La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- Paris Un an.................................. 20 IV. »
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET a L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- TRENTE-SEPTIÈME ANNÉE
- I9O9
- DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C'% ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE PARIS, i2o, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- 37° ANNÉE. — N° 1880.
- 5 JUIN 1900.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LES AÉROPLANES DE CHALAIS=MEUDON
- Le cerf-volant à moteur du capitaine Dorand
- Le problème des aéroplanes, et de leur utilisation au point de vue militaire, préoccupait notre Ministère de la Guerre, avant même que les expériences laites en France par Farman, Wright, Blériot, Dela-grange, etc., aient suscité le prodigieux mouvement actuel en faveur du plus lourd que l’air.
- Dès l’année 1907, les bureaux de la rue Saint-Dominique faisaient un accueil favorable aux premières études, dans ce sens, d’un officier du génie, le capitaine Dorand, déjà connu pour ses expériences de photographie par cerfs-volants; et, dans les derniers mois de cette même année, des crédits mis à la disposition de M. Dorand lui permettaient de parvenir à une première réalisation de ses idées. Un petit appareil d’essai, mû par un moteur de 5 HP, fut construit, et essayé au laboratoire d’études de l’établissement de Chalais-Meudon, sur la voie aérienne fixe : ce modèle réduit, ayant donné de bons résultats, fut alors reproduit en grand.
- Ce premier type (fig. 1 ) était en construction au début de 1908 ; il fut transformé au bout de quelques semaines, les expériences ayant montré qu’il fallait diminuer sa hauteur totale, son poids, et son angle d’attaque au début du lancement, si l’on voulait obtenir l’enlèvement régulier de l’appareil.
- Mais, cette transformation n’ayant été achevée qu’à la fin de l’été 1908, le capitaine Dorand ne put se
- 37° année. — 2- semestre.
- livrer pendant l’hiver 1908-1909 qu’à de très rares et très brèves expériences, en raison de l’état déplorable du sol du camp de Satory, et de la violence des vents qui régnent sur ce plateau durant la mauvaise saison.
- Toutefois au mois de janvier dernier, malgré ces conditions défavorables, le capitaine Dorand a pu elfectuer un vol d’une soixantaine de mètres.
- Dans son aéroplane type actuel (fig. 2 et 3) M. Dorand a séparé le sustentateur de la surcharge (partie motrice, aviateur, etc.) et a interposé entre eux un organe de liaison déformable et élastique. Le but poursuivi est d’obtenir la stabilisation automatique de l’appareil et de permettre l’atterrissage en cas de panne brusque du moteur, sans que l’aviateur ait à intervenir pour rétablir l’équilibre troublé.
- Le sustentateur se compose de trois surfaces concaves superposées, Si S2 S3, légèrement en retrait les unes par rapport aux autres, et portées par une poutre triangulaire renforcée à l’avant et à l’arrière par des plans Vx V2 V3 V+ assemblés en forme de Y, formant cellules stabilisatrices (fig. 3). L’organe de liaison se compose de deux quadrilatères FABjCi et FàB2C2 articulés en tous leurs sommets. Les diagonales FBt et FB2 sont munies de ressorts R4 et R2 à allongement limité. Les roues de lancement sont portées par un cadre CjCg et DJ)8 sur lequel deux flasques
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- Fig. i. — Premier type d'aéroplane construit par le capitaine Dorand.
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- 2 -- ",...' LES AEROPLANES DE CHALAIS-MEUDON
- CjBiDjj et C2B2D2 viennent reposer par l’intermédiaire de ressorts Ej et E2.
- La cage supportant la partie motrice est suspendue à la barre B2 IL autour de laquelle elle peut osciller librement, l’axe de l’hélice propulsive restant toujours perpendiculaire à cette barre.
- Une quille robuste AF sert à fixer les points d’attache de l’organe de liaison, qui sont articulés non seulement dans le sens horizontal, mais encore dans le sens longitudinal.
- Le siège de l’aviateur est suspendu à la quille par l’intermédiaire de ressorts.
- L’allongement ou le raccourcissement des diagonales élastiques FBj et FIL permet au sustentateur de modifier lui-même son angle d’attaque de façon à contre-balancer toutes les actions perturbatrices passagères, qui viendraient troubler l’équilibre longitudinal de l’appareil en mouvement.
- L’action combinée des cellules stabilisatrices et du poids de la surcharge placée très bas, s’oppose aux mouvements de renversement dans le sens transversal. Seul le gouvernail de direction G placé sous la quille provoque l’inclinaison du suslenta-teur vers l’intérieur du virage.
- Les mouvements de montée et de descente sont obtenus en basculant, à l’aide d’un levier portant le volant du gouvernail de direction, la cage renfermant les organes moteurs et en faisant varier ainsi l’inclinaison de l’axe de l’hélice propulsive. A l’atterrissage, les ressorts de l’organe de liaison servent d’amortisseur.
- Partant des principes suivants :
- 1° La vitesse de rotation la meilleure pour une hélice propulsive d’un type et d’un diamètre déterminé, est celle que devrait avoir l’hélice sustenta-tive de ce type, de même diamètre, de pas’oplimum,
- absorbant au point fixe la puissance dont on dispose.
- 2° A égalité de puissance absorbée et la \ilesse de rotation restant constante, le pas de l’hélice propulsive croit avec la vitesse de translation ; le capitaine l)o-rand a calculé les éléments de son hélice, pour absorber la puissance totale du moteur en tournant au point fixe avec le pas optimum : un dispositif très simple permettant de faire varier l’angle d’attaque des ailes pendant la marche sert, en effet, à faire varier le pas, et à l’augmenter progressivement au fur et
- à mesure que la vitesse de translation de l’aéroplane croit. On maintient ainsi la vitesse de rotation constante et l’on utilise, à chaque instant, la puissance totale du moteur.
- L’hélice employée est du type Renard : en bois recouvert de toile, elle a 2 m. 70 de diamètre et absorbe 40 HP à 000 tours par minute : elle est actionnée par un-moleur Anzani à 3 cylindres en éventail, tournant à 1200 tours, de 135 d’alésage et 150 de course.
- La commande de démultiplication se fait à l’aide de 5 courroies trapézoïdales qui permettent d’éviter les effets d’inertie au démarrage.
- Le poids total de l’aéroplane est de 520 kg, y compris 80 kg représentant le poids de l’aviateur.
- Fig. 2. — Aéroplane du capitaine Dorand : type actuellement en essai.
- Fig. 3. — Croquis schématique montrant la disposition des divers organes de l'aéroplane.
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- MACHINES A PAPIER A GRANDE PRODUCTION ^
- Tel qu’il est, construit en bambou et calicot verni, il a été calculé pour pouvoir s’enlever à une vitesse de 40 km à l’beure. Cette vitesse peut être portée à 50 km en supprimant la surlace inférieure S3.
- En définitive, l'appareil du capitaine Dorand, parait devoir réaliser les espérances de son auteur : la seule objection qu’on puisse lui faire est dans le maintien des plans en V qui sembleraient devoir produire le renversement de l’appareil pris par vent de côté, mais JE Dorand affirme que toutes les expériences laites depuis deux ans à Chalais-Meudon ont permis, au contraire, de vérifier la possibilité d’ob-
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- tenir avec le dispositif préconisé, la stabilisation tant transversale que longitudinale des aéroplanes et cela par des vents d’une vitesse de 15 m à la seconde, prenant l’appareil par le travers.
- De nouveaux essais qui seront prochainement entrepris au polygone de Satorv, démontreront ce qu’il y a de fondé dans cette théorie.
- Ajoutons qu’un autre officier, attaché à l’établissement de Chalais-Meudon, le capitaine Lucas Girard-ville, étudie également un type d’aéroplane, tout différent, et dont nous parlerons prochainement dès son achèvement. Gaston Puélip.
- LES MACHINES A PAPIER A GRANDE PRODUCTION
- D’après les dernières statistiques, on fabrique annuellement, dans tout l’Univers, 5 milliards 107 millions de kilogrammes de papier. Dans ce
- papier nécessita la substitution de la cellulose extraite des végétaux aux chiffons de colon, de chanvre ou de lin. Dans ce but, on emploie la paille,
- Fig. i. — Schéma d'une machine continue Thiry (Hay-Belgique). Entre A et B, toile métallique et courroies-guides, caisses aspirantes, presse humide, presses coucheuses et presse montante; de B à C, cylindres sécheurs; de C’à D appréleuses, appareil humec-leiir et cylindres embobineurs.
- total, la France figure seulement pour 520 millions de kilogrammes, distancée en l’occurence par les Etats-Unis (2 milliards 61 millions) et l’Angleterre (850 millions). Et, comme les demandes s’accroissent sans cesse, les techniciens s’efforcent, de leur côté, d'augmenter le rendement de ces énormes « mangeuses de bois » dont nous allons décrire les plus nouveaux types récemment installés aux papeteries P. Prioux et Gie de Nanterre.
- Gomme on le sait, la colossale consommation du
- l’alfa et surtout le bois. Les arbres sont écorcés, sciés, et réduits en pâte d’une façon mécanique ou par des procédés chimiques. On traite ensuite la pâte meulée ou défibrée, dans les piles à papier. Ges appareils sont constitués par un large conduit elliptique, dans lequel tourne, d’une façon continue, la quantité de pâte nécessaire pour fabriquer 420 a 450 kilogrammes de papier. Dans son mouvement, cette pâte additionnée de 5 mètres cubes d’eau passe sous deux cylindres à lames d’acier parallèles a l’axe,
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- 4 ============ MACHINES A PAPIER A GRANDE PRODUCTION
- tournant à 100 tours et appuyant plus ou moins fortement sur une platine munie de lames d’acier légèrement inclinées par rapport à celles du cylindre.
- La pale convenablement raffinée, coulée au rési-nale de soude et sulfate d’alumine, puis teintée; suivant sa destination, se trouve alors dans l’état voulu pour être transformée en papier.
- Les nouvelles machines chargées d’opérer cette métamorphose. diffèrent assez de celle primitivement inventée par Robert en 1799. Les divers organes se sont multipliés, agrandis et perfectionnés quoique le principe de la fabrication demeure identique. La pâle préparée coule sur une toile métallique sans fin,
- et parviennent aux sabliers où se déposent les parties lourdes tels que gravier et parcelles de fer. Dans certaines fabriques, au lieu de pomper la pâte de la caisse régulatrice on la fait couler dans un récipient inférieur d’où des roues à augets l'élèvent jusqu’aux sabliers.
- De ces derniers, la pâte s’en va dans les épurateurs qui servent à retirer les matons résultant de l’entrelacement des libres. Dans les machines Thiry, les épurateurs sont formés par quatre tambours portant des lentes très fines et tournant lentement. En outre, ces tambours reçoivent un mouvement de secousse, afin de faciliter le passage de la pâle à travers les
- Fig. 2. — Épurateurs horizontaux, toile métallique, caisses aspirantes, frresse humide et presses coucheuses d'une machine Berlram de Glascow.
- se change en feuille continue qui, passant entre une série de roùleaux et de cylindres chauffés, en sort complètement sèche.
- Donc, au sortir des raffmeuses, la pâte, constamment remuée par deux agitateurs hélicoïdaux, dont les arbres verticaux ou horizontaux reçoivent leur mouvement de rotation d’une commande convenable, se déverse dans les deux cuviers de tête de la machine. Des pompes puisent la pâte dans ces grands récipients et l’envoient dans une caisse régulatrice destinée à- assurer à la machine une alimentation régulière. À son sommet, cette caisse cylindrique porte deux trop-pleins et, près du fond, un tuyau de décharge. On s’arrange pour que la pâte s’écoule toujours à la même pression de la caisse régulatrice
- trous. Dans les nouveaux modèles de la maison Ber-tram, les épurateurs sont horizontaux et constitués par des plaques à fentes très petites au travers desquelles la pâte passe de haut en bas par aspiration et refoulement (fig. 2).
- Des épurateurs, la pâte homogène et exempte d’impuretés se rend sur une toile métallique longue de 16 à 18 mètres et large de 1 mètre à 4 m. 60 et son écoulement est réglé par une vanne (lig. 1). Un tablier d’étoffe huilée ou de caoutchouc en feuille conduit la pâte sur la toile, en la faisant passer sous trois règles métalliques destinées à assurer l’uniformité de l’épaisseur de la feuille. Les extrémités des deux pièces de bronze qui forment la règle se fixent à un chariot muni, d’autre part, de poulies à gorges sur
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- /Y"'. 3. — Les 22 cylindres sècheurs de la machine Thiry des papeleries Prionx el Cie, de Nanterre.
- Fig. 4. — Appréleuses, appareil humecteur et embobineurs d'une machine Ber tram, de Glascow.
- lesquelles se meuvent des courroies-guides ou bandes sans fin de caoutchouc à section carrée.
- Les courroies-guides règlent la largeur du papier
- en formant avec la toile métallique une sorte de moule dans laquelle arrive la pâte. On augmente ou on diminue la largeur du papier en modifiant la
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- position du chariot et celle des courroies-guides, tandis qu’on en règle l’épaisseur en faisant varier l’arrivée de la pâte sur la toile métallique et l’allure de la machine dont la vitesse ne doit guère dépasser 150 mètres par minute ni être inférieure à 18 mètres.
- Sous la toile métallique se trouve un bac appelé « ramasse-tout » qui récupère l’eau chargée de libres. Bien qu’une grande quantité de liquide résiduaire traverse ainsi les fentes, on doit faciliter son passage au moyen de caisses aspirantes qui communiquent par des tuyaux avec les pompes. Celte partie de la machine dite table de fabrication est légèrement inclinée, l’extrémité la plus basse avoisinant d’ordinaire les épurateurs. Ensuite un rouleau égoul-teur disposé entre les caisses aspirantes donne le grain voulu au papier. 11 porte sur sa périphérie perméable des fils métalliques en saillie, si l’on veut un filigrane ou il est recouvert d’une simple toile métallique quand on désire du « vélin » identique sur les deux côtés.
- En quittant les caisses aspirantes sous l’influence de la pression qu’exercent les cylindres creux en cuivre recouverts de feutre de la presse humide, le papier se sépare de la toile métallique et commence à se sécher. Puis en passant sous les presses coucheuses, sa dessiccation se poursuit tandis que la presse montante conduit la feuille encore très tendre jusqu’à la sécherie qui comporte un nombre de cylindres variables. La machine Thiry a 18 sécheurs et 4 autres pour les feutres (fig. 5) ; la machine Bertram en compte également 22. Ces cylindres chauffés à la vapeur sont généralement divisés en deux séries entre lesquelles se trouve une paire de rouleaux parfaitement polis appelés lisseurs et dont le nom explique le but. D’ordinaire, les dimensions des cylindres sécheurs vont en décroissant à cause du retrait que subit la feuille en séchant.
- A sa sortie des cylindres sécheurs, le papier sec est amené aux apprêteuses (fig. 4) qui se composent de
- cylindres semblables aux lisseurs précédemment décrits. Mais comme on ne saurait régler l’action des cylindres sécheurs, pour y incorporer juste la quantité d’eau voulue. On préfère donc dessécher complètement le papier, puis l’ajouter ultérieurement à l’aide d’un appareil humecteur.
- Après avoir abandonné le dernier cylindre sécheur, le papier passe sur des cylindres en cuivre remplis d’eau froide. De la vapeur sort par de nombreux petits trous percés dans un tube faisant un angle droit avec la direction suivie par le papier, se condense sur ce dernier et sur la surface des rouleaux d’où le papier la prend par absorption. En quittant les apprêteuses, la feuille s’enroule sur les dévidoirs ou embobineurs. De temps à autre, quand la bobine a atteint une grosseur suffisante, l’ouvrier, après l’avoir séparée du reste de la bande continue, l’emporte sur la calandre où le papier repasse pour recevoir son ultime toilette.
- Ces nouvelles machines à papier à grande production coûtent environ 250 000 à 300000 francs, chiffre justifié par la complexité des organes, et la délicatesse du réglage. 11 faut que tous les rouages fonctionnent avec une précision mathématique pour que la mince pellicule sans fin défilant entre eux ne se détériore pas à travers tous ces rouleaux feutrés, ne se brise pas sous la pression de ces cylindres et s’embobine sans discontinuer à raison de 72 kilomètres par vingt-quatre heures. Grâce à ces monstres, la transformation d’un arbre en papier s’effectue avec une rapidité dont l’expérience suivante, exécutée par les ingénieurs d’une usine allemande d’Eisenthal, donne l’idée. A 7 b. 35, ils ordonnèrent d’abattre quelques sapins. On les écorça, puis on les mit de suite dans le défibreur, on porta la pâte encore liquide à la machine ; à 9 h. 30 — moins de deux heures après l’abatage de l’arbre — elle en sortait métamorphosée en papier.
- Jacques Boyer.
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- Nous avons étudié, dans notre précédent article1, les rapports des poissons avec les plantes, laissant de côté les organismes végétaux microscopiques qui pullulent dans les eaux et dont le rôle biologique est de toute première importance.
- Nous convions aujourd’hui nos lecteurs à nous suivre à travers ce monde qui nous était fermé avant l’invention du microscope. Il nous montrera des merveilles, tant au point de vue de la variété et de l’élégance des formes qu’à celui des adaptations symbiotiques, qui restent toujours l’objet principal
- 1 E. Gadeceau. Les poissons et les plantes : lacs cl rivières, n° 1877, 15 mai 1909, p. 370. Les belles figures qui accompagnent celte étude ont été dessinées à notre intention par notre maître et ami M. le professeur Charles Flahault de l’Université de Montpellier et par son collègue M. J. Pavillard, très versé dans ce genre d’études. Ils ont bien voulu, de plus, nous communiquer leurs notes, fort étendues, sur le sujet.
- de ces études. De plus, les travaux considérables poursuivis, dans cette voie, depuis quelques années seulement, ont démontré péremptoirement l’importance pratique de ces études au point de vue des pêcheries océaniques.
- 1. Le Plankton. — L’intensité de la vie, au sein des eaux, se manifeste, d’une part, au fond des mers, des lacs, des fleuves, par des organismes qui y vivent, soit libres de toute adhérence, soit attachés au sol, aux rochers, aux pierres. C’est le BenthosL D’autre part, cette exubérance vitale éclate, plus encore, dans la multitude prodigieuse d’êtres adaptés à la vie flottante, au sein même de la masse liquide, qui demeurent en suspension, abandonnés aux caprices des flots, des vagues et des courants, sans mouvements propres, ou bien doués d’une motilité propre
- 1 Du grec : j3evQoç = profondeur.
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- insuffisante pour réagir contre l’entraînement mécanique des eaux. C’est le Plante Ion*.
- Le plankton renferme, à la lois, des organismes de nature nettement animale (crustacés, copépodes, protozoaires, etc.), des types unicellulaires qui semblent parfois intermédiaires entre les deux règnes (Péridiniens), enfin, des végétaux microscopiques assimilateurs, des protophytes8 (Diatomées). Diatomées, Péridiniens et Copépodes sont les éléments fondamentaux du plankton.
- Le plankton végétal, ou phytoplankton, rentre seul ici dans notre cadre : c’est le plankton producteur, tandis que le plankton animal ou zooplanklon est le plankton consommateur. Conséquemment celui-ci dépend de celui-là avec la rigueur qui se manifeste dans la nature entière, concernant la subordination du règne animal au règne végétal. Les organismes végétaux, en effet, même les plus rudimentaires, les protophytes unicellulaires, sont essentiellement caractérisés par la synthèse chlorophyllienne; sous l’influence de la lumière, ils ont la faculté d’assimiler des substances inorganiques, ce qu’en principe l’organisme animal ne peut faire. C’est grâce à cette faculté que le phytoplankton, étant donnée sa masse prodigieuse, devient un facteur extrêmement important pour l’alimentation des animaux marins, car il constitue le principal intermédiaire dans l’échange de substances entre la matière inorganique et la matière organique.
- II. Historique. — Avant d’entrer dans le détail des adaptations à la vie pélagique des êtres qui forment le plankton, nous croyons utile de retracer les origines et l’histoire, relativement toute récente, de cette étude et des efforts considérables auxquels elle donne lieu, encore actuellement.
- Ce n’est que vers le milieu du siècle dernier que, grâce au perfectionnement de la technique du microscope, on a pu aborder, d’une façon sérieuse, l’étude du plankton. Le naturaliste allemand J. Millier fut l’un de ceux qui y contribuèrent le plus. Pendant les années 1873, 1874,1875,1e Challenger avait accompli, pour l’Angleterre, une immense campagne marine autour du monde, au cours de laquelle d’intéressantes observations furent recueillies; mais l’importance de ces études a été mise en lumière récemment par G.Pouchet, en France, et surtout par Y. Hensen3, à Kiel, où se trouve le siège de la « Commission pour l’étude scientifique des mers allemandes » ; ces recherches, d’abord restreintes au golfe de Kiel, s’étendirent peu à peu, pendant plusieurs années, jusqu’à la Baltique occidentale et à la mer du Nord,, aux diverses saisons de l’année, puis Hensen réussit enfin à réaliser, de juillet à novembre 1889, à bord du National, une grande expédition, connue sous le nom de Plankton-Expedition. C’est
- 1 Du grec TtXavoç = vagabond. Cette nomenclature a été établie d’une façon définitive par Ilaeckel, en 1890.
- - De Ttpwxoç = premier et çotôv = végétal.
- 5 Y. Hensen. Ueber die Beslimmung des Plankton s Fünfter Bericht Komm. RYss. tinters, deutsch. Meere in Kiel, Berlin, 1887.
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- | alors qu’il put faire ces observations méthodiques et I habilement conduites qui marquent une date dans l'exploration biologique de la mer. Ce voyage s’étendit de Kiel à la pointe Sud du Groenland, aux Bermudes, îles du Cap-Vert et de l’Ascension, et delà, à l’embouchure de P Amazone, avec retour à Kiel par les Açores et la Manche, traçant ainsi un grand 8 à travers l’Atlantique, et effectuant plus de 400 grandes pèches de plankton dont les résultats ont été publiés tout dernièrement1.
- Dix ans plus tard (1898-1899) Chun explore, à la tête de l’expédition du Valdivia, l’océan Atlantique et l’océan Antarctique. Depuis, les explorations, les croisières se sont multipliées; un élan général s’est manifesté et l’étude du plankton est devenue à l’ordre du jour. Les croisières de la Sxolia, de la Belgica, du Siboga, du Michael Sars (1900); l’expédition antarctique allemande du Gawss (1902), ont. accru très sensiblement nos connaissances sur le sujet.
- Ces recherches ont été coordonnées par d’importants travaux scientifiques dus aux Suédois ; Clève, Ekman, Péterson, Aurivillius ; aux Danois : Osten-feld et Schmidt; aux Norvégiens : Hjort et Gran. Ils ont conduit à la création des « Conférences internationales pour l’exploration de la mer », dont la première eut lieu à Stockholm en 1899 et qui, depuis, se poursuivent chaque année.
- En présence de la diversité des questions qui restent encore à éclaircir, de la complexité des problèmes biologiques à solutionner et des conséquences pratiques qui en découlent, on comprend bien que l’initiative individuelle, ou même l’effort d’un État isolé ne suffisent plus. L’entente internationale aujourd’hui réalisée comprend : Norvège, Suède, Russie, Danemark, Grande-Bretagne, Allemagne, Hollande, Belgique, Etats-Unis d’Amérique, Canada. C’est avec une pénible surprise que l’on constate l’abstention de la France dans le concert international, alors que les comptes rendus sont publiés en français et que la mission traditionnelle de grande initiatrice de notre pays, aussi bien que ses intérêts matériels dans la question, auraient dû lui réserver là un rôle important. Ces conférences sont une manifestation nouvelle et très remarquable de la vie internationale, et dans un domaine où elle n’avait pas encore pénétré, comme l’a si bien écrit M. M. Caullery2.
- Chez nous, le mouvement s’est réduit aux conférences océanographiques faites à Paris, sur l’initiative du Prince de Monaco, par MM. les professeurs J. Thoulet et L. Joubin et par M. le Dr Portier. Le seul travail planktonique que nous possédions encore en France est dû à M. J. Pavillard, chargé de cours à la Faculté de Montpellier5. 11 est à souhaiter que
- 1 Vigebnisse der Plankton. Expédition der Humboldl-Stiftung, in-4°, Kiel ci Leipzig, Lipsius et Tischer, 1895 et suiv.
- 2 M. Caulleuy. Le Plankton, Yie et circulation océaniques, Ann. de géographie, t. XII (1893), p. 1 à 12 ; 97 à 108; excellent résumé auquel nous avons beaucoup emprunté.
- 5 J. Pavillard. Recherches sur la flore pélagique (phyto-plankton) de l'étang de lhau (Thèse pour le doctorat ès sc. nat., Montpellier, 1905.
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- cette étude, si bien conduite, provoque de nouveaux travaux du meme genre.
- III. Résultats de l’étude du Plankton. — Ces données sur l’importance de la question une lois
- acquises, nous chercherons à résumer les résultats auxquels ont abouti les efforts que nous venons d’énumérer.
- Nous porterons tout d’abord notre attention sur
- 0 0° 0 °0t
- ----- .-K*
- Fig. i. — Adaptation de dialomacées à la vie pélagique : i A. Rhizosolenia robusta, Norman [gr. 200); on a figuré les chromatophores ; 1 BC, Bacteriastrum varians, Lauder (gr. 200) ; 1 D, Bacteriastrum hyali-num, Lauder (gr. 200). — 2 A, Ditylium Brightwellii, West; 2 B, Biddulphia mobiliensis, Bailey; 2 C, Ce-rataulina Bergonii, H. Peragallo.— 3, Rhizosolenia Stolterfotlïii, Peragallo : extrémité d'une chaîne et types de chaînes. — 4 A, Chaetoceras peruvianum (de Villefranche-sur-Mer), Brightwell; 4 B, Rhizosolenia Stolterfotlïii, Peragallo.
- 2
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- Fig. 2. — Adapta lion de Péridiniens à la vie pélagique: i, Acanthodinium caryophyllum, de l’Allan-tique, Koeoid. — 2 en haut, llistioneis splendida, Murray et Whitting, vu de côté et par la face ventrale; 2 en bas, llistioneis Dolon, M. et Wn., vu de même. — 3 A, Gymnopodium l'useum, Stein, montrant, vers le haut, le noyau, vers le milieu une vacuole contractile el la base des flagellums avec le sillon transversal oblique; 3 B, Podolam-pas bipes, Stein, des mers astrales; 3C, Peridi-nium divergeas, Ehrenberg ; 3 D, Ceratium raa-croceros, Schrank.— j|, Ceratium tripos, Nitzcii.
- SvrTvvXJTTTTZ
- les adaptations curieuses des êtres à la vie pélagique ; elles se traduisent par des procédés de diverses sortes, mais qui tendent tous à retarder indéfiniment la
- chute verticale de l’organisme, au sein des eaux. Ce résultat est obtenu par deux procédés principaux : 1° Le premier est la réduction du poids spéci-
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- Fig. 3. — En bas à gauche, Diatomacêe géante : Anthelmi-nella gigas, Murray [gr. 8i5). — Fleurs d’eau : à droite, Phaeocystis Pouchetii, Lageriieim, a, colonie [gr. 20); b, partie d’une colonie {gr. 5oo). — En haut : Trichodesmium ery-traemn, Ehrenberg : a, un faisceau de filaments [gr. 80): b c, extrémité de deux filaments.
- fique, grâce à la présence de substances de faible densité, telles que des gouttelettes d’huile, ou à l’introduction d’une grande quantité d’eau, soit dans le corps lui-même, soit dans les enveloppes gélifiées. Par ces procédés, le poids spécifique du corps arrive à égaler sensiblement celui de l’eau.
- Cette première méthode est particulièrement mise en lumière, chez les pro-lophytes, par les Cyanophycées, dont les cellules contiennent des bulles de gaz qui, au microscope, ressemblent à des points rouges, et par les Diatoma-cées, qui produisent abondamment une huile grasse.
- 2° Un autre élément entre en jeu, c’est Y augmentation du frottement, qui ralentit le déplacement vertical, de haut en bas : direction dans laquelle l’eau ambiante elle-même ne se déplace presque jamais. Les principales dispositions qui répondent à cet objet sont : l’accroissement de la surface à l’aide d’un matériel très léger; l’allongement linéaire; la formation de soies ou d’arêtes ; le groupement en colonies linéaires, rectilignes, recourbées ou contournées en hélice.
- Ces procédés acquièrent une merveilleuse perfection chez les Diatomacées (fig. 1) et chez les Péridi-niens (fig. 2). L’accroissement de la surface sans augmentation appréciable du poids est surtout remarquable chez une Diatomacêe relativement géante :
- YAnthelminella gigas (fig. 3). Avec un corps protoplasmique très petit, elle acquiert un volume de plusieurs millimètres, grâce à une membrane proportionnellement énorme, d’une finesse extrême. Notre figure 2 montre une série dePéridiniens munis d’arêtes ou d’appendices disposés de façon à ralentir la chute verticale.
- Le zooplankton, que nous n’introduisons ici qu’à titre de comparaison, offre les mêmes méthodes d’adaptation. Les représentants des genres qui ont habituellement un squelette, une coquille, en un mot des parties minérales lourdes, nous montrent, dans le plankton, une coquille atrophiée, ou même nulle. Les tissus se chargent d’une quantité d’eau considérable et forment une gelée tellement transparente que l’animal devient presque invisible (Méduses, Siphonophores,Tuniciers, etc.). Les organes
- Fig. 4. — Péridiniens lumineux : en haut, Pyrocystis noctiluca, Murray {gr. i5o); à droite : Pyrocystis fu-siformis [gr. 100).
- sensoriels : les yeux et les otocystes1, surtout, s’hypertrophient ; des vésicules aérifères, des gouttelettes d'huile, des lobes battant l’eau, comme des rames, se développent.
- Ces adaptations sont peut-être plus frappantes encore chez les êtres nombreux qui n’appartiennent au plankton que d’une façon temporaire. Beaucoup de types du fond traversent, d’abord, une phase larvaire, pendant laquelle ils flottent au voisinage de la surface, menant ainsi une existence purement planktonique. Ces larves sont tellement différentes d’aspect de l’animal benthonique auquel elles aboutissent qu’elles ont reçu, tout d’abord, des noms spéciaux, comme s’il s’agissait d’êtres autonomes2.
- Au point de vue batthymétriqne3, il résulte des observations faites au cours des expéditions citées, que le zooplankton (consommateurs) se retrouve à tous les niveaux, jusqu’à des profondeurs de 5000 m. et au delà (Radiolaires), tandis que le phytoplankton (producteurs) 11c peut dépasser, en profondeur, la zone éclairée, nécessaire à la synthèse chlorophyllienne. On peut dire qu’il est contenu, presque en totalité, dans les 100 m. superficiels. Il décroît, à partir de 80 m. environ, et disparaît à peu près complètement vers 400 m., à l’exception peut-être de, certaines Bactéries dénitrifiantes, qui commencent à peine à être étudiées et dont le rôle semble important dans les mutations de matière qui se produisent au sein des eaux.
- Les Phaeocystis Pouchetii, Trichodesmium Erytraeum (fig. 3) sont des « fleurs d’eau » qui ne se trouvent qu’au voisinage immédiat de la surface; le premier surtout dans l’Atlantique boréal, le second dans l’océan Indien où il abonde. C’est lui qui donne à la mer Rouge sa coloration caractéristique. D’ailleurs un certain nombre de protophytes sont ainsi doués de la propriété de donner à la mer une teinte spéciale et même de répandre la nuit, comme certains animalcules marins, une lueur illuminante. Tels sont surtout quelques Péridiniens : Pyrocystis
- 1 De d)To; = oreille et Ivuatoç = vessie.
- 2 M. Caullery. Loc. cil., p. 3.
- 5 Même étymologie que Benthos, mesure delà profondeur.
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- LE PLANKTON MARIN
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- noclihtca et P. fan for mis (fig. 4). Ce sont des chromatophores1 qui causent ces phénomènes : ils sont le plus souvent jaune-orangé, plus ou moins rougeâtres, colorations dues à des matières encore chimiquement indéterminées.
- Au point de vue de la répartition géographique générale, Haeckel a divisé le plankton en pélagique, ou océanique et néritique2 ou littoral. Le second est beaucoup plus riche que le premier; sur les côtes, le plankton renferme des larves d’une foule d’organismes, et, d’une façon générale, il monte, du fond, une série d’êtres qui, temporairement, font partie du plankton. Dans l’étendue océanique au contraire, rien ne monte du fond ; ce sont, inversement, les cadavres du plankton superficiel, qui, peu à peu, tombent et fournissent ainsi de la matière organique aux êtres abyssaux.
- Dans l’Océan, où le plankton est réparti d’une façon assez uniforme, il se produit temporairement des « essaims », c’est-à-dire des accumulations d’individus d'une même espèce, en nombre considérable, tantôt des Diatomées, tantôt des Copé-podes, tantôt des organismes de grande taille (macroplanklon), Méduses,Yelelles, etc. Ces essaims couvrent des surfaces énormes, et un vaisseau peut naviguer des journées entières à travers l’un d’eux. De semblables essaims, quand ils sont composés d’organismes très petits, donnent à la mer une coloration spéciale3. La répartition géographique des divers groupes a été bien étudiée, au cours des grandes expéditions planktoniques ; nous devons nous borner ici à quelques généralités.
- Les Péridiniens sont surtout répandus dans les mers tempérées et chaudes. Dans l’Atlantique boréal, le nombre des espèces est restreint, mais celui des individus est souvent énorme ; ils deviennent absolument dominants. En s’approchant de l’équateur, au contraire, le nombre des espèces s’élève de plus en plus, tandis que celui des individus semble diminuer.
- Les Diatomées, élément fondamental du plankton assimilateur, se développent en masses énormes dans les mers tempérées et froides jusque dans les latitudes les plus élevées, à l’exception complète, cependant, d’après Hensen, de la mer polaire. Les
- 1 De 5(pw[Aa, couleur et çopoç = qui porte.
- 3 De Nv]poç = bas.
- 3 M. Caullery. Loc. cit., p. 9.
- V
- Fig. 5. — A gauche : Chaetoceras criophilum Castracane (gr. 225) : a, b, vue latérale; c, vue valvaire. A droite : Chaetoceras debile Clève, filament spiralé [gr. i5o. )
- proportions sont beaucoup plus faibles dans les mers chaudes.
- La répartition du planklon dans l'océan Antarctique, comparée à sa distribution dans l’océan Arctique, a donné lieu à des observations intéressantes concernant la question controversée de la bipolarité. On peut les résumer comme suit.
- D’après les récoltes de la Valdivia, de la Belgica et de la Scotia, les Péridiniens manqueraient totalement dans les eaux antarctiques où les Diatomées assumeraient, à peu près seules, le rôle fondamental d’organismes assimilateurs. Les rapports des trois expéditions précitées insistent sur leur abondance exceptionnelle dans les mers antarctiques. Enfin, d’après G. Karsten, les récoltes de la Valdivia ont donné, en dehors des espèces cosmopolites, cinq espèces spéciales, communes aux mers arctiques et aux mers antarctiques, et, parmi celles-ci, le Chaetoceras Criophilum (fig. 5) (Diatomacée) n’a jamais été trouvé dans les eaux intermédiaires.
- L’importance pratique des observations dont nous parlons a acquis toute sa notoriété, à la suite des belles éludes du biologiste suédois Clève, qui a exposé, en 1901, les fondements d’une théorie générale, que l’on peut appeler la théorie hydrographique des migrations planktoniques. D’après lui, chaque système de courants transporte sa faune et sa flore particulière, qui s’y maintiennent parce qu’elles y trouvent réalisées leurs conditions biologiques essentielles, température, salure, etc.
- Clève établit un certain nombre de types de Planktons, les uns océaniques, les autres néritiques, permettant de caractériser les diverses masses d’eaux marines, et de suivre, comme à la trace, les courants qui s’établissent entre elles. La prépondérance alternative des régimes estival et hivernal se manifeste par une extension ou un recul alternatif des eaux tropicales et arctiques et nous rend compte, en même temps, de toutes les variations essentielles éprouvées par la population planktonique.
- MM. Hjort, Gran et Ostenfeld ont introduit des critiques fondées, à propos du système de M. Clève; mais l’importance des courants marins n’en reste pas moins entière; la différence réside dans une question d’interprétation.
- La croisière du Michael Sars, en 1900, nous a procuré des documents de première importance, en
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- 12 : ........... LE PLANKTON MARIN =rr
- ce qui concerne les relations de l’étude générale du plankton avec les pêcheries et la pisciculture marine. Nous ne pouvons nous dispenser d’en citer quelques-uns. La morue (Gadus morrhua) constitue l’élément le plus important des pêcheries norvégiennes. Ces poissons viennent à la cote en automne et en hiver; l’été on ne les y trouve plus. On est loin de connaître le cycle annuel des déplacements de ces poissons. Toutefois, M. lljort a remarqué qu’ils viennent pondre, à la cote, dans les fjords. Leurs œufs sont pélagiques et flottent. Or, on n’en trouve presque pas dans les Ijords, non plus que des larves. La conclusion nécessaire est que ces œufs doivent être entraînés par les courants au large. Et, en effet, en pratiquant des pêches planktoniques, en été, à grande distance des côtes, M. lljort a fait une récolte considérable d’œuls, de larves et de jeunes individus de morue. L’examen stomacal de ces derniers a montré qu’ils se nourrissent exclusivement de plank-ton. Mais, en outre, on a pêché en abondance des poissons adultes. Ceux-ci, en été, vivent donc (contrairement à ce que l’on croyait) au large, d’une vie vraiment pélagique, et au-dessus de profondeurs considérables. Ils effectuent, l’été, une migration, qu’on ignorait, vers le large, et l’hiver vers la côte. On voit l’importance de cette constatation pour la pêche. On sait, de plus, que la mer norvégienne en hiver est envahie par des eaux arctiques à plankton très pauvre, tandis qu’en été, les couches poissonneuses sont peuplées d’un riche plankton cl en particulier d’innombrables Calanus finmarchi-cus. Les migrations des morues sont donc probablement déterminées par ces variations de la nourriture et la mer norvégienne représente, pour elles, en été, un vaste et inépuisable pâturage L Les pérégrinations du hareng, dans l’Atlantique, sont également liées à l’évolution de ce même petit crustacé copépode. Un autre petit crustacé, schizopode2 pélagique, du genre Euphauzia, a été vu, formant des bancs immenses, sous les banquises, dans l’océan Antarctique; il sert de nourriture presque exclusive aux phoques, aux manchots et peut-être aux cétacés. Au cours de l’expédition de la Valdivia, Chun a constaté la richesse planktonique de Fish-bay, au Cap de Bonne-Espérance, coïncidant ainsi avec une abondance de poissons devenue légendaire.
- D’une manière générale, la zone de rencontre des eaux polaires et des eaux atlantiques est caractérisée par un énorme épanouissement de la vie pélagique et les eaux y prennent une teinte verdâtre due aux organismes qui y pullulent. Les plus grandes pêcheries du monde (Islande, Terre-Neuve) appartiennent à cette zone.
- Mais si l’intervention des courants nous donne l’explication générale de la richesse relative des diverses zones océaniques, elle ne résout pas, immé-
- diatement, certains problèmes de détail qui, quoique paraissant secondaires, sont d’une haute portée économique. Il s’agit de la périodicité quantitative, constatée partout, et sans doute aussi régie par des lois uniformes. On observe, régulièrement, dans les mers froides et tempérées, comme dans les lacs, deux périodes de maximum annuel, l’une au printemps, l’autre en automne.
- L’intervention des facteurs physiques : lumière, température, etc., comme causes de ces évolutions périodiques, n’est pas douteuse. Elle est cependant insuffisante pour les expliquer complètement. IJn autre élément interviendrait : Valiment.
- Deux substances doivent jouer un rôle essentiel à l’égard des organismes chlorophylliens : l'aliment azoté et l'aliment carbonique. Le rôle des Nitro-bactéries apparaît ici comme prépondérant, d’après Karl Brandt et G. Karsten. L’évolution quantitative des Diatomées résulterait d’un véritable balancement, réglé par la température, entre les Diatomées et les Nitrobactéries.
- Au début du printemps, quand la lumière devient assez vive, les Diatomées se développeraient activement, grâce à l’abondance des aliments azotés, demeurés sans emploi pendant le repos hivernal. Plus tard, la température s’élève, les microbes dénitri-fîcateurs entrent en activité, s’attaquent énergiquement aux azotates, les détruisent et libèrent l’azote qui s’échappe dans l’atmosphère. D’ailleurs l’excès de la température estivale contrarie aussi l’évolution des Diatomées, tandis qu’il favorise celle des Bactéries et des Péridiniens. D’après Nathanson, il faudrait aussi tenir compte des déplacements verticaux des eaux marines se produisant de bas en haut sous l’influence de la température, de la densité, etc,, le résultat général étant de ramener sans cesse à la surface les substances alimentaires entraînées par la gravité, vers les profondeurs; à son avis, le gaz carbonique, dissous dans l’eau, aliment indispensable, jouerait un rôle prépondérant presque entièrement méconnu jusqu’ici.
- Malgré l’effort accompli, on aperçoit bien combien il reste à faire pour pouvoir tirer des conclusions définitives d’études qui sont encore dans la. période initiale. Il s’en dégage cependant, dès à présent, d’une façon irréfutable, ce fait primordial, depuis longtemps soupçonné par les pêcheurs norvégiens, que le sort actuel et futur des grandes pêcheries, c’est-à-dire l’exploitation rationnelle et économique de la mer, se ramène à une question d’océanographie biologique : la connaissance intégrale du plankton et de son évolution.
- Et nous, qui poursuivons ici la série de nos esquisses symbiotiques, nous apercevons, par cette étude, que les grands producteurs, les grands pourvoyeurs de la « grande nourrice » restent encore, au sein des mers, comme sur les continents, dans l’univers entier : les végétaux, base fondamentale de la nutrition animale. Emile Gadeceau.
- 1 M. Caulleiiy. Loc. cil., p. 104.
- - De S'/tyetv, fondre et uouç, pied.
- Sg'Ssi.-ssa.Jjÿ.
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- LE CANAL ANGLAIS DES DEUX.MERS
- sites et où ia circulation des navires de guerre serait
- L’amirauté anglaise fait construire en ce moment un important arsenal maritime à Rosylh. Ce port militaire est destiné à servir d’abri et de point de ravitaillement à une Hotte anglaise ayant à lutter contre une flotte ennemie venant de la mer du Nord. Situé à quelques kilomètres de l’embouchure du Firth of Forth et en amont du via-duc métallique qui franchit cet estuaire, le port de Ro-sytli, dont il a été déjà parlé dans un numéro précédent de La Nature, offre, par suite môme de sa situation, quelques inconvénients auxquels il est urgent de remédier.
- D’abord la destruction du viaduc sur le Forth, soit par l’ennemi, soit en cas de défense, formerait dans le fleuve un barrage s’opposant au passage des navires et isolerait le port de Rosyth de toute communication avec l’extérieur.
- D’un autre côté, l’accès de l’arsenal de Rosyth par une flotte anglaise venant de l’Atlantique ne pourrait se faire qu’en contournant par le Nord l’Écosse, en traversant le Pentland Firth où se rencontrent des courants très violents et des brumes qui fréquemment rendent passage dangereux.
- Dans le cas d’une flotte anglaise venant de la Manche, celle-ci se trouverait obligée de longer toute la côte Est de l’Angleterre, sous le feu d’une flotte ennemie venant de la mer du Nord.
- Le premier inconvénient est facilement remédiable et à peu de frais par la construction d’un canal de 4 km environ de longueur reliant l’arsenal de Rosyth avec l’embouchure du Firth of Forth, à l’aval du viaduc.
- Quant aux deux derniers ils ne peuvent être évités que par la construction d’un canal que nous appellerons « Canal des Deux-Mers » reliant le Firth of Forth avec la Clyde, c’est-à-dire la mer du Nord avec l’Atlantique comme le montre la ligure 1. C’est la construction de ce canal qui est aujourd’hui à l’étude et soumise à l’examen d’une commission Royale.
- Ce canal maritime, dont les dimensions doivent permettre le passage des plus puissants navires de guerre, doit avoir une profondeur minimum de 11 m., une largeur au plafond 50 m. 50 et n’avoir sur . son parcours qu’un nombre aussi limité que possible d’écluses.
- Deux directions sont en présence. La première consiste à élargir et améliorer le canal actuel (lligh Level canal) appartenant à la Cio du Caledonian Ray et qui, parlant de Grangemouth, sur le Firth of Forth, débouche dans la Clyde à Yoker à 5 km environ en aval de Glas-cow. En outre du nombre considérable d’écluses que nécessite ce tracé, ainsi que des tranchées profondes, dépassant en nombre d’endroits 50 mètres, qu’il y aurait lieu de creuser, ce canal aurait le grave inconvénient de déboucher dans la Clyde à un endroit où ce fleuve n’a qu’une faible largeur, présente de nombreuses sinuo-
- d’aulant plus difficile que, dans celte partie du fleuve qui avoisine Glascow, la circulation des navires est extrêmement intense. L’alimentation en eau de ce canal présenterait, de plus, de grandes difficultés.
- La seconde direction (Low Level canal) qui semble être celle qui a le plus de partisans, part également de Grangemouth, sur le Firth of Forth, suit la vallée du Forth et, après avoir traversé, au moyen d’une tranchée de 12 km de longueur et dont la profondeur maximum atteint 00 m., le faite qui sépare le versant de la mer du Nord du versant de l’Allanlique, débouche dans le LacLomond (Voy. fig.). Ce lac, dont la superficie dépasse 10 000 hectares, dont le bassin atteint une surface de 725 km carrés et dont le niveau se trouve à 3 m. 90 au-dessus des hautes mers dans le Forth et à 5 m. 25 au-dessus de celles dans la Clyde, servirait de bief d’alimentation et de partage des eaux du Canal entre la mer du Nord et l’Atlantique.
- Une écluse établie à Grangemouth, au point de débouché du canal dans le Firth of Forth, maintiendrait le
- niveau constant des eaux dans le canal et dans le Loch Lomond.
- A partir du Loch Lomond (Voy. fig.) deux directions sont à l’étude ; l’une suit la vallée de la Leven, par Balloch, Alexandria et Dum-barlon où le canal débouche dans la Clyde; l’autre emprunte le Loch Long, comme on le voit sur le plan, en reliant celui-ci avec le Loch Lomond au moyen d’une tranchée coupant à Tarbet l’istlnne étroit qui sépare ces deux lacs.
- Dans l’un et l’autre projet une écluse serait établie à Balloch et à Tarbet, afin de racheter la différence de niveau entre le lac et la Clyde.
- Ces écluses, ainsi que celle de Grangemouth, seraient doubles, l’une ayant 274 m. 50 de longueur, 30 m. 50 de largeur, et la seconde, accolée à la première, une longueur de 157 m. 25 et une largeur de 13 m. 72.
- La direction par la vallée de la Leven de 8 km de longueur aurait l’avantage de réduire notablement la distance entre Rosyth, Glascow et les nombreux établissements de construction navale qui avoisinent cette ville ; mais, d’un autre côté, elle nécessiterait l’élargissement de la Clyde en aval de Dumbarton, tout en obligeant, malgré tout, à réduire la vitesse des navires de guerre dans celte partie du fleuve où la circulation des navires est particulièrement intense.
- La direction par Tarbet, en longeant sur une longueur de 22 km le Loch Lomond dont la profondeur est suffisante pour les plus grands navires, permettrait aux navires de guerre, après avoir franchi l’écluse de Tarbet, de gagner la haute mer en suivant le Loch Long sans réduire leur vitesse.
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- Carte montrant les tracés projetés pour le canal anglais des Deux-Mers.
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- 14 .... '...= CHRONIQUE — LE
- Par celle dernière direction qui semble présenter le plus d’avantages, la distance entre le Firth of Forth et la Clyde est de HO km dont 4(5 km font partie du Loch Lomond et du Loch Long. 11 ne reste donc à construire que 04 km. La dépense est estimée à environ 500 millions de francs, soit près de 8 000 000 par km.
- En outre du grand avantage que présente la construction de ce canal maritime en permettant aux navires de guerre l’accès du Firth of Forth sans passer sous le feu d’une Hotte ennemie, celui-ci, suivant les promoteurs de ce canal, mettrait, de plus, en cas de guerre, à la disposition de l’amirauté, les immenses établissements de construction navale de la Clyde et ceux de Barrow et de
- PÈRE DU RADIUM ................. ....
- Liverpool. Comme conséquence, d’après eux, il ne deviendrait plus nécessaire de construire à liosyth les cales de radoub et les ateliers de réparation avec leur outillage coûteux projetés à l’heure actuelle pour ce port et dont le prix d’établissement, toujours suivant eux, pourra dépasser celui de la construction du canal maritime.
- Au point de vue commercial la construction de ce canal aurait l’avantage de réduire notablement la distance que doivent parcourir aujourd’hui les navires qui se rendent des ports de la côte Nord-Ouest de la Grande-Bretagne, soit vers les ports anglais de la côte Est, soit vers les différents ports Hollandais, Belges et Français de la mer du Nord ou inversement B. Bo.nnin.
- CHRONIQUE
- Dans l’estomac d’une girafe. — Tous les mammifères ont l’habitude de se lisser leur robe avec la langue, dont les rugosités leur offrent à la fois et la brosse et l’éponge, ces indispensables accessoires de la toilette.
- Les poils qui adhèrent à la langue sont entraînés par les aliments dans la cavité stomacale, où ils résistent à l’action sucs gastriques, pour être linaleinent expulsés sous forme de boulettes comprimées plus ou moins volumineuses. Chez les animaux qui mènent une vie active, chez les bêtes sauvages, la présence de ces corps durs n’entraîne probablement aucune conséquence fâcheuse. 11 n’en est pas ainsi pour les animaux captifs dans les ménageries, comme l’a prouvé le cas qu’illustre notre photographie.
- En procédant à l’autopsie d’une girafe morte dans une ménagerie d’Angleterre après deux années de captivité, on, s’expliqua pourquoi la prisonnière avait perdu peu à
- peu l’appétit : son estomac contenait une boule de poils agglomérés, parfaitement sphérique, cl d’un volume exceptionnel, dimensions dont on peut se rendre compte en comparant la boule à un œuf de poule.
- Il est probable qu’il fallut de 15 à 20 mois pour former une boule de pareille grosseur.
- C’est, du moins, ce qu’avance un naturaliste anglais, qui a eu l’occasion de disséquer un certain nombre de girafes et a toujours rencontré dans leur estomac des agglomérations analogues, bien que de volume bien inférieur à celle que montre notre illustration.
- Boule de poils contenue dans P estomac d’une girafe; à droite un œuf de poule, donnant lapropor- lion (1res réduit).
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Le compte rendu de la séance du 1er juin 1909 paraîtra dans le prochain numéro.
- LE PÈRE DU RADIUM
- Sous ce titre, M. Frédéric Soddy, le distingué chimiste de Glascow, examine dans la Rivista di Scienza le problème des origines du radium.
- On sait que le radium, corps simple, se transmute spontanément en une série d’autres corps; il semble que ses atomes fassent successivement explosion : telle une série de cartouches juxtaposées ; la première provoquant de proche en proche la détonation des suivantes. L’explosion de l’atome de radium s’accompagne d’un rayonnement spécial et complexe, où l’on a reconnu la présence de particules infimes, véritable poussière d’atomes projetée à des vitesses vertigineuses : particules positives a, que Rutherford vient d’identifier à l’atome d’hélium, particules négatives (3, beaucoup plus petites encore,
- identiques aux corpuscules cathodiques et lancées à une vitesse presque comparable à celle de la lumière ; en même temps des rayons X prennent naissance. A côté des minuscules débris que nous venons d’énumérer, le reste de l’atome de radium donne naissance à un gaz inerte : Y émanation qui à son tour se transforme en une série de produits solides : radium A, radium B, radium G, radium R, E, F. Ce dernier, à son tour, pourrait bien donner naissance au plomb. Voici donc précisée la descendance du radium; d’autre part, des mesures très précises de Rutherford ont prouvé que la destruction du radium s’effectue avec une régularité qu’aucune action physique ou chimique ne peut influencer, et ont permis par suite de calculer la vie du radium, qui est de 2600
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- === LABORATOIRE POPULAIRE
- uns. C’est une vie évidemment fort courte pour un métal.
- Tout le radium du globe aurait donc disparu depuis Tort longtemps, s’il n’existait quelque part une source de radium capable de renouveler les stocks au lur et à mesure de leur épuisement.
- Quelle est cette source? Tel est le mystère qu’ont cherché à élucider Rutherford, Boltwood et Soddy ; instinctivement, ils se sentaient attirés vers l’uranium. Ce corps, lui-même radioactif, accompagne, en clîet, le radium dans tous les gisements où celui-ci a été rencontré ; de plus, la proportion relative des deux éléments, patiemment mesurée par Strutt et Boltwood, a toujours été trouvée égale à I/3 000 000 ; il est évident que, si l’un des éléments donne naissance à l’autre, étant donné ce que nous savons de la constance de leurs transmutations, il doit s’établir un équilibre qui se manifestera précisément par la tixilé des proportions relatives des deux corps.
- 11 reste à obtenir expérimentalement la transmutation de l’uranium en radium. Disons de suite que l’on n’y est pas parvenu et la chose s’explique aisément : la vie moyenne de l’uranium est de 7 500 000 000 ans. Autrement dit, il ne se décompose que suivant une proportion intime, inaccessible à l’observation et, dans les expériences faites avec des sels d’uranium rigoureusement purs, on n’a jamais pu déceler la formation de radium. Mais dans du nitrate d’uranyle, purifié seulement du radium qu’il peut contenir, on a observé, au contraire, la formation très nette de radium, ha conclusion à tirer de ce fait semble tout indiquée : les sels du radium du commerce contiennent un corps intermédiaire entre le radium et l’ura-
- LE LABORATOIRE POPULAIRE
- Le I)1' H. Goldschmidt, ingénieur et .savant distingué, vient de fonder à Bruxelles un laboratoire électrique d’un genre absolument nouveau. Convaincu de l’insuflisance du livre et des explications orales pour vulgariser d’une façon eflicace, dans l’enseignement populaire, les éléments d’une doctrine essentiellement expérimentale, comme la science électrique, M. Goldschmidt a voulu rendre l’expérimentation accessible à tous. Dans ce but, il a créé un laboratoire populaire d’une disposition remarquablement simple et claire, où chacun — l’ouvrier même — pourra se familiariser, d’abord avec les notions élémentaires, puis avec les problèmes plus compliqués.
- En faisant simplement une sorte de musée des inventions et des découvertes électriques, le généreux fondateur n’aurait évidemment réalisé qu’in-suflisanmient son intention : c’eût été encore le livre, — le livre ouvert exhibant à la fois toutes ses illustrations aux visiteurs, mais en leur laissant le travail parfois rude d’assimilation.
- Ce qu’il était intéressant de montrer, c’était non plus la science ligée dans des pages d’imprimerie, mais la science vivante, la science en action. Aussi M. Goldschmidt a-t-il voulu initier le visiteur au secret de l’expérimentation, en lui montrant à la fois le problème posé et sa solution. On a dû, à cet effet, classer les expériences de façon à les rendre
- ELECTRICITE DE BRUXELLES = 15
- nium, père de l’un et fils de l’autre. Cet élément, dont la naissance remonte à une époque fort reculée, se transformerait plus vite que l’uranium et pourrait donner naissance à une quantité de produits nouveaux suffisante pour se prêter aux mesures. En réalité, par de savantes et complexes séparations chimiques, on est arrivé à la conviction qu’entre le radium et son ancêtre l’uranium, plusieurs autres ascendants ont dû intervenir. On a été ainsi conduit à admettre dans l’arbre généalogique du radium, l'actinium et un autre métal radioactif découvert par M. Boltwood, Yionium.
- Sans doute, la théorie que nous venons d’exposer peut prêter en bien des points à de sérieuses objections; la plus grave est qu’elle n’est pas suffisamment étayée sur des résultats expérimentaux nombreux et concordants. Néanmoins elle est fort séduisante, et, en loul cas, il nous a paru intéressant d’exposer les idées des chimistes de nos jours sur la vie et les- transmutations de certains métaux. Ne croirait-on pas relire.quelque chapitre d’alchimie?
- À. Tkollëu.
- P. S. — Au dernier moment, nous lisons dans le périodique anglais Nalure, une note de M. Soddy annonçant que dans une solution contenant iPib gr. d’uranium, solution au début parfaitement pure, et( préparée depuis 3,53 ans, il a pu mettre en évidence la formation de 4 x 10_H grammes de radium, et il a observé que la proportion du radium créé, croît comme le carré du temps. Ces deux faits paraissent incompatibles avec l’existence de deux ascendants du radium; et M. Soddy en conclut qu’entre le radium et son ancêtre l’uranium, il n’existe qu’une génération intermédiaire et non deux.
- D’ÉLECTRICITÉ DE BRUXELLES
- toutes compréhensibles : chose difficile. 11 fallait d’abord assurer un classement logique, graduant et coordonnant les expériences; il l’allait ensuite rendre les expériences réalisables pour chacun. 11 fallait imaginer et fabriquer de toutes pièces des appareils simples, sûrs et robustes.
- Parlant de ce principe, M. Goldschmidt a installé, au rez-de-chaussée de son laboratoire populaire, les expériences fondamentales qui forment les assises mêmes delà science électrique moderne et qui, pour leur mise en œuvre, n’exigent que des dispositii's relativement simples. Le visiteur y passe de la pierre d’aimant, aux propriétés des aimants et électro-aimants et à l’explication des moteurs électriques ; du frottement du verre ou de la cire, au fonctionnement de la machine de Wimshurst, équivalente, par ses effets, à la bobine d’induction étudiée d’autre part; puis aux décharges dans différents milieux (rayons cathodiques, radium, etc.).
- Au premier étage, on trouve les appareils nécessaires à la démonstration des principes de l’électricité dynamique, à l’élude de l’induction, des courants alternatifs et des méthodes de mesures électriques.
- Chaque appareil appartenant à ces deux sections est isolé dans une cage vitrée, ne laissant libre, aux mains de l’expérimentateur, que l’organe nécessaire pour provoquer l’expérience. 11 importait, en effet,
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- LABORATOIRE POPULAIRE D’ÉLECTRICITÉ DE BRUXELLES
- de n’exposer inutilement aucune partie d’un appareil souvent délicat.
- Dans trois locaux annexes se trouvent réunis les appareils de précision, d’essai et de mesures, dont le maniement exige la connaissance approfondie de tout ce qui précède : photomètres, ponts de précision, étalons de mesure, galvanomètres, wattmètres, etc. Au rez-de-chaussée, au centre du bàlimeut, on a installe les appareils permettant aux visiteurs de s’initier aux mesures essentielles relatives aux moteurs et aux dynamos.
- Le caractère de ces deux sections diffère quelque peu de celui des sections précédentes. Le visiteur se trouve cette fois, dans un laboratoire où il voit faire des mesures et des essais par des personnes compétentes, attachées au
- Dans une bibliothèque contenant les livres principaux, les périodiques et les liches bibliographiques, le visiteur aura l’occasion de compléter, par des notions ihéorùpies, les connaissances pratiques acquises au laboratoire. Un atelier de mécanique
- Fig. i. - Les cages d'expériences du laboratoire d’éleclricilè de Bruxelles. — Ampoules de Crookes.
- de précision l’initiera eniin a la construction des appareils électriques.
- Cette œuvre, résultat des efforts assidus de cinq années, n’a pas encore son caractère définitif. Mais, dès maintenant, l’initiative du Dr Goldscbmidt
- Fig. 2. — Dispositif pour la démonstration des phénomènes d'induction.
- Bureau de contrôle des Installations électriques, dont le siège se trouve dans le même immeuble. Tout en les suivant et les comprenant, il est en général incapable d’accomplir lui-même ces expériences. Si cependant un visiteur suffisamment initié en manifestait le désir, on lui permettrait d’opérer lui-même, sous la surveillance d’un préparateur expérimenté.
- Cet ensemble de locaux est complété par une salle de cours, derrière laquelle se trouve un appareil de projection permettant, par la simple pression d’un bouton, de faire défiler sur la toile une centaine de vues relatives aux actualités scientifiques.
- Une .salle est réservée aux industriels pour l’exposition gratuite de leurs produits ; quatre petits laboratoires peuvent être mis à la disposition des spécialistes pour des recherches personnelles.
- Fig. 3. — Appareils de mesure.
- parait digne du plus vif intérêt. Il y a là une idée qui peut être féconde et sur laquelle on ne saurait trop attirer l’attention.
- Dr Alfred Giudenwitz.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuke, rue de Fleuras, 9.
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- N" 1881.
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- 12 JUIN 1909.
- LE NOUVEAU HANGAR MILITAIRTTDE MOISSON
- La constilution des Hottes militaires aériennes étant en voie de formation dans la plupart des pays, il a fallu songer à abriter chacune des unités de celte Hotte, à leur construire des ports de relâche, des hangars spéciaux d’où ils prendront leur essor, où ils viendront puiser de nouvelles forces et subir les réparations nécessitées par un séjour accidenté dans l’atmosphère. v - Ces hangars doivent répondre à un but précis, se prêter à des exigences bien déterminées. L’ennemi
- présentant l’une des fermes, sont couvertes de tuiles, afin de mettre l’intérieur du hangar aussi bien que la charpente entièrement faite en bois, complètement à l’abri de la pluie. Ces tuiles apportent, en outre, une charge supplémentaire utile pour compléter l’assise parfaite du hangar. Mais elles présentent l’inconvénient d’empêcher la lumière de pénétrer à l’intérieur de la construction. Pour supprimer cet inconvénient on a ménagé, sur ces mêmes côtés, deux châssis vitrés latéraux de toute la longueur du hangar et disposés de telle manière que la lumière qui les traverse puisse ; éclairer le milieu du sol, c’est-à-dire la partie de l’abri où se font les travaux de montage de la nacelle, de la partie mécanique du dirigeable. Par contre, le ballon, occupant la partie supérieure du hangar, demeure constamment dans une obscurité relative favorable à la conservation de l’enveloppe caoutchoutée. De plus, conmi l’entrée de la lumière est encore nécessaire en différents autres points
- Fig. /. — La construction du nouveau hangar de Moisson.
- principal de toute construction de ce genre étant le vent, la première des qualités qu’ils doivent posséder est une résistance absolue aux plus violentes tempêtes, malgré leur masse qui est, en principe, relativement très légère. De plus leur transport rapide d’un point à un autre paraît indispensable puisqu’ils sont appelés, sinon à suivre les armées en marche, du moins à se mettre à leur disposition dans un voisinage suffisamment rapproché et en un temps aussi court Fig. 2.
- que possible. Cette obligation ne peut être réalisée qu’à la condition d’édifier des hangars . démontables, faits de pièces interchangeables que l’on assemblera en quelques jours.
- . C’est sur ces données qu’a été construit le nouveau hangar d’un type militaire destiné à compléter les ressources de Moisson pour la construction des ballons dirigeables. Ses dimensions paraissent colossales : longueur 155 m. ; largeur sur le sol 58 m., à la partie supérieure 18 m., hauteur 28 m. On voit, par les deux dimensions de largeur, que la base de ce hangar est considérablement élargie et il est probable que l’emploi des haubans et de tirants attachés sur les côtés et fixés au sol à une certaine distance ne sera pas nécessaire. Les faces latérales, inclinées comme le montre notre dessin fig. 2, re-
- 37e année, — 2e semestre.
- Détails d'une ferme de la charpen te.
- de cet immense chantier, quelques autres tuiles de verre sont disséminées sur la surface des côtés.
- La toiture est recouverte en carton bitumé ; on a obtenu ainsi une couverture très satisfaisante et en même temps d’une grande légèreté. L’emploi de tuiles eût alourdi énormément cette toiture et peut-être entraîné des flexions. L’arrière du hangar est construit comme les côtés, et l’avant, destiné au passage du dirigeable, est simplement fermé par deux bâches manœuvrables du sol. Enfin l’espace libre ménagé dans les bas côtés par la disposition des fermes est occupé par des locaux affectés aux services accessoires. Ce hangar ne comporte pas de fondations : il est avantageux à tous les points de vue deprocéder ainsi lorsque la nature du sol le permet,
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- (c’est le cas à Moisson) ; on évite les travaux de terrassement et de maçonnerie aussi bien en vue du montage que pour le démontage. Toutes les fermes qui constituent la charpente sont tracées sur une même épure de sorte que tous leurs éléments sont rigoureusement semblables; ils peuvent être préparés d’avance, en dehors du chantier et assemblés ensuite par des boulons sans aucune difficulté et très rapidement. Le hangar de Moisson a été construit en trois mois, entre la commande et la livraison, par M. Sainte-Beuve', entrepreneur, spécialiste en grands travaux de charpente. Le démontage s’opère en quelques jours avec un outillage très simple et sans autre perte de matériel que les liteaux portant les tuiles. Enfin, avantage également à considérer, sa destruction, en cas de nécessité absolue produite par une marche rapide en avant de remiemi, peut avoir lieu en une heure :
- Fig. 3. — Montage des fermes.
- il brûlerait comme une torche. Le treillis de la charpente se prête aussi à l'aménagement d’autant de passerelles qu’on le juge utile pour la visite du ballon. Ces passerelles sont intérieures à la charpente, de sorte que l’enveloppe, toujours susceptible de se déchirer pendant les manœuvres d’entrée et de sortie, ne craint aucun contact avec des bois en saillie. Ce hangar a été orienté, à Moisson, dans la direction Est alin de soustraire l’entrée aux vents d’ouest et à la pluie. 11 peut abriter deux ballons du type moyen (République) ou un dirigeable grand modèle.
- MM. Lebaudy et Julliot viennent donc d’accroître d’une manière très intéressante la puissance de production de l’aérodrome de Moisson d’où nous pouvons espérer voir sortir de nombreux navires aériens.
- Lucien Fourni eu.
- CHRONIQUE
- Comment les yeux voient dans l’obscurité. —
- Bon nombre d’animaux sont noctambules; il en est même qui sont spécialement des animaux de nuit. Nous les connaissons. Ce ne sont pas seulement les chats de gouttières, mais encore les oiseaux de nuit, les papillons de nuit, etc. Leurs yeux ne sont pas absolument semblables aux nôtres.
- Un savant anglais, le D' Oscar Nagel, se demande quelles sont les différences. 11 remarque que les fibres composant le nerf optique se partagent, à leurs extrémités, en libres cylindriques au nombre de 020 millions environ et en fibres coniques au nombre de 60 000. D’après une théorie de J. von Kries les fibres coniques servent à la perception des couleurs brillantes et les libres cylindriques, à la perception des couleurs obscures.
- Si un grand nombre d’animaux voient distinctement dans l’obscurité, la cause en est que, dans leurs yeux, d’une conformation analogue à celle des yeux de l’homme, les fibres cylindriques et coniques sont uniformément entremêlées.
- Dans Psychological Review, le Dr Nagel cite l’exemple du cheval qui, attelé à une voiture, est capable de suivre une route dans la nuit noire. Ce cheval trotte et
- galope comme en plein jour, alors que son conducteur craint de le voir buter contre un obstacle ou tomber dans un fossé. La chouette, le hibou aperçoivent mieux les objets mal éclairés. Dans ce cas, il faut admettre que les fibres cylindriques du nerf optique sont devenues prépondérantes.
- L’évolution ne serait pas étrangère à la production de ce phénomène. Les mammifères avaient d’abord des yeux également aptes à la vue en pleine lumière et dans l’obscurité ; et comme, ils ont cherché leur nourriture la nuit plutôt que le jour, les fibres coniques ont cédé la place aux autres. Dans l’œil humain le contraire s’est produit ; les libres coniques ont pris le dessus. Aussi nous n’apercevons qu’une forme vague la nuit là où le cheval distingue un objet précis.
- Les hommes qui, pendant une longue suite de générations, ont eu l’occasion de se servir de leurs yeux dans l’obscurité, seront donc supérieurs sous ce rapport aux habitants des villes ; mais ceux-ci, au point de vue évolutionniste, ont donné à leurs yeux des qualités qui les font prévaloir sur les yeux de l’aigle ou du hibou.
- Au dire du Dr Nagel, on pourrait faire des observations analogues relativement à la faculté qu’ont l’homme et les animaux de percevoir des bruits et des sons. N. Lallié.
- UN MIRAGE VERTICAL
- Les phénuaièiies de mirage ont, de tout temps, charmé les regards des hommes et excité leur imagination, à cause de leur durée souvent si brève et de leurs apparences si diverses, semblant échapper aux lois habituelles de l’optique.
- Le mirage n’est pourtant jamais l’apparition miraculeuse d’un objet inexistant, et, au contraire,
- toujours l’image d’un objet réel. C’est un phénomène parfaitement régulier au point de vue physique, et si l’objet peut paraître agrandi ou diminué, déplacé, renversé, ou même multiple, cela tient aux conditions de formation de l’image, qui sont instables, difficiles ou impossibles à déterminer, et beaucoup plus complexes que celles des
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- cas simples dont nous sommes témoins à tout instant.
- On sait que la position et la dimension d’une image dépendent de la trajectoire des rayons lumi-
- n té rie u p
- du fort
- Fig. i. — Plan schématique de la par lie ouest du fort de Sainle-Adresse, du côté de la roule d'accès.
- neux qui vont de l’objet à l’œil de l’observateur, et que cette trajectoire, à son tour, dépend de la densité du ou des milieux que traversent les rayons.
- Dans un milieu unique et homogène, la densité est constante, et la trajectoire est une droite.
- Si un rayon lumineux traverse successivement plusieurs milieux homogènes, mais de densité différente, la trajectoire devient une ligne brisée, et à ce cas, encore banal, correspondent les phénomènes connus de réfraction et de réflexion totale.
- Si le nombre des milieux successifs augmente, en même temps que l’épaisseur de chacun d’eux diminue, les côtés de la ligne brisée augmentent en nombre et diminuent en longueur.
- Et si, enfin, nous passons à la limite, en considérant un milieu non homogène, où la densité varie continûment d’un point à un autre, nous apercevons que la trajectoire d’un rayon, dans un tel milieu, s’infléchira graduellement, et sera une courbe, Le problème se complique aussitôt, et quitte le domaine de la géométrie élémentaire, pour entrer dans celui de l’analyse infinitésimale.
- Des exemples simples, relevant de ce dernier cas, sont connus de tous. Tel est le relèvement de l’ho-t’izon, certains jours. Tel est le lever d’une étoile avant l’heure, ou son coucher après l’heure. Ainsi s’expliquent aussi les retours de lumière survenant en plein crépuscule, et notamment l’embrasement des montagnes, si spécial, appelé alpenglühn.
- Ces phénomènes sont des mirages, bien que l’on
- ait l’habitude, lorsqu’on ne spécifie rien, d’entendre sous cette dénomination des phénomènes plus restreints, dus à la présence d’une couche d’air, limitée et mince, de densité très différente de celle de l’air ambiant.
- Les mirages les plus cités sont les mirages horizontaux, en mer ou dans le désert, par les temps chauds et très calmes. En mer, la couche d’air avoisinant l’eau se refroidit, et sa densité augmente rapidement; dans le désert, au contraire, au contact du sable chauffé, la densité des couches inférieures décroît très vite. Dans les deux cas, la couche inférieure (froide ou chaude), devient le siège de réfractions et de réflexions totales. Tous les traités de physique racontent, par exemple, comment, dans le désert, les couches inférieures de l’atmosphère peuvent refléter le ciel ou les arbres éloignés, et donnent aux voyageurs l’illusion d’une nappe d’eau qui disparaît à leur approche.
- Mais l’on conçoit aussitôt que ce résultat simple n’est qu’un cas très particulier : la formation de l’image est fonction des distances respectives de l’objet et de l’observateur par rapport au lieu et aux dimensions de la couche chaude; elle dépend de conditions météorologiques éminemment variables, etc..., et elle est imprévue et diverse comme elles. C’est ce qu’illustre le fait qui suit.
- Le mirage dont nous voulons parler est assez exceptionnel. 11 est vertical. 11 donne des images renversées, des images droites et des images multiples.
- Enfin, il est quasi permanent, c’est-à-dire que l’on peut l’observer, toujours pareil à lui-même, pendant des heures entières, par tous les beaux jours d’été.
- P"1P‘
- Fig. 2. — Schéma de la formation, par le mirage, de quatre images de l'objet O, symétriques deux à deux.
- Cette dernière circonstance nous a donné la rare fortune de pouvoir le photographier.
- Ce mirage se produit sur les murs ouest du fort
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- de Sainle-Adresse1, qui jouent le même rôle que le sol de l’exemple précédent. Il est dû à la grande capacité calorifique de leurs matériaux, et sa netteté témoigne que leur surface a été dressée remarquablement plane
- Les ligures 1, 3 et 5 sont explicites et rendent superllue une description détaillée.
- Pour observer le phénomène, il suffit de se promener, par un gros soleil, en B, sur la grande route qui mène au fort, en se dirigeant vers lui, et en regardant attentivement les faces F ou F' (fig. 1). Pendant assez longtemps, on ne remarque rien de particu-
- Fig. 3. — Vue du mur F, prise un peu avant cFarriver au point A du schéma précèdent, fig. i.
- lier, mais lorsqu’on arrive vers À ou À', c’est-à-dire en des points d’où l’on voit F et F' sous une incidence presque rasante, les grands murs deviennent subitement brillants comme des miroirs, et reflètent, en bas, le fossé et son talus, en haut, le ciel, et entre deux, la campagne.
- La figure 5 nous donne la photographie du mur F, prise un peu avant d’arriver au point A. En bas est le fond herbeux du fossé, puis un petit mur de pierres irrégulières qui revêt le talus. Dans le milieu, les maisons du hameau de Sanvic, et derrière elles, un bouquet d’arbres, dont la masse parait
- 1 Seine-Inférieure. 1
- pleine, et dont le profil présente, à droite, une encoche très reconnaissable.
- En A, ligure 4, l’apparition du phénomène ne laisse pas que de déconcerter un instant le spectateur. En effet, le mur F brille comme une grande glace. L’épreuve montre très nettement son bord le plus éloigné, marqué par une ligne très distincte, et, dans la glace, les images du fond du fossé et de son talus. Mais le regard rencontre ensuite l’image du bouquet d’arbres, et s’attend à la trouver symétrique de l’objet, comme dans les miroirs ordinaires. Or, cette image est droite, ainsi qu’en témoigne l’en-
- Fig. 4. — Vue du mur F, prise du fioint A et montrant le mirage.
- coche du profil, que nous avions notée tout à l’heure.
- La surprise que j’éprouvai m’incita à observer de plus près, et, pour cela, à descendre dans le fossé, afin de pouvoir expérimenter sur des silhouettes, sans avoir la vue gênée par le paysage du fond.
- La figure 5 montre le mur F', photographié un peu avant d’arriver à la hauteur du point A'. Sur le talus se tiennent deux personnes « différentes », un civil et un soldat, le coude sur la hanche.
- A la hauteur de A', le mirage apparaît. Le civil ne donne aucune image. Le soldat s’y reflète, mais, cette fois, comme dans un miroir ordinaire, et l’on
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- peut remarquer, par exemple, le oo formé par son coude avec son image symétrique (fîg. 6).
- Ainsi nous'avions, dans un cas, une image droite, et, dans un autre cas, une image symétrique. Mais l’examen du cliché de la ligure C me lit soupçonner que l’on pourrait obtenir davantage encore, car certains lions de l’image ne semblèrent devoir être attribués à la présence de deux images, et une nouvelle photographie confirma cette impression.
- Je me retournai alors vers la première escarpe F, plus exactement plane (pie F'. Je postai un soldat
- de l’objet que répète le mirage est abcd, marquée en trait fort, sur le schéma. Cette partie donne une première image, droite, a'b'c'd', et, accolée à elle, une seconde image, symétrique, a'jîl'y'o'. Puis elle donne une troisième image, droite, a!'b"c"d", et une quatrième image, symétrique a"$"y"o".
- ... Nous avons donc deux couples d’images, symétriques deux à deux, deux images droites de l’objet, et deux images symétriques.
- En résumé, notre mirage permanent nous a donné, suivant les cas, une image droite, une image symétrique, et quatre images symétriques deux à deux.
- Fig. 5, — Vue du mur F', un peu avant d'arriver au .point A!.
- Fig. 6. — Vue du mur F', prise du point A' et montrant le mirage.
- sur le haut du talüs bordant le fossé, et lui mis dans les bras un grand rectangle de carton qui, tenu obliquement, présentait un contour dissymétrique. Le résultat dépassa mon attente. Il est montré par la figure 2 schématiquement, car les dimensions du cliché n’en ont pas permis une reproduction en simili.
- Une partie du soldat est visible directement : un bout d’épaule a, le rectangle de carton bc, le bras gauche et le coude d, et la jambe gauche e. Tel est « l’objet » 0. Or, cet objet donne deux images très nettes, 0 et 0'. Mais, a leur tour, chacune de ces images se résolut en deux autres, accolées par une verticale, et que l’on identifie aussitôt. La partie
- 11 serait désirable que des expériences plus complètes fussent reprises, avec un appareil photographique spécial, et dans des conditions meilleures.
- Nous souhaitons même d’assister un jour à l’édification d’un mur, dont le dressage serait particulièrement soigné, et qui serait un champ fécond pour l’étude de ces phénomènes optiques trop imparfaitement connus.
- Edouard Monod-Herzen.
- P. S. Les clichés ont été faits avec le concours de M. Poulain, du Havre, qui s’est mis à notre disposition avec une bonne grâce dont nous lüi sommes très reconnaissant.
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- L’HISTOIRE GÉOLOGIQUE DE LA CHINE
- La géologie de la Chine a été longtemps presque uniquement connue dans son ensemble par les explorations de Ferdinand von Richtholen, résumées dans son ouvrage «China)). Plus récemment sont venus les travaux du comte Széchenyi et de von Loczy (Reise in Ostasien) ; l’ouvrage russe d’Obrutchov sur « l’Asie Centrale, le nord de la Chine et le Nan-Shan » ; les rapports de la mission lyonnaise et de la mission Leclère sur les régions limitrophes de nos possessions, etc.1 Enfin, cette année même, a paru un grand ouvrage en trois volumes et un atlas, compte
- quable, montrer par quelle méthode les géologues arrivent aujourd’hui à reconstituer l’image disparue du passé. Nous aurons en même temps des exemples très typiques de ce que j’ai appelé ailleurs les récurrences *, c’est-à-dire l’existence éphémère dans le passé de traits orographiques analogues à ceux du relief actuel, contrairement au vieux préjugé qui attribuait un rôle à peu près unique à l’évolution continue de la structure terrestre et supposait le passé entièrement dilïérent du présent. Par exemple, le fait, sur lequel je vais appeler l’attention, de glaciers
- Kilomètres
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- Continent
- (Inde
- Fig. 1. — Carte montrant les reculs de la mer en Chine pendant la période primaire. Le grisé figure la mer cambrienne (Sinienne), dont on a indiqué, plus au Sud, les rivages aux époques suivantes.
- rendu de Têxpédition Carnegie en Chine : expédition effectuée en 1903-1904, aux frais du donateur dont la France vient d’apprécier la générosité, par Bailey Willis, Eliot Blackwelder et B. H. Sargent.
- D’après ces ouvrages, et surtout d’après le dernier, nous allons essayer de raconter l’histoire géologique de la Chine, en insistant uniquement sur les faits qui intéressent ce qu’on appelle la paléogéographie, c’est-à-dire les transformations géographiques de notre planète, de ses montagnes et de ses mers à travers les âges. Le travail du à M. Bailey Willis est particulièrement instructif à cet égard; car, au lieu de se borner à un aride exposé des coupes stratigraphiques ét de leur faune, comme le font encore trop de géologues, il a fait un effort coordonné pour donner de la vie à' ces matériaux. Nous pouvons, grâce à lui, sur un exemple remar-
- chinois cambriens aurait fait reculer d’horreur les géologues d’autrefois.
- Les quelques notions très sommaires dont nous aurons besoin dans cet exposé consistent surtout dans l’idée de discordance et dans celle du cycle d’érosion. On sait que les couches marines dont sont composés nos terrains ont commencé en moyenne par se déposer horizontalement dans la mer. Là où elles sont plissées, il faut qu’il se soit produit un mouvement du sol postérieur à leur formation et, si ces couches inclinées sont recouvertes par des couches marines horizontales, on a la preuve que la mer est revenue postérieurement au mouvement en
- 1 Y. encore H. Coiidieh. Bibliotheca sinica. 2 vol. in-8. Leroux, 1878. — 2 Dans la Science géologique et dans Y Histoire de la Terre. Les numéros d’ordre affectés ici aux âges géologiques se rapportent aux tableaux insérés dans ces volumes.
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- HISTOIRE GÉOLOGIQUE DE LA CHINE ...23
- question, que celui-ci a précédé l’époque à laquelle appartiennent les couches marines représentées. De même, si on néglige un instant les modifications locales qui changent les faciès de dépôts1 marins contemporains le long d’une même côtes, pour envisager uniquement des formations très développées dans le
- Fig. 2. — Vue prise à Nan-lou sur le Yang-.tsê-Kiang montrant la pbsition des conglomérats glaciaires cambriens au-dessus des quartziles de la formation de N an-tou.
- temps et très continues dans l’espace, on retrouve, aux diverses époques de l’histoire terrestre, des successions analogues de conglomérats, grès et schistes, c’est-à-dire d’éléments de plus en plus fins, puis de calcaires impliquant, d’abord une forte érosion avec des côtes instables, puis des eaux de plus en plus calmes où tendait à se développer la vie organique : ce qui se traduit, comme nous le verrons mieux bientôt, par la destruction d’une chaîne montagneuse aboutissant à une pénéplaine.
- Si nous envisageons, dans ses traits tout à fait généraux, la géologie de l’Asie, nous y voyons apparaître dès la première heure et persister toujours une disposition ridée suivant les parallèles qui est, comme j’ai eu l’occasion de l’indiquer ailleurs, la forme logique que doit réaliser la contraction progressive d’une sphère de révolution tournant autour de son axe. Assurément les énormes saillies Est-Ouest qui apparaissent aujourd’hui si frappantes dans le relief de l’Asie sont, comme toutes les hautes chaînes montagneuses du globe, d’âge très récent et, pendant le crétacé, elles n’existaient pas encore; mais leur disposition générale avait été marquée dès la première heure et d’autres chaînes montagneuses les avaient souvent précédées, à peu près sur le même emplacement, pour disparaître et s’aplanir après une phase d’érosion. A l’est, il faut ajouter l’existence très ancienne d’une masse stable occupant approximativement la place du Pacifique. L’histoire géologique de l’Asie a été avant tout réalisée par une compression formidable et de plus en plus localisée
- quTa serre ce continent comme dans un étau entre trois premières masses consolidées, l’une au nord (dont le continent de l’Angara est le terme le plus connu), l’autre au sud (représentée de même par ce qu’on' appelle le continent de Gondwana, c’est-à-dire l’Inde), la troisième à l’est par le Pacifique1. Dans cet intervalle, il est de bonne heure apparu des zones distinctes de terres Est-Ouest ayant une tendance : les unes à s’enfoncer (mouvements négatifs), sur lesquelles, par conséquent, les produits détritiques se sont accumulés dans les eaux sous la forme de sédiments (fréquemment avec des caractères de mers continues et profondes) ; les autres à surgir, qui, dès lors, ont été particulièrement exposées à l’érosion et ont contribué par leur débris à remplir les dépressions précédentes, mais qui accusent de nombreuses lacunes dans la sédimentation (par émersion ou érosion ultérieure). A la limite entre ces compartiments négatifs et positifs, dont les premiers, ayant parfois formé des géosynclinaux, peuvent être considérés comme moins stables que les seconds qualifiés d’aires continentales, il s’est naturellement dessiné des lignes de dislocation, de ffexure, de faille même. Et, suivant une loi que j’ai antérieurement développée, à mesure que les temps se sont écoulés, les mouvements se sont à la fois localisés, accumulés dans une zone géographique plus restreinte et transformés dans leur allure, passant du type plissé qui convient à des sédiments plastiques, au type faille qui s’applique à des massifs déjà solides : des efforts horizontaux prédominants, aux mouvements verticaux. En se restreignant à la Chine, on peut encore ajouter que, pour une grande partie du pays, la disposition continentale a été très anciennement marquée. Et, sans doute, les explorations ultérieures combleront beaucoup d’apparentes lacunes actuelles
- dans la série stratigraphique. Cependant il n’en subsistera pas moins ces faits frappants : 1° que l’émersion, déjà accentuée en Mongolie avant le cambrien, a gagné peu à peu vers le sud le Ÿang-tsé-Kiang
- 1 On pourrait en ajouter une quatrième à l’ouest, vers la Finlande et la Scandinavie, qui a déterminé la direction de l’Oural.
- Fig. 3. — Galets striés dans le conglomérat glaciaire cambrien environ au 1/4 de la grandeur naturelle [d’après M. Bailey Willis).
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- HISTOIRE GEOLOGIQUE DE LA CHINE
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- mes vivantes connues jusqu’ici, celte ion a été l’objet de nombreux bouleversements orogéniques. Puis vient ce qu’on appelle le précambrien (1) qui partout témoigne, par son métamorphisme, de phénomènes ayant eu pour effet de le ramener à une grande profondeur dans l’écorce terrestre. 11 est inüniment probable que, dès lors, il s’est produit de véritables chaînes montagneuses dont la destruction ultérieure a donné les masses de sédiments lerrigènes que l’on trouve plus haut dans la série, quoique ces chaînes aient été totalement emportées par l’érosion. L’une des séries caractéristiques du précambrien chinois présente cette succession de sables quaiizeux, puis d’argiles schisteuses, puis de calcaires, que nous avons signalée comme correspondant à un cycle d’érosion, dans lequel une chaîne se détruit on même temps que les
- Fig. 4. — Gorges montrant Vaspect massif du calcaire sinien [ordovicien) où Von a entaillé un sentier; à l’est du bassin /touiller de Yan-tou, sur le T’ai-chan-ho.
- pendant le paléozoïque moyen ; dans la suite, une grande partie du jurassique est représentée par des faciès continentaux et 5° que le crétacé et le tertiaire marin font à peu près défaut : si bien qu’un géologue ayant étudié seulement en Chine pourrait supprimer de l’histoire géologique les périodes qui jouent au contraire le rôle essentiel dans la constitution du sol français.
- Résumons maintenant les principaux faits dans leur ordre historique. Les terrains les plus anciens, qui portent le nom d’archéen, existent ici, comme autour du Lac Supérieur, avec des indices de plissements intérieurs et de dislocations réitérées montrant que, déjà pendant cette première période antérieure aux for-
- Fig. 5. — Gorges dans le calcaire sinien [ordovicien ) de Ki-sin-ling formant le canon de Ta-ning-ho (Sé-tchouan). [D’après M. Willis.)
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- HISTOIRE GEOLOGIQUE DE LA CHINE : ---- 25
- cotes se fixent peu à peu. Puis, entre le-précambrien (4) et le cambrien (2), qui commence la période dite sinienne (2, 5) on constate plus.précisément que la chaîne antérieure avait été complètement érodée, rabotée, détruite et transformée en une pénéplaine.
- C’est sur celle-ci qu’est revenue, à l’époque sinienne, une transgression marine, un peu plus récente que celle de la Sibérie, mais à peu près contemporaine de celle de l’Amérique du Nord et de l’Europe : si bien qu’on a voulu voir là un phénomène « eustalique » général, une phase historique où l’exhaussement du fond dans les grandes masses océaniques avait partout refoulé les mers sur les continents. Le sinien commence souvent par un conglomérat qui implique des eaux troublées sur une côte instable et se continue par des couches rouges dont la couleur laisse supposer de grandes masses de terrains ferrugineux remaniés dans des conditions d’oxydation spéciales (réfrigération et aridité?) C’est à ce niveau que M. Bailey Willis a trouvé, à Nan-tou, sur le Yang-tsé-kiang, un conglomérat glaciaire à galets nettement striés, dont nous reproduisons la disposition d’ensemble (fig.
- 2) et deux galets.(fig. 5) en raison de l’intérêt essentiel du phénomène. Ce glacier devait sé trouver presque au niveau de la mer d’après les dépôts calcaires qui l’accompagnent, comme on le suppose également pour le Boulder-clay à la base du Gondwana de l'Inde* et implique par suite un climat froid et humide à cette latitude. Il est à remarquer, à ce propos, que1 l’existence de glaciers carbonifères, autrefois niée, est aujourd’hui très généralement admise, pour l’Afrique du Sud et l’Australie, bien que récemment on ait voulu expliquer les galets striés par des compressions, des actions mécaniques ultérieures. En Australie du Sud, il existe aussi des conglomérats, glaciaires. cambriens.. Dans l’Inde on trouve, non seulement dans le cambrien (2), mais. dans le précambrien. (1 ),. des conglomérats à énormes blocs de toutes tailles qui prouvent tout .au moins la destruction d’une haute saillie montagneuse,) mais où l’on a souvent voulu voir aussi des indices glaciaires, quoique ce ne soit pas l’opinion prépondérante parmi les géologues hindous. Dans le Canada
- on a trouvé des moraines à galets striés du précambrien, etc.
- Nous donnons.une carte des mers à celté époque (fig. 1)7(In y voit, autour de file du Tibet, les deux liras d’une mer intérieure, d’une méditerranée qu’on appelle la Tétbys et qui est une des dépressions (des géosynclinaux) les plus anciennes, les plus persistantes du globe. Dans ces eaux siniennes se sont déposées des vases calcaires, passant dans la partie haute à de grandes masses de dolomie, dont nos figures 4 et 5 montrent l’aspect pittoresque (Ordovicien, 5). Après quoi, la Chine septentrionale est
- sortie des eaux et le continent du nord a gagné jusqu’aux monts Richtho-fen et au Yank-tsé-Kiang (paléozoïque moyen, 8). Pendant cette phase (4 à 12) il ne parait pas y avoir eu, dans Cette région, de plissements, de saillies orogéniques, mais simplement déplacement vertical de compartiments soulevés ou abaissés les uns par rapport aux autres, comme cela s’est reproduit sur une si grande échelle dans les temps tertiaires. Non seulement les sédiments marins antérieurs au carbonifère (15) manquent, mais on ne peut même admettre qu’ils aient été d’abord déposés, puis emportés car, nulle part, on ne voit la place où se seraient logées les masses de sédiments détritiques qui auraient dû en résulter. Le carbonifère supérieur (45) arrive donc directement sur le sinien (2, 5) et le contact des deux terrains se fait, en bien des points, par une formation tout à fait curieuse, absolument caractéristique des altérations à l’air les plus récentes. On voit le haut du calcaire sinien profondément fissuré, caverneux, et renfermant des poches d’argile rouge avec de véritables minerais de fer : cela sous un carbonifère supérieur concordant.
- Ce carbonifère supérieur (15) (voir fig. 6) présente deux, zones tout à fait distinctes : l’une au nord à dépôts continentaux, lacustres ou tluviatiles, caractérisée par l’accumulation des végétaux terrestres, qui a produit d’importantes mines de houille ; l’autre au sud, marine avec une immense formation calcaire qui se prolonge en Birmanie, dans la péninsule malaise, dans l’Himalaya, etc. A cette époque (45) des différences marquées s’introduisent, soit
- Fig. 6. — Gorges de Ta-ning-ho, dans le calcaire carbonifère de Vou-chan (S'é-lchouan). (D’après M. Bailey Willis.)
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- dans le climat, soit dans la faune, entre des provinces qui se trouvent différenciées par ces conditions 'orographiques. Dès lors, l’Asie est presque entièrement devenue un continent, tout au moins jusqu’au 55° parallèle. Puis les saillies carbonifères, produites d’abord sans plissement, ensuite fortement plissées, ont commencé à être détruites pendant le permien, le trias et l’infrajurassique (14 à 24). Entre le sté-phanien (houiller supérieur, 15) et le lias (21), ils’est dressé momentanément de grandes montagnes sur l’emplacement du Tien-ehan, du lvouen-lun, du Tsing-ling-chan, venant fermer la Téthys du Nord. Au début du crétacé (52), ces montagnes avaient complètement disparu. C’est avec l’éocène qu’ont commencé à se dessiner faiblement les mouvements destinés, en s’accentuant, à produire le plissement, puis la surrectiondel’Hi-malaya. Pendant l’oligocène et le miocène (47 à 52),la Téthys du sud est fermée à son tour et les hautes chaînes asiatiques surgissent peu à peu, donnant lieu au fur et à mesure à d’énormes érosions. Mais on voit bientôt, à mesure que l’on approche de la période actuelle, se transformer l’allure de ces mouvements, qui prennent décidément l’allure de failles, de déplacements verticaux relatifs, par suite desquels ce qui était aupara-
- vant une pénéplaine a fini par acquérir des dénivellations relatives de GOGO mètres. Ces mouvements, qui se sont continués pendant le pléistocène et sont donc en partie contemporains de l’homme, ont laissé horizontales les couches pliocènes et pléistocènes de l’Asie septentrionale ou centrale. Des mouvements à peu près simultanés, que l’on a essayé d’interpréter en les assimilant à l’introduction d’un coin en
- profondeur, ont déterminé l’énorme exhaussemen t vertical de Pile si anciennement marquée du Tibet, ou celui (préparé par des plissements) de l’Hi-malaya. Enfin, dans les périodes tout à fait récentes, et qui se poursuivent parfois encore, il s’est accumulé en Chine une énorme formation argileuse atteignant 400 m. d’épaisseur, dont on peu I rattacher l’origine, malgré toutes sortes d’autres explications, glaciers, vent, etc., l’intensité de l’érosion, du ruissellement sur un continent émergé à si hautes saillies. C’est ce qu’on appelle le lœss ou la terre jaune : formation de fine argile homogène et non stratifiée, qui a été à son tour attaquée, comme les terrains plus anciens, par l’érosion actuelle de la Chine, arrivée à un degré si extraordinaire en raison de l’universel déboisement. C’est le phénomène dont notre figure 7 montre un curieux exemple. L. De Launay.
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- Fig. 7. — Formes d'érosion dans le bassin de lœss du Huang-V-u-chai (Shansi) montrant un tunnel naturel creusé par les eaux et, dans le fond, des collines calcaires.
- LA FLORE DES PRAIRIES ET LES ENGRAIS
- On attribue généralement l’influence fertilisante des engrais à l’apport d’éléments « utiles à la plante et qui manquent au sol », selon les termes de la définition classique de Dehérain. D’autre part, depuis les récents travaux des savants américains qui rajeunirent les vieilles théories de Candolle, de nombreux agronomes accordent
- un rôle prépondérant à la destruction par les engrais des toxines et des excrétas laissés dans le sol par les plantes cultivées auparavant. Les deux facteurs influent probablement à la fois sur le résultat obtenu, mais il en est un troisième susceptible de contribuer beaucoup aussi à l’augmentation de fertilité du sol : la toxicité de certains
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- engrais pour certaines variétés de végétaux. Lawes et Gilbert, Schlœsing, Müntz mentionnent bien, dans leurs ouvrages classiques, rinlïuence néfaste des engrais potassiques, par exemple, sur plusieurs espèces de plantes des prairies naturelles; — c’est en effet dans ce cas que l’on peut mieux juger de l’action des engrais sur lallore puisqu’il existe, dans cette culture, un grand nombre de variétés différentes ; — mais peut-être n’attachait-on pas assez d’importance à ce fait.
- Les résultats obtenus récemment dans plusieurs champs d’expériences ont non seulement confirmé ces observations, mais mis très nettement en lumière l’action destruc-
- correspondant, aux cours actuels de l’engrais et du foin, à un bénéfice net de 21 francs à l’hectare.
- Comme on peut le constater (fig. 1) les rhinanthes, renoncules, colchiques sont détruites par la potasse, tandis que les graminées (vulpin, fromental, brize) et les légumineuses (trèfle, lotier, jninette) pour lesquelles Georges Ville avait depuis longtemps montré le rôle important joué par les engrajs potassiques, se développent beaucoup mieux.
- M. Belle, professeur d’agriculture des Alpes-Maritimes, a pu chiffrer cette modification de la flore des prairies naturelles et trouva dans les parcelles différemment fu-
- Fig. i. — Plantes disparues sous l’influence de la potasse : (a) Ombellifère, (b) Renoncule, (c) Grande oseille, (d) Rhinanlhe, (e) Senecio Jacobea, (f) Lencanlhenum Vulgare, (g) Colchique. — Plantes composant la récolte du pré fumé aux engrais potassiques : (i) Brachypodium, (2) Flêole, (3) Fromental, (4) Vulpin des près, (5) Lotier corniculé, (6) Centaurée Jacée, (7) Trèfle des prés,
- (8) Brise amourette, (9) Gesse, (10) Minette.
- tive de la potasse sur certains végétaux. Et, comme les variétés disparues ne donnaient qu’un fourrage médiocre la récolte est de meilleure qualité; on voit que l’intérêt scientifique de la question se double d’une importance pratique.
- M. Buffault, cultivateur à Perrigny (Yonne) ayant entrepris, en 1908, une série d’expériences sur des prairies naturelles dans des terres fertiles du lias, constata que l’apport d’engrais produisait « une prédominance très accentuée de légumineuses, le développement ayant lieu aux dépens des nombreuses variétés qui végètent spontanément dans les prairies non fumées ». Un simple apport de 250 kilogrammes à l’hectare de sulfate de potasse produisit pour la première coupe seule., une récolte de 6600 kilogrammes, au lieu de 5300 kilogrammes dans la parcelle témoin, soit un excédent de 1300 kilogrammes
- mées d’une même prairie les quantités ci-après des différentes plantes :
- VARIÉTÉS DE PLANTES RÉCOLTÉES Dans la terre sans engrais. Avec fumier. Superphosphate et chlorure de potassium.
- Légumineuses 20 p. 100 20 p. 100 60 p. 100
- Graminées 25 — 18 — 15 —
- Renonculacées (dangereuses
- pour le bétail) 8 — 10 — 1 —
- Plantes diverses sans valeur
- fourragère 47 — ' 52 — 24 —
- Ainsi l’addition d’engrais triple la richesse en légumineuses et fait presque disparaître les herbes dangereuses. On remarque, en outre, que si le fumier donne uneaug-
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- UNE MERVEILLE DE PRÉCISION
- mentation de récolte il influe défavorablement sur la qualité, car il stimule surtout la végétation des mauvaises herbes.
- Ce, développement frappant comme permet d’en juger la figure 2 représentant la récolte obtenue en 1907 par M. Blanc à Mon-trevcl (Ain) dans un sol argilo-sili-cieux très pauvre en calcaire. Tandis que la parcelle témoin ne donnait à l’hectare que 4120 kilogrammes de foin sec, la parcelle ayant reçu 1000 kilogrammes de scories de déphosphoration et 1000 kilogrammes de kaïnite fournit une récolte de 9570 kilogrammes, d’où un bénéfice brut de G19 francs à l’hectare, soit 5G0 francs, engrais déduits. Celte différence provient de ce que le foin récolté sur la parcelle fumée est très riche en légumineuses (B lig. 2) tandis que l’autre en contient fort peu (A).
- On ne peut attribuer ces résultats à la seule augmentation de vigueur provenant de la suralimentation des lé-
- gumineuses, puisque le fumier produit une action contraire à celle des (Migrais potassiques. 11 y a là une action de toxicité relative en tous points comparable à celles dont nous avons déjà entretenu les lecteurs de La Nature
- (28 mars 1908) : la potasse favorable aux légumineuses est nettement nuisible aux renonculacécs et autres plantes nuisibles, comme le sulfate de fer en solution pulvérisée sur les c h a m p s d’avoine détruit les ravenelles en laissant la céréale inaltérée. Le fait est de la plus haute importance pratique, il permet de prévoir la possibilité de remplacer les binages par un simple épandage d’engrais toxiques pour les mauvaises herbes. Non seulement il résulterait ainsi une économie, mais la méthode aurait le grand avantage de pouvoir en principe s’appliquer à toutes les plantes; ce serait la disparition des cultures dites « salissantes » parce que l’on ne dispose d’aucun moyen pour empêcher la venue des végétaux inutiles ou nuisibles. Henki Roussel.
- des légumineuses est absolument
- Fig. 2. — Foin obtenu sur le même sol avec les mêmes piaules : (A) sans engrais, (B) avec apport d'engrais.
- UNE MERVEILLE DE PRÉCISION : LES CALIBRES DE JOHANSSON
- La Nature a déjà signalé brièvement les remarquables jeux de calibre à combinaison établis par M. Johansson, inspecteur de la fabrique royale d’armes de Suède.
- Leur extraordinaire précision, obtenue par des procédés dont l’inventeur, bien entendu, garde jalousement le secret, les curieux phénomènes d’a- j dhérence qui en j résultent et rendent si aisé l’emploi de ces petits j bijoux mécani- j ques, nous enga- 1 gent à revenir, I avec quelque détail, sur la description un peu
- sommaire qui en a été donnée. Le jeu de calibres que reproduit notre figure 1, permet de réaliser,
- par voies de combinaisons, les étalons de toutes les longueurs, procédant par centièmes de millimètres, comprises entre 1 et 200 millimètres.
- Chaque calibre, on le voit, a la forme d’un parallélépipède dont l’épaisseur fournit la mesure qu’il représente et qui est gravée sur l’une de ses faces.
- Les deux faces utiles sont rigoureusement planes et parallèles; et
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- Fig. i. — Un jeu de calibres au i/ioo de millimètre.
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- UNE MERVEILLE DE PRECISION
- = 29
- le voit,' de parler de merveille de
- ces qualités sont obtenues d’une façon si parlai le que l’erreur tolérée ne dépasse pas 1/100000. Nous avions raison, on
- Les calibres adhèrent les uns aux autres par un simple contact.
- précision : jamais, à notre connaissance, une précision de cet ordre n’avait été réalisée, tout au moins dans des instruments destinés comme ceux-ci à l’usage industriel. 11 serait intéressant de savoir par quel tour de main, grâce à quelles minutieuses et savantes précautions, cette perfection a pu être atteinte. Malheureusement, sur ce point, l’inventeur garde un silence impénétrable, et il faut nous contenter d’admirer le résultat obtenu.
- Les calibres se combinent en se superposant : on réalise ainsi par simple adjonction toutes les longueurs comprises entre 1 et 200 millimètres : car on peut constater, ainsi que le montre notre ligure 2, que les calibres adhèrent vigoureusement les uns aux autres par contact. 11 suffit d’avoir essuyé soigneusement les deux faces (pie l’on veut joindre, pour voir se manifester cette adhérence réellement surprenante.
- Quelle explication donner à ce singulier phénomène? M. Carpentier qui présentait récemment les calibres Johannson à l’Académie des Sciences,. dit à ce sujet :
- « Cette adhérence tient à ce que la planité des faces est d’une rigueur presque théorique.
- « Des phénomènes d’adhérence analogues ont déjà été observés depuis longtemps. On leur a attribué pour cause l’influence de la pression atmosphérique.
- Mais les observations faites sur les calibres Johansson obligent maintenant à chercher une autre explication. On a fait de nombreuses expériences sur
- ce point et l’une d’elles a donné le résultat suivant : deux pièces ayant été amenées au contact sur des
- faces mesurant 5cmhl7,ona,au moyen de poids, exercé un efiort normal de séparation de 57 ko,
- Les calibres pied à couli
- ce qui correspondait à 11 atmosphères. Cette traction a été maintenue pendant 40 minutes sans que les pièces se soient détachées l’une de l’autre. Bien plus, le crochet qui soutenait l’ensemble s’étant ouvert, le bloc complexe est tombé à terre et le choc n’en a pas produit la dislocation. Faut-il voir là une manifestation de la cohésion même, c’est-à-dire de l’attraction qui relient les molécules matérielles les unes contre les autres? La question est bien faite pour appeler l’investigation des physiciens. »
- 11 suffit d’établir, entre les deux surfaces, une distance de 1 micron, c’est-à-dire de 1/1000 de millimètre pour que l’adhérence n’ait pas lieu. C’est là une remarquable garantie pour la précision des mesures effectuées avec les calibres Johansson.
- Les calibres sont fabriqués en acier au carbone,
- et ils subissent, dans
- mplaçant ut de précision
- Fig. 4.
- Un traçage au moyen des calibres Johannson.
- leur usinage, un traitement tel que leur stabilité moléculaire est complète. On n’observe à la longue, sur leurs dimensions, aucune déformation appréciable.
- Les calibres sont établis avec une précision progressive ; c’est-à-dire que, pour chacun d’eux, la tolérance admise est proportionnelle à son épaisseur : grâce à cette condition, les piles de calibres, si nombreux soient-ils, sont toujours comparables au calibre unique d’épaisseur équivalente.
- Le jeu de calibres au 1/100 de millimètre que représente notre figure répond aux besoins de la
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- mécanique de grande précision. Mais certaines recherches scientifiques demandent plus de précision encore. Johansson a établi une série de calibres procédant par microns, ou millièmes de millimètres. Le calibre de 1,005 mm du jeu ordinaire est remplacé par neuf autres allant de 1,001 à 1,000 mm. Enfin, à l’Exposition de Physique, M. Johansson exposait une série, plus extraordinaire, presque invraisemblable, de calibres à un dixième de micron, et il compte faire mieux encore.
- Pour permettre l’application de ses calibres aux opérations courantes de l’industrie, M. Johansson a imaginé divers montages qui permettent de les employer à la manière des pieds à bec, des tampons, habituellement en usage.
- Notre figure 3 montre une manière particulièrement simple et élégante de les utiliser ; il suffit de les glisser entre deux becs, dont l’épaisseur, ménagée avec la même précision, est de 8 mm ; et, par la simple adhérence de contact, on dispose d’un pied d’une manipulation plus aisée et d’une précision incomparablement plus élevée que les pieds à coulisse employés dans les ateliers.
- Notre figure 4 dorme un exemple de traçage. 11 s’agit de tracer deux lignes distantes de 20 millimètres, la pièce étant placée verticalement sur un marbre, on trace la première ligne; puis, le trusquin restant en place, on surélève la pièce en la plaçant sur deux jeux de calibres réalisant chacun 20 milli-
- R. VlLLEUS.
- mètres.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du icr juin 1909. —
- Décès. — 1/Académie reçoit la nouvelle de la mort de M. Engelinann, correspondant de la section de Médecine et de Chirurgie, professeur à l’Université de Berlin.
- La perméabilité du sol el les canaux d'irrigation. — MM. Müntz et Faure présentent à l’Académie les résultats des recherches qu’ils ont effectuées à la demande de la direction de l’Hydraulique agricole du ministère de l’Agriculture, sur la relation qui existe entre les propriétés physiques des sols et leur aptitude à utiliser l’eau. O11 sait quelle richesse apporte dans une région la création d’un canal d’arrosage. Cependant, dans certains cas, particulièrement dans le sud-ouest et le sud-est de la France, les grands sacrifices faits, l’établissement de canaux, n’ont pas été rémunérés par un accroissement de fertilité. A la suite d’une longue série de recherches opérées sur le terrain, MM. Müntz et Faure ont constaté que la perméabilité des sols, dont on 11e tenait guère compte jusqu’ici, était le facteur essentiel de l’aptitude des terres à être irriguées. Ils ont imaginé une méthode pour déterminer cette perméabilité et ont établi une échelle de classement des terres à ce point de vue. Ils ont ainsi constaté que des terres regardées comme semblables, et qu’on était habitué à soumettre à des arrosages analogues, présentaient entre elles des variations énormes, certaines étant jusqu’à 1500 fois plus perméables que d’autres. Quand la perméabilité est trop faible, l’eau reste à la surface, détruit les plantes de culture et fait apparaître les mauvaises espèces des marais; quand elle est trop forte, l’eau se perd dans le sous-sol avant d’arriver à arroser en surface. Ce n’est qu’avec des perméabilités moyennes qu’on obtient sûrement la prospérité agricole qui compense les dépenses considérables de construction d’un canal. MM. Müntz et Faure concluent que, pour éviter des mécomptes à l’avenir, on doit s’abstenir de donner suite aux projets quand la perméabilité est trop faible ou trop forte. Guidé par leurs études on peut donc réserver à des régions ayant des terrains de perméabilité moyenne le grand effort et la grande dépense que nécessite la création d’un canal d’arrosage.
- Les chutes d'eau de la région des Alpes. - Depuis quelques années, l’utilisation des chutes d’eau pour la production de l’énergie électrique a pris, dans la région des Alpes, une importance exceptionnelle, qui ne cesse de croître. C’est aux rivières du même massif qu’est em-
- Présidence de M. Bouchard.
- pruntée l’eau d’irrigation si nécessaire dans le Bas-Dauphiné, le Comtat et la Provence. La direction de l’Hydraulique et des Améliorations agricoles au ministère de l’Agriculture, qui a la gestion de toutes les eaux qui ne font pas partie du domaine public, a jugé indispensable de faire procéder à un recensement des ressources hydrauliques dans les Alpes ; elle a conlié ce travail à MM. Ta-vernier et de la Brosse, ingénieurs en chef des Ponts et Chaussées. M. Michel Lévy présente trois volumes récemment publiés par celte administration renfermant les résultats déjà obtenus; ils donnent la répartition, par zone d’altitude, des principaux bassins de la région et les valeurs des débits déduites de jaugeages effectués sur un grand nombre de torrents. Ces opérations ont eu ce résultat très important, au point de vue industriel et agricole, de démontrer que plusieurs des principales rivières des Alpes ont actuellement des débits notablement inférieurs à ceux que l’on attribue sur la foi d’anciennes mesures. M. Michel Lévy termine sa communication en appelant l’attention de l’Académie sur l’intérêt tout à la fois scientifique et pratique de l’œuvre accomplie dans les . Alpes par la direction de l’Hydraulique et des Améliorations agricoles.
- Géologie de Vile d'Elbe. — M. Termier indique les résultats d’une exploration géologique de l’île d’Elbe, qu’il a entreprise dans le but de rechercher si les phénomènes d’écrasement du granit, qu’il a découverts en Corse l’année dernière, se reproduisent dans ce pays. Il a pu vérifier le fait et appelle l’attention sur l’intensité de l’écrasement dans la partie orientale de l’île.
- Géologie de la Corse. — M. Termier présente une Note de M. Maury sur les nappes de la Corse. L’auteur a observé que, dans la partie orientale de la Corse, le système des nappes est plus complexe. 11 y a trouvé deux nappes superposées constituées chacune à la hase par du granit écrasé et au-dessus par une série de sédiments.
- Plante parasite de la vigne. — M. Guignard analyse une Note de M. Col relative à une plante qui, depuis deux ans, produit de grands ravages; dans les vignobles les plus riches de la Loire-Inférieure. Cette plante est la clandestine. Elle est caractérisée par une tige couverte d’écailles bleuâtres entièrement cachée dans le sol. Seules les ffeurs viennent s’épanouir à la surface du sol. Grâce à des suçoirs en forme de coins la tige se fixe en parasite sur les racines de la vigne. La clandestine est très diffi-
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- cile à détruire parce que sa dispersion s’opère tout naturellement lorsque l’on remue la terre des vignes. Un cas de parasitisme de la vigne par une espèce voisine de la
- clandestine a déjà été signalé par M. Viala, il y a lü ans ; mais c’est la première fois que l’on voit la clandestine se lixcr sur la vigne.
- Séance du 7 juin 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- Phénomènes atmosphériques en connexité.— M. Des-landres présente une Note de M. llildebrandsonn relative à la compensation qui s’établit entre les types de saisons de certaines régions de la terre. L’auteur s’appuie sur la notion des centres d’action de l’atmospbère dont M. Teis-serene de Bort a montré le premier, il y a 20 ans, l’importance en météorologie ; il recherche quelles sont les' modifications qui se produisent en divers points lorsque plusieurs de ces centres d’action 11e sont pas restés à leur position normale. De plus, il prend en considération les déplacements des courants marins, particulièrement dans les hautes latitudes. 11 montre en plus : d’abord qu’il y a opposition entre les variations barométriques en divers centres, par exemple entre les Açores et l’Islande ; puis il montre que les températures d’été au Cap nord sont en opposition avec celles du printemps suivant, en Islande, à cause des icebergs qui se détachent en plus grand nombre quand il l'ait chaud en été et qui arrivent lentement dans les parages de l’Islande le printemps suivant en déterminant un abaissement de température sensible. D’autres relations de ce genre, dont plusieurs sont expliquées, existent. Les observations les montrent clairement. Ainsi la pluie à Java présente des variations presque identiques aux variations du baromètre à Bombay quelques mois plus
- tard. 11 est aisé de conclure que, par des constatations de phénomènes de cette nature, on peut espérer pouvoir formuler des prévisions météorologiques à longue échéance.
- L’ablation de la glande thyroïdienne. — M. Daslre communique un travail de M. Frouin indiquant le moyen de suppléer à l’action de la glande thyroïdienne. Les animaux qui ont subi cette ablation meurent au bout de 2 à 5 jours d’accidents à forme tétanique. Ces accidents peuvent être écartés et la survie être obtenue en mélangeant à la nourriture des animaux opérés du chlorure de calcium et du chlorure de magnésium.
- Traitement des nævi. — L’exposition prolongée aux radiations des sels de radium est nécessaire pour obtenir la disparition des nævi. On peut abréger le traitement en pratiquant d’abord l’électrolyse du nævus par aiguilles multiples avant l’application du radium qui peut être effectuée au moyen d’une couche de vernis au. radium. On obtient ainsi en trois ou quatre jours une escarre. La durée du traitement est réduite de moitié. On a ouvert les pores de la peau et permis la pénétration plus complète des rayons a, p, y, et surtout des rayons a. Ce procédé opératoire est dù à M. le Dr Foveau de Cour-melles. Ch. de Yilledeuil.
- LIGNES ÉLECTRIQUES A 100 000 VOLTS
- La Nature a déjà signalé, dans ses Informations, la construction, actuellement en cours aux Etats-Unis,
- Power et C°, le record de la tension appartient à la Muskegon Power et C°, la transmission elïéctuée
- d’une ligne de transmission d’énergie électrique, empruntant sa force aux chutes du Niagara et la transmettant à 480 kilomètres de distance. Cette ligne, construite par l’Ontario Power et C°, détient le record de la distance et celui de la tension.
- En eiï'et, la tension adoptée atteindra le chiffre formidable de 100000 volts. Si l’on songe qu’il y a 18 ans à peine, une tension de 5000 volts paraissait atteindre la limite du possible, que nul n’osait songer sans effroi aux accidents possibles, aux détentes éventuelles du fluide électrique, si l’on se souvient qu’il v a un an, l’Énergie électrique du Littoral Méditerranéen mettait en service à la Brillane une usine à 50000 volts qui parut en France une innovation un peu téméraire, on se rendra compte à la fois des
- Fig. i. — Pylône el isolateurs suspendus supportant une ligne électrique à iooooo volts.
- d’abord à 60000 volts a été élevée à 72 000, et vraisemblablement le succès de cet essai a encouragé les ingénieurs à tenter mieux encore. Ajoutons que, comme importance, la Muskegon Power et C° n’approche pas, et de loin, de la Cie de l’Ontario; la première ne transporte, en effet, (.pie 9000 kilowatts; la seconde doit en distribuer 50 000.
- Quel est le motif qui pousse les électriciens à cette course vers des tensions, qui font des fils électriques de véritables foudres prêtes à éclater? Ce n’est pas uniquement le vain souci d’accomplir de merveilleux tours de force. Plus la tension est élevée, plus on peut réduire, pour transporter une même quantité d’énergie, le diamètre et par suite le poids des conducteurs :
- progrès accomplis et de l’audace des ingénieurs américains.
- Jusqu’à la mise en service des lignes de l’Ontario
- le coût d’établissement d’une ligne sera donc d’autant plus économique que. la tension adoptée sera plus élevée.
- Pour utiliser les torrents d’énergie du Niagara, par exemple, il fallait trouver au courant électrique
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- LIGNES ÉLECTRIQUES A 100000 VOLTS
- des débouchés qu'offrent seules de grandes villes fort éloignées des rapides. D’autre part, il fallait pouvoir amener le courant dans ces puissantes agglomérations à un prix assez bas pour concurrencer utilement la force
- motrice fournie par les moteurs thermiques locaux. Aussi le développement de l’énergie électrique aux État-Unis se trouvait-il lié intimement au problème de transmissions économiques, c’est-à-dire à très haute tension.
- Fig. 2. — Coupe d'un isolateur de ligne à haute tension ancien modèle : AD, porcelaine; B, mastic de lilharge ,el de glycérine;
- C, capsule en laiton filetée.
- On imagine ai-
- sément toutes les difficultés rencontrées en cours de réalisation par
- les ingénieurs américains. Comment supporter ces lignes à haut voilage, assurer en toute circonstance leur parlait isolement et éviter tout risque d’accident. Ce sont là autant de problèmes, délicats et nouveaux, qu’il a fallu résoudre. Le métal adopté comme conducteur est l’aluminium. Nous avons déjà expliqué les raisons qui le font actuellement préférer au cuivre. La ligne est supportée par des pylônes, disons mieux par de véritables tours en acier galvanisé, de 12 à 18 m de haut, espacées d’environ 150 mètres, et solidement ancrées en terre. Les barres d’acier qui constituent les pylônes sont enrobées dans du ciment pour éviter les corrosions; cependant on laisse à nu, une longueur d’environ 0 m. 25 au voisinage du sol, afin d’assurer aux pylônes une mise à la terre électriquement parfaite.
- Le câble repose sur ces pylônes par des isolateurs spéciaux. Tout le monde sait ce qu’est un isolateur; les lignes télégraphiques nous en offrent à chaque endroit des exemples, sous la forme de cloches en verre ou en porcelaine emmanchées
- entre ces deux conducteurs à potentiel différent.
- Mais avec les tensions énormes en usage, il eût fallu des cloches de trop grandes dimensions, difficiles à construire et dont la résistance mécanique se lût trouvée par là même très affaiblie. On s’est trouvé conduit à employer des cloches superposées et réunies entre elles par un ciment spécial (lig. 2). Le câble repose dans une rainure ménagée à la partie supérieure de l’isolateur. Or les câbles exercent sur leurs supports des réactions très fortes, l’isolateur se trouve donc soumis à de violents efforts, et notamment dans la disposition que nous venons d’indiquer, il est impossible de superposer un trop grand nombre de cloches, sous peine d’en voir tout l’édilice se rompre, à la moindre traction supplémentaire résultant d’un coup de vent ou d’une chute de neige.
- L’impossibilité d’augmenter les dimensions des isolateurs, ou d’en superposer plus de 2 ou 5, a limité jusqu’ici l’accroissement des tensions sur les lignes.
- comment les ingénieurs
- Fig. 3. — Coupe d'un isolateur suspendu, nouveau-modèle.
- sur une tige fixée elle-même au
- poteau. Ce type d’isolateurs a été fort longtemps en usage sur les lignes de transmission d’énergie, il suffisait d’augmenter les dimensions de l’isolateur pour opposer une résistance plus grande au courant qui tend à se former entre le câble et le métal du support, et pour empêcher l’étincelle conductive d’éclater
- Fig. 4. — U11 isolateur à 100000 volts, composé de plusieurs cloches suspendues en série avec câble à la base.
- américains tournent la difficulté sur leurs lignes de Muskegon et de l’Ontario. Au lieu d’enrouler le câble autour de l’isolateur en porcelaine, ils le suspendent au-dessous de cet isolateur : l’ensemble acquiert ainsi une flexibilité qui permet de ne plus craindre les efforts anormaux du câble. Ceux-ci n’ont alors pour résultat que de donner au système de légères oscillations. Le bris des supports n’est plus à redouter, on peut superposer presque autant de cloches qu’on le désire, et en même temps donner à celles-ci une forme mieux appropriée qu’autrefois au rôle électrique qu’elles ont à remplir.
- Notre figure 4 montre cette curieuse disposition des câbles, encore inconnue en France; mais nous la verrons certainement réalisée, si un jour le transport électrique des forces du Rhône à Paris entre en voie d’exécution. Ce projet gigantesque vise à transporter sur plus de 400 kilomètres une puissance de près de 100 000 chevaux en courant électrique alternatif à la tension de 120 000 volts. A. Troller.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N° 1882.
- 19 JUIN 1909.
- LE DIABOLO DANS L’ANTIQUITÉ
- Tout le monde connaît le jeu du diabolo, qui a fait fureur dans les jardins et sur les plages depuis deux ans. Tout le monde sait aussi qu’on s’accorde en général à attribuer à ce jeu une origine chinoise : le diabolo serait simplement le séculaire diable des Chinois, acclimaté chez nous par l’intermédiaire des missionnaires.
- Historiquement, il est très possible que cette théorie soit exacte et il se peut fort bien, en effet, que notre diabolo actuel vienne de Chine. Toutefois, il est particulièrement intéressant de constater que l’Europe a connu le diabolo bien avant qu’elle eût noué des rapports avecl’Extrême-Orient, dès l’antiquité classique elle-même. Lin simple regard jeté sur les figures ci-jointes ne lait-il pas reconnaître, en effet, le diabolo dans le vieux monde grec, où il était connu sous le nom de rhombosl
- Le rapprochement que nous faisons ainsi n’est à vrai dire pas nouveau. Déjà Charles Nodier, aussi érudit archéologue que bon écrivain, parlant du rhombos dans un de ses contes (Smarra ou Les démons de la Nuil), exprime l’opinion que le rhombos équivalait au diable, très à la mode en 1840 : « Inquiète de voir ses conjurations suspendues par quelque obstacle imprévu, Meroé
- avait tué son maître, et, sur la tresse llexible, elle lit voler le rhombus d’ébène, aux globes vides et sonores, qui bruit et hurla dans l’air, et revint en roulant avec un grondement sourd, et roula encore en grondant et puis se ralentit et tomba. »
- Il y a, d’ailleurs, dans ce rapprochement de Nodier, un mélange de clairvoyance scientifique et d’imagination errante. Si le conteur français avait connu tous les textes qui peuvent être compulsés au sujet du rhomhos, il n’eût pas armé sa magicienne des deux baguettes empruntées au diable moderne. Comme le montre la figure 1, les Grecs utilisaient, en effet, les rhombos au moyen des doigts seuls.
- Au surplus, le diable chinois est manœuvré également avec les mains seules, sans secours de baguettes. L’instrument, composé de deux cylindres de bambou percés d’orifices sonores et réunis par une traverse, tourne dans la boucle de la corde roulée une fois autour de la traverse.
- Mais le rhombos grec avait avec notre diabolo une similitude de figure bien plus exacte que le Kouen-Gen chinois. C’était essentiellement une bobine bico-nique, ainsi que le démontrent à la fois les spécimens ou les gravures que nous publions, et que l’affirme une épigramme dédicatoire de Léonidas (VI. 509) relatant l’offrande faite à Mercure par le
- Fig. i. — Le diabolo en Grèce : magicienne employant le rhombos pour une incantation. (D’après un vase peint.)
- Fig. 2. — Un rhombos en or de la collection Campana (Louvre) : profil et bouts.
- bondit de rage, s’éloigna, revint armée de deux longues baguettes d’ivoire, liées à leur extrémité par un lacet composé de treize crins, détachés du cou d’une superbe cavale blanche par le voleur même qui
- 37e année. — 2e semestre.
- jeune Philoclès, des jouets de son enfance : « Philo-« clés te consacre, ô Hermès, sa balle rebondisr « santé, sa retentissante crécelle de buis, ses osse-« lets qu’il aimait tant, et son rhombe hélicoïdal,
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- 34 ...:...-.— LA DISSÉMINATION DE LA RADIOACTIVITÉ
- « amusement de sa jeunesse. » L’épithète grecque du rhombos dans l’épigramme est éXixtov, adjectif qu’emploie Homère pour définir la double courbure des cornes bovines qui figurent, en effet, la spire d’une hélice (éXixir)). Si notre diabolo actuel est plus réellement rhomboïdal ou conoïde,le diable de 1800 était en fait un solide dont l’hélice était génératrice.
- Il importe, bien entendu, de noter que le rhombos grec n’avait rien du jouet sportif qu’est noire diabolo. C’était essentiellement un instrument de magie, manié surtout par les Thessaliennes, célèbres dans les arts divinatoires. Même il conserve ce caractère en passant du monde grec au monde latin, où il resta un moyen pour l’enchanteresse de concentrer
- sa volonté et de la diriger à sa guise. Ovide écrit par exemple (Am., I, 8. 7) : « 11 est quelque part une vieille femme nommée Dipsa, qui connaît les pires enchantements. Elle sait ce que les herbes peuvent opérer de maléfices, et le lin, mû par le rhombe tournant.... »
- Nos lecteurs pourront d’ailleurs voir au Louvre deux diabolo-rhombes, en or, dans la collection Campana : c’est l’un d’eux que reproduit notre figure 2. D’autre part, la figure 1, empruntée à la collection des vases peints d’Hamilton, montre une magicienne à l’œuvre et fait voir la différence de maniement du rhombus grec avec le diabolo.
- E. Feiiua.!!.
- LA DISSÉMINATION DE LA RADIOACTIVITÉ
- Qu’est-ce qu’une substance radioactive ? C’est une substance dont émanent spontanément, pendant un temps très long, des radiations assimilables aux rayons cathodiques, aux rayons X, aux rayons canaux, etc.1, des dégagements permanents d’électrons négatifs et d’ions positifs, susceptibles notamment de provoquer la fluorescence sur un écran de platino-cyanure de baryum ou de sulfure de zinc, d’impressionner une plaque photographique à travers un papier noir et de décharger un électroscope (d’où la possibilité de mesures). Le corps nouveau que l’on désigne sous le nom de radium est le type des substances radioactives, et l’on sait assez que ce corps chimique est rare, puisqu’on a, jusqu’ici, extrait en tout une douzaine de grammes de son bromure qui valent encore à peu près 100 000 francs le gramme. On sait aussi qu’il dégage sans cesse une quantité de chaleur (la même à toute température) qui, par gramme et par heure, représente 110 calories-grammes. Mais on ne doit pas oublier que le radium est très loin d’être la seule substance radioactive. On a trouvé, avant ou après lui, une série d’autres métaux également très radioactifs, comme l’uranium, le thorium, ou ces nouveaux corps à individualité discutable, l’actinium, le polonium, l’ionium, etc., comme aussi les diverses formes d’« émanations » produites par le radium, etc. 11 faut surtout se rappeler que la radioactivité est une simple propriété physique pouvant sans doute apparaître sur une série de corps non radioactifs dans des circonstances étudiées par le Dr Lebon, pouvant aussi se communiquer par induction et transmise notamment par le dégagement à l’air libre de l’émanation de radium : propriété dont on reconnaît de plus en plus la très grande généralité.
- Indépendamment même de toute affirmation sur le phénomène ultra-physique que le Dr Lebon a appelé la dématérialisation de la matière et dont il a exposé les principes avec une chaleur de conviction, avec une profondeur de pensée très séduisantes, c’est un simple fait d’expérimentation que la dissémination, reconnue de plus en plus générale, de la radioactivité dans l’air, dans le sol, dans toutes les eaux et c’est sur ce lait d’un grand intérêt pratique, aussi bien que théorique, que nous voudrions ici insister, pour en préciser les caractères et aller au-devant d’interprétalions erronées. Dans tous les cas où l’on a reconnu ainsi la radioactivité, on a commencé par l’attribuer uniquement à l’émanation du radium; plus
- 1 Voy. les articles antérieurs; N°” 1852 : La matière et l’éther ; 1858 : Les ions et les électrons ; 1866 : Les radiations.
- tard, on a adjoint comme cause, ainsi que nous le verrons, l’émanation du thorium, etc. Il semble bien que ces causes particulières soient insuffisantes1 ; or, si l’on veut notamment, .comme nous le ferons plus lard, tirer de ces idées nouvelles toutes les conséquences qu’elles suggèrent sur l’histoire de la terre et de ses éléments chimiques, il est prudent, comme nous allons le dire, de ne pas s’enflammer trop vite sur la première explication rencontrée. En ce genre d’études si singulièrement délicates plus encore qu’en tout autre, la Science se déjuge du jour au lendemain et l’on ne doit pas oublier que les affirmations les plus retentissantes n’équivalent pas toujours à des démonstrations.
- Constatation et mesure de la radioactivité. — Rappelons d’abord le moyen très facile de constater la radioactivité expérimentalement. Que l’on place une substance sur une plaque photographique enveloppée dans du papier noir, puis que l’on développe au bout de 24 heures, si le corps est radioactif, il apparaît une image plus ou moins intense. Pour mesurer, on se sert de ce que les rayons X dégagés par les corps radioactifs peuvent décharger un électroscope à feuilles d’or parfaitement isolé et chargé dans un temps plus ou moins long. La vitesse de chute de la feuille d’or (observée au besoin avec un microscope) est, jusqu’à une certaine limite, proportionnelle à la charge. La rapidité de la décharge mesure donc la radioactivité.
- Corps spontanément radioactifs. — Commençons par énumérer les corps qualifiés de spontanément radioactifs et qui présentent du moins le phénomène de la radioactivité avec une intensité, par suite de laquelle l’attention a été spécialement attirée sur eux. Sans entrer ici dans le détail de leur filiation compliquée, dont il sera question dans un autre article, on doit, en 'premier lieu, citer les corps extraits de la pechblende. C’est d’abord le radium, de poids atomique 226,45, chimiquement analogue au baryum, dont, pour divers savants, il ne serait même qu’un composé d’une nature toute spéciale, mais cependant distinct par la propriété que l’on envisage jusqu’à nouvel ordre comme liée à la constitution chimique, atomique, des éléments : la répartition des raies dans le spectre. Ce radium est le plus souvent associé à l’uranium ou au thorium. Le polonium (d’une individualité contestable) a une activité moitié moindre
- 1 Par exemple, M. Darget a signalé (C. R., 30 nov. 1908) une influence radioactive humaine qui donnerait des clichés, tantôt positifs et tantôt négatifs.
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- LA DISSEMINATION DE LA RADIOACTIVITE ===== 35
- que celle du radium, mais extrêmement momentanée; il ressemble au bismuth (208). Actuellement on tend à voir en lui un des stades de transformation de l’émanation de radium, le radium F. Vuranium, dont l’abondance relative a permis les premières expériences, est deux millions de fois moins sensible que le radium; son poids atomique est 240. On a encore intercalé successivement, entre l’uranium et le radium, Vactinium, Vuranium X et Vionium. Dans un autre groupe, le thorium (252) olfre une activité comparable à celle de l’uranium. Enfin du radium, de l’uranium, du thorium, etc., se dégagent, avec des intensités différentes, des substances problématiques, non électrisées, présentant certains caractères de la matière et pourtant en apparence impondérables, où les uns voient encore un composé chimique et les autres un premier stade de « dématérialisation » retournant vers la libération complète des électrons dans les rayons cathodiques : les émanations, par l’intermédiaire desquelles se transmettent les radioactivités induites et par lesquelles aussi se font les transmutations de radium en hélium, etc., c’est-à-dire ces passages au moins apparents, qui ont paru si extraordinaires, d’un élément chimique à un autre. Les transformations solides des émanations sont les corps que l’on distingue généralement par des lettres : radium A, 11, C, D, etc.
- À la liste des substances fortement radioactives, on avait cru un moment pouvoir ajouter le plomb, que l’on avait supposé produit par le radium F. 11 faut sans doute citer les métaux alcalins. D’après Levin et R. Ruer, les sels de potassium possèdent une légère radioactivité propre qui a pour effet d’impressionner la plaque photographique à travers une feuille de papier noir.
- On remarquera que, sauf ce dernier cas problématique du potassium, les éléments très radioactifs sont tous des éléments à poids atomique particulièrement élevés, qui sont en même temps (et par une cause connexe) particulièrement rares dans les couches superficielles de la terre accessibles à nos observations.
- Radioactivité du sol. —Montrons maintenant la radioactivité du sol, de l’air et des eaux. La radioactivité du sol, qui a pu être considérée comme la cause des autres quand on voulait tout expliquer par le radium ou au moins le thorium, est constante. D’après M. À.-S. Ève, si l’on examine un courant d’air quelconque (pris au voisinage de la surface de la terre) en le comparant à un courant d’air de même vitesse ayant passé dans une solution de bromure de radium, on constate que 1 mètre cube d’air renferme, en moyenne, une quantité d’émanation égale à la quantité produite par 80x10-12 grammes de bromure de radium pur. Récemment, M. Bordas, dans un travail qui a été discuté, a expliqué par la radioactivité du sol la constatation faite en divers points, notamment au Chili, que des morceaux de verre, abandonnés sur le sol, devenaient violets C
- J. R. Strutt a observé de la radioactivité pour toutes les roches ignées qu’il a étudiées, à l’exception des laves et en a conclu aussitôt, suivant la tendance contre laquelle je me suis élevé au début, que le radium était la source de la chaleur terrestre, l’origine du volcanisme, etc. Dans d’autres observations, il a trouvé une radioactivité particulièrement forte pour les schistes et gneiss du Simplon. Nasini et Levi ont constaté de même que les laves récentes du Vésuve n’étaient pas radioactives, mais semblaient le devenir peu à peu en vieillissant.
- D’après G.-V. Borne, parmi les terrains, les cou-
- ches argileuses sont les plus radioactives; les couches carbonifères d’origine organique le sont le moins, l’origine de la radioactivité ne pouvant être cherchée dans l’uranium. Des expériences faites à Rome par M. G.-A. Blanc ont montré une radioactivité qui a conduit l’auteur à supposer, dans le terrain, une teneur de 0,0(10.014.5 grammes de thorium par gramme, etc., etc.
- Ailleurs on sait que des minerais assez radioactifs pour avoir été considérés comme de véritables minerais de radium, notamment les phosphates de plomb d’Jssy-l’Évêque, en Saône-et-Loire, ne contiennent ni uranium ni thorium.
- Radioactivité des eaux. — Il en est de même pour les eaux. Aussitôt après les découvertes de l’hélium, puis du radium, l’idée est venue tout naturellement que ces principes nouveaux pouvaient être en cause dans les effets thérapeutiques attribués à des eaux minérales, dans lesquelles l’analyse chimique avait été jusqu’alors impuissante à reconnaître aucun élément actif. On a donc commencé par examiner toutes ces eaux thermales avec un soin particulier cl, de tous côtés, on y a reconnu l’hélium et la radioactivité dont on admet aujourd’hui la connexité, puis les gaz rares, argon, néon, cryplon et xénon1. Rien que pour les sources françaises, on peut citer, dans cet ordre d’idées : les travaux de Curie et Laborde sur les gaz dégagés spontanément par les sources; ceux de M. Mou-reu qui a recherché et dosé les gaz rares dans ce même dégagement spontané, pour une foule de stations thermales; ceux de M. Brochet sur la radioactivité des eaux de Plombières; ceux de M. Blanc sur la radioactivité des sédiments provenant des sources de la Savoie, etc. Les sources d’Allemagne ont été également l’objet de nombreux travaux. Les résultats de ces recherches ont été en général positifs2. On a trouvé presque partout de l’hélium, souvent même en proportion remarquable, inexplicable par le radium seul et, comme cela correspondait au désir de tous les intéressés, on en a aussitôt conclu (peut-être avec raison) que l’on tenait la cause première de ces vertus jusqu’alors inexpliquées, notamment pour les sources dites indéterminées, comme celles de Plombières, de Gastein, etc. Cependant, même dans les sources les plus radioactives, comme Gastein et Plombières, on n’a trouvé que bien peu d’émanation de radium. Pour Plombières, M. Brochet a comparé l’action de 10 litres de ces gaz spontanés à celle de 10 litres d’air dans lesquels on avait laissé séjourner 1 milligramme de radium pendant 0 à 14 minutes. Mais, afin d’obtenir ces 10 litres de gaz, il fallait au moins 6 à 10 heures.
- Pour étudier, non plus les gaz, mais l’eau même,- on la brassait rapidement avec de l’air dans un récipient de verre pendant un quart d’heure, de manière qu’elle cédât à l’air sa radioactivité, en admettant, d’après des expériences antérieures, qu’à la température de 20° elle en gardait ainsi le quart; l’air ainsi radioactive était ensuite traité comme un gaz. La radioactivité constatée a correspondu à celle obtenue en laissant 1 milligramme de radium pendant trois quarts de minute à 2 minutes (0,75 à 2 milligrammes-minute). Aucune relation entre la radioactivité des sources thermales et leur température n’a été constatée et des expériences faites par la même occasion sur l’eau des sources non minérales et sur l’eau des simples conduites urbaines ont montré
- 1 D’après Ramsay et Cameron le radium pourrait engendrer, non seulement l’hélium, mais aussi le néon et l’argon. .
- 2 Voir notamment un travail de M. Laborde dans le Radium du 15 juillet 1904.
- 1 C. R. Ac. des Sciences, 16 nov. 1908.
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- LA DESTRUCTION DES MOUSTIQUES
- qu’elles étaient également assez fortement radioactives.
- Cette dernière constatation n’est pas accidentelle et une foule d’eaux de tous genres ont donné lieu à une observation semblable. L’eau de mer elle-même est radioactive. Les expérimentateurs, cherchant, suivant les idées reçues, à l’interpréter par le radium ou le thorium, sont arrivés à constater que le type thorium semblait négligeable en pleine mer, mais qu’en revanche le radium y était abondant et se précipitait sous l’influence des matières organiques. On a, en effet, reconnu (toujours par la méthode de l’émanation qui est le procédé pratique pour doser ce qu’on croit être du radium), dans les sédiments marins, une proportion de radium qui, d’après M. Joly, serait de 5 à 50x10-12 grammes, c’est-à-dire supérieure à celle des roches terrestres. On a cru remarquer qu’ils étaient plus riches quand ils ne sont pas calcaires. Les plus hautes teneurs ont été trouvées dans l’océan Pacifique central. Une argile rouge du Challenger, qui est particulièrement radifère, a donné également des traces d’uranium.
- Radioactivité de l’air des cavernes. — Enfin la radioactivité, attribuée à l’émanation du radium, se retrouve dans les soffioni de Toscane les plus chargés d’acide borique. Elle existe partout dans l’air et spécialement dans l’air confiné des cavernes.
- L’étude de cette dernière question a eu pour origine une observation faite par Elster et Geitel en 1901. Ces auteurs ont trouvé que lorsqu’un conducteur chargé négativement est exposé à l’air libre pendant un temps court, il présente temporairement les propriétés des corps radioactifs comme s’il se chargeait d’un dépôt radioactif. Cette activité serait due à une substance solide qui serait attirée vers le corps chargé et qui s’y déposerait sous l’action du champ électrique. On a cherché alors à reconnaître, par la loi suivant laquelle disparaît ce corps radioactif, s’il peut être assimilé, soit au radium, soit au lliorium (diminution de moitié en quatre jours pour l’émanation de radium) et Bumslead est arrivé à l’idée que la radioactivité atmosphérique est due à la présence de l’émanation
- cavité dans le sol, on constate, d’ailleurs, que l’air du sol contient les deux mêmes émanations. D’après M. II. Da-dourian, l’activité d’un corps chargé négativement placé à l’air libre ou dans le sol est due au moins à six produits de désintégration du radium et du thoi’iuin : lia.A, Ra.B, lla.C, Th.A, Th.B et Th.C. La quantité d’émanation du radium serait environ 30 000 fois plus grande que la quantité d’émanation du thorium.
- Conclusion. — Quand on trouve ainsi des caractères attribués à l’émanation du radium ou thorium dans l’air ou dans l’eau, l’idée naturelle est de supposer qu’ils les ont tirés du sol, au contact duquel ils se trouvent et qui est supposé contenir ces éléments chimiques à l’état instable. L’activité particulière de l’air des cavernes serait attribuable à ce que son contact avec le sol est plus intime et plus prolongé et la même cause ferait comprendre pourquoi les eaux souten'aines, notamment les eaux qui, par un circuit plus prolongé sous la terre, ont acquis la thermalité et, par là, la minéralisation, sont spécialement riches. On considère qu’il existe dans l’air des substances radioactives qui ionisent l’air à leur voisinage et se déposent sur les appareils chargés à un potentiel négatif. Ce sont ces substances, et non directement le radium du sol, qui seraient l’origine des radiations très pénétrantes. Cependant, il faut au moins citer la théorie inverse préconisée par certains physiciens, d’après laquelle la radioactivité de l’air serait, non la conséquence, mais la cause des propriétés du radium : ce dernier se bornant à recueillir avec une facilité spéciale les radiations éparses dans l’air, comme d’autres corps réfléchissent ou absorbent plus ou moins facilement les radiations lumineuses, calorifiques, etc. En contradiction avec cette idée qui ferait rentrer la radioactivité dans les phénomènes de la physique classique et qui, à cet égard, peut paraître séduisante, on a remarqué que, dans une mine de radium, à Joachimslahl, au milieu par conséquent d’une enceinte radioactive qui devrait former écran pour arrêter les radiations extérieures, un fragment de radium, descendu à 800 mètres de profondeur, conserve exactement les mêmes propriétés qu’à la superficie. L. De Launay.
- du radium et du thorium dans l’air. En creusant une
- LA DESTRUCTION DES MOUSTIQUES PAR LE CACTUS ÉPINEUX
- Les procédés pratiques de destruction des moustiques, préconisés et essayés jusqu’à, présent, ne sont pas nombreux et l’on n’avait même pas encore trouvé, à vrai dire, un procédé absolument efficace. Le D1', Saugeau de Puyberneau, chef du service de santé au Gabon, vient d’appeler l’attention sur les résultats qu’il a obtenus par l’emploi du cactus épineux ou figuier de Barbarie (opuntia vulgaris), très répandu dans les régions chaudes où il rend de très grands services. Les raquettes du figuier de Barbarie servent à l’alimentation du bétail, les fruits fournissent de l’alcool ou sont consommés en nature, enfin la plante peut être utilisée comme clôture. De plus, ses feuilles grasses et charnues, hachées en morceaux, malaxées dans l’eau où elles produisent un mélange mu-cilagineux de consistance assez épaisse, peuvent, paraît-il, servir à la destruction des larves de moustiques.
- Ce mélange mucilagineux, qui monte à la surface du liquide, absolument comme le pétrole, projeté sur les corps ou plantes envahis de moustiques, empêche les larves de venir au contact de l’air. Peu à peu, le mucilage obstruant leurs trachées, les larves sont détruites
- au bout d’un temps variable, suivant l’épaisseur de la couche isolante, soit de quinze à cinquante heures en moyenne. En dehors de cette action, et toujours comme avec le pétrole, les moustiques ne peuvent plus pondre sur le liquide, ou du moins leurs œufs ne peuvent plus se développer et donner naissance à de nouvelles larves.
- Il n’est même pas nécessaire de malaxer les feuilles de cactus dans l’eau pour obtenir le résultat désiré; il suffit d’y jeter les morceaux découpés. Par osmose, le mucilage de la plante arrive à former la couche isolante nécessaire ; seulement, il faut davantage de feuilles et un temps plus long. Les feuilles de cactus, ainsi plongées dans l’eau, fermentent légèrement si on les a malaxées, sinon le mucilage se mélange progressivement au liquide, au fond duquel tombent les débris épidermiques de la plante, entraînant les poussières et la presque totalité des'matières organiques, les larves mortes, etc. C’est à ce moment qu’il convient de renouveler l’opération.
- Le procédé est absolument inoflènsif. Il est notamment sans action sur les poissons des lagunes, qu’il y a intérêt à ne pas détruire. II. Blin.
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- LE TÉLÉAUTOCOPISTE L. SÉMAT
- Les appareils photo-télégraphiques, décrits ici même au iur et à mesure de leur apparition, n’ont encore donné que des résultats incertains. Aussi y a-t-il lieu de croire que ces merveilleuses expériences de laboratoire sont incapables de franchir le pas qui les sépare d’une découverte pratique. Cela tient aux difficultés de réglage des appareils, à la lenteur de la transmission et à la préparation minutieuse des papiers ou clichés employés.
- Les résultats obtenus par l’abbé Caselli, il y a une cinquantaine d’années, étaient tout aussi probants, et les défauts des systèmes photo-télégraphiques sont les mêmes que ceux reprochés au pan télégraphe. Pour le surplus, ces systèmes visent au même but, question de photographie à part, et un pantélégraphe Caselli rapide rendrait autant de services que le plus parfait des transmetteurs d’images photographiques. C’est pourquoi M. Laurent Sémat, ingénieur des chemins de fer égyptiens, a repris le problème tel que l’avait posé le savant abbé ; mais il n’a pas voulu que le procédé Sémat ressemblât au pantélégraphe électro-chimique.
- En le modernisant, il l’a transformé en pantélégraphe électromécanique. La solution est d’ailleurs très originale.
- Le système que nous avons vu fonctionner dans les ateliers des constructeurs, MM. F. Ducretet et E. Roger, est extrêmement simple, aussi bien au point de vue mécanique qu’en ce qui concerne la partie électrique. Un appareil est affecté à la transmission et un autre à la réception ; chacun d’eux comporte un cylindre de même longueur, mais le second est de plus grand diamètre que le premier. Ils sont entraînés chacun par un moteur électrique.
- Sur le cylindre transmetteur est enroulée une feuille de papier métallique portant l’image à transmettre tracée à la main ou imprimée avec une encre isolante.
- Un style repose sur celte feuille; il est chargé d’envoyer sur la ligne les courants qu’il recueille sur le métal, c’est-à-dire lorsque aucune trace
- d’encre ne vient se placer sous lui ; la présence de l’encre a donc pour effet de couper le circuit.
- Le cylindre récepteur reçoit, enroulée sur sa périphérie, une feuille de papier carbone recouverte d’une autre de papier pelure ordinaire. La différence des surfaces périphériques des deux cylindres est égale au 1 /8 de la surface totale du cylindre de réception; l’image reproduite, qui est égale en surface à celle transmise, n’occupe donc que les 7/8 de la surface totale de ce cylindre. Or les vitesses augulaires de rotation de ces cylindres sont dans le même rapport que
- les surfaces périphériques ; le petit cylindre (transmission) accomplit donc un tour complet pendant que l’autre n’effectue que 7/8 de tour.
- Dans ces conditions, afin de réaliser un synchronisme suffisant, on oblige le petit cylindre à s’arrêter et à attendre que le second ait terminé sa révolution ; celui-ci provoque alors le départ du premier, et ainsi de suite. L’arrêt a lieu sur la ligne de raccordement des deux bords de la feuille enroulée, c’est-à-dire en un point où il n’existe aucune trace d’image. Les deux cylindres offrent donc, pendant une durée de temps égale, des longueurs périphériques égales sous leurs styles respectifs. Ajoutons que l’avancement longitudinal s’opère par l’intermédiaire d’une vis sans fin entraînant l’équipage porteur de chaque style. Étudions maintenant le sys-
- Fig. 2. — Le téléautocopiste transmet Vécriture et la musique.
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- LE TÉLÉAUTOCOPISTE
- tème électrique du téléautocopiste en nous aidant du schéma iig. 5.
- Le courant, issu de la pile P, est dirigé par l’intermédiaire d’un frotteur F sur la feuille métallique enroulée sur le cylindre transmetteur A. Cette feuille, passant sous la pointe du levier K, envoie, le courant sur la ligne après avoir traversé l’électro E, du poste transmetteur, dont nous verrons plus loin l’usage. Ce courant arrive au poste récepteur en passant par un interrupteur I qui demeure fermé pendant que dure la transmission, traverse deux bobines faisant partie de l’équipage mobile récep-
- du circuit de-ligne dans l’interrupteur I par la came G <pii l’accompagne et appuie sur le levier de l’interrupteur.
- La ligne est donc isolée ; l’électro E libère son armature pour rompre le circuit local de la pile P' et l’armature de l’électro F n’étant plus sollicitée laisse passer le doigt 1) pour permettre au cylindre A de se remettre en route. La nouvelle révolution est suivie d’un nouvel arrêt et ainsi de suite..
- Nous avons suivi la marche du courant lorsque le style transmetteur appuie sur le papier métallique ; mais que se passe-t-il lorsqu’il rencontre l’encre du dessin ou de l’écriture?
- Fig. 3. — Le lèléaiilocopiste Sémat. Appareil transmetteur : i, détails du dispositif d’arrêt du cylindre; 2, le cylindre transmetteur.
- tour-V, puis se rend à la terre en agissant sur l’électro Al branché sur le circuit.
- Lorsque le cylindre A termine chacune de ses révolutions, il est arrêté par la pièce 1), qui tourne avec lui, venant buter contre le taquet de l’armature de l’électro F. Cet arrêt est d’une durée égale au temps que met le cylindre B pour achever d’accomplir sa révolution. On voit que cet électro F est parcouru par le courant local de la pile P' pendant que le cylindre A est en révolution. Le départ de ce cylindre est commandé par le cylindre récepteur de la manière suivante : B, ayant terminé un tour complet sur lui-même, provoque une interruption
- courant continue cependant à parcourir la ligne, car il traverse toujours la résistance B.
- Bien que plus faible que précédemment, il suffit néanmoins pour maintenir sur contact les armatures des électros E et H et pour maintenir également, contre les feuilles réceptrices. enroulées sur le cylindre B la pointe mousse en diamant du style de l’équipage récepteur V. Les pressions de cette pointe ne sont suffisantes, pour déterminer l’impression de l’image, que lorsque, sur le courant faible, vient s’ajouter le coürant principal transmis par la pointe K. La pointe réceptrice agit donc à la façon d’un muscle dont les tonicités correspondent
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- LE TELEAUTOCOPISTE
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- au passage des parties conductrices ou non, de l’image au poste transmetteur. La ligne est parcourue en permanence par un courant ; seule l’action de la came du cylindre B provoque une interruption ayant pour but la mise en route du cylindre A.
- La réception donne deux images : une négative et une positive. Comme le courant principal passe lorsque la feuille métallique est vierge d’encre, la pointe réceptrice appuie sur les feuilles et le papier pelure blanc se charge de
- quelconque. La rapidité de transmission n’est pas encore très grande, mais l’inventeur espère pouvoir atteindre une vitesse de 5 minutes pour trans-
- Fig. 4. — Le téléautocopiste Sémat. 1, détails de l'appareil récepteur; 2,appareil récepteur, la commande du cylindre.
- l’enduit enlevé au papier carbone. Mais dès qu’un courant faible se présente (déterminé par le passage d’une trace d’encre sous le style transmetteur) la pression
- mettre une copie d’un format 7x12. Diverses expériences ont eu lieu, entre autres à l’Académie des sciences, où l’appareil a été présenté par
- M. Cailletet; elles
- R
- de la pointe ré ceptrice devient très légère et la feuille de papier carbone n’est plus attaquée.
- Par conséquent les émissions de courants forts n’ont d’autre but que de faire le fond du dessin en enlevant l’enduit du papier carbone; le dessin apparaît parce qu’il est en réalité détouré. C’est le positif. Le négatif est dessiné sur la feuille blanche qui a enlevé les vides.
- L’appareil de M. Sémat est très simplement conçu ; il fonctionne avec un seul fil de ligne ; il peut donc être branché sur une ligne télégraphique
- '"p”
- TRANSMETTEUR
- RECEPTEUR
- Terre
- Fig. 5. — Schéma des communications électriques des appareils transmetteur et récepteur
- ont beaucoup intéressé les membres de l’Institut.
- Les usages du Té l é aulocopiste sont multiples ; nous retiendrons seulement la transmission des autographes, des dessins, et celle non moins intéressante de l’impression laissée par un corps quelconque préalablement enduit d’encre, sur la feuille métallique.
- Le téléautocopiste peut très bien compléter la télégraphie et la téléphonie en authentifiant les conversations ou les dépêches.
- Lucien Fournier.
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- LA SÉCHERESSE AUX ÉTATS-UNIS
- L’année qui vient de s’achever restera dans la mémoire d’une importante fraction du peuple américain comme une année fatale marquée dans le Nord de l’Amérique par une sécheresse sans précédents. '
- De nombreuses rivières dont le débit n’avait pas varié sensiblement, de mémoire d’homme, se sont trouvées sans eau à la fin de l’été, asséchées à ce point qu’on pouvait traverser leur lit à pied sec. Les deux photographies que nous reproduisons apportent à l’information un appui quasi-tragique :
- Et l’on peut dire en principe que tous les cours d’eaux situés entre les montagnes Rocheuses et l’Atlantique subirent une diminution de débit qui alla dans bien des cas jusqu’à l’assèchement complet. La navigation fluviale, déjà dans le marasme grâce à l’excessif développement des voies ferrées, subit une désorganisation dont elle ne se relèvera pas de sitôt.
- Une des plus désastreuses conséquences de cette sécheresse a été signalée déjà par La Nature. La rareté extrême des pluies a permis aux leux de forêts, toujours fréquents aux États-Unis, de s’étendre
- Fig. i. — Pendant deux mois, on a pu traverser à pied sec le vaste lit de la rivière.
- elles nous montrent ce qu’il restait du Schuylkill, à la fin d’octobre !
- 'Or, cette rivière de Pensylvanie, qui assure l’alimentation en eau potable du million et demi d’habitants qui forment la population de Philadelphie, actionne également un grand nombre d’usines élevées sur ses rives. On conçoit que la disparition presque totale de ses eaux pendant plus de deux mois ait causé la plus fâcheuse perturbation dans l’industrie de la région. Les usines cessèrent de fonctionner. A Philadelphie, le service hydraulique municipal fut paralysé. L’eau se vendit jusqu’à un dollar la barrique ! Les oeuvres de charité distribuèrent de l’eau aux familles pauvres, comme elles leur distribuent du charbon pendant les hivers rigoureux !
- Le Schuylkill ne forma pas une exception : la sécheresse fut générale dans tout Lest de la république.
- rapidement sur une aire immense. Nous manquons encore de chiffres précis sur l’importance des dégâts, mais nous savons qu’une ville de 6000 âmes, Guthrie, et plus de 200 bourgs et villages, ont été dévorés par le fléau. Les victimes humaines ont été au nombre de plus de 500. Un train de secours, qui ramenait 150 sinistrés, fut surpris par les flammes, et tous les passagers périrent, sauf le mécanicien et un voyageur.
- Cet aperçu très sommaire sur les conséquences d’un été anormalement sec nous fournit l’occasion d’accueillir une hypothèse d’un vif intérêt rapportée d’Asie centrale par un géographe américain, M. Ellsworth Huntington, de l’Université de Yale, qui vient d’explorer le grand désert de Gobi, et, en particulier, la région du Loh-Nor. La tradition, l’histoire et la géologie s’accordent à montrer que cet
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- LE VIN DE CHAMPAGNE
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- immense bassin fut jadis habité par une population très dense. Partout, on relève les ruines de villes qui durent être llorissantes, ainsi qu’un important réseau de roules de caravanes.
- 11 paraît prouvé que cette partit; de l’Asie centrale posséda dans les temps historiques un climat bien plus favorable que celui dont elle jouit actuellement . IJn changement, relativement . brusque, s’effectua pendant le deuxième siècle de notre ère : la température s’éleva, en même temps que l’abondance des pluies diminuait. Le niveau du Lob-Nor et des autres lacs baissa rapidement, et les sources fréquentées par les troupeaux et par les caravanes se tarirent.
- une troisième. Et c’est ainsi que tous les nomades du centre et de l’ouest de l’Asie, se poussant les uns les autres, se mirent en marche sur l’Europe, en conquirent les plaines septentrionales, et, modifiant les destinées du monde, se lancèrent à l’assaut de l’Empire Romain.
- Dans sa magistrale étude sur l'Évolution souterraine, M. E.-A. Martel a montré avec quelle alarmante rapidité la Terre s’acheminait vers la sécheresse des astres morts. Le savant géographe américain confirme l’exactitude de ce pronostic en nous rappelant qu’une vaste portion du continent asiatique, devenue irrémédiablement aride, nourrissait des
- Fig. 2 — Le Schuylkill, asséché, a réduit au chômage toutes les usines élevées sur ses rives.
- L’habitabilité de la région décrût dans de grandes proportions.
- Les nomades, qui furent les premiers à souffrir du nouvel état de choses, allèrent chercher des pâturages sur les plateaux voisins. Une tribu poussa l’autre, et celle-ci fuyant la sécheresse, s’en prit à
- millions d’êtres humains à une époque relativement rapprochée. Cependant il faut dire que d’autres savants n’admettent pas l’hypothèse du dessèchement de l’Asie centrale et croient simplement que sa ruine est due à l’arrêt des irrigations à la suite de guerres et d’invasions désastreuses. V. Forbin.
- LE VIN DE CHAMPAGNE1
- La délimitation de la Champagne a ramené l’attention sur le vin de Champagne et les nombreuses imitations dont il est l’objet.
- 1 Nous remercions tout particulièrement M. Legrand, secrétaire du Syndicat du commerce des vins de Champagne et la maison Pommery, des renseignements qu’ils ont bien voulu nous fourbir. .
- Beaucoup de personnes s’imaginent que les qualités de ce vin sont dues uniquement à un traitement spécial, applicable à n’importe quel vin; on n’obtient ainsi que des vins mousseux, souvent agréables, mais qui n’ont du véritable vin de Champagne que l’aspect et le nom.
- La valeur du champagne est due, noji à des arti-
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- LE VIN DE CHAMPAGNE
- fices, mais à la nature particulière du sol qui l’a produit, à la finesse et au bouquet des crus qui le composent.
- Nous allons successivement examiner tous les
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- Fig. i. — Pressurage des raisins. La première serre qui donnera la cuvée la plus fine.
- soins et les efforts qu’il est nécessaire d’apporter à la production et la manutention de ce vin incomparable, exporté dans toutes les parties du monde, qui est une des richesses et des gloires de notre pays.
- La culture de la vigne en Champagne remonte à une très haute antiquité; l’empereur romain Probus y employait ses troupes en temps de paix; plus tard saint Remi, archevêque de Reims, dans son testament daté de l’an 550, lègue au clergé de son diocèse la vigne qu’il avait fait planter. — A partir du xive siècle la vigne se développe rapidement sur les coteaux champenois, et le vin qu’ils produisent est jugé digne de figurer sur les tables royales; Wenceslas, roi de Bohême, y prenait tellement goût que parfois il en oubliait les lois de l’équilibre; Henri IV, à ses titres, ajoutait celui de sire d’Ày, et l’on montre encore l’emplacement de son pressoir. — Le vin de Champagne vaut alors 75 livres la « queue »
- (2 pièces environ), et se boit non mousseux.
- A la fin du xvn® siècle une véritable révolution a lieu dans la production de la Champagne ; Dom Péri-gnon, cellerier de l’abbaye d’Hautvillers, près d’Éper-nay, trouve le moyen de rendre le champagne mousseux, et substitue le bouchon de liège aux tampons de chanvre imbibés d’huile qui servaient jusque-là; car il a remarqué que les vins blancs de Champagne
- ont la propriété de conserver une grande partie de leur sucre naturel, et de prendre mousse lorsqu’au printemps la sève se réveille et amène une nouvelle fermentation. Le champagne mousseux est né;
- accueilli avec faveur par tous les gourmets, il a rapidement acquis la grande vogue qu’il possède actuellement. ï
- Les vignobles de la Champagne. — Le véritable vignoble champenois ne s’étend guère que dans le département de la Marne ; l’arrondissement de Reims comprend 7000 hectares, celui d’Épernay 5000, et ceux de Chàlons, Vitry-le-François et Sainle-Menehould, 5000, soit un total de 15 000 hectares.
- Hans les localités à crus renommés, la culture de la vigne est soignée d’une façon extrême; le prix de la main-d’œuvre par hectare varie de 1200 à 5000 fr., et quelques vignobles atteignent une valeur énorme : 40 à 50000 fr. l’hectare, valeur qui parfois a dépassé 100 000 fr. Le vigneron s’applique à cultiver toujours les mêmes variétés, malgré leur faible rendement, recherchant par-dessus tout la qualité et la finesse du bouquet.
- Le raisin noir est le plus généralement employé ; la cueillette en est faite avec des soins multiples; les grappes cueillies sont mises avec précaution dans des paniers, en évitant de les fouler, et portées en-
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- Fig. 2. — Pressurage des raisins. La première taille. La masse des raisins pressés est remuée avec des pelles en bois.
- suite sur des clayettes où on les examine une à une, élimine les grains altérés, imparfaitement mûrs, moisis ou foulés ; puis on porte le raisin aux pressoirs mécaniques. Les grandes maisons de Champagne achètent ordinairement le raisin aux vignerons.
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- et le pressent elles-mêmes. On sépare rapidement le mont de la grappe et de la peau qui cou tient la matière colorante, et l’on obtient un liquide légèrement rosé qui, après fermentation, donnera un vin absolument blanc.
- Les trois premières pressées ou serres constituent le vin de « cuvée », et servent à la préparation du vin de Champagne; les pressées ultérieures, donnant un vin inférieur, constituent les vins « de suite », et sont mises de coté. Entre chaque pressée, on fait un relaillage qui consiste en un remuage de la masse avec des pelles en bois (lig. 1 et 2).
- Manutention des vins de Champagne : Fermentation. — Le jus sucré ou moût, après un repos de quelques heures (débourbage), pour éliminer les matières solides, est soutiré dans dos filts vérifiés
- pelle « recoupage » ; elle se fait sous la direction de dégustateurs approfondis capables d’apprécier les bouquets des crus à mélanger, les qualités des récoltes successives mises en caves, et d’en composer un vin se rapprochant le plus possible des goûts des consommateurs.
- « Le vignoble champenois peut se diviser en trois parties : —- la montagne de Reims où l’on trouve les crus célèbres de Verzv, Verzenay, Sillery, Maillv, Rilly, etc., dont les qualités distinctives sont la vinosité et la fraîcheur; Bouzy, Ambonnay, etc., avec le corps moelleux et le parfum pénétrant ; — la côte d’Àvize, spéciale par ses vins blancs, où sont situés les fameux coteaux de Cramant, Avize, Le Mesnil, etc., au sud d’Épernay, auxquels on reconnaît une grande finesse et une exquise délicatesse; — et enfin la
- Fig. 3. — Les recoupages. Pour obtenir un vin possédant le maximum de valeur, il faut mélanger les différents crus dans des Proportions déterminées. Ces mélanges s'opèrent dans de grands foudres
- de 700 à 800 hectolitres.
- avec beaucoup de soins, puis transporté immédiatement dans les celliers de l’acheteur où se fait la fermentation. Celle-ci se déclare naturellement au bout de 24 heures environ, on la laisse s’effectuer d’elle-même, maintenant la température dans les limites nécessaires. Le vin, d’abord troublé, devient tout à fait clair à l’apparition des premiers froids, et, par un soutirage soigné, on le sépare de la lie qui s’est formée au fond du tonneau.
- Recoupages. — Les vins sont classés suivant leurs origines ; car des vignobles très rapprochés produisent des vins de qualités nettement différentes. L’expérience a montré que, pour obtenir un vin possédant le maximum de valeur, il fallait mélanger les différents crus dans des proportions déterminées, les qualités des uns renforçant et complétant celles des autres.
- Cette opération, d’une importance capitale, s’ap-
- vallée. de la Marne, avec Ay, Mareuil, Hautvillers, Dizy, Epernay et Cumières, tous crus de raisins noirs à l’incomparable bouquet. »
- Les seuls vins employés par les maisons sérieuses de Champagne proviennent de ces régions.
- Les recoupages sont spéciaux à chaque maison, qui apporte à cette opération toute son expérience et tous ses efforts. Ils ont lieu, en janvier et février, dans des foudres de grande capacité (fig. 3), dont la contenance atteint jusqu’à 7 et 800 hl. — On mélange habituellement, aux vins de l’année, des réserves provenant des récoltes précédentes ; on améliore ainsi souvent la qualité et l’on garde un type de vin à peu près constant, dont les faibles variations de bouquet sont peu sensibles aux consommateurs.
- Le vin homogène, obtenu par mélange des différents crus indiqués parle dégustateur,constitue une
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- LE VIN DE CHAMPAGNE
- « cuvée ». Le vin, collé, puis soutiré « de dessus colle », est prêt pour la mise en bouteilles.
- Mise en bouteilles. Prise de mousse. — Au printemps on procède à la mise en bouteilles. Pour produire une bonne mousse, le vin doit contenir une quantité déterminée de sucre; on l’examine avec un gleuco-œnomètre et, s’il n’a pas une proportion suffisante de sucre naturel, on lui ajoule une quantité calculée de sucre candi pure canne.
- La bouteille, dont le bouchon est maintenu par une agrafe, est placée « couchée » dans les caves, ou elle reste pendant trois ans. Le sucre se transforme en alcool et gaz carbonique qui se dissout et produit la mousse, car, par suite de la fermeture hermétique, le gaz ne peut s’échapper. Pendant cette fermentation, la casse ne dépasse pas 2 pour 100.
- lires de travail réunies par 18 km de galeries, dans lesquelles se trouvent 12 millions de bouteilles formant réserve. La température s’y maintient uniformément à 10 degrés. La figure 8 représente une de ces chambres de travail, où a lieu la mise sur pointe; on aperçoit les galeries qui y aboutissent et portent toutes un nom de ville différent (lig. 8).
- Electrisage. — La fermentation qui s’est produite pendant les trois années de bouteille a amené, en même temps que la formation de la mousse, celle d’un dépôt qu’il faut éliminer. Ce dépôt est souvent fort adhérent au verre, on l’en décolle en frappant la bouteille avec de petits marteaux. Autrefois ils étaient mus par des machines tournées à la main; aujourd’hui on emploie des appareils plus perfectionnés : les bouteilles subissent un mouvo-
- Fig. 4.. — L’examen des bouteilles. Chaque bouteille, après un~ .énergique nettoyage et des essais ' de pression , est examinée minutieusement. La propreté la plus parfaite est une condition indispensable à la conservation des vins de Champagne.
- Les bouteilles employées sont nettoyées et rincées mécaniquement au moyen de jets d’eau arrivant à 65-70 kg de pression; quelques-unes subissent ensuite une épreuve au moyen de l’air comprimé; leur résistance varie de 7 à 12 kg, la pression des gaz du vin étant de 6 kg; leur prix de revient est d’environ 0 fr. 35. Elles sont enfin examinées une à une.
- Pour la bonne conservation des vins et la régularité de leur fermentation pendant les trois années qu’ils restent en bouteille, il est nécessaire d’avoir des caves dont la température soit régulière et peu élevée. Le sol crayeux de la Champagne se prête admirablement à l’établissement de ces caves, dont celles de la maison Pommery de Reims, peuvent représenter le type le plus parfait. Elles sont creusées à même dans la craie à une profondeur moyenne de 25 mètres et comprennent une centaine de cham-
- ment de va-et-vient, pendant que de petites masses, placées sur la gorge de poulies animées d’un mouvement de rotation, viennent les frapper. L’appareil étant mû par l’électricité, on a donné à l’opération le nom d’ « électrisage ».
- Mise sur pointe et remuage. — Les bouteilles, après l’électrisage, sont mises sur pointe, c’est-à-dire placées le goulot en bas sur de grands pupitres en forme de Y renversé munis de trous. Chaque jour un ouvrier, le remueur, imprime aux bouteilles un mouvement d’oscillation rotative, sec et précipité; puis il tourne la bouteille de d /6e ou d /8e de tour ; le dépôt descend alors progressivement et vient s’accumuler sur le bouchon. Tout chacun ne sait pas remuer vite et bien; cette opération nécessite un certain doigté que tout le monde ne peut acquérir. Le remuage dure de deux à trois mois suivant la nature plus ou moins grasse du dépôt (fig. 5).
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- Dégorgement. — II faut éliminer le dépôt placé sur le bouchon. La bouteille étant maintenue penchée, le goulot en bas, on enlève l’agrafe qui retenait le bouchon; celui-ci est attiré par un tire-bouchon mécanique et la pression le chasse avec explosion, ainsi que le dépôt, au moment où l’ouvrier relève la bouteille ; quelques centilitres de vin partent avec le dépôt et rincent le col.
- Certains préconisent le dégorgement par congélation; mais ce procédé est peu employé, car, outre la difficulté et le coût d’une installation frigorilique assez étendue, il amène la dispariiion du bouquet
- et aussi le champagne brut, sans sucre, lorsqu’il est très vieux et constitué par certaines récoltes particulièrement estimées pour leur qualité et la finesse de leur bouquet.
- Après dégorgement et dosage, le sucre ne fermente plus, soit que les ferments soient partis avec le dépôt, soit qu’ils manquent dès lors des aliments nécessaires à leur développement.
- Bouchage et ficelage. — La bouteille, complétée si elle est insuffisamment pleine, est ensuite bouchée. On emploie de forts bouchons de toute première qualité, formés de deux demi-cylindres collés
- Fig. 5. — Les caves d’une grande maison. C'esl une véritable ville souterraine creusée dans la craie à 25 mètres de profondeur et peuplée de millions de bouteilles. — Les bouteilles que montre noire figure subissent l’opération de la mise sur pointe.
- qui ne reparaît pas toujours ensuite d’une façon complète.
- Dosage. — Le vin dégorgé, parfaitement limpide et clair, est le champagne brut, qui ne contient pour ainsi dire plus de sucre. Pour l’adoucir, on lui en ajoute sous forme de liqueur composée de la façon suivante ; on fait dissoudre du sucre de canne absolument pur dans du vieux vin de champagne non mousseux provenant des meilleurs crus, la dissolution est ensuite filtrée.
- C’est la Russie qui boit le plus sucré; le reste de l’Europe consomme « le goût français », caractérisé par 10 pour 100 de liqueur et qu’on appelle le demi-sec. Les Etats-Unis et surtout l’Angleterre préfèrent le vin très peu sucré, très sec (extra-dry),
- ensemble; la partie intérieure de l’écorce constitue l’extérieur du bouchon, dont la partie la meilleure doit être celle en contact avec le liquide; le liège provient de Catalogne, et les bouchons coûtent 0 fr. 20 pièce. Le bouchage s’opère mécaniquement et le bouchon, dont la partie extérieure est écrasée en forme de capsule, est maintenu au moyen d’un capuchon en fil de fer (muselière) confectionné à la machine.
- Les bouteilles ficelées sont gardées six mois en cave; on les examine ensuite une à une pour se rendre compte si le bouchon a résisté, ce que l’on voit à l’absence de suintement.
- 11 ne reste plus qu’à procéder à l’habillage et l’emballage des bouteilles, variables suivant les des-
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- 46 .ACADEMIE DES SCIENCES
- tinations, mais toujours élégants et pratiques; puis l’on expédie.
- Ainsi que l’on a pu s’en rendre compte au cours de cette brève étude, les différentes opérations sont longues et délicates ; un vin de champagne demi-sec nécessite une durée de quatre ans avant de pouvoir être expédié; pour les vins très secs qui, n’étant pas sucrés, exigent plus de choix dans le bouquet et plus de soins dans la conservation de sa finesse, il faut compter cinq ans avant d’être mis sur le marché.
- Lorsque pétille et mousse dans les verres ce compagnon indispensable de toutes les lêtes, qui ligure par tout le monde le symbole de la gaieté et de l’esprit français, beaucoup ignorent la somme considérable de travail et de soins nécessaires à son obtention.
- Le vigneron champenois vit de sa vigne, et pour sa vigne; sacrifiant la quantité à la qualité; il se refuse à employer des plans plus producteurs, et met tout son orgueil à garder et améliorer les vieux cépages dont la qualité a donné à ses crus une renommée universelle. D’un bout de l’année à l’autre, il est sur la brèche, malgré les intempéries, sarclant, taillant, bêchant, surveillant jalousement la croissance, écartant soigneusement toute mauvaise herbe destructrice de sève. 11 faut avoir assisté aux vendanges en Champagne pour se faire une idée des soins apportés à la cueillette d’un raisin qui vaut jusqu’à 1 lr. et 1 l'r. c2o le kg; toutes les grappes sont
- examinées une à une, les grains défectueux éliminés.
- Le moût sort du pressoir, il est expédié immédiatement aux caves où la manutention commence. Là encore la propreté et les soins les plus minutieux sont les conditions essentielles de l’obtention d’un bon produit.
- Les différents crus sont ensuite mélangés à la façon des Heurs dont l’ensemble des parfums et couleurs forme un bouquet parlait. C’est l’œuvre des dégustateurs, partie des plus importantes, minutieuse et délicate, puisque d’elle dépend la valeur et la renommée de chaque cuvée.
- Mieux que toutes les descriptions, une visite aux caves des grandes maisons champenoises permettrait aux lecteurs de se rendre compte de la propreté et de l’attention nécessaires à la si longue manutention du vin ; tous les ans, plusieurs millions de bouteilles sont lavées, remplies, secouées, dégorgées, bouchées, emballées, supportant un examen à chaque opération.
- Bien qu’indispensables, toutes ces conditions sont pourtant secondaires, et leur application ne permet de reproduire h; vin de champagne qu’autant que l’on emprunte aux célèbres coteaux de la Marne leurs lins cépages et la nature spéciale de leur sol crayeux. C’est pourquoi les imitateurs, malgré tous leurs efforts, ont toujours échoué dans leurs essais, car la qualité primordiale du vin de Champagne réside naturellement en lui-même, et, quoique l’on fasse, il sera toujours, selon sa liôre devise, celui qui « passe avant li meillor ». L. François.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 juin 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- Le tremblement de terre du midi de la France. — M. Darboux, secrétaire perpétuel pour les sciences mathématiques, donne lecture d’un télégramme émanant de la Faculté des Sciences de Grenoble et annonçant que les secousses sismiques qui ont occasionné la catastrophe du 11 juin dernier dans le midi de la France ont été enregistrées par les appareils du laboratoire. Plusieurs membres prennent la parole à ce sujet. M. Bigourdan, le savant astronome de l’Observatoire de Paris, annonce qu’il a fait le relevé des tremblements de terre importants qui se sont produits dans celte région qui a été si fortement éprouvée il y a quelques jours. 11 a constaté que depuis le xe siècle celle partie de la France n’avait pas ressenti de tremblement de terre ayant produit des dégâts aussi sensibles. Il estime qu’il est de l’intérêt de tous, et de la science aussi, de centraliser au plus tôt les renseignements les plus détaillés sur les phénomènes de sa marche. Peut-être serait-il opportun d’envoyer à tous les maires et à tous les curés de la région une sorte de questionnaire avec prière de transmettre les réponses le plus rapidement possible. M. Darboux insiste également sur la nécessité de centraliser ces renseignements et propose à la Commission de sismologie de l’Académie de se réunir immédiatement dans une salle voisine. 11 termine en demandant que M. Angot, directeur du Bureau central de météorologie de Paris, qui se trouve dans la salle, soit adjoint à la Commission. Il est déféré à son désir et la Commission
- permanente de sismologie entre en séance pour élaborer un programme. Son président, M. Bouquet de la Grye, annonce en lin de séance que la Commission a chargé M. Angot de provoquer une enquête détaillée auprès de tous les correspondants de l’observatoire météorologique qui habitent la région ravagée.
- Les terres noires. — M. Münlz présente une Note de M. Louis Gentil sur les tirs ou terres noires du Maroc. Cet explorateur avait émis, l’ân dernier, une théorie nouvelle sur ces terres fertiles. A la suite d’une étude de la Chaouia, il confirme, par ses observations et par l’interprétation d’analyses effectuées par les soins de M. Münlz, son idée d’une décalcification sous l’influence d’une végétation herbacée vigoureuse sous un climat humide. Il compare les tirs aux Ichernozoms de Russie et met en garde contre le ruissellement qui, ainsi qu’en Russie, peut commettre de grands ravages. L’irrigation aurait, dans ces pays, la plus grande importance. M. Gentil pense que l’Oum er Rbya, véritable fleuve, est susceptible d’offrir les éléments île la force»motrice nécessaire pour refouler ses eaux dans les Chaouia et les Douhékala. 11 serait très utile, à ce sujet, que les levés topographiques du Corps de débarquement fussent activement poussés ; ils pourraient être le point de départ de travaux de grande portée pour l’avenir du Maroc.
- Carie des mollusques comestibles. — Le prince Albert de Monaco présente à l’Académie trois nouvelles feuilles de la carte des mollusques comestibles des côtes
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- de France établie par les soins de M. Joubin, professeur du Muséum. Ces cartes comprennent la région de Lannion à Tréguier, de Tréguier à Paimpol et la baie de Sainl-Brieuc. On peut noter au point de cette répartition : 10 la grande quantité d’ormeaux dans la région de Lannion à Tréguier; 2° l’extrême abondance des bigorneaux sur les littoraux; 3° la marche croissante des huîtres, notamment dans la baie de Sainl-Brieuc. Par une singulière contradiction, le banc d’huîtres de la rivière de Sainl-Brieuc est en accroissement. Les autres mollusques sont également indiqués sur les cartes, mais ne présentent aucune particularité générale.
- Les courants à haute fréquence. — M. d’Arsonval analyse une Note du D' Moulier, de Paris, sur le traitement de la claudication intermittente et de la gangrène des extrémités inférieures par la d’Àrsonvalisation ou courants à haute fréquence. 11 rappelle que la gangrène par artérile des membres inférieurs peut être précédée d’une assez longue période, caractérisée par un seul syndrome, connu depuis longtemps chez le cheval, qui a été décrit pour la première fois chez l’homme par Charcot : la claudication intermittente. 11 présente quatre observations de malades, atteints soit de claudication intermittente, soit de gangrène et qui furent guéris par la d’Ar-sonvalisation. 11 conclut en disant : « Si une seule de ces observations ne peut prouver grand’chose, leur ensemble nous permet d’espérer que la d’Arsonvalisation pourra nous donner d’heureux résultats, là où rien n’en donnait; l’avenir nous apprendra la grandeur de ceux-ci. )) — M. d’Arsonval analyse en outre une Note des D1'5 Lemoine et Doumer, de Lille, sur les bons effets des courants à haute fréquence dans certaines cardiopathies.
- Communications diverses. — M. Caillelel décrit et fait fonctionner devant l’Académie un dispositif de commande des signaux à distance avec ou sans fil imaginé par le baron d’Ivry. Ces appareils permettent de provoquer à distance, soit avec un seul fd, soit sans fil de ligne au moyen des ondes hertziennes, des commandes ou manœuvres multiples, variées et sélectionnées, telles que : allumage des signaux, mise en marche et arrêts de tous moteurs, hélices, gouvernails, aiguillages, etc., au moyen d’embrayages et de débrayages. Ils ont l’avantage de posséder une grande souplesse et une sécurité absolue dans les manœuvres, c’est-à-dire les qualités l'equises pour diriger ou commander à distance des engins sous-marins, terrestres ou aériens ; ils, peuvent se prêter à une foule d’applications diverses. Il est possible par ce système de pouvoir obtenir l’exécution de la commande, soit instantanément, soit seulement au bout d’un nombre quelconque de secondes après l’avoir envoyée. Enfin il est possible d’annuler ladite commande avant ou pendant son exécution. Le manipulateur et le récepteur reviennent ensuite d’eux-mêmes simultanément au point de départ (zéro du cadran). Le système comporte deux appareils principaux savoir : 1° Un manipulateur-sélectionneur-expéditeur des commandes à effectuer. 2U Un récepteur-relardateur-exécuteur des commandes expédiées. — M. Fernand Guéguen, professeur agrégé à l’École de Pharmacie de Paris, fait connaître dans une Note que le professeur Guignard développe les propriétés biologiques d’un bacille qu’il a signalé et a rencontré dans deux nouveaux cas de cette forme de pelade qu’il désigne sous le nom de « pelade bactérienne pruri-ginensis ». Un. de Villeueuil.
- LA BATAILLE D’AUSTERLITZ AU CINÉMATOGRAPHE
- L’histoire des grandes batailles a été soigneusement reconstituée après coup au moyen des documents fournis par les divers Etats-majors et par les témoins oculaires. Les batailles de Napoléon 1er font notamment l’objet de nombreux dossiers aux archives du ministère de la Guerre et servent encore aujourd’hui d’enseignement aux officiers français et étrangers. L’étude de l’un de ces grands combats, qui se déroulait parfois sur un très grand espace de terrain, est longue et minutieuse; il faut reporter sur la carte, par la pensée, aux divers moments de la journée, l’emplacement des corps de troupes, suivre le parcours de chacun, déduire les effets produits par le déplacement ou la rencontre de troupes ennemies, etc. Si un observateur, placé à une très grande hauteur dans un ballon dirigeable, avait pu enregistrer au cinématographe toutes les péripéties d’une de ces grandes batailles, quel enseignement les écoles militaires n’auraient-elles pas tiré d’un tel document! Mais ce qu’on n’a pas pu faire, ce qu’on ne pourra jamais faire directement, on peut le reconstituer après coup et les projections cinématographiques ainsi obtenues constitueront un mode d’enseignement bien moderne, à la fois précis, rapide et saisissant.
- Il est intéressant d’examiner de près les procédés grâce auxquels on peut réaliser ces bandes cinéma-
- tographiques sur lesquelles on verra les corps de troupe se mouvoir, se heurter, s’éparpiller, puis se reconcentrer.
- La technique sera celle des truquages par lesquels on compose ces projections fantaisistes et animées qui fait la joie des enfants dans les représentations cinématographiques.
- Voici, par exemple, que les spectateurs voient sur l’écran une boîte d’allumettes ; tout à coup elle s’ouvre, puis une allumette en sort et vient se placer à quelque distance dans une certaine position; une autre sort ensuite de la boite, s’achemine vers la première et se range à côté d’elle parallèlement ; puis une troisième vient se mettre en travers des deux premières : voici la lettre H constituée. On voit ensuite se former un mot entier ou bien des dessins géométriques quelconques. Comment cela a-t-il pu se faire? De la façon la plus simple. Sur une table horizontale, au-dessus de laquelle on a disposé verticalement un appareil cinématographique, on place d’abord la boite d’allumettes fermée et on donne un tour de manivelle à l’appareil : on a ainsi sur la bande une série de quelques images de celte boite. On l’ouvre à moitié et on prend une autre série d’images ; on l’ouvre tout à fait pour une série suivante. Puis on sort une allumette à moitié, puis complètement ; on la pose successivement dans toutes
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- les positions qu’elle doit occuper pour se rendre définitivement à l’endroit choisi ; à chaque position nouvelle on lait l’aire toujours un tour de manivelle à l’appareil, d’où une série d’images de cette position; ainsi de suite pour toutes les allumettes les unes après les autres jusqu’àconsti-tution du mot ou du dessin définitif.
- On comprend que lorsqu’on projettera ensuite sur l’écran toute cette succession d’images, on aura l’illusion de voir les allumettes se déplacer réellement pour aller de la hoîte où elles étaient renfermées à l’endroit qui leur est assigné pour former le dessin.
- Une telle bande de cinématographe exige un très long travail pour sa confection, d’autant plus long qu’on voudra donner une illusion plus complète, et que, par conséquent, les positions successives, photographiées séparément, auront été plus rapprochées les unes des autres ; mais on est largement récompensé de sa peine par le grand succès obtenu.
- C’est ce principe qui a été mis à profit récemment par les établissements Gaumont pour reconstituer le mouvement des troupes en présence à la bataille d’Austerlitz (tig. 1,
- 2, 5). Les renseignements techniques ont été puisés dans les travaux de M. le commandant Colin, bien connu par ses études spéciales sur les batailles du premier empire. On s’est conformé scrupuleusement à ses indications pour découper des carrés de carton ayant une dimension proportionnelle à l’importance du corps de troupe représenté et pour
- les placer ensuite sur la carte dans les différentes positions représentant leur marche réelle sur le terrain. Enfin, pour qu’on puisse se rendre compte du temps écoulé, on a mis dans un coin de la carte une
- horloge dont on voit tourner les aiguilles. Napoléon 1er a remporté cette victoire le jour anniversaire de son sacre, qui avait eu lieu le 2 décembre 1804, exactement un an auparavant. L’action, commencée à 7 heures du matin, ne prit fin qu’à 4 heures après midi.
- La bande cinématographique a été établie en plaçant successivement les cartons noirs représentant l’armée ennemie, et les blancs représentent l’armée française, dans les différentes positions occupées, et, en déplaçant en même temps l’aiguille de l’horloge; elle comporte 2500 images et a 50 mètres de long. Les cartons noirs portant les nos 11 et 12 représentent le corps d’armée commandé par Bagration ; ceux numérotés 15 à 18, le corps de Buxliow-den; le n° 14, celui de Kutuzofî et le n° 13 la Garde russe.
- Nous avons indiqué par des lettres les troupes commandées par nos généraux : Lannes (La), Bernadotte (Bo),Van-damme (Ya), Saint-Hilaire (Sh), Oudinot (Ou), Murat (Mu), Legrand (Le). L’empereur Napoléon est représenté par une étoile. Au début de l’action (fig. 1), on le voit au nord des étangs de Telnitz et à la fin (fig. 3) à l’est, sur les hauteurs qui avoisinent ces étangs, où il avait résolu de précipiter une partie de l’armée ennemie. G. M.
- Trois images agrandies de la bande de cinématographe représentant les phases de la bataille d’Austerlitz.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1883
- 26 JUIN 1909.
- L’AEROPLANE « ANTOINETTE V »
- Le monoplan sera certainement la forme définitive de l’aéroplane, il y a pour cela de nombreuses raisons : l’oi-
- une force propulsive moins grande que cés derniers.
- Mais la construction d’un monoplan est plus difïl-
- seau, qui est le parfait modèle de nos constructeurs, est. un monoplan ; les monoplans ont une forme plus simple, moins de poids et de haubans, ils sont aussi stables, sinon plus, que les biplans et ils demandent
- 37e année. — 2° semestre.
- cile à réaliser que celle d’un biplan, car il faut ici obtenir des ailes rigides san's grande épaisseur, c’est certainement ce qui a retardé leur mise au point et a permis aux biplans de prendre l’avance sous la
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- 50 : =--.. —.. L’AÉROPLANE « ANTOINETTE V »
- conduite habile des Wright, Farman et autres aviateurs.
- L’aéroplane monoplan Antoinette V triomphe avec éclat de ces difficultés de mise au point. Les ailes en sont constituées par un assemblage de poutres composées en bois rigide et haubanées de üls d’acier; cette charpente savante ne pèse pas plus d’un kilogramme par mètre carré. Ces ailes ont ainsi une certaine épaisseur (12 à 15 centimètres), elles sont entoilées sur les deux laces d’une toile vernie et poncée qui offre une très faible résistance au glissement sur les couches d’air. La surface est au total de quarante-quatre mètres carrés. La section est parabolique et légèrement concave vers le sol.
- Le corps du monoplan est formé d’un fuselage en charpente recouvert de la même toile vernie, il a l’apparence d’une'(coque à section triangulaire pointue à l’avant pour mieux fendre l’air et progressivement amincie vers l’arrière pour former la queue de l’appareil : celle-ci est munie d’empennages stabilisateurs horizontaux et verticaux, elle porte un plan vertical mobile (gouvernail de direction) et un plan horizontal mobile (gouvernail de profondeur).
- Les empennages de la queue et les gouvernails placés tout à fait à barrière ont une très grande efficacité et, par leur position, ils aident beaucoup à la stabilité de l’aéroplane; il y a, en effet, un intérêt certain à placer les résistances à la pénétration dans l’air à l’arrière et aussi loin que possible du centre de gravité, pour que l’appareil s’oriente naturellement suivant sa trajectoire : l’exemple d’une flèche, lourde à la pointe et empennée à la queue, est péremptoire à cet égard.
- Pour assurer le rétablissement de l’horizontalité dans les virages et dans les coups de vent, chaque aile est munie à son extrémité arrière d’un aileron mobile ; la commande des deux ailerons est simultanée, l’un se relève quand on abaisse l’autre; ils peuvent tourner sur leurs axes jusqu’à devenir perpendiculaires aux plans des ailes. Ce dispositif réalise les mêmes effets qu’un gauchissement des ailes, mais il a plus de puissance; il"fut, du reste, essayé
- dès 1908 sur divers appareils, les Blériot entre autres.
- L'Antoinette V est pourvu d’un moteur à huit cylindres en Y, donnant 50 chevaux à 1400 tours par minute, actionnant une seule hélice tractive placée à l’avant entre les deux ailes; cette hélice est formée de tubes d’acier sur lesquels sont rivées des palês en aluminium. L’hélice est en prise directe sur l’arbre du moteur installé entre les deux ailes et en avant du pilote; deux radiateurs plats formés de tubes minces sont accolés le long du fuselage du corps de l’aéroplane et assurent le refroidissement du moteur avec trois litres d’eau seulement.
- Le pilote est assis dans une nacelle capitonnée à l’intérieur du corps fusiforme ; cette nacelle est matelassée et cuirassée à l’avant pour assurer la protection de l’homme en cas de choc.
- L’appareil est muni de roues de lancement aidées par un patin à l’avant, de béquilles sous les ailes et d’une crosse à l’arrière, des-prqléger le mécanisme, les ailes et la queue lors des atterrissages. Les béquilles servent en outre au haubanage des ailes.
- Pour la commande et la manœuvre, le pilote dispose de deux volants agissant sur les gouvernails de profondeur, de direction et les ailerons ; une pédale permet d’interrompre le mouvement du moteur.
- M.Demanest quipilote Y Antoinette V a réussi de beaux vols au camp de Châlons, à la hauteur de 10 mètres environ ; le départ sans appareil de lancement et l’atterrissage se font avec une grande facilité; la vitesse obtenue atteint 65 kilomètres à l’heure et la sûreté de marche de l’aéroplane semble parfaite.
- Enfin, le 5 mai, M. Hubert Latham pilotait un aéroplane Antoinette pendant une heure sept minutes par un vent de 15 kilomètres à l’heure, à des altitudes variant de 15 à 40 mètres. Une-pluie battante et la nuit mirent lin à son essai qui lui donne cependant le record français de durée.
- Il faut remarquer que, depuis près de deux ans, un nombre considérable d’aviateurs procèdent chaque jour à des expériences que l’on serait tenté de croire fort dangereuses pour les pilotes d’appareils souvent
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- rudimentaires et surtout mal connus. Or, sauf la chute mortelle du malheureux lieutenant Selfridge, compagnon d’Orville Wright en Amérique, aucun accident grave n’est encore advenu à nos aviateurs ; l’accident d’Orville Wright n’était dû qu’à la complication de son appareil à deux hélices et à haubans
- innombrables ; une telle aventure ne paraît pas probable avec le type monoplan que nous venons de signaler à nos lecteurs et la navigation aérienne semble dès maintenant offrir moins de risques à ses précurseurs que n’en présentèrent jadis l’automobilisme et l’autonautisme. René Champly.
- LES HAUTES RÉGIONS DE L’ATMOSPHÈRE
- Maintes lois déjà ont été mentionnés ici des faits se rapportant à l’exploration de la haute atmosphère. 11 nous a paru intéressant de réunir ces principales données, en les rapprochant de certaines autres observations connexes, sur lesquelles on a beaucoup insisté assez récemment, avec juste raison, croyons-nous ; grâce à l’ensemble de ces éléments et de ces phénomènes, nous pouvons obtenir une représentation générale, en coupe verticale, d’une bonne partie de notre atmosphère.
- Un sait déjà que l’homme lui-mème ne peut arriver à franchir une certaine limite en hauteur, à cause de la décroissance très rapide des éléments favorables à l’entretien des fonctions vitales. Des ascensions tragiques l’ont trop bien démontré — l’une d’elles surtout dont le souvenir doit rester très vif ici même.... — Pratiquement donc, l’homme ne peut s’élever à plus de quelques milliers de mètres : en montagne on ne semble pas jusqu’à présent avoir dépassé 7500 mètres par suite de l’énorme travail musculaire à fournir, mal compensé par de très pauvres conditions respiratoires. Cette limite est plus facilement dépassée dans la nacelle d’un ballon, en raison de l’absence d’efforts, et avec la facilité de suppléer à l’appauvrissement de l’atmosphère par des inhalations appropriées ; cependant le défaut d’équilibre occasionné par la très grande diminution de la pression atmosphérique, et cela dans un temps très court, est d’autre part capable d’entraîner de graves désordres dans l’organisme humain. En définitive, si quelques records sont tentés dans ce dernier ordre d’idées, sans doute ne dépassera-t-on pas de beaucoup les 10800 mètres, marquant la limite atteinte par Ber-son, le 51 juillet 1901.
- Ainsi il ne semble pas que l’homme puisse sortir pratiquement de la couche d’une dizaine de kilomètres au fond de laquelle il s’agite, qui baigne tous les grands accidents de la surface terrestre, et au sein de laquelle se déroulent les principaux phénomènes météorologiques qui nous touchent de plus près. Ce sont donc seulement des moyens impersonnels, des observations enregistrées automatiquement et d’autres plus spéciales qui peuvent nous renseigner sur ce qui se passe au-dessus de ce niveau supérieur, seul observé pendant longtemps dans ses perturbations (nuages, courants, température, etc.) : observations effectuées soit de la surface du sol, ou des cimes élevées, soit au cours de voyages aéronautiques déplus en plus nombreux. Mais, lorsqu’il
- s’agissait de la haute atmosphère ou était réduit à formuler des conceptions théoriques, jusqu’à l'époque relativement toute récente où l’on eut à sa disposition des appareils enregistreurs devenus très perfectionnés, confiés à de petits aérostats capables d’atteindre des hauteurs très considérables ; ce sont les ballons-sondes, sur lesquels nous aurons à revenir de façon détaillée en ce qui concerne les instruments ainsi que les conditions de lancement. On trouvera seulement, en attendant (fig. 1), le type très courant de ces appareils, le ballon-sonde en caoutchouc d'Assmann, garni de son parachute pour amortir la
- Fig. i. — Ballon-sonde d’Assmann.
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- vitesse et le choc à la descente, précaution plus que nécessaire pour le bon retour des instruments à la surface du sol. xVinsi équipés, ces petits aérostats parviennent en quelques heures (leur vitesse d’ascension est généralement de 2 à 5 mètres par seconde) à des hauteurs inaccessibles à l’homme ; nous avons mentionné récemment le record actuel qui est de 29 040 mètres, altitude à laquelle est parvenu un ballon-sonde belge, le 5 novembre 1908.
- Tous ces sondages de la haute atmosphère se sont multipliés, marchant de pair avec les observations effectuées par les autres moyens, ou ceux des cerfs-volants-sondes (capables d’atteindre jusqu’à 6000 mètres). Des lancers internationaux ont lieu régulièrement et, en général, presque toujours les appareils reviennent à bon port ; on compte, en effet, qu’en Europe 95 pour 100 des instruments sont retrouvés, et 92 pour 100 en Amérique. Nous allons voir ce que nous apprennent ces sondages, déjà suffisamment nombreux, et effectués en toutes1 saisons et sous toutes les latitudes, aussi bien au-dessus de l’Océan que des continents; mais, sous peine d’être entraînés trop loin, nous ne considérerons ici que les conditions générales de l’atmosphère, sans entrer dans les détails conceunant la circulation générale de l’air dans les hautes régions, question méritant à elle seule une étude approfondie.
- Les observations faites dans le voisinage plus ou moins immédiat du sol, sur la décroissance de la densité et surtout de la température ne nous renseignaient que fort mal ou pas du tout sur les couches jusqu’alors inaccessibles, et les lois qui semblent vraies dans les zones basses ne se véri-iient plus dès que l’altitude devient un peu considérable. Les moyens précités nous l’ont démontré, d’une manière particulièrement frappante, pour les phénomènes thermiques. Nous verrons aussi que l'atmosphère dans les couches très élevées a une importance — peut-être grâce à des con-
- Fig. 2. — Coupe de Vatmosphère iusqu’à ioo km. De bas en haut : la cime la plus élevée du globe, Valtitude des cirrus, le ballon de M. Ber son [la zone isotherme commence au-dessus), le ballon-sonde du 5 novembre igo8, les poussières du Krakatoa, et la hauteur moyenne des étoiles filantes.
- ditions spéciales d’ailleurs — plus grande qu’on ne le soupçonnait primitivement. Par exemple, Gay-Lussac, Biol, Boussingault, de Humboldt, d’après les données fournies par l’observation de la lueur crépusculaire, estimaient à une cinquantaine de kilomètres l’épaisseur de la couche gazeuse qui nous enveloppe. Mais, depuis, les observations suivies de météores, tels que les étoiles filantes, dont nous reparlerons plus loin, ou certains phénomènes d’illuminations crépusculaires, après le grand cataclysme volcanique de Krakatoa, ont montré qu’il fallait reculer de beaucoup celle limite supérieure. En réalité même, on peut calculer la limite théorique extrême à laquelle pourrait s’étendre l’atmosphère,'c’est-à-dire la distance à laquelle les molécules cesseraient d’être', retenues par l’attraction terrestre, pour s’échapper sous l’action de la force centrifuge. Le rayon d’une sphère gazeuse dont la périphérie aurait précisément la vitesse linéaire (par suite de la rotation diurne) pour que l’action de la force centrifuge surpasse la sollicitation de la pesanteur, devrait être de 6,6 fois celui de la Terre; autrement dit à 35 700 kilomètres de haut (en chiffres ronds), les molécules gazeuses non retenues S'échapperaient par' la' tangente.
- Nos sondages sont loin d’aller jusque-là pour contrôler ces données théoriques, et la prudence nous commande de rester pour l’instant dans le voisinage plus immédiat de la surface du globe....
- La coupe que nous avons tigu-rée se développe sur 100 kilomètres de haut. Elle résume nos connaissances marquées par des points de repère que nous atteindrons successivement en partant du sol.
- En fait l’ensemble de toutes les .observations effectuées jusqu’ici nous permet de considérer trois zones plus ou moins distinctes.
- La première, depuis la surface jusqu’à 3000 mètres environ, est le siège des profondes perturbations, ayant une relation étroite avec les conditions et les accidents de l’écorce terrestre. Cette
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- région contenant presque toute la vapeur d’eau est celle des principaux nuages et des précipitations ; la décroissance de la température y est très irrégulière et souvent même elle est, mais localement, renversée.
- Au-dessus, et nous sommes là dans la zone oi'i vient baigner la plus haute cime du globe, s’étend, jusque vers 10000 mètres, une région plus uniforme dans son allure, où la décroissance de la température, à peu près constante, est très proche de la loi théorique. Les phénomènes de condensation et de précipitation y sont plutôt rares. C’est
- couche isotherme, que les premiers sondages de M. Teisserenc de Bort ont révélée au-dessus de l’Europe, et qu’en définitive on rencontre sur toute l’étendue du globe terrestre, s’étend en hauteur jusqu’à une altitude encore indéterminée. Son niveau inférieur paraît se tenir entre 10 000 et 12 000 mètres; il s’abaisse moins dans l’hémisphère austral, et, en outre, ses fluctuations de limite et de température sont fonction des saisons, de la latitude, de la. pression et aussi d’autres conditions sans doute. Quant à sa température même, plus élevée que celle de la couche sous-jacente, elle ne reste pas absolument
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- l'ig. 3. — Apparences et déformations successives de traînées météoriques dans la haute atmosphère. Les nm î à 6 se rapportent à un même météore; 7 montre le changement de place d'une traînée et
- 8 l'aspect du phénomène du 22 février 1909.
- vers la limite supérieure de cette couche, où nous rencontrons des basses températures voisines de — 70°, que flottent les nuages les plus élevés, les cirrus constitués de petits cristaux de glace. C’est là également que l’homme s’arrête, ou à peu près, puisque, répétons-le, le record de M. Berson, marqué sur notre schéma, l’a porté à 10800 mètres.
- A partir de ces régions l’effroyable abaissement de la température semble s’arrêter ; nous pénétrons dans une nouvelle portion de l’atmosphère, où l’inversion semble permanente par rapport à la couche précédente et où la variation de la température, sur une hauteur encore inconnue, est presque insignifiante. Cette zone supérieure, désignée sous le nom de
- constante et certains écarts , s’y rencontrent encore localement. C’est ainsi qu’au cours des sondages effectués dernièrement en Afrique orientale par les soins de l’Institut aéronautique prussien, un ballon-sonde ayant atteint 19 800 mètres a trouvé là — 84°, la plus basse température jamais enregistrée.
- Quoi qu’il en soit, cette couche extrêmement remarquable n’a pas encore été dépassée, même par le ballon-sonde belge du 5 novembre 1908, détenant le record de la hauteur, soit 29040 mètres. A cette altitude, la température qui était de —65°,5, avait à peine varié, depuis 13 500 mètres environ : le minimum — 67°,8 ayant été rencontré à 12 950 mètres. C’est donc, vers ces régions élevées
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- LES RUINES D’ANGKOR
- de 11 à 12 kilomètres que se trouve la limite de séparation entre ces deux portions distinctes de notre atmosphère que, pour faire image, on pourrait assimiler à deux liquides de densité différente flottant l’un sur l’autre.
- Nous venons d’estimer, par des considérations basées sur la décroissance de la température, l’atmosphère comme divisée en trois zones distinctes. Cette même division nous la retrouvons, d’après une très remarquable étude de M. W.-J. Hum-phreys1, établie par des recherches spectroscopiques. La partie inférieure, contenant la presque totalité de la vapeur d’eau, absorbe les longues et chaudes radiations ; elle est surmontée de la couche diathermane ou à air sec. Puis les hautes régions à partir desquelles commence la couche isotherme, ont un pouvoir absorbant « sélectif » et sont probablement très riches en ozone.
- Ce n’est plus aux instruments de physique que nous allons demander des renseignements sur ce qui se passe au-dessus des trente kilomètres atteints. Nous l’avons vu déjà, des considérations d’ordre théorique nous enseignent que l’atmosphère est beaucoup plus élevée, mais quelques faits d’observations vont nous le démontrer.
- Après l’épouvantable cataclysme de Krakatoa, en 1883, une énorme quantité de matériaux pulvérulents se trouva projetée violemment dans l’atmosphère, et, pendant très longtemps après, on vit le ciel coloré de lueurs rouges admirables après le coucher du soleil. Un magnifique arc rose, dû à l’illumination des poussières en suspension, persistait très longtemps après la disparition de l’astre du jour, et des déterminations assez précises ont pu être effectuées, concernant la hauteur de ces nappes éclairées dans de telles conditions. Le professeur Ch. Dufour, de Lausanne, a publié2 une étude très complète sur cette question ; d’après lui, les nappes éclairées flottaient à une hauteur de 70 kilomètres environ. Pour les cataclysmes plus récents, celui de la Martinique par exemple, à l’observatoire du Pic-du-Midi, M. Marchand a fait des constatations analogues, mais donnant de moins hautes altitudes pour le siège de ces phénomènes, produits par des nappes de poussières, flottant à des altitudes variables, depuis 10 jusqu’à 40 kilomètres. D’une manière comme de l’autre, un fait reste certain, c’est que, dans ces régions surélevées, l’atmosphère est capable de maintenir en suspension
- des particules solides. On peut même en être étonné à juste raison, si l’on pense qu’à 70 kilomètres la densité de l’air est tellement faible, que la pression n’est plus que de 0,12 mm. de mercure ! Dans ces conditions, il serait permis de soupçonner un état spécial des couches élevées, hypothèse soulevée également par les phénomènes suivants.
- 11 s’agit maintenant des brillants météores, bolides et étoiles filantes, tellement connus dans leurs aspects caractéristiques que nous ne les définirons pas autrement. On sait que ces apparitions lumineuses ont pour origine la traversée, à très grande vitesse, des couches atmosphériques par un corps solide que le frottement résultant rend incandescent, ou même volatilise. Or, depuis que l’on a entrepris ces observations de façon systématique, de plusieurs stations simultanément, il a été possible de calculer la hauteur de ces trajectoires; et en fin de compte on trouve qu’en moyenne, les apparitions brillantes ont lieu vers 80 ou 100 kilomètres de haut. C’est donc un premier indice que, même à cette altitude, l’atmosphère possède encore une densité suffisante. Outre cela, on a reconnu, assez souvent, et tout dernièrement encore, à propos du magnifique bolide du 22 février 1909, déjà décrit ici même, que ces météores laissaient des traces, comme une traînée phosphorescente, persistant un certain temps et s’évanouissant graduellement. Ces traînées, ainsi que le montre la planche (fig. 3), présentent aussi parfois des déformations, s’accentuant progressivement, en même temps qu’elles semblent changer de lieu dans le ciel. D’après le professeur Throwbridge, il y a lieu de suivre très attentivement ces apparences, qui auraient pour origine une cause météorologique, à savoir : les conditions spéciales des couches aériennes, permettant à un résidu quelconque de s’y maintenir, en même temps que les déformations subies auraient pour cause des courants variés régnant à ces altitudes énormes.
- Nous nous arrêterons là, en estimant que ces dernières observations, malheureusement trop peu fréquentes encore, sont capables de se relier très utilement aux sondages plus voisins du sol. En attendant que ces recherches nous renseignent plus complètement dans l’avenir, quand elles seront suffisamment nombreuses, elles nous donnent dès maintenant des indications précieuses sur l’importance de l’enveloppe gazeuse environnant le globe que nous habitons.
- Lucien Rudaux.
- LES RUINES D’ANOKOR
- On a déjà signalé dans cette revue le très vif intérêt archéologique des magnifiques monuments d’Àngkor, et indiqué les devoirs qui nous sont créés à leur égard par notre nouvelle situation politique
- 1 Bulletin of theMount Wealher Bureau. Vol. II, par. I, mai 1909.
- - L’Astronomie, juin 1885.
- au Cambodge1. Mais, s’il est des sujets sur lesquels on ne saurait se lasser de revenir, celui d’Angkor est certes au premier rang, et l’heure est bien choisie, quand des efforts sérieux sont faits pour sauver ces
- 1 Antoine Cabaton : Angkor et la France, n° 1776, 8 juin 1907, p. 247 et Jean-Paui, Lafitte : Les Ruines d’Angkor, n° 1825, 16 mai 1908, p. 375.
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- ruines, d’appeler encore ' une fois vers elles la sympathie du public intelligent.
- Les monuments qui constituent le groupe communément désigné sous la dénomination générale de « Ruines d’Àngkor » ne sont pas antérieurs à la seconde moitié du ixe siècle. Indravarman I Içvara-loka1, qui autorisa la construction du plus ancien, le Bayôn, monta sur le trône en 877 et Jayavarman VII, auquel nous devons le plus récent, Ta-Prohm, mourut dans les dernières années du xne siècle. C’est Yaço-varman Paramaçivaloka, roi de 889 à 908, qui fut le grand constructeur d’Angkor-Thom, et Suryavar-man II, roi de 1112 à 1162, qui fit entreprendre les travaux d’Angkor-Vat. L’ère des monuments cambodgiens correspond donc à la fin de l’époque romane et au début de la gothique. Elle est également contemporaine du commencement du développement de l’art arabe : Ibn-Touloun, la plus ancienne mosquée du Caire, datant, si j’ai bonne mémoire, de 872. Cependant, leur état est des plus précaires et leur disparition inévitable si des mesures énergiques ne sont prises rapidement pour en assurer la conservation.
- Les causes de cette caducité précoce sont multiples mais peuvent être réparties en trois catégories : a, celles qui sont dues à des défauts de construction ; b, qui proviennent du climat; c, sont le lait des hommes.
- a) Défauts de construction : les fondations sont constituées, généralement, par des assises de limo-nite posées à joints vifs, qui, dans les monuments à terrasses, atteignent une grande hauteur. Cette pierre,, assez friable, s’est légèrement écrasée en maints endroits, sous le poids formidable qui la charge, provoquant des mouvements divers dans la masse de l’édifice. Or, les Khmers ne dressaient ni ne paraient les blocs qu’ils employaient à leurs constructions; il les assemblaient, au gré des irrégularités de chacun, comme on fait un jeu de patience et sans s’inquiéter, par conséquent, d’alterner les joints qui se trouvent très souvent, de ce fait, superposés verticalement jusqu’à des hauteurs considérables. Cette disposition défectueuse, aggravée par un très mauvais liaisonnage, a, au moindre mouvement des fondations, découpé cette maçonnerie sans homogénéité en tranches verticales fort minces, indépendantes les unes des autres, et 'dont l’équilibre est compromis à la moindre occasion2.
- D’autre part, dans les monuments à cloîtres,
- 1 Sur ce roi et les suivants, Cf. Georges Maspero : L'Empire limer. Phnom-Penh, Imprimerie du Protectorat, 1904, p. 68 et sq.
- comme Angkor-Vat, ce mouvement des fondations a produit un tassement des galeries qui en a causé la ruine assez rapide alors que la partie principale de l’édifice demeurait très solide. Ces galeries sont composées (lîg. 1) d’une colonnade surmontée d’une voûte dont l’assise supérieure A s’engage dans le corps du bâtiment. La colonnade s’étant tassée par suite de l’affaissement des fondations, l’assise supérieure est descendue, reportant toute la charge des parties supérieures S sur les piliers P de cette colonnade. Il en est résulté un léger pivotement des assises qui, après avoir brisé tous les étrésillons E selon e, a tendu à rejeter la voûte en dehors et a accumulé la charge sur l’arête extérieure des piliers. Ceux-ci, généralement en délit, se sont fendus dans toute la hauteur ou ont éclaté sur toute la périphérie de la section, et se sont écroulés entraînant l’éboulc-ment complet de la galerie.
- Enfin, pour soulager les lourds linteaux de leurs énormes constructions, les Khmers y encastraient des pièces de bois dans des rainures ad hoc. Ce bois s’est pourri ou a été rongé par les insectes, et les linteaux, déjà affaiblis par le creusement de la rainure, se sont brisés pour la plupart, entraînant le désordre ou la ruine des maçonneries supérieures. C’est ainsi qu’une grande quantité de portes ont perdu leur fronton monumental.
- b) Ces dégradations, dues aux vices de construction, ont été grandement aggravées du fait du climat. Les pluies, très violentes en ce pays, ont désagrégé et emporté le ciment qui servait de liaison très imparfaite à ces constructions et que les mouvements de la maçonnerie avaient déjà fendu, mis à nu et effrité en partie. La poussière s’est amassée dans, les fentes, des graines y ont poussé qui ont pénétré leurs racines dans les moindres interstices. Celles-ci, en croissant, ont soulevé les blocs, disjoint les murs, causé d’énormes lézardes, culbuté dés pans entiers d’édifices, et la forêt, couvrant les ruines de ses ombres humides, les mine lentement par la base.
- c) Le fait des hommes n’est pas moins grave. Non seulement ils ont, dès le xve siècle, complètement abandonné Angkor à l’envahissement de la forêt et à l’invasion des chauve-souris dont le guano ronge lentement la pierre, mais encore ils ont mutilé les statues des divinités qu’ils n’adoraient plus, renversé les stèles qui témoignaient de droits de propriété, démoli des bâtiments entiers pour en employer les
- 2 Sur l’état des ruines, cf. le rapport de M. Parmentier, chef du Service technique de l’École Française d’Extrême-Orient au directeur de cette école.
- jorlncipaf i
- (///A Coupe, io m.açamier’i.esin.grèâ
- Coupe. c£t» maçonneriesamomle.
- Fig. i. — Appareillage des galeries d’Angkor- Val.
- ( Voir le texte.)
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- matériaux à la construction de leurs pagodes, et les plus ardents à cette oeuvre de destruction ont été précisément les bonzes, qui auraient dû en assurer la conservation1.
- Oii voit, dès lors, les mesures à prendre pour mettre, ces monuments à même de résister à Faction du temps et des hommes.
- 11 faut tout d’abord les dégager de la forêt. C’est, à vrai dire, un travail des plus délicats. S’il est saris danger d’abattre un arbre qui cache la vue d’un
- édifice sans en al- ,.....'______1..........J.........
- teindrélesoeuvres : . , ,7: : !
- vives, il n’en est ; > ‘ ; ;
- pas de même lors- j ' "
- que ses racines : S 77 ’ ’ * ' ' :
- enserrent et assu- ;
- rent la stabilité ; ^
- des maçonneries qu’elles ont disjointes et. soulevées : leur arrachement .pur et simple amènerait F écroulemen t immédiat de l’édifice et le bris des pierres qui le composent. Dans ce cas, il faudra faire un levé exact de la partie dégradée, numéroter soigneusement chaque bloc dont un s igné,f marquera la lace’exté-rieure et le haut’ ou le bas, dès-cendre tous ceux dont l’abatagè de l’arbre amènerait la chuté, arracher la racine, nettoyer la cavité, la combler avec un blocage de béton, remettre : les blocs (>n place, puis cou- ' ’
- vrir les raccords et les joints de cimentages à pentes qui, en petites surfaces, ne se fendillent pas et sont facilement lavés par les pluies torrentielles du pays. Pour assurer la: parfaite homogénéité des blocs ainsi replacés, on pourra les lier entre eux et avec les parties saines par des crampons de fer noyés dans une alvéole déciment.
- Ce travail entraînera, pour certains monuments, leur réfection complète : ainsi du Bayon, le plus somptueux,; le plus étonnant qu’ait produit le génie
- 1 A Angkor-Yat, ils ont culbuté toutes les balustrades’et en ont employé les dés comme marchepied de leur maison ou comme soubassement, en rangées, à leurs modernes Bouddhas.
- Fig. 2. — Réfection de la grande Chaussée d’Ang-kor-Vat. Au fond, la porte de Vënceinte extérieure
- khmer1. Le travail sera considérable; il n’est pas impossible. J’ai assisté, en 1900, à Luxor, aux travaux que le service des antiquités de l’Égypte avait entrepris pour assurer la conservation de la salle hypostyle du Grand Temple de Kàrnak dont la stabilité se trouvait compromise par les infiltrations du Nil ; tous les blocs, en constituant les colonnes et les linteaux, ont été descendus, nettoyés, puis remis en place un à un, après réfection complète des fondations, les linteaux absents remplacés par dés
- ...................1..,...; poutres en béton
- à ; . armé;je suisper-
- , ; ' é ; suadé que le
- même travail peut
- ' r ‘ être exécuté, dans
- ; des conditions différentes, à Ang-kor-Thompour le Bayon, et donner des résultats tout aussi satisfaisants.
- Le désouche-ment terminé, il faudra obvier aux vices de.construc-tion. Les bois, dont la disparition a causé le bris des linteaux qu’ils devaient soulager, seront avantageusement remplacés par des poutres en béton armé qui trouveront léur logement dans les rainures mêmes laissées vides par leur disparition ; on procédera ensuite au remontage des parties supérieures affaissées ou disloquées. Enfin, pour les parties dont l’écroulement est
- dû à un seul vice de construction, telles les galeries latérales, il sera facile, les blocs se trouvant presque toujours à l’endroit même où ils sont tombés, de procéder à la réfection dans les conditions indiquées plus haut.
- Pour ce qui est du fait des hommes, une surveillance effective pourra seule y remédier et l’installation d’un gardiennage s’impose dès aujourd’hui.1
- Le programme est vaste à se limiter au seul groupe d’Angkor : Angkor-Thom n’enferme pas moins de
- 1 Le Musée du Trocadéro en possède une reconstitution en maquette très intéressante et des moulages fort bien faits.
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- Fig. 3. — Le grand escalier d’Angkor-Vat après débroussaillemenl et déblaiement.
- Fig. 4. — Soubassement du monument d’Angkor-Vai mis à jour par les récents travaux de déblaiement.
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- trente édifices en son enceinte de 12 kilomètres de tour ; Angkor-Yat, avec ses bassins, ses chaussées, ses enceintes, ses pavillons annexes, couvre une sur-• face de plus de 2 kilomètres carrés; et Bakeng, Prah-Khan, Ta-Prohm, Neak-Pean, Ta-Keo, Banteai-Kedei sont des monuments dont quelques-uns s’étendent sur des centaines de mètres de façade. Il est gigantesque s’il englobe Beng-Mealea, le merveilleux palais de Jayavarman II, Prah-Khan, Prah-Yihear qui érige ses terrasses sur les flancs des monts Dangrêks, Phnom -Chisaur, le temple de Bas-sac et tant d’autres aussi intéressants qu’Angkor, mais que leur éloignement fait plus inaccessibles.
- L’Ecole française d’Extrême-Orient qui en reçut mission de M. le gouverneur général de l’Indo-Chine, en a cependant assumé la tâche et commencé l’exécution. Son directeur, M. Maître, confiait, dès le mois de décembre 1907, cà M. Jean Commaille, qui, depuis, a été nommé « conservateur d’Angkor », le soin d’entreprendre les premiers travaux de débroussaille-ment et de réfection1.
- Son premier effort s’est attaché à débarrasser Angkor-Thom de la brousse qui l’encombre. Il a nettoyé les cours en laissant debout les arbres de haute futaie, dont l’effet pittoresque si heureux donne aux ruines un caractère tout particulier ; dégagé les abords des principaux édifices ; entrepris le débrous-saillement sommaire des avenues intérieures. Ce premier travail a permis de juger les rapports de position et d’importance des monuments entre eux;
- 1 Par arrêté du 12 novembre 1907, le Gouverneur Général de rindo-Cliine adjoignait à la mission de Lajonquière MM. les lieutenants Buat et Ducret et les chargeait d’établir une carte détaillée et précise de la région d’Angkor. Leur travail, exécuté à l’échelle de 1/20 000e, est en voie de publication.
- c’est ainsi qu’il a été reconnu que le Bayon occupait le centre géométrique du quadrilatère formé par l’enceinte d’Angkor-Thom, que les quatre portes monumentales de cette enceinte et les avenues qui y aboutissent parlent du centre de chacune des façades du Bayon, et que la cinquième est exactement daps l’axe du Phimanacas. Il a fait découvrir, en outre, des monuments restés jusqu’ici inconnus : tel ce Bouddha couché, de près de 150 mètres de long, sur la face ouest de Ba-Phuon, où il a remplacé toute
- une galerie infé-
- ' . . . < ** ”7] rieure1.
- j M. Commaille a v . ] entrepris ensuite
- I la réfection d’Ang-
- kor-Yat. Mieux conservé, moins envahi par la végétation, c’est aussi le monument le plus facile d’accès et qui produit sur le touriste l’impression la plus profonde. Il a nettoyé la chaussée principale et a procédé à une réfection partielle de son dallage (fig. 2) qui était, pour sa plus grande partie, en assez bon état. Il en a dégagé les murs de soutènement, et, dans les déblais,a retrouvé la presque totalité des blocs qui constituaient les balustrades en forme de naga (serpent) dont les 7 têtes se dressaient à l’entrée principale et au sommet des escaliers conduisant delà chaussée aux jardins inférieurs. Il se propose de les remettre prochainement en place, et la grande avenue qui mène de la porte monumentale au temple lui-même, reparaîtra bientôt telle qu’elle était aux anciens jours, quand le cortège du roi y déroulait ses files d’éléphants et ses théories de danseuses.
- Il a, par la suite, déblayé les cours de l’étage intermédiaire du temple des brousses et des terres qui s’y étaient accumulées depuis des siècles, et mis ainsi à jour les fines sculptures du soubassement du
- 1 Construit avec des matériaux empruntés à ce monument, il est de date très postérieure.
- Fig. 5. — Naga à sept têtes. On 'voit les éléments de son corps, formant balustrade, retrouvés dans les déblais du mur de soutènement de la chaussée d’Angkor-Vat.
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- INSTANTANÉS EN COULEURS AU MAGNÉSIUM ============= 59
- groupe central, dont nous donnons ici une photographie (fig. 4). Il a remis en place les pierres de ce soubassement qui en étaient tombées et rangé les blocs culbutés suivant leur face intéressante, le long des soubassements. des galeries extérieures, afin de dégager le monument lui-même (fig. 3).
- Nos photographies montreront mieux que toute description le travail accompli par M. Commaille, qui lutte, seul et sans crédits suffisants, contre la forêt et la ruine. Elles feront ressortir aussi ce qui reste à faire et l’étendue de l’œuvre entreprise. Elle ne peut être menée à bien qu’avec de l’argent, beaucoup d’argent, et je ne saurais mieux faire que
- répéter ici l’éloquent appel de M. Pierre Mille1 : « Jamais argent ne sera mieux employé, et, je l’avoue, c’est un peu pour avoir cet argent que j’écris. La Société d’Angkor qui vient de se créer est pauvre. Elle se compose de quelques enthousiastes et aussi d’humbles Cambodgiens qui ont tenu à donner leur obole pour ces palais qui virent la gloire de leurs ancêtres. Est-ce qu’il ne se trouvera pas quelques généreux donateurs pour les aider? Il s’agit d’assurer la conservation d’une des merveilles du monde2 ».
- Georges Maspero,
- Administrateur des Services Civils de l’Indo-Chine.
- INSTANTANÉS EN COULEURS AU MAGNÉSIUM
- La photographie dans les intérieurs, et notamment au théâtre, a pris une grande extension depuis le jour où l’on eut l’idée d’employer la lumière produite par la combustion rapide du magnésium finement pulvérisé. De très nombreuses poudres existent à cet effet : les unes, ne contenant que du magnésium pur, sont destinées à être projetées dans une llannne; les autres contenant du magnésium mélangé à un comburant, qui produira l’oxygène activant la combustion, sont enflammées soit avec une amorce de fulminate, soit avec une mèche de coton-poudre. Dès que MM. Lumière eurent mis dans le commerce leur remarquable plaque autochrome, permettant de reproduire toutes les couleurs du sujet photographié, on essaya naturellement l’emploi du magnésium pour obtenir des portraits à l’intérieur des appartements; mais les résultats furent nuis ou très mauvais. Cela tient à plusieurs causes, dont les deux principales sont : l’insuffisance de la lumière donnée par la poudre et le mauvais choix de la coloration de l’écran d’objectif.
- 11 faut non seulement que la poudre employée produise un éclair très lumineux et très actinique, mais aussi très rapide afin que le sujet ne ferme pas les yeux. Il résulte, en effet, des études faites par M..À. Tonde sur la rapidité de combustion des poudres à base de magnésium, que les yeux ne se ferment. qu’après 1/12 de seconde; il faut donc avoir une poudre qui brûle complètement en un laps de temps inférieur à cette fraction de seconde. Il faut, en outre, que la lumière soit d’une coloration telle qu’elle puisse impressionner la plaque ; mais à cette condition se trouve intimement liée celle de l’écran coloré à interposer entre l’objectif et le sujet photographié.
- Un amateur photographe très artiste et en même temps très habile, M. Pavie, s’est parfaitement rendu compte des conditions qu’il fallait remplir pour obtenir des instantanés au magnésium sur les plaques autochromes et il s’est adressé aux deux spécialistes qui pouvaient le mieux, par leurs études antérieures, résoudre ces deux questions de la poudre et des écrans. L’un, M. H. d’Osmont, a depuis déjà longtemps composé une poudre, à base de magnésium et de phosphore, qui brûle en un temps extrêmement court ; il l’a modifiée de manière à lui donner le degré d’actinisme convenant aux autochromes. L’autre, M. Montpillard, bien connu par ses travaux sur l’orthochromatisme, après avoir étudié spécialement le spectre donné par la poudre d’Osmont, a combiné un écran jaune verdâtre à base de jaune de quinoléine, de bleu de Hoescht et d’esculine qui ne laisse passer que les
- rayons lumineux correspondant aux couleurs réelles des objets photographiés.
- Avec ces deux collaborateurs, M. Pavie a pu obtenir des résultats surprenants; il a pu fixer sur la plaque, avec toutes leurs couleurs, des sujets en mouvement tels que : un homme fumant une cigarette et lançant une bouffée de fumée; une danseuse exécutant un pas de caractère.
- Pour obtenir des photographies de ce genre, il est nécessaire d’employer un objectif à grande ouverture; nous avons vu des épreuves suffisantes obtenues avec une ouverture de F : fi,3 et 0,10 gr. de poudre; mais une ouverture plus grande est préférable. Pour fixer les idées à ce sujet nous dirons que M. Pavie a employé un objectif (Lucidior de Duplouich) ouvert à F : 4,5 pour obtenir un personnage en pied sur plaque 9x12, en plaçant le sujet à 3 m. de l’appareil. La poudre d’Osmont, dite poudre Idéal, n’explose pas par le choc, elle peut donc être transportée sans danger. Voici la meilleure disposition à adopter pour utiliser cet éclairage.
- On répartit la charge de poudre, 0,10 gr. ou plus suivant l’intensité à obtenir, sur une longueur d’environ 0,40 m. dans une gouttière métallique derrière laquelle on met une feuille de zinc nickelé formant réflecteur. Afin de mieux harmoniser l’éclairage, et de lui enlever toute dureté, on place à environ 0,50 m. en avant de la gouttière un écran, de 1 mètre de côté, en batiste blanche très fine qu’on pourra pour plus de sûreté ignifuger en le passant dans une solution de borax, puis en la laissant sécher. Le sujet est placé à environ 2 m. de cet écran diffuseur et il est bon de mettre de l’autre côté, et à la même distance, un autre écran, mais opaque celui-là, destiné à former réflecteur et à éviter des ombres trop accentuées ; une étoffe blanche jetée sur un paravent remplit très bien cet office.
- On opère ensuite comme pour les photographies au magnésium ordinaire, c’est-à-dire qu’on peut laisser toutes les lumières allumées ; on ôte le bouchon de l’objectif au moment où on allume la poudre et on le referme aussitôt. Si on utilise une amorce au fulminate pour
- 1 Les Palais d’Angkor, par Pierre Mille, Le Temps du 20 mai.
- 2 Cette Société, dont le Président est l’éminent orientaliste, M. Sénart, membre de l’Institut, a son siège social à Paris, et se recrute par voie de cotisation annuelle de 5 francs au moins. Pour les adhésions et tous renseignements s’adresser au secrétaire de la Société, M. L. Finot, directeur adjoint à l’École des Hautes-Études, 11, rue Poussin, XVIe.
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- AUTOMOBILISME AGRICOLE
- allumer la poudre, en se servant du dispositif spécial combiné par M. d’Osmont, on peut, au moyen d’un tube en y, agir en même temps sur l’obturateur et sur le déclenchement du percuteur.
- La possibilité de faire des instantanés dans les appartements augmente considérablement le champ à explorer dans le domaine du portrait en couleurs. Jusqu’à présent, même dans un atelier bien éclairé, il était réservé aux personnes qui peuvent rester immobiles pendant une
- vingtaine de secondes; pour les enfants il fallait opérer en plein air et parfois au soleil. Or, le portrait gagne beaucoup en intérêt quand le sujet est représenté dans le milieu même où il vit, avec les objets qui l’entourent habituellement. Aussi est-il à prévoir que ce procédé va donner un nouvel essor à la photographie des couleurs (pu, avec la nouvelle méthode de développement que nous avons indiquée récemment, est bien maintenant à
- (i. Maiuîsciiac.
- la portée de tout le monde.
- AUTOMOBILISME AGRICOLE
- L’introduction de l'automobilisme dans l’agriculture a donné lieu à diverses combinaisons mécaniques dont le moteur est l’âme. On a cru, et beaucoup de constructeurs croient encore, que les outils actuels employés pour le labourage peuvent être actionnés sans inconvénient par le moteur à explosions, lequel serait également chargé du déplacement du véhicule. Une telle conception ne peut donner d’excellents résultats; c’est pourquoi nous avons assisté à l’éclosion de deux systèmes bien différents : les tracteurs et les treuils qui se concurrencent avec aussi peu de succès l’un que l’autre. C’est que l’on a conservé la charrue antique, telle qu’elle a été imaginée alors que l’homme n’avait d’autre moteur que le cheval. Envisageant la question sous un autre jour, certains constructeurs estiment que la traction mécanique ne saurait s’appliquer aux anciens outils, et que les socs de charrue tels que nous les connaissons doivent être radicalement transformés. C’est là une grosse innovation qui, en principe, peut rallier beaucoup de suffrages ; mais il demeure évident que la forme de ces outils doit faire l’objet des plus méticuleuses recherches suivies d’expériences très nombreuses.
- La laboureuse automotrice Landrin, exposée pour la première fois au dernier concours agricole, est une conception parfaitement révolutionnaire. Les socs sont remplacés, en effet, par un groupe de calottes sphériques en tôle mince et fortement aplaties, animées d’un mouvement de rotation qu’elles reçoivent de leur axe commun. A première vue on ne saisit pas très bien comment ces sortes de cuvettes métalliques peuvent retourner la terre après l’avoir tranchée et soulevée. Cependant le travail est assez simple : chaque calotte commence par couper la terre par sa tranche antérieure ; comme
- elle tourne pendant sa progression vers l’avant, la terre vient au contact de sa partie arrière et se trouve soulevée d’abord, puis ensuite rejetée sur le côté absolument dans les mêmes conditions, paraît-il, que si l’opération était due à un soc de charrue ordinaire. On pourrait craindre une usure rapide de ces sortes de disques concaves ; il n’en est rien, leur résistance au frottement aussi bien qu’aux
- chocs est parfaite. D’ailleurs on les remplace très facilement sur leur arbre.
- L’emploi de ces socs d’un nouveau genre a permis de construire une machine très légère dans laquelle la plus grande partie de la force motrice est transmise aux outils. C’est là un avantage très précieux qui supprime l’emploi de tracteurs lourds, comprimant le sol devant la charrue et qui exigent parfois, pour leur déplacement, les trois quarts de la puissance motrice disponible. La partie mécanique a donc été établie en vue de ce labourage très moderne ; elle diffère totalement de tout ce qui a été construit dans ce genre jusqu’ici, et, pour cette raison, elle mérite d’être étudiée dans ses grandes lignes.
- Le châssis, en acier, repose sur les roues par l’intermédiaire de ressorts. Les roues d’avant ont leurs rayons faits de barres métalliques et leur jante a une largeur de 6 cm. seulement. Par contre celles d’arrière sont plus larges : 20 cm. de jante portant des saillies qui pénètrent dans le sol et assurent la propulsion ; deux séries de rayons tangents relient cette jante à l’essieu. L’avant de la voiture se présente à peu près sous l’aspect normal d’une voiture automobile ordinaire avec le radiateur-réservoir à l’avant. Le moteur, par contre, est placé de telle sorte que son arbre occupe une position transversale par rapport à l’axe du véhicule. Il est à deux cylindres verticaux et à soupapes com-
- Fig. i. — Les calol les ou disques de labourage de la charrue Landrin.
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- AUTOMOBILISME AGRICOLE
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- mandées el lait 15 CV1. L’arbre porte, à côté du volant, un pignon denté sur lequel passe une chaîne qui le relie à un second arbre, transversal également, et solidaire du changement de vitesse planétaire qui donne l’embrayage en même temps. Les deux vitesses du véhicule sont commandées par un levier à la main et aucune pédale n’existe sous les pieds du conducteur. Les commandes sont donc réduites au minimum strictement indispensable.
- Toutes les transmissions s’eiïêetuent ici par pignons et chaînes ainsi que nous allons le voir. L’arbre de la boîte des vitesses porte un pignon rendu solidaire, par une chaîne, d’une grande roue dentée dont l’arbre a reçu le différentiel; d’autres pignons transmettent enlin, aux roues arrière, le mouvement qu’ils ont reçu convenablement démultiplié. Voilà pour assurer la propulsion du véhicule.
- La rotation est également communiquée aux calottes de labourage par l’intermédiaire d’une chaîne
- disques, devant être relevées lorsque le véhicule se rend à son lieu de travail, on a imaginé un système de levage extrêmement simple et ingénieux.
- On voit, sur nos photographies, que l’arbre de ces disques repose sur un cadre très solide attaché au châssis du tracteur, à l’arrière. Ce cadre est mobile autour d’un de ses côtés. La manœuvre s'effectue à l’aide de deux montants verticaux portant deux câbles reliés par une chaîne passant sur un pignon calé sur un arbre. À l’aide d’un volant spécial, le conducteur agit sur cet arbre, lait tourner les pignons et la chaîne tire sur les montants. Ln mouvement de bascule se produit et les disques sont soulevés de la quantité voulue par le conducteur. Pour les amener au contact du sol, de même que pour régler la profondeur du labour, on agit sur le volant en sens inverse.
- En agriculture on doit pouvoir, autant (pie possible, utiliser à plusieurs usages la force motrice
- Fig. 2. — La nouvelle charrue automobile Landrin.
- qui relie au pignon spécial, calé sur l’arbre du différentiel, avec un autre appartenant à l’axe même de ces calottes métalliques et dont il est solidaire par un joint de cardan. La présence de ce joint est nécessaire, car les outils occupent une position inclinée par rapport à l’axe de la voiture. Ce n’est pas sans raison que toutes les transmissions du mouvement ont été réalisées par des chaînes ; celles-ci, en effet, par leur souplesse, mettent le mécanisme moteur complètement à l’abri des chocs provenant soit de la route, soit du labourage. De plus, les réparations de chaînes ne nécessitent pas de connaissances spéciales alors qu’il n’en est plus de même lorsqu’une réparation est devenue nécessaire dans un mécanisme compliqué.
- Cette laboureuse a été étudiée très patiemment et avec une connaissance parfaite des nécessités auxquelles elle doit se prêter. C’est ainsi que les calottes de labourage, que l’on peut comparer à des
- 1 CV veut dire chevaux, abréviation française qu’il serait au moins logique d’adopter plutôt que celle de HP qui ne veut rien dire en français.
- alfectée à un travail spécial. M. Landrin a prévu la possibilité de placer une plate-forme sur le châssis de sa laboureuse. On forme ainsi un petit camion que l’on peut employer au transport des denrées, et qui rendra de grands services dans une exploitation agricole. De plus, le moteur peut actionner tous les instruments en usage courant dans les fermes : hache-paille, pompes, etc. ; il suffit, pour cela, de passer une courroie sur la poulie calée dans ce but sur l’arbre vilebrequin. Attelé à une moissonneuse-lieuse, en supprimant la transmission que celle-ci porte entre la roue et le mécanisme, le tracteur entraînera directement le mécanisme au moyen d’une chaîne passant sur un des pignons. Cette utilisation spéciale, que nous signalons entre beaucoup d’autres, est particulièrement intéressante et donne à la moissonneuse-lieuse un rendement maximum.
- La laboureuse Landrin est donc, plus qu’une laboureuse; c’est une machine agricole universelle presque ; elle ne supprime pas l’outillage courant, mais elle sait lui venir en aide lorsque son travail propre est terminé. Lucien Fournier.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 juin 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- Antivirulence des humeurs des animaux vaccinés. — M. L. Camus adresse une Noie traitant de l’influence du temps sur l’activité des humeurs des animaux vaccinés et de l’immunité relative des tissus. Les liquides de l’organisme immunisé ne sont pas tous doués de la propriété de détruire le virus qui a immunisé. Le sérum est très antivirulent ; le liquide céphalo-rachidien et l’humeur aqueuse sont à peu près sans action. Quand reflet se prolonge, la répartition de la substance bactéricide ne s’uniformise pas. Les humeurs très bactéricides conservent leur pouvoir; celles qui sont inactives restent inactives. Pour que l’organisme soit complètement réfractaire, il ne suffit pas que le sang soit bactéricide ; il faut que cette propriété atteigne une certaine valeur. Les tissus redeviennent réceptifs alors que le sérum est encore bactéricide. Les organes baignés par des humeurs non bactéricides restent réceptifs pour le virus. La cornée des animaux ne s’immunise jamais par le seul fait d’une forte immunité générale; mais, en rendant l’humeur aqueuse bactéricide par des injections de sérum dans la chambre antérieure de l’œil, on l’immunise. Cette immunisation passive est purement locale. Le reste de l’organisme 11’y a aucune part ; seule la cornée de l’œil traité se montre réfractaire au virus. O11 peut donc dire que, dans le processus de l’immunisation vaccinale, le mécanisme humoral tient une place prépondérante.
- Le rhume des foms. — M. Delage présente une Note de M. P. Bonnier sur le rhume des foins. L’auteur rappelle que le pollen des graminées est le plus souvent étranger à l’apparition des crises de cette allée lion, car il en est qui ne se produisent qu’en mer ou sur la neige, ou sous l’influence de divers excitants, à des dates qui ne coïncident pas avec l’époque des floraisons. Cette aflèction est un trouble bulbaire défini, un affolement de certains centres nerveux sécrétoires avec hypéresthésie des muqueuses exposées et réflexes spasmodiques d’expulsion, dont l’ensemble constitue une véritable diathèse qui s’associe fréquemment à d’autres déséquilibres, entre autres à la diathèse arthritique. Le traitement doit chercher à rétablir l’équilibre bulbaire et à rompre en même temps la susceptibilité muqueuse. Il consiste le plus souvent à pratiquer, en des points bien définis, de minuscules cautérisations de la muqueuse nasale. Ces cautérisations produisent des effets sédatifs tout opposés à ceux que provoquent les fortes cautérisations auxquelles on doit les échecs nombreux de cette méthode.
- Le tremblement de terre du 11 juin. — M. Michel Lévy fait connaître les résultats tirés par M. P. Lemoine, d’une étude des particularités du récent tremblement de terre du sud-est de la France. l)e l’étude d’ensemble du phénomène, il résulte que l’épicentre affecte une forme elliptique orientée de l’est à l’ouest et coupée en deux parties à hauteur de la ville d’Àix. La partie orientale est celle qui présente les dégâts les plus considérables. L’auteur a noté encore que toutes les façades des maisons détruites regardent le sud, comme s’il y avait eu une poussée du sud. M. Douvillé revient sur les particularités de ce tremblement de terre avec une note de M. le colonel Jullien. En marquant sur la carte les localités 1 es plus éprouvées, l’auteur a constaté qu’elles se trouvent sur les bords présumés d’un ancien lac ou sur ceux
- de son déversoir, dans le bassin rhodanien. A l’est, au point où le lac recevait probablement son alimentation, se trouvent Peyrolles et Meyrargues ; vers le sud, les Venelles et certains quartiers d’Aix ; au sud, les Eguilles et Sainl-Cannat ; à l’ouest, à l’entrée probablement du déversoir, Lambesc; sur le déversoir,Pelissanne et Salon; au nord, Rognes, Pertuis et d’autres villages. Le village de Puyrieard, où l’on signale des dégâts matériels importants, est au centre du lac. D’une étude approfondie des terrains occupés aux époques géologiques par le lac, l’auteur conclut : 1° que les sédiments calcaires d’un lac ont d’abord une tendance à résister aux pressions latérales et à s’exhausser en bloc, lors des premiers mouvements sismiques qui suivent la disparition du lac. Puis ils se tassent, se disloquent et s'effondrent sous l'effet des mouvements nouveaux ; 2° que les? contours calcaires de ces lacs au contact des sédiments plus plastiques sont, avant les tassements délinitifs, les points de l’écorce terrestre relativement dangereux.
- Découverte de comète. — M. Baillaud annonce qu’une comète a été découverte à Marseille le 14 juin au matin par M. liorelly. Celle comète se présentait sous la forme d’une nébulosité de i'oiï' de diamètre alors à l’est des pléiades. Elle était animée d’un rapide mouvement de translation vers le JN.-E. Elle a été trouvée en Amérique le 15 juin.
- Nouveau galvanomètre. — M. Bouly décrit le principe d’un galvanomètre pour l’étude des courants alternatifs, imaginé par M. Guinchanl, professeur à la Faculté de Caen. Ce galvanomètre se compose de deux bobines rectangulaires. Une lame de fer doux dirigée par l’une des bobines, celle qui est à gros fil, est déviée par la 2° bobine qui est à fil fin. L’une des bobines produit donc le champ, l’autre la déviation. L’appareil est construit en vue des courants alternatifs et, suivant que le décalage produit par la 2° bobine est plus petit ou plus grand que m, la déviation se fait dans un sens ou en sens contraire.
- Géologie de l’île d'Elbe. — M. Fermier poursuit l’exposé de ses récentes observations sur la géologie de File d’Elbe. Cette île est un pays de nappes tout comme la Corse orientale et l’on y peut reconnaître trois nappes superposées, c’est-à-dire trois séries de terrains en superposition par charriage. La nappe profonde est formée de granité, de gneiss, de trias et d’éocène; la nappe intermédiaire de terrains métamorphiques (schistes lustrés). La nappe supérieure est formée d’une série sédimentaire non métamorphique assez complète allant du silurien à l’éocène. Dans la nappe profonde les roches sont fréquemment écrasées. Les surfaces de charriage entre les nappes montrent souvent des brèches de friction.
- Géologie de la Grèce. — M. Fermier présente ensuite une Note de M. Negris sur les brèches de friction qui abondent dans les surfaces de charriage du Péloponèse. il fait remarquer à ce propos combien, d’un bout à l’autre de la Méditerranée, ces phénomènes se ressemblent.
- L’azote dans les feuilles. — M. A. Gautier résume un travail de M. André sur la quantité d’azote contenue dans les feuilles des châtaigniers. La quantité d’azote aminé dans la feuille verte croît en même temps que se
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- développe la feuille jusqu’au moment de la lloraison. Il y a alors uu arrêt, puis, après la lloraison, la teneur en azote augmente de nouveau jusqu’à la chute des feuilles. M. André pense qu’au moment de la lloraison l’azote aminé est consommé par la plante. Quant à l’origine de cet azote qui ne peut être tiré des sols sableux dans lesquels croissent les châtaigniers, il pense qu’il provient des matières organiques absorbées par les mycorbizes qui existent sur les racines.
- Constitution de la pseudo-morphine. — M. Maquenne présente une Note de MM. Gabriel Bertrand et Y. Meyer sur la constitution de la pseudo-morphine. La morphine est transformée par l’action d’un ferment oxydant, la tyrosinase, en un alcaloïde non toxique, la pseudo-morphine, que l’on trouve parfois dans l’opium. Cet alcaloïde serait formé par l’union de deux molécules de morphine avec perte pour chacune d’un atome d’hydrogène non phénolique. Cu. de Yilledeuil.
- FILTRE MÉTALLIQUE A INTERSTICES RÉGULIERS ET ULTRAMICROSCOPIQUES
- Le liltre que nous allons décrire présente un caractère fort original : son élément essentiel est, en effet, une simple spirale de nickel enroulée autour d’un cylindre percé de trous qui contient le liquide ;i filtrer. Ses inventeurs affirment que ce système donne d’excellents résultats et nous allons voir qu’en elfet il repose sur une étude approfondie du mécanisme de la filtration.
- En quoi consiste cette opération? à éliminer les fines particules et les microorganismes que peut
- Fig. i. — La spirale qui forme l'élément filtrant du filtre Gobbi.
- contenir un liquide. Les divers procédés en usage ont, sur la stérilisation par la chaleur, la grande supériorité de ne point altérer les liquides : l’eau bouillie devient indigeste; la bière, le vin, etc., ne supportent pas une température supérieure à 50 ou 60°. Mais les dispositifs empiriques utilisés encore actuellement pour les opérations de filtrage présentent divers inconvénients assez graves. Ainsi, les pores d’un filtre usuel ont des dimensions très irrégulières, même si l’on considère Ceux en porcelaine, dont le type est le filtre Chamberland. Leur structure n’est jamais bien homogène, et la vie d’un filtre d’un type donné est chose très variable d’un exemplaire à un autre. On se sert également de matières végétales, tissus, laines, agglomérés, scories, etc. Les tissus, spécialement, demandent des montages et des démontages longs et délicats, se déchirent souvent; le lavage en est difficile et ne peut être fait qu’après démontage ; ils finissent toujours par être le siège de fermentations ou oxydations qui communiquent aux liquides des goûts ou des avaries caractéristiques.
- Les appareils ainsi constitués s’obstruent rapidement et doivent être souvent remplacés, ce qui augmente considérablement le prix des liquides traités. Deux ingénieurs, MM. E. Gobbi et E.-ll. Taine, qui s’occupaient de l’étude des appareils à filtration pour l’hygiène et l’industrie, se sont demandé s’il ne serait pas possible de rendre la filtration plus sûre, plus facile et moins coûteuse.
- Le problème se posait ainsi :
- Employer des matières autres que les matières poreuses, soit minérales, soit végétales. Choisir des matières inaltérables, résistantes et d’un prix de revient permettant la construction économique de ces appareils. Disposer l’ensemble d’un appareil de manière à le mettre par un simple lavage et sans aucun démontage en état de parfait fonctionnement. Enfin lui assurer une longue durée.
- Ce problème parait, à première vue, difficile à résoudre, mais si on veut lui prêter quelque attention et se demander en quoi consiste la filtration, on trouve que, entre les infiniment petits qui constituent un liquide (nous voulons parler de ses molécules) et les microorganismes infiniment petits, de toute nature, qui s’y trouvent en suspension, il y a des différences volumétriques considérables.
- Prenons comme exemple deux corps imperméables et supposons que nous puissions façonner à chacun d’eux une surface parfaitement plane, il est hors de doute qu’une fois que nous aurons mis en contact ces deux surfaces, elles seront à ce point de contact
- Fig. 2. — Coupe très grossie montrant 2 spires A, A' superposées et les interstices üllrants.
- aussi imperméables que dans le reste de leur masse. Le procédé de Gobbi et Taine consiste à disjoindre, mais de distances microscopiques, ces deux surfaces et, dans l’interstice ainsi créé, à faire circuler le gaz ou le liquide à purifier; l’éloignement sera juste assez grand pour laisser passer la molécule liquide, mais trop faible pour permettre aux particules vivantes ou autres de passer avec le liquide.
- On a construit d’abord un appareil très simple se
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- prêtant à l’étude expérimentale du principe : il était constitué par un disque en nickel pur creusé de manière à obtenir à sa périphérie une saillie circulaire. Cette saillie venait en contact avec un disque plan et était maintenue par une vis de pression. O11 faisait pénétrer le liquide à filtrer à travers l’interstice circulaire ainsi ménagé.
- On aura une idée immédiate de l’efficacité du filtre lorsqu’on saura qu’il clarifie une solution d’encre de Chine à 2/1000; aucun filtre en matière poreuse ou autre ne retient les globules colloïdaux de cette solution aqueuse.
- MM. Gobbi et Taine, devant ce premier résultat satisfaisant, ont perfectionné leur procédé et, après quelques expériences, ils se sont arrêtés au dispositif suivant, qui paraissait devoir satisfaire à tous les desiderata de régularité dans le débit et de perfection dans la stérilisation. Prenant un fil en nickel pur de section ronde, ils lui donnent une section rectangulaire en le faisant passer entre les deux cylindres d’un laminoir dont le poli est poussé aussi loin que possible, condition assez aisée à remplir, car il n’était besoin que d’une petite surface, le ruban à laminer n’ayant que 15/JO de large. On fait ensuite passer ce ruban dans un autre laminoir dont l’un des deux cylindres porte à sa surface, et suivant son axe, des rainures angulaires distantes de 2 millimètres les unes des autres et d’une profondeur de 5 micromillimètres environ.
- La pression à laquelle sont soumis les cylindres déforme le métal du ruban et l’oblige à venir prendre la forme des rainures du cylindre; on obtient ainsi un ruban de longueur indéterminée ayant des saillies
- angulaires d’un seul côté et sur toute sa longueur. On comprend que, si l’on superpose deux de ces rubans en appuyant les saillies de l’un sur la surface plane de l’autre (fig. 2), on obtiendra une série d’interstices ayant la hauteur des saillies. Ce sont ces minuscules intervalles, tous rigoureusement identiques les uns aux autres, qui constituent la partie opérante du filtre. 11 ne reste plus maintenant qu’à enrouler le ruban ainsi préparé, de manière à obtenir
- un cylindre qui s’enfilera sur un tube cannelé, fermé d’un côté par un chapeau métallique retenant la spire; de l’autre côté est disposé ,[ un plateau muni d’une vis de serrage qui comprime les spires les unes contre les autres et assure leur contact. On est arrivé, avec ce dispositif, à retenir, non seulement les microbes, mais aussi les anilines colloïdales qui servent à teindre ces microbes alin de les rendre visibles au microscope. (Voir à ce sujet la communication faite à l’Académie des Sciences, présentée par M. l)as-tre, le 26 avril 1909).
- Nous ne pouvons décrire ici les expériences faites avec ces appareils au point de vue industriel. Cela nous obligerait à sortir de notre cadre et à traiter d’applications trop spéciales, mais les résultats obtenus laissent concevoir de belles espérances. Cet appareil si simple a demandé six années d’études, de recherches et d’essais, et fait grand honneur à ses inventeurs.
- R. Villers.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 3. — Le filtre Gobbi, prêt à être mis en service. Le cylindre, qui semble parfaitement uni sur la figure, est formé par les spires fortement serrées les unes contre les autres dont les interstices seuls laissent suinter Veau comme dans un filtre à bougie. — Fig. 4. — Le cylindre supportant la spire filtrante. L’eau sort par les trous et, 11e pouvant s’échapper par les cannelures fermées hermétiquement à leur base, est obligée de traverser les interstices microscopiques de la spire métallique qui, en se serrant, constitue le cylindre extérieur de la figure 3.
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- LA NATURE. - N° 1884.
- 3 JUILLET 1909.
- Se plaindre des falsifications, des fraudes de produits alimentaires est une chose absolument courante de nos jours. 11 est évident qu’il y eut, dans cet ordre d'idées, des abus invraisemblables : cependant, et il est bon que le public le sache, depuis un certain nombre d’années, soit sous la pression de l’opinion, soit par suite des elïbrts des producteurs honnêtes qui sont plus nombreux qu’on ne le croit généralement, soit enfin par la contrainte des lois et des règlements qui furent édictés, il s’est produit une amélioration des plus considérables dans la qualité des denrées diverses livrées à la consommation.
- En particulier le pain, cet aliment complet, base de notre alimentation nationale, est peu à peu
- valeur intrinsèque que nous consommons en général actuellement, est due aux efforts constants et énergiques dn Syndicat de la Boulangerie de Paris qui possède une installation des plus intéressantes et des plus scientifiques.
- 11 peut ainsi non seulement poursuivre la fraude qui se fait de plus en plus rare, mais demander à la meunerie de livrer aux boulangers des farines de qualité déterminée.
- En dehors de son remarquable laboratoire de chimie, il possède des fournils avec fours d’expériences et, de plus, une très curieuse machine, reproduite par la gravure ci-dessous et qui permet de faire des essais pratiques et comparai!fs de farines.
- Appareil du Syndical de la Boulangerie de Paris pour les essais comparatifs des farines.
- devenu un produit très nutritif, débarrassé de certaines substances nocives ou indifférentes, telles que le talc et la sciure de bois de peuplier et de hêtre, ou de farines qui, pour être propres à la consommation, telles que les farines de riz, de maïs, de seigle, etc., ne sont cependant pas des farines de froment. Entre les farines de froment elles-mêmes il y a des différences importantes qui influent de manière considérable sur la qualité et même sur la quantité du pain produit, car il ne faut pas croire que la même quantité de farine, quelle que soit cette farine, pétrie avec le même poids d’eau, fournisse la même quantité de pain : bien au contraire des différences très sensibles peuvent se produire qui proviennent de la qualité de la farine, spécialement de sa teneur en gluten, ainsi que de la manière dont la pâte a été plus ou moins bien pétrie.
- Une grande partie des progrès réalisés dans la production du pain agréable au goût et de haute
- 37e année. — 2= semestre.
- Une roue unique, mue à bras d’homme par une manivelle, met en mouvement un arbre central qui commande douze petits pétrins métalliques solidement fixés sur une grande table de métal. À l’aide de deux embrayages on peut grouper les pétrins quatre par quatre au cas où l’on ne voudrait pas procéder à douze essais simultanés et semblables, ce qui n’est pas toujours le cas.
- Ces petits pétrins ont environ 50 à 60 cm. de diamètre et sont tous rigoureusement égaux par leurs dimensions : de même, la pièce métallique destinée à travailler la pâte pendant la rotation du pétrin est exactement la même pour chacun des appareils. En somme, pour tous les douze pétrins, il y a similitude absolue du travail effectué, à moins que l’on ne désembraye un ou deux groupes. De cette façon, il est possible de faire, sur douze échantillons différents de farines,, des essais de panification absolument semblables. On peut aussi, pas suite de
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- cette division en trois groupes facultativement indépendants, travailler pendant des temps différents les diverses pâtes faites avec la même farine.
- Grâce à cette machine on a pu effectuer des expériences intéressantes sur l’importance que présente la proportion du gluten dans la farine. En effet, une farine qui ne présente pas un minimum de 7 1/2 pour 100 de gluten est déjà défectueuse; mais, si la proportion tombe en dessous de 7 pour 100, alors les pâtes relâchent et manquent de corps : les ouvriers boulangers se plaignent amèrement de la grande difficulté de leur travail. Au contraire, avec 8 1/2 pour 100 de gluten, la pâte se prépare très bien et donne un bon rendement en pain.
- 11 résulte d’ailleurs des travaux de M. Fleurent ijue 1 pour 100 de gluten sec dans là farine procure une augmentation de 5 kg de rendement en pain. Autrement dit, si l’on prend le môme poids, 100 kg, de deux farines dont l’une titre 7 pour 100 et l’autre 8 pour 100 en gluten, la seconde fournira au boulanger 5 kg de pain de plus que la première. Pour le consommateur également la proportion de gluten dans le pain a une grande importance puisque c’est le gluten qui représente les matières azotées dans la farine.
- C’est pour cette raison qu’il existe actuellement un fort courant d’opinion qui pousse les boulangers à payer leur farine selon leur teneur en gluten. Le fait peut paraître curieux quand on sait que les farines sont actuellement achetées au poids, en tenant compte à peu près uniquement de leur provenance et de leur mouture.
- Cependant ne voit-on pas tous les jours les sucreries acheter les betteraves d’après leur titre en saccharose? Dès qu’arrive à l’usine un chargement de betteraves, les chimistes prélèvent des échantillons et titrent la quantité de sucre qu’ils renferment et qui fixera le prix d’achat. Les vins ordinaires du Midi sont achetés à tant par degré d’alcool. Les engrais également et quantité d’autres pro-
- duits sont payés selon leur teneur en substances utiles.
- L’achat des farines d’après la quantité de gluten contenu se comprend d’autant mieux que la teneur des blés tendres français est très variable : selon les années elle peut aller de 6 à 10 pour 100 en raison des inlluences climatériques et aussi par suite de la tendance, fort compréhensible d'ailleurs, des cultivateurs qui recherchent les blés à grand rendement.
- Or, on a observé que la quantité de gluten produite par une surface déterminée de terrains est fixe, que le blé cultivé soit à petit ou à grand rendement. Par conséquent, dans le premier cas on obtient peu de blé, mais très riche en gluten, tandis que c’est l’inverse qui Se produit dans le second cas.
- Le laboratoire du Syndicat de la Boulangerie de Paris, dont les services techniques sont sous la haute direction de M. Arpin, le savant chimiste-expert, fait pour les adhérents toutes les analyses dont ils ont besoin. Car, outre les fraudes possibles et qu’il faut déceler, le gluten à doser, etc., il existe encore dans la farine un élément qui joue, au point de vue commercial, un rôle important, c’est l’humidité.
- La farine, corps très hygrométrique, absorbe et perd avec la plus grande facilité l’humidité atmosphérique. La proportion d’eau varie entre 13 et IG pour 100; elle est de 13 pour 100 en été, de 10 pour 100 en hiver. Aussi un boulanger qui achète en été 100 sacs de farine ayant 17 pour 100 d’humidité, au lieu de 13 pour 100 maximum qu’elle devrait avoir, achète donc 400 kg d’eau qui, au prix moyen de la farine, 50 francs les 100 kg, lui coûtent 120 francs!
- Sans faire une étude approfondie de l’analyse si délicate des farines, on comprend facilement combien l’organisation scientifique du Syndicat est utile aux boulangers de Paris : il convient de l’en féliciter d’autant plus que les consommateurs profitent directement de toutes les améliorations qui concernent soit la qualité de la farine, soit les procédés de panification. Louis Serve.
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- On sait quelle course effrénée pousse les grandes Compagnies de navigations soucieuses à juste titre d’attirer le client, c’est-à-dire le voyageur, à lui offrir toujours plus de bien-être, plus de luxe.
- Les passagers, soumis à cet entrainement intensif, qui n’a d’ailleurs rien pour leur déplaire, veulent aujourd’hui trouver à bord des navires auxquels ils confient leur précieuse personne, tout le confortable, toutes les facilités de la vie auxquels ils sont habitués à terre.
- On peut même dire qu’un bon nombre desdits passagers, accoutumés sur le plancher des vaches à une existence modeste deviennent, par le fait de poser le pied sur un pont de navire, et pour tout ce qui touche à leur bien-être, d’une exigence bien surprenante.
- Parmi les derniers raffinements récemment inventés pour satisfaire ces exigences, il en est un bien fait pour porter le trouble dans les idées que les esprits simplistes possèdent sur la stabilité d’un navire à la mer.
- On a beaucoup plaisanté autrefois dans la marine, une gracieuse souveraine qui, ayant visité l’École Navale, installée comme chacun sait, à bord d’un vieux vaisseau Bottant sur les eaux souvent agitées de la rade de Brest et désireuse de laisser aux « bordadtiens » un souvenir durable de sa visite, avait demandé au commandant si l’installation d’un billard dans la batterie haute du vaisseau produirait l’effet désiré.
- Elle n’avait pas réfléchi que l’horizontalité, in-
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- dispensable pour pratiquer ce jeu, était incompatible avec, les mouvements souvent violents, toujours appréciables d’un navire. La souveraine en question était cependant un précurseur !
- Voilà, en effet, que l’idée du billard maritime, qui prêtait à rire vers 1860 devient à peu près réalisable en 1909; et, de nos jours, un paquebot (pii se respecte et qui déjà possède une salle de théâtre, une autre pour les jeux de « babys », un gymnase complet pour les adultes, et une piscine où coule constamment l’eau douce, pour permettre aux amateurs de natation de tirer leur coupe, se devra désormais d’offrir aux fervents du carambolage le moyen de se divertir.
- in-
- duire cet elïet. De plus, même dans ce dernier cas, elle se meut doucement et régulièrement, comme si elle bottait dans un récipient clos.
- La table a (lig. 5) munie de ses bandes, et recouverte suivant la tradition de l’indispensable tapis vert est jixée sur deux poutrelles bb placées à ses
- deux extrémités et transversalement à sa grande dimension. Chacune de ces poutrelles porte en son centre un pivot, par le moyen duquel elles reposent sur une longrine dd (lig. 3) placée suivant le grand axe de la table.
- La pièce dd porte elle-même un axe de rotation qui passe par son centre suivant le petit axe de la table. Cet axe oscille par ses extrémités sur deux
- Le billard maritime (d'après Shipping Illuslraled).
- Une maison de Londres a imaginé et fabrique actuellement un genre de billards destiné à la navigation. Tout naturellement ce billard est construit de façon à rester insensible aux mouvements de tangage et de roulis et à conserver en toutes circonstances une horizontalité parfaite.
- C’est la table elle-même, qui par un procédé mécanique et automatique garde cette horizontalité, pendant que l’encadrement qui l’entoure et les pieds qui le fixent au pont du navire en suivent les mouvements.
- crapaudines boulonnées sur le pont du navire. En somme l’ensemble du système est suspendu « à la cardan » de façon à pouvoir garder son horizontalité quels que soient les mouvements, combinés ou non, que le tangage et le roulis impriment au navire.
- Un système de contrepoids et de ressorts ee (lig. 2) contre-balance les effets d’inertie. Enfin les pivots sur lesquels jouent les différentes pièces de
- Voici une description sommaire de cette curieuse installation.
- La table proprement dite, placée dans un cadre lixe, est disposée de telle façon qu’elle peut se mouvoir, par rapport à ce cadre, dans toute espèce de direction ; mais elle n’est pas suspendue si légèrement que le moindre contact ni même la pression de la main qui s’appuie sur elle pour servir de support à la queue maniée par le joueur puisse la faire mouvoir ; les oscillations du navire seul peuvent pro-
- l’appareil sont montés sur billes, de façon à éliminer les frottements dans la plus grande mesure possible,
- Tel est cet appareil éminemment ingénieux, mais dont la complication paraît un peu grande pour un simple jeu.
- Sauvaiue Jourdan,
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- UNE TURBINE MINUSCULE — LA TURBINE « ELECTRA »
- La Nature a déjà décrit une turbine à vapeur gigantesque, de 12 000 chevaux (n° 1855, 12 déc. 1908); le faible encombrement des turbines, d’autant moindre, à proportion, que la puissance est plus grande, et la simplicité des organes en mouvement,
- poussent, en effet, les constructeurs à réaliser des unités aussi puissantes que possible. Par contre, il semble que les types en laveur aujourd’hui se prêtent peu à la construction d’unités réduites, et qu’alors les avantages essentiels de la turbine disparaissent.
- La nouvelle turbine, dite Électra, que nous allons décrire, présente un dispositif original qui lui permet précisément de s’adapter aux faibles puissances et de bénéticier encore des avantages indiqués ci-dessus : réduction de l’encombrement et du poids. 11 existe des turbines Electra de 10 chevaux à peine et de dimensions minuscules.
- Pour bien l'aire comprendre en quoi consiste leur mécanisme, il nous faut rappeler les principes essentiels du fonctionnement des turbines à vapeur. On sait que ces machines se partagent en deux grandes catégories :
- 1° Turbines à réaction, du système Parsons, où la vapeur arrive à demi détendue sur les aubages et agit à la fois par sa pression et sa vitesse.
- 2° Turbines à action, genre de Laval, où la vapeur arrive sur les aubages tout à fait détendue, animée d’une grande vitesse, de sorte qu’elle n’agit que par sa force vive.
- Dans la turbine Parsons, une centaine de disques munis d’aubes sont calés sur le même axe. La vapeur est dirigée sur les aubes du premier disque par des contre-aubes d’un premier distributeur,
- passe dans le distributeur suivant qui la dirige sur le second disque, et ainsi de suite. Il y a donc une détente progressive, très rapide d’ailleurs (un cinquantième de seconde environ suffit pour le parcours total). L’arbre fait entre 10 000 et 50 000 tours par minute, pour une consommation de 15 kg de vapeur par cheval-heure. Le principal inconvénient de l’appareil est dans le jeu qu’il faut laisser entre les parties fixes et les disques mobiles : une certaine quantité de vapeur se rend donc d’un distributeur à l’autre sans traverser les aubes du disque intermédiaire. A ce défaut s’ajoute celui d’une usure rapide, qui rend l’étanchéité plus difficile encore à maintenir.
- Dans la turbine de Laval, la vapeur, avant d’agir sur les aubes, se détend sans travailler dans une ou plusieurs tuyères. Ses molécules prennent ainsi une grande vitesse, et, comme les molécules d’eau dans les turbines hydrauliques, viennent frapper les aubes sous un angle très faible, de manière à perdre le moins possible de leur force vive. D’ailleurs le profil des aubes est calculé de telle sorte que, pour les parcourir, les molécules de vapeur doivent changer le sens de leur mouvement d'une façon presque complète; elles sortent donc à peu près sans vitesse. Ici la vapeur n’agissant pas sous pression, le problème du maintien de l’étanchéité ne se pose plus. La vitesse des molécules de vapeur qui s’échappent sous pression dans l’air par un orifice étroit est considérable : elle atteint 1200 mètres à la seconde environ pour 10 atmosphères, la vapeur étant surchauffée à 250°, et la pression dans le condenseur s’élevant à 1/10 d’atmosphère. La vitesse de rotation de l’axe reste encore très élevée (de 7500 à 50000 tours par minute).
- Mais à de telles allures, les effets de la force centrifuge sont à redouter. En outre, le moindre défaut de centrage occasionne des vibrations. D’où de grandes difficultés pour le constructeur. Qn a obtenu de bons résultats en employant un arbre flexible, qui protège les supports, pourvu que sa période propre de vibration dépasse de beaucoup le temps d’une révolution complète. Mais on a surtout cherché à construire des turbines à plusieurs étages de près-
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- UNE TURBINE MINUSCULE
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- sion, dont chacun comportait à son tour plusieurs étages de vitesse, cl autant de disques qu’il y avait de ces derniers. De là une complication assez grande, ne permettant d’établir que des turbines d’une puissance considérable (de 1000 chevaux au moins).
- Nous arrivons maintenant au dispositif Eleclra imaginé depuis peu par M. Kolb, de Nancy, dispositif qui se prêle aussi bien aux petites qu’aux grandes puissances (de 5 chevaux à 10000). Au-dessus de 50 chevaux il permet de réaliser une économie de vapeur sur les autres turbines, avec une vitesse de rotation ne dépassant pas 500 tours par minute.
- La turbine est a simple » ou « compound » suivant (pie la puissance à réaliser est inférieure ou supérieure à 50 chevaux.
- Dans le premier cas, la vapeur amenée par un tube d’admission pénètre dans deux tuyères. Elle s’y détend jusqu’à la pression du condenseur et vient agir sur les aubes d’une roue mobile; elle détermine ainsi une rotation dont le sens est, sur la figure 1, celui des aiguilles montre. On ne se contente pas de ce premier elï'el, car pour obtenir un bon rendement il faudrait alors que la roue eût une vitesse périphérique considérable, soit 400 mètres par seconde environ. Aussi, après avoir traversé les aubes, la vapeur^arrive dans une pièce fixe, appelée clarinette, qui la ramène sur les aubes de la roue mobile. La vapeur les traverse donc une seconde fois ; elle est recueillie par une deuxième clarinette, traverse une dernière fois les aubes et se rend au condenseur. On dit que la turbine comporte quatre chutes de vitesse, car la vitesse de la vapeur, au lieu de tomber d’un seul coup de 1200 mètres par seconde au chiffre juste suffisant pour l’arrivée au condenseur, diminue d’un quart à peu près à chaque traversée des aubes. De cette façon, la vitesse périphérique de la roue s’abaisse à 100 mètres par seconde, soit le quart de celle que nous avons indiquée comme vitesse minimum compatible avec un bon rendement dans une turbine à effet unique, — ce qui réduit beaucoup les difficultés de construction. — Puisque la vapeur arrive d’une façon continue et traverse quatre fois les aubes, il y a toujours à un instant donné quatre couples moteurs qui agissent de concert : aussi pour développer une puissance égale, la turbine Électra doit tourner seulement à une vitesse quatre fois moindre que celle d’une turbine ordinaire.
- soit 100 grammes par cinq. Chaque roue est traversée trois fois parla vapeur. La première comporte deux jeux de clarinettes; la seconde en comporte quatre. Les tuyères de détente à haute pression sont situées dans l’appareil ; les autres en dehors; la vapeur qui remplit la turbine est à la pression intermédiaire.
- L’emploi des deux chutes de pression, pour les puissances supérieures à 50 chevaux, se traduit par une économie notable, grâce à la diminution de vitesse de la vapeur. Dans les turbines, une des perles d’énergie les plus importantes est due, en effet, au frottement du fluide sur les aubes et sur les parois des conduites ; cette perle est sensiblement proportionnelle au carré de la vitesse. En employant deux chutes de pression, il est possible d’abaisser la vitesse de 1200 à 850 mètres par seconde; les pertes se
- 850*
- trouvent donc réduites dans le rapport soit
- 1 12002
- 1
- à peu près De la sorte, la consommation d’une
- turbine compound de, 100 chevaux ne dépasse pas
- Fig. 2. — Coupe de la turbine « Eleclra » simple. Les flèches indiquent le trajet de la vapeur, arrivant sur les'aubes de la roue mobile après détente dans les tuyères (que Von voit à la périphérie de celle roue); et ramenée trois fois sur ces aubes par les clarinettes.
- Pour les puissances supérieures à 50 chevaux, on emploie deux chutes de pression. L’appareil comporte alors deux roues mobiles montées sur le même arbre : la première fonctionne pour une détente de de 10 kg à 1,100 kg par cinq; la seconde pour la détente de 1,100 kg a la pression dans le condenseur,
- 7,200 kg de vapeur par cheval-heure, tandis que celle d’une turbine simple de 10 chevaux est de 15 kg dans les mêmes conditions.
- La vapeur surchauffée doit être employée de préférence, non seulement pour des raisons d’économie,
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- 70 ======== EXTRACTION DE L’ESSENCE DE TÉRÉBENTHINE
- mais aussi parce qu’elle est tout à fait sèche, tandis qu’avec la vapeur saturée, les gouttelettes provenant de-la condensation peuvent détériorer à la longue les organes sur lesquels frotte la vapeur : en particulier les aubes.
- Les turbines Electra, comme les autres turbines à vapeur, ont sur les machines à piston cet avantage que l’on peut pousser aussi loin (pion le veut la détente ; dans ces dernières machines il n’en est pas
- ainsi, car les dimensions des cylindres sont forcément limitées. Mais ce qu’il importe surtout de signaler, c’est le parti que l’on peut tirer de ces appareils lorsqu’on n’a besoin que d’une puissance réduite : par exemple dans les groupes électrogènes à vapeur de 40 à 200 kilowatts. On a même construit des turbines de ce genre réversibles, pour la commande des hélices.
- Étienne Maigre.
- f,r '
- L’EXTRACTION DE L’ESSENCE DE TEREBENTHINE DES BOIS RESINEUX
- par chauffage électrique
- En France, on obtient l’essence de térébenthine en distillant la résine qui exsude des arbres résineux après qu’ils ont été incisés. Depuis quelques années, aux Etats-Unis, on la prépare en chauffant directement le bois de ces arbres.
- Ce procédé a Davantage de respecter les arbres et de permettre d’extraire la résine de déchets qui autrement sont presque sans valeur. Son application toutefois se heurte à une difficulté. Les points d’ébullition des hydrocarbures contenus dans les arbres résineux sont compris entre 130° et 250°, et c’est la fraction de ces hydrocarbures distillant entre 155 et 170° qui constitue l’essence de térébenthine commerciale. Si on , dépasse très peu 170°, si on atteint 175°, par exemple, on obtient une essence de térébenthine qui ne peut plus être employée sans inconvénient en peinture, car elle ne s’évapore plus entièrement à la température ordinaire ; elle laisse un résidu visqueux qui ne se résinifie que très lentement. Or, il est extrêmement facile de dépasser la température limite quand, pour extraire la térébenthine, on chauffe le bois résineux par les moyens ordinaires. D’autre part, si on ne chauffe pas assez, le rendement est trop faible.
- On vient d’installer à Vancouver (Colombie britannique, Canada) une usine capable de traiter plus de 10 stères de bois par jour (ce sont des résidus de scieries, notamment de la sciure) dans laquelle les inconvénients précités sont totalement évités. Pour cela, les cornues dans lesquelles se fait la distillation sont chauffées électriquement.
- Voici, d’après un mémoire de M. T. Snyder, présenté le 30 avril dernier à la réunion de Y American Electro-Chemical Society, comment l’opération est conduite.
- La maçonnerie du four comporte un certain nombre de cavités oblongues disposées en batterie dans lesquelles sont placés les fonds de cornues en fonte. Ces fonds sont munis à leur partie supérieure d’un rebord en forme de gouttière dans lequel vient s’adapter la partie supérieure de la cornue également en fonte. Cette partie supérieure renferme le bois à traiter retenu par-dessous au moyen d’une grille; elle s’enlève facilement au moyen d’un treuil, pour être remplacée par une autre contenant du bois frais, quand celui qu’elle contient est carbonisé, la gouttière périphérique contient du goudron et forme joint hydraulique. Les vapeurs distillées s’échappent par un conduit mobile en cuivre dont est munie la partie supérieure.
- Le chauffage est produit par le passage d’un courant à 110 volts dans des bandes de fer forgé placées parallèlement dans la maçonnerie au voisinage des fonds des cornues.
- Le courant est réglé indépendamment pour chaque cornue et les variations de température sont suivies attentivement au moyen de deux pyromètres thermo-électriques placés l’un au centre de la cornue, l’autre sur son fond.
- Au moment où on introduit le bois frais, la maçonnerie a été préalablement chauffée à 250°; pendant 2 heures, on continue à faire passer le courant : la température s’élève alors au centre jusqu’à 130°; on arrête le courant, la température continue à s’élever dans la cornue encore pendant deux heures (jusqu’à 170°) par suite de l’absorption de la chaleur emmagasinée dans la maçonnerie.
- Quand la température de 170° est atteinte au centre de la cornue, au moyen du treuil on enlève brusquement la partie supérieure de la cornue et on la place sur la partie inférieure d’une cornue adjacente préalablement chauffée; puis, on continue à chauffer jusqu’à ce que l’intérieur atteigne 375°; on extrait ainsi les carbures à point d’ébullition élevé, en même temps qu’une abondante quantité de goudron.
- Le résidu de la distillation est une sorte de charbon de bois assez compact qui constitue encore un assez bon combustible parce qu’il a été refroidi à l’abri de l’air pendant trois heures dans la cornue autour de laquelle on a cessé de faire passer le courant. On le fait tomber facilement en ouvrant la grille inférieure. C’est sur le fond de cornue duquel provient le charbon de bois qu’on place le bois frais.
- Au total, une opération complète dure douze heures ; elle permet de retirer 90 à 95 pour 100 de l’essence de térébenthine trouvée à l’analyse dans le bois. Une tonne de bois fournit 60 litres de térébenthine, 160 kg de produits résineux (colophane), 40 litres d’huiles lourdes, 65 kg de goudron et 325 kg de charbon de bois. Chaque cornue contient en moyenne 500 kg de bois et consomme 90 kilowatts-heure, coûtant 0,90 fr. pour une opération complète.
- Evidemment le procédé n’est économique que si l’énergie électrique est à très bon marché, c’est-à-dire si elle est fournie par des chutes d’eau comme c’est le cas à Vancouver.
- E. Lemaire.
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- LE PONT SUSPENDU DE MANHATTAN A NEW=YORK
- Deux ponts suspendus relient à l’heure actuelle les deux rives de l’East River qui sépare la ville de New-York de Long Island. Le premier est le ponl de
- Piles et cule'es. — Les piles en rivière fondées, au moyen de l’air comprimé, à une profondeur de 28 m. 66 au-dessous du niveau des eaux du fleuve,
- Fig. i. — Vue d'une pile en rivière el de son pylône pendant le montage de ce dernier. A l'arrière-plan on voit l'autre Pile en rivière située sur la rive opposée.
- Brooklyn, construit en 1885, et le second le pont de Williamshurgh dont nous avons parlé dans le n° du 26 mars 1904 de La Nature. Deux autres ponts sont en construction : le pont en cantilever de Blackwell dont nous avons eu l’occasion de dire quelques mots dans le n° du 6 mars 1909 de La Nature, et le pont suspendu de Manhattan dont nous nous occuperons dans cet article.
- Ce dernier se compose de trois travées : l’une centrale de 448 m. 55 de portée prenant appui sur deux piles en rivière et de deux autres latérales de 221 m. 12 d’ouverture reposant, à leurs extrémités, sur des culées. La longueur totale du pont se trouve être ainsi de 890 m. 60, non compris les approches. Ces proportions, on le voit, sont gigantesques et laissent pressentir toutes les difficultés que comporte la construction d’un tel édifice. Les détails ci-dessous les mettront mieux encore en évidence.
- sont formées, comme le montre la figure 5, à la partie inférieure, d’un massif de maçonnerie de 25 m. 79 de longueur sur 45 m. 92 de largeur.
- Ce massif, arasé à quelques mètres au-dessus du niveau des eaux, est surmonté d’un pylône métallique de 85 m. 91 de hauteur, dont le sommet se
- trouve à 98 m. 26 au-dessus des eaux du fleuve et sur lequel sont fixés les sabots servant de support aux quatre câbles de suspension du pont. Ce pylône (lîg. 5) se compose de quatre colonnes creuses de section en forme de caisson rectangulaire, ancrées à leur base dans le lut en maçonnerie et auxquelles on a dû donner une très grande résistance dans le sens longitudinal du pont, par suite du mode d’attache des sabots supportant les câbles de suspension au sommet de ces colonnes et dont nous parlerons tout à l’heure.
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- Torons en cours de fabrication V I *o
- .1. Cabie de suspension
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- Plate-forme
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- Fig. 2. — Coupe transversale des plates-formes de montage
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- 72 ..-..LE PONT SUSPENDU DE MANHATTAN A NEW-YORK
- Cos quatre colonnes, comme les câbles de suspension qu’elles supportent, sont espacées d’axe en axé. de 8 m. 54 entre les deux colonnes extrêmes et de 12 m.
- 20 entre les colonnes intérieures. Un fort entretoisement, formé de tirants et de diagonales, relie ces quatre colonnes et donne à l’ensemble du pylône une grande résistance transversale.
- Chaque colonne d’une largeur uniforme de 1 m. 52 dans le sens transversal du pont a, dans le sens longitudinal, à la base, une largeur de 9 m. 75 qui se réduit à la partie supérieure, à 5 m. 05.
- Au sommet, ces quatre colonnes sont reliées par un sommier très robuste auquel sont fixés, à la partie supérieure de chaque colonne, les sabots servant d’appui aux câbles de suspension.
- Le poids de chacun de ces pylônes est de 6500 tonnes.
- Le montage de ces pylônes (fig. 5) a été fait au moyen de grues prenant appui sur les pylônes et qu’on remontait au fur et à mesure du montage. Les différentes parties constitutives de l’ossature de ces pylônes, entièrement terminées à l’usine, étaient amenées, au moyen de chalands, au pied de la pile, puis élevées avec la grue sur le pylône et, enfin, mises en place.
- Les culées en maçonnerie qui doivent servir d’ancrage aux quatre câbles de suspension du pont et dont l’effort total de traction, dans les conditions les plus défavorables, atteint 50000 tonnes,
- ont une largeur de 55 m. 20, une longueur de 72 m. 28, une hauteur de 41 m. 17 au-dessus du
- sol et pèsent 255000 tonnes. Elles sont fondées sur pilotis.
- Câbles de suspension et tablier.— Les quatre câbles de suspension sont ancrés, comme nous venons de le dire, dans les culées et passent ensuite sur les sabots disposés au sommet des pylônes. Le plus généralement ces sabots, comme aux ponts de Brooklyn et de Williams-burgh, s’appuient sur des rouleaux qui permettent le déplacement des câbles sous l’action de la température ou des surcharges, en ne produisant sur les pylônes qui leur servent de support que des réactions verticales, sans aucun effort de flexion. Mais, contrairement à cette disposition, au pont de Manhattan, les sabots, comme nous l’avons dit plus haut, sont fixés au sommet des pylônes et les efforts dus aux variations de température et de surcharge se reportent horizontalement sur les pylônes qui, alors, subissent à leur partie supérieure, des déplacements, vers le milieu de la travée centrale, 4c 0 m. 15 à 0 m. 25 et, même dans les cas de surcharge exceptionnelle, atteignant 0 m. 65. Il en résulte dans les pylônes des moments fléchissants considérables qui, étant donné, en plus, l’ancrage de ces pylônes dans la maçonnerie de la pile, ont forcé de donner à ces pylônes, comme nous l’avons indiqué précédemment, une très grande résistance dans
- Fig. 3. — Montage d’une des pièces du tablier du pont.
- Fig. 4. — Plates-formes pour la fabrication et le montage des câbles. — Vue prise du sommet d’une pile. Au-dessous le tablier pendant son montage.
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- LE PONT SUSPENDU DE MANHATTAN A NEW-YORK
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- le sens longitudinal du pont et, par suite, augmenté notablement leur poids.
- L’acier qui constitue ces pylônes a une résistance à la rupture de 45 kg par millimètre carré et une limite d’élasticité de 23 kg par millimètre carré. Dans les conditions de surcharge les plus défavorables, le métal travaille sous un effort de 19 kg par millimètre carré. Les quatre câbles principaux, dont le poids total est de 6300 tonnes, ont un diamètre de 0 m. 53.
- Ils sont composés de 37 torons ayant 89 millimètres de diamètreetconte-nant chacun 256 fils, soit 9472 fils de 4,8 millimètres de diamètre pour chaque câble. La résistance à la rupture de ces fils est de 150 kg par millimètre carré et ces câbles, dans les conditions les plus défavorables, sont soumis à un travail de 51 kg par millimètre carré.
- Le tablier du pont est suspendu, au moyen de câbles verticaux, aux câbles principaux de suspension dans la travée centrale, aussi bien que dans les travées de rive. Il se compose de quatre poutres en treillis dites raidissantes (voy. n° du 26 mars 1904 de . La Nature)
- de 8 m. 54 de hauteur, placées dans le plan vertical des câbles de suspension. Deux planchers formés de pièces de pont et" de longerons sont établis, l’un à la partie supérieure des poutres, l’autre à la partie inférieure. Deux voies de chemin de fer sont placées sur le plancher supérieur et deux autres sur le plancher inférieur. Deux passages pour piétons de 3 mètres de largeur sont disposés en encorbellement et extérieurement aux poutres extérieures. Une voie charretière de 10 m. 67 de largeur est réservée au centre du tablier. La largeur totale de celui-ci est de 36 mètres.
- Fig. 5. — Plates-formes pour la fabrication cl le montage des câbles. Vue par-dessous.— On voit, au-dessous des plates-formes, les câbles verticaux destinés à soutenir les poutres du tablier dont une partie est déjà montée.
- Les semelles supérieures et inférieures des poutres en treillis du tablier sont en acier au nickel qu’on fait travailler à 28 kg par millimètre carré. L’emploi de ce métal, malgré son prix élevé, a permis de réduire le poids des poutres, de telle sorte que leur prix de revient est devenu inférieur à celui des mêmes poutres en acier ordinaire. Le poids total du métal mis en œuvre pour la construction du pont, y compris les chaînes d’ancrage, les câbles, les pylônes et
- le tablier est de 42000 tonnes.
- Montage des câbles et du tablier.— La fabrication et le montage des câbles de suspension présente certaines particularités intéressantes. Mais, comme ce montage est actuellement en cours et que divers détails d’installation sont encore imparfaitement connus, nous ne pourrons que décrire l’ensemble de ces opérations, nous réservant de revenir sur ce travail lorsque le pont sera entièrement terminé.
- Pour fabriquer les câbles de suspension et, en même temps, faciliter le travail des ouvriers, on a, tout d’abord, construit, au-dessous de chacun des câbles de suspension à fabriquer, une plateforme représentée sur la figure 3, s’étendant sur toute la longueur du pont et épousant la forme parabolique de ce câble. Ces plates.-formes, au nombre de quatre, sont supportées deux par deux par deux câbles provisoires espacés de 6 m. 71 et de 45 millimètres de diamètre (fig. 6). Tous les 5 m. 40, ces câbles sont entretoisés au moyen de madriers fixés aux câbles au moyen de boulons en forme de U. Les pièces d’entretoisement débordent de chaque côté les câbles et supportent, au moyen de longrines, le plancher de la plate-forme qui se trouve au-dessous de chacun des câbles de suspension. Ces plates-formes sont, en
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- L’IRRIGATION EN CHINE
- plus, consolidées dans le sens vertical par d’autres câbles de suspension qu’on voit sur la figure 5 et qui sont reliés à cette plate-forme par des câbles verticaux disposés à intervalles égaux. D’autres câbles, disposés au-dessous de la plate-forme, s’opposent aux mouvements d’ondulation soit transversales, soit longitudinales, que celle-ci pourrait prendre sous l’action d’un vent violent.
- Pour fabriquer les câbles on amène, au moyen de machines disposées à cet effet, chacun des fils composant un des torons du câble, d’une culée à l’autre, en les faisant passer sur des poulies disposées sur des échafaudages construits provisoirement sur les culées et sur les piles. Lorsque les 256 fils qui constituent un toron ont été ainsi prépa-
- rés, on les règle et on les amène ensuite sur les sabots des culées et des piles qui doivent leur servir de support définitif. Les autres torons sont fabriqués de la même façon et, lorsque les 57 torons qui constituent chaque câble sont terminés, on les réunit au moyen d’un appareil représenté figure 4, en leur donnant la forme circulaire et en les recouvrant d’une enveloppe en tôle d’acier, afin d’éviter les corrosions résultant des intempéries de l’atmosphère. Tous les 5 m. 40 sont disposées sur ce câble des attaches auxquelles sont fixées les tiges verticales supportant les poutres raidissantes du tablier. Le montage de ces poutres et du tablier ne présente plus aucune difficulté et s’achève par les procédés ordinaires. R. Ron.mn.
- Fig. 6. — Vue de la machine servant à terminer les câbles.
- L’IRRIGATION EN CHINE
- Le maraîcher chinois est justement réputé par sa sagacité et sa patience. Il sait tirer le maximum de résultats d’un minimum de circonstances favorahlcs.
- Dans les régions tropicales où il s’est introduit, à Panama comme à Singa-por, à Lima comme aux Antilles, il n’a pas tardé à monopoliser la petite culture. Il est la providence des commissaires de paquebots, qui comptent sur lui pour la fourniture de légumes frais, et dont il trompe rarement l’attente.
- Il faut voir à l’œuvre le paysan de la Chine centrale pour se rendre compte de l’ingéniosité qu’il apporte à la culture de ses champs. Les petits fermiers se groupent par associations dont le fonctionnement contribue au bien-être commun. L’excédent d’eau fourni par les crues des rivières est capté dans de vastes réservoirs qui le distri-
- buent pendant les mois de sécheresse au moyen d’un réseau de canaux. Cà et là, sur les rivages de ces fossés,
- se drossent d’étranges constructions qui ne laissent pas que d’intriguer le voyageur : ce sont des moulins-à-vent imaginés depuis des siècles par le fermier chinois pour irriguer ses rizières.
- La charpente, fabriquée de bambous, et de forme octogonale, supporte des ailes faites d’une natte très serrée, qui peuvent être orientées seltin la direction du vent à l’aide de cordages. Un système d’engrenages des plus primitifs actionne une chaîne sans fin pourvue d’augets. L’excédent d’eau déversé dans la rizière suit une pente naturelle et retourne au canal pour aller arroser d’autres champs appartenant à des membres de l’association.
- Foubin.
- Moulin-à-vent chinois pour l’irrigation des rizières.
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- DIVERTISSEMENTS FORAINS
- Les chevaux de bois et l’escarpolette sont aujourd’hui bien démodés, on les a remplacés par des jeux pour la plupart d’origine étrangère, qui pour être moins gracieux, n’en ont pas moins de succès auprès de la jeunesse actuelle. La boucle, qui consistait à laire décrire un cercle vertical complet aux
- place les amateurs d’émotions ; le wagonnet, retenu par des bras articulés, ne peut se déplacer que dans le sens vertical : il monte et il descend brusquement suivant la courbe rencontrée. Ailleurs on entre dans un labyrinthe obscur rempli d’embûches, telles que des trappes qui basculent ou s’enfoncent de
- Chemin
- Roue infernale
- Moulin
- Théâtre
- Fig. i. — Plan d’ensemble montrant les circonvolutions du chemin de fer et de la rivière.
- voyageurs placés dans un wagonnet, fut un des plus violents et n’était pas sans danger à divers points de vue, aussi a-t-elle rapidement disparu; mais d'autres restent et d’autres naissent tous les ans. On peut voir quelques spécimens en ce moment aux portes de Paris. Dans un terrain relativement restreint (fig. 1 ) on a accumulé une série de divertissements dont la plupart sont d’origine américaine. Le nom de Luna park donné à çet établissement provient probablement de ce qu’en anglais on appelle lunatic les aliénés et qu’il faut être quelque peu fou pour goûter ce genre de jeux. On y trouve notamment un escalier animé d’un rapide mouvement de va-et-vient, on ne peut le monter ou le descendre qu’en faisant involontairement des contorsions qui rappellent assez la danse des nègres. Plus loin une roue diabolique vous offre des secousses variées (fig. 2) ; elle est mue par un moteur électrique d’environ 25 chevaux et présente un profil des plus accidentés sur lequel reposent des galets formant les roues d’un wragonnet où prennent
- quelques centimètres sous le poids du passant; plus loin un violent courant d’air, produit par un ventilateur, vous enlève votre chapeau ou, surgissant de dessous le plancher, fait voler les jupes.
- Mais, pour les gens un peu moins fous, on a construit un grand water-chute constitué par un plan incliné à 45 degrés, du haut duquel on laisse glisser des bateaux chargés de voyageurs qui arrivent ainsi dans un lac où ils continuent leur course en douceur; les bateaux et les voyageurs sont hissés au sommet du plan incliné par des chaînes sans fin qui courent sur les côtés. On n’a pas oublié les montagnes russes, mais elles ont un développement inaccoutumé de près de 2 kilomètres. Pour obtenir cette longueur on a dû, ainsi que le montre le dessin ci-contre (fig. 1) leur faire décrire de nombreuses sinuosités avec des courbes très hardies : le parcours se fait au milieu de rochers artificiels qui peuvent donner l’illusion d’un chemin de fer de montagne. Bien que le profil de la voie soit des plus accidentés, avec des pentes de plus de 45 degrés en
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- LE DÉVELOPPEMENT DE BUENOS-AYRES
- certains points, le principe moteur n’est pas le même que celui des montagnes russes ordinaires qui n’emploient que la pesanteur, les rampes étant calculées de façon que la vitesse acquise à la descente suffise pour l'aire monter la pente suivante. Il n’en est pas de même ici où les voitures sont munies de moteurs électriques qui reçoivent le courant au moyen d’un troisième rail placé au milieu de deux autres ; il n’existe pas partout, mais seulement aux endroits où la vitesse acquise devient insuffisante pour assurer la marche. Pour fournir le courant à ce chemin de fer, ainsi qu’au reste de l’établissement, une sous-station importante de transformation de l’électricité a été établie pour faire du courant continu à 220 volts avec le cou-
- rant de haute tension fourni par le secteur. On a aussi pensé aux gens calmes et, pour eux, on a créé la rivière mystérieuse qui circule, tantôt à ciel ouvert, tantôt dans des grottes illuminées de couleurs variables, emportant des bateaux chargés de touristes.
- Ce qu’il y a de mystérieux dans celle rivière, c'est qu’elle a un courant d’environ 1,50 m à la seconde bien qu’elle soit fermée sur elle-même et que ce soit toujours la même eau qui serve ; la dépense eût été, en effet, trop considérable s’il avait fallu la prendre aux réservoirs de la ville.
- Le mécanisme est très simple ; il consiste à donner à l’ensemble du parcours, qui est d’environ 600 mètres, une différence de niveau très faible de 0,75 cm. Cela serait insuffisant pour obtenir un courant aussi rapide que celui qui existe; mais, au point de raccordement, on a établi un moulin qui n’a pas pour seul but d’ajouter au pittoresque du décor, ni de fabriquer du courant électrique comme pourrait le faire supposer la dynamo qui y est attelée.
- A l’encontre des moulins ordinaires, sa très large roue à palettes no reçoit pas son mouvement de l’eau ; elle est mue par la dynamo qui n’est autre qu’un moteur électrique de 30 chevaux recevant le courant de la sous-station dont lions avons parlé. Les palettes prennent l’eau en contrebas du point de raccordement et la remontent en lui imprimant la vitesse nécessaire pour que les bateaux soient entraînés; Quand ceux-ci arrivent au point le plus bas du parcours, ils sont pris par une chaîne sans lin qui leur fait franchir la petite différence de niveau.
- Cette roue, qui tourne en sens inverse de la soi-disant chute sur laquelle elle est placée, nous semble bien mériter un peu aussi le qualificatif de lunatic et, après tout, c’est peut-être bien elle qui a donné son nom à l’établissement.
- G. Ciialmarès.
- LE DÉVELOPPEMENT DE BUENOS=AYRES
- La République Argentine possède une capitale qui peut compter au nombre des grandes villes du monde, et par sa superficie, et par sa population. Buenos-Ayres dépasse aujourd’hui le million d’habitants, et, dans le court espace de moins de dix années, sa population a crû de près de 300 000 âmes. M. Alberto Martinez, directeur de la Statistique municipale, a publié sur ce sujet (avec le concours de plusieurs savants collaborateurs) un magnifique ouvrage intitulé « Recensement général de la ville de Buenos-Ayres )).
- Buenos-Ayres, qui occupe une superficie plus considérable que Paris, n’a été fondée que lé 11 juin 1580, par
- les soins du lieutenant gouverneur Jean de Baray, dans la baie de Sainte-Maric-des-Bons-Yents (de Buenos-Ayres) ; à la vérité, l’emplacement avait déjà attiré l’al-tention des conquérants espagnols, et, en fait, un établissement espagnol avait été déjà tenté bien des années auparavant. En effet, en 1535, Mendoza avait créé une première ville du même non (si cela pouvait s’appeler une ville), dans des terrains bas près du Rio de la Plata ; quelques maisons de terre avaient été élevées, un mur d’enceinte en terre également, haut de quelque 2 mètres pour 0 m. 80 d’épaisseur, était venu abriter des attaques possibles des indiens Querandis, qui se trou-
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- LE DÉVELOPPEMENT DE BUENOS-AYRES ..77
- vaient dans ces parages. L’existence des colons fut bientôt précaire, car les Indiens ne tardèrent pas à en venir aux hostilités, à la suite sans doute de pratiques comme celles qui se sont reproduites si souvent dans la conquête de l’Amérique. Et iinalement, après des jours de siège et de famine, les Espagnols s’embarquèrent sur les navires qui étaient demeurés dans la baie, et ce fut seulement après l’arrivée de secours et de provisions d’Es-
- l’époque de cette fondation, le terrain réservé pour la ville avait « 24 cadres » de façade pour une lieue de profondeur. Mais, au début, le tracé même de l’agglomération était bien loin de couvrir toute celle superficie qui était destinée à pourvoir aux besoins à venir, et la surface telle qu’elle était tracée ne dépassait pas 2 350 000 mètres carrés. Au milieu de la façade de la ville, sur le rivage de la baie, se trouvait naturellement
- NORD
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- Kilomètres
- Les développements successifs de Buenos-Ayres.
- le fort, qu’on voyait encore tel quel en 1794. Les plans de 1810 le montrent toujours. Il est assez amusant, dans ces vieux plans, de voir à quelle distance de l’agglomération était le rio Riachuelo, maintenant en bordure de la ville, et dont les alluvions ont sans doute formé l’ile (aujourd’hui reliée au continent) où sont installés les principaux ouvrages du port.
- En 1794 l’étendue nominale de la ville ne dépassait guère 6 millions de mètres carrés. La ville ne comptait guère que 40 000 habitants, vers 1801, 55 000 en 1822, 02 000 en 1836, pendant la dictature de Rozas; et c’est seulement en 1852, au moment où l’on entre dans une
- pagne que la ville put se relever quelque peu. D’ailleurs, en 1541, on se décidait à l’abandonner complètement. C’est ainsi que la fondation définitive n’eut réellement heu qu’en 1580, le gouverneur ayant soin de tracer immédiatement la ville, la « ciudad », puis le port, et de répartir les terres, du moins celles du centre de la nouvelle cité, entre des soldats qu’il avait amenés de l’Assomption, et qui devenaient des colons tout indiqués. 11 est curieux de, jeter les yeux sur le plan de cette répartition, car on y trouve cette division par rues se recoupant à angle droit, que l’on considère volontiers comme caractéristique seulement des villes nouvelles vankees. A
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- période de liberté et de régénération, que la population commence d’augmenter. En 1809, on atteignait déjà le chiffre de 178 000 habitants, et la superficie du mu-nicipe, mettons de la commune, s’élevait alors à 44 800 000 mètres carrés ; on relevait ensuite 455 000 âmes en 188 7 ; le dernier chiffre officiel de sa superficie est 100 millions de mètres carrés, autrement dit 19 000 hectares.
- La population au 51 août 1008 est de 1 159 770 habitants. La densité moyenne à l’hectare y est d’environ une cinquantaine d’habitants, tandis que la proportion correspondante est de 145 à Londres et de plus de 540 à Paris ; il y a encore de la place pour de nouveaux habitants, sans que l’on arrive, et heureusement, à cet encombrement de Paris, qui serait tout à fait intolérable sous un climat chaud comme celui de Buenos-Ayres. Cependant certains des vieux quartiers ont une densité très forte, qui s’élève en quelques points à 510 personnes ; par contre, dans certaines parties de la ville, on ne trouve encore que 5 à 5 habitants par hectare. Mutons comme détail caractéristique que, si Buenos-
- Ayres avait partout la densité moyenne de Paris, elle renfermerait une population de plus de 8 millions d’individus.
- Aujourd’hui, Buenos-Ayres est une immense ville moderne, dont les quartiers les plus anciens ont encore, il est vrai, des rues dont la largeur ne dépasse pas 11 vares, c’est-à-dire 10 mètres, mais les nouvelles voies ont toujours au moins 20 vares et souvent 50 ; ces rues ne sont plus en damier comme celles qui avaient été prévues au début, car à partir de 1810 surtout la fantaisie s’est donné libre carrière, un peu trop même, dans les tracés de rues nouvelles.Vers 1870, on a commencé à paver les rues, qui étaient auparavant à peu près des fondrières, et aujourd’hui le pavage soit sur sable, soit sur béton, ou encore le bois ou l’asphalte protègent plus de la moitié des voies de celte puissante agglomération. Disons encore que celle-ci a cet avantage d’avoir justement mérité le nom de « ville des tramways ». Le réseau, qui a un développement de 500 km., transporte annuellement 140 à 150 millions de voyageurs.
- Que nous sommes loin de la modeste ville de 1852, avec ses 70 000 habitants ! P. de Mékiel.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 juin 1909. — Présidence de M. E. Picard.
- Propriétés des venins de vipère et de salamandre. — M. Edmond Perrier présente une Note de Mm° Phisalix sur le mécanisme de l’immunité des serpents par rapport aux venins des batraciens et en particulier par rapport au venin de la salamandre terrestre. 11 résulte des recherches de l’auteur que c’est le venin lui-même, contenu dans les glandes et dans le sang des vipères, qui les protège. Ce venin, mélangé à la salamandrine, peut même protéger des animaux sensibles à ce poison, tels que le cobaye, contre les effets eonvulsivanls mortels de cette substance. C’est à l’antagonisme physiologique entre l’echidnotoxine, substance paralysante du venin du sang de vipère, et la salamandrine, substance convulsivante du venin laiteux de salamandre, que les serpents doivent leur immunité et non à une neutralisation chimique du poison. L’élucidation de ce mécanisme montre que la salamandrine, qui sous beaucoup de rapport se rapproche de la strychnine, est, quant à son action sur le venin de vipère, tout à fait comparable à ce produit qui a été préconisé et appliqué en Australie par Mueller, en 1888, pour combattre les accidents paralytiques auxquels les morsures de serpents donnent lieu.
- Origine des gaz volcaniques. — Lors de précédents travaux, M. A. Gautier a montré qu’en chauffant du granité, du porphyre ou d’autres roches ignées, à la température de 700° dans le vide, on en extrait de l’eau. Ce n’est point de l’eau de carrière, mais bien de Veau de constitution. Elle agit sur les sels ferreux et donne un dégagement d’hydrogène accompagné d’azote, d’acide carbonique, d’oxyde de carbone, de méthane et d’autres gaz dont l’oxysullure. Ces gaz représentent presque la totalité des gaz que rejettent les volcans. L’auteur en a conclu que les blocs de roches qui tombent par les fissures de l’écorce terrestre dans les profondeurs de la couche terrestre perdent cette eau de constitution dont le. volume est fort loin d’être négligeable, car un mètre cube de granité en contient 20 litres. Les gaz qui se produisent alors sont rejetés par les volcans. Pour vérifier cette conception, M. A. Gautier s’est rendu au Vésuve en
- 1900 et en 1907, pour effectuer des prises de gaz volcaniques. Cette opération délicate a été menée avec les précautions les plus minutieuses pour éviter l’introduction de gaz atmosphériques. Les flacons ont été apportés dépouillés de trace d’air et scellés après avoir été munis de tubes. Ces tubes ont été introduits dans les fissures, protégés par une cheminée de cendre et brisés. Les gaz recueillis ont été ensuite étudiés en laboratoire. De l’ensemble des opérations, il résulte que les gaz qui s’échappent d’une même fissure ont une composition qui varie d’un moment' à l’autre. Mais l’auteur a pu retrouver parmi eux tous les gaz fournis par le granité. L’oxysul-fure manquait, il est vrai, mais il a été trouvé par d’autres savants parmi les gaz volcaniques. D’ailleurs, M. A. Gautier découvrait les produits de la décomposition de ce gaz au contact de l’ammoniaque et de la vapeur d’eau, le sulfucyanurc d’ammonium et l’urée.
- Le sommeil. — M. Dastre résume un travail de M. Dubois sur le sommeil. L’auteur observe que chez les marmottes, pendant le sommeil hivernal, la lymphe s’accumule dans le péritoine. La lymphe ne retourne donc point aux vaisseaux pendant le sommeil hivernal. Parlant de ce fait, il conclut que le sommeil correspond à une déshydratation des tissus essentiels avec accumulation d’acide carbonique dans les tissus et dans le sang.
- La surface lunaire. — M. Baillaud présente une série de photographies de la lune exécutées à l’Observatoire de Paris par MM. Puiseux et Le Morvan. Ces photographies formeront le 11e fascicule de l’atlas lunaire. M. Puiseux a rédigé, pour être placé en tête de ce fascicule, un mémoire contenant ses observations sur les idées que suggère l’examen attentif de ces photographies. L’auteur remarque que, sous l’effet des pressions internes, l’écorce a dû sé diviser en fragments qui ont forcé les uns par rapport aux autres. Les fragments abaissés venant en contact avec des couches plus chaudes se sont dilatés et par réaction ont fait se . redresser les bords. Ainsi les points les plus élevés se sont trouvés en contact avec les points les plus abaissés. D’où l’origine d’aspects différents, les
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- CHRONIQUE — LE NAS1QUE DE LA MALAISIE ===== 79
- ladies brillantes el les ladies sombres. Les premières ne sont pas des régions recouvertes de glaces, elles tirent leur aspect de dépôts de cendres volcaniques. Le relief du sol a été favorable à ces dépôts et les parties déprimées ont été réfractaires à ces mêmes dépôts.
- L’éclat des comètes. — M. Deslandres présente une
- Note de M. Ilosler, de l’Observatoire de Meudon, relative à l’éclat des comètes. L’auteur prenant la comète périodique d’Encke, qui a été régulièrement suivie depuis un siècle, montre que les variations d’éclat de cet astre, lors de ses apparitions, ont toujours été en rapport avec les taches du soleil. En. de Yilledeuil.
- CHRONIQUE
- Le culte du serpent en Afrique. — Un très curieux exemple de culte du serpent est décrit dans l’excellente revue anglaise Man (1909, juin), par le révérend J. Roscoe. Ce culte était, d’après l’auteur, confiné à un seul clan, de la tribu des Bulonge, en Uganda, à proximité du Victoria Nyanza. Le serpent adoré par eux était un python ; il portail des noms humains el habitait un temple de bois, avec une femme non mariée pour gardienne, el une sorte de sorcier ou de medium (mandwa) pour assistant. Nourri d’un lait provenant uniquement de vaches sacrées, et qui lui était cérémoniellement servi par la femme, avec une légère addition d’argile blanche, il recevait en outre des offrandes particulières, sous forme de volailles ou de chèvres, soit lorsqu’un membre du clan désirait sa protection, pour l’accomplissement de quelque dessein ou pour la réussite d’un mariage, soit lorsque toute la tribu lui demandait d’assurer le succès d’une campagne de pèche. De plus, son culte était régulièrement célébré, avec pompe, au moment de chaque nouvelle lune, sous la direction du grand-prêtre du clan et des prêtres hiérarchisés qui lui étaient subordonnés. Outre des sacrifices divers, les rites comprenaient une partie spécialement curieuse par le rôle divinatoire joué par le médium, mais dont tout le mérite était attribué au python : le mandwa, en effet, revêtu d’un vêtement compliqué, formé d’écorce et de peau de léopard, après avoir bu une coupe de boisson intoxieante, absorbait la moitié de la tasse de lait et d’argile destinée au serpent; ainsi il était censé ainsi participer à la nature du reptile, et il le manifestait en rampanl sur le sol et en mimant les attitudes de l’animal. C’est dans cette position qu’il édictait, au nom du serpent, soit le rejet des vœux émis par les assistants, soit leur acceptation ou les conditions de cette dernière. Tout ce discours était
- prononcé dans un langage hermétique, argot sacré inconnu des assistants profanes et cette langue particulière nécessitait l’office d’un interprète spécial, chargé d’en faire connaître le sens aux membres intéressés du clan.
- Exploits de sous-marins. — Les sous-marins de l’escadre du Nord l'Émeraude, l'Opale, le Ventôse, et le Pluviôse, viennent durant six semaines de se livrer dans l’Océan et dans la Manche à une série de manœuvres des plus intéressantes. L’escadre du Nord représentait une force ennemie que devaient torpiller les sous-marins, soit au mouillage, soit en marche. L’Opale, avarié, a dù, au bout de quelques jours, s’abstenir de toute attaque. Les trois autres ont opéré avec le plus grand succès : à Dunkerque, à Lorient, à Quiberon et à Cherbourg, ils ont lancé une quarantaine de torpilles qui, dans la réalité, eussent coulé bas toute l’escadre ennemie. Les lancements ont été effectués à 3 ou 400 m. ; les sous-marins ont pu attaquer les croiseurs dans toutes les situations : en marche, au mouillage, abrités ou non par une eslacade, et cela par tous les temps, sauf le très mauvais temps. A l’exception d’une seule fois, ils ont réussi à torpiller tous les bâtiments, y compris les torpilleurs qui avaient franchi les passes où ils opéraient. C’est donc un magnifique succès. Mais il ne faudrait pas en étendre imprudemment la portée. Le résultat obtenu n’a été possible que grâce à la proximité des côtes. En pleine eau, les sous-marins n’auraient pas eu assez de vitesse pour s’attaquer efficacement à un cuirassé. Mais dans les passages étroits, dans les mers resserrées, et sur les côtes, le sous-marin est un ennemi presque invincible. Signalons que pendant les manœuvres au large de Dunkerque, le Ventôse a torpillé par deux fois un croiseur anglais qui naviguait dans les parages. Ce fait semble prouver que les périscopes ne sont pas encore tout à fait suffisants.
- LE NASIQUE DE LA MALAISIE
- À notre connaissance, c’est la première lois qu’un document photographique d’une authenticité absolue ait été produit sur cet extraordinaire animal qu’est le nasalis larvatus, vulgairement appelé nasique, et désigné par les Malais sous le nom de kahau, onomatopée qui rappelle vaguement, dit-on, le cri poussé par ce senmopithèque dans ses forêts de Bornéo, quand il se voit en danger. Son étrange profil, dessiné d’après des empaillés plus ou moins bien naturalisés, figure dans tous les recueils de zoologie. Il conviendra sans doute de le rectifier, après la publication de ces deux photographies, que nous devons à l’obligeance de M. W. P. Dando, photographe du Jardin Zoologique de Regent’s Park.
- Le nasique est déjà remarquable par sa taille, qui est d’un mètre environ, et est prolongée par une queue d’égale longueur. Sa livrée est multicolore, car elle présente toute une gamme de jaunes, de roux et de blancs. A l’encontre des singes de son groupe, disséminés dans l’Inde méridionale, Ceylan, la Malaisie et Bornéo, il ne possède pas d’abajoues.
- Mais sa particularité essentielle est évidemment constituée par son appendice nasal, dont les naturalistes ont parlé comme d’un « boudin érectile ». L’expression, pour triviale qu’elle soit, est assez exacte, si nous nous en rapportons aux rares observations qu’on ait pu faire sur un sujet vivant. Sauf lorsque le nasique est en proie à une émotion vio-
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- LE NASIQUE DE LA MALAISIE
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- lente, son proboscis semble manquer de consistance ; il pend grotesquement vers la mâchoire inférieure, sans toutefois l’eflleurer. On le prendrait volontiers pour une difformité anormale, pour une excroissance pathologique, ou mieux pour un de ces sacs à ganglions qui pendent au menton de l’orignal, le grand élan du Canada.
- L’aspect change dès que la bête entre en fureur, soit qu’elle ait à se défendre, ou à protéger sa famille, contre un oiseau de proie ou un serpent, ses principaux ennemis, soit qu’il s’agisse d’une querelle entre mâles. Tout un mécanisme, sur lequel l’anatomie n’a pas encore fait la pleine lumière, en-
- Le nasL]ne, en une posture qui montre la grandeur disproportionnée de ses mains.
- sexes. Pour découvrir une raison d’être à cette protubérance, il conviendrait, à notre avis, de ne pas le considérer comme un organe, mais bien comme un ornement, analogue, quant à son rôle, à la crinière du lion, aux crêtes frontales ou dorsales de certains lézards, ou à la huppe des mâles, chez d’innombrables espèces d’oiseaux.
- Avouons que nous possédons fort peu de renseignements sur les habitudes du nasique, qui, avec les deux variétés de rhinopithèque thibélaines (en voie d’extinction) si remarquables avec leur nez court et retroussé, est le seul singe pourvu d’un appendice nasal. 11 est d’une agilité surprenante; ses longues jambes nerveuses lui permettent d’exécuter des bonds prodigieux sur les cimes des arbres et d’éeliap-per à la poursuite des chasseurs ; ses quatre mains, d’une longueur démesurée, lui assurent une prise rapide sur les branches, quel qu’en soit le diamètre. On peut le considérer comme un des animaux les
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- tre en jeu. Et l’appendice, pendeloque informe il y a un moment, se redresse comme s’il était soutenu par une charpente de cartilages. Les naturels du Nord-Ouest de Bornéo, où le nasique possède son étroit habitat, prétendent que le même phénomène se produit quand, d’aventure, il erre la nuit de branche en bran-
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- Cet étrange quadrumane prend parfois des attitudes quasi humaines.
- che, à la poursuite des petits lézards et des insectes dont il varie son alimentation presque exclusivement fructivore. En ce cas, l’étrange appendice trouverait sa raison d’être : il servirait à protéger les yeux et la face, en amortissant les heurts contre les branches, dans ces excursions nocturnes qui apparaissent comme une pratique anormale, chez une créature que la petitesse de ses yeux range nettement pamiTes singes diurnes.
- . Ce qui rend suspecte l’information puisée chez ces indigènes, comme aussi la théorie qu’on en a fait découler, c’est que les mâles seuls sontpourvus d’un véritable proboscis, qui se trouve très réduit chez la femelle, dans la proportion de 50 à 60 pour 100. Il serait sans exemple dans la nature qu’un organe destiné à faciliter la recherche des aliments fût de puissance et d’importance inégales dans les deux
- plus rares de la création actuelle. À plusieurs reprises, des expéditions ont parcouru son habitat pour capturer plusieurs spécimens vivants, mais sans succès. Nous croyons savoir que le seul individu amené en Europe depuis 1781, date de sa découverte par un explorateur, est précisément celui que montrent nos deux photographies ; il fit partie, en 1905, des collections du Zoological Garden de Regent’s Parle, et ne survécut que quelques mois à l’expatriation.
- Précisons que c’était un jeune mâle, âgé approximativement de deux ans. Son proboscis était donc loin d’avoir atteint son complet développement.
- V. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Flcurus, 9.
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- LA NATURE. — N° 1885. —...r=r------------===z 10 JUILLET 1900.
- LES NOUVEAUX GÉANTS DE LA MER
- On construit à Belfast, pour le compte de la grande Compagnie anglaise de navigation White Star Line deux paquebots qui battront le record des dimensions. Ces monstres marins dépasseront tout ce qui semblait un rêve il y a seulement 10 ans.
- Lisez plutôt. Leur longueur sera de 287 m., leur largeur de 50,7 m. et leur déplacement de 60000 tonnes !
- Pour le coup, il est à peu près certain que nous serons, avec ces deux navires fantastiques, qui porteront les noms de Titanic et Olympic, à la limite
- de 5000 tonnes, et tout cela pour transporter 1500 tonnes de cargaison et 2198 passagers.
- Le Titanic et Y Olympic, très probablement, continueront la série des paquebots déjà mis en service par la White Star Line, et qui ont reçu le nom de paquebots intermédiaires. Ce sont d’énormes villes Bottantes, d’une rapidité relativement faible ; mais disposant, par contre, d’une grande capacité, ils peuvent transporter des cargaisons considérables et rémunératrices; en même temps, ils peuvent assurer, pour les passagers, les traversées à un prix
- L’un des futurs paquebots de 60000 tonnes et 2 87 mètres de longueur, « Olympic » et « Titanic », actuellement en construction. (D’après Shipping Illuslraled.) Le « Lusitania », le plus grand paquebot actuel, ne jauge que 45000 tonnes.
- des grandeurs permises pour la profondeur des passes et les dimensions des ports.
- h'Olympic et le Titanic sont en sensible augmentation sur le Lusitania et le Mauretania qui nonl que 265 m. de long avec 45 000 tonneaux de déplacement.
- Du reste, le but de ces gigantesques paquebots ne sera vraisemblablement pas absolument le même que celui des courriers extra-rapides que nous venons de citer. La magnifique vitesse de 25 nœuds et demi que fournissent couramment ces derniers bâtiments n’est obtenue qu’au prix de très grands sacrifices : songez qu’un Lusitania porte dans ses flancs une colossale usine de force motrice, d’une puissance de 68000 chevaux, qu’une traversée entre Liverpool et New-York exige un approvisionnement de charbon
- 37e année. — ae semestre.
- plus économique que les Lusitania et autres paquebots rapides, dont il faut évidemment payer la vitesse.
- La White Star Line, dès avant la mise en service du Lusitania et du Mauretania, de la Compagnie Cunard, possédait des paquebots intermédiaires d’une vitesse de 18 à 20 nœuds seulement, mais d’un tonnage presque égal à celui de ces deux immenses vaisseaux.
- Le premier vapeur de la « White Star Line » construit en 1871, s’appelait Y Océanie. 11 avait 154 m. de long, déplaçait 5700 tonnes et donnait 14,5 nœuds. C’était une merveille à tous égards pour cette époque. On voit le chemin parcouru en moins de 40 ans ! Sauvairk Jourdan,
- . Capitaine de frégate de réserve.
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- LES TRANSPLANTATIONS D’ORGANES
- Lorsqu’il y a une cinquantaine d’années Kœberlé enlevait plusieurs mètres cl’intcstin grêle, lorsque les chirurgiens pratiquèrent les premières opérations de laparotomie, on put crier au miracle. C’en était un, en elfet, que de réussir pareille opération avec les pansements de l’époque. Plus tard, lorsque l’antisepsie vint régner en maîtresse, on eut moins à s’étonner de voir entreprendre ces opérations, impossibles jusqu’alors en raison des dangers qu’elles faisaient courir au malade. Actuellement, les opérations les plus fantastiques se pratiquent couramment et réussissent, liàtons-nous d’ajouter, dans le plus grand nombre des cas. On ouvre le ventre, on résèque l’intestin, on enlève une partie de l’estomac, on vous supprime un rein, la rate, on peut tout tenter ou à peu près sans crainte d’accidents septiques.
- L’avenir promet encore mieux aux chirurgiens si nous nous en rapportons aux expériences fort curieuses du Dr Carrel que le public médical connaissait sans doute déjà, mais sur lesquelles le grand public a eu l’attention attirée par une communication récente du professeur Pozzi. Ce ne sont jusqu’ici que des expériences de laboratoire, mais elles sont si nettes et les résultats si bien établis, qu’on peut à bon droit compter sur une application partielle à la chirurgie humaine. M. Carrel est un compatriote qui, après avoir passé par l’internat des hôpitaux de Lyon, est parti pour l’Amérique, a continué ses études à l’Université de Chicago et est devenu un des directeurs de l’Institut Rockfeller à New-York.
- Ses premières recherches ont visé le traitement des plaies des vaisseaux. Grâce à des sutures d’une délicatesse extrême, à des précautions d’antisepsie minutieuses, il arrive à réunir les artères, les veines, à transplanter un vaisseau à la place d’un autre. Il enlève la moitié antérieure de l’aorte abdominale chez un chien, rapièce le vaisseau avec un fragment de la peau du ventre, péritoine et muscles compris, et l’on constate près de deux ans après que cette variété nouvelle de stoppage a parfaitement réussi. La pièce ajoutée n’a pas cédé, le vaisseau a fonctionné comme si l’on n’y avait pas Louché.
- Une veine est susceptible d’être mise à la place d’une autre veine, et même d’un autre vaisseau; les exemples fournis par le laboratoire de New-York sont nombreux et ceux-là sont susceptibles d’une application chirurgicale. Certains anévrismes volumineux ne peuvent être guéris (pie par la ligature du vaisseau ou l’extirpation de la poche dilatée, opérations graves et qui entraînent parfois des gangrènes secondaires. Avec la transplantation d’une artère ou d’une veine du même calibre, on évite tout arrêt de la circulation et toute crainte de sphacèle. M. Carrel vous montrera, à l’appui de la possibilité de cette intervention, des chiens (toujours, hélas ! ces pauvres toutous) chez lesquels il a transplanté un morceau de la veine jugulaire sur la carotide.
- Mais, me direz-vous, comment peut-on avoir à sa disposition des vaisseaux de rechange.-? Si vous remplacez un vaisseau par un autre pris sur le même sujet, c’est un échange qui ne remédie à rien.
- Chez les animaux, vous pourrez toujours sacrilier un autre animal pour vous procurer le segment vasculaire indispensable, mais chez l’homme ce ne sera guère applicable qu’autant qu’on pourra lui mettre des vaisseaux d’animal, tels que le singe ou le chien.
- - LES EXPÉRIENCES DU D CARREL
- Il faut avoir, comme je le disais, à sa disposition, des pièces toutes prêtes et c’est là que paraît toute l’ingéniosité des recherches de M. Carrel. 11 est arrivé à conserver des mois entiers, des années, des vaisseaux prélevés sur des animaux. Le vaisseau doit être recueilli sur l’animal vivant, lavé à une solution aseptique et placé dans un tube de verre stérilisé dont l’atmosphère doit rester humide par addition de quelques gouttes d’eau. Les tubes sont fermés à la lampe et conservés dans une glacière à température constante entre 0 et -f- 1° C. Après des mois le vaisseau est intact ; quand on veut l’utiliser, on le retire du tube, on le plonge dans la solution de Locke, on le passe dans de la vaseline chaude et on le suture au point voulu et le vaisseau vit comme s’il avait été placé là par dame Nature. Avec cette conservation durable de vaisseaux il sera possible de recueillir à l’avance chez des victimes d’accidents, chez des amputés des fragments de tubes artériels ou veineux qu’on grefferait au moment voulu à la place d’un vaisseau malade ou gravement détérioré.
- Ces greffes vasculaires sont d’une application relativement facile à l’espèce humaine. Un n’en saurait dire autant des transplantations d’organes que M. Carrel a réussies à maintes reprises; il enlève la rate et la remet en place, il enlève le rein et le remet, ou bien l’échange avec le. rein d’un autre animal de même espèce et les chiens continuent de se bien porter comme s’ils n’avaient subi aucune opéralion. Le rein d’un chien blanc, je suppose, fonctionne admirablement après sa greffe chez un chien jaune et réciproquement. L’ablation et la greffe n’ont modifié en rien la santé des animaux.
- Mais voici encore mieux. L’an dernier, dit M. Pozzi, M. Carrel a réussi pour la première fois à obtenir une réunion’ complète de la jambe d’un fox-terrier, récemment tué, greffée à un autre chien qu’il venait d’amputer. Le membre greffé fut fixé à l’aide d’un tube en aluminium enfoncé dans l’os; les muscles, les vaisseaux, les nerfs furent réunis les uns aux autres et quelques instants après l’opération la circulation était rétablie. Quelques jours plus tard, le chien se servait de sa jambe d’emprunt comme de l’autre. Une broncho-pneumonie emporta vingt jours plus tard ce pauvre caniche et l’on put constater à l’autopsie que la réunion des muscles, des nerfs et des vaisseaux était parfaite : le cal était solide et osseux.
- La réussite d’une pareille expérience est encourageante pour les manchots et les amputés de jambes. Le difficile sera de trouver matière à échange. M. Carrel n’hésite pas à dire que cette transplantation sera possible sur l’homme; mais il serait, à mon avis, téméraire de conclure trop hâtivement du succès chez l’animal à une réussite chez l’homme. En Amérique on est cependant plein de confiance : deux malades insistent vivement auprès du docteur, l’un pour remplacer son bras amputé, l’autre pour échanger un rein malade contre un rein sain, en Rempruntant à la victime d’un accident mortel ou à un supplicié. Voilà un argument que n’avaient pas prévu les partisans du maintien de la peine de mort ; il est vrai que les accidents sont encore plus fréquents que les exécutions. Mais je ne vois pas encore ces transplantations d’organes ou de membres passées dans la pratique courante : ce sera pour la chirurgie future ; avec les progrès de la science, il ne faut plus jamais dire : impossible.
- Dr A. Cartaz.
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- AVIATION — QU’EST-CE QU’UNE HÉLICE AÉRIENNE?
- 11 est des questions beaucoup plus faciles à poser | marches sont fixées autour de la colonne centrale, qu'à résoudre. L’hélice aérienne appartient à cette | Considérons une de ces marches M et supposons
- qu’elle puisse gravir une rampe hélicoïdale taillée dans la colonne AB. Elle accomplira une rotation en spirale, et lorsqu’elle aura effectué un tour, en se plaçant en M', elle se sera élevée d’une certaine hauteur. La distance entre les deux points M et M', c’est-à-dire la hauteur parcourue par la marche ayant fait un tour sur sou axe sera égale au pas de la rainure hélicoïdale. Imaginons ensuite deux escaliers tournant en sens contraire autour de la colonne et considérons deux marches M N' (fi g. 1) diamétralement opposées. Si ccs deux marches sont capables de se mouvoir autour de leur axe pourvu d’une gorge hélicoïdale, nous obtiendrons encore un mouvement identique au précédent. Le pas ne variera pas et les deux marches prendront l’aspect d’une hélice à deux ailes planes qui, actionnées par un moteur à l’aide d’un système quelconque, graviront la rampe hélicoïdale en prenant à chaque instant la place qu’occupent catégorie d’appareils scientifiques que l’on ne dé- I toutes les autres marches des deux escaliers, finit qu’avec prudence parce qu’il semble impossible | Si la colonne montante était disposée horizontale-d’ètre très clair si l’on n’est pas initié au langage technique. On passe très rapidement sur la définition et on élabore des ouvrages entiers sur la théorie. Sans se douter, hélas! que cette théorie, j’entends les formules, ne peut être déterminée qu’expéri-mentalement.
- Essayons de parler de l’hélice aérienne d’une manière intelligible pour nos lecteurs.
- La seule définition que l’on puisse donner est celle-ci : l’hélice est un organe propulseur qui, en s’appuyant sur un lluide, pousse l’appareillage dont il est solidaire. Une telle définition est incomplète parce qu’il existe d’autres propulseurs que l’hélice, parce que cette hélice reçoit différentes formes selon le lluide au sein duquel elle se meut, parce qu’elle peut tirer ou pousser son mobile, et surtout parce que l’on ne possède encore que des données très vagues relatives à son rendement. Nous accepterons cependant cette définition, car nous allons la compléter en procédant par analogie. ment que se produirait-il ? Rien autre que précédem-
- Yoici (fig. 1) un escalier en colimaçon. Toutes les ment, alors même que les deux marches seraient
- Fig. 2. — i. 17,s- d'Archimède; 2, la même vis doublée d'une aulre. La dislance N P représente le pas.
- Fig. 1. — Mouvement des ailes d'une hélice autour de leur axe expliqué par un escalier en colimaçon.
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- immergées dans un fluide. El si nous les immobilisons sur leur axe et que celui-ci soit actionné par un moteur, cet axe 11e supportera aucune poussée parce que les marches étant des surfaces planes, la
- maximum de poussée. Une hélice aérienne est mieux construite que celle dont nous venons de parler ; ses ailes 11e sont pas planes; elles portent une courbure très savante étudiée en vue du rendement maxi-
- Fig. 3. — Construction d'une_ hélice Charnière à quatre branches.
- puissance du moteur sera entièrement absorbée par la résistance que les tranches des plans trouveront dans l’air, par le frottement sur l’air.
- Notre, hélice est donc incomplète. Donnons-lui une forme qui lui permette de s’appuyer sur l’air en inclinant les deux marches sur leur axe.
- On voit de suite que dans leur révolution elles trouveront un appui sur l’air. Comme ce fluide est peu dense, la résistance qn’elles y rencontreront aura d’autant moins de valeur qu’il faut toujours tenir compte du frottement du fluide sur les surfaces en contact avec lui. L’hélice idéale serait celle qui parviendrait à se mouvoir sans frottement sur l’air : dans ce cas, toute la puissance motrice serait transformée en force active et l’hélice transmettrait à son arbre le
- muni. Pour donner une idée de cette courbure et des variations qu’elle est susceptible de présenter, sectionnons une vis d’Archimède, un de ces appareils que l’on emploie pour élever les matières pulvérulentes (fîg. 2), de manière à en extraire une tranche M, comme précédemment nous avons isolé une marche de notre escalier. Cet élément de vis d’Archimède n’est pas une surface plane; c’est une surface présentant une courbure dont la valeur dépend de la longueur du pas de la vis et de son rayon. Et si nous considérons encore deux vis d’Archimède parcourant un axe unique en sens inverse et que nous détachions deux éléments diamétralement opposés de ces vis, nous obtiendrons une hélice possédant une courbure géométrique déterminée.
- Fig. 4. — /, Assemblage des poutres et coupes prises dans une aile d'hélice; 2, coupes par les poutres.
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- On comprend de suite que cette courbure ne saurait être quelconque; elle est intimement liée à la distance AB qui sépare deux points de la vis pris sur la même génératrice. Plus cette distance
- solution de ce problème est due ou colonel Renard qui a imaginé de donner aux bras une direction telle qu’ils travaillent seulement à l’extension. Soit1 XX (lig. 6) l’abre d’une hélice dont l’aile est représentée
- Fig. 5. — Polissage de J’hélice terminée.
- sera courte moins le pas aura de valeur; plus elle sera longue, plus il sera développé; si elle est égale au diamètre de l’hélice détachée on dira que le pas est égal au diamètre, etc. En résumé nous obtenons une hélice semblable à celle que nous eussent donnée nos deux marches d’escalier si nous les avions gauchies en sens inverse. Prenez une feuille de papier rectangulaire, maintenez une de ses extrémités el gauchissez l’autre, vous obtiendrez une aile d’hélice. C’est donc une hélice véritable que forme Wilbur Wright lorsqu’il gauchit ses plans pour effectuer un virage. Si, au moment où il procède à cette manœuvre, le planeur était traversé par un axe vertical fixe, il tournerait autour de cet axe absolument comme une hélice ordinaire.
- Comment se comporte une hélice dans l’air? La
- en S et le bras en SO. La rotation ayant heu dans le sens de la llèche, trois forces passent par le point S :
- la poussée A; la résistance à la rotation B, qui varie, dans les hélices bien construites, entre le quart et le cinquième de A ; enfin la force centrifuge C. La fatigue du bras provient donc surtout de la poussée A qui le fait fiéchir. En l’inclinant sur OS, dans le méridien OSA, de façon qu’il soit dans le prolongement de la résultante des forces A et C, il ne travaille plus guère qu’à l’extension, car la force B produit un fléchissement très faible. Cette inclinaison a été réalisée dans la construction de l’hélice du ballon dirigeable Ville-de-Paris, dont les ailes, on s’en souvient, prennent d’elles-mêmes, pendant la rotation, la direction de la résul-
- 1 Rodolphe Soread, Étal actuel et avenir de l’aviation. Compte rendu à la Société des Ingénieurs civils de France.
- Fig. 6,
- Théorie de Vhélice.
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- tante des trois forces A, B’et’C. 'Cette inclinaison sur l’axe peut être constamment assurée lorsqu’elle a,été déterminée expérimentalement en intercalant un cardan J sur l’arbre OS.
- La construction d’une hélice est d’autant plus délicate qu’elle dépend,*,ainsi que nous le verrons dans un prochain article, de son appropriation, c’est-à-dire de l’appareil auquel elle est destinée. Nous avons pu assister, dans deux de nos principaux établissements de construction d’aéroplanes, à la Société « Astra », et chez M. Chauvière, à la fabrication d’une hélice en bois. Les procédés employés sont partout identiques, bien qu’une hélice sortie des ateliers Chauvière ne ressemble pas à une hélice destinée aux appareils Wright. Ces dernières sont faites en sapin d’Amérique, très léger, et pourvues, aux extrémités de leurs ailes, d’une couverture de-toile, vernie avec le reste, destinée à augmenter la solidité de cette extrémité taillée aussi mince que possible. Ces hélices sont faites de trois madriers superposés comme l’indique notre figure 4, de telle sorte que l’on puisse tracer sur l’extrémité la courbe de la section par ce que l’on nomme le fond de marche. Cette courbe diffère sur toute la longueur de l’aile puisqu’elle s’annule à l’axe; elle prend donc-dès formes déterminées au gabarit dont l’ouvrier se sert pour le dressage, en enlevant le bois au-dessus et au-dessous de cette courbe. Les photographies que nous reproduisons montrent ce travail. On voit notamment de quelle manière sont disposées les planches qui se recouvrent partiellement, à la manière des feuillets d\in éventail. M. Chauvière.
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- Plusieurs projets ont été présentés pour rendre le Mont-Blanc accessible par une voie à traction mécanique.
- MM. Yallot, les auteurs du premier avant-projet sérieux, se sont surtout préoccupés, sans s’inquiéter des très fortes rampes, de rechercher une arête de rocher continue pour y établir une voie constamment couverte qui permettrait de faire l’ascension en toute saison.
- M. Duportal, qui a obtenu du Conseil général de la Haute-Savoie la concession du « Tramway électrique de la station du Fayet au Mont-Blanc en passant parou près Saint-Gervais, le Col de Yoza et l’Aiguille-du-Gouter » est parti de cette idée que la ligne du Mont-Blanc ne serait fréquentée que durant la belle saison : le succès qu’ont obtenu les sports d’hiver à Chamonix cette année paraît bien lui donner un démenti, mais il s’est dit que pour favoriser ces installations, il fallait maintenir longtemps la ligne en plein air afin que le voyage fût intéressant et parût court.
- Il a donc choisi un versant exposé au midi où les neiges disparaissent dès la fin du printemps et où il est possible et relativement facile d’installer une
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- construit ses hélices en noyer; elles sont faites de fi et même de 7 planches superposées. Celte fabrication donne des pertes considérables de bois. C’est ainsi que pour construire une hélice pesant 8 kg 4/2 il faut environ 100 kg de bois.
- .le dois à la vérité d’ajouter que les constructeurs sont peu disposés à donner des détails précis sur leur travail; leur industrie est si neuve qu’ils tiennent, avec un soin jaloux, à se conserver les bénéfices de leurs méthodes, ce dont nous ne saurions les blâmer. On peut néanmoins se rendre compte approximativement de la manière de procéder puisque l’on'connaît le point de départ. Sectionnons trois madriers superposés en éventail, la section A étant la plus éloignée de l’axe, et la section C lapins rapprochée. La courbe qu’ils décrivent passe" toujours par le fond des marches de cette sorte d’escalier, de-sorte qu’elle se rapproche de plus en plus de la verticale au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’axe. L’examen de ces trois coupes schématiques explique à la fois la ceurbure de plus en plus accentuée de l’hélice allant de l’extrémité à l’axe et pourquoi l’épaisseur de l’hélice augmente dans une proportion parfaitement en rapport avec cette courbure.
- On fait également des hélices métalliques. Celles-ci diffèrent comme aspect des premières, car leurs pales sont soudées ou rivées sur le bras, tube d’acier rivé au moyeu. On dresse les pales au marteau, sur un gabarit affectant la forme intérieure de l’aile. Quelquefois ces pales sont simplement coulées ou tordues, mais cette fabrication est inférieure à la précédente. Lucien Fournier.
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- ligne suivant un type suffisamment éprouvé offrant toute garantie de sécurité : le flanc droit de la vallée de. Bionnassay formé par les contreforts du Prarion, du Mont Lâchât, des Rognes, de Tête-Rousse et de l’Àiguille-du-Goûter est exposé en plein sud et, tous les ans, de bonne heure dégagé des neiges, du moins jusqu’à Tête-Rousse.
- Il n’y avait donc pas à hésiter : d’autant moins qu’il est possible au Col de Voza, au pavillon de Bellevue et au Mont Lâchât (trois stations du tramway projeté) de jouir de la perspective de la vallée de l’Arve jusqu’au delà de Chamonix.
- En raison des difficultés tout à fait exceptionnelles que l’on rencontre après l’Aiguille-du-Goûter, la ligne a été divisée en deux sections : celle que nous allons étudier rapidement part de la station du P.-L.-M. au Fayet et doit atteindre, après un parcours d’environ 18 km, la crête de l’Aiguille-du-Goûter à l’altitude de 3820 m.
- L’infrastructure est actuellement terminée jusqu’au col de Yoza.
- La première question à résoudre était relative à la largeur de la voie à adopter. M. Duportal s’est dit que, dépassant l’altitude de 2500 m., il ne pouvait
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- mettre en service, même pendant l’été, des voitures ouvertes ; qu’alors toute l’élévation latérale de véhicules fermés serait soumise à l’influence de vents particulièrement violents et qu’il y avait lieu, par conséquent, de leur donner la plus grande stabilité possible. 11 s’est donc arrêté à la voie de 1 m., en ne dépassant pas 2,50 m. pour la largeur et 2,90 m. pour la hauteur du gabarit. Dans ces conditions, chaque voilure sera aménagée de telle sorte qu’un couloir central donnera aux voyageurs la faculté de se déplacer suivant les points de vue rencontrés durant le trajet.
- Après une étude approfondie des lignes suisses et françaises, l’auteur du projet a admis, comme limite supérieure, des rampes de 250 mm par mètre et a
- v Chanwnixt' ( 4
- Fig. i.
- Tracé en plan du tramway du Mont-Blanc.
- tenu pour exceptionnel l’emploi de rayons de 50 m., dans les courbes.
- Le tramway du Mont-Blanc a son origine dans la cour des voyageurs de la station du Fayet-Sainl-Gervais, suit la route départementale n° 4, franchit le torrent du Bonnant et emprunte le chemin du Berchat; c’est à partir de la station de Saint-Gervais au kilomètre 1.600 que commence l’ascension à flanc de montagne.
- On gagne le col de Yoza par une rampe moyenne de 160 mm, sur une longueur de 6250 m. ; au kilomètre 4.850 on passe par Motivon où l’on jouit d’une belle vue sur la vallée du Bonnant et sur les crêtes qui l’entourent.
- La station du col de Yoza, placée à l’altitude de 1700 m. au point kilométrique 7.850, domine les vallées au nord et au sud. Jusque-là, le tracé est établi sur un flanc de montagne relativement peu incliné et couvert de végétation : les touristes y trouvent une première vue d’ensemble de la base du Mont-Blanc et peuvent, de là, atteindre très facilement le sommet voisin du Prarion.
- A 1500 m. du col de Yoza, on atteint, par une rampe très faible, 100 mm environ, le chalet de
- Bellevue (1812 m.) très bien situé, à la limite des forêts, et très fréquenté pendant l’été.
- Le tracé se développe ensuite, en toute liberté, sur le flanc méridional du Monl-Lachat, qui n’offre aucune difficulté spéciale, ce qui permet d’adopter une rampe moyenne de 200 mm. La station du même nom est située au sud de cette dernière montagne, à 500 m. de distance du sommet.
- Au delà, l’avant-projet qui empruntait les versants est et ouest des Bognes, pour atteindre au kilomètre 13.250, la cote de 2645 m. a été modifiée. Dans cette section et même jusqu’au chalet de Tête-Bousse, le service de la construction se heurtera sans doute à de grosses difficultés : il se produira certainement des chutes fréquentes de pierres et des éboulemenls superficiels; il faudra donc mettre les chantiers à l’abri et couvrir avec soin la voie dans la traversée des couloirs où il y aura aussi à redouter les écoulements d’eau; mais en multipliant les aqueducs on pourra, croyons-nous, parfaitement assainir la voie, et cela d’autant mieux que la pente longitudinale de la ligne assurera un écoulement rapide.
- On fera, dans cette partie, de nombreux lacets: le nouveau tracé présente même en plan, une boucle complète. Quelques petits tunnels seront aussi nécessaires et un grand de 280 m. conduira à la station de Tête-Bousse au kilomètre 15.620.
- C’est cette station, entourée de glaciers et d'une altitude de
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- 5165 m., 150 m. au-dessus de celle du Gornergrat, qui sera surtout fréquentée par les touristes studieux, car elle permettra un séjour un peu prolongé au contact des grands phénomènes alpestres. Probablement aussi est-elle destinée à un avenir sérieux au point de vue de la cure d’altitude.
- A Tête-Rousse, commence le grand tunnel de 2250 m. qui conduit au sommet de l’Aiguille-du-Goûter. Le tracé sinueux de ce tunnel, arrêté avec l’aide de nombreuses photographies, d’après, les courbes de la surface de l’escarpement, permet de s’en rapprocher fréquemment, soit pour prendre jour de distance en distance et assurer une ventilation modérée, mais suffisante, soit pour faciliter la construction par galeries latérales.. Celles-ci aboutiront à des balcons dans les grands escarpements et l’établissement de haltes intermédiaires rendra plus
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- agréable, sinon moins pénible, cette dernière ascension. On pourra même, et c’est, paraît-il, l’intention de M. Duportal, créer une station en un point situé vers le milieu du tunnel et choisi dans l’escarpement qui permettra le plus vaste balcon.
- Enfin, la station de l’Aiguille-du-Goùler, ouverte du côté oriental sur le grand glacier qui descend du Dôine-du-Goûler, offrira une des plus belles vues des Alpes.
- Bientôt, espérons-le, et sans de trop grandes
- d’exploitation. On sait, déjà, que la fréquentation de la ligne n’a paru aux auteurs du projet, possible et vraiment intéressante et agréable que pendant la saison d’été, du 15juin au 15 septembre; on sait aussi qu’en dehors des stations extrêmes, la ligne comprendra sept stations intermédiaires.
- . Le service journalier sera limité entre 7 heures du matin et 7 heures du soir. La durée du trajet devant être de 4 heures, le dernier train direct devra partir de chaque terminus à 5 heures du soir.
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- Fig. 2. — Le Mont-Blanc vu du col des Grands-Montets (3240 m.), au pied Nord de V Aiguille Ver le.
- difficultés, sera terminée toute l’infrastructure.
- La voie métallique, déjà en’place sur quelques kilomètres, repose sur une couche de ballast de 55 cm d’épaisseur. Elle se compose de rails de 10,50 m. de longueur, d’un poids de 20 kg au mètre courant, fixés sur douze traverses métalliques. L’espacement des traverses est de 1 m. d’axe en axe, sauf aux joints et en deux points intermédiaires, à 5,50 m. des extrémités des rails, où leur écartement est réduit à 50 cm. L’écartement moyen est ainsi de 875 mm.
- La crémaillère, placée au milieu de la voie, est du type Strub. Elle se compose de trois tronçons par longueur de rail, chacun d’eux ayant par conséquent 5,50 m. Son poids est de 54 kg au/mètre courant. Cette voie entièrement en acier est conforme au dernier type adopté, celui choisi pour gravir la Jungfrau.
- Il nous reste à dire quelques mots du programme
- Toutefois, à 5 heures du soir, on lancera des deux terminus, un train qui s’arrêtera au milieu de la ligne, au pavillon de Bellevue, et dès le matin, vers 7 heures, deux trains partiront de cette dernière station vers le Fayet et l’Aiguille-du-Goûter. On arrivera donc à avoir l’équivalent de dix trains par jour, dans chaque sens.
- Il sera naturellement indispensable de se maintenir rigoureusement dans les limites de vitesse soit horizontale, soit verticale, imposées par la prudence et la santé des voyageurs. Ces limites sont 7 km par heure suivant la ligne et 1,200 km par heure, soit 20 m. par minute, pour la vitesse verticale ou d’ascension.
- Je dirai, en terminant, qu’on ne pourra être fixé sur les conditions de prolongement de la ligne jusqu’au sommet du Mont-Blanc que lorsqu’un long et facile séjour à l’Aiguille-du-Goûter permettra des
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- b»
- Pavillon de Bellevue (1812 m.)
- Glacier de Bionnassay.
- Fig. 3. — Mont-Blanc vu du Prarion.
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- 90 ---- .— PIOCHEUSE MECANIQUE
- études sérieuses et une reconnaissance détaillée du terrain solide caché sous les glaciers.
- En attendant, on pourra, de la dernière station se rendre au Mont-Blanc par un trajet (pii, à pied, ne prendra pas plus de cinq heures aller, stationnement, et retour compris et que très probablement un
- service de traîneaux abrégera et rendra moins pénible.
- Dans ces conditions, en partant du Fayet, l’ascension du Mont-Blanc n’exigerait pas plus de treize à quatorze heures, aller et retour compris.
- Ë. Mugniot.
- LA PIOCHEUSE MÉCANIQUE
- Depuis plusieurs années le service technique de la ville de Paris se livre à des expériences de piochage mécanique sur certaines chaussées empierrées. Quelques appareils, pour la plupart en service courant dans divers pays : Allemagne,
- Belgique, Angleterre, ont été successivement soumis aux épreuves; l’adoption de la machine Bobe fut décidée ensuite.
- Deux appareils de ce genre sont actuellement en usage à Paris.
- Le piochage préalable avant empierrement est nécessaire sur les chaussées parisiennes parce que, étant soumises à une circulation intense, elles deviennent très compactes. Ce travail était effectué jusqu’ici par des cantonniers suivant un quadrillage de sillons transversaux et longitudinaux de 5 à fi centimètres de profondeur; 1res coûteux, il n’apportait qu’un dérochement insuffisant ne permettant pas une liaison assez parfaite entre l’ancien empierrement et le nouveau. La machine, au contraire, désagrège entièrement la surface de la chaussée sur une profondeur atteignant jusqu’à 10 centimètres, avec une grande rapidité et à un prix de revient peu élevé. Des essais de défonçage sur 30 cenfimètres ont même donné d’excellents résultats.
- La piocheuse Bobe est attelée directement derrière le rouleau compresseur par un système spécial qui l’oblige à suivre constamment une même direction et à être toujours en prise avec le sol : de plus, cet attelage évite à la machine du cylindre compresseur les chocs subis par la piocheuse. Il est constitué par un cadre (fig. 1) en fer à U pouvant pivoter sur les extrémités de l’essieu arrière auquel il est rattaché ; deux pattes I fixées à l’arrière du tender le maintiennent à une hauteur convenable. Une barre transversale porte une chape A à laquelle vient s’accrocher la tête d’attache S de la piocheuse ; de plus, une contre-fiche J s’oppose au renversement.
- Un solide châssis en fer à U monté sur deux-roues porte, par l’axe de ces roues, le bloc de fonte dans lequel sont engagées les trois pioches; celles-ci sont disposées suivant une direction légèrement inclinée sur l’axe
- afin de ne pas produire de soulèvement par plaques ainsi que cela aurait lieu si l’atlaque de la chaussée se faisait de front. Elles sont faites d’un acier spécial dont la charge de rupture atteint 70 à 75 kg. Lorsque les pointes
- ont perdu A centimètres de longueur, on procède à un nouvel affûtage. Comme l’appareil est porté par deux roues seulement il a été pourvu de deux masses pesantes DD, fixées sur le prolongement des fiasques : elles apportent un poids suffisant pour réaliser F équilibre.
- La machine travaille à l’aller seulement; la mise en conlact des pioches avec le sol s’opère automatiquement, ainsi que le dégagement lorsque le cylindre compresseur recule pour se porter à l’origine de la surface à piocher. Le dispositif qui commande ces deux fonctions est très original. Le bloc dans lequel sont fixées les pioches est relié par une bielle N à un arbre coudé P porteur d’un disque B. Ce disque (fig. 2) a reçu une rainure circulaire BD dans laquelle peut, coulisser l’extrémité d’une béquille en fer E dont l’extrémité libre repose sur le sol.
- Un levier à contrepoids M est encore calé sur l’arbre P. Dès que le cylindre compresseur se met en route, la béquille s’appuyant sur le sol pousse le disque et lui fait accomplir un demi-tour; le vilebrequin tire la bielle N et fait basculer le bloc porteur des pioches, lesquelles pénètrent alors dans le sol. La masse M a été jetée vers l’avant, et la béquille a pris une position opposée à celle qu’elle avait au moment du départ. Au retour le mouvement contraire se produit pour mettre les pioches hors de contact avec la chaussée.
- L’emploi de cette piocheuse est très avantageux à la condition, toutefois, que la chaussée soit bien détrempée, sans cette précaution les pioches sautent et s’usent très rapidement. De plus, pour obtenir un travail régulier, tout en évitant de fatiguer la machinerie du cylindre compresseur,il est indispensable que le poids de ce dernier ne soit pas inférieur à 10 tonnes. Gette condition est réalisée à Paris puisque le plus léger de ces cylindres pèse 14 800 kg. D’autre part, l’allure du moteur doit demeurer dans une limite raisonnable; M. Bret, ingénieur
- Fig. 2. — Schéma du dégagement des pioches.
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- LES APACHES
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- des Ponts (il Chaussées, qui a été chargé de l’étude des piocheuses mécaniques, estime qu’elle ne doit jamais être supérieure à 1,500 km à l’heure.
- La profondeur atteinte par les pioches est de 4 centimètres au minimum ; mais les irrégularités de la chaussée obligent souvent à la porter à 10 centimètres. Lorsque l’empierrement est très épais, on n’opère qu’avec les deux pioches extrêmes, puis, après avoir enlevé les matériaux, on recommence le travail. Ce double piochage a donné de bons résultats partout où il a été tenté.
- D’après lès calculs établis par M. Bret, la machine Bobe peut piocher en une heure 40 mètres carrés de chaussée très compacte empierrée en porphyre; le prix de revient est alors de 0 lr. 540 par mètre carré. La dépense est beaucoup moins élevée, lorsque l’on se trouve en présence de la meulière. Dans certains cas, après, avoir procédé, quarante-huit heures auparavant, à un sérieux arrosage, la machine a pu défoncer 550 mètres carrés de chaussée sur 20 mètres carrés de profondeur, à raison de 175 mè-
- tres carrés à l’heure; le prix de revient par mètre carré a été de 0 fr. 157 seulement. L’arrosage a une grande importance, puisque le prix de revient du mètre carré pour le piochage de la même chaussée que la précédente, mais non arrosée, a atteint 0 fr. 579.
- Dans tous les cas, on réalise une réelle économie en introduisant ces machines à Paris où le travail des ouvriers atteint jusqu’à 50 centimes par mètre carré. La besogne est meilleure, également, la liaison du nouvel empierrement avec l’ancien étant parfaite; enfin, les matériaux s’écrasant moins, on obtiendra une plus longue durée des chaussées.
- 11 serait intéressant de généraliser l’emploi de ces piocheuses sur toutes les routes; malheureusement les frais généraux qu’elles entraînent constitueraient une dépense excessive, car, en province, on se contente d’empierrer les routes sans piochage préalable, le charroi se chargeant de l’incorporation qui est toujours longue et le plus souvent incomplète. L. F.
- LES APACHES
- Il est si souvent question des trop célèbres « Apaches » — au sens figuré — de Paris et des grandes villes, qu’il devient intéressant de savoir ce que sont ou ce que deviennent ceux à qui, au sens propre du mot, on a d’abord donné ce nom.
- Bien des gens savent vaguement qu’il s’agit d’un groupe de tribus peaux-rouges, renommées par leur particulière sauvagerie, et exerçant un brigandage permanent sur les confins des Etats-Unis et du Mexique. Mais c’est tout. Ce qu’est cette misérable race, ses origines, son avenir, bien peu le soupçonnent. À l’extrême-nord de l’Amérique septentrionale, sur les bords du Yukon et du Mackenzie, et dans les environs des lacs du Grand-Ours et de l’Esclave, errent les Dêné-Dindjiés que le célèbre missionnaire Petitot surtout, le plus fameux explorateur de la région, nous a fait connaître. Au dire de tous les voyageurs, ces sauvages, très misérables dans leur inclémente patrie, sont au dernier degré de l’humanité dans l’Amérique du Nord. Ces descendants d’un chien magique sont les frères des Apaches qui, séparés de la souche originelle, ont essaimé vers le Sud, à une époque qui ne peut guère être antérieure à notre ère, et, suivant la même voie que les Toltèques et les Aztèques, sont allés se fixer aux limites du désert, dans des régions plus favorisées et où le voisinage de nations plus policées rendait les déprédations faciles.
- À l’époque de la domination espagnole, les Apaches, relativement très nombreux, étaient répandus, sur le territoire mexicain, de l’intendance de Sanluis de Potosi à l’extrémité septentrionale du golfe de Californie, et, montés sur des chevaux admirablement dressés, pourvus de longues lancesr promenaient leurs déprédations dans tout ce qui devait devenir P Arizona, le Nouveau-Mexique, la Sonora et la Chihuahua. Ils se divisaient en Paraones et Mesca-leros, entre les fleuves Puerco et Rio Del Norte; Gilenos, près des sources du Gila; Mimbrenos, dans
- les ravins sauvages des sierras de Acha et de los Mimbros. Les tribus les moins nombreuses étaient les Chiricaguis, au Sud-Ouest des Mimbrenos; les Tontos, aii Sud du Gila; les Llaneros, à l’Est des montagnes, par 58° Nord et 100° de longitude Ouest; les Lipanes, de 6° plus à l’Ouest; les Nanahas, au Nord-Ouest de Sant-Fé, et les Nabajoa, le long de la rive méridionale du Yaquesila. Ces derniers, ainsi que diverses fractions d’autres tribus, s’étaient fixés au sol et avaient adopté une demi-civilisation, analogue à celle des Pueblos et autres Indios de Paz (Indiens de Paix). Leur voisinage des Pawnees et des Arapahoes n’a pas été sans leur faire contracter quelques affinités avec ces tribus.
- Comme leurs frères de l’Extrême-Nord, les Apaches présentent un type physique, en somme, assez grossier. Visage anguleux, pommettes saillantes, longs cheveux raides et noirs, ce sont bien les caractères du vrai Peau-Rouge, dans ce qu’ils ont de moins séduisant. Le crâne est sous-brachycéphale.
- D’après Bancroft (Native Baces of ihe Pacific States), la classification des tribus serait la suivante : 1, Apaches. 2, Tontos. 5, Chiricaguis. 4, Gilenos. 5, Mimbrenos. 6, Faranones. 7, Mescaleros. 8, Llaneros. 9, Lipanes. 10, Vaqueras. 11, Xicarillas. 12, Natajes et Pelones. 15, Pinaleîlos. 14, Coyoteros. 15, Tejuas. 16, Commermine. 17, Navajos. De son côté, Orozco y Rerra nous donne les noms suivants, qui ont au moins le mérite d’être indigènes : Yinni ettinen-ne, Segatajen-ne, Tjuiccujen-ne, Iccujen-ne, Yutajen-ne, Sejen-ne, Cuelcajen-ne, Lipajen-ne. En comparant ces diverses listes entre elles, on retrouve assez facilement les déformations et l’étymologie. Ajoutons que l’expression Novajo, Nobajoa, ’No-vahoa, qui semble prévaloir, paraît être en effet'la plus justifiée et désigner les Apaches mieux que toute autre.
- Leur nombre a beaucoup varié. Au recensement de 1855, on trouve dans les États du Nouveau-
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- Mexique et de l’Utah 700 Àpaches proprement dits -et 7500 Navajos; ceci, sans compter ceux qui devaient se trouver sur le territoire mexicain. Or, le
- généraux américains Carlelon etOrd, en 1862, 1869 et 1871, et le Mexicain Tarrasas, luttant contre le chef Victorio en 1880, les ont décimés. Les mal-
- Sac magique d'un médecin Apache.
- Masque de cérémonie des Apaches.
- Amulette Apache.
- peu près ce qu’il était déjà au commencement du siècle (20 à 25 000). Mais, dans les années qui suivent, les luttes contre ces terribles bandits deviennent tellement fréquentes et meurtrières qu'elles les réduisent journellement. On n’en compte plus (pie 15 000 en 1870, 7000 en 1875 et, plus lard, Y An-nual Report, ne nous donnant guère que les chiffres de la population indienne Etat par Etat, il devient difficile de distinguer chaque groupe des groupes immédiatement voisins. Cependant, l’année 1890 mentionne 584 Apaches détenus comme prisonniers de guerre dans les casernes de Mount-Vernon et 275 autres résidant parmi les Indiens civilisés de Vlndian terri-tory .
- Il ne faut pas se le dissimuler, d’ailleurs, c’est surtout à force de massacres, même et souvent au mépris du droit des gens, qu’on les a si bien réduits.
- C’est avec une sauvagerie égale à la leur que les
- soldats étaient les envoyés du Mauvais-Esprit plutôt que du Yastasi-ton-ne ou capitaine du ciel, quand, dans de sanglantes journées comme celle du 29 avril 1871, ils se voyaient exterminés dans leur camp par des bandits recrutés tout exprès. Ce jour-là, 117 femmes furent tuées, le crâne fracassé à coups de bâton et de pierre! Rien d’élonnant, après cela, (pie les derniers chiffres de recensement indiquent, pour l’Arizona, 4550 âmes, pour le Nouveau-Mexique,
- 1600, et pour l’In-dian Terri tory,587. Il est vrai que, dans ces dernières années, depuis qu’on les a civilisés de force, ils ont enfin trouvé quelques protecteurs. Ils peuvent, en paix, faire reposer leurs morts, exposés dans des barques, au bord des rivières et n’ont plus d’autre préoccupation que de récolter en masse de l’orge, du froment, des pommes de terre, des haricots et des melons, ou d’élever en grand nombre des bœufs ou des moutons.
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- (Ils possèdent plus de 500 000 de ceux-ci et 50 000 de ceux-là). Mais reprenons les laits d’un peu plus haut.
- Nous l’avons dit, les Apaches sont les plus barbares de tous les indigènes du Sud-Ouest des États-Unis et du Nord du Mexique. Nulle part, en ellel, on ne trouve plus hardis pillards ni plus farouches assassins. Aussi intrépides cavaliers que leurs voisins les Comanches, ils n’hésitent pas à entreprendre des raids de plusieurs centaines de lieues pour s’assurer, au prix de quelque horrible carnage, un assez maigre butin. Leur audace va jusqu’à s’aventurer dans les petites villes ouvertes et à s'en emparer de vive force, en terrorisant les habitants et les for-
- rives du lleuve, où, par une suite de coups de main et d’embuscades, ils n’avaient pas commis moins de 400 meurtres, déliaient leurs agresseurs. La bataille dura deux jours. L’astucieux Yictorio, qui avait toujours échappé jusque-là, disparaissait comme par
- enchantement, dans des bois de cactus et de nopals. Cependant, ayant été blessé dangereusement d’un coup de feu dès le commencement de l’action, il dut se replier. 11 choisit comme retranchement une lis-sure de rochers sans issue où il lutta avec acharnement jusqu’à ce qu’enfin il tombât, le corps criblé de balles. Autour
- çant à s’enfuir. Ils massacrent et mutilent odieusement tout ce qui se trouve sur leur passage, hommes, femmes et enfants, et, s’ils ne sont poursuivis à temps, ils s’en retournent, dans leurs déserts, jouir impunément dif fruit de leurs rapines et célébrer bruyamment leurs exploits par des danses et des hurlements à l’adresse et autour des scalps et autres ignobles trophées qu’ils ont rapportés de leur expédition.
- Yictorio fut un des plus célèbres chefs. Un jour — c’était pendant l’été de 1882 — sa terrible bande, depuis longtemps harcelée, se trouvait enfin serrée de près. C’était à El-Paso, sur la rive droite du Rio-Grande, à l’extrême frontière mexicaine, là même où Juarès s’était retiré lors de l’invasion française. Endurcis au froid et à la chaleur, accoutumés à la faim et à la soif, les barbares, qui, depuis deux ans, terrifiaient les deux
- En haut et au milieu : habitation apache, extérieur et intérieur. En bas : loge de cérémonie.
- de lui, les femmes et les enfants se battaient avec l’énergie du désespoir, refusant, quoique cernés, de se rendre. Quatre-vingts d’entre eux, tous grièvement blessés, furent faits prisonniers, tandis que cinquante cadavres d’hommes et dix-huit de femmes
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- et d'enfants jonchaient la terre. Les guerriers survivants, s’étant, deux par deux, réfugiés pendant la nuit, au clair de la lune, derrière des massifs, pour guetter l’approche des Mexicains, se laissèrent surprendre par derrière : il s’ensuivit un choc terrible à la suite duquel tout ce qui n’était pas tué lut fait prisonnier. Un parlementaire avait été préalablement envoyé avec mission de se faire remettre les armes de précision, saiders et autres, de provenance américaine, que possédaient les Apaclies. Fusils et cartouches furent entassés dans une fosse et recouverts de terre et d’eau.
- Aux États-Unis, les choses se passent à peu près de la même façon, mais la terrible affaire de Uumboldt-City, le 29 avril 1871, où le sang coula à Ilots, ne parut pas une leçon suffisante aux cruels maraudeurs. 11 fallut encore près de vingt ans pour mettre lin à leurs incursions. Le chef Geronimo, digne émule de Yictorio, fut enfin capturé en 1890, avec de nombreux guerriers, et interné au fort Sill (Arizona). Là, sans doute, un long séjour de douze années lui donna le temps de la réllexion, car il se décida dans l’été de 1902 à accepter du président Roosevelt d’importantes concessions de terrain, qui soulignaient unis grâce longtemps attendue. Cependant, comme il lui restait 289 de ses compagnons d’armes, à qui la liberté était aussi rendue, il faisait bien connaître qu’il ne désarmait pas, et, à un reporter qui lui rappelait que la justice américaine lui avait reproché le meurtre de 215 personnes, non compris les cas suspects ou douteux et les scalps pris par ses guerriers, il lit cette déclaration caractéristique :
- « Je ne sais pas combien de blancs j’ai tués. C’est par centaines qu’il faudrait les compter. J’ai tué aussi beaucoup de femmes, mais jamais d’enfants. Je me battrai encore un jour ou l’autre. Il y a encore plusieurs personnes que je veux tuer.... »
- Voilà qui peint bien le caractère de ces barbares. Leurs mœurs, d’autre part, n’ont guère de tendance à changer. Si l’on trouve de jeunes Apaclies dans les écoles établies par le gouvernement en territoire arizonien, ce sont surtout des Navajos (à Little Watér, Oreiba, Polacco, Second Mesa), c’est-à-dire ce qu’il y a de meilleur et de plus intelligent dans la race. Les' Navajos ou Nobajoa proprement dits offrent, en effet, des ressources et donnent prise à la civilisation. Ils se distinguent de leurs congénères par leur existence sédentaire et leurs habitudes industrieuses et agricoles. Installés sur les plateaux cultivés situés entre le Rio Grande et le Colorado, ils exploitent des mines d’argent, élèvent des moutons, tissent la laine et font des couvertures inusables par la force du tissu et inaltérables par la solidité de leurs éclatantes couleurs. Les tribus nomades, au contraire, qui autrefois étaient établies dans des régions comme la Sierra de Metzatzal (Ari-
- zona central), ou la haute vallée du Rio Tinlo, et qui, à travers des ravins abrupts, glissaient, insaisissables, entre les rochers, d’une grotte à l’autre, sont toujours expertes dans le maniement de l’arc, de la lance et du bouclier, et dans la pratique des tortures à l’égard de leurs prisonniers occasionnels. Ils restent parmi les premiers cavaliers du monde, mais n’ont pas de bateaux; ils affectent l’élégance avec leurs bottes pointues nobajoa, très soignées, en cuir de cerf; leurs tuniques de peau à franges eu paillettes métalliques et leurs easques de cuir à plumes de coq, d’aigle ou de vautour; ils ont renoncé à l’anthropophagie, mais dans leurs buttes de branchages presque ouvertes à tous les vents, ils aiment à st; livrer aux orgies qu’ont toujours affectionnées leurs pères. Lorsqu’ils reçoivent des bœufs des agents du gouvernement, ils s’empressent de leur couper les jarrets et, après les avoir éventrés, ils se précipitent sur leurs entrailles fumantes pour s’en repaître gloutonnement. En somme, ils sont encore « les mauvais chiens » de l’Apacheria. (G'est ainsi qu’auIrefois les Espagnols les désignaient, eux et leur pays.)
- Il nous reste à dire quelques mots du langage et des croyances des Apaclies. Pour le premier, qu’il suffise de remarquer qu’il est âpre et guttural et que sa contexture est analogue à celle de tous les idiomes indigènes de l’Amérique, sauf l’othomi, c’est-à-dire polysynthétique et agglutinative, avec des formes et des procédés de nature à dérouter toutes les conceptions grammaticales des hommes de l’ancien monde.
- Les croyances sont à peu près les mêmes que chez tous les Indiens des prairies, croyances naturistes, mythes enfantins, immortalité de l’âme avec paradis réaliste, beaucoup de fétichisme et de sorcellerie, et un Grand-Esprit. Chez les Navajos se célèbre annuellement une grande cérémonie appelée Ilasjelti dailjis qui ne dure pas moins de neuf jours consécutifs et résume en vingt séances tous les mythes nationaux. Ceux-ci se rapportent à la création du soleil, au premier couple humain et à divers dieux que l’on personnifie dans les danses et les chants. Les accessoires sont nombreux et bizarres : cigarettes sacrées, bâtons à prières, couvertures bariolées, bassin renfermant un yucca, etc. Huit masques spéciaux, portant les noms de Naiyenesyong, Tobai-dischinne, Ilasjelti, Ilostjoghon, Hosljobokon et Hostbojoard et, quatre grandes peintures exécutées sur le sable et où figurent des personnages à contours géométriques et à corps exagérément allongés, sont aussi de la plus haute importance dans ces fêtes pour lesquelles une Medicine-loge est préalablement édifiée. Le gouvernement américain a pris soin d’en publier le compte rendu et il faut l’en remercier, car la désuétude en est proche et ce n’aurait été qu’une curiosité insoupçonnée.
- J. Dkmaison »e Viuz.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 juillet 1909. —
- Le greffage des vignes françaises. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Seyot relative à la reconstitution du vignoble français par grelle sur pieds américains. Les uns, après une expérience qui dure depuis quarante ans, admettent que la vigne française et la vigne américaine sont sans iniluence réciproque. D’autres soutiennent que le sujet et le greffon s’influencent mutuellement. En s’attachant à un caractère important, au dire des viticulteurs, la forme du pépin, l’auteur a constaté, sur du tannai greffe dans la région landaise, que les caractères des pépins étaient changés. 11 y a donc iniluence du sujet sur le greffon.
- Utilisation d’une rivière souterraine pour une expérience de biologie. — M. Edmond Perrier expose que M. A. Viré, dans la grotte de La Cave (Lot), en poursuivant ses travaux de déblaiement, vient d’y découvrir une rivière souterraine à une certaine profondeur. Le débouché de celle-ci est dans diverses sources de la région. M. A. Viré pense que cette rivière souterraine permettrait d’ellèctuer, sur des animaux provenant de la
- Présidence de M. E. Picard.
- surface, une expérience de reproduction prolongée qui 11e peut réussir dans des eaux à l’abri de la lumière, mais no se renouvelant pas, telles que celles du laboratoire des catacombes. Si des modifications apparaissent avec le temps, il sera possible de les suivre. Mais une lâche de ce genre dépasse la durée de la vie humaine ; elle ne peut être assurée que par un corps savant jouissant de la pérennité. M. A. Viré sollicite donc le concours de l’Académie pour tenter cette expérience.
- L’acide phosphorigue. — M. André a entrepris, sur les variations des quantités d’acides pbospboriques dans les feuilles, une série de recherches parallèles à celles dont il a déjà communiqué les résultats relativement à l’azote. La teneur en acide pbospborique, comme la teneur en azote, va eu croissant jusqu’à l’époque de la floraison. A cette époque elle s’abaisse et atteint un minimum pour remonter ensuite.
- Élection. — M. Kapleyn est élu correspondant de la section d’astronomie. (A suivre.) Cn. de Yildedeuie.
- LA RECHERCHE DES TRÉSORS SOUS=MARINS
- Il y a deux ans, on mena grand bruit autour d’un engin sous-marin, inventé par un ingénieur italien, et qui devait permettre de récupérer aisément les trésors gisant au fond de la mer, entre les parois des épaves. Nous devons croire que les espérances fondées sur cet appareil ne se sont pas réalisées, puisque M. Simon Lakc, l’inventeur du type de sous-marin qui porte son nom, s’est vu chargé de construire un engin répondant au même but, poulie compte d’une compagnie de sauvetage anglaise.
- Notons, sans aller plus loin, que cette compagnie ne s’engage pas sur une vague piste, comme tant d’autres sociétés qui, à diverses époques, se constituèrent pour explorer au fond des mers les lianes d’un galion espagnol à l’existence problématique. Le 9 octobre 1799, le navire de guerre anglais Lutine, transportant un trésor de près de oO millions de francs en barres d’or et d’argent et en espèces, que le cabinet de Londres expédiait à Hambourg pour y conjurer une grave crise financière, et qui avait été assuré pour £ 1 060 000, s’échouait au large de l’entrée du Zui-der-Zée. Sur la pression de la France, alors en guerre avec l’Angleterre, la Hollande prenait possession de la précieuse épave, et les sauveteurs se mettaient à l’œuvre. Mais l’envahissement des sables, soulevés par une tempête, les forçait bientôt à renoncer à l’entreprise.
- Après le rétablissement de la paix en Europe, vers 1820, le roi de Hollande cédait ses droits au roi d’Angleterre, qui les transférait à la Compagnie Lloyds. Celle-ci, au cours du xixe siècle, tentait par cinq lois d’explorer l’épave, en mettant à profit les accalmies qui succédaient aux fortes tempêtes durant lesquelles le sable avait été balayé de dessus le navire. Ces tentatives donnèrent des résultats appréciables, puisqu’elles permirent de récupérer 198 barres
- de métaux précieux et 12 000 pièces d’or ou d’argent, soit une valeur totale de plus de 2 700000 fr. Finalement, la Compagnie Lloyds passa un contrat avec une société spéciale de sauvetages maritimes qui s’aboucha avec M. Lakc, lui demandant de dessiner un engin qui permettrait d’explorer l’épave méthodiquement. Construite à Wyvenhoe (Angleterre), la machine imaginée par le savant ingénieur entrera incessamment cn service.
- Il s’agissait avant tout d’enlever une quantité de saille, estimée à 40 000 tonnes, accumulée sur l’épave ou autour d’elle, et d’enlever également le sable de l’intérieur de la coque, après avoir enlevé le pont, s’il existe encore. Dans ce but, l’inventeur a construit un grand ponton à quille plate, long de 41 mètres, large de 14 111. 50, muni de treuils d’une grande puissance, et comportant une sorte de puits servant d’abri à l’engin sous-marin que nous allons décrire sommairement. Les machines du bord actionnent deux puissantes pompes centrifuges de 16 pouces, construites spécialement pour aspirer le sable. Deux autres pompes de puissance moindre sont reliées à la chambre de travail sous-marine; elles serviront plus spécialement au déblayement de l’intérieur de l’épave, et seront employées utilement pour protéger les plongeurs contre l’envahissement des sables.
- Ces quatre pompes ont une capacité d’évacuation de 40 000 tonnes par 24 heures de travail. Leur énorme puissance permettra de déblayer l’épave en quelques jours et de profiter des accalmies de l’été. Elles pourront rapidement évacuer les sables ramenés par le gros temps.
- Notre dessin montre le mode de fonctionnement de l’appareil sous-marin, qui se compose d’un tube et d’une chambre de travail. Le premier, long de
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- 96 = RECHERCHE DES TRÉSORS SOUS-MARINS
- 51 m. 60, avec un diamètre de 1 m. 64, est fait de plaques d’acier; son extrémité supérieure est liée par des charnières dans l’intérieur du ponton; une échelle intérieure permet aux opérateurs de gagner la chambre de travail; des water-ballasts, qui courent le long des parois extérieures, facilitent la plongée.
- La chambre de travail, construite elle aussi en plaques d’acier, est basée sur le même principe que les sous-marins du type Lake. Longue et large de 8 pieds, elle comporte deux grandes portes qui peuvent livrer passage aux plongeurs, et peut être remplie instantanément d’air comprimé. Enlin, elle est percée de plusieurs hublots à travers lesquels les opérateurs peuvent examiner le fond de la mer, éclairé par de puissants réflecteurs disposés dans l’intérieur de la chambre.
- Voici comment se manœuvrera ce curieux engin.
- S’il s’agit d’opérer sur une épave dont l’emplacement est déjà connu, le bateau de surface, traîné par un remorqueur, prendra position, et le tube, avec sa chambre, sera descendu à l’aide de chaînes dans la direction et à la profondeur voulues. Au contraire, s’il s’agit de rechercher l’emplacement d’une épave, la chambre sous-marine, grâce à l’action des water-ballasts, sera maintenue au fond de la mer, de façon qu’une roue, ingénieusement fixée sous la chambre, entre en contact avec le sol. Cette roue, pourvue de dents, peut mordre sur les roches les plus glissantes ; elle est mue par un moteur contenu dans la chambre, et est montée de façon à tourner dans toutes les directions requises, comme un unieycle, et à contourner les roches et autres obstacles. Son action entraîne non seulement les parties sous-marines de l’engin, mais aussi le bateau de surface. Cet heureux dispositif permettra donc d’explorer méthodiquement le lit de la mer.
- Le principe du sous-marin mixte de M. Lake sera appliqué ultérieurement à un autre usage que
- l’exploration des épaves, notamment à l’exploitation des bancs d’huîtres perlières. Notre illustration montre précisément l’engin appliqué à une opération de ce genre. Deux dragues, manœuvrées mécaniquement, seront reliées à l’axe de la chambre par des leviers à charnières, et la roue à dents que nous avons décrite plus haut entraînera l’engin (le bateau de surface y compris) sur toute l’étendue du banc. Les dragues, une fois pleines, seront sollicitées par un levier intérieur qui les fera tourner sur l’axe pour aller verser leur contenu dans un chariot roulant sur des rails disposés le long du tube, et qui amènera les huîtres jusqu’au
- bateau de surface.
- On espère que l’engin donnera d’excellents résultats. dans les eaux claires de Ccylan, et qu’il y récoltera en un jour autant d’huîtres que plusieurs centaines de plongeurs. Mais la recherche des trésors sous-marins restera sa principale application, et la besogne ne lui manquera pas, dans ce domaine. Les chercheurs de trésors ont dressé depuis longtemps la liste des plus fameuses épaves : leur contenu se chiffre par milliards de francs !
- Au premier rang figure Y Amiral-de-Florence, le navire qui transportait le trésor de l’Armada espagnole et qui sombra près de Tobermory, au large de la côte de l’Argyllshirc. Depuis 1641, les ducs d’Argyll qui se sont succédé de père en fils jusqu’au duc actuel, ont vainement cherché à entrer en possession de l’énorme fortune que recèlent les lianes de l’épave. Une nouvelle tentative, qui date de l’année dernière, n’eut d’autres résultats que de repêcher un chandelier d’argent massif, cinq pièces d’or, deux boulets de pierre et un boulet de 1er.
- On comprend que le syndicat formé récemment pour l’exploitation de cette mine d’or... monnayé ait hâte de prendre livraison du sous-marin de M.Lakc !
- V. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiuiœ, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- L'appareil explorateur des fonds sous-marins.
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- LA NATURE. — N° 1886.
- 17 JUILLET 1909.
- APPAREIL RESPIRATOIRE A OXYGENE LIQUIDE
- Les travaux, de sauvetage! dans les mines envahies par des gaz irrespirables, dans les locaux que l’industrie remplit de gaz délétères exigent l’emploi d’appareils respiratoires perfectionnés. Le sauveteur emporte avec lui une provision d’air pur, qui lui permet de séjourner et de travailler quelque temps dans l’atmosphère dangereuse à qui il faut . arracher ses victimes.
- il existe déjà des types fort nombreux d’appareils respiratoires : la plupart sont remplis d’oxygène comprimé, ils exigent des bouteilles d’acier fort lourdes et encombrantes : d’autres sont basés sur certaines réactions chimiques qui produisent l’oxygène : mais le manque de régularité dans la production du gaz peut causer de graves inconvénients. En tout cas la provision d’oxygène ainsi accumulée est toujours relativement minime', la; travail du sauveteur est donc nécessairement d’une durée très limitée, et par suite l’cflicacité de ses efforts assez problématique.
- Un très grand progrès lut réalisé dans les appareils respiratoires, le jour où l’on songea à recourir à l’air liquide. La mine dis Witkowilz (‘il Moravie', est dotée d’une' installa- f- “
- lion de liquéfaction de l’air, et d’appareils respiratoires nommés aéroliths, où, sous forme lie piide, on peut accumuler ele'jà un volume beaucoup plus considérable d’air pur. Les aéroliths ont rendu, dit-on, de très grands services.
- M. Georges Claude vient d’imaginer un nouvel appareil qui dérive du même principe et que nous allons décrire plus en détail : au lieu de recourir à l’air liquide, c’est à l’oxygène liquide qu’il fait appel. On en voit immédiatement l’avantage : on n’emprunte à l’air que son élément actif; on ne s’encombre pas d’une masse d’azote, parfaitement inutile, puisque irrespirable : on peut donc en réduire le volume et le poids du réservoir, ou augmenter la durée d’action de l’appareil.
- Mais, dira-t-on, l’oxygène pur n’est-il pas dangereux pour l’organisme? N’est-ce pas un comburant puissant, qui faute d’une dilution suffisante dans l’azote, gaz inerte, provoquera une surexcitation de toutes les réactions vitales et provoquera un véritable
- empoisonnement? Jules Verne a décrit autrefois d’une façon ingénieuse et saisissante, les troubles
- causés par l’oxygène méfaits de l’oxygène
- Fig. 1. — L'appareil G. Claude. Le double réservoir à oxygène liquide et le masque respiratoire.
- : epii n’a gardé en mémoire les pur si sa vamment gradués 'par le célèbre docteur Ox? Malheureusement l’habileté et l’imagination du romancier ne s’ap-. : puyaient pas toujours
- :v. sur une documentation
- scientifique très solide!; l’action néfaste de l’oxygène est pure légende : M. d’Arsonval a montré que! dans la respiration, quelle que fût la quantité d’oxygène ejui leur est offerte, les poumons n’absorbent que le volume nécessaire à une respiration normale, c’est-à-dire à l’oxydation de1 l'hémoglobine du sang; donc pas de suroxydations, ni d’e'mpoisonnement consécutif.
- Les appareils de M. Claude comportent 1,5 litre d’oxygène liepuide, fournissant par suite 1200 litres de gaz.
- Or la respiration d’un homme adulte se livrant à
- Fig. 2. — Un sauveteur muni de l'appareil Claude.
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- un travail assez dur exige 120 litres d’oxygène par heure : l’évaporation des 1200 litres d’oxygène se fait ici en 2 heures, c’est donc 600 litres epii sont fournis par heure, soit au moins cintj fois ce qui est nécessaire. Cet excès, loin d’être nuisible, évite l’emploi des régénérateurs en usage dans les appareils à oxygène comprimé, où il est indispensable, en raison du poids très grand des récipients, d’économiser cet oxygène jusqu’à la dernière parcelle et de rechercher, dans les produits de la respiration, tout ce qui peut s’v trouver encore. Ici, au contraire, on se contente d’évacuer la fin seulement de chaque expiration, les gaz expirés non évacués sont toujours noyés dans une proportion d’oxygène bien suffisante pour éviter tout inconvénient.
- Comment est construit l’appareil et comment se comporte-t-il?
- L’oxygène liquide est immobilisé dans un réservoir métallique rempli de laine de verre ou d’amiante. Ce réservoir est enveloppé d’un calorifuge incombustible (laine de verre), placé dans une seconde boîte métallique ; l’isolement calorifique est suffisant pour prolonger l’évaporation du liquide pendant plus de deux heures. L’appareil ne comporte aucun
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- annee. — 2e semestre.
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- 98 IDENTIFICATION DES EAUX MINÉRALES PAR L’AQUAMÉTR]E
- récipient à double enveloppe et vide intermédiaire, Tal'llux. de la chaleur ambiante est du reste nécessaire pour entretenir l’évaporation qui doit amener en abondance à la bouche du sauveteur l’oxygène nécessaire.
- L’oxygène vaporisé ne se rend pas directement au masque : il est envoyé tout d’abord dans une poche de caoutchouc de 5 à 4 litres enfermée dans une seconde enveloppe métallique et qui sert de volant.
- ” De là, il arrive au masque par deux tubes qui servent en outre d’armature à l’appareil.
- Le masque est appliqué sur la ligure à l’aide d’un véritable pneumatique en caoutchouc. Ceci est encore un point intéressant de l’appareil, car ce pneumatique, au moment de l’inspiration, grâce au vide partiel qui se lait sous le masque, s’applique énergiquement sur la ligure, s’oppose aux rentrées de l’air externe et constitue un joint excellent; au contraire, à la lin de l’expiration, lorsque la poche en caoutchouc s’est remplie à la ibis du produit de l’expiration et de l’oxygène vaporisé entre deux inspirations successives, le pneumatique se soulève légèrement et laisse échapper l'air usé. Les gaz viciés se trouvent donc automatiquement expulsés, et sans l’intervention d’aucun mécanisme.
- Pour que ces appareils de sauvetage puissent rendre d’eiïectils services, il faut qu’ils soient
- mis en fonctionnement sans retard, à la moindre alerte : il faut que l’on ait toujours à sa disposition les réserves d’oxygène liquide et les moyens d’en fabriquer à volonté.
- Une installation spéciale est par suite nécessaire : il existe dans le commerce aujourd’hui d’excellents appareils pour la fabrication de l’air liquide; mais leur emploi dans le cas actuel serait inutilement onéreux. Pourquoi, en effet, liquélier un mélange, dont la majeure partie, et du reste la plus réfractaire, l’azote, nous sera inutile et devra être éliminée par distillation fractionnée?
- M. Claude et son collaborateur M. Le Rouge préconisent la solution suivante : on prend de l’oxygène comprimé en tubes du commerce, et on le liquéfie sous pression à l’aide d’air détendu avec travail extérieur. Le point de liquéfaction de l’oxygène (--. 118°)
- est relativement aisé à atteindre ; au bout de 15 minutes, en effet, la machine est en plein fonctionnement et fournit 12 litres d’oxygène à l’heure pour une puissance de 20 chevaux.
- Ajoutons que, pour ne jamais être pris au dépourvu, il sera prudent de ménager des réserves d’oxygène liquide, qui se conserve fort bien dans les ballons argentés de Dewar, garantis contre les échanges thermiques par le vide presque absolu qui règne dans l’intervalle de leur double paroi. R. Y munis.
- IDENTIFICATION DES EAUX MINÉRALES PAR L’AQUAMÉTRIE
- Les eaux minérales sont aussi dissemblables que des êtres humains. Deux d’entre elles ne sont jamais identiques : les jumelles constituent de très rares exceptions. Issues de bassins différents elles sont très différentes ; issues d’un même bassin, elles peuvent avoir une ressemblance comme les individus issus d’une même famille, mais avec un signe distinctif.
- C’est ainsi que les eaux d’Évian, de Vichy, de Couzan, de Vittel, de Conlrexéville, de Vais, etc., se différencient nettement les unes des autres, généralement aussi aisément que les individus de familles différentes. 11 en est à peu près de même pour les eaux d’un même bassin, bien qu’elles aient entre elles un plus grand cachet de ressemblance.
- Par exemple, les différentes eaux du bassin de Vichy : Sources des Célcstins, de l’Hôpital, de la Grande Grille, de Mesdames, de Chomel, de Lucas, du Parc, d’Hautc-rivc, tout en ayant un caractère de même famille, se distinguent aussi facilement que des sœurs entre elles, à jdus forte raison se distinguent-elles mieux encore des eaux voisines de Saint-Yorre.
- Chaque eau d’Evian a son individualité : les sources de Cachai, des Grottes, Premières, du Châtelet, peuvent être différenciées les unes des autres, notamment par les proportions de nitrates ; il en est de môme pour chaque eau des bassins de Vittel, de Couzan, de Conlrexéville, etc. Je ne connais que de rares exemples où deux eaux dans un même bassin sont absolument identiques : il s’agit là de deux émergences voisines de la même nappe, je dis « voisines », car, pour une même nappe d’eau souterraine, des émergences en deux points éloignés donnent généralement des eaux qui peuvent se
- distinguer par une minéralisation plus ou moins éloignée.
- Bien entendu ces différenciations ne peuvent être faites que par un expert exercé, travaillant avec précision et possédant à fond la connaissance de la minéralisation des eaux d’origine authentique, et en tenant compte des variations qu’elles peuvent présenter.
- Ces signes distinctifs se traduisent ici par des chiffres précis et c’est, pourquoi, avec précision, on peut reconnaître si une eau minérale, embouteillée et présentée au publie, est d’origine authentique ou au contraire si elle est présentée sous un nom d’emprunt, ce qui constituerait une fraude.
- Chaque eau minérale a pour ainsi dire sa fiche « aqua-métrique », comme tout être humain peut avoir sa fiche anthropométrique : je dirai que les mensurations des différents organes sont représentées ici par les proportions des éléments contenus dans chaque eau. De même que pour reconnaître un individu, point n’est besoin de mon-surer toutes les formes de l’individu, il suffit au contraire de fixer les dimensions ou les empreintes de quelques organes, de même pour les eaux minérales quelques déterminations d’éléments suffisent pour les identifier.
- J’ai établi que quatre données analytiques sont presque toujours nécessaires et suffisantes. Il y a rarement lieu de recourir à une cinquième.
- Les quatre facteurs qui servent de base à ce que j’appelle a l’aquamétrie » sont : Y alcalimétrie, les chlorures, les nitrates, le degré Itydrolimélrique.
- 1 En comparant les résultats fournis par les déterminations de ces facteurs avec les données que j’ai établies sur des eaux authentiques et relevées dans des tableaux spéciaux, si ces quatre facteurs laissent une incertitude
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- sur l'origine de l’eau, ce qui est exceptionnel, on détermine les sulfates, dont le chiffre, venant s’ajouter aux autres éléments d’appréciation, lève tous les doutes.
- On peut donc, grâce à ces quatre ou cinq déterminations aquamétriques, identifier une eau, reconnaître si l’eau contenue dans une bouteille est bien celle de l’endroit et correspond bien à la source indiquée sur l’étiquette, enfin on peut dépister la fraude et en faire la preuve.
- J’ai été lbrt surpris de voir qu’un grand nombre de personnes étaient persuadées que toutes les eaux se ressemblent, qu’il est matériellement impossible de les distinguer les unes des autres. « De l’eau, c’est de l’eau », disent-elles volontiers pour dépeindre l’idée qu’elles ont, de considérer l’eau comme étant un composé naturel unique analogue à l’air, c’est-à-dire comme un composé invariable dans sa composition qualitative et quantitative.
- Kn effet, il est impossible de caractériser l’air d’une région par rapport à l’air d’une autre région, de même qu’on ne peut différencier l’eau distillée dans une région d’une eau distillée dans une autre région.
- Mais l’eau minérale, c’est de l’eau distillée, qui lient en solution un certain nombre de produits, et c’est précisé-
- ment la nature et la quantité de ces produits qui permettent d’identifier l’eau minérale d’une région déterminée.
- J’ai eu personnellement beaucoup de difficultés pour l'aire croire, même aux principaux intéressés, c’est-à-dire aux représentants du commerce des eaux, qu’il était possible d’identifier les eaux minérales : ils vivaient avec l’incrédulité des preuves scientifiques, étant convaincus que l’analyse était tout à fait impuissante à reconnaître, à « individualiser » une eau minérale. Les fraudeurs exploitaient à leur profit cette situation.
- Depuis que j’ai démontré par de nombreuses applications que l’identification des eaux minérales peut s’établir avec toute la certitude voulue, les saisies ont pu s’opérer de différents côtés efficacement et les fraudeurs l’ont appris à leurs dépense! au bénéfice du commerce loyal.
- Grâce à l'application de l’aquamétrie, on peut dire que la fraude dans les eaux minérales, qui était largement pratiquée avec une audace dépassant toute limite, est aujourd’hui conjurée.
- Tel est le résultat pratique de ce mode scientifique d’identitication des eaux minérales.
- Kdmond Bonjean,
- Chef du l.uljoriiloire eL membre du Conseil supérieur d'hygiène publique de France.
- LA PLUS GRANDE DRAGUE DU MONDE ET LES TRAVAUX DE LA MERSEV
- Lorsqu’il s’agit d’améliorer l’embouelmre d’un 11 cuve à marée débouchant dans un estuaire, la règle, la plus généralement suivie, consiste à régulariser son cours par la construction de digues longi-
- Fig. i. — Suçoirs terminant les « étindes « à leur partie inférieure et par lesquels l'eau et le sable sont aspirés par les pompes centrifuges. Avec celte disposition on obtient une proportion de sable de 35 o/o du volume d'eau aspiré.
- tudinales divergentes vers l’aval. On concentre, de la sorte, entre ces digues, les courants de Ilot et de jusant et on obtient ainsi un approfondissement du chenal qu’on peut ensuite augmenter par des dragages, notamment sur la barre qui, presque toujours, obstrue le débouché du fleuve dans la mer.
- C’est ce procédé qui a été suivi pour l’amélioration de l’embouchure de la Clyde et de la Tyne, en Angleterre, du Weser en Allemagne et de la Seine en France.
- Mais la construction de ces digues longitudinales n’est pas sans entraîner des dépenses considérables. De plus, la direction à donner à ces digues, est soumise à des règles précises dépendant du régime des courants qui s’établissent après la construction de celles-ci et qu’il est souvent difficile de prévoir à
- l’avance. Comme conséquence, toute modification subséquente à apporter à la direction primitive des digues est la cause de nouvelles dépenses considérables.
- Un autre procédé, l’inverse du précédent, consiste, tout d’abord, à approfondir le chenal sur la barre au moyen de dragages; puis, à suivre avec soin les modifications, résultant de ces dragages,
- Fig. 2. — Coupe transversale indiquant la nouvelle disposition de ta partie supérieure des puits qui facilite le dépôt rapide du sable dans ces puits et réduit à i ojo le volume de sable entraîné par l'eau.
- apportées au régime des courants dans l’estuaire en amont de la barre. Puis, enfin, à l’aide de ces observations, à venir en aide à la direction des courants et à les concentrer par la construction de digues longitudinales aux endroits où l’expérience aura
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- montre que leur construction est nécessaire. En un mot, ce procédé est basé sur la méthode expérimentale à la Ibis prudente et économique.
- C’est ce dernier procédé qui a été appliqué, en 1885, à l'approfondissement du chenal de Gedney servant d’accès au port de New-York et oti une profondeur uniforme de 9 ni. au-dessous du niveau des
- basses mers moyennes a été ob tenue par le dragage de plus de 2,5 millions de tonnes de sable au moyen de dragues à succion.
- En présence des excellents résultats obtenus à Gedney, M. Anthony Lyster, ingénieur du port de Liverpool, proposa d’appliquer le même procédé à l’amélioration de la Mersey qui sert d’accès au port de Liverpool dont le trafic est extrêmement intense et croit chaque jour.
- Divers projets d’endiguement ayant pour base la concentration des courants de flot et de jusant entre
- chenal sur la barre de 450 m. de largeur et ayant une profondeur de 0 m. au-dessous des basses mers de morte eau. En 1895 et 1905 deux autres dragues de même capacité ont été construites, dont l’une, Coronation, construite en 1903, est représentée lig. 4.
- Ces différentes dragues, depuis 1891, ont été employées à l’approfondissement du chenal sur la barre ainsi qu’à celui des différents chenaux en amont de cette barre et qui servent d’accès au port de Liverpool.
- Le cube total ainsi dragué, depuis le commencement des travaux, en 1891, jusqu'au 1er janvier 1909, s’élève à 121 millions de tonnes de sable, avec une dépense moyenne par tonne de cinq centimes et le chenal, sur la barre, a actuellement une largeur de 450 mètres et une profondeur d’eau au-dessous des basses mers de morte eau de 9 mètres.
- En amont de la barre, le chenal, jusqu’à hiver-
- Fig. 3. — Drague à succion « Léviathan » construite en içoS, extrayant 12000 tonnes de sable à l'heure. Au premier plan, on voit une des dragues construites au début des travaux, en iSçi, et extrayant seulement 600 tonnes de sable à l'heure.
- des digues longitudinales avaient été étudiés depuis longtemps pour l’amélioration du chenal dans cet estuaire. Mais, en présence de l’incertitude des résultats et des dépenses considérables, on avait toujours reculé et, finalement, on avait dû renoncer à ce procédé. C’est dans ces conditions que le Mersey Dock Board accepta la proposition de son ingénieur, M. L yster. En 1891, on fit construire deux dragues à succion pouvant extraire 600 tonnes à l’heure (fig. 5). Dans l’espace de dix-huit mois ces deux dragues creusèrent sur la barre un chenal de 500 m. de largeur et ayant une profondeur de 4,57 m. au-dessous des basses mers de morte eau : 1 400000 tonnes de sable avaient été ainsi dragués.
- Comme la profondeur d’eau ainsi obtenue sur la barre était loin d'être suffisante, on fit construire, en 1893, une nouvelle drague à succion pouvant extraire 4500 tonnes de sable à l’heure. Grâce à cette nouvelle drague, on put obtenir un nouveau
- pool, a été également amené à cette même profondeur, en abaissant par des dragages la crête des bancs de sable qui obstruaient le chenal.
- Toutefois, à la suite de la construction par la compagnie Cunard des deux transatlantiques à grande vitesse Lusitania et Maurelania dont le tirant d’eau est de 10,67 111, cette profondeur d’eau est devenue insuffisante et il était de toute nécessité d’approfondir à nouveau le chenal d’accès du port de Liverpool par de nouveaux dragages. Aussi, en 1907, le Mersey Dock Board, sur la proposition de M. Lyster, décida de faire construire une nouvelle drague plus puissante et capable d’extraire 12 000 tonnes de sable à l’heure. C’est cette nouvelle drague, déjà mise en service, que nous décrirons brièvement, en indiquant, plus particulièrement, certains perfectionnements intéressants apportés par M. Lyster à la drague à succion.
- La drague à succion « Léviathan » (fig. 3) a une
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- longueur de 145 mètres, une largeur de 21 mètres et son tirant d’eau est de G,70 mètres. Elle est munie de deux hélices actionnées chacune par une machine à vapeur à triple expansion, qui lui donnent une vitesse de 10 nœuds à l’heure. Ces machines sont alimentées par quatre chaudières du type ordinaire. L’appareil de dragage se compose de quatre pompes centrifugesGwinnes, deux de chaque bord, qui aspirent l’eau et le sable par des tuyaux latéraux appelés élindes, inclinés vers l’avant et descendant jusqu’au niveau du sol à draguer et le refoulent dans des puits ménagés au centre' du navire. Chacune des pompes centrifuges est actionnée par une machine à vapeur à triple expansion du type pilon. Quant aux élindes, qui sont terminées, à leur partie inférieure, par un appareil appelé suçoir par lequel pénètrent l’eau et le sable aspiré par les pompes et sur lequel nous au-
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- tient par l’ouverture de clapets disposés au fond de chacun d’eux (lig. 2) et manœuvrésau moyen de tiges verticales actionnées, à leur partie supérieure, au-dessus du pont par des pistons hydrauliques. Afin d’activer cette décharge des puits, on dispose à l’intérieur et le long des parois de ceux-ci des tu vaux munis d’ajutages au moyen desquels on injecte sur le .sable de l’eau sous pression fournie par les pompes centrifuges d’aspiration. Grâce à ce dispositif ingénieux, dû à M. Lysler, la vidange des puits peut s’opérer en dix minutes.
- En outre de ce système, M. Lysler a appliqué à ces nouvelles dragues d’autres dispositifs dont nous dirons quelques mots.
- Le rendement des dragues à succion est d’autant plus puissant que la quantité de; sable contenu dans un volume d’eau aspiré par les pompes est plus
- Fig. 4. — Drague à succion « Coronation », conslruile en iço3 el pouvant extraire 4500 tonnes de sable à l'heure.
- rons à revenir tout à l’heure, elles sont manœuvrées, soit dans le sens vertical, soit dans le sens horizontal, au moyen de treuils puissants installés sur le pont. Ces élindes peuvent atteindre des fonds de 21 mèlres au-dessous du niveau de l’eau, avec un angle d’inclinaison de l’élinde ne dépassant pas 45e au-dessous de l’horizontale.
- En quittant les pompes centrifuges le mélange d’eau et de sable est amené par des tuyaux dans un canal de section rectangulaire qui s’étend au-dessus du pont sur toute la longueur du navire occupée par les puits. En face de chacun de ces puits le fond du canal rectangulaire est percé d’ouvertures, munies de clapets, par lesquelles le mélange d’eau et de sable pénètre dans chacun d’eux. Le sable se dépose dans ces puits et l’eau se déverse ensuite par-dessus les bords du navire pour retourner à la mer, comme le montre la figure 4.
- La vidange des puits aux points de décharge s’ob-
- grand, et, d’un autre coté, il faut que le sable amené avec l’eau dans les puits se dépose aussi rapidement que possible par décantation, de telle sorte qu’il n’en retourne à la mer que la plus faible quantité possible avec l’eau qui se déverse par-dessus les bords (fig. 4).
- Pour obtenir le premier résultat, M. Lyster a recherché la forme la plus avantageuse à donner aux suçoirs et, à la suite de nombreuses expériences, il a reconnu que la forme de suçoir représentée par la figure 1 était celle qui donnait les meilleurs résultats. On a reconnu, déplus, que le rendement maximum était atteint lorsque le suçoir était enfoncé dans le sol à draguer à une certaine profondeur. On peut, avec ce type de suçoir, obtenir facilement une proportion de sable correspondant à 35 pour 100 au minimum du volume d’eau aspiré.
- Afin d’obtenir le second résultat, M. Lyster a adopté le dispositif représenté figure 2 qui active
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- notablement la décantation et permet l’application de la drague à succion aux vases consistantes.
- La drague (fïg. 2) est pontée, à l’exception d’une partie centrale, qui est surmontée par des parois de 1,50 m. environ de hauteur, le tuyau de décharge des pompes d’aspiration étant placé le plus près possible des parois du puits. Par suite de cette disposition, l’eau, avant de se répandre à l’extérieur pour retourner à la mer, doit parcourir un chemin assez long. De plus, la section libre est calculée de façon que la vitesse ascensionnelle de l'eau soit
- faible. Il en résulte que la décantation se fait pins complètement et que l’eau n’entraîne plus à la mer qu’une très faible quantité de matières en suspension.
- Des expériences nombreuses ont montré qu’avec ce dispositif une proportion maximum de 4 pour 400 de la quantité de sable aspirée par les pompes est entraînée avec l’eau au-dessus des bords de la drague, au lieu de 20 pour 400 comme c’était fréquemment le cas avec les dispositions ordinaires.
- R. Bonnin.
- L’EXAMEN MICROSCOPIQUE DES PAPIERS
- Le Bulletin de la Société chimique de France a publié récemment un intéressant, mémoire de M. E. Collin sur l’examen microscopique des papiers, dans lequel on# trouvera des résultats qui nous paraissent de nature à intéresser les lecteurs de La Nature, et dont nous croyons devoir extraire les renseignements suivants.
- Pendant plusieurs siècles, le papier fut composé de lin, de chanvre ou de coton, parfois seuls, mais souvent mélangés sous forme de chiffons; mais depuis une centaine d’années, le développement de la consommation a forcé de chercher des succédanés aux diverses libres qui servaient jusqu’alors à préparer le papier.
- Dès 1894, Léopold Delisle avait démontré que presque tous les végétaux riches en libres pouvaient être employés pour fabriquer du papier et il avait, à l’appui de sa ihèse, composé un livre dont les divers feuillets étaient préparés avec line fibre différente ; mais les libres que l’on emploie doivent réaliser un certain nombre de conditions d’abondance, de qualité, de valeur commerciale qui rende leur emploi plus avantageux que celui des chiffons.
- M. Collin distingue, en tenant compte de l’origine des matières premières, plusieurs catégories dans les pâtes à papier et les papiers employés actuellement dans le commerce, ces catégories différant très nettement par la nature et les caractères de leurs éléments anatomiques :
- 4° Les papiers préparés avec des poils végétaux : coton;
- 2“ Les papiers préparés avec des libres libériennes : lin, chanvre, ramie, mûrier à papier, jute, phormium, mitsumata ;
- 3° Les papiers préparés avec des pailles : pailles de blé, de seigle, d’alfa; tiges de bambou, de canne à sucre; bractées de maïs;
- 4° Les papiers préparés avec des bois résineux : pin, sapin, mélèze, ou avec des bois feuillus : tremble, peuplier, frêne, hêtre, tulipier de Virginie ; les pâtes de bois pouvant être obtenues chimiquement ou mécaniquement.
- Les papiers ayant un but spécial à remplir doivent faire preuve de qualités particulières conformes à leur emploi ; les papiers administratifs, les papiers d’archives, les papiers timbrés, les papiers de billets de banque doivent être préparés avec des libres libériennes ou des chiffons. Les papiers à cigarettes doivent être faits avec des fibres de lin fraîches ou avec des chiffons spécialement triés. Au contraire, les papiers destinés à un usage moins spécial, comme les papiers à écrire, le papier d’emballage peuvent être fabriqués avec des pâtes de paille ; enfin, les papiers destinés à un usage banal, tels que les papiers à journaux, sont obtenus avec des pâtes de bois chimiques ou mécaniques.
- Si l’on emploie ces dernières pour les papiers devant
- servir à l’impression d’estampes ou d’ouvrages de luxe ou destinés à être conservés, on les trouve rapidement piqués de taches jaunâtres, détériorés et capables même parfois de s'effriter entre les doigts. Le phénomène s’observe surtout dans les ouvrages classiques publiés postérieurement à l’année 1802, époque de l’exposition universelle de Londres après laquelle l’usage des pâtes de bois s’est propagé dans tous les pays de fabrication du papier.
- Parmi ces méthodes, pour rechercher la nature du papier, l’examen microscopique occupe une place très importante.
- Celui-ci se fait soit directement au microscope, s’il s’agit de pâtes fluides, soit sur la bouillie obtenue eu faisant bouillir les pâtes solides ou les feuilles de papier avec de l’eau légèrement alcalinisée.
- La pâte des papiers de coton est en filaments brisés, aplatis, rubanés, fréquemment tordus en spirale, d’une largeur de 30 à 33 pi ou millièmes de millimètre. Les papiers de lin et de chanvre sont en fragments fins, enchevêtrés, présentant des nodosités et des fibres transversales et de 15 à 25 p. de largeur pour le lin, de 15 à 45 p. pour le chanvre. Ces trois sortes de fibres se retrouvent généralement dans le papier de chiflons.
- Les fibres de mûrier sont accompagnées de débris de membrane intercellulaire plus ou moins pelotonnés; elles ont de 25 à 35 pi de diamètre; les fibres de racine, dont la largeur atteint 50 (i, sont cannelées et souvent plus ou moins effilochées par suite du travail qu’elles ont subi.
- La pâte du papier de mitsumata, préparée avec les fibres de YEdgeworthia papyrifera et qui constitue les beaux papiers du Japon, se reconnaît à la longueur et à la finesse de ses fibres qui mesurent de 4 à 19 pi de diamètre. Les fibres de jute sont au contraire extrêmement irrégulières.
- Dans les papiers de paille, les fibres sont accompagnées de cellules épidermiques, à contour sinueux et dentelé et de débris de vaisseaux végétaux. Dans les pâtes de bois résineux, on ne constate pas la présence de vaisseaux qu’on rencontre au contraire dans les pâtes de bois feuillus avec accompagnement de fibres plus ou moins lignifiées.
- Enfin les pâtes mécaniques se distinguent des pâtes chimiques par une dissociation beaucoup plus énergique de leurs éléments dont le contour est extrêmement irrégulier.
- Ces diverses constatations sont extrêmement importantes au point de vue de la différenciation des principaux types de papiers employés actuellement et peuvent permettre de les caractériser et de déjouer ainsi les falsifications dont ils pourraient être l’objet. A. H.
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- L’INDUSTRIE DU MICA DANS L’INDE
- Le mica est une de ces petites substances minérales, dont l’industrie monte à des chilires beaucoup plus élevés qu’on ne le soupçonne d’ordinaire. Aussi peut-il être intéressant de donner quelques détails sur les mines de mica de l’Inde, qui sont actuelle-
- Fig. i. — Vue montrant, dans un cas restreint, des veines de pegmatite à mica. Le marteau
- ment les principales du monde, avec celles du Canada.
- Production et usages. —- Tout d’abord deux mots de statistique. Le mica est produit surtout par les deux pays (pie nous venons de citer, puis par les Etats-Unis, qui consomment leur propre production, par Ceylan, la République Argentine et l’Australie. La Norvège en fournit de plus • une faible proportion. En 1902, la valeur extraite a été de 2 189 000 fr. dans l’Inde contre 2 054 000 au Canada et 594 000 aux Etats-Unis.
- Depuis ce moment, la production du Canada s’est sensiblement accrue. Aux Indes, il y a eu des lluclualions, tant dans la production que dans l’exportation qui sont loin d’être équivalentes. Les exportations de ce pays ont monté de 185 tonnes en 1894 à 1150 en 1900 pour redescendre à 1020 en 1905 et 962 en 1904.
- En 1905, il y a eu un essor considérable; on a exporté 6650 tonnes valant, d’après les documents officiels,
- 5 550000 fr. Ces exportations de l’Inde partent, pour les trois quarts, à destination de l’Angleterre et des Etats-Unis où la principale application est l’électricité, comme isolant pour les hauts voltages. Mais on utilise également une certaine quantité de mica dans l’Inde : les grandes feuilles pour faire des portraits enluminés qui échappent aux altérations* par l’humidité, la chaleur, les ravages des insectes, etc., ou encore pour fleurs
- artificielles et les micas de qualité inférieure pour divers usages décoratifs. Pendant longtemps on n’a fait le commerce que des grandes feuilles. Mais, en 1898, on s’est aperçu que l’on pouvait utiliser les déchets pour les agglutiner et les mouler en feuilles de « micanite » remplaçant le mica naturel dans divers cas. On a alors repris les anciens tas de déblais. En outre, on .a appris aux enfants à cliver les plaques épaisses, et ils ont rapidement acquis, dans ce travail, une habileté extrême.
- En 1902, le Bengale tenait la tête de la production indoue avec 600 tonnes valant 2000 fr. la tonne; puis venait Madras avec 500 tonnes valant 1800 fr. En 1905, le Bengale a produit 750 tonnes et Madras 420 ; cette année-là, il y avait 87 mines dans la présidence de Madras (Nellore), où le prix moyen a été. de 5500 fr. la tonne. Mais les carrières mal exploitées s’épuisent vite. Dans le Bengale on n’extrait plus que du mica de qualité inférieure valant au plus 1600 fr.
- l'aspect sinueux donne Véchelle.
- la tonne. A Uazaribagb
- Nag-
- Fig. 2. — Carrière avec grosses masses de mica aux feuillets parallèles. [D'après le Service géologique de l'Inde.)
- pour), principal centre de ce district, on en a extrait 500 tonnes en 1905. Enfin, dans le Rajpoutana, il existe une petite mine à Ajmer. Le Mysore et Ceylan renferment également des gisements non utilisés. Le nombre des ouvriers employés aux mines a été de 9 à 10000 dans ces dernières années.
- Géologie. — Le principal centre d’exploitation du mica dans le Bengale est situé dans les districts
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- INDUSTRIE DU MICA DANS L'INDE
- l-'ig. 3. — Ouvriers indous coupant les micas avec des ciseaux ou des cisailles. (D’après le Service géologique de l'Inde.)
- d’I lazaribagh et Gaya entre 85 et 86 degrés de long. Green, et 24 à 25 degrés de latitude.
- On a là un massif de gneiss, micaschistes, am-phiboliles et quartzilcs de direction K.-W. avec pcn-dage Nord, que'traversent de nombreux liions de pegmatite ayant une tendance à s'interstratifier (fig. 1). La présence des pegmatites paraît en relation avec le phénomène intrusif qui a transformé des sédiments en gneiss. On a cru remarquer un certain rapport entre la composition des lilonncts et celle des roches encaissantes : développement du quartz dans les quarlzitcs, de l’orthose dans les gneiss feldspathiqucs, du mica dans les micaschistes. Gette relation, bien problématique, n’est pourtant pas impossible, étant données les substitutions qui ont dû contribuer à faire entrer dans la composition de la pegmatite les éléments du terrain qu’elle traverse. La tourmaline, la cassitérite et la columbite apparaissent comme éléments accessoires, naturels à prévoir dans ce genre dérochés. On trouve, en outre, assez fréquemment de la lluo-rine, de l’apatite, de la triplitc, de la tourmaline, et les autres satellites ordinaires des granulites, tels que la pechblende (ce minerai d’urane, d’où l’on extrait le radium). Les micas sont surtout de la muscovite, accessoirement de la biotite et du lépidolithe.
- On peut étudier, à ce propos, les conditions générales, dans lesquelles se présentent les gisements de mica industriels. Ces conditions sont assez rarement réalisées; car il faut d’abord rencontrer les grosses veines de pegmatite (quartz et feldspath) à
- mica, qui ne se développent guère que dans les micaschistes. 11 faut, en outre, que la région n’ait pas subi les mouvements de dislocation, si fréquents précisément dans ces massifs primitifs : dislocations par lesquelles a été d’ordinaire brisée cette substance fragile dont la valeur tient uniquement aux grandes dimensions des cristaux. Peu de régions, dans les terrains archéens, répondent à un programme semblable.
- Les intrusions pegmatilcuses avec mica ont suivi les interstices des feuillets schisteux en prenant naturellement un développement particulier là où il y avait plissement, ou encore rencontre d’une cassure transversale : fait expérimental dont les mineurs indous tiennent grand compte dans leurs recherches; mais, parfois aussi, des noyaux de pegmatite semblent s’intercaler dans les feuillets sans qu’il y ait courbure de eeux-ci au voisinage, comme s’ils s’étaient substitués à eux.
- Exploitation. — L’exploitation a lieu à ciel ouvert par carrières d’une trentaine de mètres, exploitées de la manière la plus primitive, en suivant les veines altérées de pegmatite, dans lesquelles le mica se trouve tout séparé de sa gangue (fig. 2). Les mineurs sont très adroits pour découvrir les veines fort irrégulières et généralement minces de pegmatite à mica. On fait un triage d’après la couleur, la transparence et la taille. Puis on divise les blocs suivant leur épaisseur par clivage. On coupe alors les feuilles comme le montre la figure 5 : tantôt en morceaux de forme irrégulière; tantôt en rectangles, suivant les conditions du marché, les droits de douane appli-
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- LES GRAINS ET LES ORAGES
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- mica n° 1 do 24 à 56; n° 2 de 15 «à 24, etc....; n° 5 de 5 à 6. Par exemple, du mica secondaire de
- cables au produit brut ou fini, la demande de menus fragments et déchets. Ce coupage s’opère soit avec, des ciseaux proprement dits à deux branches, soit avec des cisailles montées sur un bâti. Enfin on porte les caisses de mica au chemin de fer, d’où elles vont à Calcutta et, de là, en Europe.
- Prix. — Pour la même qualité, le prix varie beaucoup suivant la dimension : mica spécial au delà de
- dimension spéciale valant de 9 à 10 fr. le kg., le n° 1 vaudra 7 à 9 fr. ; le n° 5 seulement 0 fr. 45 à 0 fr. 50. Aux Etats-Unis, en 1900, le mica en feuilles importé valait 7 fr. le kg., le mica en débris 40 à 50 fr. la tonne. Le marché étant très étroit, ce prix subit, d’une année à l’autre, des fluctuations très fortes. L. Du Launay.
- 56 pouces carrés (le pouce carré de Om2,000645) ;
- LES GRAINS ET LES ORAGES
- Il y a un demi-siècle, on croyait que tous les orages étaient des phénomènes essentiellement locaux, étrangers à toute loi. Ce ne fut que lorsqu’on eut constaté que la plupart d’entre eux marchaient dans un certain sens que l’on sépara les orages de « dépressions », des orages « locaux » ou de « chaleur ». Je laisserai les seconds de côté, pour ne m’occuper que des premiers. Ceux-ci ont fait l’objet des recherches d’un grand nombre de savants météorologistes : Marié-Davy, Mohn et Hildebrandsson, Abercromby, Ley, Koppen, Ferrari, Bezold, Pro-haska, etc... Chacun d’eux a démêlé une part de la vérité, mais c’est incontestablement le météorologiste français E. Durand Gréville *, quia eu le mérite de préciser et coordonner des idées jusqu’alors un peu vagues, sans lien net tement aperçu, et qui a
- 1 Les grains et les orages. — Annales du Bureau central méléorokigi<|ue de France 1892 et, Comptes rendus 9 avril 1894.
- su concilier dans une synthèse plus large tous les faits authentiquement vérifiés, ayant trait à cette question. Il a montré que les orages dits de « dépressions » ne sont qu’un efi’el accessoire d’un ensemble de phénomènes, extrêmement complexe — un organisme, pourrait-on dire, — le grain, soumis à des lois fixes et faisant partie intégrante de certaines dépressions, de même que celles-ci constituent un accident régulier, soumis à des lois fixes, dans la circulation générale de l’atmosphère.
- L’orage est un grain orageux.
- Il arrive souvent que la hauteur du baromètre ramenée au niveau de la mer, minima sur une certaine région, augmente tout autour de celle-ci, dans toutes les directions, d’une manière plus ou moins régulière. Cette situation atmosphérique constitue ce que l’on appelle une dépression barométrique. Si, sur une carte, on trace les lignes passant
- Fig. i. — Cumulo-Nimbus avec « Champignon ».
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- LES GRAINS ET LES ORAGES
- par les localités où la pression est la même, ces lignes, auxquelles on donne le nom d'isobares, sont on forme de courbes plus ou moins circulaires et
- concentriques. C’est ce que l'on voit sur la fi g. 2 qui représente la situalion barométrique pour la matinée du 12 mars 1906.
- Dans certaines dépressions, les isobares, au lieu d’avoir un aspect à peu près régulier, présentent, au contraire, en un ou plusieurs de leurs points, une forme en zigzag à laquelle M. Durand Gréville a donné le nom de zigzag de grain. La ligure 4, schématique, représente, fidè-lement, l’aspect de cette portion des isobares. La bande étroite limitée par les deux lignes pointillées constitue le ruban de grain. Elle part du voisinage de la région centrale de la dépression et s’étend ordinairement jusqu’à ses limites, c’est-à-dire jusqu’à 2000 kilomètres, parfois même davantage, sur une largeur pouvant varier de 10 à 80 ou 100 kilomètres.
- Le ruban de grain se déplace à peu près parallèlement à lui-même avec sa dépression. Si elle avance vers l’est, il la suit (en accentuant pourtant peu à peu vers l’est sa convexité) (fîg. o) ; si elle recule vers l’ouest, il rétrograde avec elle (fîg. 5). Enfin, quand la dépression est stationnaire, le ruban
- de grain ne l’est pas nécessairement; dans la plupart des cas, il tourne autour du centre de la dépression.
- L’ensemble des faits observés montre que le passage d’un ruban de grain en chaque lieu est accompagné de la production concomitante d’un certain nombre de phénomènes qui se produisent seulement entre ses limites. Ils débutent au moment de l’arrivée du bord antérieur du ruban de grain ou ligne de grain, atteignent rapidement leur maximum d’intensité, puis s’atténuent graduellement, peu à peu, de sorte que l’état normal se trouve
- rétabli après le passage du bord postérieur du ruban.
- Mais les phénomènes on question peuvent être plus ou moins nombreux. De là résultent plusieurs variétés de grains, caractérisées par les phénomènes propres à chacune d'elles. Le tableau synoptique suivant résume, d’après M. Durand Gréville, les principales d’entre elles.
- Hausse brusque de la \ vitesse du veut ... .J Changement brusque de t Grain \ la direction du vent, i blanc. ]
- Hausse barométrique t I
- brusque .......... / f Grain de
- Baisse ihermomélrique brusque. / vent.
- Hausse hygrométrique brusque. I Augmentation rapide de la tiôbu- ]
- losilé.....................
- l Pluie ...................
- Averse de 1 Grêle.....................
- f Neige....................
- Eclairs et Tonnerre............................. j
- La figure 8 est la reproduction des variations éprouvées par les éléments météorologiques par le passage d’un grain le 28 juillet 1908, sur la station do l’Observatoire de Juvisy. Elle fait ressortir, d’une façon suffisamment nette, l’allure que présente dans son ensemble la variation caractéristique de chaque élément météorologique, pour qu’il soit inutile d’en donner ici la description.
- 'Dans le tableau ci-dessus, les grains sont classés par ordre de complexité croissante. Leur répartition « géographique » se fait, au contraire, de toute autre façon.
- Les phénomènes que l’on observe lors du passage d’un grain sont, en effet., comme nous allons le voir, le résultat de deux causes; l’une purement dynamique qui préexiste et peut venir de loin : le vent de grain, l’autre statique : l’état local de l’atmosphère.
- Un coup d’œil jeté sur la figure 8 montre que le ruban de grain est le siège d’un vent fort, parfois même violent, qui souffle duN.-W. en moyenne, tandis qu’en avant et en arrière souffle un vent de S.-W. de force beaucoup moindre. En avant et en arrière du ruban, la direction du vent fait un angle assez petit avec les isobares, en raison de la force déviante due à la rotation de la Terre. Au moment du grain, cette direction est presque perpendiculaire aux isobares parce que cet effet est naturellement moins marqué sur un coup de vent brusque et qui ne souffle que dans une bande étroite.
- Fig. 2. — Situation barométrique pour la matinée du 12 mars jqoô.
- Fig. 4. — Isobares de grain.
- Grain de pluie de grêle ou
- de neige.
- Grain
- orageux.
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- Pression
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- Il est évident que ce vent violent du grain ne peut être alimenté par le vent de force beaucoup moindre qui souille en arrière de lui. Selon toute vraisemblance, et quelques observations malbeureu-
- nuages supérieurs dans les grains très peu nuageux permettra de nous fixer sur la réalité de la fermeture supérieure du circuit. Ce qu’il y a de bien certain, c’est qu’un grain ne peut être nulle-
- Fig. 5. — Déplacement vers l'Ouest d'un ruban de grain.
- FigJ). — Positions successives de la ligne de grain du 27-28 août i8yo et régions atteintes par l'orage.
- sement trop peu nombreuses semblent bien le montrer, il ne peut être « nourri » que par une nappe d’air (>n mouvement rapide descendant, venue des régions supérieures À (lig. 7) qui, après avoir balayé le sol sur une largeur plus ou moins grande RR', en produisant le vent de grain, doit nécessairement devenir ascendante vers A', à partir de la ligne de grain, puisqu’elle ne peut s’échapper par la surface, en avant du ruban, où le vent est plus faible ou même, comme nous le verrons plus bas, souille en sens inverse, comme s’il était aspiré par la ligne de grain.
- De quelle hauteur descend cette nappe d’air? À quelle hauteur remonte-l-elle? On ne sait encore rien de positif à ce sujet. Tout ce que l’on peut aflirmer, c’est que certains grains franchissent des massifs montagneux élevés sans paraître en être troublés tandis que les variations produites par d’autres sont beaucoup plus faibles sur la Tour Eiffel qu’au bureau central. La question est complexe.
- Direction du vent
- 1 j Uj kl
- g g * I g g g
- ment assimilé à un tourbillon à axe vertical, à une dépression minuscule, comme on l’a cru longtemps. Le vent de grain, en effet, ne tourbillonne pas, mais, au contraire, souille toujours dans le même sens, à peu près perpendiculairement à la ligne de grain, et il n’y a nulle part un calme central, comme dans un mouvement tourbillonnaire.
- Les conséquences d’un pareil régime sont faciles à établir.
- Le mouvement ascendant do la nappe d’air R'A' (lig. 7), produit une sorte de tirage CD sur les couches d’air voisines, qui détermine, en avant du grain, à la fois :
- 1° Une diminution de la vitesse du vent qui peut même, en certains cas, comme l’observation le montre, disparaître complètement ou être remplacé par un vent faible souillant suivant EF, vers le ruban de grain, perpendiculairement à son front. Les tourbillons de vent et de poussière qui, parfois, précèdent immédiatement l’orage, sont probable-
- R R'
- Fig. 7. — Régime du vent dans un grain.
- Fig. 8. — Variations des éléments météorologiques causées par le passage d'un grain.
- Quelques météorologistes croient voir dans les grains une sorte de vague aérienne, un tourbillon de vent s’effectuant autour d’un axe horizontal. Il y a, pensons-nous, dans cette conception, une grande part d’hypothèse. Seule l’observation attentive des
- ment provoqués par la rencontre des deux courants de sens inverse EF et CD.
- 2° Une baisse de la pression atmosphérique, tout le long de la partie antérieure du grain, sur une bande plus ou moins large, à .laquelle M. Durand
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- Grévillc a donné le nom de couloir de grain et qui se traduit dans les barogrammes par le minimum que l’on observe en avant du ressaut.
- Quant à la hausse rapide du baromètre, particulièrement forte à une faible distance du bord antérieur du ruban, elle est évidemment déterminée, en première ligne, par la composante verticale du vent descendant et vraisemblablement aussi par diverses actions secondaires, parmi lesquelles l’évaporation partielle de la pluie sur place (K. Maseart)1 ou bien encore l’entraînement mécanique de l’air par les gouttes de pluie (W. Ktippen)-.
- Celle marche irrégulière caractéristique de la pression, ce « crochet »,a été tout d’abord remarqué dans les orages ; de là le nom de crochet d'orage qui lui avait été donné. En réalité, elle se produit toujours, même en l’absence d’orage, au passage d’un grain. Cette appellation est donc incorrecte; elle a été remplacée par celle de crochet de grain.
- La baisse thermométrique dans l’intérieur du grain ne peut guère s’expliquer autrement qu’en admettant qu’à l’origine de leur mouvement de descente, les masses d’air étaient plus froides que ne. le comportait leur altitude, d’où leur réchauffement moindre à la descente.
- De même, la cause de l’augmentation de l’humidité relative doit être vraisemblablement recherchée dans l’action de l’air froid descendant sur les masses d’air voisines de la surface du sol et toujours plus ou moins chargées de vapeur.
- Tous les phénomènes dont nous venons de nous occuper existent sur toute la longueur du ruban de grain ; ils n’ont rien qui soit spécial au lieu d’observation .
- Ceux que nous allons examiner maintenant sont, au contraire, des phénomènes locaux, disséminés principalement tout près de la ligne de grain, un peu en arrière, pouvant se produire au même instant en divers points du ruban de grain, et qui laissent souvent entre eux d’immenses lacunes. Ils sont provoqués par le passage de l’air froid descendant7' du grain, dans une atmosphère convenablement préparée, qui devient ainsi la cause occasionnelle de phénomènes locaux.
- 11 est, en efïet., facile de comprendre que des agglomérations de nuages de toute grandeur se formeront partout où le vent froid descendant du grain rencontrera de l’air chaud et humide ; que de brusques averses de pluie, de neige, de grêle, se produiront dans les régions moins nombreuses renfermant déjà de grands nuages tout formés des « eumulo-nimbus » ; enfin que l’orage éclatera surtout aux heures les plus chaudes dans les régions encore plus circonscrites, à la fois très chaudes, très riches en
- 1 Journal de physique, 1879, pp. 529-356.
- 2 lîeitriige zur Kentniss (1er Boën und Gewitterstiirme. — Annalen der Hydrographie und maritimen Meleorologie, 1879, pp. 324-335.
- 5 Le vent n’est ascendant, à mon avis, qu’au dehors et en avant du ruban de grain, dans tes régions où l’on n’observe encore aucun phénomène particulier.
- humidité et remplies de très hauts cumulo-nimbus surmontés de « champignons » ou autres « faux cirrus » (lig. 6). Par exemple, les régions atteintes par l’orage des 27-28 août 1890 sont ombrées sur la ligure 1. Elles sont au nombre de trois : la première au sud de la Erance, la seconde aux environs de Berlin, la troisième, beaucoup plus grande, s’étendant sur le centre et l’est de la France, le grand duché de Bade, le Wurtemberg et la plus grande partie de la Suisse et de la Bavière. Ces régions orageuses ont été traversées par la ligne de grain le 27 août, entre 1 heure et 10 heures du soir.
- Examinons maintenant sur la figure 8 les positions successives de la ligne de grain. Elle nous montre qu’à quelques heures d’intervalle les courbes isochrones de passage du grain ne varient pas notablement de forme et que la vitesse de translation de la ligne de grain est à peu près constante.
- Bien ne serait alors plus facile, comme l’écrivait M. Durand Grévillc, promoteur de l’idée, que de faire signaler à un bureau central, par une ou plusieurs lignes de sémaphores ou stations de l’ouest du continent européen, le passage d’un ruban de grain. On pourrait ainsi déterminer son orientation, sa vitesse de translation, en un mot, le surveiller, le suivre pas à pas, et, par conséquent, annoncer quelques heures à l'avance aux régions en avant du mouvement, la probabilité d’un grain vers une heure donnée. On verrait ensuite sur place si, selon les conditions locales de l’atmosphère, le passage du grain menace d’éveiller une simple giboulée, une averse de grêle ou même de l’orage pour les pays où le « temps » serait, selon l’expression vulgaire, à a l’orage ».
- A ce point de vue, l’emploi de détecteurs d’ondes électriques préconisés par M. A. Turpain1 me semble tout indiqué pour la prévision locale des orages. La méthode de prévision générale, basée sur la notion des rubans de grain, se trouverait ainsi fort heureusement complétée pour un cas particulier.
- Ajoutons, pour être complet, qu’une même dépression peut avoir plusieurs rubans de grain disposés comme les rayons d’une roue, se suivant à quelques heures d’intervalle, et qu’il existe des rubans de grain complexes, c’est-à-dire formés de plusieurs rubans parallèles et voisins les uns des autres. Chaque bande considérée isolément possède les propriétés d’un ruban simple.
- Théoriquement, rien ne serait plus simple que prévoir l’arrivée d’un ruban de grain. Mais il y a loin de la théorie à la pratique. On n’a qu’à se rappeler « combien il a fallu à Le Verrier, d’énergie, de persévérance, d’obstination même, pendant de longues années, pour vaincre les difficultés matérielles et les résistances individuelles ou collectives qui sont dans la nature des choses ».
- J. Loisel,
- Docteur es sciences,
- Météorologiste à l'Observatoire (le Jiivisv.
- 1 La Nature, n° du Tr mai 1909.
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- LES YEUX ARTIFICIELS
- Pour fabriquer les yeux artificiels, les oeularistes doivent se mettre dans une pièce sombre ou, lout au moins, faiblement éclairée par une petite lampe. Celte particularité de leur profession leur inspira sans doute la discrétion dont ils entourent leurs travaux. En vain cher-cberait-on dans la littérature spéciale des données techniques un peu complètes sur cette mystérieuse industrie. C’est à peine si, dans le récent ouvrage sur l'œil artificiel publié par le l)r Coulomb en 1905, on trouve quelques renseignements sur la fabrication de ces appareils de prothèse, si utiles pour rétablir l’esthétique du visage des monophlalmi-ques. Heureusement nous avons rencontré un praticien avisé, M. Einius, qui a bien voulu nous dévoiler les arcanes de son art et nous permettre d’assister aux principales opérations auxquelles il se livre.
- Dès les premières dynasties pharaoniques, les embaumeurs égyptiens avaient imaginé les yeux artificiels pour mieux'con-server à leurs momies les apparences de la vie. D’abord ils énueléèrcnl les yeux des cadavres et coulèrent du plâtre ou de la cire dans les orbites afin de pouvoir y enchâsser une pierre précieuse, par exemple de l’obsidienne qui simulait l’iris. Puis, par la suite, ils
- Le premier texte authentique mentionnant l’œil prothétique est le Talmud, puis, durant le Moyen Age et la Renaissance, on ne rencontre aucun document relatif à ce sujet. Enfin, dans ses œuvres, Ambroise Paré décrit et ligure des yeux artificiels. Ces pièces, d’un usage peu répandu, étaient fabriquées alors par les orfèvres, et même
- si on ne pouvait les loger dans l’orbite, il recommandait un autre appareil « fait d’un fil de fer applati et ployé et couvert de velours ou talïetas ayant son extrémité platte afin qu’il ne blesse et l’autre extrémité sera couverte de cuir façonné et le peintre lui donnera par son artifice ligure de l’œil. Cela fait on le posera sur l’orbite. Or le dit fil se peut esten-dre et reserrer comme fait celuy que les lemmes ont à tenir leurs cheveux. 11 sera passé par dessus de l’oreille, autour de la moitié de la teste. »
- De son côté, Fabrice d’A-quapendente signale les yeux en verre, en pierre et en argent (1019). Au siècle suivant, cet art avait singulièrement progressé puisque, au dire de Saint-Yves, on parvenait à très bien imiter la nature et que Frank de Franckcnau parle des yeux en verre ou en or polis et colorés qui simulaient merveilleusement la transparence des yeux vivants.
- A partir du xix° siècle, on employa presque exclu-
- Fig. i. — Soudure de l'iris sur la sclérotique à l'aide de la lampe d'émailleur. (A l'extrémité gauche de la labié, on voit la boite à recuire.)
- Fig. 2. — L'œil artificiel aux diverses phases de sa fabrication. (3 pièces finies sont posées à l'envers pour montrer leur cavité intérieure.)
- substituèrent à ce plâtre des coques d’argent ou d’un autre métal, parfois émaillées de blanc et perforées au centre d’un trou représentant la pupille. On a aussi découvert dans les sarcophages d’autres yeux artificiels en marbre blanc avec cornée en verre bleu-cobalt ou verdâtre. De même, chez les Grecs et les Romains, il existait des fabricants d’yeux pour statues, mais les habitants de l’Hellade pas plus que les conquérants du monde ne remplaçaient, sur le vivant, l’organe visuel perdu par un appareil artificiel.
- sivement l’œil artificiel en verre dont Hazard-Mirafilt (1818) et Boissonneau perfectionnèrent la fabrication; mais comme cette substance présentait plusieurs inconvénients, Demmenie, souffleur de verre d’Amsterdam, y substitua l’émail vers 1840, et bien qu’on ait tenté, depuis lors, de le remplacer par des matières plastiques plus résistantes — la vulcanite et le celluloïd, par exemple — on n’a pas encore trouvé mieux.
- Sous l’action du feu, l’émail ou silicate de potasse et de plomb prend, en effet, un remarquable poli qui
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- imite l’éclat des yeux naturels; le frottement incessant des paupières ne l’use pas trop rapidement, les larmes ne le dissolvent guère et il n’irrite pas la muqueuse oculaire. En outre, l’adjonction à ce cristal de divers oxydes métalliques permet de représenter les moindres détails et toutes les nuances de la sclérotique, de l’iris ou de la pupille.
- L’oxyde d’étain fournit le Liane opaque, le bleu indigo s’obtient à l’aide de l’oxyde de cobalt et le bleu céleste grâce à l’oxyde de cuivre, tandis que les vaisseaux sanguins empruntent au protoxyde de cuivre leur couleur rouge; un mélange d’oxyde de cuivre et de fer avec quelques parcelles de bichromate de potasse donne le vert. Pour réaliser les teintes jaunes, l’artiste mêle à son émail de l’oxyde d’argent, de l’oxyde d’urane ou plus simplement du charbon ; il lui incorpore de l’oxyde de manganèse pour avoir des reflets violets et , en y ajoutant des oxydes de fer, de cuivre et de manganèse, il obtient les noirs. On conçoit, du reste, qu’en variant les proportions tle tel ou tel de ces corps, on puisse copier absolument les tons des diverses parties d’un œil humain.
- L’outil principal tle l’oculariste actuel est une sorte de lampe d’émailleur. Cet appareil se compose d’un petit réservoir en fer-blanc muni d’un couvercle à sa partie supérieure. Au bas de ce récipient, se trouvent soudés trois petits tubes en laiton longs de 20 centimètres environ et recourbés vers la lampe à leur extrémité. On met dans chacun de ces brûleurs une mèche en coton et l’on verse de l’essence dans le réservoir. Ensuite on dispose devant les brûleurs une fourche formée d’un conduit en laiton qui communique au travers de la table avec un soufflet à pédale. Dans ce tube, sont soudés des tuyaux en plomb courbés vers les brûleurs et que terminent d’autres tubes en laiton auxquels on fixe de petits chalumeaux en verre. Le gaz remplace parfois la lampe d’émailleur. De toutes manières, le vent du soufflet s’échappe de la fourche recourbée qui l’amène sur les brûleurs. Une petite caisse en tôle entoure ces derniers et protège l’opérateur de la chaleur.
- L’oculariste s’assied à contre-jour cl il travaille presque dans l’obscurité afin de voir en entier la flamme de son chalumeau et de ne pas. prendre une couleur pour une autre, ce qui arriverait s’il était éclairé en plein par la lumière solaire. Puis en actionnant le soufflet à pédale, il projette l’air sur les brûleurs, la flamme se trouve chassée horizontalement devant lui. Quand elle devient bleue (condition indispensable de réussite, la flamme blanche trop chaude tachant les émaux cl modifiant les colorations) il la dirige en jet sur l’endroit à
- DES SCIENCES ~ =;::; -—==z=::;-.;;
- chauffer. C’est d’abord un tube de cristal à l’orifice duquel il soude une gouttelette d’émail blanc de la nuance désirée ; il la porte au rouge et la souille jusqu’à ce qu’elle atteigne le volume d’une bille : voilà la sclérotique ébauchée.
- Il en perfore ensuite l’extrémité au moyen d’un poinçon conique. Puis, abandonnant cette boule pour un - instant, il va confectionner l’iris ; il prend pour cela une baguette de cristal transparent qui lui servira de support. À l’extrémité de cette « palette », il.peindra au chalumeau les stries de l’iris avec dos crayons d’émail unis à la surface desquels règne un filigrane de ton différent, tandis qu’une gouttelette d’émail noir lui permettra d’imiter n’importe quelle pupille humaine.
- Reprenant alors cet iris, il le soude à l’extrémité de la sclérolique préalablement confectionnée (üg. I). Les fabricants d’Allemagne, appliquent directement l’iris sur la boule sans la perforer, augmentant ainsi l'épaisseur de la partie médiane de l’œil ; il en résulte une moindre profondeur de la chambre antérieure mais la transparence de leurs émaux, moins opaques que les nôtres, leur impose cet artilice.
- A ce moment, l’ouvrier sectionne le cristal en en laissant une gouttelette assez épaisse pour simuler le relief de la chambre antérieure ; il dispose ensuite quelques blets rouges dans le blanc pour représenter les vaisseaux sanguins de la conjonctive. Le soufflage du globe d’émail est achevé. Il faut maintenant le séparer du tube qui le porte. Les praticiens exécutent celte opération dans la flamme en s’y prenant de plusieurs façons. M. Einius y procède en déchiquetant les bords de l’œil avec le chalumeau jusqu’à ce qu’il soit presque détaché de son support ; puis il continue la coupe à l’aide d’un couteau en fer-blanc et saisissant la pièce avec une pince il la plan1 dans une boîte métallique où elle subira le recuit, destiné à lui faire acquérir plus de solidité; on laisse enfin le tout se refroidir lentement.
- Aux diverses phases de leur fabrication (fig. 2) les yeux artificiels sont des objets excessivement fragiles à manier. L’oculariste doit exécuter chacune des opérations ci-dessus décrites sans désemparer et employer des tours de main qui ne s’apprennent qu’à la longue. Un mouvement brusque, un coup de pédale de trop et la coquille éclate ou se tissure, sans compter qu’il lui faut être un coloriste habile doublé d’un dessinateur expert pour reproduire les tons, les moindres détails de l’œil vivant à appareiller, et pour que le contour des bords de la pièce épouse exactement la cavité orbitaire à garnir.
- Jacques Boyer.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 juillet 1909 [suite). — Présidence de M. Émile Picard.
- Les bacilles fluovescenls de Fliigge en pathologie végétale. — M. Prillieux présente un travail de M. Grillon sur le rôle des bacilles fluorescents de Elügge en pathologie végétale. L’auteur rappelle qu’en '18.110 il a étudié avec Delacroix une maladie de la pomme de terre caractérisée par la gangrène de la tige et due à un bacille donnant au milieu dans lequel on le cultive une fluorescence verte et liquéfiant la gélatine : c’est le bacillus caulivorus. Des altérations d’autres plantes, Pélargonium,
- Bégonia, Glimalis, etc., doivent être rapportées à la même cause. M. Grillon a observé à Grignon une maladie semblable sur les carottes et les rutabagas arrosés avec excès d’eau impure. M. Delacroix a signalé sur le tabac un chancre bactérien dû de même à un bacille à fluorescence verte mais 11e dissolvant pas la gélatine, c’est le bacillus æruginosus. C’est aussi un bacille à fluorescence verte qui produit une maladie des choux-fleurs qui a causé des ravages dans tout le nord de la France et au-
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- LE MONOGRAMME COLONIAL NÉERLANDAIS V. O. C. ———- 111
- quel M. Delacroix a donné le nom de bacillus brassicœ-vorus. M. Grillon ayant repris les éludes de M. Delacroix rapporle au seul bacillus fluorescens de Fliigge les b. caulivorus, b. brassicœvorus et æruyinosus. 11 est probable qu’il doit être lait de même pour d’autres formes fluorescentes de bacilles qui ont élé signalés comme produisant des maladies dans des plantes cultivées. Le bdci'lus fluorescens, répandu partout à la surface du sol, est un saprophyte qui devient parasite et pathogène quand il trouve des conditions favorables à son développement et à sa pénétration de l’intérieur des plantes vivantes.
- JSieeau des eaux en Asie centrale. — M. de Scho-kalsky, général major de la marine impériale russe, président de la section de géographie physique de la Société impériale de géographie russe, présente un Mémoire sur les variations du niveau des eaux dans les lacs de l’Asie centrale. L’auteur révèle que depuis 1885 ce niveau s’élève.
- Ilypsoinétrie russe. — M. tle Schokalsky présente un autre Mémoire sur le nivellement des lignes de chemins do fer russes. 11 montre que ces lignes peuvent être prises comme hase de l’hypsométrie du pays.
- Les Apennins et Vile d'Elbe. —M. P. 'fermier expose les relations de structure géologique entre la Corse et Pile d’Elbe.Celle-ci est un trait d’union entre la Corse et l’Apennin. Les nappes superposées qui constituent la
- Corse orientale se prolongent à l’est par les nappes elbaiues, puis par les nappes apennines. Dans la grande chaîne tertiaire il y a deux régions, la région alpine où les plis sont couchés et charriés de l’est à l’ouest, et la région apen-nine où le sens du déversement et du charriage est con traire. La Corse appartient à la région apennine et la chaîne passe en mer un peu à l’ouest des côtes corses. Peut-être se continue-t-elle par les Baléares jusqu’au Bill'.
- Le vol des oiseaux et les ornithoplanes. —M. G. Humbert présente une Note de M. A. Elévé sur le vol des oiseaux et les ornithoplanes. On peut retarder la chute d’un parachute en animant la nacelle de battements verticaux ; de même les battements de la nacelle d’un aéroplane ont pour elï'et de retarder la chute verticale sans altérer le déplacement horizontal de l’appareil. En combinant ces battements avec des variations convenables de l’angle d’attaque des surfaces, on crée un ornilhoplane pouvant, se déplacer dans toutes les directions. Cet appareil reconstitue le vol ramé de l’oiseau : celui-ci consisterait en une série de sauts effectués sur un point d’appui mobile constitué par une surface qui plane et qui se trouve ainsi périodiquement délestée : ce serait là le secret du vol de l’oiseau. L’étude du coup d’aile au point fixe ne peut donner de renseignements que sur l’essor de l’oiseau; mais en navigation normale l’oiseau est un aéroplane qui utilise les variations d’accélération qu’il communique à son corps pour se mouvoir dans toutes les directions comme un ornilhoplane.
- Cn. un Vii.uauiuiL.
- Le compte rendu de la séance du 12 juillet lüO'J paraîtra dans le prochain numéro.
- LE MONOGRAMME COLONIAL NÉERLANDAIS V. 0. C.
- La Compagnie néerlandaise des Indes Orientales peut être considérée comme Tune des plus puissantes sociétés coloniales privées qui aient jamais existé. De sa fondation à sa dissolution, de 1(102 à 1796, elle a possédé des forteresses et des comptoirs commerciaux depuis le Cap de Bonne-Espérance jusqu’au Japon. Elle a entretenu des Hottes et des armées. Elle a transporté en Europe les produits rares de l’Extrême-Orient : sucre, poivre, cannelle, muscade, clous de girolle, bois, porcelaines, soies, métaux précieux.
- Or elle avait adopté, comme' marque distinctive, un monogramme ainsi composé :
- V
- lié Litre officiel de la Compagnie était : De Generale Yereenigde Nederlantse geoctroijeerde Oost-lndische Compagnie, c’est-à-dire : la Compagnie générale néerlandaise unie à charte des Indes Orientales. Le monogramme était formé de la juxtaposition des initiales des mots Vereenigde, Oost-lndische et Compagnie.
- 11 se rencontrait sur les objets les plus variés.
- Le Bijlv’s Muséum d’Amsterdam possède une belle
- collection d’anciens canons de la Compagnie. Sur presque tous, le monogramme est gravé avec l’initiale de l’une des Chambres, c’est-à-dire de l’une des sections de la Compagnie, à laquelle ils appartenaient spécialement : A (Amsterdam), 1) (Délit), H (Hoorn), etc. Sur l’une des pièces, nous avons remarqué deux monogrammes gravés tête-bêche et dans le losange formé par les quatre branches des deux V une inscription en caractères arabes.
- Le monogramme figurait dans les armes de certaines villes coloniales. 11 dominait les symboles divers représentés sur l’écusson de Batavia : faisceau d’armes, divinités marines, coquillages marins. 11 était également dessiné sur le dos d’un éléphant, dont l’image formait le motif central des armes delà ville de Colombo, à Ceylan.
- Les monnaies contribuèrent beaucoup à populariser le monogramme. Dans son ouvrage Monumental remains of the Dulch East India Company in lhe presideucy of Madras, M. Alexander Beaa donné des spécimens des pièces qui avaient cours dans les comptoirs de la Compagnie. Certaines, irrégulières de l'orme, baveuses sur leurs contours, ont été frappées dans l’Inde même, d’autres, de travail plus achevé, y ont
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- 112 : LE MONOGRAMME COLONIAL NEERLANDAIS V. O. C.
- été importées des Pays-Bas, mais qu’elles sortent des ateliers coloniaux ou des ateliers métropolitains, ces pièces portent généralement sur leur lace le mono-
- Porte du fort du Cap de Bonne-Espérance décorée du monogramme colonial.
- gramme de la Compagnie. Voici, par exemple, une pièce en cuivre d’une valeur de deux stuivers. La pile porte la date 1789, la face le monogramme et entre les branches du V la lettre G, initiale de la ville de Galle (Ceylan) où fonctionnait un atelier monétaire; sur d’autres, on lit l’initiale P (Pulicat), N (Nega-patam), T (Trincomali ou Tuticorin). Voici, d’autre part, une pièce de 1755. La face a été frappée du monogramme ; mais, au-dessus du V, on distingue une Heur de lys et deux ileurs à cinq pétales, marque de l’atelier de Frise.
- Les Hollandais eurent également la fantaisie de faire figurer leur monogramme sur des objets usuels. Ainsi on conserve au South Àfrican Muséum du Cap un verre et un plat en porcelaine de Chine (fig. 2) qui en sont ornés.
- Quand la Compagnie prenait possession d’un point sur un nouveau rivage, ses agents y plantaient un pilier, sur lequel le monogramme se détachait bien en vue. En 1752, par exemple, deux piliers de ce genre furent plantés sur le bord des baies Saint-Francis et Algoa, à la côte méridionale d’Afrique, par l’enseigne Beutler, lors du grand voyage qu’il lit de la ville du Cap en Cafrerie.
- A plus forte raison le monogramme figurait-il sur les forteresses de la Compagnie. En 1682, le gouverneur Simon van der Stel lit percer une nouvelle
- porte dans l’enceinte du fort du Cap : le monogramme décore à droite et à gauche les chapiteaux qui surmontent les chambranles (fig. I)1.
- Au Japon, le monogramme eut sa part dans les événements graves de 1640-41, qui aboutirent au transfert de la factorerie néerlandaise d’Hirado à Deshima (baie de Nagasaki). En 1657 et 1659, les Hollandais avaient fait élever de nouveaux bâtiments pour remplacer ceux qu’ils avaient construits en 1612.
- Sur le fronton, ils avaient encadré le monogramme entre les deux premiers et les deux derniers chiffres du millésime de la façon suivante : 16 57
- 16 7sy5 59. Or la hauteur des bâtiments de la factorerie, qui atteignait celle des maisons des nobles, l’analogie entre ces chiffres et ceux qui figuraient jadis sur les églises construites par les catholiques, autrefois tolérés maintenant honnis, d’autres causes encore, irritèrent profondément les Japonais contre les Hollandais. Le 8 novembre 1640, le résident, François Caron, reçut d’un commissaire du shogoun l’ordre comminatoire de jeter bas tous les bâtiments de la factorerie. Caron, qui vivait depuis vingt ans au Japon, et qui savait à quelles extrémités la xénophobie pouvait se porter par l’exemple des 61 Portugais décapités au mois d’août précédent, pour être venus de Macao, malgré la défense formelle de reparaître dans le pays, s’inclina sans réplique devant l’ordre du shogoun. La factorerie d’Hirado fut rasée et les Hollandais furent contraints, en 1641, de transporter leur comptoir à Deshima.
- Mais de pareilles avanies furent exceptionnelles dans l’histoire de la Compagnie néerlandaise. Son monogramme fut, au contraire, le symbole de l’une
- Fig. 2. — Pial en porcelaine de Chine avec le monogramme colonial au centre.
- des plus grandes puissances coloniales européennes qui aient dominé dans les Indes. Henri Dehérain.
- 1 D’après le Handbook of Capetown and suburbs, 1 vol. in-8°. Capetown, 1905.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Luimui, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- : 24 JUILLET 1909.
- LA NATURE. — N° 1887.
- HENRI DE PARVILLE (1838=1909)
- Les lecteurs de La Nature ont appris, par la presse quotidienne, le deuil cruel qui vient de nous frapper avec eux. Déjà — ils le savaient — depuis quelques années, Henri de Parville, qui avait assumé, en 1897, la lourde tâche transmise par les frères Tissandier, avait été contraint, par la maladie, à un repos bien mérité, mais pesant à son activité, et, tout en continuant plusieurs autres occupations moins as-treignantes, il avait dû confier à d’autres la direction effective de cette revue : il vient de succomber à une attaque plus rude du mal qui le minait dès lors.
- Henri de Par-ville était né à Évreux en 1838.
- Après de solides études à l’École supérieure des Mines, il avait, presque aussitôt, trouvé sa voie dans le journalisme scientifique, où, par son talent hors ligne, il s’était sans conteste élevé au tout premier rang des grands vulgarisateurs. Cet art, si difficile, de présenter au public, forcément non initié, toute la sève d’un travail scientifique, sans ni l’alourdir ni l’affadir, de Parville en était véritablement l’incarnation vivante. il r avait d’ailleurs réellement inventé, puisqu’il fut le premier en date à écrire de véritables chroniques scientifiques, accessibles à tous. Ainsi il a rendu, à la fois au public et au monde savant, un service éminent, auquel M. Dar-boux, au nom de l’Académie des Sciences, a tenu expressément à rendre justice, sur la tombe du journaliste.
- Comme pas un, il savait découvrir, dans une œuvre, cette âme essentielle de vérité, par quoi elle réalise du progrès sur les connaissances antérieures, et l’en extraire, pour l’enchâsser ensuite dans un style net, clair, vivant et fin, qui ne versait pas au
- 37e année. — 2e semestre.
- lecteur seulement l’illusion du savoir, mais lui communiquait, dans toute sa saveur, le savoir même. Ainsi, tout à la fois savant, écrivain et critique, il était comme un exemple et comme un type de ce que doit être le vulgarisateur scientifique, lorsque celte tâche de vulgariser est sentie dans toute sa grandeur, sa noblesse et sa difficulté, et son souvenir restera en modèle à tous ceux qui voudront après
- lui tenter de divulguer largement les vérités encloses dans les livres ou les découvertes mystérieuses des laboratoires. Aussi bien est-ce à peine le lieu d’insister ici sur des mérites évidents, auxquels il n’est pas un seul lecteur de cette revue qui n’ait de soi-même rendu hommage. Tous ceux qui l’ont également suivi ailleurs — au Journal des Débats, où pendant trente-huit ans, jusqu’à sa mort, il fournissait un feuilleton hebdomadaire, au Constitutionnel, au Moniteur, au Journal Officiel, au Correspondant, aux Annales, — connaissent également ces mérites.
- Mais ce qu’il faut dire, c’est que cette extraordinaire aptitude à s’assimiler et à traduire les travaux d’autrui n’avait pas pour rançon une sorte d’impuissance, si fréquente, à en composer soi-même d’originaux. Sans doute les nécessités continuelles de la tâche entreprise, et aussi l’affection portée à cette tâche, n’ont pas permis à de Parville de manifester pleinement tout ce dont il était capable dans la production scientifique personnelle. Du moins l’a-t-il prouvé par cette série de recherches très remarquables sur la météorologie, où il a réellement devancé son temps et le progrès normal de cette science en élaborant un système tout expérimental de prévisions du temps. Il publiait ainsi périodiquement,
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- AGATES ET CORNALINES
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- dans les Débals, le tableau mensuel de ce qu'il appelait les dates critiques : à la suite de toute une série d’observations, sans cesse continuée, où il s’efforçait de saisir le rapport des phénomènes sismiques et météorologiques avec certaines coïncidences astronomiques, il dressait pour chaque mois un schéma, consistant à assigner un nombre limité de périodes courtes pour l’occurence des perturbations. Travail qui sans doute n’impliquait jamais une certitude, mais seulement une probabilité : seulement cette probabilité devenait plus forte avec le nombre accumulé des observations, et s’accroîtra encore avec la continuation de celles-ci.
- De Parville réunissait ainsi en lui tout un ensemble de qualités, qui n’ofl’rent certainement pas en elles-mêmes de raisons pour ne pas se concilier, mais qui, en fait, appartiennent bien rarement à une seule personnalité : l’esprit d’invention joint à l’esprit d’assimilation, toute la rigueur et toute la
- logique que nécessite l’esprit scientifique, et, on même temps, une faculté d’exprimer avec grâce les idées ou les faits en apparence les plus abstrus. Et qu’on ajoute encore à cela une générosité d’esprit, toute native, qui le rendait d’avance préparé à admettre la nouveauté, même la plus inattendue, à la comprendre et à la célébrer, et l’on aura la ciel de cette réputation d’agrément, eL de sérieux, qui fut si justement celle de d’Henri de Parville, et qui lui faisait si bien mériter son grade d’officier de la Légion d’honneur.
- Pour nous, qui avions pris le soin de continuer son œuvre à la tête de cette revue, et qui devions tant à son impulsion et à ses conseils, il nous sera permis sans doute d’ajouter, à cet hommage rendu au savant et à l’écrivain scientifique, un autre hommage, plus personnellement ému, à l’honune admirable, à l’ami, que nous venons de perdre.
- La Nature.
- AGATES ET CORNALINES
- Pendant la saison d’été, les villes d’eaux, les stations de bains de mer, les centres d’excursion alpestres, etc., débitent aux baigneurs et touristes, entre autres « souvenirs du pays », des minéraux cristallisés, des cristaux de roche, des presse-papier, boutons de manchettes en agate, des broches en « fluorine ». Ce commerce spécial, dont la source n’a absolument rien de local, s’alimente dans tous les pays du monde, et les agates, notamment, viennent des diverses régions volcaniques, où leurs noyaux commencent par remplir des géodes, avant de se concentrer en galets dans les aliuvions des cours d’eau.
- L’un des centres de production les plus anciennement fameux, le seul dont nous parlerons ici, est situé dans l’Inde au Nord et à l’Est de Bombay, autour des villes de Broacli et de Cambay, où les agates viennent se concentrer et se faire tailler. Sa réputation est singulièrement ancienne, car les Romains s’y alimentaient déjà et l’on considère que les vases murrhins dont parle Pline étaient des coupes d’agate originaires de l’Inde. C’est de là également que vinrent les aventurines dont Venise réussit à obtenir l’imitation en verre, etc. L’exploitation de ces gisements qui s’épuisent progressivement présente quelques particularités curieuses.
- Toutes ces agates et cornalines de l’Inde sont empruntées à ces grandes coulées volcaniques qui couvrent des étendues immenses dans l’Inde et que l’on appelle les trapps du Dekkan. Mais ce n’est pas dans la roche même qu’on les recueille ; on profite de sa destruction naturelle pour les rechercher dans des graviers d’alluvions plus ou moins anciens. Ainsi, dans l’une des mines les plus célèbres, celle de Ratanpur (20 km Est de Broach), il existe une mince couche de gravier ferrugineux tertiaire, entièrement composée de galets d’agate, auxquels l’imprégnation ferrugineuse a donné des tons susceptibles de passer au rouge sang qui font leur valeur. L’exploitation a lieu souterrainement par petils puits d’une dizaine de mètres de profondeur, au fond desquels on fore dans la couche des galeries ayant jusqu’à 200 m. de long et allant parfois rejoindre une autre mine. Chaque mine occupe treize hommes, chacun armé d’une tige de fer,
- de quelques paniers de bambous et d’une corde. Les hommes travaillent à tour de rôle et chacun d’eux, avant d’être relevé, doit avoir rempli un certain nombre de paniers. Ces paniers sont alors extraits au jour et portes au village de Ratanpur où on les classé. Un ouvrier, en 8 ou 10 heures de travail, produit de 5 à 20 kg de pierres. L’entrepreneur divise ensuite les pierres en deux classes : celles n’ayant pas besoin de cuisson et celles devant être cuites. Les premières se divisent en onyx (mora et gliori), œils-de-chat (cheshamdar), pierres jaune clair (rori). Les onyx eux-mêmes sont de deux catégories : les uns noirs à veines blanches, les autres grisâtres à veines noires. Sauf celles-ci, toutes les pierres doivent être cuites, ou teintes pour réaliser la couleur marchande. Pour la cuisson, pendant la saison chaude, en mars et avril, on commence par les exposer au soleil. Puis, en mai, on fait une tranchée de 0,60 m. de profondeur et 1 m. de large, au fond de laquelle on met les nodules dans des pots de terre, placés la bouche en bas, et percés en haut. Autour des pots on empile de la bouse de vache et du crottin de chèvre sec que l’on allume et laisse brûler toute une nuit. Après quoi, on ouvre les pots et on transporte à Cambay, où se réunissent les marchands, les pierres de bonne qualité.
- Par l’action du soleil et du feu, les bandes claires.deviennent blanches, les sombres prennent un ton châtain ; les jaunes passent au rose, l’orange au rouge, certains tons jaunâtres au pourpre. Là où on avait des bandes brunes et jaunes on en a maintenant de blanches et de rouges. On estime peu les pierres jaunes. Postérieurement on réalise des colorations nouvelles, notamment les bleus qui ont une certaine vogue, par des procédés de teinture. Après quoi, on taille et on polit par les procédés connus, analogues à ceux que l’on emploie en Europe, à Ohcrstein, dans le Palatinat. L’exportation se fait vers la Chine, l’Arabie et l’Europe. Le travail occupe à Cambay 4 à 500 familles ; néanmoins son produit total est assez médiocre. En 1905, on a extrait 467 tonnes de cornaline valant 100 000 francs.
- P. Sallior.
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- LE TAKIN « BUDORCAS TAXICOLA » DU TIBET
- Le Tukin (prononcez « lacune » en mouillant la première syllabe comme dans Yakon), est un ruminant des hautes régions de l’Asie centrale qui présente des alfinités avec presque tous les groupes de la lamille des Bovidés (bœufs, antilopes, chèvres, moutons), sans qu il soit possible de le classer plutôt dans l’un que dans l’autre.
- Ce curieux ruminant a été décrit pour la première lois par le naturaliste anglais Hodgson, en 1850*, d après des spécimens provenant des montagnes de 1 Assam, e esl-à-dire de lTIimalaya oriental, au sud de 1 immense plateau du Tibet. Depuis cette époque, le missionnaire Armand David a retrouvé l’espèce dans les montagnes du Moupin, région de la Chine occidentale qui l'orme les contreforts du Tibet, à l’est. Un ignore jusqu’à présent si le Takin vit
- un peu eu avant, puis se recourbent et se relèvent en arrière et un peu en dedans. La pointe acérée qui les termine est d’autant plus longue que l’animal est plus âgé (lig. 1).
- Les yeux sont petits, les oreilles courtes, recourbées vers le bas à leur extrémité; il n’y a qu’un très petit niulle, occupant le pourtour des narines. Sous le cou, il existe une courte crinière. Le tronc est massif* assez allongé, la queue remarquablement courte, les pattes épaisses et robustes, terminées par des sabots qui rappellent ceux des sangliers et des rennes,
- Fig. i. — Takin (Budorcas taxicola), mâle adulte, et très jeune individu (d'après les spécimens montés du Muséum de Paris).
- lemenl dans les chaînes montagneuses qui séparent ces deux points passablement éloignés l’un de l’autre.
- Le Takin est un animal de la taille d’un grand âne mais à formes plus trapues, rappelant celles des bœufs. Sa tête allongée présente un chanfrein busqué comme celui du bouc; cette tête est surmontée d’une paire de cornes à double courbure dont la base s’étale en visière sur le front comme chez le gnou et le buffle africain. En ce point, chez les vieux mâles, les cornes se touchent presque sur la ligne médiane, puis elles se dirigent en dehors et
- 1 Le nom spécifique de taxicolor donné par Hodgson dans sa première description du Budorcas, semble une erreur typographique pour taxicola (qui habite les forêts d’ifs, laxus en latin).
- c’est-à-dire que les doigts latéraux, reportés en arrière, portent de courts onglons qui élargissent le pied et empêchent l’animal de glisser sur la neige à demi fondue qui dans le pays qu’il habile couvre le flanc des montagnes, presque en toute saison.
- Les takins, en effet, vivent à la limite des neiges éternelles, sur les penchants rapides et hoisés des plus hautes montagnes couvertes de forêts de conifères. Ils ne s’en écartent que pour pâturer pendant la nuit. En hiver, lorsque tout est couvert de neige, ils montent sur les sommités déboisées, où la neige ne tombe jamais en cette saison et y broutent les longues herbes sèches qui couvrent les pentes exposées au soleil, après la fonte des neiges tombées en été et en automne. Malgré son aspect trapu, le Takin est très agile : sa course est rapide et il grimpe
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- 116 ===== LE TAK1N « BUDORCAS TAX1COLA » DU TIBET
- avec la plus grande aisance sur les rochers. Sa voix est un sourd beuglement très profond, et quand il esteffrayé,il souffle fortement par les narines. Ses excréments sont ovillés, c’est-à-dire durs et arrondis comme ceux des moutons et des chèvres.
- Cet animal vit isolé ou par couples, souvent par petites troupes.
- En juin, notamment, il forme des bandes de vingt individus ou plus nombreuses encore. La couleur du pelage qui est long, surtout en hiver, semble assez variable. Les spécimens de l’Assam qui ont servi de type à Hodgson étaient d’un gris ardoisé passant au brun foncé sur la tète et les membres. Ceux de la Chine occidentale, rapportés par l’abbé A.
- David, avaient cette teinte ardoisée remplacée par du roux fauve, ce qui a porté le professeur A. Milne Edwards à les considérer comme constituant une sous-espèce distincte sous le nom de Budorcas taxicola tibetana. D’après les observations les plus récentes, qui sont dues à A. 0. Ilume, cette couleur rousse existerait également chez les individus provenant de l’Assam et l’on trouverait tous les intermédiaires. D’après ce naturaliste, ces différences de coloration ne seraient dues ni à l’âge ni au sexe, mais aux variations des saisons. Cependant le jeune, à sa naissance, est toujours d’un brun uniforme plus foncé que la couleur des parents : à cet âge, il ressemble à un jeune veau.
- Dans l’Assam, le Takin habite des régions tellement inaccessibles, qu’il paraît qu’aucun chasseur européen n’a encore réussi à tenir ce rare gibier au bout de son fusil. D’après le major Stewart, il est assez commun dans toutes les hautes montagnes au nord-est de Debrooghur, et d’une façon générale dans toute la région entre le Brahmapoutra et le
- Dihong. Les Mi-shnees (prononcez Michnises), qui habitent ces montagnes, sont des chasseurs peu adroits au fusil; ils redoutent beaucoup les cornes de l’animal, qui charge avec furie lorsqu’il est blessé, et ils préfèrent le prendre au piège. Ils portent souvent des vêtements entiers ou des parures laites avec la peau du Takin.
- J. Anderson, en 1869, avait offert 100 roupies pour un de ces animaux vivants. Mais les adultes sont trop sauvages pour qu’on puisse s’en emparer sans les blesser mortellement. Cependant les Mish-nees avaient réussi à amener un jeune jusqu’au pied de leurs montagnes ; malheureusement il mourut avant d’arriver à Debrooghur, de sorte qu’un Takin vivant était resté jusqu’à ce jour l’un des plus grands desiderata des jardins zoologiques d’Europe.
- Cette lacune vient d’être comblée. Le jardin de la Société zoologique de Londres vient de recevoir un jeune individu de cette espèce, capturé par les chasseurs du Maharajah du Bhoutan, dans le nord-ouest de ce pays. Chez ce jeune, comme le montre notre figure, les cornes sont droites, en forme de simples dagues, et n’ont pas encore pris la double courbure qui caractérise l’adulte, et qui ne se prononce qu’avec l’âge (fig. 2).
- D’ailleurs, si l’on s’en rapporte aux recherches récentes de M. A. 0. Hume, celte double courbure, ainsi que la visière frontale, seraient l’apanage des mâles adultes qui se livrent, comme les taureaux, de violents combats en entrechoquant bruyamment la base de leurs cornes (fig. 3, nos 1 et 2). Cette visière frontale n’existerait pas chez les femelles, dont les cornes auraient une courbure plus simple, rappelant celle des cornes du buffle asiatique (fig. 3, n° 3).
- Fig. 2. — Takin, individu jeune, actuellement vivant au Jardin Zoologique de Londres.
- Fig. 3. — Cornes de Budorcas taxicola : i, mâle adulte ; 2, mâle plus jeune; 3, femelle âgée. [D’après A. O. Hume.)
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- L'AÉROPLANE GIVAUDAN
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- Los véritables affinités du genre Budorcàs sont, encore à l’heure actuelle, un sujet de discussion parmi les naturalistes. Hodgson, créateur du genre, le rattachait au groupe des antilopes, en raison de la ressemblance que les cornes du Takin présentent avec celles des gnous. Gray rapprochait ce type des bœufs et notamment du buffle du Cap. Blylh, enfin, lui trouvait plus d’affinités avec les chèvres et les bouquetins, ou même avec le mouflon à manchettes.
- De son côté, M. Matschie a insisté sur les rapports que le Takin présente avec le bœuf musqué (Ovibos) des régions arctiques, et il a proposé de réunir les deux genres dans une sous-famille à part sous le nom d'Ovibosinœ. Tout récemment, M. Chalmers Mitchell, secrétaire de la Zoological Society, a fait
- remarquer que, par la forme du crâne et les connexions des os de la lace, le Takin se rapprochait du Serow (Nemorrhœdus bubalina.), ruminant qui habite également les hautes régions de l’Asie centrale, et qui a les mœurs de notre chamois. Le genre Némorrhède tient à la.fois des chèvres et des antilopes, et il est, lui aussi, difficile à classer.
- 11 est probable que les naturalistes seront amenés à accepter cette sous-famille des Ovibosinœ, et l’on pourrait y réunir les trois genres Ovibos, Budorcàs et Nemorrhœdus, car la l'orme des cornes, chez la femelle du Takin, s’éloigne déjà beaucoup moins de celle qui caractérise le Serow et le Goral, deux types qui appartiennent au genre Nemorrhœdus.
- E. Trouessart,
- Professeur au Muséum.
- L’AÉROPLANE GIVAUDAN
- En matière de navigation aérienne l’ère des originalités ne sera jamais close. Quel que soit le progrès accompli, lussions-nous en possession de machines absolument parfaites à tous les points de vue, nous assisterons toujours à l’éclosion de projets dont la conception nous étonnera. Si tous les moyens de transport dont nous nous servons actuellement épousent une forme déterminée, c’est parce qu’ils demeurent assujettis à une obligation essentielle : leur appui sur le sol ou sur l’eau.
- Dans l’atmosphère, au contraire, la machine est libérée de toute entrave : pourvu qu’elle possède une surface suslentatrice suffisante et qu’elle respecte les conditions de stabilité indispensables, il lui sera loisible d’affecter toute forme qui lui plaira. Vous verrez que la banalité des ailes longues et étroites cédera la place à une foule de dispositifs inédits qui se tiendront aussi bien, peut-être mieux, dans l’élément gazeux que ces monotones et encombrantes surfaces planes. En somme, pourquoi des plans en forme d’ailes seraient-ils indispensables? Puisque nous convenons que l’aéroplane ne doit pas chercher à être un oiseau, ayons le courage de reconnaître qu’il lui est indifférent d’avoir des ailes ou des parapluies. L’essentiel est qu’il nous transporte.
- Toute la question est là.
- Le révolutionnaire aéroplane de M. Givaudan, sorti des usines Yermorel, à Villefranche-sur-Saône, est-il capable de prendre l’air? Que faut-il pour qu’un
- aéroplane s’en-5 lève? « Un moteur avec un peu de toile autour », a dit le capitaine Ferber. Cette boutade reçoit ici u n e application littérale; nous verrons si Ferber a raison.
- L’aéroplane Givaudan peut être considéré comme un type multicellulaire cylindrique, les cellules appartenant à deux tambours reliés par une poutre armée à peu près semblable à celle des appareils ordinaires. Le tambour avant est mobile dans tous les sens et permet d’orienter l’appareil dans toutes les directions ; celui d’arrière est fixe. Deux roues à l’avant et deux autres à l’arrière, lui permettent de prendre, sur le sol, sa vitesse d’enlèvement.
- Nos photographies, que nous devons à l’obligeance de l’inventeur, ingénieur aux usines Vermorel, donnent une idée exacte de l’ensemble de l’appareil. M. Givaudan a été amené à essayer ce dispositif cellulaire cylindrique pour conserver en permanence, quelle que soit l’inclinaison latérale du système, une surface sustentatrice de même valeur. Dans ces conditions, le poids porté par unité de surface reste constant, et, d’autre part, le centre de gravité étant situé au-dessous du centre de pression, l’appareil
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- ^ L'AÉROPLANE G1VAUDAN
- diamètre du grand tam-
- revient automatiquement à sa position d’équilibre en marche normale. Les deux tambours, ou cellules ne sont pas de mêmes dimensions ; voici leur caractéristique. Cellule avant : diamètre du grand tambour 2 m. 80, largeur 1 m. 20; diamètre du petit tambour intérieur 1 m. 50, largeur 1 mètre; surlace totale 19 mètres carrés; surface de projection 11 m. 50 carrés. Cellule arrière bour 2 m. 40; largeur 1 mètre; diamètre du petit tambour 1 m. 50; largeur 0 m. 80 ; surface totale 14 m. 80 carrés; surface de projection 8 m. 70 carrés. Ces chiffres représentent non seulement la surface des tambours, mais aussi celle des cloisons, au nombre de huit dans chaque cellule, réunissant les deux cylindres. La surface totale des deux cellules est de 55 m. 80 carrés et celle de projection 20 m. 20 carrés, cette dernière étant seule comptée comme surface portante. Les plans rayonnants agissent à la fois comme surfaces sustentatrices et stabilisatrices. Les gouvernails de profondeur et de direction ont été supprimés. De sorte que l’unique manœuvre réside dans le déplacement de la cellule avant qui devient ainsi gouvernail multiple.
- La poutre armée réunissant les deux cellules mesure 7 m. 70 de longueur ; elle est à section trapézoïdale à l’avant et triangulaire à l’arrière.
- . Entièrement faite en tubes d’acier, sa rigidité est absolue, d’autant plus que les entretoises sont également en tubes ainsi que les tirants à l’avant; à l’arrière les tendeurs sont en fil d’acier. La cellule mobile est complètement indépendante du châssis porteur des roues, solidaires de la poutre par l’intermédiaire de ressorts amortisseurs. À l’arrière, les roues sont placées directement sous la cellule et les tubes qui les relient à la poutre traversent les toiles des tambours.
- Chaque cellule est pourvue d’un axe horizontal. Celui de l’avant repose sur la poutre, qu’il traverse en son milieu par l’intermédiaire d’un palier fixé à
- Fig. 2. — Vue avant de Vaéroplane.
- Fig. 3. — Le moteur de l’aéroplane.
- la partie supérieure de la poutre. Cet. axe peut décrire un arc de cercle dans le sens horizontal, à peu près dans les mêmes conditions (pie l’essieu avant d’une voiture automobile; cette manœuvre est celle employée pour effectuer les virages. L’articulation de l’axe étant double, il lui est encore possible, à cet axe, de tourner sur lui-même d’une certaine quantité; la cellule obéit à ce mouvement pour augmenter
- l’incidence des plans et produire l’ascension de l’appareil ou la descente.
- En somme, cette cellule se comporte exactement comme celle de certains aéroplanes qui remplit les fonctions de gouvernail ho-rizontal et de gouvernail vertical. Les deux manœuvres s’exécutent à l’aide d’un levier unique fixé sur la cellule et tenu en main par le pilote : en les combinant on peut obtenir une infinité de positions comme une pièce qui serait montée à cardan. La cellule arrière est fixe; son axe est serré sur la poutre au moyen de colliers et des haubans en assurent encore l’immobilité.
- La propulsion de l’appareil est obtenue, au moyen d’une hélice à deux branches métalliques de 2 m. 40 de diamètre et 2 m. 40 de pas; elle tourne à 800 tours par minute et reçoit sa commande du moteur par l’intermédiaire d’un réducteur de vitesse.
- Le moteur est à huit cylindres en V de 90 millimètres d’alésage et 120 millimètres de course ; il a été étudié et construit spécialement pour l’aéroplane de M. Givaudan par les usines Vermorel. Les cylindres sont en acier nickel extra-mince pour en faciliter le refroidissement et pourvus d’ailettes rapportées. La chambre d’explosions est hémisphérique, dispositif déjà adopté et reconnu excellent par ailleurs pour obtenir un meilleur rendement. L’aspiration et l’échappement se font sans coudes et les soupapes sont commandées par culbuteurs au moyen d’un arbre à cames unique monté sur billes. Un décompresseur sur une rangée de clapets permet le départ
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- EL TORCAL D’ANTEQUERA
- facile. L’allumage se fait par magnéto à haute tension fixée entre les deux groupes de cylindres. Tous lesarbre's sont creux; de même que tous les organes, ils sont, laits en métal de haute résistance, ce qui a permis de réduire leur masse à la limite extrême, tout en conservant un coefficient de sécurité suffisant pour assurer une marche prolongée. Il pèse 80 kilogs en ordre de marche, y compris le volant, les carburateurs et la magnéto, et fait 40chevaux au frein. Le graissage s’effectue par barbotage; un niveau permet de se rendre compte de la quantité d’huile renfermée dans le moteur. Un dispositif spécial assure la mise en marche automatique du moteur depuis le siège du pilote.
- L’aéroplane, complètement équipé avec le pilote à
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- bord, pèse 560 kilogrammes. La surface totale de projection, (pii est comptée comme surface sustenta-trice, étant de 20 m. 20. Chaque mètre carré porte donc 17 kilogrammes environ.
- Comme l’inventeur ne possède pas d’aérodrome il a essayé son appareil dans une prairie, sur le bord de la Saône, près de Villcfranche. Ces premiers essais n’ont eu d’autre but que de vérifier la stabilité de route, le moteur, le rendement de l’hélice, la résistance du châssis porteur, et aussi et surtout pour permettre au pilote de faire son apprentissage. L’absence d’aérodrome a obligé M. Givaudan à interrompre ses expériences qui seront reprises dès que le sol de la prairie, débarrassé des foins, deviendra praticable. Lucien Fournier.
- EL TORCAL D’ANTEQUERA (ANDALOUSIE)
- Dans la province deMalaga, entre cette ville elAn-lequera, l’extrémité Est de la Sierra de Abdalajis porte le nom d’El Torcal. « C’est, dit E. Reclus, un des sites les plus curieux de la péninsule. Les roches... par l’étrange lé de leurs profils, donnent l’idée d’uni1 cité fantastique, aux rues inégales et sinueuses, où des animaux monstrueux ont été soudain changés en pierre.
- C’est dans le voi-. sinage de cette ville de rochers que les archéologues ont retrouvé quelques-unes des constructions les plus curieuses, élevées par le peuple de l’Ibérie, antérieures à l’histoire1. »
- Selon M. G. Puig y Larraz2 le terrain serait le calcaire jurassique attaqué par les agents atmosphériques, et le site est à 4 kilomètres Sud d’Ante-quera, à l’Est de la route de Malaga; il ajoute qu’Osueta (Bosq. géol. de Malaga) considère que l’action inégale de la dénudation sur les strates horizontales a fait du Torcal un vrai labyrinthe dé constructions gigantesques à plusieurs étages.
- J’ai eu occasion, le 19 décembre 1906, de rectifier et compléter ces trop brèves données.
- La distance d’Antequera est de 16 et non 4 k.
- 1 Géographie universelle, t. I, 1876, p. 719.
- 2 Cavernas y situas de Espaiïa (Boletîn delà Comisiôn del Mapa géologica). Madrid, 1896, p. 208.
- jusqu’au col (Porlazgo del Puerto) où passe la route de Malaga à 870 m. (au lieu de 1285 qu’indiquent l’atlas Stiéler et le dictionnaire de géographie de Vivien de Saint-Martin).
- On sait qu’à An-tequera (525 m.
- la station) on trouve, sous un tumulus nommé Cueva del Mengo, un des plus curieux et des plus grands dolmens du monde : long de 20 m. et large de 5 à l’intérieur ; formé de sept grandes pierres sur chaque côté et d’une au fond et de grandes dalles comme toit; précédé d’un vestibule d’accès, en pierres plus petites; orienté de l’Ouest à l’Est1; partagé à l’intérieur en deux nefs, par trois piliers (peut-être postérieurs2) qui lui donnent un aspect de sanctuaire (?).
- D’ailleurs toutes les pierres sont dégrossies, équarries même, pas au degré de raffinement que présentent les dolmens du Caucase occidentals, mais avec une main-d’œuvre qu’on ne rencontre
- 1 Dis Bonstetten, Essai sur les dolmens, Genève 1865, parle de 10 pierres de chaque côté et 27 m. de longueur.
- 2 Contrairement à l’avis de Fergusson, Monuments mégalithiques,. Paris 1878, p. 405, qui en donne deux figures peu exactes (p. 405) et parle aussi des 10 pierres latérales et de 24 m. de long. — Y. Cartailiiac, Ages préhistoriques de l'Espagne et du Portugal.
- 3 Voy. La Côte d’Azur Russe, p. 81.
- Fig. t. — Cabane de berger.
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- pas sur les dolmens des Cévennes, d’Irlande, de l’Allemagne du Nord, ni même de Bretagne.
- Fig. 2. — Masque en pierre.
- En montant du col au Torcal (qui est à l’Ouest et non à l’Est de la route), on longe pendant quelque temps une muraille rocheuse naturelle, que suit un chemin d'aspect très ancien, en grandes dalles pareilles aux pierres du dolmen d'Antecjuera.
- A l’intérieur même du labyrinthe rocheux, une cabane, dans le has-fond d’un cirque, est d’une allure également bien archaïque : elle est à moitié souterraine sous un auvent de roche ; sa porte est franchement mégalithique (fig. 1). Tout à côté on a appuyé, contre une murette de bergerie, la pierre ronde, reproduite (fig. 2 et 5). Elle a 0 m. 55 de diamètre. Sa bouche est trouée comme à l’usage d’une fontaine. Cette grossière image si haut perdue dans la montagne est-elle une sculpture ibérienne? J’ignore si quelque archéologue l’a signalée et décrite. Je donne à titre documentaire la photographie de ces archaïques débris.
- Quant au Torcal, c’est bien une cité de rochers, plutôt dans le genre du Bois de Paiolive (Ardèche), que semblable à Montpellier-le-Vieux (Aveyron) ou à la cité enchantée de Cuenca (Yoy. n° 1805, 28 décembre 1907), parce que les tranches des strates rocheuses, aux joints fort rapprochés, sont très arrondies.
- Il n’y a pas à décrire cet amas, tout à fait étrange, de fausses ruines, de cirques, de couloirs, de pseudo-silhouettes : il ressemble trop à tous ses analogues. Comme disposition il a été érodé sur les deux flancs de la Sierra. Du col 870 (ou plutôt de la Venta de Rosario à 850 m.) on monte de 200 m. jusqu’à un seuil (1070) qu’on redescend au Nord
- 1 Où nous avons découvert, en août 1908, un semblable lapiaz inconnu, avec abîmes et puits à neige, au pied des
- D’ANTEQUERA =,:..........=
- I sur un plateau raviné (1050 à 1100 m.),où des dé-I pressions, la plupart entièrement fermées, alternent avec de grandes tables. En somme c’est un lapiaz, mais aux formes très émoussées, en bourrelets plutôt qu’en arêtes (rascles). La preuve que des eaux torrentielles ont été l’ouvrier de ces accidents toujours si singuliers à voir, c’est qu’un véritable et large abîme s’ouvre (fig. 4) au liane même (1060 m.) du cirque de la bergerie (1050 m.) dont le fond en entonnoir clos esta 1040 m. Je n’ai pu le sonder faute de cordes, mais les pierres jetées me font croire à une centaine de mètres de creux.
- Des ravines sèches aboutissent à des points d’absorption obstrués, accidentant tout le site. Tout cela est une disposition commune à tous les lapiaz et chaos de rochers semblables : dans tous ceux qui sont les plus haut situés, même au-dessus de 2000 m., j’ai matériellement confirmé, des Alpes au Caucase et des Pyrénées1 à l’Andalousie, qu’ils ont été le siège d’une ancienne et abondante circulation torrentielle, qui les a alfouillés et sculptés avant d’être capturée par les fissures du sous-sol2.
- L’immense variété des innombrables systèmes de cassures qui hachent les roches du Torcal (calcaire jurassique (empreintes d’ammonite) et malm rouge, comme à l’Oucane de Chabrières (Yoy. n° 1655,
- | 28 janvier 1905) est en conformité absolue avec
- Fig. 3. — Le masque et la bergerie.
- cette irréfutable conception. A l’angle Sud-Est du
- pics d’Arlas (2063 m.) et d’Anie (2504). — 2Voy. C. R. Acad. sc. (15 dcc. 1902, 14 déc. 1903, 22 juin 1909, etc.)
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- cirque delà Bergerie une citerne-source (à 6°), qui typiques exemples de ces lapiaz tourmentés qui, de paraît naturelle, est très singulièrement placée nos jours, engloutissent dans leur écumoire toutes
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- Fig. 4. — Orifice du Grand Gouffre. Fig. 5. — Le Coq.
- comme situation dominante (à 1090 m.). En arrière j’ai vu encore dans deux autres cirques (montant à 1160 m.) des colonnes et obélisques rappelant tout à fait Paio-livc. L’une d’elles (el Gallo) est surmontée d’un coq (fig. 5). La crête de la Sierra de Abdalajis paraît approcher de 1400 m. (1377 d’après Stiéler).
- Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’aller visiter son revers sud, où, selon le propriétaire de la Venta de Rosario, abondent les roches les plus fantastiques, piliers immenses et nombreux profils humains ! On y connaît aussi trois abîmes extrêmement profonds.
- En résumé, il faut ranger le Torcal parmi les plus
- les eaux de pluies pour les rendre en résurgences beaucoup plus bas dans les plaines. Je n’ai point
- manqué de constater l’existence de réapparitions d’eaux de ce genre au pied Nord du Torcal; vers 450 m. sourdent de puissantes sources, dans des pâturages que paissent des mules en liberté ; tout de suite elles font tourner des usines. Et le versant sud doit en émettre d’autres.
- Si l’on ajoute que la ville même d’Antequera est des plus pittoresquement campée, on conviendra qu’El Torcal méritait, à tous points de vue, qu’on modifiât les trop courtes mentions ci-dessus rappelées. E.-A. Martel.
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- LA PANIFICATION INTÉGRALE SANS MOUTURE DU BLÉ
- La panification intégrale ou directe, sans mouture du filé, a fait l’objet de nomfireuses recherches et des préoccupations des économistes.
- On sait que le grain de hlé est formé d’une amande qui contient très peu de gluten et beaucoup de granules d’amidon, qu’avec l’aide de broyeurs ou moulins on réduit en farine, et d’une
- Fig. i. — Panificateur Desgoffe el de Georges. (Appareil horizontal.)
- enveloppe qui, broyée à l’état de son, est rejetée de la panification, bien quelle contienne la plus grande partie du gluten, les phosphates et tous les sucs aromatiques du blé, en un mot plus de substances utiles, saines et nutritives que n’en renferme la farine elle-même.
- Transformer, d’un seul coup et sans intermédiaire, les grains de blé en un pain substantiel et hygiénique serait donc, semble-t-il, le desideratum idéal. Mais la solution pratique de cet intéressanlproblème s’est heurtée contre de sérieuses difficultés mécaniques, telles que la trituration complète du son, réchauffement des farines travaillées à sec, etc , et surtout contre la routine et les puissants intérêts de la minoterie.
- Il a été question, jadis, d’un système de transformation du blé en pain, dû à M. Sézille, système dans lequel la mouture est complètement supprimée, et qui permettrait d’obtenir un rendement de 145 à 150 kg de pain bis blanc pour 100 kg de blé. L’auteur de ce procédé estimait que, parun rendement aussi élevé, on pourrait économiser, en France, 25 millions d’hectolitres de grain.
- Mais le point capital dans la panification intégrale est d’obtenir un pain complet de bonne qualité, économique et hygiénique; or, l’emploi des meules, des cylindres, etc., donne un pain lourd, mal pétri, souvent d’un goût acide, et ces appareils ne peuvent produire simultanément la mouture du blé, la pulvérisation du son et le pétrissage de la pâte avec ou sans mélange de levain et de sel, avec de l’eau nécessaire pour opérer ce travail dans un espace clos d’un même appareil.
- Le procédé Desgoffe et de Georges présente, à ces divers points de vue, de sérieux avantages et mérite de retenir l’attention.
- Fig. 2. — Panifi-c a leur Desgoffe et de Georges. [Appareil vertical.)
- En effet, ces fonctions multiples, malgré leur peu de similitude, sont pratiquement réunies dans ce procédé qui comporte l’emploi d’un paniticateur spécial dit antispire, dont la fonction concentre le travail du moulin, des bluttoirs et du pétrin, dans un outil léger, qui peut être actionné soit à bras d’homme pour de petites productions, soit par un manège ou un moteur quelconque dont la force est proportionnée aux dimensions et au rendement de l’appareil.
- Le paniticateur Desgoffe et de Georges, dont nous donnons le détail schématique, se compose d’une hélice A tournant librement mais avec peu de jeu, dans une enveloppe concentrique B, fixée sur les bâtis C et 1). Gette enveloppe peut être elle-même entourée d’une armature dont Tune des extrémités comporte la trémie E d’introduction du blé, dont la sortie s’opère, à l’autre bout, en F. L’hélice A, calée sur l’arbre G, qui la maintient entre deux paliers, est armée d’un nombre convenable de filets principaux, dont l’écartement est constant sur toute sa longueur, tandis que leur profondeur, suffisante à l’entrée pour contenir les grains de blé en leur entier, se réduit progressivement vers la sortie, au point
- Fig. 3 el 4. — Détail du pas des hélices du panijicaleur Desgoffe el de Georges.
- de ne plus donner passage qu’à la matière pulvérisée (fig. 1 et 2).
- Le détail explicatif des filets de l’hélice A et de son enveloppe B est donné par les figures 3 et 4. Au fond de ces filets principaux, sur .l’espace qui sépare les spires, sont régulièrement creusés des filets intermédiaires de dimensions égales à celles des dernières spires de l’extrémité de l’hélice.
- L’enveloppe B est également filetée de spires concaves, mais de sens inverse de celles de l’hélice; c’est-à-dire que si les filets de cette dernière sont tracés de pas à droite, ceux de l’enveloppe sont de pas à gauche, mais ces derniers, au lieu d’être divisés en filets principaux et filets de fond, comme ceux de l’hélice, peuvent être uniformément creusés en filets de fond. L’inclinaison de ces filets est de 17° 40', correspondant au pas égal au diamètre.
- La trémie E contient à sa partie inférieure un distributeur H et un alimentateur J, servant à l’introduction mesurée du blé et de l’eau, tous deux fonctionnant par une communication de mouvement avec l’arbre G.
- La disposition du panificateur peut être horizontale, verticale ou inclinée, plusieurs appareils peuvent être conjugués en partant d’une seule trémie.
- Pour réaliser la panification directe suivant le procédé Desgoffe et de Georges, on fait subir au blé une préparation préalable; on le lave à grande eau pour le débarrasser de toutes les impuretés, après quoi on le transvase dans un autre récipient ayant une contenance double de son volume à l’état sec. On verse 1 litre d’eau environ par kilogramme de blé; avec de l’eau tiède, il suffit de six heures pour humecter le grain, le faire gonfler et doubler de volume. Dès que ce grain est humecté jusqu’au centre, il peut être panifié ; on le mélange de suite
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- r FABRICATION ÉLECTROLYTIQUE DES MIROIRS PARABOLIQUES = 123
- à la quantité de levain et de sel nécessaire ou bien on ne fait ce mélange qu’après le passage du blé dans l’appareil.
- Ainsi préparé, le blé est versé dans la trémie du pani-(icateur d’où il pénètre automatiquement dans le corps de l’appareil en passant par le distributeur dont le débit est réglé proportionnellement à la force disponible.
- Du distributeur, le blé tombe entre les saillies différentielles des filets de sens opposé de l’anlispire, c’est-à-dire entre les spires de l’hélice en mouvement et celles de la contre-hélice fixe, qui triturent simultanément l’enveloppe et l’amande des grains, les broient et les hachent, en font un mélange intime qui, près de la sortie, forme déjà une pâte homogène, mais dont le travail de pétrissage est terminé par l’addition d’un lisseur formé de deux surfaces parallèles à rapprochement réglable; ces surfaces sont cannelées toutes deux en sens opposé; l’une, mobile, est l’extrémité môme de l’hélice, tandis que l’autre, fixée à la contre-hélice, est percée d’un trou central par lequel s’échappe la pâte sous forme de boudin continu, broyée, mélangée et pétrie de telle sorte que sa composition est parfaitement homogène.
- Le travail du lisseur donne à la pâte les qualités actuellement obtenues par les pélrisseurs manuels ou mécaniques. La pâte, additionnée de levain et de sel, est prête à fermenter.
- Pour éviter tout échauffement de la masse en travail, maintenir le degré hygrométrique convenable, une circulation d’eau est établie sur l’un des côtés de la trémie ; trois robinets viennent se brancher sur la conduite, leur écoulement est réglable; ils communiquent : l’un, directement avec la trémie, dans laquelle il déverse l’eau; le second, au moyen de tuyaux de raccord, avec la cavité de l’hélice mobile, par le trou central traversant son axe, pour s’échapper après avoir réfrigéré toute l’étendue des spires, par un tube intérieur ayant son orifice d’entrée placé près du lisseur.
- Le troisième robinet communique avec l’espace ménagé entre la surface extérieure des spires de la contre-hélice et la cloison ou chemise cylindrique qui les enveloppe.
- On évite ainsi l’excès de chaleur qui détruirait une partie des sucs aromatiques du blé et par suite une des grandes qualités du pain obtenu par ce procédé.
- La pâte sortant de l’appareil est mise dans des corbeilles que l’on couvre d’une étoffe de laine et que l’on dépose dans un endroit chaud où on la laisse reposer. Dès que la fermentation commence, on divise la masse en pains longs, que l’on dresse sur des planchettes recouvertes d’éloife chaude, jusqu’au moment de mettre au four. Celui-ci, après l’enfournage, est clos avec de l’argile.
- Après quarante à quarante-cinq minutes de cuisson, suivant le degré de chaleur du four, la forme et la grosseur des pains, on défourne, puis on passe, sur le dessus fumant de chaque pain, une brosse légèrement mouillée, afin de donner à la croûte un aspect plus agréable à l’œil.
- Le pain obtenu par ce procédé contient une succession de trous dont les dimensions croissent en s’approchant de la croûte qui est de faible épaisseur. L’odeur qui s’échappe de ces pains est très agréable et beaucoup plus prononcée que celle des pains de boulangerie ordinaire.
- Le procédé Desgoffe et de Georges paraît réunir tous les avantages de la panification directe du blé — le rendement en pain de 100 kg de blé ordinaire traité par ce procédé est de 150 kg (et 180 kg en pâte). — On constate qu’il supprime les inconvénients de la présence du son dans la pâte en réduisant le tout en une moulure homogène.
- Avec le panificaleur imaginé par MM. Desgoffe et de Georges se trouve solutionné le problème de la trituration du son.
- Cette méthode permet d’obtenir une pâte contenant l’intégralité des grains de blé, et par suite un pain dit naturel total, ou rationnel. Henri Blin.
- LA FABRICATION ÉLECTROLYTIQUE DES MIROIRS PARABOLIQUES
- On sait, lu rôle important que jouent les projecteurs en navigation. On sait aussi que la marine militaire, et l’armée en font grand usage. La construction des miroirs qui constituent la partie essentielle de ces instruments est une question fort délicate. La forme idéale est la l’orme parabolique, qui par réflexion, transforme les rayons issus d’une source lumineuse placée au foyer en un faisceau de rayons rigoureusement parallèles ; sans aberration d’aucune sorte.
- Mais rien n’est plus difficile que de construire un miroir rigoureusement parabolique. Le coût de la fabrication est tel qu’on ne peut guère les employer que dans certains télescopes astronomiques. Le plus souvent on ! recourt à l’ingénieux miroir imaginé par le colonel I Mangin; il est constitué par une lentille concave-convexe limitée par deux surfaces sphériques de rayons différents. La face convexe est argentée. Dans ce système les aberrations propres au miroir
- sphérique et celles inhérentes à la lentille se corrigent mutuellement : l’ensemble constitue un réflecteur aussi parfait que le miroir parabolique et qui, du reste, a fait maintes fois ses preuves.
- Un nouveau procédé imaginé tout récemment par M. Shenard Cowper-Coles de Westminster, vient encore simplifier la construction des miroirs de projecteurs, déjà rendue pratique par le système du colonel Mangin.
- M. Sh. Cowper-Coles revient au miroir parabolique; il a trouvé le moyen de le fabriquer simplement et à bon compte. Voici comment il opère.
- Il commence par créer un modèle parabolique en verre, aussi parfait que possible : il place dans un moule en fonte, ayant sensiblement la forme destinée au miroir, un bloc de verre : le tout est chauffé dans un four. Le verre s’amollit et prend le profil du moule.
- Il est ensuite minutieusement usé et poli,
- Fig. i. — Marche des rayons lumineux dans un miroir Mangin. Les rayons, issus du foyer après réfraction dans la lentille, réflexion sur la face arrière de celle-ci et nouvelle réfraction, sont rendus rigoureusement parallèles.
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- CHRONIQUE
- jusqu’à cc que sa surface convexe soit rigoureusement celle d’un paraboloïde de révolution. Celle-ci est alors argentée chimiquement, suivant le procédé indiqué par Foucault. On prépare deux solutions, l’une d’un sel d’argent, l’autre de glucose. Dans la première, on verse de l’ammoniaque jusqu’à redissolution complète. Le précipité formé, on reprécipite encore par la soude caustique, on redissout à nouveau dans l’annnoniaque; on ajoute enfin le glucose et, dans ce mélange, on place la surface parabolique
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- Fig. 2. — Le support rotatif du moule parabolique en verre de Vappareil de M. Pli. Cowper Coles : A, anneau empêchant l’irrégularité de dépôts à l’angle du miroir; C, pinces supportant l'anneau A.
- soigneusement décapée. L’argent s’y dépose et, au bout d’une demi-heure, on obtient une couche uniforme et brillante. On lave et on polit avec soin.
- On possède ainsi un modèle dont l’exécution a demandé beaucoup de précautions et de patience : il ne faut pas moins de trois mois d’un travail assidu pour construire un miroir de ce genre. Mais lorsqu’il est terminé, on peut grâce à lui obtenir aisément autant d’excellents miroirs métalliques qu’on le voudra, identiques à leur modèle.
- En effet, le miroir en vase argenté est suspendu à la cathode d’un bain électrolytique de sulfate de cuivre; on fait passer le courant, le cuivre se dépose sur la surface parabolique argentée. On a soin de faire tourner celle-ci lentement autour de son axe de révolution maintenu vertical. Au bout d’un certain temps, lorsqu’il s’est déposé une quantité de cuivre suffisante, on arrête l’opération; on porte le miroir dans un bain d’eau bouillante, refroidie progressivement jusqu’à 40°; le cuivre se sépare de la
- surface argentée ; et l’on a un miroir en cuivre d’une forme parabolique parfaite ; sa surface concave a le même poli que la surface argentée du modèle. On le nettoie au cyanure de potassium et l’on y dépose, pour protéger le cuivre d’une oxydation ultérieure, une couche de palladium qui donne une surface brillante, blanc d’argent, d’un pouvoir réfléchissant un peu inférieur à l’argent, mais résistant infiniment mieux à l’action oxydante de l’air et surtout des produits issus de l’arc électrique, source lumineuse du projecteur. L’alliage de cadmium et d’argent dorme des résultats meilleurs encore.
- Naturellement, la mince surface de cuivre est munie d’une monture protectrice spéciale avant de pouvoir être employée dans un projecteur.
- Les miroirs ainsi obtenus sont fort légers, avantage considérable pour les applications militaires ; ils ont, en outre, sur
- |[ ! J
- Fig. 3. — L’appareil rotatif de Ph. Cowper Coles-pour obtenir par dépôt électro-lytique sur un moule en verre argenté, de parfaits miroirs paraboliques en cuivre.
- de ne comporter qu’une surface réfléchissante, au lieu d’une surface réfléchissante doublée d’un milieu réfringent, d’où moindre absorption de lumière. Enfin ils sont moins lourds et moins fragiles.
- Leur bon marché relatif leur créera sans doute de nouveaux emplois, par exemple on pourra les utiliser comme réflecteur du son, c’est-à-dire comme porte-voix , et la nuit ou dans le brouillard, pour localiser l’origine des bruits et des voix entendus. A. Trouver.
- CHRONIQUE
- Une langue ancienne retrouvée. — Notre confrère, M. G.-À. Hiickel, résume fort savamment, dans la Revue des Etudes anciennes (juillet-septembre 1909) les résultats des travaux elfectués par plusieurs savants allemands (A. von Le Coq, F. W. K. Muller, E. Sieg, W. Siegling) sur les matériaux rapportés des dernières explorations du Turkestan (Stein, Pelliot, von Le Coq, Grün-wedel, etc.). Le fait le plus important est la découverte d’un certain nombre de manuscrits, écrits dans une écriture hindoue (l’écriture bràhmi) et donnant la traduction
- d’ouvrages buddhiques, dans une langue inconnue. Celle-ci a pu enfin être déchiffrée. On y a reconnu la langue, ou une des langues, parlée par les Indo-Scythes, et que l’on a baptisée de iocharique. L’étude soigneuse de son vocabulaire montre d’une façon très nette que le locha-rique rentre dans la grande famille des langues indo-européennes. ' Les textes qu’elle a servi à fixer paraissent d’autre part non moins intéressants pour l’histoire de l’Asie occidentale et de ses rapports avec le monde hindou.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 juillet 1909. — Présidence de M. E. Picard.
- Décès. — M. le Secrétaire perpétuel Darboux annonce à l’Académie la nouvelle de la mort de M. 11. de Parville. « C’est, dit-il, un devoir de reconnaissance de saluer d’un hommage respectueux la mort de M. de Parville qui nous a appartenu depuis trente ans au moins. 11 était devenu pour chacun de nous un véritable ami. À l’époque où M. Chasles nous réunissait, nous avions le plaisir de nous rencontrer avec lui et nous pûmes apprécier son esprit original et la variété de ses connaissances. 11 y a quelques années, j’allai visiter avec lui l’Observatoire de Nice et nous fîmes l’ascension du mont Mounier. La fatigue qu’il éprouva m’inquiéta. C’était probablement l’effet des premières atteintes de la maladie à laquelle il devait succomber. Depuis un demi-siècle la science se développe avec une incroyable rapidité, mais il est rare que les hommes qui contribuent à ce développement aillent jusqu’à la vulgarisation de leurs découvertes. Aussi les personnes qui s’occupent de donner une idée de ces découvertes au grand public, rendent un réel service à la science. » A ces paroles, M. le Président ajoute : « Nous conserverons tous un souvenir ému d’Henri de Parville et de la façon relevée dont il entendait la vulgarisation. »
- M. le Président annonce ensuite la nouvelle de la mort du célèbre astronome américain, S. Newcomb, et exprime les regrets que celte mort cause à l’Académie à laquelle M. Newcomb appartenait comme associé étranger.
- Les gaz des volcans anciens. — M. A. Gautier complète sa récente communication sur la composition des gaz qui se dégagent des volcans. 11 donne cette fois des indications sur la nature des gaz qui s’échappent des volcans dont l’activité a cessé avant l’époque historique. Ces gaz sont les mêmes que ceux fournis par les roches ignées portées au rouge dans le vide : acide carbonique, vapeur d’eau, azote, argon, ammoniac, oxyde de carbone, méthane, hydrogène et oxygène, etc. 11 est remarquable que l’oxygène 11c provient pas des roches. L’hydrogène et l’oxygène proviennent donc de la dissociation de vapeur d’eau, mais l’on peut s’étonner qu’ils restent à l’état libre à la sortie du cratère. Toutefois, M. A. Gautier relate une expérience qui paraît pouvoir expliquer cette singularité. Les éludes de M. A. Gautier ont porté sur le cratère d’Agnano. 11 a constaté que la vapeur d’eau constituait les trois quarts des produits gazeux lancés dans l’atmosphère. Ainsi peut-on s’expliquer que parfois ces produits déterminent des orages.
- La vie et l'œuvre de M. Poincaré. — M. le Secrétaire perpétuel signale la présentation d’un opuscule publié par M. E. Lebon et intitulé : Henri Poincaré, biographie, bibliographie analytique des écrits. Ce travail qui ne pouvait être fourni que par un homme versé dans les sciences mathématiques, en raison de la nature des mémoires si nombreux qu’a donnés à la science M. Poincaré,
- fait en outre connaître le savant et le penseur dont la réputation est mondiale. Un beau portrait ligure en tête de l’opuscule.
- La recherche de l’acide cyanhydrique dans les plantes. — M. Guignard présente une Note de M. Mirande indiquant un nouveau procédé de recherches de l’acide cyanhydrique dans les plantes fraîches. Ce procédé consiste à anesthésier les feuilles avec du chloroforme ou de l’éther. L’anesthésie détermine un dégagement d’acide cyanhydrique chez les plantes qui renferment des principes cya-niques susceptibles de donner naissance à ce composé. La présence des moindres traces d’acide est décelée par le papier picrosodé inventé par M. Guignard. Ce procédé est donc très simple et très rapide. M. Guignard expose que le dégagement doit être rattaché à une déshydratation des cellules.
- Diffusion des ions à travers les métaux. — M. Bouly résume une Note de M. Moreau signalant le pouvoir de diffusion des ions au travers des métaux. Entre deux flammes l’auteur place une lame métallique et produit d’un côté de la lame, au moyen d’un fragment de sel de sodium, des ions négatifs. Il établit ensuite un champ électrique entre cette lame et une autre lame placée de l’autre côté par l’apport au centre d’émissions d’ions. Si le champ électrique est orienté de la première lame vers la seconde, on constate un mouvement des ions au travers de celte première lame vers la seconde. Mais si l’on change le sens du champ, le mouvement des ions positifs est insignifiant. Le platine et le nickel sont particulièrement perméables ; le fer l’est moins.
- Le virus du typhus exanthématique. — M. Roux analyse un travail de M. Nicole relatif à la recherche du virus du typhus exanthématique. Ce virus n’a pu encore être trouvé dans le sang des animaux atteints de cette maladie. Pour mettre en évidence l’existence de ce virus dans ce sang, il a eu l’idée d’injecter à un singe d’espèce commune une certaine quantité de sang de typhique exanthématique. Le résultat a été nul. Mais en répétant l’expérience sur un chimpanzé, il a provoqué l’apparition, au bout de 25 jours, d’une maladie présentant tous les symptômes caractéristiques du typhus exanthématique. De plus il a fait cette constatation très intéressante que le sang du chimpanzé ainsi infecté pouvait communiquer la maladie au singe d’espèce commune. Ainsi par cette double expérience la preuve de la présence d’un virus dans le sang de l’homme atteint du typhus exanthématique est fournie et il est démontré qu’en passant dans le sang du chimpanzé ce virus est devenu apte à transmettre la maladie aux singes d’espèce commune.
- Séance du J9 juillet 1909. — Présidence de M. Emile Picard.
- Éloge de l’astronome Newcomb. — M. E. Picard prononce l’éloge de S. Newcomb, récemment décédé. Le célèbre astronome américain naquit en 1835. Il fut d’abord professeur à l’Université de Washington, puis à Baltimore. En 1877, il fut chargé de la publication des American Ephemeris, livre qui est l’équivalent de la
- Connaissance des temps. En 1877, il fut élu correspondant de la section d’astronomie, et, en 1896, associé étranger. Newcomb fut le continuateur de Laplace et de Le Vérrier ; son œuvre touche à toutes les parties de la mécanique céleste : développement de la fonclioti perturbatrice, mouvement des satellites d’une planète trou-
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- Lié par d’autres satellites, tables du mouvement des quatre planètes les plus rapprochées du soleil. On reste confondu devant la masse de calculs que comporte une pareille œuvre. Et cependant toute l’œuvre de Ncweomb n’est pas là. Il entreprend de perfectionner la théorie du mouvement de la lune en poursuivant des recherches sur certains coefficients de ce mouvement. De plus, en présence des écarts de plus en plus grands que présentent, par rapport à l’observation directe, les positions delà lune calculées au moyen des tables de Hansen depuis 1850, et en présence des résultats médiocres fournis par une comparaison de même ordre pour la période comprise entre 1750 et 1850, NewconVb entreprend de rectifier les tables de Hansen. Ses recherches aboutissent à une formule comprenant sept termes correctifs. L’infatigable travailleur ne se trouvait point encore satisfait. Certaines inégalités du mouvement de la lune lui apparaissaient comme une énigme et il avait dans les derniers temps de sa vie accompli de nouveaux travaux théoriques comportant d’énormes calculs. 11 faut souhaiter que le grand astronome n’ait pas emporté dans la tombe le résultat de si grands efforts.
- Le tremblement de terre du 11 juin. — M. Bigour-dan dépose une Note de M. Fabry sur le tremblement de terre du 11 juin dernier. Le savant physicien s’est transporté sur les lieux du sinistre et a pu faire cette constatation singulière que le séisme avait eu une composante verticale de grande intensité, contrairement à ce qui a lieu habituellement. C’est ainsi, par exemple, que des chapiteaux de colonnes ont été lancés en l’air. L’auteur a relaté en outre que certains phénomènes électriques ont accompagné les secousses.
- Les marées de l'écorce terrestre. — M. Ch. Lallemand adresse une Note relative aux marées de l’écorce terrestre et à l’élasticité du globe. Sous l’action de la lune et du soleil, la partie solide du globe terrestre subit des marées comparables à celles des oééans. L’absence de point de repère ne permet pas de procéder à une mesure directe de l’amplitude des déplacements. Mais on peut indirectement les évaluer en comparant à leur grandeur théorique, calculée pour une terre indéformable, soit le mouvement diurne de la verticale, soit les marées lentes (mensuelles et semi-mensuelles) des océans, soit encore la période du petit déplacement des pôles constaté à la surface du globe. Le premier moyen donne toujours un rapport d’environ deux tiers répondant pour la terre à une rigidité moyenne intermédiaire entre celle du cuivre et de l’acier. Le second procédé jusque maintenant paraissait conduire à une rigidité deux fois plus grande. M. Ch. Lallemand expose une nouvelle théorie qui fait disparaître cette anomalie et d’après laquelle, à l’équateur, l’écorce terrestre se soulève deux l'ois par jour et s’affaisse alternativement de 0,50 m., au moment de la pleine lune, et de 0,20 m. aux quartiers. Nuis aux pôles, ces mouvements seraient déjà réduits de moitié à la latitude de Bordeaux.
- Appareil d’enregistrement postal. — M. Caillelet décrit un appareil qui, automatiquement, exécute toutes les opérations de la recommandation postale des lettres, à la condition d’introduire dans une ouverture, spécialement ménagée à cet effet, une pièce de 0f,',25 en nickel. Cet appareil utilise l’inégale action de l’aimant sur les métaux pour éliminer les pièces de poids et de dimensions voulues qui ne seraient pas en nickel. Ce métal est un
- peu magnétique; un aimant, convenablement disposé, déplace la pièce de manière qu’elle vienne fermer un courant électrique qui sert au déclenchement de tout le mécanisme. Si la pièce est en fer elle est fortement attirée et vient se coller contre l’aimant ; le courant ne passe pas. Si la pièce est fabriquée avec un métal non magnétique, elle n’est pas attirée et pareillement le courant ne passe pas.
- Effet de la nébulosité du ciel en 1009. — MM. Münlz et Gaudechon ont entrepris de mesurer ('importance du préjudice que cause à l’agriculture le temps couvert qui règne presque constamment cet été. Opérant sur une culture de blé, ils ont constaté (pie pendant les journées nuageuses, l’assimilation du carbone aérien qui fournit les matériaux de la végétation est cinq fois plus faible que par les jours de soleil. Pendant ces derniers, l’hectare cultivé en blé a assimilé assez de carbone pour former 53 kg de grain, tandis que par les journées très nuageuses que nous avons traversées, il n’a pneu former que 7 kg. On comprend ainsi quelles graves conséquences a pour la végétation l’atténuation des radiations solaires par les nuages persistants. Ce n’est pas seulement le poids des récoltes qui se trouve ainsi diminué, il y a en outre abaissement de richesse de quelques-uns des principes essentiels comme l’amidon dans les grains et les pommes de terre, le sucre dans les raisins et les betteraves, etc. 11 y a donc, par suite du manque de soleil et conséquemment d’activité chlorophvlienne, non seulement réduction de la quantité de récolte, mais aussi infériorité de la qualité.
- Raz de marée en Provence. — M. Bigourdan résume une Note de M. Fabry relative à un raz de marée observé aux environs de Marseille, quatre jours après le tremblement de terre de juin dernier. Ce raz de marée a été attribué à un tremblement de terre sous-marin. D’après M. Fabry, l’explication doit être rejetée; le phénomène aurait été provoqué par une hausse brusque du baromètre.
- Préparation d'un sucre nouveau. — M. Maquenne expose les résultats obtenus par M. G. Bertrand dans l’étude d’un sucre d’origine microbienne, le perséulose. Ce sucre serait absolument comparable au sucre de fruits, mais il renferme sept atomes de carbone au lieu de six. M. G. Bertrand a réussi à le transformer en un autre sucre inconnu jusqu’ici qu’il appelle perséulilc.
- Identification de la nature de la tuberculose chez l'homme. — MM. Calmettc et Guérin présentent une Note relative au diagnostic de l’origine de la tuberculose observée chez l’homme. Ils rappellent que les bacilles de la tuberculose bovine se cultivent en présence de la bile de bœuf glyeérinée, suivant une, technique qui a été précédemment indiquée. Au contraire, les bacilles de la tuberculose humaine et aviaire ne sont pas cultivables en un tel milieu, mais ils se développent très bien sur la bile humaine et la bile de poule. Ayant eu l’occasion d’examiner le cadavre d’un enfant de cinq mois, mort de tuberculose généralisée, ils ont isolé de la substance de la rate le bacille tuberculeux qui avait déterminé la maladie et la mort de l’enfant. En cultivant ces bacilles sur la bile bovine, ils les ont vus se développer, ce qui indiquait que l’on se trouvait en présence du bacille bovin. Ils ont alors eu l’idée de faire une contre-épreuve. Dans ce but, ils ont eu recours à une réaction biologique déjà signalée qui consiste à inoculer dans la
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- CHIENS PÉKINOIS .— ----- 127
- mannnelle d’une chèvre, peu après qu’elle a mis bas, le bacille à étudier. Si ce bacille est celui de la tuberculose bovine, l’animal meurt au bout de quelque temps, mais s’il s’agit de tuberculose humaine, l’animal résiste parfaitement. L’inoculation du bacille provenant de l’enfant
- a montré que l’on se trouvait en présence de la tuberculose bovine. Ainsi l’on dispose de deux méthodes se contrôlant l’une l’autre, pour reconnaître l'origine des bacilles tirés des lésions tuberculeuses humaines.
- Cil. DE VlU.KDEUm.
- CHIENS PÉKINOIS
- Le choix d’un chien dit de salon est une pure quos- ! car sa maîtresse refusa de le vendre au millionnaire, qui tion de mode, et les espèces se supplantent les unes les | en offrait 125 000 francs. L’animal pèse environ 8 livres
- autres dans l’estime des amateurs. La vogue appartient pour le moment au minuscule pékinois, chien de haut luxe dont l’introduction en Europe est de date toute récente, et dont l’acquisition n’est permise qu’aux très riches amateurs. Un spécimen de race pure peut atteindre des prix fantastiques, surtout lorsqu’il est en état de produire des parchemins authentiques sur sa généalogie. Le financier américain bien connu, M. Pierponl Morgan, a payé 00000 francs pour son chien « Too-Nau ». Et ce fut en son honneur qu’il organisa récemment aux Bota-nical Gardons de Londres un concours de pékinois qui comportait une challenge cup de 100 guinées (2000 francs), en priant le ministre de Chine de faire fonctions de juge. « Tehu-èrh », qui fut proclamé champion, appartient à une grande dame anglaise, Mme Asliton Cross. On peut en dire qu’il est la bète la plus précieuse du monde,
- anglaises, ce qui équivaut à dire qu’il vaut oo fr. 40 le gramme.
- Les parchemins auxquels nous faisions allusion plus haut ont pour but de certifier l’origine royale de la hôte. Pendant des siècles, l’élevage de cette variété fut monopolisé par la cour impériale. Un fonctionnaire coupable d’avoir enlevé du palais un de ces chiens était puni de mort.
- Quand la vieille impératrice-douairière s’enfuit de Pékin à l’époque de la révolte des Boxers, elle ne laissa pas un seul de ses chiens’ dans ses palais. Mais, depuis son retour, elle fil présent de quelques spécimens aux femmes des ambassadeurs accrédités à Pékin. 11 va sans dire que le « pékinois royal » ne doit pas être confondu avec d’aulres variétés chinoises, dont la pureté est sujette à caution. Y. F.
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- LE LANCEMENT DU « DANTON »
- Voici comment les Ingénieurs des Constructions
- navales dé Brest ont procédé pour faire parcourir au cuirassé Danton, les 59 mètres qui Font mené définitivement jusqu’à l’eau.
- L’insuccès de cette opération le 22 mai avait été, on se le rappelle, attribué à l’insuffisance ou à la mauvaise qualité du suif qui garnissait l’unique glissière ou savate sur laquelle le navire devait se déplacer.
- Le poids que cette savate unique portait était de 6500 tonnes, chiffre très élevé en raison du tonnage définitif du bâtiment qui doit être de 18 500 tonnes. On conçoit, en effet, que, sous cette pression (qui s’élevait à 6,8 kg par cm2), le suif se soit écrasé ou ait fondu trop vile. Il est certain que lorsque le Danton s’est arrêté après avoir parcouru 44 mètres, il n’y avait plus trace de suif entre la savate et la glissière.
- Je dois noter en passant que l’inclinaison assez faible de la cale (55 mm par mètre) avait paru à plusieurs personnes devoir entrer aussi en ligne de compte. Il est inutile de dire qu’à ce point de vue aucun changement n’a pu être apporté à ce qui existe.
- Pour éviter l’excès de pression sur le suif on a fait porter le bâtiment non plus seulement sur la glissière centrale primitive, mais encore sur deux autres glissières qu’on a installées sous les fausses quilles latérales. Le navire a donc glissé sur trois savates au lieu d’une. Par celte disposition on a ramené la charge par centimètre carré de 6,8 kg à 4,4 kg. Naturellement le suifïàge des o glissières a été lait avec un soin particulier et en employant des matériaux de premier choix ; on a ainsi placé 2 couches de fond de suif coulé, et pardessus du suif mou : en tout 52 mm d’épaisseur. Des essais préalablement entrepris sous la charge actuelle du Danton avaient montré, qu’après glissement il devait rester encore 1 mm de corps gras sur les couettes. C’est ce qui s’est en effet produit.
- En cas de nouvel arrêt du bâtiment, arrêt (pii aurait tourné au désastre, à cause du porte-à-faux, on était décidé à faire tirer le navire par tous lés remorqueurs du port qui développent à eux tous 40 tonneaux de force horizontale. Deux treuils, installés à bord du Danton, devaient fournir chacun 12 tonneaux ; on disposait donc, comme dernière ressource,
- d’une force totale de 64 tonneaux.
- On a reconnu encore que les conditions de lancement de la cale où était le Danton sont particulièrement défectueuses en raison de l’étroitesse du canal dans lequel le bâtiment lancé doit s’engager. Cet effet avait été d’ailleurs signalé dès l’insuccès du premier lancement par M. le lieutenant de vaisseau llerr, aide de camp du vice-amiral Boué de Lapeyrère, Préfet maritime à Brest.
- Il se produit en effet, au moment où le navire entre à l’eau, comme une sorte de succion, qui retarde son mouvement, par suite de l’écoulement insuffisamment rapide de la masse d’eau déplacée, cette masse d’eau étant emprisonnée entre les murailles des deux quais trop rapprochés. Le bâtiment se comporte alors comme un piston, entrant dans un cylindre qui comprime un liquide dont l’évacuation se fait par des orifices insuffisants. On conçoit très bien que l’opposition au mouvement rencontre alors un obstacle inattendu et considérable.
- Les travaux de M. deMaas, publiés dans les « Annales delà Batellerie » en 1898, donnent à ce sujet de précieuses indications, d’après les essais de traction de chalands dans des canaux.
- Il en a conclu que le coefficient habituellement utilisé pour chiffrer la résistance que rencontre, de la part de l’eau, un bâtiment qu’on lance, doit être multiplié par 10 ; pour une vitesse de 2,5 nœuds lorsque le navire doit entrer à l’eau dans un canal étroit.
- Là encore on trouve une cause de l’insuccès du 22 mai, à laquelle il n’était pas possible de remédier. Sauvaire Jourdan.
- Fig. i. — Position dans laquelle le « Danton » s'était arrêté lors de la première tentative de lancement. (Phot. Jotté Latouche, à Brest.)
- Fig.
- Schéma de fa disposition adoptée pour fe second! Lancement cCuDANTDN Le navire crissait sur îafissieres' alors epie fe 18 mai ifglissait seufement sur sa quille centrale
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N° 1888
- 31 JUILLET 1900.
- ANTIQUITÉS AMÉRICAINES « CASAS GRANDES »
- (Je nom espagnol, le lecteur le devine, signilie « grandes maisons ». 11 désigne à la l'ois un peuple disparu et les seuls souvenirs matériels qui nous en
- double point de vue de l’archéologie et de l’histoire.
- 11 existe plusieurs de ces grandes maisons. Les unes forment un groupe important sur le territoire
- ‘ * ' vif
- Fig. i. — La Casa Grande de la rivière Gila « Maison de Montezuma
- restent, c’est-à-dire quelques-unes de ses habitations.
- Quel était ce peuple et quelle langue parlait-il? A priori, mystère. Mais un examen même super-liciel permet d’établir qu’il était analogue, peut-être identique,aux fameux Cliff dewllers ou constructeurs des . maisons fortifiées qu’on trouve le long des canons du Colorado et de ses affluents, perchés dans les anfractuosités des rochers et sur des falaises, entièrement inaccessibles et cependant abandonnées depuis fort longtemps. Probablement même, les uns et les autres peuvent-ils s’identifier aux bons, doux et honnêtes Pimas, . Moquis et autres habitants des pueblos : peut-être aussi sont-ils apparentés aux mystérieux Mound-Builders? On le voit, l’étude des Casas Grandes présente le plus haut intérêt au
- 37e année. — ic semestre.
- mexicain ; la plus fameuse est celle dite de Montezuma, qui fut découverte par le jésuite Ixino, à la fin du xvnu siècle, dans le bassin du Gila, par 53° de latitude nord et 113° ouest de Paris. Elle domine une colline du Gila, au N.-Ü. de Tucson (Arizona) sur la rive gauche du rio San Pedro. Elle est construite en briques crues (adohe) et solidement charpentée de fortes poutres de bois.
- Comme on pense, cette Casa Grande devait se trouver dans un bien meilleur état de conservation lorsque les premiers voyageurs y parvinrent. Les fougueux Apaches ont si souvent passé par là! C’est à eux, bien entendu, qu’on attribue la disparition des constructeurs ou des habitants du monument et l’incendie qui, manifestement, a causé la ruine de celui-ci. , .
- Le premier qui le visita fut, paraît-il, Coronado,
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- Fig. 2. — Plan de la « Casa Grande ». avec les tiges de fer pour la consolidation.
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- 130 — ' . _ ANTIQUITES AMERICAINES « CASAS GRANDES » :
- au cours de son voyage, de Culiaoau aux fameuses Sept-Cités de Cibola, en 1540, mais ce ne fut que beaucoup plus tard (1694-97), que les RR. PP. Kino et Mauge nous en laissèrent la description. Puis vinrent le R. P. Jacopo Sedelmair (1744), le lieutenant C. M. Ramai, les RR. PP. Garces et Fout, et le-capitaine Anza (1775-1776), MM. Emory et Johnston (de l'expédition militaire du général Kearney en Californie, 1846), M. Rartlett (1855), et M. Ros. Rrowne (1865). Aujourd’hui, la curieuse ruine, dépendant du bureau ethnologique de Washington, est conservée et entretenue aux frais de l’Etat.
- 11 existait, parait-il, autrefois un groupe total de onze bâtiments : il ne reste la trace que de trois, mais deux d’entre eux sont tellement délabrés qu’il n’en peut être question. La véritable Casa granda présente un rez-de-chaussée et trois étages, dont le dernier parait non seulement avoir été en retrait sur les autres, mais avoir été terminé par une toiture à plan incliné. Le rez-de-chaussée est divisé en cinq chambres rectangulaires, trois centrales, parallèles, de 8 pieds sur 14 et une plus grande (32 pieds sur 10. Rartlett) à chaque extrémité. Le journal du IL Font, nous donne, par contre, les chilfres de 26 sur 10 et de 58 sur 12. Les portes de communication entre les pièces centrales, ainsi que celles de la façade, ont 5 pieds de large sur 5 de haut, sauf celle qui regarde l’ouest, et qui mesure 2 pieds sur 7. Enfin, le bâtiment lui-même a 50 pieds sur 40 avec des murs de 5 pieds d’épaisseur, et la longueur totale des ruines présenterait 420 pieds du nord au sud et 260 de l’est à l’ouest. Ce sont les extrémités en partie consumées des poutres de cèdre qui révèlent les étages supérieurs : le premier est parfaitement indiqué par ses fenêtres, relativement bien conservées. L’intérieur était occupé par une épaisse couche de débris et de sable, parmi lesquels ont été découverts de nombreux silex et débris de poteries, mais pas d’ossements humains.
- Des aeequias, ou canaux d’irrigation,.ainsi que de nombreux mounds avoisinent les ruines : un tunm-his voisin, fouillé par M. Alpli. Pinart, renfermait un crâne qui ligure au Muséum. L’indice de la voûte est de 90,56 et les diamètres sont de 0,166 et 0,150 ; l’aplatissement pariéto-occipital existe, comme chez les Indiens des Publos. Ce fait vient à l’appui de l’hypothèse qui tend à unifier les deux populations. D’ailleurs, la Casa Granda est manifestement le dernier reste d’un village, d’un véritable pueblo, qui llorissait.3 là il y a. quelques siècles; les nombreux monticules d’adobes en poussière qui couvrent le plateau et ses environs, dans un rayon de deux kilomètres, sont là pour le prouver.
- D’autres Casas Grandes sont répandues dans l’Etat de Chihuahua, au Mexique; elles sont en tout du même style, sauf que le plan, en compartiments parallèles, offre des dispositions tout autres. Un dernier groupe, mesurant 800 pieds du nord au sud et 250 de l’est à l’ouest, occupe, dans la vallée du San Miguel, chez les Apaches, près de la
- frontière; le- centre d’une région occupée par 2000 mounds environ. Là, les niurs sont en adohes, simplement séchés au soleil, et de 22 pouces d’épaisseur, avec une longueur irrégulière. Ces murs sont larges de 5 pieds : pour toute matière première, de l’argile et de l'eau; aucun ciment. 11 s’y trouve six cellules de 20 pieds sur 10 oii l’espace est encore rétréci par un réduit de 5 à 4 pieds de haut, et d’un usage inconnu, réservé dans un angle de chacune. Plus loin on remarque une tour carrée. Quelques haches en silex, des ligurines en terre cuite et des débris de poterie, décorée en rouge, noir ou brun sur fond blanc, sont disséminées parmi ces ruines, que complètent, à quelques milles, un chemin taillé dans le roc et une véritable forteresse construite en adohe sans mortier, et dont les murs ont de 18 à 20 pieds d’épaisseur.
- On croit devoir attribuer aux constructeurs de tous ces monuments les ligures qui couvrent les blocs erratiques dispersés au hasard parmi les cierges épineux de F Arizona ; bon nombre d’inscriptions égrenées sur les lianes des canons seraient également leur œuvre.
- L’attention est encore retenue par le labyrinthe du Cila, avec ses sept très régulières et très égales galeries concentriques, et par les pueblos Ronilo1 et llungo Pavie, ruinés tous deux, mais se présentant en assez bon état de conservation avec leurs multiples et très régulières cellules carrées. Le premier présente quatre rangées de chambres alignées en un angle arrondi, avec six estufas circulaires disposées sans ordre apparent un peu en arrière, dans l’espace libre. L’autre est beaucoup plus symétrique : il occupe trois cotés d’un vaste quadrilatère, le quatrième étant agrandi par l’arête en arc de cercle d’une large cour centrale ou esplanade. Les bâtiments ont trois étages, représentant trois rangs de chambres carrées et en retrait les uns des autres; ils forment deux angles à peine séparés au fond, dans la partie médiane, par une estula parfaitement ronde. Le nombre des cellules étant de 26 à l’étage supérieur, se trouve être doublé à l’étage intermédiaire et triplé à l’étage inférieur, ce qui donne un total de près de 160 chambres, chiffre encore supérieur à celui du pueblo Ronito qui n’est guère que de 140. Or, en supposant que chaque alvéole ait été habité seulement par trois Indiens on arrive aux totaux de 470 et 420 individus que pouvaient abriter ces sortes de casernes, véritables ruches humaines, d’ailleurs assez exiguës.
- Toutes ces constructions, de même que les objets qu’on y trouve, pipes de piérre, outils- en silex, poteries à figures géométriques, offrent, on le voit, de singulières affinités avec leè maisons isolées et inexpugnables de Cliff dwellers d’une part, et les gros
- 1 Cet ancien pueblo ruiné est situé dans une position magnifique au pied des Cordillères. Il est à remarquer que dans les pueblos habités, les fameuses estufas, autrefois consacrées à la conservation du feu sacré, ont été partout transformées, depuis l’extinction de celui-ci, en ateliers de filature et de tissage. ‘
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- PHOTOGRAPHIE A LA MÉCANIQUE
- villages a longs bâtiments carrés cl à échelles, ces villages naturellement fortiüés que les Pimas, Moquis, Zia et Zufiis habitent encore aujourd’hui. À l’époque de notre Renaissance leurs habitants, qui avaient les mœurs de ces tribus, mœurs douces, paisibles, agricoles, n’avaient pas encore laissé éteindre le leu sacré allumé par le héros civilisateur. Tandis que malgré sa position renversée, verdissait l’arbre
- mythique de Pécos, ce petit peuple, plein d’espoir dans sa destinée, gravait ses annales en traits impérissables sur les rochers des canons, à la date même où les Aztèques, successeurs des Toi toques, leurs initiateurs peut-être, sombraient, avec leur orgueil, dans leur Tenochlitlan tombé aux mains de l’élément nouveau, le conquérant venu d’outre-mer.
- F. Démai son du Viuz.
- LA PHOTOGRAPHIE A LA MÉCANIQUE
- La mécanique, ennemie jurée de la main-d’œuvre, a envahi victorieusement les domaines les plus divers. Mais qui eût osé prédire qu’elle étendrait toi ou tard ses conquêtes jusque dans le sanctuaire d’un art aussi délicat et minutieux que la photographie? Ce sanctuaire, n’est-ce pas la chambre noire, où d’experts artisans impriment et développent les épreuves, avant de les laver et de les iixer?
- Ces multiples opérations ne requièrent plus, désormais, de laborieux apprentissages : des machines s’en chargent. Et il faut rendre cette justice aux mains de 1er et d’acier quelles s’acquittent mieux de leur lâche que les mains humaines les plus expérimentées. Nos lecteurs connaissent déjà les procédés quasi mécaniques employés pour le développement des fils cinématographiques.
- Les machines que nous allons décrire ont été inventées, pour son propre usage, par la plus grande fabrique de photographies stéréoscopiques des États-Unis, la H. C. Whitc (X
- Tous nos lecteurs sont familiers avec le stéréoscope, instrument d’optique qui donne le sentiment du relief, au moyen de deux images planes superposées par la vision binoculaire. » Nous n’avons pas à rappeler ici la théorie de cet ingénieux appareil, exposée dans les-livres de physique les plus élémentaires. Rappelons qu'il fut inventé en 1858 par Wheatstone, et qu’il connut une vogue extraordinaire, suivie d’une période d’oubli d’où il devait sortir rajeuni, simplifié, perfectionné.
- Avec sa grande boite aussi encombrante que coûteuse, le stéréoscope à miroir ne pouvait être, qu’un objet de salon, interdit à la généralité des familles. Au contraire, le stéréoscope lenticulaire, qu’on peut emporter dans sa poche, qui pèse quelques grammes, qui coûte quelques francs, s’est rapidement introduit chez le pauvre comme chez le riche, à l’école primaire comme dans la bibliothèque publique. Ses conquêtes, aux États-Unis tout au moins, s’étendent de jour en jour. Tel voyageur de commerce, qui représente une maison d’ameublements, trouve avantage et profit à emporter un jeu de sléréographes montrant en relief des appartements meublés par sa maison, au lieu de se charger de paquets d’estampes plus encombrantes qu’éloquentes. Et, pour attirer le touriste sur son réseau, telle compagnie de chemin de fer distribuera aux hôtels et restaurants des villes des collections de photographies représentant les plus beaux sites aperçus le long de la voie, non sans ajouter à ces dons l’offrande de quelques stéréoscopes.
- Durant ces quinze dernières années, la vogue grandissante du stéréo-, scope avait multiplié, aux Etats-Unis, le nombre des fabriques. On n’en comptait pas moins d’une cen-j laine. La plupart s’étaient spécialisées soit dans la1 fabrication des lorgnettes stéréoscopiques, soit dans celle des stéréographesrPeu à peu, elles durent céder la place à de puissantes rivales, supérieurement outillées, lÿ l’on ne compte plus guère que deux
- Fig. i. — Celle machine imprime i5ooo photographies à l'heure.
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- fabriques, la II. L. White (1° établie à Norlh-Bennington (Wermont), et la Keystonc C°, de Mead-ville (Uensylvanie), qui se partagent le marché mondial du stéréoscope. C’est la première de ces deux maisons qui a mis en service, depuis deux mois, les machines que nous allons décrire.
- Pour qu’une image binoculaire donne dans la lorgnette un résultat satisfaisant, il faut que les deux photographies juxtaposées aient exactement la même tonalité. Ce résultat était obtenu difficilement avec les manipulations à la main si l’on veut bien' me passer ce pléonasme. En cifet, tous ceux qui se sont occupés de photographie savent qu’un écart dans la durée de l’exposition du papier influe considérablement sur la valeur de tonde l’épreuve. D’autre part, il est matériellement impossible de régler, à une fraction de seconde près, le temps d’exposition des papiers sensibles, surtout quand il s’agit d’imprimer, avec la même plaque, des milliers d’épreuves.
- Plus de ces inconvénients avec Yciutomatic pho-tograph printing machine (lig. 1), qui fonctionne dans une chambre obscure. Le cliché développé, ou négatif, est fixé devant une lampe Cooper-llevvitt. Des coussinets à succion, disposés en l'orme de cercle, cueillent une par une les feuilles de papier sensible, entassées en pile à leur portée, et les amènent successivement en contact avec le négatif.
- Un écran qui s’ouvre permet aux rayons de passer à travers la plaque de verre et d’impressionner le papier. L’écran se referme. Et le papier imprimé, repris par les coussinets et déposé dans un récepteur, cède la place à une nouvelle feuille.
- four chaque nouveau cliché, ou détermine la durée d’exposition. Et, la machine une fois réglée, on peut imprimer des centaines de mille épreuves en obtenant une uniformité que les anciens procédés manuels ne pouvaient pas fournir.
- Maintenant, il s’agit de développer l’épreuve, de la lixer, de la laver et de la sécher. L’est une seconde machine (lig. 2) qui accomplira ces multiples opérations. Actionnée, comme l’est d’ailleurs la précédente, par un moteur électrique indépendant, elle comporte une chaîne sans lin qui cueille les papiers impressionnés un à un, les promène à travers les différents bains où s'effectuent le développement, le rinçage et le lixage, pour les amener iinalemenl dans des machines à laver automatiques. La capacité de production de chacune de ces deux machines est de 150000 épreuves par dix heures.
- Le lavage terminé, les épreuves sont étalées à la main sur une courroie sans lin, faite d’un iilet aux larges mailles, qui les fait passer sur des tuyaux chauffés à la vapeur. Le séchage s’opère ainsi d’une façon régulière et uniforme. Livrées à une machine à découper qui arrondit les deux angles supérieurs, les épreuves sont maintenant préparées pour le montage. Celui-ci s’effectue sur des feuilles de carton sur lesquelles une presse automatique a imprimé, à raison de 1000 à l’heure, les titres et sous-titres, et qui passèrent ensuite par une autre machine chargée de dorer les caractères. Le montage proprement dit se fait à la main. Deux ouvriers, placés au chevet d’une longue table sur laquelle courent des courroies sans lin, enduisent de colle le verso des épreuves et les déposent sur une des courroies qui les amènent à portée des femmes chargées de les fixer sur les cartons.
- Un triage minutieux écarte les produits défectueux, soit pour les envoyer à la retouche, soit pour les condamner sans appel. Il ne reste plus, avant de les livrer au commerce, qu’à enduire tout le recto du stéréographe d’un vernis qui le protégera de l’humidité et assurera, sous tous les climats, sa conservation.
- La fabrication des lorgnettes stéréoscopiques, qui formait jadis une industrie spéciale, a été entreprise avec succès par les grandes fabriques de stéréographes. Là encore,
- Fig. 2. r— Après avoir été impressionnées, des feuilles de papier sensible passent par une série de bains qui lès développent, les fixent et les lavent.
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- la Compagnie H. C. White se sert désormais de machines ingénieuses, imaginées par des membres de son personnel, et qui permettent de livrer à bas prix des instruments très satisfaisants. Une de ces machines (iig. 3) polit à la fois des milliers de lentilles, sous la surveillance de quatre ou cinq ou vriers. D’autres découpent ou assemblent les parties de bois ou de métal. Qu’il suflise de dire, pour montrer combien cette branche d’industrie est relativement compliquée, que la fabrication d’un stéréoscope construit entièrement en métal ne comporte pas moins de 125 opérations successives.
- Cette notice serait incomplète si nous ne consacrions pas quelques lignes aux opérateurs photographiques chargés par ces compagnies de renouveler constamment leurs collections.
- Qu’une guerre éclate, au Transvaal, en Mandchourie, ou que le télégraphe signale une grande catastrophe, comme celles de Saint-Pierre et de San-Fran-cisco, et l’opérateur stéréogra-phique arrive l’un des premiers sur le terrain. Répandues bientôt à milliers d’exemplaires, ses vues, qui prennent un si admirable relief dans la lorgnette binoculaire, qui s’y emplissent pour ainsi dire d’atmosphère, initieront les sédentaires, confortablement installés près de la table de leur salon, aux plus fortes émotions (ju’il soit possible d’éprouver. Est-il besoin de
- — La machine qui polit simultanément des centaines de lentilles.
- remarquer que ces opérateurs, triés sur levolet, reçoivent des salaires énormes? La Compagnie 11. C.White en emploie une dizaine, qui gagnent de 40000 à 50 000 francs par an, et qu'elle défraie de toutes leurs dépenses de route. Y. Foiuux.
- L’INSTITUT AÉRODYNAMIQUE DE KOUTCHINO
- Le don généreux que M. Henri Deutsch vient de faire à la science française nous permet d’envisager l’avenir de la navigation aérienne, chez nous, avec confiance. Il manquait à la France le laboratoire indispensable où s’effectueront les recherches qu’attend l’aviation, et qui sont encore bien nombreuses. Si nombreuses même qu’il sera bon de reprendre l’aérodynamique à ses débuts, afin de contrôler tous les travaux existants, puis de pousser la nouvelle science le plus rapidement possible dans la voie des révélations.
- Il existe déjà plusieurs laboratoires de ce genre, en France et à l’étranger. Mais, alimentés par des ressources trop faibles, ils n’ont pu donner tous les résultats espérés. Et voyez cependant ce qu’a pu
- faire M. Teisserenc de Bort dans son observatoire de Trappes; les résultats qu’il a obtenus, .et.qui sont tout simplement merveilleux, doivent servir de puissant encouragement aux savants qui prendront la direction des recherches dans le futur établissement.
- Le plus important laboratoire de ce genre est celui de Koutchino, établi à quelques verstes .dé.Moscou. Je veux vous en parler avec quelques détails, parce qu’il donne une idée de la nature des recherches entreprises, du matériel employé et des résultats acquis. Sa construction, achevée en 1904, est l’œuvre d’un Mécène et d’un savant M. Riabouchinsky, de Moscou; elle comporte une maison d’habitation très confortable pour le haut personnel de l’Institut, une
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- ! autre pour les ouvriers, un bâtiment principal à deux : étages flanqué d’une tour d’angle à quatre étages,
- ! en outre pour les machines et dos annexes. Dans le batiment principal on a aménagé une vaste salle de 15 mètres de large, 50 mètres de long et 8 m. 5 de haut; la tour carrée a 6 m. 50 de côté et 20 mètres
- de haut; deux ateliers occupent le restant disponible du rez-de-chaussée. Au premier étage se trouve un atelier de menuiserie et une pièce dans laquelle sont rassemblés les instruments de physique et les appareils de mesure. La force motrice est fournie par une chaudière à haute pression, alimentant une machine de 50 ch.-v. qu’actionne une dynamo, envoyant le courant à huit moteurs électriques distribués dans les ateliers ; cette dynamo fournit également l’éclairage. Le matériel spécial que possède l’Institut, et dont nous parlerons plus loin, a été construit à l’établissement même. Ajoutons entin que le programme des études comprend trois grandes sections : études sur la résistance de l’air, applications pratiques des lois de la résistance de l’air et enfin exploration scientifique des différentes couches de l’atmosphère. Comme on le voit, ce programme embrasse l’aérodynamique d’une manière très complète.
- La résistance de l’air. — Une des premières recherches tentées se rapporte à l’étude du courant aérien artificiel dans un tube destiné à des expériences sur la résistance de l’air. Ce tube, construit sur la proposition du professeur Joukovsky, est horizontal ; il mesure 14 m. 5 de longueur et 1 m. 20 de diamètre. L’air est aspiré par un ventilateur de 1 mètre de diamètre, actionné par un moteur électrique. Le courant aérien produit ainsi par l’aspiration est plus uniforme que lorsque l’air est chassé dans le tube ; ce fait a été reconnu à la suite des expériences effectuées au cabinet de mécanique de l’Université de Moscou, par P. P. Sokolov. Les modèles expérimentés sont placés dans le tube, dont les parois sont
- pourvues de verres cylindriques, permettant de faire les observations. Ainsi qu’on le voit sur notre première figure, ce tube est placé à une hauteur telle que les observations soient très faciles.
- Pour se rendre compte de l’uniformité du courant aérien dans le tube, on tendit deux fils d’acier sur lesquels furent placés deux petits anémomètres Caselli : l’un de contrôle, l’autre mobile. On constata que les indications de l’anémomètre occupant le centre du tube concordent constamment avec le nombre de tours du ventilateur. Après avoir constaté que la présence du mur et du plancher exerce une influence sur la régularité du courant aérien lorsque l'extrémité du tube est ouverte, on essaya de couvrir l’orifice de ce tube d’un mince grillage métallique sans obtenir d’amélioration appréciable quant à l’unifbrmité du courant. Par l’emploi d’écrans placés entre l’extrémité du tube et le mur constituant comme une sorte de cage, le déplacement d’air devint plus uniforme. Enfin, cette cage fut remplacée par un cylindre de 2 m. 20 de diamètre et 5 m. 50 de longueur, muni d’un fond. L’ouverture du tube pénétrait de 1 m. 80 dans le cylindre fait en bois, tapissé d’une étoffe de coton épaisse.
- Les résultats devinrent alors tout à fait intéressants, l’écart moyen entre les vitesses extrêmes du courant aérien dans le tube étant, en plus ou en moins, de 0 m. .02 par seconde. Nous n’insisterons pas sur les expériences qui suivirent dans le même
- Fig. 2. — Recherches sur Vhélice aérienne soumise a l'action d'un courant d'air perpendiculaire à l'axe.
- ordre d’idées et qui ont été rapportées par M. D. Ria-bouchinsky dans le premier fascicule du Bulletin de VInstitut aérodynamique de Koutchino; bulletin que les techniciens de cette science consulteront avec fruit. Le tube dont nous venons de parler sert à différentes recherches, entre autres sur Y hélice aérienne
- Fig. i. — Tube utilisé pour les recherches dans le courant d’air.
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- se mouvant dans un courant aérien. Uiram S. Maxim a remarqué que lorsque le vent souille perpendiculairement à l’axe de l’hélice, la force propulsive de cette dernière augmente. Le professeur Joukovsky est arrivé à la même conclusion après avoir exécuté certaines expériences préliminaires, afin de déterminer les variations que subissent la force ascensionnelle de l’hélice et le travail dépensé par cette hélice, en rapport avec la vitesse d’un courant aérien dirigé perpendiculairement à l’axe de l’hélice. Ces.expériences ont été exécutées de la manière suivante. Une hélice à deux branches de 50 centimètres de diamètre inclinées de 0 degrés est mise en rotation par un moteur électrique A (fig. 2), fixé sur un cadre métallique fait de baguettes d’acier introduit dans le tube. L’extrémité B de ce cadre peut se
- Fig'. 3. — Etude du choc produit par un courant sur une surface.
- mouvoir librement autour d’un axe horizontal et l’extrémité C se termine par une tige C traversant la paroi du tube. A la tige C, est adapté en 1) un fil passant sur une poulie E. A l’extrémité de ce fil est suspendu un plateau F recevant des poids. On maintient ainsi le cadre en équilibre, aussi bien lorsque l’hélice est immobile que quand elle tourne. Prenons, dit M. Riabouchinsky, la différence des poids et multiplions le nombre obtenu par le rapport entre les distances du point B au point D et du point B à l’axe de l’hélice, nous obtiendrons la force ascensionnelle de l’hélice. Pour déterminer le travail dépensé par le moteur, l’auteur s’est servi de la méthode du colonel Bénard.
- Dans cet appareil, le moteur peut osciller librement dans des charnières fixées au cadre. A ce moteur est adapté un anneau G de 49 millimètres de diamètre, sur lequel passe un fil sortant par la paroi du tube, passant sur la poulie H et portant un plateau F' destiné à recevoir des poids, Par suite de la réaction, une force se développe tendant à, faire mouvoir le moteur dans un sens, opposé à celui de l’hélice en révolution. Le moment de la force qui actionne l’hélice et le moment de celle qui tend à faire tourner le moteur doivent être parfaitement égaux, mais en rapport inverse. Le premier est déterminé par la méthode du colonel Renard en évaluant la charge du plateau F' pendant la rotation de l’hélice et en multipliant cette grandeur par le rayon '
- Fig. 4, — Détails de Vappareil.
- de l’anneau entourant le moteur. Et le travail dépensé est obtenu en multipliant cette valeur par 2 n, n représentant le nombre de tours de l'hélice par seconde.
- Les conclusions auxquelles ces expériences ont permis d’arriver sont les suivantes :
- 1° la force ascensionnelle de l’hélice croît avec l’augmentation de la vitesse du courant d’air dirigé perpendiculairement à l’axe; 2° le rapport entre la force ascensionnelle de l’hélice et le travail dépensé croit avec l’augmentation de la vitesse du courant d’air. Nous n’insisterons pas sur la suite de ces expériences qui ont été continuées avec une haute précision mathématique.
- Les hélices aériennes. — Les études les plus importantes effectuées à l’Institut aérodynamique de Koutchino se rapportent aux hélices aériennes. Malgré leur technique, nous devons résumer ces travaux à cause de l’intérêt qu’ils présentent. M. Riabouchinsky classe les sustentateurs en quatre catégories :
- 1° Groupe de l’aviron auquel se rattachent la rame ordinaire, les roues aériennes et les suslenta-teurs munis d’ailes à soupapes ;
- 2° Groupe de l’hélice dans lequel se classent les hélices, l’aéroplane qui est considéré comme une aile d’hélice dont le centre est à l’infini, et les sus-tentateurs munis d’ailes oscillant dans un plan perpendiculaire à la direction de la poussée. Le fono7
- lionnement des sustentateurs de ce groupe est basé sur les propriétés du plan incliné ;
- 5° Groupe de la pompe centrifuge comprenant les sustentateurs
- Fig. O bis.
- Fig. 5. — Appareil destiné à déterminer les composantes des pressions exercées sur un plan incliné. — Fig. 5 bis. — Le plan
- E est mobile sur son support,
- dans lequel l’air attiré par la dépression qui se forme vers le centre du sustentateur est projeté vers la cir-
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- Fig. 6. — Balance dynamomè-Irique du colonel Renard modifiée.
- conférence par la force centrifuge ; cet air est refoulé ensuite par un système de plans immobiles dans la direction voulue ;
- 4° Groupe de la girouette. Le fonctionnement des sustentateurs de ce groupe est basé sur l’expérience d’un rectangle allongé que l’on fait tourner dans un courant d’air, dont la direction est perpendiculaire à l’axe de rotation du rectangle.
- A propos de l’étude du plan incliné, Lilienthal a indiqué que la résistance spécifique éprouvée par chaque élément des pales'd’un sustentateur à ailes peut être vingt fois plus considérable que la résistance spécifique d’un plan se mouvant uniformément et en ligne droite; il attribue cette augmentation de pression à l’inertie des masses environnantes. Le professeur Joukovsky explique cette augmentation de pression par le fait que les oscillations des ailes du sustentateur provoquent la formation d’ondes aériennes. M. Goupil a reconnu également que la pression moyenne exercée sur l’unité dé surface, dans le cas d’un mouvement alternatif circulaire et à périodes accélérées, est plus forte que dans le cas d’un mouvement uniforme en ligne droite. 11 explique cette augmentation en partie par la réaction d’inertie des volumes d’air formant « poupe et proue naturelles sur les surfaces », en partie pour l’accroissement de la vitesse relative du courant que rencontre chaque élément de la surface en vertu de
- l’accélération centrifuge qui projette l’air le long des pales du sustentateur.
- M. Riabouchinsky a commencé par étudier un sustentateur, dont les pales ont un mouvement alternatif rectiligne à périodes accélérées pour évaluer ensuite la résistance spécifique dans un mouvement circulaire uniforme et déterminer la valeur
- du coeflicient de résistance K qu’il trouve égale à 0,885. Étudiant ensuite l’action du choc d’un courant sur une surface, il construit un appareil (üg. 5) constitué par deux planchettes 1)1) réunies par deux autres planchettes; l’ensemble est susceptible de descendre le courant d’une rivière en glissant le long d’un lil de 1er G, tendu entre deux points À et B, et il porte un appareillage spécial constitué par un tube B (üg. 4), de 1 cm. 5 de diamètre portant un indicateur K enregistrant sur le cylindre F d’un chronographe la pression exercée dans le tube B. Ce tube B est recourbé à angle droit; il est pourvu d’un piston solidaire d’un disque en aluminium A de 50 centimètres de diamètre et 2 millimètres d’épaisseur. Enfin, B est rempli d’eau et la planchette G qui porte l’ensemble est susceptible de glisser avec quelque frottement dans les rainures pratiquées entre ses deux supports. Le poteau A (fig. 5) laisse passer le radeau, mais il arrête la planchette G. L’indicateur donne alors le diagramme des pressions. Les résultats obtenus avec cet appareil ne sont pas encore publiés.
- Notre but n’étant pas d’analyser d’une manière complète tous les travaux effectuées à l’Institut de Koutchino, mais principalement de faire connaître le matériel employé aux recherches, nous ne nous arrêterons pas sur les raisonnements théoriques des auteurs, théories que, par la suite, nous aurons l’occasion de faire connaître. Nous continuerons donc purement et simplement nos investigations d’ordre mécanique.
- Action de l’air sur un plan incliné. —
- Pour déterminer les composantes de la pression exercée par un courant sur un plan / \~ incliné, M. Riabou-chinsky s’est servi de l’appareil représenté figure 5, comprenant un axe vertical A tournant dans des coussinets à billes CG. Les vis P permettent de l’assujettir dans le tube B dans une position quelconque. Un plan E est fixé à la base de A, tandis que sa partie supérieure porte un
- Fig. 7 — Appareil utilisé pour P élude des hélices de petit diamètre.
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- contrepoids T et une aiguille J. Au tube B est assujetti un cercle de cuivre Q de 60 centimètres de diamètre divisé en degrés. B pivote sur les centres GG adaptés aux tiges RB, qui au moyen de la crémaillère B', disposée dans le support N, peuvent tourner avec le disque gradué M. En plaçant dans les plateaux les poids nécessaires, on peut foire équilibre à la pression exercée par le courant sur le plan et sur l’axe une aiguille indicatrice indique cet instant. Si l’on retranche du résultat obtenu la valeur de la pression exercée sur l’axe seul et que l’on multiplie par le rapport entre les bras, on obtient la pression qui pèse sur le plan seul. En faisant tourner l’axe A dans le tube, la plaque E rencontre le courant sous différents angles et on détermine les décomposantes de la pression pour une direction donnée en faisant tourner également le disque M. De plus, après avoir immobilisé le fléau de la balance et dégagé les vis P, on détermine également la position du centre de pression en remplaçant la plaque E par une autre représentée en cartouche capable de tourner autour des points ce. Ajoutons seulement comme résultat des expériences effectuées avec cet appareil que le déplacement du centre de pression, en fonction de
- U1
- Fig. 8 bis. — Détails de l'appareil fig. 8.
- Fig. 8. — Appareil construit pour l'étude des hélices de grand diamètre.
- l’angle d’attaque, dépend, non seulement de la distribution des pressions sur la face avant du plan, mais, en majeure partie, de la dépression sur la face opposée, dépression qui atteint son maximum vers l’arète antérieure.
- Hélices sustentatrices. — Plusieurs appareils ont été imaginés en vue des études sur les hélices sus-tentatrices. Celui que représente notre figure 6 n’est qu’une modification de la balance double dynamométrique du colonel Renard; il en diffère seulement en ce que l’hélice à étudier est placée à 2 mètres au-dessus du moteur, afin de dégager complètement l’espace dans lequel évolue l’hélice. Pour évaluer avec précision sur cet appareil le moment résistant, il est nécessaire que l’hélice refoule l’air à l’arrière, car dans le cas contraire l’air mis en rotation influe sur les indications. La vitesse angulaire de l’hélice est mesurée sur un compte-secondes mis en marche et arrêté tous les 100 tours au moyen d’un électro-aimant. L’hélice et le moteur sont suspendus par cordons sur deux paires de couteaux, dont l’un est parallèle et l’autre
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- perpendiculaire à l’axe de l’hélice ; sur cette balance on peut étudier des hélices de 0 m. 5 à 5 mètres de diamètre. Dans l'appareil suivant (fig. 7) l’axe du mo-
- Fig. g. — Appareil imaginé pour l’étude du frottement de Pair contre un plan.
- tour est vertical et l’hélice est mise en rotation par la transmission conique D. La poussée et le moment résistant sont évalués séparément en faisant tourner d’un angle droit le disque M et en fixant l’axe de l’hélice parallèlement ou per-pendicul ai renie n t aux couteaux A. Il a été construit pour l’étude d’hélices de 0 m. 2 à 0 m. b de diamètre seulement et a servi à des expériences sur les hélices propulsives dans le grand tube dont nous avons parlé au début.
- Les grandes hélices sont étudiées sur l’appareil figure 8. L’axe vertical A de l’hélice peut librement monter, descendre et tourner dans les coussinets MM, M2 et s’appuyant par son extrémité sur la cra-paudine à billes B qui est suspendue sur des couteaux au fléau G du dynamomètre à ressort D au moyen duquel on évalue la poussée de l’hélice en éliminant le poids de l’axe A et de l’hélice, mesuré d’avance. Un moteur électrique de 14 eh.-v. met en rotation la roue F par l’intermédiaire de la courroie E. Sur le même axe sont calées une vis sans fin G qui transmet la rotation à la roue dentée I calée sur l’arbre creux II et une roue d’angle 0 du dynamomètre OQRP tel qu’on en emploie pour mesurer le travail absorbé par les machines. La seconde roue d’angle Q est folle sur l’arbre PQ qui peut librement tourner sur lui-même dans un coussinet à billes autour de l’arbre H. Sur la troisième roue d’angle R, qui est folle sur l’arbre H sont assujettis les deux doigts S qui, pendant la rotation de l’hélice, pressent sur les deux petites poulies folles placées aux extrémités de l’arbre IJ calé sur l’axe A.
- En mesurant sur l’abre P le moment qui tend à le faire tourner autour de l’arbre II, on évalue le moment résistant double de l’hélice.
- Avec cet appareillage des travaux extrêmement intéressants ont été effectués sur des hélices de toutes formes et de toutes dimensions; les résultats obtenus ont été consignés dans une série de tableaux qu’il nous est impossible de publier, mais que les techniciens consulteront avec fruit dans le Bulletin de l'Institut.
- L'étude du frottement de l'air contre un plan a donné naissance à un autre appareil très ingénieux dont nous devons également dire quelques mots. 11 est constitué par deux cylindres creux A et R de 0 m. 50 de diamètre (lig. 9) sur lesquels passe une bande C de I m. 50 de largeur. Le cylindre A est mis en rotation par un moteur électrique de 14 ch -v. au moyen d’un arbre et d’une courroie sans fin. La distance entre les axes des cylindres est de nm. Entre eux on a disposé une surface parquetée unie F de 11 m. 80 de longueur et 2 mètres de largeur, fixée à l’aide de vis, et sur laquelle glisse la bande sans tin, constituée par une feuille mince de caoutchouc, sans couture, recouverte d'étoffe sur ses
- deux faces. L’appareil repose sur six colonnes massives. Nous reviendrons en détail sur cette question lorsque b' résultat des expériences nous aura été communiqué.
- Autorotation. — Il est encore un sujet sur lequel il nous est impossible de ne pas dire quelques mois : l'autorotation.
- Taillez un bâtonnet comme le montre notre fig. 10,
- Fig. ii. — Appareil établi pour mesurer la pression d’un courant d’air sur un secteur en rotation.
- montez-le sur un axe et exposez-le à un courant d’air. Il ne se produira aucun effet; mais si vous lui imprimez un mouvement de rotation, même
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- léger, le bâtonnet continuera à tourner sans arrêt. S’inspirant de ce curieux phénomène, M. Kousnetzou a construit un appareil semblable, mais qui tourne
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- sans impulsion initiale. Il est constitué par une règle carrée de 12 millimètres de côté et 14 centimètres de longueur, pourvue d’un trou central pour le passage de l’axe et taillée, à 6 millimètres de l’axe suivant les plans diagonaux de chaque côté. Si on dirige un courant d’air sur la surface plane de l’appareil, il se met à tourner, les côtés non taillés en avant. Ces effets ont été observés dans des circonstances analogues par plusieurs chercheurs, et ils ont lait l’objet de recherches très sérieuses par M. Riabouchinskv qui a construit dans ce but l’appareil représenté par notre ligure 11. Le modèle à essayer est découpé dans un disque et il est fixé dans un enfourchement AA' fixé à l’une des extrémités d’une tige en acier BB', ainsi que l’axe D tournant dans les centres EE', faisant partie d’une sorte d’écrou C. À l’autre extrémité F de la tige BB' sont fixés deux- fils GG' passant sur deux poulies HH', maintenues par un support I. Deux plateaux KK' sont suspendus à l’extrémité des fils; ils reçoivent des poids qui permettent de faire équilibre à la pression du courant aérien sur les modèles expérimentés.
- Fig. i3. — Disques soumis aux essais sur Vautorotation.
- Cet équilibre est vérifiable très facilement par l’aiguille M se déplaçant sur le cadran N. Enfin, pour diminuer les oscillations qui résultent de l’action du
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- courant d’air sur les modèles, on a constitué un frein avec une plaque métallique fixée à l’extrémité d’une lige et plongeant dans un récipient à l’huile Q. La vitesse de rotation des secteurs est déterminée au moyen du stroboscope représenté par notre figure 12. C’est un disque en fer de 30 centimètres de diamètre, actionné par un moteur électrique faisant 2000 tours à la minute, et muni d’une ouverture rectangulaire pratiquée à 13 centimètres du centre. A l’axe du moteur est fixée une vis sans fin qui actionne une roue dentée fermant le circuit électrique tous les 100 tours de la vis. Le courant passe par un électro-aimant qui met en mouvement et arrête un compte-secondes. On obtient les changements de vitesse du disque en pressant avec la main un morceau de cuir sur sa surface. Eu accélérant ou en ralentissant la vitesse du stroboscope, l’observateur oblientles résultats suivants : les secteurs en mouvement paraissent immobiles à travers l’ouverture du stroboscope; à ce moment on met l’électro-aimant dans le circuit qui par deux fermetures du courant met en mouvement et arrête le compte-secondes, lequel indique, par conséquent, le temps en secondes mis pas le stroboscope pour faire 100 tours.
- Les expériences ont porté sur 14 secteurs représentés par notre figure 13. Elles ont montré que ces secteurs placés dans les conditions définies plus haut continuent à tourner sans interruption après l’impulsion initiale : qu’un disque plein ne tourne pas; que les vitesses rotatoires sont proportionnelles à celles du courant aérien; que la pression exercée sur les secteurs en mouvement est plus grande que sur les secteurs immobiles ; que les coefficients de rotation et de résistance augmentent considérablement avec l’ouverture de l’angle central et atteignent leur maximum lorsque la somme de ces angles est de 45 degrés, puis diminuent ensuite. De plus un secteur à bords taillés en biseau tourne beaucoup plus
- Fig. 14. — Appareil servant à mesurer la pression de Peau sur le secteur.
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- vite qu’un autre de même épaisseur, dont les bords ne sont pas taillés; mais si l’on expose au courant les cotés taillés du secteur, il s’arrête très rapidement.
- L’autorotation a lieu dans l’eau comme dans l’air.
- Pour s’en rendre compte l’auteur de ces travaux a installé, sur une passerelle, jetée au-dessus de la rivière Pckhorka, l’appareil suivant ligure 14. Un levier en bois AB est mobile autour du point G. Les disques sont fixés en 1) à l’extrémité inférieure de ce levier. Au point E est attaché un fil passant sur une poulie F. La petite poutre GH qui supporte le levier AB peut se relever et s’abaisser sur un petit rayon et être fixée dans une position déterminée au moyen des vis IF. Le plateau K reçoit des poids pour équilibrer la pression de l’eau et il est également taré par le petit plateau L. Les résultats obtenus avec, cet appareil concordent avec ceux donnés par l’appareil à disque soumis au courant aérien.
- Poussant plus loin les recherches, M. Joukouskycherche à établir l’analyse théorique du mouvement dans le cas où un corps symétrique, animé d’une vitesse rotatoire initiale, est plongé dans un courant aérien dirigé perpendiculairement à son axe de rotation. D’après lui la cause de F autorotation d’une girouette 0 est la suivante : « Par suite du mouvement initial imprimé à la girouette, le point critique A de la vitesse nulle se trouve du coté de la girouette où la vitesse de l’air, par suite de la rotation, est opposée à celle du vent. Los lignes du courant prennent alors une forme où les courants se déplaçant dans la direction de la rotation de la girouette, se trouvent sur un bien plus grand espace par rapport à elle que les courants qui se meu-
- vent dans la direction contraire, circonstance qui a pour effet de maintenir le mouvement de rotation dont la girouette est animée. La circulation de la vitesse suivant la ligne du courant ABDA, ligne.qui embrasse la région tourbillonnaire, ne sera pas égale à zéro. En plus de la pression, une autre force Q agit encore sur la girouette dans une direction perpendiculaire au vent, de A à B. La cause de l’existence d’une pression latérale, agissant sur un corps en rotation dans un courant aérien, a été signalée par M. Magnus qui a exécuté certaines expériences dans le but d’expliquer pourquoi un projectile sphérique, animé d’un mouvement rotatoire, s’écarte de son plan vertical. La cause de la formation de la force Q serait celle-ci : les molécules d’air contiguës au point A sont animées d’une vitesse moindre que celles contiguës au point B. G’est pour cette raison que la pression autour du point A serait supérieure à celle exercée autour du point B, et la pression générale prendra la direction de A à B.»
- Ces études sur l’au toro ta lion et la détermination des pressions sur les corps en rotation prennent une. place très importante dans le programme des travaux de l’Institut de Koutchino.
- Ballons-sondes. FiZ- *7- - Baroihermographe.
- — Il nous reste
- à dire quelques mots des lancers de ballons-sondes à ce même observatoire. Le premier eut lieu le 6 avril 1905; ils se sont continués depuis sans interruption aux jours fixés par la Commission Internationale d’aérostation scientifique. Les ballons dont on se sert sont en caoutchouc. On les gonfle à l’hydrogène qu’on prépare en utilisant des tonneaux à pétrole ou à goudron, de 220 litres, qui servent de générateurs à gaz.
- Après avoir tenté Fessai de deux ballons accouplés sur un fil, afin de retrouver plus aisément les appareils, on se contente actuellement d’un seul ballon auquel on ajoute un parachute. Pour toutes les ascensions on se sert de barothermographes dont un modèle est représenté par notre figure 17. L’appareil est accompagné de toutes les recommandations
- .y
- Fig. i5. — Analyse du mouvement d'un corps en rotation plongé dans un courant d’air.
- Fig. 16. — Lancer de ballons-sondes doubles.
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- necessaires pour permettre à la personne qui le trouve d’en prendre soin en attendant l’arrivée de l’envoyé de l’Institut qui est prévenu par dépêche. Une récompense de 10 roubles est donnée à celui qui a suivi exactement les recommandations qu’il trouve avec le ballon.
- En faisant connaître dans ses grandes lignes l’ensemble des travaux qui s’elfectuent à l’Institut aérodynamique de Koutchino, nous n’avons eu d’autre but (jue de montrer à nos lecteurs à quel genre d’étude est destiné l’observatoire, dont la création à Paris est dès maintenant une chose entendue.
- On peut voir combien de problèmes se posenL aux savants qui seront chargés de la direction des travaux.
- I/aérodynamiquc est une science très peu connue et les quelques notions qui nous ont été révélées doivent être amplement développées. 11 importe surtout de travailler avec méthode cl, par conséquent, avant de commencer les plans de la construction, de savoir à quel usage précis seront affectées les différentes salles. Ce travail préliminaire est absolument indispensable; qu’il soit le plus long à établir, qu'importe! II ne faut pas, lorsque le temps des recherches sera venu, que l’on se trouve immobilisé ou même gêné par des aménagements impropres. Les premiers fonds reçus sont suffisants pour permettre la création d’une usine modèle dans laquelle l’élément gazeux nous livrera peu à peu ses secrets.
- Lucien Fournie».
- L’ILE DE BOGOSLOV
- Les changements de forme de l’île de Bogoslov (Aléoutiennes) détroit de Béring, sont depuis long-
- cela va sans dire, aux phénomènes volcaniques dont l’île est à la fois le siège et la victime. Elle a été
- temps célèbres ; ce qu’ils présentent de remarquable c’est la rapidité avec laquelle ils se manifestent. Une récente étude du capitaine F.-N. Munger, dans le Geographical Magazine, continue à ce sujet de très intéressantes données et, d’après le Bulletin de la Société américaine de Géographie (1908, p. 587), notre collaborateur M. Rudaux a esquissé ci-contre les aspects perpétuellement changeants de cette île éruptive de 1826 à 1907 ; les modifications sont dues,
- découverte en 1790 par l’amiral Bogoslov, les Américains l’ont appelée Castle-llock.
- C’est dans l’hiver de 1886-1887 que paraît avoir eu lieu le plus notable changement par l’addition d’une nouvelle île à 4 km. 1/2 au N.-O. Alternativement un isthme réunit les deux terres ou s’enfonce sous la mer. En 1905-1906 surgit un cône intermédiaire (Metcalf-on-Perry-Cone).
- En 1906-1907 il s’y juxtaposa un autre colébap-
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- lise MaoKuloch, le 17 janvier 1907, par les ofiiciers du navire de ec nom; le 15 octobre 1907 ce dernier pie était remplacé par un vaste golle d’eau chaude.
- Bogoslov. Entin, le 7 juillet 1908, on constatait qui! lePerry-Cone avait disparu à son tour et que les deux îlots, le vieux et le nouveau Bogoslov, restaient
- Un suppose que la cime a dû s'engloutir le 1er septembre parce que ce jour-là on aperçut de Pile voisine d’Unalaska un puissant nuage de fumée sur
- unis par une bande de terre. Géologiquement le phénomène n’a rien que de très naturel, mais sa représentation graphique mérite réellement d’être signalée.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 juillet 1909. — Présidence de M. Emile Picard.
- Moyens de recueillir les gaz des volcans. — M. A. Gautier expose qu’ayant eu l’occasion d’examiner les gaz recueillis par M. Lacroix lors de l’éruption de la Martinique, il avait constaté la présence d’une certaine quantité d’oxygène et que dès lors il avait pensé qu’il était nécessaire de prendre des dispositions spéciales pour recueillir les gaz des volcans, si l’on voulait éviter leur mélange avec des gaz de l’atmosphère. Il estime donc qu’il faut aller chercher le gaz dans les profondeurs du sol et pour cela choisir une lente étroite. Dans cette lente 011 fait plonger un long tube de cuivre et l’on élève autour dû tube un monticule de cendres. On extrait ensuite les gaz de la lissure au moyen d’un aspirateur et sur place, avant de les introduire dans des tubes scellés, on les débarrasse de la vapeur d’eau en les faisant passer au travers d’un tube chargé de chlorure de calcium. Les gaz qui se dégagent du sol sur remplacement des anciens volcans doivent être recueillis au moyen d’une sorte de vaste entonnoir dont on enterre la base dans la cendre.
- Téléphonie sans fil. — M. Villard présente une Note
- de M. Tissot, intitulée condition de stabilité de l’arc de Poulsen pour la téléphonie sans fil. Dans les transmissions téléphoniques sans lil, il est nécessaire que les ondes soient extrêmement régulières puisque ce sont les variations introduites par le microphone dans ces ondes qui sont reproduites au point d’arrivée. L’auteur ajoute à l’installation un circuit de grande capacité, qui- agit comme le volant d’une machine, en restituant de l’énergie pour maintenir la constance de l’onde.
- Formation des gisements d'or. — M. L. De Launay expose les idées nouvelles sur la formation des gisements d’or, auxquelles il a été conduit par un travail d’ensemble, dont la publication est prochaine, sur les « Richesses minérales de l’Asie ». 11 développe à cette occasion sa théorie des types régionaux métallifères et montre comment le lype métallifère d’une région correspond, en principe, à l’ancienneté de ses mouvements orogéniques et à l’activité plus ou moins grande des érosions qui, depuis ce moment, a atteint des couches de l’écorce terrestre plus ou moins profonde. D’où, entre les régions
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- se présentant dans les mêmes conditions géologiques, des ressemblances quant au type des gisements métallifères qui peuvent servir d’indice dans les recherches industrielles. Ainsi l’or sibérien est plus profond que l’or de l’Oural, lui-même plus profond que l’or de Californie. 11 en résulte qu’au lieu de s’étre concentré en liions, il est resté disséminé en imprégnations liées au métamorphisme de profondeur. Ce n’est pas, par hasard, que certaines zones sont si exceptionnellement riches en grands liions aurifères tandis que, dans d’autres, en dépit d’illusions toujours renaissantes, on n’arrive pas à trouver de filons proprement dits et que les seuls placers, où iD s’est fait un long enrichissement naturel par préparation mécanique, ont pu donner des résultats pratiques avantageux.
- Une nouvelle variété de phosphore. — AJ. Ce Châte-lier présente une Note de M. Jolibois où l’auteur décrit une nouvelle variété allotropique de phosphore obtenue en chauffant le phosphore rouge du commerce en tubes scellés. Elle est caractérisée par sa couleur rouge clair et une densité constante de 2,57. 11 démontre que la variété rouge comme autrefois est un état instable et que dès 250 degrés on peut la ramener à la variété allotropique signalée, par l’addition d’une trace d’iode. L’auteur a obtenu la fusion du phosphore à la température de 725 degrés.
- Effet des rayons violets sur les ferments. — M. Das-tre analyse un travail de Al. Victor Henry et d’un collaborateur, relatif à l’effet des rayons ultra-violets sur la fermentation. L’auteur a reconnu que ces rayons arrêtent la fermentation acétique du vin. Alais cet arrêt n’a lieu
- que lorsque les rayons agissent sur des liquides qui contiennent de l’air. Les rayons actifs sont ceux dont les longueurs d’onde sont les plus faibles.
- Tremblement de terre en Chine. — Al. Baillaud annonce qu’il a reçu de AI. Dupont, une lettre écvile de la ville de Lao-Kav, faisant connaître que des secousses de tremblement de terre ont été ressenties dans la partie de la Chine confinant au Tonkin le 11 juin à
- 9 h. 12 du matin, 22 heures environ après les mouvements du sol constatés en France, et à midi 25 minutes. Les secousses ont été observées dans l’une des stations du chemin de fer du Yunnan. Un tremblement de terre avait eu lieu peu avant dans la même région, le 11 mai. Les premiers mouvements du sol avaient commencé à
- 10 h. 50 du soir et 19 secousses se sont succédé dans un espace de 00 heures. Un a entendu des bruits formidables tels que des détonations. Les dégâts ont été considérables. D’énormes blocs de rochers ont été arrachés; une rivière s’est, pendant quelque temps, perdue dans l’un des gouffres nombreux de la région.
- Spectre du phosphore. — AI. Lippmann dépose une Note de A1A1. de Grannnont et de Walteville sur un spectre de bandes ultra-violet obtenu à la fois par pulvérisation du phosphore dans la llamme par Al. de Walteville et par l’étincelle électrique sur une solution d’acide phos-phorique par AI. de Grannnont. Les séries de mesures effectuées sur chacun de ces deux spectres sont absolument concordantes. AI. de Grannnont a constaté que les arêtes des bandes sont transformées dans le spectre de dissociation. Cu. de Villedeuil.
- LES BAINS CHAUDS COMME MOYEN DE FORÇAGE DES PLANTES
- La plupart des arbres de nos pays subissent une période de repos, durant laquelle toute végétation paraît suspendue. Les branches ne grossissent plus et les bourgeons qu’elles portent demeurent tels quels. Ils ne sortent de leur torpeur qu’au printemps, d’abord parce qu’ils y . trouvent les conditions nécessaires à leur développement, ensuite parce que, durant la période de repos, des modifications chimiques se sont produites en eux. Ces dernières sont indispensables, car, si elles n’ont pas eu lieu, les arbres, même mis dans les conditions les meilleures, ne laissent pas « partir » leurs bourgeons; mettez, par exemple, en serre chaude, des branches venant de perdre tout récemment leurs feuilles, elles ne pousseront pas; mais, faites la même expérience au bout de quelques mois et vous obtiendrez un épanouissement des bourgeons.
- Ainsi, dans une expérience, des rameaux de cornouilles, cueillis le 5 novembre, s’épanouirent après 55 jours de serre chaude ; d’autres, cueillis le 5 décembre, ne demandèrent, pour s’épanouir, que 25 jours de serre; enfin 10 jours de serre chaude furent suffisantes pour produire l'épanouissement des rameaux cueillis le 5 février.
- 11 y a, d’ailleurs, plusieurs manières d’abréger beaucoup cette période de repos, et cela par des moyens souvent bizarres.
- Le plus connu est le procédé de Y éthérification, dont on a tant parlé dans ces derniers temps, et qui consistait à mettre les rameaux à forcer, préalablement dans des vapeurs d’éther ou de chloroforme pendant 24 à 48 heures. Mis -ensuite daùs une serre, ces rameaux commençaient presque tout de suite à se développer.
- Un très ingénieux botaniste, Hans Alolisch, professeur
- à l’Université de Prague, vient d’imaginer un autre procédé de forçage encore plus simple et tout aussi efficace 1. U consiste à plonger les rameaux dans de l’eau chaude pendant un temps variable avec les espèces. Le mieux, pour cela, est d’employer un réservoir d’eau chaude et d’y plonger les plantes la tète en bas, sans mouiller les racines, ce qui leur serait préjudiciable. Après un certain temps d'immersion, on retire les plantes, on les retourne et on les met dans une serre à forcer, où elles ne lardent pas à se développer.
- L’expérience a montré que la durée du bain chaud doit être de 9 à 12 heures au maximum. La température qui convient le mieux est de 50 à 55 degrés ; pour certaines espèces seulement, par exemple la bourdaine et le cornouiller blanc, il faut une température de 50 à 55 degrés ; quant au bouleau et au saule, ils exigent 40 degrés. C’est dire que, dans la majorité des cas, pour cette immersion, on peut simplement employer l’eau des réservoirs des serres chaudes, qui sont précisément à la température voulue; le procédé, de la sorte, est à la portée de tous les jardiniers. Ceux-ci devront toutefois, dans leurs expériences, se baser sur cette loi qu’il faut, pour bien réussir, faire prendre aux plantes un bain d’autant plus long et plus chaud que leur période de repos est moins avancée. La chose varie d’ailleurs d’une espèce à l’autre. L’une poussera aussitôt mise dans la serre, tandis qu’une autre ne reprendra végétation que quelques semaines après. Ainsi, le marronnier et le frêne ne veulent jamais se mettre en train avant le mois de décembre ou janvier.
- Remarquons que les bons effets des bains chauds sont
- 1 Naturwissenschafiiiche Wochenschrift, mai 1909.
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- BAINS CHAUDS COMME MOYEN DE FORÇAGE DES PLANTES
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- localisés à la partie immergée et ne s’étendent pas à tout le végétal. Ainsi, dans un même pied, on voit se développer seulement les branches qui ont pris un bain, tandis que les autres, laissées au dehors du bain d’immersion, dé-
- lais en procédant de la sorte avec le muguet. La chose n’est pas impossible, mais le dispositif de Molish est plus pratique.
- Maintenant, il faudrait expliquer les bons elfets de l’eau
- Expériences montrant l'action des bains chauds comme moyen de forçage : les parties qui ont été baignées sont nettement en avance sur les autres : i. noisetier; 2. lilas; 3. forsythia; 4. saule; 5. azalée; 6. cerisier double.
- meurent dans leur torpeur. Le fait est facile à vérifier avec du lilas, du noisetier, du saule.
- Si l’on en croit Lobner, on pourrait remplacer le bain aqueux par un bain de vapeur, il a obtenu de bons résul-
- chaude sur les rameaux à l’état de repos. Mais là encore, comme pour l’éthérification, on l’ignore complètement. Et si on savait tout, la science ne serait plus amusante.... IIeniu CouriN.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuius, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1889,
- 7 AOUT 1909.
- '"cxA''
- UN BATEAU FAUCHEUR AUTOMOBILE
- Fig. i. — Le bateau faucheur Amiot.
- La destruction des herbes aquatiques qui vivent dans les cours d’eau, les étangs, les canaux, rendue nécessaire pour les besoins de la navigation, est une besogne longue et coûteuse lorsqu’elle doit être effectuée par des manœuvres.
- Le moteur à explosion, que l’on trouve partout maintenant, ne pouvait se dispenser d’offrir ses services en la circonstance ; puisque le fauchage est une opération mécanique, il devait trouver son emploi.
- M. Amiot a résolu, en effet, le problème des faucheuses automobiles aquatiques en adaptant la faucheuse proprement dite à l’arrière d’un bateau. Celui-ci est une barque à fond plat de 0,50 m. de longueur portant à l’avant une roue à aubes fixée sur un châssis suspendu au bateau par des vis qui permettent de régler l’immersion des palettes de la roue.
- La faucheuse se compose de deux barres coupeuses (voir fig. 1) placées symétriquement à la partie inférieure d’un bâti G (fig. 2) en charpente et dont la hauteur dépend des l'onds sur lesquels l’appareil __________________
- doit exercer son "
- action. L’assemblage des barres sur le bâti est fait au moyen de charnières permettant de régler la position des barres sur le bâti.
- Les barres, formées de cornières allégées par la réduction de leur aile verticale, sont munies à :
- leur talon de tiges liletées venant buter sur la tra- I lions, de suivre la variation
- Es B
- Fig. 2. — Détails du bâti.
- Fig.
- l’inclinaison de ces mêmes barres; sur l’aile horizontale des cornières sont fixés une série de doigts à
- pointe très courbe et arrondie entre lesquels circulent des sections de lames semblables à celles des faucheuses ordinaires. Les lames et porte-lames, qui sont rectilignes pour la coupe des herbes sous-marines et le fauchage des étangs, reçoivent une forme curviligne pour le nettoiement des cours d’eau afin d’épouser autant que possible la courbure naturelle des fonds. Les lames sont actionnées suivant un mouvement alternatif par des bielles B (fig. 2) reliées à deux secteurs dentés SS engrenant symétriquement avec une crémaillère G placée à la base d’une tige T articulée à sa partie supérieure avec une bielle 1) solidaire d’un plateau manivelle M, clavelé sur l’arbre d’une poulie P actionnée par le moteur à la vitesse de 500 à 600 tours par minute.
- En service, le bâti est suspendu à l’arrière de la barque, à l’extrémité d’un levier K (voir fig. 3) équilibré par un contrepoids P. Ce levier prend son point d’appui sur un mât en fourche I à des hauteurs en rapport avec la hauteur des eaux. Des haubans LL, placés de part et d’autre du bâti, conservent à la faucheuse sa position transversale pendant que. de son côté, le levier permet, par ses oscilla-de la hauteur des
- Coupe longitudinale du bateau.
- verse inférieure du bâti et permettant de
- 37e année. — 2e semestre.
- régler
- fonds. Pour franchir les obstacles, la faucheuse se
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- NOUVEL ISOLANT ARTIFICIEL LA « BAKELITE » n
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- replie dans la barque ; il suffit, pour cela, de détacher les haubans du bâti et de replier les barres coupeuses le long des montants. Grâce à ce dispositif la faucheuse peut circuler partout où le bateau trouve un passage.
- Le moteur est placé à l’avant du bateau ; il actionne le tambour porteur de poulies commandant les arbres intermédiaires. La roue à aubes G est mise en marche par les arbres M porteurs d’un engrenage en relation avec l’arbre Q du pignon de chaîne. D’autre part, la poulie 3N est également reliée avec un second arbre M qui transmet par une courroie le mouvement à la poulie du bâti porteur des barres faucheuses (lig. 5).
- Cet outil, très ingénieusement conçu, a déjà été employé avec plein succès pour le fauchage des étangs du domaine de Chantilly et de celui de Laeken (Belgique), des canaux et rivières de la vallée de la Dives et des canaux de la vallée de l’Au-tliie. Le travail s'effectue à la vitesse normale de 2 km. à l’heure et le prix total de revient, amortissement et entretien de la machine compris, est de 2 fr. 15 par kilomètre. Dans les étangs, le prix de l’hectare est d’environ 5 fr. 40, la machine étant pourvue d’une largeur de coupe de 4 mètres (dans les rivières cette largeur do coupe peut être diminuée), l’hectare est fauché après un parcours de 2500 mètres. Wmü Dojsoièuks.
- UN NOUVEL ISOLANT ARTIFICIEL LA « BAKELITE »
- Une nouvelle matière isolante arlilieielle du plus grand intérêt vient d’être préparée aux Etats-Unis. Elle a reçu le nom de bakélite, du nom de son inventeur le D' L.-ll. Baekeland, de Niagara Falls (Canada), président de l’American Eleetrochemical Society. La bakélite est à la fois une succédanée de la gulta-perclia, de rébonite, du celluloïd, de la gomme-laque et de l’ambre; c’est un isolant électrique de premier ordre qui, non seulement ne fond pas aux températures élevées et est insoluble dans tous les dissolvants usuels mais, qui, de plus, n’est attaqué par aucun des réactifs chimiques, en particulier par les acides et les bases. Pour ces raisons, la bakélite a déjà reçu de nombreuses applications et paraît appelée à un grand avenir industriel, bien que sa constitution chimique ne soit pas encore connue très exactement, la bakélite parait se rapprocher fort de la laque du Japon dont on connaît les qualités de quasi-inaltérabilité. A ce point de vue, elle suscite aussi un grand intérêt scienti-lique, car, bien que la technique du laquage soit arrivée depuis longtemps à un liant degré de perfection, on ignore encore à peu près tout des processus de formation du vernis-laque et de sa composition, et cela, malgré les nombreux travaux entrepris sur la question par Voshida, par le professeur Gabriel Bertrand et plus récemment par MM. Majima et Chô1.
- La bakélite a fait l’objet de deux communications présentées par son inventeur, l’une, Je 5 février dernier, à la section de New-York de l’American Chemical Society, l’autre, le 8 mai, à Niagara Falls, à l’Assemblée générale de l’American Eleetrochemical Society.
- Mode de formation de la bakélite. — La bakélite est un produit de condensation de la formaldéhyde et du phénol, obtenu par l’action combinée de la chaleur, de la pression et d’agents de condensation (probablement des catalyseurs) qui sont des bases ou des sels appropriés.
- Les produits de condensation de la formaldébvde et tics phénols sont connus depuis fort longtemps, mais jusqu’ici aucun de ces produits n’avait été préparé à un état tel qu’il put être utilisé industriellement; les propriétés de ces corps varient d’ailleurs beaucoup avec leur mode de préparation et elles n’ont souvent rien de bien défini. Tout autre est le cas de la bakélite.
- La bakélite peut être préparée en une seule opération
- 1 Ucber den Hauplbcslandleil des japanischen Lacks (Journal of‘ the College of Science. Impérial Universitv, Tôkvû, 1908, vol. XXV, art. 0).
- ou en plusieurs temps, chaque temps fournissant alors un produit de propriélés distinctes, se transformant aisément ensuite pour donner le produit définitif. Ces produits distincts, de transformations successives, ont été dénommés bakélite A, bakélite B et bakélite C.
- La bakélite A, premier stade de la condensation, s’obtient en ajoutant une petite quantité d’un agent condensateur alcalin à un mélange par parties égales de phénol et de formaldéhyde commerciale et en chauffant légèrement.
- Il se forme deux couches : une solution aqueuse légère qui est éliminée et une couche lourde d’un liquide qui est la bakélite A.
- Les agents de condensation employés sont des bases ou mieux des sels qui, facilement décomposables par l’eau, donnent une base forte par hydrolyse : tels sont l’acétate de sodium, les carbonates alcalins, le borax, le sulfite de sodium, le silicate de sodium, le phosphate trisodique, etc. La qualité aussi bien que la quantité de l’agent condensateur, jouent un rôle considérable dans la détermination des propriétés physiques de la bakélite C. Les sels donnant facilement une base par hydrolyse ont l’avantage sur les bases d’empêcher que la réaction ne devienne violente et irrégulière. On pourrait aussi employer des acides, mais on obtient alors un produit final fusible et soluble dans les différents dissolvants usuels, tandis que la bakélite finale C donnée par la bakélite A, préparée au moyen des alcalis ou de leurs sels, est une véritable résine, inattaquable, infusible et insoluble. D’ailleurs, comme il reste toujours des t races de l’agent condensateur dans la bakélite finale C, il y a encore avantage, au point de vue des applications, à employer une base plutôt qu’un acide, qui, ultérieurement, pourrait exercer une action.
- La bakélite A ne possède pas les propriétés du produit final, mais c’est là un grand avantage comme on le verra plus loin : c’est un liquide plus ou moins visqueux à la température ordinaire, soluble dans les alcools, l’acétone, le phénol et la glycérine, attaqué par la soude caustique. Il existe plusieurs variétés de bakélites A; elles ne diffèrent entre elles que par leur point de fusion plus ou moins élevé ; l’une d’elles est solide à la température ordinaire.
- La bakélite A chauffée assez longtemps finit par se transformer d’abord en bakélite B, puis en bakélite G.
- Là bakélite B est solide ; elle est cassante h la tempéra-
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- NOUVEL ISOLANT ARTIFICIEL LA « BAKELITE » : 147
- Uirc ordinaire ; elle est insoluble dans les dissolvants précités, mais elle gonfle dans l’acétone, le phénol et le ter-pinéol. Chauffée, elle ne fond pas, mais se ramollit en prenant la consistance du caoutchouc; par le refroidissement, la masse ramollie redevient dure et cassante. Quoique infusihle, elle est plastique et peut être moulée, pressée, estampée dans un moule chaud pourvu qu’elle ait été elle-même ramollie par une légère élévation de température.
- La bakélite C s’obtient en chauffant les bakélites A ou Il dans un autoclave. C’est un corps insoluble dans tous les dissolvants et résistant à tous les réactifs chimiques, qui n’est détruit que par l’acide sulfurique concentré et bouillant. Même chauffée à 550 degrés, la bakélite C ne fond pas ; au delà elle commence à se ramollir, mais sans jamais atteindre la fusion ; aux températures très élevées, elle cliarbonne, et ne fond pas. La bakélite C est un corps très mauvais conducteur de la chaleur et de l’électricité. Sa densité est 1,20; elle est très dure et ne se laisse pas rayer par l’ongle, ce . en quoi, elle est supérieure à la gomme-laque et à l’ébonite; enfin, quoique cassante, elle a une assez grande résistance à la traction.
- La bakélite C n’a qu’un défaut, c’est de n’élre pas élastique, ni ilexible comme l’ébonite et le celluloïd; mais les propriétés des bakélites A et B permettent, comme on va le voir, de remédier à cet inconvénient.
- 11 est essentiel pour obtenir un produit final répondant bien à toutes ces propriétés d’opérer la transformation des deux premières bakélites en bakélite C sous pression d’air dans un autoclave. En effet, si on chauffe la bakélite A à l’air libre à plus de 100 degrés, on obtient une masse poreuse, pleine de vacuoles et inutilisable. Le fait est dû à un dégagement gazeux résultant d’une véritable décomposition chimique du produit de condensation, et c’est faute d’avoir remarqué qu’on pouvait éviter cette décomposition en chauffant sous pression que les expérimentateurs ayant précédé M. Baekeland, n’ont pas réussi à préparer un produit utilisable. La pression à exercer dans l’autoclave doit être d’au moins 5 atmosphères ; mais on obtient de meilleurs résultats à 8 atmosphères.
- On ne saurait encore donner d’une façon certaine qu’une formule brute de la bakélite C. Cette formule est n (C43H5807), le facteur n prouvant seulement que c’est un produit de polymérisation de la bakélite B. La bakélite A n’a même pas une composition centésimale certaine. Ces corps, comme on l’a vu, étant réfractaires à tous les moyens physiques et chimiques employés au laboratoire, il est impossible de déterminer leurs constantes physiques, leur poids moléculaire et, à plus forte raison, leur formule de constitution.
- Mode d’emploi de la bakélite. — La bakélite À étant soluble et la bakélite B, légèrement chauffée, étant plastique, on voit qu’il est très facile, soit avec une dissolution de bakélite A, d’obtenir des enduits de bakélite C sur des objets quelconques, soit de préparer des objets tout en bakélite C par moulage de la bakélite A ou estampage de la bakélite B. 11 suffit de porter les objets enduits ou la pièce moulée avec son moule dans l’autoclave, le bakeliseur, comme l’appelle l’inventeur, pour réaliser la transformation cherchée.
- Dans le cas d’une solution de bakélite A, le dissolvant s’évapore et disparaît.
- Le bakeliseur est une sorte de chaudière dans laquelle une pompe comprime de l’air à la pression voulue et qui est chauffée intérieurement au moyen d’un serpentin parcouru par un courant de vapeur. La température mini-
- la transformation se fait plus rapidement encore.
- L’inventeur a d’ailleurs simplifié le procédé de moulage de façon à éviter l’introduction des moules dans le bakeliseur et à n’employer par suite qu’un petit nombre de moules, dans le cas où il s’agit de fabriquer un grand nombre de pièces identiques. En effet, comme on l’a vu, la bakeli'le A peut être obtenue à l’état de variété solide mais fusible et aussi friable que la colophane à la température ordinaire; on peut par suite la pulvériser et la mélanger à des poudres inertes ; puis introduire le mélange dans une presse hydraulique chauffée à 160-200 degrés centigrades. Dans ces conditions, la bakélite A fond, puis, sous l’action de la température élevée, se transforme rapidement en bakélite B qui, elle, est infusible. On peut donc retirer l’objet de son moule sans crainte de le voir se déformei' et le porter au bakeliseur où il subira la transformation finale en bakélite C.
- Applications industrielles de la bakélite. — L’emploi de la bakélite est indiqué toutes les fois qu’il s’agit d’un enduit devant résister à la chaleur, au frottement, à l’humidité, aux agents chimiques, à la vapeur d’eau, c’est-à-dire dans tous les cas où les japonais emploient la laque : on en pourrait donc recouvrir comme ils le font, non seulement certains meubles et menus objets usuels, mais encore des pièces de vaisselle en bois, bols, cendriers, plats ayant sur ceux que les Européens font en verre, en faïence ou en porcelaine, l’avantage d’êlre beaucoup moins fragiles. La bakélite est toutefois d’un prix bien inférieur à la laque dont elle peut prendre le beau poli, puisqu’elle est faite de matières premières peu coûteuses et par des procédés très simples et n’exigeant pas une grande dépense de main-d’œuvre. C’est ainsi qu’on en peut imprégner des bois sans valeur et leur donner la compacité, la finesse et le poli des essences les plus rares et les plus dures, tout en les préservant de la pourriture.
- Avec la bakélite seule ou associée à des matières pulvérulentes : cellulose, amiante, pulpe de bois, sable, émeri, on peut fabriquer des tuyaux de pipe, des fume-eigares, des billes de billard, des clapets, des soupapes, des boutons, des manches de couteaux, des pierres à polir ou à affûter, des plaques ou rouleaux de phonographes; on peut agglomérer des poils de pinceaux, de brosses; on peut émailler les métaux; on a pu préparer des garnitures de presse-étoupe et même des coussinets autolubrifiants dans lesquels on a pu faire tourner un arbre à 1800 tours par minute pendant neuf heures sans éclriuf-feinent notable.
- C’est surtout en électrotechnique que la bakélite paraît appelée à rendre de très grands services. Tous les bobinages et enroulements des dynamos des transformateurs, des moteurs électriques peuvent être facilement isolés, et mieux que par le meilleur vernis, après qu’ils ont été plongés dans une solution de bakélite A et portés ensuite au bakeliseur. Toutefois, pour ne pas provoquer la carbonisation du coton, on ne doit pas dépasser la température de 140 degrés au bakeliseur, si les fils sont pourvus d’un enroulement de coton. Après bakélisation, les pièces doivent sécher lentement de façon à perdre toute trace du dissolvant ou d’humidité. On diminue beaucoup la durée de cette opération en les faisant sécher dans le vide.
- / Comme isolant pour les conducteurs électriques, l’infusibilité de la bakélite permet des surchages qui, avec d’autres isolants, deviendraient dangereuses. Sa fragilité et son manque de flexibilité obligent cependant à ne l’employer que lorsque les conducteurs ont reçu leur forme
- E. Lemauîe,
- mum à atteindre est de 100
- degrés ;
- 180 degrés
- définitive.
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- LE SPORT DU PLANEMENT
- Aux nouvelles généra lions il faut de nouveaux jeux. Finis les sports du siècle dernier: ils ne disent plus rien à nos jeunes gens avides d’inédit.
- Fig', i. — Départ en chute libre du haut d’un plan incliné en bois, avant l’invention du treuil.
- L’heure est au tourisme aérien qui va naître; préparons-nous à le recevoir en lui consacrant d’abord nos loisirs. Déjà les puissantes sociétés aériennes forment des pilotes. C’est bien. Mais le nombre de ces élus est plutôt limité, car l’entraînement sur les aérodromes comme celui de Juvisy n’est pas à la portée de toutes les bourses : les aéroplanes coûtent cher. Ne pourrait-on faire mieux, c’est-à-dire vulgariser le planementl Permettre à chacun d’apprendre le métier d’oiseau, voilà la formule. C’est faisable puisque c’est déjà fait. Le Nord-Aviation, sous l’intelligente initiative de M. Fernand Scrive, a lancé le mouvement et nous souhaitons que ce
- Fig. 3. — Le vol.
- mouvement s’étende, qu’il envahisse toutes les villes de France, jusqu’aux plus petites, qu’il passionne nos jeunes compatriotes et leur fasse oublier, nous ne dirons pas les autres sports, mais les petites misères qui couvrent la surface du sol et font des hommes des ennemis. A deux mètres de hau-
- teur, sur un planeur, on n’est plus un être humain :
- Je suis oiseau, voyez mes ailes!
- Et les fourmis que vous voyez courir, affaissées, vous laissent indifférents. C’est la dématérialisation de l’homme !
- Les maîtres volateurs actuels — que l’on nous permette ce néologisme — ont tous débuté par le planement simple dont Lilienthal a été l’initiateur. Ils portaient leur machine sur les épaules, couraient contre le vent en descendant une pente, et lorsque la vitesse était suffisante, la machine enlevait l’homme. Avec l’entraînement, ils parvinrent à exécuter des vols de plusieurs centaines de mètres, parce qu’ils étaient parvenus à acquérir les réllexes nécessaires à la manœuvre d’engins aussi rudimentaires que ceux qu’ils possédaient. Lilienthal, Pil-cber, llerring, le capitaine Ferber, et plusieurs autres, ont ainsi accompli de vraies prouesses. Les frères
- Fig. 2. — L’essor.
- Wright, surtout, ont acquis dans ce sport une pratique telle qu’ils ont pu diriger un appareil à moteur du jour au lendemain et avec la maîtrise que l’on connaît.
- Puisqu’il est actuellement démontré que l’homme peut voler, pourquoi n’étudierait-on pas dès maintenant une méthode préparatoire du vol? M. Fernand Scrive s’est posé le problème au bout duquel il a mis la solution consistant en un planeur modeste, mais bien construit, à l’aide duquel il a franchi de bonnes distances. Les amis, émerveillés, sont venus à lui et le Nord-Aviation compte actuellement un certain nombre de jeunes gens qui, de temps à autre — le plus souvent possible — s’entraînent au vol plané comme leurs papas s’entraînaient au tir à l’arc. Voilà comment naît un nouveau sport prélude d’un nouveau mode de locomotion.
- Lorsque l’on possède un bon planeur il est très
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- = LE SPORT DU PLANEMENT
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- facile d’apprendre à s’en servir. Le moyen le plus simple, celui qu’employait Lilienllial, consiste à passer sa tête et ses épaules dans la machine et à courir en cet équipage en dévalant une pente, face au vent. L’appareil suit d’abord le porteur, mais il ne larde pas à s’y refuser ensuite: lorsqu’on lui a donné l'incidence voulue, il continue son chemin en ligne droite, entraînant le pilote. Celui-ci est bien embarrassé, ce qui se conçoit, et fortement émotionné, et il est bien rare que les premières sorties se terminent au gré de l’oiselet. Le débutant tombe sur ses pieds, parfois sur ses genoux ; il se relève et recommence. À la longue il acquiert les réflexes nécessaires et s'enhardit. Bien entraîné, il portera
- autre plus moderne confiée à une automobile. On part sur le terrain d’expérience et l’auto amène le planeur. Là on utilise le moteur pour actionner le treuil et tout marche comme précédemment.
- M. Serive nous a expliqué ce qu’il appelle la théorie de l'essor. Pour prendre son essor, l’élève aviateur tient l’appareil au-dessus de lui, les deux traverses longitudinales du châssis étant engagées sous scs aisselles; la présence du stabilisateur l’oblige à pencher le corps en avant, comme l’indique notre schéma (fig. -4). Le treuil, mis en marche, tire sur la corde, al tachée à l’avant de l’appareil ; la course commence : c’est le deuxième acte, i Au bout de quelques mètres la vitesse d’enlèvement
- 1 . Avant a / Partez*
- instinctivement les jambes en arrière pour s’élever, en avant pour descendre, à droite ou à gauche pour virer, Il est alors maître de sa machine. Quelle joie n’éprouve-t-il pas lorsqu’il sait se tenir d’équilibre! Rappelez-vous vos débuts à bicyclette.
- C’est déjà bien intéressant, mais le sport pourrait devenir dangereux pour un virtuose qui rêverait de faire de longs parcours et tenterait la vraie conquête de l’atmosphère.
- Plus pratique est le système à treuil tirant le planeur à l’aide d’une corde.
- Lorsque l’aviateur est équipé il cric au conducteur du treuil :
- Partez. Au bout de quelques pas le vol commence et il s’arrête à la volonté de l’expérimentateur qui commande : Halle. Naturellement mieux on est exercé, plus longtemps on reste en l’air. Pour les virtuoses on augmente les difficultés avec des obstacles. Un fil de laine est tendu à un mètre du sol, par exemple, et on doit passer au-dessus sans le loucher, ou bien l’emporter avec la pointe des pieds. C’est un attrait de plus.
- Le treuil, actionné par une courroie de transmission, passant par la fenêtre d’une usine, n’était pas un moyen très pratique, car il obligeait les jeunes aviateurs à s’entraîner dans la cour même de l’usine, entre deux rangées de bâtiments. L’actif président du Nord-Aviation est en train de s’organiser autrement. Il remplace celte installation fixe par une
- Appareil Fernand Serive.
- est obtenue (8 à 9 mètres à la seconde) ; on donne alors l’incidence au planeur et celui-ci s’enlève, l’expérimentateur ayant soin de se tenir les pieds en arrière. On ramène ensuite le centre de gravité vers Pavant en portant les jambes dans la même direction et le vol devient horizontal. La descente s’opère à l’arrêt du treuil; le planeur, bien manœuvré, descend alors tranquillement sur le sol. Vous
- voyez que c’est très simple.
- Naturellement, le de u xi è m e temps, la course sur le sol, est d’autantplus long-que le sujet est peu préparé. Au début, il faut
- compter 15 à 20 mètres de course avant de prendre l’essor; mais, avec la pratique, on devient habile et en quatre enjambées on s’enlève, sans faire de saut. M. Serive recommande à ses élèves de chausser des souliers sans talon et de se garantir les genoux; c’est une sage précaution, parce que la chute peut être brutale en cas de fausse manœuvre; elle n’est jamais dangereuse, le vol s’elfectuant à 2 ou o mètres de hauteur au maximum.
- Tout cela est bien, mais comment se procurer un appareil?
- En aviation, on considère comme un axiome cette proposition formulée par Chanute suivant les uns, par, Lilienthal suivant les autres : « Un appareil quelconque peut voler, le tout est de savoir s’en servir ». Encore faut-il qu’il ne soit pas une hérésie
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- aérienne. C’est pourquoi nous recommanderons aux jeunes gens que le nouveau sport pourrait intéresser, de s’adresser à l’un de nos bons constructeurs qui leur livrera un planeur excellent dans des conditions très avantageuses. Celui que le Nord-Aviation emploie a été construit par M. Serive; nous l’avons vu exposé au salon de l’aéronautique où il a eu énormément de succès. D’ailleurs les commandes ont afflué, surtout de l’étranger : Italie, Espagne, Russie, Autriche, Hollande, etc., ce qui prouve que l’aviation intéresse beaucoup nos voisins. 11 y a là l’indication d’un mouvement, dont nous avons pris l’initiative et il serait bon, pour nous, de conserver la première place. Voici comment le planeur Serive est construit :
- Tout d’abord la question d’encombrement disparaît, puisque l’appareil est pliant. Il n’est donc pas nécessaire de disposer d’un énorme hangar pour le remiser; il ne mesure, en effet, replié, que 2 m. CO de haut, 1 m. 55 de large et 2 m. 50 de longueur. C’est également très avantageux pour le transport. 'Développé, il a 8 m. 50 d’envergure et 7 mètres de longueur. Son poids est d’environ 26 kilogrammes et il peut servir à l’instruction des hommes de 70 à 80 kilogrammes. Sa forme est celle d’un monoplan légèrement dièdre, c’est-à-dire dont les ailes sont disposées en V très ouvert. Le plan principal, le dièdre, est surmonté d’un second plan P (fig. 5) relié au premier par des bambous et des haubans Iill. Ce plan superposé donne naissance à une cellule centrale rigide qui augmente la solidité du plan principal; de plus, il abaisse le centre de gravité par rapport au centre de sustentation, et enfin il crée, au centre, un couple de rappel favorable en cas de coup de vent latéral. L’inventeur a eu là une idée excellente que plusieurs aviateurs ont déjà adoptée. La cellule centrale C est rigide et les plans sont articulés en RR de chaque côté de cette cellule, aux extrémités du plan supérieur et vers le milieu du plan inférieur. Pour plier l’appareil, il suffit de
- détendre les haubans HH (les haubans JNN sont fixes), deux en avant et deux en arrière; on désarticule les deux principales charnières IP et on ferme en relevant les ailes, dont l’extrémité E vient se plier automatiquement (fig. 6). Il n’y a absolument rien à démonter et l’opération se fait en une minute. A l’arrière se trouve un stabilisateur formé de deux plans disposés en croix; on le retire en décrochant quatre haubans qui se maintiennent au châssis principal. Ajoutons encore, pour être complet, que l’appareil coûte 800 francs.
- Donc avec un planeur, un treuil et une corde, on fait du vol plané, qu’il ne faudrait pas confondre avec du cerf-volant, ce qui serait un jeu très dangereux. Les débutants devront s’exercer d’abord à courir avec le planeur sur les épaules en se Taisant tirer; il paraît que c’est là le plus difficile. Ensuite on procède par de tout petits vols en donnant brusquement de l’incidence à l’appareil, suivant la méthode préconisée par le capitaine Ferber et résumée dans la si laconique formule : « Pas à pas, saut à saut ». Comme l’enlèvement résulte de la vitesse et de l’incidence, on ne devra pas sauter pour s’élever ; l’essor a lieu lorsque la vitesse est obtenue en soulevant légèrement l’avant de l’appareil. Ce sont là des conseils généraux; tout débutant « attelé » à la machine se rend parfaitement compte de son incapacité et il ne cherche pas à imiter le vol du vautour; toute son attention est portée vers l’étude des mouvements qu’il doit effectuer et dont il ne tarde pas à reconnaître l’absolue logique.
- L’aviation est appelée à un avenir utilitaire que l’on ne peut plus méconnaître. Préparons-nous donc à la pratique, à user des aéroplans dès que ceux-ci seront suffisamment bien établis pour permettre les promenades aériennes, le tourisme idéal. L’initiative de M. Serive doit être suivie et les jeunes français feront bien de ne pas se laisser distancer dans cette voie par les étrangers, avides du nouveau sport. Lucien Fournier.
- LES IRRIGATIONS EN EGYPTE
- Sauf sur les bords méditerranéens du Delta, il ne pleut pour ainsi dire jamais en Egypte et toute la fertilité du sol est due aux crues annuelles du Nil. Ce fleuve qui sort des grands lacs de P Afrique centrale sous le nom de Nil Blanc reçoit, en se dirigeant vers le Nord, d’abord les eaux des fleuves Gazelle et Sobat, puis, à Karthoum, celles du Nil Bleu qui vient des montagnes de l’Abyssinie. A partir de ce point jusqu’à la mer, son seul tributaire est YAtbara qui se jette dans le Nil à 320 km au nord de Karthoum. A Assouan, à 1200 km de la Méditerranée, le Nil entre en Egypte.
- Los premiers symptômes de la crue du Nil apparaissent à Assouan vers la fin de mai ; puis, le niveau des eaux s’élève d’abord lentement jusque vers la fin de juin, pour prendre ensuite une vitesse d’as-
- cension plus rapidejusqu’au commencement de septembre où la crue atteint son maximum et c’est à ce moment que le fleuve charrie en grande quantité les riches matières fertilisantes amenées des montagnes de l’Abyssinie par le Nil Bleu et l’Atbara. Le niveau des eaux décroît ensuite, d’abord assez rapidement, puis lentement, pour reprendre son niveau minimum vers les mois d’avril et de mai.
- Le volume des eaux débité par le fleuve est, pour une année moyenne, de 400 mètres cubes par seconde pendant les basses eaux de mai et le volume maximum débité en septembre atteint 10000 mètres cubes par seconde. Le volume total fourni par les trois fleuves, au maximum de leur crue, est de 13500 mètres cubes par seconde ainsi répartis : 4500 mètres cubes fournis par le Nil Blanc, 5500
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- LES IRRIGATIONS EN ÉGYPTE .y::-:....... 151
- par le Nil Bleu et 5500 par l’Atbara; mais, comme les eaux amenées par le Nil Blanc n’atteignent leur débit maximum qu’un mois environ après celles amenées par les deux autres fleuves, il en résulte ipie le volume maximum débité à Assouan se trouve
- irriguer et pendant laquelle le volume d’eau disponible est réduit à son minimum, tonte irrigation devient impossible et la culture d’été si productive du coton et de la canne à sucre est elle-même difficile.
- Donc, en résumé, trop d’eau pendant la saison
- Fig. 1. — Vue prise à l'aval du barrage d'Esneh. A droite on voit l'écluse de navigation et, au sommet du barrage, la grue servant à la manœuvre des vannes régulatrices du système Stoney.
- digues
- être inférieur au volume total fourni par les trois Ileuves et réduit, année moyenne, à 10 000 mètres cubes par seconde.
- Best ce volume d’eau considérable débité par le Nil pendant la crue qui, durant les mois d’hiver, sert à arroser et fertiliser les terres voisines du fleuve entre Assouan et la mer. Dans ce but, on divise les terrains à irriguer en sections de dimensions variables appelées bassins, limités par des et dans on introduit, pendant la crue, au moyen de canaux disposés à cet effet, les eaux du Nil.
- Ces eaux qui recouvrent le sol d’une couche de 1 m. 50 environ de hauteur restent dans ces bassins environ quarante jours, y déposent la matière fertilisante et retournent ensuite au fleuve lorsque le niveau des eaux s’abaisse. On obtient ainsi une récolte par an, le plus généralement, de céréales. Mais, pendant l’été, époque pendant laquelle le niveau du fleuve est au-dessous du niveau du sol à
- Fig. 2.— Coupe transversale du nouveau barrage d'Assouan indiquant la liaison, au moyen de barres d’acier, de l'ancienne et de la nouvelle maçonnerie.
- d’hiver dont la plus grande partie est alors inutilisée et manque d’eau en été. Le problème à résoudre consistait donc à régulariser le volume d’eau fourni par le Nil, en emmagasinant, pendant l’hiver, le surplus de l’eau inutilisée pendant cette saison et, en employant celte eau ainsi emmagasinée, pendant la saison d’été de manière à augmenter pendant cette même saison le volume d’eau débité par le Nil et irriguer le sol, pendant les mois d’avril, mai et juin, de manière à obtenir une seconde récolte composée de coton et de canne à sucre.
- C’est ce problème qui a été, en partie, résolu par la construction du barrage d’Assouan. Nous disons en partie résolu parce que, d’après les observations faites par les ingénieurs anglais chargés du service des irrigations en Egypte, même dans les années les
- plus mauvaises, il est possible d’emmagasiner cinq milliards de mètres cubes d’eau, tandis que le barrage d’Assouan tel qu’il est construit, ne peut en emmagasiner que un milliard et qu’avec la surélévation qu’on est en train de lui donner, il ne pourra en emmagasiner que deux milliards et demi, c’est-à-dire la moitié environ du volume d’eau disponible pour la saison d’été.
- Aussi propose-t-on de construire un nouveau
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- barrage au nord de Karthoum en aval de la jonction du Nil Blanc et du Nil Bleu, barrage qui permettrait de retenir un nouveau cube d’eau suffisant pour irriguer la vallée inférieure du Nil.
- De plus, on propose de creuser un canal de 520 km de longueur entre l’embouchure du Sobatel le Nil Blanc à Bor, de manière à diminuer la perle d’eau considérable, résultant de l’évaporation des eaux du Nil dans leur passage au travers des immenses marécages qu’il traverse en amont de Karthoum.
- ce n’est que vers le Ie1' décembre, lorsque les eaux du fleuve ont baissé d’environ h m. 50, que celles-ci ont cessé de transporter des sédiments et sont devenues claires. C’est alors seulement qu’on remplit jusqu’en mai le réservoir en fermant successivement, au moyen de vannes du système Stoney, les ouvertures ménagées dans le barrage et cela au moment où le volume d’eau fourni par le Nil se trouve être supérieur à ce qui est nécessaire aux irrigations d’hiver. Puis, au commencement de mai,
- Barrage d’Assouan. — Le barrage d’Assouan a été déjà décrit dans La Nature. Nous n’en dirons donc que quelques mots en nous attachant plus spécialement aux travaux de surélévation qui se poursuivent actuellement.
- Le barrage actuel est construit pour maintenir les eaux du Nil à l’amont à une hauteur de 106 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer, avec une différence de niveau de 20 métrés entre les eaux d’amont et d’aval. Le volume d’eau ainsi emmagasiné est, comme nous l’avons dit, de un milliard de mètres cubes environ. Etant donnée la quantité considérable de sédiments charriés par le fleuve pendant la crue, surtout en août et septembre, certaines précautions ont dû être prises pour éviter tout dépôt de ces sédiments à l’amont du barrage. Dans ce but, 180 ouvertures ayant leurs seuils à différents niveaux ont été ménagées dans le barrage et leur section totale a été calculée pour permettre j l’écoulement des eaux du Nil, pendant la durée de la crue, sans diminution de vitesse et, par suite, sans ame- * ner de dépôts de sédiments en amont du barrage. Le maximum de la crue est atteint, comme nous l’avons vu, au commencement de septembre, mais
- et pendant les mois de juin et de juillet, c’est-à-dire au moment où les eaux d’irrigation font défaut pour la culture du coton et de la canne à sucre, on vide le réservoir en ouvrant successivement les vannes du barrage jusqu’à la fin de juin où, alors, toutes les ouvertures sont de nouveau libres pour recevoir la nouvelle crue. Grâce à ce volupie d’eau emmagasiné, le débit du Nil est porté, en mai, à 750 mètres cubes à la seconde et, pendant le mois de juin, à 1000 mètres cubes au lieu de A00 mètres par seconde que débite en temps normal le Nil pendant cette saison.
- Surélévation du barrage d’Assouan. -— Lors des premières études du barrage d’Assouan, on avait
- proposé de maintenir les eaux à l’amont du barrage à une hauteur de 112 mètres au-dessus du niveau de la mer. A cette hauteur le temple de Philoe, situé à l’amont du barrage, se trouvait complètement submergé. Les archéologues et les égyptologues jetèrent les hauts cris et on fit droit à leurs réclamations en réduisant à 106 mètres au-dessus de la mer le niveau de la retenue du barrage d’Assouan. La capacité du réservoir qui était, dans le premier cas, de 2500 millions de mètres cubes, se
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- trouvait ainsi réduite à un milliard de mètres cubes, c’est-à-dire au quart environ du volume d’eau nécessaire pour l’irrigation de la vallée du Nil. Après de nombreux pourparlers et de longues discussions, lord Cromer linit par déclarer « qu'il n’était pas
- Un nouveau projet fut donc étudié (fig. 2) dans lequel le niveau de la retenue est porté à 115 mètres, c’est-à-dire à 7 mètres au-dessus du niveau actuel. La hauteur du barrage est augmentée de 5 mètres et l’épaisseur de celui-ci est augmentée de.
- Fig. 5. — Eslacade servant de support aux tuyaux d’aspiration des pompes centrifuges qui refoulent tes eaux d’irrigation sur le plateau de Wadi-Kom-Ombo.
- raisonnable de sacrifier les intérêts présents et futurs de l’Egypte pour sauver de la submersion le temple de Philoe », et que la surélévation du barrage était absolument indispensable.
- Restait, cependant, à résoudre certaines questions techniques, notamment celle résultant de la juxtaposition de deux maçonneries, l’une ancienne et l’autre de fraîche date ayant, par conséquent, des
- 5 mètres à l’aval, par la juxtaposition de nouvelles maçonneries. La capacité du réservoir se trouve ainsi portée de un milliard de mètres cubes à 2500 millions de mètres cubes. Mais la caractéristique vraiment intéressante du projet, due à M. Benjamin Baker, ingénieur consultant, est le mode de construction employé pour relier les deux maçonneries et éviter les inconvénients dont nous parlions
- Fig. 6. — Coupe transversale de l’usine hydraulique servant à refouler les eaux d’irrigation sur
- le plateau de Wadi-Kom-Ombo. A gauche Veslacade servant de support aux tuyaux d’aspiration. Au centre le bâtiment contenant les pompes centrifuges actionnées par des machines à vapeur. A droite les tuyaux de refoulement des eaux sur le plateau.
- températures différentes, conditions pouvant modifier le travail intérieur des maçonneries et, par suite, la stabilité de l’ouvrage1.
- 1 Voir à ce sujet la discussion qui a suivi, à l’Institution des Ingénieurs civils de Londres, la lecture du Mémoire de MM. Ottley et Brigthmorc et de celui de MM. Wilson et Gorc.
- tout à l’heure. Dans ce but, la nouvelle maçonnerie n’est pas reliée tout d'abord à l’ancienne, mais est seulement supportée par elle, avec un vide de 0 m. 15 entre les deux, au moyen de tiges en acier ancrées dans l’ancienne maçonnerie et dans la nouvelle. Ces barres, tout en transmettant à l’ancienne maçon-
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- nerie le poids de la nouvelle, permettent cependant des dilatations différentes des maçonneries pendant la construction et la durée de prise des morLiers, et ce ne sera que lorsque les deux maçonneries auront atteint la même température que le vide sera rempli de ciment, de manière à ldrmer une masse continue1 et homogène.
- Ces travaux, entrepris par M. John Aird, l’entrepreneur du premier barrage, seront achevés en 1912 et la dépense est estimée à 57 500000 francs.
- Avec le supplément d’eau provenant de la surélévation du barrage, on compte irriguer 500 000 hectares environ dans la partie nord du Delta.
- Barrages régulateurs des eaux d’irrigation en aval du barrage d’Assouan. —Si la construction du barrage d’Assouan a permis, comme nous l’avons vu, d'augmenter notablement, pendant l’été, le volume d’eau débité par 1e Nil, le niveau des eaux du fleuve, à l’aval, ne s’est trouvé cependant, de ce fait,
- servant à alimenter les différents canaux d’irrigation de la rive droite et de la rive gauche du Nil; 2° b1 barrage d’Assiout, situé à 259 km en aval de celui d’Esneli, alimentant le grand canal d’irrigation d’ibrahim; 5Ü le barrage du Delta construit à quelques kilomètres en aval du Caire, en tète des deux branches de Rosette et de Damiette et servant à irriguer une grande partie du Delta; 4° le barrage de Zifta en aval de ce dernier.
- Ces quatre barrages, sauf quelques détails, sont construits sur le même type. Nous en dirons quelques mots en décrivant sommairement le barrage d’Esneh, le dernier construit et terminé tout récemment.
- Le barrage d’Esneh de 900 mètres de longueur se compose (iig. 2 et 5) d’un massif de maçonnerie percé de '120 ouvertures de 5 mètres de largeur séparées par des piles de 2 mètres d’épaisseur et divisées en sections de neuf ouvertures séparées elles-mêmes
- Fig. /. — ('anaux d'irrigation du plateau de Wadi-Kom-Ombo.
- qu’insufflsamment relevé pour permettre aux canaux servant à amener les eaux du Nil sur les terrains à irriguer, de débiter un volume d’eau suffisant pour cette irrigation d’été. Il était donc indispensable de relever le niveau des eaux du Nil, en tête des prises d’eau des différents canaux, au moyen de barrages munis de vannes régulatrices, permettant de régler le niveau du fleuve suivant les besoins, non seulement pendant les basses eaux d’été, mais aussi pendant les irrigations d’hiver lorsque, exceptionnellement, la crue n’atteint pas sa hauteur normale.
- Ces barrages, comme celui d’Assouan, ne doivent présenter aucun obstacle à l’écoulement des eaux pendant la crue, afin d’éviter tout dépôt de sédiment à l’amont. De plus, comme le lit du Nil est formé de sables très mobiles, ces barrages doivent être établis sur un radier de dimensions suffisantes pour éviter tout affouillement du lit pendant les crues.
- C’est dans cet ordre d’idées qu’ont été construits : 1° le barrage d’Esneh à 4 76 km en aval d’Assouan,
- par des piles-culées de 4 mètres d’épaisseur. Les ouvertures de 11 m. 50 de hauteur sont terminées à leur partie supérieure par une voûte au-dessus de laquelle se trouve une voie charretière de (5 mètres de largeur s’étendant sur toute la longueur du barrage. Toutes ces ouvertures sont munies de vannes métalliques du système Stoney manœuvrées par un treuil, actionné lui-même par un moteur à pétrole, et pouvant circuler sur des rails disposés sur la voie charretière. Les vannes peuvent être élevées au-dessus des ouvertures de manière à laisser celles-ci complètement libres au moment de la crue et éviter tout dépôt de sédiment et, lors des basses eaux, elles peuvent être abaissées de manière à pouvoir maintenir à l’amont le niveau du Nil à la hauteur voulue.
- A l’extrémité ouest du barrage se trouve une écluse de 80 mètres de longueur et de 16 mètres de largeur, munie de portes métalliques à deux vantaux, permettant le passage des bateaux circulant sur le Nil.
- La superstructure du barrage (fig. 4) repose sur un radier de 50 mètres de largeur dans le sens du
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- courant du ileuvo et de 5 mètres d’épaisseur, composé à la partie inférieure d’une couche de béton de
- 1 mètre d’épaisseur et, à la partie supérieure, d’un massif de blocage en granité de 2 mètres d'épaisseur. Afin d’éviter les all’ouillements pouvant résulter du passage des eaux au-dessous de ce radier, eelui-ei est muni à l’amont et à l’aval d’un rideau formé de palplanches jointives en fonte enfoncées dans le sable qui forme le lit du fleuve, à une profondeur de 4 mètres au-dessous du radier. À l’amont, celui-ci est prolongé par un massif d’enrochements de 2 m. 50 d’épaisseur et de 20 mètres de longueur et, à l’aval, par un autre massif d’enrochements de
- 2 mètres d’épaisseur et de 40 mètres de longueur, de telle sorte que la longueur totale du radier est portée à 86 m. 50.
- Les travaux du barrage d’Esneh, entrepris par M. John Aird, sous la haute direction du directeur général des Réservoirs, M. Murdoch Macdonald, ont duré trois années et ont été terminés au commencement de 4909.
- Ajoutons que certaines régions irrigables de la vallée du Nil et notamment dans le Delta, se trouvent à un niveau supérieur à celui des eaux des grands canaux d’irrigation alimentés directement par le Meuve et ne peuvent être irrigués par ces canaux. On a donc dû, dans ces cas spéciaux, établir des usines élévaloires. Ce sont de puissantes usines à vapeur munies de pompes centrifuges, qui aspirent l’eau dans les canaux régulièrement alimentés, l’élèvent de plusieurs mètres et l’évacuent dans des canaux
- plus élevés qui irriguent de vastes étendues, et en assurent la fertilité.
- L’une des plus intéressantes de ces installations est celle cjui dessert le plateau de Wadi-Kom-Ombo, dont, nous reproduisons une coupe (fig. 0) et dont les ligures 5 et 7 montrent, l’une l’estacade servant de support aux tuyaux d’aspiration des pompes centrifuges et l’autre un des canaux d’irrigation.
- Résultats financiers.— Il serait intéressant, avant de terminer, de résumer les avantages pécuniers résultant de la construction du barrage d’Assouan et des barrages régulateurs qui, comme nous l’avons dit, ont permis les irrigations perennes et la culture sur une grande échelle du coton et de la canne à sucre. Mais, pour cela, il nous faudrait dépasser les limites de cet article déjà bien long. Nous nous contenterons de dire que le prix des terrains irrigués a passé de 5500 francs l’hectare au prix de 6800 francs et que le revenu annuel de l’hectare qui, avant les irrigations perennes, était de 440 francs est passé à 450 francs. Si on ne considère que l’Egypte moyenne dont la surface irriguée est de 200 000 hectares environ, l’augmentation de revenu annuel atteint plus de cinquante millions.
- 11 n’est donc pas douteux que les dépenses considérables du barrage d’Assouan et des barrages régulateurs seront largement payées dans un court espace de temps et laisseront un bénéfice considérable aux propriétaires des terrains irrigués et au gouvernement égyptien. R. Bonnin.
- CHRONIQUE
- L’invention du papier et de l’imprimerie. —
- Les Chinois nous ont devancé dans l’invention du papier et de l’imprimerie. M. A. Parker l’affirme dans une savante étude publiée par la Revue Asiatic quarterly.
- Primitivement les Chinois écrivaient sur des feuilles de bambou cousues ensemble, puis sur des tablettes de bois. Le vernis d’abord, l’encre ensuite servirent à tracer les caractères de l’écriture. Depuis l’antiquité la plus reculée, un bâtonnet enduit de vernis était aussi employé pour écrire sur des étoffes de soie. Au cours des deux siècles qui précédèrent Père chrétienne, l’usage du pinceau et d’une soie de qualité inférieure, fabriquée avec des déchets, lit abandonner la feuille de bambou.
- Un peu plus tard, en l’an 405, Ts’ai Lun eut l’idée de faire du papier avec des fibres de chanvre, de vieux filets, des guenilles, matières d’une valeur beaucoup moindre que la soie. A partir de ce moment, on vit des papiers de diverses espèces, confectionnés avec des feuilles de mûrier, des feuilles de bambou, et même des papiers plus grossiers, servir à l’écriture.
- En même temps, on inventait le pinceau; la fabrication de la bonne encre dans laquelle n’entraient ni vernis, ni suie, ni charbon de bois, devenait un art au me siècle.
- L’étape qui a conduit à l’imprimerie fut franchie beaucoup plus têt qu’on ne le croit généralement. Depuis longtemps les scribes savaient prendre avec du papier les empreintes des vieilles inscriptions et des spécimens de
- calligraphie gravés sur pierre. Par ce procédé, les caractères en creux une fois copiés paraissaient en blanc, tandis que le fond du papier appliqué par pression ou par frottement sur la surface de la pierre encrée, devenait noir. Le système contraire consistant à tailler le bloc de pierre de façon que l’inscription soit en relief, fut pratiqué, en Chine, dès l’an 593 après J.-C. En effet, c’est à cette date que, par ordre d’un empereur d’une dynastie nouvelle, — suivant l’expression chinoise — des (( images » vraisemblablement du Bouddha, et des « écritures )) (en sanscrit, ou en chinois, on ne sait au juste) furent « sculptées dans des tables de bois ». Pendant la période qui s’étend de 618 à 906 — on ne peut donner de date plus précise — il est certain‘que des livres d’une importance secondaire furent « imprimés sur papier » au moyen de « tablettes de bois » et « vendus dans des librairies ». Chose curieuse, ce fut un prince turc, gouverneur du nord de la Chine, à qui revient l’honneur d’avoir fait imprimer les Hvres classiques de Confucius pour la première fois en 932.
- A partir de l’année 954, les étudiants chinois purent se dispenser du pénible travail de copier les livres dont ils avaient besoin. De 1044 à 1049, il est question de caractères mobiles en terre cuite. Des caractères mobiles en cuivre furent en usage de 1368 à 1643.
- Gutenberg, on le voit, ne fut pas le seul inventeur de l’imprimerie. Norbert Lalijé.
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- LA FUSION DES MÉTAUX PAR LES HUILES LOURDES
- Les grandes usines américaines qui travaillent le bronze, la fonte et l’acier coulés, emploient depuis
- Fig. /. — Le four Schwartz et la poche à couler.
- quelque temps des fours d’une conception toute nouvelle pour la fusion de ces métaux.
- Dans la plupart de nos usines françaises, les métaux sont fondus au creuset; les creusets sont fragiles, il arrive souvent qu’ils se fendent ou se brisent dans le four qui les chauffe et le métal est alors perdu en tout ou partie; les creusets sont coûteux aussi; mais l’inconvénient capital de cette ancienne méthode est la mauvaise utilisation du combustible, la majeure partie des calories qu’il fournit étant perdues dans le four et sa cheminée.
- La méthode nouvelle, au contraire, supprime le creuset fragile et coûteux et enferme le métal et la 11 anime dans un petit espace clos, où toutes les calories produites sont utilisées à la fusion et au besoin à la modification du métal.
- Nous citerons, comme exemple d’application de cette méthode rationnelle, les fours oscillants Schwartz employés par l’Ohio Brass C° foundry qui est la plus grande fonderie de cuivre du monde entier, par la Hewitt manufacturing C° de Chicago, la Westinghouse electric de Pittsburgh et nombre d’autres usines d’outre-Atlantique.
- Le four Schwartz emploie spécialement les huiles lourdes ou les huiles de goudron qui sont généralement très bon marché. Il se compose d’une calotte sphérique en tôle d’acier, surmontée d’une partie tronconique, le tout garni intérieurement de briques réfractaires d’épaisseur suflisante.
- L’appareil repose par deux tourillons sur deux bâtis en fonte disposés de chaque côté du four; ces deux pieds se posent sur un sol quelconque, sans
- nécessiter de fondations spéciales; le four n’exige pas non plus de cheminée, d’où premières et considérables économies d’installation. Au sommet de la partie tronconique esL une ouverture de chargement, fermée par une porte à charnière et, vers le bas, se trouve l’ouverture de coulée qui sert aussi au dégagement des gaz de la combustion. La forme sphérique du four permet de donner au bain de métal fondu une épaisseur convenable, tout en olifant à la chaleur la plus grande surface possible.
- L’huile lourde arrive, sous une pression d’un et demi à deux atmosphères, par une petite tubulure, à deux orifices pulvérisateurs réglables par des robinets très précis. L’air, soufilé par un ventilateur quelconque, est amené par un gros tuyau à la partie supérieure du four à des pressions variables selon la nature du métal à fondre : 500 à 750 millimètres d’eau pour le cuivre et le bronze; 700 à 1400 millimètres pour la fonte ou l’acier. L’air rencontre immédiatement l’huile pulvérisée et la flamme produite dans la partie supérieure du four est entièrement renvoyée et concentrée sur le métal à couler contenu dans la calotte sphérique inférieure. La partie supérieure du four constitue ainsi, grâce à sa forme conique, un réverbère très efficace. Le réglage de la flamme se
- Fig. 2. — Le four en position de chargement.
- fait aisément par la manœuvre convenable des robinets d’huile et des vannes d’air; on peut ainsi obtenir à tous les degrés des flammes oxydantes ou réductrices, selon les nécessités du travail.
- Le contrôle de la température est aussi très facile et la coulée se fait exactement à la chaleur
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- FUSION DES MÉTAUX PAR LES HUILES LOURDES ...157
- désirée; la composition du métal avant et après la iusion est sensiblement la même, mais on peut la l'aire varier pendant la fusion par l’addition de phosphores, ferro-silicium, manganèse, etc.
- taires est d’environ t) à 10 mois. Ainsi qu’on le voit par cette brève description, les fours américains à l’huile lourde présentent donc sur nos anciens procédés de fonderie les avantages d’être portatifs, précis,
- Fig. 3. — Batterie de huit fours Schwartz à la llcwill manufacluring C" de Chicago.
- Dans la fusion de la fonte ou de l’acier, on constate une légère diminution de silicium, manganèse, soufre, phosphore et graphite, mais par contre, le carbone combiné est en plus grande proportion.
- La fusion terminée, on fait basculer le: four au moyen d’un volant et d’un engrenage puissant et le métal s’écoule directement dans la poche à couler; on évite ainsi l’opération, si dangereuse pour les ouvriers, du retrait des creusets hors du four; il n’y a ici ni crasses ni cendres sur le métal en fusion.
- La capacité des fours Schwartz varie depuis 50 kg jusqu’à 8 tonnes, d’est dire qu’ils permettent de fondre d’un seul coup des pièces très considérables ; la durée des chaudes est de 50 à 60 minutes, ce qui permet de faire avec un seul four de 5 à 10 coulées par jour; enfin la durée des garnitures réfrac-
- rapides et économiques, tout en supprimant la peine et les dangers pour les ouvriers. Ils introduisent, en l'ait, une véritable révolution, dans cette industrie si importante qu’est la fonderie de cuivre et de ses alliages.
- C’est ainsi que la fonderie Hewit à Chicago produit avec huit fours Schwartz cinquante-cinq tonnes de bronze par neuf heures de travail ; elle n'emploie cependant quohuit hommes pour assurer le chargement et le réglage de ces huit fours, ainsi que pour le décrassage et les coulées.
- L’aspect de-nos anciennes fonderies encombrées de charbon, de cendres et de fumées, n’est en rien comparable à celui des fonderies américaines avec leurs fours perfectionnés et il est désirable de voir nos industriels s’inspirer de cet exemple, dans leur intérêt et dans celui du bien-être de leurs ouvriers. René Champly.
- Fig. 4.— Deux fours Schwartz pendant la chaude.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 août 1909. — Présidence de M. E. Picard.
- La planète U ma us. — M. Baillant! présente un Mémoire d’un astronome d’Upsal donnant des indications sur les éléments des satellites intérieurs de la planète Uranus et sur les éléments de cette planète. L’excentricité des orbites des deux satellites est de 0,007 et 0,008 ; elle est donc faible. Quant à Uranus son aplatissement serait de 1/20, chiffre deux fois plus petit que celui donné
- par M. Scliiaparelli ; la masse serait ,• celle du soleil
- étant prise pour unité, la densité serait de 1/C de la densité de la Terre.
- Mollification des trypanosomes par le passage dans le sang d'animaux. — MM. Laveran et Pettit ont entrepris de vérifier, qu’ainsi qu’il a été annoncé, les trypanosomes, après s’être multipliés dans le sang de certains animaux, éprouvent des modifications. Des trypanosomes qui 11’exercent sur le rat qu’une faible action pathogène peuvent-ils, après multiplication dans le sang d’une couleuvre et introduction dans le sang d’un rat, déterminer une maladie mortelle? Les expériences de MM. Laveran et Pettit ont fourni un résultat négatif. Les auteurs ont alors reconnu que les expériences qui avaient conduit à des résultats positifs comportent deux causes d’erreur. D’abord le sang de couleuvre est toxique pour le rat ; ensuite les opérations pratiquées sur la couleuvre laissent subsister de petites plaies par lesquelles des bactéries pénètrent, de telle sorte que le rat succombe en réalité à une septicémie provoquée par les bactéries et non à l’action du trypanosome. MM. Laveran et Pettit dans leurs expériences ont constaté, eu effet;, que le nombre des trypanosomes augmentait d’abord dans le sang de la couleuvre, puis qu’ils finissaient par disparaître. La question étudiée a une grande importance, car en réalité il s’agissait de savoir si les caractères spécitiques des trypanosomes sont lixes ou s’ils peuvent se modilier en passant du sang d’un mammifère chez un animal à sang froid.
- Dosage rapide de Valuminium. — M. A. Gautier communique un procédé, imaginé par M. Kohn Abrecht, pour le dosage rapide de l’aluminium métallique. L’auteur réduit le métal à l’étal de limaille très line. Puis après l’avoir placée dans un tube, il fait passer de l’hydrogène qui chasse l’air et enfin de l’acide chlorhydrique qui forme du chlorure d’aluminium, lequel est entraîné dans un flacon où il est ensuite dosé.
- Inconvénient de la pasteurisation du lait. — M. Dastre résume un travail de M. Barillé, pharmacien
- militaire, relative au lait pasteurisé. L’auteur signale l’existence dans le lait non pasteurisé de carbonoplios-phates de chaux. Il analyse les phosphates solubles ou insolubles ainsi que ces carbonophospliates. La pasteurisation détruit l’équilibre de ces substances et par une précipitation détermine une déminéralisation du lait. Cette déminéralisation, caractérisée par une décalcilication partielle, entraîne 1/5 de l’acide phospborique total. Le calcium entrant dans la synthèse biochimique de la charpente osseuse et jouant un rôle considérable dans l’ionisation du plasma sanguin dont il régularise la coagula-bilité, il conviendra de tenir compte de l’indication, en ce qui concerne les jeunes enfants qui ne peuvent tirer que du lait le phosphate qui leur est nécessaire1. M. Barillé ajoute qu’il a constaté que les combinaisons carbonophosphalées résistent à faction des radiations ultraviolettes. La stérilisation du lait par ces radiations présenterait donc des avantages sur la pasteurisation.
- Pour avoir du bon beurre. — MM. Dornie et Daire exposent dans une Note présentée par M. Miinlz qu’il est facile de préparer du beurre se conservant de longs jours sans rancir. D’après les auteurs, le rancissement du beurre ne provient pas du lait lui-même; mais des microbes contenus dans l’eau qui sert au lavage. E11 stérilisant cette eau au moyen des rayons ultra-violets d’une lampe électrique à vapeur de mercure, on fait disparaître ces organisme^ nocifs et l’on obtient du beurre qui se conserve parfaitement pendant fort longtemps.
- Lumière ultra-violette et toxine tétanique. — M. Dastre résume une Note de MM. Victor-Henry et Cerno-vodéanu : ces auteurs étudient l’action de la lumière ultra-violette sur la toxine tétanique, et montrent que cette action dépend du degré de concentration de la toxine et qu’elle croît en raison directe du carré du temps d’exposition.
- La croissance des fucus. — M. Mangin présente une Note de M. Ilariot sur la croissance des fucus que les habitants des bords de l’Océan utilisent pour l’amélioration des terres. M. Ilariot, qui est assistant de cryptogamie au Muséum, a observé à Sainl-Yaast-La lfougue des rochers qui avaient été grattés au mois de novembre 1908. Au mois de juin 1909 les premières pousses ont seulement apparu et un mois plus lard elles n’atteignaient que 2 à 6 millimètres. L’auteur conclut que la croissance des fucus est très lente. Gu. du YnxiiDisun.
- LE GÉOGRAPHE
- LA PREMIÈRE CARTE
- Les lecteurs de La Nature n’ignorent point que pour représenter le relief terrestre sur la surface plane d’une carte, on se sert de courbes d'égal niveau désignées plus spécialement sous le nom d’isohypses ou d’égale altitude quand elles, s’appliquent aux continents et d'isobathes ou d’égale pro-
- FRANÇAIS BUACHE
- ET
- DU RELIEF SOUS-MARIN
- fondeur lorsqu’elles sont océaniques. Après avoir criblé la surface du sol de mesures directes d’altitude à l’aide du baromètre, de nivellements ou de sondages, on calcule la cote positive ou négative de chaque point au-dessus ou au-dessous d’un plan origine fixe qui est le plus souvent celui du niveau
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- = ......—; : PREMIÈRE CARTE DU
- de la mer et on en inscrit le chiffre sur la carte aux points correspondant à ceux observés sur le terrain. Ces chiffres, qui ne fournissent encore aucune image matérielle du relie!', permettent cependant de l’obtenir. Il suffit, en effet, d’entourer d’une double ligne courbe continue, se fermant sur elle-même, l’ensemble de tous les points dont les cotes sont comprises entre deux intervalles d’altitude ou de profondeur quelconques, égaux entre eux et préalablement choisis écartés de un, dix, cent, cinq cents mètres, moins ou davantage, selon le cas. Chaque aire ainsi délimitée est l’image d’un plan de niveau du sol lui-même de sorte que les isobathes et iso-hypses successives sont, pour ainsi dire, les contours de l’Océan si l’on suppose que, sur le globe entièrement asséché, l’eau arrive et prend les diverses bailleurs comprises entre le fond actuel des mers et le sommet des plus hautes montagnes aux intervalles choisis pour séparer les diverses aires isobathes ou isohypses. On rend l’aspect général plus frappant aux yeux en recouvrant chaque aire d’égal niveau d’une (ointe plate lavée, bleue pour la mer, bistre pour les terres, d’autant plus foncée qu’elle correspond, dans un sens ou dans l’autre, à des distances plus éloignées du plan origine.
- Ce mode de figuration donnant le relief d’une façon si simple et en même temps si précise, est dû à un géographe français, Buache, qui l’employa pour la première fois sur une carte de la Manche présentée en manuscrit en 1757 à l’Académie des sciences et publiée en 1752 dans le Recueil des Mémoires de la compagnie ; c’est ce document dont nous donnons ici la copie.
- Philippe Buaclie, né à Paris le 7 février 1700, entra dès l’âge de vingt et un ans au Dépôt des caries, plans et journaux de la Marine, sous les auspices du' géographe Claude Delisle, dont il épousa plus lard la iille, et il resta pendant dix-sept années attaché à ce service. En 1729, il obtint le titre de premier géographe du roi et devint, en 1750, membre de l’Académie des sciences, dans la section de géographie, précisément créée à cause de lui. Il mourut à Paris, le 24 janvier 1775, après avoir dressé un grand nombre de cartes originales sans compter celles antérieurement publiées par Delisle et qu’il dut retoucher, affti de les mettre au courant des découvertes géographiques qui jamais ne se succédèrent plus rapidement que pendant le xviu0 siècle; il écrivit en outre divers mémoires presque tous insérés dans les recueils de l’Académie.
- La carte gravée de la Manche, de Buache, possède une dimension de 517x245 millimètres; les méridiens espacés de 26,5 millimètres partent de l’ile de Fer, supposée située à 20 degrés 0. exactement de Paris; le carroyage n’est indiqué que sur les bords, et les degrés de latitude, égaux entre eux, ont une longueur de 58,5 millimètres. L’échelle est donc de 1/4 200 000e environ à l’équateur. Elle porte un profil en long du fond suivant une ligne brisée menée à peu près par le milieu de la Manche, tra-
- REL1EF SOUS-MARIN ===== 159
- versant le Pas de Calais et se prolongeant dans la mer du Nord, à égale distance des côtes anglaises, d’une part, belges et hollandaises, d’autre part. Elle accompagne un mémoire intitulé : « Essai de Géo-« graphie physique où l’on propose des vues géné-« raies sur l’espèce de charpente du Globe, com-« posée des chaînes de montagnes qui traversent « les mers comme les terres, avec quelques conseil dérations particulières sur les différents bassins <( de la mer et sur sa conliguration intérieure par « M. Buache. » (Histoire de l'Académie Royale des Sciences, année MDCCLII, pages 599-416.)
- L’auteur imagina son procédé, si parlait qu’il est encore maintenant employé sans avoir subi la moindre modification, dans le but de vérifier une idée préconçue. Un savant guidé par les mille connaissances qui sont le précieux résultat de son existence entière de travail, a le devoir, en effet, de s’efforcer de relier entre eux et de résumer les faits isolés observés par lui, au moyen de quelque hypothèse théorique de généralisation destinée à être une loi naturelle, mais qui ne le deviendra réellement qu’après avoir été soumise au contrôle de l’expérience, seul capable d’affirmer son exactitude ou son inexactitude.
- L’idée de Buache était la suivante : si à un moment de l’histoire passée de la Terre, le globe tout entier avait été recouvert par les eaux, et si, plus tard, celles-ci avaient éprouvé une diminution progressive, le contour océanique, si on en avait alors dressé la carte, n’aurait d’abord montré qu’une série d’îles isolées constituées par les sommets des plus hautes montagnes. Puis, le contour s’élargissant, les montagnes auraient apparu sous forme de chaînes continues et, en dernier lieu, les plaines terrestres. Tel est le contour océanique indiqué sur nos allas actuels. Les eaux continuant à décroître, le contour de l’Océan changerait encore, entourerait des continents et des îles toujours plus étendus, des montagnes aujourd’hui sous-marines, s’exondant progressivement, viendraient continuer les chaînes continentales et finiraient par se souder les unes aux autres, jusqu’à ce que le lit océanique lût réduit à quelques flaques d’eau éparses, îles liquides constituées par les abîmes de nos mers actuelles, images négatives des cimes les plus élevées de nos montagnes.
- La surface du globe asséché apparaîtrait comme un accolement de cuvettes irrégulières ou bassins aux bords surélevés s’anastomosant entre eux comme une sorte d’ossature. Le recouvrement complet du globe par les eaux, suivi par la diminution progressive du volume de celles-ci, énoncé par de Maillet et plus tard appuyé de l’immense autorité de Buffon, demeura un dogme scientifique absolu pendant la durée entière du xvme siècle. Buache était ainsi amené à accorder une extrême importance à la notion de bassins bordés en guise de bourrelets par des chaînons montagneux et rendus apparents, sur les continents, par le réseau des eaux courantes
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- dont ils provoquent la formation, ruisseaux, rivières et fleuves se déversant dans la mer par une unique embouchure. 11 admettait que le lit sous-marin actuel était essentiellement la contre-partie de la surface continentale subaérienne.
- Dans les termes où Buache l’énonçait et en donnait une image anticipée sur une seconde carte dans le mémoire même contenant la carte bathymétrique de la Manche, l’hypothèse pouvait paraître un peu exagérée. Elle le semblerait moins aujourd’hui que la science a appris à tenir compte des diverses causes qui concourent à augmenter l’irrégularité du modelé continental et à atténuer celle du modelé
- Carte Physique et Profil du Canal de la JUanchb a d’une partie de. tu. Mer du.
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- Cou l’te 7°suivant Liant
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- Avertissement. /. de Croud.
- L 'Auteur présenia en cl l'Acade &
- des Je. ce Plan f7o/,viçue delais oncho en manuscrit et celui de l'Ooéativcrs tEquateur, pour montrer comment-sefontlesjoncdonsdes Terres, soit prochaines, soit éloùfruies
- f jo j5 ào LicuerAlarmes ^1*,
- mnmiiiii liiiiïïmi'i ' (saagg ^
- iJ zo 3J So JS 40 tuCbmmimes &
- trer régulièrement dans le présent et dans l’avenir les perfectionnements à nos connaissances du relief sous-marin dus aux innombrables sondages auxquels se livrent les marines de toutes les nations.
- Un auteur Allemand, Licka (Zur Geschichte (1er Isohypsen, Zeitschrift fur Vermessungswesèn Bd. IX, p. 40) prétend que le procédé des courbes d’égal niveau avait été employé en 1728 par un ingénieur hollandais du nom de Cruquius pour le levé du plan de la Menvede, cours d’eau d’une vingtaine de kilomètres à peine entre les villes de Dordrecht et de Gorkum et qui est un prolongement du Waal, l’une des multiples branches .par lesquelles le Rhin tra-
- sous-océanique. Quoi qu’il en soit, les faits seuls ont à donner le dernier mot. L’auteur comprenait si bien la nécessité de l’extension des cartes marines bathymétriques que dès l’année suivante, en 1753, il présentait à l’Académie un mémoire intitulé : « Parallèles des fleuves des quatre parties du monde « pour servir à déterminer les hauteurs des mon-« tagnesdu Globe physique de la Terre qui s’exécu te « en relief au dôme du Luxembourg » (Histoire de iAcadémie Royale des Sciences, année 1755, publiée en 1757) où il annonçait la mise en train d’un globe en relief de 9 pieds de diamètre exécuté d’après les mêmes principes. C’est ce projet qu’a repris la Commission de Wiesbaden en donnant en 24 feuilles à l’échelle du dix-millionième la grande carte bathymétrique des Océans destinée à enregis-
- verse les plaines basses de la Hollande avant de se jeter dans la mer du Nord. Je n’ai pu me procurer de renseignements sur ce Cruquius qui aurait ainsi imaginé des isobathes en apparence bien peu utiles pour une rivière à si faible pente. Je n’ai pas été plus heureux pour l’ingénieur français Millet de Mu-reau qui, en 1748, d’après Licka, aurait sur des plans de forts, eu le soin de marquer près de chaque point nivelé, le chiffre de sa cote d’altitude. Le procédé n’est d’ailleurs qu’un simple acheminement à la méthode graphique de Philippe Buache qui, dès 1757, en avait affirmé l’application aussi bien aux terres qu’à l’Océan. J. Thoulet.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Ffcurus, 9.
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- la nature.
- N° 1890.
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- 14 AOUT 1909.
- LA DÉCOUVERTE DE L’AMÉRIQUE AU XIVe SIÈCLE
- Fig. î. — La pierre gravée du Minnesota, attestant la présence de Scandinaves en Amérique en t3Ô2.
- Nous donnons ci-joint la photographie d’une pièce archéologique très remarquable. Elle paraît bien démontrer, en effet, — par un témoignage écrit, daté, et en place, — que, dès le milieu du xivc siècle, c’est-à-dire près 150 ans avant Colomb, des marins Scandinaves avaient organisé vers l’Amérique un voyage au moins de découverte.
- D’après les indications que nous fournit le professeur américain, M. H.-R.
- Roland, qui a bien
- voulu très obligeamment nous communiquer les renseignements que nous utilisons en ce moment, et comme le montre d’ailleurs notre gravure, ce document est un rocher de granité, portant une inscription en caractères runiques — c’est-à-dire Scandinaves — dont voici la traduction :
- « Huit Goths [Suédois] et vingt-deux Norvégiens en voyage d'exploration du Vinland [Nouvelle Ecosse] vers l'Ouest. Nous avons campé près de deux rochers dans l'eau à une journée au Nord de celte pierre. Nous avons péché pendant un jour. Au retour nous avons trouvé dix hommes rouges, couverts de sang et morts. Ave Maria !
- Gardez-nous du malheur ! — Nous avons dix hommes à la mer, veillant sur notre vaisseau, à 41 jours de cette île. Année 1362. »
- Cette pierre fut trouvée à 4 milles au N.-E. du
- petit village de Kensington (Minnesota), sur un îlot perdu dans un grand marécage, et dans des conditions, décrites par M. Roland, qui ne laissent apparemment aucune place à l’hypothèse d’un faux ou d’une mystification, car des témoignages, qui semblent peu contestables, paraissent'bien prouver
- 37e année. — 20 semestre.
- Fig, 2. — La même pierre, autre partie de Vinscription.
- qu’elle devait déjà se trouver à cette place dès 1858. Tout semble, au contraire, militer en faveur de son authenticité. Cette expédition,
- accomplie au xive siècle par des Scandinaves en Amérique, serait donc ainsi historiquement certaine. Si le fait est réel, et si la connaissance en est précieuse, et en même temps remarquable par la précision du texte qui l’apporte, il ne faut pas oublier d’ailleurs qu’il n’y a dans cette découverte rien de
- paradoxal, rien qui ébranle les doctrines connues, ni même pour ainsi dire — à part l’excellence du document — rien de totalement imprévu. Si l’on croyait en effet, comme cela a lieu trop fréquemment encore dans le grand public, que, depuis le voyage effectué en Amérique vers l’an 1000 par le Scandinave Erickson, jusqu’à la découverte de Colomb à la fin du xve siècle, le monde occidental est demeuré, pendant cinq siècles, dans une entière ignorance du continent américain, on se tromperait singulièrement : il y a longtemps déjà qu’une étude soigneuse des documents islandais, notamment, a permis de reconnaître que plusieurs voyages eurent lieu d’Europe en Amérique, pendant cet intervalle, et, au témoignage de M. H. R. Roland, il n’y a pas moins de 23 documents, originaires d’Allemagne, d’Islande, du Groënland et de Rome, attestant que l’Amérique avait été plus d’une fois visitée pendant la période précolombienne. Toujours d’après M. Roland, l’un des plus intéressants de ces documents, qui figure dans des Annales islandaises, raconte l’aventure de 18 Groënlandais, échoués par suite d’un naufrage sur les côtes d’Islande, et passant
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- 162 =========_= DRAINAGE DE LA VALLEE DE MEXICO
- de ce pays en Norvège, où, suivant la démonstration du professeur Storm, ils séjournèrent plusieurs années. Ils y déterminèrent naturellement — du moins c’est probable — un vif intérêt pour la mystérieuse contrée d’où ils étaient originaires, et, vus de beaucoup de gens, ils eurent sans doute l’occasion de faire des récits propres à exciLer la curiosité. Notre savant et ingénieux correspondant se demande si celle-ci n’alla pas jusqu’à faire décider en Europe l’entreprise d’une expédition de reconnaissance vers le continent inconnu, et si la trouvaille de Kensington ne serait pas l’exhumation d’un des témoins laissés sur leur passage par les explorateurs.
- Nous n’avons pas à juger cette hypothèse. La seule chose à retenir c’est le témoignage, qui parait indubitable, de la présence d’Européens en 1562
- dans l’Amérique du Nord. Ajoutons d’ailleurs qu’à nos yeux Christophe Colomb n’en demeure pas moins celui (pii a découvert l’Amérique — comme Papin est celui qui a inventé la machine à vapeur. 11 y a peu d’inventions ou de découvertes modernes — même des plus illustres — dont on ne puisse découvrir l’existence à une date très antérieure, quelquefois jusque dans l’antiquité classique. Mais il n’est pas nécessaire de réfléchir beaucoup pour juger de toute la différence qu’il y a entre les réelles découvertes — laites en pleine connaissance de cause, et dans un milieu social apte à les retenir — et leurs anticipations, même les plus brillantes, faites sans que souvent leur auteur en ait saisi la portée, et à un moment où elles étaient socialement prématurées.
- Jhan-Paui. Lafitti;.
- LE DRAINAGE DE LA VALLÉE DE MEXICO
- Grâce à son canal de drainage, qui fonctionne maintenant d’une façon parfaite, la ville de Mexico et les nombreux centres de population qui parsè-
- exode prendrait fin à l’endroit où leur apparaîtrait « un aigle perché sur un nopal et dévorant un serpent », triple symbole que conservent les armes de
- L'écluse du canal de drainage de Mexico.
- ment la vallée de même nom sont à l’abri des terribles inondations qui ravagèrent périodiquement la contrée pendant les siècles passés.
- Quand les Aztèques, émigrés probablement du haut bassin du Missouri, partirent à la conquête d’une nouvelle patrie, n’ayant d’autre « boussole » que l'aiitique prédiction qui promettait que leur
- la république mexicaine, ils furent sans aucun doute retenus par la beauté de cette immense vallée, amphithéâtre d’une superficie de 7000 km, fermé par une chaîne de montagnes, et parsemé de lacs qui ne pouvaient que faciliter les communications, tout en constituant à. la - capitale du futur empire des ouvrages de défense.
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- L’ELECTRO-SOUDURE :=——:------- 163
- De lait, le Mexico de l'époque précolombienne était protégé par un réseau fort compliqué de canaux et de digues que les tribus révoltées tentèrent vainement de franchir à diverses reprises. Et l’on sait que l’armée de Cortez faillit y laisser son dernier homme, quand elle évacua précipitamment la ville.
- Au cours des siècles, la vallée; s’assécha rapidement. Les lacs devinrent des lagunes aux eaux pestilentielles', qui’ causèrent trop souvent de meurtrières épidémies. Pendant la saison des pluies, leur niveau montait parfois de plusieurs mètres en quelques heures, et l’inondation ravageait les pueblos. Aussi, dès les débuts de l’occupation espagnole, se préoc-cupa-t-on d’assurer un écoulement à leurs eaux en creusant à NochisLongo un tunnel de. 1 (),(> km de longueur et 5 m. 50 sur -4 m. 20 de section. Mais l’ouvrage avait été expédié en moins d’un an, et s’écroulait bientôt.
- En 1037, le vice-roi le lit remplacer par une tranchée qui ne fut terminée qu’en 1789. Bien qu’elle eût 00 mètres de profondeur maxinia, elle n’olfril aux eaux qu’un écoulement insuflisant. Ënlin, en 1800, un ingénieur français, M. François de Caray, commença le percement d’un tunnel, mais dut suspendre, les travaux à la chute de l’empereur Maximilien. Lis ne furent repris qu’en 1885, pour se terminer en 1898. L’écluse que représente notre photographie ne lut posée que quelques années plus tard.
- Le canal, qui a -40 km de longueur, 5 à 0 mètres de largeur, et 9 à 22 mètres de profondeur, avec 9 pour 100 de pente, ne sert pas qu’à drainer les eaux des lacs Tecxoco, Chalco, Xochimilco, San-Cris-lobal, Xallocan et Zumpango. 11 est en outre utilisé pour l’évacuation des eaux d’égout vers le golfe du
- Mexique.
- L’ELECTRO-SOUDURE
- Lu soudure électrique est rime des premières applications de l’arc voltaïque. Mais ce n’est que depuis peu qu’elle a pris une réelle importance pratique, et celle-ci va en augmentant tous les jours.
- En 1881, Siemens, à la suite de nombreuses expériences laites sur des lils de cuivre de à 3 millimètres de diamètre, lut frappé du degré de résistance mécanique des points de soudure, résistance qui dépassait, de beaucoup,* celle des autres' soudures connues à cette époque. Quelques années plus tard, en 1887, les recherches de Ries amènent de nouvelles constatations intéressantes, et enlin, la même année, Joule établit les règles de l’élec-Iro-soudure. C’est à dater de ce moment, que commencent, les véritables éludes de mise en pratique industrielle du procédé. Les modes d’emploi peuvent se classer en deux catégories distinctes : le premier dù à Eliliu Thomson, consiste dans une utilisation prati-
- que de reflet Joule ; le second, basé sur l’application judicieuse des hautes températures produites par l’arc voltaïque est dù à Ber-nardos et Slavia-noff.
- Le premier système, connu sous le nom de Soudure par rapprochement oupar incandescence, consiste essentiellement à placer l’une contre l’autre, les pièces ou parties de pièces à souder. On ferme ainsi un circuit, par lequel on fait passer un courant d’une intensité suffisante, pour porter le métal à la température voulue. La soudure est alors obtenue par pression, en rapprochant convenablement les parties à souder. 11 va de soi que les intensités de courant nécessaires pour ces opérations varient avec le volume et la structure intime des pièces à souder ; elles sont toujours très fortes. Les avantages de ce système sont la régularité du travail, l’absence totale de danger pour l’opérateur. Enlin, le métal n’est ni arraché ni modilié dans sa structure intime. Mais la
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- L’ÉLECTRO-SOUDURE
- méthode exige, pour chaque genre de travail, des dispositifs ou des machines spéciales, toutes plus ou moins compliquées.
- La deuxième méthode, qui utilise la chaleur de l'arc voltaïque, a l’inconvénient de modifier un tant soit peu la composition du métal, en le fondant. Mais il y a lieu de remarquer, cependant, que celte fusion même permet tle faire épouser au métal les formes que l’on désire, en
- n'importe quel point d’une pièce donnée. D’autre part, l’arc voltaïque de haute intensité produit des effets physiologiques que l’on ne peut passer sous silence. Il peut donner naissance à de véritables cas d’insolation; il a sur les yeux des eIlets très nuisibles. L’impression douloureuse! (qui en résulte s’accroît avec la longueur et la durée de l’arc. Ces inconvénients peuvent être, toutefois, évités. Il suffit de protéger l’ouvrier par des verres colorés, et de garantir sa ligure et scs mains au moyen d’un masque et de gants de cuir. Il importe aussi, afin de soustraire aux dangers d’ophtalmie le personnel occupé aux travaux de soudure, d’éviter, dans les ateliers, la présence simultanée de lumières d’intensités différentes. Aussi, les établissements métallurgiques qui possèdent plusieurs postes de soudure, les installent-ils dans des locaux séparés, où ils s’efforcent de diffuser la lumière de façon régulière. Les salles de soudure doivent, de plus, être convenablement aérées.
- Dans les deux méthodes générales que nous venons d’exposer, on peut indifféremment utiliser le courant continu, ou le courant alternatif; ce dernier, dont le rendement calorifique parait être le plus élevé, est d’ordinaire préféré dans le procédé de soudure par incandescence.
- Procédé par rapprochement ou par incandescence.
- — Le nombre d’applications de celLc méthode est extrêmement considérable. Chacune d’elles nécessitant un appareil spécial, nous nous bornerons à en indiquer le principe général. Elle a été appliquée à la soudure des rails de tramways, des projectiles, des chaudières, au montage des marchepieds de voitures, à la soudure des essieux, des rayons de roues de locomotives, etc.... Son emploi est en général tout indiqué lorsqu’il s’agit uniquement de souder des pièces ne
- devant subir, pendant l’opération, que des déformations insignifiantes. Tous les métaux, y compris le bismuth, l’antimoine, le magnésium, le laiton et même l’aluminium, ont pu être soudés par ce procédé.
- Les surfaces à souder doivent être, au préalable, soigneusement décapées ; on les prépare ensuite, en les saupoudrant de borax, ou de tout autre fondant, de manière à obtenir un contact plus ou moins parfait, qui par lui-même constitue la principale résistance électrique du circuit : la chaleur produite par le passage du courant au travers de cette résistance, variera donc avec celle-ci. Elle variera avec la pression exercée sur les pièces à souder, pression que l’on obtient soit au moyen de ressorts, soit par le serrage de vis de réglage.
- Connue nous le disions plus haut, le courant alternatif peut être utilisé dans d’aussi bonnes conditions (pie le courant continu. C’est donc la facilité d’obtention de l’un ou de l’autre de ces courants qui seule, en déterminera le choix. Toutefois, dans le cas de l’application du courant alternatif, il sera toujours préférable d’utiliser un courant à faible fréquence de manière à diminuer, autant que possible, les effets de self-induction dans les gros conducteurs.
- Le procédé par rapprochement est principalement employé en Angleterre et en Amérique où certaines trélileries réalisent ainsi plusieurs milliers de soudures par jour. On y soude, par exemple, des barres de fer de 29 millimètres de diamètre en 2 m. 15 s., soit environ deux fois moins de temps qu’il n’en faut à de bons forgerons pour obtenir le même résultat par la méthode ordinaire. On peut se rendre compte, par ce seul exemple, du bénéfice qui peut être réalisé dans certains cas par l’application du procédé.
- Soudure par arc. — La pièce à souder est employée elle-même comme électrode, et l’arc jaillit d’une tige de charbon ou d’une tige de même métal à laquelle aboutit le conducteur et qui constitue la seconde électrode. Ordinairement, pour le fer et l’acier, le « charbon » est
- Fig. 3. — Soudure par arc. Schéma du fer à souder.
- relié au polo négatif, tandis que pour les autres métaux, il est relié au pôle positif.
- Considérons, par exemple, le cas d’un bloc de fonte présentant un trou que l’on désire obturer. Si l’on fait usage du charbon on place, à l’endroit où la soudure doit être effectuée, de petites rognures de fer que l’on recouvre de sable ou de tout autre poudre à souder. Souvent, on peut se dispenser d’employer une telle poudre, les vapeurs de métal formant elles-mêmes une atmosphère
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- CURIEUX SYSTÈME DE TRAIN CONTINU —__________ 165
- réductrice. Ou fond les copeaux de fer en établissant, entre eux et le charbon, l’arc amorcé préalablement par contact direct. Au moment où l’ouvrier s’aperçoit que le. métal fondu adhère bien à la surface de la pièce, il interrompt le courant, et procède à un martelage rapide. Si l’on emploie le métal lui-même comme soudoir, la façon de travailler est identique, mais c’est l’électrode qui fond et « remplit » la cavité.
- La canalisation consiste simplement en deux câbles de section suffisante dont l’un aboutit directement à la table dite « de soudure », et l’autre, passant par un ampèremètre et le rhéostat de réglage, conduit le courant à a l’appareil soudeur » (fig. 2). Ce dernier se compose d’une barre de charbon ou de métal b qui vient s’adapter dans les mâchoires d’une pince P, celle-ci est conique et prend contact avec l’intérieur d’un tube de fer F (fig. 5), le tube, se termine par un bout taraudé muni d’un œillet de forme spéciale sur lequel est soudé le conducteur; une poignée en bois, munie d’un parc-étincelle, permet la manœuvre facile et sans danger de l’appareil. Le charbon ou la tige de métal b, constitue l’un des pôles du circuit.
- La table sur laquelle on dépose la pièce à réparer
- est constituée par une laque en fer ou ni fonte, de surface suffisante, et à laquelle vient aboutir le second cable du circuit, dont elle forme le second pôle (fig. 2). Le matériel de l’opérateur est complété, par un casque en cuir, muni de verres fumés ou colorés, pour protéger la ligure et les yeux.
- L'ouvrier chargé de réparer un défaut de coulée dans une pièce d’acier, par exemple, installe la pièce à réparer sur la table de soudure. Au moyen du soudoir au charbon, qu’il met directement en contact avec la pièce à souder, il amorce l’arc qu’il fait ensuite voyager autour du défaut, de manière à récbaulfer convenablement le, métal dans le voisinage. Tenant alors de sa main gaucho, une barre de 1er ou d’acier doux, il la promène dans l’arc, provoquant la fusion du fer qui remplit très rapidement la fente à obturer. On peut aussi employer le fer comme soudoir; c’est du fer, dans ce cas, que part l’arc dont la température fait fondre réleclrode mobile à laquelle est emprunté le métal nécessaire au remplissage, de la tissure. L’opéralion, qu’elle se fasse avec électrode mobile en fer ou en charbon, ne demande pas plus de deux minutes pour des défauts d’une certaine importance. L, Il AMAK1ÎRS,
- UN CURIEUX SYSTÈME DE TRAIN CONTINU
- Depuis bien longtemps, des efforts se poursuivent en vue d’accélérer le transport des voyageurs par chemin de fer, en abrégeant autant que possible ou même en supprimant les arrêts dans les gares. De grands progrès ont déjà été réalisés, par suite de la diminution des stationnements, le voyageur sait maintenant monter dans un train ou en descendre sans perdre son temps ni hésiter; de plus, l’accroissement de puissance des machines et l’adoption de la traction électrique ont considérablement réduit le temps perdu aux démarrages. Mais cela ne suffit pas encore; et de nombreux inventeurs poursuivent la supression absolue de l’arrêt: soit par le détachage automatique ou l’accrochage non moins automatique de wagons à la hauteur des gares, soit par le simple ralentissement, avec des dispositifs permettant la montée ou la descente des voyageurs.
- Les trottoirs roulants sont bien une solution du problème, en ce sens que l’arrêt est complètement supprimé : on se souvient du trottoir de l’exposition de 1900 ; toutefois, même en employant deux plates-formes à allure différente, on n’arrive pas à donner à ce moyen de transport une grande rapidité de marche. Deux inventeurs américains, MM. IL R. Alkins et W. Y. Lewis de New-York, viennent d’imaginer un dispositif qui s’inspire du trottoir roulant, mais qui n’en offre pas les inconvénients. Yoici la caractéristique de ce mode de transport, que décrivait récemment Scienlific American. Les véhicules où prennent place les voyageurs ne font que ralentir aux gares ; la montée ou la descente s’effectuent comme pour une plate-forme à allure lente de trottoir roulant; mais, entre ces gares, les véhicules prennent une allure accélérée, qui assure un débit considérable au système, et un gain de
- temps très important à ceux qui y onL recours.
- Les variations d’allure des véhicules sont assurées automatiquement, el sans qu’ils puissent seheurler, bien qu’ils soient tous indépendants les uns des autres : cela, grâce à un mode d’entrainement loi ! original. Sur chaque coté de la voie où circulent les wagons, et sur loulc la longueur de cette voie, s’allonge un arbre à la surface duquel est creusée une cannelure en spirale, dont le pas est variable* ainsi que nous allons le voir, d’après le point de la voie auquel il correspond. Le pas de celle spirale est à droite pour un des arbres, et à gauche pour l’autre; le mouvement de rotation des deux arbres'est tel que leur action, grâce à ces pas contraires, est pourtant concourante. L’essieu avant de chaque véhicule comporte un prolongement; qui vient se loger dans la cannelure de l’arbre ; et il se produit alors i’eflfet bien connu de la vis d’Archimède quand les deux arbres sont mis en rotation en sens inverse. Ils tournent sans se déplacer; mais, par contre, le bout de l’essieu du wagon est entraîné en avant, et remonte la spirale. C’est ainsi que chacun des véhicules est mis en mouvement; et rien de plus simple, que de faire que son allure soit plus ou moins accélérée, en dépit d’une vitesse de rotation constante des deux arbres. Il suffit que le pas de la spirale soit plus ou moins rapide. Le pas étant très peu rapide en voie courante, la marche du wagon est très vive; aux abords d’une gare, le pas se modifie, le wagon ralentit son déplacement, et un pas convenable l’oblige à ne traverser une gare qu’avec une lenteur suffisante pour que les voyageurs les moins ingambes puissent monter dans la voiture.
- Supposons les véhicules successifs en marche lente dans une gare, pendant l’embarquement et le dé-
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- CURIEUX SYSTEME DE TRAIN CONTINU
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- barquemcnt : voici le premier de la série qui est arrivé au bout des quais; à ce moment, le pas des arbres à spirale se modifiant, il commence à prendre une allure plus rapide, qui s’active bien vite, et, en peu de temps, il passe de son allure de moins de 5 kilomètres à une marche de 54 kilomètres à l’heure. Il se trouve donc se séparer du wagon qui le suivait. Le môme phénomène se produit bientôt pour celui-ci, qui se détache du chapelet des wagons suivants ; il court isolément à une certaine distance derrière le premier, qu’il lui est impossible de rattraper. La chose se répète pour tous les autres wagons ; et c’est ainsi que, en voie courante, les divers véhicules se trouvent former comme des convois indépendants. Les signaux et les mesures de sécurité sont absolument inutiles, puisque l’allure de ces divers convois est matériellement réglée par le pas de la spirale aux différents points du parcours.
- Aux approches de la gare suivante, un phénomène inverse se produira : le premier wagon ralentira sa marche peu à peu, le deuxième wagon le rejoindra, puis les grains du chapelet se resserrent dans cette gare, pour s’éloigner ensuite de nouveau. Tout le trafic se fait sans mécanicien ni conducteur de train, et c’est de la station centrale de force motrice que tout se règle.
- Théoriquement au moins, on peut considérer qu’un homme suffit à conduire une installation de ce genre.
- Un accident au matériel est invraisemblable; pour les accidents aux voyageurs, chutes des véhicules en cours de route par exemple, les inventeurs ont eu une idée originale. Les rails reposent sur un massif de béton, construit de manière à constituer sous la voie une cunette assez profonde pour qu’un homme s’y tienne debout : si donc on tombe sur la voie, on ne peut que glisser dans cette sorte de canal, et les wagons ne sauraient vous blesser.
- Quant à la transmission curieuse du mouvement au moyen de ces sortes de vis sans fin, on doit se demander si elle est bien comprise au point de vue mécanique; il semble qu’elle entraîne inévitablement une déperdition de force énorme. Les inven-
- teurs affirment que des vitesses très élevées peuvent être réalisées sans frottements exagérés.
- Us comptent employer des arbres, creux du reste, dont le diamètre serait de 0,46 m. Sur les parties où la vitesse se ralentit, au droit des gares et aux environs, le pas de la spirale serait de 0,10 m., tandis qu’il atteindrait 1,55 m., à peu près dans les parties où l’on veut réaliser une grande vitesse : il ne faut pas oublier que l’arbre entraîneur tourne partout au môme nombre de tours, qui serait de 422 révolutions à la minute. L’angle de la cannelure en spirale avec l’axe de l’arbre serait de 45° 20' ou de 8° 15', suivant qu’on serait dans le premier cas ou dans le second. MM. Àdkins et Lewis estiment que le rendement de cette vis sans fin s’élèverait respectivement à 96 ou 86 pour 100, grâce aux dispositions mécaniques qu’ils adopteraient. Us
- comptent réduire à l’exlrenie les frottements, en munissant de portées à rouleaux les extrémités des essieux, là où elles viendraient s’engager dans la cannelure d’entraînement ; de môme, les segments constituant les arbres d’entraînement seraient supportés par des paliers à rouleaux, dont les frottements sont très faibles. La commande de l’arbre se ferait électriquement par une série de moteurs placés sur la voie, à des intervalles régulièrement espacés.
- U est difficile, cependant, de concevoir ce dispositif d’entrainement s’adaptant à une ligne en courbe. Mais les inventeurs estiment qu’on pourrait former boucle aux deux bouts d’une ligne de cette sorte, en disposant les sections d’arbres d’entraînement suivant les cordes d’une courbe peu raide, les wagons passant d’une section à une autre grâce à leur vitesse acquise. On songe aussi à installer à chaque boucle extrême une roue à embrayage, qui saisirait chaque voiture au fur et à mesure qu’elle arriverait à l’extrémité de l’arbre de la voie montante, par exemple, et l’amènerait jusqu’à ce qu’elle vînt en prise avec la spirale de l’arbre, ou plus exactement des arbres delà voie descendante.
- En tout cas, l’idée est originale, et intéressante pour toutes les combinaisons mécanique's sur lesquelles elle s’appuie. Pierre de Mériel.
- Wagons du nouveau chemin de fer et détail de la commande des arbres d'entraînement.
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- LES COULISSES DES GRANDS MAGASINS
- La foule qui circule dans les grands magasins el qui vient y acheter les objets, si divers, nécessaires à ses besoins, ne se doute certes pas de tout ce qu’il y a der-
- 7 'ig. i. — Machine horizontale fonctionnant dans les sous-sols d'un grand magasin.
- rière les élégants comptoirs, sous les vastes halls, dans ce que nous appellerons les coulisses de ces immenses bazars européens, foires parisiennes, permanentes, où se trouvent réunis tous les produits de l’industrie mondiale. Une machinerie importante se dissimule dans les sous-sols, assurant au prix de travaux considérables, la sécurité de l’endroit, fournissant la lumière et l’air respirable, donnant la vie aux organes multiples de ces villes commerciales.
- Nous chercherons, dans cet article, à montrer toute l’importance de ces divers services, si compliqués, et à expliquer le fonctionnement des dessous et des à-côtés, qui, s’ils ne sont pas visibles pour le public profane, n’en demeurent pas moins les sources mômes de la vie des gigantesques magasins.
- La mécanique et l’électricité jouent, dans les coulisses des somptueux bazars de la nouveauté, un rôle particulièrement important. Les grands ascenseurs, les puissants monte-charges, les tapis roulants, les escaliers mobiles réclament, pour leur mise en marche et leur fonctionnement, le secours de vigoureuses machines. Des milliers de lampes demandent à de fortes dynamos l’énergie électrique nécessaire.
- Aussi la salle des machines est-elle un des endroits les plus intéressants; dans certains magasins, elle met 1800, 2000 et 2400 chevaux de force au service des divers appareils actionnés. Le parquet luisant, les rampes de cuivre ou d’acier poli qui entourent les machines horizontales, les escaliers métalliques qui s’enroulent en spirale, les tuyauteries de toutes dimensions qui se développent au plafond et sur les murs, les accessoires de toutes sortes qui se trouvent dans cette usine de production de la
- force, les ampoules qui combattent l’obscurité inévitable du sous-sol, tout donne, dans ce lieu, l’illusion d’une salle semblable à bord d’un navire. Une consommation quotidienne de 25 tonnes de charbon de terre y est une moyenne normale.
- Les installations électriques ont une grande importance. Certain établissement dispose de 000 lampes à arc voltaïque et de 5500 lampes à incandescence. Leur fonctionnement réclame un personnel de 86 spécialistes, ingénieurs, contremaîtres et ouvriers. Une centaine de kilomètres de câbles et de fds alimentent les divers foyers. Us parlent de tableaux de commande, placés dans la salle des machines ou à peu de distance des groupes électrogènes. Ces panneaux de 10, 15 et même 20 mètres de longueur, qui se profilent dans toute la hauteur utilisable, sont de véritables forêts de manettes, de poignées, de commutateurs, de volants de commande, de manomètres et d’instruments divers. Ces tableaux permettent de diriger, d’un même et seul emplacement, les divers services électriques, d’allumer et d’éteindre la totalité ou une partie des lampes, si nombreuses, dispersées sur toute l’étendue des magasins de leurs annexes et des dépendances. L’éclairage électrique a définitivement remplacé tous les autres systèmes dans les grands magasins parisiens; le gaz qui leur avait, à une époque encore peu lointaine, rendu de sérieux services, a été définitivement
- Fig. 2. — Le Tableau de commande des divers services électriques.
- détrôné, malgré les perfectionnements divers introduits pour l’utilisation de ce mode d’éclairage.
- La ventilation d’emplacements où circulent constamment tant de personnes, où se remuent quantités d’étoffes, de tissus et d’objets de toute nature, qui dégagent fatalement des poussières, constitue une préoccupation sérieuse. Le renouvellement de l’air corrompu, l’évacua-
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- tion des poussières cl des miasmes se présentent. comme un. problème délicat dans ce genre d’agglomération..
- Les prises d’air et les ventilateurs installés dans ' la construction, les moyens naturels employés par l’architecte ne suffiraient pas; l’ingénieur vient avec des procédés mécaniques compléter leur action. Les machines font fonctionner des ventilateurs, qui tournent dans les sous-sols, envoient partout l’air pur nécessaire aux poumons des acheteurs et des vendeurs. Les emplacements que les canalisations ne peuvent atteindre, sont munis de petits appareils spéciaux mus par l’électricité, d’ozona-teurs ou de récipients contenant des produits chimiques. Malgré toutes ces dispositions, l’atmosphère des grands magasins demeuro chargée d’impuretés, qui, si elles ne touchent pas aux joues rosées et aux fraîches couleurs des jolies acheteuses, altèrent rapidement la santé des employées qui vivent constamment enfermées dans ce milieu forcé-
- ment contaminé. Le problème de l’aération des bazars de la mode et du luxe n’a pas été résolu; il attend une solution urgente.
- Le chauffage, après la ventilation, demande des soins spéciaux. L’emploi de la vapeur et des circulations d’eau chaude, l’usage des calorifères générateurs d’air chaud ont donné les meilleurs résultats. Les sous-sols sont encombrés des appareils producteurs de chaleur et des conduits chargés de les diriger vers les diverses bouches d’où elle se répand dans les locaux. Radiateurs, tuyaux à ailettes avec leur robinetterie de réglage, ainsi que les tuyaux alimentaires, les conduits d’échappement et les canalisations de retour sont, dans la traversée des magasins, habilement dissimulés dans des armoires, des coffrages en bois ou en tôle recouverts d’ornements, qui font ignorer aux profanes la présence de toutes les canalisations, ainsi que celle des conduites d’eau. Les ouvrages qui cachent les conduits sont facilement démon-
- Fig.3. — Glissière-descenseur permettant le transport rapide des paquets.
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- Fig. 5. — Ascenseur faisant communiquer les sept étages d'un magasin. Vue des jardins terrasses sur la toiture des Galeries I.afayette.
- labiés; il suffit de retirer quelques vis, pour que les panneaux de fermeture puissent être rapidement déposés et les tuyauteries visitées dans toutes leurs longueurs.
- jC service des eaux emploie, dans chaque magasin, un personnel spécial chargé de la surveillance, de l’entretien et du bon fonctionnement des nombreux cabinets d’aisances, de loiletles, des postes de puisages, installés en grand nombre tant pour les besoins du public que pour ceux du personnel de l’établissement. Les postes de puisage sont aménagés d’une manière particulière, avec robinets, seaux, balais, lave-ponts et tout le matériel nécessaire au nettoyage des parquets, murs, colonnes, comptoirs et mobiliers divei's. Les sous-sols et les dépendances sont sillonnés de conduits en fonte, de tubes en fer et de tuyaux en plomb ; il y en a des kilomètres, de gros et de faibles diamètres, et c’est par milliers que se totalisent les compteurs, vannes d’arrêt, robinets de barrage, by-pass, régulateurs de pression, filtres et accessoires divers de l’important réseau des canalisations d’eau, sans compter les élégants robinets en nickel — voire même en argent — du buffet, qui, au centre des magasins, offre aux acheteuses des sirops variés avec l’eau fraîche de ses glacières.
- L’eau nécessaire à tous ces services, et celle que réclame l’alimentation des postes de secours contre l’incendie, sont fournies par des branchements avec prises sur les conduites publiques de la ville. Certains magasins ont même, étant donnée l’importance de leur consommation, fait forer des puits qui descendent jusqu’à 100 mètres de profondeur. Des pompes à vapeur, installées dans la salle des machines, aspirent l’eau dans ces puits et la refoulent dans des groupes de réservoirs métalliques ou des cuves en ciment armé, dont l’ensemble permet une réserve totale de 150 à 200 mètres cubes, c’est-à-dire une quantité presque suffisante pour alimenter la population d’une petite ville.
- L’aménagement des canalisations et des postes de secours contre l’incendie représente la section la plus importante du service des eaux. Cette distribution comporte des conduites indépendantes, isolées du restant du
- réseau; elle assure une pression très forte aux divers robinets de prise. Les postes — 150 ou .200, suivant les établissements — sont répartis dans les divers locaux pour assurer des secours, aussi rapides qu’elfica-ces, et étouffer, dans leur germe, les incendies que des événements divers pourraient avoir allumé sur les divers points. Ces installations sont des plus perfectionnées.'11 est regrettable que nos arsenaux, nos musées et certains de nos monuments publics, n’aient pas pris modèle, en ce qui concerne les secours contre le feu, sur les dispositions si intelligemment arrêtées dans les grands
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- magasins. Les avertisseurs électriques, encore plus nombreux que les postes de secours, sont, comme eux, renfermés dans des coffrets bien visibles, peints en rouge vif; ils donnent l’alarme à la moindre alerte. Des extinc-
- teurs placés sur des tablettes, à la portée de la main, sont distribués par milliers dans les divers locaux.
- Due équipe spéciale de pompiers et de veilleurs de nuit, organisée avec une minutieuse et savante prévoyance, garde les magasins, qui sont éclairés toute la nuit, et écarte tout danger d’incendie. La brigade, dont l'effectif varie entre 50 et 50 hommes, est composée de pompiers choisis parmi les sapeurs les mieux notés du corps de la ville de Paris. Les veilleurs, au nombre de 25 ou 50, pris parmi d’anciens militaires, complètent cette compagnie qui fait des rondes continuelles, la nuit comme le jour.
- Les ascenseurs, monte-charges, tapis-roulants, escaliers mobiles, ainsi que les glissières et descenseurs de paquets et les tables roulantes de répartition des marchandises achetées, font tous, avec les divers aménagements et appareils qui viennent d’être expliqués, partie du service mécanique d’un grand magasin, service qui nécessite, on le comprendra facilement, la présence d’un ingénieur en chef, assisté de plusieurs ingénieurs, avec des dessinateurs et des contremaîtres.
- Ces techniciens forment un cadre, sous les ordres duquel se trouve une équipe importante de mécaniciens, d’ajusteurs, de chaudronniers, de plombiers, de fon-tainiers, de chauffeurs et de manœuvres, qui, avec le personnel d’électriciens dont il a déjà été question, représente nne compagnie de 250 à 500 hommes actifs et intelligents. Dans la plupart des grands magasins, il y a, au sous-sol ou dans les combles, des ateliers, parfaitement outillés, pour permettre à cette petite armée industrielle d’assurer l’entretien et le bon fonctionnement de l’usine mécanique
- que renferment les coulisses de tout grand magasin moderne.
- Les ascenseurs, monte-charges, tapis-roulants, escaliers mobiles sont trop connus pour que nous on parlions longuement. Nous les citerons pour mémoire.
- Les descenseurs hélicoïdaux, de l’ingénieur llocquart, doivent arrêter un instant notre attention ; ces remarquables outils, qui ont donné l’idée du tobogan des fêtes foraines, ont une puissance de transport considérable. Leur principe est basé sur l’emploi du plan incliné enroulé sur un cylindre; cette glissière est limitée extérieurement par une paroi verticale. Les colis y prennent une vitesse uniforme, quel que soit leur poids ; une feuille de pallier descendra avec la même rapidité qu’un colis de 60 kg ou qu’un paquet de 120 kg, les divers objets se suivant sans se rapprocher, marchant, quelle que soit la hauteur de chute, avec une vitesse moyenne variant entre 2m,50 et 5 mètres à la seconde. Ces appareils, qui desservent les sept étages des grands magasins, aboutissent) à des tables tournantes, installées dans les sous-sols, qui assurent la répartition rapide des diverses marchandises vendues. Nos lecteurs verront, plus loin, comment fonctionnent ces engins, à la fois simples et ingénieux, qui rendent de grands services.
- Cette description rapide donne une idée de l’importance des services mécaniques dans les grands magasins. Il en est d’autres qui tiennent leur place en cette élude. Nous voulons parler de la publicité, de la confection et de l’envoi des échantillons, des expéditions en
- Fig. p. — Vue d'ensemble d'un des ateliers de confection de la Belle Jardinière.
- province et des livraisons dans Paris, autant de départements, qui, dans chacun des établissements qui nous occupent, réclament une organisation très complète, utilisent des machines et occupent un personnel nombreux.
- Fig. 6. — Réserve à marchandises disposée sous la toiture vitrée, dans les combles.
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- LES COULISSES DES GRANDS MAGASINS
- La publicité coûte annuellement plusieurs millions à chacune des gigantesques administrations commerciales dont il s’agit. Certains magasins lui consacrent, dans leur budget, 2 et 5 millions ; l’un deux — nous a-t-on dit —-dépenserait même près de 5 millions.
- Ces sommes ne paraissent pas exagérées, quand on considère l’importance des réclames imprimées sur des pages entières des grands quotidiens de la presse parisienne et des journaux de province, les annonces illustrées qu’impriment les principaux périodiques, les immenses affiches placardées sur les murs des villes, dans les gares de chemin de fer, les hôtels, les théâtres et les établissements publics.
- La poste distribue des catalogues par centaines de mille dans toute la France, même dans les petits villages.
- La clientèle de Paris, de la province, des colonies et des pays étrangers, qui a été touchée par les diverses publicités, demande des renseignements, réclame, des échantillons et fait des commandes.
- Les 5 millions employés pour attirer son attention ne sont pas dépensés inutilement. Nous n’en voulons pour témoin, laissant de côté la foule qui se presse dans les magasins, que le volumineux courrier qui arrive, chaque jour, nécessitant un service postal spécial. Nous avons été autorisé, un jour, à assister à l’arrivée du courrier dans un établissement important de la rive gauche, qui envoie des voitures, à diverses heures du jour, à l’hôtel des postes, où ce magasin dispose d’un local spécial. Les sacs de lettres, cartes et imprimés divers reçus quotidiennement pèsent ensemble 600 kilogrammes. Le dépouillement de la correspondance — environ 10 000 lettres — et sa répartition dans les divers services donnent lieu à un
- sérieux travail. Un personnel nombreux est employé au service des échantillons. Des machines coupent les étoffes et les tissus, tandis que d’autres les étiquettent. Des enveloppes spéciales sont préparées suivant les catégories auxquelles elles doivent servir. Quant au département des expéditions en province et à l’étranger, c’est une véritable
- administration, qui se divise en autant de sections qu’il existe de lignes de chemins de fer. Ces sections se subdivisent elles-mêmes en sous-sections, suivant les villes et les communes qui intéressent chacune d’elles. Des
- Fig. 8. — Machine à ouater employée dans la confection des vêlements d'hiver.
- locaux immenses leur sonCaffcctés, avec un matériel particulier permettant le classement rapide, et des milliers de casiers où viennent se grouper les divers objets demandés par chaque client, au fur et à mesure que les divers rayons les dirigent vers le service des expéditions. Un bureau spécial, dit des chemins de fer et de la navigation, est annexé à ce service, qui, dans certains magasins, envoie hors Paris une moyenne de 5400 colis par jour.
- Le service des livraisons dans la capitale et sa banlieue n’est pas moins intéressant que celui des expéditions. Le fonctionnement du « bulletin de caisse » est une trouvaille pleine d’ingéniosité. Nos lectrices l’ont utilisé certainement, sans savoir le sort réserve; à ces bulletins de couleur lorsqu’ils sortent de leurs mains. Elles ont remarqué que, à chaque achat, le vendeur détachait un des casiers numérotés et l’épinglait sur l’objet. Le. paquet est lancé par chaque rayon de vente dans la glissière hélicoïdale la plus proche, qui le conduit au sous-sol, sur la table tournante, où des employés, dressés à cette besogne, groupent les colis par catégories. A la couleur du bulletin porté par le paquet on reconnaît de suite à quelle caisse il faut le porter ou dans quel quartier il faut le distribuer. Chacun des employés a pour unique mission de cueillir au passage sur la table tournante, les paquets munis d’une étiquette d’une couleur déterminée. 11 le saisit, le jette dans un panier derrière .lui, d’autres employés viennent prendre les colis ainsi triés, et les porter dans le magasin à leur lieu de destination, ou à la voiture qui dessert le quartier où ils doivent être distribués. Cette ingénieuse division du. travail évite parfaitement les retards et les encombrements.
- L’architecture des grands magasins se caractérise par
- Fig. ç. — Machine employée pour le mouillage des étoffes.
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- LES COULISSES DES GRANDS MAGASINS
- certaines particularités qui lui sont spéciales. Ces gigantesques bazars, dans lesquels s’accumule une quantité colossale d’objets de toute nature, occupent, étant tous au centre même de la capitale, des emplacements qui, si vastes qu’ils soient, sont encore trop exigus pour l’importance du stock nécessaire à l’alimentation de la vente quotidienne. Certains établissements occupent (10 000 et même 70 000 mètres carrés; ces surfaces, pourtant énormes, sont encore insuffisantes. Dans ces conditions, on cherche à trouver en hauteur le plus de place possible pour loger, dans les combles, les réserves et les approvisionnements et pour installer dans les sous-sols tout le matériel ainsi que les quantités de marchandises nécessaires aux divers rayons de vente. Dans certains magasins, on a construit sous terre, pour gagner du terrain en profondeur, un deuxième sous-sol.
- Les magasins ne sont pas toujours logés dans le même îlot de bâtiments; ils divisent leurs divers services dans plusieurs corps de logis séparés par des rues. Les diverses constructions sont, dans ce cas, réunies entre elles par des galeries souterraines, où la clientèle circule sans se douter qu’elle traverse une voie publique parisienne.
- Sous-sols superposés et passages souterrains
- l’aimable idée qui a présidé, lors d’une construction toute récente, à la création d’une toiture-terrasse sur le sommet d’un magasin. La clientèle peut ainsi, par les belles journées, se reposer dans ce jardin suspendu de la moderne Babylone.
- Notre étude a été écrite à la suite de visites faites au Bon Marché, au Louvre, à la Belle jardinière, au Printemps et aux Galeries Lafayotle. Nous n’avons voulu citer aucun de ces magasins au cours de nos descriptions, craignant d’établir des parallèles entre chacun d’eux ; d’autant plus qu’ils appliquent les mêmes méthodes générales d’organisation et de travail. Mais les maisons, qui font de l’habillement la branche principale de leur industrie, ont des coulisses tout à fait spéciales.
- Fig. il. — Vue d'un coin des cuisines du Bon Marché. Les marmites à vapeur. De contenance énorme, ces marmites se manœuvrent hydrati-liquement.
- font partie de l’architecture spéciale aux grands magasins, elle comporte en outre l’exécution de façades somptueuses, la création d’une ornementation et d’une décoration intérieure artistiques, la construction de vastes halls vitrés, la disposition d’amples dégagements conduisant à des escaliers monumentaux. Il faut en imposer au public par un aspect luxueux. 11 faut aussi donner à cette foire un excellent éclairage naturel ; les toitures vitrées et les larges baies verticales des façades, la disposition des halls avec galeries sont des nécessités de premier ordre pour obtenir la clarté et la lumière indispensables à l’étalage des produits. La création des couloirs, dégagements et escaliers s’impose encore davantage pour permettre la circulation d’une foule qui flâne, s’arrête, regarde et cause, créant, par conséquent, des encombrements constants.
- 11 convient, dans le chapitre de l’architecture, de citer
- Fig. io. — Une des salles à mander du personnel du Bon Marché. Elle peut recevoir 900 convives.
- Nous n’en voulons pour témoin que la Belle Jardinière, qui possède, à Paris et dans certaines grandes villes de France, des ateliers spéciaux, où s’utilise un matériel mécanique particulier.
- Les principaux éléments et organes sont représentés par diverses gravures qui illustrent cet article. Ces photographies, prises en plein travail, montrent mieux qu’une longue description l’activité de cette ruche laborieuse, le perfectionnement de l’outillage, la force de certaines de ces machines et la délicatesse du travail rapide accompli par d’autres machines (fig. 7, 8, 9, 12).
- Les écuries des grands magasins, les remises et les garages sont relégués dans des constructions isolées, situées dans les faubourgs; ces établissements font partie des coulisses que nous décrivons ici. Nous y trouvons, en dehors de la cavalerie et des voitures de livraison, des locaux servant à loger les marchandises destinées à alimenter les diverses réserves des magasins au fur et à mesure que l’approvisionnement se dégarnit.
- La place nous manque, dans une étude aussi rapide, pour dire ici le travail considérable de manutention que nécessitent les grandes expositions organisées à chaque nouvelle saison. Nous ne pouvons cependant passer sous silence une idée originale, inaugurée tout récemment par un grand bazar anglais, avec un succès énorme, créé, pour amener 4500 personnes de diverses villes de l’Angleterre pour visiter ses expositions spéciales. L’établissement commercial dont il s’agit organisa, d’accord avec
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- CHRONIQUE
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- les compagnies de chemins de 1er, une série de trains spéciaux, dans les compar tim eut s desquels étaient placés des catalogues, à la place de chaque voyageur.
- Ces trains, qui lbnc-lionnèrenl pendant plusieurs jours, étaient accompagnés par des agents commerciaux des magasins, ils donnaient par avance les renseignements demandés par les clients et, à l’arrivée à Londres, conduisaient cette caravane jusque devant les comptoirs. .Nous ne désespérons pas de voir un jour les grands bazars parisiens de la nouveauté employer cet excellent moyen de recrutement de la clientèle qui est, en même temps, un puissant l'acteur de publicité.
- Nous ne pouvons terminer notre excursion, sans dire que certains de ces établissements ont un soin tout particulier de leur personnel et qu’ils cherchent à procurer à leurs employés des deux sexes toutes sortes d’avantages
- lion et de leur lbnctio n n e m e n t, une réputation universelle. Quant aux institutions de prévoyance de cet établissement commercial, où la participation aux bénéfices fonctionne admirablement, où la caisse de retraites et les services d’épargne sont considérés comme des nécessités qui s’imposent, elles ont fait dire à Jules Simon que cette association fraternelle du capital et du travail a tous les avantages du socialisme sans en avoir les inconvénients. Tout ce qu’il fallait faire a été, en effet, comme l’a constaté le doux économiste, généreusement et habilement lait; la tète était aussi bonne que le cœur. C’est sur cet hommage rendu à la mémoire des propriétaires-fondateurs du Bon Marché, un de ces immenses marchés parisiens, que nous terminerons cette étude des coulisses des grands magasins, immenses foires permanentes dont certaines chiffrent, en fin d’année, le
- matériels. Les cuisines et les salles à manger du Bon Marché, par exemple, ont acquis, au point de vue de leur installa-
- montanl de leurs quelquefois plus.
- affaires à ‘220 millions de francs, et Will Dakvillé.
- Fig. 12. — Préparation des étoffes pour les vêtements. Machines à décatir.
- CHRONIQUE
- Les voies d’accès au Simplon.— Dans un article très documenté paru dans le numéro du i mars 1005 de La Nature, on a décrit les différentes lignes projetées, à cette époque, en France, pour faciliter l’accès du Simplon et réduire à son extrême limite la durée du trajet entre Paris et Milan. Depuis la publication de cet article, un nouveau projet a été proposé par la Compagnie de l’Est, projet qui a pour but de réduire la durée du parcours entre Belfort et le Simplon, par la création d’une nouvelle ligne entre Moulicrs et Granges sur le territoire suisse et en se servant de la ligne actuellement en construction du Lœtschberg qui relie Berne avec le Simplon. Parcelle nouvelle direction, la Compagnie de l’Est sera à même de récupérer une partie du trafic venant des régions de l’ouest de Cologne et qui, actuellement, sont tributaires des lignes allemandes et envoient ce trafic par le Go-
- thard. Ces différents projets ont amené de longues négociations qui viennent d’être heureusement terminées par la
- conférence internationale qui s’est tenue à Berne le 18 juin dernier.
- Il a été décidé dans cette conférence que la Compagnie de P.-L.-M. construirait la ligne de Frasne-Vallorbe qui se trouve sur le territoire français et que les chemins de fer fédéraux, avec le concours financier de la Compagnie de l’Est, construiraient Moutiers-Gran-ges, situé sur le territoire suisse. Quant au projet de la relie . Lons-le-Saunier avec Genève et dont le profil ne présente pas de rampes supérieures à 15 mm, mais qui nécessite la construction de nombreux tunnels et dont la dépense est estimée à 150 millions, il est ajourné à une date ultérieure. 11 intéresse, du reste, moins directement les relations entre la France et le Simplon. Le tracé actuel entre
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- Projets adoptés par la, conventionjrarwo-sidssa "
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- Plan des voies d'accès du Simplon avec indication des rectifications adoptées par la Conférence internationale de Berne du 18 juin içog.
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- Frasne et Vallorbe par Ponlarlier présente de nombreuses courbes de 1res faible rayon et des rampes atteignant 25 mm par mètre sur de grandes longueurs. Il est d’une exploitation très difficile pour les trains de vitesse. De plus, pendant l’hiver, il est exposé à des chutes abondantes de neige qui viennent encore augmenter les difficultés d’exploitation.
- La ligne directe Frasnc-Vallorhe que doit construire la Compagnie P.-L.-M. et qui franchit le Mont-d’Or au moyen d’un tunnel de (i km de longueur, supprime le détour par Ponlarlier et réduit les parcours de .17 km. Fille ne présente aucune rampe supérieure à 15 mm par mètre. On pourra, par cette nouvelle direction, réduire de trois quarts d’heure la durée du parcours entre Paris et Milan par Lausanne et le Simplon. La gare de Vallorbe devient gare internationale.
- La ligne directe Moutiers-tirauges que doivent construire
- les chemins de 1er fédéraux, avec le concours financier de la Compagnie de l’Est, ne présente pas de rampes supérieures à 15 mm par mètre, réduit de 1(1 km h; parcours cidre Belfort et le Simplon et permet de gagner trois quarts d’heure sur la durée totale du parcours.
- lin résumé, il ressort de ces deux rectifications :
- Que la distance kilométrique entre Calais et Milan qui, par Ponlarlier et Lausanne, était de 1091) km, se trouve! réduite à 1082 km par Frasne-Vallorbe-Lausanne, soit une différence de 17 km et une réduction de durée du trajet de trois quarts d’heure.
- Que la distance entre Calais et Milan par Nancy, Epinal, Bâle et le Gothard qui est de 1115 km est réduite à 1075 km par Nancy, Epinal, Belfort, Moutiers-Granges,
- Berne et le Lœlschberg, soit une différence de parcours de 40 km. B. B.
- LE BOIS FONDU
- Fondre du bois paraît être, au premier abord, une chose impossible : il n’en est rien cependant, et si le bois fondu n’a clé jusqu’ici qu’une simple curiosité de laboratoire, il se pourrait bien que l’industrie lui découvre bientôt des applications pratiques du plus haut intérêt.
- Bien que le bois soit éminemment inflammable, il fond à une température relativement basse, mais dans des conditions très précises, et seulement quand il est absolument soustrait au contact de l’oxygène de façon à rendre impossible sa combustion. Cela se comprend du reste quand on se souvient de sa constitution. Débarrassé, au moyen de l’acool par exemple, de ses éléments immédiatement solubles, il donne à l’analyse des acides organiques, de l’eau, des essences huileuses, des silicates, des sulfates, des phosphates, des chlorures et des bydrocarbonates de chaux, de potasse, de soude et de magnésie, de l’acide carbonique, de l’hydrogène carboné, etc...., c’est-à-dire uniquement des corps susceptibles d’être évaporés ou dissous après avoir coopéré par affinités chimiques à la formation d’un corps déterminé.
- Partant de ces données, MM. Bizouard et Lenoir, le premier ingénieur électricien, le second imprimeur, ont étudié, dès 1891, le problème de la fusion du bois, et, après un an de recherches, sont arrivés à produire un échantillon de bois fondu qui, bien qu’obtenu sans outillage spécial, n’en présentait pas moins des particularités remarquables. Les détails du procédé qu’ils ont employé ne sont pas exactement connus : ils ont opéré en vase clos, à une température relativement peu élevée; c’est à peu près tout ce que les journaux techniques de l’époque fournissent compie indications.
- Mais leurs travaux ont été repris de divers côtés, et, actuellement, il existe toute une technique opératoire qui permet d’obtenir facilement des résultats excellents. Un récipient métallique, sorte de chaudière munie d’un double fond dans lequel circule de la vapeur surchauffée, est l'empli de fragments de bois; on le ferme au moyen d’un couvercle analogue à celui des autoclaves et muni d’une tubulure à robinet pouvant communiquer avec une trompe à eau, grâce à laquelle il est aisé de raréfier l’air du récipient au point d’y faire pratiquement-un vide à peu près complet. Quand on chauffe à + 140° du bois ainsi maintenu dans le vide, l’eau et les diverses substances les plus volatiles se dégagent les premières : par aspiration, au moyen de la trompe, elles sont évacuées, et le chauffage est continué pendant trois heures environ. 11 se produit alors une série complexe de réactions et de
- phénomènes analogues à ceux qui accompagnent la distillation du bois en vase clos, et par l’effet desquels tous les produits pyrogénés se dégagent : une nouvelle aspiration permet de les enlever, de les amener dans un condenseur, et de les recueillir de façon à pouvoir les isoler les uns des autres et les utiliser commercialement. A ce moment, il ne reste plus au fond du récipient que le squelette libreux du bois et les sels minéraux dont l’ensemble constitue une matière fusible. On la laisse refroidir lentement et toujours à l’abri de l’air; puis, le refroidissement opéré, on la porte dans une seconde chaudière métallique également reliée à une trompe et dans laquelle on fait un vide aussi complet que possible ; puis, l’air ayant été ainsi enlevé, on le remplace par de l’azote sous pression de 1,5 à 2 atmosphères. L’azote, gaz neutre et actif seulement aux températures très élevées, crée dans la chaudière une atmosphère totalement inerte et grâce à la présence de laquelle aucune réaction chimique ne peut se produire. On chauffe à -j- 800 pendant deux heures et, au bout de ce temps, le bois est fondu et transformé en une masse homogène et dure.
- Ce procédé a pour lui qu’il permet de tirer parti de tous les produits de la distillation pvrogénée du bois, qui ont une valeur marchande importante ; mais, par contre, il est compliqué, coûteux et long. Aussi convient-il de lui préférer pratiquement un procédé beaucoup plus simple, qui ne donne, il est vrai, aucun sous-produit utilisable, niais qui est d’un bon marché tel qu’il est peut-être appelé à une vulgarisation rapide. 11 consiste à introduire dans un autoclave du bois en fragments plus ou moins gros, et même de la sciure, à faire le vide, à introduire, à la place de l’air enlevé, de l’azote sous pression de 2 atmosphères, puis à chauffer à + 900 pendant deux heures. Le résultat direct de l’opération est une masse compacte d’un corps solide amorphe qui est du bois fondu. Des dispositifs accessoires dans le détail desquels ce n’est pas le lieu d’entrer ici (régulateur de température permettant un chauffage graduel, mélangeur, etc...) complètent l’installation dont le schéma vient d’être indiqué, et assurent un rendement véritablement commercial.
- Quant au nouveau produit obtenu, il a des qualités qui lui assurent un avenir industriel certain : il est d’un grain très tin, susceptible d’acquérir un beau poli, très dur en même temps et très résistant à l’usure : il prend facilement l’encre typographique et supporte des lavages répétés à la potasse, au carbonate de soude et à l’essence
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- ACADÉMIE DES SCIENCES CONTRE LA GRÊLE —..---— 175
- de térébenthine. Versé en moules à l’état liquide, il se prend en masse par refroidissement tout en épousant toutes les sinuosités de la surface mise en contact avec lui. On a pu faire ainsi des objets de dessins et de formes très variés, notamment fabriquer des caractères mobiles pour l’impression, surtout des caractères de grandes dimensions employés pour les affiches.
- Mais ce qu’il y a de plus intéressant, peut-être, c’est
- que l'on peut ajouter au bois destiné à être fondu des substances antiseptiques, particulièrement du bichlorure de meicure qui en assurent la conservation pour ainsi dire indéfinie, et le soustraient entièrement à l’action des insectes destructeurs. 11 est certain que c’est là un avantage considérable, et une des raisons qui feront s’intéresser l’industrie moderne aux progrès de la fabrication nouvelle. Fiuncis Maure.
- Séance du 9 août 1909. Radiations animales, — M. le commandant adresse une Note dans laquelle il expose qu’il a obtenu à
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Vaccination contre, la tuberculose. —- M. Laveran résume un travail de M. ilapin, professeur à la Faculté de
- Darget
- l’aide d’animaux (chats, chiens, poulets) des résultats analogues à ceux que lui ont fournis ses expériences sur l’homme relativement à l’émission de radiations. Des plaques photographiques, enfermées sous triple enveloppe, auraient été impressionnées par les radiations émises par des chats, ries chiens et des poulets. Des résultats semblables ont été donnés par des arbres et des tleurs. D’après Fauteur, tous les corps vivants dégageraient donc normalement des rayons qu’il appelle l'ayons Y.
- Ecltauffemenl de la terre sèche subitement mouillée. — MM. Muni/ et Gaudechon ont étudié le dégagement de chaleur produit par le mouillage des terres sèches. Cet écbauH’ement est dù surtout à l’aftinilé de l’argile et de l’humus pour l’eau, affinité si énergique que ces deux substances dégagent jusqu’à 20 et 30 grandes calories par kg. E11 réalité, les causes de l’échaufi'emenL sont complexes ; elles sont de deux ordres : actions de surlace et combinaisons chimiques. Le sol, surtout le terreau des potagers, s'échaude au soleil jusqu’à 40 degrés en se desséchant. Si une pluie survient, l’action de la terre peut développer assez de chaleur pour que la température du sol monte à 50 degrés. Les jeunes plantes délicates périssent alors. Sans en connaître la raison, les jardiniers savent parfaitement, que les arrosages pratiqués au moment du grand soleil, sont nuisibles aux cultures.
- Conservation des pulpes de distillerie. — M. Roux présente une Note de M. Crolebois, relative à la conservation des pulpes de distillerie. L’auteur cultive dans les j us de diffusion un ferment lactique capable de vivre dans un milieu très acide. Il arrose ensuite avec ces jus les pulpes ensilées.
- médecine de Nantes, sur un vaccin antituberculeux des bovidés. Depuis longtemps on a cherché à produire l’immunité contre la tuberculose au moyen de bacilles tuberculeux convenablement modifiés par des réactifs. La difficulté était de supprimer la virulence du bacille en laissant subsister ses propriétés immunisatrices. M. Rapin a résolu le problème en modifiant le bacille de la tuberculose des bovidés par le Huorurc de sodium. Ce bacille modifié a été injecté à plusieurs reprises à trois jeunes bovidés qui ont ensuite été soumis à des injections de bacilles virulents en même temps qu’un quatrième animal servait de critérium aux résultats de l’expérience. Rien que plus de six mois se soient écoulés, les trois premiers animaux ne sont affectés d’aucune lésion tuberculeuse; le quatrième animal, au contraire, est atteint de tuberculose en état d’évolution avancée.
- Substances inconnues dans les urines. — M. Daslre présente une Note de MM. IL Labbé et G. Vitry sur les substances organiques inconnues qui existent dans l’urine. L’auteur donne le nom d’indosé à l’ensemble de ces substances. Dans l’urine d’un sujet sain l’azote dosé ne représente pas la totalité de l’azote. On peut admettre que 14/15 y sont engagés dans l’urée; le dernier quinzième est contenu dans les sels ammoniacaux et dans une autre substance organique. L’indosé varie en proportion des protéines ingérées, mais dans le diabète l’indosé n’est pas en rapport avec les protéines; il est composé de substances azotées mal déterminées. De plus il y a dans ce cas des hydrates de carbone. Les recherches sur l’indosé paraissent devoir fournir des données sur les
- Cil. OK VlLLEOEUE.
- diverses formes de diabète.
- CONTRE LA GRELE
- On sait les terribles ravages qu’occasionne la grêle dans nos campagnes. Gomment s’en prémunir? C’est une grave question à laquelle se consacrent depuis longues années de nombreux et bienfaisants chercheurs. On a expérimenté un peu partout les canons et les l'usées paragrêlcs; mais les expériences ont eu des résultats fantasques et déconcertants; et n’ont rien donné de positif.
- Ce n’est donc pas de ce côté, semble-t-il, que viendra le palliatif efficace contre la grêle. Il faut chercher dans une autre voie. C’est ce qu’a fait M. le général de Négrier dans une série d’essais des plus intéressants poursuivis patiemment et méthodiquement depuis plusieurs mois déjà.
- Pour guérir, un mal, il est bon d’011 .connaître la
- cause. M. le général de Négrier s’est proposé tout d’abord de rechercher les origines de la grêle : c’est une question fort obscure et sur laquelle bien des hypothèses sont permises. Suivant M. de Négrier, la formation de la grêle est toujours accompagnée d’un phénomène électrique;, ou peut vérifier le plus souvent que la chute de la grêle est en effet précédée d’un violent orage. Comment la décharge électrique peut-elle expliquer l’abaissement brusque de température qui donne naissance à la grêle? Le problème est fort sujet à contestations et nous n’entreprendrons pas de le discuter. Mais il reste établi par de nombreuses observations que : orage et grêle sont toujours deux phénomènes concomitants.
- D’où cette conclusion fort naturelle : pour éviter
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- 176 :: ' CONTRE LA GRELE
- la grêle, il faut empêcher l’accumulation de l’électricité atmosphérique sous des tensions dangereuses en la soutirant vers le sol par des dispositifs appropriés.
- Telle est la tâche que s’est assignée M. le général de Négrier. Les essais qu’il poursuit exigeront plusieurs années d’expérimentation avant de pouvoir être considérés comme probants : mais les premières tentatives sont déjà fort encourageantes.
- Elles consistent en somme à construire à proximité de la région menacée un grand paratonnerre aussi élevé que possible.
- M. de Négrier a remarqué, avec raison, que les paratonnerres usuels trop souvent fonctionnent mal : c'est que la tige de fer qui doit assurer l’écoulement du fluide vers la terre, s’est oxydée faute de soins, et que la rouille mauvaise conductrice s’oppose au passage du courant.
- 11 faut que celui-ci soit aussi facile que possible pour éviter réchauffement du conducteur et des décharges dangereuses pour l’appareil protecteur et les édifices qui le supportent. Car l’électricité, à une certaine hauteur dans l’atmosphère, est à., une tension très forte'. D’après des expériences faites à Gossop, en Angleterre, et relatées par M. de Négrier, la tension à 560 mètres de hauteur au-dessus du sol ne serait pas inférieure à 100000 volts.
- 11 faut noter en outre que très fréquemment, sinon toujours, la décharge électrique entre le sol ou la pointe du paratonnerre, et le nuage chargé s’opère sous forme oscillante, autrement dit sous forme de courant à très haute fréquence. Or le courant à haute fréquence se localise presque complètement à la périphérie des conducteurs : on aura donc tout avantage à employer des conducteurs creux de grand diamètre, ou tout au moins de grande surface extérieure, en métal bon conducteur comme le cuivre. Il faudra s’assurer d’une prise de terre excellente.
- Un paratonnerre de ce type est actuellement en essais à Paizay-le-Sec, notre figure en montre l’aspect.
- C’est un grand mât métallique de 50 mètres, il supporte un conducteur lait d’une lame de 50 mm. sur 5 mm. d’épaisseur, en cuivre électro-lytique pur.
- IJn paratonnerre ne peut avoir qu’un elïèt local assez limité. 11 serait intéressant d’étudier méthodiquement la protection de vastes régions. M. R. de Beauchamp s’est posé le problème, et, partant des mêmes principes que M. de Négrier, il cherche à le résoudre en organisant de vastes barrages électriques aériens. Les expériences se poursuivent du
- reste dans la même région que les essais de M. de Négrier. Un u tilisera pour commencer, les postes suivants : Poitiers (Hôtel de Ville), Saint-Julien, l’Ars-Chau vigny, Paizay-le-Sec, Saint-Sa vin.
- L’expérience montrera s’il y a lieu de diminuer les intervalles de ces postes, et d’en établir d’autres, soit sur la ligne, soit en quinconce, en avant ou en arrière de la ligne.
- On voit de suite tout l’intérêt de cette tentative et toute sa portée. Si elle est, comme nous le souhaitons, couronnée de succès, on pourra en accroître l’envergure et se poser le problème de la protection de la France entière contre le fléau de la grêle.
- Ici interviendra la mé-signaler
- les régions affectionnées par ce météore, celles où devront être établis les barrages protecteurs.
- Pour l’instant, répé-tons-le, il ne s’agit encore que d’essais et d’observations; trop peu nombreuses jusqu’ici pour permettre de formuler une conclusion qui ne pourrait être que prématurée. Mais quel qu’en soit le résultat définitif, les travaux de M. de Négrier et ceux de M. de Beauchamp, auront eu, tout au moins, le mérite d’avoir ouvert une voie nouvelle et déblayé les premières difficultés. Leurs efforts désintéressés mériteront la reconnaissance de tous ceux que la grêle chaque année frappe si doulou-/ reusement. A. Troller.
- Le Gérant : P. Masson.
- Pans — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
- Le mât du grand paratonnerre paragrêle de Paizay-le-Sec, expérimenté par le général de Négrier.
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- LA NATURE. — N° 1891
- 21 AOUT 1909.
- L’aéronautique et la caricature. D'après un dessin anglais intitulé : Le vol de la Mode. Les grands chapeaux des élégantes de l'époque y apparaissent comme des précurseurs de l'aéroplane.
- ?
- LES ETAPES DE LA NAVIGATION AERIENNE
- Des fêtes magnifiques vont, dans quelques heures, réunir au-dessus des plaines de Champagne, en un concours sans précédents, toutes les machines volantes dont les exploits ont rempli les débuts de l’été 1909. On y verra les merveilleux oiseaux humains, non plus en une immobile exhibition, mais en vie et au vol. Et ci; sera une saisissante synthèse de tous les efforts présents, en même temps qu’une vivante évocation des espérances que porte l’avenir.
- Nous croyons intéressant, à cette occasion, de jeter un rapide coup d’œil en arrière; il permettra de mesurer le chemin parcouru depuis les premières tentatives de conquête aérienne, et ce sera, en plus d’un tableau scientifique plein d’admirables enseignements,. un juste hommage rendu aux inlassables et souvent ues cher-
- Les préparatifs d'une ascension en Montgolfière à Lyon, le ig janvier 17II4. La machine gonflée emportera 7 aéronautes.
- 3 7e
- 3.0 semestre.
- cheurs dont le génie a préparé le triomphe actuel.
- LES BALLONS SPHÉRIQUES
- De tout temps, l’homme a rêvé d’imiter l’oiseau : ce modèle a inspiré d’innombrables machines, le plus
- souvent fatales à leurs inventeurs. Mais le premier essai elfectif de na vigation aérienne a été effectué par un tout autre procédé. Il remonte aux célèbres expériences de deux Français, les frères Mont-goltier, sur le plus léger que l’air.
- Le 5 juin 1785, à Annonay, les autorités et un public étonné assistaient à l’ascension d’une sphère de papier gonllée de gaz chauds provenant de la combustion de papier ou de chiffons, maintenus sous l’orifice de la sphère. Ce fut la première Montgolfière.
- Sa naissance fi t par toute la France une sensation profonde. Les
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- 178 ======= LES ÉTAPES DE LA NAVIGATION AÉRIENNE
- Une conception grandiose à la fin du dix-huitième siècle. Un irréalisable projet de navire aérien.
- admirateurs, les émules "fervents surgirent en foule.
- Le 27 août 1785, le physicien Charles, et F auj as de Saint-Fond, fabriquaient un globe d'étoffe imperméable et le remplissaient d’hydrogène. Ce fut le premier ballon. Enfin le 21 novembre 1785, partis du parc de la Muette, Pilâtre des Roziers et le marquis d' Ar landes effectuaient en montgolfière le premier voyage aérien. C’était un engin dangereux que la montgolfière, gonflé d’air chaud par un foyer à flamme nue, menace constante d’incendie. Le 15 juin 1785, Pilâtre des Roziers et Romain périssaient ainsi, dans un essai de traversée delà Manche.
- Charles fut plus heureux avec ses ballons à hydrogène : ce fut quelques jours seulement après Pilâtre des Roziers, qu’il effectua avec succès sa première ascension. Il apporta ensuite aux ballons de notables perfectionnements, créa la soupape supérieure, imagina le filet porteur de la nacelle, adopta le lest et fit en réalité le sphérique tel qu’il existe encore de nos jours.
- C’est dans un ballon de ce genre que le Dr Jefferies et Blanchard, un Anglais et un Français, réussirent la première traversée delà Manche, le 7 janvier 1785. On croyait à cette époque qu’il serait très aisé de faire du ballon sphérique un vaisseau aérien dirigeable. D’innombrables gravures de l’époque témoignent de cette illusion dont il fallut bientôt revenir.
- Le sphérique, en dehors de son emploi sportif, n’a trouvé que des applications militaires comme ballon captif, ou scientifiques, comme mode d’investigation des hautes régions aériennes.
- C’est l’armée française de la Révolution* qui la
- première eut l’idée d’utiliser le ballon captif comme moyen d’observation en campagne. Le bataillon d’aérostiers commandé par Coutelle rendit de signalés services àMaubeuge, à Fleuras, et à Mayence. Puis cet engin de guerre cessa de plaire ci tomba dans l’oubli; il réapparut aux Etats-Unis pendant la guerre de sécession. En 1870 il joua le rôle, glorieux que l’on sait. Grâce aux ballons, Paris investi put rester en communication avec la province, 66 ballons sortirent de la place, 60 remplirent leur mission; 2 se perdirent en mer, -4 tombèrent dans les lignes allemandes.
- Aujourd’hui toutes les armées ont un corps d’aérostiers militaires, mais, même comme ballon captif, le sphérique semble perdre de son importance, et on cherche à lui substituer les ballons allongés, dont la forme rappelle celle des dirigeables, et qui offrent plus de stabilité par les grands vents.
- Le sphérique a été un bel instrument de découvertes scientifiques : nous lui devons nos connaissances sur la haute atmosphère. Les ascensions scientifiques ont été nombreuses depuis le début du siècle. Roberston à Hambourg, en 1805, atteignait l’altitude de 7400 m.; Biot et Gay-Lussac, en 1804, tentaient la même expérience; en 1861, Glaisber s’élevait jusqu’à 11000 mètres. On sait combien ces tentatives sont périlleuses ; beaucoup eurent, hélas! une issue tragique : rappelons la dramatique ascension du Zénith le 15 août 1875, monté par Gaston Tissandier, Sivel et Crocé-Spinelli ; le ballon atteignit 8600 mètres, mais les aéronautes perdirent connaissance et seul Tissandier put être ramené à la vie. Ces dangereux exploits se sont depuis laits plus rares : les ballons-sondes à enregistrement automatique ont remplacé avantageusement les aéronautes. Notons cependant la belle ascension de Ber-son et Süring le 11 juillet 1901, qui, grâce à l’emploi d’appareils respiratoires à oxygène, purent atteindre la formidable hauteur de 10 500 m.
- Le sphérique reste, de nos jours, un sport captivant et un excellent moyen d’apprentissage de l’atmosphère : voici deux belles performances récentes : Y Ile-de-France, le 21 octobre 1907, reste
- Une conception de la navigation aérienne au dix-septième siècle. L’homme dans la Lune enlevé par des oies apprivoisées, d’après, un roman de Goodwin (1648), par Dominique Gonzales. .
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- Celle gravure, empruntée au Musée de Tout le Monde de juillet i855, condense les faits les plus frappants de la navigation aérienne jusqu’à celle époque. Ndus y remarquons : i, 3, 4, 8, 9, 16, Montgolfières-, — 2, 5, le premier ballon de Charles; — 7, la première ascension de Charles et Robert {Paris, 4 décembre i~83); — 11, le Guyton de Morveau expérimenté à Dijon le 25 avril 1784 (premiers essais de direction); — 20, ballon poisson construit en Espagne par Palinho (79 septembre 1784); — 24, explosion 'de la Montgolfière de Romain et de Rozier (16 juin 1785); — 3o, descente en parachute,'chute de 1000 mètres, Jacques Garnerin (22 octobre 1797); — 3i, ascension à cheval par Teslu-Brissy (3o octobre 1798); — 48, chute mortelle de Cocking en parachute ; — 49, ascension à cheval de Mar gai, le « Lapeyrouse des airs » (29 août 1824); — 53, le dirigeable minuscule de Julien ( r85o); — 58, le projet de dirigeable de Sanson {i85o); — 6o, le projet de dirigeable de Pétin ( 1860).
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- Comment on concevait la navigation aérienne après la découverte de Montgolfier. (Projet de A. J. R. 1783, d’après une estampe du temps.) — 1. Ballon cylindrique destiné à enlever 100 personnes. — 2, 3. Ballons munis de voiles et de rames, pour la direction (6, 7, détails d’une rame). — 4, 5. Emploi du ballon comme machine élèvatoire.
- 44 h. 5 m. dans les airs, aux Etats-Unis, et franchit 1594 km. ; le Centaure, monté par M. Henry de la Vaulx et de Saint-Victor, le 9 octobre 1900, avait fait mieux encore quelques années auparavant, le parcours de Vinoennes à Korostychew (Russie), soit 1925 km. en 55 h. 45 m. C’est le record mondial de la distance.
- LES BALLONS DIRIGEABLES
- Après les premiers succès des montgolfières et des ballons, on croyait qu’il serait fort aisé de diriger les nouveaux esquifs aériens : des rames et un gouvernail, le tout mû par le moteur humain : tel est le mécanisme simple sur lequel on comptait au début. Mille projets prirent naissance sur ces bases, qui bien entendu n’aboutirent qu’à de jolis motifs d’estampes et de caricatures.
- Les précurseurs.— Un seul homme, à cette époque, sut se rendre compte de conditions exactes du problème :
- Meusnier, alors lieutenant du génie, fut plus qu’un précurseur : il établit, dès 1785, les règles sur lesquelles aujourd’hui encore repose la construction d’un dirigeable et ses successeurs n’ont
- eu, en somme, qu’à adapter un moteur à l’engin dont il avait arrêté les grandes lignes. Meusnier établit le principe de la forme allongée du ballon, il montra que la stabilité de celui-ci exigeait des formes invariables et pour les maintenir telles, il imagina le ballonnet à air gonflé par des soufflets; dispositif encore en usage aujourd’hui. Mais il lui manqua le moteur.
- Après Meusnier, Robert construit en 1784 un ballon allongé. En 1854, Lennox et Rerrier consacrent leur fortune à la construction d’un ballon de 2800 mètres cubes, allongé et terminé par deux, cônes. Un essai, au Champ-de-Mars, fut malheureux : le public d’alors, injuste et peu éclairé, détruisit l’aérostat.
- Rien d’intéressant à signaler dans les longues années qui suivent : la navigation aérienne s’attarde
- dans le domaine des utopies : elle en sort en 1850 avec l’horloger Jullien, qui sut faire remonter un vent fort marqué à un petit dirigeable d’essai, de forme dissymétrique, mû par un mouvement dirigeable. C’était là le véritable embryon de nos beaux dirigeables modernes.
- Le 25 septembre 1852, l’illustre ingénieur Giffard, que
- L’ascension des frères Robert et du duc de Chartres, à Saint-Cloud, le i5 juillet 1784, dans le premier ballon qui ail été construit de forme allongée. Ce fut une cérémonie grandiose où assistaient le roi de Suède et toute la cour de France.
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- i. Le République (1908). — 2. Le Zeppelin (1909). — 3. Le Ville-de-Paris (1907). — 4. Le Lebaudy (1902). — 5. Dirigeable italien {1908). — 6. Le dirigeable mixte Malécot (1908). — 7. Le Santos-Dumont (1901). — 8. Le Gross, allemand (1908). — 9. Le Nulli-Secundus, anglais (1908). — 10. Le Parseval, allemand {1908). — 11. Le De La Vaulx (1908). —,12. Le Pax, détruit en 1902. — i3. Le Tissandier (1884). — 14. Le dirigeable France, de Krebs et Renard (1884-1885). — t5. Le Dupuy-de-Lôme (1872). — 16. Le Giffard (iSSi). — 17. Le dirigeable espagnol Torres-Quevedo (1908J. — E11 bas à droite : Le Yille-de-Naney et son hangar (1909).
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- LES ETAPES DE LA NAVIGATION AERIENNE
- Projet de dirigeable de Ernest Bazin (Angers
- l’expérience de Jullien avait frappé, s’enlevait dans un dirigeable allongé de *2500 mètres cubes, nui par un moteur à vapeur de 5 chevaux et une hélice à trois branches de 5 m. 40 de diamètre. La machine pesait 55 kg par cheval. L’aréonef atteignit une vitesse de 2 à 5 mètres par seconde, évidemment insuffisante pour lutter contre un vent même faible. Mais c’était un premier pas accompli. Un deuxième ballon plus grand, mais d’un allon-
- gement exagéré qui compromettait sa stabilité, fit naufrage à sa première ascension en 1855, sans dommage heureusement pour l’audacieux pilote.
- En 1872, Dupuy-de-Lôme, créateur de notre Hotte cuirassée, rêve à son tour d’une Hotte aérienne : son projet prend, à son insu du reste, les grandes lignes du projet de Meusnier, sans oublier, comme l’avait fait Gifiard, le ballonnet stabilisateur. Dupuy-de-Lôme imagine, pour la nacelle, une excellente suspension indéformable, et réalise un aérostat d’une construction parfaite. 11 n’y manquait que ce qui devait manquer longtemps encore aux aéronaules : un moteur. L’hélice mue par 8 hommes ne donna aucun résultat.
- Gaston et Albert Tissandier songent au moteur électrique qui supprime les dangers d’un loyer sous l’enveloppe. Leur dirigeable mesurait 28 mètres de longueur. Le 26 septembre 1884, les aéronautes luttaient victorieusement contre un vent de 5 mètres à la seconde.
- A la même date les capitaines Renard et Krebs construisaient leur dirigeable France. Pour la première Ibis, le 9 août 1884, puis le 25 septembre 1885, on vit un aérostat boucler un circuit et revenir à son point de départ. La seconde ascension surtout fut triomphale, le
- France évolua au-dessus du Champ-de-Mars et revint au pare de Chalais-Meudon. Le problème de la navigation aérienne paraissait résolu; il ne l’était pas : l'architecture du ballon était excellente : allongé, dissymétrique, muni d’un ballonnet à air, et d’une nacelle allongée de 52 mètres, il jaugeait 1860 mètres cubes, mesurait 50 mètres de long sur 8 m. 4 de diamètre. Mais le moteur, dynamo de 8 chevaux actionnée par des piles chloro-chromiques, était insuffisant; la vitesse propre de l’appareil, 6 mètres par seconde, n’assurait sa direction que contre des vents faibles et ne lui permettait que de très rares sorties.
- Toute la question de la navigation aérienne se résumait donc dans le problème du moteur léger et puissant.
- Il fallut attendre l’avènement de l’automobilisme pour en trouver la solution : une nouvelle période s’ouvre alors pour le dirigeable. G’est celle du succès définitif. Elle est inaugurée par Santos-Dumont, jeune sportsman brillant et audacieux qui n’hésite pas à munir d’un moteur à explosion, des aérostats fusiformes de conception souvent insuffisante. Après plusieurs périlleux échecs, le 19 octobre 1901, sur son ballon n° 6, Santos-Dumont eHectue le premier voyage aérien, sur parcours fixé d’avance et gagne le prix Deutsch, de 100000 francs, en doublant la Tour-Eiifel et en revenant à son point de départ de Saint-Cloud.
- Désormais, l'enthousiasme qui attirait les chercheurs vers les questions aériennes ne devait plus
- Le dirigeable Giffard i85z). — de ce genre muni d'un moteur
- Le premier engin a vapeur et monte.
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- l 'ne conception malheureuse. — Ce navire aérien, construit aux Etats-Unis en ]<jo8, muni de six nacelles, devait transporter un nombre considérable de passagers. Mais l’oubli total des règles fondamentales de P architecture aéronautique, provoqua dés la première ascension un très grave accident qui mil fin aux essais.
- sc ralentir : malgré la catastrophe du Fax, le I 2 mai 1902, et du Rradski, le 31 octobre 1902, engins hâtivement conçus, ignorants des travaux antérieurs et qui coûtèrent la vie à quatre aéro-nautes.
- Les ingénieurs-aéronautes Français reprennent les études de Renard et Krebs, ils utilisent les connaissances accumulées par ceux-ci sur la Forme de carène et la stabilité des vaisseaux aériens et adaptent rationnellement le, moteur à essence à l’aéroneF conçu par Renard. Les premiers ballons ainsi construits Fonctionnent avec succès, et servent à expérimenter des progrès nouveaux : rapidement naissent des types perfectionnés et en quelques années nous arrivons à ces beaux croiseurs
- lin panneau de poussée en tubes d’acier relie l’avant de la nacelle à cette plate-forme et assure la transmission du mouvement des hélices au ballon par un intermédiaire rigide.
- Le Lebaudy n° 2, mis en chantier l’année suivante, accomplit, en 1904 et 1905, de magniliques campagnes aériennes, terminées par un voyage avec escales de Moisson à Chàlons-sur-Marne. C’était le succès complet. L’Etat commande à M. Lebaudy des dirigeables militaires, et nous voyons apparaitre les types qui constituent aujourd’hui notre Hotte aérienne.
- C’est d’abord le Pairie, mis en service le 15 novembre 1906 : on connaît ses triomphales randonnées, son voyage d’essai de Moisson
- aériens qui évoluent aujourd’hui au-dessus de Paris, et qui ne sont eux-mèmes qu’une étape vers des modèles plus parfaits encore.
- Les semi-rigides. - - En 1902, apparaît le premier dirigeable Lebaudy, le prototype des semi-rigides. Construit par MM, Julliot et Surcouf, doué d’une vitesse propre de 40 kilomètres à l’heure, il constituait, au sens propre du mot et pour la première fois, un dirigeable : on le vit lutter sans peine contre des vents de 6 mètres et tenir l’air plus de 2 heures. Il mesure 58 mètres de long et cube 2284 mètres cubes, porte un moteur de 40 chevaux et est mû par deux hélices d’acier disposées de part et d’autre du cadre rigide qui porte la nacelle. La partie inférieure du ballon vient s’aplatir sur un cadre, horizontal métallique, qui sert à fixer les-attaches du ballon et les suspentes de la nacelle.
- Un drachen-ballon. l’armée allemande,
- Le ballon captif de l’essai en France.
- à Calais, ses sorties aux environs de Paris, et son magnifique voyage de Paris à Verdun, le 25 novembre 1907 ; puis l’accident de moteur qui le force à camper en plein champ et le coup de vent qui l’arrache à ses aérostiers. Ce sont aujourd’hui le République (26 juin 1908) et demain le Liberté, le Russie, vendu au gouvernement russe.
- Les ballons souples. — La tin de 1906 voyait naître un nouveau type de dirigeables, issu directement des théories de Renard : pas d’intermédiaire rigide entre le ballon et la nacelle, nacelle allongée, stabilité assurée par des ballonnets gonflés d’hydrogène formant à la proue empennage pneumatique cruciforme. C’est le ballon Ville-de-Paris, long de 60 mètres, mû par un moteur de 60 chevaux, construit par M. Surcouf. Cet aéronef fit une série
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- de fort beaux voyages en 1907; donné à -l’Etat par M. Deutsch, il effectuait sans encombre, le 16 janvier 1908, le voyage Paris-Verdun et il remplaçait, dans celte ville, le Patrie récemment perdu.
- Comme les Lebaudy, ce ballon a donné naissance à toute une série d’aéronel's successivement perfectionnés : le Clément-Bayard, le Ville-de-Nancy, qui vient d’effectuer la traversée Paris-Nancy, le Colonel Renard, prêt à sortir et qui appartient à l’Etat.
- Avant d’arriver à une classe toute distincte, celle des ballons rigides, rappelons un certain nombre de tentatives que La Nature a mentionnées avec détails, et qui portent en germe des idées intéressantes : les petits dirigeables démontables Zodiac, le ballon De Marçay, avec l’hélice au milieu; le ballon Malécot, combinaison d’aéroplane et de ballon; signalons le dirigeable Belgique, construit par M. Godard ; le dirigeable militaire _ anglais' 'baptisé
- veau modèle de 5600 mètres cubes, qui détiendra le record de la taille pour les ballons de ce type.
- Les rigides. — Il n’existe actuellement qu’une classe de dirigeables rigides : ce sont ceux du comte Zeppelin. On connaît les efforts obstinés, les échecs retentissants, les dépenses énormes qui ont conduit, par une voie douloureuse, l’aéronaute allemand au succès bruyant de ces derniers mois. On n’a pas oublié la catastrophe qui anéantit, il y a un an, l’aérostat, lors d’une impressionnante randonnée au-dessus de l’Allemagne du Sud. Depuis, soutenu par l’enthousiasme de ses compatriotes, le comte Zeppelin a réuni des sommes énormes, repris son œuvre, et persévéré dans ses conceptions. Les rigides se multiplient en Allemagne. Mais les difficultés de campement de pareilles masses sautent aux yeux : En Zeppelin i’orcé de s’arrêter en rase campagne, offrant au vent une surface énorme, est exposé aux pires dangers. Le nombre des accidents survenus au
- i. Le planeur sans moteur de Wright (icjoo-iyo3). — 2. L’avion Ader (iBqo-iSq'j). — 3. Le premier monoplan Blériot (içoô). — 4. IJ aéroplane Santos-Dumont (içdà) qui effectua le premier vol officiellement contrôlé. — 5. Le biplan Farman, le gagnant du prix du kilomètre bouclé (i3 janvier iqoS). — 6. Le monoplan Roberl-Esnault-Pellerie (iqoj-igo8). — j. Le biplan Delà grange (içotl).
- Nulli-Secundus, simple ébauche qui n’eut aucun succès; le petit dirigeable espagnol Torres-Quevedo, à la bizarre silhouette.
- Tous les pays, du reste, étudient activement le dirigeable en vue de ses applications militaires et tous ont lait des essais de semi-rigides ou de ballons souples. L’Italie a fait construire, par ses aérostiers militaires, un dirigeable aux formes effilées qui donne de sérieuses promesses. Les Etats-Unis, l’Angleterre, consacrent des sommes importantes à des études sur le sujet.
- L’Allemagne, bien que partisan fanatique du type rigide sur lequel nous allons revenir, a fait, avec les ballons Gross et Parseval, de sérieux efforts pour imiter et égaler les ballons français. Le Gross, le 1er septembre 1908, réussissait un fort beau voyage de 280 kilomètres en 15 heures. Mais, depuis, il 11’a plus donné signe de vie. Le Parseval, à la même époque, après une belle ascension de 11 h. 52, éprouvait de pénibles mésaventures : l’aérostat, à moitié détruit par de durs atterrissages, dut être reconstruit. On met au point actuellement un nou-
- cours de chaque voyage montre combien est malaisée l’utilisation de ces monstres bardés d’aluminium.
- Quoi qu’il en soit, les Zeppelin sont actuellement les mastodontes de l’air et détiennent le record des traversées atmosphériques.
- La permanence de la forme est, nous l’avons dit, une qualité indispensable du dirigeable : depuis 1870, Zeppelin s’efforce de la réaliser en munissant l’enveloppe d’une carcasse rigide en aluminium, au heu de recourir, comme l’école française, à l’artifice du ballonnet. 11 en résulte évidemment une augmentation de poids mort considérable, et pour regagner la force ascensionnelle perdue, il faut accroître le volume de gaz sustentateur ; d’où les proportions gigantesques du ballon allemand ; elles sont, non un signe de force, mais bien un indice de faiblesse. Pour recevoir cette masse encombrante, il faut des hangars spéciaux; on sait que le garage actuel flotte sur le lac de Constance, il cloit à cet artifice ses abords parfaitement dégagés.
- Après de nombreux essais malheureux, Zeppelin construisait en 1905 un engin de 128 mètres de
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- long, de 11450 mètres cubes, qui tint l’air avec succès. Encouragé, il établissait le nouveau modèle qui remplit en 1908 les gazettes allemandes de ses exploits : il mesure 156 mètres de long, cube 15000 mètres cubes; il est mû par deux moteurs de 110 chevaux chacun. Les hélices, grâce à la rigidité de l’enveloppe, ont pu être placées dans le plan diamétral de celle-ci, disposition fort logique qui
- dingen, où un ouragan le détruit complètement.
- Zeppelin, non découragé, se remet à l’œuvre; il existe aujourd’hui quatre de ses dirigeables, commandés par le gouvernement allemand, et l’on installe, dans toutes les places fortes d’outre-Rhin de vastes hangars, véritables ports destinés à abriter les nouveaux vaisseaux de guerre.
- Le dirigeable, heureusement, n'est pas unique-
- 8. Un monoplan Blèriot apres un echec malheureux. — 9. L’hélicoplère américain Luylies. — 10. Le biplan Bonnet-Labranche. — 11. L’hélicoptère Vuia. — 12. Le triplan Goupy. — i3. Le biplan américain Cürliss. — 14. L'aéroplane Zens. — i5. Le biplan Fer ber. — 16. La « Demoiselle » Sanlos-Dumonl. — 17. Le biplan Gaslambide Mangin. — 18. Le biplan Farm an, qui effectua le premier voyage aérien de Bouy à Reims (3o octobre iço8). — 19. Le Wright, détient le record du vol à.deux passagers (illçm45-j. — 20. L’Antoinette V, délient le record des monoplans (ih7m35s) et tenta la traversée de la Manche. — 21. Le Blériot XI, qui
- évite certains effets de tangage, et améliore le rendement de l’engin.
- En juin 1908, le Zeppelin réussit un parcours de 579 kilomètres à 400 mètres de hauteur, tente un voyage de 24 heures arrêté par de légères avaries, puis, le 4 août, avec*!2 personnes à bord, effectue le trajet Bâle, Constance, Mannheim, Oppenheim (488 kilomètres) ; arrêté là par une panne de moteur, il revient en arrière par Stuttgart, campe à Echter-
- ’-éussit la traversée de la Manche le 25 juillet içoy.
- ment une arme belliqueuse, il pourra devenir, quelque jour, un moyen de transport rapide et agréable : la France sera le premier pays doté d’ua, service de ce genre. La Compagnie transaérienne organise dès maintenant trois grandes lignes de navigation aérienne : Paris-Lyon, Paris-Rouen, Paris-/ Nancy, desservies par des ballons de 5500, 5000 et 7000 mètres cubes. C’est une ère nouvelle qjui commence. /
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- LES MACHINES VOLANTES
- . La locomotion aérienne par plus léger que l’air n’est, en somme, malgré ses succès, qu’un artifice;
- Le projet de machine volante de Degen, à Vienne {1807).
- bien avant les travaux de Montgolfier et de Charles, d’audacieux chercheurs avaient tenté de s’enlever dans les airs, en s’inspirant de l’exemple de l’oiseau. Innombrables ont été les expériences dont l’histoire a gardé le souvenir; on s’est longtemps contenté de sourire de ces folies. Des savants crurent même démontrer, à grand renfort de mathématiques, l’impossibilité absolue du plus lourd que l’air. Les triomphes d’aujourd’hui, heureusement, réduisent à néant leurs calculs et réhabilitent tous les chercheurs d’ailes du passé.
- La Nature a déjà signalé les remarquables études du Vinci sur le vol des oiseaux; bien d’autres, à la-même époque, se préoccupaient du même problème, témoin la machine volante de Besnier, où l’on peut voir un embryon de nos planeurs modernes.
- Au reste, à la plupart des chercheurs, il manqua non seulement le moteur léger qui n’a fait son apparition qu’en ces toutes dernières années, mais aussi la méthode scientifique, pour étudier, d’une façon complète et précise, l’air et ses réactions sur les corps en mouvement : données essentielles pour créer une machine volante.
- Ces études méthodiques et suivies ont été, au
- Le poisson aérostatique soi-disant dirigeable de Palinho (1784), construit à 'piazeniia, Espagne. (D’après une eau-forte de Vépoque.)
- xixu siècle, l’apanage d’une phalange d'enthousiastes longtemps méconnus; leurs observations et leurs expériences, patiemment accumulées et enchaînées,
- ont permis d’établir les conditions même du vol mécanique, et lorsque le moteur léger fit enfin son apparition, le terrain était si bien déblayé, les esprits si bien préparés, qu’il a suffi de quelques mois de tâtonnements pour créer les appareils qui triomphent aujourd’hui.
- Les précurseurs. — En 1809, Cayley, un grand savant anglais, publiait un mémoire sur le plus lourd que l’air où, déjà, il envisageait l’emploi d’une machine à vapeur, d’hélices propulsives, de voilures inclinées. Il construisit même un petit modèle non monté.
- Dubochet, en 1854, montre que le vol est un simple glissement et fait remarquer que l’oiseau s’envole tête au vent, llauvel, Thibault, de Louvrié étudient le mouvement oblique des surfaces dans l’air et la résistance qu’elles éprouvent. Citons les travaux théoriques de savants comme Morin, Poncelet, Duchemin, et rendons hommage aux magnifiques travaux sur le vol des oiseaux, dus à Dubochet, à Pénaud, à Mouillard et surtout à Marcy, qui imagina à ce propos le cinématographe.
- En même temps, les constructeurs de machines volantes se faisaient plus nombreux et plus audacieux : Ponton d'Àme'court, de 1855 à 1865, construit un ingénieux hélicoptère, nui par une 111a-
- l.a machine volante de Besnier contient en
- chine à vapeur, bijou de mécanique; Henson, en 1845, commence la construction d’un aéroplane destiné à la traversée de la Manche; inutile de dire que ce rêve, trop ambitieux pour l’époque, ne fut pas réalisé. Le Bris, en 1856, après de patientes observations des oiseaux voiliers, construit un aéroplane sans moteur. Du Temple, en 1861, échoue avec un appareil à ailes battantes mù par un moteur à vapeur.
- Une mention spéciale est due à Penaud, à son mémoire sur le mécanisme de l’aile chez l’oiseau, à ses projets d’aéroplanes et d’hélicoptères (1876), et à ses. jolis jouets aériens, issus de ses expériences de laboratoire, et qui, aujourd’hui encore, papillons ou libellules de papier, mus par un ressort de caoutchouc, font la joie des enfants.
- Plus près de nous, un ingénieur de haut mérite, Mirant Maxim (1890), construit un gigantesque aéroplane, pourvu de multiples surfaces portantes, et d’un moteur à vapeur, mais qui fut trop lourd
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- pour s’enlever. Tatin (1890) construit un appareil pesant 35 kilogs, qui fit, non monté, un parcours de 50 à 00 mètres. Phitipps, en 1895, construit un curieux aéroplane à persicnnes : la machine comportait une très grande jalousie formée par une série de plans parallèles, de 5 m. 80 de long, de 0 m. 038 de largeur. La propulsion devait être assurée par une hélice de 2 mètres de diamètre. L’appareil, sans pilote, réussit un vol de 500 mètres. Des appareils de même type, perfectionné, seraient actuellement en construction. Lanyley (1888-1905) se livre à de pénétrantes études sur l’aérodynamique et le vol mécanique. Il précise nos connaissances sur la résistance de l’air, sur le travail du vent ; il établit des machines volantes, qui, malgré leur échec, étaient bien voisines de la solution. Enfin, sa haute autorité de grand savant sut convaincre nombre d’incrédules, et contribua puissamment à amorcer le mouvement des esprits vers les questions aériennes.
- Enfin Aller, de 1890 à 1897, étudie et construit ses avions, sous les auspices du ministère
- rateur à vapeur perfectionné, ailes imitées de la chauve-souris, hélices à 4 branches, telles sont les caractéristiques de ces remarquables appareils; l’un deux réussit, monté, un vol de quelque 500 mètres, le 14 octobre 1897.
- Malgré tous ces travaux où se dépensaient tant de science, d’ingéniosité et de courage, la locomotion aérienne par plus lourd que l’air restait dans le domaine des rêves. Elle commence à en sortir avec les travaux de Lilienthal.
- Lilienthal inaugure thode nouvelle lion, c’est lui qui, suivant le mot de Chanute, apprit aux hommes leur métier d’oiseau et prépara la magnifique éclosion de nos aviateurs.
- 11 orienta définitivement les essais de locomotion aérienne dans la voie de l’aéroplane. On sait que les appareils plus lourds que l’air peuvent se classer en trois grandes classes : les orthoptères, ou appareils à ailes battantes, imitation immédiate de l’oiseau; les hélicoptères, basés sur l’emploi d’hélices à axe vertical déterminant l’élévation et la sustentation de la charge; les aéroplanes, qui se soutiennent sur l’air par l’elfet même de leur translation horizontale et qui utilisent, pour équilibrer leur poids, la réaction verticale de l’air sur des surfaces faiblement inclinées.
- L’aéroplane présente sur les autres machines l’avantage de se prêter à des essais méthodiques ; il peut, en effet, se soutenir dans l’air sans moteur ; c’est un planeur, et alors que, véritable parachute, l’appareil descend lentement vers le sol, le pilote
- assez hardi pour se confier à pareil engin peut se rendre compte des conditions de stabilité du système, étudier l’inlluence des angles d’attaque, le rôle de la position du centre de gravité, la manière d’elfec-tuer des virages.
- E’est ce que fit Lilienthal de 1891 à 189fi. Dans une plaine il fit construire un mamelon artificiel, cône de terre de 15 mètres de haut et 75 mètres de diamètre ; du haut de cette colline, l’expérimentateur, l’appareil sur le dos, courait contre le vent, et se lançait dans l’espace, tombant en vol plané, jusqu’au bas de la colline. Lilienthal effectua ainsi plus de 2000 expériences, étudiant les surfaces de sustentation simples, puis doubles, celles-ci ancêtres véritables de nos bi-plans. Lilienthal périt victime de son audace le 9 août 1896. Mais ses travaux eurent une iniluence profonde et devaient peu après porter leurs fruits.
- L’école américaine. — Chanute. Les Wright. Curtiss. — Après la mort tragique de Uilcher (50 septembre 1899), adepte de la même méthode, le planement à la Lilienthal semble abandonné en Europe, par contre il triomphe aux États-Unis.
- Un ingénieur d’origine française, 0. Chanute, expérimente, près de Chicago, un appareil à cinq surfaces portantes superposées : il accusa une résistance considérable; on supprima deux le triplan qui en résulta l'ut expérimenté par llerring etÀvery; on supprima enfin le plan inférieur trop près du sol et l’on arriva au biplan. M. Chanute simplifia le contour quelque peu compliqué que Lilienthal avait adopté : deux rectangles de toile réunis par de légers montants en bois : il y ajouta une queue élastique à empennage vertical et horizontal.
- Cet appareil effectua des glissades de plus de 100 mètres.
- Il allait donner naissance au célèbre biplan Wright : les frères Wright furent, en elfet, des élèves de Chanute. Leur carrière aérienne commença par d’innombrables glissades. Au lieu de se suspendre à l’aéroplane comme leurs prédécesseurs, ils s’y couchent à plat ventre, diminuant ainsi la résistance; et ils disposent, à l’avant de leur planeur, une voile horizontale, qui leur permettait de monter ou de descendre à volonté.
- Ainsi équipés, de 1900 à 1905, ils se livrent, sans accident, au sport des glissades dans les dunes de lvitty-llawk (Caroline du Sud). Ils y puisent l’expérience de l’air et l’amour passionné de cet élément nouveau ; et ils se décident à adapter un moteur à leur planeur.
- Nous nous figurons volontiers les frères Wright
- une me-d’expérimenta-
- La barque aérienne de Laurent de Gustnan [ijoq), soutenue par une voilure, munie d'ailes et de gouvernails {d’après une estampe du temps). — Ce projet, ou cette fantaisie, semble avoir eu un grand succès auprès des contemporains, si l’on en juge d’après le grand nombre de reproductions qui ont été faites du dessin original.
- plans
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- sous les aspects d’heureux illuminés, redevables de leurs découvertes à l’intuition et au hasard. Il n’en est rien. Rarement investigations lurent poursuivies avec plus de méthode, de patience et de sagacité que celles auxquelles ils se livrèrent dans le désert de Kitty-Hawk.
- La courbure des surfaces, la forme des hélices, la
- position des gouvernails tirent, de leur part, l’objet de recherches réellement scien-tilîques et aboutirent
- 500 mètres. C’étaient les premiers vols mécaniques de l’homme. Puis en 1904, du 120 septembre au 5 octobre, survient une série de vols sensationnels de 17 901 mètres en 18 m. 9 s., de 19 570 mètres, de 24555 mètres et, enün, de 58 950 mètres.
- Ces expériences, poursuivies en grand mystère, rencontrèrent, il faut le dire, une incrédulité presque générale, qui ne se dissipa que devant les essais publics de 1908 aux États-Unis et en France.
- On connaît les caractéristiques générales de l’appareil Wright : biplan de 12 m. d’envergure, pesant 558 kg, actionné par un moteur de 10 chevaux et deux hélices arrière, de grand diamètre, il comporte un dispositif de gauchissement des ailes qui permet de rétablir l’équilibre dans les virages, notamment, et en général dans tous les tourbillons
- i. Hélicoptère à vapeur de Ponton d’Amécourt (i853-i863). — 2. Le projet d’aéroplane de Henson (1842-i85o), gigantesque machine de i5oo kg, mue par un moteur à vapeur. — 3. Aéroplane à vapeur de Du Temple (i85p), à chaudière multitubulaire. La construction n’en fut jamais achevée. — 4. L’oiseau planeur de Le Bris (i857). — 5. L’aéroplane à Persiennes de Philipps (i8ç3).
- à la construction du célèbre appareil qui, l’an dernier, fit ses preuves au Mans et à Pau. Ce qui frappe dès l’abord, dans l’aéroplane Wright, c’est le soin méticuleux avec lequel tous les détails en ont été arrêtés : le moteur lui-même fut construit de toutes pièces par les inventeurs, et il fut longtemps le seul à fournir des performances de plus de 2 heures.
- Le 17 décembre 1905, l’aéroplane Wright, monté, réussissait des vols très courts de près de
- ou remous. A l’avant, un gouvernail de profondeur, formé de deux voilures horizontales cintrables, à l’arrière, un gouvernail de direction, fait de deux plans verticaux solidaires.
- On sait que l’envol de l’appareil exige un pylône de lancement.
- On reproche au système Wright son manque de stabilité automatique, l’équilibre est uniquement aux mains du pilote, et tient à son habileté et à son
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- expérience : on ne saurait mieux le comparer qu’à celui du cycliste sur sa bicyclette. Les graves accidents de Ô. Wright, du lieutenant Selfridye et du lieutenant italien Calderarâ, semblent venir à l’appui de ce reproche.
- Rappelons les principales performances des Wright.
- A Fort-Myers, vol de Orville Wright : le 9 septembre 1908, 57 m. 51 s., puis 1 h. 5 m. 15 s. sur 65 km 975 de parcours.
- Au Mans, Wilbur, installé depuis le début d’août, vole 1 h. 51 m. 25 s. le 21 septembre; après plusieurs vols analogues, il accomplit des vols à deux passagers ; le 5 octobre, il reste ainsi dans les airs
- Curtiss réussissait un parcours de 45 km en 52 m.
- L’Ecole des biplans français. — Ferber, Sanlos-Dumonl, Voisin.
- Les essais de Lilienthal ne rencontrèrent pas en France au début tout l’intérêt qu’ils méritaient.
- Seul ou presque seul, le capitaine Ferber sut en voir toute l’importance; dès 1899, il s’attachait à répéter ses expériences : au courant des expériences de Chanute et des Wright, il adoptait bientôt la forme du biplan et, en 1905, expérimentait, sur un manège spécial, un aéroplane à moteur. Ses travaux éveillèrent l’attention de M. Archdeacon et des frères Voisin. A ce titre, M. Ferber a le droit d’être
- latric-e de vapeur. — 4. La machine volante de Maxim {18Q4); le plus gigantesque engin aérien qui ait jamais été construit; il pesait 4000 kg, les machines à vapeur avaient une force de 3(>o chevaux,
- la surface portante était de J22 mètres carrés.
- 55 m. 52 s., puis le 6, 1 h. 4 m. 26 s., et le 10, 1 h. 9 m. 45 s. avec M. Painlevé, de l’Institut.
- Le 18 décembre, il atteint 115 mètres de hauteur, et enlin le 51 décembre il s’adjuge le record de 2 h. 20 m. 25 s. 1/5, qui vient d etre battu le 7 août 1909 seulement, par Roger Sommer, au camp de Châlons.
- En même temps, W. Wright formait un certain nombre de pilotes. Les frères Wright voient se dresser aujourd’hui devant eux, dans leur pays, un jeune émule, l’aviateur Curtiss, le pilote du Red Wing, du White Wing, du Silver Dart, et du June Bug, biplans construits sous les auspices de M. Bell, par une société d’expérimentation aérienne; le 18 juillet 1909,
- considéré comme l’un des plus efficaces promoteurs de l’aviation en France.
- En 1905, le bruit des vols des frères Wright se répandait en France ; malgré l’incrédulité presque générale, l’activité de ceux que préoccupait la navigation aérienne s’en trouva stimulée. On savait le problème soluble : la France, dans la pleine prospérité de son industrie automobile, avait en main tous les éléments pour le résoudre par ses propres moyens.
- Santos-Dumonl établit un aéroplane monté sur deux roues de bicyclette, deux ailes latérales, constituées chacune par un biplan cloisonné, comme un cerf-volant à cellules, gouvernail de profondeur
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- formé d’un caisson cellulaire à l’extrémité d’une poutre effilée : moteur Antoinette, hélice avant tournant à 1500 tours. L’appareil roulait en vitesse sur le sol, et prenait son essor, lorsque celle-ci était suffisante.
- Le 25 octobre 1906, Santos réussit un vol de 60 m., puis le 12 novembre une envolée de 22(1 m. en 21 s. Ces vols, les premiers vols publics qt constatés officiellement, soulevèrent un grand enthousiasme. L’attention générale se porta sur l’aviation : les dons et les concours stimulateurs affluèrent; les concurrents se multiplièrent,, les perfectionnements surgirent rapidement.
- Les frères Voisin. — C’est alors que les frères Voisin établirent leurs aéroplanes. Ils sont essentiellement- formés de deux biplans : le plus grand, celui d’avant, sert à la sustentation du moteur, de l’hélice et du pilote; le second, de moindres dimensions, sert de queue stabilisatrice; il est muni de cloisons verticales; celui d’avant n’en possédait pas dans les premiers types, elles ont été adoptées dans la suite. A l’avant, gouvernail de profondeur. L’appareil possède de lui-même une excellente stabilité
- affirmée au cours des nombreuses envolées de 1908 et 1909.
- 11 est monté, comme tous les aéroplanes français, sur châssis munis do roues de bicyclettes, qui permettent l’essor, après s'être mis en vitesse sur le sol.
- Montés par Delagrange et Farman, les biplans Voisin, vers la fin 1907, exécutent de premiers vols d’essai. Le 15 janvier 1908, Farman gagne le prix du kilomètre, par un vol de 2 m. 28 s. Ce fut, à cette époque pourtant récente, un véritable exploit qui souleva l’enthousiasme. En aviation, le premier kilomètre seul a coûté. Les performances allaient se multiplier. Le 21 mars, Delagrange vole 15 minutes en circuit fermé, puis 18 minutes à Milan. C’est le moment où Wright arrive en France. Une véritable fièvre s’empare des aviateurs : en septembre Delagrange vole 29 et 50 minutes, Farman, au camp de Châlons, couvre 40 km. et enfin, le 50 octobre, accomplit le premier voyage aérien, en rase campagne, du camp de Châlons à Reims, à la vitesse de 70 km. à l’heure. L’année 1909 a été une année de perfectionnement et de mise au point pour le biplan : peu à peu les durées des vols s’accroissent. Le 20 juillet, Farman vole 1 h. 25 m. Paulhan vole 1 h. 17 m. 19 s., et atteint 150 m. de hauteur; enfin Sommer au camp de Châlons, le 9 août 1909, après une série d’essais magnifiques, tient l’air 2 h. 27 m. battant le record de Wright et marquant d’une façon éclatante le
- triomphe de la naissante industrie aérienne française.
- Signalons, avant de terminer le chapitre des biplans, quelques tentatives originales qui n’ont pas encore trouvé le succès, mais où germent des idées intéressantes : les biplans de Piscbolf, de René Gas-nier, de Ronnet-Labranche, de Kapferer, de Rlé-riot et le triplan Goupy.
- Les monoplans. — Antoinette. — R. E. P. — Rlëriot. Le monoplan est de conception essentiellement française et le triomphe de ce type d’aéroplane est sans partage celui des inventeurs français.
- Depuis 1905, la Société Antoinette poursuit patiemment l’étude d’un type d’aéroplane se rapprochant plus que le biplan des formes de l’oiseau. Ses recherches, conduites par M. Leva vasseur, par MM. Gastambide et Mangin, aboutissent en 1908 à l’élégant appareil Gastambide et Mangin, qui évolua, sans grand succès du reste, à Bagatelle et à Issy-les-Moulineaux. Mais l’année suivante, après les retouches nécessaires, le succès s’affirme avec VAntoinette V,
- composé d’un corps léger et effilé sur lequel sont montées deux ailes à courbure parabolique, pourvues d’ailerons équilibreurs, et une queue à empennages horizontaux et verticaux. L’appareil pèse 520 kg et a 50 m2 de.surfaces d’ailes.
- Piloté par Dema-nesl, puis Latham, en mai 1909, il commence au camp de Châlons une série d’envolées, de quelques minutes d’abord, puis d’une demi-heure et enfin le 5 juin, de 1 b. 7 m. 55 s. à 40 m. de hauteur. La souplesse de l’appareil, et la grâce de scs lignes ont fait l’admiration de tous ceux qui ont pu assister à ses exploits. En juillet, Latham le premier tente la traversée de la Manche : par deux lois, il échoue, il eut tout au moins le mérite d’avoir été le premier à l’oser, et à montrer qu’elle était réalisable.
- Le monoplan Robert EsnauU-Pelterie, à ailes gauchissables, exécuta en 1908 quelques vols intéressants; il tint l’air pendant 8 km. en mai 1909.
- M. BJériot est aujourd’hui le maître incontesté de l’école des monoplans. On sait sa triomphale traversée du Pas de Calais le 25 juillet 1909. Elle ne fut que la juste récompense d’une longue suite de persévérants et judicieux efforts.
- M. Blériot fut en France, avec le capitaine Fer-ber, l’un des premiers pionniers de l’aviation. Sa première machine date de 1900. C’était un ornitho-ptère, un appareil à ailes battantes, mû par un moteur à acide carbonique. En 1905, avec Voisin, il étudie un aéroplane, puis en 1906 il fonde avec lui une première usine d’aéronefs.
- qui s’est
- Projet de vaisseau volant par Blanchard. — Blanchard, avant de devenir un fervent disciple de Montgolfier, avait rêvé d’une machine volante mue par des palettes en rotation (r~8o).
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- 11 imagine alors un aéroplane cellulaire à cellule elliptique qu’il étudie sur llotteurs, dans le lac d’Enghien; il y installe deux hélices mues parmi moteur Antoinette de 24 chevaux. Les essais furent pénibles, et M. Blériot renonça dès lors aux tentatives de départ sur l’eau. En 1907, il expérimente un premier monoplan à forme d’oiseau, sans queue, mais à long cou. Reconnu instable, l’appareil est aussitôt remplacé par une libellule établie sur les formes du célèbre oiseau mécanique de Langley.
- En juillet 1907, premiers vols qui permettent à
- tentative de tourisme aérien, elle mérite d’être enregistrée.
- L’appareil du reste se brisait bientôt au cours d’une expérience et deux nouveaux types voyaient le jour, ceux-ci parfaitement au point. Ce sont les appareils XI et XII. Le Blériot XI est celui qui vient de gagner le prix de la Daily Mail. 11 avait auparavant gagné le prix du voyage sur le parcours Etampes-Chevilly (•42 km). Ce monoplan, désormais glorieux, est résistant, souple et léger. 11 se compose d’un fuselage en bois sur lequel s’adaptent deux ailes gauchissables formant un dièdre peu ouvert, et à l’extrémité
- Un aéroplane japonais : Ce curieux dessin, qui, au dire d'un journal de New-York, représenterait un aéroplane imaginé récemment par un officier japonais, semble dû plutôt au crayon fantaisiste
- d'un artiste imaginatif.
- l’ingénieur de régler et de perfectionner peu à peu, sur les leçons de l’expérience, les divers détails de l’appareil; en même temps il y fait preuve de ce sang-froid audacieux qui provoque aujourd’hui l’admiration générale. La fin de 1907 vit réaliser plusieurs vols de 100 à 500 mètres, non sans pannes et nombreux accidents.
- En 1908, Blériot construit à la fois deux monoplans différents : le VIII et le IX. Le Blériot VIII reste dans les airs plusieurs minutes, et vire parfaitement. Nous approchons de la solution définitive. Le 31 octobre 1908, le lendemain du voyage aérien de Farman, Blériot accomplit, entre Toury et Arthe-nay, un voyage aller et retour avec escales, à la vitesse de 85 km. à l’heure. C’est la première
- aérienne un empennage vertical formant gouvernail, une surface fixe stabilisatrice, munie de deux gouvernails de profondeur; à l’avant, une hélice mue par un moteur Anzani de 25 chevaux : le tout pèse 520 kg en ordre de marche.
- Le Blériot Xll, appareil de tourisme, qui vola 47 minutes à Douai, est plus lourd, il pèse 520 kg à vide : mais il peut enlever deux et trois personnes.
- Pour être complets, il nous faudrait encore mentionner une foule d’autres tentatives qui dénotent de l’ingéniosité, et de patientes recherches : il nous faudrait parler du gyroplane Bréguet, combinaison d’hélicoptères et d’aéroplanes, des hélicoptères Cornu, Bufaux, des aéroplanes Dorand, Lucas-Girardville,
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- d’Ecquevilley, du curieux hélicoptère de l’Américain Luyties, etc. 11 y a là une foule d’idées en fermentation : l’avenir saura faire un choix entre celles qui ne sont qu’utopiques et celles qui contiennent des germes de progrès.
- Pour l’instant, la moisson est déjà fort belle. Au début de 1908, un vol de 1 kilomètre paraissait un admirable exploit. On verra demain, sur les plaines de Champagne, quel chemin a été accompli en ces
- quelques mois. Les belles fêtes sportives de Reims vont provoquer un nouvel élan d’enthousiasme pour les questions aériennes, et amener à l’aviation de fervents néophytes. Que ceux-ci n’oublient pas, dans la lièvre de leur engouement, que la source de tout progrès réside en ces études raisonnées, enchaînées et méthodiques, scientifiques*- en un mot, dont les Wright, Levavasseur et Blé-riot nous ont donné de beaux exemples !
- L'évolution des aéroplanes de Blériot. — i. Aéroplane à cellule elliptique, essayé sur le lac d'Enghien en ic)o6. — 2. Échec du monoplan en forme d’oiseau (Issy, iço~). — 3. La Libellule, un essai à Issy (iqoII). — 4. Le triomphe final. L'atterrissage à Douvres du monoplan XI.
- LES GRANDES DATES DE L’AVIATION.
- 12 octobre 1897. Ader, à Satory, effectue un vol de 500 mètres.
- Septembre et octobre 1905. Les frères Wright, à Kilty-Hawk, exécutent plusieurs vols non contrôlés de 17 à 58 km.
- 12 nov. 1906. Sanlos-Dumont à Bagatelle. 220 m. en ligne droite.
- 15 janvier 1908. H. Farman à Issy. Le kilomètre en circuit fermé.
- 6 juillet 1908. JL Farman à Issy. Le prix du 1/4 d’heure.
- 9 sept. 1908. 0. Wright à Fort-Myers. lh5m15s sur 65 km. 975.
- 10 octobre 1908. 11'. Wright. au Mans. lh9m45s avec 2 passagers.
- 50 octobre 1908. IL l? arm an de Bouy à Reims. Premier voyage aérien (27 km).
- 51 octobre 1908. Blériot de Toury à Artenay et retour. Premier voyage circulaire avec escales.
- 51 décemb. 1908. W. Wright à Pau. 2»18“33'5/5, 125 km.
- 5 juin 1909. Latham Camp de Châlons. lh7m57s sur monoplan Antoinette (record des monoplans
- 18 juillet 1909. Paulftan Douai. 150 m. de hauteur avec biplan Voisin.
- 25 juillet 1909. Blériot Traversée de la Manche. Sangattc-Douvres en 57m.
- 4 août 1909. B. Sommer Camp de Châlons. 2h!0m sur biplan.
- 7 août 1909. H. Sommer — 2h27ra — . (record du monde).
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- la nature.
- - N° 1892.
- 28 AOUT 1909.
- LE NOUVEAU PONT BASCULE DE COPENHAGUE
- Aiin do faciliter les ; communications entre Copenhague et son important faubourg de Christian-slaon situé dans Tile d’Armager et’séparé de la capitale danoise par un canal, on vient de jeter un nouveau pont bascule d’une heureuse architecture, qui a été ouvert au trafic à la tin de l’année dernière. Ce remarquable ouvrage fait le plus grand honneur à son auteur, l’ingénieur C. V. Moller.
- La Nature a décrit à plusieurs reprises les ponts tournants et basculants *, nous n’y reviendrons pas. Rappelons seulement, en quelques lignes, les prin-
- patriote Lamblardie pour le port du Havre, dès 1825, mais surtout perfectionnés récemment par l’américain Scherzer, chaque travée mobile est montée sur un axe de rotation horizontal ; d’un coté se trouve une longue branche, de l’autre une branche courte. La première de celle-ci ferme seule la passe tandis que la seconde supporte le contrepoids et permet la manœuvre de la volée.
- Le nouveau pont de Copenhague rentre dans la catégorie des ponts basculants. Le chenal qu’il franchit a une largeur totale de 77,75 m. et une pro-
- Le nouveau pont bascule de Copenhague.
- cipaux types de ponts mobiles. D’abord le pont tournant à axe de rotation verticale qui repose sur un pivot immergé au milieu de la rivière. Il comprend deux volées tournant chacune autour d’une pile de rive. On a inventé aussi les ponts à soulèvements dont les tabliers soutenus par des contrepoids n’exigent qu’un minime effort pour l’ascension ou la descente, de manière à laisser le passage libre en dessous ou en dessus d’eux. Dans les ponts roulants, une chaîne actionnée par un treuil leur imprime un mouvement de va-et-vient horizontal. Dans les ponts basculants, imaginés par notre com-
- 1 Yoy. entre autres La Nature, n° 1718 (28 avril 1906).
- 37e année. — 20 semestre.
- fondeur de 7,70. Le pont-levis lui-même s’étend sur une longueur de 28 m. et la longueur de la section mobile est 55,20 m. entre les deux pivots. Ceux-ci reposent sur deux piles construites sur le canal. La chaussée de la section basculante a une largeur de 6,70 m., de chaque côté de laquelle se trouve un trottoir de 5,10 m. de largeur entre les axes et de 5,90 m. entre les approches. Les piles mesurent 24 m. environ de tour et on y a ménagé des chambres dans lesquelles peuvent descendre l’extrémité des tabliers et les contrepoids; elles renferment aussi une partie de la machinerie hydraulique.
- M. Moller a adopté l’amélioration Strauss, c’est-
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- à-dire qu’il a réduit le bras de levier du contrepoids pour ne pas dépasser la hauteur des poutres qui supportent le tablier.
- Chacune des travées mobiles pèse 146 tonnes et chaque contrepoids 247 tonnes. Les secteurs dentés des premières engrènent avec un pignon actionné
- hydrauliquement et commandé électriquement. Chaque manœuvre d’ascension ou de descente s’eü'ec-tue au moyen des deux moteurs de 54 IIP disposés dans les tours, et exige une dépense de 13 kilowatts. Enfin la construction de tout l’ouvrage a coûté 1 430 000 francs environ. Jacques Boyer.
- LA CATALYSE
- Un sait que si l’on mélange du gaz oxygène et du gaz hydrogène dans la proportion de 8 grammes de l’un pour 1 gramme de l’autre, on obtient du gaz tonnant qui fait violemment explosion dès qu’on porte un point du mélange à une température voisine de 500 degrés, soit au moyen de l’étincelle électrique, soit au moyen d’une flamme quelconque. Mais si l’on abandonne ce mélange à la température ordinaire, il semble ne subir aucune transformation chimique ; si, suivant la conception du professeur Ostwald, la combinaison des deux gaz se produit même à la température ordinaire, Ce ne peut être qu’avec une extrême lenteur, puisqu’on ne s’aperçoit de rien après un très long temps. Cependant si l’on introduit une feuille de platine pur, au sein du mélange — placé, par exemple, dans une éprouvette reposant sur la cuve à eau — on voit le volume du gaz diminuer rapidement : dans ces conditions, l’hydrogène et l’oxygène se combinent pour former de l’eau, même à la température ordinaire ; la chaleur dégagée par la combinaison porte d’ailleurs le platine à une température assez élevée pour qu’il devienne lumineux et que le gaz tonnant fasse explosion.
- Ainsi, le platine présente la curieuse propriété de provoquer à la température ordinaire la combinaison de l’hydrogène et de l’oxygène. Si l’on admet, avec Ostwald, <pie cette combinaison ait déjà lieu à la température ordinaire, sans le secours du platine, mais avec une vitesse extrêmement petite, on dira que le platine est capable d’accélérer la combinaison de l’hydrogène et de l’oxygène. Le platine est d’ailleurs capable d’accélérer d’autres réactions chimiques, telles que la combinaison de l’hydrogène avec l’iode, pour donner de l’acide iodhydrique. On exprime cette propriété en disant que le platine est un catalysateur de ces réactions et ces combinaisons qui s’effectuent sous l’influence d’un catalysateur sont des exemples de phénomènes de catalyse ou réactions catalytiques.
- Dans les exemples que nous avons cités, le platine se retrouve complètement inaltéré à la fin de la réaction ; aussi ne serons-nous pas étonnés de le voir capable d’agir de la même façon sur de nouvelles portions de gaz tonnant amenées à son contact, de sorte qu’une petite quantité de platine suffit à provoquer l’explosion de quantités considérables de gaz tonnant. 11 en est ainsi de tous les catalysateui’s — leurs détériorations acccidentellcs mises à part — et c’est un caractère général de la catalyse que le catalysateur peut transformer des quantités illimitées de matière-
- Le platine semble exercer en catalyse une action de surface : si, par exemple, dans les expériences que j’ai citées, on remplace la feuille de platine par de la mousse de platine, c’est-à-dire du platine en fragments très petits, analogues d’aspect à de l’éponge, la vitesse des réactions se trouve accélérée bien davantage, ce qu’on exprime en disant que le catalysateur est beaucoup plus actif. Bien que le platine se retrouve complètement inaltéré
- à la fin de la combinaison, il doit en cours de route entrer en réaction. Et si, dans le cas du platine, il n’est pas possible de vérifier celte assertion par l’expérience, on a pu le faire dans d’autres cas1.
- Ces actions catalytiques du platine ont à l’heure actuelle des applications industrielles extrêmement importantes. Elles ont obligé le procédé des chambres de plomb à renoncer complètement à la production de l’acide sulfurique concentré, à se limiter à la fabrication de l’acide sulfurique étendu, en vue de l’obtention des superphosphates utilisés en agriculture. Auj ourd’hui l’industrie fabrique l’anhydride sulfurique par la combinaison directe de l’oxvgène et du gaz sulfureux, catalysée par l’amiante platinée : c’est le platine, en couverture sur l’amiante, qui est le catalysateur de celte réaction. Demain, l’indus^ trie du gaz d’éclairage sera peut-être complètement transformée par application des intéressants phénomènes de catalyse par les métaux communs divisés — le nickel pulvérulent en particulier — découverts par nos illustres compatriotes, MM. Sabatier et Senderens : le gaz à l’eau devient, en elfel, très propre à l’éclairage par son passage sur du nickel en poudre porté aux environs de 300 degrés; l’action de l’hydrogène sur le gaz carbonique et l’oxyde de carbone pour les transformer en méthane, action impossible dans les conditions ordinaires, se trouve catalysée par le nickel dans les conditions que nous venons d’indiquer.
- Il ne faudrait pas croire que seuls le platine et le nickel jouissent de ces merveilleuses propriétés catalytiques : beaucoup de corps peuvent jouer le rôle de cata-lysaleurs relativement à certaines réactions. L’eau, par exemple, si abondamment répandue autour de nous, est l’agent catalytique de nombreuses réactions. Sans elle, pour ne citer qu’un exemple, le gaz chlorhydrique — cet acide très énergique — serait absolument impuissant à se combiner avec l’ammoniac qui cependant est une base.
- Jusqu’ici, nous n’avons passé en revue que des réactions complètes, c’est-à-dire des réactions qui ne s’arrêtent complètement que lorsque les corps réagissants sont totalement épuisés. Examinons maintenant le cas des réactions limitées, c’est-à-dire des réactions qui s’arrêtent lorsqu’une certaine portion des corps réagissants a participé à la réaction. La combinaison de l’hydrogène et de la vapeur d’iode pour donner de l’acide iodhydrique fait partie de cette dernière catégorie : elle s’arrête à une limite bien déterminée à chaque t empérature ; par exemple, à 350 degrés, un mélange lait dans la proportion de 1 gramme d’hydrogène pour 127 grammes de vapeur d’iode, entre en combinaison jusqu’à ce que les 814 millièmes de chacun des éléments réagissants aient disparu. Introduit-on dans le mélange un peu de mousse de platine, on constate d’abord que la vitesse de la réaction se
- 1 Vov. Léon Jalodstuis : L’orientation nouvelle de la biochimie dans La Nature du 15 mai 1909, n° 1877, pages 581 et 382.
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- trouve augmentée, c’est-à-dire que pendant l'imité de temps la quantité d’acide iodhydrique formée est plus considérable; mais à la môme température, la limite de la réaction est toujours la même ; à 550 degrés, la réaction s’arrête encore lorsque les 814 millièmes de chacun des corps réagissants ont disparu.
- Lorsque cette réaction est arrivée; à sa limite, on dit qu’il y a équilibre chimique entre l’hydrogène, l’iode et l’acide iodhydrique; et l’on s’accorde à regarder cet équilibre comme statistique.’, voici ce qu’il faut entendre par là : on pense qu’à chaque instant, môme quand la limite est atteinte, deux réactions (inverses l’une de l’autre) se produisent : la combinaison de. l’hydrogène et de l’iode pour donner de l’acide iodhydrique, et la décomposition de l’acide iodhydrique en iode et hydrogène, mais on admet qu’au moment de l’équilibre, les deux réactions se produisent avec la môme vitesse, c’est-à-dire qu’il se forme par la première réaction autant d’acide iodhydrique qu’il s’en détruit par la seconde. Aussi l’acide iodhydrique porté à 55Ü degrés présente-t-il le même état d’équilibre ipie le système précédemment décrit.
- Or, nous avons constaté qu’un catalysaleur d’une réaction limitée ne modiliait en aucune façon la limite de cette réaction. 11 faut donc admettre que le catalysaleur
- produit le môme elïèt sur les vitesses des deux réactions — inverses l’une de l’autre'—que nous avons invisagées. Si la mousse de platine, dans certaines conditions, double ou triple la vitesse de combinaison de l’hydrogène et de l’iode, elle doit doubler ou tripler, toutes choses égales d’ailleurs, la vitesse de décomposition de l’acide iodhydrique. Et, par conséquent, tout catalysateur qui accélérera la décomposition de l’acide iodhydrique, accélérera de la môme façon la synthèse de l’acide iodhydrique à partir des produits de la décomposition, c’est-à-dire à partir de l’hydrogène et de l’iode.
- Ces considérations trouvent leur importance en biologie où les phénomènes catalytiques abondent. Les cata-lysaleurs y ont reçu le nom de diaslases. Lorsque les diaslases interviennent dans des réactions limitées, elles peuvent aussi bien produire des synthèses que des décompositions suivant les concentrations relatives des produits en présence desquels elles seHrouvent1.
- C’est pourquoi la biochimie moderne oriente toute son activité du côté de l’élude générale des phénomènes de catalyse et du côté de l’élucidation du mécanisme d’intervention des calaiysaleurs qui se trouvent dans la matière vivante2. Léon Jaloustke,
- Professeur abrégé au Lycée et à l'École <le Médecine d’Amiens.
- LE TRANSPORT DES NOIX DE COCO AUX PHILIPPINES
- La culture du cocolier est l’une des principales ressources des Philippines. Après le chanvre et le sucre de canne, c’est le coprah, la partie huileuse de la noix, qui vient en tôle des exportations, avec une valeur de plus de 10 millions de francs pour l’année 1905, chiffre qui a dù doubler depuis lors, avec la création de nombreuses plantations dans l’ile dcLuzon.
- Dans l’ile de Mindanao, qui se prête encore mieux à cette culture, les colons, qui n’attendaient que la pacification des farouches Moros pour s’y établir, ont constitué depuis trois ans d’immenses plantations qui seront bientôt en plein rapport. Un pied commence à l’apporter 2 fr. 50 dès sa quatrième année. Le rapport moyen est de 5 francs.
- On cite le cas, entre tant d’autres, d’un officier américain en retraite, le Capitaine J. L. Birchfield, qui vint s’établir dans le district Davao (Mindanao) en 1900. 11 se consacra exclusivement à la culture du chanvre et du coco. Dès l’année 1900,1e produit de ses 0000 plants de cocotier avait payé tous ses frais d’établissement, dont ceux entraînés par la construction d’une superbe maison d’habitation.
- Ce qui facilite singulièrement l’exploitation de ces plantations, c’est la façon fort ingénieuse dont on transporte les noix jusqu’à l’usine où a lieu.l’extraction du coprah. Comme le montre notre photographie, les indigènes forment avec les noix d’énormes radeaux en forme de disques qu’ils abandonnent au courant de la rivière. Ils disposent une première couche avec des noix reliées les unes aux autres par leurs tiges, et qui servent d’assises à d’autres couches superposées. Des bambous, amarrés en croix, aident à consolider cette masse flottante, en même temps qu’ils permettent au batelier de circuler aisément sur son étrange esquif et de régler sa course à l’aide d’une perche. Un homme peut ainsi transporter de 5000 à 6000 noix, à raison d’un salaire quotidien de moins d’un franc, opération qui, si elle avait lieu par voie de terre, nécessiterait l’emploi de plusieurs charrettes. Y. F.
- 1 Léon Jaloustre : Sur un caractère de la catalyse et son importance biologique, Revue des Idées, 15 juin 1909.
- 2 Léon Jaloustue : L’orientation nouvelle de la biochimie, dans La Rature du 15 mai 1909, uu 1877.
- Un radeau de noix de coco aux Philippines.
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- L’EXPÉDITION POLAIRE D’ERICHSEN
- Le but principal, sinon unique, de toutes les expéditions autrefois envoyées vers les contrées arctiques, la découverte du pôle Nord, a dû céder le pas, pendant ces dernières années, aux problèmes scientifiques les plus divers. Tel a été le cas de l’expédition du Danmark revenue en août 1908, après deux ans passés dans les glaces éternelles. Essentiellement scientifique, sa tâche se concentrait sur l’investigation géographique, météorologique et biologique de la dernière portion restante de la côte groenlandaise, vaste contrée jusqu’alors inconnue qui s’étend entre le cap Bismarck (à 7 5° 5/4) et la côte septentrionale du Pea-ryland (environ 85°), cette dernière parcourue autrefois par Peary de l’Est à l’Ouest. Pour explorer toute l’étendue de cette contrée vierge, un voyage en traîneaux, remarquable par sa durée, fut organisé, au cours duquel Mylius Erichsen, le chef de l’expédition et deux de ses compagnons trouvèrent la fin si tragique que l’on sait.
- Ce voyage, résultat surprenant, a permis d’établir que la côte s’avance de plus en plus en direction orientale, jusqu'au delà du 81e degré de latitude, de façon à y étrangler le courant maritime froid qui, venant du Nord, va déboucher entre le Spitzberg et Groenland. Les relevés cartographiques de l’expédition, démontrent à l’évidence le caractère insulaire du Groenland.
- Partis de Copenhague le 29 juin 1906, les hardis explorateurs rencontrèrent le 50 juillet la première banquise.
- Deux années durant, le navire resta à l’ancre au Port du Danemark, pendant que les courageux explorateurs faisaient sur la glace leur grand voyage
- en traîneaux à chien, jusqu’à la pointe septentrionale du Groenland, et au Sud vers les îles Shannon et les Pendulum Islands. Une centaine de chiens indigènes avait été emportée dans ce but de l’Ouest du pays, où trois Groenlandais avaient rejoint l’expédition. Après l’interminable nuit polaire, on profila des premières lueurs du soleil, pour établir des dépôts d’approvisionnements et, en mars 1907, commença le grand voyage en traîneaux vers le
- Nord du Groenland. Dix membres de l’expédition, accompagnés de 90 chiens, partirent en quatre groupes dont les deux principaux — Mylius Erichsen, le lieutenant llagen et le Groenlandais Bronlund d’un côté et le capitaine Koch, le peintre Bertelsen et le Groenlandais Gabrielsen de l’autre — firent route ensemble jusqu’à environ 81° de latitude ; là ils se séparèrent, l’expédition Koch continuant sa course septentrionale, vers le canal de Peary, et Mylius Erichsen à travers l’intérieur du pays, quitte à tendre à son tour vers ce canal dans la direction occidentale. Après trois mois d’absence, Koch rentra au port du Danemark, ayant atteint le cap Bridgman et croisé au retour à 82°, près du cap Bigsdag, son compagnon Erichsen qui, détourné de sa route initiale, avançait vers le Nord ; pendant que Koch retournait au port, Mylius Erichsen atteignait, au prix d’efforts extraordinaires, le cap Glacier, où il lut surpris par le dégel l’obligeant de passer l’été sans approvisionnements et sans pétrole, loin du vaisseau, à la merci des caprices de la chasse, malheureusement si peu fructueuse que les membres de ce groupe finirent par périr de froid et de faim, après des semaines de lutte et de souffrances indicibles.
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- EXPEDITION POLAIRE D’ERICHSEN
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- Fig. 2. — Paysage du Peary-land, traversé par Erichsen.
- de 200 peintures et croquis, d’un monde prodigieux, encore inconnu, de mirages resplendissants de couleurs et de surprenants effets de lumière.
- Les membres de l’expédition ont profité de leur hivernage pour procéder à des investigations hydrographiques et, surtout, pour sonder le port et d’autres parties de la mer. Les observations régulières de la marée laites en hiver, à la station, ont pu être complétées au printemps à différents points de la côte. Les lacs allongés, Ijords anciens en avant de la glace continentale à l’Ouest de la station d’hivernage, ont fait l’objet d’investigations spéciales au cours desquelles on a pu constater,
- Le corps de Brônlund a été retrouvé par Koch à côté de ses cartes nouvellement établies, d’autres documents précieux et de notes émouvantes par leur éloquente simplicité, sur les derniers jours de la lutte désespérée et le sort de ses amis.
- 11 y a lieu d’admirer l’endurance des deux peintres, MM. Aage Berlel-sen et Achton Friis qui, en dépit de conditions souvent très difficiles, sous les morsures du froid et le mugissement de la tempête, ont fait plus
- Fig. 4.
- Paysage de glaces continentales flottantes.
- Fig- 3. — Ruisseau superficiel formé sur la glace.
- dans le plus bas d’entre eux, la présence d’eau salée au-dessous d’une couche d’eau douce.
- Mentionnons, parmi les résultats les plus importants, les observations relatives à la formation des glaces. On a notamment remarqué un phénomène constaté auparavant dans les seules contrées antarctiques et considéré comme caractéristique de ces dernières, celui des glaces continentales flottantes. La baie de Jôkul toute entière, entre 78 et 79° de latitude, est recouverte de masses conti-
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- EXPÉDITION POLAIRE D’ERICHSEN
- nues de glace continentale flottante dont de petites îles trahissent la propagation dans leur partie centrale, mais qui s’aplatissent vers le bord pour y passer, imperceptiblement en général, à la glace maritime qui lui fait face, hiver comme été; cette glace n’est recouverte que d’une faible couche neigeuse.
- On a étudié également les ruisseaux et les lacs superficiels qui, à un endroit donné, avait fait se rompre le bord de la glace (lîg. 5), et — trouvaille merveilleuse — on a découvert au sein d’un glacier, une caverne de glace des plus étranges. Cette caverne, formée par un ruisseau qui traverse le glacier sur 1 km de longueur, est d’environ 8 à 10 m. de hauteur et d’une construction très régulière. 11
- collection. Bien que la côte soit essentiellement formée de gneiss nu, certains points bien abrités renferment des restes de sédiments contenant de nombreuses pétrifications.
- Les collections zoologiques et botaniques de l’expédition sont également fort étendues et complètes. Les résultats les plus importants sont relatifs à l’ornithologie. D’autre part, on a emporté 9 exemplaires de l’hermine si rare du Groenland, dont 5 en habit d’hiver (les premières hermines blanches, semble-t-il, du Groenland) ainsi que 5 exemplaires du très rare loup blanc. On a constaté, pour ne citer qu’un exemple des importantes lumières biologiques établies par l’expédition, que le morse
- Fig. 5. — Profondeurs de la caverne sous glacier de la figure i.
- va sans dire que les éludes spéciales consacrées à cette caverne ont été des plus intéressantes; son aspect, suivant leurs récits, semblait un rêve, quand, éblouis par l’éclatante lumière du jour, ils ont pénétré dans le puissant vestibule du fond où leurs yeux furent frappés par toutes les couleurs du prisme, passant graduellement, plus en arrière, à l’obscurité la plus noire. Des' sons étranges y parvenaient à leurs oreilles, sortant du fond de ces puissants murs de glace, pendant que plus loin, d’immenses glaçons semblaient rouler d’abîme en abîme....
- Les nombreux indices d’un développement autrefois plus puissant des glaciers ont été étudiés avec une attention particulière.
- La récolte géologique est composée d’une riche
- est loin de dédaigner le phoque comme nourriture occasionnelle. Les bœufs musqués se trouvent au Pearyland en assez grand nombre, tandis que le renne, dans les contrées parcourues par l’expédition, est absolument éteint.
- Quant aux recherches de botanique, les herbiers très complets et les collections de mousses et de lichens fourniront des données très importantes sur les circonstances et les manifestations de vie des plantes dans les conditions climatériques si étranges de l’extrême Nord.
- Par les soins du Dr Alfred Wegener, deux stations météorologiques ont été établies; on y a lancé plus de 100 cerfs-volants et 25 ballons (fig. 8), les instruments enregistreurs ont rapporté des observations fort précieuses.
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- COMMENT TOMBE UNE GOUTTE D’EAU? ===== 199
- Les Esquimaux autrefois établis dans ses parages, ainsi que leur compagnon, le renne, sont à présent entièrement éteints ; ce n’est qu’au Sud de la côte orientale du Groenland qu’on en trouve une dernière colonie. Par contre, on constate partout les traces de leur existence antérieure, sous la forme d’anneaux de tentes, de ruines de maisons d’hivernage, de tombes, etc. Lors du grand voyage en traîneaux, les explorateurs ont pu suivre ces traces jusqu’au canal Peary, ce qui confirme l’hypothèse déjà formulée que cette tribu d’Esquimaux, après des migrations à travers le canal Peary au Nord du Groenland vers sa côte orientale, y a succombé aux
- conditions climatériques trop dures. Parmi les décombres des ruines, on a découvert de nombreux ustensiles de ménage, ainsi que des armes, parures féminines, jouets d’enfant, etc., autant de précieux documents sur les habitudes de vie de cette tribu si intéressante. Dans les monceaux de pierres encore visibles, sous lesquels les Esquimaux enterraient leurs provisions de viande et au voisinage desquels on trouve le plus souvent leurs primitives trappes en pierre pour la chasse au renard, les nombreux ossements permettent de constater quelle venaison fournissait l’alimentation du peuple.
- Dr Alfred Gràdenwitz.
- COMMENT TOMBE UNE GOUTTE D’EAU?
- Comment tombe une goutte d’eau ou d’autre liquide? La question peut paraître enfantine et relever à peine de l’observation courante la plus banale.
- 11 n’en est rien cependant. L’observation à l’œil nu, nous révèle bien les phases essentielles du phénomène ; mais ne nous permet pas d’en saisir les détails.
- Et ceux-ci présentent cependant un vif intérêt et une haute importance, on en jugera par les photographies ci-contre.
- Regarder tomber une goutte d’eau, ce n’est pas, en effet, pure contemplation de désœuvré ou d’amateur des spectacles naturels. C’est aussi chercher à pénétrer les secrets d’une science encore fort obscure : l’hydrodynamique, qui régit les iluides en mouvement ; c’est amasser, par l’observation, les matériaux qui serviront à en établir l’édifice sur les bases solides de l’expérience.
- Dans un ouvrage récemment paru, aussi remarquable par la beauté des photographies que par la manière dont elles sont reproduites, M. À. ML Wort-hington résume les études qu’il poursuit depuis quinze ans sur les « éclaboussures »l. Par un procédé ingénieux, il a pu obtenir les photographies instantanées des différentes phases du choc d’une goutte liquide sur la surface libre d’un liquide au repos ; il a réussi à reproduire, à volonté, identiques à eux-mêmes les divers phénomènes accompagnant ce choc, malgré leur irrégularité apparente; il fait voir, enfin, sans l’intervention du calcul, comment
- 1 A Sludy of Splashes. Londres. Longmans Green, 1909, 1 vol. in-8. Nous devons à l’obligeance des éditeurs l’autorisation de reproduire quelques-unes des belles photographies qui accompagnent l’étude de M. Worthington.
- les lois relatives à la constitution des liquides permettent d’expliquer la plupart de ces phénomènes.
- Les derniers chapitres du volume contiennent une étude très intéressante du choc de sphères solides sur la surface libre d’un liquide, faisant ressortir l’influence fondamentale du poli de la sphère sur les phénomènes observés. Nous ne rendrons pas compte de cette étude, nous noterons simplement que, ce qui est un peu paradoxal à première vue, la goutte, sphère liquide, produit des effets comparables à ceux d’une sphère solide et dépolie tombant dans le liquide.
- L’observation et l’enregistrement du phénomène ne vont pas sans difficulté : ainsi qu’on le verra sur les figures, il se modifie en 1/1000 de seconde, et dure, en tout, moins d’une 1/2 seconde. Le cinématographe, trop lent, ne pourrait donner ce résultat. M. Worthington a eu recours au mode opératoire suivant : 1° il s’est imposé tout d’abord d’obtenir des gouttes tombant dans des conditions identiques, de manière à réaliser rigoureusement la répétition des mêmes phases; 2° il photographie chacune de ces phases sur une goutte différente, avec un temps de pose tellement réduit qu’aucune déformation appréciable ne se produise pendant ce temps. Cette durée d’éclairement a été inférieure à 5
- 1 ^ de seconde (intervalle de temps qui est
- à une seconde, ce qu’un jour est à mille ans), grâce à un dispositif spécial d’étincelle électrique.
- Pour réaliser le premier" point, M. Worthington formait des gouttes à l’extrémité d’un tube effilé, sous pression constante, et les conservait sur un
- Fig. i. — L'entrée d'un obus dans une plaque de blindage. L'effet produit sur l’acier est identique à celui que produit sur un liquide la chute d'une goutte d’eau.
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- 200 ===== COMMENT TOMBE UNE GOUTTE D'EAU?
- verre de monlre enduit de noir de fumée; dans ces conditions la goutte ne mouille pas, est très mobile et conserve sa l'orme sphérique (abstraction faite des vibrations qu’elle exécute sous les influences opposées de
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- COMMENT TOMBE UNE GOUTTE D'EAU? ===== 201
- 0,129
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- 22
- 0,197
- 18
- tuées
- dons
- Fig. 2. — Phases de la chute d’une goutte d'eau : Série I : chute de hauteur modérée.
- sa tension superficicdle et de la gravité, et qui la font passer de l’ellipsoïde aplati à l’ellipsoïde allongé à axe vertical). Les gouttes étaient relativement grosses : de 7 à 10 millimètres de diamètre, et pesaient de 200 à 400 milligrammes. Le liquide était en général de l’eau, mêlée d’un peu de lait pour augmenter la visibilité; certaines séries furent effec-au moyen de térébenthine, de mercure, etc. Pour le deuxième point, M. Worthington opérait une chambre noire; l’appareil photographique avait son objectif découvert et dirigé vers le point
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- 202 ====== COMMENT TOMBE UNE GOUTTE D’EAU?
- Phases de la chute d’une goulle d'eau : Série II : grandes hauteurs de chute.
- d’impact de la goutte; on éclairait ce point par un réllecteur au loyer duquel jaillissait l’étincelle. L’éclatement de celle-ci était provoqué par le passage d’une sphère métallique entre les deux armatures d’un condensateur; la chute de cette sphère et de la goutte se faisaient simultanément par la manœuvre d’un commutateur; la hauteur de chute de la sphère métallique permettait de régler et de calculer l’instant de prise (timing) du cliché1.
- Une première série d’expériences est relative aux chutes de hauteur modérée :0 m. 40 (goutte d’eau de 200 milligrammes), tombant dans un mélange d’eau et de lait. La ligure 2, p. 200-201 (nos 1 à 23) en représente les premières phases. Un cratère se forme autour de la goutte, qui s’étale sur lui (comme le montrent les traces de noir de fumée qui en tapissent l’intérieur), et son bord projette des gouttelettes. Après s’être accru en dimensions et en épaisseur, ce cratère redescend et s’élargit en bourrelet, tandis que surgit au point d’impact une colonne liquide enveloppée par la goultp initiale, qui se rassemble ensuite au sommet de la colonne (visible surtout nos 11, etc., où l’on a fait tomber une goutte d’eau et de lait dans l’eau pure). La colonne redescend et disparaît au centre d’une saillie circulaire ou « gateau », mais bientôt surgit une nouvelle colonne très effilée, d’aspect tout différent, dont la disparition laisse subsister un second « gâteau » en saillie au centre du premier (nos 21, 22, 23).
- Le phénomène peut se terminer autrement : quand la tète de la colonne arrive à se détacher au centre du gateau, il se forme des rides concentriques, d’où surgit ensuite une colonne secondaire plus réduite et de forme un peu différente.
- Chacun peut du reste vérifier un des faits les plus remarquables révélés par cette étude : il suffit de faire tomber une goutte de lait dans du café noir, pour voir réémerger ladite goutte, quand la hauteur de chute est bien choisie (voisine de 40 centimètres).
- Les grandes hauteurs de chute (1 mètre) produisent des aspects encore plus intéressants et plus variés, totalement différents des précédents. Le cratère tend à se fermer (fig. 3, n° 2), et il y parvient même quelquefois, avec une chute suffisante, puis il se rouvre en projetant des gouttes, pour laisser passage à une colonne plus épaisse, mais à peine aussi élevée que dans la faible chute. La colonne secondaire est également très réduite (nos 5 et 6).
- Une légère modification du dispositif expérimental
- 1 Dans une belle série d’expériences sur le même sujet, M. Olivier (Annales de physique et chimie, tome X, 1907, Études sur la capillarité), employant de très petites gouttes, pour réduire l’elfet de la gravité sur leur forme, enregistra le phénomène sur une pellicule mobile, en éclairant le point d’impact par. unc; suite d’étincelles très courtes, se succédant à 1/1000 de seconde environ. Ses photographies sont donc relatives à une même goutte, leur étude prouve le bien fondé de la méthode de M. 'Worthington. Le « timing » est naturellement moins précis.
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- LA « TERRE DE BOIS » EN CHAMPAGNE ========== 203
- a permis à M. Worlhinglon de suivre la goutte au-dessous de la surface libre. D’autres photographies, de l'ouvrage, montrent la formation d’une cavité sphérique de diamètre bien supérieur à la goutte initiale, qui vraisemblablement la tapisse et qui disparait avec le développement du cratère.
- Nous ne suivrons par M. Worlhinglon dans ses tentatives d’explication du phénomène; en invoquant le, principe bien connu de la tension superficielle (assimilation de la surface libre à une membrane élastique) et le principe de Plateau (fragmentation d’un cylindre liquide de trop grande longueur), il
- en fait comprendre, sans le recours des mathématiques, certaines particularités1.
- Mais nous tenons à signaler le rapprochement suggestif que fait M. Worthington entre les phénomènes ci-dessus décrits et ceux qui accompagnent l’impact d’un projectile sur un blindage : le bourrelet fendillé entourant la trace de l’obus est assimilable au cratère entourant la goutte. Ce qui semble indiquer une certaine proportionnalité entre la rigidité et la vitesse d’impact dans les deux cas, et con-iirme les idées actuelles sur la viscosité des solides réels. G. Claus.
- LA « TERRE DE BOIS » EN CHAMPAGNE
- A la base du Plateau de Langres, entre les collines qui séparent les bassins de la Meuse et de la Moselle d’une part, et la crête nettement dessinée qui, de Bar-sur-Seine à l’Argonne, forma la quatrième auréole du bassin parisien, d’autre part, s’étend une région quelque peu monotone d’aspect mais infiniment variée si l’on s’en tient à la nature géologique des terrains qui la composent.
- Là se rencontre, en effet, la série presque complète des couches qui constituent les formations de l’époque jurassique depuis celles du lias (hettangien, sinémurien et loareien) jusqu’aux calcaires du Barrois qui appartiennent, à l’étage porllandien. Les premières constituent un « pays » agricole sans grand caractère, limité à l’ouest par les vallées profondes de la Marne et de la Suize (affluent de la Marne), remarquable, cependant, par la variété de ses cultures et les progrès qu’il a réalisés en ces dernières années : c’est le Bassigny1. En remontant vers le Nord, sur la rive gauche de la Meuse se trouve l’Ornois, en face, de l’autre coté de la Marne se place le Vallage qui se continue jusqu’aux premières rides de l’infra-crétacé, à la limite du Der et du Perthois2. Toute cette zone intermédiaire, connue en Haute Marne sous le nom de « montagne », repose sur le mésojurassique (calcaire à astartes, bathonien, bajocien) et se termine aux derniers affleurements du néojurassique.
- Les dépôts terreux que nous voulons étudier se trouvent disséminés un peu au hasard, parmi tous ces sols variés, mais ne se confondent en rien avec eux. Quel que soit leur emplacement, en thalweg ou à flanc de coteau, ils présentent par rapport aux couches géologiques contiguës des différences d’ordre physique ou agrologique assez sensibles pour qu’on puisse, à première vue, les reconnaître.
- Ces dépôts sont d’âge incertain. En raison de leur localisation très nette, de leur répartition en îlots d’étendue variable sur une bande continue d’environ (il) lun de long sur 30 de large à partir de la grande oolithe, les « terres de bois »3 * 5 avaient depuis longtemps
- 1 Le Bassigny agricole comprend ordinairement les quatre cantons de Nogent, Clermont, Montigny et Bourmont,.
- 2 Anciennes régions de la Champagne humide, au Nord do
- Chaumont, entre Marne et Biaise (cantons de Wassy, Montié-
- render, Doulevant-le-Château).
- 5 Ainsi appelées, • à cause de leur aptitude très remarquable à la production du bois et de leur fréquence dans les sols forestiers. Dans le Bassigny et la montagne on préfère de beaucoup à cette désignation celle dherbues adoptée par les auteurs de la carte géologique.
- retenu l'attention des géologues. Déjà Barotte ef Royer, en 1860, dans leur « Explication de la carte géologique », puis Tombeck font mention de cette sorte de limon fin, non stratifié, de couleur jaune ou rouge et le placent dans le groupe des alluvions anciennes, sous la désignation éboulis de plateaux d’origine jurassique.
- C’est aussi l’avis de Risler2 qui les regarde comme une sorte de diluvium, résultant sans doute de l’action mécanique des eaux sur les sommets au profit des bas fonds; quelque chose d’analogue au loelim ou au loess.
- D’après la notice explicative de la carte géologique détaillée3, elles seraient des résidus provenant tantôt du brassage des sables et argiles du néocomien inférieur avec le calcaire voisin, tantôt des éléments remaniés de la roche sous-jacente, mélangés avec de l’argile sidéro-lithique. Tous ces matériaux différents se seraient assemblés dans les dépressions de la couche jurassique1, en formant des « puits limoneux » dont la profondeur peut quelquefois aller jusqu’à 5 m.
- Quoi qu’il en soit, l’origine alluvionnaire de ces terrains paraît indiscutable et serait confirmée, si besoin en était, par la régularité et le beau poli des cailloux qu’ils contiennent, indiquant un séjour prolongé dans un liquide dissolvant ou des frottements répétés.
- Les sols d’ « herbues » sont, en général, de couleur franche, accentuée, qui s’oppose nettement au gris sale des terres voisines. Ils reposent sur une roche calcaire déjà en voie de désagrégation ou sur des marnes peu calcaires contenant quelquefois des débris de gryphées arquées, de bélemnites, etc.... En certains points plus rares, ils sont superposés à des nodules ferrugineux. Leur terre fine, de couleur ocreuse, adhère faiblement à la surface des cailloux. Ceux-ci sont plutôt rares, par rapport aux formations voisines où leur abondance est excessive.
- Le défaut capital de ces terres est l’absence de calcaire. Le fait l'este curieux, dans une région où cet élément domine, et où Ton peut rencontrer, à quelques mètres d’intervalle, des doses de calcaire qui peuvent atteindre 26,2 pour 100 dans le kimméridgien, 41,3 pour 100 dans le calcaire à astartes. On peut donc être assuré des bons effets que produira le chaulage et dans la pratique on ne doit pas hésiter à se servir de la chaux en amendement. Des expériences récentes de MM. Schribaux
- 1 Voy. aussi les explications de M. Van den Mensbrugghe.
- (Bulletin de l’Académie Royale), Belgique, 1908, n° 12.
- 2 Géologie agricole, page 305.
- 3 Feuille de Chaumont, n° 83.
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- 204 . -=77 L’ATMOSPHÈRE D’UN MÉTROPOLITAIN
- et Avenel, paraissent devoir confirmer l’exactitude de cette donnée.
- Cette décalcification complète et nettement délimitée aux seules herbues, ne peut être que le résultat d’actions concordantes de nature plutôt chimique, dont l’énergie s’est trouvée accrue par la présence, en ces points, d’éléments favorables. On ne saurait admettre, en effet, que le phénomène général de décalcification de la roche primitive, par la seule action des eaux météoriques et de l’acide carbonique aérien, sc soit intensifié à ce point sans un concours de circonstances spéciales. Peut-être la présence constante, dans les herbues, de quantités appréciables de fer, autrefois à l’état d’hydrates ferreux, a-t-elle contribué à la disparition du calcaire1, selon le processus connu depuis longtemps, c’est-à-dire
- en se sulfatisant au contact de la roche calcaire et la transformant ensuite en sulfate de chaux soluble ? La question n’a qu’un intérêt scientifique, car, ce qui importe à l’agronomie locale, c’est moins de connaître la genèse des terres de bois que leur valeur agricole. Comme on a pu le voir par ce qui précède, on doit regretter qu’elles n’occupent, dans le Bassigny et la Montagne, un plus grand espace. Il est certain que, mieux cultivées dans les vallées lorsqu’elles sont destinées à la culture intensive, orientées vers la production herbifère dans leurs autres situations, elles pourront donner, aux industrieux agriculteurs de ces régions, des rendements supérieurs à ceux des terrains jurassiques parmi lesquels la nature les a disséminés. Oi.itv,
- Ingénieur-agronome.
- L’ATMOSPHERE, LES ODEURS ET LES POUSSIERES
- d’un métropolitain
- Il s’agit du métropolitain souterrain, du Subway de New-York, dont il a été parlé ici à plusieurs reprises; et les renseignements que nous allons donner à son sujet
- à New-York1. Notons encore à cet égard que le subway est ventilé, non seulement par les escaliers des gares, mais encore par des ouvertures directes sur l’extérieur, lon-
- JOUR NUIT
- ABC
- Fig. i. — AB. Variations horaires dans la proportion d'acide carbonique. — C. Composition des poussières.
- nous sont fournis par une élude très remarquable et très développée de M. George A. Soper, qu’il a bien voulu nous communiquer. Cet ingénieur s’est livré, durant six mois, à des expériences, à des analyses, à des observations suivies sur l’air et les poussières du Subway, avant du reste que certaines améliorations à la ventilation de ce métropolitain aient été apportées. On y trouvera des conclusions susceptibles de calmer une partie des craintes qui se sont manifestées, sur les dangers que peut présenter la fréquentation de ces voies souterraines, au point de vue de l’hygiène.
- L’air destiné aux analyses était recueilli toujours à une hauteur de 60 centimètres environ au-dessus du sol, et rarement dans les voitures, car celles-ci sont, à presque toute heure du jour, extraordinairement encombrées. On a fait porter les expériences sur la section la plus importante du Subway, entre le pont de Brooklyn et la 96e rue ; d’une façon générale, le tunnel est ici à quatre voies, et il est évident que c’est une des raisons pour lesquelles il ne faut pas généraliser les résultats obtenus
- 1 Cf. A. Brrnarr. Le calcaire, p. 180.
- gués de 4,50 m. sur 2,15 m., et disposées un peu en arrière aux deux extrémités de chacune des stations, sans parler des ouvertures supplémentaires ; toutes débouchent au milieu de gazons, un peu comme les bouches d’aérage du canal Saint-Martin, et l’on en compte 18 pour un développement de tunnel de 10 km. Les trains, comme section transversale, ne représentent que les 14 pour 100 de la section totale du tunnel. On a constaté que ces trains entraînent avec eux, sur les côtés, une colonne d’air, et que des courants d’air dans l’un ou l’autre sens se faisaient sentir de façon intense par les ouvertures spçciales dont nous avons parlé. Des observations ont été faites à l’anémomètre : on a constaté le passage d’un volume de 16 000 mètres cubes par heure dans un escalier, soit dans une direction, soit dans l’autre ; à certains moments, du reste, il passait jusqu’à 1760 mètres par minute, et la vitesse du courant d’air atteignait 25 kilomètres à l’heure. Sans doute on a ainsi un bon renouvellement de l’air intérieur, mais le cou-
- 1 A propos du Métropolitain de Paris, nous laisserons le. soin au lecteur de faire une comparaison, en sc reportant à ce qui a été dit dans le n° 1745 île La Nature.
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- L'ATMOSPHÈRE D’UN MÉTROPOLITAIN
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- raut d’air doit être très pénible pour les voyageurs circulant dans les escaliers. On a l'ait des expériences avec des pulvérisations d’eau de Cologne forte, et constaté que l’odeur passait d’une station à l’autre à une allure de près de 5 km à l’heure.
- Des recherches très minutieuses ont été poursuivies sur la température et l’humidité, au moyen d’instruments établis spécialement. Des observations du même genre avaient été faites alors que le Métropolitain n’était pas encore ouvert à la circulation : elles étaient toutefois quelque peu faussées, pour une comparaison, en ce sens que toutes les ouvertures de communication avec les rues u’élaient pas absolument dégagées. En tout cas, l’air était bien plus chaud que celui des rues en hiver, et au contraire plus frais en été; d’autre part, les variations de température dans les rues étaient deux fois plus importantes que dans le Subway. Après la mise en service, durant l’été par exemple, on a constaté que le Métropolitain était généralement plus chaud que les rues, sauf cependant quand la température extérieure montait rapidement après une baisse prolongée. L’excès de température du métropolitain s’accusait particulièrement en automne et pendant les mois d’hiver. Du reste, la température absolue montait au fur et à mesure qu’avançait la saison estivale. On a constaté en juillet, à 5 b. 50 du soir, une température de 55° C. Naturellement on a trouvé des températures très différentes les unes des autres
- toujours supérieure à celle des rues : d’ordinaire c’étaient 4,81 volumes par 10000 volumes d’air, au lieu de 3,67 ; exceptionnellement on a trouvé 8,89 volumes dans un tunnel entre deux stations, et en hiver. Au reste, comme en le voit en partie d’après un des graphiques dressés par M. Soper, la quantité d’acide carbonique varie suivant la
- JUILL.1905 AOÛT SEPTEMBRE OCTOBRE NOVEMBRE DÉCEMBRE
- o n ?4 3r 7 r/f 21 28 4 il 18 25 2 o ;fi 23 3o (5 l3 20 27 4 v '8 2i
- Fig-
- Variations dans la teneur en acide carbonique.
- général
- dans certaines stations : le 1er janvier, à Canal Street, on relevait moins de — 1°, tandis que la température du dehors était de —10°, et que celle de la station de Brooklyn Bridge s’élevait à -fi 15°.
- Quant à l’humidité, elle est moindre en qu’à l’air libre, mais la température de précipitation est plus haute, autrement dit la quantité de vapeur d’eau, tout en étant plus forte, est moins sensible. Point de brouillard dans le métropolitain, mais assez souvent une légère brume.
- Pour les analyses de l’air (qui ont été faites, comme toutes les autres observations, par milliers) on s’est préoccupé surtout de la quantité d’acide carbonique des galeries du subwav. On avait imaginé un dispositif qui donnait d’excellents résultats. On se munissait de bouteilles à fond sphérique, où l’on faisait d’abord le vide avec une pompe à main, et où on laissait pénétrer ensuite l’air du métropolitain ; on notait la température et l’on analysait dans les 24 heures : on avait constaté que cette attente, grâce à un bouchage parfait, ne modifiait pas sensiblement la composition de l’air contenu dans les bouteilles. Pour le titrage, on se servait d’hydroxyde de baryum et de quelques gouttes de phénolphtaléine. Pour l’oxygène, on avait commencé des essais et titrages; mais il ne parut pas intéressant de les continuer, car la proportion en était identique à celle des rues. D’une manière générale, la proportion d’acide carbonique était
- saison, l’heure, le point où les échantillons sont pris, etc. La comparaison des ligures schématiques tracées par M. Soper montre bien que la disposition des stations a autant d’influence que la saison ; l’automne est la plus mauvaise période à ce point de vue; il est vrai que la fréquentation des lignes métropolitaines est plus grande en automne qu’en été par exemple; en hiver, les grands vents se font sentir dans l’aérage des galeries et gares. Quant aux variations horaires, elles semblent tout à fait fonctions des variations d’intensité du trafic ; et nous pouvons à cet égard mettre sous les yeux du lecteur des graphiques qui représentent les proportions d’acide carbonique durant les heures de jour et les heures de nuit, respectivement de 6 à 6 heures. Des expériences parallèles ont relevé, dans les rues mêmes, des variations bien nettes au point de vue du montant
- d’acide carbonique. La proportion, faible le matin, monte jusqu’à 9 heures, puis retombe jusqu’à 1 h. 30, et atteint enfin son maximum entre 5 heures et 6 heures du soir.
- L’état de l’atmosphère, au point de vue bactériologique, n’était pas la chose la moins intéressante à examiner. On recueillait les bactéries et moisissures de cet air sur des plaques de Pétri, déposées pendant une quinzaine de minutes sur un appui, à 0,45 m. environ du sol. On se livra aussi
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- à des essais spéciaux pour évaluer le nombre de microorganismes dans un volume déterminé d’air; dans ce but, on liltrait cet air sur du sable de quartz. On est arrivé à cette conclusion que l’air des rues contenait en moyenne deux l'ois plus de bactéries que l’air du Subway; cependant, après des pluies, l’air extérieur est moins riche en bactéries que celui du souterrain. La collecte sur une plaque donnait 500 bactéries au lieu de 1157 dans la rue; le filtrage en fournissait 5200 par mètre cube dans le métropolitain et 0500 dans les rues. Aussi bien, la plupart des bactéries du Subway venaient de la rue ; les voyageurs mômes en apportent un grand nombre. Et c’est pour cela qu’on a noté que les bactéries sont d’autant plus nombreuses que les trains le sont eux-mêmes : on a vu la proportion des bactéries diminuer des 5/4 parce que le trafic avait été arrêté une demi-heure, À noter que l’huile des machines tombant sur le ballast a été reconnue comme susceptible d’enrober nombre de bactéries, en les tuant assez rapidement ; par contre, les pneumocoques gardent leur virulence 25 jours dans des crachats desséchés sous les galeries du Métropolitain, tandis que le soleil les tuerait au bout de 4 heures. Nous aurions encore à indiquer que les bactéries sont plus nombreuses à l’entrée des stations qu’aux extrémités des quais ; que souvent les courants d’air apportent des poussières des rues. On a noté, d’autre part, que le balayage à sec portait brusquement le nombre des bactéries de 5000 à 15 000, et que pendant 5/4 d’heure la proportion s’en maintenait à 8000. Dans la poussière, on trouvait 500 000 bactéries au gramme, parfois jusqu’à 2 millions, alors que la proportion est de 520000 dans une rue de New-York ; la proportion des moisissures y est énorme.
- Nous ne dirons qu’un mot des odeurs. Les voyageurs y sont plus ou moins sensibles, et suivant qu'ils voyagent plus ou moins. Comme de juste, elles s’accusent surtout
- dans les voitures et là où il y a le plus d’encombrement, en automne et en hiver. En dehors des odeurs humaines, il faut mettre en cause l’odeur spéciale de tel ballast, celle de l’huile de machine qui tombe sur la voie, et surtout de l’huile qui se trouve volatilisée par la chaleur des frottements : la proportion de l’huile est énorme dans les poussières d’un métropolitain, on en peut extraire 1,18 pour I(MJ en poids! Les odeurs de boîtes qui chauffent ou de commencements d’incendies persistent de la façon la plus curieuse.
- Un dernier mot relatif aux poussières. Ouïes a recueillies notamment sur des plaques blanches émaillées, qu’on laissait exposées durant une semaine ; ces poussières étaient toujours noirâtres et très fines, et adhérant très facilement môme sur des surfaces verticales (nous parlons des poussières propres au Métropolitain, et non point de celles que les pieds des voyageurs pouvaient apporter). Ce qui se fait remarquer tout de suite dans ces poussières, ce sont des petites écailles de fer très minces : ces particules sont plus abondantes — ce qui semblera invraisemblable — que dans une usine de polissage, par exemple. Nous donnons une figure qui indique bien la proportion élevée de fer qui se trouve dans celte | ous-sière ; on y voit, d’autre part, 15,58 pour 100 de silice et de matières analogues, 18 d’huile, 21,94 de matières organiques diverses ; les particules de silice, de ciment, de pierre, les fibres de bois proviennent évidemment de l’usure d’une foule de matières entrant dans la construction des galeries, des stations, des voitures. D’une manière générale, on recueille 2,25 milligrammes de poussière par mètre cube d’air, au lieu de 1,85 dans les rues.
- Nous ajouterons que, depuis ces intéressantes expériences de M. Soppcr, la ventilation du Métropolitain de New-York a été encore améliorée. Daniel Bellet.
- LA REVIVIFICATION DE L’AIR PAR LES PEROXYDES ALCALINS
- Une réglementation nouvelle a rendu obligatoire depuis avril 1908, dans toutes les exploitations minières françaises, l’emploi d’appareils respiratoires portatifs permettant à un homme de séjourner et de travailler pendant plusieurs heures dans une atmosphère irrespirable. De nombreux appareils ont été imaginés dans ces derniers temps pour permettre d’obtenir ces résultats. Dans quelques-uns, les moyens employés sont assez nouveaux et méritent d’être signalés. Les uns renferment une réserve d’oxygène conservé à l’état comprimé dans un récipient métallique résistant. L’azote qui sert à diluer cet oxygène, pour donner un air respirable, est toujours le môme : il suffit que l’air expiré passe sur une substance qui, comme la potasse, absorbe à la fois le gaz carbonique et la vapeur d’eau produits par la respiration ; puis, que cet air soit additionné de l’oxygène qui lui manque par suite de son passage dans les poumons. Le réglage de cet appareil paraît assez difficile.
- L’aévolithe renferme la réserve d’oxygène et d’azote sous forme d’air liquide dont l’évaporation est produite par la chaleur qu’emportent les gaz expirés. Malheureusement, la vapeur d’eau expirée se condense souvent à l’état de glace dans le luhe de dégagement qui traverse l’air liquide, qui est très froid, et en provoque quelquefois l’obstruction. Dans cet appareil, il n’v a pas revivification de l’air, mais renouvellement continu et total de celui-ci aux dépens de la réserve.
- Les appareils à peroxydes alcalins ne paraissent pas exposés à ces inconvénients; ces corps ont la propriété d’absorber la vapeur d’eau et, en présence de celle-ci, d’absorber aussi le gaz carbonique en dégageant de l’oxygène. Les réactions sont :
- Na2 O2 + 11* O = 2 Na 011 + O 2 Na O H + C O2 + Aq = Na2 CO* + Aq.
- L’avantage et la commodité paraissent si grands ici qu’il est fort question d’utiliser ces peroxydes non seulement à la revivification de l’air des sous-marins, mais encore à l’entretien du fonctionnement de leurs moteurs à explosion. On éviterait ainsi en plongée l’emploi des accumulateurs si lourds, si encombrants et qui deviennent si dangereux quand le sous-marin vient à piquer du nez. Les gaz d’échappement d’un moteur à explosion ne sont pas autre chose, en effet, que les produits de la combustion du carbone et de l’hydrogène renfermés dans les hydrocarbures et l’alcool; ce sont le gaz carbonique et la vapeur d’eau, les mômes gaz que ceux de l’expiration.
- L’appareil pneumalogène de MM. Bamberger et F. Bock, de Vienne, utilisait tout d’abord le bioxyde de sodium solide, mais il est facile de voir, d’après l’équation écrite plus haut, que le produit ne fournit que la moitié de l’oxygène contenu dans le gaz carbonique absorbé; il y a ainsi insuffisance de moitié du volume.
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- Les inventeurs ont eu recours alors au peroxyde mixte de sodium et de potassium qui donne satisfaction.
- Na K O3 + CO2 = CO3 Na K + 2 0
- L'oxone, produit de fabrication américaine, parait plutôt convenir à la revivification de l’air contenu dans de grandes capacités ou de celui des moteurs à explosion. C’est simplement du bioxyde de sodium Na2 O2 avec un excès de protoxyde Na2 0 dont la présence a pour effet d’absorber totalement le gaz- carbonique quelle que soit sa proportion (très variable dans ce cas) dans les gaz d’écbappcment.
- Le produit se présente sous l’aspect d’un corps solide, compact, dur, non cassant, de densité 2,45, d’une couleur grisâtre et dont la forme est variable selon le moule dans lequel il a été coulé. Jeté dans l’eau, il dégage 522 fois son volume d’oxygène pur mesuré à 0° et à 700 mm.
- MM. Brindiv et H. von Foregger qui l’ont essayé, ont reconnu que 1 kg d’oxone suffit pour entretenir la respiration d’un homme pendant cinq heures. Etant données les dimensions d’un sous-marin, rien ne serait plus facile <{ue d’y faire respirer, au moyen de l’oxone seul, neuf hommes {tendant vingt-quatre heures. E. L.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 août 1909. — Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Les obsèques de M. Simon Newcomb. — M. le Ministre de l’Instruction publique communique une lettre de M. Jusserand, ambassadeur de France aux Etats-Unis, relative aux obsèques de l’illustre astronome Simon Newcomb qui ont eu lieu, le 15 juillet dernier, à Washington. M. S. Newcomb était associé étranger de l’Académie des sciences, membre correspondant du bureau des longitudes et Commandeur de la Légion d’honneur. Pour ces motifs M. Jusserand avait été invité à tenir un des cordons du poêle. M. le président Taft et le corps diplomatique ont assisté à la cérémonie religieuse qui a été célébrée à l’église presbytérienne. Des détachements de marins et de soldats ont accompagné le corps jusqu’au cimetière où M. Jusserand s’est également rendu. M. le Secrétaire perpétuel rappelle que M. E. Picard, président de l’Académie des sciences, dans un discours remarquable, a déjà rendu hommage au célèbre astronome dont il a signalé les principaux travaux. Aujourd’hui M. le Secrétaire se borne à ajouter à ce bel éloge quelques renseignements concernant l’homme qui vient de disparaître. M. Newcomb fut un ami de la France; il avait été profondément reconnaissant de sa nomination à la dignité de Commandeur de la Légion d’honneur. Jamais il ne manquait l’occasion de marquer sa sympathie pour notre pays. Au Congrès des sciences mathématiques qui s’est tenu à Rome, il tint à faire en français une très importante communication.
- Les mouvements de la verticale dus il Vattraction du Soleil et de la Lune. — M. Ch. Lallemand, ingénieur
- en chef des Mines, directeur du nivellement général de la France, expose que l’inégalité des distances de la Lune aux divers points de la Terre, produit, sur le fil à plomb, une imperceptible déviation, dont la grandeur et le sens varient avec la position relative de l’astre par rapport à notre globe. Le soleil engendre un effet analogue, mais environ moitié moindre. Ces déviations, à leur tour, déterminent, dans la surface générale des mers, des déformations correspondantes dont les marées sont la manifestation visible. En supposant la Terre absolument rigide, M. Ch. Lallemand montre que les déviations variables et complexes du pendule doivent théoriquement se résoudre en un certain nombre d’oscillations simples, dont les plus importantes sont : une oscillation semi-diurne, perpendiculaire au méridien, nulle au pôles et maxima à l’équateur, où son amplitude est de 10 millièmes de seconde pour la Lune et de 7,5 pour le Soleil; puis une série d’oscillations méridiennes' nulles à l’équateur et aux pôles, avec maxima à 45° de latitude, où leur amplitude atteint respectivement les chiffres suivants : 8 millièmes de seconde pour l’oscillation lunaire semi-diurne et 4 millièmes pour l’oscillation analogue duc au Soleil ; 4 millièmes pour une oscillation lunaire semi-mensuelle et 2 millièmes pour l’oscillation mensuelle ; enfin, 2 millièmes pour une oscillation semi-annuelle due au Soleil. Mais le globe terrestre est élastique. De ce fait, les mouvements ci-dessus voient leur amplitude accrue d’un tiers en valeur absolue alors qu’en apparence, elle est réduite dans le même rapport vis-à-vis du sol mobile.
- Séance du 2
- Effet de radiations sur le développement des œufs. — M. Delage envoie une Note de M. Jan Tur relative à l’effet des radiations du radium sur le développement des œufs d’une certaine espèce de gastéropodes. L’auteur, qui se trouve en ce moment au laboratoire de Roscof, a effectué 40 expériences, au moyen d’une source puissante de radiations constituée par 1 milligramme de radium enfermé dans un tube de verre mince. La durée de l’exposition a varié de 6 à 20 heures. La segmentation des œufs n’a pas été retardée et la forme embryonnaire primitive que l’on appelle la gastrula est apparue dans des conditions normales. Mais des changements de structure s’observent au moment où l’embryon devient cordiforme.
- Toxine accompagnant les levures. — M. Maquenno résume un travail de M. Fernbach sur la présence
- 3 août 1909.
- d’une toxine spéciale volatile dans plusieurs espèces de levures. Cette toxine fonctionne comme agent microbi-cide très énergique sur le Slapliylococcus pijogenes aurcus et sur le Bacillus coli. Cette action microbicide fournit une explication rationnelle des propriétés antiseptiques bien connues de la levure. Un liquide fourmillant de colibacilles peut être rendu entièrement inoffensif en 4 heures. L’action se produit-elle sur le bacille d’Eberth (bacille de la fièvre typhoïde) et peut-on espérer que la thérapeutique s’est enrichie d’un agent précieux pour combattre les affections typhoïdiques? M. Fernbach ne manquera certainement pas de diriger ces recherches dans ce sens. On peut d’ailleurs supposer que ce pouvoir microbicide est dû à une substance chimique relativement simple.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
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- 208
- L’HOMME ACCUMULATEUR
- Au théâtre, les applications de l’électricité étaient déjà nombreuses mais depuis que les « Managers » promènent de fêtes en foires leurs tentes monumentales, elles se sont multipliées.
- D’immenses progrès en ce sens ont été laits depuis la première apparition de la « Femme torpille », colossale personne qui charma notre jeunesse !
- Maintenant les exhibitions foraines ont pris un caractère scientifique bien déterminé et si elles s’accompagnent parfois d’une mise en scène un peu mystérieuse, il n’en est pas moins vrai qu’il en résulte pour le public une bonne et intéressante « leçon de choses ».
- C’est dans cet ordre d’idées que nous citerons l’attraction dénommée pompeusement F « Homme accumulateur » visible dans les dernières fêtes de la Capitale (Invalides, Neuilly, etc.).
- L’Homme accumulateur, dit le barnum,. manipule avec sang-froid l’électricité, cette force encore inconnue et l’asservit à sa lonté faisant de son corps la lumière et des étincelles.
- C’est, en effet, ce qui semble résulter des expériences présentées par le jeune homme qui remplit
- ce rôle. Après différentes explications destinées à rappeler à son auditoire les effets des courants d’induction, le barnum fait exploser l’étincelle d’une très forte bobine Ruhmkorff dont la tension du courant induit est de 40 à 50000 volts.
- C’est ce même courant, dit-il, qui parcourt le corps du sujet et ce sans aucune intervention étrangère !
- Ainsi dit, ainsi fait, car l’homme accumulateur s’empare d’un énorme tube de Geissler et celui-ci s’illumine immédiatement.
- De même pour une ampoule électrique et dilfé-
- vo-
- L’homme accumulateur rend fluorescent un tube de Geissler de o tn. go de long, par le simple attouchement d’une main.
- renls tubes à gaz divers ou raréfiés qui par le simple attouchement de la main deviennent brillants ou lluoreseents.
- Plusieurs des expériences présentées d’abord sur une petite scène tendue de noir se répètent par terre à quelques pas du public.
- Et maintenant l’explication de ce phénomène, me direz-vous ?
- Elle est simple, bien connue du reste et basée
- sur les courants de haute fréquence et le solénoïde de d’Ar-sonval.
- Toute personne placée dans le champ du courant parcourant ce solénoïde est en état de reproduire les expériences précitées.
- En effet, la formidable tension de 50000 volts devient sous cette forme et à ce degré d’alternance aussi douce qu’un agneau et traverse personnes et choses sans aucun danger.
- Imaginons que ce solénoïde ait été agrandi considérablement et construit de façon à ' « encercler » dans son champ magnétique la petite scène où évolue l’Homme accumulateur ainsi que le terre-plein placé devant...
- Les effets seront identiques, et, grâce au voile noir placé devant l’appareil, le public n’y verra... que du feu !
- Peut-être pas cependant le spectateur attentif qui remarque (petit défaut à corriger) que l’illumination des tubes ou ampoules correspond àu bruit caractéristique du trembleur d’une bobine de Ruhmkorff « Deus ex machina » de l’exhibition, dissimulée derrière ce même voile.
- Et voilà comment de petites causes produisent de curieux effets. Carolus Karl.
- Le Gérant : P. Masson.
- Taris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus , y.
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- la NATURE. — N° 1893.
- = 4 SEPTEMBRE 1909.
- UNE L0C0M0TIVE=CHARRUE A ESSENCE
- L'emploi de la traction mécanique pour la commande des charrues, à notre époque où la main-d’œuvre devient rare, est à l’ordre du jour. Elle assure non seulement un labourage plus économique, mais aussi plus profond et plus régulier.
- L’usine Deulz des Moteurs à gaz, à Deulz, près de Cologne, vient de réaliser dans celle direction un nouveau progrès, en substituant aux machines à vapeur jusqu’ici employées, des moteurs à combustible liquide. Tandis que la charrue à vapeur du système à machine double (le plus généralement usité actuellement) demande, non seulement des camions pour apporter les provisions de charbon et d’eau, mais deux mécaniciens et trois laboureurs chargés de son service, la locomotive-charrue à essence est dirigée et commandée par un chauffeur
- La locomolive-char,
- trices, on assure un effort Iractif maximum, en construisant toutes les roues comme roues motrices.
- Ce n’est que dans le cas d’un labourage exceptionnellement profond ou sur un terrain glissant, que l’emploi d’un câble léger entourant les poulies de la locomotive présentera des avantages. Ce câble, disposé suivant un arrangement breveté, traîne sur le sol aussi longtemps que l'effort tractif direct de la locomotive subit pour assurer l’entraînement de la charrue ; aussitôt qu’un glissement se produit sur les roues motrices, ce câble se tendra automatiquement. Comme la résistance à vaincre n’est jamais la résistance intégrale de la charrue, un câble mince, léger et par conséquent flexible et facile à manier, suffit parfaitement, au lieu des
- rue à essence Deulz.
- unique, assislé seulement d’un homme chargé de déplacer le wagonnet d’amarrage. La provision journalière d’eau et de combustible est en effet transportée facilement par la locomotive elle-même. Bien que la substance motrice (l’essence) soit bien plus dispendieuse que le charbon, les dépenses totales de combustible sont approximativement les mêmes, le moteur travaillant à charge bien plus uniforme et, par conséquent, avec une utilisation plus parfaite du combustible.
- D’autre part, la nouvelle locomotive à essence est d’une construction légère et robuste, elle peut marcher en avant de la charrue, en l’entraînant à travers le champ à labourer, tandis que les charrues à vapeur empruntent leur propulsion alternante à un câble solide, disposé entre deux lourdes locomotives à vapeur. Or, comme l’effort tractif d’une locomotive dépend du poids supporté par les roues mo-
- câbles si lourds que nécessitent les charrues à vapeur. Un petit wagonnet d’amarrage, attelé en remorque à la locomotive-charrue pendant les transports, sert en même temps pour transporter toutes sortes de matières et d’ustensiles.
- La locomotive est reliée à deux charrues à socs multiples, disposées respectivement en avant et en arrière du moteur. Cette disposition dispense de la nécessité si gênante de faire tourner la charrue; le même effort tractif étant exercé dans la course avant ou arrière, pourvu que la charrue située en avant soit relevée. En ajustant simultanément les deux paires de roues en direction oblique, on déplace la locomotive de la largeur utile de labourage.
- La locomotive-charrue fait des rainures d’une profondeur quelconque; elle laboure une largeur allant jusqu’à dix mètres, sans qu’il faille déplacer le wagonnet d’amarrage. D1 A. Gradexwitz.
- 3jc année. — ic semestre.
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- L’INDUSTRIE DES TOILES IMPRIMÉES EN FRANCE
- Le musée Galliera consacre en ce moment une remarquable exposition à l’industrie, tant' ancienne que récente, des papiers et toiles imprimés et pochés. A cette occasion, on lira sans doute avec intérêt quelques brèves explications sur le sujet, d’autant plus d’actualité que, si la toile imprimée a surtout connu la faveur du xvne au début du xixe siècle, il se dessine aujourd’hui, dans un esprit artistique nouveau, un remarquable mouvement de retour vers cette forme d’art un peu désuète, mais charmante.
- On entend par étoffes imprimées celles dont la coloration ou le dessin sont obtenus, non par le tissage, mais par l’impression superficielle de couleurs, soit à la main, soit mécaniquement. Les plus anciens de ces tissus viennent de l’Inde, de la Perse et de l’Égypte, et, dès l’antiquité, Hérodote signale des étoffes peintes.
- Lorsqu’au début du xviie siècle, les relations commerciales se furent nouées avec les Indes orientales, et que se répandirent en Europe les étoffes de ces régions, on s’empressa naturellement de les imiter. Les Hollandais furent les premiers à en fabriquer; puis on en fit en Allemagne et en France, notamment à Marseille, Montpellier, Avignon, Rouen et Châtellcrault.
- Colbert, cependant, cédant aux réclamations des fabricants de draps et de soieries, qui redoutaient la concurrence de ces étoiles nouvelles, interdit, en -1086, la fabrication et la vente des toiles peintes. Mais, malgré les arrêts les plus sévères, défendant aux femmes de porter des robes d’indienne, bien qu’on jetât au bûcher les toiles saisies, elles circulaient clandestinement et ne furent que plus recherchées par les élégantes. Les interdictions finirent par être levées en 1759.
- La plus célèbre des fabriques françaises d’alors
- fut celle de Jouy, mais il y en eut d’autres, un peu dans toute la France. En 1789, il y en avait plus de cent; toutefois les productions de Jouy avaient un tel renom que l’on confond souvent sous le nom de toile de Jouy les toiles peintes de toute provenance.
- 11 faut reconnaître d’ailleurs que cette usurpation est en partie fort justifiée, puisque c’est dans cette célèbre fabrique créée, en 1760, à Jouy-en-Josas, près de Versailles, au bord de la Bièvre, que le bavarois Oberkampf fit l'aire à l’impression des
- toiles les progrès considérables dont M. Henri Clouzot a retracé les étapes1.
- Les fabriques françaises n’avaient employé d’abord comme procédé de fabrication que celui des Orientaux. On étendait la toile sur une table, puis l’ouvrier y appuyait à la main un bloc de bois gravé destiné à donner le contour du dessin, qu’il imprimait d’un coup de maillet. Des pinceau-teuses étalaient ensuite au pinceau les diverses couleurs à l’intérieur du tracé. Plus tard on imprima quelques-unes des couleurs au moyen d’autres planches (•r entraves), et l’on eut des indiennes à une, deux, trois, quatre mains. *
- Vers 1780, Oberkampf introduisit l’impression en taille douce. Les dessins étaient gravés sur des planches de cuivre, de plus d’un mètre de longueur, comme s’il s’était agi de tirer des estampes, mais avec, des tailles plus profondes et des reprises au burin. Par ce moyen, on n’obtenait toujours que des motifs en une seule couleur, dits camaïeux. Enfin, en 1797, le cylindre gravé vint remplacer la
- 1 Voir notamment son article dans la Revue de l'ari ancien et Moderne, 1er semestre 1908, tome XXI11, p. 59-72 et 129-144 et une notice : La tradition de la toile imprimée en France (Paris, 1907, musée Galliera), publiée il y a deux ans à propos d’une exposition au musée Galliera.
- Toile imprimée de Jouy : Composition allégorique, du début du régne de Louis XVI. (Collection de MM. Chalel el Tassinari.)
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- INDUSTRIE DES TOILES IMPRIMÉES EN FRANCE . : 211
- planche plate, et une seule de ees nouvelles machines put imprimer 5000 m. par jour et faire le travail d’environ 40 ouvriers.
- Mais l’emploi du procédé mécanique finit par nuire au caractère artistique de ces productions. La nécessité de produire à has prix, pour soutenir la concurrence étrangère, entraînait souvent à de nouvelles simplifications de la fabrication qui ne permirent plus de donner les œuvres achevées de jadis, et la fabrique de J ou y ferma ses portes en 18-45.
- La plus belle période de la toile peinte avait bien été celle où la couleur était appliquée à la main, et ce sont les pièces de cette époque dont le coloris a conservé encore aujourd’hui le plus remarquable
- extrême et un remarquable sentiment de la nature.
- Les compositions reproduites sur les toiles présentent une extrême variété de genre. Tantôt ce sont des sujets champêtres ou allégoriques, tantôt des scènes de pays exotiques rappelant les origines orientales des premières étoiles, tantôt encore des scènes politiques. Selon les époques on représenta Louis XVI restaurateur de la Liberté, la Fédération au Champ-de-Mars ou les batailles de Napoléon. Quelques-unes de ces compositions sont de véritables tableaux. Les dessinateurs ne négligeaient rien de ce qui pouvait satisfaire la curiosité du jour et, de même que sur les assiettes du temps, on vit reproduire les premiers aérostats sur les toiles de Jouy. La Chasse, d’Horace Vernet, fut aussi
- Toile imprimée de jouy : La Chasse, par Horace Vernet. [Même collection.)
- éclat. Néanmoins, ce furent les grands dessins pour meubles et tentures, avec motifs ornementaux et scènes à personnages, qui, à juste titre, firent la réputation de Jouy et des fabriques similaires.
- « Lorsque l’on parcourt certains albums de modèles, épaves de l’ancienne manufacture, conservés à la bibliothèque de l’Union des Arts décoratifs, on est frappé, dit M. Henri Clouzot, de la simplicité, du charme, de la légèreté de ces milliers de motifs. C’est le goût français dans ce qu’il a de plus pur et de plus gracieux ».
- C’est qu’überkampf eut le talent de prendre pour collaborateurs d’habiles dessinateurs qui apportèrent beaucoup de variété, de bon goût et d’art dans leurs modèles. L’un des plus célèbres fut Jean-Baptiste Huet, dont les dessins se distinguent par un charme
- un des beaux modèles de la manufacture, puis on fit paraître des fables de La Fontaine, des scènes de Paul et Virginie, des monuments de Paris.
- Aujourd’hui que l’on exhume volontiers les vieilles choses endormies sous la poussière du temps, les toiles de Jouy reprennent un regain de faveur. Pourquoi ne pas en profiter pour faire revivre une industrie bien française, en la rajeunissant? Des esprits distingués l’ont pensé, et c’est ainsi que le directeur de l’école Bernard-Palissy, M. Labusquière, a autorisé l’un des professeurs de cette école, M. Barberis, à diriger les travaux de ses élèves en ce sens. Ce premier essai a été intéressant, comme on a pu le voir au musée Galleria, en 1907, et il mérite d’être encouragé.
- Gustave Begeespeiigeh.
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- LA VIE ET LA MORT DE LA MATIÈRE1
- Le seul litre de cet article eût fort scandalisé un physicien ou un chimiste il y a dix ans. Depuis un siècle, la constance des éléments chimiques était passée, pour la plupart des savants, à l’état de dogme indiscutable. Les atomes chimiques étaient supposés, dans un monde où tout évolue sans cesse, une entité immuable, toujours survivante et persistante à travers les réactions chimiques et les moditicalions physiques. Autant qu’à l’impossibilité de la transmutation, on croyait fermement à l’inaltérabilité du poids des éléments entrant en combinaison. Le principe de Lavoisier, ou principe de la conservation des niasses, qui n’est en réalité qu’une constatation expérimentale approximative, était regardé comme une sorte d’axiome métaphysique. Un grand mouvement d’idées inverse, dans lequel on doit attribuer sa part de précurseur au 1)' Gustave Lebon2, s’est produit surtout depuis la découverte du radium, mais un peu aussi depuis les idées nouvelles que les études électriques ont conduit à se faire sur les ions, les électrons, les rapports intimes de l’énergie et de la matière, etc. Il n’est nullement évident, ni même exact que la masse d’un corps ou d’un système de corps reste constante en un point donné quand la température change ou quand les réactions chimiques interviennent. Un a récemment tenté tout au moins de montrer expérimentalement que le poids se moditie avec la température ou avec l’entrée en dissolution : l’ordre d’approximation du principe classique restant néanmoins de t/2.400.000, c’est-à-dire très suffisant dans les applications. Les résultats relatifs à ce qu’on appelle la transmutation des corps ou l’évolution de la matière, présentent, même en ce qui concerne les conséquences pratiques, un caractère bien plus saisissant ; et l’on ne saurait, par exemple, établir aujourd’hui une théorie géologique (pétrographie, métallogénie, minéralogie) sans tenir compte des possibilités qu’ils font entrevoir.
- Dans ces questions extrêmement délicates, il convient d’ailleurs de se tenir en garde contre les affirmations sensationnelles, lancées un jour, démenties le lendemain. L’est ainsi, par exemple, que le radium a semblé d’abord réaliser le mouvement perpétuel, dégageant des quantités énormes d’énergie sans changement d’état ni de poids, alors qu’un tel changement a lieu, on le sait maintenant. Plus tard, le grand chimiste anglais Ramsay a annoncé une transmutation du cuivre en lithium qui, d’après les dernières observations précises de M'"° Curie, doit être inexacte, etc. Le travail que nous donnons ici3 a beaucoup moins pour but de conclure que d’exposer le plus méthodiquement possible une question aussi capitale et aussi subtile.
- Évolution des atomes. — Des éléments chimiques qui se transforment spontanément les uns dans les autres, des atomes instables qui naissent et qui meurent comme des êtres organisés sont faits pour dérouler les habitudes
- 1 Voir, pour la suite des idées, n° 1852 : La matière et L'éther\ n° 1858 : Les ions et les électrons-, n" 1866 : Les radiations ; n° 1882 : La dissémination de la radioactivité.
- 2 Le D1' Lebon a, dès 1896, fait connaître, le premier croyons-nous, l’existence de radiations traversant les substances matérielles, auxquelles il a donné le nom de lumière noire. On lui doit également l’idée que les propriétés radioactives sont générales et la désintégration de la matière constante.
- 3 Nous avons déjà traité incidemment ce sujet (n° 1667,
- 5 mai 1905) ; mais, depuis quatre ans, les idées ont fait du chemin.
- de notre chimie où l'on simplifie d’ordinaire les observations et les raisonnements en comptant sur leur constance qui, fort heureusement pour nous, est en effet très suffisamment approximative dans les limites sur lesquelles nous opérons. Mais, dans l’élude présente, il ne faudra pas oublier que le radium, notamment, en présence duquel nous nous trouvons dans un gisement naturel, n’y existait pas, n’y était pas né encore il y a un certain nombre d’années et n’y existera plus dans quelque temps : ce qui nous semblerait du rosie tout naturel si c’était un composé. Un peu avant il y avait, croit-on, de l’uranium ou du thorium, d’où ce radium provient; un peu après il y aura de l’hélium, dérivé à son tour du radium par l’intermédiaire de tous ces corps instables que l’on a appelés les radiions A, II, 0, 1). Si le phénomène d’évolution est général pour tous les corps matériels, ce que nous ne pouvons encore affirmer, mais ce que nous n’avons plus le droit de nier, toutes nos conceptions sur le passé de la terre, d’abord sur ses relations cosmiques, puis sur les groupements internes des éléments chimiques, sont à revoir, à préciser. Lola ne veut nullement dire qu’il faille les jeter par-dessus bord, non plus qu’aucune des observations, ou même des théories bien faites, de l’ancienne physique. Mais il faut établir un raccord nécessaire entre les nouvelles idées et les anciennes, et changer la terminologie. On peut espérer ainsi, après une première phase de confusion, arriver, sur bien des sujets, à des clartés nouvelles. On entrevoit aussitôt, et nous y reviendrons, une chance d’évaluer les périodes géologiques en années, un moyen de comprendre ces groupements habituels de certains métaux entre eux, sur lesquels j’ai attiré ailleurs l’attention avec insistance, etc. La question n’est pas mûre et sa complexité éloigne peut-être de nous la solution plus que ne le pensent les enthousiastes. C’est déjà beaucoup qu’elle se trouve nettement posée. Nous tenterons bientôt de résumer la filiation problématique de certains corps particulièrement instables; il faut auparavant poser quelques règles et donner quelques délimitons.
- La vie des éléments chimiques. — La première idée avec laquelle il faut se familiariser, c’est celle d’une existence éphémère, dans laquelle un élément chimique naît et meurt, après en avoir engendré d’autres, comme un être vivant. Un principe, les transformations radioactives sont indépendantes des circonstances physiques. Une pression de 2000 atmosphères et une température de 1500° semblent sans effet apparent sur le rayonnement du radium. La cinétique des transformations radioactives est donc toute différente de celle des réactions chimiques. D’autre part, d’après une remarque d’Oslwald, quand un système matériel se transforme spontanément, il n’atteint pas d’abord l’état qui serait le plus stable sous les conditions présentes, mais celui qui est le plus voisin de son état actuel, c’est-à-dire qui peut être réalisé avec la plus faible perte d’énergie libre. Il n’arrive pas que le thorium passe brusquement à un terme éloigné (comme le thorium G) en perdant à la fois 5 ions positifs. Mais c’est par perte d’une seule particule qu’il donne successivement les intermédiaires, le thorium X, le radiolhorium, etc. L’énergie libre diminue par échelons.
- Pour apprécier la vie moyenne d’un élément pondtv rable, on se fonde d’ordinaire sur la perte de poids que l’élément examiné subit dans un temps donné. Au lieu de concevoir les atomes radioactifs procédant par désintégration successive, on les imagine persistant un certain
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- LA VIE ET LA MORT DE LA MATIÈRE -.-. 213
- temps pour se détruire ensuite instantanément. Los observations sont fort difficiles avec des corps dont quelques physiciens à peine peuvent se procurer des milligrammes et l’on ne doit pas s’étonner que des différences de poids presque imperceptibles aient, par nue application toujours dangereuse de la règle de trois, donné d’abord des résultats fantaisistes, qui peu à peu se rapprochent de, la vérité. C’est ainsi que le radium, après avoir passé pour être éternel malgré une déperdition constante d’énergie, devait encore, d’après les premiers travaux de becquerel, vivre un milliard d’années. 11 a dù descendre à 1 million (premières observations de Curie), à 1000 (Rutherford), à (185 (llerydweiler), à 100 seulement si l’on en croyait Crookes... et un tableau récemment paru dans la Revue Le Radium lui attribue 2900 années de vie moyenne1.
- On peut procéder autrement et remarquer que les disparitions compensant les naissances doivent amener un certain équilibre. En supposant d’abord inexactement pour simplifier que tout le radium vienne de l’uranium, cet uranium, dont la durée de vie a été d’autre part, évaluée à environ 10'° années, doit, au bout de ce temps, être entièrement transformé en radium; mais, au fureta mesure, celui-ci se détruit à son tour, donnant de l’émanation qui vil moins de (1 journées, puis du radium A qui vit de 4 à 5 minutes, etc., etc. Ayant une quantité limitée d’uranium, il est facile de concevoir qu’au bout d’un temps déterminé, accessible au calcul, il naît constamment autant de radium qu’il en meurt. C’est comme un pays de population dense où la population ne s’accroît plus. Dès lors, la proportion du radium à l’uranium doit demeurer constante jusqu’au moment où l’uranium non renouvelé commencerait à s’épuiser. Mais la courte durée de vie du radium par rapport à celle de l’uranium qui est très longue fait que, dans un minerai d’uranium, où l’uranium subsiste par définition en quantités notables, l’équilibre a toutes les chances pour avoir été atteint sans être dépassé; donc la proportion de l’uranium au radium doit être conforme à cette loi d’équilibre, et c’est précisément en observant, dans de nombreux minerais, celte proportion constante que Boltwood est arrivé d’abord à supposer le radium dérivant de l’uranium. Là oit le rapport de deux autres métaux généralement associés varie entre des limites étroites dans leurs gisements naturels, on est dès lors très tenté de supposer une filiation du même genre, invérifiable directement par suite d’une très grande lenteur d’évolution et l’on a tout de suite pensé, dans cet ordre d’idées, au rapprochement constant du plomb et de l’argent. Un travail, à la fois géologique et physique, dont nous avions jeté les bases avec Curie, peu avant sa mort, devait tenter d’éclairer celte question.
- Considérons, d’une façon plus générale, des produits de transformations successives A,B,C,D dont les constantes de temps2 sont respectivement X1, X2, Xs, les quantités J\ Q, R, de ces produits qui coexistent à fêtai d’équilibre doivent être telles qu’un atome de chacun d’eux se détruit simultanément. On peut, en partant de cette remarque et extrayant par ébullition l’émanation de radium produite au bout d’un certain temps dans une solution d’ionium, arriver à une appréciation de la
- 1 Janvier 1909, p. i. Ce tableau résume bien l'état actuel de nos connaissances numériques.
- 2 Cette constante X est telle que l’on ait l=I0e— , 10 étant l’activité de la substance au temps 0 et 1 l’activité au temps l exprimé en secondes. Elle représente encore le rapport entre le nombre des atomes radioactifs détruits à chaque seconde et le nombre total des atomes présents.
- période de transformation ou de désactivation du radium (temps nécessaire pour une diminution de moitié dans l’activité J). Boltwood, par celle méthode, a trouvé, pour la période de désactivation, 2000 ans et, pour la vie moyenne, 2900.
- Enfin on peut encore, par une autre voit', obtenir, sinon une mesure, du moins une évaluation maxima, qui fait un peu enlrer dans le mécanisme du phénomène. On s’est proposé de calculer la quantité d’énergie emmagasinée au début dans 1 kg de radium et dont la dépense se traduit, pour une grande pari, en chaleur. Si l’on suppose cette dépense se faisant (ce qui n’est pas exacl), toute entière sous forme d’ions positifs a (les plus gros, mais non à beaucoup près les seuls de ceux qui se dégagent), en remarquant que ces ions parlent à raison de 20 000 km par seconde, 1/2 mv2 donne (d’après G. Glande), pour 1 kg, 75 millions de chevaux-heures. Or l’observation directe montre que la quantité de glace fondue par 1 kg de radium pendant 1 heure représente 1400 chevaux. Ge kilogramme vivrait donc au maximum 50 000 ans.
- En résumé, dans un temps discutable mais beaucoup plus court qu’on ne l’avait supposé d’abord, le radium se désagrège, produit une émission calorifique et radioactive qui absorbe une partie de son énergie interne et il reste à sa place un corps, beaucoup plus instable que lui, l’émanation de radium, donnant lieu à des produits de désintégrai ion successifs, parmi lesquels semble venir s’intercaler l’hélium de poids atomique 4 (par conséquent 50 fois moins dense que le radium dont il dérive), avec aboutissement possible à de simples électrons impondérables. Gel te production d’une « émanation » n’est pas spéciale au radium, on la retrouve dans une autre série radioactive, celle du thorium, dont les premiers termes sont tout à fait indépendants de celle de l’uranium, mais où l’émanation de radium vient également s’introduire, et cela accentue le caractère très particulier, très problématique de ces « émanations » qui, par certains côtés, sont encore de la matière, susceptible de se condenser, ne pouvant passer d’un vase dans un autre sans qu’on ouvre le robinet de communication, ayant un spectre particulier, etc. ; mais qui, par ailleurs, se rapprochent singulièrement des phénomènes physiques, comme la lumière ou l’électricité (eux-mêmes explicables si l’on veut, par un mouvement de particules électrisées impondérables).
- Quand on raisonne sur ces substances, il faut bien se rappeler quels sont les moyens d’apprécier leur présence et de mesurer leur proportion. On se fonde, avec une assurance particulière, sur le spectroscope, et c’est en voyant apparaître progressivement le spectre de l’hélium dans une émanation de radium qui ne le présentait pas au début qu’on est arrivé à envisager l’hélium comme naissant du radium. Mais on sait combien le spectre se modifie avec la température ; il n’est donc pas aussi caractéristique qu’on le croyait jadis d’un état chimique permanent, entendu dans le sens ancien. On distingue, d’autre part, une émanation d’une autre d’après sa loi de disparition, d’après la façon dont se modifie avec le temps son influence sur l’éleclroscope. Ges deux procédés sont extrêmement subtils, mais il est difficile de les considérer, avec les idées nouvelles, comme donnant une assurance absolue. On ne doit donc pas s’étonner qu’il règne une certaine incertitude. Celle-ci va se préciser dans trois cas principaux, la question de l’hélium, celle du plomb radioactif et celle de la transmutation annoncée
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- du cuivre en lithium, qui sulVironl à montrer combien il serait prématuré de vouloir, dès à présent, conclure et surtout généraliser. 11 est à remarquer de suite que tout deviendrait beaucoup plus clair si l’on admettait, en dépit de certaines apparences contraires, la prédominance des phénomènes qualifiés de physiques sur ceux que l’on a l’habitude d’appeler chimiques.
- La question de l’hélium. —- On sait que l’hélium, trouvé par Ramsay dans la clévéite, puis dans une série d’autres minéraux radioactifs, a été considéré en principe comme dérivant de l’uranium, du thorium ou du radium : les trois métaux radioactifs dont l’individualité est le mieux assurée. Des expériences précises de R. J. Strutt ont montré que l’hélium est, en réalité, présent dans la plupart des minéraux de l’écorce terrestre : sa proportion étant il est vrai, très souvent celle que pouvaient faire prévoir les traces d’uranium, thorium ou radium contenues dans les mêmes minéraux, mais étant quelquefois aussi différente. Avec des teneurs absolues en hélium extrêmement variables, le rapport de l’hélium à l’oxyde d’uranium oscille souvent autour de 10. Le béril surtout fait exception et contient de l’hélium en abondance sans posséder une radioactivité correspondante.
- Dernièrement sir J. Dewar a cherché à mesurer directement la vitesse exacte du dégagement de l’hélium par le radium. Il a trouvé ainsi b7 mm par gramme de radium et par jour. Or, si l’on mesure la quantité d’hélium dégagée par certaines sources, on en trouve qui dégagent jusqu’à 50 litres d’hélium par jour. Comme un litre d’hélium pèse 0,18 grammes, cela fait 5,4 grammes, correspondant donc à 140 grammes de radium, chiffre d’une exagération impossible. On arrive ici encore à la conclusion que, si le radium est une des sources de l’hélium, il en existe certainement beaucoup d’autres. C’est ce qui ressort également des expériences de M. Strutt sur des roches de Cornwall. En analysant à ce propos un granité et un basalte tertiaire d’Irlande, il a constaté que le rapport de l’hélium à l’oxyde d’uranium était de 0,00 dans le granité et 2 dans le basalte. Le granité étant incomparablement plus vieux que le basalte aurait dû avoir le temps de réaliser beaucoup plus d’hélium que celui-ci, si la production de l’hélium résultait, aussi simplement qu’on l’a d’abord affirmé, de la destruction d’uranium ou de thorium. Dans un wolfram traversant le même granité de Cornwall, le rapport arrive à 22, alors que ce wolfram est forcément plus jeune que le granité encaissant. Le thorium, spécialement cherché dans ce wolfram, n’y a pas été trouvé.
- Ajoutons encore que, d’après Ramsay, l’émanation de radium qui, dissociée isolément, fournit l’hélium, donnerait, au contraire, du néon (poids 20) en présence de l’eau, et de l’argon (poids 40) en présence du sulfate de cuivre : ce qui accuse une parenté avec ces éléments de l’air.
- La question du plomb radioactif. — Cette question, qui paraît actuellement tranchée dans le sens d’une radioactivité introduite par des corps étrangers, n’est pas moins intéressante à discuter. Le plomb présente souvent une grande radioactivité. Si l’on fait un récipient en plomb et qu’on le remplisse d’air filtré avec les précautions nécessaires, on trouve un nombre d’ions produits extrêmement variable, entre 25 et 160 par centimètre cube et par seconde. Cette activité du plomb paraît décidément due à la présence de traces de radium D. E. F. On a alors pensé que le plomb devait peu à peu s'affaiblir à partir du moment où il a été sorti de la mine, la durée de vie du radium D étant de quarante ans; on n’a rien observé de semblable.
- L’activité ne semble pas diminuer sensiblement avec le temps. L’ionisation dans un récipient est, d’ailleurs, due en grande partie à des radiations pénétrantes venant de l’extérieur et aux rayons secondaires qu’elles produisent.
- Le passage du cuivre au lithium est inexact. — MM. Ramsay et Cameron avaient annoncé la production de métaux alcalins et de lithium dans les solutions de sels de cuivre soumises à l’émanation du radium : ce qui aurait indiqué la dégradation du cuivre en éléments de poids atomique inférieur. M'"° Curie et M11" Gleditstch ont repris l’expérience auec un soin tout particulier, de manière à éviter tout ce qui aurait pu introduire des traces de lithium : non seulement le verre, mais le quartz qui en contient surtout lorsqu’il est transparent, les réactifs ordinaires, qui renferment presque toujours un peu de lithium, notamment l’acide sulfurique, etc. En opérant dans des vases de platine sur des produits purifiés, on n’a pu observer la formation annoncée, ni du sodium, ni du lithium.
- Essai d’arbre généalogique. — Nous avons insisté sur cette idée qu’on va peut-être un peu vite en rattachant au radium toute émanation radioactive qui suit la même loi de décroissance. En tout cas, c’est un fait d’observation que le radium apparaît, non seulement avec l’uranium ou le thorium1, mais aussi dans des minerais ne renfermant ni l’un ni l’autre comme la pyromorphite d’Issy-l’Évèque, où on a dù le supposer introduit superficiellement après coup. Si nous essayons maintenant de résumer la filiation de la famille la mieux connue, dans laquelle le radium procède de l’uranium et engendre l’hélium, nous sommes amenés à commencer par l’uranium, non pas que celui-ci soit le terme initial, mais parce que les termes antérieurs, dont la durée de vie doit être énorme, nous échappent. On peut tout au plus songer vaguement, comme origine, aux métaux ordinairement associés avec l’uranium dans ses gisements, le cuivre, l’argent, le cobalt2 et se rappeler que l’uranium est un de ces métaux dont l’abondance est en rapport avec les phénomènes d’altération secondaire par les eaux : phénomènes dans lesquels les actions radioactives (naturelles à invoquer avec ces eaux souterraines qui les manifestent toujours) ont dù jouer un rôle important, encore à démêler. On sait, bien entendu, que l’uranium n’est pas la seule source de radium. Mais c’est une des plus caractéristiques.
- J’ai dit, à ce propos, que le passage de l’uranium au radium avait été surtout supposé, quand on ne connaissait guère encore le radium que dans les minéraux d’urane, en remarquant la proportion assez constante des deux métaux : 1 à 500 000. Puisque le radium a une vie très courte et puisque nous en trouvons néanmoins dans les terrains, il faut de toute nécessité qu’il s’en produise chaque jour; sans quoi toute la réserve originelle serait depuis longtemps épuisée. Mais les expériences de Soddy et de Boltwood ont bientôt montré que, s’il se produit du radium dans les solutions d’uranium, cette production est inférieure à la millième partie de celle que l’on pouvait prévoir théoriquement. Ce qui a conduit à supposer, entre l’uranium et le radium, un ou plusieurs corps à transformation lente. On a alors introduit, dans ce groupe, l’uranium X et l’actinium. L’uranium X, séparé par Sir W. Crookes, est beaucoup plus actif que l’ura-
- 1 Le poids atomique du thorium (252,5) est très voisin de celui du radium (226,5) et de celui de l’uranium (258,5).
- 2 Des analyses de M. Boltwood (Radium, mars 1907) montrent un rapport assez constant entre l’uranium et le plomb.
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- — ...LE VJADUC
- niuni proprement dit qui n’a pas d’émanation appréciable : son activité disparaît rapidement ; sa durée de vie est de 52 jours. Quant à l’actinium découvert en 1899 par M. Debierne, Boltwood a montré que ce corps mal défini, extrait de la carnotite, produit du radium, soit par lui-même, soit par un corps associé. D’autres physiciens admettent encore une famille de l’actinium, avec radio-actinium, actinium X, émanation, actiniums A,B,G.
- Aujourd’hui l’on pense plutôt à un corps, nommé par Boltwood ionium, qui suivrait chimiquement les réactions du thorium et partagerait presque son poids atomique. La présence de l’ionium permet d’expliquer diverses anomalies des minéraux du thorium. Cette idée semble conlirmée par des expériences de M. Otto lfahn qui, prenant un sel de thorium fabriqué à une date déterminée et cherchant sa teneur en radium, a observé qu’en deux mois cette teneur avait à peu près doublé. Ce sel de thorium contenait donc une substance génératrice de radium.
- En résumé, nous trouvons d’abord l’uranium, dont la
- DES FADES 215
- durée de vie est de ÎO10 années. Puis vient le radium, corps chimique bien défini, dont on a pu isoler les chlorures et bromures, avec une vie moyenne de 2900 ans, une période de désactivation de 2000. Après quoi, on sait que le radium produit son émanation, dans le spectre de laquelle s’introduit avec le temps le spectre de l’hélium. L’émanation diminue de moitié en 5,86 jours et vit 5,57 jours. Elle passe à l’hélium par toute une série de corps qu’on a appelés (Butherford) radiums A,B,C,D. Ce dernier vit 1 7 ans, etc. Le radium F a été assimilé au polonium, que l’on avait d’abord rapproché du bismuth (poids atomique 208) et vit 206 jours. 11 se produit, à un moment donné, de l’hélium, dans des conditions qui ont été préalablement discutées.
- Inutile de faire, pour les autres corps radioactifs, un semblable tableau, que l’on parviendra sans doute un jour à simplifier. Disons seulement que le thorium vit 109 années, à peu près autant que l’uranium, et donne aussi des thoriums, X,A,B,C... puis de l’hélium. La vie de son émanation est de 78 secondes. L. Du Launay.
- LE VIADUC DES FADES
- Le viaduc des Fades, construit sur la ligne de chemin de fer de Saint-Eloi à Pauniat (fig. 1) qui doit relier la ligne de Montluçon à Gannat avec celle de Clermont-Ferrand à Tulle, faisant, toutes deux partie du réseau d’Orléans, sert à franchir la vallée delà Sioule, afiluent de l’Ailier.
- Ce viaduc (fig. 2), se compose d’un tablier à poutres droites et solidaires reposant, à ses extrémités, sur des culées et sur deux piles intermédiaires en maçonnerie dont la hauteur atteint 95,55 m. au-dessus du socle des fondations. Ce sont les plus hautes piles en maçonnerie construites jusqu’ici. La travée centrale a une ouverture de 1-44 mètres et les deux-travées latérales chacune une ouverture de 116 mètres. La longueur totale du viaduc proprement dit est donc de 576 mètres. Le niveau des rails se trouve à 152,50 m. au-dessus du niveau des eaux de la Sioule. Sur la rive droite le viaduc se prolonge par une voûte en maçonnerie de 14 mètres d’ouverture. Sur la rive gauche, suivant le projet primitif, il devait être également prolongé par un viaduc d’accès formé de deux voûtes en maçonnerie ayant également une ouverture de 14 mètres. Mais, à la suite de glissements qui se produisirent au niveau des fondations de la culée rive gauche et sur lesquels nous reviendrons tout à l’heure, on a dû remplacer ce viaduc en maçonnerie par une travée métallique indépendante de 55,50 m. de portée (fig. 2). La
- longueur totale du viaduc est ainsi de 465,25 m.
- Comme on le voit, les dimensions de ce viaduc, surtout en hauteur, sont considérables et il nous a paru intéressant de les comparer avec celles de trois autres ouvrages, également très importants, construits dans ces derniers temps dans le Massif central de la France, c’est-à-dire dans des conditions analogues à celles du viaduc des Fades. Nous voulons parler : d’abord du viaduc de Garabit, établi, il y a environ vingt-cinq ans, parM. Eiffel, près de Saint-Flour. Ici, la travée centrale est formée d’un arc à deux articulations en forme de croissant, de 165 mètres de portée. Le niveau des rails est à 122,50 m. au-dessus du niveau des eaux de la rivière. Ensuite, du viaduc du Yiaur, construit par la Société des Batignolles et terminé en 1902, composé d’un arc central en cantilever, à tympans rigides, ayant une portée de 220 mètres et où le niveau des rails se trouve à 116 mètres au-dessus de la rivière. La figure 4 représente ces deux viaducs à la même échelle et on y a superposé en pointillé la silhouette du viaduc des Fades, ce qui permet, tout en faisant ressortir la similitude des problèmes à résoudre, de comparer les solutions differentes adoptées. Nous y avons ajouté la silhouette du viaduc de la Tardes, construit en 1884, dans le voisinage de celui des Fades qui, quoique de dimensions moindres, présente beaucoup d’analogie avec ce dernier.
- Boussac'
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- VIADUC DE LA TARDEE
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- Fig. i. — Plan indiquant la position du Viaduc des Fades.
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- 216 .......................LE VIADUC DES FADES -............. ____
- En examinant les différentes solutions adoptées, fondation, atteindra vraisemblablement 125 francs,
- on peut se demander, tant au point de vue tecli- Ceci dit, nous décrirons brièvement les piles et
- nique qu’au point de vue é solution la plus avantageuse. Il n’est pas douteux qu’au point de vue technique le montage d’un arc, soit à deux articulations, soit en canti-lever est une opération coûteuse mais qui ne présente pas de grands aléas, tandis que celui d’une grande poutre droite, soit par lancement, soit par construction en porte-à-faux, soit par la combinaison des deux méthodes, s’il évite les échafaudages coûteux, n’est pas sans entraîner de gros aléas qu’il est difficile de chiffrer par avance.
- Quant à la dépense de construction, il n’y a guère de différence entre les différents modes de construction et il semble bien difficile d’arriver à des prix de revient inférieurs à 100 francs par mètre carré de surface en élévation, c’est-à-dire de la surface comprise entre le profil du terrain naturel et le rail, pour un viaduc à voie unique. Pour le viaduc des Fades circonstances particulières
- conomique, quelle est la
- Gt'icc éZect7*Lqiije' pour te borniape^ clos pièces niéialh^ztes
- Fig. 3. — Coupe transversale de la cage servant au montage en porte-à-faux du tablier.
- ce prix, par suite de dues aux difficultés de
- les culées et nous nous étendrons un peu plus longuement sur le montage du tablier métallique qui présente des particularités fort intéressantes et nouvelles.
- Mais, auparavant, nous devons rappeler que ces travaux ont été entrepris par la Société française de Constructions mécaniques (anciens Etablissements Cad),qui s’est chargée non ^seulement de la partie métallique, mais aussi de tous les travaux de terrassement et de maçonnerie des piles, des culées et des viaducs d’accès. Toutes les études pour le montage des poutres ont été confiées par la Société française de Constructions mécaniques (qui s’incarne en M. Louis Le Chatelier, son présidentetM. À. Thomas, son directeur général) à son ingénieur, M. Cartier, avec le concours sur place de M. Robert, l’un et l’autre ingénieurs des Arts et Métiers.
- Piles et culées. — Les piles (fig. 2) à parements de forme parabolique ont des sections croissantes du sommet à la base. Evidées à leur intérieur, afin de
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- =r—~ LE VIADUC DES FADES ....................... — 217
- diminuer le cube de maçonnerie, elles sont établies deux, chiffre bien élevé si on le compare à celui de la de telle façon que la pression maximum sur le socle partie métallique qui est do 1 900000 francs. On peut
- Viaduc du Viaur
- Viaduc
- du Garabit
- Viaduc de la Tardes
- Schémas comparatifs du Viaduc des Fades avec ceux du- Viaur, du Garabit et de la Tardes.
- de fondation ne dépasse pas 15 kilos par centime Ire carré. Leur hauteur est de 95,55 m. entre le niveau du socle et le sommet. Mais, pour la pile rive gauche, ce socle a dû être descendu à environ 12 mètres de profondeur, ce qui porte la hauteur totale de cette pile à 105 mètres. La hauteur totale de la pile rive droite est de 98 mètres.
- Le sont, comme nous l’avons dit précédemment, les plus hautes piles en maçonnerie construites à l’heure actuelle.
- Le prix payé à l’entreprise pour chacune de ces piles a été de 650 000 francs, soit F500 000 fr. pour les
- donc se demander si des piles métalliques n’auraient
- pas présenté plus d’avantages au point de vue de la dépense, d’autant plus que le granité de la ré-gion n’est pas partout convenable pour la maçonnerie de sujétion et qu’il a fallu aller chercher à plus de 18 kilomètres des roches propres à fournir les pierres de taille et les moellons d’appareil.
- Les matériaux nécessaires à la construction des piles étaient amenés au moyen de plans inclinés au pied des piles (fig. 8), puis remontés par des monte-charge installés dans les évidements ménagés dans
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- LE VIADUC DES FADES
- ccs piles. Parvenus en haut ils étaient repris par une grue qui les distribuait aux ouvriers, comme le montre la figure fi.
- La construction de la culée rive droite n’a pas présenté de difficultés, le rocher sur lequel elle repose étant solide. Mais il n’en a pas été de même pour la
- culée rive gauche. La fondation de cette culée fut tout d’abord descendue à 7 mètres de profondeur sans rencontrer un sol offrant toute sécurité. Néanmoins on fonda cette culée sur ce sol fissuré en enfermant dans la maconne-
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- Fig. 6. Élévation du pylône en bois supportant le tablier pendant
- rie des chaînages en métal. La culée à peu près ter-
- son montage dans la travée de rive.
- minee on remblaya derrière et quoique temps
- après, en 1905, cette culée prit une inclinaison sensible vers la vallée. Après de nombreuses explorations du sol, on reconnut l’existence d’un banc de glissement et on prit alors le parti de démolir la culée déjà à peu près terminée et d’en construire une nouvelle en descendant alors ses fondations sur un sol solide. On fut ainsi amené à descendre ces fondations à plus de 40 mètres au-dessous du sol et, dans le but d’économiser la maçonnerie, un noyau de roche naturel a été conservé au centre du massif.
- C’est ce sol fissuré et peu consistant du versant gauche de la vallée qui décida à remplacer le viaduc d’accès en maçonnerie de la rive gauche par la travée métallique de 55,5 m.
- Sans tenir compte des dépenses supplémentaires considérables résultant de ce contretemps, il en est résulté un retard considérable dans le montage du tablier rive la fin de 1908.
- Montage du tablier métallique. — Le montage du tablier métallique par lancements sucesssifs comprenant chacun une travée entière, comme l’administration l’avait prévu, était impossible au viaduc des Fades, les conditions locales ne permettant pas, à moins de dépenses de terrassement exagérées, de trouver, en dehors du viaduc, une place suffisante pour installer la plate-forme de montage nécessaire.
- On prit donc le parti de monter ce tablier par la méthode du cheminement en porte-à-faux. On monta d’abord la partie du tablier adjacente à la culée sur un échafaudage s’étendant jusqu’à 55 mètres de son parement. On monta ensuite en porte-à-faux les 61 mètres qui restent entre l’extrémité de
- gauche qui n’a pu être commencé qu’à
- l’échafaudage et la pile; puis, la pile franchie, on continua le montage en porte-à-faux du tablier jusqu’au milieu de la travée centrale en venant à la rencontre de la seconde moitié du tablier construite de la même façon à partir de la rive opposée. La dernière opération consista à réunir les deux demi-travées de manière à former une poutre continue d’une culée à l’autre. Examinons brièvement, ces différentes opérations.
- L’échafaudage en bois qui a servi à monter la partie du tablier adjacente aux culées se composait (lîg. 8) d’une poutre armée reposant sur la culée et sur deux pylônes dont l’extrême (fig. 6), qui mesure 60 mètres de hauteur, devait être disposé de manière à pouvoir supporter le poids total du tablier, non seulement pendant son montage sur cet échafaudage, mais aussi lorsque ce tablier, monté en porte-à-faux, en dehors de l’échafaudage, est sur le point d’atteindre la pile distante de 61 mètres de l’extrémité de cet échafaudage. Il était donc indispensable de prendre, pour ce pylône, certaines précautions, tant au point de vue de sa résistance que de la répartition de la charge sur ses montants, répartition qu’il fallait rendre aussi uniforme que possible, afin d’éviter des tassements inégaux des montants pouvant amener la chute du pylône et celle du tablier. Pour cela, on intercala entre les membrures inférieures des poutres de rive et chacun des montants du pylône des vérins hydrauliques conjugués sur une même pompe, de telle sorte que le poids du tablier se répartisse également sur les huit montants du pylône extrême. De plus, il y avait à envisager le cas de mise hors service accidentelle d’un ou plusieurs vérins hydrauliques et de l’impossibilité dans laquelle se trouvait le treillis des poutres
- Schéma A I
- Schéma B
- :f----------1
- Fig. p. — Schémas indiquant tes différentes phases du montage de la travée centrale.
- de transmettre à la membrure supérieure la réaction d’appui. Dans ce but on a renforcé, à l’aplomb du pylône, les poutres de rive en les armant (lig. 6) d’une charpente métallique A, disposée de telle sorte que, si un vérin venait à manquer, il était suppléé, par parts égales, par les deux vérins voisins. Dans les conditions les plus défavorables chacun des
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- vérins pouvait être appelé à supporter une charge de 210 tonnes et les montants en bois du pylône travaillaient sous un elïort de 70 kilos par centimètre carré, c’est-à-dire le 1 /7 de l'effort de rupture à la compression.
- Voyons maintenant comment s’est opéré le montage en porle-à-faux du tablier, opération délicate et pour laquelle la Société de Denain a étudié un appareil qui présente un grand intérêt. Cet appareil est une véritable usine volante contenant tous les outils nécessaires au bardage, à la pose et au rivetage des différentes pièces de l’ossature du tablier.
- Elle est complètement close, en bas par un plancher, et latéralement par un grillage, de manière à éliminer toute possibilité de chute, soit des ouvriers, soit des pièces métalliques, d’où le nom de cage qui lui a été donné. Cette cage (fig. 3) se compose d’une charpente métallique épousant extérieurement le contour de l’ouvrage terminé (indiqué par des hachures) et pouvant se déplacer longitudinalement enroulant sur les membrures supérieures des poutres et pouvant prendre, par rapport à celles-ci, un porte-à-faux de 10 mètres. A la partie
- supérieure de la cage se trouve une grue roulante électrique destinée à prendre à l’extrémité de son parcours, vers la culée, les éléments de charpente amenés en ce point sur wagonnets, par une voie de service installée sur le platelage supérieur du pont, puis à conduire ces éléments au-dessus du point où ils doivent être montés, à les présenter et à les soutenir pendant leur assemblage provisoire par boulons. Deux autres grues roulantes, mais de plus faible dimension et pouvant se déplacer sans gêner la première, supportaient les riveuses à air comprimé qui seules ont été employées pour la rivure du tablier. A l’inté-
- Fig. 8. — Vue de l’échafaudage qui a servi au montage en porle-à-faux du tablier dans la travée de rive. — A l’extrémité du tablier, 011 voit la cage servant d'usine volante pour le montage de ce tablier. — Sur le sol et longeant le viaduc, on voit la voie servant à amener les matériaux pour la construction des piles.
- rieur de la section tubulaire du pont et roulant sur une voie prenant appui sur les entretoises inférieures du tablier, se trouvait un échafaudage en bois formé de deux plates-formes de travail qui donnaient un emplacement commode et sûr aux ouvriers chargés de l’assemblage et de la rivure des éléments de l’ossature.
- Afin de diminuer la surcharge du tablier provenant du poids considérable de cette cage placée à l’extrémité du porte-à-faux, on a, tout en renforçant, cependant, certains éléments du tablier, employé pour cette cage un métal à haute résistance, assez semblable à l’acier à ressorts, qu’on a fait travailler sous un effort de 25 ki-logs par mm carré. Grâce à ce métal il a été possible de réduire à 80 tonnes le poids de la cage et à 18 tonnes le poids supplémentaire nécessaire au renforcement des poutres du tablier.
- La progression journalière du montage en porte-à-faux, a atteint en travail suivi, pour chaque atelier, 1,30 m, soit 2,60 m. pour les deux tabliers venant à la rencontre l’un de l’autre.
- Il nous reste, pour terminer, à parler de la dernière opération, également fort
- délicate : celle du clavage, c’est-à-dire de la jonction des deux demi-travées centrales.
- Le montage en encorbellement de la travée centrale s’est opéré en faisant reposer chacune des moitiés du pont sur les culées au moyen de rouleaux de dilatation et sur les piles au moyen d’appareils provisoires formés de cales en chêne.
- En outre, on installa sur les culées et sur les piles, sous chacune des poutres de rive du tablier et de part et d’autre des appuis définitifs, des vérins hydrauliques conjugués sur la même pompe, d’une puissance suffisante pour soulever le tablier. D’au-
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- très vérins hydrauliques, d'une puissance moindre et agissant également sur le tablier, permettaient de donner à celui-ci, soit un mouvement longitudinal, soit un mouvement transversal.
- Si tous les appuis avaient été installés de niveau, la ilexion due au porte-à-faux aurait produit vers le milieu de la travée centrale, pour les extrémités de chacun des demi-ponts, un abaissement de 0,40 m., suivant le schéma A de la figure 7. Pour éviter cette Ilexion on effectua le montage des poutres en les disposant de telle sorte que leurs extrémités côté culées étaient de 0,34 m. au-dessous de leur position définitive, tandis qu'elles étaient relevées à
- ES FADES
- eune des demi-poutres devînt horizontale et sur la même ligne.
- De même, au moyen des vérins additionnels, on amenait les deux poutres de rive de chacun des demi-tabliers dans le même alignement et à la distance rigoureusement voulue pour opérer le jonction-nement des deux parties. On put alors poser la membrure inférieure de la poutre, puis toutes les autres pièces constituant le panneau de clavage en les fixant provisoirement avec des boulons (lig. 0).
- Par suite de ces opérations, l'axe longitudinal du tablier avait pris la forme curviligne indiquée sur le schéma B et il fallait rendre cet axe de ligure
- On voit- la cage de montage à l’extrêmilê de chacune des demi-lravces.
- l’endroit des piles de 0,37 m., par rapport également à la position définitive (schéma B), les réglages nécessaires étant effectués à l’aide des vérins.
- Lorsque le montage de chacune de ces deux demi-poutres fut parvenu vers le milieu de la travée centrale et que les deux demi-tabliers ne se sont plus trouvés qu’à la distance voulue pour faire le clavage en introduisant entre eux le panneau destiné à faire cette jonction, la distance entre les extrémités des deux demi-poutres n’était pas rigoureusement conforme à la longueur du panneau de clavage. Kn outre, l’alignement des poutres n’était pas parlait, ni dans le sens horizontal ni dans le sens vertical. On manœuvra alors les vérins de manière à ce que (schéma B) la tangente à l’extrémité de cha-
- horizontal et sans aucun jarret entre les culées. Pour cela, on souleva, au moyen de vérins, le tablier aux culées sans agir sur les vérins des piles et on régla l’horizontalité du tablier (schéma C). Puis on remplaça par des rivets les boulons provisoires.
- Il ne restait plus alors qu’à descendre le tablier sur scs appuis définitifs, ce qui fut fait le 25 mai dernier en agissant sur les vérins, d’abord sur une des piles, puis sur la seconde et finalement sur chacune des culées l’une après l’autre.
- Les travaux on été exécutés, pour l’Etat, sous la direction de MM. Draux, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, et Virard, ingénieur ordinaire, M. Mus-sat, ingénieur en chef, étant directeur du Contrôle de la compagnie d’Orléans. 1 B. Box.mx.
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- AUTOUR DU DIPLODOCUS
- Toute la presse s’est beaucoup occupée du Diplodocus ces jours derniers, -.et, des remarques justes,
- des fantaisies spirituelles, des nombreuses inexactitudes auxquelles celle occupation a donné naissance, il parait s’être élevé dans l’esprit du public une question de ce genre : « Y aurait-il un problème du Diplodocus? » — Il convient de remettre les choses au point : il n’y a pas de problème du Diplodocus ! Pour (pie nos lecteurs puissent en juger, M. Deniker, le savant bibliothécaire du Muséum, résume et analyse ci-dessous l'article du D1 Tornier, qui a allumé tout le débat. J’essaierai de dire ce qu’on peut penser de ce texte. Voici d'abord l'analyse de M. Deniker :
- « Comment était réellement bâti le Diplodocus ? »
- Telle est la question que se posa le zoologiste Gustave Tornier, de Derlin, en admirant le squelette de l’animal, désormais célèbre, dont les moulages ont été si généreusement distribués par M. Carnegie entre les musées de Paris, de Londres et de Berlin.
- Avait-il l’attitude et la marche d’un mammifère, comme on peut le supposer en regardant su-perliciellemcnt le squelette tel qu’il est monté dans tous les musées d’après les indications américaines ? ou bien rampait-il, à l’instar de ces reptiles, dont il fait partie avec les Dinosauriens, comme le montre toute son organisation? Voici comment le savant berlinois a cru résoudre le problème 1 :
- La démarche est essentiellement différente chez les mammifères et chez les reptiles. Chez les mammifères la progression s’opère à l’aide des membres qui se meuvent dans les plans parallèles au plan médian du corps ; chez les reptiles, au contraire, les membres se meuvent dans un plan horizontal, perpendiculaire au plan médian du corps. De cette façon le mammifère avance en ligne droite, son corps étant porté pour ainsi dire par ses membres assez haut au-dessus du sol ; tandis que le reptile avance en ligne onduleuse, et ses membres, agissant
- 1 G. Toisnier. Wie war der Diplodocus Carnegie wirklieh gebaut? (Siizungsberïtche der Gesel. Nalurforschender Fre-unde zu Berlin, n° 4, avril 1909.)
- comme des rames, poussent le corps de gauche et de droite en le laissant presque toucher le sol. En somme, le reptile ne marche pas, il rampe (voyez tig. schématique). 11 est évident qu’à des modes de locomotion aussi différents doivent correspondre des différences dans la structure des os et des membres et surtout de leurs articulations. Or, il se trouve que la ceinture scapulaire et la ceinture pelvienne, ainsi que les os longs des membres antérieurs et postérieurs s’y attachant', sont construits chez le Diplodocus sur le même plan que ceux des reptiles; ils se rapprochent le plus, les dimensions mises à part, de ceux des lézards ou des crocodiles. Dans la ceinture scapulaire, l’omoplate du Diplodocus devait être placée verticalement et non inclinée d’arrière en avant et du haut en bas, comme elle est dans tous les squelettes (original et moulages), montés; ce n’est que dans cette position quel’hu-mérus, placé presque horizontalement, s’articule exactement avec l’omoplate et peut se mouvoir dans le plan horizontal. Le fémur devait être placé de même horizontalement, et, comme conséquence, le bassin devait être situé beaucoup plus bas qu’il n’est sur le squelette monté. Si l’on faisait ces deux corrections dans le montage du squelette, on obtiendrait un animal dont les deux pieds reposeraient sur le sol par leur plante, tandis que le squelette, tel qu’il est monté aujourd’hui, avec les membres étendus artificiellement en ligne droite, nous montre le Diplodocus comme animal plantigrade par scs pattes postérieures et digitigrade (marchant sur le bout des doigts) par ses pattes antérieures ; à ce titre il serait un être tout à fait exceptionnel parmi les vertébrés à quatre pattes.
- D’ailleurs, les savants qui ont décrit les ossements de Diplodocus, M. Hatcher, puis M. Holland lui-même, admettent que cet animal était plantigrade aussi bien par ses pattes antérieures que par ses pattes postérieures.
- En rétablissant la véritable position des membres, M. Tornier arrive à reconstituer le squelette du
- ?
- Fig. i. — D'après M. Tornier : en haut, schéma de l'allilude du reptile; en bas, schéma de l’allilude du mammifère.
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- 222 :... - AUTOUR DU
- Diplodocus de lout autre façon qu’il lie se présente dans les moulages aetuels (voy. iig. 2).
- De plus, l’examen attentif des vertèbres de eet animal, bâties absolument sur le même plan que les os correspondants des oiseaux ayant, comme le Diplodocus, un long cou et une tête très petite (casoar, autruche), amène cette conclusion, qu’au lieu de tenir habituellement son cou allongé en avant, comme le représente le squelette monté, cet animal avait le cou en forme d’S, comme le cygne ou l’autruche par exemple. Le mode de l’articulation du crâne avec l’atlas (première vertèbre du cou) le démontre suffisamment, et M. Holland, lui-même, dit, dans son remarquable ouvrage descriptif, que le cou du Diplodocus était en forme d’S et que c’est seulement pour mieux faire voir les parti-
- D1PLODOCUS ----
- précisément à ces doubles apophyses avec les prolongements en avant et en arrière qui ont valu son nom à l’animal (Diplodocus=pourvu de doubles poutrelles ou apophyses) et que l’on voit sur notre dessin. La courbure imprimée à la queue par ces muscles puissants devait être tellement forte que l’organe s’enfonçait même légèrement dans le sol (comme le représente le dessin) et immobilisait ainsi le train de derrière de l’animal pendant que ce dernier exécutait avec son cou des mouvements assez violents, notamment en faisant plonger son cou sous l’eau. Disons à ce propos que, suivant M. Tornier, le Diplodocus n’était pas exclusivement herbivore mais se délectait aussi en dégustant la chair des poissons et d’autres animaux aquatiques, ce que démontrerait d’ailleurs la construction de ses dents et de sa mâchoire.
- Fig. 2. — D'après M. Tornier : prétendue attitude du Diplodocus.
- cularités de chacune des vertèbres cervicales qu’on l’a monté allongé en avant.
- Et voyez comme tout s’enchaîne et s’explique bien si l’on admet l’hypothèse de M. Tornier ! La queue énorme de l’animal qui, dans son attitude de mammifère très haut sur pattes, semblait ne lui être d’aucune utilité et devait le gêner plutôt par son poids, devient au contraire, dans l’attitude reptile, un contrepoids du cou en S et un point d’appui solide au sacrum où viennent s’attacher les muscles du cou et du dos et dont la structure est remarquable : en effet, les apophyses épineuses des trois vertèbres sacrées moyennes sont soudées entre elles, absolument comme chez l'autruche ou le casoar, et offrent une surface considérable à l’insertion terminale des muscles du cou et du dos. L’appui fourni par la queue au sacrum est obtenu par une adhérence solide du premier de ces organes au sol, résultat du jeu des muscles situés sur sa partie ventrale (tournée vers le sol) ; ces muscles s’attachaient
- Le dessin de M. Tornier, que nous donnons en réduction, est la reconstitution faite d’après les ligures originales de M. Holland, dont on a respecté toutes les dimensions. On y a ajouté seulement les cartilages de l’omoplate et des côtes, qui naturellement n’ont pu être préservés dans le fossile, mais qui existent aux endroits correspondants chez les reptiles vivant actuellement. J. Denikfr.
- Que faut-il penser de l'opinion de M. Tornier?
- J’ai voulu obtenir à ce sujet l’avis d’un savant compétent et je suis allé voir M. Marcellin Houle. En somme, l’avis de l’éminent professeur de paléontologie du Muséum est fort net : Il riy a rien à penser de l'opinion de M. Tornier! Et cela semble parfaitement justifié.
- Tout d’abord, il faut noter que les savants américains qui^se sont occupés du Diplodocus — entre autres Marsh, Hatcher, MM. Holland et Osborn, —
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- sont d’accord à approuver l’attitude donnée au montage. S’ils divergent sur quelques questions, elles sont secondaires et sans rapport avec celle de l’attitude. Or, et cela est à considérer, les savants américains sont les seuls qui aient en main des pièces originales suffisamment nombreuses pour se faire une idée scientifiquement valable des questions relatives aux Dinosauriens du groupe du Diplodocus. Les autres savants ne peuvent donc qu’accepter les conclusions de leurs confrères américains.
- 11 est vrai cependant qu’un herpétologisle américain de valeur, M. Hay, professe une opinion différente de celle des savants cités plus haut. 11 faut d’ailleurs voir dans le travail de M. Tornier un écho de l’étude de M. llay. Mais, faute sans doute d’avoir eu en main des pièces originales, M. Tornier exagère la thèse de M. llay, — et il y ajoute, avec l’accent de la certitude, des choses que celui-ci n’aurait pas écrites, par exemple, ce que n’ont dit, m’assurer t-on, ni Hatcher, ni M. Holland, que le Diplodocus était plantigrade, et aussi qu’il aurait été carnivore. Dans les termes où s’est tenu M. llay, il y a bien divergence entre lui et ses confrères sur l’attitude du Diplodocus, mais nullement dans les porportions que lui donne M. Tornier : il s’agit d’une différence d’appréciation, de nature à intéresser les seuls spécialistes, et aussi peu accessible au grand public qu’une discussion de laboratoire entre deux savants qui seraient arrivés à deux chiffres voisins, mais différents, en calculant l’indice de réfraction d’un cristal. 11 n’y a donc pas une question du Diplodocus, mais une question d’un détail du Diplodocus, — et que peuvent seuls trancher ceux-là qui ont en main des
- originaux, — ou qui en auront un jour de suffisants.
- Au fond, il y a dans la thèse de M. Tornier une confusion, dont on ne saurait trop souligner la gravité : c’est de croire qu’il y a une démarche propre au mammifère, et une autre propre au reptile. Son raisonnement ne se ramène-t-il pas à dire : puisque le Diplodocus est un reptile, il doit ramper? Mais la démarche d’un être est un caractère d’adaptation, bien avant d’être un caractère phylogénique; on peut même dire qu’essentiellement elle n’est pas du tout un caractère phylogénique. La vérité— et c’est justement ce qu’il y a de beau dans leur histoire — c’est qu’à une certaine époque de la vie terrestre, les reptiles ont été de celle-ci les maîtres et rois par les voies les plus différentes : il ont régné dans les eaux, comme les Ichtyosaures, les Plésiosaures, les Mosasaures, sur la terre ferme, comme les Dinosauriens, et dans les airs, comme les Ptérodactyles, et ainsi ils ont réalisé des types de démarche ou de locomotion qui avaient déjà appartenu aux poissons ou qui ont été repris ensuite par les oiseaux et les mammifères. S’ils ne font plus que ramper aujourd’hui, ce n’est pas qu’ils aient rampé toujours, mais seulement que l’heure de la gloire et des belles tentatives est passée pour eux.
- Enfin, il faut ajouter que les moulages mêmes du Diplodocus présentent d’assez nombreux caractères permettant de croire, au moins provisoirement, à la solidité de l’opinion généralement admise. Je n’y insisterai pas, faute de compétence, mais de l’avis des spécialistes autorisés, les doigts et les membres postérieurs seraient dans ce sens particulièrement probants. Jean-Paul Lafitte.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 3o août 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- Étude d'un célacé. — M. Edmond Perrier expose (j 11e l’on a eu, il y a quelque temps, l’occasion de capturer vivant un cétacé extrêmement rare qui, pour cette raison, est mal connu. Ce célacé a échoué à marée basse, en novembre dernier, dans les rochers qui entourent la presqu’île de la 1 longue ; il porte le nom de Mesoplodon bidens, parce qu’il est pourvu de deux dents. L’animal capturé a 5 mètres de long, c’est un mâle. On dit que les cétacés de cette espèce s’échouent deux par deux successivement et par couple. On peut rapprocher de l’échouage de novembre 1908, la capture d’une femelle en mai 1908 sur les cotes d’Ecosse. M. Anthony, préparateur au Muséum, s’occupe d’étudier l’anatomie de cet animal.
- La forêt équatoriale. — M. Edmond Perrier présente une Note de M. Auguste Chevalier sur la régression et l’extension de la forêt équatoriale de l’Afrique Centrale. L’auteur remarque que la plupart du temps ce sont des lichens qui forment le premier humus qui sort de support à des plantes supérieures. Dans l’Afrique centrale au contraire, ce sont des phanérogames qui constituent une sorte de tourbe dans laquelle les végétaux supérieurs se
- développent. La forêt équatoriale est d’ailleurs en voie de régression, par suite du développement de certaines cultures.
- L'acide sulfureux et la fermentation. — M. Roux’ adresse une Note de M. Marlinand sur les phénomènes qui se produisent dans un liquide en fermentation lorsque l’on fait intervenir un courant d’acide carbonique. La fermentation suivit alors un arrêt, puis elle reprend. L’auteur a recherché la cause de cette reprise. 11 montre que, pendant l’arrêt, il se développe d’autres organismes qui ont la propriété de vivre aux dépens de l’acide sulfureux et de le l'aire ainsi disparaître.
- Perturbation électrique cl magnétique. — M. Raillaud adresse une Note de M. Nodon relative à une perturbation de l’état électrique de l’atmosphère, que l’auteur a eu l’occasion d’observer à Eaux-Chaudcs (Basses-Pyrénées) le 19 août dernier. Le potentiel de l’atmosphère a tout à coup varié de 100 volts pendant 3 secondes; en même temps, l’aiguille aimantée subissait des oscillations d’une amplitude de 10 degrés. Cu. de Yilledeuil.
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- ATTELAGES BIZARRES
- Il y aurait à écrire une étude très curieuse sous ce titre attrayant : Ce que nous demandons aux bêles. Nous leur demandons les services les plus étranges, et leur imposons les besognes les moins prévues. Par exemple, nous avons nos chiens-détectives, comme les Anglais ont leurs chiens-quêteurs, qui, munis d’un tronc fixé sur leur échine à l’aide d’un harnachement spécial, vont de porte en porte solliciter la charité publique en laveur des hôpitaux qui les emploient.
- L’espace dont nous disposons ici nous contraint à limiter notre tâche à l’explication des trois photographies reproduites ci-contre. Elles nous montrent trois curieux cas d’utilisation de la force physique de divers animaux. L’anecdote qui se rapporte à la première cl à la troisième de ces ligures nous transporte en Angleterre, où le propriétaire d’une grande ménagerie a imaginé de louer ses éléphants et ses chameaux, pendant la morte-saison des cirques forains, au maître d’une vaste exploitation agricole. 11 a acquis la preuve qu’une trop longue période d’inactivité nuisait à la santé de ses bêtes, confinées pendant plusieurs mois dans la lourde atmosphère des écuries, et qu’au contraire, un travail exécuté en plein air les entretenait en bon état.
- ïîfeik Après quelque tâtonnement, le helluaire découvrit quelle était la besogne champêtre la mieux appropriée à chaque espèce. Avec leur allure pesante, mais régulière, les éléphants se prêtèrent admirablement au labour. Attelés par paire à une charrue, ils apprirent aisément à tracer un
- Eléphant employé an labourage.
- Charrette attelée d'un crocodile.
- sillon dont la régularité ne
- laissait rien à désirer. D’une intelligence plus bornée, et au»ù d’une docilité moins égale, les chameaux n’acceptèrent que la besogne machinale de tourner un manège actionnant une coupeuse de foin.
- La deuxième photographie nous rappelle un article que La Nature consacra à une « ferme à crocodiles » établie à Hot-Spring, dans l’Arkansas, par M. Campbell. On se souviendra que l’ingénieux fondateur de l’Alligator-Farm ne se contente pas d’élever des sauriens pour tirer parti de leur cuir et de leurs dents, mais qu’il fournit aussi des sujets vivants aux ménageries ou aux simples amateurs, et qu’il dresse les plus intelligents de ses élèves à exécuter des tours de cirque.
- Il a complété son programme en habituant plusieurs de ses monstres à supporter le harnais et à traîner une charrette où prennent place Mme Campbell et sa fdlette.
- C’est une attraction nouvelle ajoutée à celles qui attirent sur sa ferme de nombreux touristes, venus de la station thermale voisine. Elle prouve, entre autres résultats, qu’on peut, avec de la patience, dresser les espèces les plus variées, même quand elles sont d’humeur aussi farouche et d’intelligence aussi étroite que le crocodile. V. Forbin.
- Chameaux tournant un manège actionnant une coupeuse de foin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lamine, rue de Flcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1894.
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- 11 SEPTEMBRE 1909.
- L’ART DÉCORATIF ET LES ÉTUIS A AIGUILLES DE L’ALASKA
- Nous sentons tous, dans les arts plastiques, la distance qui sépare une image proprement décorative, — comme une grecque, une Irise ou la composition d’un carrelage — d’une image à tendances réalistes, — un tableau, par exemple : tandis que la dernière simule des objets, des êtres, des paysages, qui nous sont familiers ou connus, la première se
- parfois, pour des raisons diverses, l’une de ces deux formes d’art prédomine ou règne seule dans certaines sociétés,—comme l’art décoratifehez les Musulmans, — et la seconde dans d’autres, —comme la peinture dans notre civilisation occidentale. D’autre part, malgré cette divergence, nous savons aussi qu’il existe, entre l’art décoratif et l’art représen-
- Fig. i. — Èluis à aiguilles de VAlaska : i, le type normal, d'où esl issue, la décoration des autres types; i, 3, b, 5, une première série de modifications du type normal; 6 et 7, deuxième série; 8, q, 10, troisième série; 11 à i5, types extrêmes de modifications. (D’après le mémoire cité.)
- réduit toute au jeu et à la combinaison d’éléments plastiques abstraits, de lignes, de couleurs et de valeurs. Nous voyons même dans cette différence plus que deux modes particuliers d’expression, — deux esthétiques essentiellement opposées, et le langage, en opposant le peintre de décor au peintre artiste, souligne nettement l’écart que nous notons entre celles-ci, montrant que leur opposition va jusqu’à retentir dans la division des métiers. Nous savons enfin que, 3y° année.
- talif, des rapports fort intimes : un tableau ne nous plaît au fond que par des qualités décoratives, une tache, une arabesque, un équilibre des éléments plastiques, et, les trouvant ou non, nous nous attachons fort peu, après tout, ni à la scène ni aux objets qu’il représente; de son côté le motif d’un décor a souvent sa source visible dans l’interprétation d’une chose réelle. La question se pose donc de savoir quels ont été historiquement les rapports de
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- ïc semestre.
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- =: L’ART DECORATIF ET LES ÉTUIS A AIGUILLES DE L'ALASKA
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- ces deux arts, — ou que l’un ait enfanté l’autre, et lequel, ou qu’ils soient sortis en jumeaux d’une forme d’art antérieure, ou encore qu’ils aient été distincts dès le début. L’archéologie et l’ethnographie permettront un jour de résoudre ce beau problème. En attendant, je voudrais, par un exemple emprunté à un travail récent de M. Fr. Boas1, montrer suivant quelle voie et par quelle technique on peut s’aventurer sur ce terrain difficile.
- M. Boas observe que l’origine des motifs décoratifs a donné naissance à trois théories : tantôt on l’a cherchée dans des dessins réalistes, c’est-à-dire que le motif conventionnel dériverait, par déformations, de l’image d’objets réels; tantôt on a noté l’iniluence nécessitante des conditions techniques sur la forme du décor, comme il appert dans l’ornementation géométrique de toute vannerie primitive ; tantôt on a montré que des motifs ornementaux, tout conventionnels, se développent en des motifs réalistes, et tout le monde peut en évoquer des exemples. On ne voit pas a priori de raisons pour choisir entre ces trois doctrines : elles s’appuient toutes sur des laits. Elles paraissent vraies toutes trois, et, plutôt que de les mettre en conflit, mieux vaut les corroborer aux faits, voir comment elles s’y accordent dans chaque cas, et prendre ainsi peu à peu une notion mesurée de leur importance réciproque. C’est ainsi que M. Boas étudie les étuis à aiguilles de l’Alaska, choisis pour la double raison qu’il connaît en maître l’ethnographie de cette région et que ces objets sont abondamment représentés au Musée National des États-Unis.
- Les étuis à aiguilles décrits par M. Boas proviennent des Eskimos de l’Alaska, entre l’embouchure de la rivière Yukon et la partie occidentale du golfe Norton. Ils consistent en un tube, à l’intérieur duquel l’aiguille est logée, enveloppée d’un fragment de peau.
- Ces étuis ont une forme et une décoration particulières. Le type de beaucoup le plus fréquent, représenté au n° 2 de la figure ci-jointe, offre à la fois un renllement d’ensemble de sa partie médiane et deux expansions latérales en forme d’ailes à la partie supérieure, tandis que l’autre extrémité s’effile légèrement. Il y a, sur les flancs opposés de l’étui, deux saillies légères, en boutons, qui se font face. Une rainure plus ou moins profonde s’étend entre elles, sur une troisième face, depuis le tiers inférieur du tube jusque sur le bord supérieur. Cette bordure et les ailes sont ornées d’un dessin en lignes parallèles répétées en haut de ces dernières et en bas, où elles s’infléchissent presque toujours pour descendre sur la rainure dorsale. Celle-ci est également parée de lignes semblables, ou bordée extérieurement de deux traits, terminés par une
- 1 Fu. Boas. Décorative designs of Alaskan needlecases : a sludg in the Iris tory of conventional designs... dans : Smithsonian Institut. Proceed. of the U. S. Nation. Muséum, t. XXXIV, 1908, p. 321-344. — On trouvera dans ce mémoire une bibliographie intéressante.
- petite fourche à trois dents. Enfin, l’extrémité inférieure du tube présente aussi un bandeau ornemental, formé soit de simples lignes parallèles, deux ou trois, soit de lignes semblables agrémentées de saillies transversales alternant d’une ligne à l’autre, et qui donnent assez vaguement l’impression d’une grecque.
- Tous les éléments de cette ornementation — la ligne droite terminée en fourche, et le bandeau formé d’une double ligne à dentelures alternées — ne sont pas d’ailleurs particuliers aux étuis à aiguilles : ils constituent comme la monnaie courante de toute décoration eskimode et on les relève aussi bien sur les objets d’usage courant que sur les tatouages des bras ou des jambes. Par contre, ils ne paraissent pas exister dans les régions de l’Amérique ou de l’Asie qui sont situées hors de l’influence des Eskimos. Cette exclusivité, jointe à la large extension dans tout le domaine eskimo, parait donc bien attester que ces motifs décoratifs sont une antique possession, toute indigène sans doute, de la civilisation qui les exploite, et, en même temps, le nombre comparativement très grand des étuis à aiguilles qui présentent cette décoration cl la forme décrite, montre que le type où elles sont réunies doit être considéré comme fondamental et primitif, — c’est-à-dire que, s’il existe des types aberrants, il faut voir en eux des déformations et non des formes originaires de l’étui normal.
- On voit donc que cet étui normal, au point de vue décoratif, se présente comme tout conventionnel, sans qu’on y puisse rien reconnaître d’une imagerie réaliste. 11 se peut, il est vrai, que ce type conventionnel soit dérivé d’un type réaliste plus ancien, et que, par exemple, la forme de l’étui reproduise les Iraits d’un animal totem, mais c’est là une pure hypothèse, qui manque de faits pour tenter sa vérification. M. Boas laisse donc sagement en suspens la question de l’origine de ce type normal, et, le tenant pour acquis, son caractère tout conventionnel noté, il étudie les types anormaux.
- Ceux-ci présentent un certain nombre de caractères intéressants qu’il faut dès l’abord signaler :
- 1° Ils sont nombreux comme types, mais peu nombreux comme objets, et cela montre nettement que toutes ces formes anormales sont des dérivées, résultant de la verve individuelle appliquée à développer le type classique, et, comme toute verve individuelle, bornée d’ailleurs à un petit nombre de créations;
- 2° Ils se développent pour la plupart dans le sens de la décoration réaliste;
- 5° Dans tous ces développements réalistes, il est presque toujours possible, sinon facile, de retrouver la norme primitive, le type fréquent et classique, qui leur a donné naissance.
- C’est ce que montrent fort bien les quelques exemples réunis dans la planche ci-jointe et qui sont tous empruntés au travail de M. Boas.
- Voici d’abord (nos 1,3,4) des modifications très légères du type primitif et qui cependant ne s’ob-
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- servent déjà que sur des échantillons rares, parfois uniques : la forme est conservée, ou très peu altérée, les éléments décoratifs sont intacts, mais leur utilisation est nouvelle : par exemple sur le n° 1 on remarque une ligne l'ourchée surnuméraire, et le bandeau inférieur est formé de deux lignes non denticulées ; le n° 3 est encore plus modifié, et sur le n° 4 la rainure dorsale a disparu, tout en laissant sa trace dans l’inllexion des lignes transversales; ailleurs, la tendance déjà marquée au n° 1 est pleinement réalisée et les deux boutons latéraux disparaissent; ou bien on arrive à des types comme le n° 5, déjà apparemment si modilié que sans les intermédiaires précédents on hésiterait à le rapporter au type normal, ce qui est pourtant évident lorsqu’on possède ceux-ci.
- Cette parenté originaire est encore bien claire avec le n° 0, où l’on retrouve, à peine modifiés, le renflement médian, les expansions en ailes, les boutons, la rainure dorsale, et tout le décor linéaire du n° 2 ; mais l’artiste a eu la fantaisie de sculpter une petite tète d’animal marin à la partie inférieure. En reprenant ce thème, et, cette fois, en modifiant plus profondément le décor et la forme, on arrive à un type comme le n° 7, représentant un animal marin nageant, en apparence tout aberrant, et, cependant, comme on voit, bien rattaehable au type initial.
- 11 semble bien difficile de passer de là à un étui aussi singulier que le n° 10, ou la forme et le décor primitifs sont disparus, tout l’ornement consistant en deux animaux fantaisistes, situés de part et d’autre de l’extrémité supérieure; cependant il suffit de regarder les nos 9 et 8 pour voir, au contraire, non seulement que le passage et le développement sont évidents, mais encore que la distance est en réalité très faible entre le type initial et le type le plus extrême, et qu’avec un peu d’ingéniosité on peut aisément découvrir sur le second toutes les parties homologues du premier. Quant à
- des types enlin comme les n‘,s 11,12, 13, 14 et 15, également incompréhensibles si on les observe isolément, on voit de même qu’ils se comprennent bien en les envisageant de la même façon que les précédents, et il y a, en effet, sur chacun d’eux assez de souvenirs, soit du type initial, soit de types antérieurs déjà ramenés à celui-ci, pour qu’on n’ait pas à craindre, en procédant ainsi, de prendre pour des faits ce qui serait une simple vue de l’esprit.
- Il ressort donc très nettement du mémoire de M. Boas que, dans certains cas déterminés, les artistes eskimos ont créé des décors réalistes en parlant de motifs décoratifs conventionnels. Résultat qui semble d’abord un peu maigre. Mais si l’on songe que les Eskimos sont représentatifs d’un étal de civilisation, on voit d’abord que leur cadre étroit est débordé, puisque cette faculté, de développer en réalisme ce qui est conventionnel, est dès lors assignable à cet état de civilisation, et cela nous fait pénétrer la psychologie et l’esthétique d’un milieu social très distant du nôtre. De plus c’est la vérification, suivant une technique, pleine de sûreté, de la troisième de ces théories dont je parlais au début, et c’est aussi, du moins dans ce cas particulier, la mesure de l’importance de ce développement réaliste du dessin conventionnel : on voit par les exemples cités qu’il réside dans des innovations individuelles, et que celles-ci, en dépit de l’apparence première, sont peu nombreuses et peu profondes, puisqu’on remonte toujours presque directement au type initial.
- Peut-être reprochera-t-on à M. Boas de ne s’être enquis ni de l’origine du type premier, ni des causes de ces innovations individuelles. Mais cela n’était pas dans son sujet, et rien n’est plus à louer que cette réserve à se cantonner dans un domaine qui semble d’abord étroit, et où cependant la pénétration permet d’atteindre à des résultats pleins de valeurs. Jean-Paul Lafitte.
- LES MÉTHODES MODERNES EN CHIMIE
- Il n’y a guère qu’un siècle que la chimie est devenue une science. Sa mère l’alchimie était un art assez peu fécond. Lavoisier, qui fut un précurseur, nous a donné le pre- ^ ^
- mier des méthodes expérimentales sûres et dénuées de ces raisonnements chimériques, qui caractérisaient l’esprit des magiciens du moyen âge.
- Autrefois, les alchimistes se contentaient de mettre dans cornues ou dans des mortiers leurs mélanges empiriques, atta-
- chaient une grande importance à la couleur et à l’odeur des composés qu’ils obtenaient ainsi, leur donnaient une âme et croyaient utiles pour leur
- formation certains ri-
- tes qui, aujourd’hui, nous font sourire.
- Le premier effort des chercheurs fut de débrouiller l’extrême complexité -que' la nature met devant nos yeux. 11 fallait trouver, parmi tous les matériaux dont elle est formée, quels sont ceux qui, n’étant susceptibles d’aucune déeom-
- Fig. i. — Appareil de Baume pour la distillation fractionnée des gaz liquéfiés.
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- 228 ....... METHODES MODERNES EN CHIMIE
- Fig. 2. — Cliché métallo graphique de phos-phure d'étain Sni P- cristallisé dans l'étain.
- position, constituent les corps simples, et ceux qui, I se retrouvant avec les mêmes propriétés, quelles que | soient les circonstances de leur production, constituent la très nombreuse classe des composés définis. Les premières méthodes des chimistes lurent donc des méthodes de séparation.
- Il était évident que, pour étudier les réactions des éléments, il fallait d’abord les obtenir aussi purs que possible, de façon à ne pas encombrer les recherches de la présence des corps inutiles. Les études des grands savants du commencement du \ixc siècle portèrent sur les corps les plus communs dans la nature ou sur ceux qui, moins répandus, les frappèrent davantage par leurs propriétés nouvelles. Comme ils ne connaissaient pas de procédés méthodiques pour séparer les corps les uns des autres, leurs travaux ne furent couronnés de succès, que lorsque le hasard des réactions leur donna des composés qui s’éliminaient ou se mettaient en évidence d’eux-mêmes. C’est ainsi que Lavoisier put faire l’analyse de l’air en fixant l’oxygène à l’état solide surle mercure, obtenant ainsi l’azote et l’oxyde de mercure, un gaz et un solide naturellement séparés. Les méthodes systématiques de séparation sont nées d’hier sauf, bien entendu, les plus simples comme la filtration, la décantation, la distillation qui furent des opérations connues de tout temps.
- Méthodes de séparation et de préparation. — Les objets qui nous environnent se présentent au premier abord à nos yeux et à nos sens sous l’état solide, liquide ou gazeux. Si l’on pousse plus loin cette analyse, on voit qu’il est très difficile, pour ne' pas dire impossible, d’établir des frontières précises entre ces différents états ; toutefois, à la température et à la pression ordinaires ces mots ont un sens au moins approché et qui répond aux applications pra-
- tiques. Les mélanges de corps sous des états ainsi définis sont très faciles à séparer au moyen des méthodes simples énoncées plus haut. Les problèmes qui se sont posés et n’ont reçu que depuis peu une solution satisfaisante sont la séparation des gaz entre eux, des liquides entre eux, des solides entre eux.
- Pour séparer deux gaz l’un de l’autre une méthode très générale et qui conduit dans beaucoup de cas à un fractionnement total, consiste à liquéfier le mélange et à recueillir séparément la partie la plus volatile et la plus facilement liquéfiable. Dans certains cas on est obligé de répéter plusieurs fois l’opération ; on peut de cette façon obtenir les deux gaz à l’état de pureté. C’est cette méthode qui a permis à Sir William Ramsay de déceler dans notre atmosphère l’argon, le néon, le krypton, le xénon, l’hélium. Une seconde méthode très nouvellement employée consiste à faire passer le mélange gazeux à travers des ouvertures très fines. Les gaz lourds passent lentement, les gaz légers beaucoup plus rapidement.
- Deux grandes méthodes, qui ont beaucoup contribué par leur application incessante, aussi bien dans les laboratoires que dans l’industrie, au développement si intense de la chimie organique sont la
- Fig. 3. — Courbes de refroidissement d'alliages enregistrées photographiquement au moyen de l'appareil de S. Wologdine : i, point de fusion de Valuminium ; 2, point de fusion du zinc; J, recalescence d'un laiton à 25 oju de cuivre.
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- MÉTHODES MODERNES EN CHIMIE
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- distillation fraction née et la cristallisation f'ractionnôo. Elles permettent de séparer entre", eux des liquides. La seconde" s'appliquent outre au cas où les liquides contiennent des solides en dissolution.
- La distillation fractionnée que nous avons déjà citée plus haut à propos de la séparation des gaz par liquéfaction, est fondée sur la différence de volatilité' des liquides mélangés ; elle peut être employée dans les cas où les corps distillent sans se décomposer et dans ceux où les liquides mélangés émettent une vapeur dont la composition tend vers un des corps à l’état de pureté et non vers une limite qui dépend de la pression ; ce dernier cas se présente, par exemple, dans la distillation des mélanges d’eau et d’acide chlorhydrique d’alcool et d’éther.
- La cristallisation fractionnée s’applique dans le cas très fréquent, où les corps que l’on cherche à séparer ne sont pas susceptibles de donner ensemble des cristaux mixtes appelés encore solutions solides; tels les aluns qui ne peuvent être extraits par celle méthode d’une dissolution (pii contient plusieurs de ces sels. L’opération consiste à re-
- Les constantes capillaires très'éloignées de deux solides vis-à-vis d’un même liquide montrent que l’une des poudres formera avec le liquide une pâle visqueuse tandis que l’autre ne s’y attachera pas. Cette propriété est utilisée dans l’industrie minière.
- Toutes les méthodes générales énoncées plus haut s’appliquent seulement à des mélanges et sont basées sur des différences de propriétés phvsiques.
- Dans les cas où elles échouent dans ceux où elles seraient d’un emploi compliqué et enfin lorsque l’on veut retirer un corps d’une de ses combinaisons on a dès lors avantage à s’adresser aux méthodes chimiques. Elles sont basées sur des réactions qui permettent d’unir le corps (pie l’on veut isoler à un
- Fig. 5. — Un laboratoire de chimie gènér à la Sorbonne.
- cueillir à part les parties solides et liquides qui se scindent soit pendant le refroidissement, soit par l’évaporation du dissolvant. Les manœuvres inverses, qui se nomment la fusion fractionnée et le lessivage méthodique, peuvent être également employées dans les mêmes cas. C’est par des cristallisations fractionnées faites en très grand nombre, que M. et Mrae Curie parvinrent à séparer le chlorure de radium du chlorure de baryum. Cette méthode est également très employée dans la chimie des terres rares.
- C’est encore par des différences de propriétés physiques que l’on parvient à séparer les corps solides réduits en poudres très fines. En se basant sur la différence des densités on sépare l’or de sa gangue, qui, moins lourde, est entraînée par un violent courant d’eau.
- La différence des susceptibilités magnétiques permet le triage de certains minerais.
- Fig. 4. — Le four électrique de Moissan en action.
- corps auxiliaire, duquel il sera facile de le séparer. C’est ainsi que l'oxygène est retiré de l’oxyde de fer en le combinant au carbone pour former l’acide carbonique, laissant le fer partiellement combiné au carbone en excès que Ton brûlera ultérieurement plus ou moins complètement suivant les ale aciers que Ton veut obtenir. Ces mé-
- thodes chimiques ne sont susceptibles d’aucun classement, car elles varient à l’infini et Ton doit dans chaque cas particulier étudier leur emploi.
- On ne peut passer sous silence les moyens électriques qui, depuis le grand développement de l’énergie hydraulique, ont pris une si grande extension; ce sont eux qui permettent, grâce à l’énergie formidable de Tare électrique, d’atteindre les températures les plus élevées et de préparer les éléments fondamentaux des aciers spéciaux si employés aujourd’hui et le carbure de calcium au moyen duquel on fabrique lacyanamide, engrais azoté des plus efficaces ; par voie de décomposition électrolytique l’industrie prépare en outre le sodium, l’aluminium, le calcium, le magnésium. Ces méthodes sont particulièrement intéressantes, puisqu’en les appliquant on peut scinder en leurs éléments des corps aussi stables que l’acide fluorhydrique.
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- 230 -- . —: METHODES MODERNES EN CHIMIE
- Dans les exemples que nous venons de citer on laisse les réactions s’accomplir totalement. 11 est cependant des cas où l’on a intérêt à ne les effectuer que partiellement. La précipitation fractionnée, l’attaque fractionnée par des réactifs convenables sont des techniques très employées dans la chimie des terres rares. On divise dans ce cas de réactif que l’on veut faire agir sur le produit à traiter en plu-sieur fractions, dont chacune est eu quantité insuffisante pour obtenir une réaction totale. On recueille séparément le produit obtenu par l’action successive de chacune de ces fractions et l’on obtient de la sorte une série de corps dont la composition est fonction du numéro d’ordre de l’opération. On peut par cette, méthode séparer, par précipitation au moyen du chromate de potasse, l’yttrium des terres yttriques qui l’accompagnent.
- ' Méthodes d’observations et de mesures. — Quand le chimiste possède les corps aussi purs que possible, quand l’industriel a réussi a préparer avec un bon rendement les produits qu’il veut livrer au commerce, ils doivent posséder l’un et l’autre des moyens d’action leur permettant, au premier d’étudier les propriétés: des corps et leurs réactions, au second' de contrôler sa fabrication et par suite de la perfectionner.
- Le premier et le plus essentiel c’est l’analyse au sens le plus général du mot. L’analyse chimique permet d’affirmer la présence ou l’absence de certains éléments et ensuite de les doser.
- La technique dans les laboratoires n’a subi que les perfectionnements de détail depuis son invention par Lavoisier.
- Dans l’industrie où la précision est secondaire et où la rapidité' est une qualité primordiale, les méthodes colorimétriques et volumétriques ont presque détrôné les procédés gravimétriques. Ces moyens d’analyse permettent, en effet, les opérations en série et sans être des méthodes absolues sont d’excellents procédés de comparaison des produits entre eux. Mais l’analyse chimique ne peut donner que des renseignements intéressant la composition et dans de nombreuses circonstances les propriétés sont beaucoup plus intéressantes à connaître. C’est pourquoi, avant de mettre en circulation les produits de leur fabrication, les industriels les soumettent à des essais dans des circonstances analogues à celles dans lesquelles ces matériaux sont appelés à travailler. 11 faut citer, parmi ces méthodes, les essais de rupture au choc, à la compression, à la traction et les essais de dureté. ' .
- A mesure que la physique s’est développée et que d’autres outils que la balance ont été mis à la portée du chercheur, les méthodes permettant de scruter plus intimement la nature des phénomènes ont pris un grand essor. Parmi tous les instruments un de ceux qui sont aujourd’hui d’un usage très .fréquent
- est le microscope. Appliqué aux corps transparents réduits en plaques minces il permet de connaître exactement la constitution des roches les plus complexes et donne des renseignements très différenciés là où l’analyse chimique indiquerait des compositions très voisines. Si les objets que l’on veut examiner sont opaques et peuvent, à l’aide de meules appropriées, prendre un poli suffisant, il permet d’en déceler la structure. Cette branche de la chimie est la métallographie, qui, dans ces dernières années, a pris une si grande extension et non seulement a fait avancer d’un grand pas l’étude de la constitution des alliages, mais encore rend déjà de grands services à l’industrie métallurgique; elle permet, en effet, de déterminer par un simple examen la teneur et le traitement thermique antérieur des produits sidérurgiques.
- Mais l’observation directe des corps et de leurs réactions est insuffisante pour pénétrer les secrets derrière lesquels se voilent les causes de l’action réciproque des matériaux qui nous entourent.
- Pour pousser plus loin l’analyse il faut représenter par des nombres les propriétés des corps et comparer entre eux les résultats que l’on obtient de cette façon. Dans ces dernières années on a beaucoup étudié les variations des propriétés physiques des systèmes de corps en fonction de leur composition. 11 faut rappeler parmi ces travaux ceux qui ont été faits sur les alliages binaires. Depuis qu’à l’aide du pyromètre de M. Le Chatelier on peut repérer très exactement les températures élevées, les moindres arrêts dans le refroidissement d’un alliage fondu sont perceptibles ; comme ils correspondent à des dégagements de chaleur dus à des transformations d’ordre physique ou chimique on obtient ainsi des données très certaines sur leur coùstitution ; les résultats obtenus'sont beaucoup plus éloquents si les mesures de magnétisme, de dilatation, de résistance électrique, de densité de l’alliage, fournissent des séries de nombres présentant des discontinuités pour les mêmes températures et les mêmes teneurs.
- 11 convient encore de citer parmi les moyens d’action du chimiste le calorimètre qui, en indiquant les quantités de chaleur dégagées, permet de prévoir au moins d’une façon approchée, et dans un assez grand nombre de cas, le sens de certaines réactions, le spectroscope grâce auquel on a pu découvrir des éléments nouveaux et suivre par plusieurs voies différentes et d’une façon méthodique le fractionnement des terres rares.
- Très employées sont aussi les méthodes polari-métriques dont l’application dans l’industrie sucrière remplace des analyses longues et pénibles et qui permet de différencier au laboratoire, des corps dont toutes les autres propriétés sont semblables.
- Fig. 6. — Variation de l’aspect des bandes d’absorption dans la séparation du dysprosium d’avec le gadolinium et le terbium.
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- Telles sont, dans leurs grandes lignes, les méthodes générales que le chercheur et l’industriel ont à leur portée pour préparer des produits destinés à accroître notre bien-être et pour acquérir dans l’étude des phénomènes de la nature une connaissance toujours plus approfondie de la vérité. Si la chimie n’est pas encore une science d’une précision mathématique et se rapproche de l’histoire naturelle par certains côtés descriptifs, on voit que les
- méthodes qu’elle adopte aujourd’hui sont rationnelles et que le chimiste ne fait plus au hasard des expériences sans lien; tous ses etforts tendent au contraire à relier entre eux les faits connus, dédaignant les synthèses inutiles, approfondissant l’étude des réactions et leurs causes, et employant sans idée préconçue tous les instruments que la physique moderne lui fournit.
- Pierre Jolibois.
- LA MARINE MILITAIRE DU JAPON
- La flotte militaire du Japon, qui n’existait, en quelque sorte pas, il y a une trentaine d’années, compte aujourd’hui parmi les plus importantes marines de guerre du monde. Elle se place, au point de vue de l’importance de l'effectif de ses équipages, au quatrième rang, entre l'Allemagne et les Etats-Unis. Le tonnage total de ses divers navire-— 575 OüO tonnes — lui assigne le cinquième rang dans les statistiques mondiales. Il nous paraît intéressant de suivre rapidement les diverses phases qui ont marqué la création de cette importante flotte, et, après avoir expliqué comment elle est arrivée à donner l’affirmation éclatante de sa puissance, de dire quels sont les éléments constitutifs de la force navale Japonaise.
- Une section de marine fut créée, après la révolution de 1868, au ministère de la guerre japonais; die devint autonome quelques années plus tard, en 1872, et ce nouveau ministère travailla avec ardeur, à partir de ce moment, pour organiser des arsenaux et faire exécuter des constructions navales. La marine japonaise, jusqu’alors, avait été plutôt un mythe; elle se composait de navires à vapeurs, achetés en Hollande pour remplacer successivement les jonques de guerre anciennes, dont se servait le Japon, depuis les époques les plus reculées, pour défendre ses côtes contre les attaques des pirates chinois. C’est à 1875 qu’il faut faire remonter l’origine de la flotte actuelle; les Nippons, si forts aujourd’hui, devraient se souvenir qu’ils sont redevables de leur organisation maritime à un Français, l’ingénieur Bertin, qui, pendant les quelques années qu’il resta au Japon, créa pour cette nation une vraie marine avec des arsenaux et des navires dignes de leur époque. Le budget maritime s’élevait alors à 17 millions de francs; le différend avec la Chine à propos de la Corée fij faire un saut brusque au budget de la marine, qui, doublant d’un seul coup, fut porté, en 1884, à 34 millions, pour atteindre 60 millions en 1888. La marine militaire augmentait de force d’année en année; mais l’accroissement constant de sa puissance ne satisfaisait pas encore les ambitions de la nation, au milieu de laquelle une active propagande patriotique en faveur de la marine impériale créa un enthousiasme tout particulier, qui, parti de l’entourage du Mikado, s’étendait jusqu’aux couches les plus
- profondes du peuple. Cet enthousiasme fit que, d’un même élan, l’empereur donna pour la marine militaire des sommes importantes, prises sur ses deniers personnels, tandis que les officiers et certains fonctionnaires abandonnaient le dixième de leurs iraitements au profil des arsenaux, et que nobles, bourgeois et ouvriers se cotisaient pour faire des offrandes à l’Etat, en vue de permettre la construction de navires nouveaux. Le culte de la marine était devenu une religion populaire avec des fanatiques dans toutes les classes de la société japonaise. Les victoires remportées en 1894 sur la Chine, redoublèrent l’enthousiasme patriotique; la nation accepta les emprunts et impôts nouveaux, nécessaires à forger au Japon cette robuste armure, qui, en 1904, lui permettait de montrer que—sans parler de son armée — la marine était, par la valeur de son équipage et la qualité de son matériel, de beaucoup supérieure à celle de bien des nations européennes et qu’elle pouvait, en un temps relativement court, réduire à l’impuissance la flotte d’une des plus grandes nations du vieux monde.
- Qu’est devenue, de nos jours, cette petite marine Japonaise que l’ingénieur français Bertin dut créer, en quelque sorte, de toutes pièces en 1875, c’est-à-dire il y a 35 ans à peine? Nous allons, dans ce court article, documents officiels en mains, dresser le bilan de sa puissance, et montrer l’importance, encore plus grande, qu’elle semble devoir acquérir dans un avenir très prochain.
- Voyons, d’abord, comment se répartissent les 192 navires actuellement en service. Les cuirassés d’escadre sont au nombre de 15; leur tonnage varie entre 16 000 et 12 500 tonneaux. Ce sont de très beaux types d’architecture navale avec de fort belles machines et de puissantes pièces. Katori et Kashima, types des plus récents, tous deux construits à Elswick, en Angleterre, peuvent être considérés, par les dispositions des blindages et la valeur de leurs canons, comme de formidables forteresses flottantes, qui mesurent 140 m. de longueur avec un déplacement de 16 400 tonneaux.
- Rien n’a été négligé en ce qui concerne l’artillerie de ces mastodontes. La description nous en a été donnée par les constructeurs eux-mêmes, qui inventorient comme suit les pièces de chacun de ces cuirassés : 4 canons de 52 cm, montés deux par
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- deux en tourelles lihrboU.es; 4 canons de 27 cm installés isolément en tourelles barbettes; 12 canons de 15 cm répartis à raison de 10 snr le pont principal et 4 sur le pont supérieur ; 12 petites pièces à longue portée, 9 canons Maxim et 5 tubes lance-torpilles. La disposition de ces diverses pièces et leur répartition ont été très savamment étudiées.
- les effets destructeurs de leurs lourds proj Tous les cuirassés japonais portent avec eux une véritable llotlille de canots à vapeur, à voile et à rames; certains d’entre eux sont môme munis de canots-torpilleurs automobiles et de barques actionnées par des moteurs à essence.
- Les chaudières des cuirassés, et même de beaucoup d’autres navires japonais, sont de fabrication française. Il nous faut, par exemple, indiquer avec plaisir, que Kashima est muni de 20 chaudières Niclause, réparties dans 5 chambres de chauflc, pour alimenter des machines accouplées à triple expansion, qui donnent au formidable engin destructeur flottant, une vitesse normale de 19 nœuds.
- Quatre cuirassés actuellement en
- Fig. i. — Tsukubu, croiseur cuirassé japonais.
- Quant aux blindages, dont les épaisseurs varient entre 18 et 21 cm, ils sont très soigneusement aménagés et forment dans leur ensemble une protection sérieuse.
- Fig. 3. — Torpilleurs et sous-marmS japonais dans une cale'de radoub.
- Les magasins et les soutes à munitions ont été aménagés de telle manière que les projectiles soient distribués rapidement et amenés avec méthode et célérité aux abords des bouches à feu. Au point de vue de la rapidité et de la puissance du tir, ces deux cuirassés japonais n’ont rien à envier à l’artillerie des plus récents cuirassés anglais, c’est-à-dire qu’ils peuvent faire sentir à 7 km de distance
- Fig. 2. — Chitosé, croiseur de la marine japonaise.
- service, Fuji, Asahi, Slukishinia et Mikasa, dont les tonnages respectifs sont 12600,15400, 15100 et 15400 tonnes, assistèrent à la fameuse bataille de Tsushima. C’est sur le dernier de ces navires que l’amiral Togo avait mis pavillon. Quatre autres cuirassés, dont le tonnage varie entre 11 100 et 15 200 tonnes, ont été pris lors de la guerre russo-japonaise, incorporés dans la flotte niponne après avoir subi les réparations et modifications nécessaires. Ce sont : Tango, ex « Poltava » ; Hizin, ex« Retvisan » ; Suivo, ex « Pohidia » : Sagami, ex « Percaviet », qui, tous quatre, furent capturés à Port-Arthur. Quant à Iwami, ex « Orel » et à Jki, ex «Nicolaï», ils furent pris à Tsushima; ces cuirassés de 15 500 et de 9600 tonnes ont été également transformés. Les navires russes rentrent donc pour un facteur important dans la formation de la marine japonaise actuelle.
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- Los croiseurs cuirassés — au nombre de dix — dont les plus puissants atteignent 10000 et 12 000 tonnés, sont aussi de fort beaux navires; quelques-uns furent pris également à la marine russe, lors de la dernière guerre. Tsukubu, que montre une de nos illustrations, est de construction récente, 1907. Son tonnage est de 14 000 tonnes, il porte 2 canons de 505 mm, 4 canons de 250 et 10 pièces de 200 mm.
- Les croiseurs protégés, dont Chi-tosé — voir notre illustration — est un des plus beaux types — sont au nombre de 21 ; ils se répartissent, suivant leur valeur, en 5 classes.
- Leur Hotte se complète de 5 croiseurs non protégés, navires de vitesse, qui peuvent rendre de sérieux services à bien des points de vue.
- Pour compléter le bilan de la flotte
- neaux. Kn 1888, il y a seulement 21 années, le déplacement des navires à Ilot atteignait à peine 120000 tonneaux. La différence marque un accroissement considérable; il indique les progrès surprenants accomplis pendant cette courte période. Ajoutons que les 22 navires en construction porteront,
- Fig. 4. — Réparation des chaudières dans un arsenal-japonais.
- lorsqu’ils seront terminés, le déplacement total à plus de 500000 tonneaux, représentant une formidable marine, dont les unités, puisque
- Fig. 5. — La gymnastique et les exercices physiques dans la flotte japonaise.
- de
- guerre japonaise actuellement en service, il convient de dire que les catégories suivantes se trouvent à la disposition du ministère de la marine : 1 garde-côtes, 1 aviso-torpilleur, 55 contre-torpilleurs, 79 torpilleurs, et seulement 9 sous-marins.
- Ces divers éléments constitutifs de la puissance maritime japonaise sont rattachés aux arsenaux de Yokosha, fondé par les Français, Sasebo llirosima-Kure, Maizuru et Mororan
- Les arsenaux dépendent du ministre de la marine, qui réside a Tokio ; ils ont adopté, en les modifiant, les méthodes anglaises, qu’ils ont tellement perfectionnées, que les Anglais à leur tour, se sont vus obligés d’imiter certains procédés japonais.
- Le tonnage total de la marine, pour les navires en service, s’élève, en chiffres ronds, à 575000 ton-
- et
- Fig. 6. — La manœuvre du canon de campagne par les compagnies de débarquement.
- toutes de construction récente ou relativement nouvelle, auront une remarquable valeur individuelle.
- Telle qu’elle est aujourd’hui, la marine de guerre japonaise est déjà une formidable puissance. Le nombre et la qualité de ses navires le témoignent amplement; son artillerie maritime représente une valeur sérieuse, puisqu’elle compte 74 canons de
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- 234 -.— LES MARÉES ET L’ÉLASTICITÉ DU GLOBE TERRESTRE
- gros calibre de modèles tout nouveaux, 459 pièces d’artillerie moyenne et un nombre très important, difficile pour nous à recenser, de canons de toutes sortes d’artillerie légère.
- La spécification des 22 unités navales sur chantiers, en cours de construction, peut, d’après les données officielles, s’établir comme suit : 4 cuirassés, 5 croiseurs cuirassés, 1 croiseur protégé, 2 croiseurs non protégés, 5 scouts ou navires-éclaireurs de grande vitesse, 4 contre-torpilleurs et 5 sous-marins. Avec les 192 vaisseaux de toutes catégories actuellement à flot, les 22 navires en question porteront à 214 le nombre total des diverses unités de la flotte militaire japonaise.
- Parmi les forteresses flottantes actuellement sur leurs chantiers de construction, Salsuma, 1 9 800 tonnes, qui doit être livré en 1910, et Aki, 19 200 tonnes, qui sera fini en 1911, sont de formidables engins, dont la puissance dépassera sans doute celle de Dreadnought et de Bellérophon de la Marine Britannique. Deux autres cuirassés de 20800 tonnes sont également à l’étude; on dit même qu’ils ne tarderont pas à être mis en chantier.
- Les Japonais ont fait construire leurs navires en Angleterre; mais, depuis 1905, l’industrie ayant accompli les progrès nécessaires et les arsenaux ayant réalisé l’outillage perfectionné indispensable, les vainqueurs de Tsushima ont décidé de se passer du concours, toujours dangereux en pareille circonstance, des usines étrangères. Ils ont commencé par les
- navires de petites dimensions; aujourd’hui la construction des cuirassés de 20800 tonnes peut être envisagée sans le moindre inconvénient, puisque Salsuma et Aki seront de fabrication japonaise.
- En 1899, fut organisée la ligne maritime, qui, mise sur le patronage de l’amiral prince Arisurgawa, fut dénommée : Association navale impériale. Elle vient de mettre en service, tout récemment, le premier navire de la flotte volontaire, Sakura-Marn, paquebot facilement transformable en navire de guerre.
- Nous avons voulu fixer, autant que cela peut se faire dans un article aussi court, la puissance actuelle delà marine de guerre japonaise ; nous avons cherché à expliquer avec quelle étonnante rapidité cette puissance avait pu être constituée. Le budget général du Japon se montait, en 1894, à 212 millions de francs; en 1904, à la veille de la guerre russo-japonaise, il s’élevait à G48 millions. Il atteignit, en 1908, 1 milliard 589 millions. Cette augmentation de 941 millions dans les charges annuelles de la Nation a été acceptée sans la moindre protestation par la nation tout entière ; le patriotisme fanatique des Japonais est prêt à tous les sacrifices. La marine entre pour une large part dans les charges de l’Etat : mais sa puissance assure au Japon une situation tout à fait particulière et lui permet de devenir la nation la plus forte en Extrême-Orient, l’émule et l’égale des grandes puissances civilisées.
- Will JPahvillk.
- LES MARÉES DE L'ÉCORCE ET L’ÉLASTICITÉ DU GLOBE TERRESTRE
- Le centre de la Lune étant inégalement distant des divers points de la sphère terrestre, ceux-ci, d’après les lois de la gravitation universelle, sont inégalement attirés vers l’astre. Dans l’hémisphère tourné vers la Lune, ils le sont plus que le centre ; moins, dans l’hémisphère opposé. La ditfé-rence joue le rôle d’une petite force perturbatrice qui, sur le premier hémisphère, dévie légèrement le fil à plomb dans la direction de l’astre, et le sollicite dans le sens contraire, sur le second. De là, pour la surface de niveau des Océans, deux renflements opposés I’lui à l’autre, regardant la Lune et son antipode (fig. 1).
- Mais, en apparence, notre satellite fait le tour de la Terre en 24 heures 50 minutes ; par suite, la double bosse en question se promène à la surface, déterminant deux fois par jour, en chaque point des côtes, dans le niveau de la mer, un exhaussement et un abaissement alternatifs, égaux si la Lune est à l’équateur, inégaux dans le cas contraire.
- Le Soleil agit de même ; mais le gonflement produit est environ deux fois moindre; la masse, plus grande, de l’astre ne compensant qu’à demi l’éloignement.
- Les deux effets s’ajoutent quand Terre, Soleil et Lune sont alignés, soit lors des ^ pleines Lunes. Par contre, ils se retranchent au moment des quartiers, la dépression causée par la Lune étant alors à moitié comblée par la surélévation due au Soleil et inversement.
- Mais la masse liquide n’est pas seule à subir des marées. Soumis aux mêmes influences, le corps de la planète éprouve des déformations analogues. La difficulté, seulement, est de les mettre en évidence.
- Pour apprécier un mouvement, il faut, en effet, des repères fixes de comparaison. Vis-à-vis des ondes océaniques, ces repères sont fournis par les côtes, supposées stables. Aussi les marées ne sont-elles observables que le long des rivages. Le pêcheur, au large, les ignore. Si, au lieu de couvrir les 5/4 de l’écorce, les Océans l’eussent tout entière enve-
- P'
- Fig. i. — Double renflement provoqué par la Lune dans la surface des mers. PP', pôles; EE', équateur terrestre.
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- LES MARÉES ET L'ÉLASTICITÉ DU GLOBE TERRESTRE 235
- loppée, et si les hommes eussent dû vivre sur des îles lloLtantes, jamais ils n’auraient soupçonné l’existence des marées.
- Tel est précisément notre cas vis-à-vis des mouvements de l’écorce. Nous manquons de repères. 11 faut aborder autrement le problème.
- Nous avons dit que, sous l’action de la Lune et du Soleil, la verticale est légèrement déviée relativement au sol. Cette déviation change avec la position des deux astres ; la pointe d’un pendule décrit ainsi une courbe minuscule qui se referme périodiquement sur elle-même.
- Les masses et les positions relatives des trois astres étant connues à chaque instant, la déviation correspondante de la verticale peut être calculée, ainsi que la courbe décrite par le pendule.
- Si la Terre était indéformable, la trajectoire effective coïnciderait avec la courbe théorique. Par contre, si la Terre était fluide, la surface libre, alors, restant normale à la direction changeante de la verticale, on n’observerait aucun mouvement relatif de celle-ci par rapport au sol.
- Notre globe ayant une certaine élasticité, la croûte se déforme et la déviation apparente n’est qu’une fraction de la déviation théorique.
- La connaissance de cette fraction permettrait d’évaluer la grandeur des marées de l’écorce et le coefficient de rigidité du globe.
- Mais ici deux graves difficultés se présentent.
- Les déviations dont il s’agit sont invraisemblablement faibles ; elles ne dépassent pas 0"01 ; autrement dit, pour un pendule de 1 m. de longueur, la pointe, dans ses écarts extrêmes, ne sortirait pas d’un cercle de 1/20000e de millimètre de rayon.
- D’autre part, le Soleil échauffant les couches externes du globe, celles-ci se déforment, en imprimant à la verticale une déviation apparente de sens inverse à la déviation réelle due à l’attraction de l’astre. En même temps, s’ajoutent l’une à l’autre les déformations de l’écorce dues à ces deux causes. À la surface, l’effet thermique du Soleil n’est pas moins de cent fois celui de l’attraction (0"5 contre 0"005). A 25 m. de profondeur, il est encore dix fois plus grand (0"05). Il semble impossible de séparer les deux effets et le problème paraît insoluble.
- Pourtant, depuis trois quarts de siècle, il n’a cessé de tenter les savants les plus considérables. Successivement d’Àbba-die, Zôllner, Bouquet de la Grye, Lord Kelvin, Sir G. IL Darwin (fig. 2), Wolf ont imaginé les appareils les plus délicats et les plus sensibles pour observer les mouvements de la verticale. Vains efforts.
- Depuis une quinzaine d’années seulement, de Rebeur-Paschwitz, Kortazzi et Schweydar ont pu obtenir des résultats encourageants, grâce à l’emploi du pendule horizontal.
- Pour mesurer, en effet, d’aussi faibles déviations, avec un pendule vertical ordinaire, il faudrait accroître démesurément sa longueur ; on atteint le même but en redressant, jusqu’à le rendre à peu près vertical, l’axe SS (fig. 3) de rotation du pendule. Il se comporte alors comme le ferait un pendule simple, O' G, suspendu par un fil au point 0' où la verticale du centre C de la masse oscillante rencontre le prolongement de l’axe de rotation. On peut ainsi réaliser l’équivalent d’un pendule ordinaire de longueur aussi grande qu’on le veut; cette
- Fig. 2.
- Fig. 2. — Pendule vertical de G. et //. Darwin. — M, iV, cages concentriques remplies d’eau pour maintenir la constance de la température. — R, pilier fondé sur la roche vive. — T, tranchée remplie d’eau. — D, déversoir. — m, miroir argenté suspendu par deux fils à la pointe a du pendule et au point fixe b très voisin.
- Fig. 3. — Schéma du pendule horizontal.
- Fig. 4. — Pendules horizontaux croisés au 1Y Hecker.
- Fig. 3.
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- 236 ___LES MARÉES ET L’ÉLASTICITÉ DU GLOBE TERRESTRE
- longueur se calcule en luisant osciller le pendule successivement dans les deux positions. La longueur virtuelle cherchée et la longueur eHéctive sont en Ire
- (‘Iles comme les carrés des durées d'une oscillation simple ; les déviations angulaires des deux pendules sonl dans P le rapport inverse.
- l)e la déviation du pendule horizontal, on peut dès lors, aisément, déduire la déviation correspondante de la verticale dans le plan perpendiculaire.
- Mais les observations les plus remarquables, avec cet instrument, ont été laites, de 1902 à 1909, par le l)r Ilecker, à Potsdam, au moyen d’un appareil à deux pendules horizontaux croisés (fig. 4), installé à 25 m. de profondeur sous le sol, dans une chambre à température et humidité rigoureusement constantes.
- Les images d’un point lumineux, réiléchies sur deux petits miroirs fixés aux pendules, étaient, simultanément et d’une manière continue, photographiquement enregistrées sur un tambour placé à distance, mû par une horloge et recouvert de papier sensible. Cette double amplification, mécanique et optique, équivalait à celle qu’on eût réalisée avec un pendule simple ayant la hauteur du Mont-Blanc.
- Les observations laites ont été combinées entre elles de manière à faire séparément ressortir l’effet du Soleil et celui de la Lune.
- L’action solaire, traduite dans la figure 5, est principalement thermique, les maxima et minima (± 0"025) ayant lieu vers 6 heures, soir et matin, comme pour la température dans une cave.
- D’autre part, la figure 6 montre la courbe, beaucoup moins ample, décrite journellement par la pointe du pendule, à Potsdam, sous l’action de la Lune. Autour de l’onde semi-diurne observée, on a tracé l’ellipse, plus grande, que suivrait celte pointe si la Terre était indéformable.
- Les résultats comparatifs se présentent ainsi :
- DÉVIATION
- MOYEN en millièmes de secondes (v).
- MOUVEMENT LUNAIRE OBSERVÉE
- SEMI-DIURNE THÉORIQUE Absolue. Relative.
- Sens Est-Ouest. ± 10’ ± 7v, 7 0,77
- Sens Nord-Sud. ± 8’ ± 5V 0,37
- Moyenne. . 0,55
- Ainsi la réduction d’amplitude serait deux fois
- plus forte dans le sens du méridien que dans le sens du parallèle. D’après une relation trouvée par Sehweydar, la rigidité correspondante de l’écorce serait huit fois moindre dans la première direction que dans la seconde.
- De nouvelles mesures, laites sur d’autres continents, permettront de dire si cette anomalie tient à l’instrument, ou à son installation, ou encore à la structure de l’écorce terrestre à Potsdam, ou même si elle est en partie duc à la déformation tétraédrique du globe, dont la rigidité serait naturellement plus grande dans le sens de l’arête Kuropéo-asiatique, voisine de Potsdam, que dans le sens perpendiculaire.
- Les observations antérieures, faites avec le pendule horizontal, avaient, d’autre part, accusé des déviations égales aux 2/5 de leur valeur calculée.
- D’après Lord Kelvin, Sir G . H. Darwin et Sehweydar, les marées lentes océaniques (marée de quinzaine et marée mensuelle) n’auraient, elles non plus, que les 2/5 de leur amplitude théorique, calculée pour une terre indéformable.
- Enfin les pôles terrestres subissent une petite oscillation de quelques mètres d’amplitude, qui fait varier d’autant les latitudes de tous les points du globe. Sur une terre absolument rigide, la période de ce mouvement serait de 505 jours; le globe étant élastique, elle atteint 456 jours en moyenne. Comme j’ai pu le montrer1, cet allongement de période suppose, lui aussi, pour l’amplitude des marées
- Fig. 6. — Moyen mouvement journalier apparent de la pointe d'un penduleà Potsdam, sous l’influence .de la Lune. --- mouvement observé, --------moyen mouvement, semi-
- diurne -------- mouvement théorique
- semi-diurne, calculé dans l’hypothèse d’une absolue rigidité de la Terre.
- océaniques, une réduction égale aux 0,70 de leur grandeur théorique.
- On peut dès lors considérer le coefficient 2/5 comme très proche de la vérité. Cela suppose, pour la Terre, une rigidité plus forte que celle du cuivre et égale aux 5/6 de celle de l’acier.
- 1 Les marées de l’écorce terrestre. (G. R. de l’Acad. des Sc., 9 août 1909, 23 août 1909.)
- Fig. 5. — Moyen mouvement journalier appa-
- rent de la pointe d’un pendule à Potsdam, sous l’action du Soleil.
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- LE GYROPTÈRE DAVIDSON
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- ( Dans ccs conditions, les marées de l’écorce auraient une amplitude égale à celle des marées de l’Océan. Leur grandeur atteindrait, à l’équateur, 0,5-4 m. du fait de la Lune et 0,15 m. du lait du Soleil, soit au total environ 0,50 m. lors des pleines
- lunes équinoxiales et 0,20 m. au moment des quartiers. À la latitude de Bordeaux, ces amplitudes seraient réduites de moitié. Aux pôles elles seraient
- nu^es- Ch. Lallemand,
- Membre ilu bureau des Longitudes.
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- LE GYROPTÈRE DAVIDSON
- Cet appareil est le Bruit de longues années d’études et d’expériences. Les idées de l’inventeur, qui lui sont bien personnelles, s’appuient sur une théorie (jue le schéma représenté par notre première ligure fera aisément comprendre.
- Imaginons un corps quelconque B immobile dans l’espace. 11 est susceptible de subir une poussée de bas en haut. Comme il a un poids déterminé, un kg par exemple, et qu’il est situé à une hauteur égale-
- C’est en s’appuyant sur ces considérations que Davidson a construit un appareil qui se rapproche de le l'orme de l’oiseau autant que possible, mais s’éloigne hardiment du planeur et de l’ornilhoptère en ce sens que les ailes sont animées d’un mouvement de giration. Elles tournent horizontalement sur des arbres verticaux, comme des hélices ordinaires. L’appareil est donc en réalité un hélicoptère et il s’élèvera lorsque la force ascensionnelle sera supé-
- Fig. i. — Le gyroplère Davidson; la partie avant de Vappareil a été enlevée.
- ment connue (un mètre) au-dessus du sol, il sera soumis à une attraction constante et verticale vers le sol égale à 1. Si, par contre, on soumet ce corps à une poussée verticale vers C de valeur égale à celle qui le sollicite vers le sol, il restera dans la position qu’il occupe. Il tombera ou s’élèvera, au contraire si l’une des deux forces devient, pour une raison quelconque supérieure à l’autre. Mais la force ascensionnelle qui s’exerce de À en B peut très bien n’être pas verticale, se diriger vers D, par exemple. Que 'devient le corps B dans ce cas? il se dirigera vers E, c’est-à-dire vers une direction représentée par la bissectrice de l’angle ABD constitué par les deux forces qui le sollicitent et dont cette bissectrice sera la résultante. Il peut se produire encore ce fait que la force ascensionnelle sollicitant B vers D soit supérieure à l’unité, dans ce cas le corps B prendra la direction BF, se rapprochant ainsi de l’horizontale. Il atteindra cette direction horizontale et il s’élèvera même au-dessus si cette force ascensionnelle considérée augmente d’une quantité sulïisanle.
- rieure à la pesanteur. L’ensemble mesure 22 m. d’envergure et 20 m. de longueur totale. Le corps de l’appareil a 10 m. de longueur, 2,50 m. de largeur et 4,25 m. de hauteur. 11 est fait de tubes d’acier et de tiges de bois solidement reliés les uns aux autres. Une armature laite de quatre gros tubes traverse la partie supérieure du corps en faisant un angle droit avec l’axe longitudinal et aboutit de part et d’autre à chacun des arhres commandant les ailes, ils se réunissent deux à deux aux extrémités pour former les paliers de ces arhres. Enfin ceux-ci peuvent subir un déplacement dans le sens de l’axe de la machine afin de permettre de donner aux ailes, pendant leur rotation, une inclinaison variable. On obtient ce résultat à l’aide d’un secteur denté sur lequel s’engrène un pignon terminant l’arbre; le secteur est déplacé à l’aide d’un volant qui communique ainsi aux ailes un angle très faible mais suffisant pour modifier la direction de la poussée, de sorte que la résultante de la poussée communique à la machine un mouvement oblique et même horizontal vers l’avant.
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- LA GRANDE SEMAINE D’AVIATION
- Les ailes sont constituées par une série de lames de bois dirigées du centre à la périphérie consolidées par une armature spéciale. Elles ressemblent, chacune, à un énorme parapluie onvert lait de côtes de bois chevauchant les uns sur les autres à peu près dans les mêmes conditions que les rémiges des ailes des oiseaux. Chaque aile comprend 110 lames inclinées de 12 à 15 degrés; leur sommet est à 7 m. au-dessus du sol, la machine étant au repos ; elles mesurent chacune 7 m. de diamètre et leur distance d’axe en axe est de lo m.
- L’avant de l’appareil rappelle par la disposition adoptée la forme de la tête d’un oiseau pourvue d’une sorte de bec fendant l’atmosphère avec le moins de résistance possible : celte tête est mobile dans le sens horizontal. La queue ressemble à celle d’une hirondelle; elle est faite de trois parties : la partie centrale est lixée par des charnières sur le corps de la machine ; elle supporte dans les mêmes conditions les deux parties arrière. Cette queue a donc été étudiée pour donner une certaine souplesse aux mouvements verticaux qu’elle est appelée à exécuter pour permettre à l’appareil de monter et de descendre. En volant placé devant le pilote elfectue cette commande. La queue est également destinée à assurer partiellemen t l’équilibre latéral de la machine : mais il importe de remarquer que la stabilité du système est surtout obtenue par l’action gyroscopique des ailes en mouvement.
- Deux moteurs à vapeur dehOchev. chacun apportent la force motrice nécessaire; ils comportent un dispositif spécial de réglage automatique agissant sur les soupapes d’aspiration et ont été installés aussi bas que possible pour faire descendre le centre de gravité de l'ensemble. La transmission s’effectue par un engrenage hélicoïdal ;
- Fig. 2. — Diagramme théorique du gyroptère.
- l’auteur songe à remplacer ce système — qui ne nous paraît pas excellent, en effet — par une courroie. Les ailes tournent à raison de 60 à 100 tours par minute; la vitesse périphérique obtenue permet d’admettre que la surface d’appui sur l’air sera suffisante, en tenan t compte d’une perte considérable de rendement, pour obtenir l’ascension de la machine qui pèse 1000 kg.
- Les premières expériences, destinées à essayer la force ascensionnelle des ailes, eurent lieu avec un moteur de 10 chev. ; l’un des côtés de la machine avait été soulevé et maintenu en l’air dans le hangar alors que toute la puissance du moteur s’exerçait sur l’autre aile qui faisait 55 tours par minute. L’aile agissait simplement sur l’air eonliné dans le hangar et cependant la machine s’éleva verticalement, pendant quelques secondes seulement, il est vrai, parce que la pression ne pouvait être tenue constante. Ces expériences se terminèrent par l’explosion de la chaudière qui entraîna la démolition dn corps principal de l’appareil.
- Une seconde machine aérienne semblable serait en construction à Londres, les expériences précédentes ayant paru suffisantes à des capitalistes anglais pour tenter l’aventure.
- Signalons encore le système de hangar imaginé par l’inventeur pour abriter son appareil. Ce hangar est fait de deux parties capables de se déplacer latéralement, en s’éloignant l’une de l’autre, sur une voie ferrée. Avec ce dispositif il n’est plus nécessaire de sortir la machine de son abri ; on se contente d’éloigner les deux moitiés du hangar et l’appareil se trouve à l’air libre. C’est là une nouveauté ingénieuse qui pourrait fort bien être reprise avec certaines modifications pour la construction des hangars de ballons dirigeables. Lucien Fournier.
- LA GRANDE SEMAINE D’AVIATION1
- La Grande Semaine d’aviation a été certainement la plus poignante des épreuves sportives qui aient jamais existé. Elle a montré que l’aviation est devenue possible, que la navigation aérienne par le plus lourd que l’air est un l'ait accompli. Malgré les prouesses antérieures, beaucoup de doute subsistait encore dans les esprits : c’est un sport, disaient les moins prévenus, de là à la pratique il y a loin. Aujourd’hui chacun s’accorde à reconnaître que la voie aérienne est ouverte à la disposition des promeneurs dès aujourd’hui, des voyageurs demain, peut-être ensuite des transports. Il n’est pas possible de prévoir un arrêt dans le développement de l’aviation.
- 1 Nous avons résumé dans notre précédent numéro l’iiislo-rique des journées de Champagne, et donné la liste des prix : après les faits, nous croyons bon d’exposer ici quelques enseignements qui se dégagent de l’admirable série d’épreuves : d’où cet article. La Rédaction.
- Monoplan ou biplan? Naguère nous écrivions : la vitesse appartient au monoplan, la sécurité au biplan. Sans abandonner quoique ce soit de notre idée première nous sommes forcés de convenir que certains biplans sont capables de rivaliser avec les monoplans sous le rapport de la vitesse, comme certains monoplans rendent des points aux biplans en fait de sécurité. Exemple : Lalham laissant ses volants pour rouler une cigarette. Gurtiss (biplan), qui avait remplacé son grand réservoir d’essence par un autre plus petit pour diminuer la résistance de l’air, a battu Blériot (monoplan) bien qu’en réalité ce dernier lut plus rapide puisque, en dehors du prix de la vitesse, il a ravi le record sur 10 km à Curliss en volant à raison de 78 km 955 à l’heure, ce résultat ayant été obtenu en diminuant constamment la surface des ailes. Les monoplans sont de vrais oiseaux artificiels, tandis que les autres demeurent des machines volantes.
- On a vu que, dès maintenant, l’Amérique possède
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- LA GRANDE SEMAINE D AVIATION ,----r-rrrrr---239
- tleux systèmes de biplans : Wright et Curtiss; nous donnons en Informations une description sommaire du second. L’un et l’autre sont très stables latéralement, mais l’absence de queue oblige le pilote à une attention soutenue. Le biplan français (Voisin) étant automatiquement stable par la disposition de ses organes, laisse quelque latitude au pilote. Le gauchissement s’est montré supérieur au système à ailerons. Lefebvre s’est, en effet, livré à des exercices acrobatiques avec son Wright, ainsi
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- mais dans des flots qui résistaient et sur lesquels elle mordait mieux. »
- Et les moteurs'/ Du moteur dépend l’avenir de l’aviation. On avait reproché au moteur Antoinette son peu de vitalité. Lalliam a démontré le contraire. Le moteur rotatif Gnome a prouvé que cette déjà vieille solution demandait seulement à être mise au point pour être excellente. Moteur extra-léger? A quoi bon! La question « poids » n’intervient presque plus en aviation, les appa-
- 561 km. en 8 ii. 4L 39'*
- 297 km. en 5 h. 4L 4L'
- 238 km. en 3 h. 55’ 44"
- 23o km. en 3 h. 4-2’ 9"
- 209 km. en 3 h. 34' 12"
- >7> km. en 0 h. 45’ 36''
- 170 km. en 2 li. 23' 29"
- 110 km. en h. 36' i5"
- 80 km. en h. 8' 29"
- 70 km. Cil I h. 17' 33"
- Graphique el total des distances officiellement parcourues par les aviateurs avec la somme des temps pendant la semaine d'aviation.
- que Lalliam précédemment, et on a observé que les appareils Wright prenaient leurs virages plus courts que les autres autour des pylônes.
- Comment volent ces appareils? Quels qu’ils soient, ils demeurent soumis aux caprices du vent. Celui-ci est toujours irrégulier près du sol à cause de la présence d’obstacles.
- Dans son vol de 116 km, de Lambert passant à 5 ou 4 m. au-dessus d’un petit ballon de 2,50 m. de diamètre vil son appareil piquer brusquement du nez et accuser une dénivellation de 2 m. Tous les appareils tanguent et roulent sous l’action des remous atmosphériques qui se
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- Graphique des résultats du
- Grand Prix de Champagne.
- font sentir, même à de grandes hauteurs. Lalliam a déclaré avoir joué aux montagnes russes entre 80 et 150m. de hauteur. Curtiss, pris par d’innombrables petits remous aériens qu’il attribue à l’action du soleil sur le sol, se sentit cahoté sur ce clapotis comme s’il avait roulé en automobile à 40 km à l’heure sur une mauvaise route. « Par moments même, dit-il, j’étais soulevé de mon siège, mais le plus curieux est que ma vitesse fut sensiblement augmentée; de ce fait mon hélice ne tournait plus dans de l’air déjà chassé, de l’air trop lluide et sans consistance,
- reils étant capables d’enlever un passager, parfois deux, avec le même moteur, el sans perdre sensiblement de leur vitesse. Donc il faut à l’aviation des moteurs d’une régularité parfaite et c’est tout. Refroidissement par circulation d’eau ou par l’air? Qu’importe s’il est assuré. Impossible de discuter sur les puissances motrices mises en œuvre dans les divers appareils. Wright accuse 25 chevaux, Levavasseur 50 ; il y a exagération en sens opposé. Avec un moteur faisant 55 chevaux au frein tout aéroplane actuel peut marcher.
- A la condition expresse qu’il soit monté par un excellent pilote. Les prouesses ont été accomplies par les aviateurs exercés. L’est toujours ainsi. Mettez un sauvage sur une bicyclette... disait Ferbcr, et il avait raison. Le pilote doit avant tout posséder son sang-froid et se livrer à un entraînement très sévère. Exemple : les frères Wright,
- LATHAM... — m. 1T)
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- ROUGIER... — 55 m.
- Graphique des résultats du prix de la hauteur.
- dont les appareils ont été loin de donner leur maximum aussi bien au point de vue de la vitesse que de la hauteur. Cependant Tissandier et de Lambert ont exécuté de fort beaux vols ; mais si Wilbur avait été présent, il est probable que nous eussions enregistré d’autres prouesses.
- L’industrie du plus lourd que l’air est née en France où elle a déjà pris une importance intéressante. Il faut qu’elle progresse, qu’aucune nation ne puisse rivaliser avec nous. Pour cela travaillons sans perdre haleine, en suivant l’exemple que Blériot, Voisin, nous ont donné. La chance est momentanée, la malchance aussi : par un travail opiniâtre et intelligent on lasse le destin. L. F.
- 180 km.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 septembre 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- Les marées des surfaces de niveau du globe terrestre. — M. Charles Lallemand, ingénieur en chef des mines, directeur du nivellement général de la France, dépose un mémoire sur les marées des surfaces de niveau du globe terrestre. La déviation des verticales, sous l’action de la Lune, engendre une déformation correspondante des surfaces de niveau qui leur sont perpendiculaires. Celles-ci s’allongent, à la fois, dans la direction de l’astre et dans la direction opposée; ce double renflement suit l’astre dans ses mouvements autour de la Terre. Le Soleil produit un etîét analogue, mais environ moitié moindre. Supposant la Terre douée d’une rigidité absolue et reprenant la Théorie de Newton, M. Ch. Lallemand a calculé l’importance de ces déformations et la grandeur des marées qui en résultent pour la surface fondamentale de niveau. Du fait de la Lune, cette surface communément appelée le géo'ide, présenterait d’abord une marée semi-diurne, nulle aux pôles et maxima à l’équateur, où son amplitude atteindrait, en moyenne, 0,50 m. ; puis une marée semi-mensuelle, une marée mensuelle et une marée de 18 ans 8 mois, toutes trois milles à la latitude de 55° 14', et maxima aux pôles, où leur amplitude moyenne serait de 8 cm, pour la première, et de -4 cm, pour les deux autres. A l’équateur, ces marées présenteraient un second maximum, mais deux fois moindre. De même, le Soleil produirait une onde semi-diurne, une onde semi-annuelle et une onde annuelle, s’annulant toutes trois et atteignant leur maxima pour les mêmes latitudes que les ondes lunaires correspondantes. Ces maxima seraient respectivement de 25 cm, 4 cm et l! mm aux pôles et de moitié moins à l’équateur. L’élasticité du globe aurait pour effet d’augmenter d’un tiers ces maxima : les amplitudes ainsi accrues se répartiraient ensuite, par moitié, entre les marées proprement dites de l’écorce elles marées océaniques supposées affranchies de l’influence de l’inertie et de la viscosité des eaux.
- Les ignames de Madagascar. — M. G. Bonnier présente une Note de MM. Henri Jumel et Perrier de la Ba-tliie décrivant pour la première fois plusieurs espèces d’ignames sauvages de Madagascar. Ils citent notamment le diascorea Macibct dont le tubercule comestible entre dans l’alimentation des Sakalaves. Ce tubercule peut avoir 4 m. de longueur et peser 12 kg; les indigènes le mangent cuit. D’autres espèces que les auteurs nomment dioscorea Soso, Bemandry, Macahiba, Anlaly ont aussi des tubercules. Chaque pied peut porter 80 kg de ces tubercules. Ceux-ci ne sont comestibles qu’après avoir élé pelés, découpés en tranches, séchés au soleil, mis dans l’eau courante pendant une semaine et redes-scchés ensuite. Ils constituent alors un bon légume dont le goût rappelle à la fois celui de la châtaigne et de la pomme de terre.
- La propagation du typhus exanthématique. — M. Metchnikoff expose les résultats des recherches effectuées par MM. Nicolle, Comte et Conseil, relativement au mode de propagation du typhus exanthématique. Si l’on n’a pu isoler le microbe de cette maladie, on sait du moins que ce microbe se tient dans le sang de l’animal. Dès lors, il était possible que la propagation dont on n’a
- aucune idée encore se lit par les insectes. Le nord de l’Afrique et la Russie sont les pays où le typhus exanthématique sévit le plus gravement et où également 011 observe le plus de vermine sur certains habitants de la région. L’hypothèse acquerrait donc de celle coïncidence un caractère de probabilité. MM. Nicolle, Comte et Conseil, pour la vérifier, ont recherché si des puces et des punaises (pii avaient sucé le sang d’un typhique, étaient capables de transmettre la maladie au singe macacus sinicus. Le résultat a été négatif. Au contraire, il a été absolument positif avec le pou de corps, pediculus vesii-menti, si répandu parmi les indigènes de la Tunisie et parmi les Russes des classes pauvres. Le pediculus capilis ou pou des cheveux 11’a pu être expérimenté. Les auteurs ont alors recherché quel pouvait être le moyen de se garer des pous de corps. Ayant remarqué que cet insecte est doué d’un odorat d’une sensibilité extrême, ils conseillent de porter sur le corps un petit sachet de soufre en poudre. Au contact du corps, il se forme de l’acide sulfureux en quantité minime, mais l’odeur imperceptible de cet acide sulfureux suffit pour éloigner les poux de corps. M. le président observe que les expériences de MM. Nicolle, Comte et Conseil, ne démontrent pas qu’il n’y ait point d’autre mode de propagation du typhus exanthématique, il fait connaître à ce sujet que lors d’une épidémie de typhus à Lille où la propreté des habitants est notoire, des cas de typhus ont été constatés chez des individus qui n’avaient à aucun moment élé en contact avec des typhiques. Mais en revanche, il a observé que les malades sont atteints très fréquemment de congestions pulmonaires intenses et expectorent des crachats sanguinolents. Les individus rebelles à l’éducation, tels que les chemineaux, crachent par terre. 11 résulte de là que le sang infecté peut être transporté à l’intérieur d’habitations, quelquefois distantes, par les chaussures. Or, il ne faut pas perdre de vue que le microbe vit dans le sang. Dès lors la contamination peut se faire autrement que par les pous de corps.
- Décès. — M. le Président annonce la mort de M. Bouveault, professeur adjoint de chimie organique à la Faculté des sciences de Paris, décédé à l’àge de 45 ans des suites d’une opération. M. Bouveault est l’auteur d’importants mémoires présentés à l’Académie.
- Géologie de l’Afrique. — M. Depéret adresse une Note de M. Martin Allemand sur la structure géologique du Cap Bon en Tunisie.
- Effets des séismes sur la forme de la Terre.—M. Dar-boux, qui, avec MM. Angot et Lebeuf, vient de représenter la France au Congrès international de sismologie à Zermatl, soumet à l’Académie le vœu du Congrès que les lignes de nivellement de précision et les triangulations s’étendant sur la partie de la Provence, récemment ébranlée par un tremblement de terre, soient l’objet de nouvelles mesures, afin que l’on puisse reconnaître si le cataclysme a déterminé une déformation de la surface terrestre dans la région. L’Académie lui confie le soin de demander au ministre de l’Instruction publique d’intervenir auprès de son collègue de la guerre pour que les officiers du service géographique de l’armée soient invités à procéder à ce travail. C11. de Villedeuil.
- Le Gerant : P. Masson, — Imprimerie Laiiuke, rue de Fleurus, 9, à Taris.
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- LA NATURE. - N° 1895.
- 18 SEPTEMBRE 1909.
- LES FERRY-BOATS DE LA MANCHE
- Il est à penser que l’opinion publique anglaise reviendra un jour ou l’autre sur le sentiment, qui l’a l'ait se prononcer violemment en 1907 encore, contre l’adoption du projet de tunnels reliant les cotes Anglaises et Françaises sous la Manche.
- 11 semblait que l’existence de ce souterrain devait détruire le caractère insulaire de l'Angleterre, et, la pensée que sa patrie n’est plus une île est, paraît-il, insupportable à tout bon Anglais ! On s’est rejeté pour faire échouer le projet suides considérations d’ordre militaire, mais si évidemment indéfendables que force est bien de mettre ce refus au compte d’un mouvement sentimental.
- Et cependant les meilleures raisons existent pour que soit enlin jeté à travers la Manche un moyen de communication direct qui évite à l’énorme trafic et aux innombrables voyageurs1 franchissant le Channel, les charges ou les désagréments de deux transbordements de chemins de fer à bateau et inversement.
- Les solutions d’un pont ou d’un tunnel étant pour le moment écartées il reste le procédé des ferry-boats, très apte à donner une solution suffisamment exacte du problème.
- ÊâtSIBlSi
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- Le nouveau ferry-boat de la Baltique qui servira de modèle aux ferry-boa Is projetés pour la Manche.
- En haut : vue de l’arrière. — Au milieu : vue d’ensemble. — En bas : la rampe d’accès amenant un train au ferry-boat.
- Cette question très intéressante a été étudiée tout à fait à fond, par M. Legrand, ingénieur, ancien officier de marine qui a fait à ce sujet une communication très remarquée à la Société des Ingénieurs Civils de France. C’est à lui que j’emprunte la majeure partie des renseignements qui suivent.
- Les personnes qui n’ont jamais vu de ferry-boats, ont peine à se figurer qu’un bateau puisse transporter en toute sécurité des trains de chemins de fer. Or, un train de marchandise pesant 900 tonneaux est à peu près un maximum et 900 tonneaux sont une charge médiocre pour un Cargo-boat.
- La grave affaire n’est donc pas le poids des wagons, mais bien la place qu’ils tiennent. On est obligé de les laisser sur le pont du navire où ils reposent sur des rails qui prolongent les voies ferrées terrestres.
- Ce moyen de communications à travers les détroits a d’ailleurs fait depuis longtemps ses preuves. Les îles danoises sont reliées
- 1 En 1907, 354 000 passagers ont passé de France en Angleterre ou inversement par la voie de Calais, 509 000 par Boulogne, 219 000 par Dieppe.
- 37e année. —
- 2° semestre.
- 16. — 241
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- LES FERRY-BOATS DE LA MANCHE
- 242
- au continent par des ferry-boats, d’autres transportent les trains à travers le détroit de Messine, d’autres encore en Hollande traversent le Zuidcrzée, et la circulation des trains se fait couramment par leur moyen sur les grands lacs de l'Amérique du Nord.
- Jusqu’à présent ces exemples n’avaient pas suffi à rassurer certains esprits qui craignaient les eaux souvent agitées de la Manche et pensaient que de simples bacs à vapeur n’abriteraient pas les trains contre les coups de mer.
- Ces objections disparaissent devant les lerry-boals qui circulent actuellement entre Cjcdser et War-nemünde1 * 3 et permettent aux voyageurs comme aux marchandises d’aller directement et sans transbordement de Berlin à Copenhague. Le trajet maritime est de 42 km supérieur par conséquent à la distance Calais-Douvres.
- Enlin, par suite d’un accord récent, les gouvernements Suédois et Prussien ont décidé de relier leurs chemins de fer par ferry-boats à travers la Baltique. Les points d’atterrissage seront respectivement Sass-nitz et Trelleborg. C’est à peu près la distance de Dieppe à Newhaven ou d’Ostende à Douvres-.
- Le premier ferry-boat, destiné à cette dernière ligne, navigue actuellement. C’est lui que reproduit notre gravure. On voit, au premier coup d’œil, que ce ne sont plus là de simples chalands, mais bien de véritables navires de mer offrant tout l’aspect de paquebots.
- Les trains sont enfermés dans les lianes du navire et enveloppés de tous cotés par la carapace d’acier qui les soustrait absolument aux entreprises de la mer.
- Par ailleurs ces bâtiments sont construits de façon à assurer une stabilité que la présence de gros poids à un niveau assez élevé paraîtrait pouvoir compromettre; de plus l’assiette, qui résulte des formes spéciales, assure à l’ensemble une certaine indifférence aux mouvements de roulis et de tangage.
- 11 semble donc bien que le problème est résolu jusque dans ses moindres détails et que le moment est venu de jeter sur la Manche ces ponts mobiles par l’usage desquels les relations commerciales et autres entre l’Angleterre, la France et le Continent tout entier seront si grandement facilitées.
- Une Société Anglaise, constituée en vertu d’un bill du Parlement, s’est consacrée à la réalisation de ce projet et, tout récemment, le Secrétaire pour le commerce, M. Winston Churchill, a déclaré officiellement que le gouvernement s’intéressait à sa réussite et s’entremettrait pour la solution des pourparlers engagés.
- Les Chambres de commerce anglaises et françaises
- 1 La ligne Gjedser-Warnemünde a transporté en 1907,
- 99 700 voyageurs et 105 000 tonneaux de marchandises, avec une moyenne de 88 wagons par jour.
- 3 Un lerry-hoat va circuler également entre Key West (Floride) et la Havane. La distance est de 90 milles marins ou environ 170 km.
- de Paris et de Londres ont témoigné l’intérêt qu’elles prenaient au projet en se faisant représenter lors des démarches officielles qui ont amené cette décbtr ration de M. Winston Churchill.
- 11 est donc permis de croire que l’alfaire ne lardera pas à entrer dans la période active.
- Nous allons maintenant serrer la question de plus près et procéder avec M. Legrand à l’examen des solutions techniques des divers problèmes qui se présentent. Je n’insisLerai pas sur les difficultés provenant des différences entre le matériel des chemins des fer anglais et continentaux. Fort heureusement l’écartement des rails est le. môme, et de ce fait disparait la seule impossibilité matérielle qui put s’élever. Un n’aurait pu demander, eu effet, aux compagnies Anglaises de procéder à une refonte complète de leur voies et matériel de traction.
- Pour les wagons et les voies, il y aurait quelques modifications à apporter des deux cotés, en raison soit de différences dans les attelages et dans les gabarits, soit encore dans la disposition des quais.
- Mais ce sont là des questions secondaires sur lesquelles on peut s’entendre et «jui sortent d’ailleurs du point de vue maritime qui nous intéresse particulièrement.
- Le types des ferry-boats à adopter serait celui du service danois. Leur dimensions seraient réglées par celles du port de Calais1, faute de pouvoir utiliser Boulogne trop encombré et où on ne trouvait pas à loger les installations assez compliquées de réception des lerry-boats.
- Douvres, point d’atterrissage sur la côte Anglaise, s'impose tout naturellement. Son port reçoit des transatlantiques et présente toutes les facilités désirables. De plus le trajet Calais-Douvres est le plus court : c’est donc celui que conseillent les raisons d’économie et aussi de confortable. Folkestone, où débarquent en énorme quantité les fruits du continent, et où aboutit le trafic des Cargo-boals des compagnies de chemin de fer pourrait également retenir l’attention.
- Une difficulté sérieuse provient de la nécessité de faire passer les trains de la terre ferme au pont du lèrry-hoat à toute heure de la marée. Or, les marées sont fortes en Manche. Alors que les voies ferrées sur le terre-plein du quai de Calais sont à 8 m. 50 au-dessus du 0 des cartes marines, les voies du lerry-hoat seront aux marées maxima tantôt à 5 m. 90, tantôt à 11 m. 52 au-dessus de ce même zéro. 11 faut donc pouvoir racheter une différence de niveau de 4 m. 60 dans un cas, de o m. 02 dans l’autre.
- Les ingénieurs qui ont déjà étudié les projets du ferry-boat de la Manche avaient préconisé diverses solutions. Sir John Fowler proposait d’élever ou d’abaisser les wagons au moyen d’ascenseurs. Dupuy de Lomé en 1871 voulait créer un port spé-
- 1 Le tonnage des i'erry-boats serait d’environ 5000 tonnes. Deux machines aUernalives leur donneraient une vitesse de 17 nœuds.
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- CHRONIQUE r.. -.
- cial avec 5 postes d'accostage à des niveaux différents, chacun d’eux étant pourvu d’une courte passerelle mobile.
- Les installations du l'erry-boat existantes que j’ai citées au début de cet article et qui ont l’avantage de ibnetionner en des parages où l’amplitude de la marée est très petite s’accommodent très bien d’une passerelle unique de longueur sufiisante pour racheter la laible différence de niveau. C’est à la solution de Dupuy de Lomé que s’arrête M. Legrand. Seulement il remplace les f> rampes établies à des niveaux différents par une rampes unique à inclinaisons variables, et réglables, calées pour le passage des trains suivant la hauteur de la mer à cet instant. Une secondes passerelle, très courte, est mobile à l'extrémité de la première se rabat sur le pont du l'erry-boat.
- Cette idée appartient à M. llavier, ancien ingénieur de la marine, qui découvrit postérieurement qu’une passerelle semblable, de 100m. de longueur, à inclinaison réglable existait à la Nouvelle-Orléans pour le service du l’erry-boat qui traverse leMississipi. lies variations du niveau atteignent en ce point 7 m., soit exactement celles auxquelles il faut l'aire face à Calais.
- Un système, ingénieux de grandes vis verticales soutiennent la passerelle par l’intermédiaire de poutres transversales. Un moteur actionne ces vis qui abaissent ou élèvent à volonté l’extrémité de ce pont mobile.
- Ce système fonctionne parfaitement et constitue un excellent précédent. La longueur de la passerelle à installer à Calais serait déterminée de façon à
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- ramener, à la pente normale des voies ferrées, la différence de niveau entre le quai et le pont du ferry.
- 11 faut prévoir encore une organisation qui permette aux ferry-boats de venir se placer sans tâtonnements dans le prolongement de la voie ferrée terrestre. 11 existe pour cela plusieurs moyens. Celui qui paraît le plus pratique consiste à engager le navire à son entrée dans le port entre deux esta-cades eu l'orme de Y au fond desquelles il viendra se coincer. Les estacades se composeront d’un pont de charpente pouvant lléchir sous la pression du bateau en s’appuyant sur un mur ou une estrade lixe. Entre les deux on placera une série de tampons de wagons qui i‘enverront doucement le bateau dans l’axe exact du poste d’accostage1.
- Le bateau rendu à son poste, on abaissera la petite passerelle tenue soulevée jusqu’à ce moment sous un portique. Elle oscillera autour de l’extrémité de la grande passerelle, qui elle aura été amenée à la hauteur voulue en raison de l’amplitude de la marée. On réglera le repérage des rails de la passerelle avec ceux du ferry et on débarquera ou embarquera le ou les trains au moyen de locomoteurs spéciaux.
- En résumé il parait évident que les différentes questions techniques se rattachant à l’établissement d’un service de ferry-boats sur le Pas de Calais ont été suffisamment étudiées pour qu’on puisse avoir confiance dans la réalisation prochaine du projet. Ce serait, en attendant le tunnel, une amélioration très notable des moyens de communication actuels.
- Sauvaike JotlllJAX,
- Oapilainc de frégate de réserve.
- CHRONIQUE
- Disparition de lacs en Suisse. — La question du dessèchement de la terre est, on le sait, très controversée. Tandis que les uns croient à une progression régulière et inquiétante de ce phénomène, d’autres ne voient dans les manifestations invoquées pour le démontrer que des fluctuations passagères ou périodiques. Dans l’Asie centrale, notamment, les géographes ne peuvent se mettre d’accord sur les causes réelles de la formation récente de certains de ces déserts et pour la disparition et l’ensablement de nombreuses cités jadis prospères.
- En Europe on cherche à accumuler les preuves d’un processus analogue. M. YValser, de Zurich, aurait apporté récemment un nouvel argument favorable à cette thèse, en établissant que le canton de Zurich comptait 149 lacs il y a 250 ans et n’en possède plus que 70, dont la moitié en voie de réduction. Il en serait de même en Allemagne et en Uussie. Mais on objecte que le niveau des mers ne semble pas s’abaisser !
- Les mélanges d’air et d’acétylène. — Eilner reconnut que le mélange air-acétylène est explosif lorsqu’il contient au minimum 2,9 pour 100 d’acétylène et 04 pour 100 au maximum. Ces expériences furent faites sur des quantités très faibles. La Bosniche Eleklrizitaets Altiengesellschaft de Lechbruck, en Bavière, vient d’étu-
- dier de nouveau la question en 'effectuant une série d’expériences relatées dans le Zeitschrift des Baijerischen Révisions Verein. Une première série eut lieu dans une cabane de 11 m3 de capacité, construite en briques. Les vitres des fenêtres furent recouvertes de planches et on libéra la porte de sa serrure pour lui permettre de battre librement. L’inflammation était produite par un fil de fer rendu incandescent par le passage du courant électrique, qui allumait de la ouate imbibée de benzine.
- Après avoir fait varier la teneur de 1 à 5 pour 100, on n’obtint que deux explosions : la première avec 1,5 d’acétylène produite vraisemblablement parce que le tube d’arrivée du gaz était trop près de l’allumoir; la seconde survint lorsque la teneur atteignit 5 pour 100.
- Dans une série d’autres expériences les murs du local présentaient une certaine perméabilité facilitant un échange entre l’atmosphère intérieure et l’atmosphère extérieure. Plusieurs couches de peinture furent appliquées sur les parois de la cabane alin de régulariser ces échanges. La teneur de l’atmosphère était déterminée par le poids du carbure décomposé, et, de plus, on pré-
- 1 Un système analogue fonctionne parfaitement depuis de longues années à New-York pour l’accostage des ferry-boats qui traversent constamment l’Hudson.
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- leva un échantillon du mélange et on l’analysa avant de produire les explosions. Enfin, dans le Lut de se rendre compte delà propagation de l’explosion, vingt-cinq boules de coton avaient été suspendues au plafond et régulièrement espacées. La force des explosions était mesurée par comparaison avec l’ouverture de la porte à laquelle on avait placé un contrepoids. Vingt-deux essais eurent lieu.
- Douze essais, comportant des teneurs d’acétylène de 1,8 à ‘2,5 pour 100 ne donnèrent lieu à aucune explosion ; on constata seulement une légère poussée du gaz. A 2,5 pour 100 une légère explosion se produisit avec
- formation d’un nuage bleuâtre dans le local. Les neuf autres essais, avec teneur de 2,5 à 2,7 pour 100 produisirent une forte explosion avec flammes, les témoins de coton furent tous grillés et la porte battit violemment. La teneur de 2,0 pour 100 donna une explosion plus violente que les autres ; la porte battit violemment et se referma brusquement, nécessitant un effort pour la rouvrir.
- 11 résulte de ces essais (pie la limite inférieure d’explo-sibilité d’un mélange d’air et d’acétylène est comprise entre 2,5 et 2,0 pour 100 d’acétylène.
- L’AUTOMATISME DANS LES BALANCES DE PRECISION
- La balance joue, on le sait, un rôle essentiel dans tout laboratoire de chimie. Or la chimie, surtout dans ses applications, évolue fort rapidement : la balance, son outil indispensable, évolue avec elle.
- Quoi qu’il puisse paraître à première vue, la balance de précision du modèle classique est relativement très simple. Si, en efï'et, elle se compose sou-
- Fig. i. — Balance hydrostatique à poids cavalier.
- vent d’un grand nombre de pièces, toutes ses parties une fois assemblées définitivement restent immobilisées; on n’utilise dans les manipulations que le dispositif mécanique du relevage des couteaux au-dessus de leurs plans. Un grand nombre de laboratoires modernes ayant tendance à s’industrialiser, soit que l’on s’y occupe de technologie, soit qu’on y emploie des moyens mécaniques perfectionnés, on fut amené à modifier les balances de précision pour en rendre la manœuvre plus rapide et plus commode. Les perfectionnements successivement réalisés ont permis de rendre presque automatiques toutes les opérations d’une pesée précise.
- La première tentative de perfectionnement relatif à la rapidité de l’emploi fut l’adjonction au fléau de la balance, d’une règle à cavaliers, (pii peut être constituée par l’arête supérieure du fléau lui-
- même. C’est une combinaison de la balance ordinaire et de la romaine : aux poids placés sur le plateau, on ajoute l’action de poids mobiles formés d’un fil métallique formant boucle C (fig. I) que l’on place en un point quelconque de la règle graduée pour établir l’équilibre (lig. 1). 11 suffit de lire la division de la réglette où est placé le « cavalier » pour déterminer faction qu’il exerce sur le fléau ; un poids spécial de 10 mgr par exemple, mobile sur une réglette divisée en 100 parties peut donner à volonté tous les poids compris en 0 et 10 mgr par dixièmes de mgr. Employé dans presque toutes les balances modernes, le cavalier permet de supprimer tous les petits poids si difficiles à manier et d’opérer beaucoup plus vite, four le manipuler plus commodément, on le prend, non avec des pinces ordinaires P (fig. 1), mais avec une tige coulisse à crochet, mue de l’extérieur de la cage par un bouton molleté B (lig. 2,); le cavalier, muni d’un anneau supérieur, est enfilé par la pointe excentrée de la tige T que l’on fait tourner sur elle-même pour le soulever; il suffit, après avoir fait glisser le tout jusqu’à l’endroit convenable, de reposer le poids par des mouvements inverses. Dans certaines nouvelles balances allemandes (fig. 5), le mouvement lui-même de la pince est rendu plus commode, a automatisé » en
- Fig. 2. — Dispositifs de pinces pour la manipulation des poids et des cavaliers.
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- L’AUTOMATISME DANS LES BALANCES DE PRÉCISION — 245
- quelque sorte par l’adjonction d’une seconde branche A qu’un ressort très léger B maintient ierniéc, mais qui, au moment où la rotation de la tige T l'ait arriver la pince près de la réglette R, s’ouvre sous l’action du butoir IJ, venant au con-
- \, 2, 5...\ 00 mgr en plaçant le coulisseau aux di-
- visions correspondantes de la règle. Le tout est très simple, indéréglable et s’adapte commodément à toutes les balances (tig. 5).
- tact de la paroi vitrée de la cage. Il suffit ensuite d’abandonner le tout; pour que les deux pinces se referment sur le cavalier et sous l’action de la masse M formant contrepoids, se relèvent pour laisser le fléau osciller librement. Le mouvement des cavaliers de
- Fig. 3. — Balance à chaîne de Serrin.
- Fig. 4. — Balance de Lunge.
- tous systèmes a un inconvénient : il ne peut être continu : il faut placer le poids par tâtonnements et approximations décroissantes. Aussi a-t-on été amené à imaginer une sorte de disposi tif analogue au mouvement vertical, mais continu; c’est la balance à chaîne de M. Serrin (fig. 3). Sur le côté du fléau où l’on veut placer les poids, et assez près du couteau central A, on fixe l’extrémité d’une chaînette à maillons métalliques bien réguliers. L’autre extrémité est reliée au crochet latéral d’un coulisseau B mobile sur une règle verticale graduée N et mû de l’extérieur par un bouton molle té P. Dans ces conditions, si le tout est taré de façon que la chaînette relevée le fléau soit horizontal et la chaînette abaissée — pesant alors de tout son poids sur le fléau — il y ait surcharge de 1 dgr. ; la règle étant divisée en 100 parties égales, il est possible de surcharger le fléau de
- Tous les systèmes précédents ne peuvent convenir que pour les poids très petits (au-dessous du déei-gramme), on imagina des moyens différents de manipuler automatiquement les poids plus lourds. L’un des plus simples, employé par M. Collot, consiste
- en un levier analogue à ceux des pinces à cavalier, mais convenablement modifié (fig. 2). Non seulement le levier peut coulisser, mais la coulisse guide est fixée à la paroi de la cage par l’intermédiaire d’une garniture à la cardan qui permet de la laire osciller dans tous les plans (fig. 2, G). La boîte de poids est naturellement fixée à l’intérieur de.la cage et près de l’un des plateaux. Non seulement il y a ainsi, comme dans les autres systèmes, une manipulation plus commode; mais on n’est pas obligé d’ouvrir et de refermer sans cesse la cage de la balance. On gagne ainsi du temps et on évite l’introduction de l’air extérieur, très
- Fig. 5. — Pince perfeclionnée pour la manœuvre des cavaliers.
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- = L’AUTOMATISME DANS LES BALANCES DE PRECISION
- gènanl pour la pesée de produits hygrométriques.
- Pour simplifier plus encore les opérations de la pesée — c’est, il est vrai, aux dépens de la simplicité de construction — on peut, au lieu de ranger les poids horizontalement, les placer sur un support spécial vertical,comme dans la balance du constructeur Lunge (lig. 4). Chaque poids est formé d’une sorte decvlindre C reposant sur une tige horizontale prolongée à l’extérieur de la cage T. En coulissant convenablement chaque tige, on peut poser le poids supporté sur des étriers ad hoc E fixés à la garniture qui remplace le plateau devenu inutile.
- Dans le système breveté par Nemelz, de Vienne, (lig. 6 et 7) non seulement les opérations sont automatiques, mais elles sont continues, et l’on n’a plus à manœuvrer qu’un seul bouton molleté par unité de poids employés.
- Jures des réglettes P, le poids cavalier qu’elle porte. La tige suivante, un peu plus courte, dépose en 12 le cavalier suivant... et ainsi de suite, jusqu’à ce que soient placés les dix poids. Un mouvement inverse permet de décharger de I, 2, o... unités, le plateau de la balance.
- Les poids supérieurs à 1 gr. peuvent être manipulés comme à l’ordinaire (lig. 6), mais dans les modèles perfectionnés de Nemetz (fig. 7) absolument tous les poids sont manœuvres automatiquement par la rotation de boutons molletés extérieurs (lig. 7, H). Pour cela les poids « lourds » ont la forme de disques évidés concentriques (lig. 8, P)
- Fig. 8. — Détail du levage des poids lourds dans la balance Nemelz.
- Fig. 7-
- Balance Nemelz à
- manœuvre automatique de
- tous les poids.
- Pour les fractions du gramme, les poids spéciaux employés ont une forme analogue à celle des « cavaliers )) et sont au nombre de dix semblables (10 de 0 gr. 1, 10 de 0 gr. 01). Chacun est placé à l’extrémité de supports reliés à angle droit aux branches (lig. 6, B) d’une étoile E à dix pointes. Cette étoile tourne sur son axe et est commandée par des pignons d’angle P reliés eux-mêmes au bouton M, mû de l’extérieur. Le tout est disposé de façon qu’en tournant, chaque support B vienne passer entre les deux réglettes P fixées à l’étrier du plateau 0. Or les dix tiges-supports des branches de l’étoile ont des longueurs décroissantes, de façon que la tige B, la plus grande passant d’abord laisse en 1 dans les créne-
- — Balance système Nemetz.
- qui à la position de repos sont maintenus par les tiges T (lig. 7) au-dessus d’un gradin (lig. 8, G) formé par le plateau. En manœuvrant les boutons extérieurs (lig. 7, B) on abaisse successivement chacune des tiges T et dépose 1, 2, o... poids-disques sur le plateau. La perfection n’est évidemment acquise qu’au prix d’une assez grande complexité mécanique; mais les balances de précision étant fixées à demeure et très soigneusement manipulées peuvent être sans inconvénient de construction délicate. Quant au prix plus élevé des appareils plus perfectionnés — une balance Nemelz coûte jusqu’à 2000 francs — il est vite amorti par le temps gagné, les pesées étant de deux à cinq fois plus rapides. Aussi l’emploi de balances à commande automatique des derniers poids s’est-il partout généralisé, et les derniers modèles à automaticité absolue tendent-ils à se répandre dans tous les laboratoires bien installés.
- A. C MAPI,ET.
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- L’AUTOTOMIE
- Il n’est pas nécessaire d’être naturaliste pour avoir observé la facilité avec laquelle certains animaux laissent au pouvoir de l’agresseur un fragment de leur corps, en vue de recouvrer la liberté, et tout le monde a constaté ce phénomène chez le. lézard, les araignées, les papillons, qui brisent spontanément, lorsqu’on les saisit par ces appendices, l’un sa queue, les autres leurs pattes on même leurs ailes.
- Cette curieuse particularité biologique est,généralement désignée, depuis Frédéricq qui a créé le mot et largement étudié la question1, par le terme d’autotomie (autolomy des Anglais, Selbslversliimmeluny des Allemands). Elle n’est pas limitée au très petit nombre, d’êtres chez lesquels il est possible de l’observer communément, mais elle se rencontre au contraire avec une grande fréquence, dans presque tous les ordres d’animaux. Certains faits' de la physiologie végétale, comme le marcottage naturel des plantes à stolons, la chute spontanée des feuilles, des graines mûres, peuvent même lui être rapportés.
- L’autotomie est toujours bien évidemment, réalisée pour le bénélicc individuel ou spécifique des types qui en sont doués; mais la modalité de ce bénéfice varie considéra-
- tanée de son manubrium, renfermant les produits génitaux. On sait depuis longtemps que divers polypes (les anémones de mer, par exemple), peuvent former sur leur corps des bourgeons qui se détachent et deviennent de nouveaux individus, h'hydra viridis pousse la faculté de. dissociation jusqu’à se diviser, sous l’influence d’une excitation convenable, en ses cellules élémentaires, dont chacune est apte à régénérer un polype indépendant.
- Les étoiles de mer autotomisées réparent aisément leurs pertes; il en est de même des holothuries, où l’on constate la division spontanée en tronçons reproducteurs. Certains Annélides polychètes sont si fragiles qu’on ne peut guère en obtenir des individus entiers ; ils déconcertent leur agresseur en se fractionnant en un nombre considérable de segments : singulier moyen de défense qui en dernière analyse a pour résultat de multiplier l’individu, car on a remarqué que dans ces espèces le pouvoir régénérateur est en raison directe de la fragilité. Chez certains types des genres Nais, Chaelogaster, la reproduction par autotomie est un phénomène normal, les nouveaux individus re complétant avant de se séparer les uns des autres et formant ainsi provisoirement des chaînes.
- Fig. i.— t. Point autotomique chez l'araignée (Tegenaria domestica): h, hanche; t, trochanter ; f, fémur; n, nerf; ef, muscle extenseur du fémur; le, lamelle chitineuse formant couperet.
- — 2. Point autotomique chez un crustacé [homard): i, coxopodile; 2, basipodite; 3, ischio-podile; 4, méropodite; 5, carpopodile; 6, propodile: 7, dactylopodite; ab, ligne de rupture.
- — 3. Point autotomique chez les phasmes (orthoptères); t, trachée; ab, articulation trochanléro-
- fémoralc. et ligne de rupture; m, membrane obturatrice.
- blement, et il faut bien se garder d’accepter a priori l’hypothèse trop simple qui se présente d’elle-même à l’esprit, et d’après laquelle la faculté do mutilation spontanée aurait toujours exclusivement pour but de permettre à des animaux de se libérer en abandonnant un membre à l’ennemi.
- Une étude attentive des faits montre au contraire que cotte théorie de « la part du feu » ne peut être mise hors de doute que dans un nombre de cas assez restreint. Dans une grande partie des espèces aptes à l’autotomie, le but de ce processus est tout autre, et il n’est même pas toujours strictement défensif.
- Certains types des groupes inférieurs ont recours à ce mode de division spontanée pour se multiplier par voie agame, et pratiquent l’autotomie reproductrice. C’est dans ce cadre qu’il faut ranger, par exemple, la bipartition des Protozoaires, la séparation des articles mûrs chez les Ces-lodes, la fragmentation du corps, avec faculté de régénération, pour chaque tronçon, des'éléments manquants, et qui s’observe si fréquemment chez les Annélides et les Echinodermes.
- Une méduse, la Sarsia, pratique l’amputation spon-
- 1 Amputation des pattes par mouvement réflexe chez le crabe (Archives de biologie, 1882, t. III); Notes de physiologie comparée sur la rupture de la queue de l’orvet. [Académie roy. de Belgique, 1882, 3e série, t. IV), etc.
- L’abandon par les hyménoptères à venin de leur aiguillon dans la blessure faite à l’ennemi, le jet par les Coelentérés (polypes, méduses) de leurs cellules urticanles, constituent, une autre modalité de l’autotomie, ayant une destination nettement offensive.
- Tous les autres cas connus sont proprement défensifs; mais là encore la diversité ne manque pas dans les movens.
- L’exemple du lézard abandonnant à l’adversaire décontenancé un long et frétillant fragment de sa queue, tandis que lui-même se glisse à travers les herbes avec, une tortueuse rapidité, constitue le prototype de l’évasion aulo-tomique. La série des faits analogues est assez longue.
- Des annélides pratiquent, ainsi pour s’échapper l’amputation spontanée de leurs élylres, de leurs antennes, de leurs cirrhes. Chez quelques Polynoe, Lagisca, Harmo-ihoe, le phénomène s’accompagne d’une manifestation sympathique qui en assure l’eflîcacité, et atteste aux yeux des observateurs sa réelle signification ; les élytres peuvent devenir phosphorescents, et tout élytre lumineux est, autotomisé. Tandis que l’animal qui a abandonné cette petite partie de lui-même se retire dans l’obscurité, l’adversaire trompé par le décevant fanal abandonne la proie et. poursuit le mirage.
- Des étoiles-de-mer, attachées dans l’eau par un bras, autotomisent ce bras en quelques jours et retrouvent ainsi la liberté. Les ophiures sont plus fragiles que les
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- = AUTOTOMIE
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- astéries, et sous une excitation même légère rompent facilement leurs bras en plusieurs fragments ; chez certaines espèces on peut observer une véritable dissolution du corps. Les papilles dorsales de certains mollusques gastéropodes nudibranches (Eolis, Tethys, etc.) tombent spontanément avec la plus grande facilité, et offrent à la voracité de l’ennemi un fragment trompeur, qui occupe sa faim pendant que se dérobe la proie convoitée.
- Le Pholas dactylus abandonne son siplion par arrachement; Solen vagina autotomise également son siphon, et d’autres lamellibranches (Lima Mans, Pecten oper-cularis) les tentacules du manteau.
- Chez les Arachnides, l’évasion par autotomie est fréquente : tout le monde a pu vérifier la difficulté de retenir par les pattes ces espèces à longs membres grêles, vulgairement connues sous le nom de faucheurs. Parmi les Myriapodes, où l’autotomie est fréquente, le Scutiyer perd aisément plusieurs pattes pour se libérer.
- L’écrevisse, la langouste, le homard autotomisent leurs
- Fig. 2. — Plastron sternal du crabe après autotomie d'une pince et d’une patte ambulatoire.
- pattes dès qu’on les saisit ; de même les crevettes (.Palaemon) et d’autres crustacés voisins se libèrent en rompant leurs membres et en les abandonnant à l’adversaire. On a constaté également l’autotomie dans un but évasif chez certains crabes à pattes longues et fragiles.
- Chez les Insectes, l’autotomie, quoique assez répandue, n’existe pas dans certains ordres, comme les coléoptères, les hémiptères. Quelques agrionides (névroptères) ont la faculté de se libérer en rompant leurs pattes ; les mâles des termites laissent leurs ailes, qui se brisent suivant un sillon préformé, au pouvoir de l’adversaire. Beaucoup de lépidoptères brisent leurs pattes et même déchirent leurs ailes pour s’échapper. On a observé encore l’autotomie évasive chez des orthoptères du groupe des criquets.
- En dehors du lézard, quelques sauriens pratiquent l’amputation spontanée de la queue : le gecko, l’orvet, 1 ’Ophi-saurus ventralis du Kansas. Parmi les mammifères, le muscardin, le lérot, et peut-être aussi le loir, le mulot et le rat noir, abandonnent pour s’échapper la peau de leur queue.
- Il est remarquable que chez les espèces douées .de l’autotomie évasive, la partie du corps où se manifeste le phénomène est précisément celle qui offre à l’ennemi
- une prise plus facile : songe-t-on tout d’abord à saisir un lézard ailleurs qu’à la queue, ou une araignée en un autre point qu’aux pattes?
- Voici maintenant un groupe de faits où l’autotomie, quoique toujours défensive, a une autre destination que la fuite, et est réalisée en vue de protéger l’individu contre des circonstances mésologiques défavorables. Ce mode est bien caractéristique chez les svnaptes (holothuries), où il est connu depuis 1842.
- Si l’on conserve ces échinodermcs dans un aquarium où ils souffrent de la faim, on les voit bientôt lutter contre les conséquences funestes de ce jeûne forcé par un singulier moyen : ils se retranchent spontanément et successivement diverses parties de leur corps, préalablement séparées de l’ensemble par un étranglement. Pour peu que la famine dure, la synapte finit par ne plus conserver que sa tête et ses tentacules : « L’animal, dit Qua-trefages1, sentant qu’il ne peut se nourrir tout entier, supprime successivement les parties dont l’entretien coû-
- Fig. 3. — Crabe autolomisè (autotomie réflexe protectrice).
- terait trop à l’ensemble, à peu près comme on chasse les bouches inutiles d’une ville assiégée ».
- Dans les mêmes conditions de disette en aquarium, les éolis autotomisent leurs papilles dorsales. C’est dans ce cadre encore qu’il faut ranger la perte des ailes chez les fourmis fécondées, soit qu’elles se les arrachent elles-mêmes après une fragilisation de ces appendices coïncidant avec cette phase de leur existence, soit qu’elles les perdent spontanément.
- Une troisième modalité de l’autotomie défensive comprend des exemples faciles à confondre avec le processus évasif, mais qu’un examen précis en distingue nettement. Le cas du crabe, bien connu et l’un des mieux étudiés, peut être considéré comme le type de cette catégorie.
- Si l’on soumet à une. excitation violente, pincement, écrasement, section, brûlure, une patte d’un carcinus maenas, cette patte se détache brusquement au voisinage du plastron sternal, et tombe. Sur un individu suffisamment vigoureux, on peut ainsi provoquer l’autotomie successive non seulement des huit membres ambulatoires,
- 1 Souvenirs d’un naturaliste.
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- mais aussi des deux pinces. En revanche, le même I soustraire à la douleur d’une excitation vive et pénible, crabe, retenu simplement par une patte qu’il n’aurait ou encore aux conséquences graves de l’hémorragie qu’à rompre pour se libérer, ne l’aiitotomise pas. | accompagnant la section d’une patte : cette hémorragie,
- Fig. 4. — 1. Moignon~'dé?la pince du crabe après autotomie.— 2. Eolis (Eolis papillosa) avec les papilles dorsales. — 3. Autotomie reproductrice chez un protozoaire.ÇW orticella).— 4. Surf ace de rupture des pattes aulolomisèes chez le crabe. —,S. Régénération des bras chez Vétoile de mer. — 6. Lézard autotomisè (autotomie évasive). — p. Cellules urticantes à Vextrémhtê d’un tentacule de
- cœlentérè (Scyphistoma).
- Ici, l’objectif normal de la particularité biologique n’est donc pas la possibilité de la fuite, et il faut accepter l’hypothèse que l’automutilation du carcinus et des types analogues leur est accordée pour leur permettre de se
- qui par exemple est considérable si l’on coupe un gros article d’une pince, est à peu près nulle au point autotomique.
- L’autotomie des orthoptères reconnaît en général le même but de réaction à une excitation douloureuse ou
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- aux suites d’une blessure. Exposées à une température de 54°, source de souffrances, des astéries perdent spontanément leurs bras.
- Le phénomène peut être encore un moyen de défense contre une invasion parasitaire. Deux étoiles de mer des profondeurs, Asterias riehardi et Solasterias neglecta, autotomisent leurs bras envahis par un distome, le Mgtoslomum asleriae; les synaptes attaquées par Ento-concha mirabilis (mollusque parasite) réagissent par fragmentation autotomique.
- 11 est à noter que dans les cas d’autotomie réellement évasive, telle qu’on l’observe par exemple chez les insectes, la faculté de régénération fait souvent défaut, tandis qu’elle est la règle dans les cas où la mutilation vise plus spécialement la défense de l’organisme.
- L’éviscération autotomique des holothuries, si bien connue depuis longtemps, est difficile à rattacher à un cadre précis. Sous l’influence d’une excitation douloureuse ou de conditions d’existence défavorables, ces animaux déchirent leur cloaque et après une énergique contraction expulsent leur poumon droit et leur tube digestif détaché au pharynx; ces organes se régénèrent.
- Le regretté Alfred Giard avait tenté une classification des phénomènes autolomiques ', mais en admettant des catégories un peu trop larges. Dans une première classe il groupait les cas d’autotomie reproductrice, où la partie spontanément ruptile régénère les éléments qui lui manquent pour reconstituer un individu. Tous les autres cas étaient rangés dans l’autotomie défensive, admettant deux subdivisions : l’autotomie économique (amputation spontanée ayant pour objet de réduire le volume de l’animal gêné dans sa nutrition ou sa respiration), et l’autotomie évasive.
- Celte dernière catégorie renfermait des cas hétérogènes, rattachés par le lien théorique que l’amputation v aurait toujours pour but la mise en liberté de l’individu captif. L’exemple du crabe, considéré communément et à tort comme le plus caractéristique de l’autotomie évasive, démontre que ce lien est fragile, et impose la nécessité d’une classification plus rationnelle. En voici une, due à M. IL Piéron -, qui donne des faits un groupement philosophique au moins provisoirement satisfaisant.
- Dans une première classe, l’autotomie embryologique, M. Piéron admet à la fois l’autotomie reproductrice, de Giard, avec le cadre que nous venons d’indiquer, et l’autotomie correctrice, groupe de phénomènes assez récemment reconnus et consistant dans l’amputation spontanée, chez les arthropodes, de parties régénérées difformes.
- Une seconde classe, pour laquelle on pourrait admettre le terme (Yélhologique, comprend deux subdivisions : l’autotomie offensive par abandon de parties nuisibles à l’adversaire (aiguillons, cellules urticanles), et l’auld-lomie défensive, comportant trois modalités générales : abandon au pouvoir de l’ennemi d’une partie du corps pour sauver le reste (autotomie proprement évasive) ; perte spontanée d’un membre blessé, pour éviter la douleur, l’hémorragie, la propagation d’un parasite (autotomie protectrice) ; réduction en cas de disette du volume du corps par mutilation spontanée (autotomie économique).
- Au point de vue de leur réalisation mécanique, les phénomènes d’autotomie présentent deux degrés distincts. Dans une assez nombreuse catégorie, ils se réduisent au simple arrachement par traction d’une partie qui ne présente d’autre différenciation adaptative qu’une fragi-
- 1 Controverses transformistes (1904).
- - Le problème de l’autotomie (Bulletin scientifique de la France et de la Belgique, I. XLII).
- lité spéciale. C’est Yaulospasie de M. Piéron. Parfois la fragilité est diffuse, et la rupture spontanée peut se faire en un point quelconque : il en est ainsi, par exemple, pour les ailes des papillons. Mais plus souvent l’arrachement a un lieu d’élection : ainsi chez les insectes la patte se brise soit à l’articulation du trochanter et du fémur, soit, quand le trochanter manque, à l’articulation eoxo-fémorale.
- Dans l’autotomie vraie, reliée d’ailleurs à l’autospasie par des transitions, le phénomène est servi par une adaptation particulière, en un point d’élection constant pour un même type, du système musculaire et du système nerveux. Chez les orthoptères, il est provoqué par une très forte contraction des muscles extenseurs amenant la rupture au point de jonction du trochanter et du fémur; une membrane obturatrice préformée en ce point arrête l’hémorragie. Chez les crabes, un dispositif analogue provoque l’amputation à la soudure des articles de la patte nommés basipodite et iscliiopodile; une membrane empêche aussi l’hémorragie. Chez l’araignée domestique, le mécanisme est plus perfectionné encore, et comporte une lamelle chitineuse, homologue de la membrane obturatrice, qui fait office de couperet et sur laquelle, dans la contraction autotomique, sont sectionnés à la fois le nerf de la patte et le muscle extenseur du fémur, qui provoque le phénomène.
- L’autotomie est-elle toujours un pur réflexe, ou est-elle au moins dans une certaine mesure sous la dépendance de la volonté de l’animal? Si chez le carcinus maenas on enlève le ganglion abdominal qui donne naissance au nerf de la patte, le crabe n’autotomise plus cette patte; mais si, le ganglion étant respecté, on sectionne les connectifs qui le relient aux ganglions céré-broïdes, son excitation provoque l’autotomie. Ici donc le cerveau n’intervient pas, et le réflexe est à la fois évident, exclusif, impérieux : le crabe ne peut s’y soustraire, et si les conditions sont telles que les dix pattes soient excitées, il les perdra toutes, et par conséquent en même temps tout moyen de survie1. Il paraît en être de même dans la généralitédes cas relevant de l’autotomie protectrice.
- En revanche, l’autotomie évasive semble admettre l’intervention de la volonté (consciente ou instinctive), au moins dans la même mesure où cette faculté intervient dans les autres moyens de fuite mis en œuvre par l’animal. Certains crabes, par exemple, comme les grapses, perdent pour s’échapper leurs pattes captives, mais avec parcimonie, et seulement dans la proportion où la chute de ces membres ne peut pas compromettre son but définitif, qui est l’évasion : en dehors de toute excitation douloureuse, uu grapse se soucie peu d’abandonner ses dix pattes, parce que, réduit à sa carapace, il ne saurait plus s’échapper. De même, retenu à la fois par le corps et par une patte, il n’autotomise pas ce membre, dont l’abandon serait pour lui sans profit. De même encore, les orthoptères qui ont perdu une patte sauteuse n’auto-lomisent l’autre que très difficilement, parce qu’elle est nécessaire à leur fuite, et que sa perte ne leur donnerait qu’une inutile liberté.
- Là, l’autotomie n’est donc plus impérieusement liée à une excitation, et elle échappe à l’aveugle et inexorable nécessité du réflexe pour se placer, au moins au point de vue inhibitif, sous la dépendance de la volonté.
- A. Aci.oque.
- 1 Tl aurait d’ailleurs sans doute peu de profit à les garder, au moins en cas de lésion, car l’hémorragie amènerait sa mort. L’autolomie lui épargne du moins la souffrance.
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- L’AMÉNAGEMENT DE LA GROTTE GÉANTE
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- Le 5 juillet 1908 on a inauguré les travaux qui rendent aisément accessible la Grotte géante tout près de Trieste, visitée dès 1840 par Lindner et découverte à nouveau le 18 août 1890 par la Société des Touristes Triestins qui l’a achetée en 1905.
- Cette caverne est la plus grande salle souterraine que l’on connaisse, d’après les mesures relevées en 1896 par M. G. Perko; de forme ovale, elle a 240 m. de longueur, sur 152 m. de largeur. Sa hauteur de 138 m. dépasse de beaucoup les 91 m. du dôme de Padirac et les 90 m. des voûtes de la Rocca souterraine à Saint-Canzian, comme le
- Le chemin de fer funiculaire qui, par une ascension de 500 m., réunit Trieste au village d’Opcina se termine à une demi-heure seulement de l’entrée de la Grotte géante qui est près du village Brisciki. Cette entrée est le plus petit des trois trous ci-dessus mentionnés; c’est par là que le club des touristes Triestins a fait disposer de solides échelles et escaliers, qui permettent maintenant la visite de ce s formidables profondeurs.
- À l’intérieur l’unique salle renferme de magnifiques stalagmites rappelant par leurs figures celles de l’Aven Armand (Lozère) qui, hélas, n’a pu encore être
- Fio-, i. — Stalactites excentriques.
- montre la vue perspective ci-contre (d’après M. Su-ringar) seule capable de donner une idée de ce vide prodigieux (fig. 5).
- On se trouve ici en présence d’une de ce s excavations que l’on nomme do line, dans le Karst Autrichien. Mais une doline dont la voûte, quoique relativement très mince, n’a pas encore crevé, laissant ainsi l’excavation dans toute sa forme et .sa beauté primitives.
- Dans cette voûte subsistent trois perforations représentant les anciens points d’absorption des eaux d’infiltration puissantes qui ont jadis formé la caverne. On ne pourrait trouver une plus formidable preuve du rôle joué jadis par les eaux extérieures.
- l’objet, d’aucun aménagement. La forme en assiettes: superposées, ou en grandes feuilles imbriquées, de ces concrétions est due à la hauteur de chute des gouttes d’eau de suintement, et à l’éclaboussement en tous sens des particules de carbonate de chaux qu’elle abandonne en s’évaporant1 (fig. 1). i
- De petites stalactites ont des formes contournées,, bizarres, qu’on a cherché à expliquer de diverses: manières plus ou moins satisfaisantes et que je considère, sous le nom de concrétions excentriques, soit comme la résultante d’un phénomène colloïdal, soit comme dues à des effets d’osmose2.
- La plus grande stalagmite de la Grotte géante
- 1 Yoy. La Nature, n° 1278, 27 novcmhro 1897.
- - Yoy. U évolution souterraine, p. 128.
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- 252 . ' — AMÉNAGEMENT DE LA GROTTE GÉANTE
- Fig. 2. — La plus haute stalagmite du monde (3o mètres). Aven Armand. — Lozère.
- atteint 12 m. de haut (celles de l’Aven Armand ont jusqu’à 50 m.)1.
- On ne connaît point quant à présent de galeries se prolongeant au fond de cet antre. Il est probable que l’échappement des eaux englouties a toujours été fort étroit (ce qui a provoqué l’affouille-ment de la grande salle), et que leurs orifices sont cachés par les matériaux tombés du dehors.
- Parmi ces matériaux, des fouilles ont procuré la curieuse trouvaille de débris de poterie el de cuisine préhistoriques, d’ossements et de coquilles marines comestibles, comme dans la plupart des grottes du Karst ; on a été forcé d’en conclure que la plus grande des trois ouvertures de la voûte, véritable grotte en forme de tunnel longue de 50 m. a servi d’habitat troglody tique et, en effet, on y a trouvé des foyers et des silex très bien travaillés. Il est diffi-
- 1 Je saisis cette occasion de reproduire ici l’une des photographies inédites que j’ai prises à l’Aven Armand en 1899. Notre gravure de 1897 était un beau dessin d’Albert Tissandier, exécuté d’après de fort mauvais clichés. Celui-ci est le fidèle portrait (au magnésium) dé la plus grande stalagmite du monde (fig. 2).
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- Groupe de stalagmites en feuilles.
- Vue schématique de la Grotte géante.
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- cile de 11e pas admettre que le trou terminal de eette caverne supérieure servait d’oubliettes aux hommes néolithiques pour jeter leurs débris dans la profondeur ignorée du goulïre. D’ailleurs, il y a 50 ans, le D1' l'runières faisait des constatations du même genre à la grotte des Baumes-Chaudes (Lozère) où un puits de 50 m. de profondeur lui fournissait toute une série d’objets néolithiques avec deux squelettes déniants.
- Cependant M. Perko a supposé que les préhistoriques ont pu descendre dans la cavité, au moyen de
- troncs d’arbres, aucun à pic n’étant supérieur à 17 m. Le fond est à 100 m. en dessous du niveau du sol. On y a trouvé aussi des monnaies romaines. La faune est assez riche en insectes cavernicoles aveugles. La température est de 15° C. La visite dure 1 heure.
- La grotte géante est certainement une des principales curiosités du monde souterrain, aussi digne de visite que ses voisines de la Ueeea de Saint-Canziane. E.-À. Mxima,.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du i3 septembre 1909.
- Destruction des trypanosomes. — MM. Laverait et Petit ont constaté que le sang de quelques vertébrés à sang froid possédait un pouvoir destructeur à l’égard de trypanosomes des vertébrés. Le sang de ces vertébrés agit d’ailleurs cl’une façon différente sur les trypanosomes des mammifères. Lorsque le sang d’un mammifère infecté du surra est injecté dans la cavité péritonéale de l’anguille, les trypanosomes 11e passent pas dans le sang de l’anguille, ils sont détruits dans la cavité péritonéale. Eu pratiquant la même opération sur la couleuvre à collier, les trypanosomes 11e pullulent pas et sont pareillement détruits, mais dans un temps plus long. Ils ont également expérimenté sur la grenouille verte et la grenouille rousse et ont relevé des différences de mode d’action. Ils ont ainsi été conduits à essayer l’action du sérum d’animaux à sang froid sur le sang envahi de trypanosomes du surra et à suivre la disparition de ces parasites. Le sérum de l’anguille est plus puissant à ce point de vue que le sérum de la vipère à collier, il existe donc, dans le sang des vertébrés à sang froid, une substance trypanolytique ; cette substance est-elle en rapport avec la toxicité du sérum '! on peut dire qu’il y a un rapport, car du sérum chauffé à 58° perd sa toxicité et en même temps son pouvoir trypanolytique, mais il n’y a pas parallélisme. — M. Laveran présente ensuite une Note de M. Massaglia
- - Présidence de M.* Bouchard.
- sur les moyens de défense des vertébrés à sang froid contre le trypanosome du surra.
- L’atmosphère de Mars. — M. Deslandres annonce qu’il a reçu une dépêche de M. Lowel, de l’Observatoire de Flagstaff (États-Unis), lui annonçant qu’il a établi que l’atmosphère de Mars contenait de l’oxygène libre. M. Lowel a comparé, en effet, le spectre de la lumière de la Lune au spectre de la lumière de Mars, lorsque les deux astres sont à la même hauteur au-dessus de l’horizon, et par conséquent lorsque les rayons qui parviennent au spectroscope ont traversé la même épaisseur d’atmosphère terrestre. Or, il est arrivé que, dans ce cas, les bandes caractéristiques de l’oxygène se sont montrées plus intenses dans la lumière de Mars, ce qui 11e pouvait être que s’il y avait de l’oxygène dans l’atmosphère de la planète Mars.
- Le. tremblement, de terre de Provence. — M. Àngot résume les résultats de l’enquête à laquelle il a procédé dans 17 départements au sujet du tremblement de terre du U juin. 11 en résulte que la zone des graves dégâts s’étend presque entièrement dans l’arrondissement d’Aix. L’auteur a constitué ensuite deux zones d’après la gravité des dégâts. De plus, 011 voit par la carte qui accompagne le travail, que les mouvements sismiques se sont propagés par les vallées. Ch. de Villedeuil.
- L’ALLIANCE DE LA HOUILLE NOIRE ET DE LA HOUILLE BLANCHE
- C’est dans une toute petite commune du département du Doubs, à Elupes, que cette alliance a été signée. Les deux alliés sont deux puissants conducteurs venant, l’un des houillères de Ronchamp, au Nord, dans la Haute-Saône et l’autre du Sud, du Refrain près de Charquemont sur les rives du Doubs. Le premier apporte le courant de la houille noire à la tension de 50000 volts. Le second celui de la houille blanche sous 50 000 ou 50 000 volts. Ils sont réunis dans un grand batiment à 5 étages où se trouvent les appareils de transformation et de distribution de la force apportée là par les câbles puissants que soutiennent d’innombrables pylônes métalliques.
- En ligne droite Ronchamp se trouve à une trentaine de kilomètres d’Étupes. Le Refrain en est à.une quarantaine. "
- La Société des houillères de Ronchamp, qui
- exploite sa concession depuis déjà de longues années, transforme une partie de son charbon en force électrique. Au Refrain, c’est une Société nouvelle qui s’est chargée d’utiliser l’énergie des rapides du Doubs pour en tirer une dizaine de mille chevaux. Ce fonctionnement en parallèle de deux usines, l’ime de houille noire établie sur le carreau même de la mine, l’autre de houille Jjlanche est un lait fort intéressant. Il marque, on peut le dire, une date dans l’histoire électrique et justifie quelques détails sur les installations qui l’ont provoqué.
- La station de Ronchamp utilise les combustibles de ses mines et notamment les déchets provenant du lavage et du triage de ses houilles.
- Sa puissance est prévue pour 30 000 chevaux. Actuellement elle ai en pleine activité 8500 chevaux et 5000 chevaux en installation.
- Son outillage comporte notamment une usine
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- LA HOUILLE NOIRE ET LA HOUILLE BLANCHE = 255
- munie de trois turbines Zoelly de 2500 chevaux et d’une turbine en installation de 5000 chevaux du même type. Ces turbines sont munies de condenseurs à surlace.
- Les chaudières destinées à alimenter ces machines sont au nombre de "20, semi-tubulaires, de 250 mètres carrés de surface de chauffe, produisant de la vapeur à ! 2 kilogrammes de pression et à une température de surchauffe de 500°.
- Le charbon est amené automatiquement depuis les wagons à déchargement instantané dans les soutes des chaudières et les scories sont de même conduites automatiquement jusque dans les wagons qui les doivent évacuer. Les chaudières sont alimentées par l’eau de condensation portée à la température de MO» par des économiseurs Green placés à leur pied.
- Le point essentiel l'utilisation de combustibles dont la mine ne pourrait tirer commercialement parti. On brûle sur les grilles du poussier de coke mélangé à des charbons mixtes ayant 42 pour 100 de cendres.
- Les alternateurs donnent du courant triphasé à 50 périodes et 5000 volts, relevés à 50 000 par des transformateurs à bain d’huile et circulation d’eau de 1800 kilovolts ampères chacun.
- Le courant à 50 000 volts est transporté par des feeders en cuivre disposés sur pylônes en 1er et isolateurs porcelaine jusqu’aux sous-stations de transformation, actuellement installées à Belfort, Frahier, Lure, Luxeuil, Fougerolles, Val d’Ajol et Remiremont. Des transformateurs abaisseurs ramènent le courant dans ces sous-
- stations à 5000 volts. Et il est de là employé soit
- à cette tension par la grande industrie, soit à 240 volts pour l’éclairage et la petite industrie.
- Le réseau de distribution qui n’est actuellement qu’à son début compte déjà plus de 200 kilomètres de lignes. Le point le plus éloigné de l’usine de
- Ronchamp en est à 70 kilomètres.
- L’usine hydroélectrique du Refrain a été installée par M. Kur-steiner dans un des coins les plus pittoresques de l’étroite vallée du Doubs.
- Elle utilise les chutes du Doubs entre le bassin de Ri au fond et celui de la Charbonnière. La distance entre ces deux bassins est de 5 kilomètres environ et leur différence d’altitude de 00 mètres1.
- Les installations sont calculées en vue d’un débit de 15 mètres cubes par seconde correspondant à une force de 0000 chev. Pendant réliage cette force peut descendre à 2000 chev. Le déficit sera couvert alors par la station à vapeur de Ronchamp. Ainsi l’on peut tirer parti de la force hydraulique, malgré ses irrégularités et cela grâce à l’auxiliaire d’une station thermique établie dans des conditions particulièrement économiques.
- La prise d’eau eom-vannes mobiles de 4m,20 de longueur et 1U1,25 de hauteur, une grille à barreaux d’acier et 4 tunnels d’entrée qui débouchent dans le tunnel d’adduction dont la longueur est de 2750 mètres, avec une pente de 1 pour 1000 et une section libre de 7in2,44 permettant le passage de 15 mètres cubes à la vitesse de 2m,10 par seconde.
- Au bout inférieur est disposée une chambre d’eau d’où partent les deux conduites forcées.
- 1 La prise d’eau au-dessus du barrage de l’ancienne scierie du Refrain est à la cote 606,5. L’usine génératrice, aux Iles, est à l’altitude de 540 m. 50.
- de l’installation réside dans de qualité inférieure
- prend
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- La chambre d’eau présente une ingénieuse disposition destinée à amortir les coups de bélier et à servir en même temps de réservoir. Elle comporte deux galeries latérales inclinées pour y comprimer l’air dans le fond sous la pression de l’eau et un puits vertical de 8 mètres de diamètre débouchant au sommet de la montagne. Le tout représente un volume de 4500 mètres cubes. Une conduite de trop-plein a pu être ainsi évitée.
- Les deux conduites forcées, munies de 2 vannes et de 4 valves à papillon, sont d’une longueur de 115 mètres. Les tuyaux en tôle d’acier ont 2000 mm. de diamètre. Ils se rejoignent dans un collecteur de 2400 mm de diamètre d’où partent 5 tuyaux pour les turbines.
- La salle des machines mesure 42 mètres de longueur, sur 14 de largeur et 11 de hauteur. Le batiment de l’appareillage mesure 27 mètres de long sur 16 de large et autant de haut.
- La distance entre le Refrain et la première sous-station de transformation — la principale — à Étupes est de 38 kilomètres. Les deux usines sont reliées par une ligne double de 6 fils supportée par des pylônes en fer en treillis de 12 à 16 mètres de hauteur.
- Une seconde ligne de 7 kilomètres à 5 fils relie Etupes à la sous-station n° 2 de Fesches-le-Chatel.
- Une troisième ligne de 12 km de long et établie comme les précédentes va d’Étupes à Héricourt.
- Entin la quatrième ligne va chercher à la station établie à la porte de Belfort par les houillères de Ronchamp, le courant de secours.
- Grâce à cette alliance des deux usines électriques, c’est une force totale de 40 000 chevaux environ qui se trouvera progressivement disponible dans cette région de l’Est où se rencontrent de si nombreuses et importantes usines : quincailleries, fabriques d’horlogerie, lilatures, etc. L’éclairage des communes, la fourniture du courant électrique aux tramways constituent d’ailleurs des débouchés grâce auxquels cette grosse force trouvera facilement son emploi.
- Chose curieuse, les travaux du tunneLet de l’usine hydroélectrique du Refrain ont été exécutés 'avec l’aide d’un courant électrique fourni par une autre usine également alimentée par l’eau du Doubs,
- l’usine de la Goule un peu en aval du Refrain. Cette usine qui utilise une cascade de 25 mètres formée par un barrage naturel résultant d’un éboulement qui date du xive siècle, est en exploitation depuis 1895. Elle a à sa disposition environ 4000 chevaux de force et dessert un certain nombre de localités des deux côtés de la frontière, jusqu’à Yillers-le-Lac en France et les Brenets en Suisse. Elle a 89 km de lil sur son réseau primaire et 474 km de lignes secondaires.
- Bien que l’usine de la Goule soit en territoire suisse, son installation a nécessité une autorisation du Gouvernement français. La France est, en ell'et, propriétaire des eaux du Doubs frontière, cela en vertu d’une convention signée au nom de leurs gouvernements respectifs, en 1780, par le prince de Montbarrey, ministre de France, et le sieur de Raze, représentant le prince évêque de Bâle.
- Dans cette convention, il est spécilié que « le lit entier du Doubs avec son cours d’eau appartiendra totalement et exclusivement à la Couronne de France dans toute l’étendue de la Seigneurie de Franquemont ». Par contre dans l’article VI de ce document, qui a été publié récemment par M. Jules Japy, dans le Bulletin de la Société bel for laine d’émulation, il est spécilié qu’on ne pourra entreprendre sur la rive gauche, la rive française, aucuns travaux susceptibles de faire changer le cours de l’eau. Et le prince évêque de Bâle se réserve à perpétuité pour lui et ses successeurs « la libre faculté de faire botter en tout temps sur le Doubs le bois qu’ils feront conduire à leurs forges et usines ».
- Cette clause a donné lieu, lors de la constitution de la Société du Refrain, à un petit incident diplomatique avec la Suisse, substituée aux droits du prince évêque de Bâle, et qui a fait des réserves au sujet de son droit de flottage.
- Nous n’avons pas ouï dire cependant que cet incident ait menacé à aucun moment de prendre des proportions fâcheuses pour la paix internationale.
- L. Reverchon.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 3. Sortie du tunnel du Refrain. (Phot. Simon.)
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- LA NATURE. — N° 1896.
- 25 SEPTEMBRE 1909.
- UN NOUVEL ACTINOMETRE
- L’énergie lumineuse reçue du ciel par le sol et par les êtres vivants joue dans la nature un rôle prépondérant et il est important de pouvoir la mesurer. Mais cette mesure est très diflicile. Même par ciel serein, l’intensité des rayons solaires éprouve des lluctuations incessantes et lorsqu’il y a des nuages la lumière qu’ils diffusent varie davantage encore.
- Aussi, pour connaître la somme d’énergie lumineuse reçue pendant un intervalle de temps un peu long, un jour, un mois, ou une année, est-il à peu près indispensable d’employer un instrument qui totalise, de lui-même, la lumière qui le frappe.
- On doit à Bellani un actinomètre qui répond à ce desideratum. Tel qu’on le construit actuellement, cet instrument (fig. 2) se compose d’une boule en verre bleu foncé, soudée à un tube vertical en verre incolore qui se prolonge à l’intérieur de la boule par un tube plus étroit et est fermé à l’autre extrémité. La boule bleue est entourée d’une enveloppe sphérique en verre incolore dans laquelle on a fait le vide. L’instrument, purgé d’air, renferme une certaine quantité d’alcool ordinaire.
- Si on l’expose à la lumière après avoir rassemblé le liquide dans la boule bleue, on constate qu’il y a distillation de celle-ci au tube incolore où le niveau de l’alcool s’élève avec une rapidité d’autant plus grande que la lumière est plus intense. A chaque observation, on note ce niveau dans le tube qui est gradué. La quantité distillée entre deux observations est à peu près proportionnelle à la quantité d’énergie lumineuse reçue par l’instrument pendant le même temps.
- Lorsque la boule bleue est près d’être vide, il faut y faire revenir le liquide en tenant l’instrument retourné pendant quelques instants.
- MM. Louis Besson et J. Thurneyssen ont récemment présenté à la Société météorologique de France un actinomètre qui est fondé sur le même principe mais offre, relativement à celui de Bellani, divers avantages, dont les plus remarquables sont les suivants : il fonctionne indéfiniment sans qu’on
- 37e année. — ae semestre.
- ait besoin quement à
- d’y toucher distance ses
- Fig. 1. — Actinomètre Besson-Thurneyssen.
- et il transmet électri-indica lions.
- Dans l’instrument, représenté figure 5, la boule bleue, entourée comme dans l’autre d’une enveloppe à vide, est en bas. L’alcool qui s’en échappe à l’état de vapeur va se condenser dans une boule de même diamètre, en verre incolore, située à l’extrémité supérieure, mais il ne peut y dépasser un certain niveau, celui de l’orifice du tube d’arrivée. A partir du moment où ce niveau est atteint, le liquide, à mesure qu’il se condense, retombe goutte à goutte par ce même tube qui forme trop-plein.
- En tombant, chaque goutte frappe une légère palette mobile autour d’un axe horizontal et .portant une pointe en platine. Cette pointe s’enfonce dans un godet à mercure et
- V
- Fig. 2. Actinomètre de Bellani [forme actuelle).
- ferme un circuit électrique reliant l’appareil à un enregistreur. 11 y a donc là une sorte de mouvement perpétuel dont l’énergie lumineuse fait tous les frais. L’alcool, élevé par elle à l’état de vapeur invisible, retombe sous forme de gouttes et le niveau du liquide reste invariable dans les deux boules.
- Comme il n’est nécessaire de toucher à cet instrument que de loin en loin, pour l’essuyer, on peut le placer en un point d’accès difficile, mais où il VI W Fig. j. reçoive librement la lumière du ciel : au-dessus d’un toit, ou au Schéma.
- sommet d’un mat.
- L’enregistreur peut comprendre un cylindre tournant ou consister en un simple compteur de gouttes.
- On peut encore employer un cinémographe, du type de l’anémocinémo-graphe de Bichàrd, qui fera connaître l’intensité de la lumière à chaque instant, abstraction faite, bien entendu, de ses petites variations, de même que pour la température qui serait indiquée par un très gros thermomètre.
- Ce nouvel actinomètre, en même temps qu’il réalise une curieuse expérience de physique, parait susceptible de rendre de réels services dans l’élude climatologique de la lumière et dans ses applications à l’hygiène et à l’agronomie. P. Cotte.
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- Aclinomèlre
- Besson-
- Thurneyssen.
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- PORT=ARTHUR D’AUJOURD’HUI
- Retombés entre les mains japonaises, Port-Arthur et ses environs semblent enveloppés à nouveau dans le mystère des pays jaunes. Seuls les marins, dont les bâtiments parcourent les mers de Chine, ont l’occasion d’y jeter un coup d’œil en passant et c’est par eux seulement que nous pouvons connaître l’état actuel de celte ville qui semblait promise à de si grandes destinées.
- Notre confrère allemand Die Flolle nous permet de tirer de ses colonnes quelques gravures et renseignements émanant d’un officier de la marine allemande autorisé à visiter avec quelques camarades ce que fut Port-Arthur.
- A Dalny, il ne reste que très peu de chose du superbe port construit par les Russes; la jetée est complètement détruite. La ville olfre un aspect de désolation. Le quartier européen, flanqué de superbes villas construites style russe est complètement désert et abandonné. On peut s’y promener pendant des heures entières sans y rencontrer un Européen.
- Les jolies rues et places d’autrefois deviennent, d’années en années, des ruines; les japonais manquent d’argent pour les réparer. L’industrie, le commerce et la navigation sont exclusivement entre les mains des Japonais et en sont arrivés, depuis la guerre, au même point que la ville elle-même. Très peu de Russes habitent encore la ville; je me suis laissé dire qu’on n’en comptait plus que 7 sur plusieurs milliers d’habitants.
- Port-Arthur, défendue et attaquée comme jamais place forte ne l’a encore été, prouve qu’on peut rendre possible l’impossible.
- La gare provisoire consiste en une misérable cabane en planches. , ,
- Vers la mer, et de chaque côté de l’étroite passe, sur les hauteurs avoisinantes, se trouvent des forts très puissants. Placés à l’opposé des ouvrages du front de terre, ils ont peu souffert et ont été réinstallés.
- Devant un temple japonais qui se trouve sur le mamelon, tout à côté du monument corhmémoratif, se voient deux canons russes, deux pièces de 150 de marine (construites en Allemagne). Une d’entre elles avait été mise hors de combat par les projectiles ennemis. Les bosses, les déchirures, les trous ainsi
- que les fentes dn manteau du tube prouvent que la pièce a subi un l'eu intense.
- Au Musée de la guerre, situé en dehors de la ville, se trouvent presque toutes les pièces de campagne et de forteresse qui ont été livrées, pièces de toutes les grandeurs et de toute construction : Krupp, Armstrong, le Creuset et la fabrication russe y étaient représentés, mais toutes ces pièces étaient hors de combat. Celles que les projectiles japonais avaient épargnées avaient été rendues inutilisables, et cela d’une faç-on soignée par les Russes avant d’être livrées. Tout ce qui se rapporte au siège a été soigneusement et ingénieusement installé. Dans la première salle, on remarque des uniformes, des débris d’uniformes ayant appartenu à des officiers japonais, russes et même à des soldats, des ordres et des décorations. Dans la salle voisine, on voit des pièces de petit calibre, des mitrailleuses, des armes portatives, des fusils de tous les temps, depuis le vieux mousquet jusqu’au fusil d’inlanterie le plus moderne, de vieux revolvers, des pistolets, des pistolets modernes automatiques, des lances, des sabres, des munitions pour toutes les armes, enfin un peu de tout ce qu’on peut trouver pendant un siège. Dans une autre salle, les modèles des différents forts avant et après le siège faits avec de la terre glaise, de la pierre et des petits sacs de sable. Pour l’un d’eux, un officier me fît remarquer que pendant 70 jours sur terre et 52 jours dans des souterrains, il s’était personnellement approché au centre du fort et avait réussi à le faire sauter. Les Russes ne s’y attendaient pas et tous ceux qui l’occupaient furent ensevelis.
- A la façon de ces modèles, on peut avoir un aperçu réel du siège d’une forteresse moderne et l’on est forcé d’admirer les travaux des Japonais et l’action, prodigieuse de leurs explosifs. Dans une salle voisine on trouve des échantillons de vivres contenus dans des bocaux bien fermés et qui existaient encore après la capitulation. A côté des échantillons de farine, de riz, de sucre, de .fruits secs et de viande de conserve, on remarque également des mets délicats de toute espèce, de même qu’on voyait dans la première salle à côté des fourrures et des bottes de cosaque, des vêtements en soie de dame et des bottes vernies. Dans la dernière salle était exposé
- Un canon resté intact dans un fort de Port-Arthur.
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- PORT-ARTHUR D’AUJOURD’HUI
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- tout ce qui se rapporte au transport des blessés et à la chirurgie : table d’opérations, trousses, voitures de transport, brancards, en résumé tout ce qui est nécessaire pour un hôpital de campagne.
- Dans la passe, à 200 ru. environ de l’entrée du port, se trouvaient encore des débris de cheminées et de nombreux mâts émergeaient de l’eau. Ce sont les restes des brûlots japonais grâce auxquels on avait réussi à barrer l’entrée du port1. A droite le rivage se trouvait jonché d’épaves provenant des navires russes. Une bouée marque le point où l’amiral Makarov périt avec son navire, le Petro-pavlosk. Sur la rive droite de la baie et sur
- Plus on avance, plus les dégâts causés par les projectiles japonais sont importants. On voit des maisons sans toit ou parsemées d’énormes brèches. D’énormes cavités montrent les endroits où les Japonais avaient spécialement concentré leur feu.
- Un canon et un affût à moitié ensevelis sous les décombres.
- Le tout produit une triste impression. Quelques années subiront à faire de la ville un monceau de débris.
- La neige et la pluie activent encore l’œuvre de destruction. Par le chemin qui conduit à la vieille ville, on arrive à l’arsenal en grande partie délaissé, car on n’y travaille plus. Le grand bas-
- Un fort à Port-Arthur dans l’étal actuel.
- une colline, on aperçoit la nouvelle ville voilée par une bruine fine, et cette célèbre colline de 205 m., où tant de malheureux soldats ont dû combattre et mourir. Les constructions somptueuses des casernes et des hôpitaux sont presque intactes, mais complètement désertes. Pas un homme à l’intérieur, pas même à proximité. Les maisons de la nouvelle ville sont inhabitées et les rues désertes. Les vainqueurs occupent des maisons construites en planches et reposent'sur des nattes.
- 1 Ceci est une erreur. Les trois tentatives d’embouteillage de l’escadre russe de Port-Arthur par les Japonais n’ont pas réussi. ' S. J.
- Les débris d’une batterie.
- sin de radoub qui a été ébranlé et dont la porte est sautée, n’est plus utilisable. Les policiers japonais ne laissent guère le temps de regarder. Cependant il serait difficile de faire de l’espionnage au milieu de tous ces débris. Sauvaire Jourdax.
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- LACIER RAPIDE
- L’acier rapide est, comme son nom l’indique, un acier à outils permettant de travailler le métal sur le tour à une vitesse beaucoup plus grande que tout autre.
- Pour comprendre l’importance de cette qualité, il est important de connaître quels sont les autres aciers employés à la confection des outils et quelles raisons limitent la vitesse à laquelle on peut les faire travailler.
- Depuis des siècles les outils ont été fabriqués en acier au carbone spécialement pur obtenu au creuset. 11 fallait pour leur donner la dureté après les avoir forgés, avant de les mettre en service, les tremper : c’est-à-dire les chauffer vers 800-850° et plonger brusquement la pointe dans un liquide, l’eau en général. Ainsi traités, ils eussent été trop fragiles; on les faisait « revenir », c’est-à-dire qu’on les réchauffait jusqu’à 200 à 550° (du jaune au bleu) suivant l’usage auquel on les destinait et la nuance de l’acier, l’outil étant d’autant moins dur et d’autant plus tenace qu’il était revenu à plus haute température.
- La raison de ce traitement réside dans la nature chimique de l’acier au carbone. 11 se compose à la température ordinaire de deux constituants : l’un, le fer pur; l’autre, un mélange de fer et de carbure de fer ou cémenlile. Lorsqu’on le chauffe au-dessus d’une température déterminée, appelée température critique, la cémentitc se dissout dans le fer et forme une solution solide homogène absolument comparable à la solution liquide de sel dans l’eau. Cette solution, appelée marten-site, présente une grande dureté et une grande fragilité. Si l’on réchauffe l’acier ainsi trempé, la cémentitc sort de la solution et il se produit une série d’états intermédiaires de plus en plus tenaces et de moins en moins durs ayant pour terme final l’état initial lorsque le réchauffage atteint la température critique.
- Pour obtenir un bon outil on conçoit qu’il faille avant trempe le porter à une température déterminée pour obtenir l’état martensilique et l’y figer par un refroidissement brusque. 11 faut éviter de le surchauffer, car alors la martensite devient grossière et l’outil est toujours fragile. Cette précision dans le chauffage est le principal inconvénient de l’acier au carbone : nous verrons que l’acier rapide est beaucoup moins délicat. Enfin l’explication même du revenu montre qu’il ne faut pas le pousser trop loin sous peine de voir l’outil perdre sa dureté, son tranchant. Or, c’est précisément ce qui se produit au travail d’un outil ordinaire par suite de l’échauflémenl dù au frottement du métal. Si la vitesse du tour s’accélère, le copeau et l’outil sont portés de suite à une température suffisante pour mettre celui-ci hors de service. L’acier rapide, aiq contraire, est tel qu’il peut s’échauffer sans perdre sa dureté. On a vu à l’Exposition de 1900 des copeaux bleuissant, portés même au rouge sous l’outil sans qu’il en fût le moins du monde détérioré.
- Ce résultat est obtenu actuellement : 1° par l’addition à l’acier de certains constituants ; 2° par l’adoption d’un traitement thermique spécial.
- L’analyse d’un bon acier rapide actuel est sensiblement la suivante : Carbone = 0,0 °/0 Tungstène = 18 °/0 Chrome = 5 °/0 A7anadium =0,5 °/0.
- Leurs teneurs en soufre et phosphore doivent être aussi faibles que possible, le premier rendant l’acier fragile à chaud et le second fragile à froid. Ils doivent également contenir peu de manganèse : moins de 0,15 pour 100 car cet élément favoi’ise les tapures et les cassures. On ne s’est pas encore bien rendu compte de l’inllucnce
- du vanadium. Etant donnée son importance pour des teneurs excessivement faibles dans l’acier, il semble qu’il agisse surtout comme épurant et désoxydant au moment de son addition dans le bain de métal fondu. Il passerait donc, en majeure partie, dans la scorie et la plus ou moins grande proportion de vanadium allié au fer serait sans importance. Ces aciers se préparent tous soit au creuset, soit au four électrique.
- Mais l’addition d’éléments étrangers à l’acier était connue avant l’invention des aciers rapides. Déjà Musliet avait fabriqué des outils à haute teneur en tungstène (5 pour 100) et en manganèse (1,5 pour 100) qui permettaient d’augmenter, de doubler presque la vitesse de coupe des aciers au carbone et de travailler des pièces de forge ou des moulages spécialement durs. Ces aciers avaient cette particularité qu’il suffisait pour les tremper de les abandonner à l’air à partir de leur température de forgeage, on les nommait « auto-trempants ». Ces aciers supportaient un revenu plus élevé que ceux au carbone simple; mais les aciers rapides actuels permettent des vitesses 0 à 8 fois plus fortes.
- La nouveauté extraordinaire de l’invention due à deux ingénieurs américains White et Taylor consiste dans leur Iraitement thermique. Au contraire des aciers au carbone qui se détériorent par surchauffe, les aciers rapides doivent être portés avant trempe au voisinage de leur point de fusion. D’après les indications de Taylor on les chauffe lentement jusqu’à 80(1°, rapidement jusqu’au-dessus de 1250° (la pointe peut commencer à se ramollir) et l’on refroidit rapidement, ordinairement dans un jet d’air. Avec les derniers aciers rapides tout revenu est inutile. Il convient seulement, pour éviter une trop grande fragilité, de leur faire traverser rapidement au refroidissement la période de 950° à 850°. Ils peuvent être ensuite réchauffés jusqu’à 700° sans être mis hors d’usage. 11 semble, au contraire, que l’élévation de température produite par le travail les améliore au début.
- 11 n’y a pas d’explication nette de la nature des aciers rapides. Osmond suppose que les éléments spéciaux ajoutés s’opposent à la dissolution de la cémentite au cours du chauffage, ce qui provoque la nécessité de porter l’outil à une température très élevée. La solution une fois formée, les mêmes éléments spéciaux s’opposent à la ségrégation de la cémentite et tendent à maintenir jusqu’à la température ordinaire l’état normal seulement au-dessus de la température critique, ils jouent ici le rôle du refroidissement brusque dans la trempe des aciers ordinaires. Cette hypothèse peut même expliquer l’augmentation de dureté par réchauffement que produiL le travail de l’outil. Lorsqu’on chauffe un acier à une température très élevée la martensite dure qui, ainsi que nous l’avons dit, prend naissance au-dessus du point critique se transforme en une phase plus douce, l’austénite. Les aciers rapides seraient, après trempe, austéniliques1 et le revenu provoqué par le travail les rendrait d’abord martensitiques et augmenterait par suite leur dureté et leur tranchant.
- Les avantages des aciers rapides sont évidents. Tout d’abord dans une installation donnée ils permettent, sans changer les machines, sans augmenter la force, de marcher à plus grande vitesse (sur de l’acier doux jusqu’à
- 1 Les aciers à coupe rapide sont souvent moins durs que les aciers au carbone et sont rayés par ceux-ci. Leur propriété spéciale est de garder leur dureté à chaud tandis que les autres la perdent.
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- GO m. par minute au lieu do 29 au maximum avec les aciers ordinaires) i. Ils enlèvent donc plus dé métal dans le même temps (3 kg par minute au lieu de 0,300 kg). Un fait, dit M. le Chatelier, permettra de préciser l’importance des services rendus par ces aciers rapides. Les ateliers du Canadian and Pacific Railway étaient devenus insuffisants et l’on avait décidé de les doubler en construisant un second bâtiment semblable au premier. Les plans étaient prêts et l’on allait passer à l’exécution quand apparurent les aciers rapides. Ils furent essayés de suite et l’augmentation de production fut telle que la construction du nouvel atelier a été définitivement ajournée. L’avantage des aciers rapides est encore plus grand si l’on prend des machines plus puissantes permettant de faire des coupes plus profondes : la dépense de force par unité de poids de métal enlevé est encore bien moindre dans ce cas.
- L’abaissement du prix de revient du travail de tour a eu une autre conséquence indirecte. Autrefois on faisait sur une pièce quelconque le plus de travail possible au laminoir ou à la forge ne gardant, pour le finissage au tour, que le strict minimum. Aujourd’hui on diminue et supprime dans bien des cas le forgeage préalable. Gledhill cite en particulier le cas des boulons pour plaques de blindage. Avec des aciers ordinaires, forgeage et finissage seul au tour, on faisait 8 boulons par jour; on en fait aujourd’hui 40. Les boulons sont tournés à une vitesse de 48,70 m. et on enlève sur chacun d’eux 28 kg de métal.
- Le même auteur signale la facilité apportée par la découverte des aciers rapides au perçage des métaux. Cette opération est actuellement presque aussi économique que le poinçonnage, même pour des tôles minces comme celles des torpilleurs. Arnou.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 septembre 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- La prédiction des perturbations climatologiques. — M. Bouquet de la Grye expose dans une Note le parti que l’on peut tirer de l’étude des variations de la température de la mer pour la prédiction à longue échéance des perturbations de la climatologie d’un pays. L’influence du gulf-stream sur les pays qu’il baigne est un fait bien connu. La vitesse des courants est faible, car ils transportent d’énormes masses: il en résulte que leur influence se fait sentir successivement sur leur trajet et à longue échéance. M. Uildebrandson a démontré que la température de la mer au Cap Nord exerce une influence sur la température régnant sur les terres du cercle polaire cl de l’Atlantique Nord. Il faut donc chercher la cause des différents types de saisons dans l’état thermique de la mer polaire. M. Peterson a prouvé que des variations de 2° à 3° dans la température de la surface de la mer suffisent pour amener des variations considérables de la température sur de vastes étendues. On peut donc entrevoir la possibilité de prédictions à longue échéance au sujet de la climatologie d’un lieu. Afin d’être à même d’essayer d’établir ces prédictions, il conviendrait qu’un Bulletin hebdomadaire ou bimensuel publiât des données sur la température de la mer dans des stations disséminées du Cap Nord aux îles Açores.
- Les diatomées d'Auvergne. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Lauby sur les diatomées du Plateau central. Ces algues microscopiques à carapace siliceuse, offrant des stries très élégantes, se rencontrent dans certains lacs du Plateau central, avec les formes propres aux diatomées des eaux saumâtres ou presque marines. L’auteur montre que ces espèces se sont adaptées aux eaux minérales et changent de forme lorsque la salure du lac diminue par un apport d’eau douce.
- Pouvoir trypanolitique du sérum de mouton. — M. Laveran annonce que M. Thiroux a étudié le pouvoir trypanolitique du sérum du sang de mouton sur le trypa-nosoma Duttoni. M. Thiroux a constaté que si l’on injecte à une souris ce trypanosome mélangé à du sérum de mouton, l’infection ne se produit pas; elle ne se produit pas pareillement lorsque l’on injecte un mélange préparé depuis une heure ou deux. Mais si l’on injecte le sérum
- 1 Léon Guillet. Les aciers spéciaux.
- d’un côté et le trypanosome de l’autre, il y a infection dans la moitié des cas.
- La conservation du cidre. — M. G. Bonnier fait ensuite connaître que MM. Alliot et Gimel ont effectué des recherches pratiques sur la conservation du cidre. Les auteurs ont reconnu que l’addition de 40 gr. à 60 gr. d’hypochlorite de chaux empêche le pullulement des microbes et assure, dans une certaine mesure, la conservation du cidre.
- L'hypocenlre des tremblements de terre. — M. Bi-gourdan expose que M. Comas Sola, directeur de l’Observatoire de Barcelone, a recherché une nouvelle méthode de détermination de l’épicentre d’un tremblement de terre. Il remarque que les méthodes en usage, même celles qui reposent sur l’emploi d’instruments spéciaux, conduisent à des résultats discordants. Le procédé de M. Comas Sola n’utilise que les observations d’une seule station, ce qui élimine l’effet des écarts provenant d’une comparaison insuffisante des horloges des stations. La profondeur à laquelle il conduit pour le tremblement de terre de Provence est de 31 km. A titre de vérification de l’exactitude de sa formule, M. Comas Sola a calculé la distance de l’épicentre à la station. Pour Barcelone, lors du tremblement de terre de Provence, la vérification se fait à 1/10, ce qui paraît déceler une précision suffisante de la profondeur calculée. Pour Barcelone et l’épicentre du tremblement de terre de Messine, la vérification s’opère avec une concordance remarquable.
- La photographie solaire. — M. Deslandres présente, en collaboration avec M. d’Ezambuja, une Note sur certaines photographies solaires obtenues à l’Observatoire de Meudon. Les auteurs remarquent que l’on peut photographier chacune des vapeurs comm^ si elle était isolée. Pour cela, on a recours au spectre solaire et l’on choisit dans la couleur voulue une raie noire au moyen de laquelle on reconstitue l’image de la vapeur. Mais on peut faire mieux. Si l’on examine la raie noire choisie, on reconnaît qu’elle n’est pas uniforme; on isole alors la partie centrale et l’on constate qu’elle donne une image différente de celle des bords. La première image correspond aux couches supérieures; la deuxième aux couches inférieures. Ch. de Villedeuil.
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- LE VOYAGE DU « ZEPPELIN » A BERLIN
- Le récent voyage du Zeppelin III, du lac de Constance à Berlin et retour, marque réellement
- La réparation du « Zeppelin » après l’accident de Bulzig.
- une date dans l’histoire aéronautique. Malgré les incidents divers qui ont marqué la traversée et mis parfois en péril l’existence même du dirigeable, ce long parcours aérien a pu s’achever suivant le programme arrêté à l’avance. La preuve est ainsi faite, d’une façon éclatante, que le dirigeable peut se prêter aux grands voyages aériens : nul doute que des perfectionnements ultérieurs ne leur assurent la plus parfaite sécurité.
- Nous croyons intéressant de donner quelques détails sur l’audacieuse randonnée du Zeppelin, qui souleva dans toute l’Allemagnè un enthousiasme délirant.
- La Nature a déjà décrit le Zeppelin : l’aéronef qui vient d’exécuter le parcours Friedrichs’hafen-
- Le « Zeppelin » arrivant à Berlin.
- | Berlin était sorti depuis quelques jours à peine des I chantiers de construction. Il comportait certaines
- modifications importantes notam-ment dans la forme et la commande des hélices, perfectionnements qui n’avaient pas encore reçu l’épreuve de la pratique. Aussi le ballon eüt-il à subir de nombreux accidents pendant la première partie de son voyage, tandis que le retour, après une avarie survenue peu de temps après le départ, a été accompli en un voyage ininterrompu de 25 heures.
- Le départ eut lieu le vendredi 27 août, à 4 h. 55
- La nacelle du dirigeable au moment de l'atlerrissage. Dans l’angle gauche, on aperçoit le Prince Impérial et le comte Zeppelin.
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- PEUT-ON PRÉDIRE LES TREMBLEMENTS DE TERRE ? — - 263
- du matin. Avaient pris place dans sa nacelle, le fils du comte Zeppelin, l’ingénieur en chef Dürr, l’ingénieur Stahl, deux « capitaines aériens » et trois mécaniciens. Le comte devait rejoindre son dirigeable à Bitlerléld où l’on comptait procéder à un remplissage.
- Des pluies abondantes ralentirent la marche; puis la tempête qui s’abattit sur le ballon au-dessus de la forêt Franconnienne obligèrent le Zeppelin 111 à opérer un atterrissage intermédiaire, à 50 km de Nuremberg; il fallut changer une hélice et réapprovisionner le ballon de lest. Les cylindres antérieurs d’un des moteurs vinrent ensuite à éclater; l’aérostat dut atterrir de nouveau sur le lac dit Dutzendteich, près de Nuremberg, où s’étaient assemblés des milliers de spectateurs. Bien que ne disposant plus que d’un seul moteur, l’aérostat put exécuter quelques manœuvres très réussies, après quoi il s’abaissa lentement et majestueusement sur le lieu d’atterrissage. Les nouveaux cylindres, arrivés à 8 heures, furent immédiatement montés malgré une pluie torrentielle et au milieu d’une foule de spectateurs. À 2 b.
- 15 m., l’aérostat put reprendre sa course vers Berlin. En repassant sur la forêt Franconienne, il fut toutefois surpris à nouveau par de violentes tempêtes qui l’obligèrent à exécuter de grandes boucles. Ce nouveau retard
- l’empêcba d’être à Berlin pour l’heure fixée. La foule qui s’était amassée au champ de Tempelhof pour le recevoir dut rentrer déçue.
- Près de Bonneburg le ballon perdit son hélice gauche antérieure; on s'arrêta et l’on profita de lanuitpour regonfler. Le dimanche matin, à 7 b. 55 m. le dirigeable s’élève à nouveau par un temps splendide, mais avec trois hélices seulement, et il arrive à Berlin à 12 b. 50 m. au-dessus du champ de Tempelhof.
- Pendant 2 heures, il exécuta toutes sortes de manœuvres au-dessus de la ville de Berlin, de façon à pouvoir être vu successivement de tous les points de la capitale.
- L’atterrissage final s’opéra sur le champ de tir de Tcgel, où l’Empereur, accompagné de la famille impériale et de sa suite, était venu saluer et féliciter le hardi explorateur des airs.
- I/aérostat leva l’ancre à minuit et demi pour le retour. Comme la seconde hélice antérieure succombait à son tour, à la fatigue du voyage, le Zeppelin III dut atterrir de nouveau à Bülzig, près de Wittenberg. À partir de cet endroit, le voyage se poursuit sans interruption pendant 25 heures. C’est la plus belle performance qu’ait enregistrée jusqu’ici l’histoire aérienne. D1' Alfred Gradenwitz.
- Le « Zeppelin » exécutant une manœuvre de descente au-dessus de Tempelhof.
- PEUT=ON PRÉDIRE LES TREMBLEMENTS DE TERRE ?
- Les tremblements de terre ont suscité de nombreuses théories. Parmi les plus séduisantes, sont celles qui attribuent un rôle prépondérant à l’action de la lune ou du soleil, à l’influence des taches solaires.
- M. de Parville avait cru trouver un rapport certain entre les perturbations telluriques et les déclinaisons lunaires et il en avait conclu certaines dates critiques, favorables aux grands tremblements de terre et correspondant toujours à des positions solaires et lunaires bien, déterminées, telles que équilune, lunistice, déclinaison. Ces dates sont fort nombreuses : une douzaine de jours par mois.
- M. Flammarion, dans le Bulletin de la Société Astronomique, se livre à une étude statistique et chronologique des principaux tremblements de terre d’où il semble résulter que là où l’on a voulu voir rapport de cause à effet, on n’est autorisé pour l’instant qu’à constater de simples coïncidences. 11 a mis en regard les dates de ces tremblements de terre, comparées aux positions de la terre, du soleil et aux taches solaires.
- En particulier, il considère une série de violents tremblements de terre survenus depuis celui de Messine: en
- Asie Mineure (25 janvier), en Turquie d’Asie (15 février), au Japon (10 Mai), à Sumatra (6 juin), en Provence (11 juin), au Mexique (30 juillet), qui se répartissent au hasard dans le calendrier lunaire.
- De la statistique de M. Flammarion, et d’une autre beaucoup plus complète d’Alexis Perrey de Dijon portant sur 17 249 tremblements de terre, il résulte que ceux-ci se répartissent presque également entre les jours voisins des syzygies (veille, jour et lendemain de la nouvelle. et pleine Lune) et ceux voisins des quadratures : 8858 pour les premiers, 8011 pour les seconds. La petite différence qui s’accuse ainsi semble montrer néanmoins une influence de notre satellite, mais si faible qu’elle ne peut servir de base à des prévisions.
- Aucune corrélation ne ressort de la comparaison des dates des mouvements telluriques à celles des périgées et apogées lunaires, à celles des grandes marées, à celle de la coïncidence des déclinaisons lunaire et solaire, à l’évolution des taches solaires. On doit donc conclure qu’en l’état actuel de la science les tremblements de terre ne peuvent être prédits par aucune méthode.
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- LE PIGEON DANS L’ANCIENNE ÉGYPTE
- On rencontre actuellement, en Egypte, environ huit à dix espèces de pigeons, lesquelles furent, probablement, connues aussi des anciens Égyptiens. Toutefois, leurs monuments offrent un nombre très limité de ces oiseaux susceptibles
- sur chaque plume du manteau, une tache arrondie bleu d’outremer1.
- L’aire de dispersion de cet oiseau s’étend sur l’Egypte et sur l’Inde.
- Très abondante en Égypte, cette tourterelle
- F- Hippoly te -Boussacdei- P-Hippolyle-Boussac d*?l-
- Fig. i. — La Tourterelle égyptienne. Fig. 2. — La Colombe tourterelle.
- (Peinture de Beni-Hassan.) (D’après Champollion.)
- d’identification. Parmi ces derniers nous croyons reconnaître : la Tourterelle égyptienne, la Colombe tourterelle, la Tourterelle à collier et la Colombe Bizet.
- La Tourterelle égyptienne. Colomba Ægyptiaca Lath. — Levaillant l’a décrite sous le nom de Colombe mailléei; elle mesure 27 centimètres de longueur. La tête et le haut du cou sont colorés d’une teinte moelleuse lie de vin qui, sur la poitrine, se change en un ton roussâtre agréablement varié de mailles noires en zigzag. Le manteau est aussi roussâtre, mais tout uni, le bord de l’aile d’un gris bleu velouté. La partie inférieure du corps est d’un gris perlé qui va toujours s’éclaircissant vers l’abdomen. Les longues pennes de l’aile et de la queue, noirâtres intérieurement, sont lizérées de gris à l’extérieur. Le bec est d’un noir bleuâtre, les yeux sont orangés, les pieds rouges, les ongles noirs.
- En outre de ces particularités, assez bien observées par l’artiste égyptien, la peinture pharaonique (fig. 1) porte,
- Fig. 3. — La Tourterelle à collier. (Bas-relief memphite.)
- est la seule qui reste dans le pays toute l’année.
- La Colombe tourterelle. Turtur auritus Linné. — Celle-ci est le type du genre, la seule qu’on trouve encore à l’état sauvage; elle mesure 30 centimètres de long et 53 d’envergure ; c’est la tourterelle commune. Elle a le bec d’un brun rougeâtre, la tête et la nuque d’un bleu cendré; quelques plumes noires bordées de blanc ornent les deux côtés de son cou lequel est, avec la poitrine, nuancé de gris perle tirant sur le rose; le dos et les pennes de la queue sont d’un brun cendré assez soutenu. Sur les couvertures s’étend une couleur de rouille portant, dans l’axe de chaque plume, des taches noires en fer de lance; le bord des ailes est bleuâtre, l’abdomen d’un blanc pur. Les yeux sont entourés d’un cercle rouge, l’iris est orangé, les pieds sont rouges, les ongles noirs2. L’aile pliée cache la queue jusqu’aux trois quarts de sa longueur totale.
- Tenant compte du côté conventionnel qu’offre toute image égyptienne, on reconnaîtra qu’en dehors de la coloration des pennes de la queue,
- 1 Levaillant. Hist. nat. des oiseaux d’Afrique, t. VI, p. 82, pl. 270. — Temminciî (Hist. nat. des Pigeons, t. I, p. 100, pl. XLY) et Savignv (Descript. de l’Égypte, t. XXIII, p. 376, pl. V, fig. 6), l’ont aussi décrite sous le même nom. C’est la Tourterelle à gorge tachetée du Sénégal, de Buffon. (Voir dans les œuvres complètes de Bulfon, la Tourterelle du Sénégal.)
- 1 Comme la suivante, celle-ci provient de Beni-Hassan Elles figurent, l’une et l’autre, en couleur, dans Champollion, Monuments d’Égypte et de Nubie, t. IV, au bas de la planche CCCLII.
- 2 Temminck. Hist. nat. gén. des Pigeons, t. I, p. 80. Pl. XLII. Comparer aussi avec Gould, Birds of Europe, pl. 246, vol. IV.
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- LE PIGEON DANS L’ANCIENNE EGYPTE ===== 265
- traitées en bleu dans notre reproduction (fig. 2), celle-ci possède bien les caractères essentiels de la colombe tourterelle, même forme, même aspect général ; les plumes qui s’enlèvent en noir sur le côté du cou sont vigoureusement indiquées.
- Au printemps, cet oiseau abonde en Égypte, en Nubie et on le rencontre parfois à Edfou, dans le courant d’avril1.
- La Tourterelle à collier. Colomba visoria Latham. — Elle est également connue sous le nom de Colombe blonde et de Pigeon rieur. Tout son plumage est gris perle nué d’une légère teinte purpurine; assez clair à la gorge et à l’abdomen, il est plus soutenu sur le dos et sur les ailes dont les pennes noirâtres sont bordées de fauve. La queue est légèrement étagée, et sur le milieu du cou s’enlève, en noir intense, un collier marqué de filets blancs. Le bec est noir, les yeux et les pieds sont rouges2. Cot oiseau mesure 53 centimètres de long et 55 d’envergure.
- L’aire de dispersion du pigeon rieur s’étend sur l’Inde, l’Arabie, la Palestine et une grande partie du continent africain. Très commun au centre de la Nubie, il est, de tous les turturidés, le plus répandu dans l’intérieur de l’Afrique. En Europe, on l’élève en cage, sous le nom de Tourterelle de Barbarie.
- Dans l’ancienne Égypte, nous le trouvons domestiqué dès la Ve dynastie; son image nous est offerte par un bas-relief memphite où il figure, dans une basse-cour, mêlé à d’autres volatiles. Il ne reste plus trace de coloration; mais son aspect général, dessin de la tête, longueur de l’aile, comparée à celle de la queue, tout nous révèle bien une tour-
- Fig. 5. — Bronze chaldèen. (D’après de' Longpérier.)
- terelle à collier. Celui-ci est, en outre, si caractéristique, il avait pour les sculpteurs égyptiens, une telle importance, qu’ils en ont marqué la place et la forme par une petite masse légèrement saillante (fig. 5).
- L’inscription accompagnant notre image, prouverait que la tourterelle blonde portait, ainsi que l’hirondelle, le nom de ment.
- 1 Shelley. Birds of Egypt, p. 214.
- 2 Le vaillant. IF si. nat. des oiseaux d'Afrique. La Tourterelle blonde à collier, mâle, vol. 6, pl. 268. — Temminck. Hist. gén. des Pigeons, t. I, p. 97, P. XLIV.
- De nos jours encore, la tourterelle blonde est fort recherchée en Egypte et traitée avec le plus grand soin.
- Cette espèce se plaît surtout dans les lieux garnis de buissons. Suivant Brehm, elle aimerait aussi les forêts arides des steppes, et ne change jamais de place sans faire entendre un roucoulement semblable à des'éclats de rire, d’où lui est venu le nom de visoria1.
- La Colombe Bizet. Columba livia Linn. — Nous trouvons, dans un bas-relief de l’ancien empire, un groupe de dix-huit volatiles appartenant tous à la même espèce. Les couleurs ont disparu; mais la forme de ces oiseaux est tellement caractéristique, si bien précisée, que, sans trop d’invraisemblance, on peut, croyons-nous, les identifier avec la colombe Bizet, connue aussi sous le nom de pigeon de roche ou pigeon des champs (fig. 4)2. Lorsqu’àl’époque des migrations, ces pigeons quittent nos contrées pour se rendre sous un ciel plus clément, ils se rassemblent par masses nombreuses et ne se dispersent qu’après leur retour; particularité qui expliquerait cette agglomération de bizets au repos, figurés sur le bas-relief memphite.
- L’aire de dispersion de cette espèce s’étend sur l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Elle est très abondante dans l’Inde, en Egypte et en Nubie où elle vit, à l’état demi-sauvage, dans les rochers, les vieux édifices, les temples, les pagodes.
- Dans la haute Egypte, on rencontre des constructions en forme de pyramides tronquées dont l’usage remonte à une époque fort lointaine. Le bas, seulement, de ces édifices, est habité par les fellahs et tout le haut sert à loger les pigeons.
- Cette partie, généralement peinte en blanc, et diversement enjolivée, est formée de pots ovoïdes superposés et côte à côte, reliés entre eux par du limon du Nil; ils sont entourés de branches disposées en faisceaux et scellées dans la maçonnerie. En voyant le nombre prodigieux de Bizets, qui sans cesse volent aux alentours, on ne peut mettre en doute leur prédilection pour ce genre de pigeonniers.
- Les allures de cet oiseau diffèrent peu de celles
- 1 Brehm. La vie des animaux illustrée. Les oiseaux, t. II, p. 265, édit, française.
- 2 Comparez notre image à la figure de Bizet dans Gould, The Ih’rds of Europe, vol. IV, pl. 245.
- Le Bizet.
- (Bas-relief de l’ancien empire.)
- Fig. 6. — Le temple de Vénus à Paphos.
- (D’après Donaldson.)
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- LE PIGEON DANS L’ANCIENNE ÉGYPTE
- du pigeon domestique; il est toutefois plus agile, craint l’homme, et son vol, d’une rapidité extrême, lui permet de franchir environ 110 km dans une heure1.
- Par cette habitude qu’a le Bizet de nicher dans les trous de rochers et de les préférer aux demeures qu’il pourrait se construire sur les arbres, il est facile de voir que nos pigeons de colombier tirent leur origine de cette espèce. Ce qui, en outre, confirmerait cette opinion, c’est que les pigeons déserteurs de nos colombiers revenus à l’état sauvage donnent toujours la préférence aux rochers et aux vieilles masures pour y établir leurs nids.
- Nué d’un gris bleuâtre, dans son ensemble, le Bizet a la tête d’un ton d’ardoise, sur le cou s’étale une chaude coloration vert émeraude à reflets de pourpre; le bas du dos est blanc; les rémiges et les plumes de la queue sont noires ; deux bandes de même couleur traversent les ailes. L’œil est orangé, l’extrémité du bec noirâtre, les pattes sont rouges, les ongles noirs2. Il mesure 56 cm de long et 63 d’envergure; l’aile pliée touche presque le bout de la queue.
- Pour se désaltérer, les pigeons d’Egypte s’abattent au milieu du Nil, se hissent porter par les flots et ne se relèvent qu’une fois leur soif apaisée.
- Comme les espèces privées, les Bizets se nourrissent de céréales de toute sorte : graines de colza, de lin, pois, lentilles, etc., qu’ils recueillent en courant des heures entières sur le sol.
- Très abondants en Thébaïde, je les voyais traverser les Memnonia par bandes innombrables, dans lesquelles Mohammed, chaque jour, envoyait une décharge de plomb pour se procurer, à peu de frais, ma nourriture quotidienne. La chair de ce pigeon est un peu grasse, mais sans être mauvaise, elle ne m’a point laissé le souvenir d’un mets très délicat.
- Par sa fécondité, la rapidité de son vol, scs formes gracieuses, un plumage
- 1 Breiim. La vie des animaux illustrée. Les oiseaux, t. II. La colombe bizet, p. 235 et suiv., édit, française.
- 2 Temminck. lïist. générale des Pigeons, t. I, p. 27, pl. 12.
- qui souvent resplendit des plus vives couleurs, le pigeon fut de bonne heure apprécié de tous les hommes.
- On a vu longtemps dans cet oiseau le modèle des vertus domestiques. Et La Fontaine, qui n’est pas toujours bon naturaliste, a eu raison de célébrer sa fidélité au colombier et de le peindre comme inapte aux volages aventures. On sait quel parti on tire du pigeon voyageur, voyageur plutôt négatif1.
- Buffon2 d’ailleurs et d’autres naturalistes ont fait après Pline, un portrait charmant des mœurs de ces oiseaux. Ils ont vanté leur douceur, l’attachement à leurs semblables, l’amour de la société, la fidélité à leurs compagnes. Nous savons aujourd’hui que tous ces exemples proposés à l’homme, sont comme lui empreints des vices de la société.
- À l’encontre des autres peuples, les Egyptiens voyaient dans le pigeon l’homme ingrat et nuisible envers ses bienfaiteurs. D’après eux, quand cet oiseau est devenu fort, il chasse son père de la société de sa mère.
- Cependant les attributions qu’ils assignaient à chacune des espèces prouveraient qu’ils n’ignoraient pas tout à fait leurs mœurs. Dans la tourterelle ils reconnaissaient l’image de l’homme qui aime la danse et le son de la flûte, parce que ces divertissements font plaisir à cet oiseau.
- La veuve était assimilée à la femelle noire du ramier qui, du jour où elle perd son mâle, refuse à jamais toute autre union. Le ramier, lui-même, portant dans son bec une branche de laurier, signifiait l’homme qui se guérit lui-même, parce que lorsque cet oiseau est malade, il se guérit en mettant dans son nid une feuille du rameau consacré au dieu de la médecine.
- En général, ils regardaient le pigeon comme pur et sain; quand l’air était imprégné de miasmes délétères, au point d’aflec-ter tout être ou toute chose, ils ne mangeaient que de cet oiseau pour se garan-
- Fig. 8. — Lampe de bronze antique en forme de colombe.
- Ilist. nat., X, 52, 1. La Tourterelle.
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- tir; aussi, en temps d’épidémie, ne servaient-ils d’autres mets à leur roi et à quiconque était attaché au service des dieux1.
- Indépendamment des qualités qu’on lui attribuait, le pigeon est très utile à l’homme par sa fécondité et rend de grands services comme porteur de messages, aussi a-t-il inspiré de nombreuses légendes et donné lieu aux récits les plus extraordinaires.
- Avant de sortir de l’arche, Noé, voulant connaître l’état de la terre submergée par les eaux diluviennes, donna, par trois fois, le vol à une colombe2.
- 11 est aussi fait mention de cet oiseau dans la version chaldéenne
- ppolyte-^BouiSûc ciel
- Fig. 9. — Ciboire du XIIIe siècle. (Le Moyen âge et la Renaissance par Lacroix.)
- du
- déluge.
- « A l’arrivée du septième jour,
- .le lis sortir une colombe, je la lâchai,
- Elle alla la colombe, elle revint.
- Comme il n’y avait pas d’endroit, elle revint3. »
- Sur le conseil de Phinée, les navigateurs, montant le navire Argo, lâchèrent une colombe pour savoir s’ils pouvaient franchir les rochers mobiles, entre le Bosphore et le Pont-Euxin4 5.
- Ce furent encore deux colombes qui, à travers la sombre forêt, guidèrent Énée vers l’arbre portant le rameau d’or, indispensable au héros troyen pour pénétrer dans les Enfers et arriver jusqu’à la redoutable ProserpineB.
- En Egypte le pigeon ne semble pas avoir été l’objet d’un culte spécial; mais les textes des Pyramides nous le montrent assimilé à l’encens, dont le rôle fut si important dans la religion et dans l’apothéose de l’âme : 0 Salut à toi encens! salut à toi colombe qui es dans les membres d’Haroïri, prends forme en ton nom de pain, que ton parfum monte vers Ounas et ton arôme vers Ounas !6 »
- Chez les Assyro-Chaldéens, la colombe était honorée à l’égal d’une divinité. Ils lui témoignaient cette vénération, en souvenir de Sémira-mis qui, après avoir été mystérieusement élevée par des colombes, disparut à la fin de son règne, et s’envola subitement sous la forme de l’un de ces oiseaux, accompagnée de plu-
- 1 Horopoi.lon, 1, 55, II, 30, 40, 48.
- 2 Genèsç, chap. vin, 8 à l‘2.
- 3 Choix de textes religieux assyro-habylo-niens par le P. P. Dhorme, p. 101. Le Déluge, 146 à 149.
- 4 Apollonius de Rhodes. Les Arqonaules, liv. II.
- 5 Enéide, VI, v. 190 et suiv.
- c La vertu du sacrifice funéraire (ancien et moyen empire) par E. Lefébure. Sphinx, 7e année, p. 185.
- sieurs autres colombes qui étaient descendues dans son palais. L’image probable de cette divinité nous a été transmise par des bronzes chal-déens (fig. 5).
- On trouve encore la colombe étroitement associée aux divinités syriennes Astarthée et Dercéto.
- En se transportant de la Phénicie dans l’île de Cypre, Astarthée prit le nom d’Aphrodite, et dans son culte, tenu en grand honneur par la Grèce entière, la colombe occupe une place considérable comme symbole vivant de la toutc-puissanle déesse. Une médaille nous montre le temple de Paphos où les colombes sacrées sont en train de prendre leurs ébats sur le parvis et sur les acrotères (fig. 6).
- Le pigeon et la tourterelle sont parmi les oiseaux, ceux dont la Bible fait le plus souvent mention. D’un fréquent usage dans les sacrifices, chantés par le psalmiste, le Cantique des Cantiques compare la beauté de l’épouse à celle de la tourterelle. Dans l’Évangile, l’Esprit saint apparaît au baptême du Christ sous la forme d’une colombe.
- Peu d’oiseaux ont joué dans le symbolisme religieux un rôle aussi considérable que le pigeon. Après s’être manifesté comme emblème des divinités naturalistes de l’Orient, par un phénomène étrange, le mysticisme chrétien lui a conservé une grande place dans ses légendes sacrées.
- Voyant dans la colombe un oiseau choisi de Dieu pour intervenir dans tous les grands mystères, les premiers chrétiens ont prodigué son image de toutes les manières : en peinture (fig. 7), en mosaïque, sous forme de lampe (fig. 8), de vases dorés, de ciboires, etc. Constantin fit don, à l’église Saint-Pierre, d’une tour et d’une colombe de l’or le plus pur, enrichi de prases, d’hyacinthes et de 125 perles blanches1. Quelques-unes de ces colombes eucharistiques, exécutées au moyen âge, sur des modèles fort anciens, sont des œuvres d’art tout à fait remarquables (fig. 9).
- Les Pères de l’Église ont surtout vu dans la colombe un emblème de virginité et de fidélité. La cantilène de sainte Eulalie nous montre son âme gracieuse, s’envolant au ciel sous forme de colombe2. Les imagiers du moyen âge ont représenté la chasteté par une Vierge tenant une palme de la main droite et sur la gauche portant une colombe (fig. 10).
- P. Hippolyte Boussac.
- Fig. 10. — La Chasteté. (D’après un manuscrit de la Bibl. nationale.)
- 1 Revue de l’art chrétien, t. II, 4858, p. 389. — 2 Krafft. Les Carlovingiennes. Vie de s* Léger et cantilène de ste Eulalie, p. 33
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- CHRONIQUE
- Le lithopone. — Depuis quelques années, on préconise comme succédané de la céruse en peinture, un mélange de sulfure de zinc et de sulfate de baryum, qui porte le nom de lithopone et sur lequel un chimiste industriel a donné récemment quelques renseignements intéressants.
- Cette nouvelle substance n’est pas altérée par l’hydrogène sulfuré qui possède, comme on le sait, la propriété de noircir les peintures à la céruse ; le lithopone possède un pouvoir « couvrant » assez fort, mais il a l’inconvénient de devenir gris au soleil. On le prépare en mélangeant des solutions de sulfure de baryum et de sulfate de zinc en proportions moléculaires; le sulfure
- de baryum est Qbtenu en chauffant la barytine ou sulfate de baryum naturel avec du charbon ou des matières carbonées dans une atmosphère réductrice; on opère dans des fours à réverbère ou dans des fours tournants et on lessive le produit obtenu.
- Le lithopone ordinaire contient 29,5 pour 100 de sulfure de zinc; on obtient une substance à 45 ou 48 pour 100 de sulfure en remplaçant le sulfure de baryum par du sulfure de sodium et en lavant le sulfate de sodium produit.
- Si on remplace le sulfate de zinc par le sel correspondant de sodium, on obtient un produit moins riche en sulfure.
- L’INDUSTRIE SUCRIERE ET LA DIFFUSION CONTINUE
- Quoique l’on ne s’en doute généralement pas, les industries du sucre et de l’alcool sont une des principales branches de l’ac-
- tivité nationale : la valeur des produits retirés annuellement de la betterave dépasse celle de notre production de fer ou de houille. Aussi les procédés de la sucrerie indigène méritent-ils d’être mieux connus ; leur étude est d’autant plus intéressante que, grâce aux efforts de tous les techniciens, on a réalisé des progrès tels que plus des quatre-vingt-dix-neuf centièmes du sucre contenu dans les matières premières est intégralement utilisé et que l’on fabrique industriellement un produit — le sucre Jus cassé des épiciers — idéalement pur, ne le cédant sous ce rapport à aucun des produits « chimiquement purs » de laboratoires.
- La première opération subie par les betteraves lavées et hachées consiste en une extraction aqueuse de tous les éléments solubles qu’elles contiennent, de façon à obtenir un jus sucré d’où l’on extraira le sucre ou l’alcool après épuration ou
- COSSETTES FRAICHES"
- COSSETTES
- EPUISEES
- Fig. t. — Schéma de la diffusion continue Hyross-Rak.
- fermentation. Depuis près d’un demi-siècle, on a substitué ce procédé de « diffusion », à l’antique extraction par pression de la pulpe : les lamelles ou « cossettes » de betteraves sont successivement traitées par un jus sucré de moins en moins riche, l’eau pure arrivant au contact des cossettes les plus épuisées et s’enrichissant graduellement. Le traitement se fait dans une « batterie de diffuseurs », vases cylindriques de tôle réunis en cercle ou en ligne par 12 ou 16; on les emplit et les vide périodiquement, les jus étant dirigés dans une canalisation très compliquée par un jeu de nombreux robinets. Sans que nous entrions dans plus de détails, on concevra aisément que la manœuvre d’un tel ensemble, comprenant une succession de périodes d’activité et de repos des jus, soit assez difficile; de fait, il arrive souvent en pratique, par suite d’une mauvaise conduite des appareils, que des cossettes soient incomplètement épuisées, que les jus circulent mal, etc. Aussi depuis la création de la diffusion, un grand nombre d’in-
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- L’INDUSTRIE SUCRIERE ET LA DIFFUSION CONTINUE...........269
- venteurs sc sont-ils elïorcés de substituer à la batterie ordinaire, un appareil à marche automatique et continue. Après beaucoup d’essais infructueux, il semble que l’on soit parvenu maintenant à résoudre le problème : il existe en Autriche depuis deux années plusieurs applications industrielles de la diffusion continue inventée par MM. Von llyross et Rak dont la marche a donné toute satisfaction.
- Dans la diffusion llyross-Rak, les cossettes de betteraves sont amenées du coupe-racines par une chaîne à godets dans une trémie T surmontant un diffuseur tronconique 1) (lig. 1). Sous l’action de l’hélice à marche lente mue par l’arbre central qui lui-même est commandé ainsi que tous les autres, par les pignons d’angle des transmissions longitudinales du haut et du bas ; les cossettes mélangées au jus qui arrive en E parcourent de haut en bas le tronc de cône où elles sont soumises à plusieurs traitements successifs. En 1 cos-setles et jus se mélangent; en 11 pendant la phase la plus longue, le sucre contenu dans les cossettes dilfuse
- rieur de façon qu’il y ait équilibre de concentration entre le liquide contenu dans les cellules et celui où elles baignent. III est la zone de pression; sous la double inlluence de la conicité extérieure et de l’augmentation de diamètre de l’arbre central, les cossettes sont comprimées, et comme la paroi tronconique est formée en cet endroit de lôlcs perforées, le jus se sépare et passe dans la chemise extérieure du ditlùseur d’où il est conduit aux épurateurs.
- Les cossettes, toujours comprimées pour éviter une ré-imbibition, sont alors dirigées par l’hélice dans un canal aboutissant à la chambre de passage IV de grand diamètre où, sous l’action de palettes portées par l’arbre à hélice, elles sont malaxées avec le jus arrivant en G . Le mélange passe
- alors à la partie inférieure du diffuseur suivant en tout semblable au premier, mais clos à sa partie la plus large et placé en sens inverse : conicité en haut. Les cossettes remontent sous l’action de l’hélice, passent dans les différentes zones du diffuseur où elles sont soumises à la même série de traitements. La batterie se compose de quatre ou six éléments semblables que les co'sseltes parcourent successivement ; en sortant du dernier diffuseur où la zone de pression est plus longue pour permettre de mieux extraire le jus, les cossettes sèches sortent de l’appareil et sont évacuées par un transporteur.
- Ces cossettes sont parfaitement En effet, pendant leur parcours dans la batterie, elles ont subi une suite de mélanges, de malaxages lents, de pression avec les jus se dirigeant en sens contraire. C’est-à-dire que l’eau arrivant en J — on emploie pour cela les eaux ammoniacales, résultant de la condensation des vapeurs d’appareils à concentrer — après brassage avec les cossettes est expulsée à l’état de jus très faible en H. De là, après avoir passé dans un réchaulfeur où un serpentin de vapeur permet de régler la température pour activer l’épuisement, le jus est conduit dans la chambre de malaxage K de l’élément précédent. Après avoir parcouru ainsi chaque diffuseur, et s’y être chaque fois enrichi en saccharose ainsi qu’en impuretés solubles diverses, le jus arrive dans le premier corps de la batterie où, nous l’avons vu, il est au contact de cossellès fraîches, acquiert sa teneur maximum en principes solubles; puis est dirigé vers l’épuration et l’extraction.
- Jus et cossettes ont naturellement une marche continue et automatique ; il suffit, lors de la mise en route ou de l’emploi de betteraves plus ou moins riches, de régler convenablement une fois pour toutes le mouvement des hélices et les valves de réglage
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- des canalisations.
- Tous les procédés industriels à marche continue ont le grand avantage de donner une marche plus régulière que les procédés discontinus, les opérations ne dépendant pas de l’attention et du bon vouloir de l’ouvrier; une capacité de production plus grande puisqu’il n’y a pas interruption, une économie de main-d’œuvre.
- Outre ces avantages, la diffusion continue liyross-ltak a sur la diffusion ordinaire certaines supériorités bien marquées : on ne produit aucune eau résiduaire pour le pressurage des cossettes et le rinçage des diffuseurs; c’est une économie d’eau à employer et c’est la suppression partielle des eaux résiduaires que l’industriel ne peut envoyer à la rivière qu’après épuration toujours incomplète et malgré cela toujours coûteuse. De plus, on obtient des jus sucrés plus concentrés, et des cossettes plus nourrissantes pour le bétail (elles contiennent 20 % de matières sèches au lieu de 10 °/0). L’installation est bien moins encombrante (fig. 2 et 3).
- Enfin, ce qui résulte de la moindre quantité d’eau à pomper, à chauffer, à évaporer, on con-
- somme moins de charbon. L’économie réalisée de ce fait peut atteindre 5 à G000 francs par an pour une sucrerie de moyenne importance.
- Ap rès une mise au point assez délicate qui dura plusieurs années — on sait que la sucrerie est une industrie saisonnière n’ayant annuellement que trois à quatre mois d’activité, ce qui oblige à 'année en année les essais après perfectionnements apportés aux appareils, — la diffusion continue Hyross-llak donne maintenant d’excellents résultats. Non seulement le nouveau mode de diffusion convient pour la préparation des jus sucrés, mais il peut en général s’appliquer dans les nombreuses industries où l’on extrait les principes solubles d’un produit quelconque en le traitant par un solvant. Quoique seulement utilisé jusqu’alors en sucrerie, la decouverte n’est d’ailleurs pas moins importante. Tous les perfectionnements réalisés dans la fabrication du sucre ne peuvent en effet que profiter indirectement à la fois aux producteurs de matières premières, c’est-à-dire aux cultivateurs ; et aux consommateurs. II. Rousset.
- remettre d
- Fig. 3.— Diffusion continue, chemises métalliques démontées. (On voit la pulpe en zones séparées par les spires d'hélice).
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- LES COMBATS D’ANIMAUX A MADAGASCAR
- Les combats d’animaux qui ont encore tant de fervents adeptes dans les peuples civilisés, ont toujours été aussi très prisés par les Barbares. Les Malgaches sont passionnés pour ces combats; ils font battre des taureaux, des caméléons, des grillons, des coqs, des cailles, diverses espèces de coléoptères, des araignées, qu’on désigne souvent, au moins dans lTmcrina, sous le nom de Kalaza, c’est-à-dire les lutteurs, les champions.
- Ce sont naturellement les combats de taureaux qui étaient les plus recherchés. La reine Itanavalona I, qui avait une passion toute particulière pour ce genre de spectacle, possédait à Tananarive tout un troupeau d’animaux destinés à lui donner ce plaisir; et il en était de même des
- hauts personnages et des gens riches du centre de l’ile. Des esclaves spéciaux étaient attachés au service de ces animaux et les dressaient. Quand un taureau devait se battre, son propriétaire avait recours à quelques-uns des charmes suivants qui, dans sa pensée, ne pouvaient manquer de lui assurer la victoire : on lui faisait boire l’ody fampinorona qui devait lui communiquer du courage, l’ody manilahy qui devait l’empêcher d’être blessé, l’ody vahimavany et l’ody fano qui devaient le rendre plus féroce, et on mettait sur ses cornes l’ody fitsinjo dont la vue devait décourager son rival et l’ody famonotan-droka qui devait lui donner la force de briser les cornes de son adversaire. En outre des charmes qu’il lui faisait
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- = L’INDUSTRIE DE L’ŒUF ARTIFICIEL AUX ETATS-UNIS ::r 271
- boire ou dont il enduisait ses cornes, son maître -portail souvent à la main pendant le combat une tige de Tsiton-droina ou de Tsilavondriana, pensant ainsi amener le triomphe de sa bête. Mais ce cpii était plus-'efficace, c’était le landro by ou pointe de 1er aigu qu’il ajoutait au bout de ses cornes ; les cornes ainsi armées s’appelaient landro-Kaka (cornes féroces). Ces combats étaient l'occasion de gros paris entre les assistants.
- Sous Radama I, les combats avaient lieu à sa campagne de Mahazoarivo, niais assez rarement. Sous Ranavalona 1, ils ont été au contraire fréquents et avaient généralement lieu dans la cour du palais de Tananarivc et les rares Kuropéens qui sont venus dans l’imerina sous son règne y ont tous assisté, M. Laborde, Mme Ida Pfeiffer, le R. P. Finaz, etc. Le R. P. Gallet, l’auteur du remarquable Tanlara ny Andriana (Histoire des souverains d’imerina) dit que cette reine a eu à son service jusqu’à 400 de ces taureaux dont elle prenait le plus grand soin : deux se liront remarquer entre tous par leur force, leur adresse et les victoires sans nombre remportées sur leurs adversaires. Ils s’appelaient lkambo et Maindainbana et étaient réservés pour clore les grands combats. Toujours invincibles, ces deux taureaux faisaient des victimes innombrables et n’épargnaient même pas les taureaux qu’ils rencontraient par hasard sur leur route, lkambo mourut de vieillesse et reçut les honneurs de funérailles pompeuses telles qu’on les fait aux « Andriana n ou nobles : pour montrer l’estime en laquelle elle le tenait et l’amour qu’elle lui portait, la reine lit en effet envelopper son cadavre d’un lambamena ou linceul de soie, ainsi qu’il est d’usage pour les morts de qualité; elle le lit porter par des « maréchaux » jusqu’à sa dernière demeure et li t tirer un coup de canon en son honneur ; son tombeau est à l’est du marché du Zoma, à Tananarivc, et une pierre rappelle aux Malgaches la mémoire de l’illustre taureau dont la souveraine avait si souvent admiré les exploits et dont la mort lui a causé une douleur profonde. Les « maréchaux » ou « T2C honneurs » qui ont porté le corps de ce taureau en ont été très liers et s’en sont vantés à M,no Ida Pfeiffer. D’autres taureaux de combats ont eu aussi des honneurs funéraires et quand, vers 1880, une nouvelle porte a été construite au coin sud-ouest de la cour du palais de Tananarivc, M. Pool qui dirigeait les travaux, a trouvé les restes d’un de ces animaux réputés qu’enveloppait aussi un lamba de soie.
- Dans quelques-unes des anciennes villes de l’imerina, on voit encore, ou tout au moins on voyait encore, il y a peu d’années, un grand terrain, en contre-bas, entouré de gradins de terre ; c’est là qu’avaient lieu les combats de taureaux, mais depuis la mort de Ranavalona I, ce spectacle a perdu de sa vogue et il y a déjà lontgemps qu’il n’y en a plus. Le propriétaire du taureau vaincu avait droit à la moitié de sa valeur, que le propriétaire du vainqueur devait lui payer : c’est ce qu’on appelait mananganila.
- Les Sakalava ont également le goût des combats de
- taureaux, mais chez eux, ces luttes se font d’une manière plus primitive : lorsque l’idée leur en prend, ils choisissent dans leurs troupeaux les animaux qui leur paraissent le plus en forme ; est considéré comme vaincu celui qui, ayant été blessé, prend la fuite. Comme chez les Merina, ,1e propriétaire du vainqueur prend pour lui la moitié du taureau vaincu, laissant l’autre moitié seulement à son propriétaire. La fêle, comme toute fête sakalava du reste, se termine par d’abondantes libations de toaka ou rhum malgache et de nombreuses salves de coups de fusil.
- Les Malgaches qui ne sont pas assez fortunés pour se livrer à ce sport, donnent carrière à leur goût pour les combats d’animaux en faisant battre des coqs, des caméléons, des grillons et autres insectes. Les combats de coqs sont généralement accompagnés de paris : pour donner du courage à ces volatiles qui, d’ordinaire, cependant n’en manquent pas, on leur fait boire une infusion de Somorona, espèce de lycopode.
- On ne pouvait guère s’attendre à trouver parmi les champions de ces combats en champ clos, le caméléon, animal lent, s’il en fut, dans ses allures et d’un aspect si calme, on pourrait dire si hébété, et cependant les Malgaches savent, pour satisfaire leur goût, utiliser la passion qui couve, sans qu’on s’en doute, dans ce corps en apparence si froid. En présence de sa femelle, le Kanda-hiny, comme ils le nomment, se bat avec un furieux acharnement : on donne le nom de Kaosy (lâche) à celui qui est vaincu ; il en est qui refusent de se battre, ce sont des Kanevuka, des poltrons.
- Les combats de grillons, d'Angely, sont de beaucoup les plus fréquents, les plus populaires. On prend un insecte quelconque, auquel on donne pour la circonstance le nom de famoaka et on l’introduit dans un trou de grillon mâle, ce qui fait sortir celui-ci et permet de s’en emparer. Lorsqu’on a ainsi pu se procurer deux combattants, on creuse une petite cavité dans la terre, de la grandeur et de la forme d’un bol, et on y met les deux insectes après les avoir encouragés à se battre par un long discours que termine toujours l’exclamation Ndro-filahy ! (Et maintenant, en avant, soyez braves). Pour les exciter, on les chatouille aussi à la tête et sur le corps avec une tète ou une patte de grillon femelle emmanchée à un brin d’herbe. La lutte n’est jamais bien longue et le vaincu sort de 1’ « arène » en s’enfuyant ; on le remplace de suite et je me rappelle avoir vu un de ces grillons, un vaillant, qui en a battu ainsi huit les uns après les autres en quelques minutes. Les Chinois sont, comme les Malgaches, très amateurs de ce sport peu sanguinaire : ils placent deux grillons dans une coupe et leur chatouillent la tête avec un cheveu; ces bestioles, mises ainsi en colère, se précipitent aussitôt l’une sur l’autre; au premier choc, la victoire est décidée et le vaincu se retire calme et résigné, tandis que le vainqueur, battant des ailes, célèbre son triomphe par des cris stridents. G. Grandidieiî.
- L’INDUSTRIE DE L’ŒUF ARTIFICIEL AUX ÉTATS-UNIS
- Cette industrie d’apparence fantaisiste existe, en fait, aux Etats-Unis, et commence même à donner lieu à un commerce d’exportation dans les pays asiatiques. La production des œufs aux États-Unis est bien au-dessous des besoins de la consommation intérieure et de l’exportation. De là est née cette industrie singulière de l’œuf artificiel, pratiquée actuellement sur une vaste échelle, et
- que le Département de l'agriculture de Washington signalait, ces temps derniers, dans une communication relatée par VAgriculture de la région du Nord. Cette industrie est appelée à se développer d’autant plus qu’elle utilise la farine de maïs produite en grande quantité aux États-Unis et que l’œuf artificiel trouve d’importants débouchés dans le commerce des comestibles et plus parlicu-
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- LA TOUPIE HUMAINE
- librement dans ia pâtisserie. Elle comprend quatre opérations bien distinctes : la confection du jaune de l’œuf, celle du blanc, celle de la pellicule, et enfin celle de la coquille.
- Le jaune est formé par un mélange de farine de maïs, d’amidon extrait du blé, d’huile et de divers autres ingrédients qui contribuent à donner à ce jaune les caractères le rapprochant du jaune de l’œuf naturel. Ce mélange est versé à l’état de pâte épaisse dans une machine qui lui donne la forme ronde ; de là il passe dans un second compartiment où il est enrobé par le blanc composé d’albumine, comme l’œuf naturel. La substance se concrète et, grâce à un mouvement rotatoire particulier, elle prend une forme ovale.
- Un troisième compartiment de l’appareil, appelé machine h peau, reçoit l’œuf ainsi formé et l’enveloppe d’une légère pellicule albumineuse. Enfin, l’œuf passe
- dans Vécailleur, dernier compartiment, où il est recouvert de l’enveloppe extérieure, écaille de gypse un peu plus épaisse que la coquille naturelle. 11 est transporté ensuite sur des plateaux sécheurs, où l’écaille sèche tout d’un coup, à la faveur d’une température brusque et élevée, tandis que l’intérieur se concrète rapidement.
- Le produit a toutes les apparences de l’œuf naturel. On considère ces œufs comme aussi sains que l’œuf de poule; ils ne se gâtent pas et, à cause de l’épaisseur de leur coquille, ils supportent mieux les transports.
- Inutile de dire que cet œuf artificiel ne saurait détrôner l’œuf de poule et surtout l’œuf frais. Dans tous les cas, c’est là une concurrence à laquelle on n’avait pas songé jusqu’ici et que la loi sur la répression des fraudes des produits alimentaires, en France, n’a certainement pas prévue. Henri Bun.
- $§'3sà,‘^C&>
- LA TOUPIE HUMAINE
- Comme tant d’autres attractions « casse-cou » — n’oublions pas que le looping the loop, inventé par
- plan incliné, le véhicule, entraîné par son propre poids, se met en marche. Mais sa course le lait
- un Canadien, fit scs débuts dans un cirque new-yorkais — le wiggle-woggle nous arrive des États-Unis, où il lit son apparition l’été dernier. Comme le montre notre photographie, prise dans l’enceinte de la défunte Exposition Franco-Britannique, transformée pour cette année en Exposition Coloniale, il s’agit d’une colossale application du jeu connu sous le nom de toupie hollandaise. Les amateurs prennent place dans un gigantesque berceau de bois semi-sphérique porté sur des patins à roulettes, et dont les parois extérieures ont un épais revêtement de caoutchouc. Hissé au sommet d’un immense
- entrer en contact avec des piliers de poids également recouverts de caoutchouc, et il se trouve renvoyé violemment d’un obstacle à l’autre. Sa descente en tourbillon le fait parvenir dans un labyrinthe de passages formés par des barrières, où les heurts et les bonds sont aussi nombreux que capricieux. Mais ces incidents sont habilement calculés et préparés, et l’on affirme que la partie se termine sans que les joueurs en garde un souvenir sous forme de courbature. Aux États-Unis, on complique le jeu en postant d’énormes quilles sur le passage du lub. Cette pratique a causé quelques accidents.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lauuke, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 1897.
- 2 OCTOBRE 1909.
- LA MAISON ÉCONOMIQUE D’ÉDISON
- On a lait grand bruit, dans la presse d’outre-Àtlanlique, les échos en ont meme traversé l’Océan, autour d’une nouvelle invention d’Édison destinée, disait-on, à révolutionner complètement nos méthodes de construction. Il s’agit, en l'ail, d’un nouveau mode d’emploi du béton, procédé fort ingénieux, qui paraît susceptible dans certaines conditions, de rendre de réels services, sans cependant avoir la portée économique qu’on a voulu d’emblée lui attribuer.
- C’est une pensée philanthropique qui a détourné le grand inventeur américain des recherches électriques qui constituent le domaine habituel de ses investigations. Edison a voulu résoudre le dil-lieile problème de la construction à la ibis économique et confortable, à l’usage des populations ouvrières des grandes agglomérations urbaines.
- Le principe de sa méthode, d’après notre
- dilé du béton. 11 faut que celui-ci puisse couler aisément à travers tous les replis du moule, en épouser exactement les contours sans perdre rien néanmoins de son homogénéité, nécessaire à la solidité du batiment.
- Edison garde le secret sur la composition de son béton ; tout ce que l’on sait, c’est qu’il le mélange avec un colloïde spécial, élément essentiel dont la présence permet de réunir dans le liquide
- Fig. 2. — Le montage du moule où sera coulé le béton.
- Vite extérieure de la maison économique d’Édison.
- deux qualités, en apparence contradictoires : la lluidité et l’homogénéité. On a fait, du reste, des essais très sévères ; on a pu couler du béton dans un conduit en bois de forme contournée, représenté sur
- confrère Scientific American, est le suivant : il utilise le béton dont on connaît les propriétés de résistance et de souplesse; mais, au lieu d’élever la construction, ainsi que cela se pratique habituellement, par couches successives soigneusement raccordées et soudées les unes aux autres, il coule le béton d’un seul coup, dans un moule spécial dont l’intérieur présente en creux la forme extérieure de l’édifice à élever; lorsque la prise du béton est effectuée, on démonte le moule qui est formé d’un certain nombre de pièces métalliques et qui peut resservir pour une autre construction.
- Un premier point essentiel est à réaliser : la 11 ui-
- notre ligure 5 ; la grande branche verticale a 2,40 m. de long; la branche horizontale qui lui fait suite 7,20 m. ; vient une petite branche verticale de 1,20 m., une nouvelle partie horizontale de 4,80 m., et une dernière branche verticale de 0,78 m. Malgré tous ces tours et détours, le béton gardait à l’extrémité de ce conduit sa composition initiale.
- Après la composition du béton, le point le plus intéressant est la constitution du moule. Il est formé de quelques centaines de châssis en fonte s’assemblant les uns aux autres par des boulons. Ils ont été dessinés de telle sorte que l’on puisse, avec les mêmes éléments, obtenir plusieurs types de mai-
- 37e année. — 2e semestre.
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- 274 = LA MESURE DE LA PUISSANCE DES TURBINES
- sons différents, et éviter ainsi la lâcheuse monotonie qui semblait, à première vue, être l’écueil du procédé.
- Notre ligure 2 montre les châssis du moule, au moment où l’on en commence le montage.
- Notre ligure 1 montre une maison construite par le procédé Edison ; elle mesure 7,50 ni. sur 9 m. La porte de façade est large de 2,40 m., celle
- struit d’abord par les procédés ordinaires les fondations et les caves. On attend ensuite quelques jours avant de les soumettre aux poids assez élevé des châssis de construction.
- Ceux-ci sont alors assemblés complètement, depuis le rez-de-chaussée jusqu’au toit. Le béton spécial préparé dans de larges mélangeurs est
- de derrière de 0,90 m. Au rez-de-chaussée, on trouve une salle à manger de 4,20 m. sur 6,90 m., haute de 2,85 m. et une petite cuisine de 4,20 m. sur 6 m. Un escalier conduit au premier étage qui comprend deux chambres à coucher et une chambre de bains. A l’étage supérieur, on trouve deux pièces mansardées, fort bien éclairées. Sous la maison, court une cave de 2,25 m. de haut.
- Bien entendu, une maison de extérieur fort simple.
- ce
- genre est
- d’un
- Elle n’est pas cependant dénuée de tout ornement. Grâce au béton spécial d’Edison, certains des châssis du moule ont pu être sculptés de façon à iigurer des décorations assez lines, le béton pénè-
- Fig.
- amené dans un réservoir au sommet de la maison et de là il coule, dans le moule qu’il remplit jusqu’en ses plus fins recoins.
- M. Edison compte 4 jours pour l’assemblage des pièces du moule, 6 heures pour la coulée du béton, 6 jours pour la prise, 4 jours pour le démontage du moule, soit 14 jours pour la construction complète. Un jeu de châssis permet donc de construire par an, 21 maisons. Ce procédé a plusieurs avantages
- manifestes : la rapidité de la construction tout d’abord. Les bois qui habituellement servent de coffrages pour les constructions en béton armé et sont perdus, l’édilice terminé, deviennent ici inutiles et se trouvent éco-
- Tube replié où s'effectuent
- tre fort bien, assure-t-on,
- ces cavités délicates et ainsi l’ornementation de la maison s’effectue d’elle-même lors de la coulée du béton. Le procédé est évidemment peu coûteux.
- Les murs intérieurs n’exigent pas de revêtement en plâtre. Le béton, grâce au colloïde qu’il contient, prend une surface assez unie pour pouvoir être peinte directement.
- La maison contient le minimum de matériaux inflammables : le bois n’apparaît que dans les châssis des fenêtres et dans les portes.
- Comment s’édifie une maison Edison? On eon-
- nomisés. Certaines opérations accessoires : ornementation, enduits au plâtre se trouvent supprimées.
- Mais, le jeu de moule est fort coûteux ; il doit être de plus accompagné d’une machinerie spéciale : grues, appareils mélangeurs, et M. Edison évalue l’ensemble à 40000 dollars. Ce seul chiffre laisse entrevoir que le procédé ne pourra être appliqué que par des sociétés assez puissantes; les exigences de l’amortissement et de l’intérêt à servir au capital pourraient bien le rendre beaucoup moins économique que ne l’espère son inventeur. R. Villeks.
- LA MESURE DE LA PUISSANCE DES TURBINES — TORSION-METRE
- L’extension considérable prise, dans ces dernières années , par la turbine à vapeur, notamment pour la propulsion des navires, a nécessité la solution d’un problème nouveau et l’étude d’appareils de mesure fort ingénieux cpi’il nous parait intéressant de faire connaître.
- Le problème à résoudre consistait à mesurer la puissance produite par la turbine à vapeur et transmise à l’arbre moteur des hélices.
- Lorsqu’il s’agit d’une machine à vapeur à piston et mouvement alternatif, l’indicateur de Watt permet, comme on sait, de relever un diagramme qui indique la pression de la vapeur sur le piston à chacun des points de sa course et, par suite, la pression moyenne agissant sur ce piston pendant son trajet. Il est alors facile de déterminer la puissance produite dans les cylindres, soit en kilogrammètres, soit en clievaux-vapeur, lorsqu’on connaît les dimensions du cylindre et le nombre de tours de l’arbre moteur par seconde. En multipliant, ensuite, ce résultat par un coefficient variable, suivant le type de machine, entre 0,80 et 0,95, on obtient la 'puissance effective sur l’arbre moteur de l’hélice.
- Le même procédé n’est plus applicable à la turbine à vapeur, puisque alors la vapeur n’agissant plus par sa pression, mais bien par sa vitesse, l’indicateur de Watt qui ne peut relever que des pressions, n’est plus d’aucune utilité. Il fallait donc avoir recours à une autre méthode basée sur un principe différent.
- On sait que lorsqu’un arbre quelconque ab (tig. I), faisant partie, par exemple, d’un arbre d’hélice, est soumis en b à un effort tangentiel P produit par le couple moteur de la machine motrice, turbine ou machine à piston, cet arbre subit un effort de torsion et la fibre ab prend la position ad, le point b venant en d en formant l’angle dob qui est l’angle de torsion. Connaissant cet angle ou le déplacement db qui sont proportionnels au couple moteur produit par la turbine ou la machine à vapeur à piston, ainsi que la longueur ab de la partie de l’arbre soumise à l’essai, il est facile, d’après les règles connues de la résistance des matériaux, de déterminer le couple moteur produit sur l’arbre par la machine ; puis, étant connu le nombre de révolutions de l’arbre par minute, de déterminer la puissance effective produite par
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- la turbine sur l'arbre d’hélice1. Le problème se trouve ainsi résolu.
- Toute la question se résume à déterminer, soit le déplacement bd, soit l’angle de torsion bvd.
- Différents appareils, appelés torsion-mètres, ont été étudiés dans ce but. Nous décrirons celui dù à M. Fot-tinger, ingénieur des ateliers Vulcan à Slcttin.
- Ce torsion-mètre se compose (fig. 5) d’un manchon M, calé, à l’une de ses extrémités, C, sur l’arbre d’bélice.
- Son autre extrémité libre se termine par une bride ab. En l'ace de celte bride s’en trouve une seconde, également calée sur l’arbre d’hélice en N. Les points fixes servant d’attache à l’appareil sur cet arbre sont donc espacés de NC. Sous l’action du couple moteur de la machine, l'arbre de l'hélice subit une torsion entre les poiids N et C, comme nous l’avons vu, et les deux brides se déplacent l’une par rapport à l’autre, proportionnellement au couple, moteur de la machine et à la longueur NC.
- Afin de mesurer ce déplacement et calculer la puissance effective de la turbine, au moyen des formules indiquées en note, on se sert du système de leviers représentés sur la ligure. La tige 1-2, iixée, au moyen de la vis g, à la bride ab, actionne, sous l’influence du couple moteur, les deux bras de levier 2-5 et 5-4, dont l’axe 5 est fixé à la bride cd. A l’extrémité du levier 5-4 est attachée une tige 4-5 qui, à son tour, actionne l’aiguille U, mobile autour du point l, fixé à la bride cd. L’extrémité t de l’aiguille, munie d’un crayon, se déplace donc, à partir de sa position moyenne, proportionnellement au couple moteur, à droite ou à gauche de cette position moyenne, suivant le sens de marche de la machine. Les longueurs des bras de levier sont disposés de telle sorte que le déplacement de l’extrémité l de
- 1 Formules permettant de déterminer la puissance effective sur l’arbre d’hélice :
- 1° Dans le cas où le déplacement db (tig. 2) à la périphérie de l’arbre est mesuré en b'd' à une distance IV de l'axe de l’arbre ; s' = d'b' — déplacement-
- 710,2 xnv
- l’aiguille, soit environ 50 fois plus grand que celui produit à la périphérie de l’arbre moteur. Tout le système est entraîné avec l’arbre et tourne avec lui.
- Pour obtenir une courbe continue donnant le couple moteur produit par la machine pour chacun des points de la révolution de l’arbre moteur, on fait appuyer le crayon, lixé à l’extrémité t de la tige U, sur un tambour lixe T, interposé entre le crayon et l'arbre d’bélice. Le tambour est recouvert d’une bande de papier où s’inscrivent les courbes, dontdésordonnées proportionnelles aux couples moteurs indiquent les variations du couple moteur pour chacun des points correspondant à la 1 périphérie de l’arbre d’bélice.
- Une vis V permet de ra-
- -- , l'ig- -•
- mener en arriéré ce tambour lorsqu’on veut changer la bande de papier et prendre de nouveaux diagrammes.
- Ce torsion-mètre, surtout employé par la marine allemande, quoique ayant donné de bons résultats, présente, toutefois, quelques inconvénients pratiques. On sait, en effet, que l’angle de rotation de l’arbre de l’hélice, sous
- l’effet du couple moteur, est toujours très faible et (pie la mesure de cet angle doit être faite avec la plus grande exactitude, une erreur, même très minime, pouvant être la cause d’une erreur considérable dans le calcul de la puissance motrice. Or, avec le torsion-mètre mécanique, comme celui de Fottinger, les leviers qui servent à transmettre la valeur de l’angle de torsion à la tige indicatrice, par suite de l’inertie de ces pièces et du frottement de leurs pivots, donnent une légère erreur dans la mesure de l’angle.
- Afin d’éviter cette erreur, différents systèmes de torsion-mètres ont été étudiés, notamment le torsion-mètre
- électrique, très répandu en Angleterre, de Denny-Johnson. Mais ici encore diverses causes d’er r e u r sont encore à redouter. Ces erreurs sont dues aux variations de résistance des piles, aux différences de température, aux poussières rnétal-
- 2° Dans le cas où ce déplacement est mesuré en degrés» par l’angle de torsion deb = es,
- p _ <P n 41101 X i
- P = puissance en chevaux : 1 = moment d’inertie de l’arbre; u — nombre de révolutions de l’arbre d’bélice par minute ; l = longueur de l’arbre soumis à l’expérience; G = module de torsion =8,290,000,000.
- Fig. 3. — Torsion-mètre Fottinger.
- Fig. 4. — Torsion-mètre Bevis-Gibson.
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- LES MINES D’OR EN FRANCE
- liqucs qui se déposent sur les surfaces en contact, etc...
- Le seul moyen réellement pratique d’éviter ces erreurs, loin d’èlre négligeables, est de supprimer tout intermédiaire mécanique ou électrique entre l’arbre de l’hélice et l’instrument servant à mesurer l’angle de torsion. Or, on sait que la vitesse de la lumière est pratiquement infinie et, de plus, que les rayons lumineux se transmettent dans l’air en ligne droite. On a donc pensé qu’en se basant sur ce principe il serait possible de construire un appareil donnant des mesures plus exactes. Tel est celui étudié par MM. llevis-Gibson que nous allons décrire sommairement.
- Deux disques pleins (lig. 4) A et 1! sont fixés sur l’arbre d’hélice à une certaine distance l’un de l’autre (5 à 4 mètres). Chacun de ces disques est percé à sa périphérie d’une petite fente radiale C et ces deux lentes se trouvent dans le même plan radial lorsque l’arbre de l’hélice n’est soumis à aucun effort moteur. Derrière un des disques est iixée, sur le bâti M, une lampe électrique 1) dont l’obturateur est également muni d’une fente disposée exactement en face de la l’ente du disque A. Donc, à chaque révolution de l’arbre, un rayon lumineux est envoyé par la lampe électrique dans la direction du disque H. Derrière ce disque B est placé un appareil E, lixé au bâti N, muni d’un oculaire qui peut, au moyen d’une vis disposée à cet effet, prendre un mouvement circulaire à droite ou à gauche de sa position normale. L’oculaire de cet appareil F est également muni d’une fente disposée exactement en face de la fente du disque
- LES MINES D’
- Ce n’est pas sans quelque scepticisme que le public entend parler de mines d’or en France. Aux colonies, oui sans doute, à la Guyane, à Madagascar, en Annam, on sait que nous avons une production aurifère d’une certaine importance; mais dans la France continentale ! Et de nombreuses aventures financières ou supercheries plus ou moins récentes semblent en effet justifier ces doutes.
- Cependant il est bien connu que la France a clé, au temps de nos ancêtres les Gaulois, un pays célèbre pour sa richesse en or et qui faisait alors envie à Rome. Par suite de découvertes récentes et de progrès dans l’industrie métallurgique, cette industrie a ressuscité depuis cinq ou six ans; et son existence est aujourd’hui assez solidement assise dans quelques cas pour qu’il soit permis de l’envisager techniquement, sans, bien entendu, considérer ici les bénéfices toujours très aléatoires momentanés que peuvent donner de semblables affaires.
- Géologiquement, les résultats acquis jusqu’ici ont été obtenus exclusivement sur des veines aurifères comprises dans les massifs anciens de notre pays, Mayenne, Maine-et-Loire, Plateau Central, à l’exclusion de celles qui ont pu autrefois attirer l’attention dans les chaînes de plissement récentes, comme les Alpes. Les minerais d’or se présentent sous la forme de pyrites, mispickels (arséniosulfure de fer) et stibines (sulfure d’antimoine) aurifères, avec gangue quartzeuse. Pyrites et mispickels se rattachent au groupe des filons d’étain et de tungs-
- B, dans sa position normale. Lorsque les quatre fentes I), A, B et celle de l’oculaire de l’appareil E sont dans le même plan, à chaque révolution de l’arbre, on reçoit dans l’oculaire de l’appareil E un rayon lumineux provenant de la lampe électrique A. 11 résulte de cette disposition que, dans cet appareil, il n’existe aucun intermédiaire, soit mécanique, soit électrique entre les disques qui servent à mesurer l’angle de torsion et l’appareil E qui le mesure. Le seul intermédiaire est le rayon lumineux.
- Supposons maintenant que l’arbre d’hélice soit soumis à un effort moteur. Un des disques se trouvera alors déplacé par rapport à l’autre d’une certaine quantité et, quoique trois des fentes soient restées sur la même ligne, la quatrième, celle du disque B, sera déplacée et aucun rayon lumineux n’arrivera à l’oculaire de l’appareil E. 11 suffira alors de faire mouvoir à droite ou à gauche l’oculaire de l’appareil E jusqu’à ce qu’on aperçoive à nouveau dans cet oculaire le rayon lumineux envoyé par la lampe I) et de mesurer, ensuite, au moyen d’un micromètre disposé sur l’appareil E, l’angle do'nt il a fallu faire tourner l’oculaire à partir de sa position moyenne ; ce sera l’angle de torsion.
- Uct appareil, très employé depuis quelque temps en Angleterre, permet d’obtenir la puissance développée par un arbre d’hélice avec un degré d’approximation de 1 pour 100 et même de 0,25 pour 100 lorsqu’il est possible de mesurer la torsion de l’arbre sur une longueur atteignant 12 à 15 mètres, ce qu’il est aisé de faire avec cet appareil. B. Bonnin.
- IR EN FRANCE
- lène, eux-mêmes associés à la consolidation profonde des granulites. Les stibines aurifères représentent une formation un peu plus superficielle en relation d’origine avec les roches qu’on appelle les microgranulites. Ce dernier groupe est relativement rare dans le monde, quoiqu’il en existe de beaux exemples au Transvaal. 11 correspond d’ordinaire à des minerais localement très riches mais irréguliers. Les pyrites et mispickels sont, au contraire, un minerai tout à fait courant, en de nombreux pays dont le traitement seul peut présenter des difficultés, actuellement pour la plupart résolues.
- Ceci posé, nous allons passer en revue les travaux effectués et les résultats obtenus par les trois principales mines d’or françaises, savoir : La Lucette,. La Bellière et Le Châtelet.
- LA LUCETTE. — La plus ancienne est celle de La Lucette dont la découverte et la mise en valeur firent quelque bruit : elle est exploitée actuellement par la Société Nouvelle des Mines de la Lucette, constituée en avril 1904 au capital de 5150000 francs, et occupe environ 800 ouvriers.
- Mine. — La concession minière, portant sur 841 hectares, est située près du bourg du Genest, à 20 kilom. à l’ouest de Laval, dans la Mayenne. Le gisement est constitué par des filons quartzeux à pendage presque vertical, encaissés au milieu de quartzites et de schistes appartenant au silurien supérieur.
- Le minerai est principalement composé de sulfure
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- d’antimoine appelé stibine : mais ce minerai est accompagné de pyrite qui, d’après les exploitants, contient de l’or à la teneur moyenne de 24 gr. par tonne, cette teneur ayant eu jusqu’ici, affirme-t-on, une tendance (probablement passagère à s’accroître en profondeur).
- On a reconnu deux groupes de filons, dits filons Georges et filons Sainte-Barbe, sur chacun desquels a été édifié un siège d’extraction. Mais, pour le moment, le puits des filons Sainte-Barbe, quoique tout prêt à fonctionner, reste inactif* : on le tient en réserve pour le cas possible d’une surproduction nécessaire. Tout Belfort se reporte donc aux filons Georges.
- Nous trouvons là deux puits jumelés, profonds de
- les profondeurs croissantes qui seront atteintes plus tard, et dont le creusement est déjà commencé.
- L’extraction de minerai a été de 4-5:118 tonnes en 1907 et de 49 516 en 1908.
- Traitement à l’usine. - - On commence par séparer le minerai de sa gangue : puis, tandis que le minerai principal (stibine) reste à l’usine pour qu’on en extraie l’antimoine, la pyrite aurifère est expédiée en Angleterre, à Swansea, et c’est là seulement qu’on la traite pour l’or. En 1906, on a expédié ainsi 4515 tonnes qui ont donné 102 kg d’or fin 1.
- Ce que l’usine elle-même traite pour or, c’est une autre catégorie de minerais, beaucoup plus pauvres;
- 200 m. À 165 m. se trouve l’étage d’exploitation : au fond même du puits, on trouve deux galeries de recherche dites jrtans inclinés qui, elles, descendent plus bas en suivant le filon et l’ont reconnu respectivement jusqu’à 215 et 250 m.
- De l’étage 165 part un travers-bancs, de 250 m. de long, qui va retrouver les travaux du groupe Sainte-Barbe mais n’est pas encore complètement achevé.
- Quant à l’épuisement des eaux, il est assuré par une maîtresse-pompe oclocellulaire.de 70 chevaux et tout un système de pompes de relai.
- Ajoutons en terminant que ces deux puits jumelés sont appelés à disparaître et seront remplacés par un puits unique à large section, plus pratique pour
- ce sont des quartz aurifères qui contiennent 6 gr. d’or seulement à la tonne et pour lesquels le transport en Angleterre serait trop onéreux. Ces quartz sont traités mécaniquement dans un moulin spécial et 9571 tonnes passées en 1906 ont produit 61 kg d’or fin.
- L’opération se fait au moyen d’un bocard dont le nombre de llèches a été doublé et porté de 10 à 20 en novembre 1908, pouvant ainsi passer 500 tonnes par 24 heures : elle est achevée dans un atelier de concentration qui, lui aussi, a été doublé en 1908. Les quartz finement broyés sont traités par l’amalgamation et les rejets sont passés sur des tables Wilfley.
- 1 Nous n’avons pas eu connaissance des chiffres de 1907 et 1908.
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- L’ensemble des installations est complété par une station centrale électrique de 1200 kilowatts répartis en quatre groupes : elles sont reliées à l’Ouest-Etat par un raccordement que desservent des locomotives électriques Thomson-Houston.
- Au début de l'affaire, c’était l’antimoine qui était le produit principal de l’exploitation, mais ce rôle revient maintenant à l’or, et l’antimoine, surtout avec les cours très bas pratiqués depuis un an, tend à ne plus être que le produiL auxiliaire. Cette considération n’est pas sans importance au point de vue financier; car avec l’antimoine, le cours peut varier du simple au double pendant une année1.
- Disons en passant que les mines d’antimoine un
- respondant à des ventes respectives de 515 000, 1 050 000 et 2 620 000 francs L
- LA BELL! ÈRE. — C’est chronologiquement la seconde des mines d’or françaises, puisqu’elle n’est en activité que depuis 1905 seulement. Elle est située en Maine-et-Loire, à 15 kg d’Àncenis et occupe 620 ouvriers. Sa concession porte sur 508 hectares et la société d’exploitation, au capital de 4 millions, a été constituée en avril 1905 ; dès 1907 elle a vendu pour 1 million 1 /2 d’or à la Banque de France.
- Mine. — C’est en se promenant dans la propriété de M. Clavier, sénateur, qu’un ingénieur des Mines de ses amis, M. Burthe, remarqua une fosse dissi-
- CliehiS Ilamel-Jallicr, I.aval.
- Fig. 2. — Mines de La Lucette. Le Carreau; la Laverie.
- peu durables sont très rares sur le globe et que la France est très privilégiée sous ce rapport : la Lucette se trouve actuellement fournir à elle seule presque le tiers de la consommation mondiale de régule et d’oxydes d’antimoine2.
- Désunions : les mines et usines de la Lucette, outre leur production d’antimoine (secondaire à notre point de vue), ont fourni 223 kg d’or en 1906, 500 environ en 1907 et plus de 400 en 1908% cor-
- 1 Le cours moyen a été de 1650 I'r. (66 £) en 1907 et de 825 i'r. seulement en 1908.
- 2 Le monde entier a produit 32 000 tonnes d’antimoine en 1907 : sur ce chiffre, la France intervient pour 24 000 tonnes et la Lucette pour 10 266.
- 5 Nous n’avons pas eu connaissance des chiffres exacts pour 1907 et 1908.
- mulée par des broussailles et à laquelle nul jusqu’alors n’avait prêté attention. Il la considéra comme un vestige d’une mine antique et envoya des échantillons de la roche à l’Ecole des Mines de Paris, qui reconnut en elle du mispickel aurifère, c’est-à-dire du sulfure d’arsenic mêlé d’or.
- On se mit immédiatement au travail et on découvrit deux beaux groupes défilons presque verticaux, dont le principal, dit filon Emmanuel, a une épaisseur de 16 m. Les autres ont une épaisseur beaucoup moindre : 0,50 à 4,00 seulement.
- Les travaux souterrains ont été divisés en deux quartiers, correspondant à chacun des deux groupes
- 1 D’après les rapports du Conseil d’administration publiés par la Vie Financière.
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- de liions et desservis par quatre puits jumelés deux à deux. L’exploitation se lait à trois niveaux : 50, 00 et 80 m. et elle commande plus de 4 km de galeries.
- On estime (pie les antiques exploitants primitifs de la mine ont enlevé un tiers du gisement : il resterait environ 500 000 m3 à enlever, correspondant à 1 000 000 de tonnes.
- Au 51 décembre 1908,1e minerai en vue s’élevait à 224 448 tonnes, ce qui montre l’ampleur des travaux accomplis.
- En 1908, on a extrait de la mine 46 879 tonnes représentant 16 528 m3 et contenant environ 18 gr. 52 d’or chacune.
- Traitement à l'usine. — L’usine comprend une
- d’or, représentant 72,47 pour 100 seulement de l’or total inclus dans le minerai et correspondant, par rapport aux 46 879 tonnes traitées, à une teneur moyenne de 16 gr. 16 seulement, alors qu’elle est en réalité de 18 gr. 52 : on a donc perdu 2 gr.16 d’or par tonne, ce qui est assez considérable.
- Mais boues et sables sont précieusement conservés en stocks et seront traités une troisième lois dans quelque temps : on achève, en elïèt, présentement des ateliers spéciaux qui, espère-t-on, permettront d’extraire l’or dans la proportion de 95 pour 100. L’amélioration est déjà réalisée en partie, puisque le rapport du Conseil, présenté à la dernière assemblée de juin 1909, mentionne qu’on a obtenu, pour
- nfflflSi
- Cliché Hamel-Jallicr, Laval.
- Fig. 3. — Mines de La Lucette. Les Bocards; enlèvement des tailings.
- première série de 40 pilons lourds de 1050 livres anglaises (476 kg) installés au début de l’affaire et une seconde série de 50 appareils de 1500 livres (680 kg) qui sont en service depuis mai 1909 seulement.
- Ces moulins ont pour objet de broyer finement le minerai : celui-ci est ensuite traité par amalgamation et on obtient ainsi une certaine quantité d’or, 515 kg 457 pour 1908. Mais cet or ne représente qu’une partie seulement de celui que contient en réalité le minerai traité : le reste est passé dans les boues.
- Aussi traite-t-on ensuite celles-ci par la méthode de la cyanuration qui permet d’en extraire une nouvelle quantité d’or, 218 kg 958 en 1908 : les mines possèdent 15 cuves de cyanuration.
- Au total donc on a obtenu, en 1908, 552 kg 596
- les cinq premiers mois de l’année, un total de 297 kg 555 d’or représentant un rendement de 90 pour 100 C
- Accessoirement la Société produit de l’acide arsénieux qu’on obtient par simple grillage du minerai : celui-ci contient, en effet, 46 pour 100 d’arsenic. Les ventes de 1908 ont porté sur 65 tonnes d’acide raffiné et pur.
- 1 Nous extrayons de la Revue le Crédit Mutuel les intéressants détails suivants :
- « L’usine produit environ 2 kg d'or par jour, soit 6800 fr. : pour récolter cette somme, il a fallu broyer et remuer 130 tonnes de minerai, brûler 120 tonnes de charbon, dépenser 300 chevaux-vapeur, utiliser 2000 m5 d’eau, tenir en mouvement 450 tonnes de solution de cyanure de potassium et enfin demander au moulin 5 520 000 coups de pilon ! »
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- LES MINES D'OR EN FRANCE
- Cliché Tesson, Limoges,
- Fig. 4. — Vue des mines d'or du Châtelet [Creuse).
- LE CHATELET. — Les mines du Châtelet sont toutes récentes et elles commencent à peine à entrer en période normale d’exploitation bien que le gisement eut été depuis longtemps signalé par M. Delaunay à titre purement scientifique. Explorées en 1904 seulement, il a fallu effectuer tout un loncr travail de recherches pour justifier et obtenir enfin la concession : le décret a été signé le 29 juillet 1907 et concède, une superficie de 781 hectares à la Société des mines d'or du Châtelet au capital de 8 millions.
- Une demande d’extension de concession, portant sur 5877 hectares, a été déposée en juin 1909.
- Mine. — La mine est située dans le département de la Creuse, à 20 km au sud-ouest de Montluçon, près de la station thermale d’Évian.
- Nous avons affaire cette fois à un gisement exclusivement aurifère et de formation nettement filo-nienne. Le minerai est constitué par des quartz peu transparents, mal cristallisés, teintés de rose ou de bleu, souvent corrodés et percés de trous. L’or y est disséminé sous forme de petits grains souvent invisibles à l’œil nu : on en a extrait quelques échantillons d’une teneur extraordinaire, mais la moyenne, annoncée par les exploitants eux-mêmes, n’est guère que de 24 gr. à la tonne.
- La campagne de recherches, commencée il y a quatre ans et qui se poursuit à l’heure actuelle'très activement dans toute la région, a permis d’établir l’existence de huit filons qui, tantôt se rapprochant
- et tantôt s’écartant les uns des autres, donnent ainsi des zones de richesse variable.
- Cinq sont actuellement en exploitation : le travail se fera par deux puits; mais, en ce moment, l’un d’eux, dit Puits de la Gare, n’est pas encore terminé et n’a atteint que la profondeur insuffisante de 56 m.
- Le second puits au contraire, dit du Percepteur, est en pleine activité : il est muni d’un triage, d’un compresseur pour actionner les perforatrices, d’un ventilateur et de pompes.
- 11 est profond de 115 m., mais l’exploitation n’a pas encore dépassé l’étage de 94 m. : il commande 2460 m. de galeries de traçage et 555 m. de galeries de recoupe et de travers-bancs.
- Au 51 décembre 1908, le tonnage de minerai en vue était de 55 759 tonnes et le stock au jour de 6288 tonnes, bien suffisants l’un et l’autre puisque l’usine ne peut actuellement traiter que 100 tonnes par jour.
- Usine. — L’usine 11e fonctionne régulièrement que depuis le mois de mars 1909. Elle,comprend :
- 1 four pour lé séchage du minerai, 2 broyeurs à cylindres, 5 broyeurs à boulet, 2 groupes de fours Merlan-Duplex, 2 tubes-mills, 6 cuves de malaxage,
- 2 batteries de filtres Ridgway avec une troisième en construction, 1 atelier de précipitation, 1 laboratoire aCec appareils de malaxage pour les boues aurifères et fours de fusion nécessaires pour la coulée des lingots d’or.
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- LE PROBLEME DU TJMAVO-RECCA (1STR1E)
- On voit donc qu’elle dispose des perfectionnements les plus récents, tels que les leurs Merton originaires d’Australie et les tube-mills importés du Transvaal.
- La force motrice est produite par la Société d’Energie électrique du Centre.
- D’après des informations récemment parues et contrôlées au siège môme de la Société, la production d’or pourrait incessamment atteindre 1 kg par jour, soit environ 500 kg par an, et ce en attendant
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- l’installation plus complète de l’usine et sa mise en marche définitive.
- Tel est, succinctement résumé, l’état de l’exploitation aurifère française : sans doute la production est encore relativement peu importante puisqu’elle n’a pas dépassé 1000 kg en 1908, mais elle n’en est pas moins une tangible réalité, et elle semble légitimer la campagne de recherches méthodique récemment entreprise sur notre vieille terre gauloise.
- X...
- LE PROBLÈME DU TIMAVO=RECCA (ISTRIE)
- Comme suite à la note donnée au n° 1872 (Suppl. ) sur la réussite de l’application de la fluorescéine au Creux de Souci, il importe de connaître qu’une gigantesque expérience physico-chimique a récemment résolu la plus grande énigme hydrologique du Karst autrichien. MM. Vortmannet Timeusont prouvé, au moyen du chlorure de lithium (ou îithine) (substance tout à fait inoflensive) et de l’analyse speelrale, la communication entre la perle de. la Recca et la grande source du Timavo qui débite 2 millions de mètres cubes par jour; la distance d’un point à l’autre est de 55 km. Virgile a chanté le Timavo aux neuf bouches et Pline l’Ancien avait déjà entrevu le problème.Dans la seconde moitié du xixe siècle, on avait pénétré de près de 5 km dans la perte et la rivière souterraine de la Recca, et on pensait que cette rivière se laissait aussi entrevoir au fond des gouffres de la Kacna-Jama (profond1'505 m.) et de Trebic (522 m.). Mais la preuve restait à faire de la relation véritable entre les deuxpoints extrêmes ; ainsi,
- de 1880 à 1884, des essais avec des flotteurs n’avaient donné aucun résultat (Ingr Grabelowitz et Société alpine de lie Giulie). Le 12 juin 1891, une expérience à la fluorescéine avait échoué, la quantité ayant été trop faible ou la durée des observations trop brève. En 1905, le prof. Salmojraghi affirma que la composition des sables de la Recca se retrouvait dans ceux de la Kacna-Jama, de Trebic et même des
- sources d’Auri-sina entre Trieste et le Timavo, mais cette même composition avait été constatée dans d’autres sources de la Carniole très éloignées et l’argument n’était pas probant. M.E. Boegan avait comparé les troubles du Timavo et d’Aurisina. Enfin, le 25 décembre 1907, une énorme quanti lé de chlorure de lithium fut jetée dans la Recca à la perte de Saint-Canzian ; à partir du 50 décembre 1907 jusqu’au 50 janvier 1908, des traces de lithium furent retrouvées dans toutes les sources littorales : Cédas, Barcola, Auri-sina, S. Giovanni,etc.,depuis Trieste, et jusque dans le Timavo.
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- Siphon?
- LE PROBLÈME DU TIMAVO-RECCA (ISTR)E)
- MM. Vortmann et Timeus examinèrent spectrosco-piquemcnt 1580 échantillons de 700 litres chacun en moyenne. La méthode permet de déceler un milligramme de chlorure de lithium dans 40 m3 * * * * d’eau.
- A titre de contre-épreuve on jeta dans la perte de Odolina, à 10 km sud de Saint-Canzian, de l’uranine; on obtint un résultat tout à fait inattendu ; au bout de cinq jours, la couleur reparut à 15 km à l’ouest de là, dans le petit lleuve Risàno qui se jette dans le golfe de Trieste à Capo d'Istria. La matière colorante, et par conséquent la rivière souterraine qui l’entraînait, avaient passé sous la montagne de Slav-nik (1029 m.). L’indépendance envers la Recca était donc prouvée contrairement à l’opinion reçue et conformément à l’avis exprimé depuis longtemps par M. Marinitsch.
- En somme, l’expérience à la lithine établit : 1° que la Recca, beaucoup moins puissante que le Timavo, le c"' rejoint à l’état d’affluent souterrain ; — 2° que les | diverses sources du lit— \ toral sont des dériva-| tions de la Recca souter-; raine. Elle corrobore et ><£• met d’accord les hypo-J|_ thèses contradictoires antérieurement formu-^ | lées. C’est le phénomène bien connu des anasto-Jjpl moses et des deltas souterrains constatés dans beaucoup de cavernes.
- Krebs a prétendu (.Peterm. Mitt., 1908, p. 166) que ces faits confirmaient la théorie de Gründ sur l’existence d’une nappe d’eau géné-
- rale sous le Karsl1 2. Il n’en est rien (Gründ d’ailleurs contestait la communication de la Recca avec le Timavo). Katzer8 a parfaitement réfuté cette manière de voir (Peterm. Mitt., id., p. 265). II.reconnaît avec raison que les grandes cavernes fonctionnent comme des réservoirs. La théorie d’une nappe d’eau continue sous le Karst (adoptée par le professeur Penck) est une conception pédagogique allemande complètement fausse; elle est due aux théoriciens qui n’ont pas matériellement examiné sous la terre comment les choses s’y passent réellement. Ajoutons que depuis longtemps les résultats avaient été prévus par Kandler, en 1864.
- Enfin, MM. Perko, Miihlhofer, Martin, etc., s’occupent en ce moment d’explorer ou de désobstruer nombre de trous par où l’on voit sortir de la vapeur d’eau en hiver, et par où l’on croit entendre gronder de l’eau lors des crues de la Recca. Dans celui de Dane on a atteint déjà 240 m. de profondeur et reconnu 55 chutes d’eau de 4 à 40 m. de hauteur. Sont-ce là, comme à Trébic, des regards sur le torrent enterré1?
- On doit saisir cette occasion de rappeler que la caverne de Saint-Canzian où se perd la Recca est une des plus remarquables du monde et trop peu connue des voyageurs en Autriche.
- Elle comprend d’abord, à l’aval de la perte, deux immenses gouffres d'effondrement (dolines de Saint-Canzian), profonds de 110 et 160 m. et mesurant respectivement, comme diamètre, 500 m. sur 110 m., et 560 m. sur 150; ils sont séparés par une arête non effondrée (fig. 2) sous laquelle la rivière passe en tunnel. Ensuite, une immense galerie qu’on a mis 54 ans à explorer (1859 à 1895, Svetina, Schmidl, Rudolf, llanke, Marinitsch, Müller, Novak, Pazze) au prix des pires difficultés et des plus grands dangers ; c’est peut-être la plus gigantesque rivière souterraine du monde (fig. 5 et 4), par l’ampleur d’un couloir qui atteint 90 m. de largeur et de hauteur; son cours est coupé de 25 cascades, et, à 2750 m. de distance de la perte, il est barré par un siphon profond de 15 m., absolument impénétrable, qui cause presque chaque année, après les grandes pluies d’automne, un afflux d’eaux jusque dans les dolines, l’inondation de toute la galerie, son remplissage jusqu’à une grande partie des voûtes, et la destruction périodique des ponts, passerelles et chemins très coûteusement établis à
- 1 La Karsl-Grundwasser. V. A. Grünb, Die Karst hydrographie in Pendis Geographische Abhandlungen 1. VII, l'asc. 3. Leipzig, 1903 et La Nature, Supplément n° 1871, 5 avril 1909.
- 2 Fr. Katzer. Karst und Karsthydrographie. 8e Itel't von
- C. Partscli. Zur Kunde der Balkanhalbinsel. — Boëgan (E.), Le Sorgenti d’Aurisina, etc. Triest, 1906. — Salmojragiii(Fr.), Sulla continuilà solleranea del ftume Timavo (Atti Soc.
- liai, di Sc. nat. Milan, 1905, Bd. XLIV). — Knebèl (W. v.),
- Hôhlenkunde mit Berücksichtigung der Karsiphânomene.
- Brunswick, 1906. — Katzer (Fr.), Bemerkungen zum Karst-phânomen. (Monatsbericht d. D. Geol. Ges. 1905, s. 233.) —
- Krebs (N.), Die Halbinsel lstrien. G. Abli. Leipzig, 1907,
- Bd. IX, Hel't. 2, S. 51 ff.
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- l'intérieur par la section littorale du club alpin autrichien, sous la direction de M. ,). Marinitsch.
- En lin des cavernes latérales découvertes verses reprises (la dernière, grotte Lutterolh, en 1904, longue de 647 m.,à 60 m. au-dessus de la rivière) : et à des étages latéraux différents, sont d’anciens 'affluents . souterrains à sec et portent la longueur totale, toutes ramifications comprises, à 4550 m. environ. La visite, aujourd’hui facile, de ce torrent souterrain est une des plus extraordinaires et impressionnantes sensations que l’on puisse éprouver.
- Pour la Kacna-Jama, à 4 km et demi N.-O. de la perte de la Recca, c’est un gouffre de 213 m. de
- profondeur, menant à de longues galeries, qui descendent à 505 m. sous terre et qui se rapprochent
- à peu de distance du siphon terminal de Saint-Canzian ; on y a eu la preuve que ces galeries sont envahies par les crues souterraines de la Recca nn vertu de la pression hydrostatique. Il a été exploré de 1889 à 1896 par Siherna, llanke, Marinitsch, Müller, Novak, Valle, etc. M. llanke y est mort à la peine le 5 déc. 1891. — Le 2 janvier Marinitsch s’y cassa le bras à 270 m. sous terre et il fallut 5 heures pour le remonter le long des échelles.
- Quant au gouffre de Trebic ou grotte Lindner, il a été décrit au n° 776 de La Nature (14 avril 1888,
- à di-
- 1896,
- Fig. 4. — Carte du Karst.
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- avec coupe) : en \ 840-1 Si 1, l'ingénieur Lindner cherchant de l’eau pour la ville de Trieste, mit onze mois à rétablir, en partie artificiellement, les communications entre douze puits verticaux superposés. Au fond il trouva un grand lac, traversé par un courant qui ne peut être que la Rocca (quoique certaines personnes en doutent encore), mais à l’amont et à
- f
- l’aval barré par des siphonnements ayant jusqu’à 50 m. de profondeur : comme à la Kacna-Jama, les crues l’y élèvent par pression hydrostatique (de 119 m. en octobre 1870; de 96 m. le 50 octobre 1895, etc.). A 19 m. seulement d’altitude, ce réservoir se trouva inutilisable pour l’alimentation de la ville. L’entreprise coûta à Lindner la fortune, la santé et la vie! Depuis lors, et à diverses reprises, on a refait la visite du gouffre de Trébic et rétabli
- plusieurs fois des échelles fixes en bois pour la descente; toutes sont promptement tombées en pourriture à cause de l’humidité. En 1905, M. J. Perko, au cours de nouvelles études, a réussi à retrouver la rivière au delà du siphon d’amont ; mais les difficultés matérielles ont encore suspendu les investigations. En somme il est certes prématuré do préciser le sens et le nombre des courants intérieurs principaux qui circulent sous le Karst : les pénétrations ne sont pas encore assez avancées pour cela. Divers explorateurs de la région n’admettent même pas que l’eau de la Recca se retrouve à la grotte Lindner ; ils arguent de ce qu’au fond de cette dernière on a constaté un débit de 400000 m5 par jour alors que celui de la Recca est d’ordinaire de 60 000 m5 ; mais ils ne tiennent pas compte des crues qui souvent décuplent plusieurs fois la Recca et emmagasinent ses eaux temporairement sous les immenses voûtes de Saint-Canzian : moi-même j’ai jadis exprimé l’avis que l’eau de la grotte Lindner allait aux sources d’Aurisina plutôt qu’au Ti-mavo à cause de la faiblesse de la pente; mais il faut se rendre à l’évidence de l’expérience ci-dessus relatée. En somme on doit croire, quant à présent, que le Timavo est formé de plusieurs courants souterrains, dont l’un est le grand collecteur du lvarst-Tries tin Recca-Trebic ; ce collecteur lui-même est saigné par les sources du littoral que sollicite le niveau de base de l’Adriatique. Enfin le plateau de Matteria serait soutiré par le Risano.
- En résumé, le beau succès scientifique de MM.Yorlmann etTimeus fournit un nouveau moyen pratique d’étudier à longues distances l’origine des grandes sources du calcaire, par l’emploi du spectroscope ; il est certainement plus délicat encore que l’usage de la fluorescéine, mais il doit être Considéré comme très précieux pour les graves et difficiles questions relatives aux alimentations en eau potable. C’est d’ailleurs dans cet ordre d’idées que la ville de Trieste a fait faire cette curieuse étude. E.-A. Marter.
- Fig. 5. — La Recca dans les grandes dolines de Saint-Canzian.
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- DANS UNE FABRIQUE DE TALONS LOUIS XV
- L’apparition du talon dans la chaussure date seulement du xve siècle. Jusque-là, les sandales égyptiennes comme les gracieuses persiques d’étoiïes blanches dans lesquelles les Grecques élégantes enveloppaient leurs pieds aussi bien que les robustes
- Le soulier des Merveilleuses est à talon plat et à bout très allongé tandis que sous le premier Empire les femmes des maréchaux estiment surtout les demi-brodequins simples et fort légers. Avec la bottine lacée, puis à élastique sur le côté et à bou-
- Fig. i. — Le toupillage.
- ealiges des centurions romains ou les souliers à la poulaine des seigneurs du Moyen Age avaient une semelle unie. Au xvie siècle, les cordonniers français imaginent des modèles mieux compris comme coupe et d’une exécution plus simple, le bout devient large, le talon plat et peu élevé afin de donner de l’aplomb au corps du marcheur. Sous Louis XIV, le bottier se pique d’art, les souliers s’enjolivent de façon quelque peu extravagante; on y met des dentelles, des boucles, des rubans et on les garnit d’un talon haut et pointu; on chamarre les bottes de broderies d’or et d’argent.
- A la cour du grand Roi, on 11e porte guère que des talons rouges et les bottines de dames avec talons en bois hauts ou bas sont d’une extraordinaire richesse, toutes galonnées ou brodées, taillées dans la soie ou le velours, dans le brocart d’or ou d’argent.
- tons, les chaussures devinrent plus confortables. Enfin aujourd’hui la vogue des talons Louis XV a donné naissance à une nouvelle industrie pittoresque. Il a fallu adapter des machines-outils et les méthodes modernes à ce travail particulier et original que nous avons pu étudier dans l’usine de MM. Lancelevéc et Barbey-Duquil à Romilly-sur-Andelle (Eure).
- Les fabricants reçoivent le bois en grume et ils le débitent en plateaux et en barres. Ils l’empilent ensuite sur chantier et l’abandonnent au grand air pendant deux ans. Après quoi, ou complète encore ce séchage par un séjour d’un mois dans des étuves à air chaud avant la mise en fabrication. Ces minutieuses précautions ont pour but d’éviter le fendillement ou la déformation ultérieure des talons ; elles obligent nécessairement les industriels à avoir un stock considérable de matière première en magasin,
- Fig. 2. — A gauche, deux prismes scies; à droite, trois talons demi-Louis XT polis ou terminés.
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- = DANS UNE FABRIQUE DE TALONS LOUIS XV
- stock qu’ils maintiennent toujours au même niveau par des achats équivalents à la production.
- On emploie comme essences le hêtre ou le bouleau. Une lois ces hois sciés et parfaitement secs, on les rabotte d’abord, puis on les tronçonne en petits prismes qui esquissent déjà la l'orme du futur talon dont ils ont la hauteur et la longueur (lîg. 2). Ils
- à ce chariot un mouvement tournant et de bascule autour de l’instrument tranchant et le bois ainsi toupillé commence à prendre l’aspect de talon.
- Le tour reproducteur porte sur son axe une forme en métal; à la suite de cette dernière et solidairement à elle vient se fixer la pièce en bois à tourner maintenue de l’autre côté par une grillé mo-
- Fig. 3. — Le tournage.
- sont ensuite pentés, puis échancrés, ce qui leur donne l’inclinaison voulue ainsi que la ligne de devant (lîg. 4). La machine à échancrer est une toupie munie de lames d’un certain prolil fixées au haut de son axe et devant lesquelles se meut, sur une glissière, un petit chariot horizontal porteur du prisme de bois à échancrer.
- Les morceaux de bois ainsi préparés vont alors soit au toupillage, soit au tournage selon qu’on les transformera en talons plats, bottiers ou Louis XV.
- La toupie servant à la première opération se compose d’un arbre vertical animé d’un mouvement rotatif très rapide (lig. 1 ). En haut decetaxe s’adapte un jeu de lames auxquelles on donne le profil nécessaire. Le talon à l’état de morceau équarri est pris dans une grillé qui le maintient sur un chariot mobile. Grâce à des guides, l’ouvrier peut faire exécuter
- bile guidée dans la poupée (lîg. 5). Un chariot se déplaçant dans le sens latéral et longitudinal supporte un galet qui repose sur la forme en métal et en suit tous les contours. Ce galet communique ainsi son mouvement de va-et-vient à un jeu de couteaux ou fraises qui découpent le bois suivant l’avancement
- ou le recul du galet.
- Ces opérations donnent aux talons leur forme presque définitive. On n’a plus qu’à creuser l’emboîtage avec une toupie horizontale munie de lames en croissants, à éplucher et à polir les prismes tournés et échancrés pour en rendre la surface absolument lisse et propre. Leste enfin l’enveloppage qui consiste à recouvrir le bois de soie, de satin, de velours, de drap, de toile, de celluloïd noir ou blanc, d’agneau ou de chevreau. Le talon est prêt à figurer sur les chaussures de nos élégantes. J. Boyer.
- Fig. 4. — Talons Louis XV aux principales phases de leur fabrication (penlage, èchancrage, toupillage, polissage et enveloppage).
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 septembre 1909.
- Le traitement de la maladie du sommeil. — M. Laverait rappelle que, malgré les progrès accomplis dans la connaissance des trypanosomiases, le but n’a pas été atteint en ce qui concerne la maladie provoquée par le trypanosoma gambiense ou maladie du sommeil. Le succès n’a été obtenu que sur des animaux, qui venaient d’être frappés, c’est-à-dire lorsque le trypanosome est encore dans le sang seulement; mais lorsque le parasite était apparu dans le liquide céphalo-rachidien, tout traitement était resté insuffisant. M. Laverait a essayé l’action
- Présidence de M. Bouchard.
- de l’émétique d’aniline. Les résultats ont été très heureux. Sur le conseil de AI. Laveran, M. Thiroux, en Afrique, a essayé l’émétique d’aniline sur l’homme. La quantité injectée est de 0,20 gr. pour l’homme. Le médicament agit sur le liquide céphalo-rachidien plus vite que les toxines; la maladie est d’ailleurs plus facilement curable au début; deux malades qui commençaient à dormir ont même été améliorés après une injection. Les résultats sont donc très favorables.
- Cil. ltE VlLLEDECIL.
- LE RETOUR DE LA
- La comète de llalley vient d’èlre retrouvée. C’est là un événement astronomique important. Cette célèbre comète, dont la révolution sidérale est de 70 ans, est la première à laquelle on ait appliqué le calcul, llalley, en 1082, ayant tracé les routes célestes de plusieurs comètes brillantes, crut reconnaître que trois d’entre elles présentaient une orbite commune et il soupçonna qu’il avait affaire à une seule comète, revenue à trois époques successives. 11 n’hésita pas à prédire, pour 1758, le retour de cet astre. La comète fut fidèle au rendez-vous et revint, mais fortement perturbée par Jupiter et Saturne. La dernière apparition date de 1855, nous ne reviendrons pas sur les recherches entreprises par MM. Cowell et Crommelin, et d’autres, et exposées en partie, ici même, dans le but de déterminer des éphémérides aussi exactes que possible de cette comète en vue de sa recherche actuelle. C’est surtout aux deux intrépides calculateurs ci-dessus que l’on doit, assurément, d’avoir retrouvé la comète.
- Un doute subsistait. Si la comète, fidèle à la gravitation, et en tenant compte de toutes les perturbations possibles, devait revenir au périhélie en mai 1910, n’avait-elle pas subi, du fait de son dernier passage au voisinage du Soleil, d’importantes modifications internes, sa matière n’avait-elle pas été soufflée par la force répulsive du Soleil et étalée le long de l’orbite, ou répandue dans l’espace. En un mot, la comète existait-elle toujours?
- C’eût été une véritable malechance que cette visiteuse céleste, dont voici 25 apparitions successives, la première connue remontant à l’an 12 avant notre ère, qui, à diverses reprises, fut associée à des événements terrestres importants, vint juste, à une époque où l’astrophysique a fait tant de progrès, manquer à sa remarquable périodicité. Un problème important se pose. Quelle constitution va nous révéler dans cet astre l’analyse spectrale? Allons-nous voir, comme pour la comète Alorehouse, la photographie nous exposer des modifications rapides au point de transformer son aspect en quelques heures, en quelques minutes? Et si oui, comment admettre que pendant des siècles et des siècles, tout au moins lors des passages au périhélie, cet astre vaporeux soit le siège de tant de modifications et persiste, malgré tout, alors que d’autres ont été complètement anéantis?
- Espérons donc pour le moins, dans cette apparition nouvelle, sinon la réponse à ces questions, mais des progrès importants. Les comètes brillantes, bien étudiées par la photographie et la spectroscopie combinées, sont peu nombreuses, la comète de llalley viendra, à n’en pas douter, fournir des matériaux nouveaux et féconds.
- COMETE DE HALLEY
- On espérait apercevoir cette comète vers la fin de 1909 et 1 ’Annuaire astronomique signalait même qu’en « octobre 1909 et peut-être avant, elle aurait probablement été aperçue, soit par une observation directe, soit par la photographie ». C’est encore à cette dernière, dont le rôle se fait chaque jour plus grand en astronomie, que l’on est redevable de la découverte de la comète de llalley. C’est le 12 septembre dernier, sur une photographie prise à 2 h. du matin, à l’Observatoire de Heidelberg, par M. Max Wolf que la comète a été trouvée, très près de la place assignée par les éphémérides, non loin de l’étoile y des Cémeaux à la position : .11= 6ll18“12'i; CD = + 17° 11'. L’appareil employé est un télescope Zeiss, de Ü m. 72 de diamètre du type Eoucaull, et de 2 m. 80 de longueur focale. Exposition de la plaque : une heure. Sur le cliché, d’après M. Flammarion qui, de passage à l’Observatoire d’Heidelberg, a assisté en quelque sorte à sa découverte, la comète, la grande comète historique, apparaît comme une faible nébulosité circulaire à peine perceptible, de 17e grandeur!!! C’est dire qu’actuellement, il ne faut pas songer à la voir, même dans les plus puissants télescopes. La richesse des comètes en rayons photographiques, la sensibilité des plaques et leur propriété de cumuler l’action lumineuse expliquent l’impression obtenue alors que l’œil ne saurait rien discerner.
- Alais la comète, attirée parla masse imposante du Soleil, va se précipiter de plus en plus vite vers l’astre central. Il nous faudra encore plusieurs mois pour la voir briller, à l’œil nu, dans le ciel du malin. Le plus grand rapprochement du Soleil, le passage au périhélie, doit avoir lieu le 15 avril. Elle deviendra ensuite visible le soir et il est possible qu’elle présente alors un magnifique développement,
- La comète de llalley, à son périhélie, passe à 102 millions de kilomètres du Soleil. Elle s’en éloigne, à son aphélie, à 0 milliards de kilomètres! L’habileté de M. Alax Wolf a réussi à la cueillir, en quelque sorte, à son arrivée du fond de cet abîme. Il est probable que quelques jours plus tôt, elle n’eût pu être décelée à cause de sa faiblesse et du manque de puissance des instruments, bien importants cependant.
- Grâce à l’organisation astronomique mondiale, cette comète va être suivie, maintenant, de jour en jour, d’heure en heure, par tous les observatoires du monde, par ceux qui auront la chance de l’avoir sur leur horizon. L’abondance des matériaux qui seront ainsi réunis jusqu’au jour où la comète, réduite à une minuscule vapeur, disparaîtra pour nous dans l’infini, sera extraordinaire. On va voir en quelque sorte la comète naître, sa vie interne
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- LE CLEPTOGRAPHE
- se développer, peuL-être des gaz se révéler quelque temps au voisinage du Soleil pour disparaître ensuite, etc., et l’on comprendra d’autant mieux cet intérêt général pour la comète, qu’il s’agit là d’un-phénomène que nous ne reverrons plus. Quand elle reviendra, en 1980, il est probable que les astronomes de cette époque — qui représente une année seulement de la comète — souriront delà
- grossièreté de nos instruments et de nos procédés d’observation. Ne sommes-nous pas un peu tentés de le l'aire nous-mêmes en songeant aux' moyens d’observation employés en 1855 lors de son dernier voyage?
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant des travaux réalisés sur cet astre et leur indiquerons, en temps utile, le moyen de l’observer. Km. Touciiet.
- LE CLEPTOGRAPHE
- C’est, comme son nom l’indique, un appareil destiné à enregistrer les vols, en produisant une photographie du coupable, en même temps qu’il inscrit automatiquement l’heure exacte de l’attentat.
- L’inventeur de cet ingénieux dispositif, M. Ca-musso, directeur de la Banque d’Epargnes dePi-nerolo, au Piémont, a bien voulu nous communiquer quelques détails relatifs à son fonctionnement.
- La salle où est installé le clepto-graphe renferme un système de points de contact, ingénieusement distribués aux portes, aux fenêtres, [aux coffres-forts, en rapport avec tous les objets de valeur.
- Aussitôt qu’un étranger viendra à s’introduire, une chambre photographique, sous l’appel de quelques points de contact touchés involontairement et inconsciemment par l’intrus, se portera automatiquement du côté du contact actionné, c’est-à-dire vers l’individu, et après avoir ouvert l’obturateur de l’objectif, allumera la poudre de magnésie, destinée à fournir l’éclairage instantané, quitte à refermer l’objectif, une fois le cliché obtenu, à échanger la pellicule, à préparer une nouvelle dose de poudre et à inscrire l’heure exacte.
- L’ensemble de ces diverses opérations sera évidemment terminé en moins de temps qu’il n’en faut
- pour le décrire, et l’appareil sera prêt immédiatement à prendre un autre cliché, aussitôt que le voleur aura touché un nouveau contact, et ainsi de suite : le clep-lographe, comparable à un détective invisible, aura suivi les allées et venues de l’individu, en fournissant à la police, des documents authentiques et irréfutables pouvant l’assister activement dans la recherche du criminel.
- Cet appareil nous semble destiné à rendre de grands services. Son emploi tardera d’autant moins à se généraliser que son installation, à part l’appareil photographique, n’entraîne pas de dépenses supérieures à l’installation de la lumière électrique. Le courant nécessaire pour faire fonctionner le cleptographe est, soit la moitié de celui d’une pile ordinaire, soit le courant, dûment réduit à l’aide de résistances, d’une canalisation de lumière électrique.
- Dr A. Gradenwitz.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, S.
- Le cleptographe installé contre une porte de cojjre-fort.
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- LA NATURE. - N° 1898.
- 9 OCTOBRE 1909.
- VERRE DE SILICE
- Au dernier Congrès des sciences chimiques, à Londres, il y a quelques semaines, M. Frank liol-tamley1 a lait une communication très intéressante, malheureusement trop brève, — étant donnée l’importance du sujet — relativement à un verre obtenu par la fusion de la silice seule.
- L'anhydrique silicique, vitrifié par fusion, possède la propriété remarquable de ne pas se rompre sous rinlluence de n’importe quel abaissement de température. Ce verre spécial peut, sans éclater, être projeté à l’état incandescent dans l’eau froide.
- La production d’un verre semblable est très dif-licile à cause de son point de fusion très élevé qui
- de carbonate de soude et de 1 partie de carbonate de chaux, le verre de Bohême se compose ordinairement de 7 parties de quartz hyalin (silex « étonné a) de 2 parties de carbonate de potasse et une partie de calcaire calciné.
- Ce quartz hyalin a comme origine les cailloux de silex roulés dans les torrents voisins ; le plus pur est la variété enfumée qui est étonné au rouge cerise, dans des fours spéciaux, puis précipité à chaud dans l’eau où il se désagrège. Le calcaire contient une proportion de 8 à 10 pour 100 d’ashesle ou amiante brute, il est étonné comme le silex.
- Avec un dosage approprié de quartz, et de calcaire
- Objets en verre de silice. — Ustensiles de laboratoires.
- est d’environ 1900° (le verre à vitres ordinaire est travaillé généralement vers 1100°). En Allemagne, actuellement, on estime le gramme de ce verre de quartz de 50 pf. à 1 marc, soitO fr. 625 à 1 fr. 252.
- Ce nouveau verre est appelé à rendre d’immenses services, d’abord pour les appareils de laboratoires, et aussi pour d’autres nombreuses applications.
- Attendons, pour l’obtenir industriellement, que l’électricité, cette fée bienfaisante, nous permette d’obtenir pratiquement des fours à températures élevées et continues ; alors nous verrons surgir des produits qui seront, pour la science d’abord, de très grande utilité.
- Rappelons ici, en passant, que si certains verres fabriqués en France se composent généralement de o parties de sable (grès siliceux) d’une partie 1/2
- 1 Usine de Wallsend on Tyne, près Londres.
- 2 En Angleterre les prix sont inférieurs.
- d’amiante, additionné d’un mélange en proportions voulues d’alumine, de magnésie, et de carbonate de zinc, M. Meyer produit un verre homogène, d’une résistance au moins égale au verre de Bohème, se travaillant facilement, conduisant bien la chaleur, supportant bien les brusques variations de températures.
- Ce verre de silex, produit dans des conditions particulières, est obtenu également à des températures très élevées. Voilà encore un fait intéressant à connaître et à utiliser en attendant l’obtention pratique du quartz fondu.
- Bès maintenant à cette usine anglaise on produit des tuyaux de 1 m., sur 0 m. 40 de diamètre, des capsules et vases ayant jusque 50 1. de capacité, des serpentins de 6 m. de long, etc., en silice.vitrifiée opaque; c’est là plus qu’un début intéressant.
- Jules Heîuuvàux.
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- LE TIR CONTRE LES BALLONS DIRIGEABLES
- Les ballons dirigeables étant des unités militaires au même titre que les navires de guerre, l’éternelle lutte de « la cuirasse et de l’obus » change de domaine et prend une nouvelle forme, une l'orme aérienne, oserons-nous dire, qui deviendra aussi âpre que la première. Mais elle en diffère du tout au tout parce que les mastodontes aériens ne peuvent se protéger contre les obus qu’en se maintenant à une altitude suffisante, à moins que l’ennemi ne prenne, lui aussi, une l'orme aérienne sous l’aspect de torpilleurs atmosphériques animés de grandes vitesses; dans ce cas, le salut résidera dans la perfection des moyens d’attaque et de défense dont nous ne pouvons encore avoir une idée. Actuellement on se contente, pour détruire les dirigeables, de recourir à une artillerie spéciale rapidement transportable et pourvue d’un angle de tir suffisant pour lui permettre d’atteindre les buts aériens. Ce sont des canons automobiles.
- De nombreuses expériences de tir contre les ballons captifs ont déjà été effectuées en Allemagne, en Angleterre, en Russie et en Autriche. En 1885, à Juterbog (Allemagne), un ballon captif élevé à 500 m. fut soumis au feu du fusil de six tireurs ; malgré de nombreuses atteintes, la perte de gaz ne s’effectua qu’avec une grande lenteur et le ballon ne descendit pas. Il fut ensuite élevé à 1000 m. et soumis au feu d’unebatlerie d’artillerie de campagne tirant à shrapnels. En très peu de temps il fut endommagé. La même année, à Zegel, un ballon placé à 1400 m. fut descendu en quelques coups de canon seulement. A Kummersdorf, en 1886, deux ballons captifs, placés à 5000 m. de la batterie et à 500 m. de hauteur, tombèrent : l’un après 10 coups, l’autre après 26 coups. En Angleterre, vers la même époque, un ballon de 12 m. de diamètre, ayant été placé à 1800 m. d’une batterie et à 260 m. de hauteur, fut descendu après deux coups de shrapnels, l’un de ceux-ci ayant éclaté à 26 m. en avant du ballon et l’autre à 45 m. ; le ballon avait reçu 56 éclats. En
- 1890, les Russes exécutaient des expériences analogues et obtinrent le même résultat. Par contre, en Autriche, au polygone de Slernl'eld, en 1896, une batterie de huit pièces tira 80 shrapnels sur un ballon captif placé à 5000 m. de distance et à 800 m. de hauteur sans pouvoir produire plus de trois blessures. L’angle de tir était de 27 degrés.
- De ces expériences on peut conclure que le tir du fusil, comme celui d’une mitrailleuse de petit calibre, sont absolument inefficaces contre les ballons. Mais le tir du canon serait cependant très dangereux à condition qu'il puisse être réglé.
- Les canons à tir rapide, rappelle un technicien qui, dans Omnia, étudie avec quelles chances de suceès la lutte pourrait être engagée, se caractérisent, en général, par une plus grande tension de la trajectoire due à une augmentation de la vitesse initiale. L’angle de tir étant très limité, l’obus devient incapable d’atteindre un ballon placé à une grande hauteur. Pour une portée de 7000 m., la flèche maximum de la trajectoire ne dépasse guère 800 m. ; donc quelle que soit la distance, tout ballon situé au-dessus de 800 ni- est à l’abri. Mais si on augmente 1 ’angle de tir en creusant un trou sous la llôche de l’affût, on relève la trajectoire, et, pour une portée de 8500 m., on peut obtenir une trajectoire dont la llèche maximum soit de 1600 m., et toute la partie de cette trajectoire comprise entre 5000 et 6800 m. se trouve à une altitude dépassant 1200 m. On voit que, dans ces conditions, la zone dangereuse pour le ballon augmente singulièrement.
- Les obus explosifs, dont l’action est extrêmement énergique dans un rayon maximum de 15 m., exigent un réglage très précis et difficile à réaliser dans un tir contre un ballon dirigeable. Par contre, les obus à balles ayant une gerbe d’éclatement assez ouverte possèdent une zone d’action plus considérable. Pour atteindre le ballon, il suffira donc de remonter le point d’éclatement sur la trajectoire en procédant par un réglage à obus fusants. Le canon
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- devra être monté sur un affût spécial permettant le pointage dans toutes les directions et sous de très grands angles en utilisant un dispositif consistant à faire tourillonner la pièce autour de la culasse en l’équilibrant au moyen de récupérateurs convenables, l’ensemble étant lui-même monté sur un affût crinoline. Dans ces conditions le ballon pourra être atteint à des hauteurs considérables et dans une direction quelconque, pourvu, nécessairement, qu’il se trouve à une distance inférieure à la limite de portée de la pièce. Et le canon, grâce à la vitesse de tir, aura raison du ballon. En tirant à quatre distances successives, différant de 100 m., trois obus dont on peut faire varier la direction de manière à battre une largeur de 200 m. on obtiendra, dès que le tir rapide commencera, dans le plan horizontal passant par le ballon, une zone de près de 600 m. de long sur 200 de large qui sera entièrement battue par 12 coups tirés en 50 secondes. Si on a la précaution de pointer systématiquement le canon en avant d’un ballon dans le sens de la marche, celui-ci ne peut échapper.
- Le problème du tir parait donc très simple : la question essentielle résiderait dans la possession d’un canon prêt à ouvrir le feu sur le ballon à une distance maximum de 5 km. environ, c’est-à-dire d’un canon à tir rapide monté sur une automobile. La pièce devra être du calibre de 65 à 70 mm., montée sur un alïût spécial, le poids ne devra pas excéder, avec celui du frein récupérateur, 700 à 800 kg. ; les projectiles pèseront 5 kg et l’on devra posséder un approvisionnement de 100 coups. Le poids total sera de 1100 kg. au minimum.
- Le véhicule n’a rien à craindre du ballon parce qu’il restera inaperçu tant qu’il n’aura pas ouvert le feu, c’est-à-dire trop tard pour que les aéronautes puissent l’empêcher d’accomplir sa mission. Le châssis pourra être réduit aux pièces strictement indispensables, sans protection blindée; son poids ne dépassera guère 1200 kg, en ajoutant le poids des rechanges, 1 conducteur, 5 servants, 1 officier, on obtiendra un total général approximatif de 5000 kg.
- L’auto devra pouvoir réaliser sur route une vitesse de 65 km à l’heure et circuler à faible allure dans les terrains difficiles pour passer d’une route à une autre. Un moteur de 55/40 CV. suffit pour remplir ce programme. Avec un moteur de de 60 CV. on ferait du 90 à l’heure, vitesse qui sera peut être nécessaire pour compenser le désavantage qu’a la voiture sur le ballon de ne pouvoir marcher en ligne droite.
- Le rôle de l’officier qui commande l’engin consiste, dès qu’un ballon est en vue, à prendre une décision sur le sens de la marche, à se lancer sur ses traces le plus rapidement possible en utilisant toutes les ressources du réseau routier, en abandonnant une route pour prendre une traverse, etc. Dès que la voiture se sera suffisamment approchée, elle s’arrêtera et on ouvrira le feu.
- Cette question a également fait l’objet d’une étude très serrée par les usines Krupp à Essen dont les ingénieurs ont donné leur manière d’envisager le problème dans une très intéressante note publiée par la lie vue Militaire Suisse.
- Tout en reconnaissant qu’il est urgent de pousser l'étude de ces canons, il faut bien admettre que la vitesse des dirigeables et leur mobilité les met presque entièrement à l’abri des obus; leur attaque ne paraît possible que par d’autres dirigeables et l’on en arrive à considérer l’issue de lutte entre l’attaque et la défense comme un nouveau champ de bataille aérien.
- La première tache que les dirigeables auront à accomplir en cas de conflit sera de déterminer les points de débarquement des troupes par chemins de fer ou par bateaux et d’observer les mouvements des armées. Puis ils s’efforceront à surprendre les
- directions de marche des colonnes, des Hottes, l’extension des ailes, la composition et l’emplacement des réserves, les positions de l’artillerie, les ouvrages de fortification.
- En somme l’action des dirigeables s’étendant sur une zone bien déterminée, il suffirait, pour les éloigner, de disséminer sur celle zone un certain nombre de pièces d’artillerie qui commanderaient pour ainsi dire l’atmosphère au-dessus de cette région. Il ne faut pas, dans ces conditions, prétendre détruire les dirigeables évoluant au-dessus de la zone militaire; tout au plus peut-on espérer les tenir à une
- Canon Krupp de mm sur affût d'automobile.
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- distance suffisante ou à une hauteur telle que leurs observations en soient considérablement gênées. Or, pour reconnaître avec sûreté la composition des colonnes de route du haut d’un dirigeable, il faut que celui-ci ne soit pas éloigné à plus de 10 km et qu’il se ,,maintienne à une altitude maximum de 1500 m. D’après le règlement allemand sur le service en campagne, le rayon visuel des observateurs en ballon captif ne peut prétendre à faire une reconnaissance au delà de 7 km que par des temps exceptionnellement favorables. On voit que le rôle du canon contre les unités aériennes, se
- aussi bien sur un navire que sur une automobile ou sur une base lixe. Cependant si on voulait employer un affût sur roues, des dispositifs spéciaux devraient intervenir pour rendre possibles les changements rapides de direction, comme, par exemple, les l’usées d’essieu articulées qui, pendant le tir, ainsi que le montre une de nos photographies, seraient tournées, ainsi que les roues, du côté de la bouche. La vitesse de pointage doit être calculée d’après celle du dirigeable; en admettant 15 m. par seconde pour ce dernier, et le pointage s’opérant sur une distance de 2000 m., on est astreint à une variation de poin-
- Canon Krupp de 65 mm en batterie.
- résume à une action encore bien imparfaite. Voyons quelles propriétés particulières doivent posséder les canons destinés au tir contre les dirigeables, toujours d’après les ingénieurs des usines d’Essen.
- Nous savons que le feu de l’infanterie est sans effet; d’autre part les canons actuellement en service sont insuffisants parce que la difficulté du tir réside dans l’extrême mobilité, en tous les sens, du but à atteindre. Il est vrai que le même but est très vulnérable par sa fragilité et ses dimensions. Il faut donc que les canons qui seront construits dans le but précis de tenir éloignés les aérostats soient pourvus d’un champ de tir latéral illimité et d’un champ de tir vertical très étendu.
- Le pointage rapide dans toutes les directions ne peut être obtenu que par un affût à pivot, fixable
- tage de un demi-degré environ par seconde. Verticalement le champ de tir devra être porté au minimum à 60° afin de pouvoir atteindre le but placé à une courte distance et à une grande hauteur. Et pour assurer au canon, tirant sous de très grands angles, une amplitude .de recul suffisante sans qu’il soit nécessaire de soulever la culasse dans une position constante de- chargement, les tourillons seront disposés très près et même au-dessous de la culasse.
- Un dispositif équilibreur servira alors à compenser la prépondérance avant.
- L’alïût à pivot destiné à une automobile aura une hauteur de genouillère très réduite et on fera usage du système à recul différentiel. Quant au calibre, il paraît absolument nécessaire de ne pas dépasser
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- celui des pièces de campagne; il faudrait même rester en dessous, à cause du poids des projectiles à transporter par l’auto. Mais si le canon est destiné à un navire cette restriction ne s’impose plus, il y aura même avantage à utiliser un projectile plus lourd et d’une plus grande portée. D’autre part les trajectoires doivent être très tendues, les vitesses initiales considérables et les bouches à leu longues. Pour cela il est nécessaire d’adopter un système automatique d’ouverture et de lérmeture de la culasse et un dispositif de mire spécial en combinaison avec un télémètre. Car, ici, la distance au but ne peut être employée directement pour le réglage de la hausse; il faut, au contraire, diminuer progressivement la hausse qui correspondrait à la distance, à mesure (pie l’angle de site augmente.
- Les tables de tir devront donc être pourvues d’une colonne spéciale que l’officier consultera pour chaque coup. Le pointeur suivra le dirigeable dans tous les sens avec sa lunette de visée et le pointeur servant réglera la hausse sur les indications de l’officier.
- La question du projectile est capitale. On peut détruire un dirigeable en produisant l’inflammation du gaz ou le mettre dans l’impossibilité d’accomplir sa mission en atteignant ses œuvres vives. On sait que la balle du fusil traverse l’enveloppe sans nuire en aucune façon à l’aéronat. Les éclats du shrapnel produisent des déchirures plus étendues, mais insuffisantes pour empêcher le dirigeable de retourner \>en lieu sûr. Un obus traversant le ballon serait plus dangereux surtout si ce ballon est à carcasse métallique. Mais le maximum d’elfet serait obtenu si l’on parvenait à faire éclater un obus à l’intérieur même de l’enveloppe. Ce résultat se-
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- de 65 mm % SL, ob.lTr: »» Pf ™en-
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- pour le tir 1
- contre les ballons. ^
- llammation des gaz en armant l’extrémité du projectile d’une substance qui enflammerait l’hydrogène dès qu’elle se trouverait en contact avec lui.
- Nos photographies, dues à l’obligeance'des usines Krupp, montrent deux modèles de canons que ces usines construisent contre les ballons. On voit que les l'usées d’essieu sont articulées et permettent aux roues de prendre une position faisant un angle de 90° avec leur position de route.
- Les organes : frein de recul, fermeture automatique sont semblables à ceux des canons de campagne. Ces pièces, pourvues d’un dispositif de mire spécial dans le détail duquel nous ne pouvons entrer, lancent un projectile de 4 kg à la vitesse initiale de 620 m. Les obus employés et soumis aux essais sont de deux sortes, les uns portent une capsule de mousse de platine qui est portée à l’incandescence à son entrée dans le ballon par son contact avec l’hydrogène : la déflagration d’une charge de poudre fait éclater un récipient d’oxygène dont le mélange avec l’hydrogène aura pour résultat l’explosion du ballon. — N’oublions pas que cette série d’opérations doit s’efï'ectuer pendant le temps (6/100e de seconde) que met l’obus pour traverser le ballon. — L’autre projectile prévu est un obus fumigène contenant une matière inflammable; les flammes et la fumée sortent par des trous pratiqués à la base de l’ogive et rendent la trajectoire visible.
- Des expériences eurent lieu sur des petits ballons captifs placés à 1600 m. et aune hauteur de 60 m. environ. L’un des ballons fut atteint après le cinquième coup et l’autre au deuxième coup.
- L’intérêt que présente cette expérience et quelques autres qui suivirent réside surtout dans la visibilité permanente de la trajectoire décrite par chaque obus.
- 11 ne faudrait pas se baser, en effet, sur un tir de cette nature pour conclure que le canon, qu’il soit monté sur une automobile ou sur le pont d’un navire, est capable, après, quelques coups d’essai, de toucher un dirigeable dans l’atmosphère. La vitesse du navire aérien, 50 km à l’heure, et surtout la possibilité pour lui de s’élever à une grande hauteur, en font un but extrêmement difficile à atteindre. Dans le cas d’un conflit, le dirigeable n’aura qu’à éviter les places fortes ennemies et surtout et avant tout son semblable qui est son seul adversaire dangereux. Lucien Fournier.
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- UNE VISITE A LA MOMIE DE SINZIG
- Pou de temps avant sa mort, le professeur E.-T. Hamy a conté ici même, la plaisante histoire de ce cadavre momifié qui, enlevé de l’église de Sinzig pendant les guerres de la Révolution, fut expédié à Paris et déposé dans les caves du Jardin des Plantes jusqu’en 1814, époque à laquelle il fut restitué à l’Allemagne. Sinzig, comme on sait, est une localité située sur la rive gauche du Rhin, à 30 km. au nord do, Coblentz. La momie do Sinzig ou « de saint Zig)), en prononçant à la française, a été l’origine du mot zig, actuellement très employé dans le langage familier et dont l’étymologie était jusqu’alors demeurée inconnue.
- Cette anecdote héroï-comique, Hamy l’avait maintes fois racontée aux habitués de la Petite Vache1; elle m’était familière, ainsi qu’à quelques autres personnes, bien avant qu’il n’eùt pris le parti de la publier. Au cours de fréquents voyages dans la région rhénane, j’ai eu maintes fois l’intention de m’arrêter à Sinzig et de m’enquérir du sort de la fameuse momie; mais je passais, remettant à plus tard ma visite. La note du professeur Hamy rendant celle-ci plus urgente, j’ai mis finalement mon projet à exécution.
- Sinzig est une cité très ancienne. Les Romains, qui la nommaient Sentiacuni, y avaient une citadelle. On y trouve une belle église romane, du style de transition, entièrement couverte à l’intérieur de peintures polychromes, habilement restaurées voilà une quarantaine d’années. C’est dans cette église que devait se trouver, selon toute vraisemblance, la momie que je venais voir, à supposer qu’elle eut été réellement rapportée de Paris jusque-là; toutefois, il me fut impossible de l’y découvrir. Elle était sans doute conservée dans quelque caveau invisible ou dans une chapelle assez sombre, dont la porte de fer était close : il me fallait donc aller aux informations.
- Je m’acheminai vers le presbytère. Le curé m’accueillit de la façon la plus courtoise. Rien que nommé récemment à ce poste, il était, comme tous les habitants de Sinzig, au courant des péripéties posthumes de la momie; il m’en conta l’histoire locale; je lui en lis connaître les vicissitudes en territoire français et ainsi se trouvèrent entièrement élucidées ses macabres aventures.
- A une époque ancienne, peut-être antérieure au xviue siècle, on désaffecta le cimetière de Sinzig ou du moins on rouvrit aux inhumations une partie du cimetière dans laquelle des cadavres avaient été précédemment ensevelis. L’une des bières exhumées avait résisté aux infiltrations d’eau; le cadavre qu’elle contenait s’était desséché, racorni, momifié, sans subir la putréfaction humide. Ce fait s’observe trop fréquemment, notamment dans les caveaux funéraires, pour qu’il y ait lieu d’en être surpris. Que faire d’une pareille momie? On restaura le cercueil tant bien que mal, on y remit le cadavre, puis on porta le tout dans l’église.
- Pour réparer la bière, on avait employé une planche ayant précédemment servi à quelques usages et sur laquelle étaient encore peintes d’autres lettres. On lisait notamment v. c. t. sanctus, abréviation de vocatus sanctus, appelé saint, considéré comme saint. Les fidèles n’entendaient goutte à ce latin; avec le temps, ils ne
- 1 Petit restaurant de la rue Mazarine, fréquenté par des artistes et des hommes de science, transformé depuis quelques années et maintenant délaissé par son ancienne clientèle. Tous ceux qui se sont fait un nom dans l’exploration, dans ces vingt dernières années, ont passé par ce modeste restaurant, où il n était pas facile de se faire admettre. A l'égal de maisons plus célèbres, il mérite d’avoir quelque jour son historien.
- doutèrent plus que le cadavre ne fût celui d’un saint dont le nom était indiqué par les lettres v c t. Par une libre interprétation de ces dernières, on en vint à conclure que l’église de Sinzig abritait le corps de saint Yogt. On commença d’allumer des cierges devant la précieuse relique ; ce nouvel usage allait en se propageant et le culte du nouveau saint gagnait de plus en plus la faveur des populations, quand les troupes révolutionnaires françaises envahirent le pays, s’emparèrent du saint et l’envoyèrent à Paris.
- L’émoi fut grand. Qu’allait devenir la ville, privée de son protecteur? On ne perdit pas l’espoir de le ramener dans son église et l’on dit que, du temps où la contrée était incorporée à la France, les députés firent à Paris des démarches, dans le but d’obtenir son retour au pays. On assure même que ces démarches furent couronnées de succès, mais il n’en est rien, et cela pour diverses raisons : d’abord, parce qu’on ne savait pas à Paris ce qu’était devenue la momie de saint Vogt ou de saint Zig, comme on voudra l’appeler; ensuite parce que les documents compulsés par Hamy démontrent que la momie ne fut restituée qu’en 1814; enfin, parce qu’à cette époque-là les provinces allemandes de la rive gauche du Rhin n’appartenaient plus à la France et, par conséquent, n’avaient plus de députés à Paris.
- Quoi qu’il en soit, un beau jour se répandit la nouvelle que saint Yogt allait revenir et que même il était déjà parvenu à Cologne. De Sinzig à Cologne, il n’y a pas moins de 58 km : malgré la distance excessive, la population fit à pied ce long trajet, en procession, puis revint de même, ramenant triomphalement la momie, qui fut réintégrée dans l’église. Elle y est toujours, mais elle n’est plus l’objet d’aucun culte spécial. La première chapelle à droite, occupée par les fonts baptismaux, présente une armoire ménagée sous l’escalier conduisant aux tribunes. C’est dans cette armoire qu’elle repose, dans une bière peinte en blanc, à couvercle vitré. Le très distingué et sympathique curé, qui a eu la modestie de me taire son nom, a fait ouvrir devant moi la chapelle, puis l’armoire ; il a fait enlever le couvercle et j’ai pu contempler face à face le héros anonyme de cette étrange aventure.
- Il est là, sous trois pas un enfant le mesure....
- On dirait qu’il dort. C’est un homme jeune encore, d’une trentaine d’années peut-être, d’une maigreur pas trop excessive, pouvant mesurer 1,65 m. à 1,68 m. de hauteur. Il est couché sur le dos, les bras croisés sur la poitrine ; sa bouche, régulièrement entr’ouverle, comme pour un sourire, grâce au dessèchement et à la rétraction des chairs, plutôt que par le rictus de l’agonie, montre une double rangée de dents intactes. La tête est entièrement glabre et cela, joint au complet écrasement du nez, donne un aspect singulier à ce cadavre plusieurs fois séculaire.
- En prenant congé de lui, je lui serre la main, comme à une vieille connaissance ; il ne répond pas à la pression de mes phalanges, pour une cause que chacun comprendra, mais son bras s’agite, car les articulations de l’épaule et du coude sont douées d’une certaine mobilité. Depuis tantôt un siècle qu’il est retourné à Sinzig, il attendait qu’on vînt de France lui rendre la visite qu’il nous avait faite jadis. Rien qu’un peu tard, voilà le protocole satisfait.
- Et maintenant, que les siècles passent sans anéantir cette dépouille, instigatrice inconsciente d’un vocable nouveau, qui s’est introduit et maintenu dans notre langue depuis près de 120 ans et que l’Académie devra sans doute accueillir dans l’une des prochaines éditions de son Dictionnaire!
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- LA PROTECTION DU GIBIER EN HIVER
- Un lecteur de La Nature, M. Stephen N. Leek, membre de la Législature du Wyoming (Montagnes Rocheuses), et passionné sportsman, nous adresse l’instantané reproduit sur cette page. Il habite Jack-son’s Ilole, l’une des vallées les plus pittoresques et les plus giboyeuses de l’Amérique du Nord.
- L’hiver fut exceptionnellement dur dans cette région, et les vastes bandes de wapitis (Cervus Cana-(lerisis) qui habitent les pentes des Rocheuses furent bientôt torturées par la faim.
- Sur l’initiative de M. Leek, la population du district
- entreprit de secourir les pauvres bêles qui venaient par milliers rôder aux abords de la petite ville. L’argent récolté permit d’acheter 450 tonnes de foin qui furent distribuées quotidiennement aux affamés. Comme le constate à regret notre correspondant, ce secours était insuffisant pour assurer la subsistance des 25 000 tètes que comptait le troupeau. Mais il diminua la mortalité dans des proportions appréciables. M. Leek estime que 1200 wapitis, pour la plupart âgés de moins de deux ans, moururent de faim ou de privations pendant la saison.
- LES ILES KERGUELEN
- La France possède dans l’océan Indien, un terri- I Ion, les îles Kerguelen furent pour ainsi dire oubliées foire presque aussi grand que la Corse et auquel J de même que les îles également françaises : Crozel,
- Fig. i. — Vue du Mont Ross, i85o mètres d’altitude.
- tous reconnaissent une grande valeur stratégique.
- Depuis 1772 et 177-4, dates auxquelles le chevalier de Kerguelen les aperçut et en prit possession au nom de la France, jusqu’en 1893, époque à laquelle le gouvernement se décida enfin à envoyer un navire de guerre y planter à nouveau son pavil-
- Marion, Saint-Paul et Amsterdam situées dans les mêmes parages de l’océan Indien. Cet abandon a même été si réel que « la Géographie » d’Elisée Reclus — ouvrage français pourtant — déclare à la page 183 que les îles Saint-Paul et Amsterdam appartiennent politiquement à la Grande-Bretagne.
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- LES ILES KERGUELEN
- C’est pourquoi la France envoya (en 1895 comme nous l’avons dit) un navire de guerre, l'Eure, reprendre plus officiellement possession des îles
- Kerguelen.
- Et la meilleure preuve qu’il était vraiment temps d’agir a été donnée par ce double fait que le gou-
- livre relatant le résultat de son voyage, cette phrase suggestive :
- « J1 est regrettable que la France ait dernièrement laissé entrevoir son intention de rendre effective sa possession nominale de cette terre intéressante et qui doit avoir une valeur d’avenir. »
- De sorte que pendant que la France oubliait cette possession, que certaines publications quasi-officielles déclaraient même n'offrir aucun intérêt à être colonisée, d’autres nations la convoitaient.
- Mais de hardis armateurs du Havre ont entrepris de la coloniser à leurs risques et périls, sans autre concours du gouvernement que l’octroi de la concession de son exploitation.
- M. René E. Bossière, dès 1895, puis en 1906, publiait sur les îles
- Fig. 2. — L’arche (baie de l’Oiseau) telle que l’avaient trouvée les expéditions antérieures.
- vernement allemand n’a pas envoyé en 1874, 1898, 1901 et 1905, moins de six bâtiments : Gazelle, Valdivia, Tanglin, Gauss, Essen, Stassfurt, rc-
- Fig. 4. — Forge et partie des bâtiments de l’établissement de dépeçage de baleines aux îles Kerguelen [port Jeanne d’Arc).
- connaître le pays en y faisant séjourner à grands frais pendant un an et demi (1902-1905) une mission d’observation et que, d’autre part, l’Australie a demandé (en 1901) à la France de lui « vendre » ces îles françaises.
- De son côté, un capitaine norwégien qui avait visité Kerguelen, ne craignait pas d’écrire, dans un
- Fig. 3. — L’arche (baie de l’Oiseau) telle qu’elle est actuellement, sous l’injluence de l’érosion marine.
- Kerguelen des travaux qui ont été récompensés par l’Académie des Sciences et dont nous tirons une partie de ces renseignements. Il établissait leur valeur commerciale et en 1895 partait lui-même sur la goélette à voiles Kerguelen.
- Après une nouvelle expédition tentée en 1900-1901 avec les navires Fanny et Selika, après un séjour de sept années dans la République Argentine, la Patagonie et les îles Malouines, il parvenait à organiser diverses autres expéditions et c’est grâce à ses efforts poursuivis inlassablement depuis quinze ans que trois vapeurs, Jeanne d’Arc, Éclair et Étoile et un voilier le Carmen, capitaine Dasté, ont été donner, l’an dernier, un grand essor à l’exploitation de la pêche.
- Nous croyons savoir que M. Bossière compte d’ailleurs joindre à cette exploitation celle des îles de
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- LES ILES KERGUELEN
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- Saint-Paul et Amsterdam pour la pêche des baleines et la création d’une fabrique de conserves de langoustes.
- Son frère, M. Henry E. Bossière, est revenu tout récemment des îles Kerguelen dont il a parcouru et prospecté une grande partie.
- Nous avons le plaisir de publier quelques-unes des photographies qu’il a rapportées. Une des plus curieuses est celle qui montre l’Arche qui se trouve à l’entrée de la Baie de l’Oiseau (l’un des premiers points où le navigateur Kerguelen atterrit en 1774) telle qu’elle était jadis et telle qu’elle se trouve actuellement. On pourra constater que la voûte s’est effondrée tout récemment.
- MM. Bossière : de sorte que la nouvelle colonie n’avait pas moins de 160 habitants.
- La chasse des éléphants de mer a déjà prouvé qu’elle pouvait devenir une importante industrie. De son côté, la pêche des baleines est susceptible de prendre un grand développement. La première baleine a été prise fin janvier 1909. A la fin d’avril, 79 baleines avaient été amenées à l’important établissement de Port Jeanne d’Arc et au milieu de juillet le total des prises se montait à 223 baleines, ce qui fait bien augurer du succès de cette industrie.
- Comme animaux sédentaires, il y a peu d’espèces à Kerguelen . : des lapins apportés par un navire de
- Fig. 5. — Une des innombrables cascades de Kerguelen : celle-ci qui se déverse dans le nord de Royal Sound prend sa source à 8oo mètres d’altitude.
- Tous les points de Kerguelen, même la carte officielle de la marine française ont vu à leurs noms d’origine substituer des appellations étrangères.
- La baie de l'Oiseau elle-même (nom du navire qui portait Kerguelen) est désignée sur la carte française port « Christmas » et une grande presqu’île du Nord porte le nom, mal sonore pour une oreille française,de Péninsule Bismarck....
- Cette année, en plus du personnel qui accompagnait M. Henry E. Bossière, en plus de l’équipage français du Carmen et du personnel norwégien spécialement affecté à la pêche des baleines, ont séjourné à Kerguelen deux frères jeunes et valeureux, MM. Rallier du Baty, qui y chassaient les éléphants de mer, avec l’autorisation des concessionnaires
- guerre anglais ; des « chionis » (oiseaux non palmés) que les premiers navigateurs avaient pris pour des pigeons et dont M. Henry E. Bossière a rapporté un spécimen vivant au Muséum de Paris.
- Des brebis amenées d’Islande ont mis bas et leurs agneaux bien qu’abandonnés à eux-mêmes, semblaient aux dernières nouvelles en excellente santé. Du reste, toutes les parties basses de Kerguelen sont couvertes d’une sorte de pimprenelle, plante fourragère qui porte le nom à'acoena, et dont tous les animaux, chevaux, moulons, vaches et même porcs, se sont montrés excessivement friands.
- Il y a donc lieu d’espérer que l’élevage en grand pourra se faire à Kerguelen avec le même succès qu’en Nouvelle-Zélande, aux îles Malouines, en Pata-
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- gonie ou à la Terre de Feu, pays situés sous les mêmes latitudes dont le mouton a fait la fortune.
- L’élevage du mouton ne date que de 1875 aux îles Malouines, que de 1881 en Patagonie et que de 1895 à la Terre de Feu : des fortunes considérables y ont été faites et les îles Malouines sont peut-être, parmi toutes les colonies anglaises, celle qui, par l’exportation des laines du pays, produit par an la plus grosse valeur en comparaison du petit nombre d’habitants.
- N’est-il pas triste de penser que c’est le français Bougainville qui a fait aux îles Malouines, avec des Acadiens, le premier, essai de colonisation !
- Toujours est-il que le climat de Kerguelen est presque absolument semblable à celui des îles Malouines. Dans l’un et l’autre pays, la température d’hiver ne diffère guère de celle de l’été. Evidemment on ne saurait la comparer à un printemps perpétuel, mais on peut dire que c’est un automne continu. Climat rude et désagréable, où les pluies, les giboulées et les grands vents alternent avec le soleil. Climat excessivement, sain.
- Jamais de grands froids ni de grandes chaleurs, comme en Islande ou à Terre-Neuve, jamais, même au cœur de l’hiver, la température no s’abaisse au-dessous de — 8 degrés, tandis que pendant l’été le thermomètre ne dépasse pas -f 20 degrés. C’est donc un pays tout à fait habitable.
- Comme mines, M. Henry E. Bossière a prospecté les gisements de charbon qui se trouvent dans la baie Cumberland, au nord de la grande lie et bien que l’épaisseur des couches reconnues ne soit pas suffisante pour donner lieu à une exploitation immédiate,
- la qualité du charbon est bonne. On en a brûlé dans les chaudières des vapeurs et on a été satisfait.
- De plus, certains minerais rapportés, contiennent des quantités appréciables de nickel, il est donc permis d’espérer qu’une prospection plus complète mettra à jour des gisements d’une exploitation rémunératrice.
- Quoi qu’il en soit, c’est déjà beaucoup que cette possession ait désormais par la pêche, un élément de vitalité qu’on n’osait espérer il y a quelques années.
- Kerguelen se trouve placée au milieu de l’océan Indien, presqu’à égale distance des deux continents Africain et Australien, de la Réunion et de Madagascar, pourquoi ne deviendrait-il pas le centre de communications entre ces divers pays si éloignés les uns des autres, maintenant que cette merveilleuse invention qu’est la télégraphie sans fil, permet de communiquer à travers les mers.
- Pour la France qui possède en Extrême-Orient ses plus belles colonies, qui possède également Madagascar et la Nouvelle-Calédonie, Kerguelen peut devenir, dans le cas où le canal de Suez viendrait à être fermé, un point d’escale et un point d’appui d’une valeur inappréciable.
- Et puis, qui sait si en dehors même de cette valeur déjà reconnue par tous, l’avenir ne réserve pas quelque surprise. M. Henry E. Bossière a constaté la présence à Kerguelen d’innombrables cascades. Dans ce siècle de progrès où la fée électricité révèle chaque jour (de nouveaux phénomènes et suscite de nouvelles inventions, il n’y aurait rien d’étonnant à ce que cette houille blanche devînt quelque jour pour Kerguelen une source de prospérité. N...
- LA GRÊLE
- Les éléments de la grêle ou grêlons, présentent, sous le rapport de la forme et de la grandeur, une excessive variété : grêlons sphériques soudés ensemble (fig. 4, n° 6), grêlons en cône terminés par une base sphérique (fig. 5), grêlons annulaires (fig. 7), grêlons offrant des formes géométriques (fig. 5), grêlons recouverts extérieurement d’une couche de cristaux (fig. 4, n° 2), grêlons en forme de dent (fig. 4, n° 4), de perle entourée d’un anneau (fig. 4, n° 5), de lleurs (fig. 4, n° 6), etc.
- Leurs dimensions restent d’ordinaire comprises entre 0 cm 5 et 2 cm; ce n’est qu’exceptionnelle-ment qu’elles dépassent cette dernière valeur. Tel est, par exemple, le cas des grêlons représentés figure 5, nos 1 et 2, qui avaient une longueur variant de 9 à 15 cm, et ceux du type 5 dont le diamètre était de 7 à 15 cm. Quant à la chute de blocs de glace extraordinaires, « plus gros qu’une meule de moulin » ou mieux encore « de la grosseur d’un éléphant! » les relations qui les rapportent contiennent, sans contredit, une trop large part d’exagération pour qu’on leur accorde croyance.
- Si l’on examine l’aspect de la section diamétrale des grêlons, telle que celle représentée figure G, on remarque une région centrale, le plus souvent d’apparence cristalline1, entourée de couches exagérées dans un sens, atténuées dans un autre, les unes opaques, les autres transparentes, témoignages que des conditions très diverses doivent présider à leur formation.
- Ordinairement, les chutes de grêle sont de courte durée dans un même endroit. Mais la grêle ne s’arrête pas nécessairement parce qu’elle n’atteint plus le lieu d’observation. Du sommet du Puy de Dôme, M. Plumandon a suivi des yeux, « par le blanchiment px-ogressif du sol, des chutes de grêle qui ont persisté plus de deux heures en se propageant tantôt d’un côté, tantôt d’un autre ».
- Il peut arriver aussi que les chutes de grêle durent fort longtemps dans un même endroit. Voici
- 1 C’est exactement la forme que l’on obtient quand on introduit un petit cristal dans une solution saline sursaturée. Le premier physicien qui ait rapproché de ces expériences la forme des grêlons paraît être A. Rosenstiehl (C. R., 1875, t. II, p. 537).
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- deux exemples remarquables : le 17 juillet 1895, à Aigueperse (Puy-de-Dôme), la grêle est tombée pendant trois quarts d’heure, et le 19 mai 1894, à
- On l’entend lorsque l’orage s’avance, mais on ne le distingue plus, en général, quand les grêlons et la pluie tombent de tous côtés autour de soi. C’est
- Fig. i. — Photographie d'un nuage à grêle.
- Neuville (Puy-de-Dôme), durant une heure et demie sans interruption1. Ces cas sont fort heureusement très rares.
- L’abondance des grêlons est parfois extraordinaire. C’est ainsi qu’une chute de grêle survenue à Madrid, le 19 juin 1899, a recouvert le sol d’une couche atteignant 50 centimètres2.
- Quand ils arrivent sur le sol, les grêlons ont le plus souvent une basse température. M. Cailletet a trouvé — 9° pour la température de grêlons tombés au mois de juillet et Boussingault nota, dans un autre cas, — ÎO0^ alors que l’air atteignait -b 26°.
- La chute de la grêle est accompagnée d’un grondement particulier que l’on a comparé à celui de voitures roulant au galop, d’un train de chemin de fer, d’un sac de noix qu’on agite fortement, etc.
- 1 .1. R. Pi.miANnoN. Les orages et la grêle, pages 152 ni 155.
- 2 ,l. R. Plumandon. Loc. cil., p. 152.
- 5 W. ' Schwab. Die Hagel-Theorien altérer und neuerer Zeit. Cassel, 1878.
- 4 On sait, que, dans ces conditions, un simple choc, ou bien encore le contact avec le moindre cristal suffit, en effet., pour provoquer immédiatement la congélation. L’idée d’uti-
- ce qui explique que son existence ait été niée par certains observateurs. Ce bruit paraît être causé, selon toute vraisemblance, par le choc des grêlons sur le sol.
- De très nombreuses opinions ont été émises sur le phénomène de la formation de la grêle5. On admet aujourd’hui que des gouttelettes en sur fusion, c’est-à-dire liquides bien qu’à une température inférieure à 0°, peuvent exister simultanément avec de petits cristaux de glace en différentes parties du même nuage, et que c’est la brusque rencontre de ces éléments qui amène la formation des grêlons4.
- La discussion des données rapportées par les ballons-sondes a, en effet, établi d’une façon positive les points suivants :
- La surface isotherme de 0° se trouve vers 1200 m. à la fin de la saison froide et remonte à 5600 m. pendant les mois les plus chauds. L’isotherme de
- liscr, pour la théorie de la grêle, l’élat de surfusion des gouttelettes des nuages paraît être de M. E. Renou. Sa théorie a paru dans Y Annuaire de la Société météorologique de France pour l’année 1860, p. 89. Mais Renou crut nécessaire d’aller chercher, à 8 ou 10 km de hauteur, les cristaux de glace dont la présence devait solidifier l’eau des cumulus en surfusion et il n’expliquait pas par quel procédé ils auraient effectué, au lion moment, une descente de plusieurs kilomètres.
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- LA GRÊLE
- — 50° s’abaisse jusqu’à 8800 m. en hiver et atteint H 000 m. en été1.
- D’autre part, les mesures effectuées pendant « l’année des nuages » ont donné comme altitude des sommets des cumulo-nimbus, des « nuages orageux » : 5500 m. à Trappes, 5000 m. à Washington, en été; 5850 m. et 5750 m. en hiver. On a même noté des altitudes exceptionnelles de 9, 10 et 14 kilomètres2.
- Dans ces conditions, nous pouvons considérer comme un fait hors de doute que, même pendant les journées les plus chaudes, les protubérances des nuages orageux dépassent la couche isotherme de 0° et flottent dans une atmosphère très froide, à — 5°, —10°, — 15° et peut-être davantage.
- Et, comme elles restent bien arrondies, bien délimitées, ne présentant pas cet aspect fibreux parti-
- parfois dans le proche voisinage des cumulo-nimbus, des nuages de glace formés directement, c’est-à-dire indépendamment de ces cumulus et à une altitude inférieure à celle de leurs sommets. Sur la photographie (fig. 1) prise un peu avant l’arrivée d’un nuage orageux, on aperçoit très nettement plusieurs bancs de cirro-stratus flottant à une hauteur moindre que les parties les plus élevées du nuage.
- L’existence simultanée de gouttelettes en suriu-sion et de cristaux de glace est la condition qui rend possible la production de la grêle. Quelles en sont les causes occasionnelles? Pour M. Durand-Gréville, le passage d’un grain serait la cause générale3. La nappe d’air descendante6 introduirait le mouvement, jetterait ces éléments les uns contre les autres et provoquerait ainsi la congélation des gouttes surfondues. La présence du vent de grain ne saurait
- Fig. 3. — Gros grêlons : formes géométriques.
- culier aux nuages de glace, on doit admettre qu’elles ne sont pas formées de menus cristaux, mais de' gouttelettes à l’état de surfusion3. Les masses en forme d’ « enclumes » ou de « champignons » gigantesques à texture filamenteuse qui surmontent parfois ces protubérances, sont, au contraire, constituées par des particules glacées4 *-.
- Outre ces « faux cirrus » faisant « corps » avec le reste de la masse nuageuse, on observe aussi,
- 1 L. Teisserenc de Bout.Résultats principaux des lancers de ballons-sondes à VObservatoire de météorologie dynamique. Congrès internat, de méléorol. Paris, 1900, p. 199.
- 2 H. Hildebrandsson et L. Teisserenc de Bort. Les bases de la météorologie dynamique.
- 3 La snrfusion des gouttelettes des nuages a été constatée et corroborée par de nombreuses observations. Nous citerons en particulier celles de : G. Tissandier. Observations météorologiques en ballon. Paris, 1879. — R. Assmann. Meleoro-logische Zeitschrift, 188b, p. 41-47.
- 4 L’apparition des phénomènes lumineux connus sous le
- nom générique de halos, ne laisse aucun doute à cet égard,
- cependant être invoquée comme la seule cause occasionnelle, et il n’est nullement invraisemblable d’admettre que des actions d’autre origine peuvent aussi intervenir, dans quelques cas, tout au moins. Par exemple, la cause déterminante de certaines averses brusques de grêle ou de pluie (qui ne serait que de la grêle fondue en route), que l’on observe après un coup de tonnerre, est peut-être d’origine électrique7.
- car ils sont, en effet, produits par la réfraction et la réflexion île la lumière dans des cristaux de glace.
- 5 Durand-Giikvii.i.e. La théorie de la grêle, Rev. Se., ¥ série, t. Il, p. 225, 1894.
- 6 La Nature, n° 1886, 17 juillet 1909.
- 7 L. Dufour constata dans ses expériences que le passage de la décharge électrique dans un milieu contenant en suspension des gouttes d’eau surfondues, provoquait leur congélation immédiate. (C. B., t. LU, 1861, p. 750.—Bulletin de la Société Vaudoise, avril 1861, p. 346-571.) Le même fait avait été signalé dès 1790 par Seifferbeld. (W. Schwab. Die llagel-Theorien, p. 4.)
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- Il nous reste à voir, maintenant, comment se développe le grêlon primitif qui prend naissance dans ces conditions.
- L’accroissement des grêlons se lait progressive-
- de ce point la grêle redoubla et la sensation que nous éprouvions alors, quand elle nous frappait la ligure et les mains, devint douloureuse. »
- Il est probable encore, que les mouvements vio-
- Fig. 4. — Diverses formes de grêlons. — 1, en forme de fleur; 2, grêlon recouvert d'une couche de cristaux; 3, grêlon à couches concentriques; 4, en forme de dent; 5, perle entourée d'un anneau; 6, deux grêlons sphériques soudés.
- ment, à mesure qu’ils tombent, par leur passage à travers les couches en surfusion. Les observations de Boussingault, qui a eu l’occasion de traverser dans les Andes un nuage où se formait la grêle,
- 11e laissent aucun doute à cet égard.
- « Sur une station très élevée (6000 m. au moins, puisque le baromètre y marquait 0,58 m.), le temps était magnifique. On dominait une masse de nuages accumulés sur la pente abrupte de la montagne et dans laquelle, mes compagnons et moi, pour opérer notre descente, nous entrâmes par la partie supérieure. Il tonnait. Bientôt nous reçûmes une grêle en grains très menus d’abord, mais qui grossissaient à mesure que nous descendions, à ce point qu’ils acquirent la dimension de balles de fusil. Toutefois, ces grêlons tombaient avec une telle lenteur, qu’en nous atteignant ils ne nous causaient aucune douleur. A l’altitude de 4300 m., la masse de vapeur devint si épaisse, que j’eus de la peine à lire les divisions du baromètre. Au-dessous
- lents dont les nuages orageux sont le siège, entraînent avec eux les grêlons, circonstance qui prolonge leur contact avec les gouttes en surfusion et, par conséquent, favorise leur accroissement, jusqu’à ce que, devenus trop lourds, ils finissent par tomber.
- Leur structure zonée conduit aussi à penser que, pendant leur trajet à travers les masses nuageuses, ils doivent tourner sur eux-mêmes.
- Tel est le processus probable de la formation des grêlons ordinaires.
- La production de grêlons exceptionnels par leur grosseur, dont il n’est pas possible de nier l’authenticité, tels que ceux ramassés à Brückl, le 2 juillet 1897, ou bien encore ceux recueillis le 2 octobre 1898 à Bizerte, pesant pour la plupart 250 à 300 gr., quelques-uns 600 et même 1200 gr., ne paraît guère pouvoir s’expliquer de cette manière.
- Quant aux masses de glace irrégulières, de grandes dimensions, elles ne sont que des agglomérations de grêlons, résultat d’un simple phénomène de regel qui les a collés ensemble une fois tombés et amoncelés.
- Cette question de la formation de la grêle n’est donc pas, comme on le voit, entièrement résolue, et présente encore des points obscurs.
- J. Loisel.
- Fig. 5. — Grêlons en cônes terminés par une base sphérique.
- Fig. 6.
- Coupe d'un grêlon.
- Fig. 7.
- Grêlon annulaire.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 octobre 1909. — Présidence de M. Bouchard,
- Correspondance. — M. le Ministre des travaux publies annonce qu’il vient de donner des ordres pour que le nivellement de précision des lignes traversant la région de la Provence éprouvée par le tremblement de terre de juin dernier soit recommencé. L’auteur d’une communication relative au moyen dont se servent les oiseaux migrateurs pour trouver leur chemin émet l’avis qu’ils sont guidés par les courants d’électricité atmosphérique. M, le Président remarque à ce sujet qu’il a constaté, au bord de la mer en Normandie, que les hirondelles très nombreuses le 25 septembre avaient disparu le lendemain. Or la nuit du 25 au 20 septembre a été marquée par des perturbations magnétiques intenses. M. Àngot rend compte d’une perturbation magnétique d’intensité absolument inusitée qu’il a observée le 25 septembre, le jour où une aurore boréale a été aperçue.
- Les ignames d’Afrique. — M. Edmond Perrier présente un travail de M. Chevalier sur les ignames de l’Afrique tropicale. L’auteur compte 30 variétés d’ignames de l’Afrique. Ces variétés se rattachent à trois types
- dont un seul se propage à l’étal sauvage dans les forêts. Pour quelle raison les autres formes ont-elles disparu à l’état sauvage ? L’auteur observe que le type survivant est un rhizome à surface épineuse et que, par suite, il 11e peut être mangé par les animaux qui recherchent les ignames tels que le potamochœrus.
- La température des étoiles. — M. Baillaud adresse une Note de M. Nordmann dans laquelle l’auteur décrit une méthode au moyen de laquelle on peut déterminer la température des astres lumineux, en partant de certaines données fournies par des observations d’ordre photométrique. En appliquant celte méthode au soleil il a trouvé que la température de cet astre était de 5990°, chiffre qui s’accorde d’une façon très satisfaisante avec le nombre de tiOOO0 environ déduit d’autres méthodes par divers savants. Puis au sujet des étoiles M. Nordmann donne les résultats suivants : variable de Cépliée 4950° à 7940°, la polaire 9800°. Les autres étoiles qu’il a étudiées ont des températures bien supérieures notamment 1 Taureau. Cil. DE VlLLEDEUIL.
- CHRONIQUE
- A propos de bicyclette aérienne. — L’homme est-il réellement condamné à ne pouvoir jamais naviguer dans les airs par ses propres muscles ? Telle est la question que nous avons posée à quelques-uns des techniciens les plus réputés de l’aviation. Nous avons été très indiscrets, trop indiscrets, même, puisque deux réponses seulement nous sont parvenues : de M. Ed. Surcoût' et du regretté capitaine Ferber. La bicyclette aérienne est-elle possible? Non et non !
- Le capitaine Ferber hase son opinion sur le calcul. Suivons-le :
- Poids de l’aviateur. ... 70 kilogrammes.
- Poids de la bicyclette . . 50
- Poids du bâti et des ailes. 50 —
- Total. ... 150 kilogrammes.
- Cherchons la surface nécessaire à l’enlèvement de ce poids. On a KSV2 sin a = P = 150. Nous prenons pour K la valeur Ferber 0,7 (dix fois plus grande qu’on ne croyait), pour l’angle d’attaque a = 6°, soit sin a= 0.1, pour V 30 km à l’heure ou 10 m. par seconde, autrement Y2 serait bien petit et S énorme. Notre formule devient :
- 0,7 x SX 100 X 0,1 =150
- d’où
- S = 21 mq.
- Cette surface de 21 mq. représente un aéroplane des premiers appareils Ferber n° 5, Wright, ou du biplan Lilienthal. Ça coûterait chez Voisin, ajoute Ferber, de 2000 à 3000 francs et chez un mécanicien quelconque de 1000 à 1500 francs. On peut le faire soi-même en deux mois en dépensant 400 francs et en travaillant tout le temps.
- Enfin pour faire avancer la machine il faut au moins 10 chevaux de sorte que l’on est obligé de passer au mo-
- teur ou bien à faire tout simplement du Lilienthal, ce qui est dangereux.
- Quant à pousser une hélice par les pieds, il n’y faut pas compter, car la poussée obtenue est très faible. O11 l’a déjà fait souvent et c’est à cause de cela que bien des gens ont cru que l’hélice dans l’air avait un mauvais rendement alors qu’il est excellent. L’homme avec sa bicyclette et une hélice ne pourrait pas donner plus de 4 ou 5 kg de poussée alors qu’il en faut au moins 50 ou 40 pour enlever l’appareil de 150 kg.
- Conclusion : il n’y a rien à faire ! Tel était l’avis du capitaine Ferber; est-ce également celui de tous nos lecteurs ?
- Le centenaire du zinc en Silésie. — La Silésie, qui est comme l’on sait un des grands centres de la production du zinc, est entrée cette année dans la centième année de sa production industrielle du zinc. En effet, le premier four à zinc construit en 1798 était très imparfait et c’est seulement en 1809 qu’on réussit à obtenir directement en Silésie le zinc à partir de la Calamine. La production fut cette année-là de 122 tonnes; le tableau suivant montre que la progression a été depuis lors considérable :
- 1809..................... 122 tonnes.
- 1816............... 1.000 —
- 1825.................. 12.167 —
- 1860.................. 40.354 —
- 1880.................. 65.665 —
- > 1900.................. 102.213 —
- 1908................. 141.461 —
- Les 141 461 tonnes produites l’an dernier valaient environ 70 000 000 de francs. Si l’on tient compte des mines de la région Rhénane et de la Westphalie, l’Allemagne entière a produit 216 000 tonnes et détient ainsi 1 le record de la production du zinc.
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- LA CURE D’AIR SUR UN TOIT
- Fig. i. — Vue d'ensemble d'un campement sur le loil d'un hôtel.
- Avec la vie fiévreuse qu’ils mènent, les habitants des grandes villes américaines éprouvent l’impérieux besoin d’user de cet efficace recon-stituant qu'est l’existence en plein air. Pour en user sans nuire à leurs affaires, ils ont recours à des procédés qui nous paraissent baroques, ou simplement étranges.
- Nous avons déjà signalé la curieuse institution des hôtel s-flottants, vapeurs aménagés pour recevoir chaque soir un certain nombre d’abonnés, qui gagnent leur cabine à la sortie du bureau, prennent leur repas pendant que le navire croise à quelques milles au large, goûtent un sommeil réparateur dans la pureté et la fraîcheur de la brise, et se font débar-
- quer le lendemain matin, alertes et dispos, pour gagner d’un pied léger la banque ou l'office où ils
- s’apprêtent à abattre de bonne besogne.
- L’existence coûte cher, relativement, à bord de ces hôtels-flot-lants. En outre, ils n’admettent pas de voyageurs de passage. Les abonnés forment, en somme, des clubs très fermés, et le nombre de places est très limité. C’est proba-bl ement pour combler celte lacune qu’un hôtel de Philadelphie, le Stratford-Bel-levue, énorme immeuble de 22 étages, vient de transformer une partie de son immense toiture en winler-camp, ou campement d’hiver, en y installant plusieurs allées de tentes formant autant dechambrettes.
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- 304 = L’INDUSTRIE PRÉHISTORIQUE DES BRACELETS DE SCHISTE
- L’innovation, nous affirme notre correspondant à Philadelphie, a été accueillie avec enthousiasme. On ne lui lait qu’un reproche : ce camping-oul. aérien est exclusivement réservé aux gentlemen, de sorte que les Philadelphiennes éprises de sommeil en plein air devront attendre qu’un autre hôtel construise exclusivement à leur intention un campement d’hiver.
- Les clients du Bellevuc peuvent se donner l’illusion de vivre la vie simple des trappeurs et des bûcherons, sous leur toile ouverte à tous les vents. Mais ce n’est qu’une consolante illusion. La literie est confortable, et la moindre pression sur l’un des boutons électriques distribués à portée de la main du faux reclus fait accourir la domesticité de l’hôtel, trop souvent requise, hélas! de monter
- au chercheur de santé le savoureux cocktail!
- 11 n’est pas inutile de faire remarquer que le toit en terrasse du Bellevue a changé maintes fois de destination. Ses propriétaires, qui aiment apparemment le changement, y installèrent jadis un café-restaurant, qui disparut bientôt pour céder la place à une piste athlétique. Durant l’hiver de 1905-1906, ils l’aménagèrent en skating-ring; et des matchs de patinage et de hockey se livrèrent sur sa couche de glace. Enfin, en aménageant leur campement d’hiver actuel, ils ont réservé l’emplacement de leur station de télégraphie sans lils qui reçoit ou expédie pour la clientèle des aerograms, grâce à l’entente établie avec les stations de New-York et des autres villes voisines. V. Fournis.
- L’INDUSTRIE PRÉHISTORIQUE DES BRACELETS DE SCHISTE
- Il existe, dans deux départements de France, dans l’Ailier et en Saône-et-Loire, une petite industrie assez rare, celle des schistes, dits fort improprement bitumineux, qui servent à obtenir par distillation
- a pu fouiller un atelier de fabrication aux environs de Buxière (Allier), il y a trouvé les pièces aux divers degrés de leur préparation, près de 800 palets centraux, une cinquantaine de bracelets ébauchés et il a pu reconstituer le mode de travail.
- On prenait d’abord un fragment de schiste de 12
- Fig. i. Bracelet fini.
- Fig. 2. — Bracelet avec son noyau encore adhèrent.
- Fig. 3. — Noyau détaché du bracelet.
- une huile minérale comparable au pétrole. Les hommes préhistoriques utilisaient déjà, tout au moins dans l’Ailier, ces mêmes schistes pour un usage très différent; avec une activité singulière ils s’en servaient pour tailler des bracelets circulaires qui faisaient ensuite l’objet d’une exportation : ornements bien médiocres à notre gré, mais auxquels ils attachaient évidemment un grand prix, car on en préparait par centaines. Longtemps ce travail n’a été connu que par ses déchets de fabrication, à apparence bizarre et énigmatique. 11 y a près de 25 ans j’avais recueilli aux environs de Bert (Allier) des quantités de disques en schiste, des sortes de palets ayant pour la plupart 5 à 6 centimètres de diamètre : palets que les gamins du pays connaissaient bien pour s’en amuser dans les champs. Leur destination, rendue vraisemblable par diverses trouvailles parallèles, restait alors incertaine. Grâce à un savant et. infatigable chercheur bourbonnais, M. A. Bertrand, la question est aujourd’hui élucidée. Cet archéologue
- à 15 mm. d’épaisseur, auquel on donnait en le taillant une forme circulaire de 7 à 8 cm. de diamètre extérieur; puis on dessinait une rainure suivant le contour intérieur du bracelet futur et, sans doute avec un silex, on creusait l’entaille à petits coups, jusqu’au moment où se détachait le palet intérieur laissant l’anneau encore brut. On parachevait ensuite sur un polissoir de grès fin, dont on a retrouvé un spécimen. Des bracelets ainsi fabriqués ont été découverts en 1894 par l’abbé Moret, à une vingtaine de kilomètres de cet atelier dans le tumulus de Joux, près de Saint-Menoux (Allier),1 avec.d’autres bracelets en bronze et des poignards de bronze L
- Détail à signaler, en 1891, ôn a trouvé en Amérique, dans l’Ohio, quelques -palets taillés dans le schiste ardoisier ayant à peu près le même diamètre, tout naturellement motivé par la dimension du bras. L. De Launay.
- 1 Société d’Émulation de l’Ailier, 15 hov. 1908 etl2 mai 1909.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiuke, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1899.
- 16 OCTOBRE 1909.
- L’APPAREIL A RECOMMANDER LES LETTRES
- l/encombrement des guichets postaux, à certaines heures de la journée, cause des réclamations constantes de la part du public, en même temps qu’il oblige les employés à elï'ectuer trop rapidement des opérations pour la plupart très délicates. Déjà, dans le but de soulager les « guichetiers », l’administration a lait installer des distributeurs automatiques de timbres-poste et de cartes postales ; mais cela ne suffit pas, car la vente des timbres n’est ni longue ni absorbante, tandis que la manipulation des lettres et objets recommandés nécessite des écritures minutieuses. Un inventeur s’est attaqué à ce problème de la recommandation automatique des lettres.
- En réalité, la recommandation des lettres se borne à un enregistrement spécial accompagné de l’établissement d’un reçu qui est remis à l’envoyeur. Ainsi considérée, l’opération se simplifie et rien ne s’oppose plus à ce qu’une machine soit chargée du travail. IJn appareil de ce genre est actuellement soumis à l’appréciation du public au bureau de poste de la rue Sainte-Anne. La lettre à recommander doit être préalablement affranchie d’après son poids comme une lettre ordinaire, l’expéditeur glisse alors dans l’ouverture libre de l’appareil une pièce de 25 centimes, puis il met sa lettre dans la boîte, l’adresse faisant face à un repère placé devant l’entrée des lettres. Il tourne ensuite une manivelle et la correspondance se rc. commande elle-même pendant que l’appareil délivre un reçu de son dépôt. La manœuvre dure quelques secondes.
- Le mécanisme de cet appareil, inventé par M. Antal Fo-dor, est très compliqué ; aussi ne nous est-il pas possible d’entrer dans le détail des transmissions, cames et leviers, mis en jeu par la pièce de 25 centimes et par la lettre elle-même. Cependant il comporte deux nouveautés très originales que nous allons expliquer : le système de tri des pièces de monnaie et celui relatif à la recommandation proprement dite.
- On sait que beaucoup d’appareils automatiques,
- distributeurs d’objets ou de friandises, reçoivent, indistinctement presque, les bonnes et les mauvaises pièces. 11 était donc essentiel de soustraire l’administration des postes à la fraude en mettant la nouvelle machine dans l’obligation de faire elle-même tri très
- reux des monnaies qu’on peut lui présenter.
- Le principe sur lequel repose ce système récep-
- Fig. i. — En haut ; Vue d’ensemble de l’appareil.
- En bas : A, Mécanisme à rocket empêchant de tourner la manivelle M à gauche; B b, came et levier poussant la lettre dans une position verticale; Ce, came et mécanisme poussant la lettre en face du timbre estampilleur; D d, came et mécanisme des estampilleur s ; E e, came et levier poussant les reçus devant leur estampilleur; Ff, came et levier poussant le reçu hors de l’appareil; G g, système chassant la lettre recommandée dans le réservoir inférieur ; Iih, ressort et levier qui, sous l’action de la résistance présentée par la lettre, poussent les leviers d’estampillage sous leur came D; I, récepteur magnétique des pièces pourvu de son aimant AI; L, Couvercle fermant Ventrée des lettres; K K, système de déclenchement de l’axe par l’intermédiaire de la pièce et permettant ensuite de soulever le couvercle L.
- 37® année.
- ie semestre.
- teur est basé sur la propriété de l’aimant. La pièce de 25 centimes, en nickel, se prête merveilleusement à une adaptation aussi simple et ingénieuse. Elle est introduite dans l’ouverture calibrée 0 (fig. 2) à laquelle fait suite une glissière G portant une échancrure E également calibrée qui empêche d’aller plus loin toute pièce d’un diamètre inférieur à celle de 25 centimes. Par conséquent, les dimensions sont
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- 306 ====== APPAREIL A RECOMMANDER LES LETTRES
- dores et déjà rigoureusement contrôlées. Dès que la pièce a quitté le passage elle est soumise à l’action d’un aimant qui exerce sur elle le contrôle définitif. Si elle est en nickel, l’aimant l’attire d’une quantité suffisante pour la dévier de son chemin etl’obli-ger à tomber dans un tube F d’où elle actionne un mécanisme. Mais si elle est faite d’un métal éminemment magnétique, comme le fer et ses composés, l’attraction exercée par l’aimant est considérable et la pièce est dé-Fig. 2. — Schéma du viée d'une quantité trop contrôleur de monnaies, grande pour lui permettre de pénétrer dans le tube F ; retenue par l’action de l’aimant, elle tombe avant d’avoir atteint l’entrée de ce tube et est expulsée au dehors. De même toute pièce d’un métal non magnétique sera rejetée parce que l’aimant, n’ayant aucune action sur elle, n’en ralentira pas la course et elle se dirigera, en vertu de la vitesse acquise, dans le collecteur de sortie. Ce système, extrêmement simple, est d’une efficacité absolue.
- Le mécanisme de l’appareil comprend deux groupes d’organes : ceux que la pièce de 25 centimes met en mouvement et ceux qui fonctionnent sous l’action de la lettre. De plus, un axe, actionné par la manivelle extérieure M et portant les cames de commande, est bloqué au repos. Il ne peut être libéré que lorsque l’on a soulevé le couvercle fermant l’ouverture d’introduction des lettres et ce couvercle lui-même n’est mobile que lorsque la pièce de 25 centimes a accompli son trajet dans l’appareil. La lettre tombe dans l’ouverture qui lui est provisoirement ménagée
- dans une position quelconque— l’expéditeur ayant toutefois respecté l’obligation de placer l’adresse face au repère. En tournant la manivelle devenue libre, la lettre est d’abord miseverticale-ment, puis poussée dans un angle du fond où elle est en place pour recevoir l’application du timbre et des indications de recommandation. En même temps un ticket est amené de la boîte qui en contient un certain nombre en face de son cstampilleur. Puis, toujours sous l’action des cames portées par l’arbre à manivelle, les deux estampilleurs remplissent leur fonction en apposant sur la lettre et le reçu les
- mêmes indications de date, et un numéro d’ordre. Le ticket tombe ensuite dans une sébille extérieure où l’expéditeur le trouve. La lettre tombe dans un récipient fermant à clef, et que le receveur du bureau, seul, peut ouvrir.
- Le système mécanique d’estampillage présente également une ingéniosité qui rend la fraude impossible. Il ne faut pas, en effet, qu’un individu mal intentionné puisse, en mettant une pièce de 25 centimes, recevoir un ticket de dépôt s’il n’a mis aucune lettre dans l’appareil. Dans ce but, la lettre étant arrivée dans la position d’estampillage, une tige vient en reconnaître la présence. Arrêtée par la lettre, elle agit alors sur un ressort qui, à son tour, oblige un levier à venir se placer sous la came d’estampillage et permet l’application normale des timbres humides. Mais si cette tige ne trouve pas de lettre, elle passe purement et simplement au travers de la boite et le levier qu’elle doit commander reste au repos. Les estampilleurs ne sont donc pas actionnés. Par conséquent c’est la lettre elle-même, ou mieux, la résistance qu'elle oppose à la tige exploratrice, qui autorise le déclenchement du système estampiller. On voit par là que toutes les précautions sont prises pour éviter la fraude.
- Une modification intéressante système de déclenchement de l’arbre à manivelle par la pièce de 25 centimes. Elle est représentée schématiquement par notre quatrième figure. Le récipient R, dans lequel pénètre la pièce est percé d’une ouverture O livrant passage à un levier L. Ce levier, actionné par le couvercle, est arrêté par la pièce de monnaie et pousse le réservoir R qui oscille autour de l’axe A pour produire le déclenchement de l’arbre à cames. Par conséquent si le couvercle pouvait être levé avant l’introduction de la pièce, l’arbre à cames demeurerait bloqué et l’appareil ne fonctionnerait pas.
- Intéressant au point de vue mécanique, cet automate postal le devient davantage encore pour le public qui se débarrasse très rapidement et avec toutes les garanties désirables de ses lettres recommandées. Le service de la poste trouve également en lui un auxiliaire précieux qui effectue un travail long et méticuleux représenté par la recommandation d’un grand nombre de lettres aux heures des courriers. Le ticket tient lieu de reçu et l’expéditeur inscrit lui-même le nom du destinataire sur les lignes ménagées dans ce but. Aucune erreur ou fraude n’est possible.
- Lucien Fournie^.
- RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
- POSTES ET TÉLÉGRAPHES REÇU D’UN ENVOI RECOMMANDÉ DÉPOSÉ sous le N° :
- 1909AUH23.1-099
- dans l'appareil automatique du Bureau 11, à .PAIUS, rue Ste-Anne.
- Nom et domicile du destinataire :
- ..........................
- Avis: Les lettres non, ou insuffisamment affranchies ne seront pas expédiées.
- Fig. 3. — Indications portées par le ticket.
- Fig. 4. — Schéma du nouveau système de déclenchement.
- a été apportée récemment au
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- L’INDUSTRIE ET LES ARMEES MODERNES
- Les vieux grognards de Napoléon 1er avaient coutume de dire que l’empereur taisait la guerre avec leurs jambes. S’ils devaient revenir aujourd’hui prendre rang dans les immenses organismes que sont les armées modernes, ils seraient stupéfaits de voir quels changements profonds sont survenus dans un siècle et quelles ressources les belligérants peuvent tirer de la puissance et de la variété de notre industrie.
- Depuis la première heure de la mobilisation jusqu’au sein même des batailles qui sont les moments de crise d’une campagne, le courage des combattants et la clairvoyance des chefs sont puissamment aidés par elle, et au lendemain des grandes manœuvres où on a fait un usage si judicieux et si complet des services qu’elle peut rendre, il n’est pas sans intérêt de signaler ses principales applications à la guerre de campagne.
- Les nécessités de notre état de paix armée nous obligent à en-- tretenir continuelle-
- ment des effectifs énormes qu’il ne saurait être question de grouper comme
- Fig. I. - Sapeurs du fféuie £ 011 >« faisail autr°-
- recevant une communication iflj lois dans des camps
- au moyen du téléphone de cam- d’instruction. Pour
- pagne. Tout l’appareil tient dans la boite qu’on voit basée sur les pierres.
- assurer normalement leur existence et leur entraînement il faut les répartir sur tout le territoire, et dès la déclaration de guerre, un problème se pose, extrêmement compliqué : porter le plus rapidement possible à la frontière menacée les deux millions d’hommes que représentent notre armée et ses réserves. Il ne faut pas songer à les acheminer par route jusqu’aux bases de concentration : les corps les plus éloignés mettraient plusieurs semaines pour rejoindre, et leur arrivée trop tardive pourrait compromettre sérieusement le sort de la campagne. D’autre part,
- Fig. 2.
- Sapeurs dévidant la câble léger de campagne.
- il faut se rappeler qu’un corps d’armée défilant sur une route avec ses approvisionnements de toutes sortes en munitions, vivres et instruments de travail, occupe une vingtaine de kilomètres ! Il en résulterait donc, sur tout notre réseau routier, un encombrement achevant de paralyser la vie nationale, déjà si atteinte par la guerre elle-même. C’est aux chemins de fer, moyens de transport par excellence, qu’on demande cet effort considérable. L’organisation des chemins de fer mobilisés est si bien étudiée,
- qu’il suffit de quelques jours pour jeter à la frontière la masse totale de notre armée de première ligne. Leur emploi est même prévu dans la zone immédiate de combat, et un régiment spécial, le 5e régiment du génie, fournit le personnel, hommes et cadres, nécessaire à leur exploitation. Ce régiment possède dans scs parcs tous les approvisionnements nécessaires à la remise en état des lignes endommagées par l’ennemi et à la construction de lignes nouvelles, construction qui s’effectue à la vitesse moyenne de 1000 mètres de voie par journée de travail, ces voies pouvant supporter des convois assez lourds roulant à 20 kilomètres à
- Fig. 3. — Un nouveau poste téléphonique de campagne expérimenté aux dernières manœuvres.
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- L’INDUSTRIE ET LES ARMEES MODERNES
- l’heure. Il est, en outre, doté d’un eertain nombre de ponts en 1er démontables se mettant en place avec une grande facilité et permettant de franchir des brèches de 40 mètres d’ouverture. Voici donc une des plus belles inventions du génie humain mise à la disposition des armées en campagne : son premier emploi dans cet ordre d’idées remonte à la campagne d’Italie; en 1870, Allemands et Français, en ont lait un usage aussi complet que le leur permettaient les ressources de l’époque, et aujourd’hui il ne sau-
- nacelle un officier d’état-major s’installe avec ses cartes et les renseignements déjà connus du général et cherche à compléter sa documentation en observant avec ses jumelles le terrain occupé par l’ennemi. Un fil téléphonique courant à l’intérieur du câble du ballon lui permet de rester continuellement en communication avec la terre et de renseigner le commandement à chaque instant: enfin, très souvent, des appareils téléphotographiques très précis lui permettent de prendre des clichés qui, développés et agrandis, sont une source extrêmement Ce mode d’investigation permet, par temps clair, pour une altitude de 250 mètres du ballon, de faire des observations très exactes dans le rayon des plus grandes portées des jumelles ou des objectifs téléphotographiques, soit environ une douzaine de kilomètres pour les premiers appareils et sept ou huit au maximum pour les seconds. Aujourd’hui encore il
- de précieux
- renseignements
- Fig 4. — Un poste de télégraphie optique de campagne.
- rait être question d’aucune combinaison stratégique sans y avoir recours.
- Mais il ne suffit pas à un général d’avoir tout son monde sous la main pour livrer bataille avec des garanties suffisantes d’obtenir la victoire : il lui faut connaître les emplacements et les forces de l’ennemi pour préparer mûrement son plan d’attaque, organiser ses réserves, en un mot, prendre toutes ses dispositions pour ne pas laisser inutiles la bravoure de ses hommes et le sacrifice héroïque de leur existence. Autrefois, ce service des renseignements était uniquement demandé à la cavalerie qui avait pour mission d’aller accrocher l’ennemi et de chercher à pénétrer le mystère de ses combinaisons: sa mission ne tarda pas à devenir de plus en plus pénible, tant en raison de l’action analogue de la cavalerie adverse chargée d’un service identique, qu’en raison de l’extension considérable des fronts de combat actuels, dus aux progrès de notre armement, et qui l’obligeaient à des randonnées de plus en plus grandes. Le ballon sphérique captif de nos compagnies d’aérostiers maintenu solidement au bout du câble de la voiture-treuil, vint d’abord à son secours dans l’accomplissement de sa tâche : dans sa
- Fig. 5. — Le même poste dans Varmèe allemande.
- rend des services remarquables pour l’observation et le réglage du tir de l’artillerie, la recherche des buts, l’examen des ravins où se dissimule l’ennemi; toutefois, le haut commandement dispose d’auxiliaires beaucoup plus parfaits dans les ballons dirigeables qui, eux, ont la faculté de circuler partout où il est indispensable d’observer quelque chose.
- Le dirigeable République, qui vient de finir de si tragique façon, a rendu aux dernières manœuvres des services remarquables montrant que le dirigeable est l’instrument par excellence des reconnaissances lointaines et détaillées. Mis alternativement à la disposition des deux chefs de parti, il a réussi chaque fois à relever exactement les posi-
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- lions de combat de l’adversaire, à préciser scs effectifs, l’emplacement de ses réserves, la direction générale de ses mouvements, apportant ainsi au général en chef tout un lot de renseignements très précieux pour l’élaboration du plan de bataille et la conduite des opérations. Une équipe de motocyclistes le suivait dans ses déplacements et rapportait à toute allure au quartier général les plis cachetés lancés du haut de la nacelle : évidemment, si le dirigeable avait plané au-dessus des lignes ennemies elles-mêmes, ce mode de transmission des dépêches eût été impossible ; mais il faut nous contenter de ce que nos croiseurs aériens peuvent nous donner dès aujourd’hui en attendant qu’il leur soit possible d’utiliser la télégraphie sans fil pour la correspon-
- des surprises, et dans leur organisation proprement dite et dans celle de leurs moteurs et de leur transmission de mouvement. Peut-être aussi seront-ils prochainement aidés dans leur mission par les
- rapides aéroplanes dont la mise au point se fait chaque jour plus parfaite. il ne leur est d’ailleurs pas impossible d’aller pousser leurs investigations au-dessus du terrain ennemi, leur de s’élever à 1000 ou 1200 m. les met à l’abri des projectiles des canons actuels et très probablement de ceux de l’avenir étant données les dil’li-cultés toutes spéciales du tir sur les aérostats, et il leur est toujours possible de revenir dans une zone plus favorable pour faire connaître les renseignements qu’ils ont recueillis.
- Fig. 6. — Le dirigeable République revenant à son hangar démontable après un voyage d'exploration au-dessus des positions ennemies.
- Fig. /. — Poste de T. S. F. de campagne ; le mât porte-antenne est à éléments métalliques démontables, coulissant les uns dans les autres.
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- Fig. 8. — Autre poste, essayé aux dernières manœuvres. Mât en bambou se dressant d'une seule pièce en appuyant sur un levier contrepoids.
- dance. Leur carcasse métallique semble devoir être jusqu’à nouvel ordre un obstacle à cette amélioration, mais il ne faut nullement désespérer de l’avenir qui nous réserve certainement encore bien
- Un des points les plus essentiels pour le commandant d’armée est de pouvoir centraliser tout ce qu’on sait de l’ennemi, de ses forces et de ses intentions, et nous venons de voir de quelle façon, on
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- y parvient aujourd’hui. Toutefois on ne pourrait songer à faire revenir à chaque instant les porteurs de ces informations jusqu’au grand quartier général sans se condamner à des pertes de temps considérables et à une circulation continuelle d’estafettes dans la campagne. 11 faut, en outre, pouvoir faire parvenir facilement les ordres aux unités engagées, et ceci dans le temps rigoureusement minimum. C’est ici, qu’entrent en jeu, le télégraphe, le téléphone, et même la télégraphie sans. fil. Outre les réseaux du temps de paix qu’on exploite dans toutes les portions que l’ennemi n’a pu détruire, le bataillon des télégraphistes du génie possède tout le matériel nécessaire à la réparation des lignes existantes et à la création de réseaux auxiliaires reliant entre eux le grand quartier général, les corps d’armée et les divisions. C’est un spectacle curieux de voir ces sapeurs, véritables postiers du temps de guerre, courir le long des routes ou à travers champs accrocher leurs lils qu’ils dévident d’un tambour monté sur une voiture ou porté à bras, aux arbres, aux maisons, ou à leurs légères gaules de bambou qui sembleraient plutôt destinées à faire des jouets d’enfants. Les appareils, piles, récepteurs, transmetteurs, sonneries, sont installés dans une voiture qui n’est autre chose qu’une cabine télégraphique fort bien agencée, et en quelques heures, ils arrivent à créer de toutes pièces des réseaux complets tout prêts à fonctionner; souvent ces installations se doublent de quelques lignes téléphoniques reliant à des centres déterminés des points un peu plus éloignés ou d’importance moindre. Pendant toute la campagne de Mandchourie, le maréchal Oyama, commandant en chef des armées japonaises, resta ainsi à une cinquantaine de kilomètres du front de combat, et fut cependant tenu à chaque instant au courant de toutes les phases de la lutte. On com-
- prend facilement tout l’avantage qui ressort de ces dispositions pour le commandement : à tête reposée, à l’abri de toute émotion des événements qui se précipitent dans la zone de bataille, il peut donner ses ordres en toute connaissance de cause, profitant de tous les renseignements reçus et de la vue d’ensemble qu’il peut se faire facilement. En Europe, cette situation se double d’un autre avantage : celui que donnent les excellentes routes permettant au chef de se porter rapidement au point où sa présence deviendrait subitement indispensable grâce aux automobiles mises à sa disposition. Enfin, la télégraphie sans fil vient elle-même apporter son tribut au commandement des armées en campagne sous forme de stations sur roues pouvant aller s’installer en tous terrains; bien entendu, c’est encore à l’automobile qu’on a demandé ce nouveau service. La voilure-poste renferme dans sa cabine tous les appareils habituels de la T. S. F. et c’est
- son moteur qui fait tourner la machine électrique productrice de courant; quant à l’antenne, elle est supportée par un mât démontable en tubes d’acier, dont l’agencement est très visible sur nos figures. En position de route, ses différents tronçons sont attachés sur le côté de la voiture, le pied-support placé dans un coin préparé exprès, et la station redevient une automobile ordinaire susceptible de se porter partout. Les avantages de ces installations sont incontestables, car la mise en place d’un réseau ordinaire demande un temps appréciable, qui semble encore beaucoup plus long quand il s’agit de le replier sous la pression de l’ennemi. Avec les voitures de T. S. F. au contraire, ce temps mort est extrêmement réduit, et le's“ appareils sont assez puissants pour assurer les communications sur une zone de terrain infiniment plus considérable que celle que pourrait couvrir le matériel des parcs ordinaires de télégraphie
- Fig. ç. — Observatoire formé d'échelles démontables. La hauteur disponible limite le champ d'observation qui devient beaucoup plus vaste avec les ballons captifs ou dirigeables. En bas une voie Péchot démontable pour la circulation des grosses pièces d’artillerie et des munitions.
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- L'OISEAU-MOUCHE DANS SON HABITAT ---— 311
- militaire. Quant aux inconvénients de troubles jetés dans les communications ou de surprises de dépêches par l’ennemi, ils ne sont pas sensiblement supérieurs à ceux que comportent les lignes ordinaires, et les essais faits aux manœuvres de 1908 et de 1909 ont donné satisfaction aux techniciens.
- Enfin l’état actuel de perfection du groupe électrogène a permis à l’armée de l’employer pour actionner des projecteurs puissants, auxiliaires précieux dans les combats de nuit que la guerre russo-japonaise a achevé de mettre à la mode. Le projecteur est monté sur un avant-train, le groupe sur une sorte de caisson s’accrochant à la première voiture, l’ensemble constituant un attelage assez mobile pour aller prendre position aux endroits favorables et bien éclairer les plis de terrain suspects par où l’ennemi pourrait se glisser à la faveur de la nuit.
- En dernier lieu il nous reste à signaler les services éminents que rendent les camions automobiles pour le ravitaillement des troupes : les essais aux manœuvres de 1908 et 1909, limités presque exclusivement au service des vivres, ont été des plus satisfaisants.
- L’encombrement sur les routes des convois automobiles est infiniment moindre que celui des convois attelés; la difficulté de réquisition des bêtes
- de trait est complètement supprimée; le ravitaillement beaucoup plus rapide. Quels services ne pourrait-on pas attendre de l’extension de cette utilisation! Toutes les grandes nations l’ont bien compris, et préparent dès le temps de paix la mobilisation des voitures de leurs industriels. Enfin il n’est pas sans intérêt de constater qu’on étudie actuellement des voilures d’énergie électrique, véritables usines sur roues, destinées à fournir l’éclairage et au besoin la force motrice, aux chantiers de terrassements, de pontage, ou de réparations d’ouvrages d’art que les armées en campagne peuvent avoir à faire fonctionner la nuit.
- Ce rapide aperçu montre quel large tribut la science et l’industrie du siècle apportent à l’art militaire! Les chemins de fer, l’aéronautique, la télégraphie, la téléphonie, la télégraphie sans fil, la photographie, l’automobile, la vapeur, l’électricité, sont ses auxiliaires obligés. La guerre deviendra de plus en plus scientifique, et de plus en plus il faudra demander à l’art de l’ingénieur une aide pour le commandement qui prépare les combats où s’enlre-choqueront des centaines de milliers d’hommes tous aussi braves et aussi animés de la volonté de vaincre. C’est ce qui explique le soin que l’on prend de donner à nos officiers une haute culture scientifique et industrielle. Capitaine L.
- Fig. io. — Les fourgons automobiles à vivres, aménagés pour le transport des viandes fraîches.
- L’OISEAU=MOUCHE DANS SON HABITAT
- Les trochilidés sont les représentants les plus populaires de la faune ailée exotique, en ce sens que la littérature et la conversation leur demandent fréquemment des termes de comparaison. Mais il s’en faut que leurs mœurs nous soient aussi familières que leur nom vulgaire, qui, d’ailleurs, varie singulièrement selon la langue. Pour l’Anglo-Saxon, le joli passereau est Voiseau qui fredonne {hum-mingbird), allusion au sonore ronronnement de ses ailes. Plus poétique, rHispano-Américain l’a baptisé le visitaflores, l’oiseau qui rend visite aux fleurs. Ami du jeu de mots, le colon Français forgea un terme qui évoque une double comparaison avec la petitesse "de l’oiseau et son bourdonnement de
- frelon. Et la science a latinisé, pour l’appliquer à l’espèce type du genre, un nom emprunté à la langue des Caraïbes, colibri, que ces Indiens appliquaient également à l’arc-en-ciel.
- Rappellerons-nous que l’oiseau-mouche, représenté par près de 200 espèces, est spécial à l’Amérique continentale? Les lointains voyages n’effraient pas sa taille menue, et l’été canadien le voit butiner jusque sur le rivage de la baie d’Hudson. Une espèce (Irochilus colubris) pénètre même dans les forêts du Labrador vers le 15 mai, pour ne s’enfuir vers les terres chaudes du Mexique que dans la dernière semaine de septembre. Par contre, les voyages en mer n’ont guère d’attrait pour lui. On
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- le rencontre rarement dans les Grandes Antilles, alors qu’il pullule dans les terres adjacentes (Floride, Colombie).
- On a cru longtemps que l’oiseau-mouche se nourrissait exclusivement du suc des Heurs. Certes, le nectar, qu’il recueille si habilement et si rapidement au fond du calice sans prendre de point d’appui, sans même effleurer les pétales (voy. les fig.), joue un rôle important dans son alimentation. Mais on a des raisons de croire qu’il varie volontiers son régime en ajoutant à son butin de miel les insectes rencontrés
- v’«, ,
- En haut
- Les petits oiseaux mouches, moins de deux semaines après leur naissance.
- Au milieu : Jolis instantanés montrant comment V oiseau reste suspendu au-dessus des deurs qu’il butine.
- Eu bas : La mère nourrissant ses petits.
- dans le calice. J’ai constaté, dans les forêts-vierges de la Colombie, que plusieurs espèces y vivaient d’un bout de l’année à l’autre, même durant la période marquée par l’absence complète de lloraison. Si ces oiseaux n’avaient pas été partiellement insectivores, où auraient-ils pu trouver leur subsistance?
- De fait, je les ai vus souvent poursuivre des papillons, ou même fouiller du bout de leur long bec les épaisseurs de mousse entassées sur les branches basses des arbres, où ils rencontraient apparemment des quantités de menus insectes. Et voici l’erreur que commettent la plupart des voyageurs qui tentent d’apporter en Europe
- ;Phot. de M. William, L. Finley copyright aux États-Unis.
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- des oiseaux-mouches vivants : il ne les nourrissent que de miel et de sirop, alimentation notoirement insuffisante. Le petit captif dépérit de jour en jour.
- S’il meurt au cours, du voyage, croyez bien qu’il succombe plutôt à la faim qu’à la perte de sa liberté.
- Un capitaine Anglais, qui eut l’idée de mêler au sirop un peu d’extrait de viande, réussit l’an dernier à importer à Londres une douzaine d’oiseaux-mouches du Vénézuéla, qui, placés dans une serre du Zoological Garden de Regent’s Park, survécurent cinq mois à leur captivité.
- L’extrême rapidité de ' . mouvement du petit être est cause qu’il est très difficile de l’observer et de l’étudier : il apparaît et disparaît avec la vitesse de l’éclair. Un bourdonnement sonore, presque bruyant, vous fait lever la tête, et vous vous trouvez face à face avec la miniature ailée, qui semble suspendue en l’air par une force mystérieuse. Le corps est absolument immobile, en son plumage irisé, au point que vous distinguez nettement l’insolente curiosité des petits yeux fixés sur l’intrus que vous êtes. Mais les ailes battent d’un mouvement si vil',
- Pliot. de M. William L. Finley copyright aux Titats-Unis.
- En haut : Aidée du mâle, la future mère a enfin achevé la construction du nid.
- Au milieu : Les œufs se confondent avec les boutons de fleur avoisinants.
- En bas : La mère ne quitte sa faction que pour aller butiner le suc des fleurs.
- en produisant leur caractéristique bourdonnement, que l’œil humain est alors inhabile à constater leur existence. En deux ou trois secondes, l’amusante confrontation est terminée. La jolie créature s’est déjà envolée à perte de vue, dans l’air qui cingle au passage de sa forme légère.
- Mais sa curiosité n’est pas toujours satisfaite par une première inspection.
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- Quand vous vous y attendrez le moins — dans quelques minutes, dans quelques secondes, peut-être — l’étrange bourdonnement éclatera de nouveau à- deux ou trois pas de votre ahurissement, sans vous laisser le temps de fixer votre regard sur le fugitif visiteur.
- Le lecteur comprendra mieux, maintenant, l’intérêt qui s’attache aux photographies reproduites sur ces pages. Elles représentent une somme énorme de patience, d’adresse, de talent. Elles font honneur à leur auteur, M. William Lovell Finley, l’un des membres les plus distingués de cette Audubon Society, fondée aux Etats-Unis pour la protection des oiseaux, et qui a déjà sauvé de l’extinction totale plusieurs espèces, en arrachant aux autorités et parlements d’Amérique des lois protectrices. Nous le remercions vivement d’avoir mis à la disposition de La Nature ces documents remarquables, en les accompagnant de notes qui sont le fruit de patientes et sagaces observations.
- Trois espèces d’oiseaux-mouches fréquentent durant la belle saison l’Amérique du Nord : le Tro-chilus colubris, spécial au versant de l’Atlantique, le Calypte anna, qui séjourne en Californie, et le Selasphorus rufus, qui remonte la côte du Pacifique jusqu’en Colombie Britannique. C’est ce dernier que nous montrent les instantanés de M. Finley. Au reste, si les trois espèces diffèrent considérablement par la coloration de leur plumage, leurs mœurs sont identiques.
- La coloration générale du rufus est d’un brun roux brillant, avec des reflets verts sur le dessus de la tête et le cou. La gorge est d’un rouge cuivre éclatant qui pâlit et devient presque blanc en descendant sur le poitrail. La coloration de la femelle est analogue, mais avec des teintes moins intenses. L’oiseau fait son apparition dans l’Orégon et le Washington dès le mois d’avril, pour ne disparaître que vers la fin d’octobre.
- La saison des amours commence aussitôt pour les petits voyageurs. La façon dont le mâle fait sa cour a fourni à M. Finley une de ses plus jolies pages, dans son livre sur les American Birds, récemment édité. « En présence de la femelle posée sur un buisson, le mâle montait dans l’air en tournoyant, et si haut, que l’observateur n’apercevait plus qu’un point dans l’azur. Soudain, il se précipitait la tête en avant, tombait en droite ligne, comme un rouge météore, la gorge gonflée, la queue largement déployée, et, sur le point de s’écraser sur le sol, virait soudain en produisant un sifflement comparable au bruit d’un fouet, et s’élevait de nouveau dans l’air avec un petit cri de triomphe. Sans se lasser, il montait et descendait ainsi, décrivant une orbite de comète sous le clair soleil qui faisait étinceler les pierreries de son plumage. »
- Et l’on doit croire que son gracieux manège attendrit le cœur de la belle qu’il s’appliquait si laborieusement à séduire, puisque, dès le lendemain, le couple entreprenait la construction d’un nid, au
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- plus épais d’une vigne-vierge qui avoisinait la maison de l’auteur.
- La future mère assuma les fonctions d’architecte, activement secondée par le mâle qui recueillait les matériaux de construction d’une façon fort méthodique. Il lui apporta d’abord des quantités de fibres végétales et de fils d’araignée, qu’elle tissait du bout de son long bec, et dont elle façonna une jolie coupe charpentée sur un rameau fourchu. Puis, ce fut une récolte de duvet enlevé aux Heurs sauvages ; et elle en tapissa l’intérieur du nid. Quand elle eut recouvert la paroi extérieure de fragments irréguliers de lichen, il devint impossible au regard le plus vigilant de distinguer la mignonne demeure dans le fouillis des lianes. Le vert pâle du lichen se fondait dans la verdure ambiante, et le matelas de coton faisait une tache identique à la blancheur des Heurs voisines. L’imitation fut encore plus complète quand deux petits œufs teintés de rose chair occupèrent l’intérieur de la coupe, car il était presque impossible de ne pas les confondre avec leur entourage de boutons sur le point d’éclore.
- A partir de ce moment, le père, si empressé jusqu’alors auprès de sa compagne, cessa complètement ses visites. Il ne se montrait plus dans le voisinage, abandon queM. Finley explique logiquement. Son empressement et ses brillantes couleurs, qui attireraient fatalement l’attention des oiseaux de proie, ne pourraient que porter malheur à la mère et à sa progéniture. Et la loi de la conservation des espèces exige du pauvre père qu’il se tienne éloigné de son home tant que les petits ne sont pas d’âge à voler. Une seule fois, au cours de cinq années de constantes observations, M. Finley vit un mâle s’approcher du nid après l’éclosion des œufs, mais pour recevoir de la mère la rude leçon que méritait son imprudence. Toute tremblante de colère, les plumes hérissées, et poussant des cris perçants, elle le pourchassa dix bonnes minutes à travers les buissons, avant de venir reprendre place sur le nid.
- A leur sortie de l’œuf, dont la grosseur est comparable à celle d’un haricot, les petits présentent l’aspect de ces fruits épineux qui abondent sur la côte du Pacifique, et que les natifs appellent prickly pears. Les yeux ne s’ouvrent à la lumière que vers le quatrième jour, et c’est alors seulement que la petite pointe qui émergeait d’un bout du corps informe prend l’apparence d’un bec. Les progrès sont désormais rapides. Chacun des petits épieux noirs qui recouvraient le corps du nouveau-né donne naissance à une toufl’e de duvet marron. Le fruit épineux s’est transformé en oiseau 1
- Le manège de la mère devient de jour en jour plus intéressant. A tout instant, elle s’échappe du nid, pour des absences qui se prolongent rarement plus de cinq minutes, le temps d’aller se gorger de suc dans les jardins voisins. Elle revient à lir-d’ailes, accroche ses menues pattes au rebord du nid, et, avec une rapidité de mouvement qui fait croire au spectateur qu’elle va transpercer les oisillons, elle
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- ' RAYONS ULTRA-VIOLETS ET
- enfonce dans leur gosier son bec long et pointu comme une dague. Crainte superflue! Elle leur administre à tour de rôle une copieuse ration de nectar, et leur langue déliée qui lèche les gouttelettes égarées aux commissures de la bouche montre la joie gourmande que leur procure.la distribution.
- Mais l’heure est au sommeil. Et la bonne mère s’étale sur les petits mangeurs, redressant les plumes de sa poitrine pour qu’ils soient plus près de la chaleur de sa peau, et, de temps à autre, glissant le bout de son bec sous ses ailes éployées comme pour gazouiller aux petits ses tendresses maternelles.
- A l’encontre de tant d’oisillons, les petits oiseaux-mouches ne tombent jamais du nid. Us y restent
- LES RAYONS ULTRA-VIOLETS ET
- Les rayons ultra-violets sont actuellement à l’ordre du jour. Depuis quelques mois, surtout, leurs propriétés microbicides, seulement entrevues autrefois, mieux con-
- H / /
- STÉRILISATION DES BOISSONS = 315
- blottis (voy. fi g. ), jusqu’au complet développement de leurs ailes. C’est alors seulement qu’ils se hasardent à se poser sur le bord du nid, et qu’ils s’intéressent au monde extérieur, au point de lancer un maladroit coup de bec à la mouche qui s’aventure à leur portée. Ils commencent à étirer leurs ailes et leur cou, à lisser les plumes de leur poitrine et de leur queue. Puis, ils s’exercent à battre de l’aile, d’abord lentement, augmentant progressivement la vitesse jusqu’à ce qu’ils se sentent soulever. À tour de rôle, ils se livrent à cette gymnastique. Et, un beau malin, le nid se trouve vide : les débutants ont commencé d’emblée leur tournée dans le royaume des fleurs. V. Forhin.
- A STÉRILISATION DES BOISSONS
- L’observation en resta là et les bactéries continuèrent à donner leur préférence aux rayons rouges tout en réservant leur antipathie pour les rayons violets. Il aurait été
- lïolet-
- Action des couleurs sur les bactéries. — (a) préparation examinée à la lumière blanche; (b) la même préparation examinée au moyen de l’objectif microspectral d’Engelmann. Toutes les bactéries désertent la région violette et se réfugient dans le rouge et l’infra-rouge.
- nues aujourd’hui, deviennent le point de départ de nouvelles applications ayant pour but de généraliser l’emploi de ces rayons pour la stérilisation des boissons.
- Dès 1882 déjà, Engelmann avait fait une expérience qui démontrait, avec beaucoup de netteté, l’action répulsive qu’exercent les rayons violets et ultra-violets sur les bactéries.
- Rappelons cette expérience qui, à notre avis, mérite de n’ètre pas oubliée lorsqu’on étudie l’action de la lumière sur les microbes.
- Engelmann, après avoir examiné au microscope une préparation de bactéries, eut l’idée de faire tomber sur cette préparation, au moyen de l’objectif microspectral de son invention, un faisceau de rayons colorés des couleurs du spectre solaire. Il vit alors les bactéries qui, jusque-là, étaient restées uniformément réparties dans le champ de la préparation, se rassembler dans la partie rouge et infra-rouge du spectre, devenir rares dans les régions jaune et verte et déserter presque complètement la partie violette et l’ultra-violet. D’où cette conclusion qui s’est imposée : les microbes fuient les rayons chimiques et recherchent les rayons calorifiques ; on sait que dans le spectre solaire les rayons rouges et infrarouges sont les plus chauds.
- intéressant, dès lors, de chercher la cause de cet effet et d’examiner si cette action répulsive était due à une modification chimique exercée par les rayons violets sur le milieu dans lequel évoluaient les bactéries, ou bien s’il en était simplement de cette antipathie comme de certaines fantaisies féminines qui trouvent leur raison d’être dans le caprice d’un moment. On a beau être -infiniment petit, on peut avoir ses préférences et la bactérie pouvait préférer le rouge au violet simplement parce qu’elle préférait le rouge au violet.
- Cependant les rayons violets et ultra-violets ne perdant rien, avec le temps, de leur puissance microbicide, devaient, en vertu de leurs propriétés chimiques, avoir une action profondément modificatrice sur le milieu nutritif dans lequel vivaient les bactéries et rendre, à ces dernières, la vie complètement impossible.
- Ce fut dans cette voie que cherchèrent plusieurs savants. Certains trouvèrent que les rayons chimiques donnaient, dans certaines conditions, naissance à de l’ozone, corps très antiseptique; d’autres nièrent le fait.
- Plus récemment enfin, M. Miroslaw Kernbaum, dans une Note présentée à l’Académie des Sciences (séance du 26 juillet 1909, C. R., n° 4) par M. Lippmann, déclare avoir obtenu de l’eau oxygénée par l’action de ces rayons
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- LA HOUILLE BLANCHE AU JAPON
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- sur l’eau ordinaire. Cette note, très concise, mais très nette, explique l’action microbicide des rayons ultraviolets, l’eau oxygénée étant douée de propriétés antiseptiques très énergiques. -
- Résumons l’expérience de M. Miroslaw Kernbaum : L’auteur soumet 15 cm3 d’eau distillée et bouillie, contenue dans un récipient en quartz, à l’action des rayons ultra-violets (lampe a mercure, en quartz, système Heraeus).
- Au bout de dix heures, il observe un léger dégagement gazeux qui augmente proportionnellement au temps, puis diminue. L’action dure 200 heures; pendant les 55 dernières heures le dégagement de gaz a complètement cessé.
- Ce volume de gaz recueilli est de 260 mm3 environ. Ce gaz ne diminue pas sous l’influence de l’étincelle électrique ; il se combine avec l’oxygène et donne de l’eau : c’est donc de l’hydrogène. D’autre part, il se forme pendant l’action des rayons uitra-violets, de l’eau oxygénée comme le prouvent les réactions suivantes : coloration bleue avec une solution d’iodure de potassium amidonnée et additionnée de quelques gouttes de sulfate de fer; coloration jaune avec l’acide titanique dissous dans l’acide sulfurique dilué ; enfin décoloration du permanganate de potasse en solution légèrement sulfurique.
- L’équation chimique qui rend compte de cette réaction est la suivante ; 2 112 O = 1I202 -f- 211.
- Ainsi se trouve expliquée, au moins pour le moment, l’action de ces mystérieux et très actifs rayons ultraviolets. Soumis à l’influence d’une source lumineuse
- quelconque, riche en ces rayons, les liquides aqueux deviendraient le siège d’une production lente et faible mais continue d’eau oxygénée qui aurait pour effet de faire périr tous les micro-organismes que ces liquides pourraient contenir. Ajoutons que cette action se portant également sur les ferments, paralyserait, pour la même raison, leur action. C’est d’ailleurs ce qui a été observé pour le cidre et récemment pour le vin1 (fermentation acétique).
- Ce qui, d’autre part, corroborerait encore cette manière de voir, ce sont deux observations, l’une de M. 11. Thièle qui, en 1908, avait déjà remarqué la formation d’eau oxygénée dans l’eau ordinaire soumise à l’influence des rayons ultra-violets2 et, plus anciennement, celle de Schône qui, en 18773, avait constaté la présence, en très petite quantité, d’eau oxygénée dans l’eau de pluie et dans la neige. Cette eau oxygénée aurait été formée par l’action des rayons ultra-violets du spectre, agissant sur les gouttes de pluie et sur les flocons de neige.
- Espérons que, connaissant un moyen stérilisant aussi efficace et aussi facile à se procurer, aujourd’hui que l’électricité rentre, de plus en plus, dans la vie pratique, nous serons bientôt en possession d’un appareil domestique, purificateur de nos boissons, de notre eau surtout, et présentant sur ses congénères antérieurs, une efficacité plus durable..., à moins que le Corps médical ne s’oppose, après examen, à l’installation d’appareils qui auraient pour elfet de soumettre l’organisme à un véritable régime, à très petites doses, il est vrai, mais quotidien, d’eau oxygénée. G. Louciieux.
- Chimiste du Ministère des Finances
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- Le Japon travaille activement à mettre en valeur ses richesses naturelles et à appliquer à toutes ses industries la formule européenne d’exploitation intensive.
- Le Japon a des mines de houille, mais le charbon qu’on en extrait est de qualité inférieure et d’un prix assez élevé. L’utilisation des chutes d’eau paraît donc être en ce pays une nécessité de l’état de choses actuel ; et le gouvernement Japonais étudie de très près la question.
- Avant d’examiner avec quelque détail, les mesures déjà prises, il est utile d’étudier rapidement quelles sont les ressources en houille blanche dont dispose le Japon.
- L’archipel Japonais est entièrement de nature volcanique et les formations éruptives font partout saillie à la surface de son terrain imperméable. Le sol provenant de la décomposition de ces roches permet des cultures très variées.
- Le pays est généralement très accidenté et renferme de nombreux lacs qui contribuent à rendre le pays intéressant à visiter et qui dans tous les cas sont souvent d’utiles réservoirs, modérateurs de l’écoulement des eaux. Les montagnes du Japon sont de façon générale assez boisées1. Les lois et règlements forestiers sont sévères. De grands travaux de reboisement ont été entrepris tandis que l’on poursuit la correction des torrents et l’endiguement des rivières jusqu’à la mer par l’emploi de procédés qui constituent une méthode nouvelle pour nous et qui est par là digne de toute notre attention. S’il existe des neiges persistantes il n’y a pas de glaciers, (accumulateurs d’énergie). Du fait de la configuration du
- 1 Yoy. Revue des Eaux et Forêts, n° 8, 1904. — La Sylviculture au Japon, par M. B. me i,a Grye.
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- pays (îles, montagnes allongées) les terres de plaines sont ^ peu importantes et les cours d’eau n’ont que peu de|~; développement; ils ne sont le plus souvent, surtout aux ' têtes d’eau, que de mauvais torrents.
- Le pays jouit, par suite de sa position géographique, d’un climat humide avec des pluies très abondantes, surtout dans le sud. A Nagasaki, par exemple, la lame annuelle d’eau atmosphérique atteint 2,20 m. Ainsi grâce à son climat, grâce à l’abondance de l’eau, grâce à la nature du sol, l’agriculture japonaise tend-elle à s’étendre. Le développement de l’agriculture a aussi, il faut le dire, été sollicité par l’augmentation de la population4, qui quoique sobre doit lutter pour vivre. C’est ainsi que la terre est mise en valeur partout où il est possible d’asseoir une culture. L’irrigation est enfin en grand honneur dans les rizières.
- Celte vérité a été très rapidement reconnue par les hommes d’Etat actuels et par les financiers. Tout d’abord l’on s’est préoccupé de la recherche et de la captation des eaux, puis de la transformation de leur puissance en énergie électrique si facilement transporlabié aujourd’hui sous la forme de courants à haute tension.
- Le syndicat japonais constitué sous la direction de M. Socoda, président des 15 banques, compte parmi ses actionnaires un assez grand nombre de financiers influents. Il s’agit en l’espèce d’une véritable entreprise
- 1 C. R. n° 4, 26 juillet 1909, MM. V. Henri et. J. Sclmitzler.
- 2 Chem. Centralblalt, 1908, p. 508.
- 3 Beiichte d. deulschen chern. Ges., 1877.
- 4 La densité de la population est près.du douille de celle de la France, de là besoin de s’étendre.
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- LA FORÊT DE COLONNES BULGARE - ' ' = 317
- nationale d’un très grand intérêt et à laquelle se mêle de façon intime la question forestière. Le Japon a toutefois été obligé, dans l’état actuel des choses, de demander le concours financier européen. C’est, il n’est presque pas nécessaire de le dire, un groupe Anglais (de Kohi) qui, fondé en 1905, qui apportera son concours pour la fourniture des machines.
- Le gouvernement japonais, qui s’est réservé des droits de surveillance sur l’utilisation des forces hydrauliques, est le grand dispensateur des concessions de cette énergie dans l’empire et il destine celle-ci, avant tout, au développement de l'Industrie nationale. Le capital de 45 millions de francs nécessaire est souscrit moitié par
- Fig. i. — Éperon de défense de la berge droite d’an torrent; en amont, habillage de berge.
- le Japon, moitié par le groupe Anglais. Un tiers du capital jt/il plus pourra être dépensé en Europe.
- ( Un a commencé par utiliser les eaux de la rivière ^Oi avec une chute de 185 m. de hauteur qui développera une puissance de 60 000 chevaux-vapeur. Le lieu de production de cette force, est situé de façon si merveilleuse que le courant pourra aisément être transmis à Tokio d’abord où des contrats d’attente ont déjà été passés pour l’utilisation d’une grande partie de cette force, tandis qu’il sera possible d’alimenter au passage Yokohama et de diriger le surplus vers le Sud sur Kiolo, Osaka jusqu’à kolic même (plus de 400 km). La concession suivante que le syndicat exploitera sera une des plus remarquables
- LA MOMIE
- Dans l’article paru sous ce titre dans notre dernier numéro, une erreur de mise en pages a fait sauter le nom
- utilisations de chute d’eau dans le monde ; elle est située non loin de la première, dans les Alpes japonaises, avec une différence de hauteur utile de 1000 m., en une seule colonne et qui donnera 100 000 chevaux de force.
- Ainsi que je le rappelais plus haut, les pluies sont abondantes, elles sont aussi assez régulières, néanmoins à cause de la nature du sous-sol, du peu de développement des cours d’eau et du mauvais boisement des bassins de réception, le débit de l’énergie serait d’une grande variabilité, il n’est donc pas possible, le plus souvent, de compter uniquement sur le régime naturel des cours d’eau, il a donc été nécessaire dans bien des cas de créer des réservoirs de retenue d’eau. Ces réservoirs, dont il ne faut pas en principe approuver l’établissement, ont été placés de manière à obtenir le maximum d’effet utile avec des dépenses relativement faibles.
- Au point de vue forestier, l’étude de ces questions est et serait intéressante parce qu’elle appelle celle du reboisement et aussi celle de la méthode japonaise de correction des torrents et de protection des berges1.
- Les Japonais excellent dans cet art hardi de défense de la montagne et de la vallée en attendant l’extinction
- Fig. 2. — Grands épis de correction : Rive droite d'un torrent.
- de leurs torrents. Leur système2 est digne de toute notre attention et pour nos vallées et pour nos plaines.
- Roger Dugamp.
- Ch et' du Service forestier do l'Indochine.
- DE SINZIG
- de l’auteur, notre éminent collaborateur le Dr Raphaël Blanchard, de l’Académie de médecine.
- LA FORET DE COLONNES BULGARE
- Les exemples de rochers découpés par l’érosion en formes plus ou moins bizarres sont nombreux, beaucoup d’entre eux ont été décrits et reproduits, et leurs types habituels sont aujourd’hui suffisamment vulgarisés. Si nous signalons ici brièvement un phénomène de ce genre, situé en Bulgarie, près de Varna, à Dikilitatch, c’est qu’une cause très simple et toujours la même, à savoir le ruissellement des eaux, accompagné plus ou moins de corrosions
- chimiques, y a réalisé, en raison de circonstances particulières, à un degré singulier, l’aspect d’un produit du travail humain, et que cette disposition nécessite quelques mots d’explication géologique.
- Que l’on imagine d’abord, en pleine campagne,
- 1 Les images qui accompagnent celte note peuvent en donner une idée.
- 2 Ce système rappelle beaucoup celui qu’avait breveté (Exposition 1900) l’ingénieur Italien SarrazaneUi.
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- 318 LA FORÊT DE COLONNES BULGARE
- sur le bord d’un plateau, la rencontre imprévue d’une immense ruine antique, une multitude de colonnes mal alignées, irrégulières de taille et de hauteur, comme on en voit dans certains monuments d’une basse époque, où on les a apportées de tous les coins du monde et de tous les temples détruits et
- traits. Tout l’ensemble occupe, au point où il est le mieux développé et le plus aisément visible, sur environ 500 mètres de long, 50 à 50 mètres de large L Pour compléter le tableau pittoresque, il faut se représenter, à l’heure du soir où les ombres s’allongent et où les grands troupeaux de vaches, de
- Colonnes naturelles de Dikililalch.
- pillés. Telle est la première impression, qui, à l’observation plus précise, s’atténue, il est vrai un peu, comme toujours. Les colonnes, dont la hauteur peut atteindre 5 à 6 mètres et le diamètre souvent un mètre, sont parfois remarquablement circulaires; les stratifications des terrains érodés y simulent des joints horizontaux ; et des cannelures verticales, creusées par la pluie sur leur périphérie, achèvent d’y imiter des colonnes doriques. Il faut ajouter qu’à la partie supérieure de ces colonnes, le lent travail des eaux pluviales a fini souvent par creuser des sortes de vasques. Ces colonnes sont irrégulièrement plantées au milieu d’un sable fin, pétri de ces petits disques plats que les géologues appellent des nummulites et qui, rencontrés en abondance autour du Caire, ont donné lieu à une légende bien connue, d’après laquelle ce seraient les restes pétrifiés des lentilles mangées par les Hébreux au pied des Pyramides. A leur pied et entre elles, d’autres blocs informes peuvent, avec quelque imagination, représenter les débris de frontons dé-
- moutons, de chèvres, rentrent à l’étable, leur défilé passant à travers ces colonnes couleur d’ocre ou de sienne brûlée détachées sur un ciel d’un bleu intense, comme ailleurs on les voit errer au milieu des ruines d’Agrigente ou de Ségeste.
- L’explication maintenant. Il y a eu ici, sur le bord d’un plateau entaillé par une ligne de dislocation que doit marquer la vallée, des bancs horizontaux d’un grès nummulitiqueun peu calcaire, autrefois déposés parlameréocène. A une époque relativement très voisine de nous, la dépression de la vallée s’est produite, mais, ce semble, sans atteindre d’abord à beaucoup près la dénivellation actuelle. Un ruissellement, qui s’est alors concentré suivant une sorte de thalweg, a commencé à creuser le grès en profilant de ces fissures qui découpent toujours plus ou moins en parallélépipèdes les terrains géologiques. Peu à peu ce travail des eaux courantes, effectué avec des remous et
- 1 On retrouve l’équivalent, dans des conditions analogues, sur l’autre liane de la vallée.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- des tournoiements, a dû approfondir les fissures, isoler les colonnes, et les façonner comme au tour, à la façon des « Krdpyrami-den » bien connues. C’est en relief ce que sont en creux les marmites de géants dans les torrents, au bord de la mer ou dans les moraines des glaciers. On peut ajouter que des
- mouvements récents du sol, dont on croit trouver la trace dans les « limans » ou lagunes du voisinage,
- ont dû intervenir et, à
- Colonnes naturelles de Dikililalch.
- des cupules, donner modelé définitif.
- un moment donné, déterminer un brusque affaissement de la vallée. Puis les pentes se sont à peu près régularisées, les mouvements d’eau violents ont cessé, l’assèchement s’est produit, et la suite des temps n’a plus fait qu’adoucir les formes, user les saillies, creuser des cannelures ou à l'ébauche de la nature son L. De Launay.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ii octobre 1909. —
- Les accidents de la surface de Mars. —M. Bigourdan dépose une Note de M. Jarry Desloges relative à l’aspect sous lequel se présente la planète Mars en 1909. L’auteur, en 1907, avec un collaborateur doué d’une très bonne vue avait observé la planète Mars, après s’ètre transporté dans une localité près d’Aix-les-Bains, c’est-à-dire d’une certaine altitude, afin de supprimer l’effet d’absorption d’une partie de l’atmosphère terrestre. 11 a recommencé ses observations cette année au mont.Revard à une altitude de 1550 m. et dans la Lozère à une altitude de 800 m. L’astre a commencé à être très faiblement visible en août et a été peu à peu mieux aperçu en septembre. L’auteur a opéré des mesures de la tache polaire visible. 11 l'a vue diminuer et laisser apparaître de nombreuses crevasses. De même que sur la terre dès qu’un hémisphère approche de l’été cette tache décroît et la portion équatoriale paraît s’étendre. Comme sur terre ce n’est pas au solstice que la tache est réduite au minimum, mais deux mois plus tard environ. Quant aux canaux l’auteur ne croit pas en avoir vu, mais il remarque que les images étaient au minimum de visibilité et il réserve son opinion.
- La densité du gaz acide chlorhydrique. — M. Lemoine résume ensuite des recherches réalisées par M. Scheuer touchant la densité du gaz acide chlorhydrique et le poids atomique du chlore. Cette recherche a été motivée par les divergences que révèlent les résultats obtenus par les savants les plus autorisés. M. Scheuer y a employé des appareils semblables à ceux qui ont servi pour d’autres gaz dans le laboratoire de M. Guyc, à Genève. La conclusion est qu’en adoptant pour l’hydrogène le nombre 1,008, le poids atomique du chlore est 35,45.
- Les poids atomiques des corps. — M. Lemoine présente un travail de MM. Guye et Zachariades relatif à la détermination des poids atomiques des corps. Cette détermination exacte est en ce moment l'objet des efforts des savants dans tous les pays. Elle comporte une réduction de pesées au vide, laquelle s’effectue d’après des formules connues qui contiennent le poids du litre d’air et
- Présidence de M. Bouchard.
- les densités des corps soumis aux recherches. Cette méthode donne des résultats erronés pour les corps en poudre à cause de leur propriété de condenser les gaz et les vapeurs en quantités considérables. La nouvelle méthode de réduction des pesées conduit, pour les corps ayant servi aux récentes déterminations de poids atomiques, à des nombres qui offrent par rapport aux anciens des différences de 2 à 5 dix-millièmes. Celte différence varie suivant que le corps est fondu ou en poudre, comme le chlorure de potassium ; elle est loin d’être négligeable dans certaines fixations de poids atomiques.
- Météorologie. — M. Deslandres expose les conclusions auxquelles vient d’être conduit M. llildebranson, par l’étude de la climatologie de certains lieux pour la détermination de la relation entre les saisons des différentes parties de la terre. D’après l’auteur, les calottes polaires de glace constituent les grands réservoirs du froid. 11 a remarqué qu’un hiver froid en Islande et aux îles Féroé correspond à un été d’allure particulière sur tout le pourtour de la Baltique, à Lyon, à Montpellier, en Espagne. On peut donc prévoir, à longue échéance, le caractère de la saison pour le midi de la France et l’Espagne.
- L'orage magnétique du 25 septembre. — M. Deslandres dépose ensuite une Note de M. E. Marchand, directeur de l’Observatoire du Pic du Midi, relative à la perturbation magnétique observée le 25 septembre dernier et aux relations de cette perturbation avec les phénomènes solaires. 11 a constaté une fois de plus que les oscillations magnétiques étaient plus fortes au sommet qu’au pied de la montagne. 11 paraît résulter de là qu’elles ne sont pas dues seulement à des courants telluriques, mais aussi à des courants atmosphériques élevés. Après la grande perturbation du 25, il y a eu dans la région pyrénéenne un orage court, mais violent, coïncidant avec une forte pression barométrique. L’action du soleil sur le magnétisme terrestre s’explique si l’on admet que le soleil émet des radiations analogues à celles du radium qui transportent des charges électriques.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
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- LE CENTENAIRE DE LA NAVIGATION A VAPEUR
- Nous avons parlé déjà à plusieurs reprises de la double solennité que les Américains se préparaient à célébrer en l’honneur du centenaire de la navigation à vapeur et du tricentenaire de la découverte du lleuve Hudson par le navigateur hollandais qui lui donna son nom. Cette double iéte, qui a duré dix jours, vient de prendre fin après une brillante revue navale organisée dans la baie de New-York, et à laquelle participèrent des navires de guerre détachés
- bateau primitif de Fui ton, n’oflriraient pas la sécurité nécessaire aux cérémonies majestueuses que l’on avait en vue. Quelques modifications importantes ont donc été apportées à la machine motrice, notamment aux appareils d’arrêt et de mise en marche. La circulation intense du lleuve Hudson se serait mal accommodée des dispositifs quelque peu grossiers, imaginés par Fui ton, à un moment où le lleuve de New-York était encore presque désert. La chaudière du Clermont de 1807 était en 'cuivre et ne pouvait supporter qu’une pression très légèrement supérieure à l’atmosphère. La chaudière du Clermont 1907 est en acier et timbrée à h kg environ. À part ces modifications qui ne changent nullement l’aspect général du bâtiment, les visiteurs du Clermont ont pu avoir l’illusion parfaite dé se retrouver à plus de cent ans arrière au moment où, pour la première fois, un navire à vapeur effectuait une réelle traversée. Nous reproduisons deux photographies
- La reconstitution du Clermont.
- Le montage des roues à aubes.
- par toutes les puissances navales des deux mondes. Pour employer ici un mot que les expositions ont mis à la mode, cette solennité eut deux « clous » : l’apparition, au milieu des cuirassés et des croiseurs les plus modernes, de deux ancêtres de la navigation à longue distance, le Clermont et le Half-Moon, reconstitués respectivement en Amérique et en Hollande. La reconstitution du navire qui transporta l’intrépide explorateur Hollandais, lancé à la recherche du fameux passage du nord-ouest, jusqu’à l’intérieur du territoire devenu plus tard l’État de New-York, avait été faite au juger. Il n’en a 'pas été de même de celle du steam-boat de Robert Fui ton, exécutée d’après des plans d’une authenticité certaine.
- Néanmoins on n’a pas cru devoir suivre ces plans avec une rigueur absolue, et ceci pour une raison bien simple. Le Clermont, pendant les fêtes du Centenaire, devait transporter nombre de personnages officiels, chargés de célébrer dignement Fulton et Hudson. On a jugé que certaines dispositions du
- Le Clermont modèle içoç voguant sur VHudson.
- qui montrent cette intéressante reconstitution, telle que purent l’admirer des millions de spectateurs massés sur les rives de l’Hudson, pendant que le Clermont, escorté par de nombreux navires de toutes catégories, remontait le fleuve par ses propres moyens jusqu’à Albany. Les États-Unis pourront se flatter désormais de posséder les trois plus curieuses reconstitutions navales en existence, car la^alèj^î de Christophe Colomb, reconstruite à Cadix en 1892 pour les fêtes du 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique, est pieusement conservée à Chicago.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuke, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1900.
- 23 OCTOBRE 1909.
- LOCOMOTIVE C0MP0UND ET A VAPEUR SURCHAUFFÉE
- DES ÉTABLISSEMENTS DU CREUSOT
- Sans avoir besoin d’être très versé dans les questions mécaniques, chacun sait en gros comment est constituée une locomotive. Tout le monde sait qu’elle comporte essentiellement une chaudière, où, dans l’eau à vaporiser, est immergé un faisceau tubulaire. Les gazs chauds du foyer circulent à l’intérieur de ces tuhes et, à travers le fer, élèvent la température de l’eau. Cette disposition, due à Marc Seguin, a été adoptée depuis plus de 90 ans sur toutes les machines en service. Or la nouvelle machine du Creusot constitue une dérogation formelle à la règle classique : sa chaudière est à tubes d’eau ; l’eau est à l’intérieur des tubes comme dans les chaudières
- débitant normalement de la vapeur portée à la température de 530° à 550°, peuvent être aussi économiques que des locomotives compound utilisant de la vapeur saturée, ayant des chaudières timbrées à une pression de 4 kg supérieure et peuvent développer un travail plus grand de 20 pour 100 environ .
- « 11 faut munir la locomotive compound de sur-chauilêurs pour que son rendement dépasse celui des précédentes. La compound ayant alors une pression dans la chaudière supérieure de 4 kg à celle de/ la première, restera alors plus économique et, paf* conséquent, plus puissante parce que la détent
- Fig. i. — Locomotive tender compound. à quatre cylindres et vapeur surchauffée des établissements du Creusot.
- marines, et est échauffée de l’extérieur par les gaz chauds du foyer, dans lesquels se trouve plongé le faisceau tubulaire ; c’est là une tentative révolutionnaire qui n’a que de très rares précédents. Quelques explications sont nécessaires pour en faire comprendre la genèse.
- Dans différents articles précédemment parus dans La NatureJ, nous avons indiqué les avantages, au point de vue du rendement économique et, par conséquent, de la puissance, de l’emploi dans les locomotives du fonctionnement compound et de la vapeur surchauffée. Nos conclusions étaient les suivantes :
- « Il paraît aujourd’hui prouvé que les locomotives à deux cylindres et simple expansion, munies de surchauffeurs réellement efficaces, c’est-à-dire
- 1 Voy. n° du 13 mars et 10 avril 1909.
- pourra y être plus poussée que dans la machine à simple expansion. »
- En résumé, c’est à la locomotive compound avec addition de la vapeur surchauffée, munie d’une chaudière timbrée à 15 et 16 kg qu’il semble nécessaire d’avoir recours si l’on veut obtenir une locomotive ayant un grand rendement et, par suite, une grande puissance.
- Mais ces pressions élevées ne sont pas sans inconvénients. Il en résulte, comme nous l’avons déjà montré dans un précédent article *, des dépenses d’entretien considérables pour les chaudières du type ordinaire dont sont munies toutes les locomotives actuelles. Si, donc, on veut conserver ces pressions élevées et bénéficier de leurs avantages, il faut avoir recours à un autre type de chaudière, tel que
- 1 K° du 11 avril 1908 de La Nature.
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- 322 :--- LOCOMOTIVE COMPOUND ET A VAPEUR SURCHAUFFÉE
- la chaudière Brotan ou Robert ou à un type analogue de chaudières aquatubulaire, moins sujet aux avaries résultant des dilatations et contractions alternatives des parois de la chaudière.
- C’est dans cet ordre d’idées que les établissements
- deux essieux médians couplés, elle peut circuler dans des courbes de 80 mètres de rayon. Son empattement total entre les essieux extrêmes est de 9 mètres et la longueur totale de la machine hors tampons est de 12,10 m.
- Faisceau tubulaire-
- làisceaxv tubulaire/ aoa.nl
- Fig. 2. — Coupe longitudinale de la chaudière.
- du Creusot viennent de faire construire la locomotive fort intéressante que nous allons décrire succinctement et qui est exposée en ce moment à Nancy.
- Description générale. — Cette locomotive tender (ûg. 1) à quatre essieux couplés avec hissel à l’avant et à l’arrière, compound à quatre cylindres, avec chaudières aquatubulaire et surchaulFeur, est destinée à la remorque des trains de minerai et de
- Celte locomotive, comme nous l’avons dit, est compound à quatre cylindres placés en batterie sur la même ligne transversale à l’aplomb de la cheminée. Les cylindres haute pression sont intérieurs au bâti et ont un diamètre de 0,54 m. Les pistons de ces cylindres dont la course est de 0,55 actionnent le deuxième essieu couplé. Les cylindres extérieurs basse • pression ont un diamètre de 0,55 et
- Fig. 3. — Coupe transversale Fig. 4. — Coupe transversale par le foyer. par le surchauffeur.
- Fig. 5. — Coupe transversale par l’avant de la chaudière.
- houille sur les voies dépendantes de l’usine du Creusot.
- Son poids total en service est de 82 tonnes. Son empattement rigide est de 4,20 m. et, grâce au grand déplacement transversal des bissels et à la réduction d’épaisseur des boudins des roues des
- leurs pistons dont la course est également de 0,55 m. actionnent le troisième essieu couplé. Le diamètre des roues couplées est de 1,15 m. et celui des roues des bissels de 0,70 m. Le rapport des volumes des cylindres est de 2,62.
- Avec une pression de 20 kg, qui est le timbre de
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- LOCOMOTIVE COMPOUND ET A VAPEUR SURCHAUFFEE :..:. 323
- la chaudière, l’ellort maximum théorique de traction est de 16,700 kg.
- Chaudière. — En outre de cette pression élevée de la chaudière, ce. qui caractérise d’une manière toute particulière celle locomotive, c’est sa chaudière qui, comme nous l’avons dit, est aquatubu-laire comme la chaudière Brolan. Toutefois, elle se différencie de celle-ci en ce que dans la chaudière Brotan c’est la partie qui enveloppe le loyer qui est seule aqualubulaire, tandis que dans la locomotive du Creusot la chaudière tout entière est aqualubulaire.
- La chaudière est formée d’un réservoir supérieur cylindrique (lig. 1), contenant de l’eau et de la vapeur, s’étendant sur toute la longueur de celle-ci, relié au moyen de petits tubes à des collecteurs d’eau placés longitudinalement à la partie inférieure de cette chaudière et de chaque côté de celle-ci.
- A l’arrière, sur toute la longueur qui constitue le foyer (lig. 3), les collecteurs sont placés au-dessus des roues, de chaque côté de la grille et en dehors de celle-ci. A' l’avant, ces deux collecteurs (lig. fi) sont placés entre les roues en laissant, cependant, entre eux un espace suffisant pour l’emplacement d’un couloir destiné à recevoir les escarbilles arrêtées par les tubes d’eau. Le fond de ce couloir est muni d’une trappe (lig. 1) permettant la vidange des escarbilles et des panneaux mobiles facilitent la visite des tubes d’eau.
- Les deux collecteurs d’eau avant et arrière de chaque côté de la chaudière sont réunis par des tubulures en acier moulé et chacune de ces tubulures communique avec le réservoir supérieur par un tuyau qui sert de retour d’eau.
- A l’arrière, dans la partie qui constitue le loyer (lig. 1 et 3), les petits tubes de 25-30 millimètres de diamètre, reliant le réservoir avec le collecteur, sont disposés en forme de voûte constituant ainsi la chambre de combustion. Ces tubes sont au nombre de 450. Alin d’éviter le contact delà flamme avec le réservoir supérieur, ces petits tubes sont croisés de manière à former écran. Alin d’arrêter le passage des gaz chauds provenant de la combustion, les deux rangées extérieures de ces tubes sont jointives. A l’avant et à l’arrière du foyer ainsi constitué par la voûte formée par les petits tubes d’eau, les parois sont recouvertes de briques réfractaires comme l’indique la ligure 1, ainsi que d’une voûte en briques comme dans les foyers ordinaires de locomotives.
- A l’avant (fig. 5 et 1) le faisceau de petits tubes reliant le réservoir supérieur avec les collecteurs est constitué par une série de tubes verticaux (968 tubes de 25-30 millimètres de diamètre) disposés par rangées longitudinales et laissant entre eux une largeur suffisante pour le passage des gaz chauds. Les deux rangées extérieures de ces tubes sont jointives alin de former écran et arrêter le passage des gaz chauds.
- On remarquera que les petits tubes reliant le réservoir supérieur avec les collecteurs inférieurs débouchent à la partie inférieure de celui-ci. Une faible épaisseur d’eau dans ce réservoir suffit donc pour les recouvrir. Il en résulte qu’il est possible, sans danger, d’abaisser le niveau de l’eau dans le réservoir à vapeur et d’augmenter le volume de vapeur contenu dans ce réservoir et d’avoir ainsi une réserve d’énergie très utile pour la remorqu: des trains lourds sur de fortes rampes.
- Des tuyaux de ramonage qu’on peut introduire par la porte de la boîte à fumée permettent le nettoyage extérieur des tubes.
- A l’avant de la chaudière se trouve la boîte à fumée prenant appui sur un fond boulonné sur le châssis et contenant l’échappement de vapeur, la grille à ilammèches et le souffleur.
- Snrchauffeur. — Vers le milieu du faisceau tubulaire avant (lig. 1), se trouve le surchauffeur. Celui-ci (fig. 4) est formé d’une série de tubes verticaux de petit diamètre (25-30 millimètres) comme le montre la figure. La vapeur saturée venant du régulateur de prise de vapeur .arrive dans un petit collecteur latéral à la chaudière, puis passe dans les tubes du surchauffeur pour aboutir, après avoir été surchauffée, dans un second collecteur placé de l’autre côté de la chaudière d’où elle se rend aux cylindres à vapeur.
- Des volets, à la disposition du mécanicien, permettent de régler la surchauffe en faisant varier la section de passage des gaz chauds au travers des surchauffeurs.
- On remarquera que, par cette disposition, les gaz chauds ont une direction perpendiculaire à celle du courant de vapeur et que le courant des gaz chauds est divisé par les tubes du surchauffeur et un grand nombre de blets, ce qui a l’avantage de faciliter la transmission de la chaleur.
- Caractéristiques de la chaudière. — La surface de chauffe des tubes du foyer en contact avec les gaz est de 52,70 mq; celle des tubes du corps de la chaudière de 80,20 mq, de telle sorte que la surface totale de chauffe dos tubes à eau est de 132,90 mq.
- La surface de chauffe extérieure des tubes du surchauffeur est de 13,44 mq, soit environ le dixième de la surface totale de chauffe des tubes.
- Le timbre de la chaudière est de 20 kg et la surface de la grille est de 3 mq.
- Une autre caractéristique intéressante de cette locomotive est le système de distribution de vapeur qui lui est appliqué. Mais la description de cette distribution nous obligerait à dépasser les limites restreintes de cet article et nous nous proposons d’y revenir lorsque ces nouvelles locomotives auront été soumises anx essais permettant d’obtenir des résultats comparatifs avec les locomotives du type actuel.
- U. Bonnin.
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- HAGENBECK ET L’ÉLEVAGE DES AUTRUCHES A HAMBOURG
- Le nom d’Hagenbeek est connu dans les cinq parties du monde. Quiconque a capturé vivant, dans les steppes glacées ou dans les jungles équatoriales, à
- Fig. i. — Les chamois et les bouquetins en liberté dans rétablissement Hagenbeck.
- travers les forêts vierges ou le long des grands lleuves, quelque animal sauvage, sait qu’il y a à Hambourg un homme qui le lui achètera.
- La fondation de la maison Hagenbeck remonte à 1848; elle fut l’œuvre du père de Karl Hagenbeck, son propriétaire actuel. Longtemps, elle n’a été qu’un magasin, richement achalandé, d’animaux que l’on achetait pour les revendre aux jardins zoologiques, aux cirques et aux ménageries foraines ; en attendant leur livraison, on les tenait enfermés dans des cages. Ce n’est que depuis deux ans à peine que Karl Hagenbeck les présente, pour ainsi dire en liberté, dans un immense enclos curieusement aménagé.
- Une des nombreuses lignes de tramways qui partent de la nouvelle gare de Hambourg conduit en 50 minutes dans une plaine nue et inhabitée devant l’entrée du parc de Stellingen, communément appelé le Paradis des animaux.
- Là se dressent des rochers artificiels hantés par des lions et des tigres, sur leurs sommets bondissent des chamois et des bouquetins ; au loin s’étendent des prairies où pâturent des buflles et girafes ; se creusent des lacs constamment agités par un peuple d’amphibies, au milieu desquels semblent flotter des
- icebergs animés par des troupeaux d’ours blancs. Toute cette faune exotique paraît jouir de sa liberté native dans ce cadre réel truqué comme un décor d’opéra, si bien truqué qu’à peine se rend-on compte comment les fauves ne bondissent point en leur libre promenade jusqu’au spectateur qui les contemple.
- Une voie publique divise le parc en deux parties : la première fut ouverte au printemps de 1908, la seconde en mai 1909. Une passerelle jetée au-dessus de la route les relie entre elles.
- Après avoir franchi l’entrée monumentale, il faut se rendre droit au restaurant qui occupe un des angles du parc pour se l'aire une idée d’ensemble de ce labyrinthe compliqué. De la terrasse du restaurant s’impose aux yeux la disposition si originale que le propriétaire a voulu donner à sa création. On embrasse de là, comme étagée sur un vaste plan incliné, toute la faune terrestre. Le spectateur voit à ses pieds un lac où grouillent et s’ébattent les oiseaux aquatiques les plus variés et les plus rares; au delà verdoie une prairie que broutent les ruminants sauvages; dominant la prairie, des rochers grisâtres, repaires des grands carnassiers; au-
- Fig. 2. — Le lac oü s'ébattent des oiseaux aquatiques de toutes les espèces, recueillis dans le monde entier.
- dessus d’eux des aigles, des condors, des vautours et sur les cimes à 50 mètres au-dessus du sol, les fines silhouettes des chamois. Entre ces divers étages de larges allées serpentent disposées en che-
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- mins creux de telle sorte que le regard ne peut voir les visiteurs qui s’y pressent et n’aperçoit que des animaux.
- Si l’on se mêle à la foule, on se perd en formules
- grand air et l'atmosphère chaude, mais confinée d’un abri, et par les froides journées d’hiver, parla neige et le verglas, on voit les félins, les oiseaux des tropiques, les singes même passer en plein air la plus
- Fig. 3. — Les autruches en hiver s'accommodent du grand air et évoluent dans de vastes enclos.
- Fig. 4. — Toute une troupe de lions en liberté dans un paysage de rochers; les rocs sont traversés par des galeries où les fauves trouvent un abri.
- d’admiration devant la diversité, le nombre, l’état de vigueur et de santé de toute cette faune des pays chauds, transplantée et vivant dans un climat rude et brumeux. Toute l’année elle a le choix entre le
- grande partie de leurs journées, sans préjudice pour leur santé, tandis que beaucoup de ces mêmes animaux mis en cage dépérissent ou succombent.
- Et au travers du flot pressé des visiteurs, circulent
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- 326 = HAGENBECK ET L'ÉLEVAGE DES AUTRUCHES A HAMBOURG
- de-ci de-là, des éléphants, des zèbres, des ours, des singes promenés en liberté par leurs cornacs. Car, une des spécialités aussi intéressantes que lucratives d’Hagenbeck est la vente des animaux dressés par ses soins.
- Sur ce sujet il a des idées très nettement définies :
- « Beaucoup d’animaux, dit-il, ne peuvent être dressés, parce que l’homme ne sait pas s’y prendre. » Ici nous voyons à côté de grands éléphants indiens dont la domestication est si facile, de petits éléphants d’Afrique, réputés impropres au dressage, exécuter toutes sortes de travaux à la voix de leur conducteur ; des zèbres attelés à l’instar d’ânes et mulets ; des ours blancs traînant une voiture.
- Ailleurs ce sont des élevages, des métissages imprévus : tel un croisement de lion et de tigresse, superbe animal de 8 ans au pelage fauve et tigré.
- C’est là ce qu’on pouvait voir dans le parc de Stellingen pendant l’année 1908. Au printemps de 1909 Ilagen-heck en a ouvert la deuxième partie.
- Elle renferme le grand hall de dressage des fauves, un campement de 6 races différentes d’Éthiopie, et un troupeau d’innombrables autruches amenées là de toutes les parties de l’Afri-que.
- Ces Éthiopiens, hommes, femmes et enfants, vivent sous la tente entourés de toute la faune de leur pays : éléphants, zèbres, autruches, chameaux, girafes; ils forment une sorte de troupe en représentation qui exhibe 2 fois par jour devant le public hambourgeois des scènes de leur vie familiale, guerrière et sociale. Ce sont des échantillons superbes d’une race d’hommes qui donne une tablature difficile aux ethnographes. Noirs sans être nègres, le corps nerveux et élancé, les traits
- fins sans prognatisme, les cheveux légèrement crépus, ils s’acquittent de leur rôles en acteurs consciencieux et consommés. On les voit se lancer au combat, à cheval, armés de flèches, de boucliers et de javelots, en poussant des cris sauvages; les femmes s’enfuient, les enfants .pleurent; les zèbres, les autruches, les chameaux errent affolés dans l’arène ; maints guerriers sont frappés à mort et agonisent en se tordant sur le sol. Puis, viennent les négociations de paix, d’abord confuses, se poursuivant en palabres animés que terminent des formalités solennelles. Un mariage se conclut et les cérémonies nuptiales se déroulent, avec danses, cortèges et fantasia. Enfin, la représentation s’achève par la formation d’une caravane qui emmène toute la smala.
- Très intéressantes aussi sont, dans le hall aménagé en forme de cirque avec arène entourés de grilles, les séances de dressage des animaux destinés aux ménageries. Le travail des phoques est toujours celui qui soulève le plus d’applaudissements.
- Tout cela est parfait pour attirer le public et arrondir les recettes ; mais Hagenbeck a des visées plus sérieuses et c’est avec une fierté satisfaite qu’il vous conduit dans la partie de son parc réservée aux autruches, sa Slrciussenfarm, inaugurée par l’impératrice d’Allemagne le 21 juin 1909.
- Déjà en 1905-1904, Hagenbeck avait réussi à faire hiverner en plein air 5 autruches africaines,
- tandis que les années précédentes il en avait vu succomber 20, les unes après les autres, parce que fermées dans des locaux chauffés et confinés. Le grand air et le mouvement sont indispensables à ces animaux. Cette condition remplie, ils résistent parfaitement au froid et à la neige. Un seul danger
- Fig. 5. — La foule, dans le parc de Hagenbeck, admirant les fauves, dont elle est séparée par un fossé large et profond.
- Fig. 6. — Une famille d'autruches. Les poussins éclos à Hambourg en couveuse artificielle.
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- les menace en hiver, le verglas : en marchant sur la glace les autruches glissent, tombent et se cassent les jambes.
- L’acclimatation des autruches étant assurée, llagenbeck en a tenté la reproduction. Jusqu’ici il existe des fermes d’élevage d’autruche au Caire, au Cap, dans les colonies allemandes de l’ouest africain, en Algérie, à Nice et en Californie. L’entreprise d’Hagen-beck est la première qui ait été tentée sous un climat septentrional : elle a réussi.
- Parmi les centaines d’autruches réunies à Stel-lingen, environ 120 ont été accouplées, mâles et femelles. Chaque couple est parqué dans un enclos spacieux. Les variétés ainsi mises en présence proviennent du Somaliland, de l’Afrique orientale, de l’Afrique occidentale, du Cap et de l’Ahubaama, affluent du Nil bleu. Tous ces sujets sont sélectionnés parmi les plus grands de chaque race; beaucoup ont au moins 1 m. 60 de hauteur, au garrot. On a pris soin de croiser les races le plus possible ; ainsi un mâle de l’ouest est appareillé avec une femelle de l’est; un mâle du Cap a pour compagne une poule du Somaliland, etc. Un abri, bien exposé au midi, s’élève dans chaque enclos.
- Aussitôt qu’une femelle a pondu des œufs on les porte dans une grande couveuse artificielle, où ils sont exposés à une température convenable et constante. Ces appareils vitrés laissent voir l’état de chaque œuf. Une maison de Hambourg a la spécialité de ces couveuses d’œufs d’autruche, qu’elle expédie dans toutes les régions équatoriales. La durée de l’incubation est de six semaines.
- Quand le poussin est éclos on le lâche dans un vaste hall, clos et vitré, dont le plancher est à un mètre au-dessus du sol et où l’on maintient une température de 28 degrés à l’aide d’un chauffage à radiateurs situé en dessous.
- Ce hall qui mesure environ 40 m. sur 5 est vivement éclairé et exposé par sa grande face en plein midi. Ce qu’il faut avant tout éviter aux poussins, c’est l’humidité qui leur est immédiatement mortelle. Pendant les deux premiers jours ils ne picorent que quelques débris d’œufs ; puis le troisième jour ils se mettent à manger résolument. On leur étend dans le hall de la luzerne tendre et de l’alfa, entremêlés de tout petits fragments d’os concassés. Le public peut librement contempler leurs mouvements ; ces petites bêtes qui varient de la grosseur d’une poule à celle d’un gros dindon sont perpétuellement occupées à absorber leurs menus fourrages : elles vivent ainsi pendant deux mois, après lesquels on leur donne la même nourriture qu’aux autruches adultes.: son, maïs et orge hachés.
- La quantité qui leur est offerte est supérieure à leurs besoins, mais on apprend ainsi par expérience quelle ration alimentaire leur est utile. Au bout de cinq mois la jeune autruche a atteint sa taille normale. A six mois, on commence à pouvoir exploiter ses plumes ; et la coupe des plumes qui s’exécute à 5 centimètres de leur racine peut se renouveler tous les neuf mois. La plume ne doit être enlevée que trois mois après le moment où elle a atteint son entier développement. Les autruches ne sont réellement adultes qu’entre 5 et 4 ans.
- Les soins de l’autruche pour ses œufs ne ressemblent aucunement à ceux des autres oiseaux : elle ne fait pas de nid, dépose ses œufs dans un trou que le mâle recouvre de sable et égalise avec ses pattes pour les soustraire aux regards. Après avoir ainsi déposé ses œufs çà et là dans la terre, la femelle ne s’en occupe plus; c’est le mâle qui se charge de les réunir et de les enfouir.
- Bien que l’autruche soit assez inoffensive, elle possède dans ses puissantes pattes une arme redoutable, dont elle se sert pour frapper, non pas en arrière, comme le cheval, mais en avant.
- Pour pouvoir sans danger lui enlever ses plumes, on lui jette sur la tête une sorte de coiffe, après quoi elle subit passivement l’opération ; ou bien on la maintient serrée dans une cage en planches.
- Les plumes les plus estimées sont celles de la queue et des ailes; les plumes des mâles sont toujours soigneusement séparées de celles des femelles. Le marché international des plumes d’autruches est à Londres.
- Le but principal de l’entreprise d’IIagenbeck est d’élever chaque année un grand nombre de jeunes autruches pourles fournir aux fermes qui s’occupent de l’exploitation des plumes. Il a la conviction que des lots d’autruches vigoureuses seront ainsi exportés de Hambourg vers les régions méridionales de l’Europe et de l’Amérique : le prix en sera moindre qu’à les faire venir d’Afrique à cause des difficultés de les capturer, des droits d’exportation et du frêt. De jeunes autruches de 9 à 18 mois ne coûteront ainsi pas plus de 500 fr. pièce et, dès l’année 1910, llagenbeck compte en avoir 500 à 400 à vendre annuellement.
- Telle est, en raccourci, l’organisation du nouveau parc d’IIagenbeck; je ne crois pas qu’il ait à regretter les sommes énormes qui y ont été consacrées ; car l’engouement du public pour ce spectacle dépasse toutes les prévisions, public d’élite aussi bien que populaire lui apportent leur demi-mark d’entrée. L’empereur, l’impératrice, le prince Henri,
- Fig. 7. — Quelques-unes des plus belles autruches de rétablissement llagenbeck.
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- le kronprinz et tous les princes allemands y sont venus à l’envi.
- Le dimanche e-t le lundi de la Pentecôte, on y a enregistré 91 742 entrées !
- L’exemple à retenir est, à mon avis, non pas l’organisation de ce marché colossal d’animaux rares,
- unique au monde, mais l’élevage rationnel des autruches, qui paraît une opération éminemment fructueuse : ce que liagenheck a réalisé sous le climat boréal de Hambourg, réussirait encore mieux dans nos régions tempérées et chaudes du Centre et du Midi. Victou Ca.mbon.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
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- Le Salon de la Navigation aérienne a peut-être légèrement déçu les visiteurs initiés qui ont cherché en vain, parmi les stands de la grande nef, une
- nos inventeurs, auteurs de merveilles, ne peuvent en rester là, et nous continuons à considérer les appareils actuels comme des engins d’expériences des-
- Fig. i. — Vue générale du Salon de l’Aéronautique.
- idée nouvelle. Par contre, le public lui a réservé un accueil sympathique précisément parce que tout ce qui lui a été montré appartient à l’histoire de l’année. Le premier Salon s’est donc distingué d’une manière toute spéciale, à son désavantage, de ceux de l’automobile, où les constructeurs exposaient leurs modèles futurs. Ici, au contraire, on dirait une exposition rétrospective, les inventeurs s’étant contentés de glorifier leurs exploits.
- On croirait vraiment, à voir cette exposition, qu’il n’y a plus rien à inventer, que le plus lourd que l’air a atteint son apogée et que l’homme, ayant un instant entrevu la route de l’atmosphère, soit condamné à n’assister qu’à une réalisation imparfaite de son rêve. Il n’est pas possible que cela soit :
- tinés à faire place à « autre chose », d’inédit peut-être, mais qui nous laissera l’impression de la conquête réellement pratique et définitive de l’empire de l’air. .
- Deux ou trois modèles -de machines volantes prêtes à partir, seuls, rompent la monotonie de l’ensemble, et encore ne sont-ils nullement révolutionnaires. Cependant la plupart des aéroplanes connus comportent quelques modifications relatives aux organes de commande, à ceux de l’atterrissage, à la manière d’exécuter ce que l’on a appelé le gauchissement. Ce sont ces organes que nous, allons décrire, ne jugeant pas utile de parler des appareils eux-mêmes qui, pour la plupart,. sont bien connus de nos lecteurs. Nous ajouterons à ces
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- détails une courte étude sur les moteurs nouveaux.
- Transmissions, commandes, suspensions.— Monoplan Blériol (ftg. 2, n° 2). — Tous les fils de commande sont groupés autour d’une cloche métallique C, montée sur cadran.
- Cette cloche est mobile dans tous les sens à l’aide du volant V sur lequel le pilote agit. Deux leviers, dépendants de l'arbre du
- La suspension est constituée par un triangle articulé dont le côté vertical tubulaire est extensible par un ressort intérieur et des caoutchoucs extérieurs.
- volant, sont destinés aux commandes du moteur. On comprend aisément que le déplacement de la cloche vers la droite, par exemple, ait pour effet de raidir lè fil de commande qui la relie à l’extrémité de l’aile gauche, laquelle, sous cette action, se gauchit pendant que l’aile droite se gauchit également, mais en sens contraire. De même les déplacements de la cloche d’avant en arriè-reetd’arrière en avant, actionnent le stabilisateur arrière. Enfin le gouvernail vertical est commandé au pied par un balancier en bois, articulé en son milieu.
- Fig. 2. — i. Partie mécanique de l’aéroplane Farman. M, moteur; H, hélice; R, réservoir; S S, -sièges ; A, aileron. — 2. Châssis nu du monoplan Blériol. Il, hélice; M, moteur ; 'S, siège du pilote; C, cloche des commandes; C C, châssis porteur du moteur et de la suspension ; RR, ressorts de caoutchouc de la suspension.— 3. Avant de l’aéroplane Antoinette. M, moteur; R, radiateur; H, hélice.
- Les roues, orientables, sont constamment rappelées dans la direction de l’axe de l’appareil par un sys-' tème de fils passant sur une poulie et sollicité par lé
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- ressort de la suspension qui lui sert de ressort de rappel.
- Signalons encore le système tendeur des cordes à piano qui entretoisent les cadres de bois. M. Blé-riot a imaginé un U métallique engagé à la fois dans la traverse longitudinale du châssis par ses deux branches et par sa base dans le montant mortaisé sur cette traverse. Cet U, très évasé, reçoit à chacun des angles arrondis la boucle qui termine un fil. Lorsqu’on veut tendre ce fil, il suffit de serrer l’écrou qui termine, au-dessus du longeron, la branche correspondante. Le fer à U s’élève et tire sur la corde.
- Farman (fig. 2, n° 1). — Le biplan Farman
- d’une nervure longitudinale de ces plans. À l’arrière du châssis les deux plans horizontaux superposés supportent deux ailerons verticaux qui remplissent les fonctions de gouvernail vertical. À l’avant se trouve le stabilisateur ou gouvernail horizontal. Le gouvernail vertical est commandé par un levier horizontal articulé en son milieu et sur lequel reposent les pieds du pilote. Le fait d’exercer une pression avec le pied droit ou avec le pied gauche donne la direction vers la droite ou vers la gauche. Le gouvernail horizontal et les ailerons sont commandés par un levier placé à portée de la main droite du conducteur et qui est mobile de droite à gauche, d’avant en arrière et vice versa. Le moteur Gnome est placé en arrière du plan inférieur ; il entraîne l’hélice en tournant; celle-ci étant placée entre le moteur et le châssis métallique qui le maintient en porte â faux. Les sièges du pilote et du passager sont disposés à l’avant
- appartient au type Voisin, mais il ne comporte pas de surfaces verticales. Le système d’atterrissage est mixte : 4 roues et 2 patins à l’avant, 2 roues à l’arrière. Chaque patin est suspendu sur 2 roues par l’intermédiaire d’un solide faisceau de caoutchouc. Ces roues sont de faible diamètre et pourvues de solides pneumatiques. Elles sont réunies par un essieu passant au-dessus du patin et le faisceau de caoutchouc
- qui relie les deux organes est encadré entre deux joues fixées aux essieux. De plus, entre chaque joue et chaque roue, l’essieu est entouré d’un fort ressort spirale qui amortit les déplacements dans le sens horizontal pendant que le caoutchouc amortit directement les chocs de l’atterrissage. Si ce choc est trop violent, le patin touche le sol et freine. Enfin l’essieu est encore relié au patin par deux jambes de forces articulées : horizontalement sur l’essieu et verticalement sur le patin.
- Les plans porteurs sont pourvus d’ailerons détachés à leur partie postérieure ; ils sont commandés par un levier unique et articulés à charnières autour
- Fig. 3. — En haut : avant du monoplan Vendôme; H, hélice; S, siège du pilole. — En bas : partie mécanique du biplan Bayard-Clèmenl ; S, siège du pilote; H, hélice; PP, pyramide tubulaire portant les engrenages de démultiplication à son sommet; RE, ressorts entre lesquels oscille le levier du- carter de démultiplication. Le radiateur est au-dessus du moteur.
- du même plan et les deux réservoirs d’essence au-dessus.
- Bayard-dément (fig. 5, n° 2). — C’est un nouvel appareil biplan de 60 m2 de surface, à peu près semblable au précédent : gouvernail horizontal à l’avant, deux plans horizontaux et gouvernail vertical à l’arrière. Les extrémités des deux grands plans portent des ailerons de gauchissement. Un volant vertical permet d’effectuer les commandes ; sa rotation commande le gouvernail arrière ; son axe peut coulisser dans un tube d’acier, et ce mouvement d’avant en arrière actionne le gouvernail avant. Enfin sous les pieds du pilote, un levier horizontal agit sur les ailerons.
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- La particularité que présente cet appareil réside dans la mise en marche du moteur qui s'effectue à l’aide d’une manivelle; le pilote embraye ensuite l’hélice avec un levier à main; celle-ci tourne à 900 tours alors que le moteur en fait 1500. Le
- chacune de ces fermes longitudinales sont disposées des traverses qui les relient, s’étendent au delà à l’avant et à l’arrière et supportent la toile. Lorsque l’on agit sur les fermes arrière par le gouvernail, l’une d’elles, celle de l’aile droite par exemple, est tirée vers le sol; elle oblige les traverses à effectuer une sorte de mouvement de bascule autour de la ferme fixe, mouvement plus accentué à l’extrémité libre de
- démultiplicateur est contenu dans un carter-palier porté par quatre tubes en pyramide se prolongeant à l’arrière des plans. Ce carter est pourvu, en outre, d’un levier vertical dont la course est limitée par deux ressorts amortisseurs : un de chaque côté.
- Le siège du pilote est placé devant le moteur.
- Au-dessus se trouve le réservoir d’eau qui sert de radiateur et sur le côté le réservoir d’essence.
- Antoinette (lig. 2, n° 3).
- — Notre photographie montre la disposition du moteur à l’avant du châssis. La stabilité transversale est assurée par la déformation hélicoïdale des ailes qui est un gauchissement total. Les ailes comportent chacune deux fermes longitudinales dont une, fixe, celle d’avant, est haubanée. Celle d’arrière est mobile et c’est par son intermédiaire que la déformation a lieu. Entre
- Fig. 4. — 1. Appareil E. Aimé et Salmson: M, moteur-, Pli, plans horizontaux; PC, plan courbe-, H, hélices. — 2. Hélicoptère Vuitton-Hubert; HS, hélices sustentatrices; G, gouvernail vertical; PD, plan de dérive; S, siège du pilote; HP, hélice propulsive. —
- 3. Mécanisme du monoplan Grégoire-Gyp ; H, hélice; M, moteur; R A, radiateur ; D, différentiel; T T, gros tubes des ailes pour la commande du gauchissement.—
- 4. Biplan Penieado : P H, plans horizontaux ; P D, plans dièdres; H, hélice; M, moteur. — 5. Nacelle et mécanisme monoplan A. V.I.A.; M, moteur; H, hélice; R R, ressorts de la suspension ; S, siège du pilote; V, volant.
- l’aile que près du châssis. L’aile subit la déformation cherchée : une torsion hélicoïdale. Pendant que l’une des ailes est ainsi gauchie au-dessous du plan d’incidence, l’autre se gauchit au-dessus.
- La stabilité transversale (gauchissement) est commandée par un volant placé sur le côté de la cage réservée au pilote, à sa gauche; ce volant agit par un pignon sur une chaîne qui se prolonge par les câbles reliés aux fermes mobiles des ailes. A droite du pilote est placé le
- volant du gouvernail de profondeur ; le gouvernail de direction est actionné par deux pédales aux pieds. Enfin deux manivelles à main règlent la carburation et l’avance à l’allumage.
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- L’appareil est supporté à l’avant par deux roues parallèles dont l’essieu est solidaire du système amortisseur. Celui-ci est constitué par un corps de pompe renfermant‘de l’air comprimé à une pression suffisante pour supporter le poids de l’aéroplane. Le piston de ce corps de pompe est solidaire de l’essieu. Les pneus des roues et le réservoir à air de l’amortisseur subissent donc le choc de l’atterrissage et constituent un ensemble pneumatique d’une très grande douceur. Le pilote est assis derrière les ailes, à une assez grande distance du moteur et de l’hélice : la nacelle est matelassée et cuirassée pour constituer une protection contre les chocs. Les hélices sont faites en acier nickel forgé : les pales sont en aluminium. L’orientation des deux ailes peut être modifiée ainsi que le pas. Les radiateurs sont disposés sur les lianes du châssis.
- Monoplan Vendôme (fig. 5, n° 1).— Cet aéroplane est d’une facture assez spéciale. Le châssis est constitué par une simple ferme en bois portant tout le mécanisme : moteur et hélice à l’avant, siège du pilote à l’arrière des ailes ; il se termine à l’avant par un arc en bois reposant à chacune de ses extrémités sur une roue montée sur un amortisseur à ressort. Les ailes sont pourvues à leurs extrémités de deux ailerons placés non à leur suite, mais au-dessus. Ces ailerons forment poches apportant la résistance nécessaire pour effectuer les virages. Les commandes se font par un levier pour le gouvernail horizontal; deux pédales au pied agissent : l’une sur le gouvernail vertical, l’autre sur les ailerons.
- A. V. I. A. (fig 4, n° 5).— Les ateliers vosgiens d’industrie aéronautique disposent la par tic mécanique de leurs monoplans : moteur et hélice, au-dessus du plan porteur : par contre le siège du pilote et les organes de commande sont groupés sur un châssis inférieur monté sur quatre roues par l’intermédiaire d’un ressort amortisseur IL Le pilote a devant lui un volant très incliné Y à l’aide duquel il actionne le gouvernail de profondeur, celui de direction et une poulie de gauchissement montée sur son arbre. Les autres commandes : admission d’air, de gaz, avance à l’allumage, etc., sont groupées sur le volant. Un levier au pied permet de couper l’allumage. Le système d’atterrissage comporte également deux patins combinés avec la suspension des roues. Les dispositions générales de ce nouveau monoplan sont à peu près semblables à celles des autres appareils : gauchissement des ailes; à l’arrière deux gouvernails verticaux et un stabilisateur fixe encadré de deux ailerons horizontaux.
- Grégoire Gyp (fig. 4, n° 3). — Il appartient, comme les suivants, à la série d’appareils construits, mais n’ayant pas encore volé. C’est un monoplan caractérisé par son système de gauchissement qui est inédit. Chaque aile est constituée par une série de courbes en bois enfilées sur un tube cylindrique en acier, ces courbes étant maintenues par des tubes de rives dans lesquels sont encastrées leurs extrémités. Le gros tube se raccorde avec son pareil
- de l’autre aile par un différentiel 1), et avec la courbe extrême de l’aile par des clavettes. Le volant de direction est monté sur un tube terminé par le petit pignon du différentiel entre les deux grands pignons liés par clavettes aux gros tubes des ailes. En faisant tourner le volant, les tubes d’ailes tournent en sens contraire et, par leur rotation entraînent les courbes extrêmes des ailes. Ces courbes agissent sur les deux petits tubes-nervures et les obligent à entraîner les parties antérieure et postérieure de ces ailes dans ce mouvement, pendant que la partie centrale (autour et sur toute la longueur du tube) demeure fixe. On obtient ainsi une torsion de toute l’aile. Le résultat cherché est semblable à celui du gauchissement du monoplan A ntoinelte, mais réalisé d’une manière différente.
- Si, d’autre part, on abaisse le volant au heu de le faire tourner, cette manœuvre produit l’abaissée des extrémités des ailes. On relève ces mêmes extrémités en élevant le volant. Dans le premier cas on augmente l’angle d’incidence et on le diminue dans le second. On peut donc par ce moyen, monter ou descendre à volonté sans gouvernail de profondeur. Enfin en combinant le mouvement du volant en hauteur et en direction on peut faire mouvoir une aile en laissant l’autre immobile et régler à la fois en tous les cas la stabilité latérale et la stabilité longitudinale par la seule action du volant.
- Penteado (fig. 4, n° 4). — Biplan dont le plan inférieur, disposé en arrière du plan supérieur, est constitué par deux ailes formant un angle dièdre alors que les premières sont horizontales. Les extrémités avant des ailes inférieures sont assemblées avec les extrémités arrière des autres. Cette disposition donne de la rigidité à l’ensemble. La suspension est mixte: par roues et par patins supportés chacun par un cadre spécial. Leurs traverses horizontales sont reliées par un solide faisceau de caoutchouc. À l’atterrissage, les roues touchent d’abord le sol, puis leur cadre tend le caoutchouc qui amortit le choc et enfin, si ce choc est trop violent, les patins arrêtent la chute. Les deux plans sont gauchissables en même temps que celui de la queue par le même levier qui, pourvu d’une articulation à rotule, est mobile dans tous les sens, et commande aussi le gouvernail vertical.
- Aimé (fig. 4, n° 1). — Biplan assez bizarre. Le plan supérieur est horizontal, le plan inférieur a pris la forme d’un arc de cercle. D’après ce que les inventeurs affirment, ce deuxième plan remplirait l’office d’ailes battantes tout en demeurant fixes. Il y a heu d’attendre les leçons de l’expérience.
- Vuitlon-Huber (fig. 4, n° 2). — Nous en dirons autant de l’hélicoptère Vuitton-Huber pourvu de deux grandes hélices horizontales tournant en sens inverse et actionnées par démultiplication. Le moteur — un type nouveau non exposé — commande par deux embrayages différents les hélices sustentatrices et l’hélice propulsive. Le châssis qui supporte l’ensemble est une pyramide à base carrée montée sur quatre roues. Cet appareil pourrait
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- s’élever à 8 m. de hauteur et progresser ensuite.
- Moteurs (tig. 5).— Plusieurs nouveaux moteurs d’aviation ont été eonslruils cette année ; quelques-uns d’entre eux n’ayant pas été décrits ici, nous allons les présenter dans leurs grandes lignes.
- Gnome. — Le moteur Gnome appartient à la catégorie des moteurs à cylindres tournants dans lesquels l’arbre demeure fixe. La puissance disponible est recueillie sur le carier formant bloc avec les cylindres par l’intermédiaire d’une basque sur laquelle est fixée l'hélice. Les cylindres, au nombre
- Fig. 5. — Les principaux types de moteurs d’aviation : i, moteur horizontal Darracq ;
- 2, moteur à 3 cylindres Anzani; 3, moteur rotatif Gnôme; 4, moteur à 4 cylindres verticaux. Panhard
- et Levassor: 5, moteur en V. E. N. V.
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- de sept, sont à ailettes, le refroidissement par l’air s’opérant normalement pendant la rotation ; de plus, autre avantage précieux, la masse en mouvement forme volant. L’arbre vilebrequin est à un seul coude autour duquel tournent les bielles. Un système de cames actionne les tringles qui tirent sur les culbuteurs ouvrant les soupapes d'échappement. L’aspiration se fait dans le carter par le vilebrequin qui est creux et communique au carburateur par son extrémité libre. Les pistons sont pourvus de soupapes automatiques qui eifectuent l’aspiration lorsque ces pistons descendent dans les cylindres. L’allumage est distribué par sept plots noyés d;ms une couronne d’ébonite placée à l’avant et reliés chacun à une bougie. Ce moteur est construit en acier au nickel : les pistons en fonte portent une échancrure inférieure pour éviter qu’ils ne viennent en contact les uns avec les autres lorsqu’ils sont à fond de course.
- Le moteur Gnome de 50 CV. 7 cylindres de 110 mm. d’alésage et 120 mm. de course pèse 76 kg et tourne normalement à 1200 tours. La dépense d’huile est d’environ 2 litres à l’heure et celle d’essence de 550 grammes par cheval-heure.
- Panhard-Levassor. — Moteur à quatre cylindres verticaux de 110 mm d’alésage et 140 de course. 11 pèse 05 kg nu et fait 55 à 45 CV. Il a été établi sur le modèle des moteurs courants sortant des atelier de l’avenue d’Ivry. Signalons la principale particularité. La soupape d’échappement, à tige creuse, donne, lorsqu’elle est ouverte, issue aux gaz brûlés par sa périphérie annulaire. La tige creuse constitue le canal d’arrivée des gaz frais : cet orifice est fermé du côté du cylindre par la soupape d’aspiration, l’orifice opposé est en relation avec un vide annulaire communiquant avec la conduite d’aspiration. Celui-ci, qui réunit tous les cylindres, porte en son milieu le carburateur automatique réduit à sa plus simple expression : le canal d’arrivée d’air dans lequel est fixé le gicleur forme clé du robinet dont le boisseau occupe le milieu du conduit d’aspiration. Le réglage de la puissance s’effectue en tournant plus ou moins ce robinet.
- La commande des soupapes est obtenue pour chaque cylindre par une seule came et une seule tige porte-galet, cette tige, articulée à sa partie supérieure à un balancier, agit par ce dernier sur les soupapes. Lorsque la came soulève la tige, le balancier appuie sur la soupape d’échappement pour l’ouvrir et la soupape d’aspiration entraînée dans ce mouvement maintient l’aspiration fermée. Lorsque, par suite du déplacement de la came, la soupape d’échappement est de nouveau fermée, la tige porte-galet, sollicitée par un ressort, conserve le contact avec cette came. Celle-ci présente alors un creux qui, faisant descendre la lige, entraîne le balancier dans une oscillation inverse de la précédente. Son extrémité, au lieu de descendre en appuyant sur la soupape d’échappement pour l’ouvrir, se soulève et, par une branche latérale, fait osciller un petit balancier qui, prenant point d’appui sur la soupape d’échappement,
- la maintient fermée et fait ouvrir celle d’aspiration.
- Anzani. -— C’est un moteur à trois cylindres disposés en éventail (chaque cylindre à 60 degrés). Cette disposition présente l’avantage de réduire le carter et de supprimer le vilebrequin, le moteur ayant deux volants intérieurs et les trois bielles, dont deux à fourche, montées sur le même man-neton. L’arbre à cames est supprimé, la commande des soupapes étant obtenue par pignons d’une seule pièce avec les cames. Les cylindres sont fondus d’une seule pièce. Les soupapes d’admission automatiques, sont placées au-dessus de celles d’échappement pour permettre aux gaz frais de refroidir les gaz brûlés. Les pistons évidés ont été rendus aussi légers que possible ainsi que les bielles en acier estampé. Le graissage est obtenu par barbottage et rainures amenant l’huile à tous les frottements. L’allumage se fait par bobine et accumulateurs de 6 volts avec distributeur spécial. Le modèle de moteur Anzani, de 25 chevaux, type traversée de la Manche, a 105 mm d’alésage et 150 mm de course s’il tourne normalement à 1600 tours et son poids avec carburateur, accumulateurs et bobine est de 65 kg.
- E. N. K. — Il est à 8 cylindres en V, quatre de chaque coté. Les soupapes d’admission et d’échappement sont commandées et placées côte à côte afin d’utiliser le même arbre; leurs axes sont inclinés par rapport à ceux des cylindres. Le graissage est assuré par une circulation constante d’huile sous cycle fermé, régularisé par une pompe à piston. Le refroidissement s’opère par circulation d’eau à l’aide d’une petite turbine intercalée entre les chambres et le radiateur. Les chemises sont en cuivre et rapportées. Le moteur d’aviation E N V de 40 CV pèse 70 kg seulement; les cylindres ont 85 mm d’alésage et 00 mm de course.
- Darracq. — Moteur pour aéroplanes légers, à un seul passager. Il est à deux cylindres horizontaux de 150 mm d’alésage et 120 mm de course afin de diminuer la longueur, et pèse 52 kg y compris la magnéto, le carburateur, la pompe à eau et à huile. 11 fait 50 CV à 1550 tours et 52 CV à 1450. Les commandes se font par l’intermédiaire d’une roue dentée calée sur l’arbre du moteur engrenant avec un pignon monté sur un axe. Cet axe commande la magnéto, le disque à cames et la pompe à eau. L’arbre manivelle est à deux manetons à 180°. Enfin les pieds de bielle sont désaxés pour que les cylindres soient presque dans le prolongement l’un de l’autre. Une explosion a lieu par tour, par conséquent à intervalles égaux.
- Telles sont, dans leurs grandes lignes, les choses les plus neuves que nous avons aperçues au premier Salon de la navigation aérienne. Monoplans et biplans se partagent à peu près également l’empire des airs. Le gauchissement des ailes, imaginé par les Wright, est devenu d’un emploi général. Le grand effort des inventeurs parait avoir porté surtout sur les moteurs et sur des perfectionnements de consliuclion mécanique. Luciejn Fournier.
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- ACADÉMIE 1
- Séance du 18 octobre 1909.
- Variété de trèfle. — M. Chauveau présente une Noie de M. Martinet, relative à une variété de trèile très productive qu’il a tirée par sélection du trifolium pratense. Ce trèile présente cette particularité que sa corolle est courte et que par suite il peut aisément être visité par les abeilles.
- Les fêles du Centenaire de la navigation a vapeur. — M. Darboux rend compte de sa participation, comme représentant de l’Académie des sciences, aux fêtes qui viennent d’être célébrées à New-York, au sujet du centième anniversaire de la montée de l’Hudson par un bateau à vapeur et de l’anniversaire de la fondation de New-York. M. Darboux expose qu’il a été assez heureux pour pouvoir fournir aux Américains la preuve que Fulton, contrairement à une opinion communément répandue, avait trouvé auprès des membres de l’Académie des sciences l’appui le plus efficace. Laplace et Carnot recommandèrent, en effet, au Directoire un projet de bateau sous-marin permettant, au moyen d’explosifs, de
- SUSPENSION R. BARON POUR
- Les lampes à arcs nécessitent un mécanisme spécial pour maintenir l’écartement des charbons à la distance convenable; c’est, de lui que dépend la fixité plus ou moins grande de la lumière; il est indispensable et toutes les lampes de ce genre en sont munies. Si simple qu’il soit, il rend toujours la lampe assez volumineuse et assez lourde ; le système de suspension doit présenter toutes les garanties de solidité et cependant permettre d’amener l’appareil facilement à portée de la main pour changer les charbons. En général on attache la lampe à une potence, ou à un plafond, par l’intermédiaire d’une corde passant sur des poulies et dont l’extrémité aboutit à un petit treuil facilement accessible, mais l’installation de cet attirail est si encombrant et si peu esthétique que dans les endroits comme les salles des fêtes, les magasins, etc., on préfère y renoncer et, la lampe étant fixée une fois pour toutes à l’endroit voulu, on se sert d’une échelle pour l’atteindre. C’est une solution un peu primitive et dont les inconvénients sont nombreux. M. René Baron, dont on connaît déjà l’ingénieux dispositif d’enrouleurs appliqué aux appareils d’appartement pour les lampes à incandescence, vient de construire, dans le même ordre d’idées, deux nouveaux systèmes de suspension qui donnent une solution très élégante de la question.
- Le plus simple consiste en un petit treuil, appelé bi-treuil par l’inventeur, avec câble de manœuvre amovible. Il est entièrement renfermé dans une boîte cubique (fig. 1) qui n’a que 0,12 m. de côté. L’arbre de ce treuil est divisé en deux parties : sur l’une R se trouve enroulé le câble qui supporte la lampe, attachée à l’anneau L; une roue à rochets
- iS SCIENCES
- Présidence de M. Bouchard.
- couler les vaisseaux ennemis. M. Darboux a pu donner connaissance d’une lettre de Carnot relative aux applications de la vapeur imaginées par Fulton. Dans celte lettre Carnot exprime sa confiance dans l’entière et indubitable réussite des inventions nouvelles. Cette lettre a produit une grande impression.
- Le lait des vaches tuberculeuses. — M. Chauveau résume une Note de M. Monvoisin relative à la composition chimique du lait des vaches tuberculeuses. Le lait a été analysé aux diverses périodes d’une tuberculose mammaire, depuis le déchet de l’envahissement de la glande par le processus tuberculeux jusqu’à la sclérose et à la cessation de la fonction. Le lait passe progressivement de la composition normale à la composition du sérum sanguin, aussi bien en ce qui concerne les matières organiques qu’en ce qui concerne les matières minérales. La caséine, la matière grasse, le lactose disparaissent peu à peu et jamais le lactose n’est remplacé par le glucose.
- Ch. de Yilleheuil.
- LAMPES ÉLECTRIQUES A ARC
- et un cliquet C l’empêchent de se dérouler. L’autre partie T du treuil reste vide, mais elle porte un disque muni de larges ouvertures à sa périphérie. Quand on veut descendre la lampe, on commence par placer au bout d’une perche de hauteur convenable une cordelette munie d’un crochet (en cartouche sur la gravure) et on engage ensuite facilement celui-ci dans l’une des ouvertures du disque. Cela fait, on maintient la cordelette à la main par son autre extrémité et on accroche la perche, qui est munie d’un anneau à cet effet, sur l’extrémité du cliquet C ; le poids de celle-ci suffit pour le dégager de la roue à rochets et la lampe descend en déroulant le câble de supension; on modère la descente au moyen de la cordelette qu’on tient à la main et qui s’enroule à mesure que le câble se déroule. Quand on a atteint le point voulu, il suffit de décrocher la perche et le cliquet s’engage à nouveau dans la roue à rochets. La lampe reste alors en place sans qu’on ait à la maintenir en aucune façon. Pour la remonter il suffira de tirer sur la cordelette auxiliaire qu’on décrochera ensuite au moyen de la perche.
- Le câble de suspension ne sert pas en même temps de fil conducteur pour le courant, ce qui peut présenter des inconvénients et provoquer des courts circuits ; il est complètement indépendant et un joint spécial très simple (visible sur notre gravure) permet à la lampe de quitter le 111 conducteur et de le reprendre automatiquement.
- Le bi-treuil est de construction très robuste et le peu de complication du mécanisme permet de l’établir à un prix peu élevé. Cependant si la lampe est placée à une grande hauteur, l’accrochage de la cor-
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- 336 --— SUSPENSION R. BARON POUR LAMPES ÉLECTRIQUES A ARC
- delette au moyen d’une perche devient difficile. C’est pourquoi M. R. Baron a imaginé un autre système un peu plus compliqué (fig. 2). C’est toujours un treuil divisé en deux parties, mais dont l’une peut tourner sans entraîner l’autre.
- En R se trouve enroulé le câble de suspension de
- Fig. i. — Suspension de lampe à arc par le bi-lreuil.
- la lampe, son extrémité est terminée par une olive 0 qui est prise dans une mâchoire M fermée par un ressort (le détail de ce dispositif est représenté en haut de la gravure). La lampe attachée en L ne pourra descendre que quand la mâchoire M sera ouverte. Pour cela, au moyen d’un crochet spécial, fixé au bout d’une perche, on fera tourner l’anneau B de façon à opérer une traction sur la chaînette C qui agit sur un levier forçant la mâchoire M à s’ouvrir.
- Aussitôt la lampe pourrait descendre par son propre poids, mais un frein à tambour muni d’un ressort R la maintient en plaçe; on la libère en opérant une traction sur l’anneau B de façon à agir sur le ressort R et la descente s’opère doucement; elle est du reste modérée automatiquement par le frein à force centrifuge F qui est entraîné par la roue dentée E que fait tourner le câble en se déroulant. Dès qu’on cesse de tirer sur l’anneau A le frein R reprend son action et la descente s’arrête.
- Quand on veut remonter la lampe, on opère, au moyen du crochet fixé à la perche, une série de tractions sur l’anneau A. L’arbre du treuil est, comme nous l’avons dit, divisé en deux parties indépendantes ; sur l’extrémité T se trouve une poulie sur
- laquelle on a enroulé un bout de câble d’environ 0,40 m., terminé par l’anneau A. Quand on tire sur cet anneau, le câble se déroule et une roue à rochets, montée sur l’autre partie de l’arbre, entraîne celle-ci d’une certaine quantité et fait enrouler une portion du câble de suspension de la lampe. Quand on abandonne l’anneau A, un ressort fait tourner la poulie T en sens inverse et le bout du câble s’enroule à nouveau.
- On comprend dès lors comment, après une série de tractions, le câble de suspension se trouve complètement enroulé; l’olive qui le termine s’engage dans la mâchoire M qui se referme automatiquement et la lampe peut être abandonnée à elle-même. Le système est entièrement renfermé dans une boîte sphérique peu volumineuse qu’il est facile d’habiller d’une garniture plus ou moins luxueuse suivant les endroits on ils doivent être placés.
- L’emploi des procédés de suspension imaginés par M. R. Baron permet de placer les lampes à arc dans un endroit quelconque sans s’inquiéter de la
- Fig. 2. — Suspension pour lampes à arc situées à une grande hauteur.
- façon dont on pourra les rendre accessibles pour changer les charbons. Les mécanismes étant entièrement enfermés, peuvent être abandonnés en plein air et supporter toutes les intempéries. Plusieurs de ces appareils sont déjà en service pour l’éclairage des villes. G. Chalmarès.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdke, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1901. :. ...-*-=0?-— -----—- :.30 OCTOBRE 1909.
- LE RELIQUAIRE DE PÊSHAWAR
- Les deux photographies ci-jointes, que nous devons à la revue anglaise Yllluslraied London News, représentent une fort belle trouvaille récente de l’archéologie indienne. D’après les renseignements publiés par notre confrère, et qui semblent émanés d’une source compétente, c’est là un reliquaire, destiné, suivant la tradition, à contenir les os aulenthiques du Buddha tiautama, ou plutôt une partie de ses os, puisque ceux-ci passent pour avoir été répartis entre sept monastères. La trouvaille a été faite dans la proximité immédiate de la ville de Pêshawar, l’ancienne Purusliapura des textes sanskrits, aujourd’hui une ville de 80 000 habitants, chef-lieu de district et de province,
- Le reliquaire de Pêshawar, ' contenant
- et la première grande agglomération qui se présente aux caravanes, lorsque, se dirigeant vers l’indus, elles pénètrent sur le territoire indien, au sortir de ces fameuses passes de Khaibar, qui, donnant accès à la rivière de Kaboul, ont été, de temps immémorial et jusqu’à nos jours, la grande voie du commerce et des invasions de toutes sortes vers la vallée gàngétique.
- Le Buddha est représenté sur le couvercle du reliquaire, assis et nimbé, la main gauche ouverte dans le signe rituel de la bénédiction, et flanqué de deux compagnons, reconnaissables pour des Bodhisattvas, c’est-à-dire pour ces sortes d’apprentis buddhas, qui, dans le cycle des étapes à parcourir avant d’atteindre à la Bodhi (l’illumination, le terme ultime de la connaissance), en sont arrivés à l’avant-dernière ; le rebord vertical est décoré d’une frise d’oies au vol. Sur la panse même du vase on
- 37e année. — 2e semestre.
- voit de jeunes « amours », portant une guirlande, ainsi que divers personnages, dont le Buddha et ses Bodhisattvas, et surtout une figure royale, accompagnée de deux esprits ailés. Les inscriptions, qui sont dans le système d’écriture dite kharoshtrî, indiquent que les reliques (retrouvées à l’intérieur du vase) sont celles du Buddha, et nomment la secte buddhisle à qui elles appartenaient. Elles indiquent également, comme l’auteur du reliquaire, un artiste grec, Agesilaos, à la solde du roi Kanishka, qui est précisément le monarque figuré.
- On voit donc qu’en plus de sa valeur propre d’œuvre d’art, et en plus aussi de sa valeur religieuse qui est si
- des os du Buddha; vue de face et vue de côté.
- grande pour les populations buddhistes, la trouvaille de Pêshawar présente un intérêt très grand, puisque par la mention et par le portrait du roi Kanishka, elle est parfaitement datée, et que la présence d’une signature d’artiste grec permet d’en reconnaître l’origine technique.
- Nos lecteurs savent sans doute que ce n’est pas la première fois que des monuments d’origine grecque sont découverts dans l’Inde. Pêshawar est justement le principal centre d’une province archéologique aujourd’hui célèbre, le Gandhâra, qui, à la faveur des travaux poursuivis depuis cinquante ans, a permis depuis une trentaine d’années de prendre une connaissance maintenant assez précise de tout un art très important, connu sous la dénomination de « gréco-buddhique ». D’après l’archéologue le plus compétent en ces matières, notre éminent compatriote M. Foucher, dont les travaux à ce sujet sont clas-
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- 338 _______..................: LE RELIQUAIRE
- siques1 et font autorité, l’aire géographique de l'Ecole du Gandhàra déborde bien au delà des limites du district actuel de Pêshawar; elle s’étendait en réalité sur « tout le Nord-Ouest de l’Inde et l’Afghanistan, depuis la Ai tas là ou Jliilam, la plus occidentale des cinq rivières du Penjab, jusque par delà la barrière neigeuse de l’Ilindou-Koush. » Et même si l’on voulait tenir compte de son influence, il faudrait ajouter à ce domaine non seulement les routes de l’Asie centrale j usqu’aux confins orientaux du Turkes-tan chinois, mais encore, quoique moins immédiatement, tout l’Extrême-Orient, puisque les types de Pêshawar oui visiblement inspiré les images des Buddhas et des Bodhisattvas de Java et du Japon2.
- Dans son charmant livre Sur la frontière indo-afgliane, M. Toucher a fort bien marqué, notamment en ce qui concerne la sculpture, les caractères et l’intérêt de cet art gandhàrique. Il montre toute la surprise du voyageur admis au mess des officiers de Mardàn (village à une quarantaine de krnN.-E. de Pêshawar), et contemplant ce véritable petit musée, encombré de Buddhas, de Bodhisattvas, et de bas-reliefs du Gandhàra. « Au lieu, écrit M. Fou-cher3, des sculptures exotiques qu’il s’attendait tout naturellement à voir, il n’aperçoit, en effet, que des motifs familiers et, pour lui, classiques. Ge ne sont que rinceaux ou chapiteaux d’acanthes, guirlandes portées par des amours, atlantes, centaures, tritons ou cortèges de bacchanales. Çà et là il salue des figures de connaissance, une Minerve, un Hercule, un Silène, un Éros. Chez toutes les statues, il constate la même pureté de profil, la même finesse dans le traitement des cheveux, la même-adresse dans le modelé du nu ou la chute des draperies. Les panneaux sculptés ne l’étonnent pas moins par la hauteur du relief, l’aisance des gestes et des attitudes, et l’ordonnance systématique de la composition. Tout, dans ces prétendues œuvres indiennes, dénote ou du moins rappelle le goût occidental; partout s’accuse, sur leurs bleuâtres contours de schiste, l’intervention d’un ciseau rompu à la technique des ateliers de Grèce ou d’Italie....
- « Rassurons-nous, ce n’est ni une mystification ni un rêve. Ces sculptures ne sortent pas des cryptes chrétiennes de la campagne de Rome, ou des païennes habitations de Pompéi, mais bien des anciens couvents bouddhiques du district de Pêshawar, du Bounèr et du Svàt. Si personne ne songe à contester leur caractère classique, il n’en est pas moins sur qu’elles ont été exécutées dans l’Inde et pour des Indiens. Ce qu’elles disaient au cœur et à l’esprit de leurs ancêtres, les indigènes d’aujourd’hui ne le savent plus; les Lamas du Tibet et les moines de Ceylan, meilleurs héritiers de la tradition, s’en souviennent encore. A travers la forme hellénisée et le profane décor auquel notre éducation occidentale fait s’attarder nos yeux, les leurs iraient directement au sens religieux et bouddhique....
- 1 Sur l’art gréco-buddliiquc du Gandhàra, voir les travaux de A. Toucher, avant tout : 1. L'arl gréco-bouddhique du Gandhàra,i. I, Paris, 1905, in-8°; — 2. Sculptures gréco-bouddhiques (musée du Louvre). Monuments et mémoires publiés par l’Académie des Ins. et bel. let, t. VII, 1900), in-4°; — 3. Rapport sur une mission d'études archéologiques et religieuses dans l’Inde (Nouv. archives des Missions..., I. IX, Paris, 1898), in-8°;—4. L'art bouddhique dans l'Inde fRevue de l’histoire des religions, Paris, 1894), in-8°; — 5. Notes sur la géographie ancienne du Gandhàra (Bul. Écol. franc. d’Extrême-Orient, t. I, 1901); in-8°; —6. Élude sur l’iconographie buddhique de l'Inde d'après des documents nou-. veaux (Bibliolli. de l’Ecole des Hautes Etudes. Sciences reli-
- DE PÊSHAWAR ._ , ..-...--Lz:—
- « Ainsi donc ces œuvres d’art parlent un tout autre langage et prennent un air différent selon qu’on les aborde en venant d’Europe ou d’Asie.... En lait elles sont la combinaison d’un fond bouddhique et d’une forme classique. ))
- Tout ceci s’applique à la lettre au reliquaire de Pêshawar.
- Quant à l’époque où il faut assigner l’art gréco-buddhi-que du Gandhàra, on pense bien qu’elle avait été fort discutée. Sans entrer ici dans d’inutiles détails, je rappellerai seulement l’idée émise par M. Toucher et qui était en général admise. Pour lui4 « l’intime fusion de la légende indienne et de l’art méditerranéen » ne remontait nullement ni à l’historique expédition d’Alexandre dans l’Inde, ni même « à ceux de ses successeurs qui régnèrent en Bactriane et sur le Penjab.... Par une sorte de paradoxe historique, tous le^ indices tendent à faire descendre la période de floraison de l’école du Gandhàra jusqu’au temps de ces barbares envahisseurs scythes dont l’accoutrement grotesque et la laideur hirsute remplacèrent sur les monnaies royales l’élégance raffinée des Indo-Grecs. Aussi bien cette date du ior siècle de notre ère s’accorde-t-elle au mieux avec le caractère moins grec que gréco-romain des sculptures. Nous en attribuerions volontiers la paternité à ces artistes errants qui colportaient alors dans les provinces, et jusque par delà les bornes de l'Empire, les procédés déjà stéréotypés de l’art grec. Les sculpteurs qui, pour le bénéfice des pieux fondateurs du Gandhàra, adaptèrent le type d’Apollon à la représentation des divinités bouddhiques, semblent bien les petits cousins de ceux qui, sous la même époque, coiffaient le Mithra persan du bonnet phrygien du Gany-mède, déguisaient en Mercure notre Teutatès gaulois et donnaient au Jésus des Catacombes les traits d’Orphée ou du bon Pasteur ». C’est l’époque de Pompeï, le moment où l’art classique est devenu un véritable « article d’exportation », tout un commerce et toute une industrie5. La trouvaille de Pêshawar, portant le nom et l’image du roi Kanishka, confirme donc pleinement la théorie deM. Toucher.
- Enfin, il faudrait indiquer que l’art du Gandhàra n’a été, dans la civilisation orientale, ni un accident sans portée, ni même un accident. Toutes les découvertes tendent à montrer sans cesse davantage que depuis longtemps, bien avant môme l’époque du Gandhàra, la civilisation méditerranéenne a exercé sur la civilisation de l’Asie, même la plus lointaine, une influence réelle et féconde. En ce qui concerne en particulier les arts plastiques, les documents dès aujourd’hui réunis sont tout à fait probants, ainsi que l’expose très savamment le grand archéologue et orientaliste allemand, M. Münsterherg, dans un récent travail sur les Influences orientales dans Varl d’Extrême-OrientG, que j’analyserai ici bientôt comme complément au présent article.
- Jean-Paul Lafitte.
- gieuses, t. XIII, 1900), in-8°;— 7. Élude sur licon. buddhiq. de l'Inde, d’ap. des textes inédits. Paris, 1905, in-8°;— 8. Sur la frontière indo-afghane. Paris, 1905, iu-16. — La bibliographie est dans Fouciieii 1, pp. 4 et suivantes. — Voir également, entre autres : Grünwehel. Mythologie des Buddhismus in Tibet und der Mongolei. Leipzig, 1900, in-4°; M.A. Stem, Ancient Khotan. Oxford, 1907, 2 vol. in-4°.
- 2 Toucher 1, p. 3.
- 5 Toucher 8, pp. 40 sqq.
- 4 Toucher 8, pp. 47 sqq.
- 5 Toucher 4, p. 7.
- 0 Extrait de la Revue des Eludes ethnographiques et sociologiques, 1909, in-8°.
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- LE PLUS GRAND CÂBLE TRANSPORTEUR DU MONDE
- A maintes reprises, nous avons insisté sur les services précieux que sont susceptibles de rendre les cables transporteurs ou porteurs aériens, auxquels on applique souvent la désignation de système de
- tagneux n’était pas seulement rendu impossible par l’altitude ; on ne trouve partout que vallées abruptes, l’avines à parois presque verticales et très profondes. Les mines à desservir son libelles de Famatina, qui
- tellérage, du moins quand Ta force motrice assurant le déplacement des wagonnets et des câbles de traction est électrique. Ces câbles porteurs ont déjà rendu de très grands services dans l’exploitation de certaines mines d’Espagne, pour lesquelles il eût été ruineux d’établir des voies ferrées ordinaires ; et les transports de minerai se font ainsi sur des distances réellement considérables. Mais on n’avait encore rien tenté de comparable à ce qui a été fait tout dernièrement dans F Argentine; la ligne aérienne dont il s’agit, établie par les soins de la maison Adolf Bleichert, de Leipzig, a un développement exact de 54 670 mètres.
- Il existe dans la région de la Cordillère, au nord de la République, des richesses minérales énormes,
- La région la plus accidentée traversée par le câble porteur entre 3ooo et 45oo m. d'ail. Les cercles représentent les stations 6 et 7.
- qui n'ont guère été mises à prolit jusqu'ici, par suite, comme le plus souvent, du manque de communications.
- Tout au voisinage du Chili, on rencontre notamment des gisements de cuivre, dont l’exploitation était d’autant plus à désirer que ce métal joue un rôle toujours plus important .dans l’industrie moderne. On a bien prolongé le réseau ferré argen-
- Le transport des matériaux pour la construction du câble dut se faire à dos de mules.
- avaient été exploitées certainement par les Incas, et qui font partie d’un district cuprifère dont l’étendue serait de 400 kilomètres carrés. Mais, même à l’époque actuelle, on ne pouvait arriver à descendre annuellement de ces mines plus de 4000 tonnes de minerai, et à dos de mules, par des sentiers terriblement difficiles. Les mines de Famatina sont situées au sommet de la chaîne de la Cordillère au pied de laquelle sc trouve Chilecito ; la distance à vol d’oiseau est assez faible, 55 kilomètres; mais la différence de niveau est de 5600 mètres. Et c’est précisément cette dénivellation -sur une si courte distance qui constituait la difficulté des communications à établir. Le sentier reliant les mines à Chilecito avait un développement de près de l!20 kilomètres;, et il fallait au moins trois jours pour le parcourir, au milieu de dangers de toute espèce ; aussi ne s’éton-nera-t-on pas de savoir que le transport d’une tonne de minerai ressortait à plus de 60 francs. Dans ces conditions, on ne pouvait monter aux mines de quoi boiser les galeries, et l’on exploitait dans des conditions déplorables à tous égards.
- L’établissement d’un câble porteur est venu révolutionner ces conditions d’exploitation; mais devant la distance et la différence de niveau à Iran* chir, on comprend à quelles difficultés de construction se sont heurtés les constructeurs.
- itin jusqu’à Chilecito, entre La Rioja et San Juan;
- ; mais Chilecito est seulement à un millier de mètres au-dessus du niveau de la mer, et c’est au cœur de Ta montagne qu’il-faut- aller-chercher les minerais, à une altitude de 4600 mètres! Aussi bien, l’établissement d’une voie ferrée dans ces parages mon-
- Nos lecteurs connaissent le principe général du fonctionnement des câbles porteurs : ici, on a adopté un câble iixe servant de voie de roulement aux galets auxquels sont suspendus les wagonnets, et le déplacement de ces derniers est assuré par un second câble constamment en mouvement. Les wagonnets
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- Montage d'un pylône avec transport des câbles par une colonne de porteurs.
- se suivent à 112 mètres de distance, en marchant à une allure de 2,5 m. à la seconde; chacun a une capacité de 500 kilos. En réalité, il n’y a pas qu’un câble moteur unique. Én effet, pour répondre aux variations de tension résultant notamment des inclinaisons variables de la ligne aérienne, on a divisé l’ensemble du parcours en 8 sections différentes, chaque section étant pourvue de son câble de traction propre. Le câble de roulement, lui, est continu. Les wagonnets passent donc par des stations intermédiaires têtes de ligne; à chacune, ils sont détachés du câble de traction précédent, et attelés au suivant. Nous pourrions ajouter que les difficultés ont été augmentées encore du lait que, en haut, le thermomètre ne monte jamais au-dessus du zéro, tandis qu’en bas on se trouve sous un véritable climat tropical.
- La ligne aérienne (qui est naturellement double, avec brin de retour) commence à la station de déchargement du minerai, sur le chemin de fer, près
- de Chilecito; une première section de 9 kilomètres amène les wagonnets au pied de la montagne, en ligne directe, comme à peu près tout le reste de la voie aérienne, à 404 mètres au-dessus de la gare de départ. La rampe commence maintenant à s’accentuer davantage, et, au point kilométrique 47,5, on atteint la troisième station, après que le chemin aérien a traversé la rivière Àmarillo par une travée de 465 mètres de portée. On est alors à une altitude de 2000 mètres à peu près, et l’établissement de cette station à liane de montagne a été particulièrement malaisé. L’inclinaison ne dépassait pas beaucoup 5 pour 100 encore; mais, pour arriver à la quatrième station et au kilomètre 20,5, la rampe moyenne atteint 18,5 pour 100. La section suivante a été une des plus difficiles, la ligne y traverse un tunnel de 150 mètres environ, qui a été creusé pour que les câbles n’eussent point à subir un changement de direction trop rapide; on y trouve,d’autre part, deux travées de 260 et 540 mètres pour franchir des gorges. Entre la station 5 et la suivante, on rencontre en un certain point une inclinaison qui est presque de 29 pour 100. De la station 6 à la sla-
- Uneportée de câble de 8oo mètres, au-dessus d’un précipice, en face de Los Bayos, près de Allada.
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- tion 7, les difficultés s’accumulent : il faut traverser le Rio Rodado par une travée de 670 mètres, et une travée de 575 mètres s’est imposée au point 26,5 km. À la fin de la section, au kilomètre 27,8, on est à une altitude de près de 4000 mètres, et l’on y est parvenu par des rampes qui s’élèvent à 50 pour 100 au moins dans la section même. On se trouve dans une région où la température moyenne d’hiver est de quelque 20° au-dessous du zéro. -La ligne franchit ensuite un porte-à-faux de 800 mètres ; au kilomètre 51, elle arrive station de Bayos, à 4600 mètres d’altitude; et, avant d’atteindre au point le plus haut du parcours, nous avons encore à franchir deux travées de 600 et 900 mètres respectivement.
- Tout est intéressant dans cette voie aérienne absolument exceptionnelle : aussi bien les procédés de fixation des câbles mêmes, leurs supports, la mise en marche des wagonnets, que le matériel de trans- , port. Les supports des câbles comme les charpentes des stations ont été construits en fer; du reste, tous les supports sont identiques, aux dimensions près; parfois ils ont seulement de 5 à 5 mètres, tandis
- Entre les stations 4 et 5, le câble passe sous un tunnel, dont cette photographie montre Ventrée.
- que parfois, au contraire, ils atteignent 50 et même 40 mètres de haut. Avant la station 2, il a fallu en établir qui, avec leurs fondations, représentent'
- une hauteur totale de 50 mètres. Les supports sont au nombre de 275. Toutes ces charpentes métalliques, de même que celles qui étaient nécessitées
- La station n° 3 à 25oo mètres d’altitude.
- par les stations, les dispositifs de tension, d’ancrage, avaient été pour ainsi dire entièrement montées en Europe avant d’arriver sur place.
- En dehors des ancrages principaux et des appareils de tension extrême, il a fallu souvent disposer des ancrages et des appareils tendeurs intermédiaires, par suite de la grande longueur des sections. Il y a là une foule de détails qui ont dû être étudiés minutieusement par les constructeurs, mais sur lesquels nous ne saurions insister. À la traversée des stations, et aussi dans le tunnel dont nous avons parlé, les câbles de roulement sont remplacés par des rails. Les wagonnets passent automatiquement au droit de tous les appareils de tension. Les câbles porteurs choisis ont une résistance à la rupture de 150 kilogrammes par millimètre carré; ils ont 52 millimètres de diamètre, du moins pour le câble servant à la descente des wagonnets chargés de minerai ; le câble de retour, où circulent le plus souvent des wagonnets vides, a pu être fait de diamètre réduit. On a posé du câble renforcé pour des travées particulièrement exposées aux efforts. Pour le câble de traction, on s’est contenté jusqu’ici d’un câble d’acier de 18 millimètres. Il porte sur des rouleaux dont les gorges en fer forgé peuvent être remplacées isolément.
- Les wagonnets à minerai sont en acier et ont une capacité de 0,5 m. cube. On possède aussi des réservoirs à eau à fermeture hermétique, et d’une contenance d’un demi-mètre, qui permettent d’apporter l’eau aux mines mêmes, où elle fait complètement défaut. On a combiné d’autres dispositifs pour le transport des bois de mines, des charpentes métalliques dont on peut avoir besoin.
- Enfin il existe un wagon à voyageurs offrant
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- A places assises, et aussi des coifres pour les plis et paquets de la poste. On dispose egalement d’un wagon à huiler les câbles : il comporte une petite pompe à huile commandée par le mouvement même des roues du véhicule. Une ligne téléphonique a été posée parallèlement au chemin aérien, et les ouvriers chargés de l'entretien ont la possibilité, en s’v raccordant sur une multitude.de points, de communiquer avec les gares. Nous aurions voulu montrer comment, avant tout, il fallut lever minutieusement le tracé à suivre: St°-
- rents points où devaient être posés les supports de ligne. À partir de la station 2, il a été impossible de recourir à aucun charroi pour apporter les matériaux ; on ne pouvait se servir que de chemins muletiers, et c’est pour cela qu’on n’avait
- St°p g
- St°-nô St°-na*
- Station 1
- <s?
- Profil en long el plan de la nouvelle ligne funiculaire.
- puis mettre en état les anciens chemins muletiers et établir une nouvelle roule d’où partaient des chemins secondaires, permettant d’atteindre les diffé-
- pas prévu de pièces de machinerie ou de charpente pesant plus de 150 kilogrammes unitairement. Dans des circonstances exceptionnelles, il fallut recourir à
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- RIVIERE SOUTERRAINE DE LABOUJCHE OU LA GRANGE
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- des équipes d’hommes, portant péniblement à bras les colis trop lourds. C’est à cette méthode que l’on a eu recours pour les câbles, que l’on apporta en sections de 200 à 500 mètres; comme quelques-uns de ces câbles pesaient jusqu’à 7 kilogrammes au mètre, on voit que c’étaient là de bien lourdes charges à transporter à pied d’œuvre. Des équipes de 60 à 100 hommes se formaient en colonne, et grimpaient péniblement par les sentiers, en portant les câbles sur leurs épaules. On comprend que cela était aussi lent que coûteux. Bien entendu, on utilisait chaque section, une fois terminée, pour monter le câble de la section suivante jusqu’à l’amorce de celle
- section. Mais néanmoins, que de fatigues et de dangers, pour hisser à pareil le altitude toutes ces pièces métalliques et mener à bonne fin cette œuvre de géants.
- La ligne peut assurer un transport de 40 tonnes de minerai à l’heure; en dépit de la pente considérable des sections supérieures surtout, on a considéré comme nécessaire d’actionner mécaniquement le câble d’entraînement, afin de régulariser le mouvement des wagonnets. Grâce à toute cette installation, on va pouvoir tirer parti, dans les meilleures conditions, des richesses minérales si importantes que contient le sous-sol des Andes dans cette partie du continent sud-américain. Daaufx Beixft.
- LA RIVIÈRE SOUTERRAINE DE LABOUICHE OU LA GRANGE (ARIÈGE)
- Le 16 septembre 1908, M. Fauveau, inspecteur adjoint des forêts à Foix (Àriège) conduisait (d’après les indications de M. le Dr Dunac, de Foix), l’un des collaborateurs de ma récente mission aux Pyrénées souterraines (juillet-août 1908), M.leD1' René Jeanne], à l’entrée d’une grotte dite Âigo-Perden où se perdait un ruisseau nommé le Fayal. Engagés dans le souterrain, ces deux messieurs le suivirent sur 200 à 250 met. environ, et, dès le 18 septembre, le D‘ Jean-nel m’avisait, qu’ils avaient atteint son confluent dans une autre rivière plus importante et que mes bateaux de toile seraient nécessaires pour continuer les recherches.
- Le 2 novembre 1908, avec MM,
- Fauveau, Jeannel et Rudaux, nous avons fait, dans cette rivière dite de Labouiche ou de la Grange, du nom des fermes les plus rapprochées, les constatations suh vantes :
- A 6 km au nord-ouest de Foix, entre Vernajoul et Bau-lou, un peu à l’est du hameau de la Grange et sous la ligne du chemin de fer de Saint-Girons, un petit ruisseau se perd, vers 405 mèt. d’altitude, dans une grotte assez large, à 40 mèt. en dessous de la voie ferrée et de la route de Foix au Mas-d’Azil. Pendant
- 240 mèt., on peut suivre sans peine une large galerie que le ruisselet (à 7° C.) n’occupe qu’en partie. Puis on arrive à une autre galerie remplie par une rivière plus importante, dont la première n’est qu’un affluent. Il y a donc là, comme à Planina (Carniole), à Douboca (Serbie), etc., un véritable confluent souterrain, très imposant, où l’on accède fort curieusement par une perte. Cette manière d’atteindre ainsi latéralement un important cours
- d’eau intérieur est très remarquable, quoique tout à fait conforme aux principes nouvellement connus de la circulation souterraine.
- La rivière principale est à 12°,8 C. en amont elàll°C. en aval du confluent. Cela indique, en cette saison, qu’elle vient d’assez loin, que sa partie aval est refroidie par l’affluent, beaucoup plus faible, et qu’une même grotte peut renfermer des eaux à diverses températures, comme je l’ai établi depuis longtemps.
- La portion aval de la rivière principale peut être suivie aisément à pied pendant 280 mèt. jusqu’à une voûte mouillante, qui fait siphonnement. La fluorescéine que nous avons jetée là est rapidement ressortie aux résurgences dites Aïgo Neichen (impéné-
- jFig. i. — Le sixième gour-, avec pendeloques de stalactites, qui tendent à obstruer la galerie.
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- trahies) d’un vallon sans nom, à 150 met. environ à l’est. Nous l’avons constaté nous-même. En amont du contluent, il nous a fallu employer un bateau de toile démontable pour remonter le courant sur 500 mèt. Sur les 100 premiers mètres,, nous ayons franchi cinq (jours ou barrages naturels de stalagmite et de roches; dans notre unique canot, Jeannel et Rudaux ont poussé 200 mèt. plus loin jusqu’au pied d’un sixième (fig. 1), au delà duquel la rivière se prolonge encore ; faute d’aides et de matériel, nous n’avons pu continuer la recherche pour cette fois. Le dernier bief reconnu à l’amont (entre les cinquième et sixième gours) mesure environ 200 mèt. sans obstacles : au bout, cependant, la voûte s’abaisse à 0 m. 00 au-dessus . de l’eau (exceptionnellement basse le 2 novembre 1908) ; ici (fig,"3)' un siphon doit s’amorcer, lors des grandes crues, ainsi que l’indiquent des traces d'écoulement et des dépôts divers sur les , parois du couloir et même Sur les belles stalactites qui pendent des voûtes. Ces grandes crues sont beaucoup plus rares que les petites, puisque, dans leurs intervalles, les concrétions de carbonate de chaux ont pu se déposer. Les très fidèles • dessins ci-contre de L. Rudaux montrent combien cette belle galerie est majestueuse dans: son ensemble et pittoresque dans - ses détails. Les traces du travail tourbillonnant des eaux y sont particulièrement remarquables. Malheureusement les crues en rendront sans doute l’aménagement touristique impossible. : .
- D’après la récente carte géologique de M. Léon Bertrand (1907) au 520 000e, celte circulation d’eau souterraine serait établie dans le Sénonien. Elle utilise des joints de stratification très fortement redressés sur l’horizon. . '
- La dimension des galeries varie, en largeur comme en hauteur, de 5 mèt. à 12 mèt. Les profondeurs d’eau atteignent à 5 mèt. Le D" Jeannel y a recueilli des animaux cavernicoles. Il y aura lieu d’étudier aussi les allu-vions, graviers et galets roulés de remplissage. A 120 mèt. du siphon d’aval, dans la partie accessible à pied, une coulée d’argile sur la rive gauche remonte haut vers des
- trous de la voûte, sièges d’anciennes infiltrations extérieures; nous y avons vu l’empreinte des pas d’un précédent visiteur.
- La résurgence de sortie était à 11° G., température des deux ruisseaux, réunis. Elle varie certainement avec les saisons et ne saurait être captée pour l’alimentation. Une fois de plus nous avons prouvé que celle fausse source n’est pas alimentée par une nappe d'eau, par le trop fameux grundwasser des Allemands.
- A la suite de celte première recherche, le D‘ Dunac entreprit la continuation de la visite à deux reprises, en novembre et décembre avec MM. R. Cassagne, Ferlus, lieutenant Rochette. Ils traînaient cette fois deux barques de
- pêcheurs, dont le halage fut toute une manœuvre. Une seconde voûte • basse est plus difficile encore que la première ; c’est un trou où la barque a juste en hauteur et en largeur la place pour passer, et des dents de rochers y accrochent tout, au risque du plus périlleux naufrage.
- Au delà du huitième gour, on pénètre dans une salle ornée de helles stalactites, et très élevée. En plusieurs places, on aperçoit des emprises de galeries supérieures, les unes inaccessibles sans échelles, les autres aboutissant à un ancien lit supérieur à sec. Pour continuer au fil de l’eau, l’expédition Dunac dut démolir à coups de hache une forte épaisseur de stalagmite, creusant ainsi une sorte de tunnel, où l’on passe à peine à plat ventre, mais qui permet de retrouver la rivière.
- Le Dr Dunac nous adressait d’ailleurs le 26 mars 1909 les détails complémentaires suivants :
- Dès son enfance il connaissait la rivière de la Bouiche (qui est le vrai nom) et était allé jusqu’au confluent souterrain. A la fin d’août 1908, avec ! ses deux fils, M. Le-guiller et le lieutenant Rochette du 59e d’infanterie, il avait atteint le siphon d’aval, et avait découvert (sans doute par la coulée d’argile où j’ai vu des pas le 2 septembre^ une galerie supérieure (ancien lit) exactement superposée (de 5 à 6 m.) au courant actuel; elle s’embranche près du confluent, dans la galerie d’accès du Fayal ; elle renfermait des ossements préhistoriques et
- Fig. 2. — Formes pointues dues au travail de l’eau courante. (Érosion et corrosion combinées). Point d’arrêt du 77 août içoç.
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- des poteries gallo-romaines. À l’expédition du 5 décembre participèrent MM. Dunac, et scs deux fils, Rochette, Lafitte, Gassagne, et Thibault, pêcheur. A l’extrémité du premier
- explorer. Les pluies d’hiver ont emporté les barques depuis le confluent jusqu’au siphon, où l’eau s’éleva de 2 mètres Le Dr Dunac évaluait à 1000 ou 1200 mè-
- lig. 3. — Première voûte basse [siphon désamorcé). On ne le franchit que couché dans le bateau.
- Fig. 4. — Cinquième gour, ou barrage de stalagmite (en partie brisé par les crues souterraines).
- sur un gour recouvert de 0 m. 20 d’eau. Après le rideau de stalagmite démoli, il faut remonter une très difficile cheminée de 6 à 7 m. et redescendre d’autant (tig. 5) pour voir se continuer la rivière dans une galerie qui restait à
- cette recherche dans le programme de la seconde mission aux Pyrénées souterraines que M. le Ministre de l’Agriculture a bien voulu me confier en 1909. Nous l’avons exécutée les 16 et 17 août avec MM. E. Fournier, E. Maréchal,
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- Lucien Rudaux, Dunac et ses fils, lieutenant Rochette, Dr Crémadel et le pêcheur Thibault, malheureusement dans des conditions moins favorables que je ne l’avais organisée. Je comptais adjoindre aux 2 bateaux de l’escouade Dunac nos trois canots démontables en toile, deux Ber-thon et un Osgood, seuls possibles à transporter au delà du tunnel sur le prolongement inconnu de la rivière. Par suite d’une erreur d’expédition, il y eut trois jours de retard dans l’arrivée du bateau Osgood. Lassés par 48 heures d’attente, et ne pouvant différer davantage, nous décidâmes d’opérer dans la partie à découvrir en mettant 2 passagers au lieu d’un dans chacun des canots Berthon. L’obligation où nous nous trouvions d’agir ainsi, faute de notre Osgood, faillit tourner au tragique. A la voûte basse des Dents le
- en cas d’accident, ils eurent la déception de laisser cette fois encore l’exploration inachevée, contraints au retour par les difficultés et dangers croissants du parcours.
- 11 résulte du plan, très sommaire, trop approximatif pour être publié ici, que nous avons dressé en commun, que le point atteint le 3 décembre 1908 est à 450 m. seulement, 500 m. tout au plus (et non 1000 à 1200) en amont du confluent, et que la portion connue de la rivière souterraine ne dépasse pas 1200 à 1300 m. de développement, non compris il est vrai les couloirs, presque aussi étendus, reconnus par le 1)‘ Dunac, de l’ancien lit supérieur à sec.
- Les températures ont confirmé les déductions tirées de celles de l’automne 1908; avec un renversement dû à la
- Fig. 5. — Descente de la cheminée au-dessus de la troisième voûte basse. Les bateaux, repliés, passent sous l’eau.
- 1er Berthon trop chargé chavira par 4 m. d’eau et MM. Fournier et Dunac ne se tirèrent pas sans peine, à la nage dans l’obscurité, de ce bain froid et forcé. Puis ce fut l’autre Berthon qui sur une pointe rocheuse, creva à la fois ses deux coques, coulant à pic sous le poids de Rüdaux et Maréchal, fort empêtrés de gagner le gour le plus voisin (tig. 2). Ce jour-là une multiple noyade fut frisée de près.
- Et il ne resta pour pousser à l’amont que le premier .Berthon remis à flot et une sorte de radeau démontable assez précaire appartenant au D' Crémadel : celui-ci donc, Rudaux et Maréchal purent seuls opérer un cran de marche supplémentaire dans la très périlleuse rivière souterraine, 270 m. plus loin seulement que le point terminus du Dr Dunac. Faute de canots, d’aides et de secours possible
- chaleur de l’été. Celle du Payai à son entrée dans la caverne était de 15°,6; la rivière en amont du confluent souterrain à J 3°,2 ; les deux eaux réunies à 14°. L’ancienne idée de la fixité de température des eaux souterraines est donc une légende évanouie. Même la différence de 0°, 7 de l’été à l’automne pour la rivière d’amont implique que celle-ci vient bien d’une certaine distance, mais cependant pas très considérable.
- Et en effet, le 16 août, nos recherches extérieures ont identifié, dans la direction de l’O.-N.-O. vers Bau-lou, une quantité d’entonnoirs et points d’absorption d’eaux, qui sont l’aliment certain de la rivière souterraine, jusque vers 2 km. à l’amont de l’Âïgo-Perden. Même une perte permanente de ruisseau a lieu le long de la voie ferrée de Foix à Saint-Girons, au hameau de Clarac;
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- elle paraît être l’une des principales origines du cours d’eau souterrain.-Au-kil.-8 75-9 de cette voie, deux trous, bouchés tant bien que mal, communiquent certainement avec les galeries supérieures de la rivière intérieure. Celle-ci, dans la partie reconnue, passe au moins deux fois sous le chemin de fer. Il y a là, pour la stabilité et la sécurité de la ligne, une situation sinon inquiétante, du moins digne d’une étude et de relevés plus approfondis que ceux qu’il nous a été permis de faire. L’épaisseur moyenne (40 m.) du terrain entre le courant et les rails ne serait suffisante pour éviter toute crainte d’affaissement futur que si le sous-sol interposé était bien compacte; or les galeries supérieures sèches, les bases de cheminées qu’on aperçoit aux voûtes de la caverne, l’élévation de certaines de ces voûtes, la perte et les deux trous constatés le long de la voie, attestent que ce sous-sol a été et est encore très miné par les eaux. La prudence exigerait
- qu’on entravât, par des travaux appropriés, la continuation des érosions souterraines actuelles. C’est là le côté pratique et réellement sérieux de la trouvaille faite à La-bouiche ; il montre combien le service de l’hydraulique agricole du Ministère de l’Agriculture a été bien inspiré en organisant depuis 1905, sur l’initiative de son directeur, M. Dabat, l’étude méthodique des eaux souterraines en France; et combien j’étais fondé moi-même, dès 1895, à énoncer au Congrès de l’A. F. A. S. à Besançon que, parmi les services d’ordre pratique à demander aux recherches souterraines, il fallait comprendre F « indication aux ingénieurs des cavités qui pourraient gêner la construction des ponts, canaux, routes, chemins de fer, etc., » et la « construction de soutènements, consolidation ou ablation de voûtes ou parois faibles, pour éviter les catastrophes dues aux glissements ou affaissements ». E.-A. Martel.
- LA STÉRILISATION DU JUS DE RAISIN FRAIS
- Le vin, quoi qu’on en ait dit, reste une boisson hygiénique. Les médecins l’ont réhabilité, après l’avoir quelque peu malmené. Aujourd’hui, c’est un concert de louanges quasi unanime. On vante, à juste titre, son alibilité, ses qualités thérapeutiques, même.
- Toutefois, l’alcool, bien qu’ayant une certaine valeur alimentaire, n’est pas indispensable à l’organisme, et le jus de raisin frais, qui n’en contient pas, passe pour être plus nutritif que le vin lui-même. Il renferme, en effet, des hydrates de carbone immédiatement assimilables; des matières azotées et, aussi, des sels organiques, qui concourent à l’accroissement des tissus ou aux fonctions de nutrition. Le jus de raisin frais est un « aliment d’épargne » qui, a-t-on dit, est six fois plus nourrissant que la bière allemande et trois fois plus que la bière anglaise. On a même assimilé le moût à une sorte de « lait végétal ». A ce dernier titre, la littérature médicale relate quelques cas où le produit en question a été, pour l’enfant, substitué avec succès au lait des nourrices. Rappelons un fait plus connu, les bons effets des « cures de raisin » chez les personnes qui souffrent d’affections gastrointestinales, de maladies du foie ou de l’appareil urinaire. Le jus de raisin fraïs^convient, d’ailleurs, comme boisson hygiénique, et par ces temps d’alcoolisme, on souhaiterait, avec plaisir\ le voir remplacer les apéritifs divers aux essences végétales toujours plus ou moins nocives.
- On a donc cherché à livrer toute l’année ce produit, à la fois boisson, aliment et agent thérapeutique. C’est là une industrie relativement récente
- appelée, peut-être, à un certain avenir, et susceptible de décharger le commerce des vins encore encombré. Elle consiste à stériliser le jus de raisin frais, à tuer en lui tout germe de fermentation, aussi bien les levures qui, d’ordinaire, transforment le sucre en alcool, dont la liqueur doit être exempte, que les champignons et les bactéries, susceptibles de décomposer les principes du moût. Mais l’agent stérilisateur ne doit, de son côté, altérer en rien les propriétés du liquide, ni introduire dans sa masse quelque produit étranger plus ou moins toxique, comme le serait, par exemple, un antiseptique.
- Sans entrer dans le détail des procédés qui ont été appliqués dans la pratique, ou simplement conseillés, nous parlerons d’une méthode que nous venons de voir utiliser dans une grande exploitation du midi, le mas de La Ville, près d’Arles.
- Le moût qui coule du foudre, où tombe la vendange foulée, est tout simplement pasteurisé dans un appareil spécial construit par la maison Gasquet, de Nîmes. Il est composé de 400 tubes d’étain répartis en quatre rangs tout autour d’un grand cylindre en tôle plein d’eau chauffée par des injec-teurs de vapeur, qui arrive tangentiellement, et maintient ainsi le liquide en mouvement. Une pompe électrique assure le débit de 100 hectolitres par
- Les deux pasleurisateurs à moût.
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- heure. La température de 65° ayant réduit à néant l’action des levures, on peut, alors, procéder au débourbage qui, sans cela, aurait nécessité des filtres encombrants et coûteux.
- Le moût chaud arrive donc dans des cuves de défécation, d’où on le soutire clair après 48 heures, environ, pour l’envoyer dans des cuves de garde préalablement stérilisées. Ce qui complique ici les opérations, et rend la préparation délicate, c’est qu’il ne suffit pas de tuer les germes de fermentation que contient le liquide, mais d’éviter que, dans les manipulations subséquentes, il ne se réensemence au contact des ustensiles, de l’air, etc.
- On sait que le froid aide le moût à se dépouiller et à se débarrasser, le cas échéant, de l’excès de tartre. On envoie donc, à l’aide d’une pompe centrifuge, une saumure à —15°, —20°, provenant d’une machine à glace, dans un serpentin en cuivre étamé installé dans la cuve. On conserve, ainsi, le
- Les cuves à réfrigération [à droite) et l’appareil à filtrer le moût (au fond du couloir).
- moût à une température voisine de 0° (•— 2° à— 5°). Une partie du tartre s’est déposée sur les parois et le degré d’acidité (en acide sulfurique) n’est plus que de 2 à 3 gr. par litre, pour une teneur primitive de 10 à 11 gr.
- On procède, alors, à la mise en bouteilles. Mais, au préalable, le liquide est clarifié par filtrage ou collage. Les flacons, d’abord stérilisés, sont remplis, avec ou sans carbonication, suivant que l’on veut, ou non, une boisson gazeuse. Après bouchage, on pasteurise de nouveau les bouteilles. On utilise, pour cela, des appareils combinés, véritables étuves à vapeur dans lesquelles les flacons sont chauffés progressivement, ou des dispositifs plus économiques basés sur le principe de la récupération de la chaleur, où des échangeurs de température permettent le réchauffage progressif, ce qui économise le combustible, et évite la casse. La série des manipulations se termine par le séjour — une quinzaine de
- jours — des llacons dans une chambre d'observation , où la température est maintenue entre 25° et 50°. Les sarments de la propriété sont utilisés dans un
- Appareil à pasteuriser les bouteilles pleines de moût.
- gazogène, après avoir été coupés en morceaux, pour donner les gaz qui, une fois purifiés, se rendent dans les moteurs à gaz pauvre, qui actionnent soit la machine à glace, soit les dynamos génératrices qui fournissent l’énergie et la lumière dans toute l’usine.
- Pour la préparation du jus de raisin frais stérilisé, il est recommandé de ne pas employer de cépages à goût foxé ni de moût trop sucré (170 à 200 gr. de sucre par litre). Dans le Sud-Est, on
- Gazogène utilisant les sarments de vigne pour la production gaz pauvre des moteurs.
- cite, particulièrement : le petit-bouschet, Yaramon, les muscats, cultivés en plaine plutôt qu’en coteau.
- Antonin Rolet.
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- CHRONIQUE
- site d’un centrage trop rigoureux qu’il serait presque
- L’accouplement des hélices et des turbines.
- — L’accouplement des hélices marines et des turbines à vapeur est un problème très délicat et qui n’est encore qu’imparfaitement résolu : la vitesse de rotation qui donne le rendement maximum pour une hélice est très inférieure à la vitesse de rotation des turbines usuelles, et l’on est forcé de multiplier dans les turbines marines les roues qui épuisent la force vive ou la pression de la vapeur sans néanmoins réussir à descendre à la bonne vitesse des hélices.
- Par conséquent le problème serait évidemment résolu si l’on renonçait à commander directement l’hélice par l’arbre de la turbine et que l’on intercalât entre les deux organes un dispositif réducteur de vitesse. La turbine de Laval classique possède bien ce dispositif. Mais comme la puissance de cet engin n’a guère dépassé jusqu’ici 000 chevaux, le mécanisme en question n’avait pas fait ses preuves pour les grandes puissances des machines marines.
- Des expériences de très grande envergure viennent d’être reprises aux Etats-Unis à ce sujet. Elles sont poursuivies sous les auspices de M. U. Westinghouse, par le vice-amiral Melville et M. Mac-Alpine. La turbine développe 6000 chevaux qui sont transmis à l’hélice par l’intermédiaire d’un engrenage hélicoïdal formé de deux pignons engrenant avec deux grandes roues dentées. Les contacts se font sur deux cercles, l’un do 0,55 m. de diamètre, l’autre de 1,75 m. ; le pignon porte 55 dents, la roue 176, le pas de la denture est de 51 mm. Les hélices, dextrogyres sur l’un des jeux de pignon et roue, sont sinistrogyres sur l’autre. Les pignons sont portés sur un axe doué d’une certaine liberté, afin d’éviter la néccs-
- nnpossible de réaliser.
- On dit que la force perdue dans la transmission ne dépasse pas 00 chevaux, soit 1/100 du total de la force transmise.
- Les expériences ne sont pas terminées et leurs résultats ne sont pas encore connus. S’ils sont favorables, ce sera une découverte du plus haut intérêt pour toute la navigation à vapeur.
- Les forces maritimes en 1910. — U Internationale Revue donne les chiffres suivants pour les forces des grandes marines au printemps prochain : Angleterre. 58 cuirassés : 000.500 tonnes; 58 croiseurs-cuirassés : 475.450 tonnes; total : 06 navires : 1.575.750 tonnes. —France. ‘28 cuirassés : 505.000 tonnes ; 25 croiseurs-cuirassés : 221.500 tonnes; total : 51 navires : 526.500 tonnes. — États-Unis. 20 cuirassés : 450.600 tonnes; 15 croiseurs-cuirassés : 204.500 tonnes; total : 44 navires : 644.100 tonnes. Allemagne. 28 cuirassés : 558.000 tonnes; 0 croiseurs-cuirassés : 04.800 tonnes; total : 57 navires : 455.700 tonnes. — Japon. 14 cuirassés : 204.410 tonnes; 14 croiseurs-cuirassés : 142.500 tonnes; total : 28 navires : 546.710 tonnes. — Italie. 14 cuirassés : 170.000 tonnes; 10 croiseurs-cuirassés : 70.780 tonnes; total : 24 navires : 240.700 tonnes. — Autriche-Hongrie. 10 cuirassés : 88.200 tonnes; 5 croiseurs-cuirassés : 10.000 tonnes; total : 15 navires : 107.200 tonnes. — Russie. 5 cuirassés : 71.400 tonnes; 6 croiseurs-cuirassés : 67.200 tonnes; total : 11 navires: 158.600 tonnes (non compris la Hotte de la mer
- Noire).
- FORMES DIVERSES DE LA LANGUE
- La langue, étant cachée dans la bouche, n’apparaît que rarement au dehors et ses diverses formes sont, en général, peu connues. Elles sont cependant assez variées et, comme on va le voir, intéressantes à connaître; certaines sont fort curieuses.
- Chez les singes, elle affecte à peu près la même forme que chez l’homme, c’est-à-dire qu’elle est molle et charnue, mais les papilles y sont moins nombreuses et les plus grosses ne sont pas disposées en forme de V, ce qui fait supposer qu’ils sont moins gourmands que nous.
- Chez certaines chauves-souris, les vampires et les glos-sophages, par exemple, la langue est longue et protrae-tile, amincie à l’extrémité et munie de papilles cornées, recourbées vers l’arrière : elle sert à râper la peau des animaux dont elles convoitent le sang et à y pratiquer une brèche permettant la succion du liquide sanguin; elles l’utilisent aussi à râper les fruits charnus et à transpercer le corps des insectes pour en déguster la chair molle.
- Les carnivores possèdent une langue couverte de papilles cornées, qui en font une brosse énergique, avec laquelle ils enlèvent les dernières particules de viande adhérentes aux os.
- La langue du fourmilier, est un long fil, gluant que l’animal fait sortir de sa bouche pour l’introduire dans les fourmilières, dont les fourmis se collent à elle, comme les oiseaux le sont avec la glu.
- Les baleines ont une langue énorme et charnue qui doit être un mets de choix, car, d’autres cétacés, les
- orques, n’hésitent pas, malgré sa grande taille, à l’attaquer pour s’en emparer. Ceux-ci se mettent souvent à plusieurs pour lui arracher la langue, et c’est alors une scène de carnage horrible à contempler.
- Les bœufs et les chevaux possèdent une langue relativement longue et flexible avec laquelle ils « nouent )) en quelque sorte les herbes pour les ramener dans leur bouche. La girafe fait de même pour les feuilles des arbres.
- La langue des oiseaux est bien moins « gustative » que celle des mammifères, car elle est presque toujours revêtue d’un étui corné qui empêche l’exercice du goût. Quand cet étui est pointu, ce qui est le cas général, il sert à transpercer les insectes dont beaucoup d’oiseaux font leur nourriture : le cas est bien connu chez les pics où, par un mécanisme particulier, elle peut être projetée fort loin du bec. Une langue charnue peut néanmoins se rencontrer chez les rapaces et surtout chez les perroquets : on sait que ces derniers s’en servent pour imiter la parole humaine d’une manière étonnante. La langue des oiseaux-mouches est fendue jusqu’à sa base et se termine en avant par deux petites lamelles membraneuses, den-, telées. Certaines espèces de passereaux capturent les fourmis à l’aide -d’une langue visqueuse, tout à fait à la manière des fourmiliers.
- La langue des tortues est charnue et fixée au plancher de la bouche : chez les tortues de terre et chez quelques tortues d’eau douce, elle est couverte de longues papilles.-
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- UN BAROMETRE ISOTHERMIQUE =-........:....- 351
- Les sauriens constituent un des groupes où la langue est le plus variable. Chez les caméléons, elle est vraiment extraordinaire : c’est un organe de préhension très efficace. A l’état de repos, dit le naturaliste Wagler, elle est ramenée dans la bouche ; projetée, elle peut être lancée à une distance de 15 et même 20 centimètres. Lorsqu’elle est contenue dans la bouche, cette langue forme une masse de chair blanchâtre, de consistance dure; elle est soutenue par un stylet osseux, qui est une dépendance de l’appareil hyoïdien et se termine, à son extrémité libre, en une sorte de tubercule évasé en entonnoir, recouvert d’une muqueuse plissée et constamment lubrifiée par une masse visqueuse qui résulte de l’excrétion de plusieurs glandes. 11 existe deux sortes de muscles : les uns sont disposés longitudinalement, les autres eireulairement; c’est par la contraction brusque, rapide, énergique de ces muscles que la langue glisse sur le stylet osseux entouré d’une membrane sans cesse humide et qu’elle est projetée en avant, absolument par le même mécanisme qui fait partir un noyau de cerise que l’on presse entre les doigts; le jeu des muscles puissants qui s’attachent sur l’appareil hyoïdien ramène la langue dans la bouche. Immobile toute la journée à la même place, le caméléon attend avec impatience la nourriture que le hasard viendra mettre à sa portée. La capture d’une proie n’impose pas elle-même un terme au repos tranquille du reptile. Avec la rapidité de l’éclair, la langue se déroule au delà de la bouche et saisit au loin l’insecte sur lequel elle est projetée. Cette puissante projection n’est pas en état d’é-
- branler le corps de l’animal ou de le faire tomber, quelque frêle que soit la brandie qui lui sert de support.
- Chez les varans, la langue est aussi très extensible et peut rentrer presque complètement dans un fourreau. L’extrémité, profondément divisée, est recouverte d’une lamelle dure, faisant l’office d’une sorte d’ongle.
- La langue des serpents est mince et bifide; elle peut être projetée au loin, même lorsque la bouche est fermée, parce que celle-ci présente une échancrure à l’extrémité du museau : le public l’appelle un « dard », mais elle ne pique pas et n’est nullement venimeuse, même chez les espèces dangereuses.
- Chez les batraciens, la langue manque chez le pipa et le dactylèlhre, mais se rencontre chez presque tous les autres, où elle est courte. Sa forme varie d’ailleurs d’un genre à l’autre et constitue, un bon caractère pour la classification : c’est ainsi qu’elle est entière chez les oxyglosses, en forme de cœur chez la plupart des rani-diés, en forme de champignon chez les boliloglosses, échancrée chez les grenouilles proprement dites. Chez ces dernières, elle est insérée en avant du palais et se trouve libre en arrière : en se renversant, elle est par suite projetée hors de la bouche.
- La plupart des poissons ont une langue charnue, soudée en partie au plancher de la bouche. 11 n’y a que chez les lamproies où elle sert d’appareil de succion ; c’est un véritable piston, garni de dents à l’extrémité.
- Henri Courix.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- La séance ayant été reculée, le compte rendu paraîtra dans le prochain numéro.
- UN BAROMÈTRE ISOTHERMIQUE
- Le baromètre imaginé par M. de Montrichard, se présente sous une forme originale, pour ne pas dire paradoxale. Car il présente tous les caractères apparents d’un thermomètre classique : thermomètre à air ou thermomètre à liquide, et aucun de ceux d’un baromètre.
- Dans sa forme la plus sensible, représentée sur la ligure p. 552, il consiste, en effet, en un tube capillaire de 0 m. 50 de longueur à peine, plongeant dans un réservoir rempli d’air, ouvert à sa partie supérieure et renfermant un index mobile d’alcool coloré.
- Mais examinons l’appareil de plus près : le réservoir est constitué par la cavité intérieure d’un récipient de Dewar ; on sait en quoi consiste un vase de Dewar : c’est un vase en verre à double paroi. On a fait entre ces deux parois le vide absolu, et, dans ces conditions, aucun échange calorifique ne peut se faire à travers cet espace privé de matière, véritable fossé infranchissable à la chaleur. Pour parfaire cette inertie thermique, les parois extérieures du récipient sont argentées ; elles réfléchissent les radiations calorifiques qui pourraient les frapper et
- contribuent à renforcer encore l’obstacle offert par l’espace vide. L’air contenu à l’intérieur du vase de Dewar va donc se maintenir à une température parfaitement constante: il faut toutefois observer quelques précautions sur lesquelles nous reviendrons plus loin. Admettons pour l’instant celle constance de la température de l’air interne. Admettons aussi que le bouchon de caoutchouc, qui fixe le tube capillaire dans l’intérieur du vase de Dewar et ferme l’orifice de celui-ci, soit assez étanche pour empêcher tout échange gazeux entre le vase et l’atmosphère extérieure.
- Que va-t-il se passer? L’index liquide se trouve dans la position indiquée sur notre figure : une partie à l’intérieur du récipient de Dewar; l’autre partie, aussi faible que possible, émergeant à l’extérieur.
- S’il survient une variation de pression atmosphérique, elle va s’exercer uniquement à la partie supérieure de l’index liquide renfermé dans le tube capillaire; et celui-ci, pour maintenir Légalité de pression entre l’air extérieur et l’air intérieur, s’abaissera ou s’élèvera suivant que la pression atmosphérique deviendra plus forte ou diminuera.
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- UN BAROMETRE ISOTHERMIQUE
- La température ne peut millier sur ce baromètre, à condition cependant que ses variations ne soient pas trop considérables. En ellèt, un changement de température exercera son inlluence uniquement sur la portion de liquide émergeant à l’extérieur du récipient de l)ewar : portion dont la dilatation sera très faible et n’inlluera pas d’une façon sensible sur la position de l’index.
- Donc toute dénivellation correspondra à une variation de pression atmosphérique et par un calcul simple de physique élémentaire, on pourra en s déduire la valeur de cette pression.
- Le grand avantage de cet appareil est son extrême sensibilité, M. de Montri-ehard nous écrivait récemment : « 11 y a quelques jours, j’observais, à Mont-médy, d’extraordinaires oscillations de la pression atmosphérique, à tel point que je dis à mon entourage : il y a des vagues étranges dans l’atmosphère, ée ne m’étonnerais pas d’apprendre demain qu’il y a en ce moment un tremblement de terre.
- Le lendemain on annonçait, en effet, la nouvelle du tremblement de terre de Provence. »
- Et, en effet, on conçoit que, si le volume du récipient de Dewar est assez grand, une légère variation de pression entraîne une variation de volume et par suite une dénivellation considérable de l’index liquide.
- La condition même du fonctionnement de l’appareil est que la température interne du vase de Dewar reste absolument constante. M. de Montrichard, pour la réaliser, enferme le réservoir de son baromètre dans un deuxième vase de Dewar, qui enveloppe complètement le premier, et évite, en grande partie au moins, les infiltrations calorifiques par le bouchon et le tube.
- Quels peuvent être les usages du baromètre isothermique : sa haute sensibilité semble le destiner surtout aux observations continues de la pression,
- Le baromètre isolhermique : de gauche à droite : Venveloppe intérieure, l’enveloppe extérieure, le tube capillaire, le baromètre monté, coupe de l’appareil.
- et dans ce cas, il est nécessaire de le transformer en appareil enregistreur. Ceci pourrait se réaliser aisément en photographiant l’index sur une membrane sensible se déplaçant par un mouvement d’horlogerie devant le tube.
- Un autre avantage de ce baromètre est d’être fort simple, peu coûteux, et peu encombrant, en comparaison des appareils à mercure. 11 se prêterait donc bien aussi aux mesures de nivellement. On sait que la dilïérence de pression barométrique entre
- deux points permet d’en déduire leur dilïérence d’altitude.
- Une objection cependant : . la constance de la température intérieure, malgré • toutes ."les précautions, ne peut jamais être absolue. L’index liquide suf-iit à charrier les calories de l’intérieur à l’extérieur ou réciproquement. 11 ne faut donc jamais compter sur une très haute précision dans les valeurs absolues de la pression données par l’instrument. Mais, si l’on se borne à des opérât ion s comparatives, ne portant pas sur un intervalle de temps trop long, ses indications gardent tout leur intérêt.
- On devra donc éviter, au cours des opérations, les changements de milieu; si l’on fait du nivellement, il faudra laisser l’appareil équilibrer sa température avec celle de l’extérieur, ne pas faire des observations a un moment de la journée où peut survenir un brusque changement de. température. Il est vrai, dans ce dernier cas, qu’on peut, qu’on doit toujours emporter un thermomètre, qui permet de faire subir aux lectures la correction nécessaire.
- On le voit, l’idée du baromètre isothermique est simple et ingénieuse, elle peut comporter de fort utiles applications.. A. Troller.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. — N° 1902. ===:~^-===z=:-=M^====^^=z 6 NOVEMBRE 1909.
- TURBINE A VAPEUR RÉVERSIBLE
- Tous les lecteurs de La Nature savent quelle place importante la turbine à vapeur a prise dans l’industrie moderne. La lutte est engagée aujourd’hui entre l’élégante machine rotative, simple et peu encombrante, et l’antique machiné à piston, aux organes complexes et délicats ; et sur bien des points, c’est la première qui triomphe.
- La turbine, malgré ses succès, a des inconvénients : l’un d’eux est assez grave, dans bien des applications; la turbine ne peut tourner que dans un sens, la marche arrière lui est interdite. C’est ainsi que sur les navires à vapeur mus par turbines, il a fallu placer des turbines spéciales pour la marche arrière.
- On comprendra donc l’intérêt du perfectionnement que vient d’imaginer M. G. de Laval, l’inventeur suédois bien connu (jui construisit la première en date de toutes les turbines à vapeur.
- M. de Laval a construit un dispositif qui assure 1 a réversibilité des turbines et que nous allons décrire. Nous devons dire de suite que ce dispositif ne s’applique qu’aux turbines du type dit de Laval. Cette restriction appelle quelques explications.
- Les turbines à vapeur se partagent en deux grandes catégories : celles où la vapeur agit sur la roue motrice, ou plutôt sur une série de roues motrices juxtaposées en se détendant d’abord dans le distributeur, puis, dans les aubes dont les roues sont garnies; c’est la catégorie des turbines à réaction; la turbine Parsons est la plus répandue des machines de ce genre. La deuxième catégorie comprend les turbines dites à impulsion où la vapeur agit par sa vitesse sur les roues; la vapeur détendue, avant d’arriver à la roue motrice, prend une vitesse considérable qui se communique partiellement au disque mis en mouvement; la vapeur forme, en somme, avec le disque à aubes, un engrenage réducteur de vitesse. La turbine de Laval appartient à ce type ; elle ne comprend qu’un seul disque de dimensions relativement très faibles et tournant à très grande vitesse. Le disque d’une turbine de 50 chevaux n’a que 30 cm. de diamètre et tourne à
- 37e année. — 20 semestre.
- 16 -400 tours à la minute. La vapeur est projetée sur les aubes parallèlement à l’axe de la machine par des tuyères débouchant à la périphérie de la roue. Pour réduire la grande vitesse de rotation des turbines de Laval, M. Rateau a eu l’idée de disposer, comme dans les turbines Parsons, une série de disques calés sur le même arbre sur lesquels la vapeur projetée, au moyen de distributeurs, également en forme de disques centrés sur l’axe, épuise progressivement sa vitesse.
- Ceci dit, voyons en quoi consiste le procédé de réversibilité de M. de Laval. 11 est fort simple : la forme classique des aubes d’une turbine de Laval ordinaire est celle d’une portion de surface cylindrique offrant sa concavité au jet de vapeur. Dans la
- turbine réversible, l’aube a la forme de deux surfaces cylindriques dans le prolongement l’une de l’autre, mais tournant, l’une, sa concavité dans un sens, l’autre dans le sens opposé. La roue présente donc, comme le montre notre figure, deux couronnes d’aubes. Il y a également deux jeux de tuyères distributrices ! de vapeur, tournées les unes dans un sens, les autres dans le sens contraire et correspondant les premières à la couronne d’aubes inférieures, les secondes à la couronne supérieure. Une vanne de construction spéciale permet de diriger, à volonté, la vapeur dans l’un ou l’autre des jeux de distributeur, et par suite, de renverser aisément le sens de rotation de la turbine.
- On comprend qu’un tel dispositif ne serait nullement applicable aux turbines à roues multiples de Parsons ou de Rateau et ne s’adapte qu’aux turbines à roue unique de Laval.
- Les avantages des turbines réversibles s’aperçoivent de suite : c’est la simplification de la machinerie et des manœuvres dans les navires à turbine, c’est l’adaptation de la turbine aux engins de levage : grues, treuils, etc. 1
- Une objection peut se poser ici cependant : la turbine est un petit bijou de mécanique qui a trouvé de nombreux emplois pour la constitution de groupes électrogènes peu encombrants ; mais ses applications
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- Une turbine réversible de Laval de 5 chevaux-vapeur. Le cadre ouvert montre les distributeurs, le disque et sa double couronne d'aubes.
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- 354 = UN SERVICE DE FERRY-BOAT SUR UN LAC ITALIEN
- semblent s’ètre limitées là et à quelques cas de production de force motrice. On n’a jamais construit d’unités supérieures à 600 chevaux, chiffre faible pour des unités de force motrice à bord d’un bâtiment puissant. C’est que la turbine de Laval, tournant aux énormes vitesses que nous avons indiquées plus haut, ne peut actionner directement les arbres d’un navire ou d’une usine, qui ne pourraient se plier à une telle allure; la machine comporte donc un engrenage réducteur de vitesse, fort ingénieux et du reste classique; jusqu’en ces derniers
- temps, l’on répugnait à transmettre des forces considérables par engrenages. Aujourd’hui les progrès de la construction mécanique ont fait disparaître les scrupules. La Nature a même cité récemment l’exemple des expériences faites aux États-Unis par l’amiral Melville pour transmettre, au moyen d’un engrenage réducteur, la puissance d’une turbine de 6000 chevaux à l’hélice d’un bâtiment.
- La nouvelle invention de M. de Laval paraît donc avoir devant elle un champ d’action d’une large
- A. Tkollkk.
- envergure.
- UN SERVICE DE FERRY=BOAT SUR UN LAC ITALIEN
- Ceux qui ont voyagé dans l’Italie du Nord, savent quel trafic considérable de voyageurs il se fait sur les immenses et nombreux lacs qui parsèment cette région. Tous sont sillonnés de bateaux à vapeur aux départs presque continuels ; le trafic des marchandises n’y est pas moins important. Et sur les points de transbordement, le plus souvent les installations sont fort primitives, les opérations lentes et coûteuses. Aussi a-t-on songé à éviter tous les transbordements en recourant aux ferry-boats.
- galion qui a créé les installations du lac d’iseo; mais bien une grande usine métallurgique, qui a besoin de se mettre en relations faciles, rapides et peu coûteuses, avec une station de chemin de fer. Nous voulons parler des hauts fourneaux, aciéries, fonderies, etc., G. Andrea Gregorini, qui se trouvent à Lovere, à l’extrémité nord du lac, et par suite dans l’impossibilité d’expédier leurs produits directement par voie de fer. Cette Société a trouvé le remède à la situation en établissant le service de ferry-
- La gravure que nous donnons montre bien quels bateaux porteurs il est possible d’employer sans aucun danger. On a choisi, du moins pour le lac d’iseo sur lequel le service fonctionne déjà, des chalands plats en fer, pouvant porter 4 wagons à marchandises, et dont le prix est d’environ 25.000 lire ; il faut naturellement, pour que les véhicules y puissent avoir accès, une passerelle d’em-barqucment et d’approche, dont le coût ne dépasse pas 20.000 lire. Un petit vapeur de 50 chevaux remorque les convois composés de 2 chalands.
- A la vérité, ce n’est point une Compagnie de navi-
- boals en question, entre Lovere et Paralico, soit sur 26 kilomètres.
- Le lac d’iseo est soumis à des variations de niveau qui peuvent atteindre 1 m. 50, mais ces dénivellations se manifestent graduellement et sur une très longue période. Un dispositif très simple permet d’en tenir compte pour le raccordement de la voie de terre et le rail du ferry. Les chalands employés ont 25 mètres de long, et une portée maxima de 200 tonnes.
- Voici déjà plusieurs mois que ces ferry-boats fonctionnent et donnent pleine satisfaction. Daniel Bellet.
- LE DRAGAGE DE L’OR
- La production d’or d’alluvion de la Guyane française est déjà considérable. La découverte date de 1852; elle a été attribuée à un réfugié brésilien, nommé Paulino, et l’or produit de 1852 à 1866 passa sans doute au Brésil, car il ne fut pas officiellement enregistré. De 1866 à 1908 inclusivement, la production officielle est de 89,700 kg valant, à o francs le gr., 269 millions. Mais, si l’on tient compte de l’or passé en contrebande, par le Brésil, etc., où la taxe est de 5 pour 100 au lieu de 8 pour 100 en Guyane française, on peut arriver à 500 millions. Le Carsewène, par exemple, qui, de l’avis de ses exploitants, a produit entre 80 et 100 millions à lui
- EN GUYANE FRANÇAISE
- seul, entre 1894 et 1900, n’a passé officiellement à Cayenne que 21 à 22 millions. L’Inini, sur la frontière hollandaise, a écoulé plus de la moitié de son or en Hollande. Enfin beaucoup de mineurs, qui sont des Antilles anglaises, transportent chez eux leur poudre d’or.
- Tout cet or a été produit au petit sluice guyanais (fig. 5), appareil formé, comme on le sait, d’une conduite en bois où l’on fait descendre le cornet entraînant les sables aurifères : système par conséquent simple et aisément adapté aux conditions du sol. Seulement on est arrivé ainsi à épuiser à peu près les petites rivières ou criques (fig. 4), où l’on n’est gêné,
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- LE DRAGAGE DE L’OR EN GUYANE FRANÇAISE
- ni par l’excès d’eau, ni par la trop forte épaisseur de
- déblai stérile surmontant la couche aurifère, et qu’il faut enlever; celle-ci atteint souvent 2 et 5 mètres, tandis que l’alluvion aurifère n’a que 30 à 40 cm. On est parvenu à exploiter avec profit des alluvions tenant 3 à 4 gr. d’or au mètre cube, déblai stérile compris, ce qui semblera encore une teneur très élevée; mais, en Guyane, les conditions sont mauvaises, les approvisionnements très coûteux, et Fallu vion est très argileuse et collante, ce qui nécessite un débourbage à la main.
- On a donc été amené à chercher des moyens mécaniques plus puissants que le sluice, et, notamment, à essayer l’emploi des dragues qui avait admirablement réussi en Nouvelle-Zélande, lesquels ailleurs ont été d’une application beaucoup plus difficile. Notre article a pour but d’exposer, d’après une visite laite sur place, les résultats obtenus jusqu’ici dans cet ordre d’idées. À la fin de 1909, la Guyane française va ainsi avoir cinq dragues en fonctionnement, dont on n’a pas adopté le système sans de nombreux tâtonnements.
- Tout le monde sait ce que c’est que la drague à godets. Elle se compose d’une coque en fer et d’une chaîne à godets, montée sur une poutre tubulaire en fer, qui peut prendre diverses inclinaisons. Cette chaîne est mise en mouvement par un moteur à va* peur ou électrique. Les godets déversent l’alluvion dans des appareils de débourbage, trommels ou tables ; puis le lavage s’opère dans des sluices ordinaires, munis de rifles ou de casiers pour retenir l’or. Une longueur totale de 5 à 6 mètres suffit pour ces sluices. Le déblai stérile est renvoyé à l’arrière de la drague, soit par les sluices, soit par un élévateur.
- La drague avance au moyen de câbles tendus sur des treuils à vapeur. Le chef dragueur a sous la main la commande d’inclinaison de l’élinde, celle de la chaîne à godets, et celles des câbles d’avancement et de va-et-vient suivant la largeur de la couche à draguer. C’est un travail très astreignant.
- La capacité d’une drague est très variable, depuis 200 m5 en 24 heures jusqu’à 4000 m3; mais il n’existe dans le monde que deux dragues géantes de ce dernier type, en Californie et au Montana (États-Unis). On peut estimer le prix d’une drague capable de passer 800 m3 par 24 heures à 160, à
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- 200 000 francs aux ateliers, si la coque est en fer.
- Le pays classique du dragage est la Nouvelle-Zélande; il a eu là des succès retentissants; néanmoins ce pays dépassa aussi la mesure. Car il y eut en 1902 plus de 300 compagnies de dragage, avec un capital total de plus de 80 millions de francs, et pourtant, fin 1906,1e total des dividendes distribués par les 68 Compagnies principales, n’était que de 13 250 000 francs. Le succès, en définitive, je veux dire la production de plusieurs millions, est rare, comme partout. Le dragage en Nouvelle-Zélande a réussi surtout avec des particuliers et un petit capital.
- Voyons maintenant les difficultés spéciales du dragage en Guyane française.
- C’est d’abord l’énorme forêt tropicale (fig. 2,3,4) qu’il faut abattre et brûler sur les deux berges de la rivière à draguer : celle-ci n’a guère que 8 à 10 m. de largeur, tandis que le dragage doit s’opérer sur
- 30 à 40 m. à travers le marécage qui est aurifère. L’abatage de la forêt est assez facile, car les racines des arbres s’étalent sur le sol, ou s’enfoncent très peu, de sorte que la chute d’un arbre, en entraîne d’autres. Mais la combustion de ces bois humides et très durs demande beaucoup de temps.
- Une autre difficulté, ce sont les troncs d’arbres morts, enchevêtrés avec leurs branches dans les terres, dans le sable et l’argile à laver. Il faut une drague assez puissante pour les arracher et il faut la manier avec dextérité.
- Je ne parle pas de la couche stérile qu’il faut draguer et qui est 7 à 8 fois plus puissante que la couche aurifère; quant aux blocs ou boulders, ils sont rares dans la région moyenne; mais, dans la zone de l’intérieur où les criques sont étroites et resserrées, ces blocs empêcheraient tout à fait le dragage.
- Il existe, même dans la couche aurifère, des parties argileuses collantes, formant ces pelotes que, dans le petit sluice guayanais, les femmes ont pour x’ôle de désintégrer à la main, afin de mettre l’or en liberté. Dans le dragage, il faut employer des hommes munis de pelles, ou avoir un débourbeur automatique.
- Ces argiles et ces vases, entremêlés de troncs et de branches d’arbres en décomposition, provenant
- Fig. i. — Une drague aurifère vue arrière.
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- LE DRAGAGE DE L’OR EN GUYANE FRANÇAISE
- parfois de bois spécialement nauséabonds, exilaient d’affreuses odeurs, engendrent la fièvre, et il faut un personnel spécial pour résister au climat déjà anémiant et fiévreux.
- Une difficulté très grande est celle de la main-
- accidents et leurs réparations sont un sérieux écueil dans le dragage, car ils peuvent arrêter toute production pendant des semaines, tandis que les dépenses courent : du placer Elysée, par exemple, jusqu’à Cayenne, il faut plus d’un mois pour aller et revenir.
- L’élément capital du succès d’une drague est une prospection bien faite. Celte opération est heureusement assez facile à faire en Guyane. On arrive à un résultat à peu près sûr en creusant des fouilles de 4 à 5 m. de côté sur les berges, jusqu’à la couche (lîg. 2) ; puis, dans celle-ci, on fait pénétrer un châssis en bois de 2 m. carrés pour maintenir les parois par des planches, pendant qu’on extrait de l’intérieur toute la couche aurifère. Celle-ci est lavée au sluice et tout l’or est extrait et pesé. Une des photographies (lîg. 2) représente une fouille
- Fig. 2. — Fouille de prospection.
- d'œuvre : le créole ou le nègre est novice et maladroit pour tout ce qui touche à l’industrie ; il est de plus paresseux. On a essayé de faire venir des Italiens à la mine
- Fig. 4. — Sinuosités d'une crique aurifère.
- d’Adieu-Vat, la seule en Guyane où l’on exploite un lilon. Ce fut un échec : les Italiens, mal nourris, furent décimés par le climat, les derniers sont repartis.
- Enfin il faut mentionner les difficultés de transports : la Guyane n’a pas de route, il faut tout porter en canot, à travers des sauts et des rapides. Les
- Fig. 3. — Cartels d'ouvriers, dans un placer.
- de prospection, tandis que l’eau en est extraite par une pompe.
- C’est au placer Élysée qu’ont été faites les expériences les plus complètes du dragage en Guyane, sur la rivière Lézard. D’autres tentatives ont été faites sur le Courcibo et le Sparwyn, et la crique Roche a été sérieusement prospectée : chacune de ces rivières possède une dragüe en construction.
- Il y a d’autres rivières tout aussi riches qui attendent d’être mises en valeur. Les résultats déjà obtenus sont les suivants :
- 1° Il n’y a pas plus de difficultés à extraire les bois enfouis sous l’alluvion, qu’à en retirer de gros blocs de roche ; c’est une affaire d’habitude ;
- 2° Le débourbage se fait par des jets d’eau dans
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- l’intérieur du trommel de la drague, ou surtout, quand il s'agit de glaises compactes adhérant aux godets, par des pioches que tiennent des ouvriers. On étudie un débourbeur automatique ;
- 5° On peut former des équipes de Guyanais capables de conduire une drague. Ce résultat est très important; car, depuis cinquante ans qu’on connaît l’or en Guyane, celte difficulté de la main-d’œuvre a paralysé toute entreprise industrielle. Il faut cependant la surveillance des blancs.
- Les dragues en Guyane viennent à une époque de transition : époques difficiles, où l’on perd les avantages des vieux procédés éprouvés, pour subir les désavantages d’appareils neufs qu’il faut bien adapter à des conditions nouvelles pour eux, car les alluvions de Guyane ne sont pas du tout identiques à celles de Californie ou d’autres pays. Comme partout d’ailleurs, elles sont irrégulières.
- Les criques guyanaises sont très sinueuses, elles font de nombreuses boucles. Il semble qu’on devrait, comme on en eut en Californie des exemples fameux, trouver des enrichissements importants dans certaines boucles. Cela ne paraît pas être, à cause sans doute de la lenteur du courant, et de l’origine plutôt récente des boucles actuelles. La ligne riche coupe parfois les boucles en passant sous le déblai stérile. De la sorte, le dragage devrait suivre la ligne de
- n’a donné qu’exceptionnellement des teneurs plus élevées, mais pour cause de prospections insuffisantes. Quant à son prix de revient, il est encore très élevé, et, d’après les expériences récentes, il est difficile encore de l’abaisser au-dessous de 1 fr. 80
- Fig. 6. — Marécage et drague, « placer » ELysce.
- plus courte distance, mais ceci n’est point absolu.
- La teneur des alluvions aurifères est naturellement très 'variable, mais sur des longueurs de 1 à 2 km, on a pu obtenir des teneurs moyennes de 5 à 4 francs par mètre cube, déblai stérile compris, sur 30 à-40 m. de largeur. Le dragage lui-même
- Fig. 5. — Installation d'un sluice guyanais.
- à 2 fr. par mètre cube, amortissement compris.
- Les enrichissements des grandes criques sont dus le plus souvent aux criques tributaires, mais quelquefois aussi à des veines quartzeuses traversant la formation dioritique sous la crique. Mais ces veines sont très minces et n’ont jamais, ou à peu près, donné lieu à une exploitation quelconque. On ne peut citer qu’un filon à Élysée, avec des alignements quartzeux dans une petite colline. AS. Elie et en divers autres placers, on a exploité en carrière des quartz éparpillés, sans avoir affaire à une formation filonienne. À Adieu-Yat seulement, on a pu exploiter un filon étroit assez régulier jusqu’à 115 m. de profondeur, et dont la teneur et la composition ont rapidement changé. Presque tout le sol guyanais est recouvert d’un épais manteau de terres rouges, provenant de la décomposition de roches plus ou moins ferrugineuses, et de nature éruptive ou cristalline, en tout cas très anciennes. Ces ferres rouges atteignent 50 et 60 m. de profondeur, de sorte que les filons ont été séparés de la roche, et leurs débris éparpillés. Peut-être même n’y avait-il pas de véritables filons de fracture, mais seulement des fissures de refroidissement que le quartz a ensuite comblées. En tout cas, les alluvions souvent très riches ont été une large compensation à l’absence de filons, et continueront probablement à l’être par le dragage rationnellement appliqué.
- Albert Bordeaux.
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- LA SYMBIOSE DES LICHENS
- Les lecteurs qui ont suivi jusqu’ici nos esquisses biologiques auront étudié avec nous quelques-uns des rapports que les êtres organisés entretiennent entre eux : la fécondation des végétaux liée parfois à la présence de certains insectes, quelquefois même de certains oiseaux; les organes de végétation de certains arbres protégés par des garnisons de fourmis défensives auxquelles ils dirent, de leur côté, des aliments ; les poissons pouvant contribuer à la dispersion des graines des plantes aquatiques, en échange de la nourriture et des retraites que celles-ci leur ménagent.
- Ces rapports entre des êtres appartenant à des classes très différentes, dans l’ordre de la nature, tel que nous le comprenons, rentrent dans les phénomènes de symbiose1. Ils ont manifestement, pour objet la satisfaction réciproque de nécessités biologiques, de sorte que chacun des coassociés trouve, dans cette alliance, son avantage propre.
- Nous voudrions pousser plus loin ce genre d’études en montrant un degré de symbiose encore plus complet, dans lequel deux classes de végétaux s’unissent assez intimement pour former des organismes d’aspect tellement différent qu’on les avait pris, jusqu’à ces dernières années, pour des êtres autonomes : nous voulons parler des Lichens.
- Tout le monde a remarqué ces sortes de croûtes qui revêtent souvent la surface des rochers, des pierres, des tortures, ou bien l’écorce des arbres de plaques diversement colorées, souvent grisâtres ou brunâtres, parfois d’un jaune intense. Ces expansions forment le Thalle des Lichens, formation ambiguë, d’aspect très varié, qui a donné son nom à un groupe tout entier : les Thallophytes, comprenant les Algues, les Champignons et les Lichens. Le thalle, qui constitue, dans ce groupe, le corps de la plante, ne possède que des caractères négatifs : on n’y reconnaît nettement ni tiges, ni feuilles, ni racines.
- Suivant la forme et les caractères du thalle, on a divisé les Lichens en quatre sections : les Lichens fruticuleux, les Lichens foliacés, les Lichens crustacés et les Lichens gélatineux. Avant d’entrer dans le vif de notre sujet, il nous faut faire connaissance avec quelques-uns des types de ces sections. Nous prendrons pour exemples les plus connus, à un titre quelconque.
- Les Lichens fruticuleux ne sont fixés à leur support, que par une base étroite ; ils sont ramifiés en branches cylindriques ou aplaties, imitant ainsi de petits arbustes, d’où leur nom.
- L’un des plus connus, dans cette section, est l’Usnée barbue (Usnea barbata Fries.), qui suspend ses longs rameaux flexibles (atteignant parfois 1 m.) aux branches des arbres, dans les forêts. Lorsque cette espèce s’attache à des sapins décharnés, que le
- 1 De Sùv = avec et |3ioç = vic.
- vent souffle et que la lune projette sur la scène ses rayons blafards, on croit voir des fantômes agitant leurs linceuls (fig. 1).
- La Roccelle goémon (Rocceila fuciformis Acha-rins), décore de ses tiges rubannées, d’un gris argenté, capricieusement ramifiées à la façon des Algues, les rochers des grandes grandes pointes maritimes de la Bretagne (fig. 2).
- La Cladonie des Rennes (Cladonia rangiferina Hoffmann), couvre la « tundra » des régions arctiques d’un tapis continu, qui constitue, pour les Rennes, un véritable pâturage d’hiver. Dans les Alpes de Norvège on fait, chaque été, une abondante récolte de ce lichen, pour le donner en nourriture aux vaches, pendant l’hiver (fig. 5).
- Le Lichen d’Islande (Cetraria islandica Acharins) croît dans l’Europe septentrionale et sur nos hautes montagnes (Vosges, Alpes, Pyrénées). Les habitants des contrées pauvres en font une farine alimentaire et la pharmacopée l’utilise comme analeptique et pectoral (fig. 4).
- Les Lichens foliacés, s’étalent à la surface de la terre, ou sur les mousses, les rochers, les troncs d’arbres; ils forment une plaque membraneuse, souvent ondulée, lobée, plissée, se détachant facilement du support.
- Chez la Stricte pulmonaire (Sticta pulmonacea Acharins), qui remplace le houblon, dans certains pays, pour la fabrication de la bière, le thalle foliacé atteint, parfois, jusqu’à 30 cm de diamètre (fig. 4).
- L’Ombilicaire à pustules (Umbilicaria pustulata Hoffmann) étend ses expansions noirâtres, à centre grisâtre, ombiliqué, sur les rochers schisteux ou granitiques. Nous l’avons vue abondante sur les menhirs de Carnac (Morbihan) (fig. 4).
- Les Lichens crustacés, se résument en une membrane adhérente à son support par la totalité de sa face inférieure.
- L’Orseille de terre des teinturiers (Lecanova Pareil a Acharins), est très répandu en Europe.
- La Lécanore comestible (Lecanora esculenta) est surtout commune dans l’hémisphère boréal. Recroquevillé en petits fragments, de la grosseur d’une noisette, ce Lichen est emporté par le vent à de grandes distances, puis retombe en une pluie dont l’homme se nourrit. La manne des Hébreux n’était sans doute pas autre chose.
- Nous dirons peu de chose des Lichens gélatineux sinon que leur nom suffit à les définir.
- Mais, pour bien faire comprendre le rôle de ces productions végétales nous devons exposer leur constitution.
- Le Thalle des Lichens est composé de deux sortes de tissus, très différents : l’un, formé de filaments cloisonnés et ramifiés, incolore, sans chlorophylle, a reçu le nom de hyphes (fig. 5), Fautre, vert, contenant de la chlorophylle, constitue les gonidies (fig. 5).
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- Jusque vers 1860, tous les botanistes considéraient les Lichens comme des productions autonomes formant la troisième classe des Thallophytes, à la suite des Algues et des Champignons. Cependant l’analogie des hyphes avec certains Champignons, celle des gonidies avec certaines Algues, avaient déjà, depuis Wallrolh (1825), frappé maints observateurs.
- En 1866, de Bary1 émit le premier l’hypothèse hardie du parasitisme pour expliquer les relations
- intimes qui unissent les Lichens gélatineux et certaines Algues. Toutefois, c’est à Schwendener2 qu’on doit, presque à la même date, la théorie délinitiv’e et aujourd’hui universellement admise scientifiquement de la Symbiose Hellénique. Cette théorie rencontra longtemps la plus vive hostilité, de la part des lichénologues les plus éminents.
- En 1875, M. Ed. Bornet5, dans une magistrale étude, apporta à la nouvelle école l’appoint d’expériences conduites Avec la méthode la plus sûre, nonobstant leur extrême difficulté. Par la méthode analytique il a pu déterminer un certain nombre d'espèces d'Algues auxquelles appartiennent les gonidies enveloppées par les hyphes. Ses recherches ont porté sur 60 genres pris dans presque toutes les tribus qui composent la classe des Lichens ; elles l’ont conduit aux conclusions suivantes : 1° Toute gonidie de Lichen peut être ramenée à une espèce d’Algue; 2° Les rapports de l’hyphe avec les gonidies sont de telle nature qu’ils excluent toute possibilité, qu’un
- Fig. 2. — Rochers maritimes avec Roccelle goémon (Roccella fuciformis : La pointe de Primel (Finistère).
- des organes soit produit par l’autre, et la théorie du parasitisme peut seule en donner une explication suffisante.
- M. Bornet a montré, de plus, que les gonidies ne prennent aucune part à la formation des organes reproducteurs ; ceux-ci naissent exclusivement de l’hyphe. A chaque espèce, à chaque genre de Lichen ne correspond pas une espèce d’Algue différente. Un assez petit nombre, au contraire, fournit les gonidies
- 1 A. de Bary. Handbuch der physiologïschen Botanik, etc. Leipzig, 1866, p. 291.
- 2 Schwendener. Ueber die vahre Natur der Flelchen in Yerhandlungcn der Schwciz. naturfors., etc., 1867.
- 3 Ed. Bornet. Recherches sur les Gonidies des Lichens. Ann. sc. nal., Ye série, t. XVII (1873).
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- d’une grande variété de Lichens. Les Algues qui entrent dans la composition des Lichens sont des plantes dont la vitalité est très tenace et qui croissent partout : Prolococcus, Nos toc, Scytonema, etc.
- D’un autre côté, en 1887, Alfred Müller1 a pu isoler le Champignon. D’après M. Van Tieghem1 2, ce Champignon est presque toujours un Ascomycète, parfois un Basidiomycète.
- Ainsi, par la méthode analytique, on est parvenu à séparer les deux êtres associés, isolant les goni-dies, qui peuvent continuer à se développer et à se reproduire, indépendamment du Lichen, et isolant aussi le Champignon (liyphes), qui se développe, sans Algue, lorsqu’on lui donne un milieu nutritif convenable.
- Enfin la théorie a reçu une confirmation, peut-être plus éclatante encore, grâce aux belles expé-
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- Paysage arctique,
- avec rennes broutant la Cladonie ou Lichen des Rennes (Cladonia rangiferina).
- riences de synthèse entreprises par M. G. Bonnier3, de 1882 à 1889. Il a, en effet, réussi à obtenir, par synthèse, en culture pure, k développement complet d’un grand nombre d’espèces de Lichens. Dans une première série de cultures, le semis du Lichen était fait en même temps qu’on y plaçait une petite quantité de l’Algue qui devait fournir les gonidies; l’association s’établissait, donnant lieu à un véritable thalle et l’observateur pouvait assister ainsi au développement simultané de l’Algue et 'de la spore du Lichen semé et à l’apparition graduelle du thalle de ce dernier. Dans une seconde série de cultures, les spores du Lichen étant semées sans Algues, germaient, mais le développement des hyphcs s’arrêtait toujours et le thalle ne pouvait se former. Après avoir reconnu la réalité de cette curieuse symbiose Hellénique, il nous reste à comprendre l’utilité d’une telle association pour chacun des associés et son influence sur le rôle des Lichens dans la nature.
- Tout d’abord, nous devons insister sur les différences qui séparent les deux associés quant à leur
- 1 Alfred Müller. Ueber die Cultur ftechtenbindelter Ascomyceten ohne Al (g en ; Munster, 1887.
- 2 Van Tieghem. Traité de Botanique, 2° édit. (1891), p. 1156.
- 3 G. Bonnier. Recherches sur la synthèse des Lichens, Ann. Se. nal., 7e série, t. IX (1889).
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- organisation physiologique. La principale eonsiste dans la présence ou l’absence de la chlorophylle. Nous savons que cette substance, qui forme la matière verte des plantes, possède la propriété de décomposer l’air atmosphérique, sous l’influence des rayons solaires : absorbant le carbone et dégageant l’oxygène. Or, les champignons sont dépourvus de chlorophylle tandis que les Algues en possèdent. 11 résulte de là que les premiers ne pouvant, comme les secondes, puiser leur nourriture dans l’air sont réduits à vivre sur des débris d’animaux ou de végétaux en décomposition [saprophytes) ou bien en
- véritables parasites, c’est-à-dire aux dépens d’animaux ou de végétaux vivants.
- Dans l’association d’une Algue et d’un Champignon, produisant un Lichen, le cas le plus fréquent est celui dans lequel la masse du thalle est formée par le tissu compact des hyphes du champignon, tissu.au sein duquel sont englobées les cellules vertes ou gonidics des Algues (fig. 5). Dans ce contact intime, les deux thalles agissent l’un sur l’autre. Il y a nutrition réciproque et c’est ici que le phénomène de symbiose apparaît dans toute sa rigueur. « Le
- Champignon puise dans l’Algue une partie des principes hydrocarbonés que
- Fig. 4. — Plusieurs types de lichens. — De haut en bas : le lichen d’Islande (Cetraria islandica); la Sticte pulmonaire, remarquable par un thalle très développé (Sticta pulmonacea); /’Ombilicaire à pustules (Ombilicaria pustulata).
- celle-ci produit sous l’influence de la lumière et de la chlorophylle et que lui-même est impuissant à former; l’Algue prend au Champignon une partie des matières azotées et albuminoïdes qu’à l’aide de ces hydrates de carbone, il sait créer plus rapidement qu’elle1 ».
- Si nous ne tenions compte que de ces seuls phénomènes de nutrition, nous pourrions conclure que le bénéfice de l’association profite surtout au Champignon; mais il ne faut pas oublier que l’Algue trouve, de plus, dans son coassocié, une protection contre la sécheresse et autres intempéries atmosphériques, lui permettant de se maintenir pendant toute l’année sur des « substrata » aussi rebelles qu’un rocher, une pierre, une écorce, etc. C’est grâce à ce support que l’Algue peut s’étaler en feuille ou se dresser en buisson. Tout compte fait, « les avantages tendent 1 Van Tieghem, toc. cil., p. 1161.
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- à s’égaliser et nous sommes bien en présence d’une association à bénéfice réciproque, un ménage, une symbiose ». Toutefois, le Champignon qui entre dans la combinaison ne peut pas, dans les conditions naturelles, vivre sans l’Algue. L’Algue, au contraire, peut végéter sans le Champignon.
- Terminons en appelant l’attention sur l’importance, de tout premier ordre, du rôle des Lichens dans la nature. Leur plus ou moins grande abondance semble liée à l’état de pureté de l’air. Dans le voisinage des grandes villes, où l’air est plus ou moins contaminé par les fumées, on voit peu de Lichens sur le tronc des arbres. Au voisinage de Paris, par exemple, les arbres du bois de Boulogne, de Meudon, etc., en sont presque dépourvus. Dans une note publiée en 1866, le grand lichénologue Nylander affirmait que l’allée de l’Observatoire, dans
- importance est bien mise en lumière par le résumé suivant tiré de l’ouvrage deM. VanTieghem (loc. cit.).
- Qu’un récif émerge, au sein des mers, qu’un rocher se détache du flanc de la montagne : bien que l’air ambiant contienne d’innombrables graines de Phanérogames, des myriades de spores de Cryptogames vasculaires, aucune de ces semences n’y pourra germer, faute d’un sol, où les racines, les poils absorbants puissent s’enfoncer et procurer à la plan Iule, la nourriture nécessaire à son développement. Les Champignons ne peuvent pas davantage y croître faute de principes hydrocarbonés. Seules, certaines Algues inférieures ont la faculté d’y vivre aux dépens de la lumière et de l’humidité. Elles commencent donc à s’y établir pendant les jours humides et, de fait, dans toutes les régions du globe, on voit le rocher se couvrir de Protocoques, de Nos-
- Fig. 5. — La structure d'un lichen (très grossi) : /, des hyphes vus séparément; 2, des gonidies, vues de même; 3, le thalle d’un lichen avec les hyphes et les gonidies.
- le jardin du Luxembourg, était, à cette époque, le lieu le plus sain de tout Paris, à cause des nombreux Lichens qui y couvraient l’écorce des marronniers1.
- En Bretagne, la végétation lichénique présente une ampleur inaccoutumée; plusieurs espèces qui fructifient très rarement en Europe y montrent des organes reproducteurs ; la plupart se distinguent par leurs grandes dimensions. Dans les villes de cette province, où les agglomérations industrielles sont assez rares, on rencontre des Lichens même foliacés, fréquemment sur les arbres des promenades2.
- Mais c’est surtout comme générateurs du sol que les Lichens montrent une importance capitale et cette
- 1 Dr W. Nylander. Les Lichens du jardin du Luxembourg. Bull. Soc. bot. fr., t. XIII, p. 364 (1866).
- 2 Ch. Picquenard. La végétation de la Bretagne dans ses rapports avec l’atmosphère et avec le sol. Thèse pour le doct. en méd. Paris, Carré et Naud, 1900.
- tocs, etc. ; toutefois leur règne sera de courte durée : viennent la sécheresse et la chaleur, ces Algues disparaîtront pour reparaître plus tard et s’évanouir de nouveau. Mais si, au cours de leur végétation éphémère, elles viennent à recevoir les spores de certains Champignons, le Champignon germera à la surface de ces Algues inférieures, les enveloppera de ses filaments, et en même temps qu’il se nourrira d’elles, il les protégera et assurera leur permanence. Donc, sous cette forme d’association lichénique, une végétation durable peut s’établir et s’établira en effet : l’Algue, décomposant, à son profit, et à celui du Champignon, l’acide carbonique de l’air et faisant la synthèse des composés hydrocarbonés; le Champignon, désorganisant la roche à l’aide de ses filaments et y puisant, pour lui-même, et pour l’Algue, les sels nécessaires à la synthèse rapide des matières albuminoïdes à l’aide des hydrates de carbone.
- Plus tard, à mesure qu’ils meurent, les débris
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- des Lichens s’accumulent avec les particules de roche désorganisée et le tout forme un sol, où pourront se développer les Mousses, puis sur ce sol rendu ainsi plus épais et plus fécond, pourront germer et croître des plantes munies de racines1.
- Répandus partout, lès Lichens sont donc partout
- les créateurs du sol et cette merveilleuse Association symbiotique acquiert, dans l’ordre de la nature, une iinportance assurément insoupçonnée du promeneur que frappe parfois les couleurs harmonieuses dont les Lichens décorent les rochers, « ces visages » au déclin du soleil. Emile Gadeceau.
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- Le cinématographe vient de réaliser une nouvelle merveille : non content de rendre sur son écran le mouvement à des scènes du présent ou du passé, à
- microscope: la préparation, placée sur la platine de l’appareil, est éclairée par dessous : les rayons lumineux qui la traversent pénètrent dans l’appareil pa-
- Fig. /. — Le dispositif de M. Comandon. On aperçoit de droite à gauche : .la lampe de projection, la lentille, le diaphragme, un disque permettant de soustraire ' à volonté la préparation à la chaleur rayonnée par la lampe; puis le microscope placé horizontalement et le cinématographe.
- des paysages rassemblés des quatre coins du monde, il pénètre un domaine nouveau et nous révèle les mouvements du monde invisible.
- Ce résultat, dont le seul énoncé paraît paradoxal, est dû aux habiles recherches que poursuit patiemment depuis un an M. lel)1 Comandon. M. Comandon a trouvé de précieux auxiliaires dans MM.Pathé frères qui ont mis gracieusement à sa disposition le puissant outillage de leur maison.
- M. Comandon étudiait au laboratoire de M. Dastre certains parasites du sang. Ses observations s’effectuaient au microscope et surtout à l’hypermicro-scope. On connaît la méthode classique d’emploi du
- 1 Van Tiegiiem, loc. cit., p. 1161.
- rallèlement à l’axe du microscope et les objets grossis apparaissent en noir sur fond brillant. Le plus souvent, les êtres infiniment petits, qui peuplent les préparations, sont transparents pour le faisceau lumineux intense qui les traverse normalement, et l’observateur n’apercevrait rien sans artifices spéciaux. On est donc amené à colorer les préparations, mais il faut d’abord, par un toxique, tuer les microbes et ce ne sont plus que des cadavres colorés qui se révèlent dans le grossissement de l’appareil.
- L’hypermicroscope a rendu plus vivantes les observations microscopiques : la préparation est éclairée par un intense faisceau de lumière perpendiculaire à l’axe de l’appareil : aucun rayon direct ne peut donc pénétrer dans le tube du microscope : mais les parti-
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- cules, ainsi éclairées, émettent par réfraction des rayons lumineux très intenses qui les rendent directement visibles dans leurs formes et mouvements.
- Ce sont ces scènes animées que M. Comandon eut l’idée de lixer au moyen du cinématographe. Aux descriptions verbales, froides, nécessairement incomplètes et partiellement inexactes ; il voulut substituer la reconstitution précise et intégrale de la vie des inliniment petits. La voie lui était indiquée par M. Victor Henri qui, tout récemment, appliqua le cinématographe à l’étude du mouvement brownien. Les difficultés à vaincre étaient considérables. Nous reviendrons plus loin sur le dispositif auquel s’est arrêté M. Comandon. Les résultats obtenus sont réellement surprenants. .
- M. Comandon a bien voulu projeter devant nous quelques-uns des plus beaux films qu’il a obtenus ; et pendant quelques instants, nous avons eu l’illusion de vivre dans un monde nouveau.
- Ce fut tout d’abord une queue d’embryon de têtard, vue au microscope ordinaire : au milieu d’amas de cellules, on apercevait un canal sanguin où circu-
- Fig. 3. — Bande négative montrant une goutte de sang de souris infestée de trypanosomes, semblables à ceux de la maladie du sommeil. Les trypanosomes sont les formes floues, ayant l’aspect de larves que l’on distingue entre les globules. Au centre de la pellicule, on aperçoit un globule blanc. (Photographie agrandie 2 fois. — Le grossissement de l’original était de 10000.)
- Fig. 2. — Celle bande cinématographique montre comment on voit à l’hypermicroscope une goutte de sang d’oiseau infesté de spirochète des poules du Brésil. Les spirochètes sont les petits filaments blancs qui sillonnent le fond sombre :
- 011 aperçoit sur le bord de la préparation un globule blanc ; à l’opposé, un globule rouge emprisonne un spirochète qui y a pénétré, par mègarde. — Les petits points blancs qui constellent le fond noir sont des hèmokonies. (La photographie originale offrait un grossissement de 10 000; elle a été agrandie dans le rapport de 2 à 1.)
- laient des globules allongés semblables aux cailloux roulés par un torrent.
- Du sang d’oiseau vu à l’hypermicroscope nous montra ensuite des globules rouges également allongés, à peu près immobiles dans un liquide constellé de petits points blancs. Ces points blancs sont des hèmokonies. Ils révèlent simplement que l’animal, quelque ternes avant le prélèvement de la préparation,
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- avait mangé des graisses oléagineuses. Les graisses, en effet, donnent naissance dans l’intestin à des gouttes lactescentes qui traversent les membranes intestinales et passent dans le sang où on les retrouve encore 5 ou 4 heures après la digestion.
- Après ces scènes paisibles, voici de véritables drames, c’est la projection d’une goutte de sang prélevée sur de pauvres oiseaux, infestés de spirochètes gallinarum. Ce spirochète est un parasite qui décime les poules de certaines régions de l’Amérique du Sud. 11 a du reste de grandes ressemblances et est certainement proche parent d’un autre parasite qui exerce sur l’espèce humaine de terribles ravages.
- Nous apercevons toujours les globules rouges, mais dans le liquide qui les baigne, un grand nombre de long lilaments en spirale se déplacent à toute vitesse du haut en bas de l’écran, avec des mouvements d’anguilles, à volonté en avant ou en arrière. Parfois, ils passent au travers l’un de l’autre : on voit ainsi 2, parfois 5 spirochètes qui sont restés attachés l’un à l’autre et forment une spirale plus longue que les autres. Tout à coup, un de ces rapides vibrions pénètre à l’intérieur d’un globule rouge; le globule était percé. Le spirochète y reste emprisonné et tourne désespérément sur lui-même cherchant vainement l’issue. D’autres pénètrent également dans le piège, mais plus heureux réussissent à s’en échapper. Dans un coin, on aperçoit un globule blanc, protoplasma groupé autour d’un noyau, qui s’avance lentement, d’un mouvement amiboïde : un moment le globule blanc rencontre un globule rouge détérioré; il l’enveloppe et commence à le dévorer. Le fond de ce paysage étrange est encore, comme précédemment, constellé de ces petites particules blanches, les hémokonies, résultat de la digestion de matières graisseuses.
- Notre ligure 2 reproduit un fragment de ce lilm cinématographique. Malheureusement elle ne peut rendre l’impression de vie intense que font éprouver ces petites images lorsqu’elles défilent à raison de 16 par seconde devant l’appareil de projection.
- Notre figure 5 montre la microcinématographie d’une goutte de sang de souris injecté d’un trypanosome très voisin de celui qui occasionne la maladie du sommeil. Le film comporte les vues prises sur des échantillons prélevés pendant six jours consécutifs : la maladie évolue rapidement et se dénoue par la mort de la souris.
- Étranges êtres que ces trypanosomes qui pullulent bientôt dans le sang de la malheureuse souris : longs de 20 à 100 millièmes de millimètre, ils apparaissent sur la projection comme des larves de plusieurs centimètres de long : leur corps renflé à l’extrémité postérieure se termine à l’avant par un prolongement très effilé. Ils se meuvent un peu à la façon des chenilles, par le mouvement d’une membrane ondulante dont le nom suffit à indiquer le rôle (v. La Nature 1906, n° 1718, p. 540). On les voit se précipiter à toute vitesse contre les globules
- rouges. Ceux-ci, élastiques comme des balles de caoutchouc, cèdent sous le choc, pour reprendre ensuite leur forme sphérique naturelle.
- On pourrait multiplier à l’infini les descriptions de ce genre. Celles qui précèdent suffisent à montrer l’intérêt scientifique des projections de M. Co-mandon. Ces magnifiques tableaux animés peuvent s’observer à loisir, sans souci étranger à la seule étude des phénomènes qui s’y déroulent. Dans la méthode microscopique habituelle, au contraire, l’observateur doit à la fois examiner sa préparation, la maintenir constamment au point et en même temps dessiner et noter, aussi fidèlement que possible, ce qu’il aperçoit dans l’appareil. La méthode cinématographique, en séparant nettement ces diverses opérations, facilite singulièrement l’observation et permet de découvrir des faits restés auparavant inaperçus. C’est en même temps un admirable procédé d’enseignement et de vulgarisation en matière de biologie.
- Quelques mots pour terminer sur le dispositil représenté par notre figure 1 et qui sert à impressionner le film.
- Une lampe à arc électrique de 50 ampères projette, au moyen d’une lentille diaphragmée, un jet lumineux puissant, soit seulement sur la préparation, soit sur un miroir qui la réfléchit perpendiculairement à l’axe de l’appareil, suivant qu’on opère au microscope ordinaire ou à l’hypermicroscope. Le microscope est placé horizontalement, et donne une image réelle et agrandie de la préparation sur le film qui se déroule dans l’appareil cinématographique placé immédiatement dans son prolongement. Un petit orifice, placé dans la paroi arrière de l’appareil, permet d’observer à la loupe l’impression des scènes sur le film et de régler, suivant les besoins, la mise au point de la préparation et son maintien dans le champ. Ces opérations s’exécutent, la première en agissant directement à la main sur la vis de réglage du microscope, la seconde en élevant ou abaissant le porte-lame au moyen d’une transmission spéciale qui met en somme la plaque à portée immédiate de la main de l’opérateur.
- L’une des plus graves difficultés rencontrées par M. Comandon tenait à l’intense chaleur développée par le faisceau lumineux : quelques instants d'exposition à ces rayons suffisaient à tuer les microbes qui s’agitent dans la préparation ; un disque rotatif très ingénieux a permis d’y remédier : il se compose de secteurs pleins et vides, alternant, et tourne en synchronisme avec le cinématographe, les infiniment petits restent ainsi 1/52 de seconde seulement soumis à la chaleur du faisceau ; celui-ci se trouve intercepté ensuite pendant une durée égale. Ajoutons que le faisceau, avant de pénétrer sur la préparation, traverse un réservoir à circulation d’eau froide qui absorbe une partie des radiations inutiles.
- Le grossissement linéaire obtenu est de 10000. Avec ces proportions, une puce apparaîtrait haute comme une maison de 6 étages. R. Villehs.
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- L’INDUSTRIE DES OUTREMERS
- La fabrication des outremers constitue une industrie assez peu connue, mais qui a réalisé depuis sa fondation des progrès assez importants, et dont les produits se répandent de plus en plus en vue d’usages divers.
- On désigne sous le nom d’outremers, d’après l’article de M. de Forcrand dans la Chimie minérale de M. Mois-san, des matières insolubles dans l’eau, ordinairement colorées, qui contiennent comme éléments essentiels : de la silice, de la soude (ou un autre oxyde), de l’alumine et du soufre (ou un métalloïde voisin : sélénium ou tellure). Ces corps résistent à l’action des dissolutions alcalines et à celle des anhydrides, mais ils se décomposent en présence des acides étendus en se décolorant, _ avec dépôt de silice et ordinairement dégagement d’hydrogène sulfuré.
- 11 existe de l’outremer naturel qui constitue les minéraux désignés sous le nom d’haüyne, de socialité, de néo-sane et surtout de lazulitc ou lapis-lazuli, mais qu’il est bien difficile de séparer de leur gangue. Ces minéraux sont surtout employés comme pierre d’ornement à cause de leur couleur et de l’aspect agréable qu’ils présentent après polissage. C’est ainsi que les salles du palais Orloff, à Saint-Pétersbourg, sont incruslécs de lapis-lazuli provenant de la Grande Bucharie. Mais ces différents minerais, qu’on trouve surtout en Orient, en Chine, en Perse, au lac Baïkal et aussi au Chili et dans la République Argentine, ne peuvent servir à aucun usage industriel par suite de leur prix très élevé.
- Un certain nombre d’observations avaient été faites au début dp xixe siècle au sujet de la formation de matières vitreuses bleues dans des fours à soude; mais cette production était due au hasard et n’avait pu être réglementée, malgré les efforts tentés dans cette voie, quand Guimet, en 1828, annonça qu’il avait résolu le problème. A ce moment, le but de ces recherches était de fournir à la peinture, à un prix raisonnable, une couleur bleue solide et peu altérable. Peu de temps après, Christian Gmelin, professeur allemand, put aussi obtenir de l’outremer artificiel sans avoir eu connaissance des travaux de Guimet.
- A partir de cette époque, la fabrication des outremers prit de plus en plus d’importance et leurs usages s’en développèrent rapidement. En fait, la France et l’Allemagne, à elles deux, en produisent annuellement 10 ou 15 000 tonnes. Il est donc intéressant de connaître les principes généraux de cette préparation, dont les détails onf été toujours tenus secrets par les usiniers. Il existe d’ailleurs un assez grand nombre de procédés dont nous ne donnerons que les principaux.
- Dans le procédé d’après Guimet, on prépare le mélange suivant : Kaolin, 37 parties ; Sulfate de soude anhydre, 15 ; Carbonate de soude anhydre, 22; Soufre, 18; Charbon de bois, 8 parties.
- Ces matières sont broyées très finement, mélangées avec soin et tamisées, puis introduites dans des creusets de 12 ou 15 kg. que l’on empile les uns sur les autres dans un four qui peut en contenir 150 environ; on chauffe lentement jusqu’au rouge sombre qu’on maintient pendant 48 heures. On obtient alors après détournement une matière verte qu’on pulvérise, qu’on lave, qu’on dessèche et qu’on chauffe enfin dans des cylindres de fer ou dans des fours de boulanger dans lesquels on fait arriver l’air et qu’on maintient au rouge très sombre. L’outremer vert s’oxyde et se transforme en bleu.
- Dans diverses usines, ces deux opérations se confondent en une seule et l’on obtient l’outremer bleu en une seule « cuite ».
- Certaines modifications ont été proposées au mélange qui a été indiqué ; c’est ainsi que certaines fabriques y suppriment le sulfate de soude et y introduisent une petite quantité de colophane.
- La méthode Debette et Prückner consiste à mélanger le sulfate de soude avec le tiers de son poids de charbon de bois pulvérisé et le dixième de son poids de chaux éteinte; on chauffe ce mélange dans un four à réverbère, ce qui donne naissance à des sulfures qu’on dissout dans l’eau et qu’on additionne de soufre. On concentre alors à consistance sirupeuse et on additionne de sulfate de fer et d’une pâte molle de kaolin délayé dans l’eau ; on continue à chauffer jusqu’à solidification, après quoi la masse est pulvérisée et chauffée au rouge dans des moufles au contact de l’air. La substance prend alors successivement les couleurs brun, rouge, vert, bleu. On lave ensuite et on dessèche.
- Quoi qu’il en soit, au sortir des fours, tous les outremers sont pulvérisés très finement, passés au tamis de soie et porphyrisés. On peut les conserver alors sous celte forme ou en faire, avec l’eau, une pâte molle qui est moulée sous forme de pains que l’on trouve dans le commerce.
- C’est à Fleurieu-sur-Saône, sous la direction de Guimet, que s’est montée la première usine française d’outremer; mais on rencontre encore maintenant de ces fabriques dans la Meuse, à Dijon, à Lille. L’Allemagne en possède à Meissen, à Cologne, à Nuremberg, à Welmer-skirchen et prend la tète de celte exploitation; enfin, l’Angleterre et la Russie renferment aussi quelques usines d’outremers.
- Les outremers bleus sont employés pour la peinture à l’huile et à l’aquarelle, pour les impressions typographiques et lithographiques, pour l’impression des papiers de tenture, des tissus, etc. La teinte de l’outremer bleu étant complémentaire de la couleur jaune, on s’en sert pour azurer les tissus, le linge, le sucre, qui paraissent ainsi mieux blanchis. A. Hébert.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 octobre 1909. -
- Rivière souterraine nouvelle. — M. Martel adresse une Note sur la rivière souterraine de la Bouiche (Ariège).
- Le lait des vaches tuberculeuses. — M. Chauveau résume un travail de M. Monvoisin sur le lait des vaches atteintes de mammile tuberculeuse. L’acidité du lait normal est due à la présence d’acide carbonique et surtout de la caséine. Le lait de vaches atteintes de mammite tuberculeuse perd son acidité alors qu’au contraire
- Présidence de M. Bouchard.
- d’autres mammites sont caractérisées par une hyperacidité. Cette constatation fournit un moyen de distinguer la mammite tuberculeuse des autres mammites, elle permet également de diagnostiquer la tuberculose, alors qu’aucun autre signe ne l’a encore révélée. Par suite, tout lait dont le degré d’acidité est inférieur au taux normal, doit être refusé pour l’alimentation des enfants.
- Cil. HE VlLLEDEUlL.
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- ACHÈVEMENT DES TRAVAUX DU PORT MILITAIRE DE DOUVRES
- En 4 847, l’Amirauté anglaise décidait la construction à Douvres d’une jetée qui devait servir d’amorce à la construction d’un port de refuge important destiné à la marine anglaise. Ce projet ayant été abandonné, pour diverses raisons, cette jetée d’une longueur de 640 mètres, achevée en 1871, a servi depuis à l’accostage des navires faisant le service entre l’Angleterre et le Continent. Mais comme elle ne donnait aux navires qu’un abri complètement insuffisant pendant les gros temps, le Harbour Board de Douvre décida, en 1891, de construire un port de commerce formé, à l’ouest, de la jetée
- rons de rappeler (Y. lig.) que le port militaire a une supcrlicie de 275 hectares à basse mer. Cet espace est abrité au Sud-Ouest par le prolongement sur une longueur de 610 mètres de l’ancienne jetée de l’Amirauté, puis au Sud, par une digue détachée d’une longueur de 1280 mètres ayant une direction presque parallèle au rivage et, en lin, à l’Est par une digue de 900 mètres de longueur enracinée au rivage.
- Deux passes, l’une à l’Est de 194 mètres d’ouverture, l’autre au Sud-Ouest, entre la jetée de l’Amirauté prolongée et la digue détachée du Sud, de
- Vue d'ensemble du nouveau port de Douvres, prise du sommet de Shakespeare Cliff. — Au premier plan l'ancienne digue de VAmirauté avec son prolongement récemment construit. — Au deuxième plan la jetée du Prince-de-Galles limitant à l’Est le port de cofnmerce. — Au troisième plan le port militaire limité à l’Est par la digue enracinée au rivage et au Sud par la digue détachée. — Aux deux extrémités de la digue détachée on voit les deux passes servant d’accès au port militaire et au port de commerce.
- dont nous venons de parler prolongée d’environ 600 mètres et, à l’Est, d’une seconde jetée à laquelle on a donné le nom de Jetée du Prince de Galles. En même temps, le gouvernement anglais, reprenant sa première idée, décidait, de son côté, de mettre à exécution le projet complet d’un port de refuge en formant à l’est du port de commerce un grand port militaire fermé. Les travaux, dont la dépense s’élève à près de 90 millions de francs, sont aujourd’hui terminés et ont été inaugurés par le prince de Galles le 15 octobre dernier.
- Nous ne reviendrons pas sur l’importance stratégique de ce port ni sur les méthodes fort intéressantes employées pour sa construction. Nous les avons décrites longuement dans un article paru le 5 mai 1906 dans La Nature. Nous nous contente-
- 226 mètres d’ouverture, servent d’entrée dans le port militaire et de commerce.
- Dans la partie du port militaire la plus rapprochée de la digue sud, la profondeur d’eau à basse mer varie entre 10 m. 50 et 15 mètres, profondeur qui permet de recevoir et d’abriter les grandes unités du type Dreadnought. Plus près du rivage où des dragages. s’opèrent en ce moment, la profondeur sera suffisante pour l’ancrage de croiseurs et de torpilleurs.
- Des magasins et des ateliers pour la réparation des navires, ainsi que pour celle des sous-marins et des torpilleurs, sont installés sur le rivage au pied de la falaise et à gauche de la jetée Est où une surface de 10 hectares a été conquise sur la mer.
- R. Bonnin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuiie, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 1903.
- C7W
- LA GRANDE CULTURE AU CÂNADA
- 13 NOVEMBRE 1909.
- L’essor actuel de la prospérité canadienne est un phénomène dont on chercherait vainement l’équivalent dans une autre région du monde, même aux Etats-Unis. Nous avons déjà parler de l’augmentation rapide de sa population, passée de 240 000 âmes en 4801 à près de 6 millions en 4001. Le taux d’augmentation ne peut que s’élever rapidement, si l’on songe que l’émigration européenne se détourne de plus en plus des États-Unis, dont les terres cultivables sont déjà occupées, pour se porter au Canada, qui tient encore en réserve d’immenses étendues de terres vierges.
- Pendant l’année 1906, ce pays reçut 215942 émigrants, dont 65781 lui lurent fournis par les Etats-Unis. On calcule que la grande république a perdu en dix ans un demi-million d’habitants appartenant à la classe agricole, qui sont allés se fixer dans les nouvelles provinces canadiennes.
- La tentation est grande pour les fermiers de l’In-diana, du Nebraska et d’autres régions limitrophes. Imurs terres à blé commencent à s’épuiser, et ils entendent parler de terres neuves situées plus au Nord, qui ont le double avantage de coûter moins cher et de fournir un rendement supérieur. Leur esprit pratique de Yankee leur montre qu’ils peuvent réaliser un bénéfice considérable en vendant leur ferme à de nouveaux arrivés, sur le pied de 450 à 200 francs l’acre et en rachetant des terrains au Canada à raison de 35 à 50 francs l’acre. En outre, ils courent la chance d’acquérir, en échange d’une contribution de 50 francs, un homestead (patrimoine inaliénable) d’une superficie de 160 acres, et qui deviendra leur propriété absolue après trois années de résidence.
- La découverte, faite il y a moins de dix ans, que
- 37e année.
- les vastes provinces d’Alberta, d’Assiniboine et de Manitoba, considérées jusqu’alors comme des solitudes sans aucun avenir, étaient recouvertes d’un terroir profond, et d’une fertilité exceptionnelle, marqua le début d’une véritable révolution économique pour le Canada. La presque totalité de ces provinces appartenait à la compagnie de la baie d’Hudson. Alarmés par la disparition des animaux à fourrure, les actionnaires demandaient que la compagnie mît en vente ses immenses domaines à n’importe quel prix. Ils conseillaient même d’accepter l’offre d’un syndicat américain qui se déclarait prêt à acquérir un territoire grand comme la France à raison d’un sou l’acre !
- Heureusement pour la compagnie de la baie d’Hudson, elle comptait parmi ses hauts fonctionnaires un homme qui savait lire dans l’avenir : M. Donald Smith, plus connu maintenant sous le nom de lord Strath-cona. Pendant des années, il prêcha la patience aux actionnaires, montrant que la construction des lignes transcontinentales projetées donnerait une valeur considérable aux terrains. Il ne se trompait pas. La vente de ces terrains allait faire monter les actions de la vieille compagnie — une doyenne des sociétés anonymes — dans la proportion de 4000 pour 4001
- L’ouverture de ces régions à l’immigration agricole a étendu très loin vers le Nord la zone de culture du blé et de l’avoine. Au dire des experts, il n’est point de région au monde qui soit aussi propice à la culture des céréales. Le blé, en particulier, a plus besoin de lumière solaire que de chaleur, pendant sa croissance. Or, ces latitudes septentrionales sont favorisées en été par des jours exceptionnellement
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- Maïs géants, dans les grandes cultures canadiennes.
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- MONUMENTS MÉGALITHIQUES
- longs. Non seulement le blé canadien fournit plus de grain par hectare que le blé américain, mais il mûrit plus vite, et est en outre réfractaire aux maladies qui affectent ce dernier.
- L’abondance des pluies, leur régularité, favorisent puissamment la grande culture au Canada, si bien que les fermiers n’ont recours à l’irrigation que pendant les saisons de sécheresse. Grâce au grand nombre des cours d’eau et des lacs, grâce aussi à la topographie de ces vastes plaines, il a été possible de créer des réseaux de canaux qui distribuent l’eau à meilleur marché que dans les districts les plus favorisés des États-Unis. Le Montana, l’Etat de l’Union qui passe pour posséder le système d’irrigation le plus avantageux, dépense 4,60 dollars par acre de terrain arrosé. Dans le Nord-Ouest canadien, l’irrigation ne coûte que 2,25 dollars (soit 11 fr. 25) par acre. L’écoulement naturel des eaux d’irrigation
- rend inutile la construction de machines élévaloires à vapeur ou à vent.
- Ces quelques renseignements suffisent amplement à justifier la prédiction qui veut que le Canada devienne avant vingt ans le plus grand producteur de blé du monde entier. Le Manitoba nous offre à ce sujet des chiffres suggestifs. Pendant l’année 1906, cette province, égale en superficie aux îles britanniques, a produit 87 millions de boisseaux de blé, valant au cours 500 millions de francs. Or, les terrains plantés en blé dans cette province ne représentent encore que la sixième partie du territoire cultivable. Quand le réseau ferré canadien, qui compte déjà plus de 55000 kilomètres, et qui s’allonge en moyenne de 1200 kilomètres par année, desservira toutes les régions arables, la prédiction que nous rappelions plus haut sera en voie d’accomplis-ment. Y. Fokbin.
- LES MONUMENTS MÉGALITHIQUES DES CAUSSES ET DES PYRÉNÉES
- Les récentes études de M. A. de Morlillel1, ont fourni de nouveaux documents sur les dolmens du Midi de la France.
- Voici quelques notes que je viens de recueillir dans une récente excursion :
- Les menhirs isolés ou groupés sous forme d’alignements, de quadrilatères, etc., qui sont particulièrement abondants en Bretagne, notamment dans le Morbihan et le Finistère, sont x’ares dans les Causses et dans les Pyrénées et encore ceux-ci sont-ils alors de taille assez réduite.
- Dans quelques parties de l’Aveyron et du Gard M. l’abbé Hermet a cependant découvert un certain nombre de menhirs d’une nature spéciale, bien connus maintenant sous le nom de statue-menhir.
- Ces monuments, qui figurent une grossière représentation de l’être humain, remontent, pense-t-on, au premier âge du métal.
- Dans certaines régions des Pyrénées, notamment dans la Haute-Garonne et dans les llautes-Pyrénées, existe un nombre considérable de cromlechs, infiniment plus qu’on n’en rencontre en Bretagne, mais qui sont d’une toute autre nature. Ils appartiennent à deux types
- 1 Distribution géographique des dolmens et menhirs en France. Revue de l’école d’anthropologie, lévrier 1901. — Les monuments mégalithiques de la Lozère. Paris, Schlei-ehcr, 1905, in-8, 63 p. et pl. — Etude sur quelques dolmens de VHérault, Revue de l’École d’anthropologie, septembre 1907.
- différents, mais sont tous formés de petits menhirs dont la hauteur dépasse rarement 50 à 00 cm.
- Aux environs du village d’Avezac (Hautes-Pyrénées) les cromlechs, qui ont une forme absolument circulaire et
- un diamètre moyen de 50 m., occupent tous des points culminants ou des crêtes de collines. Les menhirs qui les composent ne dépassent pas 00 cm. de hauteur. On a reconnu plus de 50 de ces monuments dans les environs d’Avezac, m;us il n’y en a plus guère qu’un seul qui soit encore bien conservé (fig. 4). Nombre de cespier-res ont été utilisées pour la confection des routes ou ont été déplacées pour les besoins de la culture. Ces cromlechs, même privés de leur bordure de menhirs, se reconnaissent cependant, parce que l’intérieur du cercle est en légère surélévation.
- Dans la Haute-Garonne, à quelques kilomètres à l’ouest de Bagnères-de-Luchon, près de Garin et d’autres villages voisins, existe quantité de cromlechs (plus de cent) différents de ceux des Hautes-Pyrénées. Presque tous ces monuments ont disparu ou sont en grande partie détruits. Nous avons cependant pu en constater un qui était encore assez bien conservé. Ce cromlech est formé d’un cercle de pierre dont le diamètre est d’environ 70 m. et de quatre allées bordées de pierres plantées ^dans le sol, qui coupent le cercle en quatre quartiers égaux (fig. 1,1). La signification de ce cromlech nous est inconnue.
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- Si ce genre de monument est particulièrement abondant dans les Pyrénées, par contre les dolmens y sont rares.
- Dans les Causses, au contraire, s’il n’y a pas de cromlechs, les dolmens ou monuments sépulcraux sont très nombreux, plus même qu’en Bretagne. Malheureusement, comme en général ils sont d’un volume moins considérable que ceux du nord-ouest de la France, ils ont été plus lacilement détruits par l’homme. Pour se l'aire une idée de l’abondance des dolmens dans cette région, il suffira de dire que la Lozère et l’Aveyron à eux seuls en renferment près de 700. Les Caussenards sont, dit-on, assez portés à la destruction de ces monuments.
- Les tumulus ou galgals qui recouvrent ces dolmens sont très fréquents; il est en effet très rare de rencontrer un de ces monuments sans y remarquer au moins les vestiges d’un tumulus1.
- Le dolmen type (fig. 1, II) que l’on rencontre le plus fréquemment sur les plateaux calcaires des Causses est formé de deux dalles latérales; très souvent inclinées l’une vers l’autre et d’une terminale, sur lesquelles repose une table d’une seule pièce et assez généralement plus épaisse que les supports. L’entrée (en A) devait être clôturée très fréquemment par un mur de pierres sèches, car on ne constate guère de dallés de fermeture. A. de Mortillet considère comme très rares les entrées qui sont placées dans l’axe de la chambre ; c’est un peu exagéré. On peut dire plus exactement que les entrées latérales sont très fréquentes dans certaines parties des Causses.
- Les dimensions moyennes de ces monuments sont : Largeur 2 m. 40, longueur 5 m. 30. Le grand axe de la chambre est, pour un grand nombre de dolmens (environ 80 p. 100 pour ceux que nous avons vus), orienté exactement ou à peu près est-ouest, l’ouverture à l’est. On a souvent dit qu’il n’y avait pas d’orientation spéciale ; c’est possible pour certaines régions, mais ici la coïncidence serait au moins étrange, si le hasard seul avait conduit l’homme à orienter ses monuments sépulcraux dans une direction est-ouest.
- Dans l’Aveyron et la Lozère, nous rencontrerons, en plus de ce type classique — très fréquent — d’autres dispositifs, notamment :
- Le dolmen coudé à angle droit (iig. 1, 111) ou à angle obtus (fig. 1, IV) formé de la chambre (2 fortes dalles et une table) et d’un vestibule d’entrée constitué de deux supports plus minces que ceux de la chambre.
- Un type assez rare se remarque dans la Lozère : il est formé de deux chambres d’inégale grandeur et adossées
- 1 Voici, sur ce point, l’opinion de M. A. de Mortillet, dont nous partageons la manière de voir. (Elude sur quelques dolmens de l’Hérault) :
- « Cependant, tous les dolmens sans exception étaient à l’origine cachés. Ceux qui n’ont pas été construits au-dessous du niveau du sol naturel, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas enterrés en plaine ou dans le versant des collines, ont été couverts d’un tumulus, compose, suivant les lieux, de terre ou de pierres. ,
- « Conformément à cette règle générale, les dolmens des plateaux calcaires de l’Hérault, aussi bien que ceux des causses de la Lozère et de l’Aveyron, ont tous, sans exception, été ensevelis sous des monceaux de pierraille, auxquels on a souvent puisé au cours des âges qui ont suivi leur édification.
- « En revanche, on a fréquemment parlé de dolmens sur tumulus.
- « Dernièrement encore, en 1901,.Caries disait à propos des dolmens de Larzac : « Tous sont établis sur des tumuli ».
- « C’est pourtant là une erreur. Nous ne connaissons pas de véritables dolmens sur tumulus. 11 serait temps de renoncer
- l’une à l’autre dans le sens de la longueur, le tout enfermé dans un tumulus oval. Tel est le dolmen de la Noujarède (fig. 1, V).
- Dolmens et coffres des « Grands Lacs » : sur le territoire de Laval-du-Tarn et dans un espace restreint d’un demi-hectare environ, existe un groupe de 10 tombes de toutes dimensions, mais généralement petites. Ajoutons que le plus grand nombre de ces monuments a été en grande partie détruit. Les petits coffres qui sont creusés dans le sol sont constitués d’une chambre formée par la réunion de quatre dalles dressées. Nous avons pu mesurer deux de ces coffres qui avaient respectivement 50 et 55 cm de largeur et 80 cm et 1 m. de longueur (fig. 1, VI).
- A Saint-Georges de Levejac (Lozère), non loin du « Point Sublime » d’où l’on domine si merveilleusement les gorges du Tarn, existe un très pittoresque dolmen dont la grande table seule dépasse le tumulus qui l’environne. Ce monument est particulièrement intéressant parce fait qu’il a été surmonté d’une borne en pierre dont l’extrémité porte une croix (fig. 5). En Bretagne, nombre de menhirs ont été ainsi christianisés, mais le dolmen de Saint-Georges de Levejac est le seul de ce genre que nous connaissions.
- Dans l’Aveyron deux dolmens s’écartent du type classique. (Voy. les travaux du Dr Prunières et de M. E. Car-tailhac). Près de Millau existe un dolmen qui est formé de supports posés à plat (deux rangées se superposant) sur lesquels repose la table (fig. 1, VU).
- Un autre, le dolmen du Bousquet (Sauclières) qui — fait assez rare — est établi sur un versant, est formé d’une chambre irrégulière adossée contre un rocher (voir en B, fig. 1, VIII), autrement dit on s’est servi ici d’une roche en place comme support de la table et l’on y a ajouté des supports supplémentaires (fig. 1, VIII).
- Dans le Gard, nous avons constaté que le dolmen dit de Graille, qui se trouve dans un tumulus de 18 m. de diamètre, a son entrée placée à un angle de la chambre sépulcrale (fig. 1, IX en A). L’un des supports, très mince (20 cm d’épaisseur) et qui dépasse de beaucoup les autres dans le sens horizontal, mesure 4 m. de longueur.
- Les dolmens des Causses du Lot ou Petits Causses sont assez bien conservés, et de plus notables proportions — quoique généralement du même type que ceux des grands Causses de la Lozère et de l’Aveyron.
- Celui de Custalou s’en distingue cependant par ce fait que la chambre est recouverte de trois tables bien juxtaposées, au lieu d’une, comme c’est très généralement le cas.
- complètement à cette dénomination, qui ne répond à rien de réel.
- «Nos collègues se sont trop complaisamment fiés à une apparence trompeuse. (Voy. Emile Cautaiuiac, Monuments mégali-thiques du département de l’Aveyron, pl. Y et VI, Interna-lional Congress of prehistoric Archœology, Nonvich, 1868.)
- « Si, au lieu de se contenter d’un examen superficiel, on avait tenu compte du niveau du sol environnant le tumulus et de celui du dallage de la chambre, on n’aurait pas tardé à s’apercevoir que le caveau funéraire était dans le tumulus et non au-dessus.
- « Nous y voyons également que les prétendus cromlechs qui cerclent à divers niveaux les tumulus, ne sont pas autre chose que des murs de soutènement, formés de pierres plus fortes, qui servent à retenir le blocage composant en majeure partie ces tertres. »
- [Il nous semble que cette opinion de M. de Mortillet est trop absolue : beaucoup de raisons, d’ordres très divers,- prou* vent, au contraire, que nombre de dolmens n’ont jamais été recouverts. (Noie de la Rédaction.)
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- MONUMENTS MÉGALITHIQUES
- Longueur totale du monument, 5 m.
- Le superbe dolmen, la « Pierre Martine », de Livernon, est incontestablement le plus grand et le plus beau du département et même l’un des plus remarquables des Causses (fig. 2). 11 est caractérisé par ce fait curieux que son énorme table longue de 7 m. et large de 5 m., dont le poids atteint environ 50 000 kg, ne repose sur ses supports latéraux que par deux points seulement et est en équilibre comme le fléau d’une balance. Une pression de la main suffit pour la faire osciller (amplitude de l’oscillation, 15 cm).
- Fig. 2. — Dolmen dit la « Pierre Martine », de Livernon [Lot).
- Le vent arrive parfois à produire le même résultat.
- Si nous comparons maintenant les monuments mégalithiques de Bretagne avec ceux de la région des Causses, nous
- Fig. 3. — Dolmen du Causse de Minerve [Hérault).
- serons frappés de la notable dissemblance qui existe entre eux. Non seulement les dolmens des Causses sont de proportions plus réduites et sont plus simples que ceux du nord-ouest de la France,
- Fig. 4- — Cromlech d’Avezac (Hautes-Pyrénées).
- mais ils sont aussi édifiés sur d’autres plans. Les longues allées couvertes, les dolmens à chambres multiples, les nombreuses et si intéressantes gravures qui ornent les monuments mégalithiques de Bretagne, n’existent pas dans les Causses.
- Cette dissemblance si nette nous prouve une fois de plus, que les dolmens n’ont pas été construits — comme on le croyait jadis — par des populations en migration, mais sont bien l’œuvre de tribus sédentaires qui ont pu acquérir des caractères propres et bien différents suivant la région qu’ils occupaient. E. Raiiip,.
- Fig. 5. — Dolmen christianisé de Saint-Georges de Levejac [Lozère).
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- LE FER ET LA ROUILLE
- Le fer est certainement aujourd’hui le plus important des auxiliaires de l’homme; c’est lui que nous employons à tout instant et sa consommation augmente en raison directe des progrès de la civilisation. Malheureusement le fer a le grave défaut de se rouiller facilement. Celte rouille, réelle maladie du métal, on ne réussit guère à l’éviter, malgré des soins incessants ; elle abrège la vie de nos constructions et se révèle l’un des pires ennemis de l’homme. 11 n’est pas étonnant que de nombreux chercheurs se soient appliqués à la combattre et efforcés pour cela de dévoiler l’histoire de sa naissance et de son développement. C’est un problème d’une importance industrielle capitale, dont la solution, il faut l’avouer, ne nous apparaît pas encore très clairement. Cependant de très intéressants travaux ont été faits dans cette voie ; quelques résultats ont été obtenus qu’il importe de signaler.
- Ce qui frappe quand on examine une plaque de
- Gélatine/ ( additionnée/ dejanria//
- do potassium/ et de- pltlaléïne/)
- Jons OHenexcès
- produisant une co-xioraiion. ronge/
- Fig. i. — Schéma du phénomène d’oxydation èlectrolytique.
- fer qui « se rouille », c’est que l’oxydation ne se produit pas d’une façon uniforme; certains endroits sont privilégiés en ce qu’ils ne s’altèrent aucunement ; d’autres, au contraire, sont rapidement attaqués. La plaque « se pique ». L’énergie de l’oxydation se concentrant en quelque sorte en certains points, ceux-ci sont très fortement attaqués. La plaque se perce en ces points et les ravages peuvent être beaucoup plus grands que si l’oxydation se répartissail d’une façon uniforme.
- Un moyen très élégant de mettre en évidence la localisation de la rouille est dû à W. H. Walker : on prépare à chaud une solution neutre de gélatine dans l’eau : on y ajoute en quantité convenable de la phénolphtaléine et du ferricyanure de potassium. La solution refroidie constitue une gelée. En y incorporant un échantillon quelconque de fer, on voit, au bout de quelques instants, une coloration bleue se produire aux endroits oxydés, une coloration rouge aux endroits intacts. On différencie ainsi nettement les parties inaltérées des parties attaquées.
- La figure 3 (n° 3) est la photographie d’un fragment dê fil de fer; les taches bleues marquant les parties rouillées sont les taches les plus noires et à contour net; dans la figure 3 (n° 1), le bleu seul est venu sur la photographie.
- Ainsi, des localisations se produisent. Comment les expliquer et comment expliquer d’une façon générale la formation de la rouille? De nombreuses théories ont été proposées ; nous examinerons surtout la théorie électrolytique qui semble être pour le moment particulièrement en faveur.
- 1. Théorie électrolytique. — Cette théorie fait les hypothèses suivantes :
- lre hypothèse. — On peut regarder un morceau de fer non chargé électriquement comme composé d’un nombre égal de particules métalliques chargées d’électricité positive et de particules chargées négativement et de la même quantité. On sait en effet que deux charges électriques égales et de signes contraires se neutralisent. 11 revient au même, si l’on paie ses dettes, de dire qu’on ne possède rien ou de dire qu’on possède 100 francs et qu’on en doit 100. D’après cette façon de voir, un corps chargé négativement est un corps qui possède plus de particules négatives que de particules positives et, par conséquent, un corps neutre qui perd des particules positives se charge négativement. Ce dernier cas est supposé réalisé quand on plonge dans l’eau un morceau de métal quelconque, en particulier de fer ou d’acier, un clou par exemple. Des particules positives passent du clou dans l’eau; le clou se charge donc négativement et de plus en plus. Mais, par suite de phénomènes électrostatiques, cette action que l’on peut en somme regarder comme une dissolution dans l’eau des particules positives, s’arrête dès que la charge négative prise par le clou atteint une certaine valeur que nous désignerons par À. Si, pour une raison quelconque, la charge retombe au-dessous de A, des particules positives sont aussitôt perdues par le clou et celui-ci reprend la charge A.
- 2e hypothèse. — Dans les solutions de sels métalliques, on considère, de même que dans un métal, des parties positives et des parties négatives ou, comme on dit, des ions.
- Ainsi, dans une solution de sulfate de cuivre, on considère des particules de cuivre existant à l’état libre et portant une charge électrique positive. De même, dans l’eau pure, on suppose l’existence à l’état libre, de particules d’hydrogène chargées positivement.
- Avec ces deux hypothèses, nous sommes capables d’expliquer le mécanisme de formation delà rouille. Pour obtenir de la rouille, il faut du fer, de l’eau et de l’oxygène dissous dans cette eau. En effet, l’eau privée d’oxygène par ébullition ne rouille pas le fer et l’oxygène sec n’a .aucune action. Nous sommes donc forcés, pour voir notre clou se rouiller, de le mettre en contact avec de l’eau ; mais alors, d’après la première hypothèse, des particules positives de fer se détachent du clou, passent dans l’eau et y rencontrant l’oxygène dissous se transforment en rouille. La quantité de rouille produite augmente
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- donc au fur et à mesure que des particules de fer passent dans l’eau.
- Nous avons vu que ce mouvement des particules positives s’arrête dès que le clou possède la charge À.
- La production de la rouille devrait donc aussi s’arrêter s’il n’y avait le phénomène suivant : un clou plongé dans l’eau se recouvre d’hydrogène, de même qu’un clou plongé dans du sulfate de cuivre se recouvre de cuivre.
- Etudions de près cette action : nous plongeons le clou dans l’eau; il prend la charge négative A par suite du départ de particules positives (l,e hypothèse) . Ce départ provoque l’arrivée sur le clou des particules positives d’hydrogène existant dans l’eau pure d’après la deuxième hypothèse; l’hydrogène en se déposant apporte du clou sa charge positive; la charge négative au clou tombe au-dessous de A ; immédiatement des particules positives se détachent (lie hypothèse) provoquant une nouvelle arrivée de particules d’hydrogène et ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les parties du clou susceptibles de recevoir de l’hydrogène en soient recouvertes. Nous avons donc une couche 1111 d’hydrogène (fig. 2) ; à ce moment, si l’hydrogène déposé n’est pas détruit, l’action s’arrête ; en effet, les charges des particules K K d’hydrogène qui pourraient se déposer, ne peuvent arriver au clou, car elles en sont séparées par la couche HH mauvaise conductrice de l’électricité; la charge négative du clou ne peut plus tomber au-dessous de A ; il ne part plus de particules positives et, par conséquent, il ne se dépose plus d’hydrogène. Si nous voulons faire continuer ce dépôt d’hydrogène, il nous faut détruire la couche d’hydrogène au fur et à mesure qu’elle se forme. Or, cette couche se détruit d’elle-même au contact du fer, par suite de l’action de l’oxygène dissous qui avec l’hydrogène donne de l’eau. Le dépôt d’hydrogène se fait alors d’une façon continue, il en est de même du passage des particules de fer et par conséquent la rouille progresse de plus en plus.
- En résumé la formation de la rouille comprend deux faits :
- 1° Passage de particules positives de fer dans l’eau et oxydation de ces particules par l’oxygène dissous dans l’eau;
- 2° Dépôt d’hydrogène sur le clou et destruction de cet hydrogène sous forme d’eau par l’oxygène dissous.
- L’oxygène dissous dans l’eau joue donc un double rôle. Si, pour une raison quelconque, l’un des deux faits ne peut se produire, l’attaque du clou ne se poursuit pas ; le clou est protégé contre la rouille.
- IL Conséquences de la théorie électrolytique.— a) Influence du contact des métaux divers. — De nombreux faits intéressants résultent de la théorie électrolytique et leur vérification expérimentale jus-
- LA ROUILLE .....
- tifie dans une certaine mesure les hypothèses faites.
- Puisque la rouille ne peut progresser que si l’hydrogène déposé sur lé clou est continuellement enlevé par combinaison avec l’oxygène dissous dans l’eau, tout agent qui favorisera cette combinaison favorisera par là même la production de la rouille ; tout agent qui la contrariera protégera le fer contre l’oxydation. Chacun sait que la combinaison de l’hydrogène et de l’oxygène se fait plus facilement en présence d’une surface de platine qu’en présence d’une surface de cuivre: le cuivre favorise aussi plus que le fer, et le fer plus que le zinc cette combinaison.
- Mettons en contact électrique une pièce de fer et un morceau de platine; l’hydrogène de l’eau se dépose sur le platine et vient apporter sa charge du fer par l’intermédiaire du fil de communication. L’hydrogène déposé est rapidement combiné avec l’oxygène grâce à la présence du platine. Par conséquent, d’après ce que nous avons dit, la corrosion du fer sera plus forte (fig. 3, n° 1).
- Beaucoup de substances contenues dans le fer du commerce, telles que le sulfure de manganèse, jouent le rôle du platine ; aux endroits où se trouvent ces substances, la corrosion est accélérée et comme elles ne sont pas répandues uniformément dans les échantillons de fer, la corrosion sera plus forte en certains points qu’en d’autres. Nous avons une explication des différences d’attaques signalées au commencement de cette étude.
- Il semble donc avantageux, au point de vue de la corrosion et de l’uniformité d’attaque, d’avoir des échantillons de fer purs ; ce serait là une explication de la moindre altérabilité des pièces de fer de nos ancêtres, armes, outils, etc... Les procédés métallurgiques modernes, introduisent beaucoup d’impuretés, conduisent à des métaux plus oxydables. On a trouvé qu’un acier ne contenant pas plus de 0,05 p. 100 de substances étrangères résiste très bien à la corrosion. ,
- Le cuivre sé comporte d’une façon analogue au platine (fig. 4, a et b). Si, au contraire, on fait communiquer électriquement une pièce de fer avec un morceau de zinc (fig. 4, n° 2), l’hydrogène vient se déposer sur le fer et protège celui-ci ; l’action de l’oxygène dissous dans l’eau se porte toute entière sur le zinc qui s’oxyde beaucoup plus vite que s’il était seul.
- Si, en un point d’une plaque ou d’un fragment de fil de fer, on soude un bouton de zinc (fig. 4, n° 2), le fer est protégé contre la rouille sur une distance AA de 20 cm environ. Cette zone de protection croît quand la conductibilité électrique du liquide dans lequel est plongé le fer croît et l’expérience montre que dans une solution à 10 p. 100 de chlorure de potassium, cette zone dépasse 2 m.Tous ces faits donnent confiance à la théorie électrolytique.
- Dans l’usage courant on emploie souvent du fer galvanisé, c’est-à-dire du fer recouvert d’une couche de zinc ; le rôle du zinc est double :
- 10 II empêche le fer d’être en contact avec l’eau ;
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- 2° Si une discontinuité se produit dans la couverture de zinc, c’est-à-dire si, en certains endroits, le fer est à nu, celui-ci est encore protégé, comme nous venons de le voir ; seulement le zinc s’oxyde très rapidement et finit par ne plus être efficace. 11 y a donc intérêt à avoir une couche de zinc bien ho-
- b) Action de diverses solutions sur la rouille.— Puisque nous considérons dans la formation de la rouille, d’un coté un flux de particules de fer et de l’autre un flux de particules d’hydrogène de l’eau vers le fer, plus la solution en contact avec le fer contiendra au préalable des particules libres d’hydro-
- Fig. 3. — A'0 i. Contact avec le platine (accélération de la corrosion). N° 2. Aiguille, clou et fil de fer. — N° 3. Fragment de fil de fer.
- mogène ne présentant pas de trous; ceci n’est qu’imparfaitement réalisé dans la pratique.
- On pourrait chercher à protéger le fer en le recouvrant d’une couche de cuivre; malheureusement,
- gène, plus ces deux flux pourront être abondants et plus la corrosion sera forte. On admet généralement que le nombre de particules d’hydrogène libres augmente par l’addition d’acides; la corrosion sera donc
- a 1 b 2
- Fig. 4. — N° 1. Contact avec le cuivre {accélération) : a, au bout de 12 heures; b, , au bout de 24 heures. — A’0 2. Contact avec le zinc (protection}.
- si une discontinuité se produisait dans la couverture de cuivre, l’action de l’oxygène ne se porterait pas sur le cuivre, comme précédemment sur le zinc, mais sur le fer mis à nu et celui-ci serait rapidement attaqué. Ajoutons que les parties écrouées semblent, dans le fer, prédisposées à l’attaque et on peut regarder parfois les différences d’oxydation aux divers points comme provenant d’inégalités d’écrouissage.
- accélérée du fait de la présence d’acides, en particulier de l’acide carbonique. Au contraire, la présence de solutions alcalines, même diluées, modérera la production de la rouille. Des échantillons de fer placés dans une solution renfermant 6 gr. de soude caustique par litre d’eau sont encore intacts au bout de 6 mois. Il serait cependant dangereux de remédier à l’altération des chaudières en y introduisant
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- des alcalis. Sans compter l’inconvénient de la mousse, la soude, une fois carbonatée ou même encore à l’état caustique, mais à un degré de dilution trop grand, produirait des piqûres isolées plus profondes. Tout protecteur, qui n’est pas absolument efficace, tend à provoquer une localisation de l’action de l’oxygène et est ainsi plus dangereux que l’absence de protecteur.
- Nous avons une deuxième façon d’agir sur la rouille, c’est de supprimer l’oxygène dissous dans l’eau, la présence de celui-ci étant nécessaire à la formation de la rouille. Plusieurs moyens peuvent être préconisés : soit user au préalable l’oxygène dissous à oxyder du fer, en faisant passer l’eau dans des récipients fermés contenant de la lerraille, soit absorber l’oxygène dissous en introduisant dans l’eau des matières convenables telles qu’une solution alcaline de tanin donnant, à la température et à la pression de la chaudière, de l’acide pyrogallique1.
- Des protecteurs extrêmement efficaces, dont l’action n’est pas encore bien connue, sont constitués par des solutions, même très diluées de bichromate de potassium. Des échantillons de fer, placés dans une solution millinormale de bichromate, n’ont pas présenté, en 6 mois, de trace de rouille. Même ces échantillons retirés de la solution et essuyés sont encore protégés pendant un certain temps. C’est pourquoi les peintures à base de chrome appliquées sur la surface du fer sont souvent d’excellents protecteurs; je dis souvent, car il se peut que la présence de matières étrangères, même en petite quantité, suffise pour combattre cet effet protecteur.
- Une solution 1 /500 normale de bichromate protège parfaitement le fer; si dans un tube à essai contenant 20 cm de cette solution, on introduit un morceaü de fil de fer, puis 5 gouttes, soit environ 1/4 cm5 de sulfate de cuivre à 10 p. 100, l’attaque se produit en quelques jours.
- Cette expérience montre la difficulté d’obtenir des renseignements nets sur la valeur des différentes peintures employées dans la pratique pour protéger le fer contre l’oxydation, l’efficacité dépendant beaucoup de la méthode de préparation de ces peintures.
- Des expériences, méthodiques, entreprises par M. Cushman2, il semble résulter que le nom du type de peinture employé n’est pas un sûr garant de son efficacité; il faut vérifier sa valeur au préalable par un essai direct. De plus, les substances bonnes conductrices de l’électricité ne doivent pas être appliquées comme première couche. M. Cushman a aussi envisagé la question de protection par des vernis, laques, couches bitumées,-ciments, mais les résultats sont trop peu nets pour que nous puissions nous étendre. Ces études sont extrêmement intéressantes au point de vue industriel et il serait à souhaiter qu’elles donnassent des renseignements définitifs.
- En résumé, la théorie électrolytique permet d’expliquer d’une façon satisfaisante les effets de
- 1 Wai.ker. The engineering magazine.
- 3 Cushman. The iron monger, mai 1909.
- LA ROUILLE : . . —:—
- protection ou d’accélération dus au contact de métaux ou de solutions diverses. Elle indique que les objets de fer et d’acier, dont la destination s’oppose à l’usage de couches protectrices, tels que les rails, les chaînes, sont d’autant moins attaquables qu’ils contiennent moins d’impuretés et que, par conséquent, au point de vue corrosion, des modifications dans les traitements métallurgiques peuvent avoir une grande importance.
- Nous devons ajouter que cette théorie est fortement combattue par de nombreux chercheurs qui lui ont opposé diverses théories. Friend1 préconise la théorie acide émise en premier lieu par Crace Cal-vert. Suivant cette théorie, la présence d’acides dans l’eau amène la dissolution du fer sous forme de sel ferreux, lequel absorbe l’oxygène dissous dans l’eau en donnant de la rouille qui précipite. L’acide remis en liberté est prêt à agir de nouveau sur le fer. Une simple trace d’acide serait capable de convertir en rouille une quantité indéfinie de fer, pourvu que celui-ci se trouvât en présence d’une quantité suffisante d’oxygène et d’eau à l’état liquide. En particulier, pour l’acide carbonique, c’est-à-dire dans les conditions habituelles où le fer se rouille, l’air étant chargé d’acide carbonique qui se dissout dans l’eau en même temps que l’oxygène, on aurait les deux réactions suivantes :
- Fe + CO2 H-H20 = C03Fe-h H2 2 C05Fe 4- 3 H20 4- O = Fe2 (OH)fi -F- 2 CO2
- Le fait que la corrosion une fois commencée se continue rapidement, s’expliquerait par la nature hygroscopique de la rouille dont les pores se satureraient d’humidité chargée d’acide carbonique. A l’appui de ces affirmations, Friend prétend avoir conservé un morceau de fer partiellement rouillé au contact d’air et d’eau privés d’acide carbonique sans la plus légère augmentation de la zone attaquée.
- Dunstan (1905) considère dans la formation de la rouille une production d’eau oxygénée d’après les réactions :
- Fe -F-1120 = FeO 4- 2H 2Il4-02 = H202 2FeO 4-11202 = Fe202 (OH)2.
- Les biologistes attribuent une action aux bactéries contenues dans l’eau; ajoutons cependant que la rouille se produit dans l’eau stérilisée.
- Nous ne citons ces divergences d’idées que pour bien montrer que l’on connaît très mal les circonstances de formation de la rouille et pour donner un aperçu de l’ardeur avec laquelle se poursuivent, surtout en Amérique, des recherches sur cette question d’un intérêt industriel évident.
- L’étude que nous venons de faire est un exemple de plus de la complexité de phénomènes qui, à première vue, paraissent simples et pourtant se révèlent extrêmement délicats après un examen approfondi. G. Bresch.
- Élève de l’École Normale supérieure.
- 1 J. Newton Frienb. Journal de VIron and sleel lnslitule, n° 2, 1908.
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- CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE DE VILLEFRANCHE A BOURG=MADAME
- Le chemin de fer de Villefranche à Bourg-Madame qui vient detre inauguré, et dont les débuts ont été attristés, il y a quelques jours, par un tragique accident où 6 personnes laissèrent la vie, est remarquable à plus d’un titre. Tout d’abord, c’est le premier chemin de fer électrique pyrénéen : la région pyrénéenne sera bientôt, en effet, sillonnée par un réseau très important de lignes électriques, qui marquera pour la France, assez en retard à ce
- les deux réseaux qui relient la France avec l’Espagne, d’abord, à l’Est, la ligne de Perpignan à Barcelone qui suit la côte méditerranéenne et, ensuite, à l’Ouest, celle actuellement en construction et qui doit relier Toulouse avec Barcelone par la vallée de l’Âriège et de la Sègrc. Cette nouvelle ligne donnera également un débouché à la Cerdagne française, région aujourd’hui entièrement deshéritée.
- Le chemin de fer de Villefranche à Bourg-Madame, d’une longueur de 55 km, est un véritable chemin de fer de montagne. Aussi était-il tout indiqué d’y appliquer la traction électrique, d’autant plus qu’il était facile d’obtenir économiquement l’énergie électrique nécessaire au moyen de chutes d’eau voisines de la ligne.
- Les déclivités maximum admises sont de 6 centimètres par mètre et le rayon minimum des courbps de 80 m.
- L’établissement de la ligne a nécessité la construction de nombreux viaducs, d’une quantité consi-
- Fig. i. — Viaduc de Fonipé-drousependant sa construction.
- point de vue, une date dans l’histoire de ce qu’on appelle l’électrification des voies ferrées.
- En outre, la ligne construite dans un pays fort accidenté a exigé des travaux d’art considérables dont certains présentent un cachet tout spécial d’originalité.
- Le chemin de fer de Villefranche à Bourg-Madame, à voie de 1 m., qui est le prolongement de la ligne actuellement en exploitation de Perpignan à Villefranche par Prades, part de Villefranche à la cote de 489 m. au-dessus de la mer. Il remonte ensuite, avec des rampes presque continues de 6 centimètres par mètre, la haute vallée de la Têt qui se déroule au fond de gorges sauvages et abruptes jusqu’au col de la Perche, à la cote de 1591 m., point de partage des eaux entre le versant de la Têt et celui de la Sègre. A partir de ce point, la ligne redescend à la cote de 1145 m. au-dessus de Ta mer qu’elle atteint à Bourg-Madame, distant de un kilomètre de Puygcerda, la ville frontière espagnole, station d’été très suivie par les riches Espagnols de la Catalogne.
- Le but principal du chemin de fer de Perpignan à Bourg-Madame est d’établir un trait d’union entre
- Fig. 2. — Viaduc de Fontpèdrouse achevé.
- dérable de tunnels de longueur plus ou moins grande, ainsi que de galeries couvertes aménagées à flanc de coteau afin de mettre la voie à l’abri des éboulis et des avalanches de neige si fréquentes dans ces parages pendant la saison d’hiver. On estime que les dépenses de construction s’élèveront à la somme de 20 millions, soit 300000 francs par kilomètre.
- Parmi ces nombreux viaducs, il en est deux qui méritent une mention spéciale : le viaduc en maçonnerie de Fontpèdrouse et le pont suspendu rigide de la Cassagne dont nous nous occuperons plus spécialement dans cet article.
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- Viaduc de Fontpédrouse sur la Têt. — Le
- niveau des rails se trouve à une hauteur de 65 m. au-dessus du niveau moyen de la Tôt qui roule, à cet endroit, au fond d’une gorge à parois presque à pic, de 30 m. de largeur et de 20 m. de profondeur, parois prolongées à droite et à gauche par des pentes moins accentuées et voisines de 45°. M. Séjourné, l’auteur du projet du viaduc et le constructeur des ponts en maçonnerie si remarquables de Lavaur, de Toulouse et de Luxembourg, proposa de franchir la Têt au moyen d’un via-duc en maçonnerie à deux étages (fig. 1-2), l’étage inférieur étant formé d’une seule voûte en ogive de 30 m. de portée et de 18 m. de flèche avec tympans évidés, destinée à franchir d’un seul jet la gorge de la Têt.
- Cette voûte prend appui sur le rocher qui forme les deux rives du ravin. Le second étage, de 24 m. de hauteur, est constitué, au-dessus de la voûte ogivale, de quatre arches en plein cintre de 17 m. d’ouverture dont la pile centrale prend appui sur le sommet de la voûte en ogive de l’étage inférieur. Du côté de Bourg-Madame le second étage est prolongé par un viaduc de dix arches en plein cintre de 9 m. d’ouverture et de hauteur décroissante suivant le profil du terrain.
- Deux arches également en plein cintre et de 9 m. d’ouverture terminent le viaduc sur la rive opposée. Les travées qui prolongent le yiaduc à droite et à gauche des quatre travées centrales sont séparées de celles-ci par des piles-culées. Le viaduc, dont la longueur totale est de 276 m., est en rampe de 6 centimètres par mètre.
- Afin de diminuer le cube des maçonneries et, par suite, la dépense, la largeur du viaduc est réduite à 2,50 m. au niveau des rails. Des encorbellements en béton armé de 0,82 m. de porte à faux prenant appui sur le viaduc ont permis d’obtenir la largeur de 4,16 m. nécessaire entre les parapets en fer du viaduc.
- Construit avec le granité bleu de la région l’ensemble de l’ouvrage offre un très bel aspect.
- Le viaduc de la Cassagne. — Le viaduc de la Cassagne qui traverse la rivière de la Têt, au-dessus du ravin qui porte ce même nom, est un pont suspendu rigide d’un type nouveau fort intéressant, étudié par le commandant du génie Gis-clard.
- Dans ce système de pont, la suspension du tablier est constituée d’une sorte d’arc renversé à trois articulations : deux, À et B, placées au sommet des
- pylônes et la troisième C- au milieu de la travée, dont chacune des fermes CBH est formée par le câble CB formant la membrure supérieure, par le câble CH formant membrure inférieure et par les tirants obliques DB, FB, GB et HB reliant chacun des points D, F, G, 11 de suspension du tablier avec le sommet des pylônes. Les triangles, qui constituent ainsi chacune des fermes, rendent celles-ci indéformables géométriquement et, afin de leur donner toute la stabilité désirable, on a défini la forme géométrique des membrures de ces fermes de telle sorte que toutes les pièces qui constituent ces membrures et notamment les câbles obliques qui relient la membrure inférieure avec le sommet du pylône restent tendues non seulement sous l’action du poids permanent du pont, mais aussi dans les positions les plus défavorables de la charge roulante circulant sur le tablier du pont, suspendu au moyen des tiges 1... 1, aux membrures inférieures des fermes. Ce dernier résultat est obtenu par la détermination, au moyen du calcul, de la position exacte que doivent occuper les différents nœuds d’attache D, F, G, H des tirants avec les tiges de suspension 1...1 du tablier, par rapport à l’articulation C (fig. 4).
- On obtient de la sorte un système géométriquement indéformable et rigide, entièrement dilatable sous l’action des variations de température et qui jouit de l’avantage d’être isostatique, c’est-à-dire que tous les éléments qui composent son ossature peuvent être calculés par les règles de la statique
- A b
- Fig. 4. — Schéma indiquant la disposition des câbles d’un pont suspendu rigide, système Gisclard.
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- sans avoir recours aux déformations élastiques, contrairement à ce qui se présente avec le système des ponts suspendus rigides du type américain composés d’une poutre triangulée raidissante, plus ou moins invariable de forme, suspendue à un câble flexible et élastique, conditions qui rendent difficile
- Fig. 5. — N° /, les pylônes du viaduc pendant leur montage; N° 2, montage du premier panneau du tablier., au-dessus le transporteur circulant sur les câbles Ordish; N° 3, continuation du montage du tablier au moyen du transporteur circulant sur les câbles Ordish; N° 4, achèvement du montage du tablier; en A et B nœud central de chacun des câbles principaux de suspension ; N° 5, viaduc terminé.
- la détermination de la répartition des charges entre les différents éléments du pont.
- Restait, cependant, une dernière considération. Sous le passage des charges roulantes, par suite de l’augmentation du travail du métal, les câbles obliques^, ainsi que ceux de suspension du tablier s’allongent et le tablier s’abaisse. De plus, comme les câbles obliques, par suite de leur poids, ne suivent pas une ligne droite entre leurs points d’attache, mais bien une chaînette, il en résulte, par suite de l’accroissement de travail, un redressement de ces câbles et une diminution de flèche de ceux-
- ci et, par suite, un second allongement des câbles venant s’ajouter au premier en produisant un nouvel abaissement du ta-blier. Il y avait donc intérêt à faire disparaître cette dernière cause d’abaissement. Pour cela on a eu recours au câble Ordish, du nom de l’ingénieur autrichien qui l’employa pour la première fois et qui consiste à installer d’un pylône à l’autre un câble AMR auquel sont fixés des câbles verticaux venant soutenir en différents points a, b, c, d les câbles de suspension et obliques, de sorte que, en temps normal, ceux-ci sont," pour ainsi dire, rectilignes. Dans ces conditions l’abaisse-
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- ment du tablier n’est plus dû qu’à l’allongement élastique des câbles résultant de l’augmentation de travail.
- Tel est, malheureusement trop brièvement résumé, le principe du pont suspendu rigide Gisclard et c’est sur ce même principe qu’a été construit le viaduc de la Cassagne, la première application de pont suspendu pour voie ferrée faite en France.
- Les premiers essais de ce système de pont ont eu lieu au Congo pour le compte de la Société du Haut Ogoué et sous l’initiative du commandant Barré administrateur. Il s’agissait, dans ce cas, de ponts légers pour voitures à bras, et porteurs. Par suite des difficultés de transport qui, à cette époque, ne pouvaient se faire qu’à dos d’homme, le poids des pièces ne pouvait dépasser 50 kg. Un certain nombre de ces ponts légers (fig. 3) ont été construits dans les ateliers de M. Arnodin et ont donné toute satisfaction. Aussi est-ce à la suite de ces essais que M. l’inspecteur général Lax décida d’employer ce système de pont amplifié et perfectionné pour franchir la Têt à la Cassagne.
- Description du viaduc. — Le viaduc de la Cassagne (fig. 5) se compose de trois travées dont une centrale de 156 m. de portée limitée, de chaque côté, par deux piles en maçonnerie de 50 m. de hauteur fondées sur le roc solide et de deux travées latérales de 59 m. d’ouverture limitées elles-mêmes par les piles en maçonnerie et les culées. La longueur totale du viaduc est de 234 m. entre les parements des culées. Du côté de Bourg-Madame le viaduc se prolonge par une travée métallique indépendante de 19 m. de portée, ce qui porte à 255 m. la longueur totale de l’ouvrage.
- Sur chacune des piles en maçonnerie est ancré un pylône métallique de 29 mètres de hauteur sur le sommet duquel est placée une série de galets sur lesquels roule le chariot de dilatation auquel sont fixés, d’un côté, les différents câbles obliques de suspension de la travée centrale, ainsi que les câbles Ordish et, de l’autre, les câbles de retenue prenant leur ancrage au fond de deux galeries inclinées creusées dans le rocher. Dans ces galeries inclinées on a eu soin de laisser les câhles d’amarrage entièrement à l’air libre de manière à pouvoir les visiter et même les remplacer.
- Nous ne reviendrons pas sur les dispositions des câbles de suspension du tablier dans la travée centrale, établis suivant le système Gisclard, et qui sont entièrement conformes à celles dont nous avons parlé précédemment et qui sont indiquées sur la figure 4. Nous dirons seulement qu’on a admis pour chacun des câbles le principe de Y amovibilité préconisé depuis longtemps par M. Arnodin pour les ponts suspendus. Ce principe consiste à remplacer un câble unique en tension par une série de câbles juxtaposés et munis d’étriers aux articulations, de telle sorte qu’il est possible de remplacer une des pièces de la suspension sans influence fâcheuse sur la résistance de l’ensemble et sans interrompre la circulation sur le pont. On peut
- ainsi augmenter indéfiniment la durée de l’ouvrage.
- Le tablier qui ne prend aucun appui sur les piles, est entièrement suspendu aux fermes au moyen de tiges articulées non seulement aux goujons des nœuds de ces fermes, mais encore à leur point d’attache avec le tablier. Par suite de cette indépendance des fermes et du tablier on évite les efforts anormaux qui pourraient se développer dans ce dernier, sous l'effet des variations de température et de freinage des trains, si une liaison rigide existait entre le tablier et la suspension. Dans les travées latérales la suspension du tablier est obtenue au moyen de câbles obliques fixés au chariot de dilatation au sommet des pylônes.
- Comme le tablier suit, comme la voie, une rampe de 6 pour 100 dans la direction de Bourg-Madame on a, afin d’éviter son mouvement de descente, solidement buté et ancré celui-ci contre la maçonnerie de la culée basse, côté Yillefranche. Sur la culée opposée, côté Bourg-Madame, le tablier est libre et glisse sur une plaque d’appui en acier fixée à la maçonnerie. Le tablier peut ainsi suivre les variations de température et, comme nous venons de le dire, sans action sur les fermes de suspension.
- Le tablier métallique est formé de deux poutres de rive pleines de 1 m. 03 de hauteur espacées d’axe en axe de 6 mètres. Ces poutres sont continues d’une culée à l’autre, c’est-à-dire sur une longueur de 234 mètres. Tous les 7 m. 80, c’est-à-dire avec le même espacement que les tiges de suspension aux fermes, elles sont reliées par des entretoises reliées elles-mêmes par une série de longerons supportant les rails de la voie. A la partie inférieure ces poutres sont contreventées par un système de croix de Saint-André destiné à résister aux efforts transversaux du vent qui, dans celte région, est d’une violence extrême. Aussi les gens du pays appellent-ils cet endroit le « Cap des Tempêtes ».
- Sous la pression du vent le tablier, continu sur toute sa longueur entre les culées, se comporte comme une poutre horizontale à trois travées et vient buter sur les pylônes contre des coussinets en fonte fixés à la base des pylônes et épousant le contour de la poutre de rive. Sur les culées ce sont les longerons supportant les rails qui butent sur des coussinets ancrés dans la maçonnerie.
- Les dispositions d’amarrage dans le rocher du talweg ont été étudiées avec un soin tout particulier par M. l’ingénieur en chef Nouailhac.
- Tous les calculs relatifs au pont suspendu rigide ont été faits en supposant un train composé de six automotrices pesant en tout 192 tonnes et d’une longueur de 64 m. 50.
- Montage du viaduc. — Le montage du viaduc a présenté certaines caractéristiques nouvelles fort intéressantes dues à l’initiative de M. Arnodin, l’ingénieur constructeur bien connu, qui a été chargé de la construction de toute la partie métallique du viaduc de la Cassagne. Malheureusement,
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- faute de place, nous ne pourrons citer que les points principaux de ce montage.
- On installa d’abord d’une rive à l’autre du ravin, un câble transporteur auquel M. Arnodin a donné le nom de Télécharge. Ce câble transporteur de 279 mètres de portée était supporté sur chaque rive par un pylône en bois et ancré en arrière dans le rocher. Au moyen de ce transporteur on amena les matériaux nécessaires à la construction des piles en maçonnerie de 50 mètres de hauteur. Puis, lorsque ces piles furent achevées, ce même transporteur permit d’amener les différents tronçons qui constituaient les pylônes métalliques. Une fois amenés, ces différents tronçons étaient repris par une grue aulo-élévatrice qui permettait leur mise en place comme le montre la figure 5, n° 1. Lorsque le premier étage du pylône était achevé, après avoir monté la grue au sommet de ce premier étage, on continuait le montage du second étage, puis, par le même procédé, le troisième et dernier.
- Les pylônes terminés, il s’agissait de monter les fermes de la suspension de la travée centrale. Mais, comme les pylônes devaient servir d’appui pour ce montage et que ceux-ci, dans leur position définitive, ne doivent supporter que des efforts verticaux tandis que, pendant le montage, ils sont soumis à des efforts de renversement, il était de toute nécessité, tout d’abord, d’assurer la stabilité de ces pylônes. Dans ce but, après avoir installé à leur sommet les chariots de dilatation, on lixa à ceux-ci, d’un côté, les câbles de retenue de la suspension et, de l’autre, les quatre câbles Ordish, deux par chaque tête de pont, qui vont d’un pylône à l’autre.
- Cette opération terminée, on monta les câbles obliques de suspension A C et C B de la figure 4, reliés au point C par l’articulation centrale. Pour cela, on fixa tout d’abord, une des extrémités de chacun de ces câbles au chariot de dilatation de la voie côté Bourg-Madame, l’autre extrémité de ces câbles étant au fond du ravin. Puis, au moyen de palans et de câbles en acier, on amena cette seconde extrémité des câbles au sommet de la pile opposée où elle fut fixée au chariot de dilatation de ce second pylône.
- Le montage de ces câbles étant alors achevé, on installa sur les câbles Ordish un chariot roulant
- manœuvré par un treuil à vapeur placé sur la culée côté Villefranche. Au moyen de ce chariot roulant on monta le premier panneau du tablier. (Voy. la figure 5, n° 2.) Puis, ensuite, au moyen de ce même chariot, et en se servant du premier panneau comme point d’appui, on continua de monter à droite et à gauche de ce panneau les panneaux suivants du tablier, ainsi que les câbles obliques qui les supportent. (Voy. la figure 5, nos 5 et 4.)
- Le reste du montage du tablier s’est ensuite opéré sans difficulté et il ne restait plus qu’à régler la tension des différentes pièces de la suspension.
- Le montage de la partie métallique de l’ouvrage a été commencé en juillet 1907 et terminé en septembre 1908. 11 a été exécuté par le monteur Bézault sous la direction personnelle de M. Arnodin et, malgré les difficultés des lieux, grâce aux précautions prises, il ne s’est produit aucun accident
- ni au personnel ni au matériel.
- Le poids de la partie métallique du pont est de 878 tonnes, soit 5,46 tonnes par mètre courant et la dépense de cette même partie métallique a été de 502 000 francs, soit 1974 francs par mètre courant de pont, chiffre certainement inférieur à celui d’un pont métallique à poutres droites ou en arc.
- Les travaux de la ligne électrique de Villefranche à Bourg-Madame ont été exécutés sous la direction de M. Nouailhac, ingénieur en chef et de M. Lax, inspecteur général des Ponts et Chaussées.
- Les essais du viaduc de la Cassagne ont eu lieu le 29 et le 50 octobre dernier en présence des ingénieurs et agents des Ponts et Chaussées chargés de la construction, du commandant Gisclard, le créateur de ce nouveau type de pont suspendu et de M. Arnodin, le constructeur du pont. Ces essais avaient donné complète satisfaction et tout le personnel qui venait d’y assister se disposait à revenir vers Prades dans le train électrique qui avait servi à ces essais. Il tombait une pluie fine et les rails étaient très glissants. Au moment où tout le monde était monté dans les automotrices et, avant même que le signal du départ soit donné, le train dont les freins étaient, cependant, bloqués et qui se trouvait sur la pente de 6 centimètres par mètre, se mit de lui-même en marche entraîné par la pente. Dans l’impossibilité où se trouva le wattman de maîtriser
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- Fig. 6. — Carie indiquant le tracé du chemin de fer électrique de Villefranche à Bourg-Madame.
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- 382 " ....'-^r= LE CHEVAL-VAPEUR z
- la vitesse, le train prit une vitesse accélérée sur la pente de 6 centimètres par mètre et, après un parcours de quelques kilomètres, dérailla dans une courbe de faible rayon et vint s’effondrer contre le rocher qui borde la voie à cet endroit. Six personnes ont trouvé la mort dans cet accident parmi lesquelles
- le commandant Gisclard, le monteur Bezault et M. Hubert, sous-ingénieur aux chemins de 1er de l’Etat. Douze autres personnes ont été plus ou moins grièvement blessées et parmi celles-ci se trouvent M. Arnodin et son gendre M. Leinekugel-Le Cocq.
- 11. Boxnin.
- LE CHEVAL-VAPEUR
- Bien que d’un emploi assez général, le cheval-vapeur est aujourd’hui dépaysé dans l’ensemble à peu près cohérent des unités de la mécanique. Son origine est celle de toutes les unités arbitraires qui constituaient les ensembles disparates d’autrefois. Ce fut un grain d’orge qui servit de type au grain conservé dans le système britannique; une graine de Java fournit la valeur du carat, variable d’un pays à l’autre; plus récemment, Jacobi envoyait aux principaux physiciens des lils de cuivre semblables à celui qu’il avait découpé pour son propre usage, et qui devait représenter l’unité de résistance. C’est dans le même esprit que Watt, mesurant la quantité d’eau montée par un cheval attelé à un manège, établit l’unité de puissance qu’il nomma horse-power, et que le symbole HP désigne dans les écrits des ingénieurs britanniques.
- 11 fallut donner à cette unité une valeur normale ; elle fut arrêtée à 550 pieds-livres par seconde, la livre étant ici l'effort exercé par une livre avoir-dupois dans les conditions moyennes de la pesanteur en Angleterre.
- Traduite dans les unités métriques, cette unité de puissance est égale à 76,04 kilogrannnètres par seconde, le kilogrammètre étant le travail produit par la chute de 1 kilogramme-masse sur la longueur de 1 m. dans les conditions normales de la pesanteur, c’est-à-dire pour g — 9,80665 m/sec2. Arrondissant le nombre de kilogrammètres par seconde aux trois quarts de la centaine, on créa le cheval-vapeur, qui se trouve être ainsi inférieur de 1,4 pour 100 au horse-power.
- Lors donc que l’on désigne le cheval continental par HP, on commet une erreur de fait. Il suffirait, sans aucun doute, d’attirer l’attention de tous les publicistes de la mécanique sur cette interprétation erronée du terme horse-power et de son abréviation pour les décider à l’abandonner dans leurs écrits.
- Mais il y a plus : le cheval lui-même devrait rejoindre aujourd’hui, dans le musée des choses du passé, toutes les unités que remplace le système cohérent et logique créé pour faciliter les calculs de la mécanique.
- D’abord, nous venons de le voir, le même nom de cheval s’applique à deux unités légèrement différentes. Puis ce facteur 75, qui fait tache au milieu des puissances de 10 auxquelles nous nous sommes si facilement habitués, parce qu’elles substituent
- aux calculs un simple déplacement de la virgule, suffirait à le faire condamner.
- Le Congrès de mécanique appliquée de 1889 a créé le Poncelet, de 100 kilogrammètres par seconde. N’est-il pas plus logique de s’en servir?
- Sans doute, le poncelet lui-même n’est qu’une unité transitoire. L’unité universelle de force sera probablement, quelque jour, engendrée par le produit que l’on obtient en multipliant l’unité de masse, le kilogramme, par une accélération exprimée, en fonction du mètre et de la seconde, par une puissance de 10, l’unité n’étant pas exclue. Alors, le système qui aboutit au kilowatt deviendra le seul praticable, et cette unité de puissance, créée par la logique même en partant de l’ampère et du volt, deviendra l’unité nécessaire déduite de celle de la force.
- Je m’explique. En plaçant un kilogramme-masse en un point quelconque de la surface de la terre, on réalise, par son poids, une force variable d’un endroit à un autre, et que l’on nomme le kilogramme-force. Aussi longtemps que les mesures étaient assez peu précises pour que les diverses valeurs du kilogramme-force pussent être considérées comme identiques, celte unité de force était d’un emploi très commode : le kilogramme-masse la fournissait sans autre complication.
- Mais la précision des opérations scientifiques exige que l’on tienne compte, dans la mesure des forces ou des pressions qui en dérivent, des variations de la valeur de g; et déjà les mesures industrielles ne peuvent plus les ignorer. Les lois ont tenu compte de ce fait, et défini les conditions dans lesquelles l’unité de masse fournira, par son attraction mutuelle avec la terre, l’unité de force. On est ainsi entraîné à des réductions, et il est à peine plus compliqué de ramener l’accélération à une puissance de 10 que de la réduire au g normal. Cette réduction, faite une fois pour toutes dans l’évaluation des résultats d’expérience, débarrasse définitivement les calculs de cet ennuyeux facteur g, qui encombre toutes les formules des mécaniciens, que les débutants ne savent jamais où placer, et que la plupart des ingénieurs plus- expérimentés placent au bon endroit par simple habitude.
- L’avenir, en mécanique expérimentale, sera probablement l’emploi de poids spéciaux, représentant directement, au lieu où ils doivent servir, l’unité logique de force. Ils ne seront plus désignés par le
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- nom de la masse qui les engendre, mais conformément à la terminologie du système C. G. S., complétée par des termes abrégés.
- Nous voilà loin du cheval-vapeur. Je voulais montrer pourquoi le poncelet constitue une unité transitoire. Mais le fait qu’il ne sera pas éternel ne doit pas nous engager à lui refuser le droit à une existence au moins passagère. 11 aura, comme me le disait Hospitalier au lendemain du congrès qui l’avait créé, l’avantage de remplacer le cheval par une unité plus logiquement déduite du même kilo-
- gramme-force, mais qui, très voisine du kilowatt, servira à préparer son entrée dans la mécanique industrielle.
- Pour le, moment, procédons par ordre; que tout d’abord, le symbole HP soit sévèrement proscrit de toutes les publications techniques; que le cheval lui-même suive de près, et l’on commencera à voir un peu plus clair, en attendant que le système entier des unités mécaniques puisse être refondu en un ensemble rationnel. Cu.-Ed. Guillaume.
- Direcleur adjoint du bureau Inloniatioiiai dos Poids et Mesures
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances des 2 et 8 novembre 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- Fausse albuminurie. — M. A. Guépin chirurgien, chef du service des voies urinaires à l’hôpital Péan, désigne sous le nom de faux albuminuriques toute une catégorie nombreuse de malades qui, soignés pour une néphrite que révélait la présence d’une certaine quantité d’albumine dans les urines, n’ont, en réalité, aucune lésion rénale, mais sont atteints d’une affection de la prostate. En effet, la prostate malade charge les urines de produits albumineux. Or le pronostic et le traitement des fausses albuminuries sont tout à fait differents de ceux de l’albuminurie rénale.
- Les phosphures de fer. — M. Le Chatelier s’est préoccupé de rechercher s’il existait réellement neuf combinaisons définies du fer et du phosphore. 11 remarque que l’on prend souvent pour des combinaisons définies des mélanges dans lesquels entrent des combinaisons définies ou même des alliages, parce que l’on néglige de vérifier si ces corps possèdent les caractères des combinaisons définies. Par exemple, pour le phosphure de fer répondant à la formule Fc5 P, il constate que la masse est homogène au point de vue mélallographique, que la courbe de fusibilité présente un maximum, qu’il est insoluble dans les acides étendus qui dissolvent le fer, soluble dans les acides concentrés qui n’attaquent pas les phosphures plus riches en phosphore. Par des recherches analogues sur les divers phosphures, il a démontré qu’il n’y a en réalité que quatre combinaisons définies devant être considérées comme des phosphures et répondant aux formules Fe3.P., Fe2.P, FeP, Fe2P3.
- Stérilisations par certaines radiations, — M. Cailletel communique un travail de M. Billon-Daguerrc sur l’emploi des radiations de très courte longueur d’onde, pour la stérilisation intégrale de tous les liquides. L’auteur a déjà pi’ésenté un mémoire sur l’emploi des rayons ultraviolets de longueur d’onde correspondant à 2000 unités angstrôm. Aujourd’hui il expose qu’il est arrivé à utiliser industriellement des longueurs d’onde comprises entre 2000 et 1000 unités, c’est-à-dire des radiations ultra-ultra-violettes dont les effets photochimiques sont 25 fois plus considérables que ceux des rayons ultra-violets. M. Billon-Da guerre emploie des tubes de quartz contenant certains gaz raréfiés qu’il illumine avec un courant induit de faible intensité primaire. 11 obtient ainsi une’ action microbicide beaucoup plus grande que celle produite par lampes à vapeur de mercure, et cela pour une dépense d’énergie moindre.
- La faune méditerranéenne. — M. Edmond Perrier rappelle que M. Gruvel a été chargé d’opérer sur les
- côtes africaines de l’Atlantique, des recherches en vue de l’établissement de pêcheries. M. Dautzenberg rapprochant les animaux recueillis et ceux des dragages du Talisman et du yacht du prince de Monaco en Méditerranée déclare qu’il faut renoncer à l’opinion que cette mer a une faune spéciale. En réalité les animaux de l’Atlantique ont lai’ge-menl peuplé la Méditerranée.
- Les radiations ultra-violettes et la végétation. — M. Maquenne fait connaître des expériences auxquelles il vient de se livrer avec M. Demoussv relativement à l’éclairage des plantes vertes par une lampe à mercure, en quartz, produisant une lumière riche en radiations ultra-violettes. Ils ont pu reproduire, en quelques heures, le noircissement de l’épiderme signalé dans l’emploi de l’arc nu et que l’on attribuait jusqu’ici à une décomposition extemporanée de la chlorophylle. Cette interprétation n’est pas exacte, car le même effet s’observe sur des feuilles vertes que l’on conserve après les avoir soumises pendant un temps très court à l’action des rayons ultra-violets et qui ne montraient encore aucune trace visible d’altération. 11 est réellement dû à la mort des cellules végétales, car le protoplasma, après insolation d’un quart d’heure seulement, cesse de réagir comme il le fait d’ordinaire, aux excitations extérieures. On savait déjà que les rayons ultra-violets influencent vivement l’épiderme chez les animaux et stérilisent les cultures microbiennes. Capable aussi de tueries cellules végétales, cette source d’énergie apparaît comme une des plus puissantes causes de destruction de la vie cellulaire.
- La masse de la lune. — M. Baillaud résume un travail de M. 1 links sur la masse de la lune, déduite des observations de la planète Eros, lors de sa dernière opposition. On admettait que le rapport de la masse de la terre à celle de la lune était de 81,45; M. llinks a trouvé 81,55 avec une erreur de ± 0,05, de telle sorte que si l’erreur atteint sa valeur négative, le rapport anciennement admis 11e diffère que de 0,05 du rapport nouveau. De plus, la constante de la nutation a été trouvée égale à 0,215; le dernier congrès des constantes astronomiques tenu à Paris en 1896 avait admis la valeur 9,21.
- La régularité de marche des horloges. — M. Bi-gourdan expose que les meilleures horloges présentent des irrégularités de marche qui sont dues à deux causes, la variation de la température et la variation de la pression. Contre les variations de la température il est un moyen assez aisé de lutter, dans les observatoires fixes au moins, c’est de loger le mécanisme de l’horloge dans une salle située sous le sol, à une profondeur suffisante pour que la tem-
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- pérature y soit constante. Mais contre les variations de la pression, on ne réussit pas à lutter très efficacement. M. Bi-gourdan décrit un appareil qu’il a imaginé et que la maison Mailhata construit pour remédier à ces inconvénients. La pression à l’intérieur de la caisse est portée à une intensité plus forte que celle de la pression maximum extérieure. Un dispositif commande automatiquement l’arrivée dans la caisse d’air comprimé, chaque fois que la pression intérieure s’y abaisse au-dessous d’une limite adoptée. Le balancier oscille donc dans un milieu dont la pression est constante.
- Economie dans l’emploi industriel de l’alcool de l’air cl de, l’éther. — M. Vieille décrit un procédé qui permet de réaliser d’importantes économies dans l’emploi industriel de l’alcool ou de l’éther. Jusqu’ici des industries importantes sont obligées de laisser perdre dans l’air des ateliers l’alcool et l’éther qu’elles mettent en jeu, pertes qui peuvent atteindre, pour une seule usine, près de 150Ü000 francs par an. M. Claude a résolu le problème en appliquant convenablement le froid produit par la détente de l’air chargé de vapeurs. Ou. de Villedeuil,
- NEGRE BLANC
- L’albinisme est une anomalie congénitale qui allécte, comme on le sait, tous les mammifères, et même les batraciens, les poissons et les plantes. On a cru longtemps que, parmi les différentes races humaines, les nègres y étaient particulièrement sujets. Cette croyance semble avoir pour base une simple illusion, car il est certain qu’un nègre albi-nos est plus « voyant » qu’un individu de race blanche affecté, lui aussi, de leu-copathie.
- Notre photographie vient l’appui de cette observation. Ce « nègre blanc » est un indigène de l’intérieur du Dahomey. Les personnes qui l’ont découvert, et qui, probablement, s’apprêtent à l’exhiber en Europe, prennent soin de déclarer qu’il est de pure race africaine, qu’il ne compte pas d'ancêtres blancs parmi ses ascendants.
- Déclaration naïve autant qu’inutile. Le mélange des sangs n’a rien à voir avec l’albinisme. Au contraire, cette affection ne se rencontre jamais parmi les mulâtres et les métis. Elle n’a jamais été signalée aux Antilles, partout où les descendants d’esclaves ont perdu par des croisements la pureté de leur race.
- Par contre, j’ai eu lieu d’observer que les nègres pies (albinisme partiel) sont fort nombreux dans
- l’intérieur du Cauca (Colombie, versant du Pacifique). La région est marécageuse et fébrifère, et la race blanche ne résiste pas au climat, ce qui me porte à croire que les nègres du Cauca, importés d’ailleurs fort tardivement de la côte d’Afrique (vers la fin du xvmesiècle), sont restés purs de tout mélange.
- Les cas d’albinisme sont fréquents parmi les tribus indiennes fixées dans l’Isthme du Darien, région humide, torride et boisée. Dans le seul village de Paya, j’avais pu compter une douzaine d’albinos sur une population de 200 habitants. Parmi eux, les femmes n’aimaient pas à sortir en plein jour de leurs cases ; mais les hommes suivaient leurs camarades à la chasse, sans paraître trop incommodés par la lumière solaire. Ils passaient, cependant, pour être des chasseurs moins habiles et moins adroits que les autres. Y. Forbin,
- Le Gérant : P. Masson. ^
- Paris. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleur us, 9.
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- LA NATURE. - N° 1904.
- <Of *
- 20 NOVEMBRE 1909.
- LES PLONGEES DES SCAPHANDRIERS EN EAUX PROFONDES
- Jusqu’ici on ne s’était guère préoccupé d’établir
- sur des bases scientifiques la pratique de l’art de scaphandrier.
- Les nombreux et complexes problèmes que cette pratique soulève reçoivent tant bien que mal des solutions empiriques, et il résulte de ce manque d’études raisonnées que l’on plonge un peu à l’aveuglette et qu’il se produit nombre d’accidents, trop souvent mortels.
- Jusqu’à présent on estimait que la profondeur de 27 à 56 m. était celle au delà de laquelle la gêne de la respiration empêchait les plongeurs moyennement constitués de travailler en sécurité. On cite assurément un certain nombre de travaux exécutés à 55 m. par des plongeurs de constitution spécialement robuste, et même quelques plongées effectuées encore plus profondément, mais on sait trop avec quelle réserve doivent être acceptées les déclarations de records, pour tirer des conclusions de faits prestigieux exécutés en celte matière.
- 11 paraît certain cependant qu’un scaphandrier atteignit, au cours d’opérations de sauvetage sur la côte ouest du Sud Afrique, la profondeur de 60 m. et encore qu’un de ses camarades alla chercher dans la même épave, à 65 mètres et remonta trois barres de cuivre, exploit qui d’ailleurs lui coûta la vie.
- Mais en pratique la descente à 56 m. 50, devait être, jusqu’à présent, considérée comme le maximum de ce que pouvait tenter l’énergie humaine. Le capitaine Eads, qui dirigea de grands travaux sur le Mississipi et y employa un très grand nombre de plongeurs, avait trouvé que peu d’hommes sont capables d’aller jusqu’à 56 m. Beaucoup de ses scaphandriers n’osaient pas aller plus loin que 18 mètres. Sur 552 plongeurs qu’il dut cependant employer, à plus de 55 mètres, 50 furent grièvement malades et 10 périrent.
- Le mérite d’avoir soumis aux méthodes scientifiques la question des plongées profondes, revient à l’Amirauté anglaise qui, en août 1905, réunit une Commission à l’effet d’étudier les propositions que lui soumettait à ce sujet le Dr J.-S. Ilaldane.
- Les résultats de ces investigations sont des plus remarquables. Ils sont consignés dans un long cl substantiel rapport accompagné d’illustrations, que l’Amirauté a fait publier et qui constitue le vade mecum indispensable à toute personne exerçant le métier du scaphandre ou employant des scaphandriers1. Une courte analyse de cet important travail pourra intéresser nos lecteurs2.
- Les plongées profondes comportent, dans les conditions où elles s’exécutent actuellement, deux sortes de difficultés. La première provient de la gêne de la respiration lorsque la profondeur dépasse 27 mètres, les mouvements du plongeur deviennent alors très pénibles et la possibilité pour lui d’exécuter un travail diminue en conséquence. La seconde provient des troubles graves (amenant quelquefois la mort, très
- fréquemment la paralysie des jambes et de la vessie) qui accompagnent le retour à la surface du plongeur descendu très profondément sous l’eau et remonté trop rapidement. C’est le phénomène de la décompression.
- Je ne puis, malheureusement, entrer ici dans le détail très intéressant des recherches et des nombreuses expériences exécutées par la Commission, et pour les plus dangereuses desquelles, il faut le dire, ses membres eux-mêmes ont cru de leur devoir de figurer comme sujets3. Je me contenterai donc de glaner dans son rapport. -
- Il a été tout d’abord constaté par la Commission que les trouilles respiratoires, qui, dans les conditions actuelles s’opposent à tout travail effectif des plongeurs à des profondeurs d’environ 27 à 56 m., sont dus à l’emmagasinement du gaz acide carbonique dans le casque, et qu’il suffit pour l’en chasser
- 1 On le trouve chez Wyman and Sons Ld, Felter Lane. Londres. Report of a Comittee appointed to consider and report upon the Conditions of deep-water diving.
- 2 Cette commission comprenait 3 capitaines de vaisseau, le professeur F. S. Haldane, un médecin de la marine secrétaire et 2 lieutenants adjoints au comité pour les expériences pratiques.
- 3 Deux officiers de la commission sont parvenus à la profondeur de 64 m. Ils ont constaté qu’après 43 m. l’obscurité rend tout travail impossible.
- Fig. i.— Plongeur projeté à la surface par l'air' qui a gonflé son vêlement. Les bras raidis sont incapables de mouvements et l’air ne peut s’échapper par la valve, qui se trouve'sous l’eau.
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- 386 --TT± PLONGÉES DES SCAPHANDRIERS EN EAUX PROFONDES -
- Fig. 2. — Chambre d'acier où les plongeurs incommodés par la décompression sont soumis à la recompression.
- d’augmenter dans une proportion convenable la I quantité d’air envoyée par la pompe. Le gaz acide | carbonique est alors entraîné et sort du casque par la soupape avec l’air en excès.
- De très nombreux essais ont conduit la Commission à formuler à ce sujet la loi suivante : Quelle que soit la pression à laquelle est soumis un plongeur (du fait de la colonne d’eau qui le sépare de la surface), il est nécessaire de lui envoyer un même volume d'air, mesuré à celte pression.
- La table suivante donne l’augmentation du volume d’air qu’il faut envoyer au plongeur, à des profondeurs variables, par comparaison avec celui dont il a besoin à la surface :
- A 2 atin. ou 10"',06 le vol. d'air envoyé doit être 2 l'ois plus considér.
- 3 . — 20”',12 — — 5
- -1 — 30'", 18 - — ' 4
- 5 — 40'",21 — — 5
- 6 — 30'", 30 — — 6
- 7 — 60'", 36 - — 7
- 8 — 70"'. 12 — _8
- 9 — 80'", 48 — — 9
- 10 — 90"',54 — — 10
- La quantité d’air nécessaire à la surface est de 42 litres 1/2 par minute.
- Il est à remarquer que le plongeur aspire non seulement le gaz acide carbonique qui est déjà contenu dans le casque, mais encore celui qu’il produit lui-même en respirant, et qu’en conséquence il sera amené à des mouvements, respiratoires de plus en plus profonds et fréquents, d’où résultera une production toujours plus considérable dé gaz acide
- carbonique et une augmentation plus rapide du malaise. 11 peut résulter de cette accumulation de gaz délétères des évanouissements, qu’on remarque souvent en effet chez les scaphandriers inexpérimentés.
- Pour arriver à fournir aux plongeurs les quantités d’air considérables qui leur sont nécessaires, il est évident que les pompes utilisées doivent être assez puissantes. Or, la Commission a constaté que les pompes usitées dans la Marine anglaise, qui sont d’ailleurs évidemment aussi bonnes que celles employées ailleurs, étaient d’une insuffisance notoire,, dès que la profondeur où elles doivent envoyer l’air augmente quelque peu. C’est ainsi" qu’une des pompes, dont l'emploi au cours d’une des expériences avait provoqué'de dangereux malaises chez; le plongeur, fut essayée minutieusement. On découvrit qu’à 55 m. elle ne faisait parvenir que 51 pour 100 de l’air que ses pistons comprimaient et 21 pour 100 seulement à 66 m. 11 est évident’ qu’avec de pareilles fuites le plongeur ne reçoit qu’une partie beaucoup trop faible de l’air qui lui1 est nécessaire et dont les quantités sont fixées par le' tableau ci-dessus.
- On voit de quelle importance est la constatation faite par la Commission au sujet de ces pompes. Il importe que 1,'étanchéité des pistons, au moins pour les grandes profondeurs, soit vérifiée de très près.
- La décompression. — C’est un phénomène qui a été mis à jour par les études de Paul Bert il y a 50 ans et qui s’explique par le fait suivant. Lorsqu’un gaz est mis en contact avec un liquide, ce
- Fig. 3. — Portion du mésentère d’une chèvre montrant les bulles d’air amenées dans les vaisseaux sanguins par une décompression rapide.
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- dernier absorbe le gaie jusqu’au moment où il en est saturé. Le sang, en passant dans les poumons, entre en contact avec l’air tt, lorsque l'homme ou l’animal se trouvent dans un air comprimé, ils absorbent en respirant une proportion croissante de nitrogène et d’oxygène.
- Celte proportion de nitrogène accrue passe dans les divers tissus semi-liquides de l’organisme qui s’en saturent graduellement. Si la pression de l’air diminue rapidement, comme le fait se produit lorsque le plongeur remonte rapidement à la surface, le nitrogène tend à se libérer dans l’intérieur du corps, sous forme de bulles analogues à celles que produit le gaz acide carbonique d’une bouteille de soda qu’on débouche.
- C’est le phénomène de la décompression qui peut amener les plus graves accidents et provoquer la mort avec symptômes de paralysie ou d’asphyxie.
- La plupart des cas mortels observés chez des scaphandriers en proviennent avec une évidence démontrée par les autopsies.
- Un exemple très significatif a été relaté par le médecin de la marine anglaise A. M. Kinlay dans le Health of the Navii de 1900.
- Un scaphandrier travaillait à relever une torpille à Lamlash, par 45 m.
- C’était un homme parfaitement sain et vigoureux.
- 11 mit 40 minutes à atteindre le fond, y resta 40 minutes, et mit 20 minutes à remonter. Il grimpa lui-même dans le canot et déclara se sentir très à son aise. Le casque enlevé, il répondit avec le plus grand calme à toutes les questions, donna des détails circonstanciés sur le travail qu’il avait exécuté, plaisanta avec ses camarades, en un mot donna toutes les marques de la meilleure santé. Il n’était remonté, déclara-t-il, que parce que l’obscurité très épaisse, à la profondeur où il se trouvait, rendait son travail inutile.
- Mais, 8 minutes après sa sortie de l’eau, tout changea subitement. Notre pauvre plongeur se plaignit de vives douleurs à l’estomac, réclama qu’on le délivrât promptement de son attirail, puis il dit :
- « envoyez chercher le docteur » et immédiatement s’affaissa sans conscience dans l’embarcation. Le médecin le trouva dans un état comateux, les lèvres couvertes d’écume. Bref, 7 minutes après les pre-
- miers symptômes de malaise, il était mort.
- L’autopsie permit de constater l’engorgement des vaisseaux par du sang noir, et la présence d’une grande quantité de bulles d’air dans le côté droit du cœur et dans tout le système nerveux.
- La figure 5 que nous reproduisons, d’après le rapport de la Commission, montre l’état des veines d’une chèvre tuée dans des conditions identiques par une rapide décompression après avoir été soumise à une pression correspondant à une profondeur de 71 m. Elle permet de constater la présence des bulles d’air dans les vaisseaux sanguins du mésentère. L’animal était resté 1 heure 1/2 sous pression et en avait été délivré en 1 minute 1/2.
- Le rapport cite d’autres exemples de danger offert par ce phénomène de la décompression et fournit deux moyens d’éviter les accidents souvent mortels, toujours dangereux qu’elle amène. Us consistent soit à limiter le temps pendant lequel le plongeur reste exposé aux hautes pressions, soit à le ramener à la surface très lentement.
- Il importe cependant, dans le second cas, de quitter la région des fortes pressions, c’est-à-dire le fond, le plus vite possible et de modérer au contraire fortement l’allure quand on approche de la surface. C’est à ce moment, en effet, que le danger est le plus grand.
- Les résultats d’expériences multiples, exécutées par la Commission sur ce point spécial si important, ont été réunis en un tableau extrêmement précieux que je reproduis ci-dessous et qui donne pour ainsi dire le mécanisme d’après lequel doit s’opérer la remontée d’un plongeur de profondeurs diverses pour éviter les néfastes phénomènes de la décompression. (Voy. tableau p. 388.)
- Si des troubles provenant de la décompression apparaissent, le meilleur moyen de les faire disparaître semble être de soumettre le plongeur à une recompression. Pol, Watelle et Paul Bert ont depuis longtemps recommandé celte . pratique pour les ouvriers travaillant en caisson à air comprimé. Cette recompression peut s’effectuer en faisant redescendre le plongeur dans le milieu qu’il a quitté trop brusquement. Mais il y a mieux et la Com-
- Fig. 4. — Vêtement de scaphandrier du dernier modèle recommandé par la Commission anglaise. Les jambes sont lacées par derrière. Remarquer l’ajustement du tuyau d’air et du téléphone.
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- 388 ......... LES LIMITES DU MICROSCOPE
- mission préconise l’emploi d’une chambre d’acier étanche, dont elle a l'ait construire un exemplaire et où le scaphandrier qui ressent des malaises pour être remonté trop vite est soumis à nouveau à la pression utile dans l’air comprimé (fig. 2).
- Une autre source de dangers provient pour le scaphandrier de l’excès d’air qui peut s’accumuler dans son habit, par exemple lorsqu’il travaille la tête en bas. L’habit se gonlle alors rapidement et le ramène malgré lui à la surface, quelquefois les pieds les premiers. La pression extérieure diminuant à mesure qu’il remonte, la vitesse s’accélère et il peut
- mouvoir. C’est d’ailleurs un procédé que certains plongeurs, trop sûrs d’eux-mêmes, emploient pour remonter en négligeant trop les inconvénients qu’il présente et-sans compter même les dangers de décompression. Le remède consiste à lacer les jambes du scaphandrier et à supprimer les armatures intérieures que comportent certains systèmes de scaphandre.
- Le travail de la Commission anglaise est, je le répète, des plus importants et comporte des leçons dont cette courte analyse ne peut donner qu’une faible idée. 11 serait, je crois, très intéressant et très utile pour la catégorie, si nombreuse de nos jours,
- PROFONDEURS où est descendu le scaphandrier (en moires). PRESSION en atmosphères. TEMPS à passer au fond. ARRÊTS a observer PENDANT LA MONTÉE (EN MINUTES)
- 27"', 5 21“, 5 18'", 5 15"' 12"‘ j 6. Total du temps de chaque montée.
- 27"', 5 5.7 60'" 5 5 10 22
- 00m 4.5 40'" 5 5 5 10 27
- 56"*, 5 4. (> 50m 5 5 1 5 10 28
- 40“ 5.0 26“ 5 5 5 5 5 10 55
- 4P" 5.4 25“ 5 5 5 10 10 58
- 47"', 5 5.7 20'" 5 5 5 5 10 10 45
- 51“ 6.1 17“ 5 » O 5 5 I 10 10 45
- 55'“ 6.4 15“ 5 )) 5 5 5 j 10 10 44
- 64'“ 7.4 11“ 5 » 5 » 5 5 j 10 10 44
- Xole de la ComiuL sion. — Le plong ;ur doit descendre aussi \ ite que ses orei 'les ou a pressi on sur “on vêle ment le lui permettent.
- Il remontera en raison d’environ 9 m. par minute. Les mouvements des bras et des jambes seront continués pendant les arrêts.
- heurter avec une grande violence le fond d’un navire ou un obstacle quelconque. En arrivant à la surface son habit est distendu, il ne peut se servir de ses membres, et il Hotte sans aucun moyen de se
- des ouvriers voués aux travaux subaquatiques, de voir ce document traduit en entier et mis à la portée des intéressés. Sauvaire Jourdan.
- Capitaine de frégate de réserve.
- LES LIMITES DU MICROSCOPE
- La constitution physiologique de notre rétine est telle que nous ne pouvons voir séparés deux points lumineux que si l’angle des droites qui les joignent au centre optique de l’œil, c’est-à-dire leur distance angulaire, est supérieure à une minute ; la distance de leurs images sur la rétine est alors supérieure à 0,005 mm.
- Nous approchons de l’œil les objets dont nous voulons distinguer les détails, parce que nous augmentons ainsi leurs distances angulaires ; mais en même temps notre œil doit accommoder de plus en plus pour que les images continuent à se peindre sur la rétine ; quand l’objet arrive à 50 cm, le cristallin a atteint sa convergence maximum et la vision cesse d’être nette. À 30 cm, deux points dont la distance angulaire est une minute sont à une distance AB (fig. 1) de 1/10° de millimètre environ, et, comme nous l’avons dit plus haut, leurs images sur la rétine sont à une distance A'B' de 1/200° de millimètre.
- On voit clairement sur la ligure qu’un myope qui pourrait encore voir l’objet distinctement en CD à 8 cm de l’œil, y distinguerait des points séparés par une distance de 1/40° de millimètre, distance plus petite que AB.
- La difficulté est la même dç distinguer deux points voisins ou de reconnaître la forme d’un très petit objet ; il nous faut en effet, dans ce dernier cas pour le moins, distinguer un bord extrême de l’objet de l’autre bord. Il est donc équivalent de dire que nous ne pouvons pas distinguer à l’œil nu deux objets situés à moins de 1/10°
- de millimètre ou de dire que nous ne pouvons pas reconnaître la forme d’un objet plur petit que 1/10° de millimètre.
- Pour voir des objets plus petits nous interposerons entre l’œil et l’objet une loupe. Cette loupe substitue à l’objet AB (fig. ,2) une image agrandie A4B4 ; et nous plaçons l’objet et la loupe de façon que cette image se trouve encore à 50 cm de notre œil. Nous pouvons distinguer en A4Bi deux points dont la distance est au moins 1/10° de millimètre, mais si le grossissement de la loupe est 10 par exemple, ces deux points de A1B1 sont les images de deux points de AB dont la distance n’est que 1/100° de millimètre.
- Plus les loupes sont puissantes, plus elles sont bombées ; or, au fur et à mesure que !e rayon des faces de la lentille diminue, l’influence des parties marginales augmente : les images données par celles-ci sont déformées et irisées si bien que en résumé le bénéfice qu’on retire de l’emploi des loupes est peu important. On fait, au contraire, un grand progrès en substituant à la lentille unique qui constitue la loupe les combinaisons de lentilles du microscope.
- En théorie, on peut, en effet, obtenir avec un microscope un grossissement aussi grand que l’on veut; les défauts d’achromatisme qui produisent l’irisation des images étant supprimés par l’emploi de sources lumineuses monochromatiques, et les défauts d’aplanétisme qui produisent les déformations des images étant supprimés par l’emploi d’une série de diaphragmes. Grâce à
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- LES LIMITES DU MICROSCOPE ... 389
- des perfectionnements récenl t de G. Chabrié, on peut réaliser des grossissements de 5000 à 0000 diamètres.
- Malheureusement on ne grossit un objet que pour y distinguer des détails plus petits, peu importe de voir une plage de couleur et de constitution uniforme sous un diamètre apparent plus ou moins grand, par suite ce qui fait la valeur pratique d’un microscope, ce n’est pas tant son grossissement que la faculté plus ou moins grande qu’il possède de donner des images nettement séparées de deux parties voisines l’une de l’autre dans l’objet considéré; c’est ce qu’on appelle son pouvoir séparateur.
- Pour mesurer ce pouvoir séparateur, on essaye de séparer des traits très fins et très rapprochés tracés sur des plaques de verre préparées dans ce but; on se sert également, comme test-objets naturels, des écailles des ailes d’un papillon Hipparchia Janina et, pour les microscopes les plus puissants, de certaine.; diatomées qui présentent des bandes ou des raies très fines.
- Ges expériences montrent qu’avec les meilleurs microscopes on ne peut distinguer des points dont la distance est inférieure à 1 /5000e de millimètre et cependant des grossissements de 5 à G000 diamètres devraient nous permettre de voir des objets séparés seulement par 1 /50 000e de millimètre. Ce désaccord provient de ce que nous avons supposé jusqu’ici que l’image d’un point dans le microscope est elle-même un point alors que, si bien corrigé que soit le microscope, cette image est, à cause des phénomènes de diffraction, un petit cercle. A deux points voisins dans l’objet correspondent dans l’image deux cercles voisins ; on cesse de pouvoir les distinguer lorsque la circonférence de l’un passe par le centre de l’aulre, il devient alors inutile d’augmenter le grossissement, car le diamètre de chacun des ceicl.es augmente proportionnellement en même temps que la distance de leurs centres. Le diamètre de ces taches ne dépend pas de la construction du microscope; il diminue avec la longueur d’onde de la couleur qui éclaire la préparation, il croît avec l’indice de la substance qui sépare l’objet de l’objectif
- du microscope et aussi avec l’angle sous lequel on voit de l’objet le diamètre de l’objectif.
- Pour augmenter le pouvoir séparateur, on use des artifices suivants ; on éclaire l’objet avec de la lumière verte ou même avec de la lumière ultra-violette. Celle-ci étant invisible, on est alors obligé pour voir l’image d’employer un oculaire fluorescent, ou bien d’en prendre une photographie. Les objets qu’on r'eut voir avec la lumière ultra-violette sont beaucoup plus petits que ceux qu’on peut étudier avec les rayons visibles, le rapport est de 56 à 100.
- En outre, on introduit entré la préparation et l’objectif une goutte d’huile de cèdre dont l’indice 1,515 est considérable, et enfin pour augmenter l’angle sous lequel on voit du point considéré le diamètre de l’objectif, on donne à la lentille frontale de celui-ci une forme très bombée en même temps qu’on la munit d’une monture
- peu saillante. Avec tous ces artifices on arrive à la limite de 1/6000° de millimètre pour la plus petite distance qui peut séparer deux points visibles séparément dans le microscope.
- Nous nous heurtons ici à un obstacle qui nous est opposé par la nature même de la lumière et devant lequel l’habileté de nos opticiens doit se déclarer impuissante. Devons-nous renoncer à aller plus loin dans la connaissance de l’infiniment petit ou d’autres procédés de recherches peuvent-ils suppléer à ceux qui nous font maintenant défaut?
- Nous avons dit que l’œil ne pouvait distinguer la forme d’un objet dont la grandeur angulaire est inférieure
- à 1'; cependant un objet qui n’est pas vivement éclairé est encore visible quand sa grandeur angulaire est égale à 3U" et des points lumineux très brillants sont encore perçus très nettement pour une grandeur moindre qui dépend seulement de l’intensité de leur rayonnement visible; c’est ainsi qu’on voit les étoiles malgré l’infinie petitesse de leur diamètre apparent. Elles ne forment pas images sur notre rétine, elles ne sont pas vues comme des corps, mais nous constatons leur existence parce que la lumière qu’elles émettent et qui pénètre dans notre œil est suffisante pour produire une excitation optique sensible.
- On trouve difficilement des objets qui, comme les étoiles, soient lumineux par eux-mêmes, mais si on éclaire très vivement de petits corps, ils renvoient de la lumière dans tous les sens et jouent le rôle de points lumineux : c’est ce phénomène qui nous permet de voir les poussières sur le trajet d’un faisceau de rayons solaires dans une chambre obscure. On s’arrange de façon à ne recevoir dans l’œil aucun rayon provenant directement de la source lumineuse, on ne reçoit que des rayons réfléchis par les particules qui apparaissent comme des points lumineux sur un fond obscur.
- Siedentopf et Zsigmondy, puis Cotton et Mouton, ont construit des appareils dans lesquels la préparation placée sous le microscope vertical est vivement éclairée horizontalement; on a donné à ces appareils le nom d’ultramicroscopes, ils permettent d’apercevoir des objets dont le diamètre est environ 1/150 000° de fnillimètrc, ce qui n’est plus qu’environ 10 fois le diamètre moyen d’une molécule.
- Ces procédés tout récents ont permis la détermination de la structure et l’étude des corps colloïdaux dont le rôle est si grand dans les phénomènes de la vie. On sait, en outre, que le microscope a été impuissant à découvrir les microbes, causes d’un grand nombre de maladies ; on a pu démontrer que pour quelques-unes la cause de cet échec résidait dans les trop petites dimensions des microbes; on les a vus à l’ultramicroscope; l’introduction de ces méthodes nouvelles en bactériologie permet donc les plus grands espoirs1. Maurice Lebuanc fils.
- 1 Voy. n° 1902, du 6 novembre 1909 : La cinématographie de l'invisible, par R. Yjm.ers.
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- LES KANGOUROUS GRIMPEURS OU DENDROLAGUES
- Il semble que l’on énonce un paradoxe quand on parle de Kangourous grimpeurs. En effet', les Kangourous ne sont guère connus en Europe que par les grandes espèces sauteuses que l’on amène de la Nouvelle-Galles du Sud, et que l’on voit communément dans nos jardins zoologiques où ils s’acclimatent facilement. C’est à la plus grande de ces espèces qu’appartient le « Kangourou boxeur » que l’on exhibe de temps en temps dans les music-halls. On nous dépeint ces animaux fuyant, dans leur pays, par bonds énormes devant les chiens et les chasseurs, en se servant uniquement de leurs fortes pattes postérieures et de leur longue queue, épaisse et musculeuse. Un Kangourou grimpeur nous étonne autant qu’un lièvre qui chercherait un refuge sur les branches d’un arbre. Les Kangourous arboricoles existent néanmoins : ils constituent le genre Dendrolague (Dendrolagus) des naturalistes, et l’on peut voir, en ce moment, un représentant de ce genre dans les jardins de la Société zoologique de Londres.
- La famille des Kangourous est très nombreuse en espèces, et, malgré son uniformité apparente, elle renferme, à l’exemple des Cerfs et des Antilopes que ces animaux remplacent en. Australie, des types très variés de taille, de conformation et de mœurs. 11 y a d’abord les grands Kangourous sauteurs, à pattes postérieures énormes, à bras très petits, que les colons australiens appellent Boomer, Oldman ou Forester dans le Sud, et Wallaroo dans le Nord du continent de la Nouvelle-Hollande. Cette conformation toute spéciale est le résultat d’une adaptation longuement acquise à la structure particulière des plaines de l’Australie, qui présentent une surface ondulée,, une succession de collines et de vallées interrompues par des chaînes de montagnes rocheuses très élevées, telles que les Montagnes Bleues de la Nouvelle-Galles. Dans ce pays, le voyageur ne cesse de monter et de descendre, et dans ces conditions, on conçoit que les animaux herbivores qui habitent ces contrées aient eu avantage à remplacer la marche quadrupède par la marche bipède et le galop par le saut; comme une conséquence naturelle, les pattes postérieures ont pris un développement considérable pendant que les pattes antérieures s’atrophiaient peu à. peu. Les grands Kangourous, auxquels se rapporte cette description, atteignent le poids d’un cerf de notre pays. D’autres espèces, plus petites, appelées Wallabies ou Brush-Kangourou, ne dépassent pas la taille d’un mouton et d’autres encore, les IJare-Wallabies, celle d’un lièvre ou d’un lapin. Toutés sont sauteuses.
- Mais d’autres espèces sont adaptées pour vivre dans les montagnes rocheuses dont, nous parlions tout à l’heure, et par conséquent sont d’excellents grimpeurs (Bock-Wallabies) et comme les pattes antérieures leur sont utiles pour s’accrocher aux rochers, la disproportion entre les deux paires de
- membres est beaucoup moins accusée que chez les espèces des plaines. Ce sont les Pétrogales et les Doreopsis. Enfin les Dendrolagues, qui vivent dans les forêts et grimpent aux arbres, ont les pattes antérieures presque aussi fortes que les postérieures. Et le passage entre toutes ces formes du groupe dès Kangourous est si bien gradué, que M. Walter Rothschild vient de décrire, sous le nom de Dendro-dorcopsis, un nouveau genre qui forme la transition entre les Kangourous de rochers et Kangourous d’arbres, ou Dendrolagues.
- Les Dendrolagues n’habitent que les parties de la région australienne qui sont couvertes de forêts épaisses, c’est-à-dire la Nouvelle-Guinée et la presqu’île Nord-Est de l’Australie qui forme le Queensland. Ce sont des Kangourous de taille moyenne, à formes ramassées, à pattes robustes et subégales, à oreilles larges et poilues, ce qui leur donne, abstraction faite de la queue qui est longue, une ressemblance assez frappante avec un petit ours. Aussi la première espèce décrite a-t-elle été nommée, par les naturalistes hollandais Müller et Scblegel, Dendrolague ourson (Dendrolagus ursinus).
- Les Dendrolagues diffèrent des vrais Kangourous par leur museau nu seulement en partie. Les pattes postérieures, à peine plus développées que les antérieures, ne présentent pas cette disproportion des doigts qui caractérise les grands Kangourous sauteurs ; les orteils sont moins inégaux et le troisième est fortement recourbé. Aux pattes antérieures les griffes, sans être rétractiles, sont fortes et en crochet, formant de solides grappins. La queue est longue et poilue sur toute sa surface, et l’animal s’en sert pour assurer sa marche en l’enroulant autour des branches sur lesquelles il se tient. La dentition indique un régime plus varié que celui des Kangourous herbivores : la longue prémolaire permanente, si singulièrement pectinée dans ce groupe, est moins allongée que chez les vrais Kangourous.
- Les mœurs des Dendrolagues sont encore assez mal connues, attendu qu’ils habitent des contrées presque inaccessibles aux Européens et même aux indigènes. C’est dans les forêts montagneuses de la Nouvelle-Guinée et du Queensland, où la végétation est très dense, que de hardis explorateurs ont pu les observer à de rares intervalles. Ils nichent dans des trous d’arbres et sont crépusculaires, ne cherchant leur nourriture que lorsque le soleil est couché. C’est par les belles nuits, à la clarté de la Lune, qu’on peut les apercevoir au sommet des grands arbres, par petites troupes de deux ou trois, assis sur les branches.' Dès qu’ils sont effrayés, ils disparaissent dans le fourré* et s’éloignent à une distance considérable. Ils préfèrent une certaine espèce d’arbre, dont les feuilles ou les fruits leur servent probablement de nourriture, et qui ne pousse qu’à une grande hauteur dans les montagnes. Par les temps de pluie, ils descendent sur les arbres moins élevés.
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- Kangourous grimpeurs ou Dendrolagues.
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- Le Dr Cari Lumhollz, auquel nous devons ces détails, a pu observer le Bungary qui est l’espèce propre au Queensland (Dendrolagus lumholtzi Col-lett). Pour chasser cet animal, il faut se faire aider par les indigènes qui ont des chiens Dingos dressés à cette chasse, C’est de bon matin que l’on peut trouver les traces encore fraîches d’un Bungary qui sera descendu à terre pour passer d’un arbre à un autre. Lorsqu’on est arrivé à l’arbre sur lequel la bête s’est réfugiée, un des chasseurs y grimpe et saisissant l’animal par sa longue queue d’une main, de l’autre, armée d’une massue, il le frappe à la tcte pour lui faire lâcher prise, et le précipiter à terre où il est aussitôt saisi par le chien. Les naturels prétendent que le Bungary peut s’élancer d’une grande hauteur sur le sol, et que tous ses mouvements sont agiles et rapides. Comme on le trouve à une grande distance de l’eau, on suppose qu’il peut se passer de boire. Sa chair est très estimée des indigènes et peut être mangée par les Européens, bien qu’elle cause un certain dégoût par suite de la présence d’un parasite qui se loge sous la peau de l’animal.
- Le D1' Guillemard, qui a pu observer en captivité l’espèce la plus commune à la Nouvelle-Guinée, le Dendrolague ourson (D. ursinus), ne lui prête pas l’agilité signalée par les indigènes sur l’espèce du Queensland. Son captif montait lentement et lourdement : il mettait une minute ou plus à grimper
- sur les barreaux d’une chaise ; par contre, ses griffes recourbées avaient une prise des plus solides ; il était presque impossible de le détacher de l’endroit où il s’était cramponné. Sa queue, bien que non préhensile, s’enroulait fortement autour de la branche sur laquelle il montait.
- Les Dendrolagues, habitant les régions équatoriales de l’ancien continent, ont rarement été transportés en Europe; de plus il semble difficile de les y faire vivre, soit qu’on ne puisse leur procurer la chaleur humide de leur pays natal, soit qu’ils s’accommodent mal de la nourriture qu’on leur offre.
- L’individu que l’on peut voir en ce moment au Jardin zoologique de Londres, provient de la Nouvelle-Guinée et appartient à l’espèce du Dendrolague ourson (Dendrolagus ursinus). Il monte à l’arbre placé dans son parc à la manière d’un Ours, sans déployer une grande agilité, mais avec beaucoup d’assurance. Lorsqu’il est à terre, il se tient, comme les autres Kangourous, posé sur ses pattes de derrière et progresse en sautant comme eux. On le nourrit de feuilles.
- On connaît actuellement cinq espèces du genre Dendrolague. Les Dendrolagus ursinus, D. inustus, et D. dorianus, sont de la Nouvelle-Guinée; c’est aussi la patrie du D. matscliiei (Eœrster et Rothschild) récemment découvert. Le D. lumholtzi représente seul le genre dans le Nord-Est du continent australien. E. Trouessart.
- FABRICATION MÉCANIQUE DES BOUTEILLES
- Pendant la seconde moitié du xix1' siècle, la fabrication des bouteilles suivait encore les errements, les procédés employés au moyen âge tant pour les l'ours de fusion que pour le façonnage. Cela s’explique parce que les essais en verrerie sont toujours très coûteux et décourageants, et aussi parce que le verre est une matière difficile à mettre en œuvre.
- De 1865 à 1880, les fours à bassin chauffés au gaz avec récupération de la chaleur perdue et remplaçant les anciens « fours à grilles » chauffés au bois d’abord et à la houille vers 1840-1845 furent portés à un tel degré de perfection par Siemens, qu’ils se généralisèrent rapidement, rendant la concurrence impossible aux veçperies qui employaient les fours à creusets, sauf pour la fabrication, peu importante d’ailleurs, des bouteilles de colorations spéciales.
- Cette transformation des fours à creusets en fours à bassins de grandes capacités assure une régularité de fabrication plus grande et permet d’obtenir une économie de combustible de 50 pour 100 par rapport aux anciens fours. Ce résultat amena les fabricants, très routiniers jusque-là, à améliorer les procédés de fabrication et à s’affranchir jusqu’à un certain point d’une main-d’œuvre spéciale très difficile et très onéreuse. Avant ces essais de fabrication mécanique, le souffleur se bornait à intro-
- duire et à soufller dans un moule ouvert, en argile ou en métal en a (tîg. 1), la masse de verre plastique (paraison) qui avait été préparée par ses aides, le gamin et le grand garçon. Comme ce « fût » servait uniquement à donner la grosseur voulue au corps de la bouteille, l’ouvrier obtenait par son habileté la forme plus ou moins' allongée ou écrasée de l’épaule. Ces procédés ne permettant pas d’obtenir des bouteilles de forme régulière, certains fabricants, notamment en Allemagne, adoptèrent les moules fermés employés dans les verreries à gobe-letterie pour la fabrication des Bacons, carafes et bouteilles en verre blanc. En même temps, on substitua en certaines verreries le « bloc » « au marbre » pour la préparation de la paraison. Cette transformation dans les procédés de fabrication des bouteilles ne s’accomplit pas sans difficultés, tant à cause de la routine des ouvriers que par suite de la fatigue qui résultait du tournage de la bouteille dans le moule, ce qui en altérait aussi le poli naturel. Néanmoins, ce nouveau procédé de moulage des bouteilles, appliqué d’abord en Allemagne, se répandait également en France et dans les autres pays, car la bouteille faite complètement au moule était régulière et, par suite, préférée par les commerçants.
- Pour éviter l’inconvénient résultant du tournage de la bouteille dans le moule, qui modiilait l’éclat hahi-
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- tuel de l’objet, on donna un mouvement de rotation I cher. Le moule Calme fut employé aux verreries au moule. Le résultat obtenu ne fut pas meilleur. [ de Dorignies de 1878 à 1890. Le moule Aupècle
- Fig. i. — L’ancien mode de fabrication des bouteilles, d’après une vieille gravure.
- Fig. 2. — La fabrication des bouteilles avec la machine Boucher.
- Ces nouveaux procédés furent brevetés en France, est employé depuis 1880 aux verreries de Ghâlon-successivement, par M. Cahuc, M. Aupècle, M. C. Bou- sur-Saône, où il continue à fonctionner, je crois.
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- FABRICATION MECANIQUE DES BOUTEILLES
- Le moule Boucher fut employé à l’ancienne ver rerie de Cognac de
- exemple d’une industrie en retard par rapport à
- A . ,, „ , , . l’industrie des mines
- Bâti : a, moule ëbaucheur représenté fermé; a, moule ebau-
- cheur représenté ouvert; b, moule Jinisseur; c, moule de bague représenté fermé ; c', moule de bague réprésenté ouvert;
- d, balancier sur lequel sont fixés les moules ëbaucheurs;
- e, arbre coudé immobile autour duquel tourne le coussinet qui actionne les mandrins. Par ce moyen le ma-drin o, qui est enfoncé dans le moule de bague placé dans la position inférieure, se trouve retiré au moment où l'autre mandrin pénètre dans le moule de bague placé à la position supérieure ; f, volant calé sur l'arbre i et permettant de renverser alternativement les moules ébaucheurs b et b' et les moules de bague e et e' dans les différentes positions qu'ils doivent occuper; g, chape surmontée d’un galel qui vient s’encastrer alternativement dans les encoches pratiquées aux extrémités du balancier f; h, volant actionnant la roue et et les pignons au moyen desquels on peut ouvrir et fermé le moule finisseur d; i, levier servant à remonter ou à descendre le fond u
- du moule finisseur; m, tube conduisant l’air comprimé du tuyau y à la console r ; n, tube conduisant Pair comprimé du tuyau
- 1808 à 1895, époque à laquelle il fut remplacé par de nouveaux procédés de fabrication dont nous donnons plus loin la description.
- Les moules tournants furent également gdoptés plus tard par les verreries de Montluçon et de Fo-lembray où ils fonctionnent encore. Les progrès accomplis ainsi dans la fabrication permirent de donner aux bouteilles une forme régulière, ce qui n’avait pas lieu en employant les simples fûts qui limitaient seulement le volume de la bouteille. Mais il fallait continuer, comme par le passé, à sectionner le col de la bouteille et à y rapporter du verre pour faire la bague. Enfin la fabrication des bouteilles constituait l’une des professions les plus pénibles et elle exigeait un apprentissage de sept à huit ans. Cette situation et la difficulté qu’éprouvaient de plus en plus les fabricants à recruter leur personnel, attirèrent l’attention d’un grand nombre d'inventeurs. On se mit à l’œuvre pour combiner des machines supprimant le souf-llage et les manipulations pénibles qu’exige la mise en œuvre du verre.
- Le cri d’alarme que poussait M. C. Benoist, il y a quelques années, en un remarquable article de la Revue des Deux Mondes, a été entendu, sinon devancé, et .la verrerie n’a pas lieu maintenant d’être citée comme
- et à la métallurgie. La première machine essayée fut la machine Ashley, qui fut installée à Castleford (Angleterre) en 1888, puis essayée en France, sans succès, d’abord à Escaupont en 1890, et à Folembray, à Do-rignies-lez-Douai en 1896. En France on essaya deux autres machines : à Lyon, la machine Maussier, en 1894; également à Lyon, en 1894, la machine Vernay. Cette machine Yernay fut encore essayée, sans résultat aucun, à Lyon, puis à la verrerie de Denain en 1895. D’autres machines furent également essayées en Angleterre, en Allemagne , aux États-Unis. Après la machine Ashley, les plus connues sont les. machines Dobson, Bec-kett, Spaull, jfilde, Grote.Ileerdt, Severin, Owens. Tous ces inventeurs sont loin d’avoir obtenu ou d’obtenir le but désiré.
- Nous ne connaissons qu’une machine fonctionnant bien, pratiquement et produisant des bouteilles qui peuvent très avantageusement soutenir la comparaison avec les bouteilles fabriquées à la main et au souffle humain, Cette machine est la machine ima-ginéeparM.C.Bou cher, maître dç verrerie à Cognac.
- En 1894, M. Claude Boucher commença des essais ayant pour but d’arriver à fabriquer mécaniquement les bouteilles et autres articles similaires. Le succès paraissait d’autant plus douteux
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- LE MIRAGE ORIENTAL
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- que des essais infructueux venaient d’èlre faits, notamment en Angleterre, en Allemagne et aux États-Unis. On avait dépensé des millions, notamment en Angleterre avec la machine Ashley, et l'échec avait été tellement complet que les essais avaient été abandonnés, laissant dans l’esprit des hommes du métier la conviction que le verre, par suite de son refroidissement rapide, ne pouvait être travaillé mécaniquement. C’est dans ces conditions que la fabrication mécanique fut abordée à la verrerie Saint-Martin de Cognac, en 1894. Des expériences quotidiennes y furent laites et ce n’est qu’en 1898 que M. C. Boucher, après avoir travaillé avec une persévérance inlassable pendant quatre années et pris de nombreux brevets, put enfin considérer conqme résolu le problème qui passait pour être insoluble.
- La machine Boucher lit son apparition à l’Exposition de 1900 ; les bouteilles de toutes formes, flacons, carafes, etc., attirèrent l’attention et la machine se répandit rapidement tant en France qu’à l’étranger.
- Aujourd’hui elle sert à fabriquer près d’une centaine de millions de bouteilles par an en France et à peu près autant à l’étranger. Elle a introduit dans les ateliers où on l’emploie, en même temps qu’une production plus rapide, des progrès hygiéniques remarquables, rendant le travail des ouvriers moins pénible, supprimant les maladies contagieuses qui se propagent par les cannes de soufflage.
- LE MIRAGE
- Dans le récent article1 où je signalais la découverte, à Pêshawar, d’un reliquaire buddhique, vraisemblablement dû au travail d’un ouvrier grec, je rappelais d’abord l’importance prise, depuis trente ans, en archéologie, par l’école d’art du Gandhara, dite gréco-buddhique, dont l’influence a rayonné largement sur toute l’Asie, puis j’indiquais que cette influence occidentale, à la fois esthétique et technique, s’exerçant ainsi en plein cœur de l’Orient, n’avait rien eu d’accidentel. Au contraire, les découvertes archéologiques récentes, concordant avec les renseignements écrits, tendent à montrer, avec une évidence croissante, qu’avec des fortunes et des intensités diverses il y a eu, depuis la plus haute antiquité, une action exercée par les civilisations méditerranéennes, plus avancées dès l’origine, sur celles de l’Orient et même de l’Extrême-Orient. Ainsi ces découvertes achèvent non seulement de ruiner la croyance à l’ancienneté prodigieuse et à l’originale primordialité des civilisations vraiment asiatiques, ainsi qu’à leur action profonde et décisive sur le début des civilisations d’Europe — croyance que l’on a si justement baptisée le mirage oriental, et qui, pendant plus d’un siècle, a si péniblement entravé l'étude normale de l’antiquité — mais, de plus, elles introduisent, pour la première fois, une rationalité satisfaisante dans la conception des premières, qu’on saurait de moins en moins se représenter comme indépendantes des • secondes. Sans entrer dans tous les détails qu’exigerait la démonstration véritable de cette grande nouveauté, je me contenterai d’en signaler ici quelques-uns,
- 1 Le reliquaire de Pêshawar, n° 1901, 30 octobre 1909,
- Des perfectionnements importants sont sans cesse apportés à ces machines par leur inventeur et on fabrique maintenant tant en France qu’à l’étranger plus de deux cent millions de bouteilles annuellement.
- Une nouvelle machine, machine américaine de l’invention de M. Owens, exploitée à Pittsburg, par la The Toledo glass company, a été brevetée en 1902. Depuis cette époque la machine est employée en Amérique par une association formée de grands brasseurs dont les besoins en bouteilles sont formidables.
- L’application en Europe, en France au moins, de cette machine bouleverserait les habitudes, les conditions du marché. Ces machines sont d’un prix très élevé, elles produisent énormément et ne peuvent produire que des bouteilles à fonds plats. Or, avec les fours à cuves, dans lesquels on ne peut pour ainsi dire produire qu’une seule et même teinte en même temps, avec ces machines où l’on ne peut produire à la fois que des bouteilles de même hauteur on s’exposerait à produire d’énormes quantités de ^aêmes bouteilles, d’où chômages périodiques, et Beaucoup d’autres inconvénients dont l’énumération serait à sa place plutôt en un cours ou dans des conférences d’économie industrielle. Le moment ne semble donc pas venu d’employer celte machine en France. Jules Henrivaux.
- ORIENTAL
- en me basant, comme je l’ai annoncé, sur le travail récemment publié par M. Münsterberg2.
- D’après cet auteur, qui s’appuie d’ailleurs sur toute une série de travaux excellents, c’est dès l’âge de la pierre que l’on a observé au Japon des indices d’influences méditerranéennes, que leurs caractères permettent d’assigner à la période dite prémycénienne. Comme on le sait, cet âge de la pierre japonais appartient entièrement aux Aïnos, primitifs occupants des îles avant l’arrivée des Japonais proprement dits, et les débris en ont été recueillis en plus de 3000 localités, soit dans les kjôkken-môddings (débris de cuisine), soit enfouis isolément. Au point de vue qui nous occupe, ce sont les poteries qui paraissent le plus significatives; elles sont en effet visiblement imitées de prototypes de bronze, et présentent, dans leur ornementation, des détails étroitement identiques à ceux des poteries de Chypre et de Mvcènes ; des idoles de terre cuite sont également semblables à celles que l’on a recueillies à Chypre. M. Münsterberg, qui indique encore d’autres traits non moins probants, propose l’hypothèse suivante pour expliquer ce caractère prémycénien de la civilisation lilhique des Aïnos. Une population caucasoïde serait sortie, vers le troisième millénaire avant J.-C., du cercle sur lequel s’exerçait immédiatement l’action de la culture prémycénienne, et se serait dirigée vers le N.-E. ; pour éviter les populations
- 2 0. Münsterberg. Influences occidentales dans l'art de l’Extrême-Orient. Extr-. de la llcvuc des études ethnographiques et sociologiques, 1909i Paris. P. Geuthner. (Dans l’article cité note 1, ce travail a été cité par erreur sous le titre : Influences orientales, etc.).
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- LE TÉLÉSCRIPTEUR CÉRÉBOTANI
- perses, ces émigrants auraient suivi le versant septentrional des massifs asiatiques, jusqu’à la Mandchourie et à la Chine septentrionale actuelles; puis, mille ans plus tard, ils auraient été scindés par des populations déjà arrivées à la civilisation du bronze, les Chinois actuels, les uns étant repoussés vers la Russie, et les autres contraints à traverser le détroit et à coloniser les îles du Japon.
- Ces populations chinoises qui, vers la fin du troisième millénaire, auraient été par leur installation la cause du passage des Aïnos dans les îles, possédaient, comme il vient d’être dit, la civilisation du bronze : elle présente, dans les monuments qui nous en sont restés, d’indiscutables signes de l’influence mycénienne. C’est ainsi que les anciennes constructions chinoises, telles qu’elles sont figurées sur des bas-relief du lor siècle avant notre ère, et que les constructions japonaises, qui en sont directement imitées, reproduisent exactement le plan des constructions égyptiennes et mycéniennes, caractérisé par l’existence d’une cour extérieure entourant les bâtisses centrales. D’autre part, le traité chinois d’ornementation, le Pokutulu, représentant la collection des vases impériaux telle qu’elle était au xii6 siècle, montre quelles étaient les formes les plus anciennes qui soient connues de l’art ornemental chinois : elles se caractérisent par des inégalités d’exécution qui prouvent avec évidence qu’on est là en présence non d’un art original, mais d’un art de copie — copies d’ailleurs où l’on retrouve tous les éléments décoratifs, tous les motifs conventionnels de l’art mycénien, par exemple la manière de traiter les « nuages », les « terrains », etc. Des. renseignements convaincants, militant dans le même sens, sont également fournis par les armes, la tactique guerrière, certains rites funéraires, les haches de pierre des trésors sacrés, la forme des coiffures impériales, etc., le tout permettant à M. Miinsterberg de conclure des Chinois de l’àge du bronze « non pas qu’ils étaient des Mycéniens, mais qu’ils furent les porteurs du cycle culturel mycénien. »
- Non moins significatifs de l’influence occidentale sont les monuments de la Chine moyenne, remontant à l’époque de la dynastie des Han (206 av. J.-C. à 221 ap. J.-C.). Mais cette fois le centre de l’influence s’est déplacé, il n’est plus au plein cœur du monde hellénique, mais dans la Bactriane, où, à la suite des guerres d’Alexandre, s’est
- développée, comme on sait, la civilisation gréco-bactrienne, prolongation immédiate du monde grec. A ce moment les sculptures chinoises représentent pour la première fois les hommes et les chevaux en relief, et avec les attitudes classiques en Occident. Les mêmes ressemblances s’accusent dans la technique des miroirs de métal, sur qui apparaît notamment la représentation du cheval dans cette pose conventionnelle dite du « galop volant » (les quatre jambes étendues horizontalement) qui, après avoir été créée par l’art mycénien, est disparue de l’art occidental jusqu’au siècle dernier : on a donc là une preuve topique des rapports de la civilisation chinoise de l’époque des Han avec la civilisation mycénienne, et ce, par l’intermédiaire de la gréco-bactrienne. M. Münslerbcrg y ajoute un bon nombre de faits non moins probants, qu’il est inutile de reproduire ici.
- De même, lorsque vers le vu8 siècle avant notre ère, les Japonais firent la conquête des îles sur les Aïnos peu à peu refoulés, et qu’ils apportèrent avec eux une civilisation du bronze, il est aisé de reconnaître en celle-ci des influences occidentales, cette fois plus particulièrement cypriotes : cela ressort notamment d’une façon très claire de l’examen de la poterie, de l’armement, des masques dramatiques, etc. Or, il semble bien démontré aujourd’hui que les Japonais sont d’origine malaise et il est fort probable qu’entre le via8 et le v8 siècle les marins de Chypre aient entretenu avec les Malais des relations plus ou moins immédiates.
- Enfin il serait facile d’établir que ces relations, très
- anciennes, du monde extrême-oriental avec le inonde méditerranéen se sont encore continuées plus tard. C’est aujourd’hui chose bien connue, par exemple, que l’expansion du buddhisme hors de l’Inde, vers tout l’Est de l’Asie, et l’article auquel celui-ci fait suite a rappelé quelle avait été, peu de temps avant l’heure de celle expansion, l’intimité des rapports entre la pensée religieuse buddhiste et la pensée esthétique grecque. Il est inutile d’y revenir maintenant.
- Ce résumé, forcément ingrat, suffit, je crois, à montrer combien, dès les temps les plus reculés de l’histoire, les rapports ont été intimes entre les deux pôles éloignés du vieux continent. C’est une confirmation pour ceux qui croient que, pour ainsi dire dès l’origine, il y a eu une très solide unité dans la formation et le développement historique de la civilisation humaine. Jean-Paui. Lafitte.
- LE TÉLÉSCRIPTEUR CÉRÉBOTANI
- Le téléscripteur Cérébotani est un nouvel appareil destiné aux administrations et surtout au public. L’inventeur est parvenu à construire un petit mécanisme très simple dans lequel la transmission s’effectue à l’aide d’un clavier à touches et la réception en caractères d’imprimerie sur une bande de papier, à peu près comme dans les systèmes Hughes et Baudot. C’est la machine à écrire à distance et sa place est chez le particulier aussi bien que dans les administrations télégraphiques pour desservir les petits postes sur les lignes actuellement desservies par appareil Morse.
- Nous ne pouvons songer à décrire dans tous ses détails ce nouveau Téléscripteur, quoique bien réduit de dimensions, parce qu’il n’est pas seulement
- un appareil unique ; c’est tout un système de télégraphie qu’il représente avec, pour chaque cas particulier, les modifications que comportent les différents modes d’exploitation des lignes. Celui dont nous allons exposer le fonctionnement pourrait desservir deux postes à chaque extrémité d’un fil unique de ligne, ce conducteur étant supposé parcouru en permanence par le courant électrique. Les appareils correspondants fonctionnent donc sous l’influence de l’absence momentanée de courant.
- Extérieurement le téléscripteur Cérébotani ressemble assez à un récepteur Morse, plus petit même ; mais il porte sur le socle, à l’avant, quatre rangées de plots isolés disposés à peu près comme les touches d’une machine à écrire. Chaque appareil est en
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- même temps transmetteur et récepteur ; il ne nécessite aucun apprentissage et ne comporte aucune obligation relative à la vitesse par suite de l’absence de synchronisme. Dès que l’on appuie sur l’une des touches du clavier, un déclenchement mécanique a lieu dans l’appareil; son axe unique se met à tourner, entraînant les disques et roues qui sont calées sur lui. La roue des types, qui termine cet axe à l’avant, est également mise en rotation et vient placer le caractère correspondant à la lettre inscrite sur la touche au-dessus d’une hande de papier télégraphique ordinaire. A ce moment un déclenchement a lieu, le papier bande est projeté violemment contre le caractère que la roue des types a amené au-dessus de lui, et la lettre s’imprime. Le mécanisme revient alors au repos et il se met de nouveau en route lorsqu’une autre touche du clavier est abaissée. Les lettres se suivent ainsi, les intervalles entre les mots, les signes de ponctuation, les chiffres, etc., bref une conversation aussi longue qu’on le désire et cela à la vitesse moyenne de 90 lettres à la minute.
- Partie mécanique. — La partie mécanique est constituée essentiellement par un certain nombre de rouages, disques, etc., montés sur un axe X (tîg. 3) traversant les deux parois antérieure et postérieure de la boîte qui renferme tous les organes. Cet axe porte, calée sur lui, une roue d’échappement S et un disque denté K, puis, à l’avant, un manchon sur lequel sont iixés les disques st et q ainsi que la roue des types T (fig. 3 et 4). Le disque A placé entre q et T est üxé à la paroi antérieure de l’appareil ; il ne tourne donc pas avec le manchon qui tourne sans le toucher; mais les contacts métalliques b et c et la fraction de couronne a également métallique peuvent être parcourus par un bras en laiton Z actionné par le manchon. En temps normal, c’est-à-dire au repos de l’appareil, st est solidaire de K par un doigt qui pénètre entre deux dents de cette roue; le désembrayage s’effectue seulement au moment où l’impression se produit, puis la liaison se rétablit de nouveau.
- Le clavier comporte 53 touches t (fig. 2), traversant une plaquette métallique pf immobile, susceptibles de faire basculer, lorsqu’on exerce une pression sur l’une quelconque d’entre elles, une autre plaque métallique pm articulée en m.
- Partie électrique. — Nous avons dit qu’au repos la ligne et les appareils correspondants sont parcourus par le courant de ligne issu de la batterie LB
- (fig. 2). Ce courant traverse les électro-aimants E et D, vient à la plaque pf, passe, par l’intermédiaire du contact n dans la plaque pm et fait retour à la terre, la demi-couronne a étant isolée par le bras Z qui est placé à une faible distance en avant du groupe de plots noyés dans le disque isolant A. Dans ces conditions le circuit de ligne est fermé et les deux électros E et D attirent leurs armatures. Celle de E bloque la roue d’échappement S tandis que celle de D laisse le manchon embrayé sur l’axe A. Par conséquent tout le mécanisme de l’appareil demeure au repos tant que le courant peut traverser les électros E et D.
- Appuyons maintenant sur une des touches l du clavier. Immédiatement le circuit se trouvera coupé parce que l’extrémité inférieure de la touche, agissant sur pm, détruira le contact avec la pointe n.
- L’électro E libérera son armature qui, sollicitée par le ressort antagoniste b, permettra à la roue S de commencer une révolution, étant entraînée par l’arbre sollicité par un poids remplaçant le mouvement d’horlogerie du Morse. Par conséquent tous les disques, y compris la roue des types, calés sur l’axe même et sur son manchon se mettront en mouvement ainsi que le bras Z qui parcourra la couronne de. plots. Mais ce dernier ferme le circuit de ligne à chaque contact, le courant passant, non plus par pb n et pm, mais par une rondelle métallique solidaire de la base de chaque touche et qui est reliée à l’un des contacts du disque A; de sorte que le courant de ligne arrive à l’un de ces contacts, passe par le bras Z, la demi-couronne a et de là à la terre.
- Supposons que la touche t sur laquelle nous avons appuyé soit reliée à l’un des derniers contacts de la série a. Le circuit de ligne sera interrompu et rétabli chaque fois que le bras Z franchira un contact et l’espace libre entre deux contacts successifs. L’électro E obéira donc à ces interruptions de courant et per-
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- mettra à la roue S et à tout le système mécanique de tourner avec l’axe d’un mouvement saccadé puisqu’il est obtenu par l’intermédiaire d’un échappement S. Au moment où Z atteindra le plot relié à la touche abaissée le contact subsistera pendant un temps plus long que sur les autres plots et aussi l’isolement de la ligne; l’électro D, qui n’a pas été actionné jusqu’ici grâce à la présence d’une pièce polaire qui lui permet de conserver l’aimantation pendant les interruptions de courte durée, abandonnera à son tour l’armature.
- Celle-ci commande un levier terminé par un doigt mobile dans un sens qui presse contre le disque q et produit le désembrayage en poussant légèrement vers l’avant le manchon et tous les organes qu’il porte. En même temps un autre bras rrTr lixé à ce levier et qui se termine par un petit tambour sur lequel glisse le papier bande, vient frapper contre la lettre correspondante de la roue des types et produit l’impression. L’opérateur abandonne alors la touche et tout rentre dans l’ordre : embrayage du manchon avec l’axe, rétablissement du circuit de ligne, arrêt de l'appareil, jusqu’à ce que l’on appuie sur une autre touche.
- Assez simple à comprendre, l’appareil se complique de dispositifs spéciaux et différents suivant les lignes sur lesquelles il peut être mis en service. Le
- système que nous venons d’exposer n’est applicable que dans fort peu de cas, à cause de la présence d’un courant permanent sur les fils. On lui préférera toujours, malgré l’avantage qui puisse résulter de l’emploi d’une seule batterie de ligne, le système à deux batteries dans lequel les courants circulent seulement pendant la transmission, ainsi que cela a lieu avec les appareils télégraphiques ordinaires. Les connections électriques du téléscripteur deviennent alors un peu plus compliquées.
- L’inventeur s’est appliqué à résoudre, avec son appareil, certains problèmes très délicats de la télégraphie, comme, par exemple, de desservir un grand nombre de postes par un seul fil de ligne. Dans ce cas chaque poste est pourvu d’un relais
- polarisé qui l’isole de la ligne en permanence. Dès qu’un correspondant veut communiquer avec un autre il appuie sur la touche de son clavier qui commande le relais ; celui-ci bascule sous l’action du courant continu qui lui est destiné et met l’appareil en position de réceplion. Les autres postes ne reçoivent pas ce courant d’appel parce que, dans chacun d’eux, le bras Z qui parcourt les plots reste en permanence sur le contact correspondant à la touche d’appel.
- Admettons qu’il y ait 10 postes sur un seul fil. Ils seront désignés par les lettres de A à J inclusivement. Le bras Z de chacun de ces L postes reste au re-
- pos sur le plot qui correspond à son indicatif. Dans le poste B, par exemple, le bras Z est sur le contact relié à la touche B ;
- LB
- rrrrr
- Fig. 2. — Schéma du fonctionnement du téléscripteur.
- Fig. 3. — Schéma de la partie mécanique.
- dans le poste 11 le bras Z est sur le contact relié à la touche H, etc. Si A appelle 11 il appuiera sur la touche li pendant une ou deux secondes; le relais de II basculera et le poste sera sur réception. Mais aucun des autres appareils ne sera dérangé. Un dispositif spécial permet aux stations hors circuit de s’apercevoir que la ligne est occupée. Le système paraît donc très pratique pour desservir les localités où le ü’afic n’est pas très important, en particulier les lignes des voies ferrées. Il serait même possible de relier entre elles et avec un bureau central toutes les communes appartenant à une région en plaçant les appareils dans les mairies.
- Nous signalerons encore l’avantage que les particuliers trouveraient à installer le téléscripteur à leur domicile, à côté du téléphone et sans grande dépense puisqu’il emploie le même circuit. Les conversations seraient ainsi authentifiées par la bande imprimée. De plus, en cas d’absence du correspondant, il serait néanmoins possible de transmettre un ordre que le Téléscripteur enregistrerait et que le destinataire trouverait à son retour.
- Le Téléscripteur fonctionne à peu près comme une machine à écrire; il n’exige, une fois réglé, aucune surveillance spéciale puisqu’il ne comporte pas de synchronisme, se mettant seulement en marche quand on appuie sur les touches. Il est actuellement soumis aux essais par l’administration française des télégraphes. Lucien Fournier.
- Fig. 4. — Coupe de la partie mécanique.
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- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du i5 novembre 1909. — Présidence de M. Bouchard.
- Le climat de la Mauritanie. — M. Edmond Perricr présente une Note de M. Gruvel sur le climat de la partie de la Mauritanie qu’il a parcourue. Cette région comprend, au point de vue climatologique, deux parties : l’une dotée du climat sénégalien, l’autre qui ne reçoit de pluie qu’à des intervalles de 3 ans, et dans laquelle une rosée abondante recouvre le sol pendant la nuit.
- L'ablation du muscle temporal. — M. Edmond Perrier expose que M. Anthony a étudié les conséquences de l’ablation précoce du muscle temporal sur le cerveau des carnassiers. En procédant à cette ablation sur de jeunes chiens, on observe des modifications de la mâchoire inférieure, de l’arcade zygomatique. De plus, le cerveau et la voûte crânienne se développent davantage du côté de l’ablation. Ces modifications sont-elles héréditaires? M. E. Perrier montre qu’il serait important d’établir ce point.
- Dichroïsme magnétique. — M. Bouty résume un travail de M. Meslin sur le dicliroisme produit par un champ magnétique. Le dichroïsme est la propriété qu’ont certains cristaux de paraître de couleur différente suivant la direction dans laquelle on les regarde par rapport à leur axe optique. Le phénomène observé par M. Meslin résulte de l’orientation qu’un champ magnétique même faible impose à des particules cristallines en suspension dans un liquide convenablement choisi. Ce phénomène est particulièrement remarquable avec de la sidérose en suspension dans le sulfure de carbone. Sous l'influence d’un faible aimant, le pseudo-mélange polarise la lumière avec une intensité particulière. L’auteur, dans la pièce qui précède la salle des séances, a installé un polariscope qui permet aux assistants de constater la réalité des faits annoncés.
- Les décharges oscillatoires. — M. Violle présente une Note de M. André Léaulé sur les effets destructifs des décharges oscillatoires très rapides. Après avoir montré le rôle important joué par la self-induction dans ce phénomène, M. A. Léauté étend aux décharges atmosphériques les conclusions qu’il tire de ses expériences.
- U explique comment la foudre occasionne d’énormes ravages sans mettre en jeu de grandes quantités d’énergie. 11 montre aussi combien il est difficile de préserver les longues lignes électriques contre les coups de foudre.
- Différence de potentiel par le filtrage. — M. Lipp-man dépose une Note de M. Grumbach sur la différence de potentiel que provoque le filtrage d’un liquide. 11 rappelle que si l’on filtre de l’eau distillée au travers d’un diaphragme de soufre, en faisant intervenir une pression de l’atmosphère sur le liquide on obtient une différence de potentiel de 10 volts. Le célèbre physicien llelmoltz a étudié ce phénomène. H a montré qu’il dépend de la différence de pression et d’une action de contact. En effet, en mettant l’eau en contact avec un verre, on constate une différence de potentiel. M. Grumbach emploie de l’eau légèrement additionnée de phénol. Cette eau phénolée, au contact du verre, révèle une autre différence de potentiel que l’eau pure. On observe que la force électromolrice de filtration de l’eau phénolée n’est pas celle de l’eau pure. Cette expérience corrobore la théorie d’Ilelmollz.
- Action des gaz sur les microbes. — M. Roux dépose, au nom de MM. Trillat et Sauton, un travail relatif à l’action exercée sur les microbes en suspension dans l’air par la présence des gaz putrides qui souillent communément l’aLmosphère tels que ceux de la décomposition animale, de la respiration, etc. MM. Trillat et Sauton trouvent que, dans certaines conditions, ces gaz constituent des milieux très favorables à la conservation des microbes et ils en font la démonstration en choisissant la levure alcoolique comme premier exemple. Cette levure vit plus longtemps et provoque une fermentation plus énergique après une exposition de quelques heures dans une atmosphère viciée. Au point de vue de la propagation des épidémies, ces notions, si elles se vérifient pour les germes pathogènes, sont intéressantes à enregistrer. Elles peuvent expliquer la nocivité de l’air au point de vue de la contagion, quand il est souillé par certains éléments gazeux communément répandus.
- COMMENT ON FAIT D’UN PARAPLUIE UN RÉFLECTEUR DU SON
- il. Miehaud, professeur à Costa-Rica, signale dans Scieniific American, une intéressante et amusante expérience d’acoustique. Elle est bien facile à reproduire : il suffit, en effet, de disposer d’un ou mieux de deux parapluies, et d’avoir eu soin de les mouiller au préalable; Les étoffes mouillées ont la propriété de très bien réfléchir le son, alors que sèches, au contraire, elles se laissent traverser par lui. Avec deux parapluies ouverts, on peut aisément reproduire la curieuse expérience de la
- conversation mystérieuse. Il suffira de disposer dans le prolongement l’un de l’autre les manches de deux parapluies, ouverts et mouillés, tournant l’un vers l’autre leur concavité. Un auditeur place son oreille à l’intérieur de l’un des parapluies, près du ressort d’arrêt, son interlocuteur parle bas à l’intérieur de l’autre parapluie et le premier entend très distinctement ce que dit le second, tandis que, à moitié chemin, un indiscret ne peut rien saisir de la conversation engagée.
- UN CHANTIER DE CONSTRUCTION AÉRIENNE
- Le nouveau hangar de la Société Zeppelin, à Fried-richshafen, remarquable par ses dimensions gigantesques, est destiné à servir, non pas comme garage d’aérostats ainsi qu’on l’a fréquemment affirmé, mais comme un véritable chantier de construction aérienne. Aussi lui a-t-on annexé une grande usine
- mécanique où seront fabriqués les différents organes qui composent un dirigeable.
- Destiné à loger, pendant leur construction, deux dirigeables du type le plus grand, le hangar a des lignes fort imposantes (200 mètres de longueur, 53-mètres de -largeur dans la partie inférieure et
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- 20 mètres de hauteur centrale). Aussi la forme a-t-elle éLé choisie de façon à réduire à un minimum l'encombrement du hangar, sans préjudice à sa stabilité.
- Pour soustraire le hall, dans la mesure du possible, à l'influence du rayonnement du soleil et d’autres facteurs météorologiques, susceptibles d’imprimer de rapides variations de volume aux aérostats remplis et d’augmenter les fuites de gaz, les constructeurs ont choisi, pour la toiture et les parois, une matière de faible conductibilité calorifique et d’un poids assez faible pour ne point exposer la slruc-
- toute sa longueur muni de ventilateur évacuant l’air intérieur.
- Afin de rendre aussi commode que possible l’accès en tous les points du ballon en cours de construction ou dé réparation, on a disposé, des deux côtés du hangar, des galeries mobiles de travail s’étendant sur toute sa longueur et des passerelles stationnaires fixées de côté et d’autre de la salle.
- La Société Zeppelin avait exigé, comme condition indispensable, que les deux extrémités du hangar fussent construites de façon à dégager en un minimum de temps la section intérieure du hangar afin
- turc de fer à des charges excessives. La toiture est donc faite d’une couche de béton de 8 centimètres, garnie de rubéroïde; les parois se composent de cloisonnage de fer. Les parois longitudinales sont garnies d’une double couche de maçonnerie comportant, dans l’intervalle, une couche d’air isolante. Les parois, transversales, façonnées comme portaux et par conséquent d’une grande légèreté, comportent une garniture extérieure en tôle galvanisée oudulée et une garniture intérieure de liège, avec, dans l’intervalle, une couche d’air isolatrice.
- Afin d’évacuer rapidement les gaz qui s’échappent pendant le remplissage des ballons, on a disposé au sommet du hangar un lanternau s’étendant sur
- de permettre un passage facile des ballons. On a donc construit des portails assez grands pour permettre la fermeture et l’ouverture rapide d’une section de 20x45 mètres. Cette condition formait la partie la plus difficile de la tâche.
- Les portails se manœuvrent électriquement : la surface de chacun comporte 4 sections de 20 mètres de hauteur : les deux du milieu affectent la forme de portails glissants et les deux latérales, celle de portails rotatoires.
- Alfred Gradenwitz.
- Le Gérant : I’. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahlre, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE. — N° 1905
- 27 NOVEMBRE 1909.
- TROIS CENTENAIRES DE LA NAVIGATION
- À propos des iëtes par lesquelles les États-Unis viennent de célébrer le grand navigateur Hudson et
- Hudson, sur Yllalf-Moon, explorait en 1609 le cours du lleuve qui porte aujourd’hui son nom.
- MAURETAN1A
- HALF.MOON
- CLERMONT
- iANGUEUR LARGEUR IfJUiQUM LIGNE DE FI01TAISON tirant D'EAU
- 24071 26*81 1&28 1006
- 20.58 5.15 3.07 2.14-
- 45.70 3.96 2.13 0.61
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- Le Mauretania lient dans sa largeur le Half-Moon; sa chambre des chaudières peut recevoir cinq bateaux comme le Clermont, dressé à droite de la figure.
- le grand inventeur Fulton, notre confrère Scienlifîc American a eu l’ingénieuse idée de résumer, dans la gravure que nous reproduisons ci-dessus, les progrès de la navigation depuis le début du xvne siècle. G était la belle époque de la navigation à voile.
- Bje année. — 20 semestre.
- Le Half-Moon construit en Hollande était un troisa mâts de 80 tonnes, sa longueur était de 20 m. 08, sa largeur 5 m. 15, sa hauteur jusqu’à la ligne de llottaison, 3 m. 07; son tirant d’eau, 2 m. 14. Ce n’était pas un abri confortable que cette coque de
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- 402 - ALIMENTATION ET FALSIFICATIONS
- noix qui se risquait, audacieusement, à travers l’Océan.
- L’équipage devait loger dans l’entrepont sur le gaillard d’avant, l’espace était fort restreint et il fallait ramper à quatre pattes pour gagner sa couchette.
- Deux cents ans plus tard, le Clermont dont nous avons donné déjà la description, mû par la vapeur, circulait sur la rivière Hudson. IJn demi-siècle ensuite les premiers paquebots à vapeur franchissaient l’Atlantique, et aujourd’hui ce sont de véritables villes flottantes, luxueusement aménagées qui assurent les relations entre les deux continents.
- Le Half-Moon filait 6 nœuds environ, par bon vent. Lé Clermont en 1807 faisait 4 nœuds 1/2. Aujourd’hui le Mauretania, qui tient le record de la vitesse pour les grands bâtiments, donne une vitesse moyenne de 26 nœuds.
- Le Mauretania pourrait contenir rien que dans sa salle de chaudières et de machines : 5 embarcations de la taille du Clermont, placées bout à bout. Le Half-Moon tout équipé tiendrait aisément dans la largeur de l’immense paquebot. La longueur du Clermont est à peine supérieure à la hauteur du Mauretania, cheminées comprises.
- ALIMENTATION ET FALSIFICATIONS
- Le deuxième Congrès international pour la répression des fraudes, concernant les matières alimentaires, a tenu ses séances à Paris, du 17 au 24 octobre dernier.
- Notre but n’est pas de présenter, en les discutant, les desiderata exprimés à ce Congrès, mais simplement d’exposer aux lecteurs de « La Nature » certaines fraudes intéressantes, curieuses ou originales.
- Nous devons>dire, tout d’abord, qu’il en est des fraudes, en matière de denrées alimentaires, comme de tout ce qui est humain, c’est-à-dire que ce genre d’industrie, qui a enrichi et enrichit encore nombre d’adeptes, a progressé, en même temps que les moyens scientifiques se perfectionnant eux-mêmes, se mettaient à ses trousses pour en démasquer les procédés. Nous n’en sommes plus, aujourd’hui, à la falsification banale, presque enfantine, du bon vieux temps, qui consistait simplement à mettre de la craie dans la farine, de l’ocre dans le chocolat, de la terre de pipe dans le miel1, du sable dans le sucre en poudre et de l’eau, exclusivement dans le vin, etc. Devant les laboratoires « gendarmes », se sont élevées et organisées des installations clandestines, véritables contre-laboratoires, dans lesquels on s’est efforcé, par une manipulation nouvelle et appropriée, d’adapter l’intérêt du fraudeur, qui est de frauder, au côté faible de la méthode d’analyse officielle, en usage, de manière à bénéficier d’un doute. Dans ce sens, les procédés de falsification du vin se sont perfectionnés à un tel point, les rapports chimiques sur lesquels repose l’appréciation du produit, ont été observés avec une si scrupuleuse exactitude, qu’il a été, plusieurs fois, impossible de conclure à une falsification, alors que toutes les preuves morales dénonçaient et condamnaient le coupable.
- 11 existe des fraudes simples, il en existe aussi de très compliquées qui demandent, pour réussir, toute la compétence d’un opérateur, coutumier des opérations chimiques, sachant manier les équations et exercé dans l’art des combinaisons.
- Le café (fig. 1), denrée chère et appréciée, a été falsifié de diverses manières, le café moulu, surtout,
- 1 Bauduimont et Chevalier, 7u rdil. Dicl. des Falsif., . 959.
- auquel son état, devenu informe, permettait l’addition de divers produits végétaux également torréfiés et broyés : glands de chêne, racines de chicorée, de panais, de betteraves; haricots, fèves, maïs, figues, seigle, noyaux de dattes, etc.... A Londres,on a autrefois signalé un café en poudre, auquel on avait incorporé du tan, de la sciure de bois d’acajou, du foie de cheval cuit au four1!... Le café en grains, que sa forme caractéristique et sa petitesse relative, semblaient préserver de toute tentative de falsification, s’est vu, lui-même, imité, et cela, avec assez de perfection, pour que l’incorporation d’une quantité notable de ce café d’industrie, à du café naturel, puisse passer inaperçue. Ces grains de café ( ! ?) étaient en argile plastique jaunâtre ou gris verdâtre ; on les moulait, alors que la pâte, encore humide, se prêtait facilement à tous les changements de forme, puis on les séchait. Un certain fraudeur, dont j’ai vu les échantillons, avait même eu la délicatesse d’incorporer à son argile une quantité de caféine correspondant à celle contenue dans le café naturel ! ! A Lille, on signala des grains de café fabriqués avec une pâte composée de débris de coques de cacaq, mêlés à une petite quantité de marc de cette graine et d’amidon; ces grains avaient été lustrés, à leur surface, avec une matière gommeuse2. j
- D’autres fois, la fraude est beaucoup moins compliquée et se limite simplement à faire absorber, au café, son maximum d’humidité. Enfin le café s’est vu souvent emprunter son nom, pour ennoblir les étiquetas de produits essentiellement roturiers : café nègre (semences de légumineuses exotiques : cassia occi-dentalis), cafégraminé(semences de céréales), café indigène (orge mondé, torréfié et moulu), café moka hygiénique (pois chiches, seigle, glands, chicorée, etc. Brevet du 28 octobre 1850) ,'café des gourmets, des gourmands, café oriental, café de Malt, yankee coffee, café de- Chartres, café Toniah, café des amateurs, des connaisseurs (!), des sultanes, etc., etc.
- Le café nous:amène,'tout naturellement, à parler de la> chicorée qui,lui est si souvent incorporée.
- 1 Journal anglais -' The Lancet.
- 2 GiiEVALtEn.eljiAUDiu.MoNT Dicl. des Falsif.
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- ALIMENTATION ET FALSIFICATIONS ===== 403
- Malgré son bon marché, la chicorée est falsifiée de diverses manières, soit par addition de Vieux inarcs de café épuisés ou de pain torréfié, semoule en poussière, débris de vermicelle colorés, déchets de betteraves, résidus de brasserie ou de distillerie de grains, graminées torréfiées et, ce qui est pire, mais beaucoup plus rare, incorporation de tourbe.
- Il n’existe pas une substance alimentaire qui n’ait été, pour les fraudeurs, l’occasion d’exercer leur déplorable industrie.
- La bière a eu son houblon remplacé par du fiel de bœuf, de l’aloès, de la coloquinte, des feuilles de noyer, du quas-siâ-amara, de l’acide picrique.
- Le lait, dépouillé de sa crème, s’en est vu constituer une nouvelle avec de la cervelle de cheval (lig. 2) ou par une émulsion de graines oléagineuses : chène-vis , amandes-douces, etc.
- La fabrication dü miel, par des perfectionnements successifs, en est arrivée à produire un miel auquel nulle abeillen’avaitmis la patte et dont le sirop de lécule, parfumé artificiellement , faisait tous les frais.
- Le chocolat qui, commercialement, est un mélange de cacao et de sucre, a été adultéré avec des farines de blé, de riz, de légumineuses, ou bien, avec de l’amidon, de la dextrine, de l’huile d’amandes douces, du suif de mouton ou de veau : d’autres fois, on y ajoutait des enveloppes de cacao torréfiées et pulvérisées, des noisettes grillées, de la gomme arabique, de la sciure de bois, etc.
- Les confitures ont mi leurs fruits remplacés par des légumes (!) et on a livré au commerce des con- . litures de groseille à base de carottes, des confitures d’abricots à base de potiron, des confitures d’oranges à base de navets. Les gelées de fruits ont été préparées avec de la gélatine ou de la gélose colorée et parfumée artificiellement et ne contenant pas trace
- de suc végétal ni de sucre qui était remplacé par du glucose. La colle de Chine ou du Japon préparée avec une algue : gracilaria lichenoïdes, trahit son origine et révèle par conséquent la fraude par la présence d’une diatomée, fort belle, caractéristique : 1'arachnoidiscus japonicus (fig. 5). Cette diatomée est facilement découvrablc ; il suffit, après avoir dialysé la confiture, de traiter la partie restante sur le filtre, par un mélange d’acides sulfurique et nitrique, pour détruire la matière organique, d’étendre d’eau, et d’examiner au microscope, au bout de
- 24 heures de repos, le dépôt dans lequel se trouvent réunies les diatomées.
- Le pain d'épice au protochlorure d’étain (ce qui rend possible 1 a panification avec des farines avariées) se trouvait encore dans le commerce, il n’y a pas très longtemps.
- 11 n’y a peut-être pas de substance qui ait été falsifiée par plus d’éléments étrangers au poivrier, que le poivre en poudre (lig. 4); je n’en présenterai pas la liste, je me bornerai à l’énumération réduite suivante : tourteaux de chè-nevis, de colza, fleurage de pomme de terre, farines diverses, ma-niguette, noyaux d’olives, de dattes, coques de noix, moutarde, balayures de magasin.... Comme le café en grains, le poivre en grains a été constitué de toutes pièces par divers mélanges dont un avait la composition suivante : graines de navette, farine de seigle, débris de poivre, poudre de moutarde, le tout savamment comprimé et moulé.
- Les feuilles du prunier sauvage, du peuplier, du frêne, du saule, du sureau, de l’olivier, du rosier , etc... ont été bien souvent élevées au rang de feuilles de thé.
- La carotte et la citrouille ont prêté leur aide, alimentaire à la confection des conserves de tomates (fig. 5).
- QUELQUES DENRÉES ALIMENTAIRES ET LEURS FALSIFICATIONS VUES AU MICROSCOPE.
- A : chicorée ; E : figues; C : noyau de dattes.
- Pulpe de cervelle de cheval.
- Fig. 3.
- Arachnoidiscus Japonicus.
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- ALIMENTATION ET FALSIFICATIONS
- Des pommes de terre avariées, pelées, découpées puis colorées en brun et enrobées dans de la terre truffière du Périgord, se sont soudainement révélées truffes.
- Un mélange d’acide benzoïque, de teinture de tolu et de baume du Pérou, a rendu à des vanilles désodorisées par plusieurs épuisements, leur parfum d’antan et en a ainsi rendu la vente possible.
- Un liquide composé d’alcool, acide et éther formiques, éther butyrique et acétate d’éthyle, etc., a
- Fig. 4.
- iT) Poivre en poudre. — (2) Poivre falsifié avec A : Tourteau de chènevis; B : Poudre de gri-gnons d’olives; C : Poudre de coquilles de noix.
- constitué, au dire
- de certains com- QUELQUES denrées alimentaires et leurs falsifications vues au microscope merçants, un excellent Rhum de la. Jamaïque.
- La fai ine de blé a été falsifiée avec de la sciure1; de bois.
- Des pâtissér ries, vierges de beurre, ont été graissées avec de la vaseline (Rapport de MM. Tré-.lat, Brouardel, etc.) ; cela offrait au falsificateur, un double avantage : 1° la vaseline coûtait moins cher que le beurre ; 2° elle ne rancissait pas. Quant à l’estomac du consommateur, il n’y trouvait évidemment pas son compte, car la vaseline n’étant pas un aliment s’opposait à toute assimilation.
- En préparant une pâte avec de la farine colorée par un dérivé de
- la houille, un habile charcutier a fabriqué d’excellentes saucisses ne contenant, en réalité, que 25 pour 100 de viande, etc., etc....
- Nous pourrions continuer encore longtemps, cette liste déjà longue, mais l’énumération en deviendrait fastidieuse et ne présenterait plus aucun intérêt pour le lecteur. Les quelques exemples choisis sont plus que suffisants pour montrer combien la pratique des falsifications, en matière de denrées alimentaires, est étendue et variée.
- Il serait à désirer qu’une législation sévère en ré-
- Fig. 5
- (1) Conserve de tomates. — (2)
- sifièe avec A
- primât pour toujours l’exercice en frappant, comme nous le souhaitions, autrefois, à propos de la fraude du lait1, d’une véritable peine de mort commerciale, tout commerçant qui se serait rendu coupable d’une fraude nettement reconnue.
- Malheureusement nous 11’en sommes pas encore là et, d’autre part, nous devons avouer que plusieurs fraudes sont encouragées, recherchées, en quelque sorLe, par le consommateur lui-même, qui, incapable présentement, dans la plupart des cas, de baser son
- choix sur des raisons sérieuses, donne, trop souvent , sa préférence aux denrées richement colorées. C’est pour cela que l’on continuera encore à vendre longtemps des pâtes alimentaires bien jaunes, le plus jaune possible, alors que la fabrication normale de ces pâtes ne permet que l’obtention de produits presque blancs à peine jaunâtres. Pour la même raison, les confitures aux teintes vives, groseilles, framboises , fraises, nécessairement colorées artificiellement , seront encore préférées aux confitures de teinte plus terne, plus modeste, mais pures, et ne renfermant exclusivement, que
- Conserve de tomates fal-Pulpe de potiron; B : Pulpe de carotte.
- du sucre et des fruits. Les conserves de légumes verts seront d’autant plus cotées par le consommateur qu’elles seront plus vertes, bien que cette verdeur soit obtenue par l’addition de sulfate de cuivre, etc., etc.
- Pour ces raisons, et pour bien d’autres, nous serons encore exposés à consommer des produits plus ou moins profondément fraudés.
- G. Loucheux.
- Chimiste du Ministère des Finances.
- 1 Petit Journal Agricole du 22 juillet 1906.
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- LES CARRIÈRES DE PARIS
- L’ACCIDENT DE LA RUE TOURLAQUE
- Le 51 octobre dernier, dans la rue Tourlaque, rue paisible qui monte sur le liane ouest delà Butte Montmarle, le sol s’ouvrait soudain et engloutissait deux passants. On put sauver l’une des victimes ; mais l’autre, une malheureuse femme, disparut dans le sable et l’on ne retrouva son cadavre qu’après plusieurs jours de travaux fort dangereux.
- Cet accident tragique a vivement ému et inquiété toute la population parisienne. Il n’a malheureuse-
- piliers, soutenant les ciels des galeries. Il y eut ainsi, sous la colline Montmartre, des cavages atteignant jusqu’à 48 et 20 mètres de hauteur, et à des profondeurs descendant jusqu’à 40 mètres au-dessous du sol. Cette situation a provoqué des inquiétudes qui ne datent pas d’hier. Un ouvrage récent, auquel nous ferons au cours de cet article de nombreux emprunts, le Paris souterrain de M. Gerards1, nous apprend que, dès 1777, l’autorité royale s’était
- (Collection Km. Blondel.
- Fig. i. — Vue de là Bulle Montmartre et de ses carrières vers 1840.
- ment rien de surprenant. Très vraisemblablement, l’effondrement de la rue Tourlaque est dû à un fontis ; toute l’explication de la catastrophe tient en ce terme emprunté au vieil et pittoresque langage des carriers.
- Les fontis. — Les fontis ne peuvent naître que là où il y a des vides souterrains, non remblayés ou mal remblayés. Et, en effet, tout le pourtour de la Butte Montmartre repose, nous y reviendrons un peu plus loin, sur d’anciennes carrières de gypse, abandonnées définitivement vers le milieu du dernier siècle. Ces carrières étaient exploitées par la méthode des piliers tournés : l’extraction s’opérait en creusant, dans la masse de pierre à plâtre, un réseau d’immenses galeries et en ménageant de place en place dans cette même masse de larges et solides
- émue des dangers que pouvait faire courir à la population parisienne l’existence des carrières de plâtre. Une déclaration royale du 23 Janvier 4779 prohiba même absolument leur exploitation souterraine.
- On décida alors de procéder au comblement des carrières. La méthode normale, celle des remblais rapportés, est évidemment longue et coûteuse. lorsqu'elle ne pouvait être pratiquée, on opérait par renversement des piliers au moyen de la poudre. Les carrières ainsi comblées étaient dites foudroyées. Du reste, pendant et après la Révolution, l’extraction du gypse sous Montmartre reprit de plus belle, malgré les protestations des habitants, pour ne se ralentir que vers 4848 et se terminer définitivement vers
- i. Paris-Souterrain par Eir. Gerards, sous-inspecteur ries Travaux de Paris, Garnier frères, éditeurs.
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- Fig. 2. — Un èboulement à Montmartre en 1844. — Les carrières de plâtre de Montmartre ont, de tout temps, provoqué de dangereux mouvements de terrain.
- 4 862. On combla, on foudroya au fur et à mesure de l’abandon des carrières, sans que l’on ait gardé de renseignements précis sur les opérations ainsi pratiquées. On a essayé plus tard de remédier à cette lacune. Mais la destruction des Archives du Service de l’Inspection des carrières, en 1871, lors de l’incendie de l'Hôtel de Ville parles insurgés de la Commune, nous a privés à cet égard des documents précieux que l’on avait pu réunir et auxquels il devient de plus en plus difficile de suppléer.
- On conçoit donc que le sous-sol Montmartrois puisse recéler des vides considérables et ignorés. Qui saurait affirmer que, dans les carrières foudroyées, tous les piliers ont été effectivement renversés par la poudre, ou que le sol supérieur s’est partout régulièrement tassé après l’explosion ? De place en place subsistent certainement des voûtes souterraines, d’autant plus dangereuses, que, sans avoir été détruites complètement, leur solidité a été néanmoins fortement ébranlée par le choc et qu’elles sont en quelque sorte en équilibre instable. S’il existe, en quelque endroit, une de ces voûtes dont le ciel soit fissuré
- 1 Notice sur la consolidation des carrières souterraines sous l’emplacement de s réservoirs de Montrouge, par M. O.'Kei,-i.er, Ingénieur des mines. Paris, 1877.
- en plusieurs sens, il arrive toujours un moment où les fragments du banc de roche, sous la pression des couches supérieures, « tombent sur le sol, en mettant à nu un banc moins compact ; celui-ci se détache et, la désagrégation des couches continuant à s’opérer de bas en haut, il se forme une cavité en forme de dôme ou de cloche, dont le sommet s’élève progressivement par la chute des fragments marneux, sableux, ou argilo-marneux que la dislocation des bancs inférieurs met tour à tour à découvert w1. C’est ainsi que naît un fontis, et, à moins de travaux de consolidations spéciaux, il continue lentement ou rapidement selon les cas, mais sans arrêt, l’infiltration des eaux aidant, son travail de désagrégation. Peu à peu la calotte s’élève et se rapproche du sol ; un moment arrive où le sommet de la cloche n’est plus séparé de la surface que par une épaisseur très faible. Dès lors l'effondrement est imminent : une forte trépidation, le passage d’une voiture, d’un piéton même suffira à le provoquer. C’est vraisemblablement ce qui s’est produit rue Tourlaque.
- On peut admettre aussi l’hypothèse d’un remblai mal fait : les terres rapportées, entraînées peu à peu par l’infiltration des eaux, auront laissé un vide chaque jour croissant sous la chaussée. Celle-ci, mise complètement en porte-à-faux, se sera un beau jour affaissée.
- Fig. 3. — Poursuite des insurgés dans les carrières de Montmartre, en Juin 1848. — Cette vue, outre son intérêt historique, a l’avantage de montrer l’entrée d’une exploitation par piliers tournés.
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- Lorsque le sous-sol est accessible, comme dans d’autres régions de Paris que nous visiterons un peu plus loin, on peut s’apercevoir des fontis en formation et enrayer leurs méfaits ; mais, à Montmartre, il n’y a plus de galeries souterraines accessibles. Aucune mesure préventive n’est possible, et il nous faut accepter, impuissants, les conséquences des fautes et des imprudences accumulées par les générations passées.
- Quand un fontis vient au jour, comme dans le récent accident, et fait des victimes, il y a bien peu d’espoir de sauver les malheureux ensevelis. Rien n’est plus difficile, ni plus dangereux que de travailler dans un fontis : il ne faut pas songer à déblayer dans l’excavation formée près du sol, et remplie de terres et de sables. Tout coup de pioche ou de pelle donné dans cette masse mouvante, en provoque l’écoulement dans la cavité sous-jacente, accentue l’effondrement, et met en péril les sauveteurs. Il faut descendre par puits blindé et rien n’est plus délicat que de construire un puits en pareil terrain. Les plus minutieuses précautions sont de rigueur ; la moindre négligence ferait de nouvelles victimes, sans accélérer le sauvetage.
- Les effondrements de Paris. — L’accident de la rue Tourlaque n’est pas sans précédents : Paris a été éprouvé, à maintes reprises, par des effondrements dont plusieurs sont restés célèbres : Si, avec M. Gerards, nous remontons à l’année 1774, nous apprenons que le 17 décembre, rue d’Enfer, « une fouille de carrière a occasionné un écroulement considérable qui renversa une partie du pavé et des alentours de la route d’Orléans, près de la barrière Saint-Michel. Cette fouille avait été faite 150 ans
- avant la formation de la route ». La rue d’Enfer est aujourd’hui la rue Denfert-Rochereau. Cet accident attira l’attention du gouvernement; on commença à se préoccuper des souterrains de Paris, on fit des enquêtes, on leva des plans, et l’on acquit la certitude, dit Héricart de Thury1 en 1815, « ainsi que depuis longtemps l’affirmait la tradition, que les temples, les palais et la plupart des voies publiques des quartiers méridionaux de Paris, étaient près de s’abîmer dans des gouffres immenses ; que le péril
- était d’autant plus redoutable qu’il se présentait sur tous les points ; enfin qu’il était nécessaire de se porter simultanément sur chacun d’eux, etmalheu-reusement on n’avait encore aucune donnée sur la conduite à tenir pour remédier au mal le plus effrayant, ou même pour en arrêter le progrès. »
- De cette époque date un embryon d’organisation administrative, qui a donné naissance au service actuel des carrières de la Seine. Ses débuts furent paralysés par un bien curieux conflit d’attribution entre le bureau des Finances: et le comte d’Àn-ginller, directeur des bâtiments du roi. Mais des accidents répétés montrèrent bientôt la nécessité de l’organiser fortement : le 29 avril 1777, rue d’Enfer, vis-à-vis des murs du Luxembourg, à l’emplacement actuellement occupé par les croisements des rues Den-fert, de l’Àbbé-de-l’Épée et du boulevard Saint-Michel, un bâtiment appartenant à la marquise de Roncé disparaissait, dans un fontis, à 21 m. en dessous du sol de la cour. L’insuffisance des mesures prises à cette époque devait d’ailleurs provo-
- 1 Les catacombes de Paris, par Héricart de Thdry, Inspecteur général des travaux souterrains du département de la Seine. Paris, 1815.
- Étages
- supérieur moyen
- Carrières
- souterraines
- Masse- de- gypse- (pberre-'à-plâtre-) Remblais présumés .
- Piliers de consolidationJ.
- Fontis.
- àâ|rouvert( Uwl ® RjcploiiaiioTis remblayées
- Fig. 4. — Le sous-sol de la rue Tourlaque, lieu de Vaccident du 3i octobre. (D’après /’Atlas Souterrain de Paris, publié par le Service des Carrières de la Seine.)
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- LES CARRIÈRES DE PARIS
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- Fig. 5. — Coupe géologique d’un fontis.
- (Hôpital Ricord.)
- quer 103 ans plus tard, le 30 juillet 1880, au même endroit, un nouvel effondrement de 18 m. de long sur 7 de large et 11 de profondeur.
- Le 27 juillet 1778, un fontis à Ménilmontant faisait 7 victimes.
- Tous ces événements avaient semé une vive alarme parmi la population parisienne. Sous la pression de l’opinion publique, le Service des Carrières s’organisa rapidement. Guillaumot, son premier inspecteur général, élève de l’architecte Soufflot, était un homme actif et habile. Sous sa direction, on commença à lever le plan de Paris souterrain, et on poussa activement les travaux de consolidation. Ceux-ci se sont régulièrement poursuivis jusqu’à nos jours, à peine interrompus par les troubles de la Révolution, et par les épreuves du siège de 1870 et de la Commune.
- Malgré les utiles efforts du Service des Carrières, Paris a encore subi, au cours du xixe siècle, de nombreux effondrements. La Butte Montmartre, excavée en tous sens, a été éprouvée par d’innombrables fontis et par des glissements de terrain qui provoquèrent bien souvent les protestations des habitants. Notre figure 2, qui reproduit une vieille gravure de Y Illustration de 1844, représente un effondrement
- survenu sur le flanc Est de la colline dans la nuit du 10 au 19 novembre. Le sud de Paris fut également très éprouvé, la rue de la Santé à deux reprises : le 21 juin 1876 et le 28 avril 1877 ; le passage Gourdon, le 9 mai 1879 et enfin le boulevard Saint-Michel en 1880 par l’accident que nous avons relaté plus haut.
- Les carrières de Paris. — Ces accidents paraîtront relativement rares si l’on songe que les régions sous-minées officiellement reconnues, occupent sous Paris une superficie de 771 hectares. C’est le dixième de la superficie de la capitale qui est de 7802 hectares, et encore cette évaluation de 771 hectares est-elle certainement en dessous de la vérité; bien des carrières, exploitées il y a plusieurs siècles, puis abandonnées, n’ont pu, et pour cause, être explorées et recèlent encore, fort probablement, d’importantes cavités inconnues. La superficie des régions qui ont pu être exploitées s’élève à 3140 hectares.
- Notre carte, extraite de l’Atlas souterrain de Paris,
- Fig. 6. — Une cloche de fonlis consolidée. (Cliché Martel.)
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- Fig. 7.
- La cueillette des champignons dans une ancienne carrière.
- (Cliché Gerards.)
- l’un, de faible superficie dans le 12e arrondissement, est situé sous l’avenue de Reuilly ; l’autre à Passy-Chaillot, formé d’un grand nombre d’exploitations séparées et comprenant 7200 m. de galeries d’inspection, passe notamment sous le Trocadéro, où il a été utilisé en 1900 pour une exposition du « Monde souterrain ».
- Enfin le 4° groupe, qui s’étend sur tout le Nord-Nord-Ouest de Paris, comprend uniquement les carrières de plâtre (les plus dangereuses par leur nature même), les unes, les plus anciennes, situées sous la Butte Montmartre, les autres sous les hauteurs de Ménil-montant, des Buttes Chaumont et du Père-Lachaise.
- Il est difficile de déterminer exactement à quelle époque les carrières parisiennes ont commencé à être mises en valeur. Mais tout permet de croire que certaines exploitations souterraines, sous les anciens faubourgs Saint-Marcel et Saint-Victor, sous
- publiée par le Service des Carrières, montre l’espace occupé par les carrières reconnues, et par les régions qui ont pu être exploitées (fig. 11).
- On voit que Paris possède 4 groupes de carrières. Les plus importantes comme étendue sont celles de la rive gauche. Anciennes exploitations de pierres à bâtir, elles se développent : d’une part, dans lés 5e, 0e, 14e et 15earrondissements; d’autre part, dans le 15e à l’Est de la Bièvre. On les trouve sous le Luxembourg, sous l’École des Mines, le Panthéon, l’Observatoire, Saint-Germain des Prés, etc. Les Catacombes en constituent une partie. Le Service des Carrières y a établi un énorme réseau de galeries souterraines, dont le développement n’atteint pas moins de 127 km.
- Sur la rive droite, on trouve 2 groupes d’anciennes carrières de pierre à bâtir :
- Fig. 8.
- Ancien Caveau des Chartreux.
- Carrière des Chartreux sous le Jardin du Luxembourg. (Cliché Mémin.)
- Fig. 9. Une galerie de la
- Carrière des Chartreux. (Cliché Mémin.)
- a l’époque
- le Jardin des Plantes, sous l’ancienne Pitié, remontent Gallo-Romaine.
- Paris est sorti presque , entier de ces bancs de calcaire grossier formés, suivant la chronologie géologique, à l’époque tertiaire, dans la période dite pour cette raison Lutétienne et dont la zone d’affleurement comprend de vastes espaces sur la rive gauche de la Seine, bien au delà de l’enceinte de la ville, et une longue bande longeant la rive droite du fleuve. L’épaisseur totale des couches lutétiennes atteint dans Paris jusqu’à 45 m. Elles y sont, par endroits, recouvertes par des formations plus récentes et l’on comprend que les galeries qui ont été chercher sous le sol la bonne pierre de construction ont dû s’enfoncer jusqu’à de très grandes profondeurs.
- Le calcaire grossier se divise en bancs, d’aspect et d’homogénéité différents. Certains de ces bancs constituent des matériaux de construction de tout premier ordre; il faut voir là l’une des causes premières du prodigieux développement de Paris. La proximité de gise-
- Fig. 10. — Une galerie des carrières avec parois consolidées. (Cliché Martel.)
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- LES CARRIÈRES DÉ PARIS
- ments d'excellentes pierres à bâtir, et aussi de plâtre de première qualité, a permis au modeste bourg de Lutèce de se métamorphoser peu à peu en une ville magnifique de près 1 de 3 millions d’habitants. Nos plus beaux monuments sont issus de ces innombrables souterrains qui minent la rive gauche.
- Tous les lits, qui se superposent dans la couche Lutétienne, ne sont pas, au point de vue construction, d’égale qualité : certains sont absolument inutilisables ; parmi ceux qui donnent de belles pierres à
- méthodes d’exploitation employées alors sont celles encore en usage aujourd’hui. On procédait par piliers tournés, comme nous l’avons expliqué, pour les carrières de plâtre de Montmartre ; et les excavations étaient assez spacieuses pour permettre la circulation des tombereaux dans les galeries, ou par hagues et bourrages.
- « Dans ce second système, dit M. Gerards, on enlève la totalité des bancs que l’on veut exploiter ; puis on remplit les vides qui en résultent, avec des déchets d’extraction ou des terres apportées du
- Fig. ii. - Paris-Souterrain. (Carte dressée par E. Gerards, iqoft.)
- bâtir, nous citerons le banc des Vergelets ou Lambourdes, les bancs francs qui se partagent en banc blanc, banc franc, haut banc ou cliquart, suivant les pittoresques dénominations des carriers.
- Au-dessus l’on trouve des bancs de caillasses et de marnes qui ont donné lieu à quelques exploitations.
- Il est vraisemblable que l’extraction de la pierre à bâtir dans le bassin parisien a commencé à ciel ouvert, pour se continuer ensuite en galeries. Les premiers écrits actuellement connus, relatifs aux carrières souterraines, datent du xme siècle. Les
- dehors. On ne conserve que quelques galeries assez larges pour permettre le transport de la pierre extraite, de l’atelier au trou de service ou à la bouche de cavage. » Les déchets de remplissage portent le nom de bourrages, ils sont maintenus en place par des petits murs en pierre sèche, appelés hagues. La hauteur de ces exploitations a rarement atteint 3 m. En de nombreux endroits, les exploitations, afin d’atteindre les bancs de bonne pierre, présentent 2 et 3 étages de galeries superposées.
- Les carrières de gypse de la rive droite remontent à une époque très ancienne, plus reculée probable-
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- ment, que les carrières de pierre à bâtir. On prétend que le nom de Lutèce, donné par les Romains à la modeste bourgade de Parisii, tire son origine de l’éclatante blancheur des habitations crépies au plâtre.
- Les dernières carrières de plâtre exploitées dans Paris ont été les célèbres carrières d’Amérique encore en activité au commencement de la guerre de 1870. Leur emplacement est actuellement occupé par le parc des Buttes - Chau mont.
- Les carrières ont très souvent créé de gros obstacles aux grands travaux entrepris pour l’agrandissement et l’embellissement de Paris, ou pour la construction d’édifices importants. Chaque fois qu’on les a rencontrés, il a fallu procéder à des consolidations et des soutènements, parfois des plus délicats.
- L’Observatoire (fig. 13), a été construit en 1672 sur les carrières du Faubourg Saint-Jacques; il y a gagné de posséder des caves très profondes et d’une remarquable constance de température.
- La construction des réservoirs de la Vanne sur les carrières de Montsouris, commencée en 1868, ne fut terminée qu’en 1874. De juin 1875 jusqu’au 31 janvier 1876, 140 ouvriers furent journellement employés aux travaux de consolidation qui portèrent sur une surface de 36 650 m2. Les galeries dangereuses étaient à 29 m. en dessous du sol.
- La construction du Trocadéro en 1878, celle du chemin de fer de Ceinture et de nombreux bâtiments se sont heurtés, du fait des carrières, à de graves difficultés. Mais l’entreprise qui tient le re-Gord à ce point de vue est certainement le Métropolitain. Il sortirait du cadre de cet article d’étudier,
- en détail, les différents travaux qui ont dû être exécutés, pour assurer son passage dans les régions de carrières. On s’en fera une idée, en jetant un coup d’œil sur la coupe ci-jointe qui représente la ligne n° 2 Sud, dans son trajet entre l’avenue de Suifren et le boulevard Saint-Marcel (fig. 14).
- Sur cette ligne n° 2 Sud, on n’a pas rencontré moins de 87 cloches de fontis ; un certain nombre d'affaissements de grande étendue ont été constatés,
- notamment boulevard Pasteur, place Denfert-Rochereau, place d’Italie, boulevard de l’Hôpital et devant la Salpêtrière. On s’est trouvé plusieurs fois en présence de décollements de terrain au milieu des bancs compacts qui recouvrent les carrières. Dans la partie du boulevard Saint-Jacques, comprise entre la rue Da-reau et la place Saint-Jacques, les carrières ont présenté une suite presque ininterrompue de fontis.
- Pour asseoir les voûtes du métropolitain sur ce terrain chancelant, il a fallu, au préalable, exécuter 72500 ms de fouilles (ponts et galeries de recherches dans la pierre), 65000 ms de maçonnerie et 7000 ms de bourrages. Le nombre des ouvriers employés a été d’environ 500 par journée de travail. Les travaux, adjugés le 11 mai 1901, ont été terminés en juin 1902, et ont entraîné une dépense totale de 1 857 813 fr. 75.
- L’accès des carrières.— Le Service des Carrières et la police se sont naturellement' préoccupés de découvrir tous les escaliers qui conduisent aux carrières et qui étaient fort nombreux. La plupart de ceux qui se trouvaient dans des propriétés particulières ont été murés. Il subsiste 17 escaliers, pour ainsi dire administratifs, permettant de péné-
- Fig. 12. — Un escalier de descente dans les carrières. L’escalier du Val-de-Grâce. (D’après un tableau de G. Caminade.)
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- 412 —.. NOUVELLE MACHINE A RECENSER
- trer dans le réseau de galeries de l’Inspection des Carrières. Le plus remarquable est celui du Yal-de-Grâce
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- CALÇA/RE3
- N/vEAU ds la Mer
- Fig. i3. — L’Observatoire de Paris construit au-dessus d’anciennes carrières qui constituent aujourd’hui de remarquables caves.
- (fig. 12); il a une hauteur totale de 19 m., et comprend 101 marches. Il donne accès dans d’immenses vides datant probablement du xive ou du xve siècle, et qui ont dû être fortement consolidés au xvne siècle pour supporter le poids de l’édifice du Yal-de-Grâce. La hauteur des galeries atteint, par endroits, 4 et 5 m.
- En divers points de Paris, on trouverait encore un grand nombre d’escaliers d’accès, mais ne desservant que des réseaux isolés, sans communication' avec ceux dont nous avons entretenu nos lecteurs.
- Quelques curiosités du sous-sol de Paris. — Un
- sous-sol creusé dans tous les sens, comme l’est celui de Paris, ne peut manquer de présenter une histoire assez mouvementée. Les anecdotes, tragiques le plus souvent, abondent sur les carrières parisiennes et nombre d’entre elles ont servi de thèmes à des romans et des drames.
- L’une des plus curieuses constatations que fit l’Inspection des Carrières lorsqu’elle commença à fonctionner, fut celle de la présence dans le sous-sol parisien d’un grand nombre de galeries de contrebande, certaines fort anciennes. Les carrières avaient souvent servi aux contrebandiers à dissimuler au fisc des marchandises taxées à l’entrée dans Paris. Mais nne certaine surveillance s’exerçait parfois sur leurs issues dans Paris, et il fut jugé plus prudent sans doute de construire des galeries spéciales qui débouchaient dans la campagne, à proximité d’une maison sûre, passaient sous les fortifications et aboutissaient dans Paris à quelque bouge de toute sécurité.
- Les plus remarquables de ces galeries ont été découvertes tout récemment : en 1905, lors de la construction d’un immeuble à l’angle de là rue du Faubourg-Saint-Jacques et de la rue Cassini, on rencontra une série de galeries de ce genre, remontant au xviie ou au xvme siècle. En 1906, rue Saint-Jacques,
- Fig. 14. — Coupe de la ligne N° 2 Sud du Métropolitain. (D’après Paris souterrain, de M. E. Gerards.) — On voit que les galeries du chemin de fer circulent au-dessus d’une suite continue de galeries de carrières parfois superposées sur deux étages.
- près du boulevard de Port-Royal on rencontra deux galeries analogues, mais plus anciennes encore.
- A. Troixer.
- NOUVELLES MACHINES A RECENSER
- La machine Hollerith fut le premier appareil véritablement pratique qui facilita les monotones opérations de la statistique. Avant son invention, le dépouillement des bulletins de recensement, par exemple, exigeait une armée d’employés qui passaient des mois, voire des années à lire, à classer et à pointer ces monceaux de papier tandis que, grâce à elle, une personne expérimentée pouvait manipuler
- des milliers de fiches par jour. Nous n’entreprendrons pas de décrire ici cette originale « lectrice » de chiffres, La Nature l’a fait jadis1. Nous nous contenterons de rappeler le principe de son fonctionnement. A l’imitation du système Jacquard, Hollerith eut l’idée de traduire dans un langage conventionnel
- 1 La Nature, 22e année, 1894, deuxième semestre, page 218, art. Bertillon. La statistique à la machine,
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- NOUVELLE MACHINE A RECENSER
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- toutes les données statistiques, puis de les reporter sur une fiche en perforant les cases correspondantes. Une fois ces bulletins ainsi préparés, la machine s’en empare. Celle-ci se compose d’un plateau fixe et d’un plateau mobile. Le plateau fixe porte autant de trous qu’il y a de compartiments dans la carte. Sous le plateau, et correspondant à l’axe de chacun de ces orifices, se trouve un tube vertical à moitié rempli de mercure ; des circuits électriques mettent tous ces tubes en relation avec un nombre égal de compteurs disposés sur un grand tableau. Quant au plateau mobile, il comprend, en regard des trous
- disposées sur un plateau portant l’indication du renseignement à laquelle chacune d’elles correspond. Le classicompteur doit, en effet, reproduire, totaliser et imprimer les indications figurant sur le bulletin individuel (commune de recensement, sexe, date et lieu de naissance, profession, etc.). Le machiniste met donc sur un pupitre, placé à sa gauche, une série de bulletins d’une même catégorie et appuie sur les touches correspondant aux renseignements portés sur chacun d’eux qu’il déchiffre successivement. Les touches restent abaissées lorsqu’on n’agit pas sur la manette sise à .gauche du classicompteur. ) Mais quand l’opérateur manœuvre ce levier, il relève les touches abaissées et six compteurs correspondant chacun à une de ces touches s’avancent d’une unité. 11 dépouille d’une façon identique un second bulletin et ainsi de suite. Une fois la pile épuisée, l’employé abaisse le cadre mobile constitué par une série de rouleaux horizontaux.
- Fig. i. — Machine à perforer de Power s vue de face.
- du plateau fixe, de petits ressorts à boudin terminés par une aiguille. L’opérateur place la fiche perforée sur le plateau fixe et abaisse le plateau mobile. Que se passe-t-il? Là où les aiguilles rencontreront le carton plein, elles seront refoulées en comprimant leurs ressorts, tandis que partout au contraire où le bulletin est perforé, l’aiguille, après avoir traversé à la fois la carte et le plateau inférieur, s’enfoncera dans le mercure du tube inférieur, établissant ainsi un courant qui fera avancer d’un cran l’aiguille du compteur correspondant. Un seul coup de balancier suffit pour enregistrer toutes les données de la fiche et les additionner sur leurs compteurs respectifs.
- Plus récemment, M. Lucien March imagina dans le même but le classicompteur1 qui réalisait un important progrès sur le précédent, en évitant la perforation des fiches. Cette machine se compose d’un clavier de 60 touches réparties en 6 rangées
- 1 La Nature, 34e année, 4906, deuxième semestre, page 152, art. Jacques Boyer. Le recensement .de la France en 1906.
- Fig. 2. — Vue arrière de la machine Powers.
- Les totaux de la tablette chiffrée s’impriment alors sur le papier. Pour remettre au zéro l’appareil, il suffit de tourner la manivelle placée en arrière de la manette. Enfin, un ingénieux dispositif permet de vérifier le travail exécuté. Avec le classicompteur, un censiteur habile parvient à dépouiller par heure 1500 bulletins renfermant une moyenne de 9000 indications.
- Le système de M. James Powers, mécanicien expert du Census des États-Unis, diffère notablement de celui d’Hollerith. D’abord la perforation ne s’exécute plus à la main, mais au moyen de l’électricité. La nouvelle machine à perforer ressemble, grosso modo, à une machine à écrire de 240 touches.
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- (fig. 1 et 2). L’opérateur, au lieu d’exécuter ûntrou à chaque fois, peut presser autant de touches qu’il est nécessaire. Une fois toutes les indications enregistrées au moyen de ces dernières, il appuie sur une barre, analogue à la traverse d’espacement des lignes dans une machine à écrire, et qui met en marche un moteur électrique. Immédiatement les trous se trouvent perforés sans le moindre ellort de la part de l’opérateur. Aussi tandis que l’ancien appareil du Census américain pouvait seulement perforer 900 bulletins par jour, la nouvelle machine en transperce -4000 dans le même temps.
- En outre, avec l’ancien appareil de perforation, quand l’employé avait commis une erreur, il fallait jeter la carte. Si la même chose se produit avec l’appareil Powers, cela importe peu. Comme l’opérateur appuie séparément sur chaque touche et qu’il peut la relever à volonté, sans perforer un trou ou enregistrer une donnée statistique, jusqu’à ce qu’il soit prêt à presser la barre moto-per-foratrice, il regarde si toutes les touches sont correctement mises et il rectifie ses erreurs avant la perforation.
- D’ailleurs la couleur des touches dilîère pour chaque casier de la carte, ce qui permet à l’employé de distinguer en un clin d’œil les divers genres de renseignements. Examinons une carte actuellement en usage au Service de la statistique des États-Unis, ce qui facilitera l’intelligence de la méthode. Les trous sont partagés en deux catégories par des lignes verticales à partir de la gauche de la fiche. La première distinguée par de gros numéros au coin droit identifie la personne en sorte que l’expert peut retrouver immédiatement le document original qui a servi à confectionner la carte; dans la seconde se trouvent tous les renseignements statistiques devant y figurer. Par exemple le trou de la colonne W indique que la personne est de race blanche (initiale de while, blanc) ; celui de la colonne M qu’elle appartient au sexe mas-
- culin; ceux des trois cases voisines U. S. qu’elle est née aux États-Unis (United stales) ainsi que ses père et mère, etc. Les opérateurs du prochain recensement américain auront une carte semblable à perforer pour chacun des millions d’individus qui vivent sur tout le territoire de l’Union.
- Une fois les bulletins perforés, ils passent dans les nouvelles machines à additionner (fig. 5). Comme dans le système Hollerith, le travail est fait par une presse dont le plateau inférieur fixe porté autant de godets qu’il y a de trous possibles dans la carte perforée. Une goutte de mercure gît au fond de ces récipients qui communiquent chacun avec une pile.
- D’autre part, dans le plateau supérieur sont implantées un nombre égal d’aiguilles montées sur un petit ressort à boudin. Quand on introduit la carte dans la presse et qu’on abaisse le plateau supérieur, partout où il n’y a pas de trou percé, l’aiguille correspondante du plateau supérieur est arrêtée, mais lorsqu’elle se trouve au niveau d’un orifice elle y pénètre, vient baigner dans la goutte de mercure et il s’établit un courant qui actionne l’aiguille d’un cadran compteur portant les diverses indications statistiques. Un système de numérotage et d’impression automatique est en relation avec chaque cadran et quand un employé désire lire les chiffres qui y sont portés, il lui suffit de presser sur un bouton pour qu’ils se trouvent imprimés sur un ticket où il peut alors les voir.
- Les cadrans se replacent automatiquement, tandis que dans les anciennes machines employées pour le précédent recensement américain, l’employé lisait les indications du cadran, les enregistrait à la main et replaçait l’aiguille de même, d’où chance d’erreurs et pertes de temps. Enfin le travail journalier des anciennes machines se chiffrait par 18 000 cartes, tandis qu’avec les appareils perfectionnés dus à M. Powers, on peut en dépouiller quotidiennement 28 000 environ. Jacques Boyer.
- Fig. 3. — Nouvelle machine à additionner du Census aux Èlals-Unis.
- CHRONIQUE
- Les voies ferrées au Brésil. — Les États-Unis du Brésil peuvent être fiers de leur récent développement économique, car, en une seule année (1908), ils n’ont pas inauguré moins de 1000 km de voies ferrées nou-
- velles. Le réseau comprend désormais 18 628 km en pleine exploitation, sans parler des voies en construction, qui se totalisent par plusieurs milliers de kilomètres, La plus grande partie du réseau (plus de 8000 km) appar-
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- ACADEMIE' DES SCIENCES
- tient au Gouvernement Fédéral, tandis que GÜOU km appartiennent aux différents Fiais qui forment l’Union. Le reste, soit 4000 km, est la propriété provisoire de divers concessionnaires; il fera retour au Gouvernement Fédéral dans un délai de 00 ans. Suivant l’exemple des Américains du Nord, les Brésiliens sont en faveur de la créa-
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- lion- de puissantes compagnies qui se constitueront par l’amalgamation des petites compagnies. La tactique du Gouvernement Fédéral est de posséder les réseaux, mais sans les administrer. Il encourage donc les compagnies brésiliennes à construire pour lui des réseaux qu’il leur loue ensuite pour une longue période, et qu’elles exploitent.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 novembre 1909.
- Un nouveau mammifère. —M. Edmond Perrierprésente une Note de M. Trouessart relative à un mammifère trouvé au Tibet. Ge mammifère ressemble au rat et à un hérisson sans piquants, mais sa dentition est plus primitive que celle de ce dernier animal, ce qui donne lieu de croire qu’il s’agit d’un type plus ancien. Il se rapproche beaucoup d’un insectivore disparu de qui l’on ne connaît que des vestiges fossilisés, le letrachus; c’est pour celte raison que M. Trouessart a doté le nouveau venu, dans la zoologie, du nom de Neotelrachus sinensis.
- Physiologie du larynx. — M. d’Arsonval résume une Note de M. Marage sur le rôle du larynx dans la production de la voix. L’auteur, faisant agir un faible courant électrique sur des larynx enlevés à des chiens immédiatement après leur mort, est parvenu à obtenir la contraction des différents muscles. En lançant dans ce larynx un faible courant d’air sous pression voisine de 200 mm. d’eau, le larynx se met à aboyer comme si le chien était vivant. On peut même produire à volonté différentes notes en provoquant la contraction de muscles différents. Ges expériences permettent d’expliquer l’aphonie subite qui apparaît quelquefois chez les chanteurs et les orateurs. Celte- aphonie n’est nullement due aux cordes vocales elles-mêmes ; elle a pour cause une contracture subite de certains muscles qui font mouvoir la glotte. Le phénomène qui se manifeste est analogue à une douleur rhumatismale ou à une névralgie.
- Perfectionnement dans la fabrication de l’air liquide. — M. d’Arsonval présente ensuite une Note de M. G. Claude,
- f : '
- — Présidence de M. Bouchard. ...V..
- relative à un perfectionnement qui abaisse le prix de revient de l’air liquide.’ Ce perfectionnement porte sur la dessiccation de l’air traité. Il ajoute à cet air un peu d’alcool qui pendant le refroidissement entraîne toute l’eau à l’état liquide.
- Articulations chez les végétaux. — M. Mangin analyse une Note de M. Lecomte sur l’importance des articulations que portent souvent les pédicelles des fleurs. M. Lecomte montre que la structure des pédicelles se modifie habituellement au niveau de cette articulation ; d’où les anomalies constatées par les auteurs qui ont étudié les organes sans tenir compte de l’articulation.
- Nouveaux glucosides. — M. Guignard dépose un travail de MM. Goris et Mascré relatif à l’existence de deux nouveaux glucosides dans les primevères. Ges corps se dédoublent quand on écrase par exemple la racine, en donnant des substances d’odeur d’anis ou d’essence de winlergreen.
- Élection. — Il est procédé à l’élection d’un correspondant de la section d’anatomie et zoologie. M. Simon est élu. M. Simon, qui a formé d’admirables collections, s’est beaucoup occupé des oiseaux-mouches et des arachnides. 11 a publié une histoire naturelle des arachnides qui est une œuvre de premier ordre. Il a accompli à ses frais des explorations au Yénézuela, aux Philippines, au Maroc. Son élection est la juste récompense d’une carrière tout entière consacrée à la science.
- Gu. DE VlLLKDEUlL.
- LES OBSÈQUES D’UN LÉZARD
- Un naturaliste allemand, M. 11. Fischer, préparateur au Muséum de Stuttgart, a eu la patience de prendre la photographie que nous reproduisons page suivante, et qui montre un groupe compact de treize insectes sarcophages aux prises avec un cadavre de lézard (lacerta agilis L.) Quand on saura que douze de ces insectes sont les représentants de douze espèces distinctes, on comprendra pourquoi nous avons employé le mot de patience. Pour guetter le moment où des espèces aussi variées seraient représentées autour du reptile, il a fallu que le distingué entomologiste passât des heures dans un voisinage qui, par son odeur même, mit son dévouement scientifique à une rude épreuve.
- Suivant l’ordre dans lequel se présentent ces insectes de gauche à droite, nous trouvons d’abord deux dermes-tidés (Dermestes lardarius L.) dont l’un est tombé sur le dos. Ges petits coléoptères clavicornes sont répandus sous de nombreux genres dans tous les pays froids ou
- tempérés. Ils sont redoutés des fourreurs et des plumas-siers, et les dommages qu’ils causent à l’industrie ne sont pas compensés par les services hygiéniques qu’ils nous rendent en s’attaquant aussi aux cadavres d’animaux.
- Nous rencontrons plus loin, dans la même ligne verticale, deux coléoptères de plus grosse taille appartenant l’un et l’autre au genre silphe : en haut la Sylpha recti-culata; en bas, la Sylpha thoracica. Ces insectes sont fort communs dans toute l’Europe tempérée: une espèce française (S. lunata) atteint 0 m. 025 de longueur.
- Un peu plus loin, posée près d’une patte inférieure, cette grosse mouche est un calliphore (Calliphora vomi-toria L.). C’est ce que le peuple appelle une mouche à viande, insecte diptère brachycère qui, avant de déposer ses œufs sur la viande, y dégorge un liquide qui en active la décomposition. Ces œufs sont communément au nombre de deux cents ; ils éclosent dans les huit jours qui suivent la ponte.
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- LES OBSÈQUES D’UN LÉZARD
- • Suivant l’ordre indiqué, nous distinguons côte à côte (sous le callipliore et à droite) deux autres genres de sil-phes (S. quadripunclala L. et S. obscura L.). Au-dessus de ce dernier insecte (sur l’abdomen), voici un des représentants de l’innombrable famille des histéridés vulgairement connus sous le nom d’escarbots : c’est 1 ’hister quadrimaculatus L., un véritable bienfaiteur de l’agriculture, celui-là, puisque, non content de faire disparaître les matières animales en putréfaction, il dévore les larves de plusieurs espèces nuisibles.
- Plus bas, ce coléoptère aux formes allongées et souples, voracement attablé aux entrailles du lézard, est un ocype (Ocypus oleus MülL), espèce fort répandue dans toutes les régions tempérées de l’Europe et de l’Asie, et qui abonde dans les environs de Paris. De mœurs exclu-
- Malheur à l’homme qui reçoit sa visite pendant son sommeil ! Les œufs déposés sur le bord d’une plaie, ou au coin des paupières, ou encore dans le creux des narines, produisent rapidement des larves dont l’invasion cause de graves désordres internes qui peuvent avoir une issue fatale : c’est l’alfection connue sous le nom de myiasis. Une lucilie européenne (L. bufonivora) s’est spécialisée dans l’attaque du crapaud, dont ses larves dévorent les yeux et les parties molles de la tête. Il existe dans l’Amérique tropicale d’autres espèces de lucilies qui s’attaquent aux indigènes endormis, et pondent leurs œufs dans les orifices des pores. Bientôt, la victime a la peau boursouflée par places, comme si des balles s’étaient logées sous son épiderme. 11 faut se hâter de pratiquer une incision et d’expulser les larves en pressant lorle-
- Cadavre de lézard dévoré par treize insectes d'espèces différentes.
- sivement carnassières, il offre cette étrange particularité d’émettre une forte odeur d’éther quand il se croit en danger.
- Nous distinguons maintenant un groupe de trois mouches carnivores, dont deux (posées sur le cou) appartiennent au même genre. C’est, à gauche, la Sarcophaga carnaria L., et, adroite, la S. albiceps Mg. Toutes deux font partie de ce groupe appelé vulgairement mouches grises de la viande. Leur déplorable habitude de pondre des paquets de larves sur les morceaux de viande laissés à leur portée en fait des ennemis du logis. Quant à la troisième mouche posée à l’extrémité de la tête, c’est la Lucilia caesar L., ou mouche dorée de la viande. Bienfaitrice du pêcheur à la ligne, qui se sert de ses larves (asticots) pour amorcer son hameçon, c’est un insécteque le restant de l’humanité considère, à juste titre, comme une créature dangereuse et néfaste.
- ment autour de la plaie, si l’on ne veut pas être dévoré tout vivant, tout au moins par places !
- Enfin, nous apercevons à l’écart un représentant de l’active et industrieuse famille des scarabées (Geotrupes silvalicus), dont les mœurs sont trop connues pour que nous songions à les décrire.
- Il va de soi que tous les insectes nécrophores et sarcophages de nos climats ne sont pas représentés sur l’intéressante photographie de M. II. Fischer: on pourrait s’en convaincre en lisant l’admirable étude que leur’a consacrée M. J.-II.-Fabre dans ses Souvenirs Enlomologiques. Mais nous avons rarement vu un document photographique aussi complet que celui du savant naturaliste wur-tembergeois. Y. Forbin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiüre, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- TRENTE-SEPTIÈME ANNÉE — 1909
- DEUXIEME SEMESTRE
- (f; BIÜÜOTHEÇUCSJ
- *!
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Acide chlorhydrique (Densité du gaz), 319.
- Acide cyanhydrique dans les plantes (Recherche de 1’), 125.
- Acide sulfureux et la fermentation (L’), 225.
- Acier rapide (L’), 260.
- Actinomètre (Un nouvel), 257.
- Aéroplanes de Chalais-Meudon : cerf-volant à moteur du capitaine Dorand, 1.
- Aéroplane Antoinette Y (L’), 49.
- Aéroplane Givaudan (L’), 117.
- Agates et cornalines, 114.
- Air et d’acétylène (Mélange d’), 243.
- Air liquide (Perfectionnement dans la fabrication de 1’), 415.
- Air par les peroxydes alcalins (La revivification de 1’), 206.
- Albuminurie (Fausse), 385.
- Alcool de l’air et de l’éther (Économie dans l’emploi industriel de 1’), 584.
- Alimentation et falsifications, 402.
- Aluminium (Dosage rapide de P), 158.
- Amérique au xiv° siècle (La découverte de F), 161.
- Angkor (Les mines d’), 54.
- Antiquités américaines « Casas Grandes»,
- 129.
- Apaches (Les), 91.
- Apennins et File d’Elbe (Les), 111.
- Appareil à l'ecommander les lettres (L’), 305.
- Appareil d’enregistrement postal, 126.
- Appareil respiratoire à oxygène liquide, 97.
- Supplément au n° 1005 de La Nature
- Armées modernes (L’industrie et les), 307.
- Art décoratif et les étuis à aiguilles de l’Alaska (L’), 225.
- Atmosphère (Les hautes régions de F), 51.
- Atmosphériques en connexité (Phénomènes), 31.
- Attelages bizarres, 224.
- Automobilisme agricole, 60.
- Autotomie (L’), 247.
- Aviation (La grande semaine d’), 238.
- Azote dans les feuilles (L’j, 62.
- B
- Bacilles lluorescents de Fliigge en pathologie végétale, 110.
- Balances de précision (L’automatisme dans les), 244.
- Ballons dirigeables (Le tir contre les), 290.
- Baromètre isothermique (Un), 351.
- Bateau faucheur automobile (Un), 145.
- Beurre (Pour avoir de bon), 158.
- Bicyclette aérienne (A propos de), 302.
- Billards pour transatlantiques, 67.
- Bois fondu (Le), 174.
- Bracelets de schiste (L’industrie préhistorique des), 304.
- Buache et la première carte de relief sous-marin (Le géographe français), 158.
- Buenos-Ayres (Le développement de), 76. du 27 Novembre 1909.
- Bulgarie : la forêt de colonnes bulgare, 317.
- c
- Câble transporteur le plus grand du monde, 339.
- Calibres deJohansson (Une merveille de précision. Les), 28.
- Canada (La grande culture au), 369.
- Canal anglais des deux mers (Le), 13.
- Carrières de Paris (Les). L’accident de la l’ue Tourlaque, 405.
- Catalyse (La), 194.
- Cètacé (Étude d’un), 223.
- Chemin de fer électrique de Yille-' franche à Bourg-Madame, 377.
- Cheval-vapeur (Le), 382.
- Chiens pékinois, 127.
- Chimie (Les méthodes modernes en), 227.
- Chine (L’histoire géologique de la ), 22.
- Chine (L’irrigation en), 74.
- Chutes d’eau de la région des 41pes, 30.
- Cidre (Conservation du), 261.
- Cinématographe (La bataille d’Austerlitz au), 47.
- Cinématographie de l’invisible (La), 364.
- Cleplographe (Le), 288.
- Comète (Découverte de), 62.
- Comète de Ilalley (Le retour de la), 287.
- Comètes (L éclat des), 79.
- Construction aérienne (Un chantier de), 399.
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- 418 —
- Corps (Les poids atomiques des), 319. Courants à haute fréquence, 47.
- Cure d’air sur un toit (La), 303.
- D
- Danton (Le lancement du), 128. Décharges oscillatoires (Les), 399. Diabolo dans l’antiquité (Le), 33. Diatomées d’Auvergne (Les), 261. Dichroïsme magnétique, 399.
- Diplodocus (Autour du), 221. Divertissements forains, 75.
- Drague du monde et les travaux de la Mcrsey (La plus grande), 99.
- E
- Eaux en Asie centrale (Niveau des), 111. Eaux minérales par l’aquamétrie (Identification des), 98.
- Égypte (Les irrigations en), 150. Électro-soudure (L’), 163.
- El Torcal d’Antequera (Espagne), 119. Erichsen (L’expédition polaire d’), 196. Essence de térébenthine du bois résineux (Extraction de 1’), 70.
- Étoiles (La température des), 302.
- F
- Fades (Le viaduc des), 215.
- Falsifications et alimentation, 402.
- Farines (Essais des), 65.
- Faune méditerranéenne, 383.
- Ferments (Effet des rayons violets sur les), 143.
- Ferry-boat sur un lac italien (Un service de), 354.
- Ferry-boats de la Manche (Les), 241.
- Filtrage (Différence de potentiel par le), 399.
- Filtre métallique à interstices réguliers et ultramicroscopiques, 63.
- Flore des prairies et les engrais (La), 26.
- Forçage des plantes (Les bains chauds comme moyen de), 143.
- Forêt équatoriale (La), 223.
- Fucus (La croissance des), 158.
- G
- Galvanomètre (Nouveau), 62.
- Gaz des volcans (Moyen de recueillir les), 132.
- Gaz volcaniques (Origine des), 78.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Géants delà mer (Les nouveaux), 81. Géologie de la Corse, 50.
- Géologie de l’Afrique, 240.
- Géologie de la Grèce, 62.
- Géologie de File d’Elbe, 30, 62.
- Gibier en hiver (La protection du), 295. Girafe (Dans l’estomac d’une), 14. Glucosides (Nouveaux), 415.
- Goutte d’eau (Comment tombe une), 199.
- Grains et les orages (Les), 105.
- Grêle (Contre la), 175.
- Grêle (La), 298.
- Grotte géante (L’aménagement de la), 251.
- Gyroptère Davidson (Le), 237.
- H
- llagenbeck et l’élevage des autruches à Hambourg, 524.
- Hangar militaire de Moisson (Le nouveau), 17.
- Hélice aérienne (Qu’est-ce qu’une), 83.
- Hélices et des turbines (L’accouplement des), 350.
- Horloges (La régularité de marche des), 383.
- Homme accumulateur (L’), 208.
- Houille blanche au Japon (La), 316.
- Houille noire et de la houille blanche (L’alliance de la), 254.
- Humeurs des animaux vaccinés (Antivirulence des), 62.
- Hypsométrie russe, 111.
- I
- Ignames d’Afrique (Les), 502.
- Ignames de Madagascar (Les), 240.
- Ile deBogoslov (L’), 141.
- Industrie sucrière et la diffusion continue (L’), 268.
- Instantanés en couleurs au magnésium, 59.
- Ions à travers les métaux (Diffusion des), 125.
- Isolant artificiel cc La Bakélite » (Un nouvel), 146.
- K
- Kangourous grimpeurs ou dendrolagues (Les), 390.
- Kerguelen (Les îles), 295.
- Koutchino (L’institut aérodynamique de), 133.
- L
- Laboratoire populaire d’électricité de Bruxelles, 15.
- Labouiche ou La Grange (La rivière souterraine de), 543.
- Lacs en Suisse (Disparition de), 243.
- Lait des vaches tuberculeuses, 335, 367.
- Lampes électriques à arc (Suspension R. Baron pour), 335.
- Langue ancienne retrouvée (Une), 124.
- Langue (Formes diverses de la), 550.
- Larynx (Physiologie du), 415.
- Lézard (Les obsèques d’un), 415.
- Levures (Toxine accompagnant les), 207.
- Locomotive-charrue à essence (Une), 209.
- Lichens (La symbiose des), 358.
- Lignes électriques à 100000 volts, 31.
- Lilhophone (Le), 268.
- Locomotive compound à vapeur surchauffée des établissements du Creu-sot, 321.
- Lumière ultra-violette et toxine tétanique, 158.
- Lune (La masse de la), 583.
- Lune : surface lunaire, 78.
- M
- Madagascar (Les combats d’animaux à), 270.
- Magasins (Les coulisses des grands), 167.
- Maison économique d’Édison (La), 275.
- Maladie du sommeil (Traitement de la), 287.
- Mammifère nouveau (Un), 415.
- Marées de l’écorce terrestre (Les), 126.
- Marées de l’écorce et l’élasticité du globe terrestre (Les), 234.
- Marées des surfaces de niveau du globe terrestre (Les), 240.
- Marine militaire du Japon (La), 231.
- Maritimes en 1910 (Les forces), 350.
- Mars (L’atmosphère de), 254.
- Mars (Les accidents de la surface de), 319.
- Matière (La vie et la mort de la), 212.
- Mauritanie (Le climat delà), 399.
- Métaux par les huiles lourdes (La fusion des), 156.
- Météorologie, 319.
- Métropolitain (L’atmosphère, les odeurs et les poussières d’un), 204.
- Mexico (Le drainage de la vallée de), 162.
- Mica dans l’Inde (L’industrie du), 103.
- Microbes (Action des gaz sur les), 399.
- Microscope (Les limites du), 388.
- Mines d’or en France (Les), 276.
- Mirage oriental (Le), 395.
- Mirage vertical (Un), 18.
- Miroirs paraboliques (La fabrication è cc-trolytique des), 125.
- Mollusques comestibles (Carte des), 46.
- Momie de Sinzig (Une visite à la), 2 4.
- Monogramme colonial néerlandais V.O.C (Le), 111.
- Mont-Blanc (Tramway du), 86.
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- Monuments mégalithiques des Causses et des Pyrénées (Les), 370. Moustiques par le cactus épineux (Destruction des), 30.
- Muscle temporal (L’ablation du), 390.
- N
- Nasique de Malaisie (Le), 79.
- Navigation (Trois centenaires de la), 401.
- Navigation aérienne (Les étapes de la), 177.
- Navigation à vapeur (Le centenaire de la), 320.
- Navigation à vapeur (Les fêles du centenaire de la), 535.
- Nébulosité du ciel en 1909, 126.
- Nègre blanc, 584.
- Newcomb (Eloge de l’astronome), 125.
- Neweomb (Les obsèques de Simon), 207.
- Nævi (Traitement des), 31.
- Noix de coco aux Philippines (Le transport des), 195.
- O
- (Euf artificiel aux États-Unis (L’industrie de 1’), 271.
- (liufs (Efl'et de radiations sur le développement des), 207.
- Oiseau-mouche dans son habitat (I/),
- 311.
- Oiseaux et les ornithoplanes (Le vol des), 111.
- Or en Guyane française (Le dragage de P), 354.
- Or ^Formation de gisements d’), 142. Orage magnétique du 25 septembre (L’), 319.
- Outremers (L’industrie des), 567.
- P
- Panification intégrale sans mouture du blé (La), 122.
- Papier et de l’imprimerie (L’invention du), 155.
- Papier : les machines à grande production, 5.
- Papiers (L’examen microscopique des),
- 102.
- Parapluie un réflecteur du son (Comment on fait d’un), 399.
- Parville (11. de), 113.
- Pasteurisation du lait (Inconvénient de la), 158.
- Perméabilité du sol et canaux d’irrigation, 50.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Perturbations climatologiques (La prédiction des), 261.
- Perturbation électrique et magnétique, 223.
- Pêshawar (Le reliquaire de), 357.
- Phosphore (Spectre du), 143.
- Phosphore (Une nouvelle variété de), 143.
- Phosphures de fer (Les), 383.
- Photographie à la mécanique (La), 131.
- Photographie solaire (La), 261.
- Pigeon dans l’ancienne Égypte (Le), 264.
- Piocbéuse mécanique, 90.
- Planement (Le sport du), 148.
- Plankton marin (Le), 6.
- Poincaré (La vie et l’œuvre de M.), 125.
- Pont-bascule de Copenhague (Le nouveau), 193.
- Pont suspendu de Manhattan à New-York (Le), 71.
- Port-Arthur d’aujourd’hui, 258.
- Port militaire de Douvres (Achèvement des travaux du), 568.
- Pseudomorphine (Constitution de la), 63.
- Pulpes de distillerie (Conservation des), 175.
- R
- Radiations animales, 175.
- Radiations ultra-violettes et la végétation (Les), 383.
- Radioactivité (La dissémination de la), 34.
- Radium (Le père du), 14.
- Raisin frais (La stérilisation du jus de), 548.
- Rayons ultra-violets et la stérilisation des boissons (Les), 315.
- Raz de marée en Provence, 126.
- Recenser (Nouvelles machines à), 412.
- Rhume des foins (Le), 62.
- Rivière souterraine pour une expérience de biologie (Utilisation d’une), 95.
- Rouille (Le fer et la), 373.
- S
- Salon de la Navigation aérienne (Le), 328.
- Scaphandriers en eaux profondes (Les plongées des), 385.
- Sécheresse aux États-Unis (La), 40.
- Séismes sur la forme de la terre (Effets des), 240.
- Serpent en Afrique (Le culte du), 79.
- Sérum du mouton (Pouvoir trypanoli-thique du), 261.
- Simplon (Les voies d’accès au), 175.
- Sommeil (Le), 78.
- Sous-marins (Exploits de), 79.
- Stérilisation par certaines radiations, 583.
- Sucre nouveau (Préparation d’un), 126.
- ...: 419
- T'
- Takin c< Budorcas Taxicola » du Tibet (Le), 115.
- Talons Louis XV (Dans une fabrique de), 285.
- Téléaulocopisfe L. Sémat (Le), 37.
- Téléscripteur Cérébotani (Le), 396.
- Terre de bois en Champagne (La), 203.
- Terre scchc subitement mouillée (Échauf-fement de la), 175.
- Terres noires (Les), 46.
- Thyroïdienne (Ablation de la glande), 31.
- Timavo-Recca (Istrie) (Le problème du), 281.
- Toiles imprimées en France (L’industrie des), 260.
- Toupie humaine (La), 272.
- Train continu (Un curieux système de), 165.
- Transplantations d’organes : les expériences du D1' Carrel, 82.
- Trèfle (Variété de), 335.
- Tremblement de terre en Chine, 143.
- Tremblement de terre de Provence (Le), 254.
- Tremblement de terre du midi de la France (Le), 46.
- Tremblement de terre du 11 juin, 62, 126.
- Tremblements de terre (L’hypocentre des), 261.
- Tremblements de terre (Peut-on prédire les), 263.
- Trésors sous-marins (La recherche des), 95.
- Trypanosomes (Destruction des), 254.
- Trypanosomes par le passage dans le sang d’animaux (Modification de), 158.
- Tuberculose chez l’homme (Identification de la nature de la), 126.
- Tuberculose (Vaccination contre la), 175.
- Turbine à vapeur réversible, 353.
- Turbine minuscule : la turbine Électra,
- 68.
- Turbines : Torsion-mètre (Mesure de la puissance des), 274.
- Typhus exanthématique (la propagation du), 240.
- Typhus exanthématique (Le virus du), 125.
- U
- Uranus, 158.
- Urines (Substances inconnues dans les), 175. '
- V
- Végétaux (Articulations chez les), 415. Venins de vipère et de salamandre (Propriétés des), 78.
- Verre de silice, 289.
- Verticale due à l’attraction du soleil et de la lune (Les mouvements de la), 207.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Viaduc des Fades (Le), 215.
- Vignes françaises (Le greffage des), 95. Vigne (Plante parasite de la), 50.
- Vin de Champagne (Le), 41.
- Voies ferrées au Brésil (Les), 414. Volcans anciens (Les gaz des), 125.
- Yeux artificiels (Les), 109.
- Yeux voient dans l’obscurité (Comment les), 18.
- Zeppelin à Berlin (Le voyage du),
- 202.
- Zinc en Silésie (Le centenaire du), 502
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Acloque (A.). — L’autotomie, 247.
- Arnod. — L’acier rapide, 260.
- Bellet (D.). — L’atmosphère, les odeurs et les poussières d’un métropolitain, 204. — Le plus grand câble transporteur du monde, 539. — Un service de ferry-boats sur un lac italien, 554.
- Blanchard (Dr Raphaël). — Une visite à la momie de Sinzig, 294.
- Blin (H.). — La destruction des moustiques par le cactus épineux, 56. — La panification intégrale sans mouture du blé, 122. — L’industrie de l’œuf artificiel aux États-Unis, 271.
- Bonjean (E.). — Identification des eaux minérales par l’aqua-mélrie, 98.
- Bonnin (R.). — Le canal anglais des deux mers, 13. — Le pont suspendu de Manhattan à New-York, 71 — La plus grande drague du monde et les travaux de la Mersey, 99. — Les irrigations en Égypte, 150. — Les voies d’accès au Simplon, 173. — Le viaduc des Fades, 215. — La mesure de la puissance des turbines : torsion-mètre, 274. — Locomotive compound et à vapeur surchauffée des établissements du Creusot, 321. — Achèvement des travaux du port militaire de Douvres, 368. — Chemin de fer électrique de Yillefranche à Bourg-Madame, 577.
- Bordeaux (A.). — Le dragage de l’or en Guyane ^française, 354.
- Boussac (P.-IL). — Le pigeon dans l’ancienne Égypte, 264.
- Boxer (J.). — Les machines à papier à grande production, 3. — Les yeux artificiels, 109. — Le nouveau pont bascule de Copenhague, 193. — Dans une fabrique de talons Louis XV, 285. — Nouvelles machines à recenser, 412.
- Brescii (G.). — Le fer et la rouille, 575.
- Cambon (V.). — Ilagenbeck et l’élevage des autruches à Hambourg, 524.
- Cartaz (Dr A.). — Les transplantations d’organes. Les expériences du Dr Carrel, 82.
- Chalmarès (G.). — Divertissements forains, 75. — Suspension R.Baron pour lampes électriques à arc, 535.
- Champly (R.). — L’aéroplane Antoinette V, 49. — La fusion des métaux par les huiles lourdes, 156.
- Chaplet (A.). — L’automatisme dans les balances de précision, 244.
- Claus (G.). — Comment tombe une goutte d’eau, 199.
- Cotte (P.). — Un nouvel actinomètre, 257.
- Coupin (IL). —Les bains chauds comme moyen de forçage des plantes, 145. — Formes diverses de la langue, 350.
- Darville (W.). — Les coulisses des grands magasins, 167. — La marine militaire du Japon, 231.
- Dehérain (IL). — Le monogramme colonial néerlandais Y. O. C.,
- 111.
- De Launay (L.). — Histoire géologique de la Chine, 22. — La dissémination de la radioactivité, 34. — L’industrie du mica dans l’Inde, 103. — La vie et la mort de la matière, 212. •— L’industrie préhistorique des bracelets de schisle,
- 304. — La forêt de colonnes bulgares, 317.
- Déraison de Viuz(J.). — Les Apaclies, 91. — Antiquités américaines <tCasas Grandes », 129.
- Deniker (J.). — Autour du Diplodocus, 221.
- Doncières (R.). — Un bateau faucheur automobile, 145.
- Ducamp (R.). — La houille blanche au Japon, 516.
- Ferdar (E.). — Le diabolo dans l’antiquité, 33.
- Forbin (Y.). — La sécheresse aux États-Unis, 40. — L’irrigation en Chine, 74. — Le Nasique de la Malaisie, 79. — La recherche des trésors sous-marins, 95. — Chiens pékinois, 127. — La photographie à la mécanique, 151. — Le transport des noix de coco aux Philippines, 195. — Attelages bizarres, 224. — La cure d’air sur un toit, 303. — L’oiseau-mouche dans son habitat, 311. — La grande culture au Canada, 569. — Nègre blanc, 384. — Les obsèques d’un lézard, 415.
- Fournier (L.). — Le nouveau hangar militaire de Moisson, 17.
- — Le téléaulocopiste L. Sémat, 37. — Automobilisme agricole, 60. — Qu’est-ce qu’une hélico aérienne? 83. — Pio-chcuse mécanique, 90. — L’aéroplane Givaudan, 117. — L’institut aérodynamique de Koutchino, 133. — Le sport du planement, 148. — Le gyroptère Davidson, 237. — La grande Semaine d’aviation, 238. — Le tir contre les ballons dirigeables, 290. — L’appareil à recommander les lettres,
- 305. — Le salon de la navigation aérienne, 328. — Le téléscripteur Ccrébotani, 596.
- François (L.). — Le vin de Champagne, 41.
- Gadeceau (E.).— Le plankton marin, 6. — La symbiose des lichens, 358.
- Giudenwitz (DrA.).— Le laboratoire populaire d’électricité de Bruxelles, 15. — L’expédition polaire- d’Erichsen, 196.
- — Une locomotive-charrue à essence, 209. — Le voyage du Zeppelin à Berlin, 262. — Le cleptographe, 288. — Un chantier de construction aérienne, 399.
- Grandidier (G.).— Les combats d’animaux à Madagascar, 270.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — Le cheval-vapeur, 382.
- Hébert (A.). — L’examen microscopique des papiers, 102. — L’industrie des outremers, 567.
- Henrivaux (J.). •— Verre de silice, 289. — Fabrication mécanique des bouteilles, 392.
- Jaloustre (L.). — La catalyse, 194.
- Jolibois (P.). — Les méthodes modernes en chimie, 227.
- Jourdan (Sauvaire). — Billards pour transatlantiques, 67. — Les nouveaux géants de la mer, 81. — Le lancement du Danton, 128. — Les ferry-boats de la Manche, 241. — Port-Arthur d’aujourd’hui, 258. — Les plongées des scaphandriers en eaux profondes, 385.
- Karl (C.). — I/homme accumulateur, 208.
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- LISTE DES AUTEURS
- 422
- L. (Capitaine). — L’industrie et les armées'modernes, 307.
- Lafitte (J.-P.).—La découverte de l’Amérique au xive siècle, 161. — Autour du Diplodocus, 221. — L’art décoratif et les étuis à aiguilles de l’Alaska, 225. — Le reliquaire de Pêshawar, 337. — Le mirage oriental, 395.
- Lallemand (Ch.). — Les marées de l’écorce et 1 élasticité du globe terrestre, 234.
- Lallié (N.). — L’invention du papier et de l’imprimerie, 155.
- Leblanc lils (M.). — Les limites du microscope, 388.
- Lemaire (E.). — L’extraction de l’essence de térébenthine des bois résineux par chauffage électrique, 71. — Un nouvel isolant artificiel « la Bakélite », 147. — La revivification de l’air par les peroxydes de l’air alcalins, 206.
- Loisei. (J.). — Les grains et les orages, 105. — La grêle, 298.
- Lobcheux (G.). — Les rayons ultra-violets et la stérilisation des boissons, 315. — Alimentation et falsifications, 402.
- Maigre (E.). — Turbine minuscule : la turbine Électra, 68.
- Mareschal (G.). —La bataille d’Austerlitz au cinématographe, 47. —Instantanés en couleurs au magnésium, 59.
- Marre (F.). — Le bois fondu, 174.
- Martel (E.-A.). — El Torcal d’Antequera (Andalousie), 119.— L’aménagement de la grotte géante, 251. — Le problème du Timavo-Rccca (Istrie), 281. —La rivière souterraine de La Bouiche (Ariège), 343.
- Maspero (G.). — Les ruines d’Angkor, 54.
- Me5riel (P. de). — Le développement de Buenos-Ayres, 76. — Un curieux système de train continu, 165.
- Monod-IIerzen (E.). — Un mirage vertical, 18.
- Mugniot (E ). — Tramway du Mont-Blanc, 86.
- N. — Les îles Kerguelen, 295.
- Olrï (R.). — La terre de bois en Champagne, 203.
- Prelip (G.). — Les aéroplanes de Chalais-Meudon. Le cerf-volant à moteur du capitaine Dorand, 1.
- Rahir (E.). — Les mouvements mégalithiques des Causses et des Pyrénées, 370.
- Ramakiïrs (L.). — L’électro-soudure, 163.
- Regelsperger (G.). — L’industrie des toiles imprimées en France, 210.
- Reverciion (L.). — L’alliance de la houille noire et de la houille blanche, 254.
- Rolet (A.). — La stérilisation du jus de raisin frais, 348.
- Rodsset (IL). — La flore des prairies et les engrais, 26. — L’industrie sucrière et la diffusion continue, 268.
- Rddaux (L.). — Les hautes régions de l’atmosphère, 51.
- Sallior (P.). — Agates et cornalines, 114.
- Serve (L.). — Les essais des farines, 65.
- Tiioulet (J.).— Le géographe français Buaclie et la première carte du relief sous-marin, 158.
- Tiioller (A.). — Le père du radium, 14. — Lignes électriques à 100 000 volts, 31. — La fabrication électrolytique des miroirs paraboliques, 123. — Contre la grêle, 175. — Un baromètre isolhermique, 351. — Turbine à vapeur réversibles, 353. — Les carrières de Paris. L’accident de la rue Tourlaque, 405.
- Trodessart (E.). — Le Takin « Budorcas Taxicola » du Tibet, 115. — Les kangourous grimpeurs ou dendrolagues, 390.
- Touciiet (E.).— Le retour de la comète de Halley, 287.
- Villers (R.). — Une merveille de précision : les calibres de Johansson, 28. — Filtre métallique à interstices réguliers et ultra-microscopiques, 63. — Appareil respiratoire à oxygène liquide, 97. — La maison économique d’Édison, 273. — La cinématographie de l’invisible, 364.
- Yillededil (Ch. de). — Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, 30, 46, 62, 78, 95,110,125, 142, 158, 175, 207, 223, 240, 254, 261, 287, 302, 319, 335, 367, 385, 399, 415.
- X. — Les mines d’or en France, 276.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. - ACADÉMIE DES SCIENCES.
- Académie des Sciences (Ch. de Villedeuil), 50, 40, 62, 78, 95, HO, 125,142, 158, 175, 207, 223, 240, 254, 261, 287, 502, 519, 535, 367, 583, 399, 415.
- La vie el l’œuvre de M. Poincaré......................125
- II. — ASTRONOMIE.
- Le retour de la comète de Ilalley (E. Todchet) . . . . 287
- Découverte de comète............................... 62
- La surface lunaire.................................. 78
- L'éclat des comètes................................. 79
- Uranus..............................................158
- L’atmosphère de Mars................................254
- La photographie solaire.............................261
- La température des étoiles..........................302
- Les accidents de la surface de Mars.................319
- La masse de la Lune.................................585
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Le père du radium (A. Troller)....................... 14
- Un mirage vertical (E. Monod-Herzen)................. 18
- Une .merveille de précision : les calibres de Johansson
- (R. Villers)......................................... 28
- La dissémination de la radioactivité (L. De Launay). . . 34
- Filtre métallique à interstices réguliers et ultra-microscopiques (R. Villers)...................................63
- La catalyse (L. Jaloustre)..............................194
- Comment tombe une goutte d’eau (G. Claus)...............199
- La vie et la mort de la matière (L. De Launay) .... 212
- L’automatisme dans les balances de précision (A. Chaplet). 244
- Un nouvel actinomètre (P. Cotte)........................257
- Les rayons ultra-violets et la stérilisation des boissons
- (G. Loucheux)........................................315
- Un baromètre isothermique (A. Troller)..................351
- Le cheval-vapeur (Ch.-Ed. Guillaume)....................382
- Les limites du microscope (M. Leblanc fils).............388
- Nouveau galvanomètre.................................... 62
- Diffusion des ions à travers les métaux.................125
- Échauffement de la terre sèche subitement mouillée, 175 Les mouvements de la verticale dus à l’attraction du Soleil et de la Lune....................................207
- Dicliroïsme magnétique............................399
- Comment on fait d’un parapluie un réflecteur du son. 599 Perfectionnement dans la fabrication de l'air liquide.............................................415
- 2. Électricité.
- Le laboratoire populaire d’électricité de Bruxelles (Dr A.
- Giiadenwitz).................................... . . 15
- Lignes électriques à 100 000 volts (A. Troller). ... 51
- Le téléautocopiste L. Sémat (L. Fournier).................... 57
- Un nouvel isolant artificiel « La bakélite » (E. Lemaire). 146
- L’électro-soudure (L. Ramakers)..............................165
- Suspension R. Baron pour lampes électriques à arc
- (G. Ciialmarès)...........................................335
- Le téléscripteur Cérébotani (L. Fournier)....................596
- Les courants à haute fréquence............................... 47
- Perturbation électrique et magnétique........................225
- Les décharges oscillatoires..................................599
- Différence de potentiel par le filtrage......................399
- 3. Chimie
- Les essais des farines (L. Serve).................... 65
- L’extraction de l’essence de térébenthine des bois résineux par chaulfage électrique (E. Lemaire)............. 71
- L’examen microscopique des papiers (A. H.)...........102
- La revivification de l’air par les peroxydes alcalins
- (E. Lemaire)......................................206
- Les méthodes modernes en chimie (P. Jolibois). . . . 227
- Verre de silice (J. Henrivaüx).........................289
- L’industrie des outremers (A. Hébert)..................367
- Le fer et la rouille (G. Bresch).......................375
- Constitution de la pseudomorphine...................... 65
- Préparation d'un sucre nouveau.........................126
- Une nouvelle variété de phosphore......................145
- Spectre du phosphore . ................................143
- Dosage rapide de l’aluminium......................... 15g
- Conservation des pulpes de distillerie.................175
- L’acide sulfureux et la fermentation...................225
- Les mélanges d'air et d’acétylène......................243
- Le lithophone..........................................268
- La densité du gaz acide chlorhydrique..................319
- Les poids atomiques des corps..........................319
- Les phosphures de fer..................................383
- Économie dans l’emploi industriel de l’alcool de l'air
- et de l’éther.......................................384
- Nouveaux glucosides....................................415
- 4. Photographie.
- La bataille d’Austerlitz au cinématographe (G. M.). . . 47
- Instantanés en couleurs au magnésium (G. Mareschal). 59 La photographie à la mécanique (V. Forbin)........Zll
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- 424 .— TABLE
- IV. - SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Histoire géologique de la Chine (L. De Launay). . . .
- La sécheresse aux Etats-Unis (V. Foiuiin)..........
- La terre de bois en Champagne (R. Olry)............
- Les marées de l’écorce et l’élasticité de globe terrestre
- (Ch. Lallemand).................................
- La forêt de colonnes bulgare (L. De Launay)........
- Perméabilité du sol et canaux d'irrigation.........
- Géologie de l'île d’Elbe...........................
- Géologie de la Corse...............................
- Les terres noires..................................
- Tremblement de terre du 11 juin....................
- Géologie de l'île d’Elbe...........................
- Géologie de la Grèce...............................
- Le tremblement de terre du Midi de la France . . .
- Origine des gaz volcaniques........................
- Les Apennins et l'île d’Elbe.......................
- Les gaz des volcans anciens........................
- Tremblement de terre du 11 juin....................
- IjCS marées de l'écorce terrestre..................
- liaz de marée en Provence..........................
- Moyens de recueillir les gaz des volcans...........
- Formation des gisements d'or. .....................
- Tremblement de terre en Chine......................
- Les marées des surfaces de niveau du globe terrestre.
- Géologie de l’Afrique..............................
- Effets des séismes sur la forme de la terre ....
- Disparition de lacs en Suisse......................
- Le tremblement de terre de Provence................
- La prédiction des perturbations climatologiques . .
- L’hypocentre des tremblements de terre.............
- Peut-on prédire les tremblements de terre ? . . . .
- 2. — Météorologie.
- Les hautes régions de l’atmosphère (L. Rudaux) .
- Les grains et les orages (J. Loisel).........
- Contre la grêle (A. Troller).................
- La grêle (J. Loisel).........................
- Phénomènes atmosphériques en connexité . . Effet de la nébulosité du ciel en 1909 . . . .
- Météorologie.................................
- L’orage magnétique du 25 sevtembre . . . .
- 3. — Biologie.
- Le plankton marin (E. Gadeceau).....................
- L’autotomie (A. Acloque)............................
- La symbiose des lichens (E. Gadeceau)...............
- La cinématographie de l’invisible (R. Yillers)......
- Comment les yeux voient dans Vobscurité.............
- Utilisation d’une rivière souterraine pour une expérience de biologie..................................
- Effet de radiations sur le développement des œufs .
- 4. — Zoologie.
- Destruction des moustiques par le cactus épineux (IL Rlin)..............................................
- MATIÈRES
- Le Nasique de Malaisie (V. Foiuun) . . . ............ 79
- Le Takin « Rudorcas Taxicola » du Tibet (E. Thouessakt) 115
- Chiens pékinois (V. F.)...............................127
- Attelages bizarres (V. Formn).........................224
- L’oiseau-mouche dans son habitat (Y. Foiimn)..........511
- llagenbcck et l’élevage des autruches à Hambourg
- (V- Cambon) .......................................324
- Formes diverses de la langue (H. Couihnj..............350
- Les kangourous grimpeurs ou dendrolagues (E. Trouessart) 590
- Les obsèques d’un lézard (Y. Forbin)..................415
- Dans l’estomac d’une girafe........................... 14
- Carte des mollusques comestibles...................... 46
- Propriétés des venins de vipère et de salamandre . 78
- Modification de trypanosomes par le passage dans
- le sang d'animaux..................................158
- Radiations animales................................. 175
- Etude d’un cètacé.....................................225
- Pouvoir trypanolithique du sérum de mouton. . . . 261
- La protection du gibier en hiver......................295
- Le lait des vaches tuberculeuses................. 355-567
- La faune méditerranéenne..............................383
- Un nouveau mammifère..................................415
- 5. — Paléontologie.
- Autour du Diplodocus (J. Deniker, J.-P. Lafitte) . . , 221
- 6. — Botanique.
- La llore des prairies et des engrais (II. Rousset). ... 26
- Les bains chauds comme moyen de forçage des plantes
- (H. Coupin).........................................143
- Le bois fondu (Fr. Marre)..............................174
- Plante parasite de la vigne............................ 50
- L'azote dans les feuilles.............................. 62
- Ce greffage des vignes françaises...................... 95
- Bacilles fluorescents de Flüggc en pathologie végétale.................................................110
- Recherche de l’acide cyanhydrique dans les plantes. 125
- Effets des rayons violets sur les ferments.............145
- La croissance des fucus................................158
- Toxine accompagnant les levures........................207
- La forêt équatoriale...................................223
- Les ignames de Madagascar..............................240
- Les diatomées d’Auvergne...............................261
- Les ignames d’Afrique..................................502
- Variété de trèfle......................................535
- Les radiations ultra-violettes et la végétation. . . . 385
- Articulations chez les végétaux........................415
- V. - MÉDECINE. - HYGIÈNE.
- Les transplantations d’organes : les expériences du
- D1' Carrel (Dr A. Cartaz) . ......................... 82
- Appareil respiratoire à oxygène liquide (R. Yillers) . . 97
- Identification des eaux minérales par l’aquamétrie
- (E. Ronjean)......................................... . . 98
- La cure d’air sur un toit (V. Forbin).....................505
- Alimentation et falsifications (G. Loucheux)..............402
- Traitement des nævi. . . ................................. 31
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-
-
- .---.y: TABLE
- Ablation de la glande thyroïdienne.................
- Le rhume des foins.................................
- Antivirulence des humeurs des animaux vaccinés. .
- Le sommeil.........................................
- Le virus du typhus exanthématique..................
- Identification de la nature de la tuberculose chez
- l’homme.........................................
- Inconvénient de la 'pasteurisation du lait.........
- Pour avoii de bon beurre...........................
- Lumière ultra-violette et toxine tétanique.........
- Vaccination contre la tuberculose..................
- Substances inconnues dans les urines .......
- La propagation du typhus exanthématique ....
- Destruction des trypanosomes.......................
- Traitement de la maladie du sommeil................
- Fausse albuminurie.................................
- Stérilisation par certaines radiations.............
- L’ablation du muscle temporal......................
- Action des gaz sur les microbes....................
- Physiologie du larynx..........i...................
- VI - GÉOGRAPHIE
- Le développement de Buenos-Ayres (P. de Mékiel) . .
- El 'forçai d’Anlequera (E.-A. Martel)...............
- Le géographe français Buache et la première carie du
- relief sous-marin (J. Thoui.et)..................
- L’expédition polaire d’Erichsen (A. Gradenwitz). . . . L’aménagement de la grotte géante (E.-A. Martel) . .
- Port-Arthur d’aujourd’hui (S. Jourdan)..............
- Le problème du Timavo-llccca (E.-A. Martel).........
- Les îles Kerguelen (N.).............................
- La rivière souterraine de la Bouiche ou la Grange
- (Ariège) (E.-A. Martel)..........................
- La grande culture au Canada (V. Forbin).............
- Chutes d’eau de la région des Alpes.................
- Niveau des eaux en Asie centrale....................
- Hypsomélrie russe...................................
- L’ile de Bogoslov...................................
- Le climat de la Mauritanie .... ......
- VII. — ANTHROPOLOGIE.
- Le diabolo dans l’antiquité (V. Ferdar)..................
- Les ruines d’Angkor (G. Maspero).........................
- L’irrigation en Chine (V. Forbin)........................
- Les Apaches (J. Démaison de YidzI. ......................
- Le monogramme colonial néerlandais Y. 0. C. (H. De-
- hérain) ..............................................
- Antiquités américaines. « Casas Grandes » (J. Démaison
- de Yidz)................•.............................
- La découverte de l’Amérique au xive siècle (J.-P. Lafitte). Le transport des noix de coco aux Philippines (Y. F.). . L art décoratif et les étuis à aiguilles de l’Alaska (J.-P. Lafitte) ..................................................
- Le pigeon dans l’ancienne Egypte (P.-H. Boussac) . . . Les combats d’animaux à Madagascar (G. Grandidier) . . Une visite à la momie de Sinzig (Dr R. Blanchard). . . L’industrie préhistorique des bracelets de schiste (L. de
- Launay) ..............................................
- Le reliquaire de Pêshawar (J.-P. Lafitte)................
- Les monuments mégalithiques des Causses et des Pyrénées (E. Raiiir).........................................
- MATIÈRES ......... = 425
- Nègre blanc (V. Foiuux)..........................384
- Le mirage oriental (J.-P. Lafitte)...............595
- Le culte du serpent en Afrique................. 79
- Une langue ancienne retrouvée....................124
- L’invention du papier et de l’imprimerie.......155
- VIII. - SCIENCES APPLIQUÉES
- 1. — Mécanique. — Industrie. Arts industriels.
- Les machines à papier à grande production (J. Boyer). . 5
- Le vin de Champagne (L. François)..................... 41
- Turbine minuscule : la turbine Électra (E. Maigre). . . 08
- Piocheuse mécanique (L. F.)................................. 90
- Les yeux artificiels (J. Boyer).............................109
- La panification intégrale sans mouture du blé (11. Blin). 122 La fabrication électrolytique des miroirs paraboliques
- (A. Troller) ............................................125
- Les coulisses des grands magasins (VV. Darvillé) . . . 167
- L’homme accumulateur (C. Karl)..............................208
- L’industrie des Iodes imprimées en France (G. Regels-
- perger)..................................................210
- L’acier rapide (Arnou)......................................260
- L'industrie sucrière et la diffusion continue (11. Rousset). 268 l’industrie de l’œuf artificiel aux Etals-Unis (II. Blin) . 271
- La mesure de la puissance des turbines : torsion-mètre
- (R. Bonnin)..............................................274
- Dans une fabrique de talons Louis XV (J. Boyer) . . . 285
- Le .cleptographe (Dr A. Gradenwitz).........................288
- L’appareil à recommander les lettres (G. Fournier) . . 505
- La stérilisation du jus de raisin frais (A. Rolet). . . . 348
- Turbine à vapeur réversible (A. Troller):...................355
- Fabrication mécanique des bouteilles (J. IIenrivaux). . 392
- Nouvelles machines à recenser (J. Boyer)....................412
- Appareil d’enregistrement postal............................126
- La conservation du cidre....................................261
- La toupie humaine...........................................272
- U accouplement des hélices et des turbines..................550
- La régularité de marche des horloges........................385
- 2. — Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Le canal anglais des deux mers (1t. Bonnin)............ 15
- Le pont suspendu de Manhattan à New-York (1t. Bonnin). 71
- Divertissements forains (A. Chalmarès)................. 75
- Tramway du Mont-Blanc (E. Mugniot)..................... 86
- La plus grande drague du monde et les travaux de la
- Mersey (R. Bonnin)..................................' 99
- Les irrigations en Égypte (1t. Bonnin)....................150
- Le drainage de la vallée de Mexico.....................162
- Les voies d’accès au Simplon (R. B.)...................173
- Le nouveau pont bascule de Copenhague (J. Boyer) . . 195
- L’atmosphère, les odeurs et les poussières d’un Métropolitain (D. Bellet) . . . ...............................204
- Le viaduc des Fades (R. Bonnin)...........................215
- L’alliance de la houille noire et de la houille blanche
- (L. Reveiichon)........................................254
- La maison économique d’Édison (R. Villers)................273
- La houille blanche au Japon (R. Ducamp)...................316
- Le plus grand câble transporteur du monde (D. Bellet). 339 Un service de ferry-boat sur un lac italien (I). Bellet). 554 Achèvement des travaux du port militaire de Douvres
- (R. Bonnin)............................................568
- Les carrières de Paris. L’accident de la rue Tourlaque (A. Troller)..............................................405
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- 426 .......... ...:...:.= TABLE DES
- 3. — Mines et métallurgie.
- L’industrie du mica dans l’Inde (L. De Launay) .... 103
- Agates et cornalines (P. Sallior)......................114
- La fusion des métaux par les huiles lourdes (R. Champly). 136
- Les mines d’or en France (X.)............................. 276
- Le dragage de l’or en Guyane française (A. Bordeaux) . 354
- Le centenaire du zinc en Silésie.......................302
- 4. — Transports : Chemins de fer. — Aéronautique. — Automobilisme, etc.
- Les aéroplanes de Chalais-Meudon. Le cerf-volant à mo-
- teur du capitaine Dorand (G. Phélip).................. 1
- Le nouveau hangar militaire de Moisson (L.. Fournier). 17
- L’aéroplane Antoinette F (R. Champly)................. 49
- Automobilisme agricole (L. Fournier)...................... GO
- Qu’est-ce qu’une hélice aérienne? (L. Fournier) .... 83
- L’aéroplane Givaudan (L. Fournier)........................117
- L’institut aérodynamique de Koutchino (L. Fournier) . 133
- Un bateau faucheur automobile (R. Doncières) .... 145
- Le sport du planement (L. Fournier)...................148
- Un curieux système de train continu (P. de Mériei.) . . 165
- Les étapes de la navigation aérienne..................177
- Une locomotive-charrue à essence (Dr A. Gradenwitz) . 209
- Le gyroptère Davidson (L. Fournier)............... 237
- La grande Semaine d’aviation (L.-F.)......................238
- Les ferry-boats de la Manche (S. Jourdan).............241
- Le voyage du Zeppelin & Berlin (A. Gradenwitz) . . . 262 Le tir contre les ballons dirigeables (L. Fournier). . . 290
- MATIÈRES
- Locomotive compound et à vapeur surchauffée des éta-
- blissements du Creusot (II. Bonnin).......................321
- Le Salon de la navigation aérienne (L. Fournier) . . . 328
- Chemin de fer électrique de Villefranche à Bourg-Madame
- (R. Bonnin).............................................377
- Un chantier de construction aérienne (A. Gradenwitz). 399
- Le vol des oiseaux et les ornithoplanes.................111
- A p>ropos de bicyclette aérienne...........................302
- Les voies ferrées au Brésil................................414
- 5. — Marine. — Art militaire.
- Billards pour transatlantiques (Sauvaire Jourdan) . ... 66
- Les nouveaux géants de la mer (S. Jourdan) ..... 81
- La recherche des trésors sous-marins (V. Forain) ... 95
- Le lancement du Danton (S. Jourdan)...................128
- La marine militaire du Japon (W. Darvillé)............231
- L’industrie et les armées modernes (Capitaine L.) . . • 507
- Les plongées des scaphandriers en eaux profondes
- (S. JouRnAN)...................................... • • 385
- Trois centenaires de la navigation (S. J.)............401
- Exploits de sous-?narins.............................. 79
- Le centenaire de la navigation à vapeur...............320
- Les fêles du centenaire de la navigation à vapeur . 355
- Les forces maritimes en 1910..........................350
- IX. — NÉCROLOGIE.
- Henri de Par ville (La Nature)............113
- Numéro spécial : Ce semestre contient, p, 177, un numéro spécialement consacré à : Les étapes de la navigation aérienne.
- FIN DES TABLES
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- PARIS, IMPRIMERIE GENERALE LAHURE 9, Rue de Fleuras, 9
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications
- aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « L# Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Parit (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1880 — 5 JUIN 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- L’action du cuivre, du bismuth et de l’argent sur l’acide nitrique. — Pour étudier cette action en détail, un chimiste anglais, M. Slansbie, a opéré au moyen d’un appareil spécial dans une atmosphère d’hydrogène, pour que l’oxygène de .l’air ne vienne pas troubler, par son pouvoir oxydant, la nature des oxydes d’azote produits. Aussitôt que l’acide nitrique arrive au contact du cuivre, il se dégage de l’acide hypoazotique et le dégagement de ce gaz se poursuit d’une façon uniforme pendant tout le temps de la dissolution. Le même phénomène se produit pour le bismuth, mais le dégagement du gaz hypoazotique est moins considérable que pour le cuivre. Enfin, pour l’argent, ce gaz ne se dégage qu’à la fin de la réaction et en petite quantité. Les solutions obtenues dans les trois cas renferment un mélange de nitrates et de nitrites des métaux étudiés.
- La tourbe comme combustible. — La tourbe contient tous les éléments d’un bon combustible, malheureusement • délayés dans une grande quantité d’eau que la substance retient énergiquement. 11 faut, avant tout, pour utiliser la tourbe comme combustible, la dessécher. Mais le desséchage à l’air est long et incertain : il donne des produits de qualités fort inégales, de plus l’on n’arrive jamais à extraire toute l’eau incluse dans la substance. Le desséchage mécanique, par compression, n’a pas donné tout ce que l’on en attendait ; il exige un matériel coûteux et n’assure pas une dessiccation parfaite. Le Dr Eckenberg, au Congrès de l’Iron and Steel Institute de Londres, a exposé les recherches faites pour analyser les causes de celte affinité énergique de la tourbe pour l’humidité; il a montré qu’elle est due à la présence d’une hydrocellulose provenant des résidus des matières végétales semi-carbonisées qui ont donné naissance à la tourbe. Pour tirer industriellement partie de la tourbe, il faut donc, tout d’abord, détruire cette hydrocellulose : on y parvient en chauffant la tourbe en présence d’eau, sous pression, à i5o° environ. L’expérience a montré que cette carbonisation humide exige 90 à .100 calories par kilogr. de tourbe brute, soit 37 pour 100 environ du pouvoir calorifique total contenu dans la matière traitée. Il existe actuellement deux installations exploitant ce procédé, l’une en Angleterre, l’autre en Allemagne.
- Autriche. Ses industries houillère et métallurgique. — La houille produite en Autriche, durant l’année 1908, atteignit 14090000 tonnes métriques. La même production a été, en 1907, de i385oooo et en 1906 de x3473000. La plus grande partie de ce tonnage, 7430000 tonnes en 1908 et 7 120000 en 1907, provient de la couche Ostràu-Karwin. La production du lignite a été, en 1907, de 26262110 tonnes et, en 1906, de 24167714. La fabrication du coke monta, en 1907, à 1855376 tonnes, absorbant 2602372 tonnes de charbon, ce qui représente une moyenne de tonnes i,4o3 par tonne de coke. Elle a donné en sous-produits 13028
- tonnes de sulfate d’ammoniaque et 1073 tonnes de coaltar. Le minerai de fer produit a été, en 1907, de 2540118 tonnes et, en 1906, de 2 253662. Les tonnages des minerais importés, principalement en provenance de la Hongrie, ont été respectivement de 799890 tonnes et 720242. L’ensemble a représenté 3 340008 tonnes, en 1907, et 2973904, en 1906. La fonte de fer produite a été de 1 383 524, en 1907, et 1222230 tonnes, en 1906. En sorte qu’en 1907 il a fallu, en moyenne, tonnes 2,41 de minerai, pour produire 1 tonne de fonte. La production moyenne pour chacun des 42 hauts fourneaux de 1907 a été de 32 941 tonnes. Ils ont consommé ensemble 1 485 272 tonnes de coke, 793 tonnes de charbon cru et 33 281 tonnes de lignite.
- États-Unis d’Amérique; leur production houillère.
- — La Fédération des Etats-Unis d’Amérique est l’unité politique et, en certaine mesure, économique qui produit la plus grande quantité de charbon dans le monde. Sa contribution atteint en effet 40 pour 100. En 1907, cette production s’élève à 480863424 short tons (908 k.) se décomposant en 76432421 long tons (1016 k.), équivalant à 85 6o4 3i2 short tons pour l’anthracite de Pennsylvanie et 394789 112 short tons pour les charbons bitumineux, le lignite et les sortes intermédiaires ou spéciales. Une décomposition plus complète, entre les diverses sortes de charbon, donne les tonnages (short ton) ci-après :
- Bitumineux......................
- Anthracite....................
- Semi-bitumineux...............
- Lignite et sous-bitumineux . . .
- Semi-anthracite................
- Block.........................
- Splint........................
- Cannel........................
- 302.911.826 85.666.404 15.880.794 8.25i.249
- 1.007.287 1.077.632 5.371.557 196.675
- Total...............480.363.424
- Le plus puissant producteur des Etats fédérés est, de beaucoup, la Pennsylvanie ; sa production en anthracite et en charbons bitumineux représente 49,1 pour 100 de la production fédérale. A sa suite arrive l’Illinois avec 10,7 pour 100, suivi de bien près (10 pour 100) par la Virginie Occidentale; puis viennent l’Ohio (6,7), l’Ala-’ bama (3), l’Indiana (2,9), le Colorado (2,2), le Kentucky (aussi 2,2), etc. La production des bitumineux est caractérisée aux Etats-Unis par l’intervention, tous les ans progressante, des baveuses mécaniques. On peut admettre que, sur 38o millions de short tons en bitumineux ou se rattachant à cette sorte, près de 36 pour 100 ont été havés à la machine, en 1907.
- Tirage automatique des pièces de marine. — Dans les milieux navals anglais, on parle avec enthousiasme d’une invention due à l’amiral sir Perey Scott, et qui vient d’être expérimentée, avec un complet succès, affirme-t-on, surtrosi croiseurs de l'escadre de la Manche; le Good Hope, YArgyll, Y Arrogant. Ces essais ont été
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- INFORMATIONS
- exécutés dans le plus grand secret, sous la direction de sir Pcrey Scott. Voici les qxielques renseignements, très vagues, comme on le verra, que le Daily Graphie publie sur celle mystérieuse invention. Il s’agit d’un appareil électrique (fire-control) qui permet de grouper, de pointer et de tirer toutes les grosses pièces d’un même bord « sans l’intervention d’un pointeur pour chaque canon. » Le mécanisme est actionné, soit du poste de l’officier-canonnier, soit d’une tourelle. Il va de soi que nous reproduisons cette nouvelle sans en assumer la x-esponsa-bilité. Le journal ajoute qu’aussitôt après les essais, sir P. Scott a débarqué à Porlsmouth et a pris le premier train pour Londi'es, afin d’exposer à l’Amirauté les résultats obtenus.
- Le danger des icebergs. — Le Lac Champlain, paquebot appartenant à la compagnie Canadian Pacific Railway, jaugeant 7392 tonnes, a failli se perdre le 7 mai au large du cap Race à la suite d’une collision avec un icebex’g. Il se rendait de Liverpool à Montréal avec mille passagei's quand, par une nuit obscure, et marchant à la vitesse de 14 noeuds, il vint donner en plein sur un icebex’g. La violence du heurt défonça la proue. Une panique folle s’empai'a des passagers. Mais l’équipage x’éussit à aveugler la voie d’eau, et le vapeur put atteindre Saint-Jean-de-Teime-Neuve, où il entra aussitôt en dock.
- Puits de pétrole en Égypte. — On avait annoncé l’an •dernier la découveiùe de gisements pétrolifères en Egypte. La nouvelle est désormais confirmée. Nous empruntons les détails suivants à notre confrère londonien, le Daily Graphie. Le gisement se trouve sur le xûvage afi'icain de la mer Rouge, à Jemsah, près du phare d’Achrafi, à environ 240 km au’ sud de Suez. La société concessionnaii'e (Egyptian Oil Trust) a foncé un premier puits qui, api’ès avoir traversé d’épaisses couches d’ozokéi’ite d’une grande pureté, a rencontré le pétrole à une pi'ofondeur d’envii'on 431 m. Il avait lravei*sé auparavant des stratus pétrolifères, mais l’huile contenait une trop grande proportion d’eau. Le tube extéi'ieur fut fixé à une profondeur de 42° m-> et l’eau put être écartée. Les derniers 11 m. étaient des stratus lâches en pétrole. Mais, quand on atteignit la profondeur de 43 x m., les vapeurs et les gaz s’exhalèrent avec une telle violence que le travail dut être interrompu ; les ouviâers étaient asphyxiés. Le puits a été recouvert avec une porte à valve, jusqu’à l’achèvement des travaux qui permettront de conduire l’exploitation dans des conditions noi'males. Le débit quotidien a été estimé à 3oo barils. On pousse activement le fonçage d’autres puits.
- Baleine contre baleinier. — Le capitaine du baleinier à vapeur Samson, de retour d’une campagne dans les eaux norvégiennes, rapporte un fait qui montre l’extraordinaire endurance et la force colossale des grands cétacés. Au large de Sandefjord, la vigie signalait une baleine longue d’environ 40 m., et la chasse commençait. Après une poursuite acharnée, le canonnier réussissait à loger un harpon dans le flanc de la baleine, qui prenait la fuite à toute vitesse. La situation devint dangereuse quand l’équipage eut vu filer toute la corde. Le monstre remorquait le navire à une allure si rapide, que les vagues soulevées à l’avant menaçaient de le faire sombrer. Le capitaine donne ordre de faire machine arrière aux ti’ois quarts, ce qui, normalement, eût fait marcher le vapeur à reculons à la vitesse de dix nœuds. Mais la mesure était insuffisante, car la baleine continua à l’enti'aîner à la vitesse de huit nœuds, et cela pendant huit heures ! Le mauvais temps se mit de la partie, et la corde, épaisse de 10 cm., finit par se rompre, libérant la baleine sous les cris de rage de l’équipage.J" ^ - , ../opp ..
- Les femmes et l’esprit d’invention. — Un comité s’est formé à Londres pour organiser en septembre prochain une exposition des inventions dues à des femmes. Les lady-imentors sont légion chez nos voisins. En moyenne, elles prennent 5oo brevets par an. Le chiffre s’est élevé l’an dernier à près de 600. L’activité des inventx’ices anglaises s’exei’ce dans les domaines les plus variés, car, parmi les demandes de bx-evets d’oidgine féminine, on en voit qui apportent des pei'-
- fectionnements aux machines-à-vapeur, aux chaudièi’es, aux automobiles, aux aéroplanes et dirigeables. Une dame a pris un brevet pour améliorer la cuirasse des navix-es de gueiTe. Une autre a inventé un « boucliex-de guei*re invisible ». Citons quelques autres inventions brevetés par des dames anglaises : machines à nager et appareils de sauvetage, pompes mues à l’électricité, appareil pour produix-e successivement plusieurs flammes de magnésium, bouteille qui ne puisse être remplie deux fois, cire à cacheter s’enflammant d’elle-mème, pi'océdé pour empêcher l’éclatement des pixeu-matiques d’automobile, mors pour chevaux, cibles pour-le tir, appai-eil pour sabler automatiquement les l'ails des trolleys, machine à couper le foin, etc. Mais le génie inventif de ces dames marque une prédilection pour les choses qui touchent plus spécialement leur sexe. Ainsi, cinq sœxirs ont piâs un brevet pour « une nouveauté en chapeau de dames et d’enfants », tandis que d’autres ont breveté des fourniras lavables, des harnais de chiens et autres animaux domestiques, des outils pour tuer la volaille sans la faire souffrir. D’autres dames ont patenté de nouveaux systèmes de-casseroles et de -réchauds, des encriers, des porte-plumes et autres objets de bureau. Et l’amour conjugal s’en mêle à son tour, puisque, à ne parler que de-l’année 1908, nous constatons que cinq dames ont fait breveter autant de nouveaux systèmes de rasoir de-sûi'eté! L’exposition projetée ne pevxt manquer d’être-inléi'essante.
- L’appendicite à Berlin.,— En présence de l’augmentation constante des cas d’appendicites dans la capitale allemande, l’Association des médecins de Berlin a ouvert une enquête d’où il résulte déjà que la population de cette ville est affectée par cette maladie dans la proportion de 2 habitants sur 1000. Parmi les conclusions d’un, rapport publié par cette commission, citons les plus intéressantes. Les hommes sont beaucoup plus sujets à la maladie que les femmes. Elle se manifeste principalement entre la dixième et la vingtième année. Avant la dixième année, elle est rare, mais presque toujours fatale. La pér-iode de la vie où elle se produit le moins souvent est entre la vingtième et la trentième année, mais la proportion augmente avec l’âge jusqu’à la soixante-dixième année. Comme pour les jeunes enfants, la maladie est rare parmi les vieillards, mais elle se termine généralement par un dénoûment fatal.
- Les locomotives au Danemark. — Le gouvernement danois vient de commander 3a locomotives nouvelles à des constructeurs français et anglais. Il faut, tous les ans, 70 locomotives nouvelles pour les chemins de fer de l’Etat danois et les Compagnies privées; elles sont toujours construites à l’étranger, car l’industrie du Danemark ne fabrique pas de locomotives. Les usines, si importantes, Scandia de Randers, construisent de grosses pièces de mécanique ; elles font des wagons de toutes sortes et des fourgons, mais elles n’ont jamais fabriqué de locomotives. Le « Folketing », parlement danois, vient de nommer une Commission, composée de membres du gouvernement, d’ingénieurs, d’industriels et même d’ouvriers mécaniciens, pour examiner dans quelles conditions les locomotives pourront, à l’avenir, être construites au Danemark même; cette Commission, si elle reconnaît devoir renoncer à la collaboration de l’étranger, devra étudier si les locomotives seront faites par l’industrie privée ou dans les ateliers de l’Etat.
- Tortue gigantesque. — On peut voir actuellement à l’Exposition sportive de Philadelphie une tortue de mer de proportions réellement gigantesques. Sa longueur est de 7 pieds 6 pouces, soit plus de 2,25 m., et sa largeur est de 9 pieds, soit 2,74. Son poids était de i32o livres, après la saignée. Cette chélonée peut être considérée comme le plus grand spécimen jamais rencontré. Sa capture fut des plus mouvementées. Une barque de pêche, montée par quatre hommes, la découvrit au large de Boon Island, dans la baie de Casco. Un des pêcheurs réussit à lui passer un nœud coulant au cou. Mais le réptile entraîna la lourde embarcation au large, la remorquant pendant 4 heures. Il ne fallut pas moins de 8 heures d’efforts pour ramener au rivage de l’ile le monstre épuisé.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> Automobilisme
- Réparation des enveloppes des pneumatiques. —
- On sait que généralement une enveloppe de pneumatique s’use par la bande de roulement, c’est-à-dire par la partie du caoutchouc qui vient constamment en contact .avec le sol. 11 arrive ainsi qu’une enveloppe dont les talons (ou boudins qui s’accrochent dans la jante de la roue), et les côtés sont encore tout neufs, est cependant hors d’usage parce que la bande de roulement est arrachée prématurément. On remédiait jusqu’à présent à ces avaries en faisant rechaper l’enveloppe, c’est-à-dire en recollant sur son pourtour une bande de caoutchouc appelée croissant, ou encore une' bande de cuir chromé garnie de rivets et constituant un antidérapant. 11 va sans dire qu’une enveloppe ainsi réparée par un simple recollage ne présente pas la solidité d’une neuve. Le rechapage, en outre, ne peut se faire qu’à l’usine et il coûte fort cher, à tel point que beaucoup de propriétaires d’automobiles en ont abandonné l’usage.
- M. Maurice Eyquem, 19I, boulevard Péreire, à Paris, vient d’inventer une contre-enveloppe qui s’adapte instantanément sur une enveloppe mise hors d’usage par détérioration prématurée de la bande de roulement, en la rendant aussi solide qu’une neuve. Le gant Eyquem est constitué par une contre-enveloppe en tissu croisé très résistant, rendu imputrescible par un tannage spécial et recouvert soit d’un croissant en caoutchouc (pneu lisse), .soit d’une chape en cuir chromé garnie de rivets (pneu antidérapant).
- Celte contre-enveloppe est maintenue d’une façon immuable sur l’enveloppe avariée, par deux cercles en câbles de fil d’acier, qui obligent la contre-enveloppe ou
- gant à s’appliquer exactement et fortement sur le pneumatique par le fait seul du gonflage de celui-ci. Les cercles eu question sont du reste assez fermés pour que le gant ne puisse pas s’échapper même d’une enveloppe dégonflée.
- Pour les roues arrière, l’inventeur ajoute six crochets qui relient le gant à la jante afin de lui permettre de supporter l’effort de propulsion des roues.
- Nos gravures montrent la manière d’employer ce mode • le rechapage instantané et facilement transportable d’une enveloppe sur une autre. Il arrive, en effet, qu’une enveloppe rechapée manque ensuite de solidité par les talons ou accrochages, le rechapage est alors perdu, tandis qu’il suffit ici d’enlever le gant et de le mettre sur une autre enveloppe.
- Le gant ferré peut aussi servir à garnir momentanément les roues d’antidérapants.
- Cette invention semble donc appelée à procurer une réelle commodité et quelque économie aux automobilistes.
- *> Mécanique <«*
- Nouvelle pompe brevetée à mouvement d’excentrique. — Yoici uiie pompe qu’il nous paraît intéressant de signaler à nos lecteurs non seulement à cause des nombreuses applications que nous la croyons susceptible
- de réaliser, mais surtout à cause de la solution cinématique qu’elle présente.
- D’une construction particulièrement simple, elle se compose : i° d’un corps de pompe : cylindre creux parfaitement rodé, sur lequel se trouvent portées les tubulures d’aspiration et de refoulement; 20 d’un piston, circulaire également rodé, monté sur un arbre excentrique et ayant toujours une génératrice en contact avec le corps de pompe. Deux plaques dressées ferment les derniers sur les côtés et achèvent de former avec le piston un espace lunaire ne communiquant avec l’extérieur que par les deux tubulures dont il a été question ci-dessus.
- Cet espace est divisé en deux parties par une cloison (7) portée par le corps de pompe entre les lumières d’aspiration et de refoulement et formant joint avec le piston.
- Si nous supposons la rotation dans le sens de la flèche, la dernière de gauche va croître de volume et la pompe aspirera par la lumière 3 et ceci jusqu’à ce que le piston soit arrivé au haut de sa course. A ce moment : le liquide contenu cessera d’être en communication avec l’aspiration et le mouvement continuant, sera refoulé par la lumière 4- On voit par ce simple exposé que cette pompe est comme principe identique à toutes les pompes à volume variables telles que les pompes Girard. Mais sa caractéristique est la disposition cinématique qui permet, grâce au piston circulaire excentré, d’obtes nir des volumes pé rio di que m eut variables, en partant d’un mouvement circulaire continu. Cette p o m p e r é a 1 i s e donc des avantages doubles.
- Comme pompe à volume variable elle permet des refoulements considérables, sans nécessiter comme les pompes centrifuges, des vitesses de rotation proportionnelles à la hauteur de refoulement. Comme pompe à mouvement circulaire continu, elle ne baratte pas du tout le liquide (elle permet de pomper du lait et tous les liquides similaires) et surtout par la facilité avec laquelle on atteint les vitesses de 3 et 400 tours, on arrive à leur assurer un débit considérable sous un volume très réduit. Enfin, avantage immense que comprendront bien ceux qui ont vu installées les pompes Girard et leurs boîtes à clapets, le mouvement du liquide étant continu, il n’est ici nécessaire ni de boîtes à clapets d’aspiration ni de boîtes à clapets de refoulement.
- Bien qu’elle soit d’invention toute récente, et que son emploi ait jusqu’à présent été limité surtout, aux petites élévations d’eaux, nous ne serions pas étonné de la voir employée par des compagnies de mines où la hauteur de refoulement nécessite des pompes centrifuges en série, et dans les industries où ses avantages la feront apprécier. — Pour tous renseignements, s’adresser à M. Petit, 3o, avenue Daumesnil, Paris. . . .
- Niveaumètre magnétique. — C’est un nouvel indicateur de niveau qui peut être placé sur le réservoir de telle manière que la lecture de ses indications est possible instantanément. Il n’est donc pas nécessaire, pour connaître la quantité de liquide contenue dans un réservoir, de se livrer à des opérations assez complexés, comme c’est le cas lorsque l’on se sert de la jauge officielle.
- L’appareil est formé de deux parties : l’une est inté-
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- . . • .
- Fig. 1. — Le gant Eyquem.
- Fig. 2. — Manière de placer î’enveloppe usée dans le gant.
- La pompe, la joue étant enlevée pour montrer le mécanisme. — 1 et 3, tubulure et lumière d’aspiration; 2 et 4, tubulure et lumière de refoulement; 5, piston monté sur l’arbre à excentrique ; 6, corps de pompe ; 7, cloison.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- IM
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- rieure et l'autre extérieure. La première comporte un fléau D muni à l’une de ses extrémités d un flotteur h auquel fait équilibre un contrepoids H à 1 autre extrémité du fléau. Au milieu se trouve un aimant A (fig. 3). Il est supporté par une chape C pourvue d un axe autour du-
- Fig. i. — Le niveaumètre. Fig. 2. — Son cadran.
- quel il oscille. Enfin une tige filetée T sert à fixer l’appareil à la paroi supérieure, en S.
- Sur la paroi extérieure du réservoir vient s’appliquer un cadran N fixé à une lunette soudée directement à la paroi. Le cadran porte en son milieu une aiguille L munie d’un léger contrepoids M et montée sur ie même axe qu’une autre aiguille en fer doux qui, elle, obéit à la pièce aimantée (fig. i).
- Ce dispositif, très ingénieux, peut être installé sur
- Fig. 3.
- La partie intérieure du niveaumètre.
- NIVEAUMETRE C
- n’importe quel réservoir et les indications qu’il donne sont tout à fait précises. Par contre, la mise en place des deux organes est assez délicate, il importe que le repérage soit absolument exact. L’inventeur fournit à ce sujet toutes les indications utiles qui permettent à chacun d’opérer convenablement. — S’adresser à MM. Hus-senot et Raynaud, 39, rue de La Boëtie.
- Divers
- Fermeture mécanique des chaussures. Procédé Jacka. — Les inventeurs semblent ne supporter qu’avec impatience les dispositifs traditionnels qu’utilise notre toilette. Les procédés classiques pour la fermeture des
- chaussures : lacets, boutons, ont paru, à M. Jac-quomin, ou trop lents, ou
- Chaussure munie de la fermeture Jacka.
- Le levier
- incommodes; et il a imaginé un système nouveau, du reste fort pratique.
- Il comporte tout d’abord des boutons à pression, comme ceux des gants par exemple. Mais il serait difficile avec de simples boutons à pression de bien ajuster sur le pied le cuir de la chaussure. M. Jacquomin a donc créé un dispositif mécanique qui, avant la fermeture des boutons, permet de serrer énergiquement la partie supérieure de la chaussure sur la partie inférieure. Ce
- dispositif comprend un levier articulé muni^d une ^échancrure longitudinale, levier placé sous la partie J\le lu bottine où sont habituellement taillées les boutonnières. La partie inférieure de la chaussure porte un petit bouton qui s’engage dans l'échancrure du levier. On rabat celui-ci à fond et la bottine se trouve fermée et parfaitement ajustée. Il ne reste plus qu’à fermer les boutons à pression, ce qui s’effectue sans le moindre eflort. On le voit, le tout est fort rapide; de plus les boutonnières sont complètement supprimées, ce qui constitue une garantie de solidité.
- Ce nouveau genre de chaussures trouvera-t-il faveur auprès du public? On sait qu’en matière de toilette, ce ne sont pas toujours les objets les plus commodes ou les plus ingénieux qui triomphent. -— La fermeture Jacka a été imaginée et est vendue par M. Jacquomin, 48, nie de la République, à Lyon.
- Altimètre. — C’est une habitude générale, aujourd’hui, et excellente que de prendre régulièrement le poids des enfants. On en tire des indications extrêmement utiles stir la santé de ces chers petits êtres.
- La mesure régulière de la taille peut également donner des renseignements précieux : le développement normal de l’individu n’est-il pas un signe d’équilibre et de bonne santé ? Au contraire un arrêt ou une accélération brusque de la croissance sont les indices auxquels il est prudent de prêter attention. Le petit appareil représenté ci-contre
- L’altimètre,
- L’appareil replié
- et qui porte le nom grandiloquent d’altimètre permettra aux parents de mesurer aisément, régulièrement, et, point important pour la comparaison des résultats, dans des conditions toujours identiques, la taille de leurs enfants.
- C’est une toise pliante, en carton ou en bois; on peut la fixer à un mur par exemple, au moyen d’un clou. La graduation est placée au milieu de la règle, laissant de chaque côté une colonne libre; dans l’une on peut inscrire le nom des enfants ; cette précaution peut être utile dans une école. Dans l’autre on inscrira la date des mesures. On a également porté sur l’instrument les poids moyens correspondant à chaque âge. — L’appareil est en vente chez Mathieu. Galerie de Valois, Palais-Royal.
- Cantine spéciale pour fumeurs. — Le dessin ci-contre montre, sans qu’il soit guère besoin d’explications, en quoi consiste cette cantine, agréablement comprise pour l’automobile de longue course.
- On y trouve réunies tout ce qu’il faut pour distraire les heures en causant ou en regardant défiler le paysage : cigares, cigarettes, allumettes, coupe-cigare, fume-cigare, cendrier, mobile, etc. — On trouve cette cantine (acajou recouvert de maroquin anglais), chez Kirby Ëeard, 5, rue Auber, au pi’ix de 60 francs.
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- VARIÉTÉS
- La nitroglycérine et sa fabrication. — Deux auteurs anglais, MM. Nathan et Rinloul, ont fait paraître, il y a quelque temps, dans le journal de la Société chimique industrielle anglaise, une étude d’ensemble sur la nitroglycérine, dont quelques extraits pourront intéresser nos lecteurs.
- Les propriétés explosives de la nitroglycérine se trouvent mentionnées pour la première fois dans un mémoire de Sobrero à l’Académie de Turin en février 1847 et l’emploi de la nitroglycérine comme explosif industriel fut revendiqué par Nobel dans son brevet de 1874. Le grand inconvénient de ce produit était son état liquide qui en rendait le transport difficile. En Amérique, où elle fut fabriquée dès 1868, elle était transportée sous forme congelée ; son point de fusion était relativement bas : 8° et elle fut employée à la fabrication du tunnel de lloasac, dans le Massachussets. Nobel perfectionna successivement le mode d’emploi de la nitroglycérine, en la mélangeant à du Iviesclguhr, pour en faire la dynamite, ou à du coton-poudre gélatinisé, sous forme de gélatine explosive. Ces explosifs, très violents, ne peuvent servir que dans les mines; pour les emplois balistiques. Nobel a préparé des mélanges de nitroglycérine et de diverses nitrocelluloses en proportions variables, et qui forment la balistite, la cordile, etc.
- La préparation de la nitroglycérine a été effectuée au début sur de très petites quantités de matière et les proportions relatives d’acide nitrique, d’acide sulfurique et de glycérine ont varié depuis. La recette de Sobrero était la suivante :
- Acide sulfurique de densité 1,84a .... 2 vol.
- — nitrique — 1,424 .... 1 —
- Glycérine................................... 1/2 —
- La recette actuelle est devenue :
- Acide sulfurique de densité 1,842 .... 5 parties
- — nitrique — 1,5........... 3 —
- Glycérine.................................... 1 -—
- Le rendement théorique doit être, pour 100 parties de glycérine, 246,7 jiarties de trinitroglycérine; mais ce résultat n’est jamais atteint pratiquement et on n’est arrivé qu’à un rendement de 200 à 210 et au maximum de 220 pour 100, comme à la manufacture royale d’Angleterre.
- On remplace maintenant l’acide sulfurique ordinaire par l’acide fumant pour éviter la production d’une certaine quantité d’eau qui se forme dans la l’éaction et pour diminuer la quantité d’acide résiduel dans de notables proportions. On augmente ainsi le rendement, car la nitroglycérine est soluble jusqu’à 3,7 pour 100 dans cet acide, et on obtient ainsi 229 pour 100 de nitroglycérine. Cette modification a encore l’avantage de nécessiter des volumes de liquides plus petits et, par
- suite, avec un même matériel, on peut augmenter la production.
- Les précautions prises pour éviter les accidents dans celte fabrication sont les suivantes : suppression de tous les robinets en grès qui sont dangereux par suite de la friction de leurs surfaces, de la décomposition de la nitroglycérine qui séjourne dans leur canal, par le risque de congélation en hiver; séparation rapide de la nitroglycérine qui ne reste pas en contact avec l’acide résiduel; refroidissement de la masse par des serpentins à circulation d’eau pendant la décantation ; enfin prohibition de l’usage d’objets pesants ou d’outils dans les ateliers de fabrication. A. H.
- Examen histologique de momies égyptiennes. —
- Les Egyptien! étaient passés maîtres dans l’art de l’embaumement et les momies, cerclées de bandelettes, vernissées de baumes et de préparations odorantes, conservent, après des milliers d’années, au moment de l’exhumation, la forme et presque tous les détails du corps. On retrouve, dans le dépouillement de ces cadavres dont les moins anciens datent de plus de trois mille ans, les organes anatomiques nettement apparents.
- Un médecin d’Alexandrie, le D' Armand Ruffer, a eu l’idée, de rechercher si, dans ces tissus momifiés depuis tant de siècles, on pourrait retrouver la texture de l’organe primitif. Des études de ce genre avaient, si je ne me trompe, été tentées par le professeur Looss, du Caire, et le professeur Lortet de Lyon. M. Ruffer les a singulièrement étendues. Des fragments de momies de la vingtième dynastie, soit un millier d’années avant l’ère chrétienne, lui ont été remis par M. Elliot Smith. Il a fallu procéder à une véritable restauration des tissus pour obtenir, à un certain degré, la flexibilité, la résistance nécessaires pour obtenir des coupes au microtome. En combinant de différentes façons les bains alcalins, les macérations dans le formol et l’alcool, en plongeant les parties à examiner dans une solution alcaline alcoolisée (60 parties de solution à 5 pour xoo de carbonate de soude, 100 p. d’alcool, i5o parties d’eau) M. Ruffer a pu rendre à ces tissus desséchés les qualités nécessaires pour réaliser de parfaites préparations microscopiques. 11 a pu préparer ainsi des coupes de tissu musculaire, de vaisseaux, d’estomac, d’intestin, de rein, de tissu osseux, en un mot de la plupart des organes du corps. On pouvait nettement voir sur ses préparations les stries de la fibre musculaire, les glandes du tube digestif, le tissu sous-muqueux, les glomérules et les tubuli du rein, comme s’il s’était agi de coupes faites sur les tissus d’un sujet mort la veille. M. Ruffer pense qu’il pourra, le cas échéant, déterminer les lésions pathologiques et l’on aura ainsi, à trois ou quatre mille ans de distance, le diagnostic précis de la maladie qui a emporté un Pharaon quelconque ou un de ses sujets. Dr A. C.
- HYGIÈNE ET SANTE
- Les huîtres et la fièvre typhoïde. — La production de certains cas, voire de petites épidémies de fièvre typhoïde par l’ingestion d’huîtres, est aujourd’hui bien démontrée et les observations trop nombreuses publiées dans les journaux de médecine de tous les pays, les discussions académiques et les enquêtes des bureaux d’hygiène ne laissent aucun doute à cet égard. Ce n’est pas, comme on a cherché à le faire croire, que l’huître en elle-même soit un aliment dangereux ; mais c’est par so» séjour dans des bassins contaminés par l’apport d’eaüx d’égouts, par le rejet de matières organiques putréfiées, que l’huître donne asile dans ses valves et peut-être dans sa chair au bacille d’Eberth et à son proche parent le coli-bacille.
- Je ne reviendrai pas sur cette question dont l’étude a
- été présentée jadis à nos lecteurs, mais je crois utile de leur mettre sous les yeux les résultats d’une enquête pourvuivie en Belgique, à la requête du ministère de l’Agriculture (administration du service de santé et de l’hygiène) au sujet d’une épidémie de fièvre typhoïde qui a frappé en quatre mois (décembre 1907 à mars 1908) un nombre assez considérable de sujets et sur tous les points du territoire. 119 médecins, résidant dans des villes de plus de 5ooo habitants, ont répondu au questionnaire détaillé dressé par la Commission académique. De plus, les Commissions médicales de santé des villes ont procédé à des enquêtes minutieuses sur l’origine des huîtres et les manipulations qu’elles subissent chez le détaillant.
- De cette collection de documents, il résulte~’que ces
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- HYGIÈNE ET SANTE
- xi() médecins onl donné leurs soins à 4 io personnes atteintes de fièvi*e typhoïde (le diagnostic contrôlé souvent par la séro-réaction). D’après l’estimation de ces praticiens, d’après leurs x'echerches sxir la cause probable de la maladie, eau potable, contagion ou autre source d’infection, a58 cas peuvent être attribués à l’ingestion d’huîtres et, comme preuve, le rapporteur cite les observations détaillées. En voici quelques-unes de tout à fait frappantes. Une dame atteinte de pneumonie entre en convalescence le 4 janvier, elle n’a bu que de l’eau minérale, des grogs, du lait bouilli, du champagne, des tisanes. Son médecin lui laisse prendre six huîtres; quinze jours apx’ès, elle commence une fièvi'e typhoïde. Aucune autre cause d’infection ne pouvait être invoquée; même pour les soins de la bouche, la malade se sejrvait d’eau bouillie.
- . Pour un dîner donné à Bruxelles, la maîtresse de maison avait commandé des huîtres; mais les convives, mis en défiance par les articles de journaux, alarmés par les bruits de danger de ces mollusques, refusent d’en manger. Les huîtres retournent à l'office, une servante en consomme et contracte la lièvre typhoïde.
- Inutile d’aller en Belgique pour constater de pareils faits; (tous les médecins de Paris vous en citeront de semblables. Je dois dire, pour suivre les termes exacts
- du rapport, que, après vérilication par les commissions médicales, le nombre des cas attribuables à l’ingestion d’huîtres a été ramené de a58 à axa; mais cela représente encore plus de la moitié des cas. Notez que ces cas suspects se sont produits dans toutes les parties de la Belgique, même dans des endx’oils ox'x la consommation de l’huîti'e est fort restreinte, ce qui tend à confirmer l’arrivage d’un fort lot d’huîtres contaminées. Il s’agissait dans certains cas d’huîtx-es d’Ostende, dans d’aüti-es d’huîtres de Zélande, qui sont souvent vendues pour huîli'es d’Ostende; dans la plupart des cas, l’oidgine des huîtres était inconnue.
- L’enquête poui'suivie par la Commission a permis d’éliminer toute contamination par le séjour chez les détaillants, l’ari'osage étant fait avec l’eau urbaine, c’est-à-dire des plus pures; la glace ne sert, pour la conservation, que pendant la saison d’été, par les grosses chaleurs. Il semble bien avéré, dans cette épidémie, que l’origine comme pour l’épidémie signalée par Netter, est due à l’ingestion d’huîtres contaminées dans des pai'cs insalubres ou recevant . des eaux de déchets et des eaux d’égouts. La (mainte étant le commencement de la sagesse, ne mangez d’huîtres que lorsque vous serez bien sûr de lexxr provenance et de leur parfaite pureté. I)’ A. Caktaz.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Poudre pour faire briller les cuivres. — On mélange 8 parties de craie légivée et aussi line que possible avec une partie de fleur de soufre. Cette poudre doit être très line. Oxx enduit de cette poudre un chiffon de laine et on frotte très énergiquement. Le cuivre ressemble presque à de l’or.
- Faux ébène. — Pour donner au bois l’apparence de l’ébène il suffit de le faire tremper dans une solution concentrée et aussi chaude que possible de bois de campêche. On le laisse dans ce colorant pendant un certain temps ; on le frotte ensuite et on le plonge dans une solution de bichromate de potasse.
- La « parcheminisation » du papier. — Différents procédés sont employés en Allemagne pour rendre le papier imperméable ; pai'ini les plus employés, dit la Construction moderne, l’un consiste à traiter les feuilles par un mélange chaud d’asphalte, de térébenthine et de glu en solution dans l’huile de lin; un autre, à saturer les objets en cellulose avec une solution de résine dans xin mélange de pétrole, d’huile de lin et de paraffine; d’autres enfin emploient des solutions de venais dans l’huile de lin appliquées à la suifface. Un procédé qui donne cependant de bons résultats est le suivant : les articles en papier sont entièrement trempés dans une solution de savon de résine, puis ensuite immergés dans un bain chaud de chlorure de zinc, passés à travers des rouleaux, lavés, séchés dans une chambre chaude, traités avec de l’huile de paraffine et, enfin, passés à la calandre. Le l'ésultat donne un produit fort, souple et pliant.
- Trempe préservatrice de la faïence. — Pour rendre la faïence moins fragile et préserver son émail des gerçures, la faire bouillir pendant deux heures durant dans de l’eau de lessive, et laisser refroidir le tout ensemble. • . .
- L’emploi des fluorures insolubles pour la conservation des bois. — L’imprégnation du bois par des solutions de fluorux'es exerce une action préservatrice excellente ; mais les fluorures insolubles sont bien plus efficaces encore, puisqu’ils ne craignent en rien l’action de l’humidité. Bien entendu, on îxe peut les introduii'e directement dans les bois à préserver : par exemple, si l’on veut utiliser le fluorure de plomb insoluble, on imprégnera le bois d’abord d’un sel de plomb soluble, puis d’un fluorure alcalin également soluble. Les deux produits réagiront l’un sur l’autre à l’intérieur du bois, et le fluorure de plomb se précipitera dans les pores mêmes de celui-ci. Un résultat analogue peut être obtenu avec un seul liquide et une seule immersion ; une solu-
- tion diluée de fluorure alcalin mélangée avec une solu-tioix diluée d’un sel de zinc, de cuivre ou chrome, ne donne aucun précipité dans les conditions ordinaires ; chauffée au-dessus de ioo°, au contraire, le précipité se produit.
- Fixatifs pour dessins au crayon. — D’après la lie-rue de chimie industrielle, voici quelques formules de fixatifs pour protéger les dessiits de l’action des agents
- extérieurs : i° Sandaraque. ....... xo parties.
- Alcool à (j5° yo —
- 2° Gomme laque blanche. . . 5 —
- Térébenthine de Venise . . 5 —
- Alcool . . . . 90 —
- 3° Caoutchouc 2 —
- Sandaraque . . ... . . 8 —
- Essence de térébenthine. . 45 . —-
- Benzol 45 —
- 4° Gutta-percha . . ... . . 2 —
- Gomme laqxie blanche. . . 8 —
- Benzol 4o —
- Essence de térébenthine. . 5o —
- 5° Gulta-percha 3 —
- Copal 7 —
- Huile de lin cuite 10 —
- Essence de térébenthine. . 80 —
- On ajoute un peu de solution de silicate de soude
- pour neutraliser l’acidité des prod uits résiniques.
- 6° Solution ammoniacale de caséine industrielle contenant environ io pour ioo de tannate de calcium donne un bon fixatif.
- Durcissement du plâtre. — Pour durcir le plâtre, mélanger i à 4 pour ioo de racine de guimauve séchée et réduite en poudre fine avec le plâtre : on en retarde la prise, qui ne commence alors qu’au bout d’une heure. Ce plâtre, ainsi préparé, peut, après dessiccation, être scié, limé ou tourné et servir à faire des dominos, des dés, etc., etc. Si l’on porte à 8 pour ioo la proportion de racine de guimauve,, on retarde encore la pi'ise, mais on augmente la dureté de la masse. Cette composition, encore molle, peut être laminée et donner des feuilles minces qui ne se fendent jamais en séchant. “
- Liquide à polir pour le cuivre. — Faire dissoudie 5 parties de sel d’oseille dans 5o p. d’eau, puis ajouter 7 p. de teime d’infusoires.. Secouer toujours ce liquide avant de l’employer.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Kilo répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. L. L., à Noisy-le-Sec. — Sur le celluloïd, voyez le livre de M. Bôckinann, chez Dunod et Final, 49» quai des Grands-Auguslins, Paris.
- M. li ri gnon, à El-Kanlara. — Nous n’avons pu trouver par qui sont fabriqués les systèmes de fermeture Page.
- M. J. F., à Chartres. — Les armes Browning se trouvent chez Parent et Leroy, io, rue Bertin-Poirée, Paris.
- M. Paquot, à Jonchery. — Les calcaneltes sont vendues chez M. Galante, 7f>, boulevard Montparnasse, Paris.
- li. L. I)., à Paris. — Le voltage sera un peu inférieur à 80 volts.
- L. T., à Lyon. — Si ce sont des moteurs à essence que vous désirez, vous trouverez, croyons-nous, les unités de la puissance de i à 4 HP chez de Dion, 36, quai National, à Puteaux, .4 la maison Gnome, 49, rue Lafitte.
- M. Febvrel, à Saul-du-Broc. — Un moteur à essence
- fera bien l’alfaire, croyons-nous. Nous venons dans le renseignement ci-dessus de donner deux adresses à ce sujet.
- M. Mauna-II. — L’emploi d’un calorifuge ne semble pas indiqué. A la longue, la chambre s’échauffera forcément et il deviendra très difficile d’en abaisser la température. La solution doit être cherchée dans un moyen de ventilation assurée de préférence par la construction même, sinon par un procédé mécanique.
- M. A. E. I)., à J. — Pour transformer le sélénium amorphe en sélénium cristallisé sensible à la lumière, il suffit de le chauffer, mais très lentement; la transformation se fait aux environs de ioo° à 1200; elle est d’autant plus rapide et se fait à température d’autant plus basse que le sélénium employé est plus pur. La chaleur dégagée lors de la transformation est si considérable que le sélénium peut être porté à la fusion. C’est pourquoi il faut chauffer très lentement. Pour plus de détails, voyez Die Electrischen Eigenschaften des Selens, par Ries, à Berlin Nicolassée, administration du journal der Mecha-niker.
- M. Pisoski, Roumanie. — Nous ne possédons aucun renseignement sur l’horticulteur dont vous nous parlez, ni sur ses produits.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les « pousse-pousse » de l’Afrique Australe : V. Forbin. — L’unification des unités lumineuses : P. Janet. — Un précurseur en aviation : Léonard de Vinci : L. De Launay. — Les nuages : J. Loisel. — Le kolatier : G. Louciieux. — L’éclairage au théA-tre par le procédé Fortuny : G. Ciialmarès. — Académie des sciences; séances des 17 et 24 mai 1909 : Cu. de Vilt-edeuie. — L’éducation des sourds-muets aux Etats-Unis : Jacques d’Izier.
- Supplément. — Le silundum, nouveau produit obtenu par le four électrique. — L’aérostat fantôme. — Le chemin de fer transandin. — La route des Alpes. — La pèche à vapeur en France.
- Belgique et Hollande, par Paul Joanne. Edition 1908, mise au courant pour 1909, avec 8 cartes et 38 plans. Paris, Hachette, in-12.
- Voyage zoologique en Khroumirie (Tunisie) par Henri Gadeau de Kerville, Paris. J.-B. Baillière et fils, 1908, 1 vol. in-8°, 3i6 p., 3o pi.
- Très intéressant récit d’une campagne accomplie par l’auteur en mai-juin 1906, suivi de mémoires scientifiques de MM. Attenes, Bolivar, Raph. Blanchard, Louis Germain, sur les myriapodes, les insectes orthoptères, les hirudinées et les mollusques recueillis pendant le voyage. Remarquables photographies.
- Missouri botanical garden, ig'11 annual report. St-Louis (U. S.), 1908, 1 vol. in-8°, 287 p. 39 pl.
- En plus du rapport des administrateurs, plusieurs études intéressantes : le figuier en Floride, les Cratea-gus du Missouri, étude écologique du Mississipi, notes sur les Opientia et les Agave.
- Guide pratique pour l’analyse du lait, par J.-M. et P. Perrin, Paris. J.-B. Baillière et fils, 1909. 1 vol. in-18, 344 p- Prix : 3 francs.
- Bon ouvrage d’ensemble sur l’analyse du lait d’après les méthodes récentes, suivi des principales données nécessaires pour mener à bien une analyse de beurre et de fromages.
- Industries du plomb et du mercure, par A. Bouchonnet. Encyclopédie scientifique du Dr Toulouse, 2 vol. de 35o p., 1909. O. Doin, éditeurs, Paris.
- Ces 2 volumes exposent l’état actuel de la métallurgie du plomb et du mercure, les plus récents procédés et perfectionnements. A signaler, un mode d’exposition nouveau dans les ouvrages de chimie, et qui a le mérite de rendre la lecture beaucoup plus attrayante. Au lieu de décrire successivement tous les systèmes employés dans 1 industrie du plomb, l’auteur étudie la métallurgie propre à chaque contrée. C’est évidemment beaucoup plus logique que l’ancienne nomenclature.
- Weltsprache und Wissenschaft, par L. Couturat, O. Jespersen, R. Lorenz, W. Ostwald, L. Pfaundler. Iéna. Quitar Fischir, 1909, 1 vol. in-8°. 1 Mk.
- La création d’une langue internationale auxiliaire est une des questions qui passionnent actuellement beaucoup d’excellents esprits. Dans cette brochure, plusieurs savants très qualifiés . d’Universités françaises, allemandes, suisses et danoises, étudient ce que devrait être une telle langue auxiliaire pour les questions scientifiques, et proposent une solution.
- Des hélices aériennes. Théorie générale des propulseurs hélicoïdaux et méthode de calcul de ces propulseurs pour l’air, par S. Drzewiecki. In-8°. 1 broch. de 60 p. Chez F.-L. Vivien, 20, rue Saulnier. 1909. Prix , 2fr,5o.
- La question des hélices est une des plus complexes de la mécanique; et l’on sait qu’en matière d’aviation, elle est capitale. Pour l’instant, faute d’une théorie satisfaisante appuyée par des éludes expérimentales méthodiques, on en est réduit encore, en matière d’hélices, à un empirisme assez grossier qui paralyse en partie les progrès de l’aviation. M. Drzewiecki, depuis de nombreuses années, poursuit sur l’hélice aérienne ou [marine (la théorie en est évidemment la même), d’importantes études qui sont résumées en cette petite brochure. L’auteur, partant de la résistance éprouvée par un élément plan se déplaçant dans l’air, sous une certaine incidence et suivant une trajectoire hélicoïdale, déduit la théorie des hélices propulsives. 11 en détermine tous les éléments tels que le rendement, l’incidence optima, le diamètre, le pas, la surface active, etc., montre les relations qui relient tous ces éléments entre eux et aussi aux conditions du mouvement, tels que la puissance motrice, la vitesse, le nombre de tours, etc.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Recettes économiques et pratiques du « Home », par G. Lanquest. En vente aux bureaux du journal Le « Home », 7, rue llégésippe-Moreau.
- Série de recettes judicieusement choisies et bien classées.
- Théorie des hélices aériennes, par Alfred Micciollo. Librairie des Sciences Aéronautiques. F.-L. Vivien, 20, rue Saulnier. Brochure in-8° B. Prix : ifl',5o.
- Beaucoup d’idées neuves dans ce petit livre : les unes discutables, les autres fort judicieuses.
- La Magie dans l'Inde antique, par Victor Henry. Paris. E. Nourry. 1909. 1 vol. in-18. xxxix-286 p. Prix : 3fr,5o.
- La magie a joué un rôle considérable dans toutes les civilisations primitives et aussi chez tous les peuples semi-civilisés. Aussi un grand intérêt s’attache-t-il à l’étude des systèmes de magie en général et en particulier. La magie hindoue, très développée, a de plus l’avantage d’avoir été codifié dans des documents très anciens par les personnes même qui la mettaient en usage. C’est dire l’intérêt d’un recueil comme celui de V. Henry. La seconde édition qu’on en donne aujourd’hui, si elle était parue du vivant de l’auteur, aurait sans doute été modifiée, et aurait bénéficié des travaux récents sur la valeur et la signification de la magie. Tel quel, le livre a l’avantage de présenter, sous une forme accessible, un bon tableau des croyances magiques d’une civilisation bien déterminée.
- Arboriculture fruitière : Plantation et greffage, par P. Passy. Paris. J.-B. Baillière et fils. 1909. Prix: ir,,5o.
- Ce premier fascicule d’un traité d’arboriculture fruitière en réédition est consacré à examiner la création économique d’une plantation fruitière, la meilleure disposition à adopter, la plantation, puis les greffes pratiques, les conditions nécessaires à leur réussite, la manière de les exécuter.
- Elemente der exakten Erblichkeitslehre, parW. Johann-sen. Iéna. Gustav Fischer. 1909. 1 vol. in-8°. 515 p. Ijo Marks.
- On trouvera dans celte traduction allemande de l’ouvrage du professeur de physiologie végétale de Copenhague, une très intéressante mise au point des récentes recherches relatives au problème de l’hérédité. L’auteur y examine notamment l’importance et la valeur des récentes théories de De Vries, et il rend l hommage mérité aux travaux initiateurs de Mendel.
- L’homme de génie, par Cesare Lomhroso. 4e éd. française, trad. sur la 6" éd. italienne par F. Colonna d’Istria et M. Caldeiuni. Paris. Alcan, 1909, in-8u {Bibliothèque de philosophie contemporaine). Prix 10 francs.
- La théorie de E. Lombroso : « Le génie est une névrose » est aujourd’hui universellement connue. Sans avoir à la discuter ni à l’apprécier, contentons-nous de signaler cette nouvelle édition, beaucoup complétée sur bien des points, et qu’on lira avec le plus vif intérêt.
- L’escargot et son élevage en parc {escargoticulture), par R. de Noter. Paris; O. Bornemann. 1909. 1 vol. Prix : 2 francs.
- Quatrième édition d’un excellent petit manuel très apprécié des éleveurs d’escargots..
- Le potier d'étain et la fabrication des poids et mesures contenant la fabrication de la poterie d’étain, mesures à liquides, étains d’art, poids en fonte de fer, poids en cuivre, mesures de capacité en fer-Jjlanc, mesures en bois, mesures de longueur, mètres en bois, mètres en baleine, mètres en ivoire, chaînes d’arpenteurs, balances, bascules, alcoomètre centésimal deGayTLussac (Encyclojîédie Roret), par G. Laurent, ingénieur des Arts et Manufactures. Ouvrage orné de 227 figures. Chez Mulo, rue Hautcfeuille. Paris. Prix : 4 francs.
- Petites monographies des grands édifices de la France . La cathédrale de Chartres, par René Merlet, ancien archiviste d’Eure-et-Loir, 1 vol. in-8°, 38 grav. et 2 plans. — Le château de Coucy, par E. Lefèvre-Pontahs, directeur de la Société française d’archéologie, professeur à l’Ecole des Chartes, 1 vol. in-8°, 36 grav. et 2 plans. Paris. Laurens. 1909. Chaque volume broché : 2 fr. ; relié : 2fr,5o.
- On ne saurait trop applaudir à la création de cette charmante série de monographies, et à la façon excellente dont les deux premières sont réalisées. Abondamment illustrées de simili-gravures et de croquis à la plume (on voudrait plus de ces derniers et moins des premières), elles sont précédées de plans en noir et en couleur très précieux pour l’étude sur place ou de loin. Le texte est à la fois historique et descriptif, et suivi de bibliographies intelligentes, le tout faisant de chaque volume un ouvrage utile à la fois pour l’élude et pour la promenade du simple touriste.
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- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
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- Du 20 au 29 mai. — Le 20. Fortes pressions .générales : Danemark, 773; Yalencia, 761. Pluies sur le N., en Espagne, en Algérie. Temp. du matin : Kuopio, — i°; Paris, i-4; Marseille, 20; Puy de Dôme, 10; moyenne à Paris : i7°,8 (normale : i3°,8). — Le 21. Sur le N. et le Centre, 770 et au-dessus; Baltique, 774; Horta, 755; Yalencia, Feroé, 760. Pluies sur la Russie, l’Espagne, l’O. des Iles-Britanniques; en France : Pic du Midi (orage), 3i. Temp. du matin : Arkangel, —-20; Paris, 16; Tunis, 21; Puy de Dôme, i3; moyenne à Paris : 20°,6 (normale : i4°). —-Le 22. Pression variant entre : Biarritz, 765 et Varsovie, 772. Islande, 756. Pluies sur le N. Orage dans la région de Lyon. Temp. du matin : Moscou, i°; Paris, 21; Païenne, 22. Temp. exceptionnelles : Le Mans, Nancy, 31 ; Lyon, Clermont-Ferrand, Paris, 3o; moyenne à Paris : 24°,8 (normale : 140,1 ). —-Le 23. Pression générale élevée. Pluies sur le N. ; quelques orages en France. Temp. du matin : Paris, 170; Perpignan, 22 : moyenne à Paris : 2i°,9 (normale : i4°,2). — Le 24. Aire de pression supérieur à 770 sur l’Angleterre, la plus grande partie de la France et la Suisse; extension vers l’E. de la dépression islandaise : Baltique, 761. Pluies sur le S. de la Scandinavie, en Ecosse et sur le N. de la Russie. Temp. du matin : Paris, 140; Perpignan, 22; maxima : Nancy, 33; Le Mans, 31 ; Paris, Besançon, 3o; moyenne à Paris : 180 (normale : i4°,3). — Ze 25. Profonde dépression sur les Iles-Britanniques et le S. de la France : Islande, 748 ; baisse générale, pressions inférieures à 765 sur l’Es-
- pagne seule. Pluies sur l’O. des Iles-Britanniques, la Baltique et le Centre du continent; en France, nombreux orages : Cherbourg, 14 ; Nantes, 10; Biarritz, 4; Brest, 1. Temp. du matin : Arkangel, 3°; Paris, 19; Puy de
- Dôme, 160; moyenne à Paris : i5° (normale : i4°,4). -____
- Le 26. Situation troublée sur l’O. : Irlande, 745; pression élevée sur le N\ et les Açores (774). Pluies sur l’O. notamment la France : Charleville, 29; Paris, 24; Biarritz, 10; Dunkerque, 9; Brest, 8. Temp. du "matin : Arkangel, i°; Paris, 10; Païenne, 21"; Puy de Dôme, 1; moyenne à Paris : n°,3 (normale i4°,5). — Le 27. Dépression sur l’O. : Irlande, 744; Gènes, yS6. Pluies surtout l’O. et l’Allemagne; orages à Paris et Lyon. Temp. du matin : Ilaparanda, 4°; Paris, 10; Alger, 20; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 120,1 (normale : i4°,6). — Le 28. Dépression sur le N. : îles Feroé, 74.5, et la Hongrie, 754; hausse sur l’O. : la Corogne, 768. Pluies sur le Centre et l’O; en France : Bordeaux, 10; Nantes, Toulouse, 8; Paris, 4; Lyon, 2. Temp. du matin : Uleaborg, 6°; Paris, 120; Alger, 22; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : i3°,2 (normale : 140,8). — Le 29.' Hausse sur l’O. ; pression supérieure à 765 sur nos régions de l’E. et du Centre; dépressions vers l’Islande, le S. de l’Italie, la Hongrie. Pluies sur le Centre et l’O. ; en France : Belfort, 4; Bordeaux, 3; Lyon, 2; Paris, Cherbourg, Brest, 1. Temp. du matin : Arkangel, 3°; Paris, i3; Alger, 20: Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : i3°,7 (normale : i4°,9). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 27, à 1 h. 37 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : / jo, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N° 1881 — 12 JUIN 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Insolation en des points voisins. — La Revue népho-logique relate, d’après Symons’s Météorologie Magazine, quelques chiffres curieux montrant les différences de l’insolation en des lieux très rapprochés. Il s’agit de Westminster, Camden Square (Londres) et Mill Hill, à 6 milles au Nord-Ouest de Camden Square et 9 milles au Nord-Nord-Ouest de Westminster. Pour l’ensemble du mois de janvier 1909, on a noté les chiffres suivants :
- LOCALITÉ ALTITUDE DE HEURES DE SOLEIL
- — l’iiéuographe en janvier 1909
- Westminster................... 107 pieds. 33b,0
- Camden Square................. 125 — 44b,6
- îlill llill. . ............... 390 — 67\i
- Mill Hill a donc reçu plus du double de Soleil que Westminster. Du 24 au 27 janvier, Westminster n’eut que 20 minutes de Soleil, Camden Square 5h45m et Mill llill 1811 3oœ.
- La formation des nuages. —- h’Annuaire de .la Société météorologique de France (janvier 1909) rapporte que le Dr Louis Bell, au mont Moosilanke, a montré que la quantité de lumière polarisée envoyée par un objet éloigné va en diminuant au fur et à mesure qu'une condensation de vapeur se forme entre l’objet et l’observateur. Si cette diminution coïncide avec l’apparition dans le spectroscope d’une bande de pluie, on peut en conclure qu’une condensation s’effectue. L’affaiblissement de la polarisation précéderait la formation des nuages visibles. Ainsi- le polariscope et le spectroscope permettraient de prévoir et de suivre cette variation.
- Sondages atmosphériques du 11 au 13 janvier
- 1909. — La Revue néphôlogique reproduit les résultats des sondages atmosphériques effectués à Vienne (Autriche), du 11 au i3 janvier 1909. Ces résultats sont consignés dans le tableavi suivant :
- DATES ‘ HEURE BALLON CIEL TEMPÉR. ATLTITUDE TEMPÉR.
- — — — — iU SOL ATTEINTE M1NIMA
- il janvier. 8b 25" sonde. serein. ^5°,4 5 850 m. — 30°,0
- il, 7“ 20“ monté. serein. — 5°,4 3 090 ni. —15°.9
- 12 — 8h 38“ soude. coinert, neige. — 5°,6 10 420 m. - 62°,5
- » » *- » > » . •15200 m. — 52°,0
- 13 . — Sh 16” sonde. nébulosité faible. H- 1°,8 . 9 700 m. — 62°,0
- 13 — 7“ 35“ monté. nébulosité faible. « 2 470 m. —12°,3
- Pluie torrentielle. — Le n° du, 5, janvier. 1909 du West India.... Committee rapporte que, le 29 novembre 1908, il tomba à Barbados, entre 11 heures et i3 heures, io8mm de pluie. On peut imaginer les dégâts occasionnés par un tel déluge. io8?m, cela représente 108 litres par mètre carré, soit près de 1100 mètres cubes par hectare ! Une telle masse d’eau se précipitant des hauteurs dans les vallées, grossit les torrents, enfle les rivières, emporte les ponts, les villages et cause d’innombrables sinistres.
- Sur la murexide. — Quand on oxyde l’acide urique par l’acide azotique et qu’on traite le produit obtenu par l’ammoniaque, on obtient une magnifique couleur rouge pourpre, la murexide, qui est le sel ammoniacal de l’acide purpurique. La murexide a été mise dans le commerce vers i863 pour servir dans l’impression du calicot; l’acide urique nécessaire à sa confection provenait du guano du Pérou. La maison Rumney, de Manchester, en préparait de grandes quantités et vendait la matière colorante au prix de 80 f'r. le kg. Celte fabrication, qui a été prospère à un moment donné, a été ruinée depuis par la découverte de la fuchsine.
- L’arsenal maritime du Cap de Bonne-Espérance.
- — L’Angleterre veut assurer le ravitaillement des escadres qu’elle dépêcherait à l’occasion vers les mers de l’Extrême-Orient, même au cas, très admissible, où le canal de Suez serait obstrué. Il fut en conséquence décidé en 1899 qu’une base navale serait installée à Simon’s Bay près du Cap de Bonne-Espérance. Les travaux commencèrent en 1901. En 1906, Lord Selborne posa la première pierre du bassin de radoub actuellement près d’être achevé et qui pourra contenir n’importe quel bâtiment actuellement à flots. Un brise-lame et une jetée forment un port en eau calme de 28 acres d’étendue où la profondeur est de 12 m. à marée basse. Sur le quai constitué" par le brise-lames on a installé le parc à charbon, d’une contenance de 10006 tonnes, muni de tous les appareils propres à verser très rapidement le combustible à bord des navires qui accosteront les quais. Ceux-ci sont munis d’une canalisation de force hydraulique et d’une autre amenant en quantité illimitée l’eau douce de Ivlever Valley, située à une altitude moyenne de 35o m. et dont l’Amirauté s’est assuré la possession. Le bassin de radoub a 2 55 m. de longueur maxima, avec une longueur de 32 m. à l’entrée. Il peut être divisé en 3 sections de grandeurs diverses au moyen de portes pour lesquelles des encastrements spéciaux ont été ménagés dans les murs. Les pompes du bassin au nombre de deux pourront évacuer 86 000 tonnes d’eau en 4 heures. Ces pompes, ainsi que plusieurs autres installées pour le drainage des fonds du bassin, sont mues par la vapeur. Toute cette partie de l’installation est en voie d’achèvement et on prévoit que le bassin sera prêt à fonctionner dans les premiers mois de 1910.
- Congrès de la moto-culture. — Ce Congrès dû à l’initiative de M,. Silbernagel, directeur de Y Automobile Agricole, aura lieu à Amiens (Somme) les 22 et 23 juillet 1909 à l’occasion de la 2e Exposition Internationale d’Aulomobiles et de Moteurs agricoles. Le Congrès aura pour but : i° De faire connaître d’une façon précise comment se pose actuellement, dans les divers pays, la question de la moto-culture tant au point technique qu’économique; 20 D’engager les constructeurs à créer de nouveaux types' de matériel à moteur, conformes aux
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- INFORMATIONS
- desiderata exprimés par les agriculteurs des divers pays ; 3° D’encourager les agriculteurs à se familiariser avec l’emploi du moteur mécanique et du matériel à moteur et de leur en montrer les avantages; 4° De pro-voquer la création de groupements de constructeurs et d’agriculteurs, la création de cours pour mécaniciens de ferme, d’expositions, de concours, d’expériences pratiques; de rechercher et réaliser tous autres moyens de propagande susceptibles d’aider au développement de l’emploi du moteur mécanique et du matériel à moteur en agriculture.
- Poste colossal de télégraphie sans fil. — L’Amirauté américaine a décidé de construire dans le Parc de Rock Creek, près de Washington, une station de télégraphie sans fil qui sera l’une des plus puissantes du monde, et lui servira à rester en communications avec ses navires. La tour, construite en ciment armé et surmontée d’un squelette en charpentes d’acier, aura 200 m. de hauteur, avec un diamètre de 16 m. à la base et de
- ver un emploi dès qu elles ont obtenu leur brevet de pliysician-cheniist. En général, les étudiantes commencent par faire un apprentissage dans une pharmacie, ce qui leur coûte de 1000 à 2000 lr. par an, selon la localité, en plus de leurs frais d’entretien. Elles entrent ensuite dans une école pharmaceutique, où elles suivent un cours d’une durée de 9 mois. Si elles ont alors atteint l’âge de 21 ans, elles sont admises à passer un premier examen, dit de qualification, qui ne dure pas moins de deux jours. Subséquemment, elles en passent un second, qui leur donne droit au brevet. Une pharmacienne anglaise débute avec un salaire de 2000 à 225o fr., qui peut se porter en quelques années à 3ooo fr. Les plus fortunées Unissent par acheter un établissement. D’autres deviennent pharmaciens en chef d’hôpitaux ou dé dispensaires.
- La
- Leigh
- sisler
- migration d’une église. — Les habitants de on-Sea, petite ville d’Angleterre, viennent d’as-à un étrange spectacle. 11 s’agissait de rien moins que du déplacement d’une église et ce travail peu coutumier était confié à un tracteur à vapeur. Le transport du bâtiment s’est fait avec une sécurité et une tranquillité remarquables ; non seulement il n’y eut aucune vitre cassée, mais, même les 1 manchons des lampes à incandescence ® restèrent intacts. Ce singulier voyage s’est opéré comme suit : En dessous de l’église (maison de 18 m. de longueur, de 5,4 ni. de largeur et d’un poids total d’environ 20 tonnes), l’on a disposé un cadre régnant sur toute sa longueur. Au centre d’une
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- L’église en voyage.
- 2,5o m. au sommet. Les appareils/déjà commandés, devront pouvoir émettre et recevoir des messages dans un rayon de 4800 km. Les auteurs du projet espèrent atteindre Gibraltar, du côté de l’Est, et San-Francisco, du côté de l’Ouest. Les dépenses d’établissement sont estimées à un million et demi de francs.
- Le canal de Panama fortifié. — Le
- Ministre de la guerre des Etats-Unis,
- M. Dickinson, a soumis au président Taft, qui les a approuvés, les plans relatifs à la construction d’ouvrages fortifiés pour la défense du canal de Panama. Les travaux coûteront une quarantaine de millions de francs. Ceux qui défendront l’embouchure du Pacifique auront une importance exceptionnelle, qui semble indiquer que les probabilités d’un conflit japono-américain sont loin d’être écartées. Ils consisteront en une double ligne de défenses : trois grandes batteries établies sur les îlots de la baie, dans un rayon de 25 km au large de la côte, et soutenues par d’autres batteries qui se dresseront à l’embouchure même du canal, et une seconde ligne de batteries à 10 km dans l’intérieur, pour protéger la grande écluse de Pedro-Miguel. En outre, des redoutes seront construites à La Culebra. Du côté de l’Atlantique, des batteries comptant 60 pièces dites à disparition seront établies sur les collines qui commandent l’embouchure, au point dit El Bocho. M. Taft aurait exprimé le désir que les travaux soient mis en train dès la fin de la saison chaude.
- Les femmes et la chimie. — D’une enquête ouverte par le Daily Express, il résulte que les Anglaises s’adonnent de plus en plus aux études chimiques. La plupart, après leurs études, se spécialisent dans la pharmacie, et l’on compte déjà dans les Iles Britanniques plus de i5o femmes qui exercent la pharmacie. Il existe même une « Association of Women Pharmacists » qui vient en aide aux débutantes, et se charge de leur trou-
- Les préparatifs du départ.
- chaîne fixée en travers de ce cadre, on a attaché une poulie de traction sur laquelle le câble de traction a^été disposé. Ce câble a enfin été relié au tender du tracteur à vapeur, dont les roués étaient calées par des coins. La vitesse de transport du bâtiment se trouvait réduite de moitié par l’entremise d’une poulie de palan.
- Allemagne. Charbon, lignite, cokes, briquettes.
- — D’après le Berliner Borsen-Zeilung, l’Allemagne aurait produit les tonnages suivants :
- 1907 1908
- Tonnes métriques. Tonnes métriques.
- Charbon.............. . 142.222.886 , 148.621.201
- Lignite. ................. 62.319.802 66.45o.r44
- Et en coke et briquettes :
- Coke. . .................. 2i.938.o38 21.174.956
- Briquettes de charbon. 3.524.017 3.995.449
- Briquettes de lignite . 12.890.461 14.227.218
- Le triomphe du monoplan. - Mourmelon vient de voir réaliser un magnifique exploit dè monoplan. Le 5 juin, à bord d’un aéroplane monoplan Antoinette, M. Latham a volé pendant ih 7™ 37s, Nous donnerons prochainement une description détaillée de l’appareil qui vient de remporter cette belle victoire.
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- 'Electricité
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- Action de l’humidité sur les tableaux en marbre.
- — Le marbre blanc, employé généralement dans la construction des tableaux supportant les appareils de distribution électrique, ne doit être considéré comme un bon isolant qu’à condition qu’il soit préservé de l’humidité. En effet, nous avons constaté dans diverses lignes de courant à no volts seulement, des pertes à la terre très caractérisées, occasionnées par le marbre seul des tableaux supportant les appareils et spécialement les parafoudres, lorsque les plaques de marbre blanc constituant ces tableaux étaient appliquées directement sur des murs humides.
- C’est ainsi que, dans une installation dont 1 isolement général était de 3oo ooo ohms, la liaison des bis avec un parafoudre scellé directement par un mur en ciment, maintenu humide par un remblai de terre, faisait tomber la résistance de l’isolement à a5ooo ohms. Le marbre supportant les plaques du parafoudre s’était imprégné d’humidité et avait acquis une certaine conductibilité électrique dont le galvanomètre rendait parfaitement compte. Dans uu autre cas, nous avons constaté la détérioration complète d’un parafoudre par la production de phénomènes électrolytiques dus à l’humidité et à la conductibilité qu’elle occasionne dans les plaques de marbre. Dans ce parafoudre scellé directement sur le mur d’une buanderie, la plaque reliée au fil positif de la ligne a été entièrement rongée par une formation de sulfate et de carbonate de cuivre, les vis fixant la plaque dans le marbre étant mastiquées avec un stuc au plâtre. Le sel cuivrique a imprégné profondément la plaque de marbre et les vis de fixation de la pièce de cuivre dans le marbre ont été détruites par l’action du courant électrique, qui trouvait passage à travers le marbre saturé d’humidité.
- Il y a donc nécessité absolue d’isoler les tableaux de marbre du contact direct des murs humides. Dans les cas ci-dessus, nous avons fait sécher au four les marbres et les avons replacés sur des planchettes en bois paraffiné et verni à la gomme laque, en interposant entre le marbre et le bois des isolateurs en porcelaine, de façon à permettre une circulation d’air entre le marbre et la planchette et à empêcher tout contact direct du marbre avec des parties humides ; les pertes à la terre précédemment constatées ne se sont pas reproduites dans ces conditions.
- La baguette magique. — On connaît les lampes électriques portatives employées dans les chantiers pour les vérifications dans les endroits obscurs. Elles sont très utiles malgré la gêne qu’occasionnent les fils conducteurs du courant. Lorsque les nécessités obligent la visite des différents organes d’une automobile non démontée, il n’est pas toujours facile d’y procéder parce que l’on ne possède pas de lampe capable de pénétrer partout; il faut s’éclairer à distance et on voit mal.
- La baguette magique a été imaginée précisément en
- vue de fouiller les coins étroits et obscurs pour les éclairer. Elle comprend une poignée dans laquelle est logée une batterie d’accumulateurs de 4 volts, et qui se prolonge par une baguette creuse terminée par un fer doux recouvrant un électro-aimant dont la puissance serait de i35o grammes. On peut donc, à l’aide de cet électro-aimant, enlever des poids assez lourds, en appuyant sur un bouton de contact placé sur la poignée. Lorsque l’on veut se servir de la baguette pour l’éclairage, on remplace l’électro-aimant par une petite lampe électrique qui sera utile dans bien des cas. — La baguette magique est une invention anglaise ; elle se trouve chez G. T. Riches, Limited 19 store Street, Londres, W. C.
- 15 portraits en une seule pose. — Le mirophote construit par M. E. Clément, 3o, rue des Petites-Écuriës, à Paris, se compose de i5 petites chambres noires munies de i5 petits objectifs. Le tout est réuni dans une boite en acajou verni et cet ensemble permet d’obtenir, sur une seule plaque 9 X 12, mise dans un châssis ordinaire, iî> petits clichés format timbre-poste. Le négatif ainsi obtenu donne sur un papier sensible spécialement perforé, comme les feuilles de timbres-poste, i5 portraits par un seul tirage au châssis-presse.
- L’appareil est au point à partir de 1,80 m. du sujet à photogra-phier ; l’obturateur permet de faire l’instantané en plein soleil, ou la pose de 5 secondes environ nécessaire pour obtenir un bon ^ig. 1. Le mirophote résultat à la lumière diffuse. ormat 9X12.
- Les épreuves une fois virées, fixées et séchées sont encollées au dos avec de la gomme arabique et servent pour les cartes d identité ainsi que pour orner des caries de visite, cartes postales ou papier à lettres.
- Le même appareil sert à reproduire au format timbre-poste une photographie quelconque. Le mirophote ne coûte que 40 francs et le papier sensible perforé 2fr,4° les
- Fig. 2. — Spécimen des épreuves obtenues.
- 18 feuilles, soit environ i3 centimes la feuille; chaque portrait ne coûte donc qu’u/i centime ; la rapidité d’exécution d’un grand nombre de portraits à bon marché est donc la caractéristique de cet appareil.
- Mécanique
- Nouveau pétrin mécanique. — Les pétrins mécaniques Deliry furent les premiers connus en France il y a une cinquantaine d’années; le nouveau modèle de pé-
- trisseuse Deliry représenté ci-dessous, se compose de deux parties bien distinctes : la pétrisseuse comprenant toute la partie métallique et mécanique et le pétrin proprement dit qui est une simple cuve en bois cerclée de
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Âsl?;
- fer; le premier avantage de ce dispositif est qu’une seule pélrisseuse peut être munie de cinq ou six pétrins dans lesquels la pâte est laissée le temps nécessaire au travail de fermentation ou de repos, bien connu des boulangers.
- La pélrisseuse se compose d’un train d’engrenage et vis sans fin, actionnant un bras en acier de forme pentagonale telle qu’il puisse venir ettleurer dans sa rotation les parois du pétrin; celui-ci est agrafé au moyen d’écrous à oreilles sur une plate-forme animée d’un mouvement de rotation lent par une grande roue dentée inférieure à la machine et une vis sans fin.
- La figure i nous montre bien les détails de construction de la pélrisseuse et le pétrin séparé de sa plate-forme.
- La figure 2 montre le pétrin installé sur la base pivotante et le bras pétrisseur relevé, ce qui permet le chargement facile du pétrin ainsi que l’enlèvement de la pâte et le nettoyage de la cuve sans qu’il soit nécessaire pour cela de détacher le pétrin de la machine.
- Enfin la figure 3 montre la pélrisseuse en travail, le bras pétrisseur ayant été rabattu par simple rotation autour de l’axe de la vis sans fin qui le commande.
- La cuve-pétrin étant elle-même animée d’un mouvement continu de rotation, toutes les parties de la pâte sont successivement soumises à l’action du pétrisseur, ce qui assure une homogénéité parfaite de la pâte.
- Le pétrissage de 160 kg de pâte demande 17 minutes pour des pâtes fermes et seulement 12 à i3 minutes pour les pâtes légères dites pâtes parisiennes. L’économie de fabrication est de trois francs par sac de farine sur le pétrissage à la main.
- L’un des grands avantages de cette nouvelle machine est son prix notablement inférieur à celui des pétrins mécaniques à cuve en fonte; ces derniers coûtent de 2 à 3ooo francs, tandis que la nouvelle pélrisseuse Deliry n’en coûte que 800.
- La commande se fait par moteur électrique ou à gaz, la force nécessaire est d’environ 2 chevaux; l’encombrement de la machine n’est que de 1 m. sur i,5o m:
- Il faut espérer que ces perfectionnements inciteront de plus en plus nos boulangers à remplacer le travail manuel du geindre par le pétrissage mécanique plus propre, plus hygiénique et plus économique. — Les pétrisseuses Deliry sont construites à Soissons aux usines Féron et Yibert.
- "Physique amusante
- Éteindre une bougie avec une bulle de savon. —
- Ce procédé n’est évidemment pas à recommander coin me simple ou pratique. Mais il constitue une petite expérience de physique, facile à exécuter et très instructive.
- Elle met en effet en évidence ce qu’on appelle la tension superficielle des liquides : les physiciens admettent que la surface des liquides se comporte comme une membrane de caoutchouc tendue, qui cherche donc constamment à se rétrécir, et expliquent ainsi les divers phénomènes de capillarité.
- Dans une bulle de savon, l’air insufflé se trouve comprimé par l’enveloppe liquide qui l’entoure, et s’il y a une issue, il est projeté au dehors avec une force, susceptible d’éteindre la flamme d’une bougie.
- "Voici comment il faut procéder pour réussir l’expérience : faire une dissolution de savon de glycérine dans de l’eau ; au moyen d'un fétu de paille former une bulle de savon de la grosseur d’une noix.
- Réaspirer deux ou trois fois l’air qui gonfle la bulle, afin de bien s’assurer que l’orifice n’est point obstrué par du liquide. On souffle une dernière fois pour reformer la bulle ; 011 retire de la bouche le chalumeau et l’on en ferme l’extrémité avec le doigt ; puis on approche le chalumeau de la bougie allumée. On soulève le doigt, et le jet d’air suffit le plus souvent à éteindre aussitôt la bougie.
- Automobilisme
- La lanterne Jupiter. — C’est une nouvelle lanterne destinée à prendre place derrière les automobiles ; elle porte le numéro de la voiture découpé dans la tôle même de la lanterne; le découpage est fermé par des verres dépolis.
- La lanterne se fixe à une plaque support par quatre b o ut o nn iè re s CC. Le bec J est en faïence et le tirage est assuré par la cheminée conique D placée directement au-dessus. Le récipient R est monté sur une lame flexible L qui amortit les chocs provenant de la voilure et supprime les extinctions provenant de cette cause. Sur la porte P de la lanterne est placé un réflecteur M qui envoie la lumière sur un autre réflecteur oblique O disposé de telle façon que tous les chiffres et lettres découpés sur la plaque de tôle soient également éclairés.
- Cet appareil a été conçu en vue de satisfaire aux exigences de la nouvelle réglementation sur la circulation des automobiles qui préconise l’emploi des numéros lumineux à l’arriere des voitures. S adresser a la Revue Onmia, 20, rue Duret, Paris.
- Divers
- Fauteuil de bureau. — Ce fauteuil est conçu de façon à donner satisfaction aux hygiénistes les plus sévères. Il permet, en effet, d’éviter aisément les tenues défectueuses que prennent les enfants et jeunes gens, pliés trop tôt au travail sédentaire de bureau.
- Le fauteuil est tournant, sa hauteur est ajustable. Le dossier est flexible, grâce aux deux ressorts nickelés qui le supportent. Le corps, n’est donc ici nullement prisonnier du siège qui le reçoit; au contraire, il moule celui-ci à sa guise, et dans la plupart des cas, c’est une excellente garantie pour ceux que leurs occupations obligent à passer assis une partie de leur temps. — Le.fauteuil est en vente aux magasins Markt, 107, avenue Parmentier.
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- HYGIÈNE ET SANTE
- La crampe des écrivains. — La crampe des écrivains est une maladie dont la fréquence semble s'accroître en raison des progrès de la civilisation et du surmenage qui sévit, de ce fait, chez» les habitants des grandes villes, journalistes, littérateurs ou simples copistes. Cela semble un peu paradoxal pour un trouble neuro-musculaire dont la pathogénie réside uniquement dans la fatigue de la main et du poignet. En étudiant la façon dont la crampe se produit, il est cependant facile de montrer que l’élément psychique joue un rôle aussi important dans sa genèse que la fatigue physique. La hâte de lixer sa pensée par des caractères graphiques amène l’écrivain à précipiter le mouvement et à modifier les conditions régulières des contractions musculaires nécessaires au port de la plume et à la confection des caractères.
- Chez, le copiste, la hâte de doubler, de tripler un travail fort peu rémunérateur le conduit de même à la fatigue exagérée. Chacun fait jouer à certains groupes musculaires un rôle prédominant dans l’écriture, suivant la façon de tenir la plume, le mode d’écriture, suivant la table de travail et le support de l’avant-bras, mais chez tous la plus grande partie des muscles de la main, du poignet et même du bras entre en action. Nous n’écrivons pas seulement avec nos doigts, mais avec tout le membre supérieur, chacun, comme je le disais, exerçant d’une façon prépondérante les muscles de tel ou tel groupe.
- Four que l’écriture se fasse correctement et sans fatigue, il est indispensable que la répartition des actes musculaires soit aussi variée que possible, pour que l'effort de chacun d’eux soit suivi d’un certain temps de repos.
- C’est ce qui fait défaut chez, les écrivains atteints de cette crampe qui leur interdit tout travail un peu continu. Notez qu’elle résiste à tous les médicaments internes ; les pratiques de physiothérapie seules amènent une modification et une guérison. Massages, électricité, frictions, contention des muscles, sont des moyens utiles et qui réussissent; mais il est nécessaire que le sujet atteint de crampe s’astreigne, s’il veut guérir, à une
- sorte d’éducation de l’écriture un peu plus complexe que celle qu’on lui a enseignée à l’école primaire. Notre collègue Henry Meige, bien connu par ses travaux sur les maladies du système nerveux, a résumé, dans une formule, les conseils que l’on doit donner à ce genre de malades. -C’est une simple formule mnémonique qui permet de se les rappeler aisément.
- Feu, lent, rond, gros, droit. Ces cinq mots devront être pour le malade atteint de crampe le memento journalier de ses devoirs.
- 11 devra toujours écrire peu. Au début du licitement, le repos doit être absolu, mais quand on reprend la plume, il faut n’écrire que quelques minutes, faire des poses plus ou moins prolongées suivant le degré de susceptibilité des muscles.
- Il faut écrire lentement, la rapidité de l’écriture est une des causes fréquentes de provocation de la crampe qui s'observe rarement chez ceux qui écrivent avec une sage lenteur.
- 11 faut avoir une écriture ronde, cela ne veut pas dire écrire en ronde, mais former les caractères, bien arrondis, sans angles, sans pointes. La similitude des caractères, dans ces écritures qui se ressemblent toutes, leur allongement, leur forme penchée impliquent la nécessité d’une contraction musculaire toujours uniforme. Ces écritures n’ont plus de caractère personnel et sont une des causes de crampe pour ceux ou celles qui écrivent beaucoup et longtemps.
- 11 faut écrire gros; les mêmes raisons qui imposent 1 écrituie ronde la demandent grosse. Plus les caractères sont de grande dimension, plus les muscles se reposent.
- Enfin l’écriture doit être droite. Elle exige, en effet, que la main s’incline en dedans, tandis que dans l’écriture penchée, elle se dévie en dehors et la première attitude est infiniment moins fatigante que l’autre.
- Les conseils, vous le voyez, ne sont pas difficiles à suivre. Retenez la formule, mettez-les en pratique lorsque vous commencerez à éprouver les premiers signes de fatigue et vous éviterez une maladie désagréable et qui vous prive de l’agrément de correspondre avec vos intimes. IL A. C.
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- VARIETES
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- Les pigeons voyageurs militaires. — Il fut un
- temps où l’élevage et le dressage du pigeon voyageur eurent une certaine vogue : le souvenir des services rendus en 1870, les encouragements de l’administration de la guerre qui entretient soigneusement dans nos places fortes des colombiers importants et se réserve le droit de mobiliser ceux des sociétés civiles, eu faisaient une occupation agréable pour l’amateur et utile pour la défense nationale. Toutefois, ces dernières années, l’attention publique s’est quelque peu désintéressée de ce sport trop tranquille : absorbée par les progrès incessants de la télégraphie sans fil, elle ne pense plus guère aux modestes colombophiles et, c’est à peine si dans les fêtes de village, le traditionnel lâcher de pigeons voyageurs obtient encore son petit succès de curiosité. Seules quelques sociétés, dans le Nord surtout, continuent placidement leur tâche et organisent chaque année des concours tant pour entraîner leurs pensionnaires que pour avoir une occasion de récompenser de leur zèle et dédommager de leurs pertes les possesseurs de pigeons voyageurs, et il a fallu les récents troubles de notre administration postale pour leur rendre un peu de la popularité due à leur mérite. Ambulants et télégraphistes s’étant mis en grève, on a d’abord songé à la télégraphie sans fil pour assurer le service des télégrammes officiels au moyen des postes établis récemment dans les grandes villes du territoire et de ceux de nos navires de guerre échelonnés le long des côtes;
- puis on s’est rappelé que les pigeons voyageurs avaient déjà été utilement employés dans des circonstances beaucoup plus difficiles et beaucoup plus pénibles et on a pensé à leur mobilisation. La tâche n’est pas aussi aisée qu’on pourrait le croire.
- Dès le début, le citoyen paisible qui s’adonne à la colombophilie se trouve en présence d’une première difficulté : habituer les nouveaux hôtes à rester chez lui et à y revenir après leurs promenades journalières. Dès qu’il va leur ouvrir la porte, ils vont s’empresser de retourner à leur colombier d’origine. Il faut donc arriver à ce résultat qu’ils oublient leur premier gîte : avec des sujets déjà âgés le succès sera toujours douteux. Le premier soin du colombophile sera donc de se procurer des pigeons jeunes. Les premiers jours de leur arrivée, il leur donnera leur nourriture normale, puis un beau matin il leur coupera brusquement les vivres, mais en se gardant bien de les laisser sortir sous jaeine de ne plus les revoir. Tous les oiseaux ont un appétit formidable, et les pigeons, même voyageurs, ne font pas exception à la 'loi commune. L’effet le plus immédiat du jeûne sera de les rendre plutôt mélancoliques, et le besoin de mettre un terme à leur fringale croîtra au moins aussi rapidement que leur désir de liberté. Au jour fixé pour l’essai de la première sortie, on a soin de mettre bien en évidence, mais hors de leur portée, leurs graines favorites, sarrazin ou féverolles. Le pigeon tourne autour des graines qu’il ne peut atteindre en donnant
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- VARIETES
- des marques évidentes d’admiration intéressée et son appétit est accru de toute la force de cette tentation. A ce moment on ouvre largement toutes les portes de la volière : sans hésiter, tous les habitants s’empressent d’en sortir, et ils commencent à décrire dans 1 air leurs grands cercles concentriques comme s’ils cherchaient à s'orienter dans la direction de leur premier gîte. Quelques-uns l’ayant rapidement repérée oublient les réclamations énergiques de leur estomac et filent à tire-d’ailes. Pour ceux-là l’expérience est manquée et il faudra la recommencer dès qu’on aura pu les ramener au colombier, dûment enfermés dans des cages. Mais pour la plupart la faim les ramène près des graines entrevues : après avoir voleté de-ci, de-là pendant quelques minutes, ils reviennent résolument à la volière où le colombophile les gavera généreusement de leur nourriture préférée. Il pourra ensuite les laisser sortir de nouveau, ils ont adopté leur nouveau gîte et il est rare qu’après y être revenus une fois, ils ne la regagnent pas sans hésitation après les plus longs raids, ce qui tend à prouver que la fidélité proverbiale du pigeon à son nid, n’est peut-être bien qu’une simple question d’estomac.
- Voici donc nos pigeons bien à nous, et leurs fugues ne sont plus à craindre. Comme pour peupler notre colombier nous ne pouvons songer à acheter chaque année de nouveaux pensionnaires, nous allons exploiter le plus judicieusement possible leurs facultés prolifiques. Chaque année au début du printemps, mâles et femelles sont impitoyablement séparés et mis en cage chacun de leur côté. Largement nourris, soignés de la meilleure manière, ils ne tardent pas à prendre force et embonpoint et à se sentir tout gaillards. Au bout de quelques jours, les malheureux pigeons Unissent par trouver cet isolement bien pénible, et quand leur maître leur permettra enfin de se réunir, l’accord ne sera pas long à se faire : au milieu de roucoulements joyeux et de petits battements d’ailes, des couples se forment donnant des marques évidentes de profonde sympathie, et ce serait le bonheur parfait si l’homme, ce trouble-fête, n’éprouvait pas encore le besoin de réglementer les unions. S’il ne juge pas que l’accouplement de deux sujets soit susceptible de lui donner de beaux et bons produits, sans pitié pour les affections qu’il brise, il prononce d’office le divorce et enlève brutalement au mâle sa femelle d’élection qu’il donne quelquefois sans scrupule à un rival plus heureux. Bien entendu le ménage ainsi formé à l’improviste ne saurait donner de prime abord l’image de l’entente la plus parfaite : il arrive souvent à la femelle nouvelle venue, d’être tout d’abord rossée d’importance et flanquée sans façon à la porte de la petite niche réservée à son peu galant époux ! Mais l’accord finit toujours par se faire et la progéniture arrive ensuite dans les délais réglementaires.
- Les pigeons voyageurs ont en moyenne chaque année trois couvées de deux ou trois petits. La première est le plus généralement celle qui donne les meilleurs sujets; à la seconde on peut encore tenter l’élevage, car il arrive qu’on y ait d’heureuses surprises, mais à la troisième on ne garde la plupart du temps qu’un seul pigeonneau, juste pour débarraser la mère des sécrétions blanchâtres avec lesquelles elle alimente ses petits tant qu’ils ne sont pas en état de p'ourvoir seuls à leur nourriture. Il est donc facile de comprendre combien est lent l’accroissement d’un colombier, surtout si on veut bien considérer que chaque année amène fatalement des disparitions tant par le fait des réformes indispensables pour cause de vieillesse (l’éternelle histoire de la limite d’âge et de l’oreille fendue!) que par suite des pertes éprouvées au cours des raids d’entrainement. Nous ne dirons rien d’ailleurs de cette méthode d’entraînement,
- toute de tact et de patience, qui consiste à imposer aux pigeons des parcours de plus en plus longs. L’aiitorilé militaire organise des concours annuels de concert avec les sociétés colombophiles privées : les prix sont nombreux, mais peu importants; toutefois, les amateurs convaincus savent s’en contenter, heureux déjà des satisfactions que leur procurent les joies de l’élevage.
- A. Martin.
- Les sondages de^ l’atmosphère dans l’Est-Afri-
- cain. — La revue mensuelle de la Société météorologique de France donne dans son numéro de mars 1909 un intéressant compte rendu de l’expédition météorologique entreprise, en 1908, à l’instigation de M. Assmann, directeur de l’Observatoire aéronautique de Lindenbei'g pour l’exploration de l’atmosphère au-dessus des régions tropicales de l’Est-Africain.
- La région choisie était celle du lac Victoria Nyanza, dont la superficie atteint près de 100000 km®. L’expédition, que dirigeait le professeur Berson, parvint le 24 juillet à Shirali, sur la côte occidentale du Victoria Nyanza, par i°7'S et les travaux commencèrent aussitôt. De la fin de juillet au milieu de septembre, on lança a3 ballons dont i5 purent être retrouvés avec leurs instruments enregistreurs. Les 8 autres ballons furent perdus par suite de la faible vitesse du bateau employé à leur poursuite.
- Dans deux ou trois grandes ascensions, les ballons atteignirent les altitudes de 19800 et de 17000 m. et les courbes rapportées par ces ballons montrent nettement l’existence de la couche isotherme. Un autre fait intéressant qui résulte des observations réside dans la valeur élevée du gradient thermique dans celte région équatoriale. La plus basse température rencontrée à 19800 m. a été de — 840, alors que près du sol le thermomètre marquait 26°. La variabilité de la température des couches élevées fut d’ailleurs du même ordre de grandeur qu’en Europe ou en Amérique. Dans deux ascensions consécutives, on trouva à l’altitude de 17000 m. des températures de — 76° et de — 52°, alors qu’au sol l’amplitude thermique annuelle ne dépasse pas 3 à 4°-
- L’expédition allemande fit en outre un certain nombre de lancers de ballons-pilotes qui furent suivis au théo-dolithe ; le résultat le plus frappant de ces observations est l’existence, au-dessus des vents d’E. habituels de la région équatoriale, d’un courant soufflant à peu près exactement de l’Ouest.
- Du reste, voici quelle serait, d’après M. Berson, la superposition des courants indiquée par l’étude préliminaire des sondages :
- i° Jusqu’à quelques centaines de mètres, les vents régnants sont ceux qu’on a appelés des vents diurnes ; ils soufflent avec la plus grande régularité de juin à septembre, la « brise de mer » étant toutefois la plus intense et la plus développée.
- 20 Au-dessus, il semble qu’il règne des courants faibles ayant un caractère saisonnier rappelant la mousson.
- 3° Dans la 36 zone, dont l’épaisseur atteint 4000 m., les vents soufflent presque exactement de l’est; ils sont réguliers et assez forts et représentent le courant d’est connu depuis longtemps comme caractérisant l’anneau des calmes.
- 4° Enfin, aux grandes hauteurs, vers i5ooo m. les vents d’Ouest.
- D’autres lancers de cerfs-volants et de ballons-pilotes furent effectués à Dar-es-Salaam et sur l’Océan Indien depuis Zanzibar jusqu’à la baie Delagoa. Dans cette dernière partie de l’exploration, faite sur un croiseur allemand, M. Berson put en outre lancer quelques ballons sondes dont l’un atteignit i3ooo mètres.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage’!des objets en plâtre. — Le but est surtout de faire^passer la couleur jaunâtre que prend le plâtre et de lui rendre le blanc naturel. On prépare avec de l’eau chaude" et de l’empois finement pulvérisé, et tout à fait blanc, une pâte, qu’on applique — encore chaude — au moyen d’un pinceau ou d’une spatule sur
- l’objet, la statuette par exemple, à nettoyer. Il faut que la couche ainsi étendue soit épaisse.
- On laisse sécher lentement; et, quand la dessiccation sera terminée, l’empois s’écaillera et tombera en emportant toutes les souillures qui étaient à la surface du plâtre.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Les
- calibres Johannson sont vendus en France par M. A. H. Schütte, 20, rue des Petits-Hôtels.
- Renseignements. — M. Duthoit, à Carthage. —Vous trouverez les renseignements sur l’extraction de l’huile de coton dans le manuel Roret. Fabricant et épurateur d’huiles animales et végétales. 2 vol. Chez Mulo, rue Hautefeuille, Paris.
- Un abonné, à Mardsous. — Ce voile jaune est très difficile à enlever. Essayez une solution de persulfalc d’ammonium à 2 pour 100, laisser agir 10 à i5 minutes, rincer et passer dans un bain de sulfite de soude à 5 pour 100.
- M, Francken, à Liège. — Vous trouverez dans le Journal officiel français du 26 septembre 1908, tous les renseignements nécessaires sur les règles de franc bord. Adrèssez-vous à l’administration du Journal officiel, 3i, quai Voltaire.
- Club Catolico, à Montevideo. — Pour les verres de
- construction, adressez-vous à la Compagnie de Saint-Gobain, rue des Saussaies, Paris. — Il nous est impos^_ sible de vous répondre au sujet des pilules que vous nous indiquez : nous ignorons leur composition et n’avons jamais eu à les expérimenter.
- M. Serbesco, à Galatz. — La théorie de Green est des” plus contestées; il est certain que le fait que la lune en se refroidissant n’a pas pris une forme tétraédrique, constitue, parmi beaucoup d’autres, une objection très sérieuse à la théorie du tétraèdre. — Il existe de nombreuses revues allemandes. — Précisez-nous le genre que vous désirez.
- M. P. G., à Paris. — Vous trouverez des hélices chez M. Bonnet, 4, rue de la Bastille, Paris, ou de Jessé, 7, rue Collange, à Levallois-Perret. Hélices aériennes, chez Chauvière, 1 Ai, rue Servan.
- M. Sauve, à Rome. — Vous trouverez l’article du D' Carlaz sur la grippe dans le n° 1849, 3i oct. 1908, p. 175.
- M. Scandroglia, à Legnano. — Vous trouverez des poissons de luxe pour aquarium chez Carbonnier, 20, quai du Louvre, Paris.
- M. Jacquemart, à Québec. — Nous 11e connaissons pas de coi'ps plus sensible que le sélénium à l’action lumL neuse. Le corps idéal résistant dans l’ombre, bon conducteur de la lumière, n’est pas encore trouvé.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro-Les aéroplanes de Clialais-Meudon : Gaston Phélip. — Les machines à papier à grande production : Jacques Boyer. — Le Plankton marin : Emile Gadeceau. — Le canal anglais des Deux-Mers : R. Bonnin. — Chronique. — Le père du radium : A. Troller. — Le laboratoire populaire d’électricité de Bruxelles : Dr Alfred Gradenwitz.
- Supplément. — L’action du cuivre, du bismuth et de l’argent sur l’acide nitrique. — La tourbe comme combustible. — Autriche. Ses industries houillères et métallurgiques. — Etats-Unis d’Amérique; leur production houillère. — Tirage automatique des pièces de marine. — Le danger des icebergs. — Puits de pétrole en Egypte. — Baleine contre baleinier.
- Marine propellers, par S. W. Barnaby. E and F. N. Spon, éditeurs. Londres. Prix : i3 francs.
- Cet ouvrage, dont la cinquième édition a paru dernièrement, s’adresse plus spécialement aux ingénieurs des constructions navales et mérite toute leur attention. Après des généralités sur les hélices pour navires et sur les differentes formes qu’on peut leur donner, M. Barnaby s’étend longuement sur les nombreux essais faits en Angleterre par MM. Froude et Thornycroft avec ce type de propulseur. Il en déduit des coefficients qui lui ont permis d’établir des tables d’un usage très pratique facilitant la solution des différents pi'oblèmes qui se présentent lorsqu’il s’agit de déterminer les dimensions à donner aux hélices. Un autre chapitre très intéressant est consacré à F influence de la profondeur d’eau sur la résistance à la marche des navires. Les différentes expériences faites à ce sujet, en Italie, en Angleterre et en Allemagne y sont relatées. Il résulte, entre autres, de ces expériences, que pour les torpilleurs ayant une vitesse de marche de 26 nœuds, la profondeur d’eau la plus favorable pour cette vitesse est de 6 m., et que, cependant, la résistance normale à cette marche n’est atteinte qu’avec une profondeur d’eau de 3o m. La question de la cavitation dont l’importance devient très grande avec les navires à hélices actionnées par des turbines à vapeur y est très longuement traitée et discutée. L’ouvrage se termine par une étude géométrique de l’hélice propulsive et par des considérations
- générales sur divers types de propulseurs hydrauliques.
- Aéronef dirigeable plus lourd que l’air (hélicoptère), par Alfred Micciollo. Librairie Viviers, Paris, 20, rue Saulnier.
- Dans cet ouvrage, qui est une deuxième édition, revue et -augmentée, l’auteur décrit un hélicoptère destiné à la grande navigation aérienne. En l étal actuel de la question du plus lourd que l’air, surtout si nous considérons les hélicoptères ; il n’est pas possible de considérer autrement que comme irréalisable le projet exposé dans ses détails généraux. La sustentation, la progression, seraient obtenues au moyen d’hélices à pas variable, d’une forme spéciale, dont l’action combinée avec celle de parachutes coniques, rendraient les transports en commun possibles par la voie aérienne. Vingt hélices seraient chargées de ce travail; la nacelle aurait 12,20 m. sur 11,60 m. Nous n’insisterons pas sur la description du système qui est extrêmement compliqué et nécessite l'intervention d’organes mécaniques nouveaux, comme par exemple les trente piliers creux de 6 m. de hauteur, destinés à soustraire la machine aux chocs de l’atterrissage et qui comporteraient chacun un frein hydraulique identique à celui employé dans l’artillerie. D’après l’auteur, chaque hélice^devrait enlever un poids de 5683 kg; par conséquent les 20 hélices enlèveraient n3 66o kg, à la vitesse de 10 m. par seconde. Dans ces conditions l’inventeur a le champ vaste pour construire sa ville flottante dont les poids se décomposent ainsi : 20 hélices ascensionnelles 32 000 kg ; 2 hélices propulsives 36oo kg; bâtis 8400 kg; parachutes 7763 kg; 65 voyageurs 487^ kg; moteurs 393 chevaux, 790 kg; service des moteurs 2000 kg. Et comme les hélices peuvent enlever n3 66okg, il reste~par conséquent 54232 kg pour la construction et divers. N’insistons pas. Nous ne pouvons nous arrêter à une telle conception.
- Annales de l’école Nationale d’agriculture de Monpel-lier, t, VIII, fasc. IV, avril 1909: L. Ravaz. Influence des opérations culturales sur la végétation et la production de la vigne. — F. Lafont et H. L. Rabino.
- . L’industrie séricicole en IJerse. Montpellier. Goulet et fils.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M
- Th. Moureaux (Parc
- Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de
- France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL 1*LUE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 mai 1909 . 14u,2 N. N. E. 5. Couvert. » Rosée ; couvert jusqu’à 10 h.; beau ensuite.
- Mardi 25 19°,1 S. E. 2. Couvert. 25,4 Orage de 8 h. 50 à 9 h. 50; pluie de 10 h. à 18 h.; très nuageux.
- Mercredi 26 10°, 5 S. 5. . Couvert. 5,0 Tr. nuag.; pi. avec un peu de grêle l’ap.-midi ; qq coups de tonu.
- Jeudi 27 9°,9 S. S. W. 2. Couvert. 5,6 Ros.; pi. à 10 h. 11 et de 15 h. 50 à 14 h. 20 ; éclairs au S. à 20 h. 50.
- Vendredi 28 12°,2 N. N. W. 2. Nuageux. 0,4 Nuageux; petite pluie vers 15h.
- Samedi 29 15°, 2 S. S. W. 2. Couvert. 0,6 l'luie le m.; couv. jusq. 1 h ; nuageux jusq. 17 h.; beau ensuite.
- Dimanche 50 12°.6 S. 1. lieau. )) Rosée ; beau ; brume.
- Lundi 51 15°,5 N. E. 1. Beau. )) Rosée; quelques nuages; halo.
- Mardi 1er juin .... 19°,2 E. S, E. 0. Beau. » Rosée; quelques nuages.
- Mercredi 2 16°,4 N. E. 1. Très nuageux. 7,2 Ros.; tr. nuag.; brume; tonn. à 20 h. 47; pluie de 20 h. à 21 h. 50.
- Jeudi 5 15°,5 N. E. 5. Couvert. 16,9 Tr nuag.; forte brume; halo; fort orage et forte pluie.
- Vendredi 4 1 4°, 4 S. 4. Beau. 2,8 IM. le m.; nuag.-; qq coups de tonn. av. écl. de 18 h 10à 19 h. 50.
- Samedi 5 14°, 2 S. 2. l'eu nuageux. 0,4 Ros.; nuag.; pi. de 15 h 50 à 19 h. 20; tonn. à diverses reprises.
- Dimanche 6 10°,5 N. N. E. 2. Couvert. 5,9 l’luie de 4 h. 50 à 5 11. 55 et de 6 h. 50 à 7 h. 55; très nuageux.
- MAI-JUIN 1909. — SEMAINES DU LUNDI 24 MAI AU DIMANCHE 6 JUIN 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer);, courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 3o mai au 2 juin. — Le 3o. La hausse continue sur tout le continent : bande supérieure à 765 des Açores au N. de la Russie; maximum sur la Bretagne : 776; dépression sur le S. de l’Italie : Brindisi, 755. Pluies abondantes sur le N.-O. de l’Europe et l'Italie. Temp. du matin : Àrkangel, 20 ; Paris, i3; Nice, 22; Puy de Dôme, 7 ; moyenne tV Paris : 14°>7 (normale : 15°)..— Le ’3i. Maxima vers Hambourg, 769, et les Açores, 771. Dépression vers l’Irlande : Yalencia, 760. Pluies sur le N.-O. et le S. Temp. du matin : Hapa-
- randa, 6°; Paris, 16; Nice, 24; Puy de Dôme, 9 moyenne à Paris : i8°,7 (normale : i5°,i). —-Le 1er juin. Dépressions au S. de la Norvège et sur la France : Skudessness, Belle-Ile, 756. Pression voisine de 765 sur la Pologné et de 764 sur les Iles-Britanniques. Pluies sur le N.-O. ; ondées orageuses en Bretagne. Temp. du matin : Bodoe, 7°; Paris, 19; Toulon, 24; Puy de Dôme, 18; moyenne à Paris : 2i°,6 (normale : i5°,2). — Phases de la Lune : Pleine L^une le 4? à 1 h: 34 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1882 — 19 JUIN 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Le cobalt carbonylè. — M. Mond vient de réussir à préparer le cobalt carbonylè, corps obtenu par union directe du cobalt et de l’oxyde de carbone. Depuis très longtemps 011 sait préparer le nickel-carbonyle ; le cobalt est proche parent du nickel et néanmoins il avait résisté à tous lés efforts de combinaison. Le nickel carbonylè est aujourd’hui très employé dans la métallurgie de nickel. Le cobalt forme 2 carbonyles, il existe 3 carbonyles de fer, il existe également des carbonyles de ruthénium et de molybdène.
- Sur la composition des concrétions pierreuses de
- la poire. — Tous nos lecteurs savent, pour l’avoir expérimenté, combien sont désagréables à rencontrer sous le couteau ou sous la dent, les concrétions dures que renferment certaines poires et qui font donner à ces fruits la qualification de pierreux. M. Seillière, en examinant ces concrétions pierreuses qui se trouvaient dans la partie du péricarpe, d’une poire Doyenné d’hiver, voisine des loges séminales, ainsi que sous l’épiderme, a constaté qu’elles sont pauvres en matières minérales, ne donnant que 1,09 pour 100 de cendres dont près de moitié de chaux, mais qu’elles renferment près de 3o pour 100 de pentosanes, c’est-à-dire de gommes donnant des sucres à 5 atomes de carbone par saccharification. Ces mêmes pentosanes sont abondants également dans la peau du fruit et se trouvent aussi dans les noyaux de certaines rosacées, notamment dans les coques' d’amandes.
- Mission météorologique au Groenland. — Les D‘sde Quer.vain et.Baebler, de Zurich, Stollberg, de Strasbourg, ont quitté l’Europe en avril, pour se rendre au Groenland occidental, où ils séjourneront tout l’été. Le Dr de Quer-vain se propose de lancer de nombreux ballons-sondes, dont les trajectoires, trigonométriquement relevées, serviront à étùdier les vents supérieurs ; il entreprendra aussi des ascensions en ballons captifs munis d’instruments enregistreurs ; des observations météorologiques simultanées se feront en Islande par les soins de l’Institut météorologique danois. Les autres savants dont nous avons cité les noms, ont pris spécialement à leur charge des travaux d’ordre océanographique, anthropométrique et zoologique.
- L’enrichissement des minerais par l’huile et le vide (procédé Elmore). — Nous ignorons totalement la valeur réelle du procédé suivant quinous arrive d’Amérique avec une, belle réclame. Mais l’idée est au moins ingénieuse et mérite d’être connue. On sait que la plupart des minerais sont, à leur sortie de la mine, trop pauvres pour être traités métallurgiquement et doivent commencer par être triés et concentrés par des procédés de préparation mécanique toujours délicats et coûteux, parfois insuffisants. Un système assez récent a, dit-on, permis d’obtenir l’enrichissement de certains minerais pauvres. Ce procédé, basé sur Venrichissement par
- l’huile et le vide, est dit procédé Elmore. Primitivement, d’après la revue la Technique, on n’utilisait pas le vide, mais seulement l’huile en s’appuyant sur le principe sui-. vaut. Lorsque certains minerais broyés sont mis en contact avec de l’huile, celle-ci 11’enrobe que le minerai proprement dit, et non les particules rocheuses de la gangue. Si donc on traite un minerai par l’huile et que l’on projette le mélange dans une cuve pleine d’eau, les gouttelettes d’huile remonteront à la surface, entraînant avec elles le minerai, tandis que la gangue reste au fond. Il suffit alors de séparer l’huile du minerai par essorage. Ce procédé exige évidemment certaines conditions pour l’huile et le minerai. Au cours des expériences, au moment de l’acidification, il fut reconnu que les particules métalliques étaient recouvertes d’une gaine d’air rendant plus facile leur ascension. Pour augmenter leur force ascensionnelle, il suffit donc de faire le vide dans le récipient contenant le mélange. Une application de ce procédé aurait été faite aux résidus zincifères de Broken-Hill, en Australie.
- Le tremblement de terre du Midi. — Le 11 juin, dans la soirée, tout le midi de la France a été ébranlé par un violent tremblement de terre qui a affecté surtout la région provençale aux environs d’Aix, et y a provoqué une douloureuse catastrophe. Les localités les plus éprouvées sont : Saint-Cannat, Lambesc, Rognes, Pelissanne, Venelles, Éguilles, Salon. Il y a plus de soixante victimes : la plupart des maisons sont - effondrées, et la population est sans abri.
- Production du zinc dans le monde. — MM. Ilarry 11. Merton and C° évaluent, comme suit, les productions du zinc dans le monde, en 1907 et 1908, exprimées en tonnes métriques :
- Europe. 1907. 1908.
- Belgique. . 153.600 165.200
- Région du Rhin . 70.300 73.i5o
- Hollande.......... 14.99° 17.a5o
- Grande-Bretagne ...... 55.5oo 54.400
- France et Espagne ..... 55.6oo 55.840
- Silésie . i38.38o 143.65o
- Autriche et Italie . . . . 11.3oo 14•200
- Pologne . . ....... 9-74° 9.750
- Totaux pour l’Europe. . . Si on ajoute : ° ^ O -O 10 533.44°
- Australie • . 1.000 1.200
- Etats-Unis d’Amérique. . . . . 226.85o 188.600
- On a pour totaux généraux . 737.260 723.240
- La réduction de la production, en l’année 1908, comparée d’environ
- à la production de l’année 1907, est donc
- 14000 tonnes, ce qui représente 2,1 pour 100. Elle est due à la réduction accusée par les Etats-Unis, 16,8 pour 100. La production de l’Europe a, au contraire, augmenté de 4,6 pour 100.
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- INFORMATIONS
- Production du cuivre dans le monde. — La production du cuivre dans le inonde atteint, cliitïre encore approximatif, 762000 tonnes métriques, en 1908. Les statistiques de MM. 1Teni r li. Merton and C°, de Londres, donnent pour les principaux pays producteurs, dans Tordre décroissant, en 1908, savoir (tonnes métriques) :
- Etats-Unis............
- Espagne et Portugal. .
- .lapon.................. 4 9 - 71B
- Australasie............. 41-9Io
- Chili.................
- Mexique...............
- Canada................
- Allemagne.............
- Russie................
- Pérou.................
- Les accroissements des productions des Etats-Unis, de la Russie, du Chili et du Pérou sont à signaler.
- 1007. 1908.
- 396.65o 431 980 tons
- 5o.470 53 • 4^5 —
- 49-7*8 47. , 600 —
- 41.910 40, , 120 —
- 27.120 39. .4*3 —
- 57.490 38, , 200 —
- 26.000 29. ,o5o —
- 20.800 20. , 5 00 —
- i5.240 20, . 400 —
- O ^4 C 15, .240 —
- Subvention à ia Ligue nationale aérienne. — Les
- 38000 francs qui ont été attribués par l’Etat à la Ligue nationale aérienne seront affectés à sa Commission de pilotes pour l’achat et l’entretien de deux appareils Wright qui sont déjà commandés et dont l’un doit être livré prochainement.
- Le nouveau dirigeable militaire anglais. — Ce
- dirigeable est un simple modèle d’essai peu fait, d’après
- Le nouveau dirigeable anglais.
- sa forme, pour les grandes vitesses. Il mesure 33 m. de longueur seulement. L’empennage arrière comprend deux ballonnets affectant la forme de nageoires étalées. Une troisième nageoire semblable aux précédentes forme quille. La poutre armée a i3 m. de long; elle porte les plans stabilisateurs, le gouvernail et la nacelle.
- Une école française d’aéronautique. — Une intéressante initiative vient d’être prise par M. le commandant Roche ; il vient de fonder une école supérieure d’aéronautique, sous le patronage d’un comité de perfectionnement composé de MM. Appel, d Arsonval, 13er-tin, Carnot, Dastre, Deslandres, Painlevé, E. Perrier, membres de l’Institut; de MM. Guillain, Chautard, Le-cornu, général Langlois. d’Estournelle de Constant, Quinton. L’école a pour but de former des ingénieurs constructeurs de ballons, d’aéroplanes et de moteurs; les élèves recevront donc un enseignement mécanique général et pratique, complété par des travaux d atelier, à côté des études spéciales d’aéronautique. Rappelons que l’Allemagne organise à Friedriehshafen une école analogue. Nos voisins font de grands efforts pour s’assurer le monopole des études et de la technique aériennes. L’école française d’aéronauliqxxe marque pour nous une étape sérieuse dans la même voie, la seule vraiment féconde.
- Les premiers transports aériens. — D’ici quatre ou cinq mois au plus tard, le public français pourra disposer de moyens de transports aériens. Un premier réseau de lignes aériennes sera créé à travers la Finance et sera desservi par cinq grands ballons dirigeables ou croiseurs aériens de 35oo, de 5ooo et de 7000 m3. Ces 11a-
- a
- vires pourront transporter de huit à vingt voyageurs en plus de l’équipage. Quatre lignes vont-être immédiatement établies. Celle de l’Est reliera Paris à Nancy par Meaux et Reims. Le grand hangar-abri de Paris est presque terminé. On peut le voir au champ de manœuvre d’Issy-les-Moulineaux. Il pourra contenir à la fois deux dirigeables. Les hangars de Meaux et de Nancy sont également terminés. Celui de Reims sera achevé avant deux mois. La ligne du sud-est, qui se prolongera jusqu’à Lyon, est amorcée. Les deux premiers hangars de Juvisy et de Fontainebleau vont être mis en construction d’ici quinze jours au plus tard. La ligne du Sud-Ouest se prolongera jusqu’à Pau. Elle suivra la direction Orléans, Tours, Bordeaux. Le hangar terminus de Pau est en construction. Celui d’Orléans va être commencé d’ici huit jours. La ligne de l’Ouest reliera Paris à Rouen avec escale à Sartrouville où les hangars abris existent déjà. La construction de tous ces ports d’attache et des dii’igeables qui cii’culent sur ces lignes est due à l’initiative de M. Deutsch de la Meurthe. Les dii’igeables sont construits parla Société Astra. Les hangars seront, les uns métalliques, les autres en bois. Les croiseurs aériens feront un service régulier à départs à peu près quotidiens pendant la belle saison. Leur vitesse prévue est de 54 km à l’heure. Nous allons donc pouvoir disposer d’un troisième moyen de transports inconnu jusqu’ici. On compte l’inaugurer en septembre.
- Concours de kites. — Récemment, La Nature parlait de l’utilisation du cerf-volant pour la photographie aérienne. Signalons la fondation en Angleterre d’une Kite F lying Association qui se propose d’encourager les inventeurs des meilleurs modèles de cerf-volant capables d’élever un homme en l’air. Son président est le major B. Baden-Powell, si connu dans les milieux aéronautiques. Lanouvelle ligue organise, pour le 3 juillet prochain, une série de concours qui se livreront sur la prairie de Wimbledon Common, dans la banlieue, de Londres. Les kites qui 11e pourront pas rester une heure dans l’air seront immédiatement disqualifiés.
- L’accroissement du cancer. — Les statistiques sont souvent trompeuses, mais les tables de mortalité de tous les pays s’accordent pour montrer la fréquence de plus en plus grande des allections cancéreuses. En voici une preuve nouvelle tirée des relevés d’autopsies faites a l’Institut pathologique de Berlin. En 1875, c’était alors Virchow qui dirigeait l’Institut, la proportion des cancers de diverses natures trouvés dans les autopsies de malades morts à l’Hôpital de la Charité était de4.9Pour 100; les années suivantes ce chiffre progresse et atteint en i884-i885 7 pour 100. De 1904 à 1908 le professeur Orlh relève des chiffres encore plus élevés. En 1904, le pourcentage est de 10,7 pour 100; en 1905 de 11,27; en 1906 et 1907, il monte à i4 pour redescendre à 12 en 1908. La progression est évidente et concorde avec les relevés des statistiques municipales de divers pays. Cet accroissement dont on ne peut que difficilement établir les causes exactes justifie les mesures prises dans quelques pays et le nôtre pour une étude attentive de cette terrible maladie.
- Vol de sauterelles en pleine mer. — D’après la revue mensuelle de la Société météorologique de France (mars 1909), M. Ch. Dolu, capitaine du steamer Trignac, signale dans son livre de bord le fait curieux suivant : « Le 11 octobre 1908, le navire se trouvant par i8°5i'N et 34° 11' W, par conséquent à 600 km des îles les plus rapprochées et à i5oo km du continent africain, une grande quantité de sauterelles jaunes et rouges s’abattit sur .le pont. Ces. sauterelles amenées sans doute de la côte d’Afrique par un cyclone ayant passé dans ces parages dénotèrent autant, sinon plus, d’instinct de conservation, que les oiseaux de terre rencontrés quelquefois égarés et fatigués en pleine mer. Elles savaient parfaL tement se poser sur les ponts et y trouver aux alentours de la cuisine principalement des débris de nourriture. »
- Le concours Lépine. — Le prochain concours de jouets et articles de Paris, dit concours Lépine, organisé par la Société des petits fabricants et inventeurs français aura lieu cette année du 10 septembre au 10 octobre, au Jardin des Tuileries, dans les salles et sur la terrasse du Jeu de Paume.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Vt>
- Automobilisme
- Manipulations d’essence dans les garages de Londres. — Eu France, et en particulier à Paris, les manipulations d’essence dans les garages d’automobiles sont soumises à un contrôle très sévère, portant aussi bien sur les quantités de liquide que sur les locaux où les bidons sont emmagasinés. A Londres, la réglementation est beaucoup plus simple et plus pratique. On se contente, en eiïet, d’obliger les propriétaires des garages à manipuler l’essence complètement à l’abri de l’air. Cette obligation a entraîné l’établissement d’appareillages spéciaux qui apportent une grande sécurité dans les manipulations d’essence et en même temps simplifient ces mêmes manipulations.
- Voici le schéma d’une de ces installations. C’est un réservoir B en tôle élamée ou galvanisée, de 5 mm d’épaisseur et dont la contenance atteint parfois 8 à xoooo litres. Ce réservoir occupe le sous-sol du garage
- dans une cavité maçonnée qui l’enveloppe exactement de manière à éviter la présence d’air autour des parois. Les vapeurs d’essence qui se produisent à l’intérieur du réservoir sont ex-' pulsées au dehors par un long tube C qui se prolonge jusqu’à l’air libre, hors de l’intérieur du garage. Une jauge E, comprenant un flotteur métallique P nageant sur la surface du liquide relié par un câble s’enroulant sur l’extrémité d’un tambour, indique à tout instant la quantité d’essence contenue dans le réservoir. Le tambour, placé à l’intérieur de la boite du cadran E, commande par une démultiplication convenable, l’aiguille mobile devant le cadran. L’ensemble est hermétique. On a ménagé, dans la maçonnerie qui ferme le réservoir un trou d’homme G qui sert aux nettoyages. Enfin le remplissage s’effectue par le tube H.
- Pour remplir les réservoirs des voitures qui viennent se placer au-dessous du tube souple T, on agit sur la pompe oscillante P qui est à corps rond, en bronze ou en fonte, et se manœuvre par un levier auquel on imprime un mouvement de haut en bas. Le liquide tombe dans un réservoir mesureur R dont la contenance, i5o litres au maximum, correspond à la contenance maximum totale des réservoirs des voitures. De ce réservoir jauge R part un tuyau de trop plein M se déversant dans le récipient B et un tube de vidange V fermé par un robinet et branché sur le tube M. La jauge U indique la quantité de liquide, contenue dans R.
- On voit que toutes les manipulations d’essence s’effectuent réellement à l’abri de l’air èt qu’aucun mélange explosif ne peut se former. L’installation est extrêmement simple et évite la série de mesures de sécurité auxquelles sont soumis les garages parisiens.
- Schéma d’une installation pour la manipulation de l’essence.
- **> Mécanique <«*
- Hélice à pas variable pour aéroplane. — Au moment où de tous côtés on se livre à l’étude de la locomotion aérienne'par. Le-'plus lourd que l’air, il semble utile de pouvoir expérimenter des hélices de différents pas. ' :
- M. Durey a pensé que le meilleur moyen serait d’avoir une seule hélice dont on pourrait à volonté faire varier le pas et il a construit un mécanisme (fïg. i) qui donne très facilement ce résultat en manœuvrant un
- levier depuis le siège du conducteur de l’appareil en expérience. Les ailes, en bois, sont fixées par leur base dans des armatures BB' qui peuvent pivoter dans les manchons MM/ fixés sur l’arbre de rotation A et tournent avec lui. Des leviers
- Hélice à pas variable pour aéroplane.
- articulés LL' sont reliés à un manchon C qui coulisse sur cet arbre de façon à pouvoir être déplacé en avant ou arrière par le levier de commande.
- On .comprend que par ces dispositions les armatures BB' peuvent tourner sur e 11 e s - m ê m e s d’une petite quantité, ce qui a pour effet d’incliner plus ou moins les ailes sur le plan de rotation.
- On peut les maintenir dans ce plan de façon à ce qu’elles ne produisent aucun effet de propulsion; puis en les-inclinant peu à peu on note .quel est le meilleur rendement. On peut ensuite utiliser ce mouvement d inclinaison variable pour régler la vitesse de translation sans changer le régime du moteur. — M. Durey, 82, rue d’IIauleville.
- **> Photographie
- Photo-chargeur Gaumont. -— 11 y a déjà longtemps qu on a reconnu la nécessité d’emporter en voyage un sac, ou manchon qui permette de recharger les châssis ou le magasin de sa jumelle. Les hôtels n’ont pas tou-
- Fig. 1.
- Le plioto-chargeur Gaumont, ouvert.
- jours une chambre noire à la disposition des amateurs photographes et, quand ils en ont, il est rare qu’elle soit bien étanche à la. lumière blanche. Les modèles de manchons ordinairement employés, sont souples et on est gêné dans les manipulations par l’étoffe qui tombe sur les mains ; c’est pour remédier à cet inconvénient que M. Gaumont a fait construire la photo-chargeur représenté ci-contre. Il est en étoffe armée de carton, de sorte que quand il est ouvert, il constitue une boite parfaitement rigide; l’un des petits côtés se replie à l’intérieur pour permettre d’introduire les boîtes de plaques et les châssis ; puis il vient ensuite s’appliquer exactement sur un cadre destiné à le recevoir et la fermeture est hermétique.
- Deux manches en étoffe souple sont montées sur les côtés de manière à laisser passer les mains qui ont ainsi toute liberté pour faire les manipulations nécessaires au chargement et au déchargement du châssis.
- Une fois replié, l’appareil est très plat et occupe un faible volume. — Comptoir général de photographie, 37, rue Saint-Roch, Paris.
- Fig. 2. —Le même, fermé.
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- *l> Objets utiles
- Boîtes de bureau en tôle d’acier -— Tout évolue, même les objets les plus modestes, que leur insignifiance semble condamner à une éternelle immobilité.
- Il nous est presque impossible de concevoir un bureau digne de ce nom, sans ses rangées bien unies de cartons superposées; or les cartons vont disparaître ! Ces boîtes, d’usage immémorial, ont, paraît-il, une foule de délauts,
- auxquels, il faut l’avouer, nous étions si habitués que nous ne les apercevions plus. Elles sont fragiles, craignent l’humidité, et sont une proie toute indiquée pour l’incen-
- La boîte fermée
- die. N’est-ce pas ces boîtes, inofl'ensives d’aspect, qui accumulées dans les bureaux du ministère des Colonies, au Pavillon de La boîte ouverte.
- Flore menacent le musée du Louvre, d’une catastrophe que nos Cassandres de profession s’obstinent à prédire prochaine
- Les boîtes représentées sur la figure ci-contre sont en tôle d’acier : elles ont l’aspect du carton de bureau, mais elles ont le grand avantage de défier l’incendie et l’humidité et d’être presque inusables. On voit que leur ouverture ait lieu d’être fermée par un couvercle, l’est par une devanture à rideau qui se replie fort élégamment sur elle-même. — Elles ont été construites par M. Bono, 11, ruelle Pelée (62, rue Saint-Sabin), Paris.
- Pâtissière universelle. •— C’est une opération très fatigante que celle du pétrissage des pâles par le procédé classique, encore généralement employé, par le mitron boulanger comme par la plus modeste cuisinière.
- Dans l’industrie on s’inquiète depuis longtemps de substituer au travail pénible du pétrisseur, celui d’une machine.
- Pareille substitution sera aussi la bienvenue dans les ménages, et c’est là précisément le but de la « pâtissière universelle. » C’est essentiellement un récipient en acier embouti d’une seule pièce, étamé à l’étain pur et fort solide dans lequel on fait tourner à une vitesse convenable, l’organe pétrisseur. L’outil peut servir à travailler les pâtes épaisses ou les pâtes légères.
- La pâtissière universelle.
- 1, Montée pour travailler les pâtes lourdes. 2. Pour les pâtes légères.
- Dans le premier cas (fig. 1) on adapte à la manivelle de l’appareil tin fouet solide constitué par un fil de fer de fort diamètre, et l’appareil tout entier se fixe solidement au rebord d’une table au moyen d’une vis sans fin.
- Dans le deuxième cas (fig. 2), on fixe sous la traverse qui porte la manivelle un jeu d’engrenages entraînant deux batteuses fil de fer dans un mouvement de rotation rapide. Dans les deux cas on a l’avantage de travailler régulièrement, rapidement et proprement. — La pâtissière universelle est en vente aux établissements Markt, 107, avenue Parmentier.
- Tiroir caisse de sûreté. — On a tous les jours des exemples de voleurs qui, pendant qu’un complice attire l’attention du boutiquier, ouvrent le tiroir de la caisse qu’on a négligé de fermer à clef et puisent à pleine main la monnaie qui s’y trouve. Avec le dispositif représenté ci-contre, il suffit de pousser le tiroir pour qu’il soit fermé sans clef et on 11e peut l’ouvrir que si on connaît la façon de s’y prendre.
- Sous le tiroir (fig. 1) se trou- Fig. 1. — Tiroir-caisse à combinaison.
- vent six touehes
- T qui se prolongent jusqu’à l’arrière (fig. 2) et agissent sur une serrure à combinaison C (fig. 1) placée au fond du tiroir. On dispose la combinaison de cette serrure très facilement, de façon qu’elle 11e libère le tiroir que quand on appuie sur une ou plusieurs des touches T.
- On" prendra par exemple la seconde et la quatrième touche. Les choses ainsi disposées, toute tentative pour ouvrir le tiroir échouera si on appuie soit^ sur toutes les touches à la fois, soit sur une combinaison quelconque, autre que celle qui a été prévue.
- On conçoit que dans ces conditions, la caisse est parfaitement à l’abri Fig. 2. — Touches agissant,
- d’un voleur près- SU1‘ h» combinaison du tiroir,
- sé, et d’autre part
- qu’on l’ouvre soi-même avec une grande facilité, d’une seule main et sans avoir à chercher une clef ou une combinaison de lettres ou de chiffres ; on appuie machinalement sur les touches voulues. Celles-ci sont du reste dissimulées sous le tiroir qui a l’aspect extérieur d’un tiroir ordinaire. — Se trouve chez M. Em. Caen, 11, rue La Condamine, Paris.
- Divers
- Le gril Nansen. — Tout le monde est d’accord sur la valeur nutritive et hygiénique des viandes grillées; encore faut-il disposer d’un instrument permettant d’effectuer cette opération culinaire suivant les bonnes
- règles gastronomiques.
- L’appareil dont nous reproduisons ci-dessous le dessin a fait ses preuves, puisqu’il fut, dit-on, utilisé par Nansen lors de sa fameuse expédition, polaire et que le célèbre explorateur s’eu montra fort satisfait.
- Il s’utilise sur un fourneau quelconque.
- Il a une forme circulaire et convexe, grâce à laquelle la surface du gril se trouve dans la région la plus chaude de la flamme; on sait que cette région ne se trouve pas à la basé de la flamme, mais dans la partie médiane. Les rainures que l’on aperçoit fonctionnent comme les ailettes d’un calorifère, elles augmentent la surface de contact avec la flamme et, par suite, assurent une meilleure répartition de chaleur.
- Les jus coulent dans une rainure pratiquée sur le pourtour de l’appareil. La cuisson s’effectue fort rapidement et la grillade, garde toute sa saveur. — L’appareil coûte 3fr,6o et.est vendu chez Renaut, 63, boulevard de Strasbourg,
- Le gril Nansen.
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- VARIÉTÉS
- Les dirigeables allemands. — La France, pays de naissance des ballons dirigeables, se voit distancer chaque jour davantage par l'Allemagne dans la constitution de sa Hotte aérienne.
- Notre voisine de l’Est poursuit avec autant d’énergie la suprématie dans l’air que l’organisation de sa marine militaire, lit le nouvel accident du Zeppelin produit à la fin d’une randonnée merveilleuse, n’arrête aucunement l’élan de l’organisation.
- La Société de construction aéronautique Zeppelin, dit le correspondant de YAérophile, sera à même, à partir d’octobre prochain, de construire huit dirigeables pai' an.
- Dans ce but on établit un hangar, fait en briques et béton armé, qui aura 200 in. de long, 4'> ni. de large et 25 m. de hauteur. Deux dirigeables pourront y être construits en même temps. Le hangar est pourvu d un plancher sur lequel courent trois voies ferrées se prolongeant à l’extérieur. A côté, on élève' une grande tente qui servira d'abri provisoire et une usine à gaz. Oh produira l’hydrogène eu faisant diffuser dans des cylindres en fonte portés au rouge, du gaz obtenu par la réaction de la vapeur d’eau sur le charbon rouge. Cette usine mesurera 175 m. de long et 37 m. de large.
- On construit également un hangar à Metz et un autre à Cologne. Celui-ci aura 160 m. de long, 40 m. de large et 3o m. de haut; il pourra contenir deux Zeppelin. Enfin un quatrième hangar se construit actuellement sur le terrain de l’Exposition aéronautique de Francfort.'
- La Société de transports aéronautiques constituée à la fin de l’an dernier se servira de hangars tournants dont le premier sera construit à Stuttgart, et, dès 1910, des voyages réguliers seront entrepris entre Cologne, Francfort, Stuttgart, peut-être Zurich et Munich.
- A Berlin, une société vient encore de se constituer pour encourager l’aéronautique, elle installera des hangars pour aéroplanes sur un terrain qu’elle se propose d’acquérir aux environs de Berlin, et peut-être un hangar pour dirigeables.
- Le hangar du Parsemai III est à Bitterfeld : Berlin possède trois hangars et l’on se propose d’en construire un quatrième. L’Allemagne possède actuellement deux Parsemai, deux Gross, deux Zeppelin plus le Gross 1907 qui est utilisé à lecole des aérostiers militaires. Un Parsemai TV est en construction. A la fin de cette année, il existera en Allemagne onze hangars pour dirigeables en comptant celui flottant de Manzell.
- Le Gross TL Ce dirigeable a fait sa première sortie à Tegel, le 26 avril à 10 h. 1/2 du matin. Il évolua environ une heure au-dessus du champ de manœuvres. A 6 heures du soir eut lieu une nouvelle ascension d’une durée de 1 h. 1/2. Le 2 mai, nouvelle ascension de même durée que la précédente. Le lendemain, ascension de 2 heures. Par suite d’une fausse manœuvre exécutée pendant l’atterrissage la queue stabilisatrice brisa le sémaphore de tir. La cinquième ascension eut lieu le lendemain de 6 h. 3/4 à 9 h. 10, et le 5 mai, devant les députés du Reichstag une tentative échoua par suite de la vitesse du vent qui était supérieure à celle propre du ballon.
- Le Gross II ressemble au Gross I qui va être dirigé sur Metz. En voici les caractéristiques ; enveloppe de 5 000 m. cubes terminée à l’avant par une pointe obtuse, corps gros, pointe arrière effilée comme celle du Parse-val ; stabilisateur et gouvernail double de direction verticale à l’avant; deux hélices à trois branches tournant dans le même sens; queue stabilisatrice avec gouvernail vertical : un ballonnet à l’avant, un autre à l’arrière ; poids à coulisse de 75 kg. dans la quille; deux moteurs de 75 chevaux chacun. Le correspondant de Y Aérophile, quia assisté à plusieurs ascensions, affirme que ce dirigeable exécute de ù'ès belles manœuvres. « Sous l’influence du gouvernail de hauteur, dit-il> peut-être aussi des ballonnets et du poids, le ballon se relève ou s’incline vers le bas vivement et sûrement, et l’action du gouvernail de hauteur est augmentée de par la position très inclinée de l’enveloppe. Ces manœuvres se font très vite, c’est pourquoi je 11e crois pas que les ballonnets et le poids soient en jeu. Je 11’ai pas encore vu les dirigeables français,
- mais ne puis me figurer qu’ils manœuvrent mieux ».
- Le Parsemai II. La première sortie du Parsemai IIa eu lieu le 5 mai, par un vent de onze mètres; elle a duré une demi-heure. Le i5 mai, une nouvelle ascension de quatre heures a été effectuée. Un accident assez curieux se produisit. Après une heure de vol, on vit le dirigeable qui revenait de Spandau, famé des efforts pénibles pour atterrir, il était plié en deux et l’une de ses extrémités paraissait dégonflée. Le ballon réussit à descendre, puis regonflé, il reprit immédiatement son vol. Cette panne était due probablement au mauvais fonctionnement d’un ventilateur.
- Les genres de plantes les plus nombreux en espèces.— Les amateurs de plantes qui sont fiers de posséder une quinzaine de Gentianes, une dizaine de Renoncules, sept ou huit Campanules, cinq à six Primevères, récoltées dans leurs herborisations, s’imaginent généralement assez mal combien il peut y avoir, de par le monde, d’espèces appartenant à un même genre. C’est qu’en effet les chiffres relatifs à cette question ne se trouvent presque dans aucun livre, soit de vulgarisation, soit même de science pure. Dans le but de combler cette lacune, je me suis livré à une vaste statistique et ce sont les résultats abrégés de celle-ci que je vais donner, résultats qui permettront désormais de,répondre à cette question : quels sont les genres de plantes les plus nombreux en espèces, quand 011 les envisage dans le monde entier? On va voir que la connaissance approfondie d’unè flore locale, même très étendue, comme celle de la France ou de l’Europe, serait insuffisante à y donner une réponse exacte. Pour ne pas étendre outre mesure cet article, je me contenterai de parler des genres qui ont plus de trois cents espèces, — ceux qui en ont moins étant légion et, pour ainsi dire, indéfinis.
- Le genre qui détient le recoi’d des espèces est une Papilionacée du genre Astragale qui en compte seize cents ! Malgré celte abondance, il est presque inconnu du public. Ceux qui herborisent savent cependant qu’on en trouve quelques-unes chez nous a 1 état sauvage, mais elles sont d’un aspect si insignifiant qu’on n’y fait presque pas attention. C’est notamment l’Astragale à feuilles de Réglisse, plante couchée, pourvue de fleurs jaunâtres, commune dans les bois, et dont les enfants s’amusent à sucer la racine, à saveur assez douce. Citons aussi l’Astragale Pois-Chiche, des endroits incultes, l'Astragale de Montpellier, aux fleurs rouges ou blanches, ainsi qu’une dizaine d’espèces alpines. Mais c’est surtout dans les pays chauds que le genre revêt toute son ampleur. Ce sont alors des arbres ou des arbustes aux feuilles souvent transformées en piquants. Les plus connus sont l’Astragale à gomme, arbuste qui croît au Liban, en Syrie, en Asie Mineure, en Arménie ; l’Astragale vraie, de la Perse occidentale et l’Astragale au calice court du Kurdistan. Des blessures faites a l’écorce des branches de ces Astragales sort une sorte de gomme arabique qui, mise dans l’eau, a la propriété de sè gonfler énormément, mais sans se dissoudre : c’est la gomme adragante, qui a des applications multiples, notamment en pharmacie.
- Les Astragales sont suivis d’assez près par les Séneçons qui sont au nombre encore respectable de treize cents. Les petits oiseaux, lorsqu’ils apprendront cette nouvelle, vont se réjouir, car l’un d’eux fait leurs délices : c’est le Seneçon mulgaire qui abonde le long des chemins et dans les champs, et dont les feuilles tendres et les capitules constituent pour eux une nourriture très agréable. La France, d’ailleurs, possède'bien d’autres types de cette Composée, parmi lesquels le plus connu est le Seneçon Jacobée( ou Fleur de Saint-Jacques, abondant, en été, dans les bois et les prés, et dont les capitules jaunes sont assez décoratifs.
- Vient ensuite le genre Solanum, avec neuf cents espèces. Celubci est plus avantageusement connu puisqu’il renferme la Pomme de terre, la Douce-Amère (employée comme dépurative), l’Aubergine, la Morelle noire, ou Tue-Chien, dont les feuilles sont quelquefois employées en décoctions émollientes. Les autres se trouvent dans
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- les pays chauds et, si elles étaient mieux connues, seraient, sans doute, susceptibles de nombreuses applications.
- Nous tombons ensuite à la série des genres qui ne possèdent que- six cents espèces, de quoi, cependant, encore embarrasser plus d’un classificateur. Là se placent les Carex ou Laiches, hôtes des prairies humides et dont la détermination diflicile fait le désespoir des étudiants en sciences naturelles; les Centaurées, dont tout le monde conviait deux belles espèces, la Centaurée jacée et le Bluel; les Sauges, dont plusieurs sont cultivées dans nos jardins; les Poivres, dont on ne sait utiliser que deux espèces, le Poivi'e comestible et le Poivre Cubèbe; les Ficus,' plante d’une importance considérable, desquelles on retire du caoutchouc et dont quelques-unes, le « Ficus elastica », par exemple, est cultivée dans nos appartements ; les Euphorbes, cpii chez nous sont des végétaux insignifiants aux fleurs vertes, mais qui, dans les pays tropicaux, constituent de gigantesques plantes grasses ; les Crotons, également des Euphorbiacées, dont l’un d’eux nous donne l’huile de Croton; les « Eugenia », dont une espèce des Molu-ques est assez importante, car elle nous donne les clous de girofle.
- Le chiffre de cinq cents espèces se rencontre chez les « Psycholria », ce qui étonnera quelque peu, car nos lecteurs lisent probablement ce nom pour la première fois et les Acacias, ce qui n’étonnera personne quand j’aurai rappelé que ce sont eux qui constituent les Mimosas, cultivés comme fleurs de bouquets dans le midi de la France et que ce sont eux qui fournissent la gomme
- arabique, aux « sortes » nombreuses. A côté d’eux, il faut placer les « Vernonias » (.45o), de nobles inconnues et les Bruyères, au nombre de 420, dont la si jolie teinte rose égaye tant nos landes et nos coteaux arides. Viennent ensuite les genres à quatre cents espèces : les «Peperomia », plutôt peu connus; les Casses ou Sénés; les Phyllanthes, de la famille des, Euphorbiacées ; les Gentianes, aux fleurs bleues ou jaunes, hôtes de nos montagnes ; les Eupatoires,. dont l’une d’elle, dite à feuilles de chanvre, est très commune le long de nos ruisseaux; les « Hieracium » ou Epervîères, dont la détermination n’est pas précisément commode ; les « Cypé-rus » ou Souchets, auquel nous devons les papyrus égyptiens ; les « Habenaria », parmi lesquels les orchi-dophiles peuvent exercer leur passion; les « Indigo-fera » qui, jadis, avec l’indigo, ont eu leur période de gloire.
- Arrivons, maintenant, aux genres à trois cents espèces. Ce sont les Dendrobium» et les Oncidiums que l’on peut admirer dans les serres d’Orchidées ; les Mesembrianthèmes, curieuses plantes grasses; les Silènes, peu rares chez nous dans les bois ou le long des chemins; les trèfles! que mangent les bestiaux sans se préoccuper de leur nature spécifique; les Baccharis, Composées américaines ; les Caille-lait, dont le nom indique bien l’utilisation ; les Ipomées, dont les racines sont utilisées en médecine et les Hyptis, dont la réputation 11’est plutôt pas mondiale.
- Comme on le voit, il y a encore de beaux jours pour les collectionneurs de plantes et les confectionneurs d’herbiers! .Henri Coupin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Mastic pour glaces. — Les lecteurs d'Omnia donnent quelques formules de mastic pour glaces.
- L’un d’eux a retrouvé la formule d’un mastic au caoutchouc qui est employé pour le lutage des appareils de chimie et de physique ; il reste longtemps ductile sans sécher. Pour le préparer on fait fondre à feu doux du caoutchouc naturel; quand il est. en fusion, on y ajoute 12 à i5 parties de suif en ayant soin de remuer le mélange jusqu’à ce qu’il se présente sous la forme d’une pâte bien homogène. Puis, toujours en continuant à remuer, on y mélange encore de la chaux bien éteinte, en poudre, jusqu’à ce que l’ensemble ait pris une consistance suffisante. La quantité de chaux à incorporer dépend de la ductilité à obtenir; avec une partie de chaux on a un mastic mou ; à parties égales il est dur et il présente l’avantage de toujours rester parfaitement élastique. Pour l’employer, on se sert d’une spatule lorsqu’il est encore tiède ou d’une lame légèrement chauffée s’il est froid.
- Voici un autre mélange : résine, 3 parties; cuir, 1 partie, suif, 1 partie, brique pilée ou blanc de Troyes, 4 parties. Le tout fondu à feu doux dans une casserole en agitant constamment le mélange.
- Mastic à la gutta : on mélange 1 partie de poix de cordonnier et 1 partie de gutta, le tout fondu à feu doux. Pour l’employer, on le ramollit dans l’eau chaude à 5o° ; comme il pourrait adhérer aux mains, on les frottera auparavant avec un peu d’huile.
- Pour gommer les étiquettes à l’avance. — La particularité fort avantageuse de cette gomme, et qui la rend précieuse quand il s’agit d’enduire à l’avance des étiquettes qu’on laissera sécher pour ne les coller que plus tard, c’est que le papier qui en est enduit ne risque pas ensuite de se rouler sur lui-mème. La base de cette gomme est de la gélatine de bonne qualité que l’on met à tremper durant une nuit dans de l’eau : on en prend a5o grammes. On fait fondre cette gélatine au bain-marie, puis on l’additionne de 5o parties de sucre, de iode glycérine, et enfin de ia5 parties de gomme arabique dissoute à froid d’avance dans un peu d’eau. Il faut ajouter assez d’eau pour que la préparation en contienne en tout un millier de parties. On doit appliquer cette gomme sur le papier tandis qu’elle est encore tiède.
- Procédés d’imperméabilisation du béton.— La valeur du béton dans les constructions serait considérablement augmentée si l’on parvenait à le rendre imperméable. Autrefois, le mélange fait à sec des parties constituantes laissait à la niasse une très grande porosité ; mais en mouillant convenablement, comme 011 le fait maintenant, pendant le malaxage, les parties, eu poudre fine, sable et ciment, peuvent s’interposer dans les vides laissés par les cailloux et augmenter l’étanchéité. Toutefois, il reste toujours des bulles d’air emprisonnées, et quand l’eau en contact avec le béton atteint une pression de 2 kg 8 à 4 kg 2 par centimètre carré, des infiltrations se produisent.
- M. Gaine, chimiste du service des eaux à New-York, a montré par des expériences concluantes que l’addition d’une faible proportion d’alun et d’argile en poudre fine au béton de ciment de Portland augmente en même temps l’imperméabilité et la résistance à l’écrasement et à l’arrachement.
- Bien que le nombre et la durée des essais 11e soient pas considérables, Y Engineering Record, qui en .rend compte, pense qu’il y a là matière à recherches intéressantes.
- M. Gaines affirme du reste que l’étanchéité obtenue n’est pas simplement superficielle, mais qu’elle s’étend à toute la masse ;, la construction de Faqueduc de Catskill, à New-York, va lui offrir un nouveau champ d’expériences ; . .
- Cire à cacheter « Alpha ». — On utilise aujourd'hui beaucouji plus la cire que la ficelle pour faire les paquets; mais on emploie aussi de plus en plus pour les emballages des papiers très, glacés, parcheminés, huilés, etc., qui sont imperméables. Or la cire ordinaire adhère très mal aux papiers de cette sorte et il est souvent utile de compléter le paquetage au rnoyen d’une ficelle pour plus de sûreté. La cire « Alpha» a été composée de telle sorte qu’elle fonde aussi facilement qu’aucune autre au contact d’une flamme, mais elle fait prise et adhère fortement sur les papiers glacés et huilés ou bisulfités. Son prix est le même que celui des cires ordinaires à paqueter, soit environ o fr. 10 le bâton. — Se trouve chez les marchands de couleurs, les papetiers, etc.; vente en gros chez M. Mathieu, 29, rue de Valois.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. —- Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communication. — Le théorème de Fermât. — A propos du théorème de Fermât, dont nous avons parlé dans notre compte rendu de l’Académie des Sciences du n° 1874, 24 avril 1906, M. Barbitte nous écrit : « i° Fermât ne dit pas que sa démonstration de l’impossibilité de l’équation x° -j- yB — z”, pour n plus grand que 2, soit simple ! Il dit, au contraire, qu’il en possède une démonstration curieuse, mais qu’elle ne tiendrait pas dans l’exiguïté de la marge (traduction littérale). 2" La Société des sciences de Gottingen dispose d’un legs de 100000 marcs, soit i25ooo fr. (et non 100000) qu’elle donnera à celui qui trouvera une démonstration générale de ce théorème.
- Renseignements. — M. A. Clienellement, à Metz.— Il est bien difficile de donner un conseil dans cette cir-
- constance — sans connaître le malade. Est-ce l’abus des anesthésiques, des stupéliants qui a conduit â l’insomnie? Est-ce la violence des douleurs de la sciatique? Est-ce l’inactivité? En général. Pour combattre l’insomnie le mieux est d’avoir de la fatigue physique — marche, exer-~ cices — suivis d’un grand bain, le soir. Le malade peut-il se prêter à ces exercices? Ou bien on peut employer la série des narcotiques depuis l’eau de fleur d’oranger à hautes doses jusqu'à la morphine, en passant par le sulfonal, le véronal, la codéine, l’héroïne. Mais il faut avant tout que le médecin du malade donne son avis.
- M. S. Mariand, Lisieux. — Vous trouverez tous renseignements dans le Manuel pratique du doreur sur métaux, del EncyclopédieRoret, chezMulo, éditeur, rue Hau-tefeuille, Paris, prix, 3f‘,5o.
- M. Large, à Albigny. — Contre les mauvaises herbes arroser soit avec du pétrole étendu, soit avec de l’eau salée, ou encore avec une solution de sulfate de fer à haute dose ou de sulfate de cuivre.
- E. C., au Caire. — Vous trouverez le briquet; en question chez M. Renaut, 4L boulevard de Strasbourg, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le nouveau hangar militaire de Moisson : Lucres Fournier. -— Un mirage vertical : Edouard Monod-Herzen. — L’histoire géologique de la Chine : L. De Launay. — La flore des prairies et les engrais : Henri Rousset. — Une merveille de précision : les calibres de Johansson : R. Villers. — Académie des sciences; séances des iei et 7 juin 1909 : Ch. de Villedeuil. — Lignes électriques à 100 000 volts : A. Troller.
- Supplément. — La formation des nuages. — L’arsenal maritime du Cap de Bonne-Espérance. — Congrès de la moto-culture, etc. — La crampe des écrivains. — Les pigeons voyageurs militaires. — Les sondages de l’atmosphère dans l’Est-Africain.
- Nouveau manuel complet de linotypie. La linotype à la portée de tous, par H. Giraud, mécanicien-électricien au journal La Dépêche de Brest. 1 vol. in-18 orné de 36 ligures. Mulo, édit. , rue Hautefeuille, Paris. Franco contre mandat-poste. Prix : ifr,5o.
- Ce petit ouvrage qui appartient à l’Encyclopédie Roret est l’oeuvre d’un praticien, habitué aux machines à composer. Le chapitre premier traite du fonctionnement de la linotype; le chapitre deuxième donne des détails, très complets sur l’entretien et le réglage des différentes pièces ; le troisième chapitre indique les avaries et réparations; le quatrième chapitre donne les instructions aux opérateurs, le dernier chapitre donne des détails sur la machine à double magasin.
- Eléments de locomotion aérienne, par L. Baudry de Saunier, 1 vol. illustré de 200 p. 1909. Bibliothèque Omnia, 20, rue Duret, Paris.
- La conquête de l’air est aujourd’hui un fait accompli : M. Baudry de Saunier a entrepris d’en montrer au grand public les diverses phases et de lui faire comprendre, simplement, mais cependant avec précision, les résultats actuellement acquis. Dans un langage clair et spirituel, M. Baudry de Saunier étudie l’océan aérien et les engins capables de le parcourir : le ballon sphérique, le dirigeable, l’oiseau et son imitateur l’aéroplane. Une illustration abondante et fort bien choisie, rend plus aisée encore la lecture de ce livre qui sera apprécié de tous ceux qui n’ont pu suivre de près l’évolution de ces dernières années, et tiennent cependant à1 la connaître, sans trop de fatigue.
- Annuaire de route de VAutomobile-Club de France. Edition décennale 1909. 1 vol. 760 p. Automobile-
- Club de France, 8, place de la Concorde. Paris. Prix : 2fr,5o.
- ire partie : France-, 2e partie : Europe-, 3e partie : Algérie, Tunisie, Corse, Egypte. — Pour chaque localité sont indiqués : centres de tourisme, sociétés correspondantes (Automobile-Clubs), syndicats d’initiatives, hôtels, restaurants, auberges, constructeurs, mécaniciens et garages, photographes, stockistes et. agents officiels de pneumatiques, d’automobiles, d’antidérapants et d’accumulateurs, dépositaires d’essences et, d’huiles, loueurs d’automobiles, agents des compagnies maritimes. Le volume donne en outre des renseignements généraux sur les douanes, la circulation, les routes interdites, les transjiorts terrestres et maritimes, les taxes et impôts, poids et mesures, monnaies, tarif des colis postaux, taxe télégraphique, prix moyen de l’essence et de l’huile, journaux sportifs. — La 4° partie indique 58 grands itinéraires français et européens, accompagnés d’une carte d’Europe en 4 couleurs. — La 5° partie décrit sommairement les zones suivantes : Massif de la Chartreuse, Bas-Vivarais et Lozère, Pyrénées-Centrales, Périgord, Forêts de l’Ile-de-France, Aude et Ganigou, Vosges, Forêt Noire et bords du Rhin, Tyrol.
- Das Warmbad als Mittel zum Treiben des Pflanzen, par le D‘ Hans Molisch. Iena, G. Fischer, 1909. 1 br, 8°, 38 p., 1 mark.
- Etude.expérimentale, suivie d’indications pratiques, sur le procédé de forçage des plantes au moyen de bains chauds.
- Livre d'or des connaissances utiles, Arts et Métiers, par Marcel Bourdàis. i vol. 675 p. Prix • 3fr,5o, chez Camille Robb, 2o3, rue Gambetta-Lille.
- Canots automobiles et house-boats, par J. Izart, ingénieur civil des mines. In-8 de vin-25op., avec i32 ligv Relié en cuir souple. 6tr,5o, chez H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris.
- Ce livre, éerit « sous une forme familière, » met au point la technique du petit bateau mécanique.
- La route moderne-, par Jules Vinsqnneau, ingénieur civil. Jn-8° de 200 p., avec 24 fig. Broché, 6 françs; chez H. Dunod et E. Pinat, Paris.
- Le livre de M. Vinsonneau réunit les documents relatifs à la suppression de la poussière par un traitement de la masse même.des matériaux de la route.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th.
- Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES m: matin i- ' T11HKMOMÈTKE VE munci'io.N m: 0 NT ET ÈOllCE •\ 9 ÉTAT 1)U CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi» 7 juin 1909. . Mardi 8 ....... llu,0 119,7 .N. N. N. E. 2. 2. (j'i- nuages. Beau. )) » Halo ; rosée; faible brume) ; peu nuageux. Rosée; beau.
- iMoi'CPorii 9 ' 12'\9 ' 12\0 9\i 11°, 4 10°.8 N. 1. Beau. » Dosée; brume; très peu nuageux. Bosée ; bruine ; halo ; nuageux. Gouttes de 10 h. à 10 h. 43; très nuageux.' Rosée; brume; pluie entre 13 h. et 19 h. 30 avec un peu de grêle. Bosée; bruine; gouttes à 8 b. 33; halo; très, nuageux.
- .N. 2. Nuageux. Très nuageux. »
- 11 N. 4. 0,0
- N. N. W. 2. Nuageux. Eouveri.
- Dimanche 13 N. 3. (KO
- JUIN 1909. — SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 JUIN 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 2 au i3 juin. — Le 2. Dépression sur tout le N. : lfernosand, 704; fortes pressions sur les Iles-Britanniques et la mer du N. : Ecosse, 767. Pluies sur le N. et 10. ; en France (orages) : Calais, 19 mm; Nantes, 16; Cherbourg, 11 ; Le Mans, 6; Lorient, 5; Biarritz, 2. Temp. du matin : Arkangel, 70; Paris, 16; Alger, 22; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris : 180 (normale : 15°,3). — Le 3. Fortes pressions sur les Iles-Britanniques et la mer du N. : Irlande, 771. Dépressions sur l’O. de la France et le. N. ,de l’Espagne (La Corogne, 751) et la Russie : Saint-Pétersbourg, 75o. Pluies sur l’O. et le N.; en France : Dunkerque, 16; Le Mans, 11; Paris, 7; Biarritz, 5; Nantes, 3; Cette, 2. Temp. du matin : Arkangel, 4°; Paris, 14 ; Nice, 21; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris : iô°,9 (normale : i5°,4). — Le 4- Dépression sur l’O. avec violents orages et chutes d’eau : Calais, 54 mm d’eau; Ouessant, 33; Cette, 29; Cherbourg, 25; Paris, 20; Rochefort, 12. Temp. du matin : Arkangel, 20; Paris, 1.4; Perpignan, 18; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : i5°,2 (normale'.: i5°,5). — Le 5. Même situation. Orage violent à Paris avec grêle. Temp. du matin : Arkangel, 3°; Paris, 12; Alger, 20; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : i4°,8 (normale : i5°,6). — Le 6. Relèvement de pression sur l’O. : Horla, 768; La Corogne, 767; Varsovie, 752. Pluies sur le N., le Centre et l’O.; en France : Gap, 12; Perpignan, 4; Paris, Cherbourg, 3; Nantes, 1. Temp. du matin : Arkangel, 4°; Paris, 10; Alger, 21; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : 12°,6 (normale : 15°,7). — Le 7. Hausse continue et générale : minima sur le golfe de Gascogne et la Russie O. (Saint-Pétersbourg, 753); Lisbonne, 765. Pluies sur le Centre et 10.; en France : Nancy (orage), 11 ; Le Mans, 10; Biarritz, Lorient, 4; Paris, 1. Temp. du matin : Arkangel, 70; Paris, ii°; Alger, 18:; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris i3°,8 (normale : i5°,8). — Le 8. Aire de pression supérieure à 766 de l’Angleterre à l’E. des Açores : Valencia, 768; Uleaborg, 750. Pluies sur le N. et l’0. ; en France : Brest, 17 (orage) ; Lorient, 11; Clermont, 3; Bordeaux, j. Temp. du matin : Ulea-
- borg, 6°; Paris, 12; Alger, 21; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i4°,i (normale : i5°,9). — Le 9. Pression supérieure à 765 sur l’Islande, les Iles-Britanniques et le N.-O. de la France, voisine de 762 sur le S., et basse sur le N. : Carlsbad, 753. Pluies sur le N. et le S.; en France : Toulouse, 5; Perpignan, Le Grognon, 2 ; orages : La Coubre, ,Aigoual, Lyon. Temp. du matin : Bodoe, 6°; Paris, 13 ; Alger, 20; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i5°,3 (normale : 160). — Le 10. Anticyclone de l’Islande aux Açores : Valencia, 769 ; dépressions sur le S. de la France et la Finlande (yS6). Pluies sur le N. et le S.; en France (orages dans le Midi) : Chassiron, 37; Cap Bearn, 9; Biarritz, 6; Belfort, 3; Nice, 2; Bordeaux, 1. Temp. du matin : Stockholm, 70; Paris, 12J; Alger, 18 ; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris, 14°j2 (normale : 16®,2). — Ze 11. Vaste zone de basses pressions sur l’Europe Centrale et la Méditerranée : Prague, 754; Nice, fortes pressions sur l’Atlan-
- tique, des Açores à l’Islande. Pluies sur le N. et le Centre; en France : orages sur le S. : Pic du Midi, 53; Sicié, 46; Nice, 24; Toulouse, 20; Belfort, 19; Nancy, 16; Bordeaux, 9. Temp. du matin : Bodoe, 6°; Paris, 9; Alger, 20; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : ii°,2 (normale : i6°,2). — Le 12. Même situation, avec déplacement du minimum vers la Baltique : 701 ; fortes pressions sur les Iles-Britanniques, l’Espagne, la Russie. Pluies sur le Centre et l’0. : en France (orages) : Bordeaux, 27; Clermont-Ferrand, 25; Besançon, 19; Toulouse, 12; Le Havre, Dunkerque, 7. Temp. du matin : Stockholm, 8°; Paris, 11; Alger, 21; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : io°,8 (normale : i6°,3). — Ze i3. Fortes pressions sur l’0. : Islande, 770; Bretagne, 767; basses pressions sur le Centre : Baltique, Hongrie, golfe de Gênes, 756. Pluies presque générales ; en France : Nancy, 8; Toulouse, 6; Lé Havre, 5; Paris, Clermont, Bordeaux, 3. Temp. du matin : Bodoe, 70; Paris, 11; Alger, 23; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : i2°,8 (normale : i6°,4)- — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 11, à 2 h. 52 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VJ*)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de I indication d’origine.
- N° 1883 — 26 JUIN 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- LE PRIX D’AVIATION DE « LA NATURE »
- - ' J ‘ '
- La^Ligue Nationale Aérienne vient d'arrêter le règlement sous lequel sera disputé le prix de a La Nature ». Ce prix est régi par les règlements de la Commission Aérienne mixte et de la Fédération Aéronautique Internationale.
- Art. ier. — Le prix du journal « La Nature » d'une valeur de 10 000 francs sera attribué au premier aviateur qui aura franchi, en France, en moins de 2 heures, une distance de 100 kilomètres, mesurée en ligne droite (telle qu'elle est définie à l'article 2).
- Art. 2. —‘Le parcours pourra être effectué sur l'itinéraire choisi par l'aviateur ; mais la Ligue Nationale Aérienne se réserve la faculté, si elle le juge nécessaire, de modifier cet itinéraire s'il'n apparaît pas conforme aux conditions du Concours.
- N. B. L'appareil devra partir d'un point situé dans un cercle de 1 kilomètre de rayon et atterrir dans un cercle de 1 kilomètre de rayon également.
- Art. 3. —-Il est interdit de rouler sur les routes et en particulier d'y prendre le départ ou d'y atterrir, à moins d'autorisation spèciale donnée par la Ligue Nationale Aérienne après entente avec les autorités compétentes.
- Art. 4. — L'aviateur devra faire parvenir à. la Ligue Nationale Aérienne son engagement écrit 3 jours au moins avant le jour indiqué pour Vèjoreuve; 4 jours avant si le j)oint de départ est à plus de 100 kilomètres de Paris.
- L'engagement fera connaître le nom du Commissaire responsable de l'organisation de l'épreuve dont le concurrent aura dii s'assurer personnellement le concours.
- H devra être accompagné d'une somme de 100 francs représentant le droit d’engagement (non remboursable, sauf le cas ou l'engagement ne serait pas accepté:). U sera donné au concurrent un reçu, provisoire de cette somme.
- Sur le terrain et avant le départ, le Commissaire responsable fera signer au concurrent une feuille cl'engagement du modèle en usage à la Ligue Nationale Aérienne, formule dont le talon servira de reçu définitif au concurrent.
- Art. 5. — Si c'est la première fois que le concurrent prend part à .des éj)reuves de la Ligue Nationale Aérienne, il devra, avant ijiie son engagement puisse être accepté, et huit jours au moins avant le jour indiqué pour l'épreuve, faire connaître par écrit à la Ligue Nationale Aérienne ses performances antérieures.
- L'engagement ne sera admis que si ces performances sont jugées suffisantes.
- Art. 6. — La Ligue Nationale Aérienne se réserve le droit d'installer sur Vappareil d'aviation prenant part à Vépreuve un appareil de contrôle et d'employer en outre tout moyen accessoire ,de contrôle qu'elle jugera convenable.
- Art. 7. — Le présent règlement est valable jusqu’au premier janvier 1910. Il pourra être modifié à partir de cette date, ci l'exception de l'article ior.
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- INFORMATIONS
- Le prix Osirls et l’aviation. — L’Institut, sur le rapport de M. Emile Picard, vient de décerner le prix Osiris, d'une valeur de iooooo l'r., à MM. Louis Blériot et Gabriel Voisin, pour leurs récents travaux et leurs expériences sur l’aviation. Rappelons que le prix Osii'is est décerné tous les trois ans à des personnalités scientifiques, littéraires, artistiques ou industrielles, dont les travaux méritent, dans l’intérêt général, d’être vigoureusement encouragés.
- Observations du Dr Le Bon sur la radioactivité.
- — Comme complément à l’article paru dans notre dernier numéro sur la dissémination de la radioactivité, nous recevons de M. Gustave Le Bon la lettre suivante, qui intéressera tous nos lecteurs : « Permeltez-moi de vous signaler une petite erreur dans votre article sur la radioactivité. Vous parlez du « cas problématique du potassium ». Les sels de potassium sont, en ellet, très peu radio-aclils, mais J.-J. Thomson a publié récemment un mémoire dans lequel il prouve que le métal potassium pur est notablement radio-actil' dans l obscurité. A la lumière du jour, ce métal est radio-actif au point de décharger l’électroscope en quelques secondes. Ces deux phénomènes sont particulièrement intéressants, car ils permettent de relier la radio-activité spontanée à la radioactivité artificielle produite par des causes diverses : chaleur, lumière, réactions chimiques, etc. Depuis bientôt dix ans, je tâche de montrer l’identité des deux phénomènes, très contestée encore par beaucoup de physiciens. J’ai longuement insisté sur cette démonstration dans mon livre VEvolution de la matière, dont la 18e édition entièrement refondue et considérablement augmentée vient de paraître. Cette identité entre la radio-activité spontanée et la radio-activité artificielle produite par la lumière et diverses causes, n’est pas du tout une vue théorique, mais un fait d’expérience. Les produits émis par un corps spontanément radio-actif, tel que l’uranium et ceux émis par divers métaux (aluminium, potassium, zinc, etc.) frappés par la lumière, ont des propriétés identiques. Ils rendent l’air conducteur de l’électricité, le rapport de leur charge électrique à leur masse est le même et ils sont également divisés par un champ magnétique. C’est précisément de ces similitudes que j’ai pu tirer la conclusion que la radio-activité, c’est-à-dire la déinalérialisalion de la matière, loin d’être un phénomène exceptionnel, est le plus commun des phénomènes de la nature. J’ajouterai que 1 illustre sir William Ram-say, qui a bien voulu consacrer un long mémoire à la répétition de mes expériences, est arrivé à des conclusions identiques aux miennes. »
- Les dernières fouilles d’Antinoë. — Nos lecteurs ont été à plusieurs reprises tenus au courant des belles fouilles dirigées en Egypte par M. Gayet, à Antinoë. L’exposition des objets rapportés de la dernière campagne et installés depuis peu au Musée d’Ennery, 5ç), avenue du Bois de Boulogne, ne le cède pas en intérêt aux précédentes. On y remarque, notamment, une demi-douzaine de momies encore enveloppées de leurs bandelettes et, par-dessus les bandelettes, du traditionnel costume funéraire (chemise en toile bise ornée, à la hauteur des épaules, sur les manches, de deux grands carrés de broderie en laine bleue ou violette et, sur le devant, de deux longues bandes parallèles brodées de fleurs piquées dans des vases ou de petites silhouettes d’arbres ou d’arbustes), le tout recouvert de cette toile spéciale, encollée d un apprêt rigide, oii des altistes traçaient le portrait du défunt à l’état de vie. L’un de ces portraits est un véritable chef-d’œuvre, qui rappelle les admirables peintures des expositions précédentes. Les momies étaient naturellement entourées, selon l’usage égyptien, des animaux familiers et de tout un mobilier des plus intéressants : grandes jarres à provisions .funèbres ; statuettes de divinités protectrices ; coussins ; chandelier trapu en terre cuite, dont la tige affecte la forme d’une spirale, d’un type jusqu’ici inédit ; vases en céramique, richement décorés d’une glaçure bleu paon aux reflets métalliques ; vases en terre légère ornés d’un décor alterné d hirondelles, de fleurs roses et-de feuillages verts; flacons lacrymatoires ; giundes couronnes en palmier tressé; lampes funéraires ; crotales en bronze doré, réunis par une lanière de cuir, que 1 on entrechoquait pour rythmer la marche des danseuses. Mais la curiosité va surtout à la grande vitrine du centre,.
- où M. Gayet a réuni les dépouilles d’une pleureuse isiaque, Isidora, dont le nom est inscrit sur les bandelettes dans lesquelles son corps lut serré, et d une autre pleureuse, sur le corps de laquelle on a retrouve, couché en travers et admirablement conservé, le cadavre du petit chien, compagnon assidu de sa vie. La première est ensevelie dans l’attitude habituelle aux pleureuses. Sur son visage on a rabattu les longues tresses de sa chevelure, et les sept voiles, imposés par la tradition.
- Un nouvel appareil de M. Marconi pour la production des ondes hertziennes. —- M. Marconi emploie, dans ses stations radio télégraphiques de Poldhu et de Glace Bay, un nouvel appareil pour la production des ondes hertziennes, appareil qui lui donne d’excellents résultats. Il permet de produire des oscillations électriques continues, non amorties, ce qui est, comme Ton sait, une condition essentielle : pour la bonne transmission des signaux et leur réception par des appareils syntonisés. L’appareil consiste essentiellement en deux condensateurs K chargés par une dynamo H, et reliés respectivement à des disques métalliques G,, C3 susceptibles de tourner à grande vitesse et reposant sur des bâtis 1), isolés du sol.
- Sur les mêmes bâtis repose un arc, mû à grande vitesse par la turbine ou le moteur T, et portant un disque A également isolé du sol.
- Sur ce disque frotte un balai en connexion avec le condensateur E, relié d’autre part en lv au circuit de la dynamo. Le disque tourne à grande vitesse entre C, et Cl ; des décharges passent entre les disques fixes et le disque mobile et provoquent la décharge oscillante du condensateur ; les oscillations produites sont a très haute fréquence. Comme le montre notre figure, le disque A est muni à sa périphérie de boutons régulièrement espacés par lesquels se produit la décharge. Si la surface du disque était lisse, il se produirait, en effet, des ondes trop rapprochées pour être utilisables radio-télégraphiquement ; on obtient ainsi une série régulière de trains d’onde formés d’ondes non amorties. Les premiers essais de cet appareil remontent à fin 1907.
- Influence des courants électriques continus sur la germination. — M. Lazerges s’est livré récemment à d intéressantes expériences relatives aux effets du courant électrique continu sur la germination.. Des lots comparés de germination d’orge, plante, prise comme sujet d’études, étaient tous placés dans l’obscurité, sur le même milieu nutritif, à la température constante de 270. Le courant, venant d’une pile de Daniell, était amené, dans le liquide où germaient les graines, par deux électrodes en charbon. Il résulte de ces recherches, faites avec beaucoup de précision, que, à partir d une intensité assez faible jusqu’à une intensité optima, le courant continu favorise la germination, mais qu’au delà de cette intensité il devient défavorable ; à partir d’une intensité un peu plus grande, les germinations se font très difficilement.
- Perse-Arabie. — Le Geological Survey de l’Inde a publié dernièrement des mémoires sur la géologie du golfe Persique et de ses rivages. Divers produits minéraux s’y rencontrent : le soufre à Khamir et àBostanah, où il est en poudre, disséminé dans une rhyolile blanche, réduite à l’état de poussière et décomposée, avec une certaine abondance de gypse; le minerai de fer (inexploitable) au sud-ouest de Mascate et dans les îles llormuz ; l'ocre rouge pure, dans les îles Hormuz, Ba Musa et Halul ; Y argile stéatitique, dans les environs de Mascate ; l’alun, sur quelques points de la côte. Le gypse est très répandu dans le golfe Persique, notamment à la base des îles Fars. Les rochers y sont parfois traversés par de la sélénite qui sert à la préparation du ciment appelé gaj. Les îles Hormuz possèdent aussi du gypse. Le sel se trouve en quantité illimitée le long de la côte. Celui d’Hormuz est imprégné d’oxyde de fer rouge; mais a lvamarij, 160 km de Bushire, il est excellent et abondant. On rencontre encore, le long de la côte, la pierre à bâtir et la pierre à chaux.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 'Electricité médicale
- Photographie <^§J3
- Un appareil pour bain de lumière électrique. —
- M. Miramond de Laroquette, médecin-major de l’armée, qui s’est déjà fait connaître par d’intéressants travaux sur l’action thérapeutique de la lumière à incandescence, vient d’imaginer un ingénieux appareil pour l’emploi du bain de lumière dans le traitement de diverses maladies. f; Ces bains qui, paraît-il, donnent de bons résultats dans certaines affections douloureuses, particulièrement la goutte et le rhumatisme, n’étaient employés jusqu’ici que dans quelques hôpitaux ou cliniques, parce qu’ils
- Appareil pour bain de lumière électrique.
- nécessitaient des appareils onéreux et encombrants. 11 n’y avait pas d’appareils permettant leur utilisation dans la pratique médicale courante. C’est cette lacune que vient combler « le radiateur photothermique » du Dr Miramond de Laroquette, appareil de petit volume, léger, portatif et tout à fait simple. Il se compose de deux valves qui s’ouvrent et se ferment sur une charnière et dont les courbures appropriées lui permettent de s’appliquer à n’importe quelle région du corps. — Dans chaque valve sont disposées trois lampes électriques d’intensité variable et dégageant à la fois une très forte chaleur (5o à i5o°) et une lumière intense (60, 100 et même 200 bougies). Cette lumière peut d’ailleurs être blanche ou de couleur, ce qui répond à certaines indications thérapeutiques, la lumière rouge et la lumière bleue ayant des actions sensiblement différentes dans les diverses maladies.
- Des fenêtres mobiles permettent la ventilation de l’air au niveau de la région traitée et un thermomètre inclus dans le cadre de l’appareil indique la température de l’air échauffé.
- On peut ainsi envelopper d’une atmosphère de lumière et de chaleur plus ou moins intenses, la partie malade (genou, épaule, thorax, abdomen, reins, etc.), et
- d’autre part on -peut disposer l’appareil tout ouvert au-dessus du sujet, dans son lit même, au moyen d’un cerceau qui soutient l’appareil et maintient soulevés les draps et couvertures. On obtient ainsi un bain Un malade général de radiations
- soumis au bain de lumière. lumineuses et calorifi-
- ques qui rappellent le bain de soleil employé par les anciens et qui, paraît-il, agit très favorablement dans certaines affections générales (arthritisme, anémie).
- h L’appareil se greffe sur n’importe quel courant électrique, ne nécessite aucune installation spéciale et peut être appliqué dans tout appartement où se trouve un circuit de lumière, la prise de courant se faisant simplement par un bouchon que l’on met à la plane d’une lampe quelconque.
- Le radiateur photothermique du Dr Miramond de Laroquette, a été récemment présenté à l’Académie de médecine par M. Delorme, médecin-inspecteur général de l’armée. Réellement ingénieux, simple et commode, il paraît devoir rendre aux médecins et aux malades les plus grands services. — Il est construit par la maison Helmreich, de Nancy.
- Glyphoscope Richard pour pellicules planes. —
- Nous avons signalé ici les perfectionnements apportés dans la fabrication des pellicules photographiques qui, jusqu’à ces derniers temps, étaient surtout employées en rouleau.
- Présentées aujourd’hui en pellicules séparées, comme les plaques sur verre, réunies en un seul paquet disposé pour faire rapidement la substitution d’une pellicule vierge à celle qui vient d’être impressionnée, elles sont appelées à avoir un grand succès auprès des opérateurs qui cherchent à éviter le poids et l’encombrement. M. Richard, le fabricant bien connu du vérascope, a voulu mettre l’emploi de ces nouvelles pellicules à la portée de tous, même de ceux qui ne peuvent acquérir qu’un appa-x'eil à bon marché, tel que le glyphoscope, et il a construit récemment un nouveau modèle de ce genre qui est spécialement disposé pour recevoir le paquet de pellicules. A l’arrière se trouve une sorte de boite C (fig. 1 ) qui fait corps avec l’appareil et dans laquelle vient s’encastrer complètement le paquet de pellicules F tel qu’on le trouve dans le commerce. La partie supérieure est à charnière, elle est échancrée de façon à laisser passer les extrémités des papiers qui servent à faire passer la pellicule impressionnée de l’avant à l’arrière. Un fond mobile B ferme hermétiquement le tout.
- La manipulation est si simple qu’elle ne nécessite aucune explication. Le glyphoscope ainsi disposé conserve tous les avantages de l’appareil destiné à recevoir des châssis ; comme lui il sert de stéréoscope pour examiner les positifs ; il suffit pour cela Fig. 2. — Le glyphoscope
- d’enlever la pla- transformé en stéréoscope,
- que A qui porte
- l’obturateur et les diaphragmes (fig. 2). Un châssis spécial S est livré avec l’appareil pour recevoir ces jjositifs à l’arrière ds la chambre ; on peut ainsi se dispenser d’acquérir un stéréoscope spécial et on a l’avantage d’obtenir une reconstitution exacte de la nature puisqu’on examine le paysage avec l’objectif même qui a servi à prendre le cliché. — Maison du Vérascope, 10, rue Ha-ïévy, Paris.
- Papier « Chloride » pour lanterne de laboratoire.
- — La lumière employée dans le laboratoire de photographie, peut être très abondante si elle est complètement sans action sur la surface sensible de la plaque.
- Il est indispensable, avant d’employer un écran pour la lanterne, de s’assurer au moyen d’un spectroscope, s’il 11’existe pas de rayons violets, comme cela arrive assez souvent avec les verres rouges achetés au hasard.
- L’amateur photographe n’a pas toujours un spectroscope à *sa disposition, mais en couvrant à moitié un morceau de plaque sensible et en le laissant 2 ou 3 minutes exposé à la lumière de sa lanterne, il verra au développement s’il y a un voile appréciable.
- Si la lumière, est bien inactinique, on ne devra pas craindre d’augmenter la surface de l’écran coloré qui ferme la lanterne. Comme les verres de couleur sont d’un prix assez élevé, et qu’on peut les casser, il est préférable de les remplacer par du papier fabriqué spécialement : il y en a plusieurs marques dans le commerce. Nous avons essayé récemment le papier Chloride de MM. Target et Ledoux qui nous a donné de bons résultats. Il est assez opaque, mais son pouvoir dispersif
- C F _
- Fig. 1. — Le glyphoscope pour pellicules plaues.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- est assez grand pour que l’éclairage soit suffisant. 11 donne une lumière verte très agréable qui ne fatigue pas la vue. Une seule épaisseur suffit, car il est très homogène et ne présente pas de trous qui laisseraient filtrer la lumière blanche. — Chez MM. Target et Ledoux, 26, rue Saint-Gilles.
- Mécanique <*<$>
- Machine Perkins à trancher le bois. — Celle machine sert à trancher surtout les moulures destinées à la confection des cadres.
- Il faut, on le sait, que la section de ces baguettes se fasse suivant un angle déterminé. Le même problème, du reste, se présente souvent dans les opérations de travail du bois que peut avoir à effectuer l’artisan ou l’amateur.
- La machine ci-contre est munie d’un plateau fixe en fonte et de deux plaques verticales mobiles, autour d’un axe vertical. On appuie contre l’une d’elles la baguette à trancher et l’opération s’effectue en abaissant simplement l’une des cisailles verticales que l’on aperçoit à l’ar-rière-plan du dessin.
- En faisant tourner la plaque d’appui, on arrive à opérer la section suivant tel angle que l’on désire. —- Cette machine est en vente dans les établissements Markt, 107, avenue Parmentier, Paris.
- Automobilisme
- Suspensions pour automobiles. — Les grandes vitesses réalisées par les véhicules automobiles font désirer l’amélioration de la suspension du châssis par les ressorts ordinaires de carrosserie : voici deux inventions dans cet ordre d’idées :
- La spirale est constituée par une boîte cylindrique articulée sur l’extrémité de la main où s’attache d’ordinaire le ressort à rouleaux employé, dans toutes les constructions automobiles.
- Dans cette boîte cylindrique est bandé un fort ressort spiral analogue aux ressorts de barillets d’horloges. Le
- Suspensions pour automobiles.
- Fig. 1. — La spirale. Fig. 2. —L’élasto-jumelle.
- ressort de carrosserie est articulé à un bras solidaire de la boîte cylindrique, au moyen de deux jumelles ordinaires des carrossiers.
- Il est facile de comprendre que le ressort spiral enfermé dans sa boîte-barillet se tend ou se détend plus ou moins en suivant les efforts qui lui sont transmis par le ressort plat et les jumelles.
- Les brusques ressauts produits parles trous et bosses de la route sont ainsi très amortis et ne se transmettent pas au châssis ni aux voyageurs;
- L’élasto-jumelle est d’une construction très simple, elle consiste dans l’interposition d’un gros cylindre de caoutchouc creux entre la main du châssis et le ressort de suspension habituel.
- Ce bloc de caoutchouc creux travaille h la compression-, pour cela, il est emprisonné entre deux. demi-boîtes cylindriques dont l’inférieure est reliée à un étrier coulissant autour du boulon [qui traverse l’œil de
- Machine Perkins.
- la main du châssis, comme le montre notre figure 2.rLc ressort plat est fixé à cet étrier qui remplace les jumelles.
- Les réactions des ressorts ne se transmettent plus au châssis que par l’intermédiaire des blocs de [caoutchouc creux très élastiques et la suspension de la [voilure est notablement améliorée.
- Lm spirale est en vente,. 26, rue du Pont à Neuilly-sur-Seine et LJélasto-jumelle, chez M. A. Joly, ia3, boulevard Pereire à Paris.
- Divers
- Protège-chèques. — Ce petit instrument est extrêmement simple ; néanmoins,les services qu’il est appelé à rendre sont hors de proportion avec son apparence~el son prix.
- C’est une pince nickelée, munie de deux roulettes d’acier moleté, qui doit éviter aux chiffres ou aux lettres écrits sur un chèque ou toute autre pièce commerciale,
- Le protège-chèques.
- les tentatives malhonnêtes de quelque employé indélicat.
- En elîet, sur les caractères que l’on veut préserver de toute altération artificielle, on forme,- au moyen de cet appareil, un gaufrage quadrillé en relief : impossible de tenter grattage ou surcharge, sans que le gaufrage endommagé ne révèle aussitôt le délit et ne trahisse le coupable.
- Le mode d’emploi consiste uniquement à prendre l’instrument entre le pouce et l’index et à serrer le papier à l’endroit voulu; on tire à soi; les molettes quadrillées s’impriment sur le papier. — L’instrument est en vente aux magasins Markt, 107, avenue Parmentier. Paris.
- Pèle-orange. — Voici un appareil, nouveau, très simple et très ingénieux, très élégant aussi. Il permet
- d’ouvrir et d’éplucher une orange le plus proprement du monde. C’est une tige de fer-blanc recourbé ; à une de
- Fig. 1 et 2.
- Fente de l’écorce du fruit
- ses extrémités, le fer est rabattu et forme une petite lame dentelée : elle sert à fendre l’écorce sur tout le
- pourtour de l’orange. Dans la fente ainsi tracée, on glisse l’extrémité recourbée de la tige et, en tournant, on sépare le fruit de son écorce.
- Fig. 3 et 4-
- Enlèvement de l’écorce et du zeste.
- Enfin, avec la petite lame dentelée, on enlève le zeste. •*— L’instrument est en vente chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg. Prix : nickelé, o fr. 45.
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- VARIÉTÉS
- Les nuages et la distribution des végétaux dans les Pyrénées centrales, Dans le massif des Pyrénées centrales françaises les, nuages ne se forment pas à une altitude quelconque.. Il , résulte des, observations poursuivies depuis de longues - années 4 Bagéèresde-Bigorre et à l’Observatoire du Pic du Midi par M, Em. Marchand, directeur de cet établissement, que, sur le versant Nord de la chaîne, ces. nappes, nuageuses se forment principalement dans; unp couche dont la limite inférieure est comprise, entre 700 et 1200 m., tandis que celle supérieure varie de i5oo à 2200 m. L’épaisseur moyenne des nuées s’accumulant dans cette zone est de 800 à 900 m. Dans cet ensemble, il importe de noter que la fréquence la plus grande se rencontre pour la couche comprise entre 1400 m. et 1800 m., puis quelle décroît pour celles de 1100. à i3oo et de 1800 à 1900 m. et qu’elle est plus faible encore, pour les altitudes de 900 à 1000 et de 2000 à 2200 m. Eu définitive, le maximum d’humidité se trouve entre 1400 et 1800 m. et, de cet état de choses, il découle, pour la région correspondante, un réel exoès d’eau avec une évaporation moins forte que pour les autres portions de ce sol. Cette plus grande fréquence des brouillards et de leurs conséquences doit avoir une influence sur la distribution des végétaux s’étageant sur les pentes, et précisément le fait se trouve mis en lumière par les observations de M. Bouget, botaniste à l’Observatoire du Pic, qui s’est attaché à cette élude depuis une vingtaine d’années. MM. Marchand et Bouget ont publié leurs, observations sur cette question intéressante dans le Bulletin de la Société Bamond, 4° trimestre, 1908.
- Dans ce travail figure une liste de trente-cinq espèces
- paraissant fuir la zone brumeuse'comprise entre 1000 et 1900 m. En effet, entre 5oo et 1000 m. se rencontrent, et exclusivement sur les régions calcaires (jurassiques ou crétacées) des stations importantes de plantes alpines que l’on ne trouve plus, sauf de très rares exceptions, après ces stations anormales, que dans leur habitat régulier, c’est-à-dire axi-dessus de 2000 m. Inversement, des plantes de basse région, faisant défaut dans la zone à nuages se rencontrent sur les territoires supérieurs entre 1800 et 23oo m. Cet excès d’humidité correspondant avec l’absence plus grande de chaleur solaire, en plus de son
- influence si nette sur l’habitat des végétaux, provoque également des anomalies très accentuées sur les phénomènes de floraison. Aussi la flore des pâturages persistant dans la zone en question est pauvre en espèces, la multiplication s’y faisant surtout par voie végétative, et seules peuvent s’y maintenir les plantes capables d’acquérir ce mode de reproduction, ou de devenir vivaces. De même, pour certaines plantes, la floraison commence d’abord parles hautes régions, inversion dont il faut rechercher les causes par la radiation solaire plus intense et plus longue, une fois la zone nébuleuse franchie. A cette même circonstance se rattache le fait observé d’une deuxième floraison entre le ier et le 20 octobre, vers 2000 m. d’altitude.
- Notons encore que les sapins s’arrêtent vers la limite supérieure (1800 m.) de la zone très nuageuse, tandis que le pin des montagnes ne commence qu’au-dessus. C’est d’ailleurs à partir de cette limite (2000 à 2600) que les phénomènes redeviennent réguliers pour ce qui se rapporte aux phases de la végétation alpine de ces régions. L. R.
- Mer de nuages, vue du Pic du Midi : formée dans la zone maximum entre 1400 et 1800 mètres.
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en mai 1909, par M. Th. Moureaux.
- La pression barométrique est encore en excès, de 2mm,63. La température, i3°,27, est à peine .plus élevée que la normale ; relativement basse dans les premiers jours du mois, elle subit une hausse notable du 5 au 8, puis une seconde, plus accentuée, du 19 au 25, l’excès sur la normale atteignant près de 8° le 23; ce jour-là, le thermomètre s’est élevé jusqu’à 3o°,2, chiffre qui n’avait pas été observé en mai depuis 1892. Le minimum absolu, — i°,4, est tout à fait exceptionnel, et figure pour la première fois dans notre série d’observations.
- On a noté seulement 9 jours de pluie, au lieu de i3; la journée du 25 en a fourni 23mra,4; néanmoins le total du mois, 45ram,6, est encore un peu inférieur à la normale. Le ciel a été très beau pendant toute la première quinzaine ; comme en avril, la nébulosité est faible et 1 insolation très forte, le Soleil s’étant montré pendant 3i5 heures, tandis que la moyenne n’est que de 227 heures.
- On a observé 11 gelées blanches, la dernière à la date du 16. Il est tombé un peu de neige le ier.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 759""",73; minimum absolu, 748“'",9 le 17 à
- 3’1 3o“ ; maximum absolu, 768“"“,9 le 3 à 10 heures; écart extrême, 20mm,o.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, 6°,25 ; des maxima, 190,97 ; du mois, 13°, 11 ; des 24 heures, i3°,27; minimum absolu, — i°,4 le 2; maximum absolu, 3o°,2 le 23. Amplitude diurne, moyenne du mois, 13°,72 ; la plus élevée, i9°,8 le 21; la plus faible, 8°,o le 26. -— Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 2°,8i ; des maxima, 440’^7; minimum absolu, — 5°,0 le 3; maximum absolu, 55°,o le 23. —Dans le sol gazonné : moyennes du mois ; profondeur om,3o : à 9 heures, i2°,89; à 21 heures, i3°,62; profondeur om,65 : à 9 heures, i2°,09; à 21 heures, i2°,n; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, n°,2i, à 21 heures, ii°,26. — De la Marne : moyenne le matin, i5°,28; le soir, i5°,8o; minimum, i2°,io le 4; maximum, i9°,34 le 3i.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 6mm,9o; minimum, 2”"“,4 le 7 à 17 heures; maximum, i5mm,3 le 22 à 17 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 62,4; minimum 14, le 7 à 17 heures; maximum 100 en 3 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.); 3,07;
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- 7 jours avec ciel pur, du 4 au 8, le 11 et le 20; maximum i),3 le 2$.
- Insolation : durée possible, 472 heures; durée effective, 3a5h2 en 3i jours; rapport, 0,69.
- Pluie : total du mois, 45mm,6 en i9h2.
- Nombre de jours de pluie, 9; de pluie inappré-
- ciable, 1 ; de neige y I ; de grêle 2 ; d ; gelée, 2 ; de
- gelée blanche, 11 ; d e r osée, 13 ; d orage, 3 ; d’éclair s, 1;
- de brume, 4; de halos, 6.
- Fréquence < les vents : calmes, 5
- N. . . 46 S. E. . . . i3 W , 21
- N. N. F , # 118 S. S. E . 3o W . N. W. 18
- N. U . , i44 S 45 N. W . . 2 9
- E. N. E . . 81 s. S. W . . 48 N. N. W. 3o
- E. . . # 76 s. w . . . 24
- E. S. E • . 6 w . s. w. . 10
- seconde : moyenne des
- Vitesse du vent en mètres par 24 heures, 3m,74; moyenne diurne la plus grande, 6"',8 le 5; la plus faible, 1m,4 1g 3o ; vitesse maximum en T5 minutes, i3m,3 le ier, de i5hi5m à iS'13om par vent
- N. N. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 12m,59 ; minimum, 2m,27 le 23; maximum, 2m,89 le 7.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, -}-2mm,63; température, +o°,26; tension de la vapeur, — Omm,87; humidité relative, —-8,1 ; nébulosité, —2,58;
- pluie, — 2ram,2; jours de pluie,—4! insolation, —|- 98114-Taches solaires : on a suivi 5 taches ou groupes de taches en 28 jours d’observation.
- Perturbations magnétiques : Faible le 27-28; fortes les 18 et 19; très fortes les 14 et i5.
- Radiation solaire (Pyrhéliomètre d’Angstrom) : 41 observations en 19 jours. Les valeurs les plus élevées, exprimées en calories par centimètre carré et pue minute, sont : le 27 à iih4m; ical,2Gi le 4 à
- i3hi6m et le i3 à ioh46m; i°al,278 le 7 à ioh45m; i°al,3o8 le 8 à ioh52ra et 1 *5al,316 le 3 à ioh48m.
- Mouvements sismiques : Très faibles, le 17 de 8h 28“ à 8h 57™ (t. 1.), le 18 de 17''36“ à 17'" 54m et de 19** 3'“ à i9h i2m, le 3o, entre 2ih 39'“ et 23 heures.
- Floraisons : Le ier, pommier de plein vent (reinette de Canada) ; le 2, cognassier, lilas de Perse, arbre de Judée; le 3, géranium à feuilles rondes; le 5, herbe à Robert, glycine; le 6, belle d’onze heures, pivoine en arbre, fusain à larges feuilles ; le 7, barbeau vivace; épine blanche; le 9, germandrée, muguet, arum; le 10, saxifrage mignonnette, iris germanique, sorbier des oiseleurs; le 11, cytise faux ébénier, spirée, épine rose double; le 12, sceau de Salomon, vipérine, ancolie; le 13, alisier des bois; le 1.4, rhubarbe; le 15, sorbier hybride; le 17, vegelia, pivoine herbacée; le 18, leucanthemum des prairies, lyclmis des champs; le 19, thym, pimprenelle; le 20, fusain verruqueux, fumeterre, julienne, eoto-neaster, chèvrefeuille; le 21, acacia blanc; le 22, réséda des chemins; le 23, framboisier, sauge des prés, sureau commun; le 2.4, rose de Bengale, buisson ardent; le 2), sureau à feuilles panachées, nerprun, polémoine, campanule à fleurs en tète; le 26, épine-vinette, seringa, geum urbanum ; le 28, tradescantia de Virginie, hémé-rocalle jaune; le 27, sauge officinale, deutzia scabra ; le 29, scabieuse colombaire, coquelicot, églantier; le 3o, douce-amère, cornouiller ; le 31, sureau à feuilles tic chanvre.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’éther comme antiphlogistique.— Quand survient sur un point quelconque une inflammation des tissus provoquée par une piqûre, une plaie, on se hâte de désinfecter laplaie, la région pour éviter l’infection qui peut en résulter et les accidents septiques. Quand cette inflammation survient sans plaie, par infection interne, ou comme suite d’un traumatisme n’ayant provoqué aucune lésion de continuité, 011 s’efforce de combattre cette inflammation naissante par des résolutifs. Dans le temps, c’étaient les pommades fondantes, les emplâtres, les cataplasmes ; aujourd’hui, ce sont les compresses chaudes et humides, les grands bains. L’action combinée de la chaleur et d’une atmosphère humide provoque l’augmentation de l’énergie de la phagocytose, de la lutte des leucocytes contre les microbes envahisseurs.
- Un chirurgien de nos hôpitaux a recours depuis longtemps à un moyen bien plus actif et qui lui a donné en maintes circonstances les succès les plus heureux. Avec quelle reconnaissance n’accneille-t-on pas une thérapeutique qui évite le baume d’acier et fait rentrer les instruments dans la trousse. Ce moyen, c’est l’éther en applications locales. Voici comment l’utilise le Dr Souli-goux à qui est dû ce procédé. O11 frotte la peau de la région malade avec une brosse à ongles naturellement stérilisée au préalable par une forte séance d’ébullition, puis on pose des compresses de gaze imbibées d’éther sulfurique. On recouvre d’une pièce de taffetas chiffon pour éviter l’évaporation trop rapide et on fixe le tout avec une bande de gaze ou de flanelle. Toutes les heures les compresses doivent à nouveau être humectées en ver-
- sant une petite quantité d’éther, sans défaire le pansement. Au bout de quelques jours ou voit l’abcès en formation rétrograder, le gonflement diminuer, la rougeur s’éteindre et tout rentrer dans l’ordre.
- Je 11e voudrais pas enlever au distingué chirurgien, ses illusions sur la priorité de cette innovation, mais je lui dirai que j’ai vu le professeur Valette, au début de mes études à Lyon, employer l’étlier en pulvérisations, non pas comme on l’a conseillé, pour combattre les névralgies, mais pour éteindre les zones progressives et envahissantes des érysipèles qui infestaient alors les salles de chirurgie. Le moyen ne lui parut-il pas efficace, je l’ignore et mes souvenirs sont trop confus sur ce point, mais il renonça bientôt à l’éther pour le remplacer par les badigeonnages au perclilorure de fer et au nitrate d’argent.
- L’éther a l’action la plus favorable pour la résolution des abcès en voie de formation, des adénites ayant tendance à suppurer. Comment agit-il et par quel mécanisme ! M. Sou-ligouxpense que, grâce à sa grande diffusibilité, il pénètre par les pores de la peau préalablement décapée, pour aller tuer les agents microbiens et exalter le pouvoir défensif des leucocytes. Un petit inconvénient de ce procédé, c’est le danger d’incendie et de brûlure du malade. L’éther est extrêmement volatil et peut s’enflammer à" grande distance ; aussi ce moyen ne pourra-t-il être conseillé sans grands risques dans une pièce où il y aura une lumière autre que l’électricité ou du feu dans une cheminée. Cela restreint un. peu .les applications de ce procédé, mais n’enlève rien à sa valeur. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Réparation des vases en verre. — On peut aveugler une fuite résultant d’une fracture d.ans un récipient en verre, en glissant dans la fente un peu d’un ciment fait de gélatine, de glu et d'acide acétique, que l’on a fait fondre à la chaleur. Ce ciment résiste à l’huile, et cela peut par conséquent réussir pour des burettes à huile.
- Vernis pour protéger de l’eau la peinture sur coton.
- — On peut désirer passer à l’eau, laver une étoffe de coton sur laquelle on aura appliqué des peintures susceptibles de se dissoudre dans l’eau. On peut recourir pour cela à un vernis fait d’or couleur, éclairci avec de la térébenthine d’Amérique.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. G. Aron, à Paris. — Vous trouverez le briquet au thorium chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg.
- M. Prot, à Arthonnay. — Graisse pour l’entretien des armes : huile d’œillette, ioo parties ; graisse de mouton, 48 parties; paraffine, 2 parties. Faire fondre la graisse, et ajouter la paraüine, puis l’huile peu à peu.
- M. Léon Marié, à Plessis. — Sur la stérilisation par les radiations ultraviolettes, il n’existe encore que les notes publiées dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences et que nous avons signalées à leur date. Les lampes à mercure avec enveloppe en quartz sont fabriquées par la maison Kromeyer, à Hanau (Allemagne).
- M. Gross, à Elbeuf. — Pour coller de la toile ou du cuir sur du laiton, on peut employer de la gutta, chauffée de façon à être amenée à la fusion. En se re-
- froidissant elle constitue une colle excellente et tenace.
- M. Chavanne, à Saint-Chainond. — Vous trouverez en détail la composition du Storm-Glass dans les Recettes et Procédés utiles de G. Tissandier (20 série, la Science pratique, p. 324, Masson et Cie, éditeurs).
- M. Ceubris, à Bouvreuil. — Les marches de Métro sont la plupart en carborundum. Vous trouverez cette substance chez Deshayes, 51, quai de Valmy, Paris; Grauer, 76, boulevard Richard-Lenoir ; Émile Müller, 6, rue Nationale à Ivry (Seine). Nous ne connaissons pas la nature des tapis du Métro.
- M. J. A. Ferreira, à Lisbonne. — Le meilleur moyen, quoique délicat, pour séparer les constituants de votre mélange de tournure et d’antifriction est une fusion graduée. Mais il faut connaître exactement les composants et leurs points de fusion respectifs. — Pour l'application des antifrictions aux coussinets des wagons, il faudrait vous importer à la Revue générale des Chemins de fer qui a traité plusieurs fois la question en ces dernières années. — Sur la construction des chaudières de locomotives, voyez la chaudière locomotive par Deharme et Pulin : Encyclopédie Léchalas, Gauthier-Villars, éditeurs, 45> quai des Grands-Augustius, Paris. Ou le Traité de la machine locomotive, par Maurice De-moulin, Béranger, éditeur, 9, rue des Saints-Pères.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le diabolo dans l’antiquité : E. Ferdar. — La dissémination de la radioactivité : L. De Launay. — Le téléautocopîste L. Sémat : L. Fournier. — La sécheresse aux Etats-Unis : Y. Forbin. — Le vin de Champagne : L. F’rançois. — Académie des sciences ; séance du 1/, juin 1909 ; C11. de Viluedeuiu. — La bataille d’Austerlitz au cinématographe : G. M.
- Supplément. — Le cobalt carbonyle. — Sur la composition des concrétions pierreuses de la poire. — Mission météorologique au Groenland. — L’enrichissement des minerais par l’huile et le vide. — Production du zinc dans le monde. — Production du cuivre dans le monde, etc. — Les dirigeables allemands. — Les genres de plantes les plus nombreux en espèces.
- Traité de physique, par O. Chwolson. Ouvrage traduit du russe par E. Davaux, suivi de notes sur la physique théorique, par E. et F. Cosserat. Tome II, 46 fascicule. Diffraction, double réfraction et polarisation de la lumière, 1909. Hermann, éditeurs, Paris. Prix : 17 francs.
- Ce fascicule fait partie d’un volume intitulé énergie rayonnante, On y retrouve les mêmes qualités qui distinguent les autres parties du bel ouvrage de Chwolson : l’ampleur des exposés, le souci de la vérité historique, l’abondance et la précision de la documentation. L’auteur a tenu compte des plus récents travaux et son ouvrage prend l’aspect d’un exposé des plus complets de l’état actuel de la science. C’est une encyclopédie physique qui rendra les plus grands services. Signalons une intéressante note, mais d’ordre purement mathématique de MM, E. et F. Cosserat sur la théorie des corps déformables.
- La grammaire des électriciens, enseignée aux débutants par expériences et mesures, par E. Gossart. Professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux. Tome I. Le courant continu. 1 vol. illustré, 444 pages. Paris, 1909. Vuibert et Nony, éditeurs.
- Ce livre, d’excellente vulgarisation, est destiné à enseigner à tous ceux qui désirent s’initier à l’industrie électrique, les principes fondamentaux sur lesquels reposent le calcul, la construction et l’utilisation de machines électriques. Ces principes dérivent tous des mémorables travaux d’Oerstedt sur l’éleetroma-gnétisme, travaux admirablement interprétés, développés et complétés par Ampère. M. Gossart expose
- avec beaucoup de talent cette genèse de la science électrique. Puis après avoir donné très clairement les notions de mécanique nécessaires au maniement des données électriques, il passe aux applications des phénomènes électriques fondamentaux, à l’étude de l’énergie électro-magnétique, aux lois des circuits électriques et magnétiques et à la mesure des .grandeurs qui s’y rattachent. L’ouvrage 11’est pas un livre élémentaire; mais la clarté de l’exposition, le style imagé permettent à tout esprit attentif de le lire et d’en tirer prolit.
- Congrès international des applications de l électricité. Marseille, 1908. Rapports et discussions, publiés par les soins de M. Armagnat, rapporteur général. 3 vol. Paris, 1909. Gauthier-Villars, éditeur.
- Le Congrès d’électricité de Marseille de 1908, n’a pas fait grand bruit, il s’est réuni sans pompe, ni éclat. Mais la lecture des trois volumes qui réunissent ses rapports et discussions permet de se rendre compte de l’excellent et abondant travail qui y a été effectué. Tous ceux qui ont assisté aux discussions du Congrès se souviennent de la méthode excellente avec laquelle elles ont été conduites ; la plupart des rapports imprimés et distribués par avance permettaient aux congressistes, tous industriels, hommes de laboz'atoire ou savants, d’apporter dans la discussion des objections précises, des faits rigoureusement contrôlés. L’objet du Congrès était avec raison très limité et ne portait que sur les applications industrielles de l’électricité. Les trois volumes aujourd’hui publiés constituent un tableau exact et complet de l’état de l’industrie électrique à notre époque. C’est une mine de renseignements précieux où se condense l’expérience des techniciens les plus réputés. Nul doute que de cette mise en commun du savoir dé chacun 11e résultent de nouveaux et rapides progrès pour toute l’industrie électrique.
- Reports of the Cambridge anthropologie al expédition ta Torres Straits. Cambridge University Press. Yol. Il (1909) : Physiology and psychologie. Ih-4°, 223 p., 20 sh. Yol. III (1907) : Linguistics, par Sidnky 11. Ray. In-4°, $27 p., 3o sh. Yol. Y (1904) : Sociology, Magic and Religion of the Western Islanders. In-40, 378 p., 25 sh. Vol. VI (1908) : Sociology, Magic and Religion
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- BIBLIOGRAPHIE
- uf the Luxlent Zshuniers. In-j0, 31G p., ai sh.
- Par la beauté, l'abondance et la .solide1 méthode scientifique, les publications anthropologiques de l’Université de Cambridge sur b1 détroit de Torrès sont certainement à mettre au premier rang de toute la littérature ethnographique. Le début des recherches remonte à 1888-1889; il est du à l’initiative de M. A.-C. Haddon, qui lit la première investigation scientifique du détroit. S’adjoignant ensuite, comme collaborateurs, les plus éminents explorateurs ethnologiques d’Angleterre, MM. Rivers, Myers, Seligmaun, Mc. Doit-gall, ils développèreul peu à peu le travail, au point de le porter jusqu’ici à quatre forts volumes parus, ceux qui traiteront de l’anthropologie physique, de la technologie et de la religion devant bientôt paraître à leur tour. Ce grand développement est d’ailleurs très
- justifié par le caractère de la civilisation étudiée, qui se trouve géographiquement former la frontière des lieux larges territoires habités respectivement par les Papous et les Australiens. Signalons particulièrement dans les volumes parus les mémoires suivants : (Vol. II) études physiologiques de M. Rivers sur la vision chez les indigènes (acuité visuelle, maladies, vision des couleurs, etc.), puis de MM. Myers et Mc. Dougall sur l’ouïe, l’odorat, le goût, les sensations cutanées, etc. — (Vol. 111) : La linguistique. — (Vol. V et VI) : la sociologie en général et surtout la magie, et la religion, par M. lladdon : folklore, généalogies, parenté, mariage, rites funéraires, organisation sociale, commerce, magie, religion, mythologie, le tout exposé dans un esprit très positif, avec une très grande abondance de textes originaux.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5ora
- 3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 USURES DU .MATIN THERMOMÈTRE VL U1 UE CTI ON DIS 0 NT ET FORCE A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES 0USEKYATiONS CÉNÉitALES
- 'Lundi U juin 1909.. Il “9 *». k W. U. 1res nuageux. 0.5 Posée; ituag. le 111.: ire- nuag. le s.; | otite pluie à 15 h. 15.
- Mardi 15 12°.0 .N. t . 1. Ileau. » Posée ; ipielqu s nuages.
- Mcrcre i IG 12°,5 .V 0. Couvert. rt Posée; brume; Irès mr g. jus |. 15 P.; nuageux ensuite.
- Jeudi 17 12\2 N. M. W. 3. Couvert. O.G Posée; pluie de 7 h 1-5 à 9 h. 50; Prume; nuageux.
- Vendredi 18 . . > . . 10b,4 N. 2. Couvert. » Posée; Prume; convoi tju-qu'à 12 h.; beau ensuite.
- Samedi 19 T2°,o N. ô. Ileau. )) Posée; léger lirouiilaid ; peu nuageux.
- Dimanche 20 1 "°.2 S. s. K. 0. Peu nuageux » Posée : halo ; nua; eux.
- JUIN 1909. — SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 JUIN 1909.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 14 cui 20 juin. — Le 14. Fortes pressions envahissant PO. et le N. : «Irlande, Bretagne, 770; pression basse sur toute la Russie : Moscou, 752. Plui’es sur les Pays-Bas, la Suisse, l’Allemagne. Temp. du matin : Arkangel, —4°’> Paris, 12; Alger, 21; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : i4° (normale : 16°,5). — Le i5. Extension des fortes pressions sur le S. et l’E. : Ecosse, Irlande. 772; Allemagne, 771 ; dépression sur le S. de la Russie : Odessa, 746. Pluies sur le Centre et le S.-E. Temp. du matin : Arkangel, 20; Paris, 12; Alger, 23; Pic du Midi. 3; moyenne à Paris : i5° (normale : i6°,5). — Ze 16. Hausse continue . sur l’0. : Bretagne, 771; Irlande, 773; dépression sur le S.-E. Pluies sur le Centre et le S. Temp. du matin : Arkangel, 40; Paris, 12; Alger, 22; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : i5° (normale : i6°,6). — Le 17. llatisse continue : Irlande, 77a; Bretagne, 772; basses pressions sur le S.-E. : Moscou, 749; llermanstadt, 754. Pluies sur le Centre et le S.; en France : Limoges, 14 ; Belfort, 12; Gap, 10; Besançon, G. Temp. du matin : Lemberg, 8°; Paris, 12;
- Palerme, 22; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : 14°.9 (normale : i6°,7). — ï.e 18. Fortes pressions sur tout l’0. : Irlande, 775 ; Moscou, Ivief, 754- Quelques pluies sur PO. et le Centre; en France : Biarritz, 22; Toulouse, 3 ; Limoges, 2 ; Lyon, Belfort, Paris, i.Temp. du matin : Varde, 3°; Paris, 10;' Tunis, 21; Pic du Midi, — 5; moyenne à Paris : i3° (normale : 16°,8). — Le 19. Extension des fortes pressions jusque sur la Hongrie : Cracovie, 767; Bretagne, 774; faibles pressions suc l’Islande et la Scandinavie .: Hernosand, 738. Pluies sur le S. et'l’E. Temp: du matin : Varde, 5°; Paris, 13 ; Nice, 2i; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i6°,T (normale : io°,9). — Le 20. Maximum sur l’E. de la l'rance : 769. Dépression sur les Iles-Britaùniq.ues (Stor-noway, y55), la Scandinavie et la Finlande (Stockholm. 737). Pluies sur le N. Temp. du matin : Arkangel, 90; Paris, 17; Port-Vendres, 23 ; moyenne à Paris : 18" (normale : 170). — Phases de la Lune : Nouvelle l.une le 17, à 11 h. 37 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- ? ,
- DIRECTION V /, . V: T- : "
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N° 1884 — 3 JUILLET 1909
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
- L’exercice de la radiologie. — On sait que la liberté de l’exercice de la radiologie a soulevé dans le monde médical de vives polémiques. La'discussion a été portée devant l’Académie des sciences qui, après mûr examen, a adopté les conclusions suivantes : i° Il n’y a pas lieu de. réformer la ldi du 3o novembre 1892 en ce qui concerne l’application médicale des rayons de Rœntgen. Dans le vague où"elle est restée intentionnellement, le magistrat, en l’interprétant et en l’appliquant, saura couvrir l’homme de science qui fait bénéficier les malades des acquisitions nouvelles ; il frappera le charlatan qui, sans savoir et sans conscience,' cherche à se substituer au médecin, dans l’emploi de ces moyens, en vue d’exploiter, l’ignorance et la crédulité ; 20 L’usage, dans un but thérapeutique, des rayons X ne peut être confié qu’à des docteurs en médecine. Mais on ne saurait considérer comme exerçant illégalement la médecine ceux qui, sans être munis du diplôme de docteur, en médecine, se bornent à faire des radiographies et pratiquent l’examen préalable au radioscope ; 3° En ce qui concerne les experts en radiologie, il n’y a pas lieu de limiter la liberté des juges; 4° Les directeurs et directeurs-adjoints de laboratoires de radiologie des hôpitaux seront nom-més^à la suite d’un concours. Les épreuves de ce concours seront surtout pratiques, elles auront lieu dans un laboratoire de radiologie d’un hôpital. On utilisera pour les épreuves les faits cliniques qui se présenteront. Les candidats non médecins seront,examinés, en outre, sur l’anatomie ; 5° Le jury comprendra des docteurs ès sciences, des docteurs en médecine et un chef de laboratoire de radiologie. Il sera désigné, par les Commissions administratives, sur une liste dressée par le Conseil supérieur d’hygiéne de France; 6° Les directeurs des laboratoires où l’on pratique surtout la radioscopie seront choisis parmi les candidats admis et pourvus du diplôme de docteur en médecine. Les directeurs adjoints pourront n’être pas médecins; 70 Les radiographes des laboratoires des hôpitaux, assurant le service le Ier janvier 1909, seront maintenus dans leurs fonctions; 8° Il n’y a pas lieu de créer un nouvel ordre de praticiens qui, n’étant pas docteurs en médecine, mais ayant fait preuve de certainés connaissances médicales d’une part, et de connaissances théoriques et pratiques en radiologie d’autre part, seraient autorisés à appliquer médicalement les rayons X; 90 II n’y a pas lieu de créer, pour les docteurs en médecine, un titre spécial d’aptitude aux applications radiologiques; io° Il est désirable que, dans l’exécution des règlements relatifs à la réforme de l’enseignement médical, une importance beaucoup plus grande soit accordée aux études et aux exercices pratiques de radiologie. Il est désirable aussi que, dans certains centres de haut enseignement, une place soit faite à l’étude scientifique de la radiologie; ii° L’Académie recommande l’installation, dans un des hôpitaux de chaque ville, siège d’une Faculté de médecine, d’un laboratoire spécialement consacré à la radiographie. « Ces
- laboratoires, outillés pour faii’e des mesures précises, seraient des centres d’enseignement et d’études pour le perfectionnement de la radiologie^ Les directeurs et directeurs adjoints de ces laboratoires seront nommés au concours, le diplôme de docteur en médecine ne sera pas exigé des candidats ». . .
- Le carat métrique.— Nous enregistrons avec plaisir une nouvelle étape dans l’unification du carat. Le Parlement français vient, en effet, sur la proposition du Gouvernement, de voter une loi dont l’article unique est le suivant . « Dans les transactions relatives aux diamants, perles fines et pierres précieuses, la dénomination de « carat métrique » pourra, par dérogation à l’article 5 de la loi du 4 juillet 1837, être donnée au double déci-gramme. L’emploi du mot « carat » pour désigner tout autre poids demeure prohibé. » Il ne reste donc plus, pour que la réforme soit effective, qu’à promulguer cette loi de progrès, et d’en fixer la date' d’application. Comme un grand ^nombre de gouvernements n’attendaient que l’initiative de la France pour entrer dans la voie de la réforme du carat,'on peut être certain que, d’ici quelques mois, le carat de 200 milligrammes sera le seul légal dans la plupart des pays intéressés au commerce des pierres précieuses. (Voy. La Nature, n0E 1676 du 8 juillet 1905, p. 82 ; 1745 du 3 novembre 1905, p. 363; 1823 du 2 mai 1908, p. 348).
- Transformations chimiques par les rayons lumineux^— Un auteur allemand, Neuberg, a effectué, il y a peu de temps, une étude d’ensemble sur les transformations que subissent les matières organiques à la lumière. Les substances organiques les plus diverses ont été exposées à l’action de la lumière solaire, en solution aqueuse à 5 pour 100 avec addition d’un peu de sel d ’nvarie servant de catalyseur et agissant vraisemblablement en absorbant les'rayons lumineux qu’il rendait sous une autre forme au corps environnant. Tandis que dans ces mélanges, maintenus à l’obscurité, il ne se produit aucune transformation appréciable, on constate à la lumière les changements de couleur et d’odeur les plus variés, et l’apparition de corps nouveaux, parfois déjà après quelques minutes. On trouve ainsi notàniment que les alcools se transforment en aldéhydes, les acides en corps aldéhydiques ou acétoniques renfermant un nombre d’atomes de carbone égal ou inférieur au nombre primitif. Lés disaccharides, comme le sucre de canne, sont intervertis ; les glucosides sont hydrolysés, c’est-à-dire dédoublés en leurs produits de décomposition .: substance sucrée et corps particulier à chacun d’eux; les glycérides, tels que les graisses, sont partiellement saponifiés; les matières albuminoïdes sont partiellement hydrolysées. Il est à remarquer qu’en général, des sub^ stances plutôt indifférentes sont transformées par la lumière en corps à fonctions aldéhydiques ou acétoniques, c’est-à-dire très aptes à se combiner. Les mêmes transformations sont produites par les variétés de raye ns
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- INFORMATIONS
- lumineux dont l’activité thérapeutique est reconnue. Peut-être y. a-t-il là une explication même de celte activité?
- Une expérience intéressante sur la rouille. — On
- sait combien la rouille est un phénomène complexe et du reste encore assez mystérieux. D’autre part, elle constitue pour tous les édifices et constructions modernes, qui font du fer un si largq emploi, un danger contre lequel nous ne nous défendons qu’à force de précautions minutieuses, incessantes et par suite onéreuses. Le département des « Public Roads » des Etats-Unis, vient sous la direction de M. Cushman, assistant director, d’entreprendre une série d’études, des plus importantes, relatives à la lutte contre la rouille. Outre des études de laboratoire, M. Cushman organise une expérience en grand destinée à déterminer expérimentalement la valeur protectrice des divers pigments préconisés actuellement pour la préservation du fer, chromâtes de zinc, de calcium, de baryum, de plomb, lithopone, minium, oxyde de zinc, enduits à base de carbone, ou de graphite, etc. Les études portent sur 3 sortes d’aciers différents. 600 plaques de ces aciers, montées dans des cadres en bois et recouvertes de diverses peintures simples ou en plusieurs couches, sont actuellement exposées depuis
- 10 mois aux intempéries et à l’action de l’air salin, sur le rivage de l’Atlantique, près d’Atlantic City (Etat de New-York). Elles sont observées régulièrement. Nul doute que d’ici quelques mois cette étude ne fournisse de précieux renseignements.
- Le nom de l’Amérique. — Tout le monde connaît l’explication, classique, d’après laquelle le nom d’Amérique, attribué au continent découvert par Colomb, dériverait du nom du célèbre géographe Americus (Albericus) Yespucci, Florentin, établi en Espagne et au Portugal à la lin du xve siècle, et qui fit plusieurs voyages vers le nouveau monde entre i499 et i5o4- La première mention du nom America se trouve, en effet, dans la Cosmogra-phiae introductio, du savant. allemand Waltzemüller, parue à Saint-Dié, en 1507, après les voyages de Yespucci par conséquènt, et à une époque où la réputation de celui-ci paraît réellement avoir de ; beaucoup éclipsé la gloire de Colomb. S’il faut en croire le Prometheus de Berlin (n° 1023, 2 juin 1909, p. 56o), cette histoire serait contestée : le professeur allemand YYilde prétend, paraît-il, que le nom Amérique serait d’origine américaine. D’api’ès Prometheus, il s’appuierait pour cette hypothèse, sur les observations faites en x522 par Gil Gonzalès de Avila, lorsqu’il découvrit le moderne Nicaragua : il y trouva, en effet, entre les deux villes actuelles, Libertad et Juigalpa, une montagne désignée par les indigènes Toltèques sous le nom d’Amérique. Et ce nom, du témoignage du voyageur, serait toltèque, provenant des deux mots meric (.montagne) et ique (haute). Nous enregistrons cette hypothèse, appuyée de la haute autorité de M. Y^ilde, sans la prendre à notre compte : faute sans doute d’avoir pu lire la démonstration originale de ce savant, nous nous demandons, en effet, si le nom d’Amérique, découvert, par le voyageur européen, quinze ans après qu’il avait été émis en Europe, n’a pas été donné effectivement à la montagne du Nicaragua par des Européens, et justifié ensuite par uue étymologie prétendue toltèque, purement fantaisiste!
- Pour l’aviation. — Le Conseil de l’Université de Paris vient de recevoir pour l’aviation deux magnifiques donations, l’une de 000000 fr., de M. Deutsch (de la Meurthe) destinée à la fondation, depuis si longtemps attendue, d’un laboratoire scientifique de recherches aériennes ; l’autre de M. Zaherov, se montant à 700 000 fr., et dont les arrérages serviront à fonder à la Sorbonne une chaire d'aviation.
- Les ballons étrangers en France. — Le Gouvernement français vient de prendre une mesure qui a été peu favorablement accueillie dans les milieux aéronautiques.
- 11 s’agit de faire acquitter des droits d’entrée à tout aérostat atterrissant en France. Ces droits sont établis de la manière suivante : Enveloppes de soie vernie 357tr,5o; enveloppes en tissu de coton verni 44 fr- ; enveloppes en tissu de coton caoutchouté 25o fr. ; filet 54 fr. ; suspension 20 fr. ; nacelle 9 fr. ; ancre 8 fr. ; cordages et accessoires 20 fr. Se basant sur cette combinaison, l’administration des douanes a pu établir un barême précisant les droits à acquitter d’ajjrès le volume du ballon, Ainsi un ballon de 3oo m3 paiera 2iir,,95 si l’enveloppe.est en soie vernie; 4ofr,35 si elle est en coton, verni; i84n>35 si elle
- est en colon caoutchouté. Un ballon de 5oo m3 paiera suivant les mêmes cas : 3iolr,02, 63lr,62, 266“',5a. Un ballon de 1000 m3 paiera : 493r‘ ,29, 106", 6.4, 43otl',34.
- Un ballon de 1000 ni3 paiera : 646fr,8i, i4otr,53, SGUVj'i.
- Un ballon de 2000 m3 paiera : 782*',26, iGS^’^h, 682'"',26.
- Un ballon de 3ooo m3 paiera : ioi5f‘,i8, 2i4fr,88, 884fr,5o.
- La puissance des locomotives françaises en 1908.
- — La puissance eh chevaux des 11 180 locomotives en service sur les 7 grands réseaux français, s’élevait pour l’année 1908 au total de 6 981 676, se décomposant ainsi : Etat. . . . 346.447 chevaux pour 636 locomotives.
- P.-L.-M. . 2.068.498 — 2967
- P.-O. . . . i.oi3.a5i — 1608
- Ouest. . . 935.752 — 1645
- Est. ... i.o37.25i — i5o2
- Midi. . . . 600.894 — 94o
- Nord . . . 979.583 — 1882
- C’est pour le P.-L.-M., l’Est et l’Orléans que la puissance moyenne est la plus forte (respectivement 6g5, 690 et 660 chevaux par machine). Le Midi les suit de près, avec 640. L’Etat et feula Compagnie de l’Ouest se contentent, le premier de 570, la seconde de 540. Enfin, le Nord arrive bon dernier, avec 5ao chevaux seulement. Aux plus fortes moyennes correspondent effectivement les échantillons modernes les plus puissants. L’Est, le P.-L.-M. et le P.-O. possédaient en 1908 un bon nombre de machines à grande vitesse donnant i5oo chevaux. L’Orléans avait même reçu plusieurs « Pacifies » de 2000 chevaux. De même, à l’autre bout de l’échelle, le Nord ne met en ligne que trente locomotives, du type 4.4.2, d’une puissance nominale individuelle de 1200 chevaux seulement. Il faut toutefois remarquer que ces trente machines, les nqoins fortes de leur catégorie en France, assurent ,encore le service d’une vingtaine de trains inégalables dans le monde entier. Ces chiffres seront intéressants à comparer avec ceux de l’année 1910. D’ici là, plusieurs Compagnies auront reçu livraison de commandes importantes, et il est probable que le classement actuel s’en trouvera modifié.
- Plus puissants que le « Dreadnought ». — Répondant à l’opposition qui reproche au Gouvernement libéral de ne pas pousser assez activement les constructions navales, tandis que les chantiers allemands travaillent avec une hâte fiévreuse, M. Asquith vient d’indiquer que l’amirauté mettrait bientôt en chantiers des vaisseaux beaucoup plus puissants (mueh more powerful) que le type actuel. Comme on pouvait s’y attendre, ces mystérieuses paroles provoquent une intense émotion dans les milieux navals- En les commentant, un expert qui fait autorité en la matière, M. H. W. Lucy, confirme nettement la vague annonce de l’homme d’Etat. Lorsque le moment sera venu, écrit-il, de mettre les navires en chantier, l’amirauté aura la gloire de pouvoir justifier un retard de quelques mois en montrant des améliorations qui rendront les quatre nouveaux navires aussi supérieurs au Dreadnought que celui-ci l’était par comparaison avec ses prédécesseurs.
- La Société de Secours des Amis des Sciences. —
- La Société de Secours des Amis des Sciences, fondée en 1857. par un illustre chimiste, le baron Thénard, vient de tenir sa séance annuelle. M. Gaston Darboux, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, a été réélu président; MM. Aucoc et Picard, membres de l’Institut, vice-présidents; M. Joubin, professeur au Muséum, secrétaire; M. R. Fouret, associé de la librairie Hachette et Ci0, trésorier. Pendant la dernière année, la Société a versé 80 pensions à de vieux savants et à des veuves de savants, professeurs et inventeurs frappé? par le malheur. Elle a en outre donné des ressourcés pour l’éducation et l’instruction de 70 enfants, distribué dés secours urgents à 35 veuves et enfin entretenu 20 pensionnaires à la Maison de retraite Galignani. Cette belle et grande œuvre de réparation et de justice sociale fait appel à tous les hommes de cœur et d’intelligence, à toutes les personnes qui s’intéressent aux sciences, notamment aux industriels qui tirent des applications multiples des sciences des profits auxquels les savants qui les ont découvertes n’ont le plus souvent aucune part. — Pour souscrire et pour tous renseignements, prière de s’adresser au siège de la Société, 79, boulevard Saint-Germain, à Paris. .
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- -* SCIENCE ,
- Aviation
- > ï, iUn nouveau brevet'^Wright. — Les frères Wright viennent d’apporter unejmportante modification à leur appareiLd’aviation que nos lecteurs connaissent. Elle se rapporte au gauchissement des ailes qui s’effectuait jusqu’ici en même temps que la manœuvre du gouvernail à l’aide d’un levier unique. Avec le nouveau dispositif l’action du gouvernail de direction est supprimée. Les inventeurs américains ont ajouté aux deux extrémités des ailes inférieures deux petits plans verticaux mobiles PP' commandés par un levier supplémentaire G placé à côté du levier de gauchissement B. Ils sont disposés de telle sorte qu’ils contre-balancent la résistance supplémentaire sur une aile, résistance due au gauchissement.
- Le nouveau dispositif Wriglit.
- Deux câbles FF' les relient au levier de manœuvre et ils sont isolés mécaniquement l’un de l’autre. Lorsque, le cable F tire sur le plan P, le câble F' du plan P' reste mou. P' devient donc entièrement libre de s’orienter dans le courant d’air comme il l’entend, absolument dans les mêmes conditions qu’une girouette, sans offrir, par conséquent, la moindre résistance au vent. L’égalité de résistance des deux ailes est donc obtenue très simplement. Le redressement obtenu jusqu’ici à l’aide du gouvernail de direction entraînait une résistance supplémentaire sur l’air, bien supérieure, paraît-il, à celle apportée par l’emploi de ces deux petits plans qui ne sont en réalité que deux légers gouvernails verticaux destinés à contre-balancer les résistances supplémentaires introduites par le gauchissement.
- *> Automobilisme <ui
- Perfectionnements aux bougies d’allumage. —
- M. Maurice Eyquem, 195, boulevard Pereire, à Paris, construit un attache-fil et une bougie à décompression susceptibles de rendre d’utiles services aux chauffeurs.
- L’attache-fil Eyquem est constitué par une cosse en cuivre percée d’une ouverture en forme de boutonnière. Le fil conducteur est serti par simple serrage dans deux échancrures et la cosse est enroulée sur l’isolant du fil
- où elle est ainsi maintenue solidement comme le montre la figure 1. Sur la tige centrale de la bougie sont enfilés an petit ressort à boudin et deux 'rondelles épaisses en cuivre ; *la rondelle supérieure est rivée sur la tige ; l’inférieure coulisse librement et est serrée sur la précédente par le ressort à boudin. Cet attache-fil est donc très simple et son tnode de fonctionnement est suffisamment expliqué par notre gravure. En détachant la boutonnière de la bougie et tenant à la main le fil par sa partie isolée, on peut vérifier le passage de l’étincelle •sans risquer de recevoir le désagréable passage du cou-
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- PPL1QUÉE
- lentille, l’autre un verre dépoli; une glace à 4$° montée à charnière de façon à pouvoir être abaissée le long des parois du tube, permet de voir l’image soit directement en visant à hauteur de l’œil (fig. i), soit par réflexion en visant à hauteur de poitrine (fig. a).
- On a tracé l’échelle expérimentalement en mettant successivement au point des objets situés à i, 2, 3, 4> 5, m., de cette façon on est sûr que réciproquement quand l'image d’un objet sera nette sur la glace dépolie, c’est que cet objet se trouve à la distance indiquée sur l’échelle de l’instrument, — Cet appareil se trouve chez M. Hanau, 27, boulevard de Strasbourg. • . r
- *> Divers
- Le pèse et toise-bébé. — Nous avons déjà signalé combien il est important, de suivre avec précision le développement des enfants en poids et en taillé. C’est par ces investigations continues que l’on peut le mieux se rendre compte de leur état de santé, constater les anomalies de leur croissance, en trouver la cause, et appliquer judicieusement le remède.
- La Nature décrivait récemment un « altimètre», toise" pliante commode pour mesurer régulièrement la taille des enfants : mais cet instrument se prête mal à la mesure des tout petits ; ceux-là précisément qû’il faut observer avec l'attention la plus soutenue. Le docteur G. Variot vient de
- présenter à la Société de ( , . . ,, ,
- Pédiatrie un nouvel instru- Le pese et toise-bebe.
- ment fort pratique; car il
- permet de prendre à la fois le poids et la taille du bébé.
- C’est une balance dont l’un des plateaux est remplacé par une sorte de corbeille métallique émaillée : le fond en est garni d’une « toise en cuivre », à partir de 35 centimètres jusqu’à 45 centimètres. Cette toise peut être allongée jusqu’à 75 centimètres par un double fond métallique que l’on tire, à frottement doux, suivant les besoins, pour mesurer la taille de l’enfant en même temps que son poids. Une mentonnière en étofïe fixe la tête du bébé au zéro de la toise, ses talons s’appliquent contre une lame à l’autre extrémité.
- Ce pratique instrument rendra les plus grands services aux mères soucieuses du développement de leurs nourrissons. Il a été construit par la maison Collin.
- Tire-bouchon automatique Héro. — C’est un exercice souvent pénible et parfois extrêmement disgracieux que de déboucher une bouteille, et les tire-bouchons ordinaires exigent alors un déploiement de force musculaire, en réalité tout à fait disproportionné avec la résistance réelle à vaincre.
- Dans les maisons où les réceptions sont nombreuses, dans les restaurants et les cafés, ce petit problème, plusieurs fois répété, peut finir par causer une gêne sérieuse et même se traduire en dépenses appréciables.
- Le tire-bouchon Héro assure, au. contraire, une grande i'a-pidité d ’ e x é c u t i o n sans demander d’efforts pénibles. Tout le mécanisme est enfermé dans un carter métallique, dont l’extrémité,, du reste, sert à recevoir et, .à;;.fixer le goulot de la bouteille pendant l’opération. Il suffit d’imprimer à la poignée un mouvement de haut en bas pour extraire le bouchon le plus solidement .enfoncé. On a compris que ce mouvement actionne une mèche hélicoïdale, à qui la longueur du bras de. levier manir pulé par l’opérateur, donne une force suffisante pour pénétrer d’un seul quart de tour dans le bouchon, et en ressortir dans le deuxième quart dé tour en entraînant le bouchon. --- L’appareil est en vente chez Markt, 107, avenue Parmentier, Paris.
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- VARIÉTÉS
- Sur le récent Congrès de la Carte du ciel. — La
- sixième conférence astronomique internationale ~ pour l’exécution de la carte photographique du ciel s’est tenue à l’Observatoire de Paris au mois d’avril dernier; les travaux ont commencé le 19 et se sont prolongés les jours suivants jusqu’au 24 avril. 0
- On connaît l’importance de cette entreprise colossale qui a pour but de fixer d’une manière durable l’imagé du ciel entier et de mesurer les positions exactes de plusieurs millions d’étoiles sur la sphère céleste.
- « Cette œuvre, disait M. Lœwy, servira de base à un très grand nombre de recherches de haute précision. C’est par rapport aux étoiles de comparaison qu’on déterminera les positions relatives de tous les autres corps célestes et notamment des comètes et des astéroïdes. On aura, en outre, la possibilité d’évaluer avec plus d’exactitude et d’une manière plus complète les mouvements propres des étoiles et, par là, d’acquérir des notions plus sûres sur le mouvement de translation du système solaire. »
- Le promoteur de cette oeuvre, le savant amical Mouchez, ancien directeur de l’Observatoire de Paris, auquel on doit l’initiative dé la réunion du premier Congrès (1887) avait entrevu toutes les conséquences d’une telle entreprise. Encouragé et convaincu du succès par les beaux travaux photographiques des frères Henry, il songea, en raison de l’énormité de la tâche à accomplir et de l’impossibilité de voir tout le ciel en un seul observatoire, à là partager entre un certain nombre d’établissements répartis sur le globe entier. C’est de celte heureuse coopération internationale qu’est née la carte du ciel.
- On sait qu’il s’agit : i° de dresser une carte générale du ciel à l’aide de clichés à pose relativement longue, donnant une reproduction fidèle du ciel et contenant toutes les étoiles jusqu’à la 14° grandeur (environ : 3o millions). Cette carte générale ne comprendra pas moins de 22 o54 feuilles pour la sphère entière , 20 d’obtenir un nombre égal de clichés à pose plus courte donnant les étoiles jusqu’à la ii° grandeur. La mesure des étoiles de ces clichés fournira les éléments d’un catalogue très étendu contenant les positions de 2 à 3 millions d’étoiles.
- Sans entrer dans des détails, rappelons brièvement par quels moyens on a réalisé ces photographies.
- Une pose de trois minutes suffit généralement pour obtenir sur une plaque au gélatino-bromure les images des étoiles de ii° grandeur à l’aide des instruments utilisés (diamètre : om,34 ; longueur focale : 3m,43). On a décidé de faire pour les clichés du catalogue deux expositions, l’une de 3, l’autre de 6 minutes, en déplaçant un peu l’instrument entre les deux poses. Chaque étoile étant représentée par deux points, on élimine ainsi les fausses images. Les pointés effectués sur deux images éliminent, en outre, en partie, les petites déformations locales qui pourraient survenir du fait de la gélatine.
- Les mesures des étoiles sur les clichés sont exécutées à l’aide d’appareils spéciaux, sortes de microscopes munis de vis, tambours divisés, etc. Ces mesures sont facilitées par l’impression, sur chaque plaque, d’un réseau à mailles carrées dont l’une des séries de traits a été rendue préalablement parallèle, à très peu près, au cercle horaire du centre du cliché.
- On mesure, en millimètres et fractions de millimètres, les distances'des images des étoiles aux-traits les plus voisins du réseau. Chaque cliché contient un certain nombre d’étoiles de repère doùt on mesure les distances aux mailles du réseau. Finalement, comme on connaît les positions astronomiques de ces étoiles de repère, il est aisé de passer aux coordonnées des autres étoiles par un calcul trigonométriquë.
- La carte,'contenant les étoilés jusqu’à la 14* grandeur, exige une durée de pose beaucoup plus longue que pour le catalogue. La durée adoptée pour les expositions est de 3o minutes.
- Pour éviter les fausses images provenant, soit de trous dans le réseau que l’on imprime sür la plaque, soit de poussières sur le cliché, soit de l’opération de 1 héliogravure, les frères Henry ont proposé d'effectuer
- trois poses au lieu d’une seule, en déplaçant légèrement la lunettè entré chaque posé. Ainsi, à la vue simple; lés trois images d’une étoile sont confondues en un point. Mais en y regardant de très près, ou avec une loupe, on reconnaît que les trois images de l’étoile sont disposées en un minuscule triangle équilatéral. Tout objet qui, sur le cliché, n’offrira pas cet aspect triangulaire, sera tenu pour suspect, défaut en général, et, exceptionnellement, astre qui sera déplacé ou modifié pendant l’intervalle des expositions.
- Les planches de la carte sont obtenues par 1 héliogravure sur cuivre. Leur conservation presque indéfinie est assurée.
- Les précédents Congrès de la Carte du ciel ont été tenus à l’Observatoire de Paris en 1887, 1889, 1891, 1896 et 1900. Le sixième Congrès international a eu lieu également à l’Observatoire de Paris, il s’est ouvert le
- 19 avril 1909 sous la présidence de M. Baillaud, directeur de l’Observatoire, en présence d’un grand nombre de savants, français ou étrangers, membres du Comité ou invités. Les directeurs des observatoires participants ont adressé ou présenté des rapports sur l’état d’avancement de la Carte et du Catalogue pour la partie du ciel leur incombant. Citons les observatoires d’Alger (directeur : M. Gonnessiat), de Bordeaux (M. Luc Picart), de Cordoba (M. R. van Dyte), d’Oxford (M. H.-H. Turner), de Perlh (M. W.-E. Cooke), d’Edimbourg (M. Dyson), du Vatican, à Rome (le R. P. Lais), de San-Férnando (M. T. de Azcaraté), de Tacubaya (M. F. Valle), d’Uccle (M. Lecointe), d’Helsingfors (M. A. Donner), du Cap de Bonne-Espérance (M. S.-S. Hough), de Catane (M. Ricco), de Melbourne (M. P. Baracchi), de Toulouse (M. E. Cosseral), de Paris (M. B. Baillaud), de Greenwich (M. W.-H. Christie), de Potsdam (M. J. Scheiner), de Ivœnigsberg (M. Fritz Colm) et Lick (M. W.-W. Campbell).
- Il résulte de ces rapports que, dans un grand nombre d’observatoires, le travail photographique de la carte ou du catalogue est terminé. Pour d’autres, il ést très avancé. La mesure des clichés et la publication des planches et des mesures constituent la grande partie restant à accomplir de cet immense travail.
- Le Comité permanent a adopté un certain nombre de résolutions. En voici le résumé très succinct :
- La zone disponible s’étendant entre — 170 et —23°, zone non encore commencée pour le catalogue, sera partagée entre les observatoires de Santiago et d’Hyderabad et, s’il y a lieu, l’observatoire de LaPlata, et pour la carte, entre les observatoires de Santiago et de Paris.
- Il y aurait intérêt à répéter les plaques, surtout celles du Catalogue, même au bout d’une dizaine d’années. La haute précision des mesures fournirait déjà des indications utiles sur les mouvements propres. ,
- En effet, M. H.-H. Tuimer a étudié, à l’observatoire d’Oxford, la distribution dans l’espace des mouvements propres considérables. Quarante clichés, renfermant au total 10000 étoiles, ont été recommencés après un intervalle de i5 ans environ. On a trouvé, en les comparant aux plaques prises i5 ans avant : i° 26 étoiles avec des mouvements propres plus rapides que 20" par siècle, (dont 11 plus faibles que la dixième grandeur);
- 20 42 étoiles avec des mouvements propres compris entre i5" et 20" par siècle (dont 26 plus faibles que la grandeur 10,0); 3° 200 étoiles avec des mouvements compris entre 10" et i5", etc.; 4° les mouvements propres considérables semblent répartis uniformément sur la sphère céleste (ce qui a fait dire à M. Kapteyn que : « si Ton" supprime les petits mouvements propres, la Voie Lactée disparaît. ») Ces résultats, pour M. Turner, sembleraient indiquer l’existence d’un amas solaire ne partageant pas l’aplatissement de la -Voie Lactée, mais sphérique, comprenant cependant des étoiles faibles jusqu’à la 12e grandeur. Le travail de la carte du ciel fera connaître exactement ce que l’on doit penser de l’existence de cet amas solaire.
- Parmi les autres résolutions, adoptées on doit noter les suivantes : .
- Les observatoires participants sont invités à effectuer
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- VARIETES
- «les comparaisons photographiques directes pour 24 régions de la zone qui leur est attribuée avec la région polaire la plus proche.
- Le Comité, estimant qu’il serait prématuré de vouloir fixer d’une manière absolue l’origine de l’échelle des grandeurs photographiques et l’intervalle des degrés, •confie la solution du pro.blème à une Commission spéciale. Les observateurs pourront avec avantage donner aux trois images d’une même étoile sur les clichés de la •Carte l’intervalle linéaire nécessaire pour que les trois images d’une étoile de 11e grandeur apparaissent nettement séparées.
- L’attention des observatoires participants est attirée sur l’intérêt de faire les trois poses de la carte en différentes nuits, l’intervalle des temps ne devant pas dépasser des limites modérées. Dans une première soirée, on effectuera la première pose et dans la seconde, les deux autres poses. De cette façon, on peut espéi'er la recherche des étoiles variables et, d’autre part, la découverte éventuelle d’une planète transnept unie une.
- En raison de l’importance de la détermination des étoiles de repère par des observations aussi contemporaines que possible des poses des clichés, le Comité exprime sa haute, satisfaction de ce que toutes les étoiles de repère ont été observées de nouveau ou le seront dans un avenir très prochain.
- Il serait désirable, en raison du petit nombre d’observatoires organisés pour le travail de haute précision des fondamentales, qu’un instrument méridien, pourvu de tous les perfectionnements modernes, soit installé en Australie.
- Le Comité nomme une Commission pour examiner la •question des recherches à faire sur les images des étoiles produites sur la plaque sensible au point de vue •optique et photographique, et pour étudier les moyens d’obtenir des images d’étoiles de repère plus susceptibles de mesures exactes que celles qu’on trouve sur les plaques employées pour la carte du ciel.
- Le Congrès a entendu la lecture des rapports suivants :
- Sur le travail fait au télescope Bruce, par Pickering ;
- — A propos des grandeurs photographiques, par Ed. Pjckeking; — Comparaison des mesures faites sur un cliché de la Carte et sur la plaque de cuivre correspondante, par Pourteau; —Etude sur la détermination des grandeurs des étoiles du catalogue photographique du ciel, par Jules Baillaud ; — Propositions concernant Vastronomie méridienne, par W.-E. Cooke; — Sur les échelles de grandeur de la Carte internationale du ciel, par A. Boinot et J. Baillaud;
- — Méthode proposée pour le raccordement des clichés photographiques, par S.-S. IIough.
- Le Congrès s’est occupé de la détermination de la parallaxe, solaire d’après les observations de la planète Eros. On sait que cette planète, découverte en 1898 par Witt, peut par suite de la grande excentricité, de son orbite, s’approcher de la Terre plus qu’aucun autre corps •céleste, la Lune exceptée. De la sorte, deux observa-
- teurs, placés aux extrémités d’un diamètre du globe terrestre, voient la planète dans des directions un peu différentes et, par suite, en déterminant l’angle que forment ces deux directions, il devient possible de calculer la distance d’Eros à la Terre. Connaissant les distances de deux planètes et leurs durées de révolution, il est facile d’en déduire les distances à l’astre central.
- Le Comité de la Carte du ciel, dans sa réunion de juillet 1900, décida d’organiser une coopération internationale pour suivre Eros à l’opposition favorable de 1900-1901, et la plupart des observatoires de l’hémisphère nord — qui seuls, en raison de la position de la planète, pouvaient effectuer des observations utiles — entreprirent des observations photographiques et micrométriques.
- M. Lœwy confia à M. Arthur R. Hinks la tâche considérable de discuter l’ensemble des observations.
- M. Hinks a exposé au Congrès les résultats de son travail qui, depuis neuf ans, l’a occupé avec plusieurs assistants de l’observatoire de Cambridge.
- L’auteur pense qu’il est impossible à la critique la plus minutieuse de modifier d’une manière sensible les résultats auxquels il est parvenu. Ces résultats sont les suivants :
- Parallaxe t D’après les observations photographiques = 8",807 db 0",0027 solaire ra t D'après les observations micrométriques = 8 ',803 =fc ü",005ii
- Ainsi donc, la valeur résultant de cette entreprise mondiale pour la parallaxe solaire est de 8",806, à 2 ou 3 millièmes de seconde près. La valeur 8",80 adoptée en 1896 par les directeurs des Ephémérides nationales est donc un peu trop faible.
- Le Comité a encore entendu la lecture d’autres mémoires de M. B. Baillaud sur l’équation progressive et l’équation de grandeurs des clichés photographiques d’Eros, à Toulouse ; de M. Millosevich, etc. En raison de l’intérêt qui s’attache à l’observation d’Eros pour la détermination de la parallaxe solaire, d’où découle la distance de la Terre au Soleil — le véritable mètre de l’astronomie planétaire et sidérale — le Comité a chargé M. E. Stromgren de calculer diverses éphémérides, approchées ou de haute précision, pour l’opposition d’Eros en iq31.
- Le Congrès a exprimé le désir que ces éphémérides d’Eros, relatives aux oppositions successives, soient insérées dans les éphémérides officielles : Connaissance des Temps, Nautical Almanac, etc.
- Le Comité recommande aux Observatoires, l’observation régulière de la planète à partir de l’époque présente. Ces observations devront s’étendre aussi loin que possible avant et après les oppositions successives et les résultats publiés dans le plus bref délai.
- Ainsi le Congrès de 1909, en préparant, longtemps à l’avance, le programme d’observations de haute précision de la planète Eros, assure probablement à l’Astronomie une nouvelle victoire. Mais la conquête d’une quatrième décimale de la parallaxe solaire (la troisième est encore douteuse) exigera, sans doute, un bon quart de siècle et des milliers d’observations d’une précision invraisemblable ! Em. Touchet.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Pour colorer Palbâtre en nuance corail. — On
- commence par préparer une composition à base d’étain, et cela au moyen de 25 parties d’eau, de 8 d’acide nitrique, d’une partie d’étain et d’autant de sel ammoniac. A 1000 parties d’eau, on ajoute une demi-partie de cette composition à l’étain et 1 partie*de crème de tartre. On additionne le liquide, et jusqu’à saturation, de cochenille en poudre; puis.on fait bouillir le tout, on laisse refroidir et l’on décante. On met bouillir l’albâtre dans le liquide clair laissé par la décantation, et cette ébullition doit se prolonger durant une heure. On fait ensuite sécher à l’air, et finalement on place les morceaux d'albâtre dans un bain fait par parties égales d’acide stéarique et de cire. On retirera.l’albâtre, on l’essuiera et on le polira au linge, de manière à lui donner tout le brillant possible ; cela ressemblera à s’y méprendre à du corail.
- Eaux colorées. — Les recettes que nous allons reproduire sont faites plus spécialement pour l%s pharmaciens, et pour les flacons classiques aux nuances diverses qu’ils installent traditionnellement dans leurs devantures. — Pour le vert, il suffit de faire dissoudre, dans 4 1/2 litres d’eau, 3oo gr. de sulfate de cuivre et 45o d’acide chlorhydrique. Pour le bleu, on prend 480 gr. du même sulfate et 60 d’acide sulfurique. — Le jaune s’obtient avec 3o gr. de bichromate de. potasse et et 22,5 de bicarbonate de soude. Le rouge se prépare avec, toujours dans 4 1/2 litres d’eau et.distillée, 60 gr. de chlorure ferrique liquide officinal, 120 d’une solution concentrée d’acétate d’ammonium et 3o gr. d’acide acé-lique. En ajoutant seulement 10 pour 100 d’alcool au tiquide, on le rendra incongelable, au moins dans les devantures.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Pour la « turbine Electra », s’adresser à la Société Ch. Lemale, 5a, rue de La Rochefoucauld, Paris. — Filtre Gobbi (n° 1883, p. 63) : MM. E. Gobbi et E.-H. Taine, 42» rue Duchesnay, Asnières (Seine).
- Communication. — Le mirage vertical. — Nous recevons de M. Gosserez, ingénieur à Paris, l’intéressante communication suivante à propos du mirage vertical décrit par M. Monod dans La Nature du ia juin : « Permettez-moi de vous signaler que le même phénomène est visible par les grandes chaleurs sur le mur Est de l’hôpital de Lariboisière (rue de Maubeuge) ; du moins il l’était, il y a deux ou trois ans, époque où je passais tous les jours le long de ce mur. Je l’ai fait observer à des amis qui n’y voulaient pas croire. Ce mirage, était beaucoup moins net que celui dont vous donnez des photographies, mais indéniable. Pour le voir, profiter d’une journée chaude au cours de laquelle le mur exposé à la chaleur solaire toute la matinée est en bon état vers i heure après-midi : se placer presque dans le plan du mur, de préférence du côté de la rue Ambroise-Pàré. On verra les gens passant tout près s’y réfléter en partie. Vous pourrez, en outre, contrôler le mirage horizontal avenue Philippe-Auguste en allant vers la placq de la Nation. Lorsqu’on quitte le Père-Lachaise, on s’enfonce dans une dépression au fond de laquelle se trouve, je crois, la rue de Charonne. En remontant l'autre flanc de cette dépressioii, il arrive un moment où on a les yeux à peu près dans le plan de l’avenue. Si celle-ci a été suffisamment échauffée comme cela arrive
- pendant la canicule, vous avez l’impression nette que l’on vient d'arroser, alors qu’en continuant votre chemin une élévation de quelques décimètres vous révèle votre illusion qui disparaît totalement lorsque vous parcourez la partie qui semblait mouillée et qui se trouve sèche comme le désert. Ces phénomènes ne sont bien visibles que pendant la canicule ou toute période très chaude de quelque durée. »
- Renseignements. — M. Engel, à Orau. — Contre les fourmis : arroser le champ à protéger avec de l’eau additionnée de pétrole, et détruire autant que possible les fourmilières. Il serait bon, peut-être, disoler le champ ensuite au moyen d’un fossé, contenant de l’eau pétrolée.
- M. L. A., à X. — Nous ne connaissons pas l’appareil dont vous parlez. En principe, il faut être très sceptique au sujet des merveilleux résultats annoncés par ,Je s marchands ou fabricants. Il est cependant certain qu’un microphone peut rendre des services dans des .cas—de surdité légère, et le principe est depuis longtemps appliqué dans divers appareils, mais il faut se méfier des exagérations intéressées, . __
- M. de Swelinger, à Versailles. — Vous trouverez dans notre n° 1837, 8 août 1908, Science appliquée, la description de l’aéroplane minuscule en forme d’oiseau. Pour des renseignements précis sur la construction des cerfs-volants, nous vous conseillons la lecture des articles de M. Bois parus, il y a un an, dans la Revue dit Génie.
- M. Pauleau, à Beaufort en Vallée.— Le problème que vous nous posez est absolument impossible. Beux poids inégaux à égale distance du centre ne seront jamais en équilibre.
- M. A. B.., à Mulhouse. — Vous obtiendrez tout renseignement sur la préparation du Yoghourt, eu vous adressant à. M. Carrion, 54, faubourg Saint-Honoré, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’aéroplane « Antoinette Y » : René Champey. — Les hautes régions de l’atmosphère : Lucien Rudaux. —Les ruines d’Angkor: Georges Maspero. — Instantanés en couleurs au magnésium : G. Mareschal. — Automobilisme agricole : Lucien Fournier. — Académie des sciences; séance du 21 juin 1909 : Ch. de Viuledeuil. — Filtre métallique à interstices réguliers et ultra-microscopiques : R. Villers.
- Supplément. —Le prix d’aviation de « La Nature ». — Le prix Osiris et l’aviation. — Observations de M. le Dr Gustave Le Bon sur la radioactivité. — Un nouvel appareil de M. Marconi pour la production des ondes hertziennes. — Les nuages et la distribution des végétaux dans les Pyrénées centrales.
- Les moteurs à gaz. Étude des projets, construction et conduite des moteurs à explosion, par IIerm. Haeder, traduit de l’allemand par M. Varinois. Tome IL In-8° de vm-248 pages, avec nombr. fîg. et tableaux et un atlas de 100 pl. i7fl',5o. L’ouvrage complet : 2 vol. in-8° et atlas, 3o francs. Chez H. Dunod et E. Pinat. Paris.
- La traduction de l’ouvrage allemand de Haeder sur les moteurs à gaz,; dont M. Varinois vient de publier la seconde et dernière partie, s’adresse au monde industriel nombreux appelé à acheter, à conduire ou à construire des moteurs à gaz. A l’acheteur, il indiquera les économies que pourra présenter l’emploi du gaz, comparé à celui de la vapeur et le type qui conviendra le mieux pour son industrie. L’ingénieur appelé à faire des projets de moteurs, y, trouvera un ensemble de méthodes, de calculs, de formules, de ta- |
- bleaux et d’exemples numériques, qui lui permettront d’établir complètement le type le plus avantageux devant répondre aux exigences de chacun des cas particuliers.
- Les unités électriques, par le comte de Baillehache, ingénieur des arts et manufactures. In-8° de x-202 pages. Broché, 6 francs. Chez H. Dunod etE. Pinat. Pains.
- M. de Baillehache a voulu montrer que la recherche d’un système absolu d’unités n’offre pas un intérêt exclusivement scientifique ; un système coordonné donne des combinaisons simples et claires, des relations fécondes.
- Comment on pratique la fonderie en Amérique, par Th. D. West, ancien président de l’Association-des fondeurs américains, traduit d’après la 10e édition américaine, par Pierre Breuil et A. Imbault. In-8° de vi-4.12 pages, avec 61 fîg. Broché, 8 francs. Chez H. Dunod et E. Pinat. Paris.
- Les ouvrages traitant de la fonderie d’une façon nette et pratique sont extrêmement rares. Celui-ci pose des principes au lieu de se borner à examiner toutes les particularités plus ou moins intéressantes qui peuvent se présenter dans l’art du mouleur. L’ouvrage est fait pour, des. praticiens. par .up praticien qui a été dans l’atelier et a eu à diriger des fonderies un peu partout en Amérique. Ses dix éditions américaines montrent assez sa valeur.
- Technologie et analyse chimique des huiles, graisses et cires, par le Dr J. Lewkowitscii, ingénieur chimiste,
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- BIBLIOGRAPHIE
- traduit parEm. Bontoux, ingénieur chimiste. Tome II. In-8° de xm-860 pages, avec tableaux, 12 fig. et 6 microphotographies. Broché, 3o francs. Chez H. Dunod et E. Pinat. Paris.
- Ce nouveau volume de M. Lexvkowitsch fait suite à celui paru à la lin de l’année 1906. Le chapitre XIII, consacré à la préparation des huiles, graisses et cires, a été entièrement écrit à nouveau, et a reçu ainsi de l’auteur et du traducteur de nombreux développements techniques. A l’heure où s’organise chez nous la répression, des fraudes en matières alimentaires, l’analyste et l’expert qui s’intéressent aux falsifications des matières grasses et à leur recherche, apprécieront particulièrement l’esprit critique avec lequel l’auteur décrit les unes et les autres. .
- Traité des fraudes alimentaires, agricoles et médicamenteuses, par L. Courcelle et H. Ricard. In-8° de 694 pages. Broché, i5 francs. Chez H. Dunod et E. Pinat. Paris.
- C’est l’exposé et le commentaire de la nouvelle réglementation de 190S et 1908 que l’on trouvera dans l’ouvrage de MM. L. Courcelle et Ricard. '
- Beobachtungen über die Eiszeit auf der B alk an h albin-sel, in den Sudkarpathen und auf déni mysisclien Olymp, par le professeur Dr J. Cvijié. Extrait de « Zeitschrift für Gletscherkunde », III”, pl. 1908.
- Importante étude (35 pages, 19 fig.) sur les anciens glaciers des Karpathes du sud du Rila-dagh (Bulgarie) et.'dû mont Olympe (Thessalie).
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT; ; DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DÛ. CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 juin 1909.. 18u,5 S. 2. Nuageux. 2,2 Averses entre 12 h. 53 et 16 h. 20; éclairs et tonn. dans la soirée.
- Mardi 22 14°,0 S. 3. Pluie. 1.5 Pluie entre 6 et 8 h. et entre 16 h. 50 et 17 h. 50; coups de tonn.
- Mercredi 25 12°,0 S. 4. Couvert. 6,7 Rosée; averses entre 11 h. 55 et 18 h. 15; coups de tonnerre.
- Jeudi 24 12°,3 S. 3. Éclaircies. 4,3 Averses ; très nuageux.
- Vendredi 25 13°,0 S. W. 4. Nuageux. 4.1 Averses entre 14 h. 40 et 19 h.; coups de tonn.; très nuageux.
- Samedi 26 10°,9 S. S. W. 2. Pluie. 3,7 Pluie de 5 h. à 7 h. 45 et quelques averses ;‘presque couvert.
- Dimanche 27 11°,6 S. S. W. 2. Couvert. 3.9 Pluie à diverses reprises ; presque couvert.
- JUIN 1909. — SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 JUIN 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 21 au 27 juin. — Le 21. La dépression des Iles-Britanniques s’étend vers l’E. et le S. : Irlande, 750; Bretagne, 756 ; Gascogne, 737 ; fortes pressions sur le S.-E : 766. Pluies sur le N. de l’Allemagne et les Iles-Britanniques ; en France (orages dans l’O.) : La Coubre, 7 mm d’eau; Rochefort, 4; Ouessant, 3. Temp. du matin; : Yardoe, 40; Paris, 18 ; Gibraltar, 20; Puy de Dôme, i5 ; moyenne à Paris : i7°,2 (normale : 17°). —Le 22. Basses pressions presque générales. Malin-Head, 743; Yardoe, 765. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Cherbourg, 17; Nantes, 12; Dunkerque, Clermont-Ferrand, 7; Brest, 6; Biarritz, Paris, 3. Temp. du matin : Yardoe, 4°; Paris, 14 ; Algçr, 27 ; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : i4°,9 (normale Ï70,1). — Le 23. Même situation : Iles-Britanniques, 745; Açores, 770. Pluies sur le N. et l’O. en France : Lyon, 3a; Besançon, 18; Nantes, 11 ; Perpignan, 7 ; Bordeaux, 4 ; Paris, 1. Temp. du matin : Arkangel, 3°; Paris, 12; Toulouse, 14 ; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : 120,7 (normale : i7°,2). — Le 24. Cherbourg, 748; péninsule Ibérique, 765. Pluies sur le N.y le Centre et l’O. ; en
- France : Nantes, 24; Dunkerque, i3; Toulon, 10; Clermont-Ferrand, 9; Paris, 7 ; Brest, 3. Temp. du matin : Arkangel, 6°; Paris, 12; Alger, 22; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : i3°,6 (normale : -17°,2). -— Le 25. Centre de dépression sur la mer du Nord, 730; Açores, 771. Pluies sur le N., le Centre et FO.; en France : Charlevilïe, Limoges, 8 ; Bordeaux, 7 ; Paris, 4 !. Dunkerque,^; Brest, 2. Temp. du matin : Seydisfjord, 70; Paris, 13 ; Alger, 23; Puy de Dôme, 3;- moyenne à Paris : i2°,9 (normale : 17°,3). — Le 26; Lent relèvement sur l’O. : mer du Nord, 755; aire anticyclonique des Açores à l’Irlande : Valentia, 765. Pluies sur l’O.; en France : Yardoe, 4; Paris, 11; Alger, 24 ; Puy de Dôme, —2; moyenne à Paris : i2°,7 (normale : i7°,4)-— Le 27. Mer du Nord, 73g; Seydisfjord, 769; Biarritz, 766. Pluies sur l’O. et le Centre; en France : Toulon, 7; Belfort, Paris, 5; Brest, 3 ; Bordeaux, 2. Temp. du matin : ; Yardoe, 8°; Paris, 12; Alger, 20; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris, i2°,6 (normale : i7°,5). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 23, à 6 h. 52 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’Ecole des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- j.-i"
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- y ...... j
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (VT)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N° 1885 — 10 JUILLET 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- La première comète de 1909. — Elle a été découverte presque simultanément par MM. Borrelly, astronome à l’Observatoire de Marseille et Z. Daniel, astronome à l’Observatoire de l’Université de Princeton (Etats-Unis). Elle porte le nom de comète Borrelly-Daniel (1909 a), A Marseille, M. Borrelly l’a trouvée le 14 juin, et sa position, pour i4h3o“ (temps moyen de Marseille) était Æ.= 1h 37“ ; (£) = + 26° 56'. Mouvement rapide vers le Nord-Est. M. Daniel l’a découverte de son côté, sans en connaître l’existence. Le i5 juin, à 1911 12“ (temps moyen de Greenwich), il a trouvé pour sa position dans le ciel : M — ih 3g“ 54s ;(£) = + 28° 55'. M. Daniel indiquait pour le déplacement de la comète un mouvement rapide vers le Nord. Elle était visible dans un petit télescope. M. Javelle a pu observer .ee nouvel astre, à l’Observatoire de Nice. Sa position pour i3b i3“,3 (temps moyen de Nice) était : Æ = ih4im54s; CD = •+• 290 58'18". Cette dernière observation montre que la comète était dans la constellation du Triangle, très près de l’étoile a, en une région du ciel qiii se lève en ce moment vers minuit. Le nouvel astre peut donc être observé actuellement le matin avant l’aurore.
- Phénomènes observés dans la Manche. — Peut-on trouver une relation quelconque entre les phénomènes suivants et la période d’agitation sismique qui vient de se manifester un peu partout? Notre collaborateur
- L. Rudaux, nous communique des renseignements qui lui ont été donnés à Donville (Manche). Le dimanche 20 juin, vers ioh3o du soir différentes personnes ont distinctement entendu un bruit violent comparé unanimement au vacarme que produirait un lourd chariot passant à fond de train sur de gros pavés. Les lieux où le bruit a été entendu sont très différents ; pour les premiers observateurs, M. et. M“e G., leur maison est voisine d’une grand’route (mais non pavée) et leur impression après constatation qu’aucune voiture ne passait a été que quelque chose « dégringolait » dans le sous-sol : il n’en était rien non plus. Quant aux autres personnes, M. et Mmc, B,, le fait prend plus d’importance, à cause de la situation de leur chalet, situé en pleines dunes de sable, au bord de la mer, loin de tout chemin carrossable. Cependant M. Rudaux dont l’observatoire est situé entre ces deux points et très voisin du premier ne se rappelle nullement avoir eu l’attention éveillée par un bruit particulier; mais notre collaborateur remarque qu’étant fort occupé à cet instant, le bruit en question a pu lui produire l’effet de celui d’une voiture, dont il n’avait nullement intérêt à se souvenir.... D’autres pei’sonnes questionnées ont donné une réponse identique. Malgré tout, le récit des observateurs reste incontestable, étant donné la précision de leurs remarques, la simultanéité parfaite de la constatation et surtout la situation des seconds. Le bruit décrit est absolument comparable à celui accompagnant les tremblements de terre, et d’ailleurs pour
- M. et M“° B. ayant ressenti assez récemment les effets
- d’un séisme, leur impression est très nette. Cependant aucune secousse n’a été ressentie. A ces constatations, M. Rudaux ajoute qu’un de ses amis, passant, le lendemain matin vers 11 heures au bord de la mer, a perçu de sourds grondements venant du large. Peut-être y a-t-il lieu de tirer de ces différentes constatations des faits utiles à ajouter à l’étude des mistpoeffers que certains auteurs cherchent à rattacher à la géotectonique.
- Un concours de cerfs-volants montés. — Un concours de cerfs-volants montés, doté d’un prix de 10000 francs par le commandant Dollfus, est organisé par la Ligue Nationale Aérienne. Pour remplir les conditions imposées par le règlement de ce concours, les appareils présentés devront pouvoir élever un poids minimum de 110 kg à 3oo m. de hauteur et l’y maintenir pendant au moins quinze minutes. Là vitesse minimum de vent à partir de laquelle les ascensions seront possibles a été fixée à xo m. à la seconde. Les épreuves proprement dites seront précédées d’un examen éliminatoire des projets que chaque concurrent devra faire parvenir à la Ligue Nationale Aérienne avant le icr décembre prochain.
- Action du formol sur l’organisme humain. — Le
- formol est souvent ajouté au lait, à la crème, pour favoriser la conservation de ces produits en été surtout. Villey, chimiste américain, dans des' expériences que relate l'Hygiène de la Viande et du Lait, a obtenu de douze hommes en bonne santé l’expérience suivante : 100 à 200 milligrammes de formol sont absorbés chaque jour par douze personnes ; chacune d’elles arrive à ingérer en tout 2 gr. 5o du produit en solution'dans de l’eau ou dilué dans du lait. Dix jours se passent sans qu’on puisse observer un malaise appréciable. Plus tard, on note des douleurs gastriques et intestinales, des crampes,* des nausées et des vomissements. On note chez quatre sujets une éruption très nette et gênante à la poitrine et aux cuisses. Beaucoup se plaignent d’unë sensation de brûlure à la gorge. L’urine est plus abondante. Les fèces sont plus liquides. On note un amaigrissement de 200 à 5oo grammes par jour. L’aldéhyde formique est donc dangereuse pour l’adulte, à plus forte raison pour les malades et les nourrissons.
- Une tentative de combinaison de l’argon. — L’argon, qui fait partie de ces éléments de Pair découverts il y a quelques années par sir William Ramsay, est remarquable par son inertie et par l’impossibilité où l’on s’est trouvé jusqu’ici de le faire entrer en combinaison. MM. Fischer et Uiovici ont tenté, à l’abri de l’air, en opérant avec des électrodes de cadmium et en déchargeant l’arc ou l’étincelle électrique dans l’argon liquéfié, d’obtenir avec ce corps une combinaison chimique ; mais il ne s’est pas formé de produits définis. Les électrodes se sont recouvertes, après plusieurs heures, de très légers dépôts vert olive ou noirs ren-
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- INFORMATIONS
- formant de l’azote, provenant d’une impureté de l’argon employé et du cadmium; il s’était ainsi engendré un azoture de cadmium; l’argon ne s’y trouvait qu’en quantité extrêmement faible, ainsi qu’on a pu s’en assurer par l’examen spectroscopique.
- La volatilisation des métaux dans le vide. —
- M. A. Knocke a trouvé les températures suivantes comme étant celles où la volatilisation commence dans
- le vide pour les métaux suivants :
- Calcium........398° Palladium . . . 735°
- Strontium .... 375° Osmium .... 8oo°
- Baryum......... 355° Fer........7 55°
- Magnésium. . . . 4*5° Cobalt......640°
- Platine........54o° Nickel. .... 75o°
- Iridium........66o°
- Emmagasinage du charbon sous l’eau. — Diverses publications (Times, Commercial Intelligence, Collierj Guardian, Engineer, Annales des Mines de Belgique, Génie civil, Journal des Débats, etc.), ont appelé l’attention sur les avantages de l’emmagasinage du charbon sous l’eau, en 1903 et au commencement de 1904. On sait, notamment, combien l’emmagasinage à l’air libre est nuisible à la qualité du charbon et si on se reporte aux publications précitées, on se rendra compte des nombreux avantages offerts par l’emmagasinage sous l’eau. Aussi n’est-il pas surprenant que l’on soit, depuis, revenu plusieurs fois sur la question et que le procédé soit entré dans la pratique. Notons qu’ultérieure-ment, à Portsmouth, l’Amirauté britannique a pratiqué des essais comparatifs entre du charbon, immergé dans le bassin n° 2 et le même charbon, conservé à terre en tas, recouvert de toile goudronnée. La valeur calorifique du lot immergé s’est montrée supérieure. La Western Electric C° de Chicago a fait établir, dans le voisinage de Chicago, à Hawthorne, de larges puits, pouvant contenir 14 000 tonnes de charbon immergé. Plus récemment les ateliers municipaux du gaz de Stettin ont décidé l’établissement, sur les rives de l’Oder, d’un réservoir, en ciment armé, pouvant contenir 20000 tonnes de charbon immergé. Bien évidemment, l’emmagasinage du charbon sous l’eau oblige à une immobilisation de capitaux et à des manipulations qui accroissent le prix du charbon, en sorte que le mode peut, en fait, ne pas être recommandable dans des conditions ordinaires, mais il peut, malgré un certain accroissement du prix, à réduire au minimum par des dispositifs appropriés, rendre de très grands services, comme dans le cas des dépôts de houille pour les navires de guerre, ou encore pour des industries comme celle du gaz d’éclairage des villes, où il importe d’assurer les livraisons, malgré les interruptions que peuvent occasionner certains incidents, tels que l’état de guerre, de grève, etc.... L’important est de retenir que ce mode d’emmagasinage permet de mettre des approvisionnements de houille, à l’abri d’entreprises de destruction, en leur conservant leurs qualités et même en les améliorant.
- Contre la fumée. — Le « United States Geological Survey », inquiet de l’effrayante consommation houillère des Etats-Unis et de l’épuisement éventuel des ressources minérales de ce pays, vient de reprendre la question de la lutte contre la fumée et publie un rapport sur les conditions les plus favorables pour obtenir une combustion sans fumée. La principale cause de la production des fumées paraît être l’exiguïté des foyers, et la difficulté d’accès de l’air. Les gaz combustibles n’ont ni l’espace ni le temps suffisant pour brûler comolète-ment avant de venir se refroidir au contact des surfaces de chauffe et l’auraient-ils, l’appoint d’air est trop faible et la combustion demeure incomplète. C’est dans ce sens que les plus grands progrès doivent, semble-t-il, être réalisés. On pourrait parvenir à brûler sans pi'o-duction excessive de fumée des charbons de qualité très inférieure, même du lignite ou de la tourbe. Il convient également de mettre en lumière les avantages du chargement mécanique qui assure une alimentation régulière et économique pendant toute la durée de la marche. Le point capital, c’est 1p. réalisation d’un foyer qui permette à l’air de se mélanger convenablement aux gaz pour assurer une combustion complète avant que ceux-ci ne viennent en contact avec les parois plus froides de la surface de chauffe. Naturellement les charbons qui con-
- tiennent beaucoup de goudrons et d hydrocarbures lourds sont difficiles à brûler sans produire de la fumée ; on y arrive cependant assez aisément en donnant à la chambre de combustion une capacité suffisante. Les briquettes donnent des résultats meilleurs que le charbon simple qui a servi à leur fabrication, car elles se trouvent dans des conditions plus favorables à la combustion. Du reste aucun type de chargeur mécanique ne peut convenir pour toutes les espèces de charbon. Il faut choisir son chargeur suivant les cas et le régler avec soin. En appliquant les principes ci-dessus, on a réalisé des installations donnant toute satisfaction sans utilisation d’appareils fumivores plus ou moins bizarres. O11 a pu même brûler sans ennuis des combustibles de qualité très inférieure ; ce qui présente un grand intérêt en raison de l’augmentation incessante du prix du charbon. Mais tout ceci ne s’applique qu’à des installations industrielles de quelque importance. En fait, la plus grande part des fumées qui empoisonnent les villes, incombe aux modestes foyers des maisons particulières. C’est là que gît le mal, et c’est là aussi qu’il est le plus difficile à combattre. On ne peut guère compter que sur l’emploi, constamment croissant, il est vrai, du gaz ou de l’électricité, pour le combattre efficacement. On pourrait aussi, comme le préconise l’étude du Geological Survey, créer des stations centrales à l’eau chaude ou à la vapeur desservant un grand nombre de maisons.
- Un gigantesque navire déglaceur. — Ce navire, l’Ermak appartient à la Russie qui, grâce à lui, maintient tout l’hiver le libre accès dans ses ports de la Baltique obstrués de glaces. L’Ermak jauge 8000 tonnes. Ses machines développent 10000 chevaux. Ses soutes à charbon contiennent plus de 3ooo tonnes. Deux water-ballast avant et arrière, deux autres latéraux permettant de faire donner de la bande au navire ; un réservoir central diminue le roulis qui, au milieu des glaces, briserait les quilles latérales. Des pompes puissantes, débitant plus de 10 tonnes d’eau à la minute permettent de soulever en quelque sorte le bâtiment hors de l’eau, de l’y plonger, et de le décoller des glaces. Ces pompes servent aussi à envoyer de l’eau chaude le long des bordages extérieurs. L ’Ermak est propulsé par 3 hélices à 4 branches en acier-nickel, très robustes placées à l’arrière. Une 40 hélice placée en avant sert surtout à produire des remous qui évacuent les glaçons de dessous la carène. L’Ermak peut atteindre une vitesse de 16 nœuds. Il passe à une vitesse de 9 nœuds à travers des bancs de 1,20 m. à i,5o m. d’épaisseur.
- La tourbe et les locomotives. — Une discussion très intéressante s’est déroulée récemment au Parlement suédois au sujet de la possibilité de substituer la tourbe au charbon de terre pour le chauffage des locoiûotives. Le gouvernement avait demandé des crédits de 5 1 ioooofr. pour le renouvellement du matériel roulant des lignes de l’Etat, en spécifiant que l’une des nouvelles locomotives serait pourvue d’un foyer spécialement imaginé pour la combustion de la tourbe, et cela à titre d’essai. Ce produit abonde en Suède, tandis que la houille y est importée à grands frais. La commission du budget s’était opposée à cette tentative, en se basant sur l’opinion de nombreux experts d’après qui l’emploi de la tourbe entraînerait plus de dépenses que celui de la houille importée. Mais le Ministère de l’intérieur n’a pas cédé, et la Chambre, après un vif débat, s’est ralliée à sa façon de voir. Il reste à trouver un nouveau type de foyer de locomotive capable d’obtenir de la tourbe un rendement satisfaisant. Et c’est là-un nouveau débouché que nous signalons à l’initiative de nos inventeurs.
- Les colonies allemandes en Russie. — On connaît la puissance d’expansion de la race allemande. La revue Idées modernes donne, dans son numéro de mai, quelques chiffres qui permettent de voir la place occupée par les Allemands en Russie. Ils abondent surtout, sous la forme de véritables colonies, conservant l’usage de la langue maternelle et possédant des éçoles et une presse spéciale, dans les provinces de la Baltique, où ils sont au nombre de 229084 sur une population totale de 4418148 habitants, et sur les. bords de la Volga et du Koutchourgan, où ils comptent 555 ooo individus en 54 colonies. En ajoutant à ces chiffres les Allemands disséminés dans toute la Russie, on arrive au total de i 5oo 000 habitants. . .
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Projections
- Les projections lumineuses sans écran. — J01}1 monde connaît le dispositif adopté pour les projections lumineuses. Que ce soit dans une salle de spectacle, dans un amphithéâtre de cours ou de conférence, on projette l’image amplifiée sur un écran de grandes dimensions après avoir fait l’obscurité plus ou moins complète dans la salle.
- Tel est le moyen, classique, pour ainsi dire, auquel 0n a toujours recours et qui impose aux spectateurs la nécessité de demeurer assez longtemps dans les ténèbres
- WA ^^Jbrasoleif
- Operateur
- Spectateurs
- Fig. i. — Dispositif des miroirs lorsque la source lumineuse et la glace réfléchissante sont situées à la même hauteur.
- et qui est au moins gênante et peut, en cas de panique, devenir dangereuse.
- On peut cependant, par un procédé imaginé et breveté par M. F. de Mare, ingénieur français, faire des projections en se passant de l’obscurité, en pleine lumière, voire même, dans un jardin.
- Voici ce qui caractérise le dispositif F. de Mare : deux miroirs B et E (fig. i) parallèles, se faisant face, et inclinés à 45° sur le plan horizontal, et un verre dépoli D, intercalé entre eux.
- Ce procédé, qui est une application ingénieuse des lois de la réflexion, est d’une théorie très simple, comme nous allons le montrer ; le cliché à projeter placé en A (fig. i) et éclairé par une source lumineuse, donne un faisceau de rayons, réfléchis par le miroir B. L’image réelle, provenant du cliché, est ainsi projetée sur le verre dépoli D et le miroir incliné E recueille, à son tour, cette image et la réfléchit vers les spectateurs.
- Comme on le voit l’emploi de la salle obscure est complètement supprimé. Les spectateurs voient en pleine lumière et sur un fond brillant, une image réfléchie très nette.
- La quantité de lumière absorbée par les deux miroirs est, en effet, très faible.
- Le conférencier n’étant plus séparé de l’opérateur par
- Opérateur
- Fig. 2.— Disposition des miroirs lorsque la source lumineuse est située au-dessus de la glace réfléchissante.
- les spectateurs, comme cela a lieu pour le procédé à l’écran, communique facilement avec lui, ce qui n’est pas sans avantage.
- En outre, par un nouveau perfectionnement, les vues à projeter, pouvant être tirées, les unes à la suite des autres, sur un film, sont moins fragiles, moins encombrantes et d’un poids beaucoup plus restreint que si elles étaient tirées séparément sur des clichés en verre. Le film est enduit d’un vernis spécial permettant de l’isoler du foyer lumineux par immersion dans l’eau, ce qui supprime complètement le danger d’inflammation et, par conséquent, le risque d’iucendie qui pourrait en résulter. Par un mécanisme électrique simple, mis à portée de
- sa main, le conférencier peut même se passer de l’opérateur, en faisant mouvoir, lui-même, devant la lanterne à projections, telle vue qui lui convient.
- Le dispositif F. de Mare, comporte, selon les cas, deux variantes que nous représentons dans les figures 2 et 3. La figure 2 nous montre l’agencement des miroirs dans le cas où la source lumineuse est placée au-dessus de la glace réfléchissante. La figure 3 nous montre le dispositif F. de Mare quand cette même source lumineuse est placée au-dessous de la glace réfléchissante. Dans ce cas, la première glace B est supprimée. L’image se projette directement sur le verre dépoli D" et se trouve réfléchie vers les spectateurs, comme dans les deux cas précédents par la glace E".
- Les projections lumineuses sans écran ont déjà été employées en Belgique et nous devons à la vérité de dire que les essais ont été très encourageants; il y a là, dans la pratique des projections lumineuses, une nouveauté ingénieuse qu’il est intéressant de signaler.
- fcraso/e//
- Opérateur
- Spectateurs
- Fig. 3. — Disposition des miroirs lorsque la source lumineuse est située au-dessous de la glace réfléchissante.
- ctg'Jsâ. Photographie
- Impression des clichés par le procédé « Collo ».
- — Le tirage des clichés photographiques par les procédés employés ordinairement par les amateurs est toujours assez limité; aussi quand on veut obtenir la reproduction à So ou 100 exemplaires d’une épreuve destinée à une carte postale ou un menu de banquet est-on obligé de s’adresser à l’industrie. D’un autre côté, on trouve assez difficilement des imprimeurs qui acceptent un aussi faible tirage. C’est pourquoi on a cherché souvent à mettre les procédés de tirage aux encres grasses à la portée des amateurs. On sait que le plus simple de ces procédés est la photocollographie (appelée autrefois phototypie) qui utilise les propriétés de la gélatine bichromatée. Entre les mains des personnes peu expé-riméntées, il y a plusieurs causes d’insuccès dont les principales sont l’exposition à la lumière pour la formation de la planche et l’encrage de celle-ci ; elles dépendent du reste l’une de l’autre ; car si l’exposition est normale, l’encrage se fait plus facilement.
- En remplaçant la gélatine bichromatée par une émulsion spéciale étendue suides plaques de verre qui sont ensuite sensibilisées dans un bain approprié, M. E. Forestier a beaucoup simplifié les opérations tout en assurant un succès à peu près certain même entre des mains non habituées aux impressions par les encres grasses. Ces plaques se conservent indéfiniment quand elles ne sont pas sensibilisées et après cette opération elles peuvent encore être gardées plusieurs semaines à l’obscurité avant l’emploi. Le tirage du cliché sur la plaque destinée à l’impression se fait sans le secours d’un photomètre parce que l’image est assez visible au dos de la plaque pour qu’on suive sa venue et qu’on puisse l’arrêter au point voulu.
- L’encre prend bien sur l’émulsion et ne nécessite qu’une faible pression pour donner des images très fines. Le matériel pourrait se réduire à une presse à copier ordinaire, mais il est préférable de prendre le petit matériel établi spécialement par la maison Calmels
- Presse pour le procédé « Collo ».
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- à un prix très modéré. 11 comprend (fig. i) un socle B qui supporte une presse dont le plateau P a été parfaitement dressé et dont la vis est munie d’un écrou E qui permet de limiter la pression à un point qu’on règle une fois pour toutes pour un tirage donné.
- Le support A porte la plaque et reçoit le cadre C qui maintient la frisquette; il glisse sur deux rails de telle sorte qu’il peut être retiré rapidement de dessous la presse pour l’encrage et être remis ensuite en position exacte pour une nouvelle impression.
- Une brochure très complète, rédigée par l’auteur du procédé, donne l’ensemble des opérations à effectuer. Il s’étend dans les détails les plus minutieux, ce qui, au premier abord, ferait croire à une réelle difficulté. Mais il suffit d’avoir vu opérer une seule fois pour se rendre compte qu’il n’en est rien et que le procédé est très simple et très sûr. Il est tout indiqué pour les imprimeurs et les papetiers des petites localités qui, avec lui arriveraient rapidement à se faire les éditeurs de tous les amateurs photographes de la région. (Le matériel complet et les produits se trouvent, chez M. Calmels, i5o, boulevard du Montparnasse, à Paris.)
- Automobilisme
- Roue de secours pour automobiles. — Les automobilistes sont généralement des gens pressés, quoique n’ayant le plus souvent qu’à cheminer pour leur plaisir ; aussi, lorsqu’un de leurs pneus crève en route, ont-ils tout à fait renoncé à le réparer sur place ; changer le pneu avai’ié pour un neuf est encore une opération trop longue et voici pourquoi furent inventées les jantes amovibles et les roues de secours, qui s’accollent, au moyen d’agrafes, à la jante de la roue malade.
- L'agrafe Celer que nous allons décrire résout très
- Fig. I. — Détails de l’agrafe.
- économiquement et simplement le problème de la roue de secours en permettant d’employer immédiatement une jante quelconque et ordinaire, garnie d’un bandage pneumatique préalablement gonflé, pour la fixer en quelques instants sur une roue du même diamètre.
- L’agrafe Celer se compose d’une pièce en formé de crochet A, qui s’appuie sur le rebord interne de la jante
- Fig. 2. — Coupe de la roue d’automobile et du pneu de secours à l’endroit d’une agrafe Celer.
- en acier de la roue dont le pneu a crevé, et qui contourne intérieurement la jante en bois sans la toucher.
- Cette sorte de crochet est prolongée par une chape articulée terminée par un pas de vis F, avec écrou à oreilles serrable à la main ; une armature centrale D est en outre articulée sur le crochet A et rappelée par un ressort C, qui permet à l’ensemble de l’agrafe de se maintenir seule sur la roue de l’automobile pendant le montage de la roue de secours.
- Enfin, un accrochage B peut être serré par l’écrou à oreilles et maintient d’une façon immuable la jante de secours sur la jante de la roue.
- Selon le diamètre des roues de l’automobile, on emploie trois ou quatre agrafes pour fixer une jante d’acier du type ordinaire, garnie d’un pneu gonflé, sur la roue dont le pneu a éclaté ou qui donne des signes de faiblesse. De même on peut, en cas de mauvais temps, adjoindre momentanément aux roues de la voiture des antidérapants que l’on retirera instantanément quand ils seront devenus inutiles.
- Les avantages dè l’agrafe Celer résident dans son bon marché et dans sa rapidité de montage sur n’importe quelle roue en employant les jantes en acier que livrent, avec les bandages, tous les fabr'cants de pneumatiques.
- Il faut remarquer aussi que le travail mécanique de cette agrafe se fait dans de bonnes conditions, le métal des diverses pièces étant soumis seulement à la traction normale et l’effort réparti tout autour et sur l’épaisseur totale de la roue de l’automobile. — Pour renseignements complémentaires, s’adresser à MM. Savoye et Olivier, 5o, rue Saint-Ferdinand, à Paris.
- Fig. 3. — Montage (lu pneu de secours par 3 agrafes Celer,
- Divers
- Curieux procédé de publicité lumineuse. — On voit depuis quelques semaines, au balcon du premier étage d’un immeuble du boulevard des Italiens, une longue affiche de publicité lumineuse, dont le fonctionnement mystérieux intrigue fortement les passants.
- Le public aperçoit seulement un tableau parfaitement noir sur lequel apparaissent peu à peu des phrases lumineuses que l’on dirait écrites avec un crayon de feu par une main invisible. Puis les mots s’effacent successivement comme si le tableau noir était essuyé soigneusement avec un linge. Ensuite une autre phrase apparaît et disparaît de la même façon.
- Le truc employé pour réaliser ces inscriptions lumineuses est très simple et son inventeur, M. Quentin, a3, boulevard des Italiens, l’a surnommé Magic Publicity, voici en quoi il consiste :
- Une longue glace dépolie sans tain est placée en avant d’une rampe de lampes électriques incandescentes, qui sont constamment éclairées; au moyen d’une sorte de spatule, un ouvrier étend sur cette glace et par derrière, une encre grasse très noire et de composition appro-priée ; les lampes sont alors invisibles au public qui ne voit qu’un long tableau noir.
- L’ouvrier écrit ensuite, à Vétivers, une phrase quelconque sur la glace en enlevant l’encre grasse au moyen d’une grosse plume en bois et les spectateurs voient ainsi les lettres se former en traits de feu continus, sans apercevoir la main de l’ouvrier caché derrière la glace et ses supports.
- Un simple passage de la spatule chargée d’encre grasse efface les caractères ainsi tracés et rétablit le tableau noir prêt à recevoir une nouvelle inscription.
- Il est difficile d’imaginer un procédé plus simple de production des lettres lumineuses et celui-ci présente l’avantage d’intéresser vivement les spectateurs qui ne se rendent pas compte de la manière dont se fait ce travail.
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- Curieux procédé de publicité lumineuse.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1909
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compte de o a 24 heures a partir de minuit.
- 1. — SOLEIL
- L’équinoxe d’automne arrivera le a3 septembre, à 17 heures. Après le solstice d’été, les jours ont commencé à diminuer. Au mois de septembre, les jours et les nuits ont sensiblement la même durée. Le Soleil, après avoir atteint sa plus grande déclinaison boréale en juin, descend peu à peu. Il traversera l’équateur céleste le •ïi septembre.
- L’activité solaire est actuellement au voisinage de son minimum. Les observateurs qui suivent 1 astre du jour seront bien inspirés, afin de pouvoir déterminer l’époque de ce minimum, d’observer assidûment chaque jour le Soleil et de dresser la statistique de ses fluctuations.
- La Commission solaire de la Société astronomique de France a publié des Instructions fort utiles pour l’étude et l’observation du Soleil.
- IL — PLANÈTES
- Les deux caries publiées au n° 1858 permettent facilement de suivre la marche des planètes sur le ciel et de trouver les plus brillantes.
- Mercure traverse les constellations des Gémeaux, du Cancer et du Lion. Il atteindra sa plus grande élongation du matin, le 8 juillet, à 2i°o' à l’Ouest du Soleil et sa plus grande élongatioi} du soir, le 17 septembre, à 26° 27' à l’Est du Soleil. On pourra rechercher Mercure environ 5 ou 6 jours avant ou après les dates ci-dessus. A l’œil nu, cette planète paraît comme une étoile rougeâtre de la première grandeur. Elle sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 4 août.
- Vénus traverse les constellations du Cancer et du Lion. Elle est visible le soir, dans le crépuscule, mais se couche peu après le Soleil. Il faudra attendre la fin de l’année pour l’observer en d’assez bonnes conditions.
- Mars sera en opposition, dans la constellation des Poissons, le 24 septembre. Cette planète se présente, cette année, en des conditions exceptionnellement favorables pour l’observation. Environ tous les 17 ans, au moment de l’opposition, Mars, se trouve vers le périhélie de son orbite. La distance qui sépare alors la planète de la Terre est minimum et sera cette année de 0,390, celle de la Terre au Soleil étant prise pour unité. En outre, Mars étant dans les Poissons sera à une très bonne hauteur au-dessus de l’horizon (environ 37° pour Paris). En raison de ces conditions très favorables nous recommandons expressément à toutes les personnes, à tous les amateurs des curiosités du ciel possédant un instrument assez puissant (lunettes de om,io8au moins) de suivre cette planète et d’en dessiner l’aspect télescopique.
- Le diamètre de Mars, de i3",6 le 2 juillet, passera à 17",9 le xei août, à 21",2 le 2 septembre et à 24",o au moment de l’oppiosition. L’ Annuaire astronomique pour 1909 publié par M. Flammarion contient tous les renseignements complémentaires pour l’observation de cette remarquable planète, renseignements permettant de calculer facilement pour un moment quelconque le point du globe martien tourné vers la Terre, c’est-à-dire l’aspect présenté par sa surface.
- M. Flammarion a l’intention d’organiser des observations simultanées de Mars entre les différents observateurs. Il les prie de lui faire parvenir (40, avenue de l’Observatoire, à Paris) les dessins et remarques réunis au cours de ces observations simultanées. Etant faites au même moment par de nombreux astronomes, ces observations peuvent rendre de réels services en permettant de contrôler certains détails les uns par les autres. Il convient, avant tout, de ne pas regarder un globe ou une carte de Mars avant l’observation, de ne pas se l'appeler le dessin ou la configuration de la veille et de ne noter que ce que Von voit. Ne pas chercher à
- voir des détails qu’on sait exister. Les heures choisies pour ces observations simultanées sont :
- Du 1" au 1S septembre, à 23 h. 0 m. (11 heures du soir).
- Du 15 au 30 septembre, à 22 h. 30 m. (10 h. 30 m. du soir).
- Eu octobre, à 21 h. 30 m. (9 h. 30 m. du soir).
- La discussion des documents réunis paraîtra dans le Bulletin de la Société astronomique de F'rance.
- Rappelons qu’une coopération analogue a déjà porté ses fruits à propos de Jupiter. Sur la proposition d’un membre de ladite Société, M. Nicolas Poutiata, des observations simultanées de Jupiter furent organisées en janvier et février 1906 entre les membres de la Société astronomique de France. Elles donnèrent lieu à uu nombre considérable de dessins et de remarques qui firent l’objet d’une discussion très serrée par M. Jean Mascart, astronome à l’Observatoire de Paris.
- Il y a d’autant plus d’intérêt à recommencer aujourd’hui cette intéx-essante expérience, que Mars présente des détails permanents et précis. Pour terminer, insistons encore sur la nécessité de ne dessiner que ce que Von voit et sans idée préconçue.
- Jupiter est inobservable.
- Saturne sera en quadrature occidentale le 16 juillet, dans la constellation des Poissons, au-dessus de l’étoile p.. On pourra donc commencer les observations dès le mois de juillet, après minuit. En août et septembre, la planète sera bien située pour l’étude. Voici les éléments de Panneau de Saturne :
- GRAND AXE PETIT AXE DATES EXTÉRIEUR EXTÉRIEUR
- 8 juillet. . . 39”,8 9",1
- 1" août . . , 41”,5 9”,6
- 2 septembre . -43”,7 9",8
- HAUTEUR HAUTEUR
- DE LA TERRE DU SOLEIL
- AU-DESSUS DU AU-DESSUS DU
- n.AN DE l’anneau plan de l’anneau
- — 13° 10’ —10° 36’
- — 13° 19’ —10° 57’
- — 12° 55’ —11° 25’
- Rappelons qu’une petite lunette de om,o4 permet de distinguer Panneau qui entoure la planète.
- Uranus, dans le Sagittaire, sera en opposition le 12 juillet. On pourra le trouver aux positions ci-après. Eclat de la 6e grandeur.
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 6 juillet. . .
- 5 août . . .
- 6 septembre. 26 —
- 19 h. 24 m. — 22° 31' 4”,0
- 19 h. 19 m. — 22° 42' 4",0
- 19 h. 15 m. — 22° 48' 3”,9
- 19 h. 14 m. — 22° 49' 5",9
- Neptune pourra être recherché en septembre dans la constellation des Gémeaux. Cette lointaine planète brille avec l’éclat de la 8e grandeur.
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 6 septembre. 7 h. 21 m. +21° 27’ 2",2
- 26 — 7 li. 22 m. + 21° 23’ 2”,2
- Petites planètes. — On trouvera les petites planètes
- Vesta, Junon, Cérès et Pallas aux positions ci-dessous :
- VESTA CÉRÈS PALLAS
- DATES Al CD Éclat Al (D Éclat Al (£> Éclat
- Juillet 5 15b56“ —15u18' 6,2 19k42“ —29°15' 7,7 17h51m +25° 39' 9,2
- . — 13 15.55. —15.59. 6,5 19.55. —29.55. 7,7 17.45. h-22.51. 9,2
- — 21 15.57. —16.44. 6,4 19.27. —50.50, 7,7 17.40. +21.48. 9,3
- — 29 16. 0. —17.52. 6,5 19.20. —50.58. 7,7 17.56. -b20.o3. 9,3
- Août 6 — 14 — 22 w 19.14 —31.18. —51.50. —31-55. 7,8 7.8 7.9
- » » » » » » 19. 9. 19. 5. JUNON
- — 30 )) » » 19. 4. —31.55. 8,0
- Sept. 7 » » » » » » 4*"19 + 9° 40' 7,9
- — 15 » )). » » )> » 4.29. + 8.50. 7,8
- - 25 » )) » » » » 4.39. + 7.48. 7,7
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Conjonctions :
- Le 5 août, Mars en conjonction avec la Lune, à 16 h., à 0° 13’ Sud.
- Le 2 septembre, Mars en conjonction avec la Lune, à 4 h., à 1° 4’ Sud Le 3 septembre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 5 li., à 1°14’ Nord.
- Le 29 septembre, Mars en conjonction avec la Lune, à 3 b., à 0°9” Nord.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la fie grandeur, telles qu’on les voit de Paris.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 1" juillet .. . 39 Ophiuclms. 5,5 20. h. 42 m. 21 h. 52 m.
- 5 • — 55 Capricorne. 5,7 . 22 h. 56 m. 25 h. 59 m.
- 5 août.. . . 30 Poissons. 4,6 3 h. 29 m. 4 h. 37 m.
- 6-7 — u Poissons. 4,6 23 h. 39 m. 0 h. 30 m.
- 29. — 37 Capricorne. 6.0 23 h. 0 m. 23 h. 12 m.
- 3 septembre. Ç 1 Baleine. 4,7' 21 h. 8 rn. 21 h. 54 m.
- 4 — 1 Bélier. 5,8 5 h. 33 m. 4 h. 43 m.
- 5-6 - 101 Taureau. 5,8 23 h. 50 m. . 0 h. 20 m.
- 8 - 5 Gémeaux. 6,0 2 h. 45 m. 5 h. 45 m.
- 23 — a Sagittaire. 2,5 15 h. 49 m. 17 h. 4 m.
- 28-29 — 50 Poissons. 4,6 23 b. 19 m. 0 h. 18 m.
- Étoiles filantes. — Perséides : Cette chute d’étoiles filantes commence vers le io juillet (Radiant vers o Cas-
- siopée), atteint son maximum du 9 au n août (Radiant vers 7j Persée) pour cesser vers le 21 août (Radiant dans la Girafe).
- Du au 3o juillet : étoiles filantes émanant de la région de ô Verseau.
- -Étoiles variables. — Observer Mira Ceti (0 de la Baleine) à partir du milieu d’août. Le maximum prévu est fixé au 7 septembre.
- Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) :
- 12 juillet (0 h. 38 m.); 3 août (23 h. 6 m.); 24 août (0 1>. 46 m); 26 août (21 h. 54 m.); 15 septembre (23 h. 14 m.); 18 septembre (20 h. 3 m.).
- On trouvera dans 1 "Annuaire du Bureau des Longitudes tous les renseignements relatifs à l’observation des étoiles variables, les dates de leurs maxima et minima, leur période, etc. Em. Touchiît.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Le trachome et les émigrants. — L’ophtalmie granuleuse ou trachome est une des sept plaies d’Egypte : dans les pays d’Orient elle sévit avec intensité, propagée de douar en douar, de tente en tente. Cette maladie de nature essentiellement contagieuse ne se rencontre pas qu’en Afrique ou dans les pays chauds. Elle se montre dans nos climats et chaque année, à Paris, les hôpitaux et les cliniques spéciales ont, dans leur clientèle, un certain nombre de cas de trachome, mais on peut dire qu’ils sont en somme assez rares.
- Or, depuis deux ou trois ans, le D'Yalude a remarqué que sa consultation de l’hospice des Quinze-Vingts voyait affluer un plus grand nombre de malades atteints de cette forme d’ophtalmie. En recherchant les causes de cette fréquence insolite, il est arrivé à cette conclusion que ce sont les émigrants de passage à Paris qui sont les dis-séminateurs et les propagateurs de la maladie. La clinique des Quinze-Vingts reçoit les émigrants de passage qui viennent demander des soins avec un certificat pour faciliter leur entrée en Amérique. Les règlements pour l’admission des émigrants sont fort sévères aux Etats-Unis ; le pays se défend par des précautions miilutieuses contre l’importation des maladies contagieuses de tout genre. Il faut montrer patte blanche pour entrer sur le territoire américain et pour y fixer sa résidence. Il serait juste d’établir des règlements de même ordre chez-nous et les pouvoirs publics feraient bien de suivre les indications formulées par l’Académie de médecine à la suite de la communication du professeur Chantemesse et du Dr Borel sur la réforme de la législation concernant l’entrée des émigrants. Comme tous les vœux, celui-là, émis
- il y a plus (de deux ans, est resté à l’état platonique et l’on ne songera à modifier les règlements que lorsqu’on se trouvera en face d’une véritable épidémie grave, peste ou choléra.
- Sur 288 cas d’ophtalmie granuleuse observés aux Quinze-Vingts en 1907 et 1908, 166 provenaient des trois quartiers limitrophes où logent les émigrants de passage : IVe arrondissement avec 83 cas, XI0 avec 55, XIIe avec 28 cas. Si l’on compare la statistique des autres arrondissements, on constate que ceux-ci donnent une proportion tout à fait anormale et cela ne tient pas, comme on pourrait le croire, à la proximité de l’hôpital des arrondissements en question; le quartier de Montrouge est un de ceux qui fournit le plus grand nombre de clients à l'hôpital des Quinze-Vingts et il n’a pas eu un seul cas de trachome.
- La résidence des émigrants dans certains quartiers est nettement en rapport avec la diffusion de la maladie dans ces points.
- Dans le IVe arrondissement se trouve un hôtel, refuge de tous les émigrants ou voyageurs Russes et Polonais ; les rues des jardins Saint-Paul, de l’Hôtel-de-Ville, du Figuier sont particulièrement infectées de trachome. Dans le XIe arrondissement, on peut faire la même constatation. Il y a deux hôtels qui ne connaissent comme habitants que des émigrés d’Egypte et de Palestine, pays qui sont des foyers d’ophtalmie granuleuse qui y règne à l’état endémique.
- Il y a, comme on le voit, un intérêt à ce que des mesures soient prises pour éviter la dissémination d’une maladie grave et difficile à guérir. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÈDES UTILES
- Contre les incrustations et corrosions. de chaudières. — On sait quels soucis donnent à tous les industriels la surveillance et l’entretien de leurs chaudières. L’eau employée a besoin d’être soigneusement purifiée avant son admission dans les bouilleurs. Et malgré cette purification préalable, il se produit sur les parois de la chaudière des dépôts de sels calcaires plus ou moins abondants suivant la nature des eaux. Ce tartre est mauvais conducteur de la chaleur : il empêehe la chaleur du foyer de se communiquer à l’eau : il en résulte des pertes de chaleur considérables, et de plus, la paroi ainsi isolée se trouve portée à haute température : ce qui peut provoquer de redoutables explosions. On est donc tenu, et la loi du reste l’exige, à d’incessantes précautions et à des nettoyages fréquents. Il faut enlever le tartre, ce qui 11e peut se faire qu’à coup de marteau; or, chaque coup de marteau crée dans la tôle un point faible, exposé aux corrosions, et qui sert de point de départ à une oxydation rapide, également néfaste à la chaudière. On
- a préconisé de nombreux moyens pour éviter le dépôt de tartre, beaucoup n’ont donné que des résultats très imparfaits ; certains aggravent le mal en favorisant les corrosions. On commence à employer en Angleterre un procédé qui semble donner satisfaction; il consiste à enduire la surface intérieure de la chaudière d’un enduit à base de graphite pulvérulent. Ce graphite, formé de grains extrêmement fins et préparé au four électrique à 3ooo degrés, est appliqué sur la tôle, à laquelle il adhère vigoureusement, grâce à un corps liant dans lequel il est incorporé. Il forme sur le fer une couche protectrice qui le soustrait à l’oxydation ; bonne conductrice de la chaleur, elle ne peut gêner en rien la transmission des calories du foyer à l’eau; en outre, elle a la propriété remarquable de ne pas permettre l’adhérenee des cristallisations de carbonate; les dépôts qui se forment sur elle, lors des nettoyages, s’effritent aisément, sans exiger d’efforts, et par suite sans altérer les parois de la chaudière.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîto aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Les produits antiincrustants à base de graphite, se trouvent chez M. Emmel, 278, boulevard Raspail.
- Renseignements. — M. Meunier-Dolfus, à Thann. — Contre les fourmis dans la maison : vaporiser de l’acide pliénique ou du phénol, ou bien mettre du camphre ou du borax en poudre dans les endroits visités. Il sera bon également de rechercher la provenance des fourmis et de détruire leurs fourmilières en les arrosant de pétrole.
- M. Nyssem-Hart, à Bruxelles. — Nous avons donné dans notre dernier numéro l’adresse de M. Gobbi, avenue Duchesnay, 4^> Asnières (Seine).
- M. E, J.aiasie, à Santiago (Chili). — Revues maritimes : Revue maritime, chez Chapelot, 3o, rue Dauphine ; le Yacht, 55, rue de Châteaudun, Engineering (Revue technique générale, mais d’une haute autorité en matière maritime), 35, Bedford Street Shand. Londres.
- M. J. L., à Francforl-sur-Mein. — Vous trouverez les renseignements demandés dans le manuel du bijoutier-orfèvre et dans le manuel du ciseleur. Encyclopédie Roret, chez Mulo, rue Hautefeuille, Paris.
- M. Gonzalo del Campo, à Gigors. — Jantes en bois : Cie des jantes en bois, 40. rue de l’Echiquier, Paris. Usines Peugeot, à Valenligney.
- M. Coupedeyle, à Toulouse. — i° Destruction des rats par un procédé biologique : vous obtiendrez les instructions précises en vous adressant à l’Institut Pasteur, Paris. — 20 Nitrates artificiels : vous trouverez au Boilin plusieurs adresses pour l’achat d’engrais chimiques, à Toulouse même.
- M. E. F., à Paris. — Vous trouverez les publications sur l’élevage des volailles à la librairie J.-B. Baillière, 19, rue Hautefeuille, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Los essais des farines : Louis Serve. — Billards pour transatlantiques : Sauvaire Jourdan. — Une turbine minuscule : la turbine « Electra » : Etienne Maigre. — L’extraction de l’essence de térébenthine des bois résineux : par E. Lemaire. — Le pont suspendu de Manhattan à New-York : R. Bonnin. — L’irrigation en Chine : V. F. — Divertissements forains : G. Chalmarès.
- — Le développement de Buenos-Ayres : P. de Mériel. — Académie des sciences; séance du 28 juin 1909 : Ch. de Ville-deuie. — Le nasique de la Malaisie : V. Forbin.
- Supplément. — L’exercice de la radiologie. — Le carat métrique.
- — Une expérience intéressante sur la rouille, etc.
- Report of the Superintendent of the Coasl and Geodetic Survey du Ier juillet 1907 au 3o juiu 1908. Washington, 1908. Government Printing House.
- Les travaux de cette importante organisation ont comporté cette année : les opérations de reconnaissance nécessaires pour étendre à la triangulation primaire à travers le Texas central. Cette triangulation doit se raccorder prochainement aux réseaux géodé-siques de Mexique. La reconnaissance a porté sur un parallèle de 2000 km. L’œuvre géodésique grandiose entreprise par les Etats-r-Unis apportera une contribution importante au problème de la forme terrestre.
- La Chimie industrielle moderne, par J.-G. Beltzer, ingénieur chimiste. iet volume : Industrie chimique minérale, Métalloïdes, 1 vol. illustré de 710 p., 1909. Société d’Editions Techniques, 16, rue du Pont-Neuf, Paris. Prix : 20 francs.
- Cet ouvrage est conçu dans un but éminemment pratique et rédigé suivant l’esprit nouveau, qui commence à se faire j'our dans notre enseignement. Il vise à n etre pas seulement une sèche énumération des procédés en usage dans l’industrie, mais à en faire comprendre la raison d’être, à en faire ressortir les caractères généraux et il insiste, avec exemples numériques à l’appui, sur les considérations de rendement, essentielles dans la pratique. Ce premier volume traite de l’hydrogène et de l’oxygène, des groupes du soufre, du chlore, de l’azote, du phosphore, du carbone, du silicium.
- Traité complet d’analyse chimique appliquée aux essais industriels, par J. Post et B. Neumann. 2e édition française traduite par L. Gautier. Tome I, 3° fascicule. 1 vol., 862 p. avec 45 fig. Paris, 1909. Hermann, éditeurs.
- Ce volume traite des métaux : analyse de fer, cuivre, argent, or, zinc, nickel, cobalt, étain, mercure, arsenic, aluminium, platine, chromo, etc.; comme les précédents il est très complet et très documenté, et rendra aux chimistes de très grands services.
- Les échelles à poissons et leur application aux barrages de Meuse et d’Ourlhe, par G. Dénié, i vol. in-8°. Gœmaere, 24, rue de la Limite, Bruxelles. (Extrait du 2e fasc. des Annales des travaux publics de Belgique, 1909).
- On pêche en Meuse annuellement des milliers de saumons. Or, comme on sait, la liberté d’accès des affluents est indispensable à la reproduction et à l’existence même de ce poisson migrateur. Comme cette remontée est fréquemment entravée et même empêchée par les ouvrages de la navigation, on doit recourir pour l’assurer à ce que l’on appelle des échelles, c’est-à-dire des passages, annexés aux barrages, permettant au poisson sa remontée annuelle Aœrs les eaux pures et froides des sources. Partant des types d’échelles, qui, depuis longtemps, remplissent cet office en Ecosse, en Irlande, en Norvège, l’auteur étudie quelles modifications il faut leur apporter pour les adapter à nos cours d’eau. Les aquiculteurs liront avec profit cette très sérieuse étude.
- L’électrotechnique exposée à l'aide des mathématiques élémentaires, par N.-A. Paquet et A.-C. Docquier, ingénieurs des mines, et J.-A. Montpellier. Tome I : L’énergie et ses transformations. Phénomènes magnée tiques, électriques et électromagnétiques. Mesures usuelles. In-8° de xiv-328 pages, avec 194 fig. Broché, 7fr,5o. Chez H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris.
- Cet ouvrage, conçu sur un plan entièrement nouveau, a été rédigé dans un but de saine vulgarisation. Rompant avec les traditions de l’enseignement actuel, les auteurs ont voulu mettre la science électrique à la portée de tous ceux qui s’y intéressent et ils ont cherché à exposer tous les phénomènes et leurs lois dans un langage clair et simple. Ce premier volume, consacré exclusivement à l’étude de l’énergie électrique et aux phénomènes et lois générales de l’électrotechnique, sera suivi de deux autres.
- Manuel des directeurs et contremaîtres de petites usines à gaz, par Coudurier, directeur de lusine à gaz de Sens. 2e édition, revue et complétée par H. Bouron, ingénieur des Arts et manufactures. In-8° de 344 pages, avec 138 fig. Broché, 6 francs. Chez II. Dunod et E, Pinat, éditeurs. Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Ce manuel est spécialement destiné aux directeurs et contremaîtres de petites usines à gaz.' M. Bouron l’a revu et complété fort utilement pour cette seconde édition.
- L’automobile à la portée de tout le monde, par Maurice Sainturat, ingénieur civil. In-8“ oblong de 58 p., avec 46 fig. schématiques et 3 planches en couleurs. Prix : 12 francs, chez H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris.
- La voiture automobile s’est tellement répandue de nos jours qu’il n’est plus permis à personne d’ignorer son mécanisme. L’ouvrage de M. Sainturat cherche à mettre la description de l’automobile à la portée de tout le monde. La partie la plus intéressante de ce travail est la monographie d’une voiture automobile type, accompagnée de trois planches en couleurs. Ces planches sont
- constituées par des feuillets de papier fort découpés aux formes des divers organes mécaniques et superposés. Ils peuvent se relever, de layon à permettre devoir, dans tous ses détails, l’agencement interne de la voiture et, en quelque sorte, de disséquer cette dernière.
- Comment choisir ses aliments pour établir son menu, pur M. Bai.land. Paris. J.-B. Baillière et lils. 1 vol. in-16. 3fr,5o.
- Nouvelle méthode pour obtenir la formule chiffrée du portrait parlé : le nombre signalétique international, parle Dr S. Icarii. Lyon, A. Rey et C‘“, 1909, 1 br. 11 p.
- Nouvelle contribution à l’étude des fiches d’identité judiciaire.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 juin 19U9.. 12u.O S..h. E. 1. Très nuageux. » Très nuageux.
- Mardi 29 13". 1 E. 1. l'luic. 10,ti Couvert; pluie de 0 h. 40 à 9 h. 59 et l'après-midi.
- Mercredi 30 11°, 7 N. W. 3. Couvert. » Quelques éclaircies ; halo à 12 h.
- Jeudi 1" juillet . . . 12°,2 N.-N; W. 2. Nuageux. Rosée; très nuageux.
- Vendredi 2 N. N. W. 3. Couvert. » Rosée; couve!t le m.; nuageux le s.
- Samedi 3 14°,1 N. 2. Beau. » Rosée ; brunie; halo à 14 h.; pou nuageux.
- Dimanche 4 14°. 4 S. S. F. 0. Couvert. 1.(> Rosée: halo: pluie l’après-midi; éclaircies.
- JUIN-JUILLET 1909. — SEMAINE DU LUNDI 28 JUIN AU DIMANCHE.4 JUILLET 1909.
- Lundi [ Mardi | Mercredi [ Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Vabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à Vabri à boule mouillée.
- Du 28 juin au 4 juillet. — Le 28. Pression assez uniforme, de 734 (Moscou) à 765 (Biarritz); Islande, 769. Pluies sur FO. et le Centre; en France : Limoges, 3; Paris, Besançon, Nantes, Nancy, 2. Temp. du matin: Yardoe, 70; Paris, i3, Alger, 22; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : 14°>7 (normale : 17°,5). — Le 29. Pression basse et uniforme : golfe de Gascogne, 728; Moscou, 731; Açores, Islande, 771. Pluies sur l’O. et le Centre; en France : Toulouse, 9; Lorient, 6; Le Havre, 5; Lyon, 4; Paris, 2. Temp. du matin : Bodoe, 70; Paris, i3 ; Alger, 22 ; Puy de Dôme, 8 ; moyenne à Paris : 12°,3 (normale : ij°,6).— Le 3o. Hausse lente sur l’O. : Ecosse, 767; Bretagne, 764; Moscou, 751; Nice, 752. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Ballon de Ser-vance, 56; Yentoux, 54; Charleville, 34; Besançon, 31 ; Paris, Limoges, 9. Temp. du matin : Yardoe, 5°; Paris, 12; Alger, 24; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : i3°,2 (normale : i7°,6). — Le Ier juillet. Hausse sur l’O. : 765 et au-dessus sur les Iles-Britanniques, la
- France et le N. de l’Espagne, Pluies sur le N. et le Centre; en France : Besançon, 24; Nancy, 3; Lyon, 1. Temp. du matin : Yardoe, 3°; Paris, 12; Alger, 23; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : i4° (normale : 17°>7)• :— Le 2. Açores, 774; La Corogne, 771; Danemark, 767; Lemberg, 760. Quelques pluies sur TE. de la France : Nancy, 4; Belfort, Besançon, 2. Temp. du matin : Bodoe, 8°; Paris, 12; Alger, 21; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : i4°,8 (normale : 17°.7)-Le 3. Pression assez élevée sur l’O. : Paris, 768; Nantes, 769; mér Noire, 734; golfe de Gênes, 768. Pluies sur l’O. et le Centre. Temp. du matin : Yardoe, 90; Paris, 14 ; Nice, 21; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris : i6°,8 (normale : i7°,8). —Le 4- Baisse sur l’O. : Biarritz, 766; Dunkerque, 762 ; îles Feroé, 734. Pluies sur l’Europe centrale. Temp. du matin : Varsovie, 120 ; Paris, 14 ; Alger, 23; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris, 160 (normale : 17°,8). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 3, à 12 h. 26 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Parit (7*1*)
- La reproduction des illustrations de « La Natu-e » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N° 1886 — 17 JUILLET 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- Sur la nature de la tolérance pour l’alcool. —
- M. Pringsheim a fait sur les animaux une élude qui peut renseigner sur certains phénomènes encore plus ou moins obscurs qui touchent le problème de l’alcoolisme. Des animaux, rats ou lapins, habitués ou non à l’alcool, excrètent par le rein, le poumon et la peau les mêmes quantités d’alcool; les fèces n’en contiennent pas. Ils éliminent aussi par l’urine les mêmes quantités d’alcool, mais à l’état'combiné ; ces quantités sont proportionnellement très faibles. Les animaux habitués à l’alcool mettent à brûler une quantité donnée de ce corps un temps qui n’est que les deux tiers de celui que mettent les animaux non habitués ; et, dans l’intoxication aiguë par l’alcool, ces derniers conservent dans leurs tissus une quantité d’alcool supérieure de 66 pour 100 à celle que l’on retrouve chez les animaux habitués. Les animaux non habitués brûlent vraisemblablement leur alcool dans le foie et aussi, avec une intensité presque égale, dans le muscle cardiaque, moins activement que dans le cerveau. Au total, l’animal habitué brûle l’alcool plus vite que l’animal non habitué.
- L’action des produits alimentaires sur l’aluminium. — L’aluminium, métal relativement nouveau, entre de plus en plus dans la confection d’objets usuels, en particulier d’objets de cuisine. Il importe de connaître l’action que peuvent exercer sur lui les divers produits alimentaires, afin de savoir les emplois qui lui sont permis. M. Fillinger s’est livré à cette étude, il a fait bouillir 200 cm3 de lait en présence de lames d’aluminium d’environ 40 cm2 de surface, suspendues dans le liquide. L’ébullition a duré une demi-heure. Il a opéré dans les mêmes conditions avec du lait aigri, du vin, différentes solutions salines (à 1 /1 o) et des eaux minérales. Les résultats furent les suivants : les lames ayant bouilli en présence de lait n’avaient rien perdu de leur poids. En présence de lait aigri, il n’y avait qu’une très minime perte de poids. Ni le vin blanc, ni le vin rouge, ni les solutions au dixième de chlorure de sodium, d’iodure de potassium, d’azotate de sodium, de sulfate de potassium, de chlorure de calcium,. d’azotate de calcium, n’attaquent l’aluminium. La solution de bicarbonate de sodium à 1/10 l’attaque fortement ainsi que les solutions de sulfate de magnésium, de chlorure de calcium, de sulfate de calcium et les eaux minérales. L’auteur conclut que l’emploi de l’aluminium pour la confection de récipients pour certaines denrées alimentaires peut être permis.
- La préparation du chlore pur. — La. plupart des divers procédés pratiques employés pour la préparation du chlore : action de l’acide chlorhydrique sur le bioxyde de manganèse, de l’àcide sulfurique sur un mélange de chlorure de sodium et de bioxyde de manganèse, de l’acide chloi’hydrique sur le bichromate de potassium, etc., présentent l’inconvénient de donner un gaz plus ou moins souillé de composés oxygénés du chlore ou même
- d’autres gaz. Mais il existe un procédé qui donne du chlore très pur ; c’est celui qui consiste à faire réagir l’acide chlorhydrique sur le permanganate de potasse. On a recherché récemment dans ce produit le bioxyde de chlore CIO2, l’anhydride hypochloreux C120, l’oxygène, l’azote et d’autres gaz étrangers et on a trouvé que le chlore ainsi obtenu est rigoureusement pur.
- Le dirigeable en Amérique. — Le ministère de la Guerre américain a donné ordre au major Squier, directeur du Bureau Aéronautique, de pousser activement l’élaboration d’un plan de dirigeable, déjà à l’étude depuis quelques semaines. Il s’agit de constituer une flotte de dirigeables militaires qui coopéreront à la défense des côtes, aussi bien du côté de l’Atlantique que de celui du Pacifique. Les grandes lignes du projet sont les suivantes. Les côtes seront divisées en sections de aSo milles. Chaque station comportera des hangars, un gazomètre, un atelier de réparation, un dépôt d’approvisionnements et de munitions. Les ballons qui y seront stationnés auront à surveiller de chaque côté i2§ milles. On espère ainsi qu’aucune flotte, marine ou aérienne, ne pourra s’approcher des côtes sans être signalée. Les stations, comme aussi les batteries côtières, seront pourvues de réflecteurs électriques capables de lancer des rayons verticaux, qui serviront à guider les ballons et à échanger des signaux. Des flottilles d’aéroplanes assureront les communications entre les stations. Une Commission spéciale entreprendra sous peu l’étude systématique des courants aériens dans les parages des côtes. L’exécution de ce plan coûtera cher. Mais le Secrétaire d’Etat pour la guerre, M. Dickinson, a l’assurance d’obtçnir les crédits nécessaires, car les leaders du Congrès ont été profondément impressionnés par la dernière performance du grand dirigeable allemand.
- La plus haute cheminée du monde. — Elle atteint une hauteur de i54,22 m. et vient d’être construite aux Etats-Unis, dans la ville de Great Falls. Elle appartient à la Boston a. Montana Consolidated Copper and Sil-ver Cy, et sert à évacuer les fumées d’une fonderie de cuivre. Elle peut évacuer par seconde 1887 m3 de gaz à 3i5°. Elle est écartée d’environ 600 m. de l’usine à qui elle est reliée par un canal. Son orifice s’élève à 3oo m. au-dessus de la ville. Les gaz dangereux ne peuvent ainsi nuire aux habitants. II fallut presque deux ans pour mener à bien cette construction gigantesque. Le diamètre extérieur de la cheminée à sa base atteint 23,92 m. Le diamètre intérieur à l’orifice est de i5,24 m. La cheminée est protégée contre la foudre par 16 paratonnerres, reliés au sol par un câble de cuivre. Il fallut pour édifier cette cheminée i3ooo tonnes de briques, 470 m3 de ciment de Portland, 790 m3 de chaux, 396 de sable. Les fondations exigèrent 788 tonnes de ciment, i53o de sable, 3o58 de mâchefer.
- La question des routes en Angleterre. — Le mauvais état des routes anglaises étant un fait reconnu, une
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- INFORMATIONS
- société, Y Association pour V amélioration des routes, se constitua il y 5 ans pour tenter une réforme générale. Ses projets comprenaient : la suppression des tournants dangereux, l'élargissement des grandes inouïes, la création de nouvelles artères, l’établissement de « blo-quages » l’encouragement à l’emploi de matériaux de première qualité, la lutte contre la poussière. Dans ce but l’Association a demandé au Parlement une subvention de 25 millions de francs.
- Mais en attendant, et dans l’espoir d’intéresser le public à sa cause afin d’obliger le Gouvernement à faire l’effort qu’on lui demande, l’Association a décidé d’expérimenter à ses frais, les idées qui lui seraient soumises par les spécialistes. Parmi ces idées celles relatives a la suppression de la poussière ont été les premières soumises aux essais. On a tenté ainsi de déterminer la meilleure préparation à étendre sur les routes et la meilleure machine destinée à permettre l’opération. Le rapport officiel constate que ces expériences ont été assez concluantes. On est arrivé à goudronner les routes avec un supplément de dépense de o fr. 5o par mètre carré. En considérant que la durée de la chaussée est augmentée par le fait du goudronnage, que les frais d’ébouage diminuent, celte dépense supplémentaire se trouve réduite dans des proportions très intéressantes. Enfin les diverses machines soumises aux essais ont satisfait les experts.
- Dans ces conditions, on estime que le gouvernement serait disposé à consacrer à la question des routes le million de livres qu’on lui demande. Déjà plusieurs membres de la R. I. A. ont spontanément offert des sommes variant entre iooo et 5ooo francs pour permettre à la société de continuer ses essais. La Road Impro-vement Association paraît donc appelée à jouer, en Angleterre, le même rôle que le Touring-Club en France.
- La sécurité dans les trains indiens. — Les attaques à main armée contre les voyageurs (surtout contre les Européens) et les vols de bagages et de marchandises sont devenus si fréquents aux Indes, que les compagnies de chemins de fer ont décidé de mettre à l’essai deux inventions qui rendront plus difficile la perpétration de ces attentats. L’une, présentée par un ingénieur électricien de Bangalore, supprime les marchepieds fixes qui permettaient aux voleurs de se transporter le long du train, ou même de grimper à bord d’un train en marche. Elle les remplace par un dispositif qui abaisse ou relève automatiquement un marchepied à charnière au moment où la portière s’ouvre ou se referme. La seconde invention, due à un employé du Great Indian Peninsula Railway, a pour objet d’actionner automatiquement les freins tout le long du train dès qu’une portière s’ouvre pendant la marche. Ces innovations, qui n’auraient guère d’utilité pratique dans nos pays, sont appelées à rendre de grands services dans la péninsule.
- Pour reconnaître l’âge des poissons. — On sait aujourd’hui reconnaître avec précision l’âge des poissons, grâce à la méthode des otolithes, dues à Rheibisch. Le fait présente une grande importance en matière de pêche maritime, on peut ainsi étudier exactement la rapidité de croissance des poissons et l’effet de l’intervention de la pêche sur la population maritime, résultat auquel on ne parvenait autrefois que par des méthodes comparatives et très approximatives. Les otolithes sont de petites concrétions osseuses qui se trouvent dans l’appareil auditif et servent à l’audition. Elles s’accroissent chaque année et les couches d’accroissement sont successivement claires et foncées. Il se forme chaque année deux anneaux de croissance, l’un clair, pour la belle saison, l’autre foncé correspondant à l’automne et l’hiver. Ils sont très distincts, autant de paires d’anneaux, autant d’années d’âge pour le poisson. Comme exemple d’application de cette méthode, nous citerons une intéressante étude de M. Wallace x'ésumée par H. de Vari-gny dans la Revue Maritime, relative à la répartition des poissons de l’espèce plie, sur les divers fonds suivant l’âge.
- Les Canaries et l’Atlantide. — La Revue, scientifique (3 juillet) analyse un travail de MM. Pitard et Proust sur la flore des îles Canaries (Klincsieck, 1908), intéressant pour la vieille question de l’Atlantide. Ce sont, d’après ces auteurs, les plantes ubiquistes, qui sont les plus nombreuses dans l’Archipel, c’est-à-dire celles dont la répai'tilion est très étendue : la moitié du nombre
- total des espèces se retrouve, en effet, dans la région méditerranéenne. Mais celles-ci mises à part, les types endémiques, c’est-à-dire spéciaux à l’ile (variétés, espèces ou genres), apparaissent aussi particulièrement abondants. On est frappé, notamment, du grand nombre de genres endémiques, particuliers aux Canaries, c’est même l’une des régions du monde où ce nombre est le plus grand; il n’est dépassé que par Sainte-Hélène, Juan-Fernandez, les îles Sandwich et la Nouvelle-Zélande. Cette présence de très nombreux genres endémiques porte à admettre que l’état insulaire des Canaries, remonte assez loin dans le passé. Et pour expliquer ces faits, il paraîtrait vraisemblable d’admettre que les types endémiques qui se rencontrent dans toutes les îles sont très anciens, et qu’ils existaient sur tout le sol d’une terre disparue avant l’effondrement de ce continent. Les Açores, Madère, les Canaries, les îles du Cap Vert auraient fait partie de ce continent ; enfin, comme le nombre endémique est bien plus faible dans les autres îles : 1/7 à Madère, 1/10 aux Açores, i/a5 aux îles du Cap Vert, on pourrait supposer que la région la plus ancienne de ce continent correspondrait aux Canaries.
- Les rats et la peste. — Il serait exagéré de dire que Londres a failli être le théâtre d’une explosion de peste bubonique. Mais le rapport annuel du service de salubrité du port de Londres, qu’analyse le Daily Graphie, nous apprend que la situation fut alarmante il y a dix mois, en août 1908. Un surveillant découvrit, dans le sous-sol des Docks des Indes occidentales, plusieurs cadavres de rats qui furent soumis à l’examen de M. le professeur Klein. Le distingué bactériologiste reconnut sans peine que les rongeurs avaient succombé au terrible fléau, constatation qu’il vérifia en inoculant avec leur sang des cochons d’Inde et des souris. Ordre fut donné d’explorer avec soin les entrepôts et les caves situés sur le quai du Nord. On y découvrit 208 cadavres de rats infectés, et 67 rongeurs vivants y furent en outre capturés. Ce commencement d'épidémie, rapidement conjuré, avait été probablement causé par un rat sorti d’un navire qui avait fait escale dans un port indien. Le rapport des autorités médicales eut pour effet de décider les autorités municipales à acheter, au prix de 21 270 fr. un appareil pour la fumigation des navires et la destruction des rats. Le document ajoute que, durant 1908, la quantité de rats détruits dans les locaux du port, a été de 14 455. Les navires en ont tué 19951 en cours de voyage et 27 n5 rongeurs ont trouvé la mort à bord des navires ancrés dans le port ou dans la Tamise, soit un total de 6i52i, chiffre insignifiant par comparaison avec la population ratière de Londres, évaluée à plusieurs millions.
- Les voies ferrées en Afrique centrale. — Une commission d’ingénieurs belges poursuit des éludes pour examiner si les rapides et cataractes du bas Congo pourraient fournir une force hydraulique capable d’alimenter d’électricité motrice la ligne projetée entre Ma-tadi et Léopoldville. D’autre part, on poursuit activement la construction de la voie ferrée qui reliera le haut Congo aux Grands Lacs. La première section, qui va de Slanleyville à Ponthierville, est complètement terminée, et les ponts temporaires ont été l'emplacés par des constructions définitives. La deuxième section, qui reliera Ivindu à Kongolo, sera commencée incessamment; le matériel est déjà' à pied d’œuvre. Aussitôt que la ligne atteindra Kongolo, la partie navigable du haut Congo qui s’allonge de ce point jusqu’aux cataractes de Kalen-goué, dans le Ivatanga, s’ouvrira à la navigation, qui pourra s’organiser avec des bateaux d’une capacité maxima de 5oo tonnes. Cette deuxième section sera probablement achevée pour les derniers jours de 1910. Dans le Soudan égyptien, la construction des voies ferrées semble avoir subi une période d’arrêt à la suite des inondations de 1907, qui ont montré la nécessité de nouveaux travaux d’art. La construction du pont sur le Nil Bleu se poursuit normalement, et l’on en prévoit l’achèvement pour janvier 1910. On prépare la construction d’un autre pont sur le Nil Blanc, près de Goz-Abou-Gouma. L’exploitation du réseau soudanais donné déjà des résultats encourageants : le nombre des passagers, qui était de 259674 eu 1907, est passé à 320222 en 1908, l’augmentation étant principalement fournie par les voyageurs de 4e classe. Le même progrès marque le transport des marchandises et du bétail.
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- Automobilisme
- Amortisseur Léon et Ballet. — Ce nouvel amortis-seur est disposé de telle sorte qu’il laisse le ressort de la voiture travailler dans les conditions normales et n’intervient que dans les cas de chocs importants.
- Le système amortisseur est enfermé dans une boîte cylindrique G que l’on fixe axx longeron du châssis et qui est fermée par deux fonds F et H. Le fond supérieur porte un bouchon J servant à l’introduction de l’huile et l’autre un presse-étoupes. A l’intérieur du cylindre on a placé des rondelles de caoutchouc E entourant trois patins en acier trempé DDD qui, au repos, se touchent de manière à former une gaine cylindrique. Ainsi que le montre la coupe que nous publions, ces patins sont pourvus de rainures de dégagement. Grâce à la présence de ces rainures, la noix B montée sur l’ai'bre C ne peut frotter sur toute la surface des patins de sorte que l’huile conserve en permanence un libre passage.
- L’arbre C, dont la longueur est réglable
- à l’aide de l’écrou K. s’attache à l’essieu par l’i ji ter médiaire d’une articulation à la cardan M N R et la pièce
- Q.
- Lorsque la voiture roule sur une route plane, l’amortisseur
- Amortisseur Léon et Ballet. Coupes longitudinale et transvei s île.
- reste au repos, car un jeu de 2 cm est prévu avant que les patins puissent être touchés par la noix B.
- Mais dès qu’un choc un peu violent se produit, la noix s’engage sur les rampes des trois patins qui s’ouvrent sous celte introduction et compriment le caoutchouc qui les"]! entoure. On remarque que les rampes des patins sont disposées en troncs de cône dont les deux grandes bases sont opposées. Donc, quel que soit le sens du mouvement de la noix, celle-ci agit toujours dans les mêmes conditions en pénétrant plus ou moins profondément dans l’un des troncs du cône. Et lorsque la réaction du ressort se produit, la noix se dégage d’un cône pour pénétrer ensuite dans l’autre où son mouvement s’amortit. Elle rentre alors dans l’espace neutre ménagé entre les deux cônes où elle reste au repos. L’huile employée est de l’huile dé ricin chimiquement pure ; elle n’attaque pas le caoutchouc- -- L’amortisseur est construit par MM. Léon et Ballet, 1, quai de Courbevoie, à Courbevoie.
- Ferméture pour réservoir à eau. — Cette nouvelle fermeture, dont nous ignorons l’adresse de l’inventeur, a été trouvée sur une voiture d’origine américaine. Son originalité vaut quelques lignes.
- On voit que le réservoir est surmonté d’une sorte
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- d’embouchure cylindrique fixe sur laquelle s’applique la fermeture. Celle-ci est pourvue d’un prolongement E légèrement relevé, sur lequel vient s’appliquer le bec d’un levier F l'éuni à l’embouchure, au goulot, par l’intermédiaire de deux toutes petites bielles G pivotant autour
- des points H et I. Un joint en caoutchouc assure l’étanchéité du couvercle. Lorsqu’on a abaissé le couvercle sur le goulot, on relève le levier F ; le prolongement E trouve un passage entre les deux petites bielles et en appuyant sur le levier F on oblige le bec H de ce levier à serrer fortement sur le prolongement E qui assure une fermeture d’autant mieux assurée que le point de contact est placé hors de la verticale passant par les deux axes des leviers, tandis que F repose également sur le couvercle. D’autre part, la présence du caoutchouc ne peut que contribuer à maintenir le levier dans sa position de fermeture.
- Une nouvelle manivelle antiretour. — Plus l’automobilisme semble se perfectionner, mieux les défauts, les inconvénients de tel ou tel organe, apparaissent. Ce fait, constaté par chacun, laisse le champ libre aux inventeurs qui s’attaquent indistinctement à tous les organes pour les transformer. Pas plus que le pneu, le carburateur ou l’indicateur de vitesse, la manivelle n’a fait exception à la l'ègle commune, et les solutions des manivelles antiretour sont aussi nombreuses que celles des boulons indesserrables.
- En voici une nouvelle assez simple, en somme, et ingénieusement combinée. Elle a l’apparence d’une manivelle ordinaire puisque le mécanisme est renfermé dans le bras de levier. L’axe porteur de la griffe attaquant l’ai’bre du moteur, a reçu une came B pourvue d’une butée F sur laquelle vient appuyer en permanence le petit bras d’un levier D mobile autour d’un axe E. Un l'essort G maintient ce levier dans cette position. Le grand bras N du même levier porte Une échancrure H s’appliquant sur une saillie d’une pièce I pivotant autour
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- Manivelle antiretour.
- 1, la manivelle; 2, position des organes à l’état normal;
- 3, après un choc.
- de l’axe J et qui, de plus, porte un petit secteur denté R, mobile lui-même sur la pièce I, engrenant avec une roue à dents très fines P, laquelle est solidaire de la poignée de la manivelle. Un petit ressort K placé entre le secteur et la pièce I applique d’abord le secteur sur la denture de la roue P et ensuite soulève H pour l’obliger. à buter contre l’extrémité du grand bras de levier D.
- Lorsque le chauffeur saisit la poignée pour effectuer la mise en marche de son moteur, le mécanisme demeure tel que nous venons de le décrire, et si aucune explosion à rebours ne se produit, la manivelle fonctionnera comme tous les autres appareils analogues. Mais si une contre-explosion a lieu, le mouvement du bras est arrêté et, l’homme tenant fortement la poignée, la roue dentée P tourne légèrement eu sens contraire du mouvement normal. Sous la poussée, le secteur R se déplace, fait osciller la pièce I autour de son axe; le grand bras du levier D se ti'ouve libéré, et sous l’action de son ressoi’t de rappel G il prend la position indiquée dans notre ti'oisième figure éloignant le petit bi'as dé . ce même levier de l’ei'got appartenant à la came B. Dans ces conditions le moteur peut toui’ner en arrièi’e sans que le chauffeur ait à craindre pour son bi’as.
- Tout ce mécanisme, peu compliqué il faut bien en
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- convenir, est renfermé dans un logement pratiqué dans le levier de la manivelle et fermé par un couvercle qui l’abrite de la boue et de la poussière. — L inventeur est M. Le Clec’h, 16, rue Taylor, Paris, Xe.
- *> Projections
- Un cinématographe à la lumière oxy-acétylé-nique. — Le cinématographe, qui concurrence aujourd’hui les salles de spectacle, est d’une diffusion difficile à cause de l’intensité de la source lumineuse à obtenir. L’électricité n’est applicable que dans les cas où 1 on dispose d’un courant électrique, à moins que 1 on se décide à recourir au groupe électrogène, qui nécessite alors, pour sa conduite et son entretien, la présence d un spécialiste. En remplaçant l’électricité par les lumières oxhydrique, oxy-éthérique, oxy-essence, par 1 acétylène, on a obtenu d’assez bons résultats, mais la projection ne doit pas être faite sur un écran placé à plus de 12 m.
- de la lampe, sans quoi la netteté de l’image disparaît.
- La Lumière Nouvelle, i5,rue Grange-Bate-lière, à Paris, a imaginé récemment un dispositif très ingénieux basé sur l’emploi d’une pastille d’oxyde de terre rare préparée en tendre, le remplacement du condensateur par un miroir Mangin, et l’utilisation d’un chalumeau oxy-acétylénique d’un modèle spécial.
- La forme de la pastille de terre rare dépend de la dimension du miroir ; elle ne nécessite aucun réglage et sa lumière sur l’écran est toujours de même intensité.
- 11 y a là un réel avantage sur l’arc électrique, à cause du réglage, et sur le bâton de chaux ou de zircone qui donnent une lumière de projection très intense au centre de la projection mais floue sur les bords. D’autre part, le miroir Mangin permet l’utilisation de tous les rayons alors que le condensateur en absorbe une partie et demeure sujet à se briser par suite de la température de la source lumineuse.
- Notre deuxième figure montre comment sont disposés les nouveaux organes ; on voit que le chalumeau oxy-acétylénique traverse le miroir en son centre, de sorte que la masse lumineuse est bien placée et aucun rayon ne peut se perdre. La boîte B (fig. i) renferme les deux générateurs destinés : l’un à la production de l’oxygène au moyen des oxylithes, et l’autre à celle de l’acétylène par le carbure. En P se trouve le projecteur qui remplace la lanterne et contient le miroir Mangin tra-E versé par le chalumeau porteur de la pastille d’oxyde de terre rare. L’ap-Fig. 2. — Marche du faisceau lumineux. pareil cinématographique est enC.
- La Lumière Nouvelle a immédiatement construit deux modèles de cet appareil : le chalumeau du premier débite 35 litres d’acétylène et 40 litres d’oxygène ; son encombrement est de 45 cmX 40 cm X 20 cm ; il pèse
- 12 kg et peut fournir, un éclairage de i5 ampères; la projection est très nette à une distance de i5 m.
- L’autre modèle, plus grand (65 cm X 52 cmX28 cm) pèse 3o kg,: fournit un éclairage équivalant à 25 ampères et donne une projection de 25 m. Le chalumeau débite de 65 à 70 litres d’acétylène et 70 à 80 litres d’oxygène. La durée de l’éclairage, pour l’un et l’autre modèle, est de 2 heures et demie environ et le prix de 1,40 fr. et 2,85 fr. en employant l’oxylithe et o,85 fr. et 1,55 fr. seulement en utilisant l’oxygène comprimé.
- On voit que, dans cette application spéciale; l’emploi de l’acétylène est très intéressant»
- Fig. 1. — Le cinématographe à lumière oxy-acétylénique.
- t$> Divers
- Un nouveau mode de décoration des tissus. —-
- Nous avons précédemment décrit (n° du Ie' août 1908), divers procédés pour la fabrication directe d étoffés avec les solutions cellulosiques employées dans la préparation des soies artificielles ; MM. Rétignier et Pervilhae viennent d’imaginer un mode de décoration des tissus basé sur un principe analogue et tout a fait différent de tous les procédés utilisés jusqu’à ce jour.
- Dans leur appareil (voy. fig.) le dessin est gravé en creux à la surface d’un rouleau R mobile au-dessous de la trémie T remplie de solution cellulosique ; une fente longitudinale inférieure convenablement garnie de raclettes permet à la masse plastique de remplir les creux seuls du cylindre, tout excès étant soigneusement évité.
- Le i*ouleau, tournant sur son axe, met ensuite la surface ainsi préparée au contact de l’étoffe à décorer E, se déroulant uniformément, et à laquelle adhère la matière placée dans les creux gravés autour du cylindre.^Le phénomène est analogue à celui qui se passe dans l’impression en taille-douce, par exemple, où l’encre des creux du cliché se décalque sur le papier.
- Il suffit de soumettre ensuite l’étoffe ainsi décorée à l’action des bains de fixage employés dans la fabrication des soies artificielles, pour obtenir des motifs qui, incorporés au tissu, sont absolument inaltérables. La décoration, d’aspect très brillant, peut être obtenue colorée par l’emploi d’une solution cellulosique ad hoc-, elle a le grand avantage du relief, ce qui permet d’obtenir des effets analogues à ceux du brochage, de l’application de motifs découpés, du plumetis, etc., de façon beaucoup plus simple et avec un moindre prix de revient que dans les procédés usuels. ,
- L’effaroucheur. — Ce terme désigne, on le devine, un épouvantail. Notre figure représente l’appareil et l’on s’aperçoit que le nouvel épouvantail a un aspect moins rébarbatif, beaucoup plus élégant que les épouvantails ordinaires improvisés, faits de quelques chiffons grossièrement assemblés. Il n’en est pas moins efficace; il est constitué par des miroirs tournants, dont la rotation projette des rayons suffisants pour effrayer et écarter les moineaux, fléaux de nos jardins.
- Le vent entretient le mouvement giratoire de l’appareil. Il existe un modèle muni d’hélices qui, offrant une
- Fig., 1.
- L’effaroucheur ordinaire.
- Fig. 2.
- L’effaroucheur à hélice.
- plus grande prise aux courants aériens, permettent de compter sur une plus grande mobilité.
- 11 existe trois types de ces appareils :
- Le, modèle C se compose d’un prisme hexagonal en bois dont les six faces sont 'recouvertes chacune d’un miroir; Le modèle C bis est le même que ci-déssus, mais avec une hélice (fig- 2). Le modèle B est simplement composé de deux miroirs accolés ensemble dos à dos à l’aide d’agrafes métalliques (fig. 1). — S’adresser à M. Lamessine, 106, rue Lafayette, Paris.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les colloïdes en thérapeutique. — Il y a six ou
- sept ans le chirurgien allemand, Credé, introduisait dans la thérapeutique un produit nouveau, l’argent colloïdal ou collargol, dont les effets pour lui étaient si merveilleux qu’il disait que dans les pyohémies, les infections suppuratives, il avait la même valeur que le sérum antidiphtérique contre la diphtérie. Le D' Netter appliquant en France les recherches de Credé, publiait, peu de temps après (Voy. La Nature, 1903, p. i35), les résultats vraiment remarquables obtenus par 1 emploi du collargol en pommade ou en injections intra-veineuses.
- On parla du collargol, puis l’oubli ou quelque chose d’à peu près se lit sur cette découverte. Ce n était qu une période d’attente et d’études. La médication colloïdale tend aujourd’hui à prendre une place de plus en plus considérable dans la thérapeutique. Ce retour est dû en grande partie, je crois, à la découverte d’un procédé de préparation qui permet 1 introduction de ces produits dans l’économie par voie d’injections sans plus de danger que les sérums divers si usités actuellement. C était autrefois par voie chimique que se préparaient ces agents. Pour n’en prendre qu’un comme exemple, 1 argent colloïdal se préparait en réduisant 1 azotate d argent par un mélange de sulfate de fer et de citrate de soude. Le précipité était séparé par filtration sur la bougie de porcelaine et séché dans le vide. C’était là le collargol employé par Credé et par Netter. Ce produit chimique n’est pas toujours d’une pureté parfaite, mais Netter estime qu’il est supérieur à celui obtenu par voie électrique en raison de sa teneur considérable en métal.
- Le procédé de préparation par voie électrique est dû à Bredig; il consiste à faire jaillir, sous un certain voltage, des étincelles de l’arc électrique entre deux lames du métal à traiter, argent, or, platine, plongées dans l’eau. Le métal est réduit peu à peu en une poussière extrêmement line, qui colore plus ou moins, suivant la durée de l’expérience, l’eau du vase. Le liquide est filtré, stérilisé et c’est cette apparence de solution qui peut dès lors servir à la pratique médicale. Je n’insiste pas sur les détails des propriétés physiques de ces corps colloïdaux ; mes lecteurs n’auront qu’à se reporter à l’article publié par M. Detœuf, sur ce sujet (Voy. La Nature, n° 1807, p. 90).
- C’est au professeur Robin, à MM. Bardet, Victor Henri que l’on doit les pi’emières études sur l’action de ces agents sur l’organisme et leur introduction dans la thérapeutique. Les solutions métalliques colloïdales sont très transparentes, une fois passées sur le filtre, mais elles n’ont de solution que le nom. Si on les examine à la lumière de l’ultra-microscope, on constate qu’il y a une infinité de grains en suspension dans le liquide. Les particules métalliques y sont à l’état de liberté et c est cet état qui permet d’expliquer certains phénomènes catalytiques produits sur l’organisme. Leur action est de tous points comparable, comme le disent Robin et Bardet, à celle des ferments déjà connus; aussi leur donnent-ils le nom de ferments métalliques, comme Bredig les appelait déjà ferments inorganiques. En effet, si l’on injecte à des sujets sains ces solutions colloïdales, elles ne provoquent aucun phénomène apparent. Mais si l’on étudie les phénomènes de nutrition, on constate que la proportion d’acide urique émise par le sujet est plus élevée, que celle de l’urée a été également augmentée, que le sang a subi une véritable leucolyse, diminution des cellules polynucléaires neutrophiles, augmentation des cellules mononucléaires, qu’il y a en somme une destruction leucocytaire qui explique les résultats obtenus dans la pratique contre les maladies fébriles ét les infections profondes.
- Et de fait, chez les sujets atteints de ces pyrexies graves, les phénomènes observés sur le sujet sain se manifestent bien plus nets, bien plus accusés et indiquent que sous l’influence de ces agents, l’élimination des produits toxiques se fait avec une grande activité. Les colloïdes réalisent au plus haut point le travail des agents catalyseurs qu’Oswald définissait : substances capables de modifier les vitesses de réaction, sans paraître elles-mêmes dans les produits de réaction.
- Une propriété curieuse des solutions colloïdales, importante comme application, est l’affinité que possèdent les colloïdes vis-à-vis les uns des autres. Quand on les mélange, ils forment souvent des complexes, ils s’unissent les uns aux autres, et c’est assurément à cette union que doit être attribuée l’intensité des réactions observées dans l’organisme. Les humeurs, les sécrétions, les enveloppes de nos tissus sont des colloïdes. Comme le fait observer M. Iscovesco, qui a étudié cette question avec le plus grand soin, les colloïdes de l’organisme se trouvent soit à l’état de sols, soit à l’état de gel, c’est-à-dire ou en solution, ou en congélation. A l’état de sol, ce sont les humeurs; à l’état de gel, ce sont les membranes. Les toxines, les antitoxines sont aussi des colloïdes. Les réactions qui se produisent dans nos tissus ne seraient, en somme, que des réactions colloïdales.
- Ce pouvoir catalytique des colloïdes métalliques semble correspondre, non pas à la teneur de la solution en métal, mais à la divisibilité et à la grosseur du grain, tout au moins pour le même métal. Charrin, Foa, Àscoli et nombre d’observateurs ont confirmé les premiers résultats obtenus; tous ont constaté, en usant des solutions à petits grains stabilisées, comme les colloïdes préparés par voie électrique, l’absence de réaction vive, l’hyperleucocytose et l’augmentation d’élimination des produits azotés.
- On pouvait donc présumer de ces recherches que je résume très sommairement, que l’introduction des colloïdes métalliques devait donner, au point de vue thérapeutique, des résultats importants, confirmatifs de ceux qu’on obtenait au point de vue purement biologique. Les colloïdes jxroduisent, en effet, dans le domaine thérapeutique, des effets bactéricides et antiseptiques et des effets catalytiques qui provoquent dans l’organisme des réactions énergiques, d’où la chute de la température et l’élimination des produits toxiques. Il faudi’ait, d’après M. Netter, faire une distinction dans l’emploi des colloïdes. Si l’on veut mettre en jeu les actions physiques catalytiques, il faudra choisir les colloïdes préparés par voie électrique. Si l’on veut, au contraire, une action bactéricide, il faut avoir des doses fortes de métal et employer le colloïde préparé par voie chimique, ce dernier contenant plus de métal. Le collargol renferme, en effet, 87 pour 100 d’argent, teneur bien plus élevée que dans l’électrargol, le colloïde électrique.
- Malgré les objections de Netter, la majorité des praticiens a recours aujourd’hui aux injections de colloïdes électriques. Ce n’est pas à dire que le collargol soit dédaigné et dans les cas d’inflammation ganglionnaire, de menaces d’abcès, de suppuration, des applications de pommade au collargol amènent souvent une détente ra-•pide et la guérison.
- On prépare actuellement des solutions colloïdales de plusieurs métaux, argent, or, platine, palladium. L’argent, sous le nom d’électrargol, est un des plus employés. Ces solutions, dont la teneur en métal peut varier, sont injectées dans les tissus comme on le fait des sérums. Dans des cas particulièrement graves, on les a introduits par la voie veineuse, mais les injections intaveineuses doivent être une exception; ce serait condamner la méthode thérapeutique à un insuccès complet si l’on ne devait user que des injections directes dans le torrent circulatoire. Il suffit, pour obtenir les résultats voulus, d’avoir recours aux injections intramusculaires, en ayant grand soin de se servir de solutions isotoniques stabilisées et, cela va de soi, rigoureusement stérilisées.
- Quelles sont les indications de cette méthode qui a déjà pris une grande extension et qui peut être le germe de la rénovation de la thérapeutique future ? C est surtout dans les états infectieux que les colloïdes métalliques sont indiqués. Mais on peut placer à côté, comme l’a montré M. Iscovesco, les maladies de nutrition, tels le diabète et peut-être d’autres maladies chroniques. Les essais dans ce dernier ordre d’idées sont encore peu nombreux.
- Dans les états infectieux, les observations de guérison se multiplient, depuis les premières publiées, si je ne
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- me trompe, par le D' Iscovesco. Qu’il s’agisse de grippe, de pneumonie, d’érysipèle, de lièvre typhoïde, de lièvres éruptives, toutes les fois qu’il y a hyperthermie, état général grave, menaces d’infection, et il est rare que toutes les pyrexies ne s’accompagnent pas d’infection, les injections d’électrargol ont amené une chute delà lièvre, une défervescence rapide, une modififcation des symptômes les plus menaçants. Les faits présentés par le D' Galliard au congrès d’Alger sont des plus démonstratifs. Chez des enfants de 12 à 14 ans atteints de lièvre typhoïde, des injections de 10 à i5 cm3 d’électrargol ont été faites quotidiennement et commencées deux ou trois jours après l’apparition des taches rosées. Après quatre à huit injections, la température qui dépassait 400 tomba A la normale et la maladie fut ju gulée. L’influence des injections a été mise nettement en évidence par ce fait que le traitement ayant été interrompu un
- jour par inadvertance, la température remonta à 400.
- Mômes résultats heureux obtenus par llirtz, Carrieu, Estienne chez des pneumoniques des plus gravement atteints; par Jeannin dans des infections puerpérales. Mêmes résultats encore dans les infections chirurgicales, et plus rapidement obtenus qu’avec la pommade au col-largol. On s’est môme servi des solutions colloïdales comme de véritables solutions antiseptiques injectées dans les cavités suppurantes et l’on a guéri par ce procédé, à l’aide d’une simple ponction, des abcès volumineux du sein.
- On voit que le champ d’application de cette méthode thérapeutique est des plus vastes et les succès obtenus dans des cas qui paraissaient désespérés prouvent que l’on pourra compter sur les ressources d’agents plus efficaces que ceux que nous connaissions jusqu’ici.
- 1)' A. Cartaz.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Savons de benzine. — Pour obtenir par le procédé du nettoyage à sec (lavage avec de la benzine) des blancs parfaitement purs, les teinturiers dégraisseurs ajoutent au solvant des produits improprement dénommés « savons » de benzine, et qui ne sont que des corps gras non saponifiés dont le mélange avec les graisses, cires souillant les vêtements, facilite leur dissolution.
- Il existe dans le commerce un grand nombre de variétés de savons benzineux ; on peut en préparer soi-même à moindre frais et d’autant plus facilement qu’il s’agit de simples mélanges où il n’y a pas nécéssité, comme pour les combinaisons, de prendre des quantités rigoureusement fixées des différents constituants.
- Aussi existe-t-il un grand nombre de recettes donnant de bons résultats ; le savon Paquereau, l’un des plus connus, est composé de :
- Savon mou ..................... 1 kilogramme.
- Huile de palme blanche. . . 1 —
- Oléine........................100 grammes.
- Benzine cristallisable. . . . 200 —
- Le savon allemand Schicht :
- Benzine...............
- Graisse...............
- Savon..............
- dissous dans :
- Eau...........................600 —
- Le produit obtenu est liquide, de même que celui fabriqué par la formule Gouillon, la plus simple :
- Solution aqueuse saturée de savon. 4^0 grammes.
- Benzine............................ 5oo —
- Graisse.............................. 5o —
- Pour activer la maturation des raisins. — Le procédé suivant, dû à M. Pauchet, a été communiqué récemment à la Société des agriculteurs de France. Il n’est ni dispendieux, ni très complexe, cependant, l’ensemble des manipulations est tel qu’il s’applique seulement au forçage des raisins de table.
- Les rameaux terminaux de la vigne, qui portent de nombreuses grappes, sont taillés à l’époque ordinaire, et inclinés de telle façon que leur extrémité soit dirigée un peu obliquement en bas ; on fait quelques incisions sous l’écorce, et après avoir lavé le rameau à l’eau bouillie, on l’introduit dans un flacon de 200 eme préalablement flambé et contenant une solution de sucre candi de 12,5 à i4,5 pour 100.
- On commence l’opération quelques semaines après la floraison, alors que la fécondation est opérée et que les grains sont nettement visibles. On laisse en place trois semaines environ, en renouvelant la solution si besoin est. Les précautions d’asepsie sont destinées à éviter toute trace de moisissure.
- Les grappes ainsi traitées mûrissent en moyenne deux semaines avant les autres.
- Distinctions microchimiques entre les grains de seigle ou de blé. — D’après une récente communication
- 800 grammes. 5o —
- 200 —
- de M. Lenz au Congrès de chimie appliquée de Londres, si l’on examine, à un grossissement de 200 diamètres, une trace d’amidon de seigle délayé dans une goutte d’une solution de 1 partie de salicylate de sodium dans 11 parties d’eau, à la température ordinaire, on constate après 1 heure, et plus nettement après 24 heures, que la plupart des grains sont fortement gonflés ; une petite partie seulement résiste à l’action du salicylate et présente encore, entre les niçois croisés, la croix de polarisation.
- Si l’on traite de la même manière l’amidon de blé, on ne constate ce gonflement que sur quelques grains isolés sur lesquels on ne reconnaît plus alors la croix de polarisation. Après avoir laissé agir de 1 à 24 heures le salicylate, les contours des grains non gonflés d’amidon de blé ressortent d’une manière nette et précise; on ne remarque pas, comme dans le cas de l’amidon de seigle, un aplatissement des grains.
- La farine emmagasinée à l’état humide, en général en pleine transformation, se gonfle toujours avec la solution de salicylate, qu’elle provienne de seigle ou de blé ou même d’autres grains.
- L’amidon d’orge et de millet ne se gonfle qu’en partie. Dans le cas de l’amidon d’avoine, de maïs, de riz, de fécule de pomme de terre, de pois, de haricots, de lentilles, ainsi que de Yarrowroot, seuls quelques grains isolés gonflent.
- On doit faire ces observations sur des préparations dans lesquelles les grains d’amidon se trouvent les uns à côté des autres et non les uns sur les autres.
- Cire des doreurs. — Cette cire sert pour les objets en bronze doré et se passe sur l’or après la dorure, on fait d’abord chauffer la pièce dorée et l’om en frotte la surface avec la cire ; puis on la fait chauffer fortement et la passe rapidement, dans un récipient plein d’eau bouillante additionnée de sel de tartre. La cire se dissout; la dorure garde une belle couleur foncée.
- Composition de cette cire: prendre 122 gr. de cire vierge, 23.gr. de vert-de-gris, 3i gr. de battitures de cuivre, 16 gr. de craie rouge et 8 gr. d’alun; faire fondre la cire, y projeter les. autres matières pulvérisées finement, en agitant d’une façon continue ; laisser ensuite refroidir.
- Pour éviter l’obstruction des becs à acétylène. —
- Lorsque les becs à acétylène se bouchent, on croit généralement qu’ils s’encrassent par la combustion. Or, dans la plupart des cas, l’obstruction provient des poussières qui se trouvent dans la canalisation et qui, entraînées par le gaz, viennent boucher les orifices de sortie des becs.
- On obvie facilement à cet inconvénient en plaçant, soit dans le porte-bec, soit dans la base du bec lui-même, un petit tampon de ouate que l’on aura soin de ne pas serrer, de façon à ce qu’il ne fasse pas obstacle au passage du gaz. La ouate arrête par filtration les poussières contenues dans le gaz et l’obstruction n’a plus lieu.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandés de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une, bande d’abonnements En raison de l’abondance do la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — 31. J. Coupezeyle, à Toulouse. — Matériel pour analyses et essais agricoles : chez Poulenc frères, 12a, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M'. A. L. B., à ÀfFranville. — Vous trouverez des balances à cadran chez Roche, 4> rue de la Ferronnerie, Paris; Chanceray, 147, rue d’Allemagne; Exupère, 71, rue de Turbigo. — Dalles en béton armé : Coignet, 20, rue de Londres, Paris; Sappey, 3a, boulevard Richard-Lenoir, Paris; Hennebique, 1, rue Dante.
- M. Campioni, à Lemna. — Moteurs à vent alimentant des accumulateurs électriques : Société Œrlikon, 9, rue Pillet-Will, Paris.
- M, II. Bitz, à Motsheim. — Nous publierons dans un de nos très prochains numéros un article sur la culture de l’escargot.
- 31. R. E., à Oullins. — Pour désinfecter une fosse d’aisances, on peut employer l’un ou l’autre des procédés suivants : i° Par hectolitre de capacité, faire dissoudre 2,5oo kg à 3 kg de sulfate de fer dans de l’eau
- chaude, en se servant d’un récipient au rebut; après dissolution, ajouter quatre.ou cinq poignées de chaux, autant de charbon de bois pilé et deux ou trois pelletées de suie. Verser le tout dans la fosse et remuer avec une perche; 20 pour une capacité de 3 hectolitres, jeter dans la fosse, en remuant, 12 kg de poussier de charbon. 1 kg de plâtre cru et 1 kg de sulfate de fer, réduits en poudre line et mélangés, bien intimement. La dépense ne s’élève pas à i,5o fr. ; 3° on considère que 135 litres de charbon de bois en poudre peuvent suffire pour désinfecter 10 hl de matières stercorales; 4° eau chlorurée 3,200 kg de chlorure de chaux par 100 litres d’eau. Verser d’abord très peu d’eau sur le chlorure, pour l’humecter. Dès qu’il, est pâteux, le délayer dans la quantité d’eau nécessaire. L’eau chlorurée peut se conserver dans des cruches ou bonbonnes bouchées,
- 31. 1). Campineana, à Pitesti. — On désigne par al-bedo d’une planète, le pouvoir réflecteur de la surface de celte planète, relativement à une autre prise pour unité. C’est ainsi, d’après les mesures effectuées par M. Barnard à l’Observatoire Yerkès (et reproduites dans l’ouvrage de M. Ch. Andi’é, Les Planètes), que si l’on prend l’éclat intrinsèque de Mars pour unité, Cérès vaut 0,67; Pallas, 0,88; Junon, 1,67; Vesta, 2,77. Un globe de la dimension apparente de Mars, mais constitué comme la planète Vesta, serait ainsi 2,77 fois plus brillant que Mars.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les nouveaux géants de la mer : Sauvaire Jourdan. — Les transplantations d’organes : Dr A. Cartaz. — Aviation : Qu’est-ce qu’une hélice aérienne ? : Lucien Fournier. — Tramway électrique du Mont-Blanc : E. Mugniot. — La piocheuse mécanique : L. F. — Les Apaches : J. Démaison de Viuz. — Académie des sciences; séance du 5 juillet 1909 : Ch. de Villedeuil. — La -recherche des trésors sous-marins : V. Forbin.
- Supplément. — La première comète de 1909. — Phénomènes observés dans la Manche. — Un concours de cerfs-volants montés. — Action du formol sur l’organisme humain. — Une tentative de combinaison de l’argon. -— Emmagasinage du charbon sous l’eau, etc.
- Calcul et construction des appareils de levage. Treuils et ponts roulants, par E. Pacoret. In-8° (19-12) de 182 pages avec 43 figures; 1909. (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire). Masson et Cio, édit. Paris.
- L’ouvrage est divisé en deux parties : la prerniète est relative aux formules et données usuelles de construction des divers éléments mécaniques entrant dans rétablissement des opérateurs de levage; la seconde, aux calculs et aux modes de construction des appareils de levage proprement dits. Dans la première partie, l’auteur passe en revue les arbres et leurs paliers, les engrenages, les crochets de soulèvement, les chaînes, les noix et roues Calle, les câbles métalliques, les tambours de treuils, les suspensions et mouflages, les freins mécaniques et électromagnétiques, etc. La seconde partie traite d’abord des treuils à engrenages et à tambour, et donne les calculs complets de deux treuilé. Un chapitre spécial est réservé à l'élude des conditions de fonctionnement des moteurs électriques appliqués à la commande des appareils de levage. Des application!^, numériques montrent la marche à suivre pour la généralité des cas abordés dans la pratique. Puis l’auteur s’étend longuement sur les ponts-roulants, tant à bras qu’électriques, où il expose, avec calculs à l’appui, les mécanismes de direction et de translation, les ossatures des charpentes, etc.
- lissai d’une théorie de la vulcanisation du caoutchouc, par le Dr Carl-Otto Weber, traduit par A. Fayol.
- 1 brochure, 757 pages. Desforges, libraire-éditeur. Paris. 1909.
- Le phénomène de la vulcanisation du caoutchouc, si important au point de vue industriel, est scientifiquement fort mal élucidé et notre ignorance sur ce sujet explique les difficultés et les irrégularités en présence desquelles l’on se trouve dans la pratique. M. O. Weber montre que, dans la vulcanisation, le carbure d’hydrogène du caoutchouc, le polyprène, s’unit au soufre, par simple addition en donnant une série de produits compris entre les. formules : CiooRico320 et C1001I1UÜS. Il montre aussi que ces observations chimiques ne suffisent pas à expliquer la vulcanisation, et il attribue aux propriétés colloïdales du caoutchouc brut une partie des phénomènes qui marquent la vulcanisation.
- L’industrie des parfums d’après les théories delà chimie moderne, par M. Otto. In-8° de viiï-546 pages, avec 82 fig. et cartes en couleurs, 22fr,5o. Chez H. Dunod et E. Pinat. Paris.
- Une des parties de ce livre est consacrée à l’élude des Parfums naturels et décrit les méthodes générales d’extraction. Une autre a trait à l’étude deszParfums artificiels. Cet ouvrage se recommande par sa précision et est au courant des dernières recherches et applications.
- Tramways et automobiles, par E. Au camus, ingénieur des Arts et Manufactures, sous-ingénieur à la Compagnie du Nord, et L. Galine, ingénieur des Arts et Manufactures, inspecteur à la Compagnie du Nord. 2e édition, remaniée. Grand in-16 de 750 p,, avec 38o fig. Reliure pleine, peau souple. Prix : i5 francs, chez H. Dunod et E. Pinat, Paris.
- Cet ouvrage classe méthodiquement les différents genres de traction. Dans la nouvelle édition, les essais les plus récents ont été consignés et décrits ensemble. Un nouveau chapitre a été ajouté sur les métropolitains.
- Commission permanente internationale d’aéronautique. — Procès-verbaux et comptes rendus des travaux de la session extraordinaire tenue à Bruxelles du 12 au i5 septembre 1907. Grand in-8° de 200 p., avec nombreuses fig. et pl. Prix : 7 francs, chez H. Dunod et E. Pinat, Paris.
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- Smithsonian Institution : Bureau of American Elhno-logy. Bulletin 34- Washington 1908, 1 vol. in-8". — Ce volume contient : Physiological and medical obser-s'atiotis amongthe Indians ofSouthwestern Unit. States and North. Mexico, par Alès IIrdlicka, j>. ix-460 ; 28 pl.
- Ce très important mémoire est presque entièrement fait, d’observations personnelles et contient de nombreuses mesures et statistiques. Après avoir exposé sommairement les conditions générales d’habitat, de répartition tribale, de vêtement, de logement, de travail, de nourriture et d’habitudes sociales des Indiens qu’il étudie (S.-O. des Etats-Unis, à l’exclusion de la Californie, et N. du Mexique), l’auteur consacre la partie essentielle de son travail à l’étude de leur physiologie : proportion des sexes, population par âges, dimension des familles, fonctions de reproduction, physiologie de l’enfant, physiologie de l’adulte. Un chapitre suit, ayant trait à la criminalité, et un autre traite des notions indigènes sur la médecine, puis des médecins et des remèdes indiens. Une bibliographie abondante, un bon index, des planches bien choisies, complètent ce remarquable travail.
- Alfarerias del Noroeste Argenlino. Buenos-Aires. 1907. 1 vol. in-4°. (Extr. de Anales del Museo de la Plata. T. I. 2e ser. p. 5-49)- Arqueologia de Sait Blas (Pro-vincia de Buenos Aires). 1907. In-8° (Extr. de Id. T. XVI, p. 249-275). Estudio de las Supuestas Esco-rias y tierras cocidas de la sérié pampeana de la Re-pûblica Argentina. (Revista del Mus. d. I. Pl., t. XV, p. 138-197). 1908. In-8°. Sobre el Hallàzgo de Alfarerias Mexicanas en la provincia de Buenos Aires. (Id. t. XV, p. 284-293). 1908. In-8°, par F. T. Ouïes.
- Nous avons signalé en son temps le très remarquable travail de M. Outes sur l’àge de la pierre en Patagonie. Les présentes publications traitent de la poterie en République Argentine. Elles continuent l’effort, si légitimement tenté par l’Université de la Plata, pour détourner l’archéologie Sud-Américaine de s’attacher uniquement à la civilisation des anciens Péruviens. Présentées avec le plus grand soin et dans un esprit très scientifique, des études comme celles-ci contribuent puissamment à combler les lacunes qui résultaient de cette attention trop obstinément unilatérale.
- Australische Forschungen. I, Aranda-Grammatik. II. Dieri- Grammatik, par W. Planert. Extr. de Zeitschrift für Ethnologie. Hft. 4-5. 1907 et 5. 1908.
- Très importante contribution à l’étude des langues australiennes, notamment des Dieris et des Aruntas, si bien étudiés à d’autres points de vue dans les beaux travaux de Spencer et Gillen. En plus des grammaires, l’ouvrage contient des textes de folklore et autres.
- Field Columbian Muséum, publ. 129. Geological sériés, vol. III, n° 7 : Notes on Various minerais in the Muséum collection, par O. C. Farrington et E. W. Tillotson. Chicago, 1908, 1 br. in-8°, i3i-i63 p.
- La France dans l’océan Indien, par Eugène Gallois. Paris. A. Colin. 1909. 1 vol. in-8°, a3o p.
- Suite des intéressants ouvrages où l’auteur a raconté antérieurement ses itinéraires [Promenades en Russie, à travers les Indes, au Japon, en Asie Mineure et Syrie, en Amérique du Sud), le présent volume de M. Gallois est spécialement consacré à Djibouti, les Comores, la Réunion, l’ile Maurice et les Kerguelen, qui sont étudiées tour à tour, de façon à la fois agréable et savante.
- Trees, ahandbook of forest jbotany for the woodlands and the laboratory, par II. Marshall Ward. Vol. V. Form and habits. CambridgeUniversity Press. London. 1909. 1 vol. in-16, 4 sh. G (Cambridge biological sériés).
- Ce volume continue la série des petits manuels de Cambridge consacrés aux arbres. Il est particulièrement consacré à l’étude des rapports entre la forme des végétaux et leur habitat; un appendice traite de ces adaptations chez les graines.
- Monographie agricole de la Grande-Bretagne, par E. Dommen. Paris. J.-B. Baillière et fils. 1908. 1 vol. in-8°, 66 p. 2 francs.
- Excellente étude des conditions actuelles de l’agriculture anglaise, surtout au point de vue économique.
- Chandelier et cirier. Encyclopédie Roret. 1 vol., 494 p., 85 fig. 1909. Mulo, éditeur. Paris.
- Ce volume traite de la composition et de la manipulation du suif, de la confection des chandelles, des propriétés de la cire, de la fabrication des cierges, des bougies, des cires à cacheter.
- Notes pratiques sur l’emploi des plaques autochromes, par H. Bourée. Une brochure de la bibliothèque de Photo-Revue. Paris. Charles Mendel, éditeur. Prix : 68 centimes.
- Appréciation du temps déposé; conduite rationnelle du développement; précautions à prendre pour éviter les insuccès ; remèdes à ceux-ci ; utilisation des clichés en couleurs. Recommandations générales.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Du 5 au 8 juillet. — Le 5. Hausse légère sur l’0. et le S, : Bretagne, 767; La Corogne, 769; basses pressions de l’Islande à l’Ecosse et à la Norvège : Sey-disfjord, 752. Pluies sur l’O. et le N., en France : Dunkerque, 8; Boulogne, 7; Paris, Nantes, 2; Besançon, 1. Temp. du matin : Christiansund, io°; Paris, 16; Alger, 22; Puy de Dôme, 10; moyenne à Paris : 140 (normale : i7°,8). — Le 6. Dépression sur l’O. et très mauvais temps général. Pluies abondantes. Temp. du matin : Arkangel, 3°; Paris, 14 ; Alger, 22; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i3°,2 (normale : i7°,9). — Le 7. Situation générale très troublée par une profonde dépression
- avec centre sur les Pays-Bas : Groningue, 74b; Dunkerque, 749; golfe de Gènes, 754. Pluies abondantes; en France : Paris, 22; Gap, 22; Nancy, 21; Nantes, i5; Le Havre, 7. Temp. du matin : Seydisfjord, 90 ; Paris, 14 ; Perpignan, 20; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : i3°,2 (normale : 180). — Le 8. Déplacement de la dépression vers l’E. : Copenhague, 748; Trieste, 752; Irlande, Gascogne, 768. Pluies générales; en France : Besançon, i3; Limoges, 10; Paris, 9; Toulouse, Le Mans, 8; Calais, 6. Temp. du matin : Belfort, io°; Paris, i3; Nice, 20; Puy de Dôme, 3. — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 10, à 7 h. 7 m. du matin.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- En raison des congés du 14 juillet, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets et. rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire. Il n’y aura qu’un retard de huit jours pour un des bulletins.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Natl/re » doit être adressé aux bureaux du journal : /20» Boulevard Saint-Germain, Parit (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1887 — 24 JUILLET 1909
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- INFORMATIONS
- G&>
- SUPPLÉMENT
- Prix décernés par l’Académie des Sciences pour 1909. — Concours de .1909. — Première liste de prix décernés. — Mécanique : Prix Monlyon : M. Lecornu, professeur à l’Ecole Polytechnique, pour son ouvrage intitulé : Dynamique appliquée ; — Prix Poncelet : M. de Sparre pour l’ensemble de ses études relatives aux tirs des bouches à feu et de ses travaux de Mécanique rationnelle et appliquée; — Prix Boileau : M. Boulanger, professeur adjoint de mécanique à la Faculté des Sciences de Lille, pour son ouvrage intitulé : Hydraulique générale.
- Navigation : Prix extraordinaire dë la marine : Destiné à récompenser tout progrès de nature à accroître l'efficacité de nos forces navales. Le prix est partagé entre : M. Marbëc, ingénieur en chef de la Marine, pour son Mémoire intitulé : Théorie de l’équilibre d'une lame élastique soumise à une pression uniforme-, M. l’ingénieur en chef Doyère, pour ses travaux relatifs à l’origine des sous-marins français, qualifiés plus tard de submersibles, qui sont issus du programme dont il est le principal auteur; M. Lecoq, lieutenant de vaisseau, auteur' de travaux sur la conduite des sous-marins et spécialement la stabilité de route en profondeur et les manœuvres de plongée; MM. Victor Colin et Jeance, lieutenants de vaisseau, pour leurs travaux relatifs à la téléphonie sans fil; M. Tissot, professeur à l’Ecole navale de Brest, pour ses travaux relatifs à la télégraphie sans fil; M. E. Fromaget, capitaine au long cours, pour ses travaux relatifs au balisage du cours du fleuve Sénégal, de Saint-Louis à Ivayes ; — Prix Plumey : Destiné à récompenser l’auteur du perfectionnement des machines à vapeur ou de toute autre invention qui aura le plus contribué au progrès de la navigation à vapeur. Le prix est partagé entre : M. Boutin pour son travail intitulé : Réglage des groupes électrogènes et M. Henry Caralp, mécanicien-inspecteur de la Marine, pour son ouvrage intitulé : Chaudières et machines de la marine de guerre. ‘ •
- Astronomie : Prix Lalande. M. Borelly, astronome adjoint à l’Observatoire de Marseille, pour l’ensemble de ses découvertes de petites planètes et de comètes; — Prix Valz décerné à M. de la Baume-Pluvinel pour l’ensemble de ses travaux astronomiques ; — Prix G. de Pontécoulant : M. Ernest-William Brown, actuellement professeur de mathématiques à l’Université Yale de New-Haven (Etats-Unis), pour ses recherches relatives à la Théorie de la Lune.
- Minéralogie et géologie : Prix Victor Raulin (1908) : M. Léon Bertrand, pour sa Contribution à l’histoire stratigraphique et tectonique des Pyrénées orientales et centrales; (1909) M. Ferdinand Gonnard, pour l’ensemble de ses travaux de Minéralogie ; — Prix Joseph Labbé : M. Georges Rolland, ingénieur en chef des Mines, pour ses études géologiques relatives au bassin minier de Meurthe-et-Moselle; — Prix général : Prix Pierron-Perrin : M. E. Mercadier, directeur des études à l’Ecole
- Polytechnique, pour ses travaux relatifs à l’acoustique, à la radiophonie, à l’élasticité, à l’électromagnétisme et à la télégraphie.
- Fonds Bonaparte. — (Deuxième annuité : a5ooo fr.). — Le prince Roland Bonaparte, par une lettre en date du 29 février 1908, publiée dans les Comptes rendus de la séance du 2 mars, a déclaré vouloir mettre à la disposition de l’Académie des Sciences, pour l’encouragement des recherches scientifiques parmi les travailleurs n’appartenant pas à cette Compagnie, quatre annuités de 2 5 000 francs. Ces subventions ont exclusivement pour but de provoquer des découvertes en facilitant la tâche de chercheurs qui auraient déjà fait leurs preuvës en des travaux originaux et qui manqueraient des ressources suffisantes pour entreprendre ou poursuivre leurs investigations. La Commission nommée par l’Académie pour lui fairè des propositions de subventions, à attribuer sur le fonds Bonaparte pour 1909, a eu à étudier 35 demandes distinctes, se rapportant aux sujets les plus variés. L’Académie a attribué : i° 4000 francs à M. Cayeux, professeur de géologie à l’Ecole des Mines, pour lui permettre de se rendre aux Etats-Unis et d’y poursuivre, sur les gisements les plus ancièns de minerais de fer olithiques, les recherches qu’il a déjà exécutées en France, sur des gisements moins. anciens et qui lui ont donné, comme on sait, des résultats inattendus; — 20 4000 francs à M. Chevalier, docteur ès sciences, lauréat de l’Institut, attaché au Muséum d’Histoire naturelle, explorateur de l’Afrique tropicale, pour lui permettre d’accroître les moyens d’action de sa mission en augmentant son personnel indigène ; >— 3°' 4000:.f.rançs. à M. Pérez, professeur de zoologie à la Faculté des Sciences de Bordeaux, pour lui permettre de pùblier un Mémoire, accompagné de nombreuses planches , en couleur, intitulé -. Recherches histologiques sur les métamorphoses des Muscides-, — 4° 3ooo francs .à M. Houard, docteur ès sciences, préparateur de botanique à l’Université de Paris, pour lui permettre de se rendre en Corse, dans l’est de l’Algérie et en Tunisie, afin de recueillir les matériaux d’études nécessaires à ses recherches anatomiques et physiologiques sur les; Cécidies ; — 5° 2000 francs à M. Berget, docteur ès sciences, lauréat de l’Institut, chargé des conférences de physique terrestre à l’Université de Paris, pour lui permettre de construire un appareil propre à étudier la distribution de l’intensité de la pesanteur ; — 6° 2000 francs à M. Bernard, ingénieur des Arts et Manufactures, attaché à l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon, pour lui permettre de poursuivre l’étude photométrique des variations du rayonnement solaire, et de la lumière du ciel aux environs immédiats du Soleil, étude commencée à Meudon dès 1904 et continuée à Burgos en 1905 pendant Féclipse totale du Soleil; —: 70 2000 francs à M. Blaringhem, docteur ès sciences, chargé d’un cours de. biologie agricole à l’Université de Paris, pour lui permettre de continuer ses recherches expérimentales sur la variation
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- des espèces; — 8° 2000 francs à M. Estanave, docteur ès sciences, secrétaire de la Société mathématique de France, pour lui permettre de continuer ses recherches sur la projection stéréoscopique à vision directe, sur la stéréoradiographie et sur l’autostéréoscopie ; — 9® 2000 francs à M. Mathias, professeur de physique à l’Université de Toulouse, pour lui permettre de poursuivre, au laboratoire cryogène de Leyde et en collaboration avec son éminent directeur M. Kammerlingh Onnes, des recherches sur le diamètre rectiligne des liquides et sur la loi des états correspondants aux très basses températures.
- Exploits de Blériot. — Le i3 juillet, M. Blériot sur son monoplan a accompli un magnifique voyage de la ferme de Mont-Désir près d’Etampes jusqu’à Chevilly, soit 45 kilomètres en 56 minutes. Une des particularités de cette performance est que le point d’atterrissage avait été fixé à l’avance par l’Aéro-Club. Notons aussi que M. Blériot dut atterrir pendant une dizaine de minutes à Barminville pour réparer son moteur.
- Naufrage d’un sous-marin anglais. — Dans la nuit du 14 juillet, le sous-marin anglais C-ri, par suite d’une collision avec un navire marchand, a coulé au large du phai'e de Haisborough. Deux officiers et un matelot ont pu s’échapper, 11 marins ont péri. Ce sous-marin, lancé en 1906, jaugeait 314 tonnes et mesurait 45 mètres de long. Au cours de l’accident, deux autres sous-marins se sont heurtés et ont failli couler également. La marine anglaise semble particulièrement éprouvée dans ses sous-marins : le 18 mars 1904, c’est la disparition corps et bien du A-i, heurté par un paquebot; le 8 juin igo5, celle du A-8 avec 14 hommes; en octobre 1905, un autre sous-marin coula, mais cette fois, sans faire de victimes dans l’équipage.
- La traversée de la Manche en aéroplane. — M. La-
- tham, sur son aéroplane Antoinette que nous avons récemment décrit, a tenté, le 19 juillet, la traversée de la Manche entre Sangatte et Douvres. Cette audacieuse tentative n’a pas réussi : une panne du moteur a arrêté l’aéroplane à quelques kilomètres de la côte anglaise. Le pilote tombé à l’eau a été repêché par un aviso qui suivait sa marche. MM. Lambert, sur un aéroplane Wright, M. Blériot sur son monoplan se préparent à reprendre cette tentative.
- Records d’aviation. — Les performances aériennes se multiplient : M. Paulhan le 19 juillet, sur un appareil Voisin, exécute le voyage Douai-Arras. Famnan à Châ-lons vole 1 h. 2 3 m. M. Sommer également sur un Voisin vole 1 h. 4 m.
- L’automobilisme en Chine. — Comme nous l’avons déjà montré, la Chine semble s’être sérieusement engagée sur la voie du progrès. D’après une correspondance du Daily Graphie, le Gouvernement chinois a pris des mesures pour organiser un service de camions automobiles à travers le désert de Gobi, pour remplacer l’antique système des caravanes de chameaux qui transportent, actuellement encore, la récolte de thé à la frontière de Sibérie. La ligne traversera le désert entre Ourga et Kalgan. Cette dernière ville sera bientôt reliée à Pékin par voie ferrée. En outre de ses résultats commerciaux, la ligne automobile assurera la domination chinoise en Mongolie, dont les prihces montraient des velléités d’indépendance, depuis quelques années. Une autre mesure à signaler, et qui nous paraît être de la plus haute importance, est celle qui a trait à l’émigration. Le Gouvernement chinois mène une active campagne pour décourager ceux de ses nationaux qui projettent de s’expatrier en Amérique, aux Philippines, en Océanie. 11 s’efforce de détourner vers les états tributaires le flot de l’émigration, et le succès se dessine dès à présent. Des milliers de paysans commencent à défricher les steppes de Mongolie, négligées par les hordes nomades et pastorales de cette vaste région, et qui promettent de devenir un important centre de la culture du blé. Secondés matériellement par les autorités, les paysans chinois s’en vont créer des colonies agricoles jusque dans le Tibet. Leurs bandes commencent même à faire leur apparition dans les steppes de Kachkarie, en pleine Asie Centrale. Tout cela ne sent guère la décadence. Le plus vieil empire du monde sort décidément de sa période de sommeil.
- Solidification de l’émanation du radium. — Dans de récentes expériences, Robert Whyllaw Gray et Sir William Ramsay ont réussi à liquéfier et probablement même à solidifier ce gaz émané du radium, qui sembla d’abord mystérieux. D’après la Revue de métallurgie, le liquide obtenu n’est que faiblement phosphorescent. Mais, si l’on refroidit le tube en l’entourant de coton imbibé d’air liquide, il devient brillant; sa coloration se change en un brillant bleu d’acier et il s’illumine. Une application continue d’air liquide lui donne une coloration blanche, puis jaune, finalement orangée. Vu au microscope, il semble un petit arc lumineux brillant que l’on a considéré comme un solide. En enlevant l’air liquide, le phénomène inverse se produit et quand on revient à la coloration bleue, il se produit dans le tube une perturbation comme si les cristaux d’un solide se désagrégeaient, donnant de nouveau naissance à un liquide faiblement phosphorescent.
- Affinage du fer et de l’acier par le sodium. — On
- avait déjà employé pour cet affinage divers métaux, notamment l’aluminium. Sydney Gilchrist Thomas avait même déjà pris des brevets pour l’emploi des composés du sodium dans la fabrication de l’acier. M. Albert Hiorth (d’après le Journal de l’Iron and Steel Institute) a essayé le sodium qu’on fabrique maintenant en Norvège aux usines de Vadheim. Ce corps a l’avantage de posséder une grande affinité pour les impuretés de la fonte. On fait l’expérience sur 1 kg de fonte ou d’acier fondu au four électrique dans un petit creuset. Ce creuset est en graphite pour la fonte, en terre réfractaire pour l’acier. Après fusion, on le place dans un bain de sable et on le recouvre d’une mince tôle percée d’un trou par lequel on fait pénétrer une barre de fer évidée contenant un poids déterminé de sodium. Ce sodium s’évapore bientôt et sa vapeur s’élève à travers la fonte qui bouillonne. Le résultat serait, d’après l’expérimentateur, de débarrasser le métal d’une grande partie de son oxygène. La méthode, qui n’a été, on le voit, essayée que très en petit, a suscité de nombreuses objections.
- Ce que l’incendie coûte aux Américains. — Nous savions déjà, mais plutôt par ouï-dire, que les Etats-Unis sont le pays du monde où les incendies sont le plus fréquents. Mais voici des chiffres précis, que nous empruntons à une excellente publication de l’Ouest Américain, le Pacific Monthly, de Portland (Oregon). Les incendies d’édifices ou d’immeubles (feux de forêts non compris) dans toute l’étendue de la république équivalent à une perte mensuelle de q5 000 000 fr. pour l’année 1908. En janvier de la même année, mois durant lequel on n’eut pas à déplorer de vastes conflagrations, le bilan de l’incendie fut évalué à 120000000 fr., alors que la construction ou la réparation de maisons ne représentait que 80000000 fr. Pendant l’année 1907, les constructions dévorées par les flammes avaient une valeur globale de 1076000000 fr. A rapprocher de ce chiffre impressionnant ce que coûte annuellement la solde des pompiers, l’achat et l’entretien du matériel, etc., soit 1 5oooooooo fr., et aussi les sommes versées annuellement aux Compagnies d’assurances, soit 975 000000 fr. C’est donc un tribut annuel de près de trois milliards et demi que les Américains paient au fléau, chiffre à peine amoindri par les 475 000 000 fr. que les Compagnies distribuèrent aux sinistrés. Or, durant l’année qui a vu s’élever le plus de constructions nouvelles, on n’a bâti que pour 3 075 000 000 fr. Durant les cinq dernières années, le bilan de l’incendie s’est élevé au chiffre formidable de 6288580000 fr. C’est dire que les habitants de l’Union ont payé au fléau une taxe par tête et par année de nfr,5o, tandis que l’Européen ne paie de ce chef que ifr,65 (otr,6o en Italie). Le statisticien, à qui nous empruntons ces chiffres, ajoute que 36 000 personnes aux Etats-Unis sont exposées journellement à perdre, la vie ou à encourir de graves blessures du fait de l’incendie, soit qu’elles s’échappent d’une maison en feu, soient qu’elles soient sauvées par les pompiers. Le feu dévore en moyenne par semaine dans ce pays : 3 théâtres, 3 salles de concert, 12 églises, 10 écoles, 2 hôpitaux, 2 asiles d’aliénés ou d’incurables, 2 collèges, 6 maisons à appartements, 26 hôtels à voyageurs, 3 grands magasins, 2 prisons, 140 maisons ouvrières à logements, 1600 homes (villas, hôtels, châlets). Par semaine! Insistons sur ce point.
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- Automobilisme
- Automobiles à trolley. — La Compagnie italienne de traction électrique Filovia, a mis en exploitation huit lignes automobiles à trolley, d’une dizaine de kilomètres chacune. Le système à trolley, communément employé pour la traction des tramways, ne nécessite que l’emploi d’un seul fil de ligne, le courant faisant retour à la terre par les rails. Dans les automobiles il n’en est plus de même, et il a fallu avoir recours à deux fils de ligne affectés l’un à l’arrivée du courant et l’autre à son départ.
- C’est pourquoi les voitures de la Compagnie Filovia sont pourvues d’une perche spéciale, munie d’une rotule qui aide à l’appliquer constamment contre les deux fils, même lorsque l’automobile est obligée de se garer pour laisser le passage à d’autres voitures. La marge laissée à l’automobile pour ces manœuvres est de 3, mètres.
- Les deux fils du trolley, àii Motor Traction, sont à 34 centimètres de distance l’un de l’autre. Le courant est à 5oo volts et peut être porté à 65o au maximum. Les fils du trolley sont des fils de cuivre de 8 millimètres de diamètre. Le châssis est construit à peu près comme ceux des automobiles ordinaires ; il est à direction irréversible ; les roues, en acier, sont montées sur billes et entourées d’u-n bandage en caoutchouc plein. Un frein à
- pédale agit sur l’arbre du moteur électrique ; un autre, à main, est celui des roues arrière. Sur les routes en montagne les freins sont refroidis par de l’eau.
- La voiture est pourvue de deux moteurs électriques; de 10 chevaux chacun, attachés au châssis et commandant les roues par chaînes. Les deux moteurs étant indépendants, il n’y a pas de différentiel. Le controller est muni d’un souffleur magnétique et donne cinq vitesses avant et une marche arrière.
- Chaque voiture, sans impériale, contient 24 places assises ; elle pèse 2700 kg à vide et 45oo kg en charge. Sa vitesse est de 28 km en palier et 14 km sur une rampe de 5 pour 100. Dans les descentes, elle peut atteindre sans inconvénient 35 km à l’heure.
- Bien que les dépenses de premier établissement soient supérieures à celles d’un service automobile par des voitures à .essence, l’exploitation étant moins onéreuse, la-Compagnie estime que le système qu’elle a organisé est supérieur au second. L’expérience a prouvé qu’il fallait que le nombre des voyages fût au moins de trois par jour, aller et retour, pour que l’entreprise fût avantageuse. L’avantage de la traction électrique sur le moteur à essence résulté de ce fait que les moteurs électriques ont un excellent rendement., non seulement à charge normale, mais encore à faible charge et même lorsqu’ils sont poussés au delà du régime prévu. Et; si le'trafic augmente d’intensité, la traction électrique donne de meilleurs résultats que celle à essence. Enfin, l’exploitation électrique par trolley est moins coûtéuse que les autres modes, puisque les véhicules n’ont aucun poids mort à traîner et que l’emplacement des accumulateurs est remplacé par les voyageurs ou les bagages.
- Mesurée sur un omnibus à 18 places, la dépense du courant a été, pour une vitesse de 3o km à l’heure, de 200 watts-heure par kilomètre et de 260 watts-heure sur le parcours de la Spezzia-Porto Venise, qui comprend des rampes de 7 pour 100. Pour les omnibus à 24 places on compte 3oo watts-heure par kilomètre.
- Omnibus à trolley de la compagnie Filovia
- Les dépenses indépendantes du trafic : frais généraux, intérêt du capital, amortissement, reviennent approximativement à 40 ou 5o centimes par voiture-kilomètre ; celles de marche comprenant : l’énergie électrique (3oo w.-h. à ofr,i5 le km) = otr,o5, caoutchouc, réparations, salaires, entretien de la ligne, atteignent of,,3i, soit un total de ofr,75 par kilomètre.
- Fig. 1 et 2. — Chariot mobile permettant de donner à la chambre deux positions successives pour cliché stéréoscopique.
- Photographie
- Stéréoscopie directe. — Tous ceux qui s’occupent de stéréoscopie savent que pour obtenir le relief, il faut transposer les images. Quand on fait un positif sur papier, rien n’est plus simple ; mais quand on veut un positif sur verre, toujours préférable, cela devient un peu plus compliqué. Il faut alors ou bien couper le cliché, ou bien employer le châssis spécial avec lequel on fait le tirage en deux temps. En ce qui concerne la plaque autochrome, on n’apas le choix, il est indispensable de séparer les deux images pour pouvoir les transposer et, quand l’image obtenue est bien réussie, on redoute toujours un peu cette opération. On a imaginé différents moyens qui donnent directement les images dans le sens qu’elles doivent avoir pour que le relief soit perçu sans qu’on ait recours à aucune transposition.
- M. J. Richard notamment a ajouté sur son
- stéréoscope un système de prismes qui donne ce résultat. Par un autre procédé M. C. Chorretier, de Lyon, arrive au même résultat; il faut opérer en deux poses successives, mais le dispositif a été combiné de façon à ce qu’on passe très rapidement de l’une à l’autre ; en outre, dans bien des cas, cela n’a pas grand inconvénient, et notamment pour l’autochromie qui jusqu’à présent ne permet pas l’instantané des objets en mouvement. Par contre, le procédé de M. Chorretier a l’avantage de s’appliquer très simplement à tous les appareils à un seul objectif ; ce sont les plus nombreux et ils sont moins coûteux que les stéréoscopiques.
- Il consiste, en premier lieu, à placer sur le pied une planchette P 6(fig. x et 2) qui porte une seconde planchette S pouvant coulisser sur la première.
- C’est sur cette seconde planchette que se fixe la chambre; il est donc très facile de lui faire occuper successivement deux positions voisines l’une de l’autre, 1 et 2, ré-, glées de telle sorte que l’objectif unique occupe successivement la place qu’occuperaient les deux objectifs d’un appareil stéi’éoscopique.
- Voici maintenant comment on obtient automatiquement la transposition. A la place où se glissent les châssis de la chambre, on met une planchette AB (fig. 3) qui porte une coulisse C destinée à x-ecevoir des châssis contenant des plaques de format stéréoscopique ; 6 X i3, 8 X 16 ou autre au choix; un appai'eil. 9X12 permettra d’employer l’un ou l’autre de ces fonnats. La chambre étant d’abord à droite (fig. 1), on voit apparaître sur le bord de la planchette le mot : à moitié.
- quelconque à un seul objectif.
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- Cola veut dire que le châssis ne devra être poussé qu à moitié dans la coulisse C, une butée limite du reste sa course; c’est par suite le côté gauche de la plaque qui pose. Ensuite, quand on a fait glisser la chambre a gauche (fig. 2), on voit paraître le mot : à fond. On abaisse la butée qui limitait la course du châssis sur la coulisse C et on pousse le châssis jusqu’au bout, c est alors le côté droit de la plaque qui pose.
- On a donc fait la transposition sur le cliché lui-même et les tirages positifs pourront être faits directement sans avoir à s’occuper de rien. Quant à la plaque autochrome, elle pourra être placée dans le stéréoscope aussitôt révélée, et on ne courra pas le risque de l’abîmer en la coupant ou en raccordant les deux images après cette opération. — S’adresser à M. Chorretier, 4r> rue Sainte-Hélène, à Lyon.
- Agriculture
- Attelage rationnel des bœufs. — De temps immémorial les bœufs sont attelés par paires au moyen du joug en bois d’une seule pièce reposant sur le front des deux animaux. Lorsque le terrain est horizontal et que
- Fig. 1, — Traction normale dans le plan horizontal.
- Fig. 2. — Courbures des colonnes vertébrales par inégalité de puissance des animaux.
- les deux bœufs sont exactement de la même taille et de la même force, ce joug rigide permet aux deux bêtes de tirer d’une façon normale, les efforts se répartissant également sur leurs fronts et par suite sur leurs colonnes
- Fig. 3. Fig. 4.
- Fig. 3. — Travail normal dans le plan vertical.
- Fig. 4. — Torsion des colonnes vertébrales par inégalité de taille des animaux ou déclivité de terrain.
- vertébrales ; mais si l’un des bœufs est moins fort que l’autre, il s’ensuit immédiatement que le joug prend, par rapport au timon, une position inclinée dans le plan horizontal et les colonnes vertébrales se trouvent courbées du côté du bœuf qui tire le moins.
- Si l’un des bœufs est plus petit que l’autre, ou que le terrain présente une déclivité dans le sens transversal à la marche des deux animaux, les deux colonnes vertébrales se trouvent tordues d’un angle d’autant plus grand que l’inégalité de taille des bœufs ou la déclivité du terrain sont plus grandes, Ces deux inconvénients peuvent se trouver souvent réunis au précédent.
- Les bœufs ne parlent pas et ne peuvent pas nous dire quelle gêne ou quelles souffrances leur occasionnent les mauvaises conditions dans lesquelles nous les plaçons pour travailler : un peu de réflexion nous montre clairement que l’ancien joug rigide est un barbare inslru-
- Harnais simple pour attelage en volée.
- ment qui doit par moments torturer cruellement ces bonnes bêtes.
- D’un autre côté, quand un animal est attelé d’une façon mauvaise au point de vue mécanique, son rendement en travail diminue considérablement, Il est donc de l’intérêt de nos agriculteurs de chercher à diminuer la peine de leurs bœufs de trait en même temps qu’ils augmenteront leur puissance motrice.
- Les jougs articulés suppléent dans une certaine mesure aux inconvénients du joug rigide, mais ils sont compliqués et se disloquent rapidement.
- Le meilleur procédé consiste certainement à atteler les bœufs séparément au moyen du jouguet ou joug frontal représenté par nos gravures.
- Le jouguet est constitué par une barre de bois courbé, ou mieux une lame d’acier flexible, garnie de coussins épousant la forme du front du bœuf ; deux courroies de cuir permettent de l’attacher autour des cornes.
- L’animal tire par deux traits en cuir ou en chaînes de fer; la traction est toujours normale pour chaque animal, quelles que soient les conditions du terrain ou de la
- Fig. 6. Fig. 7.
- F’ig. 6. — Harnais avec croupière pour attelage en timon.
- Fig. 7. — Harnais avec surdos pour atteler entre brancards.
- force respective des bêtes attelées en paire. Le jouguet permet d’atteler un bœuf seul entre deux brancards aussi bien que deux bœufs à un seul timon et les bœufs de volée en couple ou en file.
- La seule objection que l’on peut faire à ce mode d’attelage, c’est qu’il nécessite des traits et un modeste harnachement dont le prix est sensiblement plus élevé que celui d’un joug rigide formé d’une simple pièce de bois grossièrement creusée.
- Ge dernier coûte, en effet, entre 8 et 20 fr. pour deux bœufs tandis que l’attelage au jouguet avec ses traits, son surdos et son palonnier coûte environ 60 fr. poulies deux mêmes animaux; mais, dans les labours suides terres inclinées, deux bœufs attelés au jouguet remplaceront quatre bœufs attelés au joug rigide. —; Ce seul exemple montre comment l’agriculteur récupérera rapidement la dépense d’achat d’un attelage rationnel, toute question d’humanité étant même mise à part.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en juin 1909, par M. Th. Moureaux.
- Le mois de juin 1909 est un des plus froids qui aient été observés dans la région de Paris; juin 1907 était déjà remarquable à cet égard, mais sa température, pourtant très faible, restait encore un peu supérieure à i5°, tandis que cette année, la moyenne n’est que de 149,51, soit a0,6 au-dessous de la normale. Depuis le commencement du xixe siècle, aucune moyenne inférieure à ce chiffre ne figure sur les registres, et seuls les mois de juin 1800, 1821, 1869 et 1884 ont une température exactement aussi basse.
- Du 1"' au 4, la température a été assez élevée, et le ier, le thermomètre a atteint 29°,5; c’est le seul jour où la moyenne diurne ait dépassé 200. A partir du 5, sauf un léger réchauffement le 20, la température reste constamment basse jusqu’au 3o.
- La période du 7 au 21 est relativement sèche; la pluie est tombée surtout du 2 au 6 et du 21 au 29; dans la journée du 3, on en a recueilli i6“m,9 et le total du mois est de 72mni,3 en 16 jours, en excès de i8mm,o sur la normale.
- On n’a observé aucun jour sans nuages, et le ciel 11’a été absolument couvert que le 29. Le Soleil ne s’est montré que pendant 2o3h3, au lieu de 229''4, moyenne de 28 ans et au lieu de 325L 2 en mai dernier.
- Pression barométrique (ait. 5ora,3), — Moyenne des 24 heures, 756mm,43 ; minimum absolu, 746“"*,4 le 22 à 6 heures; maximum absolu, 767““,2 le 19 à 7h3om; écart extrême, 20'““,8.
- Température : Sous l’abri : moyenne des minima, 90,78; des maxima, 2O0,39; du mois, i50,O9; des 24 heures, 14°,51 ; minimum absolu, 5°,8 le 12; maximum absolu, 29°, 5 le ier. Amplitude diurne, moyenne du mois,- io°,61 ; la plus élevée, i7°,9 le Ier; la plus faible, 6°,i le 29. — Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 70,60; des maxima, 43°,28; minimum absolu, 2°,3 le 12; 'maximum absolu, 52°,3 le 20. — Dans le sol gazonné : moyennes du mois; profondeur om,3o : à 9 heures, i5°,85; à 21 heures, i6°,33; profondeur om,65 : à 9 heures, i5°,09; à 21 heures, i5°,o8; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, i4°,i2, à 21 heures, i4°,i6. — De la Marne : moyenne le malin, i8°,8i; le soir, i9°,39; minimum, i7°,i5 le 3o ; maximum, 20°,68 le 8.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 9mm,24; minimum, 5mm,3 le 11 à 14 heures; maximum, i4mm,2 le 3 à i5 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 76,7; minimum 34, le ior à 14 heures; maximum 100 en 6 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,i5; minimum 0,4 le ier; maximum 10,0 le 29.
- Insolation : durée possible, 481 heures; durée effective, 2o3h 3 en 29 jours; rapport, 0,42.
- Pluie : total du mois, 72““,3 eu 45h4-Nombre de jours : de pluie, 16; de pluie inappréciable, 2; de grêle, 1; de rosée, 17; de brouillard, 1; d’orage, 8; de halos, 7; de brume, 10.
- Fréquence des vents : calmes, 5.
- N. . . . . 108 S. E. . . . 22 W. . . . i5
- N. N. E . . io3 S. S. E . 3o W. N. W. 5
- N. E . . . 52 S 86 N. W . . 53
- E. N. E . . 6 S. S. W . . 65 N. N. W. 78
- E. . . . . 8 S. W . . . 64
- E. S. E . . 8 W. S. W. . 12
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3m,66; moyenne diurne la plus grande, 6m,7 le 24; la plus faible, im,6 le 28; vitesse maximum en i5 minutes, 12”,8 le 24, de i5 heures à i5hi5m par vent S. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,24; minimum, im,98 le 17; maximum, 2m,45 le ier.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre,
- — imm,53; température, —2°,o6; tension de la vapeur,
- — omm,8i ; humidité i*elative, +3,8; nébulosité, +0,45; pluie, + i8ram,o; jours de pluie,. + 3; insolation, — 26+.
- Taches solaires : on a suivi 7 taches ou groupes de taches en 27 jours d’observation; le Soleil a paru dépourvu de taches le 2.
- Perturbations magnétiques : Faibles les 22-23 et 29.
- Radiation solaire : La radiation solaire, beaucoup moins intense qu’en mai, n’a pu être observée que 19 fois, à i5 dates différentes; les valeurs les plus élevées sont : 1 + 200 le 28 à i3h4om; icaI,2o3 le i5 à ioh52m; 1+211 le 5 à iih3m; icaI,232 le 22 à ioh8“; T11,283 le 4 à ioh 21“.
- Mouvements sismiques : Tremblement de terre du Sud-Est de la France le 11 : début à 2ihi7m; phase principale, de 21 + 9“ à 2ih23m; fin vers 2ih35m (temps local). Oscillations plus faibles de 2ih48m à 2ih53m.
- Floraisons : Le ier, verveine vivace, rose des quatre saisons; le 2, pivoine odorante, valériane ; le 3, digitale, érigeron, mélilot, jacée; le 5, symphorine, eschscholtzia; le 7, œillet des poètes, violette marine; le 8, genêt d’Espagne; le 10, potentille rampante, mauve, muflier; le 11, tilleul commun; le 13, chèvrefeuille des bois, filipendule, clematis erecta ; le 14, lavande, chrysan-themum parthenium; le 15, coquelourde, héraclée ; le 17, nigelle, hémérocalle fauve; le 19, galega officinalis, morelle ; le 21, melongène; le 22, jasmin, pois vivace; le 23, ceanothus ; le 24, bourrache, croix de Jérusalem, troène, lis blanc, sumac de Virginie ; le 26, millepertuis; le 28, delphinium vivace, vigne de plein vent; le 29, fragaria stérile ; le 3o, gaura, pavot. V
- VARIETES
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- L’Héliciculture ou culture des escargots. — La
- culture, c’est-à-dire l’élevage de l’escargot pour le commerce, se fait suivant des règles bien déterminées. L’origine des escargotières est, d’ailleurs, très ancienne et l’héliciculture est pratiquée, aujourd’hui, d’une manière intensive, dans des parcs spécialement aménagés à cet effet.
- Dans les pays de l’Est, où domine le calcaire jurassique, on établit les escargotières dans les terrains incultes, les friches à sol durci, pas trop ensoleillées et recouvertes d’un gazon très court. Sur une superficie de 8 à 10 ares, on élève, en moyenne, 5oooo escargots.
- Les parcs sont composés d’un ensemble d’abris, mesurant, chacun, environ 2 ni. de long sur 1 m. de large. Le toit, en pente unique, est posé, d’un côté à 40 cm, de l’autre à 35 cm du sol. En Suisse, les toits présentent une double inclinaison, l’arête se trouvant élevée de 5o cm, et les extrémités inférieures des ailes, de 40 cm. La couverture est formée de planches ou de tuiles. Les parcs sont entourés par un mur ou une clôture en plan-
- ches passées au rabot et enduites de goudron pour empêcher l’évasion des escargots. On emploie aussi les épines sèches et une bande de sciure de bois, ou encore une palissade de 1,20 m. de hauteur, avec liteaux placés verticalement et assez rapprochés pour empêcher le passage des escargots. Les liteaux sont assemblés par deux traverses, puis on garnit la traverse supérieure de gros clous, dont la pointe dépasse de 6 cm environ à l’intérieur du parc.
- La création d’un parc de 200 m. destiné à recevoir 10000 adultes susceptibles de produire 5oo000 individus nouveaux, coûte 1278 fr., en se basant sur le prix de 5 fr. le mètre, dépense minime par rapport aux cours actuels des escargots, mais ce ne sont que les frais de premier établissement ; il faut tenir compte des frais de nourriture — l’escargot est très vorace — et des aléas, tel que la chaleur et les maladies.
- Sous les abris, le sol doit être bêché, ameubli, de façon que les escargots puissent se terrer facilement. On les place sur une couche de mousse, à raison de 2000
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- VARIETES
- par abri. On creuse de petits fossés que l’on garnit d’herbes.
- Avant de peupler l’escargotière, on plante des choux qui seront bons à consommer à l’époque de l’installation on parcs, vers le i5 août ou les premiers jours de septembre. La nourriture doit être distribuée le soir. L’escargot a un appétit formidable : iooooo de ces gastéropodes peuvent consommer en une nuit, et surtout par temps de pluie, une pleine voiture de choux.
- Plus l’escargot est nourri, mieux il se bouche et se conserve. Ses aliments préférés sont : les carottes, laitues, chicorées, jeunes tiges de pois, de fèves, persil, cerfeuil, poireau, radis, épinard, oseille, poirée, pourpier, panais, fruits, son mouillé, débris de pommes de terre et de raves. Comme plantes aromatiques, donnant à la chair une saveur plus délicate : le thym, le serpolet, la menthe, la sarriette et le laurier.
- Chaque matin, avant le lever du soleil, on parcourt les parcs pour ramasser les fuyards et les remettre sous les abris. Du Ier au i5 octobre, suivant le climat et la température, on met les escargots à sécher eu un endroit abrité, après les avoir débarrassés de la gangue de terre qui les enrobe ; ils sont placés sur des claies et on établit une température régulière. La conservation parfaite s’obtient à une température de 5 à 6 degrés au-dessus de zéro. Le parcage prématuré, en août, expose à des pertes pouvant s’élever jusqu’è 40 pour 100, lorsque l’automne est chaud. A cette époque, 4 mètres carrés sont nécessaires pour 1000 escargots, soit 10 mètres carrés au moins, pour la belle saison. Le jeûne de l’escargot doit durer cinq à six jours, dix au plus. Aux premiers froids, il se recouvre de l’opercule et s’enfonce en terre; c’est le moment de vendre. Avec de petits outils en forme de griffe à deux branches, on pioche le sol, et les escargots recueillis sont mis en caisses pour être expédiés sur les marchés de consommation. La conservation pour l’hiver se fait par lits de 3o à 40 centimètres d’épaisseur, dans des caisses, en alternant avec des
- couches de terre sèche, puis les caisses sont placées dans un local à température assez basse pour que les escargots restent engourdis tout l’hiver.
- Un bon ramasseur peut recueillir 1000 à i5oo escargots en une journée; il est payé 20 à 40 centimes par kilogramme, selon le cours des Halles centrales. Le mille pèse 10 kilogrammes.
- Au point de vue commercial, on distingue deux espèces d’escargots : le Gros blanc ou escargot de vigne, ou de Bourgogne, et le Petit gris. Il y a deux périodes principales de vente : celle dite des coureurs, du i5 avril à fin mai, avec les prix de 10, 12 et jusqu’à 35 francs le mille (Gros blanc), 4 à 12 francs (Petit gris) ; puis la période des bouchés comprenant celles des voilés du iei' septembre au i5 octobre et l’époque hivernale des bouchés proprement dits, du i5 octobre à avril. Le bouchage se fait en liberté ou en parc. Les escargots voilés sont ceux qui, au lieu d’être parqués après le ramassage-, sont enfermés dans des locaux, où faute de nourriture, ils forment à l’entrée de leur coquille un simple voile de bave.
- Les Halles centrales de Paris offrent le plus important débouché, mais on vend aussi aux hôtels, restaurants, charcutiers, etc. On expédie les escargots aux Halles en paniers ou en caisses, par 5oo ou 2000; au delà la marchandise risque de se gâter ; au-dessous de 1000, les transports à de longues distances nécessitent de trop grands frais. Les escargots coureurs sont expédiés en caisses percées de trous d’aération. Le Petit gris voyage, d’octobre à 'mars, dans des paniers ou des caisses de 8 à 10 kilogrammes ou en barils de 70 kilogrammes. Il n’y a pas de droits d’octroi sur les escargots.
- La vente est généralement mauvaise en mai et juin; on a avantage à restreindre le ramassage à cette époque, pour effectuer la principale récolte en août et septembre. L’élevage n’est vraiment rémunérateur que lorsque les prix de vente sont assez élevés pour couvrir les frais de production. Henri Blin.
- l&O
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt' général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements En raison de l’abondance do la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — A propos du filtre Gobbi. — Nous recevons de MM. Mérau frères, qui exploitent le liltre pasteurisateur Mallié, la lettre suivante : « Dans un article paru dans votre numéro du 26 juin 1909, p. 64, au sujet d’un appareil filtrant constitué par des lamelles de nickel enroulées, l’auteur a inséré le paragraphe sui-Arant : « On aura une idée immédiate de l’efficacité du filtre lorsqu’on saura qu’il clarifie une solution d’encre de Chine à 2/1000; aucun filtre en matière poreuse ou antre ne retient les globules colloïdaux de cette solution aqueuse ». Nous vous prions de bien vouloir noter que depuis plus de vingt ans que nous nous occupons de filtration et fabriquons les filtres pasteurisateurs Mallié, nous sommes arrivés par des perfectionnements successifs à fabriquer des parois filtrantes qui décolorent d’une façon complète les solutions aqueuses d’encre de Chine. Les prétentions de l’appareil Gobbi d’être le seul à pouvoir clarifier cette solution ne sont pas exactes. »
- Renseignements. — M. Maydell Legras, à Saint-Denis (Réunion). — Nous transmettons votre lettre relative aux briquets au thorium à M. Renaüt, 43> boulevard de Strasbourg, Paris, qui vous enverra tous renseignements relatifs à ces objets.
- M. G. W., à Samsam. — Revues traitant exclusivement de l’aéronautique : L’Aérophile, la Revue Aérienne, L’Aéronaute. Vous les trouverez chez Vivien, libraire, 20, rue Saulnier, Paris.
- M. Richaud, à Saint-Marcellin. — Nous ne. connaissons sur la bicyclette que l’ouvrage de M. Bourlet, Encyclopédie Léauté. Chez Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain. Paris.
- M. Etienne, à R. C. (Afrique). — Nous ne connaissons pas d’ouvrage relatif à l’élevage de l’autruche.
- Commandant Monguillot, à Leca (Portugal). — Composition de la lessive Phénix : Carbonate de soude, 40 pour 100; soude caustique, 8; silicate de soude, 25 ; eau, 22 pour 100. Pour les bouchons hermétiques, adressez-vous à M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, Paris.
- M. Bernard, F. Dubos, à Paris. — Nous ne savons pas exactement comment font les usines caucasiennes pour extraire la potasse des cendres de tournesol. Mais leur procédé doit rentrer dans le procédé général qui consiste à lessiver pour entraîner les sels potassiques qui sont très solubles dans l’eau. Les lessives sont ensuite évaporées et abandonnent les sels en solution.
- M. J. Jacomo,' à Vianno-do-Castello (Portugal). — Moulins à bras de ménage : chez Bajac, à Liancourt (Oise).
- M. H. de Beaulieu, Le Grand-Fougeray. — M. Ja-comin a imaginé une agrafe pour courroie, n’exigeant pas de trous dans celles-ci, résistant fort bien à la traction et qui vous intéresserait probablement. Fabricant de courroies pour motocyclettes : Domange, 74, boulevard Voltaire.
- P. R., à R. — Nous ne pouvons vous renseigner sur la glue de houx dont nous ne connaissons pas la recette.
- Abonné 499i-3o48. — La question de la réfrigération des appartements 11’a pas été étudiée sous la forme où vous la posez. Cela tient à ce que le procédé serait extrêmement coûteux. Le moyen le plus efficace pour diminuer de quelques degrés la température d’une pièce est encore d’assurer une évaporation d’eau intense le long des parois. La chaleur absorbée par l’eau en se vaporisant est considérable. Il n’en est pas de même pour l’air liquide, et le procédé, tout en étant ruineux, donnerait des résultats illusoires.
- M. Saubinet, à Versailles. — Vous pourriez peut-être vous adresser à des maisons comme Adrian, 55, rue de Bretagne, ou Boyer, 3, rue des Moulin6'-Verts.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Appareil respiratoire à oxygène liquide : R. Vieuers. — Identification des eaux minérales par l’aquamétrie : Edmond Bonjean.
- — La plus grande drague du monde et les travaux de la Mersey : R. Bonnin. — L’examen'microscopique des papiers : A. IL — Industrie du mica dans l’Inde : L. De Launay. — Les grains et les orages : J. Loisel. — Les yeux artificiels : Jacques Boyer.
- — Académie des sciences; séance du 5 juillet 1909 : Ch. de Vieuedeuiu. — Le monogramme colonial néerlandais : Henri Dehbrain.
- Supplément. — Sur la nature de la tolérance pour l’alcool. — L’action des produits alimentaires sur l'aluminium. — La préparation du chlore pur. — Le dirigeable en Amérique, etc.
- Missions au Sahara, pai* MM. E.-F. Gautier et R. Chu-deau : Tome II, Sahara Soudanais, par R. Chudeau, chargé de mission en Afrique occidentale française. Un vol. in-8° raisin. 83 ligures et cartes en noir et en couleur, 72 phototypies. hors texte. Armand Colin, Paris. Prix : i5 francs.
- Le premier volume (Sahara Algérien) a paru il y a un an, sous la signature de E.-F. Gautier. Ce second volume, qui vient de paraître, débute par une série de monographies des régions traversées par M. R. Chu-deau entre l’Ahnet, îe Niger et le Tchad, régions qui comprennent les terrains du parcours des pasteurs touaregs et la lisière nord des pays habités par les cultivateurs noirs. Les chapitres suivants sont consacrés à l’étude de questions qui intéressent l’ensemble du Sahara : géographie botanique, géographie zoologique, commerce, etc. L’ouvrage, brillamment illustré, est d’un haut intérêt scientifique.
- Atlas général historique et géographique, par Vidal-Lablache. Nouvelle édition entièrement mise à jour. 420 cartes et cartons en couleurs, avec index alphabétique. Armand Colin, Paris. Avec reliure toile. Prix : 3o francs.
- L’atlas Vidal-Lablache est bien connu et sa réputation n’est plus à faire. Tout le monde sait les qualités spéciales qui le distinguent et qui en font un objet d’étude indispensable. Ce n’est pas seulement, comme les atlas ordinaires, et même les meilleurs, ceux de Stieler, de Schrader, etc., un répertoire d’emplacements géographiques, auquel on demande de fournir le plus rapidement possible l’emplacement d’une localité géographique déterminée. C’est une oeuvre à la fois pédagogique et philosophique, qui donne, sous une forme condensée et parlante, tous les renseignements que demande aujourd’hui un géographe, un homme d’affaires, un historien: productions, cultures, ethnographie, géologie, etc., etc. Cette nouvelle édition a été entièrement remise à jour et complétée.
- La caverne, par Ray Nyst. i vol. in-16. J.-B. Baillièx'e et fils, 1909. Paris. Prix : 4 francs.
- Sous la forme d’un roman des temps préhistoriques, l’auteur emploie sa verve à. retracer ce qu’il appelle « l’histoire pittoresque d’une famille humaine de 29 pei'sonnes, filles et garçons, petits et grands, à l’époque des luxuriantes forêts tertiaires et des saisons clémentes dans l’Europe centrale. » Avec beaucoup de fantaisie et un rien de science, l’ouvrage, qui n’est sans doute pas écrit pour les petites filles, est amusant à lire.
- Electricité agricole, par A. Petit, Paris. J.-B. Baillière et fils. 1909, 1 vol. in-18 400 p. 100 fig. Prix, bi’o-ché : 5 fr. ; cartonné : 6 fr.
- L’auteur présente d’abord quelques considérations générales sur l’adaptation de l’électricité à la ferme, sur l’énergie et quelques Notions générales d’électricité. Il étudie ensuite la production de l’énergie électrique par tous les moyens pratiques possibles : dynamos, moteurs hydrauliques à vapeur, à gaz, à pétrole, à vent ; il examine les facilités de cette production, les conditions de prix, les conditions mécaniques et élec-
- triques. Trois chapitres sont ensuite consacrés au transport et à la distribution, puis à l’utilisation : Utilisation mécanique : labourage électrique, battage électrique, commande électrique des scieries, des machines à glace, des pompes, des turbines à sucre, des écrémeuses, des broyeurs, concasseurs, coupe-racines, hache-paille, etc. — Utilisation pour l’éclairage et le chauffage : technique des installations agricoles d’éclairage électrique. — Applications agricoles de Vélectrochimie : stérilisation du lait, stérilisation de l’eau par l’ozone, etc. Ces trois chapitres sont complétés par l’action du courant sur l’homme et le traitement des accidents dus à l’électricité, puis par la description d’un certain nombre d’installations types et par des notions sur la conduite, l’entretien, les accidents qui surviennent aux installations électriques, sur la manière d’étudier un projet et de l’exécuter soit pour son compte, soit indirectement sous forme de coopératives d’électricité.
- Zur Biologie des Chlorophylls, Laubfarhe und Ilimmel slicht, Vergilbung und Etiolement, par Ernst Staiil. Iéna. Gustav Fischer. 1909. 1 vol. in-8°, p. v-t53, 4 marks.
- L’auteur présente dans ce travail le résultat de ses recherches sur les problèmes biologiques de la chlorophylle. Il s’efforce notamment d’expliquer la coloration verte de la végétation. Reprenant l’idée d’Engel-mann que les couleurs des algues de la mer sont complémentaires de la lumière qui tombe sur elles, il l’étend à tout le règne végétal. Il étudie, d’autre part, les diverses circonstances non lumineuses qui peuvent faire varier la coloration chlorophyllienne.
- Geschichle der Erde und des Lebens, par Jon. Walther. Leipzig. 1908. Yeit und Comp. 1 vol. in-8°, 670 p. 14 marks.
- Cette histoire de la terre et de la vie est un excellent résumé des résultats acquis dans l’ordre des sciences géologiques et paléontologiques. A l’intérêt du texte, qui est celui de tous les ouvrages de ce genre, s’ajoute l’intérêt des illustrations, nombreuses, bien choisies, et où figurent notamment plusieurs tentatives de reconstitution fort heureuses.
- Australasia : Malaysia and the Pélagie Archipelagoes, par F. H. H. Guillemard et A. H. Keane. London, Stanford, 1908, 1 vol. 8°, xvi-574, pages, i5 shill.
- Seconde édition, profondément remaniée, d’un ouvrage publié, en 1894, par M. Guillemard seul. Le livre a été mis au courant des faits, géographiques, ethnographiques ou politiques, résultant soit des événements comme la guerre hispano-américaine, soit des explorations et travaux effectués à Bornéo, aux Célèbes et en Nouvelle-Guinée par les frères Sarrasin. M. Keane s’est efforcé avec beaucoup de talent, sinon de résoudre, du moins d’exposer avec clarté le problème ethnologique si complexe présenté par l’Australasie. Excellentes cartes en couleurs.
- A Gazetteer of Ethnology, par Akira Matsumura, Tokyo. The Marusen-Kabushiki-Kaisha, 1908, 1 vol. in-8°, xiv-495 pages.
- Très précieux répertoire ethnographique, donnant une liste alphabétique de 8000 noms de tribus appartenant à tous les domaines géographiques, l’indication de leur localisation, une bibliographie sommaire, un index des noms de races et de peuples chinois, six cartes ethnologiques des divers continents et de l’Océanie. Particulièrement commode pour permettre au lecteur de se débrouiller dans la confusion des dénominations multiples attribuées à une seule tribu par ses divers explorateurs.
- Histoire de la Création, par J. Haeokel. Paris, Schlei-cher, 1 vol. in-8°, 602 p., 17 pl., 20 gr.,.21 tableaux généalogiques et 1 carte, 3 fr.
- Réédition du célèbre volume de vulgarisation où Hæclçel s’est efforcé de populariser les conceptions darwiniennes.
- 63 n».
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- a6,h annual report of the Bureau of American ethnology, 1904-1905, Washington. Government printing office, 1908, 1 vol. in-40, xxxi-5i2 pages, avec planches. — Dans ce volume : The Pima Indians, par Fr. Russell. Social condition, Reliefs, and Linguistic Relation-ship of the Tlingit Indians, par J. R. Swanton.
- Les Indiens Pima, décrits par M. Russell, sont un des plus importants groupements de la région de l’Arizona. La présente monographie, très systématique et très soignée, après une excellente introduction historique, les étudie surtout au point de vue de la technologie (nourriture, agriculture, commerce, métiers, outillage, arts), et de la mythologie (textes importants de mythes cosmogùniques et de contes). L’auteur a joint également à son travail des notions plus brèves sur l’organisation sociale, la religion, la linguistique et des textes de chansons. Mythologie, sociologie et linguistique prédominent, au contraire, dans le plus bref, mais d’ailleurs excellent mémoire
- consacré par M. Swanton aux Tlingit (Alaska). Les planches accompagnant ces deux travaux sont abondantes et instructives.
- Théorie des dispositifs de visée modernes de Vartillerie de terre (avec 5 planches), par R. von Eberhard, de la maison Krupp. 1 vol. de 48 p. Lausanne, 1909. Georges Bridel, éditeur.
- • Etude mathématique complète sur la théorie des dispositifs de visée, s’appuyant surtout sur les propriétés des triangles sphériques.
- Cours d’électricité appropriée à la magnéto, par L.-B. Fanoz. 1 vol. in-12 broché avec 3o fig. Chez Desforges. Paris. Prix : 2tr,5o.
- La photo-peinture des agrandissements de paysage, par L. Estéban. Une brochure de la bibliothèque de la Photo-Revue. Paris. Charles Mendel, éditeur. Prix : 60 centimes, '
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS , 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 juillet 1909. 16°,0 S. S. W. 2. Nuageux. » Rosée ; nuageux.
- Mardi 6 14°,0 S. S. W. 2. Couvert. 22,8 Rosée; couvert; pluie de 8h. 15 à 24 h.
- Mercredi 7 13°, 8 W. S. W. 3. Très nuageux. 11,2 Très nuag.; orage avec pluie et grèln de 10 h. 4 à 10 h. 42.
- Jeudi 8 15°,1 W. N. VV. 5. Couvert. 1,6 Eclaircies; petite pluie par intervalles.
- Vendredi 9 14°,1 W. N. W. 3. Nuageux. » Rosée ; peu nuageux.
- Samedi 10 15°,0 S. S. W. 4. Pluie. 32,4 Qq. éclaircies; orales l’ap.-midi et le s.; pl. la moitié du temps.
- Dimanche 11 13°,0 N. N. W. 2. Couvert. 4,7 Nuages ; pluie ; tonnerre de 15 h. 35 à 17* h. 40 au N.-N. N. È.
- Lundi 12 11°,4 W. S. W. 2. Gouttes. 0,0 Rosée; couvert; quelquefois des gouttes.
- Mardi 13 12°,9 S. W. 1. Couvert. 0,0 Rosée ; très nuageux ; gouttes à 7 h. 30.
- Mercredi 14 12° 7 S. s. w. 0. Couvert. 3,3 Rosée ; couvert ; averse à 14 h. 50.
- Jeudi 1S 14°,1 N. N. W. 2. Pluie. 5,5 Couv. le m.; nuag. le s.; pluié de 4 à 10; averse entre 17 et 18 h.
- Vendredi 16 15°, 7 S. S. W. 1. Nuageux. . 2,2 Couvert ; pluie de 10 h. à 19 h.
- Samedi 17 ' 16°,3 W. S. W. 2. Bruine. 0,5 Couvert; bruine à diverses reprises.
- Dimanche 18. .... 16°,4 N. W. 1. Couvert. 0,0 A 6 h. bruine ; brume; brouillard dans la soirée; couv.; beau ens.
- JUILLET 1909. — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 JUILLET 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de. la mer) ; courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée. ,
- Du 9 au 12 juillet. — Le 9. Pression élevée sur le S.-O. : Gascogne, 770; Bretagne, 769; dépression entre Ecosse et Islande (750) et sur le Centre et l’E. : Riga, 747- Pluies abondantes sur les Pays-Bas et l’E. de la France : Ballon de Servance, 63; Besançon, 22; Charle-ville, 20; Clermont-Ferrand, 2; Paris, 1. Temp. du matin : Nancy, 8°; Paris, 14; Lésina, 26; Puy de Dôme, 4 ; moyennè à Paris : i6°,7 (normale : i8°,i). — Le 10. Extension sur l’O. de la dépression entre Ecosse et Irlande : Memel, 740; mer du Nord, 749- Pluies abondantes sur les Iles-Britanniques et la France : Brést, 18; Cherbourg, 17; Nancy, 15 ; Nantes, 14 ; Paris, 8. Temp. du mâtin : Seydisfjord, 8°; Paris, 13 ; Alger, 20; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i3°,2 (normale : i8°,i). — Le 11. Zone de basse pression sur le Centre et l’E. :
- Riga, 744 ; Nice, 752; hausse sur l’O. : Gascogne, 765; Islande, 766. Pluies sur l’O. et le Centre; en France : Paris, 25; Besançon, 12; Biarritz, 11 ; Gap, 8; Roche-fort, .5. Temp. du matin : Belfort, io°; Paris, i3; Alger, 24; Puy de Dôme, 2; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : 13° (normale : i8°,i). — Lie 12. Pression assez élevée sur l’O. et l’Atlantique : Açores, 773; Irlande, 767; Gascogne, 766; dépression sur l’E. : Saint-Pétersbourg, 747 ; et sur l’Islande, 754. Pluies générales; en France : Biarritz, i5; Toulouse, 14; Lyon, 10; Paris, 5; Cherbourg, 4- Temp. du matin : îles Féroé* 8°; Paris, 1 x ; Stockholm, 19; Puy de Dôme,
- 3 ; moyenne à Paris, i2°,5 (normale : i8°,2).----Phases
- de la Lune : Nouvelle Lune : le 17, à 10 h. 54 m. du matin. - .
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- ‘ i ^ s L. DE LAUNAY
- " * * 11 ' *
- 71 Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Parit (71*)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est Interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° IS88 — 31 JUILLET 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Le besoin et la fixation de la chaux chez le nourrisson et chez l’enfant. — .On sait que la chaux jolie lin.rôle extrêmement important dans la croissance des animaux et que son défaut peut provoquer le rachitisme. Il était donc intéressant dé déterminer le besoin et la fixation dé la chàux.chez les enfants en croissance; l’étude des causes du rachitisme ne peut progresser que si l’on établit d’abord lies conditions de l’alimentation calcaire du nouveau-né bien portant. D’après M. Aron, le nouveau-né, ayant besoin pour constituer ses tissus nouveaux, d’une quantité de chaux égale à x ou 1,2 pour 100 de l’augmentation de son poids; et le lait de la mère contenant, pendant les trois premiers mois, respectivement. 0,06, o,o4 eto,o35 pour 100 dechaux eto,o3 pour xoo pendant les mois suivants,le calcul montre, étant donnés les augmentations quotidiennes d’un nourrisson et les poids de lait consommés- chaque jour, qûe l’apport en chaux dépasse un pexi les besoins pendant les trois premiers mois et que, plus tard, il suffit tout juste. Cet équilibre très instablè peiit être rompu aisément au détriment, du nourrisson, soit par des ti'oubles digestifs qui diminuent chez ce dernier l’absorption intestinale, soit.par un appauvrissement en chaux du lait de la mère. Pfeiffer, cependant, n’a pas trouvé, chez les mères à enfants rachitiques, les cendres du lait moins riches en chaux que chez les mères à enfants normaux. Mais on constate, en général que ces laits sont moins riches en cendrés que; les laits normaux et surtout! moins riches par rapport à une même quantité de matériaux organiques apportés par le lait. Il résulte de là que cet apport de matériaux organiques a pu déterminer chez l’enfant une production de tissus nouveaux pour la bonne constitution desquels l’apport en chaux concomitant était insuffisant. Enfin chez les animaux, chez lesquels on provoque des accidents rachitiques par une alimentation pauvre en chaux, l’expérience montre qu’il est plus facile de prévenir, cés accidents en réajoutant de la chaux ..à la ration que de les guérir une fois que le rachitisme est installé. Cette dernière affection peut donc être prévenue facilement si elle est causée par le défaut de chaux ou de; calcaire. Muf Hélène S.toeltzner, dans une étude analogue à la précédente, à recherche l’influence de l’ingestion de strontiane sur la composition chimique du squelette chez les animaux en croissance. Elle a constaté qu’une alimentation pauvre en chaux, mais additionnée de stron-tiane, qui est, cemme on le sait, un oxyde extrêmement voisin de, la .chaux, produit un état pathologique du squelette ^différent, du l’achitisme. La strontiane est fixée ere quantités notables, par les os, mais ne peut pas entièrement -.remplacer, la chaux dans , la ration alimentaire. • . ' :
- La protection de l’œil contre les rayons ultraviolets. — La Nature a déjà exposé les dangers que peuvent faire coui'ir, à la rétiné les "rayons ultra-violets émis par certaines sources lumineuses. On a proposé
- différents verres pour absorber les rayons ultra-violets et mettre ainsi l’œil à l’abri de leur influence nuisible. M. Victor-Henri vient de se livrer à ce sujet à d’intéressantes études comparatives, et il conclut que le moyen de protection le plus pratique est d’enduire les lunettes ordinaires avec de la gélatine picratée qui arrête même le bleu et le violet.
- De l’action de l’eau de mer sur le ciment de Portland. — On sait que, dans les ports, un certain nombre de constructions comportant des parties cimentées peuvent être soumises d’une façon continue ou intermittente à l’action de l’eau de mer qui les détruit assez rapidement. A ce sujet, un auteur anglais, M. Pot-ter, a étudié les transformations chimiques qui se produisent dans le béton en ciment de Portland, spécialement sous l’action de l’eau de mer. Dans ce dernier cas, là destruction rapide du ciment est due à l’action des sels de magnésie sur la chaux et l’alumine faiblement combinées du béton; il se forme du sulfate de chaux et des composés d’alumine qui, en absorbant de l’eau de cristallisation, désagrègent le béton. Cette action est facilitée par la porosité qui peut être fortement diminuée en Opérant mécaniquement le mélange des constituants. Mais on peut arriver encore à de bien meilleurs résultats en incorporant.au cours de la fabrication, au ciment de Portland destiné à la préparation du béton, de l’argile calcinée servant à l’obtention des briques rouges. Le ciment rouge qu’on obtient alors donne un béton qui résiste parfaitement à l’eau de mer. ,
- Le record des Pipe-Lines.— L’industrie américaine du pétrole doit au transport très économique de l’huile par refoulement dans des tuyauteries de métal une part de ses succès et le trust de Rockfeller s’est fondé d’abord sur l’accaparement du réseau de Pipes-Lines, essentiel au bon marché et à la régularité des expéditions du pétrole brut, depuis les puits jusqu’aux raffineries ou aux poyts d’embarquement. ,
- Ce réseau se développe constamment et de nouvelles lignes s’ajoutent chaque jour aux anciennes, qu’il serait superflu de signaler à l’attention du public. Mais il n’est pas,sans intérêt de saisir par l’exemple concret d’une nouvelle ligne d’une longueur considérable toute l’importance de ce mode ingénieux, de transports liquides. On vient d’ouvrir au service,la ligne qui relie les puits de l’Oklahoma à New-York. La longuëür des tuyaux atteint près de 2000-kilomètres et le pétrole lancé dans la ligne au sortir de la mine a mis plusieurs jours avant que le premier jet ne s’écoule à New-York. C'est, paraît-il, le record du monde.
- La traversée de la Manche par Blériot. — Le
- 25 juillet 1909 marquera une date dans les fastes de l’aéronautique. A 4 h. 35 du matin, Blériot quittait, sur son monoplan, les falaises de Sangatte et sé lançait, à là
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- INFORMATIONS
- vitesse de 60 km à l’heure, au-dessus des flots. Une demi-heure après, il abordait à Douvres. Les journaux quotidiens ont donné tous les détails sur cet exploit mémorable. Nos lecteurs connaissent l’appareil qui vient de remporter cette belle victoire. Ils savent qu’il est le résultat de plusieurs années d’efforts persévérants, acharnés que ne découragèrent ni les accideuts, ni les échecs répétés. L’appareil Blériot a 8 m. d’envergure, 7 m. de long, i,8om. de large, sa surface portante est de 14 m2. Il a figuré au dernier salon de l’aviation. Seul le moteur a été changé depuis et remplacé par un moteur Anzani de 25 chevaux. L’hélice est une hélice en bois construite par Chauvière. Rappelons aussi que cette traversée est le quatrième voyage aérien, en ligne droite, entre deux points fixés à l’avance. Le premier a été accompli par Farman au camp de Châlons, les deux autres par Blériot lui-même. L’audace et l’habileté de nos aviateurs vont chaque jour en croissant. Le voyage de 100 km pour lequel La Nature a fondé son prix sera bientôt, sans nul doute, un fait accompli.
- Ingéniosité américaine. — Une notice parue récemment dans ces colonnes a montré la fréquence et l’importance des incendies aux Etats-Unis. Un de leurs résultats les plus fâcheux, en ce qu’il s’attaque direc-
- tement aux intérêts du public, est que le moindre feu éclatant dans une ville populeuse suspend complètement la circulation des tramways, le moyen de transport presque exclusivement employé par les citadins américains. En effet, les tuyaux d’alimentation des pompes, allongés le plus souvent en travers des voies, barrent le passage à ces véhicules. Pour obvier à cet inconvénient, un inventeur a imaginé de courtes sections de rails légèrement cintrés, qui s’adaptent rapidement sur le point de la voie encombré de tuyau. Ceux-ci prennent place entre le rail normal et le rail mobile, et le tramway peut continuer sa marche sans les toucher. Les essais ont donné pleine satisfaction, et le nouvel appareil fera partie désormais de l’outillage des pompiers des grandes villes américaines.
- Une nouvelle grue de 160 tonnes. —Une des grues les plus puissantes du monde vient d’être inaugurée aux chantiers navals de Devonport, près de Plymouth (Angleterre). Elle pèse plus de 1000 tonnes de 1000 kilos et a coûté plus de jSoooo francs. Lors des essais elle a soulevé avec facilité une charge de 240 tonnes de beaucoup supérieure à sa charge normale. Celle-ci est de 160 tonnes. Elle peut soulever ce poids formidable à 3o mètres du sol, à la vitesse de i,5o m. par minute et est capable d’effectuer une rotation complète dans un rayon de 29 mètres en moins de 8 minutes. Elle a été construite sur les plans du vice-amiral W.-L. Wishart et est mue entièrement à l'électricité. ‘
- Trottoir roulant au métropolitain de Londres. —
- Le mouvement rapide des voyageurs est une question très importante pour les stations du Métropolitain. A Londres, cette question est résolue de façon très confortable par l’emploi d’ascenseurs à grande capacité qui, dans presque toutes les stations, descendent les voyageurs à quais et les remontent au jour. Chez nous, les essais se poursuivent et quels que soient les succès respectifs de l’ascenseur ou de l’escalier roulant, il est infini-
- ment probable que nous monterons longtemps encore à pied les interminables escaliers de nos stations. A Londres la question entrée et sortie étant résolue comme nous l’avons dit, le problème se pose maintenant de faciliter aux voyageurs les changements de lignes aux embranchements et l’on se propose d’établir, entre la station du British Muséum du Central London et la station d’Holborn de la « Piccadilly Tube Company », un trottoir roulant incliné qui transportera les voyageurs sur une longueur de plus dé 100 mètres, des rampes mobiles, marchant à la même vitesse que la plate-forme, faciliteront aux voyageurs l’emploi de l’appareil. Tous ceux qui ont erré dans les couloirs de l’Etoile, de la Nation, de la gare du Nord ou d’Italie ne peuvent que souhaiter que cet exemple soit bientôt suivi à Paris,
- Nouveaux progrès du gaz d’éclairage. — Dans la lutte constante qui se déroule depuis 20 ans entre le gaz et l’électricité pour l’éclairage, le gaz a toujours eu au point de vue économique une supériorité considérable, et la découverte du bec Auer, en 1892, lui a donné sur sa concurrente une avance qui lui reste en partie acquise. Cependant la .récente introduction des lampes électriques à filament métallique qui consomment i,5 watt par bougie a fait baisser dans de grandes proportions le coût de l’éclairage électrique. Mais, en même temps, le gaz d’éclairage faisait de nouveaux progrès. M. Godinet, dans un discours au récent Congrès de la Société technique du gaz, signalait que les lampes Soleil d’or et les lampes Selas, qui emploient toutes deux un mélange d’air et de gaz refoulé aux becs sous pression, donnent un éclairage de plus de 3ooo bougies par combustion de 1700 à 1800 litres de gaz à l’heure dans 2 manchons. Cette consommation correspond à 5 ou 6 litres par carcel et est inférieure de 40 à 5o pour 100 à celle des meilleures lampes connues jusqu’à présent.
- L’automobilisme en Turquie. — Comme tous les pays privés d’un réseau de bonnes routes, la Turquie compte fort peu d’automobiles en service, en dehors des grandes villes comme Constantinople et Smyrne. Nos fabricants feront sagement d’imiter leurs confrères des Etats-Unis, qui, sur les conseils de leur consul à Beyrouth, s’apprêtent à conquérir un marché encore vierge, et qui peut ouvrir un vaste débouché à l’industrie automobile. Ce fonctionnaire indique dans son rapport qu’il serait préférable, pour les routes de Syrie et de Palestine, d’offrir à la clientèle des voitures à pétrole, munies de ressorts aussi élastiques que solides, et capables de franchir des pentes raides, comme aussi de braver impunément des roches et des sillons. Elles devront sacrifier l’élégance à la simplicité et à la durabilité. Espérons que nos industriels français feront leur profit de ces conseils. Qu’ils n’oublient pas que le nouveau régime turc a inscrit en tête de son programme la réfection des routes déjà existantes, ainsi que la construction déroutés nouvelles, et que le budget ottoman disposera dans ce but d’importantes ressources annuelles.
- Orchidophilie. — La grande curiosité de l’exposition horticole qui s’est tenue la semaine dernière à Londres, au Holland-House, était, de l’avis des amateurs, un hybride obtenu par le croisement d’une Cochlioda noetzliana et d’une Miltonia vexïllana. L’espèce, qui n’est représentée jusqu’ici que par un plant unique, a reçu le nom de Miltonioda ILarwoodii. La coloration est des plus remarquables, car la labelle est d’un rose pâle couleur chair, tandis que pétales et sépales offrent une riche teinte rose. Un amateur a offert, dit-on, 5oooo francs pour cette rareté, mais sans fléchir ses possesseurs, MM. Charlesworth, qui ont obtenu la médaille d’or pour leur admirable exposition. Des pieds de lalia purpuraia alba, l’ôrchidée brésilienne aux pétales et sépales d’une blancheur de neige tachetée de maüve, se sont vendus £a5o (625o francs) pièce. Une autre orchidée qui a fait sensation est une espèce découverte récemment dans le Nord de Bornéo, et qui a la forme d’un insecte monstrueux. Les sépales et les pétales sont d’un vert sombre aux reflets bronzés. La labelle, d’une teinte rouge sang, est reliée à la corolle par un simple filament, et le moindre souffle la fait s’agiter et se secouer comme un insecte prêt à prendre son vol.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- **> Automobilisme
- Vulcanisateur automatique.. — Ou sait qu’aucune réparation de pneumatique, chambre à air ou enveloppe, n’est durable si elle n’a pas été effectuée par le procédé de vulcanisation à chaud, c’est-à-dire au moyen de caoutchouc naturel et de soufre combinés à la température de 13 5 degrés, maintenue pendant une demi-heure environ. La bonne conduite d’une réparation vulcanisée exige donc un contrôle exact de la température et un temps parfaitement déterminé, la valeur de l’un et l’autre de ces éléments devant êti'e atteinte, mais non dépassée, au risque de ne pas vulcaniser le caoutchouc ou bien de le brûler irrémédiablement.
- Le vulcanisateur automatique vulcans, que nous allons décrire, résout ingénieusement le problème de contrôler, seul et sans aucune surveillance, la température et le temps de chauffage nécessaires à une bonne vulcanisation.
- Il se compose d’un bloc creux en aluminium, façonné à sa base, à la courbure, moyenne des enveloppes et des chambres à air d’automobiles.
- Pour la réparation d’une chambre à air, il est monté sur un socle en bois dur L sur lequel il est serré par deux étriers GH, et, pour la réparation d’une enveloppe, il est appliqué directement sur le pneumatique gonflé par une courroie M et les deux mêmes étriers GH.
- Un étui en cuivre B rempli d’une mèche de coton, im-
- Pour une opération subséquente, le volet E s’ouvre à la main, malgré que le métal soit solidifié; car ses pivots sont à frottement dur, ce qui permet de le faire tourner sur son axe bloqué.
- L’ingéniosité des moyens très simples employés pour donner l’automaticité à cet appareil est très remarquable.
- Son poids est très réduit par l’emploi de l’aluminium et son volume d’environ i décimètre cube, ce qui permet de le placer dans un coffre d’automobile et de l’employer sur la route même.
- Les réparations sont effectuées au moyen de dissolution de caoutchouc convenablement additionnée de fleur de soufre et avec des feuilles de caoutchouc plastique non vulcanisé ; chaque opération ne nécessite pas plus d’un sou d’alcool à brûler.
- Nous avons vu fonctionner le Vulcans chez M. Lacoste, 28, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- *> Mécanique
- Clef à cliquet, avec disques interchangeables. —
- Tout le monde connaît les clefs à écrou, ordinaires, tiges d’acier percées d’une ouverture hexagonale s’appliquant exactement sur la tête de l’écrou à serrer ou à desserrer.
- 11 faut évidemment autant de clefs qu’il y a de calibres d’écrous différents, et par suite, l’automobiliste par exemple, dont la machine recèle une collection de bou-
- l’ig. 1. — La clef à disques interchangeables.
- Les disques et le ressort à cliquet qui les maintient.
- Fig. 1. — Réparation d’une chambre à air.
- Fig. 2. — Réparation d’une enveloppe, le pneu étant gonflé.
- bibée complètement d’alcool ordinaire, est introduit dans le corps de l’appareil ; l’alcool est alors enflammé par l’orifice F et le tirage s’établit dans l’intérieur du vulcanisateur entre les orifices F et J, l’appareil étant maintenu incliné comme le montrent nos gravures.
- Il est facile de comprendre que la quantité d’alcool contenue dans la lampe cylindrique B, puisse être calculée par le constructeur de l’appareil pour suffire exactement à une vulcanisation, de manière que la lampe s’éteint, faute de combustible, au bout d’un temps déterminé d’avance.
- Mais il est nécessaire de régulariser automatiquement la marche de la flamme, de façon qu’une fois la température de 135 degrés centigrades atteinte, elle ne soit pas dépassée; c’est ici qu’intervient un volet à trous E qui, ouvert au moment de l’allumage de lampe à alcool, se férmera automatiquement quand la température de 135 degrés sera obtenue et mettra la flamme en veilleuse pour maintenir cette température, sans qu’elle soit dépassée, pendant une demi-heure.
- A cet effet, le volet E est rappelé par un ressort qui tend à le fermer sur l’orifice F, mais il est maintenu ouvert par une masselotte de métal'fusible à 120 degrés centigrades, contenue dans la boîte D. Quand la température du vulcanisateur dépassé i35 degrés environ, le métal fusible fond et le volet E se ferme, coupant ainsi le tirage de la lampe à alcool, qui brûle faiblement en maintenant constante la température obtenue au moment où le volet s’est fermé.
- Lorsque la lampe s’éteint d’elle-même, faute d’alcool, la vulcanisation est parfaite.
- Ions des plus variés, est forcé de se munir d’un jeu de clefs lourd et encombrant, ou encore d’utiliser la clef anglaise, réglable il est vrai, mais qui présente bien des défauts.
- Voici une clef d’un nouveau genre, qui s’adapte sur des écrous de dimensions très diverses. C’est une tige métallique termiinée à chacune de ses extrémités par deux évidements circulaires. Dans ces évidements l’on peut placer des douilles hexagonales mobiles, qui sont fixées à demeure par le cliquet à ressort, visible sur notre figure 1.
- Il suffit de posséder un jeu de ces disques, qui eux sont légers et peu encombrants, pour pouvoir faire face à toutes les éventualités.
- Pour changer la douille, il suffit, après avoir rétracté le cliquet, jusqu’au fond de son encoche, de pousser légèrement la douille en dehors de l’évidement.
- On voit sur là figure que les douilles sont à cliquets, c’est un précieux avantage qui permet de serrer les écrous en donnant à la clef un mouvement alternatif, au lieu de lui imprimer uu mouvement circulaire continu, ce qui est souvent fort gênant. Ajoutons enfin que des rallonges adaptables à l’instrument permettent d’agir sur les boulons placés dans des coins ou en quelque autre endroit d’accès difficile (fig. 2). — La clef à cliquets Schrœder est en vente à the Franco-American, Hardware, 15, ruè de Marseille, Paris; prix avec 5 disques pour 6-8, 10-12, 14 millimètres, la pièce nr,',35.
- La clef
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *>_> Jouets <<*
- La Libellule. — Ce ne sont pas toujours les jouets les plus compliqués qui sont les plus intéressants, La Libellule en est un exemple. C’est simplement une hélice à deux branches montée au bout d’une tige ronde de la grosseur d’un crayon à peu près ; le tout en celluloïd est très léger.
- On comprend facilement que si on roule la tige entre les mains, comme le montre notre gravure, l’hélice prend un rapide mouvement de rotation et le petit appareil prend son vol. Mais tout 1 intérêt de ce nouveau jeu réside dans la façon de lancer la libellule. Si on tient la tige inclinée comme dans le dessin ci-contre et qu on lance les bras en avant à 45 degrés comme l’indique la flèche, la libellule prend son vol pour aller à 4 ou 5 mètres en avant, plus ou moins suivant la force employée à lui communiquer ce mouvement de translation.
- Mais ensuite quand cette force d’impulsion est épuisée l’hélice continuant à tourner, ramène l’appareil dans les mains du joueur, grâce à l’inclinaison de la tige. C’est à peu près ce qui se passe pour le fameux boomering Si on veut jouer à deux personnes, on incline au contraire la tige dans l’autre sens et on lance les mains drnit devant soi. On
- peut alors envoyer la libellule à 7 ou 8 mètres à son partenaire qui l’attrape au vol et la renvoie. On peut aussi, en tenant la tige bien droite, faire des vols en hauteur. Quel que soit le mode de lancement qu’on aura adopté, ce sera toujours l’occasion d’une série de mouvements variés pour lancer et rattraper l’appareil, et le jeu prend un réel caractère sportif.
- Si simple que soit la construction de la libellule, elle a donné beaucoup de peine à établir parce qu’il est nécessaire, pour obtenir un vol régulier, que l’hélice soit faite avec une feuille de celluloïd parfaitement homogène et régulière en épaisseur. En outre, pour que l’appareil puisse se transporter et s’expédier facilement, on a dû le rendre démontable ; pour cela l’hélice est munie en son milieu d’une petite sphère de liège percée d’un trou dans lequel s’enfile la tige légèrement conique. Malgré cela le prix est très minime., environ otl’,75. Nous croyons que ce jeu aura un très grand succès par suite de la variété et de l’élégance des vols qu’on peut obtenir. — Dans tous les bazars et chez M. Mathieu, 3g, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Objets utiles <4*
- Machines à laver le linge. — Voici quelques machines de ménage, qui prétendent rénover l’antique lessive.
- D’abord les barboteuses de ménage qui réalisent une grande économie de temps, de fatigue et de combustible, tout en évitant de frotter le linge à la main ou à la brosse, ce qui l’use considérablement, ou de le frapper avec un battoir de bois qui brise les fibres du fil, casse les boutons et aplatit les agrafes, le tout au grand désespoir des ménagères et maîtresses de maison.
- La première de ces barboteuses consiste en un baquet en bois dans lequel on fait mouvoir à la main une sorte de volet ou palette ajourée, montée à charnière sur un pivot vertical. Il s’ensuit que le linge placé de part et d’autre de ce battoir est successivement remué dans l’eau, puis comprimé contre les parois du baquet; la circulation du liquide savonneux aux travers du linge détermine ainsi le décrassage en cinq ou dix minutes selon le degré de malpropreté des objets à laver. On repasse ensuite le linge dans la même machine avec de l’eau de savon propre, puis avec de l’eau pure et le nettoyage est parfait. — Cette machine est construite par M. Truptil-Hénin, à Eu (Seine-Inférieure).
- La deuxième machine à laver que nous représentons ci-dessous se compose d’une boîte rectangulaire en bois
- doublé de zinc, munie de traverses intérieui'es disposées en chicane et fermée par un couvercle hermétique. Cette caisse est montée sur deux pivots et peut être animée d’un mouvement alternatif de balancement au moyen d’une poignée en bois fixée verticalement sur le côté de l’appareil.
- Le linge est d’abord cuit dans une lessiveuse avec de l’eau de savon, puis placé dans la machine avec une dissolution chaude de savon et de carbonate d’ammoniaque ou de soude; après quinze minutes de balancement de l’appareil le linge a suffisamment barboté et il est
- Fig. I. — Baquet à laver mécaniquement.
- Fig. 2. — Caisse à laver le linge,
- décrassé ; on vide l’eau de savon et on la remplace par de l’eau pure ; encore quelques balancements et le linge est lavé très proprement.
- La manœuvre de cette machine n’est pas pénible à cause de l’équilibrage de la caisse en bois sur ses pivots.
- Yoici la composition de l’eau de savon à employer dans les machines ci-dssus :
- Pour 7 kg, de linge pesé sec ou son équivalent i5 chemises : 600 gr. de savon, a5o gr. de carbonate de soude, Pour laver le linge de couleur il ne faut pas employer de carbonate de soude, non plus que pour les lainages qui ne doivent être traités qu’avec de l’eau modérément chaude.
- Le linge décrassé et lavé est essoré par passage entre deux rouleaux de caoutchouc mus par une manivelle et auxquels le serrage convenable est donné par deux vis de pression,
- Cette essoreuse se fixe sur les bords d’un baquet ou cuvier par deux griffes à vis dont sont munis ses pieds, de manière
- que l’eau sortant du linge tombe —#
- dans le cuvier sans se répandre 15 ~~
- Fig. 3. Fig. 4.
- Fig. 3. — Essoreuse à cylindres.
- Fig. 4. — Séchoir.
- sur le parquet. Enfin, pour faire sécher le linge au plafond de la cuisine, voici un ingénieux cadre rectangulaire, en bambou, démontable, qui est’ garni de cordes tendues dans le sens de sa longueur.
- Un système très simple de petites poulies et de cordelettes permet de descendre le séchoir à hauteur convenable pour l’étendage du linge et de le remonter ensuite au plafond de la cuisine ; là le linge sèche rapidement, car il ,se trouve dans la partie la plus chaude de la pièce où il ne gêne en rien la circulation de la cuisinière. Ce petit appareil offre sous un petit volume une grande longueur de cordes et permet de sécher sans encombrement une respectable lessive. — Ce séchoir et la précédente machine à laver sont construits par la Société des Inventions économiques, 182, rue Lafayette.
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- VARIÉTÉS
- Sur les condiments salins employés dans l’Afrique centrale. — On sait que les naturels de l’intérieur de l’Afrique accordent une grande importance et un prix élevé à tous les produits salins susceptibles de suppléer le sel marin ou chlorure de sodium dans l’assaisonnement des aliments, étant obligés, par suite de la défectuosité des moyens de transport, de se passer de ce sel marin proprement dit et de le remplacer par d’autres produits de saveur semblable.
- Il y a déjà longtemps, MM. Dybowski et Demoussy avaient signalé des sels d’origine végétale employés comme condiments par les populations voisines de l’Oubanghi et composés de carbonate, sulfate et surtout chlorure de potassium, à l’exclusion des sels de sodium. Les mêmes auteurs avaient également donné l’analyse d’un sel gemme du Wadaï, composé principalement d’un mélange de chlorures de sodium et de potassium.
- M. À. Hébert, ayant eu communication d’un certain nombre de produits rapportés par M. Aug. Chevalier dans sa mission Chari-Lac Tchad, a déterminé, il y a quelques années, la composition des sels d’origine végétale du pays Assala, à ioo kilomètres environ au sud-est du Tchad. Ces sels sont fabriqués par le lessivage des cendres du Doum (Ilyphœna thebaïca) et du Sal-vadora Persica et s’exportent au Baguirmi et au Bor-nou; ils sont prélevés comme impôt par l’administration française. Ils consistent en un mélange de chlorures de sodium et de potassium avec un peu de sulfates de ces mêmes métaux.
- Dans ces mêmes régions, on fait encore usage d’un chlorure de sodium minéral qui viendrait de la région du Borkou et donne lieu à un certain commerce, peu important du reste, avec l’Ouadaï et le Baguirmi qui ont précisément à leur disposition le sel d’origine végé-
- tale dont nous parlions ci-dessus. Le sel minéral existe à l’état blanc en couches stratifiées dans le lit du Rahat-Saraf et à l’état rouge, à l’est du Borkou dans l’Ouadi-Démi ou Dénié ; cette substance, d’abord blanche, légèrement teintée de rouge, prend par la suite une couleur rouge brique très prononcée, due à la présence d’un composé de fer qui s’oxyde peu à peu au contact de l’air. Elle est constituée par du sel marin très impur, qui contient près de 5o pour ioo de matières étrangères insolubles.
- Enfin, récemment, MM. Denigès et Pachon ont donné à la Société de biologie l’analyse d’un sel utilisé dans l’alimentation dans une région du Congo français, située à l’embouchure de l’Ibenga, dans l’Oubanghi et qui renfermait :
- Eau...................... 3,22
- Chlorure de potassium. . . . 86,42
- Carbonate de sodium .... 2,07
- Sulfate de potassium..... 5,55
- Chlorure de magnésium. . . 0,66
- Chlorure de sodium....... 0,60
- Oxyde de fer et alumine. . . o,5o
- Silice................... 0,40
- Carbonate de chaux....... 0,20
- Matières organiques...... o,38
- Total.......100,00
- On voit que toutes ces substances salines végétales se ressemblent beaucoup comme composition et que, presque partout, le potassium remplace le sodium tout en donnant à ces substances un goût salin apte à remplacer celui du sel marin ou chlorure de sodium comme condiment. A. H.
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- HYGIÈNE ET SANTE
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- La lampe de quartz à mercure de P. de Mare ; stérilisation des boissons alimentaires. — A la fin du
- xxxe siècle, le professeur Finsen mettant à profit les propriétés stérilisantes des rayons solaires, construisait un appareil de concentration de ces rayons et l’employait, avec succès, dans le traitement des maladies microbiennes de la peau.
- Depuis lui, il fut i*econnu que les rayons microbicides, les plus actifs, étaient situés dans les régions violette et ultra-violette du spectre. — Avons (1892) fit cette découverte importante que les vapeurs de mercure devien-
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- La lampe de quart/, à mercure. '
- lient lumineuses lorsqu’on les fait traversempar un courant électrique dans un tube dans lequel on a fait le vide et que cette radiation est particulièrement riche en rayons de faible longueur d’onde.
- Cette découverte qui fut le point de départ des lampes Coppér-Hewitt (1895), Debierne, Hahn, etc., permettait de disposer d’une source de rayons microbicides très puissants. — Küch (igo5) démontrait qu’en remplaçant ie verre de la lampe Copper-Hewitt par un tube de quartz, les rayons émis s’enrichissaient encore en radiations violettes et ultra-violettes. C’est alors que Kro-mayer construisit une lampe en quartz pour les usages théi'apeutiques.
- En 1906, M. F. de Mare, ingénieur français, eut 1 idée
- d’appliquer les propriétés bactéricides des rayons de faible longueur d’onde à la stérilisation de l’eau. Un brevet, pris par lui, à Bruxelles, le 12 juin 1906, lui donne un droit de priorité incontestable sur les communications scientifiques, concernant la même application, faites le 7 janvier 1907 par M. A. Billon-Daguerre et plus récemment, le 22 février 1909, par MM. Courmont et Nogier.
- Voici en quoi consiste le stérilisateur d’eau de M. F. de Mare :
- C’est, essentiellement, un générateur de rayons ultraviolets : lampe à arc avec électrodes en fer ou lampes à vapeurs de mercure. La figure, ci-jointe, représente le dispositif adopté dans le cas de la lampe à mercure :
- A est le tube en quartz1 dans lequel on a fait le vide, aux extrémités sont les électrodes ; B, est une garnitui'e métallique d’un diamètre supérieur de 10 à i5 mm à celui des tubes de quartz. Cette garniture métallique, qui fait joint aux extrémités E et F, contient une spirale C dont la tranche intei’ne D est aussi rapprochée que possible de la paroi des tubes en quartz. En G et H se trouvent deux douilles, l’une G, qui met la lampe en communication avec la prise d’eau à stériliser ; l’autre H, qui la relie au réservoir d’eau stérilisée.
- Ceci exposé, on se rend compte du fonctionnement qui est des plus simples :
- La lampe, étant traversée par un courant électrique, on ouvre le robinet G qui donne accès à l’eau impure ; celle-ci pénètre dans l’appareil en suivant le chemin tracé par la spirale et se stérilise sous l’influence des rayons violets et ultra-violets émis par la lampe, puis elle en ressort, stérilisée, en H.
- La lampe F. de Mare peut être associée à un filtre ordinaire destiné à retenir les impuretés solides, en sus-
- 1 Pratiquement on peut, d’après l’inventeur, employer le verre d’Iéna (verre Uviol) pour la construction de ces lampes. Ce verre est d’un prix bien moins élevé que le quart/..
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- HYGIENE ET SANTE
- pension dans l'eau à pui'ifîer, avant son passage dans le stérilisateur.
- On conçoit que cet appareil puisse l'endre de grands services dans la stérilisation des boissons alimentâmes : eau, lait1, vin. Sa consommation électrique est peu élevée, elle peut fonctionner sous un bas voltage (60 volts). Son dispositif simple et peu encombi'ant en permet l’emploi aussi bien pour la grande agglomération que
- 1 Tout récemment, M. Dastre a présenté à l’Académie des sciences, au nom de MM. V. Henri et G. Strodel, une communication dans laquelle les auteurs démontrent l’action bactéricide des rayons ultra-violets employés à la stérilisation du lait : « Un grand
- pour le personnel des usines ou l’usage domestique.
- Son efficacité sur l’eau et le lait a été absolument re-connue ; en ce qui concerne le vin, peut-être l’emploi de la lampe F. de Mare donnerait-il lieu à de cuiûeuses constatations touchant le vieillissement artificiel du vin, la modification des arômes ou delà couleur. Cette lampe, agissant par ses rayons chimiques, doit certainement avoir sur le vin une action incontestable. G. Loucixeux.
- nombre d’expériences, faites sur différents échantillons, nous ont montré de façon absolument certaine que l’on obtient une stérilisation complète du lait par l’action directe des rayons ultra-violets, sans avoir une élévation notable de température. »
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Le nettoyage des appareils générateurs à acétylène. — Les usagers d’acétylène qui possèdent des appareils à chute d’eau, c’est-à-dire ceux dans lesquels le carbure est placé dans des casiers ou godets que l’eau vient attaquer successivement, se plaignent très souvent des difficultés qu’ils éprouvent pour le nettoyage de la chaux pâteuse qui adhère sur les jmi'ois des casiers ou godets.
- Voici un procédé des plus simples indiqué par le Journal de l’Union des Propriétaires d’appareils à acétylène. Il consiste, pour éviter l’inconvénient du nettoyage difficile, à placer dans le fond et sur les parois des casiers ou godets, ceci au moment du chargement de l’appareil, du papier d’emballage ou du gi'os papier d’épicier. Autrement dit, les casiers étant propres, on les gaimit de papier et l’on place ensuite le carbure. Lorsque la charge est épuisée, la chaux résiduaire est ainsi séparée des paixxis des casiers par la feuille de papier qui n’adhère pas et, pour le nettoyage, il sxxffit de renverser les casiers oxx godets pour que le résidu tombe, laissant les pai’ois très propres.
- Pour vérifier le fonctionnement de l’épuration dans un appareil à acétylène. — Lorsqu’on s’éclairç à l’acétylène, dans un appartement, il est nécessaire que le gaz soit parfaitement puiûfié. Les impuretés du cai'bui'e de calcium donnent, en effet, des gaz toxiques, dangereux pour la santé, en tout cas nél'astçs aux tentures et au mobilier. L’odeur dégagée est toujours un indice d’une purification insuffisante. Mais, il est pi'udent de ne pas attendre cette indication pour remédier au mal. Le Journal de l’Union des Propriétaires d’appareil à acétylène indique un moyen de vérifier d’une façon pi'écise la valeur de l’épuration :
- Se faire préparer, par le phax’macien, une solution de nitrate d’argent à io pour ioo. Mettre une goutte de cette solution sur un fragment de papier buvard blanc ou de papier-filtre. Laisser la goutte s’étendre sur le papier et présenter la partie ainsi mouillée à l’action de l’acétylène s’échappant par un bec ouvert, mais non allumé. Si le papier noircit en quelques secondes, c’est
- que l’acétylène n’est pas épuré ou que l’épui'ateur est complètement épuisé. Si le papier reste blanc, c’est que l’épuration est pai'faite. S’il ne se teinte que faiblement et lentement, c’est que l’épuration laisse un peu à désirer.
- Taches d’encre sur cuir. — Normalement il ne faut guère songer à les faire disparaître, en laissant au cuir (que nous supposons naturellement jaune ou fauve) une nuance identique à celle qu’il avait pxûmilivement. On a tout au plus la ressource d’enlever l’encre en faisant agir de l’acide oxalique sur la tache, mais la coloration du cuir est éclaircie en ce point, c’est-à-dire qu’il se fox'me une vraie tache claire ; et l’on est obligé de recolorer toute la surface du exiir, et en une nuance plus foncée1 que celle qu’il présentait d’abord.
- Etiquettes sur les flacons de produits chimiques.
- — On opère sxxr les flacons vides, et pour toutes sortes de raisoixs : on emploie des étiquettes imprimées, que l’on colle, puis qu’oii laisse sécher, en mettant le flacon devant un feu doux. On fait fondre dans un pot de la cire de paraffine blanche et pure et, quand elle est bien chaude, on en enduit avec une plume la sui'face de l’étiquette, et même le flacon tout autour de celte étiquette, sans crainte de laisser déborder; quitte à enlever l’excédent de cire qui nuirait à la lectux*e de l’inscription, quand tout sex-a froid et l’étiquette bien protégée sous son revêtement protecteur de paraffine. Celui-ci protégera le papier contre tous les produits chimiques. Qu’on remarque qu’il est nécessaire que le flacon soit chauffé avant apposition de la paraffine, sinon elle n’adhérerait point.
- Pond blanc pour la photographie des petits objets.
- — Pour photographier, notamment en matière industrielle ou commerciale, de petits objets qu’on veut voir se détacher ti'ès nettement sur le fond, il est indispensable que ce dernier soit très lumineux. On se trouve au mieux dans ce cas de px*endre comme fond un verre dépoli qui sera éclairé par derrière. On le placera, par exemple, devant une fenêtre, en évitant que de la lumière directe non tamisée puisse arriver à l’appareil. Il va de soi que les objets s’accusent alors très nettement.
- MJ
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt .général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — ROB-T, Alexandrie. — L’appareil de projections lumineuses sans écran a été imaginé par M. de Mari'e. Pour tous renseignements, veuillez vous adi’esser à l’auteur de l’article, M. Loucheux, à qui nous ferons parvenir votre lettre.
- M. Marcot, à Bônç. — Editeurs anglais : A Constable, à White Hall Gardens-Londres. Nous ignorons l’adresse' de M. Clay. Vous trouverez l’ouvrage de M.. Brillouin,
- Viscosité des gaz, chez Larousse, libi'aire-éditeur, nie des Ecoles, Paiûs.
- M. Le Bouédeè, à Lorient. — Voici une formule qui nous paraît répondre à votive demande, encore que toutes les alopécies ne soient pas de natuive identique :
- Huile de ricin 5 gramme
- Teinture de jaborandi. . . 20 —
- Teinture de cantharides. . IO —
- Essence de lavande. . . . 3 —
- Chloroformé . . . . .. . . 10 —
- Goudron de Norvège . . . 2
- Alcool. ......... /Qo —
- Au lieu d’essence de lavande on peut mettre un parfum ad libitum.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Hcuri de Parville : La Nature. — Le takin « Burdorcas Taxicola » du Tibet : E. Troukssaut. — Aéroplane Givaudan : Lucien Fournier. ^ El Torcal d’Antequerk (Andalousie) : E.-A. Martel. •— La panification intégrale sans mouture du blé : Henri Blin. — Fabrication électrolytique des miroirs paraboliques : A. Troller. — Agates et cornalines : P. Sallior. — Académie des sciences; séances des 12 et 19 juillet 1909 : Cn. de Ville-deuil. — Chiens pékinois : V. F. — Le lancement du « Danton » : Sauvaire Jourdan.
- Supplément. — Exploits de M. Blériot. — JNaul’rage d’un sous-marin anglais, etc.
- Les femmes homicides, par Pauline Tarnowsky, Paris, Alcan, 1908, 1 vol. in-8°, 891 pages, i5 francs.
- Fort importante contribution à l’étude anthropométrique et physiologique de la criminalité. L’auteur s’est livré à toute uue série de mensurations et de recherches sur 160 femmes russes condamnées pour meurtre. Il ressort de ces études que les femmes criminelles étudiées présentent un certain nombre de tares typiques d’infériorité organique, par exemple des dimensions de la tête plus faibles que dans la normale, particulièrement en ce qui concerne la longueur et la circonférence horizontales.
- Régions et Pays de France,par J . Fèvre, et H. Hauser, Paris, Alcan, 1909, 1 vol. in-8° (Bibliothèque d'Histoire contemporaine), 7 fr.
- L’ouvrage a pour but de vulgariser les idées neuves et fécondes qui ont, depuis environ un quart de siècle, révolutionné la géographie de notre pays en affinant le sens de l’observation géographique par l’étude des régions et des pays, qui met si bien en relief les correspondances qüi existent entre le sol et les hommes.
- En Birmanie, Souvenirs de chasse et de voyage, par le Prince Grégoire Sturdza, i vol. in-8". Paris, Plon, Nourrit et Cie, i5 fr.
- Le prince Grégoire Sturdza a surtout visité la Birmanie en chasseur, et, de ses notes rapides, il a composé un livre vivant et pittoresque, où on le voit aux prises avec les grands fauves d’Asie. Il ne néglige pas d’ailleurs, chemin faisant, de s’initier aux mœurs particulières, au langage, aux traditions de la population honnête et pieuse, qu’il décrit avec soin dans la seconde partie du livre. L’illustration photographique est fort intéressante.
- L’allumage des moteurs à explosion, par G. Yseboodt, ingénieur des chemins de fer de l’Etat, directeur de l’école industrielle de Tubize. Grand in-8° de 108 p.,
- 123 fig. Prix : 3 fr. 5o. Goemare, imprimeur du Roi, éditeur, rue de la Limite, 21, Bruxelles, et chez Dunod Pinat, Pai’is.
- M. Yseboodt étudie d’abord le phénomène et le-régime de l’explosion. Il établit un certain nombre de propriétés qui n’ont pas encore été énoncées et montre quelles sont les conditions d’allumage qui réalisent le rendement maximum. Cette étude rigoureuse est faite au moyen d’un procédé graphique très pratique facile à suivre. L’auteur passe ensuite en revue tous les procédés d’allumage connus, avec leurs avantages et leurs inconvénients. Un chapitre spécial est consacré aux dispositifs propres aux moteurs industriels. — En résùmé travail complet et utile.
- La manufacture de porcelaine de Sèvres, par Georges Lechevalier-Chevignard, secrétaire-archiviste de là Manufacture. Paris, Laurens, 2 volumes. 128 gravures. — /. Histoire de la Manufacture (1740-1876). — II. Organisation actuelle et fabrication. Musée, céramique. Répertoire des marques d’artistes. Chaque volume : broché 3fr,5o, relié 4fr,5o. (Les Grandes Institutions de France).
- Cet ouvrage comble une importante lacune dans l’histoire des arts industriels de notre pays. Malgré ses destinées glorieuses, notre grande manufacture nationale n’avait jamais été l’objet d’une monographie complète. — A la suite de la partie historique, et de celle consacrée à la période contemporaine, une troisième expose les procédés de fabrication et de décoration employés à la Manufacture.
- La chimie dans l'art militaire moderne, par E. Serrant-Bellenout. 1 vol. in-8° broché de 131 pages. H. Desforges, éditeur, Prix : 2fr,5o.
- Au point de vue militaire, la chimie intervient dans deux questions capitales : les armements et les explosifs. Ce rôle est résumé dans l’ouvrage de M. Serrant.
- Fabrication des engrais chimiques, par J. Fritsch, i vol. de 537 p., avec 69 gravures et planches. H. Desforges, éditeur, 29, quai des Grands-Augustins, Paris.
- Nul n’ignore aujourd’hui l’importance agricole des engrais chimiques, devenus indispensables à la culture. L’ouvrage de M. Fritsch réunit et condense d’utiles renseignements sur 1 industrie des engrais en général : superphosphates, guano, nitrates, poudres de cuir et de corne, sulfate d’ammoniaque, cyanamide, engrais potassiques. Il indique les préparations ou l’extraction de ces corps et donne en outre d’intéressants détails sur leur mode d’emploi. Une annexe sur la législation et le commerce des engrais vient accentuer lé cùractèrè pratique de cet ouvrage.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
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- Du i3 au 23 juillet. •— Le i3. Pression supérieure à 765 sur la France et l’Espagne; baisse sur l’Ecosse et l’Islande (749); dépression sur le N.-E., autour de Saint-Pétersbourg. Pluies sur toute l’Europe ; en France : Charleville, 8 ; Clermont-Ferrand, 7 ; Toulouse, 2; Biarritz, Calais, 1. Temp. du matin : Vardoe, 90; Paris, i3; Alger, 21; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : 15Q,7 (normale : i8°,2). — Le 14. — Le i5. Aire supérieure à 765 sur l’Atlantique et la moitié de l’Europe : Açores, 773; O. dé la France, Ï768 ; Tienne, 766 ; hausse sur l’Ecosse et l’Islande; Arkangel, 745. Pluies sur le N., l’O. ql le Centre; en France : Paris, Charleville, 5; Brest? Le Havre, 1. Temp. du matin : Yardoe, 70; Paris, 14 ; Alger, 21;-Puy de Dôme, 9 ; moyenne à Paris : i5°,8 (normale : i8°,'2). — Le 16. Dépression sur l’Islande et les Iles-Britanniques : Seydisfjord, 746; Shields, 753; Biarritz, 769. Pluies sur l’O.; en Francè :
- Nantes,.Calais, 1; Paris, Nancy, 4; Clermont-Ferrand, 9. Temp. du matin : Vardoe, 8°; Paris, 16; Alger, 21; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris : i5°,7 (normale ; 18°,3). — Le 17. Extension vers l’E. et le S. de la dépression islandaise ; îles Feroé, 740; fortes pressions sur le S. : Horto, Bordeaux, 770. Pluies sur le N.-O. ; en France : Calais, 26; Nancy, 11; Paris, 2; Brest, Nantes, 1. Temp. du matin : Seydisfjord, 70 ; Paris,* 16 ; Perpignan, 21 ; Puy de Dôme, 8 ; moyenne à Paris : i'7°,8 (normale : i8°,3). —Le 18. Fortes pressions générales, sauf à. l’extrêmè N. : Haparanda, 742 ; Bretagne, 771. Pluies sur le N. et le Centre, Temp. du matin : Boéloè, 8°; Paris, 16; Perpignan, 23; Puy de Dôme, 11; moyenne à Paris ; 180 (normale : i8°,3). — Le 19. Aire de 'forte pression sur la moitié S. du continent : 772 dans l’O., 767 sur le Centre; dépression sur la Scandinavie ët le N. de la Russie : Yardoe, 748. Pluies
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- sur le N. Temp. du matin : îles Feroe, 8°; Paris, 14 ; Toulouse, a3; Puy de Dôme, 16; moyenne à Paris : i6°,8 (normale : i8°,3).—Le 20. Aire anticyclonique sur 10. et le Centre : Bretagne, 772; dépression assez profonde sur la Finlande : Uleaborg, 743. Pluies sur le N. et le Centre. Temp. du matin : Christiansund, 90; Paris, i5; Perpignan, 26; Puy de Dôme, 10; moyenne à Paris : x6°,2 (normale : i8°,3). — le 21. Centre de dépression vers les îles Feroe, 746; baisse sur l’O. : Bretagne, 766. Pluies sur le N. Temp. du. matin : Yardoe, 8°; Paris, 13 ; Perpignan, 23; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris, 180 (normale : i8°,3). — Le 22. Vaste zone de
- basse pression sur tout le N. de l’Europe : Christiansund, 746; fortes pressions sur l’Atlantique, l’Espagne, les Açores : Horta, 771. Pluies sur les Iles-Britanniques, les Pays-Bas, les côtes baltiques. Temp. du matin : Yardoe, 70; Paris, 17; Palerme, 24; moyenne à Paris : i7°,6 (normale : 18°,3). — Le 23. Centre cyclonique au N. de l’Ecosse : Stqrnoway, 739 ; pression voisine de 762 suivie Centre et le S. Pluies sur le N.; Temp. du matin :-Yardoe, 5°; Paris, i5; Perpignan, 24; moyenne à Paris, 4° (normale : i8°,3). — Phases la Lune : Premier Quartier le 25, à 11 h. 54 ni. du matin.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Q&L
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 juill. 1909. 14u,0 N. 2. Drouillard. u Rosée; brouillard le ni.; nuageux.
- Mardi 20. 15°,1 N. 1. Beau. » Rosée ; brunie ; halo ; quelques nuages.
- Mercredi 21 15°,2 S. S. E. 0. Beau. V Rosée ; brume ; halo ; peu nuageux.
- Jeudi 22 17°,2 S. 2. Nuageux. 00 Rosée; gouttes à 13 h. 40; très nuageux.
- Vendredi 25 14°,9 S. W. 5. Couvert. «. 7 Rosée ; pluie de 16 h. 50 à 21 h. et ù 22 h. 45 ; couvert.
- Samedi 24 14°,5 S. S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Gouttes à 5 h. 30; nuageux.
- Dimanche 25 lo\a S. S. E. 1. Peu nuageux. 1.5 Rosée; pluie à diverses reprises l’après-midi; très nuageux.
- JUILLET 1909. — SEMAINES DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 26 JUILLET 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu ïndiauent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0,. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Vabri à boule seche; courbe en pointillé, thermomètre a l’abri a boule mouillée.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications
- aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d'origine.
- N° 1889 — 7 AOUT 1909
- INFORMATIONS
- aSL
- assr
- SUPPLÉMENT
- Prix décernés par l’Académie des Sciences pour 1909. — Concours de 1909. — Deuxième liste de prix décernés. — Physique: Prix Hébert: M. Paul Janet, pour ses leçons d’Electrotechnique générale ; — Prix Hughes : M. Meslin, pour ses travaux d’optique physique;— Prix Gaston Planté : M. Jean Perrin, pour ses travaux relatifs aux rayons cathodiques et son étude expérimentale et théorique touchant l’électricité de contact et les solutions colloïdales; — Prix La Caze : M. Teisserenc de Bort, pour l’ensemble de ses travaux relatifs à la Météorologie et à la Physique du Globe.
- Troisième liste. — Arts insalubres : Prix Montyon : MM. Emile Lefranc, Paul Letellier et Maurice Perrot, pour leur invention d’un produit, le Grisol, succédané non toxique du minium ; — Statistique : Prix Montyon : M. Louis de Goy, sous-chef du bureau au Ministère des Finances, pour un ensemble d’études financières : Mention honorable : M. le Dr Ausset : Le bilan des consultations de nourrissons et des Gouttes de lait : Citations très honorables accordées, ex æquo, à : M. le Dr Bro-quin-Lacombe, pour son étude démographique de la ville de Troyes; M. René Risser, pour les deux Mémoires qu’il à présentés : i° Contribution à Vétablissement de Tablés de mortalité-, 20 Etudes statistiques sur les recherches d’échelles de salaires applicables à la population professionnelle française ; — Prix Saintour :
- MM. E.-F. Gautier et R. Chudeau pour leur relation des résultats obtenus par leur mission au Sahara : Sahara algérien et Sahara soudanais ; — Histoire des Sciences : Prix Birioux : M. Pierre Duhem, correspondant de l'Académie, pour l’ensemble de ses travaux relatifs à l’histoire des Sciences; — Prix Wilde : M. Joseph Yallot, pour l’eïisemble des travaux qu’il a accomplis dans le massif du Mont Blanc; —Prix Tchihatclief : Une mention très honorable,: M, le commandant de Lacoste, pour les résultats de son voyage, d’étude sur l’Afghanistan.
- Là comète d’Encke et les courants météoriques.
- — C’est un fait bien connu, dans la théorie de la comète d’Encke, que l’explication de l’accélération du moyen mouvement, qui avait d’abord été attribuée à un milieu résistant, a dû être abandonnée par suite des modifications reconnues plus tard dans le mouvement de la comète.. M. Hackenberg, de Vienne, expose, dans les Astronomische Nachrichten, n° 43^3, ses recherches, qui sont plutôt des essais provisoires, en vue de montrer que l’apparence constatée peut être produite par faction de courants de météores, à la condition d’admettre pour ceux-ci des dimensions et un nombre suffisants. Comme on sait que, pour la comète d’Encke, il y a accélération du mouvement, cette remarque peut aider à la discussion de la question. On peut faire certaines hypothèses sur la densité et la forme du courant et sa distance à la comète. On pourra ici comparer cette dernière à la comète de Biéla et à son courant, qui a
- sans doute eu un rapport direct avec la séparation de la comète en deux parties. M. Hackenberg a retrouvé une remarque de M. Backlund, confirmant son hypothèse. M. Backlund admet la possibilité d’effets perturbateurs par un essaim météorique, mais le manque de temps l’a forcé à remettre la publication de son travail. Entre temps fut publiée, en 1906, une importante série de recherches de M. Charlier sur l’accélération du moyen mouvement des comètes, travail donnant un appui important à l’hypothèse précédente. L’auteur pense pouvoir appliquer bientôt les conclusions du travail de M. Charlier au mouvement de la comète d’Encke.
- Le spectre des nébuleuses spirales. — M. E.-A. Fath décrit dans le Bulletin n° 149 de l’Observatoire Lick les recherches qu’il a faites avec le réflecteur Crossley et un spectrographe spécialement monté pour cette étude, dont le collimateur a une ouverture de 54ram et une longueur focale de 3i5mm. L’objectif de la chambre, extrêmement lumineux, a une ouverture de 5i“m et une longueur focale de i55mm. Là distance des raies X 3727 et X $ooj, sur. la plaque sensible, est de 3mm,3 et les durées d’exposition ont varié entre 3h 19” et i8h 1 i ! Aucune des nébuleuses spirales étudiées n’a un spectre vraiment continu, bien que .ce soit là le caractère fondamental des spectres de ces astres. Ces spectres se rangent entre ceux ayant principalement des. lignes brillantes et ceux ne présentant, comme la nébuleuse d’Andromède, que les lignés d’absorption du type solaire. Les spectres obtenus sont le mieux expliqués en admettant que les nébuleuses spirales sont des amas non résolus d’étoiles, ayant des enveloppes gazeuses. Toutefois, M. Fath arrive à la conclusion que si on admet cette hypothèse, et si l’on accepte la parallaxe de o",i7 trouvée par M. Bohlin pour la nébuleuse d’Andromède, les étoiles de cette nébuleuse doivent avoir des dimensions comparables aux astéroïdes circulant entre Mars et Jupiter! La grande difficulté de ces recherches est la faiblesse des spectres. Avec le spectrographe Mills monté sur le 36 pouces, qui donne un spectre mesurable d’Arcturus en deux minutes, il faudrait 5oo heures d’exposition pour obtenir un spectre suffisant de la nébuleuse d’Andromède, qui est l’une des plus brillantes des nébuleuses en spirale.
- Les accidents dus à l’électricité. — La statistique des accidents dus à l’emploi de l’électricité et arrivés en Suisse en 1908, montrent-que le fluide moderne, fit 35 victimes, dont 16 furent atteintes mortellement. Lors de i5 cas, on pratiqua la respiration artificielle qui s’impose toujours et dont l’intervention fut heureuse cinq fois seulement. On a des raisons de croire qu’elle ne fut pas toujours appliquée avec la persévérance et la promptitude nécessaire. 11 convient, en effet, de prolonger son action pendant au moins une heure et demie après l’accident avant de considérer tout effort comirie vain. Des 35 victimes, 10 étaient des ouvriers de cora-
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- INFORMATIONS
- pagnies électriques, i6(les ouvriers intervenant accidentellement et 16 des étrangers. 5 cas furent occasionnés par des tensions inférieures à 260 volts, 5 par des tensions variant entre 25o et 1000 volts, et a5 cas par des tensions supérieures à 1000 volts. La plupart des cas étaient dus à l’ignorance, l’imprudence ou la négligence des victimes. Rarement les installations elles-mêmes étaient défectueuses.
- Industrie du radium. — De divers côtés on s’organise pour produire le radium, dont les cours de iooooofr. le gramme sont, en effet, fort tentants. Une compagnie suédoise prétend retirer 5 milligr. de sel de radium par tonne traitée d’une matière carburée, le « lcolou » qui se trouve dans les schistes alumineux de Suède. D’autre part, on continue à utiliser les pechblendes et l’on signale Sir William Ramsay comme ayant traité un millier de tonnes de pechblende de Tremvith en Cornouailles, pour obtenir un cinquième de gramme de radium (196 milligr.).
- Chemins de fer du monde. — Au ier janvier 1907, il y avait en exploitation en Europe 3i6og3 km de chemins de fer ayant coûté environ 119 milliards d’établissement. Pour les autres continents, le chiffre était de 617767 ayant coûté 126 milliards 275 millions. Cela représente, au total 933 o85 km ayant coûté plus de 240 milliards. D’autre part, les valeurs mobilières diverses, fonds d’état compris, montent, déduction faite des doubles emplois, à 525 milliards, dont i55 milliards constituant le montant des dettes publiques européennes. Cela forme une charge annuelle de 7 milliards portée par les dépenses de guerre à plus de i4-
- Les trains-postes souterrains à Vienne. — On
- étudie à Vienne l’installation d‘un chemin de fer postal souterrain qui réunirait l’hôtel des Postes avec les soixante-quatre bureaux de quartier d’une part et avec les neuf stations de chemin de fer d’autre part. Les lettres, les imprimés et les paquets seraient confiés à des trains de huit voitures, dont la manœuvre serait entièrement automatique et que n’accompagneraient aucun employé ou mécanicien. Toutes les manœuvres seraient, en effet, effectuées aux stations mêmes. La vitesse serait de 3o km à l’heure environ et les trains se succéderaient de 20 en 20 minutes. La question du transport rapide des correspondances est de. plus en plus à l’ordre du jour et, à mesure que s’accroît le volume et le poids qu’il faut manutentionner sans perte de temps, il devient plus nécessaire d’avoir recours à des moyens plus perfectionnés. Le projet viennois . inspiré, en grand, de notre système des « pneumatiques », sera, s’il se réalise, une expérience précieuse, et, si le succès répond, comme il est probable, aux prévisions des. ingénieurs, ; il y aura là un exemple à imiter qui déchargera les rues des « automobiles postaux » trop rapides souvent pour la sécurité des piétons, mais trop lents encore à coup ; sûr pour assurer aux envois postaux la vitesse de trans-mission qui leur est de plus en plus nécessaire.
- La défense des ports au moyen de réseaux de fils
- de fer. — L’Amirauté anglaise poursuit à Portsmoulh une série d’études sur la défense et T’attaque des ports et des rades. Une expérience curieuse vient d’être faite à ce point de vue en lançant à pleine vitesse le torpilleur Ferret contre un barrage en poutres et en fil d’acier soigneusement établi au travers d’une passe. Le torpilleur avait été renforcé à l’avant et des plaques coupantes avaient été ajoutées à sa proue pour lui faciliter le passage au travers des obstacles qu’il a franchi à la pleine vitesse de ses quatre mille et quelques chevaux. Les machines ont été arrêtées quelques secondes avant d’arriver sur l’obstacle et l’équipage s’est massé sur le pont. Le torpilleur est passé sans, avarie et les cheminées n’ont même pas été endommagées par les fils de fer tendus à leur hauteur.
- Les moteurs à gaz et le chauffage. — On se sert
- souvent de la vapeur d’échappement des moteurs pour le chauffage des usines. Il existe même aux États-Unis plusieurs villes où des distributions municipales de chaleur ont été organisées en utilisant la vapeur d’échappement des stations centrales d’électricité. Mais il existe à la Ford Motor Cy de Détroit (Mich.), une installation assez originale où la circulation d’eau d’un moteur à gaz pauvre de 1400 chevaux est utilisée au chauffage. Les 4o chevaux de nos autobus et de nos autos servent déjà
- souvent à chauffer les pieds des voyageurs. De là à utiliser les gros moteurs il n’y avait qu’un pas qui a été, comme ou le voit, vite franchi.
- Le charbon du Spitzberg. — D’après le Morgena-visen (Bergen) du 24 avril 1909, la Compagnie houillère américaine Trondhjem, a employé, l’hiver dernier, 48 ouvriers au Spitzberg. Il résulte d’une expérience faite à bord du navire à vapeur Lunnh, que son charbon serait supérieur au meilleur charbon d’Hartlepool, sur lequel il réaliserait une économie de 7 à 8 pour 100. Les baleiniers s’approvisionnent en charbon au Spitzberg, La Compagnie de navigation à vapeur Nordenfjeldske a proposé d’y prendre annuellement au moins 5oooo tonnes de charbon, si la Compagnie d’exploitation peut lui garantir cette livraison.
- Les houillères d’Angleterre. — Comme on le sait, l’Angleterre est menacée d’une grève générale du personnel ouvrier des mines de charbon; et, déjà, le prix de vente de cette marchandise a subi à Londres, en 24 heures, une hausse de ifr,25par tonne. Pour montrer l’importance de cette grève, citons les chiffres suivants, communiqués de source officielle à la presse de Londres. Us exposent la situation des mines de charbon de la Grande-Bretagne pour l’année 1908 :
- Nombre de mines. . . . 3.338
- Ouvriers........... . 987.813
- Production en tonnes. . 261.528.795
- Diminution — . . 6.302.167
- Ouvriers tués......... 1.3o3
- — blessés. . . . i4i.562
- La diminution indiquée est calculée par rapport à l’année 1907, qui fut une année-record avec une production de 282.104. i41 tonnes. A noter que, sur le nombre d’ouvriers employés, 988.729, soit la presque totalité, appartiennent à divers syndicats qui disposent entre eux d’un fond de réserve de près de 5o millions de francs.
- Le pétrole au Mexique. — Les gisements de pétrole Mexicains sont de plus en plus activement exploités. Les principaux puits sont d’ailleurs bien situés aux environs du port de Tampico. Deux compagnies Américaines et trois compagnies Mexicaines exploitent des puits dont la plupart rendent, paraît-il, une moyenne de 5oo à 1000 barils' par jour. On annonce cependant qu’on vient d’atteindre une poche: dont le débit beaucoup plus élevé atteindrait 1800 barils par jour. Les débouchés locaux sont abondants, car, outre le raffiné, il se consomme sur place une quantité importante de pétrole brut. C’est ainsi que la Compagnie des chemins de fer du Mexique central absorbe à elle seule, pour l’alimentation des foyers de ses locomotives chauffés au pétrole plus de 4000 barils.par jour.
- Le cuivre dans le monde. — La production du cuivre, dans le monde, s’est élevée, chiffres ronds, en 1907 à 723 000 et en 1908 à 761 060 tonnes métriques. Cette dernière production se décompose comme suit :
- : lionnes métriques.
- Allemagne. . . . . . . . . 20.523
- Australasie............. . 40.128
- Autriche-Hongrie............ 1:700
- Bolivie .................... 2.640
- Canada . . . . .......... 24.891
- Cap de Bonne-Espérance . . 6.990
- Chili . . . . . ...... .. 38.927
- Cuba.................. 2.966
- Espagne et Portugal. . . . 53.425
- Etats-Unis.................430.099
- Italie ..................... 3.022
- Japon................... . 44-700
- Mexique. . ............. . 38.190
- Norvège. . . . . . . . . . 9.33"
- Pérou (Evaluation). .. ... 22.240
- République-Argentine.... 226
- Royaume-Uni (env. 67o t.) . ?
- Russie. . . . ........... 16.821
- Suède................. 2,082
- Terre-Neuve. ....... 1.453
- Turquie. . . . . . . . . . 1.068
- Total. ....... 760.773
- Le cuivre provenant des Etats-Unis représenterait ainsi bien près de-60 pour 100 de la production mondiale.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Clément.
- «frss. Automobilisme
- Comment on reconnaît une auto d’après son capot.
- — Rien ne ressemble plus à une auto qu’une autre auto, et il est bien difficile de reconnaître les marques d’un seul coup d’œil si l’on n’est très ferré en la matière. Si les voitures sont à l’arrêt, on a tout son temps et les moyens nécessaires pour satisfaire sa curiosité ; chaque voiture porte toujours, suffisamment apparente, la marque de son constructeur, celle de son carrossier, etc. Mais sur la l'oute, une telle identification est presque impossible. Aussi le monsieur qui, voyant passer une auto, vous dit : c’est une Brasier, puis d’une autre c’est une de Dion, fait étalage de connaissances techniques spéciales que le commun des mortels lui envie.
- Examinez bien le tableau que nous reproduisons d’après notre excellent confrère La Route, il vous donne le moyen infaillible de procéder vous-même à cette identification sans avoir aucune connaissance technique. Il suffit, en effet, de se rappeler la forme du capot, ou mieux de celle du radiateur.
- Si vous les étudiez tous les uns à la suite des autres, vous ne vous y re-connaîti'ez pas. Mais procédons à un groupement. Vous voyez de suite qu’on peut distinguer deux grandes catégories : les radiateurs qui comportent des lignes courbes et ceux qui sont composés de lignes droites.
- Partons du cercle parfait qui est la caractéristique des châssis Delau-nay-Belleville-, nous trouverons ensuite la voiture belge Germain dont le radiateur est ovale. Ce sont les deux seules voitures du tableau dont les radiateurs soient enfermés dans une ligne affectant une courbure géométrique régulière. Le radiateur Hotchkiss est mixte avec ses deux courbes encadrées en haut et en bas par deux lignes droites ; celui des voitures Zedel est arrondi dans la partie supérieure seulement ; la ligne courbe se l’accorde à deux droites obliques auxquelles font encore suite d’autres droites.
- Vous voyez que cette catégorie de capots ne comporte qu’un nombre restreint d’imitateurs et on arrivera très facilement à les différencier les uns des autres.
- Le radiateur parfaitement rectangulaire appartient à la marque Brasier, à la marque Delage et aux voitures anglaises Daimler. Le capot est pourvu d’ailettes sur les côtés chez Brasier, terminé en pointe chez Delage et parfaitement plat chez Daimler. Grégoire,se rapproche également de cette forme, mais le capot est arrondi. Chez Mors le rectangle est devenu un trapèze, tandis que dans la marque italienne Fiat les deux angles supérieurs sont sectionnés. De même chez Vinot-Deguin-gand, La Buire, Gobron-Brillié et Lorraine-Diétrich ; mais on les distinguera toujours par la forme du capot qui diffère avec, les constructeurs.
- Certaines maisons sectionnent les angles inférieurs, ce sont : Clémpnt, Panhard-Levassor. D’autres ont fait du carré un octogone : Gladiator, Motobloc, Peugeot, Mercedes, en leur donnant néanmoins un aspect différent. Le radiateur de Dion-Bouton appartient à cette catégorie, mais vous remarquerez que la base inférieure est plus longue que l’autre. Darracq a adopté une forme bien spéciale : celle peu réjouissante d’un cercueil.
- Sizaire et Naudin se reconnaît du premier coup d'œil par la suspension avant qui barre le radiateur. Enfin, la plus facile à identifier est la voiture Renault Frères, parce que le radiateur est placé derrière le capot; celui-ci se termine donc à l’avant par une courbe très gracieuse.
- Ne me demandez pas, surtout, pourquoi les constructeurs ont adopté telle forme plutôt que telle autre, je serais fort embarrassé pour vous donner une réponse : peut-être, eux-mêmes le seraient-ils autant! Retenez seulement ceci, c’est que tous les radiateurs sont entourés du réservoir d’eau. De ce côté l’accord est unanime.
- Vinot-Deguingand.
- Grégoire.
- xMotobloc.
- Zedel.
- Daimler.
- Delage.
- La Buire.
- Renault.
- Germain.
- Mercédès.
- Etudiez notre tableau et mettez un nom sur les autos qui passent : c’est un petit jeu qui a son charme pendant le désœuvrement des vacances.
- Photographie ?<&>
- L, « Indéréglable » Mackenstein. La faveur dont jouissent les obturateurs de plaque a déterminé M. Mackenstein à les généraliser sur ses appareils. Il s’est rendu compte, au moyen des appareils fabriqués depuis plusieurs années, des causes qui pouvaient amener des dérangements et, remplaçant par des pièces en acier certaines de celles qui étaient en fer ou en cuivre, modifiant la position de certains organes, il est arrivé à construire un obturateur qui présente toutes les chances de bon fonctionnement, même après un très long usage,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- chaque pièce ayant fait l’objet d’une étude approfondie. L’usage de cet obturateur a été rendu aussi simple que possible ; on sait que la rapidité des systèmes de cette classe dépend d’une part de la largeur de la fente, d’autre part de sa vitesse de déplacement. Il faut qu on puisse à tout instant modifier l’un ou l’autre, parfois les deux selon le sujet qui se présente devant l’objectif. Dans F « Indéréglable » le constructeur a eu soin de placer les deux organes de régulation à l’extérieur et de rendre leur maniement très simple. En A (fig. i) se trouve le bouton qui détermine la tension du ressort ; on lit dans une petite fenêtre B, placée au-dessus, les chiffres allant de i à i5 qui donnent une gamme de i5 tensions différentes. Sur l’autre face du cadre (fig. 2), on trouve un cadran D sur lequel est disposée une
- Fig. 2.
- Appareil Mackenstein muni du nouvel obturateur de plaque F « Indéréglable ».
- aiguille qui se déplace en suivant des divisions allant de 2 à 90 ; elle indique la largeur de la fente qui peut varier suivant la position occupée par l’aiguille, de 2 millimètres à 90 millimètres. Cette dernière ouverture, qui est celle correspondant à la découverte totale de la plaque, est utilisée pour faire la mise au point ou la pose à temps compté. Un bouton C (fig. 1) sert à armer l’obturateur ; dans ce mouvement la fente reste masquée par un second rideau et ce n’est qu’au retour, quand on aura agi sur le système de déclenchement, qu’elle laissera passer la lumière sur la plaque. On peut donc armer au dernier moment sans inconvénient, même si le châssis et l’objectif sont ouverts. En résumé, cet appareil, tel qu’il est construit aujourd’hui, peut se régler en un instant pour les poses les plus longues ou pour les plus rapides, allant jusqu’au 1/2000 de seconde. C’est beaucoup plus qu’il n’en faut pour pouvoir opérer dans toutes les conditions d’éclairage et rapidité de déplacement des sujets à photographier.
- c{§'5n&> ffîtec&ïiicjue
- Perfectionnements aux ressorts de traction. —
- Dans son numéro du 3 novembre 1906, La Nature signalait les avantages obtenus par l’emploi des ressorts à boudin ou ressorts de traction interposés entre le palonnier et les traits des animaux attelés. M. Clovis Mortagne, 4, rue du Pont-aux-Choux, à Paris, a apporté d’intéressants perfectionnements à ces utiles appareils,
- Kg. u,
- Lés ressorts de traction enfermés dans la gaine d’acier.
- qui procurent une économie de traction de 25 à3op. 100.
- Dans les premiers ressorts de traction, il n’y avait qu’un seul ressort à boudin dont l’extension ou la rétraction produisaient un effet de torsion sur le trait ; celui-ci pouvait alors gêner ou meme écorcher la peau de l’animal ; en outre, le ressort à boudin retenait la boue et l’eau entre ses spires, ce qui produisait de la rouille et détériorait rapidement le ressort, à moins d’un entretien qu’il est difficile d’obtenir des charretiers. Les ressorts de traction de M. Mortagne sont constitués par deux ressorts à boudin enroulés en sens contraire, ce qui évite les effets de rotation lors de la contraction et de la détente des ressorts. Ces deux res-
- sorts concentriques sont enfermés dans une^boîte cylindrique étanche, le glissement de la tige qui comprime les ressorts étant aussi rendu étanche par deux rondelles de matière compressible, de façon qu’aucune poussière ni goutte d’eau ne peut pénétrer dans l’appa-
- Fig. 2. — Coupe de l’appareil Mortagne.
- reil. La boîte cylindrique renfermant les ressorts est en acier embouti très solide, elle contient une douille en acier, concentrique à la tige de compression des ressorts, qui limite la course de cette tige; les ressorts ne peuvent ainsi en aucun cas se briser, même si l’effort de traction dépasse de beaucoup à un moment donné leur charge normale, par exemple si l’on attelle en volée des chevaux de renfort. Le prix de la paire de ces ressorts de traction est des plus minimes, eu égard aux efforts qu’ils économisent aux animaux de trait, il varie de 10 à 20 francs selon la charge à traîner.
- Objets utiles
- Trousse optique Balbreck. — Cette trousse, qui renferme trois instruments optiques, s’adresse au voyageur qui est souvent doublé d’un naturaliste et qui a non seulement besoin d’une jumelle comme tout bon touriste, mais aussi d’une loupe et même d’un microscope. M. Balbreck a réuni dans un écrin de petite dimension, qui peut se mettre facilement dans une po-
- Fig. 1. — La trousse optique Balbreck.
- che, la jumelle dite Tom Pouce, déjà signalée ici, qui, malgré un grossissement de cinq fois, n’a, quand elle est repliée, que 4 cm et demi de haut et 7 de large. Une loupe qui sera parfois fort utile pour déchiffrer les caractères microscopiques de certains indicateurs et qui suffira le plus souvent pour l’examen des plantes et des
- Fig. 2. — 1. Le microscope grossissant 100 fois;
- 2. La jumelle Tom Pouce; 3. La loupe.
- insectes. Enfin un véritable microscope qui remplacera la loupe pour un examen plus détaillé, car il grossit 100 fois et donne une image très nette et très brillante malgré ses dimensions réduites ; il est à tirage télescopique et, quand il est replié, il n’a que 5 centimètres de haut. Ces trois petits instruments forment donc un ensemble très complet qui répondra à tous les besoins dé ceux qui désirent s’instruire en voyageant. — M. Balbreck, 137, rue de Vaugirard. .
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- VARIÉTÉS
- Cellulose et industrie chimique. — Deux chimistes, Cross et Bevan, qui se sont spécialisés dans l’étude des hydrates de carbone, et notamment de la cellulose, ont publié récemment dans le Journal of the Society of Chemical Industry, un article d’ensemble sur les emplois industriels de la cellulose, dont certaines parties sont susceptibles d’intéresser nos lecteurs.
- Le rôle de la cellulose dans l’industrie en général est considérable; en Angleterre, en 1907, on a importé les quantités suivantes des diverses celluloses :
- Coton.....................70.500.000 livres.
- Lin....................... 3.000.000 —
- Chanvre................... 4.a5o.ooo —
- Jute................................ 8.000.000 —
- Fibre de bois. .... a.5oo.ooo —
- Certaines industries : filature, tissage, n’utilisent que les propriétés physiques de la cellulose; d’autres, comme la soie artificielle, la mei'cerisation, le blanchiment, s’appuient sur les propriétés chimiques.
- On produit actuellement 5ooo tonnes de soie artificielle, soit le dixième de la consommation de la soie naturelle, et cela sans qu’il y ait une trop grande concurrence avec la soie naturelle. Le prix de la soie artificielle a baissé de 3o ou 40 francs à 17 ou 20 francs le kilogramme, par suite des perfectionnements de la fabrica-
- tion. L’inconvénient de la soie artificielle est sa faible ténacité, surtout à l’état humide; mais comme on a l’habitude de charger les soies naturelles, celles-ci ont alors une ténacité d’autant plus faible que la charge est plus forte, ce qui les rapproche des soies artificielles.
- Yoici, en effet, les ténacités (charge en kilogrammes, par fil de 1 millimètre carré de section, sous laquelle a lieu la rupture), des divers types de soie :
- État normal. État humide.
- Soie grège................
- — décreusée............
- — noire chargée à no°/0.
- — — 140 —
- — — 5oo —
- Soie artificielle.........
- 5o,4 40,9
- a5,5 13,6
- 12,1 8,0
- 7-9 6,3
- 2,2 —
- 14,7 à 21,5 1,7 à 5,3
- On est arrivé à augmenter la ténacité de la soie artificielle par le sthénosage qui est un traitement au formol en présence d’acide lactique et de sulfate d’alumine ; dans ce traitement, la cellulose fixe 0,8 pour 100 de formol, soit 1 molécule pour 3o molécules de cellulose.
- Un autre procédé modificateur de la cellulose est le mercerisage, qui lui donne l’aspect de la soie et qui est si employé actuellement; ce procédé utilise 5,000 tonnes de soude par an et permet d’accroître de 4o pour 100 la ténacité de la fibre. A. H.
- HYGIÈNE ET SANTE
- OS*.
- Les cinématophtalmies. — La lampe à arc. donne une lumière véritablement bien nommée aveuglante et ceux qui, par nécessité ou distraction, fixent trop longtemps ces phares lumineux éprouvent des troubles de la vue qui à la longue peuvent dégénérer en une véritable inflammation qu’on a nommée l’ophtalmie électrique. Les cinématographes auraient, paraît-il, le même inconvénient, mais il faut, je pense, une certaine prédisposition, une intolérance particulière, car ces spectacles cinématographiques se multiplient partout et les amateurs de ces tableaux animés sont des plus nombreux.
- Le Dr Ginestous, de Bordeaux, a eu l’occasion d’étudier cependant un assez grand nombre de cas de lésions oculaires qu’on ne pouvait absolument pas rapporter à d’autre cause que l’impression trop vive de l’écran lumineux sur l’appareil de la vision. De ces lésions, les unes sont passagères et fugitives ; c’est une sorte d’excitation légère qui se traduit par du larmoiement, de la photophobie, qui se produit au passage des premières images et oblige le spectateur à fermer un instant les paupières ; avec quelques secondes de repos ce trouble s’efface et le sujet peut satisfaire sa cui’iosité sans inconvénients. Chez d’autiœs, au contraire, les troubles sont plus tenaces ; il leur est impossible d’assister à la représentation. La fatigue rétinienne est telle qu’ils sont obligés de fermer les yeux ou de quitter la salle. En général, cette impressionnabilité de la rétine ne laisse aucune trace, mais notre confrèi'e a constaté dans quelques cas assez rares, heureusement, une véritable asthénopie, une fatigue visuelle qui se traduisait pendant quelques jours par l’impossibilité de lire, de fixer les yeux sur une feuille de papier blanc. Au lieu de cette fatigue de la membrane profonde de l’œil, quelques spectateurs éprouvent à la suite de ces séances une véritable poussée de conjonctivite avec cuisson, démangeaison, rougeur des paupières et de l’œil.
- Comment interpréter la genèse de ces accidents ? La lumière lancée sur un écran de toile n’a pas la crudité, la violence, si je peux m’exprimer ainsi, de l’arc voltaïque ou même de la simple lampe à incandescence. Comme le fait observer M. Ginestous, l’illusion chrono-pholographique ou cinématographique a pour base la persistance des impressions lumineuses sur la rétine.
- La durée de cette persistance est évaluée en moyenne à deux quarante-cinquièmes de seconde. Or, pour que l’illusion se produise il faut que la succession des images soit assez rapide pour que de l’une à l’autre il y ait moins de ce court laps de temps. Il est aisé de comprendre qu’il en résulte fatalement une certaine fatigue visuelle, variable d’un sujet à l’autre.
- Ce n’est pas seulement dans la prédisposition individuelle qu’il faut chercher les causes de ces troubles. M. Ginestous pense à bon droit, selon moi, que certaines défectuosités dans le fonctionnement du cinématographe en sont la cause la plus puissante. Il n’est pas un de nous qui n’ait éprouvé, à certains moments où l’appareil marche moins bien, où l’image n’est pas bien au point, une certaine fatigue à suivre le spectacle. Et de fait quand les clichés sont défectueux, quand l’éclairage est trop intense ou inversement trop faible, l’œil même le plus tolérant éprouve une certaine fatigue ; l’usure des pellicules exagère à la longue le papillo-tement des images et ce défaut, bien insignifiant en apparence, prend dans l’image projetée une amplitude fort désagréable. Il n’est pas jusqu’à la situation du spectateur qui n’ait une influence ; la persistance de l’image sur la rétine est moins longue de près que de loin, d’où la conclusion que les places tx'ès rapprochées de l’écran ne sont pas les meilleures.
- Ces divers accidents rares, étant donné le nombre considérable de gens de tout âge et de toutes conditions qui suivent ces spectacles, n’ont jamais été durables et chez les sujets les plus délicats, si l’on peut dire, les plus susceptibles, les troubles n’ont pas duré plus d’une semaine. Si ces sujets étaient tentés de l’etourner voir des l'epx’ésentations cinématographiques, on poui'rait, je crois, leur conseiller avec pi’ofit, comme ti'aitement prophylactique, le port de loi'gnons ou lunettes à verre jaune oi’ange ou verre dit Fieuzal, du nom de l’oculiste qui les a le premier conseillés conti'e les accidents ré-sùltant de la ti'op grande lumière ou d’une faiblesse anormale des organes de la vision. Dr A. C.
- Les poussières de verdet et la tuberculose. — Le
- verdet, vieille dénomination des phannacopées d’autrefois, ou acétate de cuivre, se prépare en décomposant
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- HYGIÈNE ET SANTE
- le carbonate de cuivre par l’acide acétique ou encore en précipitant l’acétate de chaux par du sulfate de cuivre. Le verdet du commerce, le vert-de-gris, se prépare tantôt en plongeant des lames de cuivre dans du marc de raisin qui subit la fermentation acétique, tantôt en faisant agir directement l’acide acétique sur des morceaux de cuivre.
- Le sel vert constitué par ces cristaux d’acétate de cuivre aurait, d’après les observations du l)r Billai'd, professeur à l Ecole de Clermont, une action des plus heureuses dans une maladie, hélas ! trop répandue, la tuberculose. Voici comment il a été appelé à étudier cette action. Chez deux malades auxquels il donnait des soins pour cette affection, et qui étaient employés dans une fabrique de verdet, il constata, sans médication d’aucune sorte, que l’inhalation des poussières du sel de cuivre avaient amené chez eux une amélioration des plus manifestes.
- Dans cette usine il existe plusieurs salles où se fait la manipulation du verdet ; dans certaines il y a une poussière intense, dans d’autres une simple odeur de vinaigre. Or les ouvriers occupés dans ces salles ne toussent jamais ; si une personne étrangère à ce travail vient à y pénétrer, elle est prise de quintes de toux et d’éternu-ments répétés. Les ouvriers occupés dans les salles où la poussière est intense ont acquis une tolérance parfaite ; ils semblent ne pas s’apercevoir de cette atmosphère un peu acre et y respirent très à leur aise. Aussi n’y met-on pas les ouvriers qui ne travaillent que pendant la saison pour la mise en sac. Ceux-là vont dans les salles où il n’y a que l’odeur et peu de poussière.
- Cette gradation de pénétration des particules salines
- dans les voies respiratoires permet une tolérance absolue et explique que des malades atteints de lésions pulmonaires sérieuses aient pu bénéficier de leur séjour dans cette usine. Pour appliquer ce traitement aux malades de la ville, M. Billard conseille le moyen suivant : acheter un kilogramme de verdet cristallisé, le mettre en poudre et le verser dans une large cuvette.
- Le malade s’amusera alors, à l’aide d’une petite pelle de bois ou d’une simple carte, à faire tomber le sel en cascade pour provoquer une dissémination de la poussière. Penché sur cette cuvette, le malade en inhale une plus ou moins grande quantité, suivant le degré d’irritation provoquée, et dès les premiers jours on peut constater une modification de la toux, des crachats, une amélioration réelle.
- Comment peut-on expliquer l’action des ces poussières cupriques. Dans une solution aqueuse, le verdet se décompose en laissant dégager de l’acide acétique et donnant un résidu d’oxyde de cuivre. Au contact de la muqueuse bronchique, le verdet subit-il semblable dissociation? M. Billard le pense et pour lui ce ne serait point au sel de cuivre déposé sur la muqueuse que serait due l’action bienfaisante, mais à l’acide acétique naissant qui neutraliserait, arrêterait les fermentations et l’évolution bacillaires. Le cuivre qui est un très bon antiseptique sous ses differentes formes chimiques doit, à mon avis, jouer un rôle microbicide. Quelle que soit du reste l’interprétation de ces faits, ce qu’il y a de certain, c’est le bénéfice obtenu par un assez grand nombre de malades par une médication des plus simples et des moins coûteuses. Dr A. C.
- JSSD
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- G0L
- 09?
- La montre. — Le chauffeur est soucieux de l’entretien de son auto, et veille à tenir sa machine toujours prête à franchir les kilomètres. L’industriel surveille constamment son outillage, pour éviter l’usure, et assurer la précision du travail. Mais, quels sont ceux qui pensent à leur montre, quels sont céux qui connaissent le merveilleux petit instrument qu’ils ont entre les mains et lui donnent les soins nécessaires 'pour qu’il puisse fournir une marche régulière ?
- Le volant de la montre, nommé balancier, a un mouvement de va-et-vient; si au lieu de fonctionner ainsi, il tournait constamment dans le même sens, comme une roue de voiture, il fournirait, en un jour, un parcours d’environ 36 kilomètres, ce qui, en un peu plus de trois ans, représenterait le tour du globe terrestre. Une locomotive marchant journellement io heures à une vitesse de 45 kilomètres à l’heure, mettrait 89 jours pour accomplir le même trajet. Or, la locomotive est graissée chaque jour à plusieurs reprises, elle est examinée à fond tous les trois mois, et remise en état ; tandis que, pendant ce temps, la montre ne sera pas huilée une seule fois. Soyons justes, nous nous préoccupons du nettoyage et de la vérification de machines robustes et beaucoup plus puissantes ; après trois ans de marche ininterrompue la montre n’a-t-elle donc pas besoin, elle aussi, des mêmes soins? L’huile n’y est pas mise à la burette, de minuscules gouttes graissent les pivots ; après trois ans elles ont eu le temps de s’évaporer ou de s’épaissir. La montre fonctionnera alors avec peine, l’usure rongera ses organes et si l’on tarde trop, au lieu d’un simple nettoyage, des réparations beaucoup plus coûteuses s’imposeront. Le balancier accomplit l’extraordinaire labeur, mentionné ci-dessus, avec des pivots de 8 à 10 centièmes de millimètre. Comme jalon de comparaison, pensons qu’un cheveu a 6 centièmes environ et qu’un poil de moustache varie de 12 à 16. Ces pivots sont excessivement fragiles et peuvent être faussés ou même brisés lorsque la montre reçoit un choc. 1 ’
- Pour diminuer les frottements, on fait rouler les pivots dans des rubis percés de faible épaisseur (environ celle d’un fort papier d’emballage) qui sont aussi très fragiles. S’ils viennent à être fendus ou esquillés, ils rongent les pivots. Si on laisse tomber sa montre ou qu’on lui donne un choc un peu violent, nous conseil-
- lerons donc de ne pas attendre qu’elle se soit arrêtée pour la faire examiner par l’horloger. Tout comme pour une maladie, il vaut mieux prendre le mal à son début.
- Dans les colonnes de ce journal, a été indique un système de nettoyage et d’entretien qui n’est pas sans dangers. La pièce ouverte, maintenue au-dessus d’une feuille de papier, sera, suivant l’auteur, nettoyée simplement par quelques chiquenaudes données sur la glace. Ces secousses ne doivent pas être trop fortes pour ne pas briser le verre, mais elles peuvent pourtant atteindre quelques organes. Les pivots ou les rubis risquent fort d’en souffrir. L’auteur complétait par le conseil d’une exploration, dans divers organes, à l’aide d’une aiguille. Ce corps étranger conduit par une main inexpérimentée peut être cause de sérieuses perturbations. Le mieux est donc de ne pas ouvrir sa montre; évitez surtout d’y promener une aiguille, sous peine d’accidents graves et n’hésitez pas à la confier à l’horloger qui saura mieux que quiconque, lui appliquer le traitement convenable pour la maintenir toujours en bon état de fonctionnement.
- Le feu et l’eau. — On ne saurait prendre trop de précaution quand on doit chauffer des objets creux.
- Un accident s’est produit dernièrement dans les conditions suivantes en Angleterre :
- Des ouvriers chauffaient un piston de machine à vapeur pour faciliter le démontage de la tige de piston quand au bout de quelques minutes une explosion se produisit tuant et blessant plusieurs personnes.
- Pour éviter tout accident de ce genre on ne saurait trop recommander de percer, dans les pièces creuses à chauffer, un ou plusieurs trous pour permettre \ l’eau ou à la vapeur de s’échapper librement, le cas échéant.
- Ciment pour boîtes d’accumulateurs. On en
- compose un qui donne de bons résultats, avec une partie de rognures de bon caoutchouc pur et 2 parties d’asphalte concassée, que l’on met dans un récipient convenable, pour recouvrir les deux ingrédients de coaltar : on laisse dans un endroit tiède en remuant de temps à autre, et en ajoutant au besoin du coaltar, car il faut une consistance de bonne colle forte. Bien entendu, il est nécessaire que ce ciment soit liquide au moment de l’emploi, et dans ce but on recourt à la chaleur.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Pour le Bateau faucheur automobile, s’adresser à M. A. Amiot, ingénieur à Argences (Calvados).
- Communications. — La glu de houx. — Nous disions, dans la boîte aux lettres de notre n° du 24 juillet, ne pas connaître la recette de la glu de houx. Voici à ce sujet quelques renseignements, émanés aimablement d’un de nos lecteurs (dont nous n’avons pu déchiffrer la signature) : « Cette glu était fort employée pour prendre les oiseaux à la pipée et les braconniers doivent s’en servir encore. Pour la fabriquer, on prend de l’écorcc
- de houx que l’on met dans un pot en terre clos ; on place ensuite ce récipient dans un tas de fumier dont la chaleur contribue à activer la fermentation. Les paysans m’ont souvent affirmé qu’il fallait au moins trois mois pour que la préparation fût parfaite. »
- M. de Lassalle, professeur à Cette, nous signale que l’ouvrage : Un million de recettes, par M. Trousse! (Fayard, éditeur), contient une description détaillée de la préparation de cette substance. Tous nos remerciements à nos aimables correspondants.
- Renseignements. — P. S. à V. P. M. — Vous pouvez vous adresser à la Société A. E. G. (Allgemeine Electricitats Gesellschafl), 42, rue de Paradis, Paris, à la maison Hartmann et Braun représentée par M. R. Hel-ler, 18, cité Trévise, Paris, à la maison Siemens et Halske, représentée par M. Tournaire, 52, rue de Dunkerque, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Antiquités américaines « Casas Grandes » : F. Dé mais on de Vruz.— La photographie à la mécanique : Y. Forbin. — L’institut aérodynamique de Koutehino : Lucien Fournier. .— L’île de Bo-goslov. — Académie des sciences; séance du 26 juillet 1909 : Gif. de ViLLEDEUir.. — Les bains chauds comme moyen de forçage des plantes : Heniu Coupin.
- Supplément. — Le besoin et la fixation de la chaux chez le nourrisson et chez l'enfant. — La protection de l’œil contre les rayons ultra-violets. — De l’action de l’eau de nier sur le ciment de Portland. — Le record dos Pipé-Lines, etc,____Sur les
- condiments salins employés dans l'Afrique centrale.
- Décorative glass processes, par L. Artuur-Louis Duthie, London. Ai'chibald Constable, éditeur, Londres.
- ‘'Le volume de M. Duthie , sur les « Procédés de décoration du verre », sera lu avec plaisir et profit, car il répond très exactement à ce que promet son titre. L’auteur commence par rappeler, d’une manière succincte mais assez complète, l’histoire du verre, sa composition et ses propriétés générales. Puis, il nous décrit les ressources que l’on peut attendre d’une matière aussi souple, qui, suivant nos besoins, sait être transparente, - .translucide, opaque, polie, rmate, colorée, coloriée, émaillée, jaspée, opalescente, etc. La matière étant définie; M. Duthie nous montre sa mise en œuvre. Il est intéressant de voir comment, après l’emploi des verres colorés dans la masse, on en vint successivement aux- verres peints, puis aux verres gravés à l’acide, gravés au touret, taillés, et enfin aux notes plus particulières des verres sablés, craquelés, trésaillés, etc. Ce dont il faut louer sans réserve M, Duthie, c’est d’avoir eu le souci constant de bien souligner ce précepte fondamental que, dans l’art du verre (comme dans tous les arts), on ne saurait composer « à vide » sous peine de produire des œuvres qui manqueraient de caractère. Composer dans un art, c’est découvrir des harmonies exclusivement propres à cet art, et chaque procédé entraîne avec lui une vision pi'opre. Nous ajouterons : « Et un domaine » propre, dont il est dangereux de le faire sortir ». M. Duthie est peintre de vitraux, et c’est par les vitraux seuls qu’il illustrera toute son étude. Or il semble bien qu’il ait ainsi risqué de faire, des excellents principes qui; précèdent, une appréciation qui n’est pas toujours légitime. Le mérite original du vitrail est de colorer la lumière, bien plus que de donner dès images vraies. Tel il était au début. Au xve siècle, la peinture devenue réaliste et savante transformera l’art du vitrail ; on voudra peindre sur verre comme on peint sur panneau et le vitrail perdra son style et sa beauté décorative- Le même progrès,
- qui conduit de la polychromie éblouissante à l’art de modeler les formes et d’imiter la réalité, crée la peinture moderne, mais perd le vitrail. Les procédés si intéressants que décrit M. Duthie, trouvent au contraire leur application la plus parfaite et leur épanouissement le plus harmonieux dans l’art de ces verreries, que Gallé, autrefois, et Lalique, aujourd’hui, surent élever si haut.
- Cours public sur les armes à feu portatives. Les pistolets automatiques,par P. Van Der Haeghen, i broch., 9$ pages illustrées, chez H. Poncelet, -5.2, rue des Claris ses,; Liège.
- Cette brochure est, à notre connaissance, la première publication quelque peu complète sur les pistolets automatiques. Les divers systèmes mis en vogue y sont décrits en détail et clairement. Les fonctions des organes mis en jeu sont très nettement expliquées, et la lecture de tout l’ouvrage, loin d’être aride comme on pourrait le craindre, présente, pour les amateurs d’armes, un réel intérêt.
- Leçons élémentaires de Microbiologie générale, par.EMM. Pozzi-Escot, 1 vol. in-8 cartonné, 336 p. avec 102 fig. Prix : 9 fr., chez Jules Rousset, éditeur, 1, rue Casi-mir-Delavigne’ Paris.
- . L’ouvrage se divise en deux parties. Dans la première, l’auteur traite de la cellule chez les êtres unicellulaires, c’est-à-dire chez les microbes et les bactéries. Il étudie leur morphologie et les variations qu’elle subit suivant les milieux de culture, leur structure, anatomie, leur physiologie et leur nutrition et consacre quelques pages à la technique microbiologique, la culture des microbes et leur examen microscopique. La seconde partie est consacrée à la description des principaux groupes de microbes, des industries agricoles et des ferments alcooliques, à leur application dans la laiterie, la fromagerie, la fabrication de l’alcool et de la bière. L’ouvrage se termine par l’étude des ferments du sol et par des notes sommaires d’analyse bactériologique.
- L’Electricité dévoilée, par A. Despaux, ingénieur des Arts et Manufactures, 1 vol. Société d’Editions techniques, 15, rue du Pont-Neuf, Paris.
- Essai d’une théorie électrique de la matière7 L’auteur assimile les molécules et les turbines infiniment petites aspirant ou refoulant l’éther. L’idée est excellente, et sans doute, féconde. Mais les arguments parfois discutables ne tiennent pas toujours compte de la réalité des faits scientifiquemenf observés.
- Synthèse et constitution des Albuminoïdes, par M. le professeur Emm. Pozzi-Escot. Collection des actua-
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- BIBLIOGRAPHIE
- lités chimiques et biologiques. N° 10. l’avis, 1908, 1 vol. in-8, 110 p. Prix : 1 fr. 5o. Jules Roussel, libraire-éditeur, 1, rue Casimir-Delavigne, Paris.
- Bordeaux, par Charles Saunier. Paris, H. Laurens, 1 vol. in-40, broché 4 francs, relié 5 francs. (Les villes . d'art célèbres).
- Dans un style clair et vif, M. Ch. Saunier raconte l’histoire de Bordeaux, mène le promeneur à travers ses monuments, décrit les richesses de ses importants
- musées. Eu compagnie de l’écrivain, on assiste au développement de la Cité, on suit la construction de ses édifices depuis le moyen âge jusqu’aux temps modernes et plus particulièrement durant ce xvm° siècle qui marqua pour Bordeaux une extraordinaire période de prospérité.
- Les musées archéologiques de Nîmes : Recherches et acquisitions (année 1908), par F, Mazaurec, conservateur. Nîmes, A. Chastanier, 1 br. in-8°, S2 pages.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur altitude 5ora,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN VENT PLUIE EN MILLIMÈTRES
- THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 juill. 1909. 14°,3 S. S. W. 3. Nuageux. 1,4 Nuageux; halo ; qq. coups de loim. de 13 h. 14 à 10 h. 29 av. pluie.
- Mardi 27 12° ,0 10°,5 S. 1. Très nuageux. 0 Rosée; halo; très nuageux.
- Mercredi 28 S. S. W. 3. Couvert. 1,9 Rosée ; très nuageux ; pluie de 8 h. 45 à 9 h. 20 ; averse à 12 h.
- Jeudi 29 . 15°,0 S. S. W. 2. Couvert. 8 Rosée ; très nuageux.
- Vendredi 30 15°,2 S. W. 3. Très nuageux. 8 Rosée ; quelques éclaircies.
- Samedi 31 16°,3 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Rosée ; gouttes; couvert le m.; très nuageux le s.
- Dimanche 1" août. . 18°.0 N. W. 2. Nuageux. » Rosé--: nuageux le m.: beau le s.
- JUILLET-AOUT 1909. — SEMAINE DU LUNDI 26 JUILLET AU DIMANCHE 1" AOUT 1909.
- Mercredi
- Dimanche
- G MIDI 6 MIN G MIDI 6 MINÎ 6 MIDI G MIN 6. MIDI G MIN 6 MIDI G MIN 6 MIDI G MIN G MIDI 6
- 10
- 710
- 760
- 750
- 740
- 35°
- 30°
- 25°
- 20°
- 15°
- 10°
- .0°
- ffi°
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abrï à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 24 juillet au Ier août. — Le 24* Pression basse sur le N. et le Centre du continent : Stornoway, 743. Fortes pressions sur la péninsule Ibérique et la Gascogne : La Corogne, Biarritz, 765. Pluies sur le N. et l'O.; en France ; Nantes, 10 mm; Le Havre, 9; Paris, 7; Belfort, 3; Limoges, 1. Temp. du matin : Seydisfjord, 70; Paris, i5; Marseille, 21; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i6°,x (normale : 18°,4)- — Le 25. Baisse rapide sur l’O., dépression au S. de l’Islande : îles Scilly, 748; Bretagne, 752; Vienne, 763. Pluies sur l’O. et le N.; en France : Lorient, 4l Brest, 2; Nantes, 1. Temp. du matin : Seydisfjord, 8°; Paris, 16; Perpignan, 22; Puy de Dôme, 26; moyenne à Paris : i7°,2 (normale : 18°,4)• — Le 26. Déplacement vers le N.-E. de la dépression irlandaise : Shields, 743; Lisbonne, 764; Biarritz, 763. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Nancy, 18'; Char-leville, i3; Bordeaux, 6; Nantes, 5; Paris, 2. Temp. du matin : Vardoe, 8°; Paris, 14 ; Perpignan, 22; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i4°,3 (normale i8°,4)- — Le 27. Dépression près de l’Irlande et de la Bretagne : Valencia, 753; Christiania, 746; Suisse, Autriche, 765 et au-dessus. Pluies sur l’O. et le Centre; en France ; Cherbourg, 6; Charleville, 5; Rochefort, 3; Limoges, Paris, 1. Temp. du matin : Seydisfjord, 70; Paris, 12; Perpignan, 21; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i6°,4 (normale : 18°, 3). — Le 28. Minimum sur les Pays-Bas : Le llelder, 752; tempête sur la Baltique. Pluies sur PO. et le N.; en France : Calais, 17; Le
- Havre, 5; Brest, 4; Limoges, 3; Lyon, 3; Nantes Rochefort, 1. Temp. du matin : Seydisfjord, 6°; Paris, 16; Perpignan, 23; Puy de Dôme, 9 ; moyenne à Paris : i5°,9 (normale : i3°,3). — Le 29. Hausse rapide sur l’O.; pression supérieure à 765 sur le N. de l’Espagne, la France, la Suisse; dépression sur le golfe de Gênes : Ajaccio, 757. Pluies sur le Centre et l’O.; en France : Dunkerque, 9; Belfort, 6; Biarritz, 3; Paris, 2; Nantes, Limoges, 1. Temp. du matin : Vardoe, 8°; Paris, i3; Nice, 22; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : i5°,3 (normale : i8°,3). — Le 3o. Vaste zone de basse pression sur toute la moitié N. de l’Europe : Russie, 744: Ecosse, 753 ; aire supérieure à 765 sur l’Atlantique, l’Espagne, le S. de la France. Pluies sur le N.-O. Temp. du matin : Seydisfjord, 8; Paris, 15; Nice, -i3; Puy de Dôme, 11; moyenne à Paris : i6°,8 (normale : i8°,3). — Le 3i. Pression supérieure à 765 sur le S.-O. : Bordeaux, 768; pression basse sur le N.-E. : Saint-Pétersbourg, 744- Pluies sur le N.-O.; en France : Charleville, 3; Dunkerque, 2; Chei'bourg, 1. Temp. du matin : Vardoe, 90; Paris, 16; Nice, 25; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris : i8°,2 (normale : i8°,3). — Le 1e1'août. Biarritz, 761 ; Helsingford, 746. Pluies sur le N. Temp. du matin : Seydisfjord, 90; Paris, 18; Alger, 24; Puy de Dôme, i5; moyenne à Paris : 18°,9 (normale : x 8°, 3). — Phases de la Lune r Pleine Lune le 1er, à 9 h. 23 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VIe)
- La reproduction des illustrations de » La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- DIRECTION
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- N° 1890 — 14 AOUT 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- F' Notre prochain numéro sera tout entier consacré à l’Aéronautique. Au moment des grandes fêtes d’aviation de Reims, nos lecteurs y trouveront l’exposé des progrès accomplis en ces toutes dernières années par les dirigeables et les machines volantes, dont ils pourront suivre les exploits au-dessus des plaines de Champagne.
- Le record de l’aéroplane. — On sait que le record de l’aéroplane était toujours détenu par M. Wright qui, le 3i décembre 1908, se l’attribuait par un vol de 2" 20' a3". M. Roger Sommer vient de faire mieux encore ; au camp de Châlons, sur un biplan Farman, avec moteur Vivinus, il a, en quelques jours, fait son apprentissage de pilote, puis exécuté une série de vols de durée chaque jour croissante. Le 7 août, il battait tous les records, y compris celui de Wright, par un vol de 2''27'. L’absence des chronométreurs de l’Aéro-Club empêche néanmoins ce bel exploit d’être enregistré officiellement.
- Prix décernés par l’Académie des Sciences pour 1909. — Concours de 1909. — Quatrième liste de prix décernés. — Géologie : Prix Delesse : M. Ph. Glangeaud, pour ses travaux relatifs au Plateau central ; — Médecine et Chirurgie : Prix Montyon : Trois prix sont décernés à : M. G. Neumann, pour ses travaux sur la famille des Ixodités et sur divers groupes de parasites des vertébrés supérieurs ; M. Charles Nicolle, pour ses travaux sur le Kala Azar infantile; MM. J. Bergonié et
- L. Tribondeau, pour leurs travaux relatifs aux Rayons X et à la Fulguration; — Trois mentions sont accordées à: MM. H. Truc et P. Chavernac, pour leur ouvrage intitulée : Hygiène oculaire et inspection oculistique des Ecoles) MM. Ch. Porcher et Ch. Hervieux, pour leur Mémoire intitulé : Recherches sur l’Indol et quelques-uns de ses dérivés; M. Moussu, professeur à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort, pour ses recherches sur la tuberculose du bétail; — Une citation: MM. Henri Claude et Jean Camus, pour leur ouvrage intitulé : Précis de Pathologie générale) — Prix Bréant (100000 francs) : Ce prix, destiné à récompenser celui qui aura trouvé le moyen de guérir le choléra asiatique, n’est pas décerné ; — L’Académie décerne, sur les arrérages de la fondation; — Un prix de 4000 francs, à :
- M. W.-M. Hafîkine, pour ses travaux sur la vaccination du choléra et de la peste bubonique; — Une mention de 1000 francs à : M. Louis Rénon, pour son ouvrage intitulé : Le traitement pratique de la tuberculose pulmonaire) — Prix Godard : M. A. Pousson, pour son ouvrage intitulé : Chirurgie des Néphrites-, — Une mention très honorable est accordée à M. J.-L. Chirié, pour son ouvrage intitulé : Hypertension artérielle et accès éclamptiques ; — Prix du baron Larrey : M. Niclot, médecin-major de ire classe à l’hôpital maritime d’Oran, pour son Mémoire intitulé : Anophélisme et paludisme : quatre années d’études comparatives dans la division d’Oran (1904-1907); — Prix Bellion : M. Charles Nicolas, médecin résident de Lifou (Nouvelle-Calé-
- donie), pour son Mémoire intitulé : Hygiène publique et privée des Canaques des îles Loyalty.
- Les gaz de la nébuleuse annulaire de la Lyre. —
- M. Bohuslav Brauner rappelle, dans notre confrère anglais Nature, que le professeur Max Wolf, d’Heidelberg, a obtenu le spectre de la nébuleuse annulaire de la Lyre en utilisant un prisme objectif. Les images monochromatiques de Panneau correspondent aux quatre gaz dont la nébuleuse est composée. L’anneau le plus intérieur serait constitué par un gaz inconnu, le suivant par de l’hydrogène, le suivant par de l’hélium. Enfin, l’anneau extérieur serait composé également d’un gaz inconnu. Brédig, en 1895, a montré que dans l’ensemble des gaz soumis à la rotation, le gaz le plus lourd forme l’anneau le plus étendu. Nous pouvons donc en conclure que le gaz intérieur a un poids atomique plus faible que l’hydrogène, et l’auteur pense que ce pourrait bien être l’élément de poids atomique 0,4 dont l’existence a été annoncée par Mendeleefï. Le gaz extérieur serait plus dense que l’hélium.
- Déplacement du système solaire. — M. H.-R.
- Weersma a tenté une nouvelle détermination de la position du point du ciel vers lequel tombe le Soleil et son cortège de planètes. Il donne, dans les publications du Laboratoire astronomique de Groningue, le résultat de ses travaux. La position trouvé pour l’apex est :
- Ascension droite : 267°,7. Déclinaison : -j-3i°,4.
- Ce point est situé dans la constellation d’Hercule, non loin de l’étoile v.
- L’origine des taches solaires. — Notre confrère Nature rend compte des recherches poursuivies par le Dr Haie à l’observatoire de Mount-Wilson (Californie), situé, comme on le sait, à une altitude de 1600 m. Le distingué astronome déclare que ses observations confirment la théorie d’après laquelle les taches solaires sont causées par des courants de gaz chauds et légers qui s’élancent à travers des gaz moins chauds et plus denses. En comparant minutieusement les modifications que supporte une flamme placée entre les pôles d’un électro-aimant aux taches solaires vues à travers un spectroscope, le Dr Haie a pu montrer que ces taches sont constituées par des colonnes de vapeur chargée d’électricité qui circulent dans des directions opposées dans les hémisphères du soleil. Il croit avoir établi que le vortex nord de l’équateur du soleil est relié sous la surface solaire au sud de l’équateur.
- Le magnétisme et la résistance du fer et de l’acier. — L’Institut de Bedfort a effectué de très intéressantes recherches sur les modifications que subissent les propriétés physiques du fer et de l’acier, quand ils sont placés dans un champ magnétique. Les essais ont été faits sur des éprouvettes d’acier et de fer forgé de 100 mm de long et de 12 à 25 mm de diamètre. L’action
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- INFORMATIONS
- magnétique était obtenue par l’emploi d’un solénoïde où passait un courant suffisant pour amener la saturation magnétique de l’éprouvette. Les essais indiquent une diminution de l’allongement (—3 à— 16 pour ioo) et une augmentation de la charge de rupture. Il y a là, semble-t-il, un phénomène curieux d’augmentation de la cohésion dont l’étude mériterait d’être approfondie.
- La catastrophe de Newport. — L’éboulement de la tranchée de Newport (Monmoutlishire, Angleterre), qui a coulé la vie à 23 ouvriers, mérite, pour diverses raisons, de retenir notre attention. Cette tranchée, profonde de 5o pieds, faisait partie des travaux exécutés pour la création d’uu dock qui doit être le plus spacieux du monde. Construit pour la Alexandra (Newport and South-Wales) Dock and Railway Company, il comporte une colossale écluse longue de 1000 pieds et large de ioo pieds, qui pourra livrer accès aux plus grands navires. Ses constructeurs, MM. Easton, Gibbs et C'°, durent accomplir des travaux préliminaires très important", dont le détournement de la rivière Ebbw et l’assèchement d’une partie du lit de l’Usk. Le dock lui-même est terminé. Il reste à établir une entrée en eau profonde qui comporte de longues murailles qui s’éten-
- La catastrophe de Newport.
- dront sur l’une des rives de l’Usk et se continueront en jetées. Pour trouver une assise solide à ces murailles, qui seront en ciment armé, il a fallu atteindre la marne compacte à travers une épaisse couche d’alluvions boueuses, matière toujours dangereuse dans les grands travaux. La marne ne fut atteinte qu’à une profondeur de 5o pieds, qui se trouvait donc être celle de la tranchée. Elle était terminée depuis quelques jours, et l’on affirme que le boisage avait été exécuté avec le plus grand soin. Les madriers d’après les calculs des constructeurs, devaient résister à des pressions énormes. Soudain, à 5h 27, c’est-à-dire 3 minutes avant le départ de l’équipe de jour, un craquement formidable retentissait, et une masse de 3ooo tonnes de terre et de madriers, entraînant dans sa chute 5 grues à vapeur, 6 chaudières et foyers, et une trentaine de vagons, s’abattait sur les 66 ouvriers qui, précisément, s’apprêtaient à remonter du fond de la tranchée. Le flux, qui se produisait presque aussitôt, empêchait les sauveteurs de procéder aussitôt au déblayage, 34 ouvriers avaient pu se sauver, 5 blessés purent être retirés des débris. Quant aux causes de la catastrophe, on conjecture à un glissement des terres sur la marne. Notre gravure montre l’aspect de la fatale tranchée après l’éboulement.
- Un contre-torpilleur ultra-rapide. — Le. contre-torpilleur français Chasseur, construit dans les chantiers Normand, au Havre, a obtenu le samedi 3i juillet, la vitesse de 3o,4 nœuds alors que 28 nœuds seulement étaient garantis. Ce bâtiment de 6a m. de longueur, dé-
- plaçant 4;3o tonneaux, est muni de turbines « Parsons » et de chaudières « Normand ». Il est bon de constater à ce propos, que nos constructions maritimes ne sont nullement en décadence comme le prétendent certaines affirmations, volontiers répétées à l’étranger. Elles gardent, cet exemple le démontre, les qualités de parfaite exécution qui ont fait leur réputation.
- Les Compagnies de chemin de fer américaines et les plantations d’arbres. — Les Compagnies de chemin de fer américaines ont coutume de prévoir à longue échéance. Propriétaires de leurs lignes et non pas simples concessionnaires à temps, elles émettent volontiers des obligations amortissables à plusieurs centaines d’années, voire à perpétuité. Cette méthode, qui à ses inconvénients, a par contre certains avantages, elle permet notamment l’organisation très rationnelle de l’entretien et du renouvellement de certaines parties du matériel. Un exemple curieux et intéressant de cette façon de procéder est l’organisation par la Compagnie du chemin de fer de Pennsylvanie, de plantations d’arbres très importantes destinées à pourvoir aux besoins futurs de la Compagnie, et à l’approvisionner directement en traverses et en bois de charpente. Plus de 3 000 000 d’arbres ont ainsi été plantés par le Penn-— 3 sylvania Rail-road CJ, en moins de trois
- ans et ce n’est qu’un commencement!
- Les eaux minérales et le froid. —
- M. Schlütter et C‘°, de Dusseldorf, construisent, dit la Revue générale du Froid, un dispositif frigorifique destiné à refroidir jusqu’à -)- i° centigrade les eaux minérales avant leur mise en bouteille. Le refroidissement de l’eau minérale jusqu’à une tèmpérature constante a deux avantages : la casse des bouteilles pendant leur remplissage est diminuée et l’eau conserve mieux les gaz dissous qu’elle renferme naturellement. On sait, en effet, que la solubilité des gaz dans l’eau est d’autant plus grande que cette eau est plus froide. Pour cette raison, la même installation convient encore, s’il s’agit de limonades gazeuses ou d’eaux minérales gazeuses artificielles. Dans ce cas, il y a avantage à refroidir aussi l’appareil dans lequel se fait la dissolution du gaz (généralement, l’acide carbonique) dans l’eau. La caractéristique du dispositif, c’est la basse pression à laquelle il fonctionne. Le compresseur a simplement pour effet de comprimer le gaz, le froid ne provenant que de la détente du gaz comprimé. La machine frigorifique est à acide carbonique ; elle fonctionne à une pression maximum de 2,5-3 atmosphères. Le gaz se détend (jusqu’à o,25 atmosphère) dans une sorte de serpentin formé d’éléments superposés à surface ondulée. L’eau à refroidir tombe régulièrement en cascade et circule en nappes minces sur toute la surface extérieure de ces éléments. Ce refroidis-seur peut être entouré d’une chemise étanche; on évite, ainsi, l’introduction dans l’eau des germes et poussières de l’atmosphère. On suit alors la marche de l’opération, et on lit sur un thermomètre la température de cette chambre close, à travers un regard vitré.
- Le péril jaune « alimentaire ». — Nous avions signalé, il y a quelques mois, que les éleveurs chinois s’apprêtaient à conquérir les marchés européens. Le projet a été mis à exécution. Le 3i juillet, le steamer Palermo,\enant de Hankow, a débarqué au Royal Albert Dock, à Londres, une cargaison conservée par le procédé frigorifique, et qui se composait des articles suivants : 4663 carcasses de porcs; 8418 caisses de volaille.; 10674 caisses de gibier; 21 048 caisses d’œufs ; 1345 carcasses de chevreuils; 12 quartiers de bœufs. Evidemment, il ne s’agit là que d’une tentative, mais elle est de nature à intéresser nos éleveurs français. Si les prix obtenus sont rémunérateurs, l’entreprise prendra un caractère permanent. Or, l’Angleterre, grosse mangeuse de lard, de jambon et d’œufs, est l’une des meilleures clientes de nos fermiers normands. Il reste à savoir si les prix de transport permettront aux expéditeurs chinois de lutter contre la concurrence française et danoise.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *l> Automobilisme <«*
- *»> Hygiène
- Volant à charnière. — La manière dont les constructeurs placent le volant sur les voilures automobiles n’est pas toujours très pratique, sinon pour conduire, du moins pour prendre place. Le chauffeur est souvent obligé de se comprimer le ventre entre le volant et la carrosserie, ce qui n’est pas toujours agréable. Pour remédier à cet inconvénient le constructeur des voitures anglaises N. E. C. a imaginé d’établir dés volants capables de basculer autour d’une charnière. Le volant se soulève pour livrer passage au chauffeur; lorsque celui-ci est en place, il l abaisse pour lui faire reprendre sa position normale. A ce moment un verrou pénètre dans une rainure qui sert à l’entraînement et il est bloqué à l’aide d’un doigt D. Ce dispositif nous semble très pratique.
- Porte-lanterne de sûreté. — Peut-on supprimer le bruit que font les phares d’automobiles pendant que la voiture roule ? Ces bruits sont très énervants pour ce qui concerne les lampes d’avant ; à l’arrière on ne les entend pas, mais le phare n’en est pas plus avantagé pour cela, car il est facile de l’enlever sans que le chauffeur ou les voyageurs puissent s’en apercevoir.
- Un constructeur américain a eu l’idée de creuser une simple gorge G autour du support de la lanterne ; dans cette gorge vient s’engager l’extrémité d’une vis de pression Y. La lanterne repose sur la collerette C muni de cuir, de caoutchouc ou de feutre. La gorge G est également garnie de même substance de sorte que lorsque la vis Y serre fortement sur la gorge le phare est complètement assujetti sur son support. Plus de bruit et plus moyen de détacher à l’improviste la lanterne arrière.
- Agriculture <<*
- Herse brise-mottes et rouleau agricole. — L’appareil représenté par nos gravures se compose d’un petit châssis en fer supportant, d’un côté, des cylindres en acier coulé à longues dentures, destinés à préparer la
- terre par le travail si apprécié du brise-mottes, et de l’autre côté un rouleau ordinaire. Le même appareil peut donc servir d’abord à rendre le sol propre à recevoir les graines et ensuite à comprimer le terrain pour recouvrir
- les semences.
- Il est facile de comprendre que le poids du brise-mottes aide à l’action du rouleau aussi bien que le poids du rouleau favorise le travail du brise-mottes. Dans le cas où l’on désire ne’ faire subir
- au sol que des façons très légères, on peut démonter à volonté l’un ou l’autre appareil pour alléger le châssis.
- Cet instrument combiné se fait pour traction à bras d’homme ou animale, l’inventeur est M. Bajac, de Liancourt (Oise).
- Ampoules-seringues, stérilisées. —- L’emploi des ampoules-seringues est aujourd’hui fort répandu dans la pratique médicale, il permet à tous les médecins d’avoir sous la main des liquides bien stérilisés.
- Mais les seringues hypodermiques sont d’un emploi compliqué et non aseptique : l’extrémité de la seringue étant toujours exposée à des contacts douteux.
- L’ampoule représentée ci-contre cherche à remédier à cet inconvénient.
- Elle permet d’employer l’ampoule elle-même pour faire l’injection.
- Un tube scellé porte en sa partie médiane une bague très saillante A ; son extrémité inférieure est rodée et porte en B un trait de lime. La partie inférieure de ce tube contient le liquide à injecter. Au-dessus de la solution est placée une boule de caoutchouc ou de toute autre matière similaire compatible avec la nature du liquide ; cette boule a été introduite dans le tube avant la stérilisation, qui a été faite à l’autoclave.
- Au moment de l’usage, cette boule servira de piston.
- Une tige de verre, introduite par l’extrémité libre, refoule la boule de caoutchouc qui constitue un piston parfait ; l’ampoule est ainsi devenue une véritable seringue et peut injecter toutes les solutions, quelles qu’elles soient. — Ces ampoules seringues sont vendues chez Robert et Carrière, 37, rue de Bourgogne, Paris.
- »»> Mécanique <«*
- Marteau à patin fibreux. — Ce marteau a la prétention, qui nous semble justifiée, de remplacer avantageusement les masses à river en cuivre, et de supprimer l’emploi des morceaux de bronze cylindriques et des cales, d’un emploi coûteux et incommode dans tous les travaux de montage et de rivetage qui demandent un peu de délicatesse.
- Ses qualités le feront donc apprécier dans tous les
- Marteau à patin fibreux.
- ateliers de montage chez les ajusteurs, tourneurs, mécaniciens de précision, chez les ciseleurs, etc.
- Ce marteau, de dimension ordinaire, possède, au lieu de la frappe ordinaire en acier, un patin en fibre spéciale très dure, interchangeable, comme l’indique la figure, qui ne s’écrase pas comme le cuivre et ne laisse aucune trace sous le coup. *
- Malgré la dureté de la partie en fibre, il frappe avec une certaine élasticité, le bruit qu’il fait est amorti, la fatigue est par suite moindre pour l’ouvrier qui l’emploie, et pour ses voisins. Se fait en 3 tailles : à 3fr,5o, 4fr,25, 5tr,25. Patin de rechange orr,3o. — Chez MM. Baudot et Paz, 11, avenue de la Grande-Armée (170 ar.).
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Limes rotatives. — L’outillage des ateliers et les procédés de travail se transforment, à notre époque, avec une extraordinaire rapidité. Yoiei qu’un nouvel outil fait son apparition dans l’arsenal du mécanicien. C est
- Fig. i. — Le moteur actionnant la lime rotative.
- la lime rotative, visiblement inspirée, au reste, des petites meules de forme, en émeri et corindon, si répandues aujourd’hui pour le finissage des pièces de précision.
- La lime rotative, comme la meule, reçoit les formes diverses et s’adapte à l’extrémité de toupies de tour, mues électriquement ou par courroie. Ces limes sont emmanchées dans des broches à roulement sur billes et tournent à des vitesses de 3ooo tours par minute. D’ap rès ' M. J. Richard, qui les décrivait récemment à la
- O tZU»
- B 1 ®
- Fig. 2. — Quelques modèles de limes rotatives.
- Société d’encouragement à l’industrie nationale, ces limes permettraient, dans bien des cas, des gains de •io à 5o pour ioo sur la durée et le prix du travail.
- Notre figure montre diverses formes de ces outils, qui sont construits en Allemagne, par la Société qui fabrique les roulements à bille D. W. F.
- *> Objets utiles
- Le turbo-Iaveur. — Ce petit appareil combine ingénieusement l’action de l’eau et de la brosse pour le nettoyage en général, mais particulièrement pour le lavage des voitures ; en outre, il évite, à celui qui s’en sert, la peine de frotter avec la brosse, car celle-ci tourne automatiquement à une certaine vitesse par le fait même de la pression de l’eau. Il est constitué par un manche creux à l’extrémité duquel se trouve un ren-
- Le turbo-Iaveur.
- flement. C’est dans cette sorte de boîte cylindrique qu’est enfermée une turbine dont l’axe porte à son extrémité une brosse ronde en forme de tête de loup. Sous la pression de l’eau, la turbine fait donc tourner la brosse en même temps que l’eau arrive sur les parties à nettoyer. La boue et la poussière se trouvent ainsi détachées facilement et entraînées aussitôt par le jet d’eau qui arrose la brosse après l’avoir fait tourner. — Le turbo-Iaveur coûte 60 francs, chez M. Loevenberg, 14, rue de Lancry, à Paris.
- Moulin à bras. — Aux colonies, dans les fermes éloignées des centres et les pays de montagne, où les communications sont impossibles en hiver, on a souvent une grande difficulté à se procurer la farine nécessaire à la fabrication d’un bon pain.
- Le petit moulin décrit ci-après permet de moudre partout le blé et des graines quelconques ; il se compose
- d’une paire de meules en acier forgé et trempé placées au-dessous d’une trémie, ou entonnoir dans lequel on verse le grain à moudre.
- La mouture, sorlaut des meules, passe dans une blu-terie, qui est un véritable petit plansichter aussi perfectionné que ceux des grands moulins; les gruaux, le son et la farine panifiable se séparent sur trois plans en tamis de soie et sont recueillis dans des sacs que l’on place sous les orifices ad hoc indiqués sur notre gravure.
- La farine obtenue est très panifiable, elle renferme tous les principes nutritifs du grain de blé, et le pain fabriqué est supérieur en qualité à tout ce que l’on obtient avec les farines Moulin à bras pour farine panifiable. moulues au cylindre.
- Ce moulin permet, au moyen de meules spéciales et en démontant la bluterie, de décortiquer les colzas, riz, cafés et sert aussi de concasseur. — Construit par M. Bajac, à Liancourt (Oise), il coûte 3oo francs et paraît destiné à rendre d’utiles services. Par l’addition d’une poulie et d’une courroie au lieu et place des volants à manivelles, le même moulin peut être actionué au manège ou au moteur. '
- Nouvel étau à main. — La plupart des outils de ce genre présentent l’inconvénient de ne pas serrer parallèlement les objets mis entre leurs mâchoires. Le modèle que représente notre figure a été établi en vue de supprimer ce, défaut tout en permettant un serrage très rigoureux. On voit que cet étau est pourvu de deux vis : l’une supérieure ordinaire et l’autre inférieure. On serre d’abord à fond la première, puis la deuxième qui rend le serrage très énergique. Celle-ci prend appui sur la branche fixe de l’étau et tend à écarter l’une de l’autre les deux branches. La branche libre constitue donc un bras de levier dont le point d’appui est à l’extrémité de la vis inférieure.
- Cet étau est en vente chez M. Markt et Cie, 107, avenue Parmentier, à Paris.
- Divers
- Tuyau acoustique. — Toutes les maisons de commerce usent du tuyau acoustique, ce qui prouve qu’il est pratique. Mais il a un inconvénient, c’est d’obliger celui qui veut transmettre un ordre par son intermédiaire à souffler de toute la force de ses poumons dans l’embouchure. Cet exercice respiratoire n’est pas apprécié par tout le monde.
- Afin d’éviter, à l’avenir, le peu gracieux gonflement des joues qui accompagne l’appel, un inventeur anglais a imaginé de se servir d’une poire de caoutchouc P qui termine le tuyau.
- L’embouchure E est fixée au-dessous, portée par une douille D mobile autour du tube. Pour appeler, il suffit de tourner l’embouchure de manière à fermer l’orifice du* tuyau et d’appuyer sur la poire. Le sifflet se fait entendre à l’autre extrémité du tube.
- On remet ensuite l’embouchure dans la position de conversation et 011 parle. C’est extrêmement simple et pratique. Encore fallait-il y songer.
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- VARIÉTÉS
- L’industrie du canard en Indo-Chine. — Depuis quelques aimées, les industries avicoles ont pris un notable développement en Indo-Chine; l’élevage du canard, notamment, y a pris une très grande importance due, pour une large part, à l’énorme consommation d’œufs de canes que font les Aunamites, aux exigences des fabriques d’albumine — certaines de ces fabriques traitant jusqu’à i million d’œufs annuellement — et enfin, à l’importation, sur la Chine, des canards à l’état de viande séchée.
- Ce sont là autant de causes qui contribuent à rendre cet élevage très prospère; certains troupeaux ne comprennent, pas moins de 20000 canards. En raison des déplacements successifs des troupeaux, l’incubation naturelle des œufs de canes est difficile, aussi est-on obligé de recourir à l’incubation artificielle, et de là est née une véritable industrie dont l’importance est considérable, industrie très curieuse par les éléments qu’elle met en œuvre et qui montre que les Annamites savent pratiquer l’aviculture intensive.
- Le système de couveuse employée pour l’incubation des œufs de canes, en Indo-Chine, diffère sensiblement de ceux que nous utilisons en France.
- La couveuse artificielle consiste en un vaste local de 9 m. de longueur sur 5 m. de largeur, dont les murs hauts de 1 m. environ, sont construits en torchis, afin d’empêcher l’accès du vent à l’intérieur. La toiture, très basse, est en paillote très serrée. Une seule ouverture, pratiquée dans la face la moins exposée aux grands vents, sert de porte; elle est à glissière, ce qui permet aux ouvriers d’entrer ou de sortir avec l’ouverture strictement nécessaire à leur passage, et d’éviter ainsi les abaissements de température que provoquerait l’introduction de trop grands volumes d’air.
- A l’intérieur du local est placé tout le matériel dont voici l’agencement : une caisse sans fond [caï bo), dont les parois ont 3 m. de longueur sur 1 m. de largeur, et 1 m. de hauteur, en bambou tressé, avec calfatage à la llente de buffle.
- Dans cette caisse sont placés 10 paniers cylindriques (caï bich), ayant 1 m. de hauteur et 0,40 m. de diamètre; leurs parois sont de composition identique à celle de la caisse {caï bd). Ces paniers, placés verticalement leur ouverture en haut, sont isolés les uns des autres par de la balle de paddy (tràu), qui les enveloppe complètement jusqu’à leurs bords. Le fond de chaque panier est garni à demeure d’un lit de paille de paddy de 0 07 m. à 0,08 m. d’épaisseur.
- Le calfatage a pour but d’éviter une trop grande déperdition de chaleur et aussi de maintenir la balle de paddy.
- Suivant la quantité d’œufs à traiter, on emploie une ou plusieurs caisses. Une marmite en fonte, servant à chauffer le paddy, 200 ou 3oo serviettes en cotonnade très ordinaire, pour contenir le paddy ei les œufs, et
- quelques nattes en jonc complètent le matériel employé jusqu’à l’éclosion.
- Une installation d’élevage ainsi organisée permet d’opérer en grand l’incubation artificielle des œufs de canes et de subvenir aux nombreux besoins du commerce, de l’industrie et de l’exportation.
- Un Annamite propriétaire d’une couveuse de ce genre peut traiter autant de fois 4$oo œufs qu’il possède de caï bo. L’incubation ainsi conduite artificiellement se divise en 5 phases dont l’ensemble comprend 28 à 29 jours : chaque panier contient 10 lits de 5o œufs alternant avec 9 couches de paddy chauffé, plus trois ou quatre couches de paddy chaud pour empêcher l’air de pénétrer dans la masse. On emploie 1 litre de paddy par couche. Chaque lit de 5o œufs et chaque couche de paddy est enveloppé d’une serviette. Après 6 jours les œufs sont mirés. Ceux qui ne présentent pas d’embryons sont rejetés et vendus à la clientèle indigène. Le déchet est, en moyenne, de 40 pour 100. Les œufs sont replacés et le paddy réchauffé à une température un peu moindre. Le treizième jour, on ne laisse plus qu’une couche de paddy pour 2 lits d’œufs. Le chauffage est fait à l’aide d’un réchaud, matin et soir; on utilise le dixième panier vide et les œufs de dessus passent en-dessous et inversement. La température baisse graduellement de 87° à 4i° <?t même 38° sur les bords. Trois couveurs expérimentés sont préposés à la conduite de l’incubation. A l’intérieur du couvoir, la température est maintenue à 290. A partir du dix-neuvième jour, les œufs sont retirés et placés en deux couches superposées et en contact direct, sur un lit de paille à bords tressés supportant un matelas de balles de paddy épais de 6 à 7 centimètres; on les couvre avec deux couches de serviettes et deux couches de nattes en jonc. L’éclosion a lieu le vingt-huitième ou vingt-neuvième jour. On nourrit alors les canetons avec du riz brisé cuit, des vers de terre et du j'oug-reu haché sorte d’algue marine que l’on suppose être Yutriclaria aurea.
- Par ce procédé très simple, l’aviculteur annamite peut se passer des canes, qui sont, généralement, mauvaises couveuses ; cette invention s’est rapidement propagée en Indo-Chine. L’industrie du canard ainsi pratiquée est une heureuse application des principes de l’aviculture intensive, envisagée dans le sens commercial ; elle a beaucoup contribué à propager et à faire prospérer dans ce pays la fabrication de l’albumine, qui dispose d’importants débouchés dans de nombreuses industries, car il est nécessaire de développer dans de grandes proportions l’élevage du canard pour augmenter la production des œufs de canes.
- Cette curieuse industrie méritait d’être signalée particulièrement aux aviculteurs français qui ignoraient jusqu’ici ces particularités, aussi originales qu’intéressantes, de l’aviculture pratique en Indo-Chine.
- Henri Blin.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre les aoûtats. — Un de nos lecteurs nous demande comment on peut se préserver de cette vilaine bête qu’on appelle l’aoûtat. C’est la saison où les prés, les dessous de bois sont infestés de cette engeance malfaisante, mais pour lé moment on n’a guère à les craindre, le temps affreux qüi règne à peu près sur toute la France épargne aux rares promeneurs, assez enragés, pour affronter des douches incessantes, les ennuis de ce parasite.
- L’aoûtat, plus connu sous le nom de rouget, est un acarien auquel les entomologistes ont donné le nom de Trombidium holosericum. Tous les petits êtres appartenant à cette famille provoquent des irritations cutanées et j’ai cité le cas de locataires poursuivis par un para-
- site similaire dans un logement non désinfecté. L aoûtat vit dans l’herbe, sous les arbres, de préférence les herbes sèches ou les prairies un peu épaisses. Quand on passe sur ces herbes, on cueille en quelque sorte l’acare qui vient, comme un de ses congénères le sarcopte de la gale, provoquer des éruptions avec démangeaisons insupportables.
- Le moyen prophylactique le plus sûr pour éviter les piqûres et ses conséquences serait de rester chez soi et d éviter les promenades sous bois. On peut les prévenir en portant des guêtres, des pantalons serrés au pied, mais ce sont des défenses souvent illusoires. Le mieux, comme je le disais, est d’éviter les endroits où on peut le rencontrer.
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- HYGIÈNE ET SANTE
- Pour atténuer les démangeaisons et guérir l'éruption provoquée par ces vilaines bêtes, voici plusieurs moyens à choisir, car tous ne réussissent pas d’un sujet à un autre d’une façon infaillible. Quand les piqûres et l’éruption qui en résulte ne portent que sur une petite surface, le bas de la jambe par exemple, une lotion avec de l’eau de Cologne et delà liqueur de Van Swieten (trois quarts d’eau de Cologne et un quart de liqueur) réussira bien à calmer l’irritation. La benzine, le jus de tabac, l’essence de térébenthine sont beaucoup trop irritants. Chez les sujets jeunes, on peut remplacer la liqueur de van Swieten par une petite proportion de
- menthol (i gr. pour 100 gr, d’alcool ou d’eau de Cologne).
- Si les démangeaisons atteignent la plus grande partie du corps, un grand bain avec addition de sous-carbonate de soude et d’amidon soulage beaucoup. En sortant du bain poudrer avec du talc et ne pas frotter. Dans certains cas rebelles on a conseillé les pommades soufrées comme pour la gale, je crois que dans ces cas le soufre doit êti'e un peu trop irritant. De la pommade (vaseline boriquée ou faiblement mentholée, dans la proportion de un et demi pour ioo) conviendra mieux et ne présentera aucun danger. D‘ A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Coloration des métaux. — Voici quelques recettes permettant de colorer le laiton soigneusement dégraissé. Pour obtenir un brun foncé, on trempe les objets dans une solution de 5oo parties d’eau et 5 parties de nitrate de fer. Si aux 5 parties de nitrate de fer, on substitue 5 parties de protochlorure de fer, on obtient un brun noir. Le brun à reflets rouges s’obtiendra avec, toujours 5oo parties d’eau, 3o parties de nitrate de fer et 3o parties d’hyposulfite de soude. Le brun rouge : 5oo parties d’eau, 3o parties d’hyposulfite de soude, 2 parties d’acide nitrique. Le rouge tirant sur le brun : 5oo eau, 28 nitrate de cuivre, 28 acide oxalique. Le rouge orangé : 500 eau, 2 sulfure de potassium. Le vert olive: : 5oo eau, 1 demi perchlorure de fer. Le bleu : 5oo eau, 3 hyposulfite de soude.
- On peut encore teindre le cuivre à l’aide de poudres de bronze formés de matières colorantes mélangées à une substance agglutinante, ou avec des teintures de bronze liquide.
- On obtient la couleur bronze en ajoutant à 100 parties d’esprit de bois (alcool méthylique) 10 parties de rouge d’aniline et 5 parties d’un pourpre d’aniline. Faire dissoudre en chauffant au bain-marie, puis ajouter 5 parties d’acide benzoïque et chauffer doucement jusqu’à l’ébullition pendant 10 minutes. La couleur verdâtre de la mixture se transforme peu à.peu en une couleur bronzée.
- On peut remplacer le rouge et le pourpre par parties égales d’un rouge ou d’un violet d’aniline. Ce liquide ainsi préparé s’applique aussi bien sur les métaux que les bois et les cuirs. La couleur bronze tirant sur le gris s’obtient en faisant dissoudre 112 parties de vert de gris, autant de sel marin, moitié de sel ammoniac et 28 parties d’alun. On chauffe à ébullition. Pour colorer le laiton en bronze foncé, on fait d’abord passer l’objet dans l’acide nitrique, on le rince dans l’eau pure, et on le trempe dans une solution faite de 12 parties d’acide chlorhydrique, 1 de sulfate de fer, 1 d’acide arsénieux. On sèche l’objet dans la sciure de bois et on polit. La couleur bronze dit « parisien » est obtenue en faisant dissoudre, dans un mélange de 2000 parties de vinaigre et de 56 parties d’ammoniaque, 28 parties de sel marin et autant de sel ammoniaque. On décape au préalable l’objet dans l’acide nitrique, on le rince à l’eau puis on le frotte avec la mixture préparée appliquée sur une brosse. Une autre formule pour le bronze est encore la suivante. Dissoudre une partie d’acide arsénieux et une partie d’oxyde de fer dans douze parties d’acide chlorhydrique. Décaper les objets dans l’acide nitrique et appliquer la solution à la brosse.
- On recommande, après séchage de l’application, de les vernir avec une solution de gomme laque blonde dans l’alcool.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés.. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — L’élevage de Vautruche. — Un de nos collaborateurs, nous adresse sur l’élevage de l’autruche d’intéressants renseignements bibliographiques. Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur ce sujet, mais de nombreux articles très documentés, notamment, le n° du 25 septembre 1902 des Lectures Modernes le n° du 2 avril 1907 de la Revue Scientifique (Méné-gaux : Elevage de l’autruche dans la colonie du Gap) ;; les ouvrages et mémoires suivants : I. Mosenthal and Harting : Ostrichs and ostrich Farming 1877 (autruches et fermes d’autruches) ; IL Douglàss : Ostrich Farming in South-Africa, 1881 (les fermes d’autruches dans le Sud africain) ; III. Nolte : Strausse und Straussen-zucht in Südafrica (dans Journal für Ornithologica. 1895, p. 44-79). En outre, le journal VAcclimatation, 46, rue du Bac, Paris, a publié un article sur la question dans son n° du 29 novembre 1908. Il y a un parc d’autruches à Nice, et un, plus intéressant, près du Caire à Matarieh (Egypte). On peut enfin s’adresser à la Société d’acclimation, 33, rue Buffon, Paris.
- Renseignements. — M. Chapron, Melun. — Pour vous procurer le crude-ammoniac, le moyen le plus simple est de vous adresser à l’usine à gaz de votre ville, ou à défaut au Syndicat des usines à gaz, 94, rue Saint-Lazare, Paris.
- M. G. M L., Paris. — La profondeur des futurs paquebots monstres de la White Star Line est de 21 m. 5o. Le tirant d’eau moyen est de 10 m. 20.
- M. Legoux, à Paris. — Sur Y aluminium, voyez : le livre de A. Lejal, chez Baillière et fils; la métallurgie de l’aluminium par Leverrier, chez Béranger, l’aluminium par Minet, chez Bernard Tignol.
- Abonné de Nieuport. — Enoncé du théorème de Rou-ché : Etant donné n équations linéaires à h inconnues, ce système admet une solution et une seule si le déterminant formé par les coefficients des inconnues est différent de zéro. Si ce déterminant est nul, une ou plusieurs des équations se réduisent anx précédentes et le système est indéterminé. La solution générale dépend de 1, 2, 3, constantes arbitraires suivant que lepremier déterminant non nul issu du tableau des coefficients est d’ordre n—1, n — 2, n-—3, etc.
- M. Romey-Robert, Roubaix. — L’Ecole d’aéronautique s’ouvrira, au mois d’octobre. Les programmes sont arrêtés. Pour tous renseignement, adressez-vous au commandant Roche, directeur de l’Ecole, hôtel Bellevue, 39, avenue de l’Opéra.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Lu bateau faucheur automobile* : René Doncières. — Un nouvel isolant artificiel la « bakélite » : E. Lemaire. — Le sport du planement : Lucien Fournier. — Les irrigations en Egypte : R. Bonnin. — La fusion des métaux par les huiles lourdes : René Champly. — Académie des sciences; séance du 2 août 1909 : Ch. de Villedeuil. — Le géographe français Buache et la première carte du relief sous-marin : J. Thouuet.
- Supplément. — La comète d’Eneke et les courants météoriques. — Le spectre des nébuleuses spirales, etc. — Cellulose et industrie chimique. — Les cinèniatophtalmies.
- Le passage du Nord-Ouest, par le capitaine Roald Amundsen, traduit par Charles Rabot, i vol. in-8° avec 86 gravures et 2 cartes. Hachette 1907.
- On sait avec quelle ardeur fut cherché jadis, au xvie et au xvne siècle, le passage du Nord-Ouest qui devait permettre aux Hottes anglaises ou Scandinaves de gagner le Pacifique et la Chine sans passer par les mers du Sud livrées à la domination des Espagnols et des Portugais. Plus tard, quand l’intérêt commercial eut disparu, des expéditions nombreuses eurent encore lieu pour répondre à un grand point d’interrogation scientifique. De. 1903 à iqoS, Amundsen a enfin résolu le problème. Parti de Norvège sur un petit sloop de 47 tonnes avec un équipage de 6 hommes seulement, il a fini par atteindre la côte californienne. Son récit, empreint du courage le plus tranquille, et de l’énergie la plus indomptable, est d’un intérêt puissant. Il fait vivre de celte étrange vie arctique. 11 nous montre d’une façon saisissante celle navigation difficile dans la brume presque constante, sur une 111er qui n’est le plus souvent qu’un haut-fonds submergé semé d’innombrables « cailloux », où les glaces s’accrochent d’autant plus facilement et font les passages d’autant plus précaires que les eaux sont généralement moins profondes. Qu’il nous soit seulement permis, en terminant la lecture de ce beau livre, d’exprimer un regret. Amundsen n’avait pas seulement pour but de réaliser un « record » sportif. Il visait aussi un but scientifique et c’est ce qui l’a amené à rester 18 mois auprès du pôle magnétique. Pourquoi avoir jugé les lecteurs de son récit indignes de connaître le moindre trait des résultats obtenus, que tous, ce semble, n’auraient pas été incapables de comprendre.
- Hygiène de l’industrie du fer. — Mines, hauts fourneaux, aciéries, fonderies. — Etude faite en Meurthe-et-Moselle, par le docteur Robert André. Préface de MM. Imbeaux et Villain, ingénieurs en chef à Nancy, 1 vol. illustré de 400 pages, chez l’auteur, 1 place de la Commanderie, Nancy. Prix : 18 francs.
- Il y a lieu, dans le but d’une prophylaxie efficace, d’étudier pour chaque industrie en particulier les rapports possibles entre elle et les conditions d’hygiène des populations qui en vivent. L’extension si rapide prise depuis une vingtaine d’années par la métallurgie du fer en Meurthe-et-Moselle, son retentissement profond sur les conditions de vie et d’hygiène, des habitants donnent un vif intérêt d’actualité en même temps que scientifique au travail de M. André. On trouvera dans ce livre non seulement les observations suggérées à l’auteur par la visite des principales mines et usines, mais aussi, sous une forme claire et méthodique, l’avis de nombreux ingénieurs et médecins d’industrie. L’ouvrage comprend trois parties : hygiène des mineurs, hygiène des ouvriers du fer, conditions sanitaires et prophylaxie générales. Après avoir dans chacune des deux premières parties décrit brièvement le travail de l’ouvrier au point de vue spécial de la question, le docteur André s’attarde plus longtemps sur les conditions particulières du travail du mineur et de l’ouvrier du fer. Nous citerons les chapitres concernant le méphytisme minier, le méphytisme dans l’industrie du fer, le travail devant les feux.... Suivent ensuite des statistiques fort complètes, puis la description des principaux acci-
- dents rencontrés, de leurs particularités étiologiques et cliniques. L’étude des affections chirurgicales et des maladies internes dues à l’influence prolongée du travail dans des conditions particulières, forme de même une partie fort importante étayée sur des statistiques d’un grand intérêt. Remarquons aussi les pages consacrées à la bronchite des mineurs, à l’an-thracose qui depuis l'avènement des lampes à acétylène devient déplus en plus rare, et surtout à la grave question de l’ankylostomiase. Les maladies rhumatismales et la fièvre des fondeurs constituent deux des chapitres les plus saillants de la seconde partie. La troisième partie indique toutes les mesures prophylactiques générales concernant l’ouvrier en dehors de son travail et les populations ouvrières en général. Cet utile travail se recommande aux chefs d’administrations minières et métallurgiques, aux ingénieurs et aux médecins.
- L’Allemagne au Travail, par Victor Cambon, Ingénieur des Arts et Manufactures, 1 vol. in-8° 21X14* de 280 pages, avec 20 planches en hors-texte, broché, 4 francs. Paris 1908, P. Roger, éditeurs, 54, rue Jacob.
- Observateur avisé et pénétrant, M. Cambon, que ses occupations appellent fréquemment en Allemagne, en a rapporté un tableau saisissant de la vie industrielle intense qui caractérise ce pays. Après 1870, l’Allemagne a voulu devenir une nation industrielle et commerçante : M. Câmbon met en relief l’effort conscient, méthodique et continu par lequel elle a atteint son but : par l’éducation tout d’abord. L’auteur nous promène à travers les somptueuses écoles techniques allemandes qui, dès l’enfance, façonnent l’esprit des jeunes allemands aux exigences de la vie industrielle : écoles d’ingénieurs admirablement outillées, à la fois écoles et usines, écoles moyennes adaptées aux exigences des industries locales, et surtout cet admirable ensemble d’écoles d’ouvriers, pépinières d’hommes de métier, d’artisans habiles et ouverts au progrès. Dans les usines, M. Cambon nous montre l’art avec lequel les hommes sont employés selon leur valeur, l’organisation logique et souple des grandes industries, la recherche méthodique et obstinée du progrès à l’aide de toutes les ressources de la science, utilisées sans compter. De lecture facile et agréable, le livre de M. Cambon sera pour beaucoup de Français une véritable révélation. Souhaitons qu’ils en tirent d’eux-mêmes la leçon qu’elle comporte.
- Comment on devient tourneur sur métaux, par René Champly, ingénieur-mécanicien, 1 vol. in-8° broché avec 124 figures. Paris 1909. Prix : 3fl',5o, H. Desforges, éditeur, 29, quai des Grands-Augustins.
- L’auteur a tenu à faire oeuvre pratique; il expose d'une façon élémentaire la manière d’apprendre à tourner et à fileter les métaux, ainsi que la confection simple . des outils de tournage. Un ouvrier intelligent pourra, aidé du livre de M. Champly, devenir rapidement un bon tourneur sur métaux. Signalons un intéressant et documenté chapitre sur les aciers à coupe rapide, qui s’imposent aujourd'hui, et dont tous les ouvriers devraient connaître le mode d’emploi.
- «5t.
- La navigation aérienne par ballons dirigeables, par le commandant Bouttieaux, directeur des Services du Matériel du Génie. 1 vol. in-8° illustré de nombreuses photogravures, broché, 2rr.75. Librairie Ch. Dela-grave, i5, rue Soufllot, Paris.
- Le commandant Bouttieaux, dont la compétence aéronautique est notoire, apporte sa contribution à la passionnante étude du problème de la conquête de l’air. Il a fait œuvre de vulgarisation, en mettant à la portée de tous les règles précises applicables à la construction et à la conduite des ballons dirigeables de divers modèles, rigides, semi-rigides et souples. La vignette qui encadre le titre du volume rappelle la première ascension de La France, le célèbre dirigeable avec lequel les capitaines Charles Renard et K reh s
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- BIBLIOGRAPHIE
- ont pour la première fois accompli, en 1884, un parcours en cycle fermé. Après avoir exposé en termes fort clairs la technique du ballon dirigeable, l’auteur passe en revue les caractéristiques des modèles les plus récents construits soit en France, soit à l’étranger et termine par un aperçu sur les conditions d’utilisation des dirigeables. L’ouvrage est à recommander à tous ceux qui s’intéressent à la locomotion aérienne et qui, désireux de se documenter à bonne source, veulent suivre la progression naturelle par l’étude du ballon sphérique, du dirigeable et de l'aéroplane.
- Les aliments animaux, viandes, volailles, œufs, lait, beurre, fromages, par H. Dugat. Paris J.-B. Baillière et fils, 1 vol. in-16, 96 p., 28 lîg., cartonné : irr,5o.
- Tous les animaux qui rentrent dans l’alimentation de l’homme sont multipliés en grand nombre par l’élevage et constituent de ce fait une industrie et un commerce qui vont chaque jour grandissant. On trouvera dans ce petit volume un exposé très intéressant de toutes ces questions.
- Le rééducation physique et psychique, par le D' Lavrand. Paris, Bloud et Cie. 1909. 1 vol. in-16. (Bibliothèque de psychologie expérimentale et de métapsychie.) Prix : ifr,5o.
- Le discernement du miracle ou le miracle et les quatre critiques, par P.’Saintyves. Paris, E. Nourry, 1 vol. in-8°, br. 6 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 aoûl 1909. . 10°,a w. 1. Couvert. 0,2 Rosée; brume; averse à 12 h.; nuageux.
- Mardi 5 ...... . 12°,4 N. 3. Couvert. » Rosée ; très nuageux.
- Mercredi 4, 10",9 N. N. E. 1. Couvert. » Rosée ; forte brume ; nuageux le m.; beau le s.
- Jeudi S. ...... . 12°,8 N. E. 2. Beau. p Rosée ; brume ; beau.
- Vendredi 6 16°,5 N. E. 3. Beau. » Rosée; faible brume; beau.
- Samedi 7 18°, 3 N. E. 2. Beau. » Rosée ; brume ; beau.
- Dimanche 8 20°, 1 N. E. 1. Beau. » Rosée; brume: halo: peu nuageux.
- AOUT 1909. — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 AOUT 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 2 au 7 août. — Le 2. Aire de pression supérieure à 765 du S.-O. des Iles-Britanniques aux côtes occidentales de Norvège : Stornoway, 769; dépressions sur les Pays-Bas et le N. de la Russie : Saint-Pétersbourg, 748. Pluies sur le N. et le Centre; en France : orages au Pic du Midi et à Bordeaux : 3 mm d’eau. Temp. du matin : Yardoe, ii°; Paris, 16; Alger, 27; Puy de Dôme, 14 ; moyenne à Paris : i6°,4 (normale : i8°,2). — Le 3. Fortes pressions sur tout 10. : Brest, 769; minimum à Swinemunde, 756; dépression vers l’Islande : Reykiavick, 744* Pluies sur la Hollande, l’Allemagne, le N. de la Russie; en France (orages) : Lyon, 19; Besançon, 8; Clermont-Ferrand, 5; Charleville, 1. Temp. du matin : Yardoe, 8°; Paris, 12; Pesaro, 27; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : i3°,6 (normale : i8°,2). — Le 4- Pression voisine de 770 sur l’O. et le N. de la France; légère dépression sur lltalie : Rome, 756. Pluies sur quelques stations du N. et de l’Ecosse. Temp.
- du matin : Yardoe, 90; Paris, 11 ; Alger, a3; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : i3°,6 (normale : 18°,2). — Le 5. Anticyclone sur toute l’Europe : N. de l’Allemagne, 771; entrée de la Manche, 768 ; Naples, 753. Pluies sur le N.-O. et le S. Temp. du matin : Iles Feroé, io°; Paris, i3; Alger, 25; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : i6°,7 (normale : i8°,2). — Le 6. Même situation. Pays-Bas, 770; Seydisfjord, 748; Rome, 755. Pluies sur la Scandinavie et l’Italie. Temp. du matin : Yardoe, 90; Paris, 16; Alger, 23; Puy de Dôme, 11; moyenne à Paris : 200 (normale : i8°,i). —Le 7. Baisse sur l’O. : aire supérieure à 765 sur l’Allemagne, l’Angleterre, l’Irlande : Yalencia, 768; golfe de Gascogne, 760; Bodoe, 750. Pluies sur l’extrême N. et le S. Temp. du matin : Seydisfjord. ii°; Paris, 19; Alger, 24; Puy de Dôme, 16. — Phases de la Lune : Dernier Quartier, le 8 à 12 h. 19 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1891 — 21 AOUT 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- La Grande semaine aeronautique de la Champagne (du 22 au. 29 août 1909). — Le ciel rémois va être pendant 8 jours sillonné par les plus récentes de nos ' machines volantes. Nous croyons intéressant de donner quelques détails sur cette première fête de l’air, qui promet d’être grandiose. 220.000 fr. ont été réunis pour organiser les fêtes, 200.000 fr. de prix
- seront en jeu, dont 37.000 appartiennent à la Coupe Gordon-Bennett. L’initiative de M. le marquis de Po-lignac, la générosité de la Ville de Reims et de ses principaux négociants ont permis de réunir les fonds nécessaires.
- La semaine aéronautique de la Champagne, a été organisée par le Comité d’Aviation de la Champagne, sous le patronage de la Commission aérienne mixte et avec le concours de l’Aéro-Club de France. On ne saurait trop féliciter tous les membres, de l’activité et du désintéressement dont ils Fig. 1. — L’aérodrome de Bétlieny. ont fait preuve,
- ni trop remercier les commissaires sportifs, le comte de Castillon de Saint-Victor, MM. Surcouf et Rousseau, de l’obligeance avec laquelle ils se sont chargés du côté sportif, et de l'organisation générale des concours.
- On a choisi comme aérodrome l’immense plaine de Bétheny qui se prêtera admirablement aux envolées des futurs champions. C’est ce même terrain situé à 3 km de Reims, sur lequel nos troupes évoluèrent il y a quelques années en présence du tsar.
- La piste est formée (fig. x) d’un immense rectangle
- de 10 km de pourtour, la largeur de la piste même est de 260 m. Quatre pylônes de 20 m. de hauteur, véritables bouées aéi'iennes, sont placés aux quatre coins et délimitent l’espace à parcourir.
- En face du jalon marquant les départs et les arrivées, se trouvent les tribunes, 108 ni. de longueur. Un buffet de Ô2 m. de longueur et pouvant contenir 600 personnes, est à proximité des tribunes et dans la même enceinte, ainsi que le Pavillon des Postes et Télégraphes, qui permettra des communications directes, non seulement avec la France, mais avec les principales capitales de l’Europe.
- Séparée des tribunes par l’enceinte réservée aux mécaniciens, se trouve la grande pelouse de 700 m. de longueur. Un immense garage a été établi pour les voitures de touristes; à proximité, une.ambulance fournira immédiatement tous les secours, en cas de besoin.
- A côté des tribunes se trouve le parc de lancement, et, y attenant, les hangars des aéroplanes. Dès à présent il y a 41 hangars prévus ; ceux-ci sont groupés par 3, ainsi que le montre le plan général; une allée de 16 m. sépare chaque groupe.
- Chaque hangar a comme dimensions : i5 m. sur i5 m. et 5,5o m. sous fermes.
- Les Prix à attribuer sont les suivants :
- 1° Grand Prix de la Champagne et de la Ville de Reims : 100.000 fr.
- xc Prix. 2e Prix. 3° Prix. 4e Prix. 5° Prix. 6e Prix. 5o.ooof. 25.000 f. 10.000 f. 5ooo f. 5ooo f. 5ooo f.
- Les 6 prix seront décernés dans l’ordre aux 6 appareils qui auront parcouru la plus grande distance sans avoir été ravitaillés, et, éventuellement, sans avoir fait fonctionner les appareils de contrôle prévus.
- Ces appareils de contrôle permettent de constater que l’aéroplane a pris contact avec le sol, ou s’en est rapproché au-dessous de certaines limites déterminées.
- Tout concurrent pourra essayer de battre son propre record ; en aucun cas le dernier classé ne pourra être récompensé.
- 2° Prix de la Vitesse (offert par Heidsieck et Louis Rœ-derer) : 20.000 fr.
- Ier Prix. 2e Prix. 3e Prix. 4e Prix.
- 10.000 fr. 5ooo fr. 3ooo fr. 2000 fr.
- Course de vitesse sur 3o km, c’est-à-dire 3 tours de piste.
- Chaque appareil n’aura droit qu’à une seule tentative, s’il réussit à effectuer du Ier coup ses 3 tours de piste; ceux qui n’auraient pu terminer les 3 tours pourront recommencer à nouveau, mais le temps de la tentative qu’ils auront réussie sera augmenté d’autant de vingtièmes qu’ils auront pris de fois le départ avant de réussir le parcours complet des 3o km.
- Les escales et ravitaillements sont autorisés sur la piste.
- PISTE
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- Ent?? populaire
- Route' de
- Gare
- duFresnois
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- INFORMATIONS
- 3° Prix des Passagers (offert par Ve Clicquot-Ponsar-din) : 10.000 fr.
- Ce prix sera décerné à l’appareil qui aura parcouru i tour de piste (io km) ayant à bord le plus grand nombre de passagers, non compris le pilote; chaque passager qui pèsera moins de 65 kg sera complété à ce poids par du lest. Le temps du parcours servira à départager les concurrents ayant enlevé le même nombre de passagers.
- 4° Prix de l’Altitude (offert par Moèt et Chandon) :
- 10.000 fr.
- Ce prix sera décerné à l’appareil qui aura atteint la plus grande altitude. Le contrôle sera obtenu du fait que chaque appareil sera muni d’un baromètre enregistreur gradué de io m. en io m., plombé par les commissaires. L’altitude minimum du gagnant devra être supérieure à 5o m.
- 5° Prix du Tour de piste (offert par Pommery et Greno) : 10-000 fr.
- ior Prix : 7000 fr. 2e Prix : 3ooo fr.
- Ces prix seront décernés dans l’ordre aux 2 appareils qui auront fait le meilleur temps sur 1 tour de piste (10 km), au cours de toutes les épreuves, ou en dehors des épreuves.
- 6° Prix des Aéronats (offert par G.-H. Mumm) :
- 10.000 fr.
- Ce prix sera décerné au dirigeable qui aura effectué 5 tours de piste (5o km) dans le meilleur temps.
- 7° Concours d’atterrissages pour ballons sphériques : 2000 fr.
- Ier Prix. 1000 fr.
- 2e Prix. 500 fr.
- 3e Prix. 300 fr.
- 4° Prix. 200 fr.
- et 100 fr. à chaque partant
- Lundi 23 août.
- Mardi 24 août.
- Mercredi 25 août
- Jeudi 26 août
- Vendredi 27 août
- Samedi 28 août.
- Dimanche 29 août.
- Fig. 2. — La disposition des tribunes.
- Départ place du Boulingrin, Reims. Les ballons devront atterrir à un point désigné à l’avance.
- 8° Coupe d’Aviation Gordon-Bennett (Epreuve Challenge internationale d’aviation Inter-Clubs). Un objet d’art de 12.500 fr. au Club gagnant. — 25.000 fr. à l’aviateur.
- La coupe sera attribuée au concurrent qui aura effectué dans le temps le plus court, 2 tours de piste (20 1cm).
- Chaque appareil n’aura droit qu’à une tentative ; les escales seront permises sur la piste. Cette coupe sera précédée des éliminatoires françaises pour qualifier les. concurrents français.
- Le Programme sera distribué de la façon suivante :
- Eliminatoires françaises de la Coupe d’aviation Gordon-Ben-
- Dimanche 22 août. •! Pr;,. de , vitesse.
- Prix du Tour de piste (ier jour). Prix des Aéronats (1er jour).
- / Grand Prix de la Champagne et de \ la Ville de Reims (ier jour).
- 5 Prix du Tour de piste (2e jour),
- ( Prix des Aéronats. (2“ jour).
- ( Prix de la Vitesse (20 jour).
- < Prix du Tour de piste (3e jour).
- ( Prix des Aéronats. f Grand Prix de la Champagne et de } la Ville de Reims (20 jour).
- ) Prix du Tour de piste (4e jour).
- ( Prix des Aéronats (4° jour).
- Grand Prix de la Champagne et de la Ville de Reims (3° jour).
- Prix du Tour de piste (5e jour). Prix des Aéronats (5? jour). Concours d’atterrissage des sphériques.
- Grand Prix de la Champagne et de la Ville de Reims (3° jour).
- Prix du Tour de piste (6° jour). Prix des Aéronats. (6° jour).
- Coupe internationale d’Aviation Gordon-Bennett.
- Prix des Passagers.
- Prix du Tour de piste (70 jour). Prix des Aéronats (70 jour).
- Prix de l’Altitude.
- Prix des Passagers (2e jour).
- Prix du Tour de piste.
- Prix des Aéronats.
- Les prix du Tour de piste et des Aéronats seront disputés tous les jours de 10 heures du matin à 7 heures du soir.
- Le droit d’entrée est fixé à 1000 fr. par appareil engagé, remboursable au titulaire, si l’appareil a franchi, au moins une fois, la ligne de départ.
- La Coupe Gordon-Bennett d’aviation, destinée sans aucun doute à remplacer le Grand Prix de l’A. C. F., a réuni les engagements de 5 nations : France, Autriche, Angleterre, Italie et Etats-Unis. Les concurrents français inscrits aux éliminatoires sont au nombre de 17. Pour la totalité des épreuves, il y aura 35 concurrents français et 8 étrangers ; nous relatons les noms de : Farman, Latham, Blériot, Tissandier, Delagrange, Santos-Dumont, Pau-lhan, comte de Lambert, Saunier, Curtiss, etc., c’est-à-dire tous les appareils qui ont fait leurs preuves dernièrement.
- De multiples moyens de communication rapides et commodes permettront de se rendre à l’aérodrome de Bétheny ; ce dernier se trouve, en effet, à proximité de la roule de Reims à Neufchâtel et du chemin de fer de Laon à Reims (fig. 2). On a construit sur cette ligne, spécialement pour la grande Semaine de la Champagne, la gare de Fresnois, à 5oo m. des tribunes. Les dimanches 22 et 29 août des trains spéciaux iront de Paris à Reims (2 heures de trajet).
- Les autres jours de la semaine les trains de Paris à Reims seront dédoublés; il y aura un service spécial de Reims au Fresnois. En outre, un service d’automobiles sera organisé de Reims au Fresnois.
- Comme les vols pourront durer jusqu’à une heure tardive de la journée, et que d’autres fêtes et concours auront lieu le soir, la route du Fresnois à Reims sera éclairée à l’électricité, ainsi que les tribunes, hangars, buffets, etc.
- Les tribunes comprennent des loges dpnt la location varie de 1000 fr. à à5b fr. par semaine, suivant le nombre de personnes qu’elles peuvent contenir, ou de 4oofi\ à 100 fr. par journée. (
- Lés tribunes contiennent, en outre, des places assises numérotées à 20 fr. et debout à 10 fr. La grande pelouse est tarifée à 1 fr. A l’extrémité de la pelouse est érigée une tribune avec places à 3 fr.
- La longueur de la piste et l’heureuse disposition du terrain permettront d’ailleurs au public non payant de suivre, hormis les, départs et les arrivées, toutes les courses et leurs incidents. ’
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- SCIENCE APPLIQUEE
- »<
- Aviation <^s^>
- Le Wrightmètre- — Ne cherchez pas la signification de ce néologisme dans lequel la mesure de Wilbur Wright n’a rien à voir. Le sympathique améiùcain a prêté, à son insu, son nom à la chose pour lui permettre d’être parfaitement indéfinie. Le wrightmètre est un appareil destiné à mesurer la résistance qu’oppose au mouvement de l’air une surface prise pour unité, et cela pour l’unité de vitesse. Autrement dit, le wrightmètre donnera la valeur du coefficient K des aviateurs.
- L’inventeur de l’appareil et du nom est un électricien, M. Dalloz, qui a cru ingénieux d’assimiler l’aérodynamique à l’électricité en adoptant, pour désigner ses unités, le procédé admis par les électriciens au Congrès de 1881, d’où sont sortis les Volt, les Ampère, les Watt, pères des voltmètres, des ampèremètres, etc.
- L’appareil est d’une utilité incontestable; mais il faut que la surface capable de donner cette unité de la résistance de l’air présente un caractère d’immuabilité indispensable à une unité fondamentale.
- Or nous savons que jusqu’ici on n’est pas encore parvenu à trouver deux surfaces se comportant de la même manière sous l’action d’un courant d’air de vitesse donnée. M. Dalloz a songé à la sphère et son idée est bien accueillie dans le monde technique qui s’occupe d’aérodynamique.
- Il est bien évident, dit le capitaine Ferber, que l’absolue symétrie de la sphère élimine toute la question de l’incidence, et que la détermination de la résistance se fera, dans ce cas, avec une grande précision, en utilisant plusieurs méthodes dont la plus simple consistera à laisser tomber la sphère unité d’une grande hauteur et à noter la période de mouvement uniforme. Il est vrai que le coefficient de la sphère sera plus faible que celui du plan, puisque la sphère se présente suivant une surface convexe ; mais cette différence ne peut affaiblir le principe même de l’appareil, puisque toutes les recherches se rapporteront à cette unité essentiellement invariable.
- Le « Wrightmètre », commandé par M. Dalloz chez Chauvin et Arnoux, comprend une sphère légère S en celluloïd capable de tourner autour d’un axe placé perpendiculairement à la direction du flux à étudier, direction qui est révélée par une girouette spéciale. La tige qui porte la sphère est équilibrée par une autre sphère plus petite et plus lourde placée sur le prolongement de la tige, de l’autre côté de l’axe. La sphère oscille autour du point P et la tige T se termine par une lame d’aluminium A qui divise la cage C en deux compartiments et sert d’abord d’aiguille parcourant une graduation et ensuite de palette pour amortir les variations du flux.
- Cet appareil peut prendre place sur un aéroplane et l’aviateur pourra lire à chaque instant la vitesse relative qu’il a par rapport à la couche d’air. Il se rendra compte ainsi s’il perd ou gagne de la vitesse, renseignement très précieux, car la vitesse est la sécurité de l’aviateur.
- L’idée de M. Dalloz est donc excellente ; mais le nom donné à l’appareil qui la réalise nous paraît moins heureux. -
- Le Wrightmètre.
- Automobilisme
- Une automobile chauffe-plats. — Nous ne sommes pas près de voir la fin des applications de l’automobilisme. Chaque jour on en signale de nouvelles, toutes plus ingénieuses les unes que les autres, servant aux transports les plus variés. Un restaurant parisien vient de faire construire une voiture chauffe-plats, sur un de ces curieux châssis Roval, spécialement conçus pour les
- petites livraisons et qui sont déjà représentés par de nombreux modèles dans les villes importantes. Le moteur fait 8 chevaux seulement; le siège du conducteur est à 1’arrière et la transmission se fait par chaînes. L’emplacement réservé à la carrosserie occupe donc presque toute la longueur du châssis.
- La carrosserie — si on nous permet de lui donner ce
- Fig. 1. —L’automobile cliauffe-plats, vue de côté.
- nom — de la voiturette chauffe-plats du restaurant Prunier renferme les plats chauds pour la ville. Les aliments restent dans les récipients où ils ont été cuits'; on les loge dans les compartiments de la voiture où ils reposent sur des tôles galvanisées. Les parois sont également en tôle galvanisées et entre deux cloisons on a bourré du feutre qui remplit les fonctions de calorifuge. La chaleur est entretenue à l’intérieur de la carrosserie par les canalisations de l’eau de refroidissement du moteur et un prolongement de celle de l’échappement. La température, à l’intérieur de cette caisse automobile à compartiments, se trouve ainsi portée à 60 degrés environ, qu’elle conserve à peu près constamment. Afin de faciliter l’entrée et la sortie des plats, des portes ont été
- ménagées sur trois des côtés. De plus les rayons, qui sont percés de ti'ous, sont tous mobiles, dispositif qui permet un nettoyage facile dans les cas certainement assez fréquents, où les sauces sont projetées hors des plats â la suite de la rencontre d’une roue avec un pavé ou avec un autobus.
- Des applications de ce genre feront des gourmets auto-phobes les plus chauds partisans de l’automobilisme.
- c$>$, JS autisme
- Le « Nie Nado ». — Le « Nie Nado » est un curieux petit bateau démontable et transportable. Il est constitué par deux tubes cylindriques, aux extrémités coniques, en toile souple et imperméable, munis chacun d’une chambre à air. A ces tubes sont fixées des ceintures ;. celles-ci maintiennent des longerons de bois articulés qui portent des traverses disposées perpendiculairement pour soutenir une toile imperméable, tendue horizontalement, qui fait l’office de pont.
- Sur ce pont est fixé un siège confortable pour le navigateur. Ce siège est mobile, dispositif qui permet d’établir l’équilibre, selon le mode de traction adopté. Les flotteurs cylindriques comportent une valve spéciale à grand rendement et une soupape pour faciliter le dégonflement rapide. Les pneumatiques sont gonflés à 2 kilogrammes de pression.
- Ce bateau est d’une stabilité absolue, il peut supporter un poids directement proportionnel au volume des cylindres. Le modèle courant est calculé pour porter 250 kilos, mais il se construit des « Nie Nado » plus
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- résistants pour porter deux personnes. Sa ligne de flottaison est fixe et sa résistance au courant peut être considérée pratiquement comme nulle. Pour transporter l’appareil, on dégonfle les chambres à air, on enroule les enveloppes, on plie les longerons et Ion enserre le
- tout dans la toile du pont, y compris la pagaie qui est munie d’un manchon permettant dé la diviser en deux parties égales.
- Ainsi plié, l'appareil présente l’aspect d’un colis de i m. 20 de long sur o m. 4° de large et 0,18 d’épaisseur ; il pèse exactement 18 kilogrammes et est très facilement transportable. Le montage du canot ne demande pas plus de 14 minutes.
- Les nombreux essais effectués cet hiver, à l’île de la Grande Jatte, en présence de personnes compétentes, ont été des plus satisfaisants; pendant ces essais le canot a été manœuvré à la pagaie et à la rame, mais on peut y adapter une voile et on conçoit qu’il serait possible d’y joindre un moteur léger électrique ou à pétrole. Inutile d’insister sur les avantages que présente cette invention pour les pêcheurs en rivière, pour les amateurs de yachting et enfin sur les services, plus sérieux, que ce petit bateau est appelé à rendre à la marine, à l’armée et aux coloniaux.
- Le « Nie Nado » a été imaginé par M. Nicoulès, 10, rue des Bons-Enfants, Paris.
- Mécanique
- Chalumeau d’amateur. — Le chalumeau dont se servent les ouvriers pour produire des températures élevées ne semble pas devoir prendre place parmi les menus objets que tout amateur est à même de confectionner.
- Il jie faut cependant jurer de rien, car voici un procédé très simple et très pratique permettant de construire soi-même un excellent chalumeau. Nous l’empruntons au Scientific American. Notre dessin monti'e que l’appareil est réduit à sa plus simple expression. Un simple tube de cuivre de 8 millimètres de diamètre intérieur B est enroulé en spirale C sur une certaine longueur; l’extrémité effilée D est ramenée à l’intérieur de la spirale. Le support est constitué par une simple bande de fer E entourant la spirale. On ajoute un robinet F qui permet l’arrivée du gaz dans le chalumeau. On comprend de suite que le jet H de gaz sortant à l’intérieur de la spirale par l’extrémité du tube, entraîne de l’air qui se mélange aux vapeurs d’essence et brûle en produisant une flamme longue et très chaude. La chaleur de cette flamme échauffe la spirale, communique des calories supplémentaires aux gaz qui y circulent et augmente ainsi la vitesse de sortie de ces gaz et la température de la flamme. .
- Pour fabriquer un appareil de ce genre, il faut procéder avec assez de précautions. Comme le tube métallique ne se courbe pas facilement, il faut tout d’abord le remplir avec une substance qui tienne ses parois constamment écartées pendant l’opération, sans quoi le tube s’aplatirait. En pareil cas, on emploie le plomb pour les petits tubes et le sable pour les gros.
- On prend un tube de 2 mètres de long et on le ferme à une des extrémités par quelques coups de marteau. Puis, par l’autre bout, on introduit une baguette de plomb d’un diamètre un peu inférieur à celui du tube pour que l’introduction se fasse sans difficulté. On chauffe ensuite le tube extérieurement, le plomb se liquéfie et remplit peu à peu le tube. On laisse refroidir. Il est alors facile de cintrer le tube sur un mandrin de 2 centimètres de diamètre environ. Il ne reste plus qu’à faire les coudes B et D après avoir martelé la pointe du tube pour que le jet de gaz ait plus de force, puis
- Chalumeau d'amateur.
- on chasse le plomb en chauffant de nouveau le tube, il coule seul. Ajoutez le support et le montage du robinet et vous aurez un excellent chalumeau alimenté au gaz ou à l’essence, en prenant, naturellement, toutes les précautions d’usage avec ce dernier liquide.
- Divers
- Comment s’orienter avec une montre? — Très simple et très pratique le truc décrit par Omnia qui permet à chacun de s’orienter pendant le jour avéc une simple montre aussi exactement qu’avec une boussole, pourvu toutefois que le soleil ne fasse pas défaut. Il est vrai que, avec un peu d’œil et d’habitude, on se reconnaît facilement quand on possède ces deux éléments: l’heure et le soleil. Quoi qu’il en soit voici comment il convient d’opérer avec sa montre.
- Placez la montre à plat et orientez-la de manière à placer le soleil exactement au milieu de la distance qui sépare le midi du cadran de la petite aiguille. La visée se fera à l’aide d’une allumette que l’on tiendra verticalement de manière que son ombre se projette sur le cadran en passant par le pivot des aiguilles. Cela fait, les points cardinaux seront déterminés de la manière suivante : midi indiquera le sud, 6 heures le nord, 3 heures l’ouest, 9 heures l’est. Ce petit truc s’explique de la manière suivante. Dans la journée, le soleil décrit une demi-circonférence de l’est à l’ouest; il parcourt donc seulement le champ d’horizon représentant, sur la montre, l’espace compris entre 3 heures et g heures. Pendant ce temps, la petite aiguille parcourt le cadran complet de 6 heures à 6 heures. A midi l’aiguille et le soleil concordent ; ensuite le soleil est écarté de midi d’une quantité égale à la moitié de celle qui tient la petite aiguille écartée de la grande.
- Machine à coller les timbres-poste. — M. Frey, de Lausanne, avec la collaboration de deux mécaniciens bâlois, MM. Siess et Muller a conçu et exécuté un ingénieux appareil qui découpe et colle les timbres-poste et que décrit la Rerue suisse des Inventions. Le fonctionnement de la machine est des plus sirpples : on saisit la poignée (fîg. 1) que l’on soulève aussi haut que possible. Dans ce mouvement un petit rouleau vient humecter sur l’enveloppe l’endroit sur. lequel doit être appliqué le timbre. Les estampilles postales se trouvent disposées
- M
- Machine à coller les timbres-poste.
- en rouleau et sont amenées par un intelligent dispositif sous un système de couteau qui découpe un timbre et l’applique à l’endroit qui vient d’être humecté. On peut arriver à coller très rapidement une grande quantité de timbres, aussi cet appareil sera-t-il très apprécié, plus spécialement par les grandes administrations, les banques, les commerces importants, etc.
- Les inventeurs combinent actuellement une application spéciale de leur appareil. Il s’agit d’un distributeur automatique de timbres-poste qui collerait ditèctement le timbre sur l’enveloppe qu’on lui présenterait. Voilà un appareil qui rendra de grands services au public dans les bureaux de poste, les hôtels.
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- VARIETES
- ;cs*r
- La première traversée aérienne de la Manche.
- — A-t-on remarqué que le brillant exploit qui vaut à M. Blériot de si légitimes lionueurs coïncide avec le centième anniversaire de la mort de Jean-Pierre Blanchard, des Andelys, qui le premier osa tenter et réussit la traversée de la Manche en ballon? C’est en effet en 1809 que cet audacieux aéronaute périt à la Haye, au cours d’une ascension, brisé sur le sol après une chute de 20 m.
- M. Blériot ne pouvait plus dignement commémorer le centenaire de la mort de son illustre prédécesseur qu’en renouvelant sa prouesse, dont il n’est peut-être pas sans intérêt de rappeler en quelques lignes les circonstances.
- Blanchard, fils d’un tourneur, avait manifesté dès son enfance le goût de la mécanique, et rêvé la conquête de l’air. En 1780, il construisit un bateau volant, qui ne parvint pas d’ailleurs à prendi e son essor, malgré son gouvernail et ses six rames; il avait également imaginé d’appliquer à son propre corps une paire de grandes ailes qui lui permettaient de s’élever à 80 pieds, mais seulement à l’aide d’un contrepoids.
- La découverte de Montgollier l’orienta d’une manière plus précise vers l’aérostation ; il exécuta, notamment au Champ de Mars en 1784, des ascensions qui excitèrent l’enthousiasme du public, et lui firent concevoir l’audacieux projet qui devait illustrer son nom. Il passa en Angleterre, et fit annoncer par les journaux qu’au premier vent favorable il traverserait la Manche en ballon, de Douvres à Calais. Un anglais, le Dr Jefferies, s’offrit pour l’accompagner.
- Les circonstances le servirent rapidement, et il n’eut point à prolonger, comme son infortuné rival Pilàtre de Rozier, une énervante attente de plusieurs mois, trop sûr présage d’une catastrophe. Le 7 janvier 1785, par un ciel serein et une brise faible de Nord-Ouest, il fit gonfler son ballon, sur le bord d’un rocher escarpé, et prit place dans la nacelle avec Jefferies.
- L’aérostat fut lâché à 1 heure ; après une traversée assez mouvementée, au cours de laquelle les voyageurs, pour maintenir à une hauteur suffisante le ballon qui perdait son gaz, durent jeter successivement à la mer provisions de bouche, gouvernail, rames, cordages et vêtements, et où Jefferies offrit, dit-on, à son compagnon de le sauver en se précipitant lui-même dans les flots, les côtes de Calais furent en vue vers 3 heures.
- Le ballon franchit la ville, et vint s’abattre peu d’instants après dans la forêt de Guînes, arrêté par les branches d’un chêne. Tous les habitants de Calais étaient sortis pour jouir du spectacle, et le fort Rouge tira en signe d’allégresse plusieurs coups de canon.
- Les aéronautes se reposèrent quelque temps au château d’Hardinghem, où vint les prendre une voiture à six chevaux envoyée par la municipalité de Calais. Ils arrivèrent à 11 heures du soir aux portes de la ville, qui furent spécialement ouvertes pour eux, et malgré l’heure tardive la population se porta au devant d’eux en criant : « Vive le roi ! vivent les voyageurs aériens ! »
- Le négociant Mouron, major de la milice garde-côtes, les reçut chez lui ; le lendemain, la. municipalité se rendit en corps dans sa maison, et offrit aux deux héros le vin d’honneur dans une coupe de vermeil. Un banquet eut lieu à l’Hôtel de Ville, et pendant le repas furent présentées à Blanchard, dans une boîte d’or, les lettres qui lui accordaient, suivant une décision prise immédiatement par la municipalité, le titre de citoyen de Calais. Le ballon fut déposé dans une église de là ville, comme on avait fait autrefois en Espagne pour le vaisseau de Colomb.
- Là ne se borna pas le triomphe de l’heureux aéronaute. Louis XVI voulut qu’il lui fût présenté, et le dota d’une pension de 1200 livres. La reine mit pour lui sur une carte, gagna une grosse somme et la lui fît compter. Il ne fut pas moins fêté à l’étranger. A Franc-fort-sur-le-Mein, l’ambassadeur de Russie le montra au peuple sur son balcon ; on traîna sa voiture jusqu’au spectacle ; il fut porté de loge en loge, son buste couronné, et lui-même, couronné également, dut accepter un
- monceau de boîtes d’or, de bourses, de bijoux, de montres.
- L’envie cependant ne l’épargna point, et lui décerna le titre de Don Quichotte de la Manche, ce qui ne servit qu’à affirmer son triomphe. Et quand, un an après l’événement, une colonne de marbre fut inaugurée dans la forêt de Guînes à l’endroit même où le ballon avait atterri, il put s’écrier, en songeant à ses ennemis : « Je ne crains plus le persiflage et la calomnie. Grâce à Dieu, messieurs, il faudrait cinquante mille rames de libelles entassés pour masquer ce monument sur toutes ses faces. »
- Blanchard ne sut pas profiter de la faveur,<'dont il jouissait pour s’enrichir. Il laissa en mourant sa veuve ' à peu près sans ressources ; elle continua la carrière de son mari, et périt elle-même de mort tragique à Paris, le 6 juillet 1819, dans une ascension où, ayant voulu tirer un feu d’artifice aérien, elle enflamma le gaz de son ballon, et fut précipitée sur le sol. A. Acloque.
- Chronométrie, aérostation, exploration. — Dans un article du 9 janvier 1904, M. Ch, Ed. Guillaume a fait part aux lecteurs de La Nature des expériences exécutées par M. Paul Dilisheim en vue de déterminer l’action de la pression barométrique sur là marche des chronomètres.
- A la fin de cet article, le savant directeur adjoint du Bureau international des poids et mesures, faisait remarquer que le retard de 1 seconde 62 par 24 heures imprimé à une montre de bord parfaitement isochrone par une augmentation de pression de 100 mm de mercure était susceptible de causer de graves mécomptes dans les voyages d’exploration comme celui du prince Henri d’Orléans et de M. Bonvalot au Thibet.
- Dans une communication à la Société astronomique de France, il signalait également l’intérêt qu’il y aurait dans l’avenir .« à introduire dans les calculs la petite correction que nécessite la marche des chronomètres emportés dans les grandes ascensions. »
- L’aérostation a depuis lors marché à pas de géant. Et l’avenir prévu par M. Guillaume en 1904 est en train de se réaliser en ce moment où l’on n’aperçoit plus en l’air que ballons, dirigeables, aéroplanes et autres pionniers de la conquête de l’air.
- L’observation des marches des chronomètres au point de vue de la pression est par suite entrée à peu près définitivement dans le domaine de la pratique. Et désormais les montres d’explorateurs ou d’aéronautes seront de plus en plus fréquemment accompagnées d’une table permettant les corrections barométriques. Il ne faut pas, en effet, songer à obtenir automatiquement sur les appareils ce qu’on pourrait appeler la compensation barométrique. On ne pourrait le faire, ainsi que MM. Ditisheim et Guillaume l’ont démontré, qu’en introduisant dans les marches une grave imperfection par l’exagération du défaut d’isochronisme, lequel se manifeste par la différence de durée des oscillations du balancier aux grands et aux petits arcs.
- L’Observatoire astronomique et chronométrique de Neuchâtel a dès l’année 1905, dans son règlement pour l’observation des chronomètres et des pendules, introduit des « épreuves facultatives sous pressions atmosphériques différentes. »
- Un bulletin spécial est délivré pour ces épreuves. Nous empruntons les détails ci-dessous au certificat attribué au chronomètre sidéral 23og5, soumis par M. Ditisheim au contrôle officiel du 25 septembre au 2 octobre 1908.
- Le tableau des marches diurnes est très intéressant.
- Dates.
- 25- 26 sept
- 26- 27 —
- 27- 28 —
- 28- 29 —
- 29- 30 —
- 30- 1 oct. 1-2 —
- Maiiches diurnes. 7 secondes 2
- 5 secondes i3 secondes 9
- 12 secondes 8
- 13 secondes 8
- 6 secondes 4 6 secondes 8
- Pression.
- 720 millimètres.
- 721 — i5o
- i5o . — i5o —
- 725 —
- 724 —
- Cela représente une variation moyenne de marche
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- VARIETES
- diurne de 12 millièmes de secondes pour une variation de pression atmosphérique de 1 mm de mercure.
- Il est assez curieux de remarquer que cette observation de l’Observatoire neuchâtelois a été faite avec les propres appareils de M. Ditisheim dont La Nature a donné la gravure en 1904. L’Observatoire, en effet, a bien introduit dans son règlement des épreuves barométriques, mais l’administration supérieure neuchâte-loise n’a pas encore fait les frais de 1 installation nécessaire.
- Remarquons aussi que le coefficient de variation diurne de 12 millièmes de secondes se trouve être exactement le même que celui constaté par Hilfiker sur la pendule de Hipp installée depuis une quarantaine d’années dans un tube de verre et sous pression consente dans les caves de l’Observatoire de Neuchâtel.
- il est un peu plus faible que celui indiqué dans la table de Rieffler pour les changements de pression dans les tubes hermétiques de ses pendules astronomiques à balanciers compensateurs en acier au nickel. Le coefficient indiqué par Rieffler est de 18 millièmes de seconde.
- M. Paul Ditisheim construit maintenant couramment
- des chronomètres pour aéronautes et explorateurs, qu’un étui rectangulaire permet de maintenir dans le gousset. Plusieurs de ces chronomètres ont été employés déjà dans la course Gordon-Bennet.
- Dans le principe ces appareils étaient enfermés dans un second étui matelassé. Mais cet étui a été supprimé sur les observations de M. Guillaume. Le motif de cet suppression est expliqué très naturellement dans une lettre adressée par le savant physicien à M. Ditisheim :
- « Dans notre ascension, nos garde-temps étaient simplement dans nos poches... Je dirai môme que, sauf dans des circonstances très spéciales, le meilleur port de la montre en ballon, c’est dans la poche. Nous avons atterri très rudement, les instruments ont été jetés les uns par dessus les autres et je crois qu’une montre aurait plus souffert d’être dans une boîte capitonnée que de se trouver simplement dans notre gousset. »
- De quelque façon qu’on les porte d’ailleurs, les chronomètres d’exploration et d’ascensions ne pourront plus guère se passer de tables de corrections barométriques, si leurs possesseurs veulent faire des déterminations de point précises. L. Revekcixon.
- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- oss;
- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en juillet 1909, par M. Th. Moureaux.
- Comme en juin, les éléments météorologiques ont subi, en juillet, des troubles inusités.
- La température moyenne est seulement de . i5°,74, inférieure de 2°,57 à la normale du mois, inférieure même à la normale de juin. Aucune moyenne diurne ne dépasse 180 du ier au 3o, et toutes, sauf celle du 31, sont au-dessous de la normale de chaque jour correspondant; la moyenne des maxima n’atteint même pas 210, et le maximum absolu, a5°,3 (le 21), est le plus faible qui ait été observé depuis plus d’un siècle ; une semblable anomalie de la température est extrêmement rare ; on ne peut lui comparer que celles des mois de juillet 18x6, 1879 et 1B88.
- Les mois de juillet froids sont généralement des mois humides, et les trois que nous venons de citer cori'es-pondent à un régime pluvieux. Il en est de même cette année : on a x'ecueilli 96“"”,2 de pluie, au lieu de 5imm,1; ce chiffre n’a été dépassé qu’une seule fois depuis 1861 : en juillet 1890, mois également fixxid, il est tombé 107““,5 d’eau.
- La nébulosité est nécessairement très élevée, et il n’y a eu aucun jour sans nuages; par suite l’insolation, qui atteint habituellement son maximum annuel en juillet, est très faible, le Soleil n’ayant brillé que pendant i54h 5, total très inférieur à ceux des mois dejuin, de mai, et même d’aviûl.
- Le niveau de la Marne s’est élevé à 3m,8o le 18; sa hauteur moyenne a été de 3m,o8, en excès de om,83 sur la normale ; la température de l’eau n’a pas atteint une seule fois 200, cii'constance qui, depuis 35 ans, ne s’est produite qu’en juillet x888.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 758mm,i4; minimum absolu, 743mm,6 le 7 à o^o1”; maximum absolu, 756mm,2 le 18 à ioh5om; écai't extrême, 2im“,6.
- Tempér*ature : Sous l’abri : moyenne des minima, ii°,i5; des maxima, 20°,72; du mois, i5°,94; des 24 heui’es, 15°,74 i minimum absolu, 8°,i le 12; maximum absolu, 25°,3 le 21. Amplitude diurne, moyenne du mois, 90,56; la plus élevée, i6°,2 le 21; la plus faible, 3°,5 le 6. — Sur le sol gazonné : moyenne des minima, io°,45 ; des maxima, 4I°>Io; minimum absolu, 6°,8 le 12; maximum absolu, 52°,5 le 21. — Dans le sol gazonné : moyennes du mois; pi’ofondeur om,3o : à 9 heures, 16°,58; à 21 heures, 16°,96 ; profondeur om,65 : à 9 heures, i6°,o5; à 21 heures, i6°,o5; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, i5°,33, à 21 heures, i5°,36. — De la Maime : moyenne le matin, i7°,66; le soir, i8°,oi ; minimum, i6°,4i le x4; maximum, i9°,5o le 27.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, iomm,70; minimum, 6“*m,7 le ier à 8 heures et le 21 à' 18 heures; maximum, i5mm,4 le 17 à 17 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 81,4; minimum 31, le 21 à 16 heures ; maximum 100 en 10 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 7,22; minimum 1,4 le 20; trois jours couverts, les 6, 12 et 17.
- Insolation : durée possible, 485 heures; durée effective, i54h 5 en 26 jours; rappoxff, 0,32.
- Pluie : total du mois, 96““,2 en 64h5.
- Nombre de jours : de pluie, 14; de pluie inappré-ciable, 5; de grêle, 1; de rosée, 21; d’orage, 4; de brouillard, 3; de brume, 4l de halos, 6.
- Fréquence des vents : calmes, x3.
- N_________ 83 S. E. . . . 3 W. ... 65
- N. N. E . . 6 S. S. E . . i3 W. N. W. 42
- N. E . . . 4 S ..... 48 N. W .. 63
- E. N. E . . .3 S. S. W . . 114 N. N. W. 58
- E........ o S. W . . . 136
- E. S. E . . 2 W. S. W. . 91
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3“,26 ; moyenne diurne la plus grande, 4"\8 le 24; la plus faible, im,3 le 18; vitesse maximum en i5 minutes, 9“,2 le 24, de ioh45m à ir heures par vent S. W.
- Hauteur de la Maime : moyenne du mois, 3m,o8; minimum, 2m,i9 le 4; maximum, 3m,8o le 18.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, 0,00; température, —20,57 ; tension delà vapeur, — omm,32; humidité relative, +9,0;. nébulosité, -J- 1,83 ; pluie, -j-45mm,i; jours de pluie, -j- 2 ; insolation, — 93h3.
- Taches solaires : on a suivi 8 taches ou groupes de taches en 23 jours d’observations. Le Soleil a paru dépourvu de taches du 10 au i5.
- Perturbations magnétiques : Très faibles les i2-i3, 21-22, 24, 28-29.
- Radiation solaire : La radiation solaire n’a pu être observée qu’à 8 dates différentes ; les valeurs les plus élevées sont : ioal,i58 le 3 à iok 20“ et le 9 à i4h5m; 1oal, 155 le 20 à i3h24m; i0al,229 le 3i à i4h49m; ics1,234 le 22 à 91129™.
- Mouvements sismiques : Le 7 (tremblement de teri'e dans l’Inde) : début à 2ih55“ (t. L), phase principale, à 22h7m, fin à 23h48m; le i5 : début à oh5om, phase prin-cipale de oh54m à oh57m; fin à ih3m; le 3o (tremblement de terre du Mexique) : début à iihnm; phase principale de 1 ih 54m à iih 56m, fin à i3-54“; le 3i : début à i9h 42“, phase principale de 2oh i8m à 2oll28m; les vibrations deviennent presque inappréciables à 20h5om.
- Floraisons : Le 2, clématite commune; le 5, chrysanthème d’été; lé 7, chardon Marie; le 8, oenothère, spirée de fortune, passerose ; le 12^ yucca filamentosa; le 13, leucanthemum lacustre; le i5, harpalium; le 16, saponaire, verge d’or; le 19, tilleul argenté, héliantus multi-flonis; le 20, fenouil, bouillon blanc; le 22, mauve d’Alger; le 24, absinthe; le 25, bocconia microcarpa. — Exfoliation des platanes le 20.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS, — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Defforge, à Lussault. — Une commission internationale s’est réunie pour l’étude
- du freinage des trains de marchandises. Mais les conclusions de cette commission ne sont pas encore connues.
- M. Bonnevie, à Laval. — S’agit-il d’un émail photographique ou d’une photo sur papier, émaillée, c’est-à-dire en gélatine ? Il faut un outillage spécial pour bomber ces épreuves. Voyez le Traité Encyclopédique de photographie, par C. Fabre, chez Gauthier-Villars, Paris, io et la Photographie au charbon, par Liébert. Même libi'airie.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- La découverte de l’Amérique au xiv° siècle : Jean-Paul Lafitte. — Le drainage de la vallée de Mexico. — L’électro-soudure : L. Ramakers. — Un curieux système de train continu : Pierre de Mériel. — Les coulisses des grands magasins : Will Dar-villé. — Chronique : Les voies d’accès au Simplou : R. B. — Académie des sciences; séance du 9 août 1909 : Ch. ije Ville-deuil. — Contre la grêle : A. Troller.
- Supplément. — Les gaz de la nébuleuse annulaire de la Lyre — Déplacement du système solaire. — L’origine des taches solaires, etc. — L’industrie du canard en Indo-Chinc. — Contre les aoûtats.
- Henri Poincaré, biographie ; bibliographie analytique des écrits, par Ernest Lebon, agrégé de l’Université, lauréat de l’Académie française, correspondant de l’Académie royale des sciences de Lisbonne, membre honoraire de l’Académie de Metz. 1 vol. in-8° (28-18). de vin-80 p., papier de Hollande, avec un portrait en héliogravure. ie‘ juillet 1909. 7 fr.
- Cet opuscule fait partie d’une série que l’auteur se propose de publier sur les savants du jour ; il est ainsi divisé ; Section I. — Biographie. — Discours de M. Frédéric Masson. Grades. Fonctions. Titres honorifiques. Prix. Décorations. Articles sur M. Henri Poincaré. — Section IL — Analyse mathématique. — Rapport sur le prix Bolyai. Ouvrages. Mémoires. Notes : Analyse pure. Analyse appliquée à l’arithmétique et à l’algèbre. Analyse appliquée à la géométrie. — Section III. — Mécanique analytique et mécanique céleste. — Adresse prononcée par Sir George Darwin. Ouvrages. Mémoires. Notes : Mécanique .analytique. Mécanique céleste. Notices. Rapports. — Section IV. —- Physique mathématique. — Rapport sur le prix Bolyai. Ouvrages. Mémoires. Notes. Notices. Conférences. — Section V. — Philosophie scientifique. — Analyse de Science et Méthode, par Emile Faguet. Ouvrages. Articles. Discussions. Discours. Conférences. — Section VI. — Nécrologie. — Notice. Discours. — Section VII. — Publications diverses. — Ouvrage. Mémoires. Notes. Articles :
- ..{Mathématiques. Astronomie physique. Physique. Politique. Discours. Rapports. Préfaces. Analyses.
- Analyse du caoutchouc et de la gutta-percha, par Pontio Maurice, lauréat de la Société chimique de France. In-8° (19-12) de 170 pages, avec 11 figures; '1909. (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire.) Broché, 2tr,5o. Masson et Cie, Paris.
- . La première partie de ce volume est consacrée à l’étude du caoutchouc ; sa définition, ses origines botaniques, ses propriétés physiques et chimiques.. La partie la plus importante a été réservée aux moyens de contrôle employés pour reconnaître la qualité d’un objet brut ou manufacturé. La gutta-percha forme la deuxième partie, qui comporte également l’étude des propriétés de cette matière et les méthodes physiques ou chimiques employées pour évaluer son degré de pureté. Un extrait du cahier des charges de quelques
- administrations indique dans quelles conditions les objets en caoutchouc sont acceptés.
- Le nouveau bassin minier de Meurthe-et Moselle et son réseau ferré, par Auguste Pawlowski. i vol. in-16, Berger Levrault, Paris, 3 francs.
- Cette étude intéressante et documentée, qui a paru d’abord dans le Journal des Débats, met au point les questions si actuelles relatives aux minerais de fer de Lorraine, natamment le très sérieux problème international posé à ce propos par la cession de compagnies aux allemands et l’immixtion inverse des capitaux français dans les houillères allemandes qui s’est produite en même temps. Une carte d’ensemble des concessions et des gravures illustrent ce petit livre.
- Initiation à la mécanique, par Ch.-Ed. Guillaume, directeur adjoint du Bureau international des Poids et Mesures. 1 vol. in-16, broché 2 francs. Hachette et Cie, Paris.
- La collection dirigée par M. A. Laisant et à laquelle appartient cet opuscule poursuit un but éminemment utile : initier l’enfant à la science, non par la discipline rigide, mnémonique et scholastique, trop habituelle à nos programmes classiques ; mais en éveillant peu à peu sa curiosité devant les spectacles naturels, en lui apprenant à observer judicieusement et à raisonner juste sür ses observations. Sans doute, ce n’est pas la simple lecture d’un ouvrage qui conduira l’enfant à pareil résultat ; il lui faut l’aide éclairée et constante de son professeur. Aussi bien est-ce plutôt à celui-ci que s'adressent les « Initiations ». Il trouvera dans le volume de M. Ch.-Ed. Guillaume, sous la forme claire et attachante que nos lecteurs connaissent bien, un programme riche et logique, et séducteur parfaitement apte à attirer à la mécanique les jeunes esprits avides de science. Il débute par l’étude du mouvement, la plus accessible à l’observation ; il montre en même temps, combien cette observation doit être avisée et combien elle peut cacher de surprises. Il aborde ensuite les effets des forces ; empruntant ses exemples aux réalités extérieures les plus tangibles, la bicyclette, le wagon, le skieur, etc., forçant ainsi l’attention et la réflexion. Et l’ouvrage se termine par d’intéressantes considérations sur le choc et la résistance des matériaux. .
- Animaux de nos pays (animaux domestiques et sauvages, amis et ennemis). Dictionnaire pratique, par M..Henri Coupin. 1 vol. in-18, 5oo pages, 600 gravures et 46 tableaux. Armand Colin. Paris. Prix ; relié toile, 6 francs.
- Ce très intéressant ouvrage, d’un de nos fidèles collaborateurs, comprend : i° L’étude des Vertébrés, avec la description de toutes les espèces de France, de Belgique et de Suisse; 20 l’étude des Invertébrés, c’est-à-dire des insectes, vers, mollusques, etc., dans laquelle l’auteur a dû limiter ses descriptions aux espèces les. plus communes, en s’étendant parfois sur quelques particularités de leurs mœurs. Le « tâton-
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- BIBLIOGRAPHIE
- nement » des déterminations est rendu facile par les 660 gravures qui accompagnent le texte et par un index alphabétique très détaillé.
- The South A fric an Natives : their progress and présent condition, édité par le South Afric. Nativ. Races committee. London, Murray, 1908.1 vol. 8°, 247 p. 6 sh.
- L’ouvrage est essentiellement une analyse et un sommaire des législations auxquelles sont soumis les indigènes de l’Afrique méridionale. D’autre part, il présente d’une façon très intéressante les résultats du contact de la civilisation européenne avec les civilisations africaines et montre les perturbations profondes qui en résultent pour celles-ci. A signaler particulièrement au chapitre capital sur les mouvements politi-
- ques et religieux qui agitent actuellement les Ethiopiens.
- Contemplations scientifiques, par Camille Flammarion. Paris, E. Flammarion, 1 vol. in-18, 3fr,5o.
- Beau et bon livre, écrit avec l’indépendance bien connue de l’un des écrivains les plus aimés du public, et qui donne à tous ses lecteurs une vision lumineuse de l’univers vivant.
- De l'illusion, son mécanisme psycho-social, par le prestidigitateur Alber, préface de Raymond Meunier. Paris, Bloud et Cie. 1909. 1 vol. in-16.. {Bibliothèque de psychologie expérimentale et de métapsychie.). Prix : ir',5o.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Q&.
- CS&
- In-
- observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE . DE 0 i 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN millimètres OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 août 19U9. . *ü°,2 S. S. VV. 3. l‘cu nuageux.’ 0,6 l’luie le ni.; halo à 9 11.; nuageux.
- Mardi 10 18°,3 w. 1. Couvert. » Rosée ; forte brume ; très nuageux
- Mercredi 11 16°,0 N. 3. Couvert. » Rosée ; brume ; couvert de 6 h. à 8 h.; beau ensuite.
- Jeudi 12. 16°,8 N. N. E. 2. Beau. » Rosée; beau.
- Vendredi 13 17°,5 N. N. E. 1. Beau. » Rosée ; très forte brunie le m.; peu nuageux.
- Samedi 14 17°,9 N. N. W. 1. Beau. )> Rosée ; brume; quelques nuages.
- Dimanche' 13. .... 17°.9 N. N. E. 1. Beau. » Rosée: beau.
- AOUT 1909. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 AOUT 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction durent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 8 au i5 août. — Le 8. Aire de pression voisine de 765 sur les Iles,-Britanniques, la mer du Nord, l’Allemagne; Irlande, 767; Vardoe, 744- Pluies sur le N. Temp. du matin : Bodoe, 8°; Paris, 20; Alger, 26; Puÿ de Dôme, 18; moyenne à Paris : 23°,8 (normale : 18°, 1 )- —.Le 9. Hausse légère sur le S.-O. et le N.; pression supérieure à 765 en Irlande, sur la Suisse et le N. de l’Italie; Le Havre, La Rochelle, 761 ; Seydisfjord, 75i. Pluies sur le N. et 10.; en France : orages sur le Centre et l’0. : Lorient, 32; Nantes, 16; Bordeaux, 13 ; Lyon, 6; Le Mans, Dunkerque, 2. Temp. du matin : Bodoe, 8°; Paris, 20; Marseille, 24; Puy de Dôme, 14; moyenne à Paris : 2i°,2 (normale : 18°). — Le 10.
- Hausse continue sur l’O. : pression supérieure à 765 sur l’Espagne, FO. de la France, les Iles-Britanniques : Yalentia, 769; dépression sur le N.-E. : Àrkangel, "741. Pluies sur l’0. et le N.; en France : Clermont-Ferrand, 12; Lyon, Biarritz, 10; Le Mans, 7; Toulouse, 6; Gap, 2. Temp. du matin : Paris, 190; Puy de Dôme, 10; moyenne à Paris : 20°,1 (normale : 180). — Le 11. Fortes pressions sur tout FO. et le Centre : Breslau, 766; Paris, 769; Valencia, 771; Ajaccio, fSg. Pluies sur le N. Temp. du matin : Bodoe, 8°; Paris, 16; Palerme,
- 28; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris : 190,8 (normale :" 17°,9). —Le 12. Pression supérieure à 765 sur l’Angleterre, les Pays-Bas, F Allemagne, la France : Belfort, 768; Ouessant, 770. Dépression au, N. de l’Ecosse, 748. Pluies sur le N. et le Centre. Temp. du matin : Vardoe, 5°; Paris, 17; Marseille, 22 ; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris : 2o0,8 (normale : i7°,9).
- — Le i3. Anticyclone persistant sur FO. et le Centre : Yalentia, 768 ; dépression sur l’Ecosse et la Scandinavie : Bodoe, 739. Pluies sur le N. et le S.-E. Temp. du matin : Seydisfjord, 70; Paris, 18; Nice, 26; Puy de Dôme, i5; moyenne à Paris : 21°,5 (normale : i7°,8). — Le 14. Suisse, Gascogne, 767; Bretagne, Irlande, 770; Hernœsaand, 740. Pluies sur le N. Temp. du matin : Seydisfjord, 6°; Paris, 18; Perpignan, 27; Puy de Dôme, 16; moyenne à Paris ; 2o0,3 (normale ; i7°,B).
- — Le i5. Irlande, 743 ; pression supérieure à 765 sur le N. et le Centre de la France, la Suisse! les Pays-Bas. Pluies sur le Centre et l’E. Temp. du matin : Vardoe, 70; Paris, 18; Alger, 29; Puy de Dôme, i5; moyenne à Paris : 2i°,8 (normale : 1 7°j7)- — Phases de la Lune : Néant.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- « r DIRECTION
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- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Parii (W)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l'indication d’origine.
- N° 1892 — 28 AOUT 1909
- SUPPLÉMENT
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- INFORMATIONS
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- Nouvelle expédition antarctique. — Jaloux des succès du lieutenant Shâekletôn, qu’il eut sous ses ordres pendant sa fameuse expédition de la « Discovery » (1901-1904), le capitaine Robert Falcon Scott, de la marine anglaise, prépare activement une nouvelle expédition au Pôle Sud. La composition du personnel est gardée secrète, ainsi que l’époque du départ. Mais on déclare de bonne source que les dépenses prévues sont déjà couvertes par une subvention de l’Etat, à laquelle viennent s’ajouter les allocations de plusieurs corps savants et des souscriptions particulières. Rappelons brièvement que l’expédition Scott ajouta beaucoup à nos connaissances des terres antarctiques, et qu’elle s’avança plus près du pôle que toutes les expéditions précédentes. M. Shacklelon, qui en faisait partie, dut l’abandonner dès la première année, pour cause dé maladie. La « Dis-côverÿ » fut emprisonnée par les glaces, et l’on redouta une catastrophe. Deux expéditions de secours, organisées grâce à une souscription publique qui produisit SBoooo fr., ramenèrent les explorateurs en Angleterre, où ils furent l’objet d’une réception triomphale.
- Les Assurances et l’Aviation. — Le brillant exploit de notre compatriote, M. Blériot, a eu, entre autres résultats, celui de créer une nouvelle branche dans les grandes maisons anglaises d’assurances. Pendant son séjour en Angleterre son monoplan avait été assuré pour 10000 £. (2 5oooo fr.), contre le feu, lë vol et l’accident, pour une prime de 40 guinées . par 100. Les courtiers s’attendent à ce que le Pas de Calais devienne avant peu le rendez-vous général des aviateurs des deux mondes', et, pour tenter la clientèle, ils ont fixé comme suit le pourcentage des différentes primes :
- Pour la traversée du détroit en machine volante, à accomplir dans le délai de deux mois . . de 35 £ à 40 £ Accident fatal personnel en mer . 10 £
- — non mortel — . dei3£ài5£
- Détérioration de l’aéroplane en mer 5 £
- Accident fatal sur terre...... 15 £
- Blessure personnelle sur terre . . 20 £
- Mais les Compagnies qui offrent ce tarif ont grand soin d’ajouter quelles ne peuvent l’appliquer qu’à l’égard des aviateurs qui ont déjà fait leurs preuves (prominent flyers).
- Téléphone à longue distance. — Deux ingénieurs suédois, MM. Egner et Holmstrôm, se sont livrés, grâce à de nouveaux appareils téléphoniques de leur invention à d’intéressantes expériences de transmission de la parole à longue distance. Leur système a pour effet de transmettre sur les lignes des courants de haute intensité, on sait que les intensités des courants téléphoniques habituels se chiffrent par milliampères. MM. Egner et Holmstrôm ont recours à des courants de 1 à i,25 am-
- père. Leurs expériences faites entre Stockholm et Berlin ont montré que, dans ces conditions, la portée de la transmission est doublée et passe sur fil de cuivre de 3 mm de diamètre, de 1000 à 2000 km, sur fil de 4,5 mm, de 2000 à 4000 km.
- Les progrès du téléphone. — Le National Téléphoné Journal publie le tableau suivant qui montre l’augmentation des postes téléphoniques dans les différentes contrées d’Europe entre le Ier janvier 1908 et le ier janvier 1909 :
- Allemagne . 768.266 851.319
- Grande-Bretagne .... 528.763 565.854
- F rance 178.518 194.159
- Suède i5o.g48 i56.000
- Autriche 108.457 124.825
- Russie 97.643 113.000
- Suisse 64,953 69.122
- Danemark 60.825 67.339
- Norvège 49.398 53.726
- Italie ........ 44•834 53.721
- Hollande........ 43.449 48.134
- Bèlgique 34.818 38.5o3
- Espagne . : 18.545 19.5oo
- On remarque, aux deux bouts de l’échelle, que la Russie compte 1 téléphone pour i322 habitants, et l’Espagne, 1 pour 955, tandis que les proportions sont les suivantes pour les pays les mieux pourvus : en Angleterre, 1 téléphone pour 77 habitants; en Allemagne, 1 pour 71 ; au Danemark, 1 pour 38; en Suède, 1 pour 34. C’est, d’ailleurs, dans ces deux derniers pays que le téléphone coûte le moins cher et est le mieux organisé.
- L’électricité et la végétation. — Le professeur Selim Semstrôm, de Helsingfors, vient de se livrer à d’intéressantes expériences relatives à l’influence de l’électricité atmosphérique sur la végétation. Elles ont été provoquées par l’observation d’une végétation très active, à certaine saison, dans les régions polaires. On pourrait être tenté de l’attribuer à l’absence de nuit durant les 2 ou 3 mois d’été. Cette explication serait inexacte, puisque la quantité totale de chaleur versée alors par le soleil est encore inférieure à celle des régions plus méridionales. En étudiant les couches annuelles concentriques des conifères de diverses latitudes, M. Semstrôm observa des inégalités de croissance qui ne pouvaient s’expliquer par la différence d âge des arbres, il constata d’autre part dans ces inégalités une périodicité en étroite concordance avec celle des taches solaires et de la lumière polaire. Ces faits semblaient révéler une influence électrique. M. Semstrôm fit alors les expériences suivantes : il prenait 3 échantillons aussi identiques que possible de plants d’orge, de seigle ou de blé; l’un était soumis aux effluves ennemies du pôle positif d’une machine de Holz, sur l’autre échantillon
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- INFORMATIONS
- le courant était dirigé en sens contraire, le troisième était soustrait à toute influence électrique. Les plants électrisés firent preuve d’une croissance beaucoup plus rapide ; une expérience analogue eut lieu en plein champ : sur la betterave la suractivation fut de 107 pour 100, sur la pomme de terre de 76 pour 100; sur le radis de 5g pour 100, le navet de 1,8 pour 100, sur le chou, au contraire, l’électricité eut une action paralysante et réduisit sa croissance de 43,6 pour 100, même effet sur la carotte, mais de 5,9 pour 100 seulement.
- La tourbe en Suède. — Les pays qui sont pauvres en charbon ou dont les réserves de houille commencent à s’épuiser se préoccupent avec raison des éléments dont ils peuvent disposer pour y suppléer. A ce point de vue la Suède est particulièrement bien partagée car, à côté des disponibilités considérables qu elle possède en houille blanche, il résulte de statistiques récentes que les tourbières reconnues en Suède seraient capables de fournir plus de 10 milliards de tonnes de tourbe sèche et utilisable.
- , L’anniversaire de la navigation à vapeur. — Les
- Etats-Unis célébreront dans quelques semaines, en de brillantes fêtes sur lesquelles nous aurons à revenir, le tricentenaire de la découverte du fleuve Hudson par le fameux navigateur anglais qui lui donna son nom, et,
- Le lancement du « Clairmont » à New-York.
- en même temps, le centenaire de la création de la première Compagnie de navigation à vapeur. Côte à côte, le navire reconstitué du hardi explorateur et la copie exacte du Clairmont, le bateau qui a immortalisé le nom de Robert Fulton, partiront de New-York et remonteront le Hudson jusqu’à Albany, la capitale de l’Etat de New-York, avec une brillante escorte de navires de tous modèles et de ballons dirigeables. Notre photographie représente le lancement du Clairmont reconstitué sur un chantier de Staten-Island. Il sera intéressant de comparer le glorieux ancêtre aux monstrueux transatlantiques qui l’escorteront dans la baie de New-York.
- Les flottes des principales nations maritimes. —
- D’après un rapport du secrétaire d’Etat de la Marine des Etats-Unis, résumé dans le Mois colonial et maritime (août 1909) le total général des navires en service des huit principales nations maritimes est de 4 455 42& tonnes et se répartit ainsi : Angleterre, 1 669 oo5 tonnes; Etats-Unis, 685 4^6; France, 62888a; Allemagne, 524 573; Japon, 371891; Russie, 240243; Italie, 220458 et Autriche, 114 25o tonnes. Au tonnage des navires construits il y a lieu d’ajouter celui de ceux en construction : Angleterre, 202 171 tonnes; France, 172 3o5 ; Etats-Unis, 85 042 ; Allemagne, 169 026 ; Japon, 78012; Russie, 79097; Italie, 64320 et Autriche, 34 100 tonnes. Les deux tonnages réunis classent ainsi les marines : Angleterre, 1 871 176 tonnes; France, 801 188; Etats-Unis, 770468; Allemagne, 698 599; Japon, 444 9o3 ; Russie, 320040; Italie, 284778; Autriche, 148 35o tonnes. Le déplacement total des huit marines s’élève par suite à 5 334 5o2 tonnes. Dans l’évaluation
- des foi'ces ne sont pas compris : i° les navires de plus de vingt ans à moins qu’ils n’aient été refondus et réarmés depuis 1900; 20 les navires non actuellement commencés même si le projet en a été autorisé; 3° les transports, charbonniers , navires - ateliers , navires - dépôts de torpilles, navires marchands convertis en navires de guerre et les yachts; 4° les navires de moins de 1000 tonnes, excepté les navires torpilleurs de moins de 5o tonnes.
- La France équatoriale. — C’est là le surnom qu’un rapport publié par l’Office Colonial Britannique accorde à la province orientale de l’Ouganda. La mission chargée d’étudier cette région incomplètement explorée jusqu’ici en est revenue émerveillée. Le climat est analogue à celui du Midi de la France, et la densité de la population est remarquable, surtout pour un district de l’Afrique équatoriale. Sur une étendue de territoire à peine supérieure à un département français, vit une population de plus 400000 âmes. Quel que soit le point qu’on prenne comme observatoire, le regard découvre des quantités de huttes en forme de dômes, habitées par les Baguichus, et flanquées chacune d’une ou de deux huttes plus petites, servant à emmagasiner les récoltes. Le paysage est enchanteur. La province est dominée par le mont Elgen (altitude 4260 m.), qui apparaît comme une énorme masse de verdure. Ses contreforts s’allongent très loin dans la plaine environnante, et de larges vallées à pentes douces, sillonnées chacune par une rivière aux eaux limpides, s’étendent entre les éperons. La végétation ne présente pas cette exubérance sauvage qui caractérise l’Afrique centrale. Les indigènes ont dompté la nature, et leurs champs, très bien cultivés et délimités géométriquement, forment un ensemble qui rappelle à l’auteur du rapport, M. Hesketh Bell, les régions viticoles de la France méridionale. Malheureusement, le demi-million de nègres qui peuple cet Eden n’a aucune organisation politique, ni chefs, ni conseils de tribu ou de village. Chacun vit pour soi. Les mœurs seraient pacifiques, si le .cannibalisme n’était généralement pratiqué. Mais les Baguichus ne font pas la guerre pour se procurer de la chair humaine ; ils se contentent de manger les parents et les amis qui meurent de maladie. L’usage du vêtement leur est absolument inconnu : quel que soit l’âge ou le sexe, ils sont complètement nus. Ils pratiquent la polygamie. Les jeunes hommes non mariés sont tenus d’habiter des cases spéciales, où on les enferme durant la nuit. On prend même la~précaution d’étaler des cendres au-dessous et alentour de la hutte, pour pouvoir constater chaque matin si l’un des célibataires prisonniers n’a pas été noctambuler dans le village.
- Le prix du blé en France et à l’étranger. — Nous extrayons ces chiffres des savantes notes d’agriculture données par M. Hitier dans le Bulletin de la Société d’encouragement pour l'industrie nationale (juillet 1909, p. 176 sq). Ils montrent que, contrairement à ce que l’on croit trop souvent, la France est à l’heure actuelle un des pays d’Europe où le blé atteint le prix le moins élevé.
- Voici, en effet, le prix du blé par quintal pour une semaine de juin 1909 :
- France.......................... • 25f,',45
- Allemagne, Mannheim..............3o 20
- Berlin . . ......................29 70
- Angleterre, Londres.............. 25 76
- Autriche, Vienne.................26 5o
- Î Louvain...............28 80
- Bruxelles. . . . . . . 26 5.o
- Anvers............. 24 5o
- Hongrie, Budapest. . . . . . . . 29 5o
- Hollande, Groningue.............. 25 »
- Italie, Milan....................33 »
- Espagne, Albacèle................... 3o 68
- Suisse, Genève.............. 28 5o
- Amérique, New-York...............24 5o
- Chicago..........................2147
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *t> Automobilisme <«*
- Nouvel amortisseur rationnel pour automobiles.
- — Un tour de manivelle, et on part. Mais si l’on n’a pas à sa voiture d’amortisseurs convenables, on ressent à chaque caniveau, à chaque bosse de la route, les fâcheux coups de raquettes qui, projetant les voyageurs en avant, en arrière, rendent peu attrayant son voyage.
- A chaque obstacle, en effet, les roues se soulèvent pour le franchir, le châssis et sa carrosserie restant par leur inertie immobiles dans l’espace. Les ressorts agissent donc normalement et assurent l’immobilité du
- Fig.
- Amortisseur Grus-Cabarrus.
- châssis tout en permettant aux roues d’épouser les défectuosités de la route. Mais l’obstacle franchi, l’ensemble, roue et châssis, reprenant brusquement sa place les ressorts reprennent, brusquement aussi, leur position normale et déterminent dans le châssis le coup de raquette dont nous parlions.
- Indépendamment de ses qualités de robustesse, d’étanchéité, l’amortisseur rationnel doit donc laisser travailler les ressorts de la voiture dans la période active de leur travail, et empêcher le retour brusque de ces mêmes ressorts à leur position normale. Outre cet avantage celui que nous décrivons nous paraît intéressant par la façon dont on a réalisé le réglage instantané de sa douceur suivant la charge de la voiture.
- Il se compose essentiellement d’un cylindre A, rempli d’un liquide quelconque, dans lequel se meut un piston B coulissant dans un guide C et muni d’une soupape intérieure D s’ouvrant de haut en bas. Un levier E, terminé par une fourche portant un galet F et lîxé par un joint à genouillères à
- l’essieu de la voiture, communique au piston de l’amortisseur le mouvement de cet essieu ; l’appareil étant fixé au châssis, il est donc bien intermédiaire entre les roues et lui, et l’étude de son fonctionnement nous montre qu’il est bien rationnel.
- ire phase. — Lors du fléchissement des ressorts à cause des déformations de la route, le châssis du véhicule se rapproche de l’essieu et par suite du mouvement qui en résulte le levier E est relevé. — Ce levier porte un galet et le piston, sous l’action de ses ressorts à boudin, reste constamment appuyé sur ce galet; il remonte donc librement, l’appareil n’agit pas comme amortisseur et les ressorts du véhicule accomplissent leur travail normal.
- Mais l’appareil se charge en vue du travail qu’il a pour but d’accomplir. Le piston B en remontant oblige le liquide à passer dans la partie inférieure du corps A, à l’aide des trous a du guide, b du piston et de la soupape D, en faisant fléchir le ressort de cette soupape. Soupapes, trous, sont largement calculés pour laisser passer sans effort sous le piston le liquide poussé uniquement par le ressort à boudin H. Ce ressort a pour effet principal de maintenir constamment le galet F en
- Fig.
- Coupe du cylindre.
- contact avec la platine trempée du haut du piston, de telle sorte que l’appareil est prêt à fonctionner à tout moment, et sans qu’il y ait perte de temps puisque le piston commence son mouvement de descente au moment précis où le levier E commence la sienne, c’est-à-dire au moment où les ressorts du véhicule se détendant, provoquent le coup de raquette que l’appareil doit éviter.
- 2e phase. — Pour que le châssis et les roues reprennent leur position relative normale, le levier E doit revenir à sa position initiale ; il doit donc s’abaisser et entraîner alors forcément, dans son mouvement, le piston B. Mais la soupape, dans ce mouvement, est fermée le liquide comprimé tend à l’appliquer davantage sur son siège et n’a pour s’écouler et passer au-dessus du piston que le conduit I, où une vis J règle l’étranglement.
- On conçoit dès lors que la présence du liquide étant seule cause de résistance, celle-ci variera selon l’étranglement du passage. Plus celui-ci sera grand, plus facilement pourra se faire la translation du liquide d’une partie à l’autre de la boîte A, et moins sera grand l’effet de l’amortisseur. Supprimant complètement le passage on pourrait même théoriquement caler l’appareil. Mais la largeur de la vis rend cet accident impossible et le levier E est toujours ramené à sa position initiale par un mouvement progressif et régulier, dont la rapidité se règle à volonté et suivant la charge de la voiture, par une simple vis molletée.
- L’appareil travaille donc rationnellement, l’impossibilité du bloquage rend impossible les bris de levier. Sa disposition mécanique heureuse rend son étanchéité absolue et lui assure une forme élégante. Enfin son réglage se fait instantanément. Un tour de manivelle, un tour de vis molletée, et l’on part ; et l’on n’est plus secoué, quel que soit le nombre et le poids des voyageurs.
- L’appareil se fait en deux dimensions ; pour tous renseignements, s’adresser : G. Grus, Cabarrus et C‘°, 94, rue Thiers, Billancourt.
- Un pneu par fraction. — Le fractionnement de la chambre à air des pneumatiques, déjà tenté sans succès, aurait pour avantage de permettre au pneu blessé de ne se dégonfler qu’en partie ; le remplacement de la partie malade serait alors plus avantageux et plus rapide que celui de la chambre à air entière. Le pneu que représente notre image a été inventé par un Anglais de Luton, M. H.
- Franklin. On voit que la roue est entourée de six chambres à âir possédant chacune leur valeur spéciale.
- Chaque porteur d’enveloppe est obturé par une cloison en caoutchouc plein pour que la crevaison d’un des compartiments n’en traîne pas l’allongement intempestif des boudins voisins. On voit que l’inventeur a songé à maintenu en place par des à l’aide de boulons. Nous doutons fort que ce nouveau pneumatique parvienne à la célébrité.
- tout. Chaque segment est morceaux de talons serrés
- Refroidissement des moteurs par circulation d’air. — On sait que le refroidissement des moteurs par le courant d’air s’effectue normalement à~ l’aide des ailettes qui entourent la culasse du cylindre. Ce mode peut donner de bons résultats lorsque la vitesse du courant d’air sur le moteur est suffisamment grande ; il faut aussi que l’air puisse atteindre tous les cylindres et circuler librement autour de chacun d’eux. En règle générale, les constructeurs préfèrent conserver la circulation d’eau malgré le poids mort que ce système exige et l’encombrement qu’il entraîne.
- On a tenté, à diverses reprises, de remplacer purement et simplement l’eau de circulation par l’air, c’est-à-dire que le cylindre conserve sa chemise, mais au lieu de lui envoyer de l’eau, on lui enverrait de l’air. Un des
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- SCIENCE APPLIQUEE
- premiers procédés — peut-être le premier est celui de lingénieur anglais E.-H. Morgan. Les expériences se poursuivent depuis quelques mois sur un moteur Daimler, dont la tuyauterie d’eau a été remplacée par les tubes B et C d’aspiration de l’air contenue dans la double enveloppe percée, à sa partie supérieure, de petits trous D par lesquels pénètre l’air. L’aspiration de cet air est produit au moyen d’un éjecteur H recevant les gaz d’échappement par le tube F et le pot d échappement T. Le thermomètre U indique la température de l’air autour du cylindre. Enfin, et ceci paraît essentiel, toute la surface rayonnante intérieure du moteur est enduite d’une composition dont 1 inventeur garde le secret, et qui serait peut-être la cause principale des résultats probants obtenus avec ce système.
- Quoi qu’il en soit, l’état des surfaces, leur poli, et surtout la substance qui les recouvre, exercent une très grande influence sur la chaleur dégagée. The automobile indique quelques chiffres à ce sujet; voici le tableau que eette revue a publié.
- Unités calorifiques anglaises rayonnées par mètre
- Dis2>ositif de refroidissement des moteurs.
- carré et par heure pour un degré de différence de tem-
- pérature :
- Cuivre poli....................0.03x3
- Etain poli.....................o.o475
- Bronze poli. ..................o.o53o
- Tôle de fer polie..............0.0973
- Fonte ou tôle rouillées. . . . 0.7420
- La tôle rouillée dégagerait donc sept fois et demie plus de calories que la tôle polie. Dans ces conditions l’application d’une substance sur le métal est parfaitement capable d’augmenter encore le dégagement de calories.
- The Motor rapporte les i'ésultats obtenus sur le moteur Daimler. Au moment des essais le thermomètre, placé comme le montre notre figure schématique, marquait 21 degrés centigrades. Le frein de Prony fut installé 7 minutes après et, au bout de 3 minutes, la température atteignait 88 degrés. Cette température fut ensuite de 116 degrés après 8 minutes de marche au frein et de 135 degrés après 23 minutes. Le nombre de tours du moteur était de 840 par minute et la puissance développée de 38 chevaux. Une analyse des gaz brûlés ne donna aucune trace de combustion d’huile. Au bout d’un quart d’heure d’expérience le frein de Prony grippa, l’eau n’arrivant pas en quantité suffisante dans son tambour. Aussitôt le thermomètre monta à 227 degrés, ce qui indiquait que la fonte était beaucoup plus chaude que l’air de circulation. *
- Après avoir tenté une nouvelle expérience suivie d’un nouveau grippage du frein et d’une saute brusque de température semblable à la précédente, les essais furent interrompus. Ils seront repris afin de déterminer exactement la valeur du système.
- watt, par bougie, soit 3a watts pour une heure et a5 600 watts pour 800 heures, nous trouvons une dépense d’électricité de 25,6x0,70, soit 17.92 auxquels il faut ajouter 5 fr. pour prix d’achat de la lampe, soit en tout, 22,92 fr. pour 800 heures d’éclairage.
- Malgré son prix d’achat très élevé, cette lampe de 3a bougies à filament métallique nous procure donc une économie de 5o p. 100 sur la lampe à filament de carbone.
- Si l’on songe que beancoup d’établissements publics dépensent des dizaines de mille fi'ancs de courant électrique chaque année, on voit quel énorme intérêt présente la mesure de la consommation électrique des lampes. Jusqu’à présent il fallait, pour effectuer cette mesure avec la justesse nécessaire, se servir d’un voltmètre et ampèremètre de précision dont les indications multipliées l’une par. l’autre donnaient le nombre de watts consommés par la lampe ; ceci nécessitait une installation assez coûteuse et un travail minutieux.
- La Compagnie F- A. C., 81, rue Saint-Maur, à Paris, construit pour la mesure de consommation des lampes à incandescence un Watt-lampe-mètre portatif et à lecture instantanée : cet appareil se compose d’un petit wattmètre de précision muni d’une prise de courant avec bouchon à baïonnette et d’une douille-support pour placer la lampe à essayer. Le Watt-lampé-mètre se met
- entre la lampe et son support ordinaire et indique aussitôt et sans calcul la consommation de la lampe. On peut ainsi vérifier rapidement un grand nombre de lampes sans installation spéciale, ce qui présente un grand intérêt, non seulement au moment de l’achat des lampes neuves, mais aussi pour le contrôle du débit des lampes en service. L’appareil est construit pour les voltages de 125, 25o et 5oo à partir de 75 watts jusqu’à 3oo watts ; le plus petit modèle qui convient aux cas usuels est de ia5 volts 0.6 ampère, soit 75 watts. Les bouchons et douilles sont fournis sur demande à baïonnette ou à vis.
- Le
- watt-lampe-
- mètre.
- *»> Divers
- L’Epigona, assouplisseur pour doigts. — On sait toute l’importance de la souplesse des doigts dans le jeu du violon, du piano, et autres instruments de musique à touches ou à cordes.
- Jusqu’à ce jour les instrumentistes n’avaient pas à leur disposition un instrument pratique leur permettant d’acquérir régulièrement la souplesse et l’écart des doigts, si nécessaires aux exécutants de toute catégorie. Le clavier muet, par exemple, employé par les pianistes, nè leur donnait pas la facilité de se préparer les doigts avant un concert; il n’était pas transportable et ne pouvait servir, du reste, qu’aux seuls pianistes.
- Assouplisseur pour doigts.
- *
- *»> 'Eclairage
- Le Watt-lampe-mètre. — L’apparition des lampes à incandescence à filament métallique et à consommation réduite est en train de produire une révolution dans l’éclairage électrique.
- En effet, les anciennes lampes à incandescence avec filament de carbone consommaient au minimum 2 watts et demi par bougie, soit, pour une lampe de 3a bougies prise comme exemple, 80 watts par heure ; la. lampe pouvant fournir 800 heures d éclairage, absorbait donc pendant sa vie, 80 X 800, soit 64000 watts qui font, au prix de 0,70 fr. le kilowatt, 44,80 fr. auxquels il faut j^jQ^j^er • 0,75 fr. pour le prix d achat de la lampe . en tout 45,55 fr. pour 800 heures d’éclairage.
- Si nous faisons lé même calcul avec une lampe à filament métallique coûtant 5 fr. et ne consommant qu’im
- L’Epigona semble combler fort heureusement cette lacune. Sous un volume très restreint qui permet de le mettre dans la poche, il réunit toutes les. qualités nécessaires à un instrument de cette sorte. D’un côté, des touches à ressorts permettent aux instrumentistes de s’exercer et d’acquérir la souplesse des doigts: de l’autre, des étages triangulaires donnent toute facilité pour augmenter progressivement l’écart entre les doigts, cette dernière disposition, en particulier, rendra les plus grands services aux personnes dont les mains sont petites et arrivent difficilement aux écarts
- nécessités par l’étude, d’un instrument quelconque. : ;
- Les deux figures ci-jointes permettent d’ailleurs de se rendre facilement compte du mode d’emploi de l’appareil qui est très pratique. L'Epigona coûte 10 francs et se trouve chez M. Altermann, 5o, bould Malesherbes, Paris, et chez tous les marchands d’instruments de musique.
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- VAR] ÉTÉS
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- Le vermillon; les falsifications dont il est l’objet.
- — Aussi loin qu’on puisse remonter dans l’histoire des manifestations artistiques où l’homme se servit des couleurs, le « rouge » paraît toujours avoir joui d’une faveur particulière. Les anciens préparaient déjà le cinabre à une époque très reculée, mais ils confondaient sous cette dénomination tous les oxydes, sulfures ou oxysulfures métalliques rouges, et parfois aussi le « sang de dragon », couleur végétale tirée du dracœna drago. Cependant, au xvxe siècle, Matthiole distingua du minium le véritable cinabre, « qui se fait de vif argent et de soufre enclos dans certains vaisseaux de terre mis dedans le feu très ardent, jusqu’à ce qu’ils deviennent fort rouges ». Le cinabre ou sulfure rouge de mercure se trouve à l’état compact dans la nature, mais celui qu’emploient les peintres, et qui fournit les tons les plus vifs est obtenu par des procédés chimiques divers. Le sulfure rouge d’hydrargyre, ainsi préparé pour les usages artistiques est généralement connu dans le commerce sous le nom de vermillon. Pourtant, on devrait entendre, à proprement parler, sous le nom de vermillon le seul cinabre finement divisé et préparé par voie humide. Moins stable que les variétés aussi fréquemment employées et préparées par voie sèche, le véritable vermillon présente sur elles 1 avantage d’être plus riche de ton au moment de l’emploi. Le procédé de préparation le plus usité aujourd’hui consiste à traiter un mélange de i partie de soufie et de 5 parties de mercure, par un litre de solution de polysulfure d ammonium, obtenu en saturant du sulfhydrate par du soufre. Le mélange de polysulfure de soufre et de mercure est inti'oduit dans des vases en grès bien clos, et agité pendant quelques heures. On laisse digérer à 5o° pendant plusieurs jours, puis on lave la masse pour enlever l’excès de sulfure d’ammonium. On peut aussi précipiter une solution de bichlorure de mercure par le polysulfure alcalin. Afin de rendre plus vif le ton du vermillon, il est bon de le laver à l’acide azotique dès qu’il vient d’être préparé, suivant le conseil déjà donné par Dumas en 1831.
- Bien que préparé par voie sèche, le vermillon de Chine jouit d’une réputation très méritée. Les Chinois l’obtiennent en fondant doucement dans un vase de fer un mélange'de la totalité du soufre et des deux, tiers du mercure nécessaires à la fabrication du produit. Après avoir trituré, et retiré du feu le résultat de cette première fusion, ils y incorporent le reste du mercure. Quand la masse, de nouveau triturée, est refroidie, on la place dans un récipient contenant des fragments de porcelaine, et recouvert d’un deuxième récipient qu’on lute sur le premier. Après avoir chauffé environ un quart d’heure, on retrouve la porcelaine recouverte de cinabre que l’on détache et que l'on broie à l’eau. On obtient ainsi une pâte qui est additionnée d’alun et de colle ; lorsqu’on a laissé reposer pendant une douzaine d’heures, on retire le produit le plus fin qui se trouve à
- la partie supérieure, le reste est tamisé dans une mousseline. Le séchage s’opère à chaleur douce.
- En Europe, la préparation du cinabre par voie sèche s’opère suivant deux procédés ; l’un d’eux, dit procédé Hollandais, le plus employé, est le suivant. On fond, à feu modéré, un mélange intime de 36 parties de mercure et de 5 parties de soufre; le produit est coulé sur des plaques de fonte, puis introduit dans des récipients en terre chauffée au bain de sable. Quand l’excès de soufre est brûlé, on recouvre les pots d’une plaque de fonte sur laquelle se dépose le cinabre au fur et à mesure qu’il se sublime; il est ensuite finement broyé.
- La seconde méthode est utilisée à Idria. La combinaison de 4 parties de soufre et de ai parties de mercure, intimement mélangées, s’opère à froid dans des barillets mobiles autour d’un axe horizontal. La poudre brune obtenue est ensuite distillée dans des cylindres verticaux communiquant avec des récipients par des allonges; le cinabre pur se condense dans le chapiteau, mais celui qui se trouve plus loin contient encore du soufre et doit être distillé à nouveau.
- Le vermillon (en y comprenant avec le vermillon proprement dit les variétés de cinabre ainsi désignées), est l’une des couleurs les plus employées dans tous les genres de peintures. Son prix toujours élevé a de tout temps encouragé les falsificateurs. Autrefois on ajoutait au sulfure rouge de mercure d’autres produits métalliques ou organiques : le minium, le colcothar, le chro-mate basique de plomb, voire la brique pilée. Aujourd’hui, les fraudeurs préfèrent employer le spath fluor ou le plâtre qui leur reviennent encore meilleur marché que les éléments ci-dessus désigués.
- Comment reconnaître que le « vermillon » est bien du sulfure de mercure et ne contient pas de produits étrangers ? Sa densité est de 8,12; lorsqu’on le traite à chaud par une lessive de potasse caustique, on obtient une coloration violacée. L’addition de suc de dracoena drago est décelée par l’alcool qui dissout ce suc. D’une façon générale, lorsque le vermillon contient des impuretés et qu’on le chauffe, il se sublime seul, et les autres corps ne subissent pas la même modification. Cependant, s il y a du minium, celui-ci réagit sur le sulfure de mercure, le décompose en partie avec formation de sulfure de plomb.
- Le minium est fréquemment employé par les falsificateurs du vermillon, à cause de sa couleur et de sa densité élevée. Pour le mettre en évidence, il faut verser de l’acide azotique sur le mélange, qui, par suite de la formation de peroxyde de plomb, prend une coloration brune. Cette falsification est une des plus anciennes et résulte de la confusion primitive signalée plus haut, où l’on tenait autrefois tous les rouges métalliques. Particulièrement, le minium fut longtemps désigné sous le nom de cinabre au même titre que le sulfure de mercure. Francis Marre.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Les intoxications par l’hydrogène sulfuré. — Les
- intoxications par l’hydrogène sulfuré ne sont pas rares. Chaque - année on peut lire dans les journaux le récit d’accidents survenus dans les opérations de vidanges (le plomb des vidangeurs); des malheureux succombent, en descendant dans des fosses d’aisance, sans avoir pris les précautions suffisantes, victimes de leur imprudence ou de leur dévouement à porter secours à leurs camarades. Les gaz ramassés dans 1 intérieur de la fosse et composés pour la majeure partie d’hydrogène sulfuré, amènent une asphyxie foudroyante chez les imprudents qui veulent y pénétrer. Il suffirait cependant de quelques précautions simples pour éviter tout danger ; ventilation préalable de la fosse d’aisances, descente dans un paniçr ou une cage, d’un animal, lapin, oiseau qui servirait de
- témoin de la nocivité des gaz, descente avec un appareil comme le casque de nos pompiers qui permet la respiration dans une atmosphère insalubre, enfin ne jamais descendre sans être retenu par des cordages qui permettraient de retirer l’ouvrier au moindre incident et sans compromettre la vie d’autres personnes.
- Mais à côté de ces intoxications graves, foudroyantes, de ces asphyxies complètes et trop souvent rapidement mortelles, il existe une forme d intoxication lente qu on pent comparer de tous points à 1 empoisonnement lent par l’oxyde de carbone avéc les poêles à mauvais tirage, dans les appartements mal ventilés. Cette forme d empoisonnement est devenue assez fréquente en Belgique depuis l’emploi du gaz pauvre. Le D1 Haite, de Namur, a eu l’occasion d’en observer un certain nombre de cas
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- HYGIENE ET SANTE
- et il a pu révéler la cause des accidents et y porter remède.
- Le gaz pauvre a été adopté dans bien des petites villes ou des manufactures, en raison de sa puissance d’éclairage et de son prix de revient peu élevé. Mais il a un gros inconvénient : c’est sa teneur élevée en oxyde de carbone. En Belgique, par suite de l’emploi des charbons pyriteux, qui le sont tous à des degrés plus ou moins prononcés, le gaz à l’eau renferme toujours de notables proportions d’acide sulfhydrique ou hydrogène sulfuré. On l’en débarrasse en faisant circuler le gaz dans des appareils laveurs; l’eau dissout l’hydrogène sulfuré. Avec un gazogène bien aménagé, on a peu d’émanations libres d’oxyde de carbone; avec les laveurs on échappe à l’inconvénient de l’hydrogène sulfuré, mais il faut peu de chose, comme on va le voir, pour que ce gaz ne soit pas complètement éliminé et produise des accidents plus ou moins graves, suivant la durée de l’absorption.
- Dans une grande usine éclairée par ce gaz, M. Haite constata chez plusieurs ouvriers des maladies étranges : céphalées intenses, somnolence, troubles sensoriels tels que vertiges, bourdonnements d’oreilles, douleurs musculaires avec tendance à la paralysie, anémie profonde avec affaiblissement général rendant le moindre travail absolument impossible.
- Ces symptômes, la marche lente des accidents firent de suite penser à une intoxication par l’oxyde de carbone; mais l’analyse chimique du sang et l’examen spectral donnaient des résultats absolument négatifs ; cet examen spectral fournit cependant la clef du mystère. Dans le sang d’un des malades, l’analyse spectrale fit voir dans le rouge une bande d’absorption très peu marquée, mais qui ne pouvait être, et qui n’était, en effet, que celle de l’hydrogène sulfuré. Cette découverte facilita l’enquête. On reconnut alors qu’au voisinage des éviers et surtout de la cage à courroies, il se dégageait
- une odeur pénétrante d’oeufs pourris, la caractéristique de l’acide sulfhydrique appelé jadis air puant. A quelques mètres de là, les courants d’air produits par les machines et les ventilateurs ne permettaient plus de percevoir cette odeur et les ouvriers qui étaient les plus rapprochés de ces bouches d’émanation arrivaient à la longue à ne pas sentir le gaz par suite d’une altération de la sensibilité de l’odorat.
- Comment le gaz sulfuré arrivait-il, en dépit des laveurs, à pénétrer dans les ateliers? Yoici ce qu’a pu déterminer M. Haite. Le gaz, à la sortie du gazogène, passait bien dans des appareils pour être purgé de l’hydrogène sulfuré; mais les canaux de décharge étaient clos d’une façon insuffisante, et sous l’influence de la température assez élevée, de l’aspiration produite parles poulies de transmission, le gaz, dont la dissolution dans l’eau est peu stable, se dégageait sans interruption et pénétrait par la cage à courroies«et par les differentes issues ouvertes sur les salles de travail. Il suffit de déplacer les gazogènes, de reporter plus loin les canaux de décharge, de les fermer hermétiquement pour voir cesser tous les accidents.
- Le dosage du gaz délétère dans l’atmosphère donnait une teneur de o,y5 par mètre cube; on comprend que la respiration de cet air vicié pendant plusieurs heures ait pu déterminer dès troubles sérieux de la santé. Chose curieuse, les femmes, travaillant dans les mêmes ateliers, furent toujours indemnes; M. Haite pense que le travail plus fatigant des hommes, peut-être aussi une tare organique due à l’abus de l’alcool et du tabac prédisposaient ceux-ci à être influencés plus vite par le gaz sulfhydrique. Il m’a semblé utile d’appeler l’attention sur ces recherches qui intéressent tous ceux qui veulent employer le gaz à l’eau, manufacturiers, municipalités : il suffit, on le voit, de veiller à ce que les travaux d’installation soient faits dans des conditions hygiéniques parfaites pour éviter tout accident. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- asc
- Quelques ciments pour petites réparations. — On
- a souvent besoin, pour une petite réparation, d’un ciment inaltérable à l’eau, soit pour faire un joint dans une pierre brisée, soit pour ressouder une planche qui s’est fendue, ou une porte dont un panneau est fêlé. Yoici quelques formules que réunit la Construction Moderne.
- I. Liebig a donné pour la pierre la formule de ciment
- suivante :
- Chaux hydraulique...................2 parties
- Silicate de potasse pur (soluble). .2 —
- IL Une autre formule, qui s’applique également au bois et à la pierre est la suivante ;
- Chaux vive. ..........................5 parties
- Fromage frais non fermenté. ... 5 —
- Eau................................ 1 —
- On prépare d’abord la chaux en l’éteignant avec l’eau, puis on la passe au tamis ou à la passoire fine, on la mélange au fromage et on repasse le tout au tamis.
- Pour obtenir du fromage frais, on prend simplement du lait dans lequel on ajoute quelques gouttes de présure, ou si l’on en a pas, du vinaigre, pour faire cailler le lait : le lait caillé égoutté est le fromage frais.
- Ce ciment demande à être employé de suite, car il se solidifie très vite. Le fromage frais amalgame très bien les ciments.
- III. En voici une autre formule :
- Ciment romain. . ...............2 parties
- Eau.............................2 —
- Chaux vive..................... 1 —
- Fromage frais.................. 1 —-
- On procède comme ci-dessus. On fait d’abord éteindre la chaux dans l’eau : on y mélange intimement le ciment, puis le fromage et on emploie de suite.
- Colle ténace. — On prend 2 parties de très bonne gélatine dure, puis 10 parties de farine d’arrow-root, 8 à 10 parties d’alcool, et assez d’eau pour faire en
- tout 100 parties ; avec une portion de cette eau et l’arrow-root, on prépare une pâte épaisse, et on laisse la gélatine tremper une nuit dans l’eau restante ; le lendemain on met celte gélatine et cette eau au bain-marie jusqu’à dissolution complète de la première. On ajoute alors la pâte d’arrow-root, en brassant vivement et constamment, et on fait bouillir jusqu’à ce que l’arrow-root forme masse gélatineuse. On enlève du feu, on laisse refroidir un peu, on ajoute l’alcool et l’on brasse jusqu’à refroidissement complet.
- Peinture au goudron pour charpentes. — Pour la conservation des bois en général, on se trouve bien de les enduire de goudron ; mais il y a un mode d’application et de composition de cet enduit qu’il est bon de connaître. On fait chauffer du goudron de Norvège avec 5 pour 100 de chacune des matières suivantes : résine, asphalte et litharge. On éclaircit ensuite le mélange avec de l’essence de goudron à poids égal.
- L’utilité du lierre. — Quelle est l’influence du lierre sur la dégradation des murs qu’il recouvre ?
- A une récente séance de la Société nationale d’Agoi-culture, M. Ph. de Yilmorin a cité les résultats d’une enquête faite en Angleterre sur cette question. On sait qu’en Angleterre, et surtout aux Etats-Unis, le lierre ordinaire et le lierre de Boston ou ampélopsis du Japon servent à décorer les cottages, les villas et même les murs des usines, auxquels les industriels américains aiment à donner un aspect attrayant. Le lierre a contre lui qu’il déplace des tuiles, s’insinue entre les murs et les gouttières et amène des insectes ; mais il assèche les murs, il donne de la cohésion à une construction, il fait obstacle au refroidissement l’hiver et à la chaleur l’été. Si les mortiers sont bons, il n’implantera guère ses racines dans les murs eux-mêmes. Donc le lierre, bien surveillé, n’est pas seulement décoratif, mais encore il est plus utile que nuisible. Et par conséquent, nous sommes encore là en face d’une légende fausse, qu’il faut combattre.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements- — M. Iluré, à Neuilly. — Le moyen le plus simple de boucher le trou qui existe dans le hêtre signalé, nous semble de le remplir d’argile ; nous avons vu des saules creux ainsi arrangés qui ont duré très longtemps.
- Capitaine B., à Saint-Cyr. — Le remède contre les mauvaises herbes est fort simple : arroser soit avec du pétrole étendu d’eau, soit avec un mélange d’eau (100 litres), chaux vive (10 kg) et soufre en poudre
- ( 1 kg) qu’on a fait bouillir, ou avec une solution de sulfate de fer à haute dose ou de sulfate de cuivre (d’après nos recueils da Recettes et procédés utiles).
- Adresses des appareils décrits. — Panificateur Desgolfes et de Georges : nous ne possédons pas d’adresse relative à cet appareil.
- Mm° Lassave, à Saint-G. — La lettre que nous avions envoyée nous est revenu avec la mention inconnue ; voici son contenu : Vous trouverez probablement un chat comme celui que vous cherchez chez Chaumont, 6, quai de Gesvres, Paris, ou chez Doerhoffer, 79, rue Thiers, à Billancourt (Seine).
- M. Roseld, à Oporto. — L’inventeur des succédanés du caoutchouc est M. John Campbell, qui réside à Londres, 79, Wood Lane, Shepherd’s Bush, W., chez M. Fitz-Simon.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Numéro spécial publié à l’occasion de la Semaine d’Aviation de la Champagne. — Les étapes de la navigation aérienne : Les ballons sphériques; Les ballons dirigeables; Les machines volantes.
- Supplément. — La Grande semaine aéronautique de la Champagne du 22 au 29 août 1909. — Le Wrightmètre. — La première traversée aérienne de la Manche. — Chronométrie, aérostation, exploration, etc.
- Lectures de mécanique. — La mécanique enseignée par les auteurs originaux, par E. Jouguet, ancien professeur à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne. 2 vol. in-8 (aS-iô) se vendant séparément. — ire Partie : La naissance de la mécanique. Prix : 7fr,5o. — IIe Partie : L’organisation de la mécanique. Chez Gauthier-Villars. Prix : 10 francs.
- Nous avons déjà rendu compte de la première partie de cet ouvrage important. La seconde se tient à la même hauteur et, sur les notions de force et de masse, de liaison et de travail, elle nous renseigne dans un esprit très philosophique. Signalons un dernier chapitre important et très moderne sur la mécanique de Hertz.
- Les trucs du théâtre, du cirque et de la foire, par Max de Nansouty. 1 vol. in-8° écu, 5o gravures. Armand Colin, Paris, broché, ir',5o.
- M. Max de Nansouty, dont nos lecteurs ont pu apprécier le talent d’exposition, nous conduit ici dans les coulisses d’un cirque ou sous la scène d’un théâtre, expliquant les procédés savants qui produisent l’illusion.
- Oxford et Cambridge, par Joseph Aynard. Paris, Lau-rens. 1909. 1 vol. in~4°, 92 gr. Broché, 3tr,5o; relié, 4fl',5o. (Les Villes d’art célèbres.)
- Les deux grandes villes universitaires anglaises sont admirablement-décrites par M. Joseph Aynard, qui y a vécu et qui a pu ainsi saisir certains traits qui ne se révèlent qu’avec le temps. L’illustration comprend les aspects les plus pittoresques de tous les collèges et des reproductions d’œuvres d’art peu connues en France, vitraux, tapisseries, portraits historiques, ainsi que des détails d’architecture, particulièrement intéressants en ces deux villes, qui constituent comme un répertoire de l’architecture anglaise depuis l’époque romane jusqu’au néo-gothique.
- La fabrication électrochimique de l’acide nitrique et des composés nitrés, par J. Escard, ingénieur civil, 2e édition. In-8 de 116 pages, avec 52 fîg. H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, 47 et 49> quai des Grands-Augus -tins. Paris, YI°. Prix : 4r‘>5o.
- La fabrication électrochimique de l’acide nitrique par le seul emploi de l’énergie électrique agissant,
- à haute température, sur l’air atmosphérique, résout un des plus importants problèmes de l’industrie chimique, celui de la fabrication artificielle des engrais azotés, dont les gisements, localisés au Chili, n’ont qu’une teneur limitée. Cette fabrication est aujourd’hui l’objet d’une véritable industrie, montée d’une façon grandiose dans la plupart des pays de chute d’eau. Le présent ouvrage résume les méthodes employées et indique leur extension possible.
- Hygiène de l'industrie du fer, par le Dr R. André.
- 1 vol. in-8". Prix : 16 francs.
- Nous avons signalé cet ouvrage dans notre numéro du 14 août (bibliographie), mais en omettant l’indication des éditeurs; ce sont : Jacques, Sidot et la librairie des Magasins Réunis, à Nancy ou directement chez l’auteur, Dr R. André, 1, place de la Com-manderie à Nancy.
- Géographie rapide : Europe, par Onésime Reclus. Paris. Larousse. 1 vol. in-16. Prix : ifr,20.
- Ce livre est une gageure : on a voulu faire tenir en 100 pages tout ce qu’il faut pour donner une idée précise de l’Europe, de ses climats, de ses aspects, de ses peuples, de ses langues. Il faut lire ce travail alerte, documenté, vivant et sûr, pour voir jusqu’à quel point l’auteur a su y réussir. Ce qui aurait pu n’être qu’un résumé aride et sec, est devenu par son art une petite merveille de saveur et de science.
- Petites monographies des grands édifices de la France : l’abbaye de Vézelay, par Charles Porée, Paris. -H. Laurens. 1 vol. in-8°, 3o grav. et 1 plan. Prix : broché, 2 francs; relié toile souple, 2fr,5o.
- Tout le monde connaît, au moins de nom, 1 abbaye de Vézelay, l’un des plus beaux spécimens de l’architecture romane. Dans ce volume M. Porée, après avoir résumé l’histoire de l’Abbaye, fixe les époques de la construction de l’église, étudie chacune de ses parties, date et décrit en détail les curieux chapiteaux de la nef et les magnifiques sculptures des portails. L’ouvrage, qui se termine par la description de l’Eglise de Saint-Pierre-sous-Vézelay, sera entre les mains de tous les archéologues et de tous les touristes, qui trouveront en lui un guide aussi agréable que bien renseigné.
- Among the wild tribes of ihe Afghan Frontier, par T.-L. Pennell. London, Seeley, 1909. 1 vol. in-8°, 16 shill.
- Ouvrage sans prétention, mais non sans intérêt scientifique. Récit des voyages accomplis par l’auteur, missionnaire médical, sur la frontière .N.-O. de l’Inde, et plein d’observations et de récits bien notés et bien contés, le voyageur ayant eu la précaution de vivre à la fàçon d’un faqui'r mendiant, costumé à la mode du pays, ce qui lui a permis, sans cacher d’ailleurs sa qualité de chrétien, un contact très intime avec la population.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Folk-Memory or the continuity of British Archoelogy. par Walter Johnson. Oxford, Clarendon Press, 1908.
- I vol. 8°, 416 p., 12 sh. 6 d.
- L’auteur s’efforce de rechercher quelle est la valeur -de la mémoire populaire, en ce qui concerne les rites, .superstitions, habitudes, et occupations traditionnelles.
- II utilise surtout dans ce but le folklore britannique, particulièrement en ce qui concerne les monuments • préhistoriques. Son livre est par là, pour le domaine anglais, un excellent manuel de traditions archéologiques populaires, dont la valeur est rehaussée par des photographies.
- L'Argentine au xxe siècle, par MM. Albert B. Martinez et Maurice Lewandowski. Troisième édition entièrement refondue et mise à jour. 1 vol. in-18 jésus de 5oo pages, avec 2 cartes hors texte. Armand Colin, Paris, broché, 5 francs.
- Cet ouvrage, destiné à faire connaître la situation et l’avenir économique de la République Argentine, a été accueilli avec un intérêt très vif dès son apparition. Cette troisième édition renseigne de la façon la plus complète sur ce grand pays dont la vitalité et le développement sont si intenses.
- Le origini del genio, par Adolfo .Padovan. Milan, Ulric Hoepli. 1909. 1 vol. in-16. 3 lires.
- Cette brillante étude sur l’histoire du génie humain est suivie d’un tableau synoptique assez bien fait donnant sur quatre colonnes l’indication synchronique des principaux événements littéraires, artistiques, scientifiques et historiques de notre ère.
- Annales de llnstitut national agronomique. 20 série, t. VIII, fascic. ier. Paris. 1909. J.-B. Baillière. Librairie agricole de la maison rustique. 1 br. in-8°, 1C0 p.
- Dans ce numéro : M. Ringelmann, Essai sur l’histoire du génie rural : la Phénicie et les colonies phéniciennes (suite) : travaux et machines agricoles.
- Pierres à cupules et à sculptures hiéroglyphiques du Chablais, par L. Jacquot (extr. du quatrième Congrès préhistorique de France, 1908, p. 449~514)* 1 br. ia-8°. Le Mans. impr. Monnoyé, 1909.
- Comme M. Marcel Baudouin, nous croyons impossible de. voir dans les pierres à cupules, et autres roches sculptées, des signatures de migrations; cette réserve faite, ajoutons que l’auteur a su dresser un bon corpus des pétroglyphes intéressants d’une région limitée et que son répertoire est plein de valeur.
- Smithsonian institution. United States national Muséum. Contributions front the U. S. Nat. Herbarium, vol. XII, pt 7, 8, 9, p. 259-412 in-8°, Washington. Guvernment printing office, 1909.
- Ces trois fascicules contiennent notamment : une étude sur les plantes du Mexique et de l’Amérique centrale, une sur les allioniacées des Etats-Unis, et diverses petites notes.
- Smithsonian institution. United St. Nat. Muséum. Biu 64, i5o, p. in-8°, Washington. Government printing office, 1909.
- ^ Entièrement consacré à l’étude de manuscrits inédits de Troost sur les crinoïdes du Tennessee.
- Cari von Linné’s Bedeutung als Naturforscher und Arzt. Iena. Gustav Fischer. 1909. 1 vol, in-8°. Prix : broché, 20 Mk ; relié, 21 Mk 5o.
- Très remarquable recueil d’études présentées à l’Académie des sciences de Suède à l’occasion du 200e anniversaire de la naissance de Linné. On l’y trouvera notamment étudié : comme médecin et écrivain médical, par O. E. A. Hjelt; comme zoologiste, par E. Lônnberg; comme entomologiste, par Chr. Aurivillers ; comme botaniste, par C. A. M. Lindman ; comme géologue, par A. G. Nathorst; comme minéralogiste, par Hj. Sjôgren. ...
- Manuel de technique botanique, histologie et microbie végétales, par Paul Dop et Albert Gautié, i vol in-18 de x-534 pages, avec 137 figures. Paris, J. Lamarre, cartonné, 8 franc.
- Ce manuel, né de la collaboration d’un botaniste et d’un bactériologiste, donne les meilleurs procédés ou méthodes de laboratoire et condensée, sous un petit format, la technique moderne habituellement dispersée dans des ouvrages d’anatomie végétale et de bactériologie.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES .
- Lundi 16 août 1908 . 21°.7 S. E. 2. Très nuageux. 2,6 Rosée; tr. nuag.; halo; tonn. vers 13 h. 50-14,li. avec gouttes.
- Mai di 17 17°,2 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Très nuageux; gouttes à 18h.
- Mercredi 18 17°, 5 S. E. 3. Gouttes. 2,2 Pluie de 3 h. à 3 li. 30 et de 11 h. à 11 li. 15 ; presque couvert.
- Jeudi 19 13°,3 S. S. W. 3. Beau. » Rosée ; nuageux.
- Vendredi 20 16°,0 S. 2 Qq. nuages. » Rosée; brume; halo; nuageux.
- Samedi 21. ..... 15°, 1 S. 5. Pluie. 50,1 Couvert; pluie de 6 h. à 21 h.
- Dimanche 22 11°.2 S. S. W. 2. Beau. 2,2 Nuageux; pluie l’après-midi; tonn. au N. N. E. à 17 h.
- Du 16 au 22 août. — Le 16. Baisse générale sur nos régions, minimum sur l’Islande : Seydisfjord, 743. Pluies sur le N. et l’E. Température du matin : Vardoe, 70; Paris, 17; Alger, 32; moyenne à Paris : 2i°,9 (normale : 17°,7)- — Le 17. Zone de pression inférieure à 760 de l’O. du continent à la Russie et au N. : Islande, 746; Sud de la Norvège, 749; Irlande, 754. Pluies sur le Centre et l’O.; en France : Toulouse, 28; Biarritz, 6; Charleville, 5; Le Havre, 4; Paris, 3; Bordeaux, 2. Temp. du matin : Seydisfjord, 90 ; Paris, 17; Alger, 27; Puy de Dôme, 9 ; moyenne à Paris : 190 (normale 170,6).— Le 18. Situation troublée sur l’O. ; centre de dépression sur l’Angleterre et le Cotentin (747); pression entre 760 et 765 sur l’E. et le S. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Rochefort, 22; Le Mans, 19; Nantes, Bordeaux, 17; Brest, 5 ; Paris, 1. Temp. du matin : Seydisfjord, 8°; Paris, 17; Alger, 24; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris : 180 (normale : 170,5). — Le 19. Hausse rapide sur l’O., aire supérieure à 763 des Açores à l’Autriche; îles Feroé, 741- Pluies sur le N. et l’O.; en France : Nancy, 11; Dunkerque, 9; Cherbourg, Charleville, 4;
- Paris, Nantes, Lyon, Toulouse, 1. Temp. du matin : Seydisfjord, 8°; Paris, i3; Alger, 25; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i7°,i (normale : i7°,5). — Le 20. Iles Feroe, 739; Clermont-Ferrand, 770. Pluies sur la Scandinavie, l’Allemagne, les Iles-Britanniques. Temp. du matin : Isafjord, 5°; Paris, 16; Alger, 25; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris : i8°,7 (normale 170,4)- — Le 21. Dépression des îles Feroé au N. de la France : Shetland, 746. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Nantes, 32; Dunkerque, 23; Brest, 7; Cherbourg, 6; Biarritz, 3. Temp. du matin : Isafjord, 6°; Paris, 15 ; Alger, 25; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris : i3°,9 (normale : 170,3). — Ze 22. Dépression sur le N.-O. et le Centre : Skagen, 748; Turin, 753; Valentia, 758. Pluies abondantes en France : Ventoux, 85; Gap, 75; Cette, 37; Paris, 3o; Rochefort, 22 ; Charleville, 21. Temp. du matin : Seydisfjord, 6°; Paris, 1 x ; Alger, 27; Puy de Dôme, 3 ; moyenne à Paris : i/j0 (normale : i7°.3). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 16, à o h. 4 m-du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1893 — 4 SEPTEMBRE 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- La grande semaine de Champagne. — Comme tout le faisait prévoir, mais certes avec une beauté et une grandeur que personne n’aurait osé prévoir, même parmi les plus perspicaces, la grande semaine d’aviation de Champagne s’est déroulée de triomphes en triomphes pour se terminer en apothéose. Ces huit jours constituent certainement une date historique capitale dans la marche de notre civilisation. Nos lecteurs ont suivi dans la presse quotidienne toutes les admirables péripéties du meeting; on nous saura gré cependant d’en résumer ici, sous une forme moins périssable, les plus remarquables résultats. Rappelons d’abord brièvement la suite des épreuves et des exploits :
- Le dimanche 22, au soir d’une journée pluvieuse et mauvaise, c’est l’envol de six aéroplanes, puis de dix, évoluant simultanément dans l’atmosphère. — Le lendemain, lundi, c’est l’Américain Curtiss, sur son biplan de modèle Wright, qui fait des prodiges de vitesse (10 km en 8 m. 35 s. 3/5, soit 70 km à l’heure) et Paulhan, qui parcourt 56 km à 3o m. de hauteur. — Le mardi, 24, Paulhan, Latham, Blériot se disputent la vitesse, dont le record demeure pour ce jour-là à Blériot (10 km en 8 m. 4 s. 2/5, soit près de 75 km à l’heure). — Le 25, Paulhan vole d’une traite pendant 2 h. 43 m., parcourant ainsi i3i km, et battant tous les records du monde. — Mais le lendemain 26, il est battu pour la distance par Latham, qui parcourt 154 km en 2 h. 18 m., exploit dépassé encore le vendredi 27, par Farman, qui s’adjuge à la fois les records de distance et de durée en couvrant 180 km en 3 h. 4 m- 56 s. 2/5. — Le 28, la coupe Gordon-Bennett, chaudement disputée, est adjugée à Curtiss, qui fait les 20 km en i5 m. 5o s. 3/5 ; son concurrent malheureux, Blériot, l’emporte sur lui au tour de piste (10 km en 7 m. 47 s. 4/5). — Enfin la dernière journée, celle du dimanche 29, est marquée par l’étonnante audace de Latham, dont l’admirable monoplan s’élève à la hauteur de 155 mètres.
- Yoici maintenant quels sont en définitive les résultats de ces sept jours d’épreuves étonnamment belles :
- Grand prix de Champagne (distance) :
- ier prix (5o.ooo francs), Farman, 180 km.
- 2e prix (25.000 francs), Latham, 154 km. 5oo.
- 3° prix (10.000 francs), Paulhan, 131 km.
- 4e prix ( 5.ooo francs), de Lambert, 116 km.
- 5e prix ( 5.ooo francs), Latham, m km.
- 6e prix ( 5.ooo francs), Tissandier, m km.
- Ont accompli ensuite : Sommer, 60 km; Delagrange, 5okm; Blériot, 40 km; Curtiss, 3okm; Lefebvre, 21 km.
- Prix de la Vitesse (3o km.) : s
- Ier prix (10.000 francs), Curtiss, avec 2/20° de pénalisation, 25 m. 49 s. i/5 (temps réel 23 m. 29 s. i/5).
- 2e prix (5.ooo francs), N° 29, Latham, avec 1/20° de pénalisation, 26 m. 33 s. i/5 (temps réel 25 m. 18 s. 1/2.
- 3e prix (3.ooo francs), N° 4> Tissandier, sans pénalisation, 28 m. 5 s. i/5.
- 4e prix (2.000 francs), N° 25, Lefebvre, sans pénalisation, 29 m.
- Ont été également contrôlés : N° 7, de Lambert, sans pénalisation, 29 m. 2 s.; Latham, 2/20e de pénalisation, 29 m. 11 s. 2/5 (temps réel 26 m. 32 s. 2/5); N° 20, Paulhan, sans pénalisation, 32 m. 49 s- 4/5; N° 27, Bunau-Varilla, 2/20° de pénalisation, 42 ni. ^5 s. 4/5 (temps réel, 38 m. 3o s. 4/5); N° 6, Sommer, sans pénalisation, 1 h. 18 m. 33 s. i/5.
- Prix du Tour de Piste (10 km.) :
- Ier prix, 7.000 francs, Blériot, 7 m. 47 s. 4/5.
- 2e prix, 3.ooo francs, Curtiss, 7 m. 49 s. 2/5.
- Prix des Passagers (10 km.) :
- icr prix, 10.000 francs, Farman avec deux passagers, en 10 m. 39 s.
- Ont été égalemenl contrôlés avec un jiassager ; n° 3o, Farman en 9 m. 52 s. 4/5; n° 25, Lefebvre en 11 m. 20 s. 4/5.
- Prix de l’Altitude :
- ier prix, 10.000 francs, n° 29, Hubert Latham, 155 m.
- Après lui, ont accompli : n° 3o, Farman, 110 m. ; n° 20, Paulhan, 90 m. ; n° 28, Rougier, 55 m.
- Prix des Mécaniciens :
- Ier prix, 2.000 francs, à M. Bunau-Varilla, 100 km.; 2e prix, 1.000 francs, à M. Rougier, 90 km.
- Pi •ix des Aéronats (5o km.) :
- ior 10.000 francs, Colonel-Renard, 1 h. 19 m. 49 s. i/5.
- Le Zodiac a fait le parcours en 1 h. 25 m. 1 s.
- La radiotéléphonie en France. — Les deux lieutenants de vaisseau, Colin et Jeance, qui ont obtenu de si beaux succès avec leurs appareils radiotéléphoniques, et dont les deux expériences officielles « Tour Eiffel-Melun », le 11 avril 1909, et « Toulon-Navire Condé » (174 km), au commencement du mois de juin, ont été signalées par nous, continuent, avec le concours de la Marine de Guerre, leurs expériences. Le 18 août dernier, une station d’émission a été placée à la grande station de la Marine Mourillon (Toulon), avec M. Colin, et une station de réception a été installée à Port-Vendres, à la station radiotélégraphique de la Marine, avec M. Jeance, distance 240 km. Les essais ont duré deux heures, et M. Jeance, à Port-Vendres, n’a pas perdu un mot de tout ce que lui disait, à travers la Méditerranée, M. Colin, à Toulon. La réception a été assez puissante pour que les expérimentateurs puissent affirmer que la distance de 3oo km. eut été franchie sans aucune difficulté.
- Les progrès de la traction électrique aux États-Unis. — Au moment où la traction électrique commence a être essayée et adoptée un peu partout sur les chemins. de fer, il n’est pas sans intérêt de montrer par un exemple concret combien ce mode de propulsion à
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- INFORMATIONS
- peu près inconnu aux Etats-Unis en 1885, appliqué à i5 pour 100 seulement des lignes de tramways en 1890 a peu à peu éliminé dans les transports urbains les procédés concurrents jusqu’à ne leur laisser qu’un rôle à peu près nul. Peut-être y a-t-il dans ce précédent un tableau réduit de ce que réserve l’avenir aux progrès de l’électricité dans l’exploitation des chemins de fer. Le Census Bureau à. publié à ce sujet des statistiques extrêmement concluantes que reproduit le tableau ci-dessous, et qui ne s’appliquent qu’aux tramways, omnibus non compris.
- Mode de traction. Longueur DES LIGNES (en milles),
- 1 CO I 1 0 1 0 1902 I9°7
- Traction animale . . . . 5662 259 x36
- Traction par câble . . Traction par machines à 488 241 62
- vapeur Traction par moteurs à 711 170 io5
- explosion )) )) 4*
- Total. . . . 6861 670 344
- Traction électrique . . 1262 21.907 34.060
- Total général. . . . Pour cent du total équipé 8123 22 577 34.404
- à l’électricité. . . 15.5 % 97-o°/o 99-o°/o
- Il est curieux de constater, en même temps que la disparition rapide des anciens modes de traction devant l’électricité, l’apparition brusque à partir de 1907 du moteur à explosion qui même sur rail se présente ainsi dans certains cas comme un concurrent possible* mais à peine né, de l’électricité.
- Le Sport et l’électricité. — D’intéressantes expé- . riences ont eu lieu récemment à Cincinnati dans le but de déterminer s’il était possible de jouer de nuit au baseball, le sport national des Américains. Une société sportive avait fait disposer autour d’une vaste piste des tourelles hautes de 3o m., supportant chacune deux puissantes lampes, dont trois eussent suffi à illuminer tout le terrain. Pour obtenir un succès plus complet, le nombre de ces lampes fut porté à quatorze. Elles furent alimentées par un courant triphasé fourni par une dynamo de la force de 2Ôo hp, accomplissant 345 révolutions par minute. Le voltage était de 235. Comme le courant était de force à alimenter deux fois le nombre de lampes employées, on avait disposé d’énormes rhéostats pour neutraliser l’excédent. Quant au système de lampe employé, nous savons seulement qu’il comporte un charbon de o,o34 m. de diamètre, et qu’il a été imaginé par un ingénieur de Cincinnati. M. George F. Cahill, inventeur d’une ingénieuse machine qui lance automatiquement le projectile dans la partie de baseball. Il convient de retenir que les premiers essais ont complètement réussi, et que des matchs de baseball et dé football pourront désormais se livrer en pleine nuit.
- Les Japonais à Formose. — Les Japonais, après avoir pris possession de Formose et détruit ou traqué les bandes d’indigènes révoltés qui s’opposaient à leur « pénétration pacifique », s’occupent en ce moment de mettre en valeur, avec une activité remarquable, les immenses étendues cultivables de ce territoire.
- C’était l’eau surtout qui faisait défaut au cultivateur. A l’effet de pallier à cet inconvénient, les Nippons ont dressé un plan général très complet pour l’irrigation de L'île qu’ils s’occupent à mettre à exécution aussi rapidement que possible. Une usine centrale électrique est en construction à Chikushimon ; elle sera terminée en 1911 et coûtera 2 325 000 francs. Un aqueduc sera édifié à Shichito,au centre de l’île, au prix de 1 5ooooo francs, et un autre à Korisho Bioritsu, qui coûtera 2 i5oooo francs. Dans cette dernière localité s’élèvera une seconde usine génératrice électrique de 1200 chevaux-vapeur. Tous ces travaux seront exécutés par des ouvriers japonais, sous la direction d’ingénieurs nippons et à l’aide de matériaux provenant en grande partie de l’archipel.
- Appareil à recommander les lettres. — On vient de mettre en fonctionnement au bureau de postés et télégraphes de la rue Sainte-Anne, un appareil automatique à recommander les lettres, qui imprime le reçu et distribue le récépissé sans l’aide d’aucun employé. Get appareil a été imaginé par M. Fodor.
- L’ivoire et ses limitations. — Grâce aux ressources du Congo Belge, Anvers est devenu le premier marché de l’ivoire. Les quantités vendues en 1908 dans les trois villes qui ont dès longtemps monopolisé ce commerce ont été de 228 tonnes pour Anvers, 214 t. pour Londres, 28 1/2 t. pour Liverpool. Il y a vingt ans, 6 t. d’ivoire se vendix’ent à Anvers, tandis que Londres et Liverpool en vendirent respectivement (1888) 373 et io5 t. Bien que l’offre dépasse de beaucoup la demande, et que des stocks importants se soient accumulés dans ces villes, 011 prévoit déjà le moment où l’ivoire sei'a épuisé, avec la disparition des grands troupeaux d’éléphants afi'i-cains, soumis, comme nous l’avons remarqué précédemment, à des massacres systématiques. La matière est en hausse, et la chimie s’efforce de lui trouver des substituts. Un des procédés les plus employés consiste à mélanger les poussières et débris d’ivoire naturel provenant des ateliers à des os et de la corne pulvérisés. Le mélange est mis à tremper dans de l’acide sulfurique dilué. On filtre, et on mélange avec une solution alcoolique de copal. La matière ainsi obtenue peut être moulée aisément. Un autre procédé se dispense complètement de poussières d’ivoire. Une solution de caoutchouc dans du chloroforme est mélangée avec un sel blanc insoluble, tel que le carbonate de zinc ou le phosphate de calcium, et la mixture est versée dans des moules et est soumise à une forte pression. Pour les imitations à bon marché, on remplace le caoutchouc par de la gélatine ou de la colle de Givet mélangée avec du sulfate d’ajuminium. Enfin, on se sert de l’ivoire végétal, ou corozo, produit par une palme de l’Amérique tropicale, très employé déjà dans la fabrication des boutons.
- L’utilité du lion. — Le lion et les grands carnassiers ont toujours eu leurs défenseurs, qui prétendent, non sans raison, que la terre serait devenue depuis longtemps inhabitable si la multiplication des espèces herbivores pouvait s’effectuer sans obstacles. Un explorateur africain, M. David G. Longworth, illustre cette théorie en montrant que la destruction des lions de l’Ouganda arrête la mise en exploitation de cette riche contrée, si propice à la colonisation blanche. Lés immenses troupeaux d’antilopes et de zèbres qui peuplent les plateaux de l’Afrique orientale détruisent les récoltes des nouveaux colons, et leur causent des dommages considérables. Zèbres et antilopes sont les pires ennemis de l’agriculteur, qui se désole en constatant que les lois les couvrent de leur protection, alors que les lions, ennemis de ses ennemis sont massacrés sans merci. Pour vivre, un lion doit égorger par semaine un minimum de deux grands herbivores, antilope ou zèbre. Dans le seul voisinage de Nairobi, en une seule'saison, les chasseurs ont abattu 346 lions. Cette hécatombe signifie déjà que 36 000 à 40 000 zèbres ou antilopes ont été préservés de leur fin normale, du fait de l’intervention du chasseur, dans la seule région de Nairobi. M. Longworth est d’opinion. qu’il faudra changer les lois de chasse en Afrique orientale, si l’on veut encourager la colonisation. Une pétition que l’on fait circuler dans la colonie demande nettement que le lion soit protégé contre les expéditions purement cynégétiques, et que, désormais, tout chasseur désireux d’abattre un de ces carnassiers soit tenu de montrer auparavant vingt queues de zèbres. 11 est bon de faire remarquer que, sous le régime .actuel, un sportsman ne peut tuer oü capturer que deux zèbres et douze antilopes de grande taille, après payement d'un droit dé 12S0 francs. Lé même explorateur a rencontré ;M. Roosevelt sur les hauts plateaux de l’Ouganda. L’ex-président avait tué 3 lions en 5 jours de chasse, et avait aperçu, spectacle rare, un troupeau de. 17 girafes. • . ::
- Une exposition1 à Kiew. — On prépare pour 1911, une exposition industrielle et agricole à Kiew, .capitale du sud de la Russie et centre de la production agricole et sucrière. Cette exposition se. tiendra le Ier juin au Tr octobre (vieux style).’ Outre les produits nationaux russes, elle comportera des sections réservées. à des invèntions de tous ordres : automobilisme, aviation, etc. Nos industriels auront le plus grand, intérêt à participer à cette exposition, dans un pays presque neuf et. offrant des débouchés nombreux:, jiisqu’ici. uniquement cultivés par l’industrie allemande et où cependant nos nationaux trouveraient le meilleur accueil. .. ;
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Automobilisme
- Amortisseur simply. — Le principe sur lequel repose la théorie de ce nouvel amortisseur est le même que celui qui admet l’adjonctiou d’un second ressort à lames dont les liaisons avec le premier sont telles que les actions réciproques des deux groupes de lames sont antagonistes. L’amortisseur Simply est beaucoup moins compliqué et sa mise en place s'effectue très rapidement. Ce sont en réalité, nos figures sont très explicites, des ressorts supplémentaires placés au-dessus des essieux et fixés sous les brides. des ressorts avant et arrière. Dans les cas d’oscillations faibles, les ressorts
- 1
- Amortisseur Simply.
- x. Sur le ressort arrièi-e. — 2. Sur le l'essort avant.
- jouent librement ; dans ce cas la suspension ordinaire du véhicule conserve toutes ses qualités. C’est pourquoi on recommande, dans le montage, de laisser 2 à 3 cm entre le châssis, la patte et les ressorts amortisseurs. Lorsque le choc dépasse une valeur normale, le châssis, sur l’essieu avant, et la patte ajoutée à l’arrière, viennent appuyer sur les ressorts qu’ils écrasent plus ou moins selon l’amplitude de la secousse. Ces amortisseurs sont donc extrêmement simples, très bon marché et assurent très efficacement l’absorption des chocs importants. On peut les appliquer à toutes sortes de véhicules. — Cet amortisseur est en vente chez M. J. Pyat, i3, rue Notre-Dame de Nazareth, à Paris.
- .'Eclairage
- Les lampes de mine à acétylène. — La Revue des éclairages consacre, sous la plume de M. A. Buttin, ingénieur des Arts et Manufactures, une importante étude à l’emploi de l’acétylène pour les lampes de mines à feu nu. Cette question est très importante et nous nous empressons d’en présenter les éléments essentiels à nos lecteurs.
- L’emploi, de l’acétylène présente trois gi'ands avantages sur les lampes à huile ordinaires actuellement en usage. Ces lampes donnent tout d’abord un meilleur éclairage entraînant une augmentation de sécurité dans le travail car on distingue mieux à distance la couleur, les fissures des roches, et les défauts du boisage qui pourraient passer inaperçus avec un mode d’éclairage moins puissant. D’autre part, le prix de revient est inférieur, de bien peu il est vrai (8 à 10 centimes par lampe et par jour), mais il suffit que l’acétylène n’entraîne pas une dépense supplémentaire. Cependant, si l’on veut considérer qu’une lampe à acétylène dure deux années, on peut tenir compte de l’amortissement et le faire porter sur deux années, soit 600 jours de travail effectif, ce qui, à raison de 12 francs au maximum par lampe, l’eprésente 2 centimes par jour. Dans ce cas l’économie serait de 6 à 8 centimes par lampe et par jour. Enfin, les lampes à carbure sont très propres et ne fument pas comme les lampes à huile. Pourquoi, dans ces conditions, cet éclairage ne s’est-il pas généralisé dans les mines métalliques ou non grisouteuses ainsi que dans les travaux souterrains ? D’abord les lampes construites jusqu’à ce jour ne répondaient à aucun des desiderata qu’elles auraient dû remplir et les ouvriers les détérioraient. Ensuite leur prix trop élevé (i5 et
- 20 francs pièce) faisait hésiter les exploitants des mines. Enfin la fierté du mineur « habitué à voir dans la mine » ne lui permettait pas d’adopter un mode d’éclairage plus intense que l’antique lampe avec laquelle il voyait aussi bien.
- Cependant un nouveau coui*ant commence à s’établir; en Allemagne il y a déjà plus de 100000 lampes de mine à acétylène à feu nu en service, 20000 en Belgique, 6000 en France où quelques grandes mines métalliques et les entreprises du Métropolitain de Paris, entre autres, en ont doté leur personnel.
- Une bonne lampe de mine doit être robuste, pour résister aux chocs sans déformation, très simple comme fermeture et comme fonctionnement ; légère afin de pouvoir être tenue en main sans fatigue pendant plusieurs heures si cela est nécessaire ; pouvoir être inclinée et même couchée pendant quelques instants sans s’éteindre et sans une production exagérée de gaz; indéréglable, bien équilibrée et enfin d’un prix très abordable (8 à 10 francs).
- Toutes les lampes de mines sont établies sur le principe des appareils à chute d’eau et la plupart d’entre elles se composent de deux réservoirs Rt, R2, superposés contenant : le premier de l’eau, le deuxième du carbure. Le réservoir Rt porte deux orifices : l’un E pour le remplissage en eau du réservoir supérieur et l’autre O pour l’écoulement de cette eau qui est réglé par un pointeau P.
- L’écoulement du gaz se fait, soit directement du réservoir R2 à l’extérieur par un bec B2, soit par un bec B4 porté par le réservoir R4
- E csa
- B,
- B,
- Fr$l
- fijf‘
- au moyen d’un tuyau qui traverse le réservoir à eau.
- La fermeture des réservoirs peut être réalisée de différentes manières; dans tous les cas, elle est toujours rendue étanche par une bague de caoutchouc. L’écoulement de l’eau peut se faire soit automatiquement par une soupape toujours ouverte ou fermée et incapable d’occuper une autre position, soit par une vis pointeau permettant de régler le débit de l’eau suivant les besoins. Le premier dispositif entraîne une consommation parfois exagérée de carbure et le deuxième oblige l’ouvrier à régler lui-même sa lampe. Le bec, placé sur l’un ou l’autre réservoir, est toujours pourvu d’une rondelle de feutre ou d’une éponge qui arrête les impuretés contenues dans l’acétylène et qui pourraient l’encrasser. La question du réflecteur est, de l’avis de M. Buttin, généralement mal étudiée, même dans les meilleurs types, car ordinairement les constructeurs se bornent à prendre comme réflecteur une calotte sphérique dont le centre, trop éloigné de la lampe, ne peut pas correspondre à la position de la flamme ; il en résulte dans la projection lumineuse un halo sombre assez gênant quand on veut éclairer une paroi à distance. Aussi faut-il souvent préférer une simple surface plane à ces réflecteurs sphéiûques. L’entretien des lampes de mines doit êtx'e très simple. 11 se réduit à tenir chaque lampe en parfait état de propreté en nettoyant le réservoir à carbure après chaque usage et en maintenant constamment libres les orifices du bec et de l’écoulement de l’eau. Quand une lampe ayant servi doit rester quelque temps sans usage, il est bon de la net-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- toyer à fond et de la passer au pétrole pour éviter l’oxydation.
- Voici quelques modèles de lampes à acétylène choisis parmi les meilleurs :
- Lampes Granat (fig. 2). — Les deux réservoirs, vissés l’un sur l’autre, sont faits en bronze ou aluminium ; l’ensemble affecte la forme d’un tronc de cône ne com-
- portant aucun organe sur les côtés. Le bec, le pointeau à eau, le trou d’eau, sont réunis au sommet de la lampe ainsi que deux oreilles, venues de fonte avec le réservoir supérieur, destinées à recevoir la poignée. L’écoulement de l’eau se fait par un pointeau à vis dont le siège est vissé sur le fond du réservoir ; l’eau tombe directement sur la masse de carbure. Cette lampe est remarquable par sa simplicité et sa robustesse. Les lampes Obus, Etoile, Marmorat, Mercier, appartiennent au même type.
- Lampe Hesse (fig. 3). — Les récipients sont fixés l’un sur l’autre par l'intermédiaire d’une vis centrale portée par le réservoir à eau ; cette vis pénètre dans une douille formant écrou traversant le fond du réservoir à carbure et terminée par deux oreilles, facilitant le desserrage, logées et bien protégées sous le culot de la lampe. L’écoulement de l’eau se fait par une soupape à ressort S manœuvrée par un manneton et une tige T et qui ne peut occuper que deux positions : ouverte ou fermée ; le débit d’eau est donc automatique. L’eau s’écoule au travers de la vis servant à la fermeture de la lampe, tombe dans le tube de serrage qui est perforé et peut ainsi imprégner l’intérieur même de la masse de carbure.
- Ftf.S
- Le bec est placé sur le sommet de la lampe où sur le côté. Les lampes Strempel et Bochum appartiennent au même modèle.
- Lampe Rotelmann (fig. 4)- —- Cette lampe, en acier embouti, est à fermeture à vis au-dessus : une tige T soudée à la partie inférieure du réservoir à carbure, filetée à son autre extrémité, traverse le réservoir et reçoit un écrou à oreilles E dont le serrage rend les deux récipients solidaires. L’écoulement de l’eau se fait par une vis pointeau V dont la tige est oblique afin de permettre à l’écoulement de ' se produire le plus près possible du centre de la masse de carbure. Un petit
- disque à ressort appuie sur le carbure et l’empêche de se déplacer. Le bec est placé latéralement; ou ménage, dans le bec à carbux-e, un espace 11^ rempli d’étoupe dans lequel les impui-etés du gaz s’arrêtent.
- Lampe Noua (fig. 5). — Elle ressemble assez à la précédente, mais sa fermeture est à éti’ier et vis de pi’es-sion. Cependant le disque D qui appuie sur le carbure est incurvé et porte un tube T qui repose sur le fond du réservoir à carbure et qui est lui-même entouré d’un second tube perfoi’é; l’eau s’écoulant par le pointeau tombe dans la coupelle et descend jusqu au fond du récipient à carbure ; la masse de ce deraier est plus facilement imprégnée.
- Lampe Trippe (fig. 6). — Lampe à fermeture à bayonnette par anneau central. Un anneau A en acier, muni d’oreilles O et portant deux rainui’es biaises B diamétralement opposées, entoure le rései'voir à eau et vient s’engager dans ses deux tenons 1 fixés sur le bac à cat'bure. L’eau s’écoule par une vis pointeau centrale et tombe dans un tube soudé au fond de la lampe, perforé à sa partie inférieure et entouré d’un autre tube également perforé qui arrête le cai'bure. Celui-ci est recouvert d’un disque à l'essort D.
- Lampe Walfsegg-Traunthaler {fig. 7). — La liaison entre les deux récipients s’effectue par un système à bayon-nelte reporté à la base même de la lampe dont le cox'ps est formé d’un cylindre unique divisé en deux compartiments par une cloison C portant en son centre un écxam muni d’un orifice à pointeau par lequel 1 eau s écoule. La boîte à carbure B sê loge dans l’intérieur de la
- Fig.8 , figÿ Fg.W
- partie inférieure du coi’ps de la lampe ; elle porte un couvercle mobile M, un tube central perforé T et à sa base un rebord sur lequel l’epose l’anneau de caoutchouc formant le joint. Le bec est placé sur le côté; il est composé de deux pièces indépendantes l'éunies par un éci’ou, ce qui en permet le démontage et le nettoyage simple et l’apide.
- Lampe Strempel (fig. 8, 9 et 10). — Cette lampe, la dernière à laquelle nous croyons devoir consacrer une courte description, est plus compliquée que les précédentes. Elle est construite d’après le principe de la fer-metui'e à excentrique. Le système de bielle est monté sur deux tourillons T faisant corps avec le réservoir à carbure par l’intermédiaire de deux brillettes B filetées à leur extrémité laquelle s’engage dans Une pièce P portée par l’extrémité d’une autre bielle I formant poignée. La bielle E est déterminée à son extrémité par un tenon N qui, loi'squ’on le redresse, vient s’engager dans un logement L solidaii'e du l’ésex’voir à eau et fait alors pression sur le fond de ce logement. Lorsque la lampe est fermée, la bielle E est maintenue dans sa position par un taquet Q qui s’engage dans un trou R ménagé dans la bielle.
- L’écoulement de l’eau se fait par un pointeau à vis centrale prolongé par un petit tube calibré plongeant à l’intérieur d’un autre gros tube perforé d’où l’eau s’écoule sur le carbure, maintenu, comme daans la plupart des lampes précédemment décidtes par un disque** à ressort. Le bec est placé sur le coté et le gaz traverse, avant d’y parvenir, une masse d’étoupe logée dans une capacité où il se purifie.
- Ôn voit que la question des lampes à acétylène pour les mines passionne beaucoup d’inventeurs. Il y a là, en effet, un débouché extrêmement important qui s’ouvre chaque jour de plus en plus à l’éclairage par le nouveau gaz dont on a redouté trop longtemps les inconvénients.
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- VARIÉTÉS
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- Les maisons à tuberculose et le casier sanitaire des immeubles. — Un hygiéniste connu disait dans un Congrès : « Si vous voulez supprimer la tuberculose, si vous voulez en enrayer les progrès, commencez par supprimer l’alcoolisme ». Il avait raison : l’alcool est un gros facteur dans l’étiologie de celle affreuse maladie. Mais il oubliait une cause au moins aussi néfaste et qui permet, en plus, la propagation par contagion directe, c’est le logement insalubre, la chambre sans air, privée de lumière et de soleil, dans laquelle s’entassent à la fin d’une journée de labeur les ouvriers des villes.
- Depuis longtemps on réclame l’abolition de l’impôt des portes et fenêtres qui annihile les efforts faits pour assurer la pénétration de l’air et de la lumière dans toutes les habitations, à la ville aussi bien qu’aux champs. Par mesure d’économie, le propriétaire réduit an strict nécessaire les ouvertures. Le logement insalubre, disait Bi'ouardel, celui qui est humide et privé de lumière ou insuffisamment^ éclairé, constitue un milieu dans lequel se développe facilement le bacille de Koch. Dans tous les pays, et depuis longtemps, les hygiénistes ont signalé les progrès de la tuberculose dans ces logis de ce genre. Mais jamais les ravages causés dans ces habitations n’ont été mis mieux en évidence que depuis la création du casier sanitaire des maisons.
- C’est en 1893 que fut institué le Bureau de l’assainissement de l’habitation. L’administration a eu la main heureuse en confiant à M. Jullierat la direction de ce service. Cet aimable fonctionnaire ne s’est pas contenté d aligner des chiffres, de produire des statistiques ; il en a tiré des déductions utiles à leurs habitants, et avec une rare intelligence, un grand sens pratique, aidé par le conseil municipal, les médecins de dispensaires, des bureaux de bienfaisance, il s’est efforcé d’apporter le remède et de modifier, dans la mesure que permet la législation existante, les foyers d’infection constitués par certaines maisons dans divers quartiers de Paris.
- A l’heure actuelle, chaque maison de Paris, et il y en a quatre-vingt mille, a son dossier, constitué par la description de l’immeuble, un plan au deux-millième avec indications de la canalisation, des fosses, des puits ou puisards, etc. Une feuille annexe indique les décès par maladies transmissibles survenues dans la maison, les désinfections pratiquées ; une dernière fiche relate les travaux sanitaii’es prescrits par le bureau d’hygiène. Ces divers renseignements constituent le casier sanitaire ; chaque maison a le sien et le classement par rues, par arrondissements, permet les recherches avec la plus grande facilité.
- Or, si l’on consulte ce casier, on constate que dans la première période décennale (1894-1905), sur 138766 décès par maladies” transmissibles, la tuberculose compte à elle seule 101 496 décès, répartis dans 3g 477 maisons. Ces maisons ne sont pas toutes infestées à un degré égal. M. Jullierat les classe en trois groupes : le premier comprend les maisons où le nombre des décès (par tuberculose s’entend) a été inférieur à cinq pendant la période décennale. Elles sont au nombre de 34 214 et ont fourni une quotité de 63487 décès. Ce groupe ne peut pas être considéré, à proprement dire, comme infesté, les décès s’y sont produits à des intervalles plus ou moins éloignés, c’est en quelque sorte accidentel.
- Le deuxième groupe comprend les maisons ayant eu cinq décès au moins et neuf au plus. Leur nombre s’élève à 4 443, avec un total de 26 509 décès.
- Le troisième groupe se compose des maisons ayant compté dix décès et au-dessus. Le nombre en est de 820, avec un total de n5oo décès en onze ans. Ce groupe constitue nettement un ensemble de véritables foyers infectieux. Ces 820 maisons sont habitées par 106 3oo personnes, en moyenne i3o habitants par maison. Dans quelques-unes iq5, qui sont des hôtels garnis, la tuberculose a sévi d’une façon effroyable : une population de i3 63o habitants a fourni 2 888 décès, soit une mortalité moyenne par an de 19,26 pour 1000.
- J’ai pris, pour la démonstration de celle redoutable extension de la maladie, une statistique déjà un peu ancienne, c’est quelle porte sur une assez longue période. Les statistiques des dernières années, 1905 à 1907, ne modifient pas sensiblement la teneur générale de ces documents. Seule, celle de 1908 semble accuser une légère diminution, due, selon toute vraisemblance, aux efforts du bureau d’hygiène pour modifier l’état de ces logements insalubres. La mortalité dans les maisons de ce troisième groupe est inférieure de 1,4 1 pour 1000 à la moyenne de la période que je cite plus haut. C’est déjà un bon résultat, mais combien lent. Depuis quelques années, la Commission des logements insalubres a montré plus de rigueur : de igo3 à 1908, 19 400 maisons ont reçu la visite des agents du bureau d’hygiène et, à de rares exceptions, les modifications demandées aux propriétaires ont été acceptées sans trop rechigner.
- La tuberculose est bien, comme l’a dit M. Jullierat, la maladie de l’obscurité. En voici une démonstration que j’empi’unte toujours à ses excellents rapports annuels. Si on examine, par exemple, deux voies parallèles de grande longueur, le boulevard de Strasbourg et son prolongement direct le boulevard Sébastopol et le boulevard Saint-Michel, d’autre part, la rue Saint-Jacques et la rue Saint-Martin, on constate que dans cette période de onze ans la mortalité moyenne par tuberculose a été de 1,34 pour 1000 sur les boulevards et de 5,54 dans les rues. Simple question de largeur des voies, les premières revevant à flots le jour et le soleil, les autres plus étouffées, moins aérées et moins ensoleillées.
- Prenons un autre exemple, la mortalité tuberculeuse dans les divers quartiers de Paris. La moyenne annuelle prise sur un relevé de quatre années, 1904-1908, varie de 0,67 pour 1000 dans le quartier des Champs-Elysées, à 6,74 dans le quartier Saint-Merri. Comme le fait observer M. Jullierat, les différences sociales des deux populations dans deux quartiers ne suffisent pas à expliquer l’énorme différence de mortalité par tuberculose, les conditions de l’habitation l’expliquent au contraire très bien. Dans le premier quartier qui couvre m hectares avec 128 habitants par hectare, les voies publiques occupent à peu de chose près juste la moitié de la surface, 54 hectares, et dans les 57 hectares restant, couverts par les habitations, il y a de nombreux espaces libres, cours, jardins. Prenons le quartier Saint-Merry ; la population y est groupée sur une superficie de 32 hectares à raison de 741 habitants à l’hectare; les voies publiques prennent 11 hectares et les immeubles les deux autres tiers, avec des cours qui n’en sont pas; on voit d’ici l’écart. Et cette différence semble bien tenir au défaut d’espace libre, à l’insuffisance d’appoi't de lumière et d’air, car le quartier de Javel, occupé par une population ouvrière à peu près similaire à celle du quartier Saint-Merry n’a qu’une mortalité de 3,80, supérieure, il est vrai, à celle des Champs-Elysées, mais inférieure de beaucoup à celle du quatrième arrondissement. Le quartier de Javel a de lai'ges espaces, au moins pour le moment, car rien ne dit que dans quelques années on n’édifiera pas, sur les terrains libres, ces énormes casernes que l’on appelle des maisons. Sur une superficie de 178 hectares il y a seulement 146 habitants à l’hectare et les propriétés ne couvrent que 52 hectares.
- Encore un détail en faveur de cette influence de l’obs-cuinté sur le développement et la propagation de la tuberculose. La tuberculose, et les statistiques deM. Jullierat sont là pour le démontrer, est plus fréquente dans les étages inférieurs que dans les étages supérieurs, quelle que soit, d’ailleurs, la condition sociale des habitants. C’est très vrai, mais je crois qu’il faut ajouter au manque d’insolation des rez-de-chaussée et entresols, l’apport des poussières de la rue et celle aussi dangereuse des poussières des appartements supérieurs, nettoyage des tapis, balayage, etc.
- Une dernière preuve, enfin, c’est que les diverses maladies contagieuses autres que la tubei'culose fournissent une mortalité sensiblement constante dans ces divers quartiers, seule la tuberculose forme une classe à part,
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- VARIETES
- Le casier sanitaire des maisons a permis d’établir avec une précision mathématique qu’il existe dans certains quartiers de Paris des îlots suspects, des maisons formant de véritables foyers d’infection. Le bureau d’assainissement a fait le possible pour assainir ces foyers, pour diminuer le nombre des logements insalubres. Il lui manque une arme que le Parlement, oubliant pour un instant ses chimères et ses utopies politiques, ferait bien de lui fournir: une loi d’expropriation pour cause d’insalubrité. Il est bon de soigner les tuberculeux, de leur donner la vie au grand air, dans les sanatoriums, mais il serait mieux de prévenir les infec-
- tions et la contagion en supprimant les foyers notoires où le germe vient contaminer des familles entières.
- De même, il est bon de supprimer les maisons infestées ; mais il serait sage aussi de ne pas permettre la construction d’immeubles où l’air fait défaut, où les cours sont à l’état virtuel, où la lumière, en un mot, ne touche que les toits, et encore; il faudrait aussi ne plus tolérer des rues étroites, il faudrait beaucoup d’espaces libres, beaucoup de jardins, faire un peu de nos grandes villes des résidences plus salubres : c’est à nos édiles qu’incombe le soin de ces règlements et de ces moyens prophylactiques. D1' A. Cartaz.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage des chapeaux de paille. — On sait que les pailles à chapeaux sont le plus souvent blanchies par l’eau oxygénée ou, ce qui revient au même par des solutions de peroxydes alcalins. Aussi a-t-on souvent recommandé l’emploi de ces agents pour la remise à neuf des chapeaux ayant perdu à l’usage leur blancheur primitive. Comme l’on ne trouve pas toujours facilement ces produits dans le commerce et qu’au demeurant le peroxyde de sodium par exemple est de manipulation dangereuse ; on peut leur substituer une autre matièï'e oxydante très usitée en chimie : l’acide citrique. On peut l’employer sous forme de bains où l’on plonge les objets à blanchir, ayant ou non été préalablement immergés dans une solution faible de permanganate de potassium qui aide à l’action blanchissante. Mais le maximum de simplicité peut être réalisé par un simple badigeonnage de solution forte {io pour ioo) pouvant être remplacé par un frottis avec la moitié d’un citron tenu de façon à en exprimer peu à peu le jus. On expose ensuite à la lumière et la paille sèche en blanchissant. Naturellement, si le chapeau est gras ou crassé, on devra d’abord éliminer les matières grasses par trempage dans une solution tiède de savon (dans l’eau distillée ou l’eau de pluie) suivi d’un traitement à la brosse dans l’eau savonneuse et d’un rinçage final à l’eau non calcaire.
- Le « déparementage » des tissus. — On sait que dans les métiers à tisser, les fils de chaîne (alignés dans toute la longueur des pièces d’étoffe) sont divisés en deux nappes entrecroisées qui s’élèvent et s’abaissent alternativement pour laisser passer la navette porteuse du fil de trame. Pour la bonne marche du travail, ces nappes doivent être très régulières ; ce que l’on obtient en donnant aux fils qui les composent une certaine raideur. Aussi les apprête-t-on toujours en les plongeant dans une sorte de colle, mélange complexe en proportions variables d’empois amidonné, de dextrine, de glucose, etc.... Le traitement constitue F « encollage » des chaînes et l’apprêt, le « parement » des fils. Pour blanchir ou teindre ensuite le tissu terminé et permettre la libre pénétration des divers bains employés au travers des fibres, on doit débarrasser l’étoffe de l’apprêt dont elle est recouverte. M. Justin Mueller vient d’exposer à la Société industrielle de Mulhouse les divers procédés de « déparementage » employés ir du ùriellement, parmi lesquels se trouvent de nouvelles applications très intéressantes de ces diastases dont l’emploi semble devoir transformer nombre de technologies. On se contentait autrefois pour éliminer le parement d’un simple trempage à l’eau froide ou tiède pendant lequel les matières amylacées diverses se gonflaient, subissaient un commencement de fermentation et se détachaient des fibres. Mais l’opération demandant beaucoup de temps, on imagina de hâter la fermentation d’abord en ensemençant de la levure dans l’eau de trempage, puis en y ajoutant une décoction de malt. On sait que l’orge germé contient une diastase capable de transformer l’amidon en glucose, c’est-à-dire de solubiliser les matières amylacées du parement. Il existe maintenant dans le commerce des solutions concentrées de ferments solubles (« Diastafor », « Cello-maltoyne », etc.) beaucoup plus énergiques et d’emploi plus commode que le malt. Leur addition à l’eau de
- trempage permet d’obtenir un parfait déparementage en
- 2 ou 3 heures à la température de 60 à 700 C. Si l’on compare les nouvelles méthodes au primitif trempage qui devait durer plusieurs jours, on voit que le nouveau procédé constitue un notable perfectionnement fort apprécié des blanchisseurs et teinturiers de tissus.
- Peux d’artifice colorés. — Il est à peine besoin de rappeler que la préparation des feux d’artifices entraîne toujours des risques d’explosion. On ne saurait donc trop recommander aux préparateurs de s’entourer de toutes les précautions possibles. Nous donnons ci-dessous quelques formules pour la fabrication des feux de diverses colorations.
- Flamme bleue. — ir“ formule : 2 parties d’orpiment,
- 3 p. de charbon de bois, 5 p. de chlorate de potasse, i3 p. de soufre, 77 p. de nitrate de potasse. 2e formule : i5 parties de soufre, i5 p. de sulfate de potasse, i5 p. de sulfate de cuivre ammonium, 27 p. de nitrate de potasse, 28 p. de chlorate de potasse.
- Flamme blanche. — ire formule : 3o p. de nitrate de potasse, 10 p. de soufre, 5 p. de sulfure d’antimoine noir, 3 p. de farine, 2 p. de camphre pulvérisé. 2e formule : 1 p. de charbon de bois, 11 p. de soufre, 38 p. de nitrate de potasse. 3e formule : 1 p. de stéarine, 1 p. de carbonate de baryte, 4 p. de sucre de lait, 4 p. de nitrate de potasse, 12 p. de chlorate de potasse. Quand les feux d’artifice sont destinés à être tirés dans un lieu clos, il est préférable de remplacer le soufre par une égale proportion de shellac (gomme mexicaine).
- Flamme verte. — On mélange 5 p. de shellac et 1 ou 1,2 p. de sulfate de baryte. On pulvérise après refroidissement, et on ajoute de 2 à 5 pour 100 de chlorate de baryte pour intensifier la couleur.
- Flamme rouge. — On mélange 5 p. de shellac et 1 ou 1,2 p. de nitrate de strontium. Préparation comme ci-dessus. Dans les pays humides, on peut ajouter de 1 à
- 4 pour 100 de chlorate de potasse. Ces deux feux ne produisent que peu de fumée, et d’une odeur très supportable, ce qui permet de les brûler dans une chambre.
- Feux de béngale sans fumée. — Prenez d’abord de la baryte ou du strontium, que vous faites chauffer sur un plat approprié jusqu’à scintillement. Retirez du feu et ajoutez la quantité nécessaire de shellac sans la pulvériser. Le shellac fond instantanément, et l’on peut opérer un mélange plus intime en remuant à l’aide d’une spatule. On pulvérise après refroidissement, et l’on ajoute environ 2 1/2 pour 100 de poudre de magnésium pour ajouter à l’éclat de la flamme. La proportion de strontium ou de baryte et de shellac est de 4 parties pour une.
- Nouvelle encre sympathique. — On sait que la phénolphthaléine a la propriété de produire avec les alcalis une très belle réaction colorée, d’un rouge intense. En écrivant avec une faible solution de ce produit préparée avec de l’alcool dilué, on obtient une écriture à peine visible sur le papier, mais qui ressort immédiatement en rouge vif dès qu’on passe sur la feuille un tampon de coton trempé dans de la soude ou dans une autre solution alcaline. On n’a pas à redouter les taches, car la solution alcaline est bue instantanément par le papier et ne reste pas à la surface.
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- RECETTES ET PROCÈDES UTILES
- Pour cimenter le caoutchouc au métal. — Faites bouillir de la bonne colle de Cologne, préalablement détrempée, jusqu’à ce qu’elle prenne la consistance d’un fluide épais. Versez-y des cendres de bois, et brassez pour obtenir une masse homogène qui ne soit pas trop épaisse. Il faudra l’employer à chaud, et s’arranger à ce que les pièces à cimenter restent bien en place pendant le séchage.
- Nouvelle préparation imperméabilisante. — Cette préparation est du reste particulièrement inflammable quand on la compose; mais il va de soi qu’elle perd
- ensuite cette caractéristique, parce que les matières volatiles et dissolvantes qui entrent dans la composition s’évaporent bien vite. Dans un récipient en cuivre, on fait fondre à chaud, et sur feu vif, ia5 grammes de cire jaune coupée en petits morceaux, dans un litre d’huile' de lin pure additionnée de la même quantité de pétrole ; et d’un demi-litre d’huile de térébenthine. Avec le, liquide bien chaud, on imprègne le tissu à imperméabiliser, pour le suspendre ensuite dans une pièce dont ; la température soit tiède et l’air bien sec. Il faut que la température agisse uniformément sur toutes les parties traitées.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les II faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Art..., à Paris. — i° La bibliographie des ouvrages relatifs à l’ethnographie australienne est trop considérable pour que nous puis-
- sions la faire tenir ici. D’ailleurs les ouvrages importants sont peu nombreux : vous en trouverez la liste critique en tête du remarquable ouvrage de M. Van Gennep Mythes et Légendes d'Australie, Paris. Guilmoto, i vol. in-8°. Pour les ouvrages parus depuis, le plus important est celui de Strehlow, vous en trouverez l’indication en dépouillant la collection des années récentes du périodique anglais Man, qui est à la Bibliothèque du Muséum; 2° nous traiterons le sujet dans le prochain numéro.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le nouveau pont bascule do Copenhague : Jacques Boyer. — La catalyse : Léon Jaloustre. — Le transport des noix de coco aux Philippines : V. F. — L’expédition polaire d’Erichsen : Dr Alfred Gradenwitz. — Comment tombe une goutte d’eau P : G. Claus — La « terre de bois » en Champagne : R. Olry. — L’atmosphère, les odeurs et les poussières d’un métropolitain : Daniel Bellet. — Académie des sciences; séances des 17 et 23 août 1909 : Ch. de Villedeuil. — L’homme accumulateur Carolus Karl.
- Supplément. — Nouvelle expédition antarctique. — Le vermillon,-les falsifications dont il est l’objet, etc.
- Cours de géométrie descriptive à l’usage des candidats ! à l'Ecole des Beaux-Arts, par Edmond Vallois, archi-1 tecte. Paris, Gauthier-Villars. 1909. 1 vol. in-8°,
- . iv-3o4 p., 411 fig. Prix : 7fr,5o.
- J Excellent ouvrage, conforme au programme de l’Ecole nationale des Beaux-Arts, et destiné, non seu-i lement aux candidats à l’Ecole, mais encore à tous ceux qui sont susceptibles d’étudier la géométrie descriptive.
- Lès villes d'art célèbres : Caen et Bayeux, par Henri Neutout. Paris. H. Laurens, 1909. 1 vol. in-40, 108 gr. Prix : broché, 4* francs ; relié, 5 francs.
- L’auteur de ce charmant volume a moins voulu retracer l’histoire de Caen et de Bayeux qu’esquisser leur développement, en faisant apparaître les monuments les uns après les autres, dans leur ordre chronologique et dans leur cadre historique. Si l’on pouvait douter qu’il existe, sous le nom de psychologie des villes, un art savant et délicat, son livre suffirait à en persuader de la plus jolie façon.
- Les villès d’art célèbres : Avignon et le Çomtat Ve-naissin, par André Hallays. Paris. H. Laurens. 1 vol, in-4°, 127 grav. Prix : broché, 4 francs ; relié, 5 francs.
- Avignon est peut-être la ville de France la plus digne d’attirer -l’attention des voyageurs. M. André Hallays s’est efforcé d’en montrer les aspects grandioses ou charmants et il a fort bien noté la physionomie particulière qu’elle tient du séjour des Papes et de la longue domination des légats italiens. On trouvera notamment dans son livre une rapide description du Palais des Papes, tel que nous le révèlent les premiers
- travaux, du déblaiement récemment entrepris par les services des monuments historiques. L’auteur, en outre, décrit également les environs de la ville : les admirables ruines de Villeneuve-lès-Avignon, le Comtat Venaissin, avec l’église du Thor, la cathédrale de Yayson, la cathédrale de Cavaillon, etc. 5
- Au pays de l’or noir, par Paul Walle. Paris. E. Guilmoto. 1909. 1 vol. in-8, 244 P- Prix : 4tr>5o.
- Etude, surtout au point de vue économique, des régions productrices de caoutchouc de l’Amérique du Sud (Para, Amazone, Matto, Grosso).
- The Baganda at Home, with one hundredpictures oflife and work in Uganda, par C. W. Hattersby. London. Religious tract society. 1 vol. in-16. 227 p. 5 sh.
- L’ouvrage est essentiellement un recueil de photographies, sans grandes prétentions scientifiques, mais fort bien choisies pour donner une juste idée des occupations des nègres de l’Uganda. Avec ces brèves et bonnes notices, il sera très apprécié des touristes qui commencent à affluer vers ces régions.
- Smithsonian Institution. Unit. States national Muséum. Bulletin 62 : Catalogue of the type specimens mam-mais in the U. S. N M., including the biological survey collection, par M. W. Lyon et W. H. Osgood. Washington. Government printing office. 1909. 1 vol. in-8° ix-325 pages. .. - ?
- Smithsonian Institution Unit. St. Nation Muséum. Contributions from the U. S. N. lier barium, vol. xn, p-t.5 et 6. Washington. Government printing Office, 1909: In-8°. , J .. r
- Notices et catalogues sur les plantes de Colombid;, Amérique centrale et Cuba.
- Terres antiques : La Sicile, par Achille Segard. Paris, Plon-Nourrit et Cie. 1909. 1 vol. in-16, 3tr,5o.
- Très agréable étude, faite d’ailleurs uniquement d’un point de vue artiste.
- La destruction de la Cuscute dans les prairies, par G. Faliés. Paris. Librairie agricole de la Bourse du commerce. Charles Amat. 1 broch. 72 p. Prix : 1 fr.
- Petit travail bien fait, qui sera fort utile aux cultivateurs de fourrages et aux négociants.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- VENT PLUIE EN MILLIMÈTRES
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL 0BSEBVATI0.NS GÉNÉRALES
- Lundi 23 août 1909 . U°.0 s. s. w. 0. Beau. » Rosée; faible Brouillard; peu nuageux.
- Mardi 24 14°,2 S. 2. Très nuageux. 0,0 Rosée ; très nuageux ; gouttes le soir.
- Mercredi 23 16°,0 W. 2. Très nuageux. 8 7 Pluie de 4 h. 50 à 6 h. 55 et de 16 h. 25 à 16 h. 55: tonnerre à l’E.
- Jeudi 26 13°, 9 W. 2. Couvert. 0,9 Forte brume; pluie de 13 h. 45 à 15 h. 30; très nuageux.
- Vendredi 27 14°, 1 N. N. W. 2. Très nuageux. P Rosée ; brume ; très nuageux jusqu’à 15 h.; couvert ensuite.
- Samedi 28 12°,8 N. 2. Beau. P Rosée; brouillard; beau.
- Dimanche 29 11°,5 N. N. E. 1. Beau. » Ro<ée ; brouillard ; beau.
- AOUT 1909. — SEMAINES DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 29 AOUT 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 23 au 29 août. — Le 23. La baisse continue sur le N.-O., la hausse sur le Centre et le S.-O. : zone inféi’ieure à 755 des Iles-Britanniques à la Norvège; Allemagne, centre de la France, 762. Pluies sur l’O. et le Centre; en France : Charleville, 5 mm; Biarritz, 4 ’> Le Mans, Paris, Nice, 2. Température du matin : Sey-disfjord, 3°; Paris, n; Païenne, 29; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : i4°,6 (normale : i7°,2). — Le 24. Hausse sur tout le continent : pression voisine de 763 en Autriche, sur le Centre de la France et la péninsule Ibérique ; Nord de la Russie, 769; Açores, 768; basses pressions sur les Iles-Britanniques : Stornoway, 752. Pluies sur l’O, et le Centre. Temp. du matin : Sey-disfjord, 8°; Paris, 14; Alger, 25; Puy de Dôme, 9: moyenne à Paris : 180 (normale : 17°,2). — Le 25. Déplacement vers l’E. des basses pressions britanniques : Danemark, 751; Moscou, 767; Açores, 770. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Calais, 55; Dunkerque, 52; "Boulogne, 31 ; Brest, 16; Nantes, 13; Paris, 5. Temp. du matin : Uleaborg, 90; Paris, 16; Alger, 24; Puy de
- Dôme, 11 ; moyenne à Paris : i6°,i (normale : 170). — Le 26. Hausse continue sur l’O. : Irlande, 766; Gascogne, 765; Russie 767; Skudesness, 751 ; Islande, 749. Température : moyenne à Paris : i4°,B (normale 16°,9)-— Le 27. Aire supérieure à 765 sur les Iles-Britanniques et l’O. de la France; dépression légère sur l’Ecosse : Shields, 762; et sur le golfe de Gênes : Nice, 757. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Nancy, i3; Charleville, 5; Besançon, 2 ; Dunkerque, Paris, 1. Temp. du matin : îles Feroé, io°; Paris, 14; Biskra, 26; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i5°.8 (normale : i6°,8). — Le 28. Pression générale élevée : Iles-Britanniques, O. de la France, 769 ; Allemagne, 766 ; Islande, 748. Pluies sur le N. et le Centre. Temp. du matin Seydisfjord, 81; Paris, i3; Tunis, 23; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : 160 (normale : T6°,7). —I.e 29. Baisse sur le N. et l’O. : aire supérieure à 765 sur le N. de la France, la Belgique, l’Allemagne; Bodoe, 701. Pluies sur le N. et le S. Temp. du matin.: Seydisjord, 6°; Paris, 12; Alger, 22. — Phases de la Lune : Premier Quartier le 24, à 4^-4 m- du m-
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées
- DIRECTION ~ *
- E.-A. MARTEL
- . -,
- ‘ Ancien Président de la Commission centrale
- , ' • de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne a La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal
- 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (VP)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1894 — 11 SEPTEMBRE 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- La découverte du pôle Nord. — Nos lecteurs ont suivi dans la presse quotidienne les sensationnels événements auxquels ont donné lieu les dépêches successives du Dr Cook et de Peary. Ils savent quelles incertitudes se partagent les plus sages esprits, au moment où nous écrivons ces lignes : quand elles paraîtront, la vérité sera peut-être connue définitivement. A l’heure présente il nous appartient seulement de rappeler les faits, sans prendre aucun parti, ni d’affirmation, ni de doute, quant à leur authenticité. Ces faits sont : i° la dépêche du Dr Cook à M. Lecointe de l’Observatoire royal d’Uccle (Belgique) affirmant : « Lerwick (Shetlands\ jer septembre : atteint pôle Nord le 21 avril 1908. Découvert terre extrême Nord. Reviens à Copenhague par steamer Hans Egede. Cook », puis la publication dans le New- York Herald d’une longue relation sensationnelle télégraphiée par le Dr Cook : l’explorateur y raconte qu’arrivé vers la fin août 1907, sur le yacht Bradley, à la limite des eaux navigables dans le détroit de Smith, à un moment où les Eskimos étaient réunis en grand nombre pour la chasse à l’ours, il a organisé sur-le-champ son expédition, et, parti le 19 février, avec 11 hommes, io3 chiens, 11 traîneaux, il s’est dirigé à travers la nuit arctique jusqu’au pôle, où, le 21 avril 1908, il plantait le drapeau américain, au milieu des glaces.
- En suite de ces communications, réception enthousiaste du Dr Cook en Danemark et confirmation par lui de ces affirmations premières, en même temps que naissance des premières controverses. — 20 le 6 septembre, dépêche de Peary à Y Associated Press, datée de Indian Harbour (Labrador) et disant : « Drapeau américain planté au pôle Nord. Peary». Puis au JSew-York Times : Indiana-Harbour. Atteint le pôle le 6 avril (1909). Je compte arriver à Château-Bay le 7 septembre... Peary. » — Ces deux affirmations de la découverte du pôle, par deux hommes également préparés à la faire, sont-elles justifiées ? ou l’une d’elles seulement ? ou ni l’une ni l’autre ? -Nous ne pouvons, comme tout le monde, qu’attendre pour nous prononcer la publication des documents promis, et par Cook, et par Peary. Tous deux ont pu faire la découverte assurément. Si, en ce qui concerne notamment Cook, les sceptiques ont objecté, non sans raison, que l’absence de collaborateurs eui'opéens doit susciter certains doutes, cependant ce n’est pas un motif suffisant, à lui seul, pour suspecter la bonne foi d’un homme énergique et d’initiative qui, depuis de longues années, a fait ses preuves et acquis une solide expérience polaire. Une circonstance, du reste, milite en faveur de sa véracité : c’est l’audacieuse idée qu’il'a eue de commencer sa marche au pôle presqueJ en pleine nuit arctique, à peine avec quelques instants de lumière; ainsi, mettant dans son jeu l’atout de l’été entier pour les plus hautes latitudes, il augmentait considérablement les chances de son succès ; la confirmation en sera saluée avec la justice due â la solution de ce terrible problème géographique.
- L’aéroplane Curtiss. — Le gagnant de la première coupe d’aviation Gordon-Bennett, M. G.-H. Curtiss, a débuté dans l’aviation en 1907 par la constitution d’une Société d’études appelée « The Aerial Experiment Association » qui entreprit aussitôt la construction des aéroplanes. Le premier appareil, le Redwing, fit à Ham-mondsport, la même année, le premier vol public. Rapidement démoli, le Redwing fut remplacé par le Whitewing; il vola à son tour mais, comme le premier, ne résista pas longtemps aux expériences.' Le Jun Bug vint ensuite pour disputer le trophée Challenge créé par la Scientific American Society en faveur de l’aviateur qui effectuerait un vol d’au moins un mille. Le 4 juillet le Jun Bug enlevait la coupe. Puis vint le Silverdart, puis d’autres appareils, toujours des biplans. Ajoutons que M. Herring, célèbre par ses travaux antérieurs sur l’aviation, s’est associé avec M. Curtiss pour constituer la Société Herring-Curtiss qui a pris la suite de la précédente. L’appareil avec lequel M. Curtiss a gagné la coupe Gordon-Bennett diffère des précédents en ce sens que les deux plans au lieu d’être concaves et convexes, sont rigoureusement parallèles. Ils ont 8,84 m. d’envergure et 1,37 m. de largeur; la distance entre eux est également de 1,37 m. L’ensemble de la surface portante est de 24 m2 et le poids total de 2S0 kg aviateur compris. Il est donc très léger. Le bois employé est du sapin d’Orégon et la courbure des côtes des ailes est obtenue à l’aide d’un enroulement de soie. En face des plans principaux et à une distance de 3 m. se trouvent deux plans horizontaux de 2,24 m2 de surface et à l’arrière deux plans en croix de g3 décimètres carrés. Les plans principaux sont pourvus, mi en dehors mi en dedans, de deux petits plans mobiles fixes, placés entre eux. Ces surfaces correspondent aux « ailerons » français et assurent la stabilité latérale. L’appareil est monté sur trois roues à pneumatiques et la roue avant porte un frein qui permet un arrêt rapide après l’atterrissage. Le pilote prend place sur un siège placé au centre du plan principal inférieur. La direction est donnée à l’aide d’un volant unique. Quant à la stabilité elle est commandée d’une manière très curieuse. Le câble de commande des ailerons est fixé, en effet, à une courroie passée autour des épaules du pilote qui penche le corps à droite ou à gauche pour actionner ses plans. Le nouveau moteur Curtiss est à huit cylindres en Y de g5 d’alésage et 9^ de course; il développe une puissance de 35 chevaux à son régime normal qui est de 1000 tours. Il pèse 100 kg. Le réservoir d’essence contient 70 litres. Le refroidissement s’opère par circulation d’eau; 5 litres suffisent. Le graissage s’effectue automatiquement ; l’huile provient d’un petit réservoir placé sous le moteur. Cependant si l’aviateur le -juge utile, il lui est toujours loisible d’envoyer une quantité d’huile en supplément dans son moteur à l’aide d'une pompe à huile actionnée par une pédale au pied. Ce moteur actionne une hélice de 1,80 m. de diamètre. Nous ne
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- INFORMATIONS
- rappellerons pas les brillants résultats obtenus par M. Curtiss avec cet appareil qui s’est classé au nombre des meilleurs aéroplanes ayant participé aux épreuve's de Bétheny.
- Cristallisation explosive. — Un auteur anglais, M. Weston, a observé dernièrement un exemple de cristallisation explosive; il a constaté le bris et la rupture de vases dans lesquels on évaporait dans le vide une solution d’un composé formé par là combinaison d’un sulfate avec un hyposulfite. Il est probable que la cristallisation a commencé brusquement à la surface de la capsule, où avait lieu l’opération, avec accroissement subit de la tension de vapeur du liquide environnant, de façon à amener une ébullition violente qui a brisé la capsule; le phénomène a été accompagné d’un bruit léger, distinct de celui d’une explosion.
- La réduction des oxydes réfractaires par le charbon. — M. Greenwood a imaginé une méthode pour mesurer avec exactitude les températures de réduction des oxydes métalliques réfractaires par le charbon ; son appareil permet d’opérer dans le vide à 20000 et de maintenir la température constante à io° près, par le passage d’un courant électrique. La température était indiquée par un pyromètre optique ; le commencement de la réduction était marqué par un dégagement d’oxyde de carbone. Les températures de réduction constatées
- ont été les suivantes :
- Pour le chrome..................... n85°
- — manganèse................. no5°
- — uranium.................. 1490°
- — silicium................. 1460°
- — zirconium.................1400°
- — thorium.................. 16000
- Ces composés sont ainsi réductibles par le charbon à des températures bien inférieures à celles généralement admises. Ces réductions commencent nettement à une température donnée, mais la marche de la réduction dépend beaucoup du contact entre l’oxyde et le charbon et de leur degré de division. La température de réduction dépend aussi des variétés de carbone employées, et même du mode de préparation des oxydes et de leur état physique. Dans tous les cas étudiés, la l'éaction a lieu bien avant que le point de fusion de l’oxyde en jeu soit atteint et le produit obtenu est également non fondu ; ces oxydes sont extrêmement stables, même dans un vide élevé et ne se dissocient pas, même à des températures bien supérieures à leur point de réduction par le carbone.
- Sur un composé volatil de cobalt et d’oxyde de carbone. — Les lecteurs de La Nature ont eu connaissance en temps et lieu de la découverte du nickel-cçirbo-nyle, Ni(CO)4, combinaison volatile de nickel et d’oxyde de carbone, dont la préparation a été appliquée par Mond, en Angleterre, à l’obtention du nickel pur. Depuis, Berthelot avait démontré l’existence du fer-car-bonyle, coi’ps analogue obtenu avec le fer. Ces corps étaient préparés en principe en faisant passer un courant d’oxyde de carbone sur les métaux réduits de leurs oxydes par l’hydrogène. Assez récemment, Mond, Hirtz et Cowap, en modifiant la méthode de préparation du niclcel-carbonyle et en l’appliquant sous 5o atmosphères et à i5o°, puis sous 100 atmosphères et à 2000 ont isolé de grands cristaux orangés de cobalt-carbonyle Co(CO)4 que l’on condense dans la glace. Ce corps se décompose peu à peu à l’air en donnant une substance violette non encore étudiée ; il se conserve en tube scellé dans une atmosphère d’hydrogène ou d’oxyde de carbone. Les acides non oxydants l’attaquent lentement; les oxydants le décomposent instantanément en donnant le sel de cobalt correspondant. Il est insoluble dans l’eau, plus ou moins soluble dans les solvants organiques; ces solutions se décomposent avec le temps ou par la chaleur. Les constantes physiques du nouveau corps n’ont pu être déterminées avec certitude par suite de son peu de stabilité. L’existence de cette matière était prévue depuis longtemps, par suite de la parenté chimique du cobalt et du nickel; mais cette préparation fait le plus grand honneur à l’habileté des auteurs qui y ont appliqué une ingéniosité tout à fait remarquable.
- Concentration de l’acide sulfurique dans des récipients en fonte. — La concentration de l’acide sulfurique est une question dont nous avons entretenu nos lecteurs à diverses reprises ; elle a une importance considérable, car un certain nombre d’opérations industrielles exigent de l’acide concentré, à 66° Baurné, On a employé pour cette concentration des récipients en porcelaine, en platine, en verre et même en fonte, ce dernier corps possédant la précieuse propriété de n’être pas attaqué par l’acide sulfurique déjà assez concentré. M. Friedrich a signalé tout récemment un appareil en fonte-dont il s’est servi dès 1890 pour la concentration de l’acide sulfurique et qui repose sur le principe suivant : dans un récipient en fonte contenant l’acide concentré et bouillant, on fait tomber à la surface du liquide un mince filet d’acide des chambres de plomb qui marque seulement 5o à 6oQ Baume, et l’on siphonne par le bas l’acide au fur et à mesure de sa concentration. Cet appareil fonctionne très bien, d’une façon presque continue et a l’avantage de ne coûter que 1200 à i5oo francs d’installation pour une. production de 10000 kg d’acide par 24 heures.
- L’aéroplane en Angleterre. — Sir Hiram Maxim, l’inventeur bien connu, avait été des premiers à encourager les efforts des aviateurs et à prédire le succès final du « plus lourd que l’air ». On annonce maintenant qu’après de longues et patientes expériences poursuivies dans le plus grand secret, il a inventé une machine volante basée sur un principe nouveau, et qui pourra transporter plusieurs personnes. Le modèle définitif est en construction à Crayford (Kent). Trente ouvriers y sont occupés. Les premiers essais auront lieu sur une piste d’automobile, près des usines Wolseley, où Sir Hiram a transporté sa résidence. On signale aussi les prochains essais d'un aéroplane inventé par un ingénieur en retraite, M. Britain, et dont la construction a été confiée à une fabrique d’automobile d’Enfield. Il comporte trois plans, et deux hélices, placées à l’avant, et actionnées par un moteur de basse puissance. La queue présente.cette particularité qu'elle comporte une série de plans mobiles. Elle peut se manœuvrer comme la queue de l’oiseau, avec laquelle elle présente, d’ailleurs, une grande analogie de forme. La machine de M. Britain a été transportée par pièces à Forty-Hall, où auront lieu incessamment les premiers essais.
- Nouvelles épreuves d’aviation. — Après le sensationnel succès de la Grande Semaine de Reims, de nouvelles épreuves se préparent, qui promettent d’être également fort intéressantes. Tout d’abord le meeting de Brescia qui se tient depuis le 5 septembre et se prolongera jusqu’au 20 septembre; il est doté d’un grand prix de 3oooo francs et de prix divers dont le total s’élèvera à 100000 francs. Parmi les aviateurs inscrits, nous relevons : Blériot, avec 2 monoplans ; Curtiss, Lefebvre et Calderai’a sur biplan Wright; Anzani, sur biplan Avis ; Gufîroy sur monoplan R. E. P. A Port-Aviation, aux portes de Paris, du 2 au 17 octobre, seront disputées toute une série d’épreuves richement dotées de prix par les soins de la Ligue nationale aérienne, de la Société d’Encouragement à F Aviation et de l’Aéro-Clut de France.
- Dactylographie ambulante. — L’usage de la machine à écrire s’est à ce point répandu aux Etats-Unis, que nombreuses sont les personnes qui ne savent plus se servir d’une plume. L’information ne paraîtra pas exagérée à ceux de nos lecteurs qui ont vécu dans ce pays ou qui ont fréquenté des Américains : l'écriture d’un adepte du type-writer est un gribouillage illisible. Pour répondre à ce nouveau besoin, un industriel a eu l’idée d’appliquer à la machine le système du distributeur automatique. Montées sur des supports, à roulettes, les machines sont pourvues d’un appareil dans la. fente duquel il suffit d’insérer 1 quarte? (1 ,z5 fr.) pour qu’elles puissent fonctionner pendant Une demi-heure. Ce temps révolu, il faut glisser dans l’appareil une nouvelle pièce pour pouvoir aligner encore des caractères. Les grands liôtels, les restaurants, les cafés, les foyers de théâtre, comptent maintenant de ces machines automatiques, que les clients peuvent rouler .dans un coin tranquille, ou même faire transporter dans leur chambre.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- QÉ>-
- *> Automobilisme
- Indicateur-enregistreur de vitesses. — Cet appareil présente une originalité incontestable : celle de permettre la lecture à distance de ses indications. Les chauffeurs sont souvent victimes de ce que l’on a nommé, dans leur langage spécial, la contravention au vol; l’agent juge approximativement de la vitesse à laquelle roule la voiture et comme il est à peu près impossible de dire quelle est cette vitesse si l’on se contente devoir passer la voiture, l’appréciation est erronée et le chauffeur peut êti’e condamné à tort.
- C’est afin de supprimer cet inconvénient que M. Melchior Mas-senot, l’inventeur du nouvel indicateur-enregistreur, a imaginé un système visible à une certaine distance qui permettrait aux agents de voir la vitesse. L’appareil est d’une mécanique très simple : nous lui reprocherons seulement d’être un peu encombrant. Peut-être l’inventeur parviendra-t-il à éviter ce défaut. Le mouvement des roues de la voiture est transmis par un flexible à un arbre horizontal A supporté par deux paliers fixés sur le socle de l’appareil. Cet arbre est pourvu d’un régulateur à force centrifuge B agissant sur un levier C porteur du style enregistreur. Celui-ci se déplace devant un tambour î) à axe vertical qui reçoit la feuille de papier sur lequel se tracent les indications. Ce tambour est actionné par une vis sans fin faisant partie de l’axe horizontal A engrenant avec une roue dentée portée par Taxe vertical du tambour. Le mouvement de ce dernier n’est donc pas uniforme ; ses variations de vitesse .sont fonction de celles de la voiture.
- L’axe porteur du levier enregistreur C se prolonge vers l’avant de l’appareil et porte à son autre extrémité un sécheur denté E engrenant avec un pignon H calé sur l'arbre d’un disque T. Celui-ci a reçu sur sa périphérie, une série de chiffres — de i à 6 — qui sont les chiffres indicateurs de la vitesse. On comprend aisément
- ce mécanisme. Quand la voiture roule les masses du régulateur sont entraînées et s’écartent de leur axe ; le levier enregistreur obéit à ce mouvement, de même que le secteur denté oblige le disque à tourner. Les déplacements angulaires du disque sont donc fonction des déplacements verticaux du style enregistreur par l’intermé-l*ig. 2. Détails du mécanisme. diaire du régulateur actionné par la voilure elle-même. Les deux organes sont combinés de telle sorte que pour une course verticale complète du style enregistreur sur le tambour le disque indicateur effectue une révolution complète. On remarque sur notre deuxième figure, que les chiffres indicateurs sont inégalement espacés sur le disque. Ce fait est dû à ce que, les masses du régulateur s’éloignent de leur axe plus rapidement dès que la voiture se met en route, c’est-à-dire à une faible vitesse, que lorsqu’elle a atteint une vitesse de 5o kilomètres à l’heure, par exemple. A ce moment les axes des masses sont très élevés èt une
- augmentation de vitesse de io kilomètres les rapproche très peu de l’horizontale. Au début, au contraire, ces masses s’écartent très rapidement de l’axe autour duquel elles tournent.
- L’appareil est enfermé dans une boîte en bois portant une ouverture permettant de lire les tracés du style sur le cylindre, les diagrammes. Au-dessus, cette boîte qui entoure complètement le mécanisme ainsi que le disque est également percée d’une autre ouverture dans laquelle apparaissent les chiffres indicatifs. Ces chiffres sont visibles de l’avant et de l’arrière, c’est-à-dire à la fois par le chauffeur et par toute personne placée à quelque distance de la voiture. C’est là le but poursuivi par l’auteur de ce nouvel indicateur, but très intéressant à atteindre. — L’inventeur est M. Massenot, 24, rue du Chemin-Vert, Paris.
- Le Sans-Fumée. — Lorsqu’un moteur d’aütomobile est convenablement graissé, c’est-à-dire que le frottement du piston contre le cylindre est lubrifié par une petite quantité d’huile, les gaz d’échappement sont légèrement bleuâtres; ce moteur graissé à point fume un peu et ceci est un indice que le graissage se fait régulièrement : une fumée abondante est un avertissement que le graissage est excessif, mais une petite fumée bleue est un excellent présage et le bon chauffeur doit s’en réjouir.
- Or, l’administration policière spécifie que les automobiles ne doivent pas fumer du tout ; nous encourons l’amende, et, en cas de récidive, quelques jours de pri-son si nous graissons suffisamment nos moteurs ; nous nous résignons donc à les graisser insuffisamment pour éviter les foudres gouvernementales : nos moteurs 11e fument pas, mais ils chauffent et s’usent prématurément. Entre deux maux nous choisissons le moindre !
- M. G. Dubreuil a cherché et trouvé un moyen pratique permettant de graisser suffisamment et normalement les moteurs d’automobiles tout en les laissant fumer à leur aise, sans que la fumée soit perceptible à l’œil.
- A cet effet, il ajoute au tube d’échappement qui sort du silencieux, un véritable filtre qui relient les poussières minuscules et malodorantes formant la fumée, et ne laisse passer qu’un gaz épuré, incolore et inodore.
- Ce filtre est constitué par quatre boîtes plates en tôle, de 20 sur 2 5 et 5 cm, réunies ensemble par des conduits appropriés et remplies d’un mélange de charbon poreux spécial et d’amiante, composant une matière filtrante et absorbante à grande surface ; le tout est calculé pour 11’opposer aucune résistance sensible au départ des gaz sortant du pot d’échappement ordinaire de la voiture et n’enlever de ce fait aucune force au moteur.
- Mais on a prévu que si la fumée est prohibée dans les villes, elle ne l’est pas en rase campagne ; une petite soupape, analogue à un clapet d’échappement libre, permet donc au chauffeur de mettre le sans-fumée en service quand il le juge utile et de laisser les gaz s’échapper directement du silencieux quand la police est loin ; il suffit pour cela d’agir sur une petite manette à portée de la main. Ainsi 011 évite d’encrasser inutilement la matière filtrante contenue dans les quatre boîtes du sans-fumée ; cette matière se remplace, du reste, facilement et à peu de frais quand elle est saturée ; les expériences faites prouvent qu’en fumant quatre heures par jour, ce qui est beaucoup, la garniture du sans-fumée peut faire six mois de service au moins.
- Le sans-fumée, peu encombrant, ne pèse que 3 kg, c’est un utile appareil de secours qui se place instantanément sOus toute voiture automobile ; il est en vente 7, rue Cadet, ou 24, place Vendôme, au prix de 75 fr.
- Fig. 1
- L’appareil indicateur-enregistreur Massenot.
- Le sans-fumée.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *»> Électricité
- Magnétoscope à cadran gradué. — La mesure de la force magnétique des aimants présente un grand intérêt, non seulement pour les constructeurs d’aimants, mais pour tous ceux qui emploient lés aimants dans les magnétos d’allumage et autrés appareils d’usage fréquent.
- Le magnétoscope que nous allons décrire permet de mesux'er facilement et comparativement la force magnétique dés aimants et, spécialement, de se rendre compte, par des mesures successives, des pertes d aimantation qu’ils peuvent subir, c’est-à-dire de vérifier la conservation ou la perte de la forcé magnétique des aimants, en fer à cheval généralement employés dans l’industrie. .
- L’appareil se compose d’un cadran gradué qui peut tourner autour d’un axe, soutenu par un pont en métal non magnétique, du laiton par exemple, que l’on pose sur les deux extrémités polaires de l’aimant à essayer. Au centre du cadran gradué est une aiguille en fer rappelée par un ressort spiral très sensible et d’une force convenablement calculée.
- Le magnétoscope étant placé avec le zéro en face d’un des pôles de l’aimant, si l’on fait tourner le cadran avec la main en le prenant par la partie molletée, on voit que l’aiguille reste dirigée vers le pôle de l’aimant jusqu’au moment où la force du ressort est plus forte que la force attractive de l’aimant : à cet instant, l’équilibre de l’aiguille est rompu et celle-ci revient brusquement vers le zéro du cadran, Il faut noter la division du cadran à laquelle se trouvait l’aiguille au moment où cette rupture d’équilibre s’est produite : on inscrit ce nombre sur l’aimant, ce qui sert à le comparer à d’autres aimants et à voir si, lors des essais ultérieurs, sa force magnétique s’est conservée ou diminuée. — Le magnétoscope est construit par la Compagnie F. A. C., 81, rue Saint-Maur, à Paris.
- Magnétoscope à cadran gradué.
- Objets utiles <«*
- La Cornue, rotissoire-pâtissière. — Gourmets et gourmandes qui n’avez à votre disposition qu’un simple réchaud à gaz, à alcool ou à charbon de bois, voici le moyen d’obtenir, malgré cette pénurie, rots, gratins et pâtisseries de bonnes sortes et tels qu’ils ne sortaient jadis que du four. . -
- La Cornue, dont la forme rappelle, en effet, celle des
- Fig. I. —Coupe montrant le mode de circulation des gaz chauds.
- cornues des usines à gaz, est un four en tôle à double paroi, léger et portatif, qui se place sur n’importe quel réchaud dont la source de chaleur n’engendre pas une fumée susceptible de communiquer un mauvais goût aux mets à cuire.
- L’enveloppe annulaire de la Cornue est divisée en trois chambres A, B et C, séparées par deux cloisons en amiante ; le chauffage se fait sous la partie centrale, garnie en D d’un plafond en amiante, pour éviter de brûler la tôle. Les gaz chauds du foyer entrant en D dans la partie annulaire B, circulent autour du four selon les flèches 2, 2, puis pénètrent à l’intérieur du
- four, dans sa partie centrale, le ti'averscnt de haut en bas selon les flèches 3, 3, passent par les orifices inférieurs dans les espaces annulaires A et C et sortent de chaque côté par en haut selon les flèches 4- La circulation des gaz chauds est ainsi réglée automatiquement par le tirage du four, de manière que le plat à échauffer soit léché dans toutes ses parties par la chaleur, l’intensité de celle-ci étant maintèuue par la double enveloppe de tôle constamment traversée entièrement par la chaleur du réchaud. Le principe de la circulation de haut en bas dans l’intérieur du four, laisse les mets enveloppés dans leurs vapeurs, de façon qu’ils ne peuvent se dessécher ni brûler et conservent toute leur
- Fig. 2. — I.a cornue, rôtissoire-pâtissière.
- saveur malgré la haute température à laquelle ils sont soumis. Pour bien réussir une cuisson de pâtisserie dans la Cornue, il faut d’abord chauffer celle-ci à la température convenable, soit de 180 à 200 degrés ou 10 minutes de chaüffe sur un fourneau à gaz.
- Pour rôtis, gratins, ou macaronis il faut atteindre la température de a5o à 3oo degrés, soit 12 minutes de chauffe, avant d’enfourner le plat.
- La cuisson des rosbifs ou gigots ne demande alors que dix minutes par livre.
- Chauffée plus modérément, la Cornue sert aussi à tenir les plats au chaud ou à chauffer les assiettes.
- La Cornue paraît appelée à faire la joie des cuisinières à la campagne et aussi à la ville, car elle réalise une réelle commodité jointe à l’économie du combustible.
- Elle est construite par les usines B. R. C. 67, boulevard de Charonne à Paris, aux dimensions intérieures, en centimètres, de 35 X 24X18, prix: 24tr,5o et de 40X27X20, prix: 3on,5o.
- Support pour fer à repasser. — Il semble qu’il n’y a rien de plus simple que le support d’un fer à repasser et qu’il n’y a rien à inventer dans ce genre. Cependant voici un nouveau modèle qui paraît répondre à un besoin. Il arrive assez souvent qu’on ne peut pas poser à plat sur une table la pièce à repasser, parce que l’un des côtés seulement doit être mis en contact avec le fer chaud tandis que l’autre, pour ne pas être écrasé, doit rester libre. Il faut alors que quelqu’un tienne le fer pendant qu’une autre personne passe dessus la pièce à repasser. Le nouveau support permet à une seule personne de faire ce travail puisqu’il est disposé de façon à ce qu’on puisse placer le fer avec la poignée en
- Iùg.
- I. — Nouveau sup2>ort de fer à repasser.
- " 7
- • fN. *
- F'ig. 2. — Position habituelle du fer chaud.
- Fig. 3. — Position du fer pour le repassage de l’envers d’un ruban.
- dessous comme le représentent les gravures ci-contre qui dispensent de toute, explication dans le imode d’emploi. — Cet appareil se trouve chez M. Mathieu.
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- VARIÉTÉS
- La conservation des fruits. — L’application des procédés les plus rationnels de conservation des produits végétaux, des fruits en particulier qui, dans l’économie domestique, offre de très grands avantages, a une importance bien plus grande encore lorsqu’il s’agit de donner une plus-value commerciale aux produits des cultures fruitières. Les fruits bien conservés, et aussi longtemps que possible, peuvent se vendre à des prix élevés au moment où la production ne donne plus, c’est-à-dire en contre-saison.
- Indépendamment de l’emploi des procédés classiques, on a fait, en ces dernières années, des essais de conservation basés sur la physiologie végétale, et l’industrie frigorifique, notamment, est apparue comme une précieuse ressource.
- Il faut observer, tout d’abord, que les fruits d’été et d’automne gagnent à être cueillis quelques jours seulement avant leur maturité effective, tandis que les fruits d’hiver (poires, pommes) ne doivent être récoltés que le plus tard possible et avant les gelées. Une cueillette trop hâtive diminue la production, les produits conservés se rident, se dessèchent et ne mûrissent pas. Les fruits doivent être détachés de l’arbre un à un et déposés dans des plateaux ou des paniers, sur des lits de foin, de mousse, de rognures de papier, pour être transportés dans un local sec, aéré, où ils restent dix à quinze jours pour se ressuyer et suer avant d’être introduits dans une pièce spécialement aménagée à cet effet : le fruitier. Ce local doit être sain, à température basse et peu variable (4 à 8 degrés), obscur ou peu éclairé, éloigné des mauvaises odeurs. L’atmosphère se renouvellera et restera à peu près saturée d’humidité; l’hygromètre à cheveu doit se maintenir entre 5o et 60 degrés ; s’il accuse un excès de vapeur d’eau dans l’air, on a recours à l’emploi de substances hygroscopiques (chaux vive, acide sulfurique anhydre, chlorure de calcium). Ce dernier corps est plus particulièrement recommandable, à cause de sa manipulation facile et de son emploi économique ; on le trouve dans le commerce au prix de i fr. 25 le kg environ ; il est plus ou moins déliquescent après qu’il a servi, mais on peut le régénérer en le desséchant par le feu. On le dispose par morceaux et à raison de 4 à 5 kg à la fois, sur une table inclinée garnie d’une feuille de plomb, permettant de recueillir dans un récipient, un pot de grès, l’eau de condensation.
- Le fruitier ou chambre de conservation des fruits, doit être exposé au nord, avec murs épais, doublés intérieurement, au besoin, d’un mur de briques de liège, puis des portes doubles et rembourrées, des fenêtres doubles, grillagées et munies de volets capables d’intercepter toute lumière ; un plafond en planches bien jointes ne laissant aucune fissure, avec grenier rempli d’une épaisse couche de fougères sèches ; enfin un ou deux tuyaux d’aération pouvant être ouverts ou fermés suivant les besoins. La surface de la chambre à fruits doit être plutôt petite, soit 5 mètres au carré, avec 2 m. 8o à 3 mètres d’élévation ; un couloir de i mètre est utile pour l'isoler des murs de construction.
- Dans ce local, on dresse des tablettes à claire-voie, horizontales et disposées en gradins contre les parois de la chambre; on en place de même au centre de la pièce, en les consolidant par une légère charpente. Les tablettes doivent avoir une largeur suffisante de 8o cm. On peut aussi, suivant le procédé de Dombasle, substituer aux tablettes des boîtes légères en bois à claire-voie, mobiles et superposables, où les fruits sont rangés, sans jamais se toucher. Avant de les introduire dans le fruitier, on les trie, après ressuyage, puis on les place debout sur les tablettes, le pédoncule en l’air; ils séjournent là jusqu’à leur complète maturité. Tous les deux ou trois jours, on visite pour éliminer les fruits avariés, mais en évitant toujours les courants d’air et même le renouvellement de l’air intérieur; on se munira d’une bougie allumée, afin de prévenir tout accident rendu possible par la présence de l’acide carbonique que dégagent les fruits.
- Le raisin peut se conserver d’une façon spéciale comportant deux systèmes ou méthodes : conservation à
- rafle sèche ou bien à x’afle fraîche. Dans le premier cas, les grappes saines et mûres sont déposées sur des ' tablettes dont le fond est garni de fougères sèches, ou sur les clayettes de Dombasle. Dans le second cas, il faut une installation spéciale, consistant surtout en des vases en verre à large ouverture, remplis d’eau et contenant un morceau de charbon de bois. Les grappes étant cueillies avec les portions de sarments qui les portent, celles-ci sont plongées dans les vases suspendus à des châssis en bois. La grappe pendante est alimentée ainsi par l’eau du vase ou flacon et sa conservation peut se prolonger jusqu’à la fin de l’hiver et même au printemps. Il suffit d’enlever, avec des ciseaux à pointes fines, les grains avariés, s’il y en a. On a imaginé des appareils fixes et des appareils portatifs pour la suspension des bouteilles, ainsi que divers modes de suspension des flacons.
- La lumière influe sur les raisins, surtout quand l’hiver est doux ; c’est elle qui provoque le dessèchement de la rafle et des grains, mais elle n’est vraiment nuisible que pour les raisins mis au fruitier avant maturité complète et pour lesquels l’obscurité est indispensable; par contre, cette dernière serait nuisible aux raisins mûrs, très colorés ou très dorés. L’obscurité constante augmente la fraîcheur et la donne en excès, on peut alors craindre la pourriture des raisins. -
- . Les vapeurs d’alcool aident à la bonne conservation du raisin dans les fruitiers ; il suffit de mettre l’alcool dans un récipient placé dans le local à conservation pour que l’atmosphère soit suffisamment chargée des vapeurs préservatrices.
- M. Seslini, du laboratoire agricole de chimie de l’Université de Pise, a imaginé d’employer le sulfure de carbone pour la conservation des fruits. Il a constaté que i c. c. de sulfure de carbone évaporé dans io litres d’air ne produit aucune altération sur les fruits sains et mûrs enfermés pendant vingtrquatre heures dans de grands flacons en verre. Après ce traitement, la saveur est normale et le parfum de chaque fruit gagne en finesse et en intensité; de plus, avec cette dose, tous les insectes sont facilement tués après uxie heure. La couleur des fruits qui ne sont pas tout à fait sains devient plus foncée, surtout aux parties meurtries. Il est donc facile, par ce moyen, de conserver les fruits sains et d’éliminer ceux qui ne le sont pas, mais l’emploi du sulfure de carbone, produit très inflammable et détonant, exige des soins et de la prudence ; on doit s’abstenir de pénétrer dans le local avec une bougie allumée ou tout autre corps en ignition.
- Au point de vue industriel, l’emploi du froid artificiel offre, pour la conservation des fruits, de très grands avantages. L’effet de la réfrigération est de retarder le progrès normal et la décomposition des fruits, mais il ne peut empêcher un fruit avarié ou meurtri de se gâter complètement à un moment donné. Le refroidissement des locaux contenant les fruits est obtenu, soit par circulation d’un liquide incongelable dans des tuyaux, soit par un frigorifique, soit par un procédé mixte, et il faut toujours une certaine aération.
- La conservation par lè froid est plus difficile pour les fruits aqueux ou à peau mince, pour ceux venus en sols gras et humides. Les pêches, les abricots et. certaines poires ne peuvent être conservés plus d’un mois ou deux. Les pommes, au contraire, peuvent se conserver plusieurs mois et même plus d’une année dans des chambres froides, et les fruits de moyenne grosseur s’y prêtent mieux que les très gros fruits ; la température la plus propice varie entre —o°,5 et -j- 2° suivant les variétés. Pour les poires d’hiver, plus aptes à se prêter à ce procédé que celles d’été et d’automne, il faut o° à
- + 4°- j
- Des essais faits en Angleterre dans le comté de Kent, ont permis de constater de bons résultats avec une température de — i° à -j- 3°, pendant plusieurs mois, mais les fruits perdent en une semaine jusqu’à i,5 pour ioo de leur poids, par suite de l’évapoi'ation qui donne lieu à des condensations abondantes sur les tuyaux réfrigérants, On peut diminuer cette perte en entretenant l’hu-
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- VARIETES
- midité de l’air dans la pièce. Pour une salle carrée de 7 m. ao sur 2 m. 40 de hauteur, la dépense s’est élevée, pour douze heures, à 2 fr. 5o environ; elle correspondait à l’exploitation du moteur refoulant la solution réfrigérante dans les tuyaux; elle serait naturellement encore réduite proportionnellement pour une installation plus importante. Ce procédé a été employé avec succès pour l’envoi en Angleterre de pommes de Tasmanie et de raisins du Cap ; il pourrait être appliqué avec le même succès aux autres fruits à enveloppe mince : abricots, pêches, cerises, fraises, etc.
- A l’installation. frigorifique horticole qui existe ait château de Grubhof, à Salsbourg- (Autriche), on a conservé, à la température de 6°, en 1907-1908, i5oo grappes de raisin qui, mises en vente après trois mois d’emmagasinage, se sont maintenues en parfait état de fraîcheur. De 1904 à 1907, la Société nantaise d’horticulture a fait des expériences très intéressantes avec diverses sortes de fruits déposés en chambre frigorifique. Un lot de poires mures ou, à peu près, soumis à une température de — 20 à —3° s’est conservé en parfait état de novembre à janvier. On a remarqué que les pêches
- et les prunes peuvent conserver tout leur parfum pendant 40 à 5o jours, et que les variétés riches en sucre comme la madeleine et la mignonne, sont celles qui sé conservent le mieux ; il en fut de même des raisins, les variétés les plus mûres donnèrent les meilleurs résultats, tant au point de vue de la consei’vation d,e la rafle que de la fraîcheur du grain.
- Il existe, près des abattoirs de Grenoble, une installation frigorifique bien comprise; un étage entier est aménagé pour la conservation des noix de l’Isère, qui font l’objet d’un trafic important avec l’Auiérique du Nord. L’expérience a prouvé que leur séjour dans la chambre frigorifique les maintient presque dans l’état de fraîcheur où elles se trouvaient au moment de la cueillette, et que ce traitement les empêche de prendre un goût rance.
- L’utilisation bien comprise . du., froid artificiel esl donc appelée à rendre de précieux services pour la conservation des fruits de toutes sortes. Il y a là une industrie à développer, sans préjudice de l’emploi des divers procédés auxquels on peut recourir pour les fruits destinés à la consommation familiale. Henri Blin.
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- HYGIENE ET SANTE
- osr
- 05^
- Le pétrissage mécanique. — Il y a beau temps que les hygiénistes réclament la fabrication mécanique du pain, de façon à éviter les souillures de tous genres, la pénétration des agents microbiens dans la pâte pendant le travail long et pénible des ouvriers. On en est encore à peu près dans toutes les boulangeries françaises et l’on pourrait ajouter de bien des pays étrangers, au pétrissage à la main. D’aucuns soutiendront que la pâte pétrie par les gindres lève mieux, que le pain est meilleur, que le rendement de la farine ainsi malaxée est plus complet. Tout autant d’erreurs, s’il faut croire le rapport sur ce sujet présenté à l’Académie de médecine par M. Railliet.
- Au point de vue de la contamination du pain par les microbes, des expériences nombreuses avaient montré que la cuisson et la température élevée des fours supprimaient toute crainte. MM. Girard,' Roussel, puis le pharmacien militaire Balland, ont recherché le degré de température atteint pendant la cuisson. Toutes ces expériences concordent : dans un four dont la température atteint près de 3oo degrés à l’introduction du pain, 200 à 270 degrés à la sortie, la température du pain n’est jamais moindre de 101 à io3 degrés, pour la mie et de 125 à 140 degrés pour la croûte. A celte température on peut être assuré de la destruction totale des microbes pathogènes.
- On objecte que ce n’est pas la contamination de la pâte qui est à craindre, ce sont les manipulations du pain à la sortie du four, si les sujets qui l’ont fabriqué présentent quelques maladies contagieuses ; mais il ne faut pas être par trop microbiphobe ; si on voulait tout scruter, tout approfondir, nous ne toucherions plus à aucun fruit, à aucun aliment.
- Le pétrissage mécanique donne-t-il un pain aussi bon> aussi savoureux ? le rendement de la farine est-il aussi parfait ; telles sont les questions que vient de trancher dans une série d’expériences des mieux conduites le Syndicat de la boulangerie de Paris. Ce fut un véritable concours international puisque quatorze machines de constructeurs différents ont pris part à ces essais.
- Chaque machine a fabriqué en trois fois 4^0 kilogrammes de pain. Or, à la grande surprise des boulangers chargés du contrôle il a été impossible d’établir aucune différence d’aspect ou de qualité entre les pains produits par ces quatorze machines et les pains pétris à la main par un ouvrier habile et consciencieux. Comme rendement, le résultat a été similaire. Cent kilogrammes de farine ont donné avec les machines 131 kg 640, avec le pétrissage à la main 131 kg 570.
- Au point de vue économique, le pétrissage mécanique a un gros avantage : le prix de revient. Si la machine est actionnée par un moteur électrique il ne dépasserait pas pour la fabrication de 145 kg de pain, 8 à 10 centimes, l’heclowalt étant supposé à 3 centimes. Il y a évidemment à tenir compte en plus de l’amortissement de la machine, des frais d’entretien, de la journée de l’ouvrier chargé de diriger la machine et de manutentionner le pain. Ce sont des détails sur lesquels je n’insiste pas.
- Ce que je tiens à faire ressortir de cette expérience, c’est que le pétrissage mécanique est aussi parfait, à tous ces points de vue, rendement, qualité, quantité, que le pétrissage à la main. Il a l’avantage de coûter moins cher, de supprimer un travail pénible pour l’ouvrier et satisfait, en un mot, à tous les desiderata de l’hygiène. • Dr A. C.
- Jto
- 1§D,
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- osr.
- Méthode pour fixer bout à bout des pellicules cinématographiques. — Le procédé est indiqué par la publication anglaise Bazaar. On place sur une table une feuille de papier blanc, puis, par-dessus, un morceau de verre bien propre. On appuie sur ce verre le bout d’une des pellicules, avec les images en dessus, et l’on pose enfin une règle à 7 ou 8 mm de l’extrémité de la bande. Si ensuite, avec un canif, on trace une ligne qui entame superficiellement la pellicule, ou plus exactement l’émulsion qui la recouvre, et qu alors on mouille légèrement, rien ne sera plus simple que de faire se détacher l’émulsion sur cette extrémité de la pellicule, en agissant avec une lame de couteau. La surface de la
- pellicule est alors prête pour que le ciment puisse y bien prendre. Sur la partie ainsi préparée, on passe donc une couche de ciment à pellicule ; puis on traitera de même, et sur une longueur correspondante, l’autre bande que l’on veut joindre à cette première, mais du côté brillant.
- Colle liquide. — Dans 2S0 parties d’eau on fait dissoudre T 00 p. de colle-forte, on porte à l’ébullition et l’on ajoute alors 1 p. de carbonate de potasse ; on continue à faire bouillir encore une demi-heure, ou au moins jusqu’à ce que le liquide devienne fluide même quand il a refroidi.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les laits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses . abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresse relative aux appareils décrits. — La turbine électra. — A propos de la turbine Electra qui a été décrite dans notre numéro du 3 juillet dernier, la Compagnie générale électrique de Nancy, nous informe qu’elle est le seul constructeur licencié en France pour cette machine.
- Renseignements. — M. L. Jasseron, à Lorient. — Pour la fabrication mécanique des briques, vous pourriez vous adresser à M. Dupuy, 188, faubourg Saint-Martin, Paris, à Gardel, à Beauvais, ou Boulet, 28, rue des Ecluses-Saint-Martin, Paris.
- M. M. F., k Gray. — Les établissements d’horticulture Ballet frères, à Troyes (Aube), peuvent vous fournir YAkebia quinata. La saison n’est pas favorable pour une transplantation, et il conviendrait d’attendre la fin de l’automne.
- M. Nogué, à Paris. —Voici les références demandées : Le besoin de chaux et la fixation de chaux chez le nourrisson et la signification de la chaux dans l’étiologie du rachitisme, par H. Aron. Biochem. Zeitschr. T. xii, p. 28. —De Vinfluence de Vingestion de strontium sür la composition chimique de Vos en croissance, par Hélène Stoiîltzner. — Biochem. Zeitschr. T. xn,p. 119.
- M. de Vaalserre, à Axradon. — Vous trouverez des injecteurs genre Giffard chez M. Glaenzer et Perreaud, 1, avenue de la République, Paris, ou chez Müller et Roger, 108, avenue Philippe-Auguste, Paris.
- M. Léotard, à Gédinne. — Depuis très longtemps, Edison étudie les accumulateurs légers à éléments, fer et nickel; mais ceux-ci ne sont pas encore entrés dans.la pratique véritable. Quant aux maisons économiques ,en ciment, nous attendons pour en parler, d’être plus amplement documentés.
- M. Serbesco, à Galatz. — Revue scientifique allemande : Promelheus. Librairie de Rudolf Müclcenberger. Berlin, Dôrnbergslrasse, 7. — Vous trouverez des machines à laver le linge aux établissements Markt, 107, avenue Parmentier, Paris. — Pour se débarrasser du demodex, l’extirper en serrant entre les deux doigts le point noir qu’il a provoqué, faire ensuite des lotions fréquentes à l’eau boriquée.
- M. de Beaurepaire, à Beaurepaire. — Consultez les Lnstructions météorologiques de M. Angot, chez Gau-thier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris,.— L’appareil avertisseur d’orage a été imaginé par M. J. Turpain, professeur à la Faculté des Sciences de Poitiers, qui pourra vous donner tout détail à ce sujet.
- M. Mallet, à Saint-Maurice. — Pour boucher les fentes du parquet, y introduire de la colle claire, la faire pénétrer à fond au moyen d’un fer chaud, remplir les vides avec du mastic de menuisier (colle forte et sciure de bois), recouvrir encore les fentes avec le même mastic, laisser refroidir et sécher à fond, puis raboter et cirer.
- BIBLIOGRAPHIE
- est
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Une locomotive-charrue à essence : D1’ A. Gradenwitz. — L’industrie des toiles imprimées en France : Gustave Regelsperger. — La vie et la mort de la matière : L. De Launay. — Le viaduc des Fades : R. Bonnin. — Autour du Diplodocus : J. Deniker et Jean-Paul Lafitte. — Académie des sciences; séance du 3o août 1909 : Ch. de Yilledeuil, — Attelages bizarres : V. Forbin.
- Supplément. — La grande semaine de Champagne — La radiotéléphonie en France. — Les progrès de la traction électrique aux Etats-Unis. — Le sport et l’électricité. — Les Japonais à Formose. — Appareil à recommander les lettres. — L’agriculture à travers le monde, etc. — I,es maisons à tuberculose et le casier sanitaire des immeubles.
- Premier Congrès international du froid (5-12 oct. 1908). Comptes rendus, rapports et communications publiés sous la direction de J. de LoyERDO, secrétaire général du Congrès. ,3 yo.l. Secrétariat, général de l’Association internationale du froid, io, rue Denis-Poisson. Paris. 1909. Prix : 3o francs.
- On n’a pas oublié le Congrès du froid, qui, en octobre 1908, tint ses assises à Paris, réunissant en de solennelles conférences des savants illustres, - et des industriels distingués, venus de tous les pays. Des rapports extrêmement documentés y furent lus, sur toutes les questions touchant à l’industrie et à la science frigorifiques. Ils paraissent aujourd’hui, et les trois intéressants volumes que publie M. de Lo-verdo, riches d’une documentation unique., constituent une véritable encyclopédie du froid, où tous ceux qui se consacrent a cette industrie naissante, pourront puiser de précieux enseignements. Le premier volume résume les. discussions du Congrès. Le second contient les rapports relatifs aux basses températures et à leurs effets généraux,, au matériel frigorifique, aux applications du froid à l’alimentation. Le tome troisième est fait des rapports touchant aux applications diverses du froid, à son utilisation dans le commerce et les transports et à sa législation. Quand nous au-
- rons cité parmi les signataires des rapports des noms comme Kamerlingh Onnes, Linde, Leblanc, Claude, etc., on se rendra compte de la haute valeur des travaux condensés dans ces trois volumes.
- Agriculture in the Tropics, par J.-C. Willis. London. Cambridge University Press., 1909. 1 vol. in-8°, xxvii-222 p. 25 pl. 7 sh. 6d. Cambridge biological sériés.
- Cet ouvrage, qui a pour auteur le directeur des Jardins botaniques de Ceylan, rendra de grands services aux personnes qui s’occupent pratiquement d’agriculture tropicale. Une première partie est consacrée à des généralités sur l’agriculture, la seconde aux principales cultures tropicales, la troisième aux questions matérielles et financières particulières à ces cultures, la quatrième à l’organisation agricole.
- Les peintres de manuscrits et la miniature en France, par Henry .Martin, administrateur de la Bibliothèque de l’Arsenal. Frans Hais, par André Fontainas. Paris, H. Laurens, 1909. 2 vol. Chaque volume in-8° avec 24 gravures hors texte; broché 2fr,5o, relié 3f,,5o. -
- L’exposition des primitifs français, en 1904, a définitivement mis à la mode auprès du grand public les délicieuses peintures des manuscrits du moyen âge. L’un des organisateurs de cette Exposition, M. Henry Martin, présente dans son livre un tableau succinct, mais complet, de cet art charmant du miniaturiste,. D’une lecture accessible à tous, l’ouvrage est comme une préface à l’histoire de la peinture française. D’autre part M. Fontainas, l’auteur d’une très estimée Histoire de la peinture française au xix° siècle, répare dans son ouvrage l’injustice trop prolongée envers le portraitiste de Harlem, Frans Hais, jusqu’ici fort négligé par les historiens d’art surtout en France et met clairement en valeur, avec une érudition parfaite et une connaissance approfondie de son sujet, les belles qualités de conception et d’exécution qui ont fait de ce maître l’un des plus passionnants de la peinture moderne, (Collection des Grands artistes.)
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Spectroscopie astronomique, par P. Salet. Paris, O. Doin, 190g. (Bibliothèque d’astronomie et de physique céleste). Un vol. in-18, de 440 p., 44 fig- et 1 planche hors texte. Prix : 5 francs.
- On consultera avec intérêt le livre de M. Salet pour tout ce qui a trait aux méthodes nouvelles de l’astronomie physique : spectrohéliographes, spectroscopie interférentielle, découvertes récentes sur la constitution physique du soleil, effet Zeeman, atmosphères planétaires. Parmi les nombreuses parties originales, citons une théorie mathématique du principe de Doppler-Fizeau, une nouvelle classification physique des étoiles, des tables de corrections pour les observations de vitesses radiales. La partie bibliographique est particulièrement développée.
- Cours pratique d’électricité industrielle à l’usage des élèves des écoles d’enseignement technique, par H. Chevallier. ior vol. Béranger et Cic', éditeurs. Paris, 1909.
- Ce volume, clairement écrit, dans un but essentiellement pratique, dégagé de considérations trop théoriques, traite des courants continus des lois qui les régissent, de l’induction, des générateurs et moteurs à courant continu, du transport de l’énergie électrique.
- Aide-mémoire de poche de Vélectricien. Guide pratique à l’usage des ingénieurs, monteurs et amateurs électriciens, par Picard et A. David. 3° édition. Béranger et Cio, éditeurs. Paris, 1909.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations
- de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 août 1909 . 14°.4 NY. N. NV. 0. Eclaircies. » Rosée; brouillard à 6 h.; halo; très nuageux.
- Mardi 31. . . . . . . 11°,5 . S. S. W. 2. Couvert. 0,5 Rosée ; pluie de 10 h. 15 à 10 h. 25 ; goutles à 13 h.; 1res nuag.
- Mercredi 1er sept. . . 7°, 9 S. S. E. 1. Peu nuageux » Rosée; petit brouillard à G h.; très nuageux.
- Jeudi 2. ...... . 10°, 9 N. E. 2. Eclaircies. 0,0 Rosée; brume; gouttes à 16 h.; nuageux.
- •Vendredi 5. . . . . . 7°,9 N. N. E. 1. Beau. » Rosée ; brume ; beau. ,
- Samedi 4. . . . . . . 6°,9 S. E. 0. Beau. 3,1 Rosée ; brume ; p'uie dans la soirée ; halo : nuageux.
- Dimanche 0 li°,5 N. N. NV. 4. Couvert. 1.0 Pluie le ut.; très nuageux le m.; nuageux le s.
- AOUT-SEPTEVIBRE 1939. — SEMAINE DU LUNDI 30 AOUT AU DIMANCHE 5 SEPTEMBRE 1909.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 3o août au 5 septembre. — Le 3o, Disparition des fortes pressions occidentales sous l’influence de la dépression d’Islande, étendue vers la Scandinavie : Bodoe, 748; Hambourg, 755; Cherbourg, 760. Pluies sur le N. et le S. Temp. du matin : Seydisfjord, 6°; Paris, 14 ; Alger, 24; Puy de Dôme, 9; moyenne à Paris : i4°,9 (normale : i6°,5). — Le 3i. Vaste dépression générale : Stockholm, 742; Nice, 755. Pluies sur le N. et le S. Temp. du matin : Seydisfjord, 70; Paris, 11 ; Alger, 24; moyenne à Paris : n°,8 (normale : i6°,4). — Le icr septembre. Hernoesand, 739; Christiania, 740; Irlande, 766. Pluies sur le N. et le Centre; en France : Clermont, 9; Besançon, 6; Charleville, 2; Le Havre, Paris, 1. Temp. du matin : Seydisfjord, 6°; Paris, 8; Alger, 27; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : n°,7 (normale : iô°,4). — Le 2. Irlande, 766; Bodoe, 742. Pluies sur le N. et 10.; en France : Dunkerque, 6; Cherbourg, Charleville, 3; Biarritz, 2; Lyon, 1. Temp.
- du matin : Belfort, 8°; Paris, 11; Alger, 23; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris : n°,6 (normale : i6°,a). — Le 3. Aire anticyclonique sur le Centre et 1 G. : Bretagne, 770; Haparanda, 745. Pluies sur le N. et le S. Temp. du matin : Paris, 8°; Alger, 23; Puy de Dôme, 2; moyenne à Paris n°,4 (normale : i6°,i). — Le 4-Baisse sur le N.-O. Centre de dépression aux Feroé : 748 ; Brest, Bordeaux, 770. Pluies sur l’extrême N. et les Iles-Britanniques. Temp. du matin : Paris, 70 ; Alger, 22; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : i2°,8 (normale : 16°,4)• — Le 5. Dépression sur le Danemark, 746; Kief, Biarritz, 768. Pluies sur le N.-O. et le S.; en France : Dunkerque, 34; Charleville, i3; Cherbourg, 9; Besançon, 6; Paris, 4l Brest, 1. Temp. du matin : Seydisfjord, 3°; Paris, i5; Alger, 22; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : i3°,8 (normale : i5°,9). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 31, à 5 h. 17 m. du matin.
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- A NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne «. La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l'indication d’origine.
- N° 1895 — 18 SEPTEMBRE 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Un accident mortel en aéroplane. — Le 7 septembre dernier, le pilote Lefebvre essayant à Juvisy un appareil Wright a été soudain précipité sur le sol, où l’appareil se fracassa : l’aviateur expirait quelques instants après! Lefebvi'e, à peine âgé dé 25 ans, était un de nos plus brillants pilotes et ses exploits acrobatiques, lors de la Grande Semaine de Reims, avaient fait l’admiration générale. C’est le troisième accident grave qui survient à un appareil Wright : le premier, qui remonte à uù an, coûta à Fort-Myers la vie au lieutenant Selfridge, le compagnon d’Orville Wright, celui-ci fut grièvement blessé. Il y a quelques semaines, Calderara en Italie fut également gravement blessé dans la chute d’un appareil Wright. '
- L’aéroplane en Angleterre. — Le colonel Cody, après de longs essais infructueux, vient de terminer la mise au point d’un aéroplane qui lui a permis le 8 septembre de parcourir 65 km en 1 h. 3 m., au-dessus des villages et des bois environnant son garage.
- Contre la grêle. — Le récent article.publié par La Nature sur les expériences contre la grêle, entreprises par M. le général de Négrier et basées sur l’emploi d’un paratonnerre de construction spéciale, nous a valu un certain nombre de communications intéressantes. Deux dé nos correspondants, en particulier, nous signalent des antériorités à cette méthode; M. Condeminal, président de l’association syndicale de défense contre la grêle et la gelée, de . la Chapélle-de-Guincbay, nous adresse une brochure où Sont relatés les essais de M. Philibert Desvignes, poursuivis en i83o. M. Desvignes, propriétaire d’un vignoble à la Chapelle-de-Guinchay, se proposa pour protéger ses vignes contre la grêle, de soutirer le fluide électrique des nuages. Il fixa de loin en loin dans le sol de son champ de très grands arbres de sapin écorcés, munis de tous les accessoires du paratonnerre : tige métallique effilée à la pointe, tige conductrice de l’électricité, etc. L’expérience ne donna pas de résultats pratiques appréciables. Il faut dire que les paratonnerres paraissent avoir été imparfaitement installés! puisqu’on a trouvé à leur base dans un certain rayon, les pieds de vigne complètement brûlés. M. le Dr Clément, de Lyon, avait également préconisé d’emploi de paragrêles électriques, il y a quelques années déjà, et indiqué que ceux-ci doivent être places non sur le champ même à protéger, mais bien en avant, du côté d!où viennent les orages. Ces idées ont fait l’objet de communications à la Société d’Agriculture, Sciencës et Industrie de Lyon, en 1901 (7e série, 1. IX). Mais il ne semble pas que le Dr Clément ait associé la pratique à la théorie et expérimenté réellement le dispositif qu’il défend dispositif que M. de .Négxder a eu le grand mérite d’appliquer en! grand, et à ses frais, à une région bien déterminée. D’autre part. M. Duvaux, de Nancy, nous soumet une ingénieuse explication de la formation de la grêle. « L’étincelle électrique, dit-il,
- produit sur son passage une des combinaisons oxygénées d’azote. L’éclair se produit généralement lorsque la pluie tombe et que par cela même il trouve un milieu conducteur. Dans ce milieu et tout le long du trajet, il se fait une combinaison d’azote et d’oxygène, combinaison soluble qui se condense et forme subitement un vide partiel ou total sur tout le parcours de l’étincelle. L’air ambiant non atteint et qui se trouve sur les limites de la zone atteinte, se précipite dans ce vide, se détend et produit de ce fait un refroidissement considérable qui peut provoquer la congélation des gouttelettes d’eau — de là la grêle, qui tombe plus ou moins grosse ou pas du tout, selon les sones froides ou chaudes qu’elle rencontre jusqu’au sol. »
- La radioactivité des eaux de mines. —Nous avons, dans un article récent sur la dissémination de la radioactivité, rappelé combien ce phénomène es-t fréquent dans toutes les eaux souterraines, qu’elles soient thermales ou non. On devait s’attendre à le rencontrer avec une intensité particulière dans les eaux qui sortent des mines métalliques après avoir circulé au contact des filons métallifères et des minerais. Une constatation de ce genre récemment faite dans les mines allemandes de i’Erzgebirge a eu des conséquences législatives curieuses, sur lesquelles M. Aguillon, a, dans les Annales des Mines, appelé F attention. Par des observations faites sur les eaux provenant de galeries d’écoulement d’anciennes mines de ce district on a reconnu, en effet, que plusieurs d’entre elles étaient radioactives et quelques-unes à un très haut degré. On a été amené à penser que cette radioactivité pouvait provenir de la dissolution des substances radifères pouvant exister dans quelques gisements de la région; et le gouvernement a été conduit à rendre une ordonnance (17 septembre 1908) par laquelle la recherche et l’exploitation des substances minérales x’adifères (radiumhaltige Mineralien) sont réservées à l’Etat qui peut en céder l’exercice à des tiers. Il en est de même pour la recherche et l’utilisation industrielle des eaux radioactives provenant des mines ou d’ailleurs, que la radioactivité provienne de l’émanation ou de la dissolution de sels de radium. On a fait remarquer à ce propos, que cette ordonnance était un pas de plus dans la voie de l’Etatisme et de la Domanialité. On pourrait ajouter, que la radioactivité étant un phénomène à peu près constant dans les eaux en circulation, l’application intégrale d’un tel principe pommait entraîner fort loin.
- Neuvième concours Lépine. — Vendredi 10 septembre, a été inauguré le 90 Concours Lépine, dans les salles et terrasses du Jeu de Paume (Tuileries). Le succès habituel à cette exposition de jouets et de petites . inventions ne s’est pas démenti cette année.
- Le gaz à Paris. — La consommation du gaz à Paris en 1908 s’estélevce à 40S i353i8 nr5 contre 389659179 m3
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- INFORMATIONS
- en 1907. En même temps le nombre des abonnés passait de 583 206 à 608169 et les recettes 72376356 fr. à 75*660 510 fr. L’augmentation rapide et continue de l’emploi du gaz est une conséquence de l’abaissement du prix de vente à 0 fr. 20 le m3. La quantité énorme du gaz actuellement consommée à Paris a rendu insuffisantes les anciennes usines. De grands travaux sont actuellement en cours à l’usine du Landy : ils auront pour effet de quadrupler la puissance de l’usine actuelle ; qui pourra en 1910 fournir par 24 h. un supplément de 525 000 m3 de gaz. On construit également deux grands nouveaux gazomètres de i5oooo m3 et l’on développe le réseau des canalisations.
- Le drainage de la vallée de Mexico. — Nous avons publié récemment (V. n° 1890, 14 août 1909), un articlesur ce sujet. Nous trouvons quelques détails complémentaires dans un ouvrage récent : Dus Hoclital von Mèxïko und seine Künstliche Entwàsserung, par le D' K. llechmann (Wissenschaftl. Beilage zu den Schulnachrichten der Réalschule Elberfeld 1908). La vallée de Mexico se compose en réalité de 4 bassins distincts et d’altitudes différentes. La ville de Mexico n’est qu’à 1 m. au-dessus du niveau moyen du lac Texcoco. Après les pluies et les inondations de 1446 qui détruisirent une partie de la ville, les Aztèques construisirent une digue de 16 1cm de long et 20 m. de large,, dont il subsiste des restes importants. Pour mener à bien le drainage de toute la région, Por-firio Diaz fit commencer en 1877 un canal ouvert le 17 mars 1900 ; il est long de 47 km 527 et profond de 21 m. 38 à l’entrée du tunnel qui fait descendre ces eaux au bassin du Rio-Pamico, au Nord. Le tunnel a 10 1cm 21 plus une tranchée de 2 km et demi ; l’eau à la sortie est employée pour l’iri’igation et la production de lumière électrique.
- Le galvanisage à la vapeur. — Un praticien anglais, M. Gowper-Coles, a indiqué récemment diverses méthodes de galvanisage à la vapeur qui peuvent se diviser en deux groupes : procédés à la poudre de zinc et procédés à la vapeur de zinc fondu. Dans les premiers, la poudre de zinc, produit de. la distillation du zinc et les objets en fer à recouvrir sont introduits dans un tambour en fer, chauffé dans un four à gaz vers 325° pendant plusieurs heures. Les objets, recouverts uniformément, sont retirés et lavés dans un jet de vapeur. Dans les seconds procédés, les articles à traiter sont placés dans une chambre remplie de vapeur de zinc ou au-dessus d’un bain de zinc fondu, en opérant dans une atmosphère d’hydrogène. L’avantage du galvanisage à la vapeur est d’être meilleur marché que le galvanisage à chaud et d’assurer une protection plus efficace du métal.
- Les gros moteurs à gaz. —- L’industrie des moteurs à gaz, née en France avec Lenoir et Beau de Rochas, n’a pas tardé à se développer ailleurs plus vite que chez nous. G’est une tradition qui malheureusement se continue, puisqu’une statistique récente des moteurs à gaz de plus de 1000 chevaux, publiée par la Zeitschrift des Vereines Ingenieure, nous apprend que sur 628 moteurs existants représentant 1035700 chevaux, les principaux pays constructeurs ont été l'Allemagne, les États-Unis et la Belgique. Voici, du reste des chiffres précis :
- Pays, Nombre de moteurs Puissance totale Puissance — de plus de 1000 Hl1. enVhevaux. moyenne.
- Allemagne. 412
- Etats-Unis. 154
- Belgique. . 33
- Fi'ànce . . 9
- Autriche. . 10
- Angleterre. 1 x
- Ce retard de notre construction est infiniment regrettable, mais il ne faut point oublier que si le moteur à gaz de haut fourneau ou à gaz de: four à coke se développe péniblement chez nous, ce n’est point uniquement faute de constf-ucteurs convenablement outillés, mais surtout parce que les ingénieurs ne sont point en général favorables à son emploi, malgré la considérable économie qui en résulte. L’Allemagne, au contraire, installe cou-ramment des stations motrices à gaz d’une énorme puissance : témoin l’installation de la Compagnie des Mines
- 015.200 I . OOO
- 337.5ôo 2.200
- 42.200 i.3oo
- 16.800 1.900
- i3.6oo 1.400
- 12.400 I. IOO
- d’Eschviller à Alsdoiff pi'ès d’Aix-la-Chapelle. Cette installation modèle marche au gaz de four à coke et les moteurs à gaz y ont été progressivement substitués aux machines à vapeur. On installa d’abord deux moteurs de 5oo HP. chacun, puis, en 1904 et 1905, deux moteurs de 1000 HP. et un de 1200 HP., en 1(907, un moteur de 2400 HP. et un de 2600 furent ajoutés à l’installation et en 1908 un moteur de 2600 et un moteur de 2800 HP, soit un total de près de xSooo HP. Il faut noter d’ailleurs que si le moteur à gaz dé four à coke est intéressant pour la mine, le moteur à gaz de haut fourneau a un rôle tout semblable dans les etablissements métallurgiques allemands et américains — et comme d’auti'e part il existe des usines comme la « Gazéification de Madrid »
- -— qui ont 12 000 chevaux au gaz de gazogène (moteurs allemands), on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi chez nous le moteur à gaz, dont le rendement est double de celui des meilleures tui'bines ou des machines à vapeur les plus parfaites, reste si peu employé ?
- L’agriculture à travers le inonde, — Le Jioard of Agriculture d’Angleterre publie une, statistique, arrêtée à la fin de 1907, concernant l’éUmduedos teimes cultivées dans le monde entier, ainsi que le recensement du bétail et des oiseaux de basse-cour. Les mesures sont calculées par acre (40,46 ares). Celles de capacité le sont par bushel (36,34 litres) et par quarter (2,9 hectolitres). En disposant dans une première colonne les chiffres concernant l’Angleterre-et ses colonies, et, dans une secondé, ceux qui concernent le reste du monde, nous établissons le tableau suivant :
- Champs cultivés. .
- Bétail............
- Moutons...........
- Cochons
- Chevaux ..........
- 307.600.000 acres. 77.300.000 têtes. 173.800.000 —
- 8.200.000 — 7.600.000 --
- 1.020.000.000 acres. 202.500.000 têtes. 240.000.000 — 119.300.000 — 63.300.000 —
- Soit un ensemble de 1 327600000 acres de terrain fournissant des récoltes, chiffre qui ne comprend pas les terrains cultivés en prairie pour l’élevage. A noter que l’Australie à elle seule possède 82 000 000 de moutons et 9200000 de bœufs, alors que ses terrains en culture ne comprennent que 9600000 acres. L’Inde possède 25 000000 de chèvres et i3 000 000 de buffles. Les terrains consacrés à la culture du blé, et les récoltes qu’ils fournissent, nous donnent le tableau suivant :
- SUPERFICIE
- RÉCOLTE
- Europe . i . . . 124.000.000 acres. 220.000.000 quarters.
- Amérique .... 60.000.000 — 107.000.000 —
- Emp. britannique. 36.000.000 — 65.000.000 —
- La Hollande serait le pays le plus fertile du monde, si nous nous en rapportons au tableau suivant, qui montre, pour chaque pays, la quantité dé boisseaux de blé récolté par acre :
- Canada (Ontario) . . . 21,96
- Pologne ................16,14
- Etats-Unis........13,60
- Argentine ...... 11,09
- A la production mondiale du blé s’ajoutent les quantités de céréales suivantes, pour l’année 1907 :
- Seigle . . . ... 183.000.000 quarters.
- Orge. . . . . . . 130.000.000 —
- Avoine. . . . ... 110.000.00Q —
- Les pinncipaux pays pi’oducteux's de volailles sè rangent
- ainsi : ' ,
- POULES i OIES. DINDONS
- Hollande...............
- Iles Britanniques ... 33,98 Allemagne . . .... . 29,62 Nouvelle-Zélande . . . 27,19
- France. . . . ... ., 22,49
- 5.500.000 6.500.000
- 6.239.000 351.000
- 3.520.000 1.968.000
- 596.000 585.000
- 188.000 58.000
- 34.000 : 11.000
- 7.000 4.000
- Il n’a pas été possible d’établir des chiffres pour la Grande-Bretagne. Mais l’Iidande possédait à elle seule 17 663 000 poules, 1 838 000 oies et 1 o5i oôo dindons. On fait x'emarquer en. outi’e-que, si le tiers de, la superficie de l’Europe est en culture, la pi’oportion des hectares cultivés n’est au Canada que de 1 pour 121.
- États-Unis. Allemagne France . . Canada. . Danemark. Hollande . Norvège .
- 234.000.000 55.396.000 54.103.000 16.500.000 H. 555.000 4.935.000 1.640.000
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Automobilisme <S'C/§}J
- ctgo^ Aéronautique <?«&>
- Nouvelle pompe pour gonfler les pneumatiques.
- — La mode, à laquelle on sacrifie beaucoup trop en automobilisme, est actuellement aux pompes actionnées par le moteur pour gonfler les pneumatiques. Un inventeur, M. Henry Gervaise, estime que la pompe à bras, convenablement modifiée, est préférable à ces machines dont les services ne sont pas sans entraîner certains aléas. L’appareil que montre notre figure a été étudié et construit d’après les principes des cylindres oscillants ; il fonctionne par un simple mouvement de va et vient donné au balancier actionnant deux cylindres à simple effet fournissant un travail continu.
- '?La pompe se compose de deux cylindres en acier étiré filetés à chaque extrémité. La partie supérieure de chaque cylindre est fermée par un couvercle A au travers duquel passe la tige du piston. La base se visse sur une cuvette filetée B dont l’étanchéité est assurée par un joint en amiante avec serrage conique à l’aide d’un contre-écrou C. Cette cuvette communique, par l’oi’ifice m, avec une boîte à double clapet (un pour
- chaque cylindre) placée et fixée en D (fig. i) sur le montant du croisillon d’articulation. La boîte à clapets possède un manomètre M relié au tuyau de caoutchouc communiquant avec la chambre à air du pneumatique. Les pistons P sont en cuir embouti, serré entre la lige du piston et une
- Fig. i. — Vue de la pompe à double effet Henry Gervaise.
- Fig. 2. — Coupe par un cylindre.
- Fig. 3. .
- La pompe sur la voiture pendant le gonflement du pneumatique.
- rondelle à l’aide d’un écrou. Les tiges a sont articulées à un levier d’équerre b sur lequel vient s’ajuster un manche en bois pour la manoeuvre de la pompe. Une aufre ouverture pratiquée également dans chaque cuvette et fermée par une vis à oreilles Y permet la vidange des cylindres.
- La pompe s’ajuste sur une agrafe fixée sur le marchepied de la voiture à l’aide de deux vis à oreilles. L’assemblage de la pompe dans l’agrafe, se fait également à l’aide d’une vis à oreilles, ce qui rend le montage et lé démontage instantanés. Comme, à chaque oscillation du levier de manœuvre, dans un sens ou dans un autre, il y a toujours compression dans l’un ou l’autre cylindre il en résulte un envoi d’air continu dans le pneumatique.
- La pompe, dont les dimensions sont très réduites, pèse seulement 5,5 kg. En communiquant 6o oscillations par minute au balancier les cylindres débitent 28 litres; si on augmente la vitesse de ces oscillations, 85 par exemple, le débit est de 40 litres. Des essais effectués, il résulte que le gonflement d’un pneumatique de 920 X 120 à 5 kg de pression peut être obtenu en moins de 5 minutes sans beaucoup d’efforts. Cette pompe nous paraît extrêmement intéressante et nous sommes d’avis qu’elle est plus pratique que les appareils actionnés par le moteur. -— L’inventeur constructeur est M. Henry Gervaise, 27, rue Félix-Faure, à Nancy. Prix : 75 francs.
- Un dispositif pour déterminer la vitesse des
- ballons. — Le variomètre construit, d’après les données de M. Bestelmeyer, par les usines mécaniques de Spindler et Hoyer, à Goettingue, sert à déterminer la vitesse verticale des ballons. H se compose d’un flacon Y protégé contre les variations de température rapides et
- c \
- Dispositif pour déterminer la vitesse des ballons.
- qui communique avec l’air atmosphérique, par un tube capillaire K et par un tube dessiccateur.
- A mesure que la pression atmosphérique diminue, en raison du mouvement ascensionnel du ballon, l’air du flacon est aspiré et s’échappe par IC, en même temps que la pression à l’intérieur du flacon baisse à son tour. Comme cependant l’air du flacon, à cause de la friction opposée par le tube capillaire, ne peut s’échapper que lentement, la pression à l’intérieur sera en retard, et par suite le manomètre M indiquera une différence de pression entre l’intérieur du flacon et l’atmosphère ambiante. Or, cette différence de pression varie en raison directe de la vitesse verticale du ballon ; elle est indépendante de la valeur absolue delà pression atmosphérique, c’est-à-dire de la hauteur où se trouve le ballon. Toutes les fois que la vitesse de ce dernier subira une variation, le manomètre se réglera pour la nouvelle vitesse en quelques secondes.
- Comme la dilatation thermique du liquide du manomètre est compensée par le coefficient de température de la capillarité, le zéro de l’instrument est parfaitement indépendant de la température. Le manomètre est gradué en vitesses verticales, chaque division correspondant à une vitesse de 20 cm par seconde.
- Un autre dispositif, construit suivant le principe ané-mométrique, sert à mesurer la vitesse verticale relative par rappoiù à l’air ambiant. Il s’applique également à déterminer la composante verticale de la vitesse des courants d’air dans l’atmosphère libre.
- Mécanique «*&§?,
- Manchon élastique d’accouplement. — M. J, Julien, ingénieur A et M, 87, boulevard de Charonne, propose pour l’accouplement des arbres bout à bout dans les transmissions mécaniques en général et spécialement dans la construction des voitures et bateaux automobiles, un nouveau manchon élastique, dont la particularité est d’être entièrement construit en fonte et en acier, sans cuir, ni caoutchouc, ni ressoi’ts, matières
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- fragiles employées généralement dans la construction des appareils de cette catégorie.
- On sait qu’un manchon élastique d’accouplement d’arbres bout à bout doit répondre aux desiderata suivants : i° être de faible diamètre et de poids aussi réduit que possible, afin que son inertie ne vienne pas apporter de perturbations dans la marche des arbres; •i° permettre la rotation libre des deux arbres accouplés malgré les petites différences de centrage dues aux vibrations:ou aux flexions;des supports de ces arbres; 3“ laisser aux arbres accouplés un certain jeu latéral; ceci est surtout indispensable lorsqu’il s’agit d’entraîner une dynamo ou d’accoupler à une autre machine un moteur électrique.
- Jusqu’à présent, les manchons élastiques répondant à peu près à ces conditions comportaient des tampons de caoutchouc ou bien des rondelles de cuir et de caoutchouc d’une durée précaire à cause des efforts considérables de traction ou de compression auxquels ces matières organiques étaient soumises ; dans certains appareils on employait des ressorts à boudin en acier, mais ceux-ci se brisaient fréquemment.
- L’appareil de M. Julien est basé sur l’emploi des rondelles Belleville qui sont, comme on le sait, des rondelles en acier légèrement embouties en forme de tronc de cône, puis trempées à cœur; quand ces rondelles sont fabriquées avec de l’acier convenable et que leur trempe est bonne, elles peuvent s’aplatir sous un effort d’écrasement déterminé, puis reprendre leur forme tronconique, sans déformation, lorsque l’effort a cessé.
- L’écrasement ou (lèche d’une rondelle Belleville
- Vue de face et coupe du manchon élastique Julien.
- est de i à 3 mm selon le diamètre de la rondelle; en superposant dix rondelles Belleville, M. Julien obtient donc un ensemble élastique capable de fournir une déformation de io mm au moins, sans avoir les inconvénients du cuir, du caoutchouc ni des ressorts en fil d’acier et de supporter des charges infiniment plus élevées que ces diverses matières élastiques.
- Ceci posé, l’appareil Julien se compose de deux plateaux clavelés sur les bouts d’arbre à accoupler. Le plateau mâle porte quatre tenons, venus de fonte, et rabotés suivant les rayons du plateau ; le plateau femelle porte huit tenons venus de fonte et traversés par huit boulons dans lesquels sont enfilées les rondelles Belleville, comme le fait voir la figure ci-jointe. L’examen de l’appareil montre immédiatement que le jeu latéral des arbres est conservé et qu’un léger excentrage peut être admis, car les têtes des boulons peuvent glisser librement sur les tenons du plateau mâle, aussi bien dans le sens diamétral que dans le sens longitudinal; le diamètre à donner aux plateaux peut être très réduit, même pour une grande puissance à transmettre, car la compressibilité des rondelles Belleville ne dépend que de leur diamètre et de leur épaisseur, leur encombrement restant très faible, et l’effort qu’elles peuvent supporter est pratiquement illimité et indéterminé, c’est-à-dire à la volonté absolue du constructeur. Celte qualité ne se rencontre pas avec le cuir, ni avec le caoutchouc pas plus qu’avec les ressorts à boudin.
- L’appareil Julien, étant entièrement métallique, peut être graissé suffisamment ou même fonctionner dans l’huile, pour assurer le glissement facile des boulons dans leurs logements et sur les tenons d’entraînement.
- Ce manchon d’accouplement réalise donc toutes les conditions d’élasticité et de faible moment d’inertie; il offre des garanties de durée qui n’étaient pas obtenues arec les appareils jnsqu’à présent en usage.
- Le diaphragme et le support du stylet.
- Phonographe
- L’Eufon, nouveau phonographe. — Sait-on que le nasillement si désagréable des sons émis par les phonographes est dû seulement au pavillon ou cornet en métal mince nécessaire à l’amplification des vibrations sonores ? f'
- Pour s’en convaincre, il suffit d’entendre un nouveau phonographe, YEufon, dans lequel le pavillon ou cornet n’existe pas, l’inventeur ayant trouvé le moyen d’amplifier les sons par un autre artifice.
- L’Eufon est composé, comme tous les phonographes, d’une boîte contenant un mouvement d’horlogerie qui met en rotation le disque sur lequel sont gravés les sons ; le diaphragme est eu mica, un petit bras supporte la pointe qui frotte légèrement sur le disque, ce petit bras étant supporté élastiquement par une barre transversale au diaphragme.
- Les vibrations transmises au diaphragme sont captées par un gros tube comme dans les appareils connus, mais ce tube, au lieu de déboucher
- à la base d’un énorme cornet, vient aboutir dans l’intérieur même de la boîte en bois formant le socle de l’appareil. •
- Cette boîte est divisée en deux parties, l’une contenant le mouvement d’horlogerie, l’autre vide et en forme de pyramide quadrangulaire, dont la grande base est ouverte à l’extérieur et dont la petite base reçoit le tube amenant les vibrations produites par le diaphragme ; les parois de la boîte et les côtés de la pyramide quadrangulaire sont en bois mince et sec, de façon à constituer une véritable, caisse résonnante, analogue à la boîte d’un violon ou d’une boîte à musique.
- Grâce à ce dispositif, l’inventeur de l’Eufon a pu supprimer le pavillon ou cornet en forme de porte-voix; la résonance de la boîte en bois ne produit pas de sons nasillards et l’amplification des vibrations sonores est suffisante pour que les paroles ou la musique soient reproduites avec une intensité au moins égale à celle de l’instrument qui les a engendrées [primitivement.
- Les effets sonores de l’Eufon, comparés à ceux des phonographes à pavillon, présentent avec ceux-ci les mêmes différences que les sons d’un orgue à tuyaux en bois avec les sons d’un harmonium à tuyaux à anches métalliques ; le nasillement n’est dû qu’à l’emploi des lames métalliques minces, il disparaît dès qu’on remplace le métal par du bois. . . .
- L’Eufon reproduit donc les paroles, les airs chantés et la musique instrumentale avec une pureté et une netteté qui tranche vivement avec ce que les anciens phonographes nous servaient d’habitude. .1
- Un autre avantage de la suppression du pavillon est une diminution considérable deTencombrement de l’appareil ; certains. pavillons n’avaient pas moins de 6o à’ 8o cm de longueur et 5o cm de diamètre ; l’Eufon en’ tout et pour tout tient dans un étui de 3a X, 20 X 20'cm’ qu’un enfant porte facilement à la main, car le poids total n’ëst que de 6 kg 5oo.
- Cet appareil constitue certainement un progrès dans l'industrie des phonographes, on peut le voir et l’entendre aux bureaux du journal Kinéma, 22, rue Labruyère.
- .— Fig.!!.
- L’« Eufon » en fonction.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
- Ç2ÊL.
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en août 1909, par M. Ch. Dufour.
- La température, dont la moyenne, 17°,77, est sensiblement égale à la normalet a présenté, pendant le mois d’août 1909, des variations assez importantes. Du ior au i5, elle est, chaque jour, inférieure à la normale de la date correspondante et l’écart atteint près de 5° le 3 et le 4. Du 6 au 18, un réchauffement se produit, et le 8, jour où l’on observe le maximum absolu, 3i°,6, elle est, au contraire, en excès de 5°,9. La température s’abaisse de nouveau a partir du 19, et, sauf le 20 et le 24» elle reste jusqu’à la fin du mois inférieure à la normale. Les journées du 22 et du 3i sont,les plus froides de cette période; le minimum absolu, 6°,7 se produit dans la nuit du 22 au 23.
- La pression moyenne du mois d’août est 84 ; la
- moyenne du mois d’août 1909 est un peu plus élevée : 758mm,35. Le 18, le baromètre a présenté une variation très irrégulière ; la courbe de l’enregistreur, déjà agitée dès 5 heures du matin, accuse, à 6h5ora, une baisse brusque de 2““ en 5 minutes, tout à fait analogue à celle qu’on observerait au passage d’une très petite trombe. La pression reprenait ensuite sa valeur primitive. Cette variation de pression n’a pas été accompagnée de pluie ; il est tombé seulement quelques gouttes entre 6 heures et 7 heures, et la chute de pluie signalée à la date du 18 ne s’est produite qu’entre 11 heures et iiu i5'“ donnant lieu, cette fois, au crochet d’orage habituel et à un abaissement de température. La vitesse du vent n’a pas sensiblement varié et est restée inférieure à 5 mètres par seconde; la direction a passé du S. S. W. à l’E. S. E. pour revenir au S. S. W. quelques minutes après 7 heures.
- On a recueilli 48“>ra,o de pluie eu 9 jours; mais la journée du 21 a fourni, à elle seule, 3on,m d’eau; celle du 25, près de 9,nm.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 758mm,35 ; minimum absolu, 747mm.7 le 18 à 6h55m; maximum absolu, 7Ô5mm,i le 4 à 8h3om; écart extrême, s •
- Température. — Sous l’abri : moyenne des minima, 12°, 04 ; des maxima, 23°,91; du mois, i7°,97; des 24 heures, i7°,77;. minimum absolu, 6°,7 le 23; maximum absolu, 31°,6 le 8. Amplitude diurne moyenne du mois, ii°,87; la plus élevée, i.6°,8 le i5; la plus faible, 6°,6 le 21. — Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 9°,65; des maxima, 45°,86; minimum absolu, 4°, 1 le 4; maximum absolu, 54°,5 le i5i — Dans le sol gazonné : moyennes du mois; profondeur o“,3o : à 9 heures, i7°,8i ; à 21 heures, i8°,22 ; profondeur om,65 : à 9 heures, i7°,34; à 21 heures, 170,31 ; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, i6°,62, à 21 heures, i6°,63. — De la Marne : moyenne le matin, 20°,i4; le soir, 200,73; minimum, 18°, 17 le 4; maximum, 23°,32 le 16.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 1 imm,3o; minimum, 5miu,7 le 3i à 16 heures; maximum, 17““,3. le 16 à 20 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 76,5-, minimum 3o, le 11 à i5 heures; maximum 100 en 12 jours.
- Nébulosité.: moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 4,49;, minimum, 0,0 les 6 et 12; un jour couvert, le 21.
- Insolation : durée possible, 442 heures ; durée effective, 25ih7 en 3o jours; rapport, 0,57. ,
- Pluie : total du mois, 48“m>° en 2F1 4, dont i5 heures, consécutives le 21.
- Nombre de jours : de pluie, 9; de pluie inappréciable, 2; de rosée, 24; d’orage, 3; de brouillard, 4; de brume, 14; de halos, 5.
- Fréquence des vents : calmes, 11.
- N. . . . 55 S. E. . . . 18 W. . . . 36
- N. N. E . , iii S. S. E . 10 W. N. W. 20
- N. E . . • 79 S ..... . 5o N. W . . 46
- E. N. E . 12 S. S. AV . . . 88 N. N. W. 56
- E. . . . . 2 5 S. w . . . 64
- E. S. E . . 22 w. s. w. +
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3”, 17; moyenne diurne la plus élevée, 7”,2 le 18; la plus faible, im,o le 29; vitesse maximum en i5 minutes, i2m,8 le 18, de i5l,45m à 16 heures par vent W. S. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,28; minimum, a^oJ, le 19; maximum, 2m,72 les 2 et 3.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre, + o”,m,5i; température, -f-o°,o6; tension delà vapeur, -j-omm,38; humidité relative, +2,3; nébulosité, —0,76; pluie, —5ram,6; jours de pluie, —3; insolation, + 23*“ 4-
- Taches solaires : on a suivi 9 taches ou groupes de taches en 27 jours d’observations. Le Soleil a paru dépourvu de taches du 27 au 3o.
- Perturbations magnétiques : Très faibles du 24-25; faibles les 2, 3, 11, 26. 27, 31 ; modérées les 9, 29 et 3o.
- Radiation solaire : La radiation solaire a été observée 28 fois à i3 dates différentes; les valeurs les plus élevées sont : ica‘,2i9 le 5 à i4h25m; ioaI,232 le 11 à 1 ih 3om et le 18 à 12“ iom ; ical,256 le 23 à i3h 17*.
- Mouvements sismiques : Le 5 à i5ki4m, (t. 1.), (tremblement de terre de Bretagne); le 14, début à 7h4m; phase principale, 7h38m; fin 8 heures (tremblement de terre au Japon); le 25 de oh 34ra à ih38m (tremblement de terre en Italie).
- Floraisons : Le 2, hélianthus cucumérifolius ; le 4> althœa, bar Jane, tanaisie; le 5, tabac commun; le 6, phlox vivace; le 8, échinops; le 9, anémone japonica, persicaire du Levant; le' 11, statice limonium ; le 15, polygonum euspidatum; le i7, sedum telephium ; le 19, aster bleu hâtif; le 20, cataleptique de Virginie; le 25, dentelaire ; le 29, hémérocalle du Japon.
- Les derniers martinets ont été vus le 11.
- JtoD
- IgD
- VARIETES
- :a?t
- L’origine des moteurs légers d’aviation. — Le
- moteur léger fut pendant de longues années l’objet des études persévérantes du colonel Renard au parc d’aérostation de Chalais-Meudon ; il y voyait la solution du ballon dirigeable et du problème de l’aviation. Dans la Notice sur ses travaux scientifiques, publiée en 1904, dans le but d’exposer ses titres à l’Académie des sciences, le colonel Renard disait très précisément: « Si l’avenir de l’aviation dépend de l’emploi judicieux des surfaces sustentatrices, il dépend encore plus étroitement de la légèreté des moteurs. Les difficultés qu’on rencontre aujourd’hui ne seront plus qu’un jeu quand le moteur de 2 kg par cheval sera devenu pratique et courant; C’est à le réaliser que tendent nos recherches actuelles ».
- Les piles employées par Gaston Tissandier pesaient 52 kg par force de cheval; les piles de l’invention de Renard et qui servirent pour les mémorables expériences du ballon la France en 1884 et i885 ne pesaient que 25 kg pour la même puissance. Toutefois avec le
- moteur électrique pesant 12 kg par force de cheval, on arrivait au poids de 37 kg par cheval. Or les moteurs à explosion d’aéroplanes pèsent actuellement en ordre de marche 1 kg 800 environ par cheval. Et les aéroplanes volent comme Renard l’avait prédit.
- Il est juste de rechercher quels ont été les initiateurs : de ces progrès, quels moteurs ont marqué les étapes intermédiaires aboutissant à la création des moteurs extra légers ?
- Certains auteurs prétendent que les moteurs d’aéroplanes sont empruntés à l’automobilisme. Rien de moins exact, à certains égards. Le moteur d’aéroplane est construit d'une façon particulière. Si nous passons en revue les moteurs de Santos-Dumont, Farman, Dela-grange, Esnault-Pelterie, Dufaux, etc... nous remarquons un caractère commun ; la multiplication de cylindres rayonnants au nombre de sept, huit, jusqu’à vingt et qui a pour effet de procurer un équilibrage satisfaisant bien que le lourd volant soit supprimé.
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- VARIÉTÉS
- M. Ph. Rousseau, dans le Bulletin de la Société française des ingénieurs coloniaux (n° 48, 2 e trimestre 1908) signale très justement un précurseur dans la construction du moteur polycylindrique. Il y a vingt ans, le 11 février 1888, Fernand Forest fit breveter un moteur à explosion extra-léger à 32 cylindres rayonnants (quatre groupes de huit cylindres), qui devait actionner le mécanisme du ballon dirigeable de Gaston Tissandier. Et il est remarquable de constater que le moteur conçu par Forest, comportait déjà les perfectionnements principaux de moteurs récents, c’est-à-dire :
- i° Un grand nombre de cylindres; 2° des cylindres à ailettes pour le refroidissement par l’air; 3° la disposition rayonnante des cylindres ; 4° un seul arbre à cames pour 8 cylindres ; 5° les bielles attelées sur des axes satellites ; 6° la commande des cames ramenée dans l’axe et sur le prolongement de l’arbre moteur.
- Forest donnait la préférence à l’acier qu’il employait presque exclusivement sauf pour les paliers et têtes de bielles. L’arbre manivelle et les bielles étaient creuses, afin d’économiser sur le poids.
- Forest, créateur du type polycylindrique, en fut aussi l’apôtre ; il en préconisa l’emploi sous des formes diverses pour toutes les applications possibles. Il créa une série de types depuis 1888, parmi lesquels nous signalerons (1895) un moteur de 36o chevaux à 20 cylindres rayonnants par groupes de 5, destiné au sous-marin Morse ; un moteur de 5oo chevaux à 20 cylindres rayonnants disposés en 5 groupes de 4 cylindres, puis deux moteurs à 18 et 24 cylindres rayonnants par 3 et par 4 groupes de 6 cylindres, projets primés par le Ministre de la marine au concours de sous-marins du ifi février 1896.
- C’est donc le moteur de ballon dirigeable qui est devenu le moteur d’aéroplane et Fernand Forest, qui a
- sur ce moteur des droits de patexmité, mérite de voir son nom associé à celui des chercheurs et savants qui ont collaboré à la conquête de l’air.
- L’allègement de moteurs par la suppression de l’eau de circulation autour des cylindres et son remplacement par une ventilation énergique est un des derniers progrès proposés et même réalisés avec succès dans certains types. A qui en attribuer l’idée première ? N’est-ce point au colonel Renard, qui dit dans sa Notice, déjà citée : « La question des moteurs très légers destinés à l’aviation est poussée très activement à Chalais avec des procédés nouveaux de réfrigération par l’air seul qui permettent d’espérer un allègement très notable ». Dès 1888, le colonel Renard en présence des dangers des moteurs à explosion « où l’échappement des gaz brûlés se fait à l’air libre et où la combustion produit un allégement progressif du ballon » avait imaginé de remédier à ce double inconvénient avec « des aérocondenseurs pouvant à la fois pourvoir à la réfrigération de l’eau qui entoure les cylindres des moteurs et au refroidissement dès gaz de l’échappement, refroidissement allant jusqu’à opérer la condensation de l’eau produite par la combustion du pétrole » Charles Renard ajoutait : a Des expériences méthodiques furent entreprises sur l’aé'ro-condensation ; elles nous ont permis d’établir jusqu’à des vitesses d’air de plus de 40 mètres par seconde la proportionnalité de la chaleur soustraite à la vitesse de circulation de l’air et à la différence de température entre l’air et la paroi ». Ces expériences démonstratives, dont les constructeurs d’aujourd’hui ont tiré profit, avaient mis évidemment Charles Renard sur la voie de « la réfrigération par l’air seul » dont il parlait en 1904, comme d’un fait acquis. Et comme Forest, il avait en vue le moteur léger pour ballon dirigeable.
- Norbert Laxlié,
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le goudron de houille dans les dermatoses. — Un
- médecin du vieux temps disait qu’il lui suffirait de quatre produits médicamenteux pour répondre à l’exigence de la thérapeutique dans tous les cas connus. Ces quatre médicaments étaient : le fer, le mercure, l’opium et le quinquina. Et de fait, avec ces agents antipyrétiques, fortifiants, analgésiques, purgatifs et cholagogues on peut suffire à peu près à tout. Il faudrait aujourd’hui que ce praticien y ajoute un autre produit, c’est le goudron de houille dont on a tiré et dont on tirera encore tant de produits divers. Les belles couleurs dont sont teintes nos étoffes viennent du goudron par l’aniline et tous ses dérivés ; les parfums suaves dont les confiseurs aromatisent les bonbons, dont les parfumeurs agrémentent leurs eaux de toilette, viennent encore en grande partie de la houille. Et pour le pharmacien, toute la série des phénols, des acides phéniques et de leurs milliers de combinaisons, si employées de nos jours dans les pansements. C’est encore le goudron de houille qui nous donne cette riche série d’agents antiseptiques.
- En thérapeutique on a employé de tout temps le goudron, mais c’était le goudron végétal, goudron ligneux, dont on se servait. Qui n’a bu pour des rhumes prolongés ou des irritations de la vessie, de l’eau de goudron: Dans les affections catarrhales des voies respiratoires, le goudron dé Norvège ou des Landes a, précédé la créosote dont il contient du reste une notable proportion. Mais c’est surtout dans les affections de la peâu qu’on l’a le plus longuement utilisé. Je me rappelle avoir vu à Saint-Louis, des malades transformés en nègres par les applications de pommades au goudron et l’odeur balsamique de ce produit, donnait, en entrant dans les salles de cet hôpital, une vague réminiscence de l odeur des ports de mer. •
- Actuellement, on a tendance à se servir pour les affections cutanées d’un goudron plus énergique, celui qu’on retire de la distillation de la houille. Le Dr Brocq et le Dr Aubry en sont partisans pôur, un certain nombre de dermatoses et notamment dans les eczémas chroniques. Il ne faut pas s’en servir à la -légère, il faut surtout choisir le goudron de houille brut, mais bien
- lavé à l’eau distillée pour enlever la potasse pure et l’ammoniaque qui s’y trouvent à assez fortes doses et que la peau, même la plus cornée, supporterait mal.
- Le goudron de houille, ainsi purifié, agit en modifiant les téguments, il ramollit les parties cornées, excite la kératinisation, la vitalité des cellules, il dessèche en même temps et agit à la fois en surface et en profondeur. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il supprime dans les eczémas à très bref délai les démangeaisons insüppor-tables. Quand il y a indication d’utiliser le goudron —et je donne en passant le conseil de prendre avis de qui de droit — il faut bien nettoyer la surface sur laquelle on l’appliquera, en la modifiant par des compresses humides, par quelques applications astringentes pour enlever les croûtes, les squames, les débris épithéliaux. Quand la peau est ainsi bien détergée, on la lave à l’eau bouillie, on la savonne même si elle peut tolérer le savonnage, puis on applique le goudron brut en couches épaisses, comme, un jardinier le fait pour un ulcère d’un arbre. Le point important c’est de bien laisser sécher cette couche goudronneuse et le goudron ne sèche que fort lentement. Quand il est à peu près séc, poudrez largement avec du talc, la poudre de gants, puis enveloppez d’une toile fine. Le talc a pour but d’éviter que le goudron ne soit en quelque sorte pompé, bu, absorbé par la toile et la peau serait à peine tachée. Il faut; quand on lève ce pansement, que le goudron soit encore adhérent ^ à la peau et que celle-ci ait une belle teinte noire, la teinte nè^re.
- Ce pansement restera en place deux jours, on se contente à ce moment de remettre de la poudre de talc et on ne procède à un nouveau badigeonnage qu’au sixième ou huitième jour et seulement s’il n’y a pas de réaction trop forte.
- Le résultat de ces applications est excellent, surtout, je le répète, dans les formes d’eczémas chroniques rebelles ; quand les médications ordinaires n’auront pas réussi, il y aura, lieu de recourir au goudronnage de la peau avec le goudron de houille, de beaucoup plus actif que le goudron végétal, probablement en raison des substances qu’il contient. Dr A. C.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Comment distinguer le camphre naturel, le camphre synthétique et le camphre artificiel. —
- Il a été pris dans ces dernières années un grand nombre de brevets pour la fabrication du camphre synthétique à. partir de l’essence de térébenthine. D’autre part, le camphre artificiel ou chlorhydrate de térébenthène a quelquefois été vendu pour du camphre, et M. Lohmann, dans un travail que résume lé Journal de Pharmacie et de Chimie, décrit les méthodes qui permettent de distinguer avec facilité ces trois composés. Tout d’abord le camphre artificiel, contenant du chlore, peut être mis en évidence simplement en imprégnant, avec une parcelle de ce composé, un fragment d’oxyde de cuivre et portant le tout dans la flamme d’un bec Brunon. Celle-ci s’éclaire immédiatement en vert, tandis que le même fragment d’oxyde de cuivre ne colorait pas la flamme avant d’être
- imprégné de substance chlorée. Le camphre synthétique se distingue du camphre naturel en ce qu’il est inactif sur la lumière polarisée, le camphre naturel étant fortement dextrogyre. L’èxamen polarimétrique permettrait donc de déterminer avec facilité la proportion d’un mélange de ces deux camphres.
- 1
- Pour souder le verre. — On se sert d’un alliage consistant en g5 parties d’étain et 5 p. de zinc, dont le point de fusion est environ à 218° C. Le verre à souder est élevé lentement à cette température, et l’on répand dessus l’alliage, en se servant d’un fer à souder. En refroidissant, il restera fortement attaché au verre. On peut se servir aussi d’un alliage de 90 p. d’étain et de 10 p. d’aluminium. Mais cet alliage présente l'inconvénient de ne fondre qu’à la température de 4400.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Bazirguian, à Constantinople. — Nous donnerons prochainement un article sur le nouveau procédé Edison pour la construction économique des maisons.
- M. Blancséré, Bruxelles. — Le pulvérisateur West-falia a été construit par F « Armaturen-Fabrik West-falia » de Gelsenkirchen (Westphalie). Le pulvérisateur
- Peter a été construit, croyons-nous, dans les mêmes ateliers.
- M. Pégourier, à Rennes. — Vous trouverez des poêles à pétrole, chez Besnard, 60, boulevard Beaumarchais, à la Société des fourneaux à flamme bleue, 19, rue des Couronnes, Paris. Les Recettes et Procédés 'utiles ont paru en 5 séries, chez Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain. Chaque volume est vendu séparément. Prix : broché, 2fr,25.
- I. G., grand cercle du Progrès. — L’instrument dont vous parlez est l’acoustèle Daguin décrite dans La Nature (n° 1848, 24 octobre 1908). Elle est construite par MM. Ducretet et Roger, 75, rue Claude-Bernard, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- , Sommaire de notre précédent numéro.
- L’art décoratif et les étuis à aiguilles de l’Alaska : Jean-Paul Lafitte. — Les méthodes modernes en chimie : Pierre Jolibois. — La marine militaire du Japon : Will Darvillé. — Les marées de l’écorce et l’élasticité du globe terrestre : Ch. Lallemand. — Le gyroptère Davidson : Lucien Fournier. — La Grande .semaine d’Aviation : L. F. —Académie des sciences; séance du 6 sejitembre 1909 : Ch. de Villedeuil.
- Supplément. — L’aéroplane Curtiss. — Cristallisation explosive.
- ' — La réductiondes oxydes réfractaires par le charbon. — Sur un composé volatil de cobalt et d’oxyde de carbone.—L’aéroplane en Angleterre. —Nouvelles épreuves d’aviation, etc. — La conservation des fruits.
- Charles Darwin as geologist (the rede lecture), par Sir Archibald Geikie. Prix : 2tr,5o.
- Intéressant résumé, fait par un spécialiste éminent, d’un côté particulier de la carrière scientifique de Darwin.
- Les observations méridiennes, Théorie et pratique (instruments et méthodes d’observations; corrections instrumentales et équations personnelles) par F. Bo-qÙet, docteur ès sciences mathématiques, astronome à l’Observatoire de Paris. 2 vol. in-18, 65o p., avec 162 fig. (Bibliothèque d’astronomie et de physique céleste). Paris. Doin. 1909. Prix : 10 francs.
- La science des observations méridiennes est moderne. Rœmer (1644-1710) et Huyghens (1629-1695), le premier en orientant la lunette astronomique dans le plan méridien, le second en appliquant le pendule
- aux horloges, en sont les créateurs. Grâce aux perfectionnements apportés aux instruments, Flamsteed (1646-1719) et Bradley (1692-1762) font faire à la science un progrès considérable ; l’erreur d’une observation est ramenée à quelques secondes d’arc avec le premier, elle atteint à peine une seconde avec le dernier. Mais c’est sous l’impulsion de Bessel (1784-1846) que l’astronomie méridienne prend véritablement son essor et que les méthodes d’observation et de réduction deviennent, à peu de chose près, ce qu’elles sont de nos jours. Depuis plus d’un siècle, en effet, les progrès réalisés dans cette branche de l’astronomie -n’ont porté que sur des détails. Et cependant combien nombreux et importants les mémoires qui ont été écrits sur ce sujet! C’est qu’au point où en est arrivé la science des observations, l’astronome ne se contente plus d’une approximation à la seconde : c’est le dixième de seconde qu’il obtient, c’est le centième de ; seconde qu’il veut obtenir. L’auteur s’est efforcé de : montrer exactement dans ce remarquable ouvrage ce que peuvent donner aujourd’hui les observations méridiennes, d’exposer avec tous les détails voulus les méthodes et les instruments actuellement employés dans les observatoires et d’indiquer enfin les perfectionnements dont l’étude s’impose. Son traité débute par un rappel des notions élémentaires de cosmo-m graphie relatives aux observations méridiennes, intro-duction naturelle de l’ouvrage en même temps que vocabulaire technique des termes d’astronomiê sphérique dont il est fait usage dans le courant du volume. Dans le tome I, on trouvera la description des instruments et des méthodes d’observation. Le tome II traite particulièrement des corrections relatives à la mau-
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- BIBLIOGRAPHIE
- vaise orientation de l’instrument et enfin de la question si délicate des équations personnelles. Les travaux les plus récents sont analysés ou indiqués. Chaque volume est terminé par une table systématique des matières et par une table alphabétique des auteurs et des matières. Un index bibliographique termine le second volume.
- Comment élever nos enfants? (Pédagogie générale) par . J. G. Herbart. Trad. de l’allemand par J. Molitor. Paris, Schleicher frères, 1908, 1 vol. in-8°. Prix : 2 francs.
- Nouvelle traduction de l'œuvre maîti'esse de Her-bart. Il y a condensé les idées directes de sa méthode : l’éducation par l’instruction. Quelle que soit la valeur objective de ces doctrines parfois audacieuses, tou-
- jours fort suggestives, quelles que soient la critique et les discussions qu’elles soulèvent, elles sont intéressantes à connaître, surtout à l’heure présente où de toutes parts se multiplient les efforts pour répandre partout l’instruction.
- La Photosculpture pour tous, par L. Tranchant. Une brochure de la Bibliothèque de la Photo-Revue. Prix: 60 centimes. — Paris, Ch. Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas.
- Dans l’opuscule qu’il a consacré à la photosculpture, M. Tranchant décrit les procédés pratiques qu’il a employés, soit qu’il les ait imaginé lui-même, soit qu’il se soit contenté de les expérimenter et de les mettre au point, et qui conduisent à des résultats déjà très appréciables dans des genres divers.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 sept. 1909 . 8°,2 S. 1. Beau. 0,6 Rosée; très nuageux; pluie le s.
- Mardi 7 10°,8 S. W. 3. Beau. » Nuageux; halo.
- Mercredi 8 9°,9 s. 1. Couvert. 0,2 Rosée ; brume; couvert; petite pluie à 15 h. et à 16 h.
- Jeudi 9 11°,0 N. 3. Couvert. 1,6 Pluie vers 1 h. à 18 h. de 23 h. 45 à 24 h.; couvert.
- Vendredi 10 14°,1 S. E. 3. Nuageux. 22.2 Pluvieux à 0 h. 50; pluie de 15 h. 30 à 19 h. 15; peu nuag. le m.
- Samedi 11 12°,0 S. S. E. 2. Nuageux. 2,2 Nuageux; O'age et pluie le soir.
- Dimanche 12 15°.7 N. E. 1. Couvert. 1.0 Pluie vers 3 h. 30 : miaa.: maure dans la soirée av. un peu de pluie.
- SEPTEMBRE 1909. — SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 SEPTEMBRE 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 6 au 12 septembre. — Le 6. Dépression sur le N.-O. de l’Europe : Ecosse, 743; fortes pressions sur l’Espagne, les Açores, la Russie : Moscou, 768. Pluies générales; en France : Besançon, 16 mm; Biarritz, 6; Nancy, 3; Brest, 1. Temp. du matin : Bodoe, 6°; Paris, 8; Alger, 21; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : i4°,4 (normale : i5°,8). — Le 7. Dépression sur la mer du Nord : 745; N.-O. de l’Europe, Islande, 767. Pluies sur le N. et l’O. ; en Fance : Bordeaux, 3; Cherbourg, Boulogne, 2; Paris, Brest, 1. Temp. du matin : Sey-disfjord, 4°; Paris, 11; Alger, 23; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i3° (normale : i5°,7). — Ze 8. Zone de basses pressions de la Scandinavie à la Méditerranée occidentale : S. de la Norvège, 734; S.-E. de la France, 7d3 ; Arkangel, 768. Pluies sur le N. et l’O. ; en France ; Biarritz, 34; Boulogne, Limoges, 7 ; Nice, 6; Cherbourg, Besançon, 4- Temp. du matin : Feroé, 5°; Paris, 10; Alger, 24; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i3° (normale : i5°,9). — Ze 9. Même situation atmosphé-
- rique. Pluies abondantes et générales. Temp. du matin : Bodoe, 5°; Paris, 11; Alger, 24; moyenne à Paris : ! x3° (normale : i5°,4).— Le 10. Dépression sur le S.-0..: Vendée, 754. Pluies abondantes en France : Limoges, 88; Clermont-Ferrand, 47! Rochefort, 3o; Nantes, 24; Cherbourg, 20; Le Havre, 12; Toulouse, 6 ; Paris, 3. Temp. du matin : Vardoe, 8°; Paris, 14 ; Alger, 23, Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i5°,6 (normale : i5°,3). — Le 11. Même situation : Belle-Ile, 753. Pluies abondantes : île d’Aix, 48; Lyon.,. 45; Nice, 3a; La Hague, a3; Paris, Gris-Nez, 20; Nantes, 19. Temp. du matin : Bodoe, 8°; Paris, 12; Alger, 21; Puy de Dôme, io; moyenne à Paris ; i5°,6 (normale : i5°,2). — Le 12. Pression basse sur le S.-O. et le Centre : Vendée, 756; fortes pressions sur la Scandinavie et les Iles-Britanniques. Pluies abondantes sur l’O. ; en France : Clermont-Ferrand, 22; Biarritz, 24; Lorient, 6; Paris, Rodiefort, Perpignan, 3. Temp. du matin : i6°,5 (normale : i5°,i). — Phases de la Lune : Dernier Quartier, le 6, à 7 h. 53 m. du s.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications
- aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l'École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- ‘ l .
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1896 — 25 SEPTEMBRE 1909
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- SUPPLÉMENT
- Le retour de la comète de Halley. — M. Max Wolf, astronome à l’Observatoire de Heidelberg vient de découvrir la comète de Halley, dont le retour était annoncé pour cette année. La comète%’est pas encore visible, ni à l’oeil nu, ni au télescope^ C’est par la méthode photographique que sa présence a été révélée près des petites étoiles à la frontière Nord-Est de la constellation dans le voisinage des Gémeaux. Il y a plus d’un an que les recherches ont commencé (Voy. n° 1876, 8 mai 1909. Suppl, p. 177). La comète de Halley décrit autour du soleil une orbite elliptique, dont les éléments furent calculés pour la première fois par Halley lors du passage de la comète au périhélie en 1682. Halley admit qu’elle était identique aux comètes parues en i53i et 1607, et il prédit son retour pour l’année 1759. Plus tard, Glairaut calcula les circonstances de ce retour en tenant compte des perturbations de Jupiter et de Saturne sur la comète. Il trouva que l’instant du passage serait retardé de roo jours par l’action de Saturne, de 518 par l’action de Jupiter, ce qui se trouva confirmé par l’observation. Elle reparut en 1835, et se retrouve aujourd’hui à la place même que lui assignent les calculs astronomiques, donnant ainsi une nouvelle et éclatante confirmation à la théorie Newtonienne de la gravitation universelle.
- . Contre la grêle. — On nous signale une nouvelle antériorité aux recherches de M. de Négrier pour la préservation contre la grêle. Beckensteiner, il y a 5o ans, expérimenta un appareil qu’il, nommait géomagnétifère et qu’il décrivit dans les « Etudes sur l’électricité » parues chez J.-B. Baillère à Paris. Le géomagnétifère se composait : i° D’une perche d’environ 20 mètres de hauteur, en bois écorcé, résineux et peint à l’huile pour la rendre non conductrice. —: 20 D’un appareil d’attraction en cuivre doré, à cinq pointes, au sommet de la perche, auquel est attaché le fîl de fer galvanisé aimanté destiné à conduire le fluide à terre. Un réseau métallique souterrain de capacité, suffisante accompagne l’appareil. Le Dr Frestier, de Saint-Etienne, à qui nous devons ces détails, nous écrit qu’il a reproduit et complété les expériences de Beckensteiner et que sur son instigation, le Directeur de l’Institut agricole de Beauvais a également fait des expériencés toutes concluantes. Ôn ne peut que se féliciter de voir tant de chercheurs désintéressés s’appliquer à fouiller le problème si mystérieux de la grêle. Espérons que de leurs efforts, coordonnés, sortira d’ici peu la solution définitive. ,
- Les radiations de courte longueur d’onde. — Le
- professeur Lyman, de Harvard University, s’est livré à d’intéressants travaux sur les radiations lumineuses de très courte longueur d’onde et il en a rendu compte au récent Congrès de l’Association britannique à Winnipeg. Les expériences ordinaires de laboratoire portent sur les longueurs d’onde comprises entre 6800 unités angs-trô'm"(rouge) et 2600 (ultra-violet). Schumann a montré
- que l’absorption par l’air limite le specti’e dans la région violette. A l’aide de lentilles en fluorine, M. Lymann a continué les travaux de Schumann et son étude porte spécialement sur la région spectrale comprise entre 2000 et io3o unités angstrôm. Cette région présente certaines propriétés des plus intéressantes. Entre 2000 et i65o, l’hydrogène ne donne aucune raie visible. Par contre, dans la région qui va de i65o à io3o unités, ce gaz donne des raies très visibles, mais qui ne présentent point les groupements habituels aux raies de l’hydrogène dans les autres régions du spectre. L’azote, l’oxygène et même l’hélium ne donnent aucune ligne spectrale dans la région comprise entre 2000. et io3o unités; l’argon donne quelques raies, l’acide carbonique et l’oxyde de carbone y donnent des spectres riches en bandes. L’hydrogène, l’argon et l’hélium sont très transparents aux radiations de cette nature; tandis que l’oxygène les absorbe énergiquement. Là est probablement l’explication de l’opacité de l’air pour ces rayons. Le professeur Lyman a rectifié un chiffre admis jusque-là pour l’absorption de la lumière dans le fluorine; ce phénomène se produit à partir de la radiation 1265 et non 846, comme on le croyait avant lui. Les effets chimiques de celte lumière de courte longueur d’onde sont très prononcés, l’oxygène, surtout à basse pression, est vigoureusement ozonisé. Les gaz sont ionisés, et d’autant plus vigoureusement qu’ils sont à une pression plus basse. M. Bumslead a signalé que l’effet photochimique de ces rayons de très courte longueur d’onde était 25 fois plus considérable que celui des rayons ultra-violets ordinaires.
- La plus haute ascension du monde. — Le duc des
- Abruzzes, de retour d’une expédition dans l’Himalaya, déclare avoir atteint dans le massif du Goodwin Austèn, à l’ouest de la chaîne, l’altitude de 7400 m. C’est le record mondial de l’altitude. Il était détenu jusqu’alors par les deux Norvégiens Rubenson et Monrad-Aas, qui le 20 octobre 1907, dans l’ascension du Kabru (massif du Kanchinjinga) avaient atteint 7310 m. Avant eux, Langstaff en 1905 sur le Gurla Mandhata était monté jusqu’à 7276 m.; M. et Mme Bullock-Workman en 1903, s’étaient élevés sur le Chogo-Longma à 7132 m. ; Conway en 1892, au pic des Pionniers à 7010 m. Enfin, en i883, Graham sur le Kabru affirme être monté jusqu’à 7300 m. , record qui lui fut âprement contesté par Conway et Bullock-Workman ; il est vrai que Graham trouva d’ardents défenseurs dans deux autres explorateurs Hima-layens des plus autorisés : Freshfield et Langstaff. (Voy. La Nature n° 1457, 27 avril 1901, p. 842; n° i53o, 20 septembre 1902, p. 247; n° 1616, 14 mai 1904, p. 374; n° 1682, 19 août 1905, p. 186; n° 1746, 10novembre 1906, p. 382; n° 1804, 21 novembre 1907, Supplément p. 18; u° 1818, 28 mars, 1908, Supplément p. i3o.)
- Aciers au cuivre. — Le laboratoire d'essais du Conservatoire des Arts et Métiers a entrepris une étude sur 28 aciers au cuivre. Il en résulte que l’on peut
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- INFORMATIONS
- allier d’autant plus de cuivre à l’acier que ce dernier contient moins de carbone. Le maximum de cuivre qu’on peut allier est de 4 à 5 pour ioo et les aciers ainsi obtenus sont d’aussi bonnes qualités que les aciers au nickel à même teneur en nickel. Le cuivre n’est donc pas néfaste comme on l’a cru longtemps, au moins quand il est incorporé à de bons aciers courants.
- Turbines hydrauliques de 18.000 chevaux. — Ces
- turbines détiennent sans conteste le record de la puissance, parmi les machines motrices du genre actuellement en fonctionnement. Elles viennent d’être installées, aux Etats-Unis, dans l’usine hydro-électrique de la Great Western Power Company, qui doit transporter à San Francisco une puissance de 70000 chevaux sous tension de 100000 volts. Ce sont les turbines type Francis; ces monstres ont été construits par la Compagnie Morris, de Philadelphie.
- Nouveau système de cible marine. — A propos des récents tirs exécutés sur la coque du « Iéna », signalons que la Marine des Etats-Unis a adopté, tout au moins à titre d’essai, un nouveau système de cible pour les tirs navals à longue portée. Comme on peut le voir par la photographie ci-contre, la nouvelle cible a la forme et les dimensions d’un torpilleur. Elle comportera égale-
- ment des superstructures. Pour éviter qu’elle ne coule à pic après avoir été frappé par les projectiles, elle sera bourrée de liège. Des bateaux-phares transporteront ces cibles à leur ancrage. Elles entreront en service pour le prochain concours de tir organisé en septembre entre les cuirassés de l’escadre de l’Atlantique.
- Les grands transports d’énergie hydro-électrique. — La Nature a récemment décrit les traits essentiels des transports d’énergie électrique à 100000 volts qui commencent à s’installer aux Etats-Unis. Nombreuses sont déjà les entreprises qui utilisent ces tensions fantastiques. Le fait s’explique très naturellement, du reste, par la constitution géographique du pays. La portée du transport de force est intimement liée à la tension du courant employé. Or aux Etats-Unis, où la densité de la population est encore faible, les centres industriels accessibles se trouvent fort éloignés des gisements de houille blanche. Trois sociétés utilisent depuis quelques mois des tensions de 100000 volts : le-Grand Rapid Mus Regon C° (Michigan) avec une puissance totale de 18750 kilowatts, le Stanislaus Pqwer C°,[ avec 20 000 kilowatts, la Great Western Power ' Ç" avec 40000 kilowatts, le Hydro-Electric Power Commission Ontario, emploie même une tension de no 000 volts, sa puissance est de 40000 kilowatts. Tiennent ensuite deux entreprises, en service depuis 1907, avec un voltage de 88000 volts. L’installation électrique de Rio-de-Janeiro, exécutée par une Société Yankee est aussi à 88 000 volts, sa puissance est de 61 000 kilowatts. On compte, en outre, aux Etats-Unis i5 disti’ibutions faites à une tension do 60 00a volts pu au-dessus. Les électriciens ont été moins hardis, en Europe, où l’on ne trouve encore
- aucune distribution à 60000 volts. Les tensions les plus élevées, 57000 volts se trouvent en France aux usines de la Plombière et de Moutiers (transport de foi'ce sur Lyon, i3o km). Viennent ensuite, toujours en France, les usines de la Tuilière (Dordogne), Ventavon sur la llauleTDurance à 55 000 volts. Prochainement une usine à 66000 volts sera terminée en Espagne, à Moilnar. Elle transportera 25 000 kilowatts jusqu’à Madrid, c’est-à-dire à 25o km.
- L’hôtel le plus élevé des Alpes a été ouvert le icr juillet 1909 dans le grand massif de l’Œtzthal en Tirol. C’estje « Brandenburger Haus » construit par la section Mark Brandenburg (Berlin) du club alpin allemand-autrichien. Sur lès pentes du Kesselwand, à 8277 ni. d’altitude, il domine un magnifique dédale de glaciers célèbres et principalement celui de Hintereis (où l’on a fait de si curieux sondages scientifiques) en vue et à proximité de cimes superbes de 3700 m. environ (Weisskugel, Weissee, Similaun, etc,). Ce sera un centre d’ascensions incomparables, à quelques heures du village de Vent. Décidée en’igo3, commencée en 1904, sa construction a demandé 5 ans, en raison des difficultés que l’on devine, tous les matériaux ayant dû être transportés à dos de guides, à travers les glaces. C’est un bâtiment de 3 étages et un sous-sol avec salle à manger pour 5o touristes, 34 lits et 10 couchettes, sans compter le dortoir des guides, une petite usine à gaz, une chambre noire, etc. Cet établissement dépasse de beaucoup en dimensions et de 168 m. en altitude l’hôtel du sommet du Gornergrat (3iog m.) à Zer-matt. Il restera ouvert du i5 juin au i5 septembre ; mais le sous-sol demeurera en per-, manence à la disposition des amateurs de courses d’hiver.
- La population de l’Algérie. — Les chiffres de la population de l’Algérie viennent d’être officiellement publiés. En voici le résumé, d’après le Mouvement géographique. La population actuelle s’élève à 5.23i.85o habitants, ainsi répartis :
- Dans les territoires du Nord, 4-785.759 habitants, dont 459.280 Français, et 215,620, étrangers européens ; dans les territoires du Sud, 446-091 habitants, dont 7.987 Français, et 1.346 étrangers, Le département d’Alger a 1.619.892 habitants pour 53.688 km carrés; le département d’Oran, 1.222.538 habitants pour 60.764 km carrés; le département de Constan-tine, 2.043.379 habitants, pour 85.518 km carrés,— soit une densité moyenne de dix habitants environ par km carré. La population agicole européenne s’élève à environ 200.000 individus, sur un ensemble de 600.000 Européens ; les agriculteurs forment donc la minorité des habitants européens. Quant aux musulmans, 3.670.000 d’entre eux habitent les campagnes ; 870.000 sont dans les villes, A ce propos, il convient d’observer qu’en Algérie, on constate ce même mouvement qui pousse en Europe les habitants des campagnes à sé rendre dans les agglomérations urbaines : Alger, en 1872, ne comptait que 48,000 habitants; il en compte près de 100.000 aujourd’hui; Mustapha 7.000 en 1872, aujourd’hui plus de 37,000; Oran 40.000 en 1872, aujourd’hui plus de 100.000; Constantine, un peu plus de 29.000 en 1872 près de 55.000 aujourd’hui. Cette population assez hétérogène, de l’Algérie, peut se subdiviser ainsi :
- Français d’origine, nés en France. . . 101.401
- Français d’origine, nés en Algérie. . . 167.575
- Français naturalisés par décret . . . . 21.696
- Français'é.n vertu de la loi de 1889. . 97.950
- 'Espagnols^.'.’ . . . . . . .V \ 149,838
- Italieiik'. . '. T : •. ./ . . . .. . '. ; : . " '45':3j4-
- Maltais V . . .. .!V 1 ". . . . . . .' 1.6,933
- Autres Européens. ?f. ...... 10.861
- Israélite,^naturalisés en 1870. -, .* . '! 17.200
- Israélites .fils ; ç!©,,naturalisés 47.365
- Indigènes ... „ ->a^ A4.447.149
- Marocains, .. . >, , , , . »••;,. 25.277
- Tunisiens..., ; . , . , ' • 3.o83
- Autres indigènes . , , T, . / , . > * 21279
- Armée , . . ; . , . . . ' , , . . 55.000
- Hôpitaux, etc, , :. . . . . . .. . . • 18.799
- Nouveau système de cible marine.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> Automobilisme
- Petit support pour essayer les bougies d’allumage. — Lorsqu’un chauffeur veut vérifier une bougie d’allumage, il commence par la dévisser du cylindre, puis il rattache le fil et la pose sur la masse. C’est cette dernière opération qui est le plus difficile à effectuer, car il faut que la bougie se tienne par son culot sans que l’extrémité soit elle-même en contact. Et je vous prie de croire que la place ad hoc ne se trouve pas du premier coup, ce qui met toujours le chauffeur de méchante humeur. Cependant rien n’est plus simple que de s’éviter ces ennuis. Prenez une simple lamelle L de fer-blanc que vous trouerez à l’une de ses extrémités de façon à pouvoir la serrer sur la culasse d’un cylindre à l’aide d’un des -nombreux écrous qui s’y trouvent. Evidez ensuite l’au-tre extrémité de la lamelle, en lui laissant la forme d’une fourche dans laquelle vous placerez votre bougie, soutenue par le culot, lorsque vous voudrez l’essayer.
- Est-il un appareillage plus utile et plus facile à construire soi-même?
- plongeur à une petite pompe à air qu’actionne le moteur du véhicule. Dès qu’il y a menace de dérâpage, le chauffeur touche un levier qui déclanche le slipper et le fait entrer en contact avec le sol, tout en actionnant la pompe. Le vide d’air se produit instantanément. Et, comme les rebords en caoutchouc s’adaptent intimement aux aspérités du sol, le slipper y adhère fortement, qu’il s’agisse de pavé, de macadam ou d'asphalte. Un nouveau coup de levier, et l’air, refoulé dans le piston, supprime l’adhérence, rendant la liberté au véhicule. Un ressort, disposé autour du piston, fait remonter l’appareil et le maintient à la hauteur désirable.
- Dans son brevet provisoire, l’inventeur signale certaines modifications qu’il peut apporter à son dispositif, selon l’application qu’on lui donnera. Ainsi, au lieu d’être vertical, le piston peut être incliné à l’arrière. Un autre dispositif peut imprimer un mouvement rotatoire au slipper et lui permettre de prendre plus rapidement et plus sûrement sa prise sur un sol accidenté. Signalons en outre, d’après les dires de l’inventeur, que l’emploi de son slipper n’occasionne aucun dommage aux routes.
- **> Objets utiles
- Contre le dérapage des autobus. — En raison même de la forme bombée des chaussées de nos rues citadines, il n’arrive que trop fréquemment, et surtout par les temps humides, que les autobus et autres lourdes voitures automobiles glissent sur le pavé et
- Fig. i. — L’appareil pnêumatique contre le dérapage, vu de face et de profil.
- Peigne séchoir « Perfector ». — Les coiffeurs ont des appareils spéciaux pour activer le séchage des cheveux des dames lorsqu’ils ont été obligés de les mouiller abondamment soit par un lavage, soit pour une teinture. Mais quand, on est son propre coiffeur on n’a pas chez soi l’appareil assez compliqué du professionnel.
- Voici qui permet de s’en passer. Le peigne représenté ci-contre peut, en effet, être chauffé, car il est entièrement métallique; afin qu’on n’atteigne pas une température qui pourrait être dangereuse, on ne chauffe pas le peigne directement'mais par l’intermédiaire d’une
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- s’en viennent donner violemment sur la bordure du trottoir.
- A Londres, à Paris, à New-York, le dérapage a occasionné de fâcheux accidents, soit que la voiture se renversât, en blessant ses passagers, soit que son arrière vînt heurter un passant ou un véhicule. Un inventeur canadien, M. H. B. Fitz-Simon, propose un moyen fort ingénieux de rendre impossible le retour de
- Fig, 2. — Autobus muni du dispositif contre le dérapage.
- pareils accidents, procédé qu’il a fait patenter dans différents pays.
- Il suspend sous la plate-forme arrière de l’autobus, ou sous une prolongation du châssis, une sorte de chapeau (ou slipper) en caoutchouc relié par un piston
- i. Peigne séchoir. — 2. Tige accessoire et lampe.
- 3. Peigne séchoir chauffé à l’électricité.
- tige de fer A (fig. 1) qui entre dans l’intérieur du dos sur lequel sont montées les dents également métalliques. Une lampe à alcool de forme allongée (fig. 2) permet de chauffer cette tige sur toute sa longueur avant son introduction dans le peigne. On en met une seconde sur la lampe pendant qu’on utilise le peigne de sorte qu’on peut remplacer immédiatement la première quand elle commence à se refroidir. Pour les personnes qui ont l’électricité, c’est beaucoup plus commode. L’intérieur du peigne P (fig. 3) comprend une spirale en ferro-nickel qui s’échauffe sur le passage du courant électrique. Il suffit de relier le cordon souple C
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- SCIENCE APPLIQUEE
- au moyen du l'accord D à la douille d’une lampe quelconque du cabinet de toilette pour que la température voulue soit atteinte en quelques instants et reste constante aussi longtemps qu’on le désire ; dans le circuit se trouve branchée une lampe à incandescence de 20 bougies qui n’est pas là pour éclairer, car son filament rougit à peine, mais qui sert de résistance pour limiter l’intensité du courant à la quantité nécessaire et suffisante pour obtenir la douce température qui doit sécher les cheveux. \
- Sur les mêmes principes, avec introduction de tiges accessoires, ou au moyen de l’électricité, on fait aussi des fers à friser et à onduler. —Ces appareils se trouvent chez M. Mathieu, galerie de Valois, 29, Palais-Royal, Paris.
- Montre lumineuse à réveil. — La première pensée qu’on a généralement quand on se réveille la nuit, c’est de savoir quelle heureril est ; les horloges et les montres à répétition qui sonnent à volonté l'heure, à quinze minutes près, coûtent trop cher pour que leur usage soit répandu. La montre au radium (?) dont le prix est très peu élevé (35 fr.) donne au contraire à tout le monde la faculté de savoir l’heure en pleine nuit. O11 a eu l’idée, depuis longtemps, de rendre les cadrans lumineux au moyen de poudres phosphorescentes les résultats n’étâient pas toujours excellents, par suite de la faible lueur émise par le sulfure de calcium qui n’est très brillant que quand il a été insolé récemment. Il n’entre évidemment pas de radium
- dans la composition employée .sur le cadran de la montre que nous avons eu à expérimenter ces
- 1. — La montre « radium » avec aiguilles lumiueuses et réveil-matin.
- 2. — Le boîtier ouvert pour former support.
- jours derniers, ou plutôt ces nuits dernières, mais elle fait appel à une poudre phosphorescente nouvelle dont l’éclat surpasse de beaucoup tout ce que nous avons vu jusqu’ici. Même après plusieurs jours sans nouvelle insolation elle continue à briller avec éclat. On a eu soin de peindre seulement les aiguilles et de mettre un petit point lumineux en face de chacune des heures; c’est très suffisant, car on a assez l’habitude d’un cadran pour se rendre compte de l’heure par la position des aiguilles sans qu’il soit nécessaire qu’aucun chiffre soit visible. Si, il y avait doute on pourrait du reste toujours repérer en face de quel chiffre se trouve chacune d’elles : on a. eu soin, en effet, de ne pas mettre de point brillant au bas du cadran, vis-à-vis 6 heures; il y a donc là un espace vide qui sert de point de départ pour compter dans un sens ou dans l’autre, si on a des doutes. La montre est en outre munie d’un réveil-matin dont la sonnerie est relativement très intense quand le boîtier est ouvert. Celui-ci est disposé de telle sorte qu’en l’ouvrant il forme supjjort et le cadran se présente alors verticalement quand la montre est posée sur la table de nuit (fig. 2).
- Les dimensions sont celles d’une montre ordinaire et rien au premier abord ne distingue celle-ci des autres ; elle est appelée à rendre service aux voyageurs et à toutes les personnes que leurs occupations obligent à quitter leur lit de bon matin. (Chez M. Mathieu, 29, Galerie de Valois, Paris).
- *> Divers <4
- Pour boire de bon café. — Le problème [est plus difficile à résoudre qu’on ne se l’imagine et la plupart des cafetières laissent perdre la majeure partie de l’arôme du café parce que l’eau chaude s’évapore à l’air libre pendant la confection et le filtrage de l’infusion. Les usines de ferblanterie B. R. C, 67, boulevard de Cha-ronne proposent deux appareils, l’un pour faire le café, l’autre pour le réchauffer, dans lesquels l’évaporation du
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- 1. La cafetière magique, et sa casserole graduée. ;
- 2. Coupe do la cafetière magique; 3. La mesure de café en poudre,
- liquide est impossible, seul moyen de conserver au café tout son parfum. ;
- C’est d’abord une cafetière composée d’un corps de cafetière ordinaire dans lequel est soudé un tube vertical qui traverse le fond et vient déboucher dans le pied de l’appareil; un filtre est. posé dans la partie supérieure et le tout est fermé par un couvercle hermétique. Le café en poudre, mesuré avec la mesure spéciale foui’nie avec l’appareil, est placé dans le filtre, sans eau. La cafetière ainsi garnie est mise sur le feu dans une casserole spéciale, graduée, et dans cette casserole on met de l’eau jusqu’au trait correspondant au nombre de tasse de café plus une que l’on veut fabriquer ; soit, par exemple, pour trois tasses de café : trois mesures de café dans le filtre et de l’eau jusqu’au quatrième trait dans la casserole. Lorsque l’eau contenue dans celle-ci arrive à l’ébullition, la vapeur qui se forme sous le fond de la cafetière acquiert une certaine pression et fait monter l’eau bouillante dans la cafetière par le tube central ; la poudre de café est ainsi peu à peu arrosée d’eau bouillante sans aucune communication avec l’air extérieur, aucune déperdition de l’arôme du café n’est donc possible.
- Quand l’eau est descendue jusqu’au dernier trait de la casserole graduée, l’opération est terminée et la quantité de café désirée se trouve mathématiquement dans la cafetière Magique.
- Pour réchauffer maintenant le café fabriqué la veille sans lui faire perdre ses qualités, on se sert de la cafetière réchauffeuse ; cet appareil est muni d’abord d’un double fond spécial qui empêche le contact direct du café avec le fer-blanc chauffé, ensuite d’un couvercle percé d’un trou et surmonté d’un haut rebord formant entonnoir. Le café liquide est versé dans la réchauffeuse jusqu’à ce qu’il couvre le couvercle ; quand le liquide arrive à l’ébullition dans la cafetière, la petite quantité de café qui se trouve au-dessus du couvercle empêche la production des * vapeurs et, par le fait, la perte de l’arôme du café. On évite ainsi au café le ^ La cafetière goût de réchauffé qui résulte d’une cuis- réchaufïeuse. son à l’air libre et que le bain-marie n’empêche pas, .car ce mauvais goût provient non pas de la source de chaleur, mais de la disparition des principes parfumés qui sont entraînés par l’évaporation.
- Les modestes appareils ci-dessus consacrent l’excèî-lence de la cuisine faite à l’abri de l’air,„_e.n réalisant d’une manière très simple des récipients autoclaves et automatiques; les principes physiques qu’ils appliquent seraient certainement intéressants à expérimenter dans beaucoup d’autres préparations culinaires. Le vieux matériel de nos chefs et de nos cuisinières ne doit-il pas s’améliorer scientifiquement comme tant d’autres instruments.
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- VARIÉTÉS
- L’application du procédé de transformation du bois, système Managnan au pavage de la rue de Rivoli, à Paris. — La question du revêtement des chaussées ou mieux, la question de l’adaptation des chaussées aux exigences d’une circulation de plus en plus intense est à l’ordre du jour. Cette question a fait l’objet de nombreuses études et de différents rapports déposés au premier Congrès de la Route. La « Faillite de .la Route », pour me servir d’une expression adoptée vient d’être conjurée par la découverte d’un savant chimiste, M. le colonel Managnan, ancien directeur du service des poudres et salpêtres de l’Empire Ottoman.
- Le revêtement des routes est un problème complexe; il s’agit, en effet, de créer un revêtement susceptible de résister à une fatigue qui augmente chaque jour, en raison du nombre de plus en plus grand de véhicules, de leurs poids de plus en plus lourd, de leur vitesse plus considérable. Le principe de la question est simple, la* chaussée doit être composée d’une fondation parfaitement unie sur laquelle doit être disposé un revêtement résistant et élastique. Le revêtement doit être en même temps résistant et élastique ; voilà les deux conditions à obtenir. La pierre est résistante; mais elle n’est pas douée de l’élasticité nécessaire. L’asphalte est glissant et peu résistant; il exige en outre un entretien constant du fait de l’arrosage qu’il nécessite. Les réparations des chaussées asphaltées sont enfin ti'ès difficiles.
- Reste le bois.
- A Paris, la .pratique des pavages en bois de différents genres et. systèmes démontrés a jusqu’à présent de nombreux inconvénients, les rues de Paris pavées en bois sont, d’après le rapport de M. Tur, cahotantes, sales et exigent un entretien coûteux. Si l’on emploie des bois tendres, on n’obtient pas les conditions de résistance voulues; si les pavàges sont en bois durs, ils deviennent vite cahotants; les pavés écrasant la forme du béton. Des vides se produisent entre les pavés et les bois pourrissent. Faute de mieux, la Ville de Pai’is, a adopté jusqu’à ce jour la théorie du moindre mal ; tous les pavages en bois sont presque exclusivement constitués de bois tendre. M. Managnan a étudié la question d’une façon scientifique et est arrivé après plus de dix années de recherches méthodiques minutieuses et difficiles à obtenir une transformation des essences du bois, permettant de réaliser les deux qualités essentielles : résistance et élasticité, exigées pour un bon pavage en bois. Le procédé de M. Managnan n’a rien de commun avec les modes de préparation du bois : créosotage, sulfatage, etc., qui n’augmentent pas la densité du bois, ni son élasticité. La créosote, les sulfates s’évaporent et se décomposent. — D’ailleurs pour 'un pavage en bois, la conservation du bois n’esc que l’accessoire, voici, dans ses grandes lignes, le procédé Managnan. Prenons un bois tendre, par exemple : le pin des Landes, employé par la Ville de Paris pour ses pavages, et plongeons ce bois dans un bain chauffe à 8o°, composé d’acide pectique (le sang des végétaux, pour me servir de l’expression de l’inventeur), de carbonates alcalins et de goudron végétal, on constate immédiatement : i° Une évaporation abondante; 20 le déplacement du bois de matières solides ou gluantes qui se détachent et tombent au fond du bain. Lorsqu’on retire le bois du bain, on constate que le bois a diminué d’environ 3o à 4° pour ioo, représentés à concurrence de io pour ioo par ces matières déplacées, qui sont les corps étrangers, et à concurrence de 20 à 3o pour 100 par l’eau évaporée. Si on poui'suit l’expérience, après 3 heures d’immersion, le bois retiré du bain a augmenté de poids dans la proportion de 40 à 5o pour 100. On peut à volonté en continuant l’immersion augmenter la densité de 200 pour 100, 3oo pour 100, etc. M. Managnan a posé en 1907 — à titre d’essai — un pavage, sur une partie de la place de la République à Paris, avec du bois ayant subi une augmentation de 40 pour 100 de son poids primitif. La Ville de Paris a fourni le bois qu’elle emploie habituellement, c’est-à-dire du pin des Landes.
- Nota. — Au laboratoire officiel d’essai du pavage en bois de la Ville de Paris, le bois Managnan a supporté 14000 kg de plus que le bois non préparé (pin des Landes). F. B.
- Les mines en 1907. — L’industrie minérale est une des grandes branches de l’activité humaine. Elle offre un intérêt capital, au point de vue social comme au point de vue économique.
- Le nombre des ouvriers occupés dans les mines et carrières du Monde s’élève à bien près de 6 millions d’individus. En 1907, année pour laquelle les chiffres sont à peu près réunis, leur nombre, d’après les relevés officiels des principaux Etats et les statistiques du Home Office du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, atteignit 5.674.522. Bien entendu il ne faut pas attribuer à ce chiffre, comme à ceux qui vont suivre une précision mathématique, certains d’entre eux expriment des évaluations et quelques-uns, ceux des Etats-Unis, par exemple, sont cei’tainement au-dessous de la vérité. Il faut, en ces matières, savoir se contenter d’approximations.
- L’effectif le plus élevé en ouvriers des mines et carrières, y compris les établissements de la surface, est celui du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande. Il excédait 1 million en 1907 ( 1.060.o34). Celui des colonies, dépendances et possessions britanniques atteignait aussi à peu près le million (972.553). La réunion de ces deux chiffres monte à 2.032.587. Les Etats Fédérés de la Malaisie figurent pour 231.368, le Transvaal 190.304, l’Inde 167.182, l’Australie 119.727; Ceylan compte pour 87.966, le Canada ou plus exactement la Colombie britannique, la Nouvelle Ecosse, l’Ontario et la Pi’ovince de Québec seulement pour 42-hoo, la Colonie du Cap 34 082, les mines Malabele et Masho-naland de la Rliodésie 25.781, la Côte-d’Or 15.277, la Nouvelle-Zélande 14.299, la Guyane britannique 11.565, l’Orange River 9.98a, le Natal, y compris le Zululand, 7.699, etc....
- Les Etats-Unis accusent seulement 768.340 ouvriers.
- Les mines et carrières de l’Allemagne occupaient 920.422 ouvriers et ses colonies de l’Est et du Sud-Ouest Africain 1.100; celles de la France 341.io3, il faut ajouter à ce chiffre, pour les colonies et protectorats français, 34-832 dont 17.373 pour l’Algérie et 5.464 pour la Tunisie, ce qui représente ensemble bien près de 400.000 mineurs. La Russie 365.000 environ, l’Au-triche-Hongrie 238.226, le Japon 218.668, plus environ 3.ooo pour Formose, la Belgique 180.63o, l’Espagne i31 -943, l’Italie 131.707, le Mexique 100.000 environ, le Chili 55.000 aussi environ, les Indes Orientales Hollandaises 37.203, la Hollande ne figurant que pour 5.396, le Siam 28.000 environ, le Pérou i6.g36, la Suède 14.204 et la Norvège 6.331, la Grèce 11,720, etc....
- Les principaux produits de l’industrie minérale du monde sont, pour les pi'oduits non-métalliques, le charbon, le pétrole et le sel et pour les métaux le fer, l’or, l’argent, le cuivre, le plomb, l’étain et le zinc, etc.
- La production mondiale du charbon, en 1907, atteignit bien près de 1.120.000.000 tonnes métriques, le Home Office accuse 1.117.226.295. Des défaillances ont été constatées dans cette production en 1908 et il faut s’attendre, pour cette année, à une réduction du chiffre plus haut indiqué. La production des Etats-Unis, en raison de la crise monétaire, a été plus particulièrement éprouvée, mais elle occupe toujours la tête'. Son tonnage, en 1907, consistant principalement en charbon bitumineux et en anthracite, avec une faible proportion de lignite, s’est élevé à 435.783.000 tonnes métriques. Le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande suivit les Etats-Unis, mais à grande distance, avec 27a.129.000 tonnes métriques de bitumineux et d’anthracite. Ses colonies dépendances et possessions ont accusé une production de 37.543.000 tonnes; la plus forte est celle de l’Inde 11.326.000 t., puis figurent l’Australie avec 9-836,000 t., le Canada 9.536.000 t., le Transvaal 2.616.000 t., la Nouvelle-Zélande 1.860.000, le Natal, y compris le Zululand, i.552.000 t., l’Orange River
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- VARIETES
- 606.000 t., etc.... L’Allemagne a pi*oduit 206.78a.000 tonnes métriques consistant en charbon bitumineux avec une forte proportion de lignite; l’Autriche-Hongrie 47.878.000 t., comprenant aussi beaucoup de lignite, la France 36.764.000 t. presque entièrement en bitumineux, la Russie 25.282.000 t., la Belgique a3.7o5.ooo t. ; puis viennent le Japon avec i3.8o4-ooo t. et Formose avec 72.000 t. ; la Chine peut compter pour 9 à 10 millions de tonnes, l’Espagne pour 3.887.000 t., etc.
- La production du pétrole aurait représenté 34.719.000 tonnes métriques dont environ les deux tiers (22.i5o.000) proviennent des Etats-Unis. La Russie ligure pour 7.797.000 t., les Indes Orientales Hollandaises pour 1.328.000 t., la Roumanie pour 1.142.000, l’Autriche-Hongrie pour 1.128.000 t. L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni n’enregistrent aucune production de cette nature. Deux colonies anglaises seulement ont produit du pétrole, l’Inde 611.000 tonnes et le Canada 108.000 environ.
- La production mondiale du sel, provenant des mines, atteignit 15.958.000 tonnes. Les principaux producteurs sont les Etats-Unis, 3.773.000 [t., le Royaume-Uni 2.017.000 t., l’Allemagne 1.951.000 t., la Russie 1.802.000 t., la France avec l’Algérie 1.246.000 t., l’Inde britannique 1.120.000 t. A la suite viennent l’Autriche-Hongrie 612.000 t.,l’Espagne 606.0001., l’Italie 5o5.ooo t., le Japon 484-ooo t., la Turquie environ 33o.ooo t., diverses provinces de la Chine 241.000 t., le Brésil 211.000 t., la Roumanie 129.000 t., l’Equateur environ 1 i3.ooo t., etc....
- Par production des métaux, il faut entendre les métaux se trouvant dans les minerais ou tirés des minerais des pays respectivement producteurs de ces minerais :
- La production mondiale du fer a été évaluée à 69.654.000 tonnes métriques. Le principal producteur est encore la Fédération des Etats-Unis avec 26.195.000 tonnes. L’Allemagne vient après avec seulement environ 7.275.000 t., puis le Royaume-Uni 5.209.000 t., l’Espagne 4-728.ooo t., la France 3.65o.ooo t. et l’Algérie 545.000 t., la Russie 2.821.000 t., la Suède 2.733.000 t., le Luxembourg 2.697.000 t., l’Autriche-Hongrie environ 1.783.000 t. Suivent encore Terre-Neuve environ 476.000 t., Cuba environ 3g5.ooo t., Grèce à peu près
- même tonnage, Belgique environ 113.000 t., etc.... Il y a quelques années le Royaume-Uni venait à égalité avec l’Allemagne qui le supplante aujourd'hui. Grâce aux produits de la Lorraine notre situation s’améliore.
- Celle de l’or montait à 614.732 kilogrammes. Le Transvaal tient la tête avec 200.641 kg, suivi par les Etats-Unis 136.072 kg et l’Australie 98.962 kg. La Russie vient après avec 4o-ï5o kg, puis le Mexique environ 20.950 kg, la Rhodésie 16.340 kg, l’Inde i5.623 kg, la Nouvelle-Zélande 14.846 kg, le Canada 12.614 kg, etc.
- Le tonnage de l’argent atteignit 6.154.292 kilogrammes. Ses principaux producteurs sont le Mexique 2.434.460 kg, les Etats-Unis 1.767.805 kg, l’Australie 617.905 kg, le Canada 397.496 kg, le Pérou 206.586 kg, l’Allemagne i58.26o kg, la Bolivie i52.843 kg, l’Espagne 127.435 kg, le Japon 96.696 kg, l’Autriche-Hongrie 5i.4o3 kg, la Nouvelle-Zélande 48 602 kg, la Colombie 32.619 kg, le Chili 28.280 kg, la France 24.727 kg, la Grèce 23.908 kg, l’Italie 22.960 kg, le Transvaal 22.066 kg, les Indes Orientales Hollandaises 10.961 kg, etc....
- La production du cuivre a été de 781.955 tonnes métriques, les Etats-Unis en ont produit plus de la moitié 394.174 tonnes. A la suite viennent le Mexique avec 8o.33o t., l’Espagne 64.731 t., l’Australie 4i-ioo t., le Japon 4o.i83 t., le Chili 28.863 t., le Canada 26.640 t., l’Allemagne 22.860 t., le Pérou 20.681 t., la Russie 14,63a t., la Norvège 8.585 t., le Portugal 8.33o t., l’Italie 7.114 t., la Colonie du Cap 5.631 t., etc.... La France ne produit que très peu de cuivre.
- Le plomb a fourni 1.029.824 tonnes produites principalement par les Etats-Unis 331.276 t., l’Australie 239.399 t., l’Espagne 166.962 t., etc....
- L'étain T06.023 tonnes, les Etats Fédérés de la Malaisie en ont produit près de la moitié 49-208 t. ; puis viennent la Bolivie 16.606 t., les Indes Orientales Hollandaises 16.379 E> 1 Australie 9.375 t. etc....
- Enfin, la production mondiale du zinc, en 1907, a été de 775.912 tonnes métriques dont 202.980 t. provenant des Etats-Unis, environ 200.600 t., de l’Allemagne, 78.875 t. de l’Australie, 72.679't. de l’Espagne, 69.825 t. de l’Italie, environ 25.65o du Mexique, 24.260 t. de l’Algérie, 18.000 t. de la France, et 10.970 t. de la Tunisie, environ 3o.ioo t. de la Suède, etc.... Ed. L.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Comment s’orienter avec une montre? — A propos de notre récent article à ce sujet, un de nos lecteurs nous rappelle une autre méthode, du reste classique : tenir la montre horizontalement et diriger la petite aiguille vers le soleil, ce résultat sera obtenu lorsque l’ombre portée de la petite aiguille sur le cadran se trouvera exactement sous l’aiguille. Le Sud sera alors indiqué par la bissectrice de l’angle formé par l’aiguille et par XII du cadran.
- Cette méthode comme celle qui a été précédemment décrite n’est évidemment pas d’une exactitude rigoureuse ; la montre marquant le temps moyen et le soleil le temps vrai, il faudrait nécessairement tenir compte de l’équation du temps ou différence entre le temps vrai et le temps moyen. Il faudrait de même tenir compte de la différence entre l’heure de la montre et l’heure du lieu.
- Ces deux corrections n’ont cependant qu’un intérêt théorique, la méthode donnera toujours un-résultat suffisamment exact et même plus exact que par l’emploi d’une petite boussole de poche qui nécessitera elle-même la correction de la déclinaison magnétique.
- Si au lieu d’une montre divisée en 12 heures on avait une de ces montres exceptionnelles divisées en 24 h. alors le Sud ne se trouverait évidemment plus dans la direction de la bissectrice de l’angle mais dans la direction même de la division XII.
- Pour dédorer le vermeil. — On fabrique maintenant des objets de vermeil où la couche superficielle d’or est si mince, que les endroits exposés au moindre frottement sont vite dédorés. Au lieu de faire dorer à nouveau les objets abîmés, ce qui coûte quelquefois plus qu’ils
- ne valent ; on peut très simplement mettre complètement à nu la surface de l’argent. Il suffit pour cela de mettre les surfaces à nettoyer au contact d’extrait d’eau de Javelle en frottant si possible. (Pour une chaîne de montre, par exemple, on met réactif et objet dans un flacon, ferme et agite, le dédorage est très rapide). On sait, en effet, que les chlorures décolorants contiennent de l’acide hypochloreux, composé très instable qui dégage très facilement le chlore à l’état naissant. Ce chlore naissant agit sur l’or, transformé en chlorure, de la même façon que celui mis en liberté par l’action de l’acide azotique sur l’acide chlorhydrique (eau régale). Mais l’eau de Javelle a sur ce dernier réactif l’avantage d’être beaucoup plus répandu, d’emploi plus commode de manipulation moins dangereuse, et d’attaque beaucoup moins violente surtout en ce qui concerne l’argent qu’il faut dissoudre le moins possible.
- Précautions à prendre pour l’emploi du carbure de calcium. — Ne jamais ouvrir les fûts ou bidons de carbure avec un fer porté au rouge ou une lampe à souder. Se servir d’un ciseau à froid pour desceller le couvercle soudé et l’arracher ensuite avec des pinces ou tenailles. Un autre procédé consiste à frapper quelques grands coups de marteaux lourd ou maillet sur le couvercle, ce qui décolle la soudure. Les nouveaux fûts de certaines usines comportent, noyé dans la soudure transversale, un fil de fer qu’il suffit de tirer avec des pinces pour l’ouverture du couvercle. Tenir le fût entamé bien bouché, dans un endroit bien sec et bien aéré, ou mieux le transvaser dans un fût à fermeture hermétique. N’employer que du carbure de dimensions recommandées par le constructeur de l’appareil.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Erratum. — Nous avons décrit dans notre n° 1894 du 11 septembre (Supplément) un indicateur enregistreur de vitesses pour les automobiles. Une erreur s’est glissée dans l’adresse de l’inventeur que nous rectifions comme suit : M. Massenot, 138, rue du Chemin-Vert, à Paris.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Le
- bateau faucheur automobile (n° 1889 du 7 août 1909) se trouve chez M. A. Amiot, ingénieur à Argences (Calvados).
- Renseignements. — M. Defforge, à Cray. — La durée des brevets est de 5, 10 ou i5 ans; chaque brevet donne lieu au payement d’une taxe de 5oo, 1000ou i5oofr. selon sa durée, payable par annuités de 100 fr. Les formalités se réduisent à déposer au secrétariat de la préfecture de votre département : i° une demande au ministre du commerce ; 20 une description de la découverte ou invention faisant l’objet du brevet; 3° les dessins ou échantillons nécessaires à l’intelligence de la description; 4° un bordereau des pièces déposées. Mais la description et les dessins doivent être faits suivant des règles précises ; pour les observer,, il vaut donc mieux vous adresser à un agent de brevets qui en même temps pourra vous guider utilement pour la rédaction de votre brevet, question toujours très délicate.
- M. Bonnevie, à Laval. — i° Nous ne saurions vous renseigner à ce sujet : c’est une question pratique, que seule peut résoudre un professionnel. — 20 Sur la confection des émaux-pholographiques voyez à la librairie Gauthier-Yillars, 55, quai des Augustins, Paris, quia des ouvrages sur la matière, notamment : Geymet. Pratique des émaux photographiques, 5 fr.
- M. L. Meeûs, à Wyneghem lez Anvers. — Sur la restauration des meubles anciens, vous pourriez, à défaut d’un traité spécial que nous ne connaissons pas, consulter Ris-Paquot. Le mobilier. Laurens, 6, rue de Tournon, Paris, 2 fr.
- M, Buisson, aux Nauches. — Pour percer le verre,
- employer une machine à percer la mèche avec des angles un peu adoucis. Elle sera trempée : pour cela, la chauffer au rouge sombre et la plonger tout droit dans un bain de mercure. Conduire le perçage très lentement, en humectant la mèche avec de l’huile de térébenthine tenant du camphre en dissolution. L’acétylène comprimé est explosible. Mais les appareils bien construits ne présentent pas ce danger. L’acétylène forme avec l’air un mélange explosif; mais ce défaut est également inhérent au gaz d’éclairage dont il n’a pas enrayé l’emploi. Pour les tableaux donnant les réactions d’analyse, vous les trouverez croyons-nous, à la librairie Larousse, rue des Ecoles, Paris. .________ ...
- M. Toussaint-Roujaud, à Agopian Han-Saluta. — L’adresse de la Revue des éclairages est 104, boulevard de Clichy, Paris. Vous trouverez, en vous adressant à cette revue, tous les renseignements nécessaires.
- /. Q., à Béziers. — Pétrins mécaniques ; Küstner frères, 11, rue des Quatre-Chemins, à Aubervilliers ; E. Michot, à Ham. — Pétrins Borbeck : E. Favrais, 162, rue du Château, Paris; Werner et Pfleiderer, 1 bis, boulevard Magenta, Paris; Alexandre, 7, boulevard Voltaire, Paris; Delirg, à Soissons (Aisne).
- M. Marty, à Caillard. — Le Verre Soleil se trouve 43, rue Saint-Georges, Paris.
- Réponse. — M. L. Audebert, à Bordeaux. — Le croisement, à l’état libre du chat du Paraguay avec le chat domestique importé d’Europe est connu depuis longtemps : il n’y a aucune raison pour que ce croisement ne donne plus de produits. Vous ne dites pas sur quelle autorité scientifique est basé le renseignement contradictoire dont vous parlez? — Il existe dans l’Amérique du Sud trois chats sauvages indigènes qui y vivaient avant l’arrivée des Européens. Ce sont : Felis pajeros, Felis colocolo et Felis Geoffroyi. Tous trois ont à peu près la taille, les formes et le mode de coloration du chat domestique ou du chat sauvage d’Europe, et peuvent se croiser avec le premier. Je ne crois pas que des observations suivies aient été faites sur ces croisements et sur les produits qui en résultent, et les travaux épars qui peuvent mentionner ce sujet exigeraient de longues recherches bibliographiques. Vous pourriez consulter la collection du Zoological Record de 1864 à 1907 et les œuvres de Darwin sur la variation des animaux.
- BIBLIOGRAPHIE
- CSSC
- >«
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Les ferry-boats de la Manche : Sauvaire Jourdan. — L’automatisme dans les balances de précision : A. Chapi.et. — L’autotomie : A. Acloque. — L’aménagement de la Grotte géante. : E.-A. Marted. — Académie des sciences; séance du i3 septembre 1909 : Ch. de Viu.EDEUit. — L’alliance de la houille noire et de la houille blanche : L. ’Reverchon.
- Supplément. -— Un accident mortel en aéropl.anp. -r- L’aéroplane - en Angleterre.,—- Contre la grêle. — La radioactivité des eaux de îpines. — Le neuvième concours Lépine. — Le gaz, à Paris, etc. 1— L’origine des moteurs légers d’aviation. — Le goudron ' de hôuille dans les dermatoses. — Pour souder le verre.' 'U
- S: * ' i- ; ' '; ; ' ‘ ‘ s.
- Les. oiseaux artificiels, parFRANçois -Peyrey., r vol. in-8°. ,• Paris. Dunod. Prix : i2fr,5o.
- ; Mise au point bien présentée et complète de toute la question de l’aviation, de son historique et de ses progrès lés plus récents. Ceux qui veulent se faire une idée générale du problème et comprendre aussi , : bien ce qui. reste à résoudre que ce quia été obtenu en trouveront là les éléments avec de nombreuses illus-. trations bien choisies. 1 . , : -
- La traversée de la Manche en aéroplane, par Pierre Souvestre et Auguste Wimille avec une préface de Louis Blèriot. i vol. in-18, avec figures d’après des photographies directes. Ernest Flammarion. Paris. Prix : 3f’,5o.
- Récit exact et détaillé des journées sensationnelles qui marquèrent la traversée du Pas de Calais.
- Essais sur les appareils respiratoires à oxygène comprimé,et régénération, effectués à la station d’essais de Liévin, par M. G. Taffanel et G. Le Floch. i vol. 76 pages- Comité central des houillères de France. Paris, 1909. -,
- !MM. Taffanel et Le Floch ont étudié avec le plus grand soin les conditions de fonctionnement et d’emploi de trois appareils à sac respiratoire et régénération de l'air respiré sur des alcalis : l’appareil Tissot-, de récente apparition, et les appareils allemands Drae-ger et Securitas. Ils concluent que, moyennant certaines précautions, ces appareils peuvent donner d’excellents résultats, et être d’efficaces auxiliaires en cas, malheureusement trop fréquent, d’accidents miniers. Néanmoins, ils indiquent quelques perfection-1 nements qui pourraient être apportés aisément, semble-t-il, à nos -engins de sauvetage. . : '
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- BIBLIOGRAPHIE
- Anthropologie bolivienne, par le I)r Arthur Chervin. 3 vol. in-8°. Imprimerie nationale, et librairie H. Le Soudier, Paris, 1908.
- Cette superbe publication est le rapport ethnographique de la mission française organisée et conduite en igo3, par MM. de Créqui Montfort et Sénéchal de La Grange pour l'étude des hauts plateaux boliviens dans les différents domaines de la géologie, de là-’zoo-logie, de l’anthropologie, de la linguistique et de l’archéologie, depuis le lac Titicaca au nord jusqu’à la région de Jujuy au sud. Son but principal était de combler la lacune entre les travaux scientifiques dont le Pérou ou l’Argentine avaient été l’objet chacun de leur côté. Le Dr Chervin étudie spécialement les deux très importants groupes de population auxquels les Espagnols du temps de le conquête ont imposé les
- noms d’Aymaras et de Quéchuas qu’ils portent encore aujourd’hui. Il estime sagement que malgré la prodigieuse antiquité probable « ce mystère du peuplement de l’Amérique est encore impénétrable. » Les fouilles exécutées dans les sépultures pré-colombiennes ont fourni de très intéressants matériaux anatomiques. Une étude curieuse est celle des conséquences du métissage entre les indigènes et les conquistadores. Le tome Ier examine l’anthropologie générale des indiens boliviens actuels, leurs mœurs, leur industrie, leurs facultés intellectuelles et leur description physique (411 p-, i5g fîg. et 25 pl.). Le tome II est consacré à l’anthropométrie d’après les méthodes de M. A. Bertillon (435 p. et 76 iig.). Enfin le tome III fournit le détail de la craniologie et des fouilles faites dans les tombes ( 151 p. 4* hg- et 80 pl.).
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5oœ,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 sept. 1909. 12», 5 N. W. 1. Beau., 0,0 •Rosée; très nuageux; gouttes à 15 h. 30; brume à 18 h.
- Mardi 14 11°,4 N. .2. Couvert. » Brouillard; couvert jusqu’à 13 h. ; nuageux ensuite.
- Mercredi 15 10°,1 N. 1. Très nuageux. » Rosée ; brume ; très nuageux.
- Jeudi 16 11°,8 N. N. E. 1. Couvert; » Rosée; brume; uuageux.
- Vendredi 17 10\0 N. E. 1. Nuageux. » Ras.; brume; peu uuag.; éclairs do 18 b. 40 à 21 h. au N. W.; tonn.
- Samedi 18 12°,1 N. 1. Couvert. 4,9 Orages de 2 h 30 à 6 h. 40 et de 14 h. 53 à 16 h. 30 du N. W. au N.
- Dimanche 19 9\4 N. N. E. 1. Couvert. » Rosee; brouillard jusqu’à 7 h.; nuageux.
- SEPTEMBRE 1909. — SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 SEPTEMBRE 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée, t
- Du i.3 au 18 septembre. — Le i3. La pression »e relève sur le N.-O. de l’Europe : Ecosse et Irlande, 771 mm.' Dépression sur le Centre et le Sud. Corse et Allemagne : 758 mm. Pluies sur le N. et l’O. de l’Europe ; en France, orages : Marseille, 44 mm d’eàu; Cette, 43; Biarritz, 24; Lyon, 9. Temp. du matin : Sey-disfjord, 5°; Clermont-Ferrand, 12; Paris, i3; Alger, 22; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : 140 (normale : i4°,9). — Le 14. Fortes pressions sur le N.-O. de l’Europe; 772 mm à Valencia. Dépressions sur l’Islande" et le Nord de la Scandinavie, Yardoe, 756 mm. Pluies sur le Centre et l’Ouest du continent : Belfort, 10 mm; Boulogne, 6 mm. ; Biarritz, 5 mm. Temp. du matin : Bodoe, 6°; Paris, 11 ; Toulouse, i3; Alger, 22; Puy de Dôme, 5; moyenne à Paris : i3° (normale : 149,8). ;— Le i5. Fortes pressions sur l’O. et le N.-O. de l’Europe : Saint-Pétersbourg, 771 mm; Shields, 772 mm. Dépression dans l’extrême Nord de la Scandinavie. Pluies sur le Centre et l’O. du continent. En France : Dunkerque, 9 mm; Belfort, 8 ; Biarritz, 6 mm. Temp. du matin : Belfort et Paris, io°; Clermont, 12 ; Tom louse, 13 ; Alger, 23; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i2°,6 (normale : i4°,7)- — Le 16. La pression
- s’abaisse sur l’Islande et les Iles-Britanniques : Yalentia, 763 mm. Fortes pressions sur la Scandinavie et le N. de la Russie : Hernosand, 775 mm. Pluies sur le Centre et l’O. du continent; en France : Lè Havre, 8 mm; Dunkerque et Besançon, 2. Temp. du matin : Belfort, 9; Paris et Toulouse, 12; Alger, 23; Puy de Dôme, 9 ; Pic du Midi, —20; moyenne à Paris : i4°>4 (normale : i4°,5). -— Le 17. La pression s’abaisse lentement dans l’O. de l’Eürope; en France : 764 mm. ; à Saint-Pétersbourg, 778 mm. Pluies sur le Centre du continent et sur les Iles-Britanniques. En France : Pic du Midi, 6 mm; Puy ds Dôme, 3. Temp. du matin : Charleville, 90; Paris, 10; Toulouse, 14; Alger, 21; Puy de Dôme, 10; Pic du Midi, — 2 ; moyenne à Paris : i5°,4 (normale : i4°,4). — Le 18. Pressions très élevées sur la Russie : Moscou, 778 mm. Pressions variant entre 760 et 766 mm. sur la France et l’O. de l’Europe. Pluies dans le N: et le S. du continent; en France : Marseille, 42 mm; Belfort, ii, Lyon, 6; Nancy, 5. Yiolent orage à Paris. Tèmp. du matin : Seydisfjord, 6°; Nantes, 9; Paris et Toulouse; 12 ; Nancy, i3; Alger, 22 ; Puy de Dôme, 4 ; Pic du Midi, o; moyenne à Paris : i5° (normale : i4°,2). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 14, à 3 h. 18 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : s 20, "Boulevard Saint-Germain, Paris (VV)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
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- N° 1897
- 2 OCTOBRE 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- La catastrophe du dirigeable « République. » —Une
- terrible catastrophe que toute la France a ressentie comme un deuil national, vient d’anéantir notre dirigeable militaire République et les 4 aéronautes qui le moulaient : le capitaine du génie Marchai, le lieutenant Chauré, les adjudants Yincenot et Réau. Le dirigeable qui avait pris part aux grandes manœuvres du Centre et y avait joué un rôle très brillant, regagnait par étapes le parc aérostatique de Chalais-Meudon. Le mauvais temps l’avait forcé à relâcher plusieurs jours à Lapalisse. Samedi a5 septembre, à 7 heures du malin, il prenait la route du retour pour rentrer le même jour à Chalais. A 8h25, il passait au-dessus de Moulins à la vitesse de 35 km à l'heure, à une altitude de 200 m. Quelques minutes plus
- r
- Le République aux manœuvres du Centre.
- Une des dernières photographies du dirigeable.
- tard, les spectateurs qui suivaient le ballon en automobile, virent une aile de l’hélice gauche se briser brusquement, le tronçon métallique projeté en l’air avec force creva le ballon et l’hydrogène s échappant à flot de cette plaie béante fit explosion; le ballon fut instantauément projeté sur le sol d’une hauteur de 200 m. et réduit en miettes. Les aéronautes ont été tués sur le coup.
- Le dirigeable qui vient de finir ainsi tragiquement a eu une carrière brève et mouvementée; il fut établi presque sur le même modèle que le Patrie qui se perdit le 1er décembre 1907. Il avait été construit dans les ateliers de M. Lebaudy, sous la direction de l’ingénieur Julliot. Son premier gonflement eut lieu lé 18 mai 1908; sa première sortie, le 24 juin 1908, les essais de recette par l'État, le 2 juillet 1908. .
- Les Parisiens ont pu dans les premiers jours de Pété 1909 admirer à plusieurs reprises les lignes élégantes du dirigeable, au cours des sorties d’essai qu’il
- fit au-dessus de Paris. On décida, pour expérimenter les services qu’il pourrait rendre' en temps de guerre, de le faire figurer aux grandes manœuvres du Bourbonnais. Le 4 septembre, une panne de moteur le força d’atterrir ; un choc contre un arbre mit le ballon en danger et força à dégonfler rapidement. Les réparations furent menées très activement et le République put reprendre l’air à temps pour jouer un rôle dans les manœuvres d’armée.
- Le ballon cubait 3700 m3, sa longueur était de 61 m. ; son diamètre au maître-couple de 10,80 m. Le moteur était un moteur Panhard-Levassor de " 70 chevaux. Le République était un semi-rigide, ce qui veut dire qu’à la partie inférieure de l’enveloppe était disposée une plate-forme rigide reliée par des câbles d’acier à la nacelle, ceci dans le but de créer une meilleure liaison entre le ballon et l’hélic.e, nécessairement. disposée au voisinage de la nacelle. L’indéformabilité de l’enveloppe était assurée par le procédé du ballonnet, gonflé d’air par un ventilateur; celui-ci, en,cas de panne du moteur, pouvait être actionné'à la main. Le dirigeable pouvait emporter de l’esseiice en quantité suffisante pour tenir l’air 10 heures.
- La catastrophe du République est la plus meurtrière et la plus douloureuse qui ait frappé l’aéronautique di- , rigeable. On peut rappeler la mort tragique de Severo, celle de Bradsky et Morin, en 1902. Mais ces audacieux aéronautes furent victimes de leur imprudence; leurs engins étaient mal conçus et trop hâtivement exécutés. Il n’en est point de même du République, qui avait été mûrement étudié, et avait prouvé par plus de 20 ascensions ses qualités aériennes. Rien ne pouvait faire prévoir l’accident matériel qui a provoqué le désastre. Il est donc prématuré de proclamer, comme beaucoup le font, la faillite du dirigeable. Sans doute des progrès sont nécessaix*es, la mort des quatre héros de Moulins fait de leur étude un devoir urgent; loin de ralentir l’ardeur des chercheurs aériens, la catastrophe que tous déplorent doit avoir pour effet de stimuler les efforts de nos aéronautes et de nos ingénieurs.
- N’oublions pas l’admirable exemple donné par l’Allemagne au lendemain de l’anéantissement du Zeppelin, survenu le 4 août 1908, et les millions réunis en quelques jours pour poursuivre de nouvelles études, et conquérir définitivement les routes aériennes. Les nouveaux Zeppe/m exécutent aujourd’hui sans dommage des parcours formidables, et l’on annonce la création d’unités plus gigantesques encore, de 20000 m3, qui entreprendront des voyages de très longue haleine. C’est là le résultat de l’effort unanime de tout <un peuple. Un mou-, vement analogue se dessine en France. La journal Le Temps a ouvert une souscription qui déjà se couvre de noms. Nous espérons vivement que son appel sera entendu, et que bientôt une nouvelle flotte aérienne, aussi perfectionnée que celle des Zeppelin, surgira des débris du malheureux République.
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- INFORMATIONS
- Le capitaine Ferber. — Le capitaine Ferber s’est tué le 22 septembre dernier à Boulogne-sur-Mer, en évoluant avec son aéroplane Voisin. Cette lin tragique fait disparaître prématurément l’un des plus ardents apôtres français de l’aviation, celui qui sans conteste, fut l’initiateur du mouvement actuel, dont on a pu voir à Bétheny la magnifique intensité. Fei'ber né à Lyon en 1862, élève de Polytechnique en 1882, entra en 1884 dans l’artillerie. Professeur à Fontainebleau, en 1898, c’est là qu’il commença à s’occuper d’aviation. A Nice, de 1900 à 1904, il organisa de . patientes et minutieuses expériences. C’est lui qui fit connaître, en France, les travaux de Lilienthal et la méthode du planement, qui devait séduire Archdeacon et les frères Voisin. Il imagina un manège tournant pour mesurer avec précision dans les conditions même de leur fonctionnement, sur les appareils planeurs, leur coefficient de résistance à l’air. Il collabora quelques mois h Chalais-Meudon avec le colonel Renard, puis reprit sa liberté et demanda un congé pour pouvoir s’adonner plus activement à ses recherches et avec plus d’indépendance. Il participa aux travaux de la Société Antoinette et en même temps commença la publication d’importants travaux théoriques et d’œuvres de vulgarisation écrites dans un style alerte et original. En ces derniers temps, il s’était prodigué pour amener à l’aviation de jeunes adeptes : il prêchait lui-même d’exemple. Il meurt jeune, mais après avoir joué un grand rôle.
- Autour du Pôle Nord. — La question du Pôle Nord continue à défrayer les chroniques et les controverses des grands quotidiens. Contre l’un et l’autre rivaux des objections sont formulées dont il est impossible d’apprécier la valeur, avant que les comptes rendus scientifiques normaux aient été publiés tant par Cook que par Peary. En présence de cette situation, nous croyons devoir rester dans l’expectative avant d’instruire davantage nos lecteurs de ce qui concerne ce sujet, La Nature se gardant bien d’être un organe de polémique.
- L’aurore boréale du 25 septembre. — Diverses communications nous signalent la belle aurore boréale de samedi dernier 25 septembre; elle a été vue à Paris entre 8 heures et 8 h. 1/2 sous forme de faisceaux et fuseaux lumineux intenses, se déplaçant du Nord-Ouest au Nord-Est avec des teintes du blanc au rose. Nous l’avons observée nous-mêmes à Fontainebleau, sur la place du château ; l’horizon devint d’abord d’un bleu verdâtre tranchant nettement sur le fond sombre du ciel, puis les rayons lumineux, en forme de fuseaux, de part et d’autre d’une sorte de demi-ellipse ayant son extrémité vers le zénith, passèrent en effet du blanc au violet, puis aù rose pourpre; le phénomène,' fort joli, s’éteignit à 8 h. 1/2. Ce devait être le reflet de la grande aurore boréale, signalée le même soir en Norvège et qui a coïncidé avec le violent orage magnétique de ce pays.
- Les oiseaux victimes de l’aéroplane. — Les grands oiseaux artificiels ne font pas toujours bon ménage avec les hôtes habituels de l’atmosphère. On rapporte que les aviateurs, dans leurs vols, font parfois de véritables hécatombes d’oiseaux. Les oiseaux ne sont pas blessés par l’aéroplane lui-même. Mais saisis par le tourbillon d’air que soulève l’hélice, ils sont violemment projetés sur le sol où ils se tuent.
- Le pont de Québec sur le Saint-Laurent. — On
- annonce jque le gouvernement Canadien a chargé le ministère des Travaux Publics de mettre au concours la reconstruction du pont de Québec (La Nature du 9 nov. 1907). Les concurrents devront présenter un projet de pont suspendu et de pont en cantilever, et le choix entre les deux projets dépendra de la dépense de construction et de la durée de la construction. L’ouverture de la travée centrale a été réduite de 549 m ^ 523,07 m, soit une différence de 25,g3 m.
- Le Canal de Panama. — Les dépenses faites au Canal de Panama par la Commission chargée de sa construction, se montaient à la fin de mai dernier à la somme de : 518 744 915 fr. Cette somme se décompose comme suit : administration civile, i3 448‘-*65 fr. ; dépenses sanitairés, 43025 175 fr. ; construction, 233 998815 fr.; améliorations municipales, 32 383o3 fr. ; matériel, 195889425 fr. A la même date, c’est-à-dire à là fin de mai dernier, la somme totale dépensée pour le Canal se décomposait comme suit : i° somme indiquée ci-dessus :
- 5187449*5 L*- ; 20 somme payée à la France, 200000000 fr.; 3° somme payée au gouvernement de Colombie, 5ooooooofr.; soit une somme totale de 768744915 fr.
- L’inauguration du tunnel des Tauern (Autriche)
- a eu lieu le 5 juillet 1909. On sait que cette nouvelle percée des Alpes, de Bôckstein à Mallnitz, achève d’ouvrir la nouvelle ligne de Gastein à Mollbrücke, qui réunit les vallées de la Salzach et de la Drave, le Nord et le Sud des grandes Alpes Orientales (Voy., n° 1768 du i3 avril 1907, l’article consacré à ce sujet). La dernière section livrée ainsi au trafic parcourt une des plus pittoresques vallées de l’Autriche, l’Anlauf-Nassfeld. Le tunnel, long de 855o,55 m. a été achevé le 23 janvier 1909, après 7 ans 1/2 de travaux. A 1225 m. d’altitude, il passe sous une cime de 2828 m. le Gamskaarlspitze. Dans sa portion Sud des fissures aquifères ont livré des sources intérieures, dont les plus fortes débitaient 5o à 70 litres par seconde ; ces eaux froides abaissaient la température de la roche à i5° C. et même à io° C. (comme au Sim-plon), alors que dans la partie Nord elle avait atteint jusqu’à 23°,9 C. (33° C. pour l’air au front de taille). C’est là que l’on a rencontré des roches détonantes qui, avec explosion, détachaient naturellement des éclats de i5 cm. d’épaisseur (lvnall-Gestein). Le tout a rendu les travaux extrêmement difficiles. O11 les commença en septembre 1901 et la rencontre des deux galeries d’avancement n’eut lieu que le 12 juillet 1907. Pour traverser les Alpes autrichiennes de Salzbourg à Venise on n’a donc plus besoin de faire les grands détours du Brenner à l’Ouest ou de la Styi'ie à l’Est.
- L’électricité à Naples. — Depuis plusieurs années, il est question d’alimenter Naples d’électricité au moyen des sources de la Volturno. Ces sources, situées à 75 kilomètres environ de la ville, pourraient fournir une puissance d’environ 16000 chevaux. Le projet consiste à capter les sources au moyen d’un barrage et à produire du courant triphasé avec des génératrices à 5ooo volts. Pour le transport, la tension serait portée à 45 000 volts. L’exécution vient d’être décidée et les travaux vont commencer.
- Gazogène à aspiration utilisant le menu de charbon. — En dépit des énormes progrès réalisés pendant ces dernières années, dans la construction des machines et des turbines à vapeur, les moteurs alimentés par des gazogènes à aspiration, à côté de ceux à combustibles liquides s’introduisent sur une échelle toujours plus grande, dans la technique courante, pour la production de la force motrice, grâce surtout à l’énorme économie de combustible qu’ils permettent de réaliser. Un nouveau pas vient d’être fait, par la construction, due aux usines Deutz, d’un gazogène très efficace, utilisant les menus et déchets de charbon et permettant de gazéifier avec une remarquable simplicité et sécurité de service, les combustibles les meilleur marché.(menus d’anthracite, déchets d’anthracite ou de coke, escarbilles de boîtes à feu, etc.), que l’industrie était jusqu’ici incapable d’utiliser d’une façon satisfaisante. Tout en étant d’une construction analogue aux grilles à gradins, le gazogène est chargé, non pas à travers une ouverture située directement au-dessus de la grille, mais, à grands intervalles, à travers un entonnoir, d’où le combustible entre d’abord dans un réservoir situé au-dessus de la grille, de là il glisse automatiquement sur la grille, au fur et à mesure de la combustion, de façon que la hauteur de la couche de combustible se maintienne toujours à peu près constante. Les cendres et les scories sont déchargées d’une façon analogue au procédé en usage pour les foyers avec grille à gradins, mais à des intervalles moins fréquents. La couche de combustible est en effet considérablement plus profonde et d’autre part, n’a pas besoin d’être maintenue si rigoureusement homogène, quant à la profondeur, l’incandescence; et la scarification. D’autre part, la fumée et la suie, si gênantes dans ces foyers, n’existent évidemment pas* dans le cas présent. Les cendres et les scories déchargées vont tomber, sans déranger le mécanicien, dans une boîte aux cendres, dont elles n’auraient qu’à être retirées si l’accumulation devenait trop grande. Au-dessus de la couche de charbon recouvrant la grille, se trouve un compartiment libre, d’où le gaz s’échappe. Après avoir traversé, le scrubber, où il aura été refroidi et lavé, ainsi que les épurateurs, il se rendra directement dans les conduites menant au moteur. ,
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- Automobilisme •s*#,
- Avertisseur électrique pour autos. — Ou admet que les autos ne puissent circuler sans se faire précéder d’un bruit qui signale leur présence. C’est jh’u-dent poûr le promeneur qui, averti, peut encore avoir le temps de se garer. Mais quel vacarme font toutes ces trompes et sirènes lorsqu’elles s’avertissent mutuellement! Et le vacarme est tel que le jiassant s’affole et que les chauffeurs n’entendent plus rien. La morale de l’histoire est celle-ci : il faut imaginer des appareils sonores plus puissants ! La sirène est toute désignée ;
- mais quel cri effrayant quand on l’entend au loin, la nuit ! C’est pourquoi beaucoup de chauffeurs n’en veulent à aucun prix.
- Un inventeur américain a porté ses efforts imaginatifs sur la trompe, la vulgaire trompe qu’il s’efforce de rendre plus sonore en la modernisant. Voici ce qu’il a imaginé.
- Dans un cylindre C est enfermée un petit moteur électrique dont l’arbre A se termine par un rochet R. Devant ce rochet est tendue une membrane en tôle très écrouie portant au centre, une pièce en acier P. En face de cette membrane est fixé le pavillon. On voit de suite ce qui se passe : le rochet en tournant présente successivement chacune de ses dents à la pièce P qui fait vibrer la plaque d’acier, laquelle émet un son bizarre, étrange, indéfinissable, que la foule aimera peut-être ? — Les constructeurs sont MM. Hussenot et Raynaud, 3ç), rue de la Boétie, Paris.
- Un nouvel automètre. — Le nombre des appareils enregistreurs de vitesse augmente sans cesse. C’est une preuve que la perfection n’est pas encore atteinte ; mais on remarque, dans les nouveaux venus, d’intéressants perfectionnements tendant à supprimer les défauts reconnus chez les appareils antérieurs. Le nouvel appareil que nous allons décrire est destiné, comme quelques-uns de ses prédécesseurs, à indiquer à chaque instant la vitesse
- et le nombre de kilomètres parcourus par un véhicule quelconque depuis l’instant du départ et à permettre de reconstituer la marche du véhicule au moyen d’une courbe inscrite sur une feuille de papier réglée en conséquence. Jusqu’ici, les enregistreurs de vitesses portaient un tambour actionné par un mouvement d’horloge-Fig. i. — L’automètre. rie; le papier se déroule
- donc d’une façon uniforme et les arrêts du véhicule s’inscrivent par un tracé horizontal, ce qui nécessite l’emploi d’une bande assez longue par journée de travail, bande que l’on est obligé d’enlever à la fin de la journée pour en lire les inscriptions. Le nouvel automètre supprime cet inconvénient parce que le tambour porteur du papier est actionné par le véhicule lui-même. Ce tambour s’arrête donc dès que la voiturè s’arrête de sorte que les inscriptions du papier occupent une place très restreinte et peuvent être lues, à la fin de la journée sans toucher à l’appareil. Par contre le stylet graveur est actionné par le mécanisme d’horlogerie qui est remonté pour une période de temps très longue: i5 jours. L’ensemble des organes de l’enregistreur est enfermé dans une boîte scellée, de petites dimensions, fixée à côté du distributeur d’huile; le conducteur peut donc lire les indications portées sur le papier ou sur le totalisateur, en même temps que l’heure, à chaque instant. Le mouvement de la roue du véhicule est transmis au tambour B porteur du papier, par l’in-
- termédiaire d’un flexible entraînant un axe À porteur d’une vis sans fin C et de tout un équipage de pignons et de roues dentées entraînant en dernier lieu la roue D du tambour B. La commande du crayon est confiée avons-nous dit, à un mouvement d’horlogerie. Celui-ci, est représenté par un barillet E dont la rotation est assurée par un ressort spirale. Le mouvement de ce ressort est régularisé par une séide de pignons s’engrenant les uns avec les autres et se terminant par un
- Fig. a. — Les commandes de l’automètre.
- échappement. On assure ainsi au barillet une rotation régulière : un tour en 24 heures, par exemple. Le mouvement du barillet est transmis au crayon par l’intermédiaire de rouages et d’une came F (fig. 3) calée sur l’axe G porté par une traverse H. Cette came fait un tour complet en 12 heures; elle transmet son mouvement à un pantographe L portant à son extrémité un crayon M qui trace la courbe sur le papier. Une goupille N du pantographe est astreinte à suivre une glissière rectiligne O. ménagée dans la traverse H. Cette glissière oblige la goupille à suivre une ligne droite et le crayon se promène sur le cylindre suivant une génératrice. En outre la came a été dessinée de façon que son rayon vecteur augmente proportionnellement à l’angle de rotation; le mouvement de la goupille est donc uniforme ainsi que celui du crayon sur le cylindre B. Le papier du tambour (fig. 4) porte des lignes horizontales équidistantes indiquant les heures et les demi-heures ; les intervalles entre ces lignes sont également divisés
- Fig. 3. — Le pantographe.
- par d’autres et la distance comprise entre chacune de ces lignes intermédiaires représente un temps égal à B minutes. Dans le sens vertical on remarque une division analogue ; la distance entre deux lignes principales correspond à une longueur parcourue égale à 26 kilomètres ; les lignes secondaires marquent 5 kilomètres. D’ailleurs, les bords de la feuille sont très explicites grâce aux indications qu’ils portent. Dans la fraction de bande que montre notre quatrième figure on voit que le véhicule est sorti à 7 heures du matin et est rentré à 6 h. 21 du soir après s’être arrêté 7 fois dans la journée. Le temps total du repos est de 5 h. 67 minutes et
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- la distance parcourue de 115 kilomètres. La vitesse moyenne a donc été de ai,5oo kilomètres à l’heure. La vitesse maximum s’est produite entre 4 h* 5o et 5 h. 5, temps pendant lequel la voiture a parcouru, 8 kilomètres soit une vitesse moyenne de 3a kilomètres à l’heure. Pour une voiture marchant à une vitesse supérieure le
- calcul de la transmission pourra être fait par exemple, de façon que le tambour fasse un tour pour iooo km, afin qu’un voyage complet puisse être indiqué sur une même feuille de papier. On voit que les indications inscrites sur la Fig. 4. — Le papier. feuille de papier
- sont d’une lecture très facile et que I on peut se rendre compte avec une rigoureuse exactitude du travail accompli par une voitxire pendant chaque journée. Ce nouvel automètre tient fort peu de place et il ne peut se dérégler malgré les trépidations de la voiture. Il est en vente à la Société générale des appareils de contrôle automètres, io5 et 107, rue de la Convention, à Paris.
- Changement de vitesse par roues à dentures sphériques. — Cette question n’est pas neuve ; il nous souvient d’avoir vu, à une des récentes expositions des petits inventeurs, un appareillage de ce genre constitué par un plateau portant des demi-sphères d’acier.
- Le dispositif que nous allons décrire se rapproche donc considérablement de celui-là, mais il en diffère en ce sens que le plateau, au lieu d’être pourvu de sphères, est criblé de trous hémisphériques disposés en trous concentriques dans lesquels viennent s’engager les sphères du pignon terminant le train balladeur. Celui-ci est constitué par un simple tube E mobile sur l’arbre D par l’intermédiaire d’une fourche G. On se rend aisément compte de la manière dont se produisent les changements de vitesse, par l’approche ou l’éloignement du
- centre du plateau du pignon B. Pour obtenir la marche arrière le tube balladeur E est tiré jusqu’à ce que la couronne de butée du pignon B vienne heurter l’extrémité du levier I. Celui-ci pousse le manchon F qui se met en prise avec la première couronne d’alvéoles. La commande de ce pignon a lieu par l’intermédiaire du pignon B dont les demi-sphères viennent s’engager dans les alvéoles de la couronne supplémentaire K. Toutes ces manœuvres s’effectuent à la suite d un premier mouvement qui est destiné à éloigner le plateau C des pignons. La qualité de ce système ne peut être appré-r ciée que par la pratique.
- “Divers "$<&>
- Le peigne barrette « Hébé ». — Ce peigne barrette fort ingénieux a pour but dé remplacer les épingles à chapeaux, antiques et incommodes. Nous ne savons s’il réussira dans celte prétention, mais il mérite d’être signalé, et il est d’un usage facile. Les 2 figures ci-jointes montrent la forme et son mode d’emploi. On voit que c’est un peigne — en métal, écaille, corne, celluloïd, etc. — épousant la forme d’une coiffe, et dont la barrette est percée de trous qui permettent de la fixer très solidement par des points de couture à la partie postérieure de cette coiffe. Peigne et chapeau forment ainsi un
- ensemble rigide, que l’on met en place sur la tête en appuyant légèrement sur la partie arrière, de façon que les dents du peigne pénètrent dans la chevelure; on
- règle 1res aisément à sa fantaisie cette pénétration et l’on arrive ainsi à la position et à l’inclinaison voulues. — Se trouve chez Mme Beautier, 95, avenue Victor-Hugo.
- Bouchon à vis pour boissons gazeuses. — On a
- déjà imaginé un grand nombre de systèmes pour boucher les bouteilles à boisson gazeuse quand elles sont déjà entamées. Celui que représente la figure ci-contre est entièrement métallique. Il se compose d’une partie en
- 1. Ensemble du bouchon; a. La bouteille fermée hermétiquement; 3. La bouteille débouchée.
- fer à cheval qui s’accroche sous le rebord du goulot; un étrier qui y est attaché porte à sa partie supérieure un écrou dans lequel passe une vis terminée à son extrémité inférieure par un disque garni d’une rondelle de caoutchouc. L’extrémité supérieure est surmontée d’un petit volant qu’on tourne pour serrer la vis et faire adhérer fortement le disque de caoutchouc sur le goulot. On obtient ainsi une fermeture tout à fait hermétique. Chez M. Mathieu, Galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Taille-crayon japonais. — C’est une petite boîte métallique qui porte sur son couvercle une lame tranchante disposée au fond d’une rainure ayant la largeur d’un crayon. L’ensemble forme par le fait un véritable petit rabot; une vis placée en dessous permet même de faire dépasser plus ou moins la lame. Il suffit pour tailler le crayon de tenir le rabot d’une main et d’appuyer le crayon dans la rainure en tirant à plusieurs reprises
- 1
- Le taille-crayon japonais; 2. Vue intérieure du taille-crayon.
- toujours dans le même sens. On arrive à avoir une taille très régulière et très effilée. Les déchets tombent à l’intérieur de la boîte et on évite ainsi de répandre sur ses papiers des copeaux et de la mine de plomb. Ce qu’il y a surtout de remarquable dans ce petit bibelot à très bon marché, c’est qu’il est de fabrication japonaise. Ce genre d’article a été longtemps la spécialité de l’Allemagne; on voit quelle activité est déployée actuellement par le Japon pour concurrencer toutes les industries européennes. Chez M. Mathieu, Palais-Royal, Paris.)
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- VARIÉTÉS
- Le centenaire de la navigation à vapeur. — Les
- Etats-Unis fêtent, en ce moment, avec grand éclat le tricentenaire de la découverte du fleuve Hudson qui marqua leurs humbles débuts de colonie européenne, et le. centenaire de la mise en pratique de la navigation à vapeur, grâce à qui l’Europe put inonder de ses émigrants le continent américain et constituer la puissante nation d'outre-Atlantique.
- C’est à Fulton que revient l’immortel honneur d’avoir le premier compris toute la portée pratique de la navigation à vapeur et d’avoir construit le premier bâtiment capable d’un service régulier de passagers. Mais Fulton n’a point découvert là navigation à vapeur. Une foule d’inventeurs, avant lui, avaient conçu la possibilité d’utiliser pour la propulsion, des bateaux la machine à feu et consacré d’énergiques efforts à la solution du problème.
- Dès 1706, l’admirable précurseur que fut Denis Papin construisait sur le Fulda à Cassel, un petit bateau à vapeur; les bateliers du pays virent d’un très mauvais œil ce concurrent possible et le mirenf en pièces. L’idée de Papin resta oubliée jusqu’à la fin du xviii® siècle. A cette époque, la machine à vapeur avait fait d’énormes progrès, notamment grâce aux travaux de James Watt; de tous côtés surgissent des essais de navigation à vapeur ; en 1774, le comte d’Auxiron, et. les frères Périer essayent une embarcation de ce genre sur la Seine, à Paris. En 1783, Jouffroy d’Abbans construit un bateau à vapeur qui fonctionna avec assez de succès sur la Saône, à Lyon. Il eut pour collaborateur Niepce de Saint-Victor, le frère de l’inventeur de la photographie.
- Aux Etats-Unis, en 1786, John Fitch imagine un bateau
- où la vapeur actionne un jeu de rames. En 1804, au moment où Fulton poursuit ses expériences à Paris, Stevens, aux Etats-Unis, à Hoboken, construit le Phoenix dont la propulsion est assurée par deux hélices submergées; le bateau était muni d’une chaudière aquatubulaire, et constituait réellement le prototype de nos navires à vapeur modernes. Il exigea plusieurs années de mise au point, et en 1809, ^ accomplissait à la vitesse de 6 km à l’heure, le trajet de New-York à Philadelphie. C’était le premier parcours maritime assuré par la vapeur.
- Mais, depuis deux ans déjà Fulton avait lancé son Clermont dont on fête aujourd’hui le centenaire et transportait régulièrement de nombreux passagers entre New-York et Albany.
- Le Clermont fut lancé le 17 août 1807, avec plein succès; et commença aussitôt le service des voyageurs. C’était un bâtiment de 40 m. de long, de 5,40 m. de large, de 1,80 de profondeur, de 0,75 m. de tirant d’eau, jaugeant 160 tonnes. Il possédait une machine verticale à un cylindre, construite en Angleterre par Watt et Boulton, d’une puissance de 19 chevaux. La propulsion était assurée par 2 roues à palettes de 4,5o m. de diamètre.
- Il avait fallu à Fulton plusieurs années de patients et courageux efforts, avant de réussir à consli'uire le bâtiment qui allait le rendre illustre.
- Venu à 3o ans à Paris, riche d’un esprit extraordinairement inventif, il avait tout d’abord songé à la construction d’un sous-marin. Il soumit l’idée au Directoire, puis à Bonaparte. Des essais furent faits à Rouen; ils furent assez heureüx pour que Fulton proposât la création d’une flotte sous-marine capable de détruire tous les bâtiments anglais. Cette proposition parvint trop tard à Napoléon ! Il était alors au camp de Boulogne, le temps manquait pour la construction des sous-marins de Fulton, Quelques jours plus tard, du
- reste, la Grande Armée gagnait les bords du Rhin.
- En même temps, encouragé et soutenu par Livingstone, ambassadeur des Etats-Unis en France, Fulton attaquait le problème de la navigation par la vapeur et èn i8ô3 il commençait sur la Seine ses premières tentatives. Des cette époque, il avait la conception très nette du champ des applications de la vapeur-, à la navigation fluviale. On ne songeait pas encore, à cette époque, c’eut été folie du reste, aux traversées maritimes.
- La lettre suivante, du 4 pluviôse an XI (23 janvier i8o3), écrite à l’appui d’une demande de brevets, témoigne de la lucidité des vues du grand inventeur. Le problème de la navigation fluviale s’y trouve posé dans les conditions mêmes où il se pose de nos jours.encore.. De plus, Fulton précise avec une remarquable netteté, la part qui lui revient dans la mise au point de la navigation à vapeur. , ,
- Cette lettre se trouve dans les Archives du Conservatoire des Arts et Métiers et nous la x’eproduisons en respectant scrupuleusement son orthographe quelque peu fantaisiste :
- « Je vous envoi ci-joints les desins esquises d’une machine que je fais construire avec laquelle je me propose de faire bientôt des expériences pour l’emonter des bateaux sur les rivières à l’aide de pompes à feu. Mon premier but en m’occupant de cet objet étoit de mettre en pratique sur les longues fleuves en Amérique ou il n’y a point de chemins de hâlage ; où ils ne seront guère practicables ou par conséquent les fraix de navigation à l’aide de vapeur seront mis en comparaison avec celui du travail des hommes et non pas des chevaux comme en France.
- « Vous voyez bien qu’une telle découverte si elle réussit serait infiniment plus important en Amérique que en France, ou il existe partout des chemins de hâlage et des companies établies qui se chargent du transport des marchandises à un taux si modéré que je doute fort si jamais un bateau à vapeur tout parfait qu’il puisse être, peut rien gagner sur ceux aux chevaux pour les marchandises. Mais pour les passagers, il est possible de gagner quelque chose à cause de la vitesse.
- « Dans ces dessins, vous ne trouverez rien de nouveau, puisque ce ne sont que des roues à eau, moyen qui a été bien souvent essayé et toujours abandonné, parce qu’on croyait qu’il donnait une prise désavantageuse dans l’eau. Mais d’après les expériences que j’ai déjà faites, je suis convaincu que la faute n’a été pas dans la roue, mais dans l’ignorance des proportions, des vitesses; des puissances et probablement des combinaisons mécha-niques.
- « J’ai prouvé par des expériences très exactes que les roues à eau sont beaucoup préférables au Chapelet, par conséquent quoique les roues ne soit pas une nouvelle application, si cependant je les combine de manière qu’une bonne moitié de la puissance de la machine agisse en poussant le bateau, de même que si la prise étoit de la terre, la combinaison sera infiniment mellieur que toute ce qu’on ait fait jusqu’ici et c’est dans le fait une nouvelle découverte.
- « Pour transporter les marchandises, je propose un bateau à machine traînant un ou plusieurs autres bateaux à charge, chacun desquels sera si serré à son devancier que l’eau ne coule pas entre pour faire résistance. J’ai déjà fait ceci dans mon patente pour des petits canaux et il est indispensable pour les bateaux marchands mus par la machine à feu. Par exemple :
- « Supposez le bateau machine A présentant à l’eau une face de 20 pieds mais pointée à un angle de 5o°, il lui faudrait une machine de 44° de puissance faisant 3 pieds par seconde pour le mouvoir une lieue par heure dans l’eau stagnante. Si les bateaux B et C ont des faces pareilles à A, il leur faudra à chacun une égale puissance de 420 livrés, c’est-à-dire 1260 livres pour les trois, tandis que s’ils sont liés de la manière que j’ai indiquée la force de 420 suffira pour tous, cette grande économie de puissance est trop conséquent pour être négligée dans une telle entreprise.
- « Citoyens lorsque mes expériences seront prêtes j’aurai le plaisir de vous inviter à les voir et si elles réussissent je me réserve la faculté ou de faire présent de mes travaux à la République, ou d’en tirer les avantages que la loi m’authorise. Actuellement je dispose
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- VARIETES
- ces noies entre vos mains afin que si un projet semblable vous parvienne avant que mes expériences soit pas terminées, il n’ait pas la préférence sur le mien. »
- Salut et respect,
- Robert Fulton, n° 5o, rue de Vaugirard.
- En 1804 des essais furent faits sur la Seine, puis en 1806, Fulton se rendit en Angleterre, où il les continua.
- Il rentre enfin aux Etats-Unis où il retrouve son protecteur Livingstone, et construit le Clermont, suivi peu après de plusieurs bâtiments du même type.
- Ce qu’est devenue la navigation à Vapeur après Fulton, nos lecteurs n’ont, pour s'en rendre compte, qu’à se reporter aux descriptions qu’a données La Nature des grands géants maritimes modernes : les Lusitania et Mauretania, villes flottantes déplaçant 40 et 45 000 tonnes, mues par des machines de 70000 chevaux, les grands cuirassés de 25 000 tonnes, les futurs paquebots mixtes de 60 000 tonnes. Ils mesureront ainsi l'immense chemin j>arcouru en un siècle à peine.
- Sur la fabrication de la céruse. — Nos lecteurs connaissent les discussions qui ont eu lieu sur la fabrication et les usages de la céruse et des sels de plomb, au point de vue de l’hygiène industrielle et générale, discussions qui ont eu pour effet les votes des lois réglementant l’emploi de ces substances. Tous les traités de chimie indiquent les différents procédés classiques mis en œuvre pour la production de la céruse et nous ne reviendrons pas sur ce sujet; mais il a paru récemment, dans le Journal de la Société Chimique Industrielle Anglaise, diverses études nouvelles sur la préparation du blanc de plomb, dont un certain nombre de détails sont susceptibles d’intéresser les lecteurs de La Nature.
- La fabrication du blanc de céruse par le « procédé doux », qui n’exige pas l’emploi d’agents chimiques, est la plus simple et la plus naturelle et ne met en œuvre que du plomb, de l’air, de l’eau et de l’acide carbonique ; cette méthode donne un carbonate de plomb basique, pur, homogène, d’une blancheur, d’une densité et d’un pouvoir couvrant supérieurs à ceux des autres blancs de céruse. En principe, le plomb fondu est forcé, par un courant de vapeur surchauffée, dans des « atomiseurs » qui le -réduisent en fines particules ; celles-ci se solidifient dans un bassin plein d’eau. Ce plomb, en suspension dans l’eau, est soumis, pendant 24 à 36 heures, à l’action d’un fort courant d’air qui le transforme en hydrates basiques ; ceux-ci sont séparés et soumis à la carbonatation sous l’influence d’un courant de gaz carbonique pendant 36 heures. Les détails des opérations sont les suivants : le plomb est fondu, par quantités de 2000 kg. environ, dans une grande chaudière et envoyé par des conduits aux « atomiseurs », qui reposent sur le même principe que les lampes d’émailleur des laboratoires ; le métal y est en contact avec un courant de vapeur surchauffée à une température supérieure à celle de la fusion de plomb. Chacun des quatre fours « atomiseurs » fournit 700 kg. environ de plomb atomisé par heure. Le plomb, précipité et solidifié dans l’eau, y est maintenu en suspension par un courant d’air et amené par un conduit dans un compartiment spécial où il se dépose et d’où une valve permet de le décharger dans les « oxydeurs », appareils cylindriques où il est soumis à l’action d’un courant d’air. Après 24 o\i 36 h., 80 pour 100 du plomb sont transformés ; au moyen d’une agitation convenable et d’une « table flottante », le plomb métallique restant est séparé de ses oxydes et retourne en fabrication. Les oxydes sont déposés dans des bassins, puis soumis aux carbonateurs, semblables aux oxydeurs, mais de moindre capacité. L’acide carbonique qu’on envoie dans ces appareils, purifié par des « scrubbers », est produit par la combustion d’une quantité donnée de coke, pauvre en soufre et en matières volatiles; la chaleur produite par cette combustion est employée à la production de vapeur. Le gaz qui sort de ce foyer titre 19 pour 100 d’acide carbonique. Après 18 h. les oxydes de plomb augmentent considérablement de volume ; au bout de 36 h. la matière est recueillie et séchée pour être livrée au commerce. Sauf, dans la dernière période des opérations, les composés plombifères sont maniés constamment en milieu humide et cette méthode, au point de vue hygiénique, est moins passible de critiques que les procédés habituels.
- L’ancien procédé hollandais a été également l’objet dans ces dernières années, d'un certain nombre de per-
- fectionnements. Rappelons qu’en principe, ce procédé consiste à exposer des plaques de plomb au-dessus de pots contenant une petite quantité d’acide pyroligneux (acide acétique de bois brut), le tout étant renfermé au sein d’une masse de fumier ou de tannée en fermentation chargée de fournir la chaleur nécessaire à la volatilisation lente de l’acide pyi’oligneux et le gaz carbonique exigé par la carbonatation des composés plombiqueis qui se forment, le carbonate de plomb formé se déposant sur les lames métalliques. Celles-ci, après arrosage, sont battues pour en détacher le carbonate qui est broyé, d’abord avec de l’eau, puis avec de l’huile de lin qui chasse l’eau, pour être fourni au commerce sous forme de pâte.
- On a fixé divers points particuliers de ce procédé : le plomb employé doit être très pur ; l’argent et le cuivre ne doivent pas y excéder 0,001 pour 100; la désargen-tation du plomb par le zinc permet de réaliser facilement cette condition. Le bismuth peut être éliminé par un procédé électrolytique ; enfin le fer n’est soluble dans le plomb qu’à la teneur de o,ooi5 pour 100 et peut par suite être éliminé facilement au delà de cette proportion. L’acide acétique impur employé doit être dans la proportion de 28 pour 100 du plomb. Le corps qui est obtenu à la fin des opérations est un composé défini, 2 Pb CO3, Pb (OH)2. Ses qualités pour la peinture sont surtout dues à ses propriétés physiques, spécialement à l’existence de particules de plusieurs diamètres différents qui réduisent les vides à un minimum.
- Enfin, dans l’ordre des composés du plomb, on a préparé aussi industriellement un blanc de plomb sublimé qui est un sulfate basique se produisant directement par l’action d’une flamme oxydante sur la galène finement pulvérisée ; il est entraîné et se condense sous forme de fine poudre blanche amorphe. Sa densité est de 6,2; le diamètre de ses particules est o mm, 00072; il renferme 75 pour 100 de sulfate de plomb;
- 20 — d’oxyde de plomb ;
- 5 — d’oxyde de zinc.
- Ce corps est caractérisé par son extrême finesse, sa stabilité chimique, sa grande opacité; il donne en pratique d’excellentes peintures.
- L’origine des peuples européens. — Dans un récent ouvrage sur ce sujet, M. Sergy reconnaît huit races humaines donc trois seulement ont laissé leurs restes dans les cavernes : i° L’Homo europaeus ; — 20 H. Eur.-africus ; — 3° H. Eur.-asicus. Le Ie' est éteint; il avait le front très déprimé et une énorme proéminence de la glabelle et des arcades sourcilières comme une sorte de visière (restes de Taubach, Krapina, Néander-thal, Spy, Schipka, La Naulette, Malarnaud). Sergy le fait remonter jusqu’au milieu du pliocène. Le 2e existe encore avec un crâne sans visière, dolichocéphale ou mésocéphale. Il serait venu du nord de l’Afrique et a été retrouvé dans le loss de Eguisheim de Galley-Hill (Tamise) et Predmost (Moravie) et dans les cavernes de Laugerie Basse, Chancelade, Baoussé-Roussé. Sergy lui rapporte la culture paléolithique du quaternaire supérieur dans le midi de la France. Il trouve dans cette culture des analogies avec la civilisation prémycénienne, mycénienne ou préhistorique égyptienne, en apparence postérieure au quaternaire, mais en réalité contemporaine quant à l’âge artistique. Rien ne s’oppose, en effet, à ce qu’un groupe émigrant de cette race se soit infiltré dans le sud-ouest de la France et n’y ait fait progresser les arts.
- D’ailleurs, les synchronismes sont très difficiles à établir, parce que le critérium paléontologique du quaternaire n’est pas uniforme à travers toute l’Europe, dont les conditions climatériques n’étaient pas partout semblables, ce qui fait échec au synchronisme biologique; c’est ainsi qu’en Italie manque jusqu’à présent toute trace d'Elephas primigenius, de Rhinocéros ticho-rinus et de Cervus tarandus.
- L’Homo Eurafricus s’est prolongé dans le néolithique à Cro-Magnon (que Sergy ne croit pas quàternaire) aux Baumes-Chaudes à Arene-Candide, etc. C’est vers la fin du néolithique que la 3e race (H. Eurasicus) venant de l’Asie occidentale apparaît en Europe (Grenoble Furfooz). C’est la race actuelle brachycéphale. Ensuite dans l’Enéolithique italien apparaît un rameau venu de Chypre, de Hongrie ou d’Espagne? Et l’homme ne tarde pas à abandonner les cavernes.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements.—F.F. A., h Mahon Baléares. —Les bulletins de l’Observatoire aérodynamique de Koutchino (près Moscou), Russie, vous donneront sur ce sujet de très utiles indications : demandez-les de notre part à M. Riabouchinsky, directeur. Consultez également la collection de YAérophile, les comptes rendus de l'Académie des sciences, le problème général du vol et la force centrifuge, par M. Averly (Ve Ch. Dunod, éditeur, quai des Grands-Augustins, 49; les Hélices aériennes, par Drzewiecki, Vivien, éditeur, 20, rue Saulnier, Paris. Recherches sur la résistance de l’air, par G. Eiffel, même librairie. Vous trouverez d’ailleurs chez Vivien toute une série d’ouvrages sur ce sujet. Demandez le catalogue.
- ])' Dreyfus, à Châlons. — Voici une recette de vernis blanc pour bois : Dans un demi-litre d’alcool faire dissoudre, en brassant à chaque instant, 226 gr. de laque blanche et 10 gr. envii’on de borax finement pulvérisé. Quand le mélange est homogène, filtrer à travers de la mousseline. Le vernis est alors prêt pour l’emploi.
- Armando Motta Veiga, à Lisbonne. — La méthode la plus simple sera de se servir d’une solution alcaline (bicarbonate de soude 10, eau distillée 100) et aromatiser avec quelques gouttes d’alcool de menthe. Autre procédé : frotter la brosse à dents sur un savon fin (de parfumerie de bonne marque) et se frictionner les dents avec cette mousse savonneuse, puis laver la bouche avec l’eau indiquée ci-dessus.
- M. Courvoisier, à Alger. — Veuillez vous adresser à
- la librairie de l’aéronautique Vivien, 20, nie Saulnier qui vous enverra une bibliographie très complète de l’aviation. Nous ne connaissons pas de traités spéciaux sur les intégraphes. Vous trouverez leur descriptions dans les traités complets de mécanique. Vous pourriez également demander une brochure explicative à des constructeurs de ces appareils : J. Richard, 25, rue Mélingue, Paris; Carpentier, rue Delambre, Paris.
- M. R. Tuyet, à Barcelone. — Le haquet-monocycle Chamarande est construit par la maison Clément-Gla-diator, 76, Grande-Rue, au Pré-Saint-Gervais, près Paris.
- M. Ilirsch, à Courbevoie. — L’auteur du procédé de galvanisage à la vapeur est M. Sh. Cowper Coles, Gros-venor Mansions. Westminster, Angleterre.
- M. Girard, à Saint-Remy. — La maison de sondages Sullivan a un bureau à Paris, 25, rue Rafïet.
- M. J.-R. de R., avenue Bugeaud, à Paris. — Voici la nomenclature des ouvrages d’apiculture les plus complets et les plus modernes, à consulter pour l’élevage des abeilles et les produits (cire, miel, etc.): ABC de VApiculture, par A.-I. et E.-R. Root, 7fr,5o, franco 8 fr,;. L’Abeille et la Ruche, par Langstroth et Dadaut, ytr,5o, franco 8 fr. ; Préparation moderne de Vhydromel, par Jacquemin et Alliot, 10 fr., franco iofr,8o, au « Rucher modèle », 20, rue Richer, Paris. —Apiculture, par llom-mell, 5 fr. ; Manuel d’Apiculture, par Maurice Girard, 4 fr., librairie Le Vasseur et Cie, 33, rue de Fleurus, Paris. — Conduite du rucher, par Bertrand, 2fr,5o; Le livre des Abeilles, par l’abbé Boissy, 2lf,5o; Les Abeilles, par Sagot et Delepine, ifr,25; L’Apiculture au xxe siècle, par Silvestre, librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, Paris. — Manuel de Vapiculteur mobi-liste, par l’abbé Duquesnois, 3 fr., Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Q5SC
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Un nouvel actinomètre : P. Cotte. — Port-Arthur d’aujourd’hui : Sauvaire Jourdan. — L’acier rapide : Arnou. — Académie des sciences; séance du 20 septembre 1909.: Ch, dï; Villedeuil. — Le voyage du « Zeppelin » à Berlin : D1' Alfred "Lra-denwttz. — Peut-on prédire les tremblements de terre? — Le pigeon dans l’ancienne . Egypte : P.-Hippolyte Boussac. — Chronique. — L’industrie sucrière et la diffusion continue : H. Rousset. — Les combats d’animaux à Madagascar : G. Gran-didier. — L’industrie de l’œuf artificiel aux Etats-Unis : Henri Blin. — La toupie humaine.
- Supplément. — Le retour de la comète de Hallev. — Contre la grêle. .— Les radiations de courte longueur d’onde. •— La plus haute ascension du monde, etc.
- Smithsonian Miscellaneous Collection, n° 1860, vol, 52, publiée par la Smithsonian Institution, à Washington, I9.09-
- Ce volume publie une intéressante note de M. Arnold sur les peuples de Formose, une bibliographie extrêmement complète des travaux relatifs aux rayons ica-* naux ou de Goldstein, par M. G. Scott Fulcher; une conférence magistrale de M. Haie sur le Soleil,
- Récréations mathématiques et problèmes des temps anciens et modernes, par W. Rouse-Ball. 2e édition française traduite d’après la 4“ édition anglaise et enrichie de nombreuses additions, par J. Fitz-Patrick 3e partie, avec addition de MM. Margossian, Reinhart, Fitz-Patrick et Aubry. 1 vol. 36o pages. Hermann, éditeur. Paris., 1909. /'
- On trouvera dans ce livre des problèmes, les uns .. fort anciens, d’autres plus modernes dont lés énoncés, amusants ou curieux, intéresseront mêpie les. profanes, dont les solutions plairont aux amateurs d’arith- |
- niétique et d’algèbre. On y trouvera aussi des aperçus historiques, souvent plus instructifs et plus suggestifs que de longues théories, des problèmes d_’ordre_assez élevé que ne mentionnent pas toujours les traités classiques, un résumé rapide des applications de la géométrie à la mécanique. On y trouvera surtout trois chapitres de Rouse-Ball, attachants et profonds, sur l’astrologie, l’hyperespace, le temps et sa mesure.
- Essais sur le silico-calcaire, par E. Leduc, chef de la section des matériaux de construction au Laboratoire d’essais au Conservatoire national des Arts et Métiers et Ch. de La Roche, i vol. 120 pages avec 11 planches et 44 fig. Béranger, éditeur. Paris. 1908.
- L’industrie des briques et pierres silico-calcaires (Voy. La Nature, n° 1845, 3 octobre 1908, p. 283) a pris en Allemagne une importance considérable, on 11’y fabrique, annuellement, pas moins de 1 milliard de briques. Celte industrie s’est introduite en France : grâce à l'abondance1 de nos matériaux de construction, elle trouve chez nous un débouché moindre, mais qui n’est cependant pas négligeable. MM. Leduc et de La Roche étudient en détail la technique du silico-calcaire : leur brochure parfaitement documentée et riche en travaux personnels, rendra les plus grands services à nos industriels désireux d’exploiter ce matériau nouveau. Signalons notamment une étude approfondie de l’influence respective du sable, de la chaux, de la. compression initiale, du malaxage, de la pression de la vapeur, et sur les qualités finales du produit. Les auteurs ont également visité les usines les mieux outillées d’Allemagne, d’Angleterre et de France : ils les décrivent avec photographies et plans à l’appui.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Persival Lovell. Mars et ses canaux, ses conditions de rie, traduit de l’anglais, par Marchl Moite. In-8° avec 64 ligures 2e édition. Paris. Mercure de France. Prix : 5 francs.
- Cet ouvrage complétera, pour les lecteurs français, celui dont Camille Flammarion a publié les deux volumes en 1892 et 1909. L’auteur, pour faire ses observations dans les meilleures conditions possibles, est allé s’établir à Flagslaff, en plein désert de l’Ari-zona. Ecrivant exclusivement d’après des observations personnelles, il les interprète d’une façon originale. Les « canaux », par exemple, sont, pour M. Lowell,
- des bandes de végétation, dont la propagation se fait, avec l’été, des pôles vei's l’équateur, en sens inverse de ce qu’on pourrait observer sur la terre, paree que la seule eau présente sur Mars est celle réalisée chaque année par la fusion de la calotte polaire. Suivant lui encore, ces « cauaux »,dont la reeti-lignité singulière ressemble si bien à un simple phénomène optique, seraient le produit évident d’un vouloir conscient ayant cherché à utiliser les der-nières ti’aces d’eau survivantes avant la mort de la planète en les amenant par un moyeu mécanique vers les centi'es habités.
- 3®D
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- QSL
- obsT
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE ü A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2ll sept. 1909; 7\9 S. E. 1. Couvert. 0 Brouillard de 80 m.; rosee; couvert de 6 à s h ; Beau ensuite.
- Mardi 21 11°. 9 N. E. 1. . Couvert. V Brouillard de 300 m.; rosée; couvert jusqu’à 12 11.; peu nuag. ens.
- Mei’creni 22 11°.6 N. N. E. 2. Nuageux. 0.0 Rosée; très nuag.; gouttes à 16-21 h.; orage le s. au N. N. W.
- Jeudi 23 14°.l S. S. E. 1. Très nuageux. 1,9 Très nuageux ; pluie à diverses reprises.
- Vendredi 21 11°.1 s. s. vv. 2. Couvert. » Rosée ; brume ; peu nuageux.
- Samedi 23 10°.4 S. S. E. 2, Reau. V Rosée; brume; nuageux.
- Dimanche 26 12°,1 W. S. W 2. Couvert. 6,6 Rosée; brunie: nlnioà diverses renrises l’après-midi.
- SEPTEMBRE 1909. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 SEPTEMBRE 1909.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- l Vendredi |
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Du 19 au 25 septembre. — Le 19. Basses pressions depuis l’Islande jusqu’à la mer Noire : Berlin, 7x7 mm. Hautes pressions à l’O. et au N.-E. : Brest et Arkangel, 766 mm. Pluies sur le N. et Centi'e; en France : Belfort, 7 mm; Nancy, 9; Paris, 3. Temp. du matin : Hapa-randa, 6°; Paris, 9; Toulouse, 12; Alger, 23; Puy de Dôme, 7; Pic du Midi, — 1 ; moyenne à Paris : i2°,4 (normale : 14°)- — Le 20. Pression supérieure à 76a mm sur l’Islande, les Iles-Britanniques et le N. de la France. Dépression sur le Centre de l’Europe et reculant vers le N. 753 mm sur le Danemark. Pluies dans le Nord et le Centre du continent. En France : beau temps. Temp. du matin : Seydisfjord, —20; Belfort, 8; Paris, 8; Clermont-Ferrand, 11; Toulouse, 14; Alger, 23; mont Aigoual, 9; Pic du Midi, 3; moyenne à Paris : 12°.4 (normale : 14°). — Le 21. La pression s’abaisse dans l’O. de l’Europe, minimum sur le Centre de Gascogne : 759 mm. Un autre centi'e de dépression persiste sur le Danemark. Fortes pressions sur "l’Islande, l’Ecosse, le N. et le Centre de la Russie. Pluies dans le N. de l’Europe. En France : Dunkerque, 3 mm; Biarritz, 2. Temp. du matin : îles Feroé, 5°; Nancy, 9; Paris, 12; Toulouse, i5; Alger. 23; Puy de Dôme, 10; Pic du Midi, 1; moyenne à Paris : 13°,5 (normale : i3°,8). — Le 22. La dépression du golfe de Gascogne s’étend vers le N. et l’E. Une dépression apparaît en Ecosse : 755 mm. La pression se relève sur le N. du continent : Stockholm, 771 mm. Pluies dans le N. de
- l'Europe. En France : orages dans le S.-O., le Centre et l’Est: Belfort, 19 mm d’eau; Belfort, i5; Clermont-Ferrand, 15 ; Toulouse, i.Temp. du matin : Haparanda, 4°; Paris, Nantes, 12 ; Naucy, 15 ; Alger, 24; Puy de Dôme, 9 ; Pic du Midi, — x°; moyenne à Pai'is : i6°,2 (normale : i3°,7). — Le 23. La pression s’élève sur toute l’Europe : deux régions anticycloniques apparaissent : Toulouse, 767 mm; Scandinavie et Russie, 770 mm. Orages dans toute la Fi'ance : mont Yentoux, 53 mm d’eau; Nice, 37; Nantes, 11 ; Besançon, 5. Temp. du matin : Arkangel, 6°; Pai'is, Toulouse, 14; Nancy, i5; Alger, 23; moyenne à Pai'is : i5° (normale : x3°,5). — Le 24. Pressions élevées sur presque tout le continent dépasse 770 mm dans le Centre et le S.-O. de la France et en Russie (Moscou, 775). Dépression sur les Iles-Britanniques : Vaîentia, 762 mm. Pluies dans l’O. dé l’Europe. En France : Besançon, 9 mm; Biarritz, 4 ; Paris, 1. Temp. du matin : Yardoe, .5°; Paris, Nantes, 11; Toulouse, 16; Alger, 22; Puy de Dôme, 7; Pic du Midi, T; moyennè à Pgris : i4°,2 : (normale : 13°,4)• — Ae 25. Même situation barométrique que la veille. Quelques pluies dans le N. et l’O. de l’Europe. En France ^ballon de Servance, 9 mm; Briançon 2 : Nantes, 1. Temp. du matin : Vardoe, 5°; Belfort, 7 ; Paris, 10; Toulouse, i3; Alger, 22; Puy de Dôme, 6 : Pic du Midi, — 2 ; moyenne à Paris : 140 (normale : i3°,2). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 22, à 6 h. 40 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des
- Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie .
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- DIRECTION
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : no, Boulevard Saint-Germain, Paris (VI*)
- La reproduction des illustrations de * La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1898 —
- 9 OCTOBRE 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- La direction radio-télégraphique des navires. —
- On connaît les tentatives faites, pendant ces dernières années, pour utiliser les ondes électro-magnétiques,
- employées dans la lélégraphie sans fil, pour la commande à distance de toutes sortes de machines. La Nature a déjà décrit, avec détail, les intéressantes tentatives de M. Branly et de M. Gabet. Un procédé imaginé par deux ingénieurs de Nuremberg, MM. Wirth et Beck, est actuellement à l’essai en Allemagne où il soulève un vif intérêt. Il permet par exemple, sans lien matériel entre l’opérateur et la machine, le déplacement vertical ou horizontal d’un levier, l’actionnement, en un sens quelconque, de volants ou de robinets, et la mise en circuit ou hors circuit, de toutes sortes de dispositifs électriques. Lors des premières expériences faites devant la Société d’histoire naturelle de Nuremberg, un détecteur d’ondes électriques , semblable à ceux des postes radio -télégraphiques, était disposé sur la table d’expérimen-
- tation; dans une autre salle, était placé un transmetteur d’ondes susceptible de syntonisation et à l’aide duquel les différents dispositifs mécaniques de la table opératoire pouvaient être actionnés par les ondes électromagnétiques, sans fil reliant les postes transmetteur et récepteur. On vient de procéder aux premiers essais pratiques sur le Dutzendteich, petit lac des environs de Nuremberg, où un bateau automobile a pu être commandé par transmission radio-télégraphique, au moyen d’un appareil transmetteur installé au phare (fig. x). Des essais ont fait voir que le dispositif en question constitue une solution parfaite du problème de la commande radio-télégraphique. Tous les ordres ont pu, en effet, être transmis avec la vitesse de l’éclair, du poste transmetteur, à l’appareil de direction radio-télégraphique et de là, au gouvernail de l’embarcation, de façon que le bruit du transmetteur et le fonctionnement de l’appareil de direction se sont fait entendre en même temps toutes les fois que le bateau automobile s’est approché du phare où le dispositif de transmission se trouvait installé. Les inventeurs se sont servis, avec, un succès particulier, d’un dispositif retardateur de contacts, destiné à paralyser, au moment voulu, toute manipulation erronée. Le bateau automobile exposé à faction des ondes invisibles a décrit facilement plu-
- Fig. 2 — Le bateau dirigé par les ondes hertziennes.
- Les organes récepteurs d’onde agissant sur le gouvernail.
- sieui's courbes et des cercles complets, à droite et à gauche. Le dispositif imaginé par MM. Wirth et Beck diffère notablement de celui dont s’est servi M. Gabet pour la direction radio-télégraphique des torpilles. Tandis que l’inventeur français effectue le retard des contacts à l’aide d’un tube de verre raréfié et
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- INFORMATIONS
- recourbé, renfermant une gouttelette de mercure, MM. Wirth et Beck préfèrent, dans le même but, une disposition purement électro-mécanique qui, semble-t-il, est plus à l’abri des oscillations du bateau. La figure 2 représente l’embarcation automobile avec le dispositif de direction radio-télégraphique qui actionne le gouvernail ; la figure i représente le phare et l’antenne d’où émanent les ondes hertziennes qui dirigent le bateau. Le même dispositif pourrait rendre des services pour l’allumage des mines, l’actionnement des signaux électriques, etc.
- Un microphone à bismuth. — Pour que le microphone à charbon donne un bon fonctionnement, il est indispensable, dit l’Electricien, que l’intensité employée se maintienne dans des limites relativement peu élevées. Lorsque cette intensité devient trop grande, il se produit sur la ligne, par suite de la formation d’arcs entre les différents contacts et de l’agglutination des grains de charbon, toutes sortes de bruits étrangers ; la transmission des sons devient alors défectueuse, voire même impossible. En vue de remédier à cet inconvénient, M. W. Münchenhagen, de Tempelhof (Allemagne), propose de construire, en mettant à profit un phénomène déjà utilisé en matière de mesures, un microphone qui ne posséderait pas de contacts variables. Il s’agit du phénomène découvert par M. Righi, à savoir qu’une bobine en fil de bismuth modifie sa résistance dans le champ magnétique, en sorte que cette résistance s’accroît avec l'augmentation de l’intensité de champ et qu’elle diminue au fur et à mesure de l’abaissement de là même intensité. On pourrait, dans un téléphone, substituer aux bobines en fil de cuivre des bobines en fil de bismuth et disposer ces bobines sur les pièces polaires de l’aimant permanent ; et on utiliserait comme microphone le téléphone ainsi modifié. Si on parle dans un pareil téléphone, l’intensité de champ de l’aimant permanent se modifie suivant les vibrations de la membrane en fer, et, par là, on fait également varier la résistance des bobines en fil de bismuth. Des variations de courant se produiraient donc comme dans les microphones jusqu’ici utilisés et, étant donné que le microphone à bobines de bismuth ne possède pas de contacts variables, on éliminerait les inconvénients constatés sur les microphones ordinaires : on pourrait à volonté employer une intensité quelconque, à la condition de ne point dépasser les limites correspondant à la section du fil de bismuth employé. M. Münchenhagen fait remarquer qu’il formule seulement une proposition et qu’il conviendrait d’abord de déterminer, par des recherches approfondies, si le principe qu’il indique est bien exact et s’il est possible de réaliser une construction convenable.
- Un transformateur électrique pour 500 000 volts.
- — La société « Allgemeine Elelctricitæts » de Berlin vient de construire un transformateur qui fournit la tension la plus haute que l’on ait jusqu’ici obtenue, 5ooooo volts; la basse tension pouvant varier entre jo4o et 2080 volts, le rapport de transformation, sur cette machine, est donc de 25o à 5oo. Le transformateur en question est seulement destiné à l’exécution d’expériences d’isolement; on ne s’est donc pas attaché à lui donner un rendement particulièrement avantageux. Il est du type à noyau; son enroulement de basse tension se composé de 2 X 44 tours et son enroulement de haute tension comprend 56 bobines; la tension de chaque bobine s’élève à environ 9000 volts ; de forts cylindres isolants séparent les deux enroulements. Le transformateur en question pèse 5ooo kg et nécessite un bain d’huile de 8000 1.
- La plus grande station centrale électrique du monde. — La Compagnie Allemande d’EleCtricité Transatlantique qui détient, en fait, le monopole de la fourniture du courant pour l’éclairage et la traction à Buenos-Ayres, a décidé de remplacer ses diverses usines par une centrale unique actuellement en construction et qui comptera parmi les plus importantes du monde. La puissance prévue est.en effet de. 110 000 chevaux-vapeur qui seront fournis par 10 turbo-alterna-teurs de 11 000 chevaux construits chez Brôwn-^Boveri, à Manheim et chez Franco Tosi, à Legnano. Chaque turbine pourra donner en surcharge 14 200 chevaux pendant deux heures au moins sans inconvénient. La vitesse prévue est de 760 tours avec une consommation par kilowatt de 63oo gr. de vapeur seulement à la pres-
- sion de 12,5 kg. La vapeur nécessaire sera fournie par 60 chaudières Babcock et Wilcox. L’alimentation du charbon sera complètement automatique. Chaque chaudière est complétée par un surchaufïeur permettant d’obtenir de la vapeur à près de 35o° C. L’installation de 5 groupes et de 3o chaudières est en cours d’exécution.
- L’industrie de la brique silico-calcaire en Allemagne. — Cette industrie a pris en Allemagne depuis 1900 un extraordinaire essor : on compte aujourd’hui plus de 25o fabriques, produisant 8aô millions à 1 milliard de briques. Il est vrai qu’il existe 10936 briqueteries d’argile fabriquant 26 milliards de briques. C’est surtout dans le Brandebourg que se trouvent les fabriques de silico-calcaire : on y trouve 45 usines groupées la plupart aux environs mêmes de Berlin. La plus importante usine du monde entier, l’usine Guttmann est à Niederlehme aux portes de Berlin et fabrique 100 millions de briques par an. Les fabricants de briques silico-calcaires sont groupés en un syndicat qui publie un journal la Tonindustrie-Zeitung. Dans les autres pays, l’industrie silico-calcaire est beaucoup moins répandue : on compte quelques usines en Angleterre, 60 en Hollande, une centaine aux Etats-Unis et 14 en France (Voy. La Nature, n° 1845, 3o oct. 1908, p. 283).
- Le vent et les obstacles. — Il existe à Berlin un anémomètre qui est placé depuis 1884 dans des conditions identiques sur la tour du Joachimsthal Gymnasium. L’anémomètre installé à 1,70 m. au-dessus du parapet de la tour se trouve à 32 m. au-dessus du sol. Mais, en 1884, la tour s’élevait sur un espace à peu près libre où se sont peu à peu construits des édifices dont la hauteur varie en moyenne de 22 à 25 m. Dans ces conditions, le vent s’est trouvé progressivement atténué de 3o pour 100 comme le montrent les chiffres suivants qui indiquent la vitesse moyenne du vent en mètres par seconde pour
- chaque période indiquée :
- Dates. Vitesse.
- 1884-1888 > 5,44 mètres.
- 1889 i8q3 4,80 -—
- 1894-1898 4,o4 —
- 1899-1903 . . . 3,82 —
- On comprend par ce cas typique quelle est l’influence considérable des constructions élevées sur l’aération des agglomérations humaines.
- Rats et pétrole. — La pétrolisation des eaux stagnantes effectuée contre les moustiques agit aussi d’une manière indirecte sur les rats. M. Mandoul a fait des expériences à bord de YIrnéréthie en septembre 1907. Il les résuma dans les Archives de parasitologie. Une des cales du navire qui contenait des cocons de soie était entièrement dévastée par les rats. Leur affluence était probablement due à la présence d’eau douce provenant des fruits de la glacière placée près de la cale en question. Cette nappe d’eau, dont on ne pouvait sè débarrasser, fut pétrolisée. Deux semaines après, en arrivant à Marseille, on constata que pas un cocon n’avait été endommagé par les rongnurs. M. Mandoul a cherché comment le pétrole agissait. Il a essayé de déterminer la sensibilité du rat pour le pétrole. Il a soumis pendant 45 minutes un rat d’égout à l’action des vapeurs de 100 gr. environ de pétrole du commerce dans une atmosphère confinée (une cloche communiquant avec l’extérieur par un étroit orifice). L’animal a présenté de la dyspnée et, pendant le dernier quart d’heure, de la mollesse dans ses mouvements. Après l’expérience, l’animal lèche ses poils mouillés; il est abattu et mange peu. Trois jours après, on le trouve mort dans sa cage. L’autopsie montre que les viscères sont très congestionnés et que l’intestin contient du pétrole. Un autre rat est soumis.au régime pétrolisé. Il refuse le pain pétrolisé, mais accepte la viande. Il meurt au bout; de quatre jours. L’auteur a fait une enquête dans les raffineries de pétrole et sur les bateaux qui transportent ce produit. Les rats n’y vivent pas, ou sont très rares. M. Mandoul en conclut que les rats ont une aversion particulière pô.ur le pétrole qui les éloigne plutôt qu’il ne les empoisonne, l’aversion qu’il leur inspire les mettant à l’abri de son action toxique. En outre, le pétrole, grâce à son action insecticide, débarrasse les rats de leurs parasites et des germes infectieux qu’ils peuvent transmettre.
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- *> Automobilisme
- Pare-brise en toile métallique. — Les pare-brise ordinaire, en verre, sont devenus d’un usage fréquent; presque toutes les automobiles en sont pourvues parce qu’ils mettent la figure du chauffeur et celle de son voisin, à l’abri des corps étrangers et des insectes volant dans l’atmosphère. Mais cet avantage ïi’est pas sans entraîner certains inconvénients, comme celui qui résulte* du remous d’air se formant derrière la glace et, surtout, lorsqu’il pleut, la présence de rigoles d’eau obturant la vue d’une manière très gênante. The Autocar a reçu à ce sujet une lettre d’un chauffeur de la Tasmanie dans laquelle le signataire, après avoir constaté les divers inconvénients de la glace pare-brise, informe notre confrère anglais qu’il a remplacé celte glace par une toile métallique qui n’empêche nullement de voir la route à une bonne distance devant soi. La toile laisse passer assez d’air pour supprimer le remous. Elle est faite de 16 fils au centimètre. Lorsque l’on veut employer une toile métallique comme pare-bi'ise, il faut tenir compte de la vitesse de la voiture pour établir la toile qui, pour une vitesse de 3o kilomètres'à l’heure, peut être façonnée comme l’indique la correspondance de The Autocar. Si la vitesse augmente l’air ne passe plus suffisamment à travers les mailles et observe le remous comme avec une glace; il faut donc diminuer le nombre des fils.
- Il paraît que les menus objets et les insectes flottant dans l’air sont arrêtés aussi bien par celte toile métallique que par une glace. De plus, il y a lieu de considérer qu’en cas d’accident — il faut tout prévoir — les éclats de verre provenant du bris de glaces occasionnent souvent plus de blessures que le choc lui-même. Dans ces cas le treillis métallique serait bien moins dangereux. Le système nous paraît suffisamment intéressant pour mériter un essai.
- Nouveau graisseur Panhard-Levassor. — Le principe sur lequel repose le fonctionnement de ce graisseur est entièrement nouveau ; son débit est, en effet, proportionnel à la puissance développée par le moteur et non à la simple vitesse de rotation de ce moteur. Lorsque le moteur ne développe aucune puissance, quelle que soit
- Fig. i. — Schéma du nouveau graisseur. Fig. 2. — Détails du compte-gouttes.
- sa vitesse, il est inutile qu’il soit lubrifié abondamment. Dans ce cas, le graisseur à débit proportionnel réduit le graissage au minimum. Mais si l’effort développé est important (que le moteur tourne à allure vive ou modérée) il est nécessaire que le graissage soit abondant. Le nouveau graisseur est construit pour réaliser cette condition.
- Par conséquent, lorsque le moteur tourne à vide, l’huile est peu abondante, contrairement à ce qui a lieu
- avec les graisseurs débitant proportionnellement à la vitesse. Tandis qu’il ne laisse pas manquer d’huile le moteur ralentissant dans une côte. Dans ces conditions, la dépense d’huile est réduite à son minimum ainsi que la production de fumée résultant d’un graissage trop abondant, et cela tout en assurant un graissage parfait.
- On sait que, dans tout moteur, la puissance développée est proportionnelle.au poids, ou au volume, sous la pression atmosphérique du mélange combustible introduit dans les cylindres pendant l’unité de temps. Cette entrée du mélange est réglée par le tiroir d’étranglement. Mais lorsque l’on fait fonctionner ce tiroir pour réduire la puissance du moteur, la dépression dans la chambre du gicleur est d’autant moins forte qu’on a étranglé davantage l’aspiration et que l’on a par conséquent réduit davantage la puissance du moteur ; elle est donc proportionnelle à la puissance. C’est cette dépression dans la chambre du gicleur qui est utilisée pour obtenir le débit de l’huile proportionnel à la puissance.
- L’appareil comporte, comme dans le « Dubrulle » ordinaire, une pompe P alimentant d’huile une rampe à niveau constant dans laquelle la pression est la même qu’à l’extérieur. Un compte-gouttes réglable laisse couler l’huile prise à cette rampe dans un tuyau I qui la dirige vers une deuxième pompe d’injection R dans le cylindre. Le débit de ce compte-gouttes est soumis à l’influence de la pression dans la chambre du gicleur par le tuyau K ; ce débit est d’autant plus important que la dépression et par suite la puissance développée est plus considérable. C’est cette chambre compte-gouttes D, placée sous dépression, qui constitue la différence qui existe entre le « Dubrulle » ordinaire et le nouveau graisseur. Les pompes d’alimentation et d’injection peuvent être semblables. Le graisseur par dépression est construit par les établissements Panhard et Levassor, 19, rue d’Ivry, à Paris.
- *>> Agriculture <<*
- Un perfectionnement des machines à moissonner.
- — Les machines modernes, et notamment les moissonneuses-lieuses, montrent que le génie rural a fait d’énormes progrès, depuis moins d’un demi-siècle. Il est facile de se rendi'e compte des perfectionnements réalisés en comparant seulement ces machines à celle qu’em-ployaient les Romains, — simple coffre en bois monté sur roues pleines, également en bois, poussé par des bœufs, et dans lequel les épis coupés ou plutôt arrachés, tombaient, laissant la paille sur pied, laquelle était ensuite coupée à l’aide de la faucille, le classique attribut de Cérès.
- Mais l’agriculteur, subissant forcément les caprices du temps, les pluies, les orages qui couchent sur le sol les blondes moissons, se trouvait désemparé lorsqu’il s’agissait de moissonner ces récoltes couchées sur le sol; grande complication de main-d’œuvre, frais supplémentaires augmentant d’autant le prix de revient de la récolte, et par suite les bénéfices de la culture. Le fauchage à l’aide de la faulx exigeait une dépense élevée, allant jusqu’à 80 fr. par hectare — soit une augmentation de dépenses de 1 à 2 fr. par hectolitre de grain récolté — au lieu de 35 à 40 fr. par hectare pour la coupe de la céréale à la main en temps normal.
- Lorsque les récoltes sont versées, tourbillonnées par les orages, la coupe en est extrêmement difficile; même en se servant des moissonneuses-lieuses et des jave-leuses, on laisse beaucoup d’épis sur le sol, et on perd ainsi beaucoup de grain. On n’arrive pas à relever convenablement, à la main, les tiges couchées, plaquées sur le sol; dans tous les cas, c’est une grande perte de temps et un travail très imparfait, d’autant que ce sont les meilleurs blés, les plus longs, les plus lourds d’épis, qui versent le plus facilement. Il y avait donc là, au point de vue de la mécanique, du machinisme agricole, un problème à solutionner. Il l’est actuellement, grâce à une invention aussi intéressante que pratique cou-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ’Fig. i. Vue en projection verticale d’un diviseur-relevcur complet avec sabot mobile.
- sistant en l’emploi de releveurs de récoltes ou diviseurs-releveurs d’épis mobiles et articulés, perfectionnement du à M. Numa Rousse, secrétaire général du comice agricole de Lille, et breveté.
- Voici en quoi consiste cette invention :
- L’appareil se compose de trois doigts fixés sur la barre coupeuse de la moissonneuse ; ces doigts jouent l’office d’un démêloir dont la pointe se trouve à o m. 70 ou o m. 80 en avant de la scie. Ils s’adaptent à la barre
- coupeuse au moyen d’un œil s'engageant dans le
- crochet . 4-
- Les tiges supérieures 10, dirigées obliquement d’avant en arrière, sont réglables à volonté par le curseur 11 ; on peut ainsi les relever ou les abaisser. La pointe 9 se faufile facilement sous les récoltes les plus couchées à terre. On voit, en 3, 4 et 5, le détail de l’articulation et de l’accrochage de l’appareil, qui peut se déplacer de 40 degrés au moins dans le sens vertical, sans aucun inconvénient, et sans fatiguer la barre coupeuse sur laquelle il est fixé par un simple boulon.
- Le releveur est rendu plus stable encore par la marche en avant de la moissonneuse et le poids de la récolte; il s’accroche et se décroche instantanément et peut s’adapter à tous les systèmes de moissonneuses.
- Les tiges des céréales les plus couchées sont relevées, redressées, démêlées comme par un peigne— grâce aux tringles directrices — et présentées dans un plan perpendiculaire à l’appareil coupeur. De la sorte, on n’a plus d’épis guillotinés, plus de perte de grain, les élévateurs de la moissonneuse achèvent le travail commencé et le liage des gerbes est parfait, d’où économie de temps et réduction des frais de main-d’œuvre, évaluée de 40 à 60 pour 100 sur le travail ordinaire. On peut, avec les releveurs de récoltes, moissonner rapidement, et très facilement, de 2 à 4 hectares en une journée, avantage précieux surtout si l’on considère que le mauvais temps, les
- pluies, les orages surviennent souvent pendant la moisson. La figure 2 montre un jeu de releveurs adaptés à une moissonneuse prête à fonctionner. On conçoit que cette invention peut rendre de réels services, même lorsque les céréales ne sont pas versées. En ! effet, si droites
- qu elles se présentent, il y a toujours, au point de vue de la coupe, un mauvais côté, celui de l’inclinaison des épis, sous l’influence de leur propre poids ou du vent, ou même de la brise au moment où l’on fauche. Des épis, sont rejetés en dehors de la ligne de coupe, les tiges se cassent sur les séparateurs de la moissonneuse et les épis, tombant sur le sol, sont guillotinés; c’est du grain perdu. Le releveur supprime ces inconvénients. On peut de même l’adapter aux faucheuses, pour la coupe des fourrages versés.
- Fig- 3-
- Jeu de trois diviseurs-releveurs de récoltes adaptés à une moissonneuse.
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- Nouvel appareil pour nettoyer les tubes des chaudières. — Tous les industriels connaissent les difficultés et les ennuis qu’on rencontre dans le nettoyage des tubes de chaudières, mais ils ne se rendent pas compte souvent, qu’en négligeant cette question, qu’en laissant accumuler le tartre à l’intérieur dès tubes, ils subissent dé ce fait des pertes importantes tant par la détérioration du matériel que par le surplus de chaleur qu’il faut fournir pour traverser la couche de tartre formée.
- La méthode préventive d’épuration serait peut-être la meilleure, mais dans les installations déjà existantes et dans celles où l’on recule devant la dépense d’un épurateur, on est réduit aux seuls moyens mécaniques. Ceux-ci nécessitent souvent le démontage de la chaudière ; on frappe sur les tubes à moins qu’on ne gratte à l’intérieur avec des outils spéciaux, les débris formés étant entraînés et rejetés par un jet d’eau.
- Le petit appareil, représenté sur la figure ci-jointe, semble résoudre le problème d’une façon des plus heureuses et des plus nouvelles. >
- Il consiste essentiellement en une douille en bronze phosphoreux, de diamètre un peu inférieur à celui du tube à détartrer, munie d’une petite turbine à eau dont l’extrémité est montée sur des roulements à billes. A la partie mobile de cette turbine est fixée une tête en acier massif portant à son tour les appareils de nettoyage proprement dits. Ceux-ci consistent en des bras en acier, pouvant s’écarter librement de l’arbre, sur les, quels sont montées des rondelles en acier trempé munies de pointes. Le fonctionnement en est des plus simples. A la partie antérieure de la douille on ajuste un tube
- flexible d’amenée d’eau, et on introduit l’appareil dans le tube générateur. Sous la poussée d’eau la turbine se met en mouvement; par la force centrifuge les bras s’écartent et les pointes aciérées des roulettes viennent gratter la paroi intérieure du tube.
- Les débris et poussières de tartre enlevés des parois, sont rejetés et lavés au fur et à mesure par ce jet d’eau.
- L’emploi de cet appareil n’exige aucune installation spéciale et aucun démontage de la chaudière. La pression de la canalisation de la ville suffit pour enlever les dépôts quelle qu’en soit l’épaisseur et la dureté. L’ouvrier n’a qu’à pousser l’appareil à l’intérieur du tube, en ayant soin de ne pas l’immobiliser sur j;>lace, en quoi il est aidé d’ailleurs par la pression d’eau. Avec un peu de pratique, il ne faut guère plus de 3 minutes par tube.
- Cet appareil « Weinland tube cleaner » qui nous vient des Etats-Unis, a déjà été adopté pour quelques bâtiments de guerre de ce pays. Construit pour tous diamètres de tubes, d’un prix peu élevé, il peut certainement être d’un grand secours pour le nettoyage des tubes de chaudières aussi bien que des économiseurs Green. L’appareil est en vente chez M. de Chessin* 91, avenue Kléber. Prix : 400 francs.
- *> Divers
- Porte-parapluie. — Il a été spécialement imaginé en vue de trouver un emploi dans les voitures automobiles, mais il peut être installé partout, surtout pour remplacer l’anneau, traditionnel et incommode, que les carrossiers placent à l’intérieur des voitures.
- Le système que représente notre dessin n’est pas très
- compliqué. Sur la plaquette support P est montée une boucle articulée qu’un ressort F maintient fermée. La boucle se termine par une boule D de butée et elle est pourvue d’un chien de manœuvre M. On fixe le porte-parapluie à l’aide de trois vis. — Le porte-parapluie est construit par Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, à Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1909
- Les heures sont données en temps moyen civil de Paris compté de o à 24 heures à partir de minuit.
- I. — SOLEIL
- Le solstice d'hiver aura lieu le 22 décembre, à 11 heures. A partir de cette date, les jours vont commencer à augmenter de durée. Le Soleil atteindra, au moment du solstice, sa plus faible élévation au-dessus de l’horizon, sa déclinaison australe étant de ‘à30ij'. L’qbservation de la surface du Soleil doit être continuée régulièrement; il y aura, en effet, grand intérêt à fixer, avec la plus grande précision possible, la date du minimum de l’activité solaire, minimum qui se produit actuellement.
- IL — PLANÈTES
- Saturne, dans les Poissons, sei’a en opposition le i3 octobre. Il est donc dans la période la plus favorable pour l’observation.
- Le curieux anneau qui entoure cette planète se présente à nous, actuellement, par sa face australe. Voici les éléments de l’anneau pour le présent trimestre :
- grand axe petit axe
- DATES EXTERIEUR EXTÉRIEUR
- 4 octobre . . 4i",9 9",3
- 3 novembre . 44”,5 8”,5
- 7 décembre . 42",7 7”,8
- HAUTEUR HAUTEUR
- DE LA TERRE DU SOLEIL
- AU-DESSUS DU AU-DESSUS DU
- PLAN DE l'anneau PLAN DE l’aNNEAU
- — 12° 0' —11° 52'
- — 11° V —12° 19'
- — 10° 29' —12° 46'
- Diamètre équatorial de Saturne : le 6 octobre, 19r/,7 ; le 5 novembre, 19",5; le 5 décembre, 18",8.
- Les deux cartes publiées au n1
- suivre
- 1858 permettent de la marche des planètes sur le ciel et de trouver les plus brillantes.
- Mercure traverse les constellations de la Vierge, de la Balance, du Scorpion et du Sagittaire. Il atteindra sa plus grande élongation du matin le 28 octobre, à i8° 26' à l’Ouest du Soleil.
- Diamètre de Mercure : le 6 octobre, 9",7 ; le 5 novembre, 5",6; le 5 décembre, 4/,.6.
- Vénus, dans la Balance le icr octobre, puis traversant successivement le Scorpion, le Sagittaire et le Capricorne, est visible le soir, mais en de mauvaises conditions, en raison de sa faible hauteur au-dessus de l’horizon. Sa plus grande élongation se produira le 3 décembre, à 470 15' à l’Est du Soleil.
- Diamètre de Vénus : le 6 octobre, 16", 1 ; le 5 novembre, 20", 1; le 5 décembre, 27",o.
- Mars, dans les Poissons, sera encore en d’excellentes conditions d observation, surtout au début de ce trimestre, l’opposition ayant eu lieu le 24 septembre.
- L’ Annuaire astronomique pour 1909 contient toutes lès données pour l’observation physique de la surface.
- Occultations d Etoiles brillantes par la Lune.
- 1. s Gémeaux, le 5 octobre,
- de 221' 5am à 2'jh 3™.
- 2. y) Lion, le 6 novembre, de oh 38"’ à ih29m.
- 3. s Gémeaux, le 27 décembre, Cette année, les observa-
- de 5h26“ à 6h22”
- (Les images sont renversées’,
- lions ont révélé d’importants changements survenus dé-
- telles qu’011 les voit dans une puis la dernière opposition, lunette astronomique). R serait du plus haut intérêt
- de voir ces changements confirmés par les lecteurs de ce journal qui, ayant des lunettes astronomiques puissantes (au-dessus de om,i6o de diamètre), ont pris des dessins de ce globe voisin.
- Diamètre de Mars : le 6 octobre, 22",6; le 5 novembre, 17",0; le 5 décembre, 12",2.
- Jupiter sera observable, en décembre, à la fin de la nuit, dans la constellation de la Vierge. Son diamètre équatorial sera de 3o",6 le 6 octobre; de 3i",6 le 5 novembre et de 33",6 le 5 décembre.
- On trouvera dans la Connaissance des Temps, la liste de tous les phénomènes présentés par les quatre gros satellites dans leur rotation autour de la planète centrale : éclipses, occultations, passages de l’ombre, etc.
- Il y aura lieu de remarquer, dans la matinée du i5 décembre, le curieux rapprochement des satellites I, II et III, à l’Ouest de la planète.
- Uranus, dans le Sagittaire, sera en quadrature avec le Soleil, à l’Est, le 10 octobre. Il ne sera guère observable qu’en octobre, d’autant plus qu’il est extrêmement bas sur l’horizon, vu sa position australe. Voici ses coordonnées :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 6 octobre . . 19 h. 15 m. — 22° 49' 3",8
- 5 novembre. 19 h. 17 m. — 22° 43' 3”,7
- 5 décembre. 19 h. 23 m. — 22° 33' 3”, 7
- Eclat de la 6e grandeur environ.
- Neptune, dans les Gémeaux, sera visible au début de ce trimestre, à la fin de la nuit. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil, le i3 octobre. Voici les positions de Neptune :
- DATES
- 6 octobre. . 5 novembre. 5 décembre.
- ASCENSION DROITE DÉCLINAISON DIAMÈTRE
- 7 li. 23 m. -t-21*22' 2”,2
- 7 h. 25 m. -t- 21° 22' 2",3
- 7 h. 21 m. -t- 21° 23' 2",3
- Eclat de 8e grandeur. Une petite lunette et une bonne carte, et mieux une monture équatoriale, sont indispensables pour trouver cette lointaine planète.
- Petites planètes. — On trouvera la petite planète Junon aux positions ci-après :
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON GRANDEUR
- 1" octobre. . . 4 b. 47 m. -t- 6° 37' 7”,5
- 9 — ... 4 h. 52 m. + 5° 17' 7”, 4
- 17 — ... 4 h. 56 m. 3°52' 7”,3
- 25 — ... 4 h. 58 m. -1- 3° 24' 7",2
- 2 novembre. . 4 h. 57 m. h-0° 57' 7”,1
- 10 — ... 4 h. 54 m. — 6° 23' 7",1
- 18 — ... 4 li. 50 m. —1°30' 7",0
- 26 — ... 4 h. 44 m. — 2° 20' 7 ',0
- 3 décembre. . 4 h. 38 m. — 2° 48' 7",0
- 12 — ... 4 h. 31 m. — 2° 52' 7",1
- 20 — ... 4 h. 26 ni. — 2° 33' 7”,2
- 28 — ... 4 h. 22 m. —1°52' 7",3
- III. — PHÉNOMÈNES DIVERS
- Éclipse totale de Lune. — Le 27 novembre aura lieu une éclipse totale de Lune, malheureusement insignifiante pour les observateurs de Paris et de l’Europe. Pour Paris, la Lune se couchera deux minutes seulement après l’entrée dans l’ombre. L’observation de ce phénomène est surtout réservée aux habitants de l’Amérique et de l’Extrême-Orient : Voici les diverses phases en temps moyen de Paris :
- Entrée de la Lune dans la pénombre...................... 6 h. 21 m.
- Entrée dans l’ombre.................................... 7 h. 20 m.
- Coucher de la Lune, à Paris...................\ . . . 7 h. 22 m.
- Commencement de l’éclipse totale...................... 8 h. 23 m.
- Milieu de l’éclipse................................... 9 h. 4 m.
- Fin de l’éclipse totale............................... 9 h. 45 m.
- Sortie de l'ombre ......................................10 h. 48 in.
- Sortie de la pénombre.................................. 11 h. 47 m.
- Grandeur de l’éclipse : 1,371, Ie diamètre de la Lune étant un.
- Éclipse partielle de Soleil. — Le 12 décembre se produira une éclipse partielle de Soleil, invisible à Paris. Le maximum de la phase (o,54i, le diamètre du Soleil étant un), se produira à i9h54m, dans un lieu situé par 83° 11' de longitude Est et 640 33r de latitude Sud, non loin de l’Océan glacial Antarctique.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Conjonctions :
- Le 12 octobre, Jupiter en conjonction avec la Lune, à 12 h., à 4° 5' Sud. Le 12 octobre, Mercure en conjonction inférieure avec le Soleil, à 10 b. Le 18 octobre, Vénus en conjonction avec la Lune, à 5 b., à 2° 17' Sud. Le 27 octobre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 20 h., à 1°17' Nord. ....
- Le 11 novembre, Mercure en conjonction avec la Lune, à 25 h., ;Vl° 2l' Sud.
- Le 21 novembre, Saturne en conjonction avec la Lune, à 3 b., à 1°52' Nord., .........
- Le 5 décembre, Mercure en conjonction supérieure avec lé Soleil, à 7 b. Le 20 décembre, Mars en conjonction avec l’étoile Piazzi 189 (0 b.), à 5 b., à 0° 3' Nord.
- Le 31 décembre, Mars en conjonction avec Saturne, à 19 b., à 3° 13' Nord.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Cette liste ne contient que les occultations d’étoiles jusqu’à la 6e grandeur.
- DATES ÉTOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 1" octobre. . 58 Bélier. 5,4 20 h. 31 m. 21 b. 25 ni.
- S — 132 Taureau. 5,0 0 b. 51 m. 0 h. 53 ni.
- 5 — s Gémeaux (lig. 1). 3,2 22 b. 52 m. 23 b. 3 m.
- 6 — 37 Gcineaux. 5,9 3 h. 55 m. 4 h. 41 ni.
- 7 — z Gémeaux. 3,7 0 h. 1 m. 0 h. 44 ni.
- 29 . — % Bélier. 5,8 0 h. 44 m. AppulscàTjG du bord Sud.
- 30 - w Taureau. 5,8 17 b. 56 m. 18 h. 45 m.
- 30 w2 Taureau. 5,2 21 h. 31 ni. 22 h. 9 m.
- 30-31 - 1342 B. A. G. 6,0 23 b. 37 in. 0 b. 47 m.
- 31 — 1373 B. A. G. 6,0 3 h. 25 ni. 5 b. 32 ni.
- 1” novembre. 121 Taureau. 5.5 5 li. 58 ni. 6 b. 18 m.
- 2, — A Gémeaux. 5,2 22 h. 49 ni. 28 h. 37 ni.
- 6 — Y) Lion (flg. 2). 3,6 0 h. 58 in. 1 h. 29 ni.
- 8 — v Vierge. 4,2 5 b. 17 m. G h. 51 m.
- 22 — 30 Poissons. 4,6 18 b. 41 m. 19 b. 51 ni.
- 22 - — 53 Poissons. 4,8 20 h. 41 m. 21 b. 37 ni.
- 25 — 38 Bélier. 5,4 18 li. 37 m. 19 h. 16 m.
- 28 — 132 Taureau. 5,0 19 b. 47 ni. 20 b. 40 ni.
- 29 — 57 Gémeaux. 5,9 21 b. 27 ni. 22 h. 23 ni.
- 30 — 52 Gémeaux. 5.9 7 b. 15 m. 8 h.. 6 111.
- DATES ETOILE OCCULTÉE GRANDEUR COMMENCEMENT FIN
- 22 décembre . Ç Bélier. 5,8 18 b. 57 m. 19 b. 45 111.
- 25 — 31 Bélier. 6,0 1 b. 56 m. 2 b. 43 m.
- 24 — (o2 Taureau. 5,2 18 b. 14 m. 19 b. 8 m.
- 24 — 1542 B. A. G. 6,0 20 b. 36 111. 21 h. 44 m.
- 25 - 1373 B. A. G. 6,0 0 h. 12 m. 0 b. 48 m.
- ‘46 — , 121 Taureau. _ 5,5 3 II 4 m. 3 b. 21 m.
- 27 ' , — ' . e Gémeaux (lig' 3). 3,2- 5 b. 26 m. 6 h. 22 m.
- 27 — A Gémeaux. 5,2 18 li. 52 111. 19 b. 35 m.
- 28 — x Gémeaux. 3,7 5 li. 15 m. 6 h. 17 m.
- Comète de Halley. — Cette célèbre comète, dont la dernière apparition date de 1835, et dont le retour était attendu pour cette année, vient d’ètre découverte à l’Observatoire de Heidelberg', par M. Max Wolf, non loin de l’étoile y des Gémeaux. Elle est encore à la limite de visibilité sur la plaque photographique, invisible dans les meilleurs télescopes. Nous publierons ses positions ultérieurement.
- Étoiles filantes. — Du 16 au 22 octobre : Orionides, étoiles filantes émanant de v Orion.
- Du i3 au 18 novembre, Léonides : Radiant Ç Lion.
- Du 17 au 23 novembre, Andromédides : Radiant y Andromède.
- Du 9 au 12 décembre, Géminides : Radiant a Gémeaux.
- Étoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) : 6 octobre (oh55ra); 8 (a 1h 43m) ; 11 (i8u32ra); 28 (23h25m); 3i (20hi3m). — 18 novembre ( i’“ 6m) ; 20 (211155m) ; 23 ( 18‘144m) * — 10 décembre (23h 38"'); i3 (20h28m); 16 ( 17*’ 17m) ; 3i (ih22m).
- On trouvera dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes tous les renseignements relatifs à l’observation des étoiles variables. Em. Touchet.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Conseils pour la fusion et la coulée de l’aluminium. — Notre confrère anglais Jeweller and Metal-worker a donné un ensemble de renseignements à ce sujet, qui nous semblent mériter d’être reproduits. Tout d’abord, ne jamais trop élever la température de ce métal : il fond à une température qui est comprise entre les points de fusion de l’argent et du zinc, et il ne faut pas le portera une température où il perde son apparence argentée. D’autre part, quand il est fondu, il importe de né pas le laisser inutilement sur le feu, car il absorbe des gaz et donne des fontes spongieuses. On doit le fondre dans des creusets en plombagine, comme on en emploie pour le laiton, et, s’il n’y a point surchauffe, il n’absorbera pas de silicium du creuset. La présence du silicium a ce grave inconvénient de changer l’apparence de la fracture du métal coulé, et de causer une fracture cristalline avec laquelle il n’est plus possible de travailler le métal à froid ni de l’estamper. Il n’est point utile de placer un fondant à la surface du métal fondu, qui n’est point volatile; cependant, il n’y a aucun inconvénient à déposer une couche mince de charbon de bois en poudre, qui ne sera nullement absorbé. Mais il importe de mettre un couvercle au creuset. Naturellement, il se produit une couche superficielle mince d’oxyde, et elle protège le reste du métal. Quant au four, il sera analogue à ceux dont on se sert pour le laiton, et le combustible sera indifféremment du coke ou du gaz.
- La méthode de coulée est tout à fait celle que l’on suit pour la fonte du laiton : les moules seront en fer ou en sable. L’aluminium doit être versé aussi froid qu’il est possible, pourvu que la coulée soit praticable, car il faut craindre les soufflures ou les dépressions dues au retrait. On doit retenir d’une manière quelconque la scorie, l’écume qui est en surface. Ce métal demeure liquide dans le moule un peu plus longtemps que les autres, et c’est pour cela qu’il faut se garder d’y toucher. Nous ajouterons encore qu’on se trouve bien de brasser le métal fondu avec une tige de charbon avant la coulée, et que, si l’on refond des débris d’aluminium, l’on aura bien soin de les nettoyer soigneusement auparavant, en les trempant notamment dans de la térébenthine, pour enlever toute trace de graisse ou de saleté.
- La restauration des daguerréotypes. — On a indiqué déjà plusieurs procédés pour enlever la couche irisée qui se dépose souvent à là surface des daguerréotypes anciens. M. Debenham a publié dans le British Journal of Photography une méthode inédite qui ne repose pas, comme les précédentes, sur l’emploi de cyanure de potassium. On saisit le daguerréotype à traiter avec une pince plate, en relevant au besoin un des angles, et on le tient aussi horizontal que possible. On verse alors à la surface de l’acide chlorhydrique chimiquement pur, de manière à le couvrir entièrement. La couche irisée disparaît presque iustantanément. On lave alors sous un robinet coulant doucement, puis à l’eau distillée. Le séchage demande des précautions spéciales; il est nécessaire, en effet, que l’humidité disparaisse régulièrement d’un bord du daguerréotype à l’autre. On active le séchage en exposant le daguerréotype à une distance convenable, à la chaleur d’une flamme; on maintient le coin opposé à celui par lequel on tient la plaque au moyen de la pince, un peu plus élevé que l’autre. Dès que le séchage commence, la plaque doit être tenue bien verticale, la pince toujours en bas. Lorsque la température convenable est obtenue, le séchage se poursuit avec rapidité.
- Ardoises factices pour toitures. — Elles sont fabriquées avec le coaltar et des feuilles de carton. Liquéfiez une certaine quantité de cette matière dans une chaudière, faites bouillir et plongez dans ce liquide une planche ou feuille de carton qui s’en imprègne par tous les pores. Sortez ce carton que vous faites refroidir pour le tremper à nouveau, si vous jugez que la première opération n’a pas suffi pour l’imprégner complètement.
- Cette première opération terminée,, on recouvre de sable la feuille de carton lorsqu’elle est chaude et on a, un produit graineux propre à recevoir le crépissage que vbus lui faites subir immédiatement et qui est suivi d’une dernière opération qui consiste à blanchir à la chaux vive l’ardoise factice dont il s’agit, afin de lui donner ,là propriété de réfléchir les rayons solaires. Ces toitures coûtent beaucoup moins cher, elles sont moins lourdes et permettent de faire une économie considérable sur les bois de charpente.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Sçhnitzler, à Lausanne. — i° L’écarlemeni de la voie normale entre les champignons des rails et en alignement droit est en Europe de i,445 m. Il est le même aux Etats-Unis; 20 aux Etats-Unis, pour les locomotions, le gabarit de hauteur (entre le niveau des rails et le chapiteau de la cheminée) dépasse 4,5o m. et est variable suivant les réseaux. — En Europe il varie entre 4,20 m. et 4>'^5 m. ; 3° aux Etats-Unis la vitesse des trains rapides n’est pas réglementée. Elle atteint comme chez nous 120 km à l’heure et n’est limitée que par la puissance de la locomotive ; 4° les plus fortes pressions employées à l’heure actuelle dans les chaudières de locomotive sont de 16 kg par centimètre carré (locomotive compound) et de 12 kg pour les locomotives à simple expansion. En Europe, la puissance des locomotives compound à quatre cylindres
- équilibrés atteint 16 à 1700 chevaux. Aux Etats-Unis, grâce au plus grand gabarit et à la charge plus grande par essieu (z5 tonnes), cette puissance est environ d’un tiers plus grande; 4° voir pour cette question l’article, paru dans le n° 1868 de La Nature, sur les locomotives à vapeur surchauffée.
- M. C., à Fribourg. — Nous ignorons la composition de la soudure en question. Vous la trouverez, croyons-nous, chez Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- M. Eug. Ch., à Moulins. — L’analyse seule peut faire connaître la composition exacte des poudres dont vous parlez, composition très variable que les fabricants ne consentent pas à dévoiler. En raison du bas prix, il est d’ailleurs plus économique de se procurer, dans le commerce, ces poudres toutes préparées. Elles ont pour base des formules analogues à celles-ci, qui conviennent très bien pour le nettoyage des éponges : x° Perborale de soude 10 gr., carbonate de soude 10 gr. ; 20 Bisulfite de soude cristallisé 10 pour 100, perborate de soude 10 pour 100; carbonate de soude pulvérisé 80 pour 100. On peut, enfin, nettoyer les éponges en faisant usage d’acide chlorhydrique dilué ou de permanganate de potasse suivi d’un rinçage à l’eau oxygénée.
- JÈD
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- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Lie maison économique d’Edison : R. Viixers. — La mesure de la puissance des turbines — Torsion-mètre : R. Bonnin. — Les mines d’or en France : X... —Le problème souterrain du Tintavo-Recca (Istrie) : E.-A. Marïei,. — Dans une fabrique de talons Louis XV : Jacques Boyer. — Le retour de la comète de Halley : E. Touchet. — Académie des sciences; séance du 27 septembre 1909 : Cm. de Vileedeuie.
- Supplément. — La catastrophe du dirigeable « République ». — Le capitaine Ferber. — Autour du Pôle Nord. — Les oiseaux victimes de l’aéroplane. — Le pont de Québec sur le Saint-Laurent. — Le Canal de Panama. — L’inauguration du tunnel des Tauern (Autriche), etc. — Le centenaire de la navigation à vapeur. — Sur la fabrication de la céruse. — L’origine des peuples européens.
- Couleurs, peintures et vernis., par MM. Desalme et Pierron, directeurs des usines de la Société des produits chimiques de Saint-Denis. 1 vol. in-16 de 420 pages avec 80 figures. Paris. J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille. Prix : cartonné, 5 francs.
- Rompant avec la tradition qui veut que l’industrie des couleurs soit essentiellement empyrique, les auteurs montrent que les données scientifiques acquises sur ce sujet sont suffisantes pour constituer, une théorie pouvant être un guide certain pour le praticien. C’est le cas pour les lois du coloris, le mélange des couleurs, le pouvoir couvrant, la siccativation. Toutes les couleurs sont décrites dans leur fabrication et dans leurs propriétés, surtout les nouvelles venues destinées à remplacer les couleurs à base de plomb si vénéneuses : sulfure de zinc, lithopone, sul-fopone, jaunes de zinc, verts de zinc, de fer, miniums factices, couleurs laquées et toute la série des nouveaux rouges : rouges français, gaulois, romains, 'etc. Les principaux procédés de peintures sont décrits : à l’huile, à la colle, à l’eau, etc., de nombreux renseignements techniques sont fournis snr le broyage des couleurs et la prépai'ation des peintures vernissées, ainsi que sur les nouveaux produits employés pour l’enlèvement des vieilles peintures. De nombreuses recettes sont données, non au hasard ou : empiriquement, mais suivant : l’ordre logique découlant des principes fondamentaux que les auteurs ont adoptés. Enfin, des considérations économiques sur la con-duitë des usinés et le commerce de cette industrie complètent cet ouvrage qui est indispensable à tous
- ceux qui, de près ou de loin, touchent à l’industrie des couleurs.
- Les bases physico-chimiques de la chimie analytique, par le Dr W. Herz, professeur à l’Université de Breslau, traduit de l’allemand, par E. Philippi. i vol. in-8, i3 figures. Gauthier Willars, éditeur. Paris. 1909. Prix : 5 francs.
- Cet ouvrage est un résumé fort clair de ce que l’on appelle aujourd’hui, assez arbitrairement du reste, la chimie physique. Il expose avec une remai’quable netteté, les lois des gaz, les lois des solutions qui ont avec les premières de remarquables analogies mises en évidence par Van T’Hoff, la théorie de la dissociation électrolytique. Cette dernière jouit actuellement d’une grande vogue parmi les chimistes, on l’appelle encore théorie ionique et on l’utilise pour expliquer la plupart des phénomènes présentés par les solutions. M. Herz consacre quelques pages aux solutions colloïdales, puis aux solutions solides, enfin il résume les lois de la mécanique chimique : équilibre, action des masses, règle des phases, catalyse, telles qu’elles résultent des nombreux et récents travaux sur la question. Ce petit livre rend un grand service, en condensant ainsi, sous une forme précise et claire, des principes devenus fondamentaux et que l’on ne retrouve qu’épars dans les traités classiques.
- Smithsonian matliematical tables. Hyperbolic functions, propared by G. Becker et C. E. van Orstrand. Washington. 1909. Libraixûe de la Smithsonian Institution.
- Moiiis usuelles que les fonctions cii’culaii'es d’un emploi courant- dans tous les calculs, les fonctions hyperboliques se rencontrent néanmoins dans de
- • nombreuses questions de physique pure ou appliquée. La Smithsonian Institution a donc décidé de publier des tables de fonctions hyperboliques, comme il existe des tables de logai'ithmes ; le livre qui paraît aujourd’hui est une merveille d’impression et sei'a vivement apprécié des calculateurs qui en feront usage.
- Algunas propriedadés de las potehtias de los numéros enteros, par D. Angel Noriega Dulce, capitân de Infanteriâ, 1 vol., 19 p. Etablissement typographique du collège Santiago, Yalladolid, 1909.
- Nos chiens, races, dressage, élevage, hygiène, maladie, par- P., Mégnin, 2e édition. .1 val. avec i35 photogravures Paris. J.-B. Baillière, éditeur, 1909.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Notions sur l'histoire naturelle du chien et son anatomie, description des principales races avec de magnifiques illustrations à l’appui. Utiles conseils sur les soins à donner aux chiens, et l’hygiène des chenils.
- Irrigacion con bombas electricas. Utilisation de la cascade de la Aguada Blanca pour l’irrigation des pampas arides du département d’Arequipa, par le professeur Guarini. i brochure, i5 pages. Lima, février 1909.
- Annuario biografico del circolo matcmatico de Palermo. Societo internazionale foudato il 2 marzo. 1884. Pa-lerme 1909.
- Pravigo de la iheoremo de Fermât, par Aleksandek Nippa. Paris. Presa Esperantisla Societi, 33, rue Lacépède. 1909. Prix : ofr,5o.
- Annuaire statistique de la ville de Buenos-Ayres, 18e année, 1908. 1 vol., 3G6 pages. Imprimerie « la Bonaerense » de Geronimo Pesce, Buenos-Àyres.
- 1909-
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL . PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 sept. 19U9. Mardi 28 Mercredi 29 Jeudi 30 Vendredi 1" octobre Samedi 2 Dimanche 3 13°.ü 6°,3 10°,8 11°,5 10\9 13“,9 14°.2 N. 2. Calme. Calme. N. 2. S. E. 2. W. N. W. 2. S. 3. Couvert. Beau. Couvert. Très nuageux. Pluie. Couvert. Couvert. i 1.0 25 8 4,5 10.7 Nuageux; halo; brume. Beau jusq. 7 h.; puis nuag.; couv. après 16 h.; rosée; brouillard. Couvert; rosée; pluie de 16 h. ù 19 h. averse à 21 h. 45. Nuageux ; averse à 0 h. 30 et à 2 h. 30 ; brouillàrd dans la soirée. Rosée; pluie de 6 h. 53 à 17 h. 50. Presque couv.; pluie de 2 h. 30 à 3 h. 50, de 17 h. 35 à 18 h. 25. Couv.; pi. de 8 h. 20 à 13 h.: pl. à diverses reprises l'après-midi.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1909. — SEMAINE DU LUNDI 27 SEPTEMBRE AU DIMANCHE 3 OCTOBRE 1909.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 26 septembre au 2 octobre. — Le 26. La pression s’abaisse lentement sur tout le continent. Reste supérieure à 765 sur la France, les Iles-Britanniques, la Scandinavie. Dépressions sur le N. de la Russie et sur les Açores. Pluies dans le N. et le S. En France : orages è Perpignan et au Pic du Midi : Dunkerque, 6 mm. Temp. du matin : Clermont, 70; Paris, 12; Alger, 22; moyenne à Paris : i3°,4 (normale : 13°, 1 ). — Le 27. Fortes pressions sur l’O. et le N. de l’Europe : maximum (771 mm) sur les îles Feroé. Dépression vers l’Italie (Livourne, 759 mm), la dépression des Açores se rapproche de l’Europe. Pluies sur le N., le Centre et l’O. du continent. En Fiance : Paris, 7 mm; Belfort, 4; Nancy, 3. Temp. du matin : Uleaborg, —20; Nantes, 8; Bordeaux, 10; Paris, 13 ; Alger, 21; Puy de Dôme, 4; mont Aigoual, 3; moyenne à Paris : i3 (normale : i2°,9). ;— Le 28. La pression s’abaisse sur toute l’Europe, en restant supérieure à 765 dans le N. et le Centre. Un centre cyclonique persiste entre l’Islande et les Açores (747 mm). Pluies sur la Scandinavie et l’Italie. En France : beau temps. Temp. du matin : Moscou, —20; Paris, 6 ; Limoges, 7; Bordeaux, 11 ; Nice, 16; mont Ventoux, 5; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : i2°,5 (normale : 12°,8). — Le 29. La baisse barométrique continue dans toute l’Europe. Un nouveau centre de dépression apparaît dans l’extrême Nord (745). Les basses pressions de l’Océan s’étendent sur l’O. (îles Scilly, 746). Pluies sur le N.-O. de l’Europe. En Erance : Dunkerque, 7 mm;
- Lorient, 6 ; Cherbourg, 5. Temp. du matin : Moscou, —3°; Belfort, 8; Paris, 1 T; Brest, 14 ; Alger, 25; Puy de Dôme, 12; Pic du Midi, 4; moyenne à Paris : i3°,i (normale : i2°,6). — Le 3o. La pression reste basse. Deux dépressions persistent, l’une au N. (Uleaborg, 746 mm), l’autre sur l’Irlande : Yalentia, 7.56. Pluies dans toute la France : Belfort, i5 mm; Nantes, 14; Rochefort, i3; Paris, 4. Temp. du matin : Haparanda, i°; Charleville, 11; Paris, 12; Lyon, i5; Perpignan, 20; Alger, 25; Puy de Dôme, 7; Pic du Midi : 1; moyenne à Paris : i3°,2 (normale : i2°,5). —Le ier octobre. La pression s’abaisse à nouveau sur l’O. : Islande, 752 mm; Bretagne, 754* Dépression persistante vers le N. (Arkan-gel, 745 mm). Pluies abondantes sur le N., le S. et l’O. du continent. En France : Le Mans, 33 mm; Toulouse, 17; Nantes, 16. Temp. du matin : Lyon, 70; Paris, 11; Perpignan, 14 ; Nantes, 16; Puy de Dôme, 9; Pic du Midi, 2; moyenne à Paris : i3°,o (normale : i2°,3).— Le 2. Une vaste dépression s’avance au N.-O. de 1 Europe : Islande, 730 mm; îles Feroé, 7G0. La pression monte vers le N.-O. Pluies abondantes et générales dans nos régions : Pic du Midi, 44 mm; Gap, 38; Nantes, 35; Paris, 2Ô; Besançon, 21. Temp. du matin : Haparanda, —20; Dunkerque, 11 ; Paris, 14; Bordeaux, 16; Alger, 26; Puy de Dôme, 8; mont Yentoux, 4; moyenne à Paris : i5°,3 (normale : 12V2). —; Phases de la Lune : Pleine Lune le 29, à T h. 14 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : Boulevard Saint-Germain, Parie (W)
- La reproduction des illustrations de • La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N' 1899 — 16 OCTOBRE 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
- Secousse sismique. — Le sismographe lvilian-Paulin de la Fa.cullé des sciences de Grenoble a enregistré le 8 octobre à io heures 16 m. 38 s. du matin une secousse direction Nord-Ouest-Sud-Est. . ,
- Les nouvelles locomotives du P.-L.-M. — La
- Compagnie dès chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée poursuit ses essais avec son nouveau type de locomotive (type dit « Pacific ») destiné à la traction des rapides sur la grande ligne de Paris à Marseille et Vintimille.
- Voici quelques chiffres qui permettront de mesurer l’importance du progrès que la Compagnie s’apprête à réaliser. Les locomotives qui traînent actuellement ces rapides ont une surface de grillé de 2,98 m2, alors que celle des deux machines nouvelles est de 4.^5 m2, avec renforcement proportionné des autres éléments. Les constructeurs sont donc en droit de s’attendre à une importante augmentation do puissance. L’augmentatûm du poids a suivi la même proportion (91,5 tonnes et 93,4 tonnes, au lieu des 70 à 75 tonnes des machines actuelles). 11 a donc fallu les monter sur 6 essieux, au lieu de 5; d’où le terme de « type Pacific », emprunté aux Américains. Pour étendre le champ de leurs expériences., MM. les ingénieurs de la Compagnie P.-L.-M. les ont fait porter sur deux systèmes différents. En effet, l’une des deux locomotives nouvelles, la 6001, est à 4 cylindres, du système compound; elle est timbrée à 16 kg. La seconde (la 6101) n’est pas du système compound, et n’est timbrée qu’à 12 kg; mais elle est munie d’un surchauffeur de vapeur (système Schmidt). Du résultat des essais en cours dépendra l’adoption de l’un ou l’autre de ces sous-tÿpes. Ajoutons que ces locomotives ont des tenders proportionnés à leur puissance. Montés sur deux bogies, ils peuvent transporter chacun 28 m3 d’eau et 5 tonnes de charbon. On comprendra dès lors que le nouveau service entre Paris-Marseille-Vinti-mille aura à la fois pour résultats d’augmenter la rapidité de la traction et de diminuer la durée des arrêts pour le ravitaillement en eau et en combustible.
- Les plus grands générateurs électriques du monde. — Ce sont ceux que construit la maison Brow-Boveri de Baden (Suisse) pour l’utilisation électrique: des chutes d’eau de Rjukan en Norvège. Nos lecteurs savent que ces chutes, voisines de celles de Noted-den, seront 'Utilisées pour fixer l’azote atmosphérique à l’état d’engrais nitrés (Voy. n° 1821, 18 avril 1908). Les machines en construction chez Brown-Boveri sont 5 générateurs triphasés de 17000- kilowatts chacun; ils produiront du courant à la tension de 10 000 à 11 000 volts, d’unefréquence de 5o périodes. Ils seront mus par dès turbines hydrauliques de 16000 chevaux tournant à 260 tours par minute. L’installation - de Rjukan sera, dans son ensemble, la plus puissante d’Europe; Elle: n’aura d’égale dans le monde què les installations hydro-électriques desservant Rio-de-Janeiro.
- Comment on exporte la force hydraulique. — Le
- Gouvernement du Danemark se propose de mettre au concours parmi ses ingénieurs la réalisation du plan suivant : sur la côte suédoise du Sund, se trouve la vieille cité d’Helsingborg, non loin de laquelle se jette le Lagu, torrent de 3o km environ, au cours rapide et né d’un plateau élevé.. Une chute de 100 m. est située à moins de 2 km de l’embouchure du Lagu.
- C’est en ce point, et à la faveur de cette importante force motrice naturelle, qu’il s’agirait d’établir une usine hydro-électrique transmettant son courant à Hel-singborg , (premier ' re-lai). Des câbles sous-marins traversant le Sund, permettraient ensuite de distribuer l’énergie électrique produite en Suède sur le territoire Le Sund.
- du Danemark. L’île de
- Seeland, dans laquelle se trouve la capitale danoise, serait la première à bénéficier de cette installation, qui paraît assez facilement réalisable ; car entre Hèlsingborg (Suède) et Helsingôr (Danemark), le bras de mer très rétréci n’a pas plus de 5 km de large ; grâce à'cette circonstance, les travaux nécessaires à l’établissement de câbles sous-mârins ne présenteraient pas de difficultés insurmontables.
- Une grandie usine à ozone pour Saint-Pétersbourg.
- — Yu les résultats peu satisfaisants donnés, lors.de .l’épidémie de choléra qui dëpuis plus d’un an sévit à Saint-Pétersbourg, par l’épuration de l’eau de la Neva dans les filtres à sable ordinaires, la Douma, municipale et les ; autorités de; la ville ont décidé de. faire ériger une grande usine à eau ozonisée. C’ést à juste titre qu’on attribue l’infection cholérique sans cesse renouvelée à la nature défectueuse du système!.de. distribution actuel, qui est incapable de'retenir les bactéries. D’autre part, les autorités sanitaires du gouvernement, aussi bien que celles de la ville de Saint-Pétersbourg, sont d’avis que la stérilisation par l’ozone est la seule i méthode pouvant assurer une purification radicale.de l’eau potablè de la ville, leùrs investigations, d’accord avec celles des Instituts Pasteur et Koch, ayant démontré les parfaites qualités! bactéricides de l’ozone, agent le plus sûr pour, détruire complètement, les microbés contenus, dans l’eau-.' Cette'grande, usine à Ozôné, combinée avec une installation de filtrage rapide (système Howatson) sera
- .) SUÈDE
- NEMARK
- [COPENHAGUE,
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- INFORMATIONS
- disposée suivant le système combiné Siemens-de Frise-Olto. La partie électrique et les ozonisateurs sont construits par la Société Siemens et Halske et les usines Felten Guilleaume-Lahmeyer.
- Le recensement des dirigeables et aéroplanes. —
- L’explorateur et sportsman bien connu, M. le prince Scipio Borghèse, a présenté à la Chambre des Députés italienne un tableau montrant le nombre des dirigeables
- et aéroplanes en existence dans le monde entier à la date du 3o septembre. Les premiers sont au nombre de 36 ; les seconds, de 76. En outre, 68 dirigeables sont en
- construction. Les deux premières quantités citées se
- répartissent comme suit :
- France. . . . 9 dirigeables, 27 aéroplanes.
- Etats-Unis . . 7 17 —
- Allemagne . . 10 6 —
- Angleterre . . 3 6 —
- Belgique. . . I 5 —
- Italie 3 - 2 —
- Autriche. . . — 5 —
- Japon . . . . 1 3
- Russie.... 2 - i —
- Suisse. . . . — — 2 —
- Espagne. . . — 2 —
- Les dirigeables se divisent, comme suit en militaires
- et privés :
- Allemagne. . ... 7 militaires, 3 privés.
- France. . . ... 4 — 5 —
- Etats-Unis . ... 2 — 5 —
- Angleterre . . • . . 2 — 1
- I talie . . . I — 2.. —
- Russie . . . . ). — — —
- Belgique . . . . . . — — I
- Japon . . . . . . . I —
- Suit le tableau des dirigeables en construction :
- Allemagne , . ... 8 militaires, 7 privés.
- France. . . . ... 5 — [O —
- Etats-Unis . . ... 4 — 7 — .
- Angleterre . . ... 4 — I
- Italie . . . 2 — 3 —
- Russie. . . . ... 4 — — —
- Japon .... . . . 2 — I —
- Belgique. . . . . . I — 2 —
- Autriche . . . . . . I — 2 —
- Espagne . . . ... 2 — — —
- Suisse .... ... t — 1
- Quant aux aéroplanes qui ont fait leurs preuves, les
- différentes nations se les partagent comme suit :
- France.. . . . . 27 Japon. . . ... 3
- Etats-Unis. . • U Suisse . . . - . 2
- Allemagne. . . . 6 Italie. . . ... 2
- Angleterre. . . . 6 Espagne . . . . 2
- Autriche. . . 5 Russie . . , • . I
- Belgique. . . . . 5
- La France, qui possède plus d’un tiers des aéroplanes, en existence, a donc une avance considérable sur les
- autres nations.
- La Presse en Chine. — D’une étude fort intéressante qu’un journaliste chinois, M. Scié-Ton-Fa, consacre à la presse chinoise dans le Mois colonial et maritime, nous rapportons la conviction que le vieil empire asiatique est désormais doté d'une littérature périodique supérieurement organisée. Comme on le sait, .le journal est une invention chinoise, qui date du 111e siècle de notre ère. Le King-Pao (journal de la capitale), plus connu sous le nom de Gazette de Pékin, est considéré généralement eomme le doyen des périodiques en existence. C’est une petite brochure à couverture jaune (couleur impériale) qui s’édite sur dix pages, s’occupe des faits et gestes de la Cour, et relate aussi les faits d’un intérêt général. Des bureaux spéciaux (pao-fang), dépendant de l’administration des postes, sont chargés de l’imprimer et de la distribuer dans tout l’empire. Elle est remisé gratuitement à tous les fonctionnaires, mais les particuliers peuvent l’acheter. Les vice-rois ont le droit de lui ajouter quelques feuillets, contenant des nouvelles locales. Il s’agit ici de l’édition oflicielle, qui est mise en circulation cinq ou six jours, après les événements qu’elle relate. Les gens pressés ont la faculté d’acheter des numéros manuscrits (sié-penn), que des spécialistes copient sur les épreuves du King-Pao. La presse, telle que nous la comprenons en
- Occident, est une innovation récente. Le Slten-Pao (journal de Shanghaï), le doyen de la presse quotidienne moderne de l’empire, ji’a que 40 ans d’existence. Il a fait école, puisque l’on ne compte pas moins de 5oo quotidiens en Chine, sans parler de magazines illustrés et de journaux satiriques. Ces périodiques représentent toutes les nuances d’opinion, et l’on compte, dans le nombre, des organes féministes. Les titres, en leur traduction, ne diffèrent guère des nôtres ; on cite : L’Opinion du Peuple, Le Progrès, L’Avenir, La Liberté Future, Ze Journal du Peuple, la Chine Nouvelle, Le Patriote, etc. Il existe aussi des journaux spéciaux : Le Waï-Kiao-Pao (revue diplomatique et de politique extérieure), Le Fa-Cheng-Pao (revue de droit), Le Bulletin du Commerce et de l'Industrie, des journaux militaires, etc.
- Le danger des poussières de charbon dans les mines. — Le danger des poussières de charbon dans les mines n’est plus à démontrer : il est établi aujourd’hui que le terrible accident de Courrières est dû à une explosion de poussières en suspension dans les" galeries ; nous avons relaté à ce sujet les expériences de M. Taffa-nel dans la galerie d’essais établie à Liévin par le Comité des houillères de France (Voy. n° 1854. 5 déc. 1908). Des expériences analogues et dont les résultats sont tout à fait concordants viennent d’être effectués en Angleterre, par les soins de la « Mining Association » de Grande-Bretagne aux mines d’Altoft. Elles ont conduit aux mêmes conclusions que "celles de M. Taffanel : les poussières de charbon constituent par elles-mêmes un explosif dangereux, d’autre part le péril peut être atténué par le mélange en proportion convenables de poussières minérales incombustibles. La présence de
- 10 à 20 pour 100 de ces poussières suiyant le cas rend les explosions presque impossibles. Les dispositifs expérimentaux ont été analogues à ceux de Liévin.
- Le « quebracho ». — Le « quebracho » est un arbre de l’Amérique du Sud (République Argentine) où il forme des forêts entières et, il y a trente ans,
- 11 était encore presque complètement inconnu.
- Son usage s’est répandu depuis dans la tannerie pour deux raisons : i° sa richesse considérable en tanin qui atteint 18 à 20 pour 100 du poids total du bois avec son écorce ; 20 la découverte de traitements chimiques des extraits qui ont permis leur emploi. C’est un tanneur allemand de Buenos-Ayres qui, le premier, constata que la sciure du bois de « quebracho » peut tanner le cuir; mais le premier échantillon de bois fut envoyé en Europe au Havre, en avril 1875, à Dubosc qui entreprit la fabrication industrielle de l’extrait. Son emploi trouva des difficultés par suite des propriétés spéciales de son tanin. Quand on extrait le tanin d’une écorce par l’eau bouillante, la solution laisse déposer par refroidissement les tanins insolubles tandis qu’il reste en solution les tanins solubles et les glucosides ou non-tanins. Ces trois produits agissent pendant le tannage, le tanin soluble se combine à la substance fondamentale de la peau, les non tanins fermentent en donnant des acides dont le but est de gonfler les peaux et de favoriser l’absorption du tanin; enfin les tanins insolubles pénètrent également dans les pores et rendent le cuir imperméable. Le « quebracho » renferme 20 pour 100 de tanins solubles et seulement 2,5 pour 100 de non-tanins qui ne contiennent pas de glucosides ; il ne peut donc pas à lui seul fournir assez d’acides par fer-mentation. Mais si l’on ajoute des liqueurs acides provenant d’autres extraits, il se produit une précipitation des tanins solubles qui rend le tannage difficile. On a cherché à éliminer d’abord les tanins insolubles par addition d’acétate de plomb, d’alun, d’albumine, et on a obtenu des extraits clarifiés ou décolorés, mais qui ne résolvaient pas le problème ; puis on chercha à solubiliser les tanins insolubles; deux chimistes italiens, Lepetit et Tagliani trouvèrent que par un traitement aux bisulfites alcalins, les non-solubles peuvent rester en dissolution, même dans les liqueurs acides. Ce procédé* breveté dans tous les pays, a permis l’emploi universel du « quebracho ». Aux Etats-Unis, on n’employait en 1901 que 5ooo tonnes d’extrait; en 1907, six ans après la découverte du procédé au bisulfite, on en consommait 5o 000 tonnes; en 1909, 70000 tonnes. L’extraction s’effectue sur place ; sur la rivière Parana, se trouve une usine produisant 5oooo tonnes par an.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Téléphonie 'S'OgîJ
- Le téléphonomètre Zénith. — A certaines heures du jour, il devient difficile d’avoir une communication télé -phonique* Le service prend une extraordinaire intensité. L’abonné qui a rongé plusieurs minutes son frein à attendre son correspondant cherche généralement à se rattraper de son attente en conservant le récepteur un peu plus longtemps que le temps auquel il a droit. Et il
- contribue ainsi pour sa part à compliquer la situation et à augmenter la mauvaise humeur de ceux qui le suivent. La limitation des communications téléphoniques à la stricte durée admise par les règlements contribuerait à l’amélioration d’un service très difficile déjà à assurer dans des conditions normales. Le téléphonomètre Zénith appliqué aux bureaux téléphoniques de Berne, a pour but de régulariser précisément la durée des communications en donnant à la fin de chacune d’elles un signal automatique de durée suffisamment longue pour ne pouvoir être négligé.
- Cet appareil est représenté par la figure i. La figure 2 donne le détail du mécanisme intérieur, vu par-dessous. Le grand cadran compte les minutes. Le petit indique les secondes. P est la poignée de manœuvre dont les déplacements sont limités par le butoir O. Elle commande le levier N, oscillant autour de l’axe M et muni d’une goupille -n. Sur l’axe M sont également montés : le secteur denté de remontage L agissant sur le barillet du ressort moteur par l’intermédiaire du pignon A dont le centre est sur l’axe de l’aiguille de minutes, et le bras Q porteur d’un ressort R qui, en freinant sur la circonférence du balancier circulaire S, détermine l’arrêt de l’appareil. On yoit que sur-,la figure 2 le système est en
- marche. Lorsqu’on porte la poignée P à gauche (fig. 2), le bras Q dans son mouvement lance le balancier S au moyen du ressort R. Celui ci, continuant son mouvement vers la. gauche libère ensuite complètement ce balancier laissant toute liberté au mouvement. Pendant que ce mouvement fonctionne, le grand disque BBB à quatre bras tourne avec lui. A un moment déter-yniné, quatre fois dans un tour de cadran, à 2'3o, 5' 3o, 8'3o et ii'3o, une des goupilles b portées par les bras du disque viendra appuyer sur la partie t' de la bascule . T déterminant le contact du ressort UU avec la vis V qui communique avec la borne W. Le.contact dure une dëmi-minute, jusqu’au moment où. la goupille quitte £2 et laisse la bascule T reprendre sa place de repos. :
- Pendant les 3o secondes que dure oblique contact, Jl se produit un signal d’avertissément: consistant par. exemple dans l’allumage d’une minuscule lampe à verre de, couleur,/ou tout autre /disposition. Dans l’intervalle
- des 3o secondes que dure le signal, le téléphoniste peut prévenir le correspondant qui peut d’ailleurs avoir aussi à sa disposition un téléphonomètre, si le cœur lui en dit.
- Aussitôt la conversation terminée, la poignée P est ramenée dans la position inverse de celle de la figure 2.
- On voit que ce mouvement produit à la fois le calage du balancier par le ressort R et le remontage du ressort au moyen du secteur denté L sur le talon I duquel vient appuyer la goupille h. Le remontage ne s’opère ainsi que juste de la quantité dont le ressort s’était débandé dans le fonctionnement. Le double ressort Y, logé contre le fond circulaire de la boîte de l’appareil, porte deux trous sur lesquels vient presser un petit., prolongement de la goupille n. Ce prolongement et ces trous assurent la stabilité du levier N à chacune de ses positions. Le téléphonomètre, construit avec beaucoup de soin, a son emploi tout indiqué pour le contrôle des conversations et la régularisation des services chargés dans tous les bureaux centraux. — Le téléphonomètre se trouve chez M. Georges Favre Jacot et Cie. (Le Locle).
- c£§tns. 'Eclairage
- L’autorupteur. — Les commutateurs mécaniques, actionnés par des mouvements d’horlogerie ou des moteurs électriques, qui sont utilisés pour l’allumage et l’extinction des groupes de lampes dans les enseignes lumineuses, demeurent des organes très compliqués et coûteux que l’on a déjà cherché à remplacer par diverses combinaisons électro-mécaniques plus ou moins intéressantes.
- h’autorupteur est une solution nouvelle de ce même problème, et il bénéficie, sur tous les systèmes actuels, d’une grande simplicité. Il ne comporte, en effet, aucun organe mécanique. C’est un léger socle de bois portant une réglette en laiton D maintenue à l’une de ses extrémités C par une cornière alors que l’autre est libre ; la borne K servant de support et de guide. Cette réglette est entourée d’un fil de maillechort dans lequel est susceptible de passer le courant.
- Ainsi que l’indique notre schéma, l’appareil est installé sur le circuit qu’il commande ; le courant passe dans la résistance entourant la réglette D et détermine une élévation de température de cette résistance. La
- réglette se dilate, agit sur le levier L et établit un contact en A pour fermer le circuit et allumer les lampes. Mais alors le courant trouve deux passages l’un par l’intermédiaire de la réglette, l’autre par la résistance. Nécessairement il choisit le premier chemin et la réglette se refroidit, se contracte ét la rupture du circuit en est la conséquence. Les lampes s’éteignent, et le courant est, de nouveau, obligé de traverser la résistance pour produire la dilatation de la réglette. Le même phénomène de dilatation et de contraction de la réglette se renouvelle et l’on obtient l’allumage et l’extinction des groupes de lampes. L’appareil ne nécessite aucun entre-tien ; il suffit, suivant les cas, de serrer ou de desserrer les deux vis A et B pour rétablir la marche normale du système. C’ést un appareil thermique fonctionnant sans dépensé sensible de courant et produisant, sur les éclairages intermittents par moteurs une économie égale à la 'durée de l’extinction.
- L’autorupteur 11e peut être utilisé directement que sur lés circuits de faible ampérage alimentant seulement qûelqùês lampes; Gepeùdant, on pourra aussi le mettre
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- en service sur des ins lallations plus importantes; mais on ne le branchera plus sur le circuit ; ou le chargera simplement d’actionner un électro-aimant de dimensions appropriées qui établira lui-même les contacts nécessaires sur le circuit d’éclairage. L'autorupteur est construit, i, rue Ambroise-Thomas, à Paris.
- Un nouveau phare pour automobiles. — La question des phares d’automobiles a été aussi pénible à résoudre que toutes celles qui intéressent la partie mécanique du moteur. Après avoir reconnu les inconvénients des réflecteurs métalliques qui, dès le premier allumage, perdent leur éclat sans qu’il deviennent possible de leur rendre, la plupart des constructeurs ont adopté comme réflecteur le miroir Mangin. Ce miroir n’a pas été conçu en vue de l’autobobilisme. Destiné à projeter très loin en faisceau lumineux serré, il décèle, pour le chauffeur, la présence d’obstacles éloignés, mais laisse dans l’ombre ceux qui sont très rapprochés. Or il est certainement avantageux de voir, au loin, si la route est libre, mais il paraît beaucoup plus intéressant de permettre au conducteur de reconnaître l’objet de petites dimensions sur lequel sa voiture va passer. Un piéton aperçu à 200 mètres n’est pas très dangereux, alors qu’un tesson de bouteille ou un pavé à quatre ou cinq mètres des roues présentait un danger immédiat.
- Par conséquent, les constructeurs ont cherché à corriger ce défaut que présentent l’application du miroir Mangin à l’automobilisme en diffusant un peu le faisceau lumineux tout en lui conservant la puissance de projection qui leur paraissait nécessaire à la sécurité des
- Le pliare Jupiter.
- A G. Les miroirs réflecteurs. — I], Le bec.
- voyageurs. Le nouveau phare Jupiter est établi en vue de réaliser ces deux desiderata.
- Dans ce réflecteur on a adopté un système dioptrique composé d’un réflecteur ordinaire et d’anneaux en cristal métallisé dont les épaisseurs réduites et les courbures appropriées permettent une remarquable utilisation de la lumière. D’autre part, la suppression des lentilles et la réduction des épaisseurs des différents points du système, éliminent un autre défaut : l’absorption de la lumière passant à travers ces milieux. De même, les courbures adoptées sont telles que l’appareil utilise le maximum des rayons émanant de la source lumineuse. Dans ces conditions le phare donne, non plus un faisceau éclairant la route au loin, mais une nappe lumineuse qui balaye la route à quelques mètres des roues et sur une longueur suffisante pour permettre au conducteur de voir tous les obstacles même assez éloignés.
- Le tracé normal du réflecteur a été établi de telle sorte que l’éclairage réfléchi couvre pour un phare unique, un cercle de 6 mètres de diamètre à 40 mètres de distance ; deux appareils convenablement orientés couvrent 10 mètres. D’autre part, les rayons secondaires et directs forment une pénombre bien nette suffisante pour éclairer la route au delà de la limite d’éclairage intense du phare. j ,
- Les études des constructeurs du phare Jupiter ont également porté sur la protection de l’argenture du réflecteur qui, dans le système Mangin peut être attaquée par les vapeurs oxydantes, en particulier, par celles provenant de la combustion de l’acétylène, par les sels alcalins, etc. Le vernis employé jusqu’ici a été remplacé par une carapace métallique rendue inattaquable à tous les agents de destruction. Ces perfectionnements sont très intéressants puisqu’ils portent non seulement sur la nappe lumineuse, mais encore sur la fabrication du
- réflecteur qui demeure inaltérable, alors que les soins d’entretien se bornent à l’essuyage pur et simple des glaces.
- Jouets
- Aéroplane Unika. — C’est un aéroplane jouet, très intéressant, d’abord parce qu’il vole et ensuite parce qu’il est démontable. Il se compose de quatre parties principales : une queue pliante G, deux ailes arrière B, deux ailes avant.1 et hélice A et-enfin un moteur-caoutchouc D. Pour procéder au montage, on commence par
- Fig. 1. — L’aéroplane « Unika » monté.
- ouvrir la queue pliante en tirant sur l’anneau 0 pour faire coulisser la tige sur une longueur d’environ un centimètre. On relève ensuite les tiges n pivotant à l’extrémité des. plans mobiles et on fait tourner ces derniers sur leurs charnières de manière qu’ils se présentent perpendiculairement au plan fixe. On repousse ensuite l’anneau 0 en y faisant pénétrer les deux tiges n qui assureront ainsi la fixité des plans mobiles. Cela fait, on déploie les ailes avant A en tenant la pièce en mains comme le montre notre figure 3 et ouvrir comme si l’on tenait un parapluie. L’ouverture des ailes arrière
- . Fig. 2. — Les pièces détachées de l’aéroplane.
- s’effectue de la même manière. Il ne reste plus qu’à procéder à l’assemblage des pièces qui se placent suivant l’ordre indiqué par notre deuxième figure en emboîtant l’extrémité J du tube de la queue dans l’extrémité b du tube portant les ailes arrière. On engage de même l’extrémité g dans f, puis, enfin, on accroche le caoutchouc moteur D en engageant le crochet k dans le trou i appartenant au tube des ailes arrière et le crochet l dans la boucle e terminant l’axe de l’hélice. L’appareil est alors prêt pour le vol.
- On tord le caoutchouc en agissant sur l’hélice ; ce
- caoutchouc supporte une torsion de 225 tours environ. Cette opération s’effectue aisément en tenant l’appareil de la main gauche et en agissant sur l’hélice avec l’index de la main droite dans le sens de la marche des aiguilles d’une
- Fig. 3.
- Développement de la partie avant.
- montre. Au moment du lancement, on maintient l’hélice de la main gauche en tenant l’appareil de la main droite (fig. 4) l’arrière étant légèrement incliné. On lui imprime alors un mouvement vers l’avant, sans brusquerie. Il vole très gracieusement à une hauteur de 10 à i5 m. La longueur du vol dépend beaucoup de la manière dont il a été monté; on corrigera, avec de l’expérience, les défauts qui se seront révélés et on obtiendra de très beaux vols. — L’Unika est en vente, 53, avenue de la République, Paris, XIe.
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- VARIÉTÉS
- L’éruption de tourbières de Kilmore (Irlande).
- Nous avons rappelé jadis (ri0 1235, 3o janvier 1897) ce qu'est exactement le phénomène souvent désastreux des éruptions de vase dans les tourbières de l’Irlande.
- On pense qu’à la suite des pluies abondantes les quantités d’eau absorbées par le bog '
- ou champ de tourbe en gonflent la substance jusqu’à un excès de saturation qui finit par en crever la surface et par mettre bnisquement en liberté les masses considérables d’eau infiltrées entre le bog et le sous-sol imperméable.
- Un grave et nou-
- vier dans le bog de Kilmore.
- Éruption de tourbe.
- giauu gliOOCLUCUL
- de tourbe qui s’en est suivi a submergé des milliers d’hectares, englouti de nombreuses maisons et barré dangereusement des cours d’eau dont le reflux provoqua des inondations.
- On voyait la tourbe avancer comme une véritable vague et submerger littéralement les habitations.
- Plusieurs personnes furent noyées et l’aspect de la contrée atteinte rappelle lout à fait, comme le montre notre figure 1, celui d’une région volcanique envahie par une cou-
- Éruption de tourbe.
- veau sinistre de ce genre s’est produit les 19-20 jan- [| lée de
- lave. Le fléau aboutit aux mêmes effets.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le traitement électrique de l’obésité. — Une
- nutrition parfaite résulte de l’équilibre régulier entre les apports et les dépenses : les recettes dépassent-elles les dépenses, vous avez l’engraissement, dont le dernier terme est l’obésité; les dépenses prédominent-elles sur les recettes, c’est l’inverse, l’amaigrissement, le marasme et les troubles nerveux. Il semble dès lors que pour empêcher la production de ces états pathologiques il suffise de mettre en équilibre les deux facteurs, apports, dépenses. C’est là malheureusement une difficulté réelle pour bien des humains et c’est à réparer les misères qui en résultent que s’applique depuis des siècles la médecine.
- L’obèse emmagasine trop d’énergie; on cherche à y obvier par des médicaments, par un régime et par l’exercice. Rien de plus aisé, n’est-il pas vrai, que d’avaler pilules, cachets ou potions. Mais les médicaments n’ont qu’une action fort aléatoire, si l’on n’ajoute au traitement le régime et l’exercice. De là sont nées toutes ces cures de l’obésité, basées sur la diminution de la ration alimentaire ou la modification de la richesse en calories des aliments ingérés. Quand le malade veut et peut s’y astreindre, le succès est rapide et certain.
- Mais rien ne vaut la cure par l’exercice et l’entraînement méthodique. Malheureusement l’exercice, quand le malade a atteint un certain degré d’embonpoint, devient fort pénible et souvent impossible. Tout travail musculaire l’éreinte et 1’épuise. Je me souviens d’un chirurgien réputé qui avait pris peu à peu un poids plus que respectable ; il avait de l’essoufflement, de l’oppression. On lui conseillait de renoncer à sa voiture, de marcher, le plus simple de tous les exercices. Il finit par s’y résoudre, mais du premier coup il fut arrêté, il avait voulu aller pour ses débuts de son domicile à l’hôpital, environ trois kilomètres. C’était trop pour lui, il arriva dans son service dans un tel état d’anxiété, de fatigue et de surmenage qu’il jura qu’on l’y prendrait plus. Le malheureux avait été trop consciencieux ; il aurait eu besoin, avant de faire cette course trop longue, de se livrer à un entraînement progressif.
- Le vrai', c’est que l’énergie de se livrer à un travail musculaire fait défaut à la plupart des malades arrivés à un certain degré d’obésité et qu’il peut même leur être funeste. Un professeur de Bordeaux, le Dr Bergonié, a trouvé le moyen de suppléer à cette insuffisance en donnant aux malades le moyen de faire de l’exercice ou
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- HYGIÈNE ET SANTE
- plutôt de produire un travail musculaire efficace, sans la moindre fatigue, sans le moindre danger. Il a recours à l’électricité; le malade tranquillement à son bureau poursuit ses lectures ou ses comptes sans se déranger obtenant à peu de frais le résultat d’une marche prolongée, d’un sport qui l'éreinterait, Tous les courants, dit mon ami Bergonié, à états variables, brusques et réguliers d’une fréquence de 4o à ioo par seconde peuvent être utilisés, courant alternatif industriel, courants intermittents de Leduc. Celui qui s’est montré le plus apte à réaliser les résultats voulus est le courant faradique, à condition d’être produit par une bobine à noyau avec interrupteur vibreur bien réglé, donnant avec 4 volts au primaire un voltage efficace de 8 à 12 volts au secondaire avec des intensités de 5o milliampères et au delà.
- La disposition des électrodes mérite d’attirer l’attention, il faut en effet qu’elles recouvrent la presque totalité du corps. Chez des sujets grands et gros la surface a atteint jusqu’à 10000 centimètres carrés. La densité pour 5o milliampères efficaces descend à un centième de milliampère par centimètre carré; aussi le malade n’éprouve-t-il aucune sensation désagréable, malgré cette carapace de courant électrique. Les séances durent près d’une heure et jamais on n’a observé aucune fatigue,
- aucun malaise chez les malades soumis à ce traitement.
- Grâce à cette disposition, la plupart des masses musculaires sont soumises à dès contractions rythmées qui sont très énergiques,-quoique absolument indolores. ,La réaction - se manifesté par " une sueur' abondante, une accélération des mouvements respiratoirès et de la circulation, sans élévation de la pression artérièlle. Le poids de la graisse diminue très" vite, à la condition d’avoir une ration alimentaire d’équilibre. Bref, en quelques semaines on arrive à rendre à l’obèse de la force, de la vigueur, tout en ayant fait diminuer notablement le poids total.
- Ce traitement électrique ne s’adresse pas uniquement à l’obèse ; tous ceux qui souffrent de troubles dus à des états pathologiques tels que la goutte, le rhumatisme, le diabète, les neurasthéniques, les maladies comme les appelle le professeur Bouchard par ralentis sement de la nutrition, peuvent bénéficier de cette façon peu désagréable et nullement fatigante de faire de l’exercice. Leur travail musculaire ést de la sorte dosé d’une façon mathématique, il peut être léger, court, ou prolongé, plus violent sans que la volonté intervienne autrement que pour arrêter ou faire passer le courant. D' A. C.
- *0'
- IgD,
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Bois artificiel. — Prendre 1 partie de kaolin lavé et 1 à 3 parties de sciure de bois résineux. Yerser le tout ensemble dans une quantité d’eau suffisante pour en former une pâte épaisse. Mettre en moules et comprimer sous forme de cylindres de 0,20 m. à o,3o m. de diamètre,1* sur 1,20 m, a 1,90 m. de long. Laisser sécher à l’airi pendant quelque temps, puis à l’étuve, et ensuite au foujr chauffé au rouge, de façon à produire à la surface dü Lois un commencement de vitrification. Ces blocs seront devenus très résistants quand on les aura laissé refroidir lentement. On pourra les scier, les planer, les percer, les tailler, leur donner un beau poli. Ce bois artificiel a déjà été employé à New-York comme bois de construction (Revue de chimie industrielle).
- Pour émailler vous-même votre bicyclette. —Voici, d’après La Vie à la campagne, un procédé d’émaillage pour cadres de bicyclette, que chacun peut pratiquer aisément. Il va sans dire que l’émail obtenu n’a pas la solidité de celui que vous fournit le fabricant et qui est obtenu par des procédés très perfectionnés ; mais il est bon marché et donne un résultat qui n’a pas trop mauvais aspect. Faites d’abord disparaître complètement le vieil émail écaillé, détachez-le en vous servant d’une lame de couteau peu coupante. Qu mieux, procédez comme les peintres en bâtimént pour les boiseries à repeindre : servez-vous d’une lampe de soudeur pour brûler ce vieil émail. Arrangez-vous pour chauffer la peinture juste assez pour qu’elle se pèle facilement ; passez aussitôt au fur et à mesure une brosse métallique que vous frottez vigoureusement, tandis que la peinture est encore chaude. Prenez garde du reste de ne pas trop élever la température du métal sous la peinture, à l’endroit des soudures, ou plus exactement des brasages des tubes : autrement vous serez étonné de voir les brasages fondre et les éléments du cadre se dissocier. Complétez le nettoyage de la surface du métal, en passant vigoureusement de la toile émeri pour rédonner du poli aux tubes. Cela fait, préparez une peinture mate en faisant dissoudre du noir d’ivoire dans de la térébenthine, sans huile aucune. Donnez-en une première couche, que vous laissez sécher complètement; polissez-la à son tour en la frottant avec un mélange de pierre ponce très fine et d’eau. Ensuite donnez une seconde couche, et traitez-la de la même façon; n’exagérez; pas le ponçage, car il doit laisser la couche de peinture intacte, et seulement la polir ou donner le brillant voulu. Employez le meilleur vernis au copal que vous pourrez vous procurer^ tel qu’en emploient les peintres en voitures. Procédez au vernissage dans une pièce tiède, où il n’y ait ni poussière ni courants, d’air ;
- quand le vernissage est terminé, suspendez le cadre au plafond de la pièce, là où il sera le moins exposé au dépôt des* poussières. Au bout de quelques jours, le vernis est complètement sec, et vous pouvez à nouveau vous servir de votre bicyclette.
- Asphalte artificiel. — La préparation de l’asphalte mastic et de l’asphalte comprimé artificiels au moyen du brai de houille, du brai de lignite ou des résidus de la distillation dè résines et du pétrole par le chauffage de ces corps avec du Soufre et par l’addition subséquente de chaux cuite ou non, cette préparation, dit la Revue de chimie industrielle, n’a pas permis jusqu’à ce jour, d’obtenir un produit possédant une grande résistance aux pressions, ni d’une grande homogénéité. Un résultat supérieur à celüi ~de Tasphàlte naturel, c!est le traitement du brai avant ou après le chauffage avec du soufre et une quantité plus ou moins grande de chlorure de chaux à la température de fusion, du brai. La dose de chlorure de chaux doit être déterminée par des essais; la proportion de 2 à 6 pour 100 est presque toujours suffisante. On mélange alors au produit de la chaux amorphe.
- Explosion de silencieux. — Il arrive parfois que les silencieux de moteurs à gaz se remplissent de mélange explosif qui provient de plusieurs ratés d’allumage successifs. Dans ces conditions au moment de l’échappement, les gaz incandescents enflamment le mélange et il se produit une explosion qui peut être dangereuse. Une explosion de ce genre a tué récemment plusieurs ouvriers enAngleterre. il s’agissait, il est vrai, d’un moteur de rooo chevaux, mais même avec des moteurs moins puissants le danger n’est pas absent et il est bon de vérifier la solidité des pots d’échappement. Deux remèdes sont d’ailleurs relativement faciles à employer : i° enterrer le pot d’échappement; 29 prévoir une soupape de grandes dimensions fermée par uu ressort ou un poids léger qui s’ouvrira dès que la pression dans le pot d’échappement dépassera la normale.
- Pour enlever sur les mains les taches de vernis.
- — On frotte la peau avec des chiffons saturés d’alcool,
- . et l’on peut se frotter également, et pour ainsi dire en même temps, avec de la pierre ponce en poudre ; on se lavé finalement au savon mou et à l’eau froide. Si l’on recourt" à Téau chaude’ où l’on a mis des cristaux de soude, on fait bien de se passer ensuite du vinaigre sur les mains,, pour adoucir l’action de la soude.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Poudres pour le nettoyage des éponges. — On nous communique les renseignements suivants concernant la composition des poudres qui peuvent être employées pour le nettoyage des éponges. Le plus souvent, les marchands d’éponges plongent celles-ci dans une dissolution de permanganate de potasse à io pour ioo, puis, après oxydation des matières organiques, dans une dissolution de sulfite de soude, où les éponges reprennent leur teinte claire et finissent de blanchir. Récemment, on a substitué aux bains de sulfite de soude, l’eau oxygénée et le bioxyde de baryum. Une composition sèche en poudre, ne peut contenir à la fois des produits antagonistes comme le perborate de soude et le permanganate de potasse ou le sulfite-sulfate et le pei’borate de soude, ou encore l’acide tartrique et le perborate de soude. Il faut nécessairement, que la poudre contienne un sel bon marché, non déliquescent et le perborate, qui a tendance à absorber de l’humidité. Il conviendrait donc d’employer la formule suivante : carbonate de soude efflorescent (sel Solvay) 72 parties, perborate de soude 25 parties. Le mélange par parties égales ne peut se faire à cause du prix élevé du perborate qui, coûtant 7 francs le kilogramme environ, ne laisserait pas la place à un bénéfice sérieux.
- Renseignements. — M. R. Léger, à Paris. — Sur la batterie centrale, voyez l’article : l’organisation des bu-
- reaux téléphoniques à Paris. Dans le n° 17O1, 23 fév. 1907.
- M. le D' Lopo de Carvalho, à Guaida. — Vous trouverez, croyons-nous, l'ouvrage que vous cherchez dans les Eléments de mathématiques supérieures, par M. Vogt. Librairie Larousse, rue des Ecoles, Paris.
- M. Closegui, à Zolola (Espagne). — Contre les mouches, vous pourriez essayer l’emploi du ricin. La plante de ricin élevée en pot, chasse les mouches de la salle où on la met. Vous pouvez aussi utiliser le papier tue-mouches. Voici une recette qui vous permettra de fabriquer vous-mêmes ce papier ! Dans un décocté de quassie sucre (eau 5oo, quassie 8, mélasse 125) tremper du buvard épais et faire sécher. Quelquefois on ajoute un peu de noix vomique ou d’acide arsénieux.
- M. Blum, à Paris. — Le contact des 2 fils en question est la cause unique de l’épuisement de votre pile qui a débité sans arrêt et par suite a brûlé son zinc èn très peu de temps.
- M. Dolfuss, Au Blanc. — Nous ne connaissons pas la composition du savon en question.
- M. Leroux, à Lisieux. — Nous ne connaissons pas de moyen simple pour distinguer à première vue le fèr de l’acier. Mais n’oubliez pas que le fer est plus coûteux que l’acier, et qu’il n’y a pas de fraudes à craindre dans cet ordre d’idée. La seule fraude à redouter est celle d’une malfaçon sur l’acier, et seuls des essais de laboratoire très sérieux peuvent vous donner la sécurité, à cet égard.
- M. L. Lefranc, à Carhaix. — Pour la conservation du cidre, suivant la méthode Alliot et Gimel (Voy. La Nature, n° 1896, 25 septembre 1909) les proportions d’hypoclilorite à employer sont : de 40 à 60 gr. par hectolitre d’eau, suivant la propreté des fruits.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- Verre de silice : Jules Henrivaux. — Le tir contre les ballons dirigeables : Lucien Fournier. — Une visite à la momie de Sinzig. — Les lies Kerguelen : N .. — La grêle : J. Loisel. — Académie des sciences; séance du 4 octobre 1909. —1 Ch. de Ville deuil. — Chronique. — La cure d’air sur un toit : V. Forbin. — L’industrie préhistorique des bracelets de schiste : L. De Launay.
- Supplément. — La direction radio-télégraphique des navires. — Un microphone à bismuth. — Un transformateur électrique pour 5oo 000 volts. — La plus grande station centrale électrique du monde. — L’industrie de la brique silico-calcaire en Allemagne. — Le vent et les obstacles. — Rats et pétrole. — Conseils pour la fusion et la coulée de l’aluminium.
- Précis de Géographie économique, par Marcel Dubois et J.-G. Kergomard, avec la collaboration de Louis Laffite. 1 vol. grand in-8° de xvi-864 pages. Masson et C“e, éditeurs. Prix : 9 francs.
- La lutte économique, si ardente, nécessite avant tout la connaissance complète des ressources des divers pays en présence. C’est à cette préoccupation que répond la Géographie économique. Chaque pays y est étudié à part : d’abord une rapide revue des conditions physiques et politiques (en particulier l’indication des budgets et des charges qu’ils font peser sur les habitants). Puis une étude détaillée des productions végétales, animales, minérales, de l’industrie, des voies de communication, du commerce, forme un tableau complet de la vie économique de la nation envisagée. De très nombreuses indications statistiques, toutes réduites en mesures et monnaies françaises, et par conséquent immédiatement comparables entre elles1, illustrent le texte de cet important ouvrage indispensable à tous ceux qui s’intéressent aux questions économiques.
- Premières notions, de télégraphie et de téléphonie sans
- fil. L’éther et les ondes électriques. Description et fonctionnement d’un poste. Applications militaires et industrielles, Téléphonie sans fil, par Bégébé. i vol. illustré, 96 pages. Bibliothèque Omnia, 20, rue Duret,» Paris, 1909. Prix : 4 francs.
- Cette brochure n’est pas un traité complet de télégraphie sans fil, la matière exige aujourd’hui de gros volumes ; mais une vulgarisation des principes essentiels de la radiotélégraphie et une description attrayante des dispositifs principaux des postes en service. Les explications de M. Bégébé sont fort claires ; elles s’appuient sur la comparaison classique entre les vibrations hertziennes de l’éther et les vibrations sonores de l’air ou les ondulations d’un liquide : leur-forme imagée les rend accessibles à tous, sans néanmoins s’écarter de la vérité scientifique. Quoique élémentaire, l’ouvrage a (été tenu au courant des plus récents progrès techniques et sa lecture est à tous égards fort instructive.
- Les agrandissements, sur papier à couches pigmentaires, par E. Trutat. Une brochure de la bibliothèque de la Photo-Revue. Paris. Charles Mendel, éditeur. Prix : ofr,6o. ’ i:
- La méthode des agrandissements est devenue d’usage courant en photographie. Tout d’abord un seul procédé a été employé : celui du papier bromure insolé directement, puis développé vaille que vaille. Aujourd’hui, l’amateur de goût recherche les procédés qui permettent une large intervention de l’opérateur : procédés directs, sur papier au bromure pigmentés, ou par décalque de l’action lumineuse (bromotypie), et procédés indirects exigeant l’exécution d’un cliché agrandi qui sert à imprimer sur une surface quelconque au gré de l’artiste. Dans cet opuscule, M. Tru-tat e'Xpose ces différents procédés dans leurs phases essentielles, et les compare au double point de vue du mode d’exécution et des résultats fournis.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Les matières abrasives industrielles. Orig'ne, fabrication et usages des produits naturels ou artificiels destinés à la perforation, à l’usure et au polissage, par Jean Escard. i vol. illustré, 170 pages. Béranger, éditeur. Paris, 1909.
- Revue détaillée de toutes les matières abrasives aujourd’hui en usage dans l’industrie, accompagnée de renseignements pratiques des plus utiles. L’auteur étudie ainsi le diamant, le carborandum, le corindon, le rubis et autres corps à base d’diumine, l’émeri, les
- abrasifs à base de quartz, les aciers et les corps spéciaux comme le borure de carbone, le monox, le col-colliar, etc.
- Géologie agricole, par Ernest Cord. i vol. in-18 de •4^0 pages; avec 316 figures. J.-B. Baillière et fils, à Paris. Prix'; 5 francs. >
- L’ouvrage montre les rapports qui existent entre telle et telle formation géologique et l’agriculture des diverses régions, ainsi que les conséquences qui en résultent.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi -i oct. 1909. . 16°.7 S. VV. 5. Très nuageux. 2,0 Très nuageux; pluie de 21 h. 20 à 22 h. 15.
- Mardi 5 15°,8 S. S. W. 2. Couvert. 13.8 Couvert jusq. 17 h.; beau ensuite; forte pluie de 15 h. 10 à 17 h.
- Mercredi 6 9°,5 S. S. W. 2. Nuageux. » Nuageux ; brume.
- Jeudi 7 , 6°,S S. S. E. 0. Nuageux. © Rosée; nuageux ; halo.
- Vendredi 8 15°,1 S. S. W. 4. Couvert. 7 4 Pluie de 2 h. 20 à 5 h. 30 et l’ap.-midi de 11 b. 50 à 12 h.; tonn.
- Samedi 9 ...... 7°,1 S. W. 1. Beau. » Rosée; brume; nuageux.
- Dimanche 10. . . . . 5°,2 S. E. 0. . Beau. » Rosée; brouillard à ti h.; beau.
- OCTOBRE 1909. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 OCTOBRE 1909.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi i | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baropièlre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. " . .
- Du 4 àu 10 octobre. — Le 4- Zone de basse pression sur le N. et l’O. de l’Europe : îles Feroé, Skudesness, 747 ; aire, supérieure à- 765 sur le S. de la France, l’Espagne, l’Algérie, ainsi que sur la Russie : Moscou, 770. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Dunkerque, Paris, 11 mm; Cherbourg,- Nancy, 10; Besançon, 7; Roçhefort, 5 ; Bordeaux, 2. Temp. du matin : Seydisfjord, i°; 'Pâris, 17; Alger, 22; Puy de Dômé, 10; moyenne à Paris : 180 (normale : n°,9). — Le 5. Situation troublée sur le N. et l’O. ; centre cycloriique sur les Iles-Britanniques : Malin-Head, 733; dépressions sur la Scandinavie et la Gascogne. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Dunkerque, 20; Le Havre, 18; Toulouse, 9; Nancy, 6; Brest, 4; Paris, 2. Temp. du matin : Seydisfjord, 20; Paris, 16 ; Alger, 27 ; Puy de Dôme, i3; moyénne à Paris : i5°,8 (normale : 110,7).r — Le 6-Centré cyclonique sur l’Islande (725) et les îles Feroé (728); pression générale basse, sauf en Russie (760) et en Espagne. Pluies sur le N. et l’O. ; èn France : Besançon, 27 ; Biarritz, 24; Paris, 14 ; Cliarleville, 8; Boulogne, 3. Temp. du matin : Vardoe, 3°; Paris; 1 ô ; Alger, 28; Puy de Dôme; 7; moyenne' à Paris : ii°,4 (normale ; n°,6). —- Le 7. Nouvelle dépression sur les
- Iles-Britanniques : Valencia, 741 ; aire supérieure à y65 sur l’Espagne, l’Europe centrale, la Russie. Pluies sur le N. et le Centre; en France : Clermont-Ferrand, 4; Besançon, Nice, 3. Temp. du matin : Yàrdoe. 20; Paris, 7; Alger, 21 ; Puy de Dôme, 4‘. moyenne à Paris : n°,9 (normale : U°,4j. — Le 8. Centre de dépression aux îles Feroé : 728; pressions supérieures à 765 sur le S. et l‘E. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Belfort, 19; Cherbourg, 15 ; Nantes, i3; Brest, 8; Paris, 3. Temp. du matin : Vardoe, 3°; Paris, i3; Alger, 23; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i3°,5 (normale : 110,2). —-Le 9. Hausse rapide sur l’O. : pression supérieure à 770 sur la France. Pluies sur l’O. ; en France Le Havre, i3 ; Besançon, 11; Paris, 7; Nantes, 3, Temp. du matin : Seydisfjord, 20; Paris, 7 ; Alger, 22; Puy de Dôme, 2 ; moyenne à Paris : iô0,4 (normale, ; 1 i°, i). L_ Le io7 Vaste zone de basses pressions sur l’Atlantique, la Scandinavie, les Iles-Britanniques : Valentia, 753; aire anticyclonique du S.-O., au N.-E. : Belfort, 770. Pluies sur le N. et le Centre. Temp. du matin : Seydisfjord, ' 3° ; Paris, 5 ; Alger, ai ; Püy dé Dôme, 7 ; moyenne à Paris; ; 9°,g (normale : io°,9). — Phases de . la Lune : Dernier Quartier le 6, à 6 h. 53 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- E.-A. MARTEL
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société dé Géographie.
- Tout ce qui concerne a La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : <20. Boulevard Saint-Germain, Paris (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- . La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 1900 — 23 OCTOBRE 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- En aéroplane au-dessus de .Paris.— Le 18 octobre, Paris a vu pour la première fois évoluer dans son ciel un aéroplane. Ce mémorable exploit a été accompli par le comte de Lambert sur biplan Wright et a soulevé parmi tous les spectateurs un légitime enthousiasme. Nous avons eu la bonne fortune d’assister, du toit d’une usine de Grenelle, à la prestigieuse apparition du grand oiseau artificiel. Nous avons pu admirer la sûreté et l’aisance de son vol et le suivre, simple point noir dans le ciel, jusqu’à sa complète disparition dans la brume. L’audacieux aviateur prit son essor à Juvisy, à 4h37, ü^éleva à i5o m. de hauteur environ, puis partit vers Paris : il vira à 100 m. au moins au-dessus de la Tour Eiffel et revint atterrir à son point de départ. Le parcours total a été d’environ 48 km, le temps total a été de 49 minutes 5g secondes 2 cinquièmes. Un pareil voyage est jusqu’ici unique dans les annales de l’aviation : il n’a comme précédent que l’exploit de Latliam à Berlin, franchissant en i5 minutes tout un faubourg de la capitale allemande : après la traversée de la Manche, la promenade au-dessus de Paris marque une nouvelle étape vers la conquête définitive de l’air. Nos hommes-oiseaux se jouent désormais des dangers les plus graves qui semblaient les menacer et savent voguer librement par les airs. Lorsque La Nature fonda, voici juste un an, son prix de 100 km, elle voulait contribuer à hâter le moment où les aviateurs se décidei'aient à sillonner hardiment les voies aériennes. Ce moment est arrivé, un parcours de 100 km avec point de départ et point d'atterrissage fixés d’avance n’est plus pour effrayer aucun de nos pilotes d’aéroplanes. Nous espérons avoir bientôt le plaisir de voir notre prix décerné à l’un d’entre eux.
- Hambourg-Londres en dirigeable. — Les journaux de Hambourg annoncent que M. Colsmann, le directeur de la Compagnie Zeppelin, a ouvert des négociations avec le Sénat de cette ville pour obtenir la concession d’un terrain favorable à l’établissement d’une station permanente pour dirigeables. Si, par impossible, la concession n’est pas accordée, la compagnie portera son choix sur Kiel. D’après ces mêmes journaux, la démarche en question fait partie d’un plan d’une vaste envergure que la compagnie a conçu depuis le dernier voyage du Zeppelin II. Elle veut établir des stations tout le long du rivage allemand de la mer du Nord, stations qui seront desservies par des ballons beaucoup plus volumineux que les modèles en existence. Ils posséderont chacun trois moteurs, et pourront emporter 5o passagers. Ils exécuteront à dates fixes des voyages entre les ports de la côte et Heligoland et les îles adjacentes, devenues des stations estivales très recherchées. Copenhague sera comprise dans leur rayon d’action ; et la compagnie annonce même qu’elle établira avant longtemps un service régulier entre Hambourg (ou Kiel) et l’Angleterre. M. Colsmann a laissé entendre, dans ses
- interviews que l’Amirauté allemande avait promis de favoriser ses plans et que le Reichstag serait sollicité d’accorder une subvention à la compagnie, au vote du prochain budget.
- Contre les accidents de voie ferrée. — Maintes fois déjà, nous avons eu l’occasion de montrer que les chemins de fer américains détiennent le record des accidents. Cette gloire peu enviable autant que dispendieuse,
- ils la doivent à différentes causes, au premier rang desquelles il convient de placer le mauvais entretien de la voie. Pour encourager les bons employés et .punir les fautes de négligence, ces compagnies organisent périodiquement des concours qui comportent des prix' importants, attribués à ceux des ouvriers dont la section de voie inflige Je moins de secousses aux trains en marche. De ce chef, la Pensylvania Railroad Campany dépense en primes 5oooo francs par trimestre. Jusqu’ici, ces concours revêtaient une apparence quelque peu primitive. Un comité d’ingénieurs et de fonctionnaires prenait place dans unvagon attelé en queue d’un express. Deux verres remplis d’eau étaient disposés sur le re-
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- INFORMATIONS
- bord des deux dernières portièi'es, à gauche et à di’oite du vagon. Et l’on comptait le nombi'e de gouttes pi'o-jetées hors des vases par les secousses, pendant la traversée d’une section. Autant de gouttes, autant de points inscrits au débit de l’équipe responsable. Grâce à l’appareil que nous reproduisons sur cette page, le concours prend un aspect plus scientifique. Fixé au plancher du vagon, l’instrument, qui est destiné à enregistrer simultanément les vibrations verticales et les vibrations horizontales, comporte deux fléaux disposés respectivement dans l’un et l’autre sens, et terminés à leur extrémité libre par un marteau. Ils sont fabriqués d’un acier très flexible, qui subit les moindres trépidations imprimées au vagon. Leurs mouvements sont enregistrés par des podomètres, qui donnent exactement le nombre des vibrations endui'ées, tandis que deux autres appareils totalisent la longueur de ces vibrations pour toute la dux*ée de l’épreuve. La lecture des quatre cadrans permet de désigner la section la mieux entretenue.
- Les chutes d’eau canadiennes. — D’une statistique du Ministère de l’intérieur canadien, il résulte que le Canada possède, en houille blanche, une puissance de 36 millions de chevaux-vapeur dont 1/2 million seulement est actuellement exploité. La plus belle chute est celle de la rivière Hamilton dans le Labrador qui développe 9 millions de chevaux.
- Trésors sous-marins. — Comme suite à l’article que nous avons consacré récemment à la recherche et à l’exploration des épaves, indiquons qu’une compagnie, constituée l’an dernier pour rechercher sur les côtes de Cornwall, à Dollar-Coué, dans la baie de Mounts, de précieuses épaves, a commencé ses opérations. Il s’agit principalement de retrouver un navire portugais qui sombra sur ce point en i52Ô, avec un chargement de monnaies et matières précieuses dont la valeur, d’après les historiens, se chiffre par millions de francs, et aussi xm navire espagnol qui, transportant une somme de 5o millions en pièces et lingots d’or et d’argent, sombra dans les mêmes parages en 1688. Dans les derniers jours de septembre, les scaphandriers ont pu déterminer l’emplacement d’une épave, mais sans pouvoir en déterminer l’identité. Les opérations sont rendues fort difficiles par la violence des marées et des courants dans la baie de Mounts. En outre, une épaisse couche de gravier et de sable arrête les progrès des sauveteurs.
- Contre la « cure de soleil ». — Il s’est formé en Europe, et, plus particulièrement, en Allemagne, une école pour prôner le « bain de soleil », comme un remède, contre tous les maux. Dans ce dernier pays, comme aussi en Autriche, en Angleterre, en Italie, on a fondé des établissements où les adeptes du nouveau système se promènent des heux’es entières en s’exposant, en une tenue plus que sommaire, à l’action des rayons solaires. Médecins et savants se sont longtemps contentés de sourire, en ti'aitant ce « retour à la nature » d’enfantillage inoffensif. Mais il paraît que ce dernier adjectif est à supprimer, et que l’abus du bain de soleil est néfaste à la plupart des constitutions. Un médecin berlinois, M. le professeur Grawitz, affirme qu’il engendre de dangereuses maladies, dont la dermatite, la tachycardie, et l’irrégularité des battements du cœur. Dans certains cas qu’il a observés et soignés, les troubles cardiaques ont provoqué de fréquentes syncopes. Dans d’autres, il a constaté des maux de tête persistants, une débilité générale, ou encore des désordres nerveux d’un caractère grave.
- La chasse aux phoques. — Les récits des exploits polaires de Cook et Peary abondent en chasses variées et, à les lire, il est incontestable que la chasse aux phoques a tenu dans leur campagne une place importante tant en raison des plaisirs qu’elle leur procurait, qu’en raison d’avantages d’ordre matériel beaucoup plus appréciables : nourriture de leurs esquimaux et de leurs chiens, approvisionnements d’huile et de graisse, etc. Il est bon de savoir que la chasse aux phoques est élevée à la hauteur d’une industrie à Terre-Neuve et au Groenland. Elle commence en général le 10 mars, époque à laquelle des vapeurs armés spécialement et d’une solidité à toute épreuve pour résister au choc des glaces, remontent traquer les amphibies le long .des banquises
- où s’est faite la parturilion. On aui'a une idée de son impoi'tance en songeant qu’en 1908 21 vapeurs montés par 36oo hommes d’équipage ont tué 2x3863 phoques valant en gi'os 2 000000 de francs. En 1906, année particulièrement favorable, les 25 vapeurs armés pour la chasse avaient tué 341 836 phoques qui fournirent 8000 tonnes de graisse pour une valeur de 3 800 000 francs environ. La chasse assez rémunératrice pour les armateurs et les actionnaires, ne l’est pas toujours autant pour les équipages plus ou moins favorisés par la chance : ainsi en 1908 Y Adventure du 10 mars au 7 avril, a rapporté 27 225 phoques donnant aux hommes d’équipage une part de 4x5 francs et 10000 francs à peu près au capitaine, tandis que le vapeur Southern-Cross, l’esté 48 jours dans les glaces, n’a tué que Sjo animaux donnant nfr,75 par homme et 247 francs au capitaine. On ne peut vraiment se geler et risquer à chaque instant son existence à meilleur marché!
- Un perfectionnement de la pile Leclanché. — Tout le monde sait que le grand avantage des piles Leclanché réside dans ce qu’il n’y a aucune attaque du zinc à circuit ouvei't, ce qui permet d’abandonner les éléments pendant des mois sans surveillance, et cela gi'âce à l'emploi du chlorhydrate d’ammoniaque, sans action sur le zinc lorsque aucun courant ne traverse l’élément. L’inconvénient résultant de l’emploi de ce sel tient à ce qu’il se produit à la longue des cristaux d’oxychlorure de zinc, qui ne tax’dent pas à recouvrir le zinc et le pôle positif en apgmentant considérablement la résistance intérieure de l’élément. Si on remplace dans une pile Leclanché la solution de sel ammoniac par une solution de chlorure de manganèse, on ne constate plus la formation de cristaux, bien mieux, la baisse de tension en décharge est beaucoup plus faible qu’avec le sel ammoniac, et enfin on peut mettre l’élément en court-circuit sans le détériorer. Le chlorure de manganèse étant très soluble, on peut avoir des solutions titrant i5o pour 100 avec lesquelles il n’y a aucune attaque du zinc à circuit ouvert; avec cette concentration la résistance intérieure devient très faible et le liquide reste constamment limpide et incongelable aux températures d’hiver les plus basses. Lorsque la pile est épuisée on peut la régénérer comme un accumulateur avec un courant de charge, ce qui n’est guère possible avec la pile Leclanché dont l’électrolyte se dissocie par l’électrolyse.
- Teinture pour cheveux. — Les teintures dites «progressives » pour cheveux sont toutes de simples solutions très diluées de sels de plomb. Au laboratoii’e municipal de Paris on fit, il y a quelques années, une série d’analyses des produits de parfumerie du commerce au cours desquelles il fut montré que certaines spécialités anglaises vendues à grand renfort de réclame en petits flacons revenant environ à 20 francs le litre, étaient tout simplement des solutions aqueuses de sels de plomb colorées et parfumées ! Aussi est-il facile et beaucoup plus économique de préparer soi-même une teinture pi’Ogressive en faisant dissoudx’e dans de l’eau ordinaire, parfumée au besoin selon les goûts, environ 5 grammes d’acétate de plomb par litre. Appliquée chaque jour sur des cheveux blancs, la lotion les teint peu à peu en .brun pâle, brun roux puis gris noir : on entretient la teinte en continuant l’emploi. La teinture est produite sous l’action du soufre contenu dans les cheveux (la kératine, constituant des poils, en contient jusque 8 pour 100) : il y a formation de sulfure noir insoluble, la réaction s’effectuant lentement à mesure que le plomb pénètre la substance des cheveux. Les teintures progressives doivent être employées avec précaution; certains tempéraments sont en effet très sensibles à l’action du plomb et l’on a constaté des effets toxiques dus à l’application de ces teintures sur certains sujets particulièrement réceptifs. Il y aurait un effet analogue à celui constaté chez les peintres. Aussi devra-t-on cesser toute application dès la perception des premiers malaises.
- L’Exposition horticole. — L’Exposition horticole d’automne consacrée aux chrysanthèmes, fruits, fleurs et légumes de saison, ainsi qu’aux industries et beaux-arts horticoles, organisée par la Société nationale d’Horticul-ture de France, ouvrira ses portes au Cours-Ia-Reine à Paris, le vendredi 5 novembre, pour les fermer le dimanche 14.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- **> Automobilisme
- Mise en marche automatique Panhard-Levassor
- (brevets Saurer). — Nous allons déciûre très sommairement la mise en marche automatique du moteur adoptée par les établissements Panhard et Levassor. Nos lecteurs savent que cette question est l’une des plus intéressantes de celles qui restent à résoudre définitivement en automobilisme.
- L’ensemble de l’installation nécessaire pour réaliser la mise en route du moteur depuis le siège du chauffeur comprend un compresseur d’air, un contrôleur-distri-buteur, une culotte de distribution d’air comprimé fixée sur les cylindres du moteur, un réservoir à air comprimé d’une capacité de 10 litres, un manomètre et une commande mécanique.
- Le compresseur repose sur l’arbre de transmission et sur un support fixé à la traverse du châssis; il est actionné par un jeu d’engrenages dont le pignon de commande monté sur l’arbre de transmission forme train balladeur. Cet appareil est destiné à remplir le réservoir d’air. Le contrôleur-distributeur est fixé au châssis ; il permet d’établir par un jeu de soupapes la
- Point mort
- / I Embrayage du Compresseur
- Misé en msrrh*
- Fig. i. — Schéma de la mise eu marche automatique Panhard-
- Levassor.— T, traverse supportant le compresseur: CD, levier de commande du distributeur; ü, levier de commande de la fourchette du compresseur.
- communication entre le compresseur, le réservoir d’air comprimé et les autres organes que nous avons énumérés plus haut, ainsi que le montre la figure schématique- représentant cet appareil.
- Examinons notre figure i. Si le levier de commande L occupe la position i sur le secteur fixé au garde-crotte le compresseur est embrayé par les leviers de renvoi AB et la fourchette O. Dans le contrôleur-distributeur (fig. 2) la soupape de départ d’air F à la culotte de distribution est fermée. Il faut avoir soin d’ouvrir la communication entre le compresseur et le réservoir, en agissant sur le volant M, pour assurer le remplissage de ce réservoir, ce remplissage doit être effectué lorsque le manomètre placé sur la planche du garde-crotte accuse une pression inféi'ieure à 6 ou 8 atmosphères, il s’effectue généralement pendant la marche, si on le fait à l’arrêt, il faut mettre le levier de changement de vitesse au point mort, les freins sur roues étant desserrés. Lorsque le manomètre indique 25 atmosphères on débraye le compresseur. .
- Pour procéder au lancemeut du moteur, on met le levier L dans la position 3. Par les leviers de renvoi A et B le levier D du contrôleur-distributeur ouvre la soupape de départ d’air F (fig. 2) et met en communication le réservoir avec le tiroir distributeur de la culotte de distribution. Ce tiroir rotatif (fig. 3) est muni de fenêtres qui ouvrent, suivant la position de l’arbre manivelle, l’un des conduits de la culotte de distribution; l’air comprimé peut alors se rendre dans le cylindre par la soupape automatique d’admission. Ces soupapes sont fermées par un ressort tel qu’une dépression de 3/io d’atmosphère ne puisse les ouvrir, tandis qu’elles cèdent à l’excès de pression de l’air comprimé. L’arbre du tiroir distributeur reçoit son mouvement
- par engrenages coniques dont l’un est calé sur l’arbre des eaux d’échappement. Le tiroir est toujours orienté de manière à alimenter le cylindre qui était à l’arrêt de la voiture, à la période d’explosion.
- La position 2 du levier L correspond au point mort. C’est la position de repos : le compresseur est débrayé
- R «--
- Fig. — Schéma du contrôleur-distributeur. — R, vers le réservoir; C, vers la culotte de distribution; F, soupape de remplissage du réservoir; Y, vers le compresseur; R, vers le raccord; M, vers le manomètre.
- et dans le contrôleur-distributeur la soupape de départ d’air F est fermée. En cas de longs arrêts de la voiture l’air comprimé peut être retenu dans le réservoir au moyen de la soupape E commandée par le volant M. Lorsque la voiture roule cette soupape est toujours ouverte.
- Le système de mise en marche automatique peut également être employé au gonflement des pneus soit à l’aide du réservoir à air comprimé, soit avec le compresseur. Dans le premier cas on commence par fermer la communication avec le réservoir en agissant sur le volant M, puis on visse sur le contrôleur-distributeur le raccord allant au pneumatique et portant le manomètre contrôleur de pression. Il ne reste plus qu’à ouvrir doucement la soupape du volant M, l’air comprimé se rend directement au pneu. Si l’on veut gonfler directement avec le compresseur, l’opération s’effectuera plus lentement, mais le gonflement sera moins dangereux pour la chambre à air. Dans ce cas on ferme toutes les soupapes et on embraye le compresseur comme s’il s’agissait de remplir le réservoir.
- Certaines règles sont à observer pour ce qui concerne l’entretien de ce nouvel appareillage mécanique. C’est ainsi que, pour que le tiroir de distribution soit bien réglé, il faut qu’il commence à ouvrir lorsque le piston correspondant est déjà descendu de 5 à 7 mm
- Fig. 3. — Mise en marche automatique sur le moteur. — T, tiroir distributeur; C, culotte de distribution d’air; A, axe vertical de commande; S, soupape.
- après le point mort haut de compression. De même, la soupape de départ d’air F ne doit s’ouvrir que pendant la période de mise en marche ; elle doit rester fermée au point mort et pendant la charge de la bouteille-réservoir. Les soupapes doivent toujours être propres
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- et bien coller sur leur siège. Ou graisse avec de l’huile oléonaphte dans le graisseur à niveau situé à la piartie inférieure du compresseur. On met aussi quelques gouttes d’huile aux articulations de commande des leviers. Enfin, si l’on observait un non-fonctionnement du système, il faudrait resserrer les raccords et refaire les joints, car lé défaut résiderait certainement dans la présence des fuites.
- *»> Mécanique
- Cale ajustable. — C’est une petite nouveauté réellement intéressante ; elle supprime bien des difficultés aussi bien en automobilisme que dans tous les cas où l’on a besoin de maintenir en place un objet soumis à des trépidations. Les cales ordinaires se déplacent constamment et l’objet ne tarde pas à danser sur son
- siège au grand désespoir du chauffeur, s’il s’agit par exemple, d’immobiliser convenablement les accumulateurs à l’intérieur de leur caisse.
- Cette cale est constituée par un écrou et une vis. L’écrou circulaire E comporte une embrase D et une molette M. Il reçoit une vis à tête très large B. On comprend de suite que la cale s’allonge lorsque l’on tourne la molette ; par conséquent, l’accumulateur peut être serré aussi fortement qu’on le désire contre la paroi de la caisse. —La cale ajustable est en vente à l’adresse suivante : Peto and Radford, ioo, Hatton Garden, London E. C.
- Jouets
- Le roulis-bilboc. —: Une petite table de billard est montée sur une articulation sphérique placée au centre pour lui permettre d’osciller dans tous les sens. A côté, un pied porte un curseur auquel sont fixés trois fils métalliques recourbés terminés chacun par un fil et un petit crochet qui sert à suspendre chacune des trois billes du jeu de billard. Çes billes doivent se tenir à une hauteur déterminée au-dessus de la table. Le troisième organe du jeu est une toupie dont la partie supérieure a été évidée en demi-sphère de diamètre égal à celui
- des billes. On lance la toupie avec un remontoir ordinaire; elle se promène sur la table de billard. Le jeu consiste à l’amener au-dessous de l’une quelconque des trois billes. Lorsque le joueur lui a fait occuper cet emplacement en agissant sur la table qu’il incline dans un sens ou dans un autre suivant les besoins, il appuie sur le levier L placé sous la table, et à l’aide duquel il soulève le billard. La toupie doit alors recevoir la bille dans sa partie évidée et la décrocher de son support. Après quoi les deux objets continuent à tourner. C’est là un gentil petit jeu d’adresse. — Ce jeu se trouve chez l’inventeur M. Richer, 73, rue Lecourbe.
- Les anneaux lumineux. — Jeu d’adresse agrémenté par des lampes électriques. Une planchette en bois porte une lampe électrique à chaque extrémité. Entre les lampes sont disposés des cônes en bois pourvus, à leur base, de deux contacts électriques opposés*
- Le jeu étant placé sur une table devant les partenaires, il s’agit de couronner deux cônes non voisins avec les anneaux pour obtenir l’éclairage d’une couleur gagnante :
- rouge ou vert. Le nombre total des points s’obtient en additionnant tous les anneaux placés. La difficulté consiste donc à éviter les cônes voisins; les circuits des lampes sont disposés de telle sorte que, l’un des cônes
- étant couvert, il faut, pour faire sortir une couleur, couvrir non le voisin mais le suivant.
- Ce jeu, tout en acajou, est facilement transportable ; les lampes, à filaments métalliques, sont alimentées par deux piles sèches logées dans le bâti. — On trouve ces Anneaux lumineux, chez M. Bongrain, 41» rue des Martyrs, à Paris.
- Divers
- Clef à ressort d’arrêt. — Pour empêcher la clef ordinaii'ement employée pour le serrage ou le desserrage des écrous à ne pas quitter l’écrou lorsqu’on change de main, par exemple, il suffit, comme l’indique le Scien-tific American, de fixer un ressort R à l’intérieur. Ce ressort est surtout applicable aux clefs à douille ; pour les autres il paraît assez difficile de le placer, car il ne doit pas être disposé à l’endroit où l’écrou vient appuyer sur la clef, endroit qui dans les clefs ouvertes, est placé en un point quelconque des deux mâchoires. Dans celle à douille, au contraire, les deux mâchoires opposées A et B peuvent seules travailler.
- Tarauder un trou plus gros que le taraud. — The
- Model Engineer and Electrician indique, pour résoudre ce petit problème, le dispositif suivant.
- On découpe un morceau de cuivre C de telle façon qu’il remplisse une des gouttières du taraud. Cette pièce, bien serrée, forcera les dents du taraud à mordre dans le métal de la pièce à tarauder du côté opposé à celui où il se trouve. Les dents placées à droite et à gauche du taraud ne mordent pas, mais il suffit que les premières entaillent la pièce à tarauder. Le même procédé peut s’employer également avec les alésoirs.
- Agrafe et pince à boutons. — Cette nouvelle agrafe et la pince qui l’accompagne ont été imaginées pour permettre à chacun de poser soi-même, mécaniquement, les boutons de bottines sans être obligé de recourir à l’appareil dont se servent les marchands de chaussures.
- La pince est aussi simple que le montre notre dessin. Une extrémité est recourbée presque à angle droit et vient , se loger, lorsque l’on appuie sur les branches, dans un évidement ménagé à cet effet dans , la branche qui lui est opposée. On perce ainsi très facilement le cuir de la chaussure. Cela fait on engage l’anneau brisé de l’agrafe dans le trou et. on met le bouton en place en l’engageant dans l’anneau, comme s’il s’agissait d’une clef, Cêt anneau étant fait d’une seule pièce avec la base qui, elle, s’applique sous le cuir, le bouton tient parfaitement en place. Yoilà un outil de ménage très pratique. — Les agrafes et la pince sont vendus par M. Leclère, i3, rue de Saintong'e, à Paris.
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- RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations faites à l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, en septembre 1909, par M. Ch. Dufour.
- Considéré dans son ensemble, le mois de septembre 1909 est plutôt froid et humide. La températui’e moyenne i3°,64, est inférieure de i°., 1 à la moyenne des 35 années (1874-1908) et à la normale des 5o ans (1851-1900).
- La période la plus froide est celle du ier au 9 pendant laquelle les moyennes diurnes sont chaque jour inférieures d’au moins 20 à la normale des dates correspondantes; l’écart atteint même 4°>6 le ier et le 2. Le minimum absolu de la température 4°>9> se produit
- !e 4. ,
- L’humidité relative moyenne, 84,7> est supérieure à la normale de 4 pour ioo. On a observé en effet, à 27 jours différents des états hygrométriques égaux à 100 qui se sont maintenus pendaut plusieurs heures consécutives et parfois toute la nuit.
- La hauteur mensuelle de pluie atteint à peine la moyenne générale malgré une chute importante de 22mra,2 le 10, en 5 heures et demie.
- Il y a eu 5 jours d’orages; on n’en compte généralement que 3 en septembre. Un des orages du 18 a été accompagné de grêle. On note 8 jours de brouillard.
- Comme la température de l’air, celle de la Marne est relativement basse : i6°,6; la hauteur de la rivière, 2m,o8 est normale.
- Une perturbation magnétique d’une intensité exceptionnelle s’est produite le 25 septembre.
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 758mm,i2; minimum absolu, 752mm,o le 5 à 4h25ra; maximum absolu, yGSmm,5 le 24 à 11 heures; écart extrême, i3mm,5.
- Températui’e. — Sous l’abri : moyennes : des minima, 90,08; des maxima, 190,09 ; du mois, i4°,o8; des 24 heures, i3°,64; minimum absolu, 4°>9 4; maxi-
- mum absolu, 23°, 1 le 17. Amplitudes diurnes : moyenne du mois, io°„oi ; la plus élevée, i4°,9 Ie 4; plus faible, 3°,7 le 9. — Sur le sol gazonné : moyennes : des minima, 70,27; des maxima, 36°,26; minimum absolu, 20,2 le 4; maximum absolu, 4‘-4°>9 le ï7 le 24- —: Dans le sol gazonné : moyennes du mois ; profondeur om,3o : à 9 heures, i5°,26; à 21 heures, i5°,63; profondeur om,65 : à 9 heures, 15°,56; à 21 heures, i5°,54; profondeur, 1 mètre : à 9 heures, i5°,52, à 21 heures, i5°,5o. — De la Marne : moyennes : le matin, 160,62; le soir, i7°,o3; minimum, 150,92 le 29; maximum, i8°,34 le Ier.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 9ram,70; minimum, 5mm,7 le Ier à 14 heures; maximum absolu, i3mm,9 le 23 à i5 heures. __
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 84,7 ; minimum 39, le 3 à 14 heures; maximum 100 à 27 dates différentes.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,02; minimum, 0,4 le 3; 2 jours entièrement couverts, le 8 et le 9.
- Insolation : durée possible, 376 heures; durée effective, 157h 4 en 28 jours; rapport, 0,42.
- Pluie : total du mois, 49mra>5 en 26h 8.
- Nombre de jours : de pluie, i3; de pluie inappréciable, 3; de grêle, 1 ; d’orage, 5; de brouillard, 8; de brume, 14 ; de rosée, 20; de halos, 7.
- Fréquence des vents : calmes, 14.
- N. . . . • 91» S. E. . . . 5i W • • • • 12
- N. N. E . . 108 S. S. E . 40 W N. W. 8
- N. E . . • 7^ S 63 N. W . . 37
- E. N. E . . i3 S. S. W . . 38 N. N. W. 43
- E. . . . . 23 S. W . . . 55
- E. S. E . . 3i w. s. w. . 14
- Vitesse du vent en mètres par seconde moyenne des
- 24 heures, 2m,58; moyennes diurnes : la plus grande, 5m,i le 9; la plus faible, om,9 le 20; vitesse maximum en i5 minutes, 9“,4 le 5, de 8h45m à 9 heures par vent
- N. N. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,o8; minimum, i.m76, le 6; maximum, im,o,y le 16.
- Comparaisons aux valeurs normales : pression, -^•omm,52; température, —i°,i3; tension delà vapeur, — omm,29; humidité relative, -J-4,3; nébulosité, +0,80; pluie, —omm,5; jours de pluie, -{ 1; insolation, —3h9-
- Taches solaires : on a suivi i3 taches ou groupes de taches en 25 jours d’observations. Le Soleil a paru dépourvu de taches le 14 et le 17.
- Perturbations magnétiques : Très faibles les 6, 7, 15, 27, 28; faibles du 3 au 5, les 8, 9, 22, 26; modérées le 21 et le 3o; très grande le 25.
- Radiation solaire : La radiation solaire a été observée 18 fois à 10 dates différentes; les valeurs les plus élevées sont : ical,2o8 le 25 à nh5im; i“aI,234 le 10 à 1 ih 28” ; ieal,253 le 10 à 1 ih 35m.
- Mouvements sismiques : Le 8, début à i7hi2ra (t. 1.); phase principale de i7h5om à 18 heures; le 11, phase principale de 5h 37“ à 5h46m (t. 1.); le 16, début 20h 12“ (t. 1.); phase principale à 20h34“.
- Floraisons : Le 5, helianthus orgyalis; le 10, heliân-thus rigidus; le 20, veronica speciosa; le 26, aster oeil-de-Christ; le 29, aster blanc.
- HYGIÈNE ET SANTE
- Le massage dans les dermatoses de la face. —
- Les maladies de peau sont nombi’euses; leur nomenclature comprend, comme en botanique, des variétés, des genres et sous-genres. Nombreux aussi sont les sujets qui sont atteints de ces affections, la plupart du temps peu graves, mais infiniment désagréables. Toujours pénibles à voir, elles s’accompagnent souvent de démangeaisons cruelles, de suintements repoussants. Le vêtement masque les taches, les saillies, les rougeurs, mais quand le mal siège à la face, impossible de le dissimuler, et dame : l’esthétique s’en ressent.
- Un de nos plus brillants dermatologues le Dr Jacquet, conseille pour un certain nombre de ces dermatoses faciales un traitement qui paraît, au premier abord un peu singulier, mais il a fait ses preuves, car.nombre de malades s’en sont trouvés fort bien et lui ont dû une guérison radicale. C’est du massage qu’il s’agit, massage de la peau de la face, du front, des paupières, des joues, d’une façon répétée et systématique. Ce massage a son indication principale dans les prurits, les eczémas, la séborrhée, la couperose et les diverses variétés d’acné.
- Voici comment procède M. Jacquet : à coups serrés, il presse en tous sens entre la pulpe des doigts, les tissus de la face entière, sur toute son épaisseur, cela pendant quelques minutes. Puis il reprend le pétrissage de la peau seule, à coups menus et pressés, en procédant méthodiquement du centre à la périphérie. Pas d’effleurages, dit-il, pas de tapotages, de tourbillons, de manœuvres destinées à faire croire à je ne sais quel pseudomagnétisme et au fluide de l’opérateur. A la place de cette technique prétentieuse, une excitation mécanique graduelle. Tout est là : commencer faiblement, augmenter l’énergie et la durée des pressions et aller, en huit oü quinze jours, suivant les cas, au bout de’ sa force, c’est-à-dire faire subir aux tissus un véritable entraînement. Pour que le procédé soit bien efficace, il faut que chacune des pressions soit aussi brève que possible ; c’est grâce à cette instantanéité de la pression et à la rapidité de leur exécution qu’on obtient la réaction maximum de la surface cutanée. Pour faciliter ces manœuvres, il faut recouvrir la peau d’une bonne couche de poudre, poudre de riz ou talc. Un des élèves de Jacquet, M. Leroy, qui a appliqué avec succcs
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- HYGIENE ET SANTE
- le traitement de son maître, dans de nombreux cas de dermatoses faciales, conseille le mélange suivant :
- Amidon de riz..........ioo grammes.
- Kaolin................... 5o —
- Talc..................... 5o —•
- Magnésie calcinée .... 5o —
- Oxyde de zinc........... 5o —
- Pour l’agrément des malades, on peut parfumer la poudre avec l’odeur préférée, bergamotte, lavande, violette, roses, etc.
- Ces séances de massage, qui, pour être efficaces, doivent être quotidiennes, ne laissent pas que de fatiguer beaucoup et l’opérateur et surtout l’opéré. Elles provoquent, en effet, une vive congestion avec sensation de chaleur, de cuisson, une sorte de turgescence des tissus qui rend sur le moment beaucoup plus apparentes les saillies, les papules et les taches. Mais cette réaction vive ne dure pas en général plus d’un quart d’heure, une heure au plus. Au bout de ce temps, on observe la décongestion des tissus, une diminution des rougeurs, une teinte plus pâle des téguments. Je n’entre pas dans les détails relatifs au manuel opératoire pour chaque région spéciale de la face, le nez, les paupières, les joues; il est nécessaire d’apprendre consciencieusement les manœuvres pour les bien faire. C’est ainsi qu’il faut avoir soin d’exprimer toute humeur normale ou pathologique contenue dans la peau, vider les comédons, les lilaments séborrhéiques, les petits foyers de suppuration intradermiques; c’est assez dire que ce massage ne peut être pratiqué à la légère par le premier venu. Il est besoin tout au moins d’une éducation préalable.
- Le massage, ainsi exécuté, remédie au défaut d’éner-
- gie des tissus malades; mais il serait sans effet, sans résultats et à peu près inutile s’il n’était accompagné non pas d’un traitement local, mais surtout d’une hygiène bien comprise. M. Jacquet estime que dans un très grand nombre de cas de dermatoses, il existe des troubles digestifs qui viennent provoquer ces manifestations cutanées, troubles digestifs dus la plupart du temps à ce qu’il appelle la tachyphagie, c’est-à-dire l’absence de mastication. On mange trop vite, on mâche à peine les aliments et il en résulte une irritation gastrique qui amène graduellement un mauvais fonctionnement des vaisseaux et des glandes de la peau. Ce n’est pas là une simple vue de l’esprit, il est certain que beaucoup de gens pressés par les exigences de notre vie fiévreuse, manquant d’appétit ne se donnent pas le temps voulu pour les repas, mastiquent d’une façon insuffisante et provoquent, en ingurgitant des alimènts qui ne sont pas mâchés, triturés comme ils devraient l’être, des troubles digestifs permanents. Quel est donc ce sage qui disait que la nature nous avait fourni trente-deux dents pour mastiquer trente-deux fois les aliments. Sans aller jusqu’à cette trituration exagérée, il faut s’astreindre à bien broyer ses aliments et comme le massage n’est que le complément de ce premier acte thérapeutique, j’engage les adolescents dont le visage se couvre de ces efflorescences désagréables qu’on appelle l’acné, les malades atteints de couperose ou d’eczéma de la face, à commencer par bien mâcher, à n’être plus tachyphages, ils auront l'éalisé à eux seuls la moitié et souvent la totalité de la thérapeutique et seront guéris avant d’être obligés de se faire masser le visage. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour colorer le cuivre jaune en brun. — La
- méthode est indiquée par le National Druggist. Elle consiste à faire dissoudre, dans 1000 parties d’eau distillée ou d’eau de pluie, 5 parties d’acétate de cuivre et autant de chlorure d’ammonium; on laisse reposer quatre heures et l’on additionne de i5oo parties d’eau. On polit alors et rend bien brillante la surface en cuivre à traiter, après l’avoir nettoyée de toutes les substances graisseuses qui pourraient y adhérer; on place l’objet sur un feu de charbon de bois, et on l’échauffe jusqu’à ce que le métal grésille quand on le touche du bout du doigt mouillé. On étend finalement la solution préparée sur la surface métallique, soit à l’aide d’un pinceau, soit au moyen d’un chiffon.
- Arrosage, lavage hygiénique pour habitations. —
- Voici un procédé indiqué par la Revue de chimie industrielle. On mélange intimement : 65o grammes, huile de créosote, dont la teneur en phénol va jusqu’à 60 pour ioo avec 35o kg d’une dissolution de caséine qui con-
- tient 12 kg de caséine avec 12 kg d’ammoniaque liquide. On obtient ainsi un liquide plus ou moins blanchâtre, qu’on peut mélanger avec de l’eau dans n’importe quelle proportion.
- Encre pour écrire sur le calicot. — C’est-à-dire servant aux enseignes et impressions du même genre : on mélange par broyage un peu de noir végétal et de vernis à l’asphalte, si l’on veut une coloration noire, ce qui est le plus ordinaire, et on dilue avec de l’essence. Pour les autres couleurs, il faut les additionner par broyage de vernis de doreur.
- Composition pour rendre le liège imperméable aux vapeurs huileuses. — Elle réussit également pour le bois, etc. On la compose de 2 parties de gélatine ou de bonne colle-forte, d’une demie à 1 p. de glycérine et de 6 p. d’eau; on peut y ajouter quelques gouttes d’essence, par exemple de wintergreen (pyrole) pour l’empêcher de moisir et de se décomposer. On y trémpe le liège à traiter.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits.— Le
- système de suspension des lampes électriques à arc se trouve chez M. René Baron, 65, rue Sainte-Anne, Paris.
- Communications. — Vécartement des rails sur les voies ferrées en Europe. — Un de nos lecteurs nous rappelle fort justement, à propos d’un renseignement donné dans notre avant-dernier numéro que l’Espagne et la Russie font exception à la règle générale en matière
- d’écartement de rails. Au lieu de la voie normale de i,445 m., la Russie a une voie de i,523 m. et l’-Espagne de 1,736 m.
- Renseignements. —Dr Marco Dutto, à Gualegaychu. — Vous trouverez des renseignements dans l’ouvrage : Fabrication de la cellulose, par M. Schubert, traduit de l’allemand, par Bibas, chez Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris. Prix : i5 francs.
- DT Grinda, à Saint-Martin (Vésubie). — Vous trouverez des calendres pour le linge chez Allez frères, 1, rue Saint-Martin, Paris; Decoudun, 9, rue Friant, Paris. — Nous ne connaissons pas d’adresses pour les petites machines à faire le pain.
- M. Fossez-Brioux, à Château-Porcien. — L’eau acidulée des accumulateurs comprend en général x vol.
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- BOITE AUX LETTRES
- «l’acide et 5 à 7 vol. d’eau, ce qui correspond à une densité de 1,18 à *, x4. Avoir soin de prendre de l’acide pur et de l’eau pure : faire le mélange avec précaution en versant l’acide dans l’eau. Si vos plaques sont sulfatées le démontage est nécessaire. En général on n’immobilise pas l’acide, mais les plaques, par des procédés du reste assez délicats.
- M. Yolti, à Madrid. — Voici une colle qui répond, croyons-nous, à votre desideratum : Mêler poudre de caséine : xoo gr. et eau : 600 gr. Ajouter 10 gr. de sel ammoniac et faire dissoudre à chaud, mais sans laisser bouillir. On commence par enduire de cette colle la face du caoutchouc; et on laisse sécher. On fait chauffer un peu le produit et on l’applique sur le cuir. On peut joindre alors le cuir et le caoutchouc.
- G. V. Æ — Un aviateur théoriquement, peut planer tout aussi bien à grande hauteur que près du sol. Mais il ne peut s’élever qu’assez lentement; car les appareils actuels n’ont qu’une limite très faible d’inclinaison. L’appai’eil pour s’élever doit donc décrire des spirales
- très allongées et effectuer un parcours très long ; pour s’élever à i5o m., l’aviateur doit parcourir une trajectoire de deux eu trois kilomètres. 11 se trouve de plus aux prises avec des courants aériens qui peuvent être assez variables et le gêner dans sa marche ascendante. Aussi est-ce, dans l’état actuel, un tour de force que de s’élever à une certaine hauteur.
- Pour colorer l’ivoire en rouge préparer une solution de fuchsine ou d’éosine d’un demi-litre environ, dans une capsule de porcelaine, y placer la bille qui doit plonger entièrement. Le bain doit être tiède, y ajouter une goutte ou deux d’acide sulfurique; y laisser la bille 3/4 d’heure en la tournant de temps à autre.
- M. X., à Z. — Ouvrages sur la cuisine végétarienne : Dr Ern. Nyssens, La Cuisine rationnelle. Paris, 1900, chez J. Morand, 13, rue Froissard. Prix : 1 franc; La Table du végétarien, publié par la Société végétarienne de France, 24, rue Chariot, Paris, 1907. Prix : 4 francs ; Dr Montensis, L’Alimentation et la cuisine naturelle dans le monde. Paris. Maloine. Prix : 3fr,5o.
- J&D
- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- L’appareil à recommander les lettres : Lucien Fournier. — L’industrie et les armées modernes : Capitaine L. — L’oiseau-mouche dans son habitat : Y. Forbin. — Les rayons ultra-violets et la stérilisation des boissons : G. Louciieux. — La houille blanche au Japon : Roger Ducamp. — La forêt de colonnes bulgare : L. De Launay. — Académie des sciences; séance du 11 octobre 1909 : Cii. de Vieledeuie. — Le centenaire de la navigation à vapeur.
- Supplément. — Les nouvelles locomotives du P.-L.-M. — Los plus grands générateurs électriques du monde. — Comment on exporte la force hydraulique. — Une grande usine à ozone pour Saint-Pétersbourg. — Le recensement des dirigeables et aéroplanes. — La Presse en Chine. — Le « quebracho », etc. — L’éruption des tourbières de Kilmore (Irlande).
- Service d'études des grandes forces hydrauliques des Alpes. Tome III : Résultats des études et travaux, puoliés par la direction de l’hydraulique et des améliorations agricoles du ministère de l’Agriculture. H. Dunod et E. Pinat. Grand in-8 de 688 pages, avec figures, 7 planches, 14 cartes en couleurs, 3o graphiques hors texte et nombreux tableaux. Prix : 3o fr.
- La Direction de l’hydraulique et des améliorations agricoles du ministère de l’Agriculture a organisé un service spécial d’études des grandes forces hydrauliques de la région des Alpes. Ce nouveau volume donne le compte rendu des progrès accomplis et des résultats acquis par ce service pendant les années 1906 et 1907.
- La houille verte. Mise en valeur des moyennes et basses chutes d’eau en France, par Henri Bresson. Préface de Max de Nansouty. 2e édition augmentée. H. Dunod et E. Pinat. Paris. In-8 de xxn-335 pages, avec 129 figures et 1 planche. Prix : 8fr,5o.
- Dans la première édition de son ouvrage, M. Bresson, en donnant la nomenclature dés utilisations de la houille verte, en 1906, dans lès départements de la région normande, a fait ressortir combien les ressources encore disponibles étaient importantes. Cette fois, M. Bresson a élargi le cadre de ses recherches antérieures et étendu ses investigations aux bassins de la Seine et de la Loire en présentant les résultats sous la forme plus condensée d’un Dictionnaire de rivières. Il donne pour chacun de ces deux bassins, la nomenclature de nombreux cours d’eau susceptibles d’être utilisés pour la production de l’énergie électrique, ainsi qu’un grand nombre de renseignements utiles.
- Le vol naturel et le vol artificiel, par sir Hiram S. Maxim, traduit de l’anglais par le lieutenant-colonel Espitalier. H. Dunod et E. Pinat, Paris. In-8 de xx-238 pages, avec 104 figures. Prix : broché 6 francs, cartonné, ytr,o,5.
- Les succès, aussi rapides qu’imprévus, de l’aviation ont fait éclore toute une littérature spéciale. Hiram Maxim — plus connu par les canons qu’il a inventés — est un véritable précurseur de 1 aviation, car ses principales expériences datent de 1889. Ce sont ces expériences que sir Hiram Maxim a relatées dans 1 ouvrage que le lieutenant-colonel Espitallier vient de traduire en français.
- Researches on fungi..., par A. H. Reginald Buller, London, Longmans, Green and C°. 1909, 1 vol. in-8°, 285 p. et pl. 12 shill. 6.
- Très remarquable contribution à la physiologie et à la morphologie de la reproduction dans le vaste groupe des champignons hyménomycetes, et aussi de quelques basomycètes. Les planches sont remarquables de netteté et de présentation.
- Les végétaux : leur rôle dans la vie quotidienne, par D. Bois et G. Gadeceau, Paris. Pierre Roger et Cic, 54, rue Jacob, 1909, 1 vol. in-8°, 36op. Prix : 4 francs.
- Cet ouvrage est dû à la collaboration de M. Bois, assistant au Muséum et de M. Gadeceau, dont nos lecteurs ont pu apprécier le talent ici même.. Ils ont réussi à faire une véritable histoire de 1 utilisation des végétaux par l’homme et du rôle des végétaux dans la vie humaine. Après avoir montré le rôle des plantes dans la nature et l’influence de l’homme sur la végétation, les auteurs passent tour à tour en revue les plantes alimentaires, légumes et céréales, les plantes cultivées pour la production des boissons, les plantes oléifères, saccliarifères, féculentes, fourragères, les
- . bois, les plantes textiles, tinctoriales, les plantes à caoutchouc, les plantes résineuses, gommifères. Nous signalons particulièrement les pages consacrées aux plantes à parfum, ainsi qu’aux plantes médicinales et vénéneuses.
- La naissance de l'intelligence, par George Bohn. Paris. Flammarion. 1909. 1 vol. in-18. Prix : 3fr,5o (Bibliothèque de philosophie scientifique.)
- Ce remarquable ouvrage est, tout d’abord, un exposé de l’état actuel des problèmes de la psychologie animale. Depuis moins de dix ans, celle-ci s est trouvée complètement renouvelée, grâce à la publication, surtout en Amérique, d’un grand nombre de travaux importants conçus dans un esprit réellement scientifique. L’auteur essaie de donner une systématisation de ceux-ci, la plupart perdus dans des revues techniques, et s’appuyant, d’autre part, sur ses recherches personnelles, il montre, par des exemples concrets, comment ou arrive à faire l’analyse des actes des animaux. On lira avec un vif intérêt les pages consacrées à la Dynamique des phénomènes psychiques, aux rapports qui relient intimement entre eux les phénomènes biologiques et psychologiques, aux rythmes vitaux, à la sensibilité différentielle, et à leurs com-
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- BIBLIOGRAPHIE
- binaisons avec les tropismes. L’auteur s’y montre mécaniste tout en répudiant naturellement le mécanisme grossier des imitateurs de Descartes.
- Le Mécanicien- Wattman, guide pratique concernant le fonctionnement, la conduite et l’entretien des omnibus, camions et voitures automobiles, automotrices de tramways et de chemins de fer, métropolitains et chemins de fer électriques, par Pieb.be Guédon et Paul Liot. H. Dunod et Pinat. Paris. In-8 de xiv-772 pages, avec 5go figures. Prix : broché, 10 francs.
- Des notions techniques exactes et assez étendues — exigées d’ailleurs lors des examens du Service du contrôle des tramways, du Métropolitain et des véhicules automobiles— sont nécessaires pour faire naître et développer les qualités d’observation et de raisonnement judicieux sans lesquelles il n’est pas de bon
- mécanicien. Les conducteurs puiseront cës connaissances dans le Mécanicien-Wattman, écrit à leur intention par deux très anciens praticiens de la Traction mécanique des véhicules.
- Le Ilachich, Essai sur la Psychologie des Paradis éphémères, par Raymond Meunier, i vol. 219 pages avec 3 planches hors texte. Prix : 3 francs in. Bibliothèque de Psychologie expérimentale et de Métapsy-chie. Bloud, éditeur, 7, place Saint-Sulpice. Paris (VIe), 1909.
- Travail et Folie. Influences professionnelles sur l’étiologie psychophatique, par MM. les Dr* A. Marie (de Villejuif.) et René Martial, i vol. in-16. Bibliothèque de Psychologie expérimentale et de Mélapsychie. Prix ; ir‘,5o. Bloud, édideur, 7, place Saint-Sulpice, Paris (VIe). — En vente chez tous les libraires.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 ocl. 1909.. 5V S. S. E. 1. l‘cu nuageux. 9 Rosée; brunie; peu nuageux.
- Mardi 12. 9°,1 S. 0. Très nuageux. 0,0 Rosée; brume; gouttes a 7 h. 15 et 8 h. 30; presque couvert.
- Mercredi 13 14°,0 S. 2. Nuageux. 9 Rosée ; nuageux.
- Jeudi 14 10°,5 S. w. 1. Couvert. 10,8 l'luie de 2 b. à 7 h.; peu nuageux.
- Vendredi 15 7°, 9 S. 2. Très nuageux. 0,0 Rosée; gouttes à 17 b.; très nuageux jusq. 14 b.; couvert ensuite.'’
- Samedi 16 11°,4 S. 2. Très nuageux. 9 Rosée; halo ; très nuageux.
- Dimanche 17 11°.7 S. 0. 0 5 Rosée: presque couvert: pluie l'après-midi;
- OCTOBRE 1909. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 OCTOBRE 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 11 au 17 octobre. — Le 11. Basses pressions s’avançant de l’Atlantiquë sur l’O. : Valentia, 747 ; pointe de Bretagne, 759 ; Biarritz, 761; anticyclone persistant sur le Centre et l’E. ; Helsingfors, 772. Pluies sur le S.-E. et l’O.; en France : Cherbourg, 4’> Cap de la Hague, 3; Nantes, Brest, 2; Lorient, 1. Température du matin : Kuopio, 3°; Paris, 6; Alger, 20; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris : ii° (normale : io°,8). — Le 12. Dépressions sur tout le N.-O. : îles Feroé, 744; Valentia, 748; Saint-Pétersbourg, 774. Pluies sur l’O. Temp. du matin : Arkangel, 5° ; Paris, 9 ; Alger, 22 ; Puy de Dôme, 12; moyenne à Paris : i3°,3 (normale : io°,6). — Le i3. Situation stationnaire : Islande, 740; Saint-Pétersbourg, 770. Pluies de l’O. au Centre. Temp. du matin : Kharkof, 20; Paris, 14 ; Alger, 23; Puy de Dôme, i3; moyenne à Paris : i5°,6 (normale : io°,4). — Le 14. Moscou, 774; Gascogne, 767. Pluies sur le N. et l’O.; en France (orages) : Dunkerque, Toulouse, 17; Nantes, i3; Paris, 11; Clermont-Ferrand, 8; Nancy, 4-
- Temp. du matin Kief, 3°; Paris, 11; Alger, 22; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paris : n°,3 (normale : io°,3). — Le i5. Nouveau centre cyclonique près des Feroé (723), dépression sur les Iles-Britanniques, la mer du Nord, la Manche; Biarritz, 770; Moscou, 773. Pluies sur la moitié O. de l’Europe. Temp. du matin : Belfort, 20; Paris, 8; Alger, 21; Puy.de Dôme, 2; moyenne à Paris : n°,8 (normale : io°,i). — Le 16. Iles Feroé, 735; Valentia, 722. Pluies sur l’O.; en France : Gris-Nez, 4; Dunkerque, Brest, Nantes, 1. Temp. du matin : Kharkof, 20; Pai'is, ix; Alger, 20; Pic du Midi, 2; moyenne à Paris : i3°,7 (normale : 9°,9). — Le 17. Valentia, 742; Cherbourg, 7Ôo; Haparanda, 741; Moscou, 770. Pluies sur le N. et l’O.; en France : Lorient, 33; Cherbourg, 22; Boulogne, 12. Temp. du malin : Sey-disfjord, 3°; Paris, 12; Alger, 19; Puy de Dôme, 9: moyenne à Paris : i4°,5 (normale : 9°,8). — Phases de la Lune : Nouvelle Lune le 14, à 8 h. 22 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé "aux bureaux du journal : 120, Boulevard Saint-Germain, "Parit (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non Illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- SUPPLÉMENT
- N° 1901 — 30 OCTOBRE 1909
- INFORMATIONS
- L’action physiologique de l'émanation du radium.
- — On a constaté, il y a quelque temps, que l’émanation du radium était absorbée par la surface du poumon et dés intestins, mais non par la peau, du moins dans les conditions ordinaires. La majeure partie de l’émanation absorbée est rapidement éliminée par le poumon; une petite partie passe dans les fèces ; enfin on a pu en retrouver un peu dans le foie et dans la bile. Il n’en passe ni dans l’urine, ni dans la sueur.
- Nouveau procédé de désinfection des eaux potables. — Deux savants italiens, Paterno et Cingolani, ont remarqué que le fluorure d’argent en solution, détruisait en une demi-heure les germes contenus dans l’eau, quanti on l’emploie à la dose de 1 : 5ooooo6. L’eau ainsi désinfectée peut rester exposée plusieurs mois à l’air sans s’infecter à nouveau. ,
- Une curieuse utilisation du grisou. — La mine de Frânkenholz, près de “Mittelbeseback, dans la Bavière Rhénane, a imaginé une installation ingénieuse, mais qui paraît singulièrement aléatoire, afin d’utiliser le grisou, dégagé•dans certaines de ses galeries, comme on le fait parfois pour les dégagements hydrocarburés des mines de sel. La mine a une profondeur de 5oo mètres. Avant d’attaquer la couche de charbon de ce niveau, on jugea prudent du procéder à un forage de 5o mètres, afin de se rendre compte des dégagements possibles du grisou. On constata que ce gaz dangereux s’échappait ' en abondance. On créa une conduite ; de i5ôo mèt; pour l’évacuer à:la surface. En juin 1908, la pression de gaz était encore dé 12 atmosphères ; c’est alors que germa l’idée de lui trouver un usage pratique et l’on décida de l’employer au chauffage des chaudières qui alimentent les machines à vapeur de la mine. Une installation spéciale fut aménagée en conséquence.'
- La pile, à nitroïrie. — Les Annalen der Elektro-technik signalent l’apparition, sur le marché allemand, d’une nouvelle pile, dite ànitroïne, quia une longue durée de fonctionnement et qui se prête surtout à l’alimentation dès lampes électriques à filament métallique. Cette pile comprend une électrode positive creuse en charbon qui joue le rôle de diaphragme nt qui est remplie du liquide dépôlârisant, dénommé nitroïne (un mélange d’acide sulfurique, d’acide azotique et d’agents d’oxydation), ainsi qu’une électrode en zinc plongeant dans une solution de sulfate de zinc, La consommation, pour i kw-heure,1 est de 0,86 kg de zinc. La bougie-heure, là où on emploie des lampes à filament métallique, ressort à 0,375 centime. La pile en question sert à charger une batterie d’accumulateurs, laquéllé batterie alimente ensuite directement les lampes.
- La batterie photo-électrique Fleming. — M. J.rA.
- Fleming donné, dans le Philosophical Magazine, la description de son nouveau type de batterie photo-électrique que nous avons eu déjà l’occasion de signaler.
- L’élément en question consiste en un couple de plaques métalliques enfermées dans un tube en verre où l’on a fait le vide ; chacune de ces plaques est reliée à un fil de platine. La plaque supérieure consiste en un ruban de platine, tandis que la plaque inférieure est formée d’un amalgame liquide de potassium et de sodium. Dès que cette dernière plaque se trouve fortement éclairée, sa surface laisse échapper des ions négatifs qui franchissent l’espace vide ambiant et qui viennent frapper la surface de platine où ils abandonnent leur charge électrique. Ce courant intérieur peut se transmettre sur un circuit extérieur. Naturellement, on n’obtient avec cet élément que des effets très faibles, car la tension est de seulement o,5 volt, alors que la résistance intérieure s’élève à 75000 ohms. Pourtant la nouvelle batterie mé- ’ rite de retenir l’attention, car l’énergie qu’elle débite provient très probablement des rayons lumineux proje-tés sur la plaque en amalgame. Si l’on parvenait à donner à cette batterie des dimensions convenables pour que sa résistance intérieure devint égale à celle présentée par les éléments galvaniques ordinaires, on pourrait en tirer des quantités d’énergie illimitées.
- Électrification de chemins de fer en Hongrie.—
- Un très important projet d’électrification de voies ferrées est à l’étude en Hongrie où l’on se propose d’adopter la traction électrique sur toute la section comprise entre Fiume et Moravicza. On utiliserait les puissantes chutes d’eau voisines de la ville de Zengg. On 'construirait là une usine de 3oooo chevaux dont la force pourrait être distribuée à Fiume, Trieste, Abbazia.
- César Lombroso. — L’illustre anthropologiste italien, qui vient de mourir, était surtout connu en France pour certaines de ses théories psycho-physiologiques, en particulier celles sur l’homme de génie, le criminel, les stigmates du criminel, qui avaient eu un grand retentissement durant ces dernières années. Né à Vérone en 1835; Lombroso avait tout d’abord manifesté une activité surtout littéraire : poésies, romans, tragédies, reconstitutions archéologiques. Puis il avait fait des études médicales à Turin, et, dès i855, il avait publié sur les mala-, dies mentales des ouvrages tels que : Influence de la culture sur la folie, et de la folie sur la culture ; .Recherches sur le crétinisme en Lombardie, dont ce dernier lui avait attiré l’attention bienveillante du grand physiologiste allemand Virchow. Continuant dès’lors dans la même voie, Lombroso, qui ne tarda pas à devenir professeur à l’Université de Turin, où il occupa jusqu’à sa mort la chaire de psychiâtrie et de médecine légale, publia ensuite un nombre importants d’ouvrages du même genre, qui ont presque tous été traduits en français. Citons : l'Anthropologie criminelle et ses récents progrès; L'homme criminel; te crime; La femme criminelle et la prostituée; Le crime politique et les révolutions; L'antisémitisme et la sciençe moderne ; L'homme de génie. Doué d une formidable puissance de travail, d’une
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- INFORMATIONS
- vivacité d’imagination et d’une ambition justifiée d’être un penseur, Lombroso aimait les constructions hardies et les théories téméraires, ce qui lui. a valu souvent de dures critiques ; on a trop souvent oublié de dire qu’en même temps il avait toutes les prudences et toutes les patiences de l’analyse exacte, et le plus profond respect des données concrètes. Si ses théories sont appelées à se réformer ou à disparaître, il n en restera pas moins beaucoup de faits et beaucoup d’impulsions réunis ou données par lui.
- Karl Bædeker.— Nous voyons dans le Mouvement géographique (17 octobre) qu’on a célébré au commencement de ce mois, à Coblepce, le cinquantième anniversaire de là mort de Karl Bædeker, créateur de cette série de guides de voyage qui ont rendu son nom universel. Né en 1801, il tint d’abord, à Heidelberg, une modeste boutique de librairie. Ses promenades dans la région et surtout dans la vallée du Rhin, qui était déjà visitée par un grand nombre de touristes anglais, lui donnèrent l’idée de faire un guide pratique. Le premier essai ne répondit pas à ses espérances ; mais ceux qui suivirent eurent meilleure fortune, et il s’installa à Coblence. D’une ardeur infatigable, il visitait lui-même les pays, simplement vêtu, méttant ou enlevant les fameux astérisques, suivant ses constatations personnelles. La mort seule mit fin, le 4 octobre 1859, à cette extraordinaire activité. La ville de Coblence tout entière assista aux funérailles de ce travailleur, énergique et simple, doublé d’un grand patriote.
- La Société des petits fabricants et inventeurs français a clôturé comme d’habitude son exposition annuelle connue sous le nom de « Concours de Jouets » « ou Concours Lépine » par un banquet qui réunissait un très grand nombre de convives. A la table d’honneur, M. Lépine, dans une causerie pleine de bonhomie, a assuré une fois de plus son appui à la Société qu’il a fondée ; il a émis le vœu que, dans un avenir prochain, elle soit à même de fournir aux petits inventeurs peu aisés, les moyens matériels de réaliser leurs appareils. On passe parfois à côté d’une invention importante faute de pouvoir la réaliser convenablement ; elle est reprise et mise au point, par d’autres mieux outillés. Et comme exemple, il cite M. Forest, un modeste ouvrier, qui est l’un de ceux auxquels on doit le moteur à pétrole actuel et qui est loin d’avoir profité de ses inventions ; il annonce que, comme compensation, il a obtenu que, dans quelques jours, la croix de la Légion d’honneur lui sera décernée en récompense de ses travaux. Nous sommes heureux de cette distinction ; nos lecteurs retrouveront dans les nos de novembre 1887 (22 ans !) et de mai 1890, la trace de deux des ingénieuses inventions de M. Forest, relatives au moteur à pétrole.
- Les automobiles en 1909. — On compte en France, en 1909, 44769 automobiles, sans compter les taxi-autos, les autobus et les camions automobiles. Pour mesurer le chemin parcouru en quelques années par l’industrie automobile, rappelons que l’on comptait, en 1899, 1672 voitures automobiles taxées; en 1900, 2897; en 1901, 5386; en 1902, 9207; en 1903, 12984; en 1904, 17017; en 1905, 2x 523; en 1906, 26262; en 1907, 31286; en 1908, 37 586. Le département le plus riche en automobiles est naturellement la Seine, avec 9152 voitures ; vient ensuite la Seine-et-Oise, avec 2o65 voitures; la Seine-Inférieure, avec i5i2; le Nord, avec i49l’> Ie Rhône avec 1174, les Bouches-du-Rhône avec io3i. Le département le plus pauvre est la Corse avec i3 voitures seulement. ' .
- La situation économique de la Haute-Guinée. — Le
- Mois maritime et colonial (octobre 1909) résume, les constatations faites par la mission Chevalier sur la situation économique de la Haute-Guinée. Elles offrent un vif intérêt, montrant, en effet, qu’extrêmement riches, toutes les contrées groupées aux sources du Niger, sont propres à un nombre considérable de cultures : i° Le riz, base de l’alimentation indigène, se rencontre.partout en nombreuses variétés, les unes appartenant au groupe des riz d’eau, les autres au groupe des'riz de montagne. L’ensemencement se fait en mai ou en juin, quand la saison des pluies est bien établie ; la récolte a lieu du i5 octobre au i5 décembre, suivant les variétés. Cette culture est susceptible d’avenir, ainsi que celle du fonio, du sésame et de l’arachide. — 20 Le tabac parait
- également intéressant. « Nous 11’oserions pas encore affirmer, dit M. Chevalier, que ce tabac pourra être exporté en Europe quelque jour, mais nous croyons qu’il pourra suffire aux besoins des indigènes de l’Ouest africain, qui le préfèrent au tabac d’importation. Les feuilles sont réçoltées toute l’année, mais on ensemence pendant la saison des pluies. » — 3° Il importe de signaler également le cotonnier, dont les cultures sont encore peu étendues, mais dont l’avenir paraît également assuré. Les plantations actuelles appartiennent à une espèce à courte soie du groupe des upland. M. Chevalier a la ferme conviction que cette culture prendra peu à peu de l’extension dans la région du Haut-Niger, en vue de l’exportation, le jour .prochain où le railway arrivera à lvouroussa. —4° Les richesses forestières méritent aussi de fixer l’attention. Durant ces dix dernières années, c’est à près de 10.000 tonnes qu’il faut évaluer la quantité de caoutchouc qui a été produite par les quatre cercles du Haut-Niger : Taranah, Kouroussa, Kankan, Beyla. Du seul fait de l’exploitation de cette denrée, plus de 3o millions de francs, en argent ou en marchandises, ont été remis aux indigènes. Le pays en a été transformé. Car cette contrée, où il tombe de 2 m. à 2 m. 3o d’eau par an, dont la température oscille entre 25° et 28° centigrades et où, par conséquent, on pourrait réussir les cultures du caféier, du cacaoyer et de la canne à sucre, n’a besoin que de main-d’œuvre pour se développer merveilleusement.
- Les ports de Hambourg, Rotterdam et Anvers. —
- D’après le Mois colonial et maritime, la statistique du mouvement des ports de Hambourg, Rotterdam et Anvers, pour les huit premiers mois de l’année, peut s’établir comme suit : Hambourg arrive à 7.992.649 tonnes, soit, sur l’année précédente, un recul de plus de 200.000 tonnes; Rotterdam signale 6.338.966 tonnes, ce qui représente 14.000 tonnes d’augmentation; Anvers, qui avait 7.423.710 tonnés l’an dernier, arrive cette année à 7.957.336 tonnes, soit une avance de 534.000 tonnes. Si la progression pour Anvers se poursuit, ce port se placera au premier rang des ports continentaux.
- La culture de la liane à caoutchouc sur le Haut Sénégal et le Niger. — Le lieutenant-gouverneur de la colonie vient d’adresser aux administrateurs et commandants de cercle du Haut-Sénégal-Niger, une circulaire au sujet de la culture de la liane à caoutchouc indigène. Deux procédés ont été employés depuis 1905, au cours des exercices des Ecoles pratiques de caoutchouc, pour la multiplication de la liane gohine : le semis dense, en terre fertile, à proximité des villages, et le semis en pleine brousse, par poquets disséminés. La première façon de faire seule a donné des résultats satisfaisants, les plants éparpillés dans la brousse ayant été très souvent tués par les incendies et la sécheresse. Il faut, pour prévenir les mauvais effets de la sécheresse, labourer soigneusement le sol avant le semis et, pour protéger, les jeunes plantes.de l’incendie, désherber autour d’elles à la fin de l’hivernage; or, il n’est guère possible de, donner ces soins aux plantations faites en pleine brousse.. Quant à l’abri donné aux jeunes lianes par les arbres et les broussailles, il ne leur est pas absolument nécessaire. • Il y a .donc lieu de ne plus cultiver la gohine qu’en planr tâtions denses, sur l’emplacement le plus fertile dont on peut disposer dans chaque localité et de remuer profondément le sol au dabà sur toute la surface de la parcelle avant d’exécuter le semis. [Le mois maritime et colonial, octobre 1909.)
- La lèpre dans les divers pays. — D’après les rapports des délégués officiels au Congrès international de la lèpre, tenu à Bergen en août dernier, d’après les documents rassemblés par le gouvernement norwégien, on , peut estimer à plus de 200 000, le nombre des lépreux. Us se répartissaient de la façon suivante dans les diverses parties du monde.
- En Serbie, on compte 3 lépreux; en Bulgarie, 9; en Grèce, 9 ; en Allemagne, 28; au Canada, 20 ; en France, ’ 846; en Roumanie, 208 ; en Italie, 123; en Espagne, 240; dans la Turquie d’Europe, 55o; en Palestine, 800,; dans l’île de Ceylan, 58g; à la Jamaïque, n5 ; en Algérie, , 106; dans la Crète, 600; en Russie, 1372; à Sumatra, 896 ; à Bornéo, 68 ; dans la Colombie, 4152 ; aux îles Philippines, 233o; à Cuba, 1297 ; en Indo-Chine, 10 5oo ; dans la République Argentine, 12000; à Java, i5ooo; au Japon, 4000°; dans les Indes, près de 100000.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- "Electricité •$<<§}»
- Nouveau procédé de raccordement des fils et câbles métalliques. — Pour raccorder deux fils conducteurs de l’électricité (éclairage, télégraphie ou téléphonie) on enroule leurs extrémités l’une autour de l’autre sur une certaine longueur, on les entoure ensuite
- Fig. r, — Épissures obtenues avec la pince à torsions.
- d’un fil plus mince et on soude. Ce procédé est assez long parce quç, en règle générale, le travail s’effectue sur place, à proximité des poteaux porteurs du conducteur, sur les toits des maisons, etc. ; de plus, il est peu pratique, la lampe et le fer à souder faisant partie du matériel indispensable que l’ouvrier porte avec lui. Dans ces conditions, la soudure n’est pas toujours parfaite et les changements de température en diminuent la résistance mécanique. D’ailleurs, très souvent, les fils se brisent à la soudure elle-même ou à proximité de celle-ci.
- En Allemagne et en Autriche, les administrations des télégraphes emploient couramment un procédé beaucoup plus rapide, lequel d’ailleurs a été soumis sans succès à l’administration française, et qui présente sur la soudure un avantage très appréciable. Voici en quoi il consiste.
- Les deux extrémités des fils à relier sont passées dans un manchon de cuivre ouvert à ses deux extrémités, comme le montre notre figure i (A), puis on introduit ce manchon dans une pince spéciale (fig. 2) qui serre fortement les extrémités du tube et on tourne à la main la molette M. Les fils et le manchon subissent alors une torsion qui les oblige à former un tout, parfaitement homogène, se présentant sous l’aspect de C (fig. 1), bien supérieur à la soudure la mieux faite et exécuté en
- Fig. 2. — Pince à molette.
- un temps très court (une minute environ). La pince à molette s’emploie pour les fils d’un faible diamètre ; pour ceux dont la torsion nécessite un effort plus considérable, on fait usage de la pince à manivelle repésentée par notre figure 3, pourvue d’un manche que l’ouvrier tient à la main gauche et d’une manivelle actionnée de la main droite. Cette manivelle porte, sur son axe, une vis hélicoïdale engrenant avec nn pignon lequel oblige le manchon et les fils à tourner sur eux-mêmes, les deux extrémités étant toujours serrées entre deux pinces pourvues d’écroüs EF. L’appareil porte une tige horizontale T sur laquelle peut glisser, comme un curseur,
- le bâti B de l’écrou E. On règle ainsi la position de cet écrou qui est dépendante de la longueur du manchon.
- Un autre modèle d’appareil (fig. 4) a également été construit; il donne une torsion dans les deux sens (fig. 1 B). On voit qu’il est pourvu de deux pinces extrêmes semblables, P P, solidaires toutes deux de deux tiges T T capables de se déplacer sur la barre inférieure B. La pince centrale C serre le manchon avec autant d’énergie que les deux autres et la manivelle oblige le manchon et les fils à se tordre à droite et à gauche dans un sens différent.
- Nos dessins montrent des ligatures dans lesquelles l’extrémité de chaque fil a été recourbée.
- Actuellement, les constructeurs préparent des manchons différents resserrés à chaque extrémité de telle sorte (fig. 1 D) qu’un seul fil puisse passer, l’extrémité de l’autre étant retenue par un épaulement. L’épissure se présente alors d’une manière plus élégante.
- On pourrait reprocher à ce procédé un inconvénient
- ig. 3. — Pince à manivelle.
- Fig. 4. — Pince à torsions inverses.
- qui résulterait de la torsion elle-même; l’administration des Télégraphes autrichiens estime que cette torsion n’enlève pas plus de 6,8 pour 100 de résistance à la traction à des fils de bronze. D’autre part, l’administration allemande, qui utilise l’appareil à torsions inverses, remarque que les fils ne supportent aucune torsion; de plus, la solidité et la conductibilité sont reconnues suffisantes.
- Par conséquent, aux points de vue mécanique et électrique le système se présente avec toutes les conditions de sécurité indispensables. Quant à la rapidité d’exécution, elle n’est pas comparable au procédé à soudure puisqu’il faut compter un quart d’heure de travail à l’ouvrier, servi par un aide, alors qu’ici un homme seul effectue l’épissure en une minute.
- Nous voudrions insister encore sur une autre application non moins intéressante de la pince à épissures. r _ .
- Il ny a pas qaen électricité ou 1 on de la • ait besoin de relier des extrémités de torsions inverses, fils métalliques. Dans la construction des ballons et des machines volantes on est obligé de boucler l’extrémité des cordes de chanvre ou des câbles légers. Pour assujettir l’extrémité du brin libre contre l’autre, la pince ordinaire, celle à molette, convient parfaitement. On obtient, grâce au manchon, une liaison absolument parfaite, capable de résister aux plus fortes tractions (fig. 1 E). Le câble se romprait avant de sortir du manchon. — Le représentant à Paris de ces appareils est M. Autal Fodor, ingénieur, 7, rue J.-B. Dumas.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- <$jTNS» Cyclisme
- Frein à transmission hydraulique pour bicyclette
- — L’hjdro est un frein à deux mâchoires en forme de fer à cheval, agissant sur la jante de la roue arrière ou avant d’une bicyclette, mais ce qui le distingue des appareils similaires, c’est le mode de transmission hydraulique appliqué à sa commande.
- Sur le guidon est fixé un petit cylindre en laiton muni
- d’un piston de la grosseur du doigt. Quelques grammes d’eau contenus dans ce cylindre, peuvent être refoulés dans un tube de caoutchouc entoilé très résistant et aller transmettre la pression, exercée sur le petit piston par le cycliste, au mécanisme de commande du fi'ein. C’est là une ingénieuse application du principe de 1 incompressibilité de l’eau; l’appareil est très simple, il se fixe instantanément sur n’importe quel vélo, la petite pompe sur le guidon par un petit collier à vis et le frein proprement dit sur la fourche de la roue au moyen d’un seul boulon; le tuyau de caoutchouc suit toutes les sinuosités sans difficulté, il n’est ni encombrant, ni disgracieux. L’eau n’a jamais besoin d être renouvelée et l’appareil ne comporte aucun clapet ni mécanisme délicat. Toutes ces qualités le rendent intéressant.
- C$'5n&. Mécanique
- Que faire d’une vis à bois trop petite? — Évidemment si elle est trop petite pour l’usage auquel on voudrait l’employer, elle sera bonne ailleurs et le mieux est de la mettre de côté. À la condition toutefois, que l’on en ait sous la main une autre de la dimension nécessaire, ce qui n’est pas toujours le cas. Alors on peut utiliser la première en enroulant dans le filet de celte vis un bout de fil métallique qui remplira le fond du filet et, de plus, fera saillie à l’extérieur. Nécessairement le diamètre de
- La vis en place. Enroulement du fil sur la vis.
- ce fil doit être choisi en conséquence; la vis ainsi modifiée pourra pénétrer dans le bois et serrer fortement la pièce qu’on lui confie. L’essentiel est de noyer dans le filet l’extrémité inférieure du fil, sans quoi le vissage serait impossible. On peut encore, après avoir entouré la vis du fil métallique, retirer ce dernier et le mettre en place dans le trou trop grand, puis entrer ensuite la vis.
- Cette trouvaille, due au Scientific American, est très ingénieuse, mais nous croyons qu’il est beaucoup plus simple d’entrer à force un morceau de bois dans le trou trop grand et d’y engager ensuite la vis.
- les cases libres, étoiles ou rosaces. Les sept coureurs jouent sur les étoiles seulement, toujours en diagonale et sans pouvoir reculer. Chaque fois que l’un des coureurs parvient dans la dernière ligne du camp opposé, son joueur compte cinq points, mais le coureur est hors du jeu. Il faut lancer le fanion au but le plus vite pos-
- PW Â
- Le Vite-au-but.
- sible. Quand un coureur est mis dans l’impossibilité d’avancer, il est, fait prisonnier et l’adversaire compte 5 points. L’arrivée d’un fanion au but vaut 20 points au joueur. On totalise les points et le premier des joueurs qui arrive à 100 est le gagnant. — Le Vite-au-But est en vente chez l’inventeur Mlle Edan, 39 bis, rue de Cla-mart, à Issy-les-Moulineaux.
- Divers
- Crochet de sûreté. — Particulièrement dans le cas où un câble est soumis à des alternatives de tension et de relâchement, il est nécessaire de faire usage d’un dispositif empêchant la boucle de ce câble de s’échapper du crochet qui la retient. Le crochet de surêté à bascule, que nous représentons ci-dessous réalise ce but par un moyen très simple et d’une grande solidité. Le crochet en acier estampé est articulé par un axe sur une chape à œil qui se termine du côté de l’accrochage par un secteur demi-circulaire. Pour accrocher la boucle d’un câble, on relève le crochet dans la position perpendiculaire à l’axe de la chape, comme le montre la ligne pointillé e; sous l’effort de traction ou seulement parle poids du câble, le crochet se place naturellement en face du secteur circulaire et son ouverture se trouve ainsi totalement obturée : l’accrochage est parfaitement verrouillé. — Cet appareil est construit par M. D. Zondervan, 21, rue Albouy, à Paris. ‘
- Chariot parisien. — Le petit chariot à quatre roues représenté ci-dessous est très commode pour le transport des objets lourds et volumineux tels que caisses, bacs à fleurs, coffres-forts, pièces de ; machiùes, etc.; il se compose d’un solide cadre en chêne avec quatre galets, en bois dur ou en métal, disposés en losange.
- Les deux galets montés sur l’essieu du milieu ont un
- Jouets
- Le Vite-au-But. — Il est fait pour deux joueurs qui ont à leur disposition, chacun, sept coui’eurs et un porte-fanion. Au début du jeu, les huit pièces sont rassemblées devant chaque joueur, à l’extrémité du jeu. Les pièces évoluent différemment. Le fanion marche en ligne .verticale et horizontale, en avant et en arrière, sur toutes
- diamètre plus grand que ceux montés sur les essieux extrêmes en avant et en arrière ; ceci fait que le chariot roule sur trois galets et peut tourner dans tous les sens lorsqu’il est un peu soulevé d’un côté et qu’il ne roule ainsi que sur deux galets.
- La construction simple et robuste de cet appareil est aussi facile à comprendre que sa manœuvre sur laquelle il nous paraît superflu d’insister davantage. — Il est construit par M. Lerch, 61, boulevard Richard-Lenoir, Paris.
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- VARIÉTÉS
- Les idées modernes sur les enfants. — Au début de ce délicat chef-d’œuvre qui s’appelle Ragotte, Jules Renard écrit en parlant de son héroïne : « Il faut la regarder pour la voir ». C’est là une règle universelle, qui s’applique à toutes choses et à toutes gens, mais à laquelle on s’avise généralement bien tard de se conformer. Sous le titre de son livre récent, Les idées modernes sur les enfantsl, M. Binet ne nous présente pas autre chose qu’une étude des moyens à employer pour regarder les enfants, quand on veut les voir dans leur réalité. Au premier abord, on pourrait ci’oire qu’il s’agit seulement là de passer d’une nuance de l’observation à une autre, plus line et plus sûre, et, si cela ne paraît pas tout à fait dépourvu d’intérêt, cela ne paraît pas non plus capital. Cependant ce passage même est en effet très important : il met à la disposition de l’éducateur, professeur ou parent, pour juger les enfants, un instrument contrôlé, d’un emploi méthodique, et tel que, s’il n’élimine pas toutes les chances d’erreur, il permette de les apercevoir et d’en limiter le nombre et l’importance. C’est l’ensemble des travaux qui, depuis une trentaine d’années, ont élaboré cette méthode, connue sous le nom de pédagogie scientifique ou expérimentale, que présente et critique M. Binet, l’un de ses principaux initiateurs, avec cette science et cette prudhomie si appréciées des lecteurs de l’Année psychologique2, et dont je voudrais à mon tour indiquer tout l’intérêt, d’après le livre de cet auteur.
- La question qui fait l’unité du livre de M. Binet est la suivante : « Peut-on apprécier — mesurer même — la valeur d’un enfant donné? Et cela avec quelle certitude ? » — Question très vieille, puisqu’il n’est pas d’éducateur ou de parent qui n’ait porté sur les enfants de jugements de valeur : « Un tel est intelligent. Mon fils est bête. Ma fille n’a pas beaucoup de mémoire, mais elle est très intelligente ». Tous ces jugements sont empiriques : non pas parce qu’ils consistent, ce qui est inévitable et indispensable, à comparer l’enfant qui en est l’objet à un type idéal d’enfant moyen ou normal (ce qui est ici la même chose), mais parce que les deux termes ainsi comparés ne présentent aucun caractère de réalité : d’une part l’idée de l’enfant moyen, qui sért de norme, est vague, indéfinie, très flottante, entachée d’erreurs sociales et individuelles; d’autre part, l’idée même de l’enfant à juger ne vaut pas davantage, résultant, en effet, avant tout d’une foule d’impressions non contrôlées, et se mêlant à des sentiments de sympathie, d’antipathie, d’orgueil paternel, ainsi qu’à des suggestions sans nombre. Ainsi, pour répondre à la question posée —peut-on mesurer la valeur d’un enfant? — il faudrait à la fois savoir ce que c’est qu’un enfant normal et savoir ce que c’est que tel enfant. M. Binet montre fort bien de quelle façon il faut regarder les enfants pour arriver à ce résultat.
- Supposons d’abord que l’on veuille se rendre compte du degré d’instruction d’un certain nombre d’enfants, c’est-à-dire savoir de quelle façon ils ont assimilé l’enseignement donné dans la classe à laquelle ils appartiennent. On emploiera ce que M. Binet appelle un barême d’instruction. C’est un tableau indiquant un certain nombre d’épreuves types, qui doivent être réussies par des enfants d’un âge déterminé : par exemple on sait d'avance, pour en avoir fait l’essai sur de nombreux enfants et pour avoir pris les moyennes de ces essais, que l’enfant moyen, ou normal, de io à n ans aune lecture courante ou expressive, c’est-à-dire que non seulement il n’ânonne pas en lisant, mais qu’il met une certaine animation à son débit, qu’en calcul il est capable de résoudre un problème comme celui-ci : Un ouvrier gagne i3o francs dans le mois de février, qui a 28 jours. Il dépense ig5 francs. Combien a-t-il économisé par jour? que dans une dictée, comme celle-ci : Les jolies petites filles étudient les plantes qu elles ont
- 1 Alfa. Binet Les idées modernes sur les enfants. Paris. Flammarion, 1909. 1 vol. in-18. (Bibliothèque de philosophie scientifique').
- 2 L'Année psychologique, fondée par MM. Beaunis et Binet, dirigée depuis 1897 par M. Binet. Paris. Masson. i5 vol. in-8°.
- ramassées hier, il fait une moyenne de 4 fautes. On compi'end qu’avec une telle base la tâche soit facile. Soit par exemple un enfant de 10 ans qui lise avec expression, qui résolve le problème, qui fasse 4 fautes dans sa dictée, nous dirons qu’il est normal : il a le degré d’instruction de son âge. Soit un autre qui lise avec une expression particulièrement fine, qui résolve le problème trois fois plus vite que ses camarades, qui écrive la dictée sans faute, nous dirons qu’il est en avance sur son âge, quant à l’instruction. Soit enfin un troisième, toujours du même âge, qui lise mal, s’arrêtant après chaque syllabe, qui fasse 16 fautes dans sa dictée, qui ne résolve pas le problème, mais qui soit seulement de force à résoudre celui-ci : De 19 pommes, ôter 6 pommes. Combien en reste-t-il? nous dirons qu’il est en retard, et même, dans le cas présent, nous pourrons mesurer ce retard : sa lecture syllabique, le problème qu’il résoud, le nombre des fautes de sa dictée, sont précisément, en effet, d’âprès le barême d’instruction, les caractéristiques d’un enfant de 6 à 7 ans : nous dirons donc que son instruction est en retard de 4 ans.
- Il va de soi que l’exposé ci-dessus est simplifié à l’extrême, réduit à la maigreur d’un pur schéma, mais il indique clairement par quel principe on arrive à mesurer une chose en apparence aussi peu saisissable que le degré d’instruction d’un enfant. Dans la pratique, il faudrait naturellement ne pas oublier que des causes accidentelles, un rhume par exemple, peuvent mettre l’enfant en infériorité provisoire, et ne pas conclure par conséquent sur un seul essai.
- D’autre part, quelle que soit l’importance de cette mesure du degré d’instruction, elle est évidemment insuffisante pour la connaissance de l’enfant, puisque ce qu’elle présente n’est en somme que le résultat global de l’enseignement, sans aucune indication des causes qui ont permis d’atteindre à ce résultat. Cependant si l’on veut réellement juger la valeur d’un individu, il est clair qu’il vaut mieux connaître ce dont il est capable que ce qu’il sait, et cela ne peut s’obtenir, dans le cas de l’instruction, que par l'analyse des causes d’un savoir reconnu. Il est clair, en effet, que deux enfants égaux en âge, égaux en savoir, s’ils paraissent ainsi effectivement de même valeur, peuvent présenter en effet, du moins virtuellement, une valeur toute différente, puisque l’un par exemple a pu n’atteindre son degré de science qu’au prix de tous ses efforts, tandis que l’autre est arrivé comme en se jouant à ce même degré. Tel devra à des prouesses de mémoire des succès que tel autre devra à l’intelligence. Uu autre, doué d’une intelligence et d’une mémoire de premier ordre sera entravé par une santé mauvaise; un autre, aussi bien doué et à la fois bien portant, affligé d’une sentimentalité trop riche, motrice d’une vie intérieure excessive, qui fera concurrence à ses études, et lui fera perdre le bénéfice des plus beaux dons. Ainsi les facteurs les plus divers concourrent à réaliser chez les enfants des degrés d’instruction apparemment égaux. M. Binet, et il le sait bien, ne les relève pas tous, puisqu’il en passe sous silence d’aussi importants que la volonté ou la sensibilité affective, mais ceux qu’il envisage et la manière dont il en traite montrent suffisamment l’efficacité de la méthode employée pour déceler et mesurer ces facteurs.
- Je passe brièvement sur les. chapitres consacrés aux conditions physiques de l’instruction : état du développement physique en général, et en particulier état des organes de la vue et de l’ouïe. Ce sont des facteurs dont tous les vrais éducateurs connaissent l’importance ; on sait tout le péril que font courir à l’instruction un état maladif, des végétations adénoïdes, une myopie précoce qui empêche de voir au tableau, une surdité légère suffisante pour que la parole du professeur soit en partie perdue. M. Binet démontre fort clairement que l’on peut mesurer les mauvais effets de ces infériorités, et en même temps il indique aux maîtres une série de méthodes d’observations capables de leur faire reconnaître ces tares, et de modifier leur enseignement en conséquence, sans préjudice des soins purement médicaux, dont ils ne sauraient avoir la charge, mais dont
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- VARIÉTÉS
- Ils peuvent discrètement déterminer l’intervention.
- Vient ensuite l’examen de quelques-uns des facteurs psychiques les plus importants, l’intelligence, la mémoire, les aptitudes. Là aussi, il résulte clairement de la démonstration de l’auteur, d’abord que la dissociation de ces facteurs est possible à effectuer par des méthodes à la fois sûres et rapides, puis leur mesure également possible, et qu’enfin, une fois ces constatations faites, on peut utiliser leurs enseignements de façon à adapter à chaque cas particulier une heureuse méthode de développement des parties fortes, de culture et d’entraînement des parties faibles, qui a justement reçu le nom suggestif d'orthopédie mentale. Sans entrer ici dans l’examen détaillé des procédés divers propres à ces recherches, il suffira d’indiquer que le principe en est au fond identiquement le même que pour la mesure du degré d’instruction, c’est-à-dire que par des expériences simples, on institue un type normal ou moyen de la faculté ou de l’aptitude à étudier et que, sous chaque rapport, on compare l’enfant avec le test (ou témoin) ainsi établi.
- Quelle est la valeur de cette psychologie expérimentale dont je viens trop brièvement d’indiquer les principes ? Elle se ramène, comme je l’ai dit, à savoir qu’il faut regarder les enfants pour les voir, et à inventer des moyens sûrs de les regarder, en remplaçant, partout où cela est possible, les appréciations forcément vagues et empiriques des esprits même les plus fins, par un système de mesure. En permettant ainsi de prendre de l’enfant une connaissance plus rapprochée et plus certaine, il est clair que la pédagogie expérimentale est appelée à rendre les plus grands services à l’éducation, et il suffit de parcourir le livre de M. Binet pour voir qu’en plus d’un cas elle a déjà donné mieux que des promesses : c’est à son influence, par exemple, que l’on doit la constitution, dans un certain nombre d’écoles, de ces excellentes classes d’anormaux, qui permettent de faire profiter de l’enseignement la plupart de ces élèves attardés, à qui il n’aurait servi de rien s’ils étaient demeurés joints à l’ensemble de leurs camarades plus entraînés ou plus aptes.
- Toutefois, on ne saurait attendre de la pédagogie expérimentale la solution générale du problème de l’éducation. La pédagogie expérimentale n’a, en effet, qu’une valeur étroitement psychologique, c’est-à-dire qu’elle peut, étant donné tel système d’éducation, s’employer avec succès à ce que chaque individu en tire le maximum des profits qu’elle comporte pour lui, mais elle est évidemment impuissante à instituer les types d’éducation, c’est-à-dire à découvrir les types d’indi-
- vidus qui conviennent le mieux à une société : en un mot, le problème général de l’éducation est un problème social. Et dans ce cas, comme dans tous les problèmes sociaux, on se trouve en face des deux modes de solutions qui se partagent notre époque, les unes préconisant une amélioration, à la vérité profonde mais toujours simple, du système actuel, les autres demandant une transformation essentielle de ce système. Ce n’est pas ici le lieu de choisir entre ces solutions ni même de laisser entrevoir auxquelles pourraient aller nos préférences, mais une remarque s’impose, montrant jusqu’à quel point les résultats à espérer de la pédagogie expérimentale sont étroitement conditionnés par le milieu social où elle réalise son effort. M. Binet constate dans son livre1 qu’il existe parmi les enfants des écoles, au point de vue de l’instruction et des facteurs physiologiques et psychologiques d’où elle dépend, deux grands groupes opposés, parallèles aux deux principales classes sociales de l’état actuel, prolétaires et propriétaires : à égalité d’âge, les enfants de pauvres sont, en bloc, moins avancés que les enfants de riches. Il est clair que la pédagogie expérimentale ne saurait faire disparaître cette opposition, car si elle peut bien s'employer, et si elle s’emploie en effet heureusement, à développer le degré d’instruction des classes pauvres, elle développe en même temps celui des classés riches, de telle sorte qu’elle fait à la vérité monter la moyenne de l’instruction, mais sans faire disparaître par rapport à celle-ci la polarisation des classes économiques de la société. En un mot, elle est excellente pour faire tirer à chaque individu enfant tout le profit qu’il peut espérer d’un ordre social donné, mais elle ne modifie en rien pour lui cet ordre social. Par contre, il est non moins évident que s’il s’imposait à nos sociétés une transformation telle de la forme de la propriété que disparaisse l’opposition entre une classe de prolétaires et une classe de propriétaires, cette opposition disparaîtrait également parmi les enfants des écoles; mais ce"ne serait pas davantage du fait de la pédagogie expérimentale, qui s’exercerait encore ainsi seulement sur des données sociales, indépendantes d’elle-même.
- La valeur de la pédagogie expérimentale est donc assurément très grande, mais il serait vain d’en attendre ce que sa nature même lui interdit. Instrument de premier ordre pour utiliser une matière donnée, elle n’a pas le pouvoir de transformer essentiellement cette matière, et elle ne reste qu’un instrument, — de premier ordre. Jean-Paul Lafitte.
- 1 Livre cite, p. 60 et suivantes.'
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour empêcher les bougies de couler eu brûlant.
- — Les plonger dans un mélange formé de i5 parties de sulfate de magnésie et de dextrine et de ioo parties d’eau. La solution sèche rapidement et n’affecte nullement la combustion de la bougie.
- Imperméabilisation des étoffes de laine. — On
- coupe en petits copeaux 45o gr. de savon à l’alumine, qu’on fait dissoudre dans 4 litres et demi d’eau chaude ; d’autre part on fait dissoudre de l’alun dans des conditions toutes semblables, mais au moyen d’eau tiède seulement. On trempe le lainage à imperméabiliser dans le premier bain, puis dans le second; on trempe dans l’eau pure, on égoutte et l’on sèche.
- Monture des récipients en verre des lampes à pétrole. — Le plus généralement, les récipients de verre en question sont cimentés dans le pied de la lampe au moyen de plâtre de Paris; mais, comme ce ciment peut céder assez facilement aux vibrations ou même sous l’influence des différences de température, on fait mieux, quand un récipient s’est détaché, d’employer une pâte faite de chlorure de zinc à la densité de i,5, additionné de 3 pour ioo de borax et d’une quantité suffisante d’oxyde de zinc pour donner la consistance voulue. Cela prend très rapidement, et ne doit être préparé qu’au moment de l’emploi. C’est un ciment
- rappelant un peu celui que les dentistes emploient fréquemment pour des obturations.
- Teinture du bois en noir à froid. — On prépare d’abord la substance colorante. Cette substance est composée de la manière suivante : 40 kg de bois de campêche ; io kg de noix de galle ; io kg d’acide gal-lique; 6o litres d’acide acétique; 8o litres d’eau. On fait bouillir jusqu’à réduction de la liqueur à ioo litres. Laisser reposer un jour ou deux et décanter.
- D’autre part, on fait passer 5o litres d’acide acétique sur des tournures dé fer pur jusqu’à ce que l’on obtienne 20 degrés au pèse-acide.
- La tournure de fer est placée dans un tamis de cuivre, on a soin de la brûler au préalable pour faire disparaitre les corps gras.
- Ayant ainsi les 2 éléments de la composition, on les mélange, c’est-à-dire que l’on verse l’acide acétique chargé de fer sur la substance composée comme il a été dit ci-dessus, on agite,- on laisse reposer, puis on tire au clair et on a un noir prêt pour l’usage.
- Pour enlever la peinture sur une boiserie. — Voici la formule d’un dérapant neutre qui n’abîme pas les boiseries et n’a aucune action corrosive sur la peau : Benzol, 48,5 p. 100; acétone, 49; paraffine, 2,5 p. 100.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Compère, à Cempuis. — C’est la planète Mars que vous apercevez. , .
- M. Janson, Kristiana.— Les broderies « chimiques » genre Plauen ne sont pas faites sur des métiers spéciaux; mais de façon spéciale avec des métiers quelconques. Ces derniers sont surtout construits en Suisse ; le modèle figuré dans La Nature était [de la firme bien connue « Adolphe Saurer » d’Arbon (Suisse), constructions mécaniques et automobiles, Vous poui'rez avoir là tous renseignements souhaités,
- M.. le Dr A. Leriget, à Le Dorât. — Nettoyage du cuivre verni : frottez avec de la brique pilée fine, mélangée de paraffine et formant ainsi une pâte, puis avec de la brique sèche et un morceau de cuir mou. Passer ensuite une couche de vernis. Pour les taches stercoraires des mouches, avec une éponge humide légèrement imbibée dé térébenthine.
- Dr Dupeyroux, à Créteil.— Vous trouverez l’essentiel des travaux du D‘ Bergonié dans ses communications à l’Académie des sciences. Voyez notamment les comptes rendus, 19 juillet 1909, p. 23a.
- M. Arnault, à Nantes. — Il faudrait vous adresser à la Compagnie P.-L.-M. elle-même.
- M. E. P. B., & La Tour du Pin. — Tous les quincail-lers de quelque importance pourront, sinon vous fournir de suite, au moins vous procurer une lampe à huile.
- M. Fr. Dujardin, à Paris. :— Faites dissoudre un peu de cire minérale dans quatre fois son volume de pétrole en chauffant au bain-marie jusqu’à dissolution de la cire et laissant refroidir. Frottez votre piano avec cette composition, pnis avec une flanelle bien sèche. '
- M. Magnien, à Bou-Arado (Tunisie). — Vous ne pouvez songer à refroidir l’eau de votre moteur par dissolution d’un sel. 11 y a de nombreux sels dont la dissolution dans l’eau abaisse la température ; mais cette baisse ne dure que pendant l’opération physique de la dissolution. Celle-ci effectuée, au bout d’un certain temps, l’eau reprend sa température normale. Le procédé, en outre, serait fort coûteux. Le meilleur procédé est de disposer autour de votre réservoir une bonne enveloppe calorifuge. Vous trouverez des produits calorifuges chez tous les marchands d’accessoires industriels, en particulier à Paris, chez Glaenger et Per-reaud, 1, avenue de la République; chez Namur, 67, avenue de la République.
- M. Costin, à Jassy. —Vous trouverez,, croyons-nous, des voitures du type que vous nous désignez-à la maison Lorraine-Diétrich, à Lunéville. — Revues techniques anglaises : Engineering, Engineer-, américaines : Engineering Record, Engineering News ; allemande : Zeitschrift der deutschen Ingenieuren. Vous pourrez vous procurer ces revues chez Le Soudier, libraire, boulevard Saint-Germain, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Locomotive compound et à vapeur surchaufféé des établissements . du Creusot : R. Bonnin. — Hagenbeck et l’élevage des autruches à Hambourg : Victor. Cambon. — Le salon de la navigation aérienne : Lucien Fournier. — Académie des sciences ; séance du 18 octobre 1909 : Ch. de Villedeuil. — Suspension R. Baron pour lampes électriques à arc : G. Chalmarès.
- Supplément. — Hambourg-Londres en dirigeable. — Les chutes d’eau canadiennes. — Contre les accidents de voie ferrée. — Trésors sous-marins.— Contre la « cure de soleil ». —-La chasse aux phoques. — Exposition horticole. — Un perfectionnement de la pile Leclanché, etc.
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- Le ùonstr.ucteur d’appareils aériens (ballons, cerf-volants, aéroplanes, etc., par H. de Graffigny, ingénieur civil. H. Desforges, éditeur, 29, quai des Grands-
- f Augustins, Paris, VIe. 1 vol. in-8 broché de 171 pages;
- ‘ illustré de 107 figures explicatives, dessinées par l’auteur. Prix : 3 francs.
- .4 Le nouvel ouvrage de H. de Graffigny contient des renseignements d’ordre pratique pour la construction de tous les appareils plus légers ou plus lourds que l’air, qui ont reçu la sanction de l’expérience, depuis l’antique montgolfière en papier, gonflée à l’air chaud, jusqu’aux aéroplanes et ornith’optères les plus perfec-, tionnés, en passant par les ballons à gaz sphériques et fusiformes avec et saas moteurs, les ballons en caoutchouc et en baudruche, les cerfs-volants de toute espèce, pour arriver enfin aux planeurs et appareils de vol mécanique. '
- La téléphonie, 3e éditîo&i Tome I : les lignes télépho
- 'niques, par Emile Pierard,ingénieur en chef. H. Du-nod et E. Pinat, Paris. In-8 de 254 pages, avec 173 figures. Prix : j,r,5o.
- M. E. Pierard vient de publier le tome I de la.. 3° édition de son ouvrage sur la téléphonie. Indépen-dammen.t des renseignements essentiels sur les lignes téléphoniques aériennes, ce volume donne des abaques
- nouveaux sur la variation de la tension des fils aériens avec les modifications de longueur des portées. C’est un livre original, dont on chercherait vainement l’analogue dans la littérature technique.
- La technique pratique des courants alternatifs, par Giuseppe Sartori, ingénieur, professeur à l’Institut technique de Milan. 2* édition française, traduite, revue et corrigée par J.-A. Montpellier, rédacteur en chef de Y Electricien. Tome II : Développements et calculs pratiques relatifs aux phénomènes du courant alternatif. H. Dunod et E. Pinat. Paris. Gr. in-8 de viii-656 pages, avec 287 figures. Prix : 20 francs.
- La traduction française faite par M, Montpellier de l’ouvrage de M Sartori sur les courants alternatifs a eu un succès mérité. Après avoir, dans- le tome Ier,. étudié les phénomènes au point de vùe physique et descriptif, et mis le lecteur en mesure dé saisir parfaitement le mécanisme du phénomène étudié et la' fonction précise d’une machine, M. Sartori aborde, dans le tome II, les calculs pratiques et les développements complémentaires. En même temps qu’il a soigneusement revu'et complété le texte de cette nouvelle édition française, M'. Montpellier a reproduit, à la fin de l’ouvrage, les formules usuelles avec-indication de la page où se trouvent des explications les concernant. Ce livre s?adresse à toutes les personnes qui désirent acquérir une connaissance complète du » matériel électrique à courants alternatifs au point de vue de son emploi dans l'industrie. ' <
- Géologie générale, par Stanislas Meunier, »2° édition. Félix Alcan, éditeur. 1 vol. in-8, 34 fig. Prix: : cartonné, 6 francs. ’
- Ce volume montre notre globe en proie aux progrès réguliers d’une véritable évolution. Les tremblements de terre, les explosions des volcans, les effondrements, des montagnes, les déchaînements de la tempête, sont considérés par l’auteur, comme des manifestations normales de cette vraie physiologie,tellurique.
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- BIBLIOGRAPHIE
- L’évolution psychique de l'enfant, par le Dr Henri Bouquet, i vol. in-16. Prix: in‘,5o. Bibliothèque de Psychologie expérimentale et de métapsychie. Bloud. Paris.
- A. Binet. — Les idées modernes sur les enfants. Paris, E. Flammarion, 1909. 1 vol. in-18, 3 fr. 5o (Bibliothèque de philosophie scientifique).
- Depuis une trentaine d’années, en Allemagne, en Amérique, en Italie, en France, des médecins, des physiologistes et des psychologues ont cherché à introduire les méthodes scientifiques dans les choses de l’éducation; on a créé des laboratoires de pédagogie expérimentale, des recueils spéciaux pour publier les travaux, des congrès, des sociétés, etc. Qu’est-il résulté de ce grand mouvement ? Quelles sont les modifications utiles qu’on peut dès aujourd’hui introduire dans l’enseignement et dans l’éduca-
- tion ? Quel profit pouvons-nous tirer de tout cela pour améliorer nos enfants Voilà ce que l’auteur examine en toute impartialité. Son livre, écrit avec clarté, science, et son sens, mérite d’être lu par tous avec le plus vif intérêt.
- Nos chiens, races, dressage, élevage, hygiène, maladies, par P. Mégnin, 20 édition. 1 vol. in-i6, 4°°P-> i5o photogravures. Paris. J.-B. Baillère et fils. 1909. Prix : cartonné, 4 francs.
- Guide pratique pour l’amateur, conçu suivant un plan simple, dans lequel on a réuni les éléments les plus utiles pour la connaissance de l’histoire et l’origine des races de chiens, l’étude des races principales et les principes élémentaires pour l’élevage et la reproduction, ainsi que les premiers soins à donner avant d avoir recours à un homme de l’art.
- BULLETIN METEOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France,
- OBSERVATIONS 7 HEDRES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 ocl. 1909.. 10°, 9 S. S; E. 2. Peu nuageux. » Rosée ; nuageux.
- Mardi 19 8°,3 Calme. Couvert. g Forte rosée ; Drouillard; couvert de G h. à 8 h.; beau ensuite.
- Mercredi 20 7°,8 S. 2. Peu nuageux. » Forte rosée ; brouillard ; halo ; très nuageux.
- Jeudi 21..... . . 11°,1 S. 2. Couvert. 0,0 Rosée; gouttes à 7 b.; brunie; couv. jusq. 13 b.; beau ensuite.
- Vendredi 22 fi°,0 S. S. W. 2. Nuageux. » Rosée; nuageux; halo solaire et lunaire.
- Samedi 23 8°,8 S. S. W. 2. Très nuageux. p Rosée ; peu nuageux.
- Dimanche 24 9°,6 S. S. W. 4. Nuageux. 2.9 Rosée ; averses avec grêle: coups île tonnerre 1G h. 10.
- OCTOBRE 1909. — SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 OCTOBRE 1909.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent'. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de là mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. ,
- Du 18 du à4 octobre. — Le 18. Zone de basses pressions du S.-O. des Iles-Britanniques au N. de la Russie : minima vers Scilly (700 mm), Skudesness (749)» Arkan-gel (755); pression élevée sur4e.Centre : Russie, 770. Pluies sur le N. ët 10.; en France : Nantes, 18 mm; Le Mans, 8 ; Dunkerque, 3 ; Cherbourg, 2; Brest, Paris, 1. Temp. du matiû : Vardoe, io°; Paris, 11; Alger, 19; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : i4°,4 (normale : 90,6). -—-Le 19. Hausse assez rapide surl’Ô. : Clermont-Ferrand, 765; Stornôway, 750. Pluies dans le S. de l’Europe; en France : Brest, 9; Le Havre, Bordeaux, Biarritz, 2. Temp. du matin : Haparanda, —20; Paris, 8; Alger, 21; Puy de Dôme, 8; moyenne à Paris : i2°,4 (normale : 90,5). — Le 20. Extension vers l’E. et le S. de la dépression écossaise : Feroé, 734; Shields, Skudesness, 750; fortes pressions sur le Centre et l’E. : Moscou, 77^. Pluies sur le N. Temp. du matin : Arkan-gel, —2V; Paris, 8; Alger, 22; Puy de Dômé, 8; moyenne à Paris : 12° (normale : 9°,3). — Le 21. Zone de basses pressions sur tout le N.-O. : Feroé, 740; pressions supérieures à 770 sur le N. et le Centre. Pluies Stir le N. et 10.; en France : Ouessant, 15 ; Bou-
- logne, Nantes, 10; Cherbourg, 8. Temp. du matin : Arkangel, —6°; Paris, 11; Alger, 22; Puy de Dôme, 7; moyenne à Paris : io°,8 (normale : 90,1). — Le 22. Aire anticyclonique de la péninsule Ibérique à la Russie : Moscou, 775 ; Clermont-Ferrand, 774; dépression près de l’Ecosse, 747. Pluies sur le N. et l’O. ; en France : Biarritz, 11; Besançon, 9; Dunkerque, Brest, 2. Temp. du matin : Arkangel, o°; Paris. 6; Alger, 21; Puy de Dôme, 3 ; moyenne à Paris : ii° (normale : 90). — Le 23. Centre de dépression à l’O. de l’Irlande; fortes pressions sur . le Centre. Pluies sur le N. et l’O. Temp. du matin : Arkangel, —1; Paris, »; Alger, 19; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : n°,5. — (normale : 8°,8).
- — Le 24. Dépression.sur. les Iles.Britanniques et la mer du Nord : Skudesness, 741 ; tempête et vent très, violent (80 km à l’heure à la Tour Eiffel). Pluies sur le N. èt l’O.; en Fiancé : Cherbourg, 7 ; Brest, Charleville, 3 ; Toulouse, Dunkerque, 2. Temp. du matin : Moscou,
- — i°; Paris, 10; Alger, 19; Puy dé Dôme, 2 ; moyenne à Paris : io°, 1 (normale : 8°,7). — Phases de la Lune : Premier Quartier le 22, à 7 h. i3 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. - ;
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Parit (W) La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs. '
- J • fi ...
- , La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine. • ,
- N* 1902 — 6 NOVEMBRE 1909
- INFORMATIONS
- SUPPLÉMENT
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- La neige et le sel. —- Les autorités du « Board of Trade » anglais viennent de terminer une vaste enquête sur la façon dont on procède à l’enlèvement des neiges dans la plupart des grandes cités européennes et notamment sur l’emploi du sel dans cette opération. L’hiver étant à nos portes il n’est sans doute pas mauvais d’en ré.sume.r Jes résultats qui seront peut-être d’actualité^ comme l’an dernier, plus tôt qu’on ne le pense. Douze villes .anglaises n’emploient pas de sel dans l’enlèvement des neiges; ce sont : Aberdeen, Bradfoi’d, Bristol, Dundee, Greenock; Inverness, Leeds, Lëicester, Leith, Newcastle, Norwich et Paisley. A Greenock, on charge la neige dans des charrettes et on la dépose sur des terrains inoccupés; à Dundee on la jette à la rivière et on emploie un mélange de sable et de sel dans les grandes artères. A Inverness l’usage de sel est défendu par une ordonnance datant de, 1892. On l’emploie à Birmingham, Edimbourg, Glasgow, Hull, Liverpool, Londres, Manchester, Nottingham et Sheffïeld. Berlin, Berne, Breslau, Christiania, Cologne, Copenhague, Francfort, Hambourg et Munich ont proscrit le chlorure de sodium, mais Dresde fait exception. On utilise des charrues à neige composées j d’un vaste T en fer traîné par des chevaux, à Breslau, Cologne, Dresde et Francfort. On emploie aussi le sel à Amsterdam, Anvers, La Haye, Leipzig et Paris. Tout ceci ne concerne que la voirie proprement dite. En cè qui concerne les trottoirs, Edimbourg est la seule ville du Royaume-Uni où l’on y répande du sel. A Hull on ne l’utilise de cette façon qu’au dégel, pour hâter la fusion des croûtes de glace. A Liverpool on ne l’emploie que la nuit et l’eau de fusion est enlevée à 8 heures du matin; à Dundee et à Greenock on n’en fait usage qu’occasionnellement. On l’emploie de façon plutôt modérée sur les trottoirs de Dresde, La Haye et Leipzig, mais pas du tout dans lès autres villes allemandes. A. Breslau, les habitants sont forcés de nettoyer le trottoir sans l’emploi de sel toutefois. Les autorités communales de Aberdeen, Bradford, Bristol, Greenock, Inverness, Leeds, Leicester, Newcastle, Nottingham et Paisley estiment que l’emploi généralisé du sel dans l’enlèvement des neiges est défavorable à la santé publique, l’eau de fusion étant désagréable aux piétons et nocivé en ce qui concerne les pieds des animaux. A Edimbourg et à Hull les médecins condamnent le sel, mais‘les ingénieurs l’admettent. L’ingénieur de la voirie de Hull dit que sans sel il est impossible de maintenir le trafic sur le pavé de bois ; celui d’Edimbourg constate que le chlorure de sodium est inofîensif en ce qui con-cérne le pavé , de bois, .mais tend à briser les routes macadamisées. Les médecins de Dundee, Liverpool; et Manchester estiment que le sel est tout à fait inofîensif, sauf peut-être pour les piétons munis de souliers faisant eau. Les autorités de Anvers, Berlin, Dresde et Hambourg n’admettent le sel que comme un pis aller destiné à faciliter la besogne, mais le condamnent au nom de l’hygiène. A Anvers on estime que s’il est
- mélangé à de la cendrée son application sur les trottoirs débarrassés du gros de la neige est sans danger. A Amsterdam on rappelle qu’il y a quelques années les sabots des chevaux de tram furent attaqués à la suite de l’emploi du sel sur la voirie. Les réponses reçues de Paris, Christiania, Cologne et La Haye ne mentionnent aucune objection contre l’emploi généralisé du ’ sel. Après cela le « Board of Trade » éprouvera peut-être quelque difficulté à se faire une opinion!
- Vers le pôle Sud. — Nous avons annoncé récemment que le capitaine Scott, qui dirigea il y a six ans l’expédition antarctique de la Discovery dont le lieutenant Shackleton fit partie, préparait une nouvelle expédition. Une dépêche de Saint-Jean-de-Terre-Neuve annonce qu’il a acheté le baleinier à vapeur Terra-Nova, qui est parti de ce port le 25 octobre à destination de Londres, où il subira les modifications indispensables. Ce navire a été construit à Dundee en 1884. Après avoir servi longtemps à la pêche à la baleine dans les mers glaciales, il fut affrété en 190a pour aller au secours de l’expédition de la Discovery. En 1904, il prit part à une expédition polaire dans la région de la Terre François-Joseph. Rappelons à ce propos que le lieutenant Shackleton avait organisé à Londres une exposition des souvenirs de son expédition, à bord du Nimrod, que l’on avait amarré au quai du Temple, c’est-à-dire au cœur même de la capitale. 3oooo personnes (i5oo en moyenne par jour) ont visité ce navire désormais historiquë, qui va maintenant être conduit à Liverpool, puis à Manchester, avant de se diriger sur New-York.
- Une catastrophe sur la ligne de Vilïefranche à Bourg-Madame. — La ligne électrique de Ville-franche à Bourg-Madame tout récemment inaugurée par M. Millerand, et encore en période d’essais, vient d’être le théâtre d’une terrible catastrophe. Une automotrice, ayant dérapé à la sortie du pont suspendu de la Gas-sagne sur une pente de 6 pour 100, la vitesse acquise fut bientôt telle que l’automobile fut par un choc projetée hors des rails et jetée dans le précipice bordant la voie : on compte 6 morts et 9 blessés. Parmi les morts se trouve le commandant Gisçlard, par qui fut dessiné le pont de là Cassagne, viaduc établi sur des principes tout nouveaux; parmi les blessés MM. Arnodin et Leine-kugel-Le„Cocq, constructeurs du pont. La ligne qui vient d’être ouverte de si tragique façon, présente des travaux et des particularités fort intéressantes. Nous en donne- , rons une description détaillée dans notre prochain numéro. - i : * ... . t
- L’aviatioïi en Russie. •— On signale de Saint-Pétersbourg que l’enthousiasme pour la navigation aérienne va grandissant dans l’empire russe. Le pi'inre Kotahubei, le comte Malinsky et d’autres membres de l’aristocratie ont acheté en France des aéroplanes avec lesquels ils s’exercent continuellement. Le grand-duc Alexandre Michaelovitch et l’amiral Deliron ônt rédigé
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- INFORMATIONS
- «le commun concert un rapport par lequel ils demandent qu’une somme de 1880000 francs, réunie pur souscription publique pour aider à la îæconstitution de la flotte i-usse, soit affectée à la construction immédiate d’une flotte aérienne. Leur proposition rencontre un accueil chaleureux, et des souscriptions affluent dans les journaux et chez les deux personnages. On dit dans les milieux militaires que la plus grande partie de cette flotte aérienne sera destinée aux possessions russes d Extrême-Orient.^
- Trois heures en aéroplane. — Paulhan, le i°r novembre, sur l’aérodrome de Brooklands (Angleterre), montant un biplan Farman, a volé 3 heures exactement couvrant 159 km et s’est ainsi rendu détenteur, provisoirement au moins, de la coupe Michelin, gagnée l’an dernier par W. Wright.
- Le raid du dirigeable Italien. — Le dirigeable militaire italien a effectué le 3i octobre un magnifique voyage aérien de 5oo km, de Bracciano, près de Rome, à Naples et retour. Les étapes indiquées d’avance étaient : Castel-Borgiano, Rome, Terracine, Gaete. Le départ eut lieu à 8k 35 du matin. A la nuit, le dirigeable atterrissait à Rome. Un triste accident attrista le départ le lendemain matin : le lieutenant Rovetti, en écartant la foule qui se pressait autour de l’aérostat, fut atteint par l’hélice et tué sur le coup.
- Le service des antiquités égyptiennes. — M. Maspero a récemment donné lecture à l’Académie des Inscriptions et Be'les-Lettres du rapport sur les travaux exécutés en Egypte, l’année dernière, par le service des antiquités. Comme les trois années précédentes, la partie de la Nubie menacée par le relèvement du plan d’eau entre Assouah et Ouadi-Halfa, a été le théâtre des travaux les plus importants. Déjà pendant l’hiver de 1907-1908, les temples de Debot, Gertassi, Tafah, Dan-dour avaient été mis en état de résister à l’immersion, le déblaiement de Kalabcheh avait été poussé très loin; au cours de l’hiver, la consolidation de ce dernier temple a été terminée. Dakkeh, Gerf-Hussein, Es-Sebouah ont été dégagés des décombres et repris en sous-œuvre. Maharrakeh, le plus exposé à la ruine de tous les temples, a été en partie rebâti. L’hiver de 1909 à 1910 verra probablement la fin des grosses entreprises de cette région. Si tout marche convenablement, le service des travaux aura réussi à prémunir en trois ans, ainsi qu’il s’y était engagé, quatorze temples contre l’inondation, entre Philæ et Ouadi-Halfa. Ï1 restera à perfectionner les retouches et à reprendre tous les débris d’édifices anciens qui se trouvent épars entre les temples les mieux conservés et ce sera l’affaire des deux années qui viendront ensuite. La copie des inscriptions a progressé par les soins de M. Blackman, Anglais; de M. Gauthier, Français ; de M. Rœder, Allemand, tandis que l’exploration des cimetières, confiée M. le capitaine Lyons, continuait sous la direction de M. Reissner. Le résultât de tant d’efforts sera publié en temps et lieu; pour le moment, M. Maspero rappelle justement ce que le service doit à 1 activité et à la persévérance intelligente de M;' Barsanti, qui a dirigé cette campagne’ comme les précédentes.
- C’est lui qui a dû exécuter à Philæ et à Eléphantine les quelques réparations nécessaires pour empêcher les quais antiques de s’écrouler. On connaît déjà le résultat des recherches que M. Clerinont-Ganneau a fait opérer dans les ruines de la ville de Sebou ; les documents araméens qu’on récherchait ont fait défaut, mais les monuments égyptiens ont été trouvés nombreux et le Louvre a eu, pour sa part, une douzaine d’admirables bâs-reliefs de la XVIIIe dynastie. L’expropriation des maisons qui masquaient la façade du temple d’Esneh est tërminée et le déblaiement du pronaos va commencer. A Thèbes, M. Legrain conduit assez lentement la reconstitution du grand pylône de Ramsès Ier et de Ramsès II; il va commencer la consolidation de la partie Sud de la salle hypostyle. Sur l’autre rive, M. Weigal.l a mené très habilement le déblaiement des tombeaux de Cheikh Abd el Gournah, et M. Baraize a fini, après quatre années de labeur très rude, le dégagement du temple et de la ville de Ramesseum. Il a remis en état les temples de Toth près Medineh-Habou et de Deir-el-Medineh. M. Baraize marche sur les traces de M. Barsanti et promet de devenir un directeur de travaux
- excellent. A Sakkarah, M. Guibell a continué à affranchir des sables le Deir Amba Jeremias et, ainsi, il a doublé la valeur des collections coptes et byzantines. En lin MM. Lefebvre, Edgar et Breccia ont opéré d’ip-nomArables petites fouilles, qui ont enrichi les musées du Caire et d Alexandrie.
- Réflecteurs dorés pour phares de locomotives et d’automobiles- — Une maison de construction anglaise vient d’imaginer un réflecteur métallique parabolique pour projecteurs, phares de tramways, de locomotives ou d’automobile qui présente cette particularité que la surface réfléchissante est couverte d’une mince couche d’or à laquelle on a communiqué par un procédé spécial un haut poli, résistant et durable. D après ces constructeurs le miroir doré donnerait une lumière plus pénétrante que celle réfléchie par une surface argentée, surtout par temps brumeux ou en cas de brouillard et montrerait avec plus de netteté les objets éloignés. En outre, en ce qui concerne spécialement les phares d’autos, leur lumière aurait plus de fixité. Ou croit quelquefois, disent-ils, que plus la lumière est blanche, plus elle est puissante, plus l’illumination obtenue est parfaite. C’est, paraît-il, une erreur. En effet, les rayons peu réfrangibles, en l’espece, le rouge et le jaune sont moins absorbés par l’atmosphère que les radiations violettes, comme on peut s’en rendre compte en observant par exemple un foyer électrique el un foyer à gaz par temps brumeux ou de brouillard. A puissance lumineuse égale le foyer à gaz sera visible de beaucoup plus loin. Or, en employant un miroir doré la lumière réfléchie est pratiquement débarrassée des radiations bleues et violettes du spectre et est composée des seuls rayons rouges, jaunes et verts. Ajoutons que depuis longtemps déjà on procède dans la marine et dans l’armée françaises, à des expériences sur le miroir doré et ses avantages.)
- Hauts fourneaux électriques. — Une installation de hauts fourneaux électriques de grande envergure s’installe au Canada, au Sault Sainte Marie, sur le Lac supérieur; une seconde installation suivra ensuite sur la rivière Attawa pour laquelle on prévoit une dépense de 35oooooo de francs environ. La métallurgie électrique entre ainsi, définitivement, dans la très grande industrie.
- L’électricité dans le cercle polaire. — On vient d’expédier à Dawson City dans l’Alaska, des machines capables de développer 10 000 chevaux et tout un matériel valant près de 2 000000 de francs, destiné à l’installation d’une centrale électrique qui sera alimentée par la force hydraulique pendant une partie de l’année, par la vapeur le reste du temps. On brûlera du bois et le charbon d’une mine locale. Ce sera, le croyons-nous, la station électrique la plus septentrionale du monde.
- Les sous-marins allemands. — Au budget allemand pour 1907-1910 les sous-marins sont inscrits avec un crédit de i2 5ooooo francs supérieur de près de 4000000 au crédit ouvert l’année précédente. L’Allemagne qui possède déjà trois submersibles Uj U2 et U5 se préparerait à pousser activement leur construction puisque l’on parle d’un crédit de plus de 18000000 pour 1910-1911. Les submersibles allemands sont de conception analogue à celle des submersibles français type Laubeuf et à celle des submersibles italiens type Laurenti.
- Le moteur à explosion dans les chemins de fer aux Etats-Unis — Les chemins de fer sont aux Etats-Unis dans des conditions spéciales et depuis longtemps déjà le moteur à explosion est dans bien des circonstances un auxiliaire précieux de leur exploitation. Le^ moteur d’automobile a d’abord été employé à la propulsion des voitures d’inspection. Puis, il y a cinq ou six ans, ce fut une voiture mixte pour l’inspection et le transport éventuel des voyageurs (10 places). Enfin, depuis quelques années, l’automotrice commence à se faire une place de plus en plus importante pour le service d’embranchements locaux. Une application originale du moteur à explosion est son emploi pour le déblaiement des voies obstruées par les herbes. On construit à cet effet de petites automotrices munies de brûleurs à essence. La voiture se rend rapidement sur place grâce à son moteur et déblaie les herbes en les brûlant à une vitesse qui varie entre 3 et 6 km à l’heure.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *> Automobilisme
- Nouvel appareil pour l’échappement libre. — Il
- existe déjà une respectable quantité d’appareils destinés à supprimer la fumée d’échappement des moteurs à explosion. Celui que représente notre ligure donne, paraît-il, d’excellents résultats.
- Il comprend un corps B en fonte qui se fixe sur le tuyau d’échappement au moyen de deux brides, et directement sur une ouverture pratiquée dans ce tuyau à l’endroit choisi pour la mise en place de l’appareil. Le tuyau B comporte un pavillon P que l’on dirige vers l’avant de la voiture et qui se prolonge comme un entonnoir à l’intérieur de l’appareil. Deux clapets concentriques E F sont capables d'obturer en même temps l’orifice de cette sorte d’entonnoir et celui de l’appareil
- lui-même. On remarque que les gaz brûlés sont expulsés par le cylindre K alors que le pavillon reçoit de l’air pendant la marche de la voiture. Pour que les deux clapets puissent s’appliquer correctement sur leurs sièges respectifs, le clapet central E est poussé par un ressort, non visible sur la figure, qui tend à le pousser en avant. Une manette M, actionnée par un câble P permet la manœuvre des clapets ; elle est rappelée par un ressort spirale R.
- L’appareil étant en fonction, comme le montre notre figure, les gaz d’échappement sortant par K tendent à entraîner l’air qui s’est introduit dans le pavillon P et qui cherche à passer naturellement par suite de la marche en avant de la voiture. Par conséquent, les gaz chauds et l’air frais se rencontrent, se brassent, et la fumée disparaît presque complètement. — L’appareil est en vente chez MM. Hussenot, Raynaud et Bourceret, 3g, rue de la Boëtie, Paris.
- Mécanique
- Attache de courroie. — Les amateurs font, quand ils veulent s’en donner la peine, d’ingénieux inventeurs. L’un d’eux, M. E. de Nangis dont la voiture est pourvue
- de l’éclairage électrique
- CD
- par dynamo, ayant été à même de reconnaître les inconvénients que présente le procédé d’attache des deux extrémi-
- fj
- Vue en coupe.
- Attache de courroie pratique. — A, extrémité d’une courroie; B, ressort à boudin; C, broche; AA, extrémités de la courroie ; B B, ressorts à boudin; C, broche.
- tés d’une courroie, est parvenu à en concevoir un nouveau très original et extrêmement pratique. Il en donne la description dans Omnia.
- Coupez, dit-il, dans du ressort au mètre, de
- 10 mm, deux bouts de la largeur de votre courroie et allongez-les de façon que les spires aient un écartement de 2 mm 1/2 à 3 mm entre elles. Enduisez ensuite chaque ressort de rouge et posez-le sur le bout de la courroie. Chaque spire sera marquée par un point rouge. Avoir soin de faire alterner les points sur chaque extrémité de la courroie. Perforer le cuir à chaque point ainsi déterminé, en prenant ses dispositions pour que les trous soient placés à 2 ou 3 mm du bord. Pour passer le ressorl dans les trous on introduira l’extrémité de la première spire dans le premier trou, puis on imprimera un mouvement de rotation au ressort en le faisant passer dans chacun des trous, successivement. A la fin de l’opération le ressort sera cousu à la courroie. On opère de la même manière avec le second bout de ressort sur l’autre extrémité, puis les deux ressorts sont amenés l’un dans l’autre, c’est-à-dire de manière que les spires se croisent, et dans l’intervalle commun on passe une broche comme le montré notre figure. Cette broche peut être laissée simplement tel que, la traction de la courroie suffisant pour l’empêcher de glisser; mais pour plus de sécurité il est toujours très facile d’engager dans l’œillet C qui la termine l’extrémité du ressort.
- Ce procédé très simple sera certainement adopté par tous les automobilistes dont les voitures sont pourvues de phares électriques. Ils savent par expérience combien il est désagréable d’enlever la courroie pendant la journée pour la remettre en place à la nuit tombante. Le procédé imaginé par M. de Nangis leur évitera bien des contrariétés.
- L’ « Universel ». — Un grand nombre d’outils se parent de ce titre alléchant sans aucun droit; on les dit universels parce qu’ils se prêtent à quelques usages spéciaux insuffisants pour mériter le qualificatif. Celui que nous allons décrire nous a paru tellement intéressant que nous n’hésitons pas à dire qu’il mérite bel et bien son nom, nullement trop prétentieux.
- Notez bien, tout d’abord, que si la machine-outil a été établie en vue de venir en aide aux automobilistes, elle sera aussi utile, indispensable, même à chacun. Il n’est personne qui ne désire posséder un outillage de chambre, pourrions-nous dire, lui permettant de se livrer à des travaux assez sérieux. Or, dans l’outillage ordinaire, il manque toujours quelque chose. Si vous avez la lime et l’étau vous regretterez de n’avoir pas une forge, d’enclume, de mâchoirs, de dispositif pour placer les pièces verticalement ou horizontalement, de machine à percer, de meule à émeri, etc. Eh bien, c’est tout cela que vous apporte V Universel en répondant à tous les besoins.
- Il représente un ensemble de huit outils : forge, enclume, perceuse, étau, établi, meule, serre-tubes, chalumeau; c’est un vrai atelier domestique.
- Le socle, en fonte, porte à une extrémité les mouvements de commande dans une boîte bien fermée et à l’abri de la poussière; l’enclume est au milieu, la manivelle de serrage à une extrémité et à l’autre extrémité le foyer. Le poids total est de 60 kg; la longueur totale, avec le foyer monté, est de i,i5 m et la largeur o,34 ni. L’ Universel se place sur un établi, un banc, etc.
- L’enclume est en acier; elle s’emploie comme une enclume ordinaire et résiste à tous les efforts ; il faut la placer de préférence au milieu du socle en la poussant avec la vis commandée par le volant G. Ses dimensions sont 3oo X a3o mm. La forge en fonte est démontable ; elle s’accroche à l’appareil en a (fig. i).Une conduite la met en communication avec le ventilateur placé sous la meule. L’étau parallèle est obtenu spr le volant G qui serre l’enclume contre la pièce fixe qui lui fait face. La largeur des mâchoires est de 10 cm. L’étau à tubes est le même que le précédent; mais on ajoute deux griffes
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- SCIENCE APPLIQUEE
- mobiles L et M qui se fixent en tous sens au-dessous des mâchoires dans les trous B et C et permettent de serrer les barres aussi bien que les tubes dont le diamètre peut atteindre 75 mm. Pour réaliser une machine à percer, on emboîte le foret dans le trou B ; on place les. engrenages à la petite vitesse et on agit sur la manivelle K dans le sens de la flèche C après avoir présenté la pièce à percer en face du foret. On fait pression en tournant le volant G, le foret tournant sur lui-même sans avancer. Enfin, la meule II de 20 X 2 cm est actionnée par la manivelle K par l’intermédiaire des engrenages à grande vitesse. On peut tourner dans n’importe quel sens. Pour changer la vitesse des engrenages on soulève le bouton b et on avance ou on recule la poignée K.
- Les applications de V Universel sont donc fort nombreuses et la machine remplace bien d’autres outils très encombrants que l’on n’était pas encore parvenu, jusqu’ici, à rassembler avec autant d’ingéniosité. — L’Universel est en vente chez M. Maurice Outhenin-Chalandre, 4, rue de Chartres, Neuilly-sur-Seine.
- c&rsi. JoUCtS
- L’Electro-But. — Jeu électrique basé sur le principe du croquet électrique, présenté l’an dernier par le même inventeur. Il est constitué par une tablette longue et étroite à l’intérieur de laquelle est placée une pile sèche ; la sonnerie est installée à l’une des extrémités. Le jeu
- consiste à faire des points en plaçant son jeton, lancé de l’extrémité libre de la tablette, sur deux plots voisins afin de fermer le circuit de la pile. La difficulté est d’autant plus grande que des cerceaux sont chargés d’arrêter les jetons, lesquels, en outre, peuvent encore tomber dans une ouverture circulaire percée dans la table sur le chemin qu’ils doivent parcourir. Et les plots les plus éloignés du joueur sont ceux qui donnent le maximum de points. — L’Electro-But est en vente chez M. Bon-grain, 87, rue Chevallier, Levallois-Perret.
- L’attaque. — Jeu militaire. Il se joue à deux personnes, chacune d’elles ayant à sa disposition 36 pièces mobiles en hauteur et en largeur seulement sur le damier.
- Les deux armées en présence se tournent le dos, de sorte que le joueur ne connaît pas la disposition des forces de son adversaire. Ces forces sont des soldats, des sous-officiers, des officiers, des généraux, des éclai-
- reurs, des mines, des obstacles, des espions, etc. Les éclaireurs seuls peuvent franchir plusieurs cases libres, soit en hauteur, soit en largeur, ils sont susceptibles d’être faits prisonniers par tous les gradés ou même les sapeurs, mais ils ne se prennent pas entre eux. Les sapeurs prennent les mines et toutes les autres pièces sautent au contact de ces dernières. L’espion peut être
- pris par toutes les pièces et lui seul peut prendre le général en chef. Le drapeau et les mines demeurent constamment immobiles. Le drapeau peut être pris par toutes les pièces.
- Lorsque deux pièces sont en présence, elles ne peuvent s’attaquer. Pour reconnaître ou attaquer une pièce on dit : J’attaque. Chaque joueur nomme et montre alors sa pièce. Le" plus haut grade prend le plus faible. A grade égal chaque joueur perd sa pièce. Enfin la prise du drapéau fait le gagnant. f V
- Ce jeu nouveau nous a paru intéressant parce que les adversaires sont obligés de se livrer à un travail aussi intense que celui que demandent les cartes, pour arriver à reconnaître la position adoptée par l’adversaire pour l’attaque et pour la défense. Les groupements sont, en effet, variés à l’infini et il faut agir avec beaucoup de prudence pour obliger son partenaire à démasquer l’emplacement de ses forces. — L’inventeur est M110 Edan, 3g bis, rue de Clamart, à Issy-les-Moulineaux.
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- *> Divers '<*
- Essai des essences. — La revue anglaise Autocar donne un procédé très simple, servi par un matériel peu compliqué, pour procéder à un essai rapide et suffisamment précis des essences.
- Une essence vaut surtout par sa facilité d’évaporation; la densité du liquide n’est qu’un indice insuffisant pour déterminer la qualité première. Pour effectuer un essai, il suffit d’un verre gradué à 100 divisions et d’une casserole. On fait bouillir de l’eau dans la casserole, puis on y place le verre gradué rempli d’essence jusqu’à la g3e division. Par la chaleur l’essence se dilate et atteint la 100e division. On note ensuite, d’abord au bout de deux minutes et demie, puis de cinq minutes et ensuite toutes les dix minutes, à partir du commencement de l’expérience, quelle quantité d’essence reste dans le verre. Ces résultats sont pointés et la courbe que l’on en tire indique la marche successive de l'évaporation.
- Plus la courbe descend rapidement, meilleure est l’évaporation. Noter aussi sur cette courbe le point où l’essence cesse de bouillir. L’essence commence à
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- Essais des essences. ’
- 1. Verre gradué; 2. Coupe de l’installation,” 3. Installation.
- bouillir à 5o°. Plongée dans l’eau à ioo° elle bout d’abord énergiquement, puis son point d’ébullition s’élève progressivement et quand ce point dépasse ioo° l’essence continue à s’évaporer, mais sans formation de bulles. , ,
- Un carbure qui bout au delà de ioo° est peu volatil; il est donc utile de savoir quelle proportion de carbure contient l’essence.
- Avec ce procédé, il est possible de comparer entre elles diverses essences par la comparaison de leurs courbes, les quantités qui 's’évaporent pendant l’ébullition au-dessous de ioo°, la quantité d’essence qui reste au bout de 40 minutes de chauffe au bain-marie, et la densité de cette dernière partie. La courbe de l’essence idéale devrait se composer"d’une ligne droite rapidement-descendante et tout devrait s’évaporer sans résidu au-dessous de xoo°. '
- Les benzols peuvent être étudiés avec le même procédé, mais en tenant compte que l’ébullition de ce corps ne commence qu’à 8o°. Pour cette raison, il ne peut être procédé qu’à la comparaison de benzols ou d’essences, non de benzol et d’essence. - - -
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- VARIÉTÉS
- L’industrie de la coloration des fleurs naturelles.
- — La chimie, dans ses rapports aves le règne végétal, a rendu d’immenses services, en permettant d’alimenter les plantes suivant leurs exigences. Certains éléments, comme la potasse et l’acide phosphorique, jouent un rôle physiologique important en permettant d!exalter le coloris de la fleur, tout en augmentant les réserves alimentaires destinées au développement de la plante elle-même.
- Mais obtenir des fleurs ayant des .couleurs différentes de leurs couleurs naturelles, c’est une industrie spéciale très pratiquée en Amérique, en Angleterre et en Allemagne, et qui ne manque pas d’intérêt. On obtient l’hor-tensia bleu en mettant la plante dans un pot au fond duquel on étend une mince couche d’alun concassé, en mélangeant à la terre un dixième d’ardoise pilée, et enfin, en arrosant chaque jour, avec une solution composée de 5oo gr. d’alun pour io litres d’eau et plus tard, une fois par semaine, avant la floraison, avec de l’eau contenant du sulfate de fer à la dose de 3 à 4 grammes par litre.
- Préoccupé de satisfaire aux desiderata de l’art floral, en égard à l’agencement des couleurs, et après avoir pris connaissance d’une note publiée par le -Réveil agricole, de Marseille, et de l’étude de MM. Girard et Pabst, Traité des matières colorantes dérivées de la houille, nous fîmes, en 1908, divers essais décoloration artificielle des fleurs naturelles. De ces essais, nous avons recueilli certaines précisions encore peu connues et qui peuvent se résumer ainsi qu’il suit :
- La coloration verte est obtenue avec le vert brillant ou tétraéthyldiamidotriphénylcarbinol, obtenu par l’action de Fessènce d’amande"s~amères sur la piéthylaniline.. Pour obtenir la coloration violette, on fait usage du violet de méthyl, qui est le chlorhydrate de penthamé-thylparasosaniline. La coloration rose est réalisée par l'emploi de la fuchsine ou chlorhydrate de rosaniline.
- Ces matières colorantes sont dissoutes en quantité variable, selon la teinte que l’on veut obtenir, dans de l’eau filtrée seule ou légèrement additionnée d’alcool, pour aider à la dissolution de la matière colorante. Pour employer la teinture, on trempé l’extrémité des
- tiges fraîchement coupées dans la solution préparée à cet effet. L’eau monte dans la tige, par capillarité, entraînant avec elle la matière colorante. Au bout de quelques heures, le bord extrême des pétales commence à se colorer légèrement, puis, peu à peu, la coloration s’étend jusqu’à couvrir complètement les parties exposées à l’air. j. -,
- Il n’est pas facile de donner l’explication exacte du phénomène qui préside à la transformation de la couleur de la fleur sous l’influence de ce procédé artificiel ; toutefois, les organes des plantes possédant des propriétés réductrices s’exerçant sur les liquides nourriciers absorbés par les canaux séveux, il y a lieu de supposer que la matière colorante se trouve d’abord réduite à l’état de leucodérivé incolore, dans le trajet qu’elle doit accomplir à travers la tige, puis réoxydée par l’air, en arrivant dans les pétales.
- L’absence de coloration que présentent les parties de la'plantene se trouvant pas en contact avêc l’air tendrait à justifier cette hypothèse. , 1 1
- Il faut remai’quer que la coloration ne se produit pas lorsqu’on trempe entièrement la plante dans la solution colorée, non plus que par l’arrosage de la plante ; il est indispensable que le tissu de la plante soit mis à vif et que l’absorption par capillarité se produise, par un phénomène analogue à celui qui se produit dans l’injéction des bois. Ces résultats confirment la possibilité d’obte-tenir, à volonté, des fleurs à coloris très variés, tranchant singulièrement avec le coloris naturel; ils sont d’ailleurs plus précis que ceux que nous obtînmes dans des essais en collaboration avec un chimiste distingué, M. L. de Wulf, le regretté directeur de la station agronomique de Nice, essais par l’emploi de solutions à base d’aniline.
- La coloration artificielle des fleurs naturelles, pratiquée industriellement, ne serait pas sans présenter quelque intérêt au point de vue scientifique comme au point de vue de la décoration florale. Dans tous les cas, on voit comment la science peut, par d’ingénieux artifices, contrarier la nature, l’adapter à nos besoins ou à nos fantaisies. Henri Blin.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les accidents de la dentition. — Il était de règle autrefois, dans le plus grand nombre des ménages de France et d’autres lieux, de mettre sur le compte de l’éruption des dents bien des malaises et maladies dont pouvaient être atteints les tout jeunes enfants. Le bébé avait-il de la diarrhée, c’était les dents; criait-il la nuit, était-il énervé, avait-il de véritables crises nerveuses, des convulsions, toujours les dents. Les nourrices et les matrones du vieux temps ne s’ingéniaient pas à chercher si la diarrhée et les troubles digestifs ne tenaient pas tout simplement à une nourriture trop abondante, à l’abus d’un mets indigeste ; pas plus que l’état nerveux ne trouvait sa raison dans des langes souillés et irritant la peau, ou parfois comme je l’ai vu, une épingle traversant le vêtement et déchirant sans arrêt l’épiderme du pauvre petit. Mais il était si simple d’avoir une formule toute trouvée, ce sont les dents.
- La jeune génération médicale ne croit plus que la poussée des dents soit la cause de tant de méfaits. La sortie des dents est un travail physiologique qui s’accomplit naturellement et ne doit et ne peut s’accompagner d’aucun état pathologique. Ceci est aussi une formule très simple. Je crois cependant que la vérité est entre les deux et que si on exagérait à plaisir autrefois l’influence de la dentition sur les malaises des enfants, on en fait aujourd’hui trop peu de cas et je constate avec plaisir qu’un des pédiatres les plus renommés, le professeur Hutinel partage un peu cette manière de voir. Comme il le disait avec raison dans une de ses leçons, on ne peut d’un seul coup détruire le résultat
- d’observations faites par des cliniciens aussi avertis que l’étaient les anciens. Les notions qu’ils nous ont léguées concernant le froid n’ont rien perdu de leur exactitude, malgré la découverte de l’agent pathogène de la pneumonie, mais nous avons appris que le froid met en lumière sa virulence. Cette influence du froid me rappelle une boutade de Le Fort qui niait, à tort, -l’influence du microbe. « Je sors, dit-il, du théâtre, je monte, pour rentrer chez moi à l’intérieur de l’omnibus et j’arrive bien portant. Je prends au contraire l’impériale et j’arrive avec une pneumonie. Est-ce que vos prétendus microbes prennent l’impériale ? » Et oui ils la prenaient les maudits petits êtres malfaisants, car nous en avons beaucoup qui sont nos hôtes journàliers et qui ne demandent qu’une occasion, celle du refroidissement sur l’impériale, pour se multiplier, nous infecter et nous dévorer.
- Le rôle des dents est un peu, toutes réserves gardées, celui des microbes. Quand elles évoluent sans à-coup, que la gencive cède facilement à la poussée sous-jacente du corps dur, quand les dents ne chevauchent pas l’une sur l’autre, par suite d’étroitesse du maxillaire, leur sortie se fait sans incidents. Mais chez combien d’enfants n’y a-t-il pas un peu de douleur, puis du gonflement de la gencive, de la tendance à morciller, tout comme les jeunes chiens. Ce gonflement de la gencive avec irritation provoque par action réflexe de la salivation, de la rougeur du visage (les feux de dents). Le trouble pathologique est'bien dû à l’éruption dëntaire, car dans la plupart des cas, tout disparaît dès que la
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- dent est percée. Cette turgescence de la gencive peut favoriser l’infection et c’est la théorie des médecins du jour, c’est qu’il y a une autre cause que la dent pour provoquer les accidents.
- C’est un peu jouer sur les mots, car s’il n’y avait pas d’éruption dentaire, l’infection ne surviendrait pas. Certaines dents, comme les canines, la dent de six ans provoquent plus facilement, car leur travail d évolution est plus lent et plus pénible, des accidents d’infection. Elles ont une certaine analogie avec la dent de sagesse laquelle ne sort pas toujours, sans laisser des traces de son passage, douleurs névralgiques violentes, stomatite et périostite.
- En présence de troubles généraux, d’accidents fébriles chez un enfant, quand la cause est difficile à trouver je
- crois qu’il ne faut pas omettre la pari qui revient à l’évolution dentaire. Au début de leur carrière, les jeunes médecins sont enclins à professer un certain scepticisme à l’égard de ces rapports, avec le temps ils se rendent à l’évidence de certains faits précis. Hutinel a vu des bronchites, des congestions pulmonaires céder et disparaître dès l’éruption d’une ou plusieurs dents. Combien de fois des troubles nerveux ont cédé à une petite incision faite sur une gencive grosse, gonflée et sans trace de suppuration. Combattons, si vous le voulez, la tendance des commères à faire des dents l’origine, chez l’enfant, de la plupart des maux qui peuvent l’affliger, mais ne tombons pas dans l’excès inverse en niant carrément toute influence sur la venue de certains troubles pathologiques. Dr A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Comment entretenir sa montre ? — Nous désirons dans les quelques lignes qui suivent attirer l’attention sur ce délicat organisme qu’est une montre et les soins quotidiens qui lui sont nécessaires : nous insisterons spécialement sur le remontage, la position et la protection.
- Quand doit-on remonter sa montre? Le matin.
- L’explication en est fort simple : La force motrice de la montre est constituée par un ressort, ruban d’acier très élastique, trempé et soigneusement enroulé en 11 à i3 tours, comprimés dans un espace réduit, dans une petite boîte ronde, dentée, nommée le barillet. Le ressort est armé lors du remontage et fournit en se déroulant un effort, qui, malheureusement, n’est pas d’une constante régularité. Au commencement la force est maximum et va en diminuant jusqu’à la complète détente. En remontant la montre le matin, on utilise, par ce fait, pendant la journée le meilleur développement du ressort. Elle supportera donc plus facilement les secousses et sa marche présentera le maximum de régularité. La nuit la montre est au repos, la force motrice peut sans trop d’inconvénient être moindre.
- Quand on sort la montre de la poche, la température du milieu dans lequel on la place est presque toujours inférieure à celle de la poche; or, si le refroidissement est trop subit, et qu’on vienne à remonter le ressort, celui-ci, complètement bandé, ne pourra se contracter et il sautera. Ce risque disparaît si l’on remonte sa montre le matin avant de la mettre en poche, puisqu’on la fait passer d’un milieu ambiant frais à la température de la poche. Le nombre d’heures de marche varie entre 3o à 4o; si l’on oublie de remonter sa montre le soir, elle s’arrêtera pendant la nuit, mais si on a l’habitude de procéder le matin à cette opération et qu’on l’oublie un jour, l’arrêt de la montre se produira au milieu de la journée, et il sera bien plus facile de remédier à cet oubli et à ses conséquences.
- Ajoutons que c’est une erreur de croire que l’on ménage sa montre en la laissant en repos de temps en temps, ne l’utilisant qu’occasionnellement, le dimanche seulement, par exemple ; pendant ce temps d’arrêt, l’huile des pivots s’épaissit peu à peu, la montre va de plus en plus mal et finit par s’arrêter.
- Examinons maintenant quelle doit être la position à donner à la montre.
- La Nature a maintes fois entretenu ses lecteurs des concours organisés par différents observatoires. Ces sortes de coupes chronométriques sont disputées chaque année par les grands fabricants et les montres engagées subissent des épreuves diverses. Elles passent de l’étuve à la glacière et sont également éprouvées dans plusieurs positions. Mais il ne faut pas croire que toutes les montres mises en circulation soient réglées avec une telle précision. Seuls les fabricants de pièces très soignées s’assujettissent à ces multiples observations.
- Quel que soit son réglage, la montre est plus ou moins influencée par les positions. Verticale elle retarde ayant alors le maximum de résistance de frottement, celui-ci est au contraire réduit au minimum dans la position horizontale qui la fait avancer. Ces écarts sont calculés, pour les réglages de précision, de façon qu’ils se compensent; mais les observations et les changements
- de position sont faits à temps égaux, chose impossible dans la vie courante. Il est donc préférable de tenir sa montre invariablement dans la position verticale. Si après avoir pris cette habitude, elle avance ou retarde d’une façon régulière, l’horloger retouchera* légèrement le réglage de manière à l’approcher du temps moyen. Si on la suspend à un clou, elle doit être appuyée, sinon elle risque de prendre un mouvement de balancement nuisible.
- La montre doit-elle être portée à la ceinture ou sur la poitrine? A cette question, il est fort difficile de répondre! à la ceinture, la montre sera moins influencée par les secousses et les mouvements du corps, mais si on vient à soulever un fardeau lourd et qu’on l’appuie contre soi pour le transporter, on risque de donner des coups à la montre ou même de l’écraser. Sur la poitrine elle sera à l’abri des chocs, mais sera plus influencée par les mouvements du buste. On doit condamner la mauvaise habitude qu’ont certaines personnes de tenir leur montre dans la poche du pantalon, A cette place elle n’occupera jamais la même position, tantôt à plat, tantôt verticale, les chocs et les secousses seront aussi multiples. Les dames portant le pendentif ou la montre attachée à une broche verront leur chronomètre occuper de lui-même, le plus souvent, la position verticale, mais il ne sera pas à l’abri des chocs et des secousses.
- Il faut donner à la montre une protection contre la saleté, les différences de température, l’humidité et l’ai• mentation.
- La montre ne doit être ouverte, sauf par l’horloger, sous aucun prétexte ; les minuscules grains de poussière qui pourraient pénétrer occasionneraient l’arrêt. Il faut tenir très propre la poche dans laquelle on porte la montre; il faut avoir soin de la retourner et de là brosser de temps en temps, car les microscopiques petits fils, qui par l’usure se détachent de la doublure du vêtement, finissent à la longue par pénétrer dans le mouvement, même avec la plus irréprochable fermeture de la boîte. Cette pénétration se remarque souvent lorsque le porteur est fortement exposé à la poussière : architecte, ingénieur, sportsman, etc. Il faut éviter aussi de placer dans cette même poche d’autres objets qui par leur contact rayeraient la boîte et la glace.
- Plus haut nous disions que les montrés de précision étaient observées à l’étuve et à la glacière, le nombre de ces pièces est relativement faible et l’on aurait tort de croire que les montres peuvent supporter impunément des températures extrêmes. Il est très dangereux par exemple de sortir sa montre de sa poche pour la déposer sur le marbre d’une cheminée; ce saut brusque de température aurait non seulement une influence sur là marche, mais serait néfaste à plusieurs organes, le ressort ou la glace peuvent se briser par une trop prompte contraction. Le mieux est de la placer sur un porte-montre doublé de drap épais, qui, mauvais conducteur de la chaleur, empêchera un refroidissement trop subit.
- Le mécanisme de la montre est en grande partie formé de pièces d’acier rapidement attaquées par la rouille, engendrée par l’humidité sous toutes ses formes. Il faut donc porter au plus vite sa montre à l’horloger lorsque par un
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- malheureux hasard on la laisse tomber dans un liquide quelconque. En enrayant à temps la propagation de l’oxydation on peut la sauver. Il est évident que le prix d’un travail de ce genre augmentera à chaque minute de retard : 1 eau de mer ou un liquide acide seront évidemment plus funestes que l’eau pure. Les vapeurs pénètrent, malgré toutes les précautions prises par le fabricant pour s’assurer de l’étanchéité de la boîte.
- L’horloger ne doit pas ouvrir une montre venant d’un endroit froid avant qu’elle se soit tempérée, sinon il se formera une condensation humide dans le mouvement.
- Une zone magnétique entoure les machines électriques
- (dynamos, magnétos, moteurs, etc.), sa puissance est plus ou moins forte suivant la force du courant et suivant la construction de ces machines. En y pénétrant avec une montre, celle-ci peut s’aimanter, d’où écart de marche ou arrêt complet. Il est donc prudent de déposer sa montre avant de s’approcher d’une dynamo de grande puissance, à moins d’être possesseur d’un chronomètre antimagnétique dans lequel différents petits organes sont en alliage réfractaire à l’aimantation.
- Ces petits conseils bien suivis éviteront une usure trop rapide et les recours trop fréquents aux soins de l’homme de l’art, en l’espèce l’horloger. ,
- H. Chaponnière.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Question. — Un de nos lecteurs, à Milan, nous demande quels sont les titres scientifiques et la valeur des travaux du naturaliste P. Marcoy, auteur de Voyage à travers VAmérique du Sud, 2 vol. Paris, 1869?
- Renseignements. — M. Lauf, à Mostaganem. — Votre idée est fort ingénieuse. Elle a été appliquée déjà pour rendre phosphorescent pendant la nuit des porte-allumettes, bougeoirs, de même que les cadrans de montre dont nous avons parlé. Le corps employé est l’enduit de Balmain, que vous pouvez vous procurer en vous adressant à la maison Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, Paris. La préparation directe des enduits phosphorescents est assez délicate; on fait appel habituellement soit au sulfure de zinc, soit aux sulfures de calcium, de baryum ou de strontium préparés suivant des formules spéciales. On compose ainsi de véritables peintures. Mais nous ne savons si elles sont capables de résister aux intempéries.
- M. Q. /., à Chambolle-Musigny. — Voyez le manuel de l’électricien, par Laffargue, chez Bernard-Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris. Lisez aussi les leçons d'électricité d’Eric Gérard, chez Gauthier-Villars, 65, quai des Grands-Augustins.
- M. Hergott, au Valdoie. — Merci de votre observation! Nous faisons revoir les recettes de feux de bengale.
- M. A. Bonneau, Janville. — Voyez l’ouvrage : Les cerfs-volants, par Lecornu, chez Vuibert et Nony, 63, boulevard Saint-Germain, et la brochure : Les cerf-volants, du lieutenant Bois, chez Berger Levrault, rue Danton, Paris.
- Marquis d’Avre, à Vanadoli-Hissar.—Vous trouverez des poêles à réservoir d’eau chaude, chez Davène, 33, rue des Tournelles, Paris.
- Fabricants de lampes de mines à acétylène : MM. Butin, 35, rue des Martyrs, Paris; Besson, 3, rue de Malte, Paris; Joris, Loncin-lez-Liège, Belgique.
- C. A. L., à Pantin. —; Contre les vers des meubles : introduire dans les trous, un à un, la dissolution suivante à l’aide d’une pipette ou d’une petite seringue en verre : sublimé corrosif, 8 grammes ; alcool, 1 litre ; ou bien employer de même de l’essence de térébenthine, et en badigeonner le meuble de haut en bas.
- Dr Grinda, à Saint-Martin (Vésubie). — Petites machines à faire le pain : un de nos lecteurs, M. Le Doyen, à Paris, à qui nous adressons tous nos remerciements, nous indique qu’il existe des machines de ce type chez M. Markt, 107, avenue Parmentier, à Paris; ce sont deux machines américaines, servant l’une pour le pain, l’autre pour la pâtisserie. Nous les avons, en effet, décrites dans nos numéros 1881 et 1882, 12 et 19 juin 1909, Supplément.
- M. F. B.,k Paris. — Il n’existe encore aucun ouvrage, à notre connaissance, sur la fabrication des films cinématographiques. Les lois et règlements qui régissent les établissements de ce genre sont les mêmes que ceux qui concernent les usines de celluloïd.
- M. P. Duquit, à Bordeaux. — Vous trouverez l’objet chez Renaut, 63, boulevard de Strasbourg.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Le reliquaire de Péshawar : Jean-Paut, Lafitte. — Le plus grand câble transporteur du monde : Daniel Bellet. — La rivière souterraine de Labouiche ou la Crange (Ariège) : E.-A. Martel. — La stérilisation du jus de raisin frais : Antonin Roi.et. — Chronique : L’accouplement des hélices et des turbines; Les forces maritimes en 1910. — Formes diverses de la langue : Henri Coupin. — Un baromètre isothermique : A, Troller.
- Supplément. — Nouveau procédé de désinfection des eaux potables. — Une curieuse utilisation du grisou. — La pile à nitroïue. — La batterie photo-électrique Fleming. — Electrification des chemins de fer en Hongrie. — César Lombroso. — Les idées modernes sur les enfants.
- N. M. Butler. — Les Américains, traduit de l’anglais par Mm0 E. Boutroux, préface de E. Boutroux. Paris, E. Cornély, 1909, 1 vol. in-16, 2f5o.
- Recueil de trois conférences faites à l’Université de Copenhague par l’éminent président de l’Université Columbia (New-York) et envisageant tour à tour les
- Américains, c’est-à-dire les habitants de l’Union, dans la vie politique, en dehors de leur gouvernement, et dans la vie intellectuelle. On lira avec un vif intérêt ces pages solidement écrites et pensées.
- Prof. Dr E. Gaupp. — Die normalen Asymmetrien des menschlichen Korpers. Iena. Gustav Fischer. 1909, 1 broch. in-8, 59 p. 1 Mk 5o.
- Après un historique de la question, l’auteur examine tour à tour l’asymétrie de la tête, de la colonne vertébrale, des membres et des organes internes. Le travail, fait avec soin, est suivi d’une bibliographie.
- Tableaux de filetage au système métrique indiquant le train d’engrenages (à 4 roues) pour réaliser un pas de vis sur des tours dont la vis-mère aurait 4, 5, 6, 8, 10 ou 12 millimètres de pas, par Ed. Dubosc. H. Dunod et E. Pinat. Paris. Prix : 4tr»5o.
- Exploitation des ports maritimes, par De Cordemoy, ingénieur des Arts et Manufactures. II. Dunod et E. Pinat, Paris. Grand in-16 de 56o pages, avec
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- BIBLIOGRAPHIE
- i7& figures. Prix : reliure pleine peau souple, i5 fr. (Bibliothèque du Conducteur de travaux publics).
- Cet ouvrage fait suite aux deux remarquables volumes de la même collection consacrés à la construction des ports maritimes. Il traite spécialement des ports au point de vue de leur utilisation pratique et de leurs conditions économiques.
- L’Annuaire international de Vacétylène (édition 190g), par MM. R. Granjon et Pierre Rosemberg. Bibliothèque de l’Oflice central de l’Acétylène, 104, boulevard de Clichy, Paris. Prix : 2fr,5o franco.
- Cet ouvrage, qui comporte près de 45o pages, illustrées par 3oo gravures, contient tous les renseignements utiles sur l’acétylène et ses diverses applications. Présentés dans un ordre méthodique, les chapitres accompagnés de tableaux et graphiques, facilitent les recherches qu’on peut avoir à faire sur les questions {l’éclairage, chauffage, soudure autogène, applications diverses de l’acétylène, etc., etc. Il suffit de parcourir la liste des chapitres qui composent le volume pour se faire une juste idée de l’étendue actuelle du domaine de l’acétylène, et de son rapide développement.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN * MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 oct. 1909.. 4U,5 S. W. 2. Couvert. 5,3 Première gel. bl.; pluie de 8 h. à 10 h. 30; couv. de 7 h. à 10 h.
- Mardi 26 . 4°,8 S. E. 2. Pluie. 6,1 Gelée blanche; pluie fréquente de 4 h. 30 à 19 h.
- Mercredi 27 . . . . . 10°,0 S. E. 2. Pluie. 14,3 Pluie de 5 h. 40 à 11 h. 30 à 12 h. 25 et de 16 h. à 21 h. 30; couv.
- Jeudi 28. 9°,8 S. S. E. 0. Couvert. 0,5 Très nuageux; petite pluie l’après-midi.
- Vendredi 29 7°,7 S. W. 3. Couvert. » Couvert jusq. 17 h.; nuag; eus.; brouillard le soir.
- Samedi 50. .... . 3°,7 N. 1. Très nuageux. 0,8 Rosée; gel. blanche; très nuag.; pluie de 17 h. 30 à 19 h.
- Dimanche 51 6°,5 N. E. 2. Couvert. » » )> »
- OCTOBRE 1909. — SEMAINE DU LUNDI 25 AU DIMANCHE 31 OCTOBRE 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 25 au 3i octobre 1909. — Le 25. Profonde dépression sur le N. de l’Europe : Christiania, 745 ; Vardoe, 744'» pression supérieure à 765 sur le S.-O. et l’E. Pluies sur le N. et l’O. En France : Le Havre, 9 mm; Besançon, 4; Paris, 3; neige sur les Vosges. Temp. du matin : Moscou, —20; Le Mans, 4; Paris, 5; Toulouse, 8; Alger, 17; Puy de Dôme, —2; Pic du Midi, —8; moyenne à Paris : 5°,4 (normale : 8°,5). — Le 26. Une nouvelle dépression profonde apparaît sur l’O. de l’Europe : îles Scilly, 741 mm. Pression basse sur tout le continent. Pluies générales. En France : Lorient, 17 mm; Biarritz, Paris, 6; Nancy, 4; Lyon, 2. Temp. du matin : Besançon, i°; Berlin, 2; Paris, 5 ; Marseille, 7; Brest, 12; Alger, 18; mont Ventoux, —2; Pic du Midi, — 2 ; moyenne à Paris : 7°,4 (normale : 8°,4)- — Le 27. La dépression de l’Irlande s’étend vers l’E. et le S. : 741 mm au làrge de la Bretagne. Pluies générales. En France : Nantes, 45 mm; Rochefort, 3o ; Calais, 24. Temp. du matin ; Charleville 90; Paris, 10; Lyon, i5; Marseille, 17; Alger, 20; Puy de Dôme, 4; Pic du Midi, —3 ; moyenne à Paris : xo°,5 (normale : 8°,2). -— Le 28. La dépression de l’O. persiste : son centre est près de Nantes : 740 mm. Pluies sur l’O. de l’Europe. En France : Cherbourg, 32 mm; Clermont, 29; Calais, 26; Paris, 13 ; Nice, 10. Temp. du matin : Belfort, 8°; Paris, 10; Bordeaux, 12; Marseille, 18;
- mont Ventoux, 3; Puy de Dôme, 3; Pic du Midi, —6; moyenne à Paris : n°,7 (normale : 8°). — Le 29. Le centre de la dépression se déplace vers le N.-E. et passe sur les Pays-Bas. La pression se relève rapidement à l’arrière. Fortes pressions en Islande et en Russie : Moscou, 777 mm. Pluies sur l’O. et le N. En France : Calais, 34 mm; Nice, 31 ; Lyon, 12; Bordeaux, 9; Paris, 1. Temp. du matin : Brest, 6°; Paris, Toulouse, 8; Marseille, 12; Alger, 16; Puy de Dôme, 1; Pic du Midi, 9; moyenne à Paris : 7°,2 (normale : 7°,g). — Le 3o. La pression s’élève rapidement sur le N. de la France. Elle reste basse dans le S.-O. Pressions élevées sur l’E. de l’Europe : Moscou, 777 mm. Pluies sur l’O. de l’Europe. En France : Nice, 26 mm; Dunkerque, i3; Belfort, xo. Temp. du matin : Moscou, —3°; Paris, 4; Nantes, 6; Marseille, 9; Puy de Dôme, 1: mont Mou-nier, —5; moyenne à Paris 6° (normale : 7°,7). -1— Le il. Les basses pressions persistent sur le S.-O. Une aire anticyclonique apparaît de l’O. des Iles-Britanniques à la Russie : Stornoway, 769 mm; Moscou, 778. Pluies dans le N. et l’O. de l’Europe; En France : Nantes, 18 mm; Rochefort, 9; Gap, 8; Paris, 3. Temp. du matin : Moscou, —3°; Nantes, 4; Paris, 7; Toulouse, xo; Alger, 18; Puy de Dôme, 3; Pic du Midi, —7; moyenne à Paris : 7°,9 (normale : 7°,6). — Phases de la Lune : Pleine Lune le 28, à 10 h. 16 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne a La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Parit (V1‘)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- ' La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 1903 — 13 NOVEMBRE 1909
- SUPPLEMENT
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- INFORMATIONS
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3o no-
- vembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 27 novembre (n° igo5), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le i" décembre, renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882
- — i883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Prix décernés par l’Académie des Sciences pour 1909. — Botanique : Prix Desmazières : M. l’abbé Hue, pousses travaux relatifs à la systématique des Lichens;
- — Prix.Montagne : Un prix de rooo francs est décerné à
- MM. H. et M. Peragallo, pour leur ouvrage intitulé : Diatomées marines de France et des districts maritimes voisins-, un prix de 5oo francs est décerné à M. Guilliermond, pour ses recherches sur la cytologie des Cyanophycées et des Bactéries ; — Prix de Coincy : M. René Viguier, pour ses travaux relatifs à la Classification des, Araliacées ; — Prix Thore : Ce prix alternatif, destiné à récompenser bette année des travaux sur les Cryptogames cellulaires de l’Europe, est décerné à M. Paul Bergon, pour ses Etudes sur la structure et le développement des Diatomées. — Chimie : Prix Jecker : Destiné à récompenser des travaux remarquables de Chimie organique, partagé entre M. G. Blanc et M. Marcel Guèrbet;----Prix Cahours : Attribué à titre d’en-
- couragement à des jeunes gens qui se seront déjà fait connaître par quelques travaux intéressants et plus particulièrement par des recherches sur la Chimie, partagé également entre MM. Carré, Jolibois, Brunei;
- — Prix La Caze : M. Recoura pour l’ensemble de ses travaux sur les sels et en particulier pour ses études sur les composés du chrome. — Physiologie : Prix Montÿon (Physiologie expérimentale) : partagé entré : M. Charles Dh'ëréy professeur dé Physiologie à T Université de'Fribourg, Suisse, pour ses Recherches spec-trographiques sur l’absorption dés rayons ultraviolets par lé's; âîbuminoïdés1, les protéides et leurs dérivés ; M. E. Pozèrskiy1 préparateur à l’Institut Pasteur, pour un travail intitulé : Contribution à l’étude physiologique de la papdïne -, — Prix Philipeàux : MM. J.-È. Abelous, professeur à la Faculté de Médecine de Toulouse, et E. Bardiér, professeur agrégé à la même Faculté, pour leurs Mémoires et travaux sur l’Action hypértensive des urines etTurohypertënsine ; .Prix! Lallemand : partagé entre :• M. Auguste Pettit, pour son travail intitulé : Description des encéphales de Grampus gris eus, de Sténo
- frontatus, de Globicephalus mêlas, provenant des campagnes du yacht Princesse-Alice ; M. Gustave Roussy,. chef de travaux à l’Ecole des Hautes Etudes au Collège de France, pour son ouvrage intitulé : La couche j optique ; le syndrome thalamique; — Prix La Gazé-': M. Delzenne, pour l’ensemble de ses travaux. — Méde-cine : Prix Barbier : partagé entre : M. L. Làunoy, pour une série de travaux intitulés : Phénomènes nucléaires de la sécrétion; Histophysiologie de la sécrétion pancréatique-, Autolyse des organes et les ferments endo-cellulaires ; Auto lyse aseptique du foie-, M. J. Lesage, pi'ofesseur de Physiologie à l’Instituto superior de Agro-nomia y Yeterina, à Buenos-Ayres, pour son Mémoire intitulé : Recherches expérimentales sur le Maté-,—Prix Mège : Non décerné. Un prix annuel de 3oo francs, représentant les ' arrérages de la Fondation, ëst décerné à M. S.-J. Metalnikofï, attaché au Laboratoire zoologique de l’Académie Impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg, pour ses travaux sur les chenilles de Galleria mellonella ; — Prix Parkin : M.-Adolphe Cartaz, pour son Mémoire intitulé : Dé l’emploi de l’acide carbonique dans les affections du nez et de la gorge. —Prix général : Prix Lonchampt : Non décerné. Un encouragement de i5ôo francs est 'accordé à M. J.-A. Claudius Roux, professeur de Botanique à la Faculté des Sciences de Lyon, pour son travail sur la chlorose des végétaux.
- Le nombre des étoiles. — Le professeur Ivapteyn de l’observatoire de Groningen estime qu’il y a 697 551 étoiles jusqu’à la grandeur 10,5, i4 582 55i jusqu’à la grandeur 13,5, 38 millions à la grandeur 14,5 et 98 millions à la grandeur i5,5. Pickering de l’observatoire de Harvard réduit ces chiffres à 604000 (grandeur 10,5), 6761000 (grandeur i3,5) et 18 millions (grandeur i5). Les observations de Greenwich concordent avec celles de Harvard et tiennent les autres pour trop grandes (La Nature, 19 août 1909).
- Météorologie des montagnes. — Le 17e rapport annuel de la Société du Sonnblick (observatoire et station alpestres à 3io5 m. d’altitude entre Gastein et le Gross-Gleckner) donne les résultats fournis par les plus importantes stations de montagne. Au Sonnblick la température moyenne a été en 1908 de — 70,2 C. ; le maximum (en mai) -j- 6°,6 ; le minimum (en janvier) — 28° C. ; il y eut 220 jours de neige ou pluie; 245 de brouillards.
- ( La prévision des tremblements de terre. — Parmi les questions' très probablement insolubles dont le public s’obstine à demander la solution et dont le très grand intérêt pratique suscite, malgré tout, de nombreuses recherches, on peut citer la prévision, à longue échéance, des tremblements de terre. Ces ébùulements ou explosions souterrains subissent-ils dans une certaine mesure l’influence de phénomènes généraux et périodiques, on l’a bien souvent affirmé sans jamais le prouver. Actuellement, des recherches plus modestes, mais qui présentent plus de valeur scientifique, tendraient
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- INFORMATIONS
- à montrer que le mouvement vibratoire du sol, cause des sinistres, est précédé, à quelques secondes ou minutes d’intervalle, par uue onde électrique, Pratique-meut, on ne doit guère espérer, quoiqu ou en ait dit, en tirer un moyen de se prémuuir. 11 semble que l ou ait simplement affaire à deux modes de transmission pjus ou moins rapides d un phénomène souterrain déjà effectué et non à uue prévision réelle : quelque chose d aua-logue à l’intervalle qui précédé la vue de la lumière d un coup de cauon et l’audition de la détonation. Cet intervalle ne doit devenir appréciable que lorsque le point de départ en est très éloigné et, par conséquent, lorsque les effets mécaniques sout réduits à fort peu de chose. Quoi qu il en soit, voici en quoi ont consisté les expériences en question. M. Atto Maccioui est parti dq cette observation, plus ou moins mélangée de superstition, d’après laquelle les animaux seraient agités quelque temps avant les tremblements de terre, et a eu l’idée d’examiner s’ils ne seraient pas influencés par une onde électrique. A cet effet, il a employé le cohéreur de Brauly, qui est la base de la télégraphié sans jil : c’est à-dire un tube contenant de la limaille de fer qui, intercalé dans le circuit d’une pile à basse tension, ne lai-se passer le courant, ne devient conducteur que pendant la durée d’une décharge électrique. Il fallait, avant tout, éviter d’enregistrer les décharges atmosphériques très fréquentes et intercepter seulement les décharges propagées par le sol. On y arrive en faisant partir d’un des serre-fils du cohéreur un fil conducteür relié à une barre métallique verticale, entièrement enfoncée dans le sol L’appareil étant disposé de cette manière, on à constaté par deux fois que le cohéreur avait été influencé quatre minutes avant un sismographe voisin. On continue actuellement les expériences eu essayant de déterminer le degré d’intensité du séisme avec des cohéreurs de sensibilité différente combinés en série.
- Quatre heures en aéroplane. — Henry Farman vient de battre le 3 novembre tous les records de distance et de durée, en tenant l’air de i2h34“o76 à 411 5-2m, soit 4h 17“ 53*. parcourant 23-2 km, 212 m. Farman devient ainsi le détenteur probable de la coupe Michelin, qui. comme on le sait, est actuellement déteuue par Wright et sera attribuée à nouveau le 3i décembre prochain.
- La carte du monde au millionième. — Le i5 novembre prochain, sur l’initiative du gouvernement anglais, une conférence internationale doit se réunir au Foreign office, à Londres, pour fixer les dispositions communes à prendre en vue de l’établissement d’une carte générale du globe à l’échelle de 1 mm par kilomètre. D après l’avaut-projet qui en a été dressé par le congrès géographique international de Genève, en 1908, celte carte serait divisée en feuilles, dont chacune embrasserait 6 degrés en longitude et 4 degrés en latitude. Les longitudes seraient comptées à partir du méridien de Greenwich. Chaque feuille porterait une échelle en kilomètres, et facultativement pour certaines, une échelle en milles. Les hauteurs et profondeurs seraient données en mètres, et facultativement répétées en pieds. Les courbes de niveau, tracées en brun, seraient à l’équidistance de 200 m. Les eaux seraient uniformément figurées en bleu. Les voies de communication. y compris certaines pistes non carrossables, y seraient marquées. Enfin les noms seraient imprimes en ,caractères latins, tout au moins dans l’édition internationale. Le gouvernement français sera représenté à la conférence de Londres par uue délégation composée de MM. Vidal de la Blache. membre de 1 Institut ; Ch- Lallemand, membre du Bureau des longitudes et directeur du nivellement général de la France, et le corn mandant Pollacki, du service géographique de l’année.
- Les voiès ferréss espagnoles. — Il existe en Espagne, nous écrit un de nos abonnés, 11 3g 1 km de voie ferrée uormale, dont la moitié avec plate-forme pour voie double. L écartement de la voie normale en Espagne et Portugal, est, rappelous-le, de- 1.6712 m., équivalent de 6 pieds castillans. En outre, il existe 2662 km de voie ferrée de 1 m., 2(5 de 71 centimètres.
- Pétrole en Égypte. — On a fait, il y a quelques années, des sondages pétrolifères à Djebel Zeït. à 240 km Est de Suez, sur la mer Rouge, Une société
- s’était alors formé en 1899, sous la direction de Sir El-win Palmer, ancien gouverneur de la National Bank d'Egypte, pour explorer uue grande coucessiou allant de Suez a Esueh (sur le Nil. par 25° lai.) et du Nil à la frontière turque vers l Est. Et, sans obtenir aucun résultat, pratique, elle reconnut néanmoins la présence de gaz hydrocarbures et de sables pétrolifères. Depuis deux ans, d’autres sondages ont été forés par un autre syndicat, uu peu plüs au S.-E., à Geùisah, a 260 kui de Suez, et l’un d’eux, formé à 110 m. de profondeur, a donné lieu à un jaillissement notable. Cette rencontre du pétrole dans la zone de la mer Rouge est en rapport avec toute uue série de manifestations du même genre depuis longtemps connues, mais dout aucune n'a eucore eu de suite' industrielle. Il est possible que les recherches, rationnellement conduites jusqu’à une profondeur suffisante, donnent des résultats qui seraient d’un grand intérêt pour le développement économique de Suez.
- L’extraction des terres rares. — En fait de minerais tout au moins (et la remarque pourrait sans doute être généralisée), quand l’homme a besoin d'un élément nouveau, il le trouve toujours; et même bientôt, comme son prix est élevé, avec surabondance. Il en a été ainsi pour les « terres rares », qui contiennent les oxydes de thorium, d yttrium, de cérium, de lanthane, de didyme, utilisés surtout pour l’éclairage par incandescence. On sait que. depuis quelques années, au lieu d’employer pour l’éclairage l’incandescence du carbone comme dans les vieux moyens classiques, on recourt à ces oxydes dont le chauffage donne uue clarté éblouissante; Quand cette découverte devint pratique, on ne connaissait comme gisements que certains points du littoral norvégien, entre Areudal et Christiania, où on les trouvait dans l’orangite, la thorite, l’œschiuite. etc. L’oraugite atteignit bientôt 5oo t'r. le kg et, comme la proportion de sels utiles est faible dans ces minerais, le nitrate de thorium arriva à valoir 25oo fr. le kg. Il suffira de dire, pour montrer la révolution opérée dans cette industrie, que sou prix actuel est de 35 fr. Cette révolution à eu lieu par la mise en valeur, surtout au Brésil, de sables alluvionnaires contenant ce qu’on appelle la monazite, c’est-à-dire un phosphate extrêmement complexe de cérium, lanthane, didyme, etc., avec silicate de thorium. Les gisemems ont été d’abord exploités sur le littoral brésilien où leur extraction se présentait dans des conditions industrielles plus favorables. Fuis on en a trouvé d’autres dans l’intérieur du Brésil, fl en existe également aux Ftats-Uuis, au Canada, en Scandinavie et un grand nombre des massifs anciens du globe à roches
- cristal_les comme le Cornwall, lé Plateau Français en
- contiennent des traces très appréciables. Aussi maintenant cherche-t-on des emplois nouveaux aux « terres rares », dout il y a surproduction. Ou a commencé à recouvrir d’oxydes rares les Hlamenls de certaines lampes à incandescence: on cherche même à en enduire les charbons des lampes à arc; on fait, avec un mélange de sels de zirconium et d’yttrium, les tiges des lampes Nernst. Enfin, comme tous les sels de thorium- Sont rad oaetifs, on a songé à les utiliser pour remplacer les minerais de radium.
- Puits souffleurs de Norwîch. — A 5 km de Norwich (Angleterre) et à 43 m. au-dessus du niveau de la mer il y a trois puits souffleurs, distants l’un de l’autre de, 3o m., de 0,90 m. de diamètre et profonds de 21 à 24 m. En les creusant il y a quelques années on n’y trouva pas d’eau. L’un d’eux fut alors couvert d’une calotte de fer. qui ne tarda pas à voler en l’air; pour les deux autres on pourvut la calotte d’un tuyau de ventilation afin d’éviter cet accident. La pression de> l’air ou des gaz qui s’échappe par ces puits est, tantôt' positive et très forte, soufflant très fort et bruyamment; vers le dehors, tantôt négative au point d’aspirer des feuilles et autres débris dans l’intérieur. Localement, on prétend prévoir le temps d’après l intensité du souffle. Ou se demande si le phénomène tient du vent, ou des changements dans la pression atmosphérique ou aux dénivellations de la rivière Tare (distante de 3 km), (d’après Nature, du 20 mai 1909). Les puits souffleurs sout encore mal expliqués; MM. De Saussure et Sarazin en ont étudié plusieurs près de Genève en 1905 ; MM B. Brunhes et P. David en ont signalé au Puy de Dôme en 1907. Ils sont très fréquents en Angleterre, aux Etats-Unis, etc.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- r > Chauffage
- Nouvelle cheminée à gaz. — Les poêles à gaz à incandescence se répandent rapidement. Il y a beaucoup à dire contre ce mode de chauffage considéré au point de vue hygiénique Mais il est extrêmement commode et a été rendu b rt économique. Pour être juste, il faut dire que les brûleurs ont été fort perfectionnés et assurent une combustion parfaite de gaz : l’oxyde de carbone disparaît complètement des produits de la combustion, et avec lui l’élément le plus dangereux pour l’atmosphère de nos appartements.
- La cheminée Marc représentée sur notre figure est
- I. La cheminée Marc
- au moment où on la garnu de ses lamelles radiantes. 2. Une lamelle dans la flamme. — 3. Le brûleur.
- précisément une de celles où la combustion est assurée d’une façon parfaite, et elle se distingue des cheminées habituelles par la nature du système radiateur. Le plus souvent, on a recours à des manchons de terres rares comme le manchon Auer, ou de céramique comme le bec Kern. Ici ce sont des petites lamelles en terre réfractaire que l’on utilise. On les place à cheval sur la tringle en cuivre T. Le talon P de la lamelle vient se caler dans la partie postérieure du brûleur B. Les lamelles s’échauffent sous l’influence de la flamme, rougissent et rayonnent la chaleur à travers la salle.
- Ce système a l’avantage d'être facile à entretenir et de ne craindre aucun choc. Si l’une des lamelles vient à être endommagée pour une raison ou une autre, on la remplace sans la moindre difficulté; et le réglage de l’appareil est des plus simples.
- Les lamelles eu céramique spéciale restent rouges un certain temps après l’extinction du brûleur, ce qui donne une grande sûreté à l’appareil. En effet, si, par hasard, pour une cause quelconque, l’arrivée du gaz est interrompue un instant, le brûleur se rallume automatiquement dès que le gaz arrive en contact avec les lamelles restées rouges.
- Le brûleur est d’un type nouveau permettant d’obtenir une combustion complète et une flamme fixe quelles que soient les pressions du gaz à la sortie du gicleur du bunsen, ce qui revient à dire que l’on peut aussi bien faire fonctionner l’appareil, la clef du gaz étant complètement ouverte ou fermée en partie.
- Pour obtenir ce résultat, l’entrée du gaz dans le brûleur-mélangeur a été combinée de la façon suivante :
- Un gicleur ordinaire entouré d un tube percé de trous (comme un bunsen ordinaire) débouche à la base d’un tube conduisant à une sorte de boite percée de trous à sa partie supérieure où s’allumera le mélange. La partie supérieure du tube du bunsen n’est pas joint exactement ù l’intérieur du tube du brûleur, mais laisse un espace
- annulaire vide. De plus, les trous ordinaires percés sur le tube du bunsen ne sont pas suffisants à eux seuls pour assurer le parlait dosage gaz et air lorsque le robinet du gaz est ouvert en grand, mais dans ce cas le mélange air-gaz sortant du tube du bunsen à une vitesse suffisante pour entraîner un supplément d’air pur qui passe par l’espace, annulaire. Si maintenant nous venons à modérer la pression du gaz à la sortie du gicleur en fermant en partie le robinet d’arrivée, l'écoulement beaucoup plus lent n’entraînera presque plus d air par la partie annulaire, à un moment même cet entraînement d’air par la partie annulaire pourra devenir presque pratiquement nul, le gaz ne se chargeant plus de comburant que par les trous du tube du bunsen proprement dit, on aura donc ainsi un brûleur fournissant une flamme identique pour de grandes variations de combustible brûlé et cela sans aucun réglage. Nous possédons donc un brûleur permettant de modérer l’intensité de la flamme à volonté et cela par la seule manœuvre du robinet fixé à la conduite.
- Grâce à ce dispositif, le brûleur tout entier a pu être construit en terre réfractaire, ce qui met toutes les parties portées à une haute température à l’abri de l’oxydation. Sa durée est ainsi indéfinie et son entretien est nul. — L’appareil est en vente chez M. Méran, i55, faubourg Poissonnière.
- Automobilisme ***&>
- Automobiles pour mesures de vérification des câbles. — Pour faciliter les mesures de vérification des câbles électriques, il convient, soit de distribuer le long du réseau de nombreuses stations de mesures, soit d’adopter des dispositifs transportables. Dans ce dernier cas, l’on a; évidemment tout avantage à remplacer là traction chevaline par un service automobile. Aussi une grande Compagnie d’électricité allemande, celle de Siemens et Halske, vient-elle d’étudier des types spéciaux d’automobiles aménagés dans ce but. Ces automobiles sont de deux espèces, suivant qu elles logent l’observateur et ses appareils dans une boîte fermée de tous côtés ou sous une simple tente pliante. La ligure i représente
- Fig. i. —L’automobile pour les mesures de vérification des câbles.
- une automobile du second type, en cours de service.
- En étudiant cetle voiture, il s’est agi de tenir compte dé deux desiderata : 1 appareillage complet devait en effet être d’un montage facile et d’un emballage rapide et sûr. La boite attachée par derrière renferme tous les appareils nécessaires pour vérifier les câbles électriques; étant détachée facilement, elle peut être remplacée soit par un siège double, soit par une caisse de transport pour outils, matériaux, etc. Sous cette forme modifiée, l’automobile rendra également de précieux services.
- Dans un but analogue afin de faciliter le transport et l’installation de l’appareillage de mesures de câbles, la même Société construit des brouettes de transport
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- SCIENCE APPLIQUEE
- (fig. 2) et des boîtes-trépieds transportables. Grâce à la construction spéciale de leurs supports, ces dernières se trouvent toujours parfaitement calées. La lunette, disposée pour être attachée directement au galvanomètre,
- peut être remplacée par un petit bec d’acétylène, une lampe à incandescence ou une simple bougie. L’emploi du bec d’acétylène est particulièrement commode, les projections obtenues à son aide étant facilement visibles, sans obscurcissement, en dépit de leurs petites dimensions.
- "Physique amusante
- Le kinématograph. — C’est un petit appareil très simple qui donne l’impression du mouvement par la substitution rapide de deux images représentant le sujet dans des poses différentes.
- — Il se compose d’une planchette percée de deux ouvertures distantes d’un
- écartement égal à celui des yeux ; une coulisse percée de quatre ouvertures glisse librement dans cette planchette ; deux de ses ouvertures sont garnies de verres rouges, les deux autres de verres verts. Il résulte de cette disposition que si, mettant les yeux devant les ouvertures de la planchette, on donne à la coulisse un mouvement de va-et-vient, à droite et à gauche, on
- Fig. 1. — Détail de la coulisse
- munie de verres rouges et verts.
- Fig. 2. — Vue extérieure de l’appareil.
- Fig. 3. — L’image la plus foncée est celle qui doit être^rouge ; la moins foncée est la verte.
- verra les objets colorés tantôt en rouge, tantôt en vert.
- Si, d’autre part, on a préparé une image dans laquelle le sujet est peint en vert dans une certaine position, et en rouge dans une autre position, et qu’on regarde cette image avec le lcinétograph, l’image verte disparaîtra quand les verres verts seront devant les yeux et on verra l’image rouge; quand on aura substitué les verres rouges aux autres, c’est au contraire l’image verte qu’on
- verra. Les couleurs, verte et rouge, étant complémentaires on aura dans les deux cas une image noire. Comme la substitution d’une couleur à l’autre peut se faire très vite avec la coulisse décrite plus haut, les deux images se succèdent rapidement et on a l’impression du mouvement. L’appareil est accompagné d’une douzaine de sujets variés dans lesquels on a choisi des mouvements peu compliqués, mais qui donnent une illusion complète.— L’appareil se trouve chez M. Mathieu, 29, rue de Valois, Paris.
- Divers
- Nouvel encrier progrès. — Tenir en son encrier l’encre toujours au même niveau, c’est un problème que de nombreux inventeurs ont déjà cherché à résoudre. Voici une nouvelle forme d’encrier qui dérive de cette préoccupatio n.
- Elle a été établie du reste sur un principe qui a déjà reçu dans le même but maintes applications.
- L’encrier est un flacon de verre de forme spéciale (fîg. 1).
- Le côté droit, le plus spacieux, fermé par un bou- F,&‘ ’ ~ L’encner progrès.
- chon hermétique
- servant seulement au remplissage de l’encrier, forme réservoir et son contenu ne s’écoule dans la partie de gauche que jusqu’au niveau du fond du réservoir, jamais plus haut. La pression atmosphérique suffit à l’empêcher de s’élever davantage. Grâce à ce dispositif l’encre contenue dans l’appareil est absolument garantie du contact de l’air et des poussières qui la souillent et la décomposent si rapidement. Et l’on eco- Fig. 2. — Coupe de l’encrier,
- nomise le temps
- nécessaire aux remplissages et aux nettoyages qu’exige lé système habituel. L’encrier est monté sur un socle en bois. Prix pour un encrier simple : 5fr,5o. — Cet encrier se trouve chez M. Barrère, 86, rue de Richelieu, Paris.
- Ouvre-huîtres « le Parfait ». — Certaines espèces d’huîtres, surtout celle dite « portugaises » dont la forme est très irrégulière, sont fort difficiles à ouvrir ; avec un couteau ordinaire on y parvient à grand’peine, en risquant de se blesser. Le petit appareil représenté ci-dessous permet d’arriver rapidement à séparer la coquille de son couvercle, sans répandre l’eau qu’elle contient, sans déchirer le mollusque et sans produire de
- débris calcaires. Il se compose d’un support évidé sur lequel est montée perpendiculairement une plaque percée de trous. Le couteau est muni à son extrémité d’une tige qui s’engage dans l’un de ces trous ; on choisit celui qui est le plus propice pour permettre d’appuyer la partie coupante contre la charnière du coquillage. On a ainsi un levier qui permet d’opérer à coup sûr et sans effort. — Cet appareil se trouve chez M. Mathieu, 29, rue de Valois, Paris.
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- VARIÉTÉS
- Les progrès dans l’industrie cîdrière. — Au moment où dans les vergers s’effectue la récolte des pommes dont la transformation donnera naissance à la « boisson d’or » qu’est le cidre, il y a quelque intérêt à faire connaître très brièvement au public, les progrès réalisés dans la fabrication de cette boisson hygiénique, qui, au point de vue de son importance économique, vient immédiatement après celle du vin.
- Sources de production du cidre. —- La production annuelle, à laquelle concourent 62 départements, est surtout répartie entre la Normandie, la Bretagne et la . Picardie, et peut être évaluée, d’après la moyenne de la dernière période décennale, à i5 millions d’hectolitres environ, représentant près de 225 ^millions de francs. Jusqu’à ces quarante dernières années, la presque totalité de cette production ne provenait que d’une source unique : la production paysanne, fournie par les cultivateurs producteurs qui transformaient les fruits de leur récolte en différents cidres commerciaux destinés à l’alimentation de centres plus ou moins rapprochés et en boissons diluées consommées dans les fermes. Depuis cette époque, une seconde source a jailli, pour ainsi dire, spontanément : la production industrielle, résultant de la création de cidreries qui fabriquent toutes les catégories de cidres, purs ou commerciaux, dont la plus grande partie est vendue dans les villes situées en dedans ou en dehors du rayon de production, notamment à Paris, et le reste livré à l’exportation.
- Très rares au début, les cidreries se sont multipliées .d’année en année et, aujourd’hui, il n’est guère de département normand ou breton qui n’en compte 5 ou 6. Leur importance est des plus variables, car il en est qui fabriquent par an 3o à 40 000 hectolitres, la majorité oscille entre 4 et 10000 hectolitres.
- La proportion de ces deux sources dans la production totale paraît être, actuellement, de 60 pour 100 pour la production paysanne et de 4° pour 100. pour la fabrication industrielle, mais il est permis d’avancer que ces termes seront renversés avant qu’il soit longtemps.
- Voyons, maintenant, quels progrès ont été réalisés dans chacune de ces deux productions.
- J. Progrès dans la production paysanne. — Ils sont de deux genres : culturaux et techniques.
- a) Progrès culturaux. — Ce sont les plus importants et les plus nombreux. Sous l’influence des chimistes et des pomologues de l’Association française pomologique, dont les concours et les congrès se tiennent alternativement dans un centre d’une des trois provinces cidrièréS, les cultivateurs ont été invités, à faire l’inventaire dé leurs vergers, afin de distinguer parmi les^ innombrables sortes qui les ont envahis, celles qui possèdent les qualités maîtresses nécessaires à l’obtention d’un bon cidre.
- Un grand nombre de ces variétés ont été étudiées pendant plusieurs années consécutives, au triple point de vue analytique, descriptif et cultural, dans le but de déterminer la valeur réelle de chacune d’elles envisagée sous les deux facteurs qui la représentent : arbre et fruit. Et comme ces recherches ont été entreprises sur les sortes les plus réputées des trois maturations, elles ont permis de dresser les listes de ces variétés locales, régionales ou fondamentales, les seules qu’il importe au producteur de cultiver, et, par cela même, de constituer la véritable Pomone cidrière.
- La base pratique de l’appréciation des fruits a été l’étude de la densité de leur jus et, sous ce rapport, j’ai établi l’échelle de leur classement comme il suit :
- 'Variétés médiocres, celles dont la densité du jus varie de 1.047 à 1.056 \ g —' moyennes
- .— bonnes
- — très bonnes
- — excellentes
- — d’elite
- Aussi, pour permettre aux cultivateurs versés dans l’appréciation des arbres, mais encore inaptes aux analyses chimiques, de connaître la valeur approchée des fruits en se basant sur le poids spécifique de leur moût, leur a-t-on appris l’emploi du densimètre complété par
- 1.057 a 1.U04 j $• o. 1.065 à 1.069 f -g „• 1.070 à 1.0 9( ,'S-a 1.080 à 1.089 N 4Sf 1.090 j -g |
- celui du thermomètre, deux instruments indispensables par les services journaliers qu’ils rendent en cidrerie.
- On constate, aujourd’hui, que si les enseignements prodigués ont été mis à profit dans presque toutes les phases de la cidrification, ils l’ont été surtout dans celles qui ont trait à la pomicullure. La majorité des vergers créés depuis une trentaine d’années peuvent être dits « rationnels ». Les variétés, qui les complan-tent, ont été généralement choisies soit parmi les meilleures et les plus adaptées de la région, soit parmi les sortes nouvelles, rustiques, fertiles, de haute densité. Elles méritent par leur composition chimique très étendue en éléments utiles : sucres, tanins, matières pectiques, acides, parfums, etc., d’êtres tenues, jusqu’à un certain point pour des sortes complètes, tellement elles sont susceptibles, pressurées seules, de donner un cidre normal apte à constituer une marque de cidre alcoolique, amer, doux ou sec, pétillant ou mousseux, etc.
- La composition de ces cidres purs sera toujours supérieure de beaucoup à celle fixée par la loi.
- De toutes ces variétés, je ne puis citer, ici, qu’une vingtaine prise parmi les plus connues ; ce sont :
- irc Saison : Blanc Mollet, Girard, Reine des Hâtives, Saint-Laurent, etc.
- 2e Saison : Amère de Berthecourt, Brantôt, Domaines, Doux Lozon, Gagnevin, Médaille d’or, Muscadet, etc.
- 3e Saison : Argile, Bédan, Binet rouge, Doux-Normandie, Fréquin tardif, Moulin à vent, Reine des Pommes, Rousses, etc.
- La récolte des fruits n’a pas changé quant aux moyens, mais on y apporte plus de précautions et l’on tend à substituer le secouage au gaulage.
- La conservation des pommes est mieux comprise. On les sépare souvent par ordre de maturation : iro, 2e, 3e saison; les propriétaires de nouveaux vergers aux variétés limitées vont même jusqu’à isoler chacune d'elles dans la mesure du possible. Quand les greniers sont insuffisants, on improvise des hangars temporaires pour protéger les fruits au moyen de claies, de fagots, etc., contre l’humidité du sol et du ciel, tout en les aérant pour éviter réchauffement et la pourriture. Enfin, la maturité dé garde atteinte, grâce aux dispositions précédentes, il est relativement facile, quand on ne réserve pas les pommes pour la création de cidres distincts, dé les mélanger d’après certaines proportions pour obtenir un cidre de consommation courante et de longue garde. Il est à peine besoin de dire que les pommes pourries sont éliminées avec soin.
- Passons, maintenant, des progrès culturaux au progrès techniques.
- b) Progrès techniques. — Si le vétuste bâtiment aux murs en torchis émaillés d’innomables souillures, si le tour à piler et le pressoir à mouton n’ont pas encore disparu de toutes les fermes, ils y ont été, du moins, l’objet des plus heureuses modifications. La propreté, longtemps bannie, commence à s’y imposer. Entièrement blanchis à la chaux ou partiellement revêtus de ciment, les murs sont enfin débarrassés de la masse d’impuretés où, ramenées à la vie latente, les légions d’organismes nuisibles n’attendaient que le hasard des chocs de l’air pour tomber dans les jus, les ensemencer et y développer selon leur nature et les conditions de milieu, les germes des maladies dont la phase ultime enlève aux cidres toute valeur hygiénique et commerciale.
- Le tour à piler a été remplacé par un broyeur à noix ou à cylindre, et le pressoir à mouton ou à arbres par un pressoir appartenant à un des nouveaux systèmes perfectionnés.
- Les avantages de ce nouvel outillage se traduisent par une amélioration générale des produits, pulpe et jus, qui conservent mieux leurs qualités intrinsèques; du travail qui devient plus facile, plus rapide et moins coûteux; du rendement qui est plus abondant.
- L’eau joue un rôle important, parce quelle est indispensable pour l’extraction des 20 à 60 pour 100 de jus
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- VARIÉTÉS
- que retient le mare après sa première expression. Or, le cultivateur qui, de tout temps, avait manifesté la plus grande indifférence au regard de sa provenance, source, rivière ou mare polluée par les déjections de la ferme, parce que, dans sa profonde ignorance, il était convaincu que la fermentation purifie tout, le cultivateur s eu préoccupe aujourd’hui et n’emploie plus que l’eau servant à son alimentation.
- La fermentation, cette phase capitale de la cidrifica-tion, n’a pas autant progressé; les levures sélectionnées sont à peu près délaissées. Il existe, cependant, des fermes où la cave de fermentation est distincte de celle de garde et à l’abri des fluctuations de la température extérieure; où l’on a soin de munir les tonneaux de bondes hydrauliques pour surveiller la marche du phénomène ; où l’on recourt au densimètre pour la contrôler et pour déterminer l’époque des soutirages selon qu’on veut obtenir des cidres plus ou moins doux.
- La conservation du cidre s’est, au contraire, généralement améliorée, que ce soit en tonneau ou en bouteilles. car, c’en est à peu près fini de le maintenir sur sa lie ! On le soutire deux fois : d’abord après la fermentation tumultueuse, puis quand sa densité s’abaisse vers i ,020. On le colle, s’il en est besoin ; on l’entonne dans des fûts de 10 à 20 hectolitres, ou même dans des foudres de grandes dimensions, et, après avoir versé une légère couche d’huile de vaseline pure à la surface, on ferme hermétiquement.
- Au total, les progrès réalisés dans la production paysanne se résument comme il suit : i° Tendance â ne cultiver que des variétés d’élite, en nombre limité, se recommandant, par les qualités maîtresses de 1 arbre et du fruit; 2° abandon des procédés empiriques de fabrication et acheminement régulier vers les méthodes scientifiques ; 3° faculté de préparer elle-même avec son choix de variétés, à côté du cidre commercial courant, des marques de cidres distinctes répondant aux exigences des consommateurs, mais surtout, possibilité de fournir bientôt à la cidrerie industrielle un approvisionnement assez grand de ces fruits, pour lui permettre de préparer en grand et d’une façon constante ces diverses catégories de cidres.
- II. Progrès dans la production industrielle. — Cette production a donné naissance à une industrie nouvelle, la cidrerie, laquelle a réalisé, jusqu’ici, la majeure partie des progrès mécaniques et techniques qui lui permettent de travailler d’une façon plus économique les pommes livrées par le producteur.
- Dégagée de tout lien ancestral, elle a profité d’emblée d’un matériel notablement amélioré, et elle a pu adopter, au fur et à mesure de leur apparition, les meilleurs procédés de fabrication.
- On s’est préoccupé, tout d’abord, dans la construction de ces établissements industriels, qu’on nomme également cidreries, d’y aménager les pièces nécessaires aux diverses phases qui se succèdent depuis la sortie des fruits du grenier jusqu’à l’entrée du cidre dans la cave, en s’inspirant de principes mécaniques et scientifiques
- pour en assurer l’exécution dans les conditions les plus favorables, ainsi que la propreté qui doit toujours les accompagner.
- L’outillage s’est, cependant, successivement augmenté ou amélioré, soit par des créations répondant à des besoins nouveaux, soit par des emprunts au matériel d’iudustries connexes ayant évolué plus rapidement.
- Lé lavage des fruits, que j’ai préconisé, a fait créer des laveurs. Le pressurage des marcs a grandement gagné en rapidité par le fonctionnement automatique du pressoir, au moyen d’un moteur électrique et de maies mobiles. La filtration des jus, et plus justement celle des cidres, a introduit les filtres, simplement filtrants, a tissu à cellulose, à matière minérale et les filtres pasteurisants; les soutirages ont amené de leur côté les pompes à palettes, à pignons centrifuges. En l’absence de pasteurisateurs respectant complètement la constitution du cidre, l’emploi de l’acide sulfureux liquide, dont le cidrier escoriipte déjà l’action antiseptique sur ses jus de pommes pour lui permettre de fabriquer, à toute époque de l’année, le cidre doux si cher aux consommateurs des grandes villes, commence à pénétrer dans les caves avec les sulfitomètres. L’acide carbonique liquide, dont l’utilité n’est plus à démontrer dans les soutirages et pour la conservation du cidre qu’il protège contre les microgermes nuisibles, a fait munir les fûts de bondes carboniques en attendant que, devenu d’un usage constant, toutes les caves soient pourvues de canalisations reliant les tonneaux avec un gazomètre rempli de ce gaz liquéfié. Eufin, depuis qu’on a reconnu l’influence favorable des basses températures sur diverses manipulations, on a songé à l’application du froid artificiel au moyen de glacières, les machines frigorifiques étant encore trop coûteuses pour la majorité des cidreries.
- Il est facile de juger, par les progrès obtenus ou en voie de réalisation, de quels avantages dispose la production industrielle sur la production paysanne au regard de la réussite en cidrification. Mais quelque grande que soit la part qui revient aux influences mécaniques, l’obtention d’un bon cidre reste toujours chose délicate, parce que, résultante de phénomènes sous la dépendance de facteurs les plus dissemblables, elle dépend de problèmes très complexes, qui ne peuvent être résolus que dans le laboratoire.
- Toutefois, l’on peut dire que le temps est proche où la cidrerie, ayant à sa disposition les fruits d’élite et appliquant en grand les expériences des savants, notamment celle du directeur de la station pomologique de Caen, M. Warcollier, travaillera d’une façon scientifique et livrera, à toute réquisition, non seulement à la consommation française les cidres qu’elle réclame, mais aussi à l’exportation. Et il lui sera d’autant plus facile de lutter avec les cidres étrangers, dont elle connaîtra les procédés de fabrication, que nul pays au monde ne possède, sous le rapport de la matière première, une Pomone cidrière comparable à celle de la France.
- A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Inscriptions sur verre. — Quand il n’est pas nécessaire d’obtenir une véritable gravure et qu’il suffit de traits bien visibles résistant aux manipulations usuelles et aux lavages, on peut simplement employer un vernis noir à l’alcool ou une peinture « laquée » genre ripolin. •La surface du verre à marquer doit être parfaitement nettoyée et séchée; on y dessine chiffres ou lettres, non avec un pinceau, ce qui demande pour l’obtention de traits fins, une habileté spéc ale. mais de préférence à l’aide d’un petit tube de verre effilé à la lampe à souder ou au chalumeau. On l’emplit par aspiration et le vernis coule naturellement par l’extrémité inférieure de cette pipette au fur et à mesure de l’inscription des traits. On laisse finalement sécher. Les frotlements avec une lame métallique, le contact avec les acides sulfurique, phos-phorique, les alcalis caustiques concentrés, enlèvent facilement le vernis sec; mais les manipulations usuelles le laissent tout à fait inaltéré. Des flacons de réactif,
- ainsi que des verres et entonnoirs de laboratoire recouverts de telles inscriptions, résistent parfaitement à un usage journalier de plusieurs mois. Il suffit ensuite simplement de renouveler totalement l’opération ou de compléter les traits partiellement détruits.
- Imitation de bois rares. — . On laisse tremper du sycomore ou de l’érable dans une infusion de bois du Brésil, où l’on traite le cerisier par de l’eau de chaux pendant 24 heures, et on le plonge dans une décoction de sciure de bois d’acajou de belle couleur. On immerge le sycomore ou le tilleul dans une infusion de garance. Il faut passer le noyer à l’acide nitrique ou le laisser pendant quelque temps dans de forte eau de chaux et le frotter avec un tampon imbibé d’huile colorée par l’or-canette; le vernir ensuite avec un vernis rouge. L imitation est parfaite, le noyer ayant le même veiné que l’acajou.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnes. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’unr' bande d’abouuenieuts. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut etre répondu que dans un délai de dix a quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Frein hydro. Le frein Indro à transmission hydraulique pour bicyclette se trouve à la Société La Française, 9, rue Descombes, Paris.
- Renseignements. — M. J. Schnetzler, à Lausanne. — Il est impossible actuellement de tirer sur papier des épreuves positives en couleur par le procédé Lumière.
- M. Soares, à Porto. — C’est le maillechort ou argentan que vous avez vu désigner sous la dénomination d’argent allemand (les Anglais appellent, en ell’et, cet
- alliage German Silber) ; c'est un alliage de cuivre, de nickel et de zinc : comportant de 5o à 66 pour 100 de cuivre, de 19 à 3i pour 100 de zinc et de i3 à 18,5 pour 100 de nickel. Vous pourrez le trouver à Paris, chez Louyot.
- M. Q. Boulenger, à Albert. — L’objet que vous nous envoyez n’est pas un nid de frelons, ni d’ailleurs un objet naturel, c’est une épouge artificielle, en libres de raphia (palmier de Madagascar).
- L)r Ganriat, à Vichy — Il faut que le caoutchouc soit pur pour bien* se dissoudre dans ses solvants ordinaires. On peut tirer évidemment parti des déchets de caoutchouc vulcanisé: mais par des opérations coûteuses et complexes, et qui exigent d être faites en grand.
- M, Roc.het, à Santiaste — Il peut y avoir une corrélation entre les phases de la lune et les intempéries. Mais on n’est pas arrivé jusqu’ici, à la démontrer par une suite conlinue et répétée d’observations bien faites.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sommaire de notre précédent numéro.
- Turbine à vapeur réversible : A. Troli.er. — Le dragage de l’or • en Guyaue française : Ai.rert Bordeaux. — La symbiose des lichens : Emile (Tadeceau. — La cinématogra ihie de l’invisible : R. ViLi.ËRS. — Académie des sciences; séance du v.6 octobre 1909 : (‘.H de Vii.lëdëuil. — Ac 'èvement des travaux du port militaire de Douvres : R. Bonnin.
- Supplément. — La neige et le sel. — Réflecteurs dorés pour phares de locomotives et d’automobiles. — vers le pAle S«.d.
- — L'aviation en Rnss'e — Hauts fourneaux électriques. — L’électricité da is le cercle polaire. — Les sous-marins allemands.
- — L’i dustrie de la coloration des fleurs naturelles. — Les accidents de la dentition.
- Structure et origine des grès du tertiaire parisien, par L. Ca.yeux. Etudes des gîtes miuéraux de la France, viii-i3i p., 10 pi , in-4°. Paris. Imprimerie Nationale. 1906.
- La première partie est consacrée à la description d’un grand nombre d’échantillons et la seconde à des géuéralilés sur les grès et quarizites du tertiaire parisien. Plusieurs chapitres étudient la structure et la classification de ces roches, leurs propriétés physiques, leur diagnostic macroscopique et enfin leur origiue. L’auleur montre qu elles procèdent d’ancieus sables calearifères et que le phénomène qui leur a donné naLsauce n’est pas un simple dépôt de silice daus des vides séparant des grains de sables, mais ^une substitution de silice à la gangue calcaire qui les “reliait à l’origiue. La genèse des grès et quartzites du tertiaire parisien se présente dès lors comme un cas particulier de la silicification des calcaires et rentre -ipso facto dans le problème de la formation des silex, phtauites, meulières, etc.
- Le sidérolithique Suisse, par le D’Ernest Fleury (thèse de doctorat: extrait des mémoires de la Société fri-bourgeoise des Sciences naturelles, géologie et géographie, vol. VI, in-8°, 262 p. Fribourg. 1911g).
- Cette remarquable contribution à la connaissance des phénomènes d’altération superficielle des sédiments rassemble avec le plus grand soin et beaucoup d’éruditiou tout ce qui concerne le sujet. L’historique expose les hypothèses si diverses, et parfois si étranges, émises sur l’origine du sidérolithique. Les * types sidérolithiqnes sont divisés en A. Produits de . décalcification (diluviums rouges ou gris, remplissages des puits naturels, Terra Rossa du Karst, terre jaune des cavernes argile et silex) ; B sidérolithiq- e ' proprement dit (Bohnerzou fers en grains). C Bauxites, D latérites, E phosphorites, F phosphates. Tous
- sont les produits de l’altération " superficielle des roches par voie hydrochimique. Les théories volcanique, geysérienue, hydrothermale sont définitivement réfutées. « Les roches-mères, se transforment par enlèvement de certains éléments et par transformation de ceux qui ont échappé à la dissolution ». C’est la confirmation absolue des idées de Van den, Broeck sur l’altération des dépôts superficiels (1881).
- Nouveau Manuel complet du Maître de Forges, nouvelle édition, par N. Chkyssochoïdès, ingénieur des Arts et Manufactures. Ouvrage eu deux volumes ornés, de 3i2 figures, franco contre mandat-poste. Prix : 9 francs. ,, .
- Le premier volume contient une classification générale des minerais de fer, le mode de leur extraction et de traitement. Un chapitre spécial indique les méthodes et les appareils employés tant en France qu’à l’étranger pour les opérations de grillage. Vient ensuite l’étude des machines soufflantes et des appa-> reiis à air chaud, puis celle des combustibles et le calcul des lits de fusion. Le second volume traite des hauts fourneaux et les convertisseurs, avec toutes les méthodes pour la fabrication du fer et de l’acier. Des chapitres spéciaux ont été consacrés à la cémentation, à la trempe, au tréfilage et à certaines fabrications spéciales comme par exemple la fabrication des! rails, etc.
- Les eaux de Nancy en 1909, par M. le DrTmbeaux. In-8°, 4o pages. Chez Dufey, photo-éditeur, Nancy,
- Très importante étude, illustrée de magnifiques phototypies, sur le service des eaux, particulièrement instructif aux points de vue de l’hygiène et des captages de la ville de Nancy (puits, anciennes sources, eaux de la forêt de Haye, eaux de la Moselle).
- L.es chercheurs de la Wallonie. Bulletin de la Société belge de spéléologie et de préhistoire. Brimbois, éditeur, Liège ; H. Dunod et E. Pinat, 3e année. In-80 illustré. Prix : 3"\5o.
- Ce bulletin relate des explorations dans les abîmes et cavernes do la Haute-Belgique (grottes de Spy, Clermont, Engihoul, Aisne, Engis). Il donne en outre des comptes rendus de fouilles et traite de la question des eaux potables en Campine, la paléontologie, la préhistoire et la cristallographie.
- Dr WAlther May. Die Ansichten über die Entstehung der Lebewesen. 20 édit. Leipzig. Ambrosias Barth, 1909. 1 broch. in-8, 81 p. 1 Mk 5o. *
- Sobre et savant exposé, historique et critique, des doctrines darwiniennes et de leur état actuel, suivi de bibliographies importantes sur la question.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Carte de Russie, par M. C. Flemming, au 4 5ooooo'.
- Première feuille d’une collection dite idionomato-graphique, parce que sa nomenclature a pour principe de donner à chaque nom la forme et l’orthographe rigoureusement locales. On ne peut qu’applaudir à cet effort s’il parvient à internationaliser tous les noms, à dire London au lieu de Londres, Donau au lieu de Danube; Genève au lieu de Genf, Geneva, Genova ; Genua au lieu de Gênes, Genoa, etc., bref à supprimer les estropiages des > traductions internationales. La , charte de Russie est belle et claire et coûte 4fl\5o chez Ç. Flemming. Berlin W. 5o, Geisbergstrasse, n° 2.
- L'enchaînement des variations climatiques, par Henryk Arctowski. In-8°, 135 pages et iig. Société belge d’astronomie de Bruxelles.
- Ce travail, fruit de très laborieuses recherches, ouvre une nouvelle voie en climatologie et semble fournir une base scientifique à la prévision, à longue échéance, du caractère des saisons. Il étudie successivement les moyennes vraies, l’influence des villes, les stations de montagnes, la température du sol, les cycles solaires, le balancement climatique, la dynamique des climats, etc. C’est une capitale contribution et la solution des énigmes encore si nombreuses de la météorologie.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" nov. 1909. <>u,0 N. N. E. 2. Couvert. 0,2 F'aible brouillard jusqu'à 9 li.; presque couvert.
- Mardi 2 4°,9 N. 2. Beau. » Brouill. jusq. 9 h., de 150 m. à 8 h.; peu nuageux; gel. blanche.’—
- Mercredi 3 7°,7 N. N. E. 0. Eclaircies. » Faible bruine à 11 h.; forte brume; rosée; couvert.
- Jeudi 4 6°,7 N. E. 2. Peu nuageux. » Rosée; brume; presque couvert jusqu’à 14 h.; beau ensuite.
- Vendredi 5 1°,1 N. N. E. 2. Beau. » Gelée blanche ; beau.
- Samedi 6 0°,6 N. N. E. 2. Beau. B Gelée blanche; brume; beau.
- Dimanche 7 .... . — 1°,8 N. E. 2. Beau. B Gel. blanche; première gel. à glace; brouillard de 200 m. à 8-9 h.
- NOVEMBRE 1909. — SEMAINE DU LUNDI Tr AU DIMANCHE 7 NOVEMBRE 1909
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus milice, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du ier au 7 novembre. — Le i". Fortes pressions à travers tout lé continent, du Sj-O. des Iles-Britanniques au centre de là'Russie : Kharkof, 777; dépression sur la péninsule Ibérique, lé Maroc * les îles Feroé (754). Pluies sur la Scandinavie, les Iles - Britanniques, ' la France : Toulon, 72; Cette 20 ; Dunkerque; 18; Cherbourg, 9; Brest, 3; Paris, 2. Temp. du matin : Moscou,
- — 4°; Paris, 6; Alger, 20; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : 8°,9 (normale : 70,4)- — Le 2. Pression élevée du N.-O. delà France à la Russie : Brest, 766; Moscou, 774; baisse sur la mer du Nord et la Scandinavie : Bodoe, 753; dépression sur l’Espagne et la Méditerranée occidentale. Pluies dans quelques stations du N. et de l’O. ; en France : Cap Bearn, 74 ; Perpignan, 29; Biarritz, 3; Bordeaux, 1. Temp. du matin : Haparanda,
- — 5°; Paris, 5; Alger, 18; Puy de Dôme, 6; moyenne à Paçis : 8°,5 (normale : 7°,3). — Le 3. Les fortes pressions disparaissent lentement du continent, sauf l’Irlande et le N.-E. de la Russie ; Moscou, 768; Valen-cia, 767; dépression assez profonde sur le S. de l’Italie : Rome, y52, et la Baltique. Pluies sur le N. et le S. de l’Europe; en France : Cap Bearn, 99; Perpignan, 61; Toulouse, 2. Temp. du matin : Moscou, —4°‘> Paris, 8; Alger, 17; Puy de Dôme, 4; moyenne à Paris : 9°,4 (normale : 7°,i). — Le 4• Pression élevée sur l’O. et le N.-E. : Arkangel, 771; Pas de Calais, 766; dépressions
- sur l’Italie, l’Islande, le S. de la Russie : Kief, 749. Pluies sur le N. et le S. ; en France : Le Havre, 3 ; Dunkerque, 1. Temp. du matin : Haparanda, —6°; Paris, 7; Ajaccio, 44 ; Puy de Dôme, o ; moyenne à Paris : ii°,7 (normale : 8°). — Le 5. Centre de dépression sur les Pays-Bas : 747; hausse sur la Bretagne, 757, la Gascogne, 758, l’Islande et la Russie : Moscou, 773. Pluies abondantes sur le N. et l’O.; en France : Chassiron, 40; Calais, 34; Nice, 3o'; La Hague, 21 ; Lyon, 12; Bordeaux, 9; Paris, 1. Temp. du matin : Kharkof, o°; Paris, 8; Alger, 16 ; Puy .de Dôme, 1 ; moyenne à Paris : 4°,9 (normale : 6°,8). — Le 6. Aire anticyclopique de l’Allemagne à la Russie, ainsi que sur l’Atlantique entre l’Islande et les Açores ; dépression profonde sur la Scandinavie, tempête aux îles Feroé. Pluies sur le N.-O. et le Centre. Temp. du matin : Clermont-Ferrand, —3°; Paris, T ; Alger, 16 ; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : 4°,3 (normale : 6°,7). — Le 7. Extension de l’aire anticyclonique sur les Iles-Britanniques et la mer du Nord (Yalencia, 770) ; dépression sur le N. : Haparanda, 747. Pluies sur le N. et l’E. Temp. du matin : Clermont-Ferrand, —5°; Paris, — 2; Alger, i5; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 2°,2 (normale : 6°,6). — Phases de la Lune : Dernier Quartier le 4» à 9 h. 47 m. du soir.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- * . 'i . k
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie.
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Varie (W)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N* 1904 — 20 NOVEMBRE 1909
- SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS
- ' Avis de l’Administration. — L’échéance du 3o no-ivenabre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 27 novembre (n° 1905), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant le iér décembre, renouvelé ou donné ordre contraii'e. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs.
- Prix décernés par l’Académie des Sciences pour
- 1909. — Prix da Gama Machado : MM. J. Pantel et R. de Sinety, pour leur ouvrage intitulé : Les cellules de la lignée mâle chez le Notonecta glauca; — Prix Francœur : M. Emile Lemoine, pour ses travaux mathématiques ; — Prix Bordin (Siences mathématiques) : MM. Giuseppe Baguera, professeur à FUniversité de Palerme et Michèle de Franchis, professeur à l’Université de Cutané; — Prix Trémont : M. Charles Frémont;
- — Prix Gegner : M. J. H. Fabre, correspondant de l’Académie; — Prix Lannelongue : Les arrérages de cette fondation, due à la libéralité de M. le professeur Lannelongue, membre de l’Institut, sont répartis égale-ment entre Mme Gusco et Mme de Nabias. — Médaille d’aéronautique. Des médailles d’or Sont décernés à : MM. Louis Blériot, commandant Bouttieaux, Crocco, Henri Farman, capitaine Ferber, Julliot, comte de Lambert, Hubert Latham, Levavasseur, colonel et commandant Renard (1 médaille), Santos-Dumont, Soreau, Surcouf et Kapférer (1 .médaille), Léon Teisserenc de Bort, comte de La Vaulx, Gabriel Voisin, commandant Voyer, Orville Wright, Wilbur Wright, Zeppelin. — Des médailles de .vermeil sont décernées à : MM. Hermite et Besançon, Breguet, Delagrange, Esnault-Pelterie* Marchis, Paulhan, Rougier, Tatin. — Prix Gay : M. L. Joubin, pour son Mémoire, accompagné de cartes, intitulé : Recherches sur la répartition des végétaux marins de la région de Boscoff. — Grand prix des sciences physiques : M. Armand Thevenin, assistant au muséum pour ses recherches sur : Les stades 'd’évolution dés plus ancièns quadrupèdes trouvés en France-,
- '— Prix’ Savigny : M. Robert du Buysson; pour son travail intitulé : Révision des Clirysidides d’Egvptê;.— Prix Cuvier : M. Charles Janet, ingénieur des Arts et Manufactures, pour l’ensemble de ses travaux de Zoologie, et en particulier pour ses études sur les Fourmis;
- — Prix J.-J. Bérger : Le prix quinquennal J-.-J. Berger, d’une valeur de i5 000 fr. doit être déceimé à l’œuvre
- la plus méritoire concernant la Ville de Paris. — Après examen attentif des diverses œuvres pouvant concourir utilement pour l’attribution de ce prix, l’Académie en a retenu deux : La construction du chemin de fer métropolitain de Paris; L’épuration des eaux d'égout par les procédés du Dr Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille. — Ces œuvres sont récompensées, l’une en raison des résultats dès maintenant acquis, l’autre à titre d’indication pour les études relatives à l’amélioration de l’assainissement. Elles' recevront : la première, la somme de 9000 fr. ainsi répartie entre le chef du Service technique et ceux des collaborateurs dont la participation aux travaux a été la plus active : MM. Bienvenüe, inspecteur général des Ponts et Chaussées, chef de service, 3ooo fr. ; Biette, ingénieur en chef, adjoint au chef de service, 1000 fr. ; Locherer, ingénieur en chef, adjoint au chef de service, 1000 fr. ; Thomas, ingénieur municipal, 1000 fr. ; Fallié, conducteur principal des Ponts et Chaussées, 750 fr. ; Hervieu, conducteur principal des Ponts et Chaussées, 750 fr. ; Çhagnaud,’ entrepreneur de travaux publics, 750 fr. ; Bayolé et Pillé, constructeurs, 700 fr. ; la seconde, la somme de 6000 fr.
- t * V
- La stérilisation des eaux de boisson par les rayons ultra-violets. .— Comme complément à l’article de M. Loucheux dans notre numéro du 16 octobre 1909, MM. les D" J. Courmont et Th. Nogier nous ont écrit que le point de départ de la réflexion de M. Loucheux . sur le régime, à petites doses, mais quotidien de l’eau oxygénée, est un travail de Miroslaw Kernbaum sur « la décomposition de l’eau par les rayons ultra-violets » ; il y est dit qu'après dix heures d’exposition l’eau commence à dégager des gaz. « Or, notre méthode de stérilisation, ajoutent MM. Courmont et Nogier, comporte une exposition de üiie minute au maximum (quelques secondes seulement pour les appareils ménagers, à faible débit). Nous avons montré [Ac. des Sciences, 12 juillet 1909I qu’une immersion prolongée jusqu’à .10 minutes, c’est-à-dire dix fois supérieure à la durée nécessaire pour la stérilisation, ne produit pas. d’ozone el n’entraîne que des modifications insignifiantes des matières dissoutes. Et nous avons dit {Ac. des. Sciences, 22 février 1909) que l’eau stérilisée par les rayons ultra-violets n’est nocive ni pour les plantes ni pour les animaux. M. Miroslaw Ivernbaum ajoute, lui-même, à la fin de sa note, que ^es résultats ne peuvent être opposés aux nôtres, vu la différence dans la durée de l’exposition. » , > ., j
- L’hygiène dans la marine. - Par une circulairè du i5 septembre 1909. Ml Chéron,: sous-secrétaire' d’Ëtât-àu ministère de la marine, a institué près de ce ministère une commission supérieure pour la prophylaxie des maladies infectieuses et là surveillance des eaux d’alimentation de la marine, ainsi que des bureaux d’hygiène aux chefs-lieux des cinq arrondisséments maritimes. Par'
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- INFORMATIONS
- analogie avec ce qui avait été organisé au ministère de la guerre à la fin de 1907, cette utile création étudiera tout ce qui concerne la santé de nos marins et la bonne qualité de leurs eaux d’alimentation; on évitera ainsi les trop fréquentes et meurtrières épidémies qui ravagent nos ports, comme celle de Cherbourg par exemple au début de cette année. Celte circulaire est accompagnée d’une instruction excellente et parfaitement conforme aux données hydrologiques et bactériologiques les plus récentes sur l’étude et la surveillance des eaux. On la trouvera au Journal Officiel du 16 septembre 1909-
- Explosions dans les égouts. — Une récente circulaire du préfet de police attire l’attention sur de fréquents accidents qui se produisent dans les égouts de Paris et dont sont victimes les égoutiers : les chauffeurs d’automobile, les peintres, les coiffeurs même ont la mauvaise habitude de jeter au ruisseau ou d’y laisser couler leurs résidus d’essence ou de lotion, celles-ci le plus souvent à base de benzine. Ces produits volatils et inflammables arrivent à l’égout, y dégageut des vapeurs qui mélangées à celles qui émanent naturellement des substances évacuées, s’accumulent par endroits et provoquent souvent des explosions des plus dangereuses.
- Inaugurations et télégraphie sans fil. —- Les souverains coloniaux adoptent une nouvelle et très moderne manière d’inaugurer les expositions- C’est par télégraphe que le président Taft a inauguré l’Exposition de l’Alaska. Le roi d’Angleterre vient de suivre l’exemple donné. Il a inauguré récemment l’Institut Edouard pour la tuberculose, à Montréal, en pressant un bouton électrique, à Chichester Parle, où il se trouvait à ce moment : le courant, arrivant sans interruption d’Angleterre, a ouvert les portes de l’Institut, hissé le pavillon britannique au sommet du bâtiment et allumé toutes les lampes électriques.
- Un observatoire météorologique au Pic de Téné-rtffe. — Le 21 mars 1909, les professeurs Dr Hergesell et Dr Pannwitz ont posé la première pierre de l’observatoire que la science allemande va ériger au pied du Pic pi'oprement dit. Il est situé dans la plaine volcanique et déserte que l’on nomme les « Canadas », à une altitude de 2400 m. environ, au-dessus des nuages qu’emportent les vents alisés et jouira toute l’année d’un ciel serein. Le sommet du Pic lui-même est à 3700 m. au-dessus du niveau de la mer. Les observations qui y seront poursuivies seront spécialement d’ordre physique : on y étudiera tout d’abord la marche de la radiation solaire, ensuite celle des courants aériens à l’aide de ballons-sonde et de ballons captifs ; ces recherches sont de la plus haute importance, car il existe une corrélation entre les conditions climatiques en Europe et la circulation atmosphérique dans ces régions intertropicales.. De plus l’observatoire s’adonnera à des recherches sismiques et magnétiques. Il sera d’ailleurs accessible à des travailleurs isolés, quel que soit le genre de leurs recherches. Le gouvernement espagnol semble également avoir pris à cœur de faire aussi quelque chose pour la science dans une région qui lui appartient et vient de décider la création d’un observatoire astixmomique permanent à Ténériffe, dans le voisinage de l’observatoire météorologique allemand (d’après Ciel et Terre.
- Le canal de la baie de Géorgie (Canada). — Les journaux anglais ont annoncé la publication par le ministère canadien des travaux publics d’un volumineux rapport, accompagné de quatre volumes de plans et de cartes, sur le projet de canal de la baie de Géorgie (d’après le Mouvement géographique). Cette gigantesque entreprise consisterait en ceci : La frontière artificielle entre le Canada et les Etat-Unis, qui va du Pacifique au lac Supérieur, est interrompue à l’est par les quatre grands lacs, Supérieur, Erié, Hui'on et Ontario. Le lac Michigan tout entier est en territoire américain, mais les quatre autres ont tous une rive canadienne. Actuellement, les navires peuvent passer du lac Supérieur par le canal de Sault-Sainte-Marie, dans le lac Huron, puis dans le lac Erié et de là, par le canal de Welland, dans le lac Ontario, d’où, grâce au Saint-Laurent, canalisé sur cette section, ils arrivent à Montréal. Cet itinéraire comportant de nombreux détours qui ralentissent, on débarque d’ordinaire les marchandises à Buffalo et on les expédie par chemin de fer à New-York et à Philadelphie. Le port de Buffalo est admirablement aménagé.
- Aussi les transports par le canal de l’Eric, qui va de Buffalo à Albani, sur l’Hudson, ont-ils considérablement diminué, à cause de la concurrence de la voie ferrée. Le projet canadien tend à créer une communication fluviale canadienne directe entre le lac Huron et, par suite, le lac Supérieur et, d’autre part, l’Atlantique. Pour cela, il faudrait couper la pointe de la péninsule, que nous venons.de décrire, et utiliser le lac Nipissing et la rivière Ottawa pour atteindre le Saint-Laurent à Montréal. Le canal qui serait construit aurait une longueur totale de 440 milles, dont 80 pour 100 seraient représentés par les rivières et les lacs existants. Il permettrait, par ses dimensions, aux gros navires circulant sur les lacs d’arriver aux ports de l’Atlantique et faciliterait ainsi les transports de céréales, qui sont d’une importance colossale. La distance de Fort-William ou de Port-Arthur à Montréal serait de 934 milles, au lieu de 1216 par le lac Erié et le canal de ŸVdlland, ou 1358 par Erié, Buffalo et New-York. De Fort-William à Liverpool, il y a 412^ milles, soit 800 de moins que par New-York, et il ne serait besoin que d’un transbordement que peut-être même on pourrait éviter. Le gouvernement canadien est, paraît-il, fermement partisan de ce projet, qu’il chercherait maintenant le moyen de réaliser pratiquement et financièrement.
- Oiseaux voyageurs. — Il ne s’agit pas ici de cas normaux de migration, mais bien de voyages extraordinaires, signalés dans son dernier numéro par notre intéressant confrère, la -Revue française d’Ornithologie. Une bande d’une vingtaine de flamants roses, espèce qui ne dépasse qu’exceptionnellement la région méditerranéenne s’est abattue sur une mare des environs de Morlaix (Somme). Mais l’autre cas est plus extraordinaire. Un habitant de Péronne tua récemment sur un étang-voisin de cette ville deux oiseaux appartenant à une espèce totalement inconnue dans le pays. Il pria M. Me-negaux d’identifier poux* lui sa tx'ouvaille. Et notre savant collaboi’ateur reconnut dans ces deux oiseaux des femelles d’une espèce spéciale... au Chili, la Mareca sibilatrix ! Comment ces deux marèques ont-elles été traxxsportées dans le nord de la Fi'ance ? Quel formidable ouragan les emporta à travers des milliei’S de lieues de continent et d’océan? C’est un mystère, d autant plus insoluble que la marèque du Chili est un oiseau ti’ès rare. Le muséum de Pai'is n’en possède que deux spécimens, dans sa collection de canards exotiques, et l’on ne pourrait citer en Fi'ance qu’un troisième exemplaire, qui figure au Muséum d’Abbeville.
- Un nouveau « Cunarder ». — Le nouveau vapeur commandé par la Compagnie Cunard à MM. Swan Hunter et Wigham et à la Compagnie Wallsend est bien différent du Mauretania et du Lusitania qui l’ont précédé. En effet, bien que les dimensions du nouveau navire soient considérables, la puissance des machines sera très modérée et la vitesse en somme assez i’es-ti’einte. Le nouveau navire aui’a 190 m. environ de longueur maxima avec une hauteur de pont de 16 m. Dans ces conditions le tirant d’eau en charge sex-a de 9 m. et le déplacement de 24 5oo tonnes. Les deux hélices mues par des machines alternatives donnent ensemble 12 5oo chevaux environ. On a donc dans le cas présent renoncé aux tux’bines trop coûteuses et à toutes les combinaisons mixtes de machines alternatives et de turbines à basse pression dont l’emploi a été récemment préconisé par de multiples auteurs. Les installations sont prévues pour 260 passagers de première classe, 5oo de seconde, 1400 de troisième et 90b émigrants.
- Lampes électriques à incandescence de haute intensité. — Une Société allemande .vient de mettre en service des lampes électxûques à incandescence, à filaments de tungstène, atteignant des intensités de 200, 400, 600 et même 1000 bougies. On péut donc ainsi avec des lampes à filament, obtenir des intensités que, jusqu’ici, on demandait uniquement aux lampes à ai’C.
- La couleur des filets. W- La couleur des filets influe d’une façon très nette sur l’abondance du poisson pris, C’est pourquoi on substitue depuis quelque temps, pour la pêche de la sardine, les filets bleus aux classiques filets couleur de rouille' Notamment dans les ports de Bi'etagne (Belle-Ile-en-Mer, Concarneau, Douarnenez, etc.), ils sont en gx-ande majorité, à la vive satisfaction des yeux.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- *l> Automobilisme <«*
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- Nouveau bouchon pour réservoir. — Que de
- chercheurs s’ingénient à créer des bouchons pour fermer les réservoirs d’eau et d’essence! Gela prouve que la solution n’est pas des plus faciles à trouver et que malgré l’ingéniosité des systèmes, lès liquides continuent à passer entre les joints, quelque étanches qu’ils puissent être. En voici un nouveau, baptisé Unicum, qui, entre autres mérités, est d’une très grande simplicité. C’est un bouchon à vis, avec cette'différence essentielle qu’il suffit dè le tourner d’un huitième de tour pour l'ouvrir. Il est fait en cuivre. Le couvercle B porte une, plaque rectangulaire C formant ressort et qui est montée de façon à demeurer éloignée du fond du couvercle. Les angles de cette plaque sont arrondis et passent dans les encoches a a pratiquées dans le corps du bouchon À. L’intérieur de la collerette F est arrondie dans les parties b b avoisinant les encoches pour faciliter l’entrée des angles du rectangle C. On voit que la fermetui'e du bouchon s’effectue en un tour de main qui ne peut excéder un huitième de tour du bouchon parce qu’un ergot l’arrête.
- Evidemment il n’y a pas, dans cette nouveauté, de quoi révolutionner le monde de l’automobilisme, mais on nous assure qu’elle est très simple et très pratique. Nous n’en demandons pas davantage. — S’adresser à M. Marot, 20, rue Duret, Paris.
- *
- Eclairage <«*
- Nouveau bec à incandescence par le gaz. — L’incandescence par le gaz a pris un tel développement que l’on ne trouve plus dans n’importe quel ménage de brûleurs à air libre. Malgré les frais d’installation du nou-
- ressant. Il présente une originalité en ce sens que le bunsen est double afin d’obtenir un brassage très intense de l’air et du gaz. Ceux-ci, amenés au raccord R, sortent par l’injecteur I et commencent à se détendre à l’intérieur du petit bunsen B, qui se termine par un tronc de cône C et dans lequel pénètre un volume d’air limité par les orifices O. Il se produit donc, d’ores et déjà, à l’intérieur du bunsen B un mélange gazeux qui pénètre dans le bunsen ordinaire D où il entraîne alors une importante masse d’air provenant des larges ouvertures placées à la base E. Par conséquent, le premier mélange gazeux se comporte, dans le bunsen D, comme le gaz pur pénétrant dans un bunsen ordinaire. Le gaz atteint alors la grille supérieure G avec le maximum de vitesse et dans des conditions de brassage avec l’air qui sont parfaitement établies.
- Ce bec fonctionne parfaitement et la dépense de gaz est très minime. Ainsi le bec n° 3, qui est un modèle déjà suffisamment puissant puisqu’il fait 99,08 bougies, consomme seulement 90 litres à l’heure.
- Ajoutons encore que l’arrivée de l’air peut être réglée à l’aide d’une bague extérieure étranglant plus ou moins les ouvertures ménagées à la base du bunsen ordinaire. Cette bague n’est utile que lorsque la pression du gaz atteint fio ram. et son réglage dépend de cette pression; on l'effectue aisément soi-même une fois pour toutes. — Le nouveau bec Yisseaux est en vente soit à Paris, 24. rue des Petites-Ecuries, soit à Lyon, 87 et 88, quai Pierre-Sci/.e.
- *»> Mécanique <«*
- Avertisseur de circulation et de température de l’eau. — Un certain nombre de machines ont besoin, pour leur fonctionnement régulier, d’être refroidies constamment par un courant d’eau dont la température ne doit pas s’élever au delà d’une limite déterminée et ce, sous peine de graves avaries au mécanisme. Tels sont les moteurs à gaz, les compresseurs d’air, etc.
- Le mécanicien doit être constamment en éveil pour surveiller dans ces machines si la circulation d’eau se fait normalement et si cette eau n’atteint pas une température excessive. Voici un appareil qui effectue auto-
- Kouveau bouchon pour réservoir.
- 1 Fig. 1. •— Coupe du nouveau bec à incandescence Yisseaux. F'g- 2. — Le bec à incandescence Yisseaux.
- veau bec, en général très minime, et surtout malgré l’obligation d’employer des manchons toujours fragiles, le public a reconnu qu’il était très avantageux et en même temps très économique de substituer l’incandes-cence à l’ancien procédé.
- Tous les becs sont à peu de chose près construits les uns comme les autres. En voici un nouveau dont on nous dit beaucoup de bien et qui nous a paru fort inté-
- Fig. 1. — Yue en coupe de l’avertisseur.
- c, membrane élastique ; f, plaque de contact isolée ; c, vis de contact ; ni, ressort antagoniste réglable ; k, pièce do contact isolée et graduée pour l’admission du gaz au moteur; p, robinet d’admission; q, tube baigné par l’eau de circulation et contenant un liquide dilatable ; y, bouchon fileté isolant ; t, bouchon isolant; 11, pointeau réglable; w, canal central du bouchon y.
- matiquement et avec précision cette surveillance :
- Dans le tube de circulation d’eau est insérée une membrane flexible sur laquelle agit la pression du liquide ; si cette pression descend au-dessous d’une valeur déterminée d'avance, la membrane s’affaisse et ferme le circuit d’une sonnerie électrique appelant au secours le mécanicien conducteur.
- A la mise en marche de la machine, le contact électrique est établi par le robinet de commande du moteur ou autre organe de démarrage* la sonnerie électrique retentit et avertit le mécanicien qu’il ait à établir la circulation d’eau : tant que l’eau conserve dans le tube une pression et par conséquent une vitesse suffisante, la sonnerie est silencieuse.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- A côté de ce très simple indicateur de circulation d’eau, se trouve l’avertisseur d’excès de température : il est constitué par un dé en tube de fer rempli à moitié d’un liquide dilatable, du mercure par exemple, au-dessus du niveau duquel est une pointe réglable reliée au circuit de la sonnerie électrique.
- Quand la température de l’eau atteint une certaine valeur, le mercure s’est dilaté et arrive à monter dans le petit tube de faible diamètre où se' trouve logée la pointe réglable. Dès que le liquide touche cette pointe le circuit est fermé et la sonnerie électrique prévient le
- Fig. 2. — L’avertissfiir installé sur la conduite d’eau d’un moteur à gaz.
- mécanicien qu’une élévation anormale de la température s’est produite.
- L’avantage de ces avertisseurs électriques réside non seulement dans leur grande simplicité, mats surtout dans la facilité qu’il y a de mettre la sonnette d’alarme à une distance quelconque de la machine et même de disposer plusieurs sonneries sur le circuit d’appel; ainsi, le mécanicien peut vaquer à ses occupations en toute tranquillité, sûr qu’il est d’être averti, en quelque point de l’usine qu'il se trouve, d’un dérangement survenu à sa machine. Nous avons vu fonctionner cet appareil à la station électrique de MM. Glaenzer-Perreaud et Tho-mine, 18, faubourg du Temple, à Paris. Il est bon de remarquer que cet appareil ne comporte aucun mécanisme en contact avec l’eau, ce qui lui donne une réelle supériorité sur les appareils à flotteurs et autres.
- Jouets
- Bateau « La Provence ». —~Ce petit bateau, qui est la reproduction exacte du transatlantique La Provence, au 1/200% a été construit par un amateur employé de
- Le bateau « La Provence ».
- commerce, en dehors de son travail. C’est donc une pièce unique, un beau jouet marchant parfaitement et actionné par l’électricité. La coque a été creusée dans
- ua seul morceau de bois, le reste est en métal, les bastingages en 111 de laiton; les fenêtres et les hublots sont tous vitrés et cerclés de cuivre. L’artisan qui a travaillé à cette reconstitution s’est servi de tout ce qu’il pouvait trouver sous la main : boîtes de conserves, rayons de bicyclette, débris de caisses ; les bouées de sauvetage sont faites avec des anneaux de rideaux et le tout à l’avenant. Cependant, avec ces faibles ressources et un outillage très primitif il a su construire un bateau qui marche tout à fait bien. Voici comment est agencé le système propulseur. Une batterie d’accumulateurs commandant une dynamo à laquelle est accouplé l’arbre de l’hélice. Une prise de courant de lumière permet d’éclairer l’intérieur avec une lampe électrique.
- La construction est très soignée ; aussi a-t-elle valu une médaille d’or à son auteur qui l’avait présentée au concours Lépine. — M. René Goupil, auteur du bateau «La Provence ». habite, 7, passage des Vignes, à La Garenne-Colombe (Seine).
- Soudure autogène <«*
- ït<
- La soupape hydraulique pour les postes de soudure autogène. — Les pouvoirs publics se préoccupent sérieusement, paraît-il, de rendre obligatoire l’emploi de la soupape hydraulique dans les postes de soudure autogène. Le rôle de cet appareil est d’empêcher tout mélange explosif (acétylène et oxygène) de se produire dans la canalisation qui réunit la soupape à l’appareil producteur d’acétylène. On atteint ce but en empêchant l’oxygène de rétrograder dans la canalisation d’acétylène lorsque, par exemple, l’extrémité du chalumeau serait accidentellement obstruée.
- Le dispositif de soupape décrit par la Revue de la soudure autogène est extrêmement simple et paraît devoir donner toutes satisfactions.. L’acétylène pénètre dans la soupape par le tuyau A B dont l’extrémité inférieure descend presque jusqu’au fond du récipient contenant de l’eau jusqu’à un niveau MN.
- La base de ce tube est percée d’un certain nombre de trous d’assez faible diamètre pour permettre à l’acétylène qui arrive par (K B de s’échapper en petites bulles afin de ne pas produire de pulsations dans le chalumeau. Le gaz traverse donc l’épaisseur d’eau et s’échappe par le tube CD pour aller au chalumeau. Le tuyau de dégagement E F prand naissance à la base du réservoir à peu près à mi-distance entre l’extrémité du tube B et le niveau M N de l’eau. Si l’oxygène revient en awière par le tube D.C, il exerce une pression sur MN et l’eau s’abaisse jusqu’en E. Le gaz trouve alors un échappement par le tube EF et est'évacué dans l’atmosphère, la couronne de trous B res-'^ tant constamment immergée dansjf l’eau. Le parfait fonctionnement de
- cette soupape exige une pro^l^rtionnalité parfaitement établie entre les dimensions des1différents organes. Pour un chalumeau, débitant de 1000 à 2000 litres à l’heure, M. Fouché indique les dimensions suivantes: diamètre du corps de la soupape 65 à 70 mm; tuyau AB i5 mm intérieur, distance de B à MN (couronne de trous au niveau de l’eau) 60 mm; diamètre du tube CD g mm; distance de MN à CD 18 cm.; diamètre du tube EF 10 mm; hauteur de EF 40 centimètres.
- On ajoute à l’appareil un éobinet de jauge R qui permet de régler le niveau de l’eau et un récipient formant entonnoir à la partie supérieure de EF. Ce dernier est fermé par un couvercle J H muni d’un orifice K communiquant librement avec l’atmosphère et portant un écran G destiné à rabattre dans le récipient l’eau qui pourrait être projetée du tuyau E F. L’introduction de l’eau s’effectue par cette sorte d’entonnoir. Enfin le tube AB doit présenter hors de la soupape une portion verticale assez élevée pour permettre à l’eau qui pourrait s’y introduire de ne pas rester dans la canalisation. Cet appareil a été étudié par l’Office de l’acétylène, 104, boulevard de Clichy, Paris.
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- HYGIENE ET SANTE
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- La médication recalcifiante. — Un grand médecin a dit que la tuberculose pulmonaire était la plus curable des maladies chroniques. L’assertion paraît un peu hasardée quand on suppute le lourd tribut payé par l’humanité à cette terrible maladie. Curable, elle l’est, lorsqu ou prend le mal au début et surtout lorsqu’on peut appliquer aux malades dans son intégrité le traitement par le repos, l’air pur et l alimentalion substantielle. Or ces trois conditions se trouvent difficilement réalisables en dehors des situations sociales riches ou aisées. Pour la majorité, la très grande majorité des malades, elles sont irréalisables; le repos, c’est la privation du gagne-pain, du salaire par le travail; l’alimentation généreuse, abondante, c’est une dépense souvent au-dessus des ressources du malade; quant à l’air pur, voyez ce qu’en laissent dans les grandes villes les bâiisses monumentales, les maisons sans lumière et sans aération, la péuurie des espaces libres.
- Un médecin, philanthrope et à larges idées, avait été frappé de voir un certain nombre de malades guérir en dépit de l’absence de ce triduum hygiénique et dans des conditions économiques fort mauvaises. Il étudia ces cas, les suivit de près et est arrivé à cette conviction que la guérison de la tuberculose était liée étroitement avec le maintien ou la récupération des sels calcaires dans l’économie. La déperdition de chaux est un des résultats les plus nets de la marche progressive de la tuberculose. En s'opposant à cette déminéralisation, M. Ferriera pensé qu’on pouvait combattre avec succès les progrès de la maladie, alors même qu on ne pouvait procurer aux malades le repos, l’air et les bons repas. Et, de fait, les résultats qu’il a obtenus sont des plus encourageants et des plus démonstratifs.
- Le principe du traitement est, comme je le disais, de s’opposèr à la déminéralisation calcaire et de remplacer dans la plus large mesure possible les principes perdus par le fait de la maladie. Il faut pour cela supprimer dans l’alimentation tout ce qui peut favoriser, dans l’économie, la formation des acides, lesquels s’unissent au calcium, entraînent par les excréta la perte de cet
- élément. Voici comment y arrive M. Ferrier et quel régime il impose à ses malades.
- Suppression, absolue des boissons alcooliques, vin, bière, cidre, liqueurs. Suppression des substances aci-, dulées comme le vinaigre, le citron, les oranges, les* fromages très fermentés. Eviter le beurre, les sauces, les acides gras; prendre de la crème de lait. Ne pas* dépasser par jour 3oo gr. de pain ; espacer les repas qui seront composes de pommes de terre, pois cassés, pâtes, œufs, viandes maigres (3oo à 4°o gr. par jour), poissons, sauf ceux à chair huileuse comme le maquereau, le saumon; fruits cuits, confitures non acides.
- Comme traitement, prendre trois fois par jour un cachet composé de : .
- Carbonate de chaux . .... o,5o grammes. < Phosphate tribasique de chaux. 0.20 —
- Magnésie calcinée.............o.o5
- Boire aux repas de l’eau minérale bicarbonatée calcique (Saint-Galmier, Pougues). . ,
- Avec ce régime, le malade doit continuer à travailler selon ses forces et faire les nuits les plus longues possibles.
- On avouera que c’est une méthode de traitement des plus simples et des moins compliquées Malgré sa simplicité, elle a donné des résultats qui ont étonné des médecins qui ont, depuis des années, la charge de services hospitaliers encombrés de tuberculeux. Des malades vont, viennent, exercent leur profession (et il en est de toutes sortes : facteurs, livreurs, cordonniers, couturières, ménagères), et voient s’atténuer graduellement les signes de leur maladie; ils ne sont pas des colosses, mais ils vivent, ils récupèrent leurs forces et reviennent à la santé sans abandonner leur travail. Les lésions se sclérosent, le bacille disparaît, et la maladie semble chez beaucoup en voie dedisparilionlotale.il serait, je crois,
- ! intéressant de poursuivre, dans les consultations hospitalières et dans les dispensaires, les recherches de M. Ferrier, si intéressantes au double point de vue médical et social. Dr A. C.
- VARIÉTÉS
- Le pavage des routes en pierre silico-calcaire. —
- Récemment, il a été question d’un nouveau système de pavage en bois, dû à M. le colonel Managnan (Voy. La Nature, n° 1896, du 25 septembre 19091. Depuis longtemps, on poursuit des recherches en vue d’obtenir un revêtement qui résiste aux plus lourdes charges et aux circulations les plus intenses. Il peut être utile de signaler, à ce propos, une innovation qui, sans amoindrir en rien la valeur Mu système Managnan, n’est pas sans présenter un réel intérêt.
- On sait que le pavé de granit posé sur fond de béton et couche de sable présente des inconvénients sérieux : prix très élévé, surface rugueuse des pavés produisant des cahotements nuisibles aux organes des véhicules, pavage très bruyant et surtout très fatigant pour le cheval. Les pavages élastiques (asphalte, bois, macadam goudronné, etc.), ne sont pas assez,résistants aux lourdes charges et leur manutention est toujours très coûteuse. On cherche donc à obtenir un pavage à la fois très élastique et très résistant, d’un prix peu élevé et de manutention facile et peu coûteuse.
- Au dernier Congrès de la Route, un congressiste, M. A. Charles, de Paris, a fait une communication qui tend à prouver la possibilité d’une telle; solution. Il propose de recouvrir la route d’une surface très dure, parfaitement libre et un peu compressible, sur laquelle on ferait adhérer une couche élastique telle que le goudron mélangé au sable. On obtiendrait ainsi une surface très résistante, silencieuse et élastique. Dans ce système, au lieu de placer les pavés sur fond de béton et couche de sable ainsi qu’on le fait pour le pavage de
- granit, on les placerait directement sur le béton, et la couche de sable serait disposée par-dessus; elle ferait corps avec la chaussée par son mélange au goudron.
- Dans ce but, comme on ne peut songer à employer les pierres naturelles, qui donneraient un pavage d’un prix trop élevé, M. Charles propose la pierre artificielle, appelée pierre silico-calcaire, déjà connue à Paris. Cette pierre, faite dans les meilleures conditions, aurait des qualités précieuses pour le pavage, parce qu’elle serait à la fois très résistante, poreuse et compressible aux chocs. De plus, son prix de revient serait très bas. M. H. Lowcay, ingénieur-architecte qui signalait dernièrement le système imaginé par M. Charles, dans le Journal général de l’Algérie et de la Tunisie, organe officiel du Syndicat des entrepreneurs de travaux publics de l’Algérie, indique dans quelles conditions on peut obtenir la pierre silico-calcaire résistant à la compression, à l’usure et aux chocs, qualités qui font espérer beaucoup pour l’avenir de cette industrie.
- La pierre silico-calcaire est vendue à Paris, exclusivement sous forme de briques, et n’a servi, jusqu’à présent, qu’à la construction. C’est un mélange très intime de sable grossier (90 pour 100 environ) et de chaux (10 pour 100 environ)., que l’on comprime dans des presses ad hoc. Les briques, ainsi moulées, sont introduites dans de grandes chaudières dites autoclaves, lesquelles, une fois remplies, sont fermées hermétiquement; puis on y introduit de la vapeur d’eau très lentement jusqu’à une pression de 8 ou 10 kilogrammes, pression que l’on maintient pendant six heures environ. L’opération est alors terminée, et les briques, ainsi produites,
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- VARIETES
- peuvent servir aussitôt après. Cette fabrication des briques silieo-calcaires est d’ailleurs très connue, surtout en Allemagne. M. H. Lowcay fait remarquer que, dans ce genre de fabrication, la brique acquiert une résistance à la compression qui varie entre 200 et 3oo kg par centimètre carré. Cette résistance est due à la formation d’une certaine quantité de silicate de chaux, qui est pourtant très faible, puisqu’elle ne dépasse guère la proportion de 5 pour ioo dans une fabrication» où le sable est grosêier et où la proportion de chaux est de 8 à io pour ioo.
- Pour augmenter la dureté du produit silico-calcaire, il suflit d’augmenter la proportion de silicate de chaux qui se forme pendant la cuisson par la vapeur d’eau, cela par l’accroissement de la proportion de chaux; de broyer très finement le sable et la chaux, de comprimer fortement le mélange et de cuire ensuite ces produits à des pressions de vapeur plus élevées.
- C’est en appliquant, simultanément, ces quatre opérations, dit M. Lowcay, que M. Charles est parvenu à obtenir couramment un produit possédant r5oo kg de résistance compressive par centimètre carré, c’est-à-dire la résistance du granit. Dans ces produits, la proportion de silicate de chaux est très grande, et le prix de x’evient de la pierre silico-calcaire, sous forme de pavés, est minime puisqu’il ne dépasse pas 4 francs le mètre carré. Cette pierre est, en outre, un peu poreuse, ce qui permet de pratiquer le goudronnage sur sa surface parfaitement unie, car le goudron y adhère fortement et ne peut s’enlever; enfin, par sa propriété de compressibilité aux chocs, ce pavage est antidérapant.
- Cette idée nouvelle mérite d’être étudiée très sérieusement ; il serait intéressant d’expérimenter le système de pavage en pierre silico-calcaire, concurremment avec ceux qui ont été proposés comme pouvant présenter des avantages réellement appréciables. Henri Blin.
- Nouveaux tissus artificiels. — On sait qu’il existe plusieurs procédés d’obtention directe des étoffes à l’aide de solutions cellulosiques (Cf. La Nature du ier août 1908). La préparation du tissu est réalisée par des dispositifs mécaniques propres à transformer le liquide visqueux en fils soudés et entre-croisés. Une méthode nouvelle tout à fait différente a été innovée récemment par M. Francis Beltzer, qui décrit ainsi dans le Moniteur Quesneville les très intéressants essais au cours desquels il obtient des sortes de tissus formés spontanément sous de seules influences physico-chimiques.
- En soumettant de la bourre de coton, des copeaux de
- bois, etc., à l’action combinée de l’eau, de la soude caustique et du sulfure de carbone, on obtient des « xan-thates » de cellulose qui, dissous dans l’eau, donnent la viscose dont on connaît les nombreuses applications (vernis, soies artificielles, imitation de celluloïd, etc.). Quand on étend sur une plaque de verre une couche mince de cette solution visqueuse et que I on abandonne Me tout à l’air, l’eau s’évaporant laisse une pellicule de matière cellulosique, l’anhydride carbonique atmosphérique, en neutralisant la soude, provoque la dissociation du xanthàte et la cellulose insoluble se précipite peu à peu. Si la matière première de la préparation du viscose est la pâte de bois par exemple, on obtient une pellicule de texture massée, amorphe. Mais si l’on emploie le colon, on peut distinguer au microscope la présence dans la pellicule d’une infinité de fibres enchevêtrées qui se formeut et grossissent au fur et à mesure de la fixation d’anhydride carbonique. En lavant la pellicule ainsi obtenue on élimine toutes les matières solubles et l’on ' isole une sorte de tissu feutré à la vérité très fragile, mais présentant cependant une certaine cohésion due à l’entrepénétralion des fibres constituantes.
- M. Beltzer observa en outre que l’addition aux solutions xantho-cellulosiques à base de bois, de viscose préparée avec du coton contenant quelques fibres, d amorçait » la précipitation non plus à l’état amorphe mais sous aspect fibreux. Il y a là une analogie très curieuse avec les phénomènes de cristallisation des solutions salines où « l’ensemencement » d’un cristal peut provoquer la formation de nombreux cristaux. Et peut-être, comme semble le supposer l’auteur, l’étude scientifique de ces phénomènes révélera-t-elle l’existence de fibres liquides, capables de conserver leur structure en solution : Leh-mann a bien mis en lumière l’existence de cristaux liquides!
- L’intérêt pratique de ces essais est considérable. On conçoit que les appareils à filières microscopiques utilisés dans la technique des fibres artificielles, soit toujours de fonctionnement délicat et de rendement faible ; on pourrait les' supprimer avec avantage à’il devenait possible d’utiliser en pratique la cristallisation fibreuse des solutions cellulosiques. Sans doute ne peut-il être actuellement question d’application industrielle ; mais les progrès technologiques sont tellement rapides que la mise» au point pratique des phénomènes observés sera probablement réalisée assez vite. Et peut-être verrons-nous bientôt les procédés cependant si merveilleux d’obtention des soies artificielles supplantés par cette autre étonnante merveille : fabrication des étoffes par dissolution, puis précipitation de la sciure de bois ! A. Chaplet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Un cas de détérioration des plaques d’accumulateurs, — Dans une batterie d’accumulateurs de 62 éléments de la capacité de 180 ampères.'nous avons constaté un curieux cas de détérioration des plaques positives; cette batterie, régulièrement chargée et déchargée au régime normal depuis un an, est installée dans un local sain et aéré; les plaques positives ou négatives présentent un bel aspect dans toute la partie qui trempe dans l’électrolyte, qui ést une solution sulfurique à 21 degrés Baumé ; aucune des plaques n’est sulfatée ni gondolée; mais, sur les parties extérieures au liquide de certaines plaques positives, il s’est développé des formations de peroxyde de plomb qui ont attaqué profondément les cornes ou appendices qui suspendent ces plaques sur le bord supérieur des bacs en verre ; ces formations d’oxyde de plomb ont par endroits perforé les crochets de suspension des plaques positives; dans la même batterie, sur 248 plaques positives, il y en a bien une cinquantaine attaquées plus ou moins et de la même manière. Pour expliquer ce cas de détérioration anormale que nous n’avons encore jamais rencontré, nous supposons que lors de la fusion du mélange de plomb et d’antimoine, qui a servi à couler les supports de ces plaques à oxyde rapporté, le brassage de l’alliage n’a pas été bien fait et qu’il est ainsi resté, dans les parties hautes des positives, certaines portions compo-
- sées de plomb pur ; ceci est une explication plausible du phénomène, mais nous ne la donnons qu’à titre d’hypothèse et nous enregistrerons avec plaisir d’autres suppositions à cet égard. Quoi qu’il en soit, pour arrê-^ ter le mal et empêcher la ruine totale des crochets de suspension des plaques positives ainsi attaquées, nous les avons fait nettoyer avec une carde ou brosse en fil d’acier et enduire avec de la paraffine fondue. Depuis environ un an que cette opération est faite, il ne s’est pas reproduit de formations anormales sur les supports de ces plaques et la batterie est restée en fonction dans de bonnes conditions.
- Le remède était simple et peu coûteux, il nous a paru bon à noter.
- Virage facile. — M. Vibert, président de la Société photographique de Douai, a indiqué dernièrement à ses collègues la formule suivante de virage dont il se sert avec succès : Un quart d’heure avant de s’en servir, on mélange 200 centilitres d’une solution aqueuse de bicarbonate de soude à 1 pour 100 avec 10 centilitres d’uue solution de chlorure d’or à 1 pour 100. Les épreuves convenablement lavées sont mises dans ce bain et elles virent avec rapidité. La quantité ci-dessus indiquée peut servir pour traiter 12 épreuves i3x 18. Elle doit être jetée après l’emploi.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Inscriptions vitrifiables sur porcelaine. — On a souvent besoin dans les laboratoires de numéroter les capsules ou creusets de porcelaine de grès ou de terre réfractaire, de façon à pouvoir distinguer chacun d’eux. La plupart des encres et crayons gras spéciaux dits « à verre » ne peuvent être employés pour cela, leurs traces disparaissant au rouge blanc, température du four à moufle. On peut obtenir une encre excellente en faisant dissoudre dans 5o à ioo centimètres cubes d’eau, a grammes de bichlorure de platine, épaississant par addition d’un peu de gomme ou de sucre en quantité variable selon la consistance désirée, et enfin en colorant avec un peu d’encre ordinaire ou mieux de traces d’une couleur d’aniline (violet-méthyle, fuchsine ou vert brillant par exemple). L’inscription une fois faite au pinceau ou à la plume, on laisse sécher, puis on fait
- chauffer peu à peu l’objet au rouge vif : le chlorure est décomposé, il y a formation d’un dépôt de platine métallique extrêmement divisé qui s’incorpore à la couverte légèrement ramollie sous l’influence de la haute température.
- Il est plus commode d’employer le crayon que l'encre; mais on doit choisir, parmi les crayons « à verre » du commerce, ceux de teinte bleue, à l’exclusion des crayons gras rouges, blancs ou jaunes dont les traces disparaissent à la calcination. (La marque Faber Farbstift zum sclireiben auf porcellan..., convient bien). À haute température, les traits bleus virent à l’ocre et sont fixés par l’émail. Ils disparaissent cependant plus facilement que les traits noirs du platine : l’oxyde de fer provenant de la décomposition du bleu de Prusse qui colore probablement la pâte des crayons, est en effet plus facilement attaquable.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d'un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possiblo, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnements. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Plassard, à Saint-Léger-sous-Bussière. — C’est à votre turbine qu’il faut mettre un régulateur. Mais il est nécessaire que vous vous adressiez à son constructeur pour savoir si la chose est possible, étant donné le type de machine que vous avez. Vous pourriez aussi employer les accumulateurs. Mais c’est un moyen coûteux et délicat.
- MM. Zeller, Willinger, à Anvers. — Boussole Berget (n° 1833) ; chez M. Yion, 38, rue de Turenne, à Paris.
- La turbine réversible à vapeur. — M. de Laval nous prie, à propos de l’article paru dans le n° 1902 (6 nov. 1909), de signaler la part importante prise, dans les études et la mise au point de la nouvelle turbine à vapeur, par son collaborateur M. Fargerslrôm. Les brevets pris pour cette invention sont du reste aux noms de M. de Laval et de M. Fargerstrôm.
- M. Régnier, à La Bonneville. — Bibliographie de la maladie des chênes. — M.Hariot: Bulletin de la Société mycologique de France, 1907, p. 157. — M. Mangin : Journal de VAgriculture pratique, 23 juillet 1908, p. 109. — M. Daniel : Revue horticole, 1908, p. 399. — M. Hariot : Comptes rendus de VAcadémie des sciences, 1908. — MM. Griffon et Maublanc : Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1908. Journal d'Agriculture pratique, 1909, p. 68, i5o, 408.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- La grande culture au Canada : V. Forbin. — Les monuments mégalithiques des Causses et des Pyrénées : E. Rauir. — Le fer et la rouille : G. Bresch. — Chemin de fer électrique de Ville-franche à Bourg-Madame : II. Bonnin. — Le cheval-vapeur : Ch.-En. Guillaume. — Académie des sciences; séance des 2 et 8 novembre 1909 : Ch. de Villedeuil. — Nègre blanc : V. Forbin.
- Supplément. — Prix décernés par l’Académie des sciences pour 1909. — Le nombre des étoiles. — Météorologie des montagnes. — La prévision des tremblements de terre. — Les voies terrées espagnoles. — Pétrole en Egypte. — L’extraction des terres rares. — Puits souffleurs de Norwich, etc. — Les progrès dans l’industrie cidrière. — Inscriptions sur verre.
- Croisière océanographique de la « Belgica» dans la mer du Grônland (1905), par Mgr le duc d’Orléans. Bruxelles, Bulens, 1907, in-40, 573 p., 89 pl., noires et en couleur et fîg. Prix : 100 francs.
- Avec le concours du commandant de Gerlache, du Dr J. Récamier, du lieutenant Bergendahl, etc., la croisière du duc d’Orléans partie de Tromsô le 4 juin 1905 et terminée à Reykjavik, le 22 août, a recueilli entre le Spitzberg et le Grônland des matériaux scientifiques nombreux, dont un luxueux volume nous fournit le dépouillement. La publication est subdivisée comme suit : Récit du voyage et liste des sondages par de Gerlache ; observations météorologiques par Danlaw Cow; notes géologiques par Bôggild sur les sédiments sous-marins de la mer du Grônland, sur l’existence d'une moraine sous-marine, le long de la côte orientale du Grônland, et sur les roches con-' tinentales en place ; plantes de la côte Nord-Est du Grônland, par Ostenfeld ; océanographie et biologie, par Helland-Hansen et Ivœfœd; le plankton, par Damos et Koefoed ; et nombreuses notes sur la faune
- marine. Les spécialistes des études arctiques trouveront dans cette belle publication une série remarquable de documents nouveaux, sur les sujets dont nous regrettons de ne donner que les titres. L’illustration est magnifique et souligne fort à propos l’importance de cette savante contribution à la connaissance de la mer grônlandaise.
- Die Wurzelpilze der Orchideen, ihre Kultur und ihr Leben in der Pflanze, par le D1' Hans Burgeff, Iena, A. Fischer, 1909, 1 vol. in-8°. Prix : 6 mk. 5o.
- Il est bien connu aujourd’hui que les orchidées vivent par leurs racines en symbiose avec des champignons, et que cette symbiose est absolument nécessaire au développement de la plante. C’est ce phénomène qui est étudié avec le plus grand soin dans ce remarquable travail.
- O. Münsterberg. — Influences occidentales dans l’art de VExtrême-Orient. Paris, Paul Geuthner, 1909.
- 1 vol. in-8°, 22 p. xxxi, pl. y!r,So.
- Ce travail, particulièrement remarquable par l’illustration, est analysé dans ce même numéro dans l’article : Le mirage oriental.
- G. Tournier. — Les éléphants. Préface d’Eü. Perrier, Paris. Bibliothèque générale d’éditions, 22, place des Vosges, 1909, 1 vol. in-8°. Prix : 10 francs.
- Nos lecteurs sont au courant de ce que l’on a appelé fort justement la question de l’élépliant, qui se limite à vrai dire à l’éléphant d’Afrique, puisque celui-ci, tandis que son congénère d’Asie est sagement et rationnellement utilisé, est menacé de disparition à bref délai, si des mesures énergiques ne sont pas prises pour sa préservation. M. Tournier montre fort clairement de quels services serait cependant capable le grand proboscidien africain s’il était l’objet d’une
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- BIBLIOGRAPHIE
- occupation intelligente au lieu d’être abandonné à la stupidité des massacreurs. On ne saurait trop recommander la lecture de ce livre qui apporte à cette question brûlante l’appoint de documents précis et savamment mis en œuvre.
- Atlas pittoresque de la France, publié sous les auspices de la Société de Géographie, sous la direction de Oné-sime Reclus. Attinger frères, éditeurs, 2, rue Antoine-Dubois, Paris. Prix : souscription à forfait 120 francs (jusqu’au 3i mars 1910), i5o francs après cette date.
- Cet album de 12000 simili-gravures, avec légendes, 45o cartes ou schémas et 336o notices, véritable géographie par excellence de la France, en donne une image aussi complète que possible. 11 y aura au moins 40 fascicules représentant les départements dans leur ordre alphabétique et formant 3 volumes in-40 de 700 pages. Le nom de l’auteur, assurément le géographe qui connaît le mieux notre beau pays, qui en est le plus sincèrement épris et qui l’a si souvent décrit avec les plus séduisantes couleurs de style, suffit à indiquer quelle sera la valeur de cette incomparable publication. Le premier fascicule (Ain-Aisne) vient de paraître.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o)
- . Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 nov. 1909. . iu,i N. E. 2. Couvert. » Gel. bl.; brouillard; couvert jusq. 17 h.; beau ensuite.
- Mardi 9 — 0°,2 N. N. E. 1. Brouillard. » Gel. bl.; brnuill. épais; beau à 15-li.li.; couvert avant et après.
- Mercredi 10 1°,8 S. 2. Couvert. 0,5 Gel. bl.; brouill. l'aible; bruine de 17 h. 20; couv. avant et après.
- Jeudi 11 — 0°,6 S. S. W. 2. Couvert. » Gel. bl.; très nuageux Te ni.; peu nuageux le s.
- Vendredi 12. . . . . 5°.9 S. W. 3. Pluie. 1,5 Couvert ; pluie de 7 h. à 7 h. 43 et de 11 h. 30 à 13 h. 30.
- Samedi 13 7°,2 S. W. 4 Couvert. 1,3 Couvert; pluie l'après-midi.
- Dimanche 14 1°.9 s. 0. Couvert. 1.0 Gel. bl.; l'aible brouill. à C b.; nluvienx l’après-midi: convoi t.
- NOVEMBRE 1909. — SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 NOVEMBRE 1909.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du 8 au 14 novembre. — t e 8. Haute dépression sur l’O. et le Centre : Biarritz, 765 ; Zurich, Stockholm, 766; Irlande, 773; dépression assez profonde vers l’Islande et les Feroé. Pluies sur presque toute l’Europe. Température du matin : Uleaborg, —3°; Paris, 1; Puy de Dôme, —3 moyenne à Paris : 2°,2 (normale : 6°,4).
- — Le 9. Anticyclone sur l’O. et le Centre, avec minimum à l’entrée de la Manche (772) ; dépression sur la Scandinavie : Vardoe, 736; îles Feroé, 74I. Pluies sur le N. et l’E. Temp. du matin : Arkangel, — 20; Paris, o; Puy de Dôme, —6; moyenne à Paris : o°,8 (normale : 6°,3).
- — Le 10. Dépression sur tout le N. de l’Europe, avec très mauvais temps sur la Baltique et la Scandinavie : Bôdoe, 737; Copenhague, 75o; Bruxelles, 761; pression encore supérieure à 765 en Irlande, en Suisse, et sur l’O- de la France. Pluies sur le N.-O. Temp. du matin : Limoges, - 4°! Paris, 2; Ajaccio, 14 ; Puy de Dôme,
- — 5'; moyenne à Paris : 3°, 1 (normales 6°,i). — Le 11. Fortes pressions constantes sur l’O. : Irlande. 772; Bretagne, 771; dépression sur l’extrême N.-E. Arkangel, 7^0, et sur le golfe .de Gênes : Nice, 745.. Pluies sur l’O.; en France : Nancy, Belfort, 3.; île d’Aix, pointe dè la Coubre, 1. Temp. du malin : Moscou, —20,
- Paris, — 1 ; Alger, 17; Puy de Dôme, —4 ; moyenne à Paris : 3° (normale : 6°). — Le 12. Vaste zone de basse pression sur le N. et l’E. : Arkangel, 744 > Memel,-.74^ > îles Shetland, j!>o; pressions supérieures à 765 sur la France et le N. de l’Espagne. Pluies sur presque toute l’Europe. Temp. du matin : Bodoe, —6°; Paris, 6; Alger, 17; Puy de Dôme, —4: moyenne à Paris : y0.8 (normale : 5°,9). — Le i3. Mauvais temps général; centre cyclonique sur la Baltique (Stettin, 73o), avec tempête sur le N. de la France, les Pays-Bas, l’Allemagne. Pluies générales sur l’O. et le Centre; neige en Suède et en Russie; en France ; Ballon de Servance, 25 (neige); Charleville, Brest, 3; -Besançon, Paris. 2; Cherbourg, Dunkerque, 1. Temp. du matin : Hapa-randa, —io°; Paris, 7; Alger, 16; Puy de Dôme 6; moyenne à Paris : 6°,6 (normale : 5°,7). — Le 14. Pression basse sur toute l’Europe : Moscou, 734. Pluies sur tout le continent; neige en Russie ; en France : Charleville, Belle-Ile, 4'. Toulouse, Brest, 2; Paris 1. Temp. du matin : Haparanda, —i3°; Paris, 2; Alger, 17; Puy de Dôme, o; moyenne à Paris : 5° (normale : 5°,6). t— Phases de la Lune : Nouvelle Lune le i3, à 2 h. 27 m. du matin.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- DIRECTION
- L. DE LAUNAY
- Professeur à l’École des Mines et à l’École des Ponts et Chaussées.
- E.-A. MARTEL
- Ancien Président de la Commission centrale de la Société de Géographie. ,
- Tout ce qui concerne « La Nature » doit être adressé aux bureaux du journal : >20, Boulevard Saint-Germain, Paris (71*)
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite, à moins d’entente spéciale avec les éditeurs.
- La reproduction des articles non illustrés est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N' 1905 — 27 NOVEMBRE 1909
- SUPPLEMENT
- INFORMATIONS
- • Avis de l’Administration. — L’échéance du 3o novembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM.'les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 27 novembre (n° 1905), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l!abbnn'ement .précédent,1 sera, à Paris et dans les départements; présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant lé Ier décembre, renouvelé ou donné ordre'contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (3 volumes, 1873 à 1882 — 1.883 à 1892 — 1892 à 1902), au prix de 18 francs au lieu de 26 francs. r .
- " La comète de Halley. — Làcomète de Halley arrive peu à peu des profondeurs de l’inlini et on a pu l’observer* visuellement aux grands instruments des observatoires de Yerkes, Lick, Nice, etc. A l’observatoire Yerkes, M. Burnhain a pu la voir, le i5 septembre, à l’aide du grand réfracteur de 1 mètre de diamètre. M. Barnard, avec le même instrument, l’a vue le 17. Son éclat a été estimé à la i5° grandeur et demie et son diamètre apparent à 12". Les observations photographiques sont beaucoup plus nombreuses. A Nice, M. Javelle, à l’aide du grand équatorial de 6”,76, a pu prendre des mesures de sa position à partir du 12 octobre. La comète se présentait sous la forme d’une petite nébulosité ronde, de 10" à i5" de diamètre, d’aspect stellaire avec un noyau central de 14e à 15° grandeur. L’éclat augmente peu à peu et, le 22 octobre, le noyau était de la 14e grandeur environ. Les premières observations ont montré l’exactitude de l’orbite calculée par MM. Cowell et Crommelin. Le moment du passage au périhélie comportait une faible erreur et aura lieu le 20 avril 1910. Voici les positions dé là comète en décembre prochain. L’éclat sera encore très faible et la comète ne pourra être trouvée qu’avec des instruments puissants (au-dessus de om,25 de diamètre). ,
- DATES ASCENSION DROITE DÉCLINAISON
- POUR 9b DU SOIR, —
- r. M. de Uerlin.
- 1" décembre. 4 h. 26 m. 56 s. . -+- 15° 52'.
- (> — 4 h. 6 m. 13 s. -h 15° 23'
- 11 — 3 h. 44 m. 24 s. -+-14° 45'
- 16 — 3 h. 22 m. 19 s. -h 14° 4'
- 21 — 3 h. 0 m. 34 s. -+- 13° 18'
- 26 - 2 h. 40 m. Ils. -+• 12° 28'
- ÉCLAT
- fi r.
- 13, 2
- 13,0
- 12,9
- Pluies diluviennes. — La Revue néphologique reproduit, d’après Knowledge (n° de septembre!; les chiffres des hauteurs des pluies les plus remarquables constatées depuis quelques années en divers pays. Le 16 novembre 1898, à Riposto (Sicile), il tomba 465“m de pluie. La chute atteignit son maximum de i5h 5om à i6h i5'“. Dars
- ces 25 minutes, il tomba i5omm de pluie, soit i5o litres d’eau par mètre carré. Le 8 août 1906, à Suva (Fidji), la chute de pluie fut de 1041““. Il est difficile de se représenter de semblables chutes d’eau auxquelles nous ne sommes pas habitués sous notre climat, déjà bien souvent défavorable. L’évacuation; d’une telle masse d’eau (10 millions de litres par hectare!) ne peut se faire qu’au prix de nombreux désastres : inondations, éboulements, villages détruits, etc. < .
- Phénomènes produits par l’éclair. — Nous trouvons dans notre confrère anglais Knowledge (n° de septembre), une explication, fournie par V;-Ô. Lodge d*Un phénomène qui se produit parfois; en temps d’oràge : le tintement des sonnettes ordinaires des maisons. Il nie s’agit pas ici; des sonnettes électriques, mais de celtes constituées par une clochette fixée; à l’extrémité d’tin ressort spiral par l intermédiaire d’une tige, plus ou moins, longue. M. Lodge explique que, par inductipp, les fils sont électrisés, lés murs également et là sOU-nette, chargée elle-même, est attirée soit par les murs, soit par les tuyaux ; une étincelle jaillit et la sonnette, reprenant sa position verticale, rend un son. Il nous semble toutefois que ce fait ne peut se rencontrer que dans des circonstances particulières, car, en général,* la sonnette,'par 1 intermédiaire du ressort métallique, est en communication électriqué avec le mur, toujours ttn peu humide et par cela même conducteur. Elle nest donc pas attirée par lui. De nouvelles observations paraissent utiles.
- Les zeolites artificielles et leurs applications. —-
- On sait que ce nom a été appliqué par les anciens minéralogistes à une famille de silicates hydratés d’alumine et de monoxydes alcalins ou alcalino-terreux qu’on trouve principalement à l’état naturel dans les cavités -clés roches amygdaloïdes. Pour préparer les zéolites artificielles ou permutites, on fond un mélange de 3 partie» de kaolin, 6 p. de silice et 12 p. de carbonate de sodium, ou bien de 2 p. d’argile, 12 p. de silice et 12 p. de carbonate de sodium; puis on lave la masse obtenue avec de l’eau. La silice peut être remplacée par d’autres acides; on peut, par exemple, fondre un mélange de 3 p. de kaolin, 2 p. de borax fondu et 6 p. de carbonate de sodium; ou bien de 2 p. 5 de kaolin, i p. 5 de borax fondu et 5 p de carbonate de sodium; et laver avec de l’eau. Ces produits sont employés pour diminuer la dureté des. eaux et en éliminer le fer et le manganèse. Les permutites peuvent aussi servir pour la préparation de différents sels, notamment pour transformer le chlorure de potassium en carbonate ; il suffit, pour cela, de mettre en contact une solation de chlorure de potassium avec la permulite, laquelle donne une permutiteà base de potassium ; cette dernière, traitée par une solution de carbonate d’ammoniaque, donne du carbonate de potassium. Les permutites à base de calcium peuvent, d’après certains auteurs, être employées avantageusement en sucrerie
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- INFORMATIONS
- pour le traitement des mélasses, elles remplacent dans celles-ci, les bases alcalines par la chaux, ce qui permet de faire cristalliser une nouvelle proportion de sucre.
- Recherches sur la carbonisation du bois. — Ces
- recherches, d’ordre industriel, dues à trois auteurs, Klason, von Heidenstamm et Norlin. ont montré que la carbonisation de la cellulose se produit principalement suivant l’équation :
- 8C6H10O8 = C30H18043H20 -f- 4GO* + aCO + C‘*H««Os et donne naissance au charbon de cellulose C30Hl8Û4. La décomposition est lente au-dessous de 270° et très rapide au dessus. Elle est exothermique et libère environ 5 pour 100 de la chaleur de .combustion de la cellulose II se dégage en même temps des gaz dont la chaleur de combustion est 3,5 pour 100 de celle de la cellulose; ces gaz me renferment ni hydrogène, ni hydrocarbures; il ne forme pas d’alcool méthylique. Les charbons de cellulose et de bois et le charbon de terre ont très approximativement la même composition. La composition des charbous de bois des fourneaux se rapproche de celle de l’anthracite. Les celluloses de bouleau et de hêtre donnent plus d’acide acétique que les celluloses de cotonnier et de pin.
- Un nouvel alliage : l’Electron. — La chimie allemande si féconde en produits nouveaux vient de donner le jour à un alliage qui peut rendre, semble-t-il, des services dans la pratique industrielle. Ou l’a nommé Electron, il est fabriqué par la Chemische Fabrik Griesheim Electron est un alliage dont le constituant essentiel est le magnésium» Son poids spécifique est compris entre 1,75 et 2. C’est donc un métal fort léger. (L’aluminium a pour densité 3). Il possède néanmoins une grande résistance et une grande malléabilité. A l’air, il se recouvre d’une mince couche d’oxyde qui le préserve de toute altération ultérieure. L’Electron paraît appelé à rendre des services en aéronautique.
- Une chaire d’aviation anglaise. — Après l’Allemagne et la France, voici que l’Aéronautique acquiert droit de cité dans les Universités anglaises : l’Université de Londres vient en effet de charger un des ingénieurs de Sir Hiram Maxim, M. A. P. Thurston, de faire une série de conférences sur l’Aéronautique et de diriger à ce sujet un cours de Travaux pratiques sur l’exécution des plans et sur la fabrication des aéroplanes.
- Locomotive à turbine. — Une société anglaise la North British Locomotive C° fait construire actuellement une locomotive à turbine. C’est une locomotive électrique : l’énergie électrique est produite sur la machine au moyen d’une turbine à vapeur à impulsion tournant à 3ooo tours par minute et actionnant une dynamo à courant continu. Celle-ci fournit le courant à 4 moteurs-série montés sur les essieux de la locomotive. Cette machine reprend donc l’essai tenté autrefois en France par Ileilmann. Mais celui-ci produisait l’énergie électrique au moyen d’une machine â piston. La turbine, plus simple, moins encombrante, offre évidemment ici de grands avantages. L’un des principaux est que la vapeur d échappement qui n’est pas souillée par le"s huiles de lubrification comme dans la machine à piston peut, après5 condensation, rentrer dans le circuit d’alimentation.
- Le pétrole du Caucase occidental. — M. Yermoloff a décrit ici (n° 1811, 9 février 1908), les nouvelles recherches de pétrole' faites dans le Caucase occidental. D’après des renseignements que nous communique ce savant, les résultats des sondages faits à Maïkop auraient été remarquables On a trouvé en août. 1909, à 70 m. de profondeur, une fontaine jaillisante donnant un débit de près de 5ooq tonnes de naphte léger d’excellente qualité. Malheureusement, par suite d’une imprudence, celte fontaine a pris feu deux jours après son apparition et il a fallu deux semaines d’un travail des plus pénibles et périlleux pour mettre fin à cette catastrophe. On évalue à près de 60000 tonnes la quantité de naphte détruite par le feu. M. Yermoloff nous écrit que, lorsqu’il a visité le puits après son extinction, on avait recouvert l’orifice d’un véritable monticule de terre et déniaisé. Néanmoins le naphte continuait à s’écouler en un ruisseau dont le débit était encore évalué à plus de 600 tonnes par jour. Malgré ce succès on ne hâte pas les travaux, attendant l’ouverture de la ligne en construction Maïkop-Touapsé
- qui doit traverser la chaîne principale du Caucase, assez peu élevée du reste dans cette région. On projette en attendant d’établir un pipe-line vers Touapsé, port de mer situé a 80 km des forages.
- L’astronomie des paysans russes. — M. Pierre Stoïau indique, dans le Bulletin de la Société astronomique de France (novembre 1909), quelles sont les connaissances astronomiques actuelles, des paysans de la Russie d’Europe, telles qu’il a pu les observer depuis une dizaine d années dans les cinq gouvernements de Perm, d’Orel, de Poltawa, de la Podobe et de la Bessarabie. C’est un intéressant tableau folkloristique, représentatif d’un état humain aujourd hui dépassé et où les connaissances précises sont mêlées aux représentations mythologiques. Toute la Russie paysanne a la connaissance du Soleil (Sônetzi) qui est cousidéré coin me un être mystérieux et bienveillant ; de la Lune (Miessiatz, la mensuelle) ténue pour le frère du Soleil : elle se cache constamment des regards de celui-ci; elle est couverte de glace ou de neige; sur son disque on voit Caïn qui assassine avec la fourche son frère Abel; ses rayons sont froids et nuisibles pour les yeux endormis; la direction des cornes de son croissant sert pour la prédiction du temps. Les étoiles sont des lampes, ou des chandelles, que Dieu chaque joui- allume et éteint; les comètes des messagers exceptionnels du créateur, qui les envoie en annonciatrices de guerres, famines, pestes (la comète de 1811, suivie de la campagne napoléonienne de 1812, a naturellement confirmé cette croyance) ; l’étoile filante, dite tombante, est 1 annonce d un homme qui trépasse à ce momenl.-là; le bolide est la foudre ou l'éclair en boule. Une planète et quelques constellations. sont en outre couuues et nommées : la Grande Ourse est le chariot, ou l’élan, ou le cheval tournaut, attaché, autour d’un poteau, ou la casserole, ou le tourniquet; les Pléiades sont la braise qui plane, ou les cent braises, ou la poule et les poussins-, ou le nid de cane avec ces canetons, ou les chevaux de braise; Orion est le râteau; Yéuus est Celle de. l’aurore, ou l’étoile du soir, de la rougeur; la voie lactée est le chemin de Moïse ou de Jérusalem. Ajoutons que nous croyons nous souvenir que des recueils.>plus complets d’astronomie populaire russe ont déjà-été publiés’,; ou des renseignements dans des recueils ;i:no.us n’avons malheureusement pu les retrouver.
- Lapins d’Australie. — D’après la Revue avicole il a été envoyé d’Australie à Tilbury 624000 lapins, qui ont été répartis ainsi : 190000 out été envoyés à l’entrepôt frigorifique de Londres, 85 000 à Birmingham, et le reste à Liverpool, d’où ils seront expédiés aux différentes villes de Lancashire. Un envoi encore plus considérable doit arriver prochainement à Tilbury. Le bateau Durset apporte 60 000 caisses contenant chacune 24 lapins, soit un total de 1 444 000. Ce sera la cargaison la plus importante que Londres ait jamais reçue.
- Le beurre sur la Côte d’Azur. — Dans la Revue d’Aviculture (septembre) M. Pohet signale et commente le succès obtenu sur la Côte d’Azur par le beurre de Milan fabriqué industriellement en Lombardie et transporté dans des wagons frigorifiques loués en France. Notre confrère observe fort justement qu il serait possibles à nos beurres du Nord d’en faire autant, et en particulier d’atteindre Marseille, dont le marché n’est pas encore encombré et peut rayonner aisément sur la. Corse. l’Algérie et la Tunisie,
- Le coton dans le monde. — D’après un rapport dü Congrès International des Associations de filateurs et tisseurs de coton, résumé par P ru met he us, il y avait/ dans l’univers, au ior mars 1909 : 1S0.705.927 brochés en activité contre 125.097.383 à la même date en 1908. Ce tolal se décompose comme suit . : r Angleterre, 53.47 c 897 broches en 1909 contre 51.976 65o en 1908; Etats-Unis. 27.846.000 contre 27.000.000; Allemagne, 9.881.321 contre 9.592.855; France, 6.750.000 contre 7.006428; Russie, 7829.210 contre 6.800.000; les Indes. 5.756.020 contre 5.3oô.oôo: Italie. 4 000.000 contre 3.«00.000; Autriche, 4.162.295 contre 3.777.044-Viennent ensuite l’Espagne avec 1.852.000 broches, le Japon avec 1.695.879; la Suisse avec 1.403.012. ,11 est intéressant de rapprocher ces chiffres de ceux de l’année i832 : alors l’Europe entière possédait 11.8 millions de broches, ce nombre en 1880 s’élevait à 58.6 millions.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Mécanique
- Lampe à souder au pétrole lampant. — Les lampes à souder qu’on emploie actuellement fonctionnent avec de l’essence de pétrole, ou de l’alcool, ce qui occasionne parfois des accidents, surtout quand elles sont confiées à de jeunes apprentis qui les chargent sans prendre toutes les précautions que nécessite uu liquide aussi
- Fig. i. — Schéma indiquant le principe de la lampe à souder.
- inflammable. Un jeune inventeur, M. Georges Bellon, vient de trouver le moyen d’utiliser le pétrole lampant, qui ne présente aucun danger d’inflammation intempestive puisque, comme on le sait, une allumette enflammée s’éteint quand on la plonge dans ce liquide.
- La lampe de M. Bellon fonctionne sans pression sur le pétrole; celui-ci est entraîné au moyen d’une sorte d’injeeteur Giffard.
- L’appareil se compose de deux réservoirs métalliques (lig. i); l’un contient du pétrole, l’autre de l’eau. On a soin de réserver au-dessus de celle-ci un espace dans lequel on comprime de l’air au moyen d’une petite pompe. C’est cet air comprimé qui servira à amorcer l’appareil. Le chalumeau est constitué par un tube C au fond duquel débouche 1 injecteur A. Le pétrole arrive à celui-ci par un tube P qui plonge jusqu’au fond du réservoir ; mais pour cela il faut qu’il soit aspiré et entraîné. A cet effet, on ouvre les robinets P, S et R; le robinet O restant fermé. L’air s’échappe par le tube R S qui, partant de la partie supérieure du réservoir, s’enroule autour du chalumeau C pour venir déboucher dans l’injecteur A; le pétrole se trouve aspiré par le tube P et arrive sous forme de poussière; le mélange de Fig. 2. celle-ci avec l’air s’enflamme faei-
- La lampe à souder, lement au contact d’une allumette.
- Au bout de quelques instants, la chaleur dégagée porte la spirale qui entoure le chalumeau à une haute température. On ferme alors le robinet R et on ouvre le robinet T qui fait communiquer cette spirale avec le réservoir d’eau. Celle-ci se trouve projetée dans la spirale où elle se dissocie et sort sous forme de gaz mélangés au pétrole pulvérisé. La flamme du chalumeau devient alors très chaude et la marche continue ainsi jusqu’à épuisement de l’eau. On donne, si cela est nécessaire, un coup de pompe de temps à autre pour entretenir la pression de Pair.
- Cette lampe (fig. 2), qui fonctionnait pour la première fois au Concours Lépine, a beaucoup intéressé les spécialistes et elle a obtenu un Grand Prix.
- Elle offre les mêmes avantages que les lampes à essence au point de vue du travail à effectuer, mais elle présente, en outre, une sécurité qui n’est pas à dédaigner quand on songe aux responsabilités qui incombent aux patrons dans les accidents de travail. — S’adresser à M. Georges Bellon, 23, rue du Bois, à Yincennes.
- Jouets •Ç'c&j
- Le viroplane. — Ce curieux jouet réalise une application du phénomène gyroscopique bien connu ; le mou-
- vement de précession. Tout solide de révolution animé d’un mouvement de rotation rapide autour de son axe, et soumis à un couple de forces extérieures, prend un second mouvement de rotation, appelé mouvement de précession, autour d’un axe parallèle à la direction de ces forces. Ainsi l’axe de la toupie de Foucault soumise au couple de la pesanteur et de la réaction, décrit un cône ayant pour axe la verticale passant par le point fixe, c’est-à-dire par la pointe de la toupie.
- Fig. 1. — Schéma du viroplane.
- Le jouet en question se compose essentiellement d’un volant V enfermé dans une boîte cylindrique en fer blanc B. L’axe de cette boîte, qui est en même temps celui du volant, est prolongé extérieurement par une tige d’acier T de 5o cm. de longueur environ à l’extrémité de laquelle est suspendu un petit aéroplane A. L’ensemble est supporté par les tourillons horizontaux C des extrémités de la fourche F, de telle façon qu’un couple convenable, dû à la pesanteur, soit toujours en faveur de l’aéroplane, qui, par suite, tend à rester à terre. Cette fourche est solidaire de l’axe vertical D du renvoi à friction R dont la sellette S constitue le bâti. L’axe horizontal de ce renvoi est prolongé extérieurement par un flexible E terminé par un bouton. Enfin, la vitesse de rotation du volant est communiquée par le train d’engrenages G commandé par la mauivelle M.
- Etant suspendu à l’extrémité de la tige, l’aéroplane est asservi aux différents mouvements de précession du volant. Ces mouvements ne peuvent être dus qu’à deux couples : i° au couple vertical constant dû à la pesanteur; 20 au couple horizontal variable communiqué par le flexible et le renvoi.
- Au couple résultant correspond à chaque instant un mouvement de précession bien déterminé. C’est ainsi qu’en roulant le bouton du flexible entre les doigts, de gauche à droite, on provoque le démarrage et le mouvement ascensionnel de l’aéroplane, et qu’on le fait
- Fig. 2. — Le viroplaifè.
- descendre et atterrir en roulant le bouton en sens contraire. Pour obtenir le planement régulier à une hauteur déterminée, il faut laisser le couple de la pesanteur agir seul, en ne donnant aucune impulsion au flexible.
- Il est à l’emarquer, toutefois, que le couple horizontal dû au frottement des axes du renvoi a pour effet de faire abaisser naturellement l’aéroplane.
- Un curseur K, pouvant se déplacer d’une extrémité à l’autre de la tige T, permet de régler le couple dû à la pesanteur et par suite la vitesse moyenne de précession,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- HH
- c'est-à-dii'e la vitesse de l’aéroplane. Celui-ci est suspendu par un de ses points les plus élevés, et se trouve ainsi en équilibre stable; mais il est commandé par sa partie inférieure. Il en résulte que, pendant la variation du mouvement de précession, il obéit à des couples d’inertie qui le font s’incliner vers le haut dans ses mouvements ascendants et vers le bas dans ses mouvements de plongée.
- Enfin, dans le but de-faire du viroplane un jouet d’adresse en même temps qu’un jouet d’intérêt scientifique, il a été placé sur la piste de l’aéroplane un certain nombre de petits drapeaux qui sont autant d’obstacles il éviter ou de buts à atteindre.
- < Le jury du concours Lépine a été fort bien inspiré en attribuant la plus haute récompense, un grand prix, à ce jouet scientifique qui est en même temps un très bel appareil d’étude. — L’inventeur est M. Fieux, io, rue Gambetta, à Harfleur.
- Bateau à rameurs. — Les jurés du concours Lépine, ont attribué le Grand Prix à cet objet présenté par un tout jeune inventeur, M. Boucheron. Deux modèles de bateaux à rameurs ont été construits ; ils sont basés tous les deux sur le même principe. Les personnages sont articulés et manœuvrent leurs rames en effectuant les
- Fi", i. — Schéma du bateau à rameurs.
- mouvements réels pour faire progresser l’embarcation. Notre figure schématique montre le dispositif mécanique. Une manivelle M, entraînée par le ressort contenu dans vin barillet commande un parallélogramme déformable ADOC auquel d’autres parallélogrammes semblables font suite, suivant le nombre des rameurs. La base de cette figure se termine par un piston capable d’aller et de venir dans un cylindre H qui porte une ouverture variable et réglable par le levier L. Dores et déjà on yoit que la vitesse de rotation de la manivelle est susceptible d’un réglage précis, lui permettant de varier la vitesse des rameurs.
- Le corps du rameur est articulé en C et la rame en B.
- Fig. 2. — Bateau à deux rameurs.
- Comme les deux leviers OC et OB sont articulés au même point, on comprend fort bien que la combinaison des mouvements de translation et d’oscillation donne le mouvement elliptique voulu à tous les points tels que B qui suivent forcément la même trajectoire. — Ce jouet se trouve chez M. J. Boucheron, rue Rachel, à Vitry-sur-Seine.
- L’auto-pattes.
- Auto-pattes. — Une production de M. Boucheron qui aime solutionner les difficultés. L’auto-pattes est un véhicule automobile à l’arrière duquel est assis un nègre dont les jambes tombent sur le sol de telle façon que le sujet parait pousser le véhicule à l’arrière. Il exécute ainsi des voyages circulaires d’assez longue durée. Le mécanisme est très simple. Un levier remplissant les fonctions de fémur est prolongé à l’intérieur du mécanisme où il se termine en arc de cercle. Une came oblige ce levier à s’élever et à s’abaisser alternativement. Enfin chaque jambe comporte un levier semblable.
- Les articulations des genoux sont plus que primitives : les jambes pendent lamentablement au bout
- des genoux. Mais lorsque le jouet est en marche, les tiges commandées s’élèvent l’une après l’autre et les jambes par leur propre poids, prennent la position verticale et à l’abaissée les pieds touchent le sol. Comme le jouet roule, ces pieds restent sur le sol pendant un court instant, les jambes s’allongent pour venir se remettre verticalement au mouvement suivant. Comme ces commandes sont alternatives, les pieds se posent sur le. sol l’un après l’autre et le nègre se comporte exactement "comme s’il était réellement chargé de pousser le véhicule avec ses pieds en marche arrière. — M. Boucheron habite rue Rachel, à Vitry-sur-Seine.
- Avalçùrs de ficelle. — Ce jeu à lui seul valait le grand prix par son originalité et la simplicité de son mécanisme.
- Les deux personnages, montés chacun sur un léger socle, sont indépendants l’un de l’autre. Cependant une ficelle les réunit par la bouche. Cette ficelle porte un petit bouchon en son milieu et le premier des deux
- sujets qui atteint ce bouchon est le gagnant puisqu’il a avalé la moitié de la ficelle dans le moins de temps.
- Tout le mécanisme est placé dans le socle de l’appareil; il est constitué par un tambour monté sur un axe à deux coudes à i8o°; ce tambour est calé entre les deux vilebrequins. A chacun de ces derniers est attachée une manivelle que l’on actionne par un anneau extérieur M. Ou pose un doigt sur chacun des deux anneaux et on les tire à soi l’un après l’autre, d’un mouvement alternatif, en maintenant le sujet de la main droite. On oblige ainsi le tambour à tourner sur son axe et la ficelle, qui se termine sur ce tambour, à venir s’y enrouler. Comme elle passe par la bouche du pantin, celui-ci a tout à fait l’air de l’avaler. Et il l’avale réellement. — L’inventeur est M. J. Boucheron, rue Rachel, à Vitry-sur-Seine,
- Divers •$<$>
- Protège-pointes pour aiguilles à chapeaux.
- Les dangers que les épingles à chapeaux font courir aux messieurs ont fait naître une collection de pro-tège-pointes, remplissant parfaitement leur but, mais pas toujours très faciles à mettre en place.
- Souvent, en effet, le trou dans lequel doit s’engager la pointe est trop petit et les dames s’énervent rapidement.
- M. Hulot a imaginé d’ajouter au logement de la pointe un petit entonnoir qui sert uniquement à guider l’épingle. Lorsque le protège-pointe est en place, on enlève l’entonnoir qui n’est pas, on le voit, un objet d’ornement, mais un simple économiseur de temps.
- Pour cela, rien n’est plus simple puisqu’il est fendu sur toute sa longueur ; il suffit de le faire glisser sur l’épiagle et de le laisser Æ\
- tomber. C’est extrêmement
- pratique. — L’inventeur est M. Lucien Hulot, io, imr passe du Pressoir, à Paris.
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- RESUME METEOROLOGIQUE
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- Observations faites à l'Observatoire du Parc-Saint-Maur, en octobre 1909, par M. Ch. Dufour.
- La pression barométrique moyenne 755mm,96 est inférieure de imm,x à la moyenne des 35 années (1874-1908).
- La température moyenne ii°,74 est supérieure de i°,8 à la moyenne de la même période et de i°,7 à la normale des 5o ans (1851-1900). Le mois d’octobre 1909 peut donc être classé parmi les mois d’octobre chauds sans qu’on puisse toutefois le ranger parmi les mois exceptionnels. Du 1'” au 24, les moyennes diurnes de la température ont été presque sans exception supérieures aux normales des dates correspondantes; l’excès, généralement notable, est supérieur à 4° les 17 et 18, à 5° le i3 et atteint même 6°,o le 4- On ne rencontre qu’à partir du u5 des températures moyennes relativement basses, les 25, 26, 29 et 3o octobre. Le minimum absolu i°,3 s’est produit le 26, le maximum absolu 20°,6, a été observé le 4 et le 19. '
- On a noté la première gelée blanche de la saison le 25 octobre; il est tombé un peu de grêle le 24; le même jour on a entendu le tonnerre.
- La hauteur de pluie recueillie pendant le mois d’octobre 1909 est de io5,nm,i. Bien qu’elle soit de beaucoup supérieure à la normale, Sq""", elle n’est cependant pas unique dans la série des observations du Parc Saint-Maur. Depuis 1874, on compte encore 7 mois d’octobre très pluvieux, ayant fourni plus de ioomm d’eau; ils sont indiqués dans le tableau suivant :
- Oct. i8g3, io2mm,7 en 17 j. Oct. 1907, i23m,",6 en 27 j.
- — 1880, io3“ra,9 en 18 j. — 1892, i49mm,8 en 23 j.
- — 1885, io5“m,5 en 23 j. — 1896, i58mm,7 en 27 j.
- — 1878, n6min,5 en 18 j.
- Bien que la hauteur de pluie recueillie en octobre 1909, soit très élevée, le nombre de jours de pluie, 15, est normal : 4 jours ont fourni de iomm à i5mm d’eau, et un jour, le ier octobre, 23mm,8 sur lesquels on a recueilli i3mm,2 en 5o minutes.
- Le niveau de la Marne s’est maintenu élevé pendant tout le mois, une petite crue s’est produite du 8 au 10; le niveau de la rivière a atteint le 10 la cote 3'“,34-
- Pression barométrique (ait. 5om,3). — Moyenne des 24 heures, 755""",96; minimum absolu, 740""",8 le 27 à ï4h 5om ; maximum absolu, 767"1”1,6 le 22 à9''5om; écart extrême, 26""",8.
- Température. — Sous l’abri : moyennes : des minima, 7°,87; des maxima, i6°,55; du mois, i2°,2i; des 24 heures, u°,74; minimum absolu, i°,3 le 26; maximum absolu, 20°,6 le 4 et le 19. Amplitudes diurnes : moyenne du mois, 8°,62 ; la plus élevée, i2°,6 le 11 ; la plus faible, 2°,9 le 27. — Sur le sol gazonné : moyennes : des minima, r0,24; des maxima, 25°,36; minimum absolu, — 20,2 le 26; maximum absolu, 34°.7 le *9- — Dans le sol gazonné : moyennes du mois; (profondeur om,3o), à 9 heures : i3°,i8; à 21 heures : i3°,32 ; (profondeux' om,65), à 9 heures ; 13°,84; à 21 heures : i3°,82; (pro-
- fondeur, i mètre), à 9 heures : 140.18, à 21 heures : i4°,i5. — De la Marne : moyennes : le matin, i3°,48; le soir, i3°,68; minimum, io°,28 le 3i; maximum, i5°,94 le 5.
- Tension de la vapeur : moyenne des 24 heures, 9mm,oo; minimum, 4mm,7 le 25 à 16 heures; maximum i4mm,3 le 3 à 21 heures.
- Humidité relative : moyenne des 24 heures, 87,0; minimum 5o, le 6 et le 7 à i3 heures; maximum 100 à 18 dates différentes.
- Nébulosité : moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 6,43; minimum, 1,2 le 10; 4 jours entièrement couverts.
- Insolation : durée possible, 333 heures ; durée effective, n5h5 en 24 jours; rapport, o,35.
- Pluie : total du mois, io5m"\i en 66h 4. . ,
- Nombre de jours : de pluie, i5; de pluie inappréciable, 3; de grêle, 1; d’orage, 2; de brouillard, 5; de brume, 9; de halos, 4; de rosée, 18; de gelée blanche, 3.
- Fréquence des vents : calmes, 3.
- N. ; . . 9 S. E. . . . 70 W. . . . 35
- N. N. E . . 22 S. S. E . 68 W. N. W. i5
- N. E . . . 2 2 S 192 N. W . . 12
- E. N. E . . 5 s.-s. w . . 143 N. N. W. 9
- E. . . . . G s. w . . . 95
- E. S. E . 3 w. s. w. 35
- Vitesse du vent en mètres par seconde : moyenne des 24 heures, 3m,63 ; moyennes diurnes : la plus grande, 6m,4 le 4 ; la plus faible, Om,8 le 19; vitesse maximum en i5 minutes, i2m,8 le 29, de oh45m à 1 heure par vent
- S. W.
- Hauteur de la Marne : moyenne du mois, 2m,68; minimum, 2“,07 le 2; maximum, 3m,34 le 10.
- Comparaisons aux valeurs normales : pression, — imm,o6; température, -f- i°,82; tension delà vapeur, -|- imm,09; humidité relative, -f- 1,6; nébulosité, -f- o,36; pluie, -(- 46""“,2; jours de pluie, o; insolation, —j— 3hg.
- Taches solaires : on a suivi 5 taches ou groupes de taches en i5 jours d’observations.
- Perturbations magnétiques : Très faibles les 2, 8, 25; modérée le 23 ; assez forte le 24; forte dans la nuit du 18 au 19 et la matinée du 19.
- Radiation solaire : La radiation solaire n’a pu être observée que 14 fois à 12 dates différentes; les valeurs* les plus élevées ont été : ical,i3o le 14 à i3h45m^ ioal, 158 le 25 à nh 53m; ical, 176 le 11 à nh56m.
- Mouvements sismiques : Le 8, à iohi3m (t. 1.) (tremblement de terre en Croatie); le 21, début à oh om (t. 1.);: phase principale à oh27m (t. 1.) fin vers 1 heure, (tremblement de terre dans le Belouchistan), le 29, de i6h 24“ à i6h29met de 17h 58m à i8h6m; le 3i : série d’oscillations-à longue période entre 1 x*120“ et uh5om. <
- Floraisons : Le 12, topinambour; le 20, laurier-tin.
- Les dernières hirondelles sont parties le 19.
- VARIÉTÉS
- Le papier de sorgho. -— La consommation du bois pour la fabrication du papier s’accroît, d’année en année, dans d’énormes proportions. Ori évalue à plus de 1000 tonnes par jour, exactement à 35oooo tonnes, annuellement, la quantité de pâte de bois nécessaire à l’impression des journaux» et à 25000 tonnes la quantité .Utilisée pour les livres, soit au minimum 375 000 tonnes, sans compter les papiers d’emballage, de pliage, de cartonnage, prospectus, papiers à lettres, etc. L’importance de ces chiffres augmente chaque jour, en même temps que s’accentue la déforestation qui est un péril mondial.
- On recherche donc, de plus en plus, les succédanés
- du bois pour l’indusliûe de la pâte à papier, et on songe à utiliser la cellulose des tiges ligneuses qui sont en partie perdues ou sans emploi l’émunérateur jusqu’à ce jour. De nombreux essais ont été faits en laboratoire sur la cellulose contenue dans lès tiges d’ajoncs, de genêts. Nous avons signalé, ici même, les tentatives ayant pour but d’obtenir du papier avec le lin, le maïs, les sarments de vigne.
- Il est question de tirer parti des tiges du sorgho. A la suite d’une enquête de l’Office colonial auprès du gouvernement général de l’Afrique occidentale française et d’études spéciales faites au Laboratoire de chimie du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne, on s’est demandé,
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- VARIÉTÉS
- récemment, si les tiges du sorgho d’Afrique seraient assez riches en cellulose pour rémunérer la production de pâte à papier brute et pressée en feuilles, faite dans la colonie, et qui serait exportée comme matière pre mière aux fabriques de papier européennes.
- En 1908, à 1 instigation de M. Paul Ammann, des recherches furent entreprises sur l’emploi industriel de la libre de sorgho. M. Charles Duffart rappelait dernièrement, dans le Bulletin des Halles, ces expériences qui ne manquent pas d intérêt. Une première expérience fut tentée en papeterie, dans le but de savoir si cette matière première se prêterait à la fabrication de la pâte méca nique,. mais, par ce procédé, les résultats ne furent pas satisfaisants, le rendement n’atteignant pas 20 pour 100 et la qualité du produit obtenu étant tout à fait inférieure. Les essais de fabrication de pâte chimique furent plus encourageants. Par l’application d’un procédé breveté allemand, on obtint 5o pour 100 d’une pâte assez résistante, nerveuse, pouvant parfaitement convenir à la fabrication du papier gris d’emballage. Mais le papier d’emballage ne rémunérant pas assez l’emploi du sorgho comme matière première, ce résultat n’était qu’une indication.
- Une autre expérience, au moyen d’un procédé nouveau et non encore divulgué, qui permet d’obtenir la cellulose à un très bas prix, donnerait, paraît-il, un produit meilleur que ceux des précédents essais, et, par conséquent, d’une vente plus rémunératrice Les sorghos traités auraient fourni, cette fois, 40 pour 100 de fibres utiles, malgré la médiocrité des tiges soumises à l’expérience. Les conclusions furent que si les plantes avaient été traitées en vert ou en demi-sec, et par grandes quantités, le rendement aurait pu atteindre 4e» à 48 pour 100, peut-être même 5o pour 100. L’opinion des industriels, à l’égard de la qualité, est que la pâte de sorgho serait supérieure à la pâte de paille actuellement fabriquée plus spécialement en Allemagne et en Hollande, au cours de 335 à 340 francs la tonne de 1000 kg.
- Il est donc établi que les tiges de sorgho ne conviennent pas à la fabrication de la pâte mécanique, mais conviennent fort bien à la fabrication de la pâte chimique, même avec des procédés industriels destinés à d’autres fibres; mais avec un procédé nouveau et mis au point, elles donnent un produit capable de figurer parmi les bons papiers.
- En outre, la matière première est, pour ainsi dire, à pied d’œuvre sur les points où, en Afrique occidentale française, il conviendrait de la transformer pour en exploiter les pâtes obtenues, et elle y est excessivement abondante. Elle n’aurait à franchir que des distances relativement restreintes pour arriver aux fabriques et le prix du transport ne gênerait pas beaucoup cette matière première, que l’on pourrait acheter à bas prix.
- M. Charles Duffart estime que si l’on ne possède pas d’éléments d’appréciation quant à la production des tiges de sorgho au Sénégal et au Soudan, on sait du moins, à défaut de statistiques, que les surfaces ensemencées en sorgho varient annuellement dans de très fortes proportions, et on a la certitude que la matière première est suffisante pour alimenter une industrie installée sur au moins deux points du Sénégal : la région de Rufisque, où les indigènes cultivent un des sorghos, propres à cette fabrication, le Bassi, sur une étendue d’environ 4o km2, et la vallée du Sénégal, qui, à partir de Podor, n’est qu’un vaste champ de sorgho, jusqu’au delà de Matan.
- Au Sénégal, la production du sorgho est intensive sur des espaces presque illimités et agglomérés à proximité de deux voies d’évacuation, une naturelle, le Sénégal, l’autre, les chemins de fer de Saint-Louis à Dakar, et de Thiès à Diourbel (premier tronçon du chemin de fer de Thiès au Soudan). Il y aurait donc des facilités de transportée la matière première. Si l’on compte qu’en moyenne l’hectare de sorgho produit 10 tonnes de tiges, on constate, sans autres indications, que la région de Podor est un immense réservoir de matière cellulosique, utilisable annuellement, de février à avril. Dans la région de Rufisque, au contraire, la récolte s’opère vers le mois de novembre,
- On observe que la belle pâte de bois de Norvège et d’Amérique vaut, en moyenne, rendue dans les fabriques métropolitaines, 200 francs, la tonne. Elle doit subir une opération de blanchiment, laquelle, avec les frais accessoires, de manipulation, de fabrication, etc., élève ce
- prix de 100 francs par tonne. En conséquence, on peut estimer que les bonnes pâtes à papier, bl utes et blanchies, prêtes pour la fabrication des papiers que l industrie livre au commerce de la papeterie, reviennent à environ 3oo francs les 1000 kilogrammes, l es prix de la pâte à papier extraite des céréales, en Allemagne et en Hollande, étant d’environ 333 à 34o francs les 1000 kg dans nos usines françaises, il semble que l’on peut, suivant l’opinion de M. Ch. Duffart, établir sur ces deux bases les probabilités des entreprises industrielles ayant pour objet l’utilisation des tiges de sorgho pour la fabrication de la pâte à papier, si ôn songeait à créer cette industrie en Afrique occidentale française où la matière première ne ferait jamais défaut.
- Il conviendrait d me d étudier sérieusement cette question, de faire passer l’expérimentation dans le domaine de la pratique, car il peut y avoir là un moyen de satisfaire aux exigences toujours plus grandes de l’industrie papetière, tout en sauvegardant l’avenir de notre domaine forestier, Henri Blin.
- Squelettes humains préhistoriques. — Le Dr Capi-tan, professeur au Collège de France, et M. Peyrony, instituteur aux Eyzies-de-Tayac (Dordogne), viennent de communiquer à 1 Académie des Inscriptions les résultats jusqu ici absolument inédits des découvertes qu ils ont faites au cours de cet automne en Dordogne et dont la presse quotidienne avait parlé d’une manière très sommaire. Tout d’abord M. Peyrony a trouvé près de Sarlat, au lieu dit le Pech-de-l’Aze, dans une petite grotte creusée au milieu d’un abrupt appartenant à la Compagnie d’Orléans, qui a gracieusement autorisé les fouilles, le crâne écrasé d’un enfant de cinq à six ans. Les recherches des deux auteurs leur ont montré que ce crâne était enfoncé sous 3,10 m. de blocs de rochers éboulés, en plein milieu d’une couche de terrain uniquement formée de débris et de résidus de foyers renfermant des os de bisons, cerfs, rennes et les pointes et ràcloirs en silex caractéristiques du moustérien supérieur (partie inférieure du quaternaire moyen). D’autre part, à 3u km de là, près du Bugue, où M. Peyrony fouille depuis dix ans le très important gisement préhistorique de la Ferrassie, il y a reconnu et étudié, avec M. Gapitan, cinq couches distinctes, chacune contenant les débris d’industrie avec faune concomitante de cinq populations quaternaires d’époques différentes, qui se sont succédé en ce point durant une longue suite de siècles. Ce sont de bas en haut : i° les acheuléens; 20 les moustériens ; 3° les aurignaciens inférieurs ; 40 les aurignaciens moyens; 4 bis les aurignaciens supérieurs. Cette dernière couche se trouve sur et entre les blocs résultant de l’éboulement du plafond de la grotte en ce point. Entre les couches 1 et 2, M. Peyrony, accompagné de M. Raveau (de Bordeaux), aperçut le 17 septembre un tibia et un fémur humains appartenant à un squelette qui gisait en ce point, recouvert, sans aucun remaniement, par les couches 2, 3, 4- 5, et l’éboulement absolument intact. Le Dr Capitan et M. Peyrony, en présence et avec le concours de MM. Boule, Cartailhac et Breuil, enlevèrent les couches par tranches horizontales, et, avec des précautions infinies, découvrirent le squelette qui apparut couché sur le dos, les membres inférieurs repliés fortement, le bras gauche le long du corps, le droit un peu élevé et plié, la tête inclinée à gauche, la bouche largement ouverte. Il put être photographié aisément. (C’est la première fois qu’on peut prendre sur place la photographie d'un squelette moustérien). Tout autour de lui, on recueillit en grand nombre les os des animaux ayant servi à l’alimentation et brisés, puis des dents de bisons, cerfs, chevaux, rennes, des silex taillés (pointes et ràcloirs bien retouchés, disques, marteaux et casseurs d’os en quartz du type moustérien inférieur, c’est-à-dire taillés sur une seule face). On pourrait admettre, d’après les deux auteurs de la communication, que le cadavre de ce moustérien avait été placé là, en un coin du grand abri qu’habitait sa tribu, recouvert d’un peu de terre, de pierres, peut-être de branchages. Rapidement tout s’est affaissé ; la terre et les débris de la vie quotidienne de ses semblables se sont accumulés sur lui, comme dans le reste de la grotte, lui faisant un linceul que les siècles successifs ont augmenté jusqu’au moment de la mise au jour. (D’après Le Petit Temps.)
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Manière de conserver les œufs cuits à la coque. —
- Ou peut, dit la Revue avicole, lorsque les œufs sont abondants et qu’il est facile de s’en procurer de très frais, prendre des œufs pondus du jour, les mettre dans l’eau bouillante, les y laisser deux minutes seulement. Ou place ensuite ces œtil's dans des boîtes fermant très bien, eu remplissant avec du son, ou de la cendre, tous les vides qui restent dans l’iulérieur de la boîte. Lorsqu’on veut manger les œufs, en hiver, on les retire de leur lit de sou, ou les met dans de l’eau froide qu’on place sur le feu, et dès que l’eau commence à bouillir, on retire les œufs pour les servir. Des œufs pondus du jour ue sont pas meilleurs.
- Papier transparent. — L’huile de ricin est une huile des plus siccatives; elle est, de plus, soluble en toutes proportions dans l’alcool absolu, et presque incolore lorsqu’elle a été fabriquée à froid. Ces trois propriétés ont été mises à prolit pour la préparation de papiers transparents. Suivant la force, ou plutôt l épaisseur du papier que 1 on veut « diaphaniser ». on dilue une partie en volume d’huile avec deux ou trois parties d’alcool, on en imprègne le papier, puis on suspend celui-ci à l’air. L’alcool se vaporise promptement, et l’huile, disséminée dans la pâte du papier, ne tarde pas à sécher. Le papier reste d’autant plus transparent que sa pâte est moins chargée. (Moniteur de la Photographie.)
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abouiiemeuts. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Renseignements. — M. Pinchon, à Philippeville. — Vous trouvez, croyons-nous, les piles en question chez M. Aubert, ai, rué de la Pépinière, Paris.
- Al. Versmée, à Bordeaux. — Vous trouverez dans le Traité de métallurgie du zinc de M. Lodin, chez Dunod et Pinat, 49. quai des Grands-Augustius, la description des procédés de préparation dn zinc. Nous ne connaissons pas de procédé extrayant directement l’oxyde de zinc pur.
- AI. K,, à Lausanne. — Bons ouvrages sur l’aviation théorique : Calcul des hélices, par D'zewiccki ; l'Aviation, par R. Soreau. Vous les trouverez chez Vivien, libraire, rue Saulnier.
- Al. Dufour, à Toulouse. —Vous trouverez les prismes et miroirs en question à la Société du Verre Soleil, 43, rue Saint-Georges, Paris.
- D. H., à Bruxelles. — La question devrait être étudiée par un spécialiste en matière de brevet. Mais nous croyons qu’il y a des antériorités suffisantes pour qu’on puisse affirmer que le principe, tout au moins, de la méthode est dans le domaine public.
- M. II. Soymier, à Paris. — Les études sur la photoautochrome au magnésium ont été faites par M. Mont-pillard, 22, boulevard Saint-Marcel, Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Sommaire de notre précédent numéro.
- lies plongées des scaphandriers en eaux profondes : Sauvaire Jourdan. — l.es limites du microscope : Maurice Leblanc fils.
- : — l.es kangourous grimpeurs ou deudrolagues : E. Trouessart.
- — Fabrication mécanique des bouteilles : Jui.es Henrivaux. — j Le mirage oriental : Jexn-Paul Lafitte. — Le téléscripteur i Cérébotani : Lucien Fournier. — Académie des sciences; séance i du i5 novembre 1909 : Ch. ue V ii.i.edeitil. — Un chantier de ; construction aerienne : Alfred Gradenwitz.
- Supplément. — La stérilisation des eaux de boisson parles rayons ultra violets. — L’hygiène dans la marine. — lixplosipus dans les ègo.uts— Le pavage des routes en pierre silico-oalcaire.'.— Nouveaux tissus artificiels.
- Traité de Géographie physique (Climat, Hydrographie, Relief du soi, Biogéographie), par Emmanuel de Martonne, professeur de géographie à l’Université de Lyon. : 1 vol. in-8° raisin de 908 pages, avec 3g6 ligures et cartes dans le texte, 48 planches de photographies el deux planisphères eu couleur hors texte. Armand Colin. Paris. Prix : broché, 22 francs.
- L’ouvrage classique d’Albert de Lapparent, qui porte le même titre que celui-ci, poursuit en réalité un but tout différent et le lecteur du premier n’aura pas à craiudre que celui-ci fasse double emploi. Ecrite par un géologue, la géographie physique dé Lapparent est surtout consacrée à 1 examen de la question qui, pour un géologue, est fondamentale, à savoir la formé, l’origiue et l’évolution de la structure terrestre. Elle vise en même temps à exprimer des idées ptrt-ounelles. L’ouvrage de M. Martonne, qui va prendre sa place dans les bibliothèques scientifiques à côté de son'prédécesseur, est beaucoup plus compréhensif et plus conforme à la méthode suivie dans les ouvrages similaires d’Allemague dont il s est inspiré. 11 aborde successivement tous les problèmes connus de la géographie physique : d’abord les phé-
- nomènes climatiques, expliqués par les lois de la météorologie ; l’hydrographie océanique et continentale ; puis la morphologie terrestre étudiée à la lumière des méthodes, géologiques et topographiques ; enfin uu exposé rapide des principes essentiels de la biogéograpine (géographie des plantes et des animaux), destiné à répondre aux désirs des explorateurs et des écouomistes. On y trouve même des principes de topographie qui n’étaient peut-être pas indispensables, mais qui préparent à un chapitre fort intéressant sur les cycles d’érosion. Le livre est bien documenté, présenté avec méthode et richement illustré.
- La route de l'air, par A. Berget, professeur à l’Tnstitut onéanographique. 1 vol., 3ôo pages avec 66 gravures et 82 diagrammes. Hachette, éditeur. Paris, 1909.
- M. A. Berget a voulu donner un tableau d’ensemble de la locomotion aérienne, telle que l out faite les récents et merveilleux efforts d’une pléiade de chercheurs. Il a parfaitement réussi ; son livre, dégagé de détails inutiles, écrit avec une remarquable clarté, est d’une lecture attachante et instructive, il expose les principes essentiels qui régissent la locomotion aérieune par dirigeable ou par aéroplane, et il décrit rapidement les appareils qui ont le plus puissamment contribué à la conquête de l’air.
- Paris souterrain. — Formation et composition du sol de Paris. Les eaux souterraines. Les carrières et les catacombes. Les égouts. Les voies ferrées souterraines. Le métropolitain municipal. Le chemin de fer électrique nord-sud. Souterrains divers,. Faune et flore souterraines de Paris, par Emile Gkrards. sous-inspeetenr des Travaux de Paris. 1 vol. iu-8”. illustré de 19 planches en couleurs, de 87 plans, coupes et dessins en noir, plus de 5oo ligures, préface de M. Paul Weiss, ingénieur en chef des Mines. Garnier frères, éditeurs, Paris. Prix : broché 12 francs.
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- BIBLIOGRAPHIE
- M. Gerards a fait l’histoire complète de Paris souterrain, depuis les temps géologiques jusqu’à nos jours. Après avoir exposé avec une remarquable clarté les formations géologiques qui ont donné au sol parisien sa constitution actuelle, et par leurs richesses ont contribué à l’harmonieux et continu développement de la capitale, l’auteur fait l’historique et la description des divers travaux qui ont successivement bouleversé ce soüs-sol : les carrières d’abord, d’où Paris est issu presque entier, leurs galeries abandonnées forment un ensemble qui ne se peut comparer qu’aux catacombes romaines. Viennent ensuite les
- diverses constructions destinées à assurer le fonctionnement normal de l’organisme chaque jour plus complexe qu’est une ville aussi énorme que Paris : distribution d’eau, égouts, métropolitain, etc. L’ouvrage de M. Gerards est remarquablement documenté, mais il n’est pas seulement instructif : écrit dans un style clair, et rapide, émaillé d’anecdotes curieuses roip-pant avec l’aridité des détails techniques, ,c’est un livre d’une lecture fort agréable : il donne un, tableau réellement vivant de la ville souterraine qui double en profondeur le Paris où nous sommes habitués à vivre.
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- BULLETIN METEOROLOGIQUE
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- Observations de M. Ch. Dufour (Parc Saint-Maur, altitude 5om,3o). Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉBALES
- Luudi lu uov. 191)9. Mardi 16 Mércreui 17 Jeudi 18 Vendredi 19 Samedi 20 Dimanche 21. . . . . i>“,8 2j,8 . ' 1°,5 0°,2 0°.2 — 5°,0 — 5° ,6 S. 2. N. N. E. 5. N. N. E. 2. N. E. 4. E. 4. N. N. E. 2. S. S. E. 2. Couvert. Pluie. Couvert. Beau. Très nuageux. Beau. Couvert. 15,0 4 9 o!» » » Averses entre 7 h. 50 cl 14 h. i5; pluie de 15 h. à 22 h. 15. Pluie la moitié du temps avec un pou de neige dans la soirée. Très nuageux ; gelee blanche dans la soirée. Beau le matin ; couvert le soir. Presq. couv.; grains de neige vers 11 h. 20; grains de grés.-à 13 h. Beau ; forte gelée blanche ; brume. Gelée blanche; presque couv.; brouill. très épais de 9 h. à 22 h.
- NOVEMBRE 1909. — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 NOVEMBRE 1909.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Du i5 au 21 novembre. — Le i5. Pression encore basse sur le continent, sauf sur le S.-E. (Kharkof, 768); dépressions près d’Arkangel (736) et de Paris (y’yo). Pluies dans l’O. et quelques stations du N.; en France : Belfort, 43 ; Bordeaux, 14 ; Limoges, 12; Nantes, 7; Le Havre, 3; Paris, 1. Température du matin : Bodoe,
- ^—io°; Paris, 6; Algèr. 18; Puy de Dôme, 4: moyenne à Paris : 6°, 1 (normale : 5°,5). — Le 16. Hausse de pression sur les Iles-Britanniques, la mer du Nord et l’Allemagne; pression un peu supérieure à 765 en Irlande et en Ecosse; basses pressions concentrées sur le S. du continent, avec minimum près de Nice (7^0). Pluies sur le N. et l’O.; en France : Nice, 47! Cherbourg, 33; Besançon, 27; Biarritz, 20; Paris, i5. Temp. du matin : Carlstadt, —8°; Paris, 3; Alger, 17; Puy de Dôme, — 4; moyenne à Paris : 2°,2 (normale : 5°,3). — Le 17. Aire de fortes pressions des Iles-Britanniques au Nord de la Russie; dépression dans le N. de l’Islande (750) ainsi que vers Biarritz (75o) et Barcelone. Neiges et pluies sur le N. et le Centre; en France : Biarritz, 9; Nancy, 8; Paris, 5; Lyon, 2; Marseille, 1. Temp. du matin : Haparanda, —x5°; Paris, 1; Alger, 15 ; Puy de Dôme, —6; moyenne à Paris : x°,9 (normale : 5°,2). —=• Le 18. Dépression sur la Bretagne et la Méditerranée : Biarritz, 747 ; aire de pression voisine de 770 des Iles-
- Britanniques à la Russie. Neiges et plu.es sur le S. de l’Europe; en France, Biarritz, 17 ; Perpignan.. 11 ; Nice, 6; Lyon, 3; Rochefort, 1. Temp. du matin: Haparanda,
- — 15°; Paris, o; Alger, 21 ; Puy de Dôme, — 3 ; moyenne à Paris : 2°,4 (normale : 5°,i). — Le 19. Hausse de pression sur le S.-O., sauf sur la péninsule Ibérique (755); anticyclone lur la mer du Nord et les Iles-Britanniques : Malin-Head. 770. Neiges et pluies dans le S.-O.; en France : Nice, 26; Nantes, 11;; Le Mans, 4; Lyon, 3; Brest. 1. Temp. du matin : ( Saint-Pétersbourg,
- — ii°; Paris, o; Alger, 19; Puy de Dôme, 3; moyenne à Paris : o°,8 (normale : 5°). — Le 20. Aire dé fortes pressions des Iles-Britanniques à l’Autriche : Valencia, 769 ; centre cyclonique sur la Russie : Saint-Pétersbourg, 745. Pluies sur le S. ; en France : Limoges, 6; Clermont-Ferrand. 4; Lyon, 2 ; Rochefort, 1. Temp. du matin : Arkangel, — 70; Paris, — 5; Çagliari, 16; Puy de Dôme,
- — 2; moyenne à Paris : 20,25 (normale : 4° 9)- — Le 21. Vaste zone de pression inférieure à 760 s’étendant sur presque tout le continent : Arkangel, 739: fortes pressions au N.-O. des Iles-Britanniques; Islande, 770. Neiges et pluies sur le N. de l’Europe. Temp. du matin : Uleaborg, — ii°; Paris, —4î Alger, 21; Puy de Dôme, 2 ; moyenne à Paris : o°,8 (normale : 4°,7)- — Phases de la Lune : Premier Quartier le 20 à 5 h. 38 m. du soir.
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- LA NATURE
- TABLES DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — HYGIÈNE ET SANTÉ — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES — VARIÉTÉS — DIVERS
- I. — INFORMATIONS.
- Académie des Sciences : prix décernés pour'1909: 57, 75, 81,.
- 185 ..... ......................... . ... ... ...... 193
- Acide nitrique : action du cuivre, du bismuth et de l’argent. 1 Acide sulfurique : concentration dans'des récipients en fonte. 114 Acier: voir Fer.
- Aéronautique : aéroplane Curtiss. . .. ........ . .. . . . 113
- Aéronauâque : aviation en Russie . . . ; l. . 177
- Aéronautique : aviation et assurances......... . . 97
- Aéronautique : catastrophe du dirigeable «République!» : b 137
- Aéronautique : dirigeable italien............178
- Aéronautique : dirigeables et aéroplanes : recensement-. r'A 154 Aéronautique : une chaire d’aviation anglaisé. ; ; . : . 202
- Aéronautique r Grande Sémainè àôrôriautiquc de la : Champagne. ... . . . . .... . . '. . . .... 89, 105
- Aéronautique : Hambourg-Londres en dirigeable. ..... 161
- Aéronautique : l’aéroplane en Angleterre . . . , . . 114, 121
- Aéronautique : l’aviation et le prix Osiris . . . : . : . . . 26
- Aéronautique : le dirigeable en Amérique. ,. . . . . . ,. . • 49
- Aéronautique: les premiers transports aérienS;* , .j . . 18
- Aéronautique : mort de Lefebvre . .' . i .121
- Aéronautique : nouveau dirigeable militaire anglais, ..... 18
- Aéronautique : prix d’aviation de La Nature. ................. 25
- Aéronautique (Une École française d’)................., . 18
- Aéronautique : vols et records divers. 18, 34, 58, 65, 81,
- 114, 161................................................. 186
- Agriculture : à travers le monde, statistique. ............122
- Agriculture : électricité et végétation. . . .... . ... 97
- Alcool : tolérance de l’organisme. . . ................ 49
- Algérie : population ..........................................130
- Allemagne : charbon, lignite, cokes, briquettes............ 10
- Alliage : l’Électron (Un nouvel)..................... 202
- Aluminium : action sur les produits alimentaires........... 49
- xlmériquc (Le nom de 1’)........................... 34
- Antinoé : dernières fouilles....................................26
- Antiquités égyptiennes (Le service des)................... . . 178
- Appendicite à Berlin (L’) . . . ..................... 2
- Argon (Tentative de combinaison de U)..........,. . . ... 41
- Astronomie : comète de llalley. . . .................. 129, 201
- Astronomie : comète d’Encke et courants météoriques. .... 73
- Astronomie des paysans russes (L’)........................... 202
- Supplément au n° 1905 do La Nature du 27 novembre 1959. ^ '59 j'|S-
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- Astronomie ; la première comète de 1909.................... 41
- Astronomie : le déplacement du système solaire............. 81
- Asti'onomie : le nombre des étoiles........................... 185
- Astronomie : le spectre des nébuleuses spirales................ 73
- Astronomie : nébuleuse annulaire de la Lyre. . ................ 81
- Astronomie : origine des taches solaires....................... 81
- Atmosphère : sondages du 11 au 13 janvier 1909.................. 9
- Atlantide et les Canaries (L’)................................ 50
- Aurore boréale du 27 septembre............................. 138
- Automobiles en 1909 (Les)......................................170
- Automobilisme en Chine......................................... 58
- Automobilisme en Turquie...................................... 66
- Autriche : industries houillère et métallurgique........... 1
- Baedeker (K.)...............,..........................170
- Baleine contre baleinier........................................ 2
- Batterie photo-électrique Fleming'........................... 169
- Beurre sur la côte d’Azur (Le).............................202
- Blé : prix en France et à l’étranger....................... 98
- Bois (Becherches sur la carbonisation du).....................202
- Briques silico-calcaires en Allemagne..........................146
- Canada : les chutes d’eau......................................162
- Cancer : statistique de son accroissement.................. 18
- Canons : tirage automatique..................................... 1
- Caoutchouc sur le Haut-Sénégal et le Niger.................170
- Cap de Bonne-Espérance : arsenal maritime.................. 9
- Carat métrique (Le)............................................ 33
- Carte du monde au millionième..................................186
- Cerfs-volant : concours de kites........................... 18
- Cerfs-volants montés (Un concours de).................!.. 41
- Charbon du Spitzberg........................................ . 74
- Charbon • emmagasinage sous l’eau.............................. 42
- Charbon : emploi pour la réduction des oxydes réfractaires. . 114
- Charbon : houillères d’Angleterre.............................. 74
- Chaux : besoin et fixation chez le nourrisson et l’enfant... 65
- Chemins de fer américains et plantations d’arbres.......... 82
- Chemins de fer aux États-Unis : emploi du moteur à explosion..........................................................178
- Chemin de fer de Villefranchc à Bourg- Madame. ............177
- Chemins de fer du monde........................................ 74
- Chemins de fer en Afrique australe.......................... 50
- Chemins de fer en Hongrie : électrification ................169
- Chemins de fer espagnols.......................................186
- Chemins de fer : trains indiens : la sécurité. . ........... 50
- Cheminée la plus haute du monde.............................. 49
- Cheveux : teinture.............................................162
- Chimie : transformations chimiques par les rayons lumineux. 35
- Chine : automobilisme.......................................... 58
- Chlore pur : préparation....................................... 49
- Ciment de Portland : action de l’eau de mer................ 65
- Cobalt carbonyle (Le)......................................... 17
- Cobalt et oxyde de carbone : composé volatil.................. 114
- Concours Lépine.................................18, 121, 170
- Congrès de la moto-culture..................................... 9
- Coton dans le monde (Le)..................................... 202
- Cristallisation explosive......................................114
- Cuivre : production dans le monde.....................18, 74
- Cunarder (Un nouveau)................................... • • 194
- Cure de soleil (Contre la). ...... ........................162
- Dactylographie ambulante.................... . . ..........114
- Désinfection des eaux potables.................................169
- Eaux minérales et le froid .................................... 82
- Éclair (Phénomènes produits par F) ... ........................201
- Egouts (Explosion dans les) . .....................................194
- Électricité à Naples (L )..........................................138
- Électricité : accidents............................................ 75
- Électricité : appareil Marconi pour la propagation des ondes hertziennes...................................................
- Électricité dans le cercle polaire (!,’).........................
- Électricité et sport. . ......................................
- Électricité et végétation.....................................
- Électricité : générateurs électro-électriques de Rjukan (Norvège).........................................................
- Électricité : Hauts fourneaux électriques. ...................
- Électricité : station centrale électrique de Buenos-Ayres. . . Électricité : traction électrique aux États-Unis. ......
- Électricité : transformateur électrique pour 500 000 volts. .
- Électricité : transports d’énergie hydroélectrique............
- États-Unis: production houillère..............................
- Exposition à liïew............................................
- Exposition horticole..........................................
- Femmes et esprit d’invention..................................
- Femmes et la chimie (Les).....................................
- Fer : aciers au cuivre........................................
- Fer et acier : affinage par le sodium.........................
- Ferber (Capitaine) ...........................................
- Filets (La couleur des).......................................
- Force hydraulique : exportation . . . ........................
- Formol : action sur l’organisme humain........................
- France équatoriale (La).......................................
- Fumée (Contre la).............................................
- Galvanisage à la vapeur.......................................
- Gaz à Paris (Le)........................... ..................
- Gaz d’éclairage : nouveaux progrès............................
- Gazogène utilisant le menu de charbon................... .
- Géorgie (Canada) (Le canal de la baie de).....................
- Germination : influence des courants électriques continus. .
- Grêle (Contre la).......................................121,
- Grisou : curieuse utilisation.................................
- Groenland : mission météorologique............................
- Grue de 160 tonnes............................................
- Haute-Guinée : situation économique.
- Himalaya : ascension du duc des Abruzzes......................
- Hôtel le plus élevé des Alpes.................................
- Hydraulique : transport d’énergie hydroélectrique.............
- Hygiène dans la marine (L’)...................................
- Icebergs : leur danger,....................................... •
- Incendies : ingéniosité américaine............................
- Incendies : statistique américaine......................• • •
- Ivoire et imitation...........................................
- Japonais à Formose.................. .........................
- Lampes électriques à incandescence de haute intensité....
- Lapins d’Australie............................................
- Lèpre dans les divers pays....................................
- Lion : son utilité............................................
- Locomotive â> .turbine................, ... .................. .
- Locomotives : au Danemark.........................
- Locomotives et automobiles : réflecteurs dorés pour phares. .
- Locomotives françaises en 1908 (Puissance des). . ......
- Locomotives nouvelles du P.-L.-M..............................
- Lombroso (César)..............................................
- Magnétisme et résistance du fer et de l’acier.................
- Marine : cible marine (nouveau système de)....................
- Marine : flottes des principales nations maritimes............
- Métaux volatilisés dans le vide....................
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Météorologie des montagnes..................................
- Météorologie : insolation en des points voisins.............
- Météorologie : mission au Groenland.........................
- Métropolitain de Londres : trottoir roulant..................
- Mexico : drainage de la vallée..............................
- Microphone à bismuth........................................
- Minerais : enrichissement par l’huile et le vide (procédé El more)....................................................
- Mines : danger des poussières de charbon....................
- Moteurs à gaz et chauffage..................................
- Moteurs à gaz (Les gros).. . . ;............................
- Murexide (La)...............................................
- Navigation à vapeur : centenaire............................
- Navire déglaceur gigantesque...............................
- Navires : direction radiotélégraphique. ....................
- Neige et sel................................................
- Nuages : leur formation.....................................
- Œil protection contre les rayons ultra-violets. ......
- Oiseaux victimes de l’aéroplane.............................. .
- Oiseaux voyageurs...........................................
- Orchidophilie...............................................
- Ozone : usine à Saint-Pétersbourg...........................
- Panama: le canal fortifié............... .............. 10,
- Péril jaune « alimentaire ••................................
- Perse-Arabie : géologie.....................................
- Peste et les rats (La)......................................
- Pétrole au Mexique..........................................
- Pétrole du Caucase occidental...............................
- Pétrole en Égypte........................................(2,
- Pétrole : le record des Pipe-Lines..........................
- Phoques (La chasse aux).....................................
- Pile à nitroïnc......................................... .
- Pile Leclanché : perfectionnement...........................
- Pluie torrentielle..........................................
- Poire : composition de ses concrétions pierreuses...........
- Poissons : pour reconnaître leur Age........................
- Pôle nord : Cook-Peary................................ 113,
- Pôle sud : expédition antarctique Faleon Scott..............
- Pôle sud : expédition Scott.................................
- Pont de Québec sur le Saint-Laurent..................... . . .
- Ports : défense par des réseaux de fils de fer..............
- Ports de Hambourg, Rotterdam et Anvers......................
- Postes : appareil à recommander les lettres.................
- Puits souffleurs de Norwich.................................
- Quebracho (Le) ... ..................................
- 185
- 9
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- 106
- 186
- 154
- Radiations de courte longueur d'onde. .......................
- Radioactivité des eaux de mines..............................
- Radioactivité : Observations du 1)'' G. Le Bon...............
- Radiologie (L’exercice de la)................................
- Radiotéléphonie en France....................................
- Radium : action physiologique................................
- Radium (Solidification de l’émanation de) .........
- Radium : son industrie.......................................
- Rats et la peste (Les).................... ............50,
- Rouille (Expérience sur la)..................................
- Routes en Angleterre (Question des)..........................
- Russie (Colonies allemandes en)..............................
- Sauterelles : vol en pleine mer..............................
- Sismologie : phénomènes observés dans la Manche..............
- Sismologie : prévision des tremblements de terre.............
- Sismologie : secousse à Grenoble.............t...............
- Sismologie : tremblement de terre du midi (11 juin). . . .
- Société de secours des Amis des Sciences (La)................
- Sous-marins allemands (Les)..................................
- Sous-marin anglais : naufrage..........................
- Sport et électricité.........................................
- St rilisalion des eaux de boisson parles rayons ultra-violets (La).
- Télégraphie sans fil et inaugurations.................... . . .
- Télégraphie sans fil : poste colossal........................
- Téléphone à longue distance. ................................
- Téléphone : progrès en Europe................................
- Tétiériffe (Observatoire météorologique au pic de)...........
- Terres rares : extraction....................................
- Torpilleur : contre-torpilleur ultra-rapide................
- Tortue gigantesque...........................................
- Tourbe comme combustible.....................................
- Tourbe et locomotives.....................
- Tourbe en Suède..............................................
- Trains-postes souterrains à Vienne...........................
- Travaux publics : catastrophe de Newport.....................
- Travaux publics migration d’une église.......................
- Trésors sous-marins..........................................
- Tunnel du Tauern (Autriche)..................................
- Turbines hydrauliques de 18 000 chevaux......................
- Turquie : automobilisme......................................
- Vaisseaux plus puissants que le Dri-.adnoitghl...............
- Vent et obstacles............................................
- Zéolitcs artificielles et leurs applications (Les)...........
- Zinc : production dans le monde..............................
- 129
- 121
- 26
- 35
- 105 169 58 74
- 146
- 34
- 49
- 42
- 18
- 41
- 185 153
- 17
- 34
- 178
- 58
- 106
- 193
- 194 10 97
- 97 194
- 186 82
- 2
- 1
- 42
- 98 74 82 10
- 162
- 158
- 150
- 66
- 54
- 146
- 204
- 17
- II. - SCIENCE APPLIQUÉE.
- Agrafe et pince à boutons.................................164
- Aiguilles à chapeaux : protègo-pointe..........................204
- Ampoules seringues stérilisées................................. 83
- Automobile : amortisseur Léon et Ballet..................... 51
- Automobile : amortisseur rationnel........................... 99
- Automobile : amortisseur Simply............................ 107
- Automobile : appareil pour l’échappement libre...............179
- Automobile à trolley....................................... 59
- Automobile : aulomôlre.......................................139
- Automobile : avertisseur électrique......................... . 139
- Automobile : bouchon pour réservoir............................195
- Automobile : bougies d’allumage............................. 55
- Automobile : changement de vitesse par roues à dentures sphériques..................................................140
- Automobile chauffe-plats...................................... 91
- Automobile : comment on reconnaît une auto d’après son capot. .................................................... 75
- Automobile : contre le dérapage des autobus...............131
- Automobile : fermeture pour réservoir à eau................ 51
- Automobile : graisseur Panhard-Levassor...................147
- Automobile : indicateur-enregistreur de vitesse...........115
- Automobile : Iauterne Jupiter............................. 12
- Automobile: le sans-fumée.................................115
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- çéM
- Automobile : manipulation 'd'essence dans les garages de Londres......................< . . ....................... 10
- Automobile : manivelle antiretour................^
- Automobile: mise en marche automatique Panliard-Lcvassor. 103
- Automobile : nouvelle pompe pour les pneumatiques 123
- Automobile : pare-brise en toile métallique M7
- Automobile : phares . ....................................MO
- Automobile : pneu par fraction........................• 01)
- Automobile : porte-lanterne de sûreté . .................. 815
- Automobiles pour mesure de vérification des câbles...............181
- Automobile : refroidissement des moteurs par- circulation d’air............................................... 00
- Automobile : réparation des enveloppes de pneumatique. . .
- Automobile : roue de secours...............................
- Automobile : support pour essayer les bougies d’allumage. .
- Aulomobdc : suspensions ................................. •
- Automobile : volant à charnière........................ • •
- Automobile : velcanisaleur automatique................. • •
- Aviation : le wrigln mètre.............................' •
- Aviation : nouveau brevet 'Wright.............
- Baguette magique (La)..... ..................... • • • •
- Ballons : dispositif pour en mesurer la vitesse. ......
- Bateau démontable le « Nie Nalo »........................ •
- Bec à incandescence pour le gaz (Nouveau) . :..............
- Bœufs : attelage rationnel........................... - • •
- Bois (Machine Perkins à trancher le)...................
- Boites de bureau en tôlo d’acier...........................
- Bouchon à vis pour boissons gazeuses. ............... . . .
- Bougie éteinte avec une bulle de savon . .
- Brosse : le turbo-laveur.....................
- Cafetière magique..........................;...............
- Cale ajustable..............................................
- Chalumeau d’amateur........................................
- Chariot parisien...........................................
- Chaudières : appareil pour le nettoyage des tubes . . . . .
- Chaussures: fermoir automatique Jaeka. ....................
- Cheminée à gaz Marc........................................
- Chèques (Protège-)..............,..........................
- Cinématographe à la lumière oiyacélylénique................
- Clef à cliquet, avec disques interchangeables............•
- Clef à ressort d’arrêt...................................
- ; Courroie (Attache de).....................................
- 'Crayon : taille-crayon j'aponais . .............
- Crochet de sûreté..........................................
- Cyclisme : hydroterricycle.................................
- Éclairage : l’aulorupteur..............................
- Éclairage : le watt-lampe-mètre. . ........................
- Eau : avertisseur de circulation et de température.........
- Électricité médicale : appareil pour bain de lumière électrique .....................................................
- Électricité : procédé de raccordement des fils et câbles métalliques ................................................
- Encrier «Progrès»...................................
- Enfants : l’altimètre, appareil pour mesurer leur taille . . .
- Enfants pèse et toisc-bèbé.........................
- Épouvantail: l’Effaroueheur..........^ .
- Essences (Essai des) ...... . . , . ) .......
- Étau à main. ...... é
- Fer à repasser : support ..................................
- Frein à transmission hydraulique pour bicyclette. ......
- 44
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- 180
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- Gril Nansen......................................... 20
- Hélice à pas variable pour aéroplanes. ................... 19
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- Herse brise-molles et rouleau agricole..............'
- Huîtres : ouvre-huîtres «le Parfait ». . . . . . '. . .
- Jouets : aéroplane Unika .............................
- Jouets : anneaux lumineux . . . ..........
- Jouets : auto-pattes.......... . • .
- Jouets : avaleur de ficelle . ... . ...... . . . .
- Jouets : bateau à rameurs ... 4 ........ .
- Jouets : Bateau la Provence . :............;•••
- Jouets : l’Attaque............................... . .
- Jouets : la libellule.................................
- Jouets : le kinématographe............................
- Jouets : l’Electrolmt................................;
- Jouets : le roulis-bilhoc.............................
- Jouets : le Yiropbme..................................
- Jouets : le vile-au-bul...............................
- Lampe à souder au pétrole lampant.......................
- Lampe de mine à acétylène...............................
- Limes rotatives.......................................
- Linge : machine à laver...............................
- Machines à moissonner : perfectionnement................
- Magnétoscope à cadran gradué..........................
- Manchon élastique d’accouplement......................
- Marbre (Action de l’humidité sur les tableaux en). . . .
- Marteau à patin fibreux........................• • •
- Montre employée pour s’orienter. ... . . . .
- Montre lumineuse à réveil............................
- Moulin à bras.........................................
- Musique : l’épigona, assouplisscur pour doigts ... .
- Niveau-mètre magnétique.................................
- Orange (Pèle-)........................................
- Outil : l'Universel.............................. . .
- Parapluie (Porte-)............................... . .
- Pâtissière universelle......................... . . .
- Peigne-barrette Hébé..................................
- Peigne-séchoir « Pcrfeclov ...........................
- 85
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- 150 104 204 204
- 204 195 180
- 68
- 188
- 180
- 104
- 203
- 172
- 205 107 84 08
- 147 110 123
- 11
- 83 92 152
- 84 100
- 3
- 28
- 179
- 148 20
- 140
- 151
- Pétrin mécanique ........................................ •
- Phonographe : l'Eufon............................
- Photo-chargeur Gaumont......................................
- Photographie : glyphoscope Richard pour pellicules planes. . Photographie : impression des clichés par le procédé Collo. .
- Photographie : l’indéréglable Mackenstein.................•
- Photographie : papier « Cldoride » pour lanterne de laboratoire.......................................................
- Photographie : quinze portraits en une seule pose...........
- Photographie : viseur-télémètre.............................
- Pompe à mouvement d’excentrique . . .....................
- Projections lumineuses sans écran...........................
- Publicité lumineuse.........................................
- Ressorts de traction : perfectionnement.............. . . .
- Rôtissoire pâtissière «la Cornue »...................• • •
- Soudure autogène (Soupape hydraulique pour les postes de). Stéréoscopic directe.............
- Tabac : cantine spéciale pour fumeurs . ................
- Télcphonomctre Zénith.............. • > • • • • • • •
- Timbres-poste (Machine à coller les) .
- Tire-bouchon automatique Ilero ....................: • •
- . t
- Tiroir-caisse de surete . . . ..............
- Tissus : nouveau mode de décoration ...........
- Trousse optique Balbrcck................,..........‘ • • •
- Tuyau acoustique............................
- Vis à bois trop petite. .................. ......
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- III. — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES.
- Accumulateurs (Un cas de détérioration des plaques d’j.
- Acétylène (Nettoyage des générateurs à)..........
- Acétylène (Pour éviter l’obstruction des becs à) ..... • Acétylène : vérifier le fonctionnement de l'épuration dans un appareil...................................... . .
- Albâtre : pour le colorer en nuance corail. ........
- Aluminium : conseils pour , sa fusion et sa coulée...............150
- Ardoises factices pour toitures.....................................150
- Arrosage, lavage hygiénique des habitations........................10(5
- Asphalte artificiel.................................................158
- Béton : imperméabilisation.......................................... 22
- Bicyclette : émaillage............................................. 158
- Bois artificiel ................................................... 158
- Bois: conservation par les lluorures insolubles.............. 0
- Bois rares : imitation..........................................100
- Bois : teinture en noir à froid..............................174
- Boiserie : pour en enlever la peinture.......................174
- Bougies : pour les empêcher de couler........................174
- Camphres naturel, synthétique et artificiel : moyen de les distinguer.........................................................127
- Caoutchouc : cimentage au métal.................................111
- Carbure de calcium : précautions pour son emploi................134
- Chapeaux de paille : nettoyage..................................110
- Chaudières : contre les incrustations et corrosions............. 46
- Ciment pour boîtes d’accumulateurs.............................. 78
- Ciments pour petites réparations................................102
- Cinématographe : fixage des pellicules bout à bout..............118
- Cire à cacheter Alpha........................................... 22
- Cire des doreurs................................................ 54
- Colle liquide...................................................118
- Cuivre jaune : brunissage.......................................166
- Cuivre : liquide à polir ........................................ 6
- Cuivre : poudre à faire briller................................. 6
- Daguerréotypes : restauration................................. 150
- Eaux colorées................................................... 38
- Ébène faux...................................................... 6
- Encre pour calicot............................................ 166
- Encre sympathique...............................................110
- Enduit imperméable.................... . • ...
- Étiquettes gommées à l’avance.....................
- Étiquettes sur flacons de produits chimiques.............
- Faïence : trempe préservatrice. .........................
- Feu et l’eau (Le)................................... • •
- Feux d’artifice colorés..................................
- Fixatifs pour dessins au crayon............. . • • •
- Laine : imperméabilisation...............................
- Lampes à pétrole : montage du récipient en verre . . .
- Liège imperméable aux vapeurs huileuses.................
- Lierre : son utilité.......................
- Mastic pour glaces.......................................
- Métaux : coloration......................................
- Montre (Comment entretenir sa)...........................
- Montre : entretien. .............................. . . .
- Œufs cuits à la coque : conservation.....................
- Orientation avec une montre..............................
- Papier : sa parcheminisalioii............................
- Papier transparent.......................................
- Peinture au goudron pour charpentes......................
- Peinture sur coton : vernis protecteur...................
- Photographie de petits objets : fond blanc...............
- Plâtre : durcissement....................................
- Plâtre : nettoyage.......................................
- Poiceiainc : Inscriptions yitriliables...................
- Raisins : maturation activée.............................
- Savons de benzine .......................................
- Seigle et blé : distinction microchimique entre les grains
- Silencieux : explosion................................. .
- Tache d’encre sur cuir...................................
- Tache de vernis sur les mains............................
- Tissus : déparementage...................................
- Vases en verre : réparations.............................
- Vermeil : dédorage.......................................
- Verre : inscriptions.....................................
- Verre : soudage .........................................
- Virage facile............................................
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- 70
- 6
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- 102
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- IV. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Les huîtres et la fièvre typhoïde (DT A. Cautaz) ...... 5
- La crampe des écrivains (Dr A. C.)............................ 15
- L’éther comme antiphlogistique (Dr A. C.) . .................. 50
- Le trachome et les émigrants (Dr A. C.).................... . . 46
- Les colloïdes en thérapeutique (Dr A. C.)..................... 55
- La lampe de quartz à mercure F. de. Mare; stérilisation dis boissons alimentaires (G. Loucheux)........................... 69
- Les poussières de Verdct et la tuberculose (Dr A. C.). ... 77
- Les cinématophtalmies ((Dr A. G.)............................. 77
- Contre les aoûtats (Dr A. C.) . .......................... 85
- Les intoxications par l’hydrogène sulfuré (Dr A. C.)...........101
- Le pétrissage mécanique (Dr A. C.).............................118
- Le goudron de houille dans les dermatoses (1)’ A. C.). . . . 126
- Le traitement électrique de l’obésité (Dr A. C.)...............157
- Le massage dans les dermatoses de la face (Dr A. C.). . . . 165
- Les accidents de la dentition (Dr A. C.).......................181
- La médication récalcifianle (Dr A. C.).........................197
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- V. - VARIÉTÉS.
- La nitroglycérine cl ses fabrications (A. II.)................. 5
- Examen histologique des momies égyptiennes (Dr A. C.) . . 5
- Les pigeons voyageurs militaires (A. Martin)...................... 13
- Les sondages de l’atmosphère dans l’Ouest africain............ 14
- Les dirigeables allemands........................................ 21
- Les genres de plantes les plus nombreux en espèce (H. Cou-
- pin)........................................................... 21
- Les nuages et la distribution des végétaux dans les Pyrénées centrales (L. R.). ............................................. 29
- Sur le récent Congrès de la carte du ciel (E. Touciiet) ... 57
- L’héliciculture ou culture des escargots (H. Blin)............. 61
- Sur les condiments salins employés dans l’Afrique centrale (A. H.)........................................................ 69
- Cellulose et industrie chimique (A. 11.).......................... 77
- L’industrie du canard en Indo-Chine (II. Blin). ....... 85
- La première traversée aérienne de la Manche (A. Acloque) . 93
- Chronométrie, aérostation, exploration (L. Rlvlrcuon) .... 93
- Le vermillon ; une falsification dont il est l’objet (Fit. Mahue). 101
- Les maisons à tuberculose et le casier sanitaire des immeubles
- (D*' A. Caiitaz)..............................................109
- La conservation des fruits (11. Blin)...............f. . . . . 117
- L’origine des moteurs légers, d’aviation (N. Lai.uk)............125
- L'application du procédé de transformation du bois, système Managnan au pavage de la rue de Rivoli, à Paris (F. B.) . 153
- Los mines en 1907 (Ed. L.)......................................153
- Le centenaire de la navigation à vapeur.........................141
- Sur la fabrication de la céruse.................................142
- L’origine des peuples européens................................. 142
- L’éruption des tourbières de Kilmore (Islande)..................167
- Les idées modernes sur les enfants (.1.-P. Lafitte).............173
- L’industrie de la coloration des Heurs naturelles (II. Blin). . 181
- Les progrès dans l'industrie eidrière (A. Truelle) . ...... 190
- Le pavage des routes en pierre silieo-calcaire (II. Blin) . . . 197
- Nouveaux tissus artificiels (A. Ciiaplet).. . ..................198
- Le papier de sorgho (11. Blin)..................................205
- Nouveau squelette préhistorique.................................2Ü6«
- VI. — DIVERS.
- Bulletin astronomique (E. Touchet). . . ................................................................................45, 149
- Résumé météorologique (Mourlacx et Ch. Dufouh)............................................................. 29, 61, 94, 165, 205
- FIN DES TAULES 1)11 Sl'PPLÉilENT
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- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LA HERE 9, Rue de Fleurus, 9
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