur Nonex, vissé sur les bidons d’essence.
- Fig. 3.
- Indicateur de niveau Nonex.
- produire dans le réservoir, puis d’un petit clapet reni-flard destiné à permettre la rentrée d’air tout en empêchant le dégagement des vapeurs d’essence au dehors.
- Supposons que le feu prenne à l’orifice de la bonde Nonex pendant le remplissage du réservoir; le liquide brûlera tout autour du réservoir, les vapeurs formées dans celui-ci s’échapperont au travers de la toile métallique, mais en aucun cas la flamme extérieure ne pourra aller enflammer le mélange détonant qui peut exister dans l’intérieur du réservoir; il y aura peut-être,; extérieurement, combustion d’un peu d’essence, mais jamais
- explosion suivie de projection d’une quantité considérable de liquide enflammé.
- Mais voici le remplisseur Nonex qui, employé avec la bonde Nonex, rendra impossible toute combustion extérieure au moment du remplissage des réservoirs. Ce nouvel appareil est constitué par une sorte de col de cygne en métal qui se visse sur l’orifice du bidon d’es-sencè; il comporte un tube de vidage et un tube de rentrée d’air, protégés tous deux par des toiles métalliques qui empêcheront la propagation de la flamme dans l’intérieur du bidon.
- Ce col de cygne porte un cran de repos qui vient s’appuyer sur l’orifice de la bonde Nonex et, dès que le niveau du liquide, dans le réservoir que l’on remplit, atteindra l’orifice du remplisseur, le trou du tube de rentrée d’air se trouvera noyé et l’écoulement s’arrêtera automatiquement.
- Le remplisseur Nonex empêchera donc de verser un excès d’essence qui ferait déborder le réservoir que l’on veut remplir; ceci est précieux lorsqu’on travaille dans l’obscurité.
- Les mêmes inventeurs signalent un indicateur de niveau à commande positive, applicable aussi bien aux réservoirs d’automobiles qu’aux citernes des installations fixes ou mobiles.
- Cet ensemble d’appareils de sécurité et de contrôle est intéressant; des expériences curieuses ont été faites sur l'efficacité des toiles métalliques des appareils Nonex en présence de la municipalité de Manchester, elles ont été répétées à Paris et ont donné des résultats conformes aux prévisions théoriques.
- c£§QnS- Mécanique ^
- Nouvelle brouette. — Au concours agricole de Paris en 1909 était exposée une brouette dans laquelle la roue porteuse est placée sous le fond, de manière que le chargement se trouve supporté presque entièrement par la roue et ne fatigue plus les bras de l’homme.
- Ce n’est pas la première fois que les inventeurs cherchent à améliorer l'invention de Pascal et la brouette que nous représentons ci-dessous présente, comme ses devancières, des avantages et des inconvénients sur le type classique.
- Il est vrai que, lorsque les brancards sont soulevés par les bras de l’homme, le centre de gravité du chargement se trouve fort rapproché du point de sustentation qui est celui de contact de la roue avec le sol.
- Les bras de l’homme ne supportent donc qu’un poids très faible; mais en revanche le centre de gravité du chargement se trouve fort rapproché de la pointe du triangle de sustentation formé par la roue de la brouette et les deux pieds de l’homme.
- Il s’ensuit que le système se trouve dans un état d’équilibre très précaire et que l’homme est obligé de faire des efforts musculaires continuels pour maintenir son chargement bien horizontal et sa propre personne verticale.
- Ceci est encore aggravé par ce fait que le centre de gravité.du chargement est beaucoup plus élevé au-dessus du sol que dans uns brouette ordinaire, quoique la roue de ce nouvel appareil soit bien plus petite que celle de ses ancêtres.
- Il s’agit donc de savoir si l’économie de fatigue réalisée par le fait que les bras de l’homme ne portent plus grand’chose vaut la peine nécessaü’e à maintenir l’équilibre de l’appareil. 1
- Ceci est peu probable, surtout si l’on considère que la roue porteuse étant petite elle roule moins bien
- p.2x155 - vue 587/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- qu’une grande roue et passe les obstacles plus difficilement. En outre, il faut se rappeler que l’homme, ou le cheval, qui pousse ou traîne une lourde charge, a besoin d’être appuyé sur le sol : c’est pourquoi nos charretiers mettent à leurs chevaux des colliers et des sellettes fort lourds et chargent leurs tombereaux en avant.
- Essayez de tirer une voiture à bras chargée à cul, vous verrez que vous aurez une peine plus grande que si le chargement appuie un peu sur vos bras.
- La nouvelle forme de brouette paraît, d’après ce qui précède, devoir rendre d’utiles services dans les tra-
- vaux où l’on ne doit rouler que sur un sol uni et horizontal, mais nous ne la voyons pas bien dans des terres remuées et sur un sol incertain.
- Elle présente l’avantage de se tenir dressée verticalement, ce qui diminue notablement son encombrement au repos; elle se verse en avant et sur le côté avec facilité, ce qui résulte de son manque de stabilité latérale, mais constitue un avantage pour l’ouvrier au moment du déchargement.
- Tout compte fait, cette nouvelle brouette est donc intéressante pour bien des cas, spécialement pour le jardinage et les travaux sur routes où elle doit diminuer la fatigue de l’ouvrier et faciliter son travail en augmentant sa production. — Cet appareil est en vente 5a, rue de Paradis, chez M. Denise.
- Phonographie
- Le zora- — On sait que, jusqu’ici, l’amateur de phonographe ne pouvait jouer, avec son appareil, que des airs appartenant à des disques à aiguille ou à des disques à saphir, selon qu’il possédait l’un ou 1 autre de ces appareils. On avait bien essayé, pour combler
- cette lacune, de façonner des accessoires onéreux, mais le résultat paraissait médiocre. Dans tous les cas l’amateur était toujours obligé de posséder deux diaphragmes : l’un à saphir, l’autre à aiguille qu’il remplaçait l’un par l’autre suivant les besoins.
- Le nouveau diaphragme zora supprime cet inconvénient; il s’applique à tous les appareils et se prête indifféremment aux disques à aiguille et à ceux à saphir. Il est, en effet, pourvu de deux procédés : une aiguille A que l’on fixe à l’aide de la vis Y et une pointe de saphir S, montées l’une et l’autre comme l’indique notre figure. Le saphir est fixé à demeure tandis que l’aiguille s’enlève et se place à volonté. Le changement peut donc s’opérer instantanément sans
- Nouveau diaphragme pour phonographes.
- toucher au diaphragme, puisque dans le cas de jeu par l’aiguille le saphir se trouve surélevé et ne porte pas sur le disque. — Le zora est en vente chez M. Plan, 24, rue des Petites-Ecuries, Paris, au prix de 18 francs.
- *$§'<>'&> Objets utiles ^st<§î>
- Fixe-manchettes. — Il existe déjà des pinces de différentes sortes pour attacher les manchettes à la chemise, mais celles-ci ne remplissent pas le même but. Il arrive parfois que les manches de l’habit ne sont pas en rapport avec celles de la chemise et il en résulte que si les manchettes sont fixées à cette dernière elles dépassent trop, ou sont complètement recouvertes, ce qui est aussi inélégant d’une façon que de l’autre. Pour éviter cela on glisse la manchette dans lapince ci-dessus où elle entre à frottement, puis on la passe au bras et on l’introduit dans la manche de l’habit. On voit (fig. x) qu’elle présente sur le côté une mâchoire qui peut être ouverte ou fermée et qui est maintenue dans les deux positions par des ressorts. On ouvre donc cette mâchoire avant d’introduire la manchette dans la manche de l’habit; puis, quand on a réglé la position qu’on veut obtenir, on appuie avec un doigt (fig. 2) ce qui a pour effet de fermer la mâchoire qui pince la doublure de la manche et reste ainsi fixée de façon immuable. Pour
- Fig. 1.—En haut: ouvert; en bas, fermé.
- retirer la manchette on appuie avec deux doigts (fig. 3) sur les extrémités formant leviers et la mâchoire s’ouvre. — Chez M. Mathieu, galerie de Yalois, Palais-Royal.
- Fixe-serviette. — Encore un objet d’utilité première, la serviette se maintenant difficilement en place lorsqu’elle est placée d’après les procédés ordinaires.
- Le fixe-serviette se présente sous la forme d’un petit éventail métallique à demi ouvert. 11 comprend deux patines : l’une fixe, l’autre mobile autour d’une char-
- nière fixée sur la première. En somme c’est une sorte de bec de canard que l’on ouvre pour placer le coin de la serviette et que l’on ferme pour le maintenir. Une agrafe permet de l’attacher au corsage,, au gilet, au col. — Le fixe-serviette « Eventail » est en vente chez M. Ed. Creton, 85, boulevard Brune, à Paris. .
- p.2x156 - vue 588/647
-
-
-
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en mars 1909, par M. Th. Moureaux.
- Ce mois présente de remarquables anomalies de tous les éléments météorologiques.
- La pression barométrique normale en mars est de 756mm,9‘2; or, cette année, aucune moyenne diurne n’a atteint même ce chiffre, et la moyenne du mois n’est que de 747mm,43, valeur extraordinairement basse, qui ne s’est pas rencontrée une seule fois en mars, ni dans notre série, ni dans celle de Paris, dont l’origine remonte à 1757.
- La température moyenne, 4°,6i, quoique légèrement moins basse que celle de Mars 1908, reste encore de i°,46 inférieure à la normale : aucun maximum diurne n’atteint x6°. On a noté i3 jours de gelée, et, pour la première fois depuis 35 ans, 10 jours de neige.
- L’eau recueillie se répartit sur 24 jours, et en outre, 3 autres jours en ont donné une quantité inappréciable au pluviomètre, en sorte que 4 jours seulement, les 2, 9, 17 et 27, n’ont fourni aucune précipitation. La hauteur totale est de 64mm,2, au lieu de 39mm,i, moyenne normale.
- L’humidité relative dépasse 80, et la nébulosité, 8,11, n’a été égalée qu’une seule fois depuis 1874, en mars 1888. Non seulement il n’y a eu aucun jour sans nuages, mais le minimum de nébulosité diurne ne descend pas au-dessous de 4»1- Dans ces conditions, l’insolation effective est nécessairement faible, au total 66h8, alors que l’insolation possible est de 367 heures en mars; le 15, journée la plus claire du mois, le Soleil ne s’est montré que pendant 6h 6m, la durée de sa présence au-dessus de l’horizon étant de nh46m.
- Le niveau de la Marne s’est élevé peu à peu à partir du 15, et a dépassé légèrement la cote de submersion le 3j.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 747mm,4^ ; minimum absolu, ^35m“,7 le 14 à 24 heures; maximum absolu, j58mm,6 le 24 à 9 heures; écart extrême, 2amm,9.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, i°,33; des maxima, 8°,56; du mois, 4°>94; des 24 heures, 4°>6i ; minimum absolu, — 5°, 1 le 5; maximum absolu, i5°,8 le 19. Moyenne diurne la plus élevée, io°,3g le 29; la plus faible, —i°,44 Ie 2- Amplitude diurne, moyenne du mois, 7°,23 ; la plus élevée, n°,4 le 27; la plus faible, 3°,8 le 24. — Sur le sol gazonné : moyenne des minima, —i°,53; des maxima, 170,49 ; minimum absolu, —io°,o le 5; maximum absolu, 32°,8 le 19. — Dans le sol gazonné : moyennes du mois; profondeur om,3o : à 9 heures, 3°,43; à 21 heures, 3°,73; profondeur om,65 : à 9 heures, 3°,5a; à 21 heures, 3°,56; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 3°,75; à 21 heures, 3°,8i. — De la Marne : moyenne le matin, 40>72 ; Ie soir, 50,07; minimum, 2°,oo le 5; maximum, 80,76 le 28.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 5n,m,22; minimum, 2ram,2 le Ier à 14 heures; maximum, iomm,3 le 3i à 17 heures.
- Humidité relative ; moyenne des 24 heures, 80,5; minimum, 34 le 27 à 12 heures et à i3 heures; maximum 100 en 8 jours.
- Insolation : durée possible, 367 heures; durée effective, 66h 8 en 26 jours; rapport, 0,18.
- Pluie : total du mois, 64mm,2 en io41’4-
- Nombre de jours : de pluie ou neige, 24 ; de pluie ou neige inappréciable, 3; de neige, 10; de gelée, i3, de gelée blanche, ix ; de givre, 1; de grêle, a; de grésil, 4; d’orage, 3; de rosée, 1; de brouillard, 2; de brume, 8 ; de halos, 8.
- Fréquence des vents : calmes, 5.
- N........3i S. E. . . . 3a W . . . . 26
- N. N. E . . xi S. S. E . . 84 W. N. W. 20
- N. E . . . 11 S.............126 N. W . . 41
- E. N. E . . 6 S. S. W . . i3o N. N. W. 34
- E........ 9 S. W ... 123
- E. S. E . . 14 W. S. W. . 41
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 8,11; minimum diurne, 4,1 le 27; ciel complètement couvert les 12, 24, 29 et 3i.
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des v4 heures, 4n\4I ! moyenne diurne la plus grande, 7“,3 le a5 ; la plus faible, im,2 le 11 ; vitesse maximum en i5 minutes, nm,7 le 25 de 2 heures à 2h i5m par vent S. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3“,ai; minimum, 2m,32 le 7; maximum, 4m,84 le 3x, dépassant de om,o9 la cote de submersion.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre,
- — 9ram,49; température, —i°,46; tension de la vapeur,
- — omra,o9; humidité relative, -j- 5,4; nébulosité, +2,04; pluie +25uim,i; jours de pluie, +10; insolation,
- — 62h 2.
- Taches solaires : on a suivi i3 taches ou groupes de taches en 26 jours d’observations.
- Pertui'bations magnétiques : Faibles, les 3-4, 18, 21, 22-23, 26; assez fortes, les 5-6, 27, 28; fortes, les 19 et 29.
- Mouvements sismiques : Très faibles dans la nuit du 12 au x3, de 23*1 54“ à oh55m (temps local).
- Floraisons : Le 20, hépatique bleue; le 23, crocus; le 24, orme champêtre, tussilago farfara; le 3o, violette des bois, saxifrage à feuilles épaisses; le 31, saule marsault.
- Le 18, à 8h45m, bande d’oies sauvages se dirigeant au N.-E.
- Premier chant de la grive le 19.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les vertus du poireau. — Vous ne connaissez guère le poireau que pour ses vertus culinaires et l’arome qu’il donne à certains potages et au pot-au-feu. Ce légume a cependant des propriétés thérapeutiques très particulières. L’Ecole de Salerae lui en attribuait de mirifiques ; on n’avait qu’à s’en frotter les narines pour arrêter les hémorragies nasales.
- Illo stillantem poteris retinere cruorem,
- Ungis si nares intus medicamine talis Cru, le poireau engendrait la bile et suscitait la flatuosité ; cuit, il devenait un mets des plus fortifiants. Les mérites accordés à cet humble légume par l’Ecole de Salerne n’ont guère eu créance, et vous ne trouverez pas beaucoup de praticiens qui useront de lui pour remédier à une épistaxis. C’est tout au plus si les ména-gèi'es le conseillent comme un bouillon diurétique. Le bulbe a les mêmes propriétés que l’oignon, mais à un degré moindre et dans les remèdes populaires l’essence
- âcre dont l’odeur se trahit dans un potager, est réputée comme un agent efficace contre les piqûres d’insectes, abeilles, guêpe, etc.
- Le Dr Saintignon le préconise comme un excellent moyen de guérir les pharyngites. Il rappelle qu’Aristote avait constaté que « l’ail bien cuit lisse l’organe du goût et que les poireaux ont un certain gluant qui nettoie le pharynx ». Pline assure du reste que Néron en faisait un usage fréquent pour se rendre la voix mieux timbrée quand il paraissait en acteur.
- Notre jeune confrère s’est-il inspiré de ce.s documents antiques ou a-t-il trouvé par hasard les propriétés thérapeutiques du poireau, je l’ignore. Toujours est-il que, d’après lui, le mucilage du poireau a une action émoL liente élective sur la muqueuse de l’arrière-gorge. Il faut avoir soin de faire cuire ce légume assez longtemps pour éliminer par volatilisation, l’essence âcre qu’il contient ; après cette coction, on recueille, par exprès-
- p.2x157 - vue 589/647
-
-
-
- M HYGIÈNE
- sion, ce mucilage et c’est ce liquide onctueux, employé en gargarismes et en badigeonnages, qui amène dans les pharyngites aiguës un soulagement très rapide; il décongestionne la muqueuse et fait disparaître en vingt-quatre heures la sensation pénible de corps étranger, de constriction et de douleur qu’on éprouve à la déglutition de la salive. Le remède est à la portée de tous et c’est le cas de dire que s’il ne fait pas de bien, il ne fera assurément pas de mal. < D' A. G.
- Contre les orgelets. — L’orgelet ou orgeolet est un petit abcès furonculeux de la paupière, développé dans les bulbes pileux des cils. Maladie peu grave, mais qui est fort douloureuse et a tendance chez les sujets débiles ou lymphatiques, à récidiver et à prendre des allures de maladie chronique. Pour combattre cette dermatose, le Dr Sabouraud a recours à des préparations de la vieille pharmacopée. Il trouve sans doute que ces vieux médicaments, ces préparations qu’on regarde comme surannées, ont parfois du bon. Il se sert couramment de l’eau d’Alibour, de la liqueur de Yilatte que j’ai vu employer au début de mes études par un chirurgien qui avait, à cette époque où on ne connaissait ni l’antisepsie ni l’asepsie, des succès enviés par ses collègues.
- Pour l’orgelet, notre confrère conseille l’emploi de la
- ET SANTÉ |l)^
- pierre divine. La pierre divine se prépare en faisant fondre dans un creuset cent parties de chacune des trois substances suivantes : sulfate de cuivre, nitrate de potasse, sulfate d’alumine et de potasse ; au moment où le tout est en fusion, on ajoute cinq parties de camphre en poudre et on coule le sel ainsi obtenu sur une table de marbre huilée. Telle quelle, la pierre divine s’employait en crayons, comme les crayons de nitrate d’argent, à titre de caustique et elle est en effet assez énergique. Les praticiens du vieux temps se servaient de cette pierre divine en collyre à des doses variées. Une formule des vieilles pharmacopées donne pour le collyre dit cathéré-tique 5o centigr. de pierre divine pour 100 gr. d’hydro-lat de roses et cinq gouttes de laudanum.
- C’est cette formule, moins le laudanum, que conseille M. Sabouraud. Mais il faut au préalable avoir le soin d’épiler avec soin, un par un, chacun des cils qui montre un orgelet ou un simple point rouge à son pied. Puis le malade, cette opération faite, n’a qu’à se laver la paupière dix, vingt, trente fois par jour avec le collyre susdit. La douleur disparaît, l’éruption s’éteint assez vite, et les orgelets cessent de pulluler ; à noter que les cils n’ont disparu que temporairement, le bulbe pileux n’est pas détruit et le poil reparaît plus tard aussi long et aussi soyeux qu’il était auparavant. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Contre les taches de rouille sur les tissus. — Pour enlever les taches de rouille sur les tissus les plus lins, sans risquer une altération quelconque, il suffit de les imbiber avec une solution concentrée d’hydrosulfite de soude. Ce produit ne se trouvant pas encore très répandu dans le commerce et se décomposant du reste assez rapidement, il est préférable de le préparer au moment de l’emploi. Il suffit pour cela de délayer dans un verre ou une tasse de la poudre de zinc avec du bisulfite de soude concentré =38° Baumé (on trouve ces deux produits chez tous les droguistes) on laisse quelques minutes en contact, le mélange s'échauffe. Il suffit d’imbiber les taches avec le liquide clair, celles-ci disparaissent en quelques instants. Il ne reste plus qu’à laver. Les hydrosulfites étant des réducteurs très énergiques transforment la rouille, qui est du sesquioxyde de fer en protoxyde qui se dissout facilement dans l’excès d’acide de l’hydrosulfite.
- Purification du pétrole. — Pour débarrasser le pétrole du commerce d’impuretés liquides, cires et goudrons qui encrassent des lampes et peuvent provoquer des explosions, M. E. W. Wjnne conseille de l’additionner d’une solution aqueuse de borax, alun et sel qui
- agit de i5 à 3o minutes. On y introduit ensuite de l’acide sulfurique, et après i5 minutes de repos, jusqu’à ce que des vapeurs acides apparaissent, on agite environ une demi-heure. Le liquide étant porté à 3o°-4o° C, on y fait barboter un courant d’air. Au bout de 3 heures les substances volatiles sont enlevées, tandis que les matières cireuses et goudronneuses se déposent au fond du récipient. L’huile purifiée est ensuite enlevée.
- Préparation pour nettoyer vitres et glaces. — Au
- lieu de ne se servir que de craie et d’eau, on fera bien de recourir à la pâte suivante : i partie de savon en »copeaux dissoute dans io p. d’eau; après dissolution, mélanger à 2 parties de craie, et ajouter enfin un peu de bol d’Arménie.
- Contre les pucerons. — La Revue horticole recommande l’emploi d’une émulsion de pétrole avec de la farine : on verse dans un tonneau 5 litres de pétrole, puis 56o grammes de farine (ou le double si l’on veut conserver l’émulsion un certain nombre d’heures), et 011 brasse bien; on ajoute ensuite 16 à 18 litres d’eau, et on bat violemment pendant 4 ù 5 minutes, puis on verse le reste des 40 litres d’eau. L’émulsion est alors prête à être employée.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Nous recevons de M. Gervais-Courtellemont la lettre suivante au sujèt de la note que nous avons consacrée aux essais de photographie en couleur sur plaques autochromes (n° 1870, 27 mars 1909) : « Je crois de mon devoir de venir rectifier une petite erreur qui s’y est glissée. Il s’agit des lampes à réglage automatique Bénard qui sont citées comme m’ayant servi en cette occurence. Or précisément je n’ai pas jusqu’à ce jour obtenu de bons résultats constants avec ces lampes et ce sont des arcs ordinaires à réglage à la main que j’ai employés. Et je ne voudrais pas que, se basant sur les données de votre petite note le public ne soit induit en erreur. »
- Renseignements. — M. Revoux, San Pedro de Jujuy. — L’étude des insectes au point de vue du vol est fort intéressante; mais elle ne paraît pas pouvoir conduire à des conclusions pratiques immédiates. Il y a longtemps que l’on a construit de petites machines volantes minuscules, mais dès que les dimensions augmentent le problème change complètement.
- Appareil Lisodïs. — Cet appareil que nous avons décrit dans notre n° 1862 et qui permet de réaliser des lavabos propres et coquets est actuellement en vente, chez Jacob, Delafon et Cie, 46, rue Laffitte, à Paris.
- M. le DT Gomma, à Ax-les-Thermes. — Les verres que vous désirez existent, voyez la Société du Verre-Soleil, 43, rue Saint-Georges, Paris. — Eclairage et chauffage à l'alcool, Barbier, 46, boulevard Richard-Lenoir. Vous trouverez là, croyons-nous, la lampe à alcool que vous désirez.
- M. L. Guiches, à Garches. — Vous trouverez tous ces renseignements dans le premier volume du Traité de géologie, de Lapparent, édité chez Masson et Cie.
- p.2x158 - vue 590/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- La dispersion des brouillards : A. Troller. — Chronique. — Les locomotives compound et à vapeur surchauffée : R. Bonnin. — Une bicyclette aérienne : L. F. — Photographie des couleurs ; Les plaques « omnicolores » : G. Mareschal. — Ruines de Rio Beque : Comte Maurice de Périgny. — Académie des sciences ; séance du 6 avril 1909 : Ch. de Villedeuil. — L’homme fossile de la Chapelle-aux-Saints : E.-A. Martel.
- Supplément. — Jupiter et ses satellites. — Le grand objectif de l’observatoire du mont Wilson. — Le record de la vitesse en ballon monté. — Recherches sur le raffinage de l’alcool. — Nouvelles télégraphiques et téléphoniques. — La lutte contre l’incendie à San-Francisco.
- Orpheus, histoire générale des religions, par Salomon Reinach. Paris. Alcide Picard. 1909. 1 vol. in-12, 025 pages. Prix : 6 francs.
- Sous un très petit volume, M. S. Reinach a réussi la merveille de faire tenir non seulement un tableau très intéressant des diverses religions anciennes et modernes, mais aussi un résumé, original et souvent saisissant, des théories auxquelles elles ont donné lieu depuis l’énorme développement de nos connaissances archéologiques et ethnographiques. M. S. Reinach se rattache directement, par ses tendances et par ses conclusions, quoique avec des nuances, à la grande lignée des anthropologistes anglais, Tylor, Roberts, Smith, etc. Il ne suit peut-être pas ainsi les voies les plus nouvelles de la science des religions, mais du moins les plus accessibles, celles par où l’on mène le mieux le grand public à des idées claires et simples. Chacun des chapitres sur : l’origine des religions, Egyptiens, Babyloniens et Syriens, Aryas, Indous et Perses, Grecs et Romains, Celtes, Germains et Slaves, Chinois, Japonais, Mongols, Finnois, Africains, Océaniens et Américains, Musulmans, Hébreux, Israélites et Juifs, origines chrétiennes, christianisme, est d’ailleurs suivi d’une bibliographie ingénieuse èt éclectique, et le tout d’un index, qui complètent pour le lecteur profane le caractère directement utilisable de l’ouvrage. Matériellement, enfin, celui-ci est présenté d’une façon charmante, qui constitue une 'innovation heureuse dans la librairie française.
- Psycho-biologie et énergétique, par Ch. Henry. Paris.
- A. Hermann et fils, 1909. 1 vol. in-8°, 216 pages.
- , (Bulletin de l'Institut général psychologique). Prix : 6 francs.
- Très remarquable essai d’application à la psycho-! lo^ié des formes du calcul mathématique, que liront avec intérêt les personnes initiées au travail poursuivi dans les instituts Solvay, de Bruxelles.
- Contrôle des installations électriques au point de vue de la sécurité,.~pàr A. Monmerqué. Appendice contenant la loi du i5 juin 1906 et ses annexes, décrets, règlements, ''circulaires. 1 vol. de 1090 pages. Béranger, , éditeur, Paria.
- Ce volume réunit toute la récente réglementation électrique actuellement éparse dans les publications officielles. Il rendra de grands services à tous les industriels utilisant f électricité.
- c: -4-
- DasyjGlas im Altertume, par Anton Kisa. Leipzig. K&rl W, Hiersemann. 190871 vol. in-8° en 3 fascicules relies, 'xxi-97719 plr dont fi en couleurs, 3g5. fig. - Prix s ^^voàacksf,(Hiersemànns Hctndbücher Band III).
- 'Le monumental ouvrage de M. Kisa sur le verre dans Vdfiïiquité, résultat de longues années de recherches, ’ est un véritable modèle de ce qùe doit être un travail consacré à l’historique d’une tèchniqué. Après un chapitre sur l’invention du verre, l’auteur montre t comment il a été compris et travaillé en Égypte, chez : les Phéniciens, en Syrie et en Judée, en Mésopotamie, dans l’Inde. Il étudie ensuite plus spécialement l’utilisation ornementale du verre antique et retrace l’histoire de l’émail, puis il suit l’expansion de la verrerie
- vers le monde greco-latin et romain, sur toute l’Europe occidentale. Viennent ensuite des études sur les différents types de formes et de techniques, suivies de deux chapitres additionnels sur les verres antiques Scandinaves et sur les inscriptions sur verre. Le texte est écrit avec un soin extrême, et le renvoi aux sources originales est fait avec scrupule. L’illustration est de premier ordre. On regrette seulement l’absence d’un index bibliographique, épargnant les recherches hasardeuses au bas des pages.
- Pour l’aviation, par MM. d’Estournelles de Constant, P. Painleviî, le commandant Bouttieaux et divers collaborateurs. 1 vol; de 3oo pages. Librairie Aéronautique, 32, rue Madame. Prix : 3fr,5o.
- Ce livre, comme le dit l’auteur, est un acte de foi, non un traité. Résumant les efforts déployés jusqu’ici, il s’applique à faire sentir le rôle futur de la locomotion aérienne, et les bienfaits que I on en peut attendre. La partie de l’ouvrage intitulée « action parlementaire et manifestation en faveur de l’aviation » montre combien la question passionne l’opinion publique tout entière. Puisse de cet enthousiasme sortir une œuvre pratique et utile au pays.
- Flüssige und scheinbar lebende Kristalle, par le D‘ O. Lehmann, de Karlsruhe. — Flüssige Kristalle, Myelin-formen und Muskelkraft, par O. Lehmann. 2 brochures. Chez Vieweg und Sohn, à Braunschweig (Allemagne).
- La physique distingue habituellement 3 états de la matière : le solide, le liquide et le gazeux : mais les progrès de la science au xix° siècle nous ont peu à peu amenés à la conviction qu’il n’y a point là une distinction fondamentale ; la continuité entre ces divers états est un fait à peu près établi, aujourd’hui, à condition cependant de séparer très nettement les corps cristallisés et les corps amorphes ; il y a dans la nature des corps cristallisés et des corps qui ne le sont pas, et une transformation brusque, comme la fusion, n’est autre chose que le passage de l’un de ces 2 états fondamentaux à l’autre. La belle découverte des cristaux liquides du D' Lehmann, vient confirmer d’une façon remarquable cette conception moderne. Dans les 2 brochures ci-dessus, M. Lehmann résume ses travaux, et montre l’importance des cristaux liquides dans la mécanique vitale. La découverte du savant allemand est restée longtemps dans l’ombre ; elle a été exposée dans La Nature, il y a 3 ans ; mais elle remonte à plus de 20 ans. Longtemps négligée elle apparaît aujourd’hui comme des plus importantes.
- La France et ses colonies au début du XX* siècle, par M. Fallex et A. Mairey. In-80 br., IÔ2 photograv. et cartes. Paris. Ch. Delagrave. Prix : 5 francs.
- Complément de la remarquable collection de la Terre et l’homme au début du XXe siècle, qui est une très instructive synthèse de nos connaissances géographiques.
- Revue de Géographie, dirigée par Ch. Vélain, professeur à la Sorbonne. — Tome II, Année 1908. In-40 de 73o pages, i38 figures, r carte en couleur, 22 planches. Ch. Delagrave, Paris. Prix : i5 francs.
- Ce volume contient les études suivantes : J. Deprat. Etude analytique très soignée du relief de la Corse, 200 p., avec une carte géologique en couleurs et 57 figures. — Capitaine Perrier de la mission géodé-sique de l’Equateur. La figure de la Terre. Les grandes opérations géodésique. L’ancienne et la nouvelle mesure de l’arc méridien de Quito. — Géographie mathématique. (Topographie) A. Berget, les méthodes et les instruments du géographe voyageur (3 figures).
- — F. Guibeaud. Notes sur le Pérou (1 carte hors texte, 6 planches et 14 figures). — M. Zimmermann, La colonisation européenne depuis un demi-siècle. Origines. Zones d’expansion et perspectives d’avenir.
- — P. Girardin, Glaciation quaternaire. La Suisse aujt temps préhistoriques.
- 159 lâfe»
- p.2x159 - vue 591/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Fishes front islands of the Philippine archipelago, par D. S. Sokdan et R. E. Richardson, p. 233-287. — Na-tural history, organization, and l-ate développaient of the Teredinidœ, or ship worms, p. 191-231 (Extraits du Bulletin of the Bureau of fisheries xxvir. 1907) Washington, 1908. In-40.
- Les oiseaux desphosphorites du Quercy, par C. Gaillard (Annales de l’Université de Lyon, 1908). 1 vol. in-8° de 178 p. et 8 pl. chez J.-B. Baillière, Paris. Prix : 6 francs.
- Excellente monographie qui complète les travaux préliminaires de Milne Edwards et Lydekker en faisant connaître une faune spéciale de caractère essentiellement tropical, à nombreux types nouveaux. Contrairement à la faune aquitanienne de l’Ailier où dominent
- les oiseaux des marais, les phosphorites, par leur mode très spécial de formation, nous ont conservé des os de rapaces nocturnes, de gallinacés appartenant à la famille des perdrix, des grimpeurs, etc.
- Les principes de ïévolution sociale par Die. Aslanian. Paris; F. Alcan, 1909. 1 vol. in-8°. xxiv-296 p. Prix : 5 francs.
- Consciencieuse étude sur les conditions de développement des diverses civilisations.
- India, its life and thought, par J. P. Jones. New-York. Macmillan Company, 1908. xv-448 p- Prix : 2 dollars.
- Intéressante description sommaire de l’Inde moderne : religions, castes, transformation politique, mouvement littéraire, etc.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o
- Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 avril 1909 . 2° 2 E. 2. Beau. » Gelée blanche ; Brume ; beau.
- Mardi G 5° 8 E. N. E. 1. Beau. » Gelée blanche; beau.
- MftrorpiHi 7 5° 0 N. E. 2. Beau. D Gelée blanche ; beau.
- Jeudi 8 7°.0 N. E. 2. Beau. )) Gelée blanche ; beau.
- Vendredi 9 7°,1 N. N. E. 2. Beau. )) Gelée blanche ; beau.
- Samedi 10 7J,0 N. N. E. 2. Beau. • » Gelée blanche ; beau ; brunie.
- Dimanche 11 -i°,S N. 0. Beau. )) Gelée blanche; beau ; l'orte brume.
- AVRIL 1909. — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 AVRIL 1909.
- Samedi | Dimanche
- WMBEKiniB
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri â boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du S au 11 avril. — Le 5. Pression très élevée, supérieure à 770 mm sur le N., FE, et le Centre : Danemark, 781. Quelques pluies en Irlande, en Ecosse et dans le S. de l’Italie. Temp. du matin : Haparanda,
- __120 ; Paris, 2; Alger, i3 ; Puy de Dôme, —1 ;
- moyenne à Paris : 6°,4 (normale : 8°,2). — Le 6. Pression supérieure à 773 sur l’Allemagne et la mer du Nord; dépression sur l’Algérie : Oran, 755. Quelques pluies sur la Norvège et la Russie. Temp. du matin : Moscou, —6°; Paris, 4; Alger, i3: Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : 90,5 (normale : 8°,3|..— Le 7; Même situation : Pays-Pas, 775; Ecosse, 773; Irlande. Autriche, 772. Quelques ondées dans l’Extrême Nord. Temp. du matin : Arkangel, —70; Paris, 5; Toulouse, 9; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : 9°,5 (normale : 8°',4). — Le 8. Pays-Bas, 778. Dépressions sur l’extrême Nord (Bodoe, 753) et le Maroc. Faibles pluies en Russie et sur le N. Scandinave. Temp. du matin : Arkangel,
- — 13°; Paris, 7; Alger, i5; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris x3°,4 (normale : 8°,6). — Le 9. Baisse lente et générale : aire supérieure à 765 sur les Iles-Britanniques, la France et l'Italie : Dunkerque, 769. Pluies sur le N. de l’Europe et l’Algérie. Temp. du matin : Arkangel, — 160; Paris, 7; Alger, 15 ; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i3°,7 (normale : 80,7). — Le" 10. Baisse continue; dépressions sur l’Islande, la Russie et la Médi-t erranée. Pluies sur le N. de l’Europe, l’Allemagne et l’Autriche. Temp. du matin :'Arkangel, — 190; Paris, 7; Alger, 11 ; Puy de Dôme, 7 ; moyenne à Paris : 120 (normale : 8°,£). — Le 11. Baisse continue : îles Feroe, 748; Oxo, Shields, 755 ; Dunkerque, 760. Pluies sur le N. et l’Algérie. Temp. du matin : Haparanda, -7160; Paris, 5; Alger, 14 ; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : 12°,6 (normale : 8°,8). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 5, à 8 h. 37 m. du soir.
- p.2x160 - vue 592/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Parit (W)
- ' ' . La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1874 — 24 AVRIL 1909 SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Trajectoires réelles de brillants météores observés en 1908. — M. W.-F. Denning, de Bristol, a publié dans les Monthly Notices de la Société royale astronomique, les résultats des calculs effectués par lui au sujet de météores brillants observés au cours de l’année 1908. On sait que pour calculer la hauteur d’une étoile filante, il suffit que sa position sur le ciel ait été déterminée de deux stations au moins. Comme une étoile filante est à une distance relativement faible de nous, le point du ciel sur lequel elle se projettera sera différent pour chaque station, il en résultera une certaine parallaxe. Finalement, la distance des observateurs étant connue, on aura à résoudre un triangle dans lequel on connaît la base (distance des observateurs) et les angles adjacents (d’après la hauteur apparente du météore au-dessus de l’horizon). M. Denning remarque que le nombre des météores brillants observés durant ces deux dernières années est inusité. Mais, pour un certain nombre de cas, les observations ont été isolées, et il a été impossible d’en déduire quoi que ce soit relativement à la hauteur. Les Perséides (essaim d’étoiles filantes émanant de la constellation de Persée, au mois d’août) furent en assez grand nombre en 1908 et ont montré une grande proportion de météores brillants enregistrés en deux stations. Le. tableau ci-dessous contient les résultats du calcul pour un certain nombre de ces corps.
- norvégien bien connu, qui détint en 1900 le record de l’avancée vers l’extrême-Sud, record qui lui fut enlevé par l’expédition Scott (1901-1904). M. Borchgrevink compte se mettre en route vers la fin du mois de juin. Les frais de son expédition, organisée sous les auspices du Comité International d Exploration Polaire, de Bnixelles, sont couverts par plusieurs sociétés de géographie.
- Influence des décharges électriques silencieuses sur les mélanges gazeux explosifs. — On sait que les composants de certains mélanges gazeux, oxyde de carbone et oxygène, chlore et hydrogène, sont susceptibles de se combiner instantanément en produisant une réaction explosive, sous certaines influences calorifiques, lumineuses ou électriques. On a soumis à des effluves électriques silencieuses les mélanges explosifs ci-dessus et on a constaté que, pour le mélange oxyde de carbone-oxygène, la vitesse de l’explosion, donnant naissance à de l’acide carbonique, est accrue par ces décharges électriques. Ce résultat paraît explicable par la transformation préalable de l’oxygène du mélange en ozone dont on a d’ailleurs constaté l’exislence dans le mélange électrisé. Le même phénomène n’a pas lieu pour le mélange de chlore et d’hydrogène, vraisemblablement parce que l’activité chimique d aucun de ces gaz ne peut être exaltée par les décharges électriques.
- Temps moyen Hauteur Longueur de Vitesse par
- Date. de Greenwich. Éclat. à l’apparition. à la disparition. la trajectoire. seconde. Radiant.
- 1908. 17 mai. . . 9 h. 43 m. > Vénus 122 kilom. 45 kilom. 91 kilom. 24 kilom. Chevelure.
- — - 27 — . . . 12 h. 28 m. > Vénus. . . . . . 93 — 88 — 192 — 24 — a Cocher.
- '— ’ 25*juin . . 10 h. 43 m. > 1” grandeur. . . 98 — 94 — 82 — 48 — P Persée.
- — 1er juillet. . 9 h. 15 m. Moitié de la Lune. . 98 — - 45 — 168 — 29 — a Scorpion.
- — 28 — . . . 11 h. 6 m. La Lune 131 — 64 — 80 — 54 — 7) Flèche.
- — 2 août . . 11 h. 2 m. lr“ grandeur.... 126 — 88 — 64 — 64 — Persée.
- — 11 — . . . 9 h. 44 m. > lr* grandeur. . . 158 — 83 — 149 — 56 — Persée.
- — 14 octobre. 9 h. 10 m. > Vénus 112 — 29 — 154 — 58 — e Bélier.
- Le météore le plus élevé est apparu à i58 km de hauteur, le 11 août. Celui du 14 octobre s’est éteint à 29 km seulement. La vitesse la plus considérable a été calculée pour le météore du 2 août : 64 km par seconde. D’une façon générale, la vitesse est un élément très mal déterminé, car en raison de la rapidité du phénomène, la durée de celui-ci est presque toujours erronée. D’autre part, la vitesse est d'autant plus faible que le météore est plus bas, la résistance de l’air étant plus grande. Elle varie également selon que les météores rencontrent la Terre de face ou à l’arrière de son mouvement.
- Nouvelle expédition antarctique. — Le lieutenant Shàckleton) qui vient de s’approcher si près du Pôle Sud, n’est pas encore de retour en Europe, qu’on annonce déjà le prochain départ d’une nouvelle expédition. Elle sera dirigée par M. C. E. Borchgrevink, l’explorateur
- L’exposition de physique. — L’exposition de physique qu’organise chaque année la Société française de physique pendant la semaine de Pâques, a été comme d’habitude fort intéressante. Les exposants étaient nombreux, et un grand nombre d’appareils ingénieux ou pratiques étaient présentés à l’attention du public. Nous aurons l’occasion de revenir en détail sur plusieurs d’entre eux. Les appareils dominants étaient ceux d’usage médical; signalons le localisateur-compresseur du Dr Bergonié, la machine magnéto à champ variable du Dr Durand, l’ozoneur Oudin, construits par MM. Du-cretet et Roger, les appareils de radiologie de MM. Drault et Lapointe, le matériel de fulguration du Dr Keating-Hast construit par M. Gaiffe, les appareils d’électricité médicale et de radiothérapie de Radiguet. De très belles expositions d’appareils de mesure de MM. Carpentier, Richard-Heller, Chauvin-Arnoux, Compagnie des comp-
- p.2x161 - vue 593/647
-
-
-
- informations]
- teurs, Poulenc, Jules Richard, Rousselle et Tournaire. Les remarquables appareils imaginés par M. Chassagny pour l’enseignement de la physique et dont on trouvera plus loin une description détaillée ont vivement intéressé le public. La télégraphie sans fil était représentée par le radiogoniomètre de MM. Bellini et Tosi, pour télégraphie sans fil dirigeable, construit par M. Ducre-tet, par un très beau poste récepteur de MM. Carpentier-Gaiffe et Rochefort, par le récepteur radiotélégraphique pour la réception de l’heure à bord des bâtiments, de MM. Tissot et Pellin. Dans le domaine télégraphique ordinaire, signalons le perforateur Pollak-Virag construit par M. Carpentier et du même constructeur, un remarquable appareil Baudot perfectionné, transmettant les dépêches automatiquement, par bandes perforées. La perforation se fait au moyen d’une machine analogue à la machine à écrire. M. Semât expose un intéressant appareil téléautocopiste. M. Claude expose un appareil respiratoire pour pompiers et sauveteurs alimenté d’oxygène liquide, et un appareil économique pour fabriquer l’oxygène liquide. On a beaucoup admiré les magnifiques dessins et les riches colorations des préparations obtenues par M. Stéphane Leduc et montrant les effets de la diffusion des liquides. Signalons enfin les calibres de haute précision construits par M. Johansson et déjà décrits brièvement dans nos comptes rendus de l’Académie des Sciences. Le poli des surfaces est si parfait que, mises en contact, elles adhèrent l’une à l’autre avec force.
- Le point de congélation du lait et les falsifications.
- — Un auteur anglais, M. Atkins, a utilisé le point de congélation du lait pour rechercher ses falsifications. Il a constaté que le point moyen de congélation du lait de vache était de —o°,55 avec une variation possible très faible. En se servant de cette donnée et en y adjoignant les densités prises au moyen du lactodensimètre, on peut constater si le lait a été mouillé ou écrémé. Le point de congélation n’est d’ailleurs pas affecté par la présence ou l’absence de graisse ou beurre.
- Action du gaz carbonique sur les solutions de savon. — On sait qu’en principe, le savon est constitué par un oléate alcalin, soude ou potasse ; mais en réalité, comme il est préparé avec l’oléine commerciale, il renferme également d’autres acides gras ; palmitique, stéarique ou autres, qui sont restés en dissolution dans l’acide oléique. MM. Fendler et Kunh ont constaté qu’en faisant passer dans les solutions de savon un courant d’acide carbonique, il y avait déplacement et séparation de ces acides gras dans l’ordre décroissant de leurs poids moléculaires, les acides à poids moléculaires élevés se déposant les premiers. Il y a peut-être là l’amorce d’un nouveau procédé relativement pratique de séparation des acides gras, si pénibles à isoler actuellement les uns des autres.
- La mouche tsé-tsé fossile. — M. T. D. A. Cocke-rell, de l’Université de Colorado, signale dans la revue anglaise Nature, qu’il a découvert dans des couches miocènes de Florissant (Colorado) un type fossile de mouche tsé-tsé (Glossina)’ très voisine delà trop fameuse mouche de la maladie du sommeil. D’environ 10 mm de longueur, avec des ailes de 7 mm, elle présente toutes les caractéristiques du genre. M. Cockerell, à qui l’on devait déjà, en 1907, dans les mêmes terrains, la découverte d une tsé-tsé qu’il avait nommée Glossina oligo-cena, a baptisé celle-ci, qui en diffère légèrement, Glossina Osborni; en hommage au |grand paléontologiste américain Osborn. *
- Traces fossiles d’autotomie. |— Depuis une vingtaine d’années Vautotomie, signalée d’abord en 1882 par Frédericq, est un phénomène' bien connu. On donne ce nom à la rupture des pattes chez les crustacés vivants, lorsqu’elle n’est pas un accident dû à la fragilité de celles-ci, mais bien un phénomène actif : elle se produit toujours à la même place (entre ces articles de la patte qu’on appelle le basipodite et l’ischiopodite) et résulte d’une contraction musculaire énergique de l’animal. M. R Legendre signale dans le Bulletin du Muséum (1909, p. 35), qu’il a pu observer le fait sur quelques échantillons fossiles du Muséum, del’Ecoledes Mines, etc. En effet, la Callianassa Faujasi, crustacé décapode ma-croure observé par l’auteur, n’est représenté à l’état
- fossile que par des pinces, et celles-ci limitées exactement au point où se produirait l’autotomie si l’animal vivait de nos jours. On n’est donc pas en présence d’un hasard de fossilisation, mais des traces d’un phénomène physiologique fréquent, preuve que l’autotomie existait déjà chez les crustacés secondaires, puisque la Callianassa est de l’étage danien. Le fait est d’autant plus intéressant qu’il est un rare exemple de tracé fossile d’un phénomène physiologique chez une espèce disparue.
- L’origine du sésame. — Tout le monde connaît le sésame, cette herbe dont la graine fournit une huile célèbre dès l'antiquité et encore très usitée aujourd’hui chez les Arabes et même dans nos pays, où on l’emploie pour la falsification de l’huile d’olive et la fabrication du savon. Son origine était très discutée jusqu’ici, et l’on n’hésitait pas moins à son sujet qu’entre l’Afrique et l’Asie. M. Ph. Eberhardt, inspecteur de Fagriculture en Indo-Chine, qui reprend la question dans le Bulletin du Muséum (1909, p. 3o) se prononce nettement contre l’hypothèse africaine, que ne suffit pas, en effet, à appuyer le fait de la culture ancienne de cette plante en Egypte. Il montre en même temps, par une discussion archéologique, historique et philologique, étayée de faits empruntés à l'histoire naturelle, que selon toute vraisemblance le sésame a eu son origine première à l’extrême nord de l’Inde, et peut-être même dans les provinces chaudes de l'Asie, situées au nord de cette région. De là la plante se serait répandue sur le vieux continent par trois grandes voies principales : i° sur les Indes, et par elles vers Java, Bornéo, et plus tard le sud et le centre de l’Indo-Chine ; 20 vers l’Iran, l’Asie Mineure et l’Egypte; 3° en Chine par les caravanes turques, et de là sur le N. de l’Indo-Chine.
- La musique au moyen âge. — M. Jean Beck, docteur de l’Université de Strasbourg, a fait récemment à l’Académie des Inscriptions une communication sur les mélodies des troubadours et des trouvères français du xi° au xiv° siècle. Depuis longtemps on avait essayé, sans arriver à un résultat précis, de déchiffrer les signes qui servaient aux troubadours et aux trouvères pour noter leurs chansons. M, Jean Beck a repris la question à fond et a réussi, après avoir rassemblé et comparé toutes les mélodies conservées dans les manuscrits originaux du xiii° siècle, à retrouver la clef de la plus ancienne notation et à rétablir le rhythme original non exprimé par la notation conformément aux règles des traités musicaux du xin° et du xiv° siècle. Signalons qu’à la demande de M. Dieulafoy, le président de l’Académie a autorisé M Beck à interpréter, d’après sa méthode, quelques-unes de ces chansons, avec accompagnement du piano. C’est ainsi que l’Académie a entendu successivement plusieurs de ces anciennes mélodies : Ce fut en mai, Au doux temps gai, Vierge glorieuse, etc.
- Au Pôle Nord en ballon. — M. Welmann se propose de reprendre ses essais de voyage au Pôle en dirigeable. Il a fait construire un nouveau ballon analogue à celui qui lui servit en 1907 (voy. la Nature, n° 1775). Sa base d’opération sera encore le Spitzberg. Si l’on songe que le trajet Pôle-Nord-Spitzberg, aller et retour, ne compte pas moins de 2000 km, on peut douter que le courageux explorateur réussisse mieux qu’il y a 2 ans un raid qui n’a encore été effectué par aucun des dirigeables plus parfaits cependant qui circulent aujourd’hui dans l’atmosphère européenne.
- Nouvelle ligne transandine. — Une information du Daily Graphie nous apprend que le Chili et la Bolivie se sont mis d’accord sur la construction à frais communs d’une ligne de chemin de fer qui reliera Aria (Chili) à La Paz, l’une des deux capitales boliviennes. Cette ligne aura une longueur totale de 49° km ; on estime que sa construction coûtera 80 millions de francs. Sur plusieurs points, à la traversée des Andes, la voie dépassera une altitude de 4000 m. Cette œuvre gigantesque, qui comportera en outre la traversée de nombreux canons et précipices, ne sera pas terminée avant quatre ans. Elle sera exécutée par MM. Sir John Jackson, Limited, les entrepreneurs anglais bien connus, qui ont déjà expédié au point de départ un état-major d’ingénieurs et de contremaîtres.
- p.2x162 - vue 594/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- *> Automobilisme <«*
- * Perfectionnements aux bougies d’allumage pour moteurs. — Le principal agent destructeur des bougies d’allumage électrique, employées sur la généralité des moteurs, est la chaleur intense développée par l’explosion des gaz dans les cylindres de ces moteurs.
- Les premières bougies d’allumage avaient une tige, conductrice du courant à haute tension, scellée, au moyen d’un mastic à base de plâtre silicaté, dans un isolant en porcelaine; la dilatation de la tige et la chaleur finissaient par détériorer le scellement et il se pi’oduisait alors des fuites nuisant à la compression du moteur.
- On imagina donc des bougies dans lesquelles la tige centrale, métallique, est jointée sur un isolant en porcelaine ou en mica par l’interposition de joints en amiante ou bien de joints métallo-plastiques en amiante et cuivre l'ouge.
- Mais, si ces bougies étaient parfaitement étanches à la température ordinaire, elles subissaient une dilatation inégale de leurs diverses parties qui finissait aussi par produire de fâcheuses fuites des gaz comprimés dans le moteur.
- Cet inconvénient est aggravé par la tendance moderne de constniire des moteurs à haute compression.
- MM. Perez et Cie proposent une bougie d’allumage dans laquelle la disposition des divers éléments est telle qu’elle compense les effets de la dilatation de cha-
- r~\
- 1
- 3
- Coupe et vues de la bougie Excelsior de MM, Perez et Cie.
- Les constructeurs de cette bougie ont tenu compte de la mauvaise conductibilité du nickel pur en même temps que de sa faible dilatation, pour compenser exactement l’allongement de la tige centrale par l’allongement des écrous en bronze très conducteurs de la chaleur et très dilatables.
- Des expériences de vérification de l'étanchéité résultant de 1 égalité des dilatations des divers éléments de cette bougie ont été faites de la manière suivante :
- La bougie étant vissée sur un réservoir d’air comprimé à 25 atmosphères, le culot d’acier fut entouré d’un bain d’étain fondu maintenu à la température de 25o°.
- Après plusieurs alternatives de refroidissement et de réchauffage au bain d’étain, la bougie n’a laissé passer aucune quantité de l’air du réservoir. Il est intéressant de signaler la manière l'ationnelle que MM. Perez et Cie, 5o, rue de Paradis, à Paris, ont adoptée pour étudier et solutionner les difficultés de construction des bougies d allumage dont tous les possesseurs de moteurs ont eu généralement à se plaindre. Le prix de cette bougie est de 6 francs.
- Mécanique
- Équerre à centrer. — Les mécaniciens, et spécialement les tourneurs sur métaux ou sur bois, ont fréquemment à trouver le centre d’un cercle, d’un bout d’arbi'e par exemple, ou de toute autre pièce ronde.
- Voici la manière de fabriquer à peu dé frais un petit
- Fig.
- Fig. 2.
- «un d’eux, de sorte que l’étanchéité des joints est parfaite aussi bien quand la bougie est chaude que lorsqu’elle est froide.
- Cette bougie est constituée par un culot en acier / {figure i), un isolant en porcelaine g et une tige centrale à épaulement h qui conduit le courant à haute tension. Cette tige est en nickel pur. Un joint d’amiante assure l’étanchéité de la tige centrale contre la porcelaine isolante. Un écrou, en bronze de cuivre e, est serré et jointé à l’amiante sur le culot d’acier et sur l’isolant g. Une rondelle en porcelaine d surmonte le culot de bronze, avec joint d’amiante.
- Enfin toutes les pièces ci-dessus sont serrées par un écrou en bronze c, pourvu d'ailettes radiantes, avec interposition de joints d’amiante.
- Le contre-écrou b et l’attache-fil a assurent l’indes-serrabilité du système.
- Il est facile de voir, par l’examen de la coupe ci-contre, que, si la bougie est soumise à la chaleur du moteur, la tige centrale de nickel pur se dilate et tend à produire -le desserrage de tous les joints ; mais, en même temps, le noyau et les rondelles de porcelaine ainsi que les deux écrous e et c, en bronze de cuivre, se dilatent aussi et tendent, au contraire, à produire la compression de tous les joints d’amiante.
- Il est vrai que le coefficient de dilatation de la porcelaine est très faible, mais celui du bronze est de o.oooo 184 tandis que celui du nickel pur n’est que de 0.0000 128.
- outil pratique et précis qui détermine instantanément le centre.
- Prenez une petite plaque de tôle de fer ou de laiton d’environ un millimètre d’épaisseur et taillez-là exactement en cari’é de 5 ou 6 centimètres de côté ; tracez
- avec une pointe fine une diagonale et les lignes parallèles à deux des côtés, telles qu’elles sont représentées sur la figure 1, avec un demi-centimètre de distance entre chaque ligne.
- Avec une cisaille ou avec un burin bien aiguisé,
- p.2x163 - vue 595/647
-
-
-
- | SCIENCE APPLIQUÉE |
- découpez alors la plaque comme le montre la figure 2, de façon qu’il y ait, suivant a b, un angle de 46° et en e une échancrure à 900.
- Rabattez à angle droit les parties d c e selon la figure 4 et faites en c un point de soudure à l’étain.
- L’équerre à centrer est terminée; la manière de s’en servir est aussi simple que la construction.
- Si vous appliquez l’équerre à centrer contre les bords d’une pièce cylindrique, comme le montre la figure 3, les parois verticales des côtés a d et a e viendront s’appliquer tangentiellement au cercle et la ligne a b, bissectrice de l’angle d a e passera par le centre du cercle. En traçant sur l’objet à centrer deux ou trois lignes telles que xy on trouvera le centre 0 à l’intersection de ces lignes.
- L’équerre à centrer est facile et peu coûteuse à faire, elle rendra d’utiles services.
- Chauffage
- Poêle à gaz à combustion totale de M. J. Bor-
- derel. — L’inconvénient général de tous les fourneaux employant le gaz d’éclairage est que le gaz brûle avec une quantité d’air insuffisante, ce qui engendre plus ou moins d’oxyde de carbone, toxique éminemment dangereux. Ce défaut, qui existe au plus haut degré dans les appareils où le gaz brûle simplement sur une rampe percée de petits trous, se rencontre moins gravement dans les appareils munis de brûleurs genre Bunzen où le gaz est d’abord mélangé à une proportion convenable d’air avant d’être brûlé. Mais il y a ici une question de réglage assez délicate et l appel d’air produit dans la cheminée du brûleur est rarement suffisant pour assurer la combustion totale du gaz dès sa sortie du brûleur; aussi voit-on souvent les flammes, qui devraient être bleues d’un bout à l’autre, parsemées de parties blanches, très lumineuses, qui prouvent l’excès de gaz et sa combustion incomplète.
- Fig. I. — Coupe du brûleur du poêle à gaz Borderel.
- Fig. 2. — Le brûleur Borderel garni de son enveloppe en tôle.
- M. J. Borderel a construit un poêle à gaz dans lequel la combustion se fait sûrement avec un excès d’air, de façon qu’il n’y a jamais production d’oxyde de carbone ni aucune mauvaise odeur.
- Le gaz arrive en g et vient fuser par un petit orifice 0 à la base d’un brûleur d’abord tronconique, puis cylindrique, c, à la base duquel sont ménagées de larges ouvertures d’appel d'air a. Cette partie de l’appareil est un véritable carburateur dans lequel le gaz se mélange à l’air, puis traverse deux toiles métalliques n et m au-dessus desquelles il vient brûler. Ces toiles métalliques ont pour but d’empêcher tout retour de flamme en arrière et, par conséquent, l’inflammation du gaz à l’orifice 0.
- Quand le jet de gaz n’est pas excessif, les flammes produitès au-dessus delà toile métallique m sont bleues; mais ces flammes brûlent dans l’intérieur d’une large cheminée vv pourvue à sa base de trous d’appel d’air tt. Il se produit donc dans la cheminée vv un fort tirage qui amène un excès d’air à la flamme du gaz.
- S’il y a excès de gaz au sortir du brûleur c, ce gaz trouvera donc dans la cheminée plus d’air qu’il ne lui
- en faut pour brûler totalement l’oxyde de carbone qui se serait produit.
- L’ensemble du carburateur et de sa cheminée concentrique est renfermé dans une élégante enveloppe en tôle qui sert de radiateur-et répand de tous côtés la chaleur de la combustion.
- Pour entretenir dans une pièce de 60 mètres cubes une température de i5 à 180 centigrades, il suffit d’ouvrir le robinet d’amenée de gaz de façon que la flamme arrive à peine en haut de la cheminée intérieure t\ A ce régime, le poêle consomme environ 200 litres de gaz par heure, soit une dépense de 4 centimes par heure; pour une pièce plus petite, on réduit encore la flamme et la consommation tombe à i5o litres, soit 3 centimes par heure.
- Si l’on veut obtenir une forte chaleur, on ouvre davantage le robinet de gaz et la flamme dépasse le haut de la cheminée, puis elle fait entendre un ronflement très caractéristique ; à ce moment la consommation de gaz est d’un peu plus de 3oo litres à l’heure, mais la chaleur développée est si intense qu’elle peut servir à souder, à braser et couler certains métaux, à les tremper et à les recuire.
- La cuisinière peut se servir aussi de ce poêle pour la confection de la nourriture, car il ne dégage ni fumées ni odeurs.
- Les essais techniques faits à Paris, au Laboratoire, des Arts et Métiers et à Beriin par le Dr A. Zimmermann ont vérifié la combustion complète du gaz dans le nouveau dispositif que nous venons de décrire et qui paraît constituer un très intéressant perfectionnement aux brûleurs à gaz déjà connus.
- Objets utiles <«*
- L’essuyeur rallonge-plumeau. — Il existe déjà plusieurs systèmes d’appareils de ce genre qui sont destinés à permettre d’essuyer les glaces sans monter sur une chaise. Celui-ci se complète par un plumeau permettant l’époussetage des tableaux, des murs, des plafonds, etc.
- Le linge se fixe par un ressort à une tige métallique transversale terminant le manche à balai sur lequel elle est maintenue par une douille. Lorsque la longueur n’est pas suffisante on emploie une douille-rallonge pour ajouter un second manche au premier.
- Le plumeau se fixe à l’extrémité de l’ensemble. On peut donc se servir indistinctement du plumeau ou du chiffon suivant les cas et atteindre tous les objets meublant une pièce.
- On évite ainsi les chutes qui se produisent assez fréquemment lorsque l’on doit Essuyeur plumeau,
- monter sur une chaise 1, plumeau. — 2, essuyeur.
- pour atteindre les 3, accrochage du linge,
- objets élevés.
- Ajoutons cependant que ces procédés d’essuyage donnent en général d’assez médiocres résultats, surtout lorsqu’il s’agit du nettoyage des glaces et vitres, la pression exercée par le linge n’étant pas suffisante. Et puis il faut encore tenir compte d’une manœuvre maladroite ayant pour résultat d’envoyer le linge et son essuyeur à travers les carreaux. Nous devons penser à tout. — L’instrument est en vente chez M. Gautreau, 62, rue de Paris, à Bagnolet (Seine).
- p.2x164 - vue 596/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Moyen original et à la portée de tout le monde pour nettoyer sa montre. — Chacun sait, surtout les personnes que leurs occupations appellent souvent dans des endroits poussiéreux, combien il est désagréable de s’apercevoir qu’au moment le plus imprévu, la montre que l’on porte sur soi vient de refuser tout service ; des grains de poussière pénétrant par les joints de la boîte se sont accumulés à l’intérieur du mouvement, et quelques-uns logés entre les dents des roues ont forcé celles-ci à s’arrêter; il ne reste plus qu’à porter la montre à l’horloger ce qui occasionne une réparation toujours onéreuse.
- Depuis quelques années nous employons avec succès en pareil cas un moyen de nettoyage excessivement simple, n’exigeant d’autres outils que les io doigts et que certainement bien des lecteurs seront heureux de connaître : Après avoir posé devant vous sur la table une feuille de papier blanc, qui permettra de suivre plus facilement la marche de l’opération), prenez la montre en question et ouvrez-la pour mettre le mouvement à découvert, puis tenez la avec la main gauche de façon à ce que comme l’indique la gravure le*cadran soit tourné S^u-dessus. Donnez alors avec les doigts de la main droite une série de chiquenaudes sur le verre qui recouvre le cadran; les chiquenaudes ne devront évidemment pas être assez fortes pour briser le verre, mais ceci n’est généralement pas à craindre, car la violence des coups est limitée par la douleur que l’on ressent au bout du doigt
- qui frappe. D’autre part, les doigts de
- la main gauche forment pour le mouvement une suspension assez élastique pour qu’il ne puisse être détérioré par les
- chocs.
- Vous serez certainement étonné en voyant la feuille de papier se couvrir d’une multitude de grains de poussière tombant d’un mouvement en apparence propre.
- Continuez à donner une série de bonnes chiquenaudes jusqu’à ce qu’en déplaçant la montre par rapport à la
- feuille de papier on ne voie plus rien tomber sur
- celle-ci.
- Voilà donc votre montre nettoyée ou du moins à peu près. Secouez-la ensuite comme on le fait pour la
- remettre en marche apx'ès un arrêt, si le tic tac ne se fait pas entendre de suite, c’est que quelque grain de poussière sera resté engagé entre deux roues dentées et serré n’aura pu tomber.
- Produisez alors un tic tac artificiel en aidant les oscillations du balancier d’échappement que vous pousserez délicatement et alternativement à droite et à gauche avec la pointe d’une épingle (ajoutons pour les personnes qui pourraient l’ignorer, que l’on désigne sous le nom de « balancier d’échappement » la petite roue non dentée dont l’oscillation produit le tic tac et qui remplace dans les montres le balancier des pendules). On pourrait atteindre le même but en poussant légèrement et délicatement par un de ses bras la roue dentée la plus voisine du balancier en ayant soin d’opérer la poussée dans le sens normal du mouvement.
- Lorsque par ce moyen, les roues auront toutes un peu tourné et que très probablement les grains de poussière restant se trouveront dégagés et prêts à tomber, retournez votre montre et donnez lui encore quelques chiquenaudes, il y a bien des chances cette fois pour que tous les grains de poussière se détachent et que le tic tac se fasse entendre, sinon recommencez encore le mouvement artificiel du balancier, puis la série de chiquenaudes. Votre persévérance ne tardera pas à être couronnée de succès et lorsque dans quelques instants la montre reprendra son tic tac ce sera certainement pour ne pas le cesser de sitôt.
- Ajoutons encore qu’il serait préférable de ne pas attendre pour faire un nettoyage semblable que la montre s’arrête d’elle-même, mais de pratiquer l’opération à intervalles réguliers, tous les six mois par exemple, pour tenir la montre eu bon état de propreté, de cette façon les arrêts inattendus se produiraient beaucoup moins et l’opération du nettoyage serait encore simplifiée puisque aussitôt la poussière tombée on n’aurait qu'à remettre la montre en poche sans avoir à produire le tic tac artificiel.
- Nous employons ce moyen de nettoyage depuis plusieurs années, il nous a toujours donné pleine satisfaction, sans que le mouvement paraisse en souffrir en quoi que ce soit.
- Il n’en est pas moins vrai qu’il arrive toujours un moment où la montre atteinte dans ses organes profonds finit par avoir besoin des services de l’homme de l’art dont nous ne contestons pas ici la compétence et qui sera toujours le meilleur médecin en pareil cas.
- Edmond Mettey.
- HYGIENE ET SANTE
- La cataracte est-elle héréditaire? — En leur donnant le jour, les parents transmettent à leurs enfants tout ou partie de leurs qualités ou de leurs défauts physiques ou psychologiques. Mais ce que la filière mystérieuse de l’hérédité leur apporte encore plus sûrement, ce sont les tares pathologiques. L’arthritisme, la goutte, le nervosisme dont peuvent être affligés les père et mère arrivent à se manifester chez les descendants plus ou moins tôt, suivant que ces descendants eux-mêmes se trouvent dans un milieu avec des habitudes, un régime qui favorisent l’éclosion de ces manifestations. Je ne parle pas de maladies plus graves dont les effets sur la progéniture se traduisent par des troubles graves de dégénérescence, quand ils ne déterminent pas la mort précoce.
- Cette hérédité morbide est-elle générale et s'étend-elle à toutes les misères qui peuvent frapper les parents? Fort heureusement non. Mais il en est quelques-unes qui, sans être admises par tous, ont cependant une fréquence qui permet de croire à une transmission héréditaire. Tels sont les troubles visuels caractérisés par la myopie.
- C’est un de ces défauts de réfraction qu’on retrouve
- très communément dans plusieurs générations et dont on hâte l’évolution, de nos jours, par la manie de lire sans éclairage suffisant, en voiture, en omnibus, partout. On s’est demandé si la cataracte était héréditaire : c’est une notion assez répandue, mais qui n’a pas encore eu de preuves bien précises. Le Dr Cahuzac, dans sa thèse inaugurale, vient d’apporter une série de documents qui plaideraient en faveur d’une influence héréditaire dans l’étiologie de l’opacité cristallinienne. Sur 45 familles dont il a recueilli les observations dans divers recueils, on compte i5a sujets atteints de cataracte. Yoici une des plus curieuses due à un médecin anglais, M. Wilson. L’arrière-grand mère a eu la cataracte, deux de ses fils eurent également la cataracte, quatre autres enfants restant indemnes. La fille unique du premier fils était atteinte de cataracte, sur huit enfants du deuxième fils, cinq étaient porteurs de cette lésion. Enfin, parmi leur seize enfants, huit ont des opacités du cristallin à des degrés variables.
- Gordon Marrie a publié la généalogie de deux familles danoises ; l’une fut suivie pendant six générations et sur cent seize membres de cette famille, trente avaient la cataracte : dans la seconde famille, sur soixante per-
- ^8 165
- p.2x165 - vue 597/647
-
-
-
- S8T(| 1 nïUJEJXt!. V* SA1\1E |Ij^jgl
- sonnes formant cinq générations, quarante avaient cette maladie.
- Dans la famille royale d’Angleterre, on compte plusieurs membres qui ont eu la cataracte : le duc de Cumberland, George III, George IY, le duc de Glocester, le duc de Sussex, la princesse Sophie, le roi de Hanovre.
- D’après les recherches des ophtalmologistes, confirmées par les investigations de notre jeune confrère, les cataractes héréditaires semblent, au fur et à mesure que les générations se succèdent, apparaître de plus en plus tôt. Dans une observation publiée par le grand chirurgien Dupuytren, la mère avait eu la cataracte à
- 60 ans, la fille l’eut à 3o, le petit-fils à 17 et deux autres petits-enfants à un âge encore moins avancé.
- Il n’est pas niable que dans ces cas l’intluence hérédi-taire semble manifeste, mais je pense qu’elle est rare. M. Cahuzac a réuni les observations de 45 familles, formant un total de 1S2 affligés de cataracte. C’est beaucoup pour ces familles, mais ce total est peu de chose en comparaison de la fréquence de cette lésion, et j’estime que le père, s’il est affligé de cette cécité heureusement curable, peut se rassurer en pensant que c’est dans une faible proportion qu’il y a chance de voir cette maladie se transmettre à ses descendants. D‘ A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Calcul de la surface de chauffe d’une chaudière.
- — La manière de calculer la surface de chauffe des chaudières n’est pas uniforme, chaque constructeur suit une règle qui lui est propre ; il en résulte une certaine confusion et une assez grande difficulté lorsqu’on veut établir des comparaisons. Dans les bureaux d'étude des chemins de fer, on suit habituellement la règle suivante pour déterminer la surface de chauffe des chaudières tubulaires. Pour avoir la surface de chauffe du foyer, on calcule le développement de la surface intérieure située au-dessus du plan de la grille, sans tenir compte, bien entendu, des têtes d’entretoises, des têtes de rivets, ni des recouvrements des tôles. On déduit de cette surface, pour chaque tube, la surface du cercle intérieur du tube, et pour chaque porte, regard, etc., la surface de l’ouverture de la porte, du regard, etc. Pour avoir la surface de chauffe des tubes, on calcule le développement de leur surface intérieure sur leur longueur totale, c’est-à-dire y compris les épaisseurs des plaques tubulaires. Lorsqu’on emploie des tubes à ailettes intérieures, il faut naturellement compter toute la surface développée des ailettes. On trouve ainsi (l’expérience l’a démontré) qu’un tube de 65 mm de diamètre, à ailettes, et à 3 m. de longueur, donne autant de surface de chauffe et produit une même quantité de vapeur qu’un tube lisse de 5o mm de diamètre et de 4,200 m. de longueur. On ne compte pas la surface de la plaque tubulaire de boîte à fumée. Lorsqu’il y a un bouilleur dans le foyer (Ten Brinck, ou autre), on calcule sa surface en contact avec les gaz, comme pour le foyer lui-même.
- Pour dévisser une borne d’accumulateur oxydée.
- — M. Vicmer, de Tours, nous écrit : « J’ai lu dans La Nature n° 1867, le procédé indiqué pour dévisser une borne d’accumulateur. Il existe un moyen plus simple encore, c’est de mettre l’accu sous un robinet d’eau. Au bout de quelques minutes tous les sels sont, dissous, l’écrou se dévise à la main sans effort. Avoir soin naturellement de bien boucher les trous de l’accu afin que l’eau ne pénètre pas à l’intérieur. Ce moyen n’exigeant aucun outil, intéressera tous ceux qui ont à se servir des accu dont le nettoyage est toujours ennuyeux. »
- Etamage des objets de zinc. — La publication Work donne à cet égard une méthode qu’elle tient pour excellente en même temps que très simple et facile. On prépare un mélange de 2 parties de chlorure d’étain, d’autant de tartre purifié, et l’on additionne de 4 parties d’eau à 75° C. On complète avec une quantité de sable suffisante pour donner une masse pâteuse : naturellement du sable très fin. On applique à l’éponge ou à la brosse. La couche est d’abord d’un gris terne; mais elle prend un beau poli si l’on frotte la surface avec un mélange d’argile et de sable.
- Pour les bougies de lanterne. — Le commerce ne nous donne pas toujours des bougies de choix. Placées et allumées dans une lanterne, elles coulent presque aussitôt, obstruant ainsi les ouvertures d’aération, La température augmente dans la lanterne, la bougie coule de plus en plus, éclaire mal et fume par sucroît, répandant une odeur peu agréable. On remédie à ce fâcheux inconvénient en trempant les bougies, la mèche exceptée, dans le bain suivant :
- Dans 100 cm3 d’eau chaude on fait dissoudre 25 gr. de sulfate de magnésie et 10 gr. de dextrine, mélangés au préalable. On laisse refroidir et plonge la bougie pendant quelques minutes. Une fois sèche, elle est prête à servir. Ce revêtement modère la combustion, laissant libre l’accès de l’air et maintenant les produits de fusion au contact de la mèche qui les consume sans fumée ni odeur.
- Marbre artificiel. — Le marbre artificiel ou stuc, sur lequel on grave des numéros ou autres indications dans les installations électriques, les laiteries, les stalles d’écurie, etc., s’obtient facilement. Dans 16 litres d’eau bouillante, on ajoute de 5 à 700 gr. de colle de Flandre ou colle de peau et on laisse refroidir. Prenant ensuite du plâtre très fin, on le tamise soigneusement et on gâche 10 litres de ce plâtre tamisé dans l’eau collée et refroidie. On obtient ainsi un mortier clair auquel on peut ajouter du mica, de menus morceaux de pyrite ou même du marbre pulvérisé. La couleur est fournie par des oxydes métalliques, des ocres, par exemple, ou des sulfates de cuivre ou de fer, selon que l’on veut du bleu ou du jaune, et que l’on incorpore au mélange précédent en quantités variables suivant le ton désiré. Api'ès avoir bien brassé le tout, il n’y a plus qu’à couler ce mortier lentement dans le moule dont la forme et les dimensions sont celles de la plaque à obtenir. Il faut couler lentement pour ne pas incorporer dans la masse des bulles d’air qui compromettraient la solidité de la plaque.
- Bouchons pour flacons à produits chimiques. —
- Si l’on veut que le liège des bouchons soit mis à l’abri de l’action des produits chimiques, le plus simple est de les mettre tremper dans un mélange de 2 parties de vaseline et de 7 parties de paraffine, qu’on fait chauffer à 4o° Q. pour donner au tout la fluidité indispensable.
- Utilisation des vieux bouchons. — C’est une des nombreuses formes d’utilisation qu’on leur peut trouver. On en fait des blocs qui seront fort précieux logés dans les murailles, sous les planchers, sous les toitures, pour isoler de la température extérieure. Par exemple, on réduira les vieux bouchons en fragments de la grosseur d’un pois, puis on les mélangera bien avec de l’asphalte en poudre. Si on met le tout dans un récipient en fer que l’on puisse chauffer au bain-marie ou à la vapeur, on obtient une sorte de nougat où les morceaux de bouchons se trouvent enrobés dans l’asphalte fondu. On peut couler dans des moules métalliques très simples, et fabriquer de la sorte des blocs, plaques, de toutes formes. On peut aussi brasser les petits morceaux de bouchon dans un lait de chaux très épais ; on prépare ainsi un nougat d’un autre genre, que l’on peut mouler également. Pour qu’il fasse prise et durcisse convenablement, il faudra le laisser exposé durant des semaines à l’air, mais à l’abri de la pluie plutôt.
- Fausses peaux d’âne. — On prend de forts papiers, auxquels on donne des deux côtés deux couches de couleur au blanc de céruse encollé avec de la colle de peau. Pour donner la nuance jaune, on y ajoute un peu d’ocre. Quand le papier est sec, on lui donne une dernière couche avec du blanc de céruse broyé à l’huile de lin. On fait sécher et on passe par le cylindre. On peut écrire sur ce papier avec des crayons et effacer.
- p.2x166 - vue 598/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — L. D. Brignoh (Var). — Le seul moyen efficace est l’épilation électrique ; mais elle demande à être faite par un praticien tout à fait expérimenté. Comme palliatifs l’eau oxygénée qui décolore le poil et le fait tomber, les pâtes épilatoires (Voy. La Nature, 1908, Suppl., p. 61) qui détruisent le poil, mais non le bulbe pileux.
- M. A. Alfaro, à Jaen (Espagne). — Vous trouverez des moteurs à air comprimé à la Société Parisienne de l’air comprimé, 54, rue Etienne-Marcel, Paris ou à la Société des moteurs à air comprimé (système Mékarski), 9, rue de Clichy, à Paris.
- M. Stebbing, à Paris. — La présence de l’acide carbo-
- nique dans une chambre pourra être constatée en faisant passer au moyen d’un aspirateur ou d’un soufflet l’air de cette chambre dans un flacon renfermant de l’eau de chaux ou du baryte bien limpide qui se troublera aussitôt. On trouvera d’ailleurs ce gaz partout. Si on veut en connaître la quantité, on peut employer un des appareils destinés à cet usage, par exemple, celui vendu par M. Berlemont, 11, rue Cujas, Paris. Le sulfure de carbone se reconnaîtra dans un endroit, même en quantité excessivement faible, grâce à son odeur tout à fait caractéristique. Le dosage en est difficile et constitue une opération tout à fait technique.
- M. V. B., Constantinople. — Pour le dégraissage de la laine, il y a des procédés très nombreux, par le sulfure de carbone, le toluène, la benzine, etc. Vous trouverez sur ce sujet complexe une étude très complète dans les « Bulletins Technologiques » d’octobre, de novembre et décembre 1908, ô.'-rue Chauchat, Paris.
- M. L. Morel, à Coligny. — Le moteur à gaz pauvre, bien surveillé, sera le système le plus avantageux.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- La licorne chez les anciens et les modernes : E Trouessart. — Les cûbles électriques et les incendies : A. T. — Le nouveau bassin houiller lorrain : F. Aubry. — L’intérêt astronomique des expéditions polaires : Abbé Tu. Morbux. — Le palais des mirages au musée Grévin : G. Chalmarès. — Le choix des eaux d’alimentation publique : Ed, Bonjean. — Les hydroplanes ou bateaux glisseurs : René Ciiamply. — Nouveaux « autobus » parisiens : René Doncières.
- Supplément. — Mesure de la lumière des étoiles à l’aide d’un photomètre à sélénium. — Lampes à vapeur de mercure donnant de la lumière blanche. — Les causes de la décoloration des liquides colorés par différents charbons. — La monazite au Pôle Sud, etc.
- Géologie pratique et petit dictionnaire technique des termes géologiques les plus usuels. Engrais minéraux. Sources Explorations minières. Levés géologiques sommaires, par L. De Launay. 2e édition revue et corrigée. Armand Colin. Prix : 3fr,5o.
- Cet ouvrage a pour but de mettre les notions pratiques de géologie à la portée de ceux qu’effrayent, dans les géologies ordinaires, les nomenclatures stériles et les listes inutiles de noms barbares. Les 4000 exemplaires rapidement écoulés, qui ont rendu cette seconde édition nécessaire, montrent assez qu’il répondait à un besoin. L’auteur s'est efforcé d’y répondre en corrigeant et complétant de son mieux le texte et les figures.
- La materia radiante e 1 raggi magnetici, par Augusto Righi. 1 vol. de 3oo pages. Nicola Zanichelli, éditeur à Bologne. Prix : 8 lires.
- Cet ouvrage de la bibliothèque des « attualita scientifîche » constitue à la fois un exposé de l’état actuel de la science, sur le terrain des radiations, où tant de découvertes récentes sont venues bouleverser nos connaissances, et un résumé des travaux personnels de M. Righi a qui la physique moderne doit beaucoup. D’une rédaction fort claire, divisé en chapitres très nets, et fort bien illustré, ce livre réalise une œuvre d’excellente vulgarisation, en même temps que de science très élevée.
- Die wichtigsten Begriffe und Gesetze der Physik, par O. Lehmann, professeur de physique à la Technische Hoshschule de Karlsruhe. 1 brochure de 60 pages. Chez Julius Springer, à Berlin.
- Excellent petit livre d’enseignement, rédigé par un savant des plus distingués. Toutes les grandeurs physiques y sont définies avec concision et les unités
- qui servent à les déterminer sont fixées dans un système cohérent et pratique ayant pour base : le mètre, le kilogramme, la seconde.
- Pouzzoles antique (histoire et topographie), par Charles Dubois, ancien membre de l’Ecole de Rome. T vol. in-8° avec 56 illustrations et 1 carte, thèse de doctorat. Paris, chez Albert Fontemoing).
- Ce précieux travail d’une archéologie précise et d’une minutieuse érudition fait revivre l’antique cité romaine en pendant avec ses voisines de Pompéi et d’Herculanum dont elle complète l’image, en évoquant le souvenir du port commerçant et de ses relations avec l’Orient, Délos ou l Egypte. A signaler notamment les curieux chapitres sur les colonies tyriennes et hébraïques, sur l’importation des religions étrangères, Baals syriens, Soleil de Sarepta des Arabes, Yirgo Cœlestis de Carthage, etc. Les géologues trouveront discuté le problème bien connu relatif aux mouvements récents du sol que soulèvent les colonnes du Macellum (temple de Sérapis).
- Les rites de- passage, par A. van Gennep. Paris. E. Nourry, 1909. 1 vol. in-8°. Prix : 5 francs.
- Le livre de M. Yan Gennep, d’une lecture facile et souvent amusante, servira d une agréable initiation au lecteur averti de la prodigieuse diversité des cérémonies rituelles sur la surface du globe et soucieux de s’y débrouiller. Empruntant ses données aux domaines les plus divers de l’ethnographie et du folklore, l’auteur vulgarise avec aisance cette idée que tous les rites, quelle que soit d’ailleurs leur destination propre, ont en commun ce trait qu’ils servent à réaliser, pour le ou les individus qui en sont l’objet, le passage d’un milieu ancien à un milieu nouveau.
- Traité théorique et pratique des machines dynamoélectriques. Courants alternatifs, par Silvanus P. Thompson, directeur du collège technique de Finsbury, traduit de l’anglais, par E. Boistel. 4e édition française. 1 vol. illustré, 900 pages. Paris. Béranger, éditeur.
- Il serait superflu aujourd’hui de faire l’éloge du livre de M. Thompson. Grâce à l’excellente et consciencieuse traduction de M. Boistel, il a été lu et médité par tous les électriciens français. Bien ordonné, clair et précis, il a rendu de très grands services. Le développement rapide de l’industrie électrique exigeait cependant un remaniement de l’ouvrage. C’est surtout en matière de courants alternatifs que les changements ont été le plus considérables ; aussi M. Boistel a-t-il fait paraître d’abord le 2 e volume,
- p.2x167 - vue 599/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- celui consacré aux machines à courant alternatif, dont le besoin se faisait le plus vivement sentir. Malgré la refonde radicale de l’ouvrage, on y retrouvera les mêmes qualités de clarté et d’exactitude qui ont fait le succès des précédentes éditions.
- Construction des induits à courant continu. Coussinets, paliers et autres organes de transmission, par E.-J. Brunswick et M. Aliamet. i vol. Paris. Masson et Cle, éditeur. Prix : broché, ifr,5o (Encyclopédie des aide-mémoire).
- Ce volume fait suite à quatre autres précédemment publiés ( Théorie et règles de bobinage; manuel pratique du bobinier ; armature, croisillon et collecteur; arbres et tourillons), il s’occupe des coussinets, des paliers et des courroies. En dehors des questions
- usuelles, relatives aux paliers et aux courroies, les auteurs étudient le palier pour roulement à billes et le système de transmission nommé enrouleur Leneveu,
- L’homme s’envole. Le passé, le présent et l’avenir de l’Aviation, par Sazerac de Forge, capitaine breveté, i vol. in-8 de ioi pages, avec 4 2 gravures, broché. Paris, Berger-Levrault et C‘e, éditeurs, 5-7, rue des Beaux-Arts. Prix : ifr,25.
- Petite brochure, sans formules ni considérations scientifiques, par suite à la portée de tous.
- To the Top of the Continent; Discovery, Exploration and Adventure in Sub-Arctic Alaska; the First Ascent ofMount Mac-Kinley. 1905-1906. By Frederick A. Cook. Londres ; Hotter et Stoughton.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 avril 1909. 8U,9 W. N. W. 3. Couvert. 0,2 Averse à 3 h.; gouttes do 17 h. 30 à 18 h.; tr. nuag. jusq. 15 h.
- Mardi 13 10° 6 W. S. W. 3. Couvert. 0,0 Quelquefois des gouttes ; halo ; couvert.
- Mercredi 14 9°,7 S. W. 3 Couvert. » Couvert.
- Jeudi 15 5°, 9 N. N. E. 2. Brouillard. » Gelée blanche; brouillard jusqu’à 7 h.; peu nuageux.
- Vendredi 16 9°,2 E. S. E. 0. Nuageux. » Rosée ; halo ; peu nuageux.
- Samedi 17 95,4 S. E. 0. Peu nuageux. » Rosée ; halo ; peu nuageux.
- Dimanche 1S 10°.3 N. 1. Peu nuageux. » Rosée; halo; très nuageux; gouttes à 11 h. 30 à 18 h.
- AVRIL 190°. — SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 AVRIL 1909.
- Mercredi
- Vendredi
- Dimanche
- G MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN 6 MIDI 6 MIN. 6 MIDI G MIN G MIDI G MIN 6 MIDI. G MIN G. MIDI G
- 10
- 770
- 7G0
- 750
- 740
- 750
- I
- m
- 3 5° 30°|
- 25°
- 20°|
- 15°
- 10°
- !: 5°
- 0°
- 15°
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 12 au 18 avril. — Le 12. Les basses pressions du N.-O. s’étendent sur le continent : minimum aux îles Feroé, 744; Açores, 771. Pluies sur le N. Temp. du matin : Arkangel, ;—16°; Paris, 9; Alger, i3; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : n°,5 (normale : 90,2). — Le i3. Iles Feroé, 743; Swinemunde, 741; fortes pressions de la Gascogne aux Açores. Pluies sur le Centre et 10.; en France : Besançon, 5 mm; Cherbourg, a; Nantes, Le Havre, 1. Temp. du matin : Haparanda, — 170 ; Paris, 11; Alger, 14 ; Puy de Dôme, o ;'moyenne à Paris : 120 (normale : 9°,2). — Le 14. Pression générale basse, dépassant 760 sur le S. de la France et l’Espagne; extension vers le S. de la dépression écossaise : Shields, Hambourg, 747. Pluies sur le Centre et le N.-O.; en France : Besançon, 6; Charleville, 5; Dunkerque, 2. Temp. du matin : Arkangel, —i3°; Paris, 8; Alger, 18; Puy de Dôme, 4: moyenne à Paris : i2°,4 (normale : 9°,3). — Le i5. Hausse rapide sur le N.-O.; pression uniforme, voisine de 763, sur l’O. ; Varsovie; 746. Pluies sur le Centre, le N. et les Iles-Britanniques, en France : Nancy, Gris-Nez, 1. Temp. du matin : Ar-
- kangel, — ii°; Paris, 6; Alger, 21; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris : n°,2 (normale : 9°,5).— Le 16. Nouvelle dépression sur les Iles-Britanniques : Malin Head, 754 ; Skudesness, Cherbourg, 761 ; aire supérieure à 765 sur la plus grande partie de l’Allemagne et de l’Autriche. Pluies sur le Centre et le N.-O. Temp. du matin : Uleaborg, —8; Paris, 9; Alger, 17; Puy de Dôme, 10; moyenne à Paris : i3°,8 (normale : 9°,6), - Le 17.
- Malin Head, 748; Shields, Seydisfjord, 755. Pression voisine de 764 s.u» la moitié S. du continent. Pluies sur le N. de l’Europe et la Russie. Temp. du matin : Arkangel, — 3 ; Paris, 9; Alger, 16 ; Puy de Dôme, 7 ; moyenne à Paris : i3°,9 (normale : 9°,7). — Le 18. Baisse sur tout l’O., avec aire voisine de 765 de la Laponie et la Baltique à la Méditerranée orientale. Pluies sur le N.-O. et le N.-E. ; en France : Brest, 14; îles d’Ouessant, 12; Cherbourg, 1. Temp. du matin : Arkangel, —6°; Paris, 10; Alger, 28; Puy de Dôme, 10; moyenne à Paris : i3°,8 (normale : 9°,8). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 13, à 2 h. 3q m. du soir.
- p.2x168 - vue 600/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne a La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1875 — Ier MAI 1909
- supplément
- INFORMATIONS
- >-
- Fixation de l’azote atmosphérique par les plantes.
- — Le savant allemand Hellriegel a montré, il y a de longues années déjà, que certaines nodosités, fixées surtout sur les légumineuses absorbent directement l’azote de l’air pour le transformer en composés organiques. Un savant anglais, Jamieson, a découvert un nouveau mode de fixation de l’azote atmosphérique. Il reconnût que l’épiderme d’un grand nombre de plantes était recouvert de sortes de poils qui absorbent directement le gaz aérien, le fixent à l’état d’albumines, puis enfin se flétrissent en cédant aux tissus leur réserve azotée. En observant au microscope des préparations traitées par des réactifs colorant l’albumine, on peut en quelque sorte, voir la migration d’azote albuminoïde. Le fait est très général : des expériences faites récemment en Hongrie sur des espèces arborescentes ont absolument confirmé les théories de Jamieson.
- L’aluminium métallique en présence du lait ou du vin. — M. F. Fillinger a étudié la manière dont se comporte l’aluminium en présence de lait, de vin, ou de diverses eaux minérales portés à l'ébullition. Il a constaté qu’il n’y avait aucune attaque du métal, et par suite que les récipients en aluminium, au moins pour le lait et le vin, ne présentent aucun inconvénient.
- Un nouvel Institut de radium à Heidelberg. —
- Nous avons annoncé en son temps la création à Londres sous les auspices du roi d’Angleterre, d’un laboratoire du radium, laboratoire de recherches scientiques richement doté. Un laboratoire du même genre sera ouvert cette année en Allemagne, à Heidelberg et rattaché à l’Université bien connue de cette ville.
- Le rayonnement des corps noirs. — On sait qu’il existe une relation, très importante au point de vue scientifique et industriel, entre l’énergie rayonnée par un corps parfaitement noir et sa température. Celte relation se résume dans la formule de Stefan S = aT4, où S désigne-l’énergie totale rayonnée, T la température absolue. Des expériences dues au physicien allemand Kurlbaum attribuaient à la constante a la valeur 5,32 X 10“12 watt par centimètre carré. Elles viennent d’être reprises par M. Ch. Féry qui a été amené à rectifier le chiffre de Kurlbaum et à attribuer à a la valeur plus élevée de 6,3-2 x io~12. 1
- Briquets au thorium. — Le Dr Auer, l’illustre inventeur du manchon à incandescence, a réussi récemment à préparer un alliage de fer et de thorium qui jouit de remarquables propriétés. Il suffit d’un choc très léger contre un morceau de fer par exemple, pour provoquer des étincelles extrêmement brillantes ; les petites particules de l’alliage, détachées et échauffées par le choc s’oxydent, en effet, instantanément avec un dégagement de chaleur considérable. On peut mettre à profit cette curieuse propriété pour construire des briquets fort pratiques : l’amadou s’enflamme presque instantané-
- ment, sans les efforts parfois si pénibles nécessaires avec les vieux briquets à silex. Au reste, ce briquet, constitué avec une préparation chimique, mériterait mieux le nom d’allumette inusable. Il est inutile d’insister sur les services que peut rendre aux touristes, excursionnistes, explorateurs, cette invention. Elle n’est pas dépourvue non plus d’applications militaires, et pourrait être précieuse, dans tous les cas, pour les mises de feu d’explosifs.
- Préhistoire américaine. — Un journal quotidien anglais annonce qu’une découverte importante vient d’être faite par un explorateur-archéologue américain, M. B. E. Boud, qui a mis à jour, dans la montagne de San-Jacinto, près de la vallée de Coachella (sud-ouest des Etats-Unis), une ville préhistorique. Les premiers travaux auraient permis de reconnaître la présence d’un millier de maisons construites en pierres longues de 5,5o m.' sur une largeur de 4 m. et ne contenant chacune qu’une seule chambre. Elles paraissent être assez bien, conservées.
- L’extraction de l’étain des résidus de fer-blanc.
- — Nos lecteurs savent que c’est surtout l’étain contenu dans le fer-blanc qui constitue la valeur principale de ces résidus; aussi a-t-on depuis longtemps cherché à en récupérer l’étain. Jusqu’ici, l’extraction de l’étain du fer-blanc s’est faite au moyen du chlore; mais elle se fait aujourd’hui par voie électrolytique. Le fer-blanc, qui constitue l’anode, plonge dans une solution de soude; l’étain se trouve oxydé, dissous dans la soude et séparé ensuite à la cathode par l’action de l’hydrogène. Le fer, ainsi débarrassé d’étain, peut être utilisé pour ses emplois usuels et refondu au four Martin Siemens. Les chiffres suivants donneront une idée de l’importance économique de cette opération. En Allemagne, on traite annuellement 75 000 tonnes de résidus de fer-blanc, qui fournissent i5oo tonnes d’étain, soit 10 pour 100 de l’étain utilisé en Allemagne ; les autres pays européens traitent 25 000 tonnes, et les Etats-Unis 60000 tonnes; soit au total 160000 tonnes de résidus traités qui fournissent 3ooo à 35oo tonnes d’étain, ce qui représente 3,5 pour 100 de la production totale annuelle de l’étain.
- Eaux résiduelles de l’industrie de la cellulose. —
- Les eaux résiduelles de l’industrie de la cellulose renferment des matières organiques qui ne sont pas nuisibles par elles-mêmes pour les cours d’eau dans lesquels on les déverse, mais elles peuvent le devenir à la suite de fermentations. Pour éviter ces dernières, d’après M. Yogel, le meilleur procédé consiste à les amener à une dilution suffisante; et, à cet effet, les lessives de cuisson, dans lesquelles on a chauffé les matières cellulosiques en présence d’alcalis pour dissoudre les matières étrangères, sont diluées au moyen des eaux de lavage, puis déversées violemment dans le cours d’eau, afin d’en assurer le mélange. La neutra-
- p.2x169 - vue 601/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- lisation des lessives chargées d’acide sulfureux, ajouté parfois intentionnellement, paraît inutile, si toutefois la dilution est suffisante, car une dose de 1/2 milligramme d’acide sulfureux par litre est encore mortelle pour les poissons.
- Concours d’aviation à Douai. — La Section de Douai de la Ligue nationale aérienne, organise un grand concours d’aviation, doté de 4oooofr. de pi'ix au moins, qui aura lieu du 28 juin au 18 juillet prochain. Le programme du concours comprendra notamment les trois épreuves suivantes : Une épreuve de vitesse sur un circuit de a5oo m. ; une épreuve de maximum de parcours en circuit fermé qui constituera le grand prix de Douai et sera courue du 4 au *8 juillet inclus; une épreuve de maximum de parcours en ligne droite effectué d’Arras à Douai; la distance qui sépare ces deux villes est de a5 km et le terrain y est absolument plat et sans obstacles.
- Excursions aériennes. — Une puissante société, au capital de un million, vient de se constituer sous le nom de Compagnie générale Transaérienne. Ses directeurs, MM. Kapférer et Surcouf ont l’intention de construire des dirigeables et de mettre à la portée du public, à des conditions abordables, des excursions aériennes.
- Les environs de Paris à vol d’oiseau. — La première carte française destinée aux aéronautes et aux aviateurs, vient d’être publiée par les soins de l’Aéro-Club de France. Il s’agit des environs de Paris à vol d’oiseau, c’est-à-dire d’une véritable table d’orientation, en plusieurs couleurs, permettant de se rendre compte immédiatement soit à terre, soit dans l’air, de la direction que prennent les ballons et les aéroplanes. Cette carte à grande échelle, marque le début d’une série d’autres cartes aéronaùtiques qui, partant des environs de Paris, s’étendront bientôt à toute la France.
- Ligue d’aviateurs. — L’Association of British Aero-craft, fondée tout récemment par M. Pemberton Billing, l’aéronaute bien connu, vient d’acquérir à Fambridge un vaste domaine destiné à devenir le quartier général et le champ d’expériences des aviateurs d’outre-Manche. Traversé par la rivière Crouch, il est situé à 5a 1cm de Londres et à 20 km de la mer. Il était occupé par une société industrielle tombée il y a deux ans en déconfiture. Les bâtiments s’adapteront aisément à leur nouvelle destination. Parmi eux, une maison de deux étages offrira aux membres du club des salles de réunion, une salle dé dessin, un magasin pour un dépôt de pétrole. Treize ateliers pourront être transformés sans grandes dépenses en hangars, dont un long de 4g5o m. sur une largeur de 37 m. Les douze autres mesurent 6,5o m. sur 5,5o m. L’installation comporte en outre une machine à vapeur qui sera utilisée pour la production de l’électricité, tout en fournissant de la force motrice aux ateliers de réparation. L’Association s’engage à fournir à ses membres pour la somme de 375 £ (9375 francs), un aéroplane mû par un moteur de 20 chevaux. Enfin, elle se propose de grouper les grands propriétaires des districts côtiers pour qu’ils réservent sur leurs domaines de vastes emplacements à la disposition des aviateurs et aéronautes de leur circonscription, en vue de constituer une sorte de « cordon de défense aérienne » qui défendrait le territoire en cas d’invasion.
- L’électricité en Roumanie. — La municipalité de Bucarest va installer à Grazavehti une usine centrale électrique qui coûtera 2 millions et produira le courant nécessaire pour l’éclairage des quartiers excentriques et pour le réseau de tramways dont la construction va être entreprise prochainement; elle vendra également l’énergie électrique nécessaire aux installations industrielles.
- L’élevage du bétail en république Argentine. —
- D’après le recensement du bétail en Argentine, effectué en mai 1908, et résumé au Journal officiel, la valeur des différentes espèces d’animaux s’élevait, à cette époque, à 651,764,187 piastres-or (à 5 fr. l’une). La valeur des animaux recensés en 18g5 n’était que de 378,926,850 piastres-or, de sorte que la richesse des éleveurs s’est accrue, dans l’espace de treize ans, de 272,837,382 piastres-or. La constante diminution de l’espèce ovine, relevée de 1895, à 1908, est attribuée principalement au développement toujours croissant de l’agriculture : Il a, en effet, été constaté que dans la province de Buenos-Ayres qui a
- toujours été le centre le plus important de l’élevage du mouton, où la culture des céréales a pris une grande extension, et où la valorisation de la terre a atteint des' proportions exorbitantes, le nombre de ces animaux a diminué sensiblement, tandis que la contraire s’est produit dans d’autres régions de la république ; territoire du Rio-Negre, du Chubut, de Santa-Cruz et à la Terre de Feu, l’agriculture ayant, dans ces contrées, moins progressé, les prix des terrains sont par suite bien inférieurs à ceux des autres parties de l’Argentine. L’élevage se fait donc dans ces régions dans des conditions plus avantageuses. Par contre, le nombre d’animaux de l’espèce bovine s’est considérablement accru de 1895 à 1908 et, fait digne de remarque, c’est qu’en même temps que se produisait cette augmentation, de grands progrès ont été réalisés, non seulement dans l’amélioration des animaux de l’espèce bovine, mais aussi dans les espèces chevaline et ovine.
- États-Unis. Valeur de la production minérale en 1907. — D’après l'United States Geological Survey, la valeur des produits minéraux, extraits des Etats-Unis, suit, tous les ans, une progression vigoureusement croissante. On pourra se rendre compte de l’importance de cette production et de la progression par les chiffres ci-après : en 1907, la valeur globale atteint la somme énorme de 10 milliards 347 millions de francs, excédant de 8,68 pour 100, la valeur correspondante de 1906, de 27,33 pour 100 celle de 1905 et de 58,81 pour 100 celle de 1904. Les produits les plus importants sont le charbon et le fer qui représentent environ 55 pour 100 de l’ensemble. Le cuivre, les produits de l’argile et le pétrole 22 pour 100. Cela fait pour ces cinq produits 77 pour 100. Voici, exprimée en milliers de dollars (dollar == fr. 5,18), la valeur des principaux de ces pro-
- duits :
- Charbon .................... 614.799
- Fer..........................529.958
- Cuivre...................... 173.799
- Produits de l’argile .... 158.942
- Pétrole................. . 120.107
- Or ..... .................... 90.436
- Pierres...................... 71.106
- Ciment....................... 55.904
- Gaz naturel.................. 52.867
- Plomb........................ 38.708
- Argent ................... 37.3oo
- Zinc......................... 26.402
- Sable, etc................... 13.242
- Chaux........................ 12.640
- Phosphate................. 10.654
- Sel.......................... 7-44o
- Eaux minérales ...... 7.33a
- Zinc blanc.................. '6.491
- Ardoises...................... 6.019
- Soufre........................ 5.i43
- Il faut encore ajouter, pour les produits d’une valeur-inférieure à 5 millions de dollars, mais supérieure à 1 million, le gypse, l’aluminium, les couleurs minérales, l’asphalte, etc. L’Etat de Pennsylvanie occupe le premier rang avec une valeur de 657.783000 dollars; l’Ohio, qui arrive au second rang, représente une valeur inférieure au tiers de cette somme ; à la suite viennent dans l’ordre décroissant, l'Illinois, la Virginie Occidentale, le Colorado, le Michigan, l’état de New-York, le Montana, l’Arizona, la Californie, etc.
- A la recherche d’une cité antique. — C’est dans quelques jours, que commenceront enfin les travaux d’excavation sur l’emplacement de l’ancienne Adria, à quelque distance de l’Adria actuelle, qui, avec ses dix milliers d’habitants, n’a sans doute pas l’importance qu’eut la première. On se rappellera que celle-ci, fondée par les Etrusques, fut un port très florissant; qui donna son nom à la mer Adriatique. Au cours des âges, les alluvions du Pô et de l’Adige le comblèrent, et la mer recula ses rivages. Elle est maintenant distante de plus de 28 km. Le projet d’excavation avait été mis à l’étude depuis de longues années; mais des difficultés d’ordre financier, aplanies depuis peu, s’opposaient à sa mise à exécution. Les travaux seront poursuivis sous la direction d’un comité recruté parmi les archéologues italiens les plus réputés ; on croit qu’ils seront très fertiles en résultats, et qu’ils amèneront la découverte de véritables trésors archéologiques.
- p.2x170 - vue 602/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- ''Eclairage t'ï'Sfc
- Le flambeau-torche à acétylène. — Cet appareil remplace depuis quelque temps, dans le régiment des sapeurs-pompiers de Paris, l’ancien flambeau à pétrole auquel on reprochait de produire une flamme peu éclairante présentant tout à fait le même aspect qu une reprise du feu après un incendie. De plus, les mèches mouillées se rallument difficilement et le pétrole qui suinte forme un enduit gras dont s’enduisent les mains du porteur, ce qui lui enlève une partie de ses moyens lorsqu’il s’agit de monter à une échelle.
- L’acétylène était tout désigné pour prendre la place du pétrole à cause de la vivacité de sa flamme, de la propreté des appareils producteurs, de la facilité de rallumage après extinction accidentelle et aussi de la sécurité que ce gaz présente. C est maintenant chose faite : l’acétylène a pris possession de ce nouveau domaine.
- Le flambeau-torche imaginé par M. Henri Favrel possède le mérite d’être à la fois très robuste et très simple de mécanisme, facilement démontable pour l’entretien ; il, est pourvu de deux brûleurs et reçoit une charge de carbure suffisante pour donner un éclairage d’une durée de deux heures. L’appareil, en cuivre, cylindrique, mesure une hauteur totale de o,43 cm. y compris la douille dans laquelle on engage le bâton ; son diamètre est de 0,8 cm. seulement. Le réservoir supérieur A contient l’eau qu’un système distributeur à pointeau L laisse tomber sur le carbure renfermé dans le cylindre inférieur B. Une manette C permet de régler le débit de l’eau dont dépend la flamme des becs qui doit être d’une belle couleur blanche et ne faire entendre aucun sifflement. Les deux cylindres se vissent l’un au-dessus de l’autre après avoir interposé entre eux une rondelle I de cuir ou de caoutchouc. Le gaz produit dans le réservoir B s’échappe par le tube central H se terminant par le porte-becs E F pourvu d’un dispositif de protection G. L’orifice de remplissage est placé en D; il est fermé par un bouchon percé d’un trou de surêté et pourvu d’une chaînette qui l’empêche de tomber et de se perdre pendant le remplissage du réservoir A.
- La charge normale du carbure est de 4°° grammes donnant environ 120 litres de gaz; les brûleurs employés sont des becs Beay de 28 litres chacun. On peut également utiliser des becs de 21 litres si l’on désire augmenter la durée de l’éclairage qui, dans ce dernier cas, est de trois heures.
- Après avoir constaté, dans son rapport du i5 décembre 1908, que tous les régiments de sapeurs-pompiers de Paris sont actuellement pourvus dé ce nouvel appareil, le commandant Chevrier recommande également son usage aux sapeurs-pompiers des diverses communes du département de la Seine. C’est dire que le flambeau-torche à acétylène mérite d’être adopté par tous les services d’incendie de toutes les localités. — L’appareil est construit par M. Henri Favrel, ingénieur des Arts et Manufactures, 337, nie des Pyrénées, à Paris.
- Le flambeau-torche à acétylène. Fig. a.
- Coupe du flambeau-torche.
- Les enseignes lumineuses à allumage et extinction automatique sans moteur. — L’allumage et l’extinction automatiques des enseignes lumineuses s’obtiennent généralement au moyen de commutateurs
- actionnés par un petit moteur de 1/40 de cheval environ. Ces appareils sont très chers, leur fonctionnement n’est pas silencieux, et ils exigent des nettoyages fréquents. Le problème de la suppression du moteur est donc très intéressant. Il est actuellement résolu pour les faibles ampérages et pour l’allumage et l’extinction simples. Mais nous verrons probablement d’ici peu des appareils remplaçant le moteur dans les allumages les plus compliqués.
- Les mouvements d’horlogerie et les mécanismes avec électro-aimants ne faisaient que déplacer la question sans la résoudre; seuls, les appareils thermiques permettent des solutions vraiment pratiques. Les premiers systèmes de cette catégorie ont utilisé l’augmentation de tension de vapeur de l’alcool, et à cause de leur fragilité sont restés des curiosités de laboratoire. Citons seulement comme exemples le commutateur fig. x et l’interrupteur fig. 2. Dans le premier, un bouillant de Franklin K est fixé à un fléau de balance; à chaque exti'é-mité de l’appareil se trouve une lampe L, qui s’allume dès que le fléau bascule de son côté. L’alcool, chassé dans l’autre boule, fait alors basculer le commutateur, et les mêmes phénomènes se renouvellent en sens inverse. Dans l’interrupteur fig. 2, une résistance W assez forte est montée en série avec les lampes, qui ne peuvent éclairer. La chaleur développée dans cette résis-
- Quelques interrupteurs automatiques.
- 1, bouillant de Franklin; 2, à alcool bouillant;
- 3, dilatation d’un levier; 4> dilatation d’un ressort;
- 5, lames de laiton.
- tance chauffe le ballon, jusqu’à ce que les vapeurs d’alcool gonflent le soufflet de caoutchouc B relié au ballon, fermant ainsi un interrupteur S qui met la résistance en court-circuit. Les lampes s’allument alors, tandis que le ballon se refroidit; et au bout d’un instant, le contact étant rompu, les lampes s’éteignent de nouveau.
- Les systèmes plus récents reposent sur un principe analogue, mais utilisent la dilatation d’une tige métallique, sur laquelle est bobinée la résistance.
- De longues expériences ont été nécessaires pour donner au rupteur thermique sa forme définitive, car il a fallu surmonter de nombreuses difficultés, et l’appareil doit réunir des qualités en apparence incompatibles.
- La dilatation de la tige métallique est très faible, il est donc nécessaire de l’amplifier considérablement pour obtenir une rupture brusque et éviter l’oxydation des contacts. Un levier (fig. 3) peut remplir ce but, mais il est très difficile d’éviter le jeu dans les articulations, ce qui cause un fonctionnement irrégulier. La figure 4 représente une solution beaucoup plus élégante. La lame métallique, légèrement courbe, est par ses extrémités vissée sur une plaque de porcelaine Pour se dilater, elle doit augmenter son rayon de courbure, et vient alors en contact avec la vis platinée. Malheureusement, pour obtenir de l’appareil une vitesse de fonctionnement convenable, cette lame doit être assez épaisse ; et elle souffre beaucoup de ce ploiement continuel.
- Une deuxième condition est encore nécessaire pour obtenir un fonctionnement régulier : l’appareil doit être
- p.2x171 - vue 603/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- compensé contre les variations de température extérieure. Cette condition semble incompatible avec une sensibilité extrême; elle est cependant très importante, surtout si l’appareil est monté à proximité des lampes qu’il commande. Ces lampes étant justement allumées pendant que la résistance doit se refroidir, peuvent amener l’arrêt complet d’un appareil non compensé.
- La figure 5 nous montre un appareil nouvellement paru, qui a su réunir ces deux conditions. Il se compose de trois lames de laiton, réunies par leurs extrémités. Les deux lames extérieures, très flexibles, forment un losange allongé dont la lame médiane, épaisse, représente la diagonale. Cette diagonale porte la résistance, et en se dilatant, elle déforme le losange, produisant un très fort raccourcissement de la deuxième diagonale, suivant laquelle est disposée la vis platinée. Cette nouvelle forme assure donc une sensibilité extrême. Quant à la compensation, elle est parfaite, puisque les variations de température extérieure agissant sur les trois lames, le losange se dilate en restant géométriquement semblable à lui-même.
- Sur courant continu, et avec un condensateur, les contacts platinés supportent facilement 4^ ampères. Sur courant alternatif, les dangers de formation d’un arc sont beaucoup moindres, et il est possible d’aller plus loin. Le rupteur thermique remplace donc avantageusement le moteur; en intercalant un relais dans son circuit, il permet d’obtenir deux allumages alternativement, et en faisant fonctionner à la fois plusieurs rupteurs commandant chacun une couleur différente, on obtient des effets d’arc-en-ciel extrêmement curieux.
- Le problème de la publicité lumineuse sans moteur est ainsi résolu d’une manière satisfaisante; les appareils thermiques ne peuvent qu’obtenir un légitime succès, car ils suppriment d un coup les multiples inconvénients de leurs devanciers. — L’appareil n° 5 a été imaginé par M. Max Peaucellier, io, boulevard Raspail, Paris.
- Objets utiles
- Le cordon à chapeau « le Wind-Fooler ». — Voici revenus les beaux jours, le soleil et l'époque heureuse où les lourdes coiffures de feutre font place au léger chapeau de paille.
- On ne s’était guère avisé jusqu’ici de perfectionner le chapeau de paille. Sans doute, la mode se plaît à en varier les formes : mais les dispositifs mécaniques, si l’on peut dire, depuis fort longtemps, sont restés sans modification.
- Les inventeurs avaient peut-être jugé la matière trop
- Le « Wind-Fooler » et son mode d’emploi.
- futile pour attirer leurs efforts, M. Loubrie n’a point partagé leur avis. Le chapeau de paille par sa légèreté même est la proie tout indiquée des coups de vents et le cordon, qui tant bien que mal le préserve des envolées à la Wright, est insuffisant pour le maintenir sur le chef de son propriétaire.
- Pour empêcher par gros temps, le chapeau de se transformer en un petit cerf-volant, M. Loubrie a imaginé de faire du cordon à chapeau une véritable jugulaire qui prévient toute velléité d’indépendance. Le dispositif est fort simple : deux œillets doubles sont placés au ras de la calotte de chaque côté du chapeau. Le
- cordon est muni à l’une de ses extrémités d’un bouton à l’autre d’une boucle. Pour en faire usage, on le passe de haut en bas par l’un des œillets, de façon à ce que le bouton vienne buter contre le rebord du chapeau. Puis on le fait passer dans les deux œillets situés de l’autre côté du chapeau, comme l’indiquent clairement les figures ci-contre. On a ainsi une jugulaire extensible, d’aspect martial et d’usage fort pratique.
- Lorsqu’on ne fait pas usage du cordon, on l’enroule autour du chapeau, en le maintenant au moyen de deux œillets et on l’arrête en passant la boucle dans le bouton.
- Inutile de dire que le « Wind-Fooler» puisque tel est le nom que son inventeur lui a donné, peut être employé également comme un cordon ordinaire.
- Il concilie donc la tradition et le progrès. Son succès ne peut faire de doute. Le « Wind-Fooler » a été imaginé par M. Loubrie, de Bordeaux; il est en vente à la maison « Wind-Fooler », 184, cours d’Espagne, Bordeaux et chez Delion, 26, boulevard des Capucines, Paris. Prix : or‘,5o.
- Porte-fleurs pour autos. — Le
- petit objet figuré ci-contre résoud joliment le problème de fleurir sa voiture ou son auto, lorsqu on part en course longue ou brève et qu’on s’ennuie de partir sans œillets ou sans roses.
- C’est un charmant vase de métal, nickel argenté, argent ou or, en forme de tulipe, qu’on fixe aux parois de l’auto avec une petite patte et quatre vis, le tout fait exprès. — En vente chez Kirby Beard and C°, 5, rue Auber ; à partir de 25 francs (nickel doré).
- Le SalvOr. — Balai et plumeau semblent déjà, dans tout ménage un peu aisé, être démodés, depuis que le nettoyage par le vide a été imaginé. C’est avec raison d’ailleurs que ces primitifs ustensiles sont proscrits au nom d’une saine hygiène. Les médecins depuis longtemps déjà ont recommandé dans les hôpitaux, les cliniques, les bureaux de poste, le balayage humide. C’est un procédé parfaitement recommandable, mais pratique là seulement où le mobilier est sommaire.
- Dans un appartement muni de tentures et de tapis, comment employer un tel mode de nettoyage? C’est la question que se sont posée ceux qui ont imaginé le nettoyage par le vide, qui partait d’un bon principe : l’absorption des poussières, comme le fait, de façon si simple, le linge humide.
- Malheureusement il y a un défaut dans ce système; la succion opérée sur les tapis et les tentures est parfois tellement puissante, que les poussières ne sont pas seules à être aspirées et que les pauvres tapisseries ' sont arrachées, rongées par la trop gourmande aspiration. Il fallait donc pouvoir limiter le rôle de l’aspiration à une juste et convenable mesure.
- C’est ce que l’on a tenté dans le « Salvor ». Ce coquet appareil, qui peut fonctionner à main ou à électricité, sur un courant alternatif ou continu et qui, au repos, affecte la forme d’un élégant chiffonnier, combine l’effet d’un violent courant d’air, avec une aspiration réglable suivant les étoffes et tapis à nettoyer.
- Il permet donc d’éviter l’arrachement dans les tapisseries. Le courant d’air provoqué par quatre soufflets, absorbe la poussière dans une boîte où elle est forcée de se déposer;, pendant que l’air, qui l’a conduite là, s’échappe complètement filtré, aseptisé, et prêt à recommencer son service.
- Ajoutons que cet appareil ingénieux est fort robuste et paraît susceptible de rendre de grands services. — Le Salvor est en vente chez M. P. Rousseau, 114,* rue Saint-Maur, Paris.
- Le Salvor.
- p.2x172 - vue 604/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- La maladie du caisson. — Dans ces derniers temps le Dr Haldane, sur l’ordre de l’Amirauté anglaise, et MM. Léonard HUI et Greenwood, sur leur initiative privée, ont étudié expérimentalement la maladie du caisson, c’est-à-dire l'influence sur l’organisme humain de l’air comprimé. Ce sont les résultats de ces expériences fort intéressantes que nous avons l’intention de résumer dans cet article, d’après une discussion récente à la Société des ingénieurs civils de Londres.
- Jusqu’ici il était généralement admis que la cause principale de la maladie du caisson était 1 acide carbonique contenu dans l’air et que cette action était d’autant plus dangereuse que la pression subie était elle-même plus grande. Or, il résulte des expériences que l’acide carbonique, même à la dose de 3o pour 1000, n’a qu’une influence presque nulle sur la maladie du caisson. Toutefois, ajoute M. Hill, comme il est indispensable que les ouvriers travaillent dans une atmosphère aussi pure que possible, il est nécessaire de réduire à 10 pour 1000 la quantité d’acide carbonique contenu dans l’atmosphère du caisson et d’éviter, surtout, la présence de gaz dangereux, tels que l’oxyde de carbone, dans cet atmosphère. Un volume d’air correspondant à environ 200 m3 par homme et par heure permet d’obtenir ce résultat.
- Là maladie du caisson est due principalement à ce fait que, lorsque les ouvriers sortent du caisson, les gaz absorbés par l’organisme, pendant le temps que ces ouvriers restent soumis à l’air comprimé, n’ont pas eu le temps d’être expulsés complètement de cet organisme pendant la durée généralement courte de la décompression, c’est-à-dire de l’éclusage qui les fait passer de la pression du caisson à celle de l’atmosphère.
- Lorsqu’un ouvrier pénètre dans un caisson dans lequel l’air est comprimé à une certaine pression, les tissus de sop organisme absorbent les gaz qui composent l’air atmosphérique, c’est-à-dire de l’oxygène et de l’azote.
- D’après les expérimentateurs l’oxygène doit être mis hors de cause, parce que ce gaz qui a une très grande affinité pour les tissus de l’organisme humain, se combine chimiquement avec eux et n’a, par conséquent, aucune tendance à s’échapper sous forme de bulles au moment de la décompression, contrairement à l’azote.
- Quant à l'empoisonnement résultant de l’absorption de l'oxygène, ce danger ne peut être à redouter qu’avec des pressions très élevées. D’après M. Hill une pression de deux atmosphères d'oxygène pur est nécessaire pour produire un empoisonnement rapide par ce gaz. Dans les conditions ordinaires aucun danger d’empoisonnement par l’oxygène n’est à craindre pendant le laps de temps que les ouvriers restent dans le caisson, puisque, d’après les expérimentateurs, il faut une durée de séjour très longue, sous une pression de 7 atmosphères, pour que les premiers symptômes d’empoisonnement par l’oxygène commencent à se manifester.
- L’action de l’oxygène sur la maladie du caisson peut donc être considérée comme nulle d’après les expérimentateurs. C’est à l’absorption de kazote seul qu’il faut attribuer la cause principale de cette maladie, comme, du reste, l’avait déjà démontré Paul Bert, en 1880, à la suite d’expériences fort complètes et fort intéressantes.
- Lorsqu’un ouvrier est soumis à l’air comprimé, le sang dans les poumons dissout l’azote et l’amène dans les tissus qui, à leur tour, l’absorbent. Mais il faut un
- certain temps pour que le sang circule dans tout l’organisme et, par conséquent, il faut un certain temps pour que le corps tout entier se trouve saturé d’azote. D’après M. Hill, à la pression de deux atmosphères, il faut de i5 à 20 minutes, au moins, pour obtenir la saturation de certains organes par l’azote et un temps beaucoup plus long pour certains autres tissus.
- Un fait intéressant observé est celui de la puissance absorbante de l’azote par les hommes gras et de forte constitution qui, au lieu d’un volume d’azote par atmosphère absorbent vingt volumes et plus de ce gaz. D’où la conclusion qu’il faut exclure du travail dans l’air comprimé les hommes gras et ne prendre que des ouvriers jeunes, et de constitution nerveuse.
- S’il faut un temps assez long pour obtenir la saturation par l’azote de l’organisme humain, il faut un temps plus long encore pour obtenir la désaturation.
- Si, alors, la décompression est trop rapide, les hommes sortent du caisson ayant encore dans leurs tissus une grande quantité d’azote et celui-ci, étant à une pression supérieure à celle de la pression extérieure, s’échappe sous forme de bulles qui se confinent aux articulations et produisent des douleurs souvent très grandes. Si elles arrivent dans le système nerveux elles agissent sur lui et peuvent produire la paralysie. Si elles arrivent au cœur elles arrêtent la circulation et amènent la mort.
- Quelle peut-être, au point de vue physiologique, la durée du séjour des ouvriers dans l’air comprimé? Yaut-il mieux avoir des équipes longues ou des équipes courtes? Avec des équipes de courte durée, l’organisme n’aura pas eu le temps d’être complètement saturé d’azote et, ce qui est encore plus important, les ouvriers auront à subir une moins grande fatigue. Aussi M. Hill recommande-t-il des équipes de courte durée et d’autant plus courtes que la pression est plus élevée. Du reste, les statistiques démontrent que les accidents dus à l’air comprimé diminuent notablement lorsque la durée du séjour dans l’air comprimé diminue elle-même.
- Afin d’éviter la fatigue des ouvriers due à la grande chaleur et à l’humidité de l’air dans le caisson résultant de l’envoi dans celui-ci de l’air comprimé à la pression de 2 à 3 atmosphères, M. Hill ajoute qu’il est indispensable de refroidir cet air à la sortie des compresseurs et avant son introduction dans la chambre de travail. D’après lui il vaut mieux avoir un pourcentage plus élevé d’acide carbonique qu’une température chaude et humide.
- Quant à la durée de la décompression le Dr Haldane et M. Hill préconisent là méthode étagée. La pression dans le sas doit d’abord être abaissée de la pression primitive de 2 kg environ à la pression de 1 kg pendant un laps de temps d’environ 5 minutes, puis cette pression doit être maintenue constante pendant 10 minutes, pour être, enfin, définitivement amenée à la pression atmosphérique pendant 5 autres minutes, ce qui fait en tout une durée de décompression de la pression de a kg à o, de 20 minutes.
- M. Hill recommande de donner du café chaud aux ouvriers avant la décompression et non pas après comme cela se fait généralement et il ajoute qu’avec une sélection soigneuse des ouvriers, une durée de séjour bien proportionnée des hommes dans le caisson et une décompression étagée, il est possible de foncer des caissons sous des pressions qu’on considère actuellement comme dangereuses pour la santé des ouvriers.
- R. Bonnin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Craie verte. — Pour dessiner au tableau, on a souvent besoin de craies de couleur, et voici un moyen de se préparer des bâtons de craie verte. On mélange bien ensemble 8 parties de blanc d’Espagne pulvérisé et 2 p. de terre de pipe également en poudre, on ajoute enfin
- 1 partie de vert de Brunswick et assez d’eau pour que le tout (après malaxage et mélange) puisse former des boules ayant de la tenue, mais non pas une pâte. On laisse un peu sécher, et quand la consistance semble bonne pour le moulage (ce qui nécessite une certaine
- p.2x173 - vue 605/647
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- expérience), on moule dans des moules de forme convenable, ou du moins l’on s’arrange pour exercer une forte pression sur la matière.
- Trempe des objets en acier. — Voici, d’après la Revue de chimie industrielle, les bains à employer pour donner la trempe convenable aux divers objets en acier :
- Scies et ressorts divers : huile ou graisse animale.
- Ressorts de voitures, lames de cisailles : immersion rapide dans l’eau ordinaire.
- Outils tranchants : eau ordinaire (enduire l’extrémité avec de la résine avant la trempe).
- Ressorts en fils d’acier et petits outils : eau ordinaire, i litre ; gomme arabique, 3o à 40 gr. ou bien : eau résine et savon noir.
- Limes et râpes : eau, 1 litre ; sel ammoniac, 5oo gr. ; sel marin, 2,5oo kg.
- Outils très durs : eau, 100 litres; sel marin, 5 kg; alcool, 1 litre; acide sulfurique, i5 gr.
- Outils très durs à employer à froid : eau, 10 litres; acide sulfurique, 4o gr. ; acide azotique, 10 gr. ; acide pyroligneux, 10 gr.
- Outils délicats; burins, petits forets : suif mouton, 100 gr..; huile d’olives, 34o gr. ; résine, 5o gr. ; sel ammoniac, 20 gr.
- Trempe des petites lames et ressorts en ruban.
- — On trempe les petites lames pour la coutellerie fine et les ressorts d’horlogerie en les chauffant et en les plongeant ensuite dans une masse de cire minérale ou ozokérite.
- On réussit très bien, avec ce procédé, à tremper les aiguilles de machines à coudre, de bonneterie, etc.
- Pâte plastique pour imiter les ornementations en bois. — Pour la préparer, on emploie une poudre obtenue comme suit, et que l’on moule à la demande. On se procure de la sciure de bois, mais de bois tendre, et on la fait bouillir avec une solution de colle-forte et de verre soluble; on additionne encore d’une quantité de sciure suffisante pour que le tout donne une masse de la consistance de la pâte servant à faire le pain. Il faut, du reste, bien mélanger les ingrédients par un véritable pétrissage. On comprime cette pâte entre deux plaques de fer, puis on la fait sécher et on la pulvérise. Cette poudre à base de bois nous donnei’a la matière première cherchée. On peut la colorer avant emploi au moyen de couleurs diverses, rouge d’Angleterre, Cinabre, etc.
- L’importance du fluor dans les glaçures émaillées. — Les fluorures qu’on ajoute aux verres pour émaux sous forme de fluorures de calcium ou d’aluminium et de cryolithe (fluorure double d’aluminium et de
- sodium) ne serviraient, d’après un auteur allemand, M. Bock, qu’à abaisser le point de fusion du verre. Pendant la fusion, tout le fluor se dégage à l’état de fluorure de silicium et d’acide fluorhydrique, ce qui oblige le fabricant à prendre de grandes précautions hygiéniques pour empêcher les ouvriers de respirer ces gaz délétères. Après la fusion, ces verres ne doivent plus contenir trace de fluor et l’opalescence est due probablement à un silicate d’aluminium.
- On peut préparer des verres identiques sans employer de composés fluorés, mais alors la fusion se fait à une température plus élevée et d’une façon bien plus pénible.
- Laque fluide pour laiton et cuivre. — Il s’agit d’une laque répondant particulièrement bien à l’enduit des objets en métal présentant des perforations qui ne doivent pas être bouchées par le laquage. On fait un mélange en parties égales de benzol et d’huile de fusel, puis on en prend 4 parties et l’on additionne d’une partie de vernis.
- Le rajeunissement des noix. — Le rajeunissement des noix se fait avec une grande facilité. Il suffit de les immerger pendant 4 011 5 jours dans de l’eau salée à 5 pour 100. L’eau pénètre lentement à travers la coquille jusqu’à l’amande qui s’amollit et gonfle de telle sorte qu’on a l’illusion absolue de manger des noix fraîches. Le goût lui-même n’est pas modifié et la pellicule se détache tout comme si la cueillette venait d’être effectuée.
- Le sel a pour but d’empêcher la corruption de l’eau et de ralentir l’imbibition de l’amande par la difficulté qu’il crée au liquide dans son passage à travers les cellules de la coquille. Il est presque inutile d’ajouter d’abord que ce rajeunissement ne doit être fait que sur des fruits sains et destinés à une consommation immédiate ; enfin qu’il ne doit jamais porter sur des noix destinées à être mises en vente comme noix fraîches.
- Moyen de peindre sur une surface goudronnée.
- — Le goudron a de grandes qualités, il préserve notamment fort bien le bois de la pourriture ; . mais il est fort difficile de peindre à la peinture ordinaire par-dessus une couche goudronneuse. Un correspondant de Work conseille plusieurs méthodes pour empêcher que le goudron ne reparaisse à travers la peinture, en donnant à celle-ci une teinte jaunâtre. On peut, par exemple, passer une couche de vernis à la gomme-laque par-dessus la surface goudronnée, bien entendu en attendant au préalable que le goudron soit absolument sec et en opérant par une belle journée. C’est là un procédé relativement cher, d’autant qu’il vaut mieux appliquer deux couches successives, le vernis étant toutefois éclairci à l’alcool de méthylène.
- C’est ensuite qu’on pourra, sans inconvénients, peindre de la nuance que l’on voudra.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. E. Favre, à Mulhouse. — Vous trouverez dans la Collection des Merveilles chez Hachette, un ouvrage élémentaire sur les locomotives qui répondra à vos désirs.
- M. Cools, à Lierre, — Vous pourrez avoir des renseignements au sujet des machines à river chez MM. H. Schütte, 20, rue des Petits-Hôtels, Paris, ou Glaenger et Ferrand, 1, avenue de la République.
- M. Berthon, à Lyon.—Vous trouverez, croyons-nous, de bons embauchoirs métalliques, chez Eymin, 5t), boulevard Richard-Lenoir, Paris.
- M. Cordovil, à Portaligre. — Vous trouverez des ren-
- seignements dans les ouvrages généraux sur les gites métallifères, et les traités généraux de métallurgie. Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur la question.
- M. Maillard, à Paris. — Vous pourriez essayer, vos deux pendules étant primitivement au repos, de communiquer une oscillation à l’un d’eux, et par choc de premier sur le second, de mettre le deuxième en mouvement.
- Un abonné depuis 18 ans, à Gand. — Il vous faudrait un appareil enregisteur avec indication du temps, les appareils sont de construction courante chez les constructeurs d’appareils de physique. Mais ils sont coûteux.
- M. L. G., à Paris. — Il existe, en effet, des encres grasses utilisables avec les timbres en caoutchouc, pour oblitérer les timbres d’effets de commerce et d’acquit. Vous en trouverez chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris.
- p.2x174 - vue 606/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- Le chemin do fer éthiopien : Gaston Phélip. — Appareils de physique destinés à l’enseignement : G. Chaumarès. — Acoustique : la suppression de l’écho dans la salle du Trocadéro : Lucien Fournier. — Les tombeaux impériaux de la dynastie Mandchoue : Vicomte des Prades de Kleurelle. — Académie des sciences; séance des i3 et 19 avril 1909 : C11. de Ville-deuil. — Le fourgon automobile de la fourrière : G. P.
- Supplément. — Trajectoires réelles de brillants météores observés en 190S. — Nouvelle expédition antarctique. — L’exposition de physique. — Le point de congélation du lait et les falsifications. — La mouche tsé-tsé fossile. — Au Pfile Nord en ballon.
- La dégradation de l’énergie, par Bernard Brunhes. 1 vol. 400 pages. Paris. Flammarion, éditeur. Prix : 3,r,5o. (Bibliothèque de Philosophie scientifique).
- Quand le public cultivé parle de « conservation de l’énergie », il croit en général à la conservation de « l’énergie utilisable » ou de la « capacité de produire du travail ». Non content de dénoncer, une fois de plus, le contresens si usuel, l’auteur en a recherché les origines historiques. Quelles sont les diverses formes de l’énergie ; comment il y a des formes supérieures, utiles, et des formes inférieures, qui sont comme des énergies de rebut; comment les phénomènes naturels accusent un sens constant dans les transformations de l’énergie, c’est ce qu’expose avec détail une suite de chapitres consacrés au frottement, à la diffusion, "aux tourbillons des cours d’eau, aux réactions chimiques et aux phénomènes qui ont pour siège les êtres vivants ou les corps radio-actifs. C est à Sadi Carnot, qu’il faut attribuer le mérite d’avoir mis en évidence l’importance de la « qualité » de l’énergie; le principe énoncé par lui, repris par les physiciens anglais, sous la désignation significative de « dégradation de l’énergie », est d’une importance capitale que ne mettent pas encore assez en évidence nos ouvrages de physique classique. M. Bernard Brunhes en montre fort nettement, toute la portée. Son livre est à la fois un ouvrage d’enseignement excellent, et de haute portée philosophique.
- Le réglage des groupes électrogènes, par J. L. Routin, ingénieur-conseil, préface de M. H. Léauté. r vol. de i55 pages. Edition du journal La Lumière Electrique, 40, rue des Ecoles, Paris.
- Sans être électricien, chacun sait l’immense développement pris de nos jours par les distributions d’énergie électrique et les difficiles problèmes techniques que soulève cette évolution. L’un des plus ardus est, sans conteste, celui du réglage automatique des groupes producteurs d’électricité. M. Routin donne de cette question complexe, une étude complète et approfondie. Sa grande expérience, en cette matière, lui a permis de donner un travail à la fois théorique et de la plus haute portée pratique. Il a mis en lumière, ce qui n’avait jamais été fait jusqu’ici, avec autant de netteté, les réactions mutuelles qui s’exercent entre la partie mécanique et la partie électrique d’une installation. Bref, étude consciencieuse et originale, riché en résultats pratiques.
- The origin and development of the moral ideas, par Edward Westermarck:. Londres. Macmillan and G0. 1906 et 1908. 2 vol. in-8°, xxi-716 p. et xv-852. Le volume, 14 sh.
- Tout le monde connaît le célèbre passage où Pascal marque si fortement la diversité des règles et des jugements moraux : « Trois degrés d’élévation du pôle, renversent toute la jurisprudence. Un méridien décide de la vérité; en peu d’années de possession, les lois fondamentales changent-: le droit à ses époques. L’entrée de Saturne au Lion nous marque l’origine d un nouveau crime. Plaisante justice qu’une rivière
- borne! Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà. » Quelle est l’origine de cette diversité ? Pourquoi d’autre part certaines règles sont-elles universelles ? En face de ces questions, M. Westermarck s’est trouvé conduit, pour les résoudre, à faire une sorte d’histoire naturelle des idées morales, c’est-à-dire à les étudier dans leurs origines et dans leur développement, cherchant ainsi, comme Pascal, la clé des identités et des différences dans les coutumes des nations et des peuples divers. Admirablement maître de l’immense matériel ethnographique qui a été une des plus belles acquisitions du dernier siècle, M. Westermarck a donc été amené, par l’ordre de ses recherches, à faire un exposé des croyances morales les plus diverses aux degrés les plus divers de civilisation, et son livre est ainsi devenu, autant que la chose est actuellement possible, une véritable somme, un inventaire ët un catalogue de ces croyances. C’est ainsi qu’on lira avec le plus vif intérêt l’histoire des idées relatives à l ho-micide en général, au meurtre des parents, des enfants, des malades, des femmes, des esclaves, au sacrifice humain, au rachat par le sang, à la peine de mort, au duel, à la charité, à la générosité, à l’hospitalité, à la condition des enfants, des femmes, des esclaves, au droit de propriété, à la véracité et à la bonne foi, au suicide, à l’ascétisme, au mariage, au célibat, à l’attitude à observer envers les animaux, les morts (cannibalisme), les dieux, etc. Aussi cet ouvrage, en plus de son intérêt particulier, est-il à mettre de pair, pour la magistrale promenade qu’il fait accomplir au lecteur depuis les civilisations primitives jusqu’aux nôtres, avec les plus beaux travaux publiés depuis cinquante ans dans cet ordre d’idées et doit figurer dans toute bibliothèque ethnographique, à côté des recueils de Bastian, de Tylor, de Wundt et de quelques autres.
- Etirage, tréfilage, dressage des produits métalliques, par Georges Soliman, ingénieur des Arts et Manufactures. 1 vol., de Y Encyclopédie des Aide-Mémoire, avec 21 figures. Masson et Cie, éditeurs. Broché, 2fr,5o.
- L’auteur a résumé dans ce volume, tout ce qui peut être dit sur les propriétés, la fabrication et la transformation en produits finis des produits métallurgiques étirés. Les deux premiers chapitres sont consacrés au rappel des propriétés mécaniques des métaux et à l’étude des phénomènes de recuit et d’écrouissage. Ces préliminaires indispensables permettent de comprendre les opérations d’étirage qui sont décrites dans le troisième chapitre. Le^guivant s’occupe du tréfilage de l’acier, du cuivre, du laiton, du bronze. Enfin, le dressage fait l’objet du dernier chapitre.
- La force motrice et Veau à la campagne, par R. Cham-ply. Captage. Puisement. Irrigation. ' Réservoirs. Pompes. Moteurs. Moulins à vent. Turbines. Canalisations. Fondations. Epuration. Labourage. Electricité. 1 vol. grand in-8° de 460 pages avec 286 gravures. H. Desforges, éditeur, 29, quai des Grands-Augustins. Prix broché : 7fr,5o.
- fIl faut à la campagne chercher l’eau dans le sol, la puiser par les moteurs et les pompes, la répandre par les réservoirs et les canalisations, l’épurer pour la consommation. Tout cela est traité d’une façon pratique dans le livre de M. Champly, avec des croquis et des gravures explicatifs suffisamment nombreux pour que le travail puisse être exécuté par les plombiers, les mécaniciens et les maçons de nos campagnes.
- Organisation et fonctionnement des ateliers de travail du bois, par M. M. Barbet, ancien élève de l’Ecole polytechnique et Lance, ingénieur des Arts et Manufactures. Yol. grand in-8°, broché de 272 pages et 96 figures. Paris. Société d’Editions techniques, 16, rue du Pont-Neuf. Prix : 7tr,5o.
- Le livre de MM. Barbet et Lance, un des rares ouvrages consacrés à la technique du bois, présente
- p.2x175 - vue 607/647
-
-
-
- l51BL,JUUKAPti]R
- une réelle importance. 11 décrit l’installation des divers ateliers de travail de bois, les nouvelles machines susceptibles d’être utilisées, étudie la conservation et la coloration du bois, la prévention des accidents des machines de bois, et les moyens à prendre contre l’incendie.
- Recherches spéléologiques dans la région du Pic Saint-Loup, par M. Gennevaux et A. Mauciie. In-8°, 34 pages, iig. et pl. (Extr. du Bulletin de la Société languedocienne de Géographie, t. XXXI, p. 86, 1908).
- Intéressante et soigneuse étude sur l'exploration souterraine (1906 et 1907) des grottes et abîmes du Pic Saint-Loup (Hérault) entre Montpellier et Ganges : on ne savait rien des cavités innombrables de ce massif de calcaire crétacé, d’où s’échappent les sources
- du Lez et du Lirou. Les avens y mesurent jusqu’à 120 mètres de profondeur; les animaux morts qu’on y jette contaminent les eaux souterraines.
- Relia protezione offerla dai parafulmini. Mémoire du professeur Ignasio Galli. Roma. Tipographia ponti-îicia delt’ Instituto Pio IX.
- L’étude de la foudre présente encore bien des points mystérieux. Le professeur Galli apporte à cette importante question une utile contribution,
- Le four électrique, son origine, ses transformations, ses applications, par Ad. Minet. 3° fascicule. Travaux récents. Le four Clerc-Minet; galvanométrie; pyrométrie. L’arc voltaïque. 1 vol. grand in-8 broché, 22 ligures et 10 tableaux. Paris. Desforges, éditeur. Prix : 2f‘,5o.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5o“,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES BU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 avril 1909. 10'* 0 N. E. 2. Beau. fi,s Rosée; lailde brouill.; peu nuag.; halo; orage le soir et pluie.
- Mardi 20 10°.3 W. 4. Nuageux. 0,3 Averses le matin; nuageux.
- Mercredi 21 7°.9 E. S. E. 1. Peu nuageux. D Gelée blanche ; peu nuageux ; halo.
- Jeudi 22 . . ..... 41°, 0 W. 3. Couvert. 0,0 Rosée; nuageux; halo; pluvieux à 8 h. et 20 h.
- Vendredi 25 12» 3 S. S. VV. 5. Très nuageux. 2,1 Pluie le malin ei averse à 15 h.
- Samedi 24 14°,2 S. 3. Beau. 12,4 Ros.; nu,ag.; orage de 17 h.53 à 20 h. 50 du S. W. au N. E.; pluie.
- Dimanche 25 10\4 S. S. W. 4. Peu nuageux. » Nuageux ; halo.
- AVRIL 1909. — SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 AVRIL 1909.
- La courbe supérieure indique la nébidosilé de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 19 au 25. — Le 19. Basses pressions sur tout l’O. : Vàlencia, 760; fortes pressions sur l’extrême N. et le S.-E. Pluies sur l’O.; en France : Nantes, Besançon, Boulogne, 1; Brest, Cherbourg, 2; Clermont, 5. Temp. du matin : Arkangel, —8°; Paris, 10; Alger, 17; moyenne à Paris : i6°,6 (normale : io°). — Le 20. Aires de pression supérieure à 765 sur l’Espagne et le S.-O. de la France, et la Scandinavie : Biarritz, 769; Nantes, Lyon, Stockholm, 766; dépression sur le N. des Iles-Britanniques : Stornoway, 749- Pluies générales et abondantes; en France : Le Havre, 22; Cherbourg, Calais, 8; Paris, 7; Toulouse, Marseille, 3. Temp. du matin : Kuôpio, —8°; Paris, 10; Alger, 18; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : i2°,2 (normale : io°,i). —Le 21. Baisse lente sur le S.-O. de la France, l Espagne et l’Irlande (752); Christiania, 768. Pluies sur le N.-O. et le Centre ; en France : quelques ondées dans le Midi. Temp. du matin : Arkangel, —70; Paris, 8; Nice, 17; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : i2°,4 (normale : io°,2). — Le 22. Centre cyclonique important au large de l’Irlande : Yalencia, 737. Quelques pluies sur les Iles-Britanniques et la Russie; en France : Biarritz, i4; Toulouse, 11 ; Bordeaux, 9; Belle-Ile, Limoges, 1. Temp. du matin : Kuopio, —4°; Paris, 11; Alger, 18;
- Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : i4°,i (normale : io°,3). — Le 23. Dépression sur tout le N.-O. : Irlande, 741 ; bande, supérieure à 765 de la Laponie à la mer Noire. Pluies sur les Iles-Britanniques, les Pays-Bas, l’O. et le N. de la France : Brest, Nantes, 4; Rochefort, Cherbourg, Dunkerque, 2; Paris, 1. Temp. du malin : Arkangel, —6°; Paris, 12; Alger, 27; Puy de Dô.ne, 7; moyenne à Paris : i4°,5 (normale : io°,5). — Le 24. Pression inférieure à j55 sur les Iles-Britanniques, la mer du Nord et le N.-O. de la France; aire anticyclonique sur l’Italie et la péninsule des Balkans ; Livourne, 768. Pluies sur l’O. et le Centre de l’Europe; en France : Brest, 6; Cherbourg, 2; Nantes, Paris, 1. Temp. du matin : Arkangel, — 4°1 Paris, 14; Alger, 23; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris : i6°,7 (normale : io°,6). — Le 25. Les basses pressions s'étendent sur la mer du Nord et l’Allemagne : Oxo, 75o; Berlin, 755; Vienne, 760; Rome, 766. Pluies sur le N. et l’O.; en France (orages dans le N. et l’O.) : Paris, 13 ; Biarritz, 12 ; Boulogne, 10; Nantes, 4’• Cherbourg, 3. Temp. du matin : Arkangel, —90; Paris, 10; Alger, 19; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : 13° (normale : io°,7). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 20, à 5 h. du matin.
- p.2x176 - vue 608/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- ' DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >*o, Boulevard Saint-Germain, Parie (VV)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N# 1876 — 8 MAI 1909
- supplément
- INFORMATIONS
- ><
- Recherche photographique de la comète de Halley. — La comète se trouvait dans la position la plus favorable pour l’observation au moment du solstice d’hiver dernier. Sa recherche a donc été entreprise, à l’aide du réflecteur de 2 pieds de l’Observatoire Herkes, entre le 22 décembre 1908 et le 19 janvier 1909. M. O.-Q. Lee donne le détail des recherches effectuées dans Popular Astronomy. On a utilisé une éphéméride calculée, il y a plus de deux ans déjà, par F.-E. Sea-grave, de Providence (Etats-Unis). Plusieurs photographies ont été prises, et quoiqu’elles aient été examinées avec le plus grand soin, aucune trace de la comète n’a pu être reconnue. Comme la grandeur théorique de la comète à cette époque était de 17,5. cette ^recherche semblerait conduire à la conclusion que la comète se trouvait à plus de i° en déclinaison et de 20 en ascension droite de la position calculée, ou encore qu’elle était moins lumineuse que la 17e grandeur photographique. Cette dernière conclusion est peut-être la plus exacte, en raison de l’accord qui existe entre les positions calculées séparément par M. Seagrave et par MM. Co-well et Crommelin.
- Une explication des phénomènes de Vénus. —
- Dans une note parue dans les Monthly Notices de la Société royale astronomique (Vol. LXIV, n° 3), M. A.-W. Clayden expose une nouvelle théorie des particularités présentées par la planète Vénus. Après avoir rappelé, puis montré l’insuffisance de plusieurs hypothèses avancées jusqu’ici, il conclut que par suite de courants de convection existant dans l’atmosphère de cette planète, un grand nombre de nuages du genre cirrus, toujours légers, et généralement dispersés, prennent naissance. Ils flotteraient dans la partie supérieure de l’atmosphère de Vénus et couvriraient la face éclairée d’un siéger voile. L’auteur montre comment la théorie avancée par lui rend compte des phénomènes bien connus, mais jusqu’ici inexpliqués, et qui sont : l’augmentation d’éclat du limbe relativement à l’éclat du centre du disque, la prolongation des cornes; l’apparence de points lumineux détachés au delà des extrémités des cornes; l’absence occasionnelle de cornes, l accélération de la phase dans l’élongation orientale; le retard de la phase dans l’élongation occidentale; l’estampement de l’éclat assez loin du terminateur, le contour variable du terminateur; la présence de faibles bandes d’ombre sensiblement parallèles, et à une certaine distance, du terminateur; l’aspect granulé de la surface; enfin l’an; neau de lumière ou lors des conjonctions inférieures.
- Le XVI0 Congrès international de Médecine. —
- Le XVIe Congrès international de Médecine aura lieu à Budapest du 29 août au 4 septembre. On trouvera tous les renseignements nécessaires dans la brochure gratuite publiée par le Bureau du Congrès. (S’adresser au Bureau du XVIe Congrès international de Médecine, VIII, Esterhazy-utcza 7, à Budapest, Hongrie.)
- Les débuts de l’âge du fer. — On croit d’ordinaire que l’emploi du fer est d’origine africaine, ou tout au moins asiatique. M. Ridgeway, résumant les recherches récentes dans son travail The beginning of iron (analysé dans la Revue des études ethnographiques et sociologiques, 1908, p. 536), montre qu en réalité les Egyptiens ne travaillèrent pas le fer avant le ix° siècle avant notre ère, que les Lybiens ne l’employaient pas encore vers 45o av. J.-C., que les Sémites ne l’auraient emr prunté que tardivement, que l’Ouganda ne le connaît que depuis 5 ou 6 siècles. D’autre part, la Chine ne le mentionne qu’en 400 av. J.-C. et employait encore des armes de bronze en 100 ap. J.-C. et le Japon en 700. Pour M. Ridgeway c’est l’Europe centralé, particulièrement la Norique, qui doit être regardée comme lé centre de diffusion de la métallurgie du fer, car c est seulement à Hallstatt qu’on voit l'introduction du fer sé produire peu à peu, d’abord à simple titre d’ornementation du bronze, jusqu’à ce que celui-ci disjaaraisse enfin complètement devant son rival. Le fait est le même dans les nécropoles transylvaines et bosniaques, régions d’oii l’ëminènt archéologue fait descendre en Grèce* les Achéens et les Doriens. Partout ailleurs, au contraire, le fer s’établit brusquement, ce qui implique une origine étrangère. Bien entendu, M. Ridgeway n’avance pas que le fer ait été inconnu ailleurs qu’en Europe centrale. Il remarqué justement au contraire que ce métalétait connu en Egypte de toute antiquité sous sa forme météorique, màis il y* était tràvaillé à la façon du siléx, c’est â-dire taillé, et non pas fondu comme métal. C’est la technique du fer en tant qué métal qui serait ainsi, d’après M. Ridgeway, originaire de 1 Europe centrale.
- Construction d’un chemin de fer à la Côte d’Or.
- — Le gouvernement de la Côte d’Or a décidé la construction d’une ligne de chemin de fer d’une longueur' de 4° milles environ, partant d’Accra pour aboutir à Mongase, dans le district d’Awkapim, où l’on cultive le cacaoyer sur une grande échelle. Cette entreprise, soumise à une adjudication publique, a été confiée à une maison de Dublin. Les travaux de terrassement ont déjà commencé et la ligue dont il s’agit sera éventuellement reliée à celle existant déjà entre Sekoudi et Coomassie.
- Le froid et les animaux. — Le rude hiver que nous venons de traverser, et les brusques changements de température qui l’ont marqué, ont été particulièrement néfastes aux pensionnaires des jardins zoologiques, qui ne peuvent supporter la captivité qu’à condition de jouir d’une température égale, dans leurs abris. À Hambourg et à Anvers, le froid a décimé les collections. Nous avons des chiffres précis, en ce qui concerne le Zoological Garden de Regents’ Park, où l’hiver a causé la mort de 1737 animaux, sur un ensemble de 5748 pensionnaires. Bien que protégés par un système de chauffage fort bien organisé, les reptiles ont particulièrement souffert, surtout ceux de petite taille. La perte la plus sensible a
- p.2x177 - vue 609/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- été celle de deux serpents géants, un boa et un python, emportés l’un et l’autre par la pneumonie. Deux tortues gigantesques des Iles Galapagos (l’une deux fois centenaire) ont été enlevées par la même maladie.
- Les budgets « aériens » des grandes puissances.
- — Une Note du War Office au Parlement Britannique établit comme suit la comparaison des dépenses supportées en 1908 par les principales nations européennes pour la construction de dirigeables ou la poursuite d’expériences intéressant la navigation aérienne. Dans ces chiffres ne sont pas comprises les dépenses engagées par des particuliers :
- Allemagne . ..............9.968.275 francs.
- France.......................1.192.500 —
- Autriche-Hongrie.............. i37.5oo —
- Angleterre.................... i3i.75o
- Ces totaux se répartissent comme suit : Allemagne. — Crédits du Ministère de l’Intérieur pour l’achat des
- « Zeppelin »............»... 2.687.500 francs.
- Pour la solde du bataillon des
- aérostiers.......................... 655.775 —
- Souscription pour le Fond Zeppelin. 6.625.000 —
- France. — Entretien des écoles d’aérostiers, solde, frais d’expériences. 180.000 —
- Nouveau matériel et constructions . 3oo.ooo —
- Entretien des unités existantes. . . 712.500 —
- Autriche-Hongrie. — Coût et entretien de l’Ecole d'aérostiers de Vienne, solde des soldats, etc. . 75 000 —
- Achat de ballons........................ 62.S00 —
- Angleterre. — Dirigeables............... 49-Soo —
- Aéroplanes.............................. I2.25o —
- Comme il s’agit d’un document officiel, nous ne nous permettrons pas de discuter ces chiffres ou même de mettre en doute leur exactitude. En les reproduisant, les journaux de Londres constatent amèrement que l'Allemagne dépense presque 80 fois plus que l’Angleterre pour se doter d’une flotte aérienne.^
- Torpilles aériennes. — Certains journaux allemands avaient parlé à mots couverts, 1 an dernier, d’expériences poursuivies dans le plus grand secret aux usines Krupp, relatives à un mystérieux engin qu’ils appelaient la torpille volante. Le correspondant berlinois du Daily Express a pu obtenir des informations assez précises sur ce sujet. La maison Krupp, à Essen, a réellement passé un contrat avec l’inventeur, M. Weichert, professeur à 1 Institut météorologique de Goettingen, lui assurant une annuité de i2 5oo francs pour poursuivre ses expériences sur les terrains de l’usine. L’engin est une sorte d’aéroplane mû par un petit moteur électrique, et emportant une torpille à la vitesse de 12 ou i3 km par minute. Les essais de vol auraient donné des résultats très satisfaisants, aussi bien avec un modèle réduit qu’avec un engin pesant 80 livres. M. Weichert croit avoir trouvé le moyen non seulement de gouverner l’engin par l’action des ondes hertziennes, mais de provoquer l’explosion à distance à un moment déterminé. D’après le correspondant anglais, l’invention serait déjà au point, et l’Allemagne serait bientôt en possession d’un engin des plus redoutables. On ajoute que le professeur Weichert veut appliquer son invention à des recherches scientifiques qui pourraient rendre les plus grands services aux aéronautes, car ses petites machines volantes seraient utilisées à l’étude de l’atmosphère dans les hautes altitudes. Gouvernées par les ondes hertziennes, elles pourraient s’élever très haut dans les airs, puis redescendre à leur point de départ. Il va de soi que nous reproduisons ces informations sous toutes réserves.
- L’étude des poussières de houille en Angleterre.
- — La Nature a donné récemment une étude détaillée de la belle galerie d’essais installée à Liévin pour y étudier spécialement le danger des explosions de poussières dans les mines. L’importance de ce problème est aujourd’hui comprise dans tous les pays. En Angleterre, on a installé à Altofts une galerie d’essais de 24° m- de longueur, 2,3o m. de largeur. L’Association minière de
- Grande-Bretagne a affecté à cette organisation un crédit de 25oooo fr. M. Leprince-Ringuet, dans les Annales des Mines, étudie le fonctionnement de cette galerie : L’inflammation des poussières est réalisée par un coup débourrant à la poudre noire, au moyen d’un mortier assez léger pour pouvoir facilement être posé sous des inclinaisons variables en un point quelconque de la galerie. La station comporte un certain nombre d’accessoires parmi lesquels on doit signaler un appareil pour prendre des vues cinématographiques qui permettent de retrouver, avec leurs durées, toutes les phases d’une expérience.
- Travaux publics en Turquie. — Le ministre des Travaux Publics ottomans vient de soumettre au grand-vizir un vaste programme de travaux urgents à exécuter : 3o 000 km de routes; 1720 km de voies ferrées en Europe ; 7945 en Turquie d’Asie ; 7 forts à construire,
- 185 millions de travaux d’irrigation à effectuer en Mésopotamie.
- La population de l’Allemagne. — On vient de publier les résultats du dernier recensement effectué le 12 juin 1907. La population de l’empire germanique était à cette date de 61 720525 personnes, contre 60641 278 en décembre 1905. Soit une augmentation annuelle de 1,78 pour 100, en légère diminution sur Faccroissement annuel de la période 1900-1905. La population de la Prusse est de 37989893 habitants, celle de la Bavière 65g8i68, celle de la Saxe 4585 5oo, celle de Wurtemberg 2 3386io, celle du grand-duché de Bade 2 057 561, celle d’Alsace-Lorraine 1820249.
- Les services de la Bibliothèque Nationale en 1908.
- — On sait que l’année 1908 a été marquée, à la Bibliothèque nationale, par une série de réformes fort heureuses pour accélérer le service des communications dans la salle de travail et la mise à la disposition des lecteurs des volumes nouvellement entrés. Ces mesures ont abouti à abaisser d’une demi-heure à un quart d’heure la moyenne du temps 'qui s’écoule entre la demande du livre et sa remise au lecteur. En,même temps, des dispositions nouvellès permettent de communiquer, dans un délai moyen d’un mois après leur entrée à la Bibliothèque, les volumes qu’elle reçoit du dépôt légal ou qui proviennent des dons et des acquisitions. Enfin, le service de la reliure a été remanié. Voici d’autre part, d’après le rapport annuel, le tableau de l’activité de la’ Bibliothèque en 1908 : dans la salle de travail : 175886 lecteurs (58ogg6 volumes communiqués); dans la salle publique : 4*276 (64211 volumes); dans la salle de géographie : 2205 *34go3). Accroissement des collections par dépôt légal : Seine : livrés et brochures, 43.49’. journaux quotidiens, 60000: publications périodiques. 465oo ; musique, 9617. Départements : livres et brochures, iiiq3; affiches électorales, 20000; journaux et périodiques, 356ooo. -rr Par acquisitions : .livres étrangers, 9791 ; livres anciens, 297; revues et périodiques étrangers, 70343 numéros ou fascicules. — Par dons : 3724 numéros formant ensemble 5ooo volumes. — Section de géographie: dépôt légal, 3i8; dons, 423 ; acquisitions, 5a8. Parmi les dons il faut signaler celui de M. Louis Delamarre, qui, en 1907, avait déjà procuré à la Bibliothèque nationale un magnifique exemplaire du Plutarque de 1574, relié aux armes de Charles IX, et qui a offert cette année un volume non moins précieux, recueil contenant dix discours de Cicéron, imprimés par Michel Vascosan de i54o à 1547» et dont la reliure mosaïque est un superbe spécimen de l’art du xvi® siècle. A noter également l’acquisition de plusieurs incunables de valeur,
- L’île Déception. — L’île Déception (Shetlands du Sud ) que la Mission antarctique française dirigée par le Dr Charcot a quittée le 25 décembre dernier, se dirigeant vers le sud, est un ancien volcan et l’activité souterraine est loin d’y être disparue. M. A. Senouque, chef du service magnétique et photographique de la mission, écrivait que cette île a d’assez nombreuses' sources chaudes. A 600 m. d’altitude, il a mesure, à' o,5o m. de profondeur une température de 43°J La mission a pu observer à l’île Déception l’éclipse de soleil du 23 décembre. Cette éclipse était totale et annulaire le long d’une ligne passant sur l’océan Atlantique et l’océan Indien, à égale distance du cap de Bonne-Espérance et du continent antarctique. A l’île Déception, la phase était des 4/10 du soleil environ. . :
- p.2x178 - vue 610/647
-
-
-
- ---->
- SCIENCE APPLIQUÉE
- r> Automobilisme
- Une pompe extra-rapide. — Cette nouvelle pompe, plus compliquée assurément qu’une pompe ordinaire que l’on emploie pour gonfler les pneumatiques, bénéficie par contre, sur ces dernières, d’une grande douceur de manœuvre, c’est là un avantage très appréciable. Elle est formée de trois cylindres concentriques CDJ, et le piston central K, commandé par une poignée, agit comme dans les appareils similaires. La grande particularité de l’instrument réside dans ce fait qu’il
- La pompe Mestre et Blatgé.
- A, élévation ; B, position des organes pendant la montée du piston ;
- C, position des organes pendant la descente.
- aspire l’air aussi bien pendant la descente du piston que pendant sa remonte quoique le refoulement s’opère seulement dans la course descendante. Voici comment elle fonctionne.
- Lorsqu’on tire la poignée de bas en haut le cylindre C suit le mouvement en même temps que le piston et on produit un vide dans les cylindres C et D ; les clapets E et G s’abaissent sous l’action de la dépression et l’air emplit ces cylindres en entrant par les orifices A et B. Mais le piston n’aspire pas par l’orifice de sortie parce qu’il trouve au-dessus de lui une masse d’air comprimé qui passe entre lui et le corps de pompe central, ainsi que nous le verrons plus loin.
- En appuyant sur la poignée les clapets E et G se referment et refoulent l’air qu’ils trouvent devant eux. En outre, comme la descente de G crée un vide au-dessus de ce piston, l’air continue à entrer par les orifices B. Donc l’air entre par B aussi bien pendant la montée que pendant la descente.
- Observons encore que pendant cette descente l’air qui se trouvait dans le cylindre G passe sous le clapet I et entre dans le cylindre J par les orifices /. Quant à l’air contenu dans D il est refoulé par le clapet G dans les orifices g et ensuite y, dans ce même cylindre J au-dessus du clapet K. Par conséquent, lorsque la pompe est en période descendante le clapet K trouve au-dessus de lui une grande masse d’air comprimé qui vivement passe au-dessous et qu’il refoule ensuite. Les deux corps C et D n’ont donc pour objet que d’alimenter constamment d’air le corps central J où se meut le piston K.
- Cette pompe, qui ne contient aucun organe fragile, demande seulement à être graissée de temps à autre avec un peu de vaseline. — Les constructeurs sont MM. Mestre et Blatgé, 6, rue Brunei, Paris.
- [$* La roue élastique Lipkowski. — Une nouvelle roue élastique dont M. Baudry de Saunier dit beaucoup de bien dans Omnia.
- Elle est formée de deux jantes concentriques : l’une, intérieure, est solidaire du moyeu, l’autre étant reliée à la première par l’intermédiaire de ressorts à boudin.
- Comme il est indispensable que les deux roues demeurent constamment dans le même plan, cette obligation est remplie par quatre guides P boulonnés sur la roue intérieure et venant se loger à frottement doux dans la jante de la roue extérieure ; leur course est limitée par deux butées. Chaque ressort à boudin se termine par deux boucles D et G (fig. i) dont l’une D se fixe à la roue intérieure au point E et permettant à ces ressorts de s’articuler dans le plan de la roue. L’autre G est allongée; elle se fixe à la roue extérieure. Ainsi que le montre notre deuxième figure, chaque ressort travaille à l’allongement lorsqu’il atteint la partie supérieure de la roue, tandis que celui placé en bas R', se comprime plus ou moins sous la charge. L’allongement des spires commence dès que le ressort dépasse le niveau de l’essieu, puis il décroît ensuite progressivement jusqu’à ce que le même ressort descende au-dessous de ce même niveau. Les ressorts situés au-dessous de ce niveau ne travaillent plus ; ils glissent plus ou moins profondément dans le creux G (fig. i et 2) ménagé entre les deux disques emboutis qui constituent la roue extérieure. Ces ressorts travaillent donc seulement à l’extension.
- Remarquons également que les ressorts ne subisssent aucune torsion puisqu’ils sont articulés à chacune de leurs extrémités et que, de plus, les deux roues desquelles ils sont solidaires demeurent toujours dans le même plan grâce à la présence des guides P. Enfin les ressorts, au lieu d’être accrochés directement sur les boulons E (fig. 2) sont placés sur des galets H (fig. 1) en fibrine pour les voitures légères et en acier pour les voitures de livraison et les camions. Tout bruit et tout graissage sont ainsi supprimés.
- Ce mode d’attache du ressort, très avantageux, ainsi que nous l’avons vu, pour ce qui concerne le travail de chacun d’eux, apporte également la progressivité de l’entraînement. On comprend, en effet, que le moteur attaquant l’essieu arrière, la partie centrale de la roue seule se met tout d’abord en rotation, tirant sur les ressorts. Ce n’est que lorsque ceux-ci se sont un peu couchés qu’ils attirent à eux la partie de la roue qui est en contact avec le sol. Les tensions réunies de ces ressorts ont alors raison de l’inertie de la voiture et celle-ci démarre. De même le coup de frein brutal n’agit pas
- La roue Lipkowski.
- I, la roue au repos (coupe); 2, la roue au travail (coupe); 3, la roue (vue de lacé).
- instantanément sur la roue ; le moyeu seul le supporte tout d’abord et l’arrêt ne s’effectue que par l’intermédiaire des ressorts qui agissent comme dans le démarrage, mais en sens inverse.
- Une voiture pourvue de quatre roues Lipkowski a accompli un parcours d’essai de 10000 km sur les routes accidentées de l’Italie, de la Savoie, du Jura, du Doubs. Le livre de bord, tenu par une personne sûre, accuse parfois une vitesse de 80 km à l’heure. Deux ressorts seulement ont été cassés et ils ont été remplacés en onze minutes ; le prix de chacun est de 9 francs.
- Cette nouvelle roue élastique se présente donc dans
- p.2x179 - vue 611/647
-
-
-
- | SCIENCE APPLIQUÉE |
- d’excellentes conditions et nous souhaitons vivement, pour l’extension de l’automobilisme, qu’elle réalise^ les promesses que l’on attend d’elle. — La roue élastique Lipkowski est construite par M. Lipkowski, 7, rue For-tuny, Paris.
- "Éclairage
- La lumière Oxy-essence Blériot. — La nouvelle lumière à l’oxygène et à lessence imaginée par M. Blériot pour être utilisée dans les appareils à projection, vient d’être appliquée aux phares d'automobiles dont l’intensité devient aussi grande que celle que pourraient leur communiquer l’arc électrique ou la lumière oxhydrique. La théorie de cette lumière est la suivante. M. Sainte-Claire Deville a démontré qu’il suffit d’un réchauffement préalable de 5oo° du gaz comburant pour doubler la puissance d’une source lumineuse ; au delà de 5oo°on augmente
- Fig. 1. — Appareil de projection oxy-essence Blériot. Fig. 2. — Appareil oxy-essence pour phares d’automobiles.
- te
- encore son intensité de jo pour 100, par xoo° de température. Dans l’appareil Blériot, non seulement l’oxygène mais encore la vapeur d’essence complètement gazéifiée, c’est-à-dire le combustible et le comburant, sont élevés à la température du rouge sombre avant leur combustion. Dans ces conditions on obtient une lumière d’un éclat incomparable et cela avec une consommation infime d oxygène, à tel point qu’un débit de 3o litres d’oxygène par heure correspond à un arc électrique de 5 ampères.
- L’appareil se compose d’un brûleur en bronze G supportant une pastille de terre rare D ; le tube E est celui d’arrivée d essence et le tube F celui d’arrivée de l’oxygène. Un volant en porcelaine Y sert à régler l’arrivée de l’essence. Le réservoir d’essence R, situé derrière le phare, est placé sur le même support à coulisse S que le brûleur lui-même. Le gazogène à oxygène est réuni atL_br ûleur par un tube en caoutchouc. La pastille de ewe rare D résiste aux plus hautes températures : elle
- est d’une durée pour ainsi dire indéfinie et se remplace, d’ailleurs, très facilement en dévissant une petite vis qui la maintient dans le brûleur. L’oxygène qui doit arriver sur la pastille à une pression de 5oo à 600 gr. est fourni par les bouteilles d acier ordinaires où il est comprimé. Ces bouteilles sont renfermées dans des boîtes en chêne contenant un manomètre et un détendeur spécial; elles contiennent 460 litres de gaz, provision suffisante pour un éclairage de 12 à 14 heures.
- La mise en marche s’effectue en chauffant le brûleur avec un allumeur spécial. Au bout d’une minute la va-
- Feur d’essence s’échappe On ouvre alors l’arrivée de oxygène. La pasiille devient immédiatement incandescente et il né reste plus qu’à régler le débit d’essence; en agissant sur le volant de porcelaine, afin de rendre la pastille complètement incandescente.
- Cette nouvelle lumière oxy-essence présente de grands avantages. Les appareils ne comportent, en effet, aucun carburateur ni saturateur dans lesquels pourrait se former un mélange détonant. Tout en étant sans danger ces appareils sont aussi d’un maniement très simple, ne dégagent aucune odeur, ne nécessitent aucun nettoyage. La puissance d’éclairage est 28 fois supérieure à celle de l’acétylène. C’est ainsi qu’un projecteur pourvu de cet éclairage permet de distingue!* un objet à 400 mètres et on peut lire un journal à 1000 mètres du foyer.
- Ce régulateur d’essence se trouve chez M. Blériot, 16, rue Duret, Paris.
- **> Objets utiles
- Fausset Grégor. — C’est bien le système le plus simple de fermeture automatique que l’on puisse rêver pour les fûts en vidange. C’est un cône fait en laiton nickelé de 85 mm de longueur et portant à sa partie supérieure un petit cylindre terminé à sa base par une ouverture fermée en temps normal par. une bille remplissant le rôle de soupape. A l’intérieur du tube conique principal se trouve une garniture de ouate spéciale dont la durée est à peu près illimitée, surtout si l’on a soin, lorsqu’on veut placer l’appareil sur un autre fût, de l’humecter avec quelques gouttes d’alcool.
- Après avoir pratiqué un trou de la grosseur du diamètre moyen de l’appareil dans la bonde du fût, on enfonce le fausset qui reste en place tant que le tonneau est en vidange.
- En temps normal, la bille ferme l’ouverture permettant la rentrée de l’air; mais dès que l’on soutire du vin cette bille cède et l’air pénètre dans la pièce en se purifiant sur la garniture de ouate ; il ne>- peut donc porter aucun organisme étranger au contact du — L’inventeur de ce fausset est M. Grégor,
- Pelleport, à Bordeaux.
- Le fausset Grégor. A, élévation ; B, coupe.
- liqX
- 167.
- Malle en fibre vulcanisée. — La fibre vulcanisée est une matière formée de débris de bois agglomérés par des procédés spéciaux. Extrêmement résistante, elle est fort employée en mécanique. Elle est en outre fort légère et cette propriété, sans doute, a guidé l’ingénieux industriel qui a songé à l’utiliser pour des articles de voyage. ;?5
- Mais la fibre a un grave défaut qui a rendu son emploi longtemps fort aléatoire ; très hygrométrique, elle
- Malle en fibre vulcanisée.
- travaille et se gondole à l’humidité, et l’on conviendra que pour un objet de voyage, exposé à toutes sortes de vicissitudes, c’est plus qu’un inconvénient. On affirme que l’on est parvenu à produire de la fibre non déformable, et c’est en cette matière qu’est construite la malle « Star » représentée par notre figure. Si la fibre employée répond bien aux promesses faites en son nom, il est certain qu’elle rendra aux voyageurs et aux touristes de grands services.
- •La malle « Star » résistante, imperméable, lavable à grande eau, incombustible et légère sera fort appréciée de ceux qui, par goût ou nécessité, sont appelés à des voyages fréquents. — Elle est en vente chez Outhenin-Chalandre, 4, rue de Chartres, Neuilly-sur-Seine.
- •4^ 180 kë»
- p.2x180 - vue 612/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Le commerce et la marine marchande du Japon.
- — Nous extrayons ces renseignements du Mouvement géographique de Bruxelles, résumant une importante étude parue l'année dernière dans les Annales de géographie.
- Pendant la première période de leur développement commercial, qui suivit la révolution de 1868, les Japonais se contentèrent d’exporter des produits agricoles ou des matières premières ; ils achetaient, en retour, les articles manufacturés de l’Europe et de l’Amérique ; le commerce extérieur du Japon se trouve donc dans un état relatif d’équilibre entre 1882 et 1896; les exportations dépassaient même assez régulièrement les importations. Depuis que le Japon, vainqueur de la Chine, est entré avec décision dans la voie industrielle, la nécessité de s’outiller en machines et en métaux changea cette situation : c’est ainsi que, depuis 1896, le Japon vendait d’ordinaire moins qu’il n’achetait; l’année 1905 (guerre avec la Russie), marque l’apogée de cette période. Mais on prévoyait que bientôt les exportations, à la fois alimentées par les anciennes ressources agricoles (thé et soie) et par les produits de la jeune industrie japonaise, reprendraient le dessus.
- On peut dire que ce moment est arrivé. Aujourd’hui, l’industrie japonaise est organisée et capable de rivaliser sur le marché international avec les industries des Européens ; une évolution se produit en même temps dans l’équilibre du commerce, et aussi dans les instruments qui rendraient ce commerce possible, surtout la marine marchande.
- L’essor du commerce japonais paraît irrésistible. La terrible et longue guerre avec la Russie n a pas même réussi à déterminer un recul des exportations (823,7 millions en 1904; 829,5 millions en 1905). Depuis 1899, le commerce de l’empire a exactement doublé: inférieur, à cette date, à r.100 millions de francs (i.o83 millions de francs), il a atteint en 1906, le chiffre de 2.173 millions de francs, et l’on remarquera, en outre, que les exportations ont de nouveau dépassé les importations (1.093 millions contre 1.080).
- Le Japon, en effet, continue à exporter des produits naturels ou de culture et des matières premières : soies grèges, 285 millions, chiffre d’ailleurs exceptionnel, l’année 1905 n’ayant comporté que i85 millions de francs ; déchets de soie, i5 millions; thé, 27,8 millions; riz, g millions et demi; camphre, 9 millions (Formose); cuivre, 65 millions; charbons, 42 millions; mais on sera très frappé de l’extension du commerce des produits industriels, qu’il s’agisse de la vieille industrie d’art japonaise ou,de la grande industrie, suivant la formule occidentale. Â la première, on peut rattacher les habutaï (pongées), 84 millions et demi; les mouchoirs de soie, 14 millions et demi ; les porcelaines, 20 millions et demi; les objets laqués, 4 millions et demi; les nattes et paillassons, i3 millions; de la seconde dépendent par contre les fils de coton, 91 millions; les tissus de coton, 40 millions, les allumettes, 28 millions; les serviettes, 5 millions et demi; les cigarettes, 4 millions et demi.
- Aux importations, le coton brut (ai3 millions, contre 285 en 1905). le riz (67 millions, contre i33,8 en igo5) et le sucre (61 millions, contre 35 en igo5), tiennent aujourd’hui la tête. Tous les articles destinés à l’outillage industriel sont en diminution, à l’exception des rails et des clous; les machines et pièces de machines passent de 54 à 48 millions; les fers et aciers, de 48 à 42 millions; les barres et tiges d’acier, de 18,5 a 14 5 millions; les locomotives et wagons, de 11 à 7,5 millions; les navires à vapeur, de 19,8 à 4.5 millions seulement. Ces derniers chiffres montrent que les chantiers de construction et d’assemblage japonais sont aujourd’hui complètement constitués et que le Japon peut, à ce point de vue, se suffire à lui-même pour la construction du matériel naval et du matériel roulant; il n’est plus guère tributaire de l’étranger que pour les produits bruts de l’industrie métallurgique : fers, aciers, rails, et il est à croire qu’il le restera longtemps, car le manque de minerai de fer est un des pronostics les plus graves et aussi des plus irrémédiables que l’on relève pour l’avenir de l’industrie au Japon.
- En somme, on observe, depuis 1901, une augmen-
- tation constante de l’exportation des objets manufacturés et une baisse correspondante dans la vente des matières premières, que le Japon a tendance à manipuler de plus en plus lui-même.
- Voici la part respective des principaux Etats et groupes d’Etats dans le commerce du Japon en 1905 et en 1906 (en millions de francs) :
- ______ 19or>- _____ 19oe- ______
- Exportations. Importations. Exportations. Importations.
- Etats-Unis 242 269 324 180
- Grande-Bretagne. . . 33 297 58 261
- Hong-Kong 52 5 70 1,7
- Inde anglaise .... 20,0 232,8 26,7 155,6
- Australie 10,5 15,4 10,9 10,6
- Colonies anglaises. . 8,5 1,9 10,1 2,5
- Total des r>ays brilan-
- niques 124,1 550,1 175,7 431,4
- Chine 251 135 303 148
- France 70 13,2 109,8 103 12,9
- Allemagne 11.2 21,6 109,6
- Russie 4,4 7,1 27,2 3,7
- Indo-Cliine française . 1 26 0,4 19,3
- Belgique 1,7 28,3 3,3 27,2
- Ce tableau fait ressortir d’une manière saisissante
- prédominance des pays anglo-saxons et de la Chine dans le commerce extérieur du Japon. On remarquera les énormes fluctuations de chiffres que trahit le commerce des pays qui vendent au Japon du riz et du coton brut, notamment l’Inde anglaise et les Etats-Unis; en 1906, le Japon a eu besoin de beaucoup moins de riz et de coton brut qu’en igo5; de là la baisse des importations américaines et indiennes. Il convient de noter la profonde différence entre le commerce de la France avec le Japon, et celui de l’Allemagne et de la Belgique. La France n’est guère pour le Japon qu’un acheteur de soie et de pongées, de mouchoirs de soie, etc. ; ses ventes en produits manufacturés sont insignifiantes. C’est le contraire pour l’Allemagne et la Belgique qui achètent très peu et qui vendent, au contraire, une grande quantité d’articles industriels. L’Indo-Chine française n’a guère fait, jusqu’à présent, que vendre du riz aux Japonais, mais il est certain que les relations entre les deux pays vont devenir plus actives ; un récent traité commercial a été conclu; des ingénieurs, des armateurs, des industriels et des commerçants japonais viennent étudier les diverses productions de la colonie ; avant peu, une ligne de navigation japonaise touchera à Haïphong et à Saigon, et des usines construites avec des capitaux nippons s’élèveront au Tonkin.
- Malgré la remarquable prospérité que trahissent les chiffres que nous venons de commenter, on ne peut guère les considérer que comme le commencement d’une activité commerciale beaucoup plus considérable, et surtout plus universelle, plus mondiale, si l’on peut s’exprimer ainsi. Il manquait jusqu’à présent un instrument au Japon pour satisfaire ses ambitions commerciales : une marine marchande. On peut dire qu’aujourd hui cette marine est constituée, et l’année 1906 marque un immense pas en avant à l’égard de l’année igo5. Alors, en effet, qu’en igo5, sur un mouvement total de i5 millions de tonnes, représentant le chargement des navires au long cours entrés dans les ports de l’empire, le tonnage japonais ne figurait que pour 1 million 85o.ooo tonnes contre 12.340.000 aux étrangers; en 1906, le tonnage s’est brusquement porté au chiffre de 7.340.000 tonnes, tandis que le tonnage étranger rétrogradait à 11.665.000 tonnes.
- L’empire s'est donc constitué de toutes pièces et d’un seul coup une puissante marine. L’accroissement porte exclusivement sur les vapeurs, dont le mouvement a passé de 1.782.000 à 7.260.000 tonnes. Ainsi, lorsqu’en 1897, on commença à voir apparaître les premiers navires de la Compagnie Nippon Yusen Kaïcha dans les ports de l’Inde, de l’Europe et de l’Amérique, cet humble début ne pouvait nous donner qu’une faible idée de ce que nous réservent les prochaines années.
- La flotte qui comprenait, en igo3, iSjo vapeurs jaugeant 663.000 tonnes, et 3g54 voiliers de 336.000 tonnes, comprenait, en igo5, 1.977 vapeurs de près d’un million de tonnes et 4l2ï voiliers de 340.000 tonnes; et ces chiffres ne sont évidemment déjà plus à jour.
- p.2x181 - vue 613/647
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le régime décalcifiant. — Au fur et à mesure que les années s’accumulent, nos tissus et nos organes s’altèrent; en dehors de toute tare héréditaire ou acquise, ils prennent peu à peu l’empreinte de la vieillesse. Dans le tissu vasculaire un des signes caractéristiques de cette vétusté est la calcification des parois, non pas égale chez tous, mais fréquente et qui accompagne souvent l’artério-sclérose. Cette déchéance organique peut être avancée par une foule de circonstances, et comme l’alcoolisme et d’autres maladies amènent d’une façon hâtive et chez des sujets relativement jeunes l’artério-sclérose, de même la calcification des artères peut se faire plus tôt et sans atteindre l’âge avancé. C’est que le tissu artériel a, comme le font remarquer deux jeunes médecins, MM. Lœper et Gouraud, une appétence, une affinité spéciale pour la chaux et comme la chaux fait partie intégrante de presque toutes les substances alimentaires, ces tissus s’imprègnent de chaux plus facilement que d’autres organes. Il suffit de conditions pathologiques, d’influences nocives répétées pour déterminer un apport plus grand et une fixation des particules calcaires en plus grande abondance.
- Ce ne sont pas là de pures hypothèses ; nos confrères les ont démontrées expérimentalement chez des lapins soumis à un régime calcaire; les uns nourris d’aliments à base calcaire, et même d’autres lapins témoins, avaient des lésions graves de calcification si on leur injectait quelques substances toxiques qui venaient à troubler les conditions de la nutrition normale. Ils prenaient une surcharge de chaux, comme nous devons le faire, à la suite d’excès, de fatigues, de surmenage ou de maladies.
- La chaux est indispensable à nos tissus et dans la période de croissance nous en faisons une consommation nécessaire pour assurer la solidité de notre charpente osseuse. Mais quand la vieillesse arrive, cette matière ne nous est plus aussi indispensable; les doses demandent à être réduites et les médications dites altérantes, comme l’iode et ses composés, comme les acides,
- n’éliminent pas d’une façon précise la surcharge de chaux de l’organisme. Il faut donc, si l’on veut prévenir cette calcification, s’adresser à une méthode préventive, c’est-à-dire chercher dans le régime alimentaire un moyen d’éviter ces excès.
- En prenant la teneur en chaux de divers aliments, telle que l ont établie les recherches des physiologistes, on peut, comme MM. Lœper et Gouraud classer les aliments en trois catégories : x° Aliments très riches en chaux, soit plus de 2 pour 1000 : lait de vache, fromage, œufs, oignon, fèves, choux; 20 aliments dont la teneur varie entre 1 et 2 pour 1000 : pois ordinaires, lentilles, choux-fleurs, haricots; 3° aliments pauvres en chaux, ayant à peine 1 pour 1000 au moins : pain, viande, poissons, pommes de terre, pois de hollande, asperges, pommes, poires, prunes, cerises.
- On voit qu'on peut encore trouver à varier son alimentation, tout en satisfaisant aux conditions d’un régime peu chargé de principes calcaires. Il faut tenir compte de ce fait que chez tous les sujets, l’absorption ne se fait pas d’une façon égale, 1 assimilation pas davantage et que tel ou tel vieillard pourra éliminer plus aisément que son voisin, d’âge similaire et de santé équivalente, la quantité de chaux prise dans une journée. On ne peut établir, cela va sans dire, de règles fixes à cet égard. Mais il y a un principe général à suivre quand on arrive au point où les tissus n’ont plus besoin que d’un entretien léger. La viande, dont on reproche journellement l’abus, est un aliment peu riche en chaux; il conviendrait donc aux vieillards, mais il a l’inconvénient d’apporter dans l’économie des quantités de purines aussi nocives que la chaux en excès ; on fera donc bien d’en user, comme on le conseille avec raison, d’une façon modérée.
- On le voit, dans toutes ces études de régimes, de règles d’hygiène, c’est une question de mesure. Usez, n’abusez pas est un vieux précepte qui s'applique à tout et à tous. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage des fils de platine. — Tous les allu-moirs électriques sont à fils de platine qui deviennent incandescents par le passage du courant électrique et enflamment les vapeurs d’essence au milieu desquelles ils sont plongés. Naturellement ces fils s’encrassent par des dépôts de carbone. Pour les nettoyer il suffit de les maintenir pendant quelque temps dans la flamme d’un bec bunzen. On peut encore immerger le fil dans un bain d’acide chlorhydrique en ayant soin de ne pas y plonger en même temps les points de soudure.
- Nettoyage des petits objets nickelés. — Pour nettoyer les objets nickelés il faut procéder de la manière suivante. Dans 5o centimètres cubes d’alcool à go°, on verse 1 centimètre cube d’acide sulfurique bien pur et on plonge, pendant dix minutes ou un quart d’heure, les objets dans ce bain. On le retire ensuite pour lui faire subir une nouvelle immersion dans un lait de chaux ou dans de l’alcool rectifié. Après rinçage à l’eau claire on le sèche dans un linge de flanelle, ou mieux, dans de la sciure de bois.
- Revêtements en celluloïd. — On a souvent besoin d’appliquer une feuille de celluloïd sur un objet quelconque, plan ou non, présentant même des reliefs. La feuille doit donc être rendue malléable. Pour cela on fait tremper le celluloïd dans de l’eau bouillante jusqu’à ce qu’elle ait acquis une malléabilité suffisante. On peut alors l’appliquer sur l’objet en l’y maintenant soit avec un poids s’il s’agit d’une surface plane, soit avec des bandelettes si l’on opère sur une surface cylindrique.
- Comme il importe également de coller les deux extrémités de la feuille qui viennent en contact, on les taille en biseau et on les colle à l’aide d’un ciment à base de celluloïd composé de petits morceaux de celluloïd que l’on a fait dissoudre dans de l’amyl-acétate. Autant que possible l’objet à recouvrir doit être préalablement chauffé ; la feuille de celluloïd conserve sa malléabilité pendant plus longtemps et la pression qu’elle reçoit ensuite l’oblige à épouser les inégalités, creux ou reliefs de la surface.
- Pour coller les courroies. — Voici une composition excellente pour coller deux extrémités de courroie. Faire ramollir dans l’eau froide, en les y laissant pendant 6 heures, 100 gr. de colle de poisson, puis les faire fondre au bain-marie. Ajouter ensuite petit à petit, 3 gr. de bichromate de potasse dissous et 6 gr. de glycérine. Après avoir râpé les deux extrémités de la courroie à souder pour les rendre rugueuses, on applique entre les deux surfaces une couche de la colle et on lés maintient solidement serrées pendant 24 heures, Le résultat est excellent : une courroie ainsi raccordée sur 10 cm. de longueur a pu résister pendant 24 heures à 55o kg de traction.
- Mélange incombustible. — Préparer le mélange suivant, y tremper les objets inflammables, papier ou étoffes, et laisser sécher.
- Eau....................... 1000 grammes.
- Phosphate d’ammoniaque . 100 —
- Acide borique............... 12 —
- p.2x182 - vue 614/647
-
-
-
- O------
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — M. Bor-derel, l’inventeur du poêle récemment décrit, habite 135, rue de Clignancourt, Paris.
- Renseignements. — M. Palijart, Guerbigny. L’extincteur Gothé est en vente chez M. Prissette, acé-tyléniste à Fontenelle (Aisne).
- M. Hensemberger, à Monza ; M. Bourdil, à Narbonne. Nous communiquons vos lettres à M. Borderel.
- M. Coblyn, au Caire. — Le télémètre Gérard est en vente chez M. Clermont Huet, 114» rue du Temple.
- Yves Séverin, à Djerba. — Pour le papier en question vous pouvez vous adresser à Crombac, 83, faubourg Saint-Denis; Failliot, 37, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie; Maunoury, 10, rue Coquillière, Paris. — L’arrêté ministériel du u août 1903 relatif aux déli-
- vrances de brevets d’invention, fixe comme suit les conditions que doivent remplir les dessins : « ils seront exécutés selon les règles du dessin linéaire sans grattage, ni surcharge sur des feuilles de papier de o,33 m. de hauteur sur 0,21 ou 0,42 de largeur, avec une marge intérieure de 2 cm., de sorte que le dessin soit compris dans un cadre de 29 cm sur 17 ou 29 sur 38. Ce cadre devra être constitué par un trait unique de t/2mm d’épaisseur.
- M. A. L., Lescure. — Cylindres à vapeur : Chapal, à Auray.
- M. L. Audebert, à Bordeaux. — Yous trouverez le travail de Brunetière auquel vous faites allusion dans la Revue des Beux Mondes, où il a paru d’abord vers 1890 à 1896. Il a été, croyons-nous, reproduit ensuite dans un recueil d’articles, et vous arriverez facilement à L trouver en feuilletant quelques volumes à la bibliothèque.
- M. Bailly, à Nice. — Employer le formol du commerce. Une plaque photographique trempée pendant cinq minutes dans une solution de formol du commerce étendue (à 5 pour 100) devient complètement insoluble, on peut la sécher devant le feu ou au grand soleil.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- La « potlateh » en Alaska : V. Forbin. — Les navires impossibles : A. Sauvaire Jourdan. — Les orages et leurs observations : A. Turpain. — La photographie dans l’eau. — Epuration et stérillisation des eaux d’alimentation publique : Ed. Bonjean. — Les microséismes. — Académie des sciences ; séance du 26 avril 1909 : Ch. de VilledeUil.
- Supplément. — Fixation de l’azote atmosphérique parles plantes.
- __ L’aluminium métallique en présence du lait ou du vin.
- Un nouvel Institut de radium à Heidelberg. — Le rayonnement ! des corps noirs. — Préhistoire américaine. — Eaux résiduelles de l’industrie de la cellulose, — Concours d aviation à Douai.
- Mendel's principles of keredity, par W. Bateson. Cam-; bridge University Press. London. 1909. 1 vol. in-8°, 396 p. 12 sh.
- On a signalé dans La Nature l’importance des idées de Méndel au sujet de l'hérédité, et essayé de donner une idée de cette nouvelle science biologique qui en découle, la génétique. M. Bateson s’attache dans le présent volume à donner un bilan des découvertes réalisées dès à présent par cette science en suivant l’impulsion mendélienne. On lira avec intérêt son travail. capitale contribution à la biologie actuelle, et magistrale mise au point de beaucoup de questions discutées.
- L'aéronautique, par le commandant Paul Bénard, i vol. in-18. E. Flammarion, éditeur. Prix : 3tr,5o.
- Le volume que vient d’écrire M. Renard, frère de l’illustre inventeur de Chalais, embrasse l’aéronautique tout entière. Parmi les sujets traités nous mentionnerons spécialement des considérations générales sur tous les modes de locomotion possibles, une étude sur l’Océan aérien, l’exposé des lois des mouvements des ballons suivant la verticale, les aérostats dirigeables. les principes de l’aviation, enfin les applications scientifiques ou militaires de l’aéronautique. On serait tenté de faire un reproche à cet ouvrage : la partie consacrée aux appareils plus légers que l’air est proportionnellement beaucoup plus développée que celle qui concerne les appareils plus lourds que 1 air, auxquels un seul chapitre a été réservé ; mais en raison de l’importance du sujet, l’auteur a l’intention de consacrer ultérieurement un volume entier à l’étude de l’aviation.
- La consommation des chaudières à vapeur et l'économie de combustible, par D. Sidersky. i vol. petit in-8°, de
- VEncyclopédie des Aide-Mémoire, avec 26 fig. Masson et Cie, éditeurs. Broché, 2fr,5o.
- Ce livre traite des conditions économiques de production de vapeur, des causes des mauvais rendements et des moyens.de les améliorer. L’auteur y insiste particulièrement sur le contrôle des pertes de chaleur par l’analyse des gaz des carneaux et décrit les appareils employés, dont quelques-uns sont automatiques. Il indique également le mode de calcul des rendements, ainsi que les Normes internationales destinées à uniformiser les essais des chaudières à vapeur. L’ouvrage se termine par le nouveau règlement du 9 octobre 1907, suivi de quelques tableaux intéres sants. L’industriel puisera dans ce petit livre des renseignements précieux et des conseils pratiques.
- Rapport du commissaire canadien de l’industrie laitière et de la réfrigération. Année expirant le 3i mars 1908. Ottawa. Imprimerie Dawson (Canada), x vol. de 175 pages.
- Les industries agricoles ont au Canada une grande importance et se développent chaque jour; ce rapport montré de quelle sollicitude officielle elles sont entourées ; relatif à l’industrie laitière, il en étudie les conditions techniques, indique les améliorations, critique sévèrement les défauts ; se préoccupe des débouchés, signale les désirs des acheteurs ; bref, c’est une source de l’enseignements des plus utiles et qui, sur bien des points, seraient fort instructifs pour les agriculteurs français. Signalons la publication de brochures techniques envoyées gratuitement à tout Canadien qui en fait la demande.
- Les céréales. Avoine et orge, par H. Hitier. i vol. in-16, 168 pages. Paris. Masson et Cie. Prix : 2fr,5o [Encyclopédie scientifique des aide-mémoire).
- On trouvera dans ce court et savant ouvrage des renseignements précieux sur les cultures de l’avoine et de l’orge, leurs maladies, et toutes les questions connexes.
- Étude sur les transporteurs aériens. Calcul, construc-• tion et monographies de transporteurs par câbles aériens, par L. Pierre, i vol. de i53 pages illustré. Béranger, éditeur.
- Utile étude industrielle d’un mode de transport qui, dans des cas très nombreux, rend de grands services.
- p.2x183 - vue 615/647
-
-
-
- B1BLJUUKAPH1E
- Rapport sur une mission scientifique dans les jardins et établissements zoologiques et privés des Etats-Unis et du Canada..., par G. Loisel. Paris. Imprimerie Nationale, 1908. x vol. in-80, pp. 217-406. (Extrait des Nouvelles archives des missions scientifiques, t. XYI.)
- Cet important mémoire continue les études de M. Loisel sur les établissements zoologiques étrangers. On y trouvera des renseignements précis et bien coordonnés sur les jardins zoologiques, aquariums, insectariums, ménageries et fermes d’élevage, parcs de réserves d’animaux sauvages, établissements de zoologie et de biologie expérimentale des Etats-Unis et du Canada, le tout suivi de vues générales sur l’installation des jardins zoologiques
- La crise du transformisme, par .Félix Le Dantec, in-16 (Félix Alcan, éditeur). Prix : 3(r,5o.
- Personne n’ignore plus que la théorie transformiste est l’œuvre de Lamarck, qui passa inaperçue au commencement du xix6 siècle, puis fut remise en lumière lors de l’apparition du livre de Darwin sur l’origine des espèces. M. Le Dantec redoute qu’une atteinte soit portée à cet admirable système philosophique, si les naturalistes acceptent la théorie des mutations et des variations brusques du professeur de Yries, d’Amsterdam. Le but de M. Le Dantec a donc été de remettre chaque théorie à sa place et de prouver que les expériences de M. de Yries n’infirment en aucune façon les découvertes de Lamarck et les conséquences qu’il en a tirées.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 avril 1909. ll“,2 S. E. 1. Beau. 0,3 Rosée ; tonn. entre 14 h. 20 et 16 h. 40 avec pluie ; halo ; tr. nuag.
- Mardi 27 10°,1 S. 2. Couvert. 4,7 Rosée; orage entre 14 h. et 18 h. avec pluie et grêle; très nuag.
- Mercredi 28 10°,4 W. 2. Nuageux. e Rosée.
- Jeudi 29 9°,0 S. S. W. 2. Pluie. 2,4 Rosée; pluie à 7-8 h. et de 20 h. 15 à 21 h. 50.
- Vendredi 50 6°,0 N. W. 4. Pluie. 2,3 Pluie de 6 h 15 8 h. et de 11 h. 18 à 11 h. 30; coups de tonn.
- Samedi 1" mai . . . 5\1 S. W. 2. Couvert. 0,2 Gel. bl.; gouttes une partie du temps jusq. 14 h.; grains de neige.
- Dimanche 2 4°.l S. s, w. 0. Peu nuageux. » Forte gelée blanche; gouttes à 9 h. 40: nuageux.
- AVRIL-MAI 1909. — SEMAINE Du LUNDI 26 AVRIL AU DIMANCHE 2 MAI 1909.
- Du 16 avril au a mai. — c.e 20. Vasie zone de pression inférieure à 760 mm, du S.-O. au N.-E. du continent; minima de 744 sur Ie S. de la Norvège et le S.-O. de l’Irlande; pressions élevées sur le S.-E. de l’Europe (766), et l’Islande (765). Pluies sur le Centre, le N. et l’O. de l’Europe; en France : Besançon, 26 mm; Nice, 6; Clermont 5; Brest, 2. Température du matin : Arkangel, —5°; Paris, 11; Alger, 18; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i3°,5 (normale ; io°,9). — Le 27. Centres de dépression vers Shields (7^2) et Bodoe (749): pression voisine de 765 sur le S.-E. du continent et sur l’Islande. Pluies dans l’O. et dans quelques stations du Centre et de l’E.; en France : Toulouse, 56; Clermont-Ferrand, 47 I Nancy, 28; Dunkerque, Nantes, 6; Biarritz, 2. Temp. du matin : Arkangel, — 3°; Paris, 10; Alger, 18; Puy de Dôme, 1 ; moyenne à Paris : io°,7 (normale: ii°). — Le 28. Hausse générale sur l’O. : 765 sur presque toute la France ; Gascogne, 771; Stockholm, 745 ; golfe de Gênes, 759. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Lyon, 91; Gap, 28; Toulouse, Belfort, 14 ; Paris, 5; Lorient, 4- Temp. du-matin : Arkangel, —40; Paris, 10; Alger, 15 ; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 12?,6 (normale ; n°, 1). — Le 29. Fortes pressions sur tout l’O. : S.-O. de la France, Açores, 770; Haparanda,
- 741. Pluies sur le Centre èt le N.-O. ; en France : Cherbourg, 4; Lorient, 3. Temp. du matin : Arkangel, 20; Paris, 9; Alger, 17; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : ïo°,5 (normale : n°,2.— Le 3o. Valéntia, 769; Biarritz, 770; basses pressions sur la Finlande et le Danemark. Pluies sur l’O. et la Russie: en France : Cherbourg, 18; Charleville, 14 : Nantes, 9; Nancy, 8: Paris, 4; Biarritz, 2. Temp. du matin : Arkangel, 20; Paris, 6; Alger, 17; Puy de Dôme, — 1 ; moyenne à Paris ; 7°,4 (normale : ii°,4b —- Le ier mai. Fortes pressions sur tout l’O. : Islande, 771; Yalentia, Biarritz, 769: dépression sur le N de la Baltique : Hango, 748. Pluies sur le Centre et l’O. ; en France : Nancy, Boulogne, 4; Cherbourg, Paris, Toulouse. 2. Temp. du matin : Haparanda. 1 ; Paris, 5; Alger, 16; Puy de Dôme, —1 ; moyenne à Paris : 4°,5 (normale : n°,5). — Le 2. Hausse continue sur l’O. : aire supérieure à 770 sur les Iles-Britanniques et la France; Helsingfors, 752; Livourne, 758. Pluies sur le N. et le Centre : Besançon, 8; Nancy, 4; Clermont-Ferrand, 2; Nantes, Lyon, 1. Temp. du matin : Arkangel, o° ; Paris, 4 ; Alger, 17 ; Puy de Dôme, — 6 ; moyenne à Paris : 5°,5 (normale : ii°,6). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 27, à 8 h. 45 m. du matin.
- p.2x184 - vue 616/647
-
-
-
- L,/\ 1 U IVU
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : /20, Boulevard Saint-Germain, Paris (VV)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1877 — 15 MAI 1909 SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 3o mai (n° 1879), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le ier juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs. .
- Le spectre des grandes planètes. — M. Percival Lowell, directeur de l’observatoire de Flagstaff (Arizona, Etats-Unis), donne, dans la revue anglaise Nature, le résumé des recherches entreprises par M. V.-M. Slipher sur le spectre des grandes planètes. Cet astronome" a rendu des plaques sensibles à une portion du spectre s’étendant très loin dans la région rouge, par immersion avant l’exposition dans une solution de pina-cyanol, pinaverdol, dicyanine, alcool et eau. Il a obtenu ainsi le spectre ides principales planètes et a placé en regard, sur les mêmes plaques, le spectre de la Lune, à titre de spectre de comparaison. Les principales remarques que l’on peut faire sur ces clichés sont : i° le grand nombre de nouvelles lignes et de bandes. Plusieurs sont évidentes pour Jupiter et Saturne, plus encore pour Uranus et Neptune; 20 une progression régulière dans l’intensité des nouvelles, ligues se manifestant avec l’éloignement de la planète au Soleil; 3“ l’intensité des lignes C et F de l’hydrogène, spécialement dans Uranus et Neptune, semblant indiquer la présence de ce gaz, à l’état libre, dans l’atmosphère de ces deux planètes.
- La combinaison lente du chlore et de l’hydrogène sous l’action de la chaleur. — Il est depuis longtemps classique que le chlore et l’hydrogène, mis en présence, se combinent, lentement à la lumière diffuse, rapidement et même violemment au soleil, pour donner de l’acide chlorhydrique. M. Armand Gautier a également déterminé, il y a quelques années, la vitesse de combinaison de ces deux gaz à l’obscurité. Un .autre auteur, M. Sirk, reprenant le problème après lui, a étudié l’action delà chaleur seule sur le mélange gazeux, en dehors de toute action lumineuse. Il a constaté que, à la température constante de 242°,5, la vitesse initiale de combinaison des deux gaz est proportionnelle à la concentration en chloré et à peu près indépendante de celle en hydrogène et en acide chlorhydrique déjà formé. Le chauffage préalable du chlore ou du mélange hydrogène et chlore, ou l’action préalable de la lumière
- sur ce mélange, accélère la réaction. La formation et la synthèse de l’acide chlorhydrique dépend, comme on le voit, de beaucoup de conditions, et elle est encore loin de pouvoir être considérée comme bien connue.
- Concours pour la protection des réseaux électriques à courant alternatif contre les perturbations. — Les réseaux électriques à courant alternatif, si nombreux aujourd’hui, sont exposés à de graves inconvénients du fait des surtensions et des harmoniques. La Société des ingénieurs autrichiens organise un concours sur cette importante question : comment se protéger contre les perturbations provenant des phénomènes que nous venons de nommer? Ce concours est doté de 3 prix, respectivement de 3ooo, 1000 et 5oo couronnes. Les travaux devront être adressés avant le ier octobre 1910 au président du « Oesterreichischer Ingénieur und Architekten-Yerein », 1, Eschenbachgasse, Vienne
- (Autriche).
- Précautions à prendre pour le transport du ferrosilicium. — Le gouvernement suédois vient d’ordonner que le ferrosilicium ne voyagerait plus qu’à l’air libre, soit sur le pont pour les navires, soit sous bâches sur des trucks pour les chemins dé fer. Ces mesures ont été reconnues nécessaires depuis que des cas d’empoisonnement se sont produits à bord des navires qui transportaient dans leur cale ce dangereux produit (accidents suivis de mort survenus à bord des navires YOlofwijk et YAsthon (décembre 1908) chargés de ferrosilicium). En effet, ce produit, obtenu au four électrique dans les pays où l’énergie électrique est bon marché, contient toujours, ainsi que nous l'avons déjà signalé, comme impuretés, des phosphures et des arsé-niures de calcium. Ces corps, au contact de l’air humide, dégagent des composés arséniés et phosphorés toxiques, d’autant plus facilement qu’ils sont pulvérisés ou broyés. C’est précisément ce qui se produit pendant le transport. Les gaz dégagés sont non seulement toxiques, mais peuvent encore déterminer des explosions.
- Prix de 25 000 francs délivré, en 1911, au meilleur ouvrage sur « la navigation aérienne ». — Le
- prix de 25 000 francs institué par le roi des Belges pour récompenser, tous les quatre ans, la meilleure œuvre scientifique dans une branche déterminée, sera délivre, en 1911, à l’ouvrage traitant « du progrès de la navigation aérienne et des moyens les plus efficaces de les encourager ». Les auteurs, sans distinction de nationalité, devront enemyer leurs mémoires, avant le i£r mars 1911, au Ministère des Sciences et Arts de Belgique.
- Les salutaria flottants. — Le Dr Eward Gray se préoccupe d’organiser des salutaria (c’est le nom qu’il adopte au lieu de sanatorium qui vise trop spécialement les tuberculeux) sur bateaux, salutaria flottants. Le premier bâtiment de 5ooo tonneaux serait aménagé avec tout le soin, tout le confort possible pour recevoir les
- 24
- p.2x185 - vue 617/647
-
-
-
- malades atteints de mélancolie, de neurasthénie, les convalescents de maladies infectieuses et les tuberculeux. Ce bateau ferait une croisière dans la mer Adriatique et le golfe de Venise qui seraient, d’après le Dr Gray, le meilleur point pour un séjour de pleine mer pour des malades ou des convalescents. La mer y est souvent calme, la température moyenne de l’air est de ro° l’hiver et 20 à 23° l’été, le soleil y brille presque toute l’année et l’on ne pourrait trouver une croisière plus efficace. Une Association est également en voie de formation en Angleterre pour un but similaire. On a vanté les bienfaits de la cure marine dans la tuberculose et cette société, dont les actionnaires ne recevraient que l’intérêt de leur argent à 5 pour 100, le surplus servant à de nouveaux sanatoriums océaniques, cette société, dis-je, aménagerait des bateaux pour transporter des tuberculeux dans le voisinage des îles Canaries et leur permettre de longs séjours en mer. Le pont du navire serait transformé en véritables galeries-vérandas comme à Leysin, Davos, pour permettre aux malades de suivre une cure d’air complète.
- Le « Gross II ». — Le nouveau dirigeable militaire allemand, le Gross II, a fait sa première ascension le 26 avril, ioh3o du matin. Les essais favorisés par un temps calme, ont donné de bons résultats. L’engin manœuvra pendant 45 minutes au-dessus de Berlin, en se maintenant à une altitude moyenne de 220 m. Il regagna ensuite son hangar sans incident. On sait qu’il est du type semi rigide et que sa forme se rapproche de celle d'un cigare. Il a deux moteurs, chacun d’une force de 75 chevaux.
- Les produits d’une souscription. — On se souviendra qu’après la destruction du Zeppelin I, survenue l’an den ier, les journaux allemands organisèrent une souscription pour venir en aide à l’inventeur. Le comtej Zeppelin vient d’adresser à la presse allemande un communiqué pour annoncer que la souscription est élose, et qu’elle a produit la somme de 7621 200 francs Ce capital; a servi à constituer une société anonyme dont le premier! acte consistera dan« 1 achat des dirigeables déjà construits; par le comte Zeppelin. Elle les offrira aussitôt au ministère de la Guerre de l’empire. Les intérêts du capital1 seront utilisés à encourager les aéronautes et aviateurs; allemands, à établir des concours, en un mot, à développer en Allemagne la navigation aérienne, et à la1 perfectionner. Le comte Zeppelin termine son communiqué en exprimant l’espoir que, grâce aux fouds souscrits par le peuple allemand, la nation possédera bientôt; une supériorité écrasante dans le domaine de la naviga j tion aérienne.
- Le Tunnel sous la Manche. — L’hostilité montrée l’an dernier par le Parlement de Grande-Bretagne à! l’idée même d’un tunnel qui relierait les deux pays voi sins et amis, n’a pas découragé la compagnie qui s était formée il y a quelques années pour mener à bien cettei entreprise. C’est, du moins, ce qui semble résulter du procès-verb 1 de l’assemblée générale de la Channel Tunnel Company, tenue récemment à Londres. Sur la proposition du président, *M. le baron Erlanger, les actionnaires ont décidé de ne pas dissoudre la société, mais bien d’attendre une occasion favorable pour « tenter de nouveau la fortune ». Tout n’est donc pas dit sur cette importante question, et il est probable qu’une nouvelle campagne de propagande s’ouvrira en Angleterre après les prochaines élections générales.
- Les navires mixtes.— La Nature a décrit (n° 1845, 3 oet. 1908) le Lanrentic, navire à machines à vapeur alternatives et à turbines de la Compagnie White Star. L’avantage de cette combinaison des deux types de machines sur un cargo-boat à vitesse moyenne est d'assurer une meilleure utilisation de la vapeur on utilise, grâce à la turbine, l’énergie motrice qui subsiste dans la vapeur s’échappant de la machine alternative. On peut ainsi réduire la dép-nse de charbon, et l’encombrement des soutes à combustible; c’est-à-dire réaliser unej double économie. Le Laurentic vient d’effectuer avec; succès son premier voyage, la traversée de l’Atlantique j d’Angleterre au Canada L économie de charbon réalisée par rapport à un bâtiment analogue avec machinerie! ordinaire a été de 18 pour 100.
- Les locomotives à benzine dans les mines. — Dans] les mines d Allemagne et d’Autriche on faisait usage en j 1907-,de x43 machines alimentées à la benzine ou aui
- benzol. En France la première machine de ce genre a été mise en service aux mines de Béthune en avril 1907. Ces «machines «comportent soit vun cylindre «horizontal tournant à 3oo tours avec engrenage sur un des essieux, soit un moteur à 2 cylindres horizontaux dont l’arbre commande des chaînes de galle, avec variation de vitesse. Une locomotive à benzine de 12 chevaux peut exercer un effort de tractibn'.de 4^0 tkg environ. Pour supprimer toute cause d’incendie, il esi nécessaire de disposer des toiles métalliques sur l’aspiration et '^échappement, pour empêcherd’inflammation intérieure de se propager au dehors. Il faut organiser aussi des locaux spéciaux pour le dépôt du combustible et la recharge des locomotives.
- Le canal du lac Huron. — Le gouvernement canadien met à l’étude un canal de navigation qui aura 705 km (de longueur et reliera le lac Huron tau Saint-Laurent, en débouchant à Montréal, et en passant par la baie Géorgienne, les rivières Française et Pickerel, le lac Nipissing et la rivière d’Otawa. Le point culminant du canal aura une altitude de 217 m. au-dessus de Montréal, et de 33 m. au-dessus de la baie Géorgienne, ce qui nécessitera la construction de 26 ou 27 écluses d’une portée d’élévation qui variera entre 1,75 m. et i6,5o m. En ce point cul minant-sera constitué un vaste lac artificiel qui embrassera les lits de trois lacs naturels, ceux du Talon, de la Tortue et de la Truite. Le niveau de ce lac, qui servira à emmagasiner les excès d’eau pendant les périodes de crues pour les restituer en temps de sécheresse, sera assuré grâce à une communication établie avec l’importante rivière Amable-du-Fond. L’accumulation d’eau dans ce lac représentera une force d’un million de chevaux-vapeur. Ce travail gigantesque, qui développera énormémentla prospérité de Montréal et du Canada oriental, ne sera pas terminé avant dix ans. Il entraînera une dépense annuelle de 5o millions de francs environ.
- Le blé au Canada. — D’après une statistique officielle ciiee par la Canadian Gazette, le Canada a exporté en 19118 52502,903 boisseaux de blé (1 boisseau
- = 36.34 litres) d’une valeur de 2-5o' millions de francs environ. A elle seule, la Grande- Bretagne a absorbé les 94,6 pour 100 de cette quantité, tandis que 5g8 192 boisseaux étaient exportés aux Etats-Unis et 2516819 boisseaux dans d’autres pays. En outre, le Canada a exporté pendant la même année 1 747 r63 boisseaux de farine de blé (d’une valeur de 100 millions) dont 1 022 200 boisseaux pour l’Angleterre L’exportation des autres céréales a été de 642 8o5 boisseaux d’orge (dont 4i3o37 pour l’Angleterre), d’une valeur de " deux millions, et de 5 109341 boisseaux d’avoine (dont plus de la moitié pour I Angleterre), d une valeur de dix millions. Enfin, 1 le Dominion a exporté 1 006 880 boisseaux de pois et de haricots, d’une valeur de deux millions et demi et Vient l’Angleterre a absorbé les deux tiers. Cette statistique, qui montre quelle importance a prise l’agriculture au Canada, prouve aussi que cette vaste colonie est en train de devenir le grenier de sa métropole.
- Musée alpin de Münich. — Le Comité central du Club alpin autrichien vient d’être mis en possession, par la libéralité de la ville de Münich, d’un grand bâtiment bien distribué et bien situé sur les bords de l’Isar. Ce Club va y procéder à la création et à ^installation d’un musée alpin qui sera spécialement destiné à tout ce qui concerne l’étude, la connaissance et la représentation des Alpes en général.
- Un dîner curieux. —«Au mois de février dernier un banquel a été offert au Docteur John B. Deaver de Philadelphie en remercîment de ses services comme chirurgien. Ce qui donne à cè dîner un caractère tout à fait particulier c’est qu’il était offert! par-cent cinquante médecins tous opérés d’appendicite pàr leur confrère.
- Le sous-sol du Groenland. — D’après le dernier rapport de la Société Groenlandaise de Copenhague, une grande entreprise danoise a poursuivi au Groenland de 1903 à-1907 une intéressante campagne d’études. On a constaté que le sousr-sol groenlandais recèle d’importantes richesses : déjà la cryolithe, utilisée dans l’industrie de l’aluminium, donne lieu à un actif commerce d’exportation. Mais, en outre, on rencontré des gisements de charbon de graphite d’excellente qualité, de l'amiante, du mica et du cuivre.
- p.2x186 - vue 618/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Photographie
- Traitement simplifié des autochromes. — Bien des amateurs photographes ont hésité à essayer les plaques autochromes parce qu’ils redoutaient la complication des développements. Il est vrai qu’au début la notice publiée par les inventeurs paraissait donner raison à cette crainte; mais, ainsi que nous l’avons toujours dit, on pouvait, dans la plupart des cas, s’en tenir à trois opérations, soit une de plus que pour la photographie ordinaire, et, par suite, 1 obtention d’une épreuve avec toutes les couleurs de la nature devenait d’une extrême simplicité. Aujourd’hui MM. Lumière eux-mêmes invitent les opérateurs à se contenter de deux bains, dont l’un est employé deux fois ; ils ont, pour assurer le succès de cette méthode, quelque peu modifié leur émulsion et, en fait, les résultats qu’on obtient par le traitement simplifié qu’ils préconisent aujourd’hui sont tout à fait parfaits.
- On peut trouver le bain de développement tout préparé dans le commerce, mais si on préfère le préparer
- soi-même, en voici la formule :
- Eau.....................1000 grammes.
- Métoquinone................ —
- Sulfite de soude anhydre . . 100 —
- Bromure de potassium ... 6 —
- Ammoniaque à 220....... 3a c. c.
- On dissout la metoquinone dans l’eau tiède, puis on y ajoute ensuite le sulfate anhydre et le bromure; après refroidissement on ajoute V ammoniaque.
- Pour l’usage on prend 20 cm3 de cette solution et 80 cm3 d’eau.
- Au sortir du châssis où elle a été impressionnée, la plaque est plongée dans ce développement pendant 2 minutes et demie, puis on met le bain de côté dans un verre et, après avoir sommairement lavé la plaque, on verse dessus la solution de permanganate de potasse
- acidifiée :
- Eau........................1000 grammes.
- Permanganate de potassium . 2 —
- Acide sulfurique........... 10 c. c.
- et on sort du laboratoire pour suivre l’inversion de l’image; quand toutes les couleurs sont apparues et que la plaque est bien transparente partout, ce qui ne demande qu’une ou deux minutes, on lave sommairement et, à la grande lumière, en plein soleil même si c’est possible, on développe à nouveau la plaque avec le premier bain qu’on a mis de côté ; au bout de trois ou quatre minutes l’opération est terminée ; il n y a qu’à laver la plaque pendant le même temps sous le robinet et c’est tout. On peut dire que c’est beaucoup plus simple que la photographie ordinaire, parce qu’après ces trois seules opérations et des lavages toujours sommaires, on a une image qui sèche très vite et qui est complètement terminée. Il nous est arrivé par ce procédé de montrer dans la lanterne de projections un portrait à la personne même qui avait posé moins d’une demi-heure auparavant.
- Pour le voyage, on a la facilité d’emporter un seul flacon. Le bain d’inversion qui contient de l’acide sulfurique sera de préférence préparé sur place, car il est bien rare qu’on se trouve dans une localité où on ne pourrait pas se procurer 10 cm3 d’acide sulfurique. Cependant cela peut arriver et M. de Dalmas a indiqué récemment à la Société française de photographie le moyen de s’en passer; il suffit d’emporter du bisulfate de soude qui, étant sous forme de sel, ne présente aucun danger pour le transport.
- Le bain d’inversion est alors ainsi composé :
- Eau.................... . 1000 grammes.
- Bisulfate de soude........ 5o —
- Permanganate de potasse . . 2
- et l’action est la même qu’avec le bain contenant de l’acide sulfurique libre.
- Il est bien entendu que le résultat parfait dont nous parlons plus haut n’est obtenu que si le temps de pose a été exactement calculé, ce qui, en somme, n’est pas très difficile pour ceux qui ont l’habitude de leur appareil; dans ce cas le développement automatique est à recommander.
- Mais quand on n’est pas fixé sur le temps de pose, il faut alors suivre le développement comme pour une plaque ordinaire et l’arrêter quand il est à point. MM. Lumière ont étudié une méthode qui donne de très bons résultats et facilite beaucoup l’opération ; quand on doit s’en rapporter à ses yeux seuls pour juger de la valeur de l’image, on hésite toujours un peu sur le moment précis où elle doit être considérée comme bonne, d'autant plus que la lumière à laquelle il faut la juger est toujours assez faible. Nous avons indiqué déjà que MM. Lumière ont préparé un papier spécial qui se place sur la lanterne du laboratoire et donne une lumière verte à laquelle on peut sans danger exposer les plaques autochromes, quand elles sont déjà dans le bain de développement depuis quelques secondes.
- La méthode est la même que celle dont nous avons déjà parlé à propos du développement à l’acide pyrogallique ; elle consiste à surveiller l’apparition des premiers contours de l’image, abstraction faite du ciel qui devance toujours le reste. Dès qu’on a plongé la plaque dans le bain, on compte le nombre de secondes; puis dès qu’on a aperçu la première trace d’image, on est fixé sur le temps que devra durer le développement et sur la quantité de bain concentré qu’on devra ajouter au bain révélateur. A cet effet, on a préparé celui-ci avec une dose plus faible de bain concentré que la dose normale : 5 cm3 seulement, au lieu de 20, pour 80 cm3 d’eau. Si l’image se montre dans ce bain au bout de i5 secondes, on ajoute le reste des 20 cm3, soit i5 cm3 qu’on amis de côté dans une éprouvette et au bout d’une minute un quart, on arrête l’opération. Si l’image tarde à venir, on ajoute toujours les i5 cm3 de bain concentré; mais on prolonge le développement jusqu’à quatre .minutes et demie, si par exemple elle a mis 40 secondes à apparaître. Un tableau qui prévoit 6 cas différents est livré gratuitement pour être placé sur le verre de la lanterne. Enfin, dans le cas de grande sous-exposition, on peut ajouter jusqu’à 45 cm3 de bain concentré et prolonger le développement pendant quatre minutes avec cette dose. On voit qu’au-jourd’hui, l’émulsion de la plaque autochrome offre les mêmes ressources que celles des plaques ordinaires et qu’on peut, par un développement bien conduit, corriger dans une large mesure, les erreurs du temps de pose. Nous avons personnellement expérimenté cette méthode et nous avons pu constater que les résultats obtenus, sont sensiblement les mêmes pour des plaques ayant des poses très différentes.
- Projections
- Écran pour les projections. — La question de l'éclairage est primordiale quand il s’agit de projections, mais elle est intimement liée à la question de l’écran. En effet, il ne s’agit pas seulement de produire beaucoup de lumière, il s’agit aussi de l’utiliser aussi complètement que possible. Or quand on prend comme écran une toile ordinaire, un drap de lit par exemple, fut-il à tissu serré, il y a entre chaque fil qui le compose assez de place pour laisser passer bon nombre de rayons lumineux : c est autant de perdu pour le spectateur qui se trouve devant l’écran, c’est une grande gêne pour celui qui se trouve derrière et qui voit briller comme des étoiles tous ces points lumineux. Il faut boucher ces trous et retenir le rayon de lumière ; on le fait généralement en mouillant la toile, mais c’est assez compliqué et peu efficace.
- Le mieux est d’employer un enduit, un vernis ou une substance quelconque qui, tout en conservant la souplesse au tissu, pour permettre de le rouler quand il
- p.2x187 - vue 619/647
-
-
-
- nrri^ivuuJü
- n’est pas utilisé, obture tous les intervalles entre les fils. C’est ce que fait M. A. Dillemann pour obtenir son écran prodiaphane ; la préparation qu’il emploie conserve à la toile sa blancheur et sa souplesse ; le rendement lumineux est très grand quand on opère par réflexion et la transparence reste cependant encore suffisante pour
- qu’on puisse voir les images par transparence, la tache centrale et les points brillants sont, dans ce cas, complètement supprimés. Une autre question a aussi préoccupé M. A. Dil-/ lemann : c’est le montage de l’écran qui n’est
- Fig- i.
- Ecran pour projections.
- pas toujours facile dans un appartement. Il a imaginé un système très simple qui, une fois démonté, tient le minimum de place. Il se compose fig. 2 de deux montants AB formés chacun de deux fers plats maintenus à environ 2 cm l’un de l’autre par des goujons, de manière à former une sorte d’échelle très étroite. On engage entre ces montants les extrémités des baguettes en bois sur lesquelles l’écran est enroulé ; la baguette supérieure repose sur deux des goujons à la hauteur convenable, puis la baguette inférieure est engagée entre les deux montants. A son extrémité T on attache une ficelle qu’on passe sur une poulie P sur laquelle on tire pour tendre la toile ; on l’arrête ensuite par un nœud sur le montant. Ce montage est très simple, très solide et donne une surface absolument unie. — M. A. Dillemann, ingénieur E. C. P., 26, rue de Chabrol, Paris.
- Automobilisme
- Un nouveau système de changement de vitesse dans les automobiles. — L’antique « boîte des vitesses » avec ses balladeurs multiples et ses rouages « administratifs » aurait-elle vécu ? Il faudra la conserver telle longtemps encore dans les grosses voitures, les camions, etc., à cause de sa robustesse; mais dans
- Plan.
- Coupe.
- Le nouveau changement de vitesse.
- les voitures légères sa suppression s’impose. Yoici un très ingénieux disposif à friction qui nous semble devoir donner d’excellents résultats.
- L’arbre A du moteur porte un volant ordinaire B, pourvu, sur sa périphérie, d’un cuir D. Devant ce volant peut se déplacer, dans le sens axial, un cône femelle C également pourvu sur sa périphérie d’un cuir G. Les deux bagues de cuir sont rigoureusement de même diamètre. L’arbre F est centré à l’une de ses extrémités
- sur le volant du moteur; à l’arrière il tourne dans un palier qui empêche son déplacement longitudinal, et une transmission à cardan le relie à l’essieu arrière.
- Cet ensemble est encadré par deux disques IJ qui viennent en contact avec le cuir à friction D et reçoivent leur mouvement par l’intermédiaire de cette bague. Ce mouvement est ensuite transmis à la bague C qui entraîne le cône mâle. De la position de ce cône par rapport aux deux plateaux I et J dépend donc la vitesse qui sera de plus en plus réduite à mesure que le cône se rapprochera du centre des plateaux. Enfin, si, par la manœuvre à fond du levier K on engage le cône mâle dans le cône femelle, le contact s’opère entre eux et l’entraînement a lieu, non plus par l’intermédiaire des deux plateaux, mais en prise directe. Pendant cette manœuvre, les deux galets M N, solidaires du levier J ont, en effet, écarté les deux plateaux et supprimé tout contact entre ceux-ci et les deux cônes.
- Pour réaliser la marche arrière, il suffit de pousser le levier T jusqu’à ce que le cône mâle se trouve en deçà de la ligne axiale des deux plateaux.
- Les plateaux I J sont montés sur deux leviers coudés P et Q oscillant autour de deux pivots S S ; ils reçoivent la tension du ressort L et la transmettent aux autres ressorts R et U agissant directemènt sur les disques. Comme la tension du ressort L augmente au fur et à mesure que le cône mâle s’éloigne du volant du moteur, celle des ressorts R et U augmente également et cela juste au moment où les efforts tangentiels deviennent plus grands, au moment par conséquent où ils exigent une plus forte pression.
- Remai’quons que ce système, dont l’ingéniosité est indiscutable, transmet directement le mouvement à l’essieu moteur sans aucun intermédiaire lorsque les cônes sont en prise; il n’ÿ a plus, ici, de pignons fous tournant dans une graisse consistante comme cela a lieu dans les boîtes des vitesses. Avec un tel appareillage on réalise le changement de vitesse absolument progressif sans production des chocs si désagréables que tous les automobilistes connaissent. De plus, la fabrication nous paraît devoir être beaucoup moins coûteuse que celle des appareils actuels.
- ct§'5-& Divers <$>£$3
- Théière pratique. — L’art de faire le thé est encore très peu pratiqué et très peu cônnu'eii France, où l’on sert couramment sous le nom du breuvage charmant soit la plus morne eau chaude, soit la plus âcre décoction. Sans doute pour obtenir l’infusion à ce degré de doré où elle est exquise, il y faut non seulement une grande attention, un soin scrupuleux, mais encore et surtout une sensibilité artiste, et rien ne saurait remédier à l’absence de celle-ci; on l’a de naissance ou on ne l’aura jamais. Toutefois les petits perfectionnements matériels ne sont à dédaigner de personne, même de ceux qui sont nés « rôtisseurs », ^
- et la théière nouveau style, vendue par Kirby Beard, sera très appréciée
- des connaisseurs. Rien ne la distingue d’une quelconque jolie théière, du moins à l’extérieur. A l’intérieur il en est autrement. En effet, au lieu d’y jeter le thé à même le pot, on le dépose dans une petite corbeille métallique formant passoire. Celle-ci, grâce à un anneau, se fixe à un bouton situé à côté du couvercle près de l’anse, ou s’en détache à volonté. La théière (préalablement chauffée, bien entendu) étant remplie d’eau bouillante, l’anneau de la passoire est détaché du bouton, de façon à ce que les feuilles soient noyées et que 1 infusion se fasse. Lorsque celle-ci est enfin arrivée à ce point mystérieux que détermine le connaisseur, il relève la passoire en reboutonnant l’anneau. De la sorte le thé pourra refroidir, mais il restera « au point » et c’est l’essentiel. — Cette agréable théière se vend, S, rue Auber, à partir de 40 francs (nickel argenté).
- HB1188 É5-
- p.2x188 - vue 620/647
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Les Bactéries de la moutarde. — La vogue est aux microbes. On en rencontre partout ; Us pullulent dans l’air, souillent nos vêtements, infestent nos boissons, regorgent dans nos aliments. La moutarde a les siens, et c’est à M. lvossowitz que revient l’honneur de les avoir découverts, isolés, étudiés, dénommés, et, comme il sied, de barbare façon. La première espèce, le Bacillus sinapivorax se présente sous l’aspect de petits bâtonnets mobiles de 2 à 4 P» ou millièmes de millimètres de long sur o,3 à 0,8 p de large. En dépit de leurs intimes dimensions, ce bacille a rapidement fait de décomposer la moutarde au contact de l’air. Cette œuvre destructive s’accompagne d’abondants dégagements gazeux que trahit une forte odeur alliacée. Ce Bacillus sinapivorax provoque, cultivé sur gélose, une odeur ammoniacale très nette, et qui plus est, a la fâcheuse qualité de résister énergiquement à la dessiccation.
- Dangereux auxiliaire du précédent, le Bacillus si-napivagus a aussi la forme de bâtonnets mobiles, mais aux dimensions plus grandes. 11 s’attache, lui, à décolorer la moutarde, la dépouiller de son odeur et de sa saveur et à précipiter sa décomposition. Aérobie comme le précédent, il lui faut donc le contact de l’air pour vivre et se développer. C’est ce qui explique pourquoi la moutarde perd si vite ses qualités, lorsqu’elle est renfermée dans des vases mal bouchés ou, mieux, pas bouchés du tout, comme cela a lieu dans les restaurants ordinaires où, trop souvent, la moutarde n’a de condiment que le nom. Il est à conseiller par conséquent de boucher soigneusement les récipients, et les commerçants qui doivent conserver ce produit pendant un temps assez long avant de le livrer à la consommation auraient intérêt à entourer les bouchons de cire à cacheter ou de paraffine.
- Une fabrication convenablement conduite permettrait cependaùt, sinon d’annihiler, du moins d’atténuer séi'ieu-sement les effets pernicieux de ces malfaisantes petites bactéries. Il est en effet établi que les deux espèces de bacilles s’accommodent difficilement des milieux acides ou neutres. Or la moutarde renferme de l’acide acétique et du sulfocyanate d’allyle qui, tant qu’ils ne se sont pas évaporés, jouent le rôle d’antiseptiques. Pendant la fermentation des graines, broyées et additionnées d’épices et de vinaigre dilué, la sinigrine ou myronate de potasse se dédouble, sous l’action des enzymes, en sulfo-cyanure d’allyle, bisulfate de potassium, et dextrose. La moutarde n’est comestible que lorsque s’est terminée cette fermentation. En France, on n’emploie que des vinaigres très dilués, 4 pour 100 d’acide acétique au maximum, et cela parce que au delà de cette proportion la fermentation se fait mal, retardant ainsi la production de l’essence. Mais on peut tourner la difficulté, d’abord en chauffant légèrement pour activer l’opération, faite avec le vinaigre habituel ou plus dilué encore, puis, quelques heures après la fin de la fermentation, en y ajoutant du vinaigre concentré, de façon à dépasser 5 pour 100. A ce moment, la moutarde est devenue stérile. Elle est trop acide pour que les bactéries s’y puissent développer. La seule objection qui puisse être faite à cette façon de procéder est que, en raison même de ce degré d’acidité qui est sa sauvegarde, bien des gens ne la trouveront plus à leur goût. Il convient de penser cependant que ceux qui ont coutume d’épicer fortement, ont le palais suffisamment éduqué dans ce
- sens pour qu’il ne soit pas incommodé par 1 ou 6 pour 100 d’acide acétique de plus dans leur moutarde. La chose est d’autant plus vraisemblable qu’en Allemagne, par exemple, on emploie du vinaigre de 5 à 9 pour 100 sans qu’on ait pour cela signalé de ralentissement dans la consommation. Et la moutarde allemande se conserve certainement mieux que la nôtre. Pourquoi n’imiterions-nous pas nos voisins ? La chose vaut la peine d’être tentée. Francis Marre.
- Le gouffre Sainte-Marie. — Un grand intérêt s’attache à la désobstruction des abîmes, et cette question qui a déjà été envisagée ici (voir na 1698, 9 décembre igoô), vient de recevoir une nouvelle confirmation. Aux environs d’Annoux (Yonne), M. Marcel Bidault de l’Isle a ainsi déblayé le gouffre Sainte-Marie. L’excavation primitivement connue, et dont l’orifice même avait été assez récemment comblé ne possédait qu’une profondeur d’une douzaine de mètres. Ce point atteint, l’entrée ayant été débarrassée, un véritable chantier souterrain s'organisa, qui permit, après plusieurs semaines de tra-
- (lu gouffre Sainte-Marie.
- Parfit^ rvm&layélu Wtm c/eé>/ciy^&kï
- vail, d’enlever un bouchon épais de 3 m. environ, constitué par des couches d’éboulis récents, surmontant des dépôts très anciens ou ossements et cailloux roulés. Ainsi l’on put accéder à un véritable gouffre, caverne dont la coupe est figurée ci-contre. Le point terminus, situé à 90 m. de l’entrée, se trouve à 58 m. en contrebas de celle-ci ; là l’exploration s’est trouvée arrêtée, la galerie éboulée formant ainsi un obstacle infranchissable. Ce gouffre est une ancienne absorption d’eaux dont l’issue doit être recherchée dans un vallon voisin1.
- 1 Le Gouffre Sainte-Marie, ou Trou du Tonnerre à Annoux, (Yonne), par Marcel Bidault de l’Isle. Paris. 1908, in-18, 72 pages et 4 figures, prix: 2 francs. Jules Rousset, éditeur, i,rue Casimir-Delavigne.
- HYGIENE ET SANTE
- La sauge. — La sauge, cette petite plante des champs que les anciens regardaient comme la plante sacrée, l’herbe sauveur, qui guérissait tout (d’où le joli nom de Salvia) depuis les coliques, les maux de tête, les tremblements jusqu’à la peste, la sauge n’est plus depuis longtemps employée en médecine. Le Codex nouveau l’a
- laissé vivre, humble et cachée au milieu de vingt autres herbes, dans les espèces vulnéraires et dans l’alcoolat du même nom. Mais c’est là une forme dégénérée de sa gloire d’antan ; les espèces et l’alcoolat vulnéraires, bon pour le pansement et la guérison des écorchures, des contusions et des plaies. N’en croyez rien; le rôle du
- p.2x189 - vue 621/647
-
-
-
- niuinJMi ci »aj\
- 1 c \\m
- vulnéraire est de premier ordre. Consultez plutôt les commères : votre fille a-t-elle une pâmoison, une rage de dents, vite un petit verre de vulnéraire. Recevez-vous un heurt, êtes-vous pris d’un malaise, d’une fatigue quelconque, n’allez pas chercher bien loin, le vulnéraire est là qui vous guérira instantanément. Et nombre de gens ingurgitent ce tord boyaux sans avoir même le prétexte d’une indisposition, à titre probablement de prophylactique des maux et horions à venir.
- La sauge possédait, pour les anciens, toutes les vertus. La Walkyrie de Sigurd et le frère Bouiface du jongleur de Notre-Dame-en vantent les vertus enchantées, comme il y a des siècles l’Ecole de Salerne l’inscrivait comme la merveille et la sauvegarde de tous maux.
- Salvia Salvatrix, naturæ concilù.trix.
- C’était bien la plante sacrée des temps hippocratiques et l’Ecole lui attribuait la guérison des tremblements, des maladies nerveuses et des fièvres :
- Cur moriatur liomo, cui salvia crescit in liOrto ?
- Salvia confortât nervos, manuumque tremorem
- Tollit et ejus ope febris acuta fugit.
- Malgré tout ce qu’on en a dit, la sauge est oubliée. J’ai vu donner jadis l’infusion de sommités fleuries de sauge pour combattre, comme le conseillait Yan Swieten les sueurs des fébricitants, avec quel succès, je n’en ai pas soutenir. Trousseau, Pidoux, Gubler ont eu beau vanter les mérites de cette plante, ses principes toniques reconstituants, je doute qu’on en fasse encore grand usage.
- Le Dr Chapoutot tente de la réhabiliter et comme c’est une des plantes qu’on trouve à peu près partout, il pense qu’on devrait y avoir recours un peu plus souvent. Il rappelle que les Grecs et les Chinois s’en servaient comme boisson aromatique et d’après Yalmont de Bomare, ces derniers offraient des balles de thé en échange de balles de sauge. Ces échanges ne se font plus aujourd’hui, j’imagine.
- Il existe trois variétés de sauge: l’officinale, dite sauge de Catalogne, grande sauge, thé de Grèce, en raison de l’usage dont je viens de parler; c’est la plante qu’on trouve dans tout le bassin de la Méditerranée et qu’on cultive un peu partout, même dans les pays du Nord.
- La sauge des prés, salvia pratensis, est plus commune, c’est une petite plante herbacée qui croît sur les collines pierreuses, arides et dans les prairies non humides.
- La troisième variété, salvia sclarea, dite aussi, orvale, herbe aux plaies, toute bonne, est une espèce très vivace qu’on trouve dans les terrains rocailleux; elle a une odeur forte rappelant celle du baume de tolu due à son huile essentielle. L’arôme est assez agréable pour qu’on l’utilise comme condiment. Le nom de sclarea lui vient de ce qu’en Italie on se servait des graines pour extraire les corps étrangers de l’œil.
- Toutes ces variétés possèdènt en somme, à un degré à peu près égal, les mêmes propriétés et l’on pourrait, puisque le Codex ne l’admet que sous forme de vulnéraire, en conseiller l’usage, à l’exemple du Dr Chapoutot, comme on le fait d’autres plantes car-minatives. Dr A. C.
- La croissance des ongles. — Les ongles et les poils (cheveux, barbe et autre revêtement velu du corps), s’accroissent d’une façon régulière, suivant en cette progression les processus nutritifs qui régissent notre organisme depuis le premier moment de l’existence jusqu’à l’heure dernière. Comme nous n’avons plus l’habitude, comme nos ancêtres Gaulois, de porter la longue chevelure, comme nous n’avons pas, heureusement adopté la mode des ongles qu’on laisse grandir, comme certains fakirs, de la longueur du doigt, force nous est de supprimer de temps en temps l excédent. Cette poussée de l’ongle et du cheveu suit-elle des lois physiologiques ? Se fait-elle d’une façon égale dans le jeune âge, dans l’âge mûr ou la vieillesse? Se produit-elle, sans modification à toute époque de l'année et par toutes saisons ? C’est ce problème qu’a tenté de résoudre pour les ongles M. Bloch, dans une intéressante note communiquée à la Société de Biologie.
- Pour bien apprécier la croissance des ongles, M. Bloch a recours à des empreintes et moulages de l’extrémité digitale pris à diverses époques et qui lui permettent de bien préciser la longueur d’accroissement pour un temps donné. Il dessine à la lime sur l’ongle deux traits formant croix, puis il prend à la cire l’empreinte de cette gravure et dans cette empreinte en creux, coule du plâtre pour avoir un moule en relief qui est la représentation exacte de l’ongle, avec sa courbe, ses particularités, sillons, nodosités et la marque spéciale gravée au début. Un mois après, on prend une nouvelle empreinte, puis un nouveau moulage et la mesure millimétrique de l’écart entre les deux traces de gravure donne d’une façon précise le degré d’allongement de l’ongle, le degré de croissance. Il est utile, pour avoir des points de comparaison très précis de faire en même temps le moulage d’un ongle du pied et de vérifier au doigt et à l’orteil l’accroissement acquis au bout d’un ou de plusieurs mois.
- D’après les observations recueillies en très grand nombre, M. Bloch estime que la croissance des ongles est en rapport avec l’âge et peut varier du simple au triple. En mettant par exemple une pousse de io centièmes de millimètre avant 5 ans, on verra l’allongement atteindre 14 centièmes de millimètre de 5 à 3o ans et redescendre à 4 centièmes dans la vieillesse vers 65 à 80 ans. Aux orteils la pousse est moins forte qu’à la main et elle n’offre pas les variations aussi précises suivant l’âge. Chez les enfants, la croissance des ongles de la main varie entre la moitié et le tiers de celle des ongles du pied, chez le vieillard elle est à peu près égale à 1 centième de millimètre près.
- Ces résultats sont à peu près les mêmes, à quelque époque de l’année qu’on fasse l’examen : le chaud, le froid, les variations cosmiques semblent n’avoir pas d’influence sur cette croissance des ongles. Il serait intéressant de faire une étude comparative au cours d’états pathologiques durables. Il semble que dans certaines maladies la croissance des poils ou des ongles soit accentuée et dans d’autres cas retardée. Peut-être n’y a-t-il là qu’une apparence due à l’amaigrissement des tissus ; c’est un détail qui compléterait les recherches curieuses de M. Bloch. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédé d’imperméabilisation des tissus. — D’après le brevet allemand Emmerling, il suffit, pour rendre une étoffe parfaitement imperméable, de l’imprégner d’une solution d’acétate de zinc à 3° Baumé, puis de la sécher à la température ordinaire. On plonge ensuite dans une solution d’albumine, puis on sèche à nouveau de la même façon. Selon que 1 on désire fixer plus ou moins de sel sur les fibres, on peut recommencer ou non un passage en acétate suivi d’un traitement à l’albumine. Finalement, on insolubilise l’albumine en traitant le tissu sec dans une solution de formaldéhyde à 5 pour 100 après quoi l’on sèche. A une parfaite imperméabilisation, le procédé joint l’avantage de ne pas altérer la teinte des tissus, l’acétate de zinc étant parfaitement blanc; il y a en outre désinfection par le formol.
- Pour essayer le cuir des courroies. — Au lieu de s’en rapporter aux affirmations du fabricant, il est préférable de se rendre compte soi-même de la valeur du cuir constituant les courroies de transmission. Voici comment on doit procéder : on extrait de la courroie à essayer une légère lanière de 1 mm d’épaisseur et de quelques centimètres de longueur, que l’on place dans une bouteille pleine de vinaigre. On ferme à l’émeri. Si le cuir a été mal préparé à la suite d’un passage de trop faible durée dans la fosse à tan ou d’un tannage mal fait, les fibres du cuir se boursouflent, se gonflent, et au bout de quelques jours elles se transforment en une masse gélatineuse. Par contre, le cuir restera absolument intact s’il a été préparé avec soin, et cela pendant plusieurs mois.
- p.2x190 - vue 622/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux'lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’interrupteur thermique de M. Max Peaucellier décrit dans notre n° 1875 et construit par la Société Electro-Industrielle, 40. rue du Chemin-Vert, Paris.
- Renseignements. — M. de Euzonnière, à Bretenoux. — Vous trouverez le briquet en question chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg.
- M. P. F., Paris. — Veuillez vous adresser pour le renseignement sur la poudre Auton à la « Zeitschrift für angewandte Chemie ».
- M. J. B. T., à Devise. — La Nature a décrit, il y a quelques mois, un système de vision à distauce par des tubes munis dans les coudes de miroirs réfléchissants ; on peut ainsi, sur de courtes distances, construire un dispositif qui permette de voir ce qui se passe dans une pièce peu éloignée. En dehors d’un système basé sur ce principe fort simple, il n existe rien encore permettant de transmettre à distance les images lumineuses.
- Union Française, à Péra. — Les établissements Eiffel sont devenus la Société de construction de Levallois-Perret, 42> rue Fouquet, à Levallois-Perret (Seine).
- M. Mànal Ribeiro, Inhambane. — Le baquet monocycle est fabriqué par la maison Clément-Gladiator, 76, Grande-Rue, au Pré-Saiut-Gervais (Seine). —Vous trouverez les renseignements pratiques que vous cherchez dans l’ouvrage : « Topographie pratique de reconnaissance et d’exploration », par E. de Larminat, chez Lavauzelle, 10, rue Danton, Paris.
- M. Kien, à Vineey (Vosges). — Vous pourriez réaliser une circulation d’acide sulfureux. Mais cela exige une installation très bien construite, sinon on s’expose à de graves accidents.
- M. Legrand, à Reims. — Si vous disposez du courant électrique, nous vous recommandons la machine Audif-fren des établissements Singrün, à Epinal.
- M. F.-F, A., à Mahon (Espagne). — Vous trouverez du lait desséché chez Mignot, à Louviers (Eure), ou à la Compagnie générale des laits purs, 7, rue d’Aumale. — Nous ne pouvons répondre à votre deuxième question : les difficultés et les dangers très graves qui résulteraient de l’alimentation d’un moteur par l’hydrogène n’ont pas permis à notre connaissance d’utiliser ce gaz dans des moteurs existants.
- Question. — L’un de nos abonnés nous demande s’il existe un bon extracteur d’huiles à l’éther fonctionnant sans perte d’éther. Nous serons fort reconnaissants à ceux de nos lecteurs qui voudront bien nous donner à cet égard un renseignement précis.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre jprécédentmumèro
- Effets de la diffusion des liquides : A. Troller. —Suppression* du goulot de Saint-Lazare : R. Bonnin. — Histoire des techniques : t lesverre dans l’antiquité : G.-A. Huckel. —Un nouveau cmê- matpgraphe : G. M. .— L’eau des lacs est^Clle potable ‘E.-A. Martel. — 'Académie des sciences; séance-du 3 mai <1909 -*Cn. de Villedeuil. — Un essai d’ u automobïlisation » : Jac-; ques d’Izier, L
- Supplément. —'Recherche photographique de là comète de Halley. ; — Une explication.des phénomènes de Vénus..— Le XVIe Con- j grès international de ' Médecine. — '•Les débuts de f l’âge duffer. i —î Construction d’un chemin de fer à la Ci’ite d’Or. — Le troid ; etîles animaux.— Le commerce et la.marine marchande du Ja-f pon.----Le régime décalcitiant. [
- ’ !
- Statique graphique des systèmesrtriangulés,(par T.,Sm- jj rig. .intjénieur-constructeur. 2e édition. 2 wol. tpetit » in-i80, de YiEncyélopédie des Aide-Mémoire, avec38 pl j Masson et Gie, éditeurs. Chaque volume, broché, afr,5o ' 'Ce précis, clair et complet, utile à tous 'les con-; structeurs, a rendu déjà de grands services ; nul doute que sa carrière ne se poursuive,
- r
- Polarisation et saccharimétrie, par D. Sidersky, ingénieur chimiste. 2e édition, revue et augmentée. 1 vol., de Y Encyclopédie des Aide-Mémoire, avec 40 figures.1 Mâsson et C‘% éditeurs. Broché, 2fr,5o.
- Cette nouvelle édition tient largement compte des recherches et études publiées depuis la première, et des changements intervenus, et elle renferme Un nouveau chapitre relatif aux essais des différents alcaloïdes. :
- La.faune momifiée de l'ancienne Egypte, par le Dr Lor-’ tet et M. C. Gaillard. 4e série (Arch. du Muséum î d’hist. nat. de Lyon). In 4°, 224 p.
- Nous avons déjà signalé à diverses reprises l'intérêt de cette belle publication qui nous apporte de si eu-, rieuses révélations sur la faune de l’antique Egypte, conservée dans ses moindres détails grâce à 1 embaumement. Cette nouvelle série est à la hauteur des précédentes.
- L'oreille, par le sDr M.-A. Legrand (hygiène, maladies, traitement). 'Paris. Larousse, î vol. in-8", 112 p., 74 grav. fBroché : rifr,ao ; relié toile souple : ifr,5o.
- Sur 100 sourds, 90 le deviennent par suite d’affections étrangères aux oreilles ; sur ce nombre, et de 1 avis des auteurs les plus compétents, 70 pour ioo auraient échappé à la surdité s’ils y. s’etaient fait soigner à temps le.nez, la gorge et les oreilles. Ce sont malheureusement choses qu’on 1 ignore généralement et les trois quarts du temps on devient sourd par incurie. Le'livre du Dr Legrand montre sous une forme claire ce qu’il jpeut être utile de savoir pour éviter cette infirmité.
- iLa .gravure, ;par ’Léon Rosenthal. fIn-8, 174 gravures. IParis. 1H. Laurens. Prix : 10 francs. (Collection des Manuels d'Histoire de l'Art.)
- 'L’ouvrage écrit ravec une clarté extrême, .s’adresse à îtous ceux qu’intéressent iles ;choses d’art et qui y ' trouveront des ^bibliographies copieuses et des références précises.
- The fislies of tire coastal streams of Oregon and northern California, par O. Snyder. i br. in-8°. Washington. Government printing office. 1908 (Départ. of Comm. and labor. Bulletin of the bureau of fiskeries, XXVII, 1907, p. i53-r89).
- Etude sur les poissons des petits ruisseaux situés sur la côte de l’Orégomet de la Californie septentrionale. Description d’espèces et répartition géographique.
- L'air, Effets de son impureté sur la santé, par Jules Dulac. Paris. Béranger. 1908. 1 vol. in-16. Prix 4 fr.
- Traité d’hygiène en langage simple, à la portée de tout le monde, indiquant les exigences auxquelles devrait satisfaire l’air que nous respirons, les causes d’altération, nombreuses et le plus souvent ignorées, qui en modifient la pureté dans la plupart des habitations, les effets qui en résultent au point de vue de la santé, les précautions à prendre pour conjurer ces causes et les moyens simples et naturels d eu atténuer ou supprimer les funestes conséquences.
- p.2x191 - vue 623/647
-
-
-
- ÿp|l flmuwiKArnic |j<«
- La photographie au charbon par transferts et ses applications, contenant la description détaillée de toutes les opérations, par G.-A. Lusbeht, avec une préface par A. Liébert père. In 8° de vi-a83 p., avec 20 fig. et une épreuve au charbon hors texte. 1908. Gau-thier-Villars, éditeur. Prix : 9 francs.
- Le procédé au charbon, connu depuis 1876, produit des images irréprochables comme finesse et comme modelé, avec cet immense avantage qu elles sont indélébiles. Les applications de ce mode d’impression, si souple entre les mains de l’artiste, se sont multipliée^ d’une façon incessante en donnant à l’art et à 1 industrie photographiques des moyens d’expression aussi intéressants que variés. Malgré tout, beaucoup de praticiens et d’amateurs hésitent encore à aborder ce procédé qu’ils supposent bien à tort semé d’écueils.
- L’ouvrage de M. Liébert leur facilitera la tâche: clair et complet, c’est un excellent guide qui permettra d’éviter les écueils du début en aidant les néophytes de toute l’expérience d’un praticien distingué.
- Machines-outils. Outillage. Vérificateurs, par P. Gor-gen, capitaine d’artillerie. 1 vol., 2 3a p., 200 schémas. Gauthiers-Villars, éditeurs.
- Cet ouvrage, destiné spécialement aux officiers d’artillerie détachés dans les établissements constructeurs, rendra de grands services à tous les industriels ou chefs d’atelier qui utilisent des machines-outils. Il renferme les notions pratiques nécessaires pour surveiller d’une façon efficace la marche, l’entretien, l’utilisation de ces machines, la confection de L'Outillage, la confection et l’emploi des vérificateurs.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude Som,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 mai 1909. . 4°.9 N. N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; peu nuageux.
- Mardi 4 8°,2 E. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Mercredi 5 ÎO'U N. E. 4. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Jéudi 6. . ...... 11°,0 E. 3. Beau. » Rosée ; beau.
- Vendredi 7 12°.1 E. N. E. 3. Beau. » Rosée ; beau.
- Samedi S 10° 5 E, N. E. 3. Be<u. » Rosée ; beau.
- Dimanche 9 10’.2 N. E. 5. l'eau. » Gi-lée blanche; beau; brume.
- MAI 1909. — SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 MAI 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 3 au 8 mai. — Le 3. Aire de forte pression de l’O. au N.-E. de l’Europe : N. de la France, 776; Allemagne, Moscou, 775; dépressions sur la péninsule des Balkans et des Açores. Pluies sur l’O. des Iles-Britanniques et le Centre du continent. Temp. du matin : Arkangel, —i°; Paris, 5; Alger, i5;Puyde Dôme, —5; moyenne à Paris : 8°,4 (normale : 11°,7). — Le 4- Pression supérieure à sur l’Allemagne et le N.-O. de la Russie; baisse sur 1 Irlande et les Açores. Pluies sur le S.-E. et la Scandinavie. Temp. du matin : Uleaborg, — 70; Paris, 8; Oran, 15 ; Puv de Dôme, —3; moyenne à Paris : n°,4 (normale : n°,9). — Le 5. Hausse sur toute la Scandinavie : Bodoe, Christiania, 780; pression supérieure à 765 sur la moitié N. de l’Europe. Dépressions des Açores au golfe de Gênes, et des Açores à 1 Irlande. Pluies sur l’Autriche et l’Italie. Temp. du matin : Saint-Pétersbourg, i°; Paris, 10; Alger, 14; Pu.y de Dôme — 1 ; moyenne à Paris : 14°3 (normale : la0). — Le 6. Maximum sur Christiania, 781 ; baisse
- légère sur l’O. de la France et la péninsule Ibérique : Biarritz, Ouessant, 758. Pluies très abondantes sur toute l’Autriche. Temp. du matin : Arkangel, — 5°; Paris, (4; Alger, 17; Puy de Dôme, 10; moyenne à Paris : i6°,4 (normale : i2°,i). — Le 7. Aire supérieure à 765 sur le N. du continent jusqu’à. l’Adriatique : Finlande, Danemark, 777; pressions légèrement inférieures à 760 sur la Gascogne, l’Espagne et le S.-E. de l’Europe. Quelques pluies sur tout le S. de la Russie et la Hongrie. Temp du matin : Arkangel, — 6°; Paris, 12; Biarritz, 17; Puy de Dôme, 13 ; moyenne à Paris : .14°, 7 (normale : ia°,2). — Le 8. Baisse sur le N. . Ecosse, Feroé, 771 ; pression un peu basse sur l’O. de la France et la péninsule Ibérique. Neiges sur la Scandinavie et la Russie; pluies abondantes sur l’Algérie. Temp. du matin: Arkangel, — 20; Paris, 11 ; Alger, 17; Puy de Dôme, 10; moyenne à Paris : 13°,9 (normale : 1 a0,4)• — Pleine Lune le 5, à 12 h. 17 m. du soir.
- p.2x192 - vue 624/647
-
-
-
- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY,
- E.-A. MARTEL
- Professeur à J’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Varie (flt)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1878 — 22 MAI 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 29 mai (n° 1879), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le Ier juin, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — x883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Observatoire astronomique de Bucarest. — Un
- établissement météorologique existe à Bucarest depuis 24 ans. Le directeur, M. N. Coculesco, dans les Astro-nomische Nachrichten (n° 4281), annonce que la somme nécessaire pour l’établissement d’un observatoire astronomique a pu être réunie et que prochainement l’observatoire sera muni d’un équatorial double de i5 pouces d’ouverture (0,37 m. de diamètre). Les futurs astronomes de ce nouvel observatoire, licenciés ès sciences de l’Université de Bucarest, ont été détachés, en vue de perfectionner leur éducation astronomique, dans les observatoires de Paris et de Hambourg. M. Coculesco pense pouvoir également envoyer un troisième astronome, d’ici peu, à Potsdam, pour lui permettre d’étudier les méthodes d’astrophysique en usage à ce célèbre établissement scientifique.
- Vitesse radiale de a Persée. — M. Fritz Goos, de Bonn, dans les Astronomische Nachrichten, n° 43oo, donne les résultats d’une discussion approfondie des observations spectroscopiques de l’étoile a Persée. Il arrive à la conclusion que cette étoile se meut dans une orbite circulaire, en une période de 290 jours.
- L’acide oxalique et les calcaires de Crimée. —
- Un auteur russe, Chkateloff, a observé, il y a quelque temps, sur les rochers calcaires de la côte méridionale de la Crimée, des taches d’un enduit blanc, souvent accompagnées de lichens. Cet enduit, analysé; a donné la composition suivante : . A
- Oxalate de chaux............ . 33 pour 100
- Carbonate de chaux. ..... 27 " -—
- Matières organiques.......... 32 —
- Ces matières organiques renfermaient même de là. chlorophylle. La présence de l’oxalate de chaux dans des calcaires est assez curieuse et assez rare pour mériter d’être signalée. Cependant, en 1853, Liebig avait déjà reconnu la présence d’oxalate de chaux dans l’enduit blanc des colonnes de marbre du Parthénon.
- Le sakhguise. — Dans les régions du Caucase, les habitants mâchent après le repas une résine appelée sakhguise, qui est un agent antiseptique favorable à la conservation des dents. C’est une matière jaunâtre, quelquefois transparente comme l’ambre, quelquefois opaque, d’une odeur agréable, solide à la température ordinaire, mais devenant molle et plastique à la température du corps. Le sakhguise paraît, par sa provenance et ses propriétés, être analogue, quoique non identique, à la résine mastic extraite de l’écorce du Pistacia len-tiscus.
- Les propriétés diélectriques de l’huile. — On sait que, pour que l’huile employée comme isolant, transformateurs, etc., conserve sa valeur, il faut que l’eau en soit totalement éliminée avant l’usage, et qu’ensuite la déshydratation demeure parfaite pendant l’emploi. Un procédé très simple de déshydratation consiste à agiter l’huile avec du sodium métallique, qui forme avec l’eau présente de la soude caustique, en dégageant de l’hydrogène. Cette agitation a lieu à plusieurs reprises, et plus le contact entre le sodium et l’huile est long et parfait, meilleur est l'isolement obtenu. En marche, un procédé commode, pour maintenir constante la capacité isolante, consiste à laisser tremper dans l’huile même des morceaux de sodium maintenus dans des paniers en fil de fer.
- L’acide sulfureux au point de vue biochimique. —
- Malgré la surveillance dont les fraudes alimentaires sont l’objet, il est assez fréquemment d’usage d’assurer la conservation de diverses denrées par addition d’acide sulfureux libre ou de bisulfites. Cette pratique se fait surtout dans le cas des vins et des bières et, à condition que les proportions d’acide sulfureux ajoutées ne dépassent pas une certaine limite, on n’en a jamais remarqué d’effets fâcheux. Il est en effet démontré que l’acide sulfureux libre et les bisulfites sont, à doses égales, beaucoup plus toxiques en solution aqueuse que dans les denrées alimentaires, telles que le vin et la bière, parce qu’il se forme, dans ce dernier cas, des combinaisons complexes de l’acide sulfureux avec les corps aldéhydiques ou acétoniques de ces aliments.
- La rinnéite, nouveau minéral salin. — On a isolé, dans les mines de potasse de l’Allemagne du nord, un nouveau minerai répondant à la formule FeCl2. 3KC1. NaCl. Cette combinaison se décompose rapidement à l’air et ne peut pas être recristallisée. On peut la conserver sans altération sous une couche de pétrole.
- Un succédané de l’écaille. — L’écaille est, comme on le sait, un produit naturel d’une valeur assez considérable, surtout quand il est employé en pièces d’une certaine grandeur. Aussi a-t-on cherché à de nombreuses reprises à remplacer l’écaille par des produits de valeur moindre et d’imitation suffisamment parfaite. Dans ces dernières années, l’une des substances qui étaient le mieux réussies sous ce rapport était la galalilhe qui
- p.2x193 - vue 625/647
-
-
-
- INFORMATIONS
- ressemblait au celluloïd et qui résultait de l’action de l’aldéhyde formique sur la caséine ou matière albuminoïde du lait. Pour distinguer les imitations écaille en galalithe de l’écaille naturelle, il suffît de chauffer une parcelle du produit avec de l’acide nitrique. La galalithe donne, dans ces conditions, une pouire d’apparence cristalline insoluble dans l’eau et dans les dissolvants organiques; l’écaille, au contraire, se dissout en ne laissant que le squelette transparent du morceau primitif.
- Viaduc en maçonnerie sur la Valserine. — Un de
- nos lecteurs, M. de Rouville, nous transmet les x-ensei-gnements suivants relatifs à un viaduc en maçonnerie sur la Valserine, au Pont des Pierres à 7 kilomètres en
- Viaduc du Pont des Pierres en construction sur la Valserine.
- amont de Bellegarde. C’est un ouvrage fort intéressant, actuellement en cours d’exécution. Ce viaduc est destiné au chemin de fer électrique de Bellegarde à Chézery, il comporte .une seule arche de 80 m. de portée. La hauteur du tablier au-dessus de l’eau est de 65 m. Notre figure montre les cintres qui ont servi à la construction • leur volume dépasse 600 m5. Le montage présentait de grandes difficultés que l’on imagine aisément : le levage du cintre a été fait en 49 jours.
- Utl collège aéronautique. — De fréquentes notes publiées dans ces colonnes ont montré à nos lecteurs combien la nation anglaise se préoccupe de la question de la navigation aérienne. Son anxiété s’explique : du jour où de puissants aéronats sillonneront les airs, les flottes anglaises auront perdu de leur efficacité, comme moyen de défense. Cette préoccupation grandissante a donné naissance à de nombreuses œuvres et associations
- que nous avons déjà signalées. L’une des dernières venues, mais aussi l’une des plus puissantes, 1’ « Aerial League », ouvre maintenant une campagne pour la fondation d’un « collège national aéronautique », où les élèves, recrutés par voie de concours, s’initieraient à tous les secrets de la navigation aérienne. La ligue a constitué, sous la présidence de M. le Colonel Massy, un comité d’études qui a déjà rédigé un premier rapport, d’après lequel les fonds nécessaires à la fondation de l’établissement sont fixés à 3 millions de francs, à réunir par voie de souscription publique. Cette somme ne sera pas gaspillée dans la construction de coûteuses bâtisses : un vaste terrain pour les expériences de vol, quelques hangars pour les dirigeables et les aéroplanes, des constructions légères pour abriter professeurs et élèves, c’est tout ce qu’il faudra pour les débuts. Les fondateurs entendent consacrer spécialement leurs ressources à s’assurer la collaboration de mathématiciens et d’ingénieurs de haute valeur, qui formeront le personnel enseignant, et à se pourvoir d’un matériel scientifique de premier ordre, qui comprendra des modèles de tous les dirigeables et aéroplanes actuellement en existence.
- Sur la digestion stomacale des poissons.
- — On sait que le suc gastrique humain doit normalement, en majeure partie, ses propriétés acides à la présence de l’acide chlorhydrique dont il renferme x,5 à 2 gr. par litre. M. van Herwerden a étudié les sucs gastriques de poissons et a trouvé que celui du Scyllium stel-lare présente, évalué en acide chlorhydrique, une acidité de 0,8 à 1 pour 1000 à jeun et de 0,4 à 5 pour 1000 pendant la digestion. Cette acidité est due surtout à l’acide chlorhydrique, mais le suc contient aussi un peu d’acide formique. Chez tous les Sélaciens pêchés à Naples, on a constaté cette réaction acide; mais, chez certaines autres espèces, le contenu stomacal a été trouvé aussi alcalin.
- Initiative japonaise. — Il est désormais certain, nous apprend le Daily Graphie. que les bâtiments construits l’an dernier à Shepherd’s Bush pour l’Exposition franco-britannique seront occupés l’an prochain par une exposition japonaise. Le prince Arthur de Connaught, qui fut chargé de porter au Mikado les insignes de l’ordre de la Jarretière, a accepté la présidence honoraire de l’entreprise, et les deux gouvernements ont promis leur concours moral et financier. Le Parlement japonais a voté dans ce but d’importants crédits. Un comité de préparation a été constitué à Tokio, sous la présidence du baron Oura, ministre de l’agriculture. Le commissaire-général pour le Japon sera M. Ikojiro Wada.
- Le prix des fauves. — Rien n’est plus variable, semble-t-il, que la valeur d’un fauve. Et tout indique que l’achat d’une ménagerie ne constitue pas précisément un placement de père de famille. Un belluaire, dont les Parisiens n’auront pas oublié le nom, M. Bostock, a dû sè défaire de sa collection de fauves pendant qu’il se trouvait à Glascow. Elle était évaluée à 100 000 fr., mais la vente aux enchères publiques ne produisit qu’une somme bien inférieure à ce chiffre. Voici les prix qu’obtinrent les plus beaux spécimens de la ménagerie :
- Un cynocéphale de grande taille. . 370 francs.
- Un lion marin de Californie. ... 5a5 —
- Cecil, le plus beau lion en captivité, qui appartint à M. Cecil Rhodes. 2995 —
- Uae lionne et ses deux lionceaux . i838 —
- Trois lions...................... . 75oo —
- Deux tigresses ...................1835 —
- Quatre jeunes lions............... 5381 —
- Un grand éléphant indien de 17 ans. 6694 —
- Ces prix, qui nous renseignent sur la situation du marché des fauves, apparaîtront d’autant plus bas qu’il s’agissait d’animaux « savants », capables d’exécuter les exercices variés qu’un dompteur demande de ses élèves.
- p.2x194 - vue 626/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> Automobilisme
- Compresseur d’air pour autos. — C’est un nouveau gonfleur de pneumatiques, aussi simple que possible, et prenant son mouvement par simple friction sur le volant du moteur.
- La particularité intéressante de ce compresseur d’air réside dans ce fait que la présence du ressort F, qui est
- un ressort de rappel, a pour objet, non de pousser la poulie de friction B contre le volant A, mais au contraire de l’en éloigner. Ce ressort maintient donc le gonfleur loin du volant lorsque ses services ne sont pas nécessaires. L’entraînement s’effectue en vertu du principe qui oblige l’ensemble pivotant autour du pivot E du
- ,T ,, •„ support à être entraîné dans
- le meme sens que le volant lorsque le contact s’effectue entre ce dernier et la poulie B. On obtient ainsi un excellent résultat et la eompression d’air s’effectue par l’intermédiaire de la poulie B dans le corps de pompe C ; l’air est ensuite flirigé dans le pneumatique.
- L’appareil étant très petit, son emplacement est facile à déterminer et on le met en service selon les besoins. — Le compresseur d’air se trouve chez lîerz and C°, 2o3, Lafayette Street, New-York.
- L’Œil du maître. — L’œil du maître n est pas un appareil, c’est une institution créée en vue d’être utile aux propriétaires d’automobiles pour leur dire, à leur demande, si le moteur, ou n’importe quelle partie du mécanisme, a besoin d'être réparé de suite ou s’il peut attendre encore plusieurs mois. Une telle indication paraît vague et on pourrait ne lui apporter qu’une confiance limitée; mais l’ingénieur qui la donne est armé
- pour préciser son diagnostic dans des conditions étonnantes; il vous dira,
- Indicateur de jeux.
- À, monté sur un cylindre de moteur; B, schéma de montage.
- à remonter dans le cylindre. Remarquons que ,ces deux opérations ont pour but de comprimer d’abord et de distendre ensuite les articulations. Par conséquent, le piston descendra et remontera dans le cylindre dune quantité égale à la valeur des jeux qui peuvent s’être produits dans les articulations de tête et de pied de bielle. L’indicateur est constitué par une chambre close M surmontée d’un manomètre E et terminée par une partie filetée. A l’intérieur du corps principal se trouve une aiguille D, montée sur l’axe d’une poulie E. Sur cette poulie passe un fil terminé par un poids B reposant sur le piston. La tubulure N sert au raccord de l’appareil avec la pompe pour produire, dans la chambre d’explosion, une compression ou un vide. Notre schéma montre très bien comment fonctionne l’appareil qui, en somme, est très simple.
- Cette sorte de contrôleur incorruptible n’est pas en vente, il fait partie, ainsi que nous l’avons dit au début, du matériel vérificateur de VOËil du maître, docteur ès automobiles. — Demander les renseignements à M. Caron, ingénieur des arts et manufactures, 6, rue Antoinç-Roucher, Paris.
- Photographie <-*
- Le Bloc-Film Lumière. — On a depuis longtemps cherché à remplacer les plaques de verre par des supports plus légers, c’est ce qui a donné lieu à la fabrication des pellicules en bobines; niais elles offrent de nombreux inconvénients et, notamment, on a souvent exprimé le désir de le3 remplacer par des pellicules coupées au format voulu, et séparées les unes des autres, de façon qu’on puisse les développer séparément. Le Bloc -Film que vient de créer la maison Lumière répond à cette observation. Il consiste en une boîte de, carton qu’on introduit directement dans un adaptateur ou châssis spécial (dont plusieurs modèles existent déjà dans le commerce) qui se place sur la chambre noire comme un châssis ordinaire. Cette boîte contient
- Fig. r. — Le bloc-film Lumière. Le papier noir étant enlevé.
- Fig. 2. — Le papier noir qui sert de volet passe de l’avant à l’arrière.
- par exemple, qu’il y a un jeu de deux dixièmes de millimètre dans une tête ou un pied de bielle après quelques minutes d’auscultation.
- Ce médecin de la mécanique a imaginé, en vue de l’aider dans ses recherches, une série d’appareils extrêmement ingénieux dont l'indicateur de jeux nous paraît être le plus intéressant.
- u Cet appareil se visse sur le cylindre à la place d’une soupape ou d’une bougie. On met ensuite le cylindre au point mort et, à l’aide d’une pompe et par l’intermédiaire de l’indicateur de jeux, on insuffle de l’air dans la chambre d’explosion. On produit ainsi une compression qui chasse le piston de haut en bas. On fait ensuite le vide dans cette même chambre pour obliger le piston
- 12 pellicules du format choisi (depuis 4^X 107 jusqu’à i3x 18) et quand on a impressionné une ou plusieurs d’entre elles, on peut retirer celles qu’on désire développer et laisser les autres en place.
- Chaque pellicule porte au dos un enduit noir qui sert d’antihâlo et qui l’isole en même temps de la pellicule suivante, ce qui supprime l’emploi des papiers noirs interposés, souvent cause de bien des ennuis. Un seul papier est conservé, c’est celui qui recouvre la première pellicule et sert de volet. Ce papier, ainsi que chacune des pellicules, porte à sa partie inférieure une longue queue en papier solide dont l’extrémité B sort de la boîte (fig. r); quand on la tire, on entraîne la partie inférieure de la pellicule correspondante, ce qui la fait glisser sur
- p.2x195 - vue 627/647
-
-
-
- un rouleau fixé au bas de la boîte : elle passe ainsi de l’avant à l’arrière du bloc (fig. a)* Un carton portant des ressorts se trouve à l’arrière et comprime les pellicules de façon à assurer leur planité ; c est derrière lui que viennent se ranger les pellicules impressionnées et quand arrive la dernière il prend sa place et ferme ainsi la boîte, de sorte qu on peut sortir le Bloc-Film de l’adaptateur en plein jour et le remplacer par un autre. Quand on veut développer on ouvre la boîte dans le laboratoire en coupant avec un canif le papier qui réunit les deux parties : un trait rouge indique où il faut pratiquer l’incision. La fermeture à charnière se trouve ainsi libérée (fig- 3) et on retire facilement les pellicules qui ont été exposées ; s’il en reste qui ne 1 ont
- Fig. 3. — Ouverture de la boîte pour prendre les pellicules à développer*
- pas été, on referme le couvercle et on replace le bloc dans l’adaptateur qui le maintiendra fermé.
- Le développement se fait aussi facilement que pour les clichés sur verre; la pellicule noire, qui est au dos, s’en va d'elle-même dans le bain de développement au bout de deux ou trois minutes ; mais il est préférable, pour pouvoir mieux suivre la venue de l’image dès le début, par transparence si on le désire, de l’enlever au préalable et pour cela il n’y a qu’à laisser tremper la pellicule dans une cuvette d’eau pendant deux ou trois minutes.
- Le Bloc-Filni met à la disposition de l’opérateur une provision indéfinie de plaques sensibles puisqu’il permet le chargement et le déchargement en plein jour ; il a, en outre, l’avantage delà grande légèreté. Pour la conservation d’une collection de clichés, il ne présente aucune chance de casse et se loge dans des boîtes sous un très petit volume.
- *»> Mécanique
- Étau-drille. — Les drilles rendent de grands services pour le percement de trous de petites dimensions, mais si le métal est un peu épais, ou si le diamètre du trou 3 millimètres leur maniement devient fatigant et il est même à peu près impossible. Avec le petit dispositif représenté ci-contre et un étau qui se trouve dans tous les ateliers on constitue une véritable machine à percer très robuste et d’un prix réduit, avec laquelle on peut forer des trous de 12 millimètres sans difficulté. Comme le montre le dessin ci-contre, Yétau-drille se fixe très simplement sur un étau qui peut continuer a être employé pour les travaux habituels. La partie supérieure de Y étau-drille est disposée de façon à recevoir, sans qu’on y apporte aucune modification, le drille américain qui est employé couramment. La mèche se trouve au-dessus de l’étau dans lequel on fixe la pièce à percer ; l’avancement progressif de la mèche s’obtient au moyen d’un galet de fonte fileté, qui se déplace le long de la colonne àeY étau-drille en entraînant avec lui le drille tout entier. L’appareil peut être orienté dans tous les sens et être déplacé en suivant une glissière fixée à sa base de façon à augmenter le champ d’action sur la pièce à travailler. C’est le complément indispensable de tout atelier où on s’occupe du travail du fer. - - Se trouve chez M. Jules Kron, 64, avenue Parmentier, Paris.
- *> Divers
- Le store-ombrelle. — Les stores qui sont installés à demeure sur une fenêtre s’abîment beaucoup pendant l’hiver, époque pendant laquelle ils ne rendent aucun service. Mais ils nécessitent, en général, tout un travail de menuiserie et de serrurerie et on hésite à les faire enlever. Le store-ombrelle, imaginé par M. Th. Gue-nardeau, a l’avantage d’être facilement démontable puisqu’on peut le placer instantanément. Il peut donc non seulement être enlevé pendantl’hiver, mais aussi être sans peine transporté d’une fenêtre à l’autre.
- Il se compose (fig. 1) d’une série « de bandes de toile tendues horizontalement et pouvant être plus ou moins rapprochées 1 une de l’autre par simple pression de bas en haut grâce à l’armature articulée qui les supporte ainsi que le montre la gravure ci-contre (fig. a). A la partie supérieure se trouve un cadre extensible en bambou que des ressorts tendent à maintenir à sa plus grande dimension qui est supérieure à la largeur de la fenêtre; mais au moyen des bras A et B on comprime les ressorts et on raccourcit momentanément le cadre qu’on introduit dans cette position entre les montants de la fenêtre ; il suffit alors d’abandonner les bras A et B à eux-mêmes pour que la pression exercée par les ressorts suffise à maintenir le store en place. Un levier G, placé au bas de la monture, permet de fixer par une simple pression le store à la hauteur voulue. — Le store-ombrelle se trouve chez M! Th. Guenardeau, i5, rue d’Orsel, Paris.
- Le sac-bracelet. — Le sac à main que portent toutes nos lectrices est une élégance, mais c’est aussi une sujétion, et la crainte de l’égarer, ou le souci de le chercher, gâtent le plaisir de le porter. Ces petits problèmes sont aimablement résolus dans l’objet ci-contre. On voit que c’est un sac, du type ordinaire (en renne, uni ou gaufré, damiers dégradés), mais deux bélières le rattachent à un bracelet qui en rend le port très commode. Ce bracelet est spécialement ingénieux; pour éviter une rigidité gênante on l’a constitué, en effet, d’un certain nombre de maillons cx'eux, unis les uns aux autres par de minuscules ressorts très résistants, de sorte qu’on- obtient une élasticité parfaite et douce, n’exerçant pas de pression brutale à la manière du caoutchouc. Ajoutons d'ailleurs que le même principe s’applique très heureusement sous la forme de bracelets sans sacs, qui sont particulièrement commodes pour retenir les gants longs. — En vente chez Kirby Beard, 5, rue Auber : le sac-bracelet, 55 francs; le bracelet pour gants, à partir de 26 francs (pièce).
- doit dépasser 2 ou
- Étau-drille. Transformation du drille en machine "à percer.
- Fig. I.
- Le store-ombrelle monté.
- Fig. 2.
- Système de montage du store-ombrelle.
- p.2x196 - vue 628/647
-
-
-
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en avril 1909, par M. Th. Moureaux.
- La température moyenne mensuelle, constamment au-dessous de la normale depuis novembre 1908, est cette fois en excès de i°,77 ; assez basse au commencement du mois, puisqu’on a noté quatre jours de gelée, du 2 au 5, elle s’est ensuite relevée rapidement, et les maxima diurnes ont commencé à atteindre 200 dès le 7 ; le maximum absolu du mois, 26°,6, n’a été dépassé que trois fois depuis 35 ans, eu 1874, 1875 et 1893. Le ciel a été très beau du 3 au 11, et le soleil s’est montré tous les jours, au total pendant 258 heures; aussi, la nébulosité est faible, 4,15 au lieu de 5,94; ces conditions très particulières d’insolation et de nébulosité se rencontrent à peine dans notre série, exception faite pour le mois si extraordinairement beau et sec d’avril 1893.
- La pression barométrique est en excès de 2mm,go, et la pluie, 33mm,i, notablement plus faible que la moyenne, n’est guère tombée que dans la dernière décade, fréquemment accompagnée d’orages.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 758'"'“,27; minimum absolu, 747mn\i Ie 24 à i9h3om; maximum, 77o’ttra,2 le 3 à 9h3om; écart extrême, 23ram,I.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, 5°, 00; des maxima, i7°,97; du mois, n°,49; des 24 heures, 11°,44 î minimum absolu, — i°,8 le 4; maximum absolu, 26°,6 le 24. Moyenne diurne la plus élevée, x6°,68 le 24; la plus faible, 4°i°3 le 3. Amplitude diurne, moyenne du mois, i2°,97; la plus élevée, i9°,6 le 11 ; la plus faible, 6°, 1 le i3. — Sur le sol gazonné : moyenne des minima, o°,82; des maxima, 37°,o4i minimum absolu, —9°,3 le 4ï maximum absolu, 49°>9 le 19. — Dans le sol gazonné : moyennes du mois; profondeur om,3o : à 9 heures, 9°,85; à 21 heures, io°,52; profondeur om,65 : à 9 heures, 80,89; & 21 heures, 80,92; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, 7°,99-, à 21 heures, 8°,08. — De la Marne : moyenne le matin, n°,63; le soir, 12°,x8; minimum, 8°,00 le 5; maximum, i5°,52 le 26.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heui'es, 5mra,95; minimum, imm,8 le 3 à i5 heures; maximum, nmra,7 le 24 5 19 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 60,9; minimum, 14 le 9 à 17 heures et le 16 à 16 heures; maximum 100 en 6 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 4,ï5; ciel pur du 4 au 10; maximum, 9,9 les ier, i3 et 29.
- Insolation : durée possible, 410 heures; durée effective, 258h 2 en 3o jours ; rapport, o,63.
- Pluie : total du mois, 33mm,i en i6h8.
- Nombre de jours : de pluie, 10; de pluie inappréciable, 3; de gelée, 4» de gelée blanche, 12; de rosée, 10; débrouillard, 2; d’orage, 5; de grêle, 2; de brume, 3; de halos, 12.
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 4m>14; moyenne diurne la plus grande, 6“,3
- le 2; la plus faible, xm,7 le 11; vitesse maximum en i5 minutes, nm,4 le 2 de 8 heures à 8‘‘i5m par vent N. E.
- Fréquence des vents : calmes, 1.
- N. . . . . 28 S. E. . . . 32 w. . . . 60
- N. N. E . • 71 S. S. E . . 23 W. N. W. *9
- N. E . . 91 S 37 N. W . . 25
- E. N. E . . 58 S. S. W . . 61 N. N. W. 8
- E. . . . . 44 S. w . . . 98
- E. S. E . . 22 w. s. w. . 42
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 3m,32; minimum, 2m,45 le 3o ; maximum, 4m»^4 le ier-
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, + 2mm,9o; température, + i°,77; tension de la vapeur, — omm, i5 ; humidité relative, —— 8,5; nébulosité, —1,79; pluie —9mm,6; jours de pluie, —3; insolation, -f- ioih 1.
- Taches solaires : on a suivi 8 taches ou groupes de taches en 28 jours d’observations; soleil sans taches les 10, 11 et 12.
- Perturbations magnétiques : Faibles, les 10, 11-12, i2-x3, 16-17, 17-18, 24-25, 26, 27.
- Radiation solaire : Le 25 à i3h 22“, Q (intensité en calories par centimètre carré et par minute) = ical,289.
- Mouvements sismiques : Très faibles, le 10, de igk 12m à 2ih 2“ (t. m. 1.) ; assez forts le 23, de x 7h 56m à i8h 33m, phase principale à i8h xm; très faibles, par intervalles, le 27 entre i3h i3ra et x4h 24”.
- Floraisons : Le 4, forsythia viridissima; le 5, arabis verna; le 6, jacinthe non cultivée, buxus balearica, narcisse, ficaire, buxus pyramidalis ; le 8, abricotier; le 9, coucou, anémone des bois, amandier; le 10, jasminum nudiflorum ; le 11, ribes sanguineum, pêcher de plein vent, prunellier commun; le 12, merisier, ribes aureum, érable plane; le 13, groseiller à grappes, groseiller épineux, glechoma; le 14, cerisier (anglaise hâtive); le i5, mahonia à feuilles de houx, saule commun; le 16, cydonia japonica, iberis sempervirens ; le 17, corcorus, prunier (reine-claude); le x8, cerisier de Montmorency; le 19, renoncule bulbeuse; le 20, cassis, laurier-cerise; le 22, muscari à grappes, lunaire; le 23, alliaire, réveille-matin, corbeille d’or, chélidoine, ortie blanche ; le 24, pervenche bleue, cerisier de Sainte-Lucie, linaire cymbalaire; le 25, dielitra spectabilis, lilas commun, sureau à gi'appes, tulipe non cultivée, daphné pontica; le 26, fraisier des bois, érable champêtre, érable sycomore; le 27, lilas blanc, souci d’eau, narcisse des poètes; le 28, lupuline; le 29, chamerisier, bouton d’or, laurier noble.
- Arrivée de la fauvette, le 9; du picvert, le i5; des hirondelles, le 15 ; de la huppe, le 18; du rossignol, le 18; du loiüot, le 23; de la tourterelle, le 24 ; du coucou, le 25; des martinets, le 26. — Quelques hannetons le 19.
- HYGIÈNE ET SANTE
- Le vin de rotra. — La thérapeutique tend de plus en plus à faire bénéficier les malades de la pratique indigène, en cherchant à utiliser d’une façon scientifique les médicaments, plantes, herbes de tous genres usités dans les pays coloniaux. La nature, dit un vieux proverbe, a placé le remède à côté du mal. C’est vrai dans quelques cas. Et dans ces régions où la diarrhée, la dysenterie sont pour ainsi dire à l’état endémique, nombre de végétaux peuvent, préparés de différentes façons, amener le soulagement et la guérison de ces maladies.
- Le vin de roti’a est un produit de ce genre. MM. Jour-dran et Liot, médecin et phai'macien de l’hôpital militaire de Tananarive, ont clxerché à utiliser un fruit que les habitants de la grande île emploient avec succès
- contre les diarrhées rebelles. Le roti’a, qui est une variété d’Eugenia de la famille des Myrtacées, est un arbre assez robuste, dont le fruit est en pleine maturité au printemps (avril-mai). Ce fruit est de la grosseur d’une olive, avec noyau, de couleur noire et assez charnu. En le faisant fermenter pendant une semaine ou un peu plus, suivant la température, en le foulant et le pressant, comme on fait chez nous pour le raisin, on obtient un liquide d’un beau rouge, une véritable liqueur vineuse, d’un goût assez agréable, mais d’une saveur astringente et acide. Ce vin doit rappeler un peu celui que l’on fabriquait dans mon pays avec les fruits de l’églantier, le cynorrodon, et dont on faisait jadis en pharmacie une conserve, tx’ès efficace contre la diax’rhée; je dis jadis, car le Codex ne mentionne plus cette con-
- p.2x197 - vue 629/647
-
-
-
- serve qui n’existera plus que dans la mémoire des praticiens du temps passé.
- Ce vin de rotra est peu alcoolique (4 à S degrés) et très chargé en tanin; c’est donc un remède astringent, ayant toutes les propriétés requises pouç combattre la diarrhée si commune dans ces pays, surtout chez les Européens. Je me demande si dans ce genre Eugenia, fort nombreux, on ne trouverait pas d’autres fruits à utiliser dans diverses maladies des pays chauds. L'Eu-genia caryophyllata, dont on retire les clous de girofle, a un fruit charnu qui doit avoir aussi, comme toutes les plantes de la famille des Myrtacées, des propriétés balsamiques et astringentes. Le clou de girofle, comme l’on sait, est formé par la fleur du giroflier: on la cueille
- au moment où les pétales sont encore soudées, quand la fleur est .en bouton. Le fruit n’est pas entré, que je sache, dans le commerce ou la théi'apeutique.
- MM. Jourdran et Liot ont administré ce vin de rotra à une série de malades entrés à l’hôpital avec de la diarrhée, de la dysenterie et en ont obtenu de très bons résultats. Ils donnent 100 à aoo grammes par jour de cette liqueur, et en 3 ou 4 jours la diarrhée est diminuée ou supprimée. Comme les auteurs le font observer, ce n’est pas à coup sûr un spécifique contre la dysenterie, mais c’est un astringent et un hémostatique puissant et à ce titre Test, comme ils le montrent par des guérisons nombreuses et rapides, des plus utiles dans les dysenteries amibiennes. D' A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Trempe de l’acier au chlorure de baryum. — On
- recommande beaucoup, pour la trempe des objets d’acier délicats, de les chauffer dans un bain de chlorure de baryum. Le chlorure de baryum, a, sur le plomb généralement employé, le premier avantage de maintenir une température plus égale ; plus léger en effet et plus mobile, il ne se superpose pas comme le plomb en couches de densités et de températures différentes. En outre, lorsqu’on retire l’objet du bain de chlorure de baryum, une légère couche du sel reste adhérente à l’acier et le protège contre l’oxydation qui surviendrait fatalement au cours du refroidissement, pendant l’intervalle de temps nécessaire pour le porter au bain de trempe. Le bain de chlorure de baryum s’effectue, en général et en tout cas fort commodément, dans un four ù gaz ; il est bon d’en surveiller la température au pyromètre. Le chlorure de baryum à employer est le chlorure du commerce mélangé à environ 2 pour ioo de carbonate de soude. Le carbonate surnage dans le creuset et empêche la formation de vapeurs de chlorure de baryum fort désagréables à respirer et nuisibles à l’acier. La . température doit être maintenue voisine de 1200°. Le temps de chauffe varie, bien entendu, selon la taille des objets; pour de petits outils, il varie de quelques secondes à une ou deux minutes. Quant au bain de trempe, il sera constitué par de l’huile. Le procédé de chauffe par le chlorure de baryum est particulièrement précieux pour la trempe des outils en acier rapide.
- Gomme liquide à séchage rapide. — Faire dissoudre 4*>o gr. de dextrine dans 700 gr. d’eau froide; on laisse digérer et reposer, et l’on ne recueille que le liquide gommeux transparent qui surnage. On pourrait aussi mélanger parties égales de gomme arabique et de dextrine, mais dans plus d’eau, 1600 grammes.
- Pour bronzer la fonte. — Le procédé lui donne (à ce qu’affirme Maschinenbauer) toute la patine du bronze sans qu’on la recouvre d’aucun métal. On nettoie soigneusement la surface en fonte, on la frotte et la rend parfaitement unie; puis on y applique uniformément une couche d’huile végétale, comme de l’huile d’olive, et l’on chauffe l’objet, mais point assez pour brûler l’huile. Au moment de la décomposition de celle-ci, le métal absorbe de l’oxygène, et il se forme à sa surface une pellicule bruce d’oxyde qui adhère fortement à la fonte, en donnant la patine cherchée.
- Trempe du cuivre. — Il s’agit d’un brevet, que signale la puolication allemande Leipziger Uhrmacher Zeitiing. On soumet les objets'à tremper à une certaine température et pendant une période de temps déterminée; pendant ce chaînage on les saupoudre de soufre en poudre; quand ils sent encore chauds, on les plonge dans un bain de vitriol b ru. On se trouve assez bien de réchauffer ensuite et à nouveau le métal.
- Taches d’huile sur le cuir. — Pour les faire disparaître, on recommande de les tamponner légèrement avec de l’esprit de sel ammoniac ; on laisse agir un instant, puis on rince à l’eau pure. Il vaut mieux s’y reprendre à plusieurs reprises, car le sel employé trop brutalement pourrait enlever la couleur même du cuir.
- Gants imperméables. — Il va sans dire qu’il y a des inconvénients à porter des gants imperméables, au point de vue de la transpiration des mains, etc. : mais on peut néanmoins désirer posséder des gants non susceptibles de se laisser traverser par l’eau. Dans ce but, on passe à leur surface une couche de bonne huile de lin bouillie que l’on a additionnée de 1 pour roo d’huile de ricin, et on laisse sécher.à l’air.
- Ciment-pierre. — C’est une formule recommandée par un ingénieur américain, M. Sadtler. Prendre 8 parties de poix, 6 de résine, 1 de cire et 1/4 à 1/2 partie de plâtre. Ce ciment réussit admirablement pour coller des plaques d’ardoise.
- Encaustique noir. — Si l’on veut passer un objet à l’encaustique, c’est-à-dire à !la cire, de manière à lui donner une coloration noire, on fera bien d’employer un mélange pâteux de cire jaune et de térébenthine dans lequel on malaxera du noir d’ivoire ou du noir d os. Si l’on désire une encaustique liquide, contenant par suite une forte proportion de térébenthine, il vaut mieux employer comme colorant du noir de naphtol soluble dans la térébenthine, pour éviter les précipitations.
- Enduit pour courroies. — Prendre des quantités égales en poids de résine en poudre ou en morceaux, puis d’une bonne huile de graissage ; on met à bouillir sur feu très vif, en prenant garde aux rentrées de flammes dans le récipient. Il faut que cette cuisine demeure sur le feu jusqu’à dissolution complète de la résine, la dissolution étant aidée par le brassage. On n’emploie qu’après refroidissement, et l’on applique en petite quantité sur la courroie au moyen d’un chiffon de laine à plat. De la sorte, la courroie n’a plus de tendances à glisser, et elle ne se craque plus du tout.
- Pour protéger l’envers des glaces. — Nous voulons parler d’un enduit, d’une peinture recouvrant l’étamage et le mettant à l’abri des agents atmosphériques, de l’humidité, etc. On fait bien d’abord d’étendre une solution de gutta-percha et de naphte et, par-dessus, on passe une couche d’une peinture faite de minium, de céruse et de noir de Brunswick.
- Entretien du vernis. — On lui redonne assez bien son lustre primitif en frottant avec un tampon de chiffons mou, ne présentant pas de plis en surface, et humidifié légèrement d’alcool de bois. Une première application se fait presque sans appuyer, la seconde en appuyant, et d’autant plus que l’alcool sèche. Il faut finir en frottant suivant une direction bien rectiligne.
- Enduit à base de craie pour bois. — On peut avoir intérêt à enduire le bois d’une couche blanche présentant une certaine épaisseur, et offrant la consistance toute particulière et le blanc éclatant de la craie. Dans ce cas, on jettera du silicate de soude dans environ trois fois son poids d’eau, puis avec ce liquide et de la craie pulvérisée, on fera une sorte de ciment qui s’étendra très bien sur le bois et y formera la couche adhérente voulue. Cette surface sera particulièrement dure.
- HBl Éfe»
- p.2x198 - vue 630/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours. 1
- Renseignements. —Dr J. F., à Bruxelles. — Pour avoir des ampoules avec un liquide inaltérable il faut une véritable installation de laboratoire et avoir une grande habitude de ces manipulations. — Vous trouverez des ampoules de tous genres chez Leune, 28 bis, rue du Cardinal-Lemoine.
- M. G. Cuvilier, à Cérès. — Il faudrait vous adresser à M. Chablat, 8, passage Saint-Pierre-Amelot; à M. Bonnet, 86, rue du Cherche-Midi, ou à M. Sadanne, 21, rue Visconti, Paris.
- Abonné n° 4go3, à Vienne. — L’ouvrage de MM. Cot-ton et Mouton, Les Ultramicroscopes, a bifen paru chez Masson. Prix : 5 francs; franco itr, 10 en plus.
- M. Teraube, à Lyon. — L’échantillon nous paraît être une gomme résineuse, comme la colophane. Nous ne sommes pas outillés pour en faire l’analyse chimique qui seule permettrait de vous donner une réponse plus précise.
- M. Lævy, à Paris. — Pour les postes de télégraphie sans fil, adressez-vous à M. Carpentier, 20, rueDelambre, ou à la Compagnie radiotélégraphique, 21, place de la
- Madeleine. N’oubliez pas que l’installation d’un poste de télégraphie sans fil exige une autorisation de l’administration des postes et télégraphes.
- M. D., à Cherbourg. — Voyez l’ouvrage la Bobine d'induction, par M. Armagnat, chez Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. de Vaulserre, à Paris. — Lisez Y Air liquide, par G. Claude, chez Dunod et Pinat, 49» quai des Grands-Augustins.
- M. le lieutenant-colonel Roulet, à Paris. — L’appareil récepteur Tissot-Pellin permettrait, certainement, moyennant un réglage convenable, de recevoir à terre les signaux horaires émis par la tour Eiffel. Mais il ne faut pas oublier que l’installation de postes radiotélégra-phiques privés est interdite. D’autre part, l’appareil est à récepteur téléphonique : il faut donc que l’on soit, en quelque sorte, aux aguets, pour enregistrer le signal. Cela est possible à bord d’un navire où un opérateur reste constamment dans la cabine radiotélégraphique. Pour un amateur, il n’en va pas de même. Il est certain, cependant, que l’on pourrait employer avantageusement les ondes hertziennes pour résoudre l’important et délicat problème de l’unification de l’heure dans une ville. Pour des détails plus circonstanciés vous pourriez vous adresser au constructeur de l’appareil, M. Pellin, 21, rue de l’Odéon.
- M. Dumas, à Genève. — Nous indiquons ci-contre la recette de la trempe du cuivre.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro
- La désinfection des livres : J. J. Gautier. —- Les poissons et les plantes : Émile Gadeceau. — La photographie aérienne et ses applications militaires : Gaston Phélip. — L’orientation nouvelle de la biochimie : Léon Jaloustre. — Sur la médecine primitive : J.-P. L. — Académie des sciences; séance du 10 mai 1909 : Ch. de Villedeuil. — La destruction des rats par le courant électrique : Alfred Gradenwitz.
- Supplément. — Le spectre des grandes planètes. — Sur la combinaison lente du chlore et de l’hydrogène sous l’action de la chaleur. — Précautions à prendre pour le transport du ferro-silicium. — Le Tunnel sous la Manche. — Les Bactéries de la moutarde.
- Mission en Ethiopie (1901-1903), par Jean Duciiesne-Fournet. 2 vol. in-8° et 1 atlas. Masson et C‘% édit. Prix : 60 francs.
- Pourquoi faut-il qu’il soit posthume ce magnifique ouvrage et qu’il évoque lé plus cruel des deuils ? Celui d’un des meilleurs explorateurs français, décoré à 28 ans, mort à 29 (1875-1904). La préface émue de M. Anthoine, expose qui l’on a perdu en lui, un géographe enthousiaste et voyageur savant qui, pendant
- 16 mois (1901-1903), récolta des observations de premier ordre en des régions d’Abyssinie, inconnues à toutes recherche européenne. La mission Jean Du-chesne-Fournet a accompli une oeuvre tout à fait importante aux Gourgouros, aux sources du Nil Bleu et au lac Tana. On ne saurait analyser une oeuvre pareille dont les titres seuls montrent le caractère encyclopédique.
- Tome I. — Préface, par Ed. Anthoine. — Histoire du voyage, par Henri Froidevaux. — L’Ethiopie économique, par le capitaine O. Collât. — Manuscrits abyssins, par J. Blanchart. — 1 volume in-8°, de xvm-440 pages, illustré de g3 figures dans le texte,
- 17 planches hors texte en héliogravure et phototypie et 3 cartes hors texte.
- Tome II. — Géologie, par Arsandaux. — Anthropologie et ethnographie, par R. Verneau. — Insectes, par Pierre Lesne. — Bibliographie abyssine, par Ch. Ré-
- gismanset. — i volume grand in-8°, de xv-388 pages, illustré de 79 figures dans le texte et 23 planches hors texte en héliogravure et phototypie.
- Atlas. — Itinéraires, tours d’horizon, croquis, notes géographiques et carte du lac Tana, par le capitaine Collât, attaché à la légation de France à Addis-Abeba, second de la mission ; dressé et dessiné par G. Hutin. 1 volume grand in-8° contenant 64 cartes et croquis. Du moins faut-il ajouter que la beauté des gravures et planches, et la précision des levés d’itinéraire atteignent rarement à pareille perfection.
- Géographie und géologie von Mazedonien und Altser-bien, parle prof. J. Cvijic, impartie, in-40, 342p., 19 pl. et 46 fig. — Petermann’s Mittheilungen, suppl. n° 162, Gotha, Justus Perthes, août 1908. Prix : i5 fr.
- Eminent géographe et géologue, l’auteur, professeur à l’Université de Belgrade, a entrepris depuis bien des années de nous révéler les détails de la périlleuse péninsule balkanique. Son nouvel ouvrage, considérable, est une monographie scientifique de l’Epire, de la Macédoine, de la Serbie turque. Nous ne saurions analyser ici même la table des matières de ce travail, qui paraît bien opportunément à l’heure où les yeux se tournent de plus en plus vers la question d’Orient. Notons seulement l’importance des profils et de la carte géologique. Le volume se termine par l’histoire du Bosphore et des Dardanelles, occupés à l’époque pliocène par un fleuve égéen dont on reconnaît le thalweg à 80 ou 100 m. d’altitude actuelle.
- Recueil de problèmes avec solutions sur Vélectricité et ses applications pratiques, par H. Vieweger, professeur à l’Institut électro-technique de Mittweida (Saxe), traduit par G. Capart, ingénieur civil. In-8° de xvi-3i? pages, avec 174 fig. et 2 planches. H. Dunod et E. Pinat. Prix broché : 9 francs.
- On a constaté, dans la plupart des ouvrages sur l’électricité et ses applications, l’absence presque complète des problèmes et exemples aptes à faire saisir le sens exact et pratique des lois et des formules, aussi bien à l’ingénieur qu’à l’étudiant. C’est cette lacune
- p.2x199 - vue 631/647
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- que M. Vieweger s’est attaché à combler. Ce livre pourra aider la compréhension des phénomènes et applications de l’électricité.
- *
- Les Grandes Institutions de France. Le Musée du Louvre. Les peintures, les dessins, la chalcographie, par Jean Guiffrey, in-8° de io5 gravures. H. Laurens, éditeur. Prix : 3fr,5o.
- Il y aura cinq volumes consacrés aux diverses sections du Louvre national, et destinés à instruire les visiteurs de l’histoire même et de l’accroissement progressif de ses collections, à leur tracer en même temps un tableau exact et raisonné de la distribution de ses richesses, à travers la multiplicité des galeries et des salles. Ce premier volume retrace le développement des collections de tableaux, de dessins et de planches gravées depuis leur origine au temps de François Ier jusqu’à 1909, en marquant les principaux événements de cette longue histoire. On y trouve résumée en quelques pages l’évolution de l’art depuis Cimabue jusqu’à Manet. Les excellentes illustrations donnent les prin-paux chefs-d’œuvre du Musée du Louvre. Une bibliographie des catalogues, des tableaux, des dessins et de la chalcographie du Louvre y est ajoutée.
- Anmerkungen uher Leuhas. In-40, 6r p. et 9 pl. en couleurs. Prague. Mercy, 1908 (non dans le commerce).
- Ce nouvel ouvrage (anonyme) de l’archiduc Louis Salvator, décrit (après Ithaque et Zante) une autre île ionienne, Leukas ou Sainte-Maure, où les récentes recherches de W. Dôrpfeld ont voulu placer l’Ithaque homérique d’Ulysse, opinion peu admissible.
- Les cavernes de Villiers-Tournois, par Marcel Bidault de L’Isle. Paris. Jules Rousset. 1909. 1 vol. in-16, 90 p. Prix : 2fr,5o.
- Les moteurs, par L. Letombe, i vol. in-16 de 4^7 p. avec i3o fig. Chez J.-B. Baillière et fils, 19, rue Haute feuille. Cartonné. Prix : 5 francs.
- Sous un petit format, cet ouvrage, enrichi de nombreuses gravures, est l’exposé clair et précis de la construction des moteurs à gaz modernes. L’exposé complet de la théorie des moteurs à explosion et à combustion a été fait en s’appuyant uniquement sur les données de la thermodynamique. M. Letombe a
- commencé par rappeler les éléments de mécanique et de thermodynamique. Il s’est toujours efforcé de donner, à côté de toute démonstration mathématique, une démonstration de contrôle tirée d’observations pratiques, plus frappante pour ceux qui ont perdu l’habitude du calcul. Il étudie tou| les cycles réalisés bu réalisables et détermine la formule de rendement maximum de chacun d’eux. Il aborde ensuite l'étude des moteurs proprement dits par l’histoire des progrès accomplis dans la construction de ces machines. Dans la 3e partie, il étudie les propriétés des gaz combustibles spécialement au point de vue de leur emploi dans les machines à combustion interne. La 4° partie est consacrée à l’étude des moteurs à gaz modernes à deux et à quatre temps. Il examine successivement les moteurs à simple effet, les moteurs à effets multiples et les moteurs à gaz de grande puissance, puis les systèmes de distribution et les principaux dispositifs d’allumage applicables à ces différentes catégories de machines. Il consacre ensuite un chapitre aux moteurs à combustibles liquides et termine par l’exposé des méthodes permettant la détermination de la puissance et de la consommation des machines.
- Précis de fonderie à l’usage des contremaîtres et chefs d’industrie. Cours professé à l’Ecole des Arts et Métiers de Lille, par L. Goujon, i vol. 320 pages. Paris. Béranger, éditeur.
- Ce livre étudie les phénomènes généraux en présence desquels peut se trouver, le fondéur, au cours des opérations nombreuses et compliquées qu’exige cette difficile industrie. Les sables de fonderie, les fontes, leur composition, leur fabrication et leurs propriétés, l’acier coulé, les principaux alliages usuels, et les fours font l’objet de chapitres bien ordonnés et fort clairs où l’auteur a réuni les données scientifiques aujourd’hui acquises sur ces questions, en les éclairant de son expérience personnelle.
- Etudes sur l'aviation, par Maurice de Cantelou, i vol. 128 p. Béranger, éditeur. Paris.
- Application aux, appareils d’aviation des principes de la mécanique élémentaire : résultats approximatifs, utiles cependant pour guider les expériences et faciliter les observations.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE yg>
- Du 9 au i5 mai. — Le 9. Basses pressions de l’Atlantique à la Méditerranée occidentale : Biarritz, 767 ; Bretagne, Sardaigne, 75g; dépression sur la Scandinavie et l’Allemagne : Berlin, 758 ; fortes pressions sur l’Islande, 771. Pluies dans le N. et l’E. ; en France : Lyon, 3; Biarritz, 2. Temp. du matin : Arkangel, o°; Paris, 10; Alger, 16; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : i2°,5 (normale). — Le 10. Basses pressions du S.-O. au N.-E- : golfe de Lion, Arkangel, 755. Pluies sur le Centre et le S.; en France (orages sur le S.) : Clermont-Ferrand, 34; Toulon, 25; Perpignan, 18; Biarritz, Rochefort, 5. Temp. du matin : Arkangel, — i°; Paris, 8; Alger, 18; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : 120 (normale : 12°,6). — Le 11. Fortes pressions sur les Iles-Britanniques et le N. de la Francè : Yalencia, Cherbourg, 768; dépression sur la Baltique, 759. Pluies sur le Centre et le S.; en France : Clermont-Ferrand, Perpignan, i i ; Marseille, 10; Lyon, 9; Biarritz, 6; Temp. du matin : Arkangel, —10;. Paris,. 8; Alger, 16; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : n°,7 (normale : i2°,7). — Le 12. Fortes pressions de l’Atlantique à l’E. du continent : Yalencia, Brest, 770; Prague, 769; Ivhârkof,.768;
- dépression au N. de la Norvège, 757. Pluies sur quelques stations du N. et du S. Temp. du matin : Hapa-randa, i°; Paris, 11 ; Alger, 17; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i4°,8 (normale : ia°,9). — Le i3. Pression élevée sur tout le N.-O. : Islande, 776; Angleterre, 770; dépression sur la Suède : Stockholm, yÔo. Pluies sur le N. et le S. Temp. du matin : Bodoe, o°; Paris, 9; Alger, 17 ; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : io°,2 (normale : i3°). — Le 14. Aire anticyclonique sur l’Islande, les Iles-Britanniques, le N. de la France : Seydisfjord, 774. Pluies sur le N. et le Centre; en France'f Nice, i5; Marseille, 4; Perpignan, 2. Temp. du matin ; Bodoe, i°; Paris, 6; Alger, 19 ; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris, 7°,8 (normale. i3°,i). — Le i5. Baisse sur l’O. : Ecosse, Irlande," 765; dépressions sur la Scandinavie et l’Espagne ; Madrid, 757. Pluies dans quelques stations du Centre et du N. Temp. du matin : Haparanda, o°; Paris, 7; Alger, 18; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : g0,1 (normale : i3°,2). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 12, à 9 h. 54 m. du soir’
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- En raison des fêtes de l’Ascension, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochainë comprendra deux bulletins complets et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire. II n’y aura qu’un retard de huit jours pour un des bulletins.
- p.2x200 - vue 632/647
-
-
-
- LA i>/\I U KC
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Varii (VJ*)
- h
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1879 — 29 MAI 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- oSC
- CSL-
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i mai étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 29 mai (n° 1879), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, lé montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès lès premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le i'r juin, renouvelé ou donné ordre contraire.— Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir lés Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — i883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs. _______________________
- Nécrologie : M. Eugène Grenet. — Nous apprenons la mort de M. Eugène Grenet, l’ingénieur-électricien bien connu. En dehors de ses nombreux travaux en électricité, son nom est surtout attaché à l’invention de la pile-bouteille au bichromate de potasse universellement employée dans l’industrie électrique et du « Paratonnerre pour tous » à petites pointes et rubans en cuivre rouge dont l’application a été proposée par l’Académie des Sciences. Nous prenons part aux vifs regrets que la mort de M. Grenet laissera parmi ses nombreux amis et connaissances.
- Le silundum, nouveau produit obtenu par le four électrique. — Quand on chauffe au four électrique le sili'ciidm à 19000 à l’abri de l’air dans un tube de charbon, les vapeurs de'silicium pénètrent dans le charbon qui est encore inaltéré à cette température, et on arrive ainsi, à avoir des tubés revêtus d’un enduit plus ou moins épais de carbure de silicium, que l’auteur qui l’a obtenu, M. Bolling, appelle silundum. En brûlant ensuite à l’air la partie du tube de charbon non combiné au silicium, on obtient des gaines en silundum. C’est un produit dur, supportant de très hautes températures sans altération, résistant aux acides à froid et conduisant le courant électrique. Les objets en silundum peuvent servir à toutes sortes d’usage, principalement pour le chauffage électrique.
- La saponification des graisses au moyen du pancréas. — Dans les industries de la stéarinerie et de la savonnerie, on doit procéder à la saponification des graisses pour obtenir soit les acides gras eux-mêmes qu’elles renferment, soit leurs sels de^oude ou de potasse qui constituent, les savons. Cette saponification peut être réalisée par divers moyens chimiques, par l’emploi de l’eau sous pression, de l’acide sulfurique, de la chaux, des alcalis, etc., dans des conditions qui ont été déterminées par la pratique et sur lesquelles il serait trop long d’insister ici. On a pu encore effectuer
- cette saponification, c’est-à-dire le dédoublement des graisses en glycérine et acides gras, par l’emploi d’alcools méthylique ou éthylique suivant un mode opératoire qui a été fixé par M. Haller. Cette même saponification peut se faire par voie biologique, en faisant agir sur les matières grasses une diastase spéciale qui se trouve dans les graines de ricin et dont M. Conheim et M. Nicloux ont fixé les propriétés; et dans ce cas, le processus de cette saponification se trouve être le même que dans les végétaux. M. Baur a récemment proposé d’effectuer cette même opération au moyen du pancréas animal, qui renferme aussi un ferment soluble capable d’effectuer le dédoublement des corps gras en glycérine et acides gras, dans une durée de 1 à 4 jours. Il a essayé sur les huiles de coco, de coton, de maïs, de palme, sur le suif de bœuf, le nouveau procédé qui a donné de bons résultats. Si l’on compare la quantité de pancréas que peuvent fournir les abattoirs des différents pays à la quantité de corps gras saponifiés par l’industrie, on constate que l’on disposerait d’une quantité insuffisante de pancréas, 8400 tonnes au lieu de 12000, pour réaliser leur saponification totale. L’emploi du pancréas présente sur celui du ferment solùblè des graines de ricin, l’avantage de produire une saponification plus totale et plus complète qui compense son prix plus élevé.
- Procédé de purification de l’alcool brut. — Un
- chimiste allemand, M. Traube, a signalé assez récemment un procédé très simple pour purifier les alcools bruts. En principe, la méthode consiste, à additionner l’alcool à purifier de solutions concentrées de carbonate d’ammoniaque ou de sulfate d’ammoniaque. On obtient ainsi deux couches liquides. En.choisissant convenablement les conditions de température et de concentration de ces solutions, on arrive à accumuler dans la couche supérieure toutes les impuretés de l’alcool.
- L’aérostat fantôme. — La presse londonienne et l’opinion anglaise sont depuis plusieurs jours dans un vif émoi. Il paraît qu’un dirigeable de .grand volume et de forme militaire, muni de puissants réflecteurs, aurait été aperçu durant trois nuits consécutives \voyageant au-dessus des comtés d’Essex et de Suffolk (les régions de l’île les plus rapprochées des rivages allemands). D’où venait-il? Les témoignages s’accordent pour préciser qu’il venait de la haute mer. Il est difficile de mettre en doute cette fantastique apparition, car on compte déjà des vingtaines de témoins, répartis dans les deux comtés, et qui affirment avoir vu le dirigeable et entendu le ronronnement de son moteur. C’est d’abord un négociant de Peterborough qui, en villégiature à Peakirk, assez près de la ligne du Great Northern Railway, était sorti de chez lui quelques heures avant l’aurore. Il crut entendre venir une locomotive non attelée, puis, distingua nettement au-dessus de sa tête le bruit caractéristique d’un moteur.
- 4g| 201 BH*
- 26
- p.2x201 - vue 633/647
-
-
-
- w(|l:
- j\l VIVJHrtl IV/itO
- ym
- Levant les yeux, il aperçut une étrange lumière venant du côté de la mer. Mais la nuit était si noire qu’il ne discerna pas la forme d’un ballon. Très impressionné, il prit le premier train pour Londres et s’en fut informer le War-Office. Les autres témoignages concordent avec celui-ci, pour affirmer la présence d’un aérostat, ayant vaguement une forme de dirigeable. Qu’en conclure ? D’après quelques journaux anglais, ce serait le Parsemai qui aurait rendu ces visites nocturnes à la pointe orientale de l’Angleterre. Ajoutons que des automobilistes de la région ont constitué un comité de surveillance. Munis de jumelles de nuit, ils se tiennent aux aguets près de la côte, dans l’espoir de surprendre les allées et venues du mystérieux visiteur. Au moment de mettre sous presse, nous croyons intéressant de constater que le mystère est loin d’être éclairci. « A qui appartient l’énigmatique dirigeable ? » est la question que posent les journaux. Les uns sont d’avis qu’il appartient à un inventeur anglais qui ne poursuit ses essais que la nuit afin de défendre son secret. Les autres persistent à croire qu’il s’agit d’un ballon allemand. Des journaux berlinois s’occupent à leur tour de l’affaire. D’après eux, le ballon, s’il est allemand, aura été lancé d’un navire de l’escadre allemande de la mer du Nord. Ils rappellent à ce propos que, dans les derniers jours de décembre, le ministère de la Marine commanda à la Compagnie Zeppelin de Friedrichshafen, quatre croiseurs aériens de 12000 à 14000 m3. En même temps, il commandait des dirigeables moins volumineux, capables d’être construits en 12 semaines, et mettait à l’étude la construction de pontons destinés à servir de docks flottants pour les aéronats attachés à la flotte. Le correspondant berlinois d’un journal londonien dit tenir de bonne source que la marine allemande possède déjà au moins un dirigeable d’une capacité de 4000 à 5ooo m3 qui a participé à des manœuvres navales secrètes. Il serait démontable et pourrait être lancé d’un navire de guerre pour une excursion de 10 à 12 heures.
- Le chemin de fer transandin. — D’ici un an sera terminé le grand chemin de fer transcontinental de l’Amérique du Sud, qui doit réunir le Chili à l’Argentine à travers la Cordillère des Andes. Ce sera l’un des travaux les plus gigantesques qui aient été réalisés au monde. La partie chilienne du tracé était hérissée de difficultés, notamment dans la section encore inachevée qui sépare Juncal de la frontière chilo-argentine. La voie traverse la passe de la Cumbre à 3842 m. d’altitude; avant d’arriver à ce point, elle suit un tunnel en spirale de 3o3o m. de long, dont l’entrée se trouve à 3178 m. d’altitude sur une pente de 75 pour 1000. On espère que les travaux seront complètement terminés en juin 1910. Le chemin de fer d’Arica à la Paz (Bolivie), dont on va incessamment commencer les travaux, atteindra des altitudes plus élevées encore : 4071 m. à Incara (Voir n° 1669 du 20 mai igo5). Rappelons que les voies ferrées, qui actuellement traversent les Andes et leurs tunnels, détiennent le record mondial de la hauteur. Le chemin de fer d’Antofagasta (Chili) à Oruro et à la Paz (Bolivie) traverse la Cordillère à Ascotan à plus de 4000 m. de hauteur. La ligne de Mollendo à Punô (Pérou), lac Titicaca, La Paz et Oruro atteint à Crucero 446° ou 4468 m. Enfin la ligne de Callao et Lima à Cerro de Pasco (Pérou) passe en tunnel à 4^34 m. d’altitude, à la Piedra-Parodi (tunnel de Meig). C’est la plus haute voie ferrée du monde (pour laquelle on a donné aussi les chiffres fort divergents de 4760 m., 4769 m. et 4875 m.ü)
- La route des Alpes. — On va construire entre Val d’Isère, aux sources de l’Isère et Bonneval sur le Drac, une route carrossable reliant la Maurienne et la Taren-taise. Ce tronçon aura 25 km et abrégera de plus de 200 km le trajet nécessaire pour passer en voiture d’une tête de vallée à l’autre. Son point culminant sera au col de l’Iseran, à 2770 m. d’altitude. Ce sera donc la plus haute route d Europe, celle du Stelvio, n’atteignant que 2759 m. Les dépenses sont évaluées à 4 millions. Quand ce tronçon sera terminé, ainsi que certaines améliorations en cours d’exécution entre Barcelonnette et Entraunes, Genève se trouvera reliée à Nice par une route carrossable de6i5 km de long, traversant les Alpes dans leur partie centrale, à proximité de leurs plus magnifiques sommets et de leurs plus beaux glaciers.
- Projets de grands travaux sur les réseaux de chemins de fer de l’Etat. — L’administration des che-
- mins de fer de l’Etat vient de mettre à l’étude un certain nombre de travaux importants ayant pour but. l’amélioration des lignes actuellement en exploitation, et l’électrification des lignes de banlieue de la gare Saint-Lazare-Paris-Versailles (rive droite), Paris-Saint-Germain, Paris-Argenteuil. Ces différents travaux sont estimés à la somme totale de 35o millions, dont i5o millions environ pour l’électrification des lignes de la banlieue. Cette dépense doit être x’épartie en dix années, soit une dépense annuelle de 35 millions.
- La neige à Paris pendant le mois de Mars 1909.
- — La neige est rarement "aussi fréquente en mars, à Paris, qu’elle l’a été cette année. On compte, en effet, en. moyenne un peu moins de trois jours de neige, tandis-qu’on en a noté dix en mars 1909. Les chutes de neige du mois dernier rappelaient d’ailleurs plutôt celles de l'hiver que celles que l’on est accoutumé à observer à cette époque de giboulées et qui donnent à de brefs intervalles ou même simultanément delà pluie, de la neige, de la grêle ou du grésil. Du i°r au 5 mars 1909, la neige est tombée seule, donnant 7 mm d’eau au Parc Saint-Maur, 10 mm au Parc Montsouris et formant en certains points de la banlieue des couches de 15 cm à 20 cm. D’autres chutes importantes se sont encore produites du 14 au 16 et la neige n’a disparu complètement que le 18. En remontant dans la série des observations du Parc Saint-Maur, voici les mois de mars les plus remarquables par l’abondance de la neige : mars i883, forte chute dans la nuit du 6 au 7, couché de 4 cm. En mars 1886, la neige tombe, comme cette année, pendant les premiers jours et, par suite du temps beau et froid des jours suivants, persiste aux endroits abrités jusqu'au; 18. En mars 1888, la neige tombe par vents de N et de NE du 17 au 18 et ne disparaît que le 23. Mars 1892 compte 7 jours de neige dont 6 consécutifs du 7 au 14; à cette dernière date, l’épaisseur atteignait 6 cm. Mars 1898 compte encore 8 jours de neige, les chutes les plus fortes ayant donné 3 cm à 4 cm. Enfin, en mars 1900, la neige tombe pendant 8 jours, mais les chutes sont peu importantes et donnent moins de 3 mm d’eau. Depuis 1900, aucun mois de mars n’avait présenté une fréquence anormale de la neige. (Bull. mens, du Bureau central météorologique, 1903, n° 3).
- Les automobiles en Allemagne. — Il résulte des statistiques officielles de l’année 1908, qu’il existe, en Allemagne, 41727 voitures automobiles de toutes-sortes, y compris les véhicules étrangers. Divisant ces voitures en deux grandes catégories, on peut dire que 39475 sont affectées au transport des personnes-et 22Ô2 seulement employées à des besoins industriels-ou commerciaux. Pendant l’année 1908, un grand nombre d’automobiles ont été mis en circulation; le nombre de-ces véhicules était, au 3i décembre 1908, supérieur de 5705 au nombre indiqué par les statistiques à la fin de -l’année précédente. Les diverses voitures automobiles, construites en 1908, se répartissent comme suit : x pour* 100 aux services municipaux et aux administrations officielles; 5,9 pour 100 pour les transports publics en• commun (autobus, etc.); 4<>,8 pour 100 pour des besoins* industriels ou commerciaux; x pour 100 pour l’agri--culture; 1,8 pour 100 pour des destinations professionnelles quelconques; enfin 3g,4 pour 100 pour l’usage-des particuliers et les sports. Les accidents figurent également dans la statistique, qui relève que 53x2 voitures ont été endommagées dans 5o6g accidents, donnant une augmentation de 225 accidents sur le total de l’année précédente. Les dégâts matériels causés par ces accidents s’élèvent à un million de francs environ;. 263o personnes ont été blessées et, 141 tuées.
- Exposition d’aviculture. — La Société nationale-d’Aviculture de France tiendra sa 22e Exposition du 2 au 7 juin prochain, au Jardin des Tuileries, Terrasse de l’Orangerie, Paris. Pour tous renseignements s’adresser au Secrétariat général de la Société, 34, rue de-Lille à Paris.
- La pêche à vapeur en France. — La pêche à vapeur en France remonte àl’annëe i865. D’après M. Marcel Hérubel, dans la Ligue Maritirne, le nombre de nos bateaux de pêche à vapeur est actuellement de 247, contre 20,000 voiliers. En Angleterre, au contraire,-on compte 2000 bateaux de pêche à vapeur contre* 10 000 voiliers. • -
- p.2x202 - vue 634/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- <$»* Mécanique
- Étau pour automobilistes. — Jusqu’ici les automobilistes se servaient d’étaux portatifs achetés dans le •commerce et s’appliquant tant bien que mal aux exigences des besoins. Celui que nous allons décrire a été construit spécialement pour eux.
- Il comprend comme support de l’outil une douille B que l’on fixe sur le marchepied à l’aide de l’écrou à oreilles H qui termine la vis G; pour ne pas détériorer le marchepied on place la rondelle F entre lui et la douille B. Le corps C de l’étau •est serré dans la douille par la vis G manœuvrée par
- le levier I ; ce procédé de serrage permet de placer les mâchoires dans une position quelconque et même de les enlever lorsque l’on a à se servir seulement de l’enclume a qui surmonte la douille.
- Notre dessin montre comment les mâchoires obéissent à leur levier d. On voit qu’elles portent en e des stries qui permettent le ser-donc très pratique. — L’étau se trouve à Y American Auto Supply, 117, boulevard Pereire, à Paris.
- nous allons décrire nous en fournit un nouvel exemple. C’est une table de toilette extrêmement élégante, pour la campagne bien entendu! Elle est surtout fort ingénieusement disposée, de façon à contenir les objets de toilette essentiels, tout en n’occupant pendant le voyage que le minimum de place.
- Notre figure 1 la montre repliée; elle a la simple apparence d’une boîte quelconque; une poignée permet même de la porter à la main, très commodément. Sur la figure 2, elle a déjà une tout autre physionomie.
- La boîte, campée sur ses 4 pieds dépliés, laisse pressentir déjà tous les secrets agréables qu’elle recèle et que nous révèle la figure 3.
- Le couvercle, ouvert, porte une large glace. Dans un compartiment médian se trouve une cuvette en métal brillant, solidement maintenue p;g 3
- pendant le voyagé. La table ouveite.
- Dans les tiroirs, s’immobilisent les accessoires de toilette essentiels.
- Après une longue randonnée, qui vous a enduits de poussière et de graisse, il est, sans aucun doute, délicieux, de trouver instantanément une toilette confortable, qui vous rendra en quelques secondes l’aspect civilisé, et il est assez rassurant de n’être plus obligé de compter sur les ressources problématiques de ce qui en certaines localités, s’intitule pompeusement : hôtel. — La table-toilette est en vente chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris,
- Fig. 1. — Étau pour automobiles.
- 1, douille de l'étau; 2, eoi’ps de l’étau; 3, rondelle protectrice.
- Fig. 2. — L’étau monté sur le marchepied de la voiture.
- rage des tubes. Cet outil est
- ct§TNi. Tourisme <svî,§ï>
- Table de toilette pliante. — Il est entendu, qu’en excursion, l’on dépouille toutes les habitudes de luxe raffiné qui nous sont si chères à la ville. Une simplicité Spartiate est de mise; l’on apprend à dormir dans des lits primitifs, ou même en plein air, à improviser ses
- Fig. 1. — La table-toilette repliée,
- ' Fig. 2. — La table montée sur ses pieds.
- repas, à vivre de privations et c’est l’un des grands charmes du vrai tourisme.
- Une révolution cependant s’accomplit dans nos mœurs déjà anciennes, l’automobilisme a passé par là : une voiture automobile, avec son ardente cavalerie de chevaux-vapeur peut transporter tant de choses utiles et même inutiles. Pourquoi donc se priver, en promenade, de tous les accessoires du confort? Le sybaritisme citadin envahit donc le tourisme. La table que
- "Électricité
- Le télégraphe à la portée de tous. — Tout le monde connaît le télégraphe Morse, son manipulateur, son récepteur et son alphabet composé de points et de traits. L’usage du manipulateur demande une étude assez laborieuse, et, ce n’est qu’après plusieurs mois d’exercices, qu’un télégraphiste espace régulièrement les signes, et donne aux traits et aux points la longueur voulue.
- Un fonctionnaire. M. Descourtis, nous présente un appareil transmetteur conçu et exécuté par lui, qui permet au premier venu, et sans étude préalable, d’expédier correctement un télégramme sur appareil Morse.
- Disons de suite que son appareil ne peut assurer une transmission rapide, nécessaire sur la plupart de nos lignes aujourd’hui si chargées. Mais, qui sait, si lors d’une nouvelle grève des télégraphistes un instrument, comme celui que nous allons décrire, ne permettrait pas au public d’assurer lui-même tant bien que mal les services essentiels dont il est privé?
- Les lettres sont faites d’avance, en découpant dans des bandes de métal des dents larges ou étroites, séparées par des évidements égaux.
- Si l’on met une bande ainsi découpée en contact avec l’un des pôles d’un courant, et, si l’on promène sur ces dents métalliques un balai de fils conducteurs relié avec l’autre pôle du circuit, le courant passera à chaque frottement du balai sur les dents.
- Si la dent est étroite, le balai ne frottera qu’un instant, le courant sera de courte durée, le récepteur donnera un point; si le balai frotte sur une dent plus large, le courant passera plus longtemps et le récepteur imprimera un trait.
- Tel est le principe; mais, tenir à la main l’un des fils
- p.2x203 - vue 635/647
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- du courant, ce fil fut-il souple, ne laisse pas que d’être gênant pour la manœuvre du balai. M. Descourtis a employé le dispositif suivant :
- Le balai métallique n’est plus en connexion avec le circuit; on le glisse à cheval entre deux bandes métalliques dont les dents sont découpées exactement de la même manière et disposées face à face à une très courte distance. On conçoit que si l’une des bandes est en communication avec le pôle positif et la bande parallèle avec le pôle négatif, le balai en passant en partie sur les dents d’une bande, en partie sur les dents del autre, réunit métalliquement les deux pôles. Les lames collées sur un support isolant, et découpées comme 1 indique
- le dessin schématique ci-dessous n° II, sont reliées de deux en deux au courant. Toutes les bandes paires sont soudées sur un des pôles, toutes les bandes impaires sur l’autre.
- Chaque lettre de l’alphabet étant imprimée à gauche et entre les bandes, il suffit de poser le balai sur la lettre qu’on veut transmettre et, le glissant de gauche à droite, de tracer tous les signes de cette lettre d'un seul trait de plume, non de balai.
- Pour que le balai ne passe pas d’une lettre à l’autre en effectuant ce tracé, et aussi pour isoler le métal qui relie les dents, M. Descourtis a fixé au milieu des lamelles, des baguettes d’ébonite qui forment des gorges parallèles entre elles. Et le balai, étant dirigé, suit toutes les dents d’une même lettre sans permettre d’erreur de transmission. — Avec ce système, les lettres sont correctement tracées; mais, dune lettre à l’autre, la longueur de la bande qui se déroule est trop grande.
- Il serait sans doute possible de perfectionner cet appareil et de lui donner une grande rapidité de transmission, en remplaçant le balai par des touches comme pour les machines à écrire.
- Sans connaissance spéciale, on transmet cinq mots à la minute ; un certain entraînement permettrait de doubler.
- Quant à la lecture au bureau récepteur, si le destinataire ignore l’alphabet Morse, il lui est facile de déchiffrer le télégramme avec son propre appareil trans-mètteur qui sert d’alphabet.
- Le petit appareil transmetteur qui nous a été communiqué, est complété par un dispositif qui permet de
- Porer
- Fig. i.
- L’appareil Descoui'tis.
- POY£T
- Fig. 2.
- Détail d’une touche correspondant à une lettre déterminée.
- AB CD, les portions métalliques de la touche;
- Y, le balai ; P, pile ; R, récepteur. ,
- transposer les lettres de manière à rendre le télégramme incompréhensible aux intermédiaires qui n’auraient pas la clef ou le mot.
- Tout cela est fort ingénieux ; mais les services télégraphiques exigent, avant tout, la rapidité, et l’on voit de suite qu’elle ne peut être réalisée avec le procédé qui vient d’être indiqué.
- Nous doutons fort que ce système soit jamais appliqué par les administrations publiques quelles qu’elles soient. Mais on pourrait utiliser l’idée dans un de ces jolis et si instructifs jouets d’enfants si répandus aujourd’hui. — L’appareil a été imaginé par M. Descourtis, à Orange.
- Divers
- Table ajustable pour lire au lit. — Rien ne serait plus mollement délicieux que la lecture au lit, sans l’obligation, fatigante et à la longue pénible, de tenir en main le volume et si, par malheur, on a la vue un peu basse, de le soulever à bonne hauteur.
- Fig. 2.
- La table ajustable.
- Fig. 2.
- La table repliée.
- La petite table représentée ci-contre remédie à tous ces inconvénients. Portée sur une tige qui coulisse à l’intérieur du pied, on voit qu’on peut la fixer à telle hauteur qu’il convient et la tourner dans le sens que l’on délire.
- La disposition en porte-à-faux, au-dessous du pied
- Fig. 3. — Emploi de la table ajustable.
- qui la supporte, permet de l’approcher à volonté du lecteur.
- De plus, grâce à un ressort et deux pignons dentés l’emboîtant, l’un dans l’autre, la tablette peut s’incliner en pupitre et la lecture devient particulièrement aisée.
- Lorsqu’elle ne sert point, cette table se replie modestement, et comme le montre notre figure 2, peut se placer de façon à ne produire aucun encombrement dans la pièce.— La table ajustable est en vente aux magasins Markt, 107, avenue Parmentier, Paris.
- Tire-bouchon porte manteau. — Encore un de ces appareils à multiples emplois, que l’on apprécie à la campagne ou en excursion, parce qu’ils sont simples et peu encombrants.
- Celui-ci n’a pas besoin de description; la figure ci-contre fait comprendre assez nettement en quoi il consiste.
- Tire-bouchon ordinaire, sa poignée est disposée de telle sorte, que lorsque l’instrument est vissé dans un arbre, par exemple, elle puisse prendre un solide appui sur le tronc, et son extrémité en boule sert de porte-manteau. — Prix : 1 fr. 45, chez Renaut 43, boulevard de Strasbourg.
- p.2x204 - vue 636/647
-
-
-
- VARIETES
- Les « Akebia ». — Tous les amateurs d’horticulture apprécient l’importance décorative des plantes grimpantes, et ont recours à cette ressource pour établir de légers rideaux de verdure, garnir les berceaux, corriger la sécheresse des espèces raides et peu feuillues. A côté des types herbacés employés pour cet usage, comme les capucines, le cobaea, les volubilis, qui ont l’inconvénient de nécessiter chaque année de nouveaux semis, il est utile de posséder quelques arbustes sarmenteux, que l’on n’a plus qu’à tailler et à rattacher.
- Parmi les espèces grimpantes ligneuses les plus recommandables au point de vue de leur valeur ornementale, il convient de citer en bon rang les Akebia, petit genre originaire de la Chine et du Japon.
- Les Akebia appartiennent à la famille des Lardizaba-lées, détachée de celle des Ménispermées ; on les distingue à leurs fleurs unisexuelles réunies sur le même individu, les staminées formées d’un calice à trois divisions ovales-lancéolées, concaves, presque égales, enclosant six étamines libres sur deux rangs et les rudiments de six ovaires, les pistillées composées de trois larges sépales arrondis, concaves, de six à neuf étamines avortées et d’un même nombre d’ovaires en cylindre allongé.
- L’espèce le plus ordinairement cultivée dans les jardins européens est Y Akebia quinata Decaisne, originaire du district de Chussan, en Chine. C’est un très gracieux arbuste, qui, dans son pays natal, affectionne les haies de la région inférieure des montagnes, où il enlace de ses festons, comme une liane, les arbres auxquels il s’attache.
- Il a été introduit en Europe par le voyageur Fortune, qui l’envoya à la Société d’horticulture de Londres ; cultivé dans le jardin de cette Société, il y fleurit pour la première fois en mars 1847.
- Il produit de nombreux rameaux volubiles, grêles, cylindriques, de la grosseur d'un tuyau de plume ; du centre de ses bourgeons écailleux naissent des feuilles qui persistent plus d’un an, car elles ne se détachent au printemps qu’après le développement de celles qui doivent les remplacer; ces feuilles, munies de longs pétioles, sont composées de cinq folioles ovales, obtuses, très entières, disposées en parasol, d’un vert tendre et délicat dans leur jeunesse, et qui en vieillissant deviennent bleuâtres et coriaces.
- Les fleurs commencent à s’épanouir, dans nos climats, vers la fin de mars ; elles sont disposées en grappes solitaires ou groupées par deux ou trois à la base de chaque œil ou bourgeon de l’année précédente. Les staminées sont plus petites que les pistillées ; toutes ont les sépales d’un brun pourpre violacé.
- Les ovaires cylindriques, surmontés chacun d’un stigmate pelté, donnent naissance à des fruits oblongs, du volume d’une prune, qui mûrissent au Japon vers la fin de l’année ; ces fruits ont un goût agréable et les Japonais les mangent, de même qu’au Thibet et au Chili on mange les drupes mucilagineuses acidulées d’autres Lardizabalées (Holbaellia, Lardizabala).
- Une autre espèce, YAke"bia lobata, décrite par Decaisne en 183g, mérite également d’être propagée dans les jardins. Elle se distingue de sa congénère par ses
- feuilles composées de trois folioles dentées, et par ses grappes florifères plus allongées, comprenant en outre des deux ou trois fleurs pistillées, une douzaine au moins de fleurs staminées.
- Les Akebia sont rustiques sous notre climat, et résistent assez bien aux rigueurs de nos hivers. En outre de leur grâce délicate et originale, ils doivent leur mérite à leur vigueur et à l’abondance de leur floraison. L’A. quinata émet facilement, en une seule année, des
- Rameau d’Akebia quinata.
- rameaux de plus de 4 m- de long, et un individu de cette espèce dont la tige ne dépasse pas 3 m., peut produire plus de soixante grappes de fleurs.
- Il convient de donner à ces plantes une exposition demi-ombragée, à l’abri d’un mur tourné vers l’est; le sol dont elles s’accommodent le mieux est une terre de bruyère mélangée de sable par moitié. On les reproduit de boutures faites de rameaux déjà un peu lignifiés, que l’on coupe sur un individu maintenu dans la serre ; mais le succès de cette opération est assez incertain et demande des soins minutieux.
- Les Japonais désignent ces élégants végétaux sous le nom d’Akebi-, de là leur dénomination scientifique.
- A. Acloque.
- HYGIÈNE ET SANTE
- La cure de fraises. — Le mois de juin nous apporte la fraise, ce fruit si parfumé, si savoureux, dont on a pu dire qu’il était le roi des fruits. Les petites voitures des marchands ambulants vont distribuer dans tout Paris la petite fraise, fraise des bois, fraise de Bordeaux et la grosse fraise aux variétés innombrables, mais dont la Morère, l'Héricart, la Napoléon, la saint Joseph, forment les espèces les plus appréciées.
- La cure de fraises a eu jadis une vogue étonnante,
- j’imagine que, sous prétexte de thérapeutique, les gourmets et les gourmands trouvaient leur compte à ingurgiter quantité de ce fruit. La mode en vint surtout, quand Linné eut fait connaître qu’il avait guéri ses accès de goutte en mangeant de grandes quantités de fraises. La friandise fut le point de départ de cette cure. Sujet à des accès de goutte des plus violents et sentant ses forces décliner, perdant tout appétit, le grand naturaliste eut une envie de fraises, il en mangea beaucoup
- p.2x205 - vue 637/647
-
-
-
- ^|| ii YU1ENE ET SANTE ||^p
- et fut tout étonné de sentir moins ses douleurs, de pouvoir reposer, d’être soulagé. Il reprit des fraises le lendemain puis les jours suivants, en en consommant de plus en plus fortes doses, et le résultat fut tel qu’il put quitter son lit, se lever et marcher. A chaque nouvel accès, autant que la saison le permettait, Linné reprenait sa cure et retrouvait le même apaisement. Il prit le parti de manger systématiquement des fraises et dut à cette habitude de n’avoir plus d’accès pendant vingt ans.
- J e crois bien qu’on ne citerait pas beaucoup d’exemples de guérison aussi radicale, aussi complète par cet unique moyen. Mais la fraise semble, au dire de tous les pharmacologistes, favoriser la diurèse, l’élimination de l’acide urique par l’introduction de carbonates alcalins et la transformation dans l’économie des sels de potasse et de chaux.
- Gomme je l’ai fait connaître jadis, la fraise contient une minime quantité d’acide salicylique, le médicament le
- plus apte à soulager les goutteux et les rhumatisants.
- Le succès obtenu par Linné avait fait entrevoir aux praticiens du xviii* siècle, dans une médication aussi simple, le moyen de guérir tout ce qui semblait ressortir des manifestations goutteuses, gravelle rénale et urinaire. Inutile de dire que cette prétention n’est pas justifiée et que de nos jours on laisse aux malades et à ceux qui ne le sont pas le plaisir de manger un fruit des plus agréables, sans croire à des vertus bien efficaces contre la goutte et ses méfaits. Mais c’est un adjuvant utile comme les régimes végétarien, fruitarien et l’on pense que ceux qui mangent de grosses quantités de fraises n’ont plus de place pour absorber d’énormes biftecks. A part quelques rares sujets qui ne peuvent goûter à ce fruit sans être pris d’une poussée d’urticaire, les autres trouveront toujours à la cure de fraises le plaisir de la table s’ils n’obtiennent la guérison de leurs rhumatismes. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Composé pour nettoyage. — C’est ce qu’on vend souvent, et particulièrement à l’étranger, sous le nom de brique à laver Grosser. Le composé se prépare avec 38,2i parties d’hydrate de sodium, 661 p. de biborate de soude, et 1,70 p. de silicate de soude, le tout étant mouillé de 54 p- d’eau.
- Nettoyage des pipes en terre. — Pour les laver, on les fait baigner à chaud dans une émulsion faite de 45o gr. de savon de Marseille blanc coupé en morceaux, dissous dans 4 litres et demi d’eau bouillante, et de 45o gr. également de cire d’abeille blanche. Quand on retire les pipes, on les sèche, puis on les frotte bien avec un linge de laine pour leur donner du poli.
- Pour repeindre un bateau d’eau douce. — On doit d’abord enlever la peinture primitive, mais seulement si elle s’écaille ou si elle forme une couche trop épaisse ; et on sait que cela se fait au feu, avec une lampe à esprit de bois, par exemple, en ne maintenant la chaleur que le temps nécessaire pour faire soulever la peinture. On donne ensuite une impression, c’est-à-dire une première couche, avec de la céruse ; puis on applique deux couches de blanc de zinc, qu’on additionne d’un peu de noir pour obtenir du gris, ce qui est moins salissant. On fait bien de recouvrir le tout d’une couche de vernis copal.
- Cémentation des petites pièces. — Au fond d’une boîte en fer, on mettra une couche de charbon d’os (noir animal) et bois, puis une rangée de pièces à cémenter, iune seconde couche de charbon, ensuite une seconde rangée de pièces et ainsi de suite jusqu’à ce que la boîte soit pleine et que le couvercle repose sur une couche de charbon. Luter le couvercle de la boîte en fer avec de l’argile, puis chauffer à feu doux, au début, pousser ensuite la chauffe jusqu’au rouge cerise en maintenant la température aussi régulière que possible. Le creuset sera retiré du feu, le couvercle enlevé et la boîte vidée dans l’eau froide. Sécher les pièces devant le feu et lés imbiber de pétrole pour éviter la rouille.
- Charbon chimique s’allumant avec une allumette.
- — Ce n’est pas toujours chose aisée que d’allumer le charbon de bois. Voici un moyen sonverain pour prévenir toutes les velléités de rébellion de ce combustible quelque peu capricieux. Préparer une solution bouillante de 75 parties de nitrate de soude et de 25 parties de salpêtre ou nitrate de potassium ; y tremper le charbon. Après dessiccation on a un chai'bon qui prend feu rapidement et sert de braise.
- Colle adhésive pour application d’étiquettes sur le métal. •— La formule suivante est publiée par 1 ’Àpo-theker Zeitung : la colle d’os chaude est mélangée à 1 pour 100 d'essence de térébenthine et bouillie de 1/4 d’heure à 1 heurs. D’autre part, 3 parties de camphre sont dissoutes dans 4 p. d’alcool. Enfin, 4 P- de caséine en poudre sont mélangéer à 100 p. d’eau et amenées en
- solution au moyen de 10 parties d’ammoniaque sans bouillir. Les trois solutions sont mélangées rapidement avant emploi, la mixture sert à appliquer les étiquettes sur le métal chaud.
- Les craquelures des peintures à l’huile. — On
- a étudié systématiquement différentes peintures à l’huile au point de vue des craquelures superficielles qui se produisent souvent au bout de quelque temps. Les peintures examinées étaient à base d’huile de pavot, d’huile de noix ou d’huile de lin et les essais ont porté sur une trentaine de couleurs. Les résultats obtenus ne sont pas susceptibles de généralisation; mais, cependant, on a constaté que c’est l’huile de lin qui favorise le moins ces craquelures et, parmi les couleurs, ce sont le blanc de zinc et le minium qui les produisent le plus rapidement.
- La gomme kino pour la préservation des sacs d’emballage. — M. E. C. Mann, dans le rapport annuel du département des mines de l’Australie Occidentale, donne les indications suivantes que nous extrayons de la Revue de chimie industrielle. Un grand préjudice résulte chaque année de la perte des sacs ayant servi à emballer et transporter le superphosphate. Ils sont rongés par l’acide libre de ce produit. Pour y remédier, divers essais, ayant tous un caractère pratique, ont été effectués. Un sac qui avait été imprégné d’une solution de gomme kino a (donné toute satisfaction, il fut empli de superphosphate très acide (qui avait- complètement détruit le double sac dans lequel il avait été importé) et mis en dépôt pendant six mois, après avoir été recouvert d’autres sacs contenant la même matière. Au bout des six mois, ces derniers étaient complètement brûlés tandis que le sac imprégné de kino était intact. Il serait intéressant de tenter une nouvelle expérience sur une plus grande échelle.
- Portes qui grincent. — Rien n’est plus agaçant qu’une porte qui grince ! On y remédie au moyen d’une goutte d’huile ou d’un peu de graisse dans les gonds, mais les corps gras risquent fort de tacher le plancher, la porte, ou les papiers de tenture voisins. Un excellent moyen de lubrifier les gonds et les paumelles, c’est de prendre -un'simple crayon, et, la porte étant légèrement soulevée, de crayonner tout le tour du pivot. Les crayons les plus tendres sont les meilleurs.
- Nettoyage des mains. — Rien n’est plus difficile, souvent, que le nettoyage des mains après manipulation de corps gras ; on use sans succès un morceau de savon à cette opération. Le mieux est de se servir de son, après s’être légèrement mouillé les mains, ou d’avoine finement concassée. Le blanc de Meudon, mélangé à de l’amidon de riz bien pur donne également de bons résultats. Mais on n’a pas toujours ces produits sous la main ; dans ce ce s si l’on peut se procurer de vulgaires pommes de terre cuites en robe de chambre — ne pas prendre des frites — on se débarrasse très vite de toute trace d’huile et de cambouis.
- p.2x206 - vue 638/647
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. File répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Les figures de diffusion. — Nous recevons de M. Raeymaekers, médecin militaire à Arlon, à propos des figures de diffusion réalisées par M. Stéphane Leduc (V. n° 1876, 8 mai 1909), l’intéressante communication qui suit : « M. Arturio Issel, professeur à l’Université de Gènes, s’est occupé, il y a vingt ans, d’une partie intéressante de la question traitée par MM. Leduc et Troller. C’est ainsi que dans les « Mémoires de la Société belge de géologie, de paléontologie et d’hydrologie » (Bruxelles), année 1889, t. III, pp. 45o et suiv., voir pl. XIV, on trouve un travail du professeur génois ayant pour titre : « Impressions radiculaires et figures de viscosité ayant l’apparence de fossiles ». — Au lieu de se servir d’une solution de gélatine additionnée de dissolutions saturées de différents sels, Issel emploie de l’encre d’imprimerie. La lecture du travail de M. Issel nous a amené jadis à exécuter quelques expériences. Nous avons obtenu les mêmes figures de viscosités au moyen d’une dissolution de gomme arabique additionnée d’un peu d’encre rouge
- anilincé, ou même avec de l’encre noire à base de tanin, insérée entre deux plaques photographiques^ dont la pellicule avait été soigneusement enlevée. Une pression plus ou moins énergique de ces plaques modifiait à volonté les figures de viscosité. Mettant un papier sensible derrière ces deux supports et exposant le tout à la lumière du jour, nous avons pu obtenir une série de dessins rappelant plus ou moins bien certaines algues fossiles et des dendrites.
- Renseignements. —M. S. Serbesco, à Galatz. — La théorie de la forme tétraédrique de la terre est sujette à de nombreuses objections; celle que vous nous soumettez en est une fort sérieuse. La théorie dans son ensemble reste fort contestée.
- M. Duhamel, à Ermont. — Voyez le « Jardin Potager », par Troncet. Chez Larousse. Paris. Prix : a fr.
- M. Ternynck, à Lausanne. — Vous trouverez de petits engrenages chez Lemaire, 87, rue de la Verrerie, Paris ; Japy, à Beaucourt (Haut-Rhin français) ; Rougier et Plé, 116, rue du Temple, Paris.
- M. Rollero, à Compiègne. — La bobine d’allumage Lodge se trouve chez M. Fabre, 9, place des Ternes, Paris.
- M. Bossi, à Milan. — Pour renseignements plus amples sur la tente-puncho, adressez-vous à M. J.-A. Mac Guire, directeur de l’Outdoor Life, i8a5. Curtis Street, Denver (Colorado), Etats-Unis.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Coup d'œil sur les grandes marines militaires : Sauvaire Jourdan. -™. Dispositif de projection automatique ; Jacques Boyer. — Formation de la perte et du canon du Rhône : E.-A. Martel. — Les dirigeables « Zodiac » : Lucien Fournier. — L’acuité sensorielle chez les aveugles : E. Maigre. — Le cimetière mérovingien de Paley (Seine-et-Marne) : Armand Viré.
- Supplément. —Observatoire astronomique de Bucarest. — Vitesse radiale de a Persée. — L’acide oxalique et les calcaires de Crimée. — Un succédané de l’écaille. — Viaduc en maçonnerie sur la Valserine. — Un collège aéronautique. — Sur la digestion stomacale des poissons. — Initiative Japonaise.
- Grèce, par Gust. Fougères. Paris, Hachette. In-12. Prix :
- On ne saurait trop féliciter la collection des Guides-Joanne de l’innovation qui consiste à faire signer ses volumes par des spécialistes autorisés. Il est certain que le nom de M. G. Fougères, le savant professeur adjoint à la Sorbonne, qui fouilla Mantinée, annonce à lui seul autre chose qu’un pur et simple itinéraire de touriste. Et, dès qu’on commence à feuilleter le nouveau guide de Grèce, on se trouve arrêté longuement par la valeur et l’intérêt des érudites descriptions et des plans admirables relatifs aux plus récentes et précieuses découvertes. Olympie, Mycènes, Tirynthe, Epi-daures, les Météores, ornaient déjà les précédentes éditions ; dans celle-ci, entièrement refaite, figurent les nouvelles conquêtes archéologiques de Delphes, Sparte, Mégalopolis, Délos et Cnossos surtout. Mistra, la Pom- ; péi du moyen âge, apparaît aussi dans toute , sa gran- t diose ampleur. Et 24 illustrations architecturales techniques achèvent de transformer ce. Guide-Joanne en un . fondamental livre de bibliothèque, digne de tous éloges sans restriction'.
- le Morvan. Etude de géographie humaine, par le capitaine J. Levainville. Un vol. in-8° raisin, 44 fig. et cartes dans le texte, 40 phototypies et 4 dessins hors texte. Armand Colin. Paris. Broché. Prix : 10 francs,
- Voici un nouveau volume qui s’ajoute à la série des savantes études de géographie régionale publiées par la Librairie Armand Colin. Le Morvan forme vraiment un pays bien distinct, contrastant profondément avec les régions avoisinantes. Analyser ses caractères géographiques, en chercher l’explication, tel est le but de l’auteur. Avec les données de la géologie, de la météorologie, de l’hydrologie, il montre de façon précise comment s’explique l’aspect du sol, de la végétation, des cultures; comment toute la vie des habitants est conditionnée par le milieu physique dans lequel elle se passe, etc. De nombreuses illustrations accompagnent son texte.
- La forme du lit des rivières à fond mobile, par L. F argue, inspecteur général des ponts et chaussées en retraite (Encyclopédie des Travaux publics Léchalas). Gauthier-Villars. 1 vol. gr. în-8°. Prix : 9 francs.
- Cet ouvrage, fruit de cinquante ans d’observations pratiques, peut offrir un intérêt aux géographes et aux géologues tout en étant spécialement destiné aux ingénieurs chargés d’améliorer la navigabilité des cours d’eau. Il établit, contrairement à un préjugé répandu, que, dans les rivières à fond mobile, l’allure ' rectiligne est un fait anormal et fâcheux, le chenal doit être sinueux et présenter autant que possible une série d’ondulations analogues des rives, inspirées de celles que réalise la nature.
- Dictionnaire de législation industrielle et commerciale, par Albert Berthiot, licencié ès sciences, inspecteur du travail dans l’industrie. 1 vol. de 414 p. avec tableaux. Prix : broché, 6 francs; relié, 7Tr,5o.
- Analyse et commentaire des prescriptions relatives aux accidents, à l’hygiène® à la sécurité, à la réglementation du travail, aux conflits résultant du travail, au repos hebdomadaire, à l’apprentissage, à la prévoyance sociale, au contrat de louage, à l’éducation professionnelle, aux attributions des conseils de prud’hommes, à la propriété industrielle et aux diverses questions de législation et d’administration applicables au commerce et à l’industrie.
- p.2x207 - vue 639/647
-
-
-
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 mai 1909. . 9°,9 N. N. E. 5. Très nuageux. » Rosée; peu nuageux.
- Mardi 11 8°,2 N. N. E. 5. Beau. » Gelée blanche; beau.
- Mercredi 12 10°, 6 N. N. E. 1. Beau. » Gel. bl.; halo ; forte brume entre 12 h. et 16 h.; beau.
- Jeudi 13 9°,5 N. 4. Couvert. » Rosée ; peu nuageux.
- Vendredi 14 6°,0 N. N. E. 3. Beau. » Gelée blanche; très peu nuageux.
- Samedi 13 6°,6 S. S. E. 0. Ouelq. nuages. » Gelée blanche ; nuageux.
- Dimanche 16. .... 6°,9 N. N. E. 2. Couvert. 0,3 Faible gel. bl.; halo; quelquefois des gouttes; presque couvert.
- Lundi 17 13°,2 S. 0. Pluie. 4,3 Pluie le matin ; très nuageux jusqu’à 16 h.; beau ensuite.
- Mardi 18 8°,6 S. S. E. 0. Beau. » Rosée ; nuageux.
- Mercredi 19 12°.0 N. E. 2. Beau. » Rosée; peu nuageux.
- Jeudi 20 15S5 N. E. 2. Beau. » Rosée ; beau.
- Vendredi 21 16ü,5 S. E. 1. Beau. » Rosée; halo; peu nuageux.
- Samedi 22 20°,9 N. N. E. 0. Très nuageux. 3,7 Gouttes à 5 h.; nuag.; brume ; orage de 13 h. 52 à 15 h. 50 av. plxtie.
- Dimanche 23 .... 19°,0 S. 2. Peu nuageux. » Peu nuageux ; halo.
- MAI 1909. — SEMAINES DU LUNDI 10 AU DIMANCHE 23 MAI 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 16 au 19 mai. — Le 16. Dépression sur l’E. et le N. : Bordeaux, ; Europe centrale, 765 et au-dessus. Pluies abondantes sur l’Espagne ; en France : Biarritz, 8 mm. Temp. du matin : Bodoe, 20; Paris, 7; Alger, 23; moyenne à Paris : ii° (normale : 13°,4)- — Le 17. Minimum vers Dunkerque, 753; fortes pressions de l’Islande à la Russie : Seydisfjord, 772; Moscou, 769. Pluies sur l’O. ; en France : Le Havre, x8 ; Bordeaux, Calais, 16; Limoges, 7; Nantes, Paris, 6. Temp. du matin : Arkangel, 2; Paris, 13 ; Odessa, 21; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : n°,3 (normale : i3°,5l. — Le 18. Dépression de la mer du,Nord à l’O. de la Rus-
- sie : Christiania, 751; pression supérieure à 765 sur le N. de l’Espagne, la France, 10. de l’Allemagne : Belfort, 769. Pluies sur le N.-O. ; en France : Gap, Char-leville, 8 ; Lyon, 7 ; Paris, Dunkerque, 2 ; Nancy, 1. Temp. du matin : Arkangel, o°; Paris, 9; Brindisi, 2' ; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : n°,7 (normale: i3°,6). — Le 19. Fortes pressions sur tout l’O. : Pays-Bas, 771; dépression sur la Scandinavie : Hercœsan 1, jSi. Pluies sur le N. Temp. du matin : Arkangel, 1": Paris, i3; Kharkof, 20; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : r4° (normale : x3°,7). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 19, a 1 h. 5i m. du soir.
- p.2x208 - vue 640/647
-
-
-
- LA NATURE
- TRENTE-SEPTIÈME ANNÉE — 1909
- PREMIER SEMESTRE
- , JBtBUOTHEp£S>
- tek /ÿ
- \ynï _ <^y/
- TABLES DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES — VARIÉTÉS — DIVERS
- I. — INFORMATIONS.
- Académie des sc.mces : fonds Bonaparte ......... 41
- Accidents et vitesse : à Londres........................... 74
- Acétylène : dans le monde ......................... 82
- Agriculture : La l'écolte du Midi (vins), 17. — Les vins de Champagne, 18. — La question des peaux de bœufs. La décadence de la banane, 26. — Utilisation des liges de maïs, 06. — llécolte des cidres en 1908. Le maté au Brésil, 98. — Exposition d’agriculture à Prague, 122. — Les cé-
- réales dans l’Argentine, 158. — Le blé au Canada .... 180
- Allemagne : cartes postales coloriées, 2. — Population . . . 178
- Ampère : hommage............................................ 49
- Archéologie : l’oppidum celtique de Salins, 74.— L’antiquité du taximètre, 98. — Chef-d’œuvre menacé (cathédrale de Pienza), 106. — La graisse de momie, 121.— La pêche au haro, 150. — Les fouilles de Vinca, 1-38. —• La musique au moyen âge, 102. — A la recherche d’une cité antique (Àdria), 170. — Les débuts de l’âge du fer....................177
- Astronomie : un nouvel anneau de Saturne. Observatoire temporaire en République Argentine (Carnegie Institution), 9.— Huitième satellite de Jupiter, 17.— Curieuse étoile variable, 25. — Chutes d’aérolithes, 41. — Les petites planètes, 42. — La période dos taches solaires, 57. — Position et diamètre de Mercure, 65. — Distance et mouvement d’une étoile double, 74. — Nouveau cercle méridien *
- de Washington, 105.— Vapeur d'eau dans l'atmosphère de Mars, 121. — Jupiter et ses satellites. Le grand objectif de l’observatoire du mont Wilson. La planète transneplu-nienne, 145. — Mesure de la lumière des étoiles à l’aide d'un photomètre à sélénium, 153. — Recherche photographique de la comète de Halley. Une explication des phénomènes de Vénus, 177. — Le spectre des grandes planètes, 178. — Observatoire astronomique de Bucarest. Vitesse radiale de Persée...................................................
- Automobilisme : poids lourds dans l’année allemande, 54. — Nouveaux essais d’autobus, 74. — Les automobiles en Allemagne ......................................................
- Aviation : le prix de La Nature. Usine allemande de dirigeables, 1. — Nouveaux exploits de Wilbur Wright. La guerre en ballons. Nouveau dirigeable allemand, 25. — Wright gagne la coupe Michelin. Aérodrome aux portes de Paris. Elèves pilotes aviateurs. Aérodrome en Angleterre, 42. La vitesse des aéroplanes, 57. — L’industrie aéronautique en Allemagne, 58. — Stations pour ballons dirigeables en Belgique. Un million pour l’aviation, 66. — Nouveaux prix pour les aviateurs, 81. — Aérostat pliant du type rigide, 97.— Un laboratoire national de recherches aériennes, 105. — Concours aéronautique international à Lille, 106. — L’aéronautique à la Chambre des représentants des Etats-Unis, 113. — Un dirigeable en bois, 114. — Laboratoire d’essais à Nancy. Exposition aéronautique internationale de
- 209
- 27
- Supplément au n° 1879 de La Nature du 29 mai 1909.
- p.2x209 - vue 641/647
-
-
-
- Francfort. Dirigeable à compartiments, 122. — Nouveaux prix pour l'aviation, 129.— La Parseval 111,137. — L aéroplane à Londres. 138. — Itecord de la vitesse en ballon monté, 145. — L’exposition aéronautique de Franklort, L>o.
- — L’aéroplane Silver Dart. 131. — Concours d aviation a
- Douai. Excursions aériennes. Les environs de Paris a vol d’oiseau. Ligue d’aviateurs. 170. — Budgets aériens des grandes puissances. Torpilles aériennes, 178. — Prix de 251100 francs au meilleur ouvrage sur la navigation aérienne, 185. — Le Cross IL Les produits d’une souscription (Zeppelin I), 186. — Un collège aéronautique,194. — L’aérostat fantôme....................................................
- Belgique : les œufs........................................
- Bibliothèque nationale en 1906................................
- Biologie : températures extrêmes où la vie est possible, 55.
- — Le froid et les animaux................................
- Botanique : fruit employé comme lampe, 20. — L’origine du
- sésame, 162. — Fixation de l’azote atmosphérique par les
- plantes....................................................
- Brésil : population...........................................
- Cartes : les reines du jeu....................................
- Cartes postales coloriées en Allemagne..................• -
- Chemins de fer : le plus coûteux du monde, 26. — Chemins de fer de l’Europe en 1908, 35. — Chemins de fer de For-mose, 49. — De Gènes à Milan en tramway, 75. — Le Block System aux Etats-Unis. Nouveau chemin de fer en Bolivie, 82. — Train express de Pékin à Hankovv, 90. — Chemin de fer de Bagdad. Ouverture du tunnel de Taucrun, 122. — Du Cap au Caire, 129. — Sur le réseau ferré des Etats-Unis, 130.— Le train fantôme (accident de Montréal), 157. _ Nouvelle ligne transandine, 162. — Construction d’un chemin de fer à la Côte d’Or, 177. — Le chemin de fer transandin. Projets de grands travaux sur les chemins de
- fer de l’État..............................................
- Chimie : azote et hydrogène : absorption par les solutions aqueuses, 2. — Cuivre électrolytique. Action du peroxyde d’azote sur la farine de blé. Extraction de . potasse des roches feldspathiques. Recherches chimiques sur les dents, 10. — Préparation de l’argon de l’air au moyen du carbure de calcium. Les explosions et les constructions où. se font les travaux explosifs, 17. — Détérioration du charbon, 18. — Celluloïd incombustible, 34. — Nouveau corps simple, le nipponium. Oxydation de l’hydrogène par l’acide sulfurique, 41. — Un calcaire thermo-luminescent. Le gaz a Blau », 49.— Les dangers du ferrosilicium, 75.— Extraction des corps gras des eaux d'égout. La rouille, 82. — Les dangers d’explosion du charbon. L’arsenic dans les fumées de fonderie, 89. — Miels artificiels, 98. — Fabrication du lévulose pur. Etude du naplite, 106. — Inlluence du radium sur la décomposition de l’acide iodhvdrique. L’émaillage à l’antimoine. Le nitrite de sodium, 115. — L’ammoniaque et les métaux chauffés, 114. — Le radiothorium. La graisse de momie. La maladie de l’étain, 121. — Le désinfectant Autan, 138. — Recherches sur le raffinage de l'alcool, 145.— Le coton mort. Le cuir artificiel, 146. — Causes de la décoloration des liquides colorés par différents charbons, 155. — Succédanés du caoutchouc, 154. — Action du gaz carbonique sur les solutions de savon, 16.2. — L’aluminium métallique en présence du lait et du vin, 169.
- — L’extraction de l’étain des résidus de fer-blanc. Eaux résiduelles de l'industrie de la cellulose, 169. — Combinaison lente du chlore et de l’hydrogène sous l’action de la chaleur. Précautions à prendre pour le transport du ferrosilicium, 185. — L’acide oxalique et les calcaires- de Crimée. La sakhguise. L’acide sulfureux au point de vue biochimique. La rinnéite, nouveau minéral salin. Les propriétés diélectriques de l’huile. Un succédané de l’écaille, 193.
- — Le silundum, nouveau produit obtenu par le four élec-
- trique. Saponification des graisses au moyen du pancréas. Procédé de purification de l’alcool brut...................
- Chine -.population, 10. — Réfection du grand canal............
- Constructions : les carthscrapors de New-York, 26. — La plus
- haute cheminée du monde.........................
- Eau : déboisement et Bernard de Palissy, 18. — A Paris, 26. Forces hydrauliques de l’Europe, 89. — Congrès international d’hydrologie, 129. — Radioactivité des eaux du
- Fichtelgebirge..........• •................................
- Egypte : travaux d’irrigation.................................
- Electricité : unités électriques, 1. — La téléphonie sans fil aux Etats-Unis, 49. — L’énergie électrique en Italie, 57.
- 201
- 2
- 178
- 177
- 169
- 138
- 10
- 2
- 202
- 20 r
- 42
- 50
- 137
- 65
- — Téléphonie sans fil (Majorauo). 66. — Transmission a haute tension. Télégraphie entre l’Angleterre et les Indes,
- 430. — Le téléphone aux Etats-Unis, 157. —Inlluence des décharges électriques silencieuses sur les mélanges gazeux explosifs, 161. — L’électricité en Roumanie, 170. — Concours pour la protection des réseaux électriques à courant alternatif contre les perturbations.........................185
- Élevage du bétail en République Argentine ..................170
- Etats-Unis : abaissement des nappes d’eau................... 1
- Ethnographie : l’origine des Malgaches......................... 58
- Exposition : estampes japonaises............................... 6b
- Finlande : le beurre...........................................158
- Géographie : iceberg phénoménal, 9. — Les villes les plus peuplées du monde. Quelques chiffres sur Londres. Bilan d’une fête nationale, 50.— Vers le pôle (Roald Amundsen). Influence de la rotation de la terre sur le cours des rivières,
- 81. — Ascension du mont Mac Kinlcy, 90. — Expéditions magnétiques en Chine, en Afrique et en Asie Mineure, 105.
- — Le lac Nalmel-Huapi. Cascade de la rivière llamilton,
- 106. — Troisième Niagara, 122. — Le Niagara à sec, 129.
- — Cartographie annamite, 130. — Tout près du pôle sud,
- 137. — Nouvelle expédition antarctique (C.-E. Borghgrc-vink), 161. — Au pôle nord en ballon (Welman), 162. —
- L’île Déception, 178.— Le canal du lac Huron. Musée alpin
- de Munich. Le sous-sol du Groenland........................186
- Géologie : cavernes sous-glaciaires au Groenland, 18. — Les rivières de pierre des îles Falkland........................... 90
- Guerre : un fusil silencieux.................................. 74
- Havvai : la lèpre................................................ 42
- Horlogerie suisse : crise........................................122
- Hydroplanes : le meeting de Monaco................ ... 155
- Iles Philippines : leurs ressources minérales.................... 58
- Incendies aux États-Unis......................................... 57
- Indes : le progrès.............................................. 42
- Irlande : dépeuplement...........................................122
- Japon : initiative japonaise.................................... 194
- Lait : point de congélation et falsification..................162
- Lampes à vapeur de mercure donnant de la lumière blanche. 155
- Lippmann : prix Nobel............................................. 9
- Marey (E.-J.) : souscription internationale pour son monument. 53
- Marine : chalands à déchargement automatique. Remorqueur à moteur à gaz, 1. — Le menu à bord, 18. — BaLeaux de
- pêche automobiles, 50. — Sauvés par la télégraphie sans fil. Cuirassés en béton armé, 65. — Nouveau record de navigation (Le Tarlar), 73. — Le bilan des constructions navales en 1908, 74. — Torpille dirigée par les ondes hertziennes,
- 97. — Le plus grand dock flottant du monde, 154. — Les navires mixtes..............................................186
- Médecine : Fosses absorbantes de la forêt de Villers-Cotteret,
- 2. — Bistouri électrique, 33. — Vaccin contre la typhoïde.
- La lèpre en Hawaï, 42. — Poissons et maladies microbiennes,
- 50. — Le chien sanitaire, 66. — La batellerie fluviale et l’hygiène, 74. — Le plomb et les jouets d’enfants, 81. —
- Les dangers des ventilateurs, 82. — Cécité en Portugal. Officine de pharmacie gigantesque,90.— Guerre à l’opium,
- 106. — Office international d’hvgiène publique. Café sans caféine, 122. — XVIe congrès international de médecine,
- 177. — Les salularia flottants, 185. — Un dîner curieux. . 186
- Messine : enseignements de la catastrophe sicilienne........... 49
- Météorologie : pluie en Lozère en 1907, 34. — Exploration des hautes régions atmosphériques, La neige à Paris, 41.—
- Le plus haut sondage de l’atmosphère, 65. — Gisements de magnétite et fréquence des coups de foudre, 81. — Prévision du temps à Paris, 97. — Bolide vu au Mans, 113. — Curieux effets de la foudre. Impuretés de l’atmosphère, 121.
- — Bolide extraordinaire, 129. — Trajectoires réelles de brillants météores observés en 1908. ....................... 161
- Mines et métallurgie : pétrole en République Argentine. Trempe au chlorure de baryum, 1.— Fer et acier en Suède. Emploi de l’aluminium pour les mesures de capacité, 2. —
- Le manganèse en Russie (1907). Aluminium pour ligne de transport électrique, 10. — L’abaissement des frais au Transvaal, 18. — Production du minerai de fer et de la fonte en Grande-Bretagne, 25. — Diamants du sud-ouest africain allemand, 2, 26, 82. — Aluminium et cuivre. Pé-
- p.2x210 - vue 642/647
-
-
-
- til|l TABLE DU SUPPLbMENI iptgjflg
- troleau Japon, 34.— Emplois nouveaux du calcium.Production de l’or en 1908, 00. —Nouvelle découverte de houille en Lorraine, 75. — Détermination des hautes températures dans les essais industriels, 81. — Nouvel acier rapide, 90. — Les mines en Chine. Espagne : produits minéraux en 1906-1907. Les pierres précieuses aux Indes, 114. — Etats fédérés de la Malaisie : métallurgie, 138. — Etats-Unis : production de la fonte de fer en 1908. Industrie minière et métallurgique russe, 146. — La monazite au pôle sud, 153. — Etats-Unis : valeur de la production minérale en 1907, 170. — Elude des poussières de houille en Angle-
- terre, 178. — Locomotives à benzine dans les mines . . . 186
- Monnaies : les pièces grecques...........................134
- Nécrologie : O.-T. Mason, 115. — E. Grenet...............201
- Nobel : prix à M. Lippmann............................... 9
- Œufs : en Belgique, 2. — A Siuyrne....................... 82
- Paléontologie : échinides de Madagascar, 50. — La mouche
- tsé-tsé fossile. Traces fossiles d’autotomie.............162
- Papier : consommation aux Etats-Unis, 18.— Papier indéchirable, lavable, imperméable............................... 90
- Paris : mouvement du port (1906)......................... 2
- Patagonie : mise en valeur.................................. 42
- Pêcheries : les baleines se font rares, 58. — La pêche aux îles Kerguelen. Pêcheurs bretons au Chili, 90. — La pêche à vapeur en France........................................202
- Physique : une nouvelle source de lumière, 17. — Les distributions du froid, 18. — Revêtements d’aluminium pour le 1er, 18. — L’institut du radium à Londres, 89. — La mesure des basses pressions, 106. — Action de la lumière solaire sur les verres incolores, 113. — L’exposition de physique, 161. — Nouvel institut du radium à Heidelberg. Le
- rayonnement des corps noirs. Briquets au thorium........... 169
- Photographie : procédé Chéron de photographie en couleurs
- par sélection trichrome................................. 49
- Postes : la lettre-télégramme, 18. — Bureau de téléphone automatique à Lyon, 33.'— Les sinistrés de Gutenberg, 97.
- — Nouvelles lignes télégraphiques et téléphoniques. . . . 146
- Poudre : sa découverte........................................ 50
- Préhistoire : découverte de squelettes moustiériens (la chapelle aux Saints), 10. — Mâchoire humaine du quaternaire inférieur (Heidelberg), 33.— Nouvelles grottes à peintures préhistoriques en Espagne, 42. — Ve congrès préhistorique de France. Au musée de Saint-Germain (collections de Bayle),
- 73. — Préhistoire américaine...............................169
- Prix Bressa de l’Académie des sciences de Turin............... 75
- République Argentine : le pétrole............................ 1
- San Francisco : la lutte contre l’incendie....................146
- Sismologie : tremblements de terre et mines. Tremblements de terre et eaux minérales, 57. — Nouveau tremblement de terre, 66. — Mystère sismique dévoilé, 89. — Le béton armé dans les tremblements de terre, 129. — Explosions dans les mines et tremblements de terre..................154
- Sports d’hiver.................................................. 98
- Sucre : en France (1907-1908)................................... 26
- Suède : fer et acier............................................. 2
- Système métrique aux Etats-Unis.............................. 10
- Topographie : nivellement gigantesque (États-Unis)........... 25
- Travaux publics : pavés en béton armé, 2.— Pont monstre en béton armé (Appenzell), 154.— Travaux publics en Turquie,
- 178. — Tunnel sur la Manche, 186. — Viaduc en maçonnerie sur la Yalserine, 194. — La route des Alpes. . . . 202
- Tristan da Cunha : colonie condamnée......................... 58
- Thibet : le progrès..........................................122
- Universités : étudiants étrangers à Paris.................... 54
- Verres de lampe incassables..................................... 98
- Voirie : Machine à répandre du sable dans les rues............ 66
- Zoologie : Soie d’araignée, 2. — Un oiseau de mer dans l’Oise,
- 66. — Chimpanzés et gorilles, 90. — Oiseaux marqués d’un anneau, 106. — Bosses comestibles, 150. — L’autruche à Madagascar, 138. — Sur la digestion stomacale des poissons.
- — Le prix des fauves......................................194
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Aiguilles : enfilage automatique........................... 3
- Autogouvernail nautilus..................................... 83
- Automobiles : amortisseur Multiplex........................ 107
- Automobiles : bougie amovible............................... 67
- Automobiles : carburateur pour pétrole lampant.............. 99
- Automobiles : compresseur « La Gypla »......................139
- Automobiles : compresseur d’air.............................195
- Automobiles : étau. ......................... „..........203
- Automobiles : couvre-manivelle............................ 115
- Automobiles : l’œil du maître...............................195
- Automobiles : malle à pneus et table pliante................ 99
- Automobiles : montre d’auto. . ............................ 116
- Automobiles : moteurs à deux temps..........................131
- Automobiles : nouveau changement de vitesse.................188
- Automobiles : nouveau gonfleur de pneumatiques............. 92
- Automobiles : nouvelle manière de réparer les pneumatiques. 148 Automobiles ; perfectionnements aux bougies d’allumage . . 163
- Automobiles : porte-fleurs.............................. 172
- Automobiles : régulateur de suspension.................... . 67
- Automobiles : toiles métalliques pour la protection des réservoirs d’essences............................................155
- Aviation au concours Lépine (jouets)........................ 29
- Balance « Exact »...........................................100
- Bicyclettes : avant-train porteur................................ 59
- Bicyclettes (chariot à).......................................... 28
- Brouette nouvelle................................................155
- Cafetière : para-gouttes......................................... 12
- Ceinture de sûreté Ravasse-Luilier............................... 44
- Cendrier porte-allumettes Styx...................................152
- Chapeaux : cordon le YVind Fonder................................172
- Chariot à bicyclette............................................. 28
- Chauffe-lit à entonnoir........................................... 4
- Chromodiascope Lumière........................................... 45
- Cigarettes : étui flexible.......................................116
- Cinématographe d’amateur, le citoscope........................... 83
- Couteau fourchette pour manchots................................. 92
- Crayons : machine à tailler...................................... 56
- Dé à coudre ventilé..............................................152
- Douche pratique instantanée. . .................................. 92
- Eclairage : flambeau torche à acétylène..........................171
- Éclairage : l’aéro-gaz...........................................107
- Éclairage : lumière oxy-essence Blériot .........................180
- Enseignes lumineuses automatiques................................171
- Entonnoir-seau...................................................124
- Equerre à centrer................................................165
- Étau-drille......................................................196
- -$l 211
- p.2x211 - vue 643/647
-
-
-
- l AELE DU SUPPLEMENT \fâgf
- Fausset Gregor....................................................180
- Fer à friser électrique.......................................... 12
- Garage pliant.....................................................125
- Gobelets en glace.............................................. 4
- Hygiène : FUti..................................... ... 152
- Incisif (F)....................................................... GO
- Jouets : Le pickering. Croquet électrique, 3. — Le diavolanl.
- Une trompette fanfare. Billard, 4. — Jeu de Zanzibar automatique. L’ballère cquilibriste. Toupie à billes. Lance-plume. Marcheur. Toupie musicale, 11. — L’aviation au concours Lépine, 19. — Groupe électrogène jouet, 28. —
- Le petit architecte, 35.— Tir à l’œuf. Frondine, 36. — Les singes savants. Mécanisme régulateur. Montagnes russes. Bagolo, 43. — Zanzibar roulant. L’are en ciel. Jet d’eau,
- 44. — Bascule parisienne. Le Baque-balle, 60. — Jouets mécaniques, 75. — Jeu de l’aéroplane, 83. — Mitrailleuse à virage automatique. Balançoire circulaire, 84. — Le monoplan Lily, 108. — Pop in low, 115.— Biplan « Unie ». 125
- Lampe électrique pour projections à réglage automatique . . 115
- Machine à écrire pliante.......................................116
- Manchettes : appareil de fixage....................... 84, 156
- Malle en libre vulcanisée.................................... 180
- Meuble hygiénique : l’Uli......................................132
- Moulin à fromage l’automatique.................................140
- Nettoyage : essuyeur rallonge plumeau..........................164
- # Nettoyage par le vide : le Salvor..........................172
- Nettoyage par le vide : procédé simple..................... 60
- Üdotachymètrc Kirby Smith..................................... 59
- Œufs : pour reconnaître leur fraîcheur.........................124
- Ouvrc-lettrcs.................................................. 68
- Perceuses électriques.......................................... 51
- Phonographe « Le Zora »........................................156
- Photographie à lumière artificielle sur plaques auloehromes. 151
- Photographie : le Bloc Film Lumière............................195
- Photographie : châssis Gaspard.................................148
- Photographie : laboratoire portatif......................... . 68
- Photographie : lanterne de laboratoire......................... 91
- Photographie : mesure de l’ouverture utile des objectifs. . . 91
- Photographie : métamorphoses d’un pied d’appareil....... 75
- Photographie : stabilisateur de pied................... 35
- Photo ticket Turillon...................................... 12
- Photographie : séchage rapide des plaques............. 107
- Photographie : traitement simplifié des auloehromes .... 187
- Pince à caleçons Porplex.......................................148
- Pince automatique à pinces excentriques....................... 84
- Poêle à gaz à combustion totale.............................. 164
- Pompe extra rapide.............................................179
- Porte cure-dents.............................................. 12
- Presse zomothérapique........................................ 124
- Projections : écran....................... . ...............187
- Rivet : petite machine à poser.................................123
- Roue élastique Lipkowski...................................... 179
- Roulement à billes.............................................147
- Sac bracelet................................................. 196
- Savon : distributeur automatique Le Lisodis. .................. 68
- Serrage instantané et progressif : appareil l’autotoc.......... 35
- Serviette : appareil de fixage................................ 156
- Stérilisation électrique de l’air............................. 27
- Store ombrelle................................................ 19ü
- Stylographc de sûreté 'Watermann............................... 27
- Table de toilette pliante. . . ................................203
- Table pour lire au lit.........................................204
- Table liseuse..................................................100
- Tacbymètre simplex............................................. 99
- Télégraphe à portée de tous.................................. 205
- Théière pratique........................................... 188
- Thermomètre automatique........................................ 56
- Tire-bouchons pour larges flacon-.............................. 75
- Tire-bouchon porte-manteau.....................................204
- Tournevis à grilfes............................................125
- Ventilateur tournant ..........................................139
- III. - RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Accumulateur : dévisser une borne oxydée..............110, 166
- Acétylène : pour préserver du froid les appareils........... 46
- Alliage remplaçant la pierre à briquet...................... 54
- Aluminium : fonte..............................................110
- Aluminium : gravure. ................................... 70
- Alumiimm : nettoyage rapide.............................. 102
- Amiante : moulage.............................................. 6
- Ampoules électriques : coloration..................... 38
- Arbres : la meilleure saison d’abatage...................... 70
- Asphaltes naturels et artificiels..................... . 126
- Bateau d’eau douce : peinture...............................206
- Bois de tourbe. . .......................................... 22
- Bois : enduit protecteur.................................... 29
- Bouchons en caoutchouc durci : remise à neuf................ 46
- Bouchons : imperméabilisation à l’air.......................... 29
- Bouchons : nettoyage........................................... 29
- Bouchons pour flacons à produits chimiques.....................166
- Bouchons : utilisation des vieux.....................466
- 4Ë
- Bougies de lanterne........................................... 166
- Broderie : copie des dessins.................................... 6
- Cadres des glaces : dorure................................... 4.18
- Celluloïd : revêtements....................................... 482
- Cémentation de petites pièces................................. 206
- Charbon chimique s’allumant avec une allumette. . :. . . . 206
- Chaudière : calcul de la surface'de chauffe ........ 166
- Ciment pierre...................................................198
- Cirage de confection facile.....................................110
- Cirages pour chaussures jaunes.................................. 22
- Collage à sec................................................... 54
- Colle de silicate de soude...................................... 22
- Colle forte liquide........................................... 450
- Colle pour courroies.................................. 29, 182
- Courroies : essayage du cuir....................................190
- Craie verte.....................................................173
- Crevasses des mains............................................ 22
- Cuir : vernis à alcool................................ . . 22
- 1
- p.2x212 - vue 644/647
-
-
-
- | TABLE DU tàUPPi. nmcrs, i
- Cuivre : patine brun rouge....................................... 46
- Cuivre (Trempe du;...............................................198
- Damasquinage..................................................... 70
- Dessins à la craie : fixatifs....................................118
- Draps : nettoyage rapide.........................................102
- Eau potable : purification.......................................102
- Électricité : pour reconnaître la nature d’un courant. ... 22
- Encaustique noir.............................................198
- Enduit à base de craie pour le bois..............................198
- Enduit pour courroies........................................... 198
- Engelures........................................................ 86
- Étiquettes sur métal (collage d’)................................206
- Fer : dépôts électrol y tiques................................... 70
- Fer : enduit protecteur au cadmium............................... 94
- Fer : protection de la peinture..................................110
- Fonte (Pour bronzer la)..........................................198
- Galvanoplastie : dégraissage électrolytique des objets .... 13
- Gants imperméables...............................................198
- Glaces de voiture préservées de la pluie.........................102
- Glaces (Pour protéger l’envers des)..............................198
- Glaçurcs émaillées : importance du lluor.........................174
- Gomme arabique liquide........................................... 78
- Gomme Kino pour la préservation des sacs d’emballage. . . 206
- Gomme liquide à séchage rapide.................................. 198
- Ivoire : incrustation ........................................... 22
- Lait : falsification............................................. 70
- Laque fluide pour laiton el cuivre...............................174
- Liquides incongelables........................................ • 70
- Mains noircies par l’huile cl le cambouis........................ 86
- Marbre artificiel................................................166
- Mélange incombustible ......................................... 182
- Meubles : entretien..............................................110
- Meules en carborundum.........................;.............. 78
- Nettoyage (composé pour)........................................ 206
- Nettoyage des mains..............................................206
- Nickel : nettoyage des petits objets. ...........................182
- Nickclagc........................................................ 29
- Noix : rajeunissement.......................................
- Outils économiques en acier rapide..........................
- Pantalons : h; pli..........................................
- Pâte plastique pour imiter les ornementations en bois. . . .
- Peaux d’âne fausses.........................................
- Peinture à la chaux pour l’extérieur.................... . . .
- Peinture à l’huile: contre les craquelure s.................
- Peinture sur surface goudronnée.............................
- Pétrole : purification......................................
- Pipes en terre : nettoyage..................................
- Platine : nettoyage des fils................................
- Poirier : teinture en noir..................................
- Portes qui grincent.........................................
- Pucerons : destruction .....................................
- Punaises : destruction . . . ...............................
- Rouille (Pour enlever la)...................................
- Sirop de banane.................................................
- Solutions incongelables.....................................
- Taches : liquide à détacher.................................
- Taches de graisse sur l’os..................................
- Taches d’huile sur le cuir..................................
- Taches de rouille sur les tissus *..........................
- Taches de vioforme sur le linge ............................
- Taches sur la soie..........................................
- Tissus : imperméabilisation.................................
- Trempe de l’acier au chlorure de baryum.....................
- Trempe des objets en acier..................................
- Trempe des petites lames el ressorts en ruban...............
- Tuyaux : joints plastiques..................................
- Velours : nettoyage.........................................
- Vernis (Entretien du).......................................
- Vernis au tétrachlorure de carbone..........................
- Verre : coupé avec de l’acier...............................
- Verres de lampe : contre leur fracture .....................
- Vitres et glaces : nettoyage................................
- Zinc : étamage..............................................
- 174
- 58
- 29
- 174
- 166
- 118
- 206
- 174
- 158
- 206
- 182
- 86
- 206
- 158
- 38
- 6
- 50
- 102
- 102
- 22
- 198
- 158
- 29
- 94
- 190
- 198
- 174
- 174
- 142
- 110
- 198
- 22
- 46
- 54
- 158
- 166
- IV. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Valeur alimentaire de la banane (Dr A. C.)..................... 6
- Les appareils improvisés (Dr A. C.)............................ 13
- En traitement de l’obésité (Dr A. C.).......................... 29
- L’empreinte de la plante du pied (D1 A. C.).................... 46
- Les potages diastasés (D1' A. C.) . ........................... 53
- La botte d’ouate (Dr A. C.).................................... 69
- La température et les congestions (Dr A. C.)................... 77
- La toux d’église (D1' A. C.)................................... 86
- Les sels arsenicaux comme insecticides (Dr A. C.).............. 93
- La scarlatine et les saisons (Dr A. C.)........................110
- Faut-il se purger ? (Dr A. C.).................................H7
- Pains d’amandes pour diabétiques (Dr A. C.)....................133
- L’oxygène et les sports (Dr À. C.)...................... 141
- Les vertus du poireau (Dr A. C.)...............................157
- La cataracte est-elle héréditaire? (Dr A. C.)..................165
- Le régime décalcifiant (D1' A. C.). . ....................• • 182
- La sauge (D1' A. C.)................................. 189
- La croissance des ongles (Dr A. C.)............................190
- Levin de rotra (Dr A. C.)......................................197
- La cure de fraises (Dr A. f.)..................................205
- /
- p.2x213 - vue 645/647
-
-
-
- IAPLC JUU SUPPLEMENT [j|||
- V. - VARIÉTÉS
- Le chant des poteaux télégraphiques.......................... 5
- La théorie des mutations (J. Delsaux).......................... 14
- Sur un proeqdé de forçage du raisin.......................... 21
- Cuirassés condottieri (L. Serve)............................... 45
- La culture des éponges sur le littoral méditerranéen français (H. Blin)....................................................... 53
- Le chant des bâtons en montagne................................ 54
- Le dernier voyage du D‘ Sven Hedin au Tibet (G. Regelsperger) 61
- Les langues austriennes austroasialiques, et austronésicnnes (J-D.) ......................................................... 69
- Les eaux d’infiltration et les tremblements de terre (L. N.) . 77
- Les distributions de gaz d’éclairage à haute pression (A. T.). 77 La pluie et les cours d’eau en 1908 en Europe centrale . . 93
- Le haut relief en gélatine (G. ÎI.)..........................107
- Le développement de Berlin (Dr A. Gradexwitz)................109
- Nouveau procédé de mesurage des arbres (H. Bi.in) .... 109
- La sériciculture en.lndo-Clune (G. Regelsperger'.............117
- Les réilexes dans le planement (C. F.).......................125
- La question des Ibères (J. P. L.)............................126
- La ligne de charge et la sécurité des navires (P. de M.) . . 133
- Les cultes orientaux à Rome.................................... 134
- Hydrographie du Karst Istriole..................................141
- Utilisation des gaz des fumées comme force motrice (11. Bun). 141 U n succès pratique de la fluorescéine (E.-A. Martel) .... 150
- Moyen original et à la portée de tout le monde pour nettoyer sa montre (E. Mettey).....................................165
- La maladie du caisson (R. Bonxin)............................ 173
- Le commerce et la marine marchande du Japon..................181
- Les bactéries de la moutarde (Fr. Marre)..................... 189
- Le gouffre Sainte-Marie........................................ 189
- Les Alcebia (A. Acloquk)........................................205
- VI. — DIVERS.
- Résumé météorologique (Parc Saint-Maur) (Tir. Moureaux) . ...................................... 21, 02, 85, 101. 125, 157, 197
- Bulletin astronomique (En. Todcitet)....................................................................................37, 149
- FIN DES TABLES DU SUPPLÉMENT
- p.2x214 - vue 646/647
-
-
-
- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LAHURE 9, Rue de Fleuras, 9
- p.2x0 - vue 647/647
-
-